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D nbsp;nbsp;nbsp;Enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L A
Dc k Mere Marie de Stc. Magdelaine da Fargis, Prieure de
DES CHAM PS.
Qui comient ce qui seO: paffe en ce Monaftcre depuis Ia ViGte de M. 1Archevêque du i8 No vetnbre i6d4jurquau 3 Juülec , que la Cotntnunauté de Paris y fut transferee avecnbsp;routes les Meres qui avoient été en différents Monaftéres, amp; réduites en captivité
^el'jites Evêques ne fhétrant pas k fens des paroles de lEvangile^ qui marquent lepouvoir au'ih ont de lier ér de délier, simaginant per me préfomption prefque Jemhlable d celle des PhariGensnbsp;de Ie pouvoirfaire commeil leur pleit ,ne confidérant pas quece ne[i point dia fentence des *nbsp;Frètres que Dieu a égard, mats d la vie criminelle ou innocente de ceux qui fubif-fent lette Sentence. St. Jerome fur St. Mathieu.
Dieu-mhne ne psurroit pas lier celui qui tdejl pas lié par les chasnes du pêché. Nul Evêque , nul Pierre ne Ie peut dtttc pas aujJL ürigéne fur ie métne endroit.
caives dc de nos Aumoniers, pour procéder i la Vifitc de la dice Abbaye ,conformcment a 1 a- vis qui en avoit été donne de notre part lejournbsp;,, précédent a Ia Prieure par un de nos Ecclcfiaf- tiques ; auquel lieu étant arrivés fur les deuxnbsp; heures après midi, nous fommes allés pcu denbsp; temp» après 4 lEglife,oü .ayant été regus par lesnbsp;,, Eccléfiaftiques de la Maifon, les Religieufes onenbsp;chanté Ie Te Deum , après quoi nous avon*nbsp;viGté Ie Sc. Sacremenc amp; lesSaintes Huilies, amp;nbsp; enfuite avons fait une brieve éxhortation auxnbsp; Religieufes a la grande Grille du Choeur, pournbsp; les difpofer a profiter dc notre Vifite, amp; nousnbsp;, avons aveni la Prieure de tenir routes chofesnbsp; prêces pour Ie jour fuivant, pour continuer lanbsp; Vifite. Le lenderoain matin 16, après avoir célébté la Mefiè du St. Efprit, nous fommes allés knbsp;un des Parloirs de la dite Abbaye, oü, aprèsnbsp;avoir requ de la dite Prieure un Catalogue dcnbsp;routes les Religieufes Profeffes réfidentes dansnbsp;la dite Abbaye de Port-Royal des Champs,nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui II. Partiej delation nbsp;nbsp;nbsp;avons interrompula Relation dc la Mere de laMerei^i Ptieure de Port-'Royaldes Champs a laCló-du Fargis,'^'^''^ Vifite que M. 1Archevêque de Paris II. 'fit, depuis Ie 15 jufquau 18 Novetnbre 16^4,nbsp;Partie, po'^ donner la Relation de tout ce quil avoitfaitnbsp;en cc mêtne-temps dans 1éxtcrieur du Monaftére.nbsp;Nous allons rcprendre la fuite de cette Relation,nbsp;qui neft pas tant une Hiftoire fuivie, quun Re-cueil de Lettres amp; dAAes qui nous donncnt unnbsp;détail dc cc qui scft paffé de plus important dansnbsp;ce Monaftérc depuis Ie 18 Novembre juf-quau 3 de Juillet 1665. I. P I E C E. SENTENCE de M. TArchevéquè deVixis,por-tant Interdiüion des Sacrements aux Religieufes de Pcrt-Reyaldes Champs , ér privation de voixnbsp;Aêiive ér Paffive ére. Du IJ Novemhre 16(14.. Nous Hardouin, par la grace de Dieu amp;lt;lu quot; St. Siége Apoftolique, Archevéque de Paris.nbsp;, Nous nous fomroes tranfportés Ic 15 Novetn- bre idd4 a 1Abbaye de Porc-Royal des Champs |
aflfifté de Maitre Guillaume de Ja Branetiere -o lu.:-,,, Prêtre Doöeur en Théologie, Archidiacre dc^ela Merenbsp;nqtre Eglife de Paris, lun dc nos Grands Vi-fiu Fargis. |
Relation de- Ia Psrfêutio?! des Relipeujès de Fort-Reyal^ 166^^.-166^. afin de leur témoigner que nous avons toujours Relation pour elles la tendrefle dun véritable Pere, amp; de la Merenbsp;un cceur ouverc pour les recevoir routes les foit *1nbsp;qucllcs Youdronc obéir amp; rentrer dans les de- ^nbsp;voirs de véritables filles de lEglife, nous lesnbsp;conjurons par les entrailles de la miféricorde dcnbsp;Dieu, amp; leur enjoignons par 1autorité quil nousnbsp;a donné, de Ie prier fans ceffe pour obtenir lanbsp;docilité qui leur efb néceffaire, Sc dc mediternbsp;ferieulêment combien elles fe rendronc coupa- bles (i elles perfiftent plus long-temps dans Icnbsp;,, mépris injurieux quelles ont fair jufquici dé- couter la voix de Icurs véritables Pafteurs.. 35 Rait A la dite .Abbaye de Port-Royal des Champs ce ij Novembre 1654. II. PIECE. Lettre dela MeuPrieure (tf^Fargis.) Ce ai Novembre 1664.. II commen^oit a mennuycr, M., de navoir Difpofitio» ¦u,. V XI., xxqux. nbsp;nbsp;nbsp;----- point dc voies pour vous mandcr de nos nouvel volt été fignific par Ie Doyen-Rural de Cba~ 3 ^ pour vous remcrcier de routes les charites Roy»i apiè» teaufort ainfi quelles nous Tont avoué, dans 1= ''^us nous faites, particuliércmcncdevospric-)anbsp;Ie temps quilfut public dans les Paroiffes de no-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des Vifites que vous avés rendu pour nous^j quot; , tre Diocefe: leur avons paternellement remon- ® nbsp;nbsp;nbsp;^**-^*^*^4^ ^ interceflion, amp; * tré par routes les raifons dc confcience les plus nbsp;nbsp;nbsp;os amis, ia grace que nous avons ,, preCfantes que nous leur avons éxpliqué fort au nbsp;nbsp;nbsp;paroit toujours plus grande. ^ Tou- long en public comrae nous avions fait en par- nbsp;nbsp;nbsp;Sceurs font tout a hit bien difpofées^ amp;c ticulisr, quelles devoient fc foumettre a notre cdles-memes qui me paroiflbient les plus foibles, Ordonnance. Et enfin leur avons coinmandé temoignent une fermeté trés grande. Jai admi-par la puiflance que Dieu nous a lt;= difant Marines la rencontre de 1Evangilede ----1;_,lt; Uo nbsp;nbsp;nbsp;Arrheve-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^ premier oü nous (crons privees ae la oamte Dqtnmunion. II fcmblc que Dieu nous fait envoyé pour nous confoicr. Reiation la Mere de du II. Partie. IV. PIECE. ILettre de la Mere Prieure de Port-Royal De champs d Mj..Ahbé Ie Roi. Du aS Novembre 166^, qui font au nombre de id du Chucur, nous les avons routes entenduës dans leur fcrutin les uncsnbsp;après les autres, duranr leDimancheöc leLun-di matin; 6c après Ie dintr nous fommes rc-tourné^ dans la dite Abbaye, aüifté* de nofdic-Grands Vicaires amp; Aumóniers, öc duConfef-feur des dites Religieufcs, pour y terminer notre Vifite: öc a eet effet avoir fait notre entréenbsp;dans la Clóturc, amp; icelle Viiltée avec tous lesnbsp;lieux Réguliers qui en dépendenr, que nous a-vons trouvés en bon état. Enfuite la Commu-nautc sétanc Afïèmblée dans Ie Chapitre aprèsnbsp;linvocation du St. Efprit, nous avons témoi- gné la jufte doulcur que nous avions de la difS-culté que la dite Prieure amp; les autres Religieu-3, ges apportoient a la fignature du Fomulaire^nbsp;mis au bas de Notre iVlandcment du 7 dumoisnbsp;de Juintouchant les y Propofitions éxtraitesdunbsp;Livre de Janfenius ^ intitule Augufiimsamp;nbsp;condamnées dans Ie fens de eet Auteur par nosnbsp;Saints Peres les Papes Innocent X amp; A-lexandre VIL, lequcl [dit Mandement] leura- abfolumenc, p«. nbsp;nbsp;nbsp;»---------- , ,, donné fur elles en qualitc de leur Archevê- que, dobéir i Icurs Supérieurs k-gitimes. Mai» tant scn fauc que nos dites remontrances,éx- hortations amp; ccmmandcmencs aient rien pulur leurs efprits: quau contraire ciles aous out faitnbsp;,, paroitre encore plus clairement rattachemencnbsp; opiniatre quellcs ont a rout cc quont inventénbsp;,, arrificieufementlcsdéfenfeurs ötyanfenius lt;po\ycnbsp;,, cluder la condamnation de la Doötine. Celtnbsp;,, pourquoi afin de remédier a un fi grand mal, amp; chatier une rebellion fi injurieufe aux Juge-,, ments des Supérieurs Ecciéfialtiques, nous les avons déclard amp; dedarons par notre prefentenbsp;Ordonnance défohéijfantesöc commetellesiw-capables de partie'iper aux Saints Sacrements denbsp;,, VEgliJe jufqua ce que Dieu leur ait fait lagra- ce de fe reconnoitre. Nous les avons de'clarénbsp;,, en outre, amp; les déclarons incapables de voixnbsp; Aédive amp; Paffive dans les Eleétions. Et enfinnbsp; leur faifons éxpretïe inhibition amp; défenfe, furnbsp; peine dinobédience, davoir commerce avecnbsp;gt;3 les perfonnes fufpedes de hvonfer h Dodrinenbsp;53 condamnéê, ni de conférer méme entrEJlesninbsp;gt; qui que ee foit fur ces matiéres, ficeneltnbsp; pour sinftruite de bonue-foi des raifons qui lesnbsp; peuvent réduire a lobétffance: amp; princmale-,, ment a laPneure, d mduire les autres Religieu-3, les, ni en general, ni en particulier, a séloi-,3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foumiffion quelles nous doivent. Et |
III. PIECE.Ordre donné d M. Girouft ds par Ie Rei. Sa Majefté ordonne a M. Giroujl facriftain du Monaftére de Port-Royal des Champs denbsp;fe rctirer du dit Monailcre incontinent Ie pré-fent ordre requ,ayec défenfe dy rentrer, fousnbsp;peine de défobéillanceifait i Paris Ie 2.6 Journbsp;de Novembre i66c^. Signé nbsp;nbsp;nbsp;LOUIS. Et plus bas, LE TELLIER. Réponfe de M. Girouft; Jobéïrai a lordre du Roi qui ma été figni-fié aujourd-hui 3 Décernbre par nbsp;nbsp;nbsp;de 'la Compagnie de M. Ic Chevalier du Guet. GIROUST.Wk tend compte de i»nbsp;Vifite de M.nbsp;1Atchesê-quc. Fruit denbsp;cette vifite. La Confiance que jai en votre charité après wnt déxpériences que jen ai fait, ne me per-f^. met |
ie U Terféculion des V.eligieufes de Pêrt-Tteyal l66^-i66lt;i. viés aflèz admiier ie retardement, a etc renducRelatioB cn ces lieux. On y arriva Ie Samedi en lOdfavede la Merenbsp;du grand S. Martin. On en avoit cté averti feu-di* Fargi*.nbsp;l;ment la veille par un Domeftique envoyé éx-prés. II y fut requ avec tous les plus profondsnbsp;refpecis que 1on puiffe rendre a une perfonne n rendnbsp;dune auffi éminente dignitc que 1cft lEpifcopat. cempte de lanbsp;On fonna les cloches comme en un jour de Dé- ^nbsp;dicace amp; de fête. II fut regu a la porte de lEgU-, ' Helation de la Mere,,nbsp;du Fargis.,,nbsp;II. Partie. fe par tout Ie clergé, que vous fgavés confifteren deux Eccléliaftiques amp; un Sacriltin. On luiavoicnbsp;préparé a 1entréc de la porte un Prie-Dieu couvert dun tapis dc Turquie avec des Carreaux dcnbsp;Velours, oü il adora la Croix quon lui préfenttnbsp;a baifcr. On lui préfenta auffi lAfperfoir de leau-bénite avec lequelil en donna aux affiftants. On luinbsp;donna de lencensenfuite, amp; puls au chant du Tenbsp;Deum que chantoientnos Sceurs, il vint devant 1au-tel, oü il fut toujours a genoux jyfqua la fin du Tenbsp;X)e»OT,aprcilcquelilfitla Vifite du S.Sacremcnc amp;nbsp;bénic Ie monde avant dc Ie reflèrrer. II vifitanbsp;sulTi nos Sainces huiles pour les malades. Aprèsnbsp;quoi il alia a la Grille,accompagné feulement dcnbsp;M. de Ia Brunstiere, lun de les Grands-Vicai-res, OU il fit un difcours a nos Sceurs denvironnbsp;une petite demie heure, amp; puis il sen alia uanbsp;peu repofer cn fa chambre avant de voir lanbsp;Mere au Parloir. II voulut que nous allaflionsnbsp;tous mangcr a fa table, ks deux Eccléfiaftiquesnbsp;amp; mol: cc que firent les deux Eccléfiaftiques.nbsp;Pour moi, qui commengois a être étrangeraentnbsp;travaillé d'une colique que jc forgois Ie plus quenbsp;je pouvois, afin de lui pouvoir rendre mes devoirs dans la Sacriftie; amp; qui écois réduit auXnbsp;bouillons aux oeufs, je lui fis faire mes trés humbles cxcufes. On dit que durant Ie Souper ncnbsp;ïentretenant que des matiéres du remps, M.nbsp;F/or/or, qui comme vous fgavés cft chaud denbsp;fon naturel, fe laiffa crop emporter a la chalcurnbsp;de fon naturel amp; de fon zèle,jufques la que Ienbsp;Grand-Vicaire dit qail y auroit fujet den fairenbsp;informer: ce qui a mis Ie bon M. FUriet dansnbsp;de fi grandes «llarmes; quil a jugé a propos dcnbsp;fe tenir fur fes gardes öc de sabfenter dc cesnbsp;lieux. Lc lendemain Dimanchs M. lArchevc-que me fit dire quil diroit une Melfe balfe dunbsp;S. Efprit vers les fept heures, après quoi il com-menceroit au Parloir Ie Scrutin. II a done vu nous avoir prefentes devant Dieu pour lui of- routes nos Soeurs, amp; y a trouvé par la miféri-frir notre foibleffe, afin quil la fortific 5c quil corde de Dieu une telle conftance, que cell finiffant fa Vifite comme une laquclle après aroir decla A 2 leur a laiffé entre les mams , efpécc de Sentence par éciit, cfi PS avoir dérl.ifd ....U met pas, MonGcar, de différer davanragc vous éxpofer Ie befoin préfenc ou nous iom-mes, afin que vous redoubliés vos priéres pournbsp;notre petite Communauté, a qui on a déclavénbsp;Ia guerrc, aufli-bien qua celle de Paris. Je nenbsp;fqai fi on vous aura mandé que Monièigneurnbsp;l'Archevêque prit la peine de nous faire la Vi-lite Ie famedi 15 de ce mois. Il ne fut iciquenbsp;2 jours entiers, fgavoir Ic Dimanche amp; lelun-di, pendant lefquels il cntendit les Soeurs aunbsp;Scrurin, fit la Vtiite de la iMaifon, amp; enfuitenbsp;Ie Chapicre. Dieu nous ayant fait la grace anbsp;routes de lui éxpofer nos feniiments avec unenbsp;trés grande fincéri!é,amp; avec Ie plus de refpefl:nbsp;quil nous fut poffible, il fe recira inal-eonrentnbsp;auffi-bien que M. Ie Grand-Vicairequi jettoitnbsp;de 1huile fur Ie feu. Lelendemain Mardi Mon-feigneur dit la MelTe a 7 heuies du Matin.nbsp;Comme on lui fut porter une hoftie a la Mef-fc pour une communiante, il ia refufaj maisnbsp;paree quon ne nous avertit point de cenbsp;refus, nous ne laiffarnes pas de commencer Ienbsp;Conjïsetr : mais on nous envoya faire taire.nbsp;Quelque temps après la Meffe M. Ie Gra?id-Vtcaire nous ayant fait appellerau Parloir,nousnbsp;fignifia une Ordonnajice, par iaquelie on nousnbsp;interdit lufage des Sscrements, on nous privénbsp;de voix Aétive amp; paffive, amp; on me fait par-ticulicrement défenfe dc dc'tourner nos Sceursnbsp;de la Signature. Nous appellames de ce'ttenbsp;Ordonnance: mais cela nempcchera pas quonnbsp;ne nous pouffe a bout, a moins que Dieu nenbsp;change la volonté de ceux a qui il a douné Ienbsp;pouvoir de Ie faire, On ne nous a rien dit de-puis ce jour la; mais on fait courir pluüeursnbsp;bruits fur notre piochaine deflruétion, qui nenbsp;, font pas fort dificiles a croirc, après la manié-rc dont on a traite nos Meres amp; nos Sceurs dcnbsp;Paris. Je vous puis dire, Monfieur, quil menbsp;, fetnble que la Vifite de M.FArchevêque aplu-tót éloigné de la Signature quellc ne nous y anbsp;, porté. Je vous fupplie dedemander aDieuquilnbsp;, nous faCfc la grace de nous fortifier amp; de nouinbsp;, foutenirdans cette difpofition, puisque vousnbsp;, fqavés que ceneft rien de commencer fi on nenbsp;, perfévére. Je mattends bien que vorre charitcnbsp;, ne vous ^rmettra pas de nous oublier dans cenbsp;befoin; amp; que vous nous ferés la grace de la rende invincible a tous les efforts dc ceux qui nous veulenc perdre. V. PIECE.Leffre de M. Girmtji Sacrijiain, Ecrite de PoTt-Foyai des Champs. Le 2S Novembre 16Ó4, Enfin la Vifite fi attenduë dont vous ne pou-qu«. |
laura fans doutc faché. II a fait toutes les plus grandes inftances quil a pu, mais elle? ont etcnbsp;ftériles. On a remarqué ncanmoins quil a etcnbsp;bien plus la bride en main, amp; quil seft biennbsp;moins laifle eroporter quil na fait a Paris. Ilnbsp;redoute terriblement les recks imprimés. Enfinnbsp;après quil a vu quil ne pouvok rien obtenir, re quil avoit trouve toiute* |
4 nbsp;nbsp;nbsp;llelaiion de la Perfécutioa des Religieufes de Poft-Royal^
Ri-lition toutes les choles dans lordre öc la régularicé nant envoya les deux archers a la porte a la place Relation denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Merc quji pouvoit fouhairer, éxcepté leur défobéil-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des deux qui étoient allés a PiinV. lis pafférent de ianbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mere
II.
Panie.
II.
Pürtie.
du nbsp;nbsp;nbsp;Isi'éii*-fance amp; leur opiniatretéj il dit quilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les pri-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ainfi route la journée en garde, éxcepté pendant dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Iargis.
voir pour cela de lufage des Sacremcnrs 6c leur leur diner, quüs quirtcrenr la porte. Ils ne di-ótoit route voix Aélive amp; Paffive dans les Elec- rent pas clairement leur deflein, mais on les a en-tions amp; Délibérations qui concc-rnoient nbsp;nbsp;nbsp;la Mai-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tendu dire enfemble quil y en avoir trots ici qui
fon. De quoi la Mere Prieure amp; toutes nbsp;nbsp;nbsp;les Re-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nc leur échaperoient pas. Quand ils virent hier
ligieufes dun commun accord ont appelié a qui tout Ie jour que M.Höw;»», quenousavionstrou-il appartiendra. Voila, Monfieur, une partie de ré moyen de faire échaper, ne paroiiToit plus, ils ce qui seft paffe ici.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nous nc fcavons pas dirent quils Ie trouveroient bien quand il iroit a
qeel traitement il pourra faire enfuite. La M. Marines. Après avoir foupé hier au foir amp; sêtre Prieure eft fort prête a Partir, amp; dans unegran- un peu entretenus,ils fe remirent en gardejufquesnbsp;de ardeur de fouffrir fa part de la perfécution. fur les dix heurea, quon me dit quils étoient a
leur Chambre.
Quand Chanu arriva ils lenvironnérent, pour fgavoir sil navoit point amené M. PW»». Ilsnbsp;lui firent bien des queftions: fgavoir, oü il la-yoit conduit quand il sen étoit allé dici, amp; ounbsp;il lui avoit dit quil iroit loger: amp; plufieurs autresnbsp;chofes. je penfe quen voila ailêz pour vous fai-Bes Archer* Je fuisbien en peine, M., de ce que vous me re voir en quel état nousfommeSjöc lebefoinquenbsp;arnvent i rnandés que rous navés pas vu M. Pauleti, il nous avons de vos priéres.nbsp;ponr'prei^reffde ne pas venir ici, car nous avonsgar-Meffieurs nifon dans notre dehors. II arriva hier fur les feptnbsp;{jJ'heures du matin un Lieutenant du Chevalier^»nbsp;iauionavec deux archers; amp; dans Ie même-tempsnbsp;Rédtdceer-ils furent aux Granges, amp; demandérent oü étoit
Lettre de U Men Prieure.
Lc 2. Déccmbre iéé4.
VII. PIECE.
Lettre de M. Hamon, d M. de Luzancf. Cc Mercredi 3 Décembre..
don!^M * Ha-nommc' Charles, mais il ne fe trouva pas, moiiVdcliapcétant allé a Chartres avec Hilaire par ordredema
lilOii» ctua^v- ------
la fwicc, Sueur Dorothe'e. Ceux den bas demandérent Ie Jaureis grand tort de vous mander que je nai -/i ¦ nommé Hilaire , amp; Meffieurs Patdow, V lor tot, rien a vous écrire, eommeje fis la derniére fois-unbsp;Giroufiamp;c Hamon. On fut dire a Hamon on jen ai prélentemcnc affez. de fujeti ^ d tteft pasnbsp;Ie demandoit a Ia porte. II y fut fans difficultc. néceflaire de Palier chercher loin. Jc nai quanbsp;Le Lieutenant lui dit quil venoit de la part du vous parler de moi-meme pour vous apprendrenbsp;Roi pour fignifier. un ordre aux nomtnds Charles des Nou velles. Le jour de Saint ^W/commenbsp;amp; Hilaire pour demeurer au lèrvicedelaMaifon; je Ibrtois de lEglife après Prime, dans le mêmenbsp;il iut ces deux ordres a M. Hariion. Voila a peu- équipage que jy avois été a Matines: ccft a direnbsp;prés ce quils contiennent. On ordonne de par une Lanterne a la main, fans collet, en pantou-Ic Roi au nommé Hilaire de demeurer dans Ia fles; amp; avec un fort méchant Chapeau, que jenbsp; Maifon de 1Abbaye de Port-Royal des Champs, ne porte que la nuit, fans être peigné, paree quenbsp;,, amp; davoir foin de tout le detail dcla Maifon: javois été pareffeux a mhabiller, je rencontrainbsp;Signé LE TELLIER. Celui de M. Charles eft Brandon avec un homme que je ne connoifibisnbsp;de même, éxcepte'quon lui ordonne davoir foin pas, qui me dit que céfoit un honnêce hommenbsp;du labour de la ferme des Granges. Mais ce qui qui demandoit Èl me parler. Lautre pric la parolenbsp;nous fit défier de quelque chofe, eft quils dirent amp; dit que cétoic le Me'dccin de la Maifon a quinbsp;h M. Hamon que leur ordre portoit de faire cette il vouloit parler; amp; je vis bien quil ne croyoitnbsp;Cgnification en préfence des deux Confcffeurs,de pas que ce fut moi. Je lui fis dxcufic de iétac oünbsp;M. le Sacriftain amp;deM. le Me'decin. II leur ré- il me trouvoit, amp; que jétois forti de ma Chara-pondit que nous navions quun Confefléur: mais bre fans tnhabiller , paree quon ne rencontrenbsp;ils lui dirent que cctoit M. tloriot quils corap- perfionne fi matin. 11 tira 2 papiers de la poche,nbsp;toient pour le fecond. Ils direnr enfiuitequils ar- quil déploya lui-même pour me les montrer; amp;nbsp;tendoient encore un Cavalier. Pendant cela deux me dit que ce'toit des Ordres du Roi. Je neusnbsp;qui étoient aux Granges deficendirent amp; fie fiaifii- pas TEiprit davoir peur; je lui parlois au con-de la porte, quils ne voulurent-point quit- traire avec route force de liberté amp;de Franchife;
de forte quil leur faliut donner la a déjeu- amp; comme il me déployoit ces papiers aflezlen«-?®p .^yelque temps après le Lieutenant envoya ment, amp; comme une perfonne qui rêve,
^ nbsp;nbsp;nbsp;'*7-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ®xec deux archers pour fgavoir deraanda fi je ie reconnoiflbis bien, amp; quil étoit
ce qu ijs cheichoienr. Car jai oublié a vousdire le même qui avoit apporté lordre du Roi a M. qU on leur avoit dit qu'il y avoit déji du temps d^ndilly amp; a M. de Lueoancy. En Vetite,/»;nbsp;que M. Fioriot nétoit pas ici, amp; que M.Paulon dis-je, M. je ne vous reconnoiffois pas. Jcnbsp;étoit aüffj allé faire un petit voyage, Le Licute-, lui cémoignai combien de fois javois enteiidufai-
re
-ocr page 5--Relation de la Terfécution dss ^elipenfis de ^ort Royal^ 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;?
Rtbtion re eftime a M. d'^ndil/y de fa civüké; ce qucje amp; que cctoi: moi qui Ten priois. Le Lieutenant Relation de la Mere lui répétai encore en 2 ou 3 aucres rencontres, me dit quil eut bien monte; mais que puis que je tie la Merenbsp;du Tarsis. cch etanc venu a ptopos. Pour abreger, les deuxnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vouiois biennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui dpargner cette peine la ,quil rr/en
11. nbsp;nbsp;nbsp;papiers écoient deux ordres du Roi, Iun adreLnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;remercioic.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M. Ciroufi dolccndic auffitot. Je (enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lb
Partie. nbsp;nbsp;nbsp;ic au nomrné Charlts, afin quil continuat anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prévins, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui montrant les Letttes de Cachetnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iPartie.
picndre le foin du Labourage :amp; Iautre au nom- nbsp;nbsp;nbsp;je lui redis ce qui avoir cte dit, amp; ces Meffieurs
coiirant des affaires. 11 me femble que ce fom les propres termes. II ny avoir que 3 ou 4 lignesnbsp;a chaque ordre, les armes du Roi a cóté, figné:nbsp;LE TELLIER. Je commensal de voir que jenbsp;peuvois avoir peur auparavant, mais qu^il ny en
ment. Et nous nousoftrimes encore defignertant quil leur plairoit. M. du Val, qui nous avoirnbsp;joint, ctoit auffi dc la partie. II envoya faire dunbsp;feu a la Charobre aux Aix, amp; les pria dy monternbsp;pour déjeuner; ce quil firent librement. Je les
nré Hilaire ^ afin quil prit foin du ménage amp;_du le redirenc encore. II leur paria auffi fort civile-
avoir plus de fujet, de telles Lettres de Cachet ne laiffai en fi bonne compagnie, amp; leurs dis que
pouvant faire mal a perfonne. Après les avoir lues fort attentivement amp; fans me hater; je luinbsp;dis que ni Iun ni Iautre netoient a la Maifon,nbsp;amp; quils etoienttous deux afftz heureuxpour éxé-cuter les ordres du Roi avaiit même que davoirnbsp;eu Ihonneur dc les recevoir, paree quils ctoientnbsp;ce jour la-même i la Foire Saint aindré a Chartres , a defl'ein dy acheter un troupeau de mou-tons pour la Maifon: je lui dis tout cela en propres termes gt; non feulement avec liberté , maisnbsp;quot;avec une certaine gaieté, a laquelle il nc satten-doit pas; amp; qui étoit elïedlive, paree quon eutnbsp;pu sattendre a quelque chofe de facheux, amp; quilnbsp;ny avoir rien a craindre.
Jinvicai M. le hieutenant a venir déjeuner. II me dit quil attendoit encore quelquun, cétoitnbsp;fon ajoint: ilnous rendit Vifite avec lui, amp; nousnbsp;joignit affez. tót après. Nous étions toujoursdansnbsp;la Cour. II me demanda fi M. Fleriot ^ M. Paulin, amp; M. Giroufi le Sacriftain y étoient. Je luinbsp;repondis ce qui étoit veritable, que M. Floriotnsnbsp;demeuroit plus a la Maifon, amp; que je ne fqavoisnbsp;ou il étoit; que M. Faulon étoit allé a Paris, amp;nbsp;que je ne fgavois quand il reviendroit; amp; que M.nbsp;le Sacriftain étoit i fa Chambre. Joubliois quau-paravant de me parlcr deux, il avoit tiré un autrenbsp;papier de la poche; qui étoit un méchant Billetnbsp;tout Sale, ou nos 4 noms étoient écrits, amp; quil
jallois mhabiller; mais auparavant je crus que je devois demander la Mere au Parloir, afin quonnbsp;ne seffrayk point au dedans dune telle vilitc,nbsp;qui eft toujours furprenante dans une Maifonnbsp;perfécutée comme la notre. Jai oublié a vousnbsp;dire que corame nous étions feuls , le Lieutenant moi, unc pauvre femme maborda unenbsp;bouteille dans une main, amp; un pot dans Iautre,nbsp;pour me demander Iufage des medicaments quel-ie portoit, lt;Sc que je lui avois fait palier du dedans. Après que jeus fatisfait a fa demande mé-lant un peu éloigné du Lieutenant avec fa per-miffion, je me rapprochai: amp; comme i! nousnbsp;avoic regardé, je lui dis ce que cétoit, amp; prisnbsp;occafion de lui parler de la charité que la Maifonnbsp;faifoit; 6c que pour moi je ne donnois que desnbsp;paroles, mais que ces bonnes Filks donnoientnbsp;medicaments, pains, viandes,bouillons; 6cc. cenbsp;que je dis affez en paffant, amp; changeai même dcnbsp;difeours auffiiot. La vérité eft que cct hommeennbsp;futtouché, 6c me dit tout triftc; Je vousaf-fure que eeft dommage de vous oter dici,nbsp;, vous autres, 6c que vous y faites beaucoup dcnbsp; bien. Je ne fis point fur Ihcure de réflexionnbsp;fur cette parole, qui lui échapa fans doutc, amp;nbsp;qui étoit peut-eire un des témoignages naturelsnbsp;dont parlent les Peres, qui font comme des reftes
_ nbsp;nbsp;nbsp;^ o'^^^CE''^afosreirentimencs du bien que la nature a
faire de nous faire ligner tous quatre enrémoigna-ge quils avoient donné les ordres duRoiauxnom-mes Charles amp; Hilaire. Et ce fut la 0Ü je lui dis quil ny avoit que M. Girouft 6c moi a la Maifon; amp; que sils vouloient nous laifler les ordres,nbsp;nous les lignerions dc bon coeur avec affurance de
ics donner. Mon Lieutenant, qui ctoit toujours le vifite, je commengai par la raflurer' 'amp;Tuï fort penfif, me répondit quil les falloit attendre; fis le rapport dune partie de ce que je vous aidifnbsp;amp; qu il av^oit ordre de nous y faire figner tous 4. mais M. du Val, qui avoit quitté fes hótes avantnbsp;je luirepréfentai que des 4 ,ily en avoit deux Ab- appris que jétois avec la Mere, la vint irouvernbsp;fents. L adjoint du Lieutenant arriva enfuite; amp; amp; lui dit quil y avoit des Archers dans la Cournbsp;pne la parole, difant: que quand ils reportérent la amp; que tout cela ne lui plaifoit noinr Tl c 'nbsp;Lettrc de Cachet de M. dHsidilly, M. le Tellier avouer que les fairs on: un grand avantartp^f 1nbsp;leur avoit fait un petit reproche de ce quils na- conjeélures : je neus point de neinp 'nbsp;voient fait figner perfonne, Mais comme il eft mon premier fentiment\ amp; a croimnbsp;plus fourbe que le Lieutenant, il diloit cela avec nion contraire étoit pour le moins rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;k
un vifage ouvert, 6c dans Fair dune converfation Je quittai la iMere pour aller mhahiiw dW,. Je V. palier,uel,u-un;amp; je lep,.a.dV Ire?, de voir les Lade^X^Se'etifeïnbsp;yer-tir M, Giroujt qu ü prit la peine de dcicendre j ordres de ce quil y avoit a faire. Comme je rc-
A l- nbsp;nbsp;nbsp;venoisa
lut en ma prefence, nous difant quil ecoit necel- perc^ amp; quelle na plus que par la grace de Je-
- nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-- - ------------------fus-Chrift. Car k moins quon ne foit tout cor-
rompu, on aime fans y penfer le bien même qu on ne veut pas faire; amp; eeft ce qui nous rendnbsp;encore plus coupables. Mais cela neft pas denbsp;mon compte. La Mere étant venue au Parloirnbsp;dans la crainte de ce que pouvoit devenir iinetcl-
-ocr page 6-Relation- de Ia Perfécution des Retigieufes de Pcrt-Royal, ï66a.-ï66^ nuic a iiotre ancien Dh c:k; afin quonne my Relation vit point abordcr. Le i_.ieutenai;i avec tous ièsdeiaMercnbsp;bonnes gens nottt été trompés que par ce quils du Fargis.nbsp;mavoient trorapé. Car me trouvant de fi bonne volonté amp; de fi facile compofition, que jenbsp;donnois moi-même dans ie piége, ils me prirentnbsp;pour un gros niais^ amp; ils ne fe trompoient pas eanbsp;cela; mais ils fc trompérent en ce quils ne firent k aux Troux, amp; le Icndemain jc me rendis dc des ordres du Roi pour dcraeurer ici dans leur em- Relation venois de ma chambre je vis 4 ou 5 Archers en-dela Merefettible avec de bons fulils: amp; je vous avouë que du Fargis. jg me plus point a cette vuë. Comme jétoisnbsp;encore au dedans, iVl. lt;^a^lt;*/,qui ne sendormoicnbsp;Partie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;envoya dire a la Mere que les Archers se- toient faihs de la porte, duranc que leur Maïtrc dcjeunoit. Il nétoic pas difficile de dévincr ccnbsp;que cela vouloit direj car les fineflës quon em-ploie pour couvrir un deilëin, quand on commence a Ie pénétrer, Ie rendent plus clair quenbsp;Ie jour. 11 fut conclu a Fheure-mcme que je dc-vois me rctirer fans différer. On requc en rnême-temps un s'*, avis de M. du Val, qui étoit quenbsp;les Archers dcoienc tellemcnc difpofc.?, quon^^nenbsp;pouvoit paroitre dans aucune des Cours fans ctrenbsp;vu. Cela fut caufe quon avifa aux moyens lesnbsp;plus furs de gagncr Ie jardin St. Antoine; avecnbsp;bons avis, car je ne mavifai de rien, amp; avec Icnbsp;fccours de leurs priéres je paflai fans ctre vu. Jenbsp;vous confelïe, mon trés cher frére, que quandnbsp;je vis quil falloit fortir tout de bon fans pouvoirnbsp;peut-étre rentrer jamais; quand je vis pluficursdenbsp;nos Sceurs qui me dirent adieu avec Ie temoigna-ge de leur charitc ordinaire: quand je vis Ie tempsnbsp;paffé que je regrettois, amp; que jeuffc bien voulunbsp;avoir employé dune autre maniére; Ie temps pré-fent qui étoit accompagnc de circonftances fi fen-,fibles:le temps a venir qui étoit fi a craindredansnbsp;fon incertitude a une perfonne fi foible, je fusnbsp;touché, amp; Ie fuis encore en vous écrivant. II menbsp;vint tout dun coup tant dc diilcrenres penfées,nbsp;que dans la vérité je ne f^avois^ ce que je faifois:nbsp;amp; ce ne fut pas fans difficulcc que la nuee quinbsp;groffiflbit toujours attendit que je tuffe feul pournbsp;fondre tout dun coup avec bicnféance. Enfinnbsp;1heure étoit venue, qui nécoit pas tant marqueenbsp;par Iinjufticc des hommes, que par la juftice denbsp;Dieu, qui régie tout, quil falloit quiter un lieunbsp;fi Saint amp; dont je mérois rendu fi indigne. Jenbsp;dcmcurai un pcu dans Ie Jardin St. Antoine, ounbsp;jc ne pouvois pas être vu, amp; enfuite je gagniinbsp;k chaufl'ée, pour me retircr par Ie Pare. Javois bien la clef dc la porte: jy avois encore paffe les derniers jours, mais on avoit roulé uoe groflé pierre quil me fut impoffible de pou-Toir faire branler. Le Jardinier eut dautant plusnbsp;de tort de fermer ainfi la porte, que je vouloisnbsp;aller voirfafemmeenmeretirant. Lc pauvrehom-me quilavoitfaitinnocemmentcn fut bien faché.nbsp;Après avoir demeuré long-tcmps a cette porte,nbsp;comme il ny faifoit pas für, je gagnai iautrcnbsp;bout de la chauffee pour aller a Chantgernitr.nbsp;Javois un gros manteau,de grands bas retrouffés,nbsp;amp; une bonne caraifolc, tout cela nétoit pasnbsp;propre a faire du chemin. Jabandonnai monnbsp;luperhu entre les mains de M. DeJJaux, 8c menbsp;'^^P^gne. On feut dés le jour-même dnbsp;3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ que javois paffe parlajBriJ^,quoi- que J eulle évite 4 dcflèin de paffer dedans le Village pour n etre pas vu. Je couchai cette nuic |
II. Partie. pas affèz de réflexion quune perfonne trompée peut fe détromper; amp;c quil nc fe falloit pas fiernbsp;a mon peu dcfprit, paree quil y en avoit dau-ires qui en avoient pour moi. lis ont done troa-vé par experience que mon imprudence ne manbsp;pas etc nuilible, ayanr des amis qui étoicnr prudents. Après quils sapergurent que jc ny étoisnbsp;plus, ils témoignérentouvertement quils avoientnbsp;deffèin fur moi. ils fe réfolurent de faire bonnbsp;guet la nuitjdifant quejirois a Matines, amp; quilsnbsp;ic fgavoienr bien; ils ne prenoient pas garde quilnbsp;y a des oreilles partout,amp; quon remarquoittout. II fe trouva que je nallai pas ï Matines, amp; que dailleurs ces gardes fidélespratiquérentlaphorifmcnbsp;dHjpocrate, qui dit quil faut dormir la nuit. Jcnbsp;vous laiflé a penfer, mon trés cher frére, quinbsp;leur avoit dit que jallois a Matines la nuit,car jenbsp;fuis trés afifuré que M. de Paris ncn peut riennbsp;fqavoir par lui-meme. Dieu foit béni de tout. Ilsnbsp;envoyérenr enfuite a Paris pour fgavoir ce quilsnbsp;avoient 4 faire, ceux quils cherchoient nesétantnbsp;pas trouvés. Je finis la: car jc nen fqai pas da-vancagc. Reisriercics Dieu dc ce quil ma faitnbsp;échaper lt;de cc danger, amp; le priés que sil veucnbsp;que je fouffre quclque chofe pour fa caufe, il menbsp;donne la force de fouffrir comme il faut. Jainbsp;oublié a vous dire quils avoient amené un chevalnbsp;de relais, marque qui! y avoit de la prifon pournbsp;quelquun des quatre: fcavoir pour qui cétoit, ilnbsp;nc peut y avoir que des conjedures. Si jeuflenbsp;été plus fin, jétois prisj car sils cuffTent cru quenbsp;jeuCfe le moins du monde entré en defiance,nbsp;comme les menterics ne leur coutent rien, ils na-voient què dire quil ny avoit que moi quilsnbsp;avoient charge darrcter: amp; de marrêtcr en effet. Ainfi la fimplicité Chrétienne eft fi excellente, que celle qui ne vient que du peu defprit amp; dunbsp;peu dattention, eft quelquefois méme plus utilcnbsp;que la plus grande prudence. Adieu mon tresnbsp;cher Frére. Je Juis tout d vous Ö't. V I I I. P I E C E.La Mere Prieure. Ce I DccembreEnfin les gens qui nous ont tenu fi bonne com-pagnie depuis lundijcomme je vous mandois hier, ont declare ce matin furies 10 heurcsle iujct deleur ViCte des venuë en fignifiant a M. Charles amp; a M.Hi/djVfAtcheis, |
Relation de la Merenbsp;du Fargis.nbsp;II.
Partic.
-Relation de la Térfi'cution des Reliiieufès de Pert-Rojal, 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;y
11. Partie.
emploi- amp; A M. Girouji qui seft trouvé feul pour sil ny avoir quuri éloigneuicnt pour M, Hamott Relatioa recevoir Ie fien, de fe rerirer incontinent aprèsla on avoir peur quon ne iui déterminat ie lieu ^ de la Merenbsp;fiernification. lis onr fort demandé M. Hamon^', comme quelque ^inifercor.ntin^ ou «utre fem- du Fargis.nbsp;^ quand on leur a dit quil ny étoit pas amp; quü blable. Ces honnetes gens qui prirent la peine dcnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
sctoit retire, ie Lieutenant a rémoignéêtrefachc, venir faire cette belle affaire ici diientquils ctoient en difant quil navoit rien de mauvais a lui dire, preffés daller faire une éxécution dans une Mai-mais que puifquil sétoic retire, il feroit bien de fon Religieufe a Cinquante lieuës de Paris.nbsp;ne pas revenir, paree quon Ie mettroi.t a la Baf'
tille fi on ly retrouvoit. Hilaire croit quil ya nbsp;nbsp;nbsp;XPIECE.
autfi un ordre pour M. Pauloii^ quoiquils ne Ie
difenr pas. Mais pour JVl. Ploriot, Ie bruit com- nbsp;nbsp;nbsp;Lettre de M. Giroufl.
mun eft quon Ie vouloic emmener prifonnier.
Voila oü nous en fommes. Mais Ie pauvre M. nbsp;nbsp;nbsp;Ce 5 Décembre
Girouji tnc fait plus pitié que les autres, car il ne
fgait oii aller. nbsp;nbsp;nbsp;Je penfe, M., que je ne dois pas différerde vous il fevolt a 1»
pagner quatre dici dans les Maifons, h quionfe-ra commandement dc les recevoir par Lettres de Cachet.
IX. PIECE.
Lettre de M. Girsu^.
Du 4 Décembre 1^04.
On me vicni de donner un avis de la partdu- dire Ie dernier adieu, puifquil femble que nous'.'''j^de(oi-ne perfonne qui ne veut point être nommée, qui nayons plus dheure ailurée. Je ne fqaurois aflix Rqyji. ses potte quon nous enlévera bientót routes, amp;mê- vous téinoigner la reconnoiffance que jai dctou-difpofiiions_nbsp;me nos Soeurs de Paris. Pour celui-la jendoute; tes les charités que vous nous fakes. Je tacheraiPOquot;' foulft**nbsp;cellc qui a appris cette nouvelle a celui qui nous de Ia conferver route ma vie, amp; je vous cn de-**nbsp;la dite eft Madame Blsuin, Mere du Concierge de mande trés humblement Ia continuation pour nCMf*quot;*nbsp;Verfailles, qui dit quclle e£l deftinée a en accotp- pauvres Soeurs, qui demeureronc ici bien fcules
il on q||^s óte ma Sceur Euphrajie amp; moi. II me femble que vous ferés une grande charité dc lesnbsp;affiftcr amp; de les foütenir j car ellcs cn aurontfansnbsp;doute grand befoin.
II ttn d coiniite desnbsp;Otdres dunbsp;Roi donenbsp;ctoient charnbsp;j;lt;?s les Arnbsp;rhers. Heftnbsp;Ja preraijire
Vvdime dc Port-Royalnbsp;dcs Champs
Je vous envoie une Lettre que jai requ ce foir de M. F qui étoit ici Ie jour que les Archersnbsp;y V inrent. Vous vertes ce quil me mande dunbsp;deffein quon a fur nous, amp; ce quil me dit ëenbsp;Madame t'AbbeJle de St. Loup ^Orleans. Je nenbsp;fqai f) cen eft une nouvelle: mais fi c eft cellc quinbsp;Hier fur les onxe heures du matin je requs un létoit il y a quslques années, elle eft ma Coufmcnbsp;ordre du Roi dont je vous envoie copieavec la germaine: avec cela je nai point erivie de choifirnbsp;réponfe que j'y ai fait. On en vouloic auffi a aucun lieu 11 me femble quil eft plus avaniagcuxnbsp;. Meflleurs F/orio?, Paulon amp; Hamen, mais les dc sabandonner entiérement a la Providence ,qucnbsp;deux Eccléfiaftiques ny étoient plus; amp; sen de choilir ce qui nous paroit Ic meilleur, oü nousnbsp;ctoient deja allés a Paris pour éviter ce qui peut- fommes fouvent bien trompési amp; puis jauroisnbsp;étre devoir arriver. M. Hamon sy trouva a la vé- fcjupulc daller dans un lieu oü il y auroit fujetdenbsp;rité: mais comme ce Lieutenant du Guet nous croire que je participerois moins que mes Stïursinbsp; dit dabord quil nen vouloit qua M. Charles amp; la fouffrancc. II neft pas befoin que je vous de-a M. Hilaire,quï étoient allés a la Foirede Char- mande vos priéres, vous voycs affez. Ie belbinquenbsp;tres, doü ils ne devoient revenir que Ie lende- jcn ai, ^
maan; qu'..-------- , nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o -
fier, par lequel il leur étoit commandé de continuer toujours les foins du labour amp; des provi-fions de la Maifbn; amp; qu'il Ie leur devok fighi-fier en préfence de 4 témoins (qui étoient les deux Eccléfiaftiques, M. Hamon amp; moi) Le dit S.nbsp;Hamen jugca aproposdedifparoitre,dc forte quenbsp;je reftai feul, amp; je payai pour tous,amp; regusmonnbsp;ordre. Vcritablement je ne croyois pas être unnbsp;homme de fi grande importance, ni faire figurenbsp;dans un coin de défert; le procédé dont on a ufénbsp;envers M. Danleup faifoic concevoir quelque cf-pérance quon pourroit proceder dc la mémeforte a raon égard, mais Dieu nc la pas voulu.
On na encore touché a aucune de nos Sceur* dici. Jai lhonneur dêtre la première viclitncnbsp;jufqua cette heure. On foupqonne quon vou-. loit fairs mauvais parti a nos Eccléfiaftiques j amp;
il avoir un ordre du Roi a leur ligni-
X 1. P I E C E.
Lettre de la Communauté de Port Royal des, Champs , éerite d Menjeigneur 1Arthevi-^utpeuT lilt adrejjer la Requite qui fuit.
MONSEIGNEUR,
Nous voudrions de tout notre ceeur niTnv plus ricn a faire qui foulFrir en filence tout ccnbsp; que le» hommes voudront nous fake fouffnr!nbsp; nous n importuncrions point Votre Grmdeurnbsp; par nos Lettres 6c nos Requêtes, que nousnbsp;,, igtvons bienn ttre pas unmoyen aflèz puiflinrnbsp;3, pour nous tirer de Itxtreme afiBiöion oü nous
fora;;
-ocr page 8-rkher,
jj' 5j ce,de lever lelcandalequele monde peut pren- p^_EnTjPcT^
.. dre ^ norre nrrafinn en nniia vnvanr rrairéec _ OoXr.
Relation fomtnes: tïiais ce quc nous en ta nbsp;nbsp;nbsp;Pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;XII PIECE.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la Mere
3, u,c i notrc occafion, en nous voyanc traitées 3, avec tant de rigueur, amp; pour nous juftifierdeanbsp;33 Soup^ons quon peur avoir contre nocre inao-)3 cence. II y a 20 ans que nos ennemis nousnbsp;33 impofent route forte de crimes, amp; que tousnbsp;33 ceux qui fuivent leurs paffions, nous eftimencnbsp;33 dignes de routes fortes de chatiments. Cétoitnbsp;33 des calomnies fans fondement: mais cependancnbsp;fi neus neulïions pas eu foin de nous cn jufti'
Partic
delaMere tkher, comme nous y obhge notre^ nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------ , nbsp;nbsp;nbsp;\ i- ¦ r Vntt V.wlnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Fargis.
pour h juppUer ds déclarer nettement, fi par hf termts d; joumijjion amp; d'acquufcement il %tn-d point ren fermer ia créaf/ce intérieure, coTrt~nbsp;il Va témoign-é d piujïeun perjonnes de we*
Champs^ d MoTtfeigneur lATchevttpiie tPartie.
tend :
rite.
J7 ii LtKftUa Li ZUinULiS yaö CU lUiU UC AJUUC? %.ll juiti- nbsp;nbsp;nbsp;acs lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
55 fier,touc Ie monde en ferok demeuré periuadé. queiics one i fa^pVnr U nbsp;nbsp;nbsp;tgavoir ce
»7 II y a 2.0 ans que fur ces Soupqons on menace cce Jc 17 Noveerbrp nbsp;nbsp;nbsp;^ elles pronon-
53 de ruïner notre Waifon 6c de nous disperfcr. dec/arécs défobcïiranrr.^i nbsp;nbsp;nbsp;'aquelle vous les avcs
------= nbsp;nbsp;nbsp;bles. de particioer ^ comme rpli.c
glifèi
Supplient humblemcnt les Religieufcs de Vart-'ReyaL des Champs, difaiic
------ --------- -.-.v^wciiiantcs, amp;; comme telles incapa-
r nbsp;nbsp;nbsp;¦ ..Aienr fort bien Quils Ie fe- bles. de participer aux Saints Sacremencs de lE-
Nos ennemis voyoicnt^ nbsp;nbsp;nbsp;^ eet- tïUfe i en les privant de plus dc
roient. Mais au moins Dieu nous a donné eet 33 te confolation de montrer ü tout Ie monde que
Eleaions, elles fréroknoobu!
Paffive dans les
3 3 toutes les aceufations fi anoces qu'ils om in ven- gécs de sadreUèr a vous-raéma pour vou7deman-3) té contre nous, font trés fauffes. Maintenant, der avec touw humilité léclaircillèmentdoneciles 33 Monfeigneur,nousvoyonsmani^eftementquon ont befoin fur divers points de cette Sentencenbsp;33 nous condamne encore fur des Soupgons. On Car il femble, Monièigneur que vous v fuDpo'nbsp;33 fgait bien quon na pas droit de nou||pbliger fiés que nous ayons abfoiument refufé de^ikisLnbsp;33 de croire des faits contefte's qui ne nou5 regar* re a f Ordonnance de la fignature Et ceoen'nbsp;33 dent pointi amp; encore moins de nous les faire dant ia vérité eft que nous y avons latisfait avancnbsp;33 figncr fi nous ne les croyons pas. Mais on figné comme nos Soeurs de Prfw amp;ayantadWrénbsp;33 veut malgre nous que nous foyons coupablesdc a tous leurs Ades amp; fignature Et la manidrenbsp;33 foütenir les cinq Propofitions condamne'es , done nous lavons fait neft point de foi contrairenbsp;33 quelques claires amp;c précifes que foienc les con- i votre Ordonnance,qui ne defend point deséxnbsp;3, damnations que nous en faifons. Piufieurs per- pliquer; 6c elle eft entidrement ennforme i lanbsp;,3 fonnes auflS, Monfeigneur , fe fcandahfent de Dodlrine de FEglife, puifque nous y promerton*nbsp;3, ce quencore, difent-ils, queV. G. ne nous la creance pour Ie alrai/amp; ic refpeaf ^ lnbsp; demande aucune Créance intencure des faits pour Ie *;gt;, qui eft tout ce que 1Eelife neurT^'nbsp; conteftécs, 8c que hfoi humaine que vouséxi- ger des fiddles en de femblables matiéres^ P ftnbsp;3, gés DC fignifie rien autre chofe, finon que nous pourquoi voyant que vous ne nous aceufés'^ ¦
3, fommes obligées de croire que les Papes qui ont dans cette Sentence davoir figné dune man?quot;'^ condamne les y Propofitions les ont cruës de défedueufe; mais de navoir point figné du tou?nbsp;33 Jmfenius, nous refufons néanmoins dobcir a nous avons cru vous devoir envoyer ia fignaturenbsp;,3 une chofe fi indubitable. Ceft pour nous juf- que nous avons faitc lors que votre Ordonnancenbsp; tifier contre ces Soupqons que nous nous fom- nous fut fignifiée, en vous fuppliant ou de -évonbsp; mercruès obligées de vous faire, Monfeigncur, quer votre Sentence, comme fondée furunefauflbnbsp; cette trés humble Eequête , pour apprendre fuppofition amp; fur une erreur de fait ou de iu» r
3, plus clairemenc votre intention, amp; vous dire de notre fignature, amp; de nous declarer ceauevoL finccremcnc la dispofition oü nous fommes. y trouvés amp; que nous ny pouvons concevoirnbsp; Nous efpérons, Monfeigneur, qu'elle ne nous Nous voyons bien, iVIonfcigneur, que vousnbsp; fera pas inutile j amp; comme Ie temps a dilfipé nous aceufes dans votre Sentence detre des defonbsp; toutesles anciennes calomnies quon avoit for- béïfiktes, amp; nous en eprouvons la peine la pfosnbsp; mé contre nous,Dieu permettra auffi que vous terrible que nous puilfions foufFrir qui eft lapri- connoitrés unjour notre innocence, que prefque ration des Sacrements. Mais nous navons pasnbsp;3, route lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reconnoit dcjaiöc que fi main- encore compris quel eft Ie fujet amp; Ie fondemcHC
tenant Dieu permet que vous nousaffligiés dune véritable de ce reproche. Et plus nous rappel- maniére qui nous eft fi fenfible, la patience que lons avec foin dans notre mémoirc toutes les di-3, Dieu nous donnera a fouftrir nous juftifiera ea- verfes chofes que nous avons apprifes dc votrein- vers vous;que lenvie de nos ennemis vous fera tention ou par vous-m6mc, ou par des perfonnes en horreur- amp; que vous changerés bientót les fincéresqui nous en ont informées, plus nous fom-33 malédiétions que nous navons pas mérite, en mes embaraffées a déviner en quoiconfifte pro-33 bes bénédidions que nous fouhaitons de tout prement Ie commandement auquel vous nous ar,nbsp; notre cccur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eufés de défobéïr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Ce font., nbsp;nbsp;nbsp;»0S éye.
Nous foavons que la fignature neft pjj alt;9:ion puremenc extérieure, 6c qui n-f*
rien i mais quelle eft inftituéepour êrre
üelafto» de la Terfécution des neliejetifes de To-'t-V.ayal, nbsp;nbsp;nbsp;9
delation aue de que'que difpolkion intérieure, amp; de quel- raifons qui nous paroiflent confidcrablcs de h vé-Re'^don de laMerenue penfée qui y répond. La lignature de latnaitinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rité du fait qui ierc de matierenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a Ia conteftarionnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mtl'C
du Fargis.neft que Ie corps du comnaandement, mais la nbsp;nbsp;nbsp;prcknte, nous nc fommes pointnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;obligees de quit-Fargis,
II. difporition de lefprit en cft Tame; ceft propre- nbsp;nbsp;nbsp;ter ce doute, ce qui ne nous eftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas même poffi-
Partie. ment ce quon doit appeller la chofe commandée, nbsp;nbsp;nbsp;ble, nen ayant point de motifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fuffifanc; amp; que
paree que ceft Ie principal objet que les Supérieurs par confequenc nous ne pouvions rémoigner que regardent en commandant, amp; que les inférieurs nous nen doutions poirit, que nous enccionscer-doivent regarder en obéiffant.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;taines , que nous en étions intérieuremenc per
il eft bien vifible par la, Monfeigncur, quil y fuadées. a deux cas auxquels on ne peut être oblige ala En fuppofant done, Monfeigneur, quelacho-fjgnature fans parler des autres.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fc commandée par votre Ordonnance fut davoir
Le premier eft ,quand nous ignorons, amp; qu'on dans Tefpric une certitude de ne douter point, amp; ne nous fait pas fgavoir quel eft cette difpolition détre inrérieurement perfuadces que les erreursfe
quelles ne font pas, nous navons p^ cru êtreo-Taccomplir. nbsp;nbsp;nbsp;, ^^'^iger bügées a ce commandement, que rEglile n a ja-
L,e fecond f Jd nsLette difpoütfon mafs fair, amp; quelle na pas dron de faire , felon de nous que nous fof O® marqué. Car la DodtrLne la plus requë öc la plus aucorifeedausnbsp;defprir dont lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ander d^e témoig- lEglife-même. Kt il'eft bien clair quon ne.nous
alors ü eft nbsp;nbsp;nbsp;^ ns unedifpoficionoü nous peutaceufer de dcfobcillance en ce point, puifquc
ncr que nous fommes dans une p nbsp;nbsp;nbsp;défobeir que de ne pas faire une cho-
ne nousoXie's encore e'xcufées de Ia fe, quil eft certain quon na pas eu droirdenous
quot;Mrctitm régie que rEglife ne commande dc cesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnmmandée.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jamais par autorite la perfuafion mteneuredesfaks
fqavoir quelle etoi nbsp;nbsp;nbsp;Monfeieneur quelon conteftés, demeurant certaine amp; immuable,nous
Nous énons perfuadees Monlei|neur^,je^^ nbsp;nbsp;nbsp;^ Monfeigneur , qu.l y a quelque fujec
vouloit éxiger de nous la creanc nbsp;nbsp;nbsp;intention, touchant 1obliga-
vérité du fatt contefte, qu e q L V . , ([0^ que vous avés prétendu nous impofer; paree pofitions Héréciques dans lenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;! que nous voyons quon l exphque fort diverfemcnc.
amp; en effec les fitnples paroles nbsp;nbsp;nbsp;fornbsp;nbsp;nbsp;nbsp;votre Ordonnance portent fans dou-
fens; votre Ordonnance le conErmei 6c nbsp;nbsp;nbsp;en effet la rré...»
ment ce
1 nous fembleque c eft en cette maniére que vous te a croire que vous éxigés en efièt Ia créancpquot;quot; nous 1 avés éxpliquée, amp; que vous avés taché de térieure, amp; celf -auffi ce que nos Inftrnfl.;nbsp;nous perfuader que nous étions obligées de croire nous onc fait entendre, il fe trouvenéanmr.;
Ieen nous appuyant, non perfonnes qui croient ctre fort informées
principes de la foi, dont nous devons être inftrui tes; la lumiére de la raifon que nqus ne devonsnbsp;pas éteindrc en nous, amp; le peu dinftrudlion furnbsp;ces matiéres , que la neceffité ou 1 on nous a mfnbsp;fes nous a obligé de rechercher, nous a fait con.
-----j ^ mais feulement la foi hurnai,
ne que la décifion a été faite avec autorité ^ce qui cft une forte de foi humaine quil eft trés facilenbsp;amp; davoir, amp; dacorder, amp; de témoigner. Ceftnbsp;ainfi, Monfeigneur, que nous avons fgu que Ig
R. P. E/prit Prêtre de rOi-tfroire avoit éxpliqué
per- par votre ordre^le nbsp;nbsp;nbsp;è nos Sueurs de
'1 nbsp;nbsp;nbsp;rFfflifp n / ^1® lt;l^c ceJui donc cn ies affurant quii avoit appris de vous-méme
ilsagit, IKgliIe n en peut exiger par autorité amp; nbsp;nbsp;nbsp;me
par^ commandement la créance 6c la perfuafion intérieure, 6c quelle ne peur commander a fesnbsp;enfancs dc'toufFer tous les doutes qui les peuventnbsp;tenir en fulpens; paree que fon autorité nétantnbsp;que faillible en ces rencontres, elle neft pas capable daftujettir leur efprit , lors quil eft émunbsp;fortement par des raifons contraires.
Ce principe, que nous avons appris être conftant
parmi les Théologiens de 1Eglile Catholique, 6c de nos Steur;
¦ - 'pff nbsp;nbsp;nbsp;r^on C-tlirAnM r»or AmnirntiA^ tyesntfnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\
que votre intention nétoit pas d obliger a croire que les 5 Propofitions fuffeiit cffeaivemenc dansnbsp;Janjenius: mais feulement a croire que le Papenbsp;lavoit ainfi jugé. Ceft pourquoi il leur enfei-gnoitque le fens AisVormulaire étoif. Je condam-ne les 5 Propofitians de Jasijenius, cejt d dire quenbsp;le Pape a dédartes etre de Janfenitis, fait qu el'nbsp;les y Jbient, joit quéles ny joie-at pas en effet.nbsp;Nous (qavons auGE quon a aflliréquelques-'nbsp;nr fio-n/i
uncs
qui^ ontfigné^qu on ne les enga-
qui a été encore depuis peu foutenu par depnds geoit pointy a la créance du
nloirvr nbsp;nbsp;nbsp;1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
Êvêques, nous a fait croire que doutant fur des vous vous étes plaim
us que
qu on expliquoit malicicufe-ment
Relation de la Ferfécution des Relipeufes de Rort-Rbyal^ i66^-i66p lement cclaircies fur ce doute par une Explication ce quil fauc entendre par les mots daciiuiêjcemenf ^ i------------------------ jjg nbsp;nbsp;nbsp;^ d'obéijfance^ de déférence^ amp; autres femblables j amp; fivous leur demandés par-la laper-fualion intcrieure du fait contefté, qui éxclue Ie doute amp; lincertitude touchant Xe fait: ou fivousnbsp;nc voulcs fignifier au contraire quun refpedt Extérieur qui nenfermc point la créance. Lequelel-les nont jamais refufé de rendie mxConJiitutions ¦nbsp;amp; vousferes, Monfeigneur, une chofe dignedenbsp;la bonté amp; charité Epifcopale, qui ne dédaignenbsp;point de condefcendre a 1infirmité des perfonnesnbsp;foibles amp;.afHigées comme nous fommes. [Cette Requête s étépréfentée d Monfeigneur VAr-chcwque de Paris Ie 6 Décemhre 1664. Le Pere Efprit sétant plaint de ce qu'on l'avoit nommé dans cette 'Requéte ^ enfit laréponjefuivan-te i fes plaintes.~\ de dire que Ton najamais cru dans lEglife que les fi- dune maniére plus élevée amp; plus conforme aux déles fulTen: obligés a cecte fortedacquiefcementk Peres que celle des Scholaftiqucs, il navoir pasnbsp;'égard des fails. Mais fi 1on entend quelque autrenbsp;chofe quecette créance intérieure, on nous fait injuf-tice, Mgr., de publier que nous nacquiefgons pas, amp; que nous ne nous foumettons pas aux Conftitu-pons j puisquéxcepté la créance intérieure du fait éte entendu. Or, pour porté, amp; on nen rapoortera jamais rien. Mais lautre maniere done il a agi e 10 Relation ment ce que vous aviés dit de la Foi hutnaine,en dela Merefjppofant que vous vouliés obliger a croirenbsp;du 1'argis. intérkurement. Cette contrarieté apparente, Mon-Pattinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3 a mis dans une enciére incertitude ¦ de votre intention, amp; nous réduit ainfi dansTim-puiffance de la fuivre, quand bien même nous Ie voudrions, puifque nous ne fgavons plus quelleeftnbsp;la chofe commandée, qui ai: IeHence de la figna-ture, Vous nous commandés de figner pour té-moigner quelque chofe, mais nous ignoronsab-folutnent quelle elle eft. Et ainli ce feroit biennbsp;fans raifon amp; fans apparence quon noustraiteroitnbsp;de défobcïflantes fur ce prétexte, puifque nousnenbsp;fgavons pas en quoi vous voulis que nous vousnbsp;obéïffions. Car vous nous pennettrés de vous re-préfenter, ]VIonleigneur,que nous n avons cté nulde votre Ordonnance que vous nous aves mon-tree, oii vous déclarés que la fignature du Fom»-laire neft pas un jugement que vous vouliés quenbsp;nous rendions par nous-mémes, mais que vousnbsp;dclirés feulement que par une foumilïïon fincére,nbsp;amp; refpeétueufe amp; de bonne foi, nous acquief-cions a la condamnation que Ie Sc. Siége a faitenbsp;de la Doétrine de Janjenius. Ce neft pas,Monfeigneur, lever nos doutes, ni remédier a nosnbsp;fcrupules, que de nous declarer une chofe dontnbsp;nous navons jamais douté. Or nous ne nous fommes jamais imaginé quon aic eu la penféedenousnbsp;obliger a faire par nous-même un jugement de lanbsp;Doétrine de Janfenius; amp; nous ne formerons jamais un foupgon fi injurieux de la conduite de nosnbsp;Supérieurs, que de leur attiibuer un defl'ein fi dE-raifonnable. Nous avons feulement cru que vq-tre Ordonnance nous obligeoit a rendrè un temoi-gnage, amp; a former un jugement fur un fait contefté, en nous appuyant lur rautorité qui la dé-cidé. Voila 1unique fujet de notre doute, amp;cefi:nbsp;furquoi nous navons trouvé aucune iumiére dansnbsp;votre déclaration. Peut-être que des perfonnes plus intelligences que nous y en trouveront dans ces paroles fuivances;nbsp;que vous ne nous demandés quun acquiefcement énnbsp;unefoumijjion fmcére. Mais pour nous, Monfeigneur, nous vous proteftons avec fincérité quenbsp;nous ny en avons point du tout trouvé, amp; quenbsp;nous ne fgavons ce que vous voulés quon entendenbsp;par ces mots d'acqukfeement ,de foumijjion^ècdo-héijfance pour k jugement du St. Siége. Car fi parnbsp;ce: acquiefcement amp; cecte foumiffion on entend ianbsp;perfualion incérieure de la vérité du fait contefté,nbsp;on a raifon de dire que nous nacquiefgons pas ennbsp;cecte maniere: mais nous croyons aulTi avoir fujet |
nous avons renferraé toute autre forte de refpe(ft Relation amp; de déférence quon peut rendre aux Co?s(}ieu/!o?!s de la Merenbsp;des Souverains Pontifcs, même a le'gard dss faits-, du Pargis.nbsp;fous les termes de refpctft amp; de filence que nous nbsp;avons promis a légarddu fait dznsnotre iignature. Ce CONSIDERE, iVlonfeigneur, amp; atten-du que Ie droit divin amp; humain oblige les Superieurs de faire connoure a leurs inférieurs quelles font les fauces dont ils les accufent, amp; pour lef-quelles ils les punilfent, amp; quelles font les chofesnbsp;quils leur commandenc, les Suppliantes vous con-jurent par les entrailies dehchahtédeJefus-Chrifi^nbsp;de declarer juridiquement queldéfaut voustrouvésnbsp;dans ia fignature quelles vous préfentent,amp;: déx-pliquer par un aae public amp; autentique dune ma-niére claire, prccife amp; proportionnée a leur efprit XIII. PIECE.Re'ponje a la plainte que fait k Pere Efprit, qu'en Ie mmmant dans la Requête de Port~nbsp;Royal on a violé les Regies de l'amitié ,é}nbsp;quon la commis avec fes Supérieurs. La plainte du Pere Efprit eft trés conforme a lEfprit Général de X'Oratoire ,c^n\ eft de tremblernbsp;toujours fous les Puiffantes; amp; de nozer dire lanbsp;vérité de peur de leur déplaire. Mais elle nousnbsp;femble trés mal fondée amp; indigne dun Prêtre. J1nbsp;a parlé en deux différentes maniéres aPort-Royal;nbsp;Tune fecrette amp; particuliere, amp; lautre publique. La fecrette confifte dans les Entretisns quil a eus avec la Sceur Angelique, ou il lui a aflèz faitnbsp;entendre quil ne croyoit pas que les Héréfies desnbsp;Propofitions fuffent dans Janfenius: mais que fonnbsp;Livre avoir été condamné, paree quayant écric ce qui eft de ces Entretiens qui ¦« peuvent commectre, on nen a jamais rkn rapenvers lesnbsp;Re- |
relation de la Ferfecution des Feligieufes de Fort-Foyal^
II
Relation' Religieufes etanc puplique , puifque ce fonc^ d« tJoI.a Mere discours quil a tenus devant la Communaute ccnbsp;du Fargis. M. Chanitllard, on ne voic pas comment ü peutnbsp;prétendre quon fut néceflairement oblige de lesnbsp;tcnir fecrcts. Car Ce feroit une chofe tout a faitnbsp;horrible quhl eut voulu perfuader Ia Signature anbsp;toute une Communaute Religieufe fur des discoursnbsp;quil na pas la hatdieife de foütenir devanc Ienbsp;monde.
Jadmire la Confcience de ces IVIefTieurs la, amp; je ne f^ai furquelles Régies ils fe laforment. Maisnbsp;pourmoi je croirois avoir fait un fort grand crimenbsp;amp; avoir agi de fort mauvaife foi, fi javois voulu perfuader a des Religieufes quelles pouvoientnbsp;en Confcience faire une fignature, en fuivant unenbsp;opinion conforme a Iintentior. des Supérieurs, la-quelle jenaurois pas Ie courage de foütenir devancnbsp;ces mêmes Supérieurs.
Si cette opinion eft faufle,pourquoi a-til taché dy engager desfilles? Et ft elle eft vraie, pourquoinbsp;craint-il de lavouer? Cela lecommet,dit-il,avecnbsp;fes Supérieurs. Mais comment nappréhende-tilnbsp;point que fon filence dans une chofe ft importantenbsp;ne Ie commette avec Dieu ?
Ces Meffieurs ne fqavent guéres les vraies loix de 1amitié chrétienne. Ils en font une union toutenbsp;politique amp; toute humaine. Et ils simaginentnbsp;que lés devoirs de lamiüé nous difpenfent de nosnbsp;devoirs envers Dieu amp; envers lEglife.
Les opinions dun Théologien dices publique-ment ï 8o filles a quid eft envoyé par fon Arche-vêque amp; pour une affaire toute publique,ne font point des fecrets datni, amp; Ton ne les doit pointnbsp;avancer que Ton ne foic pret de les foütenir devantnbsp;tout Ie monde. Cela eft admirable. Ils blamentnbsp;amp; taxent dun fcrupule ridicule les Théologien*nbsp;qui ne fignent pas, paree quils ne croient pas quenbsp;les Propoficions font dans Jtmfenius. Et Ic fondement de ce blame eft,quil'eftconftanc,difcnt-ils,nbsp;que la Signature des faits ncn emporte point lanbsp;Créance, Et cependant cette opinion ft conftan-tc felon eux, amp; qui doit Régler les Confciencesnbsp;dans une Signature publique, eft un fecret qu ilnbsp;ne faut pas divulguer, pour ne pas commetteceuxnbsp;qui font dansce fencimenc.
On peut jager par-la ce qui fèroit arrivé a ces pauvres filks ft elles avoient fuivi lopinion de cenbsp;Pere. Car après avoir figné far, la parole quil leurnbsp;donnoit que M. de Varts ne les engageoit pointnbsp;par la ^ la Créance du fait, il témoigne bien parnbsp;laplaintequil fait raaintenant quil eut trouvémau-vais quelles euflènt déclaré en public avoir fignénbsp;fur cette parole, puifquil auroit eu autant ou plusnbsp;de fujet de dire quon Ie commettoic par la avecnbsp;fes Supérieurs. De forte que ces pauvres filles fenbsp;feroient trouvées miférablement trompees, nayancnbsp;figné que fur une éxplication iu formulaire quonnbsp;auroit ou défavouée, ou déguifée.
Voila les fervices que Ie Pere Efprit prétend avoir rendus a Port-Royal, 6c quil fe plaint quon
L-'argis.
II. Partie,
II.
Partie.
a ft mal reconnu. On ne doute point que (ês in-Relation tentions naient été fort bonnes, mais la voie quiide la Merenbsp;avoic prife pour fauvei Port-Royal eft affurementdu Fargisnbsp;bien étrange, puifquelle nalloit qua les éxpofer anbsp;paffer dans 1Efprit du Pere Annat pour des per-fonnes fans honneur Sefans Confcience, commenbsp;il Appelle dans fon Livre eeux qui fignent fansnbsp;croive \tfait.
Mais ce qui eft tout a fait dur, eft que Ie Pere Efprit voulant faire croire quil a tant daffêdionnbsp;pour Porc-Royal, il niette dans la Balance un petit mécontentement quil ctaint- de la part de fesnbsp;Supérieurs,avec 1avantage trés légitirae que tirentnbsp;ces filles de la Declaration quil leur a fake en public, comme fqachant lintention de M. de Earisnbsp;pour engager a parler claireraent. Ce qui fauve-roic ce Monaftéresil 1avoic faictou qui feravoir,nbsp;sil ne Ie fait pas, linjuftice horrible avec laquellenbsp;OU ruïne une des plus faintes Maifons de lEglife,nbsp;plutót que de vouloir dire un mot qui put déplaitenbsp;au Pere Amat.
XIV. PIECE.
'Réponfè de M. l'Ahbé Ie Foi d la Lettrs de la Mere Prieure du 2^ Movemhre
Du 10 Décembre idtïq.,
Jenai regu que dhkr Ia Lettre du 28 du ttioissa fenfibi-pafte dont vous m aves honnore 5^ je vous aflu- lite pout re, ma Kévérende Mere, que je 1 ai luë avec lcsquot;snbsp;mêmes fentiments que fi jous maWés raconténbsp;vive-voix les chofes qui fe lont paliees, ou que fiDifpofitiomnbsp;je les avois vu de mes propres yeux. p me fem-lefquei-ble que je fentirai toujours de cette maniére toutfou^Jijnbsp;ce qui regardera Votre Sainte Communauté; amp; pcrfamp;mion.nbsp;que ft je ne fuis pas aflèz. heureux pour foufFrir en manbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;e geut
perlbnne, au moins jaurai Ie bonheur de foufFrir^ en vous. Ceft 1eftét propre amp; naturel de 1u- ne cenCme'nbsp;nion que lon a en fefus-Chrifl, de foufFrir ainfiS^^'qui luinbsp;les peines les uns des autres. Mais jefpére auflic^^'nbsp;que vos fouffances amp; vos priéres mobtiendrontnbsp;enfin la grace de foufFrir la violence dont il y a ftnbsp;long-temps que je me vois menacé,amp; dont iltnenbsp;fenible que je dois attribuer Ie retardement a mesnbsp;péchés. II faut redoubler fa charité pour ceuxnbsp;par qui on fouffre; 6c demander inftamment anbsp;Notre Seigneur que les peines mêmes que lon endure par leur aveuglémcnt amp; leur injuftice ob-tiennent leur conve^fion. 11 faut done ofFrir cesnbsp;peines pour eux-mêmes amp; pour nous-memes carnbsp;la charité eft 1ame de la fouffrance: elle en faitnbsp;tout Ie prix amp; Ie mérite^ elle lui doit être propor- nbsp;üonnee de forte que plus nous fouftrons iniifte-
n'^rrS nbsp;nbsp;nbsp;charitableient:
amp;fi nous foufFrons de cette maniére, nous Ibuf-frons aufli ore patiemment, la patience étant in-fcparable de la charite. La reconnoiflance deno-ue propre foibleife amp; la dispofuion a recourir a B ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;notre
-ocr page 12-12 nbsp;nbsp;nbsp;Relati07f de la Perfe'cution des Religieufes de Porf-Royal^ l66^-i66^.
notre Seigneur pour être foütenu par lui, fonc ble la dernie're Réiblution.
notre Seigneur pour etre loutenu par lui, lum.
naturelles a la piéré: mais lamour fervent amp; Undent la disperlion Générale aliuree: Uieudela u 'atgis.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg gjg gggjjj qu' gjQjjg perfécu- en foit éternelletnent béni. II faut regarder toutesdu F
' rent nniis rniirmenrenr.eft affureinent plus rare ces chofes en lui. aui tire fa plus 2rande gloireSc ^
Relation
- la nbsp;nbsp;nbsp;ixciujubiuii.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-tvciaiioni
On tient la disperlion Générale afluree: DieudelaMere
.11 nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tl r -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____«ïii 1.'____e .
argis. II.
Partic.
reaouDie pour le laiuc ac ccux i^ui nuub nbsp;nbsp;nbsp;wia xwn, ulchiciiciücul ucm. xi lauL icgai'j'-*
tent amp; nous tourmentent,eft aflurement plus rare ces chofes en lui, qui tire fa plus grande gloircSc amp; plus difficile. C^uand ces 2 fcntiments fe ren- la fanctification des flens de tout ce quil permet I^^de.nbsp;contrentenfemble , amp; égalemcntdans notre cceur; qui arrive en ce monde.
amp; quils nous humilient vcritableraent devant Ie
--------- nbsp;nbsp;nbsp;XVI. PIECE.
Sauveur, dc qui nous devons attendre route notre force, nous éxerqons une véritable charité en vers lesnbsp;hommes, de qui nous viennent de grandes croix,'nbsp;nous fommes alors en alfurance: 5c dans eet étacnbsp;plus les épreuves font dures amp; vioïentes, plus onnbsp;eft ferme a perfévérer dans la fidélité que 1onnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Du ao Dccembre 1664.
doit a Dieu. La patience, lhumilité 8c la charité
font trois liens qui nous attachent fortement a _ Vous verrés par cette Lettre MnnCe Je/us-Chrifi .dequeioutes les Puillances humaines je fuis encore ici, ou fai recu la Letrrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«-
ne ferontjamais capables de rompre. Jai done, mavcs fait 1honneur dc me'crire, Je^TnVaüeSrelct ma Réverende Mere, une forte confiance pour -Dieulapermis afin que JeuflTe cette nouvelle connbsp;vous en notre Seigneur i amp; je vousalTurc que vous folation avanc quon me metre en état de nen re-tion póar'nbsp;m étes toujours prefentedevant lui au Saint Aurel. cevoir quede lui. Jefpére que les Saintes Inftruc- «ux quenbsp;Plus les hommes par leur cruelle injullice feront tion que vous avés la bonté de me donner me fenbsp;dc disperÜons amp; de féparations «térieures, plus rent fort utiles. Le bon M. Giraufl pric la peine queUft?/-'nbsp;on fe trouvera interieurcment uni a fefus-Chrill, de m envoyer cellc que vous lui avés écrice- amp;nbsp;par fon Efpric amp; par fon amour. Sans dome les je vous fuis encore obligee Monfieur de cequot;''quot;^quot;®nbsp;hommes ne fqauroient féparer de fefus-Chrift fes que votre charité vous a fait agréer que je la Vis-^nactSInbsp;époufesidlesfuivra amp;les accompagnerapartout; fe. J y ai trouvé une trés grande Inftruétion les Ecd.'fiar.nbsp;amp;par confequent clles ne pourront auffi etrevé- particuliérementfur lamour que nous devons avoirnbsp;ntablement feparées les unes desautres, 6c leurfé- pour ceux qui nous affligenc Je vous Supplie très^'^'nbsp;paracion ne fera que felon les fens, puis quelles humblement davoir la bonté deprier.NotreSek-fcronr toujours unies avec leur époux. Heft juffie neur7egt;r-cé.?-;J?, de graver ces vérités dans lefohdnbsp;que eet agneau fans tache ayant eté viftime pour de mon cceur, afin que je ne les oublie iamais amp;nbsp;elles, elles foient a leur tour viéfimes pour tui. que je fois fidéle a les pratiquer route ma vie ^
Ceft en eet époux amp; en eet agneau divin done Ic penfe que vous aurés appris 1ordre aue M cfin^ta.
Ikng nous a Rachetés, que je fuis. nbsp;nbsp;nbsp;«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-- 1-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r.
Lettre de la Mere Prieure de Port-Royal des champs d M. l'Abbé Ie Rot
Lettre de M. Girouft.
Da 16 Décembre J664,.
--------------appris 1ordrc que M. Girouji
requjcequi la obligé de fe rerirer, auffi-bien que vous nos autres Meffieurs, ceft-a direnbsp;les Eccléfiaftiques amp; le Mcdecin, de forte quenbsp;nous fommes préfentement fans ConfelTeur, fansnbsp;Sacriftain, fans Médecin: ceft dés le Commencement de [Avent. On ne seft pas mis en peine den envoyer dautres , je dis pour Contéf-feurs. Depuis que ces deux Meffieurs fontnbsp;partis, fans la charité de M. Camt nous aurionsnbsp;fouvent manqué de Meflès. Ceft
...........--1----------- , pourtant un
avancage quon ne nous ait donne perfonne,puis
M IAtche- Depuis ma derniére Lettre notre M. Hilaire qu'il vaut mieux être ici feules que davoir un Tcque lui fait qni gft affez, bien dans 1Efprit de M. de Paris lui tentateur .... Je vous demande trés humble-quefa Lettre ayant dit que tout Ie monde sétonnoit fort demon ment la continuation de votre charité, amp; parti-* Cachet ordre, vu que je ne métois jamais mêlé que de culiérement je vous Supplie de nous vouloirnbsp;faire Ia Sacriftic, amp; que jétois peut-être une des donner part en vos Saintes priéres a cette fête,nbsp;perfonnes de Port-Royal des Champs qui euc le que nous paflTerons dans la privation de la Sainrenbsp;moins de Communication avec les Sceurs ; le Communion. Nos Soeurs de Paris 1onc de-Prélat lui ayant demandésillen afluroic, amp; ficela mandée a M. 1Archevêque, qui la leur a refufé.nbsp;étoit bien véritable,il lui dit que jene laillaftc pas Pour nous, a qui Dieu a fair Ja grace de ne Icnbsp;dobéïr aux ordres du Roi, dont il étoit fort ja- voir pas fl fouvent, nous avons cru devoir de-loux, taais que je différafle a enlever mes meubles meurer dans le filence , furtout après lui avoirnbsp;jufqui-ce que 1on eut avifé a ce que 1on auroit préfentc ces jours palfés une Requête, k laquel-a faire, Voila oü en font les chofes,amp; je fuis ici le il ne nous a pas fait 1honneur de nous ré;-ttCeDuint avec le plus de patience quil meft poffi- pondte un feul mot.
naura pas tout fon ef'nbsp;fet, pourvunbsp;qu'il fortenbsp;pat ptoyi-fion.
Relation de la Ferfécutmt des Religienfes de Vort Royal^ 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;13
Icgidmes Supérieurs la foumilfion que vous leur Relation devés. De cecte forre vous neferiés pas dcvenuëdela Merenbsp;dcmie {^avante jufqua la préfomption dinterro-du Fargis.nbsp;ger fon Archevêque en lui demandant une chofenbsp;qui neft pas moins daire que Ie jour, ceft-a-dire Portie,nbsp;ce que lignifie Ie mot dacquiclcemcnc, de Sou-milfion, quil défire de vous a Fcgard du juge-menc que lEglilé a rendu trés canoniquement lurnbsp;Ia Doétrine de Ja7i[enm. Vous ferics bien ignorante fi vous ne fqaviés pas la lignification de cesnbsp;termes, amp; ceux qui vous one inftruke font Wennbsp;malicieux, s'ils ne vous ont pas fait connoitre
Relation de Ia Merenbsp;du Fargis.nbsp;II.
Partie.
XVII. PIECE.
JIde. Lettre de la Communauté de Vort-^oydl des Champs, M. de Paris.
Du 23 Décembre 1664,
monseigneur,
Nousavons fujet de croire quaprès la Requête que nous nous nous fommes cruës obligees de vous
mots, vous aure's été content de notre dispoli-tion, amp; que vous voudrés bien ne nous plus regarder comme des défobcilTantes, puifque vo-tre filence femble être un confentement racitenbsp;que vous ne trouvés rien a redire a notre figna-ture. Car vous ayant conjuré par les entraillesnbsp;dc la charitë de Jej'us-Chrifi , dé nous declarernbsp;juridiquement quel défaut vous y trouviés après
adrelfer amp; qui vous a ccé renduë dés Ie 6 de ce que dans la primitive EgUfe, lorfquon a dcfiie
= nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eet acquiefcemenc amp; cette löumiffion a des jugc-
ments femblables, les vérirables fiddles y onttou-jours obéi, fans savifer de faire la demande que vous me faites, laquelle ne peut être quinjurieu-fe 6c contre Ie refped qui eft du aux fupérteursnbsp;a qui on la fair. Vous pouvés bien juger que dcnbsp;tn» part je ne défire de vous eet acquiefcementnbsp;que de la maniére quil a toujours été défiré dansnbsp;vous iavoit encore prétenté, nous ne pouvons les Coiiciles les plus OEcumeniques; amp; de vo-pas nous imaginer que vous euffiés manqué de Ie tre coté vous devés auffi Ie rendre de la mêmcnbsp;faire sil y en avoir eu aucun: 6c il nous femble forte quil a toujours été rendu par tons les fi-oue ce feroit une chofe non feulement tout a fait déles, ceft-i-dire refpedivement, fmccrementnbsp;contraire a la bonté dun Pcrei mais mêtne è 6c de bonne-foi. II me femble que ceft futfi-iuftice dun iult;re, que de punir avec une fé- famment séxphquer a une perfonne qui entendnbsp;vériié fans éxempte de pauvres fillesqui ne cher- lcFrangois,6c qui n ufe point d artifice pourdon-cS que Dieu ^fans leur vouloir faire connoitre ner un temps a une herche de s etabl.r 6c de sa-en quoi confifteprécifément la faute pour laquel- croitre Au refte Ie P. E/pr,t ne tombe pas dac-le onles ïïnit ïorfquelles Ie detnandent par les cord dcce que vous dites de lui dans votre Requ^nbsp;Is huXs applications,pouvant protefter de- te, amp; sil étoit vrat qu il meut exphque de lanbsp;C oTeu quïlles ne Ie Igavent pas. SouflFrés maniére que vous 1affures, il n au on pas ete unnbsp;done, Monfeigneur, quayant meilleure opinion fidele intcrprete de mes penfecs^ Je n ai plus riennbsp;de votre équité 6c de votre afFedion paternelle, a vous dire, ena ScEur , finon que tanc que vousnbsp;nous nous jettions encore a vos pieds pour vous ferés dans Ie pitoyable etat ou vous etes prefente-conjurer de ne nous pas laifler paffer cette grande tement, je ne puis vous accorder cc que voasmenbsp;fête dans une auffi grande douleur que feroit celle demandés. Contentés-vous dc vous humilier pro-de nous voir privet de ce pain divin que Ie Ciel fondement devant Dieu, 8c de lui demander tou-a donné a la terre ce Saint Jour , 6c de cette tes les graces dont vous avés befoin pour cela.nbsp;paix fi défirée que les Anees nous font venus an- Ecoutés routes les raifons qui vouspeuvenc porternbsp;noncer. Ainfi Dieu veuUle écouter vos priéres, a robéiflance: rejettés routes celles qui vous cn-comme vous écoutcrés les notres 6c vous faCfe tretiennent dans des fentimentscontraires, 8c quenbsp;grace comme vous la ferés i dc pauvres filles af- je ne veux pas éxprimer par dautres paroles, par-fiigées, qui font avec un nrofond relpea, 6cc. ce quelles feroient trop dures: 6c ne doutés pasnbsp;vcc un proronu ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;demande incelTamment6c
^VIII. piece, nbsp;nbsp;nbsp;inftamment a Dieu quil permette que vous
paffiés de létat oü vous étes, a celui dans lequcl
ma soeur
Eéfonfe 4e M. l'Archevèaue i l» Mere Vrieure. je pourrois vo^ accorder ce que vous défirés dc 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moi, amp; vous temoigncr que je luis véritabletnent,
MA SOEUR,
Vitn trés humble ferviteur HARDOUIN Archevé-
Je n ai point répundu jufquici Si la Requête quon ma préfenté 1autre jour de votre part,8cnbsp;qui depuis cc tcmps-la a été imprimée 8c court
préfentetnent les rucs de Paris, a caufe quelleeft nbsp;nbsp;nbsp;ate d p ¦
toute remplie de lorgueil 6c de la préfomption A Psrisce 24 Décembre 1664. nbsp;nbsp;nbsp;^
fur laquelle eft fondée votre défobéiffance. II fe-
rok a fouhaicer pour votre falut que vous neuffiés AU Eévérende Mere Marie nbsp;nbsp;nbsp;m jt - .
jamais appris qua prier Dieu amp; a rendre a vos {du Fargis) Prieure de Pm-Rojlld^chtTs
14
14
Relation de Ia Merenbsp;du Fargis,nbsp;II.nbsp;Partie.
artifice que Relation qu on nous lesdelaMsre
peut être que par tn-alice amp; par
nous tcmoignons avoir befoin
explique. CeR lur ce fondement que vous noujdu Fargis. accufés routes en fa perfonne de préfomption amp;nbsp;dOrgueiljiSc quefans avoirégard a notreRequetenbsp;vous nous répétés fimplemeni'les memes terraesnbsp;que nous avions declare nentendre pas, fans nousnbsp;BuioDécembre i66r^. en donner aucune éxplication. Nous nous fen-tons, Monfeigneur, alTez redevables a la jufticenbsp;de pieu pour ne pas croire avoir droit de nous
XIX. PIECE.
Ilpwe Lettre des ReU,gieufes de Fort-Royal des Champs ^qut fut préfentée d M. 1'Arcbevêquenbsp;avec leur Requête.
MONSEIGNEUR,
Nous vous proteftons que nous fommes dans blefifer des reproches que vous nous faites, puif-une éxtrcme afflidlion detre encore obligees de que nous les méricons fans doute pour dautres vous préfenter cette trés humble Requete, amp; de fautes; amp; nous fouhauenons de tout notre coeurnbsp;nous Lpofer une ade fois a paffer dans votre ef- que vous les euffies appliques a des chofes ounousnbsp;pritpouV des perfonne* pleinesdorgueilamp;deprc- reconnoiflant coupables devaiu Dieu, nous puif.
fbmption. Nous fqavons, Monfeigneur, Iobli- fions auffi en fairc un aveu fincere devant IEghfe gation que nous avons de nous humilier; amp; nous amp; devant vous, Monfeigneur, qui nous tends lanbsp;cn avons tant de défir, quil nous eft venu une place de Dieu lur la terre.nbsp;forte penfee de fupplier Votre Grandeur de nous Mais rhumilité Chrétienne dtant inféparable denbsp;réduire routes au dernier lieu ou peuvent être des la vérité, amp; Dieu ne pouvant être honoré par lenbsp;Religieufesi nous recevrons comme une grande menfonge, nous fommes obligées de protefter degrace que vous fouftriés que nous foyons routes de vant lui que nous fommes entiéreraent éloignéesnbsp;limples Soeurs Converfes, pourvu que vous ay és des intentions que vous nous attribués,- que nousnbsp;la bonté de nous décharger de la fignature du for- ignorons efFedivement la fignification des termesnbsp;jnulaire, comme vous faites routes les perfonnes fur Icfqucls nous vous avons demandé éclairciffc-de cetteeondition; de nous permettre 1ufage de ment; amp;c que nous ne fqaijons point aflurementnbsp;la See. Communion, que nous fouhaitons plus fi votre deffein eft déxiger de nous par cette fig-que toute autre chofe; amp; de nous laiffer mourir nature la créance intérieurs du fait contefté, ounbsp;enfemblc dans la Maifon ou Dieu nous a mifes. pvous navés pas cc deffein: amp; comme il sagitnbsp;VoiR, Monfeigneur, la miféricorde que nous ici dune intention caches dans notre coeur, 6cnbsp;vous demandons, amp; nous ne fqavons point de du^ penfee fecrette dont il ny a que Dieu qui
meilleur moyende vous témoignercombien nous pmfle etre juge nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦
fommes véritablement, 6cc. nbsp;nbsp;nbsp;oues
XX PIECE.
iNe Requête des Religieufes de Fort-Royal des Champs A M. IArcheveque de Paris.
ëtre juge, amp; dont nous fommes les uniques témoins, nous croyons, Monfeigneur, que vous nous deves faire cette juftice de nous jugernbsp;plutot fur le témoignage que nous vous rendonsnbsp;nous-mêmes de notre difpofition, que fur desnbsp;foupqons qui ne peuvent avoir de fondement légi-time. De forte que sil eft vrai, comme vousnbsp;nous en affures, que ces termes ibient inteiligi-Supplient humblement les Religieufes de P. R. bles a tous ceux qui entendent le Franqois, eeftnbsp;des Champs difant,que nous étant cruës obligees une ignorance amp; une ftupi^cé a nous de nen pasnbsp;dc vous prelenter une Requête , comme nousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eic pas une prefomption
fidclité que nous iui devorjs.
^^OUS
avons
tous eeux qui entendenc le Franqois , cc ne naire
avons fait le 6 de ce mois de Décembre 1664., 6c un orgueil de le de.mander dans la néceffitc pour vous demander avec toute humilite quelle preiïante ou nous nous trouvons. Si on nousnbsp;étoic la difpofition que vous nous commandics de avoit permis, Monfeigneur, de ne autrechq-témoigner par la fignature du Formulaire; fi cé- ft que de prier Dieu, nous ne nous ferions jamaisnbsp;toit la créance intérieure du fait de Janfenius, renduës importunes a nos Supérieurs lur de fttn*nbsp;ou bien un fimple refpeét; 8c fi cétoit cette blables queftions. Nous nous fommes tenuesnbsp;créance intérieure que vous entendés par les mots dans cet heureux etat autant que sous avonsnbsp;d'acquiefeernent amp;c de foumijfion, que vous nous pu: amp; eeft avec grand regret que nous ennbsp;avés déclaré vouloir éxiger de nous. Nous avons fommes forties. Vousfqavés, Monfeigneur ,qu unbsp;écé, Monfeigneur, dans un étonnement éxtrême ny a guéresde Monaftéres en France oüonparlacnbsp;de la maniére done il vous a plu de nous répon- moins que dans le nótre de toutes ces contefta-dre en écrivant, non a nous, mais a Notre Me- tions, amp; ou on eut moins de curiofité de detsnbsp;ePrieure. Vous y fiippofés, Monfeigneur, que informer avant quon nous eut demandé la fig'nbsp;nous entendons bien les termes dont nous vous nature ; amp; que 1engagement oii on nous a misnbsp;demandons léxplication: que ceft dans le deffein malgré nous eft lunique fujec qui nous *nbsp;de vous faire injure que nous vous avons préftnté gées de nous en inftruire un peu,afin de f^uvoirnbsp;cette Requete; Sc que ces termes étant clair-s a rendre a Dieu dans cette occafion extraordt
-ocr page 15-Relation avons cru rie la Mere rien quc denbsp;ÜU Fargis, IEgiife que
Relation de la Pirfecuthn des Reli^ieufes de Rori-'Royal, l66t^-l66'^. que cetce fidéliié conüftoit a ne- taire fans^eine. Car il nous paroit enconfider.mt vo-Relation
cetce
trés fincére, cc
ne rc^moigner
U
Partie.
ere Ordonnance, vorre IniTruftion, votre Déda-dela Merc
amp; a
nous avions effectivemenc
amp; quelques termes de votre Réponfe, que dans le cocur. Etpourcela, Monfeigneur,puit- yous demandés la cyéance intérieure du: amp;nbsp;que la fignarure eft le ligne de quelque dispolition il nous paroic en meme-temps par cetce Lectre anbsp;dEfpric, il étoic néceüaire avant de la faire dénbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pardautres termes de votreRépoti-
sinformer éxatftetnent quelle eft cette dispoficion fe, amp; par piulieurs autrescirconftances,que vous dEfprit dont clle eft ligne. Nous avions cm da- ne la demandés pas. Si nous nétions point obli-bord que cécoit la Créance intérkure de la verité gees de rien faire fur cela, nous demcurerions denbsp;du fait contefté: amp; comme nous navions pas eet- bon cceur dans ce doute fans vous en parler date Créance; nous avons pènfé être obligees da- vantage; mals vous nous commandés, Mgr. ,dcnbsp;jouter a notre fignature des termes qui exprimaf- figner, quoi quon nait jamais fait dans l'Eglilenbsp;fent notre veritable état. Mals depuis, Monfei- un tel cotnmandement a des filles ;amp; cette figna-gneur, que nous fommes entrees en doute de vo- ture dolt écre un témoignage de la créance inté-ue intention ïur ce point, comme nous 1avons rieure, fi vous la demandés, ou de quelquautrsnbsp;expofé par notre Requête, ce doute seft plutót chofe, ft vous nela demandés pas. Ceft a nous,nbsp;augmenté que diminué par votre réponfe,oü vous Mgr., que vous commandés de rendre cetémoi-ne nous dites en aucune forte li yous nousdeman- gnage; amp; il nous eft impoffible de le rendre ftnbsp;dés OU ft vous ne nous demandés pas la Créance nous ne fqavons ce que ceft que vous défirés quenbsp;intérieure de cefait, quoique ce fok le principal nous témoignions. Pour obéir il faut fcavoir cenbsp;fujet de notre Requête quétant adfez. ignoran- que Ton commande, amp; avanc celailneft pas pof-tes pour nentendre pas ce que veulencdire en eet- iible ni dobéir, ni de défobéir. Ceft pourquoinbsp;te rencontre les termes d'acquiejcement amp; de Jou- Mgr., rant que nous ne fgaurons point précifémencnbsp;nijpon, nous nc le Ibmmes cependant pas affez ce que vous éxigés de nous, nous ne feronspointnbsp;pour nentendre pas ceux At Créance Sc de jgt;erjua- défobéiffantes; maïs il ne nous eft pas méme pof-fion intérieurs^ ft vous euffiés bien voulu vous en fible de 1être: 6c nous punir pour ce fujet cefe-fervir pour vous abaiffer a la proportion de notre roit nous punir pour une faute que non feulement
intelligence. nbsp;nbsp;nbsp;nous navons pas fake, mais que nous navons
II cft vrai, Monfeigneur, que vous dites dans même pu faire. Nous nous fommes done trou-cette réponfe que le Pere EJ^rit navoit pas bien vées dans une néceffité indifpenfable de vous de-interprété votre intention a nos Soeursde Parity mander eet éclairciffement, 6c nous fommes en-sil leur avoit dit ce que nous en avons rapporté; core dans ia même néceffité, puis que notre igno-ce qui donneroit lieu de croire que vous éxigés en rance fait que nous nen fommes pas plus edair-effet la Créance de ctfait. Mais outre, Monfei- cies que nous
gneur, que vous ne nous dites pas en quoi préci- affez inftruites dans 1 Hiftoire e g i e pourfqa-iemenc il na pas bien pris votre fens, nous avons voir quel a eté 1 ufage de 1 ügu e primitive tou« vu depuis peu une piece qui neö: pas fujette adéf- chanc les fouferiptions, oc en quei lens on les anbsp;aveu ,6c qui nousparoit détruire cette conjeéture; faites, ni par. conféquent ce que vous dites dansnbsp;Ceft , Monfeigneur , la Lettre que vous avés votre Lettre (que vous ne demandés que ce quenbsp;ccrit a M. lEvêque Angers, ou il nous femblc 1on a renduaux Conciles OEcumeniques.) Nousnbsp;que vous y marqués aflèz clairement que la figna- fommes auffi hors détat de nous en pouvoir in-^re que vous éxigés neft point un témoignage de former; mais ce que nous fqavons, Mgr; par lanbsp;Créance intérieure, mais dun fimple refped. Car lumiére de la foi amp; de la raifon, cft que perfonnenbsp;non feulement vous ne dites nuUe part que vous na jamais dü figner fans fcavoir ce quil fignok,nbsp;exiges la foi humame, la perfuafion intérieure; amp; quelleétokla chofedontilrendoktémoigna-
gc par fa fignature. Ceft, Mgr., cequinouspa-f [ b imoinp Hp'V nbsp;nbsp;nbsp;demandiés la roit clair 6c certain, 6c qui nous oblige encore dc
roi V um , ^j(o*r expliqué a contre-fenspar recouiir a vous, quelque repugnance que nous y une maicieuie critique; 6c vous y enfeignés de ayons, amp; que vous pouvésjuger être extréme,nbsp;plus que quand on Suppoferoit que lEglife fe fe- après la Lettre que nous avons requ de votre part.nbsp;roit trompee dans un fait, il faudroit ncanmoins Létat oü on nous a réduites eft ft effroyablenbsp;fqufcrire a ce jugement de fait; amp; en ce cas ileft que nous ne pouvons pas y deraeurer fans tenternbsp;bien dak que votre fentiment neft pas que la routes les voies den fortir; 6c cette affaire repinbsp;foufeription fut une marqué de Créance, puifque de tellement notre confcience quellene nnbsp;fans doute on ne dolt ni croire la fauffeté, ni té- met pas davoir égard a routes les conrd°'^^^^'^'nbsp;moigner quon la croit. Vous voyés affez, Mon- humaines qui nous auroienternnêrhé
que
non,
du
Fargis.
Partic.
ns
feigneur, que cette contrariecé apparente eft ca- cette feconde Requête anrès 1p pable dembaraffer 1efprit des filks qui ne fqa- avés fait de la prémière. ^Nous vo,knbsp;vent pas allier ce que des perfonnes plus habi- trés humblement, Monfeigneur de erffire quenbsp;les amp; plus inielligentes que nous allieroient nous navons nul defléin de vous fake injure;que
nous
i6 nbsp;nbsp;nbsp;'Relation de la Perfecution des Religieufes de Port-Rofsi ^
du Fargis nbsp;nbsp;nbsp;fatisfaire a Dieu, a lEglife amp; a notrc
Confcience; 6c que notre deffein en cette Requê-
du Fargis.
Steur Marie de Ste. Magdeleine (du Pargis) 'i-Prieure.
S. Anne de St. Auguftin (Gamier).
S. Marie de Ste. Euphralie (Ka^'Crr) Soüprieure.
S. Antoinette de St. Augullin (k Gros.)
S. Marguerite de la Paffion (Gumar)
S. Charlotte de St Bernard (de St. Simon.)
S. Anne de Sre. Catherine, (Aluijfon.)
S. Anne de Ste. Chriitine (GraiUot.)
S. Marie Therèfe, (Collard.)
S. Dénifc de Ste. Anne [de Cojfard de plan.)
S. Jeanne de Ste. Donnitille, {Perfo:;»e )
Genevieve de Ste. Magdeleine [de la Hare )
, a.. nbsp;nbsp;nbsp;r..i;----- ' N nbsp;nbsp;nbsp;^
Relation nous ne vous demandons point éclairciflement fur miféres, qui vous Ie demandent dans une nécef-Relation de la Mere fles chofes que nous entendions^que nous nepen- fité G preÜinte. Ainfi ligné dans loriginal:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la Mere
IPartic
S.
te eft de vous porter a la chofe du monde la plus jufte 6c la plus facile, qui eft de nous déclarernbsp;précifément ou que vous ne demandés point lanbsp;Crcance intérieure de la vérité du fait con-tefté, 6c que ce neft point ce que vous entendes par eet acquietcement dont vous park's j ccnbsp;qui nous donneroit moyen de vous fatisfaire en-tiérement, puis qu'il ny a que cela qui nous ennbsp;crnpêchc amp; qui nous en ait jamais empêché; ounbsp;de nous déclarer au contraire éxpreflément quenbsp;vous éxigés de nous la crcance ituérieurede ce_/l2/r
(_t nbsp;nbsp;nbsp;- -
S. Sufanne de Ste. Julienne^ (Olter.)
S. Marguerite de St. Irenée, (Hucjueville.)
S. Jeanne de Ste. Appolline, (Je Begue.)
S. Catherine de Ste. Hildegarde, (Pontahie.) Cette Requête 6c la Lettre qui la précéde fut
XXL PIECE.
Réponfe de Monfeig,neur ljirchevêque.
Du 31 Décembre 1(1^4.
MES SOEURS,
Quoique je fois perfuadé que je vous ai parlc
3p7. rl^ïirpmpnr intriiiiri . nbsp;nbsp;nbsp;r...» n
contefté, afin quil paroifte a route lEglife que 1on a dérruit notre Monaftére, paree que nousnbsp;croyons que 1on na pas droit déxiger cette cré-ance de nous: en quoi nous penfons navoir pointnbsp;de fentiment qui ne foit requ par la plus grandenbsp;parcie des Evêques 6c des Théologiens Catholi-ques. Voila, Mgr., en quoi conüfte tout notte préfentée a M. FArcheveque par Mmrc Hilairenbsp;artifice; 6c nous croyons que eet artifice eft bien Ie 31 Décembre 16(^4. II témoigna en être fortnbsp;legitime, puisquil nous donne moyen ou de vous mal fatisfait; 6c après avoir parlé au ditnbsp;fatisfaire enciérement, comme nous Ie défirons avec beaucoup de chaleur fur la défobéiffancenbsp;de tout notre ceeur, ou de fatisfaire au moins Fentêtement , 1orgueil 6c lopinatretc des Re-a lEglife en.lcvant Ie fcandale que la ruïne deno- ligieufes (ce font fes termes) comme cettenbsp;tre Monaftére y pourroit caufer. C'eft done perfonne Ie prioit de faire Réponfe, il fit fur Ienbsp;dans ce deflein que nous nous profternons encore champ celle qui fuit.nbsp;a vos piés avec tout Ie refpeét 6c 1humilité quinbsp;noas eft poffible, pour vous prier de nous donnernbsp;1éclairciflcment que nous vousdemandons. Nousnbsp;vous en conjurons, Monfeigncur, par ia charite
que vous devés a lEglife, dont ces conteftations troublent la paix depuis ft long-temps. Nousnbsp;vous en conjurons par la charité que vousnbsp;aves pour notre Maifon, 6c pour nos ames,nbsp;que vous foulagercs infiniment par cette déclara-tion; 6c nous vous en conjurons enfin par Ie mérite du fouverain Pafteur, qui ayant donné fa vic affez, clairement jufquicij 6c'que fi vous nériésnbsp;pour vous, 8c vous ayant oblige de la donner point plus attachées aux défenfeurs de Janfe-pour les ames qui vous font commifes, vous o- nius qua tout Ie refte de lEgüfe vous mau-blige encore beaucoup davantage de donner i de riés rendu il y a long-temps FobéiCTance quenbsp;pauvres fiües que Diéu a foumis a votre condui- je vous démande j cependant puifque vous menbsp;te, des paroles de charité 6c dejuftice, quifcront prefles fi fort de vous éclaircir encore plus que jenbsp;capables de leur donner Ie repos dans une agita- nai fait fur une chofe ou, a dire vrai, il ne fau-tion fi violente.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;droit que Ie feul c'xemple de la primitive Eglifc
Ce confidéré , Mgr. , 5c atcendu quil eft pour vous perfuader amp; vous porter a ne me tres véritable que nous navonsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas comprisnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas réfifternbsp;nbsp;nbsp;nbsp;comme vous faites,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je veuxnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien
par votre réponfe fi vous prétendés nbsp;nbsp;nbsp;ou fi vous nenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour votrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;derniére fatisfadionnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;couchernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mes
prétendés pas enfermer la créance intérieure du penfées par écrit fur ce fujet. Mais comme fait contefté qui éxcluc Ie doute 6c Iincertiiude je fuis dans un accablement quafi continuelnbsp;fous les termes A'acquiefesment, de Joumiffion 6c Ót daffaires 6c de routes fortes de perfon-A'ohéijfante fincére amp; refpeöueufenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que vous exi-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nes que jai fur les bras, je vousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;demandenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour
gés de nous, il vous plaira nous Ie déclarer ex- nbsp;nbsp;nbsp;cela un peunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de temps, ne voulantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vous riennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pré-
je vous conjure toutes
preftetnent, 6c par un acte public 6c autentique, fénter que je naie aumoins digéré autant quejen X'nné^''^ Ie ftns de la fignature que vous nousor- ferai capable. De mon cóté il ny aura rien quenbsp;lor.scfn'^^'^*^ Monleigneur, ce que nous vou- je n'eflaie de faire pour vous applanir la voie dansnbsp;bonté ne permettra pas de laquelle je fouhaitepaiiionnémenc He vous condui-'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P ^^^^^^ksaccabiéesdattlidfionsStdc re; du votre apporcés-y aullï, je VOUS Conjiirp
-ocr page 17-Partie. HARDOUIN airche'vêque de Paris. X X I r. PIECE.Cepie d'une Lettre de la M. Frieure d M. Le 1 jour de PAn 1665. Cefl: avec joie, Monfieur, que je trouvexette occafion de vous faluer trés humblement au commencement de cette année Comme vous êcesnbsp;une des përfonnes a qui nous avons Ie plus do-bligation, il eft jufte que vous foyés aulTi un desnbsp;premiers a qui je rende cc devoir, amp; par vousnbsp;sil vous plak a tous ceux a qui la folemnité dunbsp;jour mempêche de Ie rendre. Je vous fupplienbsp;tiès humblement dc les affurer que nous commen-qons cette année avec un nouveau défir detrenbsp;plus attachécs que jamais a la vérité amp; a ceux quinbsp;la defendent j ér que nous nous eftimerons heu-reufes fi Dieu nous fait Ia grace de nous donnernbsp;plus de part a fa Croix quil na fait jufqua pré-fent. J e crois que M. * * * vous mande comment M. lArcheveque a regu notre Requête.nbsp;Voila la copie de la Lettre quil nous a fait lhon-neur de nous écrircj elle eft trop douce pour lanbsp;maniére dont-il a requ ce quon lui a prefenté. XXIII PIECE.Lettre de M. Gireu^ d la M. Frieure de Fort-Royal des Champs. Ce lundi matin 12 yanvier 166^. Permettés-moi , ma trés Révérende Mere, quen vous envoyant la Lettre qui sadrefle pournbsp;vous, je 1accompagne de quelques lignes pournbsp;vous renouveller a ce commencement d annee lesnbsp;allurances de mes trés humbles relpeéts, J admirenbsp;que vous foyés toujours au lieu ou vous étes j amp;nbsp;je ladmire avec autant de reffentiment de joienbsp;que jai de chagrin de me voir toujours languirnbsp;defpérance. Mon hóte ayant eu la penféenbsp;quil pourroit achever 1afFaire que Maïtre Hilairenbsp;avoit alfez. heureufement commencé, eut miffionnbsp;pour agir felon fa penfée; de forte quayantprisnbsp;occafion de la première vifite que Ie Prélat ren-dit ici, il lui paria de moi, amp; de me renvoyernbsp;au lieu doü javois été féparé avec Ie plus dinf-tance qui lui fut poffible. Après beaucoup denbsp;conteftations Ie Prélat lui dit enfin, quil mcn-voyat Ie Icndemain letrouver chez lui, amp; quilnbsp;me vouloit parler, Jallai done , amp; il me fitnbsp;tiques; amp; dy obliger étiam Montales, (vousentendés bien ces deux mots de Patin amp; vousnbsp;fqavés bien qui ils concernent) a peine de fufnbsp;penfiond divinis pour les Evêques, amp; déxcnmnbsp;munication iffifaao pour les Eccléliaftiques amp; |
les Rehgieufes qui y contreviendroient; que Ie Roi devoir tenir Ie lendemain, qui étoit fame-di dernier, grand Confeil, oü les Evêques quinbsp;etoient a Pans devoient saffcmbler, amp; encorenbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;plu- Relation de la Verfécution des Religieufes de Port-Reyal, nbsp;nbsp;nbsp;17 Relation toutes les difpofitions néceflaires pour y entrer, dabord un fort bon accueil. Je lui dis que jétois Relation de la Mere amp; de me donner moyen par la de vous téinoig- venu, felon fes ordres, pour lui confirmer toutes de la Merenbsp;du Farsis ner comme je Ic fbuhaite il y a fi long-te05ps, les afTurances que M. de Sévrg72é^voit eu Ja bonté Fargis.nbsp;II. quejeluis,MesSoeurs,Votreamp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-------------- ' de lui donner pour moi, qui étoit de continuer 'de faire, comme javois toujours fait, les fonc-tions amp; les éxercices de ia facriftie, fans me meier nullement dautre chofej amp; qaaprès lui avoirnbsp;donné ces afliirances, jaimerois mieux foulFrirnbsp;tout que dy manquer ^ amp; que je croirois ofFen-fer Dieu fi je manquois a des promeffes que javois donné amon Archeveque; que javois bien dunbsp;déplaifir de navoir pas eu 1honneur de lui donnernbsp;ces affürances a Port-Royal des Champs, amp; dcnnbsp;avoir été empêché par la violence dune maladiejnbsp;amp; que jofois croire quaprès lui avoir parlé fi fm-cérement, je n'aurois peut-être pas requ 1ordrenbsp;que javois requ, amp; quil mauroit lailTc jouïrnbsp;de la grace que je lui demandois. II me témoig-na quil ctoit auffi bien faché de fon cóté de cenbsp;que cela nétok pas arrivé; que fi je lui avois parlé auffi fincérement qu'il vouloit croire que je luinbsp;parlois alors, je pourrois avoir été épargné Quenbsp;pour Ie préfent que javois requ ordre par écritnbsp;du Roi, il fe voyoit comme les mains liées:nbsp;mais quil y avoit un chemin fort court pournbsp;cela, qui étoit la fignature du Formulaire fur-quoi il me fit beaucoup dinftances amp; me ditnbsp;tout ce que vousfqavés quil a accoutumé de dire fur ces matiéres. Surquoi je lui dis que jenbsp;ne faifois nulles fontftions Eccléfiattiques, amp;nbsp;que je ne me raêlois que de fervir les Mefles amp;nbsp;de parer les autels; que je Ie fuppliois trés humblement de ne me point obliger a faire une cho-fc que la difpofition intérieure de ma confeien-ce mempêchoit abfolument de faire, amp; da-voir la bonte de maccorder la même gracenbsp;quil avoit eu la bonté daccorder a une perlbn-ne qui ne fe mêloit que des mémes chofès quenbsp;moi, amp; qui lui avoit donné les mêmes afluran-ccs que je lui donnois. La-defiTus iJ me dit quilnbsp;étoit venu un Bref de Rome qui empéchoit denbsp;faire aucune grace lèmblablej que ce Bref com-mandoit de fe foumettre aux Confticutions dansnbsp;lefquelles les 5 Propofitlons avoient été con-damnées, amp; de fouferire Ie Formulaire de foinbsp;que Ie Pape avoit fait , amp; cnvoyoic avec fonnbsp;Bref, qui revenoit a peu-près a celui des Evê- II. Partie. ici dans lirréfolution amp; dans lattente du bien, ques, éxcepté quon avoit retranché la queue pour lequel je commence a navoir plus guéres qui parloit de la Doéirine de S. Augufiin: quifnbsp;jvCnpr-nr-p MoH hótc avanr eu la nenfée y avoit ordre aux Evêques de Ie recevoir, de Ie fouferire amp; de Ic faire fouferire aux Eccléfiaf. |
quot;Relation de ïa Perf/cution des Religieufès de Port-Royal,
iS
pas me prefi'er. Je 1allai voir hier chci lui au Refatfos forcir de la Meffe pour Ie remercier de fes bonsde la Merenbsp;offices, oü il continua de me témoigner aiïêc-U ï argis.
11.
Partie.
Relation plufieurs autres perfonnes notables: qu'on iroit de lil Mere vice en cette affaire, paree que Ie Roi v'ouloicnbsp;du Fargis, rendre la paix a 1EgUfe de fon Royaume, amp; quil
II.
Partie.
avec promeiTe quil feroit mon affaire, ou quelie ne feroit faifable par aucune perfonne; que depuisnbsp;il avoit fort tntretenu M. de Paris de moi, amp;nbsp;qui! avoit elfime 6c affeétion pour moi, 6c quenbsp;tout ce qui fe pourroit faire tl Ie feroit; qu aunbsp;refte il avoit beaucoup contefté avec lui pour ccnbsp;qui étoic du foin de ma fubfiftance , Sc quil avoitnbsp;eu bien de la peine a obtenir de lui que ce fut lui
ne vouloic point endurer plus long temps de par- tion , elfime , tendrelle , amp; effufion de cceur ti. Ccft pourquoi il me conjuroic encore davoirnbsp;pacience 12. ou 15 jours pour voir Ie train quenbsp;cette affaire prendroit^queceux qui connoiiroiencnbsp;Iba humeur fqavoient bien Ie déplaifir c'xcrêmeamp;
Ie d 'chirement dentrailles quil fouffroit quand il lui failoit faire quclque cliofe qui paroiflbit avoirnbsp;quelque violence; quaurefteil vouloit prendreunnbsp;füin particulier de ma perfonne 6c de ma fubtif-
a M. Galiois (Notaire) fur lequel je ne manquerois jamais denbsp;rien; que je ne lui fille pas l'affront de récourirnbsp;a dautres perfonnes. Je lui dis que rant de cé-moignages de bonté amp; de générofitc étoient au-delTus de toutes paroles de remerciment; que jenbsp;priois Dieu den être lui-même la récompenfe:nbsp;mais que comme il avoit déchargé M. de Parisnbsp;de ce foin, il y avoit dautres perfonnes avec quinbsp;jétois lié qui sétoient chargees davoir foin denbsp;moi;8c que par conféquent il en devoit être auffinbsp;déchargé; que je lui avois de grandesobligations;nbsp;que la feule grace que je lui demandois étoit denbsp;prendre Ie foin de ma grande affaire, qui étoitnbsp;mon retour 8r mon rétabliffement a Port Royal.nbsp;Il maflura quil Ie feroit,amp; de bonne forte : maisnbsp;quil étoit de la prudence de ne pas prefler davantage M. de Paris la-deflus, 6c de lui donnernbsp;Ie temps quil demandoit pour voir la fuite quau-roit ce nouveau Bref. II y auroit encore bien desnbsp;ebofes a vous mander, Ma Révérende Mere, ilnbsp;faut remettre a Ie faire de vive-voix. Je me con-fole toujours de lefpérance de vous pouvoir encore entretenir quelquefois. Ceft Ie feul bien quinbsp;adoucit la rigueur de ma féparation avec Ie bonnbsp;traitement que continue toujours de me faire monnbsp;hóte, qui en véritc a beaucoup de bonté pournbsp;moi. Je crois que vous en aurés beaucoup denbsp;refl'entiment. II ma fort chargé de vous faire fesnbsp;trés humbles recommandations: il ne me parlenbsp;jamais de vous quavec des fentiments trés parti-culiers deftime amp; de refpeét. Je vous demande
tance- amp; cuil mouvroit fon cceur 6t fa bourfe. feul qui en pric Ie foin; amp; qu ü me conjuroit de Ie Ie remerciai tres humblement de ces ofFres fi ne lui pas dérober ce bonheur; quil ne me laif-obliseantes amp; fi pleines de bonte' quil me faifoir, feroic jamais manquer abfolument de ricn;amp; quilnbsp;amp; lui dis que Ditu par fa mitéricorde ne mavoic malloit donner un papier adreffant - r- .u -.
jamais manqué, 8c avoit infpiré a quelques per- nbsp;nbsp;nbsp;t r-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---------
fonnes de me recevoir en cas que ce fut une né-cefficé abfoluë de ne plus demeurerau lieu ou ja-vois efpéré de finir mes jours; quil pouvoic me délivrer de cette nc'cefficé; öc que jétois commenbsp;aflliré que sil vouloit bien me permettre de mynbsp;en retourner, Ie Roi Ie voudroit bien auffi. La-deflus il me répéta dattendre encore, amp; de luinbsp;donner Ie temps quil me demandoit, pour voirnbsp;ce qui! auroit a faire, 8c que je fuflë affuré quilnbsp;me feroit routes les graces qui dépendroient denbsp;lui; quil écoit tcrriblement veillé, 8c quil avoirnbsp;des ennemis qui voudroient bien lui faire affairenbsp;de tout. Ilmembrafla, me ferra les mains, 8cnbsp;me fit beaucoup de careCfes , 8c perfifta enfin a nwnbsp;refufer avec beaucoup de civilité la grace que jenbsp;lui deroandois avec rant dinftance, que je Jugc^nbsp;a propos de ne Ie pas prefler davantage. M dunbsp;Hamel qui Ie gouverne abfolument,6cqui fetrou-va en cette vifite, a fait iui-même routes les inf-tances poffibles, amp; les a pouflëes plus loin quenbsp;je neuffe pas ofé fare. 11 rendit tous les témoig-nages amp; routes les affurances favorables quonnbsp;peut rendre d'une perfonne; il dit que jétois unnbsp;des meilleurs amis quil eut au monde, 8c la plusnbsp;fincére perfonne quil connut ; quil fe rendroitnbsp;caution pour moi ; 6c quil répondroit corpsnbsp;pour corps des promeffes que je donnois (de nenbsp;me meier jamais que de faire les fonéfions de manbsp;facriftie;) comme il pouvoic affurer que je nenbsp;métois jamais mêlé dautre chofe, il me parut
ci un fecret qui eft venu jufqua moi, amp; qua méchapoit, ccft quune perfonne qui eft tout anbsp;fait dans la confidence dc iVJ. de Paris a dit a unenbsp;autre perfonne qu'il ne croyoit pas quil y eut denbsp;difperfion; plaife a Dieu que cela foit veritable.nbsp;Je Ie demande fouvent a Dieu, amp; ceft Ie plu*nbsp;ardent de mes voeux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Le froid qui nous eft venu vifiter mobllg® demander a Maitre Hilaire, on a M-fon abfence, une catnifole 8cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;évérend»
Je vous fouhaite le bon jour, ma nbsp;nbsp;nbsp;Mere
agir fort cordialement 8c trés fincérement en tout de tour mon coeur la continuation de vos priéres, ce procédé; quil pouvoit fe vanter davoir con- 8c auffi celles de votre SainreCommunauté. Voi-tribuc quelque chofe k mon étabiiffement i Port-Royal , en obtenant la permiffion 8c Ie confen-tementquot; de Monfieur Ie Cardinal de Rets, quinbsp;eut bien de la peine a Ie lui accorder : maisnbsp;que sil avoit Ie bonheur de my retablir, qu ilnbsp;lt;^roirok que ce feroit Dieu qui lauroit fait trou-a 1Archevêché en meme-temps que jy é-tms venu pour demander mon récabliflemenr. IInbsp;qy i^rne foUicua un peu de figner; maisnbsp;^ j '.^PPerqut quil ne failoit pas touchernbsp;cette corde., ü fe defift» tout i coup , 6c ne ypulut
-ocr page 19-Relation de la Tèrfécution des Roliiieups de Port-Royal, 166^-166^.
RtUtion Mere, amp; fuis amp; ferai a vous route ma vie avec pour lamour de lui, amp; par la crainte que jai de Relation de la Mere tout Ie refped: que je fuis oblige davoir amp;cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o. jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;....... ....
du Fargis. II.
Partie.
pere que Dieu ne mabandonncra pas dans Ie temps dalHidion, pourvu que je lui fois fidéle.nbsp;Mais je crains bien ma foiblelTe öc je mets routenbsp;mon efpérance en lui amp; aux priéres de ceux quinbsp;foütiennenc fa vérité, öc que je iqai navóirdau-tre bul que fa gloire.
X X V. PIECE.
Lettre de Ia M. Prieure.
Ce 23 Janvier 166^.
II. Paitie.
de relTentiment 1honneur que vous lui faites de lui écrire. II continue toujours a me faire des of-fres oès obligeantes, amp; de maffurer quil na riennbsp;a lui qui ne ioit tout a moi; Remerciés-le bien,nbsp;je vous en conjure, afin quil foic du moinsre-
IofFenfer amp; de manquer a la vérité. Jen aban-deiaMere P S. M.'lAbbé Ie Roi recoic avëc beaucoup donne route la fuite a la providence divine. Jef-do Fargis.
... nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . « .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_____ T^:.. _____I_________ . *' . nbsp;nbsp;nbsp;i Tnbsp;mercié dignetnent.
XXIV. PIECE.
Lettre de la Sr. Charlotte de St. Bernard (de St. Siwro») a Mr. * * *
Ce 19 Janvier lódy.
roles, amp; la S. Dorothe'e difoic. Entendés-vous Maitre Hilaire ? Vous voyés que Ie Roi veutnbsp; que tous les comptes foient rendus i la Maifohnbsp;dici.'
Maitre Hilaire fut hier a Paris, oü il vit mes Toutes les foisque notrechére M. Prieure nous Dames F/avie amp; Dorothe'e en préfence dunhom-fait part des marques de votre fouvenir, ce me me daffaires, nommé te Roi.^ qui fit une longuenbsp;font autant de nouvelles preuves de la cbarité que remontrance u Hilaire pour lui perfuader qu il ncnbsp;vous confervés pour celles que Dieu vous a com- devoir reconnoitre aucune Superieure pour les af-mis. Jen ai beaucoup de reconnoiflar.ee, jevous faires temporelles de la Maifon, que Madame 1-ènbsp;cn afllire. Ec quelque violence que les hommes préfente, amp; la Soeur Dorothe'e-.^ que eetoit Iin-me puiCTent faire, je nécouterai jamais dautre tention du Roi que tout paflat par les mains dcnbsp;voix que celle qui me dira la vérité; Sc comme Madame, amp; quelle eut la difpofition du bien denbsp;je fuis aflurée que vous me la dirés toujours , tous la Maifon, dont elle nous feroit telle part quilnbsp;autres qui me parlcronc un autre Engage me fe- lui plairoit. Madame iburioit en entendant ces pa-ront fufpeös: je ne regarderai jamais ces gens-la rnlpc Xr u snbsp;nbsp;nbsp;nbsp;difnir Pnrpnu^.. ......
que comme des loups revetus de peaux de Brebis, qui nont autre delTein que de perdre les ames, ounbsp;aumoins qui préférent leurs intéréts 6c 1accom- nbsp;pliffement de leurs paiSons dércglées au falut des Ils eurent un autre Entretien touchant la figna-ames qui leur font commifes. Ne feroit-on pas ture, ou elles témoignérent la bonne erpérancenbsp;bien miférable de fe laifler furprendre a leur per- que leur donne le Bref du Pape que nous Signe-nicieufe perfuafion ? Jefpére, Monfieur, que rons toutes: Dieu nous en préferve sil lui plait.nbsp;Dieu me fera la grace de demeurer ferme pour Je ne puis mempechcr de vous dire, Ma Trésnbsp;la vérité , non en mes propres forces , car Chdre Steur, que jai lu aujourd-hui deux paro-hélas ! je fuis la foiblefle même. Jai grande les dans 1Ecriture qui monc bien confolee. Lanbsp;confiance en vos Saintes priéres amp; a vos bons première eft celle ci. Ifrael Jalvatus efi in Domi-avis, que je confulterai toujours. Je me dens no falute getemd. Nous devons ce me femblenbsp;comme aflurée que vous ne me refuferés pas ce nous eftimer fi heureufes davoir part a ce falutnbsp;fecours tant que Dieu vous en donnera quelque eternel,que nous ne craignions aucune perte tern-moven.' Lorfque vous nous dites dans votreder- porelle: je dis même a 1égard des cholès Saintesnbsp;nicre que eeft peut-ctre la derniére fois que nous amp; fpirituelles. Ceft un grand avantage de pa-recevrons de vos nouvelles; encore quil faille fe roitve perdu pour un temps aux yeux des horn-réfoudre a toute force de privation en ce temps- mes, pour ctre fauvé eterndlement. Vous enten-ci, néanmoins ces paroles me furprennent 6c me dés bien que je dis ceci au fujet de 1éxcommu-caulent de la douleur. Jecrois pourtant que Ic Bref nication dont on nous menace, qui eft en cf-itPome nous donnera unpeu de temps, en atten- fet une figure de la damnation. Mais que nousnbsp;dant quil en foit venu un autre. Encore que je ferons heureufes de fouffrir pour un temps cectenbsp;fois bien perfuadee que nous ne devons pas plus figure, pour jouir dans réternité du veritable fa-dobéiflanee au Pape dans cette rencontre qua lut! Ceft peur-etre en cette rnaniére que nousnbsp;M. lArchevêque,je ne laiffe pas dappréhender pouvons expliquer a notre avantage IEvantruenbsp;Jéxcommunication , quoique jaime mieux ctre dhier, oil N. S. die que celui qui perd fon amenbsp;éxcoromuniée des hommes que de Dieu, 6cêlre pour Iamour de lui, la gardera dans la vie é-cKcérieuremenc feparée de IEglife que de perdrela ternelle. Cette excommunication dont on nousnbsp;grace par un menfonge; amp; ne me reconnoiffant veut épouvanter nous fora perdre notre ame dcnbsp;point coupable pour mcriter cette punition , il cette heureufe perte qui la confervera dans tou-me femble que je dois meftimer heureufe fi Dieu re 1étcrnité. Je ne fgai de quoi je mavife denbsp;me fait la grace tk porter cette humiliation injufte, vous dire tout ceci. Mais je me confole a /tc
C 2 nbsp;nbsp;nbsp;vous
-ocr page 20-20
Eelatkft de la Verfécutkn des 'Religieufes de Porf-Royal, i66s^.-i66j.
Relation votis dans la vuë que tous les maux que les hom-^ mes nous peuvent faire ne font que temporels: du f'afSis. qjjjjg éxcommunient j quils nous mectentnbsp;en prifonj quils nous faflent foufïrir la faim amp;
la foif amp;c____ tout cela naura quun temps;
mais la fignature nous peut faire un mal éternel. Prions Dteu , Ma Tres Chcre Steur, quil nousnbsp;préferve de ce malheur éternel; quil nous !e falïenbsp;appréhender de telle forte que nous ne rédoutionsnbsp;point tout ce qui ne fait que paffer. Demandcs-lui, sil vous plait, cette grace pour nous, com-mc je la demande fans ceflè pour vous toutes.
XXVI PIECE.
Lottre de M. de Ste. Marthe.
Ce 26 Révrier 166^.
Je vous fupplie de navoir point tant dcgard a Hc me pas commettretouchant la communication.nbsp;II me femble quil ne marrivera jamais de mal,nbsp;en rendant a Dieu amp; a nos Soeurs ce que je leurnbsp;doisj amp; je ne crois pas mêmequecenfutunbiennbsp;grand de paflèr Ie refte de ma vie en prifon. Lenbsp;poids de la Supériorité me paroit fi terrible, quenbsp;tout ce qui men délivrera me fera trés favorable.nbsp;Je ne ferai pourtant rien en tout cela quen fui-vant votre avis, car je fqai bien que jenemedoisnbsp;avancer par moi-même en quoi que ce foic.
XXVII PIECE.
JLettre de la Mere ***.
Encore faut-il que je vous dife que nousavons penfé être noyées ces jours paffés. Ldtang fe dé-borda dune ü étrange forte, quil abbatit plusdcnbsp;la moitié du glacis, amp; le glacis même fut toutnbsp;rompu. Lcau étoit fi grande, amp; étoit tellementnbsp;fortie de la petite Riviére de la folitude, que toutnbsp;le bas de la folitude ne paroiflbit quun étangj 6cnbsp;leau fortoit par deffus les murs qui féparent lenbsp;Jardin de la folitude, comme sils euffent été per-cési amp; on fut obligé douvrir les deux portes pournbsp;lui donner paflage, 6t a lendroit de la porte anbsp;barreaux leau étoit auffi haute que la moitié de la
Fargis,
II.
Partie.
mais en moins de quatrc ou cinq heures tout le Relatio» déibrdre que je vous dis arriva.
Lettre de la Mere Prieure.
de la Mere du Fargis.
Partie.
Ce Vendredi 6 Mars i66f.
Vous avés bien raifon de croire que ce que waScear F/avie a dit du Jeune touchant maSceurnbsp;T. L. vient de M. V^rcFevêyue- car il nous anbsp;mandé Ia même chofe par Hilaire quand je luinbsp;envoyai le Mémoire de nos Soeurs malades pournbsp;les difpenfcs. II lui dit Ditesè ces bonnes fillcsnbsp; quelles ne doivent pas faire difficulté de manger denbsp; la viande ce Carême, puis quellcs nen fontnbsp; point de défobéïr a leurs Supérieuis.. Maisnbsp;ce que vous dites de N. eft bien facheux, 6cnbsp;nos ScEurs anciennes nen dcvroient-elles pasnbsp;faire des plaintes l II ne faut pas toujours rcgar-der fi ce qué 1on dit fervira, mais il faut plu-tót confidérer lobligation quonade le dirc,puis-que Dieu ne nous demandera pas compte fi cenbsp;que nous avons dit a fervi de quelque chofe, maisnbsp;fi nous nous Ibmmes acquittées de notre devoir,nbsp;en avertiflant celles qui de'pendent de nous desnbsp;fautes quelles font, amp; tachant de leur faire voirnbsp;Ic peril quil y a dans une vie fi relachée: fi aprèsnbsp;cela nous nc gagnons pas Fame de nos Soeurs,nbsp;qui ne nous veulent pas croire, au moins fau-vons-nous la notre, felon la parole de ia Saintcnbsp;Ecriture. II peut y avoir des raifons que je nenbsp;l^ai pas qui obligenc i cette retenuë ; mais jap-prchende a vee vous, Ma Trés Chére Socur, lesnbsp;faufles condefcendances que S. Bernard appellenbsp;des véritahles cruautés.
Lettre de la Mere Prieure.
22 Mars
i66f.
Vous fgavés fans doute que nous avons pêché notre étang. II seft trouvé un tres beau brochetnbsp;que nous crümes devoir envoyer a M. de Paris
porte; de forte que devant quelle futouverteclle avee des Perches qui étoient aufli fort belles. Hf
paifoit par deffus les barreaux^ ce qui fit une Ri- ----- ^ nbsp;nbsp;nbsp;1 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. j:----
viére dans le bas du jardin, qui fe joignit a celle
laire en fut le portcur; 6c quand il eut dit quil venoic de ma part, Monfeigncur lui répondit.nbsp; La Mere Prieure me fait-elle des préfents?nbsp;,, croit-elle que je voudrai bien les recevoir?nbsp;Hilatre lui répondit, Monfeigncur, elle efpérenbsp; que vous lui ferés eet honneur. II lui dit; Etnbsp; elle ne veut pas mobéir. II re^ut enfin le pré-fent, quil trouva beau, mais il ordonna a HV/lt;^nbsp;re de me dire quil me viendroit bientót yoir,nbsp;quil me diroic des raifons fi fortes,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
roit que je fignerois j 6c que fi mes nbsp;nbsp;nbsp;^
meilleures one les fiennes, U me céderoit. CeU
BlC:
du moulin, qui étoit auffi débordée, 6c enfuite au Canal; de forte que tour cela ne paroiffoit quenbsp;la même chofe. Tous les prés, 6c le Village denbsp;St. Lambert, furent fi inveflis deau, quil y eutnbsp;des Payfans qui fortirent de chez. eux, penfant quenbsp;jugement qui les venoitfurpren-Êe ne *^fimes une étrange frayeur que la chauf-r'prrpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelle na pas fait Dieu merci.
maHnSuVnv.'quot;quot;«rquot;^Samedi
I i, ron fur les cinq heures du foir, mcilleures que les fiennes,.
Relation de la Perfdcution des Reltgienfis de Port Royal ió64.-i6()^
Relation me fait trembler, carjecrain^ quil ous donne accorder, rant que vous detneurêrcs dans IWRelation delaMereune nouvelle battene, en lachant de nous gagner vous eces prérentement ? II faut done que je de la Mere
du Fatgis. par les careflès II.
X X X. P I E C E.
Lettre des Sceurs de Port-Royal des Champs d Monfipieur l' Archevêque pour lui de-mandsT la Communion de Pdques.
me faffe mon procés a moi-même, avouanc que du Fatgis. j'aitort, amp; que ccft vous qui avés raifon. IInbsp;Partie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A A A. Iquot; 1 ü U E.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faut que je tombe daccord que tous les com-
Du 2j Mars 166j,
MONSEIGNEUR,
mandements que je vous ai fait dobéir au Ju-gement du Saint Siége font injuftes, 6c que 1amp; rel'üsqucvousavesfaitdy obeir eft Ie plus equitable du monde. En conféquence, Mes Smurs,nbsp;fourniriés vous bien un éxemple d un Evêque quinbsp;depuis Ie commencement de TEglife jufqua nousnbsp;en eüt ufé de cette forte.? Nous voyons bien dansnbsp;les Conciles quon a oblige des hdéles fous peinenbsp;Nous ferions dans unc infcnamp;biliié tres ciimi- déxcommunications de fouferire aux jugementsnbsp;ncllc a des perfonnes Chréiiennes amp; Religieufes, quils auroienc rendus, non feukment pour Icnbsp;fi nous nc foufïrions avec beaucoup de douleur droit ^ mais auffi pour Ie fait. Vous nignores pasnbsp;Iétat de privation des Sacrements ou nous fom- ce que fit Ie Concile de Calcedoine a 1égard dcnbsp;mes réduites, amp; ii nous navions un continuel Tbéodoret, pour ne vouloir pas acquiefcer au ju-défir de participer au corps amp;: au fang de Jefus- gemene rendu contre Neftwins. Vous nignorésnbsp;Chrift, comme nous tachons de iadorer fanscef- pas ce que fit Ie Concile de Nic/e i légard d£»-fe en efprit amp; en vérité. Ceft ce qui nous obli- Jele amp; dé Théognis y pour navoir pas voululbuf-ge, Monfeigneur, a nous adreflèr a Votre Gran- crire au jugement porté contre Ar'ius. Mais vouSnbsp;deur en ce Saint temps , pour vous demander la navcs point dexemple, comme je crois quau-Communion Pafchale , a laquelle on regoit les cun Concile ni aucunSuperieur légitimeayantde-moindres chrétiens. Nous vous la demandons mandé la foumiffion due a fes Jugements, aitja-avec dautant plus defpérance de iobtenir, que mais avoué quil cut tort, Öc que eeux qui lui a-vous fqavés, Monfeigneur, que nous avons fait voient défobéi en euffent ufé commeils doivent.nbsp;tout ce que nous avons pu pour nous mettre en Doii il eft evident, Mes Sceurs, que je ne puisnbsp;état de vous obéir entiéiement, en vous adreffanc mieux faire que de me tenir dans les termes decenbsp;il y a 3 mois nocre trés bumble Requête, pour qui a toujours été pratique dansTEglife- amp; dcnbsp;apprendre de vous-même votre propre inten- vous conjurer de vouloir lire la réponfe que jainbsp;tion; amp; nous attendons avec patience la répon- fait a votre Requête ^ avec Ie même efprit que jenbsp;fe que vous avés eu la bonté de nous promettre: vous lenvnie, ceft a dire, avec un efprit de cha-6c nous proteftons que nous ne fouhaicons rien rité amp; de défintéreffement, amp; nullemrnt préve-avec plus de paffion, que de pouvoir nous y fou- nu ni occupé j 6c davoir la bonté,,ft vousy trou-mettre plcinement. Nous avons occaCon de croi- vés des dilficultcs, de me les faire fqavoir, afinnbsp;re, Monfeigneur, que nous approchanc de Jefus- que je tache de les lever amp; de vous fatisfaire en-Chriftavec un ccEur Ample 6c Ancére , il téra tiéremeac: car je ne fouhaite rien tant quede vousnbsp;notrelumiére amp; notre conduite, amp; que nous re- témoigner combien je fuis véritablcment Mesnbsp;connoitrons ^ la fradion de ce pain celefte ce Sceurs, Votre amp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
cue nous devons faire dans la chofe du monde la
plus importante a notre falut. Ecoutes done, nbsp;nbsp;nbsp;XXXII PIECE,
sil vous plair, Monfeigneur les larmes amp; les
foupirs de pauvres Religieufes, les plus affligées amp; Réponfe [de M. de Paris] d la Requête qui lui avoit les plus dignes de companion qui furent jamais j été préfentée parks Religieufes de Fort-Royal desnbsp;amp; accordés a leurs vcEUX ce quelles vous demar.- Champs.
dent au nom de Jefus-Chrift, amp; par les mérites nbsp;nbsp;nbsp;£» datte du 20 Décemhre idtJa
de fa Croix. C eft 6cc.
XXXI. P IE
C E.
r Cette répettft nbsp;nbsp;nbsp;^
Dettre de M. 1Archevêque de Paris aux Religieu-Jes de Port-Royal des Champs.
A Paris ce 2% Mars 166f.
MES SOEURS,
Pourquoi me demandés-vous une ebofe _____m------¦- ------
^ nbsp;nbsp;nbsp;même fgnée de luiê]
Aorés que vous avés fait toutes les réfiftancci nnon a vu pour nobéir pas a notre Mandement,nbsp;vous vous étes avifees de nous prefenter une Rc-Quête qui nous fomme de declarer juridiquemeninbsp;ouel défaut nous trouvons a la fignature quevou»nbsp;nous avés préfenté, amp; dexpliquer par un Adccnbsp;public 6c autentique, 6c dune maniére préci-
-ocr page 22-22 'ReUtion de Ia Terféctition des TLeligieufes de Fort-Royal,
Fargis.'
II.
Partie.'
Hclation dcfiumi^on, dobe'ifance, amp; autres lemblables. quils leur auroicnc donné un lens favorable, amp; Relation * de la Mere Ce procédé véruabletnent elf fort nouveau amp; quils feroient pleinemenc juftifiés de tout fou5on,dela Merenbsp;du Fargis. tout a fait inouï dans lEgUfe. On ne peut pas néanmoins leurs Livres demeureroient roujourstlnnbsp;dire quil ne Ibit tres peu refpedueux a 1endroit condamnés avec juftice, paree quil y auroit cou-Partic. jjg Pafteurs, amp; fort contraire a I humilité amp; jours Ie mêtne danger amp; Ie mêtne inconvenientnbsp;a la modellie dont les Religieuies font profel- a les lire.
dans les Ecrits
damné; Sc quelle ne sEtt point tiompcc, paice quelle les y a vuës, amp; quelies y font efedive-
vous-tnêmes avés pris tant de peine de vous met-tre fur les yeux
fion. Néanmoins afin quil ne vous refte plus Or ia deference amp; la foumiffion que PEglife aucun fubrerfuge, ni 1ombre feulemeac dunob- detnande quand elle éxige quon fouferive au ju-ftacle a quoi vous puiffiés vousarrêter,nousvou- gement quelle a donné contre un Auteur öc con-lons bien,quoique fansauéune obligation dejufti- tre fes Livres, conlifte en ceque lon croie fmcé-ce ni de néceffité mais par Ie Icui motif dc ia remenc que eet Auteur (faiünt abilradtion sil eftnbsp;charité dun Pere qm relache quelquefois dc fon Orthodoxe en fon ame ou non) a donné juttenbsp;autorité pour compatir a la foibleffe defesenfants 1'ujet de Ie condamner- quil 1a été juftement amp;nbsp;malades nous voulons bien, dis-je, vous aider jundiquemenci 6c que 1Eghfe a vu 6c remarquénbsp;encore par cette réponfe a détacher Ie bandeau que dans les Ecrits les Propolinons quelle y a con-
Cei'l une vérké fondammakduChri(ifam/he, went fi bien, quelles s'y prefenrene a rous ceu.v que Ie St. Siége amp; les Evêques ont droit dejuger qui les lifent fans preoccupation amp; avec Ibin, ócnbsp;de ia Dodrine amp; de condamner les Erreursamp;ies qui les prennent felon leur fens naturel Sc felon lanbsp;Auteurs dans la bouche ou dans les Ecrits defquels première amp; fimple notion que leurs paroles, com-clles fe trouvent.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;meelies font couchées, forment dans lenrende-
Cen eft auffi une autre bien établie par la pra- ment du ledeur j amp; ceft cela quon appelle /e tique Sc par les éxemples des Conciles les plus /éws de l'Auteur, paree que ceft celui que portenbsp;Saints amp; les plus oecumeniques, que quand iis fes Ecrits, quand bien mêtne il en auroit eu unnbsp;one condamne une Propofition, un Auteur, un different dans fon efprit lorlquil les compofoient.nbsp;Livre, ils ont droit dobliger de fouferire a cette Maincenant pour appliquer ces vérités a votrenbsp;condamnation j quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;être défobciflant Scnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Requêre, nous vousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;répondrons au premier point
opiniatre de ne Ie pas nbsp;nbsp;nbsp;faire,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;öc que toutes les loixnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de ce que vous nousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;demandés, que la lignature
de lEglife puniflént la défobéilfance amp; 1opini- que vous avés offerte ne fatisfait nullement a ce
atreté prefque aulff féve'rement que lhéréfie. nbsp;nbsp;nbsp;quon défire de vous, amp; a ce que vous deves
Or pour fcavoir quelle doit être la foumif- pour plufieurs raifons. fion quon dott avoir pour ces fortes de Jugements La première, paree que bien loin de marquernbsp;de lEglife, il faut voir de quoi elle peut connoï- votre refpedt amp; votre obéiflance, elle marque lanbsp;tre, amp; jufquou sétcnd fa jurifdidion en cesren- bonne opinion que vous avés de vous-mêmes,nbsp;eomres. On demeure daccord quVlIe ne va point amp; faraour de vos propres fentiments. Nous vousnbsp;jufqua définir tjuel eft !e fentiment intérieur dun commandons de fouferire Ie Formulaire, amp; vousnbsp;Auteur, car en cela elle Ié pourroit tromper, en Ie voulés éxpliquer. Le pouves-vous fans préférernbsp;lui en attrrbuant unnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que celui quil a dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vos lumiéres a cellesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du S. Siége amp; des Prélats
lefprit. Comme ce nbsp;nbsp;nbsp;pointnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nett point néceflaircnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de lEglife Gallicane ? fans dire que vous voyés
quil ne regarde point la Religion en genéral ni ment quils veulent ufer de furprife, 8c éxigerdes
ili n nbsp;nbsp;nbsp;J..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____vn. ..o lo.ir ArtW noinr on nnilo
pour entretenir Tunite dc la paix de lEglife, amp; plus clair queux, öe fans leur reprocher tacite-
iInftrudion des ftdéles, Dieu ne seft point obli-gé de lui donner des lumicres pour pénétrer juf-quès-la; mais dautre part comme il eftnécefl'aire quelle empéche le Ichifme Sc le fcandale, il fautnbsp;auffi demetrrer daccofd quelle a routes les lumié-mtéres amp; la puiffance dont il eft befoin pournbsp;connoicre amp; pour condamner ce quil y a denbsp;dangereux amp; derroné dans les Ecrits amp; dans lesnbsp;difcours dont elle juge^ Sc il eft encore de fesnbsp;foncïions dc condamner les Auteurs des Erreurs
cholés quon ne leur doit point, ou ^quils font ignorants amp; quils ne f^avent ce quils deman-dent ?
La 2^^, paree que cette fignaturc eft contraire a lufage 'Sc a la pratique de TEglife, danslaquel-le on ne trouvera jamais que ceux qui ont iignénbsp;en pareil cas aient ligné avec reftridion ou avecnbsp;explication, étant une chofe tont i fait ingt;irieufcnbsp;a lEglife.
dailleurs elle embtouilleru^ faut trancher^n«^=;_
lf.lt;. nbsp;nbsp;nbsp;. '^^¦divement dans fame j ou sils ne
pgt; comme ils paroiflent dans leurs
,2 2 r,! f''''rinent le tbin de les cxpliquer dune imiueic plirs ortriodoxc Ki.;. m ^
¦ Vc w. nbsp;nbsp;nbsp;Maïs-11 elt certain que
üïem expUt^ués de cecce ibrte,
damnaiion; Sc que la queftion: aulieu quilnbsp;ment, afin de terminernbsp;tions, ijui troublent les confcicngt;-esnbsp;tiepuis vingt ans.
La 3'' eft, paree que cette foufeription ainö SuVlIe a reconnu, afin quétant notés ils ne puif- reftrainte amp; modifiée rendroit Ie jugemmt duPa-Lnt 1 avenir enfeigner dc fembiables chofes, pe amp; des Evêques iliufoire, a caufe quil feroitnbsp;rénoncent a ces mauvais feiuiraents ,sils impoffible de marquer furquöi tomberoit la con
Au
quand
-ocr page 23-lielatioH de la Ferfécution des Keligieiifes de Tort -Royal^
Relation Au fecond point nous répondons : t]ue par de laMereacquiefcemenc, dc'férence, foumiiiion, amp; autresnbsp;du Fargis. pareils termes, nous entendons limplement cenbsp;ll. ce quc^ ces mots fignifient naturellement , amp;nbsp;Partie. dans Tacceprion qui leur cft propre , amp; q'isnbsp;tout Ic monde comorend quand on les pronon-ce.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
1'era dc nous eftimer heureufes de vivre amp; mourir attachées a la Croix de Jefus-Chrifl.
II. Partie,
Chrifi nous fera plus uvile que la Communion Sa-Relat'Oii cramentale que 1 on nous refufe; amp; jefpére iV a Merenbsp;Chére Sceur, que nous cn recevrons lefFet qui Fargi».
XXXIV. PIECE.
l^cttre de la Mème.
Ce Jeudi-Saiut z Avri! i66^.
Contritum. efi cm vieitm
in medto vtei, covtre-Permettés-moi dc me pour to«-nous avons chanté ce
Ainü nous vous demandons que fincérement 5c de bonne-foi vous croyiés, non point que xVl.d Tnbsp;pres ait été dans lErreur; non point qu'ilaitvou-In ni eut deffein den écrire ni denenieignerdansnbsp;fon Livre: mais que ibit par faute davoir iqunbsp;bien digérer ces matiéres difficiles, Ibit pourna-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
voir pas été affez heureux deséxprimerauffi bien maerunt omnia ajja mea.
quil penfoit, il fe trouve dans fon Livre des Er- fervir de ces paroles, qu........, ^ i quot; ________
reurs 'contraires au fentiment de 1Egiife, 6c quon matin, pour vous éxprimer I'angoiffe ou j'ai éte de- modemaot. cn a éxtrait cinq Propoiitions qui 1'ont condam- puis avoir regu votre billet, qui parle dAccom-nées dans Ie propre fens de fon Ouvrage.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;modement. Léxpérience que jai des Mauvaifes
Nous ne demandons point que vous ayiés eet- fuites quoat eu tous ceux quon a tenté jufqua te créance fur vos propreslumiéresamp;furune con- préfent, me fait rédouter routes ces Propofitionjnbsp;noiflance évidente, paree quen effet vous na- comme L chofe du monde la plus dansereufe. Ccnbsp;ves point lu, ni du hrele Livre denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.- neft pas que je naie une entiére confiance aux
vrage au St. Siége.
X X X 111. PIECE.
Lettre de la Mere Prieure.
Ce Mercredi-Saint i Avril i66y.
maïs que vous 1 ayies fur Ie rapport öc fur lafoide perfonnes qui 4t la bonté dagirpour nousencei vos Superieurs , qui font juges competents de ces occalions. Je fgai bien quils ont plus damournbsp;cnoles-la ; qui ont un Caraélére particulier pour pour la vérité amp; plus de lumiére pour difcernernbsp;lire amp; examiner routes fortes de Livres amp; dE- ce qui peut bleifer que nous nen pouvons avoir nbsp;crits j amp; qui au fujec du Livre dtjanfenius yoni mais je ne puis mempêcher de craindre quil»nbsp;procédé felon routes les formesdesfugementsEc- naient une compalTion un peu trop humaine dcnbsp;cléfiaftiques. Ce qui eft fi conforme aux Régies ce que nous foufïfons,quilcsporte a écouterquel-amp; a lufage de TÉglife, que fi M. dlpm reve- que Propolition de relaehement, qui fera aflure-noit au monde, amp; quil vit Ie St. Siége amp; tous ment notre veritable ruïne. Au nom de Dicu,nbsp;les Evêques de lEglife Gallicane avoir condamné Moniieur, dices bien a vos amis que nous lesfup-fon Livre, il avoueroit allurement que fa plume plionsde ne fe point engager a nous faire rien fairenbsp;seft égaréej amp; sil ne pouvoic pas fupprimer fon au dela de ce que nous avons déja fait. Je fuisnbsp;Livre, il foufcriroic a fa condamnacion, comme fortemenc perfuadée que eeft tout cc que nousnbsp;en effet il y a foufcric par avance, puifquilafou- pouvons cn confcience; amp; que fi nouscommen-^ aucune reierve fon Ou- qons rant foit peu a fortir de nocre voie, on nous
jai le cceur percé d'une Lettre que je regus hierdc N. qui me fait terribiement peur jje vous 1envoie;,nbsp;vous en jugerés sil vous plait, je trouve particu-liérement écrange ce quelle dit (quclie ne fgait,,nbsp;fi on nous alfembleroit dans 1une de nos deuxnbsp;T rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Maifonsi ¦ car ie ne crois pas que nous duflions ¦
LcmravanMerflrpf nbsp;nbsp;nbsp;recevoir cette accepter cecte confultation dans une Maifon étran-
amp; vous fécrL nbsp;nbsp;nbsp;^ ^hére Sccur, gére, ou nousne ferionspas libres davoir le con-
de vous demandpr nbsp;nbsp;nbsp;dans le deffein feil des perlonnes en qui nous avons confiancc.
nns Sceurs a n ^ Pncrcs 6c celles de routes Ce quelon die de N. mafflige auffi; parcequil fem-
!lrr.mmandpr nbsp;nbsp;nbsp;Jugerés a ptopos de me blequeceftuneavanccimaisjcne croispasquellc
pendant ces faints jours, qui font foit faite;amp; pourmoijenevoudrois pasobccnircela pour nous doublement des jours de douleurs, a une telle condition, qui donne trop defnéranr»*-quoiquil me femble qudle neft pas fi grande a ceux qui nous veulent tromper; au lieu nnil.nbsp;qu elle ne loic accompagnee de beaucoup de me femble que notre fureté coniifte a ne leurnbsp;conlolation , dans la vuë que nous avons pré- donner aucune. Amoinsquema Soeurnbsp;fentement plus de conformité avec 1état fouffrant de Saint Jean ne foit de cette AffemKl'nbsp;de Jejiis-Lhrtfi ^ que nous nen avons eu dans navons rien a faire. Je vous avouë Mnbsp;toutes les années précédentes. Cette Communi- quelque envie que jaie de voir enrrgt;r! c-ato im foufiaKö 1tamithiionnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bite Meres, j'i peine
préii'
pouffera bien loin. Je vous demande pardon de ce que je vous ccris avec cant de chaleur : mais
-ocr page 24-'Relation de la Rerfécution kss Religieufes de Port-Royal^ i66t^-l66lt;). 24 II. Partie. Relation pretexte qiii nous engage infenfiblement plus loin de la Mere que nous ne penfons amp;c. du Fargis Cette Propoiition dontla Lettre park neut au-cune fuite, elk venoit de M. de Meaux, qui au-roit bien voulu pouvoir trouver quelque voie dAc-cotnmodement pour delivrerlaMaifonde lentiére ruïne dont elk étoit menacée, amp; qui .dans cettenbsp;vuë avoir propofe a M. de Paris de faire AïTem-bkr routes ks Supérieures des deux Maifons pournbsp;délibérer en Corps amp; avifcr enfetnbk sil ny au-roit point quelque moyen de k fatisfaire. Lgt;a. M.nbsp;Abhejfe donna avis de cela a la M. Prieure ^ amp;nbsp;lui manda en même-tcmps quelle nétoit pas aflu-rée cn quel lieu fe feroi: cette Aflèmbléei amp; quenbsp;M. de Paris ne vouloit pas que ma Sceur Angelt-ij^ue de Saint Jean sy trouvat. Cc fut cette Con-clufion qui allarma la M. Prieure , amp; 1obligeanbsp;decrire cette Lettre; amp; enfuite elk fit rcponfe anbsp;notre IVi ere quelle auroit grande joie de cette en-trevue, mais pourvu quelle fut accompagnée denbsp;2 conditions,lune;quelk fe fit ici a Port-Royalnbsp;des Champs, paree quil falloit être enticrementnbsp;fibres, ce qui ne pouvoit être dans une Maifonnbsp;étrangére, ni même dans celle de Paris, oii mesnbsp;Sceurs Tlavie amp; Dorothée amp; ks Religieufes de St.nbsp;Marie ne lailTeroient aucune liberté: amp; 1autre; Ïue Ma Sosur Angeliq^ue de St. Jean fut de cette )élibération \ qua rnoins de cela il ny avoir riennbsp;a faire. A quoi elk ajoutoit: auffi-bien avons-3, nous déja fait ce qui étoit en notre pouvoirnbsp; sil étoit vrai quil y eut encore quelque chofenbsp;a faire ¦ la Deliberation sen devroit pr^drenbsp;route la C^otnmunaute , puilque c eft unenbsp; affaire de Confcience. Ce qui nempeche pasnbsp; queje ne défire beaucoup cette entrevuë ,pour- vu quelle nc nous engage a rien. Notre Merc qui navoit eu aucune part dans cette PropO' |
qu il vous a plu de faire a notre Requéte un grand Relation nombre de chofes fort éloignées de nos penléesöc de la Merenbsp;de Iidee que nous avons pris de vos fentimentsdu Fargis.nbsp;fur la Lettre que vous avés écrit a M. lEvêquenbsp;dAngers, nous nous croyons obligees néanmoins Partie.nbsp;de vous en remercier, amp; de vous faire connoitrenbsp;en même-temps ks fentiments quelle a éxcité ennbsp;nous. Nous ne craindrons pas, Mgr., de vous dire avec la confiance que vous nous permeites, quenbsp;k premier mouvement que nous avons reffenti anbsp;été un mouvemement dejoiedecc queDieu nousnbsp;a fait la grace de nc figner point jufqua préfent,nbsp;puifque ICxplication que vous donnés maintenantnbsp;a la iignature que vous nous comm.indés, nous anbsp;fait connoitre que fi nous 1avions fait dans la dif-pofirion ou nous etions, nous naurions fair quenbsp;nous tromper nous-memes en trompant IEglifejnbsp;que nous naurions point fait ventablementcequcnbsp;vous demande's^ amp; que nous aurions fait ce quenbsp;vous ne demandes pas; amp; quainfi nous nous fe-rions jouees dune chofe auffiSaintequeft une pro-feffion de foi amp; un ferment que 1on fait a la facenbsp;de 1Eglife. Vous nous déclarés. Mgr, que vousnbsp;ne nous demandes pas que nous croyions quenbsp; M. dTpres ait cté dans 1Erreur ni quil ait vou- lu ni quil ait eu deffein den enfeigner dans fonnbsp;3, livre. Vous nous alTurés que la jurididtion denbsp; 1 Eglife ne va point jufqua définir quel eft lenbsp; fentiment intérieur dun auteur , quen celanbsp;1, die ft pourroit tromper , Sc lui cn actribuernbsp;,3 un autre que celui quil a dans Ielpric j que com- me ce point nelt point néceflaire pour entre- tenir la paix, 1unité amp; lapaix des fidéks,Dieunbsp; ne seft point obligé de lui donner des lumiéresnbsp; pour pénétrer jufque-la. Nous apprenons done, Monfeigneur, par vo- |
raifons, ér ^tte fes fentiments étoient les fens. que d'Tpres a eu dans I'Efprit les erreurs epu'tn lui rCeft IAccommodement dont il eft park attribu'ê, amp; quil a eu intention de les enfeigner, quot; ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; r.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Q(lt;ancc feroit téméraire , puifque IEglife fe peut tromper en ce point. Cependant il eft trés véritabk, Monfeigneur, que eetoit en dans la Relation de Paris, qui fe devoir traiter avec Monfieur de Paris dans la femaine Sainte,nbsp;amp; dont on avoir déja pris de fi grandes efpéran-ces, quon fe promeitoit que ks Religieufes com-munieroienc a Pdques: mais tout cela fe réduifitnbsp;a rien.] XXXV. PIECE.Lettre des Religieufes de Port-Royal des Champs, lt;lt; M. I Archive que fur fa Réponje d leur Requéte du 30 Damp;embre Le Lundi de Pdques 4 Avril idfjy. Monseigneur, Encore que nous ayons trouvé dans la réponfe |
ce fens que nous prenions ks paroles des Confti-tutions, auxquelks on fe foumet par le Formulai-re, amp; que nous étions perfuadées quelles figni-fioient que Janfenius avoir eu intention denfeig-ner ces mauvais fens. Et cette explication nétoit pas hors dapparence puifque la Conftitution dunbsp;Pape porte éxpreffément quil condamne les Pro-pofitions dans le fens que Janfenius a eu intentionnbsp;denfeigner j amp; que ces memes paroles fe trou-vent dans k nouveau Pormulaire drefle par Icnbsp;Pape. Il eft fans doutequétant perfuadées, congt;-me nous étions , quon nous demandoic cettenbsp;creance touchant Iintention de 1auteur, nous a-vons eu intention de refufer de la promettre ,puffnbsp;que vous nousdéclarésapréftnt, qu lUeroitinjufte dc |
Relation de la Ferfécution des quot;Religieufes de Tort-Royal^ nbsp;nbsp;nbsp;2^
II. Parüe.
Rektion de Ia demander,amp;quevousnous faites affczxon- amp; dans Ie fens que nous donnions a la fignature,llchtIon de laMerenoitrequs nous aurions ére témeraires de l'accor- amp; felon ia manicre done on rinterprétoit, la ré-delaMerenbsp;du Fargis. der. Nous avons done fujet, Monléigneur, de fiftatice que nous y avqns apporté a été jufte amp;du l'argis.nbsp;bénir Dieu de ce.quil nous a fair la grace de lui néceffaire que 1 obéilTancc que neus y aurion.snbsp;être afléz, fidéles pour refufer de faire une chofe rendu auroic été fauITe,^ trompeufe amp; indigne de Partie.nbsp;qui auroit été certainctnent injufte èc'conrraire a Religieufes confacrées a Dieu ; puifque nous au-votre intenrion. Car fi nous avions fiené amp; que rions fans doute fuivi rune de ces opinions, quenbsp;nous euffions voalu rénoncer a routes nos lumié- vous rejettes par réclauciliement quil vous a plu
res^,il eft certain que nous aurions fiené dans cette de nous donner. nbsp;nbsp;nbsp;j/r r
ineme vuë amp; dans ce defl'ein (de rendre témoi- Ainfi, Monfeigneur, corame la defenfc que gnage a 1 Eglife que nous étions perfuadées que vous nous avés fait de parciciper aux Sacreinentsnbsp;M. ólTpres avoir cu dans lEfprit ces Erreurs, amp; neft pas fondée fur nos fautes futures, mats furnbsp;quil avoir eu intention de les enfei^ner -¦) amp; com- nos fautes paffécs; nous avons certe connancequenbsp;me ce te'moignage eft injufte amp; téméraire, felon vous aurés la bonté de la lever, en reconnoiflantnbsp;la Declaration que vous nous en avés fair, nous par cette declaration, que nous vous faifons dcnbsp;aurions rendu un témoignage injufte 6c témérai- notre fentiment, que nous ne pouvions pas agirnbsp;re devant lEglife.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autrement felon les penfe'es que nous avions, 6C
Nous ne lérions pas moins éloignces de votre qui nétoient pas fans beaucoup de fondement, intention , Mgr., fi nous euffions voulu écouter Quant a la voie que vous nous propofés main-dauttes perfonnes qui nous vouloient perfuaderde tenant pour figner, en nous déclarant Ie fens
fjgner fans croire en aucune force que les Erreurs que vous avés intention denfermer fous la fig-^n amnees fuffen: dans Ie Uwxe iie Janfemus^ nature, paree que notre propre éxpérience nous
notre fignature ne fe- a fair voir cotribien il eft facile de fe tromper, loit point un temoignage decrcance, maïs feule- croyanc bien entendre Ie fens des Supérieurs furnbsp;ment de refpeft ^ amp; qui nous difoient que c etoit des matiérés fi enibrouillées nous funolions trésnbsp;Ia votre opinion. Car puifqu il paroit maintenant humblement V. G. de trouve? bon^^aue nousnbsp;que vous nous demandés une forte de créance,li lui reprefentions de quelle forte nou^ 1nbsp;nous avions figné ftiivant les Inftrudions de ces compris, 6c de nous redreflër fi nous lavonsnbsp;perfonnes, notre fignature auroit encore été une mai compris.
pure illuhon, qui nauroit pu que vous offenfer Nous avons conqu, Monfeigneur, par votre en ofïenfant la véritc fouveraine, qui nous dé- rcponfe,que vous nous y enfeignés que rfiglifcnbsp;fend de tromper en aucune forte ceux qui nous fe pourroit trompet en définiffant quun auteurnbsp;tienaent la place de Dieu fur la terre. Ainli, a cu un tel fens ou une telle erreur dans léf-Monfeigneur, ce nous eft une grande confolation prit, amp; quil alt eu intention de renfeigner;amp;nbsp;de voir par votre réponfe que nous avons eu rai- que Dieu ne seft point oblige de lui donnetnbsp;fon de croire que ceconfeil quils nous donnoient des lumiéres pour pénétrer celaj amp; quainfi ilnbsp;étoit éloigné des régies de la fincérité chrétienne, feroic injufte déxigcr cette créance des fidéles:
amp; de navoir pas cru légérement que votre ineen- mais que quand il sagit de fcavoir qucleft Ie fens Eion fut de nous obliger prendre les paroles de du Livre dun auteur amp; fi des erreurs v font
eftedfivement contenuës, elle ne fe peut Lm-
Quepou;ions-nousdonc faire, Monfeigneur, llble^ amp; DiÏÏ^stó oblitóï'l de plus légitime dans ragitation que ces différen- toute la lutniére néceffaire pour^pénétrercl°fem-tes penfees produifoient necellairement dans notre qu ainli nous devons croire finrér ^nbsp;cfprit, que de nous adrefi'er a vous-meme pour condamnation de cc Livre eftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
vous demander la nature de fobligation que vous lEglife y a vu amp; remarqué les PrAnSrinns nous voul.es impofer- puifquil paroit par l'évé- quelle condamnej quelle L seft Sc ?róm!nbsp;nement que fi nous euffions voulu la deviner au pée en cela; qu il feut croire que ces erreurs ynbsp;par une fauffe humilité dc font effedivement, amp; quelles sy préfentent 4nbsp;1 eciaircillement que vous nous avés donné, nou* tous ceux qui les lifent fans preoccupation 5cnbsp;nqusferionscertainetnentégarées,6cnousnaurions avec foin.
fait que nous éloigner de vos véritables intentions. Et ainfi, Monfeigneur, en appliquant cette cn pretendant nousy confortner.?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maxime générale au fujet dont-il sagit il nous
' nbsp;nbsp;nbsp;^ rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;efpérer de votre équi- a femblé que vous éxigés de nous la créance
té, Monfeigneur, que quelque jugement que vous non que Jan[enius ait eu véritablement daas portie's de la conduite que nous tiendrons a 1ave- fon Efprit les Erreurs quon lui attribuë mais ^nbsp;nir, vousjugerés aumoins que nous nen avons ces Erreurs fe trouvent efteólivement dans fn
pu tenir une aiure que celle que nous avons tenuë vre; que lEglife na pu fe tromper fur ce ooinr' jufquici j que dans la difpofition ou nous étions ceft tl dirc, quelle eft infaillible dans 1intelligen-
D nbsp;nbsp;nbsp;ce du
-ocr page 26-i6 nbsp;nbsp;nbsp;Eehtkn de la Perficution des EeUgieufes de Port-Royal^ \66i\.~l66). Relation ce du fens des Livres nouveaux; 6c que Dieuseft vêque de Vesfce en parle dans fon Hiftoire fur 1an- Relation de la Mere obligé de lui donner les lumiéres néceliaires pour nee de ^efus-Chrifi 553 n. 12, oü il fait voirquc de la Merenbsp;du fargis. découvrir ces fortes de véricc's de fair.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les Papes amp; les tjonciles fe peuvcnt trompet dans du Margis, Voila, Monfeigneur,ridéedevosfentimentsque les queftions defoit que ces/«i/t regardent nous avons pris dans votre réponfe; nous vous les perfonnes,foit quils regardent leurs Ecritsj ÖCnbsp;Supplions trés humblement de la corriger au cas que ceft ce qui avoir été cru univerfellementdans IJ. Partie, II. Partie* ritable, que des perfonnes non-prevenuës ou plus sagic de Doflrine, comme nous nen devons point éclairces trouvent dans ce Livre 3 que cela n'em- avoir de particuliére, 1autorité de Eous les Evêquesnbsp;pêche pas que rEgliié neütjurididion pour juger nous eft également confidérable 3 ainfi vous ncnbsp;amp; des perfonnes 6c des Livres: mais que comme trouverés pas fans doute étrange que nous hélitionsnbsp;elle nen jugeoit pas infailliblemcnt, ellenimpo- furlaDoótrinedelknfaillibilitéderEglifedanslin- foit nas néceflité de croire cequclle en juge, com- telligence des Livres, puifque nous la voyons fi ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/-____j____;______l, r nbsp;nbsp;nbsp;------j._. igt;L'i;ro Hr fort conteftée dans 1Eglife, amp; quelle neft pas établiepar un conlèntement uniTerrel3ellenenousnbsp;regarde plus, puis qu'il fufSt adesfillesdelénour-de con- rir des vérités cerraines, 6c davoir une intention damnet avec lEglife Ie fens des Propofitions que générale dembraffer les fentiments de 1EgHfeCa- 1 . T\ nbsp;nbsp;nbsp;___ J^ mjt fn ..t 11f nbsp;nbsp;nbsp;^ 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t-1 önbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I 1 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y-v W» 1 1 r» A rgt; Ie Pape declare être de Janfentus: maisquil né-toit pas néceftaire de croire que ces fens fuffent effeaivement dans Janfentus. Nous étions, Mgr., dautant plus confirmees dans cette penfée, que nous voyons que de grandsnbsp;Evêques avancent cette maxime (que lEglife neftnbsp;pas infaillible dans 1intelligence des fens des Ecrits,)nbsp;CQtntne étant génc'ralement requë par tous les Théo- .Sktrs Catholiques, 6c quils aflurent que lopi-öion contraire na jamais été foütcnuë avant les IQ detnieres années. Car ceft ainfi que M. lE- quVlle fut de'fedtueufe. Nous jugeons trés bien que fuppofc que tout cela foit veritable, il n y anbsp;plus de difficultéala fignature. Carsil eft vraiquenbsp;Ie Papé foit infaillible dans Tintelligence du fensnbsp;des Livres, amp; que Dieu fe foit obligé dc luinbsp;donner cette lumicre pour Ie pénétrer , il eftnbsp;indubitable que nous devons croire que les Er-reurs des V Propolitions font effèdtivemenc dansnbsp;Ie Livre de Janfenius-, 6c que fi nous ie devonsnbsp;croire, nous ne devons point faire de diöicultenbsp;de lattefter. Toute la diffieuké qui nous refte,confiftedonc uniquement fur cette infaiilibilité du Pape amp; denbsp;lEgüfe dans Iinceliigence des Livres, que vousnbsp;établiffés, Mgr., par votre réponfe commeluni-que fondement de cette créance que vous éxigés.nbsp;Et comme vous avés la bonté de vouloir bien fouf-frir que nous vous propofions nos doutes, nousnbsp;ne craindrons pas de reconnoitre devant vous quenbsp;jufquici nous avons été dans un fentiment contraire. Nous avions cru, Mgr., quencore quenbsp;PEglife fut infaillible dans les Dogmes 6c dans lanbsp;Gondamnation des.Erreurs, paree quelle fe condui-foit par la lumiére de iE criture 6c de la Tradi-tion, «jont elle eft dépofitaire; elle ne létoit pasnbsp;néanmoins dans les Jugetnents quelle fait quunenbsp;telle Erreur eft contenuè dans un tel Livre paree queüe na point requ cette vente de la 1 radi-tion ni de la revelation de Dieu 3 quainfi elle fenbsp;pouvoit tromper dans 1intelligence des Livres nou-veaux, amp; leur attribuer des fens différents duvé-me on nimpofe pas néceffité de croire que la Let-tre d^Hmorius eft remplie de 1héréfie des Monathé-lites, OU les Ecrits de Tbéodoret de celle de Ne/-torius; quainfi il étoit bien néceflairenbsp;les Ecoles Catholiques avaat que quelques Theo-logiens du temps Teuffent revoqué en doute. |
Vous fqavés aufli, Mgr, que 1Evêque d'A»-gert ea parle de la même forte dans la réponfe quil a fait a votre Lettre; 6c quil croit cette Dodlri-ne li indubitable, qu il eft perfuadé que ceft auflinbsp;votre fentiment, amp; quil seflForce de Ie prouvernbsp;par vos propres termes. Nous nc pouvoBs, Mgr., aflèz nous étonner de cette diverCté de fentiments que nous vo-yons entre les Evêques. Ceux que nous avonsnbsp;allégué ne parlenc pas de leur opinion commenbsp;dune chofe douteufe, amp; ils prétendent que ceftnbsp;la Dodrine de lEglifc 3 amp; ce qui eft plus c-trange, ceft que ce ne lont pas feulement ceuxnbsp;qui ont dc léloignemenc du tormulaire qui par-lent de cette forte, mais ceux mêmes qui lefavo-rifent, amp; qui nous veulent confeiller dclefigncr,nbsp;ainfi que vous Ie pouve's voir, Mgr., dans uhnbsp;Ecrit compofc, a ce quoa nous a dit, par un desnbsp;grands défenfeurs du 'Eormulaire , 6c que nous a-vons cru devoir envoyer a Votre Grandeur, afinnbsp;quelle juge dune part que ce que nous lui éxpo-fons neft point fondé fur des difcours en lair 3 6cnbsp;quelle voie de 1'autre les raifons qui nous font dou-ter de la vérité de cette Doftrine, qui font les mêmes que celles de eet Ecrit. II eft certain, Mgr., que dans les cholés qui regardent Iobéiflancc, nous ne devons écouternbsp;que vous, puifquil ny a que vous a qui nous fo-yons affujetties par lordre de Dieu: mais quand ilnbsp;tholique, fans quelles foient obligées de prendrenbsp;part aux matiéres contelk'es.nbsp;i*,Ceft, Mgr., la difpofition oü naus nousfom-mes trouvées a légard de cette nou veile queftion 3nbsp;6c pour en fortir il eft fans doute befoin que nousnbsp;ayons dautres lumiéres que celles quenousavons:nbsp;deforte que nous ne pouvons faire autre chofe quenbsp;de tacher de nóus éclaircir par routes lesvoiesquenbsp;nous pourrons. Le dclai que Ie Pape donny p*''nbsp;fa Bulle nous eft favorable pour cela. Ma'® ff'nbsp;pendant comme vous voyés, Mgr., quenous e- |
quot;Relation de la Térficuiion des Religieufes de Port-Rojal, l66^-i!É6^. 27 II. fes cetteobligation,amp;fanslaquelleellenepeutfub- de traités. Jartie, nbsp;nbsp;nbsp;que nous avons trés grand fujet de douter de cette maxime fur Tautorité de tant de grands Evêques qui la conteftent, nous vous fupplions trés humble-mencdeconfidérer que ce doute nc peut pas fervirnbsp;de raifon légicimc pour nous priver desSacretnents,nbsp;puilquon nen peut priver perfonne que pour uncnbsp;faute claire, manifefte amp; indubitable; au lieuquilnbsp;ny a point defaute de douter dunc Dodlrine que desnbsp;Evêques (i Céiébres reprefentent comme contraire au confentetnent général de lEglife. Ceft, t\I onfeigneur, Ie principal fujet de cette Lettre, qui nous fervira deRequête pour vousde-mander cerctablilïementüjuftc ;di nous prendronsnbsp;la liberté dy ajourer une priére qui nous paroitnbsp;trés légicime, qui eft, Monfeigneur, quil nousnbsp;foit permis de Confulter fur les points de Doélri-ne que vous nous propofes, des The'ologiens amp;nbsp;des Evêques, afin que nous nous puiffions afl'urcrnbsp;des fentiments de 1Eglife fur tous ces points, puif-qua moins quils ne Ibient certains, indubitablesnbsp;amp; univerfcls, vous f^avés que nous navons aucu-ne obligation de les recevoir, amp; quils ne nousnbsp;peuvent fervir de fondement fuffifant pour faire Ienbsp;ferment contenu dans Ic Formulaire. Nous ne croyons pas, Monfeigneur, quaprès toutes cci chofes Votre Grandeur fafle difficult^nbsp;de nous accordcr une chofe fi légitime, quoiquenbsp;nous fouhaitions beaucoup davantagc que vousnbsp;vouluffiés ufer en vers nous de la conduite dontonnbsp;s ufé jufqua-ce temps dans lEglife envers toutesnbsp;les perfonnes a qui on na jamais demandé de figna-tures, en fe concentant quelles decneuraflènt dansnbsp;la limplicité de la foi: puifquil na que trop parunbsp;que cette Nouvelle pratique nétoit capable que denbsp;produire des troubles de Confcicnce, fans aucunnbsp;fruit. II eft fans doute, Monfeigneur, que vousnbsp;pouvés vous décharger de cette obligation, puif-que perfonne ne vous a pu forcer détablir cettenbsp;loi fi extraordinaire j amp; que perfonne ne vous peutnbsp;empêcher den dispenfer ceux que vous voudrés: amp; nous voulons efpérer que nous obtiendrons enfin cette grace de votre bonté, lorfquelle aura mieux connu Ie fond de notre cceur, 6c léloigne-ment que nous avons toujours cu de toutes cesnbsp;queftions, oü on nous embaralfe fans fujet; cenbsp;qui nous donnera moyen de vous témoigner avecnbsp;plus de joie, mais non avec plus de vérité quenbsp;nous faifons a préfent, que nous foinmes trés fin-cérement, Monfeigneur amp;c. Signé de toutes les Religieufës. XXXVI. PIECE. s. Lettre de la Mere Vrieure. Ce Lundi de ?dques 6 Avril ï6é^. Je louë Dieu de bon cceur de la rupture de u. Partie. Relation rions trés tétnéraires de iigner fansêtreperfuadees de la Mere de cette infaillibilité du Pape ou des Evêqucs dansnbsp;du .t'argis. Iincelligence des Livres, fur laquelle vous écabUl- |
lAccommodemenc, qui mavoic fait fi peur; amp;RéIation je vous avouë que je ne me puis perluader que de la Merenbsp;nousayons jamais une paix folide par ces fortes du Fargis. XXXVII. PIECE. Lettre de la M. Frieure d M. de SEVIGNE. Ce II Avril ifiöy. Je nai pu lire la Lettre que vous mavés fait rhonnear de mécrire fans en recevoir une doublenbsp;confolacion, voyant comme vous envifagés létatnbsp;dafflidtion oü nous fommes,amp; la dureté avec laquelle on nous a trade cette grande fête, oülE-glife fait miféricorde aux plus criminels. Je vousnbsp;avouë , Monfieur, que cette privation nous anbsp;été bien fenfible , quoique je vous puiffe direnbsp;quelle na afïbibli perfonne, amp; quil me femblenbsp;que Dieu nous a fait les graces de concevoir, amp;nbsp;fijerofc dire, d expérimenter, quil a plufieursnbsp;votes pour fe cqmmuniquer aux ames qui lecher-chent,amp; qui aiment mieux être privées éxcérieu-rement de fon corps que d obtenir un fi grandnbsp;bien, en faifant un menfonge. Jai eu confola-tion dans iOffice de ces baints jours, oü nousnbsp;avons chanté fi fouvenc Epulemur in azymis tin-ceritatis lé' veritatis. Je crois que ceft notrenbsp;partage avec les laituës améres. Jefpe're que nousnbsp;ne ferons pas toujours privées du corps de eet a-dorable agneau divin ;6c que fi la dureté des hommes nous en fépare en cette vie, amp; même a Ianbsp;mort, ce feta pour nous rendre plus véritablementnbsp;les membres de celui qui a voulu etre immolcnbsp;pour nous faire entrer dans fa gloire. XXXVIII. piece. Lettre de la Mere Prieure. Ce Samidi II Avril Enfin, ma trés chére Soeur, nous avons été traitees avec la même rigueur que vous; amp; nousnbsp;etant données 1honneur décrire une lèconde Lettrenbsp;pour témoigner nosfentiments couchant larépon-fe quon a fait a notre Requête, amp; pour faire unenbsp;nouvelle inftance fur la Communion, M. lAr-chevêque a re§u cette Lettre, qui étoit un peunbsp;longue, avec de grands témoignages de colére amp;nbsp;de dédain: amp; quoique te fut Hilaire qui en futnbsp;Ie porteur, a qui ü témoigne ordinairement beaunbsp;coup d amitie il nen put avoir une bonne parole ; mats il lui dit avec chaleur; Cp, nl ^ filles fe (ionnent bien de la peine fervira de rien. Et puis nd ? nbsp;nbsp;nbsp;quot;quot; page ildit; Elles menvoient des LilS- d ny a pas moyen de lire cela a préfent, je lé lirai l mon loifir, amp; puis je feral ce que jaurai anbsp;Dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, fui- |
quot;Relation de la Ferfécution dos Religieujês de Port-Royal\' i66]{-i66^ II fe recourna après avoir dit cela dune Jas-Cbrifl^ qui efl: la vérité-même. Je ne penfeReiatiorr émue, deforce qiiHilaire nofa plus Cette parole jointe a la promeffenbsp;venir voir bientóc, menbsp;qu: je ne ferai plus guéres II. Païtie. quil nous a fait de nous croire XXXIX. d tme Religieufi Paris. L.ettro ente^réc. Ven us denbsp;cette RelUnbsp;{ieufe. ripn nprHi nbsp;nbsp;nbsp;vjii i dui 14il. ciic ii y aui wil yao cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uco uciauLo vawiit pcinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;AA /J/anniQ la vériré la,,?fidélité a ne pointdéguifer Mais la maniére dont elle seft comportee P Ia verite lauroit renduë un membre vivantdt 7^, la fortie denos Meres,me confirme tout a fait dans 28 Relation faire. de la Mere maniére for.nbsp;du I-argis.;^, ^ien dire Partie. Jqjjjjj, ijgjj ici. Ce fera tout ce qu il plaira a Dieu, maïs ceft une rencontre affez. remarquable que vousnbsp;lui ayés envoyé votre 30quot;= Lettre Ie même-jour,nbsp;amp; prefque a la même heure quil avoit requ lanbsp;nótre. Cela lui doit faire voir quencore que nousnbsp;ne foyons pas dans un même lieu, nous fommesnbsp;néanmoins dans les mêmes fentiments. II me femble que dans létat oü nous fommes nous ne devons rien craindre davantage que denbsp;chcrcher des inventions öc des voies humainesnbsp;pour nous délivrer. Je ne crois pas néanmoinsnbsp;que nos Soeurs qui ont parlé a la Reine aientnbsp;grande confiance en elle 3 amp; la joie quelles ontnbsp;eu de fon rebut, fait bien voir quelles ne lui ontnbsp;parlé que paree quelles ont cru ie devoir faire.nbsp;Mais il me femble que pour ne nous point affoi-blir dans la duréede la perfécution, qui pourra aller loin, nous ne fqaurions trop ciaindre decher-cher laffiftance des perfónnes du monde qui nenbsp;nous peuvent quaffbiblir 6c nous faiie fortir in-fenfiblement de la voie ou Dieu nous a engage.nbsp;Je penfe que nous devons prendre pour nocre dc-vife ces paroles du Pfeaume: Auxilium meum dnbsp;Domino.^ tous les aucres fecours nous devanc ctrenbsp;fufpetfts PIECE. de la Mere Trieure de Part-Rojal de Ce 17 Avril 166^. Reflexions Jai été bien touchée, Ma Trés Chére Soeur, fohdes fiitja jgnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jjjg mandés de ma pauvre Swur iieiiance on^ nbsp;nbsp;nbsp;'k.tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j nous devons Franfstfe Clatre. Nous ne manquerons pas de êtiedenos prier Dieu de lui pardonner cette faute, qui neft ftopres for-aflurement que dignorance, amp; non pasdemau-fionde°h*^vaife volonté. Pcut-êcrea-cil permis eet afFoiblis-chutc de la fement dans cette bonne file pour nous faire voirnbsp;s. Glaire,^ q^g jjguj ne devons du tout rien faire a cette heu-Avrïaux* *'2 ^2, ou on na pas affez, de lumicre amp; de forcenbsp;UrfuUnes du^defprit pour découvrir les piéges amp; les artificesnbsp;ïauxbourgnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ygm; furprendre. Nous devons amp; téportamp;i êcre dans grand repos de ce que nous avons Pott-Royai fait, puis que nous avons affurement rendu a 1E-pour^y Cuenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;devions. Et tout ce quqn nous demande davantage neft que pour fatis-faire a ia paftion des hommes. Elle eft heu-^ufe detre morte pour une fi bonne caufe; voudrois quelle neut point apréhendénbsp;des Sacrements, on ne les lui auroicnbsp;iipr, ^ quand on lauroit fait elle ny auroit |
pourtanc pas que la faute quelle a fait len aic fc- de la Mere parée : mais je crois quelle aura befoin de la pu- 1'^ f argis.nbsp;rifier par Ie feu du Purgatoire, au lieu que fansnbsp;cela récat ou elle a été depuis fix mois 1'auroitnbsp;peut-être entiéreraent purifiée. Je ne doute pasnbsp;que vous. neuffiés regu fon corps avec bien plusnbsp;de joie fans ce qui lui eft arrivé, qui nous obligenbsp;a prier pour elle. Aiilieuquautremeut nousneuf-fions eu que des adiions de graces a rendre a Notre Sauveur de fes miféricordes envers elle. Jenbsp;vous dis tout ceci pour manimer avec vous dansnbsp;la penfée de nécouter point tout ce quon pourranbsp;dire pour nous intimider a la more, 6c pour nousnbsp;eftimer heureufes li Dieu nous fait la grace de mou-nr comme Jefus-Chrifl dans le mépris, dans Ia-bandon des créatures, 6c dans la fidélité k nenbsp;vouloir point defeendre de la Croix, ou il anbsp;permis que nous ayons été attachées, quoique lesnbsp;hommes nous puiHént dire pour nous le perfuader. Jai vu votre 4.t« Lettre pour demauder les Sacrements pour les malades,6c je laitrouvéetrèsnbsp;bien. II ne faut pas sépouvanter fi facilement; 6c tn vérité nous devons beaucoup plus craindre la foibleffe que la trop grande force, quoiquilfoienbsp;vrai que la force doit toujours être accompagnéenbsp;dune grande humilité ; auffi-bien que Ihumilitenbsp;le doit être de force amp; de courage pour ne pasnbsp;degénérer en pufillanimité. Je penfe bien, manbsp;chére Soeur, que nous naurions pas grandepeincnbsp;a nous accorder enfemble , paree que je vousnbsp;avouë que je nappréheride rien rant que lafïoiblif-fement öc ies traités daccommodemenc, dontjainbsp;vu détranges éxpériences. II eft certain que pournbsp;peu que lon biaife, cela va plus loin que 1on nenbsp;penfe..... Slaves-vous, ma Soeur,une étrange vüainie de ma Sceur Doroth/e.^ qui a requ 8 livres de fix lanternes que notre Mere lui a demandé ? Cela menbsp;couvre de confufion. XL. piece.quot;Lettre de la Mere Frieure d ... ¦ Religieufi. d Port-Royal de Paris. Ce 23 Avril i66f. Je vous remercie de mavoir mandé fi éxaéte-jmjj ment tout ce qui seft paffe a la reception de lafajet.nbsp;chére défunte. jaurois eu une confolation incro-yable de fa mort, fi elle navoit point fait lemau-vais pas quelle a fait auparavant, que Dieu a permis fans doute pour nous fortifier routes, afin denbsp;ne rien faire du tour. Car certainement ma Seeurnbsp;Franfoife Claire {Soulain) étoit une bonne fiile,nbsp;qui étoit folidement a Dieu, quoiquelle ne füj^nbsp;pas éxempte des défauts dont perfonne neft |
Rflatio» de la Terfécuthn des Religienjcs de Fort Royal^ ï(yS4,-l66^. nbsp;nbsp;nbsp;2^
Relation la penfée quelle avoir Ie coeur forc droic. Ce qui Cetcê pemes me fait trembler pour ces pauvresfi!-Relation
de la Mere lui eft arrivé a la mort nous doit apprendre a ope^- les amp; pour moi nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
du
Fargis
II.
Partic.
les óc pour moi-meme^
Notre Seigneur que cc Nous navons encore vu ni D
e, amp; je vous fupplie de prier ds Ia Mere ec malheur ne marrive Das. du Pargis.
11.
rer noire falut avec craiiite amp; tremblem-ent juf-quau dernier foupir, puifque nous fommes envi-ronnées de piéges de tour cóté, II femble que C'ieulaic voulu humilier, amp; nous avec elle,en nenbsp;lui donnant pas la gloire dune perfévétance en-tiére, pour nous apprendre combien ce don eftnbsp;rare, amp; quil ne fe donne qua ceux qui fe dif-pofent a lobtenir par Thumilité, par les pricresnbsp;continuelles, amp; par une confiancc entiére en lanbsp;miféricorde de Dieu. Je ne crois pourcantpasquenbsp;la faute que peut avoir fait cette bonne Sceur luinbsp;nuil'e beaucoup devant Dieu, qui éxcufera fans
doute la furprife quon lui a fait^ mais cela pour- ....................^ nbsp;nbsp;nbsp;^
ra bien augmenter fon Purgatoire, que létat de dire quil ny a riendeplus dur que la maniére modement* loufrrance oü elle a été auroit fans doute abrégé. quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/-------
arrive pas. oyen-Kural,ni Ap-pariteur, pour nous fignifier Ie iVlandement.Priésnbsp;Dieu qu'il nous dilpofe a cetce première recep-
uon.
X L 1. PIECE.
Ce 23 /dai i66^.t /gt;'¦¦¦
Je fuis bien fachée, ma trés chére Soeur, de navoir pas Ie temps de vous eiitretenir aujourd-hui comme je Ie fouhaiterois. En attendant que jenbsp;Ie puiffejje me contenteraide vous remerciertrésnbsp;humblement de la bonté que vous avés eu de menbsp;mander les particularités de la derniére Vifite quenbsp;lon vous a renduë. life faucattendre que Ie combat fera rude pendant ces trois mois. Jeprie Dieunbsp;quil nous faflë dire en vérité ces trois mots: I»nbsp;jbeo factemus viriufem. II faut que ce foit lui quinbsp;combatte en nous, amp; qui nous falfe remporter lanbsp;vidtoire, puilque sil nous laiflè a nous-mêmes,nbsp;nous ferons toujours vaincuës. Nadmirés-vousnbsp;point la rencontre de TEpitre Sc de lEvangile dunbsp;jour de la Publication du Mandement? lUemblenbsp;que M. de Paris 1ai: cherché a deflein, afin denbsp;nous faire trouver dans la Meffe de ce jour lere-méde au mal quil nous vouloic faire, je vousa-vouë, ma chére Soeur, que je fuis furprife Sc affli-gée de lendurcillemenc Sc delaveuglementdenos
Partie.
X L I I. PIECE.
Lettre de la More Frieure.
Ce 24. Avril 166^.
quot;Vousavés bien raifon, ma Chére Sceur, detes Aao»a
. nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' j ' a, ?.j,, nc ietvent
dont M. de Parts nous a repondu; Sc j ai tou-jours dit après avoir vu cela, que les propohtiovitblii. dAccommpdement dont on nous a voulu parler,nbsp;néroienc que des fourberies Sc des inventions denbsp;perfonnesiintéreflées;Sc que dans !c fond nous nenbsp;nousdevons attendre qua être pouftees a bout denbsp;la part des hommes: mais jaime mieux quilsnousnbsp;traitent .avec cette durecc, que non pas avec uncnbsp;fauffe douceur , qui neft capable que de nousnbsp;tromper. Flus fericuli efi in hojie infidiante , ga/tw»
in hojiernanifejio. Je vous ai mandé mes fentiments
fur les Accommodementspropofes: jevousavouc que plus jy penfe amp; plus jen ai£horreur. Je nenbsp;puls craindre, ma chere Sceur, l exces de la for-ce pourvu cju^ellc foit accompflgnée d humilicc'nbsp;amp;^certainement nous ne fgaunons tenir trop fer-me a. ne confentir a aucun Accommodement, quinbsp;ne fervlra jamais qua nousjeccer dans lanoibhQe-menc.
XL III. piece.
Relation de la nipte d'un ewvoyé de M. VAr~ chevê^ue, avec fon Mandentent.
gee de i endurcilietnent Sc de 1 aveugiement de nos Le Mercredi 27 Mai il vint ici fur les a. heures bmurs qui^ont figne une feconde fois, Sc qui ont du foir ua Humel. aui demand, f ' if'tSf!
gne une leconae rois, oc quiont du foir im ta -rr '---- 1 nbsp;nbsp;nbsp;-r
perdu par la une occafion fi avancageufe, que Dieu j-e Prieure nbsp;nbsp;nbsp;dema^nda a parler a la Me
leur preienroie pour réparcr leur première faute. -mrAf . n 1 nbsp;nbsp;nbsp;M JArchevêque. Je fus
ntipU-c nigt; cenrlTir-iPafloir. D^tand il y fot arrivé il me
demanda li jétois la Mere Abbek
Jai bien peur qüeUes ne sendurciffent de plus en plus; mais fgavés-vous bien que ma Soeur Plavienbsp;Sc ma Soeur Dorotbee avoienttémoignétantdap-préhenfion de cette feconde fignature a quelques-uns de nos amis, quil y en avoit qui Ié perfia-doient quelles refuferoient au moins pour la première attaque.^ Mais ces pauvres files font vendues a 1iniquité, amp; jai bien peur que la vériténbsp;quelles abandonuenc ne les. ab.andigt;'.inc auffi, Scnbsp;ne les lail'le dansles tenébres, quclles ne recon-noiironc que dans Tautre monde. Prions Dieu, manbsp;tres ebere So:ur, quelles ne foient pas du nom-bre de ceux qui difont dans Teternité: Erravimusnbsp;* via vmlamp;iis ^ fotjupitta noiiilluxit mhis.
_____ Jeluidisque
non, que je nétois que Prieure. II me dit .'mais au moins vous êtes la Supérieure de cette Mai- fon? Je lui dis quoui. H me ditgt; Obien,nbsp; ceft que M.rArchevêque,quejaivu cemaünnbsp; comme je partois de Paris pour venir a Chd- teavfort^ m a donne charge de vous venir voirnbsp; de la part, amp; de vous dire quil vous baifelesnbsp;,, mains, quil vous viendra voir dans peu de jours nbsp;Jc lui dis quil nous feroic beaucoup dhonneur» IInbsp;répondit; Mais en attendant il ma charcté'denbsp; vous apporter fon Ordonnance,amp; il défire quenbsp;vous confidériés ce quelle contieni amp; cequel- le demande de vous. Je lui dis que rrous nenbsp;D 3;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;man!
'Relation de la Terfécution des'Reli^ieufes de Port-Royal, i66^-i66y
30
Relation manquerions pas de la confidérer. II me deman dein Mere (ja tnon nom. Je lui dis que je me nomtnois Sr.nbsp;dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A^arie de Sainte Aladeleine. II répliqua. , Maïs
n nbsp;nbsp;nbsp;j, nu rnoinsvcus étes lAbbefle de cecce Mailon?
rartic. nbsp;nbsp;nbsp;dit,iVIr. que je ne
j, ibis point Abbeffe, que je nc fuis que Prieure. ,, 1VI ais toujours ceft. vous qui ctes la Supérieure ? nbsp; Je lui dis encore qu'oui. II me répccaque Mgr.nbsp;nous ordonnoit de confidérer fon Ordonnar.eenbsp;en attendant quil nous fit lhonneur de nousnbsp;voirjamp; que nous euffions a bien voir ce quil de-mandoit de nous, pour y facisfaire. Jeluidisen-core que nous ne manquerions pas de confidérernbsp;fon Ordonnance;amp; il fe retira. Ce pauvrehoin-me paroilToit fort interdit; amp; fi embarafle, quinbsp;ne fqavoit pas erop bien cc quil vouloit dire. 11nbsp;seft même contredit cn me difant quil venoit anbsp;Chateaufort, au lieu quil dit a Maitre Hilairenbsp;quil alloic a Jouy.
X L I V. P I E C E.
Cepie de la fignification mije au bas du Mandement.
Lan 1665, Ie Mercredi 27 du mois de Mailc Mandement ci-defliis a été par moi Huiffier Ap-pariteur des Cours Eccléfiaftiques a Parisfouffi-gné,montré,fignifié,amp; dument fait; a fqavoir,anbsp;la Révérende Dame Abbeffe , Religieufes ; amp;nbsp;Couventde 1Abbayede Port-Royal des Champs,nbsp;a ce que les dites Dame Abbefle, Religieufes amp;nbsp;Couvent nen prétendent caufe d ignorance, oCnbsp;aient a fatisfaire au contenu du dit Mandementnbsp;fousles pcines y portées; fait amp; baille' copie lesfus-dirs jouramp; an que delfos 3 en préfcncedes icmoinsnbsp;nommés en mon original.
J. NICOLAS.
X L V. PIECE.
Lettre de M. VArchevêque a la Mere Prieure.
A Paris ce 7 Juin 16^5.
MA CHERE SOEUR,
Ne pouvant vous aller voir moi-même, com-me javois Rc'folu , jai prié M. Chamillard de prendre cette peine, afin de vous rendre amp; Jl routes les Religieufes de votre Maifon tous les fervices qu'il pourra dans loccafion préfentej êc denbsp;voir en quelle dispolition vous êtes touchant la fi-Spatutc que je vous demande. Je vous prie quilnbsp;*¦ même liberté que jaurois moi-même i den-jgg'g!i^quot;^5baqueReligieufe en parriculier,af!nquel-fentiment^'^ davantage de lui découvrir leursnbsp; je prie Dieu, Ma CbéreSoeur, que
vous Ibycs la première a donnei-réxemple 3 celles Relation qui lont fous votre conduite; amp; que je fois affe2.dela Merenbsp;heureux pour m'en pouvoir un jour réjouir avecdu Fargis.nbsp;vous, 6c vous faire connoicre que je fuis vérita-blement amp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lartie,
HARDOUIN, Archevèij^ue de Paris.
M. Chamillard fut lui-même porteur de cette Lettre. II panit pour cela de Paris Ie Lendemainnbsp;de la datte, Ie Lundi 8 Juin a 8 heures du matin ;
amp; arriva a Port-Royal a 4 heures après midi. II demanda auffitóc la vt. Prieure.^ qui fut Ie trou-ver incontinent au Parloir, oü elle lui paria lanbsp;Grille fermce. II lui déclara 1ordre quil avoir de lanbsp;part déM. 1Archevêque,de voir routes ies Sceursnbsp;en particulier; ce quelle refu/a,quoique la Lettre de M. de Parts fut éxprefle pour cela,difantnbsp;quelie ne Ie pouvoit reconnoitre pour Supérieurnbsp;après quil sétoit intrus dansla Maifon contrel'or-dre des Confittutions ^ quil sétoit déclaré notrenbsp;partie, amp; quil avoit traite les Socurs de Partsnbsp;comme un ennemi déclaré. M. Chamillard sof-fenfa fort de ce refus; lui dit que sil eut été feu-lement une heure plutót, il feroit rctourné for fesnbsp;pas pour faire fes plaintes a M. de Fans; amp; lanbsp;menaga que tout retomberoit for elle. La Merenbsp;demeura toujours ferme, 6c répondit a cela quellenbsp;ne craignoit rien en faifant fon devoir; 6c quoi-quil put arriver elle efpéroic que Dieu lui feroitnbsp;la grace de Ie fupportcr avec joie. Ainfi la chofenbsp;en demeura 1^. hil. Chamillard sen retourna Ie lendemain (Mardi 9 Juin) fans avoir vu pas une desnbsp;Religieufes; 6c la Mere Prieure écrivic a M. dcnbsp;Parts les raifons quelle avoit eu de Ie refufer.
Lettre touchant Ie voyage de M. Chamillard d Port-Rojal des Champs.
8 Juin 166^.
Lundi 8 Juin on apprit a Paris k 9 heures que M. Chamillard devoit aller a Port Royal desnbsp;Champs. On penfa auffitót a y envoy er quel-quun pour en donner avis; on ne trouva pointnbsp;tous ceux quon chereba pour cela; amp; enfin onnbsp;chargea M. de Montfrin * d'y aller. 11 panitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
une heure 6c demie après midi, après avoir fgu nbsp;nbsp;nbsp;'
que M. Chamillard ctoit parti dès lo heures du matin en Caroffe, M. de Montfrin fit quelquenbsp;diligence, autantque fon Cheval Ie put; il fedé-tourna un peu du chemin,mais pas confidérable-ment. II ne put attraper Ie Caroffe, 6c narrivanbsp;aux Granges que demie-heure après que M. chamillard fut a lAbbaye. II y eut encore ^nbsp;demie-heure perduë. Enfin on trouvanbsp;leSy quil pria de porter fes dépêches a la
nelat'ion nbsp;nbsp;nbsp;Terfécution des Heligieufes de Porf-Hoyal, 1664.-166^.
Relation nbsp;nbsp;nbsp;malgré toutes ks ferrures
lie la Mere de Montfrin Ia lettre que cc Do^teur avoic ap- Gardes , furent informées de toute rHiftoire nbsp;nbsp;nbsp;delaMerC
11.
Fartie.
du Kargis. portee de Ia pare de M. l'Archevêque, pour voir nbsp;nbsp;nbsp;, FaruiSi.
routes les Soeurs en particulier. Rik éroic en pei- nbsp;nbsp;nbsp;XL VIII. PIECRnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;**
Fartie. ne fi cela ne changeroit point les chof- s de face, nbsp;nbsp;nbsp;^
M. de Montfrin Je crut ainfi, aufli-bien que M. Ie Br«w amp; M. Charles^ amp; Ienbsp;manda a la Mere. On dcpêcha Maïtre Hilairenbsp;a 7 heures du foir. II atriva 3 Paris a neuf. Onnbsp;fit une réponfa pour la Mere a M. de Paris. Onnbsp;en manda la nouvelle a nos Soeurs de Paris, quinbsp;ont appris a une heure «prés minuic larrivée denbsp;M. ChamiUard a Pon-Royal des Champs, ce quenbsp;la Mere lui avoit dit 5 amp; la réponfe de Ia Mere anbsp;M. de Paris. Maitre Hilaire sen retourna, amp;nbsp;fut a 5 heures du matin aux Champs. Touces cesnbsp;circonftances font trés remarquables.
On nappric ce voyage de M. ChamiUard que par Ic pourvoyeur, qui en avertit auffitót. On char-gea facharette du valetdeM.C6a«!i//lt;arlt;^, quoiquilnbsp;y eut place dans Ie Caroflc, amp; que cefoit un valet anbsp;aller en Caroffè, car ileft retourné dedans a Paris ^ Jenbsp;Pourvoyeur sen trouva embaraflë, mals pour sennbsp;défaire il lui dit fur Ie haut de la butce quil def-cendic amp; attendic Ie Caroflè, paree quil y avoitnbsp;un pas fort dangereux. Le Valec Ie fit, amp; ainlinbsp;la charette arriva un peu devant le Caroffe, amp;nbsp;on eut le loifir de fe reconnoitre un peu; appa-remment ce Valet nétoit pas fans myllére fur lanbsp;charette.
X L V I I. PIECE.
touchant le voyage de M. ChamiUard^ «t Fert-Royal des Champs,
U^'chliSllafd'^ il faüoit jierfiiler arefufer Rclatim de M.Canu {Chapelain de Tort--RoyaI
Comme il y avoit déja quelque temps que je diflFérois de faire un voyage aux Troux Lundinbsp;(8 de Ce muis) s'étant préfenté occahon dynbsp;pouvoir aller, amp; y cclébrer la MeQé, m étancnbsp;revenu en penfée que nous ctions encore dartsnbsp;rOdtave des Saints Martyrs de Lye»,donc jenbsp;fgavois qu'il y avoic des Reliques dans le Grandnbsp;Alltel, je crus quil ne falloit pas davantage u-fer de délai, amp; que Dieu le vouloit bien ainfi.nbsp;J'y allai done dans cette confiance, mais chargé un peu plus dhabits quil nétoit a proposnbsp;pqur la faifon, la chakur ayant été aflez, confi-dérable ce jour la ; ce que jai cru ne devoirnbsp;pas taire, puisque cela doit fervir pour 1ouver-turc de eet entrecien, lequel je ne délire encre-prendre quen vuë de Dieu, amp; pour correfpon-dre au xèle de quelques perfonnes qui ont beau-coup damour pour lui, amp; qui ont detnandénbsp;cela de moi.
M. Lancelot d M. le Bru». Sur le mime fujet.
Lettre
II eft vrai quil fcmble que ce Ibic un coup de Dieu, iSc quil fe trouvera peut-être peu d'cxem-ples dans lHiftoire 011 les pluspuilTantsRoisaientnbsp;etc fervis, je ne dirai pas avec autant dafFedionnbsp;öc de fidclité (car cela eft impolTible) mais je disnbsp;avec autant de promptitude öc de diligence quenbsp;les Religieufes de Port-Royal Tont été dans cettenbsp;occalion. Car eet homme , (M. Lhamillard)nbsp;adroit au dernier point,cacha fi bien ion deöèin,nbsp;quon nen fgut rien que quand il fut pret a partir,nbsp;Cependant Dieu permit que nous eüme; le temps denbsp;détourner une autre partie qui étoit faire pour al-
-- nbsp;nbsp;nbsp;----' nbsp;nbsp;nbsp;A y» _ !nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Vous fqaurés done quayant appris è mqn retour a la porte de 1Abbaye que _M. ChamiUard y étoit arrivé j amp; metanc avancé^pour monternbsp;ü la chambre oü je me retire, jappercus quenbsp;les volets de la chambre denbas que 1 on avoitnbsp;donnée a M. ChamiUard écoient prefque tout anbsp;fait fermés; amp; quainfi je pqurrois palier fansnbsp;quil me vit en létat oii jécois. Neantnoins jenbsp;ne commengai pas plutot a monter i efcaliernbsp;qui conduit aux chambres, quouvrant Ia portenbsp;de la fienne il demanda dun ton inédiocremenCnbsp;haut, qui moncoic la? ce qui mayant obligé denbsp;revenir fur mes pas, auffitAt quil cneut apperqu ilnbsp;me fit éxcufe, en me témoignant quil ne fgavoitnbsp;pas OU étoient fes gens, amp; qu il en étoit en peine.nbsp;Enfin je lui fis la révérence au bas de lefcalier, en luinbsp;donnant a connoitre que M. lArchevêque fqa-voic que jétois ici pour dire la MelTc des Reli-gieufes; 6c tnayant demandé fi je nétois pasnbsp;Ier R ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;furpris. Mais pour en faire M. Canu, amp; le lui ayant affuré, il me répondic
voic écrire,, amp; les pnfonniéres au milieu de la jamais voulu my engager. lï
me demanda fi, cécoit-
donnet avis cétoit bien ia pitié; tout nous man- quillefqavoit bienaufli. Ilmedemandafi jécois feul Quoif nous ne uouvions point dhommes, ni de Prêtre dans la Maifon; de quoi je 1affurai,ayantnbsp;chevaux nous fumes 4 heures dhorloge a cher- dailleurs une certitude morale que celui qui avoitnbsp;cher une ma2.ette;amp; comme jétois pret de partir, dit la Meflê de Tierce ce jour-R amp; les joursnbsp;M. de Afö»f/n»sofFricdy aller, amp; fit bien mieux précédents,navoit rien oublié en cette renconnbsp;que moi; 6c je demeurai id pout avoir quelque ere pour chercher fes furetés. Sur ce que ie luinbsp;foindu refte. Enfin en moins de 10 heures la dis que je ne confeffois point, il me témoienanbsp;Mere Prieure fut avertie de tout ce qui sétoic quon lui avoic dit léloignement que javois énbsp;naffé. Ellercqutle modéle de Lettre quelle de- entendre les Confeffions; amp; comme je navoiS
-ocr page 32-'Rdatim
Relation cetoit a caufe que j avois
dela Mereje [u[ répondis que non j amp; quau refte j'avois du Bargis.^j.^ autrefois dans cetemploi^ nrais quiiy avoirnbsp;fort long-tetnps que de préfent je navois plusnbsp;de penfëe pour cela: amp; men ayanc deraandé rai-fon, fans que je lui fiflë de réponle, aufficót ilnbsp;savanqa pour aller au Jardin jinais 1ayant prié denbsp;me permettre auparavant de changer dhabic, amp;:nbsp;que jeferois auffitót a lui, il rentra dans la Chatn-bre,oü layanc été trouver a moins dedemiquarc-dheure, il me dit un peu froidement ce me ictii-ble, en fortant dun Cabinet, que je ne devoisnbsp;pas me contraindre; ce qui mobligea de lui de-mander éxcufe de la liberté que j avois prife,dansnbsp;la croyance quil ne Ie trouveroit pas mSuvaisjnbsp;ayant pu remarquer quil y avoit néceffité.
II me paria ce me femble dabord du repos amp; de la tranquillité de ce lieu, amp; combien il étoitnbsp;commode pour létude amp; pour écrire. Sur quoinbsp;je crus ne lui devoir point faire dautre réponfe,nbsp;finon quil avoit pour Ic moins eet avantage, quenbsp;lon ny étoit point interrompu par Ie bruit desnbsp;Carolïes. II me demanda auffitót fi cétoic la tousnbsp;les Batiments; amp; lui ayant dit quoui, il me ré-pliqua: Ou logeoient done tous ces Meffieurs ? Jenbsp;lui répondis que je ne fqavois pas quil y eut eunbsp;ici jamais grand monde. II me demanda oü lo-geoit M. Ie Makrt. Je lui dis quil avoit logéauxnbsp;Granges j oü il voulut fqavoir s'il y avoit plus denbsp;logis quici; je lui dis que je ne Ie croyois pas;amp;nbsp;quaurefte cétoit de préfent une Maifon inhabi-
tée,6c quil auroit pu en venant,voir ce quec_en étoit sil avoit mis la tête a la portiere de fonnbsp;Carofle.
IL Parrie,
Partie.
lEtang, qui lui fembla affez beau pour ce quil contient, i! mentretint dune dépenfe quil a feite a un qui efl; a fen Abbaye, amp; dun autrenbsp;trés conlïdérable qui avoit été aliéné par lufur-pation dun Seigneur voifin; fur quoi je lui disnbsp;que cette maniére de sapproprier ainii Ie biennbsp;dautrui avoit été ie fujec de beaucoup de procés aux Religieux réformés de Sc. Sexoh. Jenbsp;lui demandai sil sétoic repréiènté Port-Royalnbsp;comme un déferc amp; une Solitude auffi affreufenbsp;quelle paroit. II me dit quoui, amp; que ^
Après cela nous allames au Jardin, oü i! me dlAndifly amp; dautres lui en avoient parlé a neu
Cl1 t OPO fl nbsp;nbsp;nbsp;1A !nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___ /Y* nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
demanda en voyant les Espaliers, fi cétoient la les beaux arbres de M. ÓLAndilly^ amp; dont il lavoicnbsp;autrefois entretenu. Je lui dis quoui, mais que lanbsp;plus grande partie étoit dans Ie Jardin des Soeurs.nbsp;11 me demanda enfuite a quelle heure fe faifoicnbsp;l'adoration. Jelui dis que ce feroit incontinent,amp;nbsp;que lon fonneroit Ia Cloche a la demie. II menbsp;demanda fi jétois feul de Prêtre, amp; fi ce nétoitnbsp;pas moi qui la faifoit. Je lui dis quoui. Etmayantnbsp;encore enquis de ia même chofe, je crusquafin de nenbsp;me point engager a rien, je me devois contenternbsp;de répondre précifément a fes demandes. II voulut fqavoir fi on faifoit la leéture, amp; combiennbsp;elle duroit. Je lui dis ce qui en étoit j amp; puisnbsp;je men allai au fon de la Cloche, en lui faifantnbsp;la révérence a la porte de fa chambre. II fut fortnbsp;peu de temps fans venir a lEglife, oü il fe mienbsp;a genoux au haut des dégrés du baluftre devantnbsp;1Autel, amp; moi jereftaivers la Grille après la lec-6c pendant Complies jufquau Salve Regina-^nbsp;, puis, ainfi que jai accoutumé de fairenbsp;Apr'^*' ladoration.
,Jons nbsp;nbsp;nbsp;lorfque je men retournois
foi^de la nbsp;nbsp;nbsp;M. du Val, quifor-
toic de la chambre de M. ChamilUrd , mayant
de la Ferfécution des Religkufes de Port-Royat^
ois été feit Prêtre tagt;d. deniandé fi je voulois 1aller entretenir ,amp; layant Relation trouvé quil foupoit, je iui dis que je ne fqavois de la Merenbsp;pagt; ü je ne prenois point trop de liberté, amp; fi je du Fargis.nbsp;ne lui lérois point importun pendant fon foupernbsp;Et sétant levé de table, il me témoigna qu aunbsp;contraire je lui faifois plaifir, amp; qu'il sen tenoitnbsp;honnoré ; amp; que fi ce navoit été la penlée quilnbsp;avoit euë que peut-êcre je ne foupois pas, il auroit fait connoitre que ce lui auroit été une fatis-fadion que jeulfe foupé avec lui: Et nous étancnbsp;affis, il commenqa a parler de lEglife, nous en-trecenant de ceux qui 1avoient faite batir, 6t quinbsp;avoient fondé lAbbaye; amp; enfuite nous parla-mes des autres Batiments êc réparations néceflai-res, 6c de ce qui étoit arrivé a lérang 6c desnbsp;murs qui cn font proche , par Ie débordementnbsp;des eaux.
Après fon fouper je lui fis voir lEtang par la chemin qui conduit a Chantgarnier. Au fortirnbsp;de la porte, il me demanda oü étoit ia Maifonnbsp;des Granges ^ mais comme on ne ia peut pas dé-coüvrir de la, je lui en montrai feulement laVi-gne, amp; une partie des murailles. .Etant arrivés a
Il me demanda fi M. Giroufi étoit Prêtre, amp; dans les ordres Sacrés. Je lui dis que non, aprèsnbsp;ce que jen avois appris de lui-même-amp; que jenenbsp;Iavois jamais vu quen Surplis^que pour ce quinbsp;étoit de toucher au Calice, il pouvqit avoir eunbsp;permiffion- amp; comme il mavoit déja demandénbsp;fi nous néiions que nous deux , je demeurainbsp;daccord avec lui que pour avoir deux Mefles ilnbsp;falloit faire venir des Prêtres de dehors. Il me demanda sil y avoit des Paroiffes proche dici. Jenbsp;lui dis que cela étoit fansdifficulté; je lui nommainbsp;entrautres Magny^ St. Lambert^ Chevreuje^ 6cnbsp;s'étant enquis de celle des Troux, je lui dis quenbsp;celle la étoit plus éloignée. Il me demanda finbsp;elle dépendoit de 1Abbaye, je lui dis que non,nbsp;amp; quelle dépendoit dun Seigneur Lai'que: amp;nbsp;comme il répliqua pour fgavoir fi ce nétoit pasnbsp;je ce qui avoit été donné pour une fondation, jsnbsp;lui dis que een étoit une, qui sappclloic Montl-ny, amp; qui étoit tout proche: n'ayant pas pourlorsnbsp;fait Réflexion quil prenoit la ferine de Trouxnbsp;la Paroiffe des Troux.
Relation de la Rerfécution des Religieufis de Vort-Royal^ i^lt;s4.-i66'K Ilelacion Enfin comme on lui avoir parlé avcc eftime du Er pour achever eer entretien^quot; 't arnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ¦ de laMereDortoir des Religieufes, nous nous arrêtames Ie Icndemain pour aller dire la nbsp;nbsp;nbsp;^'-^^duRelation du Fargis. quelque temps a Ie confidérer. II me fouvient japperqusa la defcente des déo-sAa n nbsp;nbsp;nbsp;Mere quot; nbsp;nbsp;nbsp;' i'il me paria pour une feconde fois du bonheur Chamillard, que ie fcavois avo;t\r- r-----------------: nbsp;nbsp;nbsp;1.,;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la MefTa de II. Partk. II. Partie. ____ nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, J- -3 ---- VitL la. IViellS de qu li nbsp;nbsp;nbsp;'T' irr.gt;mraTnp'quot;far'quot;ouorie lui Primes, lequel fortoic de 1EgIife la tête nuë 6c cjes Monailere^de ^a . ^ P nbsp;nbsp;nbsp;, /I------o fans fe couvrir; amp; après ayant yu que M. du Val amp; quelques autres fe tenoient décoüverts pour fon fujet amp; a fa confidération, ce qui mobligea Ie voyant particuüérementvemr vers moi d oterauSinbsp;mon chapeau, étant encore affeT, éloigné de lui;nbsp;amp; nous étant joints au chemin qui conduit a lanbsp;porte il me dit dune maniére affex affable. Etnbsp; bien, Monfieur, vous allés dire la Meffe?Ecnbsp;après ce que je lui en eus tttnoigne, il me dit. temoignai qu y gon . nbsp;nbsp;nbsp;, gieufes de Port-Royal avoient eet avantage par deffus la plus grande partie des autres, quellesnbsp;étoient peu Vibtés, puisquelles ne recevoient denbsp;Vhfites pour lordinaire que de leurs plus proches parents^ amp; pour réponfe il me fit comme con- __________t-- _______ i- v'- noitre quelles nen recevoient que trop. II me ayant fait une fimple révérence, je Ie quittai dans fouvient aufli de lui avoir dit, ce me femblc en la penfée quilsen retourneroit a fa Chambre; amp; ________________ 1111 uc eet acciüent tau que je ne puis penfer a nen pointdónner. Et ayant pris congé de lui, Monfieur nbsp;nbsp;nbsp;quavec compaffion, confi- amp; lui avoir fouhaité Ie bon foir, fans avoir rien dérant avec combien de railbn on lui peut attri-appris du deffein de fon voyage, il fe retira dans buer dans Iemnl nbsp;nbsp;nbsp;-------- u . j jï -w*w** irtuulj uij iui peut aturK buer dans 1 emploi ou lengagement pitoyable ofinbsp;il eft ces paroles de 1Ecriture: Columha feduSla. leu'r amp; un regret fenlible de navoir pu agir amp; fouvenir de lui devant S ie nrie converfer avec lui que comme avec une perfonne coeur N. S. J. C. quil chanVe nar nnnbsp;fufpeéle, amp; dont la venue pouvoit nêtre pas pa- grace vidorieufe iattach» quot;fique- car encore quil me parut une colombe, pour les plaies de lEglife un / nbsp;nbsp;nbsp;® neanmoins ne Ie voyant pas chargé du rameau fincére pour les fiennes m» ffr nCls-ry rtiio Iaoiii rvtA 0« nbsp;nbsp;nbsp;C. Cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt; V IcrVari^ POUT CP* fii« 'aflurément il nétoit pas peu confi-dérabie, puifque réloignement du grand monde, 6c Ie peu de Vifites contribuoit beaucoup pournbsp;quot; conierver dans fa pureté lefprit de la Reli-Je lui dis enfuite quau moins les Reli- deux diverfes rencontres 6c a deffein quil y fit quelque Reflexion, que Ie Monaftére dici étoitnbsp;la première Maifon , la fource 6c lorigine de celui de Paris: mais fans découvrir 6c declarernbsp;plus clairement cc que jen penfois , confidérantnbsp;la maniére avec laquelle nous traicions récipro-quemenc enfemble , 6c qui ne me donnoic pasnbsp;fujet de croire que je duffe être engagé a éten-dre par écric ce petit témoignage de mon affection. II me detnanda encore fi étant un affex petit nombre, il pouvoit y en avoir toujours quel-quune devant Ie Saint Sacrement. Je lui disnbsp;quoutre les Religieufes du Choeur, il y avoitnbsp;plufieurs Soeurs Converfes qui albient auffi a 1af-fiftance; amp; quau refte elles étoient affezéxaéies,nbsp;amp; ne manquoient ni de foin ni dafteétion pournbsp;sacq jiter de ce devoir. Il me demanda auffi finbsp;elles fe levoient a deux heures pour Matines; cenbsp;que.je lui affurai. Enfin pour Conclufion il menbsp;demanda fi a la Mefle de Primes on chantoit anbsp;lEievation. Je lui dis que cela ne fe failoit quenbsp;lorfquelle étoit Couventuelle: 6c ayant voulunbsp;fgavoir a quelle heure elle fe Célébroit, 6c Ienbsp;lui ayant fait connoicre , jajoutai que celle denbsp;de Primes amp; celle de Tierces fe difoient a mêmenbsp;heure qua Paris, fans menquerir si! fouhaitoitnbsp;dire Tune des deux, 6c cela conformément a manbsp;difpofition, qui eft de recevoir des ordres 6c de r»r»ïnr /^rtn-npr T?r «stront nbsp;nbsp;nbsp; ^ J- i appris du deffein de fon voyageil fa chambre, avec remerciment amp; quelques témoignbsp;naeesde bienveillance, en me laiffant une dounbsp;i..r- a- yfi regret fenfible de navrar n a, dolive, je remarquois affix que Ie déluge qui menace dinonder toure lEglife, qui eft une terre fainte amp; benite, étoit beaucoup a craindre dunbsp;lieu doü il partoit. |
Priés-Dieu pour moi, je vous prie. Et lui comme je remarquai que cela nétoit pas, amp; ejue fes chevaux étoient au Carofle, lequel étoit encore fous la remife, je mavangai vers lui en luinbsp;dilant : Hé quoi! Monfieur, ceft done pournbsp;vous en aller vous ne tardés guéres ici. Etnbsp;étant proche de lui, je lui dis: Cerces, Mon-,) fleur, quand je vous ai parlé je ne fongeoisnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;duea-dieu, nayant point eu dautrc tourniés nbsp;nbsp;nbsp;Sue vous vous en re- 5, lOurnies z vorre Cha»gt;AU^ me difoit tien a tout cela nbsp;nbsp;nbsp;comme il nc étonné quand jappergusqu'üavofual!* ^ verte pour parler fans Ie pouvoir amp; oucheou-Lévres lui trembloient dune maniére^qui m prit,amp;dont je demeurai comme honteux. Etlorgnbsp;que cela fut ceflé, il me dit avec affez de liberté. , je fuis oblige de men retourner ; car je nè fuis* ,, pas fans affaires a Paris, (ou quelque chofenbsp;de femblable.) Et comme javois encore lefpricnbsp;occupé de ce que javois vu en lui faifant laréW-rence, je ne puis lui dire autre cholè finon;,, Mon- fieur, je fuis votre Serviteur: amp; de telle forte quen men retournanc ccla me faifoic encorenbsp;peine, dans la penfée que je nedevois pas lui parlernbsp;da vantage, métant revenu pour lors en mémoircnbsp;que javois appris Ie foir que lui amp; fes gens avoientnbsp;dit quil défiroit parcir a cinq heures du matin. Mais enfin ce nuage sétant diffipé, Ie fouve-nir de eet accident fait que je ne puis penlêr a f~'U... J VA» _______ ito iicnnes, me tervanc pour ce fujet6c en fa faveur des paroles de St. Bernard . Uri-namp;m iffi AëtuT ejfe columha lt;^UiS in j^oramhie ^e-tra amp; *» foramine lateris Cbrifli hahitet. Et comme ceft une vérité qui ne regoit point de contra- |
34 nbsp;nbsp;nbsp;, .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Ia Perfécution des Religieufes de Port-^oyal, 1664.-166^. Relation contradidïion, que ce que lon fait pour Dieu id, Mgr, fait voir la jufte répugnancequetoutes Relation de 1=1 Mere gfl. d autant plus méritoire amp; plus divin, quileft les Soeurs ont eu de lui parler. Nous efpérons de la Merenbsp;argis piyj cotntnun amp; plus general, je crois ne pou- de votre bonté, Mgr, que vous aurés égard a du f'argis.nbsp;voir pas mieux finir ce difcours dans Ie reflènti- des raifons fi équitables; amp; pour mon particulier H-rartie. lent quil lui plait me donner du mépris que lon je ne fuis pas fort touchée des grandes menaces Partie.nbsp;fait de fa vérité amp; des artifices amp; violences dont quil ma faites (que tout retomberoit fur moi.)nbsp;on fe fert pour 1opprimer en la perfonne de ceux Car graces a Dieu je ne crois pas devoir rien crain-qui laiment, comme auffi dans la connoiflance dre de ce qui me peut venir de la part des hommesnbsp;amp; laveu fincére de mes foibleffes amp; de fesmifé- en faifant mon devoir. Jai quelque fujet defpé-ricordes, que par cette priére de St. Bajjle dans rer un traitement plus favorable de votre bonté; Ie facrifice de la Meffe; amp; que jai lu aujourd-hui puifque vous étes notre véritable Pcre. Mais jef-en la le^on éeme Ju 18 Juin en 1office du St.5(ï- pére aufïï de la grace de Dieu que quoi quil puif-trementy amp; que jai autrefois écrite au derrière fe arriver, la méme vérité qui me fait préfente-dun Diurnal, pour êtretoute de charité 6c fans ment repréfenter ces chofes a. Votre Grandeur relérve amp; qui par conféquent ne peut être que me donnera la force de fouffrir avec patience tou-très agréable a Dieu 6c beaucoup falutaire aux tes les fuites qui pourroient naitre de cette affairenbsp;hommes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cependant je ferai toujours 6cc. 'Dona , Domine , virtutem ac tut amentum. Cette Lettre fut renduë a M. de Vans Ie me-,, Malos qua fumus honas facit o: bonos in boni- me-jour après fon diner. II dit en la recevant: tate conferva., omnia enim fotes., é- none/lqui Foici Ie commencement de la tragedie. Et celui contraduat tibi, cum enim velueris falvas^ amp; qui 1avoit portee, attendant toujours laréponfe, nullus refiflit voluntati tuo. ^ nbsp;nbsp;nbsp;il lui dit une heure après quil lappercut dansune Ce qui cranc indubitable, doü vient que: Sale: Mr. il n'y a pint de répnfe. Vremuerunt gentes , ^ ppuli meditati funt ,* mania. Domine', quid multiplicati Junt quf ^c. Domini efi [alus, fuper populmn tuumnbsp; benedióiio tua. L. PIECE.Réponfe de la M. Vrieure a Mgr. VArchevêque de Paris pour répondre d la Lettre que M.nbsp;Chamillard avoit apportée. Ct I Juin lépj. Ceft avec un éxtrême regret que nous navons pu fatisfaire è lordre qui nous a été apporré parnbsp;M. Chamillard de votre part. Si ce navoit été,nbsp;Monfeigneur, quune affaire de Communauté ,ilnbsp;ny a rien que je neuffe été ravie de faire pqurnbsp;vous rendre des marques fincéres de mon obéif-fance, quand méme il auroit été queftion déx-pofer ma vie pour votre fervice. Mais Ia qualiténbsp;de Supérieure que jai, quoiquindigne, mobli-geant a confer ver les droits de la Maifon que jainbsp;en dépot, il na pas été poffible, Mgr,dereconnoitre un homme intrus dans notre Maifon,con-tre lordre formel de nos Conftitutions, approuveesnbsp;par les Archevêques vos predecefïèurs, qui nousnbsp;donnent un plein droic de nommer nos Supérieurs.nbsp;Joint quouire cette raifbn qui lui feroic commune avec tout autre, M. Chamillard a cncóre celanbsp;dc particulier,que route la Communauté lapris anbsp;parde pour des raifons trés légitimes, paree quil anbsp;'^'1 Ja principale part a 1enlévement de nos Meres ^nbsp;quil les a trairées publiquement dhérétiques en di-verfes rencontres, 6c que Dous fommes pretes denbsp;juftice quil a agi contre nous commenbsp;ettu declare. Ce que je vous repréfente |
L. PIECE.'Lettre dc la Mere Vrieure fur Ie même fujet. Ce 25 Juin 166^. ^ Jai été bien-aife que lon vous ait mandé ce qui s étoic pafle dans la Vifice que nous avons regu.nbsp;Vous fqavés fans doute que lon sen eft allé fortnbsp;mécontent; mais je ne fqai fi vous fqavés que Ienbsp;fecret diniquité commence a fe découvrir par-mi nous. 11 court un bruit qui paroit fort vrai-femblable, qui dit que M. Chamillard neft venunbsp;que dans Ie deffein de diminuer notre Communauté pour groffir, non pas la votre, mais cellenbsp;des figneufes. Ma Stnur Marie de Ste Thérèfinbsp;[Collard) a témoigné a fon Pere qui 1étoitnbsp;venue voir un peu auparavant, quelle nétoitpasnbsp;libre icij amp; on a fqu de la propre bouchenbsp;de la Soeur de celle done je vous parle,nbsp;que Monfieur Chamillard retournoit dici, afinnbsp;de fe trouver è larrivée de Sa Fille. Ce quil ynbsp;a de plus réel en tout ceci, ceft que cette pau-vre Fille parut étrangement mécontente de ia ré-folution que nous primes de ne point parler a M,nbsp;Chamillard, amp; quelle fit tout ce quelle put pournbsp;me faire perfuader fous main que cela retombe-roic fur moi; amp; quand ellc vit que je ne mcnnbsp;effrayois pas, amp; que nous perfiftions dans la ré-folution de ne lui point parler , elle témoignanbsp;hautement fon mécontentement, amp; en pleura beaucoup , quoiquelle ait voulu depuis recouvrirnbsp;cela du prétexte de rappréhenfion quelle avogt;cnbsp;que ce refus ne me fit enlcver, mais fes aétioP® de-mentent fes paroles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, M. de. Var'ts me manda lautre jour pa 1 aure Hi*: |
Rslathn de la Férféutkn des 'Reltpsufès de Port-Royal, quil étoic étonné de ce que faiamp;nt de 1avois vu Ie matin, amp; il séroic retiré Relation Hilatrs, pour voir ce qui arnveroic. Sur les onze heuresde la Mere amp; detnie on nous vin: dire que M. Ie Grand Fi-du Fargis. caire étoit a la des Religieufei Si lopinion que vous avés que M. Chamillard cft votre ennemi vous a empêché de deférernbsp;4 lordre que je vous ai envoyé derniéremenc parnbsp;lui, je ne doute point que Ie même ordre que jenbsp;vous envoie maintenant par M. l^hbhéduPleJJis,nbsp;tnon Grand Vicaire, ne fok éxécuté pondtuelle-ment; amp; quainfi vous ne commenciés la première anbsp;lui parler en particulier fur les chofes que je 1ainbsp;chargé de vous demander ¦, amp; quenfuite vous nenbsp;lui faffiés parler routes vos Religieufes les unesnbsp;après les autres, afin quelles puklènt en liberténbsp;lui dire leurs fentiments. Ceft ceque je vous or-donnè éxpreflèment, ma Soeur, vous conjurantnbsp;de me donner lieu, en faifant ce que votre devoirnbsp;exige de vous route la premiere, de vous fairenbsp;connoitre que jenbsp;votre amp;c. fuis vérkablement, ma Sceur, nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;1 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; vions pas nous difpenfer dentendre ce ^ n avoit HARDOUIN , Archevé^ue 4 nous dire, chacunc en particulier. Comme ilnbsp;de Paris.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vit quon lui réfiftoit toujours, il me dit qu il me fommoit amp; minterpelloit par 1autorité de M. 1Ar-chevêque de lui faire parler a nos Sceurs. Je lui répondis que je ne pouvois pas les contraindte;nbsp;cela fir quil éleva Ia voix amp; leur dit a routesnbsp;quil les fommoit dobéir;amp; puisil voulut encorenbsp;faire la fommation a chacune en particulier. je I intwrompis, difant, quil falloic .jj T u- xA r nbsp;nbsp;nbsp;Tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^l®Pr^sjeluidiroisladerniér, Je vois bien, Monfieur, par votre Lettre d hier, tion de nos Sceurs. nbsp;nbsp;nbsp;termen que vous ne fgaviés pas quand vous prkes la peine La plupart étoiént oortées l4 ï rfécii.e tout ce qui fe palToi, iei. Jc ne fqai quaprès Ie dioet ceSf , ' fi VOUS ravcsappnsdepuis,mais je vouspuis dire perüfteroient dans leur ref,K 7 que jamais M.*** neft venu plus a propos. Je^fuppliois d excufer notre réfifta£eramp; de la Merefon córé tout ce quil pouvoit pour ne nous pom: du Paruis.faire de mal, il fembloit que je voululle 1 y obli-IIquot;' ger par ma maniére dagir, amp; furtout par ceder-Parti'e. nier refus; amp; que sil eut cru les avis des perfonnesnbsp;fort conftdérables , il ne tnauroit pas laiflee icinbsp;après cela, paree quon lui avoit dit que cette action lui faifoit bien voir que jc tenois nos Soeursnbsp;dans une grande captivité: amp; quil avoic aulEap-pris par les parents de quelques filles, quil y ennbsp;avoic ici qui euüent été bien-aifes davoir confeil.nbsp;II lui dit encore plufieurs aucres chofes, qui fe-roienc trop longues a vous dire. Il y avoic plu-Ceurs reproches, accomp.'lgés pourtant dafluran-ces quil ne me feroit point de mal ü je ne 1ynbsp;concraignois. II ajouta, quil nous viendroit voirnbsp;tout Ie plutóc quil pourroit, amp; Ie bruit courtnbsp;que ceft pour emmener cette pauvre fille. L L PIECE. Lettre de Monfeigneur VArchevèyue d la Mere Frieure. A Paris ce 30 Jut» idtJj. MA SOEUR,de Paris. LIL PIECE.'Lettre de la Mere Prieure. Ce Jeudi a Juillet 16^5,3 3 heures amp; demie du matin. |
3?aux Granges Relation porte. Je demandai sil amenoit H* : on me dit que non, quil étoit Paft!®* feulemenc accoropagné de Madame de Crevecaeurnbsp;amp; dune autre Dame dont on ne me dit point Ienbsp;nom. y^uffitóc quil fut arrivé il me demanda,6cnbsp;me préfenta une Lettre de M. de Paris, qui por-toit un ordre éxprès de Ie voir amp; de lui parler, amp;nbsp;faire parler routes nos Soeurs en particulier. Quandnbsp;jeus lu la Lettre je ne voulus mengager a rien. Je lui dis feulement que jentendrois ce quil auroit a me dire. II commenqa a me parler fur la Ggna-ture- amp; a me preffer Ibr Iindifferetue, done jenbsp;me défendis Ie mieux que je pus. Comme midinbsp;fonna je Ie fuppliai daller diner. II fe retira;nbsp;maïs comme Ie diner nétoic pas prêc,il revintpeunbsp;de temps après, amp; me pariaaflèzlong-temps. Cetnbsp;entretien mérite une Relation particuliére; la Con-clufion en fut que je lui dis nettement que je nenbsp;Ijgnerois point, amp; que je ne lui pouvois promet-trel indifference. 11 me dit de faire venir les Soeurs. Je lui répondis que je men allois les Aflémbler pour les avertir de fa venuë, amp; pour leur lire lanbsp;Lenre de Monfeigneur. II me pria de ne pointnbsp;tenirde Chapicre quilesobligeat a Ie refufer- quilnbsp;fouhaitoit quelles lui ouvriffent routes leur cceurnbsp;amp; leur intérieur. Je lui répondis que je ne les ennbsp;empêcherois pas. Jaffemblai nos Sceurs, amp; ellesnbsp;témoignérent routes navoir rien a lui dire,jufqujnbsp;ma Steur Marie Therèjè( Collard,) qui dit enpro-*nbsp;pres cermesquellenavoit rien a lui dire. Nous primes Re'folution delallertrouver en Corps , amp;delenbsp;prierde nous dire ceque Mgr. lui avoit donné Charge de nous dire: mais que pour lui parler en particulier , nous ne pouvions pas nous y rendre j paree quilnbsp;nétoic pas notre Supérieur j que nos Conflitutionrnbsp;nous donnant droic de choiGr nous-memes notrenbsp;Supérieur, nous nen pouvions reconnoitre dau-tre que M. 1Archevêque ,amp; celui que nousavionsnbsp;choiü. 11^ nous dit quil nagiflbit point en quality de Supérieur^ quil nous portoic lêulement lanbsp;parole de M. 1Archevcquc amp; que nous ne pou- allac e réfolu-vort |
Relation ds la Perfécutio» des Religieufes de Port-Royal, i66y.-i66^ II. Partie. judicicroic point a leurs droits. Il lécrivitdevanc je 1y avois envoyée éxprès. Je lui dis qu'elle moi, amp; je m'en contentai.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;étoic elFedtivemenc malade. H me luc cette Obé- Nos SoEurs y furenc lune après lautre chacune dience, dans laquelle je remarquai quon néx- Relation voit bien- juger quétanc des filles amp; ignorances de la Mere ^ous avions taifon de craindredepréjudicicr anosnbsp;du FargiSi jroits: que sil vouloic feulemenc nous donner 2nbsp;p ^. fois 24 heures de temps, nous tacherions decon-rartie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dodteurs qui ne luiferoienc pasfufpedls, comma M. Cheron Sc M. de Sainte Beuve. li me dit quil étoic preflé de rendre réponfe Ie tbir a M.nbsp;lArchevcque, mats que ii nous voulions il mec-troic fur fon Proces-Verbal que les Sceurs avoientnbsp;confenti a lécourer, a la charge que cela ne pré |
pour enlever une de nos Sceurs de la Maifon. Relation La Dame répondic que ce nétoit que pour la de la Merenbsp;méner dans la Maifon de Paris. Je lui dis que du l argisjnbsp;M. lArchevêque voulant óter routes celles qui nbsp;navoient pas iagné de cette Maifon, il nétoicnbsp;pas jufte dy envoyer ma Sceur Charlotte, quinbsp;ne vouloit pas figner. M. Ie Grand-Vicaire menbsp;demanda fi eile ne viendroic point entendre fonnbsp;Obedience. Je lui dis quelle fe crouvoit mal, amp;nbsp;quelle sétoic allee coucher. II me répondic que |
a la priérede Madame fa boeur, amp; quil la luifi- Grand-Vicaire, amp; je lui dis; Monlieur, cela gnifieroit en fa préfence. Quand elle fut fortie du ne parie point de ia Maifon de Paris.' II menbsp;Parloir elle me dit ce qui sétoit palfé. Jeluicon- dit: Jai lordre Verbal de M. de Paris. Jenbsp;feiilai de saller coucher, car eile avoir pris Mc- lui répondis que cela ne fuffifoit pas, amp; que jenbsp;decine, 6c je me chargeai de répondre pour elle. navois garde de donner pas une de nos Sceursnbsp;Madame fa boeur qui 1avoit déja vuëJaredeman- far un tel ordre, amp; entrc les mains dune tellenbsp;da deux pu trois fois, mais je la refulai. II vit perfonne. Il me dit quil sen déchargeoic furnbsp;enfuite ma Sceur Marie The'rèfe [Collard) epi ini moi,6c que jen répondrois a Monfeigneur. Jenbsp;elle feule auffi long-temps avec lui que feptdenos lui dis que je Ie ferois de bon coeur , amp; que jenbsp;Sceurs y avoient été routes enfemble. Elle lui me donnerois 1honneur de lui en écrire. La Dame vouiant témoigner lappréhenfion- cjuel-le avoit de voir fa Steur éxcommuniée amp; li-vrée au Diable, je lui répondis fort fee: Ma-,3 dame, on neft point livré au Diable malgré. Soi. Elle ne fqut que me dire, 6c Ié retira.nbsp;Quand elle fut partie , je témoignai a M. Ienbsp;Grand-Vicaire que je métonnois commentnbsp;il sétoi: accompagné dune teile perfonne. II mennbsp;fit de grandes éxcufes,faifantfemblantde nepbincnbsp;fqavoir les juftes fujets que nous avons de nousnbsp;plaindre delle. Je lui dis que quand jauroislhon- quil nous vouloit envoyer, afin de laiffer cette neur de parler a M. de Paris , je lui dirois dc Maifon la en répos. Je lui demandai sil ny au- quelle maniére cette Dame nous avoit traicées, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;u ^;r nnii/'rr^irr.ir nnp iétois commc afluréc quil auroit la bonté II fe retira la-deffus avecnbsp;autant de civilité comme il mavoit fait paroitrenbsp;de dureté a fon premier voyage. ^ Voila, Mon-fieur, en abrégé notre journce dhier, qui neftnbsp;pas une des plus douces que jaie paffé en ma vie.nbsp;Madame de Crevecosur fe vint préfenter a la Je me recommande trés humbleraenc a vos prié-porte. II alia, parler a elle, mais fi bas, que je res. Je ne puis écrire a N..... Vous mobhge- 1. nbsp;nbsp;nbsp;\nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_____ _n_ J___Jz. nbsp;nbsp;nbsp;A^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Qy A^ V/iCTitrpr nn^ ¦ donna des papiers 6c en requt de lui. II acheva les autres en fort peu de temps, 8c puis il me demanda : mais ma Sceur Marie The'rèfe fe vint mer-tre a la traverfe, difant quelle avoir une réponfenbsp;a lui faire; quil la vouloit emmener, paree quenbsp;fon Pereledéliroic, maisquelle ne Ie vouloit pas. Jenbsp;la laiffai aller fort volomiers. Qand elle fut fortie j ynbsp;rentrai. II me fit compliment pour prendre congé, 8c puis il me dit qu'il avoit charge de M.nbsp;de Paris de me dire de preparer des lieux pournbsp;recevoir quelques-unes de nos Sceurs de Paris roit point de nos Meres; il me dit quil croyoit quil pourroic y en avoir quelquune, mais nonnbsp;pas toutes; quon ne nous enverroit pas auffinbsp;toutes celles de Paris qui refufoieni la fignatu^nbsp;re, paree quil en falloit laiffer pour faire lOfnbsp;fice*nbsp;nen entendis rien ; il rentra avec elle dans Ienbsp;Parloir, 8c me dit quil avoit .apporté lObédien-ce de ma Sceur Charlotte de S. Bernard, 6c quenbsp;Madame de Crewcceur venoit pour leramenerinbsp;Je lui dis que je mctonnois comment M. denbsp;Paris avois accordé cette Obédience a Madamenbsp;de Cre-veeoeur; quil nignoroit pas de quelle ma-mére elle nous avoit traitécs ; quelle sétoit dé-foutement notre partie. La Dame qui é-pasun demeura fi inrerdite, quelle ne ditnbsp;^ tépétai encorc quil étoit bien fluTnous^éto^- nbsp;nbsp;nbsp;ne perfonne fufpeéte que cette Dame, |
que j I dentendre mes raifons. rés de lui faire part de ceci, amp; de 1affurer que jéfpére que nous ne ferons jamais rien qui rendenbsp;a rafioibliffemenr. Toutes nos Sceurs en font plusnbsp;éloignées que jamais. LUI. PIECE., Lettre de la M. Prieure d M. lArchevê^ue de Parit- Ge 2 Juillet MONSEIGNEUR,. Ce ineft une extréme peine de me voir engage |
Relatian de la Verfécution des Retaf'on gée a des afFaires plcines de troubles qui interrom-de la Merenent Ie faint loifir de la vie Religieufe, amp; quinbsp;du Fargis raempêchenc de moccuper du feul néceffaire. Jenbsp;n. vous avouc, Monfeigneur, que lors qdhkr M.nbsp;partie. de la Brunetiére mapportala Lettreque vousma-vés fait rhonneur de mécrire, par laquelle vousnbsp;défircs que je lui falie voir toutes les Sceuvsen particulier, je fus dans une étrange anxiété. Dunenbsp;pare jappréhendois de faire quelque chofe contre
* nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; O- _____ : _ .j
'Religmifes de Vort Voyal ^ 1664.-1^6). nbsp;nbsp;nbsp;37
pendant jai penfé que je vous obéiQois eneffetenR-clation ne déférant pas a FObédience dont M. de laBru- dei® Mernbsp;netiére étoic chargé pour notre chére Soeur ; puif-du Fargis-qua vous avés cru en la faifant forcirdecette Mai-foa la mettre entre les mains de fa Soeur matsnbsp;non pas la donner a une perfonne Ennemie; vousnbsp;avés cru lui donner quelque liberiéj maisnonpasnbsp;la faire gêner amp; tyrannifer.
la foumiffion que je vous dols, amp; que je défire de vous rendre parfairement: mais dautre partjé- perfonne avec qui elle ne peut être fans danger denbsp;tois obligee de conferver les droits de notre Mai- ion falut, 6c fans une afflidion capable de la
faire mourir, ou de lui faire renverfer lefprit
Jai penfé auffi quil étoit du devoir demachar-ge de nabandónner point une de mes Soeurs a une
Que li, iv'gr,, vous croyés que jaie manque dans cette occabon a lobéilTancequejevousdois,nbsp;je fuis prète de fouffrir ce quil vous plaira de mot-donner; mais jefpére en même temps quelacha-rité men fera un mérite devant Dieu. II ne menbsp;refte plus, Mgr. ,qua vous rendre de trés humblesnbsp;adions de graces de ia bonte que vous avés de nousnbsp;promettre Ie retour de nos Soeurs en cette Mai-ton. Je vous fupplie fèulemenc que cette faveurnbsp;foit entiete; quelles reviennenc routes. Nousnenbsp;nous fouviendrons plus de couces nos peines quandnbsp;nous auroris la confoiation de vivre enfemble amp;nbsp;n^etre toutes quun méme efprit amp; «n même cceurnbsp;Gette joie nous fera oublier routes nosaffliftions'
6c jefpére, Mgr.,que nous naurons plus daütres foins que de nous appliquer a obferver notre Régie^ 6c que vous aurés la bonté de permetre que
topics iin.ci.-is, VJHV .............. nous ne prenions point de part a desqueftionsqui
robéiffance. Toutes les Sceurs allérentdonc voir font fi disproporcionnées k notre conditión. Nous ' M. Ie Grand-Vicaire,quoiquavec de grandes ré- efpérons,Mgr.,que vousfoufFrirésen nous cequenbsp;pugnances: 6c la plupart en étoient li troubleés vous êtes oblige d'approuver dans les plus Saintsnbsp;amp; fl- étonnées, que fi on confidérok la peine EvêquesdeFru:w«,puifquevousconlerveslacom-
,, nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ -O-. - nrvtio nbsp;nbsp;nbsp;'
qu on leur caufe, on en auroic lans dourecom-pafiton. Voila , Monfeigneur, une affaire dont
tois obligee de conferver fon, dont les Conflitutions portent que nous nenbsp;reconnoitrons point dautres Supérieurs que les Ar-cheveques de l^aris en perfonnes,ou ceux quiau-ront été choilis par nous ,öt quils auront approu-vés. Dans eet embaras pour ne rien faire contrenbsp;la prudence, jaffemblai toute la Communauté,nbsp;dont routes les Religieufes, amp; chacune en particulier, rémoignérenc qu'clles navoient rien a direnbsp;aM.le Grand-Vicaire,dont elles ne reconnoilïcntnbsp;point Fautotitéi Sc ceft ce quelles mêmes lui té-moignérent. Je crus quil étoit de la prudence denbsp;prendre du temps pour Gonfulcer des Dodeursnbsp;qui fuOentinftruits dans ces afFaires Eccléfiaftiques,nbsp;éc fuivre leur avis. Néanmoins comme M. Ienbsp;Grand-Vicaire infifta, 6c quil déclara* quil nenbsp;prétendoit point agir comrae Supérieur, ni que cènbsp;quil feroit nui'lit a nos droits, je crus quil valoitnbsp;mieux me mettre en danger de faire quelque fautenbsp;contre nos pr^res intéréts, que de manquer a
'--1quot;^---- ^ ^
munion avec eux, 6c que vous ne nous refuferés pas votre charité; comme la diverficé de fentiments (finbsp;toucefois il y a quelque diverfité) nempêche pasnbsp;que vous ne conferviés une parfaice union avecnbsp;eux, elle nempêchera pas aufli que vous nenousnbsp;donniés votre paix amp;c.
L I V. P I E G E.
Jjiettre de la mime a 'M. * ^ *
fai'cru vous'devoir rendre comptei mais envoi-ci une autre qui me regarde en particulier.
II eft vrai que jai cié étrangement furprife qu u-
ne perfonne Eccléfiaftique venanc de^votre part,
A nbsp;nbsp;nbsp;une Dame feeuhére Ennemie
étoit conduite nbsp;nbsp;nbsp;o. yVlle euc Ie plaifir
dddarée de notre Maifon, « qu eiie euc le piauir
Ce yuiiitt 166^.
- Vous verrés, Monfieur, par la Lettre que je ¦ vous envoie, que mon fouha.t eft accompli, ÖCnbsp;que ma Sceur Angelique de St. Jean eft prefente-ment avec nous. Nous avons requ notre Mere 'nbsp;amp; nos Sceurs avec une joie qui ne fe peut dire,nbsp;quoiquclle ait été accompagné de bien des lar-raes. La M. Agnh a été un peu furprife de nos'nbsp;proteftations; mais elle na pas laifle de lesfouf-frir amp; de les approuver quand jai
Ctl--I' - -
r X. Cf. nouvoir fervirdela-utorited un Grand Viïaire pou? juftificr fes emportements, 6c pournbsp;nous trailer felon fapaflion.
Je fuis obligee de croire,Mgr. ,que vous aves été furpris quand vous avés donné une Obediencenbsp;pour nocre chare Smur de Saint Bernard , pat laquelle vous la tires de cette Maifon pour la mettrenbsp;enire les mains de fa Scaur. Cette pauvre fille anbsp;cte tellement renverfée dune telle Propofition, amp;nbsp;a tellement appréhendé de tomber en de fi mau-vaifes mains, quelle en elf devenue plus majadenbsp;quelle netoit j fon incommodité feule 1cmpêchenbsp;de fe donner 1honneur de vous écrire elle-même
la peine dont eile eft pénétrée. nbsp;nbsp;nbsp;-*gt; .cc .tppiouvcr quana j'ai eu parlé it elle.
Lamodeftie,Mgr.,mobligedctairebeaucoup Elle ma parlé avec beaucoup dhumilicé de fon dechoiesde cette Dame, que jefuisptetedevous indiférence- 6c les deux Soeurs paroiflent auffEnbsp;éxnjimer tout au long fi vous le dcfirésj maisce- fort bicn difpotees, amp; avouent leur faute bien
E 5 nbsp;nbsp;nbsp;hutr-i*
-ocr page 38-'Relation de la Rerfécution des Religkufes de Fort-Róyal^ i66^].-ï66f.
Relation humblement. Le refte de la Communauté eil de Ia Mere auiïï fort bien difpofé, amp; fi nos pauvres Sceursnbsp;du Fargis. qQi reftent a Paris étoient avcc nous, nous fe- mécouter.
II.
Partie.
reprcfenter que les ordres du Roi ne séteridoient Relation pas fur notre Cloture: mais ils nont pas vouludelaMerenbsp;Ils ont parlé a tous nos gensavecdu Fargis.
rions rout a fair dans la joie, nonobftant notre captivité, qui commence a être grande. Car prefqu-auffitóc que M. le Grand Vicairea étéparti, ilefl:nbsp;arrivé ici un exempt des Gardes avec 4 autres Gardes du Corps, qui m'ont demandée au Parloir, amp;nbsp;mont dit quils venoientici pour faire éxccuterlesnbsp;ordres du Roi. Je leuraidemandé quels ilsccoienc.nbsp;Ils mont dit quils venoient garder nos portes.nbsp;Enfuite de cela ils ont été faire la ronde; 6c ayantnbsp;trouvé quon travailloit a la porte de derrière lenbsp;Jardin ils Ie font faiiis de la Clé amp; puis ils fontnbsp;¦ dedans: Je les ai fait demander pour leur
menaces, pour leur défendre de recevoir ni de pafïèr aucunes lettres fous peine de la corde. Lenbsp;porteur vous en dira davantage. M. de la Bru-netiére nous a laiffé un Ecclé[iafl:ique,amp; il acon-gédié M. Cam. On dit que le Lieutenant Civilnbsp;viendra demain, je ne fqai pourquoi faire, Notrenbsp;petite Soeur a fait le coup que vous aviés prévu,nbsp;amp; na jamais voulu fortir, quoique fon Obédien-ce fut éxpreffe. Je crains bien quelle ne nousnbsp;donne un grand éxercice. Je me recommandenbsp;trés humblement a vos priércs.
II.
Partie,
entrcs
Pin de la Relation de la Mere du Parps.
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De la Captivité de la Mere Magdelaine de Ste.
ABBESSE DE PORT-ROYAL. *
Exilée I®. aux Vrfulmes du Vauxbourg St. Jacques. 2°. AuxFilles de Ste. Marh de Meaux, dont fon Frére étoit Evêque.
O» mus maudit, ér mus bénijfons-, on nous perfécute, ér nous le fouffrons: on nous dit des injures , ér nons répondms par des prie'res : nousfommss dévenues comme les Ordures du monde ^ comme les baliures qui font rejettées de tous: car il femble que Dku nous traite comme lesnbsp;derniers des hommes; comme ceux qui font condamnés d la mort, mus faifant fer-vir de fpeólacle au monde^ aux Anges ér aux hommes, i Cor. 4.
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JE navois nul delTein de faire cette petite Relation de ce qui seft paffe depuis notre fortie de Port-Royaf étant perfuadée que nous devonsnbsp;délirer que cc que nous pouvons fouffrir pour la-mour de Dieu amp; de la vérité ne foit connu quenbsp;de lui feul,amp; que nous navons pas moins dobli-gation de cenir au moins dans le fecret de notrenbsp;Monaftére nos douleurs amp; nos fouffi ances, quonnbsp;avoit de cacher les bonnes adions quon pouvoitnbsp;faire pour fon fervice: amp; dailleurs Dieu ayantnbsp;permis que jaie requ plus de foulagement que nosnbsp;autres Meres amp; Sceurs qui ont cté comme vraiesnbsp;Exilées, je nejugeai pas que jeuffe rien de biennbsp;confidérable a remarquer. Néanmoins jai crunbsp;quejedevois déférer au défir quelles men oncté-amp; je lai fait dautant plus librement,nbsp;nof affuré que eet écrit ne feroit vu que denbsp;/tVn rirlVnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trouvaffent a propos ^ VoyA fa Vle dans rowtage: nbsp;nbsp;nbsp;tdifiaatr, o-in. |
moignage de Ia fincérité de nos fentiments, amp; du défir unique de plairea Dieu dansle refus quenousnbsp;avons fait de la fignature. Le 28 Aoüt 1664.. M. de Pans aypt fait Af- ii. lêmbler la Communauté dansle Chapitre.amp;nous-M. lArche-'nbsp;ayant dédaré le deilein quil avoit den fairenbsp;quelques-unesde nous, il nous en lut la iifte, amp;de Port-ïiio.nbsp;nous donna ordre de nous retirer a I h^hre-mêmc y^a'^^po^ur^_^nbsp;dans les Monaftéres, ou il nous devoit faire con-principj,nbsp;duire, amp;c oti nous devions demeurer prifonniéres,ies Religie»,nbsp;fans avoir aucune liberté de p.',rler a qui que ccfc de i»nbsp;foit, non pas mêmeaux Religieufes, finon a celles^nbsp;qui nous feroient marquees, Après que jeus aflü-.nbsp;ré M. lArchevêque que pouf lui témoigner quenbsp;nous e'tions dispofées a lui obfir en tour ce quinbsp;nous feroit poffible, fans offenfer Dieu, nousfor-tions fans faire aucune réfiftance ; jajoutai,nbsp;je croyois ne'anmoins être obligee de lui declarernbsp;auparavant que je proteftois de nulliié de tout ce quilfaifoit. Nos Soeursfe joignirent avec nous, en Ap- térejjantef des ReligieHj~es de PerS'KsjiiR |
Helatmt de la Terfécutio7t des 'ReligieuJ'es de Tort-Ttoyal l664.-iACe Rektion Appellérent amp;; Protefttfrem de ces Enlévemenc, quejefuffeau milieu delletnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» ¦ rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« i de (a Cap. Sc'^de touc Ie refte, fur quoi il fit cetce Réponfe: cir ea même-temps k M delaM. de^^ Ha! vous Appelles de votreArchevêque.^ Ap- Soeurs , que Ie Wme Camni. ? aeux denosde la Cap. Ste. Agnes pellés; proteRés^ faites tout ce quil vous plai- Nous trouvames i la norte de Unbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mener.dela M.e e de Ligny-:: ra, on ne laifferapas de faire ce nbsp;nbsp;nbsp;^ -----=----------------1 ^ nbsp;nbsp;nbsp;___________qm nous arrêra pour^t L'gr'y. ,, nbsp;nbsp;nbsp;---------------------........... VT nbsp;nbsp;nbsp;airera pour' sérant ie crois perluade que nous ne voulions pas prendre , nos noms. Nous vimes dans certp r... 1 nbsp;nbsp;nbsp;'_____J___ nbsp;nbsp;nbsp;;1 r» _____________r,_____ -t_____111 nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;UU' porte des Sacrements, ou fe fu dem^n^rmon nbsp;nbsp;nbsp;Seigneur ;ce obéilTance pour fortir. Il me dit q^ « nS 3quot;' PTquot;quot; nbsp;nbsp;nbsp;fujte nous etant trou- pas a moi a qui on la devoir donner, amp; quu nbsp;nbsp;nbsp;abandonnees de tous 1 enverroit 4 la Mere Supérieure du lieu ou Ion temn nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aCtendre affez long- me devoir mener. Je me mis a genoux pour luf etTdrL j nbsp;nbsp;nbsp;V-^cofle : je crois que cetoit demander fa Bénédiétion. Il me dit quil me la no nbsp;nbsp;nbsp;^ ^cclefiaftique amp; la Demoifelle qui donnoit oès volontiers. Quelques-unes de nos : ^ nbsp;nbsp;nbsp;^o'^duire. Cependant nousdemeu- Sceurs Converfes sétant avancees pour me dire nbsp;nbsp;nbsp;^quot;Pfiéres; 6c ilfembloit guunc adieu; 6c penfant rnembraffpr il Ips rpnnnCP, nbsp;nbsp;nbsp;^ Efpric de tous lesafliftants,en M«c obéir aquot; eet ordre ; il fe tourna vers les Eccléfia-Magdfieinc ftiques qui 1'accompagnoient, leur faifant figne de ptottfte au main, amp; leur difant quelques paroles commenbsp;co.r.muuau- pour leur faire entendre ce qu ils avoient a faire,nbsp;té centre cetce qui fit juger a quelques-unes de nous, quilnbsp;KnUvement, yoyiQji- f^ire entrer des Archers, ayant été avertiesnbsp;quil y en avoit quantité dans la Cour du Mona-ftére; amp; je laffurai encore que nous fortirionsnbsp;fans faire réfifl:ance,'amp; quil nétoitpas befoin quilnbsp;ufac de violence pour ce fujet. Toutes les Sceursnbsp;sétanc lévées confufément, amp; sétanc paffé quelques autres particularités que je ne rapporterai pas,nbsp;paree quedautres les ont remarquées, je me trou-vai affez éloignée de M. lArchevêque, qui mayancnbsp;appellee a ou 3 fois,en difant Madamenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, je tnapprochai de lui, amp;c il me prit par Ie fcapu-laire, amp; me traina après lui tout Ie long du Cha-pitre. Et commejen avois quelque peine, jede fuppliai de me lacher, IaCfurant que je navois pasnbsp;envie de menfuir. II fit enfuite entrer dans Ienbsp;Chceur celles quil devoir Se'parer, fans permet-tre a pas une des autres Soeurs de fe joindreavec,nbsp;ni de nous dire i-dieu. II fe facha même contrenbsp;quelques-unes qui sen étoient approchées, amp; ilnbsp;les renvoya dune fagon qui me donna telle crain-te de Ie facher, que je nofai plus dire un mot anbsp;la M. Agnès, quoique je fuffe a genoux toutnbsp;proche delle, paree quil avoit toujours les yeuxnbsp;fur moi. II me fit encore dans ce lieu-la quelques reproches; a quoi je ne fis point, ce menbsp;femble, d_e réponfe; amp; nous y demeurames en |
cafion un cchancillon de la dureté qu on nous préparoit: car ayant été affetz. long-temps re-tenuës dans cette Chapelle, je mappergus quenbsp;la Ad. ^gfiès étoit debout: amp; comme je fgai lanbsp;grande peine quelle a de demeurer en cette poftu-re, je lui en parlai. Pllle me tcrooigna quelle nennbsp;pouvoic plust amp; métant mvfe en devoir de luinbsp;faire apporter une chaife, M. Ie hitutenant Civilnbsp;nous en empêcha pluGeurs fois,quoique nouspuf-fions dire pour lui repréftnter Vincommodiié denbsp;la Mere, qui eft éxtraordinaire, amp; qui me don-noit une grande douleur 6c inquietude. Auffitótnbsp;que nous fumes fibres de fortir de ce lieu, nousnbsp;fumes nous mettre a genoux devant lAutel,pournbsp;adorer le Saint Sacrement; amp; nous dimes toutnbsp;haut toutes énfemble ce verfet de la Profe; Bone Faltar ^ Fanis vere ére. Jerecommandai de tout monnbsp;coeur a ce bon Pafteurlctroupeau quil avoit com-mis a mes foins, 6c quon me contraignoit da-bandonner dans une occafion fi périlleufè amp; quenbsp;je voyois avec une éxcréme douleur environne aunbsp;dedans 6c au dehors de peifonnes qui ne cher-choient que fa ruïne. LEglife amp; la Cour étoient pleines de monde: iv. dun core quantité de perfonnes amies de la Adai-EHy eftcon-fon amp; parentes de nos Soeurs sy trouvérent poury'U'tkquot;=nbsp;nous dire a-dicu : dautre part il y avoit grand h Ruë^st/nbsp;nombre dArchers que M.dePlt;*wavoit faittrou- Jacques,nbsp;ver a cette Cérémonie, dont on ne voic pas biennbsp;la raifon, fi ce neft que Dieu le permit pour nousnbsp;donner cette confolation, que^ notre^capture euc |
uiuii udUiL, jc II cu cuiurauai pas une, 6C je me fans fujer, amp; quil y avoit des perfonnes coramifes trouvai inemeobligee de les prier inftamment de pour Icmpecher. Car Madame ^s.-grast sétantnbsp;feretirer,paree quellesfaifoient peine a Monfeig- approchée du Caroffe, M.le Lkutejtant Civil.^nbsp;neur. Javoue que jen avois une extréme de mon vine auffitót lui demanderce quelie faifoit la. Ellenbsp;cóté, de nofcr témoignerla moindremarque da- fit réponfe, quelle prioit Dieu avec nous (ce quinbsp;amp;; de tendreffe a ces pauvres Filles, qui étoit vraiA C.-srnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A-.r.- /t,;.....
cote,
mitié amp; de tendreffe a ces pauvres Filles, qui étoitVrai.) 'Car nous difions ntineraire nor ctoientpenetrees de douleur. M. dePuw, qui demander a Dieu fa protection dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
ne fe plaifoit pas les Soeurs nous
______ ... nbsp;nbsp;nbsp;uans un voyage
Ï res témoi^nages daffieftionque qui nous paroiffoit fi difficile amp; fi plein de périis.
Lmfqu'on te prét de oanir. PFaaW,:-a,-.
-------- ¦' ¦
,______- pret de pattir, lEccléfiaftique
I e ^invert la Dorte il me'pouffaun peupar me nomnule lieu qui métoit deftiné, q ¦ ' rE^'ïe Je fus ainfi contrainte de fortir, fans ks Urfuhnes. J avois toujours eu nne ar,,..^
qui etoic
,us «..III w.iiia....w uviw.v.i, raus lts vrjumes. J avois toujours eu une appréhenfion 'quot;^^quot;^o'rdireunfeulmotaperfonnedenosSoeurs, extraordinaire de ces bonnes Religieufes.les cro-la Commuuauté fut préfente, 6c yant les plus oppofées amp; les plus pre venuës fur no-
40 'Relation de la Rerfécution des Religkufes de Port-Royat^ i66i\.-l66f.
Relation ere fujet, cotnme ctant conduites par des perfon- 1 Eccléliaftique amp; la Demoifeüe faifoient leur di- Relation de la Cap. nes qui Te font déclarées fi ouvertement nos par- ligencci amp; ils trouvérent enfin uneTourriére quide la Cap.nbsp;de 'a M. de [jgj Deforte que dans la furprife amp; la frayeur ou nous fit entrer dans un Parloir; oü la Re verende de Ia M. denbsp;Ste. Apesjg nae trouvai je répétaitouthaut: kmUrfulines! Mere Supc'rieure fe trouva accompagnée de quel-Ste. Agnèsnbsp;ueEigny. jsiéanmoins auffitót je me tus, amp; je rentrai en ques-autresReiigieufes quiavoient routes leursvoU^^nbsp;moi-même, amp; je niofFris a Dieu pour tout ce les baifles, amp; moi aulli. LF.ccldfiafi-ique leurnbsp;quil lui plairoit dordonner de moi, quoiquen lut mon ObéilTance, dont on lavoit chargé: amp;nbsp;même-temps Dieu me mettoit en état de lui of- ayant recommandé a Ia Mere de me traiter avecnbsp;frir un facrifice volontaire , mctant abfolument charité, elle regut fort froidement fon compli-abandonnee a lui. Et je puis dire que ma douleur ment, amp; elle ny fit point dautre réponfe, quenbsp;n'empêchoit pas que je ne fulTe au fond du Coeur par de grandes inclinations, ce qui me fit jugernbsp;dans unegrande paix,par Ie témoignage que ma conf- que ces bonnes Meres mappréhendoient beaucoup,nbsp;cience me rendoit, que je ne regardois que Dieu öc quelles penloient que je venoistroubler la paixnbsp;feul, 6c que je ne mécois engagée a fouffrir ces de leur Monaftdre, ce qui mobigea de lui dire:nbsp;traitements fi rigoureux, que par la crainte de 1 of- ,, Ma Mere, je viens ici pour y vivre dans la re-fenfer. Et quoique je connufl'e aifez. Ie fujet que traite 6c Ie filtneej 6c jefpére, sil plait a Dieunbsp;jai dappréhender ma propre foiblefl'e, je nen ,, que je ne vous donnerai point de fujet de peine.nbsp;étois pas néanmoins troublée, amp; javois une fer- Je ne fgai fi elle fut fatisfaice de cette affurance,nbsp;me confiance que Dieu feroic ma lumiére 6c ma que je lui donnai- mais il me femble quelle nenbsp;force dans eet abandonnement ou je me trouvois, men témoigna rien: 6c javouc que je metrou-de tout Confeil 6c de route Confolation.^ Et en vai dans une grande humiliation de nousvoirme-effet il na pas permis que jaie éte trompée ence- nées en captivité, comme des criminelles, 6c lila, ayant éprouvé plus fenfiblement fon fecours vrées pour ce fujet a des perfonnes quon avoit finbsp;pendant que jai été moins en état den recevoir fort prévenuës contre nous, quellesnepouvoientnbsp;de la part des hommes.^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;diflimuler la crainte 6c Icloignement quelles en
avec charité.
anciennes iVleres, qui témoignérenc toutes plus
de bonté amp; douvercure de vifage que je nen attendois. Enfuite de ce premier abord, la Merenbsp;me conduifit devant Ie Saint Sacrement, oü je
lui dis que celui qui lavoit fait avoit eu la bonté de nous en envoyer. II fe pric a fourire, amp; nousnbsp;dit que cétoit lui; ce qui mobligea a lui en te-moigner ma reconnoilfance. Enfuite il me dit
quelques autres paroles dont je ne me fouviens pas nbsp;nbsp;nbsp;mofFris encore a Dieu, 6c lui demandai lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grace
bien, nbsp;nbsp;nbsp;finon quil me femble que cétoit cnlouantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de fon Efprit-faint dans ma nouvellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;retraite, oü
notre patience dans cette affliótionj 6c témoignant je défirois de réparer les fautes que javois faites quil efpéroit que Dieu nous donneroit fa béné- dans léxercice de ma charge. Je fus enfuite me-didtion 6c la confolation quil nous fouhaittoit. née dans la chambre qui métoit deftinéc, oü lanbsp;y Je defcendis de Caroflê dans la Cour des Vr- Mere Supérieure 6c une ancienne Mere qui de-SonbamUfulines après avoir embrafle nocrechéreMerevoit être ma garde (6c qui fe nomme Ja Mere denbsp;liationdc-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;és amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nos deux Soeurs qui étoient avec elle. LEc-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la Conception) demeurérent quelquenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tempsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avec
vant hsup'. nbsp;nbsp;nbsp;6c la Demoifelle qui nous accompa-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moi, 6c me témoignérent bien de lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bonténbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sc de
mt^iiKs! gnoient defcendirent auffi avec moi, mais il nefe la coropaffion. Jufques-la je navois point pleuré, trouva perfonne pour nous recevoir ni pour aver- mais je ne pus retenir mes larmes quand elles menbsp;tir de notre arrivée, de forte que nous fumes af- demandérent des nouvelles de notre pauvre Mai-fez long-temps a attendre 6c a chercher de porte fon, amp; de nos chéres Meres 6c Soeurs que je veen porte fi nous trouverions quelquun. Le pre- nois de quitter, dont la douleur m étoit plus fen-mier lieu oü ils me conduilirent, fans fgavoir fible que la mienne-propre. Ces bonnes Meresnbsp;non plus que moi oü ils alloient, fut a un Par- furent elles mtêmes attendries, entendant le récitnbsp;loir, oü nous trouvames un Pere yéfuite, qui é- dune hiftoire fi pitoyable, 6c fi furprenante.nbsp;toit affis devant la Grille. Je ne lui donnai ^asle Lon me donna aufli une jeune Reiigieufe, vi.nbsp;temps de fe lever, ni de me rien dire, métant qui étoit parente de Madame/e re/for, pourmaf E',=eftGat-recirée fort promptement. Je rctournai au Carof- fifter dans les befoins, 6c mapporter les
vers mes chéres Soeurs pour les embraflér en- néceflaires. Car étant la comme prifonniére, je' core une fois; 6c confidérant la M. aignès dans navois aucun commerce avec la Corotnunaute,
Pénible, oü elle étoit, je me perfuadai 6c nallois qua lEglife, a la Chapelle des Saintes que e ne pouvoit y fublifter long-temps, 6c que Reliques, 6c a une autre qui donne furJ Egiife.nbsp;cette nouvelle afHiétion nous la feroit perdre bien- Je ne parlois a pas une des Religieufes qu a la Me-tor, cc qui me combla de douleur. Cependant re Supérieure, la Mere aCGftante qui me venoit
voir
LEccléfiaftique qui étoit avec nous me demanda avoient. Cette penfée , qui mobligeoit de fi nous ne fuivions pas Ie Bréviaire de Paris.^ Je mhumilier fous la puiflante main de Dieu', dontnbsp;navois guéres envie dentrer en difcours, ncan- je fentois Ia pefanteur, me porta étant arrivéeManbsp;moins je crus que je devois lui répondre en peu porte du Couvent a me mettre a genoux devancnbsp;de paroles, 6c je lui dis quoui. II me demanda la Supérieure, qui me regut fort civilement, 6cnbsp;encore fi nous avions Ie Cérémonial de Par^. Je avec charité.^ Elle étoit accompagnée de plufieurs
-ocr page 41-Ti.»Iation de la Perfécution des 'Religieufes de Vort-Psyal, o 1 voir auelquefois, a la Mere de k Conceftion (ma nante , quoiquelle fe fuc ofFenfée bien injufte- Relation B,eianon voiinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____ rgt; i;-: nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ /- r^- ment.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de laCap. Je crois quil fera bon ici den dire quclques xemples, dont i\ roe fouvienc. L'un fut, queSte.Agnèsnbsp;mayanc fort preffée de voir au Parloir fans com-amp; jaurois étéVavie dê'tre (eule, pagnie^une perfonne qui lui éroit alliée, je me pour avoir plus de liberté derépandre mon Coeur crus obligee dans la jufte appvéhenfion qlie nous amp; mes larmes devant Dieu. Je nofai néan- commengions davoir delle de la lui refufer a- '*¦* nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦». rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rr- t ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. raoins en rien dire, croyant que lon faifoit cela pour saCfurer de moi. Mais lorfque mes deuxnbsp;gardes furenc couchées, amp; que je les crus en-dormies, il ne me fut pas permis de prendrenbsp;aucun repos toute la nuit. Les images de toutesnbsp;les perfonnes qui me font ü chores, amp; que ja-vois laiffé dans une douleur incroyable, fe pré-fentérent a moi. Je voyois les unes dans leurnbsp;exil amp; leurs prifons, privées de toutes confola-tions humaines,amp; même des Saints Sacrements;nbsp;amp; je confidérois les autres comme des pauvresnbsp;brebis fans paiVeur öc fans aide: amp; je puls mêmenbsp;dire que je fgavois que Ie loup étoit enfermédansnbsp;la bergerie, puifque la SceurF/lt;ja;7gt;, qui étoit cel-le qui a volt fait jouer toute la tragedie, y étoitnbsp;demeurée. Et quoique nous neuifions pas encore découvert toutes fes menées, Óc que je ncnbsp;me fulïe pas imaginée quelle eut écé capable de cenbsp;que nous avons reconnu depuis, nayant pu êtrenbsp;perfuadée par les avis de quelques-unes de nosnbsp;Soeurs qui la foupqonnoient de kous trahir,néan-moins je ne !a connoiflbis que trop pour fgavoirnbsp;quelle nétoit pas conduite par lElprit de Dieu,nbsp;qui eft un efprit dunion, de charité Sc de véri-té Sc nous avions découvert depuis peu, quelle travaillok au contraire a défunir les Sceurs, amp;nbsp;h leur óter la conamp;ance en leurs Supérieures j amp;nbsp;quelle ne pouvoit foufFrir lunion qui étoit entrenbsp;nous: amp; enfin nous commenqions a nous apper-cevoir quelle vivoit dans un déguifement perpé-tuel. Nous avions appris par plufieurs éxpéri-ences que nous en avions faites, quelle nétoitnbsp;pas capable detre avertie de fes fautes, quoiquonnbsp;Ie fit avec beaucoup de charité; amp; quil lui ennbsp;étoit refté des fentiments, dont la plaie navoitnbsp;pas éte guérie après des années entiéres. Et fonnbsp;ciprit entreprenant amp; ardent dans tout ce quellenbsp;defiroit joint^a une grande inclination dordom liciiioic, joint a une grande inclination dordon- voit fait voeu de ne figner jamais rienj amp; que ner Sc de dominer,me donnoit un juftefujetdap- je fgavois bien la peine quelle avoit euë après no-préhender de mauvaifes fuites, fi elle fe rangeoit tre première fignature du temps des Grands Vi-du pard du plus puiiTant, comme ily avoit fujet caires^ qu'elle avoit été 3 jours dans un troublenbsp;de Ie craindre. Car quoiquelle ait toujours paru épouventable, a pleurer continuellement jour 6cnbsp;des plus zélées pourne pas figner, la mauvaifedif- nuit jjufqua ceque Dieu lui ayant donné letnou-pofition oü elle étoit me faifoit appréhender que vement de faire ce voeu de ne figner jamais plusnbsp;Dieu, qui ne donne la grace quaux hum- rien. elle fe troiiva flufTirAr pr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r.n f bles,ne la retirat dune perfonne,en qui on ne voyoit point de marques de cette vercu, ou pournbsp;mieux dire, nous avions grand fujet de croirenbsp;quil 1avoit déja retirée delle par la maniére dont Ce voeu nela avec nous. Car n 'érnit conduite dans ces'derniers jours, oü devoir point empêcher de figner avec nous. Car elle setoitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. rencontres fait éclater fon pour les autres perfonnes a qm nous avons eu tou- roéconSte^nt dune fagon tout-a-faic furpre- jo^urs confiance,elle ne voulut pas leur demander de la Cap.garde) amp; a cetre jeune Rdigieufe, quiVe nom-delaM detnoit de Samt Jojefh. Elks couchoient toutes Ste Agnesdeux a la chambre ou jétois. Je fus morrifiécnbsp;de Ligny- quand je fgus quelles devoienr paflèr Ie jour amp;nbsp;nuic avec moi-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^-^1 |
yant eu meme quelque foupgon afléz. bien fondé quelle sétoit fervie dune pareille rencontre oü onnbsp;lui avoix permis quelque temps au paravant devoirnbsp;feule fa Soeur, pour lui faire porter quelques lettres de fa part, dont elle ne vouloit pas que nousnbsp;euffions connoifi'ance: néanmoins il me femblenbsp;que je lui fis ce refus de la meilleure fagon quilnbsp;me fut poffible, pour Ie lui faire trouver bon, luinbsp;alléguant nos Conftitutions, qui ne nouspermec-tent pat den difpenfer, Cnon pour des fujets par-ticuliers amp; trés rarement, amp; que ces permiffions-la faifoicnt des conféquences pour les autres. Ellcnbsp;me dit quelle defiroit prendre quelques avis de luinbsp;pour fa confcience. Je lui fis réponfe quil y avoitnbsp;peu dapparence de demander des confeils de confcience a une perfonne engagée dans Ie monde quenbsp;quoiquil fut homme delprit amp; dhonneur comme elle Ie difoit, ce nétoic point fon metier denbsp;gouverner les confciences. Je la priai de choifirnbsp;quelquautre perfonne de celles en qui nous avonsnbsp;toujours eu confiance, a qui elle eut pu écrirc. (Car nous navions plus la liberté de les voir.) Elle ne laccepta pas. Je ne me fouviens pas de ce quelle me dit, mais elle semporta dune telle hauteur , que jen demeurai trés furprife Sc efïrayée; amp; cette occafion me fervit dune forte conjeéture quelle avoit quelque fecret deflein. 2°. Ma Sceur F/avle nayant voulu figner no- VIT. tie Afte du 5 Juillet, ni la petite fignaturc quenbsp;nous fimes enfuite, a quoi je 1avois fort éxhor-tée, Sc taché de fatisfaire aux difficultés quellek m. Mag-propofoit, ayant même fait recrire lAéte, P®tirnbsp;y changer quelques mots, qui lui faifoient,difoit-soemFia'i«*nbsp;elle , de la peine , amp; a quelques-autres Sceurs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* Lorfque je fus feule elle me vint trouver, comme fi ceut été par une confiance particuliére, amp; me dit que la plus grande difïiculté étoit quelle a- ---------jamttis piUS rien, elle fe trouva auffitót en paix. Elle meptu enfuite avec fesempreffemencs ordinairesdeluiper-mettre, pour mettre fa confcience en répos dé-crire a un Eccléfiaftique de nos amis fouhaitant fort davoir fon avis pour fgavoir ft a A------- nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- |
41 nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la, Verfécution des Religieufes de Port-Royal^
ice cpnfêil. Je ne me fouviens plus des raifons ,, pour fon vceu, on ne promettoit pas de n quelle alléguoit pour saddrefler a eer Eccléfiaf- ,, faire Ie bien, mais de ne pas faire Ie mal.
Q^nS un CaDinet UCS ClilüuLi', nbsp;nbsp;nbsp;tjUCnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vwiiu auA FriiiLUiUiCCö
dans une angoiffe terrible: ce qui paroiflbit fur nous faifionsde la Communaucéfur Ie lujetdenos o.- vifage. Lorfquelles furent entrées, ellesem- affaires, que pour trouver a redire, 6c fe moquer^ . vutnbsp;ca dabord dune manicre étrange, contre eet de tout ce qu'on yfaifoit: ce quelle faifoit pa-^Jrf-'!
de Ia Cap. qu'elle alléguoic pour saddrelier a eer liccléhal- ,, faire Ie bien, mais de ne pas taire ie mal.quot; Et de Ia Cap, deJaM. detique: mais je crus la devoir contenrer, étant trop enfin pour Conclulion, üléxhorcoic, abeaucoupdelsM denbsp;ote.Agnes perfuatjée de ia fageffe amp; de la fidéliré de celui ,, prierDieu, amp; a aimer lunion, amp;a confulterSte. Agnèsnbsp;deLigny. quelle vouloic confulter, pour craindre quil lui ,, fes Supérieurs. Voila ce que jai appris de ma*^^nbsp;donnar un mauvais confeil. Elle donna elle-mê- Soeur Euflo^uie contenoic cette Lettre ellenbsp;me fa Lettre avec notre permiffion a une perfon- tacha de faire voir a ma ScEur F/aw combien cesnbsp;ne de dehors, qui lui rendit auffi la réponfe. Elle avis étoienc raifonnables. Mais bien loin dennbsp;me Ie vint dire en riant,satcendant apparammeiu être perfuadée, elle continua a témoigner fonmé-quelle y trouveroit autre chofe que ce queile contentemenc amp; a parler fort mal de eet Eccléfia-. portoit amp; sétant mife en un coin de notre cham- ftique; amp; elle ajouta dun air amp; avec des termesnbsp;bre pour la lire, elle fortit auffitórfansmelamon- qui firenc peur a ma Soeur Eufloqute^ quelle nenbsp;trer ai me dire ce quon lui mandoit. Etant re- lui avoir écric que pour Ie faire parler fur laDoc-venuë pour une autre occafion fans me parler, je trine des 5 Propoficions: de foite que cette Sceurnbsp;lui demandai, ü elle ne me la montreroiu done qui avoit toujours de lafFeótion pour elle ne nutnbsp;pas ? Elle me parut fort froide amp; interdite, amp; me sempfcber de lui dire. Sans mentir, ma Sceurnbsp;Ie refufa de bien mauvaife grace. Et fur ce que il faut que vous ayés quelque delïéin; amp; fi cé-je 1en preffai amp; lui témoignois que je nctois pas toit une autre, je craindrois quelle ne senten-fatisfaite de fon refus, elle me dit, quelle ne me dïc avec nos ennemis. Elle fe féparérent denbsp;la pouvoit plus montrer, amp; quelle Tavoitbrulée, la forte j amp; ce qui seft paffé depuis donne affèznbsp;ce qui étoit trés faux^ car quelques jours aprèsel- defujet de croire quelle vouloic tacher d'attrapernbsp;Ie fut frapper dés 6 heures du matin a laCellulede quelques pieces pour fervirdaccufation. Quelquesnbsp;ma Soeur Eujloquie, 6c la pria dentrer avec elle jours devant notrefortic,nos Sceursavoienrremar-,dans un cabinet des enfants, paree quelle étoit qué quelle ne fembloit venir aux Aflémblées oue
nos
mê*
J eir silnavoitpointhgnè. JtUe tions,je pnai la .Viere ^s?tés de lui dire que r quil avoir ^onctwc «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;défirions quelle ne sy trouvac plus, croyant que
lui dit non , ma q nbsp;nbsp;nbsp;1
Subftance 6c quil lui avoit fait une Réponfe recevoir eet ordre venanj de fa part, que fi je Ie oïi n^ méritoit que Ie feu Ma Sceurnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui avois donné moi-meme. Mats eile fit voir
la nria de lui montrer cette Lettre, qui poitoit dans cette occafion quciie ne gardoit pius aucune ouS avok Sé Sé de la mamem dont elle mefure avec perfonne. Elle lui demanda avecnbsp;fui éxprLoit fa peine, quil auroit fouhaitté de émotion, pour quel fujet on 1 en vouloit pnver.nbsp;. E;*..!::. rL,u.L.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r,n,l n? noi.vnir nniir T onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Uii avant fait entendre Gue c emir. nnrrp
la pouvoir foulager, mais quil ne pouvoit pour La Merelui ayant fait entendre que'c'ém'ir'^oarcë plufieurs raifons. II lui témoignoit quil e'toic que ----------
r nbsp;nbsp;nbsp; ..lla criArr^fCniir o lui nni no- Oerm
nbsp;nbsp;nbsp;r-------------------1
¦uueurs ranuiis. n mi nbsp;nbsp;nbsp;...... v^u eile ne s untiioic point avec nousj quelle ne
furpris de ce quelle sadreffoit a lui, qui na- fignoit point nosAtSes, 6c ne prenoit point de volt nulle autorité dans la Maifon, 6c navoic part a tout ce que nous faifions. Elle réponditnbsp; pas le bien de la connoicre particuliérement ¦ fiérement a la Mere ^g»es. ,, Quand norre^Mere- quelle avoit des perfonnes plus capables; que me voudra priver du Chapitre, elle naen dé-,, lui-même prenoit des avis des Meffieurs, 6c elti- clarera la raifon devant route la Lommunauté nbsp; moit beaucoup leurs Supérieurs; quun Theo- amp; elle vint hardiment a la méme heure a uncnbsp; logien comme lui ne fignoit pas a la vérité ce Affemblée que nous faifions; deforte que k.nbsp;,, que des filles pourroient figner , paree quil Mere neut pas le temps davertir auparavant denbsp; avoit droit de défendre la vérité; quil falloit fa réponfe. Toutes ces chofes, 6c dautres encorenbsp;3, quelle comparat le bien quelle feroit en ne fi- qui feroient trop longues a rapporter, me don- gnant point du tout, avec le malj quelle feroit noienc une trés grande douleur 6c appréhenfionnbsp; en fe désunifl'ant de la Communauté, 6c de fes a fon fujet,6c je me reprefentois ce grand nom-j. Supérieurs, qui étoient trés fages 6c trés atta- bre de filles qui étoit demeuré avec elle, dontnbsp;5i ches a la vérité; que lots que le mal étoit vifi- il y en avoit plufieurs qui ne la connoilfoient
Jlelatinf* de la Ferfecutioit des Heligieujes de T'ef'i-IRoyal^
Relation nayant jamais éxpérimentc une pareilie nbsp;nbsp;nbsp;la Mere Superieure 1 avoit bien Ch
4'? nbsp;nbsp;nbsp;.
Chargés de me Relation
de ia Cap. tétendrellé pour toutes nos Sceurs. Pen- fuivre toujours. Après lui avoir dit quelques pa-la Cap. de!a M. ciedanc quejétois dans la Maifon je partageois ma roles fur ce reipeét prétendu, je nc voulus pas ladeIaM.denbsp;Ste.Agnès Charge avec des perfonnes fur qui je me con- preffer davantage, croyanc quelles av^ient peurnbsp;deLigny. dois plus qua moi-même, les connoilïant bien de moi. Néanmoins je crois quelle en paria
plus capables que moi de fervir la Comtnunauté, la Merej car quelques jours après lui ayanr enco-amp; furtout la Mere ^gizês , qui a toujours été re tétnoigné quelque peine, de lui donner cellede nocre veritable Mere a toutes. Et il feroble venir avec tnoi,elle medit quepuis que jelevou-quen partageant ainfi Iemploi, lafFeftion amp; la loisbien, elle ne saiTujetiroit plus a me fuivrenbsp;tendreife que je devois aux Sojurs, écoient aufit amp; depuis ce jour la on me laiffa la liberté dallernbsp;en quelque fa^on partagées entre celles qui leur feule, quand la Mere de la Conception navoit pasnbsp;fervoient de Meres ; mats en les voyant dans eet la commodité de maccompagner ; mais elle Ienbsp;abandonnement gcnéral , amp; dans la privation faifoit toujours autant quelle pouvoit quand cé-dc toutes celles qui les avoient affiftées avec cant tolt aux heures de leur Office ou Orai/bn; amp; ellenbsp;de charité amp; de foin, il me fetnbloic quelles nalloit pas a Vêpres dans Ie Clioeur, pour demeu-étoient toutes raUeroblées dans mon cceur, amp; je rer avec moi dans une petite Chapelle, ou nousnbsp;Ie ièntois déchiré amp; pénétré de douleur par la allions Ie plus ovdinairement, paree que les Reli-conüdération de leurs différents befoins, amp; de gieufes ny alloienc pas: ne'anmoins on me laiflbitnbsp;rimpuiffance oü nous nous trouvions de leur pro- la liberté daller a leur Chceur ,oüjentendois pres-curer aucun fouiagement r.i aucun fecours dans ie que toujours la Meffe amp; iallois aiiffi dan? linbsp;perU amp; Iafflidtion ou elles éto.ent plongées; amp; Chapelle des Saintes Reliques quand ie vouloisnbsp;nofant efperer qu elles puifon trouver quelques quoiquil sy trouvic toujours quelquef Relïïieu-votes de confolaaon, amp; de Confeil, ayant nous- fes; amp; elles paroiffoient ffavoir plusnbsp;memes ferme toutes celles done nous aurions pu de moi.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
prévoirquonlespourroiencfervir, fi on nous redui- Jai fujet de me louer delles, amp; je puis dire nbsp;nbsp;nbsp;X.
foit en eet état ; paree que la Sceur ^lavie en quéxcepté Ie fujet de ia fignacure, furquoi elle nbsp;nbsp;nbsp;fe Joue
......avoient point de plus grande joiê que de mefer-
^'Jè demander a des heures que la Mere vir 1 amp; que cétoit a qui feroit quelque chofe pour ?e'^la Conception étoic ma garde amp; je lui moi. Les jours quelles faifoient abltinence, lanbsp;dis un jour , que je nofois lui demander Mere de la Conception venoit manger avec moi ,nbsp;daller devanc k Saint Sacrement, de crain- elle mentretenoic plus fouvent que je n euffe dé-tedelui donner de la peine de maccompagner, firé; car jaurois fort fouhaité de demeurer rouc-ce qui mobligeoic de me priver de cette confola- a-faic dans Ie filencej mais elk ne manquoit pointnbsp;tion. II me fembk que jajoutai, que fi elletrou- de venir après ksrépas, bien que je leur eutle té-voic a propos de fe fier a moi, je Vaffurai que je moigné alTex que je navois pas beloin de diver-ne dirois mot a perlbnne. Je crois quelk en tiffement, amp; que etions accouturaees a lanbsp;étoit affez perfuadée, puis que je ne parlois pas folitude. La Mere y venott auüi quelquelois. El-même a la Sceur qui maffiftoitque pour des cho- les me témoignoknt bien de la bonte, amp; me par-fes ncceffaires, amp; queje ne regardois pas méme loient agréableroent amp; bonnemenc, quand il nenbsp;ks Religieufes que je reconnoiflbis. Cette Mere sagiffioic point de la Doctrine de 7Maisnbsp;me répondit avec civilité, amp; me dit quelle na- quand elks fe mettoient fur ce chapitre, elles sé-voic garde de me laiffer aller feule, paree que cela chauffoienc fort, amp; mot auui, ce qui me k rai-feroic contre k refped quelle me devoit, 6» que fch apptéhendci j 6t je tachois de détoumer leurs
ayant connoitTance, il étoic a craindre quelle ne mont affez tourmcniée, amp; quelquèfois \ffe2, du-d sen fervic concre nous,ou les dccouvrit, comme rement, elles mont fort bien traicée dans toutnbsp;elle fit en effet. Je pallai cecte première nuic de refte. Pour la nourriture, elles me traitoient biennbsp;la force, jufqua deux heures que jentendis fonner mieuxquejeneuffe voulu,quoiquejeuflebienpriénbsp;lHorloge amp; la Cloche de Port-Rojal pour Ie dabord la Mere de me faire fêulemenc donnernbsp;premier coup de Matines. Ce qui redoublic mes des ceufs a la Coque avec du fruit,nevoulant pasnbsp;larmes, amp; me donna en même-terops quelque leur donner la peine de me faire une cuifine éx-confolation de pouvoir niunir avec mes Chéres prés, paree quelles ne font maigre que trois fois lanbsp;Soeurs dans les priéres quelles alloienc offrir a fémaine. Je nai feulement pu obtenir quelles nenbsp;Dieu. Je me levai amp; dis Matines avec elles;amp; me donnaffent point de poiiïon; elles men don-ayant dit 1Angelus je me recouchai pour tacher de noient prefque tous les jours: amp; quand elles nennbsp;IX. me répofer un peu. L heure de la Mefie eeme pouvoienc avoir, elles men faifoient des éxcuièsnbsp;Occupations yenuë on me mena a une Chapelle qui donne fur amp; me faifoient du refte Ie mieux quelles pou^nbsp;quot;'MrrclEghfe. Jallois dordinairea deux Meffi:s,aVe- voient, fans fe tenir importunées deJa peine quenbsp;Magdeiaine pres amp; a lOraifon: amp; quand je defirois d aller cela pouvoit leur donner; amp; quand je leur té-prier Dieu a daucres heures, on ne me Ie retu- moignois que jen avois moi-même,Elles maffu-foit pas, mais on macci^pagnoit toujours du- roienc, amp; de fort bonne grace, que leurs Soeursnbsp;rant les premiers jours. ^ Ee q^i me donnoic de la navoiei
dif-
-ocr page 44-44 'Relatian de difcours, amp; même je l'interrompois quelquefoisnbsp;delaMen fourian:, que je voyoisnbsp;St Aannbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gagnerois pas, amp; quelles ne de Lienv*' gagneroienc pas auffij amp;que cétoit pourquoi ° 'il valoic mieux que chacune de nous demeuracnbsp;dans fon opinion, fans contefter davanrage.^ XI. Je nai pas affez de Mémoire pour me reflbuve-Bntretiens nir de ces entretiens, mais Je fgai bien quilsme- la Verfécution des 'Religteufes de Port-'Royat ^ méprendre; amp; quils avoient trop de coeur pourRelation faire une chofe qui les rendroit odieux a tous le\de la Cap.nbsp;gens dhonneur: mais que cétoit au contraire unede la M denbsp;chofe ordinaire aux Perwy^Kz/MdetronquerainfiSte.A^nèsnbsp;les paffages pour les tourner a leur avantage,dontLsquot;/*nbsp;javois vu des Exemples notables, amp;furtoutdansnbsp;lEcrit du Fere Peteau^ qui a donné lieu au Li-vre de la Fréquente Communion,paree quil arri-va que dans Ie temps que jeus connoiffancedecetnbsp;Ecrit nous lifionsauRefeótoire les oeuvres de Saintnbsp;Cjprien, quil y allégue dune maniére toute difFc-rente, amp; en retranchant tout ce qui sy trouvenbsp;contre leur deffein^ ce qui ne fervit pas peuamenbsp;faire connoitre leurs artifices paOés. Cette Merenbsp;me voulut aufifi donner un éxemple delamauvailenbsp;foi de ces Meffieurs, Elle me dit done quelle a-vok vu un de leurs Ecrits, dans lequcl on rap-portoit quelque chofe dun P. Jé[uite, ipui auroitnbsp;été tres juflement condamné, s'il y eut avancé, d\-foit-elle, ce quon lui oppofoit dans eet Ecrit: amp;nbsp;il fembloit en efFet quelle en eut été perfuadceennbsp;quelque forte au défavantage des Jéjuites , maisnbsp;que leur en ayant dit fa penfée, ils lui avoientnbsp;fait voir Ie Livre amp; lendroit dont il cft queftion,nbsp;quelle avoit trouvd trés différent, ayant été falfi^nbsp;fié OU tronqué dans Ie rapport quon en avoit fait; amp; fur cela elle en tiroit les conclufions quon peut juger, amp; que javots affez de peine a entendre ,nbsp;étant auffi perfuadée que je 1étois de la fincériténbsp;des perfonnes quon leur faifqit paüèr pour des four-bes : mais comme je navois jamais ouï parler dcnbsp;ce fait particulier, je ne lui pus dire autre chofe, portantes qui nefetrouvent pas dans les autres,on leur finon , que la connoiffance que javois decesiVlef avoit dit auffi que ce Livre étoit cenfuré a Rome, amp; fieurs mobligeoit de croire quils ctoienc incapa^ quilétoitdéfendudelelire.Jeluidisquejavoisouï- .....- - - nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;....... dire quil étoit dans Ilivt/exauffi-bienqueplufieurs autres Livres fort Catholiques: amp; lui ayant apprisnbsp;ce que je fqavois de, ia maniére dont cela fe faitnbsp;fouvent, fans éxamen amp; fans raifon, elle en de-meura fort furprife, amp; paroiffoit affez fatisfaite denbsp;mes raifonsj amp; je crois quelle lauroit été darnbsp;¦vantage; amp; quelle nauroit pas été par elle-même fort éloignée de la vérité, fans Ic grand foinnbsp;que les R. R. P. P. Jéjuites ont de les prévenirnbsp;dune maniére épouvantable. Ils leur font paffernbsp;nos amis pour des fourbes amp; des gens qui nenbsp;point de confcience de mentir, amp; de tron- font «puer les paffages des Saints Peres pour lesaccom- amp; rebattent inceffamment celles quelles peuventen t moder felon quils en ont befoin pour foütenir avoir pour nous perfuader----qui font lobéiffanceP?' 5ee%^e:ques^°^'' infupportables. La Mere Supérieure avoit ivciigicufes d'abord plus de moderation amp; de douceur , maisnbsp;Uifiiiincs. la M de la Conception, qui étoic une perfonne fortnbsp;réfoluë, alloit tout outre. Elle paroiffbit néan-moins étre plus capable detre inftruite que lesnbsp;autres^ elle aimoit quelques-uns de nos Livres;nbsp;elle avoit fort envie davoir la vie des Saints, tra-duite par M. icAndilly. Elle me dit quelle avoitnbsp;trouvé dans leur Mailbn Ie Coeur nouveau, ou Ienbsp;Catéchifme de M. de Saint Cyran^ amp; quelle Ienbsp;trouvoit admirablement beau: mais que layancnbsp;fait apprendre a leurs Penfionnaires, il en forticnbsp;une qui avoit un Oncle Eccléliaftiquefortoppofénbsp;a cette Dodirine,qui leur vintfaireun terrible cbalt;nbsp;pitre de ce quelles lapprennoient a leurs Penfionnaires, leur affurant quil y avoit des héréfies. 11nbsp;ne leur en marqua néanmoins-que deux, quinbsp;étoit que dans la Leqon de lEglifeil neft pointnbsp;parlé du Pape, (comme fi cétoit une héréfie denbsp;ne pas parler toujours de touteslesvéritc's qui fontnbsp;aflez éclaircies dans les autres Catéchifmes!) IInbsp;me femble que ce fut la réponlè que je lui fis, amp;nbsp;que je lui dis, que M.deavoirprcten-du inftruire par ceCatéchifme des vérités les plus im leurs fentiments. Jai fi peil de mémoire que jenemefouvienspas ffe certaines chofes quelle me dit fur cefujet,quenbsp;je voudrois avoir retenuës; non plus que de mesnbsp;quot;¦éponfes. Je me fouviens feulement que je jufti-lO's nos amis autant quil métoit poffible, felonnbsp;connoiffance que javois dc leur fincérité; amp;nbsp;1 rne femble que je lui dis que je navois jamaisnbsp;de tromperie; amp; quenbsp;^ quot; auroient pas autant deconfcien-ce quils en ont, üs étoienc, trop habiles ppur fe |
bles dune telle fauffetc; amp; que jaurois défiré voir Ie Livre amp;: 1Eciit, Cette Mere me témoignanbsp;quelle prenoit plaifir a voir les Ecrits de ces Meffieurs; amp; quelle en aveit vu quelques-uns; maisnbsp;que la Mere Supérieure lavoit faireprierquilnennbsp;entrat plus dans la Maifon. Mais encore quil pa- ¦nbsp;rut quelle eut quelque bonne difpofition a entendre la vérité, li on ne Teut point détruitedansnbsp;fon efprit en lui faifant voir tant de fauffetés, cenbsp;nétoit pas néanmoins au regard de la fignature. Carcommelobéi£lanceaveugleeftladévotionamp; x!l. la Doétrine la plus commune des noavelles ^'i^^C^Les^urfuli-gions, elles nentendent aucune raifon fur ce fujet conduKcnt nbsp;nbsp;nbsp;- tOLlt que r Ie Principe de lo- au Pape amp; a lEglife; que nous avons un arret Sbeiipance notre propre fens, amp; une préfomption qui nousaveugle.nbsp;fait condamner tout Ie monde; quenousnousen-gageons dans Ie fchifme amp; dans 1héréfie. Carnbsp;comme leur zèle neft pas réglé par la fcience, elles confondent routes ces chofes; amp; on ne leurnbsp;peut faire comprendre, au moins a la plupart ,nbsp;quon ne peut étre herétique quand on cmbrallenbsp;toute la Foi, amp; quon rcjette routes les Erieurs,nbsp;quoiquon ne puillè croite un fait contelte, dontnbsp;on n a aucune connpillance. La a |
IRelatien de la Terfécution des Heligieufes de Vort-'Royal^ 1664.-166^.
Relation La Mere AUiftanie venoit aufli quelquefois dt la Cap mexhorteri mals pour ma Steurde Saint Js/e/»,nbsp;delaM de quon mavoit donné pour maffifter, elk ne m anbsp;Ste.Agquot;^*jamais parlé de nos afïaires, que pour me icmoi-de Ligny-gner de la compaffion. Céioit une fort bonnenbsp;Religieufe, qui prenoit foin de mes petits befoinsnbsp;avec beaucoup de charité amp; dafFeótion j amp; cllenbsp;ne ma jamais donné aucune peine, fi ce neft ennbsp;me voulant rendre plus de fervice que je ne vou-lois j amp; elle ma fort édifice dans route fa conduite. Pour moi, je faifois tous mes pedts éxerci-ces fort réguliérement, amp; avec Ie plus de filence quenbsp;je pouvois. La Mere de la Conception voyant que jé-tois bien-aife de demeurer feule, avoir la bonté denbsp;fe tenir dans un petit cabinet proche ma cham-bre, pour me laiffer plus de liberté: amp;jepuis'nbsp;dire que quoique ma douleur fut trés grande 6cnbsp;mon amertume trés amére, jétois dans la paix,nbsp;amp; que jen avois une auffi grande que jaie peuc-être jamais euë ; amp; jai fouvenc éprouvé que Dieunbsp;m'a dautant plus foütenuë amp; atïiftée plus fenü-blementla, que je ne pouvoisefpérer aucune coii-folation humaine.
' xni. javois mandé i M. de Meaux Ie 25 Aoüc que Mde Mcausnous avions été averties, quon nous devoir enle-ówemnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lendemain. Il ne pqt venir auflitót a Fans,
tranllation étant occupé pour fon Synode i mais ilavoitécrit dans foil a M. de Parity pour Ie fupplier de memettreen-tre fes mains avec une autre de mes Sceurs pournbsp;maccompagner, défirant de me mettre dans fon
Prfm nous voudroic bien faire croire quilnous Relation ,, fait a tous deux une grande grace en vousdon-^^^
nant a moi; amp; en efFet je lui en fuis oblige :
mais je vous affure que nous lui faifons*^un
,, grand plailir, amp; que jai bienreconnu que vousLigny. ,, lincommodés fort ici. M. denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnof-
fric de memmener avec lui: mais je fus bien-aife de demeurer encore quelquesjours pour voir ce quenbsp;deviendroient les chofes, 6c fi je ne pouroispointnbsp;apprendre des nouvelles de nos chétes -Soturs.
Pendant ce temps-la, mon frére de Ligny nie vint voir. M. de Meaux lui ayant obtenu, dr a pgu°obtenicnbsp;ma Belle-Sueur, la permiflion demeparlerfans Af de_ lui parietnbsp;fiftante. Je reconnus quil avoit grande inclina-tion que je fulfe a Sainte Marie de Meaux ^ ou pas mime fesnbsp;il croyoit que je ferois mieux quailleurs. Fout plus piocUea.nbsp;les autres perfonnes qui défiroient me voir, onnenbsp;Ie permettoit a qui que ce fut, 6c on nemedifoitnbsp;pas meme quelles meuflent demandée, fi cené-toic par quelque occaGon, quoique jaie fqu de-puis. Crane a Meaux ^ que pluficurs perfonnes denbsp;condition de nos amis mavoient fak 1honneurdenbsp;ventr pour me voir, ou fgavoir de mes nouvelles ¦
Diocèfe,
Diocèfe, done il mavoit fait la Proportion la der- quelles avoient eu grande compaffion dune pau
amp; Madams de Liancourt me manda elle-mêmel Meaux ., quelle amp; Madame de Marcillac (fa 611e)nbsp;avoient été 3 fois aux JJrfulines pendant que iVnbsp;dtois La Mere Ajfifante me dit feulement unenbsp;fois, qu elle 1 avoit vue, 6c quelle mavoit fortnbsp;recommandée a elle avec beaucoup de témoigna-ge de bonté 6c daffeétion. Elles me direnc auffi
vre Demoifelle qui les avoit prices avec routes ks inftances imaginables, 6c en pleurant beaucoup,.nbsp;de la laifl'er entrer d.ins le Parloir oü jétois avecnbsp;M. de Meaux, leur difsnt pIuGeurs fois; ,, Laif-
fés-moi voir la bonne Mere: mais quelle na-voic jamais oié le faire. Ce qui fait voir que les
niére fois quil mavoit vuë a Port-Rojal- amp; on mavoit confeillé de laccepter. life rendit a Pu-ris quelques jours après quil eut requ ma Lettre,nbsp;pour donner ordre a notre voyage, 6c pour ob-tenir nos obéiffiinces, (quil demanda pour Lenbsp;Font aux Dames ^ que javoischoifi paree que ceft
bien fe'véres. Car certainement elles paroiffoienc en avoir été touchces, 6c quelles avoient eu pei-la refufer. Jappris auffi que Madame denbsp;¦¦ Cette Dame lesconnoif-
une Maifbn de notre Ordre) ou tclle autre Maifon ordres quon leur avoit donnés pour nous e^oienc
que nous dcTirerions, a6n que fi je ne pouvois é- nbsp;nbsp;nbsp;..... '
Po}it drois.
la tendreffe 6c la compaffion quon peut attendre
dun bon frére; amp; me,promit toute 1affiftanc
ne a
tre requë, 6c que je ne me porcaflé pas bien au nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; je puflé aller en quelque autre, que je vou-
Courcelles y etoit venue.
foit, paree quelle a éte leur Penfionnaire, 6c leur
. nbsp;nbsp;nbsp; (Tki a' anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----------- ayant témoigné des fignes éxtraordinaires de bon-
quil luiferoitpoffibledemedonncr, non feule- té 6c damiué Dournous, elleseurentdelacunofité ment pour^ ma perfonne, mats auffi. pour les affai- de fgavoir, d oü elle me connoitloit, 6c doü ve
II me ttrooigna dans cette occafion toute
noit une 6 grande liaifon. Mais elles neme direnc pas un rare entretien quune de leurs Susurs avoit eunbsp;avec elle, que jai appris a Meaux de Mademoifellenbsp;De Guihora qui laccoinpagna h cette Vifite. Jenbsp;fuisbicn fachée de ne men pas fouvenir affez pour 'nbsp;lécrire, car il le mérite bien; mais je ne me fou-
res de la Maifon. M. de Paris, qui défiroic de fe decharger de moi, 6c méloigner de notre Mo-naftcre, lui accorda ce quil demandoit, mais ilnbsp;le ptia fort de me traiter en la même manié!e,6cnbsp;dans la meme captivité quil étoic réfolu de tenirnbsp;les autres dans fon Diocèfe, 8c lui dit quilneme
donnoit a lui qua cette condition. A quoi M. viens que de la Cnnclufion ' aue ié nai nu Aquot; de Meaux, qui ne vouloic pas prendre fes ordres, blier. ^ Tout ce difcours étantL fojet des^afFaires ^nbsp;lui fit reponle, quil devote sa ïurer qu ilnefetoic préfenres, 6c fur lobligation de 1obéiflance f.nbsp;nefi que de bien a propos. II s ctoit toujourspro- tilitc de la Ggnature, 6c la fatisfaftion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
mis que M. de Meaux fe chargeroitde moi, avanc pauvre Religfeufe avoit de 1avoir faire Ki? même quil lui en eut ecric, il 1avoit dit a quel- dit enfin que cette aftion leur dnnn^Anbsp;ques autres Prélats; amp; il ne lui en put diffimuler de confiance a la mort; amp; que fi dam cettféx-fa fatisfaólion a lui-même, qqi me dk; M. de irêmiié ie Démon la centoit contre la foi elle lui ^
^ nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; dirofo.
-ocr page 46-'Relation de h Perfécutlon des Religieufes de Port-Royal, avec aflurance: ,,Va-ten a \Archewché, trouveras ma fignature, amp; Ie tcmoignage M. de 1aris. Relation diroit do Ia Cap. delaM. de^^ que jai rendu a rËglife de ma foi: amp; qu a-bte Agnes cela elle ne craindroic rien. de Ligny. veille de la nativité de la Sainte 'P'terge M. XV. Cheron vint aux Vrjultnes. II me dit dabord que M. Cheron M. de Paris lui avoic donné ordre de me deman-''ouMtir d lindifférence, avant que de madmectre auxnbsp;manderquot;lin--Saints SacYements'^ amp; quil avoic défendu de menbsp;difference de les accorder fans cela. Je fus étrangemenc furpri-h 1art de fg ggjjg PropoGtion, a quoi je ne mattcndoisnbsp;nullemenc, M. de Parts n'ayant pas parlé de lanbsp;forte a M. de Meaux. Je lui cdmoignai ma dou-leur amp; ma furprife en répandant quanticé de lar-mes i amp; je lui dis que puifque je ne retuiois lanbsp;fignature que paree que jétois perfuadée que j of-fenferois Dieu en la faifant, je ne pouvois avoirnbsp;dindiffcrence fur ce fujet, a moins que detrenbsp;tout-a-faic indifférente amp; infenfible a 1 egard denbsp;Dieu-même, dont je croyois violer les Comman-dementsy amp; que fi jeuffe pu croire que ce futunenbsp;chofe indiflFérente en foi que de figner, je mefti-merois au contraire bien coupable de refufer do-béir a M. de Paris, amp; déxpofer pour ce fujetnbsp;noire Maifon a être dêtruite. Et je lui dis plu-ficurs autres chofes,en refufant de prometcre cettenbsp;indifférence, amp; en témoignaut que je ny pou-vüis entrer fans agir contre ma profire Confeien-ce, amp; en trahiflant la verité. 11 méxpliqua audïnbsp;fort au long toutes les raifons amp; les intentions denbsp;M. de Paris, qui 1avoit Chargé de me les fairenbsp;entendre. Cétoit ce me femble de me mettred^nbsp;vant Dieu, fans embraffer de parti, etant auflinbsp;dispofée a figner qua ne pas figner , écoutant toutes les Inftruétions quon me donneroit fur ce fujet, amp; priant Ditu quil me fit connoitre fa vo-ionté j amp; quil ne me permettoit point de Com-munier fi je nétois dans cette dispofition. Je luinbsp;fisriponfe , que je Ie fuppliois de dire a M. denbsp;Paris que puis quil ne lui plaifoit pas de maccor-der la participation aux Sacrements fans cette condition , qui métoit impolTible, jétois réfoluë denbsp;ne point Communier, amp; de ne point fortir denbsp;fbn Diocèfe, ni méme de ma prifon, paree quenbsp;M. de Meaux ne me prendroit jamais dans Ie (iennbsp;en eet étar. M. Cherm me dit encore, quunenbsp;des chofes qui fachoit Ie plus M. de Paris, étoit,nbsp;quil étoit perfuadé que ce nétoit que iattache-ment que nous avions a ces Meffieurs qui nousnbsp;faifok refufer Ja fignature pour des confidérationsnbsp;tomes humaines , amp; par un point dhonneur. Jenbsp;Ie priai fort de Ie détromper de cette penfée, amp;nbsp;de lafTurer comme je lavois déja fait moi-mêmenbsp;plufieurs fois; que nous nétions rctenuës que parnbsp;E feuie crainte de déplaire a Dieu, amp; de bleflèrnbsp;confeience; amp; quaurefte fi javois reconnunbsp;oue?anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelque confidérationSc i men'reürer nbsp;nbsp;nbsp;jaurois été la première rilt ^ ^ Changer dc fentimenr, quand J aurois du enrecevoir de la home dc de la confu- |
fiony ce que je lui dis a caufede la croyance qua' Relation voit M. de Paris que cétoit par courage amp; par de la Cap.nbsp;un point dhonneur que nous nevoulionspasnousdelaM denbsp;dédire. M. Cheron me témoigna beaucoup deSte. Agnèsnbsp;companion: amp; il me paroilfoit quil avoir regretde Ligny.nbsp;de fe voir engage a me pailer de la forte,amp; a menbsp;refufer les Sacrements. II me promit fort de re-voir dès Ie premier jour, sil Ie pouvoit, M. danbsp;Paris, amp; de faire fon poffible pour Ie faire con-defcendre a maccorder les Sacrements. Après eet entretien je demeurai fort trift:e,nef- xvT-pérant prefque plus de communier ni de fortir de M. cheron ma capcivité, mais fort réfoluë néanmoins dy de-s'**nbsp;meurer Ie reftc de ma vie,plutóc que de rien fairenbsp;contre ma confeience. Les Meres sécanc apper tien aveenbsp;gues de ma trifteUe, me prefférent de leur en dire^- de ste. Ie fujet, amp; je leur dis que M. de Parts mayant^Snès. accordé a la priére de M. de Meaux la liberté denbsp;parriciper aux Sacrements, il avoic apréfent change davis, amp; ne vouloit plus tenir la parole quanbsp;des conditions que je ne pouvois accorder en confeience. Elles mc témoignérent compatir a manbsp;douleur,mais Elles redoublérent ces derniersjoursnbsp;leurs exhortations duhe maniére qui métoit fi pé-nible, que je fouhaitois fort den être délivrée,nbsp;quoique je neufife pas voulu rien céder pour cela,nbsp;ni témoigner Ie moindre aflFoibliflement. Le len-demain (jour de la Sainte Vierge) M. Cheron re-vint, amp; me dit quil avoit eu bien de la peine anbsp;gagner M. de Paris-, quil lui avoit néanmoinsnbsp;fair voir quil ne pouvoit me demander 1indifFé-rence en une chofe ou jétois perfuadée que jof-fenferois Dieu en la faifant. II me dit auffi quenbsp;lorfquil avoic afluré M. de Paris de ma part quenbsp;li jeuffè reconnu que lon refufe la fignature parnbsp;quelque confidération humaine, ou par quelquat-tachemenc, je men ferois retirée quand memonbsp;jaurois dü recevoir de la honte amp; de la Confu-fion, il en avoit paru touché j amp; lui avoic ditnbsp;quil en étoit édifié; amp; quenfin il avoit confentinbsp;que japprochaffe des Sacrements, pourvu que jenbsp;promifï'e de prier toujours Dieu pour connoitrenbsp;fa volonté; amp; que je ne fuffe pas opiniatrétnencnbsp;arrêtée a ne la vouloir pas fuivre, sil me faifoitnbsp;connoitre que je me fulïe trompeeque jécou-taffe ce que me diroient les perfonnes quon men-verroient pour minftruire. Je lui fis réponfe ennbsp;fouriant, que je ne pouvois pas empêcher lesper-fonnes qui me verroient de me parler de ce quilnbsp;leur plairoic, amp; que je les laiflërois dire; amp; quenbsp;pour les autres points, quencore que je cruEè af-lez, connoitre la volonté de Dieu fur ce fujet, jenbsp;croyois auffi quil ny avoit jamais de hazard denbsp;promettre de prier Dieu quil nous la fit toujoursnbsp;connoitre; Sc quil devoir saffurer que sil eutécenbsp;poffible que je connufle clairement amp; fans aucunnbsp;doute que je me fuffe trompée jufqualors, je ne voudrois pas demeurer opiniatrémentdans unedif- policion que je Igavois certamernent etre mauvjj. fe;maisque pour lui dire la verke, jene Croyoispas que |
¦Relation de la Térficution des ReligieuTes de Fort-Royal, nbsp;nbsp;nbsp;47
de la Cap. de fujet dautreslumiéres, nemeiant Régleequelur
delaM dep-sCommandements, qui nechangent point. Jai Ste. Agnésg.j qijgique peine de navoir pas refufé Abfolu-de Liguy- ment tout ce quil me demandoit, encore queM.
Cheron vit fort bien mon fentiment. Je crains quil ne iait pas éxpliqué a M. de Paris ^ qui ennbsp;avoit pu prendre quclque impreflion autre que jenbsp;ne dcTirois.
M^ei'aris Néanmoins Dieu me donna une occafion de va'auK urfu-n^éxpliquer moi-même a lui dès ie même jour,nbsp;iincs; la M. comme je dirai bientót. Gomme je parlois a M.
un homme de Fort-Royal Ie vine querir luUmêraeau pour quelques-unes de nos Sceurs qui avoient be-fujet de laibin de lui. Je Ie fuppliai dy aller, afin de lesnbsp;gnatute. pouvoir Confeffer devant la Mefle, 6c de me faire après la charitc de revenir pour me Confeflèrnbsp;moi-même, 6c dire la Mefle, paree que celle denbsp;la Maifon oü jécois feroit dire: ce qu'il fic, 6c jenbsp;Communiai a fa Mefle avec beaucoup da couto-lation. Je detneurai enfuice dans une grande paixnbsp;enforte que ces bonnes Meres sappergurent de ma
.reU nütartiver nique Dieu mepücdontierrur Ie compnsfort bien , amp; li neparut pas motns fur-Relatmn Relation^ quecela putamv«,jjqnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pris de ma répünfe,queieravois écé defa congra-le Cap.
tulation,fi non quecela nefaifoitpasle en lui, car autanr que jétoisdemeurée froide ,il pa-^*^®-rut ardent, amp; il eut affcz de chaleur pourmen^® Ligny.nbsp;cotntnuniquer. Je ne me fouviens pas de tout ce quilnbsp;me dit, amp; jaime toujours mieux pafler beau-coup de choles que den écrire dont je nc feroisnbsp;pas bien aflurce. Je fqai bien fculement quil menbsp;reprocha que je nagÜl'ois done pas fincéremenc,
amp; que javois crompé mon Confefleur. Jie lui dis duïi ton élevé, amp; avec affurance, queje ne la-vois point trompé; que je lui avois declare nette-menc que je ne pouvois protnettre lindifférence,nbsp;paree que je nen pouvois avoir pour une chofenbsp;en quoi jétois perfoadée quil y avoir du péché,
confolation aufli-bien quelles avoient reconnula refiftèr ¦
veille ma douleur; 6c mayant témoigné leur joie, ne maniére fort^dure- cïr KéfeTce^d^M^^y amp; prie de leur dire ce qui setoit palïe , je leur F arts, fes carefles amp; fes réprimandesnbsp;dis que M. de Paris avoit écé fatisfait de ma dis- lui donnérent plus de hardiefe quelle nnbsp;pofition, ayant cté affuré que je ne confidérois encore eu, mayant paruë jufques-lknbsp;que Dieu, 6c queje ne défirois que de faire fa que les autres: mais depuis ce temps-lanbsp;volonte'; de quoi elles furent fort facisfaices,amp;me paria dune autre maniére,ne qualifiant plus nomenbsp;laifférenc paffer ce jour la dans un parfait repos, refus de figner que du nom de Schifme 6c dtdivi-txir rommppllpsrrovnient oueM. jJo» dans PEglife^ Sa nous traitanc d'héréti-
ques.
amp; que je ne pouvois faire fans ofFenfer Dieu 6c blefl'er ma confcicnce. II fe paffa bien dautresnbsp;difcours de part amp; dautre. II éxagera notre déf-obéiffance, notre opiniatreté; amp; prenoit la Merenbsp;Supérieure, qui étoic préfente, a témoin de fesnbsp;bonnes raifons, amp; du tort que rrous avions de lui
----- _ _ ,
Enfin M. de Parts me traita dune forte, qui xvill. me vint querir pour voir M. de t arts, raobligea par refpeél de me mettre a genoux, 6c Smte de fonnbsp;aandé la Mere Supérieure avant moi, je tachai a lui parler avec Ie plus de refpedt öc
r .apllp mo iticnofirinn maifi pile érnir nbsp;nbsp;nbsp;Oic nnlTtblc. QUoiflnpn Uiinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____
jufquau foir. Car con^e elles croyoient que M de Paris étoit content, elles Tétoient auffi, 6c nenbsp;me demandoient plus rien. Mais fur les 8 heuresnbsp;du foir,on me vinbsp;II avoit demandé__________ _ nbsp;nbsp;nbsp;_
pour fgavoir delle ma dispofinon, mais elle étoif modérlt'ion'quü me fut polfibie, qubiquen luiSue^ fort mal informeci car comme le lui avois dic fofirpnünpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r Ti me rpnmrha ,.,rr
que M, de P^nVëtovt fatisfait de ma dispolition °avo.s 5 r nbsp;nbsp;nbsp;^ n /ofnfr
fans lui éxpliquer en particulier tout ce qui setoic tel a finnpr^ Sceurs qu il y a 0 p ^ mor-paflè elle sétoit imaginé que jen avois change, voit nas rrr, nbsp;nbsp;nbsp;fembloic qu on n a-
öclavoitdic a M.de Paris^ qui après mavoir faic nos Sceurs eucr ^ Pf^pos que quelques-unes dc quelquescompliments, 6c mavoir dit avec civilké lant a Pnrr u ^*^7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;termes-la en lui par-
F- ?- nbsp;nbsp;nbsp;TTrndinee 1p ipnHP7n; T, C..Lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6c qucn cfFet je HC crois pas
pas il je lui éxpliquai: davantage que cttoit paifa un nbsp;nbsp;nbsp;fe remit dans la voie be i exa- pour cetceramp;ifon quejerefufois lalJamp;tiacure,maisje gération 6c de la douceur, amp; cpmme q ........------ *11110 ttVUJl ihouueur de me voir 6cc. II commenqa enfuite è me congratuler, ÖC a me lémoigner la joie denbsp;ce que la Mere Supérieure lavoit affuré que jétois dans une meilleure dispofition- amp; qffonma-voit irouvée en état de me faire Communier. Cenbsp;Compliment roe furpric un peu, amp; je demeurainbsp;fort froide, ce que je fus même bien-aife de luinbsp;faire paroïcre. Après un peu de filence, je lui disnbsp;dans la même froideur; iVlonfeigneur, je ne pen-fe pas èire dans une autre dispofition que celle ounbsp;j'ai toujours écé. Jai toujours fouhaité unique-ment de faire la volomé de Dieu, 6c je le déürenbsp;encore de tout mou cceur. Je ne me fouviens |
R. 5,Npti Mqnfeigneur, je ne 1ai pas dit? II me dit: Si vous ne lavés pas dit, il y a , bien des menteufes, car il y en a bien qui Icnbsp;,, difent. R. Monfeigneur , elles ne Ie peuvent pas dire avec vérité , car je ne me fouviens pas .nbsp; de lavoir jamais dit. Ceft figne, réparcic-il, I que vous lavés dit, car vous vous en fou-viendries. II roe femble quil me dit dès ce jour-la ou-bien il 1^ bit depuis a IVi. de -Meaux^ quil y avoit de nos Sceurs qui nous accuioient de be-aucoup de chofes.^Surja fin de fa Viliteil sap- |
4^ nbsp;nbsp;nbsp;Ri-lrttion de la Perfécution des 'Religkufes de Port-TLoyal^ 1664.-16^'). Relation perfonnes de nos amis lui avoienc fait reproche fut parti,la Mere commenga de nouveau a men- Relation ^ Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paro'es dares quil 'mavoir dices Ie jour quil Creprendre , ne me parlant plus que comme a de la Cap. gte A - nous priva des Sacremenrs, il men fit q'uel- une Héréüque, féparée de lEglife*; a une per-delaM.de dg£inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;éxcufes, en me difanc quil me prioit de fonne qui fe perdoit, amp; qui éreit dans un étacSte. Agnès ° 1éxcufer sil mavöit dit quelque chofe qui me deplorable j amp; ce nétoit plus, comme de cou- put faire de ia peine. Je me contentai de lui tumc fèulement, par voie déxhortation , ujm faire réponfe par une inclination , ne lui pou- avec des reproches, amp; un zèle qui paroiflbic éx- .. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j;. r..^ --nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r...- u\ .-r-. -- i---r --------1- nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* gations les unes les autres. Je .fedoublai mes pas, amp; quelle confondoit la joi amp; le/lt;*;Yrouren-inftances, Ie fuppliant de me permettre au femble, fans difcerner quon ne peut jamais être moins de la voir devanc la Mere Superieure des hérétique quand on embraffe route la foi de 1E-Fillesde Sainte Mark, qui feroit témoin de ce glife. Mais cette Mere étoit fi préoccupée defesnbsp;que nous dirions: mais il continua, rehauffant fa fentiments fur ce fujet, quelle nentendoit ni ncnbsp;voix avec chaleur, Sc Ie défir que javofs de re- compre^oit aucune des raifons quon luipouvoit XIX. On ne lanbsp;traite quenbsp;comme unenbsp;Sétfljque, iiaiic ce quv fe paCToit. Comme U vouluc sen aller ia Bénédiéilon. Il me dit, en 1nbsp;^ priés Dien quelle vous Cetve. vant rien dire fur ce fujet fans bleffer ou le-ref-fped: OU la Vérité. Lorfquil fut pret de sen aller, je Ie fuppliai trés humblement amp; trés inftammenc de mac-corder une grace , qui étoit de me permettre,nbsp;puifque jétois proche de Ia M. ^gnès^ de Palier voir en paflanc. II me Ie refufa dun tonnbsp;fort févére, me difant que ccla ne ferviroic quanbsp;nous faire tort a routes deux, amp; que nous nousnbsp;cevoir encore une fois cette confolation, que jenbsp;craignois être peut-être la derniére foisq me fitnbsp;auffi rchauflér la mienne, Sc mofFrir mêmede lanbsp;voir en prélènce de M. Chamillard^ ou de teilenbsp;autre perfonne quil lui plairoic, fans pouvoir né-anmoins lobtenir. II commenqa enfuite a dépeindre la M. Agnès felon fon idéé, amp; a lui donner des couleurs quenbsp;perfonne na jamais vu en elle. II éxageroit par-ticuliéreraentfafuperbe. Et comme jentendois cenbsp;difcours avec bien de Timpatience, je ne pus mem-pêcher de mécrier: La Mere fuperbe!nbsp; He'las Monfeigneur, vous nelaconnoiflcspas!nbsp;5, Cell la fillela plus vertueufe Sc la plus humble.!nbsp;II prit la parole amp; dit dune voix haute: Ouinbsp; elle eft lort humble, elle eft fort humble, anbsp;,, légard de Meffieurs les JanfemJieselle anbsp;,, beaucoup de refperft poureuxjbeaucoupdedd- férence pour eux; mais pour les autres elle nanbsp;3, que de Torgucil, de la luperbe, Sc de la pré-,, fomprion. Je mapperqus comme il me par-loit de la forte, que tous fesgensnousécoutoient.nbsp;Ils éroient entrés dans Ie Parloir penfiint peut-êtrenbsp;quil alloit fortir. La Touriére y étoit auffi quite-noic de la lumiére. Je dis a la R. M. Supérieure. Ma Mere eft-il befoin que tout Ie mondenbsp;,, entende tour ce que nous difons.? Elle dit a lanbsp;'Touriére de fortir. Les autres Ie firenc auffi;nbsp;mais ils demeurérent a la porte Sc auxfénêtresquinbsp;étoienc ce me femble routes ouvertes; Sc Ie Parloir étoit au plus bas étage jenfortequils nous pou-voient voir amp; entendre a leur plaifir. Notre affairenbsp;^oujours écé traitée dans ce feeree, Sc les Do-naire^ce^ tie M. Paris ont Iqu pour lordi-je lui demandainbsp;me la donnant:nbsp;Au ilitöt. quilnbsp;maïs |
^ *¦ . quot; traordinairement animé. Je ne me fouviens pas affez, de tout eet Entretien pour en pouvoir riennbsp;rapporten Tout ce que jen puis dire, ceft quilnbsp;y avoir peu de railbn a tour ee quelle difolcjnbsp;amp; que lon a étrangement prévenu ces bonnesnbsp;filles, fans quelles fqachenc au fond de quoi ilnbsp;sagit, amp; je ne pus m'empêcher de lui faire quel-ques réparties avec emotion, pour lui (-airenbsp;voir quelle condamnoit ce quelle nentendoU Q- ..gt;-11----e----1-^1 j- ¦ quot; ¦ dire. Elle me vouluc conduite dans ma cham-bre, oü elle dit une partie de tout ce qui sé-toit pailé au Parloir, Sc du mécontentemencde M: de Paris , a la M. de la ConceptioK, quinbsp;vouluc me charger de nouveau de prendre lepar-ti de fon Prelat j Mais ia Mere Supérieure, quinbsp;jugea fans doute quejavois été affez batcuë pour unenbsp;fois, fit figne de nen pas dire davantage j mais fon (i-lence ne dura pas Iong-tlt;»ps,amp; Ic lendemainellenbsp;lecommenqa a me preffer étrangement. Maisnbsp;comme javois reconnu par éxpérience que leurnbsp;prevention les rendoit incapables de compren-dre la Vérité , jaimai mieux me taire que denbsp;leur répondre ; deforte quétant allee uue foisnbsp;avec elle dans une petite Chapelle,ou elle avoicnbsp;mis mes hardes, Sc done elle avoic la Clé- Scnbsp;ne la pouvant perfuader ni obtenir par les prié-res que je lui faifois de ceffer fes difconrs, anbsp;quoi je ne pouvois prendre part lans contefternbsp;avec elle, ce que je ne voulois pas faire,je menbsp;mis k genoux comme pour me mettre en prié-rc. Elle qui vit bien que cétoit pour men dé-faire me donna en riant un petit coup fur lé-paule , en difanc: La méchante Mere! Etnbsp;il me femble quelle ne men paria plus depuis. Mais je ne demeurai pas long-temps avec elles xx.' car cétoic ia veille que je fords. Madamenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Ligny me vine voir Ie foir, Sc mapporta une p* Letcre de M. de Meaux ,c\ui mavoit envoyé un luj annoncetnbsp;de fes Aumóniers pour me conduire a Meaux^on{^ tranflaüoonbsp;elle me devoit méner. Nous réfolümes enfémble*nbsp;quelie enverroit Ie lendemain querir ma Soeur Anne Cecile a Saint Denys pour me venir prendre amp;cnbsp;maccompagner chez elle, oii nous devions cou-cher. Javois appris de M. de Meaux que manbsp;Sceur Anm Cecile étoit i Saint Vexys^^ Sc toutnbsp;ce qui lui étoit arrive. Je crois qu fi Iayoirnbsp;appris de M. de Paris naeme, qui ]uj donna fon |
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45 'Relation de la Terfécutian des Religieufes de quot;Port-Royal^ nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;niii la Héfendoienc; amp; que mes f leujei ae i. v/^/--xxuy^ qui la defendoiene; amp; que mes fautes retombe-R^l*^'®^ roienc fur eux amp; 1'ur touce notre Maifon , que^^ la Cap.nbsp;jécois bien-aife de tenir en bonne odeur,nbsp;que cela étoic avantageux pour la vérjré\ que jenbsp;ferois doublemenc coupable de faire aucrement/'® L'S^'y-fit juger quelle e'toit peut-etre demeurée Dieimia- Cela étoit caufe que j avois une attention parti-lade enfuite de ce qui sétoit pafle chez nous^ car culiére a paroitre coujours dans une grande mo-je navois garde de mimaginer quelle en fut for- deftie amp; recueilletnent, paree quil me fembloic ni.Vllp néroit nas dans que cela eft fort renwrqué dans ces Religions Nouvelles^ amp; j'avois quelquefois peur quil nynbsp;eüt un peult;iHypocryfie; quoi-quen eflet cela Icnbsp;fit aflèz. naiurellcment, nétant nullement en étatnbsp;de me divertir. iuivre. Devant que de partir les nonnes ivicics jenvoyai prier M. Cheron de me venir yoir XXI, _ me prefferent fort daller voir leur Maifon ,sof- avant que de partir, pour lui dirc ce qui s étoitnbsp;franc de me faire voir ce quelles ont de plus beau. paffe avec M. de Paris ^Sc particuliérement paree cheron , A4; ;----n.,,i»mpnr dp vnir Ipiir.s Saintes quLl mavoit parlc commc ne trouvant pas bon pout inifal- que je continuaffe de participer aux Saints Sacre-'^ nbsp;nbsp;nbsp; ments, amp; mavoit reproché la Communion que Pads liii a-javois faite Ie jour de la Sainte Vierge ^ comme fivoit dit, je Ieuile éxtorquée par furprife. Je ne me fou- *lUl»VvaV.»*JW»t**.,w »v.. nbsp;nbsp;nbsp;----- ^ Mais je confentis feulemenc de voir leurs Sainces Reliques , que jétois bien-aife dhonorer. Ellesnbsp;en one beaucoup, amp; elles ont une Chapelleaffeznbsp;grande tk fort ajuftée, queMademoifelleafenbsp;Beuve leur avoit fait ajuftcr éxprès pour les met-tre. Elles me firent aulïi entrer dans la Chambrenbsp;de la Cotnmunauté, qui eft proche de cette Cha-pelle, amp; je les priai de me difpenlêr daller plusnbsp;loin, nétant pas venue dans leur iVionaftérepournbsp;mc divertir. Elles mont offert diverfes fois denbsp;me méner dans leur Jardin; mais je lesen ai tou-jours remerciées. Je ne lauroispasrefufé fi javoisnbsp;cru que j'euffe pu voir de la notre Mere Agnèsnbsp;dans celui des Filks de Sainte Marie, comme jainbsp;appris depuis que je leuffe pu faire. Ca été lanbsp;feule curiofité que je leur aie témoigné pendantnbsp;que jai e'téavec elles, marrêtant toujoursaunlieunbsp;OU je paffoisfouvenc pouraller a la Chapelle, amp; doünbsp;1on voyoic dans lejardin de Slt;t/K/ejMlt;ar/e/mais nynbsp;rencontranc point les perfonnes quejecherchois,nbsp;je men retirois route attendrie, de forte que cel-le qui me conduifoit foupiroit fouvent avec moinbsp;de compaffion. Je puis dire que je navois jamais fenti fi fen-fiblement 1intime union qui étoit entte nous deux, dont Ie fouvenir me faifoit fondre en lan lYjes nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---------- ^rww nnp iVnfPrt^if. aont 1C luuvciui ------------------- ^-------- j mes. Depuis ie premier jour que j entendis fon- dérer 1accueil que nbsp;nbsp;nbsp;re nni leur ner Marines a Port-Royal, jen'avois plus recon- fit laifler quelque tem ? faifions, ce qui eur iicr iviaiitic-d « nbsp;nbsp;nbsp;' --'y.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7 V - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«vvvjii- nu la Cloche jufqu^ qudques jours avant Toon déparc, que jentendis fonner la preface amp; 1éleva-tion de la Meiïé du Couvent. Je ne fqaurois éx-primer le mouvement de joie amp; de douleur toutnbsp;enfcmble que je reffentis a ce fon, qui me fur-pric; Scü mimprima une révérence amp; une dé-votion, comme fi ceut été un Ange du Giel quinbsp;roe fut apparu. Je me jettai a genoux pour adorer notre Seigneur avec mes Chéres Sceurs- amp;nbsp;depuis ce temps-la jentendois fonner prefquetoutnbsp;leur Office,amp; je me réglai a le dire avecïesïnbsp;tant que je pouvois dans un même Efpric. Pendant que je fus aux ürjulhies javois grande attention de ne rien faire qui les put mal-édifiernbsp;particuliérement paree quil me fembloit que cenbsp;feroic en quelque faqon fcandalifer la vérité 6c ceux Relation fon obciffance avec la mienne pour aller a de ia Cap. Javois été bien en peine delle, ayant bien recon-delaM. de nu par les hardes quon mavoic envoyc quelle nenbsp;Ste. Acnéssen étoic pas mêlée, car on mavoit envoyé unenbsp;de Ligny- partie des fiennes au lieu des nótres : ce qui menbsp;fit juger quelle étoit peut-être demeurée bienma-' enfuite de ce qui sétoit paffe chez nous,; carnbsp;'avois garde de mimaginer quelle en fut for-tie, non lêulemenc paree quelle nétoic pas dansnbsp;!a lifte de M. de Paris^ amp; quil ny avoitaucunnbsp;précexte de lenlever comme les autres; maisauffinbsp;paree que javois vu comment M. de Paris la-voit rebutée, lors quelle lui avoit demandédemenbsp;Iuivre. Devant que de partir les bonnes Meres |
viens pas bien de fes termes; mais feulemenc auil me paria bien duremenr, amp; affez conformémenenbsp;a ce que j ai appris quil a dit depuis a nosSoeursnbsp;que routes les fois que je Communiois ie faifoicnbsp;un Sacrilege. M. cheron fot fort furpris deTnbsp;tendre cecce conduite de M. de Parh oui rbnbsp;geoic fi fouvent de parole. II me confoia avecnbsp;grande charité, amp; me promic de Ie voir Sc denbsp;Ie faire fouvenir du confentemenc quil avoit don-né pour mes Communions, fans que jeulle ufénbsp;daucune diffimulation pour obcenir cette grace. Le 10 du mois, ma Sueur Anne Ceeik mc- xxii. tanc venuë trouver aux UrJuHnes^ ies^ Meres menbsp;conduifirenta la porte du Couvenc, oü les princi-önnbsp;pales fe trouvérent comme a monentréeavec beau-anivée chetnbsp;coup de civilité; amp; lors quelies meurenc ouvett®!^ porte , ma Scsur Anne Cecile , qui avoit été nbsp;nbsp;nbsp;J Suafi dans défespoir de ne nous revoir jamais, a mes genoux, amp; membraffa dansnbsp;mnitoucha; amp; elles té-Aprex Tarrupu^J^ fatisfadion amp; du plaifir a confi- qui nous devo'ientVcr'A*'^* nbsp;nbsp;nbsp;^ p°' nous trouvér^ nbsp;nbsp;nbsp;réï nir avec tom le troupeau. Je fus furprife en regardant ma Sceur, amp; gjlg au(jj gj, mg voyantnbsp;Lafflidion nous avoit tellement changécs en ic' jours, quil peine pouvions-nous nous reconnoi tre. Nous arrivames chès mon Frére, oülui 6c ma Belle-Sceur lachérent de nous conloier amp;dnbsp;nous donner efpérance que la violence ne dure ^nbsp;pas toujours, amp; quilfalloit que nosparents amp;nbsp;nos amis travai!la,flent a cela. Us tne cnr,fp;igt;'nbsp;tous deux amp; méxhortérenc fort de eboifir Satnte Mark de Meaux pour nn? ^ ' jhont grande affeétionpo.ur cette Maifon, cüüs avüitnt |
Relation de la Perféution des Religieufes de Port-Royal\ \ 66i^-l66^. ots pas i amp; que méme je ne devois rien lans mes Soeurs. M. Cheron ne me témoi- Relation avoient mis leurs deux filles ainées, quifonrmor-ile la Cap, tes. Mes deux Coufines de Rentilly y font Reilde la M. de gieufes, amp; deux petites de Herjes, Pendonnaires. Ste. Agnès Belle-Soeur a permiffion dy entrer; amp; ellenbsp;de Ligiiy,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ eftinae beaucoup, particuliéremenc la Mere dépofée, qui eft une fille adroite,qui a gagné fon cceur, amp; done elle me difoit merveil-le, me voulant perfuader quejemaccorderoisad-mirablement avec elle. J'oppoibis la grande ré-pugnance que nous avons toujours eu pour entrernbsp;dans des Maifons de eet Ordre, f^achant que cesnbsp;bonnes nlles nous étoient des plusoppofées, amp; en-tiéremenc conduites par des JéJuites . que leur régie amp; leur conduite étoient fort diftérentes desnbsp;nótres^ éc que je delirois entrer dans une Mailonnbsp;de notre Ordre , sil fe pouvoic, ou de celui denbsp;Saint Benoit, ce qui mavoit fait jetter les yeuxnbsp;{m\tPont-aux Dames^ ou fur un petit Monafté-re de BénédiBmes^ qui eft dans Meaux, obfer-vanc Ia grande Régie. Car pour Parmosttiernbsp;de Meaux ne vouloit pas abfolument que je mynbsp;retirafl'e me difant quil éioit crop tloigné de Meaux-,nbsp;quil ne pouroit y aller que trés raremennt: amp; quenbsp;me retirant dans fon Diocèfe, 11 vouloit avoir lanbsp;Confolation de my voir. Pour ce petit Monaf-tére, mon frére amp; ma Belle-Sceur firent ce quilsnbsp;purent pour men détourner par plufieurs raifonsnbsp;qui ne faifoienc pas grand effet dans^ mon efprit,nbsp;nétanr fondées que fur leur pauvreté; ainfi nousnbsp;ne primes point de réfolution, remectant a lanbsp;prendre chez M. èe., Meaux. XXin. M. Cheron me vint voir chez. mon rr^m-jyi. cheron ne me fouviens pas de ce qu il me du de la part va lui rendte^j M.de P«m.mais il faut bien qu il Teut fait rc-M^fon o?rc: venir a fa première parole car il nous confeflanbsp;jaConfeiTe toutes deux, amp; nous laifla avec la liberté decom-?ll?'^,!I''munier, fans rien promettre davantage: au con-niet. traire, je m expliquai encore avec lui, diiant ennbsp;nous féparant: Au moins, Monfieur, je nenbsp; veux pas vous tremper ^ encore que je promet- te de prier toujours Dieu pourconnoitrefa vo-lonté , je ne crois pas quil me puiffe donnernbsp;,, dautre connoiflance que celle que jai a pré-fent. II me dit: II futfit que fi Dieu vousnbsp; faifoit connoltre que vous vous êtes trompee,nbsp; vous ne fuffiés pas arrêtée a ne vouloir riennbsp; faire. Je lui dis, quil faudroit done quil menbsp;fit connoitre trés clairement amp; fans aucun doutcnbsp;que je duffe faire autre chofe que ce que nous a-vons fait. Je me fouviens davoir dit a quelquunnbsp;(amp; je crois que ce fut a lui même,, lui ayantditnbsp;bien au long mesfentiments,) quendemandant anbsp;Dieu de connoitre fa volonté, je préfluppo-fois qu'on nous pourroic propofer quelque chofenbsp;que nous pourrions faire en confcience, paree quenbsp;pour tigner Ie Porm-ulaire je fqavois bien que jenbsp;ne Ie devnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..... faire gna point defapprouver tout cela: amp; il me donnanbsp;autant de coniolauon que jen pouvoisrecevoiren |
eet étac. II me donna auffi quelque confeil fur no Relation-affaires, amp; me dit entrautres chofes, que M de de la Cap. Paris prétendoit que je nétoisplus Abbeifcj mals delaM.denbsp;que je 1étois néanmoins j amp; quedi .V] Akakia. Stenbsp;mapportoit des Quittances pour figner que je Ie L'Sfy-devois faire, encore que M. de Paris ne Ie vou-lüt pasj amp; quil étoit important que je Ie fifte. IInbsp;me die auffi que ma Steur Doroth/e lui avoir ditnbsp;que ma Sceur Plavie lobfédoit; amp; quelle étoitnbsp;inceflammcnt après elle. Encore que jeuffc grandenbsp;peur de )a foibleffe de cette pauvre fille, que ja-vois vu fort ébranlée, je ne la croyois pas capable néanmoins de prendre part a la trahifondemanbsp;Soeur Flavie. Je craignois feulement quelle ne lanbsp;gagnat par la fignature, ce qui me fit prier M. Cheron de lui dire de navoir point de communication avec elle. II me Ie promit, en étant bien davis auffi-bien que moi. Je connois affez. biennbsp;ma Soeur Plavie-, amp; je lui en dis encore tout cenbsp;que je crus nécellaire pour la faire connoitre a mesnbsp;Sceurs Pranfoife, Agathe, Franfoife-Claire, amp;nbsp;aux autres principales, que je la iuppliai davertirnbsp;de sen donner de garde. 11 étoit dans cedeffein -,nbsp;mals M. Chamillard Ie chaffa du Parloir, commenbsp;lon fqait. Je fis avertir M. Akgkia que jetois chez mon frére, amp; que je ferois bien-aife davoir lhonneurnbsp;de Ie voir. II prit la peine dy venir, amp; me ditnbsp;des nouveiles de nos chéres Soeurs, qui me don-nérent une extréme confolation, quoiquen mê-me-temps je fus fort afHigée de ce quil me ditnbsp;que ma Sceur Flavie étoit fort ébranlée depuisnbsp;quelque temps, amp; quon croyoic quelle fe ren-droii a la fignature. On navoit pas encore dé-couvert que cétoic elle qui faifoit jouer tome cette tragedie. Je nen fus pas néanmoins bien fur-prife, nous ayant donné affez de fujet de nousennbsp;défier. II me dit quon étoit fur Ie point de faire imprimer nos Adtes. Je Ie priai quon diffé-rat un pcu, paree que M. Cheron, qui avoit fgunbsp;ce delTein, mavoit fait entendre quil nétoit pasnbsp;a propos de Ie faire promptement. Je Ie priainé-anmoins de me les envoyer quand ils feroientim-primés. Je ne fgai pourquoi on ne Ie fit pas, carnbsp;dans ce commencement je recevois tout ce quonnbsp;raenvoyoit. Jappris, étant chez mon frére, a-vec bien du plaifir que M. A'Andilly amp; M. denbsp;huzancy étoient rélégués 'a. Pompone, amp; ma Steurnbsp;Hjpolite prit la peine de me venir voir en les al-lant trouver. Nous parnmes de Paris Ie jeudi 11 Seprembre -, amp;c nous arrivames Ie foir a Meaux, ou je demeu- d^pjrt ral a lEvêché jufqua famedi au foir. Nousyde Pans,amp;nbsp;fümes fort bien reguës. M. de Meaux me té-moigna beaucoup de fatisfaéiion de me pouvoirceptièn quenbsp;affifter dans cetre rencontre: amp; quoiquedailieurs luinbsp;il fut fort touché de notre douleur amp; de la ruïnenbsp;de notre Monaftére, quil eftimoit fort, il nous (fon liére.)nbsp;dit entre autres chofes, en taebant de nous con-foler, une parole affezremarquable fur ce que nous appré. |
¦Relation do la Fèrfécution des 'Religieu('es de Fort-Royal, r£64.-igtSf 51 _________promis a farts, u repuuua, que je les pouvois voir, fi je le fouhaittoisj mais quil ne voyoit pas oü je pouvois aller préfentement,nbsp;li ce néioit a Sainte Mark, paree que Madamenbsp;du Pont-aux-Igt;ames avoit témoigné a Madamenbsp;de Guimené (quil avoit priée de la fonder fut monnbsp;fujet) queile ne défiroit pas de me recevoir chez.nbsp;elle; que Madame de Notre Dame, qu ü avoit éténbsp;voir, 6c avoit dis éxprès devant elle que je de-vois arriver bientót, amp; quil fe tiouvetoit quel-ques Religieufes aflèz charitables oour vouloirnbsp;bien me recevoir, ne sy étoit pas offerte; amp;nbsp;que pour le petit Monallére des Benediétines,nbsp;auquel javois penfé au défaut du Pont-aux-Dames, il ny avoit aucune apparence de mynbsp;inettre, la Prieure étant motte, amp; ne fqachantnbsp;encore quelle feroic cclle quon mettroic a fanbsp;place. amp; de plus, quelles étoient fort étroice-ment logees, leur Dortoir nétant pas bad ; amp;nbsp;quellcs navoient point dautre Chambre a menbsp;donner que celle dc la Communauté, ce qui lesnbsp;auroit bien incommodées; que je pouvois effayernbsp;de Sainte Marie; amp; que li je ne my trouvois pasnbsp;bien, je choifirois un autre lieu; amp; quil avoitnbsp;éxprès demandé mon obéiflance pour le Pont-aux-Dames, ou tel autre endroit dc fon Diocèfenbsp;quil jugeroit a propos, afin quejeuffelalibertcnbsp;de choilir. M. de Meaux étant cnlré dans fon cabinet pro-che de cette Chambre, je le fuivis, amp; lui deman-dai fi cétoit done une chofe Réfoluë que nous ________________, me témoigna grande compaffion de notre état Sc un grand déiir de nous fervir en tout ce quil pourroit; ce quil di-foit tout a fait de bonne grace, amp; comme parlant du fond du cceur. je lui en cémoignai manbsp;reconnoiflance; Sc après quil fe fut retire, M.nbsp;de Meaux me dit, que eet Eccléfiaftique lui avoitnbsp;dit que Madame de Notre Lams lui avoit temoi- G 2 nbsp;nbsp;nbsp;ê® Relation apprébendions fort, que la violence, ou les Ca' de ia Gap. retiès , ou les! perfualions de ma Soeur F/avienbsp;cielaM dene pervevtiflent une partie de nos Sceuvs quinbsp;Ste. AH;nè5avoient Créance en elic: amp; je craignois enfuite Ienbsp;de Ligny- renverfement de la iVlailbn. 11 me fit Ibuvenirdenbsp;ce que Gamaliel repréfenta aux Juifs, qui vou-loient perdre les Difciples de Notre Seigiieur-, amp;cnbsp;nous dit quil lui fembloit quoii pouvoit dire lanbsp;même chofe de nos Soeurs amp; de nous toutes^quenbsp;fi les fentiments oü nous cdons entrées étoientnbsp;humains, amp; nous avoienc été infpirésde la partnbsp;des hommes, ils fe diffiperoient petit a petit :nbsp;mais que sils étoient de Dicu, nous navions riennbsp;a appréhender, paree que rien ne 1'eroit capablenbsp;de détruire les oeuvres de Dieu ¦ amp; quainfi nousnbsp;devions tout abandonner a la providence , lansnbsp;nous en inquiéter. Le Vendredi matin après avoir ouï la Melle dans la Chapelle de lEvêché, M. de Meaux nousnbsp;tnena dans la Cbambre de Madame de Ligxy, quinbsp;nous avoit accompagnées a notre voyage. Ellenbsp;me dit qu elle iroit après diner me taire appré-ter une Chambre aux Fil/es de Sainte Marie; Etnbsp;cn ayant témoigné ma furprife, elle me dit quel-le croyoit que je lerois mieux, amp; avec plus denbsp;douceur dans cette Maifon, que dans routes au-tres. Je demandai tl M. de Meaux fi nous nirions pas voir les Religieufes de la Ville, comme ilnbsp;me lavoit promis a Parts. Ilrépondit, |
inons a Sainte Marie, lui repréfentant les raifons Relatio» qui nrien donnoient de réloignement. II me té-de la Cap.nbsp;moigna quil auroitbien voulu mecontenter,maisdelaM.denbsp;quil navoic point de pouvoir fur le Poni-aux-^'-^- Agnè»nbsp;Dames; que cétoit pourquoi il navoit pas vou-^^' Ligny.nbsp;lu lui-mêrae faire la Propofidon, de peur davoicnbsp;un refus; que pour les autres Religieufes de ianbsp;Ville, il croyoit que jaurois plus de fatislaédonnbsp;a Sainte Mark qua pas un autre. II me ditnbsp;beaucoup de bien de ces bonnes filles; Sc maffuranbsp;quellcs nétoient pas conduites par les Jéfuites,nbsp;comme la plupart de leurs Maifons, raais^ feule-ment par lui Sc par les Eccléfiaftiques quil leurnbsp;donnoic; Sc quelles nétoient point prévenuësnbsp;comme les autres, ne prenant point de part Sc nenbsp;parlant point chez elles de toutes ces difputes dunbsp;temps; quil me prioit dy entrer; Sc quil saflu-roit que je my accommoderois; finon quil feroiCnbsp;toujours facile den fordr; Sc quon jugeroit mieuxnbsp;avec le temps de ce quon pouroit choifir, fi jcnbsp;ne my trouvois pas bien. II me perfuada de lanbsp;forte dy entrer, ne voyant point dautre lieu nbsp;car pour t'armontier, il ny vouloit point entendre, a caufe de 1éloignement, amp; que le cheminnbsp;eft fort mauvais Sc détourné; ce qui fit que jenbsp;ne 1en preffai pas auffi ,craignant que je ne pour-rois recevoir la des Nouvelles de nos amis Sc denbsp;notre pauvre Maifon. II me paria auflj de nognbsp;affaires temporelles, jugeant bien quil feroit anbsp;propos de porter nos plaintes au Parlement, Scnbsp;me promit qu'en ce cas, il nous ferviroit avecnbsp;toute lafieétion que je pouvois attendre dunnbsp;Frére.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. Le Confeffeur des filles de Satnte Marte étant venu, M.de alia parler a lui, Sc peu denbsp;temps après me vine quérir pour le voir; ceftunnbsp;Chanoine de la Cathédrale,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fort pieux amp; charitable, mais non pas fort habile. 11 a néan-moins de lamour pour la vérité; il eftime fort les Livres de nos amp;mis,Sc leur conduite. II goütenbsp;fort le défintéreflement qui a toujours éte a Port-Royal. Il Ibuhaiceroic fort quil fut dans les autres Religions; il approuve aufli fort toutes les autres bonnes maximes quil tache dinfinuer dansnbsp;lEfprit de celles quil Confeffe: mais il ny réuf-fit pas toujours. Du refte ceft un homme quinbsp;na pas beaucoup détude, ayant des infirmités quinbsp;1empêcbent de sappliquer, Sc qui eft un peu facile a parler Sc qui na pas toujours la fermeté Scnbsp;la lumiére quon pourroit fouhaiter, comme jenbsp;le ferai voir par le rédt de ce qui seftpaffé au fujet de la fignature. II me fit beaucoup de civilit-^nbsp;dans cette première entrevuë, |
51 nbsp;nbsp;nbsp;neUtwi de la Verfécution des neligkufes de Port-Tloyal, 166^-166^ UeUtion gné quelle auroit bien fouhaité de me voir, mais a-dieu a M.de Meaux.h a ma Bede-bceur ,ja Mede la Cap quelle ne lavoit pas chargé de nous en paarler^ de la M. de gj jj demanda fi ie voulois y aller. ArT»gt;Ao .....- rlanüe de Guimené. rant pas de me parler au travers de la Grille. Elle vint laprès-diner avec M. de Guimené: elle vou-lut mentretenir è part, amp; le fit avec tous les té-moignages de bonte' amp; daffèdion pournousrou- après quelquc petit compliment quil me fit, pour ------;me faire trouver bon ce quil vouloit me dire, quil fouhaitoit que je lui fille voir les lettres que jócrirois ou que je recevrois dans le temps quilnbsp;feroit a Meaux-, 6c quen fon abfence il ne vouloit pas mobiiger de les montrer aux tMeres, maisnbsp;quil me prioit feulement de leur montrer le nomnbsp;des perfonnes qui mecriroient, amp; de trouver bonnbsp;que la Mere dépofée maccompagnatquandjiroisnbsp;auParloir, a léxception de quelques perlonnesdenbsp;nos proches, qail me nomma. 11 me dit qu ilnbsp;me donnoit cette Mere, parcequil croyoit quenbsp;jaurois plus de iiberté avec elle, amp; que c étoitnbsp;une perfonne quil connoiflbit parfaitement, dcnbsp;quil mafluroit quejy pouvois prendre confiance.nbsp;Ce difeours me furprit amp; mafHigea fort , voyantnbsp;bien que je ne ferois pas en ce iieu avec la Iiberténbsp;quejavois efpéré. Je nen defirois quune, quinbsp;étoit dapprendre des nouvelles de nos Sceurs, dcnbsp;de recevoir des Confeils de nos amis. Je ne menbsp;fouviens pas de ia réponfè que je iui fis, mais ft Ste Ap ' nbsp;nbsp;nbsp;** -WiJ.KiJii.ta 11 jv vv.yunJiJ y aiici. II HIG dlC de Lieny^ nbsp;nbsp;nbsp;fembloit quil nétoit pas fort néceflaire, ° puis quelles ne nous en faifoienc pas prier, amp; quelies devoient parler plus éxpreflémenc. Je pa-roiflbis un peu piquée de ce quelles ne soffroiencnbsp;pas de me prendre, après lui avoir parlé coromenbsp;il avoir fair. Moi qui navois plus aucuneidée denbsp;Madame de Notre Dame ^nc fqachanc pas quecé-toic Madame de la Viewville, qui étoit venuë plu-fieurs fois a Port-Rojal pendant quelle ctoic' encore Coadjutrice , amp; qui avoir écé même forcnbsp;föulagée dans une facbeufe maiadie par une Neu-vaine que nous avions faire pour clle a la Saintenbsp;Byine , dont elle avoir témoigné beaucoup de re-connoiffance amp; bien de leftime pour nos Meresnbsp;amp; pour la Maifon: je Jui téraoignai que je ne dé-firois pas me promener;amp; que puis quil ny avoirnbsp;pas lieu de choilir une Religion, je ne fouhaitoisnbsp;plus den voir pas une, amp; que je ferois bien-aife den-crerau piutotaux PillesdeSre. me refervancnbsp;la liberré den fortir, fi je ne my trouvois pas bien.nbsp;Je paflai néanmoins ce jour-la avec eux. Le len-demain M. le Théologal (Supérieur des Filles denbsp;Sainte Marie) me vint voir: elles menvoyérerjcnbsp;aulïi leur d ouriére me faire leurs compliments,nbsp;amp; me témoigncrleur reconnoiffanceamp;leurjoiedenbsp;ce que je ks avois choilies pour my retirer. XXV. M. de Mêaux ayant envoyé un hotnme a Cou-Son Entr^ nbsp;nbsp;nbsp;po^r faire nos civilités a Madame de Gui- le fit prier que je nentraflè ^aamp;aSauite Marie quelle ne meüt vuë auparavanr, ne défi- tes qui fe puifife imaginer,sattendrifrantenmevO yant pleurer. Elle me promit fort obligeamentnbsp;de ne point perdre doccafionde nous fervir, amp;nbsp;elle seft en effet acquittee de cette promeflè , M.nbsp;de Meaux mayant fouvent alfuré quellesemplo-yoit pour nous aurant quil lui étoit poilible. Jenbsp;la fuppliai fi M. de Paris cnlevoit auflfi la M.nbsp;Prieure des Champs, 'quelle la demandat commenbsp;fa parente, afin quelle la put mettre avec nous.nbsp;Elle entra fort dans cette Propofition, amp; me lenbsp;promit auflfi de fort bonne grace. Elle mappritnbsp;que cétoit M. Chamillard qui avoir écrk la liftenbsp;de celles quil falloit eniever, amp;quiavoitprisfoinnbsp;de trouver des Carofl'es pour cet effet. XXVI Le foir du mêrae-jour, qui étoit un famedi 13 Hie cntie Septembtc, N\. At Meaux mt mzna.2 Sainte Ma-Lies Meres amp; quelques-unes des anciennesnbsp;$j*e. Marie ''esurent avec le meilleur accueil du monde.nbsp;(4e Meanx.')i''nempêcha pas que nous neuffions le obligées de changer fi chére, en une quinbsp;nous etoit etrangere amp; tout a fait inconnuë. A-pres avoir adore le, trés Saint Sacrement 6c dic |
a ivi.de nbsp;nbsp;nbsp;I's ama BeUe-b'ceur,laMe- Relation re Supérieure, qui étoicen retraite, me laifla entrede la Cap. les mains de la Mere dépofée, qui étoit deftinéede la M.denbsp;pour avoir foin de nos befoins amp; pour nous en- Aqnésnbsp;tretenir. Cell: une fille qui a de I'efprit, is. qui^ -Ligny.nbsp;eft fort conlidérée dans la Maifon , amp; même dansnbsp;fon Ordre. Et il nous a paru que ies Filles denbsp;Sainte Marie, qui avoient fort envie de nous ga-gner, avoient mis leur confiance en fon adrelïè.nbsp;Néanmoins M. de Meaux lui avoir defendu denbsp;mimportuner fur la fignature, quoiquil meutnbsp;laiffé a moi la liberré de dire tout ce que je vou-drois, auffi bien fur cetce affaire que fur tout lenbsp;refte. II mavoit feulement price de ne point parler a roes Confines, qui font jeunes, ni aux au-tres SceurSjde peur de leur donner quelquestroubles fur ce quelles avoient déja fair: car il meté-moignoit navoir pas deflein de retirer la fignature dans fon Diocèfe ¦ amp; je crois quen effet il nenbsp;Iauroit pas faite fans la Bulk du Pape. Cette Mere dépofée nous mena i la chambre xxvll. qui nous étoit préparée,amp;envoyaquerir mes deuxEHesyttou- Coufines (de Rentillj) qui y font Rcligieufes, amp; qui mont toujours témoigné bien de 1'aroitié. Lcqu aux Ui-foir fe pafTa de la forte avec un grand ferrementfulinc*.nbsp;de coeur de notre part. Nous nemanquamespasnbsp;de remarquer, que nous avions fait cette entreenbsp;la veillc de la Sainte Croix. Le lendemain M.nbsp;de Meaux vint dire la Meflè du Couvent , amp;nbsp;nous Communia. Après la Mefle la Mere Supérieure Ialla voir devant moi j amp; apparatn-ment elle le pria de me donner Ics ordres pournbsp;leur fureté. Ce quil fit en partie, mais il ne leurnbsp;accorda pourtant pas tout cc quelles euffent biennbsp;fouhaité, comme elles me font affex témoignénbsp;depuis. II me dk done en prefence de la Mere, me femble que me voyant dans cette nécéffiré, je crus que tout cela devoir faire partie de mon 6a-crifice, II me pria fort aulE pour ne rien faire j pout. |
^ nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.51
chofe, je lui mandai que je ne pouvois lui faire Relation réponfe préfentement lur ce quil avo;t la bonté de la Cap.nbsp;de me propofer, paree que cela dépendoit de M.dela Meriinbsp;de Meauxj amp; que je ne manquerois pas de lui Ste-Agnesnbsp;mander sil crouvoic bon que je requflé lhon- de Ligny.nbsp;neur de fa Vifite. Maïs je fis une fauce fans y pen-La Mere défirant de voir Ie nom de celui
'Relation de la Verfécut'ton des Religieuss de Vort-Royal, 1664.-166^.
Hplatlnnnour ce qui eft de la communication ,en cachette '-..c, nbsp;nbsp;nbsp;j..-
fer.
qui m'écrivoit, amp; Ie Billet nétant pas figné, je lui dis tout fimplemenr de qui ilétoit, ne raefou-venant pas que M. de Luzanej étant éxilé parnbsp;ordre du Roi, il nofoic paroitre fans changer denbsp;nom.
Mon Frére de Ligny qui arriva dans ce temps la a Meaux me vine voir. Je lui déchargai tnonnbsp;cceur, amp; lui te'moignai ma peine de nêtre^ pas q^'^iie anbsp;dans ce lieu avec ia liberté que javois efpéréenbsp;II me pvia fott davoir patience, amp; que M-Meaux nefe porteroit jamais par lui-même a cettenbsp;rigueur; 6c quil auroic voulu. par lui-même menbsp;donner toute lorre de fatisfaéfion, mais qu'il fenbsp;croyoit engage a M. de Raris , qui ne mavoitnbsp;voulu donner i lui qua condition quil ne meper-mettrqit aucune communication, 6c quil 1avoicnbsp;oblige de lui en donner fa parole; que je fqavojsnbsp;bien quun homme dhonneur ne peut manquernbsp;de parole. Enfin il frnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'¦¦n -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
de Ia Cap.de lui, amp; oae prelTa de Ie lui proraettre. Je lui de la M de jis que je ne ferois rien en mecachantdelui; maisnbsp;Ste.AgnèSque quand jaurois quelque befoin , je ferois toutnbsp;de Ligny qjg ma confcience mobligerok, amp; quil nenbsp;men empécheroic pas. II parut confentir, amp; jenbsp;roe contenrai-de mctre réfervé cette liberté, donenbsp;jétois réfoluë de me fervir quand il feroit nécef-üire.
xxxYiir. Je ne Cqn comment jétois dans ces commence-f^quot;^'^Jquot;ïf°f®ments apiès notre enlevement. Tout ce qui ve-vcc réfigna-noic de fe paflêr mavoit fi fort accablée, amp; je tion 3 la TO. mattcndois fi fort a routes fortes de foufFrances,
fit tout ce quil put pour me confoler; amp; n y pouvant pas beaucoup réuffir ilnbsp;paria a M. de Meaux du mécontentement ou iinbsp;mavoit trouvée; ce qui Ie fit hater,je crois denbsp;me Tendre Vifite,bientot apr'es ceile de mon Frérenbsp;quelque compliment fur la peine quelïe avoit de de Ligny. II maffura quil feroit tont ce qui luinbsp;fe trouver oblige'e de me donner eet éxercice dhu- feroit polTible pour adoucir Fétat ou j etois;, öc
que fi les chofes eulTenc entiérement dépendu de lui,il auroit agi avec raoi dune autre fagon: maisnbsp;quil croyoit rendre quelque forte de déférence anbsp;M. de Faris, qui navoit voulu permettre ma fortienbsp;de fon Diocèfe qua des conditions quil nétoit pasnbsp;réfoludobfer ver, mais dontilne croyoit pas auflifgnbsp;pouvoir dispenfer entiérement. Je luidemandaisilnbsp;sctoit engage de parole a M.de Prfnx,lui rémoig-
nCinC QIIC Ig npl^^vr»i« orgt;T-vf/-\niT« T\ mfitAir /-iitII
Dku. PreuveS^'^' fembbit que je ne devois réüfter a rien, quciie ref- ünon a la fignature. Je demeurai néanmoins biennbsp;knt de fa mortifiée de ces ordres; mais les regardant dansnbsp;aptmié. celui de la providence de Dieu,amp; ne confidcrantnbsp;pas affez les inconveniencs a quoi ils pouvoientnbsp;mcngager, je my foutnis afïêz paifiblemenc,juf-qua-cequil fe préfenta une occafion qui me fitnbsp;reflentir davantage ma captivicé. Ce fut que M.nbsp;de Luzancy menvoya un I.aquais avec un billetnbsp;de fa part fous Ie nom de Monfieur de Changar-Tiier. La Mere dépofée me vint querir, 6c me ditnbsp;fort mal ce nom: deforte que nayant garde denbsp;luimaginer ce que cétoit, je me perfuadai quenbsp;cétoic dc la part dune de mes proches, que jenbsp;croyois avoir ouï nommer; amp; comme jy allainbsp;avec aCfez. dindifFérence, je ne crouvai pas li durnbsp;detre accompagnée de cette Mere, qui me 5t
obligee (
menvoyoient quelques avis croyanc qu u etoic nanc que 3,e nel avois pas approuvé. II medic quil inévirablc que M. de Meaux Ie rn etanc en- ne i avoic pas voulu faire poücivemenc, n
milité amp; de mortification. M ais iorfque jeus vu Ie Laquais, amp; entendu Ie nom de Changarnier,nbsp;je demeurai fort furprife 6c interdite, de voir unenbsp;afSftante a mes cócés, funour quand je vis quonnbsp;me vouloit paffer une Lettre.Jenavoispoinccom-pris que ce fut de M. de Luzancy, mzis je métoisnbsp;imaginé que c'étoi: de M. de Gowvernai , ounbsp;de quelquun de nos amis Ecclcfiaftiques, qui
pas voulu faire pofitivement, mats qug Monfieur de RaHs iayant fort preffé de lui pro-mettre quil me tiendroir dans la meme captiviténbsp;quil tenoit les autres dans fon Diocèfe, amp; quilnbsp;ne me pcrmectroit aucune communication; il lui-avoic répondu quil fe pouvoir répofer fur !ui;quilnbsp;ne feroit rien que de bien a propos. Ilmecémoig-na enfuiteque (ön deffein étoitde me donner unenbsp;honnête liberté (cétoit fon terme) amp; q nbsp;roit feulement pouvoir affurerque je navois pas
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(cétoit fon terme) amp; quil défi-pouvoir affurer que je navois pa de communication avec les perfonnes fufpeéies ;nbsp;M. de Paris. II me dit quelque raifon pour menbsp;Ie faire trouver bon,entrautres,quenotre Arche-vêque ne sctanc pas dépouillé do i------¦ '
^ ^-------- eucue-
nt pas dépouillé de lautorité quil avoit fur nous, il croyoit devoir fuivre en quel-
amp; que je devois confi-
croyoit devoir fuivre en quelque chofe fon intention, amp; que je devois confi-dérer ie femiment ou il ctoitlui-même, quenous-devions faire quelque chofe de plus que nous na-coatraint dans un iieu oü iavois attendu autre, viohs^faic pour évitet.la ruïne, dun Monaftére Ggt;
SaihE.
'Mere les femgs des Lettres cue je recevrois, je ne f§avois a quoi me refou-dre de peur de commectre quelqu un de nosamis.nbsp;Après avoir héfité quelque temps, je me réiolusnbsp;enfin de la prendre pour voir ce que lon meman-doit, penfanc que javiferois après ace que jen fe-lois. Je trouvai que cétoit un Billet de M- denbsp;, qui me mandoitsil me pourroic voir ennbsp;paflant a Meaux. Et comme je fouhaittois beau-coup de recevoircet honneur 6c cette confoLarion,nbsp;je reflenYis une étrange angoiffe de ne lui pouvoirnbsp;faire réponfe cnla maniére que je leuflè biendefi-ré: car devant avoir une affiftante au Parloir, jenbsp;ne voyois guéres dapparence de lui donner la peine de venir pour ne me pa.s entretenir avec liberté. l-'eforte que dans Icmbaras amp; la mauvaüènbsp;humeur oü jétois de me trouver dans un ccac fi
-ocr page 54-'Relation de la Perfe'cution des Religiën fes de Fort-Royal, i66^~i66y '5 confcience Dieu en Relation Saint amp; auffi bien réglé quétoic fe nórre. II rne de la Cap. die auffi quencorc quil eut ordonné aux Supé-de laM. de j-jgyres de la Maifon oii jdtois de ne rien mandernbsp;Ste. Agnèsde moi a la Mere Eugenie ,mzlz\irs autresSceurs,nbsp;de Ligny. ^ même de ne point parler de ce qui lè pafloit anbsp;tnon fujet, amp; quil crue quelles lui leroient fidé-les, il ne pouvoit pas néanmoins sen affurer ünbsp;fort quil neüt quelque crainte quelles nen man-dafl'ent quelquefois des nouvelles a leurs Sueurs quinbsp;y étoient intéreflèes , amp; qui en pouvoient rendrenbsp;compte 3 M. de Paris, avec qui ii ne 1'e vouloitnbsp;pas brouiller. Je ne me fouviens pas précifémentnbsp;de ce que je lui dis, linon que je lui ai toujoursnbsp;témoiené quil ne devoir pas simaginer queje menbsp;porterois plutót afigner quandje ne recevois pointnbsp;davis, paree que jctois perfuadée que nous nenbsp;pouvions rien faire de plus que ceque nousavionsnbsp;faitj amp; quand je croirois pouvoir faire quelquenbsp;chofe en confcience, je ne Ie ferois jamais fansnbsp;confeil, paree que je craindrois trop de me mé-prendre en une chofe fi importante, je crois luinbsp;avoir dit plufieurs fois que pour ce qui étoit denbsp;figner {implement Ie Formulaire, je ne Ie ferois jamais, amp; même qqe je ne pourois rien faire fépa-rée de mes Soeurs. Je ne me fouviens pas dureftenbsp;de lEntretien, finon en général quil me promitnbsp;de me donner toute la fatisfadtion qui lui feroitnbsp;poffible. II me dit que pour ce qui étoit du Voyage de M. de Luzancy, que je lui mandaflTe, quenbsp;quand il lui plairoitde veniril pritla peine de def-cendre a TEveché j quil feroit ravi auffi bien quenbsp;moi de lentretenir avec liberté ;6c qu il 1 amene-roit lui-même a Sainte Marie. II étoit perfuadenbsp;quétant mon frére je ne devois point avoir dere-ferve pour lui, amp; quainfi je pouvois entretenirnbsp;avec liberté dos meilieurs amis en fa préfence; Cenbsp;qui étoit vrai en quelque chofe, mais non pas ennbsp;tout: car jétois trés refervée a ne rien diredevantnbsp;lui qui put commettre Ie moins du monde toutesnbsp;les perfonnes a qui nous avions obligation. Maisnbsp;pour ce qui ell des nouvelles de nos affaires, amp;nbsp;de ce quon pouroit fqavoir par quelque voie quinbsp;ne fut pas fecrete, de ce qui fe paffoit a Eort-Royal,nbsp;jen parlois fort libreraent. Ce que je nauroisnbsp;pas pu faire devant les Religieufes de Sainte Mark. II me dit en préfence des Meres, quil les a-voit priées de ne point parler a leur (_ ommunauténbsp;de tout ce qui sétoit paflé chez. nous, de peurnbsp;que les Religieufes nen priQent quelques mau-vaifes impreffions de nous; mais que commenbsp;elles ne pourroient entiérement ignorerpour quelnbsp;fujet on nous avoit fait fortir, il leur avoit ordonné de dire de fa part, quil ne nous mettoitnbsp;pas dans leur Monaftére en qualitédedéfobeiffan-tes amp; révolcées, comme on nous vouloit fai-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;comme des fllles fort vertueufes, cipad^'^d« nbsp;nbsp;nbsp;^ lEgiife,Sedans la parti- quelques ditScïénT'' gieule avoient fait, c «oit par une délicateffe de |
qut nous faifoit craindre doffenfer Relation une chofe oü les autres, qui navoientde la Cap^nbsp;pas eu lesmêraesconnoiflanceSjiiavoiencpasauSi dein M de les mémes peines. nbsp;nbsp;nbsp;A'te.Agnès M. de Meaux me témoigna auffi quil fouhait-*^^ Ligny. tok que je me trouvafïe quelquesfois a kurs ré-créations amp; Afièmblées, afin quelles nenbsp;faffent pas que nous les méprifions me dit queje aux Récre'a-ferois Libre de me trouver a leurs obfervances, = '-quot;'¦ienbsp;OU de men difpenfer quand je voudrois, excep déwiïquei-té que les Meres fouhaittoicnt, ü cela ne min-ques convtr-commodoit point, que ie ne fulfe pas a leur pre-^'*orisqud-mier Refeéfoire Ic matin , afin quelles y puflentnbsp;faire leuTs aceufations amp; tout ce quelles ontnbsp;tume defaire. Je moffris a ny pas aller auffi lefoir'nbsp;mais il me dit que cela fuffifoit. Ce même-jou?nbsp;on nous mena a la récréation, ou toutes les Soeurrsnbsp;nous regurent fort bien amp; avec beaucoup de té-moignage de charité: amp; je dois rendre ce lémoi-gnage a Ia Communauté, de dire que nousavonsnbsp;toujours eu fujet den être fatisfaites. Ce font ennbsp;effec de fort bonnes filles, trés éxaétes Sc ferven-tes, Sc qui vivoient pour la plupart avec affezdcnbsp;fimplicicé. On leur parle peu des affaires préfen-tes, éxcepté a quelques particuliéres qui font dansnbsp;la confidence des Meres, amp; qui paroilfent plus pré-venuës que Ie refte de la Communauté. Commenbsp;les Meres Sc toutes les Sceurs nous convioientnbsp;fort daller a leur récréation, nous continuamesnbsp;quelque temps dy aller prefque tous les jours de-puis notre diner, ce qui étoit denviron un demi-heure, paree que nous nallions qualafêconde table , Sc quelles la commencent au fortir de lanbsp;première. Dans ces commencements nous allionsnbsp;auffi ordinairement dans leur Choeur a 1office amp;nbsp;a loraifon, èc nous nous trouvions fort fouventnbsp;a leurs Affemblées, quelles fontaprèsVêpres,oünbsp;elles rapportent ce quelles ont retenu de leur lecture j ce qui feroit affez agréable fi leurs Livres é-toient folides, mais elles en ont de bien pitoya-bles: amp; ce nous étoit un foulagement dans len-nui que nous y avions quelquefois, quand on ynbsp;rapportoit quelques chofes des oeuvres de Saintnbsp;tranpis de Sales. Pour ce qui eft de nos Livres,nbsp;la Mere dépofée en veut faire lire quelques-uns,nbsp;mais ils ne paroiflènt point a la Communauté. Elles m'ont dit quellcs avoient autrefois fait com-mencer a lire au Refedtoire Ia Vie de Saint Bernard, quon leur avoit donnée. Mais comme leursnbsp;fentiments font allez femblables a ceux de la Merenbsp;Eugenie , qui fappelle un Saint médifant ,e\\ts ju-gérent auffi quelle parloit trop hardiment des E-vêques. Elles firent ceffer cette ledture qui pouvoit être dangereufe a tant de jeunes filks, qui nenbsp;doivent pas, difent-elles, faire ce difcernement desnbsp;Prélats. Elles ne veulent point aufli de la Nouvelle traduétion de lIwkaAow, difant quelles ontnbsp;plus de dévotion a 1ancienne, qui eft plus fim-ple , 6c quelles naiment pas les belles paroles.nbsp;Néanmoins la Mere dépofée qui fe croit capable de |
'Relation de la Perf/cuthn des Religieufes de Tort-Royal^
elle me laiflTa feule roles de civilité, amp;
Relation de difccrner la bonne Doitrine de la mauvaife, dfla cap.lifoic il y a quelque temps la vie de Dom Barthe-delaM.fle/fwy des Martyrs^ qu on leur avoit donne; öCnbsp;Ste. Agnes elle en rapportoic quelque chofe a leur Affemalee,nbsp;de Ligny- oii je nallois je crois plus en ce temps IL Matsnbsp;il y avoit quelques-unes des Sceurs les plus inteili-gentes qui prirent gout a ce quelle leur en diloit,nbsp;(car elle rapporte fort bien) 8c quine fe pouvoientnbsp;laffer cien parler a lear récréation, particuliére-menc tna coufine de Rentilly lainée, qui fe met-toit fouvent aupres de moi. Elle témoignoit unenbsp;grande paffion de voir ce livre, 8c fi j avois crunbsp;quon le lui euc permis, je le lui aurois prêtc denbsp;bon coeur, en ayant emporcé un avec moi; maisnbsp;je me tenois trop aCfurée que les Meres ne 1au-roient pas foufirerc; 8c que la feule Propolitionnbsp;que je leur en ferois pourroit donner de Iombra-ge , ayant toujours témoignc par leur conduitenbsp;quelles ne défiroient pas que jeuffe aucune communication particuliere avec mes Confines, fur-touc avec cette aïnée, qui eft une bonne Fille,nbsp;Franche, amp; qui me témoignoit bien de 1amitié.nbsp;Elies fe tenoient plus aflurées de la jeune, qui eftnbsp;plus faite a routes les petites fagons de Sainte Marie, 8c dont elles one de grandes efperances. Ce-pendant toutle temps que jy ai été, elles nemontnbsp;jamais rendu une Vifite quen compagnie de lanbsp;Mere dépofée, 8c cela fe faifoit fi ouvercemenc,nbsp;que cette Mere me dit un jour en mentretenant;nbsp; Il faut que jenvoie quérir ma Sceur Louije Dominique (eeft le nom de cette ainée) car ellenbsp;,, mavoic demandé de vous apporter une Lettrenbsp;j, de Madame de Rentilly, mais je ne croyois pasnbsp;j, avoir le loiiir de vous venir voir aujourd-hui;nbsp;y, 8c je Iavois remife a un autre jour. Peu denbsp;temps après on vint quérir cette Mere, qui nenbsp;voulant pas laiffer ma Coufine avec nous, lui fitnbsp;je crois quelque Ggne, qui iobligea de fe levernbsp;pour prendre congé demoi, achevant avec pre cipitation ce qu elle me difoit de la part de manbsp;Tante Cependant la Mere Iattendoir a deux ounbsp;trois pas de nous ne voulant par fortir avK e e.nbsp;Mais ayant rencontré a la porte de notre Cham-bre la Lur qui nous fervo.c, a qu. on fe confimtnbsp;entiéremenc, la Mere nous renvoya ma Coufinenbsp;avec elle-. ce qui ne fervit qu a nous fa.re mieuxnbsp;voir quon ne vouloit pas que je in. parlafte feule.nbsp;IsJous Iavons remarqué en piufieurs autres occa-fjons: amp; cc nécoit pas feulement quand elles menbsp;venoient voir, ce qui étoir fort rare, mais fi ellesnbsp;avoient feulement un compliment a me faire dela
part de ma Tan'e, oude mesCouGns (leursFré-res, la Meredcpof.'e les amenoit a notre Cham-bre, 8c mattendoit avee elles en un paffage lors que jétois au RtfeCtoite.
XXXI. (Juelqucs jours après que nous fumes entrees Elicyatleaa ^ Sainte Marie, la Mere ^t-pofee me vint direnbsp;des Reii^teu- que Icur Confeflfeur detnandoit a me faluer, 8cnbsp;fesdesle. _ nue sil me plaifoit de lui pailer, ellemy'condui-Matie, qui jf ]j;ie iQgna enfuite au Confeffional, 6c
I sia-Ut foQ - nbsp;nbsp;nbsp;
5'5'
avec lui, Après quelques pa- Relation : du témoignage du défir quilde la (.'.ep.nbsp;avoit de nous fervir , il me dit que M. Rewe/ qujde laM.denbsp;étoit fon ami intims, avoit regu une Lettre de Ste.Agnèsnbsp;M. Lancelot pour moi; quil auroit bien fouhait- L'S/*nbsp;té de venir avec lui, mais que ne le pouvant fai-
il sétoit contenté de le prier defam ,
re fans être vu, .. n) aiiurcr de ion lervice, oc de me donner cette Kii faite te-Lettre, quil lui avoit mife entre les mains. jeunicsbiUetsnbsp;nattendois nullement cette confolation par cette u^ricrU*'*nbsp;voie, 8c je neus pas moins de furprifequedejoie»oicnt,nbsp;de rccevoir des nouvelles de perfonnes qui me fontnbsp;les plus cbéres. Mais je me trouvai en meme-temps dans le trouble 8c IangoiO'e , me voyantnbsp;dans 1impuiffance de prendre cette Lettre, la Grille du Confeffional étanc fermée a la clef j 8c jenbsp;ne la pouvois faire ouvrir, non plus que la rece-voir par le Tour,fans être obligée demontrerauxnbsp;Meres le nom de la perfonne qui mccrivoit,quenbsp;je craignois de commettre auffi-bien que le Con-fefleurjqui lappréhendoit beaucoup pour lui, 8cnbsp;qui me prioit fort de ne point faire paroitre quilnbsp;eut quelque bonne volonté pour nous. Apr^ a-voir bien confulté enfemble fans pouvoir trouvernbsp;de voie de me la donner, il me propofa dela lire,nbsp;a quoi javois quelquepeinea meréfoudre .nofantnbsp;me fier entiéremenc a une perfonne que je nenbsp;connoiifois pas, 8c craignant quil nyeucq,ielquenbsp;chofe qui ne fut pas a propos quil vu; daucrenbsp;pan javois auffi de la peine a lui faire paroitre manbsp;défiance; mais il la leva en partie, en me lilantnbsp;un billet que M. Lancelot avoit écrit a c' .Rencé,,nbsp;dans lequel il lui mandoit ,, que puifque cenbsp; Contefl'eur étoit fi honnete-homme, je pou- vois prendre confiance en lui, 8c me fervir denbsp; fon entremife 8c autres chofes femblables quinbsp;me firenc réfoudre de lui faire ouvrir cette Lettre,nbsp;puis quauffi bien elle étoit entre fes mains, amp; inbsp;fa difcrétion. Il mafTura enfuite quil feroii toujours difpofe a me fervir a cette communication,
amp; il paroiflbit que cette occafion dapprendredes nouvelles ne lui défagréoit pas. Il me paria dèsnbsp;cette première fois avec tant dépanchemenc 8c denbsp;liberté, que cela me rendit fon entremife un peunbsp;fufpedte, jugeant bien que eetoit une perfonnenbsp;facile, amp; qui navoit peut-ctre pas toujours affeznbsp;de difcrétion pour garder le fecret, quoiquil eucnbsp;affez de bonne volonté. Je lui témoignai néan-moins bien de la reconnoiffance, 8c je Iai tou-jours menagé pour m'en pouvoir fervir dans lenbsp;befoin. Il me dit quil avoit vu Madame IAb--beffie cte notre Dame, qui 1avoit fort prié de menbsp;faire fes civilités , 8c me témoigner le reeretnbsp;quelle avoir de ne mavoir pas vue devant one-J entrafle a Satnte Marie, 8c quelle tne fa£nbsp;de grands reproches de ce que jeffiavnicnoo . ^nbsp;lui donner ceue Ifisfacftion ,qu ellefouhaiSf-fionnemenc. Il mappnt quecetoicMadaS i
r^./e,cequejenavoispasf5uavarqïedTmtnt^
fermer, 6c j at regrette depuis de ne lui avoir pas ren- -
du
5® nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Rerfe'cution des Religieufis de Fort-Royat, i66^-i66^. Relation cette Vifite, quelle attendok peut ccre a témoig- lui en demandant fon avis^mais quil connutbien Helation ^P-ner a M. de Meaux amp;C anousle délir quelle avoic quil étoit trap tard, 6c que fa refolution écoiide ia Cap.nbsp;delaM. deq^jg jg cboififle ma retraite en fon Monaftére. prife^ quil avoir fait tout ce quil avoit pu pour'aM-denbsp;ote. Agnes que jeus répondulemieuxquil me futpof- 1en ddtourner;quil lui avoit dit, entrautres cho-^te Agnesnbsp;6nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a un tnelTage ii obligeant, le Confefleur prit fes, quelles fgavoit bien quil avoir roujoursfou'^® Ligny- congé de moi, 6c je me retirai a notre cham- haité que nous fignaffions routes pour conferver bre, OÜ je contai mon avanture a ma compagncnbsp;déxil. Les premiers jours que nouspalTames dans cette Mailbn, nous étions fort concentes des Meres. amp;nbsp;gieufes de il nous paroiffoit quelles 1ctoient auffi de nous, amp;nbsp;fon^ard^^ quelles agiflbient bien franchemen^ öt bien obli- XXXIII. latmes font fa confolanbsp;non. 'XXXIV. geamment. Elies obfervoient éxadtement ce que M. de Meaux leur avoir ordonné, ne me difantnbsp;rien de pénible, 6c ne me parlant de nos affairesnbsp;que pour me témoigner de la compaffion. Jainbsp;era depuis que leur intention étoit de fe mettrenbsp;bien dans mon efprit, efpérant de me gagner parnbsp;leur adreffe, particuliérement la dépofée. Alaisnbsp;dès la première occafion quelle eut dc faire Ipa-roitre fon zè!e , amp; quelle reconnut que jetoisnbsp;fermée a fes exhortations, nous primes un autrenbsp;fentiment les unes des aucres, amp; chacun entranbsp;dans la défiance. Dans ces premiers jours M. Akakia prit lapei-^Ifitrie'M*® de me venir voir, ce dont je requs beaucoup confolationj mais je fus étrangement touchee,nbsp;ftiere amp; les quand jcus fqu, par une Lettre de ma Soeur Fran-foife Claireune de la Communauté, 1état ounbsp;étoient nos chéres Soeurs: quil y en avoic déjanbsp;fepc qui sen ctoient féparéesj que maSceurnbsp;^ueline étoit fort ébranlée; amp; qu on tenoit lesnbsp;autres dans une étrange captivite. Elies me man-doient les dérégleraents des figneufes, amp; la dureténbsp;de la conduite quelles éxergoient envers la Com-tnunauté, auffi-bien que les Filles de Sainte Marie. I] me die auffi k more de ma pauvre Soeurnbsp;Jeanne de la Croijci, dont je fus auffi confolcenbsp;que touchee, croyant quil y avoit grand fujeedenbsp;louer Dieu de Iavoir tirée dune fi grande tenta-tion. Nous tachames de nous acquitter de ce quenbsp;nous lui devious devant lui, nayant jamais aiménbsp;fi tendrement nos Soeurs que depuis notre fépara-tion. Je demeurai étrangement affligée de toutesnbsp;ces facheufes nouveUes; 6c sil me fembloit quejenbsp;portois continuellemenc ma Soeur JacquelhieAzmnbsp;mon coEur, 6c que je devois moppoier a fa chutenbsp;par mes priéres 6c par mes larmes, que je repan-dois prefque fans ceffe devant Dieu; mais je nenbsp;méricois pas qu'il me confiderar. M. Vitard vint quelques jours après avec M. en revenant je crois de la Fecz/. limenbsp;vuard'se' parla cornme écant toujours ami de la Maifon. 11nbsp;Racine. Lent .e demaoda fi je navois pas fqu fa douleur, quinbsp;foj'rdeia^E iignarure de ma Soeur Flavie. Je lui disnbsp;Soeut Flavie. je Iavois apprife, amp; que rien de tout ce quinbsp;nous etoic arrive ne mavoic tant touchee. Il menbsp;Airenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ Faris , lorlquelle Iavoit rhofe de fon nbsp;nbsp;nbsp;Communiqué quelque Chole de fon detlem avant ton voyage, comme |
la Maifon, 6c quil Iavoit confeiilé: mais qua préfent il lui difoit le contraire, 6c que puif-que les Meres étoient réfoluës de ne point £i-gner, pas une ne le devoit faire ^ que cétoit nousnbsp;perdre que de nous defunir. Ils témoignérent tousnbsp;deux quilsdéfapprouvoiént cxtrêmement ce quellenbsp;avoit fait, amp; en avoient grand regret. Je regus depuis un autre Vifite de M. Benoife. xtxv. qui mapprit quon avoir découvert que cétoit ma®!*®'^^nbsp;Soeur Flavie qui avoic trahi la Maifon j quelleBcnoUi^Pei-avoit promis a M. de Paris que quand il auroitne qu-êuenbsp;fait fortir toutes celles qui iincommodoienc, 6cpontnbsp;done elle lui donna les noms, elle figneroit, amp; Icuttris!''nbsp;feroit faire a route la Communauté ;quellc croyoitnbsp;avoir beaucoup de créance en elle. Les Filles denbsp;Sainte Marie amp; As. Saint Denis avoient dit lamê-me-chofe a ma Soeur Cecile devant que perfonnenbsp;eut encore ligné, éxcepté quelles ne lui avoientnbsp;pas nomme celle qui avoir fait cette promefle. M. Benoife me dit auffi que la Sceur Serin avoic été a G;/depuis que tout cela étoit arrivé ^ 6c quenbsp;les Religieufes lui avoient témoigné quellcs né-toient pas furprifes de ce que ma Soeur Flavie a-voic fait; quelles 1en croyoient fort capable; 6cnbsp;quclles la connoiffoient pour la perfonne du monde la plus ambitieufe: je nai pas retenu les autres qualite's quelles lui donnoienc, mais celle-lanbsp;en étoit affijrément, amp; nous en connoiffionsaflez.nbsp;dautres. La Mere dépofée maccompagnoit dnbsp;toutes ces Vifites, éxcepté la première fois que jenbsp;vis M. Akakia, qne. M. de Meaux amena lui-me-me afin que jeuffe plus de libercé de mentretenirnbsp;de nos affaires 6c de létat de notre paavre Maifon ; car je ne voulois point que les Meres ennbsp;euffent beaucoup de ^connoilTance. Cette Mercnbsp;de'pofée nous fit paroitre quelle navoit pas envienbsp;de me laiffer feule avec M. Benoife.^ (Jar mayancnbsp;témoigné quelle défiroit quon allat quérir manbsp;Soeur An7se Cecile, peut-etre pour avoir le tempsnbsp;de me parler en particulier pendant le voyage, ellenbsp;fit fi promptemenc, 6c en Appellant prefque de lanbsp;porte quelque Scjeur qui paffoit,que nous neumesnbsp;le loifir que de dire 3 ou 4 paroles. Ilnous parucnbsp;aflez que les Meres naimoient gueres ces Vihtes-la, 6c quelles étoient entrées en quelque défiancenbsp;de M. Benoife, qui mavoit paffé des Lettres denbsp;Mademoifelle fa Fille 6c de fa compagnie, 6c quinbsp;étoit venu le Icndemain prendre mes reponfes. Celle qui mavoit aceoenpagnée, me témoigna ncanmoins êrre touchée de ce quon mavoit ditnbsp;de ma Steur Flavie ,6c de la pemtureque les Meres de Gif en avoient faite, ce qui lui donnoir denbsp;la compaffion de voir nos boeurs tomber en tellesnbsp;mains. Dans ce commencement M. du Fiejjts Akakia |
'Relation de la Rérfkution des Religieufès de Fort-Royal, i66^-jS6^. Relation Akald* prenoit la peine de me mander ce qui fe verroic par Ie portier de lEvêcnbsp;M. de Meaux même, qui aime M.du
5'7 nbsp;nbsp;nbsp;. .
par Ie portier de lEvêché , qui étoit Relation Chargé de M. de Meaux de mapporter ks Let-tres quon raenvoyoit de Paris. Cela fut faitrlelaM.denbsp;de )a force, 6c la Mere dépofée qui m'accom-pagnoit étanc furprife de voir ce gros p^uet*^^nbsp;dimprimds, euc grand foin de me demander Ienbsp;nom de celui qui me lanvoyoit. Je fis minenbsp;de chercher des Lettres ^ amp; nen trouvant point,nbsp;je lui dis quelle voyoit bicn quil n'y avoit au-cune Lettre ni Billet, pour léclaircir de quellenbsp;part cela venoic, tnais que cétoient des Aöesnbsp;que nous avions fait la plupart devant notre Enlevement; amp; que devant que de partir de Paris,
de la Cap.paffoit. * ----......, nbsp;nbsp;nbsp;^-------- r
lesvoir, , nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- , j'
que cette leöure pourroit peut-etre aider a la oe-trompcri mais elk nefervitquamen oterlefpéran-ce; car après que nouseümes lu une partie de ces Adtes,qui font fi capablesde toucher, elle cémoi-gna bien avoir de la compaffion de notre étac6cdenbsp;celui de notre Monaftére: mais comme elk croyoitnbsp;que nous nous y étions engagées par une réfif-tance qui nous rendoit coupables, fon zèle la porta a déclamer contre nos Diredteurs, qui nous a-
dela M, de , 6c ne fe defie pas de lui ^ étoit bien-aiie Ste. Agnès que je requtVc cctce confolation ¦. mais elle ne duranbsp;de Ligny. guére; car il fut bientót arrêté; amp; je demeurainbsp;alfez long-temps fans recevoir aucune réponfe,6cnbsp;fans en pouvoir apprendre la caufe ; ce qui menbsp;mit fort en peine, fans pouvoir mimaginer riennbsp;de pareil % ce qui étoit arrivé. Je craignois quenbsp;nos Lettres ne fulfent perduës. Enfin je Ie disnbsp;au Confei^ur', qui me detnandoit toujours desnbsp;Nouvelles de nos affaires, amp; mapprenoit auffinbsp;ce quil fqavoit. II me promit, fi je lui vouloisnbsp;donner mes Lettres, de les faire tenir fort fure- javoisfortprié'quon me le's envoyar quaod ils fe-ment,paree que Ie meflager lui a dc robligation; roienc imprimés. Elle me témoigna avoirenvie denbsp;mais cette occafion fit reconnoitre a cec Eccléfia- les voir; ce que je lui accordai volontiers, penfant
ftique,auffi-bien qui nous,la defiance deces Me- nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.....
res; car ayant dit une fois a. la Mere dépofée que je fouhaitois de donner mes Lettres a M. Meutil,nbsp;qui mavoit promisde sen charger, ayanc fqu ianbsp;peine oii jctois de ne recevoir des Lettres denbsp;perfonne, elle dit dun ton 6c dune mine aflêznbsp;frqide 6c interdite, que les Lettres que leursTou-riéres portoient alloient toujours fort furement;nbsp;néanmoins elle nofa me refufer de mouvrir la
dans refprif; a parier deux comme des perfonnes de qui la foi étoit fuf-pedle, amp; qui tenoienc des opinions condamnéesnbsp;par FEglife: ce que je ne pus foufïrir. Car jenbsp;navois jamais de patience dans ces rencontres, ounbsp;on aceufoit nos amis; 6c jelui témoignaiavecnbsp;chaleur que je trouvois bien étrange quellecon-damnat de la forte des perfonnes de piété, dontnbsp;elle navoit aucune connoilTance; 6c quil ny a-voit plus que les Jéfuites 6c les perfonnes paf-fionnées qui les ofaflènt aceufer derreur, après lesnbsp;Declarations quils avoient donné de leur foi.nbsp;Nous réfolümes enfuice de ne lui point faire voirnbsp;Ie refte, 6c de ne lui plus rien montrer . ce quenbsp;nous avons toujours obfervé , quoique nous a-
Grille du ConfeCfionnal; mais elle Ie fit avec voienr mis ces fentiments une promptitude amp; une faqon qui témoignoitnbsp;affez Lon fentiment, encore quelle ne die mot.
Après avoir paCTé mes Lettres en fa préfence, je refermai la Grille avec la même diligence,amp;nbsp;lui rendis la clef, pour ne lui pas donner da-vantage de foupqoti. Lors quelle fe fut retirée,
Ie lè défie des gens ? On leur rend
tous les 6c voi-
Ie Confe/feur, qui avoit fort bien remarquéfon a(9:ion,me dit. Navés-vous pas vu la mine denbsp;ï, cette Mere.? Celaneft-il-pas admirable,quel-
fervices 6c la charité quil eft poCfible.
la leur reconnoiflancel * ïn***^ Toutes ces petites rencontres nous faifoient tou-
jours fentir davantage notre captivité , 6c nous nbsp;nbsp;nbsp;...
7Ü chateau qui menvoyoit de fi gros paquets. utióut que 1» Supérieure m en appott,
quot; Squot;F»én bien. KHe »'o6 neen-
moins me k demander poÖavemenc , tnais bien quelle perfonne cécoic; sil cioit marre, ot s il nenbsp;fe mariéroit point; a quoi je répondis que je nenbsp;Mais comme il Ie croyois pas; 6c que je ne penlois pas quil au-r'de neur de fe com- attendufilong-tempss il en avoit eu ledeïïèin,nbsp;den igt;a4r par la Grille ce que je lui dis dune maniére qui ne lui pCit fai-^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;re nen de ce qu elle deüroit; deforte que
pas facisfaite, elle fit tout ce quelle put du f'nnfrflp'quot;' 1- ----' ¦
plu» fa cap-faifoit de plus en plus reconnoitre que ces Me- yons requ diverfes fois quclques Ecrits ou impti tivité. Elle res étoient plus prévenuës que nousnavions pen- més. Je ne leur difois point ce que céroit, amp;nbsp;BOS nous vimes encore davantage, quand ü falloit qu elles fè contentaflenc de voir Ie nomnbsp;nous fgütnes quelles faifoient leurs confeffions éx- dc M. du Chateau au bas dc ion billet; ce qui lesnbsp;traordinaires a un Pere Jéfuite. Il arriva encore mettoit en grande inquietude, qui e'toic ce M.nbsp;wne occafion qui nous fit connoitre quil ny a-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
voit pas lieu delpérer quelks pourroient fe laiflèr perfuader de la .verité. Ce fut que k Confeffeurnbsp;mayant appris que nos Aétes étoit réïmprimésnbsp;amp; quil les avoit, je lui témoignai que je feroisnbsp;bien-ailè de les voir. Ce fut ce me fembk aprèsnbsp;^ue M. du Plejjïs fut arrêté, que je ne recevoisnbsp;point de Nouveiles de Paris, deforte quil motnbsp;frit de menvoyer les fichs.nbsp;nofoit Ie faire ouvertement
meute , 6c ne pouvoir rien paffer pat u Crille ce que je im ois ü une maniére qui i ........
du Confeflionnal, paree quelle étoi: toujours rc connoitre rien de ce quelle defirn'^
Confefleur fi je ne lui avois point il étoit; mais lui, qui ctok prévenu, fe
tint
pour tircr dit quinbsp;H
fermée a clef, nous avifames enfemble quil en nen étant pas facisfaite plk feroit un pacquet cacheté, dont il feroit écrirenbsp;Ie delfus par une main inconnue, 6c quil 1en-
-ocr page 58-58 nbsp;nbsp;nbsp;Relation ds la Perf/cution des Religkufes dt Port-Rofal^ Relatlontint fur fcs gardes, lui difanc feulement que je lui pliment, lui avoir rcpondu, quil ne fcavoit pas Relatioir delaamp;ip. avois dit que ce nétok pas un Prctre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;doii il avoir pu apprendre cette nouvelle,amp; quil tie la Cap. de la M de ^ Pendant le temps que M. Dolivers avoir la bon- étoit done mieux informe de mes fentiments que tie la M. de ! Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de me faire fqavoir rout ce qui fe paflbic, il lui-meme, paree que mayant vue depuis peu deSte.Agnès Ue bigny. manda diverfes nouvelles, qui me toucherent jours, je ne lui avois fait paroitre aucun change L'gny. xxxvil. éxtrêmemenc, entrautres la maladiedenotreMe-On vubii« re Agnes, amp; le refus quon avoir fait de lui don-queUe avou nbsp;nbsp;nbsp;ConfelTeurs quelle avoir demandés, amp; le j^e*dria fi-'*' tn'uic quon faifoit courir que plufieurs de nous é-gnatiite Eile toient fur le point de figner: amp; il me manda que ^ciit le ton-jejQjs (jg celles quon croyoic etre dans cette dif- . nbsp;nbsp;nbsp;. sir-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;niip i'prr\ic nSiirrpp pn tien a ce fu »«¦ de declarer en pende iignes , n...... nbsp;nbsp;nbsp;---------- r-------- difpofition, amp; la douleur que j avois de ce qu on fagner qu au bas de cette Declaration, afin qu el-Bien attribuoit une fi éloignée de mon efprit. On le fut aufii publique que notre fignature. Mais porta cette Lettre a iEvéchc; amp; M. de Meaux , que pour celle done il sagififoit, elle nétoit nonnbsp;qui craignoit de fe faire quelques affaires auprèsde plus recevabje que fon Mandement. M. de Parisnbsp;M. de Plt;2r/r, fi elle devenoit publique, eneffaganbsp;Gueloues lignes qui contenoient eet article. Après pris qaon enfaifoic courir le bruit, 6c que je me main de M. de Paris, dont je témoignai toujours!quot; croyois obügée de le faire celïêr, de peurdecon- le même éloignement. Peu de temps aprèsnbsp;tribuer par «ion Glence au fcandaie qui en pour- pris la fignature de plufieurs de nos Soeurs. roit naitre. Mais ii me dit que j ; navois pasfu- nbsp;nbsp;nbsp;-------j : jet den êire en peine; ÖC quon cuoit bien infor-mé de mes fentiments; 6c que lui-rneme ne les avoit ip.is caches a M, de Paris. Je ne fgai fi cenbsp;fut dans cette rencontre quil me dit qucrant allénbsp;voir '4. rA,r!-hcvêque ,ce Prélat levoulutcongra-r qtiil avoit appris que javois chang. denbsp;diipoution; mais que lui étant furpris de ce com- n ¦ j nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ' .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1® 'ac Od. reu de temps apres j ap-daratioti. [é-Ellt apprend, la fignature MuM corri-Poficion; amp; quil penfoic que jétois obiigée en gc Ton ectit. confcience de declarer dans une Lettre par écrknbsp;J:t^Entre- fentitnencs far ce fujet, afin quon put détrom-per le monde en lui failant voir le contraire. Jenbsp;ne fus pas moins furprife que touchce dapprendrenbsp;quon publioit de moi, une chofe done j étoisparnbsp;la grace de Dieu trés éloignt'e; amp; je ne croyoisnbsp;pas avoir donné aucun fujet de former cette opinion, ayant toujours paru fort réfoluë dene pointnbsp;ligner. Je me mis aulTitot en devoir de donnernbsp;Icclairciflement quon me demandoit a quoijé-tois trés portee par moi- même, croyant que monnbsp;filence auroit été criminel dans cette rencontre ,nbsp;amp; ,ne pouvant fouffrir quon mimpofat une clio-fe aulTi fauffe. Je le fis par la reponfe que jen-voyai a M.du Chateau, Mais comme jenepou-Tois envoycr de Lettres quelles ne fuflent envo-yées a M de Meaux : amp; que je craignois quil nenbsp;nr difficulté de Ienvoyer sil y avoir beaucoupdenbsp;difeours fur ce fujet, dont il me recommandoi:nbsp;toujours de parler fuccindtement, je me réfolusnbsp;de declarer en pende lignes . rnais nectemenr , ma cela métant venu voir, il me dit q.ull avoir fait une chofe donc-il craignoit que je nefuffe pas contente; 6c me dit les raifons qui ly avoient porté;nbsp;furquoi je lui témoignai de la furprilë de cette action , amp; quen effet il ne mavoit pas fait plaifir, ?arcê que je défirois quon fgüt mes fentiments. l me dit en fouriant, quil fëroic affez tót de manbsp;défendre quand on mauroit accufée den avoirnbsp;change. A quoi je répaitis, que j avois auffi ap- |
ment. Quelque temps avant \z.TouJfaints M. de Meaux XMVI ir. fit un voyage anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dou il mécrivit que M i lArchevêque lui avoir fait voir une Declaration lui écric au quil avoir faite pour nos Sceurs,amp;quilefpéroi li«dunenbsp;engagner plufieurs par ce moyen. Il navoit pu en-core avoir de copie pour me Ienvoyer, mais fa ris pour Icsnbsp;mémoire fut aflèz fidéle pour la coucher dans fa Religieufesnbsp;Lettre dans le même fens amp; prefque dans les mé-mes termes quelle eft connuë. Dieu mefitla^*nbsp;grace de reconnoitre que cétoit un piégej amp; jenbsp;nen fus^ en fagon du monde ébranlée; au contraire je nen eus que de 1indignation amp;c de la dou-leur , voyant que 1oncherchoic tantde voïespournbsp;furprendre notre fimplicité, 6c craignant que quel-ques-unes de nos Sceurs ne fe lailfaflènt trompet, comme il eft arrivé. Je crus quii étoit a.nbsp;propos de faire fimplement reponfe lM.de Meaux,nbsp;de peur quil ne crue que jeuffe regu quelqua-vis fur ce jujet: de forte que je lui mandai quenbsp; cette Declaration nétoit rien de nouveau; 6cnbsp; quil fembloit que M. de Paris croyoic que paree que nous étions des filles, nousétionsdes bêtes, pour ne pouvoir difcerner quil nous de- mandoit toujours la.même chofe, fousdes ter- mes différents. Je lui dis anffi, que quaod mótrte N4. nbsp;nbsp;nbsp;nousdéclareroic netceimenC CJU il ne demands point la créance, nous ne pourrions lui avoit auffi alléguc un article de nos Conftitu-tions, qui nous obligeoit, difoit-il, dobéïr a notre Archevêque; mais comme cela ne sy trouve point ni dans les termes ni dans le (ens quil lenbsp;prenoit, mais fculement que les Religieufes évite-ront de lui diplaire, 6c céderont plutót quelquenbsp;chofe du temporel: je me contentai de lui direnbsp;pour répenfe, que eet article étoit done compofénbsp;de nouveau, 6c que nousne ly avionsjamais vu. Monfieur de Meaux écant venu pour la Tous- xxxrr. faints, il mapporta cette DéclarationEcritedelaM. de Meaitrnbsp;tois toujours fenfiblemenc touched quand jappre-nois ces nouvelles, 6c je le fus parEiculiéremen'cic(es^s«urs.nbsp;de celle-ci (de mes Soeurs é'Andilly 6c de ma on iigt;inbsp;Sceur Candide, Gertrude 6c Heléne, que je cro- L^nrc f En!nbsp;yois tres fortes. Leur changement me faifoit trem-tretien ace'nbsp;bier pour routes les autres. M. de Paris fernblo'tf^''^'*nbsp;prendre plaifir de me faireavertir par M. èc Meauxnbsp;quand quelquune avoit ligné. II lui donna auili les |
Relatie» de Ja Verfi'cution des Religieufes de Port-Royal^ ¦R to.mn Ie; le'tres de ma Soeur Melihide, pout mc les en- d-'DO- de la Cap.v-oyer. Q.L.elques jours auj^a vêque 1obéiflance que nous | fouhaiterions de lui touffer ceux que Dieu t^ie donnok de' terrine pouvoir rendre en routes chofes, fi nous Ie pou- temps pour la Religion. Mais les DaroI« T vjons fans que notre confcience y fut engagée. -----e oies ae Pour ce qui eft des lettres de ma Soeur Mehhide', je lui dis que quand elle en diroit quatre fois da-vantage, fes raifons ne pourroient jamais faire im-preffion fur mon efprit j amp; que pour ce qui re-gardoit cette pauvre fille, je croyois quelle feroicnbsp;auffi capable de changerunequatriéme fois,queI- lo nbsp;nbsp;nbsp;Zr» rt» lp fairp nnp rrnilïpme! amp;; ie luiren- lalvkredépo- delaM. defce me les avojt apportées a la Chapelle de Saint Stfnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Fraufois de Saks^oü jérois en priéres. EHe com- de Ligny- men^a fon difcourspar un peiic Panégyriquequfcile fitdemes vertus;doac ia conclufionluc quüne menbsp;manquoit rien que la foumiffion, quejeufl'e dünbsp;avoir pour mes Supérieurs dans cetce rencontre-a quoi elie méxhortoit fort. Enfin eüe me donna ces Lettres, amp; me pria de les lire, me dü'antnbsp;que cétoient les penfees amp; les renciraents dunenbsp;de mes fiilesj que jen devois être touchécj quanbsp;fon avis cette feconde retractation ccoit bien auiïïnbsp;forte que Ia première; amp; quelle y marquoit denbsp;bonnes amp; folides raifons de fon changement. Jenbsp;fis réponfe a fon compliment amp; a lön exhortation en la maniére quejecrus Ie devoir faire,dontnbsp;tl ne me fouvient pas bien, ü non que je me pofl'é-dai aflezee jour-la, amp; que nous ne parlames pointnbsp;avec chaleur, ce qui nous étoit ordinaire dans cesnbsp;rencontres. Je lui reprefentai avec douceur, maisnbsp;fortement, les raifons de confcience que nous a-vions de refufer ce quon nous demandoit; amp;quenbsp;cétoic Ie plus grand fujec denotre douleurdenousnbsp;trouver dans la néceffité de refufer a M. lArche-le avoir éré de le faire une troifiéme j amp; je lui rendis ces Lettres peu de temps après,fans avoirprisnbsp;Ja peine de les lire. La Mere Magdelaine e(i demeurée ui de Ja Re-lüiion qu'elle na pu achever, étant tomhée dans une maladte dont eüe eji morte pendant quelle ynbsp;travaiiloit. Pin de de la Relation de la M. de Sainte Agnès de Ligny. E C R I TDe la Révérende Mere Magdelaine de Sainte AGNES BE LIGNY,Abbeffe. |
cücur tourné au monde amp; a Ia vanité , quoi- Relation quil me ftmb'e que javois quelque crainte de de la Cap,nbsp;Dieu , amp; je nc comprends pas comment elle de la M. denbsp;pouvoit iubGfter avec ma dispoiicion. Je fus^^®-votr feuë nta coufine Pelletier , qui étoit pour Ligny,nbsp;quelque temps a Port-Roy al, amp; que la Steurnbsp;gelique aimoit en efperant quelque chofe de bon. Elle nous fit i routes deux un entretien plein dar-deur amp; de zèle , ou elle ne paria point ce me femble de la Religion, mais de [obligation quontnbsp;les perfonnes engagees dans le monde a y vivrenbsp;felon les maximes du Chrlftianifme, amp; dans Ihu-milité, la modeftie amp; la retenue que Saint Pierre ordonne aux femmes Chrétiennes, dont ellenbsp;nous rapporta le paffage ; amp; nous paria enluitenbsp;avec tant de force amp; dEfprit de Dieu, que jennbsp;demeurai éxtremément touchée, amp; je conclusnbsp;en moi-même de fon difcours, amp; dans la vuë denbsp;ma foiblefl'e fur ce point, quil étoit plus facile amp;nbsp;plus lür de quitter tour a fait le monde, que dynbsp;vivre felon Dieu amp; sy lauver. Je ne lui dé-couvris par néanmoins cette penfée, amp; étant encore demeurée y on 6 roois dans le motide aprèsnbsp;les premiers mouvements qui furent bientóc paf.nbsp;fez, je faifois tour ce que je pouvois pour é-notre chére Mere étoient comme une femencenbsp;cachée dans mon eoeur, amp; que Dieu y vouloitnbsp;faire germer roalgré la mauvaife difpofition amp; lanbsp;réfiftance que jy apportois, ne les pouvant oubliernbsp;au milieu des Compagnies , amp; des plus grandsnbsp;divertiffements, ou il me venoit dans lEfprit qucnbsp;Dieu avoit attaché mon falut a la vie Reli-gieufe, amp; que je nen devois point efpérer dansnbsp;le monde. Etant venuë a Port-Royal avec feuënbsp;ma Mere, qui y fit une petire retraite durant lenbsp;Carême, je pris réfolution dy demeurer, envi-fageant dabord la Religion comme un tombeaunbsp;OU je mallois enfermer toute vivfntej amp; ayantnbsp;dit mon defiein a la Mere Angelique , elle eutnbsp;la bonté de saflujèttir a aller tous les jours avecnbsp;moi devant Ie Saint Sacrement pour le recom-mander a Dieu, amp; lui demander fon Saint Ef-fprit j amp; je crois que ce fat par ces priéres,quenbsp;cette repugnance amp; cette appréhenfion que javois pour Ia Religion Re changea en une douceurnbsp;amp; une joie que je ne puis éxprimer. Etant plus jeune amp; devant que davoir goüté le , monde, javois fouvent déliré öedemandé dentrer'^'^^'n*'®®*-dansdiverfes Religions, éxceptéa Eorr-Eöj/,»/ donc^** ?9 --v-'jwiji. contre Pott-javois bien de Téloignement. Qtrelques perfonnes qui maimaittrophumainement melayantinfpiré «a dans la crainte quelles avoierit que ma Mere qui laf-feftionnoit ne my mit, amp; que jenemeportaffedenbsp;moi-même a y entrer. Mais la lage conduite de JE puis dire quaprès Dieu je dois ma vocation nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;........... , , a notre tres Chére Mere nbsp;nbsp;nbsp;,puifquil la iV.ete Angelique amp; fa difcrétion .i n» norUr Tla^ W-elt vrai quil seft iêrvi delle pour me toucher jamais detre Religieufe, amp; a ordonneraux Soeurs jieieufe, Javois cn ce temps environs 15 ans, amp; le de^ne men point parler, me donna une efiime fi ri 2 |
Relation de la VerfécuHon de^ Religieufes de Rort-Royat, nbsp;nbsp;nbsp;,, «acauitter, Relation Udaüo» éxttaotJinaire da fa ,t« amp; da amp;» nbsp;nbsp;nbsp;tfrrLTZ°i,kwS,%fe% déjia-am«'= ll'li de la Cap, menc, amp; ce celui de la Maifon, voya q , e nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;perfonne pour g ^snès de la M. de étoit trés éloignée dattirer les fiUe de qui eUe c'K cette omme^nu nbsp;nbsp;nbsp;Ste. as Ste. AgnèSp,,, nbsp;nbsp;nbsp;n,,e1n,,p hipn fpmnorel One Inrlone de 'li^ nbsp;nbsp;nbsp;efpércr quelque bien temporel ° V F)ipti mp /nr lo o-r-arp r^fgt; 1p vntilnir que lorfquc Dieu me fit la grace de Ie vouloir iervir dans la Religion, jene fijs pas en peine den choifir une,nbsp;toutes les autres sétant effacces de mon Efpritnbsp;Gomme sil ny euc^^eu au monde que Pert-Rojal. Ma iVlere, a qui je navois pas encorenbsp;die mon delïèin,conclutaaller pourqueiquesjoursnbsp;chez elle devant la femaine fainte. Jeus quelquenbsp;difficulté daller avec elle, mais la Mere Angeli- en faire quelque charicé. Elle vouloic auffi .® 'deLiguy, rendre compte de lemploi du refte quelle faifoic °nbsp;pour les pauvres, quoique je leuflepriéedendif-pofer comme elle jugeroic a propos. La deuxiéme fut que la Mere me voyant reguë 5c a la Veille de faire Profeffion,ellcmevinttrou-ver avec un papier quelle avoit dreffé en formenbsp;de Teftament, par lequel elle me faifoit declarernbsp;roes derniéres volontés, amp; que comnie feue ma qui ne regardoit pas bumainement ks oeuvres Mere avoit fait quelqués Aumónes a la Maifon ^ de Dieu , me confeilla d y dier,^s affuranc que je débrois quon regdc a perpétuitédeuxfiJJespour cJ nbsp;nbsp;nbsp;apres entree dansleNovi- meme fans les engager a une nouvelle charge, ai.- aat, je la fuppliai de vouloir bien prendre tou- mant mieux quelks Ie fifl'ent librcment amp; pa? un jours quelque foin de ma conduite j maïs fon hu- mouvement de charitd, comme elks onuoujoursnbsp;mihte lm fit croire quelk me feroit tort, amp; que fait, que de les obliver de Ie foire ^nbsp;je ferois bien mieux fous celle de la MaitrelTe des ration. Ec cc qui^eft plus remarquabk^^ceft TH. Son Novi- Novices. (Cétoit une Mere de Dijonquoie quen effet il ny eut pas de comparaifon, 6c quenbsp;Ja lienne fut plus folide. [La Mere Magdelaine na point achevé; cette Relation. Elk a été trouvée parmi fes papfersnbsp;après fa mort écrite de fa main fur une feuiJJe volante, alafin de laquelle il.y avoit encore quel-que lignes fans fuite.J Ecrh trouvé Je dois dire deux chofes qui fe font paf-Mon, qui nbsp;nbsp;nbsp;Angelique amp;c moi, qui font une contièntdif- Warque de fon désincéreflèment. La premiereelt, du Saint Sacrement^i commencer a lapaffe aaïi' devant que de mengager a la Religion, me amp; parcourir Ie refte, oü il y a encore au^nenbsp;eroyant en age de difpofer de quelque chofe, 6c -i'-c-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;q q lation. ' Rns Pere 6c Mere, je lui communiquai la penfée que javois de demander quelque fomme notable nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;AAnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f _ ma vocation étant de lui elk mefoütiendroit. Êl-lemedit de quelle maniéreje mydevois conduire: amp; ce fut dans cette occafion oü jéprouvai encorenbsp;plus, comme je crois, par les priéres de la Mere,nbsp;la force de la grace de Dieu. Car ayanc changenbsp;roon cceur, je trouvai Ie monde tout changé, en-forte que je ne pouvois plus fouffrir ks chofesquinbsp;mavoient été les plus agréables. a mes Parents pour faire queiques Aumónes. La. Mere approuva mon dér]r,6c me dit ncanmoins,nbsp;que comme cétoient des perfonnes fort cquita-bles, je me devois concenter de ce quils trouve*nbsp;roient a propos de me donner, après leur avoirnbsp;témoigné mon défiry mais quelk ne me permet-toit de rien demander, qua condition que jenennbsp;donnerois rien au Monalléreyöc que je devois menbsp;concenter de ce que ma Mere avoir donné a manbsp;conüdéracion avanc fa mort. Elle fut néanmoinsnbsp;obligee de recevoir une penfion viagére, paree quenbsp;roes Parents kvouloienc abfolument: mais eik de-roeura fi ferme pour nerienprendtedureftedelar-mis entre fes mains, quil mefallucnbsp;tirerune petite fomme pour 'nnric nbsp;nbsp;nbsp;la Maifon, pourlaquel- |
Ie f 3pP P 5 perfonnes du dehors quon avoit faifl. quelque bien, fans quelk amp; les autres Mercsnbsp;1amour de Dieu. Elle me mena au Parloir de-vant feu M. Feron (Dodieur de Sorhonne dc Ar-cbidiacre de Chatires) qui étoit notre ami, afinnbsp;de Ie prendre pour témoin de cette derniére dif-pofition quelle me vouloic faire figner: mais ellenbsp;ne put me Ie perfuader^ amp; je leur déclarai aunbsp;contraire que je reconnoiffois quelle amp;nosSoeursnbsp;me faifoient trop de grace de me recevoir moi-que ce que ma Mere avoit donné nétoit pa»-éxtraordinaire, amp; quil entre Ibuvent des filks dans ks autres Religions qui portent autantamp;^a- vantage fans engager a rkn nbsp;nbsp;nbsp;.. foquot; «wp.-ge 50 öc 51- nbsp;nbsp;nbsp;^ Lon peut voir quelque chofe de 1efprit amp; de Ia difpofition de la Mere Madelaine dans lHiftoi-re quelle a faite de létabliffement du Monaftére-chofe dehe. La Mere Madelaine de Sainte Agnès de Ligny efl: nc'e en idiy. Entre'e en Religion Ie 17 Avril 11531: aprislHa-bic de Novice au Saint Sacrement Ie 16 Sep-tembre 163(1. A fait profeffion Ie 5 Aoüt i^ o. Lei3Mai 1648, lors que la Mere Angelique' rérablic des Religieufes en ce Monaftére desnbsp;Champ, elle y mena la Mere Madelaine ^ quelle mit a la première place fans avoir k Titrenbsp;de Prieure, mais feukment pour préfider 6c conduire la Maifon en fon. abfence. Elk y fut juf-quen 1650 ou i6yi, quelle tomba fort mala-de, 6c retourija pour ce fujet a Paris. La Mere Marie de Sainte Magdelaine Supérieure du Monaftére de Paris étant venue Céans , on établic * la Mere Magdelaipnbsp;Sou prieure en fa place , 6c Ia Merenbsp;qui étoit Prieure, ayanc été Eluë Abbeflê a m -me année 165?, après U mort dc ia UeseMane «aMÜ 165I; |
^ nbsp;nbsp;nbsp;ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-quot;Tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^1
.IV fif la Mere Mazdelaine Prieure. na ferviqua 1humilier davanuge ;amp; leurs grands Relation
Relationü^ef Angtt^ eue nc la . nbsp;nbsp;nbsp;. ^ . yj g Ag- biens qu a lui donner plus d amour pour la pau- 'Ie la Gap.
de la cap Elle la é'é peudanc 1^ Tnennal ^ la Me^ nbsp;nbsp;nbsp;P u
delaM.de^eV aubout duque nbsp;nbsp;nbsp;Les troubles Commeellefgavoiiquelesricheflesparroutodel-Agnes
H'%lnT'dlt ietWonéioi: alors agitée faifant croire lesferencontrentfonctoujoursdesrkheflresd.nv.u de T Vt.v. de Ugny. dom ««enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce,amp; qu dies font encore plus capable, de nt
Relation de la Perfécution des Religieufis de Fort-Royal^
C.^ 1,^ \Aare» nbsp;nbsp;nbsp;y, tr ^ ^ X..n D»-ilt;ai»r/ fl'o /a»*I7Snbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PU.o-^JI. 1
-------*.«^/uuicöae nuireaux
du nom d'Amauld,6i que cétok crop séxpofer, perfonnesReligieufesquauxSecu!iéres,d!eeu!:dèf-ayanc déja été fort commife dans les ViÜKS du lors un grand délir quon gardat les régies d'une Lieutenant Civil: mais cela ne la mk pas a cou- éxade pauvreté dans la tbndation du tv onaftcrenbsp;vert de la tempête. Elle tut enlevée comtne les du Saint Sacrement, amp; elle vit avecjoie iaccoin-autres. Et pour la Mere Magdelaine elle y eut pliffement de fes défirs.
plus de part [ a la Perfécution] queperfonne, fa Enfin il lui rellroit fi peu de chofe defesan-Charge 1ayant obligee de paroure amp; de parler ciennes foibleffes, que, felon Ic témoignage de la a M lArchevêque au nom de la communauté. MatAngelique, la grace lavoit touie translorméenbsp;V. Ce jour n Mai 1675 mourut la Mere Magde- qn une autre perfonnei de forcequellenavok pref-Mort denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sainte Agnès dtLigny Religieufe ProfeflTe que plus rien de fes humeurs amp; de fes inclinations
uêrfr®quot;' 'de ce Monaftére, don: elle a dté Abbeflë 7 ans naturelles.
ucuicuiat
des foiblefles qui I humilioient amp; la portoienc a avoir beaucoup de mépris de foi-mê-me. Car fon ame ccoit fenfible jufqua lcxccsnbsp;ie la Croix aux moindres apparences du mal. Ellecraignoita-.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Thréforfoue toutes les richeffes vee tant de fcrupule de confencir au péché, que
f^rpTv^^r^elle uS torn amp; rompk fes liens les moindres vues quelle en fouffroic malgré die denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lafolkude, quelle touvadans la jetcoient en de fi grandesinquierudes quüfem-
i dfpL Rflvrr/de nbsp;nbsp;nbsp;ou elle de- bloit fouvenc que toute la force amp; la lumiére de
Ie Monaftere ^ tort ] Vn v refervok fes yeux 1avoient abandonnee. Lc feul reméde meura 3 ans Poftulante pa^e qnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trouvoit en ce mal ,amp; quelle trouvoittou-
pour la fondation du Monaftere du S nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;perfonnes que Dieu
ment, qui ne fut eiabli qu en nbsp;nbsp;nbsp;r);g l^j ^vok donné pour la conduite. E e leur ou-
demeuré quelque temps dans e ' nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vroit fon eoeur avec confiance, amp; eUc recevoit
qui veillok fur cette nbsp;nbsp;nbsp;ui cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;docililté ü entiere, que leurs
des Saint ^gt;.^'*^P®'^',?o*^Supérieure. Comme paroles fuffifoient pour arrêter routes fes agitations,
amp;tVrpr'lfégdlt;l»mal,amp;£ll.n=
dre nbsp;nbsp;nbsp;jQute pobéiffance quon peut f§üt pas toujours jufquou elle devoit fuir poM
route ia docilne amp; route 10 nbsp;nbsp;nbsp;^v ^r ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bieti amp;
défoer d une .- {-.ions lui firent faire de fi Ie difcernoit au milieu des ténébres par 1 intelli-C« bonnes nbsp;nbsp;nbsp;Pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;conduite, quon la vit gence de la grace: elle lapprouvoit fans hefiter,
grands nbsp;nbsp;nbsp;car ayant tait paroitre amp; elle sy poFtoit avec zèle.
bientot toUbi^^ des marques d'une humeur rail- Sa vigilance Ia rendoit éxatftejufquauxderniers ieuf^^haute amp; hardie, on la vit tout dun coup éxercices de la Religion; amp; quoiquelle fut du-fi bumble quelle fe tenoit toujours au deflbusde ne complexion trés foible, fon amour pour legnbsp;tout Ie mondei öc fi recueillie, quelle ne parloic auftérités amp; les rravaux e'toic rel, quelle ne crai-prefque plus quautant quil lui étoit néceffaire pour gnoit rien da vantage que quand elle nétoit point ennbsp;saccufer de fes fautes, amp; pour sinftruire de fes ctat de montrer au.x autres Phumilité, la douceur
^gygjjrs, nbsp;nbsp;nbsp;robéïffance quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui avoir apprife. On
Elle êntra dans une telle mort \ ldgard detou- la fit peu a peu pailêr par les principaux emplois lts les chofes du monde, amp; même defes plus pro- de la Religion, amp; elle eut Ie foin de léducationnbsp;ches parents, quau Ueu de la tendreffe amp; de la des enfanrs. On la donna aux Novices pour lesnbsp;complaifance qulelle avoir eu jufqualors poureux, mftruire des Maximes de 1Evangile. Elle fut en-elle ne les voyoit que comme ne les connoiffant futte Soupneure amp; . Pneure en cette Maifon amp; ennbsp;plus: elle ne leur parloic quavec peine quand ils la celle de Plt;arw; amp; il eft remarquable que ces nou-venoient voir, amp; fe réjouiflbit lorfqu tls paroif- velles Charges qui la mertoient au deffus de fesnbsp;foient lavoir oubliée.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, Sceurs ne lm faifoient rien perdre de cette lumié-
Elle a toujours gémi de les voir dans les grandes re qm a toujouis accompagnée 6c foütenuë dans Qurg?s du fiécle ÖC de l'EgUfe, Leur elevation torn les temps de ia vie,
-ocr page 62-Terf^cution des 'ReJigteufes de Fort-Ttoyal^ e eut fait connoi- bons qui fe font piéferitees. nbsp;nbsp;nbsp;Relation Apiè.i que la Mere Magdelaine eut paffe dix de iu Cap. mois dans ie Monaftére dela Viürationdeü'ifaax, de iaM denbsp;oii, quclques bons offices quon iui put rendre,Sie-Agnèsnbsp;elle gemilloie cotrune dans une terre étrangérejde Liguy.nbsp;il plut a Dieu de difpofer tellement routes choles,nbsp;qu on laifla a fen choix ou de demcuter dans fonnbsp;^^11, ou de rentrer dans fon Alcnaftére piour lenbsp;réünir avfc toucesles Religiculesqui y éroient dé-tenues captives amp; privées des Sacrements. £i!e nhclita point encette rencontre a être inner-cemment anaihétnatiféeavcc celies qui nelétoient que pour Jf-C.; amp; ellenedifféra pas dun momentnbsp;de retourner oii étoient loutes fes affections, pour Relation ce quon pouvoit attendre de fa conduite, on e ^l^crtic quelle étoic affèz forte pour porter un jougnbsp;fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;péfant; amp; enfm 1'an idöj , ellc fe vitflevée de Puiflances ; quelle honnoroit trés iinccremenfi ecre avecles hilesdans les louftrances a la vie amp; a la amp; elle ne voyoit au dedans que des fujets de crain- nbsp;nbsp;nbsp;' ^ dre, de gémir, amp; de fe troubler. Elle ne pouvoit fans fe fentir conDmer par le zéle de Dieu, voir Jefus-Chri[i être un fcandalenbsp;è une infinite de perfonnes: amp; entré tous ces fcan-dales elle étoit particuliérement touchée de ceuxnbsp;qui mettoient toute la Communauté en peril denbsp;fe voir divifée, amp; 1'éxpofoient au plus grands denbsp;tous les maux. Mais Dieu, qui aide les flens avec plus deffica-ce quand tous les fecours humains leur manquent, la foütint dune maniére extraordinaire dans unnbsp;état fl périlleux, amp; lui augmenta fes forces a me-fure du belbin quelle en avoir. Son obéïffance,nbsp;qui jufqualors avoit été fi Ample , comme ellenbsp;dolt être quand il neft queftion que de rénoncernbsp;aux raifonnements de lainour-propre amp; a la prudence de la chair, parut courageufe amp; fage, com-me celle des^pótres dans une occaflon femblablenbsp;a celle qui leur faifoit dire, qitilfautplutèt ohi'irnbsp;a Dieu qu aux hommes. Les croix quelle sattira en réfiftant avec ferme' fes Sceurs virent, avec des transports dune joie té au mal pourconferverfa confcience pure amp; fans touteSainte, ye/»f-Cèr//?reflufcité ,après avoir cténbsp;tache, furent dautant plus dures, plus humilian- A long-temps Crucifiées amp; enfévelies avec lui,nbsp;tes, amp; plus femblables a celle de yefus-Chrifl ^ Comme il femble que cette Mere navoit étenbsp;quelle louffroit aux )eux des hommes comme cri- Abbeflè que pour combattre amp; pour fouffrir,ellenbsp;minelle, amp; par conféuuent indignede toute con- cefla de letre flx mois après que la paix de 1E- L aftechon de « Prélat sétendit depuis ce temps- rivoient, affurantquellcs lui étoient trés utiles amp; tres la fur toute la Communauté, en toutes les occa- nécelïaires pourfe préparer aparoiiredevant Dieu. T^elation de Ja Lorlquune longue éxpérknce S'^y-a la première place de la Maifon de Dieu, oiiel-le navoic jamais défiré que les derniéres. Dieu la mettoit dans cette nouvelle épreuve pour lui montrer par la fuite combien elle devoitnbsp;fouffrir pour fon nom ^ car elle vit bientót séle-ver des tempêtes capables, sil fe pouvoit, de jec-terles Elus dans lErreur. Le foin de toute la Maifon dont on 1avoitcbar-gée, attira fur elle unefoule daffaires trés ditïici-les. E.Ue fc vit comtuife au dehors avec routes le par conféquent indigne d( foiadon. Et daiileurs Ion humilité ia rendantin-génieufe,lui faifoit trouver des raifons pour fe ju-ger par d'autres motifs digne de tous les raauvaisnbsp;traitements dont on Texergoit. On la dépouiila autant -que lon put du titre dLAbhejJe en larrachant dentre les mains de fesnbsp;Filles. On ne permit qu'a une feule davoir lanbsp;confulation de la fuivre, mais aucune Puiffancenbsp;de la Terre ne pouvoit etnpêcher que toutes nenbsp;la portalïènt dans leur- coeur, 6c que toutes nenbsp;fuQént au large dans le fien. 6^EUe vit le troupeau de yejus-Chrifl au pouvoir ue ceux qui ne fongcoient qua le difperfer jé: ellcnbsp;e vit elle-même conduite a un éxil qui lui parutnbsp;p us ^ ur que Pj mort, quelque foin que prit M. j nbsp;nbsp;nbsp;Frére) pour 1adoucir. L affedion de ce Prélat ' |
mort, fe réjouïllant de pouvoir leur dire dans les termes de Saint Paui.^ qui eji-te de -vous qui Joitnbsp;^ffligó.^avec qui je ne Jois pas aujji affigéJnbsp;Celt dans ce lieu qua limitanon dune autrenbsp;Idadelaine elle agémi plufleursannées comme dansnbsp;un tombeau, de ce quon lui avoit enlevé fon Seigneur. Mais enfinnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui écoute tou- jours les gémiffements de fes. captifs, amp; qui ne peut rien refufer aux priéres perfévérantes du pau-vre, fe manifefta a cette fidéle Madelatne contrenbsp;lattente des hommes, 6c par un miracle de lanbsp;main du très-Haut. Car Dieu, qui tient Ie coeur des grands dans fes mains, amp; qui les tourne ou il lui plait, infpiranbsp;le Pape Clement IX amp; le Roi de faire cefïèr lesnbsp;troubles de TEgUtej enfuice de quoi M. lArche-vêque de Paris fe conformant a leurs intentions,nbsp;envoya un de fes Grands-Vicaires pour rétablir lanbsp;Communauté dans la participation des Sacrements,nbsp;amp; dans une entiére liberté. Ceft alors que la Mere Magdelaine amp; toutes glife fut faire: 6c alors étanc dcchargée du fofodenbsp;Martheelle rentra dans le dernier lieu, doufonnbsp;coeur ne sécoit jamais éloigné. Elle ne fbngeanbsp;plus qua fe tenir aux piedsdefon divin Maitre;nbsp;qua écouter fa parole avec une profonde foumif-fion; qua fe laiffer conduire comme ia moindrenbsp;des Sceurs; 6c enfin qua s'appliquer aufeul nécef*nbsp;faire pour fe préparer a recevoir dans le Ciel lanbsp;meilleure part que Dieu lui refervoit. Après avoir vécu 5 ans dix mois dans ce repos, elle tomba dans fa derniére maladie, qui 1éprou-va 9 mois entiers, 6c quelle a foufferte avec unenbsp;patience 6c une douceur trés edifiante. Elle nenbsp;sennuyoit point de fe voir retomber dun accidentnbsp;dans un autre- 6c elle recevoit avec aélions denbsp;graces toutes les nouvelles fouffrances qui lui ar- Ayant |
Relation de la Perjecution d?s Religieufes de Porf-Royal ^ 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;(f«r
Ayant perdu Iufage de la vuë, qui lui etoic proche. Son ame maigré routes les lanffueurs amp;Relation .4»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; u.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les impudtances ou eiJe ecoir rcduite faifoit paroi-de in Cap
frp 1..C Kr»nnpc nbsp;nbsp;nbsp;....... , nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
Relation nbsp;nbsp;nbsp;---------^
de In Cap. prefque reftée feule de tous ics fens que les div^e
delaMdefes attaques dapopléxie avoienc prefque corame
tre fes bonnes difpolitions par routes les marn..Pcde1aM. de
elle recur cetre nouvelle cpreuve avec deTiairy ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelle étoic bien-aife de pou-
voir ofFrira Dieu cecte privation, pour obrenir de fa tniféricoide le falut de quelques ames, quon
-------marques ^ nbsp;nbsp;nbsp;.
quelle en pouvoic donner. On apprenok par lequot;*-^' ^S*'*^* peu de paroles quelle prononqoit avec peine, par® L'S^y*nbsp;les geftes, par le mouvement de fes yeux, parnbsp;1air de fon vifage, fa. patience, fa foumiffion
avoir recommandé a fes priéres. ^ nbsp;nbsp;nbsp;^ aux ordres de Dieu, fa paix inccrieure quot; fatten-
Quoique Ton Corps fur dans une efpéce de Ié- tion quelle avoir a Ja priére, Toubli ou elle é-targie, fon cceur ne laiCfoit pas de veiiler . amp; dans toit du monde. Sa piété furtout Ié fit remarquer tou
la defaillance de routes fes puiffances elle avoir alfez de forces pour semployer a prier Dieu 6c anbsp;confoler fes Soeurs qui 1alloient vifiter, leur difantnbsp;fouvent des paroles fi rerapiics dhumilicé 6c denbsp;bonté, quelles en étoient routes pénétréesnbsp;Sétant entiérement dépouillée d,i n
tes les fois quelle requt '/efus-ChriJi nomettanc rien pour le recevoir dune maniéredigne de lui.
Dieu enfin permit,comme pourmarquer quels étoient les délirs de fon coeur 6c la gloire qu'ellenbsp;alloic pofleder, quaprès avoir été trois joursnbsp;du nom de dans un grand aflbupiiremenc,6c les yeux fermés^
Mere elle en avoir confervé route la charité. elle les ouvric tour dun coup comm'e par lemou Elle étoit Générale pour routes les Soeurs, 6c fe vemenc dW grace extraordinaire, en même-temps
répandoir même avec abondance fur celles que la tempéte avoir féparées de Ia Communaucé.nbsp;Elle defiroit avec ardeur leur reunion, amp; elle té-moignoi: fouvent quelieseftimeroicheureufequilnbsp;plut a Dieu daugmenter amp; de prolonger fes dou-leurs, fi elles pouvoient ëtre utiles a fon falut,
II femble que fon efprit fe renouvlloit en même-
que le Prêtre commenqa a reciter les paroles des agonifants, que Dieu veus fajfe la grace denbsp;'uoir ojotre Sauveur face d face ^ que voüsnbsp;foy^s toujours dans fa préjènce j que vous décou-oiriés a'vec njos yeux hieuheureux Véternelle vé-ritédont la fplendeur efl p éclatante: lt;ér qu'é~nbsp;tant Unie dans la Compagnie des Bienheureux, -vous
____iir:'. nbsp;nbsp;nbsp;I-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
temps que fon corps étoit plus accablé; fa foi de- jouifpés de la douceur de la contemplauon divine venoit plus éclairée, fa conhance plus ferme, fanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fiécks des fiécles.
eharité plus ardente, ces nuages même de fcru- Après nbsp;nbsp;nbsp;quoi fesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yeux fenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fermérent pour la der-
pules 6c de peines qui cachoienc 1éclacdefesVer- nbsp;nbsp;nbsp;niérenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fois,öc ellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rendit heurcufement fon efprit,
tus pendant fa vie, fe diffipérent i mefure quelle nbsp;nbsp;nbsp;agéenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;59 ans,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laiffantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toute la Communaucé
avan^oit vers fa. fin, amp; que J'ejar-Céri/f étoit plus remplie de la bonne odeur de fes vercus.
**************** *****************
De la Captivité dc la Mere
Ancienne Abbeffe de Porc-Roya!, éxilée a Ia Vifitation du Pauxbourg St, Jacques.
jfjous fommes prejfées de toute forte d'afliéïions, ma'ts mus nen Jammes point accablées. Hous fom-pies perfécutéiS ^ mais non pas abandonnées. Seigneur , recevés notrs Sacrifice pour tout vo~ tre Feuple dIfidéi Co'-fer^^és Ó fanSifiés celles que vous avés rendu voire portionnbsp;é- votre heritage. 2, Maccab. i Cor. 4.
GLOIRE A JESUS DANS LE St. S A C R E M E N T.
Sön
ment.
quot;ie nbsp;nbsp;nbsp;tois pas nemmoins irouoive ni irop aooacue, amp; iorcir s etant approchée de moi elle mê dit tout
¦ nbsp;nbsp;nbsp;il nic femble que jacctptois avec joie la conduite bas: ,, Ma Mere, commentêtes-vous.^quot; Et fans
4 Yoy^ fa ïis 1® : Volume des.M^moites gout fetsit a VHiftoiK de Port-Royale nbsp;nbsp;nbsp;atten»
-ocr page 64-(gt;4- 'Relation de la Perfe'cutien des Religieuf s de Port-Royal^ 1664.-166$. auendre que je iui répondiflè, paree quil ne luinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-¦
étojt point permis de me parler , clle
Relation de Ia Cap,nbsp;de Ia M.nbsp;Cat'^erinenbsp;Agnès denbsp;Sc. Paul.
nés ue nous avancer dans ia vertu, que je recon- Relation noüTois navoir jamais prariquée folidement; fur-de Ia Cap.
m.e parler , clle ajouta :
Pou r-moi, ma Mere route grace amp; touce for- ce. Je navoispas pu dire la roêrae chofe, ne fentant point de force: mais feulement une fou-miffion a Dieu, amp; un refpedt a conduite, quinbsp;me fit dire a Tune de nos Soeurs: Ma Mere,
,, taifons nous, cefl: Dieu qui Ie fait.
Avant que de fortir jeus devotion de deman-der la Bénédidion de M. YArchevéque, en pré-féranc fa dignitc, amp; la féparanc de fon injuftice.
Nous navions rien dit .du tout a rEccléfiaflique qui nous conduifoit: amp; il ne nous avoir point par-lé non plus fur Ie fujec de noire aftliiftion , fi non ^nbsp;quil me dit lorfque nous fumes prêtes deotrer ternenbsp;dans Sainte Marie quil efpéroit que tout celanenbsp;dureroit pas. Je lui répondis: ,, Monfieur, ce fera
jufqua-ce que M. lArchevêque foit appaifé centre nous. Etant entrée, je me mis a ge-noux devant la Mere Supérieure: elle me fit civi-litéj 6c il ne me fouvient pas que je lui aie ditnbsp;rien de particulier. En même-temps il me tom-ba cn Efpric ce verfet du Pfeaume: Mac requiesnbsp;mea in feculum f^culi; ce qui me frappa TEfprir,nbsp;croyant que cela vouloit dire que jemourrois dansnbsp;ce Monaftére. Je ne dirai rien des chofes parti-culiéres qui nous arrivérent durant ce moment, amp;nbsp;durant toute la fuite, paree quelles font marquees dans la Relation de ma Soeur Marie Angeli-que.
La premiere femaine nous nous entretenionsde lavantage que nous avions detre Captives; 6c ilnbsp;nous fetnbloic que cétoic Ie renouvellemenc denbsp;notre vocation, amp; que nous n avions point eténbsp;vraiement Religieufes, comme nous avons fujetnbsp;dc rêtre dans eet état. Cette dispofition fut fuivienbsp;de plufieuts autres difFérentes: jétois quelquefoisnbsp;fort abbatuë de routes les privations ounousétionsnbsp;réduites; mais tout cela étoit bien fuportable, ennbsp;comparaifon de la défolaüoa intérieure oüjemenbsp;trouvois fort fouvent ,que jattribuois a un délaif-femenc de Dieu,que je trouvois fort jufl;e,amp; quinbsp;continuoic autant quil plaifoit a Dieu,nayantau-cun pouvoir de me confoler moi-même, ni parnbsp;la priére, ni par Ie fouvenir des véritésqui font finbsp;capablesde foütenirquandilplaita Dieu de nous lesnbsp;appliquer; amp; qui ne nous fervent de rien quandnbsp;il ne nous les fait pas comprendre; mais pournbsp;marque que fa miféricoide nous aide en nousdé-iaififant, ceft que jétois plus forte en ces temps-la pour ne point donner lieu aux repugnances quenbsp;la nature produifoit pour les fujets extérieurs quinbsp;me pouvoient donner de la peine j amp; de plus cesnbsp;angoifles étoient fort fouvent fuivies dune grandenbsp;Paix, qui me rendoit parfaitement contente de
«at oü jutois, jufqua fqavoir gré auxptrfonnes qui my ayoient réduice, dans Ja vuë quejavoisnbsp;que cejte cpreuye métoic tout a fait néceffaire
dufage quejavois fait des moyens u panicuuers quilndusavoit don
II.
Ayanrage quelle tirenbsp;de Ia Capti-arite' 5
sunir plus intimémeiit
a Pieu.
tout javois fort préfentes les fautes que javoisde la M, faites dans la co.nduite des ames; amp; ce métoic u- Catherinenbsp;ne grande foufffance de ne les pouvoir réparer,nbsp;quoique je cruffe en méme-cemps quil métoic^^'nbsp;meilleur de porter cette confufion devant Dieu,
amp; qu elle fubfiffat dans lelprit de ceux qui en a-voient eu ia connoifiance. Mes plus grandes pei-nes venoienc dordinaire la nuic,qui adelle-mcme quelque chofè daffreux , amp; qui repréfente la fbli-tude inconcevable ou 1on fe trouvera a la mort.
Je prenois de 1Eau bénite avee foi, métantavi-fée quelle tenoit quelque chofe de la grace du Bap-tême, qui nous eft conférée avec de 1Eau, mais de lÉau fainte émanée du cóté de Jefus-Chrifinbsp;percé en la croix, amp; qui cft capable de lavernbsp;notre ame amp; de la purifier du péchê. Javoisauffinbsp;dévorion au figne de la croix,amp;jai admirécom-rnent une chofe fi commune dans la Religion Chré-tienne fait des efFets fi éxtraordinaires, quand ilnbsp;plait a Dieu dy donner fa bénédidlion, Unefoisnbsp;que je me reveillois avec un grand battement denbsp;coeur, amp; une angoiflè qui métoufFoit, il me vintnbsp;dans 1efpric ces paroles: In hoeJlgno uinces. Jenbsp;fis Ie figne de la Croix j je me trouvai éxtreme-ment fouiagée. Jétois étonnée que ces difpofi-tions fi contraires dune triftefle extréme, 6cdune joie qui furpafl'e tous les fens, put fuccédernbsp;1une a 1autre lans aucun fujet éxtérieur: amp; pournbsp;marque que quand Dieu veut affliger il neft pasnbsp;utile de fortir de cette voie, je remarquois quenbsp;quand il arrivoit que nous recevions quelque con-folation felon les fens, quand ce nauroit éte quenbsp;de nous promener au Jardin, qui ell fort agréa-ble, nous en étions après plus triftes: ce qui menbsp;faifoit dire quon ne porte bien lafHiólionqueparnbsp;lafllidfion-même.
Je me trouvai fort mal au commencement du nr. mois dOétobre, ce qui me fit prier la Mere Su-deman-périeure de demander a M.lArchevêque quilme «Jnbsp;fït la grace de menvoyer M. Ie Cure de ATI-colas pourfenbsp;colas (fon Grand Vicaire) dans 1efpérance qua- confeffet \nbsp;yanr de la piété, 6c fuppofant quil avoir de Ianbsp;.bonté pour moi, enfuite de la bonne volontéquecuréy mewnbsp;la Mere Angélique avoir euë pour Madame fanbsp;Soeur 6c pour fa Niéce, que nous avions élévées,nbsp;il nous traiteroit avec cKarité: ce qui me réuflitnbsp;tout au contraire. II me refufa de me confefler,nbsp;jufqua ce que jeuflè obéi a M. lArchevéque ennbsp;faifanc la fignature. Je lui repréfentai 1impoflibi-lité OU jctois de merendreace commandement, oünbsp;je trouvois Ie dernier peril pour mon ame; mais ilnbsp;perlifta toujours fur cela lans avoir aucun égard anbsp;mespeine3,6c fans medireaucuneraifon, finon, cellcnbsp;de la néceffité dobéïr fur peine de damnation, 6cnbsp;seraportant beaucoup fur 1éxagération de ia dure-fé de mon cceur.
Javois voulu couper court avec cela je lui demandai trés humblement pardon
-ocr page 65--Rehtien de la Ferfécutkn des ReUgieufes de Port-Royal ,1664.-166'^. Relation peine que je lui avois donné de venir de ia Cap naurois pas fait St. Iaul. IV. EIIc apprcnd ! que je pourrois en fai- de meme. ce que je fi javois cru quil neuc point de Ia M- da avoir égard a létac oü jéroi's^ Öc femblablesnbsp;Catherine paroles done il ne me fouvient pas j mais il necrutnbsp;Agnés Je pas me laifler en repos,ayant continué a me fairenbsp;des menaces terribles du jugemenc de Dieu: amp;nbsp;voyant que mes rcponlés ne changeoienc point,ilnbsp;sadrefla a Dieu-méme, en fe jettant a genouxnbsp;amp; en faifant des geftes de zèle amp; de ferveur pournbsp;vaincre Pendurcifleraent quil trouvoit en moi,amp;nbsp;fe fervant pour cela des paroles les plus effroyablesnbsp;que fon zèle lui pouvoit fuggérer, comme manbsp;Sceur Angclique Ie remarque dans fa.Relation:nbsp;pendant tout cela jétois fort infenftble, amp; je n®nbsp;penfois qua me repentir de lavoir demandé, cenbsp;qui me fit réfoudre de ne me plus éxpofer a êtrenbsp;tourmence'e de la force. En même-temps jappris que ma Soeur Heléne JaCgTa^tuS^^svoic figné, ce qui me furprk da vantage que tou-dcquelques tes les autres. Ma Sceur Melthide Ie fit bientótnbsp;Soeurs itc après, ce qui me fut aulli fort lênfible, ayant unenbsp;qudqucs or-particuliere pour elle. Mais ma grandenbsp;conftanccs idouleur fut de mes deux Nieces.Javois beaucoupnbsp;ce fuiet. de chofes a dire fur Ie fujet de celle qui étoitavecnbsp;delaquot;saiJrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mattribuë une par- Angciïqus. tie dc fa chute, nayant pas été digne de la foute-nir, ee qui me la fit abandonner entre les mains dune perfonne quelle avoit demandé, amp; que jenbsp;croyois comme elle être fort a Dicu. Je recon-nus néanmoins dabord qu'ilaffureroicfaconfcien-ce, amp; la porteroit a figner, en faifant fort fur lanbsp;declaration de M. lArchevêque: amp; quoique jenbsp;trouvalTe quellejie valloic rien, je mimaginoisnbsp;néanmoins que cétoitquelque chofe de cequeM.nbsp;1 Archevêque faifok ce pas la, amp; que cela pou-voit iêrvir a des ames foibles qui la croiroientnbsp;meilleure que Ic VcrmulaWe: amp; pour ce qui étoicnbsp;du fcandale, ce meme Eccléfiaftique nous aCTuranbsp;que cette De'claration étoic publique, amp; que lesnbsp;ennemis de la Vérité en murmuroient fort contrenbsp;3V]. 1Archevêque i amp; je crus encore quen lui declarant de vive-voix, comme elle fit,quelle nac-quiefqoit point a la condamnation de M. dTprcrnbsp;mais queile rendoit ièulement une foumiflion denbsp;refpeét a la décifion que Ie Pape en avoit faitenbsp;fa fignature ne porteroit point plus que cela; ennbsp;quoi je confelfe que jai manqué de beaucoup denbsp;lumiére amp; de zèle pourmoppoferautanc quejau-rois pu au peril oü on 1alloit précipicer, de peurnbsp;que je ne puiiïè pas len pre'ferver c^ns la fuitenbsp;du temps, fi javois rompu dans cclui-la len-gagement, oü elle étoic avec M. lArchevêque 6cnbsp;avec eet Eccléfiaftique,qui lui faifoic entendre,6cnbsp;a tnoi, quil y alloit de fon faluc, de fe délivrernbsp;par ce moyen de laccablemenc dEfpric oü ellenbsp;avoit été, qui la réduifoic aux derniéres éxtrê-snites. Elle dira dans fa Rélation les fuites de cette action malheurcufe, amp; les peines extremes quelle |
eut enfuite, qui mércit un fujer de confolation',Relaties quoi quelle rne fit trés grande pitié, étant tOüte'R la Gap,nbsp;noyce dans fes larmes, 6c reconnoiüant fafaute^^® la M.nbsp;dune maniére tout a fait humble , fans y re- Gatherinenbsp;chercher aucune éxcufe, 6c en les remettantnbsp;routes fur la mifére amp; fur lindignité oü elle^' 'nbsp;étoit, de dettieurer ferme dans la Vérité. Ellenbsp;vouloit fe rctraifter auiTitót, toutes fes foiblelTesnbsp;sétant évanouies, amp; ne craignant plus que 1aban-donnement de Dieu, quoique cette crainte ne lanbsp;ttoublat point, étant dans une paix qui lui faifoitnbsp;preférer fes larmes a un faux répos qui lui auroitnbsp;fait oublier fa fauce. Ce lui ctok une chofe infup-portable que les Religieufes luitémoignaffencdelanbsp;joie de ce quelle avoit fait; 6c elle leur faifoit entendre quelle navoic point changé de difpofitionnbsp;au regard du Vormulaire ^ 6c quelle nauroit jamaisnbsp;figné, fi M. lArchevéque navoic levé fes doutesnbsp;par ia Declaration quii lui avoit donnée,cequel-le difqit paree queüe avoit été dans cette opinionnbsp;fors queile figna, quoiquelle en fut alors fort é-loignéc, cc quelle nofoit dire de parole, maisnbsp;queJIe Jsur faifoit bien conooicre par la continuation de fes larmes durant trois mois, jufqua ccnbsp;quelle regut de la confolation par une occafionnbsp;que Ia providence de Dieu fit naitre pour eet cflfer. Jc croyois de ma part la devoir confoler jufqui lui dire que fa faute navoit que limage du péchanbsp;Sc non la malignité 6c Ie crime; mais il ny avoitnbsp;pas a craindre de guérir troptótfaplaie,puifquel-le étoic fi piofonde,quelle la reffentoit davantagcnbsp;a mefure quon la vouloit adoucir. Une cholènbsp;qui la foulagea fort, fut dapprendre que M.lAr-chevéque nétoic pas content deile, amp; quildifoitnbsp;quclie ne lui avoit pas plus donné que cequenous^nbsp;avions fait routes eniëmble a Fort-Koyal. Elle té-moignoit bien plus quauparavant elfimer la fer-mecé de celles qui ne fe rendoient point, 6c pre-noic toujours leur défenfo quand on les aceufoitnbsp;dopiniatreté dans leurs fontiments 6c de dérégle-ment dans leurs aélions; 6c je ne doute point quenbsp;les Religieufes naient reconnuquclleaimoicbeau-cqup plus la vérité après la chute, quelle ne fai-fou auparavant. La fignature de nbsp;nbsp;nbsp;Marie Angelique fait efperer aux i^eiig;ieules QUP ip nbsp;nbsp;nbsp;«« A-- --------, elles )e défiroient avec ardeur, 6c faifoienc beaucoup de priéres ^ Dieu pour cela, parciculiéremeac celles qui étoienc en Retraite, paree que ceft Ie temps quelles la font les unes aprèsnbsp;les autres. Mais Dieu, qui naccorde pas cou-jours ce quon lui demande, mais qui donne plu-tóc ce quon lui devroit demander, ne reciroitnbsp;point fa miféricorde de deffus raoi, fans laque!l«nbsp;jaurois été capable de tomber comme mes Soeursnbsp;CandUe amp;C Marguerite Gertrude^ de quoi je fusnbsp;gtandement étonnée amp; fon effrayée, craignant que v. 'nbsp;Dieu ne m abandonnac comme elles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Billet quej- En même-temps nefpéranc plus que M, 1Ar- I nbsp;nbsp;nbsp;chevequesaGctiticHis |
Relaiioft ds la Ptrffcution des RelfdeuCes de Port-Royal i66a-i66^
____J_______° cL..... 71^^..:. nbsp;nbsp;nbsp;____
Relation cheveque fe relachat en ce qui écoii de maccor-Sacrements, non pas même a la mort, je ManeAn-fignbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gyec intention de Ie montrer ü je
StV*Th nbsp;nbsp;nbsp;malade, croyantquony auroitpeut-
lèfé quot; égard. II étoit conqu en ces termes; Je, Soeur Catherine Agnh de St. Paul^ Religieufcnbsp;de Port-Royal dti Saint Sacrcment, proteftenbsp;devant Dieu que je veux vivreamp;mourirfilledenbsp;lEglife; que je crois tout ce quelle croit, amp;nbsp;rejette routes les Erreurs quelle rejettc. Je menbsp;foumets en particulier a tout ce que les Souve-rains Pontifes Ismecent X ó- Alexandre VIInbsp;ont décidé de la foi dans leurs Conftitutions,
comtnejelaidéjiidéc!aréplufieursfGi.s, amp; en particulier par les deux Adtes que nous avons fait pre-fcnter a M. lArchevêque de Paris du 5 amp; du 10 Juillet 1604. Que fi jai refufé de fi-gner fimplement. Ie Pormtihire , je pais direnbsp;avec vérité, que ce na été que par la feulecrain-te dolFenfer Dieu, en atteftant un fait conte-
I Ia mort! Sc dans leqiiel ,)nbsp;elle fait fanbsp;Profelfion de nbsp;ïoi, »
Scieur Marie Angclique^ étoit fort en peine de la Relation voir fi mal , amp; dans une grande appréhenfion de la Cap.nbsp;quelle ne mourut chez elle. Elle lui témoignoitde la Merenbsp;bien de la tendrefle , amp; faifoit tour cenbsp;pouvoit pour tacher de diminuerfa triftelTè,quoi-que dailleurs elle contribua fouvent a laugmenter,nbsp;en lui difant louvent de mauvaifes Nouvelles,anbsp;deffein quelle me les dit, penfant que cela fervi-roit a me faire rendre a ce quelle défiroit; maisnbsp;la pauvre fille gardoit pour elle tout ce quelle pen-foit qui me pourroit affliger.
Nous commenqames a refpirer fur la findu mois de Janvier , par un fecours que Dieu nous en- qulVul'^Kf-'nbsp;voya, amp; que nous neuffions jamais ofé efpérer.fent dans fanbsp;Depuis eek nous avons toujours en quelquenbsp;ceur, principalement quand nous eümes obtenu nbsp;que ma Soeur Marie Charlotte de Sainte Clairenbsp;viendroit avec nous pour nous affifter routes deux:nbsp;ce qui arriva au commencement du mois de Mars.
Et notre principale intention en la demandant,
fté, que je ne fuis point capable de connoitre étoit dapprendre delle-même Ia dispofition oü
^ ''.f-____ o,______t nbsp;nbsp;nbsp;-----1___- r.___..._____ut____r.:...
par mo2-mëme, amp; auque! jenai nulle obliga- tion de prendre part. Qpe fi ce fentiment ne mavoit tnife dans rimpuiffance dobéir a M.nbsp; iArchevéque,je lui aurois faitparortre en cettenbsp;occafion, comme je fa is en routes les autres,
elle étoit touchant la fignature quelle avoir faite. Nous trouvames quelle nétoit point changéedansnbsp;Ie fond , encore quelle fe fut laiffée vaincre anbsp;ia foiblcfl'e; amp; quelle étoit prête a faire toutnbsp;ce quil faudroit pour fe relever de fa fautej ce
, que je revére de tout mon coeur lautorité que qui narut enrnra nbsp;nbsp;nbsp;a inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
, Dieu lui a donnée fur moi ;amp; quil ny aura ja- 1- nbsp;nbsp;nbsp;!!!nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
, mais rien qui borne mon obéiiïance a fon égard, nbsp;nbsp;nbsp;'7°-
, de tout ce qui me fcra poiïible de faire felon , Dieu. Je fupplie done M. lArchevêque avecnbsp;, route Ibumilité quil mefl poffible, de lever lanbsp;défenfe quil ma fait, comme -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;non-f
dre quon demanderoit une Nouvelle fignature ce qui lui feroit unmoyen deferéunir a h Comlnbsp;munaute ^ par Ie refus qucUe eii feroirnbsp;A/I-'uaquot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;demandé k Communion a
M l Archeveque dcpuis k Touffaints , ayant kiifé a route notre paüer la Fête de Noel dans k Créance quil me
-r- J 1 nbsp;nbsp;nbsp;¦ - ^efuferoit encore. Mais voyant que nousétions
amp; de me faire la mifencorde que je les regoïve proche de Pdpes, je me donnai lhonneur- de lui avant ma mort, afin que fortant de cette vie écrire avec toute rhumilité poffible de me lac-avec la paix de Dieu amp; celle de mon Prelat, corder en cette Fête 01} 1Eglife ne convie nasnbsp;mon ame nefe plaigne point a celui qui etant Ie feulement fes enfants de sapprocber de ia tIiInbsp;bonPafteur,amp;quiatantoamourpourfesbre- de Dieu, mais elle Ie leur commandsnbsp;biï,de)éxtrêmeféverité deceluiqui metenoitfanbsp;place en la terre. Fait a Sainte Marie ce 10
Cotnmunaulé ^ de ni approcher des Sscrernents ^
Du 29 Mars löéy.
Décembre lééF-
Sosiir Catherine
MsiJie ae Satw Mark Angelique étant demeurée fort ïa ToÊur Ma- cnfoicc dc 1 afBiótion dEfpric oü elle éroit
MONSEIGNEUR,
Jai laiffé paflér Ie Saint jour de Noël fans ofer me préfenter devant vous pourvousdcrnanrLtr5.j|u'cInbsp;der trés humblemenc la même grace que je'= écrit a
r*® Angeli-que. cauff c la doii-leuc dc fa
6|n)gt;tme.
pour ie refïèntiment de fa faute, les Religieufes nous affiftérent. routes deux avec grande charitc ,nbsp;ce qui nempêchoit pas quelle ne fouffiic beau-coup, nayant pas la liberté de leur dire tous fesnbsp;befoins; amp; particuliérement noiis étions fort ennbsp;Peine les nuits, ne pouvant nous fecourir 1unenbsp; sil nous fut arrivé quelque accident. Cenbsp;n ^pf Us quelles ne soffrifTent de coucher quel-*10226 Cbambre; mais ce leur eüt été
t gt; pas. i^a Mere Superieure oui a ^soujours eu une aftcöion particuliére poufma
tres nai
te que ma pnére ne vous Mais après cinq mois de filence, ie tempsnbsp;la grande miféricorde du Fi's Dieu etant arrinbsp;vé, oü il demande par la voix dc fon fangdc laqiics,nbsp;a fon Pere Etcrnel la réconciliation des hommes, jai cru , Monfeigneur , que je pouvoisnbsp;efpérer quil me feroic permis de me prefter-ner a vos piés, pour vous exp-ofer avec toutenbsp;lbumüité qu'il meft poffible , lardent dtdirnbsp;que jai' de faire une Sainte Paque a\'ec f^Jus-Chrifi, sil lui plait de vous infpirer de detour-ner vos yeux du mécontentement que vous
point obtenu a la Toujjaïntsla
fut
défagréabie pour k,i de-' niandet les
¦Relation de la Perpcution des Religieufe de Pert-Royal, 166^-166^. nbsp;nbsp;nbsp;6y
¦R ! nbsp;nbsp;nbsp;avquot;s contre moi, pour les porter 4 la com- ny avoic point dair, amp; 011 nous avions penfé é- Relati»!*
de Ia Cgt;. paffion dune perlbnne qui eft dans la douleur toufferau commencement de laCaptivitc, elle lui'^'e Cap, dela Mere de toute part, pour ne pouvoir alliernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fir prande inftanre afin n.iilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- n.... de Ja M.
1honneur de nous Ie dire plufieurs fois , que vous ne voulés pas quon fafie jamais rien contre Dieu. Ceft ce qui me fait croire que jenbsp;vous obéis en efret j puifquc dans la forte per-fuafioH oü je me trouve (que je commettroisnbsp;un péché en fignant) ce feroic méloigner denbsp;votre intention que de Ie faire, a moins que jenbsp;ne changeaffede fentimeni. Ceft donCjMon-feigneur, cette dispofition , qui neft pas uncnbsp;réüftance a Votre volonté,mais une irapuiffan-ce de m'y foumettre, qui devroit, ce me fem-, ble , me fervir déxcufe, sil vous plaifoic ynbsp;, avoir égard. Qtie li je ne fuis pas fi heu-, reufe pour cela, amp; que vous jugiés toujoursnbsp;, que ceft une fiute qui mérite punition , nenbsp;, compterés-vous point, Monfeigneur, un éxilnbsp;, afïiz, rude amp;c affez long en vous relachant parnbsp;, ttiiféricorde dune défenfe infiniment fenfible ,
, comme eft célle dc la participation des divins , rayftéres? amp; furtout en eette fêie, oü lEglifenbsp;, ne convie pas leulement fes cnfants de sappro-, chcr de la Table de Dieu, mais elie les y obli-, ge amp; Ic leur commande. II ny a que les indi-, gnesquelle ny appelle pas. jé fuis, Monfei-, gneur, devam Dieu ee que lui feul connoic, Scnbsp;, VOUS me fere's êcre éxtérieurement tout ce quilnbsp;, VOUS plaira, ayant la puiffance de me délier:nbsp;, mais je ne puls que je nefpére que vous aurésnbsp;, enfin la bonté de vous rendre mon libéra-Ceft Ie fujet des priéres que jofFre fansnbsp;^ Dieu , qui ne lui feroient pas agréa-fi elles nécoienc accompagnées de toutenbsp;(Sc raftujetiftement que je dois anbsp;vos ordres, amp; dela Réfolution de ne diminuernbsp;jamais Ie profond refpeft avec lequel. Je fuisnbsp;Monfeigneur
fit grande inftance afin quil nous envoyat a Port
Rojal des Chamfs. II lui promit folemnellemenrC®^*®^'®
quil nous y enverroit aufficot quilferoit bon rou de
letj amp; il dit a la Mere Supérieure en fecret qui^^ nous la dit depuis, que ce feroit auffitót aprèslesnbsp;Fêtes: ce qui nous fut une efpciance biendouce.
Un mois après cette promcffe ma Soeur Maris Asigeliq-ue (e donna lhónneur de lui écrire pournbsp;lui rappeller la parole quil lui avoir plu de luinbsp;donner amp;c. A quoi lon ne nous dit rien de fanbsp;part, finon que les chofes étoient cbangées.
Cependant la publication de la Bulle fut faitc; X.
amp; deux jours après (Ie ip deMai)
nous 1apporta, amp; la fit lire par nos Soeurs, par-jendie vifite ce quil ne faifoic pas aflèz clairdans Ie Parloiroüaa fujet del*nbsp;il étoit. Quand la Bulle fut acheve'e de lire,nbsp;lui dis : Monlieur, Ie Rape veuc done que l'ounbsp; croie Is fait de foi divine, puilquilne fait pointnbsp; (Ie diftinéfion ? II me répondit: M. de Parisnbsp; explique cela; vous Ie verrés dans fon Ordon-
nance. Quand elle fut luë je lui dis quil avoit été bien néceffaire que ^Vl. iArchevêque donnat cet Eclaircift'ement. II me dit enfuite quilnbsp;fc prometroit que M. lArchevêque maccorde-roic les Saints Sacrements, amp; a routes nosnbsp;Soeurs, pourvu que lon voulüt figner Ie Billetnbsp;que Mgr. avoic dreffé. IL me luc ce Billet. Jenbsp;nen ai pas recenu les termes, mais je jugeai bieanbsp;que nos Sceurs avoient eu raifon de Ie refufer,nbsp;comme il me dit quelles avöient fait. Etilajou-ta, que fi je Ie voulois bien figner, il efpéroitnbsp;quelles fe rendroient. Je lui répondis, quétantnbsp;féparée de nos Sceurs, je ne devois point paroitrenbsp;avec elks; amp; que je me donnerois lhonneurdé-crirc a M. 1 Archeveque, comme je Ie fis Ie lende-
flans ma Lcttre que la letfture de la Bullenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c.:. _ . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; r ...
ne pouvoir allier votre
Catherine ^ cotnmandement avec la confcience. Je Aanès ile^ alïurée, Monfeigneur , amp; vous nous avés faitnbsp;St. ¦
teur. ceflê
bles, rhumilité
, nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avoir fait croire que 1in-
tervale du temps quelle donnoic pour y fatis- faire etqit une occafaon favorable pour Ie fun-5, pher tres humblemenc de me permettre lufaee 35 des Saints Sacrements ^ amp; quil ne pouvoit pasnbsp; me donner un moyen plus capable de mobte-,, nir la grace de connoitre amp; daceofnplir lavo- '
lonté de Dieu, que celui la amp; poür ne pas répéter 1affurance que je luiavöisdonnéplulkursnbsp;fois (que je nétois pas dans lentêtement amp; dansnbsp;latfachement a aucun pard) je lui dis que jétoisnbsp;mdifférenie é indéterminée fur la fignature nenbsp;eomprenanc autre cholè dans ce mot, finctn Ienbsp;tneme fens que potte Texemption de 1opinatreté,
MONSEIGNEUR,
M. lAbbé ChamiUard noos ayam appor- xi. té votre Ordonnance pour publier la Buik Seconde Lct-de Notre Saint Pete Ie Pape, qui ordonüe delflL^fP 'nbsp;31 figner un nouveau Pormulairs que SaSainteté a que pourininbsp;12nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;drelfé dcniar.dci les
Saeteiöents,
}
qac.
IX. M. lArchevêquc ne me fit pas la grace de me ré-Reponfe de pondre, mais il manda lèulement % ia Mere Supérieu-PArcbc'vS-'''quot; pouvoit pas maccorder ce que je deman-dois, parcè que ce feroic plaider contre lui-même. Quand la tVjere me luc fa Lettre, je nc réponditnbsp;pss un feul mot la première fois quelle menbsp;vint voir.: enfuite je lui demandai ce quelle diroicnbsp;?i M. lArchevêque fur la Icöure quelle mavoitnbsp;fait de la Lettre. Elle me répondit quil lui fcmblottnbsp;que je n avoisnen dit du tout. Je lui répondis: ilnbsp; eft vrai, ma Mere, que je nouvris pas la bou-,, che, amp; quil me fouvint de ces paroles du- Pfeau- mt.jai été trouhlée^ je n'ai foint pariet,nbsp;Quelques femaines deva ic Paques ma Sceur Marie Angeliqne ayant repréfenté a M. 1Archeveque combien nous éiions mal logees, amp; que nousnbsp;ne pixivions pas pafl'er lEté dans up lieu oü ii
-ocr page 68-quot;Relation de la Terfccution des Religieufes de Port-Royal^ ië6:^-i66S-
Relation drefle,jaicru,Monfeigneur, queiechangetnenc douleur pareille a celle que je reflentis, voyantque Relation t'Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arrive dans cette affaire me donnoic i'ujecde javois fcandalifé les amis de la vérité, amp; donné de la Cap.
Catheri^*^^ nbsp;nbsp;nbsp;Supplier trés humblement quil vous plüc lavantage aux autres. Je me réfolus de ne plusdelaMere
Aenès de nbsp;nbsp;nbsp;retablir dans lufage des Saints Sacrements Communier amp; néanmoins M. Chamtllard étant ^atherine
St? Paul pendant les trois mois que Sa Sainteté accorde venu Ie même-jour, on il me paria encore de nbsp;nbsp;nbsp;,
¦ j, pour fatisfaire a Ibn commandement. Jaipaf- que nos Sceurs navoient pas voulu accorder 3, fé, Monfeigneur, la Fête de Tdques dans Ia qu'on leur avoir demandé pour obtenir la Com- privation du précieux Feffin que Jefus-Cbrift munion, je lui dis nettement, que je ne fgavoisnbsp; fait a fes enfants dans ce grand jour, dont Ie pas en quel fensM. 1Archevêqueavoir pris cequenbsp; Myftére de la Pentecète eft Iaccompliffement, je lui avois mandé (quejctois dans 1indifference)
amp; dans lequel il a donné la plénitude de fon mais que je navois point eu dautre intention que Efprit, quil communique par la Sainte Eucha- de méxempter du reproche quil nous avoir faitnbsp;,, riftie avec plus dabondance que dans tous les plulieurs fois (que nous étions cntêtées.) II menbsp;,, autres Sacrements: li vous me faites la grace, répondit quon Ientendoic comme cela: ce quilnbsp;Moniêigneur, de me permettre den approcher me dit fi frarichement, que je crus quil parloicnbsp; pendant ces trois mois, vous me donnerés Ie avec fincérité , ce qui foulagea fort ma peine,
plus grand fecours que je puiffe avoir pour ob- amp; me donna ia confiance de communier Ie jour tenir de Dieu lagracedeconnoitre amp; daccom- de Saint Jean^ mimaginant que Dieu avoit faitnbsp; plir fa volonté,en me féparant de toute préoc- naitre loccafion que je me puffe éxpliquer; maisnbsp; cupation ét de tout attachement, qui me pour- je ne connoiflois pas alors comme je fais préfen-3, roit rendre incapable de fuivre la lumiére quil temene, les artifices de M. Chamillard, qui menbsp; plaira a Dieu de me donner: que je lui deman- donnent ici fujet de juger quil ne vouloit pas menbsp; de dans lindifférence, nétant point déterminée découvrir Ie fens quil avoit donné a mes paroles,
3, a ne pas figner. Je me perfuade, Monfeigneur, afin que jen fuffe en repos, amp; quil fe confervk que vousaurés la bonte de vous fervir de cette Ie moyen de sen prévaloir, comme jaiapprisde- occafion pour avoir pitié de nous, en faifant puis quil faifoit, en difant que javois plus donnenbsp;3, ceffer un fi long jeune, qui nous pénétre Ic quon ne mavoit demandé.
,, coeur, puifquil ny a rien de fi jufte que cette Un jour ou deux après la Saint Jean, M.
privation fok la douleur unique des ames qui lAbbé du Pleffis vint \ Sainte Marie. 11 nous de- nbsp;nbsp;nbsp;x
mllard. II me répondit prefque la même chofe: amp; la. Mere Supérieure ayant dit pardifcoursquel-Vetre trés c^-c. Ic croyoit que quand nousferionsraffemblées,nous
nous rendrions a faire quclque chofe. II répondit : On nejpérs pas cela.
Le Dimanche furvant 27 Juin M. lArchevê-
ne peur être plus grand.
monseigneur,
ont rénoncé é routes chofes pour pofféder Dieu. manda pour nous parler du deflein quavoit MI , Iattendrai , Monfeigneur, avec confiance, la lArchevêque denvoyer les Sceurs qui navoientnbsp; eracc queie vousdemandeavectoute fortedhu- point ligne a t ort Royat des champ, jemefervisnbsp; militélt; amp; jefpére que vous me ferés encore de cette occafion pour faire yenir a propos cequenbsp; celle de me donner votre fainte Bénédiétion, javois écrit a M. lArchevêque, amp; ce quejeluinbsp; qui doit être acquife par une perfonne qui eft avois mandé de cette indifférence, que jc lui éx- autant que moi, avec un profond. Refpeét qui pliquai au même fens que je lavois fait a M. C^it-
Jadfeffaicette Letrre au R. F.de Ste.Martre^Sc XTt. Ie Suppliai parun Billet de la préfenter a M.lAr-Monfeigneur chevêque, amp; je lui dis encore que je lui deman-
«i^'^luTVer-dois par avance la grace detre fa pénicente, au fait reponfe a la nbsp;nbsp;nbsp;r---r's'éxi,]iqer è
¦ cas quil y eut une reponfe favorable fur ma Let- leur ecrire pour les porter a conlentir au aeiiein Mg,.,
x:n,
que me demanda pourfgavoirfinosSoeursavoient Elietrouve Lettre que 1on mavoit priée de
LklC
met dc nbsp;nbsp;nbsp;j - - r'---- nbsp;nbsp;nbsp;- --- - ---- ---- ^ nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X. ...
dire, Ceft done. Mgr, que nos Sceurs pren- nent le mot ddlndrfférence autremene que moi. ' Car je nai point entendu autre chofe finon qusnbsp; jétois dans une difppfitionoppoféea larrccdc^
prit oü rpn dit que nous fommes. Je me de-elarai fi fertemenc fur ce fujet par plulieurs au-
treg;
^veuglément jufqua la Saint Jeau, que j appris par une rencontre de la miféricordc de Dieu,nbsp;que le bmic couroic dans Paris que javois Com-munie, amp; quecétoit enfuke de ceque javois pro-mis a M. 1 Archeveque par une Lertre. Cela menbsp;ftappa fenfiblement, amp; je nai jiamais égrouvéunc
Communier. Il me vint aufficót apporter la bonne nou- qu'il avoit de les faire aller a iV^-Rry'^/r/w C»i»w/gt;r.'y'rèque 1 Mv'cbsmil. veile, comme il difoit, de 1agrément de M.lAr- Je lui dis quelles avoient demandé du temps juf- mentsquot;amp;nbsp;quot;chevéque, qui écoit fort content de ma difpofi- quau lendemain; amp; après quelque Entretien furciier^patei^nbsp;tion ; ce qui ne mouvrit point les yeux pour ce fujet, M. lArchevêque fe plaignit dccequel-.nbsp;difcerner, quelle nétoic done pas telle quelle les réfiftoient a tout ce quon demandoit delles jnbsp;devoit être puifquil ca e'toit fadsfait. Jc me amp; quil les auroit rétablies dans la Communion,Sceurs en fenbsp;confeffai, amp; communiai le lendemain jour de la fi elles avoient voulu confentir a ceque jelui avoisnbsp;Pentecote\üns avoir aucune lumiére fur Ia mé- écrit. Je me trouvai done favorablement enga-, ^euênbsp;prife que javois fake : amp; je demeurai dans eet gée a lui éxpliquer mon intention: cc qui me fit avoir pris
-ocr page 69-delation de la Férfecution des ndtgietifès de Port-'Royal, 16^4.-1605. Relation de la Cap.nbsp;de la M.nbsp;Cath erinenbsp;A^nès denbsp;St, Paul, Relation tres paroles, doat il ne me louvient pas, quemes de la Cu). Niéces, qui écoicnr prélcntes, crurencquil naaide la M. loic intcrdire les Sacrements; amp; clles fe prepa-Catherine roient a lui dire quelles cefferoient done decom-Aenès de munier auffi, paree quelles étoieac dans les me- St. laul. faute quand je ferois en cette Mailbn,amp;:quejau- marchons pendant que nous avons la lumiére , amp; rois appris de nos Soeurs ü je leur avois donnédu que le commencement de notre combat ne foic liiiiri Aim 1.^ nbsp;nbsp;nbsp;mn#» nr\l 1 VOH.C iï VOIT XV. Son arrivec a Port Bwoya(nbsp;ties Champs* XVI. Lettre qucllenbsp;écrit a Mgt.nbsp;1Archevê'nbsp;qtie pour té»nbsp;trafter lenbsp;inoc ^qiiivoinbsp;que dom ellenbsp;sétoit fervi,nbsp;amp; pout luinbsp;demander lesnbsp;Sacrementsnbsp;pour toutesnbsp;les 5'ccursnbsp;qui Aoitnt igt;nbsp;lort-Rojralnbsp;des Cb^inigf* EHnemis rc: eeft Monfeigneur ¦ 1avoic fait réfou'dre d| ceflérfe On ' . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;p - I- .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^'.oyant que peut-étre vous nen faire contre notre^ Confcience dans cette oc- nes permis de s approcher des S. S Sacreni cafion, dontil faut néceflairement que Dieu foic quen préluppofant quelle étoit dans une d/fpo-IAuteur: que sil ne nous avoir difeernees par fa lition qui ne léloignoit pas de la fignature. Jai été,Monfeigneur,dans un grand étonnement quand jai confidéré que ce mot d'Indifference^,nbsp;queje croyois indifférent, amp; dont Ton pouvoit ufer dans les chofes humaines qui font'nbsp;quelquefois obfeures amp; quelquefois evidentesnbsp;fe pouvoit prendre pour une facilitéa ferendre,nbsp;OU a ne fe pasrendrea lachofedont il eft quef-tion ; ce qui eft trés éloigné de ma penféenbsp;ayant toujours cru quil ne mécoic pas permisnbsp;de fignernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pa.r foumiffion j pendant que' ,, je ferois dans la doute oüje fuis,quoiquen mê--E 3i nbsp;nbsp;nbsp;r»®- mes fèntiments. Mais il ne répondit rien du tont, amp; paria dautres ehofes. Ces reneontres , quenbsp;jeftimois heureufes, me donndrent la eonfiancenbsp;de communier Ic lendemain (jour i^zSaint Pierre)nbsp;ce que jc fis encore le jour de la Fifitation de lanbsp;Sainte Vierge, remettant a faire pénitence de ma fcandale. Elles mavouérent quelles avoient été fort affligées de cette Lettre, amp; de 1avantage quenbsp;1on en avoit pris fur elles pour leur reprocher lenbsp;refus quelle avoient fait dy confentir. Jc demeu-rai fi couverte de confuiion, que je me trou-vai obligee de leur en faire des éxcufes publi-quement dans le Chapitre: amp; Dicu ma faitnbsp;reconnoitre par cette experience que qa été luinbsp;feul qui ma préfervée de me laiflèr aller a fairenbsp;la fignature, puis quencore que jcn aie éténbsp;toujours fort éloignée, ce nétoit pas avecaflez.denbsp;lumiére; Sejenevois guéresdedifférencedu fcandale que jai donné par cciermzd'IndifféreKcenbsp;prend pour une approche de ce dernier relachemcntnbsp;OU Ton eut tomber infenfiblement quand Dieunbsp;fe retire dune ame,6c quil la lailVe aelle-mêrae,nbsp;oü elle ne trouve rien qui la puiiTe foütenir. XIV. Nous fommes affurées quil ny a rien de fi con-Eiie iuftifie traire a la vérité, que de dire, comme lon fait, j^'nlrcon-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voulons point Ggner, paree que nous trela caiow-lbmmes attachccs a ce parti la. Car encore quil nie de [cars peut arriver que lon eut un motif li contraire alanbsp;droite intention, avec laquelle on doit foütenirnbsp;une cauiê fl Sainte, je ne comprends pas commenbsp;on fe pourroit défendre de tant dillufions qui en-vironnent cette affaire, 6c comment on pourroitnbsp;fupportcr les disgraces ou elle engage, puifquelorsnbsp;qucn fouffre pour une caafe humaine, amp; par unnbsp;courage humain , la nature le Jafle bieneqt, 6cnbsp;cherche des prétextes pour fe délivrer. C eft cenbsp;qui fait croire que de toutes les bonnes ceuvres,ilnbsp;ny en a point a laquelle on doive prendre moinsnbsp;de part qua la réfiftance que nous faifons pour ne par miféricorde de tant dautres perfonnes qui valoient roieux que nous, nous nous ferions trouvées en-véloppées avec elles dans cette horrible injufticenbsp;(de condamner la vérité, ) en quoi nous aurionsnbsp;été plus criminelles que les autres, qui ne Tont jamais connuë. Cette affaire fi malheureufe amp; ffnbsp;funefte pour le faluc, dont Dieu prélerve ff peunbsp;de perfonnes, eft une image ce me femble de lanbsp;grace toute gratuite par laquelle il prévient quelquesnbsp;ames en les tiranc de la corruption dans laquellenbsp;tant. daucres demeurent amp; périffenc.. Ceft ce |
qui nous doit obliger non ieuiemenc a des recon-noiOances infinies envers fa divine mifcricorde par laquelle il nous a préfervées du torrent qui cn-traïne tant dautres: mais encore a nous humiliernbsp;profonde'ment nous-mêmes, qui eft la dispofitionnbsp;quil veut trouver en nous pour conferver une grace que nous navons point reguë par nos méritesnbsp;amp; qui ne iubfiitera quautanc que nous lattribue-rons toute a Dieu,en ne nous refervant quelaveunbsp;amp; la connoilTance de notre indignité , avec lenbsp;tremblement oü nousdevons étre, que fi nousnenbsp;fuivi dc la perlévérance que nousne pouvonsavoirnbsp;quen Dieu fcul,les ténébres ne nous furprennent.nbsp;Ce font les I'entiments ou nous devons eire dansnbsp;le répos quil plait a Dieu de nous donner préien-tement, qui neft quune créve pour rentrer dansnbsp;un nouveau combat. Il ne me rclte plus rien a dire, finon cette ar-rivée en cette Maifon. Jtcrivb a M. Iztrcheve-que pour me récraétcr de IindifFerence, 6c pour lui déciarer que je ne communierois plus sil nenbsp;lui plaifoic de lepermettre a routes nos Sceurspendant Iincervale du temps od Ton netoic pointnbsp;oblige de dire fa Réfoluiion. Je nai eu aucunenbsp;réponfe de cette Lettre, ce qui me fait demeurernbsp;dans la même privation ou toutes nos Soeurs onenbsp;été depuis fix inois. Voici la Copie de cette Letue, MONSEIGNEUR,,, Depuis que je fuis en ce Monaftére jai ap- pris de la Mere Prieure , qui étoit a Mon torgueil, quelle avoir eu une grande peinenbsp; cqnfcicncc davoir foufcric a la Lettre quenbsp; je tn étois donné Ihonneur de vous écrire ,nbsp; ou je difbis que f étois dans I indifférente aunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pgnature ^ après quellc eut fait quot; aurr?t^*' nbsp;nbsp;nbsp;terme pouvoit être pris en un tion ¦ nbsp;nbsp;nbsp;felon mon inten- oon, oc quainfl elle n part ' - ¦ - qui 1 |
'Rchtiori de la Terfe'cution des 'Religieuf'S de Pcrt 'Reyaï^ 70 3) 3 33 33 31 3' 3gt; 33 33 33 33 33 33 33 33 33 » 33 33 11 voient être pendant iintervale dtl temps qui timents, cela pourroit en effetfuffirepouruneper- nous étoit donne pour prendre notre derniére fonne qui navoit pas plus de lumicres, amp; qui avoic encore moins de force pour porter Ie poids de lafflidion 6c des pcines d un état telnbsp;que celui oü nous étions réduices.) Mais sil fc trouvoic des perfonnes qui vou-lufiént prendre éxeraple fur ma conduite, amp; en-treprendre de la juifiüer pour sauthorifer dans quelque fentimene pareil, je declare quelles nenbsp;poiirroienc faire une plus grande injuftice que dap-prouver ce que je condamne de tout mon coeur,nbsp;6c que je fouhaite deffacer devanc Dieu 6c lesa-rois de Dieu, comme une tache qui a fait tort ^ lanbsp;dignitc de la caafe pour laquelle nous Ibuffrons,nbsp;6c qui me donnera fujet de dire avec confulionnbsp;toute ma vie au regard de ce Confeil que jenbsp;donna! avec fi peu de difcernement , 6c de lin-différence que je promis fans prévoir labasnbsp;quon en devoic faire; Unum locutus fum quodnbsp;utinam non dixijfsm alteram (luihus ultranbsp;addam. 3) 3' corde, )3 mni gt;3 peét. Signé on Scc. XVI r. Gonftflijn Relation ,, ms-temps je cruflè que cc mcme fait de Mcn-1^1 nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouvoit figner par ceux qui au- rtfh^ .' gt;j roient 1 evidence de la Vérité de cc fait:, amp; Asgt;Tès'quot;(f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sil étoit poffible quil devint aulliclair lit Paul ^ convaincant que celui de Calvin, les ¦ ,j filles mêraes nauroien: pas de difficultc a fous-crire. Ca done écc fculement pour méxemp-ter du reprochc quon nous fair que nous fom-mes entctées amp; opiniatres j amp; pour vous aflu-,, rer, Monfeigneur, que je nc fuis atrachée anbsp;,, aucun parti , finon a celui de la Vérité , amp;nbsp; que je me rangerai toujours de ce cocé-lanbsp;quand je ne pourrai la dilcerner: au lieu quejenbsp;ne pourrai jamais attefter par fouroiflion unenbsp;chofe comme véritable, pendant que j en au-rai des doutesinvincibks. Je me fuis done trou-vée, fans y penfer, contraire a moi-mêmc, ennbsp;me fervant dun mot qui fe pouvoit prendrenbsp;en un fens tout oppofc a mes vérirables fentr-ments. Ceft ce qui me fait vous fupplier trésnbsp;humblement, Monfeigneur, de me faire la juf-tice de recevoir 1éxplication que je fais ipré-fent, comme javois commence a vous direnbsp;quand jeus 1honneur de vous voir la dernie'renbsp;fois a Samte Marie, amp; que javois deja éxpli-qué ^ Monfeigneur lAbbé du Tlefis 6c a M.nbsp;Chamillard. Jevousdirai, Monfeigneur, quenbsp;,, jai eu une douleur trés grande de la méprifenbsp;que javois faite; ce qui ma obligee de me privet de la fainte Communion, quoiquil fut Jcnbsp;}, jour de la Dédicace de ce iVlonaftére; Sc j ainbsp;,, CU un fecond motif de men féparer, pour menbsp;conformer a routes mes Sccurs, que vous n a-vés pas rétablics comme jefpéroisquellcs ledc- 3, réfolution, amp; qui étoit ce me femble trés fa-33 vorable pour lever linterdiétion a laquelle il 33 vous avoit plu de nous affujettir. Ccll ce quenbsp;3, je vous fupplie trés humblement, Monfeigneur,nbsp;5, de confidérer, 6c de vouloirvous relacherdunnbsp;3, fi rude chatiment, que celui de priver nos Amesnbsp;33 de la nourriture Célefte que Ie Fils de Dieu leurnbsp;31 a prepare. Si nous fommes affez heureufespournbsp;33 que vous nous diiiés que vous voulcs bien quenbsp;3) fejus-Chriji entre dans la Maifon de notre coeur,nbsp;3, comme il dit hZachés, danslEvangile delafê-33 te, je vous fuplierai trés humblement, Mgr.,nbsp;33 que ce ne foic pas unegrace de parole feulcmcnt,nbsp;3gt; mals qui nous tbit renduc certaine par deux li-33 gnes de votre main. Que fi vous agréés quenbsp;3) la m.mne du Ciel, que vous avés fermé depuisnbsp;33 fi long-temps, tombe dans ce Déferc, cenousnbsp; fera un moyen de rendrc les priéres que nousnbsp;offrons a Dieu pour votre perfonne facrée plusnbsp;dignes davoir accès au Tbróne de la milcri-amp; de nous rendre de plus en plus, 6cnbsp;particulier , dans un profond ref- Je mi- crois obligée en finifïant cette petiteRe- |
lation de temoigner 1appiéhenfion qui medemeure, Relation que pcut-être quelquun ne foic encore fcandaUlè de 11nbsp;en appreriant, tanr par ce queje dis, que par Iade lanbsp;Relation de ma boeur Jlngelit^ue Therèje, denbsp;quelle forte jai agi envers elle au fujet de la fig-nature ^ ceux qui regardenr ma conduite comme ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; un obfcurciflèmcrit amp; une privation de lumiéreoü , f Dieu ma laUlce tomber pour m'humilier, amp; medeianbsp;faire relfentir dc^ plus en plus que nous navons qu'eikairoitnbsp;point en nous-memes Tefpri: de force 6c denbsp;feil sil nenous en donne den-haut, ceux-la,dis-Srnbsp;je, en porceront Ie même jugemeiu que moi, 6c Aniidinucnbsp;m aideroK de leurs prieres pour m obrenir de la ThAèfe, qi,inbsp;divine milericorde Ie pardon de cette faute ouinbsp;me rend en quelque forte refponfable de celle oüCco^nfdinbsp;je laifjai tomber cette arae, dont il mavoit fi par-ticuliérement chargée , puilque je ne tentai pasnbsp;tous les efforts que jaurois pu faire pour la foü-tenir,dins la créance quejeusquilsferoientjnuti-lesj 6c que quand mcrae elle auroit rompu len-gagement oü elle étoit déja lorlquelle me de-tnanda confeil, elle ne pourroit pas réfifter long-temps dans la difpofidon oü ellee'tok, fans saffoi-blir une autre fois; 6c comme elle Ie faifoit affeznbsp;entendre par lappréhcnfion quelle me témoignanbsp;avoir dans Ie même-temps, que M. lArchevê-que ne retirat fa Declaration, 6c quelle neütnbsp;plus eu après ce reméde quelle croyoit capablenbsp;de gucrir la bleffure que 1on fait a la vérité 6c anbsp;la Juftice en iignant Ie Formulaire: je me laiffainbsp;furprendre auili-bien quelie a cette Krreur (de-puis quelle fe croyoit a couvert par cette Declaration , amp; par les proteftations claires 6c intelli-gibles quelle faifoit a M. rArchevêquedefcsfen- Smr CATHERINE AGNES DE SAINT PAUL. [ La Mere Cathi-rine Agnh de Saw* nbsp;nbsp;nbsp;Bllkt^de^fa 3 M. Agnès (ie |
71
Relation de la Cap-de Ia Merc
Catherine
Agnès d*5 St. Paul.
St. Paul, pout témoig-net fon af-fli£tlon aunbsp;fujet du d.nbsp;mut erjuivo-
TieUtion ds la Terfécuthn d:s Udigieufes de Vort Royal^
bon ni mauvais. Mais javouë
f^a, coenme eUe le dit ici,de quelle forte on parloit de fa Lettre du 20 Mai,elle tcmoignanbsp;fon afflidion avec tant d'humilité aux per-fonnes de qui die 1avoic appris, quil eft bonnbsp;de joindre a ce quelle en dit, le Billet quellenbsp;leur écrivic, que void; j
Jai une grande douleur de celle que je vous ai donné par ce tnalheureux mot d'indifference ^ jenbsp; dis moi, paree que mes Nieces ne Iont misnbsp; quavec mon confentement, comme vous lenbsp;,, jugerés bien maintenanc, puifquil eft dans manbsp; derniére a Monfeigneur. Les pauvres filles nenbsp; mauroient jamais voulu faire une telle infidéli- té; touce la fauTe eft fur moi,qui me fuislailléenbsp;5, perfuader par M. Cheron que ce terme nétoitnbsp; rien , amp; que ce feroit nêtre pas Chrétiennenbsp;,, detre fi attachée a fon fens, quon fut réfolu denbsp; ne sen jamais deprendre: amp; il nous dit quilnbsp;,, navoit Confeffe amp; communie notre Mere Ab- beCTe, quaprès quelle lui eut accordé ce quellenbsp; ne fit pas fans 1avoir fort contente auparavant.nbsp; Je men fervois dans la penfée que jétois prêtcnbsp; a figner encore sil fe préfentoit quelque chofenbsp;,, de bon, 6f non pas de Iopinion de celles quinbsp; difoienc quelles ne figneroient jamais rien ni
mauvais. Alais javouë ma faute, amp; Relation , ny veux pluschercher dcxcufe. Dicu ma hu- de la Cap.nbsp;, miliee avec juftice; amp; ce qui me touche plusje la _M.nbsp;, vivement,ceftiafflictionqueje vous ai donné,
,, amp; a nos Soturs, fi elles font fgu. Je fus hier nbsp;nbsp;nbsp;de
outrée de regret en recevant vos Lettres: mais nbsp;nbsp;nbsp;'
, ce fut néanmoins avec une grande confolaüon de me voir inftruite amp; corrigce facilement,carnbsp;,, vous ne penfiés pas encore que jeufle part anbsp; cette faute. Javois réfolu de me priver de lanbsp;5, Sainie Communion aujourd-hui , néaninoinsnbsp; loccafion que Dieu me donna de méxpliquernbsp; a M. Chamillard^ comme vous le verrés, mcnbsp; fit croire que je le pouvois faire:vous me man- derés sil vous plait cc que je ferai a lavenirjfinbsp;3, vous en avés loccafion.
Je nen dirai pas davantage pour épargner mon ceil. Ma Niéce Angelique mafflige, denbsp; saffliger comme elle fait de ce quon ia cruënbsp;,, capable de manquer de naturel envers moi. Jcnbsp;,, laccufe de préferer Ja nature a la grace;elle mcnbsp;,, fait pitié detre fi fenfible; mais pour parlerfpi-,, ritueliement, ceft ctre trop humaine.
Ce jour de Saint Jean 24 Juin
Fi» de la ILilatm de la Mere Catherine Agnès de Saint Paul.
MARIE A N G E L I Ctu E de Ste. THERESE
Sur lEnléveraent de la Mere Jeanne Catherine Agnès de St.Paul (ARNAUD fa Tante) avee laquelle elle fut éxilée au Monaftére de Ste. Marie (autrement de la Vification) du Faux~nbsp;hourg Saint Jacques , amp; de ce qui seft paflft dans leur Captivité.
l'renés garde de ne vous pas humilier foHement en vous laijffant féduire. Ne vous humiliés pas dans votre JageJfe^ds peur quétant hutniliie vous ne vous laijfies Jeduire pour commettre
I. Circonflan* CCS dc Ionnbsp;EnlAcinentnbsp;amp;c. sUand M. 1Archcvêque eut nommé dans Ie * Chapitre toutes celles qui devoient fortir,nbsp;-je le fus remercier de mavoir mifeavec lanbsp;Mere ylgnès, amp; le fupplier de nous faire la gracenbsp;dy joindre mes deux Sccurs. II me dit que lesnbsp;Keligieufes ne vouloienc pas fe charger de tant denbsp;fillet;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mettroit en une bonne Maifon; |
que C etük a Salute Marie du Fauxhourg. JLé-loignement que jai toujours eu pour eet Ordrc' fit que je lui dis: Hélas, Monfeigneur, I Sain- leMari'e! Voila tout cc que jappréhendois nbsp;Cet Inftitut na aucun rapport avec le nottf amp;nbsp;de plus les bonnes Reügieufes font condui-'c narnbsp;ks ?lt;;»«. M. l'ArcWquenbsp; ne vertes pomt de Jefuites, ce fcra moi quinbsp;vous vernu :^. a quoi je-ne repondis rien, amp; je fus |
- nbsp;nbsp;nbsp;?3
-ocr page 72-7^ Relation de Ia Perfecution des Religieufis de Port-Rayal^ ï66^-l66).
Re .ition tus enfuite trouverM.de h Brunetiere, amp;Je Ie ala MereSupérieure de!a Vilication. Ilnappritque Relation de semployer auprès de M.lArchevcque, danscemomentlaquecétoitlelieudenotreprifon.de laSosurnbsp;JjeliQ'ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp; Sostirs avec nous dans quelque Nos Meres conimencérenc tout haut la priéreMane An-
Ste. The-^ Maifon de notre regie. II nous dit quil Ie feroit, de.s Voyageurs; amp; enfuite None. LEccléiiafri-de rèfe,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouvoit pas être fnót, paree que que ordonna que 1on entrat dans Ia Cour des Ur-
Mere Abbeflè; que 1on appelle uneTouriére,
pouravertirlaSupérieure. Notre VI ere leva les yeuxaii Ciel, amp; puis elleregarda la Meredunema a ste. Manie,nbsp;niérequifaifoitaffei, voirquelle fedonnoit double-ment a f)ieu,appréhendant fort cette Maifon,qm eftnbsp;toute aux Jéjmtes. Nos deux chéres Vieres sem-brafïerent en (ilence, maisleurscoeurs iêparloient,amp;nbsp;leur douleur faifoit adèz connoitre leur parfaitenbsp;union. Nous étioDS outrées de voir cette pauvre M.nbsp;toute feule dans une Maifon fi oppofce. Quandnbsp;clle futeiitrée.rEccléüaftique remonta en Carofle
pour fe reconnoitre. Enfuite de quoi il me dit ces propresparoles: Madame,sil y avoit eu un Ar-,, chevêque a Varis, i! y a 12 ans quon auroitnbsp; fait ce quon fait aujourd-hui. Je répondis,nbsp;,, M., nous f^avons bien en efFec quii y a long- temps que lon veut ruïner notre Maifon, amp;nbsp; que cette fignature neft quun prétexte. II ynbsp;,, a 13 ans quou ne parlok pas de tor mul air e ^nbsp; amp; cependant on avoit réfolu notre perte. 11nbsp;parut forc embarrafle, amp; moi je me retirai en fhi-
1' nbsp;nbsp;nbsp;.-anrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rif» T^/7yfC
M. de Paris étoit préfentement trop occupé de Ju line s ^ amp; puis il dit: Cefl ici ou dok aller la^^^-cette affaire, amp; quil lui falloit un peu de temps
Ma Mere, cela ne durera pas. La Mere ré-pondit: M., jufqua-cc que Mgr, nefoitplusfe-,, ché contre nous. Nous arnvames done au lieu de notre éxii. En nous féparant de maSoeurnbsp;Agnès de la Mere de Dieu , la Mere lui dit toutnbsp;bas, la parole que la Mere Prieure lui avoit ditcnbsp;en allant a la porte, qui eft que cette Mere sé-tant approhée de la Mere Agnès , lui dk pournbsp;tout adieu : Ma Mere, comment etes-vous,nbsp;,, pour moi toute grace 8c toute force. On de-
fant linclination. Cependant M. de Paris fepyef- avec la Demoifelle qui nous conduifoit amp;irdk-Ibit fort de nous tnettre dehors: il mena done lui- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...t
tnême è la porte des Sacrements notre Mere, la Mere Agnès, la Sceur Agnh de la Mere de Dieu,
amp; moi. Nous demandames fa be'nédiöion, quil nous donna nous fit ainfi fortir. Nous fumesnbsp;auflïtót requës par M. Ie Lieutenant Civil^ quinbsp;nous attendoit dans la Chapelle de M. de Sévign^^
OU il nous retint jufqui-ce quil nouseutdeman-dé nos noms de Religion 8c celui du monde. II parut quil prenoit grand plaifir a faire dire celuinbsp;dArnauld. II avoit un Secretaire qui ccrivoitfous feehdit la Mere daCaroflë slvpcnbsp;lui. Mon Pere pric la Mere Ague's par la main, ne. La Dame qui nous conduifoirnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;depei-
on me menoit, Saintes Priéres.
amp; lui dit tout bas; Ma Scaur, voila un grand na grande compaffion, amp; rne die nbsp;nbsp;nbsp;MaThéfZ
me recommande a vos nous conduifit a un Parloir bas. LEc-cléfiaftique sapprocha de la Grille, amp; nous dc-meurames auprès de ia porte. II dit a la Mere Supérieure : ,, Ma Mere, voila la Révéren- de Mere Agnès 8c Madame fa Nidce quenbsp;,, Monfeigneur de Paris vous envoie ; fur-quoi la Supérieure dit promptement: M., nousnbsp; nen devons recevoir quune. Nous enten-dions tout ce difcours j amp; jétois dans unenbsp;peine éxtreme. Je me jettai a genoux, 8c jenbsp;fis voeu a la Sainte Vierge de dire tous les joursnbsp;trois mois durant mon Chapelec, fi je Idi-vois ia Mere Agnès. La Mere Supérieure dit,nbsp;quil ny avoit rien a dire ; que 1Obédiencenbsp;étoit pour deux, Lon nous fit enfuite approchernbsp;de la Grille, oü eet Eccléfiaftique nous recom-roanda a la Supérieure de la part de M. de Paris',nbsp;quil dit fouhaiter qu'on nous traicataveccharké;nbsp;que la Mere Agnès croit fort infirme Sc agée. H
bien que dans ia Cour du dedans,ou nos pauvres Soeurs étoient dans une douleur inimagina-ble. li y avoit plufieurs Dames qui prenoientnbsp;les habits de nos Meres , leurs voiles quenbsp;lon bakbic , en difanc; mes hennes Meres^nbsp;Dieu feit votre farce , vQtre confolation : priésnbsp;Dieu peur mus. M. Ie Lieutenant Civil dit anbsp;une Damede nos parentes qui nous fuivoit; TVi-Jés-vous, voila bien de quoi pleurer. Nos
jour, mais Dieu Ie volt. II y avoit grand Mere, je ne fgavois pas ou monde qui retentiffok de cris 8c de larmes, auffi- jenbsp;w..., niio d-in^ lü Cour du dedans.OU nos nauvres On
lieu.x efifres Meres fe furent jetter fur les marches du baluftre, Sc dirent tout haut: ,^hene Pafior^nbsp;,, Panis verèquot; 8c quelciues autres paroles enFran-i^iis de labondancG de leur cceur, en de.mandantnbsp;a Dieu quil fut Ie Pafteur du troupeau quon leurnbsp;faifoit abondonner , au moins éxrérieuremenr.nbsp;Nous fiimes bien furprifes de voir dans la Cournbsp;au moins 200 Archers Ie mousquetonfur lépaule.nbsp;Lon rait dans Ie Carofle notre chére Mere Agnès,nbsp;avec prefquautant de peine quon auroit fait un
Corps mort,ctanc infirme amp; agée de 71 ans. Mon ajouca quelques paroles qui témoignoient que ce Pcre amp; mon Frére de Luzancy aidérenc eux-mê- renverfemenc pou-rroit bien faire tort a fa Santé,nbsp;mes a 1y mectre, 8: nous lui dimes la peut-être Ie La Mere Supérieure lui répondit en approuvantIanbsp;dern er adieu. Je métois mife a genoux devant conduite que M. de Paris tenoir fur nous: Ee®nbsp;mon t ere pour lui dcmander fa Béuédiélion j 8c ,, intentionsde Monfeigneur font toutesSaintes.^
puls J'2 montai en Carofle. 11
ftfeue ds fake les trés hamhies reeoenmandations les mains
nous écions tombées. Lon nous con-
duifit
.1 fupplia 1Eccléfia- Nous comprimés aflez par ces paroles en quei-
-ocr page 73-'Relation de la Tcrfécution des Reli^ieufes dc Fort-Royal, trois fois la femaine, une heure au plus. Leur Entretien etoit fouvent aiTez penible, particulié-rement ceux de la Mere Supérieure, qui difoit contifiuellement que tout le monde nouscondam-noit, même nos meilleurs amis^ que tous ceuxnbsp;quclle voyoit blamoient notre conduite , jufquanbsp;Madame de Nemours^ de Longue'ville, de SahU^ Madame [de Liancourt, amp; bien dautres; que les perfonnes qui nous avoient mis cela dans 1efprit sen retiroient fort bien; quils étoient bien aieur nbsp;nbsp;nbsp;le remercier de la charité. Ilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ne feranbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas inufii fi aife pendant que nous foufffions trés bien; quily nbsp;nbsp;nbsp;1inférer ici avec un autre anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mon Pere due p ^ en avoit qui fignoient; que les autres avoient la nbsp;nbsp;nbsp;nous rapporta tous deux, difant quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1on avo'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; liberté daller ou ils vouloient: amp; routes chofes nbsp;nbsp;nbsp;dre de ne lailler paffer aucunnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de nosnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Billets ^ nbsp;nbsp;nbsp;SM.IC UU* re. Elle nous die que Madame de Sdvignd é-toit amie de toute notre familie, ce qui lui donnoit plus denviede nous voir; quelleIavoitnbsp;priée de lui dire qu elle avoit Charge de Mr.deSé-daffiarer la Mere Agnh ^syAii ny avoit riennbsp;qbil ne voulut faire pour la fervir. La Merepritnbsp;fie la occafion ds lui ccrire le Billet fuivant, pour t remercier de la R-lation ciuirt enfuite a la porte. La Mere ^gnès fe miC f!ch iccui i crenoux devant la Superiéure, qui avoir avece!-Mavie An-|e^ ou 5 Religieufes. Je fis la même chofe, Sc jenbsp;^clique/ledis que je venois pour ctre la derniére de la Mai-5te. '-l'de-fQn, 6c pour vivre dans route la féparaiion quenbsp;rèfc. Pon voudroit , comme leur prilbnniérc. Nousnbsp;deinandames daller adorer Ie Saint Sacrement^6cnbsp;nous nous profternames pour aller ofFrir notie Sacrifice, 6c accepter Ictatouil nous mettoit. Enfui-te de quoi 1on nous mcnaa la Chambre qui nousnbsp;étoit préparée qui étoit fort petite, amp; ou il n ynbsp;avoit prefque point dair,etanl fur une petite cournbsp;toute environnée de Batiments: de forte qucllenbsp;ctoic fort obfcure,nayanc aucune vue,pas mêtnenbsp;celle du ciel: amp; pour niieux refl'emblcr a unenbsp;prifon,il y avoit de bons barreaux defer aux fenê-tres. Nous avons toujours cte dans cette Chambre, 0Ü nous avons eu bien des incomtnodites.nbsp;Elle étoit fi pleine de fouVis, quelles marchoiencnbsp;en plein jour dans la; Chambre comme des pou-lets; amp;: cependant Ton faifoit accroire a nos Sceursnbsp;de Paris que nous étionsbien logees dans 1Appartement de Madame de Chantail ,q\1 nous navonsnbsp;jamais mis le pied, au moins dans fa Chambre,nbsp;en ayant feulement vu une qui eft auprès, amp; quinbsp;eft belle, ou Ton faifoit un Ornement pour IE-glife; mais on navoit garde de nous y raettre, paree que nous naurions pas cte alfèiféparées. Lesnbsp;deux Meres detneurérent un peu de temps avecnbsp;nous fans témoigner ni par leurs paroles ni parnbsp;leur faqon la moindre compaffion; au contrairenbsp;nous ayant demande sii ny avoit pas grand monde chez. nous , nous repondimes quii y avoitnbsp;beaucoup dArchers. Elies répondirent en riant,nbsp;del ^rchers , des Archers. Elies dirent quil nousnbsp;falloit laifTer , que nous ferions bien-aifes detre adire T^foTr nbsp;nbsp;nbsp;quot;O^savions notre Office L nbsp;nbsp;nbsp;aPPorta a fouper. La Reli- geufe qui avoir fo.n de nous, venok apporter « dont nous avions befoin,amp; puis elle fe retiroicnbsp;rréck denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;premiers mois javois beaucoup de travail quciques En-POur .une perfonne qui ne commensoit qugt;a tretiens qu-revemr dune grande maladie ou javois éténbsp;die a avec beaucoup faignce. La Merc Supérieure 6c la la M. Siipa-iyigre dépofée nous venoient voir deux on lieiircSc aunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ c .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'-'u r»es. |
^ nbsp;nbsp;nbsp;i - - j -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.lemblablcs. Unjour elle nous dit que Dieuavoir Relation permis que le mal qui étoit a Fort-RoyallaSeeurnbsp;Silt quoi la M. ^gnes la pria de lui dire quel mal 1'darie An-elle vouloit dircj ce qu'elle nc put prouver dunenbsp;autre forte, quen difant que nous éiions üngulié-^5®*nbsp;rcs en beaucoup de chofes, 6c , entraiuresnbsp;elle fpccifia que nous ne parlous point IEglife-que nous navions point de Bouquets. Nousnbsp;leur avons fair entendre affez, fouvenc que finbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nous en ulions ainfi, eetoit pour mieux nous conformer a Iefpric de notre Pere Saint Bernard ^ qui vouloit que dans fon Ordre tout ynbsp;fuc dans une grande fimpliciic 8c pauvreté;nbsp;que même il ne fe fervoit que de Chandeliers denbsp;fer. Nous demeurames dans cette petite chambre 10 ly. ou 12 jours Ians fortir du tout, que pour entendre la Onbsp;meue dans !e Jube, qm etoit tout proebe. Com-^pmtnbsp;me la chaleur étoit fort grande, 6c que nous na- cifferacn^nbsp;vions point du tout dair, la Mere -/dgjtes en étoitnbsp;fort incommodee, ce qui la fitrefoudre, erra-gnanc de demeurer malade, de demander permif-lion a la iVlere Bupemeure d'aller fe promenernbsp;dans le Cioitre a une heure oii la Communauténbsp;feroit a quelque éxercice, afin de ne voir perfonne, paree quil falloit que cela fut ainfi. Elle !cnbsp;trouva bon , Ht nous marqua Iheure. Nousnbsp;y allames deux ou trois fois. Unjour, commenbsp;nous defeendions de notre chambre pour aller de-vant le Saint Sacrement faire notre affiftance, 6cnbsp;enfuite cette petite promenade, la Mere Supérieure vint nous trouver au Choeur fort prompte-menr, amp; nous pria de remonter a notre chambre,nbsp;quelle vouloit nous y garder elle-nnême, pareenbsp;que Madame ife Sévigné^ qui étoit entrée, vouloitnbsp;a route force voir la Mere Agnes ^ quand mêmenbsp;ce ne feroit que de loin j quelle nous cherchoitnbsp;par toute la Maifon : ce qui Iavoic obligée denbsp;mettre des Soeurs en garde parcouc. Nous luinbsp;dimes que quand il entreroic quelquun, quonnbsp;ptic la peine de nous avertir de ne point fortir jnbsp;que nous ferions Ialliftance dans notre chambre;nbsp;que nous nous foumettrions de bon coeur a tousnbsp;es ordres de M. lA^rchcvêque 1 que nous luiren-narnr finbsp;nbsp;nbsp;nbsp;obeiflance en tout cela. Elle 5= nbsp;nbsp;nbsp; |
Cloiri
-ocr page 74-Rehtion dela Ferfécution des Religieufes de Fon-Royel, i66^-i66^
7
Relation tie la ScEurnbsp;Marie An-gelique denbsp;Ste The-réfe,
Gloire k Jesus an tres Saint Sacrement
Le 6 Septemhre.
Encore que ce ne me foit pas une chofe extraordinaire de recevoir des marques de vocrc charicé, je ne laiffe pas detre toujours furprifenbsp;lorfque jen reqois des Nouvelies, paree quel-les font toujours au deflus de mes attentes amp;nbsp;de mes mérites. Je vous en remercie trés hum-blement, Mr., aprèsavoir remerciéDieu de lanbsp;grace quilnous a faite daimer tant abien faire,nbsp;jaurois beaucoup perdu du fruit dema folitude,nbsp;fi javois eu Thonneur de voir Madame de Sé-vigné, puifquune feule perfonne qui lui reifetn-ble tientlieu dune grande compagnie. Elle auroitnbsp;vu une chofe alTez. rare, qui eft des prifonnie-res Volontaires, amp; qui fe confolenc detre pri-vees de route forte de confolation. Vous iqa-ves les motifs quelles ont; 6c je vous fupplienbsp;de les éxpofer a votre bon Pafteurafin quil fenbsp;fouvienne delles. Ceft le dernier objet quenbsp;jai eu en paffant par v^tre Chapelle, demêinenbsp;que les derniéres paroles que nous avons dites,nbsp;notre Mere 6c moi, au pie de 1'Autel: Bonenbsp;Paflor yPanis verè ^ yefu no[tri mijirere lt;^ c. Jenbsp;vous demande sil vous plait une grace, qui eftnbsp;de faire tenir ce Billet a Mon Frére lt;PAndilly.nbsp;Jc me perfuade que vous trouverés quelqucvoienbsp;pour cela amp;c.
Gltire a JFSUS au ires Saint Sacrement de V^utel.
Le 7 Seprembre.
Je crois, mon trés cher Frére, que vous netes pas en peine de mes infirmités, f^achantnbsp;que je fuis en un lieu ou la charité régne pournbsp;prévenir tous mes befoins. Du relte vousnbsp;voudres bien que je boive le Calice quele Perenbsp;Célefte ma préparé ^ 6c que je défire quilnbsp;menyvre pour me faire oubiier routes chofes,nbsp;finon Jefus^ amp; Jejus Cruclfé. Ceft ma der-niére vocation, la première ne mayant pasdon-né des moyens fi propres 8c fi cfEcaces pournbsp;imiter k Fils- de Dieu dans fa vie humiliée amp;nbsp;inconnuë, dans laquelie je défirede me cachernbsp;avec lui. Je devrois parler en pluriel, manbsp;chére compagne étant dans les mêmes fenti-ments, 6c sétant propofö un renouvellementnbsp;dune vie Rcligieufe dans le changement de'tatnbsp;quot; qui nous fait Sacrifier a Dieu a tout moment),nbsp;3, tout ce que nous avons dc plus cher: ce quinbsp;3, eft cn eftec un devoir indispenfable de ceux quinbsp;,, veulent être a Dieu, 6c de quoi on ne sacquitte quenbsp;31 fort imparfaitement, amp; avec beaucoup de referve.nbsp;3, Nousnen avons point, mon trés cher Frére ,ninbsp;33 Iune ni 1autre, pour vous rendre devanc Dieunbsp;,3 ce que nous vous devons, étant entiérement anbsp;33nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;premiers titres qui y peuvent obliger.
Ces deux petits billets font voir la maniére route Chl^denne done notre chére Mere prenoitibn
}'
V. Billet dc la nbsp;M. Agnes a snbsp;Mr.de Sevi-nbsp;gnd gt; pourlenbsp;lemercier de nbsp;foil fouve- 33
Jiit,
VI-
Autre Billet ,, de la mèmenbsp;^ M. dAu-nbsp;dilly { fon 33nbsp;Siwe, )nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
33
VI t.
Bétail de «I'.ilaqtics cir*
affliélion: 6c je crois que ce fut la raifonquiem- Ilelatio» pecha de les envoyer, paree quon en auroit été de la Seemnbsp;édifié : amp; je puis dire avec vérité 6c fans exagé- Marie An
ration, quon ne travailloit qua la faire oubher^Selifi'^s de
amp; pour cela on avoit grand loin de la cacher, sil venoit des perfonnes féculiéres dans le Monaf-tére. II ne falloit pas quils nous viflent feuleiiientnbsp;de loin. Les Religieufes de la iVlaifon ne fonto'^*efieTénbsp;jamais venues Ientretenir. II ny avoit que celles pronvé fanbsp;qui avoient charge de nous, 6c une ancienneRe-^fquot;^»nbsp;ligieufe qui la connoiflbic, ayanc été a feuë Madame lt;7? Longuevilk du tempsquelleéroitaPflr#-Boyal au commencement de 1Etabliffement dunbsp;Saint Sacrement. Elle demanda permiffion de lanbsp;voir des le foir que nous entrames j 6c elle a tou-joars continué. Elie aimoic vraiment la Mere;
amp; nous fommes obligees delui rendre cette jufti-ce, de dire quelle eft une vraie amie. Si elle en avoir été crue, nous aurions eu beaucoup de li-berté Sc de douceur. Elle nous a rendu bien denbsp;la charité, amp; elle a reflenti toutes nos peines. Jenbsp;crois quil y a peu de perfonnes de qui elle ait plusnbsp;deftime que de la Mere Agnes. Elle neftpasné-anmoins perfuadée quelle fade bien de ne pas fj-gner; elle voudroit de tout fon cceur quelle Ieutnbsp;fait: mais ce leroit afin quelle fut en repos. IInbsp;y avoit encore une bonne Touriére fort agée 6cnbsp;aveugle, qui logeoit proche de nous, qui venoitnbsp;garder la Mere quand jallois faire quelque faignéenbsp;a Iiufirmerie, amp; quand on me menoitaujardin :
ceft celle dont nous avons re^u plus de confolation. EUe a Iefprit fi bien fait, amp;c b raifonnable
que nous aurions fouhaité que les Religieufes lui eu ftènt reffemblé. Cécoic la route notre compagnie. Notre chére Mere a été dans cecte Mai-ibn au deflbus des Novices, y ayant éte'beaucoupnbsp;plus afldjectie. II eft vrai que nous édons dansnbsp;un dégré fort au deflbus, puifque cétoit en qua-lité de prifonniéres. Nous ne fortions point Iansnbsp;étre conduices par la Religieufe qui avoir chargenbsp;de nous. Les Lettres que la Reine de Pologne é-crivoit a la Mere étoient ouvertes par la Supérieure. Elle voyoit de même les réponfes, 6cnbsp;fermoit elle-mcme le paquet. Elie cn ufoit delanbsp;même Ibrte pour celles de M. ^Angers. Ce-toient les feules perfonnes a qui on avoit permfenbsp;fion de demander de fes nouvellss, avec ncan-moins beaucoup de contrainte, nayant aucunenbsp;liberte, 6c nofant dire un feul mot de nos peines. Jamais la Mere Superieure ne seft aviféedenbsp;faire la moindre éxcufe detre obligee den ufernbsp;ainfi, ce qui ne lui auroit guéres couté; elle nousnbsp;envoyoit quelquefois des Lettres de M. d Angersnbsp;ouvertes par une des Religieufes. Quand nos bar-des furent venues de Port-Royal^ elles furent vi-fitées éxaélremenr, ce quon a continué de fairenbsp;jufquau dernier jour. Le Confefleur retint nosnbsp;livres du Saint Sacrement plus de 15 jours. -Eliesnbsp;ont pourtant eu la bonté de nenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
traindre pour les livres, nous ayant laiffe tOUtes
es
-ocr page 75-Relation d» la Terfdcution duf 'Rdigieufis de Port-Rejal, 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;75
Relation Ifs traduöions de tnon Pere. Dom Barthelemy la Mere de Chandenier^ qui avoit foin de nous. Relation de Ia ScBur dss Martyrs amp; St. Jeait Chrifofiossie, ce qui nous vint dire de ny pas aller, paree que Madecnoifeilede laSceurnbsp;Marie An- a cté une grande confblation , quoique je puüle de Damoigmn etoic dans ia Maifon. Deux heuresMarie An-gelique de dire que 1humiliation de la Mere dans cette AJai- après elle nous vint dire que nous pouvions def-gelique de
Ste. Thd-fon a cté plus grande quonnefgauroit croire. Ja-
- .!_ _ll« nbsp;nbsp;nbsp;rsnr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i **, 1» P HST
cendre. Nous crumes qu elle etoit forcie. Cora-Ste. The-,
fcTe.
vni.
mais elle na témoignc ni par la moindre parole me nous écions dans une allee du Cloitre, nous^èfc. ni par Ie moindre geile aucune peine ni reOenti- lapper^ümes; amp; auffitóc nous nous éloignamesnbsp;ment, quoiquon lui ait dit des chofes qui étoient dans la Chapelle de St. Fraitfois de Sales. Elle fenbsp;trés capables den donneraune vertu moindre que mit^ crier; Ma iViere ne vous en allés point;nbsp;la fienne. Souvent quand elles parloient devant . notre Mere ma permis de vous voirnousnbsp;nous de la Mere Eugenie, elles diioient: Ma ne firaes pas femblant de lentendre. Enfin com- Soeur la Supérieure: elles nous faifoient des me on avoit cherché éxprès cette occafion pournbsp;infijltes pareilles. Ce qui étoit Ie plus pénible, la contenter, on nous vint trouver dans cette Cha-étoit lapprobation quelles faifoient de la con- pelle, amp; lon nous dit quon ne pouvoit refufer
Mademoifelle de E«?«ff?^wfl»;quelle étoit comme une de nos Sueurs. Elle entra auffitór; nous fitnbsp;dabord des plaintes de ce que nous nous étionsnbsp;enfuites fi viüte. Nous répondimes, que cétoitnbsp;pour obéir aux ordres de M. de Paris, qui nousnbsp;vouloit dans une entiére reparation. La Mere Su-
1/% nbsp;nbsp;nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____f___1___ 0_ nbsp;nbsp;nbsp;1» /I 1
duite de M. de Paris envers nous. Elles difent que ceft pour notre bien quil nous traite ainfi;nbsp;quil na que la gloire de Dieu devant les yeux,nbsp;amp; 1intérêt de lEgUfe: quelquefois elles Ie nom-ment faint.
Nous écoutions dordinaire ces difcours en fi-
Paêiênce Science. Quand il marrivoit de direquelque paro- périeure, la iViere de Chandenier, amp; Mademoi-Réfignaiioii Ie dereffentiment, la Mere me faifoit quelque fig- felle de Boij(ji, Fille de M. Ie Premier Préfident nis\^a 5^ quand nous étions feules,elle ma difoitque furent toujours avec nous; amp; lEntrctien ne futnbsp;! onté dcnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cétoit fortir de notre état que de nous plaindre. Que que trés indifferent. Elle témoigna prendre beau-
Dka. nous devions nous humilier fous la main de Dieu; coup de part a notre afflidtion, Naus primes quil nous étoit tout a faitnéceffairedetre mépri- congé aflreztót,difant que notre état ne nousper-
fées; que pour elle elleconnoiffoit tous les jours que cétoit la plus grande raiféricorde que Dieu luinbsp;eüt fait, quelle ne fgavoit ce quelle feroit de-venuë fans cela; que jamais elle navoit fi bien vunbsp;toutes fes fautes.
Un jour entrautres elle me dit quelle appré-hendoic de fortir de cette affliéfion; quelle défi-roit de mourir dans cette Maifon, lëparée, aban-donnée, amp; cachée a tout Ie monde; amp; quelle nauroit quun regret,qui feroit de me laiflérdansnbsp;Ie lieu OU nous etions. Elle me difoic auffi quelle croyoic abfolument lui être néceflaire. Celanbsp;nempêchoit pas quelle ne fut éxtrémetnênt tou-chée de la féparation fi dure , quon avoii fairenbsp;entte nous. Létat de nos pauvres Soeurs lui étoitnbsp;continuellement préfent, amp; elle les offfoit fansnbsp;cefle a Dieu; évitant cependant de sappliquer anbsp;ce ciui auroit pu troublerk paix de fon ame. Elle
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mettoit pas detre plus long-temps avec elles. M. de Paris vint deux jours après, amp; apprit cette rencontre; de forte quil défendit que lon nous laif-fat plus aller. La Mere de Chandeniermedkdoacnbsp;cn apportant norre fouper: Ma Soeur,il nefautnbsp; plus aller au Cloitre, on dit que hous avonstropnbsp; de bonté pour vous. Je lui dis que cétoit afl'ez.nbsp;dire, amp; que nous ne fortirions plus. En eifetnbsp;nous fumes prés de 5 femaines fans fortir, quenbsp;pour entendre la MefiTe dans lejubé, qui étoitnbsp;proche de notre chambre. Cétoit une des rai-ibns qui les avoit fait mettre Ia Mere en ccnbsp;quartier, afin quelle eüt cette commodité; au-moins elles nous 1ont dit en scxcitiant de cenbsp;.In.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pebte amp; fi étouftée. Jai feu par
Ic iour°H.%r^'^r Sue M.iArchevêque étantvenu
U Me,.Su-
^ nbsp;nbsp;nbsp;_____ _ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;acauC
ayant pas la venu ni fa foumiffion a la provi- remarquer que fon delfein étoit pris dy mettre la dence de Dieu; de forte que je Ibuffrois des pei- Niest-dgnès.
nes fi grandes, quil ny a que celles qui y ont Je tgt;2 dols pas oublier que peu de jours après x. paffe qui les puiffentcomprendie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;notre enlevement la Mere fe trouva fort mal denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de
Elle rendoit tous les jours Ie bien pour Ie mal, fes étourdilfetnents. La^Mere Supérieure la vinj'^ M.Agne». ,:r.nr ..o 13 piin.'onf.c ../o.-----jyjetg lul dit qu elle fe trouvolt fort mal.
traitant ces Religieufes avec une civilité, une douceur amp; une bonté incroyables; cherchant a sédi-fier de ce quelles avoienc de bon; les entretenant de S. Francois de Saks, amp; de Madame deChan-tail , öc louant ce quelle avoit remarqué denbsp;pieux dans leurs écrits.
On lui df- Nous fumes 7 ou 8 jours de fuite dans Ie Cloi-fcnd de plus x jheuic quon nous avoit marqué. Un jour
alleraa Cloi- nbsp;nbsp;nbsp;^
¦IC.
VOlt. nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----
amp; quelle défiroit bien de fe confeffer, Sc lui de-manda qucl ordre elle avoit? Elle lui répondic quelle avoit demandé a Mgr. ce quelle feroit ennbsp;cas de maladie; qu il lui avoit dit que nousnere-cevrions point les Secrements fans avoir figné: amp;nbsp;de la elle prit occafion de léxboiter a rendrecet-te obéiflance. EUeajouta; MiaMere, ileffen
vo-
T-iUtion de la Perfécution des 'ReHgieufes de Port-'Royal^
l6
reie.
Relation,^ votre mainde vousconfefferamp;decomtnunier.
AA nbsp;nbsp;nbsp;La Mere lui dit, que nous avions iigné en la tnaniére
MjUie An-qug lavions pu, ócquenotreconfciencenous permis; que nous ne pou vions pas faire davan-tage fans ofFenferDieUjamp;quepuifquelonmettoicnbsp;, cecce condition pour recevoir lesSacrements, cefbnbsp;a dire quon ne nous les vouloitpasdonncr,quel-le sabandonnoit a Dieu, amp; quelle demeureroitnbsp;en paix. II ctoit aflez tard; elle revint uneheurenbsp;après, pendant leurs Matines. Ellc me dit que jenbsp;ne laiffaife pas mourir la Mere fans la faire aver-tir; que je navois qua appeller la bonne aveugle ,nbsp;qui étoit notre voifine; quelle iroit au Dortoirnbsp;la querir : amp; quencore faudroit-il du fecourstcrn-porel amp; fpirituel. Je fus jufqua une heureaupresnbsp;de ma cbére malade, a lui faire lesremédesquejenbsp;croyois néceifaires. Elle fut foulagée lelendemain.nbsp;Je demandai notre Médecin. Elks^ me firent unenbsp;fagon aflêz froide : mais je dis auditor que je nenbsp;pouvois mettre ia Mere en dautres mains; quiinbsp;la connoiflbit; que jétois chargée de la part denbsp;nos deux Communautés de la fanté de la Mere,nbsp;qui nous étoit routes chofes; que je ne ferois jamais rien de moi-même; quil me falloit lavisdenbsp;notre Médecin; qua une pcrfonne de fon age u-ne faignée étoit confidérable; amp; quejene pouvoisnbsp;pas mimaginer que M. lArchevêque refufat cenbsp;que 1on accordoit aux prifonniers. Elles me di-rent de faire un billet, quelles envoyérenttrèsdi-ligemment. II vine auffitót, amp; fut accompagne denbsp;la Mere Supérieure amp;c de 7 ou 8 Religicuies aunbsp;moins qui fe mirent au tour de fon ht pour nousnbsp;veiller. Javois grand foin de mettretoujours mesnbsp;mains deflus mon fcapulaire, afin quellesneuffentnbsp;point dinquiécude. II ordonna une faignée amp;nbsp;dautres remédes,
XI. Quand nous eümes paffe la Plotre Dame de SonEntre- Sepcembre, fans quon nous cut rien dit,la Merenbsp;to^ ïuinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pria la Mere Supérieure de dire a M. de
propofeTin-Ptfw q.ue*nous voudrions bien voir M. Chsrost, diffeicncsi pour lui parler de notre Confcience: elle nous ditnbsp;de fort bonne grace quelle Ie feroit; que M.C^e-roa étoit fon ami; quelle Ie connoilToit il y avoirnbsp;prés de 15 ans; quelle y avoir une grande confi-ance. H vint dés Ie lendemain; il nous demandanbsp;routes deux enfemble, II nous dit quil vpoit denbsp;mettre notre Mere en Caroffe; que cétoit la rai-fon pour laquelle il nétoit pas venu nous voir plu-tót,paree quil avoir été occupé a la ConfeffèrScnbsp;facompagne: quil les avoir communiées routesnbsp;deux ; que M. 1Evêque de Meaux 1avoit cn-voyé querir. II nous apprit encore que nos Soeursnbsp;avoient écrit a M. de Paris pour Ie Supplier denbsp;leur donnet lui [M.Ciamp;fW»] pour Confefléurextraordinaire ; quil lui avoir ordonné dy aller, amp;nbsp;dabfoudre celles quil trouveroit dans la difpoff-tiqn de demander a Dieu fa lumiére, amp; qui fe-roient dans lindiffcrence, furquoi la Mere Agnèsnbsp;sccria: ijMonfieur, peut-on être dans 1indifFé-,j tence Dr une telle affaire? Oui, ma Mere,
.. 'ous Ie vais faire entendre. Jai eu bien Relation du^ mal après la Mere Abbeffe; je lui ai été de l.i Steurnbsp; meme fufpeét, quand je lui ai parié de cela. II Marienbsp; ma fallu lui dire quantité de raifons. auxquel-,, les a la finelle seft renduë;car fans celajenau-,, ibis ofé labfoudie. Jai Confuicé iM. Gilbert /sfe.
qui ma dit quil ny avoir point de Chretien qui ne dut é.re dans cette difpofition (dindif- férence:) quautremenr on feroit attaché a fonnbsp;,, propte fens amp;a fes lumiéres. II nouséxpliquanbsp;enfuite comment il entendoitcette indifference,amp;nbsp;il Ie fit fi favorablement, quil fembloit quil nynbsp;eut aucun peril detre dans cette difpofition , puif-que même il la difoit néceflaire au falut. II nousnbsp;temoigna quil feroit feulement a défirer que .V|.nbsp;de Paris nous donnat un Aéte par lequel il décla-reroit quil ne nous demandoit par notre fignaturenbsp;quune marque de notre foumiffion. La h.ere luinbsp;dit que ce terme ne vaudroit rien; quil ny avoitnbsp;que ie mot de refpedl qui fut für;que nous avions.nbsp;fait tout ce qui fe pouvoit par notre fignature.
Midi fonna, qui finit notre Entretien.
II nous promit pofitivement quil reviendroit laprès diné nous Confeffer routes deux. Maisnbsp;quand il fut de retour chez lui,il trouva M.lOf-ficial,qui lui fit de grandes plaintes de la part denbsp;M. de Paris, difant quil lui gatoit tout, amp; luinbsp;donna ordre de ne plus voir aucune Religieufe denbsp;Fort-Poyal. Comrae nous vimes quil ne venoitnbsp;point, la. Mere ylgnes lui écrivic un petit Biltecnbsp;pour lui rémoigner notre peine, amp;c 1envoya ou-vert a la Supérieure. Elle nous Ie reporra Ie lendemain , amp; nous dit; '/oila votre Billet,Mon- feigneurne veutplus-que vous voyics M. Che- fö»; il ma dit que fi vous défirie's de parler anbsp; quelquun , de vous ofFrir M. Grandin , Mnbsp; Chamillard (Ie Profefleur) amp; M. YEfcol.quot; Lanbsp;mere Agnès répondit avec fon calms ordinaire:
Ma Mere, il faudroit autant nous oflfrir Ie Pere Aanat, Surquoi cette Mere,qui eft glt;Tie,amp;nbsp;qui peut-écre nauroit rien trouvé a redirs a cette Propofition, répondit; ,,Eh bienl^ma Mere,
,, ne feries-vous'pas bien honorees, cell Ie Con- fefleur du Rol ?
Je ne fgaurois éxprimer quelle fut ma douleur de cette éxtreme rigueur, amp; Ie renverfement quenbsp;cela me fit. II ne me fut jamais poffible ds rete-nir mes larmes; ce qui attendrit la Supérieure amp;nbsp;les deux Keligieufes qui 1accompagnoient. EHesnbsp;me vouloient confoler, mais tout ce quelles menbsp;difoienc ne fervoit qua maccabler davantage. Jenbsp;ne leur dis jamais autre chofe , finon; Quoi,
nous donnet nos Ennemis dcclarés! il y en a entre ceux-la qui ont écrit contre M, Arnauld.
,, Lon traite les Criminelsavec plus de douceur;
vous pOuvés bien afliirer Monléigneur, que ja- mais en ma vie je ne parlerai a ces perfonnes. ,
Ie leur dis enfuite que puifque M. de Paris
loit pas nous donnet la confolarion de nbsp;nbsp;nbsp;*
Chermétions réfoluësde Ie fupplier de nous
' nbsp;nbsp;nbsp;accor-
; 7 nbsp;nbsp;nbsp;de Vort-Royal l66±-\66^.
'Relal7Dn ' ^ fa^ Seirjovc cn cfïet £;iiroit cela, amp; qiii écoit au rcfte la
qu i uoui avo ^ obügeante du monde j car cette bonne Mere té-
77
plus
Relation
1.x, nbsp;nbsp;nbsp;tllc, repen
, 11 ne !e fera paa aflurement, il ne Ie fe*
car cette
moignoit beaucoup dajHiction pour nous , amp; Marie An-nous recommandoit ties fortement it la Supérieu-re avec qui nous étions, lui repréfentant même^fp' robügatiüii quelles avoient de nous traiter avec'^^^'^'nbsp;Civilicc, refpeél amp; charité; que la confidéra-tion quelles devoiene avoir pour leur Saintnbsp;Prélat (ceft le nom quelle lui donnoic tou-jouvs,) les y éngageoit; quelles fqavoienc les o-bligations que lui avoit leur Ordrej quil ayoicnbsp;fous lui trois de leurs Monaftéres, a qui il étoitnbsp;un véricable Pere. Enfin cette Lettre étoit telle,nbsp;quelle nous donna beaucoup de confolation , amp;nbsp;une véritable reconnoilTance pour cette bonnenbsp;Mere. Elle prioit que nous écriviffions nous-mé-mes a M. dAugers. 'La Mere nous en fupplia,
amp; nous dit que M. de Paris lavoit permis.
Cela donna lieu a un grand difcours, car fur ce terme de traiter inhumainement nous dimesnbsp;que cela nétoit pas entiérement faux, amp; que finbsp;lon parloit de 1efprit, cela étoit très-vrai, puif-quon nous refufoit routes fortes de fuisfaétions ,nbsp;jufqua ne vouloir pas même que nous écriviffions le moindre mot a nos Soeurs pour leurnbsp;mander feulement des nouvelles de la Merenbsp;Agnès: que quand jécrivois quelque billet a Perr-Ts.o'ial pour demander ce dontnousavions befoin,nbsp;il ne falloitpas mettre les termes de charité, union,nbsp;damitié, de tendreftè, ni même fe recommandernbsp;a leurs priéres amp;c. La Supérieure séxcufa fur lesnbsp;ordres rigoureux de M. 1Archevêque, amp; promicnbsp;quelle lui en repréfenteroic les mauvais elïets.
Je ne fgaurois obmettre que la Religieufe qui avoit ^ foin de nous ma ótc quelquefois trés promts- fe trouve _nbsp;ment de deffus notre écriture, lorfque jécrivois a Ste, Made,nbsp;des billets; paree quil y avoit quelques-unsdecesnbsp;mots, en me difant féchement: Cela ne pafle- ra pas. II ne faut mettre que le néceffaire, riennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^émoire; etmoie-nous cela'., fat reptce-
3, nbsp;nbsp;nbsp;autrement elles les coupoient, oubienles
transen voient,------
voir depu
tres
javois toujours une choïé fur Ie cceur, qui mc touchoit fort. Elles mc prefterent de k dfte, arnbsp;je ne le voulois pas. Je dis done: Ceft quil
Koyal. Son Entredennbsp;avec la M.nbsp;Agncs.
de l'i ScEur a
Marie Aiï* ciirenc:
izeUoue de ra pas. nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Ste. The- La Mere Agnes ne iaifia pas neanmoms cl een-réfe. re a M. de Fafts amp; de lui demaadcr M. dcChaf-fehras, M. Huchên ou iVl. Chero». II vine dès Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lendemain amp; nous demanda. On nous con-
i Poit- duific au Parloir, oü étoit la Superieure. Nous écions la comme Ci nous euffions éié des criminel-les. II dit a la Ivlere Agnh: ,, ^Aa Soeur, je vousnbsp;5, envoie querir, pour igavoir pourquoi vous menbsp;,, demandés des perfonnes fufpecles. La Merenbsp;répondic avecgrandreipedt: je necroyoispoint,
5, Monfeigneur, que des perlonnes qui font em-,, ployées dans votre Diocèfe, amp; qui ont figné,
,, vous fuffent lufpeftes. II répondic ; ,,Vous fqavés fort bien, ma Sgeur, quils favorifentnbsp;,, votre parti, vous ne les verrés point; penfés- vous que ce foic/ans raifon que jempêche quenbsp;,, lon ne vous vienne voir ? Ceil paree que denbsp;,, quaere que vous \cerriés, il y en auroit croisquinbsp;,, vous diroientnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;caurage. 11 nous quit-
ta^ difant quilétoit faché de ne pouvoir pasde-nieurer plus long-temps, niais quil étoit oblige détre a neuf heures au Val de Grace, oü il alloicnbsp;lacrer un Evêque. Quand il fut levé, la Mere fenbsp;mit a genoux, amp; lui dit de la maniére la plustou-chance du monde, quelle Ie fupplioit très-hum-blemenc de lui permetcre de fe Confefler; que fanbsp;fanté étoit fi mauvaife, quelle craignoic loujoursnbsp;les accidents auxquels elle étoit fujette. A quoi ilnbsp;neficd'autreréponfe,finon; Mectés-vous enécat- quand vous maurés obéï, vous vous confeü'e-,, rés, autrement je ne puis vous laccorder, manbsp;,3 Confciencey Iwoic engagée. Je vous prie, voyésnbsp; M. l Abbénbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3 eelt un homn^e fcavanc,
53 amp; Ic plus Qoux du monde 5 il e£t comme ilvous faut, car il neil daucun parti. La Alere ré-pondit, Monfeigneur, nous écouterons qui inbsp;,3 vous plaira; mais nous nc pouvons avoir con-3, fiance a une perfonne que nous ne connoifionsnbsp; point. Sil vous plait que nous voyions M. denbsp; Saintenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lire'pondit: ,.je vous Ienver-
rai sil eft a Farts: mats je ne le crois pas. Quand la Grille fut fermée, la Mere Supérieurenbsp;dit avec admiration a la Soeur de Chandenhr :nbsp;33 Apres cela il ny a rien a dire, cet homme lanbsp;parle comme un Ange: ce quelle répéta plu-fieurs fois.
L Après-dinee la Superieure nous vint voir,tenant une Lettre dans fa main; amp; après quelques diicouts ellc nous dtt *. ,,Yoi\a une Lettre de manbsp; Sceur la Supérieure d'Angers, qui eft fort affligée,nbsp; amp; die a raifon, amp; nous encore davantage. Ellenbsp; me mande que Ton dit dans la Ville que nous vous
traitons inhumainementj que routes IcsReligieu-
fesde Fen-liojal^ quon avoir miles dans leurs j, Maifons, étoienclesplusmal-traitées, amp;particu-, Uéreaient vous,Elle nous lucceue Lettre,qui
comtne nos Sceurs nous 1ont fait voir oepms que je fuis ici. Pour les leurs on me lesnbsp;donnoit ttès rarcnnpnr t» i encore quc
^ nbsp;nbsp;nbsp;jui le ca
Fort. Elles mc Dreftpro... j-
ne le
femble que notre affliction vous a été fi in^dif^
ferente, quelle vousfertquafidedivertiflémenr Car quand nous arrivames vous vous prïtes anbsp; nre, quand nous vous dimes quil y avoit desnbsp; Archers a notre Enlévemenr. En Vériré ma
Mere, rien ne touche davantage les perfonnes
affligées, que de voir quon ne prend point de part a leurs pemes, furtout Religieuib a Reli- gieufes. Elles parurent trés honteufes amp; trésnbsp;empechees de leurs perfonnes. Elles fe vouiureSnbsp;éxcuferd avoir n, en difant que ceft quelies J-toient interdites. La Merenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
quelque mot de 1 Approbation qudles faifoient de ^ 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ia
Relation de Ia Terfécutkn des Reügieufes de Fort-Royal, l66i\.-l66^. demi: Mon Dien V.VV«3 IIJV./IL J./WUI nbsp;nbsp;nbsp;quot; faices-lui miféricorde, faites-luiconnoitrequel-|'^^'l^l^^® ie fe damne par fa défobéïflance. Regardsnbsp;fuite la Mere, il dit: Eh bien, eb bien? XIV. M. lAbbe Eoffu.t Uiinbsp;Kt'.tl Vifite. qui plus embarraffant quun autre. Car il femblequil veuille furprendre 1' s perfonnes. II nous fit beau-coup de Vifites, 8c de très-grands difcours,dontnbsp;il meft impoflible de me reïlbuvenir, paree quenbsp;rien de ce quil nous dit ne fit impreffionfur monnbsp;efpric, quoiquil membaralTacaffèzfouvent: maisnbsp;comme je men defiois, jétois toujours fur mesnbsp;gardes avec lui. XV. Au mois dOdobre Ia Mere demeura malade. MaUdiede Je crois que 1étoufFement de cette petite chambre,nbsp;ii ne nous écoic plus permis de forcir, y con-Nicoias va tribua. Le Mddecin dit quil ne pouvoit pas ennbsp;a ste. Malie répondre, paree que fes maux empiroient, (cé-confefo-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;attaques dappopléxie.) La Mere deman- ne lui tie'ntda M. Ie Curé de St. Nicolas1un des Grands-quedes diC- Vicaires de M. lArchevéque. II vint dès iaprès-cours nbsp;nbsp;nbsp;demanda dabord a la Mere fes difpofi- tions. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ne rendoit fon obéïflance. tions, lui diiant quil ne la pouvoit confelTer, G re fóparer. Je men allai done a M. de St. Nico-clle ne rendoit fon obéïflance, a M. lArcheve- '«r, 6e lui dis: M., je vous fuppHe très-hum-que fon Supérieur. La Mere répondit que tious blement de latpr la Mere, vous larendrésplus la lui avions renduë en la manie'reque nous avions mal quellc neft: ce que je dis avec tant denbsp;cru le devoir faire en confcience. II lui paria trés larmes, quil vit bien 1ctat ou il me mettoit. IInbsp;forcemenc amp; avec grande chaleur, lui demandant fe leva brufquemenc, amp; en me regardant, il menbsp;sii feroit dit que des filies ne voudroient pas fe dit; Ma Fille, nimités pas votre Tante, ellenbsp;foumettre a lEglife, a notre St. Pere le Pape, ,, vous perd j car elle fe damne. Je lui répar-qui avoit décidé cette affaire, après des priéres, tis toutc outrée: Monfieur; Elle ne regardequenbsp;des jeünes, la Meflè du St. EJprit, amp; toutesfor- Dieu^dans le refus quellefaic, ni moi non plus;nbsp;tes de bonnes-ceuvres que 1on avoit fait pour cela: , ce neft point 1 afïëëtion quejai pour elle qui Il lui dit avec emportement, quelle étoit atta- Jétois dans une telle affliftion amp; un tel accablc-chée a fon proprefens, amp; aux perfonnes qui nous ment defpric, que ma première penfée fut de fermer avoient conduitesj quelle avoit lu leursEcrits, 6c notre porce au verouil, dansle deffein de ne lanbsp;quelle avoit mis cela dans lefprk de fes Filies j plus ouvrlr. Car jepenfois que les Relivieufes nousnbsp;quelle feroit caufe dc leur perte. La Mere lui par- viendroient enfuke faire une terrible infoke 6c nousnbsp;Ia toujours avec une modération, une douceur, tourmenter de nouveau. La Merenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me ia «ne fageffë, 6c une fermecé quil meft impoflible fit ouvrir, 6t laMereSupérieureentraavecla Sceur bien que la nuk; Ie Lendemain notre Médecm vint, il me demanda fi javois faigné la Mere,nbsp;répondis que non, paree quil éroic venu une Relation la conduite de M. de Paris envers nous. Elles '.^^'''¦psrdirenc Vêpres, tanc cela leur tenoit au cceur. S^e'^T nbsp;nbsp;nbsp;chtrice devroic repréfente'r a Mgr , que !a maniére done il veu: que 1on retienne les 3, Meres donne lieu a tous ces difcours, amp; quenbsp;cour cela recombe fur pous. ,,£!le répondicquel-le Ie feroit j quelle sc'toic bien actenduë en nousnbsp;iccevant que cela leur feroir des Ennemis. M. lAbbe Bojfuet vint nous voir ce tnême jour. C'eft aflurémenc une perfonne fqavante,nbsp;nc semporte point; mais tl eft néanmoins ----------- _ I que 1 que la Sorbonne avoit fignéj que tous les Evê-ques le faifoienc, a la refèrvede trois ou quaere. La Mere répondit quelle navoit point la joi hu-maine que M. lArchevêque demandoic dans fonnbsp;Ordonnance, amp; quainfi elle avoit en elle unobf-tacle a figner, 6c ajouta toutes les autres dififi-cultés. ^'^xprimer. Enfin comme il ne put riengagner, Pemporta, 6c il dit tout tranfporté; ,, Manbsp;5, Mere, vous nêtes pas en état de vous confef-3, kij je nerc ponds pas de votre falut; vous étesnbsp; en etac de damnation, en péché mortel. Etnbsp;puis fl fe jctca a genoux auprès de fon lit, amp; fe |
mic a crier cant quil put, en joignant les mains, Helation en fe frappant la poitrine, amp; en fe profternanc a de la Sceur *'¦ vous êres mort pour elle, nbsp;nbsp;nbsp;An- - geiique de Ste. The- ----------, ------La Mere étoir dans fon Ut, appuyéc fur fon bras, fa tête baiffée, amp; les mains joinces. Elle lui dit;nbsp; M ,je vous detnande pardon ,ifi javois fqu quenbsp; vous vous feriés faché, je ne vous aurois pasnbsp; prié de venir. Je vous affure que ce neft quenbsp; la crainte doffenfer Dieu qui mempêche denbsp;,, faire ce que vous me demandés. II recom-meiiqa encore plus violemment: Vous voyésnbsp;, mon Dieu, ce cceur endurci, elle fe perdnbsp; amp; elle damne avec elle toutes fes filies ^ faices,nbsp; mon Dieu, quelle rende fon obéïllance a no- tre St. Pcre le Pape, a qui vous avés promisnbsp;3, votreinfaillibilité, a tVl, lArchevéquefous-Su- périeur; quelle la rende, mon Dieu, amp; pournbsp; le droit amp; pour le fait également: mon Dieu,nbsp; également.quot; II difbit tout cela en iêtourraennbsp;cant dune fi terrible maniére, quil faudroit la-voir vu pour Ie croire; car je ne lepuisrepréfon-ter comme il eft. Jentendois tout ce difcours avec une douleuramp; une inquiétude extréme, craignant quun figrandnbsp;tourment naugmenrat de beaucoup le mal deno-tre chére Mere; ce qui me fit réfoudre de les fai- we donne les fentiments que jai: fi jétois pêr- fuadée que je le duffe faire, je le fairois; car ceft une affaire de confcience, mais, M., vous répon- drés devant Dieu de Ia maniére done vous 1avé*nbsp; traitce, amp; jen appelle a fon Tribunal. II parut fort interdit quand jeus prononcé ces paroles:nbsp;il étoit proche dela porte,ilfortk fans dire un mot. de Chandenier, qui contre mon attente nous par-lérent avec beaucoup de douceur. Je paflai tout le refte du jour en larmes aufli- Jcper-fon- |
Relation de Ia Férfdcution des Religkufes de Port-Royal, 1660^.-166'^. nbsp;nbsp;nbsp;79
u T t-nn r,,np de la paft de M. TArchevcque pour laCon- agitations de moti Efprit. li a fallu que ponr c- Relation
1 f nbsp;nbsp;nbsp;- Que cela sétoic paffé de telle forte quellc prouver.fa patience, elle ait encore eu ce furcroitdela Scear
Mnrle An-nWtpasendispofitiondepouvoirporter cere- de peincs. nbsp;nbsp;nbsp;Marie An-
xsfe
de Paris étoit toujours plus aigri; que nous nere- yj» tournerions jamais dans notre Mailon quil ne nifcours desnbsp;nous mettrok pas non plus dans une autre que nous Reiigicufesnbsp;défirerionsr quil nous avoit refufées è une Abnbsp;belle qui nous dematvdoit toutes quatre^ que ) e- buérent jnbsp;tois jeune; que la Mtre Agnès mourroit; quejefonafFoibrd-rae trouverois feule j que quand je maccouturae-^'^quot;'*nbsp;rois a une Maifon, lqn m'enverrolt bien lovrr ennbsp;une autre; que lon nous traiteroic nousquatreplusnbsp;févérement; que nos Soeurs avoient communie;nbsp;que lon fqavok bien que nous agkfions par un in-térêt de familie. Je leur répondoisa tour Ie mieuxnbsp;que je pouvois, en leur failant voir que jaimoisnbsp;mieux fouffrir que doffenfer Dieu ; que jétoisnbsp;entre fes mains; quil feroit de moi tour ce quilnbsp;lui-plairoic.
Dans Ie comrnencemenr quand olies me par-loient de fignature.je les fuppliois de ne pointen-trer dans ce difcours;que li je lavois voulu faire, je ne lerois pas chex elles; que ma penitence étoitnbsp;affex grande, fans quelles nfinquietaflént lefpricnbsp;dune chofe que je ne pouvois faire; quelles a-voknt leurs penfées, amp; moi les miennes; que jenbsp;leur demandois la même juftkequejcleurrendois,nbsp;qui étoit de ne me point condamner comme je nenbsp;les condamnois point. Dautres foisje tachois denbsp;leur faire voir nos raifons: je leur lus notre Aéte,nbsp;quelles trouvérent beau ; mais elles revenoientnbsp;toujours a leur point, qu'il faut obéir aveug'.émencnbsp;a fes Supérieurs,
Elles ne rnanquoient point de nous apprendre quand quelques-unes de nos Sceuis avoient figné.
Nous fümes furprifes de ma Sceur He/éwe; nous Ie voulions
que je me fis pour retenir mes larmes, me donna un tel battemenc de coeur, quejy penfai demeu-rer. La Mae Superieure fut fi efffayée, quellenbsp;me fit vitementaüeoir, amp; appella Ie Médecinquinbsp;me prkle poulx, II lui dit: Ma Mere, elleeftnbsp; dans unc grande agitation, mais quel reméde ?:nbsp;3, Ceft raifliaion qui la réduit en eet ctat.
Dansla Vifite que M. de Saint Nicolas nous avoir renduë, il mavoit aflèz. fait connoitre qu ilnbsp;ne me trouvoit pas bien avec la Mere, paree quilnbsp;difoic que cétoit elle qui menrretenoic dans mesnbsp;fentiments. En effet il cravailia ^ me faire óternbsp;dauprès delle, comme je Ie dirai, amp; ce fut 1^nbsp;une de mes plus grandes tentations.
Je ne puis faire fans beaucoup de peine Ie récic de mon aftoibliflëmenc, qui a été tel quenfin il
j^rlicue de méde comme je nétois pas non plus en ctat de La Mere superieure Sc la Sceur de Chandenier^^^'^^^quot;^ Ste. The- la pouVoir faigner. Ce fut tout ce quil me fut difoient tnceffkmment toutes fortes de chofesS^- The-pouible de dire, tant jécois faifie; amp; la violence affligeantes; que les affaires empiroient; que
XVI.
EUe com-
Wc-?dcSroa fait malheureufemenc fomber, quoique jeufle
es
Icim r --------.P®® croire; mais comme on nous
nous nbsp;nbsp;nbsp;^ pouvoir douter , amp; que
voit fait % w nbsp;nbsp;nbsp;maniére elle la-
autres' ce ouelles nbsp;nbsp;nbsp;les unes les
autres. ce queues ttmoignerent apnrouver. Elles ajouterent cn meme-temps, ^uVlIe nétoit pas feu!e;qüil y en avoir plufieurs dans la Mai-ion , fans nous les nommer ; (cétoit dans legnbsp;quinxe premiers jours.) La Mere aégnès eu futnbsp;bien affligée; je Ie relïentois auffi beaucoup.
Dans ce meme-temps dies nous dirent que nos Soeurs avoient fait un Procès-Verbal contrenbsp;M. de Paris, qui étoit horrible; que tout Icnbsp;monde généralement Ie défappiouvoic, amp; con-damnok notre Communauté d en avoir ufé denbsp;la forte; que cétok la Sceur Briquet amp; la Steurnbsp;de Bregy, des plus jeunes de la Maifon, qui 1a-voient fait;quelles y avoient mis des chofes im-amp; elles faifoient de tout cela des raille-
cfcute. un avancage plus grand que mes Sceursi car non fculement je nétois pas feule, mais jétois avecnbsp;une veritable Mere, pour laquelle jai toujours cunbsp;une veritable confiance, une eltime, amp; une vé-nération telle quil ny a perfonne au monde fansnbsp;é.tception qui me foit fi cher. II me fetnble quilnbsp;ny a rien qui faffe plus voir quil ny a que Dieunbsp;ieul qui Ibutienne j amp; que les Créatures quelquesnbsp;iaintes quclies puiffent être, nc nous fqauroientnbsp;empêcher de périr: elles ne peuvent nous donnernbsp;ce qui nous manque, ni nous délivrer des tenca-tions. Ceft pourquoi mon éxpétience ma faitnbsp;voir que nous devons mettre notre confiance ennbsp;Dieu feul, amp; lui demander incefl'amment fa Ssin-re grace , lans laquelie nous ne pouvons nous foü-itnir, quelque appui éxterieur que nous ayon.s: aunbsp;lieu quavec la même grace nous pouvons tout,nbsp;fluelques délailTés que nous foyons, comme d eftnbsp;arrivé a plufieurs de nos Steurs qui ont ece Captives amp; abandonnées de tout fecours, amp; de loutenbsp;confolation.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
«**».*« nbsp;nbsp;nbsp;--nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V.WI psrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -------^----VV./UI. v,tia uco i öiiiv»
Ia grace de Dieu je lui ai toujours découvert les rie* qui nous étoient dautant plus iafupportables,
que.
Jai éprouvé pendant plus d un mois des peines dLfprit fi grandes, quil ny a que Dieu feul quinbsp;les connoiflé ¦. jétois dans des doutes amp; des ob-fcurités fi effroyables, que je me fuis trouvéefou-vent en doute li je croyois en Dieu, ou fi je nynbsp;croyois pas; il me fembloic que je navois pointnbsp;de ioi, amp; que je doutois sil y avoit une éternité.nbsp;Laccablement de mon Efprit étoit fi grand, quenbsp;je ne pouvois quafi prier Dieu, quen difant; monnbsp;Dieu, ayés ptié de mot, vous conmijfés mon ét at,nbsp;éclair és mes ténéhres: fi je fuis danste hon cheminnbsp;faites-moi la grace dy marcher (Ije n'y fuis fas\nbsp;faites-le moi connoitre. Je paflois les jours amp; lesnbsp;nuits en larmes^quclquefois je trouvois de la con-folation dans ce que la Mere me difoit; car
-ocr page 80-So nbsp;nbsp;nbsp;Ri'htion de la Terfécution des Rel,
Reintionqiie nous ne pon vions nous informer de !a vcricé. deiaScEur A la mi-O.flobre Ton nous dit la iigaature denbsp;ManeAn-rj^j Sceur Candida amp; de ma Sccur Melthilde.^nbsp;pendant quc nous foupions: nous en demeura-réfênbsp;nbsp;nbsp;nbsp;furpriiés que de routes les autres,amp; Ja
Mere en fut fi toucliée, ejuil ne lui fut jamais poffible de mangcr.
Pei^c7'cr- nbsp;nbsp;nbsp;déja dans la tentation,ce qui augmen-
piit qniiaf.ta mes doutes: outre cela javois beaucoup de fnibliffent travail,ce qui accabla fi forc mon corps amp; monnbsp;de plus en _ (.fp^jr qyg jg commencai 4 croire que je ne pour-lilTavecTa'gt;ois pas portcr un ctac fi péni^ble amp; fi violent,nbsp;^inciieclle amp; auquel je ne voyois point de fin. ^ i j avoisnbsp;vouë fafau-jj-jij poute mon efpcrance en Dieu , je n auroisnbsp;pas fait routes ces reflexions, qui ne fervoient quanbsp;mafFoiblir. Toutes les pcines qui favonloient manbsp;tentation me venoient en foule; ce qui me faifoitnbsp;plus dimpreffion, étoit que javois fqu que M. denbsp;StTtgUn étoit davis que nous fignalïions par obéif-faneej queM. de St. Cyran Pavoic fait faire a iêsnbsp;Religieuièsj que ces perfonnes etoietit fort éclai-réesj quils ne vouloienc pas confeiller d ofïenfernbsp;Dieu j que puifque jétois dans ces pcines, Dieunbsp;ne demandoit peut-être pas cela de oioi; .quonnbsp;devoir fe conduite fèlon la grace amp; lalumiérequ ilnbsp;donnoic. Je me demandois fi je pallerois ma vienbsp;fans recevoir les Sacrements; il me femblqit quenbsp;la privation de cette grace étoit fi confidérablc,nbsp;que pour sy determiner il falloit avoir une grandenbsp;aflurance que 1on feroit un péché de fe foumec-ire 4 ce quon nous commandoir. ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
JSdais ma plus grande inquietude etoic de neme pouvoir Confelïer. Je me ferois contentée de Icnbsp;faire feulement une fois, paree qu il m étoit lou-venu de quelques fautes,qui roe faifoient craindrenbsp;que roes autres ConfelTions eulTent été nulles; deforce que je nofois efperer mon falut fans cela:nbsp;ce qui me réduifoic dans une angoiflè inimagina-ble. Dun autre cóté la fignaturc Iiinple du For-mulaire me faifoit une terrible peur, 6c je voyoisnbsp;bien que je ne la pouvois faire, paree que je nenbsp;croyois pas, $c ne pouvois pas meme croire, nenbsp;pouvant fqavoir la chofe par moi-même, ce quinbsp;mobligeoit de ny point prendre de part: enfinnbsp;de quelque cóté que je me tournaflej-je ne voyoisnbsp;que des précipices.
Je cachois toutes mes peines aux Religicu-fesj amp; lorfquelles me parloienc , je leur répon-, dols comme fi je neufle point été affoiblie. Job-fervois la même regie envers M. 1'Abbé Bojfuet,nbsp;qui miC voyoit fouvent. Après la Vifite de M.nbsp;de Saint Nicolas ,i\ me dit quafluréroent la Merenbsp;Agnès me fortifioit; que fi Ton ne mavoit pasnbsp;tnife avee elle, je ne ferois pas fi entêtée. Cenbsp;'Jiscours me fit craindre que lon ne m en voulücnbsp;II me preflbir fort de me foumettre , amp;nbsp;me faifoit la cholé la plus facile quil pouvoir.nbsp;Je lui dis que quand je croirois Ie pouvoir faire, je ne Ie voudrois pas , paree que javois lunbsp;Ic matin une parole de 1Eccléüaftique qui ma-
'igieufis de Porf-Rcy.jl,
voit frappé Thiprit, qui elf, A'e vous frejfés Relation point au temps de laffliélion. Je lui disque jetrou-de h Snsurnbsp;vois cette InitruCtion merveilleufe, paree quon Maris Anne peut difcerner dans un état violent ce quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de
fait; que fi je fignois je men repentirois peut-être route ma vie. Plut a Dieu que je fuflè de-'^®^® meurée dans ce fentiment, je men ferois biennbsp;trouvée.
La Sceur de Chandenisr me dit quatre ou cinq fois confidemment, que je penfafie a moi; quellenbsp;me difoic en amie quon pourroitbien móter dau-prés de la Mere; que je me trouverois bien em-barrallee. Cela fit un etrange renverfement dansnbsp;mon E(prit:je n ofois en parler anotre chére Mere,^ de peurde laffliger. Un jour la Supérieure öcnbsp;la Sceur de Chandsnier me dirent que plulieursnbsp;Evéques, amp; entrautres M. de B«}e»x,luiavoiencnbsp;dit, que sils e'toient a la place de M.de Paris,ilsnbsp;en feroient bien davanrage; que nous ne commu-nierions de notre vie; amp; la Supérieure ajouta :
Vous fqavés que AI. de Saint Nicolas na pas voulu Confefler la Mere. Lon a confulté ennbsp; Sorbonne ce que lon feroit a la mort. Lesnbsp; Dodleurs ont conclu que Ton ne pouvoit luinbsp;3, donner les Sacrements, paree quecelfune def-,, obéiflanceformellearÉglife amp;a fesSupérieurs;
,, quelle étoit en péché mortel: amp; quainfi on ne ,, 1enterreroit pas même en terre Sainte. Je ncnbsp;fgaurois éxprimer quel coup cela me donna: je disnbsp;que je ne pouvois croire que lon fit une telle in-jultice. EUes malTurCrent quon Ie feroit; Je'dis- II nimporte guérss ce que lon fafle du Corpsnbsp; pour lame ede fera conduite par les Angesdansnbsp; Ie fein d'Abraham. Elles me priérent de nenbsp;lui en rien dire. Cc'toit a moi ï qui elles s'a-dreflbienc pour dire toutes les méchantes Nou-velles.
Quatre jours devant la Toufiaints la Mere Ag- XIX. nès ccrivit la plus belle Lettre 6c la plus touchan-te du monde a AI. de Paris, pour lui demander fArchevê-'^'nbsp;Ia fainte Communion. II la requt ia lurvcille de*!quot;^^ qui cnnbsp;la fête a 7 heures du matin. La Mere Supérieure fe end'quot;^'^'nbsp;entra a 8 heures dans notre Chambre, amp; nous ste. Marie,nbsp;dit: Voila Monfeigneur, il ne vient que de re-chute de lanbsp; cevoirvotre Lettre, amp; il eft venu lui-même;*®!'^''quot;
il vonsdemande, amp; il eft tout a-fait touchéft
Elle sen retourna aufiitót au Parloir, oü nous fumes prefque en meme-temps. Al. lArcheveque sadreflant a la Mere: Ma Sceur, «/;?-//, je vientnbsp; de recevoir votre Lettre, amp; je fuis monté ennbsp; Carofife aufiitót. Si jamais il y cue un horamcnbsp;,, affligé, ceft moi: vous raavés écrit une Let-,, tre la plus belle, la plus humble, la plus ref- peélueufe, lt;5t la plus touchante du monde; ellenbsp; amoüiroit une pierre, amp; cependant, ma Sceur,
je ne puis vous accorder ce quc vous me de-,, inandés; car je ne fqaurois Ie faire en Cfg'
fcience; je ferois un Sacrilege,
riés un aulfi dans la défobéillance ou ® nbsp;nbsp;nbsp;'
Et regardant la Supérieure ma ceu , nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
55quot; *
-ocr page 81-Relation de la Perf/cution des Relilieufès de Port-Peyal^ llt;Ó(3^-igge nbsp;nbsp;nbsp;gj
dil, avés-vous vu cette Lettre? II ny a riende Ste Beuve. Cet Abbé preaanc aufficót la parole : Relatroii pius touchanti je fuss dans la derniere douleur Ma Sceur, tne dit-il, il na jamais voulu ve- de la Steur
quoique je lcn aie éxtrémement pric. II Marie An-dit quil ne veut parler a pas une des Religieufes nbsp;nbsp;nbsp;de
de Port-Royal-, que sil vous voyoic, il y auroit®,^® The-auffitót un Livre jmprimé centre lui; que tout ce quil vous peut dire, ceft quil vous prie denbsp;fuivre fon éxcmple; quil a figné fept fois, quoi-quil alt plus de luniicres amp; de connoiflance quenbsp;vous dans CCS maticres; que vous étes en pêchenbsp;mortel de ne pas rendre cetteobéiffancea M.lAr-chevêque votre Supérieur;quilfqavoitdeM.Sr»-gl'm même que fon avis étoit que vous fignalfiésnbsp;pat obéïflance; qu'il étoit néanmoins perfuadé quenbsp;tant quil vivroi: il perdroit tout fon crédit enversnbsp;les Religieufcs, qui ne l'en croiroient pas non plusnbsp;que les autres.
M. de Paris Iinterrompit, amp; dit; Mais oui,
M. Singlin vouloit que vous fignaffiés. Jeré-pondis: Oui, Mgr., mais cécoit enmettantau 3, deffiis de notre nom une Declaration, que com-3, me nous étions ignorances de routes ces matié-,, res,nous ne Ie faifionsque pour obéïranosSu-3, périeurs. II répartit: Je ne vous demandenbsp;,3 rien davanrage. La deffus il pric la Déclara-tion, en me difant: Voila ce que jai donné anbsp;3, la Soeur Heléne amp; il la lut. Jinterrompisaunbsp;mot d'acquie('cement d la condamnation. II fe tourna vers M. lAbbé BoJJu-t 6c lui dit: ,, Eh bien,
,, je f^avois bien quelle feroit difficulté a cela.
II répondit quil me Ie falloit éxpliquer; que jene lentendois pas; ce quil fit par un grand difcours,nbsp;qui ne me contenta guéres.
M. de Paris demanda de quoi écrire, amp; men
de ne leur pouvoir accorder ce quelles tne de-ntandent.
Ce refus toucha dxtrêmement notre chére Mere amp; moi auiS, voyant bien quil ny avoir plus riea d efpérer. M. iArchevêque recommen^anbsp;tout ce quil a accoututné de dire fur cetteaffaire.nbsp;Et en ie levant pour sen aller: il dit; ,,Je nenbsp; vous demande quune foumidion, quun ac-quiefcement. Jctois ü troublée, que je dis,anbsp;mon grand malheur: ,, Mg'r. ne nous demandés-
nir,
Relation de ia ScEurnbsp;Marie An -,,
gelique^e^^
Ste. Ihe-rèfi:.
vous que cela?quot; Cen fut affez, cette parole me fit tomber dans Ie filet, Ce fut un avantagenbsp;merveilleux a M. lArchev^que. II réponditavecnbsp;joie: Ehnon, ma fille , je nc vous demande quenbsp;,, cela; non ma bonne fille j je fuis faché de nenbsp; pouvoir demeurer plus long-terops avec vous.nbsp;La Supérieure lui dit: ,,Mgr., vous aurics pitiénbsp;3, de ma Steur Angelique, elle fe tuë de pleurer.nbsp;1! repondirj ,.Je levois bien, jen ai delapeinenbsp;Et en sadreflant a moi, il me dit: Qui voulés- vous voir, ma bonne fille? JedisMgr.,nbsp;,, nous vous avions demande M. de Ste. Beuve.nbsp;11 scn alia, en mafifurant qui! Ie feroit venir.
Depuis cc moment on fut toujours après moi fans relache; Ic combat ou jétois ne fe peut com-prendre; je fus malade tout Ie jour. Sur Ie foirnbsp;M. lAbbé Bojfuet vint de la part de M. lArche-vcque. II vit la Mere Agnes, amp; enfuite jy fusnbsp;un peu de temps. Jétois fi mal dun grand vo-miffement qui mavoic pris a force de pleurer, quilnbsp;ne me fut pas poflible dy être plus long-temps.nbsp;II me témoigna une grande compaffion de 1étatnbsp;oüil mevoyoitjSc maCTura quil semploieroit au-près denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Paris , afin quil mocat la peine
que J avois de la fignature fimple du FormLire Je paflai route la nuic fans dormir du rout a nlZ!'nbsp;rer amp; a pner Dieu quil me déUvrac delapei£o :nbsp;J etois. Je craignois hornblement dcofigner amp;nbsp;je ne voyois point comment je pqurrois faire pournbsp;men tirer. De demeurer dans langoiffe oü jétois, cela me paroifToit impoffible, les heuresmenbsp;paroiflbient des jours. La douleur préfentc, lanbsp;crainte de 1avenir formoient en moi une fi terrible crainte, que je puis dire avec vérité que jainbsp;¦fouffert des pemes de lautre moude.
di-e que M. lAbbé demandoit. Comme jétois a la portenbsp;»eaSte Ma-du ^ Oir, la Sceur me dit; ,, Monfeigneuryeftnbsp;Q ' repondis brufquement: Hélas,
SfLquot;''.. v«nt nbsp;nbsp;nbsp;1=
Secur Ange- ¦
Kiettre a la fijnatute,
donna dans !e moment même une Declaration, en me difant; Aurés-vous encore de la peine a- prés cela? Jerépondis: Cefl. quelqucfou- lagement; mais ce neft pas encore tout ce quilnbsp;,, tne faudroit pour me mettre 1efpric en repos;nbsp;,3 je ne veux pointcondamner M.dljgt;m, amp; vousnbsp;gt;, parlés, Mgr, dacquiefcement. Ilrépliqua:nbsp;35 Vous ne Ie condamnerés pas auffi. Acquielcer,nbsp;rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foumettre a un jugement rendu. Je
pouvois faire une chofe res-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Communauté, amp; de nosMe-
furc£tte^Déc\r2dc.-®!'-''quot;quot;'
ion, non plus que ma
^ nbsp;nbsp;nbsp;_____ iv/ere
_ nbsp;nbsp;nbsp;. II répliqua : ,, Votre Me-
3, re Abbsflé Ie fera;jai vu M. de Meaux, qui ma dit quelle eft contente de ma Declaration,nbsp; amp; quelle demande M. Cheron pour la re'fou-dre. * Ea Mere Supérieure dit: MaSeeur
Anne Eugeyik,
blantI'amp;'ermrrrcom.Sndam nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;?
Hie préfervlt dc figncr. Dabord onVquot;! rois trop longue fi
me fit bien des civilités, amp; me dit què nbsp;nbsp;nbsp;...........
hé Bojfuet venoit me rendre réponfc fur M Jè
Je fe-
)c mectois routes les autres chofes qui fe dirent de part Sc damre. Jajoute-rai léulemecc que M. de Paris, quiprétendoitquenbsp;nous nous étions donné des paroles de ne point
, Nome Reie na ia.als nbsp;nbsp;nbsp;fat cettelgt;éclaran!;. -a yUtsqaenta S.at
Relation de la Ferfécution des Religietifes de Tort-Royal^ i66t^-i66^ Relation figncr, amp; que nos Meres nous 1avoiencfaic pro^ tie la Sceurniettre, me dit; Efl:-ce que vous nappréhen-MarieAn-j^ derie's point votre bonne Tante? Je lui ré-pondis: Mgr., elle oft la première i qui je dis Ste. 'rèfe. Thé- XXI. me nen dire en cette amp; mabandonner au Confeil que Tonnbsp;me donneroit. Dieu permit pour punition de mes nechés quelle neuc point la penlce de me rete- voienc figner: il me donna des railons qui me ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ \____r»M iV'frvic* fniic fpmhiprpnr hnnnrs. amp; m affijra QUC ic ne rerois S'?- dïes peinesi car je nai point de referve pour elle, ayant une parfaite confiance en elle; jeluinbsp; ai témoigné que je ne voulois rien faire quellenbsp; ne fit; amp; elle ma dit ces propres paroles: Manbsp;,, Sceu-r, ne dites pas cela, tl ne faui pas s'appuyernbsp;5, jur nn bras de Chair ¦, fivous croyés Ie devoirnbsp;faire ^ pourvu que ce fait avec confeif je ndnnbsp; aurai point de peine. Ils fe regardérent tousnbsp;amp; dirent: Voila qui eft bieii fage. Ils en fu-rent même fi touches, que M. de Paris amp;c M.nbsp;Bo^uet en pleurérent. Je pris de la uneoccafionnbsp;de fupplicr trèshumblement M. de Paris de la faire communier a la fête, puifquil voyoit affezquenbsp;ce nétoit que la confcience qui la retenoit: maisnbsp;ce fut inutilement. Je lui demandai pour moi M. Cheron au lieu de M. de Sainte Beuve. II promit de lenvoyerdèsnbsp;IC même-jour. La Mere Supérieure lui detnandanbsp;Q je communierois Ie lendemain (jour de la Touf-Jamts.) II répondit: Oui da, fi elle donne fanbsp;parole a M. Cheron. La Mere, répliqua;nbsp;Mgr., fi elle fe confefle, elle.ne fera rien. IInbsp;lui dit en riant, elle e[i Dernoifelle, elle ne man-quera pas d ja parole i ft elle y manque, vous Tert-fermerés ér vous la ferés jeuner au pain ér d l'eau.nbsp;'M. lAbbé Bojfuet me regarda en difant; Vousnbsp;ne croyés pas cela. Je repondis; ,, Mgr.dienbsp; tout cc quü veut, 6c fait tout ce qu il luinbsp;plait. II nous a mifeshors de notre Monaftere, celanbsp;neft guére plus dou.x ,, H répliqua: Je ne fe-rai jamais cela, jc vous en afiure. Sur les 4 heures après midi on me vint avertir Scntlrocms que Mr. Lheron me demandoir. Je me jettai anbsp;avee lefquels gfjQyx, gj je priai Dieu de tout mon cceur. Jainbsp;^quot;M'Lnregardé depuis comme un jugement fur moi quenbsp;de fes éga. la Mere eut cru devoir nenbsp;MineiKs. nir dans ce grand penchant ou jetois; tous les pas que je faifois me conduifoienc dans le préci-pice, ou cn effet je tombai, amp; done jai unenbsp;grande douleur. La Relation que jen fais menbsp;fcrvira dune petite fatisfaftion a ma faute , jenbsp;lefpére ainfidela miféricorde de Dieu,quicomp-ce tout. Car ce meft une humiliation de fairenbsp;voir a toutes les perfonnes qui liront cet ecrit,lesnbsp;folies amp;les egarements de mon Efprit, ny ennbsp;ayan: point de plus grand que de tomber dans lenbsp;péché: Je fus done trouver M; Cheron, je lui dis da-bordque javois beaucoup deftirae de lui, que je fqavois quil etoic vraiement ami de notre Mo-naftdre y quil étoic dans toutes les bonnes maxi-mes, amp; quainfi javois confiance en lui, que jenbsp;1aflur.ois que je lui parlcrois avec une etjticre fin- |
cerue. II me répondit a cela de la maniére du Relation monde Ia plus obligeante, amp; la plus capable de de la Steurnbsp;mouvrir le cteur. Je lui dis: M. devanC tou- Marie An- teschofes, mettés pour fondement queje menbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'Ic veux fauverj queje préfére mon falut a tout;^,^^ amp; que jaimerois beaucoup mieux demeurer ,, toute ma vie dans la captivité ou je fuis, amp; ,, dans les peines intérieures que je fouffre, qui me font cent fois pires que la more,que defai- re la moindre chofe qui puiffe offenler Dieu; donnés-moi ie Confeil que tmus voudriés quon ,, vous donnat, fi vous étiés a ma place! Jenbsp;lui decouvris enfuite routes les agitations de monnbsp;Efprit. II mecouta avec une patience amp; unenbsp;bonté toute extraordinaire, entrant dans tout cenbsp;que je lui difois: ce qui me gagna davantage, ccnbsp;fut la compaffion quil avoit de moi. Je lui disnbsp;toutes mes difSculté-s fur la fignature; il les trou-va raifonnables. II me dit quejavois raifon denbsp;ne vouloir pas figner le Pormulaire fimplement jnbsp;quil ne me le Confeilleroit jsmais; mais que lanbsp;Declaration de M. de Paris changeoit IafFaireScnbsp;nous rendoit la fignature facile j que néanmoinsnbsp;les termes de cette Declaration qui me faifoientnbsp;de la peine, lui en donneroient auffijque ce quilnbsp;mettoit au commencement que nos fcrupulesnbsp;étoient le prétexte de notre défobéiffance, 1avoienCnbsp;choquéj quil le fupplieroit de changer cela. Jefusraviede trouver un homme qui entroit xxir. dans mes difficultés, amp; qui en avoit roeme defon En'rr'iwnbsp;c6té. Pour ce qui étoit que je croyois que Dieu 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* demandoit plus aux uns quaux autres, il me ditck'coi quil ny avoit rien de fi vrai^que la Mere Agnesnbsp;amp; la Soeur Angelique de Saint Jean qui avoientnbsp;beaucoup de lumiéres dans cette affaire,amp; aucunnbsp;douce, étant perfuadées quclles ne devoientpointnbsp;du tout rigner,feroient mal dele faire^maisquunnbsp;autre qui nen auroic pas tanc amp; qui craindroitdenbsp;défobéir, feroic bien de fe rendrcj ce quif mqnbsp;prouva par plufieurs cxemplcs. Il me dit encore,nbsp;que M. Arnauld avoir eerie a M.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qug ceux qui nont point dcvidence de ce fait de femb'érenc bonnes, amp; maflura que je ne ferois ni péché morcel, ni péché venicl, ni imperfection de figner. Nous nous fép.irames ainfi. Ilnbsp;me.xhorta a beaucoup prier Dieu j quil le feroicnbsp;de Ton cóté.. Le Lendemain jour de la fête, il me demanda è fept heures du matin. Il me die quil avoit été ^nbsp;au fortir davec moi, trouver M. de Paris^ quilM- CteoHnbsp;lui avoit dit routes mes difficultés fur fa Declara-tion; quil ne la vouloit point changer ^ mais quil nltemc 1%nbsp;lui avoit cxpliqué cet acquiefeement fi favorable-ment, que ce nétoit quune foumiffion denbsp;peéf j que de plus elle étoit publique; que les d« taris,nbsp;Je'fuites étoient fachés centre M. de Paris de cenbsp;quil me Iavoit ffonnc'ci quil y en avoirnbsp;qui lui en avoient fait des plaintes, ^^ ¦nbsp;avoit die; Mes Peres, mélcs-vous de vosattai- 3, res |
Perj'ewtio» des Rclirjeafes dc Fort-Rcjial, 1664--HS6^ 11 me fit cct icfc. Mais je trouvois encore dautres difEcukcs, qui une autre Maifon j quil avoir détourné cela, cn /tar\'ntTvtr étoient de le faire féparément de notre Commu-nautc; cc que M. Cheron conftderoit auffi plus que tout; amp; la crainte de fcandallier, pareenbsp;que Ton croiroit en voy.ant ma fignature, quenbsp;jétois dans la dispofition que demaode le For-wulaire , amp; que javois change de femiments.nbsp;11 trouva a cela un reméde, qui étoit de fairenbsp;un Afle qui préviendroit roa fignature, qui fe-roit voir que jc ne la donnois que par foumif-fion de refpeö;, amp; non point par Créance; amp;nbsp;que je ne, prétendois pas par la me féparer denbsp;notre Communauté', i laquelle je défirois êtrenbsp;unie autant que jamais. Je le fis, amp; le lui don-nai. II me ptomit de le faire palfcr par-devantnbsp;Notaire, 6c que ü lon tirok avantage de manbsp;fignature, on le pourroit faire voir, 6c mémenbsp;imprimer. II me dit quil y ajouteroit quelquesnbsp;termes de chicane, 6c que je le recrirois: maisnbsp;comme il eft toujours occupé , 6c quon manbsp;empêchc de le voir, cotüme je le dirai, il napunbsp;me Ie rendre. Pour mespeines intérieureSjil me dit quilnen avoit point dortni toute la nuit dinquiétude 8c denbsp;pitic. Qimn^d il jpy auroit eu que cette feule rai- fc, amp; que je ne duffe fi|nlr;ïuü me^Sfoff quot;quot;f devenoit chaque jour plus inftipport^le, dc _____ _______________r ¦ nbsp;nbsp;nbsp;t dc- men tirer. ce 3 ne me narniflmr nlnu rtnfTïh e Aquot; men tirer, cela ne me paroiflbit plus poffible,6c je ne trouvois pointdautre reméde i tatit demauxnbsp;que la fin de ma vie ; enforte que je deman-dois a Dieu de tout mon emur quilnbsp;tnourir, dans quot; ' 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot; van» Dieu que je ne pouvois pas faire mon falut en eet état; que ce nétoit pas de figner, ou denbsp;ne pas figner qui le faifolt craindre pour moi ^nbsp;mais que cétoit les peines ouj étois qui etoientnbsp;caufées par la violence que 1 on éxerqoit contrenbsp;moi amp; dont je ne pouvois fortir que par la^ fignature; quil maffuroit,/oi de Frêtre , nêtrenbsp;ni péché mortel, ni péché veniel, ni imperfection: ce quil me difoit de telle forte, quil menbsp;le fit croire, les doutes dans lefquels jétois mé-toient déja unc aflex grande dispofition pour en-trer dans ces raifons. II me confirma que les Dofteursque lon avoit Confulté, avoient conclu quon ne nous donne-roit point les Sacrements a la mortnbsp;nous paree quils croyóicnc cn péché mortel ^ nbsp;nbsp;nbsp;------ . ^ nbsp;nbsp;nbsp; -j t Supérieurs: quil étoit vrai o,!» nbsp;nbsp;nbsp;^ de figner,quoique dun aucre core ---------- vrat que nous don- mes peinss en quelque chofc , il raavoit levé mes pevnss en queique cnotc , ie combat oü jécois étoit encore plus grand, car jc vouloisnbsp;amp;je ne voulois pas-.la crainte ckoit nourcant lanbsp;plus forte. Jerentrai dont au Parloir, oü étoitnbsp;la Mere Agnes. Je dis ti M. Cheron. que I onnbsp;me tourmentoit dune érrangc forte - que je v'i-L 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;you nos nions un grand ïcandale ; que prefque tour le monde nous condamnoit, a la referve de ceuxnbsp;qui étoient dans nos fentiments, 6c quencore ynbsp;en avoit-il pkifieurs qui euffent voulu que nousnbsp;euffions fait quelque chofe de plus que In ügnaiu- 'Relation de la R.el3tioi) res, 5c moi des niiennes. II me fit cct ac dela Saiircommodeinenc rout a fait favorable. II a uncnbsp;Marie An-merveilicufe adreffe pour perfuader, amp; d'autr.ntnbsp;geiique de plus qu il condamne route la conduite que Ioiinbsp;Ste The- tient fur nousj quil dit mille biens de nos amisnbsp;amp; de Iordre de notre Maifon. Sa ruïne lenbsp;touche aurant que nous, amp; eeft une des plusnbsp;fortes raifons qui le porte a pous faire ligner,nbsp;croyant que nous foromes obligées dc faire toutnbsp;ce qui fe peut en Confcience. Enfin il me per-fuada que je le pouvois faire. |
re que nous avions donné ; que nos Meres euf-Relation lent du confidcrer iétat oü lOn réduifoit laMai-dela Soeutnbsp;fon, Sc les a mes en particulier, ce qui étoit le Marie An-prmcipal: quil y en avoir aliez pour fe défefpé- Selique denbsp;rcr; que pour lui il en avoir une fi terrible dou-The-leur, quil nctoit occupé dautres chofes, prin-cipalement depuis quil rnavoit vuë: Que Ton.nbsp;croyoit que la Mere adonis étoit caufe que je ne,nbsp;me fendois pas, paree que jétois trop attachée knbsp;elle: que M. dc Saint Nicolas lui avoir dit lui-même quil nous falloit féparer, amp; mettre dans _________ _ nr.;,-___ -..UI ____r. difant que tout le monde crokoic fi lon féparoit la Tante de fa Niéce, que nous cn mourrionsnbsp;routes deux j la M ere paree quelle avoit befomnbsp;de moi dans fes infirtnités, joixites a fon age, 6cnbsp;moi dafflidion. Lon peut juger fi cette afifurance naugmenta pas de beaucoup mon inquiétude, 6c ne me fitnbsp;pas croire que jene duflè faire tout ce que jepour-rois fans ofïenfcr Dieu, comme on setïorqoit denbsp;me le prouver, pour évicer un mal que je voyoisnbsp;dautant plus grand, quil rnéxpofoic a routes fortes dafFoibliffements amp; de ten rations, amp; a yfuc-comber, fi je navois plus le fecours de la Merenbsp;Agnès j 6c de plus jc me trouvois obligée dcnbsp;lui rendre jufqui la fin mes devoirs amp; mesnbsp;fervices, dautant plus quelle navoit que moinbsp;feule. Je demeurai plus de deux heures avec Monfieur Cheron : nous ne conclumes rien. Je le priainbsp;de confulter quelques Doöeurs que je f^avois êticnbsp;trés fermes, ce quil me promit. Je crus devoirnbsp;cacher aux Religieufes la fituation oü je me trouvois. Et depuis ce jour-la je ne ceilai pointnbsp;prier Dieu avec larmes: lengagement oüjctois me fit raounr, dans lefpérance quil me feroit mifcri-corde jpuifquil ny avoit que la crainte de 1of-cenfer, qui me donna: ce défir. Dés que je fus fortie les Religieufes me deman-dérent ce qpe javois fait. Je leur répondis que cétoit une affaire trop importante pour fe préci-piter; que je navois rien a faire qua prier Dieu,nbsp;afin quil minfpirac la perfonne qui me devoitnbsp;determiner. EHes me preflérent éxtraordinaire-menc de conclure, difant quil falloit revenirnbsp;plüt6t tous les jours. Comme je nétois ennbsp;Lcune facon réfolue; amp; que jappréhendois fort , r nbsp;nbsp;nbsp;ourva nAra -v.----- 1 |
Rdalion de Ia Perfdcution des Religieufes de Port-Royal^ ]66^-i66i. amp;(¦ Ste. rèfe, quil me donna de M. r - 1 ngnc Cgn«. Helation yois bien quon nc lui donneioit point de rela-^laScEurche, non plus qua nfioi; que cétoit pourquoi conjurois de ne revenir point de plutïeursnbsp;S- lue dejours' amp; de ne point dire que je lui eufle faitnbsp;1 ne- cette priére ; quil fit fon voyage auparavantnbsp;(c«oit a Meaux, oii il mavoit dit quil alloity)nbsp;dy voir notre Mere; quil lui parlcroit de mui.nbsp;Jl me fic efpérer quil prendroit fon chemin parnbsp;Tomfone ^ afin de voir mon Pere amp; mon Frcrenbsp;de 'Luxanz.y. Je Ie priai de leur dire routes cho-les, afin de ne rien faire contre leur fentiment,nbsp;croyant bien que par la je fqaurois celui des au-tres, dont jaurois voulu prendre conduite, cenbsp;qui nous étoit impoffible, dans la dure captiviténbsp;OU nous étions réduites. Ce manquement denbsp;Confeil étoit notre plus grande amp; plus péniblcnbsp;affliétion. Je ne fgai ce que Jaurois fait pournbsp;avoir un petit mot davis lur les doutes oüjé-tois. xxiY. _ Letourment que Iön me fa'fait neft pas croya-Ktouinefux^^^ Religieufes étoient dans une perpétuel-Urfuiincs. Ic inquie'tudc de ce que M. Cheron ne revenoit Son Entte- point. A quelques temps de la on me vint di-sau/deVeque M. de Raris me demandoit. Je répon-Thci'cfe.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avec un tremblement terrible que je ny pouvqis aller, nayant rien a lui dire , amp; que javois befoin derecevoir M. Cheron: mes éxcu-fes ne furent pas requës: jcntrai done dans Ienbsp;parloir, oü étoit M. de faris avec M. Chamil-lard Sx. la Mere Superieure. M. iArchevêquenbsp;me rcQuc trés bien gt; en me témoignant beau*nbsp;coup de douceur'. Ü mappcUa toujours la fille,nbsp;amp; fa bonne fiUe. Ces paroles douces nc fer-voient qu4 augmenter ma peine, car je refièn-tois vivement la violence quil éxerqoit fur monnbsp;3hie. 11 me paria dabord de ma S'oeur ^nge-li^ne, quil me dit éne horriblement epiniatre.nbsp;Je répondis prompteroent: Monfeigneurje vousnbsp;5, fupplie trés hurablement de ne men pointnbsp; dire de mal; je laime uniqueme.nt, eJle neftnbsp; pas feulement ma Sceurmais je la, regardenbsp; comme ma Meie; je voasafilire quelle neftnbsp;3, point opiniatre, amp; queüe ne regarde quenbsp;,5 Dieu amp; fa conference. II ne raen parianbsp;pas davantage; Eh bien , dit tl, amp;c la Sceurnbsp;j, Marie C/ut'reneft eüe pas une bonne fille.?nbsp; connoiffés-vous bien fon écricure. il tira fonnbsp;Mandement,amp;.me iepafla. Je dis: Qai,iVlgr.,nbsp; elle neft pas contre faire: ne voulés-vouspasbiennbsp; limiter, reyrh tl, amp;; meutre vo:rc nom auprèsnbsp; dufien? Je repliquai, Je ne Ie puis, Mon-,, fcigneur il faut sil vous plait que je revoie M.nbsp; Cheron. II fit écarter M. Cbamillard, afinnbsp;sque je lui éxpliquafle avec plus de liberté mesnbsp;Eificultés. Jelui reprefentai létat ou il nous réduifoit, de r b*?^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de figner: que jétois dans de fi ter- que javois defiré vingt fois que Ic T(nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que je fouftfois vint jufqui lui. flmioterrocnpu, nbsp;nbsp;nbsp;dit: Eh, ne croyés, |
,, vous pas que je fouffre aulli de mon cóté? Si Relation ,,, vous fqaviés la violence que je me fais,celaeftdela SoBurnbsp; tout-a-fait contraire a mon naturel. Je luiM^?'®nbsp;répondis, que je croyois bien quil sen faifoitnbsp;mais que néanmoins il ne tenoit qua lui de nousnbsp;laiifer en répos, en ne nous demandant plus rien.'^^^' Il répartit, quil ne Ie pouvoit; quil étoit oblige de nous faire obéïr. Je lui reprefentai de nouveau mes difficuirés fur fa Declaration, que jenbsp;Ie fuppliai trcs-humblement de lever, qui étoientnbsp;raciuiefcemettt a la condamnation, amp; Ie prétev-te de notfe défobeijpince; que nous nétions pointnbsp;défobéiiTantes, puifque ce nétoit que la craintenbsp;de Dieu qui inempêchoit de lui obéir. Voyantnbsp;quil ne vouloit point du tout changer tout ce-la, je lui dis: Je ie fouffre done comme unenbsp; injure quil plait a un pere de nous dire.nbsp;li trouva bon que je revillè M. Cheron, amp; menbsp;promit de me lenvoyer. Comme il fut levé, M. Chaemllard fe rap-procha, me priant de figner, de ne laifl'er point aller Monfeigneur, amp; pour quoi je voulois re-voir M. cheron. Je lui dis: M. ,je vous prienbsp; de me laiffer en répos, jai dit mes raifons anbsp; Monfeigneur. II trouve bon que jattendcnbsp;M. Cheron; je lui ai'dit toutes mes difficultés,nbsp;ceftavec lui que je défire conclure ce que jau-rai ^ faire: autrement je ne fcaurois rien faire. De plus quand jy ferois réfoluë, je ne Ie fe-rois pas aujourd-hui, paree que ia Mere Agnès a pvis médecine, amp;C que je ne Ia veux pas fur-prendre. Il nie dit: ,,Klle nten T^aura rien. Je répliquai : ,,Comment, M., Croyés-vousque jagitlë comme cela avec notre Mere.? Je luinbsp;dis tout, jufqua mes plus fecrétes penfégs. Pendant ce dialogue M, de Paris paria a la Mere Supérieure. II sapperqur que nous nétionsnbsp;pas daccord, M. Chamillard Sc moi; il lui dit: Laifles-la, M.,je fuis content dylle, eüe veut encore voir M. Cheron ,céa. cft raifonnable, nbsp;puis en sadreffant a rooi il me dit:.,Nous allonsnbsp;a Port-Royal, que voulés-vous y mander ? Je répondis: Je vous fupplie trés humblement, ,, Mgr., de mcnvoyer un Irabit de Sceur Con- verfe, ceft' la plus grande grace que vous me puiffiés faire; au moins il ny auroit plus riennbsp;j, a me dire: car fi je figne, ce feta a condi- tion de navoir jamais de charge dans la Mai- fon, ni petite ni grande. 11 dit Ceft-Unbsp; Ie fentiment dune bonne Religieufe. Jere-vins avec joie de navoir rien fait, mais elle nétoit pas entiére;. car je voyois bien que toutesnbsp;fes Vifites étoient toujours de nouveaux engagements. Si je n'avois parlé a perfonne amp; quS'nbsp;je ncuflë point demandé avis, jaurois évitécette-maiheureufe fignature. Dès Ie lendemain M. Cheron revint. H tout ce quil mavoit dit, mais plus forcement. - cheroB Ce qui m%erfuada davanuge ce fut ¦ nbsp;nbsp;nbsp; 'MeCurélt;ierw/,quiavoitqu-eiij'^°% |
'B.elatmi de la Verfécutton. des Relipeufes de Port-Royal^ ï66^-i66^. 85 trip nbsp;nbsp;nbsp;suroit pitie ...V,. nbsp;nbsp;nbsp; lArchevêquenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;üifant, voila Mr. cement lui faitoic peine, mais il elt cocvvenu 6c fe bourreau nbsp;nbsp;nbsp;' avec raoi, que ceft une maniére de pailer,6c téte, jirois au dernier'^L^quot;^'' il ma dit que vous ne devies point faire de rance que Dieu, qui voit laVrainm cue Ikfri roffenfer,me feroit miféricorde. cSvüd! tablement la difpofition oü j e'tois. Je lui avoisditnbsp;la meme chofe ie matin. Elle prenoit cela comme une violence que je me faifois, ,qui me feroicnbsp;aller droit en Paradis: efetoient leurs termes. Jcnbsp;changeois fi fort, que je croyois aller évanouir.nbsp;Je ne penfai jamais revenir du Jardin oü lon mavoit mén£e,nepouvantpre!que marcher. Je ren-trai dans notrechambre,6c me mis a genoux devant la Mere Agnes--, en pleurant fi fort, que jenbsp;nen pouvois plus. I! eft certain que fi Dieu luinbsp;avoit infpiré de me dire Ie moindre mot, jauroisnbsp;tout-è-fait rompu lengagementoüjétois avecM.nbsp;1Archevêque; mais raffoibÜffemcnt dans Icquclnbsp;elle mavoit vuë lui fit apprehender de ns me pou-i, 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voit- Relation fifraé Ie Vormulaire {implement, niais fans révo-delaSceur quer fes A^es, amp; que nos Meffieursavoiencécrit Marie An- pour Ie juftifier: que cétoit la meme chofe denbsp;qelique de ous i que nous avions fait des Aöes qui écoiencnbsp;Sie. The-publics; que nous^nedevions jamais lesréiradler;nbsp;réfe. quil faudroit plutót fouffrir tout; que nous avionsnbsp;même encore plus davaniape que ce Cure, pareenbsp;quon nous donnoit une Declaration, amp; que M.nbsp;TArchevêque la lui avoit éxpUquée li favorab'.e-ment, que je nedevois rien craindre. que de plusnbsp;mon Acte me juftiftoic tout a-faic devant Dieu,nbsp;amp; même devant les hommes, auiri-bicn que nosnbsp;proteftations, oü nous défavouions tout ce quenbsp;nous pourrions faire dans ia Captivité de contraire aux fentiments que nous avions étant en liberty. Je trouvai cela fi jufte, quil me fembioit quenbsp;jen requfle un grand foulagement; ce que je re-connois préfentement être une marqué de mon a-veuglément, amp; de mes ténébres. H majoutanbsp;que pour Ie terme d'acquiefcement, il ne lignifioicnbsp;que foumitfion, 6c quii écoit ufwé dans Ie fty-le de 1EgUle; amp; quainfi je ne devois pas tar-der a ligner, de crainte que M; de Rans nenbsp;recirac fa Declaration, comtne on 1en folliclenbsp;toif. Je lui dis avec confiance, 1en croyant capable, que javois ouï-dire que de ligner, cétoit comme de rénoncer la foi, 6c Ie jetier dansnbsp;Iétang de feu 6c de fouffre; que cela me fai-foit une horrible peur, quoique je neuflè jamaisnbsp;pu me Ie perfuader, paree que ü eek étok vrai,nbsp;M. de Singling 6c M. de St. Cyran nauroientnbsp;pas voulu que nous euffions fait la petite figna-ture quüs avoient propofée, qui ne me fembioit pas meillcure que la Declaration de M. lAr-chevêque. II me dit en marquant une grande fur-pri{ê amp; un grand étonnemenc; En véritc voi- la qui eft étrange, ceux qui vous one dit celanbsp;,, one tort, je fuis aifuré que M. ^r?iauld \ai~nbsp; même ne Ie voudtoic pas dire, 6cencoremoinsnbsp; M. de St, Cyran . dont je f(iai les fentiments. J. ainbsp; confulté Isrl.Guiliebert fur vous: dabord lacquicf- que vous ne opies point faire de diffieuké de figner dans létat oü lon vousré- duifoit. Enfin apiès beaucoup déclairciflè-menrs, 6c daflürances que ma Confcfence n'é-toit en aucune lone engagée, il détermina que jenbsp;pouvois 6c devois figner, 6c me répéta plufieursnbsp;Tois, que je ne ferois ni pêché mortel, ni pêchénbsp;veniel m meme d'impeifedtion; Öc pour abré-pr il conciuc que je uevois Ie faux dés ce jour-li M. 1 Archtveque venoic. Depuis ceu^ condufion je demeurai dans une grande angoiüe, me trouvani dun cóté peifua-dee des raifons qu il mavoit dices: deforte quilnbsp;me fembioit que je meniirois fi je difois que cé-toic ma Confcience qui me retenoit de figner amp;nbsp;que je ferois dans un perpécuel déguifement: dau- |
tre part, javois beaucoup de troubles amp; de pei- Relntion nes de faire une choiè differente de nos Meres 6c de la Soeurnbsp;de nos Scrurs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Marie An- ^ iVl. 1Abbé Bojfuet vine ce même jour Taprès- Rcliquede dince: les'Rcligieufeslui avoient mandé quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l-he- Cheron mavoit décerminée. 11 me congratula cette Rcfolution , 6c mc.xhorta fort a 1éxécu-ter. J.e lui répondis avec iarmes, que javois une f-Abbénbsp;peine extréme de faire une chofe différente de Ia Boffuct lanbsp;Agnès. amp; dek plupart de notre Commu-*5nbsp;naute; que cela me railoit bien craindre que ccgnawrc.nbsp;ne fulient mes pcchés qui empêchalienc que jenbsp;neuflè k même Réfolution que les autres; 6c ¦nbsp;langoiffe extreme oü jétois me fit ajouter, quenbsp;j ctois mcchante. ,11 me répondit, quil ne dou-toit point que la Mere Agnès ,6c peut-être dau-tres de nos Seturs, neufleni plus de vertu quenbsp;moi; mais quen eek elles me feroient inférieu-res; ce dont je ne demcurai pas daccord ; carnbsp;dans mes plus grands obfcurciflemcnts, jai tou-jqurs cru que celles qui avoient Ie plus de ferme-té étoient les plus heureufes, 6c que cctoil manbsp;fqiblefle amp; Ie défaut de lutniéres qui me faifoiencnbsp;helleer. 11 employa tout fon Entretien ,qui duranbsp;trois heures, a me dire quantite de raiiöns pournbsp;me perfuader de la néceffiié de fe rendre a lo-béiflance; ce qui nempêchoit pas que je neuflenbsp;beaucoup de repugnance a me rendre a cette action , dont mes Iarmes étoient témoins. Jaurois voulu toujours retarder, mais la Supé- xxvir ïieure au contraire envoyoic coup fur coup a 1Ar-M. de i-arisnbsp;ehevêché pour fupplier Monfeigneur de venir,nbsp;quoi lui meme nc perdic pas de temps, etant ve-Matie poucnbsp;nu aufli-tót que M. Cheron lui eut parlé. Quand 1'padcr ei.nbsp;on meüt dit quil éioit arrivé, 6c quil menbsp;doic, je demeurai fi faifie, 6c fi conffernée, quercfTenccDnbsp;je nai jamais cprouvé une pareille peine. Jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eau- a ia Soeur de Chaudenier: Je nen puis plus,rf'f,Pf' nbsp;nbsp;nbsp;Sceur, fi lon fcavoit 1état oü nous reduic, on en auroit nitié.^ Si lon |
U nbsp;nbsp;nbsp;Relation dc la Perfeciitioa des Rcliziei/Jes de Relation voir fourenir dans la ruitCjComnic cllc ia die dans Saint Aegufljn lie laSoeui fa Relation. Ce qui la retiin encore, fut lacrain Tort ¦'Royal^ Be érrange feqon, ayant rendu témoignage que quil yoyoit le fond de mon coeur, amp; quil con-cétoient des fiUes qui avoient tres-bonne Con- ntólbit que je ne voulois point condamner M. feience, amp; une Mémoire fi heureufe , quellesnbsp;navanceroieiu rien qui ne fuc trés vrai. Je lenbsp;fuppliai de me promettre quon ne me demande-roic rien conti e les perfonnes qui nous avoientnbsp;conduites; quelles ne nous avoient rien enfeignénbsp;qua vivre felon les maximes de 1Evangile, amp; anbsp;pratiquer notre Régie. Je nommai les morts amp;nbsp;les vivants, amp; chacun en particulier. Je fpécifiainbsp;quon ne me parleroit jamais plus de fignature;nbsp;que d'en faire contre M. Arnauld^ je mourroisnbsp;auffitor. Il me dit; Je vous reponds quon nenbsp;3, vous fera jamais figner contre M. votre On- cle, je Iettime; eeft le plus grand homme, amp; leplus fgavant que nous ayons. Et comme il vit que japprehendois quau bout de quel-que terns on ne me redemandit une Nouvelle 5? 53 33 moi fignature, il me dir: Je vous donne ma paro- le, quon nsk vous fera jamais plus rien figner. nbsp;Jen pris a témoin comme des autreschofes que nbsp;je dis, la Mere Supérieure amp;: la Sceur dc Chdn-denier, qui furent toujours préfentes. Je dis aulli que comme-je navois point de connoiffance de ce fait, je navois point auffi denbsp;crcancc j que je laiffoi.s la chofe comme ellenbsp;^toit,fans croire quelle fut ou quelle ne futpas jnbsp;je ne voulois point condamner M. dlgw-que je Ieftinriois, le revcrois ,ik y avois dévotionnbsp;comme a un .Saint; que je ne voulois pas con-damser k venm k ^jrace de Jefus-ChriJl ^q\iz Marie An-te que je lui tc'moignois avoir que M. lAixhcvê-gelique deqyg [.,g retirat fa Dédaration. Site. The- Quand je fus arrivee au Parloir, Monfeigneur me dit quil ne fjavoit qui avoit plus de joie ounbsp;de lui, ou de moi. Je lui repondis que je lui etoisnbsp;obligéc de mavoir donne un moyen de lui obcirnbsp;(car j etoisdanslerreurdecroireque la Declarationnbsp;ctoitquelquechofe) mais queneanmoinsjavoisunenbsp;grande peine dc le faire fans nos Mercs amp; nosnbsp;Soeurs; lt;Sc que comme jétois bien imparfaite,nbsp;javois grand fujet de craindre ; que je lui deck nbsp;rois que je leur demeurerois toujours unie j quejenbsp;les portois routes dans mon coeur. It me repon-ditque je devois fouhaicer quelles filfent ce quenbsp;je failbis, amp; les condamner dans leur défobcif-fance : a quoi je répliquai , quétant perfuadéenbsp;quelles le faifoient par Confcience,je ne lespou-vois condamner; quelles étoieat de fort bonnesnbsp;Religieufes, très-vertueufes amp; trés Réguliéres. II mavoit déja fait de grandes plaintes du Procés-Verbal. Je men tirai le mieux que je pus, en difant que je ne pouvois rien dire dunenbsp;chofe que je navois point vue. La Mere Agnes fqait que jai toujours pris le parti de la Com-munaute cn cela, comme dans tout le refte, amp;nbsp;ea particulier de ma Soeur Eufioquie amp;c de manbsp;Sceur Magdeleine CW/?lt;«e, quon dépeignoit du- |
idSq-lodj.avoir défenduë ; que je n'etois Relation point inftruire de ces matiéres, mais que je cro-de kSccurnbsp;yois tout ce que 1Eglife en croit, amp; quelle nous Marie An-fait dire dansles Oraifonsdenotre Office,commeSeiique denbsp;dans celle-ci : AEiiones nojlras. II raaccorda^f®- The-tout, amp; fur la Dodfrine de Saint Augufiin, il^'^fSquot;nbsp;me dit quil mourroit pour la loutenir. ^ II pafla fon Mandement, amp; Ton avoit appor-te une plume ;ce qui me fit une Nouvelle frayeur. Je dis: Monfeigneur, les perfonnes qui font cau-3, fe de ces lignatures rendront un grand compte a Dieu, je voudrois quon nen euc jamais par-,, Ié. II répondit; je le voudrois aulli , maisnbsp; puifque le Pape le veut, il faut sy foumettre. Je lui dis encore ; Monfeigneur , je ne vous donne ma (ignature que comme une marquenbsp; de foumiffion de refpedt, je men vais le taet- tre devant mon nom. 11 répondit ; Jenbsp; 1entends fort bien, il neft pas belbin que vousnbsp;,, 1écriviés: amp; il ne voulut pas me le permet-tre. Je ne pouvois me réfoudrc a prendre cettcnbsp;plume j javois la main comme morte. Dansnbsp;cette extréme angoiflè, je madrelTai a Dieu, amp;nbsp;de Iabondance de mon cceur, je lui fis une pric-rc tout haut, en le prenant pour témoin, que jenbsp;ne me rendois a cette fignacure que par ioumif-fion de refpedt, amp; pour fuivre le Confeil quoanbsp;mavoit donne, nayant point de lumiéres ni dcnbsp;raifons pour oppofer a celles quon mavoit dites ^nbsp;dTpres, Hi me feparer de la vériié, ni de 1u-nion que javois avec notre Comtnunaucé; quenbsp;jaimerois mieux nxiurir que doffenfer Dieu ,nbsp;amp; de rien faire contre la grace de Jsfus-Chrijl. La Mere Supérieure regardoit Monfieur IAr-cheveque, amp; lui difoit: Ce font des tenta- tions, on leur a mis tout cela dans 1efprit. Sur quoi je lui dis: Ma Mere,ce ne font pointnbsp; des tentations, eeft la crainte que jai dc fairenbsp; un péché. La Soeur de Chandenkr dit: M.nbsp; je nai jamais rien fait avec tant de dévotion amp;nbsp;de joicj je fignai a genoux, amp; jeuffe voululcnbsp;faire de mon fang. M. IArcheveque dit froi-dement: Ceft bien fait. Puis sadreflant anbsp;il me dit. Tout ce que je vous demandc,nbsp;eft une foumilÉon refpeftueulé a une decifionnbsp;que le Pape a faite d une Dodlrincj que sil anbsp; mal jugé, eeft pour lui. Aprés cela je crus avoir fatisfait a ma confeien-ce, amp; que cela valoic bien une reftridlion, puifque javois dcckré routes mes intentions devant mon Archeveque. Je fignai enfuite en fapréfence-En achevanc de figner, je lui dis: Au moins jenbsp; men vais raettre feulement deux Lettres , pournbsp; vous faire fouvenir, Monfeigneur, qqe jp nbsp;donné quune foumiffion de refpelt;fti il repon- dit, je men fouviendrai, je men fouvien- drai, il laen fouviendta que trop. , |
eligieujes de Po'st-'Royal, i66^-i66^. nbsp;nbsp;nbsp;Sy Rel.ation relevée, je dis en madreffant a la Supérieure: de la Sosur Je vous fupplie, ma Mere, de ne point chan-MaiieAn- ter daclions de graces, comme vous mavcsd®nbsp; dit quoti a fait au Calvaire pour ma Sceur The-,. Heléne; car je vous affure quil ny a pas de'^®^®' ,, quoi,quot; Elle me répondit quelle me Ie pro-mettoit, que la confidération feule de Ia Mere Agnh len empêcheroit. Elle dit a la Soeur denbsp;Chandenkr quelle avoit entendu quand M. denbsp;Paris mavoic recommandé a elle,amp;ravoicchar-gée de me divertir. Elle lui répondit; Ma Me- re, il faudra que nos Sueurs lui viennent chan-,, ter la Mufique, (ceft quelles font pour bnbsp;moins une douzainc qui la chanrent,) ha Mufique dis-je, je Juis hien en tramde Mufique. XXVIÏI.'_nbsp;Elles maccompagnérent en notre chambre.nbsp;me mis a geooux devant notre chére Mere, laf furant que je navois point change, amp; quejétois torabéecu toujours la mcme. Je ne fis que pleurer Ie foir. - ffnbsp;II ne me fut pas pollible de fouper ; maïs la nuit i'aygjt fait,nbsp;je me trouvai dans une douleur,'dans uatrouble,nbsp;dans une afflidtion inconcevables; amp; je puis direnbsp;que je fouffris dans mon efpric des peines plusnbsp;grandes quon ne peut fouffrir fur la rouë. Jenbsp;vis dairement tout ce que je navois jamais vu; ilnbsp;me fembloit qu'on eüt óté un bandeau de deffusnbsp;mes yeux. Je ne pouvois comprendre pourquoinbsp;javois fait cette fignatute, puilque nos Aétes é-toient plus que fuftifants. La Déclaration me parut un veritable picge; lacquiejcement d la con-damnatien me faiioic une frayeur horrible ;amp; monnbsp;nom fur Ie Mandement que ma confcience naere-prochoit continuellement, joint au fcandale quenbsp;javois donné i tous les amis de la véricé, amp; ennbsp;particulier a mes trés-chéresSceurs, mefirent voirnbsp;labime ou jétois combée. Mon mal me paroif-foit fans rtméde amp; fans confolation; je neuspasnbsp;un moment de répos, amp; je pleurois fans relachenbsp;dans une amertume incroyable. La Sceur de Chandeuier qui me trouva Ie matin dans un état li pitoyable , csr jtvoisle vilagetoutnbsp;contrefait a force de pleurer fit ce quelle putnbsp;pour tne remettre. Je lui dis que mes péchés a- yoienc attire fur moi ie jugement de Dieu; que je lavois ofFenle; que je naurois jamais de répos ni de joie en toute ma vie; quelle voyoicounbsp;la fignature reduiioit les perfonnes; que ma main menbsp;faifoit horreur. Cela étoit fi vrai, que je ne la-pouvois regarder, amp;lacachoistoucnaturellement. Te difois fans ceffe » la Mere Agnès queje voulois me rctrader, amp; ^ f e n® men eüt empéchée,nbsp;je 1aurois fait;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vouloitque nouseuffions avis avanc que de rien faire. Les Religieufesno-foient plus approcber de mot, tant jc leur faifois de peine de tanc pleurer. Je detnandai M. Cheron, je lui dislangoiffeoü cette aft'Ot' mavoic mife. 11 me paria long-temps, chercher m. o__«niira forrcmenc Olie i?» nbsp;nbsp;nbsp;r-;- j nbsp;nbsp;nbsp;-----j votre - de Sc. Cyra» dit au bon M. Vinceat quil ny avoit point dEglife. Jc dis en pleurantnbsp;fort; Je fuis.bien malheureule.davoir figné,nbsp;,, puifquon me parJe déja de la forte; M.deP-*- ris me dit fort doucement: Ne vous fachésnbsp;j. point, ce neft que par rencontre ce quon ennbsp; '°*h' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;allant, il maffura que javois tres bien fait; que je navois rien a craindre;que 5 nbsp;nbsp;nbsp;I y avoit du rnal il sen chargeoic très volon-Ciers; qu tl me défcndoit detre trifte. Apres i^voir fait quelques pas vers la porte, il revmt a la grille a la Soeur de Chandenier, a quinbsp;il dit. ,ïje^ vous la recommande, divertilïés-ianbsp; bien; quelle fe tienne en répos. Ces parolesnbsp;me percérenc Ie cceur de douleur, amp; mefirentnbsp;fouvenir de ce qui eft dit dsns lEvangile , quenbsp;quand Ie fort arm( eft entré da?is une ame ^ iltientnbsp;tout en pdix. Jentrai dans Ie Jubé qui étoittoutnbsp;proche, je me profternai devant leSt.Sacrement, 6 nbsp;nbsp;nbsp;dis Ie Miferere, Jéxpofai a Dieu mon état*nbsp;amp; la tnifére que je rqffentois déja. Qiiand jefus M, mal. Je me confeffai javois fsandalifé mes Sceurs vangile ,ta jettée, Rtlation de la Vèrfécutisn des K Relation Quari'^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;repaiié Ie Alandemenc, on de ia Sisur me donna de grandes iouanges davoir fait une li Marie An- bonne oeuvre j que j étois crop raifonnable amp; tropnbsp;gelique de douce pour rélilter- que même li je navois pasnbsp;Ste, The- detnandc de fuivre la Mere A^nès ^ il ne m auroitnbsp;réfe. pas óté de notre Monaftére. Puis en me regardant , il mc dit dun ton fi abfolu quil mc htnbsp;peur, croyant que cétoic quelquc nouvelle cho-Pc vous defends, ma Fille, par route lanbsp;gt;,? puiffance que jai fur vou, en qualité de vo-j tre Archevêque, davoir jamais de la peine denbsp;»j ce que vous venés de faire. Je ne veux pointnbsp;j, avoir de filles fcrupuleufes. Je dis quelquesnbsp;parolcsi, qui faifoient entendre que cela nétoic pasnbsp;cn fa puiffance. Il me detnanda enfuite mon fentiment fur nos Sceurs qui avoienc figné, Je dis, quil ny avoitnbsp;que les crois qui étoienc dehors, amp; ma Sceurnbsp;Melthilde qui raeuflenc fait quelque impreffion;nbsp;que les autres ne mavoient pas furprifci amp; je nenbsp;parlai pas trop avantageufement de ma Sceurnbsp;leUvie : la Soüprieure pric la parole pournbsp;dire : ,, Ma Soeur Louife Eugenie me mandenbsp; quelle agic avec la Communauté parfaitementnbsp; bien. M. lArchevêque répondit; ,, Ellc anbsp;,, figné de fi bonne maniére, elle a e'té la pre- tniére. La Soeur Dorothée eft une bonne Re- ligieufe, elle me dit au Scrutin de la Vifitenbsp;,, quelle voulolt figner j quelle avoit eu beau-y, coup de peines dans li Mailbn, de ce quotinbsp;3, vous portoit a navoir point de refped amp; do-3, béïffance pour Ie Pape 6c les Evêques. Jemenbsp;récriai; En véricé, Dieu lui pardonne, il ny anbsp; point de Religieufe quon aic plus inftruice dunbsp; contraire. Nous npus ibmmes mifes fou? lanbsp; Junldidlion des Eveques. U , ho-nm» aunbsp; monde qui au tanc relevé la Hiéiarchie que Mnbsp; de Sc. Cjran, on n a qu a lire fon Livre de Ptlnbsp;trus Aurelius. Oui, dit M. de Parh |
voir 1abime oü el)e étoit ___^_____J - -f nbsp;nbsp;nbsp;AViv amp; maflura fortement que je .navois point de cl-o. , i .TT» r-T-nfoHoi ft avoit fignc, paree trouble o»'. La parole de 1E- lafigoiturc |
'Relation de la Rerfécution des Jiel'tgkufis de Fort-Royal, 1664.-166^.
qu'il vaudroit mieux être jet té dans la e a_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fortoic point de mon efprit: cétoit-la
tnon grand fcrupule, auflTi-bien que de mêtrefé-Ste^The-P**^^^ en quelque forte de la Communautéi car réfènbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reftcmaconfcience nemereprochoit point
davoir condamné M. dTpres amp; la grace efficace dc Jefus-Chri(l^ après tout cc quejavois décla-ré; amp; je crois encore que Dieu,quivoitlecoeur,nbsp;ne me confidére pas comtne ayant fait cette fau-tc: mon malheur eft que voyant mon nom fornbsp;Ie For'mulaire ^ on ne fqait pas quelle eft ma difpo-iition. M. Cheron me confola. Jétois bien-aifenbsp;dc trouver une perfonne de confiance, a iaqudlenbsp;je pouvois me confeffer avec liberte amp; finccrité.
Quand je fos de retour auprès de notre che-re Mere, je lui dis; je fois pourtant bien.ai- fc, ma Mere, davoir été i confeflè: £l!e me répondit: Et moi je fois bien-aife de nynbsp; avoir pas été. Je ne laifTois pas néanmoinsnbsp;detre toujours dans la même afflidiion, amp; Ienbsp;peu de repos que javois ne duroit pas plus du-nc heurc. Ce me devenoit une cbofe inluppor-table quand les Religieufes mcn témoignoientnbsp;leur joie. Lon me mena ftigner une malade knbsp;Iinfirmerie. II y eut une Sceur qui me dit quel-le e'toit ravie de ladtion généreufe que javoisnbsp;faitc. Je lui répondis: Hélas! ma Sceur ,ceftnbsp; Ie fojet de mon humiliation pour route manbsp; vie: amp; il ne me fut pas permis de retenirnbsp;mes larmes. Le lendemain jy retournai faignernbsp;la Mere Supérieure, amp;¦ la même chofe m arri-va. Elle mc prefla de communier, car je nenbsp;pouvois my- réfoudre. Je vis M. Cheron, quinbsp;my .obligea, amp; la Mere ^gnès le voulutauffi.Jcnbsp;le fis done après avoir pafte routclanuitenpleurs.nbsp;Je demandai inftamment a Dieu quil me donnatnbsp;un moyen de fortir de fétat oü jétois; il ny a-voit rien que je neufiè voulu faire, routes les penitences de la Régie me fembloient douces j jenbsp;les regardois comme un reméde pour tempérernbsp;un peu la douleur dune plaie qui m etoit infi-niment fenfible. Je delirois que Dieu me rcu-nit a nos chéres Soeurs, afin de me pouvoirnbsp;profterner a leurs pieds.
Les deux Religieufes que nous voyons amp; la Mere Supérieure ne venoient plus nous voir,nbsp;comme elles avoient accoutumé deux ou troisnbsp;fois la femaine , paree quelles difoient que jenbsp;les faifois mourir de me voir toujours plcurcr;nbsp;elles me plaignoient de ce qui me foulageoit;nbsp;car mes larmes, quoique très améres, me con-foloient, dans lefpérance quelles étoient très-agréables a Dieu.
Dans le mois dc Novembre rEcclefialtiquc iknavrcunqué jg yoyois me dit, quil avoir requ en fe-cccHinamp;llr, cret une Lectre de ma Sceur Melthilde, qui le
XXXT. Son Entre-
XXX,
Son Erirre-
ouc liir letiion a'nbsp;V AbbïiTe.
(jj mettoit fort en peine j que cette pauvre fiUe lui mandoic quelle avoir bien des chofes k lui dire,
ii eüe le pouvoic voir ; que M. lArchevcque jétois amp; route notre Maifon; j
lui avoir dit quelle lui avoir promis de lui obéir Relation en tout ce quil voudroit, ce qui nétoit pasdeiaScem-vrai , ne sétant engagée a rien, hors la figna-Marie Au-ture: quelle étoit dans une telle affliction, quelnbsp;le craignoit de fe dcTefpérer. Ce fut ce quil menbsp;dit de cette Lettre; è quoi il ajouta, quil feroit^®nbsp;fon poffible pour Taller voir,amp; découvrir lesdef-feins de M. de Paris: quil penfoir quil sagif-foit de Téleétion, que la fin du tnennal de notrenbsp;Mere approchoit. Je lui dis quil nous faudroicnbsp;done rcunir routes enfemble pour Ia faire. 11nbsp;me dit : On ne fera pas cela, paree quil nynbsp; aura que celles qui onc figné qui auroncnbsp;j, voix.^ Je répliquai ; Ce fcroit la une plai- fanre éledtion; je vous aftlire, M., que je ncnnbsp; ferai pas ¦, amp; que ft Ton me vient demander manbsp; voix, je répondrai que je nen ai point, ft nosnbsp; Meres nen onc amp; toute la Communauté, amp; quenbsp; nousnayons lamêmelibertédechoifirqueparlenbsp;,, temps pafte. II approuvafort mes lèntiments,
Sc il me fit aflêz. voir quil étoit oppofé a cette prétenduë éieétion.
La Mere Supérieure me mit aufli for eet article: elle me dit, fans que je lui .nbsp;donnafle occafion , que le temps de 1éleélionnbsp;approchoit, quil falloic faire tour cc qui fepour-wariê fut'*nbsp;rolt pour faire figner la Mere ^gnès auparavant, 1' 'nème fu-afin que nous euffions la liberté de Ia faire Ab-Iquot;nbsp;befte, quautrement il y auroic bien du défor-dre; amp; elle me park dffez clairemenC ia-deftus
pour me faire comprendre quon y penfoic :Jc répondis fi fortement a tout ce quclle me dirnbsp;amp; je lui fis bien voir que pour ce point-la ünbsp;ny avoit rien a faire, taneque nous ferions fé-parées, que je fus altez heureufe pour la fairenbsp;convenir de routes mes raifons. Je lui dis en-traucres chofes notre proteftation , qui rendoicnbsp;nul tout ce que nous ferions dans Toppreffion.
Elle me promit de dire a M. de Paris que je ne prendrois aucune part a cette affaire.
Le jour de la Preiéntation de la Sainte 'Pier- x.xvii ge, qui eft celui de ma Profeflion, je ne com- Accident ounbsp;muniai point: jentendis la Meffe dans des pei-,b fa't 'o-nes fi terribles , que jen tombai en fo'^lefte ;nbsp;nous édons feules dans le jubé. Notre chérenbsp;me jetta de Teau bénite pour tacher de me fairenbsp;revenir, on me remena a notre Cbambre. Lanbsp;Mere Supérieure vine auffi-tót. Elle me témoi*nbsp;gna la pcine oü elle étoit de me voir fi mal, amp;nbsp;encore plus de ce quelle voyoit bien quelle nenbsp;pouvoic apporter de reméde a la trifteflè oü jétois , qui étoit la caufe de eet accident. Ellesnbsp;étoient mortifiées de ce que je navois pas com-munié; elles mavoient dit la veille que M. TAr-chevêque feroic bien-aife de me communier denbsp;fa main ¦¦ (ceft quil dit la .Vieffcdu renouvelle-ment de leurs veeux ) Je navois garde de youloirnbsp;paroitrc a une telle Cérémonie, dans Tétac ou
Sr nbsp;nbsp;nbsp;iétOlS biCH plUtOC
poitée
-ocr page 89-¦Relation de U Pérflcuihn des nbsp;nbsp;nbsp;de Port-Royal, 1664.-166^.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 f - nous avions donné des Lettres, ce qui étoit trés faux. Jaurois pourtanc fort défiré que Dieu nous^*^nbsp;eut envoyc quelque occafion de pouvoir tnandernbsp;de mes Nouvelles a quelque perfonne de confian- perfonncs i^ui fi difcnt nbsp;«mis de P.R. Relation portee ï me cachet pour communier , puifque de laScEurcette grace dont jétois ft indigne, me rendoicnbsp;Marie Au- didérnblable a notre chére Mere amp; a nos cheresnbsp;geliqiie de jjoeurs. Ste. The- gi je navois point cramt de faire parlcr ces rèfe. bonnes Religieufes, qui croient que nous fom-mes accoutumées a êcre des annc'es fans commu-nier, je men ierois toujours retirée,amp; me feroisnbsp;quciie tient feulcment contentéc daller a Confefl'e; car j a-poiir nc vouë que jai été toujours bien-aife davoir kper-K Met miffion dapprocher de ce Sacrement, dont ilnbsp;de ïgt;arler mg fembloic avoir un très-grand befoia; oc c eltnbsp;d«iie. cette privation quia été ma plus grande peinc,nbsp;furtout de f^avoir quon me Ie refuferoit a lanbsp;mort; cc que je ne confidérois pas moins quenbsp;comme la marque de ma réprobatioH. Je navoisnbsp;Hcanmoins cette penfée que pour moi feule, anbsp;caufe, comme jai dit, de quelques peines parti-culiéres ou jétois. XXXIV. M. de Paris paila route la journée a la maifon u'femon''* entendimes Tapres-dinde un iermon quifutnbsp;d'un^fuitc. dun Jéfuitemais nous ne Ie fgavions pas. Dansnbsp;Ellc voit quot;lExorde il sadrefla a Monfeigneur, amp; comparanbsp;qudqucs fon zèle a celui des ^mhrosjès 6c des Au^uflins. Achevés, acheves, Monfeigneur, ce que vous avés ii hardimenc commencé; népargnés riennbsp; pour ramener ces brebis qui fe font éloignéesnbsp; du troupeau. Je ne me fouviens pas alfezdunbsp;refte pour Ie dirc. Nous ne fimes pas femblantnbsp;de rien, non plus que nous avions faitalaSc. Afi-ihel^ oü un Abbé «..éléfare nous avoir comparéesnbsp;a Lucifer dans fon Orgueil. II y avoit beaucoupnbsp;de fcculiércs dans la Maifon; 6c il y eut quelquesnbsp;Dames qui nous virenc. Nous nc les connoif-lions point, amp; ne leur répondimes qua quelquenbsp;compliments indiffdrens. Ellcs nous témoigné-rent de la compaffion de nocre c'tac, furtout Ma-demoifellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laquelle sattendrit même en me parlant. Ellc me dit quelle diroit denosnou-vellcs a Mademoifelle Boumeau^ quelle nous ap-prit étre fa parente. II y eut encore une autrê Dame qui me témoigna bien de la bonté. Ellenbsp;me dit quelle avoit cu joie dapprendre que ja-vois figné. Je lui répondis que je l'avois fair en-fuite de la De'claration que M. lArchevêque ma-voit donnée^ quautrement je ne my ferois pasnbsp;réfoluë. (Jétois dans 1errcur que cétoic unnbsp;moyen qui ótoit Ie péril du Barmuhire.) EUe mcnbsp;dit tout bas : ,, je ne fuis pas contraire a votrenbsp;,, Maifon, je vous defends partout, mais je fe- rois perdue fi elles Ie fqavoient céans ( voulantnbsp;parlcr des Religieufes.) Ceft une de leursnbsp;Bienfaicrices. Le bruit sétoit répandu que jenbsp;métois évanouië le matin; 6c jett étois encorenbsp;bien mal, cc qui faifoit grande pitié a ces Dames.nbsp;Elles moffrirent, fur ce quon leur dit que javoisnbsp;une loupe au cócé, de menvoyer un Chirurgiennbsp;habile a ces maux-la. Je les remerciai très-hum-blement. Tout cecife paffa en préfence des Re-hgieufes ,lcfquelles ncanmoins foup^onnérent que |
cc j amp; quelque confulion que jeufïi; de ma fau-^Jr ^ te, elle ne me donnoic point de craince de Iaccu'*'^^nbsp;fer a mes véritablcs Peres. Je difois inceflamment a notre chére Mere , xxxv. que tout ce qui étoit le plus pénible de notre pri- charité denbsp;fon, étoit de ne pouvoir avoir un véritable Mé-decin, pour guérir une auffi grande maladie que égard,nbsp;la mienne. Jefpérois trouver en fa charité 6c ennbsp;fi bonté la même compaffion que fefus-Chrifl anbsp;euë pour les pécheurs; 6c quil ne me refuferoitnbsp;pas fon affiftance, puifque Dicu avoit mis dansnbsp;mon coeur un défir finccre de fuivre fo avis, finbsp;je les euflë pu avoir. Je faifois des priéres cond-nuelles pour demander a Dieu ce fecours; fa mi-féricorde men avoit donné un grand en la perfonne de notre chére Mere: il raeft impoffiblcnbsp;déxprimer quels ont été fes foins, fes charités,nbsp;fon fupport 6c fes peines, jufqua fe vouloir levernbsp;la nuit paree quelle mentendoit pleurer; ce quelle fit une fois par un grand froid; 8c fi je ne menbsp;fulR jttcée trés promptemenc au bas de notrelitnbsp;je 1aurois vuë auprès du mien.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* Je fus deux heuresauprès delle,fans dire aujre chofe, finon que mon mal étoit fans reméde; quenbsp;ma mifére mavoi: jettée dans eet abime, Ellenbsp;me fit voir que je ne devois point perdre la con-fiance en Dieu, qui pardonnoic les plus grandsnbsp;péchés quand on lui en demandoit véritablementnbsp;pardon; 6c que la difpofition oii jétois de fairenbsp;tout ce quon me confeilleroit, étoit un témoi-gnage de la miféricorde de Dieu; amp; comme ellcnbsp;sappergevoit que je cachois toujours ma main,nbsp;ce que je faifois comme naturellement 6c fansnbsp;prefque men appercevoir, elle me la prit 6c lanbsp;baifa; ce qui me fit fouvenir de Saint Jean lE-'vangelifle. Je lui difois pendant ce temps-la: Ma Mere, je fgai que vous êtes bien ferme, mais fi vous ne 1étiés pas je vous dirois de ne « jamais figner; 6c que fi vous laviés fait, jenbsp;j, croirois certainement que vous en raourriés; car vous ne porteriés jamais la défolation ou r Jr?quot; u?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;adtion. Je crois que fans refnpr^^^''® nbsp;nbsp;nbsp;défefpérée : mon rirA nbsp;nbsp;nbsp;^ ^ augmenta de beaucoup; je meA r ^^¦'cufe de fervir une perfonne qui ibuf-it pour une caufe fi fainte; óc en même-temps je aeplorois mon malheur de navoir pas perfévé-re avec elle dans fes tentations. Voila une petite image de 1état ou cette fitrna Sn nbsp;nbsp;nbsp;amp; tout ce^queSonS J en dis n eft nen en comparaifon des peines cue ^-vèe j ai fouffertes avant que de Ia faire 6c aorèsnbsp;faice. Je ne puis même confier au oaK inbsp;qui sefl paflé dans mon Efprit: ce qui mSfafinbsp;craindre le jugement de Dieu ffir les nerfonne^quot; untel «mm.ndcSen'; tanc |
Relathn dt fa PerfécHtian des ReUgieufes de Rort-Roy^l^ \6Cx\rX(y6^. 90 comme 1on fqait, de routes fortes de moyens, afin dobfcurcir lEfprit 6c nous faire enfuite torn- ber. Sur la fin de Novembre la Mere eut quelques locommoii-attaques de fes accidents, cequi mobligea de de- ,,nbsp;t»de 1» M. mander Ie Médecin, qui ne vint point ce jour-la. nbsp;som'cón Js lui écrivis un mot Ie lendemain de^bon matin. nbsp;qu'on a que La Mere ayant eu la nuit mauvaife. Laprès-dinéc nbsp;Ic Médecin ij Mere Superieure vine nous dire féchement: ,,nbsp;lui parte des Yoila votrc Médccin. II afallu aller a M.lAr- , chcvcquc demander permillion. II fe plaint que Mere, elle ajouta, pour vous, ma Mere, Mon- vous lui donnés des billets, (ce que nousna- ,, feigncur ne fe foucie plus qüe vous (igniés. Il dit vions pas fait une feulefois). Je repondis: Manbsp; Mere, quand nous Ie voudrions, il nous Icroicnbsp;33 bien impoffible: vous êtes une douzaine alen- tour de nous a nous garder; 6c pour lui parlernbsp; vous en êtes en grand repos,puifque fa furditénbsp;3, nous en 6te Ie moyen; elle répondit: II cftnbsp;33 vrai; mais on nous a pourtant affuré que vousnbsp;avés écrit; je ne Ie puls néanmoins compren- dre, fi ce neft Ie jour de la Vierge, que desnbsp;Dames vous virent au Sermon 53 verront jamats ,, poche. Je fus ravie du mécontentement quon leur a'vons pas donné Ie moindre billet. II fau- avoit de moi: je commengai a croire que Dieunbsp;55 droic que nous euffions perdu lefprit pour nous écoutoit mes priéres 6c mes larmes; 6c quil menbsp;5, ^dreiTeradesperfonnes inconnuës,que nousna- regardoit en fa raifcricorde. Auffitót quon fefucnbsp;3, vons jamais vu. Elle continua; Vos Sceurs retiré,je memis agenoux pourremercierDieu dc 55 R. ,,Je vous afture, ma Mere, que nous ne vous ont ecrit, vous ne déviaeriés jamais dans Ja grace quil me Relation cant Confeflée, comma je lai dit, avec une ends la Soeur tiérg liberté, je dis a M. Chero», que puifque Marie An-jg ,-|g pouvois rendre fervice a nos Sceurs pour lesnbsp;gelique de jfQjiaggr igm-g peines, je me croyois obligeenbsp;i'fê ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fupplier de dire a M. lArchevéque létatovi il réduifoic les ames , quil connoilToit par tout ec que jelui avois dir,amp; que jevoulois bienquilnbsp;déclark coname ma confeffion: que je Ie fup-pliois très-humblement de confidérer devantDieunbsp;quil nous mettoit par cette éxadion de lignaturenbsp;amp; par les traitements quil nous faifoit, dans lesnbsp;derniércs éxtrcmités; que li Dieu ne foütenoit,nbsp;il y era avoit aiïèz pour fc dcfefpérer. II me dit nbsp;3, Vous mobligerés de me donner cette liberté,nbsp;3, je crois que cela fera utilc a vos Sceurs; silnbsp;doit être touché de quelque chofe, il Ie feradenbsp; ce que je lui dirai. 11 ne fe tenoit point importune de me voir, amp; il mavoit promis de menbsp;yenir Confeffer tous les huit jours j mais on lennbsp;empêcha, je ne fgai quelle en fut la raifon, peut-étre eft-cc a caufe de ce que je lavois prié de dire a M. de Paris. II ne ié preffa point de map-porter mon AtSe, quil avoit corrigé, cc qui menbsp;donna beaucoup dinquictude, ayant mis une par-lie de ma fureté dans eet c'xpédient. Après ma fignature je visclairement toutesmes tentations;la crainte de Dieu sétoit commeaug-mentée en moi ,6c je me confolois un peu de menbsp;trouver dans lappréhenfion de lavoir ofténfé: anbsp;1égard de ce qui mavoit donne tant de fcrupulenbsp;fur mes Confeffions, M. Cheron maffura quilnbsp;ny avoit pas eu de pêché. Le Diable fe fert, |
quoi elles avoient mis les Lettres; ce nelb pas Kelatiott nous qui les avons trouvees, mais Monfeigueur l.t Steurnbsp;3, a tout entre les mains. II eft fort faché. 6c je Mane vu-3, viens de recevoir une Lettrc dc lui, par laquel- Ie il me donne des ordres plus rigoureux que r jamais; Ie Medecin entra dans la Chambre,*^^ accompagné de plufieurs Rcligieufes, qui nousre-gardoient de tous leurs yeux. II y avoit déja quelques jours que je demandoisQ^^j^y^^' M. Cheron, qui ne venoit point. Je lui écrivis, fofe m.quot;*nbsp;6c je nen cus pas plus de raifon. Un matin laCheronnbsp;Scamp;m dzChandeuier me vint dire: ,, Notre l\.iere|°j^' vous viendra rendre réponfe fur votre billet. Je ttetieii' jugeai bien quil y avoit quelque refus a me faire, qu'elk a ce qui me toucha; mais je nen témoignai rien,®''=,l® M.nbsp;Laprès-dinée la Mere Supérieure nous vint voirnbsp;6c après quelques paroles de civilité, elle me ditnbsp; Ma Soeur, ivlonfeigneur neveut plus que vousnbsp; voyés Ai. Cherosi. R. £c doii vient,ma Mere.? Voila qui neme furprend pas peu: quoi! après ce quil mafait fairenbsp;on me Ie refufe.? La M.J^ en fuis bien fachée;vous fgavésque ,3 je lavois prié de vous voir fouvent; 6c pournbsp; moi, je nai point de Soupqon de lui; il y anbsp;3, ly ans que je Ie connois; mais enfin MonlèLnbsp; gneur a fes raifons. D. 3,Je vous Supplie tres humblement, ma ,, Mere, davoir la bonté de lui repréfenter quenbsp; je ne puis me Confeffer a un autre, paree quilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refté quelque chofe a lui dirc fur macon- fcinon , qui mobligc a Ie revoir jefpérc quily aura égard, puifque quand il sagic denbsp;la confcience, on doit être libre. R. II eft vrai; mais je ne crois pas pourtant qaon vous laccorde. Monfeigneur, dit que.nbsp;vous navés pas plus donné par votre lignature,nbsp;que parcelle que vous aviés faitcavec vosSoeursnbsp;étant routes enfemblc a Port-Royal.^ 6c il nousnbsp;a ordonné de vous refferrer plus que jamais. Jen fuis bien mortifiée; mais aufli pourquoi pleurés-vous tant.? Et en regardant notrechére qu il ne vous Ie fera demander plus que trois 3, foi3;6c que sil donne aux autresdesEcritsdefainbsp; main, vous lui en donnerés a lui. II eft fortnbsp;mal-content des Lettres que vous avés écrites-3, a M. dA?2gerSy 6ca M. d'Andilly. II eftfaché'nbsp; que je les aie envoyées. M. A'Andilly vous-,, avoit fait réponfe; on mapporta Ie paquetnbsp;3, comme jétois avec lui. II me demanda ce quenbsp;cétoit: je Ie lui dis; 6c il la lut, en difant:.nbsp;Elles ne Ie verront jamais. II la mit dans fa faifoit 5 6c de ce quon alloit relfer- rer: |
-Relatioft de la Verféc'ution des Bedigteufes de Port-Boyal, l66^-x66^. nbsp;nbsp;nbsp;91
Relationrer mes hens, , nbsp;nbsp;nbsp;.
de la Sffiur comme une penitence de ma faute.
Marie An- Jeus vcrirablement unejoie trés fenfible.^ J-no-gelique lie ere ch'.'re Mere nen fut pas moins confolée ^^tjuc Ste. Th^'moi. Jai etc jufquau dernier jour dans lamemenbsp;refe. captivicé , fans voir perfonne (hormis depuis lenbsp;mois de Mats mon Frére amp; ma Sceur de PoMpo-capUvité oli we,) fans écrire a qui que ce foit, amp; fans fairenbsp;cUc Cen°'jl-un feui pas dans la iViaifon tome feule. Tétois
Vi ranlguc la nbsp;nbsp;nbsp;j, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-rs t.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . r. . _ t.
fignanire.U- COnduitC _ le fe loue aller au Jardin ^nbsp;beaucoup dfigieufes; amp; la Sceur qui avoir loin de nous, quon
laucmion ° nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.T .
de ciiieiqucs Iotnmoit rrorre nbsp;nbsp;nbsp;ne me quittoit point.
Si quelquefois nous manquions de quelquechofe,
_ je nofois pas defeendre le dégré pour Taller qué-' rir; par éxemple du feu, du bouillon, de Teau amp;c. . . Cela narrivoit que rarement, car ellesé-toient éxtrêmemenc foigneufesöc prévenantes; amp;nbsp;nous fommes obligees de reconnoitre toute notrenbsp;vie la chatité de celles qui étoientauprès denous.nbsp;Elles nous out donné les chofes éxterieures avecnbsp;abondance. Si nous eulTions été mieux logees,nbsp;nous naurions point fouffert en nos corps. Ellesnbsp;ont pitié des infirmités, amp; les foulagent aurantnbsp;quelles peuvent. Ce font des Filles qui ontcer-taineraent beaucoup de 'Vertu amp; de piété^ trés
que jacceptai de tout: mon Cüeur rnen diipcnfer jécrivis ce billet, quon lui mon-Relation 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;era: ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;delaSoeiv?
Marie An-^elique de Ste, Tb^'
,, Comme jemetrouve fi mal, que je ne puis af-
iüre'rquejepouriaiavoirlhonneurdepalera M.
l'Archevêque quand il viendra, je fupplie tres- Billet quciie
_______ _ nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j, humbkmcnrlaRévérendeM. delui rcpréfenter^quot;it a iaMc-
par une Religieufe; je ne fortois que pour que jai tout a fait befoin de M. Cherojr, paree quil'' nbsp;nbsp;nbsp;*
lardin, amp; a 1infirmerie faigner les Reli- meft refté des chofes a iui dire enfuite dune
j, confeffion de piufieurs annéesque je lui ai faite;
Billet Berit a la M. Pricure.
de Saiiitc Maiie a for-'nbsp;ijaid.
55 que je ne puis pas dire a un autre, amp; qui nre mettent en inquietude. Je fuppUc done tresnbsp; humblement Ivi. lArchevêque de confidérernbsp; quil ny a rien de fi pcnible que detre gênéenbsp; dans fa confeknee. II faudroit avoir plus denbsp; force dans le corps amp; dans 1efprit que je nennbsp;5, ai, pour pouvoir fupporter tant dafflidtionsnbsp;5, tout enfembie: amp; pour ce qui eft des affairesnbsp;,, de M. CheroK^je ne pretends point iui prendrenbsp;5 5 tant de temps. II ma fait la charitéde me pro-55 tnettre de me confefler quand jen aurois befoin,
gt;5 amp; que cela ne lui fetoit pas difficile, étant dc 5, la iVJaifon.
éxades amp; réguliéres. Je fuis obligée den r'endre de detnander ma Soeur Mane Eugenie pour ctre
2vec nous, paree que jétois maUde dune fiévre amp; dune oppreffion, ce qui mempêchoit deren-dre i notre chére Mere les Icrvices dont elleavoitnbsp;befoin, paniculiérement lanuit; ce quon nousre-fula abfolument. Je fuppliai done trés humble-ment quon nous donnat une autre de nosSceursjnbsp;amp; je fis encore un autre billet, dont je nai pas
La Mere fe chargea de faire voir ce billet, amp;
témoignage; amp; en particulier nous avons remat; qué quelles ont une grande affeétion a leur Vocation. Quoiquil y cn ait plufieurs de condition , Ton ne sen appercevoit pas. Elles fe mettent a tout cottime ladernicre Sceur Domeftique,nbsp;ne sépargnant point dans le travail.
Je ne puis obmettre une parole de la Sceur de Chan~
denier. Sur ce quon lui difoit quelque chofedefa la copie. Je fpécifiai que je ne pouvois plus dirc
A/Iaifbn.ellerénnnHir mi Vil
)VlaifoD,elle répöndic quelle ne comptoit fa Noblef-fe que du jour defa Profeffion jCequelle dit dune maniére qui nousédifia tout a fait. Ceft uneFil-le fort accomplie. Si elle fut un peu plus entréenbsp;dans nos raifons, nous nous ferions bien accom-modées ènfemble; mais elle y eft rnervciUeufé-ment oppofée, amp; elle aime les Jéjuites plus quenbsp;pas une. Elle les crolc êc les dit des Saints. Jgnbsp;fus un peu touchée quand on nous 1 oca. Cellenbsp;qui entroic dans fa place n^eft pas moins dans fesnbsp;fentimencs. Nous ne laiÜames pas néanmoinsdenbsp;leur étre fort redevables. Nous devons une re-connoilTance particuliérea la Ré verende Mere Supérieure amp; a la Mere le Roi, de nous avoir trai-te'es avec grande bonté , hormis des rencontresnbsp;particuüéres ou leur zèlc les portoit a nous dirc
........ Jaurois bien défilé que
. nbsp;nbsp;nbsp;5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; il nétoiCDoinc DieuTeutouWié'auffi-bienqaelle. Je dis que je
des chofes bien dures. Mars nbsp;nbsp;nbsp;^ fort ci- ne quitterois pas ma place a pas une de nos Soeurs,
queftion de ces matieres, elles ag nbsp;nbsp;nbsp;connoilTois touces les infirmités de la
vüement, amp; avec cordiahte. nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouvois faigner, a moins que
^TïenWer La Mere Supérieure, qui ce ne fut a ma Sceur Angelique de St. Jean, qui Sltcontlmiénuai a le demana ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;perfifter, amp; de lui fetoit en toutes manieres beaucoup plus utile
i demanlct étoit wtt nbsp;nbsp;nbsp;^ confeffe, tne dit qu il fal- que rooi ^ amp; qu en ce cas ic me priverois du bon-
M. Cbctcn. oe que je n allo s p nbsp;nbsp;nbsp;1Archevê- beur que javois detre auprès delle, pour lm latf-
loit que^ nbsp;nbsp;nbsp;gSs denvie i amp; pour fer ma cbére Sceur; amp; que dans mon affliatonyc
XL.
Toffice avec la Mere, de forte quelle étoit con-trainte de le dire feule, amp; que cela lui fcroit per-dre le peu de vuë qui lui reftoic. Je donnai ^ choifir dc cinq de nos Soeurs: ma Soeur feannenbsp;Pare, ma Soeur Marie Agathe, qui la fervoit dor-dinaire: ma Sceur Catherine Sufanne^ ma Soeurnbsp;Marguerite Thérèfe, amp; ma Sceur Agnès Thécle.nbsp;On nous fit reponfe que Monfeigneur ne défiroitnbsp;pas quil y en eut plus dune auprès dc la Mere jnbsp;amp; que fi jétois trop ma! il en faudroit mertreuncnbsp;autre en ma place. La Mere Agnès cn témoignanbsp;fa furprife a la Sceur de Chandenier, en luidifant,nbsp;qu elle ne pouvoic croire ce quelle nous en avoknbsp;dit, puifquon navoic plus rien a me demander.nbsp;Elle loi répondir: Hclas, a-telle ligné.^ 1onncnbsp;sen fouvient plus. ........
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93 delation de la Perfémlon dts Peligkufes de Port-noyal i6g±-i66'^. lïJC A'^rnTrwy Aa )n ir\iax nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ¦Relation ne laifferois paTdavoir de la joie davoir contri- demander un autre confeflèur. Cétoit Ia Supe-Re ation e la ScELir hf.4 a /--c/i. j- j---------'¦------- ------rieure qui nous rendit routes les réponfes j car M. la oKur de Park ne nous a jamais écrit un feul mot. Je Maf'® demeurai fort touchee de ce refus, amp; me réfolus ^nbsp;done de penfer a choifir quelque bon Eccléfiafti- niip» nbsp;nbsp;nbsp;. rr* - t de la bceur j fatisfadlion de deux perfonnes, pour kf-JVlaric An-qyg[[gg je voudrois tout faire. Ee billet que j a-geliqiie de vQi5 écrit pour demander M. C/?rro»,ne produiht rèfe quun refus, Lon me dit de la part de Monfeig-neur, quil étoit allé a Bourges faire un voyage, amp; queje lui demandaffe un autre Confelleur jquii ie Curé de St. Medard, ou fon Vicaire- mais la me donnoit le choix de tous les Dofteurs de Fa- crainte de les commettre mempêcba de les nom- f/r.DOlirvu niiil^np fnfTpnr nmnr riif'np^^l-Q nbsp;nbsp;nbsp;r i /-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, m,pourvu quilsne fulfent point fufpefts. Com me jétois fort cn peine de navoir point IAdtenbsp;dont jai park, je perfiftois toujours a demandernbsp;M. Cherm-. ce qui me fit réfoudre a demandernbsp;quon me Jaiffat attendre fon retour. Voici cenbsp;que jécrivis a M. de Faris. MONSEIGNEUR, Je mefcnsobligéedevousremerciertrèshum-blement de lofïfe quil vous plait de me faire, de me donner un Confeflèur tel que je défirenbsp;Mais comme je ne puis me donner la con-fiance dont jai befoin pour mettre mon efpricnbsp;,, en repos,permettes-moi, Monfeigneur,devousnbsp;,, demander en route humilite la permiffiondat-,, tendre M. Cheren, métant refté plulieurscho- fcs S lui dire , fur une confeffion éxtraordi- naire, dont il ne me fouvenoit pas a Iheure quenbsp; je la lui fis. Javois pris la liberté, Monki-,, gneur,me voyant trés ma! de ma fanté, de vousnbsp; faire une trés humble fuppli cation, de mettrenbsp;, ici ma Sceur qui eft a Sc. Thomas, pour fup- pleet aux ferviccs que je ne puis tenure a la Me- re -dgnès, particuliérement la nuit, pour luinbsp; faire dire 1office: mais pais quil ne vous piaitnbsp; pas de me laccorder, amp; que vous nevoulés pasnbsp; quil y en ait plus dune auprès delle, jemof-,, fre de céder ma place a ma Sceur Atigelique denbsp;,, St. Jean, qui connou auffi bien que moi lesnbsp; infirmités de la Mercj qui la pcutfaigner, amp;nbsp;lui rendre tous les fervices dont elle a befoin. ,, En ce cas je me priverois de la fatisfaöion que j, jai detre auprès de la Mere, pour lui laillèrnbsp; unc perfonne qui lui feroit plus utile que moi. CeA, Monfeigneur, ce queje vous fuppiie trés humblement de confidérer amp; de me fairè lhon- neur de me croire a vee un trés profond ref-,, pedamp;c. Comme on porta ma Lettre \ la Mere Supérieure, elle parut touchée, Stelle dit; jaurois XLII. Billet a Mgr. rArclievê-^ue fiir Ienbsp;wt'ine kjet. XLIIT. KUc fe ré- wmoffir,) loula fait'xcgreta ma pauvre Sceur Angelique: M. cheron, nous fqavons bien ce que nous avons, maisnbsp;fenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fqavons pas ce que nous prendrions. Maiihe*^, qui Je Ics affurai que quand elles auroient vu ma jaraCon- Soeur, elles trouveroient quellesauroietitgagnénbsp;ay cijaj,gg_ gt;» Deux jours après elle nous vintnbsp;dire que Monfeigneur vouloit que tout demeurknbsp;comme ii écoic. Je m'appercus quelles crai-gnoienyjue ma Sojur Sc nocre chére Mere ne fenbsp;fortifiaüent une amp; Tautre^ que pour M. cheronnbsp;je ne le verrots point; amp; quainfi je navois quanbsp;que 11 men vint affez dans 1efprit, commeM |
f tirA nbsp;nbsp;nbsp;Ca. HA-- 7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/- mer. Enfin fur la fin de Décembre, je me réfolus de demander le Pere de Samte Marthe; Stje crus que comme il ne sagilFoi: plus de me fairenbsp;figner, je men accommoderois bien, ayant denbsp;tout temps eu beaucoup deftime pour les Peresnbsp;de l'Oratoire, dont javois éprouvé la conduitenbsp;étant dans le monde. Je le fis dire a M. 1'Arche-Ycque peu de jours avant les fêtes de Noe/. Hnbsp;envoya M. fon Grand Vicaire a St. Homor/ poutnbsp;prier le Pere de Samte Marthe de me venir con-felTer. Le bon Pere me trouva fort affligée,nbsp;Sc dans un grand trouble. Je me confefl'ainbsp;de- ce qui me tenoit lè plus au coeur avec tant denbsp;larmes, que je ne pouvois prefque parlcr. Il né-pargna rien pour tacher de me confoler, Sc denbsp;me calmer lEfprit, en malfurant que non fculc-ment je navois pas offenfé Dieu, mais que ja-Yois trés bien fait de rendre mon obéilTancc inbsp;lEglife. Que cétoit une grace quil mavoit feite j queje ne devois point croire, comme je fei-lois ,que cc fuffent mes péches qui en fufl'ent lanbsp;caufe ; quau contraire cétctit une lumiére quenbsp;Dieu mavoit donnéc, amp; que cécoit avee grande raifon que javois eudu fcrupule fur lobéitfan-ce amp;la foumiffion a mes Supérieurs. Quil eutnbsp;éte 3 défirer que toute notre Communauté en cutnbsp;fait autant, II mobligea a communier le lende-maiii (jour de Saint Thomas,) amp; a Ndél. Ileutnbsp;voulu que je leuffe feit tres fouvenr, difant quenbsp;javois befoin de force Sc de confolation. Je Jufnbsp;dis que puifque nos Soeurs, amp; particuliérementnbsp;notre chére Mere,éroient dans un i\ grand jeune, jy voulois étre auffi en quelque forte ¦amp; quenbsp;fens que jétois dans une Mailbn étrangére, je nenbsp;pouvois du tout communier, en voyant que ionnbsp;en privoit unc amc, teüe que la Mere Agnès.nbsp;Surquoi il me dit, quelienen étoit privéequéx-térieurement, que je ia devois confidérer commenbsp;Saint Paul, premier Hermire, qui avoir été un.nbsp;fi grand nombre dannées fans communier, pen nbsp;dant que tous les Chrétiens communioient,quoi-quil y eut rant de difproportion entre eux Sc lui.nbsp;Que Diqu fe communiquoit è elle de la mémenbsp;fortej que lon ne communioic pas les Marryr.sjnbsp;quils navoient point de Prêtres auprès d'cuxnbsp;quand ils mouroient, mais feulemcnc des bour-rcaux, Sc que lon jettoitleurs corps dans la mer,nbsp;dans les cloaques; dautresfois on les bruloit, Scnbsp;méme on jettoit leurs cendres au vent. II me pria.nbsp;fort de ne point témoigner aux Religieufcs tantnbsp;de triftellè; que cela me faifoit tort^ quon luinbsp;avoic dit, Sc njêmc i Fart-RejA , devant quenbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mdh:. |
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VelatUn de la Terfécution des -Religieu/ef de Fort-nojal, i6é^-i66-; i\siaK^f*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;__-r^yf. nbsp;nbsp;nbsp;p lt;Hp lp rnmnrennrp* ip 1
Relation Monfeigneur 1eut Charge de tnoi, que je'toisforc de Ja Sceur aliligée depuis ma fignature. Jelui répondis ,nbsp;Marie An- quiJ métoit prcfque impoffible de me contrain-gelique de dre, puitque jécoi,? accablée de douleur. II nenbsp;Ste. The- difoic jamais aucune Nouvelle de chez nous.nbsp;rèfe. jg mappergus quonlui avoic donné eet ordre
la Mere Supérieure entroit toujours devant raoi
difficile de le'comprendre ¦ jé Ie prie inftam Relation ment de nous faire mifcricorde, Sc la grace delaSoeurnbsp;gt;gt; que nos larmes foient afleT. pures pour monter An*nbsp; en fa Sainte préfence. Adieu, ma chére Sceur gel'qne denbsp; je fuis tout a vous, ne moublics jamais de-^^'^- The- vanc Dieu, je vous en conjure, nos befoins^®^'^'
font trés grands.
au Confeffionnal.
Un jour il me dit; Eües one une peur quon ne vous dife quelque choie. Jenbsp;vois bien quelles one des ordres bien rigou-reux. On ne iqauroit simaginer quelle louf-
grande
II 7 en avoir un de ma Steur Blizaheth Agnès OU elle me mettoit: jai bien cru que vous na- viés pas requ nos Billets, puifque vous ne menbsp; faifiés point de réponfe'; ceft une fuite de no-
------ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;33 tre fouflrance, que je prie Dieu quil re^oive,
-w- , nbsp;nbsp;nbsp;----------- ^
de fgavoir les plusfecretes, amp; de nous tour ca-cher. Nous étions dans une continuelle inquietude de nos pauvres Sceurs, de nos proches amp; de nos amis, que nous craignions que 1on eucnbsp;mis a la Bajfi//e. Souvent on nous difoic desnbsp;paroles a double entendre, amp; Ton commenqoitnbsp;dcs chofes que 1on nachevoit pas, qui nous laif-foient dans unc veritable agonic. Jen remarque-rai quelqucs éxemples.
XLiY. 10. Lc jour que M. IArcheveque fut lire le difiiourquot; desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Soeurs, la Mere Supérieure
Reiigieufes Hous vifit dirc for les di.x heures: Monfeigneur Urfuiincs ne gfl aUé chez VOUS dès 8 heures cn rochet amp;
france ceft que cette privation oü on nous a amp; quil ait pitié de notre extréme défolation. retenuës, de ne rien fcavoir de routes nos affai- II ne fe peut dire la douleur oii nous étions hnbsp;res, amp; dêtm avec des perfonnes qui font gldire dont nous ne pouvions nous foulageren nuUema-
j nbsp;nbsp;nbsp;niére, finon en 1offrant a Dieu. Depuis ces deux
la on ne nous en donna plus.
, nbsp;nbsp;nbsp;Lettreque mon Pere avoit écrite ayant xlv.
eté donnee a M. de Paris comme je 1ai remar-quot;^^rond qué, peu de jours après la Mere Supérieurenbsp;venue amener Ie Chirurgien pour me faigner , ellenbsp;deraeura après de moi. Notre entretien fuc fur la.nbsp;roaniére done dies étoient obligees de nous rrai-ter, enfuite des ordres quelles en avoienc rccu;nbsp;furquoi je lui dis qu'elles faifoient de certainesnbsp;chofesqui nous faifoient beaucoup de peine, donenbsp;^ pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;contrevenir
camaii. Je ne fqai pas pourquoi Iapres . ________________
ter. Premier dïnéc cllc revint vers les 3 heures, amp; elle nous Paris: que ft elle ne vouloit pas'nous' la donner Esempie. dif. ^jai eu la curiofité denvoyer une de nos elie navoit qua la bruler- que je la fopplioistrèsnbsp; Soeurs Touriéres a Port-Royal voir ce qui fe humMptnpnr c;i orriVr.,r la rri^mp rhofn dennbsp; pafloit; ii etuit plus dune heure que Monfeigneur nétoit pas encore forti dc dedans, amp; qu'enbsp;perionne navoit dine, amp; que IOfficc navoic
a 1 obeiffance, comme par éxempk de mettre la Lettre de Mon Pere enrre les mains de M. de
gt;5
perionne navoit dine, öc que ,, point eté dit: il y doit demeurer tout le reftenbsp;du jour. II ne fe peut dire la crainte ounousnbsp;étions. Nous crumes quil étoit allé éxcommu-nier nos Sceurs, amp; que Ton ne tarderoit pas denbsp;venir Ï nous. Le lendemain nous la priames denbsp;nous dire ce qui étoit arrivé a notre pauvre Mai-
humblement, sil arrivoit la même chofe, den ufer de la forte. Elle repondit promptement;nbsp; M. votre Pere ne vous écrira plus. Je vousnbsp; alfore quil nen fera plus a la peine. Com- ment, dis-je , ma Mere ? Quentendés-vousnbsp; donc?Non,fi?2r-e//e,iVlaSceur,il nenferapfosnbsp; en la peine. Jedemeurai fi ifo'fie, que je ne pusnbsp;chofe quedemen prendre a mes yeux.
vaaiv, wv nbsp;nbsp;nbsp; -
fon, elle nous fit réponfe que Monfeigneur en vaË''PV' '^rvira ae rieii. jc ui cu fortant du Convent a eu un ü grand faignemenc étoit
de nés Dont,ajouta-telle, ma Sceur Louife Eu- nous nofons nbsp;nbsp;nbsp;tout ce difeours:
genie eft fort en peine, j at envoyé fqavoir Je crus que mon nbsp;nbsp;nbsp;qbeafautre nos penfe'es.
, des Nouvelles de Monfeigneur: il a été laigné; nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ h Batiilie. amp; mê-
,, il ne sen alia de Port-Royal qua 8 heures au ,, foir. Voill le fuspens ou elle nous laifla.
Nous lui demandames sil navoit point enlevede nos Soeurs. Elle nous répondit que non, maisnbsp;quil avoit fait dautres chofes aiforémenc, puif-quil étoit en Habit juridique.
Deux jours après on nous apporta des hardes
Hé bien, vous vous faices malade; ___Jj.'8nee ne vous fervira de rien. Je men
, nbsp;nbsp;nbsp;- Bapille amp; mê
me encore pis. Je demeurai pour le moins fix jours dans cette douleur, amp; fans ofer dire mesnbsp;craintes. Je fis routes fortes de Veeux; Enfin ilnbsp;ne me fut pas poffible de cachet davantage monnbsp;inquietude a notre chére Mere. Elle me dir:nbsp; Hélas, ma Sceur, jai routes les mcmes crain-5, tes, amp; je nofois vous en rien dire. Je me
_____j . nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;réfolus de demander a la Sceur de Chandenier lé-
Ma Sceur Catherine Sufanne mecrivit un Billet clairciflcment de ce que la Mere Supérieure ma-qui finiffoit par ces mots; ,Je fuis en grande in- voit dit j amp; quil y avoit fix jours que nous ns quiétude, ma chére Sceur,duRhumedenoire vivions plus. Elle me répondit; Je penfe quenbsp; chére Mere: tout nous fait frayeur^pour elle. M. votre Pere fe porte bien. Je crois Iavoir,nbsp;Je maffure en fa bonté quelle ne moublie pas ou'i-dire, mais il eft jufte que notre Merevousnbsp; devant Dicuj je 1en fopplie très humblement; en dife des nouvelles. Ellene manqua pas d«nbsp; luifeul leak notre éxuême befoin. II ferok venir dès cemême-jour,6c mcdkdabord: Ma,
M3 nbsp;nbsp;nbsp;Soeut
-ocr page 94-la Verfe'cution des Religieufes de Port-Royal^ ma dit que vous êtes févérité. nbsp;nbsp;nbsp;Rcl.uion Comme je métois nourrie de pain de Iarme3,de laSoeut je demeurai malade dune fiévre-quarte. Le pre-1^'1'*.^'® An-mier accès me pric le 28 Janvier^ j'en érois mal,p Relation de Relation lt;le la Sffiurnbsp;MarieAn nbsp;«elique denbsp;Ste. The-nbsp;rèfe. XLVI. Troifiéme Esempls. XLVn. cliarité da fojn dg moi qui neft pas croyable, il me ve-de Ste, .____r,./ru_ nbsp;nbsp;nbsp;1=.- V iMarthe pout soit confeffer tous les 8 jours, sil nen étoit de- ,1 tout, Sceur Marth: Henriette bien en peine de ce que je voos dis lautre jour de M. votre Pere; il l'e porte bien. Je vis hiernbsp;une perfonne qui venoit de Ie voir, £r oü eft-il ,répliquais-je? A Psm^one, me dit-elle. Jenbsp;continual i lui parler ainfi: En vérité,ma Me- re, vous nous avés donné bien de la peine,nbsp; quentendiés-vous lorfque vous dites quil nefe- roit plus a la peine de nous écrire? Vous nousnbsp; avés donné fujet de croire tout Ie plus affli- geant. Elle demeura interdite, amp;dit; C'eftnbsp; que je voulois dire qui! a fquque Monfeigneurnbsp;,, avoit fa Lectre, amp; quil ne prendroic plus cenbsp; hazard. Je lui dis : Permectés-moi de vousnbsp; dire, ma Mere, que la charité vous devoufai-,, re fouvenir que vous paries d un Pere, a unenbsp;fillc qui eft prifonniére, amp; par conféquenthorsnbsp; dctat de sinformer par elle-même des perfoii- nes qui lui font les plus chéres. 3°. La Mere tnavoit alïiirée que nos Soeurs auroient toutes Cgné a Noel, felon ce que la Mnbsp;Eugenie lui mandoit au commencement de Janvier. Je lui dis: Ma Mere, ayés la bonté, silnbsp; vous' plait, de nous dire des nouvelles de nosnbsp;3, Sceurs: ont-elles communié a Noell Et y ennbsp;,, a-til qui aient figné, comme vous diliés quenbsp;,, presque toutes Ie devoient faire devant cettcfê- te. Elle répondit féchement, amp; dun ton quinbsp;vouloit bien dire des chofcs; ,, Les affaires fontnbsp;bien changées depuis; vous nêtes pas au bout,nbsp;tout eft bién aigri. Voila tout ce quelle nousnbsp;voulut dire, 6c auffitdt elle fe leva pour aller a fesnbsp;affaires. Jc ferois trop longue fi je voulois remarquer tous les éxemples de cette nature. Par la grace dcnbsp;Dieu je n'en ai aucun reffentiment avcc toutcelanbsp;elle nelaiffepasdêtre naturellemenc bonneamp;obli-geante. II faut revenir au P. de Sainte Marthe^ il eut elle, dtaiit tourné par quelques affairesj mais il ne paflbit ja-fon Direc, j^ais les lyiilmc donnoit tant de temps que jenbsp;voulois, fans témoigner le moindrc ennui de toutes mes peines. Je lui fuis éxtremement redeva-b!e,csr fa charité envers moi ne peut pas scxpri-mer. II me témoignoit meme de la joie detrenbsp;employe a fervir une perfonne affligée, il mepor-toit toujours a la patience, a lhumilité 6c aunbsp;fupport du prochain. Toutes les inftrudions quilnbsp;donne font folides,amp;: je naurois pas trouvébeau-coup de difference de conduite a celledenos Anciens Direéleurs, fans le point de la fignaturcjnbsp;Car pour cet article il y en a peu qui y portentnbsp;plus que lui. Jecrois ncanmoinsque li cétoit a luinbsp;^ faire, il auroit dc la condefcendance , car ilnbsp;me dit une foisquerant allé voir Monfeigneur 1Ar-,11 luidit,parlant dema Sueur Franfoifinbsp;' «En vérité, Monfeigneur, ces pauvresnbsp;,, Fillcs font plus dignes dc compaflion que dc |
amp; elle devint double 6c triple. La M. Supérieu-re avoit grande pitie de moi^ amp; ellesavoienttou-'^^'^* tes bien de la peine de ce que cétoit cette Fiévre,nbsp;paree quelles difoient quon nc manqueroit pasdcnbsp;dire quelle me feroit venue de melancolie. Dieunbsp;me donna vers ce tcmps-la un fecours quimecal-ma Iefprit, ayant eu lieu de croire que javoisfa-tisfaic a ma confcience. Nous étions éxtremementnbsp;retirees amp; féparées: amp; pour marque, Mademoi-felle de Mo?itpenfier étant entree dans laMaifonlcnbsp;jour de Naë/, on nous enferma dans le Jubé oiinbsp;nous entendions le Sermon, de peur que quelquesnbsp;Dames ne nous viffenc. Dans le mois de Février la Merc nous vine voir XLviir. avec deux Sa-urs, amp; nous apprit des nouvelles. Soquot; Antrc-Elle nous dit que tna Soeur MagdeUinenbsp;étoit a leurs Sceurs de la Ville, ma Sceur ste. Made. quie aux Ürfilines de St. Jdenis, mu Soeur iWeff-amp; avec quel-hilde auffi a St. Denis d la Viptation. le té- 3j. moignai etre lurpnfe de cette derniere: cequien-gagea la Mere a ajouter: eeff quelle seft ré- traffée de fa fignature, mais a préfent elle fe ré- trade dc fa rétradation. Les Religieufes dirent quelle avoit écrit deux Lettres admirables,nbsp;qui écoient imprimées. Tune a Monfeigneur, amp; Iautre a la Communauté de Fort-Royal^ öclune delles courut auffitoc les chercher. Je demandainbsp;cependant dou vienc quon nous avoit caché routes ces chofes. La Soeur de Chandenier réponditnbsp; Nous navions garde de vous dire la première. rétradation de la Sceur Melthilde, je croyois que vous en feries autant; car vous avés tancnbsp; pleuré, que je naurois jamais cru quun corpsnbsp; put tenir rant de larmes, je penfois que vousnbsp; diftilleriés route en eau: amp; fi vous voules fga-,, voir la raifon pourquoi on ne veut pas vousre-mettre chez vous, 6c nous donner la Merenbsp;Marie Clairela voila: vous feries plus proprenbsp; a fortifier vos Soeurs pour ne point figner quenbsp; perfonne. Une Religieufe fit enfuite la lecture des Lettres de ma Soeur Melthilde, afin, jenbsp;crois, dobferver ce que nous dirions. Mais nousnbsp;ne dunes pas une feule parole. Quand la ledurenbsp;fut achevée, amp; quon eut bien admiré ces Lettres:nbsp;la Mere Agnes dit feulement que ce nétoit pa*nbsp;ma Soeur Melthilde qui avoir compofé celle ad-dreffée a nos Soeursj que ce netoic nullementnbsp;fon fcyle. Notre pauvre Mere demeura outree dedouleur XLix. 6c ne dormit point route la nuit, 6c pUfieursau-j^ tres de fuite. Je remarquai dans cette occafion^ fon humilite. Il fembloit quelle fut coupabledetion alayg, la faute de notre Sceur. Elle me difoit que devions nous humiiier fous la main de Dieu, nbsp;nbsp;nbsp;' nous chatioit; que nous étions la fable du monde : elle ne laifla pas neanmoins de dc- meu- |
¦Relation do la Verfécution des Religieufes de Port Royal, 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;«-t « touiours tranquiile parmi les plus grandes demanda fi on ne me menoi: pas au jardin deianbsp;nbsp;nbsp;nbsp;radons, amp; la paix .ntérieure dont elle jouiflbic Elle répondiz : ,^u^uefois, via'is il fait d pro-deIn ioeur ^eia Steur ag.ca nbsp;nbsp;nbsp;que la MereSupc-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fw Tl m,- d.f ^ Le 10 ou le 12 de Février M. de Paris men- nbsp;nbsp;nbsp;......... SonEntre- voya querir, c étoit la premiere fois depuis ma que cétoit ce qui Iavoit oblige J[Shattire. Dabord quii me vit, il p .conta auffi la fignature de ma deïans. ^.^cria. Eh quol! ma fille, vous eles bien chan- ' quot; ' nbsp;nbsp;nbsp;J-- ,, g^e, ^ quaves-vous? La fevre quartt re-pondis-je. Oh la fievre quarte, reprit-U voi-,, la qmeft bien facheux, il faut vous réiouir vous navés plus rien a faire. Me réiouir? Rep!iquai-je ? Comment Mgr.,k pourrois-je etant dans vos pnfons ? Il dit, toujours c eftnbsp;une belle prifon. Je repondis, helle ou hide Relation m enter i Matie An-écoic - - nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- r -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 r gelique de rieure nous avoir die routes fortes de chofes capa-Ste. The- bles de troubler amp; daflliger, elle ne pur sempe-rèfe. cher de lui dire, voyant quelle nen tiïmoignoit pas feulemcnt la moindre furprife: En véritd , ,, ma Mere, je crois que vous ne vous ctonne- riés non plus que vous faites fi Ton vousdifoit ,, quon vous auroit condaronee a être penduë, vous nen changeriés pas de vifage. II eft vrai quelle setoic abandonnée a Dieu fi abfolument, que rien ne la furprenoit ^ amp; je puisnbsp;dire avec vérité que depuis plus de 12 ou 13nbsp;ans que jai le bonheur detre aupres delle, je nenbsp;1ai jamais vue dans unefi grande égalité que pendant ce temps de privation amp; dafflidtion. Ellenbsp;crut une nuit en avoir une Nouvelle par la pertenbsp;de fon bon ceil: jétoitdéja ma!ade,ce qui mém-pêchoit de dire IOffice avec elle; je lui metcoisnbsp;une lampe fur une Table a la tuelle de fon lit, amp;nbsp;une montre pour voir fheure j elle fe reveilla furnbsp;les onze heures; die ouvrit fon rideau, pour voirnbsp;Iheure, amp; ne voyant rien elle fe crut aveugle,nbsp;amp; en fit le Sacrifice a Dieu. Sur les trots heu-res je méveillai , amp; entendant quelle Idtoitnbsp;auffi, jelui demandai, raa Mete, quelle heurenbsp;eft i!.igt; Elle me répondit; Ma Soeur ,jenenf§ainbsp;,, rien. Je la priai de prendre la peine denbsp;regarder a la montre; elle me dit; ma Sceur,nbsp;3, nevoisplus. Comment, repris-je, bien ef- frayée, ma Mere, vous ne voyés plus? Non,nbsp; continua telle, je ne vois plus goute. Je menbsp;jettai a terre au plus vite, amp; ouvrant mes ride-BUV, je ne vis non plus quelle. Je lui dis alorsnbsp;bien confolée que javois oublié dallumer la lampe : je Tallumai promptement , amp; elle trouvanbsp;quelle avoir recouvert la vue quelle avoir crunbsp;pendant quaere heures entiéres avoir perdue pournbsp;route fa vie. Je lui demandai pourquoi elle ncnbsp;mavoit pas appelle auffitot quelle avqjteu cettenbsp;penféc. Elle me répondit: Hclas! j ai cru quenbsp; cétoit unc chofe faite, amp; quou il ny avoitnbsp;rien a faire, U feroit affez temps de vous ledirenbsp; le matin; je fuis pourtant bien-aife que Dieu fenbsp; foit contenté de ma bonne volonté. |
font trap froid. Il me dit enfuite. VotreSceur ., qui étoit au.v Urfuline.s eft bien maladc. nbsp;dis que je ne fqavois pas quil y en eut unc.nbsp;reprit, en regardant la Supérieure: ,,Quoi, elle'^^*nbsp; ne fgavoit pas que la Sceur Vranpoife Clairenbsp; eft fonie? Je pris la parole; Ne fqavés- vous pas bien, Monfeigneur, que nous vivonsnbsp; dans une parfaite ignorance de tout ce qui fenbsp; pafte? je vous rends ce témoignage pour lanbsp; Révérende Merc 5c les Sceurs, quelles éxé- cutenc parfaitement bien lous vos ordres 3nbsp; pour moi, je ne crois pas quil y ait de pri- fonnieres au monde mieux gardécs: fi jen a- vois que je vouluffe tenir de prés, je con- feillerois quon les mic dans )cs Religions, Il regarda la Mere Supérieure amp; deux ou trois Religieufes qui étoient avec elle, 6c dit voila. done dhonnetes Geolicres. Puisil ajoutai: Oh bien, je vous veux apprendre routes cho-,, les, Et il me raconta route 1Hiftoire de ma Soeur Melthilde; fon enlevement, fa leconde fi-gnature, fes Lettres quil avoir fait imprimer a fanbsp;priére, amp; lenlévement des trois autres. Il menbsp;fit encore de grandes plaintes du Procés-Verbal, amp; de la Sa'ur Bregy amp; Briquet^ difanc quelles le faifoient pafler pour un emporte' ; quelles met-toient (dans le Procés-Verbal) quil étoit dansnbsp;une colère épouventable: Puisil me dit en riant: ,, La petite Briquet commence a pleurer. La Mere Supérieure répartit : ,,Ceft bon figne,. ,, Monfeigneur, dies commencenc toutes par ,, la. Ma Sceur la Supérieure de Montorgueil me' mande la mcme chofe de la Mere Prieure: il faut efpérer que petit'a petit dies fe rendrontnbsp; toutes. Pour la S(£ur Eufloquie, continua-til, elle eft aux XJrfulines dans une Rcfolutionnbsp;«range: je fuis perfuadé que quand tout legenre AzBregi ne figneroic roftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M. ^rwlle fe- long Ientretien quil avoit eu L nbsp;nbsp;nbsp;tout au- ce de Madame la Mere, amp; le mo? dVcetm Dal me, qu elle ne fqavovt pas quMle efit une Fille fi brave qui ne rdevoit que de Dieu Sedefonépée oue cétoit ce out Iavoit oblise de la transferer! ma Soeur Catherine de St. Paul, amp; étoit ravi davoir la plusanciennenbsp;de la Maifon, amp; de ce quelle avoit dit quellenbsp;vouloit rendre fori obéïflance a IEglifedevantquenbsp;de mourir. Jécoutai toutes ces Hiftoires en ii-lence. Je lui repréfentai enfuite la néceffité quilnbsp;y avoit de mettre encore une aumc de nos Sceursnbsp;avec nous, 5c que sil lui plaifoit de nous donnetnbsp;ma Sceur Jeanne Fare, jerépondrois que les Meres en leroicnt fatisfaites; qu Cile ne feroit aucune nbsp;¦ » n .1 ir ' 1 M c '¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peine; quelle avoit beauGMp delantéjSc quedu' te. nbsp;nbsp;nbsp;il s adïetia a la Mere Superieure, amp; lui refte elle etoit fore bonne Religieufe amp; fort dou ce. Monfeigpeur, cela 71 y fait rien: nous ne hou- geOTis fune petite Charnhre ok Ion ne voit gout |
Relationce. Monfêigneur ié tournan: dans fa Chaife dit; clelaSoturjj Oui, ceft un mouton, ceft un agneau, ceftnbsp;Marie An-^^ un mouton j ce quil répéta tant de fois, quenbsp;vis par la quil ne faifoit pas de moi Ie mêmenbsp;jugemenc, amp; quil falloit que cette chéreSceurfenbsp;fut fignalée en fermeté; ce qui fut une confola-tion a notre chére Ivleje quand je Ie lui racontai.nbsp;Je tentai fur ma Soeur Marie C/aire ,6c je vis qu'ilnbsp;y entroit aflez, ce qui me fit efpérer que Dieunbsp;éxauceroit les priéres que nous lui faifions pournbsp;lobtenir. Je Ie priai de menvoyer Ie Procés-Verbal dont on mavoit tant parlé. II me Ie promit,nbsp;amp; y fatisrit peu de jours après: il me recomman-da de ne Ie point gater, paree quii navoit quenbsp;celui-la, amp; quon nen trouveroit plus.
£n sen allant il me dit: je vous prie de faire mes baife mains a votre bonne Tante: Jeluinbsp;fisréponfe: Hélas! Mgr.,vousauriésbiendau- tres graces a lui faire que celle-la. II répon-dit: Je lui veux bien faire routes celles qui nenbsp; feronc point contre ma confcience Sur quoinbsp;je continuai a lui repréfenterquellenétoit pas plusnbsp;coupable que notre Mere, quil avoit lailfé com-munier avant que daller k Meaux. 11 me ditnbsp;que cela nétoit pas^ quil ne sen étoit plus mê-lé , depuis que Ie Roi lui avoit dit de la donnet a Ion Frére; quil la lui avoit abandon-néc, amp; quil la traitoit comme il vouloit j maisnbsp;quil eftimoit la Mere Agnès plus heureufe de nenbsp;point communier, que la Mere Abbefife, pareenbsp;que felon fa penfée elle faifoit autant de Sacrileges. On peut croire que je ne répondis rien a unnbsp;tel difcours.
Lefpérance que javois eu de voir ma Soeur - Marie Claire avec nous ne dura guéres. Le P.nbsp;^quot;eSnfen- de Ste. Marthe crut, paria peine que javois de rc-tir i qnittet cevoir Ics Sacrcments pendant que notre chérenbsp;en étoit privée, quil vaudroit mieuxmó-mais inu i dauprès delle, amp;r lui donner ma Soeur
ne Fare pour la fervir, amp; moi me mettre a St. Thomas avec ma Soeur. II fit tout ce quil putnbsp;pour me faire confentir a cette Propofition; maisnbsp;je navois garde de donner les mains a une firudenbsp;féparation. Cependant jctois trés mal, amp; manbsp;fiévre étoit triple-quarte, amp; ma loupe fi groCfeScnbsp;fi douloureufe, que je ne pouvois prefque plusnbsp;refpirer. Notre Médecin me trouva en danger,nbsp;amp; craignit quil ne fe fit une inflammation de rate ; ce qui mit ces bonnes Religieufes fort en peine. Ellcs coufultérent des Médecins fur mon mal,nbsp;fans que je le fqufle; ils dirent tous que je pouvoisnbsp;mourir en un moment, paree que cette loupe ménbsp;pouvoit étoufFer; elles lerepréfcntérent a M.lAr-chevêquej amp; la Mere Supérieure métant venunbsp;voir, ic mit proche de notre lit, amp; me dit toutnbsp;bas comme en fecret, quil penfoit a nousremet-tre a notre Maifon de Faris^ que ma Soeurnbsp;Claire y viendroit avec moi, 6c que nous nousnbsp;confolerions enfemble: fans quoi elles me plain-oroient, paree quil y avoit grande défunionchez
Ste. Thé rèfe,
LI-
Sneat
Relation de la Ferffeution des Religieufes de Port-Royal, 1664.-166^.
' quot; nouSjCellesquinavoientpasiigné maltraitantlesau- Relation tres; mais cela nétoit fondc que fur de faux rapports, de la Sceurnbsp;Caronnousdifoitcontinuellement,quellesétoient MarieAn-dans dc grands défordres. Lon tachoit de nous gelique dcnbsp;donner de mauvaifes imprefiSons delles,maisgra-Ste The-ces é Dieu je nai jamais eu de foupqon a leur dél- rèfe,nbsp;avantage, 6c jai toujours pris leur défenfe. Pendant ce remps-la il y eut une Religieufe, qui nousnbsp;aimoit,qui me dit: ,,Vousaimés tant vosSceurs,
,, que vous vous tués daflliftion den être féparée:
vous feriés bien étonhée fi je vous difois quel- les ne font pas comme cela pour vous, amp; quel- les ne veulent pas que vous rétourniés. Je fus aCTez furprife: 6c pour nen point mentir jenbsp;ne Iqavois quea croire. Je nen fis néanmoinsnbsp;nen paroitre, amp; jelui dis: ,Je nefqaurois croirenbsp; cela de mes Soeurs; mais quand il feroic vrainbsp; quelles mappréhenderoient, elles ont trop def-,, prit pour dire quelles ne veulent pas que je re- tOLirne. je fuis Religieufe de la Maifon, amp; parnbsp; conféquent jy ai autant de droit qu elles. Ellenbsp;répondit que pour Ie droit, jy en avois davantage;nbsp;que tout le monde fqavoitquemesprochesavoientnbsp;fondé la Maifon de Paris. Je répartis, que jenbsp;ny prétendois rien dc plus quelesautres Religieufes; mais que je ny avois pas auffi moins de partnbsp;quelles; quencore quejeuflfe figné je vivrois denbsp;telle forte avec la Communauté, que jefpérois quenbsp;nous fcrions en parfaite union Sc amitié.
Quelques jours après la M. Supérieure , me Lir. montra une Lectre de M. de Paris , par laquclleil AffliaioRnbsp;lui temoignoic le déör quil avoir de me foulacrer *1''- IInbsp;quil iroitaS. Tho^ar amp; a J^orr-Rojal, 6c^en-lfSnbsp;fuite on nous y remettroit routes deux: ce quilfov'' i au-feroit au premier jour. Quand je vis cette affairenbsp;fi avancée, jen eus bien de lafflidtion, ne pou- nbsp;vant du tout me réfoudre a quitter notre chérenbsp;Mere, quoiquon me promit que je retourneroisnbsp;auprès delle. Jécrivis il M. 1Archevêque : jenbsp;le remerciai de fa bonté; que ce me fcroit un grandnbsp;avantage de retourner dans notre Maifon de pro-feffion, fi je pouvois y être fans avoir le coeurnbsp;partagé, amp; fans être dans une continueilc craintenbsp;dc ce qui pouvoit arriver a la Mere, fon age Scnbsp;Sc fes infirmités me donnant une perpétuelle in-quiétude; que fi elle venoit a mourir , jauroi*nbsp;un regret éternel dc 1avoir quittée. Jcje fup-pliai trés humblement de fe fouvenir quil mavoit promis que je demeurerois toujours auprèsnbsp;delle; que la propofition quon raavoit faitenbsp;den fortir maffligcoit cxtrêmement. La Merenbsp;Supérieure lut cette Lettre, Sc me manda dèsnbsp;le foir quellc me prioit de ne me point affliger,nbsp;quelle maffuroit quil nen feroit que ce que jcnbsp;voudrois, amp; quand il ny auroit quelle, quellenbsp;soppoferoit a ma fortie. Elle vint le lendemaio menbsp;voir Sc me témoigna beaucoup de bonté amp; damuic.
Dabord que le P. de Saintc Marthe lui paria de ce delTcin, la Mere Supérieure lui dit, que jenbsp;ne voudrois point quitter la Mere. Sc qu outre
cela
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97 Tteldtio» de la ^érfécutiOTl des 'Rsligieujes de Port-lRoyal, 1664,-166^. ' _____i______^ . _ii^ nbsp;nbsp;nbsp;j__nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_i..^ vir la M. Agnès , dinée. H prit un ties grand plailir a me dire cette nouvelle amp; è voir ma joie: Et en vérité je reconnus quil lui eft plus naturel de confolernbsp;que dafiliger, 6c que certainement il fe faifoit denbsp;la violence. II me dit; Qiiand vous ferés en- femble ne vous entêtcs pastoutesdeux;aucon- traire il faut que vous tachiés de gagner votrenbsp;,, bonne Tante; il faut vous mettre Tuneadroite,nbsp;6c 1autre a gauche, rembralTer, la prier, lanbsp;,, conjurer, lui dire, ma chére Tante, je vousnbsp; prie de mipdérer tantes les raifins de M. l' Ar- chevêque, Je répondis, que javois tiop denbsp;relpedt pour elle pour agir de la force; quil feroitnbsp;ctrange que je la prelïalTe de faire une chofe quel-le ne vouloit point: quelle auroitfujetdefeplain-dre de moi, de ce quelle mayant laiffé une en-liére liberté, je la tourmencafle. II répondit; ,,Etnbsp; ceft cela, pourquoi vous 1a-telle laiffé fairenbsp; fi elle croyoit que ce fut un péché ? Ilfautbiennbsp; neceflairement qu elle ne le croie pas: Etpour- quoi done ne le faic-elle pas? Elle a trop defnbsp; prit pour simaginer que vous ayés fait un pé- ché, que répondra-ton a cela? On répondranbsp;,, lui dis-je, quelle a plus de lumiére que moi ¦nbsp;,, quelle a cru quece qui étoit bon pour moi, nenbsp;1étoic pas pour elle, paree que bien loin da-voir des doutes comme jen avois, elle eft per- fuadée quelle ne peut du tout figner en conf- cience. M. 1Archevêque me paria de Ia fignature de ma Sceur Marie Aimée, dont il étoit merveil-leufemenc fatisfaic. II difoit quelle lui avoit parlénbsp;avec Efprit ;quon auroit cru que lainée fe feroitnbsp;renduë la première , paree quelle étoit la plusnbsp;douce. Je ne répondis rien autre chofe, finonnbsp;quen effec, elle étoit plus douce. Mais quandnbsp;nous fumes forties jajoutai a la Mere Supérieure,nbsp;que ma Sceur Magdelaine avoit beaucoup plusnbsp;de crainte de Dieu, Elle mavoic déja fait voirnbsp;une Letcre de la Mere Eugenie, qui lui mandoit.- Notre chéie Mark Aimée communia hiernbsp; après avoir figné le Tormulaire entre les mainsnbsp;de Monfeigneur. Cette chére Soeur eft: fort mot. ra avec impatience, N Relation cela elle avoit remarqué que javois beaucoup de-tlc laSocurloignement pour IMI. chamiliard^ quejenevou-Marie An-lois point du tout my confeffer. II la priademe geliqiie dejire que pour eet Article je ne devois point avoirnbsp;Ste. The-^iinquiécude; que M. Chamiilard ne me verroltnbsp;rèfe. point; que ce feroit lui qui me viendroit confeffer a Ion ordinaire; que Monfeigneur lavoit chargé entiérement de moi, jctoisaulit;cdtoitpour-quoi je ne parlois pas moi-même au P. de Saintenbsp;Marthe. tiv. Le 3 de Mars M. de Pans vint dès huitheures Autie Entre-du matin. II me dit quil me vouloit accordercenbsp;deVafsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;demandc avec tant dinftance (de lui pcomet mettre ma Sceur Mark Claire i.'itcmns'.) amp; quil de !ui lion- me demandoit quand je voulois quil lenvoyaCnbsp;Ciaitepournbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Je tui repondis que Ie plutot feroiclemeu- iaiaer a fa-leur; fur quoi ü me dit; ,, VousTaurescecteasres uirla M nbsp;nbsp;nbsp;gt;gt; Tl l;n, inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,i; |
bien difpoféc; elle étoit des plus aheurtees: rcmerciés-en notre bon Dieu. Je la rccom-ue labwur mande a vos Saintes pricres,amp; a celles decou- -Marie iw- tes vos chéres Soeurs. La Mere nous difoit 8^1'^1^nbsp;quelle avoit vu des perfonnes qui lui avoient par- . S ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Ié, par lefquelles elle avoit f^u que ma Stxar Ai- ' ¦ mée leur avoit dit que cécoic fon entêiemenc 6cnbsp;fon opiniatreté qui lavoic faite revenir;amp; quellcnbsp;avoit reconnu que Dieu nétoit pas la-dedans ,nbsp;parcequenos Smuts qui ne fignoient point ctoiencnbsp;dans de fi grands déréglements , quelle^sétoic ,nbsp;trouvée obligee de sen reiiramp;t, afin de fff re fonnbsp;falut;que ju(qua-ce quelle e.ut pris cette Réfolu-tion, elle navoit point eu de repos; mais quenbsp;depuis fa fignature elle en avoit un parfait. M. de Paris me demanda mon fentiment du Procés-Verbal, dont il me faifoit toujours desnbsp;Nou velles plaintes, amp; du peu de raifon de nosnbsp;Sa-urs, qui ravoient figné, 3 ce quilprétendoic,nbsp;fans le voir amp; fur laparolede deux jeunes Religieu-fes; quil y cn avoit eu trente qui lavoienc défa-voué: amp; en fe radiant, il ajoutoic: Elles veu- lent bien figner ce que la petite de Bregy Scnbsp;3, Briquet \ear préfcntent, pendant quelles refu-,, fenc a leur Archevêque de figner ce quil leurnbsp; commande. Je lui répondis, que je ne pou-vois par Ier dune chofe que nous navions pasnbsp;nbsp;nbsp;nbsp; vuë; que nous étions forties les premières. Demande; Mavés-vous vu fi emporté? Réponfe;je vous ai vu fortfaché le jour que vous nous interdites les Sacrements, amp; panicu- liérement contre notre Mere. 3, D. II eft vrai,mais auffi votre Mere me fa- cha. II fit un grand difcours, que je fup-prime, ou il y auroit eu affez a répondre; mais le refpeét moblige a demeurer en filence. La Supérieure 6c dautrcs Religieulès prirent la parolenbsp;pour dire: Monfeigneur, nous voudrions biennbsp; vous avoir vu une fois en colére. Je ne pusnbsp;me recenir de leur répondre tout en fa préfence: » Ne le défirés point , vous vous en pafferés »gt; bien. Pour vous , ma Mere , Monfoigneurnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ l^Onté, amp; nOUS :: nmreTupéSem nbsp;nbsp;nbsp;Je fgai quétant Dieu , oTTllJ nbsp;nbsp;nbsp;la .place denbsp;me dire un feul Comme il fe levoic pour sen aller, Ion vine dire un mot a la Supérieure. Je profitai de ccnbsp;moment, u luidisaflez bas; Mgr.jaidespei- nes horribles, je ne dors point ks nuitsquand je dois communier. II me répondit: Vousnbsp; avés tort, vous ave's tort. Je le fuppliai denbsp;permettre a la M. Agnes dapprocher des Sacrements; mais fa réponfc fut la meme; amp; en menbsp;quittant: Oh bien, dit-il, maFille, attendésnbsp; la Sceur Marte Claire avec patience ou impa- tience, lequel vous voudres. Je dis: , ce fe-Monfeigneur: Jeretour-nav |
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98 Relation de Ia Perfecution des Religieufës de Port-Royal^ i66i^-i66^, l\ /I nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;««««nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1__^ nbsp;nbsp;nbsp;,m, m,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I ¦ ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ianbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___jt vint lui-même prier la Mere Supérieure de nous Relation dire quil nous accorderoic cette demande au pre- Sfflur Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. r .. MarieAn- LV. Jasoeut Ma-fos fous la porte; dés que ma chére Soeur lie Claire, cuc falué la Mere Supérieure a genoux , nousnbsp;nous embraffames avec la tendreffe quon fe peutnbsp;iimginer,amp; nous ne pümes pas retenir nos lar-mes , les Religieufes furenc fi touchées de eetnbsp;abord queüespleurérent avec nous. Elle menbsp;dit Allons a notre chére Mere. Et puls nousnbsp;ajoutames: amp; ma pauvre Soeur Angeli^ue! Anbsp;ce mot nos larmes redoublérent, fa féparationnbsp;nousparoiflarit plus dure paria joie ounous étionsnbsp;de nous revoir après-tanc de temps. Ma Sceur A/lt;j:w-C7lt;?/redèmanda daller remer-cier Saint Rranpois de Sales, auquel elle sétoit adreflée pour obtenir cette grace: ce qui concen-ta merveilleufement les bonnes Soeurs, qui fontnbsp;ravies quand on leur temoigne avoir de la dévo-tion d leur Saint Vondateur. Elles nous y mené-rent, amp; devant le Saint Sacrement, 6c enfuité anbsp;notre' chére Mere, qui étoit dans fon lit. Manbsp;Soeur Marie-Claire fe jetta a genoux. Elle étoitnbsp;fi tranfportée de joie, quelle ne pouvoit pariet:nbsp;elle fut reguë par cette chére Mere avec une bon-ré une afteftion 6c une charité fi pleine 6c fi en-tiére,que les,Religieufes en étoipt dans 1admi-ration *. eile ne lui temoigna pas la moindre peinenbsp;de ce quelle avoit fait, amp; ne lui en paria pas me-me la prémière: Elle avoit réfolu,fuppoféquellenbsp;neut pas éré auffi-bien difpolée quelle étoit, denbsp;la gagner par douceur. Je laiflè a ma Soeur anbsp;dire tout cela elle-mcme, elle sen acquiteramieuxnbsp;que moi. Ce nous fut une grande douceur d etre deux auprès de notre chére Mere. Elle fut bien mieuxnbsp;lêrvie tant le jour que la nuit. Ma Soeur cou-choit a la nielle de fon lit, fur un petit lit quenbsp;1on faifoit lè foir, la Chambre étant trop petitenbsp;pour ly laiffer le jour. Elle nous apprit bien desnbsp;chofes que nous ignorioas, amp; fon entretien adou-cit fort notre folitude. La Mere fut éxtrême-ment touchce de fqavoir par elle la défolation ounbsp;étoient celles qui étoient feulcs. Cela nous portanbsp;h Supplier le Pere de Sainte Marthe de semployernbsp;auprès de M. de Parts pour mettre ma SoeurE«-fio^uie Sc ma Soeur Chrifiine, ou avec ma Soeurnbsp;Angelique^ ou avec ma Soeur Anne Eugenie, ennbsp;lui repréfentant que cétoit bien éxpofer deuxjeu-nes perfonnes. II nous temoigna avoir delacom-paffion de eet état, amp; nous promit de faire toutnbsp;ce qui lui feroit poflible- Javois qtiafi eu parolenbsp;de M. lArchevêque quil nous remettroit aunbsp;Monaftére de Port-Royal des Champs au Prin-temps j je lui écrivis pour len faire fouveuitj II ciif- Soeurs jcrftes, ,, ma Mere, comment vous ne faites pas de 3, fcrupulé de juger amp; de condamner des per-3, fonnes qui font a Dieu: il les jugera 6c vousnbsp; auffi, amp; vousréconnojtrés alors que ceux quenbsp;3, 1on a opprimes étoient innocents. Depuisnbsp;elle ne ma jamais tenu de tels difcours. ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ Encore que jaie dit que le foin que fon avoit Dive,fjs de nous fut trés grand, noas navons pas pour. Relation nai auprès de ma chére Mere pour lui dire cette de la Sceur bonne nouvelle qui la réjouit beaucoup. La Merenbsp;Marie Ari-g(jp^|.jgurg y voulut être préfente , amp; elle admira gelique de gomme eile demeura dans fon affiéte ordinaire. Ellenbsp;Ste. The- jif. ^^Voila, ma Mere, une grande joie. Oui, lui dit nocre chére Mere, ,, ceft du fucre ,, dans Tablinthe. Sur les trois heures après midi,on mevintque- Joie qu'on «(Tent jéci-proquemcntnbsp;a foQ atli' LVI. Son entre-vuë avec la M. Agnès jnbsp;amp; fon En-tcetien aunbsp;fu)et des |
mierjourj amp; Ie Pere de Sainte Marthe me dit auffi quil y devoit remettre celles qui étoient éxi-'^xhe-lées, amp; qua caufc de cela on ne feroit pointnbsp;dautre changement. La Mere ie troutra plus mal la Semaine Sainte: lxii. Elle ne laifla pas décrire a M. lArchevêque pour lui Maladie delanbsp;demander la Ste. Communion pour Pd^ues. II fit re- ^igtfau inbsp;ponfe a fon ordinaire a la M. Supérieure quil la pri- iAtche-oit de dire a la Mere Agnès quil ne lui pouvoit é- vêque poutnbsp;crire, paree quil étoit trop occupé, étant anbsp;a Officier ces jours Saintes; qu il ne lui pouvoit EUe eft tefu-du tout permectre dapprocher des Sacrements fée.nbsp;dans la défobéitlance oü elle demeuroitj quil fenbsp;feroit fon Procés a lui-même, sil Ie lui accor-doit. La Mere Supérieure lui lut cette Lettre. Notre chére Mere lentenditfans direun feulmoc. Le lendemain elle dit a la Mere Supérieure ma ,, Mere, que dirés-vous a Monfeigneur sil vousnbsp;,, demande ce que jai dit. Je lui dirai , manbsp; Mere, répondit-elle, que vous avés fait a Vo-3, tre ordinaire , que vous navés point parlé. Ma Mere, reprit la Mere Agnès , vous lui pouvés dire que je me fuis fouvenu de ce quinbsp;3, eft dit dans le pfeaume3 fai été troublée ö jenbsp; n'ai point parlé. Les Religieufes ne lui firent point dinfulte lviii-comme nous lapprchendions; elles agiflbient Eftime qu= avec quelque forte de refpeél:: il ny avoit que lenbsp;refus de la fignature quelles blamaffent en elle; Mar ie ^ font car du refte elles diroienc que cctoit la plus gran- Hes vertos QC AddclIc (^u il y cut 3U monde ^ cjucllenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.mcic capable de réformerles Maifons Religieufes3 6c de fervir utilement 1Eglife; quon ne pouvoitnbsp;rien reprendre dans fa conduite: elles admiroiencnbsp;fa vertu, fa douceur, fa piété 3 mais tout celanbsp;ne les empêchoit pas de dire 3 quil falloic adorer les jugemencs de Dieu; que li elle ne fignoit,nbsp;elle ne laifferoit pas detre damnée : elles efpé-rent pourtant, a ce quellw difent, que Dieu nenbsp;1abandonnera pas, amp; quclle reconnoitra avantnbsp;que de mourir fon milerable état. La Merenbsp;Direétrice, avec laquelle jeus un affèz grandnbsp;entretien dans le temps quelles attendqient lanbsp;Bulle, medifoitavec éxclamation: ,, il quune fi belle ame foit pcrduër Bon Dieu quelle Doctrine que celle quon vous a en-,3 feignée! nous fommes bienheureufes de nétrenbsp; pas dans ces maximes.. Je méchauffai au-tant quelle, 6c lui répondis aflèz fortement,amp;nbsp;la quittai en lui difant: je ne comprends pas quclks ooi |
Rention iJe la Sffinbsp;Marie An- des.
'» nbsp;nbsp;nbsp;£ renS'i.p??*p»?ou= diro, ql?a Rplf»»
rnpourtant de fouffnr nbsp;nbsp;nbsp;pauvre malade empiroic tous les jours; que Ics^eItiSgeut
ur éxemple, de nbsp;nbsp;nbsp;r. ous lavïns éce' Meres UrfuUuesétoient fort afBigéesde la perdre, Mant An-
avant que ma Sceur y tut nous^l avons nbsp;nbsp;nbsp;P, vem, ¦ amp; quelle etoit figeliquede
reftentl dcfaut dat-tentioti des
RciigieuCes de Sainunbsp;Kade.
quarte, 1on me faigna quatre fois en une femai-La Mere Agnes étoit en fi grande inquiétu-
LX.
On lui ap-ptend la fi-gnature da ta Soeiirnbsp;Fran^oifenbsp;Claire. En-nbsp;ttiltien a ce jjnbsp;fuiet. Mort nbsp;de cettenbsp;Steur.
de, de ce qui me pouvoic arriver, étant trés mal les nuits, Ie frilTon me prenanc a cinq heures Ienbsp;foir, que cetce pauvre Mere en perdit entiére-ment Ie fommeil. Cétoit Ie plus quand elledor-moic trois heures. Eile ne reque aucun Ibulage-ment des remédes quon lui fit pour cela. _ Ellenbsp;fuc un mois entier dans cette infomnie, qui nelanbsp;quitta que quand ma Soeur fut venuë. De monnbsp;cóté jenavoispas moinsde peine de voirfouffrirnbsp;la Mere, amp; de ny pouvoir remédier. Elle di-foit fes Marines coute feule. Un foir ma fiëvrenbsp;étoit fi forte, que je navois point 1Efprit fibrenbsp;étant route en reverie, amp; nonobllant cela quoi-que les Religieufes craigniflent afi'ez, elies nelaif-férent pas de nous laiflèr a la miiëricorde de Dieqnbsp;amp; au fecours dune pauvre aveugle, qui logeoicnbsp;pres de nous. Si notre Chambre eut pu tenirnbsp;trois lits, je ne doute point quelies ny euffentnbsp;mis quelquun. Lon mit fur la fin une clochet-te, que nous avons Ibnnée dans Ie befoin. Lanbsp;Soeur qui avoit foin de nous étoit infirme; ellenbsp;faifoic balayer la Chambre amp; porter Ie bois a unenbsp;autre. Sa Charge a elle étoit de pous faire dinernbsp;amp; fouper; de nous donner ce que nous avionsnbsp;befoin,amp; de nous conduite quand nous fortions.nbsp;Ma Soeur Marie-Claire les foulagea, car elle fer-voit la Mere Sc moi*auffi: deforce quelles nenbsp;venoient plus qua de certaines heures. Elle na-voit non plus de libertéque nous,ne forcanenoinrnbsp;de la Chambre fans une garde.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;anc point
Le Samedi de P^ues la Mere Supérieure nous vinr dire que ma Soeur Franpifi-Claireézok fortnbsp;malade 1 quelle avoit regu le Saint Viatiqueapresnbsp;¦ é- je dis: ,,ehquoi, hgner.? le For-muhïrt, réfondrS-e//e i fi elle ne lavoic pasnbsp;fait on ne lui auroic pasdonneles Sacrements:nbsp;elleeft dans une paix amp; dans ,une joie h grandenbsp; davoir obéi , .quelle a pné quon vous dife,
ma Mere , quelle voudroit que .vous amp; routes les Sceurs leuflent fair. ily avoir deja affezdenbsp; temps quelle y penioit. Si elle avoit eu, ré- pliquai-je, ce deflein-la, elle naurqit pas paflénbsp; la fête de faques fans Communier. Nousnbsp;demeurames fort affligées de cette Nouvelle, amp;nbsp;de Ia furprife quon faifoit a notre chére Soeur;nbsp;elies enfaifoient un triomphe, difant qua lamortnbsp;on voyoit la véricé. Lon ne nous pavloit plusnbsp;dautre chofe que de cette prétendué converfion;nbsp;car véritablement voila comme elies regardent lanbsp;fignature , qui eft la grace des graces pour lesnbsp;Füles de Sainte Mark, au regard des Religieufesnbsp;de FoTt-B.oyal. Le Lendcmain la Soeur qui avoit
ce quil y a de fi beau a dire fur la fignature?
rien autre chofe, finon elle a figné., Elle fe tut, 6c sen alia en faifant une fa§on bien froLnbsp;de.
Etant allc'esau jardin,la Communauté nous vint joindre contre lordinaire ; h y a apparence quenbsp;cétoit éxprès. Les Soeurs nous temoignérenenbsp;dabord quelles prenoient part a notre affliélion,nbsp;de perdre notre Sceur. Je les remerciai, amp; dis;nbsp;que nöus en étions fort touchées; que cctpit unnbsp;des meilleurs fujets de chez. nous; amp;. que pournbsp;fureroit de notre douleur,nous la.voyionsmourirnbsp;dans une Maifon étrangére, privée de toute con-folation. Les Religieufes fe mirent auditót furnbsp;la fignature, admirant la grace que Dieu lui avoitnbsp;faire. Moi, qui en avois bien une autre penfee,-je demandai fi notre pauvre Soeur avoit connoifi-fance quand elle avoir figné: ce qui ne tomba pasnbsp;a terre; elies nous afl'urérent quelle lavoit par-faice, amp; que les inflammations de poulmon,quinbsp;étoit fa maladie,nócoient point le jugement.
Quelques jours après fa mort, la Mere Supé- lxi. rieure menvoya prier daller au Jardin. Je neS«''
avoir
voulois point y aller quavec ma Soeur Mark- ^quot;cc^supé* Claire. La. Mere commenqa par me dire rkuccnbsp;air fétieus, quelle vouloit avoir tm éclaircifle-ment avec moi, paree quelle étoit en peine de j,j^jntionsnbsp;ma difpofition: que javois dit, quen me r^-de ce«e Me-portant què ma Sceur Gertrude sétoit confelleenbsp;a Monfeigneur, on avoit ajouté a caufq de ja j cellesnbsp;furprife que ien témoignois, que cétoit affuré-qui ne finbsp;ment quelle avoit voulu saccufer a lui-même degn^^^E**nbsp;lui avoir défobéï,javois répondu que je nemennbsp;étois pas confeiTée: que fi cela étoit, jauroisfaitnbsp;une grande faute; que je faifois un grand tort inbsp;M. Cheron^ quil lui avoit pourtant dit, quil nenbsp;pouvqit pas me donner IAbfolution autrement.
Je lui répondis , que je ne pouvois lui rendre compte de ce qui sétoic paflé d?ns ma confef-fioiv; maïs que je la fuppliois trés humblemencnbsp;o en etre en repos: quifetoit vrai que javpisditnbsp;en préfence de la Mere Direétrice, quon ne devoir pas fe ConfelTer dune chofe quon avoit faire par confcience; que ce nétoic pas une défo-béïffance, mais la craintc de Dku qui mavoitnbsp;empêchée de figner.
Elle roe répéta quelle etoit en peine de madif-pofition, que je témoignois toujours être fachée quand quelques-unes de nos Soeurs avoient figné'nbsp;que javois, demandé fi ma Soeur Franpife Clairenbsp;lavoic fait avec connoiflance, au Ifeu que je de-vois fouhaiter, fi jétois comtne je devois, quenbsp;toutes nos Soeurs euffcjnt rendu cette obe'ifl'aricenbsp;a Monfeigneur. Je lui dis quelle fqavoic queja-N 2nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voiï
'Relation de la Perfdcution des Religieuss de Port-Royal^ 166^-166^. Relation vois toujours dit qüè jciois perfuadée que mes dela ScEiir Soeurs ne regardoient que Dieudans Ie refusquel-Mane An-igg faifoient;, queiles croient forcemenc que lafi-geliqiie denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;g£|. péché^ qucjavois eu les mêmes Ste. There fe. vrai que vous vous ctes fait etranges violen- les quelque chofc, pour leur faire faire tout Ie con-s; amp;c je dis toujours, que je crois que vous trairer quenfin il ny avoir rien de fi étrange que és fouftert autant que les ames du Purgatoire. iabandon de Dieu; quelles étoient dans Iendiir- LXtT- P^rt deM. lArchevêquc ,cctoit pour nous figni- une a unedans les Mona%res de Madame óeFoss-coinpagnesjfierla Bulk. Dabord quil nous vit, il com- nbsp;nbsp;nbsp;, amp; que cela feroit aifé. Nous nous re- la Bulle du menga par nous diré que la plus grande partie de tirames la-deflus; il étoit prés de neuf heures amp; notre Communaute' nkvoic pas-figné que les demie.- Notre difpofition étoit de joie mêlee denbsp;Sceurs lui avoient toujours témoigné avoir de la crainte;de joie, denous voir rencrer dans lecom- aux Reiigieufes; quaprès cela dn ne poüvok ment a M. Chamillard, ène furprtfes dy avoir -i.,..-p/r^,,roo nous la donna enfuite tlnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L fi^naturf; de órielüue.s-iines .ere nos plus avoir déxcufes lire. nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . rxtil Quand elle fut achevée, la Mere lui dit ce II répondit, quil leur avoit dit quelles pouvoient tcaurc dc. qu^le a mis dans fa Relation. Pour moi je lui attendre la Communauté. Mais,. ajouta-1 unbsp;cette Bulle!-ggnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;un refusen ces termes; M., jai eu de 100 peines, amp; quainü je ne pouvois pas les défap-prouver: quil écoic vrai que javois figné; que la privation des Sacremenrs mavoit éré cxtraordi-nairement pénible; que je ne métois réfoluë denbsp;Ie faire, quenfuite des avis de M. Chsron, amp; furnbsp;la Declaration quejavois faite a M. 1ArchevCquenbsp;en fa préfence, amp; quavec tont cela elle fgavoitnbsp;ce quil men avoir couté. Elle répondit, il eft ces avés Ge nous fut tine occafion a routes deux de lui parJer des angoiiiês on nous étions encore. Nousnbsp;avions beaucoup de peine de nofer nous declarernbsp;tout-a-fait. Elle nous tint une grande heure anbsp;nous entretenir de fignature: que fans cela onnenbsp;donneroit pas les Sacrements a la mort, ni quenbsp;1on nenterreroit pas en terre Saintei Voyés;nbsp;¦ mes Soeurs, dit-elle , quelle douleur. ce feranbsp;de voir refufer les Sacrements a la Mere aig- nès^ amp; jetter fon corps a la voirie, un corpsnbsp; que vous voudriés révérer. Nous étions finbsp;touchécs detre entre les mains de perfonncs finbsp;fermées a route raifon , que ces Entretiens menbsp;faifoienc dordinaire malade, amp; celui la me fit a-vancer ma fiévre.- Le 19 Mai entre les Sap, heures du loir, M. Chimil- on nous vint dire , comme nous alHons nous re-latd va lui nbsp;nbsp;nbsp;que M. Chamillard nous demandott de ta peine du Farwa/uire de 1Affemblée, difant que Ie Pape ne demandoic point la fignature; quon avoitnbsp;jugé néceflaire pour Ie bien de la paix de repré-fenter a Sa Sainteté que les Reiigieufes amp; les E-vêques ny vouloient point avoir égard; que la-deifus Ie Saint Pere avoic envoyé une Bulle, oünbsp;il ordanne laquot; fignature a tóus, amp; en particulier «tuienquot;* ii grandes,peinesdayoir figné, que jen aiper du la Santé: je crois quune feconde fignaturenbsp; me feroic perdre 1Efprit, ce que je ne défirenbsp; pas. II répondit: Vous guérirés de celle- la. Ma Soeur amp;: moi-lui dimes que M. 1Ar-chevêque nous avoic donné fa parole que nousnbsp;ne fignerions plus rien. Ilrépliqua: oh vousnbsp; fignerés Ie Formulaire du Pape, ou VOUS ferésnbsp;privées des Sacrements; amp; bien davantage , |
on vous éxcommuniera; voyés ce que dit Ia Relation Bulle. [Qiie lon.encourt Iindignation dudelaSceurnbsp; Dieu tour puiffant,amp; des faints ApotresPiewM^Ac An- amp; Paul: ] celadoicfaire trembler. I! nous éxa- gelique denbsp;gera enfuite dune maniére étrange les prétendus^J^nbsp;défordres quil y avoir dans notre JVfaifon depuis^^^^nbsp;que nous en étions forties. Difant quil ny avoicnbsp;pas feulement forme de Religion; quon ne leurnbsp;pouvoic faire garder leurs Con[iitutians ^ que leurnbsp;défobeilïance ne regardoic pas feulement la figna-ture, mais routes chofes généralement; quil fuf-fifoit que M. lArchevéque témoigna: défirer del- qu ( ciflèment du cceur. Elles one fait, difoit-il^ plus de péchés depuis que vous ny êtes plus, quil ne sen ctoit fait en dix ans. Nous ré-pondimes, qui! ny avoir quay mettre nos iVle-res; qu'en eftet cétoit une chofe'éxtraordinaire denbsp;voir un corps fans tête. La Mere Agnès ajoiua,nbsp;que 1on reconnoiifoit aifez a préfent que ce né-toient pas elles qui rendoienr les Soeurs fermes.nbsp;II répondit avec dureté: Ce neft pas pour celanbsp;,, quon yoüs en a ótées, cefl: pour votre déf- obéiffance. La Mere répartit, que routes é-toient coupables de la même faute, fuppofé quilnbsp;y en eut. II répliqua, quil étoit vrai, mais quonnbsp;navoit pu chaCTer éofillesenune heure; que'nousnbsp;pouvions bien nous attendre de ne mettre jamaisnbsp;Ie pied dans pas une de nos Maifons, fi nous nenbsp;fignions Ie Formulaire du Pape; que Pon TOctcroic nos Soeurs qui demeureroient dans lopiniatreté bat avec nos chéres Meres amp; routes nos Soeurs; amp; de crainte, dans rapprehenfion de notre foi-b!eire,que nous avions fi malheureufemcntéprou-vée, amp; qui me fait toujours trembler, f^-achantnbsp;que je ne fuis capable par moi mênie que denbsp;tomber une feconde foisf Nous avions témoigné en repaflant Ie Mande- déja vu la fignature de quelques-unes .oe nos Soeurs; je lui dis quelles .sétoient bien précipitées. vee plaifir, il y a des naturels plus fervents les uns que les autres, elles auront plus de méritenbsp; davoir obéï plus promptemenr. Nous rè-marquames celles de nos Soeurs qui avoient fignénbsp;Ie premier Mandement, amp; qui nétoient point anbsp;celui la,amp; nous les lui nommames. Ildit: ,, leferont; Ia Soeur nbsp;nbsp;nbsp;a quelque difficulre, de ce que Ie Formu dire de Rome ne parie point dtSdmt Auguflin. Nous lui dimes qu il nousnbsp;paroiffoic auffi mauvais que celui de 1 Alleoiblee, |
Relation, de la Terfécution des Rdigieufes de Tort-Royal nbsp;nbsp;nbsp;101
. nbsp;nbsp;nbsp;tr-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fiir !pc fnint./Evaneües. II ,gt; rie Augtt^ine^ elle eft Venue trouver notre Me- RtlatioJi
de la Soeur nous répondit d'une maniére pitoyable. ü nous Marie An- fit entendre que ma Sceur Catherine de St. Vaulnbsp;geiique de.obéiroit, que ma Sr. Euphrofine^ ma Sr. Hdénenbsp;Ste. Tbu-^ jna Sr. Gertrude lui avoienc donne leur parole^nbsp;icfe. que ma Sr. Melthilde lui avoir ccrit quelle sé-tonnoic fort des difBcultés que faifoienc lesSoeurs.nbsp;M*^charail- leudemain il revint pour faire voir up pa-laui Kvieiit P'^*' amp; la Mere Agnes ^ qui sé.xcufa de le ligncr.nbsp;)e lende- II pous dit quil alloic fignifier la Bulle a nosnbsp;^^Sceurs éxilées. II avoit vu ma Sr. Angelique lenbsp;jour de devant; il ne nous dit rien delle, jinonnbsp;quelle fe portoit bien , amp; quii lui avoit laiflienbsp;le Mandement. Il sadreffa a ma Soeur Marienbsp;Claire amp; lui dit: que ne fignés-vous? Elle luinbsp;répondit: Mon[ieur,je prendrai le temps de trois
Relation que ^ nbsp;nbsp;nbsp;maniére oitovable II nous , re dans la charobrc de lAffcmbléei elle seftSffiUt
de la part de toutes nos Smurs fupplier très-hum- i^tlique da hlement votre charité de nous faire figner aujji-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;The-
,, hka que nos Sceurs car nous Jammes auJJi hosi-,, nes Catboliques, nous voudrions hien con-,, danmer les héréjtes de Ja7tj'enius. Notre Mere,
mam. dumême fij.
jci,
continua-telle, lui arépondu; MaSa-ur, je ,, f^ai bien que vous êtes dans cette difpofitionnbsp; la: ce que fait la Cornmunauté, vous Ie faitesnbsp;j, auffi étant du corps, nen foyés pas en peine,
mois pour prier Dieii, amp; voir ce que fera notre feire;, amp; nous adrelfant a elle, nous lui dimes; Communauté. ,, Je lui dis que le changement de Mais, ma pauvre Soeur, eft-ilpoffible que vousnbsp;ma Soeur Rlavie etoit bien grand. Il mercpon- ,, nayés point de peine davoir jure fur lesEvan-dit avec joie; Heft vrai,eUeeftcommeSt.Plt;3«t/; giles? Elle répondit: ,Nenny, notre Merenbsp; devant fa Converiion i! ny avoit perfonne li nous a dit de bonnes raifons, amp; je voudroisnbsp; attaché a fa Loi: mais depuis, nul n a été plus ,, que ce'a vous fut auffi facile qua nous vousnbsp; zélé amp; plus^ervenc......._ nbsp;nbsp;nbsp;. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3gt; feriés bienrot en repos.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
53 je luis pourtant fort aife de vous voir dans ce fen-,5 timent, ces pauvres fiilles ne font-elles pas bien fetventes? Nous lui répondicnes quelles sennbsp;trouveroient micux de ne lêtre point fur cette af-
C nbsp;nbsp;nbsp;»-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...
LXV.
EeP.de Ste. Marth'e nous vint confefler ¦ il,
£ fiir nnp ?V4 1Ar/-Viiatr«/-gt;T,«. i..: nbsp;nbsp;nbsp;j___» * Lc P. de
je ne puis éxprimer ici le zèle de la Supérieu- nbsp;nbsp;nbsp;_____ _______________
zèicdes Rc.fe pQ^r fignature: elle avoit autant d'impatien- me dit que M.lArchevéqueluiavoirfaitdesplain-Mabe'^pour'^^ de la faire, que nous en avions dhorreur amp; de tes de moi ^ quil étoit faché de ce que je ditois confeffeo Ufignauire.frayeur. Nous lapprimes,par la joie ou elles é- que je ne fignerois pas. je me déclarai done plus
- nbsp;nbsp;nbsp;pas le perdre. ' Il me dit toutes les
Je ne mecrorapai raifons ordinaires de Iobligation dc fe foumettre lus fumes A t-ïiKio aux Puiffances de 1 Eglife: gt;1 rnallégua auffi feranbsp;éxemple, quil avoit ligné plufieurs fois, amp; qu ilnbsp;étoit pret de le faire encore trente fois ft 1 onnbsp;vouloit.
Ses raifons amp; fon éxemple ne mebranléreat point: je \e priai de dire a M. IArcheveque quenbsp;je le fuppliois très humblement de fe fouvenirnbsp;unbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ne fignerois
toient elle amp; fes Religieufes, le jour que le Man- que jamais a ce bon Pere; je lui dis toutes mes^' dement fut public dans les Paroiftes. Elle témoi- anciennes difficultés amp; les nouvelles- que le Eor-gna devant nous a M. Cbamillard 1inquiétudeoü mulairc du Pape 8c la Bulle empiroit cette affairenbsp;elle étoit de cc quon ne le leur avoit point enco- plus quelle navoit jamais éce' ^ que toutes les rai-re apporté. II lui dit: Ma Mere, aflurémenc lons de mes Sceurs éroient les miennes- que lanbsp; que vous en aurés un f' amp; en effet il le luiap- lignature que javois faite feparée delles mavoitnbsp;porta lui-méme dès le lendemain. La Sceur qui Jet:ée dans un grand trouble; quil ne métoicpasnbsp;avoit foin deiious, vint nous apporter notre diné poffible de rien faire; que javois toujoursdèmandénbsp;a midi a ion ordinaire: dat^rd quelie entra je a Dieu depuis, qüil me donnat un moyen denbsp;lui vis un vifage fi content, qüe je dis tout bas a fortir de IMtat oujétois ;quepuilquil mel'offroit,nbsp;ina. baar Marte Claire; voules vous gager quel- je ne devois - - 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
les figneront aujourd hui? Je ne metrompai pas; car prefque auffitót que nous fumes it table,nbsp;elle nous dit: Mes chcres Meres, vous voulésnbsp;bien que je vous quitte, nous allons figner.
Comme elle ouvric la porte pour forcir, elle se-cria: ,,jabhorre tous les janjemjees, 6c routes leurs maximes.
, _ . nbsp;nbsp;nbsp;, ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pt'iiuis tres-numblement de 1
elle saddrelia a notre chcrc Mere; elle tenou Ic quu tnavoit donné fa parole que je n
Mandement tout déployé, avec une écritoire ala plus; que'jdtois ft mal quon ine feroit möurir ft main: Macbéie Mere, ce dit-elle, nousvous on me vouloit encore tourmenter la-deffus; quenbsp; ftjpplions tres humblement de nous faire Ihon- javois afl'ez, de peine de Iavoir fait une fois; quenbsp; neur de figner avec nous, 8c vos Soeutsauffi. le regret _men dureroit toute ma vie. Il rne dienbsp;Nous répondimes, que ft nous avions a figner, ce que e'etoit un ferupule mal fondé: il nelaiffa pasnbsp; feroit avec notre Communauté Sc non avec la néanmoins d'ajouter, cela eft facheux.nbsp;leyr. Laprès-dinée uneautrebonneanciennenousnbsp;étant venu voir a fon ordinaire, fa première parole fut celle-ci; Oh bien, nous avons tantocnbsp; affez figné, Dieu merci: voila pour le moinsnbsp;,, trois fois, on ne.manquera pas de nos figna- tures. Que je fgai bon gré, ajouta-felle anbsp;,5 nos Saurs domeltiquesl elles ont depute Ma
LAffiftante nous vint trouver en mcme-temps.
ll me dit une fois; Vous ctes heureufe, ma fille,de nêtre point a Port;Royal. On donne anbsp; vos Srs. des papiers injurieux a Mr. 1Arche-5, vêquc : ces Meftieurs ncpargnent perfonne; ¦nbsp;on en a trouvé un entre les mains dunc Re-5, ligieufe5 contre notre Congregation , qui eftnbsp; tout rempli de calomnies amp; de fauffetes: on
N 3;
-ocr page 102-Relation de la Perfecution des Religieufes de Port-Royal^ 166^-166^.
Ibic que IafFedion que javois pour notre Com- Relation
mon falut. Soeiu
loa
juge de nos intentions fecretes; Monfeigneur me Ia donné, il étoit éxtrêmement faché denbsp; cela. Unc de fes grandes raifons quü répétenbsp;Ie plus fouvent, ceft que lon condamne tout Ienbsp;monde, lePape, fon Archevêque, lesEvêques,nbsp;les Dofleurs, tous les ordres amp; toutes les Reli-gieuiès, quon croit quiis feront tous perdus,amp;nbsp;quil ny aura de fauvés que ceux qui ne fignerontnbsp;point: que nous difons que nous ferions un juge-menc témeraire contre M. dl^w, 8c que nousnenbsp;faifons point de difficulté de juger toute lEglife.
La veille de la Saint Jean a 8 heures du foir M. Chamillard vine pour nous propofer Ie tranf-port d Port-Royal des Champs. II sadrefla a lanbsp;Mere aignès, amp; lui dit; Ma Mere, jai été lig- nitier la Bulle a routes vos Sceurs qui font dehors:nbsp;j clles mont prefque toutes dit la même chofenbsp;,, (quétant feparées elles ne pouvoient rien-faire,nbsp; quon ne les eücre'uniesavec les Méres amp; les Srs.nbsp; quon adifperféesendifferents Monaftéres,dansnbsp; votre Maifon des Champs j) car pour celle denbsp;,, de la Viile vous ny devés pas penfèr, vous nynbsp; retournerés point, les Srs. qui ont figné vousnbsp; appréhendent,amp; elles ne défirent pas que vousnbsp; y rétourniés. La Mere Agnès repondit, quenbsp;quand la chofe feroit a fon choix, elle préféreroitnbsp;la Maifon des Champs. II lui demanda li elle vou-loit quil en parlat a M. de Paris. La Mere ré-pondit quil lui feroit plailir; amp; fur ce que lui -ócnbsp;la Mere Supérieure témoignérent quil feroit bonnbsp;quelle en écrivit elle-tnêtne, elle sy engagea. Lanbsp;Mere Supérieure dit: Je crois que ti vos Srs.de
Paris fqavent que la Mere Mtigeli/itie de Saint Jean eft a votre Monaftére des Champs, el-,, les y voudront aller. Mr. Chamillard répon-dit, Sil y en a quiles veuillentfuivre, nousles laif- feronsaller volontiers, aulfi-bienonc-ellesbefoinnbsp; dunChef: quelaMerefgavoit Icsgouvernerlesnbsp; ayant élevées ^ que cétoit des El'prits diffici- les. La Mere demanda sil ny avoit pointnbsp;de condition, paree quelle nen pouvoit accor-der aucune. 11 falfura que non , que gétoitnbsp;feulement pour prier Dieu 8c pour avifer enfetn-ble a ce que nous aurions a faire. La Mere é-crivit Ie Lendema'in la Lettre quelle avoit promi-fe, oü elle demandoit norre reunion aux Champs,nbsp;avec plus dempreflèment quon nen pouvoitnbsp;avoir de faire cefler 1éclat que faifoit notre dif-perfion.
Jai oublie de marquer que depuis quon nous eut fignifié la Bulle, les Religieufes que nousnbsp;voyions ne perdoient point doccafion de nouséx-horter a nous y foumettre, nous difant tout cenbsp;que leur zèle leur fuggéroit, 6c nous voulant faire accroire que tout Ie monde fe rendoit, jufquanbsp;M. ó. Ainh 8c M. d.'Angers, qui difoient qu'iisnbsp;navoient plus rien a dire puifque Ie Pape parloit.nbsp;On nous menagoit déxcommunication, de fépa-ration dans les onaftêres de Madame de Fonte-Drault, 6c pour comble de damnation on me di-
Relation de la StEurnbsp;Marie /\n-gelique denbsp;Ste. Tlie-rèfe.
LXVII. M. ChaiiiiUnbsp;lard va leucnbsp;antioHcernbsp;Jeur tranf-port a Porc-Royal desnbsp;champs.
munauté feroit caufe de la perte de ______ ______
Pat la grace de Dieu, je ne métonnois plus ce quelles me difoient. Je leur répondois quenbsp;1éxcommunication feroit injuftej que je la crai-gnois néanmoins, mais quil falloit fuivre Dieu*^®^'nbsp;jufques dans les perils:
Le 2Ó Juin M. Chamillard revint 8c demanda LXVlllf la Mere Agnès. pour lui dire que M. 1Archevê-que etoit pres de lui accorder fa demande pourvu routes lesnbsp;que nos Sceurs de Prrm vouluflent bien aller avec Religieufesnbsp;elle:^quil avoitjtru quelles en feroient bien aités,^^^nbsp;inais qujelles nê Ie vouloient point, amp; que cepen- Maifon désnbsp;dant ii étoit réfolu de ne point accorder 1un fans Champs.nbsp;1autre. La Mere fut furprife de ce changementnbsp;6c elle dit quil navoit point parlé Ie premier journbsp;des SoEurs de Paris. II répliqua quon ne feroitnbsp;rien fi elles ny alloient, paree quelles ne man-queroient pas de dire quelles nauroient pas con-féré avec les Meres: il fit de grandes plaintes,nbsp;delles, difant quil fufhfoit de leur propofer unenbsp;chofe quand elle feroit a leur avanrage pour quelles Ia rejettaflènt: quau comrflencement ellesnbsp;difoient, quelles fe feroient eftime'es heureufesdenbsp;conferver une de leurs deux Maifons: quenfin onnbsp;ne comprenoit rien a leur conduite . quellesnbsp;navoient point du tout de raifon ,que leurs meil-leurs amis-mêmes les condamnoient. II nousnbsp;raconra que dabord, il fit cette Propofition anbsp;trois OUquatre des anciennes paree, dit-il^ quenbsp; lorfque jen demande une , elles safTemblent
ainli, maïs je ne m*en fbucie pas Elles en lémoignerent une grande joie - amp; me dirent,
,, M., la honne Nouvelle! ^oi! nous ojerrions ,, notre chére Mere ? ll faut dil vous plait quenbsp; mus en parhotii d nos Smrs. Elles y allérenr,
8c elles revinrént me dire ; Monfieur , nous ,, voyons bien que c'ejl tmpiége que l'on mus tendnbsp; mus ne quttterons point notre Maijon: il nynbsp; a qu'd vous rendre la Mere Agnès z«. Enfinnbsp;pour abréger on pria la Mere décrire a la Com-munauté. Je paffe Ie refte de la Négociation,nbsp;quil feroit trop long dc rapporter, 8c quinbsp;fans doute été écri't par nos Sceurs.
Le 27 /VI. Chamillard nous vint dire que tout r.xix étoit rompu, paree que nos Sceurs ne vouloient M. chamii,nbsp;point du tout aller au Monaftére des Champs ^nbsp;quainfi nous demeurerions oü nous étions eter-(ju,, yro-nellement: que Ton donneroit notre Maifon jet ('.delesnbsp;a Madame de Fontevrault ^ qui mettroit nos Srs.^^^IJÏpu^'®*'nbsp;une a une dans les fiennes. ' La Mere Agnès luinbsp;dit avec fa douceur ordinaire; Mr., pour moi,
monéternité ne fera pas longue. 11 nous-pari* avec une dureté incroyable, recommenqantnbsp;jours fes plaintes contre nos Srs. 8c fes menacesnbsp;des trairements quon leur feroit 6c a nous, enforce que je ne pus mempêcher de lui dire quenbsp;nous fqavions bien quil difbic toutes Ie® j-, ?nbsp;pis: que ce qui me touchoic Ie plus, e-oic jonnbsp;peu de compaffion pour des perfonnes arfligées,
Ttehtion de la Verféculion des V^eligleufes de Vort-'Royal^ pascela, Monieigneur 3 mais en vèruéje crois ,, que voi^s ne lesmiceries gueres bien; -Il con- Relation quil fembloit vouloir accablcr. II demeura inde laSceurterdic,amp; dit: Ma Sr.,peut être que tout n elt Marie An- pas encore rotnpu,^ il ne dépend plus que «es geliquecle 5rs. Nous lui dimes quil ny avoit plus rien Ste. Tbe- attendre de nous pour la fignature dans la captivite rèfe. od nous étions; que nous navions plus qua fouf-frir. Quand il fut forti,la Mere Supérieureem-brafl'a notre chérc Mere de la tneilleure grace dunbsp;monde, en lui difant avec bonté; Ma pauvrcnbsp; Mere, tachons de vivre Ie mieux que nousnbsp; pourrons enfemble. Le 29 au matin nous vitnes M. de la Brune-tiére , qui nous traita avec civilité. II venoit f§avoir fi nos Soeurs avoient fait réponfe. Surnbsp;ce que la Mere Supérieure lui dit, que lorfquenbsp;nous ferions réunies nous ferions quelque chofe,nbsp;il répondic; O» ne l'ejpére pas ^ elles ne ferontnbsp;rien. . Laprès-dlnée M. lArchevêque demanda la va'anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mere .Agnes pour la troifiéme fois, depuis plus rie avec de dix mois. II nous dit dabord que le temps M. iAbbs quil avoir donnc pour la fignature approchoitinbsp;Leut^Entre- qnil ne fqavoit quelle étoit notre penféela-deffus,nbsp;tien avec la mais que pour lui il en trembloic, il en frémif-M. Agnès amp;foic. II fit un très-long difcouts fur Iobligationnbsp;sainfe^The'- ® fignature , Sc Monlieur lAbbé Bojfuet fitnbsp;jèfe. aulfi le fien. M. de Parts paria enfuite du voyagenbsp;de Port-Rojal des Champs j quil falloit bien nousnbsp;réunir pour prendre notre derniére Réfolution,nbsp;quil ne pouvoit pas aller a toutes ces filles quinbsp;étoient transférées, fgavoir ce qtielles voudroientnbsp;faire; quil vouloit auffi que celles de Paris y fuf-fent. II demanda quelles réponfes elles avoientnbsp;fakes a la Mere. II fit venir la Tourriére qui ve-noic de Port-Royallui dicquelle nen appor-toit point, 6c quelles lui avoient dit qucUesna-voient pas encore le temps décrire. 11 fe facha,nbsp;amp; dit; Je men doutois bien, cefl: quelles at-,, tendent des Nouvelles de leurs Jan/èniftesnbsp; elles ont toujours des communications. Si jenbsp;,, my mets je les ferai bien mener a Port-Rojalnbsp; des Champs, devant mcme que la Mere Agnèsnbsp;,, de Saint Fauly aille: amp; puis d ajouta, dèsnbsp;que vous y ferlt;5s, votre Mr. de Sainte Mart henbsp; y accourra, amp; lon vous y portera des impri- més, amp; puis vous ne ferés rien. Je luirépondis; je penfe, Monfeigneur,quil eft bien loin. Il dit Oii eft il.? je répon-dis, ,, Je n en fqai rien , comme vous pouvésnbsp;croire, Monfeigneur ^ mais je crois quils au-ront tous fuivi le Confeil de 1Evangile lonnbsp; vous periécuteen une Ville, fuyés en lautre- voila du moins ceque je ferois fi j'étois en leurnbsp; place. II reprit; Eft ce que vous croyésnbsp;que je les egorgerois? Je rèpliquai; |
103 fanglantes de Relation Mere Arnes I' I ScBur tirer.quot;quot; 11 demanda fi on nous avoit fait voir la Relation des Meres Ur/a/im ; Vousyvoyés, ajoutafifep^o. la more,quand on va êtrejugé de Dieu, on voit ce quon doit faire. Ellenbsp;,, a fait bruler tous fes Livres, pour marque , difoit-dle /i? (incérité avec Uquelle elle avoit ,, pgné, lt;ér quelle n avoit point de rejlriétion : cétok une bonne Religieufe. Alonfieur lAbbé Bopuet ^ lorfque Monfteur de parlok du changement, amp; quil ap- dk nbsp;nbsp;nbsp;bruit,me die. , Pdles feront un Proces-Verbal me faifint entendre que cela déplairoic it M. lArchevêqiaenbsp;qtu etoic fort chagrin 6c mélancolique. 11 nousnbsp;quitta neanmoms un peu plus gai fur ce one Unbsp;Mere Agnès lui dit, Monfeigneur il faut éxcu(er-ce font de pauvres Filles effiayées. Il dit; ie niennbsp;vais les défrayer, f je puis. Le lendemain M. Lhamillard revint Ie foir. lxxi Nous avions die a la Mere Supérieure que nous- chamii.nbsp;étions réfoluës de ne le pas voir: die y alia feulenbsp;6c die revint dire a la Mere très-férieufement öcM^^A'gnfs'*nbsp;avec une grande gravité; Ma Mere, M.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faudra mitlard vient pour vous demander sil faudrap ^ 3, des Archers pour conduire vos Soeurs a Porr-dnUe rporquot;! Royaf 6c sil en faudra autant que le jour qucn^oyal des vous enleva. Nous nous mimes a rire amp;lt;^fi3raps.Re- ^ ponle ne cet-. if)d4-tddy. t ort-Royal porte les marquesnbsp;,, ma cruauté, amp; en regardant lanbsp; en ai-je,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;égorgé quelques unes? Jeré-Marie An- pondis: Monfeigneur,on tire le fang du cteur, S^lique de ,, quand on afHige les perfonnes. J e maddref- ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ fai a M. BoJJuet, amp; lui dis: Si ce ne font des marques fanglantes , au moins font-ellesnbsp; bien fenfibles amp; bien affligeantes. Il y a plusnbsp;,, de dix mois que nous fommes mortes les unesnbsp;3, pour les autres, amp; que nous foufFions ce quenbsp; Dieu feul fqait. Il répondit avec compaffion; Il eft vrai, il eft vrai. M. de Paris fit de grandes plaintes de nos Soeurs 3 quelles lui déf-obéïffoient en tout, amp; demanda pourquoi ellesnbsp;nevouloient point aller au Monaftéredes Champs. La Mere lui répondit;,, Monfeigneur, ft vous ,, ie leur commandés, dies iront. Je veux biennbsp; le leur commander, répliqua-t'il, mais ellesnbsp; feront des bruits terribles: fi vous aviés vu lanbsp; vie quelles firenc quand je transférai les troisnbsp; derniéres, cela étoit horrible. La SsxwFran- poife Claire qui eft morte , amp; qui étoit unenbsp; bonne Religieufe (auffi-a-tdle figné) mecon- tenta touc-a-fak; ces grifes crioient horrible-,. ment , 6c fe jettoienc fur die ; die leur dit, allés mes Steurs.^ allés ^ il faut ohéir comme ilnbsp; faut, Monfeigneur vous commando de vous re- non dimes; Voila une demandequin'appartientquate Mete. A/T nbsp;nbsp;nbsp; Klip rnnrinntj nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;__^ M. chamillard.'' Elle continua; Ceft que ces créatures firenc des bruits horribles, quand onnbsp;Apologie enleva les rrbis derniéres; vous ne lesconnoif- fes plus, ma Mere, dies font bienchangées. La Mere, répliqua. Ma Mere, eft -ce que ces Sergents tinua: Ces Meffieurs ont fait une pour vous autres, je ne f^ai (i vous Iaves vuë'nbsp; il y en a deux Livres. Ils y ont mis que |
'Relation de la 'Perfécution des Religieufes de Port-Royal^ i66^-l66y^ 104, Relation de la ScEiir 'nbsp;Marie An- nbsp;Kciiqiie denbsp;Ste, Thé-nbsp;rèfe. nous voulions bien recevoir avec nous, la Mere Relationl Angelique amp;C la Sceur Briquet. Je ne puis exprimer de laScsiirnbsp;quelle fut notre joie: je nen ai jamais reffentinbsp;une pareille en route ma vie: nous étions fi tranf-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de portees, que nous eveillames notre Mere pour lui The-dire cette bonne nouvelle: elle nen fut pasmoins'-^'-®* ravie que nqus; elie joignit aullitot les mains pournbsp;remercier Dieu. Nous fqavions fi peu ce que nous faifions,que nous la laiflames route feule fanslumiére, pournbsp;nous en aller avec les Mercs fous la porte, raoinbsp;avec le frilTon de ma fiévre. Dès que ma Sceurnbsp;fut entrée, elle fe mit a genoux avec fa cbérenbsp;compagne devant la Révérende MereSuperxeufe, 6c puis nous nous jettames aux piedsdetnaS.'rur, qui nétoic pas encore relevée: je lui dis en Iem-braffant, que je la fuppliois de recevoir un enfantnbsp;prodigue , qui lui demandoit trés humfalementnbsp;pardon. II me femble que dans ce moment ellenbsp;me requt dans fon cceur, tant elle me temoigna de fermete, je crois quelle en feroit morte: elle de joié amp; de charité: m/faute ne mavoir point changea fi fort en trois heures de temps, qu elle ne- retiree delle, elle avoir au contraire augmencé monnbsp;toit pas reconnoiflable. Je n ai jamais tantadintro refpeift jai éprouvé que ce qui vient des amis eft cent fois routes prifonniéres que nous étions, nous apprim'S plus difficile a porter que les mau^ais traitements bien des nouvelles a notre chére Sr. Ange/ique, Sergents mettront la main fur leur bouche pour les empecher de crier? Vous donnés done vo-tre parole, continua-t'elle^ quil nen fera pasnbsp;befoin: oui, 'aotibAzxe. ^répondit la Mere Agnes ^nbsp;elles prorefteronc amp;c appelleronc fèulement j carnbsp; elles le doivenc, amp; eniuite elles fortiront com- me des moutons, La Supérieure dit. Onnbsp; sattend bien quelles appelleront, amp; sen re-tourna rendre cette réponiê a M, Chamillard^oyiXnbsp;Iattendoit. Depuis ces mouvements tout demeura en fuf-pens: nous ne fgavions fi la chofe fe feroit ou ne ie feroit pas; nous nous contentions de prier Dieu,nbsp;amp; de lui éxpofer le délir qus nous avionsdenousnbsp;voir reunies, amp; nous avioiis un double fujet denbsp;le fouhaiter pour le foulagementdela Mere^t/^HcV,nbsp;qui a voit une telle douleur davoir appris par une rencontre que la Lettre quelle avoitccriteaiVl.lAr-cheveque pour lui demander la Communion, a-voit été mal interpreteer quefielleavoireumoins pas fon humilité que dans cette occaCion. Affliftion nbsp;nbsp;nbsp;derniers jours de notre exil ne furent pas que lui caufe moins pénibles pour moi: jeus dc laffliéiion aula créance tant que j'en ai jamais cuj rant par Ietat odétoit Baurravoicbonne Mere, que par la connoiflance quenbsp;donnee ideslon me donna dune Lettre, qui me faifoit voirnbsp;fauffetés, la créance que nos Soeurs avoienc donnée a desnbsp;fauffetés qui me rendoient une des plus ingratesnbsp; ¦ perfonnes de la terre, fi javois été affev, mifera- ble que de tomber dans un fi grand renverfement; - nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- J----a des Etmemis. Ma Sceur avoir auffi fa bonne part de cette difgrace: notre confolation a Tune 6c anbsp;Iautre, eft que hors la fignaturc dont nous fom-raes coupables, du refte par lagracede Dieu nousnbsp;étions entiérement innocentes, nayant point change de fentiments ni de conduite en quoi que cenbsp;foit. ¦ txxiir. Le jour de Ja Vifitation de laSainte Vierge,qui LaM. Angc-jft 1^ grande fete de cet Ordre, comme nous nenbsp;TeS^amp;'^ia St, psnfions qua remercier Dieu de nous Iavoirfaitenbsp;Briquet ani- palier avec plus dattention a ce myftére j amp; Menbsp;vent isie. priej- Je nous donner une bonne nuit, il nousnbsp;^Jquot;texauqa auffitoc, nous ayant memedonné plus quenbsp;[^ueiies [eté-nous ne lui demandions. A onze heures du foirnbsp;iBoignent. [out le monde étant retire Sc endormi,jentendisnbsp;fort fonner au tour. 11 nous vint aullitot dansnbsp;Icfprit a ma Sceur amp; a moi, que eetoit quelquenbsp;ordre de M. de Paris pour nous: nous allamesnbsp;cnfeirible a la ebambre dune Bienfaictrice priernbsp;fes femmes de chambre davertir les Meres aunbsp;Dortoir; mais un demi-quarc dheure après, lanbsp;Mere de Cbandenier vint promptement heurter anbsp;P°rte , qui fuc bientot ouvertej car nousnbsp;a en ions de pied ferme: elle nous demanda fi |
pour elle, amp; le défir quejavois davoir fes avis. Après que ces deux chéres éxilées eurentnbsp;adoré le Sr. Sacrement, elles furent fe jetter entrenbsp;les bras de notre chére Mere. Je nentreprendsnbsp;pas de dire quel fut cet abord, je le laiffe a manbsp;Soeur. Les Religieufes deSre.M^rrivtémoignérentnbsp;prendre grand plaifir a voir notre joie: elles avoientnbsp;méme de la peine a feretirer: lacraintenéanmomsnbsp;de nous oter la Uberté les obligea de sen aller. Quand elles furent forties notre joie redoubla; car nous avions bien des chofts a nous dire , Scnbsp;qui en fqavoit fi peu, quil fembloit quellerevintnbsp;dun nouveau monde; ce qui nous fit pleurernbsp;voyant léxtrême captivité ou on 1avoit tenue;nbsp;elle emit avec cela fi changée amp; fi maigrie, quellenbsp;nétoit pas a peine reconnoiffable. On nous faifoitnbsp;cependant accroire quelle ne fe porta jamais mieux;nbsp;elle avoir aéfuellement de la fiévre. Nousrecon-numes par fa difpofition quelle avoir acquis dansnbsp;fa prifon amp;c dans fes liens bien des richeflesnbsp;fpirituelles. Nous ne coraptames qu une heurenbsp;cette nuit, qui nous fut mcrveilleulement agréa-ble. A cinq heures du matin on nous vint dire r,xxrv. quil falloit partir , amp; Ton nous preffa ^ drstc'*Ma^i^nbsp;c'xtraordinairement , que nous laiflames tou-poarnbsp;tes nos hardes en défordre. Je leur donnai Royal de*nbsp;les clefs de nos coffres. Je ne fqai fi ce Champs,nbsp;font elles qui nous ont óté les copies des lettresnbsp;que la Mere avoir écrites a M. de Paris amp; a lanbsp;Reine dePö/ögKe. Nousne dimes adieu iperfonne,nbsp;les Soeurs nétant pas encore levees. La Mere Supérieure fit des éxcufes a la Merenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la con duite quelle avoir tenue fur nous. La Mere lui répondic quelle la remerdoit très-humblement de nous |
-Relation de la Rerfécutmi des Religieufes de Tort-Royal, i664.-__^. avoic traitées avec charité, mais quelle ne Fort-Royal des Chamys le douzi(5me Septembre Relatioi^nbsp;de la prier de récratïter ce 166^.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;delaSceur ' -¦'Is nbsp;nbsp;nbsp;Signe, Seur Marie Angelique Marie An- Ste. Thérèfe ,RclisieuJe indigne. gsiique de 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iSts* ThCquot; Tin de la Relation de la Sceur Marie Aneeliauerèfe. de See. Thfrefe (Arnauld dAndilly.) ^ ' Relation nous de la Sceur p juvoii sempecher Marie An-Queile avoic die, que Uieu avoic penrusnbsp;gelique de^aiquiétoirdansP K. éckta:, quelle avoir apprjsnbsp;Ste. The- a^s Pndres de 1 Eglifc, quon ne doic point loat- ¦ .! ,ioc. i orhnitniinc rl'h^rfifie. Ls JE,fouffigne,Sceur Marie Attgcliquede Ste.Thé-rèje, Religieule Tort-Royal du St. Sacre-evement, me lens obligee de declarer en quelle fignant, fiendois un peu, craignant que ce que javois fait angoiffes, Monfeigneur 1Avebeveque mayant de- ® nbsp;nbsp;nbsp;__1____j___I- nbsp;nbsp;nbsp;monr!^/a mp fir vnir imp ne leur donnk de Ieioignement pour moij deforce que le coeur me battoit li fort,quand jentraiavecnbsp;dies dans 1Eglife, que je nen pouvpis plus. Jac-ceptai cerre humiliation amp; routes celles ou je croyoisnbsp;aller entrer, comme une partie de ma pénitencejnbsp;mais elles me regurencavec rant de charité amp;da-mitic, quelles me cornblérenc dune reconnoif-fance qui durera, sil plait a Dieu, jufquau dernier foupir de ma vie. Je me jeccai aux pieds de rhot d'acquifeement oui meR,,r - nbsp;nbsp;nbsp;' 'eur demandai très-humble- deforce que Monlèisneurnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P®- figner fans crainte amp; fans nos chéres Soeurs, amp; leur d ment pardon de les avoir fcandalifées 6c affli- Ceft dans le même fentimenc que ja declareici que je rends nulle ma fignature, qui a été 1efFetnbsp;de ma foiblefife; nayant pu porter létat péniblenbsp;OU jétois, comme je lai fait voir dans cetce Relation. Je fupplie très-humblcment routes les per- fonnes qui la verront,foit durant ma vie ouaprès a la décifion du Sc. Stege. Smquoi Monleig-ma mort, de demander miféricorde pout moi, neut me dit; je neveus demands qu me Joumif-Qui me fens entiérementtrès-redevableala juftice, fion refpeóiucufè a la décifion que e ^ tipt a fait tant pour cette faute que pour bien dautres enco- d'une DoUrine j qtte sil n tna juge, c e/ pournbsp;re. Je recois la privation des Sacrements, dans lui.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, laquelle je fuis rentree, en efprit de penitence nbsp;nbsp;nbsp;Depuis cette action je nai p in trouve |e je me confidére comme les anciens Penitents quon repos quon mavoic dic qu avoienc les autres chaffoit du pied des faints Amcls, Je meftime Srs. qui avoient fignc.^ ar ma douleur a ete beureufe que'la providence de Dieu me réduifeen rétat oü je dois être, Voila les véritables femi-ments de mon coeur, que je prie Dieu de confer-ver amp; daugtnenter. Fait en notre Celluie de que U-a ------ w - rèfe. frir quon accufe des Catholiques dhérélie. pauvre Mere demeura nmette. Je me mis a ge* noux devanc elle amp;: devant quelques autrés, 6cnbsp;leur detnandai pardon des fujets de mauvaife edification que je leur avois donne's, amp; de routeslesnbsp;peines que je leur avois faites: elles me tetnoig-nérent beaucoup damitiéiamp; il y en eut quelques-unes qui pleurcrenc; elies nous prierent inftam-ment, comme elles avoienc déja fait, de ne pointnbsp;croire ce quon nous pourroic rapporter quellesnbsp;auroient dit a notre delavantage^ que Ton faifoitnbsp;fouvent parler les perfonnes au contraire denbsp;leurs fentiraents^ quelies avoienc déji éprouvenbsp;cela depuis que nous écions avec elies: ellesnbsp;nous firent prometcre dentrecenir commerce denbsp;lettres. txxv. Avant que de Ibrrir je demandai pardon a Dieu la faute que javois faite: le bonheur de cellesnbsp;Sir.''xii^tère avec qui jécois amp; qui étoienc demeurées fidelles,nbsp;deraande^ me fembioic fi grand ,que cela rouvrit ma plaie,nbsp;^['^furcouc quand je visnos chéresSa-urs dans lescar-fo soeurs du roffes: je les confide'rois comme des Saintes, aunbsp;fcaudaie lieu que je me voyois une pauvre pécherelTe; j'é-avoifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;recourner avec elles, amp; jeTappre- cn |
lOJ I=. RETRACTATIONDe U Steur M A RI E ANGE LI Q.U E Ste. TH ERESE, [Arnauld d'Andilly^ dUpotirion jat figné le Tormulasre , 6c la faute que je crois avoir commife en cela. La Captiviténbsp;ou nous nous fommes trouvées réduites fansnbsp;quon nous voulut accorder aucunes des perfon-nes que nous avions demandées pour nous Con-feller, m.ais nous réduifanc a trois, aux quellesnbsp;nous ne pouvions avoir confiancejamp; les menaces quon nous faiibic de nous laifler mourirnbsp;fans Sacreraents raayanc jettee en déxtrêmesnbsp;mandée, me fit voir une Declaration écrite amp;nbsp;fignée de fa main, par laquelle il difoic vouloirnbsp;lever nos fcrupules, en affurant que nous nenbsp;ferions point cle menfonge ni de faux temoig-nage en fignant. 11 menvoya une perlbnne pournbsp;lui cotnmuniquer mes doutes; amp; cette perfonnenbsp;maffura quavcc cette Déclaration je pouvois êrre retenuë par cc . nbsp;nbsp;nbsp;--------/eque ecanc ve- nu, jc ngn:n en efïec^ tnais ce ne fac qu'en lui declarant plufieurs fois que je ne condamnoisnbsp;point Mr. dTyres; que je leftiraois- amp; que ienbsp;le reverois; que je ne me féparois point de mesnbsp;Soeurs ni de toutes les perfonnes qui nous onenbsp;conduitesj amp; que je navois intention en fio--nant, que de rendre une foumiffion de refpedf i 1« .A nbsp;nbsp;nbsp;C^ Ci'öoanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TV/f r nbsp;éxceffive; mes larrnes font devenuè's ma IS-''; .failleïï» LlgieSf^-i- ïquot;=tent |
'Relation de la Rerfécution des Religieufes de Port-Royal i66i{.-l66^. ¦ nbsp;nbsp;nbsp;ioi f.;rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Céa^ce que jai eu que la Dac'- lArchevêque mavoi: donnée Ste. xèfe. Thó- IP. RETRACTATION Be la Mere ANGELIQU'E de Ste. THERESE. Gloire a Jesus au tres-Saint Sacrement de lAutel. Je,Sceur Marie Angclique deSainteThahk, Religieufe de Fort-Royal du Saint Sacrement^,nbsp;profternce devant Dieu dans Ic dernier abaifl'e-ment oti une Creature criminelle puifl'e etre, demande tres-humblement pardon a fa divine xMa-jefté, de ce que je Iai offenfee, amp; a luute 1E-K'ife, de ce que je 1ai feandalifee en fignant lenbsp;Formuiaire: je reconnois que mes péchés, raorinbsp;orgueil amp;: tries infidélités continuelles ont attirénbsp;for moi cet aveugiément li terrible fur la faulle foflome, de Saint Auguflin, de Sainte Luce de Sainte Therèje-.']t les prends tous a rémoin denbsp;cette rétraéfadon fincére que je fais de mon plOjnbsp;pre mouvement, 6c dans une pleinenbsp;dEfprit, 6c que je prétends mettre écrite amp; li-gnée de moa feing encre les mains de mes Su^-périeures, défirant quelle fo:c joiiue, n eeia icnbsp;peut, a IAfte que jai feit quelque temps apresnbsp;ma fignature , qui ne me femble pas allez expres loS Rclation tent quafi poiir rien ce que jai fait, paree quel-de laSoeurles dil'en: que je ne Tuis pas changée de fenti* Marie An-jai même fqu que Monfeigneur lAr-pelique de chevêque a die a la Mere Supérieure de Céans,nbsp;que la perfonne de qui javois pris avis mavoicnbsp;fait iigner de la main, amp; non pas de coeur ^ 6cnbsp;que je navois pas plus donné que ce que nousnbsp;avions fait par la fignacure que nous lui avions en-voyé étant toutes a Port-Royal. II eft vrai auffinbsp;que je nai pas eu incenfion de faire davantage^nbsp;mais en quoi je penl'e avoir oft'enfé Dieu, eft denbsp;navoir pas allèz. pris garde que ma fignarure, de-vant devenir publique,6c les interpretations que jenbsp;lui avois donnée demeurant fecrétes, je condatn-nois en effec , contre mon intention, ce que jenbsp;navois pas voulu condamner-amp; je paroiffois menbsp;féparer de mes Srs. qui nont pas ligne', quoiquenbsp;mon intention eut toujours été de ne men pasfé-pater. Ceft ce qui moblige de faire certe Declaration, pour la décharge de ma Confcience,nbsp;fans fqavoir fi Dieu me donnera quelque occa-lion de la pouvoir rendre publique, étant plusnbsp;prifonniére quon ne fgauroit croire ; afin quenbsp;tout Ie monde fgache que je nai prétendu faire parnbsp;ma fignature que ce que javois déja fait par lesnbsp;Aétes des cinquie'me 6c du dixiéme Juiliet; quenbsp;je nai point voulu me féparer de mes Socurs quinbsp;nont point Cgnéj que jai toujours eftimé leurnbsp;fermeté; 6c que je demande a Dieu la grace denbsp;rentrer dans la participation de leurs fouffrances,nbsp;6c detre avee elles jufqua la fin en Hotre Seigneur yeJus-Chrifi un méme efpric 6c un meme Fait d Ste. Marie du Fattxhourg St. Jacq^ues Ie Septiéme Fe'vrier lóój. Sr. MARIE ANGELIQUE DE Ste. THERëSE , Re-hgieufe de Port-Royal. |
laration que M- Relation par ectit , me dc l.t Soaurnbsp;pouvoit é.xempter du mal que je reconnois dans Marie An-la Ggnature Ample da Formutaire ^ Iaccablementl-^'^^!^nbsp;de corps 6c dEfprit, ou ma caprivité mavoit^iEnbsp;reduite, 6c particulicrement la privation des Sts.'*quot;nbsp;Sacrements, mayant jettée dans des troubles 6cnbsp;dans des doutes qui me portérent a demander dunbsp;confelRque je fuivis en me faifant violence, maisnbsp;néanmoins en croyant le devoir faire j javoisnbsp;peut-etre befoin de 1éxpérience que jai faicenbsp;pour me perfuader combien il y a peu de fureténbsp;a mettre fa confiance dans les homines, puifquenbsp;quelque efiort que jaie pu faire pour fuivre avecnbsp;foumiffion les avis que 1on ma donnés, ilsnoncnbsp;pu méxempter des reproches de ma confcience , qui fe rendit mon accufateur 6c mon juge ,nbsp;auffitot que jeus fait cette aflion j ayant été de-puis dans des regrets 6c dans des troubles fi étran-ges, quue je naurois plus efpéré davoir deréposnbsp;en ma vie, fi je ne fgavois que Dieu par fa mi-féricorde infinie eft toujous pret de pardonner inbsp;ceux qui lui confell'ent avec douleur leurs egarc-ments 6c leurs péchés. Ceft pourquoi je menbsp;fents obligee en confcience de réiraéier devantnbsp;lui 6c devant IEglife, comme je fais prélènte-ment, la fignature du Formu/aire que jai faitenbsp;dans un état de captivité , ou elle ne pouvoitnbsp;paffer ni pour libre ni pour volontaire j fans quenbsp;je prétende par la éxcuïer ma faute, que je déiircnbsp;au contraire de pleurer route ma vie- amp; je {up-phe trés humblemenc toutes les perfonnes qui verront cette prefente rétradation, que jen fais,, de demander a Dieu quil me donne un véri-table Efprit de penitence , 6c la grace de luinbsp;demeurrr fidelle dans la Nouvelle occafion quenbsp;fa raiféricorde ma ofFarte de pouvoir encorenbsp;fouffrir pour fa vérité , done je me reconnoisnbsp;enticrement indigne après rinfidclité que jainbsp;commife ^ mais jofe néanmoins efpérer de lanbsp;grace route puiflknte de Jefus-Chr'iji ^ que jinvo-que de tout mon coeur, que je ne iérai plus ftnbsp;malheureufe que de toraber dans un h grandnbsp;precipice j je me mets fous la ptoteefion de lanbsp;Sainte Vierge ma patrone, qui eft le^ refuge desnbsp;péeheurs, fous ceile de Saint yean baPtifh^ denbsp;Saint Pierre 6c de Saint Paul, de Saint feannbsp;I'Fvangeiijie , de Saint Michel6c cie totJS ^lesnbsp;Saints Anges mes Protedeurs, 6c en particudernbsp;de mon Ange Gardien , de Saint Benoit , denbsp;notre Pere Saint Bernard.^ de Sain: Jean Chrt- ¦ ¦ ¦ nbsp;nbsp;nbsp;- 6c |
J\^latioTi de la Verftcutiox des JRelt^ieuJis de Port-Jioyal,^ nbsp;nbsp;nbsp;I07 pres amp; affex fuffifant, pour réparer cette faute, Vous feres peuc-êtrc en peine, mon trés cber Relation Que je encore tout dune autre maniére que Frere, [de fgavoir] comme jai pris cette aftion. Sceurnbsp;jc ne faifois aiors , depuis le bonheur que jai Je vous dirai que cette chéie enfant ma ouvert ^Fatie An-d'érre reunie en ce lieu-ci avec nos cbéres fon ca;ur de tout ceci avec tanc deconfiance,Quenbsp;Mercs amp; nos chéres Sceurs , dont la fermeté fije lui avois remoigne quejeferois affligéequclle ^5^^' Hi la vertu eft le fujec de notre admiration, fit autre cbofe que moi, elle ne Iauroit jatnais^^^'® comme Icur charité eft celui de ma reconnoif- fait. Mais a Dicu ne plaife que je Dominefurlanbsp;fance, amp; me donne des reflentiments que je ne foi dautrui. Je fgai que les ames font a Dieu-amp;nbsp;leur Igaurois affez temoigner. J'ai fupplic les (]ue eeft a lut a I'eur donner les fentimentsquellesnbsp;Meres fouffignées de me fervir de témoins, ne doivent avoir. Tout ce que jai défiré delle,ceftnbsp;pouvant pas avoir de Notaires, comme je le quelle prit confeil; amp;c eeft auffi ce quelle a faitnbsp;délirérois. a caufe de la Capüvité extreme oü lans fe hater: au contraire, elleauroit défiré avoir ^ quot; ¦ beaucoup plus de temps quelle na eu. Je lui ai que je laimerois toujoursj amp; eÜe my Relation de l-i Sreurnbsp;Marie A;'- f-rlique de Ste. 'X'lie- rule. Ce 8 Movembre II y a buit jours, mon rrès cher Prére que je devois m etre donnd 1'honneur de vous écrire pournbsp;vous remercier très-hurablement, comme jefaisnbsp;de votre derniére, qui ma apporté, comme routes les autres, une entiére fatisfacftiqn j amp; qui eftnbsp;dautant plus grande, quelle eft lunique que jenbsp;reqoive dans 1'état oü je luis. Ce qui ni a faitnbsp;diftérer, ceft que depuis ce temps-ïa ma Fliécenbsp;a eu reVpric éxtraordinairement occupé amp;: affligé nbsp;nbsp;nbsp;---ÏV/l/Ti* A rr*V\a^r «niïP» Uai Ce 26 Movembre 16(1^, Je défiré. Ma tres cbéreSceur,de vous donner de'^Ta'Pröpofiiion que Mgr. lArcbevêque lui tic ce petit écrit, qui vous favira pour éclaircir nos , nbsp;nbsp;nbsp;^____or. Ini rJr^nnnnr Pn mAmP-fpmr^c nnp nbsp;nbsp;nbsp;Jr. : -...n. «-PTAnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------ o_ nbsp;nbsp;nbsp; de figner, en lui donnant en même-temps une Dt'claration e'crite amp; fignce de fa main, par la-quelle il Iaffure quelle ne feroic pas un menfonoenbsp;ni un faux témoignage; mals que ce fcroit feufe-ment une aucre terme moins clair, cuelle fun. plia tiès-humblemenc Mgr. 1Archevêque doter^ trouvée auparavant que de figner, voyant que lon -nriic t1 np ]p Ini oGrrtrrl'i noc? tiUo U-.J nbsp;nbsp;nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/' _______)_ nbsp;nbsp;nbsp;___ _ nbsp;nbsp;nbsp;» maïs il ne le lui accorda pas. Elle lui demanda avec grande inftance une perfonne de confciencenbsp;amp; de piobité, pour lui coromuniquer fes peines ¦nbsp;amp; il lui envoya la perfonne quelle avoir demandénbsp;a qui elie a parlé p'.ufieurs fois- amp;iiraaffuréenbsp;qus cette Déclaration la mettoit a couvert. Sur-quoi elle seft réfoluë de le faire, nayant pas dautre lumiére-a ce queile dit,pour oppofcrdaucresnbsp;raifons a celles quon lui a données. lon nous recient......Fait en notre Celluie de Pert-lRojal des Champs le jour de la fete de notre Pere Saint Bcriiard ^ vingtiéme dAoütnbsp;16Ó5. SoEUR. Warië Angelique dé Sainte TherEsE , Pclighiije tndigne de Port-Boyal dunbsp;Sahit Sacrevicnt.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ SoEUR MaGDELEINE de SAtNTE AcNES. SoEUR Catherine Agnes de Saint Paul. SoEUR Mar-ie de Sainte Magdeleine. SoEUR Dorothee de lIncarnation. SoEUR ANG-ELlQ_t/E DE SaINT JEAN. SoEUR Anne de Sainte Eugenie. Lettre de la Mere Agnès a Monfeigneur l Evêqtte ri'Angers, Gloire a Jesus au tres Saint Sacrement. |
promis ^ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. oblige en routes faqons j amp; principalemetit a caule de la maniére dont elle a agi avec beaucoup denbsp;crainte de Dieu, amp; dapprchenfion de 1offenfcr.nbsp;Ce qui lui fak une telie impreCGon, que jai routes les peines du monde a la confoier, comme jenbsp;crois le devoir faire, puifquelle na eu dautre motif dans ce quelle a fait, que defuivrelavisdunenbsp;perfonne fage, amp; qui eft a Dieu. Je vous dirainbsp;que ma Niéce (Marie Charlotte) avoir fignédeuxnbsp;jours devanc la Soeur, fut la méme Declaration. Je les recoramande routes deux,amp;: moi,nbsp;a vos iaintes pricresj amp; je vous fupplietres-hum-blement de nous tenir toutes trois, fans oubliernbsp;ma Soeur aitigelique, fous lombre de vos ailes;nbsp;je veux dire de nous protéger devant-Dieu dansnbsp;ce temps daffliétion, en nous regardant commenbsp;des perlbnnes qui font entiéremenc ivous, amp;quinbsp;vous demandent en toute humiiicé votre faintenbsp;Benediction. Sceur Catherine Agnes de St Paul , Religieuje indigns. Retire de la Mere Mgnès d. la Sceur An~ geliiue de Sainte Therèfe. Gloire a Jesus au tres Saint oACREMENT. amis de ce qui ceft paffé entre vous amp; moi fur le fujet de laöion que vous avés feite j amp; pre-miérement je vous dols rendre juftice, que vousnbsp;navés point manqué a la confiance ehvers moinbsp;dans laccablement dEfprit oü vous vous êtesnbsp;nous tenoit dans une fi grande rigueur , queue nenbsp;nous vouloir accorder aueune perfonne a quinbsp;nous pulfions parler de nos peines avec coiifian-ce ce qui vous a donne des angoïlles extremes,nbsp;dans lefquelles mfenmoins vous m avés dit pki-fieurs fois que vous ne voulics nen faire que jenbsp;naprouvaffe ou que je ne füTe moi-même. Mats je confcience fur celle des autres, ni rien 'faire par O 2 |
io8 nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Terfécution des Religieufes de Vort-Royal, 1664-1665.
quot; nbsp;nbsp;nbsp;Relation
Copie dun Billet de la Mere Agnès écrit de yi^'® Secut main avec dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;crayonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ fans datte.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mane An-
^ nbsp;nbsp;nbsp;gelique de
Ste. 1'bé.
Je fais ces lignes pendant Ia nuit quemapauvrCj-^fc.
Soeur a la fiévre , pour vous dire plus franche-
Relationimitation^ que cétoit a Dieu a donner la force Mar'ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;on avoic bcfoin; amp; que ce feroit sappuyer
Kfc'linue dprendre en une Sfe 'ffienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Etant done arrivé que Monfeigneur
rèfê. 1'Archcvêque vous apportaune Declaration écrite amp; fignée de fa main, par iaquelie il vouloit levernbsp;nos icrupules, en affuranc quon ne feroit pointnbsp;de menfonge ni de faux témoignage en fignant,nbsp;vous lui demandates une perfonne de piété pournbsp;lui communiquer vos doutes:amp;je vous aban-donnai entiérement entre les mains de Dieu amp;nbsp;les liennes. Vous prices fon Confeil avec unnbsp;entier- désintéreffement , Ie conjurant , commenbsp;jen fuis tétnoin , de vous Ie donner feion Dieu,nbsp;fans avoir égard a vos peines,dans lefquelles vousnbsp;aimiés rtiieux detneurer toure votre vie que dof-fenfer Dieu. II fe paffa huit jours, que vousnbsp;employates a prier Dieu avec larmes, amp; ï con-fulter cette même perfonne, qui vous afluraqua-vec cette Déclaration, vous pouviés amp; deviésnbsp;figner fans crainte amp; fans être retenuë par ce motnbsp;dacyuiejcement , qui vous faifoit grande peine.nbsp;Vous auriés toujours voulu tarder, mais Monfei-gneur étant venu pour cela, il falut figner; cenbsp;que vous fites en lui declarant plufieurs fois quenbsp;vous ne condamniés point Monfieur dI/gt;w,-quenbsp;vous 1éftimiési que vous Ie reveriés dc y aviésnbsp;devotion comme a un Saint. Que vous ne vousnbsp;fépariés point de toutes les perfonnes qui nousnbsp;ont conduites, en nommant ceux quon connoitnbsp;davantage; Ec que vous naviés intention en fi-gnant que de rendre une foumiffion de refpeét ^nbsp;la déciüon du Saint Siége. Ce que Monfeigneurnbsp;répéta en fes termes: Je ne vous demandequu- ne foumiffion refpedueufe a une décifion quenbsp; Ie Pape a fait dune Dodrme;que sil a malnbsp; jugé , ceft pour lui. Depuis cette adtionnbsp;vous navés pas eprouvé Ie repos que les autresnbsp;Süeurs qui ont figné ont eu, a ce que 1on dit jnbsp;car je vous porte témoignage que votre douleurnbsp;a été cxceffive, amp; que jai éte obligee de la mo-dérer en vous ffifant quil ny avoit que limagenbsp;du péché dans votre adtion 6c non Ie péché même toutes les circonftances qui y font intervenuè'snbsp;vous en ayant éxemptée, comme je croyois, amp;nbsp;pour avoir remarqué en vous une augmentationnbsp;de crainte de Dieu, damour pour la verité, Scnbsp;dunion avec toutes nos Sceurs qui ne Tont pasnbsp;fait. Ec il ne ma pas cté difficile de garder Janbsp;promeflë que vous aviés éxigée de moi aupara-vanc que de rien faire, qui étoit que je ne menbsp;déchargerois pas de votre conduite, ayant trou-vé en vous un Efprit humilié 6c docile,nbsp;qui vous fit écouter tout ce quon vous dit j cenbsp;qui me fait croire que par une conduite admirable de la miféricorde de Dieu, il veut tirer denbsp;mal apparent un bien foiide amp; véritabie pournbsp;Totre amc,
Slt;eur Catherine AGNES DE St.
PAUL, Rtligieuje ipdtgne.
a
ment que par elk-même, quclle ne fut jamais fi bien difpofée quelle eft, non pas même a Port-Royal, oü elle héfitoit, penlant quon en de-mandoit trop , amp; quil ny alioit pas dun flnbsp;gtand péché. Depuis que nous fotnmes ici ellenbsp;a été dans des foiblellès éxrrêmes, 6c quafi aunbsp;défespoir. Mais depuis quon lui confeilla denbsp;figner, elle entra dans une fi grande craintenbsp;quclle demandoit la mort a Dieu devant quenbsp;den venir la. Mais on lui dit que Mgr. reti-rerok fa Déclaration. La peur de fe retrouvernbsp;dans les mêmes angoiffis la fit fignery maisnbsp;avec des larmes infinies: deforte quon peut dire quen faifant ce quil ne failoit pas faire,nbsp;elle fe convertiflbit è Dieu amp; sattachoit anbsp;la vérité , dans laquclle elle eft d préfent finbsp;ferme , que fon plus grand défir feroit de Ienbsp;déclarer ; amp; elle ma dit vingt fois routenbsp;fondue en larmes , quelle vouloit fe rétrac-ter : ainfi Ie poifon a été fon antidote. Ellenbsp;eft fi mal de fa quarte, que je ne fqai ce quinbsp;en arrivera. Jé 1ai toujours aflurée que Dieunbsp;iavoic vouluë guérir en la bleflant. Je navoisnbsp;jamais JU une fi grande contrition. Elle a horreur deUe-même 6c révére routes celles qui fontnbsp;fermes. Elle na pu fouffrir quon laic congratu-lée céans, difant quelle avoit fuivi Ie confeil quonnbsp;lui avoit donné, mais avec une éstréme peine. Jenbsp;ne fgaurois dire Ie quart de ce que je voudrois anbsp;caufe de ma vuë, qui ne me permetpasderelire.
Réponfi de Mr. cTAngers d la Retire de la Mere Agnès,
24 Décembre 1664.
Jai appris, ma trés chére Sceur, avec une con-folation trés lènfible, que vous avésuneLettredu bienheureux Franfois 'de Sales,, par laquelle il faitnbsp;paroïcre la charité que Dieu lui avoic donnée pournbsp;routenotre Familie; amp; je ne méconne pas quellenbsp;vous foic fi chére amp; fi précieufe. Elle vous devoitnbsp;ce me femble fervir dune trés puiflante recona-mandation au lieu oü vous êtes; mais Dieu vous veutnbsp;préfencement dans un état de peine, defouffrancenbsp;6c daffliéfion, 6c cela durera tant quil lui plaita.
Je vois bien, ma trés chére Soeur, que vous êtes éconnee que je naie fait aucune réponlè i
votre Lettredu 8 du mois pafte touchant ma Nkce;
mais que vous aurois-je pu dire fur un tel fujet, dans une auffi grande Captivite' que celle ou vousnbsp;continues detre j non, par la grace de Dieu,quenbsp;ie craigne de dire mes fentiments, puifqueje veux
bies»
Relation de la Perfécutkn des Religieufet de Port-Reyal^ nbsp;nbsp;nbsp;loo
Rektionbien que tout Ie monde les fgache;mals paree- mais je vois que non, ^ifquvile na aucune Rektiou delaSoeurque plusje vasavant, amp; moms je maccoutume nouvelle de la Familie nnn ili ^ ^ aucune Keiatio
Marie An- a me^^ voir reduit a ne vous dcrire que des Lettres II fauc adorer danrie filen/. f T
gelique deque 1on voit auparavant que de vous les rendre , divine providence- eeft rr,V nbsp;nbsp;nbsp;Marie An-
The-comnaefi nous étions des perfonnes convaincues davoir confpiré contre lEtat. Dieu jugera unnbsp;jour li nous méiitons detre traités, de la forte.
Javois cru que cette pauvre Enfant feroit traitée difFéreracneqt de vous après avoir figné,
prelentemenc ma trés chére Soeur,
VOUS Qnp mon rnpnr lt;=*fï- nbsp;nbsp;nbsp;Xnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TÊie.
êc aiïurés-vous. que mon coeur eft tout a vous.
t
henry,
Evéque d'^ngers.
************ ##***#****# **%#*^
MARIE CHARLOTTE DE S t e. CLAIRE
Religieufe de Port-Royal.
Exilée, 1°. aux Filles de St. Thomas, ruë Vivienne; Q.tgt;. a la Vifitation du Fauxbourg St. Jacquesla Mere Agnês (fa Tante.)
O men ennemie., ne vous réjouijfés point de ce que ji fuis tombés: je me releverai après que je me fertd ajjtfi dans les Ténéhres j Ie Seigneur efl ma lumsére. Je porterai Ie poids de la Colére du Seigneur , paree que fai pêché contre lui, jufqud ce qu'il jtige ma caufi, ^ quil fe délare pournbsp;mot contre cenx qui mi perfêcutent; il me fera pajfer des Ténéhres d la lumiére j jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;contemplerai Ja juftice. Michée Chap. Vil. V. 8 amp; 9.
GLOIRE A JESUS-AU SAINT SACREMENT DE LAUTEL.
LE 2(5 Aoüt 10^4 M. lArchevêque étant forti du Chapitre oü il venoienbsp;de noramer les Religieufes , aux-Quelles il faifoit commandemenc denbsp;Inir du Monaftére du nombre
SSoïné 'de quèlques Ecdéfiaftiques, amp; appel-k Ta^ Alere^ï?»^^ amp; celles qui devoient pattir les premières. M. du PleJJïs (Grand Vicaire)nbsp;étant demeuré dans Ie Chapitre avec la Cotn-munauté, je me mis a genoux devant lui, amp;nbsp;Ic fuppliai avec inftance^dobtenk de M. 1Arche veque que je puflè être avec la Mere Agnès : je luv tepréfenrav linhiraité de ma Soeurnbsp;Angelique Thérèfe , qui a peine étok relevéenbsp;dune fort grande makdie qui ne lui permettoitnbsp;pas de rendre clle feule i la Mere les fervicesnbsp;qui lui étoient néceffaires, fans fe faire beau-coup deffort, puifquelle même avoit befoinnbsp;dune perfonne pour la foulager. ll me témoi-gna de la compalTion, amp; maflura quil y feroitnbsp;ion poffible. H y cut pluücurs de nos Sceurs
La ScEur Ma- J rie de Ste.nbsp;Claire dt-manded'êtrenbsp;rdnnie avec
qui lui parlérenc de la conduite fi éxtraordinalrc Quon tenoic fur la Maifon. II repondit; Sil
A..T-...
ir.
y avoir cu un Archevêquc a Par/c il yadou* Defttuftis» ze ans que ce que vous voyés aujóurd-hui fe- «1 tócrml-, roit faiL Ayanc oui cela je me retirai, en née dei.is«nbsp;dilanc; Ce n eft done pas Ie refusdelafignature = '»f*-1, qui eft caufe de la ruïne de notre Maifon - mais lormu'ailcnbsp; on nous ordonne la fignature, afin davoir un fett'de pr?- pretexre pour nous perdre; car il yadouzeans Iff*
quon nenparloitpLt.quot;
En même-temps jentrai dans le Choeur, oii etoit la M. Agnh ^ pour me recommander a fesnbsp;priéres, amp; lui dire, comme je le croyois,ledernier adieu: mais avant que japprochaffe delle,
IVl. lArchevêque mayant apper^ue, me vine prendre par le bras avec une promptitude extraor*nbsp;dinaire,6c me retira avec force, en difant :Com- ment, vous me défobéïffés encore ? Sortésnbsp;, dici vous venés accabler la bonne Mere. Jenbsp;lui répondis: Mgr., jenai point entendu quenbsp;vous euffies défendu de dire adieu è laM. Ag- nès: amp; ainfi je meretirai, ne penfant plusinbsp;O 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ika
Relation de la Perf/cution des Tleligieufes de Port-Royal^ \ 66i\.-i66^ I TO rien Relation de la Soeurnbsp;Marienbsp;Cltarlottenbsp;de Siintenbsp;Claire. Sainte Claire. HIT. Son depart.^ Elle pafle anbsp;Montmartre. de Montmartre.. VI. Rcligieufe Madame Dorat. IV. Son Entte-tien avee rEcdefiaiti*nbsp;que qui Iacnbsp;«ompagnoit ehoifi pour utie ^Ue commiflion, 6c me dit quon i etOlC Venu quenr fans lui dire pourquoi; lt;Sc que sil qua m abandonner a Dieu amp; a fa divine providence, que |e confidérois particuliéreraencnbsp;attentive fur nous dans un événement fi extraordinaire. Je fortis avec la Mere Prieure amp; manbsp;Soeur Anne de Ste. Cecile-^ tnais auparavantjemenbsp;mis a genoux devant M. IArcheveque, amp;luide-mandai fa Bénédidion: il me la donna, amp; sap-percevant que jétois touchée, il me dit: Re-,, gardés Dieu, regardes Dieu. Je luirepondis:nbsp; Oui, iVionfeigneur, je le regarde, amp; eeft ennbsp;,, lui que je mets toute ma conTiance. Etanc fortie, nous nous mimes routes trois a genoux devant !e Tableau de Notre Seigneur,nbsp;reprclencc fous la figure du bon Pafteur qui eft anbsp;IAutel de la petite Chapelle de 1Eglife. La Merenbsp;Prieure amp; ma Sa;urnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ceci/e firenr leur priere, pour moi je mofFrois de nouveau a ce divin Pa-ftcur, me mettanc fous fa protedion pour cequi me pourroit arriver, le fuppliant quil mé'fit lanbsp;grace detre une de fes brebis qui écoute fa voix jnbsp;amp; quen le fuivant jefpérois que je ne ferois pointnbsp;troublee. Ec ayant trouve mon Pete dans IE-glife préfent a un Sacrifice, qui étoit le fien aulTi-biea que le notre, je lui demandai fa Benediction, ne fqachant pas fi je le reverrois jamais; ilnbsp;me conduific devant IAutel, ou il fe mit a genoux, amp; my fit raettreavee luij amp; ayant faitnbsp;fa priere, je lui dis: ,,Mon Pere, vous mavésnbsp; déja donnée a Dieu une fois, donnes-moi en- core a lui en cette feconde occafion. Je nenbsp;Icavois point en quelle Maifon 1'on me mcnoic inbsp;mais mon Pere, qui prit la peine de nous conduite julquau carofte , 1 ayant demandc a 1 Ec-cléfiaftique qui nous conduifoit, jappris que cé-toit aux Filles de Saint Thomas. Lorfque nous fumes tnontces dansle carofTe, la Adere Prieure commenja le Pfeaume Beatsnbsp;immaculati nous le potufuivimes tout du long.nbsp;La Mere Prieure fat la première placce a la Pr//#/*-tim de la rue Montorgueil. Je me féparai davecnbsp;cïl'c en la Suppliant de pricr Dieu que rien ne fucnbsp;capable de rompre notre union. Lorfquelle futnbsp;entree, lEccléltartiqite me pria de v^enir a Montmartre pour accotnp.sgner ma Sceur Anne Cedle,nbsp;qui fe troiivoit mal, 6c quil avoir ordre dy conduite. Je 1acceptai très-volontiers, comme unenbsp;providence de Dieu route particuliere pour allernbsp;mettre toute notre Communaiité fous la protection des Saints, qui nous one acquis'le don de lanbsp;Foi au prix de leur fang ^ amp; demander a Dieunbsp;fur le même lieu ou ils font répandu, quil luinbsp;pliu nous faire la grace par Icur inrerceffion denbsp;méprifer pour fon amour les faveurs amp; les caref-fes du monde. amp; dc n'en point craindre fes menaces ni les adverfités. Darant le chemin jcus quelque entretien avec bon Ecclófiaftique touchantnos affaires. (Cé-tok Margalet nbsp;nbsp;nbsp;de 'idmijeast le Rondj ) II me temoigfia beaucoup de regret davoir cté |
1avoit fqu il ne fauroit jamais acceptée;raais quil Relation croyoit que les chofes ne dureroient paSj queilesde la Steurnbsp;étoient trop viokiites; que M. 1Archevtque feAL-rienbsp;faifoit violence a iui-même pour agir de cette ma-niére, amp; quil en étoit folücité par la Cour. je*'®nbsp;répondis; ,,Nous le.fqavons bien, M., que M. f Archevêque eft pouffé par la Cour; 6c il ne faut pas trouver étrange,fifqachancceque nousnbsp; fgavons, 6c voyant ce que nous voyons, nousnbsp; refufons de prendre part a la fignature. II ré-pondif. ,, Ils veulent quon obéiffe a faveugle. Je répliquai; Cela eft bon, M., dans les chofes ,, indifferentes; mais en celle-ci, il fautêtfepru- dent comme des ferpents.^ II répéra cepaila-ge en Latin , comme sil en eüt approuvé fappli-cation. Je lui dis qucncore que fétat oüM.lAr-cbevêque nous alloit rt'duire fut pcnible, néan-moins je rembraUois avec joie pour lui donnernbsp;des preuves de mon obé'iffance; que jefpcroisnbsp;quaprès cela il feroit fatisfaic,amp; ne.nousparleroicnbsp;plus de fignature. II ne me répondit rien la-def-fusj mais il mencouragea fort a la fouffrance, ennbsp;difant que yefits-Cbrifi nous éxhortoit a ne pointnbsp;craindre ceux qui tuent le corps; que la vie étoitnbsp;toujours courte en comparaifon de féterriité. Lorfque nous fumes arrivées a Montmartre v. nous entrames, ma Sceur Cecile amp; moi dansl'E-glife des Martyrs; nous y fimes enfemble notre Martyr de priére, amp; .puis nous nous léparames après nous Monitnartie. etre embralïées, 6c nous être encouragées 1unc lautre a demeurer toujours dans une parfaiccnbsp;union. On alia faire entrer ma Sceur Anne Cecile\ amp; je demcurai dans 1Eglife, recommandant cepen-dant a Dieu amp; a fes Saints Martyrs routes nosnbsp;Meres amp; nos Soeurs; le fuppliant très-humble-ment par les mérites de ces grands Saints de nousnbsp;faire la grace de nêtre toujours cn lui quun même efprit 6c un même cneur, amp; que pas une nenbsp;séloignat du chemin de la vérité. qui étoit entree a Fort-Royal AMtoent la guerre de i^aris avec plulieurs autres Rel'gj^'^^^s.delatncmedame DoMtlnbsp;Abbaye, ayant fgu notre arrivéc, défirade menbsp;voir: eile 1'obtint de Madame IAbbefife, 6c 1onnbsp;me mena au Parloir: elle me témoigna beaucoupnbsp;de companion, 6c encore plus, lorfque mayantnbsp;demandé oii 1on avoir mené la Mere Agnes 6cnbsp;nos autres Meres 3c Srs.je iuirépondisquejenennbsp;fqavois rien: elle me demanda pourquoi done nousnbsp;refufions de figner; qu'on leur avoir apporté unnbsp;grand papier en leur difant quil le falloit figner jnbsp;que toute la Communauté 1avoit fignd fur lenbsp;champ fans difficulté; que nous euffions dii ennbsp;faire aucant. Je lui répondis, que I'e tempanerocnbsp;permettoit pas de Ienrrerenir fur ce fujet autantnbsp;quil auroit été néceffaire pour 1en éclaircir,nbsp;paree quil étoit déja tard; que je la pouvoysaffu-rer que nous navions que la crainte de Dieu de-vant les yeux. Oette r^ponfe ki lacisftr. Jelui re-commandai ma Sr. Anne Cecile ^ qui venoitden- trer |
III
Relation
Relation trer dans leur Mailbn. Elle me répondic: On delaSccLir nous defend de lul parler. En fortantjclanbsp;Marie fuppliai de faire tons les jours une priére aux Stsnbsp;Charlotte Martyrs pour notre Monaftére^ ce quelle me pro-de Saiiite jjjif beaucoup dafFeótio_n.
Claire. Nous rcmontames dans le Caroffe pour aller au lieu de mon éxil; quand je fus fur le pointnbsp;dentrer dans le Couvenc , je me mis a genouxnbsp;pour recevoir la Bénédidtion de cebanEcclclial-tiquc qui nous avoir conduites: il me la donna,nbsp;amp; me promicavec beaucoup daffedionquil mof-friroit a Dieu tous les jours dans le St. Sacrifice.nbsp;Jc lui en temoignai ma reconnoilTance, amp; il menbsp;dit: En vérité, ma Steur, voici une ctrangenbsp; journee pour moi. Je lui repondist ,,.Nous
vn.
Son arrivée Rux FilU dcnbsp;Sï. Thomas.
de lit PerfAution d?s Religknfes de Port-Royal^
Elle me répondic nbsp;nbsp;nbsp;rr'nho.io. r^i. u:-_
lité. Il répliqua : ,, Oh bien, nous ferons du Relation mieux que nous pourrons, amp; jefpére queDieu ^e la Steur
verfera fes graces fur ce Monaftcre en votrefa- Mane veur. Je repondis: Ce ne fera pas en manbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
faveur, mats Ü promet de faire miféricorde a ri ire ceux qui auront etc miféricordjeux envers les'quot;
,, autres. En retournanc en notre Chatnbre les Meres me demandtrenc fort civilement, fi jcnbsp; défirois quon y mic coucher quelquune avecnbsp;,, moi. Jelesenremerciai. Ellcsfevecirérentamp;menbsp;laÜÏ'érent feule le veile du foir. Je pafiai la nuitnbsp;dans une douleur la plus fcnfible que jaie jamaisnbsp;expérimentee, en fongeant a nos Meres, que jenbsp;voyois prifonniéres, fans, fqavoir ou, ni commentnbsp;ellcs ctoient. Il me vine dans Iefpric qui
Dieu
,, ferons Crop heureufes, M., finousnavonsqua nous alloit éprouver parcettereparation, 6crecori-c^.ifFrir fir nbsp;nbsp;nbsp;ni,.c Aff rirrnotTi. noitrefi Dous Taimioos Vt'fitafa!emeiit 6cdinsEVC'
rité, aufli-bienlorfqucUenous attiroit desfouffran-ces, que nous 1avions aimée lorfquelle nousavoit
fouffrir amp; quon ne nous parle plus de (ignatu-,, re. Jallai enfuite a la porte, ou je fusreque par la Révétende Mere; je me mis a genoux de-vanc elle, en luidifanc: Ma Mere, Dieu vousnbsp;,, envoie en ma perfonne un fuj.ee pour exercernbsp; votre charité: elle me releva Ians me rien dire . Ce bon Eccléfiaflique me recommanda fortnbsp;elle de la part de M. 1Archevêque 6c denbsp;celle de mon Pere: lorfquelles entendirent nom-mer M. d'Andilly, elles eurent une étran-ge frayeur , comme elles me 1ont avoue de-puis, amp; fe plaignoient de M. de la Brunetkre ^nbsp;a qui elles avoient dit le jour précédent avec «nenbsp;grande appréhenfion, quaflurément on leur don-neroit la pire de toutes ^ de quoi néanmoins ilnbsp;avoir cache deles confoler, en leur promettantnbsp;qu'on y auroit égard : mais ce nom leur fit croirenbsp;quon ne leur avoir pas tenu parole-
La Mere me mena dabord adorer le Saint Sa-crement, amp; me conduilit enfuite dans une petite Cbambre au plus hauc de la Maifon. Elle me fitnbsp;dcs éxcufes de ce quelle netoit pas plus belle,nbsp;difanc qu'elles navoient point de logement. Jenbsp;lui repondis quil ne me falloit qu un petit trou,nbsp;amp; quil metoit bon. Elles demeurtrent environnbsp;un quart-dheure avec moi, amp; puis elles direntnbsp;quelles croyoient que je feroisbien aife quon menbsp;ikflac feule . Je repondis, quelles me feroientnbsp;plaifir; que javois de TOffice a dire, 6c que jenbsp;ferois bien-aife de prier Dieu; que fi elles le ju-geoienc nécelTaire, elles navoient qua fermer lanbsp;porte: elles^fe rairent a fourire, 6f. sen allerent.nbsp;Je me mis a dire mes Vepres avec beaucoup de
apporté route forte de confolacion amp; de douceur.
Le lendemain on me laiffa feule prefque route IX. la matinee. Néanmoins fur les dix heures une EUeyom-Religieufe me vine demander fi je navois befbin ^'jouvet fanbsp;de lien. Je répondis que non, mais que je fup-Coptivité.nbsp;pliois qu'on me fit la grace de me mener a laA-vyywgenbsp;MeQ'e. Ellé me dit quelle alloit parler pourcela.^jc^ Ucore-Sur les onze heures elle me vine querir, amp; menbsp;mena dans une Chapetle, amp; en ferma bien routes les portes. Je nen fqai point la raifon, fi cenbsp;neft que ce lieu écant un paffage, on ne vouloitnbsp;pas que les Religieufes me vitTenc. Javoue quenbsp;cela me toucha amp; me fit répandre 'des larroes.
Auiruóc que la Meffe fut dice, cette mcme Re-ligieufe qui ctoit deftinée pour avoir fain de njoi., nre ramena a notre chatnbre, amp; elle mapportaa'nbsp;diner: elle fe tint auprès de mot , Ians me dire unenbsp;feule parole, quoiquelle sapperguc bien que lesnbsp;larmes mempêchoient de manger; amp; fur une parole que je lui dis , elle me'fit fculemenr un fgnenbsp;de la main, plucót que de me rcpotidie, oui ounbsp;non. On lui avoit donne cet ordte de ne pas direnbsp;un feul mot; ce quellc obferva fidélcmcnt, amp;nbsp;moi auffi de mon cóté, qui fus plus de fix femai-nes fans parler,fi ce netoit quand la MerePrieurenbsp;ou la Mere Soiiprieure prtnoient la peine de menbsp;venir voir; ce qui étoic affez rare. Oela mecaufanbsp;une telle fcchereire depoitrine,quejcnavoispref-que plus de voix ni de parole. ' .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
La première femaine que je ^ 3^ refientis ^ x.
Son Etirre-ticn avec
paix; ce que je venois devoir rempiifibit mon beaucoun d7coDfoÊ7iöndecéqueDieumcdonnoit*'lt;'«ud En-cceur amp; mon Eipnt d une douleur qui me péne- un moyen de fatisfaire a mes fauces, amp; de güérir les
... piaies dé mon ame, qui étoic fi fort affoibhe par unpignott. srandnoïTibreclinficlélites amp;ue negligences, dontnbsp;je me reconnois coupable. ce cjui faifoit que Ietatnbsp;dhumiliation amp; de me'pris ou je me trouvoisre-duire, ctoit la plus agreable jdenlée que. je pullenbsp;n^s parler daucre avoir gt; amp; rne tenoic lieu de touce autre confola*quot;
troit; mais
. * nbsp;nbsp;nbsp;--'¦'«-v.*». nbsp;nbsp;nbsp;O', lit*
qui par la miféricorde de Dieu ne
niaffoibliffoic point.
Environ une heure aprè?,!a Mere me vint
rir, 6c me
que-
tirn .vec nbsp;nbsp;nbsp;au Parloir, ou M. 1Abbe de
M de nbsp;nbsp;nbsp;Confefieur mattendoit: il me
gignon. fit de grandes civilites, fans
chofe ce jour-lL II in affura que je ferois traitée tion. nbsp;nbsp;nbsp;, . . i
avec tout le foin 6c la charité polTible. Je ré- Je demcurai hurt jours dans cette difpofitionamp; pondis; Monfieur, ce fera sil vous plait com- dans une fort grande folitude, les Meres neriié-5, me une prifonniéretcar je fuis ici en cettequa- tant venu voir que deux ou-trois fois,amp; fort peu
de.
¦Royal Religieufet, i66^-l66^. 1affaire setoit vue a tel point, que ceux qui les Relation défendoienc avoient cru que tout alloit être ter- de la Sccurnbsp;miné a leur avantage; mais quiis avoient étéM^denbsp;bien trompési que le Pape ayant requ unenbsp;tance particuliere du Saint-Efptit les av'oit con-P5 §^*titcnbsp;damnees,- .6c quenfuite de cela ils sen allerent^^'^^*nbsp;a Genève avec les Huguenots. A ces paroles je fis un cri, 6c je lui dis en pleurant: ,, Ah, Monfieur! la haine 6c la mé- Marie Charlottenbsp;lie Sain enbsp;Claire. ,, difance peut ellc aller jufques-la? 11 medic: Oui, oui ils y ont etc, Je le fgai bien, Je ré XI, 11 - nbsp;nbsp;nbsp;Relatmt de la Térficution desde Fort- Relation de temps. Si on mavoit iaillee toujours ainli delaSceur fans rne tourmenter fur la fignature, jaurois dténbsp;trop heureufe, mais cela ne dura gueres. Carnbsp;au bout de ces huic jours M. Blampgmnvdfo.-^nbsp;voya quérir. II me fit un grand difcours fur Io-beiflance que Ton doit aux Supérieurs, ou ilnbsp;employa les raifons quon a coutume dallcguernbsp;pour perfuader quon doit fe foumettre fur le faitnbsp;de Janfenius; que ne pouvanc par moi-memenbsp;Igavoir la vérité de ce lt;?/?,jen devois croiremesnbsp;Supérieurs, qui saccordoient en cela avec toutenbsp;IEglifej que sil y avoir du mal ils en répon-doient, amp; que je pourrois dire a Dieu avec Vincent de Lerint: Seigneur j'ai été trompé',c'eflnbsp; vous qui niava trompéj car vous mavés com-Tnandé d'obéir a quot;votre Eglije. Je répliquai, que jobéilTois aufli a M. IAr-cbevêqije, qui nous avoir ordonné de ne ricn faire quavec iincérité- que ft après quil nous'avoirnbsp;donné cet avertiflèment, je faifois quelque chofenbsp;contre ma confcience, je ne pourrois me répofernbsp;fur ce quil en répondroit a Dieu, puifque lui-méme me défendoit de le faire, fi je nétois pasnbsp;dans cette difpofition; amp; quainfi le péché en re-tomberoic fur moi. II repondit: On vous anbsp; fuggéré tout cela: vos Meflieurs ont bien peurnbsp; que vous ne leur échappiés: ils viennent rodernbsp; ici au tour, mais on Ics veillera de prés. Jenbsp;répondis: Ils nc nous ont jamais parlé dematié- res conteftées; ils ne nous ont inftruites quenbsp; fur notre Régie amp; fur les verms, mais ilsnbsp;nous one particulieremenc éxhortces a 1 a- mour du faience amp; a léloignement de routenbsp; curiofité. Monfieur le Doyen amp; Monfieur Eatlnbsp; le reconnurent amp; le déclarérent publiquemenCnbsp;après la Vilite quils firent dans Fort-Royal^ aunbsp; commencement de ces troubles. I! eft vrainbsp; que depuis quon nous les a ótés; tout ce quinbsp; seft pallé au regard de la fignature 6c les di-, vers Mandements qui ont paru, nous en ontnbsp;plus appris en trois ans, que nous nen avionsnbsp; fgu cepuis quils nous conduifoient. II repondit: Tellement done, que pour avoir voulu empécher quon ne vous inftruilit decesnbsp;maderes, vous en avés appris plus que vous nennbsp; fgaviés; Je répondis, quil étoit vrai.Ilpour-fuivit; Jai été autrefois de vos amis, Monfieurnbsp;6c Madame de Liancourf font les perfonnesdunbsp; monde a qui jai le plus dobligation; M. F!e- riot a été un de mes meilleurs amis; je fuisnbsp; dans toutes les maximes de vos iMeffieurs pournbsp;,, ce qui eft de la Pénicence: je donnerois ma vienbsp; pour cela. 11 y a vingt ans que je fis une mif- lion au Fau^bourg St. Germain, oujerenvoyainbsp; plufieurs perionnes, fans leur donner Iabfolu-5, cion, parcc quils ne vouloient pas quitter lenbsp;pêché. Je fuis davec eux pour ce pointy maisnbsp;55 depuis quils ne veulent pas fe foumettre, jenbsp; n «1 fuis plus. 11 jic enfuite ce qui sétoitnbsp;pane a Rome au fujet dcs cinq Propofitions: que |
pondis; ,, Ceff une calomnie que leurs Ennemis one fait courir, auffi-bien que plufieurs autres : mais Dieu fqait quil ny eut jamais de perfon- nes plus attachées.a IEglife, quils y font unis , 3, oc qu ils font prets de répandre leur fang pour elle 6c pour fa véricc. Leur vie en eltnbsp; une preuve,; ils quitrent tout, ils fouftrent desnbsp; perfécutions continuelles, plutot que de man- quer a Dieu, mais ce fera aufti lui qui les ennbsp;,, recompenfera. Comme il sappergut que jé-tois touchée, il'ine dit: Comment voules-vousnbsp;,, que je vous croie,vou3 quinevoulés pascroirenbsp;,, M. de Faris ? Pourquoi avés vous peine de fig- ner fur fa parole.l' Je répondis: Pareequenbsp; eeft un fait contefté done il sagir^ 6c je ta-chai de lui faire voir quil ny avoir rien quinbsp;con vine davantage aux perfonnes de notre état,nbsp;que.de ne prendre aucune part a cette contefta-tion, amp; que cécoit le feul parti ou je puffe trou-ver le repos de ma confcience. Sur la fin de cet entretien, qui fut fort long, jelui dis: r,Vous voyés, Monfieur, mes difpo- tionsa légard de ce que M. IArcheveque nousnbsp; demande: je crois que vous êtes perfuadé quenbsp; ce neft point paropiniatretéque je nemerendsnbsp; pas, mais par la feule crainte doffenfer Dieunbsp; en parlant contre la verite. Je vous ferai biennbsp;,, obligee,fi vous obtenes de lui la grace depou- voir communiefle jour de la Nativité de lanbsp; Ste. Vierge. Il me répondit, quil croyoic quenbsp;M. IArcheveque me Iaccordpoit, pourvu quenbsp;je vouluCfe changer de difpofition. Je rcpondi.s,nbsp;que toute ma difpofition étant, que je ne vouloisnbsp;point offenfer Dieu, je ferois bien miférable dennbsp;vouloir changer, Ladelfus.il me die: Vousnbsp; venés de dire une parole qui gate tout. Jufqu^ prdfent la modeftie de vos réponfes mavoitédi- fie. Je vois bien que vous nentres point dans ce que je vous dis, je fuis faché contre vous. Il sen alia, répétant toujours j»!/ étoit fdchécontre moi. Je retournai S notre Chambre fi outrde dc douleur, de voir a quelles perfonnes javois affai-^sa^^douiei* re 6c en quelles mains jétois, que je me pris a Vnue'ies répandre une abondance de larmes devant une mains de fd-image de notre Seigneur j mais au lieu de lui/l^'nbsp;mander la force de lui être fidéle, puifque c etoitnbsp;fa volonté de me mettre dans la fouffrance, jeluinbsp;demandois au contraire des foulagements exterieurs, |
Relation, de la Verfécution des Religieufes de Port-Royal., i66^-i66^. ie la'sceurr nbsp;nbsp;nbsp;cela ja ne me pouvois Marie nbsp;nbsp;nbsp;étant deftimée de routes fortes davisamp; Charlotte 5 nbsp;nbsp;nbsp;occalion, ou ils raaaroient de Sainte ^ ' nbsp;nbsp;nbsp;pour fgavoir comment jet' '' bit dansKaWeïem''cuquot;'if Ie verfpr J 5 .J® prevoyols. Paicr meus ^ Tdomimis Claire, xin. rfpritirraidfuivanti amp; quoique cette bonne Religieuie quia-maiade. Eo-yojt {bin dc moi sen apperqut, elle continua,fe-Ion fa coutume, i me kifler feule route k joür-pfiwre. Pr^- née, Mais la Mere Soüprieure ayant fqu que jé-ventions dtjgjj salade, me vint voir fur Ie foir t elle medic cette Mere,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ponoit une grande compaffion. Mais quii ne tenoit quk moi de roe Ibulager. Elle fe mit enfuiie a m'éxhoner a kfignsture par les prin , . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-------amp;.^u.v;uuia- je HIIOIS muil poulOit oi»*qoe JC luur- XIV. volt foin de moi sen appergut, elle continua fe- frois intérieurement ne parut point au dehors^ Sc Elle cache fa I lt;»* r- ^ nbsp;nbsp;nbsp;«5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 'snbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ClOUlCUI Slijt ; devois tom- _____ Dans eet état Ie verfec de Dawin pf ^ó. dereliquermit me , autem ajjumpfit me , me confola bcau- coup. Je paffai k nuit dans de grandes angoifïes: je voyois Ic renverfement de noire iVlonaltére amp; denbsp;la conduite de nos Meres. Tout ce que la M.nbsp;Angdique nous avoit dit fur ce fujet fe préfentoicnbsp;a mon Efpric, amp; je penfois que Dieu lavoit retiree de ce monde, afin quelle neuc pas la dou-leur de voir ces changements. Au lieu des per-fonnes qui ne nous inltruifoient que de la vérité,nbsp;je me trouvois entre les mains de gens qui na-voient que des maximes capables de perdre les a-mes,^ en leur failant prendre les ténébres pour lanbsp;lumiére. Enfin Ie fouvenir du temps patie, lanbsp;charité de nos Meres, lunion de. nos Soeurs lanbsp;pais qui étoit entre nous, amp; beaucoup plus lanbsp;crainte de mafFoiblir par lés perfuafions trompeu-fes de ceux qui aprèsmavoir réduite dans unétacnbsp;ü pénible a la nature, nétoient pas encore fatis-faits, s'üs ne me ravifloienc Ie répos de ma con-fcience amp; k paix avec Dicu. Toutes ces diverfes penfées me réduifoientdans unc douleur ft fenfible, que mon coeur en étoicnbsp;déchiré, furtout par la crainte que javois de nynbsp;pouvoir rclifter. Je me fouvins alors dune parole de la Mere Angelique , qui fembloit avoirnbsp;prévu ce qui nous devoit arriver ; que quïndnbsp;Dieu avoir chatié Ie pcuple A'Ifraèl, i\s recon-noifloient d ordinaire leurs péchés, shumilioienrnbsp;devant lui, amp; atciroienc fa miféricorde p^ur leurnbsp;pardonner, amp; pour faire que leurs foufFranccs de-vinfiTent Ie reméde de leurs fautes. Je demandainbsp;a Dieu quil lui plüt me faire k grace dcntrernbsp;dans cette difpofition^ amp;c pour 1obcenir je penfainbsp;que je devois me féparer intérieurement de toutesnbsp;chofes, comme il men avoit féparé éxtérieure-ment, amp; de lui en faire un Sacrifice pour nenbsp;plus penter qu a lui ieul, acceptant de tout monnbsp;coeur la féparation des perfonnes qui m'étoiquot;nc!esnbsp;plus chéres: ce qui me faifoit auffi efpérer'quilnbsp;me nendroit lieu de tout. Mon corps_ nayant pu réfifter a 1accablement r gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Efpnt la fievre me pric ce-re Sji ¦o-oblig® de garde/seiifif' ¦ iff |
cipes ordinaires dobéïflance. Je lui répondis a Relation peu'près, comme a M. Blamyignon ^ que tout de laSoeurnbsp;feroic bientot daccord fi on vouloit fé contenter Marienbsp;de la fignature que nous avions faite, fans nousnbsp;demandcr la créance inférieure A'mfait contefténbsp;qui ne fert de rien a k foi. Elle me dit que eek'nbsp;mcrae devoit nous y faire rendre, qail ne regar-doit point la foi, amp; quil ne sagiffoit de rien. Jenbsp;rcpüüuai; II sagit, ma Mere de k condam- nanon dun innocent, cequidtconcrelescom- mandements de Dieu. Elk dic; Matsou ne Ie condamne pas; M. de Paris nous 1 a mon- tré clair comme Ie jour, on fe fouinet leule- ment au jugement du Pape. Je rcpondis : ,, II fauc done óter Ie Formulaire ^ car candis qu il 3, demeurera amp; quon fignera au bas, on nepeutnbsp; pas dire quon figne autre chofe que ce quilnbsp; concient. Elle nc me répondic rien autre chofe, finon qdil faUoit beaucoup prkr Dieu. Cette Mere étoic fort prévenuë de eous les faux bruits qui ont couru de nos Direöeurs, amp; dcnbsp;tous les amis dek vérité, dont elle a un auffi grandnbsp;éloignement que fi cétoic des hérétiques 6c desnbsp;Ennemis de fEglife; amp; je crois quü ne s'enfaucnbsp;gueres quils ne paflënc pour tels dans fon efprit,nbsp;encore qu el.e ne Ie dife pas formellement, maisnbsp;feulement qu ils ont de nouvelles lumicres, aux-quelles ils font prodigieufemenc attachés, öc -ileurnbsp;propre fens, qui les aveugle par Ia bonne opinionnbsp;quils ont deux-mêmes amp; de leur fciencc, park-quelle ils trompent ceux qui nesarrêtentqu'a leursnbsp;belles paroles; amp; que ceft par la que toutes lesnbsp;héréfies fe font rcpanduës dans lEglife. Néanmoins quoique fes fenciments fuifent fi diffé-rents des miens, amp; que fon zèle k portat a me parlcr demeure d^-fouvent fjr ces matie'res, cétoic toujours aveeuompéc des douceur amp; civilité,me témoi^nant delaffeétion ip7effi?nsnbsp;amp; peu a peu elle demeura détrompce de la plu-comrePort-^'5' mauvaifes impreffionsquon luiavoicdon- Royal,nbsp;dS. 5 quot;R'i Monaftére, amp; elle malfuroit quenbsp;quune Maifonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; ne permettroic jamais te. Elle me ccmo%n5c°n de citirne pour la de connoitre: amp; pluficlirs fois de kire enforce que lorfquelkretour! neroit a Port-Poyal, elle vincpafferqueiquesheu-res dans leur Maiion; amp; lorfquejefords,elle men pria encore, cn ajoutant, quelle fouhaitoic quilnbsp;y eut de lunion entre leur Maifon amp; la Nótre. La Revérende Mere Prieure^dc plufieurs de la Communauté me dirent la meme chofe. Je kifois mon poffible afin que ce que je fouf- lorfque 1une des deux iVicres me veneit voirquot; c qui étoit affex rare, (car pourdautres Religifnf^nbsp;je ncn voyois aucune dans ces Comirtencemcnrsl javois toujours lexterifur affez guai , deforce quelks memes sen cronno.ent, medifantqueiksnbsp;admtrotent comment je pouvois porter unefigran- de |
quot;Relation de Ia Perfdcution des Religieufes de Port-Royaï, 1664.-166'). 114- Marie Charlottenbsp;de Siintenbsp;Claire, XV. Parlement, 6c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ chevêque; que cela avoir fait un fort grand eclat, amp; que tout Ie monde blamoit leur conduite,qui nc fervoit qua aigrir les chofes de plus en plus;nbsp;que Ie Roi méme sen étoit fort ofFenfé,6c avoirnbsp;fait caffer eet Arrêt dans un Confeil, amp; défendunbsp;au Parlement den prendre connoiflance ,6c dé-claré quil fe refervoit cette affaire: que M. Aka-kia étoit a la Bajlitie, 6c que mon Pere avoit eunbsp;ordre de fe retirer a Pompone. Après mavoir donné ces fujets daffliétion, on fe retiroit, amp; javois pleine liberté demenentre-tenir route feule, de les étendre, den croire encore plus quon ne men difoit furlamanicredontnbsp;on me parloit, 6c de prévoir plufieurs autresren- verfements comme des fuites de ce qui s écoiedé- nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-f ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vue avou» iapa£ïé;cequi formoit en moi un etat fi pemble, devant Dieu que vanite 6c hypocrifie. Je regar-caufe de f* rentes nou-velles tou-chant Port-Koyal. Inquietude quelles luinbsp;caufeat. XVII. ment, voyant la multitude des fautes que javoisHumUité a-commifes , 6c que dans la vérité je navois écé^f.'^ laquellc que vanité 6c hypocrifie. Je regar-caafgnbsp;dois comme un effet de fa miféricorde fur moi dime,nbsp;de mavoir mife en état de connoitre combiennbsp;jétois cloignée des difpofitions dune Chrétiennenbsp;ik dune Religieufe , afin de me corriger avecnbsp;laide de fa fainte grace , 6c de fatisfaire a fanbsp;juftice par les moyens quil men offroit. Mais en quoi jai manqué , 6c ce qui a été, comme je crois, la caufe de ma chute,nbsp;ceft que je me fuis trop regardée moi-même 6cnbsp;ma propre foiblefie; jai manqué de foiamp; de confiance en Dieu: 6c au lieu de lui demander la force de lui êcre fiddle jufquau bout, comme je lenbsp;devois efpérer de fa bonté, je ne lui demandoisnbsp;prefque autre chofe que la délivrance de ma Cap-tivité 6c quelque fou'agcment éxtérieur dans mesnbsp;peines, plutót que la grace de porter ces épreu-ves, qui me devoient être fi avantageufes, 6c quilnbsp;néxerqoit envers moi que pour mobliger a map-puyer plus folidement fur lui dans rimpuiffancenbsp;OU jétois de me foütenirpar raoi-même: 6c aunbsp;lieu de me tenir ferme fur cette vérité, je min-quiétois toujours de la crainte de tomber, parcenbsp;que je manquois de foütien éxtérieur. M. 'Blampigmn ayant fqu que javois été ma- xvin.' * nbsp;nbsp;nbsp;« aiUilUlCl lans ceffè fur nies piéfencc de Relation de folicudc, amp; que bien mavoit pris dy avoir été (ie la Sceur accoucumée dans Fort-Rojalj que fans cela ellenbsp;mauroit été beaucoup plus pénible. Je répon-dois, que cette peine quoique dure ii la nature nenbsp;mccoic ricn, paree que Dieu me faifoit la gracenbsp;de ne me point ennuyer; amp; que quand il en eutnbsp;été autrement , je 1aurois aceepté de très-bonnbsp;cceur , pour donner a M. 1Archevêque cettenbsp;marque de ma foumiffion; Sc que plus jauroisdenbsp;peine, plus jaurois de plaifir a obéïr, afin quenbsp;mon obéïflance me courant quelque chofe, ilnbsp;demeurat perfuadé que je ne refufois la fignature,nbsp;que par une repugnance invincible deconfcience,nbsp;amp; quil men déchargeat. Lon me vint dire un jour que nos Soeurs^ par On lui ap- Ig moven de nos amis avoient obtenu un Arret dunbsp;preiiddifFé. parlement. amp; 1avoient fait frgnifier a M. 1Ar- que la mort me paroiiïbit douce en comparaifon, 6c qui ne ceffoit non plus la nuk que Ie jour, paree que durant mon fommeil méme, mon efpritnbsp;me repréfentoit les images les plus funeftes desnbsp;chofes qui avoient été Ie fujet de ma peine öc denbsp;mon appréhenfion durant la journée; ce qui faifoit que la violence de lagitation me reveillantnbsp;avec effort, je me nouvois route fonduë en lar-raes. Mais ce qui faifoit ma plus grande peine,nbsp;cétoit de navoir perfonne de confiance, a qui jenbsp;puffe ouvrir mon cceur, 6c qui maidat a porternbsp;un état fi violent par quelque bonne parole. Il menbsp;fembloit quune feule eut été capable dadoucirnbsp;iamertume dans laquelle je me fentois p'ongée. XAi. Get état me fit comprendre celui d une ame a Këflexions 1heure de la mort, lorfquelle fe voit fur le pointnbsp;paroitre devant Dieu route feule, nayant per-ctat ic fafi-fonne qui parle pour elle, 6c ne pouvant recevoirnbsp;mation, aucune affiftance de ceux en qui elle a le plus denbsp;confiance 6c qui ont de la charité pour elle. Jeusnbsp;encore une idéé fi fenfible de léternité, quellenbsp;me pénétroit dhorreur, en confidérant Teffroya-ble malheur des réprouvés, qui font privés denbsp;Oieu pour jamais, voyant, que je naurois punbsp;jebfter^ ^ peines fans la confolation de pen-quelles finiroient. Et comme on me pref-ia fignature , la crainte que |
javois de fuccomber faifoit que je ne pouvois Relation plus moccuper dautre chofe. II me fembloit que de laSosurnbsp;jétois morte a tout, comme une perfonne qui^^rienbsp;neft plus de ce monde; je ne voyois plus rienque^quot;®^*°^*-®nbsp;Ie précipice de la fignature, amp; il me fembloit quep® .Saintenbsp;jaurois accepté routes fortes de peines, pour ob-^^quot;'®'nbsp;tenir quon ne men parlat plus. Je crois que ü on étoit toujours dans cette dif-pofition, il feroit impoflible quon samufat a routes les chofes inutiles, qui font rant faire de fau-tes: on ne fe foucieroit point detre méprifé: les humiliations, 6c tout ce qui pourroit contribuernbsp;a nous réduire dans Ie véritable fentiment denotrenbsp;toibleffe 6c de notre néant, nous paroïtroient finbsp;juftes 6c fi néceflaires que ces occafions nousnbsp;feroient précieufes plutót que de nous ctre pé-nibles; amp; ce nous feroit une véritable joic dansnbsp;eet anéantifleraent de nous-mêmes, de regardernbsp;Ia Majefté de Dieu infiniment élevée au deflusnbsp;de nous, qui ne nous doit rien , qui régne furnbsp;routes les créatures, qui difpofe delles commenbsp;il lui plait, amp; qui les peut renverfer en un inf-tant par fa puiflance abfoluë, fans quclles aientnbsp;aucun droit de sen plaindre , ni quelle leurnbsp;faiïe aucune injuftice : 6c ce fentiment ne nousnbsp;pourroit troubler;au contraire,il nous établiroitnbsp;dans une paix véritable, faifant mourir en nousnbsp;1orgueil 8c la fuperbie, qui eft la fource de tousnbsp;nos troubles. Jétois étonnée 6c convaincuë de mon égare-lade, enfuite de fon Entretien me voulut parler pour en fcavoir la raifon. La Mere upe-P gnon lanbsp;rieure me condlifit au Parloir, Quand nousjfu- |
delation de la Ferfeeution des Relighi//ès de Port ¦Royal ^
s'adreflanc a moi il me du ; La première chofe Relation ,, que jai a vous demander eft la même quon a de la tournbsp; déja demandée a votre Sr. Avgelique de St. Jean j Marienbsp; fgavoir fi vous ne vous éties pas engagéenbsp;,, quelque voeu anc point ligner: Je répondisl®nbsp;que 7ion. II pourfuivit: Dautres difent le conrrai-
re, car on affure que vous vous êtesdonne parole
lune a lautreque vousne fericsjamais rjen. Ja répondis: ,, II eft vrai, M., que comme notre ¦
,, union a toujours été tres grande, nous avons réfolu avec laide de Dien de la conlerver par-,, mi tout ce qui pourra nous arriver, amp; étantnbsp; féparées nous navons rien a faire: mais pournbsp; nous être promis fidélité amp; donné parole en lanbsp; maniére que vous lentendés, nous ne lavonsnbsp; point fait, ne regardant pas cette affaire com- me une affaire de courage, mais de confcience.
Une Keligieufe prit la parole, difant il y en a eu quelques-unes dentre elles qui ont dit, quon leurnbsp;avoir fait figner quelque chofe en mettant la mainnbsp;fur 1Evangilc. (Elle penfoic que cécoic la pro-tneiïè de notre fidélité.) Je répondis: ,,Cela eftnbsp; vrai, ma Mere, nous avons lu amp; figné la pro- feffion de foi du Concile de Trente en mettant
Ia main fur lesSS.Evangilespouruntémoignagc que nous embraffions de eoeur 6c croyions fin- céremmt tout ce quil contient. Elle infiftanbsp;éc me dit: Quel deffein aviés-vous en faifantnbsp; cela? Je répondis: Vous leaves,ma Mere,
quil y a long-temps quon tache de rendre no- tre foi fiifpeftci amp; loccafion prélénte on noufi aceufe de rebellion a IEglife: nous avonsnbsp; fait cette adtion quiferviradun témoignage pu- blic de la pureté de notre foi 6c de notre fou- miffion a laSte. Eglife,dont par la mifericordenbsp; de Dieu nous fommes les fillcsj 6c que fi pré- fentemenc on detruit notre Monaftére, ceneftnbsp;,, qua caufe que nous ne voulons pas parler au-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous croyons dans le coeur:ceque
M. 1 Archeveque même die que nousnedevons ,, pas faire.'
répondit, que cela étoit vrai mats qu il falloit croire les fatts fur la parole denbsp;fon Supérieur, qui avoir autorité legitime de commander , ou bien que je faifois un jugement té-mcraire fur fa fincérité,en croyant quil voulCit commander une chofe ou il y eut du péché j que je faifois le même mal en portam ce jugement de luinbsp;que celui que je craignois de faire a 1égard de m!nbsp;kPpres en me foumettant au jugement de lEglifenbsp;fur la Doélrine. Je répondis: II y a beaucoupnbsp; de difference i car je ne dis pas que iVlon- feigneur lArchevêque falie mal, c eft i lujnbsp; ^ voir ce quil fait^ mais pour moi je foisnbsp; convaincuë que jen terois un très-grand de ligner dans la dispofition oü je fuis. ft me ditnbsp;que cétoit une opiniacreté iuffipportabig ^nbsp;filles de ne pas vouloir déférer ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^ rt* 1 4 ¦
ce font ces trippes quelles ont mifes la: Ce filles de ne pas vouloir aererer a toute lEglife: quil dit avec un mépris infupportable.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quü y avoit une infinite damp;faits, qu'on croyoic
Après ce prélude il changea de difcours, 6c fur le rapport des autres: que cé\oit ainfi quon
P 2 nbsp;nbsp;nbsp;croyok
Relation mes a la porte. je vis venir la Mere Scuprieure de la'soeuramp; une autre Religieufe, qui entrérent avecnouf.nbsp;Marie Je fus furprife de les voir, amp; je demandai a lanbsp;Charlotte Mere Superieure pourquoicesautres Meres etoientnbsp;de Sainteia: elle me répondit, que M. 1Abbé avoir ditnbsp;Claire. quclles vinffent auffi. Je me mis a genoux en
ic .£ J-Pfélence de ces Meres, pourprierDieuquiineüc
Sc dnne an- point dégard a mes fautes, qui me rendoient in-tre Reiigieu-digne de recevoir Teffet dela promeileque jejus-Chrift fait aux Chretiens (de leur donner ce quils avoient a dire,) puit'quil mengageoitapailernbsp;réhfter a des perlbnnes ti fort au deffus de moi.
M. Blamfignon ctanc entré il fit tirer le rideau Gc la grille, ce que jai appris quil ne faitprefquenbsp;jamais, quand il parle aux Religieufes de la Mai-Ibti. Il me dit: jai fqu que vous ave'sété ma- lade enfuite de notre dernier Emretien tjenefgainbsp;3, pas fi je vous ai dit quelque chofe capable denbsp; cela, amp; eeft pourquoi je luis bien-aile que lesnbsp;,, Meres foient tétnoins de ce que jai a vous di-re aamp;n quon vous les puiffe cofifroater, (eeftnbsp; Ibn tertne) fi vous trouvés que je vous aieavan- cé quelque chofe mal a propos, amp; dont vousnbsp; penfiés vous devoir plaindre. Je nerepondisnbsp;rien, ayant réfolu de ne parler que le moins quenbsp;je pourrois. Il commenqa par me dire plufieursnbsp;chofes contre nos Soeurs qui étoient demeurées anbsp;Port-Royal, ou il avoir paffe unepartiedelaprès-dinée le jour précédent, y étant introduit par lanbsp;Mere Eugenie, dont il eft Supérieur.
Je ne me fouviens plus de tout ce quil men dit, finon que cela roula en généralfur leur opiniatrecénbsp;prétenduë: mais sadreffant aux Meres qui étoientnbsp;avec moi, il leur dit: Elles ont fait des chofesnbsp;,, éxécrahles a Port-JRoyal^ elles ont enterré M.nbsp;,, Sinilin dans le même cimetiére des Religieu- fes la nuit en cachecte fans permiffion, amp; ellesnbsp; ont trois ou quatre Pretres qui font enterrésnbsp;dans leur clóture. Les trois Religicufes fenbsp;prirent a rire comme dune grande fimplicité: amp;
de Port-Royal des Champs, qui eft une Abbaye fort ancienne, on en volt de gravés furnbsp; des tombes qui font dans le Cloitre. Pour cenbsp; qui eft de M. Singlin, il eft vrai quon 1en- terra le foir affei tard, mais on ne pouvoitpasnbsp; lentcrrer plutóc, nétant mort que le matin ,nbsp; mais on ne le fit pas fans permiffion, on 1eucnbsp;,, du Cure Sc de notre Supérieur. II me de-manda qui étoit ce Curé. Je répondis que je nenbsp;men etois pas informée, nen ayant que faire. IInbsp;me dit encore, quon y avoir élevé une tombe anbsp;M. de St. Cyran couverte dune petite Chapellenbsp;Une Rehgieufe prit la parole, difant quil étoit enterré a St. Jacques. II répliqua: ,J1 eft vrai
-ocr page 116-de Marie Charlottenbsp;de Saïntenbsp;Claire, . , nbsp;nbsp;nbsp;- Penfera; amp; puis elles me difoient: 33 i y's pme de votre pauvre Maifon, la voila nö nbsp;nbsp;nbsp;'Relation de Ia Vérfécution desde Fort- croyoit queledition de la Vulgate de la Bible écoic ceur vérirabie. , ^ Lorfquon vous prcfence, a jout a- til, ,, une médccine, qui vous allure que 1Apoticai- re ny a point mis de poifon? cependant vous la prenés fur la foi quil ne voudroi: pas vousnbsp;,, empoifuner , encore que vous ne foyés pasnbsp;3, certaine quil ny en aic point mis. Je lui ré-pliquai: ,, Je vous alTure , Mr. , que fi javoisnbsp;3, quelque iujet d en douter , quoique piuGeursnbsp;3, mailuralTent du contraire, je trouverois que Ienbsp; plus fur feroit de ne la pas prendre, amp; jecroisnbsp; queperfonne ny trouveroit a redire. 11 me dit que je ne devois pas me laifler trompet fur la vertu apparente des perfonnes auxquel-les javois tant de créance. Arnauld de Breffè, dit'il . étoic un grand jeüneur, cependant Ienbsp; bon Saint ,rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ie condamne Hérétique3 il fut brulé tout vif, amp; fes cendres jettés au vent, de peur que fes adhérants ne les confer- valient comme des Reliques dun martyr. IInbsp;33 sappelloit Arnau/d, voyes-vous ? II sappel-3 \oïl Arnauld. II sétendit enfuite fur la Ibu-miffion que tous les fidelles font obligés davoirnbsp;pour les jugements du Pape amp; les commande-inents de leurs Supérieurs; amp; il éxagera beau-coup Ie tort que nous avions davoir plus de cre-ance a ceux qui nous avoient dit quil y avoitdunbsp;mal a ligner, qua notre Archevêque amp; a routenbsp;lEglife, qui nous alTuroienc du contraire ; quenbsp;ces iVieffieurs nous avoient appris a méprilêr routes les perfonnes qui nétoient pas dans leurs fenci- inents. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.*r Je répondis quau contraire , une des cnoles quils nous avoient davantage infpirées, étoit Ienbsp;relped: en vers les Prêtres amp; les Eccléüafliques;nbsp;que nos Meres ne foufFroient jamais que nous ennbsp;parlaffions autrement; que pour ce qui étoit davoir créance en eux,il étoit vrai que jy enavoisnbsp;une loute enticre, connoillanc leur vettu 6c leurnbsp;capacité, amp; étant aflurée de leur innocence parnbsp;rapport a tout Ie mal quon difoit deux; maisnbsp;quil navoit pas cté néceffaire quils me difencnbsp;quil ne falloit pas figner, paree que je (gavoisnbsp;bien les commandements de Dieu,qui me défen-dent de porter faux témoignage, amp; que cen étoitnbsp;un daffurer une chofe quon ne fqait pas, amp; furnbsp;laquelle il y a conteftation. II me dit quantitédenbsp;raifons dont je ne me fouviens pas, pour meper-fuader quil ny avoir point en cela de faux té-moignage. Après quil euc beaucoup parlé, lanbsp;Mere Supérieure dit en me regardant; En voilanbsp;3, allez. pour toucher un coeur ; lautre Reli-gieufe pleuroic de compaiïion, amp; moi jétois aunbsp;milieu fans tien dire, 6c Dien merci fans parourenbsp;aucunement emué. M. Blampgmn continua:nbsp;jgt; Si jenavois aucantdit a un Thycom a un More ^nbsp;p h ieroic converti. Ces trois bonnes Meresnbsp;, dilant ; Mon Pere , notre chére Mere y |
Royal Religisufes, i66^~i66^. 3, ruïnée par votre faure; vous en répondres. Je Relation dis en adrelTant la parole ala Supérieure; ,, Ma^ela Stemnbsp;,3 Mere, la Mailon eft h Dicu, il trouveranbsp;3, les rooyens de la conferver s'il Ie veut ;ce feroitnbsp;,3 un grand abus de perdre nos ames, pour con-^,*: ferver une Maifon. M. Blamfignon m.e^ dic;^ ,,Je vous vois dans rendurcilfement; vousnbsp;3, nêtes non plus touchée de ce que je viens denbsp;3, dire, que fi vous ne laviés pas entendu , ceftnbsp;3, comme fi je pariois a cette grille. Je voisquenbsp; vous nen ferés pas davantage. Non, Mon-,, fleur, lui répondis-je ^ fi je ne change de dif-3, pofltion. 11 fe prit a dire 2 on 3 fois; Lanbsp;3, méchante maxime! Voyés , vous perdrés Icnbsp;3, fruit de vos vertus ; vous êtes bonne ; vousnbsp; navés point de vices groffiers; vous êtes dansnbsp;une grande pureté: mais Lucifer s'elk perdu parnbsp;un péché de lEfpric: il na pas voulu femettrenbsp;au delfous dun Dieu homme; 6c par eet Or-gueil il selt vu précipité dans iEnfer. Onnbsp;3, peut dire de vous comme de Fharaon^ indura-,, tumef cor Fharaotiis. 'A tout cela je ne ré-pondois pas un feul mot ; quoique je défiraflenbsp;beaucoup den voir la fin, je lecoutois fansémo-tion 6c fort tranquillemenc. II continua a menbsp;dire ; O bien, je nai plus rien a vous dire; ,, votre cteur eft endurci ; il ne faut plus que ge'mir pour vous. Le fils de Dieu a été obéif- fanc julqua la mort; amp; vous ferés-vous ctefo- ' 3, bcifllante jufqu a la mort? peafes-y, vousavès encore du temps. II fe ieva, 6c me dir ennbsp; s en allant; ,, N^onobftant tout ce que je viensnbsp; de vous dire je ne lailTe pas detre votre très-,3 humble Serviceur. II dit quil alloic voir M. 1Archevêque 3 amp; quii lui diroic de mes Noa-velles.En retournant en notre Chambre,la Religieufe xix. qui me conduifoit me dit; il faut que vous ayé.slr-'vcr.tionsnbsp;,3 lEfprit bien fort. Je lui répondis: ,, Celaf-fTho-^nbsp; ne vient point de force ftEiprit, mais de kmas auf.ietnbsp;3, crainte dofïenfer Dieu. Elle méxhortanbsp;lobéifTance en me difant: jiV'^ous voyés ce dégré*ji'.^fj,jnbsp;3, qui eft blanc, ft notre Saint Pere ie Pape mebonshv'ies!quot;nbsp;3, difoit quil eft noir, je Ie croirois. S-urquoinbsp;il me vint en penfée de lui répondre: ceft lanbsp; une obéitïance bien efficace, qui change enunnbsp;,, moment Ie blanc en noir; car aflurément silnbsp;,3 étoit demeuré blanc , vos yeux le verroientnbsp;3, blanc, amp; vous ne pourriés pas dire fans men-3, fonge quil eft noir: mais je me retins, pournbsp;ne pasdonner fujet de croire que jen faifois unenbsp;raillerie. Ces bonnes Religieules font tellement préve* nuësjque tout leur fait peur,amp; leschofesmémesnbsp;oü elies ne voient rien que de bon, simaginantnbsp;que le venin y eft cache: ceft ce qui eft cauftnbsp;queiles ne veuient voir aucun Livre, ni aucunenbsp;traduótion des Livres mêmes quelles eftitneot,nbsp;comme Saint fean Citmaque amp; Saince Thereje,nbsp;lorlquelles Igavenc quils vieniienc de mains qui leuï |
Relatim de la Terfécutwn des Religieufes de Vort-Royal l664.-i£6t.
^ nbsp;nbsp;nbsp;TM!--nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;__' nbsp;nbsp;nbsp;. tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 r._______ nbsp;nbsp;nbsp;J.. I_____ nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
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que je tachois de leur témoigner de !a douceur, Relation fans me plaindre de rien, elles me difoient: IldelaSffiurnbsp; faut avouer quon éiéve bien les Fliles a Bort- Marienbsp; Royal. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlotte
La Mere Prieure me venoit voir peut-êtreune^'*^ Sainte fois la femaine, Ói ne relroit que fort peunbsp;temps, a caufe de ces occupations; Elle me fai-foit paroitre un grand déiir de roe foalagcr, amp;souScmentnbsp;je crois que pour ei'e, elle rauroit fait de tout ciueiie rc-fon Cüeur, étant dun naturel éxtrême.mcnidouxnbsp;elle avoit foiii de sinformer des Noiivelles de la Eiie quot;end *nbsp;E'iere Agnès^ door je nentendois patler que lor! tën'oignagenbsp;que cette bonne Mere m'en difoit quflquechofe,^ Cachant^.nbsp;ne métant pas permis de lui écrirc un feul mot.
Mais la Mere Prieure, comme jai dit, avoit la bonté dadoucir ma peine, amp; ellcenvoyoit fouventnbsp;pour cefujeta Ste. Marie amp; auxnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ou
étoiema Sr. Angelique, pour me dire aumoins com-
Relstton leur font fufpc^ies. Elles
m one dir plufieurs dehScsurfois, que ce ncft pas que ces Livres ne foiencnbsp;Marie adroirablement beaux ; quil n'y a perfonne quinbsp;Charlotte derive auffi bien que ces Meffieurs, amp; que c eitnbsp;de Sainte qui en eU Ie plus dangereux, paree que fousnbsp;Claire. gg beau difcotirs. amp; cerre eloquence qui charme ceux qui les lifent, ils infinuenc adroicementnbsp;leurs tnauvaifes maximes fans quon sen apper-coive. Auffi enedilbienc-elles,7Kieuxnbsp;les vieilles traduUims ^ ou nous joinmes hien ajfu-Tees juil ti y a tien lt;^ue ds bon. Eiles one lunbsp;une fois la vie de D. Earthelemj des Martyrsnbsp;amp; elles 1ont trouvée fi belle, qu elles ne la lifent plus par cette maxime, (que Ie venin eftnbsp;caché fous cette beauté.) Les Jacobins leur ennbsp;fqavent affei. mauvais gré: ceft M. BUwptgnonnbsp;qui les entretienc la dedans, amp; qui leur óte
tous ces Livres la. nbsp;nbsp;nbsp;...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------
.vi.uuiL auA u'uics queue avoit requs a mon 'quot;quot;'je navois pas alors la moindre tentation de égard quavpc peine , amp; que fi elle eüt pu menbsp;figner , javois au contraire une appréheniion donnet quelque foulagement fans leur faire préju-ie'très grande de fuccombet a lennui d'entendre dice, je crois quelle lauroit fait trés volontiers.nbsp;tie toujours dire que jctois rebelle au Pape, a 1E- Mais la Mere Soüprieure fuppléoit a la retenue
'r\. trlife pn érar dp domndrinn rp r,..! m^mlr 4.-. dp L R/.»prpndo nbsp;nbsp;nbsp;---.it
Et pour preuve de ce que je dis, les eflures de menccUesfeportoient.Ellenemeparloitdelafigna-]VI, Dumont ayant éte crouvées parmi les hardes ture quen pairant,amp; feukmentpour me témoig-dune fille qui venoit pour êcre Religicufc j com- ner Ie déiir quelle avoir que je fuife en repos amp; me on les lui eut remifes entre les mains, il nefic en bon érat, croyant, auffi-bien que les autresnbsp;autre chofe que des les jetter au feu; toutefois il que mon ialut en dépendoit; mais aufficot quel-fit grace a la couverture, quil trouva trop belle les skppercevoit que ce difcours maffligeoit, ellenbsp;pour être brulée: il la fépara des feuilics aupara- fe taifoit. Je lui dok ce témoignage, quelle nenbsp;vant.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rendoit aux ordres quelie avoir requs a mon
Difcours que ces Reli-gieufes ne
ceifent (ie ___..v. j nbsp;nbsp;nbsp;aunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a i iu- *'^*0 la t-nvK. ouupucuie rupptcüit a ia retenue XXII.
pour^hVsu-1 nbsp;nbsp;nbsp;damnation; ce qui métoit éx- de la Revérende Mere,quoiquel!e me témoignat Mere
res dobéiflance. Elle me dit un jour, que ce. nbsp;nbsp;nbsp;j.
Meffieurs faifoient des livres pleins dinjures amp;devec'cette Calomnie contre M. lArchevêque; 6c que je ju-Mcte.nbsp;geaiïe quel crime cétoit de caiomnier de la fortenbsp;ttn Prélat dans fon Eglife même. Je lui répondis,
a nbsp;nbsp;nbsp;^r*rire nP vpnoii='nr Hi'rnc f'ioc*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;....--i-
demeurois ferme que par opiniacreté, puifque je navois point dc bonnes raübns felon leur peniéenbsp;a alléguer. Les raifons de confcience par lef-quelles je me défendois, ne les fatiifaifoient pointnbsp;du tout: au contraire on sen mocquoit, en menbsp;difant auil y avoit bien plus de fujetdavoir du qtie ces écrits ne venoient done pas deux; quiJsnbsp;fcrupulê que des filles_ré(iftaflènt au Pape , amp; employoient mieux leur temps qua samufer a
meitre d la trémement pénibie a potter, nayanc pas toujours beaucoup de bonté amp; d affedion. Elle pairoit*°^[p^^ Cgnaturc.So-^ej raifons a oppofer a celles quon me difoit: quelquefois les demi heures amp; les heures entiéres pas avec lanbsp;Ie fetiomi'ce qui les confirmoic dans la penfée que je ne a méxhorter toujours lur leurs principes ordinai tn^me rete
fcandalifalien: route lEglife. Javois beau leur éxpliquer nos fentiments amp; notre conduite, celanbsp;ne fervoic de rien, öc on me répondoic toujoursnbsp;que nous n'avrons aucune raifon.
Jérois toujours dans une fort grande folitude; amp;¦ javoue que ceft; ce qui ma eté Ie plus dur;nbsp;car lorfque mon Elpric étoit accablé de crifteliè,nbsp;il me femfaloit que fi jeuffe eu la tnoindre denbsp;nos Sesurs , j 'aurois été trop heureufe. Cepen-dant je nen faifois rien paroitre, tachant de leurnbsp;cacher ma peine aurant quil metoit poffibl
dom elles ctoient trés étonnées, me difant quel- amp; de dire contreux tout ce qui lèurnpffn^^
écrire'des calomnies; quils éioient trop a Dieu pour cela; 6c que toutts les perfonnes equitabiesnbsp;remarquoient la rétenuë 6t la moderation avecnbsp;laquelle ils écrivent, quil étoit vrai qu üs ie de*nbsp;fendoiertc fort bien, amp; avec fi bonnes raifons amp;nbsp;fi bien prouvées, quil étoit difficile de n'êtrenbsp;pas perfuadé quils difoient la vcriié;que fi cétoit cela quon appeüoit des injures amp; des calom-nies, ii nétoit plus furprenant quon defendii denbsp;lire leurs üuvrages amp; quon les brulat,pendant
quon laiffoit la iiberté a leurs accüfateurs
A. ,l J:.,. nbsp;nbsp;nbsp;........... ¦
loit; ^
tous leur écrits ne fervoieut qua érablir dëquot;maimT fes maximes, a chercher de nouvelles fubtilitésnbsp;amp; que tout cela étoit dangereux.)
Une autre fois elle me vint dire; Mais vn.K ne vouiés done parler a perfonne Ie moyennbsp;de demeurer toujours fans conduite? peut-onnbsp;P 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; tant
- quefois, quaffurémenc il y avoit quelque chofé cela on nae difoit toujours la mime chofe. en cette affaire, amp; que la voie du L.iel étoit biennbsp;ctroite. Je priois Dieu, je m'occupois a la lecture 6t a rOuvrage, dom elles éioient alïel. fatis-Éiites, trouvant que je leuren avanqois beaucoup:nbsp;jen faifois auffi Ie plus quil métoic poffible. Etnbsp;comme elles me rrouvoieac toujours occupée, öf
-ocr page 118-Relation ds la Verfecution des Religkufes de FortRoyal ^ i66t^-i66^. fi long-temps des vocres. M. IArcheveque le Marie Charlottenbsp;de Saintenbsp;Claire. efprit de pénitence, pour la négligence avec la-' reconnuffe que ma confdence netoic point blel- XXJIK .(JCn Entre-tien avec lesnbsp;M, vo-.r rent; bicn, en voulés-vous quelque autre; Nous avoris propoie M. du Hamela éte Relation,, tant fe répoièrfur fespropreslumiéres,quonne lie laSceur^^ veuille pjs méme dire fes doutes? Jelxii ré-pondis que je n en avois point. Cue me deman-da fi je navois point de peine de ne me pointnbsp;confetrer. Je lui repondis que non , que je ta-chois de fatisfaire a mes fautes par dautres voies,nbsp;puifque cede de la confeflion metoit fermée^nbsp;que je me confeflbis a yefus-Cbrifl méme, dansnbsp;la confiance quil me feroit milericorde j quenbsp;lorfque je tombois dans quelques fautes, je ta-chois de Ic-vpier en la maniére quil me Iinfpi-roit , (St que cela me mettoit en paix. II menbsp;parut que cetce rcponie la (atisfit. die me de-manda encore fi la privation de la Ste. Cotn-munion nc métoit pas fore fenfible: je lui repondis qu'oui , amp; particulic'rement dans IeCatnbsp;OÜ jétois j mais que jacceptois cecte privation en quelle je men étois fi fouvenc approchee , me confolant de ce que Notre Pere Saint Bernardnbsp;raapprenoit (quon communie lorfquon participenbsp;aux foufFrances de Jefus-Chrifi) amp; que je fouhai-tois de bien prendre celles quil menvoyoit, afinnbsp;quil me fit la grace de les rendre telles, que jenbsp;puflè efpéier quelles pourroient être unies auxnbsp;fiennes. Elle me répliqua; Ce que vous ditesnbsp;3, eft vrai, mais il eft queftion de fqavoir fi lesnbsp; foufFrances font felon Dieujcar il y en a beau-5, coup qui Ibufffent, qui nen recevront que desnbsp;3, chatiments, paree que le fujetde leurs fouffrai^nbsp; ces eft mauvais. Je rdpondis; Dieu en eftnbsp; kjuge, ma Mere; toutefois je fqai que c eftnbsp;3, fouffrir pour un bon fujet lorfquon choifit lanbsp;j foufFrance , plutot que de manquer a Dieu.nbsp;Enfin comme elle infiftoic fort que je parlaffe anbsp;quelquun,je propofaile P. Efprit., lui difant quenbsp;M. IArcheveque nous 1avoit déja envoyé: maisnbsp;deux jours après on me dit quil ne le vouloitpas,nbsp;amp; quil avoir ordonne quon me dit de fa part,nbsp;quil setonnoit que je perfiftafTe toujours dansmanbsp;défobéïfiance, ayant fqu que huit de nos Soeursnbsp;setoient rendues. Je répondis, que je ne regloisnbsp;pas ma confcience fur celle de mes Soeurs; que finbsp;elles avoient cru devoir figner, elles avoient eunbsp;des raifons amp; des lumiéres que je navois pas. Ellenbsp;me preiTa den demander quelquautre. Je le refu-fai 3 difant que je navois aucune peine. Un autre jour les deux Meres vinrent enfemble a notre chambre: Elle me dirent que M. IArche-Prieur véque venoit de fortir, quil setoit fort enquis finbsp;amp;sonprieu-jc ne fouhaitois point de lui parler; quelles avoientnbsp;ma ^^'répondu que je nen difois rien , 6c quil kur avoirnbsp;riestet to- ordonné quauflitot que je le demanderois, diesnbsp;ne manquaffent pas de le lui faire fcavoir, amp; quilnbsp;viendroit aulfitot. Elles me demandérent done finbsp;je ne ferois point bien-aife de lui parler. Je ré-pondis que non, paree que javois trop peur de lenbsp;faché. Elles fe prirent a fourire, amp; me dii lielation |
,1 nbsp;nbsp;nbsp;bon, nous ie ferons venir, fi vous ledelaSoeur tichres, Je les remerciai, Elies me dirent: l^arie M. d^w;gt;»r ayant parlé a votre Mere Prieure,^^^*'*?^'^nbsp;5, lui a levé tous fes doutes, exceptc un. M. de^^ Saintenbsp; Paris nous adit quil Ialloit voir au fortir dici^ pour tacher de le lui lever: II croic que ceft la proineftè de fidélité que vous vous êtesdonnéesnbsp; 1une a iautre. Elies moffrirent enfuite de menbsp;faire parler auifi a M. AAmiens. Je repondis, quenbsp;je navois pas la hardiefle de paroicre devant desnbsp;Evcques, nayant rien a leur dire. Enfin Commsnbsp;elles continuoient de me prarler, amp; que je craio--nois quelles ne priil'ent mon refus comme unenbsp;opiniatreté a ne vouloir ecouter perfonne,je pro-pofai M. de Sainte Beui'e, a qui je dirois mesnbsp;difficulté^j que sil les éclairciffoit enforce que jenbsp;fee, je fuivrois fes avis. Cette réponié les fatisfitnbsp;pleinement, amp; dies me promirenc de le faire demander a M. IArcheveque. Elles avoient conqunbsp;une grande efperance que je fignerois, dontnéan-moins par la grace de Dieu je navois pour lotsnbsp;nulle tentation, quoique pour les fatisfaire, je menbsp;fufie rendue a parler a M. de Sainte Beuve, cro-yant quaprcs lui avoir dit mes difficultés, 6c dautres encore quil fqavoit mieux que moi touchantnbsp;la conduite de cette affaire, il auroic de la peine anbsp;me donner dautre conleil ni dautres édairciflè-ments que Iobeiflance; ce qui ne me fatisferoicnbsp;pas. Le lendemain la Mere Superieure me vinttrou-ver après la MefTe. Elle me dit: Je viens de Communier,amp; jai quitté mona£tionde gracenbsp;,, pour vous dire une penfée,quejecroisquivicntnbsp; de Dieu; eeft quil me femble que pour te'moi-,3 gner a Mgr. IAreheveque que vous avés con- fiance en lui, il faudroit vous adrefler a lui mê-3, roe pour lui dire vos difficultés. Je répondis;nbsp; Ma Mere, eeft ce que je ne puis faire,- cefe-,, roit manquer au refpedt que je dois a Mgr, denbsp;3, lui donner la peine de venir pour rien, car jenbsp;3, ne fqai pas ce que je ferai, amp; aflurément ftnbsp;,, sen ofFenferoit; 6c je crains furtoutes chofesdenbsp; le voir fache. Elle infifta encore unpeu;maisnbsp;,, voyant que je demeurois ferme elle sen alia ,nbsp;en difant ^u'etle fersit demander M. de Saintenbsp;Beuve. Tout ceci fe faifoit par 1ordre de M. Blam-pignon^ car un peu après la Mere revint lt;5c me dit: que M. 1Abbé alloitchexM. 1Archevêque*nbsp;6c quauparavant il étoit bien-aife de fgavoir parnbsp;moi-meme ce quil lui diroit de ma part. Jemennbsp;éxcufai, en lui difant, quil fuffifoit quelle pritlanbsp;peine de dire elle meme a M. lAbbé que je fouhaitois de parler a M. de Sainte Beuve, fi M-IArcheveque 1avoit agréable; 6c que je le fup-pliois de lui en faire la Propolkion; 6c que {^ur cela il nétoit pas néceflaire que jallafle au Par-loir. La Mere ajouta: ,,Ne dira-t il pas aulii qug 3) VOUS |
'Relation de la Rerfécut'ton des Religieufes de Port-Royal^ 166^-166^. r. \/f Aanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;D-___________ 1 * A nbsp;nbsp;nbsp;il tTïi» Airs»
Relation vous fignerés fi M. de Sainte Beuve vous aöTu delaSceut re que vous Ie pouvés faire ? 11 me femble quenbsp;Marie vous me lavés fait entendre ainfi, Je répon-Charlotte jjj. ^^Ma Mere, je vous ai dit que je repréfente-de Sainte mgs difficultés a M. de Sainte Beuve j quenbsp;sil met ma confcience en répos je fuivrai fesnbsp;,, avis, maka moins que decelajeneferai rien.nbsp;Elle répliqua: ,,Nous navons done rien de plusnbsp; qua lordinaire. Je lui dis; Na», ma Me- re. Elle sen alia, amp; revint un peu après,nbsp;éc me dit que M. 1Abbé ne fe contentoit pas denbsp;ce quelle lui avoit dit de ma part^ quil vouloitnbsp;que je Ie lui diffe moi-même. Je men éxcufainbsp;encore tant qu il me fut poffible; enbn elle menbsp;dit, que M. lAbbé sofFcnferoit de mon refusjScnbsp;que tenant la place quil tenoit dans leur Maifoii,nbsp;il feroit fort mal quil nepütpastéraoignera Mgr.nbsp;lArchevêque quil mavoit vue; queUe me pro-mettoit quil ne me parleroit dautre chofe.
XXIV.. Je fus done obligée de defcendre Ie lendemain M. Blampig-^^j Parloir pour Ie voir. II commen^a par menbsp;voit avam dire, que dans fon dernier Entretien il fê fouve-quonfalTe noit de mavoir dit quelques paroles un peu du-'quot;res^ quil men faifoit des éxcufes. Jerépondis,nbsp;que pour ce qui me touchoit je ne mofFenfois denbsp;rien, étant prête a en fouffrir encore davantage,nbsp;pourvu quon me laiflat jouir du répos de ma confcience. Les Meres qui avoient fort envie quenbsp;jentraflè en difcours aveclui, fortirentduParloir,nbsp;amp; me laiCférenc feule. II commenga par me tc-moigner Ie défir quil avoit que uotre Monaftérenbsp;fut en paix, quil donneroit de fon fang pour ce-la; que Port-Royal éioit rempli de bons fujets^nbsp;quil étoit pitoyable que pour une bagatelle ilfefitnbsp;cant de bruit amp; tant de défordres. Je répondis:nbsp; En véricé, M., fi ce neft quune bagatelle ilnbsp;eft bien étrange que pour fi peu de chofe onnbsp; veuille perdre une Maifon, amp; éxpofertautda- mes: mais pour moi je ne penfe pas refufer u-,, ne bagatelle en refufant la fignature,carjecroi5nbsp; quil y va de mon falut. H me ditqu onma-VOit mis cela dans 1efprit, amp;qu une denosSaursnbsp;¦ j' 1 onp notre Mere avoir dit a la Com-avoit dec a qnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mortel a figner. Je
munaute, q nbsp;nbsp;nbsp;fouviens pas fi notre Mere
^ 1avoitdit, elle feroit fondéefurlecommandementdcDieu,nbsp; qui defend de porter faux témoignage, amp; c'en
lArchevéque, ü me fit dire quji permettoit que Relation je parlaflè a M. de Sahte Beuve.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la Steur
Claire.
Le 21 de Septembre on meditque M.deS^?i«-Marie té Beuve étoit venu; mais quayant fqu que qé-toit une Religieufe denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui vouloit lui
parler, il 1avoit refufé. II vint lui-même au loir pour faire ces éxcufes a la Mere: elle le prianbsp;de lui dire pourquoi il ne vouloit pas me parler ,'m. de^tê.nbsp;amp; elle le preffa fort pout lengager ï me dire lui- nenbsp;même fes raifons. II lui dit: ma Mere,dites-pijj^
lui feulement de ma part, pourquoi tantdedif- ficultésj quelle obéïlïé a fon Supérieur fans tant raifonner, amp; que je ne lui confeille en cela quenbsp;3, ce que jai fait moi-même, car jai figné fepcnbsp;3, fois. La Mere lui reprélénta que eet avis au-roit plus de poids, sil me le donnoit de fa bou-che, amp; que jaurois égard a cc quil avoit été notre Supérieur, amp; a ce quil mavoit fait profeffe,
venir M. de , Stc. Beuve.nbsp;Leut Emrc-tien.
II répondit: II eft vrai que jai requ fa profef- fion; je men fouviens bien, amp; jai été leur 3, Supérieur quelques années; mais elles mequit- térenc pour en prendre dautrcs. Et commenbsp;la Mere infiftoic coujours, il refufa enciérement,
amp; lui dit; ,,Si je la fais figner, aufficóc on verra 3, paroitre des écrits, qui publieronc que je lainbsp;3, féduite: fi je ne la perfuade pas,onnemanque-3, ra pas de dire dun autre cóté que jelafoutiensnbsp;3, dans fon refus; amp; enfin le feu eft aux quatrenbsp;,, coins de 1Eglife, 6c au lieu de léteindre on ynbsp;3, jeue toujours de lhuile; ils ne peuvent sem-3, pêcher décrire.
La M. mayantfait ce rapport me mena au Par-loitjOÜ étoit M. Blampgnon: il me repéta ce que la Mere venoitdemerapporter,6cajouta:,,Mais,
,3 queft ce que vos difficultés, ny a-til quune 3, perfonne au monde capable de les réfoudre ?
3, Voyons un peu. Je lui dis; M., jai de-,3 mandé M. de Sainte Beuve pour témoigner 3, que je nétois pas déterminde a ne confdrer a- vee perfonne j mais puifque lui-même a re- fufé de me parler, ce neft pas ma faute, amp;
,, auffi-bien, M., je vous affure que je nai rien 3, a faire. Commeil vitquejenavoispasdecon-hanee en lui, il mg preffa pour choifir quelquenbsp;autre perfonne. Je répondis, que je nen avoisnbsp;aucun befoin ^ mais comme il infiftoit toujours,nbsp;je lui dis que je lui demandois du temps; a quoinbsp;il confentti.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
eft un que daflurer une chofe dont on neft
pas certain. II demanda ce que je voulois ce'^qui! avoit détourné cette conférence quil dit de_ma part a M. lArchevêque. Je ré- navois
Je rendis graces a Dieu de tour mon eoeur de XXVI. avoit détourné cette conférence, que je^.quot;® wmer-
. nbsp;nbsp;nbsp;- ..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-------demandée qua force de follicitations,
que nous lui avons préfentée, amp; que nous aurions beaueoup dobligation a la perfonne qui nous ren-droit ce bon office auprès de lui. II me dit quilnbsp;y feroit fon poffible. Etant revenu de chez M.
pqndis, quil m obligeroit beaueoup, sil vouloit pour faire voir que je ne mopinikrois pas a nema^Sr^*'* lui rendre temoignage que ce nétoit ni par opi- parler a perfonre. Depuis ce jour jufques versla^^^evuënbsp;niatrete, ni par defobeiffance que nous refufions fin du mois dOaobre, il ne marriva rien rief''nbsp;la fignature: amp; que s il en pouvoicêtreperfuadé, particulier, finon quelques Entretiens, mais affeiPtCcfaTe*nbsp;je crois qu affurement il fe contenteroic de celle rares, que jeus avec les Meres, qui in^3jhor-®l''lquot;
toient a la fignature , en difaiit quü g falloitS'^ point efpetet que les choies s adoucillènt autre- avec lesnbsp;ment:au contraire quelles saigriroient toujoursnbsp;que nous avions toutes les puillances contre dous,
Relatioji de la Terfécution des Reiigieufis de Fart-Eoyal^ bre. Je len rsmerciai en lui difant, quil falloit Relation demeurer fur la croix eniamaniére que Dieu nousde laStEmnbsp;i avoir rnifes: Je penfois devoir agir de cecte for-confcience te pour tacher de leur perfuader que ce nétoit Cb'Y-ptre isrrr*r^ ri'/^fnrjr 1» nbsp;nbsp;nbsp;j'^.ue StUHe Claire. , nbsp;nbsp;nbsp;- . , ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. -----tres bon coeur ce quil me faifoit fouffrir^fans ycher-cher daucre foulagement que celui quil luiplairoic dy apporter lui-même. Quelques jours après, elles me firent encore la meme propoüdon , me difant quellcs ap-préhendoienc que je ne demeuraife , tout-a-faitnbsp;malade, faute de faire aucun dxercice. fenbsp;my rendis, amp; je me promenois tous les 'joursnbsp;dans cette allee environ une demie-heure, nousnbsp;entretenanj ma compagne amp; moi de chofesindif-férentes, éxcepté quelle me parloit en general denbsp;1obéïllance quon doit a lEglife. Je convenoisnbsp;de nous difpenfer de la fignature, puifque vous a vee elle amp; me metcois de fon cóté, pour déplo-avoués que fans Ie commandement quil nous rer Ie malheur de ceux qui sen feparent. Unenbsp;a fait, nous naurions point dobligation dy fois elle me dit quil y avoit un pays oü Ie peuplsnbsp;prendre part. Or il eft bien étrange quil nous étoit fort Religieux, appliqué aux bonnes oeuvresnbsp;traite de la maniére quil fait, pour une chofe amp; fort zélé pour la foi; mais que nonoblfancce-quine nous rend coupables que paree quil nous la ils ne laifleroient pas detre damnés paree quils M les autres Religieufes navoient eu aucune peine a priéres de dévotion,jufqua ce quil fut heure de faire. Je leur dis, quil ne sen falloit pas éton- me coucher. ^ xïvir. e n trou-incom-niodfle; les Mercs lui aej 120 Relation (z quaffurétnent elles ne fe rendroknr pas ies pre ®'^éres. Je leur répondois, queje nignorois pasnbsp;Chatfottnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;queje me reconnourois trés coupables de 'Saint nbsp;nbsp;nbsp;fi je manquois a ma confcience Claire ^^Pour mcxemprer de fouffrirj que quand il p!ai-roit a Dieu de nous dtJivrer , il en trouveroit bien les moyens. Elles rép!iqucreat,que javoisnbsp;tort de pcrliller a croire quil y eut du mal j quenbsp;javois raifon de repréfenter mes difficulcés^ maisnbsp;quauffi il fe falloic foutnettre quand on les éclair-cilïbir. Je rcpondis; Mais quellenéceffitéya-tilnbsp; de méclaircir , ii je dois faire une fignaturenbsp; qui attefte une chofe dont je fuis trés ignoran-,, te? Elles me dirent que cela neut pas éténbsp;néceffaire, fans Ie commandetncnc quon nous ennbsp;avoir fait^ mais quaprès cela nous ne pouvionsnbsp;fans péché refufer d'obéir. Jerépliquai; Vousnbsp; convenes done quil ne tienr qua M. de Paris Ia commande. Elles répondirent, que lArchevêque fgavoit bien ce quil faifoit,6cqu'ilnbsp;étoit nécefl'aire darrêter Ie progrès de cette nouvelle Doólrine, qui eft fi dangereufe. Je répli-quai, queje nefgavoisriende cette nouvelle Doctrine , amp; que tous ceux qui nous avoient inftrui-tes ne nous en avoienc jamais enfeigné dautre quenbsp;celle de TEvangile. Elles répondirent, quil falloit bien pourtant quon nous en eut appris quel-que chofe, puifque nous refufions ce que toutes ' nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tï _1.««r/ii/arM- öti /5Mr*»ino npinp o ner, paree que nous avion? appns par notre propte éxpérience anejuger de perfonnej quelles-mémes avoient- cru les faux bruits qui avoient couru de notre Monaftere far Ie rapport qui leurnbsp;en avoit été fait^que cependant elles étoienccoa-vaineuës préfentemenc que ce nétoit que des ca-loranies, li elles avoient eu Ia bonté de crqiré cenbsp;que je leur en avois dit, qui nétoit autre chofenbsp;que la pure vérité ^ que par Ia même raifon nousnbsp;craignions de prendre part a laffaire de M. dT-pres dans la conteftaiion que nous yvoyions,pareenbsp;que fi quelques jours la vérité eft reconnuë ,nbsp;comme il anivera inclubitab!ement,ceux qui au-root Cgné trouveront quils auronr condamnénbsp;un innocent, 6c la vérité quil éxplique. Enfinnbsp;tout notre Entretien fe termina par conciure denbsp;leur part quil falloit obéir. . Jétois a.lïez. fouvent indifpofée, amp; comme je ne foriois point du tout de notre chambre, la Merenbsp;.en eut compaffion: elle me fit offrir par la 6'aeurnbsp;^ ^ qu) je riavois pasen-dans unefl-^°g^ v'arlé une feule fois dspuis plus de fix femai-iee. Sesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etois la de me promencr tous les jours |
a la fonie de notre cham-point par opiniatreté defprit que je refufois d'o bcir a iVE de Paris, puifque jacceptois de trè nobeiflbient pas au Pape. Je lui répondis, qu'il nen falloit point douter, quil ny avoit quunenbsp;Eglife dont N. S. P. Ic Pape étoit Ie Chef vifi-ble, amp; que tous ceux qui refufoient de Ie reconnoitre err cette qualité font Schifmatiques 6c fépa-rés de lEglife; Après cecte petite conference, jenbsp;rentrois dans notre chambre, jufqu^ üx heuresnbsp;quon nous apporcoic a Ibuper. Après foupé, jenbsp;difois notre chapelet en me promenant dans lanbsp;chambre , après quoi je faifois quelgues autres Lon continuoit toujoursde mefolliciterdepar-ler aquelquun. Je men éxcufois, en difant que je navois point dautres peines que celles que javois euës étant encore a Port-Royal ,{\ix Icfquellesnbsp;il ny avoit rien de nouveau a me dire quon ne nous eü: déja dit; que tout cela nafluroit point ma confcience, Ie Fssrmulaire fubfiftant toujours-6c qaaprès tout ce que M. 1Archcvêque avoit pris la peine de nous dire lui-même fur ce fujer^nbsp;il nétoit point néceffaire que je parlaflè a perfon-ne. La Mere Soüpricure me répondit: quau regard de M. 1Archevêque on pouvoit dire quilnbsp;étoit juge 6c partie; maïs quil y avoit dautresnbsp;perfonnes qui éioient neutres, en qui je pourroisnbsp;prendre confiance. Je témoignai queje nen con-noiflöis point, fgachant bien quon ne maccor-deroic pas ceux que je demanderois, comme onnbsp;mavoit déji refulë ie Pere Efprtt. Un jour que je me promenois dans cette allêe xxvin. proche de notre chambre,la Mere Supérieureac-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; compagnée dune autre Religieufe y pafiTa ; elle^j fatisfac-sapprocha de moi avec beaucoup daffe(ftion,me tions deu dilant quelle me venoit voir. Je ia remerciaiM. Vrieme,nbsp;très-humblemenr. Ea Religieufe qui étoit avgc elle |
Relation de'la Verfécution des Rcligieujès de Vort-Royal, i664.-i6amp;'^. nbsp;nbsp;nbsp;I2I
Relation elle me dit quelle y venoit auffi , amp; quenfin ii jufticejac je la taifois Juge elle-même qitel péché Relation de laSoeurme falloit divertir. Je répondis que Ie divertiflè- ce feroic de confentir a la calomnie contre unedela Soeurnbsp;Marie ment ne saccordcit point avcc létat oü jétoisi perfonne done on connoitroic rinnocence. EHe Marie ^nbsp;Charlotte queje fouffrois avec tant de perfonnes,quequand demeura fans me rdpondre,amp; me dit feulemenc,^^J .nbsp;Sainte même je me divertirois de ma pcine en particu- quelle ne pouvoit voir fans douleur que nous
de Claire.
lier celie des autres fuffiroit pour maffligeri mais fions lp yidlirnes de tous ces troubles. que*je leur étois éxtrêmemcnt obligée de 1affec- Mais (i je témoignois de la fermecé extérieure- xxxnbsp;tion quellcs me témoignoient. Elles vinrent dans ment, mon Efpric étoit accablé de trifteflè amp; Troubie'oanbsp;notre chambre oii elles me dirent beaucoup dc dennui: cette grande folitude maccabloic, paree-la iette lanbsp;chofes me témoignant la compaffion quelles me que ma foi étant trop foible, je nauendoisnbsp;' pörtoient ce qui étoic trés véritable de la part de mon fecours de Dieu feulj ce qui faifoit que jefoiitudc; amp;nbsp;la Révérende Mere Supérieure, qui a un efpric ne pouvois fupporter de navoir perfonne énbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dc
éxtrêmement jufteamp;raifonnable; car quoiquelle puffe décharger les diverfes penfees inqmetes crut que nous avions grand tort de ne pas figner, affligeantes dont jéiois fans ceffe agicée. Je meconfiancc.nbsp;elle étoit néanmoins bien éloignée de nous inful- couchois dans langoiffe,amp; a mon reveil,je crou-ter; au contraire elle portoit nos afflictions avec vois quil falloit paffer la journée dans Ie memenbsp;fentiment amp; y compatiffoit. Elle me difoit quel- état, amp; encore la nuk amp; Ie jour fuivant, fansnbsp;quefois quelle ne pouvoit prefquc fe refoudre a voir aucun terme ni aucune fin a mespeines. Ce*nbsp;me voir par la pitié que je lui faifois.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la me fit venir a lEfprit une penfée, (jui fans
Xxix. . Après quelle eut demeuré un peu de temps a- doute me fut fuggére'epar lennemide mon falut:
SonEnite- moi, on la vint querir, amp;elle melaiflacet- cette penfée étoic que peut-être on navoit pas Migreufede te Religieufe, qui dans Ie difcours fe mie a me prévu les fuites que nous voyions: que pour tela Maifon, parler de la fignature. Elle me dit que totoutard fuler une chole, oü enfin des perfonnes de piecenbsp;qui étoit éx- j[ faudrok bien figner, amp; que je confidéraffe que nous alTuroient quil ny avoic point de mal nousnbsp;pié^cnur routes les puiffances écoient contre nous, 6c quel- nous éxpofions a un mal réel amp; véritable, ennbsp;^our iobifif-les ne voudroient jamais avoir Ie démenti. Je ne tombant peut-être dans Ie défefpoir oü pouvoitnbsp;unce aveu- jyj jjjg jjgjj chofe, finbn que quoiquil arri* nous porter la privation de toutes fortes de foü-vat, je ne voulois jamais offenfer Dieu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tiens, des Sacrements, amp; de toute autre confola-
Enfuite elle fe mk a me dire quelle nepouvok tion. Je me fouvenois davoir entendu dire que, sempêcher de trouver mauvais quon sen prit a fi quelquune croyoit devoir figner, elle Ic pou-nous autres, qui étions de pauvres Agneaux,pen- voic faire, chacun ayant fa confcience: fur quoinbsp;dant quon ne difoit rien a ces Meffieurs, qui é- je penfois que Ie péché nekoit done que pournbsp;toienr caufe de tous ces troubles; quelle en avoic eeux qui figneroienc contre leur confcience, maisnbsp;fait fes plaintes a M. 1Abbé Blamfignon ^ mais que pour les autres il ny en avok point. Cettenbsp;quil lui avoic répondu que leur temps viendrok. diftindlion membarralTok éxtrêmement, 6c for-Je lui dis, qu elle voyoit done bien quil ny avok mok plufieurs doutes dans mon Efpric. Jétoisnbsp;guéresde rai on o iger es Filjes a prendreparc bien perfuadée que celles a qui Dieu donnoic Ianbsp;aux difputesdesTheologiens.Elkmedif., Nous grace de fe foütenir étoienc heureufes , mais jenbsp; ny en devons pas prendre auffi . rious n-avpns me demandois a moi-même sil ny avoic pointnbsp;,, faire fimplement ce qu onnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;témérité a celles qui éxpérimentoient fi fort,
a eux i difputer, 6c a . nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; gnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fofflkfle, de séxpofer a tous les périls oü
fefter fa volontécomme dans
fait plus prefentemenc nbsp;nbsp;nbsp;''«/ois éxpofée Dailleurs je fentois les
Voyés-vous, fourfuivH-elle, nbsp;nbsp;nbsp;.contribuoitbeaucoup a me faire
vous fguffiés ce que je fqai; ^ar P nbsp;nbsp;nbsp;J «ocs dans 1étac oü Dieu nie vouloit.
5, pris auiourd-hui que tout cequonmepour Maïs ce qui augmentoit mes doutes cétoit « roit dire, du commencement de certenouvelle quot;e P^^onne de grande yerru en qui jai unenbsp;Podtrinei ceft dans la vie de M. Vincent, OU entiere confiance, m avoic témoigné être du fen-5» y a des chofes de lAbbé de St. Cyran qui timent tjue des filles pouvoienc figner par obéif- vous furprendroient; il faut que vous voyies fance , li un bupeneur légitime Ie comman*
ccla. Je lui répondis, que je navois quefai- doic.
M!.quot;*l^quot;enfonges, amp; quil nen étoic pas , nbsp;nbsp;nbsp;ces diverfes penfees simprimant peu xxxi
de M. de St. Cyran nbsp;nbsp;nbsp;comme du fait de Janfe-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;é peu dans mon Efpric ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je ne fqavois anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quoi Ellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;doirc
ntus auquel je ne nbsp;nbsp;nbsp;voulois point prendre denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me refoudre; ce qui menbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mettok dans unenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gener
amp; rr nbsp;nbsp;nbsp;conLcfance: au lieu plus dure que la mort, 6c qui me faifoit fou-fe.onf
de Saint Cjww, jétois nbsp;nbsp;nbsp;halter de perdre lEfpric,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ne me fouciancnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poiptEiienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nepeut
aflurée par experience nbsp;nbsp;nbsp;d^e la fauffecé des calomniesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de 1 humiliation qui mennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouvoit arriver'nour-'^^^^'^F
dont on Ie chargeoit; amp; que je ferois obligée de vu que ce me fuc un moyen dcvker la lioiuture mourir plutot que de dire autre chofe, comme on a laquelle je fentois que je navois pas la forcenbsp;eft obliges de mourir pour la vérité 6c pour la de rélilter, étant même en doute fi je Ie devois.
0. nbsp;nbsp;nbsp;Dans
c.^i.,nr^rnmmedanslesheclespaflés. troubles de mon Efpric, qui ne diminuoient
-ocr page 122-Relation de la Perf/cution des Religkufes de P on-Roy al i664.-i66lt;; cet accabletnent, je me jetcois devant 122 Relatfon Dans ^la SreurDieu gfj yerfant quanticé de larmes, fentant que Mane ig pgijjnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trouble amp; de ma foiblefle mal- de nbsp;nbsp;nbsp;trouvois quelquefois un Claire ^ fortifiée, ce qui me rempliflbic de joie, amp; je prenois la Réfolution de ne point figner, amp;nbsp;de mabandonner a Dieu. Dun autre cóté je faifois reflexion far les fui-tes quc la fignature pourroit avoir a 1égard de celles qui Iauroienc faite, amp; qui fe feroient fé-parées par la de nos Meres amp; de nos Scaurs, qui Ïar le iecours de la grace demeuroient fidelles k )ieu : que les unes feroient resnifes dans la Mai-fon fous la conduite de perfonnes qui les détour-neroient fans ceffe de la vérité, en les louant denbsp;laéfion quelles auroient faite, pendant que cellesnbsp;qui en font le foCiiieti, Tornement amp; la gloire,nbsp;feroient méprifées, calomnices , perfécutées amp;nbsp;réduires peut-étre a la derniére afflidlion: quonnbsp;établiroic un autre Efprit dans la Maifon, en remnbsp;verfant celui que nos Meres y ont li faintementnbsp;établi i amp; quelle douleur, ou plutót quel malheurnbsp;ce feroir pour celles qui verroient cette confufionnbsp;6c ces déibrdresj au lieu que celles qui feroientnbsp;demeurées fidelles a Dieu, encore quelles fup-portaffent les peines dune dure captivicé,auroientnbsp;néanmoins la confolation de fouflrir avec leursnbsp;Meres 6c avec leurs Sceurs dans la paix de Jefus-Chrifi , avec lequel elles feroient parfaitementnbsp;unies , 6c qui les éclaireroit des lumiéres de fanbsp;grace amp; de ia charité divine, en mcme-tempsnbsp;que les hommes tachcroient de les opprimer parnbsp;leurs calomnies. Ces penfées me fortifioientnbsp;beaucoup, ayant une horreur éxtrême de me fé-parer de nos Meres j mais Ja rentation revenoicnbsp;quelquefois fi violente, queiie me les faifoit per-dre, e'tant fortifiée par mes doutes, dont je na-vois aucun moyen de méckircir, 6c enfin dienbsp;me furmonta en la maniére que jer le vais rap-porter. XXXII. Je demeurai prés de fix femaines dans cette derniére agitation, ne fqachant du rout a quoinbsp;^u/l?fner' me réfoudre. Lcnnui, latriftelfe, les angoillèsnbsp;en vouiant ou jétois qui mótoienc le fommeil, 6c mem-«vitcr un pêchoient prefque de manger, maccablcrent finbsp;^ qyg crainte de me décourager touc-ti'nbsp;fait en perdant la confiance 6c ie recours a Dieu,nbsp;me periuadérent faulfement dans léblouiflTemencnbsp;OU jétois, que pour éviter un plus grand mal, ilnbsp;valoit mieux en faire un moindrej croyant auffinbsp;que la violence quon me faifoit me ferviroit denbsp;quelque éxcule devant Dieu, qui voyoit dans lenbsp;fond de mon cceur le regret de me voir en-gagée dans une fi malheureufe ncceffitc, 6c quenbsp;nous avions fait un Acte par lequel celles quinbsp;fuccomberoient a la violence, pourroient fe re-kver , ayant déclaré nul ce que nous ferions ff-parées les unes des autres. Je me fouvins de M.nbsp;ie Cure^ de Trhi ^ gprès avoir réfifté long-ïemps s etoit enfin rendu, 6c quon navoit pas |
laifl'é de juftifier, paree quil navoit point révo- Relation qué fes Adies précédents. Je crus avoirtrouvé undela Soeurnbsp;fort bon éxpédient, mais je voulus en diflFcrerquel-M®^'®nbsp;que temps léxécution, 6c lailfer paCTer la fêtenbsp;la Touffaints qui étoit proche; 6c je pris feule-ment la réfolution que fi je ne recevois pointnbsp;foulagement, je demanderois a parler a qucl-quun. Je me fens obligee en cet endroit dentrerdans K^txiil, Tabimc de mon néant, pour reconnoitre devant linfi,nie Majeilé de Dieu, ma préfomption 6c mon reconnoit éxtrême avcuglément davoir ofé lui prefcrire un ^ Pi*nbsp;temps, comme fi (a volonté eut étéobligéedad-poit'f^f,..nbsp;herer a la mienne. Ceft pourquoi je Teconnois nuï, elk ju-en^ia faintc prefence que ga été avec juftice quilearn a couverte de confufion. Je me fuis éleveenbsp;en lui vouiant donner une loi;amp; il ma abaifleenbsp;en me laifllant tomber dans le precipice: que fifanbsp;mainpuiöante ne ma pas laiffée périr dans ce malheur, ceft par un eflèt de fa miféricorde toutenbsp;gratuite qui ma regardée favorablement j ce quenbsp;je fouhaite que tout le monde fqache, afin quil ennbsp;foit loué 6c glorifié a jamais. Mais pour continuer cette Relation,unfoirque XXXIV. mon efprit étoit occupé de diverfes penfées fur Suite de lanbsp;mon état, une Religieufe enfra dans notre cham-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*** bre, oii jétois toute feule après fouper, comme jétois ordinairement. Elle me témoigna beaucoup de corapaflion, me difant, quelle ne fpa-yoic pas comment je pouvois réfiller a la vie quenbsp;je menols , furcouc par rapport k la durée qui ac- cabioit les efprits les plus forts: que les jours 6c ies nuits étoient bien longs, lorfquilfalloitlespaf-fer dans IafHidlion de lefprit, fans y voir aucunenbsp;fin. Et elie ajouta; Mais enfin, quand vousnbsp;,, céderiés, on diroit, c'eji me pauvre Ftlle ac-,, cablée ^ fans tonfeil, fansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, 6c jecrois ,, quon vous éxcufera de bon coeur. Comme jétois déja prévenuë de ces mêmes penfées,nbsp;jy entrai facilement, toutefois je ne lui en fis riennbsp;paroitre. Je me recommandai feulemenc a fesnbsp;pricres, lui difant que je ne voulois point offen-fer Dieu, La priviation de la fainte Communion me dev^ xxxv. noit très-fenfible, 6c dans lafïoibliflement oü je^e^^manqaenbsp;me trouvois, il me fembloit quune feule Comnbsp;munion mauroit fortifiée. Je confidérois ce quele checchenbsp;dit St. Cyprien, que le courage manque a unChrc-*J®®^*nbsp;tien, lorfquil na pas été animé 6c embrafé par£pnt pèrdjjnbsp;la vertu de IEuchariftie: ce qui me fit faire quan- de vuë io-tité de voeux 6c de priéres, pour obtenir denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; la grace de communier a la Toujfaints: Mais je de fouffnt reconnois préfentement que toutcela venoic dunpow j. q,nbsp;manquement de foi, 6c que je voulois trouverunnbsp;appui dans quelque chofe de fenfible, au lieu qq®nbsp;je devois tenir pour trés afluré que je ne partici- pevois a la grace de la Communion, quautantque je ferois préparée è participer aux foufftances denbsp;Jefus-Chrill 6c que manquant de cette difpofi-tion cétoit un obftacle a ieffet de la fainte Eu- cha- |
'Relation de la Verfécution des Religieufes de Ron-RÖydl, Relntion chariftie. Je devois être convaincuë queceuxqui jeus avec lui au commencemenVauilërnira Relation ela^oeurnous eo one feparees e^eneurement, ne peu^encnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cp^na lequej] _aprè,-quil mem dk tou-'de ia Sffiur tes fortes de raifons pour m'ëxhoiter a la fignatu-re, voyant que je perfiftois a la refufer par une Ci^''i°'-*'® repugnance invincible de confeience , il me dit:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sainte Je crois bien que ceft cela qui vous retient; fi ^ on veut poulfer les chofesplusavantjjedeman- derai a me retirer , vous fetés votre falut com- me v'ous pourrés; pour moi je veux faire Ie mien. Et lui ayant dit, (je ne me fouviensnbsp;pas a que! propos) que quoiqu'il nous pücarriver,nbsp;je mettois toute ma confiance en ia miféricordenbsp;de Dieu qui métoit meillcure que routes les vies,nbsp;il me répondit fort bonnement; Ma Soeur ,de- meurés-en la, vous êces bien appuyée, Dieunbsp;vous protégera. De plus une perfonne en qui chofes: car auiTitót quon fait quelque retour fur javois confiance men avoic parlé avantageuie- irsi.rvgt;.Sr»na fiir lt;-/=» niïnn fnilfFrf* . /lir If* rpmn.'ï motar /gt;vr*#3nr^ rnt* ]/» nbsp;nbsp;nbsp;ria 1gt;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4.^ qui avoieat figné ks de la Marie bomer la puiuance de Uieu, qui remplit datniic Charlotte amp; de la grace de ce divin myftcre les amesqui nenbsp;deSainte sappuyent que fur lui, qui ne cherchent point denbsp;Claire* foulagement ni de foütien dans les creatures,lorf-quil leur en óte les moyens, qui nemetcent pointnbsp;de bornes pour accomplircequildemandedelies,nbsp;amp; qui fc rendent a tout ce quil leur fait connoi-tre, lans aucune referve. Cefl: en quoi je confeffe que jai beaucoup manqué j amp; il me femble, felon lc'spérience quenbsp;jen ai faite^ que pour fe foütenir dans un ératnbsp;pareil a celui dans lequel je me fuis urouvée, ilnbsp;faut avoir une fidélicé particuliere pour ne fe pointnbsp;detourner de Dieu, en fe détachant de routesnbsp;foi-même , fur ce quon fouiFre , fur Ie tempsnbsp;quil y a que les chofes durent, que lon donnenbsp;lieu a la tendrelïe quon a pour les perfonnes dontnbsp;on fe voic féparé, auflïtót on saffbiblic, on commence a penler aux moyens de foulager fa peine,nbsp;amp; enfuite on tombe dans la trifteffe amp; dans len-nuiamp; ü on na foin de les combattre par la foinbsp;amp; par la priére, on fe laiife aifement emporcernbsp;fous quelque prétexte apparent qui couvre feu-lement Ie mal, ne Ie pouvant otcr, comme ilnbsp;meft arrivé. xxxn Q.uelques jours devant la ToujJ'atnts , la Mere Li M.supé- Supérieure métanc venuë voir, je me mis age-rieureia va noux devant elle, pour la fupplier de faire priernbsp;cu'ite^feré' l-^rchevêque quil me permit la fainte Com-fout i voii iRunion ie jour de cette grande Fête; elle me Ienbsp;M; cba- promic. Je ne fgai ii ce fut ce jour-la, oulelen-miliatdpour demain quelle me propofa de choifir quelque Ec-douKu '^^cléfiaftique, a qui je dirois mes difpofitions, quinbsp;iroit trouver de ma part M. 1Archevêque amp; luinbsp;deraanderoit la permiiTion que je fouhaitois. Jac-ceptai cette Propofition, amp; je penfai dabord knbsp;M. Cheron^ mais je aofoismy haz.arder, parce-que comme- rien ne fe faifoit dans cette Maifonnbsp;que par lordre amp; les avis de M. Blamp'tgnon,nbsp;cétoit affez que jeuffe demandé M. Cheron pournbsp;Ie rendre fufpedt, amp; faire naure la penfée de luinbsp;interdire de parler a nos Soeurs de Port-Royal,nbsp;auxquelles je penfois quil pouvoit rendre fervice.nbsp;Je penfai auiïi a M. Ie Cure de St. Medard, maisnbsp;jeeraignois de Ie commettre, nefqachantpasmc-me sil étoit encore ami. Enfin ne voyant per-fonne fur qui je puffe marrêter, je me réfolus denbsp;demander M. Chamillard, que je ne connoiflbisnbsp;pas pour tél quil eft. Je leftimois au contrairenbsp;CDtnme un homme de bien 6c de confeience,quinbsp;nétoit point paffioné, amp;c quiétoitdifpoféamain-tenir Ie bien qui étoir dans la Maifon plutót quanbsp;Ie détruire; mais comme il étoit perfuadé que nousnbsp;étions obligées dobéïr a M.lArchevêque,il ne pouvoit convenir avec nous en ce point. J'étois fonrnbsp;dée en cela fur plufieurs chofes quil mavoit di-les, amp; particuliérement dans un Eqtretien que |
ment, éxcepté fur Ie point de la fignature. Je Ie propofai done aux Meres,qui me promi-rent de Ie faire demander a M. lArchevêque; néanmoins la fête fe palïa lans quil vine, amp; lansnbsp;que je communiaflè, paree que M. 1Archevêque nétant pas a Fan's, Al. de la Brunetiere anbsp;qui on sétoic adrelTé avoit fait réponfe quil ennbsp;écrifoit a Monfeigneur, qui avoit déclaré éxpref-fément que pour ce qui concernoit les Religieufesnbsp;de Port-Reyal, il fe refervoit a lui feulden prendre connoiflance. II fe paffa done environ huitnbsp;jours fans que M. ChamtiUrd vint. Les Meresnbsp;en étoient affez fachées, mais pour moi je mennbsp;confolois de bon coeur, leur difant, que puifquenbsp;je ne lavois demandé que pour la Toujfaints, lanbsp;fête étant paflée, je n'avois plus rien a lui dire.nbsp;Jappréhendois éxtrêmement cette Vifite. Le lendemain de la Toujfaints, la Mere Supérieure, qui avoit affuré ment de la bonté pour moi, métant venu voir; amp; me crouvanc toute en lar-mes, men demanda le fujet avec beaucoup daf-feétion: Je lui dis, que javots lefpric amp; le corpsnbsp;accablé de Tétat oü jétois réduite, Elle me ditnbsp;dune fagon vraiement touchée; Ne vousaffli- gés point, vous verrés M. Chamillard, dicesnbsp;,, lui toutes vos peines, peut-êrre il vous remet- tra. Je répliquai: ,,Comment pourra-t-ilnbsp; me remettre ? II me dira quü faut figner , lïnbsp; ceft toute mon angoiflè. Mais comme javois remis après la Touffahtts a xxxvil* prendre ma réfolution, après plufieurs priéresque®'*=a'°?,nbsp;javois faices fur ce fujet, qui ne mérkoientnbsp;detre éxaucées, paree quelles ne procédoient pas faifoit 1 °nbsp;dun coeur pur, ni dune foi ferme 6c folide, maisnbsp;étoient toutes mclées de défiance amp; de craintedcd'^ttenbsp;foufïrir, me trouvant tonjours dans les mêmesagi céc^gaKcnbsp;tations defprit, je crus que je pouvois figner, ennbsp;difant auparavant a M. lArehevêque 6c a \\ Chamillard mes intentions, amp; que süs ncn de'fainte amp;fJc tneucownt pas daccord, je ne fignerois point amp;nbsp;naurois plus rien a faire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; Je ne fgavois aucune chofe de ce qui fe paffoit dans la Maifon cnire celles 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; - ^2 |
124. nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Terfécution des Religlettfes de Fort-Roval i66A.-r66'e Relation les autres, deforce que je in'imagmois qu'en de la ScEurfaifani; qyg la fignature, pourvu quon demeura: toujours dans 1union amp; dans Tobfervance de ce que nos Meres nous avoienc appris, fans jamaisnbsp;admeccre dautre conduite, il y auroit moyen denbsp;faire voir, que ce nauroic été quune violence,nbsp;amp; de la faire paffer pour nulle en faveur de nosnbsp;Adtes. Le malheur dans ces occafions, eft defenbsp;. - trouver fans avis, car il me femble quune feulenbsp;i parole denos amis, mauroit foütenuë; au lieu ccoire quel le peut ll-gncr. Marie Charlottenbsp;de Saintenbsp;Claire. xxxvin. Faux raifon-ncments , que toutes les perfonnes que je voyois augmen-toient mon afFoibliflement, me dilant fans ceflè que tous nos meilleurs amis, amp; ceux qui étoiencnbsp;le plus dans nos fentiments,condamnoienc notrenbsp;procédé, de laiffer perdre une Maifon, amp; cxpo-fer tanc de Filles, fans fgavoir ce quelles devien-droient; que nous devions confidérer que notrenbsp;réfiftance retomboit fur nos Diredteurs, amp; leurnbsp;faifoit un trés grand tort; que nous étions caufenbsp;quon saigrifTöic contre eux de plus en plus, amp;nbsp;quon blamoit leur conduite, comme nous ayancnbsp;appris a réfifter a touce 1Eglifej amp; que rien nenbsp;feroit plus capable de faire perdre la mauvaife opinion quon avoir prife deux, fi nous nous fou-mettions comme toutes les autres Religicufes, anbsp;faire ce quon nous demandoit. Tout cela saccordant avec mon mauvais rai-fonnement, je ne fqavois ce que jen devoiscroi-fe, finon que je le trouvois affez, vraifemblable pour être de quelque poids; comme fi on eut punbsp;fauver la vérité, en manquant a la véricé. Carnbsp;je puis dire que je nai point change de fentiment,nbsp;amp; que les raifons quon ma alléguées ne montnbsp;point perfuadée quon fut obligé de figner, ayancnbsp;toujours cru, que celles a qui Üieu faifoit ia grace de dcmcurer fermes étoient les plus heureuies,nbsp;amp; que les autres au contraire avoient un grandnbsp;fujetde craindre amp; de shumilier; quoiquen rnêrae-temps je crafle quii y avoir des circonftancesquinbsp;rendoient la chofe tolérable en celles qui ne lenbsp;faifoient que par accablemenc d'Efprit, amp; dansnbsp;des doutes que réxtrêmité ou on les avoir rédui-tes les empêchoienc de pouvoir éclaircir. Ceftnbsp;ce qui fut caufe que je ne demandai aucun éclair-dflèment fur les difficultés de la flgnature, afinnbsp;quon ne put pas dire que javois été convaincuënbsp;par la; amp; que je ne repréiêntai pas non plus lesnbsp;jaifons particuliéres, ni les doutes qui mavoiencnbsp;ébranlée, de peur quon en tirat avanrage contrenbsp;nos Sceurs: mais je me contentai feuleraenc denbsp;demander quelques alfurances, qui faifoient voirnbsp;ma dispofition, en faifanc cette aélion malheu-reufe. xxxix. Enfin le quatre de Novembre lorfque je nat-^'-tendois plus M. Chamillard^ a caufe quil tardoic roir.'^Leut fi long-temps, ce qui me faifoit grand plaifir,onnbsp;Entrctien , me vint dire fur les deux heures après-midi quilnbsp;oir M. Clia-étoit au Parloir : jen fus furprife, mais je nelaif-roit%fgachanc point du tout cequenbsp;^eion e'tat.jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quü mappergut, il medic: |
Hé bien 1 ma fille, on ma dit que vous fou-Relation haiciés de me parler. Je répondis; II l'^Soeutnbsp;,, vrai, Monfieur, je vous ai demandé, pareenbsp;,, que je crois que vous nêtes point paffionénbsp; car G je le croyois autrement, je ne madref-p^ baintenbsp; ferois pas a vous pour vous éxpofer létat dans^^quot;^^' lequel je mc trouve. I! me dit; Je vouSg^ ,, puis afllirer que je ne fouhaitc autre chofe quemet tout ce le bienamp;lerépos de votre Maifon. Je repris: quelie de-,, Ceft la perfuafion oü je fuis que vous avés de^^*pnbsp;,, la charité pouf nous, qui ma fait défirer dec, confé- vous voir, pour vous faire confidérer a quoiquence lafi- on nous réduit, amp; ce que ceft quune pauvreSquot;®quot;quot;* fille route feule dans une Chambre, fans con- folatian, amp; fans avoir aucune perfonne a qui elle puilie decharger fon coeur dans les inqmé- tudes (Sc les peines que eet état peut caufer; ilnbsp; y en a aflez. pour en perdre lEfprit. II mcnbsp;répondic: Cela me fait aflèi de piciéj penfés- vous quon foit infenfible ? mais ceft votrenbsp;,, faute, que nobéiffés-vous ? Et il ajouta: ,» On ma dit que vous y penfiés. Je répartis: II eft vrai, Monfieur, mais ce neft point que je ibis convaincuë des raifons quon ma ap-,, poECces; je fuis uniquemenc touchée de létatnbsp; oü je me trouve, qui meft fi pénible amp; fi vio- lent, que je nai pas la force de le porter j ccnbsp; qui me fait craindre de me précipiter dansnbsp; quelqué péché par découragement amp; par en- nul. II me répondit; Eh! qui en doute? ,, eet état eft tres dangereux. Je pourfuivis : ,, Je vous declare, Monfieur, que jene prétends point condamner M. d'Tpres. II me repon-dic; On ne vous demande point cela; maisfeu- Icmenc que vous vous foumettiés au jugementnbsp; du Saint Siége: II maffura que ma fignaturcnbsp;ne feroit ni une condamnation ni un jugement ,amp;nbsp;quon ne me demandoit que la condamnation desnbsp;cinq Propofitions. Et comme il navoic pas furnbsp;lui la petite Declaration, il men écrivit un abre-gé pour me ia faire voir; amp; comme en 1écri-vant 11 dilbic tout haut ce quelle portok; lorfquenbsp;je lui entendis nommerla Doétrine Atjanfemue^nbsp;jelui dis: ,,Eft-ce toutc la Doélrine que Ionnbsp;j, veut a prefent condamner? II me répondit; ,, Point du tout, ce neft que les cinq Propofi- dons. Je lui répliquai: ,,je vous prie, Mr. mettés lur votre Ècrit yatlrihu^es d JanfeniuS, vous me donnerés un grand foulagement.. II répondit: non^aseeld. Je ne me fouviens prefque plus du refte de eet Entretien, mon Efprit étant fi troublé, que jenbsp;ne fgavois prefque ce que je faifois; feulement jenbsp;lui témoignai que je ne prétendois en aucune fa-qon me féparer de nos Meres amp; de nos Sceurs, amp; que jérois unie avec elles a la vie amp; ^ la mort. Sur quoi je lui demandai en quelle difpofition étoient celles de nos Soeurs qui avoient figné.nbsp;me dit quelles jouiflbient dune parfaitenbsp;qwau commencement il sétoknbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,uroient |
quot;Relation de la Fcrfécution des Religieujes de Tort-Royal^ lê6^~i66^.
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125
Relation auroient des troubles 6c des peines ; mais quil delaSceurnétoit arrivé ricjn; moms que cela, 6c quiUvoiC
Marie
Charlotte de Sainte
Claire. perde la Créance amp; la confiance parfaite en-vers ceux de qui nous lavons requë ? H me dit; ,,On ne vous demandepoint cela. Ja-joutai: Si je fais cette fignature, il en faudranbsp; peut êcre encore faire quelque autre,qui pour-j, ra être au préjudice des perfonnes qui nousontnbsp; inftruites, 6c ceft ce que je ne ferai jamais,
étant perfuadée, comme je Ie fuis, de leur vertu 6c de la pureté de leur foi II me pro-mit que 1on ne me feroit jamais figner autrenbsp;chofe, 6c quil me Ie donneroit par écrit; je Tennbsp;priai fur Ie champ: il mécrivit un billet, que jenbsp;garde encore j mais au lieu de mettre quil menbsp;prometteit quon ne me feroit plus rien figner, ilnbsp;mit, je lui ai premis quon ne lui feroit plus fi-gner aucune autre chofe. Je ne fgai sil Ie fit anbsp;deffein , mais pour moi, je ny pris point gardenbsp;pour lors, 6c ne men appergus que Ic lendemain.
En lui parlant de nos Direéteurs jelui nommai M. Singlin. II me dit; ,,M. Singlin^ \z voudroisnbsp; quil vêcut encore, nous ferions bientót dac- cord, car je fgai de trés bonne part quil vou- loit que vous fignaffiés, fi votre Archevêquenbsp; vous Ie commandoit. Et il ajouta: Onnbsp; ne vous fera condamner ni M. Singlin, ni au- cun autre quel quil foit. Enfin je lui dis:nbsp; Monfieur, je fais cette fignature par la raifonnbsp;3, que je vous ai dite, 6c fur les afliirances quenbsp; vous venés de me donnet. Jétois dans unenbsp;angoifle qui paroiflbit aCTez par mes larmes j ennbsp;eet étac je lui dis encore; Monfieur je vousnbsp; fupplie, ayés pitié de mon ame: je fiJis enRe- ligion depuis lage de neuf ans, de quoi celanbsp; me fervira-til ,fi jen perds Ie fruit par la figna- ture? il répondit: Je vous alTure fur monnbsp; ame quil ny a point de péché. Je répliquai;nbsp;3, Je crois quelle me réduira au défefpoir a I heurenbsp;de la mort. II me dit: vous verrés que nonjnbsp;, au contraire que feriés-vous, fi vous vousnbsp;YQyi^s mourir fans Sacrements ^ car on a refo- lu de ne les point donner, même d lheure denbsp; la mort, è celles qui nauront pas obéi ? Enfin malheureufement pour moi, jacceptai la fi-.gnature, penfant quen ne me défuniCTant pointnbsp;de nos Meres 6c de nos Sceurs, leur étant tou-'joursfidelle, confervanttoujours 1eftirae,la créance 6c ia confiance pour les Défenfeurs de M.nbsp;dTpres, fans me féparer jamais de leur conduitenbsp;amp; de leurs maximes, dont jétois réfoluë de ren*nbsp;lt;ire témoignage h quiconque men voudroit par-ler, je ne failois point de mal, 8c que la captivi-té qui mótoit les moyens de méclaircir de mesnbsp;doutes,me pouvoic fervir dcxcufe.
XL. M. Chamillard me dit quil reviendroit Ie len-
vu Ie doigc de Dieu eo cette rencontre. Je lui dis: Sattend-on que je quitte jamais la conduitenbsp;, que nous avons euë jufqua préfent, 6c que jenbsp; perde la Créance amp; la confiance parfaitenbsp;,, vers ceux de qui nous lavons requë ?
« A M ^ laivaw»»»» w.r.earr.uju» av-eau-ra^p au. atu- a e.aaa.u.ua,.a. ^ nbsp;nbsp;nbsp;«-Heiie , COmmC UnC pCt-nbffenferOit
svcc M. lArcheveque, 8c qu il apporte- fonne qui eft hors 8 clle-même, amp; qui ne fe re- p®*quot;'
lacd lui fait figner
roic Ie Mandement. Cependant il me fit écrire RelatioK un billet, qui portoit: Que javois promis a M.deJaSoEUtnbsp; Chamillard de figner après que M. lArchevé-l^^'*^
que mauroit donné la meme dédaration qua Charlotte-,, ma Soeur Heléne de Sainte ^gnèsquot; Je ne me Sainte fouviens point du refte que contenoit eet Ecricnbsp;mais il me femble quil finifiToit apeu-près ^rcesinbsp;mots: Sa7is que cette condamnatmi faffe tort ö bie^fens°°*nbsp;perfonne^ en quoi je fis une grande faute; car jejoies, desnbsp;venois de dire que je ne précendois point condam-ner iVl. dTpres, 6c cependant ce mot faifoit en- mas ' lorf-tendre Ie contraire; ce fut M. Chatnillard qui mequellcs ap-Ie fit mettre, 6c je ne men appergus pas par unnbsp;défaut de lumiére 6c de difcernement. Après quei* sr. ciaite.nbsp;je lui eus mis eet Ecrit entre les mains, il menbsp;quitta ravi de joie, 6c roe demanda sil Ie diroitnbsp;aux Meres. Je répondis que je Ie vouloisbien:nbsp;elles me vinrenc trouver un peu après fi tranfpor-tées de joie, quelles ne fgavoient comment menbsp;ré.xprimer. De mon cócé je leur fis paroitre quelque fatisfadion de pouvoir efpérer du foulagementnbsp;dans mes peines, fans ofFenfer Dieu, Ie croyantnbsp;ainfi dans laveuglément oü jétois, mais Dieu nanbsp;pas permis que je tombafl'e dans ce double malheur , en quoi je me fens infiniment redevable anbsp;fa mifcricordc, qui na pas vouluque je trouvaflcnbsp;cette fauflé paix, qui mauroit conduite alamort.
II a éxaucc les priéres de fes Serviteurs 6c de fes Servantes,qui voyoient par la lumiére de leurfoi,nbsp;ce que la mienne fi alFoiblie ne me permettoit pasnbsp;de dilcerner , 6c qui pleuroient pour moi, lorfquenbsp;je ne fongeois pas a me pleurer moi-même. 11»nbsp;augmenté mes troubles afin de mouvrir les yeux,
6c que je reconnuffe par ma propre éxpérience, quil ny a point de paix veritable 6c folide, quenbsp;celle qui eft fondée dans la vérité, quon ne lanbsp;trouve que par la vérité, 6c quelle ne fubfiftequenbsp;fur la vérité; 6c quen étant perfuadée par un effècnbsp;de fa grace route puifTante, que je lui demandenbsp;très-humhlement, je cherchaffe la paix 6c Ie reposnbsp;du cocur, non en ce qui nous délivre de la fbuf-france, 6c qui élargit la voie etroice; mais dansnbsp;une véritable fouraiflion a falainte volonré,quoi-quil nous puiflè arriver,accompagnéedunehumble confiance, 6c dune foi qui nhcfite point.
Auffitót que cette nouvelle fe fut répanduë par la Maifon , elle fut route remplie de joie, les Rë-ligieufes fe la témoignant Tune a lautre, en feré-jquiflant du falut de mon ame, Iclon leur pen-fée, amp; de ce que Dieu avoit éxaucé leurs priéres.
Elles fc difoient. Croj/s quelle a fait m bon aiSie.
Quoique jeuffe accepté la fignature dans Ia xtt
creance que je ne fifl'e point paroitre éxtérieure^ co.-
ment de trouble, j avois neanmoins dans Ie fonH ^ ducoeur une triftefle morcelle, quinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
* prendre aucun répoe route la\ni S SlK .5 Dieu de ne me point abandonner j «Henbsp;l'affliaion amp;_dan7l. dérreffi,^!'
COH'
-ocr page 126-'Relation de Ia Peffdcutian des Religieufes de Pert-Royal^ \66^-l66) Charlotte de Saintenbsp;Claire. XLTI. M. lAtche-Vfqiie va la trouvet: leiainbsp;Entreticn, voue , ceft une chofe extraordinaire j maïs de vos ScEurs, qui en one été beaucoup foula-|- **9quot;= o-ppo- cétoit fa declaration: il me la lut 6cf ®*^l** gees: tioo. I2(gt; Relatirtn connoit point, amp; javouëquen iécrivant, Icfou dè la ScBur yenir men fait même trembler, amp; me renouvellenbsp;Mane ladouleur, mimaginant que jy fuis encore.Le iendemain, qui étoit ie 5 de Novembre, M. 1Archevêque accompagné de M. Chamillardnbsp;vint au Monaftére fur les huit heures du matin,nbsp;ayant avec lui au dehors M. 'Blampignon. Onnbsp;vint mavertir auffitót. Jentrai au Parloir avecnbsp;M. Chamillard amp; les deux Meres. Je me mis anbsp;genoux devant M. lArchevêque pour lui deman-der fa bénédidiion, quil me donna. La Merenbsp;Supérieure me demanda fi je voulois parler feulenbsp;a Monfeigneur. Je lui témoignai que jen feroisnbsp;bien-aife, elle fortic, 6c M. lArchevêque dit anbsp;M. Blampignon 6c a M. Chamillard de. Ie retirer. Lorfque je fus lêule, il medici gt;5^^ bien,ma ,, bonne fille, dites-moi vos peines. Je répon-dis; Je vous confefle, Monfeigneur, quejap- prébende éxtrêmementdeprendrepartacecteaf- faire. II me demanda pourquoi. Paree, luinbsp; re'pondis-je^ quil sagit Aünfait contefté, du- quel je nai aucune connoilïance, amp;je crainsnbsp; de porter un faux témoignage, amp; de faire unnbsp;,, jugement téméraire contre un innocent. IInbsp;répliqua; Vous ne faites ni lun ni 1autre, vousnbsp; vous fbumettés feulement au jugement du St.nbsp;gt;, Siége amp; a ce quil a décidé. Cela fut fuivinbsp;dun long raifonnement, quil finit par me dire;nbsp; Enfin il ne faut pas tant rafiner, ceft ce quinbsp;,, vous perd, il fauc obéir (implement comme denbsp; bonnes Religieufes. Je répondis: Mais aulli,nbsp;5, Monfeigneur, quelle néceCGté y a-til de nousnbsp; embarraflèr lefpric de ces fortes daffaires, quinbsp; nont nul rapport a notre condition ? A-tonnbsp;,, jamais demandé la fignature des Religieufes dansnbsp; ces matiéres.? II eft vrai, reprit-il^ je vous 1a- 5, comme votre Maifona étéle centre duneDoc-,, trine fulpedle, il eft néceflaire de vous en pur- ger fans cela on nauroit jamais penfé i vous en parler non plusquaux autresReligieufes,quinbsp; ne penfent qua prier Dieu, amp; qui nentendencnbsp; rien a ces matiéres; fi on les en a occupées,nbsp; ceft vous autres qui en étes caufè. Car fi onnbsp; ne fe fut adreffé qua votre Maifon, vous nau,- riés pas manqué de demander pourquoi on éxi-,, geoit de vous ce quon néxigeoit pas des autres;nbsp; 6c on sattendoit bien que routes ces bonnesnbsp; filles nen feroient aucune difficulté,comme ennbsp; effet elles nen ont point fait: II ny a eu quenbsp; vous feules. Cependant je fuis bien afluré quenbsp; M. Singlin vouloit que vous fignalfiés, fi votrenbsp;,, Archevêque vous le commandoit. II ajouta:nbsp; Je revere M. Arnauld., votre oracle. Jai mê- me lu ce matin le livre de la Fréquente Com-munion; ceft un livre admirable. II a com*nbsp;pofé un écrit adreflé a .M. Cornet.^ quon manbsp; P'^'^'Vns de me faire voir, dans lequel il dit quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;point dévidence que les cinq po uions nc font point dans yonfenius peu- |
vent figner/ nbsp;nbsp;nbsp;Relation Comme jérois dans rafibiblilTcment amp; dans le dela Sceur doure, je ne répondis rien a cela. II mallégual^*''ienbsp;encore cette parole de notre PereSt. Bernardnbsp;lorfque 1on eft dans le doute il fe faut rendre au Saintenbsp;jugement de fes Supérieurs) Tout cela étoit pro-^^*'^® ;nbsp;pre a augmenter mes ténébres amp; a me faciliter lanbsp;fignature. Enfin, jelui dis: Monfeigneur, ennbsp;,, faifant la fignature, je ne regarde rien que lanbsp; foumiffion 6c lobéilfance, que je vous dois, car je ne prétends point condamner M. d'Tpres, ,, je le tiens pour un Saint. Et moi auffi, répon- dit il.^ je le révc're comme un grand homme 6c vous ne ferés que ce quil a fait lui-mcmenbsp; en foumettant fon livre au St. Siege. II a orisnbsp;,, une matiere bien déliée, car la queftion de ianbsp; grace eft unabime,amp; St. Augufiin après lavoirnbsp; penétré tant quil a pu,seftenfin arrêté,difantnbsp;3, injinitus efl cahos. M. dTpres va encore plusnbsp; avant que lui. jerépartis: Tout ce que jenbsp; f^ai de la grace, ceft ceque jen ai lu dans lt- vangile, oü Notre Seigneur mapprend que jenbsp; ne puis rien fans lui ;dou jeconclus que fije faisnbsp; quelque bien, 8c fi je réfifte au mal, ceft luinbsp; qui me le fait faire; 6c lorfque je fents quelquenbsp; difificulté dans la pratique des chofes que Dieunbsp; demande de moi,jinvoque le fecours de Dieu: 6c fi je la furmonre, je reconnois que ceft un efFec de la grace, 6c que je ne laurois pu fairenbsp; par moi-même. II me répondic: Voila cenbsp; quil en faut fqavoir, il en faut demeurer la ïnbsp;,, mais de vouloir pénétrer comment cette gracenbsp; agit, ceft un fecret quil faut laifler a Dieu; 6c en effet, qui le peut fgavoir que lui feul? Comme il parloit,il tira un papier, amp; me dit: Voila un écrit que jai donné a quelques-unes M. de Paris me la donna, endifant: Vous voyés que je ne ,, prétends point que vous rendiés un jugementnbsp; par vous-même fur la Dqtftrine de Janfiniusnbsp; ce feroit une chofe dcraifonnable, mais feule*nbsp;,, ment que vous acquiefciés a celui quen nbsp; porté le St. Siége. Je navois pas befoin denbsp;eet éclairciflèment, ne métant jamais venu dansnbsp;Tefprit quon mobligek de juger par moi-mémenbsp;fi les cinq Propofitions font dans un Livre Latin que ie ne fgaurois lire: mais ce qui me fit im-preffion amp; qui me Ibulagea en effèt, ce fut 1au-torité du commandement quil me faifbit, joint inbsp;mes doutes qui me perfuadérent que je ny pou-vois réfifter, nayant point dévidence du con*nbsp;traire, 6c laCTurance quon me donnoit quon nenbsp;faifoit aucun tort a la Doélrine de Sr. Óduguflianbsp;touchant la grace. En même-temps je me mis ènbsp;genoux,6c pris ce papier;8ccroyantquil aQuroicnbsp;ma confcience,jedis,mais en pleurantbeaucoup:nbsp; Mgr, je fignerai enfuite de cette déclaratiop»nbsp;,, mais promettés moi, sil vous plait, mais vous ne me parierés de Hgner aucune au- n We |
127 nbsp;nbsp;nbsp;...
leur Sceur de Bregy le leur avoit fait figner fans di Relation re ce que eetoit. Je dis, que je navois pointnbsp;entendu parler de ce Procès-verbal. Mr. , 1Ar-cheveque sadreflanc a la Mere , lui dit; ,. Quoi ^hadortenbsp; ma Mere, elle ne fqait rien de ce verbal?Lap? Saintenbsp;Mere répondit; Mgr., elle nefgait rien du tout.
(Rien nétok plus veritable: 6c jaurois pu faire la même queftion, que St. Raul premier Hermicenbsp;fit a St. Antoine, lorfquil lui demanda,quigou'nbsp;vernoit le monde, étant dans un parfaite ignorance de tout ce qui fe paffoit.) Puis sadrelTant anbsp;moiil medic; Mais, dites-moi, avés-vous re- marqué que je me fois fort emponé ? Je rc-pondis; ,, Mgr., je ne fqai pas ce qui seft paffenbsp; depuis notre forties mais puifque vous me lenbsp; commandés, je vous dirai, que je vous ai vunbsp;,, une fois trés faché contre notre Abbefl'e. Cenbsp; fut, dit-il, le jour que je vous incerdis les Sa- crements. Vous mobligeriés, ajouta-t'il, denbsp;,, me donner un ccrit que je puffe montrer, parnbsp;, lequel vous déclareriés que vous défavoués cenbsp;, Procès-verbal j cela fervirok a mejuftifier; jenbsp;, ne vous le demande pas, mais vous me feriésnbsp;, plaifir, car on me regarde a préfent commenbsp;, un . . . Il nacheva pas, Jerepondis: Mgr.,
je ne le puis faire j tout ce quecontientcePro- cès-verbal, au moins en parcie, sétant fait de- puis notre fortie; 6c je crois que mes Soeurs ,, nonc garde de rien dire qui nefoit vrai. linenbsp;me prefla pas davantage.
Enfin comme il étoit fur le point de sen aller je lui dis: ,, Mgr., que vous plait-il ftire.demoi ?
ndic; Regardés, que voulés-vous? Je Mgr. IAr-
quot;e re- chcvêque d
tourner en notre Monaftt're. Il me dit;
'Relation Je la Rerfécution des Religieufes de Port-Royal, 166^-166'^. Relation trechofe. II mk la main fur fa poitrine, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
de laSoeurOTe dk: Oui, je vous Ie promets. Je pour-Marie fuivis: nbsp;nbsp;nbsp;H pourra arriverj Mgr , que lon fera
Charlotte ^ venir quelque Bulle contre ccux qui nont pas. de Saiute voulu figner, amp; que lon condamnera les dé-Clalre. fenfeurs de M. dïjöyex; amp; puis on voudra quenbsp; nous la fignions encore. II me dk; ,jEh ,
pourquoi? Je vous promets que vous ne figne-,j rés plus rien. Je lui dis; Je vous declare,
XLiv, II me paffa fon Mandement que je pris en di-tn^' nbsp;nbsp;nbsp;' Mgquot;-» sil y a du mal, il eft fur
Mandement,» vous: très-volontiers; dit il, jemencharge. quellefigne!je fortis du Parloir, amp; je trouvai la Mere amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,
quclques Ruligieufes qui mattendoient; elles me donnerent une plume öc delencrcj 6c jefiscet- ,.nbsp;te miferable fignature dans la réfolution den por-ter toute ma vie Ihumiliation devanc Dieu amp; de- ,nbsp;vane- Ics hommes, fi les perfonnes en qui javois ,nbsp;une parfaite confiance, 6c pour Icfquelles mon ,nbsp;coeur nétoit point changé, trouvoienrquejeufTe ,nbsp;offenfe Dieu, étant difpofée dy fattsfaire par tou- ,nbsp;res les voies 8c en routes les maniéres quelles ju- jnbsp;geroient néceffaires, 6c quelles me le confeille-roient. Pendant que je faifois cette miferable action , une des Meres tenoit fa main appuyée furnbsp;mon bras, craignant que je ne quiitaffe. Aprèsnbsp;que jeus fait, je rentrai au Parloir, ou Monfei-gneur mattendoit; je lui repaffai fon M andement;
6c lorfquU vit mon nom, il frappa fur la grille,
6c dit tout haut avec beaucoup de joie j de Sam~ te Claire.
Pour me confirmer dans mon obéïfiTance il me répéta enfukc quclques-unes des raifons quil ma-voit déja dites: 6c voulant me donner des preu-ves plus affurées que les cinq Propofitions étoientnbsp;en effet dans le Livre de M. dTpres,i\ meditquenbsp;feu M. le Cardinal Mazarin voyant toutes les con-teftations de pare 6c dautre fur ce jvr/r, avoir prisnbsp;en particulier M. 1Abbe de Bourzets, He 1 avoitnbsp;coniuré de lui dire en v^ritd fi les cinq Propofitions étoient dans fanjenius ^ a quoi M.deBtgt;«r-zeis avoir répondu: ,, Tout ce que je vous ennbsp;, peux dire. Mgr., eeft quil eft vrai quellesynbsp;font; 6ccependant, continua M.tArchewque,
M. de Bourzeis a été entiérement dans le parti de ces MelTieurs.
Après cela il me fit de grandes plaintes de nos puintes V'SoEurs; entrautres il me dit; EliesontfaitIsc-M.iArcbevê'^^ tion la plus criminelle que des Religieufes puif-que faii 0»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faire. Je demeurai furprife de cette é.x*
de PoiorV preflion, ne fjachant a quoi elle pouvoit fe rap-
XLVI.
LaSi.Claiie
ilrdpondk; ------¦, i ------ ----- j.
répliquai; Rien autre cbofe, Mgr., que de ,, tourner en notre Monaltere. 11 me dit;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fon
,, le veux bien^ mais aufli quand vous y feres ilivionaftBe;' ,, faudra être forte j car fi vous vous afïbiblillés, regonfe cianbsp;,, vous gateres tout. Cette parole me fitpeur,^'^**'*nbsp;nétant pas allez perfuadée dc la fignature pour ynbsp;porter les autres; deforte que je lui rt'pondis :
,, Mgr., fi mes Sceurs me demandent raifon de ma fignature, je le leur dirai; mais du refte jenbsp; ferai avec dies dans une parfaite union, fansnbsp; me meier de rien. Il me die que ma Sceurnbsp;qui étoit aux Annoyiciades avoit un orgueil épou-vanrable. Je répondis; De Iorgueil, Mgr.,
bien au contraire, il ny a point de vertuquel- le aime autant que 1'bumilité. Il répliqua:
Je ne fqai pas, mais je ne vois point en elle cette humilité. Jerepondis; Mais, Mgr.,
eeft une E'ille' qui a beaucoup de lumiére 6c ,, defpric, qui juge folidement des chofes,amp;quinbsp; ne fe peut pas perfuader quelle puifl'e figner denbsp; la maniére que vous ledemandés,fansagircon- tre fa confcience. Il répartit; Ehl eeftnbsp; cela qui gate tout, davoir de fi grands efprits.
Pour moi jeftiine davantage un efprit docile,
qui écoute ce quon lui dit,. amp; qui fe foumet, que ces efprits ft pénécrants 6c ft attachés a leursnbsp;lumiéres. Il ajouta, quéxcepté huit de nos
Sceurs,.
y»l. porter; mais il léxpliqua en ajoutant, quelles a-voient fait un verbal tout plein de menfonges contre lui;que la Sr. de Bregyic la petitenbsp;le lui avoienr foutenu avec un orgueil dpouvanta-ble ¦ mais quil y en avoit cu trentequiluiavoientnbsp;eerie pour lui en demander pardon; difant que
128
128 'Relation de la Pèrfécution des Reltgieufès de Port-Royal, i66^-i66). qui ne figneroienc jamais, toutes les Sa'urs,amp; quejen aurois eu au contraire unetrés Relationnbsp;........ nbsp;nbsp;nbsp;grande de me voir dans Ie repos, lorlqu-elles au-iJe IsSceur Marie Charlotte Dans ce même Entretien , il me paria des Jé- roient eté dans la peine. r!»'c - f fidtes. Je iui témoknai Ia craintequejavoisquon Le Vendredi au matin, deux jours après oue . Port-Royal. II me dit; ,,Desy/- jeus figné,Ie Pere Naihandél de Dray (Recolet) en garderai bien, je ne fuis point me vine voir, ayant eu permiflion de M. lAr- Clair fous leur conduite, amp; ce neft point deux que je prends mes avis, au contraire je hais leurnbsp;morale. Ils ont fait depuis peu un Livrenbsp;qui a étd cenfuré par Ia Sorbomie j amp; jainbsp;dit au Pere Annat, Confellêur du Roi, quenbsp;jctois. furpris comment il foufïroic que fanbsp;Compagnie mie en lumiére de fi mechantsnbsp;livres. M. Cbami/lard lui devnanda, sil ne .uv rétabliroit pas dans la participation des Sacre- cafion prcfente,quelePererelevacetteparolecom- ments. 11 répondit: trés Volontiers, de tout mon me une parole éxcellente, amp; les deux Meres qui êtes en Purgatoire; vous allés maintenant être étoit trés éloigné, quau contraire il aimoit Ia tart nbsp;nbsp;nbsp;^/1 RJ/Tt^ihirr'nnn cprijnr'innrnrlii® Verfil Ia niVrpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rl-ancléinnollö leur morale j quil y avoic des chofes abomina- ccia étoit vrai amp; que les Conftitutionsleportoient. fij- nbsp;nbsp;nbsp;fi ir 4/anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I ..P Tpfï'P Hp 1 Pn fl-pripn rrMllo (lir Ipclu/fpcnn nnll« Le reftc de lEntretien roula fur les livres quon li-foit dans la Maifon, 6c M. Chamillard ne me donna aucun fujet detre méconrente de lui. Je men allai done communier, 6c je Ic fis a-vee affez. de paix; mais elle étoit foniéefur un niuniepwis trop mauvais principe pour être de durée, elle é- ennbsp;Les Meres faifoient leur poflible toit dans les fens, 6c non dans le coeur, qui étoitnbsp;pour me divertir, mais jen étois incapable, 6c plongé dans Iamertume; car mafolitudemedon-y^u^amp;con-mêrae je ne 1aurois pas voulu quand il auroitété nant tout moyen de mentretenir avec moi-mênbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. en mon poffible dy prendre part. Ma première me, de laétion que je venois de faire, 6c de re-^u.^n^, '''aé en faifant la fignature avoic été, que je na- fiêchir fur les raifons fur lefquelles je métois ^P'voit fait ^ jj, doucirois aucune des peines de ma captivité pen- puyée, pour malfurer que ma conlcience ny danc tont le temps quelle dureroit,afin de témoig' roit point bleffée, cc que javois vu long-tem^jOts^^ar^ net P' 1* que je ne cherchois pas a me dispenfer nêtre pas poffible. Je reconnus que toutes es ai- des lOUtrrances qui méioient communes avec nos furances que I on mavoit donnécs, 6c quej SVoispouvoii fi- prifesjgnw- ne. de ia Relation Sceurs , .j,.* nbsp;nbsp;nbsp;j.... de a oOiiir autres fe rendoient a robéïflance. en introduifit fmtesl je m XLVII. » Entretien fut,,nbsp;les J^fuites. me coeur. M. Chamillard me dit, quil me viendroit Confefïer le Vendredi fuivant, amp; puis il menbsp;prelïa décrire 5 ma Sceur Angeliiyue Therèjè^ pournbsp;1encourager a faire comme moi. Et fur ce quenbsp;je lui dis que je ne le pouvois faire, il infifta, di-lant que la Mere Agnès nen fgauroit rien. Jenbsp;répliquai, quau contraire li javois a le faire, jenbsp;voudrois que la Mere Agnès vit ma Lettre toutenbsp;la premiere. Monfeigneur sétant apperqu que M.nbsp;Chamillard me follicitoit fur quelque chole , ilnbsp;lui demanda ce quil me difoit: M. Chamillardnbsp;répondit: Ceftqueje voudrois quelle écrivicnbsp;3, un mot a fa Sceur qui eft é Sainte Marie.quot; M.nbsp;de Plt;imluidit: Laiffés-la,nela prefféspointsnbsp;amp; ie tournanc vers la Mere, il lui dit: ,, Manbsp;Mere, je vous remercie de tout mon coeur: amp; puis sadreCTant a moi; Vousmavés, dit-il.^ témoigné quil y a plus de deux mois que vous en Paradis. M. nbsp;nbsp;nbsp;sétantapproché de la grille, je ne fqai a quel propos, il fe mit a me parler des jéfuites. Mais M. Chamillard menbsp;dit que ptrfonne ne feroit plus propre a ccrirenbsp;contreeux,amp; contre leur morale, que M. Blam-pignon , paree quil étoit neutre dans toutes lesnbsp;conteftations, amp; que par conféquent ce quil di-roit auroit plus de poids. Sur quoi M. Blam-p'tgnon répondit, quil condamnojt entiérement bles, amp; éxécrables, amp; quelle étoit cenfurée XLViil. Etant fortie du parloir, je retournai fort triftenbsp;La frinatiire i notre Chambte,ayant 1Efprit 6c ie corps fi fane pfodiiit tigué, que je nen pouvois plus,mais néanmoinsnbsp;fans être troublée, ne croyant pas avoir offenfénbsp;dansles pei-Dieu j deforte que je rachois de me confoler dansnbsp;^ cette p;?nfée, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot; ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' |
Marie chevéque de me parler feule. Comme il me te-m^oignoit fa joie de cq quejavois fair, je dis unCEiicVoit Ie parole fort a propos, Sc dont jeus beaucoup de fete Natha-regret, quand jy fis reflexion, paree que je par naei (»¦«-lois tout a fait contre mon fentiment. Je lui dis, trèticn'!'nbsp;que je métois renduë è Iobdiflance, fgachantnbsp;que la voix des Supe'rieurs étoit ia voix de Dieu ¦nbsp;ce qui ne pouvoitêtre plus mal appliquéqua 1oc-étoient préléntes lapprouvérent auffi, la trouvantnbsp;fans doute toute conforme a leurs fentiments. Lorfquejeme vis feule aveclePere Nathanael.^ je me mis beaucoup i pleuren II men demandanbsp;la raifon; jc luidis, que cétoit pour avoir faitnbsp;une chole, étant feparde de nos Soeurs. if menbsp;preffa fort décrire a ma Socur Magdelame desnbsp;Anges, Ja Soeur ¦, mais je m'en éxcufai, nayantnbsp;pas lalfurance de Confeiller aux autres une chofenbsp;que je croyois nêtre é.xcufable en moi que parnbsp;la violence , amp; par mes difpofitions particulié-res. M. Chamillard me vint ConfelTer le même c. jour ; je le fis feulemenc depuis les deux mois quenbsp;J étois la, ce qui fut fortfuccina:. Je luinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* f nai 1appréhenlion que javois quon ne ch^geiÈ'^*'*quot;quot; 1Efpritde la Maifon, 6c quil me feroit impofli-ble dy vivre fi ceia e'toic. II me dit: quil ennbsp;yertu amp; Ja piété folide danslaquelle on nousavoicnbsp;inftruites: mais que ce quil trouvoic a redirenbsp;cétoit que les filles fe confeffoient trop peu fou-venr, amp; quil eut voulu un peu plus de refpedl envers le Sr. Siége. Je répondis ; Que pour ce point on nen doutoit que paree quon étoit prévenu con-tre nous,mais que Dieu en fqavoit la vérité; pour lautre, il étoit libre aux Soeurs de fe con-fefler tous les buit jours. II me répondit, que |
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delation de la Ferficialon des ReJigietrfes de Port-Foyal, i664.-\66s nétoient que des raifonnements deTefpricnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ar,nr 1^,
Kelationdcifes, nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
dela Sceurhumain batis fur le fable, qui mavoieiu trompee. Marie Jc repaflai par mon efpric les paroles du Vormu-Char'.otte i^ire ^ amp; voyant que javois figné au bas , toutesnbsp;lt;ie Sainte ]j,s afTurances que M. 1Archevêque mavoit don-Claire- nées que je ne condamnois point M. d'Tyres, amp;nbsp;ce que je lut en avois declare avant quedefigner,nbsp;re me parut quun amufement, amp; comme desnbsp;pallles fA un précipice^ puifque ma lignature é-toit publique, 6c que ces affurances nétoientquenbsp;verbales, 6c leulement entre M. lArchevêqueöcnbsp;moi. La Declaration ne maffura pas davanta-ge i Car je ne pus voir de difference entre con-damner une pcn'onne, ou acquiefcerafacondam-nation, ainfi que cette Declaration le porte. IInbsp;me parut au contraire que quand même celui quinbsp;condamne feroic plus coupable,celui quiacquieLnbsp;ce eft plus déraifonnable 6c plus injuftej pareenbsp;que ie premier peut être porté a ce quil fait parnbsp;quelque motif, étant prevenu de fa paffion quinbsp;Iaveugle, amp; rempeche peut-etre de connoitrelenbsp;mal quil fait; au lieu quelaucrena rienquilem-pêche de difeerner ce quil doit faire felon Dieunbsp;6c felon la juftice, outre que fon ignorance dansnbsp;la chole done il sagit, le difpenle enticrementnbsp;dy prendre part ^ ce qui rend fa faute plus volontaire , 6c par conféquenc plus grande devantnbsp;Dieu.
Lii. Je fus done détrompée de Topinion que ja-Comme toutyois prife, que lesaffurance3verbalesdeiVl.de amp; ^3 Declaration mectoienc ma confciencenbsp;re tombet: cii fureté contre ies paroles du Formulaire, qui e-[^°'fLquot;'toient publiquesi je comtnenqai a voir, mais avecnbsp;éxtrême crainte, que jétois tombée dans lanbsp;fjute que japprébendois, 6c que je penfois avoirnbsp;évitée par les precautions done je rnetois fervienbsp;Tout ce que je difois dans notre Office, me fai-foit des reproches; jéxpliquois tout contre moinbsp;amp; il me fembloit que eetoit autant de menfon-ges que je faifois a Dieu, mais paruculiérementnbsp;je récitois ce verfet 14 du Pf. : J eii pris autant de plaifir dans la lt;voie de 'ves préceptes ^ quenbsp;dans toutes les Yichejfes. * Je recnarquai que j é-tois bien eloignee de cette dilpoiicion, puifque lanbsp;veriré qui éioit avec moi dans ma Captivité amp;nbsp;dans ma folitude, 6c que perfonne nemepouvoitnbsp;oter, ne mavoit pas été fi fuffifante que je menbsp;fulTe contentee de la pofteder comme mon thré-for 6c la vérkable richeffe des enfants de Dieu,nbsp;lui ayant fait Iinjure de cbercher ailleurs de lanbsp;confolation amp; du jugement, comme ft Ton ennbsp;pouvoic trouver de folide 6c de veritable lorf-quon a le malheur de Iabandonner. Quelque-fois en difant nos Marines, a certains Pfeaumes,nbsp;6c cercaines paroles delEcriturequi condamnoientnbsp;mon adion, je fondois en krmesenpréfencedd-
t r 1 i rgt;L nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____;
viu cue s'at-
-__ nbsp;nbsp;nbsp;tendoit bien que je ferois toutes fortes de réfie-
quot;quot;Relifoeufe'qui difoit 1Office avec m , P nbsp;nbsp;nbsp;^
d' 1' nbsp;nbsp;nbsp;quot;.-empêchtr dy penfci. 3w«-
QUe J nbsp;nbsp;nbsp;-Q
if In m tcftiaionium tuomm Deleftatus fum, ficatin oranibus DWitiis,
- - nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Voyant done que les afTurances verbales de M. RcL^ii de Paris étoient trop foibles pour y drablir le ré- dela Sccurnbsp;pos de ma confcience, daiüeursconfidérantavccMarie
une grande crainte que jécois tombée par ma ft- Charlotte gnature , dans le trouble 6c Tinquiétude quenbsp;javois cru éviter en la faifant, je me jettainbsp;cóté de robéifl'ance, pour foppolcr aux remordsnbsp;que je fentois, 8c pour me raffurer je me rappel EiiecLrdionbsp;hi ce quon mavoit dit ft fouvent: quapres avoir en vain inbsp;fait tout ce qui mavoit été poffible pour rcpre-^quot;rj^nbsp;fenter les peincs de confcience que javois^fur hies motifsnbsp;fignature , mon Supérieur maffurant quil ny Iavoientnbsp;avoir point de roal,öcde plus me faifant uncom-mandement abfolu de tny foumettre, ce feroitg^itate,nbsp;lui qui en répondroit a Dieu j ce qui mavoit pa-ru avoir quelque application a cette occafion, ounbsp;il sagiffoit dune chofe douteufe , au moins inbsp;mon égard, 6c fur laquelle on convenoic que lesnbsp;uns 6c les autres fe pouvoient tromper. Mais jcnbsp;ne trouvai pas plus de folidité fur cet appui, quenbsp;fur 1autre, comme je le dirai plus bas. Jhe'fttainbsp;feulcment un peu plus long-temps, 6c jufqueversnbsp;la Saint André^ fur ce motif, au lieu que fur lenbsp;premier je ne fus pas huit jours fans en être dé-trompee.
javois toujours IEfprit occupéde cetteaffaircj 6c plus jallois en avant, plus ma crainte aug-mentoit. Les raifons qui mavoient éblouïe lenbsp;diffipant delles-mêmes, ne me laiffoient quunenbsp;douleur mortelle, qui me paroiffoit fans confolation , croyant que je ne pouvois avoir de Méde-cin fidelle a qui je puffe decouvrir ma plaie j cenbsp;qui me pénétra ft fenftblement,quil men prenoicnbsp;de fois a autre de telles défaillances, que jétoisnbsp;contrainte de me mettre au lit, 6c il me fembloitnbsp;quon me preffoit le coeur a deux mains.
Le jour de Sc. André métant trouvée dans cet lTv. ccat, je me mb au lit :1a Mere Supérieure Tayantl-® Cgnamtcnbsp;fou, prit la peine de me venir voir, 6c la fen-aiKun'°chn-contre de la Fete lui donna occafion de commen- gement a f4nbsp;cer par méxhorcer a I'araour de la croix. Pen- cattivité,nbsp;danc fon difeours, je fus furprife dune abondance de larmes que je ne pus retenir^ 6c je lui dis :
Ceft ce qui me caufe ma douleur,amp; unedou- leur que je ne puis exprimer j car je vois que ,, jai abandonne la croix que Dieu mavoit don- née. Elle fe mic auffitot a me confbler, ennbsp;me difant que je pourrois encore fouffrir, maisnbsp;que pour la fignature, je navois aucun fujet denbsp;men inquiéter,de la maniére done je 1avoisfaite¦
6c que sil y avoir du mal, M. de Paris en répondroit, ÖC non pas moi, qui navois fait qffo, béir. Cela me remit un peu, paree que je mé-tois moi-méme appuyée fur lobéiffance amp; ienbsp;lui dis que je ne doutois point que M. dequot;Parisnbsp;nen répondic a Dieu. Elle me dit quelle
Relation de la Férfécution des Religieufès de Fort-Royal, i66i\.-i66). 130 pour 1amour de Dieu, elles ny gagnoient rien. Relation Je tachois entre Dieu amp; moi den profiter, mais de la Steurnbsp;a léxtérieur, je fouhaitois quelles remarquaflent Marienbsp;en moi du déchet, amp; beaucoup dimperfedtion, amp; quelles lattribuaffent a la fignature. Jai peine Saintc a croirequelles nesen foient pasapperquës,étantnbsp;aufli fpirituelles quclles font. Car elles remar-quoient routes la profonde trifleffe oü jétois,parnbsp;les larmes que je verfois prefque continuellement,nbsp;ce qui fachoic éxtrêmement les Meres, amp; leurnbsp;faifoit chercher les moyens de me divercir. EHesnbsp;menvoyoient les Religieufes quelles penfoient ynbsp;pouvoir réuffir, amp; elles y faifoient leur poffiblenbsp;en me difinc pluGeurs chofes récréatives; mais aunbsp;lieu de 1efFec quelles précendoient, i! en arrivoitnbsp;un tout contraire, ces fortes de chofes nétant pasnbsp;de faifon pour moi. La Mere sen appergut, amp; elle men paria. Je tvir lui te'moigna que rien ne métoit plus propre dans avoocnbsp;1 ctac OU j etois que la iolicude,ne pouvantgouternu que 1on dolt aux Supérieurs n^eft point a prefé- aucun divertiflèment; mais je ne lui en difois paspérience ;amp;quequand Ie veritable fujec, qui étoit la Ggnature, done maPoo Relation hendois éxtrêmemenc cela, paree que tour diver-de laSoïur tiflement métoic infupportable ; mais auffi ce Marie quellc avoir dit narriva pas, Diea merci. Carnbsp;Chadqtte q^oique jeuffe figné , je nen avois pas plus denbsp;de oamte überté. Jallois fculemenc au Chceur fans quonnbsp;Claire. myconduifit,amp; je recevoisplus de Vifitesquau-paravant de la part des Religieufes. LV. Jufqua ce jour je métois done unpeu répofefe Frayeur que fur 1'obéiffance, comme je 1ai déja dit, croyantnbsp;'''nfée^de'fanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;garentiffoic du mal que je craignois. morf^dan^s*^ Mais fondant plus avant Ie fond de mon cceur, cetétat. amp; faifanc reflexion fi jaurois bien voulu mourirnbsp;Elk peufeijanscette difpofition, je fus faille dune frayeurnbsp;Rquot;uacl' étrange, amp; par la je rcconnus que js nétois pasnbsp;lion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;plusenaffurancedececote-la que de i autre; 6c que pour ofer mectre ma confiance en la mifencorde de Dieu a lheure de ma mort, il mdtoic abfolu'nbsp;ment nccelïaire de faire une Rétraólation: au lieunbsp;quavanc ma fignature, je ferois morte avec joienbsp;amp; dans une parfaite paix , puifque iobéiffancenbsp;rer a celle que nous devons a Dieunbsp;mérae ia fimplicité avec laquelle plufieurs bonnesnbsp;Religieufes ont figné par obciflance, amp; croyantnbsp;rendre un grand fervice a Dieu, les éxcuferoit, 11nbsp;ncn eft pas de même de nous, que Dieu a grati-fiées fi particuliérement de la connoiflance desnbsp;vérités folides du Chriftianifme amp; de la grace denbsp;yefus-Chrifi ^ dont ces bonnes Giles font fi peunbsp;inftruites. Ceft un thréfor quil nous a confiénbsp;par fa pure raiféricorde, 6c done nous n étions pasnbsp;plus dignes que les autres: nous fbmmes obligeesnbsp;de Ie conferver, en nous éxpofant a tout plutótnbsp;que de manquer a lafidclité que nous lui devons;nbsp;puifquil nous a fait la grace de nous choifir pournbsp;eda; autrement nous avons grand fujec de crain-dre que nayanc pas eu affez. de force amp; damournbsp;pour la confeffer devant les hommes , Je fis-Chrifi, qui eft la véricé-même, ne nous recon-noifle point devant fon Pere. Je ne communiois que Ie moins quil métoit poGTible, amp; toujours avec une grande peine, 6cnbsp;meme je naurois pu my réfoudre du tout, fansnbsp;la difpofition dans laqudle je me irouvois (de menbsp;iclever auffitóc que Dieu men offriroitlemoyen;)nbsp;cc'tüit ce que je lui demandois dans toutes mesnbsp;communions. Or comme avant ma fignature javois foin de Difpofition cacher mes peines, après 1avoir ftite je ne menbsp;jvec laqucUefouciai plus quelles parulfent , défirant de fairenbsp;*'i'e Tcs'rc' remarquer anx Religieufes Ie mauvais effèt de lanbsp;Vi^eufcs tl- fignature ; car au lieu quauparavant elles menbsp;chent deia voyoicnt toujours dans la paix 6c dans un grandnbsp;pómkifei.filence, fans leur témoigner aucun ennui ni mé-le petdte !e contentement; depuis que javois pris Ie parti denbsp;^quot;fiinsture ''Sner, elles me trouvoient au contraire dans desnbsp;=nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ angoiffes 6c dans des inquiétudes qm paroiflbient dans toutes mes paroles, avec une trifteflè qui me rendoit toute peniive 6c interdite; 6c quoiquel-leS m exhorcafient fouvent a fouffrir de bon cceur |
peine augmentoit tous les jours, paree que je^Ji h^'fi-voulois travailler a fortir de leur Maifon ; 6c rien gnatute, eft ne me confoloit, que lorfquil fe préfentoit oc-'^ dupHci-cafion de parler a lavantage de nos Soeurs,nbsp;pour les amis de la vérité. Jai prefque toujours parlé de la fignature,comme fi je ne 1eufle pas fake, ceft-a dire appuyant les raifbns contraires; 6c lorfque cela mécoit arrivé, il me fembloit que je commen^ois a réparernbsp;ma faute; 6c rien ne mécoic plus pénible quenbsp;iorfquon me demandoit, 11 jétois bien contentenbsp;davoir figné; car je nofois dire clairemenc quenbsp;non, ce qui écoit pourtant vrai, amp; je ne pouvoisnbsp;non plus dire oui, fans parler contre ma con-fcience ; deforte que je men défaifois Ie mieuxnbsp;quil métoit poffible , mais néanmoins foible-ment, furtouc dans les commencements, oü je nenbsp;reconnoifibis pas encore ma faute, 6c encore depuis que je 1eus reconnuë, craignant dempêchernbsp;ma fortie. II eft vrai, amp; ü faut lavouer, qu^,nbsp;prés avoir une fois agi contre !a verite, en com-mettant cette infidélité deplorable, on fe trouvenbsp;engagé dans un labyrinthe de déguifement, unnbsp;menfonge en attirant un autre; öc on ne peutnbsp;fortir de eet embanas, fi Dieu ne nous fait Ianbsp;grace de nous réfoudre a ne Ie point foütenir,nbsp;en renonqant a la complaifance que 1on pour-roit avoir pour les perfonnes a qui notre conduite ne feroit pas agréable , 6c qui en pour-roient prendre fujet de nous affiiger. En unnbsp;mot, il me femble que Teffèt propre 6c naturelnbsp;de la fignature, ceft la duplické 6c la diffi'^'nbsp;lation, ce que jai reconnu par éxpérience-Je me fuis trouvée des nuits dans unenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l-Virj. fi fenfible en confidérant que je navois nbsp;nbsp;nbsp;Eiic dcmio- aflez. heureufe pour Confelfer nbsp;nbsp;nbsp;a Dieu vant les hommes; que javois nbsp;nbsp;nbsp;moyen de fa vérité, done il avoir fi particulieremenc en- pom k rdc« richi'i'r- |
de la Verfécutlon de, neligieufe^ de FMjal ^ lür. -,,.0 ;«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- vu que je fois bicn avec Dieu?
131 11 releva
Relation
Relation rich! notre Monaftére : que je métois féparéc
de laSceurde nos Meres amp; de nos Sueurs , amp; quainö je cette rcponfe, amp; nae dit bcaucoup dechoferóni de la Sceut Marie naurois plus de part leurs foufFrances , que au lieu de me confirmer dans ce que iavois Marie
--- o_ ---- o o /«»*trïr#anf niio onrrm
ne fervirent qua augmenter mes peines. nbsp;nbsp;nbsp; Charlotte
Cet Entretien me donna une pleine connoif-^'® Saiine fance de M. Chamillard, 6c je commenqaiapen-^'^'''^'nbsp;fer a me réiradter3 mais je ne fqavois commentnbsp;faire, étant fans confeil. Je ne voyois point dau-cct Emie-tre moyen pour cela,que de retourner a P. R.tieniuifaknbsp;pour déliberer avec nos Sceurs fur ce que ja-Xquot;chamifnbsp;vois a faire. Jétois réfoluë de dire mes peineslard. EUenbsp;a M. lArchevcque, lt;Sc même de Ie priernbsp;facer ma fignature, fi je voyois quelque journbsp;pour ce'a. Et ainfi je regardois chaque Corn- pom y picn-munion que je faitbis, avant quil vint, com-dteconftiUnbsp;nac la derniëre, crojant que loifquil verrok manbsp;difpofition , il me défendrok de nouveau lesnbsp;S.icrcments.
Le 8 de Décembre M. lArchevêque vint LXI. a Sr. Thomas, lon me vint querir auffitót de®. afec'^T'nbsp;fa part. Après mavoit donné fa Bénédiö:ion,/-Aquot;chevê-nbsp;il me dit: Eh bien! ma bonne Fille, dices-que, quiluinbsp;,, moi, je vous prie, en quelle alEéte cft votrenbsp; elpnc depuis que jc ne vous ai vuer vous nCpetiPoit- devés point ufer de diffimulation, ceft a vo-Koyaknbsp; tre Supérieur que vous parlés, amp; vous luinbsp; devés ouvrir votre cceur comme a Dieu.
Je répondis ; ,, Ceft dans cette difpofition ,
Mgr., que je me préfentc devant vous,pour vous parler avec toute forte de fincérké. IInbsp;répliqua; ,, Vous avés figné , il eft vrai, maisnbsp; dites-moi fi vous êtes bien perfuadée quenbsp; vous lavcs dü faire. Je répondis; Je vousnbsp; confeflë, Monfeigneur, que jen fuis dans desnbsp; peines épouvancables. II me dit brufque-ment: Quoi, davoir obéï a vos Superieurs?
Je répliquai; Monfeigneur, ceft davoir attef- té une chofe que je ne f^ai pas, amp; qui eft ,, conteftée. II me dit quantité de raifons,
ai uie UIL quaiiiuc uc rauuns,
qui avoit le plus de poids dans monElprit,amp;quii dont je ne me fouviens point. Et lui ayant fait V pn iivnir dunrrps nni navoient point figné omp uug replique, done le fens étoit que Coutes les
explications quil prenoic la peine de me donnet, ne fatisfaifoienc point ma principale diffi-culté , (qui étoit que ion sengage par Ia fignature a nn déguifement nbsp;nbsp;nbsp;-----
ture a un poffible , amp;nbsp;donner
continue!, m'étant im-ne pouvant même felon Dieu, créance a. une chofe douceufe, amp; quinbsp;eft au défavantage du prochain, amp; étant ce-pendant nécefl'aire, pour agir conformément inbsp;la fignature quon a faite, de tétnoigner quon
il Cfifrp crégt;r\rf\ nbsp;nbsp;nbsp;XphU -nC'- -
qua foütenir ce que javois fait, bien, amp; me dit: Si vous êtes
11 s'en appercut a cette créance) jappercus quil sechauffok,6c ^sainfivaccillante, je neus pas affe^ de force ni daflurance pournbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nrétendre de retourner a la MaU lui dire ce que j avois preraedite croyant qu il
r nbsp;nbsp;nbsp;mais ifvous le dis pour votre avanta- valok mieux me menager pour obtemr ma for-
fon3 maïs, je you l nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jm demandai fort mftamment
Charlotte javois Ie cceur plein damercume, amp; que je ne ds Sninte pouvois retenir mes cris non plus que mes lar-Claire. mes j enforce que fi notre Chambre neut éténbsp;fort éloignée, on mauroic entenduë. Dans eetnbsp;état je priois Diea quil me fit la grace de tnou-vrir un raoyen pour me relever. Jétois convain-euë que cette faute nétoit que la punition denbsp;plufieurs aucres, dont javois négligé de me cor-riger' amp; de faire penitence 3 amp; il me fembloitnbsp;que jaurois embraffé toute Ibrte dhumiliatioosnbsp;pour y fatisfaire: mais néanmoinsje doute fi cenbsp;ientiment étoit bien véritable, puifque sil lavoicnbsp;écé, il mauroit, ce me femble, poné a fairenbsp;une rétraftation pubüque, a quoi je fentois pournbsp;lors de la rc'pugnance, défiranc fortir de ce tvio-¦naftére pour avoir quelque Confeil, amp; auffi pournbsp;trouver plus de foulagetnent a routes les fuites denbsp;cette grande folitude, done j'étois accablée.
A la fin de Novembre, jécrivis a M. Cbatnil-Eiie edit lard pour Ie prier de me venir voir. II y vint Ie a M- 'lia- Dimanche de VAve7tt. Je lui demandai anbsp;va la voir. quoi on cn ctoit pour notre retour. 11 me da.nbsp;Leur Entte-que ce feroic bicntot 3 mais que M. lArchcvê-eiienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vouloit volr auparavanc. Je lui témoig-
chre fes ditnai quelquc chofe des peines dEfprit que je fouf-joiitiüns. frois_ R me dit quil ny en avoit aucun fujet depuis la Déclaration de M. de Paris-, quaupa-ravant il pouvoic y avoir quelque raifon, maisnbsp;que prèfentement, il lui étoit impoffiblede com-prendre pourquoi nos Sceurs ne sen vouloiencnbsp;pas contenter- amp; quil leur avoit dit de lécrirenbsp;li elles voulrsienc, fur les Regitres de la Maifonnbsp;amp; fur Ie Mandement. Je lui repréfentai que cé-toit routes les meiUcuresqui refufoient la fignature'nbsp;II répondit;Toutesles meilleures.^ Ec Ia Sr. f/«.nbsp; w? Je lui fis entendre que ce nétoitpas elie
y en avoit dautres qui navoienc point figné,que jeftimois bien davantage. H repliqua. Maisnbsp;enfin navés-vous pas fign- , paree que vousnbsp; avés cru le devoir faire? Je répondis: Jenbsp; vous ai declare, M. , que cétoic Textrémiténbsp; OU l'on ma féduite, qui ray a fait réfoudre,nbsp; voyant que je n'y pouvois plus réfifter, amp; quenbsp; je craignois dc me précipker dans quelque mal- beur. Je lui dis encore plufieurschofes, quinbsp;faifoient voir que jétois plus portée ti me dédire,
..X nbsp;nbsp;nbsp;pVnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-----------
ge, demeures ferme, autrement on dira que vous avés lefprit leger amp; inconftant, en voyantnbsp;quaprè.s avoir fait une bonne ceuvre vousnbsp;vous en repemés. Je répondis: Ceft denbsp;quoi je ne roe foucie point du tour: quemim-I porte detre mépiifée de tout le monde, pour-
......-.......aimncni , en
lui'repréfêntant que je ne pouvois plus porter la Captiviré dans laquelle jétois, la nature écantnbsp;fi fort aftbiblie quelle ne pouvoit prefque plus
réfifter. Je lui dis; Monfeigneur, on dit que U -J-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------ nbsp;nbsp;nbsp;¦
que
leur
fc^i-
la vie des Chartreux R a
eft ii auftére, amp;
132 nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Ferfecutibn des Reltgieufit de Port-Royal, i66j^-i66f.
(i grande; que beaucoup de perfon- men repentirois point; au contraire que jaurois Relatiorr
un jour de la joie davoir fait une ceuvre liagrea-dela ScEur
ble a Dieu, 6c (i utile pour mon bien. connus par la un autre malheureux effèt de la Charlottenbsp;gnature, davoir une récompenfe qui adurapport^® baintenbsp;a ce que les perfecuteurs des plus grands Saintsnbsp;faifoienc autrefois, en les dépouiilant de leur dig-nice fans autre fujec, que paree quilsdemeuroientnbsp;fertnes pour la vérité 6c pour la juftice, pour ennbsp;revêtir dautres qui leur avoienc clt;5dé; ce qui menbsp;donnoit une telle horreur, que jeny penfoisqua-vec crainte 6c confulion.
fe paffa fans quon me parlat de '
6c jétois toujours dant ma folitudeordinal
(t nbsp;nbsp;nbsp;-------------J- ' nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rpn
Relation «Je la Samrnbsp;Marienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Charlotte lie Sainte nbsp;Claire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
folitude
iArdie-
re; M. IArcheveque ayant ordonné quon'npmfiI'5^
iailTat votr aucunes des perfonnes du dehors qui w la laWc me pourroient demander, fans fa permiffion ex-preflTe, amp; un Billet de lui, ce qui me faifoicnbsp;grand plailir, efperanf que nos amis, auxquels ilnbsp;métoit impolnble de faire fqavoir de mes nouvelles , apprenanc que jétois auffi refl'errée quaunbsp;commencement jjugeroient au moinspar la qaejenbsp;ne'tois pas changee. Je fouhaitois beauCoup denbsp;fgavoir quel fentimenc ils avoienc de moi, 6c jenbsp;, demandois fort Ibuvent au.x Meres ce quon leurnbsp;difoit fur le fujet de ma fignature: elles tnerépon-doient quelquefois, que tout le monde meftimoicnbsp;ce qui étoit un peu trop dire pour me le faire croi-re: dautres fois elles me difoient que chacun ennbsp;parlo.t felon fon inclination pour celui-la il menbsp;paroilToit vra. mats- ce nétoit pas encore ce quenbsp;je voulois. Il y eut un jour une Religieufe quinbsp;me vine dire quun gentilhomme, que jecroisionnbsp;parent, amp; qui eft Officier de M. le Prihce,,.quinbsp;fe difoit fort ami de Fort-Royal amp; de notre familie en particulier, lui avoit écrir pour lui témoigner la joie quil avoir de ce que javois fait monnbsp;devoir, 6c que tous ceux qui aimoient notre Mai-fon, ne sen rcjouiffoicnt pas moins que lui ¦ ienbsp;crus quil fe pouvoitfairequecetteperfonne don'tnbsp;je ne fqai pasle nom,f5ut en effetle fentimenc denbsp;quelques-uns de nos amis:mais la manicre done i(.nbsp;parloit meficaife'ment juger quece ne pouvoitêtrenbsp;que des amis politiques, qui ctoienc capables d'a-voir une fi grande joie, mais non pas les amis denbsp;confcience, done ie plus que jefperois ctoic quilsnbsp;attribuaflfenc mon adion a la violence plutot quanbsp;la volontej ce qui r.e les empêcheroic pas de reconnoitre ma foibleile 6c mon peu de vercu,
6c den avoir compaffion.
nes ny peuvent perfeverer ; tnais je vous puis aflurer que la mienne Ieft encore davanta-ge: ma folituda eft bien plus fevere que cel-_ le quils gardenc, amp; jai outre cela les pei-,, nes defpric qui la rendenc encore plus péni-j, ble. II me regardoit, fans me dire autrenbsp;chofe: mais comtne jlnfiftois toujours, il menbsp;dit: ,Je vous mettrai quelque part ou vous fe-j, res bien. Je re'pliquai: Monfeigneur, ftnbsp; vous ne juges pas a propos de me remectrenbsp;j, préfentement 4 Port-Royal, je vous propofe- rai, sil vous plait, trois autres iieux, Ste.nbsp;,, Marie avec la Mere ^gnès, les Annonciadesnbsp; avec ma Sr. Angelique, ou Chaillot avec manbsp;,, Soeur Anne-Eugeme. II me dit: ,, vous menbsp; demandés routes les plus fertnes, néantnoins jenbsp; ferai tout ce qui me fera poffible pour vousnbsp;,j fervir. Je lui dis: Monfeigneur, jai ap-j, pris que vous avés été a Port-Royal des Champs ,nbsp; en etes-vous fatisfait ? Ilmerepondit:Toucnbsp; comme de vous autres: II tnedemandafljynbsp;voulois aller. Je répondis, très-volontiers, Monfeigneur. II répliqua; Hé bien, je le veux, jenbsp;,, vous y mettrai j mais il faudra done que vousnbsp;j, faifiés 1Apótre en convertiflant routes vosnbsp; Sceurs. Je répondis: Non. pas cela, silnbsp; vous plait, Monfeigneur, je néxhorteraipointnbsp; mes Sceurs a rien faire centre leur confcience. nbsp;Il minterrompit pour me dire; ,jcela sentend.nbsp;,, bien Je continual ; Mais fi elles me de- mandent les raifons qui mont porcéeMaCgna- ture, je les leur dirai, fans les engager a en fai- re de même. Pour, le refte, je vivrai parmi.nbsp;J, elles dans noire union ordinaire, amp;-danslesnbsp; obfervanccs, fans me mêlerdaucunechofe.IInbsp;repondit; Ceft ce que je vois bien: vous êtesnbsp;,, bonne, on connoit les perfonnesüleurmaniércnbsp; dagir. II me iailTa dans lefpérance de fortirnbsp;bientór, 6c il avoir dit a la Mere que ce feroitnbsp;devant Noel, ce qui mempecha de faire paroitrenbsp;ce que je fouffrois, je veux dire den témoignernbsp;le fujet; car pour ma trifteCTe, je ne la cachoisnbsp;point du tout, amp; les Meres sen appercevoienrnbsp;afre2.,mais elles Iattribuoient è Tennui de mon é-tat, done elles tachoient de me confoler,enmaf-furant que M. IArcheyeque avoit promisdemennbsp;redrer bientot.
txil.
On lui ilit
die*, que M. 1Archevcque avoit deilein de .Mais par une providence de Dieu particuliere «iKvfqiie é-me mettre a Port-Royal des Champs pour men jeus quelque temps après un éclairciilément quit^,oatlt;juab'i^nbsp;toitdetafai.fjjrg Prieure, 6c doter celle qui y ctoic, 6c la minftruifu davanragej car jappris par* hazard,dV'. fonui-
Un jour la Mere Supérieure menvoya querir, paree quelle étoit malade a Iinfirmerie, amp; elle
' nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«lt;1*4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ft
Pott Royat'Souprieure auffi'. La furprife que jeus dune ft 6c quoiquon neuc pas deft'ein que cette des chimps létrqnge Propolitlon , fuc caufe que je mecriai: veile vine jufqua moi, quun Prêtre nommé M-regret del»nbsp;quot;quot; *nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;VoUa le moyen de me faire bientot repentir de Martin, qui a été autrefois de VOratoire, 6c qu'fignjture.
ta fianaturp .rp*prr,ir.^.rlirp rip la rérrarftpr pn .sVn pft. rpriré . érnnt vpnn dirp la Melle, cotnme
ce quelle jéjjond.
ma fignature; (cétoic-a-dire, dela retrader en sen nbsp;nbsp;nbsp;quil fréqu^Kbeau-
public j car pour devant Dieu je 1 avois-deya re- il fait fou nbsp;nbsp;nbsp;Sacriftain V duoc Tourtcre,
tradée.) La Mere me dir, que je ne devois pas nbsp;nbsp;nbsp;, dit'tout haut; Helas, la pay,
papier, de,la forte, amp; queUe maffurovt que je ne. quejavoisus gt;
-ocr page 133-'Rdatioif df Ta Ferficution des FeliHeures de Port nbsp;nbsp;nbsp;rr
Relation nbsp;nbsp;nbsp;------
de ia ScEur parole fut comnae un coup qui me perca le
Marie coeur: je neus point de peine a me perfuader Cbarlotte elle^venoir du bon coté, amp; je penfai que ft
»-»/gt; nbsp;nbsp;nbsp;*-N 1'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;
rgt;^,r^r tavoirnt
5» ia *.^uiNw nbsp;nbsp;nbsp;V*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j^itU. JC IIC ICiliJ» pits quot; , I
Hp Sainte rlc perfonnes que je ne connoilTois point avoienc
uc vj nbsp;nbsp;nbsp;ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;____ ____
£ ceft cela quon appelle avoir demandé pardon.
unie: ie ne fis néanmoins femblant de tien, pour
. nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ïnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_____1.-
épargner la petfqnne qui mayoic rendu ce bon ne pouvoit être que contre mes fentiments, quif|,Y^ office, mais comme je 1ai déja dit, plutót par étoknt toujours les mennesj que jctois done éx-d4'
------ nbsp;nbsp;nbsp;^ ---u:^ gt; nbsp;nbsp;nbsp;1o x;^rirp ^ mdl
Mes peines intérieures augmentanc tousles jours, r la'döuieur de la démarche que'javois faite, jc nayois plus aucun répos, amp; ne penfois quanbsp;nuelle pouvoit être celle de ceux qui font mesPe- me rctrafter : jc reconnus que' j etois precipitce lxvi.nbsp;Ac Pn Vefus-Chrilt amp; des autres a qui Dieu m'a dans un abime de dcguifementi que fi je vouioisLa fignaturenbsp;Tcsenjjnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;it...... juftifier de foücenir laflion que j avois faice, ceiTiici-
^ nbsp;nbsp;nbsp;A -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.piteedansuD
ii nbsp;nbsp;nbsp;.1^
abirae ».le dt^guifementa,
pofée a trahir a tout moment la vérité, amp; ma confcience qui me rendoit témoignage de mafau-te, amp; qui ne foufFroit point que je témoignaflènbsp;être en paix, lorfque jéprouvois tont le contraire. 11 eft vrai que je ne le difois pas formel-lement, mais je me fervois de quelque défaite,
hazard que par confiance. Depuis ce jour-la jai confervé une eftime particuliere pour ce dignenbsp;Eccléfiaftiquej 6c fi Dieu le permettoit, je fou-haiterois quil fi^ut combienje luifuis obligee da*nbsp;voir été le feul qui durant ma captivité, a contri-bué a augmenter le regret que javois conqu de
ma faute, que routes les perfonnes qui mavoient que chacun comprenoit comme il vouloit. parlé jufques-la me faifoienc palier pour une verru Enfin je me rclblus, avec 1aide de Dieu, de EnJ^renlt;ïnbsp;héroique, amp; capable de m ouvrir le Ciel en un fortir dun état fi milérable , de dire clairementlaréfoiutionnbsp;moment. Jai appris pat dautres rencontres, que lès troubles dc ma confcience amp; le fuiet dou*e fortirnbsp;cette parole lui avoir fait perdre le crédit quil ils procédoient,amp; de déclarer que je reconnoifnbsp;avoir dans cette Maifon: jufques-la même, que fois avoir beaucoup manqué a Dieu. Et je pen d-r^Wnbsp;quelques R.eligieufes faifoienc fcrupule d entendre fois que fi enfuite on prolongeoic ma capdvicé rEcritmenbsp;fa Mefle, comme dun fanjeni[te^ amp; je crois jaurois ia confolarion detre forcie de ia fervi'nbsp;même avoir oui-dire quil n y venqit plus.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tude du menfonge , amp; dêtre dans le chemin deSuLT'
LXV.
Faulfelés «jiion gublie
aux autres que le plutót eüt été le meilleur. Cependant, on pouvoient appeller un véritable enfer. je fus for-
Aa Attra Pi «/AP nbsp;nbsp;nbsp;r»nO i-ixrrvio dt»-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dtinc rprrp rp^r\ln^1V^n nrjr' nnpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ntii
a fon égard
Rdig'ieufes na pas laifle de dire a nos Soeurs que javois de- tifiée dans cette réfdution par une rencontre qui mandé datiicndre après No»/, afin de voir les éx- me parut tres confidérable: ceft quayant prislanbsp;pc°r[lV'V ercices de devotion ,Öc les cérémonies qui fe pra- fainte Bible quon avoit apportée a notre cham-Ldeléscn-tiquoient dansce Couvent en lhonneur denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bre par occaiion , apres avoir pné Dieu quil lui
gaget i fe nbsp;nbsp;nbsp;Enfant, dont je nai jamais parlé , fgachant plÜT de me faire rencontrer ce qui méioit le plus
Jign»tu?c.'* bien que je ne pouvoismieux rendre mes refpedts propre dans mon étac, amp; a la penfée que ja-6c mes hommages au facré myftcre de fa fainte vois, ouvranc le Livre au hazard, je jettai tout naiffance, quavec nos chdres Sccurs. Lon a fait dabord la vuë fur ce paCTage du Prophéte Mi-courir un brult, non moins faux que celuila j mais chéeCh. VIL v. 8. Vous qui êtss monennemie ^nenbsp;plus .confidérable. Ear jai appris que M. CBa- nous réjouijfés pomt fur moi, paree que je fuistom-rn'dlard a dit a plufieurs denos Smurs, que javois be'e. Je: me releverai après que je sne Jerai ajjifenbsp;demandé dêtre Soeur Converfe a bt.Téjowrtr pour dans les téjiéhres :¦ Le Seigneur ef ma tumiére^ jenbsp;oénitence de la réiiilance que javois faite fi long- porterai la colére du Seigneur, paree que fat pd-r^mos a M- lArcbevêque, Sc j ai fqu quon adit ché contre lui , jufqu d ce quil juge ma caufè,nbsp;la même chofe a la Mere Prieure de Fort-Foyal quil faffe mon jugement, Óquot; d tne conduira
a la lumiére : je nerrai fa juflice. Ces paroles
^ On a pu voir par ce que j ai rapporte jufqu ici, la vérité, qu je retrouverois la paix 6c le répos es que je ne foufaaitois autre chofe que de retourner du cceur, que iavois perdus en Ie onitf^mr rsrnbsp;gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oMr avec la Merenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6c les trouble? 6cVs genS que SvV^éprouvVÏ
de.s Champs.
Je ne fpai pas comment deschofesfi faufïèspca-vent palier pour des vérités, fi ce neft auprès de ceux qui fe perfuadent peuc-êcre que tout ce quinbsp;fert a autorifer 6c a prêcher la fignature, ne laiffenbsp;pas dêtre bon quoique faux. On voit par la fur
me vinrent fi a propos, que je ne doutai point que la Providence de Dieu ne me les eut en-voyées.
Je fis done prier M. Chamiïïard èc me venir LXVïir.' voir. II y vint le 23 Décembre. Aufluót que*®nbsp;quel fondementêlle êft bade, 6c que tout ce quon je fus devant lui, je me mis a fondre en larmes. m.quot; Gh^il-.nbsp;dit pour y engager, ne fert qua en donner tou- II men demanda la raifon. Je lui dis, quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oh
jours plus d'éfoignement. On a encore dit que fouflrois des inquiétudes 6c des remords de con-r' javois demandé'pardon a M. 1Archevêque de ma fcience épouvantablesjquenfinje ne reconnoiffoisfc u S* ¦nbsp;défobéiffance, profternée en terre, ce qm n eft que trop que javois offénfé Dieu; que toutes lest«*nbsp;non plus vrai que le refte. Au contraire, je lui fois que je mapptochois de la Sainte Commu-dis: II eft vrai, Monfeigneur, que fi le refus nton , je fentois que notre Seigneur me renro- que jai fait jufqu a préfent de yous obetr étoft choit mon infidélité, 6c quavant ma fignature,
moms.
Marie Charlottenbsp;de Saintenbsp;Claire. 1 ? nbsp;nbsp;nbsp;quot;Rslation de la Ferficution des ReTt^ Relation tnoins dune paix fécréte dans le fond de mon ATaHenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tnéxcitoit a tnapprocher de Dieu;au lieu que pour lorsje ne pouvois pas même faire un quart dheure de priere, ni me confoler avecnbsp;Dieu, a qui javois cté fi infidelle. II devint toutnbsp;penlif amp; me dit: ,, En voulés-vous faire autancnbsp; que votre Soeur Melthilds, qui neft plus pournbsp; cette raifon ^Port-Royal}quot; Commejecon-tinuois toujours a iui dire mes peines, il me dienbsp;fort féchement; Si vous voulds, je men vaisnbsp; cliez. M. IArchevcque, amp; j^effacerai votre fi- gnature. Je ne repondis rien , mais je eon-tinuai a lui dire: M., je me fuis arrêtée vosnbsp;j, paroles, jai fermé les yeux a mes propres lu- mieres, comme vous meledihes; vqus ma- vies affuré quauflicöt que jaurois obéï, je fe- rois dans une grande paix: je vous ai cru, amp;nbsp; cependanc je nai rien moins que la paix. Toutnbsp; ce que je craignois meft arrivé, amp; fi je menbsp; trouve de même a 1heure de la mort, eeftnbsp; pour me mettre au défefpoir. II me repon-dit encore; Vous navés qua dire, je mennbsp; vais de ce pas chez M. rArchcvt'que,jefFace- rai votre fignature, jécrirai fur le Mandement:nbsp; Soiur Marie Claire ria foint figné. II me fitnbsp;cette propofition , comme sil fe fut moque denbsp;moi, ce qui mempécha de 1accepter fur lenbsp;champ j mais je lui dis que je voulois encorenbsp;prendre du temps pour prier Dieu; que je ver-rois létat ou je ferois; amp; que je Ietiverrois priernbsp;de me venir voir pour lui dire ma difpoGtion. II me die que M. IArcheveque penfoit è me mettre avec la Mere Mgnès , mais que fi jé-tois dans cespenfees, il ne le feroit pas; paree-que, fi je me rétradois, on sen prendroit a lui,nbsp;6c quon diroit que la Mere Agnes my auroitnbsp;portee, ce qui donneroit fujet de le blamer denbsp;iHavoir mis avec elle. Je repondis: ,,Hé bien, Monfieur , je confents de ny point aller, 6c même je ne le veux pas: au moins on nat- iribucra ï I'indudlion de perfonne ce que je fe- rai. Je lui demandai, sil avoit rendu a ma Sceur Melthilde fa fignature. Il répondit que non, car peut-etre, ajouta t'il ^ la pauvre fille re- viendra-telle a elle. Il me die quelie e'toitaux filles de Ste. Marie de St. Denis peut-être pournbsp;route fa vie, 6c que je pourrois bienaufli demeu-rer a St. Thomas route la mienne. Il me demanda,nbsp;fi je me voulois confelTer: Je répondis que jen'ennbsp;avois pas de befoin, métant confefiTée depuistrèsnbsp;peu de temps au Confeficur de la Maifon. Il ré-pliqua: Vous en avês aflèz de fujet, fi votrenbsp;,, deffein étoit forraé. Je répondis, que je nenbsp;voulois rien précipiter, mais prendre du tempsnbsp;pour prier Dieu. II me dit: Mais fi vousavie'snbsp; une réfolution arrêtée, je ne pourrois pasmêmenbsp;n xous laiffjr communier è cette grande fête; 6cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Je répondis: Je ne commu- Dien nbsp;nbsp;nbsp;voulés. II dit: Priés »» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grand jour; i/ ajeuta , mais |
ïeufes de Fort-Rojal^ de quoi vous mettés-veus en peine, après les Relation aflurances quon vous a donnéesf on ne vous delaSoeurnbsp; demande plus rien, on ne vous dit plus rien; Marienbsp; je vous ai promis par écrit quon ne vous fera Charlottenbsp; plus rien figner; tenés-vous en paix. Mais que Saintenbsp;,, dois-je répondre, lui dis-je, aux perfonnes qui^*^^ ,, me deraandent fi je fuis en repos au fujet de la fignature.^ car dans ma difpolition préfente jenbsp; ne puis dire que jy fuis fans faire un menfonge. II fongea un peu, amp; puis il me dit: ,,Vous pou- vés répondre que vousdemandésaDieulapaix. 11 sen alia fort mécontent, amp; moi au contraire je commengai a refpirer, car il me fembloit quenbsp;Dieu niavoit fait la grace de faire un bon pas. Quoiquil eut dit quil ne parleroit point de no- rxir tre Entretien, je ne fqai pourtant sil me tint pa-Son Entrê-role; car le lendemain veille de No'él la Révéren-'' knbsp;de Mere Supérieure marrêca a la fin de Vêpres,Juutc.^^quot; 6c me dit : ,, Je vois bien que vous foufffés, ce qui me fit croire que M. Chamillard lui avoitnbsp;parlé de moi. Je lui répondis: Quoi ImaMe- re, fqavés-vous de mes nouvelles, avés-vousnbsp;,, parlé a M. Chamillardl Elle me répondit quenbsp;non. Mais quelle voyoit bien que javois quel-que peine. Je répondis, que jen avois en efiêt, 6c de bien grandes, amp; quelles étoient augmen-tées ^ Toccation de la fête, en confidérant que la Mere Agnès amp; mes Sceurs qui étoient bien meil-leures que moi, étoient privées de la Ste. Communion. Elle tacha de me conlbler; mais je luinbsp;témoignai que javois beaucoup de peine a communier, puifquon ne me 1avoic permis quennbsp;conféquence dune adtion quimecaufoit de grandsnbsp;troubles. Depuis ce jour je commenfai a parler libre-ment de mes peines a la Mere, 6c a une autre Religieufe. Je communiois plus rarement, jé-u Mere n'i.nbsp;tois prefque toujours dans les larmes, 6c dans une. a fonnbsp;triftefle 6c une mélancolie qui paroilfoit a tout lenbsp;monde, La Mere, qui fouhaitoit de tout fonnbsp;coeur de me foulager, me demanda une fois;,^Di, tes-moi, je vous en prie, que vous puis-je fau , re.^ Si vous voulés converfer parmi nous, amp;nbsp;que cela vous divertiliè, je le veux bien; maisnbsp; je ne crois pas que cela vous fafl'e plaifir, carnbsp; je me mets 4 votre place, 6c il me fembicnbsp;,, quen létat ou vous êtes, la converfation con- traint. Je lui répondis, que je lui ctois éx-tremement obligée; que ce quelle difoit étoit veritable, la raifon pour laquelle jétois bien-aifedcnbsp;demeurer dans ma retraite fans avoir plusdeliber-té que mes Soeurs, étoit que je mettois ma plusnbsp;grande confolation a penfer que fi javois quelque frace è lui demander, cétoit de la fupplier très-umblement de me laiflèr une ancienne Religieufe, qui avoit foin de moi depuis quelques jours, a la place de cclle quon mavoit donné aunbsp;mencement, qui étoit malade, nouvelle compagne me confoloic beaucoup, pour cela un don de Dieu tout particulier, |
Kelation de Ja Verfécution des Religieufes de 'Port-V.oyal, 1664.-166^. roit de irès-bon ccEur. Eile ajouta que dabord que jentrai dans leur Maifon, eile avoir été attentive a mettre auprès de moi une Religieufequinbsp;füc fort foigneufe, amp; qui prït un grand foin denbsp;ce qui me feroit néceffaire, amp; en même tempsnbsp;dont eile fut aflurée quelle ne me parlcroitpoint;nbsp;mais quauffitót quelle mcut un peu connuë eilenbsp;mauroit donné Ie choix de toute la Communauté: ceux qui verront eed feront peut-ctre bien-aifes de fqavoir qui eft cette Mere, qui ma tantnbsp;fait paroitre daffedion; eile sappelle de la Sour-diére^ amp; eft Soeur de la Mere Sourdiére ^ Reli-gieufe de la Vifitation , qui eft préfentement anbsp;Fort-Roy al.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ LXXt. Comme mes peines ne diminuoient point, je Son tuitte- déchargeai mon coeur i cette bonne Keligieufe,nbsp;sriquot;qui^avoit que la Révérende Mere mavoit donnée. Eile menbsp;foin deiie. foulageoit autanc quil lui étoit poiftble, amp; quoi-i'n'a^reï'a-ne trouvat pas, non plus que les autres,nbsp;ïor/iéduite. que Ie fujet de mes fouffrances fut légitime, eilenbsp;ne laiffoic pas de me porter une grande compaffion. Je lui dis un jour; Vous voyés, ma Mere, ce que lon gagne dobé'ir a M. de Paris: je me fuisnbsp; fait une violence extréme pour me rendre a cenbsp;,5 quil m'a commando, amp; après celaümelaiffe, ,nbsp; fans fe mettre en peine fi je fouffre, amp; fans ,nbsp;,, me donner aucune confolation. Jamais je ne !nbsp; confeillerai a perfonne de figner, amp; je regrettenbsp; beaucoup de iavoir fair. Eile me dit: Nenbsp;,, dices pas eek , vous avés fait une ceuvre très- ,, agréable a Dieu, 6c qui vous mettroit rout droic ,, en Paradis, fi vous veniés préfentement a mou- rir. je repondis; Dieu veuille quelle nenbsp; mempêche pas dy aikr. Je fentois aupa-ravant une confiance en Dieu, qui me portoicnbsp;a lapric're, dans une grande paix, carquoiquenbsp;Ie trouble fut dans les fens, Ic calme etoicdansnbsp; Ie fond du coeur; mais maintcnant je ne con- nois plus mon intérieur, il eft dans un troublenbsp; amp; un renverfemenc qui maccablent. Ny a- til pas ia aflèz de quoi me mettre en peine?nbsp;Ëile ne f^avoic que me repondre, amp;méxhorcoicnbsp;feulemenc a parler a quelquun. Lxxii. Depuis Ie jour de la Chandeleur , je fus un Eile deman- mois fans aller a confelfe 6c fans communier. Je de M. che- ne me confeffois plus a M. nbsp;nbsp;nbsp;dès confcir'»''- nbsp;nbsp;nbsp;mieux aller a Wi. Blamfignon aveclaCom- on ic lui rc-munaüie, U ne tne difoic rien du tout finon iufe. quil soffroit a moi, ü javois befoin de lui en quelque chofe, amp; je Ie remerciois toujoursleplusnbsp;civilement quil métoit poffible. Je dis aux Meresnbsp;que je nallois point a confeffe, paree quejavoisnbsp;bcfoin dune perfonne en qui jeuffe confiance. Lanbsp;Mete me dit de cboifii qui je voudrois. Jepro- Aüflitót elles follicitérent fort Sc ferme M. de Paris. La Mere prit la peine de lui écrire uney^que luïnbsp;autre fois, amp; lui manda que sil ne Ibngeoit pofai M ebem, elk k èt demandet a'M. de donner quelque facisfaaion ,jétois fur nbsp;nbsp;nbsp;acjpatós Refatioij me rêpondic dune maniére la plus obligeante du de la S(*ur monde, quelle me Ia laifferoic très-volonners,amp;nbsp;Marie non feulemenc ceile-Ia, mais que je navois quanbsp;Charlotte choifir dans route la Communauté, fi jen défi-de SaintCrois encore quelque autre, quelle me la donne-Claire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
Paris par M. de Tfsevenm (leur Supdrieur) M.de Relation Paris fit réponfe, que M. Cheron nécoit pas en de la Sceurnbsp;cette Ville. Elles me preflërenc d en nommer un Marienbsp;autre. Je leur dis que je penlbis a un Pere ya- Charlottenbsp;cohin, nomme Ie Vete Baron; öcquétantdeleur ~ Saintenbsp;Ordre, je croyois quon ne me Ie refuferoit pas. Clan*-La Mere me rêpondic quelle Ie connoiflbit pournbsp;avoir autrefois fréquente leur Maifon; mais quenbsp;dfepuis quclques années il ny^ venoit plus, amp;nbsp;que cétoic un des plus confidérables de l Ordre. Eile envoya fqavoir sil étoit a Paris: on lui die quil y étoit. Mais par malheur il fe répandit unnbsp;bruit que ce Pere étoit de la nouvelle Doftrine. Toutefois la Mere ny eut pas grand égard, eile sen informa a un autre Jacobin ami intime dunbsp;Pere Baron, qui 1allura que ce nétoit que desnbsp;contes, amp; ainfi la Mere prit la peine décrire anbsp;M. 1Archevêque pour lui en faire la Propofition. II rêpondic, quil ne connoiflbit point ce Pere, amp; quil sen vouloit informer auparavant. Je ne fgai fi M. lArchevêque Ioubiia, mais il fe pafl'anbsp;prés de trois femaines fans quon eut aucune lé-ponfe, ce qui mie la Mere fort en peine. Je pris de R occafion de dire un jour a ma lxxiii. bonne Religieufe^ ,, Vous voyés, ma Mere, Entrctien quon mamufe de parole; on me fait des ® »- promefles , maïs on ne me tient nen : giefe fut u ,, avant que jeuffe figné on me difoit, que pcine ou elicnbsp;,, jétois la feuk caufe de mes peines, cependaninbsp; il y a taniót quatre mois que je 1ai fait, amp; je Confef- _nbsp;,, fuis toujours de même. Sil étoit vrai que M. feut, en^qulnbsp;,, lArchevêque ne foubaitat que notre rétabliflénbsp;,, ment, il devroit Ie témoigner, en contribuantnbsp; par tout ce qui depend de lui a la confoia- tion, 6c au répos de celles qui lui ont obéi; 6c ceft avec raifon que mes Securs perfiftent dans leurspremiers fentiments, la maniére dontnbsp; on agic envers celles qui fe font rendues, étantnbsp; mute prqpre a les affèrmir de plus en plus. ,, Four moi je fuis perfuadée que tour ce quon « g^gne par la fignalure, eft un furcroic dafHic- tion par la perte de la paix intérieure; car vousnbsp; voyés que je ne puismême obtenir uneperfon- ne a qui je puifle parler avec confiance. Jenbsp;poutfuivis; Oh bien, ma Mere, je vous décia- re que fi Monfeigneur ne me donne dans peunbsp; de temps quelque confolation, je lui enverrainbsp; ma rétratftation, qui eft toute prêce dans monnbsp; Efpric, il ny a plus qua la coucher fur Ie pa- pier, ne pouvant plus porter les troubles quinbsp;,, maccablent:sil faut fouffrir,au moins jefouf- frirai, ayant la confcience déchargée du poidsnbsp; de la fignature. Eile me répondit; Quenbsp; vous me feriés grand dépitfi vous faifiés cela!* Je lui dis;,, Ne vous mettés pas en peine, jca repondrai moi feule. |
T3()
Relation fuccomber3 que le mieux quil pouvoit faireetoic aLwo me mettre avec la Mttt Agnes^o\x je me con-folerois avec cette Mere amp; avec ma Soeur, amp;nbsp;que cependant elle le fupplioit de menvoyer lenbsp;Pere que javois démandc , paree quil y avoirnbsp;long-temps que je ne communiois point amp; nal-lois point a confelTe. M. IArcheveque ayantnbsp;avec la Me-requ cettc Letcre, envoya querir le Pere Baron,nbsp;re Agnes. ^ Juj Jonna permiffion de me venir voir. II ynbsp;vint le lendemain : il mapprit beaucoup de cho-fes que je ne f^avois pas, amp; furtout ie procédénbsp;extraordinaire de ma Soeur Flavie , me difant
Relation de la Perfdcutkn des Religieufes de Port-Royal^ l66j^.-iti6y.
.....5, lite ne flate perfonne j amp; il eft irnpoftlble, Relation
Marie Charlottenbsp;de Saintenbsp;Claire.
detre mife
quon le trouvoic execrable: eeft fon propre ter- la Dodfrine de Janfenius fans condamner celle dc Te lui dis routes mes peincs au iujet de la Saint Auguftin, paice que M. d'Tfres ne parloit
,, quoiquon fafle, de fe la cachet a foi-mêmede la Soeux on la pent déguifer par quelques raifonnementsnbsp;,, hutnains, mais elle eft fi forte quil faut enfin Charlottenbsp; q'jils lui cedent, amp; quils fe detruifent en fa^^ Saintenbsp; prefence. Elle ne fqavoic que me repondre,^^*'®'nbsp;mais elle avoir grande pitié de moi, me confo-lanc amp; mcxhortant a la patience amp; a la confian-ce en Dieu. Jc lui parlois quelquefois des rai-fons qui nous faiibient fi fore cramdre la figna-ture: amp; entrauires, je lui dis un jour quunedesnbsp;principales, eetoit qu'on tie pouvoit condamner
me. j.. nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- a r
lignature, il my oppofa rant de radons,öc htor-
tes au moins pour moi qui nen avois point a lui aliéguer,quejavouë quelles me perfuadérent quenbsp;je navois point oftenfé Dieu,amp;: me mirentlEf-prit amp; la confcience en répos. je demeuraibiennbsp;trois heures avec lui, pendant lefquelles il me té-moigna route la charité, IafFetftion Sc la compaf-lion que je pouvois fouhaiter, prenant part a routes nos peines 6c les reffentant comme un veritable ami. Je me confeffai, 6c jen fortis avecunenbsp;entiére paix 6c une grande confolation. Je lepriainbsp;dc semployer auprès de M. IArcheveque pournbsp;me faire mettre avec la Mere Agnes.
Lxxr. nbsp;nbsp;nbsp;demeurai enfuite ft contente pendant quatre
Elle revientjours, que CCS bonnes Meres sen apperqurent, amp; de la fauffe jgnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moi-tnême que le Pere Baron avoir
Flt;koitTtou-mis tna confcience en répos, ce qui leur donna Vée ipres beaucoup de joie. Mais par la naifericorde denbsp;avoir patU p)i£u cette faufle paix qui mauroit etefi nuifible,nbsp; cs^f.ne dura guéres, 6c je reconnus quil ny en avoirnbsp;pofitions point dautre que celle qui vient de Dieu 6c quenbsp;pout réparet[g ntondc 6c les erdatures ne peuvent donner, lanbsp;ortóiirc oc-confcience etant un tcmoin qui ne Iqauroit de-«sfioR. meurer dans le filence. Elle ne me put diffimu-ler que je ferois jugée fur la vérité de la parole denbsp;Dieu 6c de fa loi, qui ne dépend point des ex-plications que les hommes lui veulent donner felon leurs propres lumiercs, pour Iaccommodernbsp;au temps 6c a la prudence humaine. Mes inquietudes revinrent, amp; jejugeai quellesétoient rnieuxnbsp;fóndécs que le répos dans Icquel on tachoit de menbsp;faire entrer. Je me refolus done a porter mesnbsp;peines, fans y chercher a 1avenir dautre foulage-ment, que celui de Iavcu fincere 6c bumble denbsp;ma faute, jufqua ce quil plut a Dieu de me faire
que par lui 6c le citoic a tout moment dans fon livre. Elle me repondit: ,,On die auffi que Sr.
Augufiin die plulieurs chofes fur la grace uii peu dedicates, 6c quil a été oblige de le fairenbsp; pour détruire 6c pour combattre lHéréfiedesnbsp; Pélagiens, qui donnoient tout au libre arbitre;
6c pour soppofer a cette Héréfie, il a éxcédc 3 en donnant tour a la grace. je répondis :
Croyés , ma Mere , que les Papes 6c tome 1Eglife ne font pas de ce fentiment, Saint Au- gujlin ayant toujours été confidéré comme ce-3, iui des Peres qui a écrit de la grace avec plusnbsp; de vérité 6c de lumiére; 6c la Dodrine furnbsp;,, cette tnatiére a été de tout temps reque 6c re-,, wnnue pour trés Catholique6c trés Orthodoxe.
^ pas 1afFaire des filles que de lire Saint Auguftm. Mais je ne fgai sil en peut dire danbsp;,, vantage que Saint Paul, dont nous lifons lesnbsp; Epitres. Elle me répondit : Il eft vrai,
Saint Paul dit des chofes fur ce point bienfor- tes, on ne Iqait que dire. Je répondis:
3, Ceft ce quil faudroic faire (de ne rien dire) 5c defe contencerdeshumilier profondément fousnbsp; la grandeur de Dieu, qui a droit de difpofernbsp;,, de fes Créatures comme il lui plait, fans vou- loir quil leur foie redevable de quelque chofenbsp; 6c ceft de ce principe que vient route notrenbsp; force dt notre falut^notre perte ne venant pointnbsp;,, ni de nos toiblefl'es ni de notre impuiflance inbsp; faire le bien par nous-me me, mais de notre or-,, gueil, qui ne veut avouer ni Iun ni 1autre.
Je demeurai quinze jours a Saint Thomas de- lxxvh, ,puis la Vifite du Pere Baron , fans apprendre^n? paffenbsp;aucune nouvelle de ce quil avoit fait auprès
M. lArchevêque pour ma fortie; deforte que jeaucune re-
davoir pitié de moi. Si je navois eu a fuppor- ou elic fe ter que la continuation de ma captivité, quoique°^=.nbsp;trés dure 6c trés pénible, jaurois pris ce parti^quot;conféil^nbsp;bien plutot : mais je cherchois de quoi aflurernbsp;ma conicience, 6c a fqavoir ce que je devoisnbsp;faire felon Dieu pour me relever de ma faute-Jetois dans une éxtrême peine de foavoir fi jenbsp;devois communier, fi le regret que javois de-vant Dieu , 6c que je témoignois a quelques
Reik
plus haut.
La Rdigicu. La Religieufc qui étoit avec moi sapperqut fc qui «toilaucfitot de monchangement. Elle me dit:,, Vousnbsp;'tgoit voila revenue dans vos peines 6c vos trifteflTesnbsp;de(oncbaB-5gt; ordinaites. Je lui réppondis; Voyés-vous,
la miféricórde' de me donner les moyens dc la ré- commenqois a ne la plus efpe'rer,6c a me réfou-P°quot;*® du parer: a quo! jécois encore éxcitée par les paroles dre davoir patience, jufqua ce quil plut a Dieu^quot;bawasnbsp;du Prophéte Michée ch. 7. que jai rapporteesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'¦=nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ r----- . .,
LXXVI.
-a ReVi! c quinbsp;avee eUinbsp;sappetsoit
____an eba
gement quot;El',, leléïhortc anbsp;la patience.nbsp;Lem Entie- jgt;nbsp;aien.
ma Mere, 1* faut réfoudre '
'conferver la paix, il me ^ a ne point prier Dieu. je vousnbsp;laiifo a penfer ft elle eft bien fondée, car la vc-
-ocr page 137-157
157
Rehiiots
mempccher de témoigner ici lé- de la Steur
i/ai VC/-.ÏO nbsp;nbsp;nbsp;i\,\---O, TV-To
Je ne puis
dification que j ai reguë dans ce iVionaftcre öc ia Marie vertu que j y ai reconnuë, particuliérement un ^^^riottenbsp;grand amour pour la mortification, Sc une affi-5aintcnbsp;duitc trés louable a routes les obfervances de leur Claire.nbsp;Régie. Ce font des Religieufes éxtrêmement
nelatlon de h Terfécution des neligieufes de Port.-Royal, i66^.iC6^. Tu'Iation Religleufes, pouvoic fuffive pours lors , ou figt; jufqu au Carrofle.nbsp;de laSceurdevois faire une retraaanonpublique,car jecraig-M iriünbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nois dentreprendre cetce démarche par moi-tnetne,
propre foibleffe des mêmes doures amp; du roeme accablement, qui mavoic déja faittomber , ou denbsp;me laiiTer perfuader par quelques perfonnes de
de Saint ¦Claire,
Charlotte amp;: fans confeil, écant encore fufceptible par ma
r r« nbsp;nbsp;nbsp;r « 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.Y*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;''---
^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. r.xxx.
------- nbsp;nbsp;nbsp;VIUC.4UCS pciiui..gt;v..gt; -- finSres, fans aucune faqon, qui ont une manie Temoignaga
celles qui font pour nous, amp; qui fond entenure nbsp;nbsp;nbsp;j douceur Sc de charite; qui ef- quelie reni
que lagt;nature'ngt;eft rien, co'mme Je Ie venois nbsp;nbsp;nbsp;de leur vocatit^n, cel-r.f
d t'XDerimenter a 1 esrard dn P- Tiam-yt nbsp;nbsp;nbsp;r
déxperimencer a 1e'gard du P. nbsp;nbsp;nbsp;au lieu que
pour lors on ne men parloit plus du tout, non-obftant les fcrupules Sc les remords que jen té-moignois^ ce qui me tenoit lefpric dans une ^ê-ne Sc dans une violence que Dieu feul connoit; Sc je crois que fi les perfonnes qui nous réduifentnbsp;en eet état fgavoient a quoi ils nous éxpofent,ilsnbsp;y penferoienr auparavant; Sc il faudroit que lanbsp;compaffion fut entiérement bannie de leur coeur,nbsp;sils nen étoienc touchés.
Le ^ de Marsje me trouvai dans une fi grande
--------- beaucoup la grace i ic ik,Ul ¥ WJV-M l, tVJU J V-l,, V
quelles les retirent en quelque maniére de rhumi-^'°'
1* e fgt;_ nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^___ Ar/tnt- nbsp;nbsp;nbsp;or¥nll_ _
qui leur donne un grand éloignement du monde, des Sc même des charges de la Religion, a caufc% de st.
^------------- ^ quot; * nbsp;nbsp;nbsp;/nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T
lité Sc du foin d elles-memes, etant fort appli-prouvé elk-a leur avancemenc vers Dieu; Mais ce que mê-ine.
pal remarqué parüculiérement en elles, ceft la charité quelles ont pour leurs Sceurs malades 6cnbsp;infirmes, .fans faire aucune acception de perfon-quand ce feroit la derniére de la Maifont el-
quees
I-X'-VTII
affliction par un fentiment vif de tout ce que je dre pour Te viens de dire, que jécois prefque dans le dccou-rendre S ste. ragement, ne fqachant du tout ce que je devoisnbsp;AuiHÓnii^quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Comme jétois dans- ces penfées , la
de M. 1At- Soeur Leonarde, qui a été autrefois a Port-Ro
les sincommodenc elles-mcmes, pour nc les pas incommoder, Sc pour cela je les ai vu obfervernbsp;les moindres chofes, pour éviter même de fairenbsp;du bruit auprés de leurs chambresj elles népar-gnent quoi que ce foit pour les foulager amp; pour
.............. ^ ^ nbsp;nbsp;nbsp;leur fatisfaSlion, Sc elles les fervent avec une
tra dans notre chambre, Sc me dit: ,,Je vous les ont taché de remédier par tout ce quelles ont apporte une bonne nouvelle: Notre Révéren- pu, préyenant même mes befoins, en forte quenbsp;de Mere a entre les mains un ordre de M.lAr- je navois rien a demander, ayant toujours plus
quil nc métoit nécelfaire.
La jqie que je relfentis daller retrouver ma LXXXT. trés-chére mere fut fi grande, quil me fembloit 1°!? TÓfüntnbsp;que le refte de ma Captivité ne fut plus rien j la Jetrouver I»
, nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le ma fauceme preflTant plus de me rappro- M. Agnès.
Je le requs avec la confolation qu on iepeut ima- cher delle, quclle ne me la faifoit craindre giner, mats particulicrement a caufe del efperan- ce que jefpérois trouver en fa charité les confeilstkmi^fon é-ce que javois de trouver quelques remedes aux m j avois befoin pour la réparer.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gard.ku fujet
- T ¦! nbsp;nbsp;nbsp;. j 1., charité de ma e-elt rpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
eiicvêqiie ia des Champ's ,*6c qui eft maintenant Soeur gaieté, une douceur, amp; une affeStion qui ne peut Converfe a St. Thomas^ me vint voir, cequelle naitre que de la charité, qui couvre tous les fu-roffe. ^ avoit perraiffion de faire quelquefois. Elle me jets de mortification que la nature peut avoir ennbsp;dit: Je vous viens voir, car je crois que nous eet éxercice. Jen ai moi-meme fait léxpérien- vous perdrons bientót.. A peine avoir-elle ce, ayant prefque toujours été indifpoféependantnbsp;parlé, que la Religieufe qui avoit foin de molen- le temps que jai demeuré parmi elles, a quoi el-
quot; chevêque pour vous envoy er aux Fillcs de , Ste. Marh du Fauxbourg Sc. Jacquet-, 6c il ynbsp; a un de fes Aumöniers qui vous attend avecnbsp; un Caroflé. En même-temps la Révérendenbsp;Mere entra Sc me donna lordre de M. de Paris
peines de ma chute , dans la charité de ma '.-.'ett ce oqp -
, done les lumicres Sc le difcer- de Dieu, que nbsp;nbsp;nbsp;miféricorde* laCgnal
^ nbsp;nbsp;nbsp; a tée a mon^ Mereaparfaitemencimi-'««*
riö nbsp;nbsp;nbsp;---- -------^
mon égard j ne mayant pas dit une feule parole fur ma faute que je ne lui aie eu pavlé la première , Sc ne mayant temoigné que de la tendref-fe, de IaffeStion, amp; de la joie de me revoir auprés delle. Si la mienne fut grande , elle ne fut pas aufli fans douleur, de voir une perfonnedontnbsp;je connoiilois la vertu Sc le mérite, dans une finbsp;dure Captivité, privée de toute confolation, 6cnbsp;aufli humiliée quune fimple Religieufe ^ mais lanbsp;vertu avec lannellf* pIIp nnrrr^Jrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
itrés chére Mere, nbsp;nbsp;nbsp;^
nement me fcroient connoitre ce que j avois a faire.
LXXIX.
- - nbsp;nbsp;nbsp;Lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;~ Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-- ----- 1 nbsp;nbsp;nbsp;t) 11nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;® -
viendrois toute ma vie des éxemples de vertuque vertu avec laqueile elle porcoit eet état érnn
« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J___1____ 1- ;____ mrtt'/M-lO nbsp;nbsp;nbsp;^
Je requs en fortant beaucoup de civilités Sc de fondépait. marques daffcdtion de la part de la Révérendenbsp;Mere Sc de la Communautc, qui prit la peinenbsp;de me conduire jufqua la portc. Je me misage-noux devant elles routes , 6c les fuppliai trés-humblement déxcufer les fujets de peines que jenbsp;leur avois pu donner, les aflurant que je mefou-
plupart en pieurani. r,n lor- que uevani les nommes: qui ne pouvoientemn'' tant je trouvai M. Blampignon, qui mattendoita cher que la grace du Ciel Sc la force d,. c ¦ 1
javois trouvés dans leur faintequot; Maifon. Elles marque quelle tenoit un autre rang d'ev' membrafférent la plupart en pleurant. En for- que devant les hommes.....' nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
au lieu de me la donner il fe mit agenouxSebaifa leurs violences,
t nbsp;nbsp;nbsp;Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o_ tl_____J r. nbsp;nbsp;nbsp;_____
la porte: Je lui demandai fa Bénédiélion, mais Epit nek foütint contre toutes leurs A
. J,. nbsp;nbsp;nbsp;«1 lö mir rt rrpnr*nvXr KnJ/T* Ipiirc Vtnlpnr*pc»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;QUrCtCS OC
de
15? nbsp;nbsp;nbsp;Relation ds la Perfé'cut'ion des Religieufes de Port-Royal^ 1664.-1^^^. Relation de Dieu, davoir permis que jaie écé alïèz heu- contraire les larmes quelles one répandu devantRelation delaSoJiir reufe pour luirendreqtielquefervicedanscctemps, Dieu a monoccafion, monc tirée du précipicede la Sceurnbsp;Marie ou elie foufFroit Ö conftammentócavectancdhu- pour me reunk avec ellesj ce que jeftime com-^^'®nbsp;Charlottenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour Iamour de lui. Ce temps ma enco- roe le plus grand bonheur qui me pouvoic arri- pe bainte nbsp;nbsp;nbsp;favorable, foit paree que jai été édakée, ver. Et paree que le malheur dans, lequel je fuisquot;® oaince C aire. ^ inftruite par ma très-chére Mere de cequeja- tombée ma li fort rabaiife'e au-deffous delles, Dien del'a ® nbsp;nbsp;nbsp;conference, foit je dis de toute la plénitude de mon coeur, que je voTreondui-paree que jai été délivrée du piége de la feconde choifis détre la derniére dans la Maifon de Dieu, teauprès de fivnature, dont jaiconqu le danger par des raifons plutót que dhabiter dans les T abernacles des pé-rerf/- lucro.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chcurs, CC qul néanmoins métoit dü, ft Dieu Ses slon$. quil ny a rien a faire que dattendre Dieu; amp; de liëüc^ufé de miféïicörXënvêrs'm^^ /nVanróëë plus j ai une fenftble contolation, de cc que le re- permis quon maic mife avec celles done iavoisnbsp;fus de cette feconde, s il plait a Dieu de me fai- imicé la chute, amp;_qui nont pas encoreeulebo^ cettejviere. g fortes amp; fi convaincantes, que je fuis perfuadée re Ia grace dy perfévérer, meft un moyen que la providence menvoie pour efFacer la première,nbsp;dont on nous a dit plufieurs fois quon ne tientnbsp;plus compte. LXXXIir- Ceft pourquoi je roe fens obligee, enfiniffanc ElleConfefle cette Relation, de lui en rendre de trés humblesnbsp;fa reenet*quot;* aélions de graces, amp; de confefl'er en fa faintenbsp;farimre préfence amp; devant routes les perfonnes qui lanbsp;diofe qiiefut pourroient voir, que je ne dois point prendrenbsp;pour une éxcufe légitime de ma faute, loppref-coofiaucc. lion dans laquelle jai été, mais lattribuer entié-dé'^ardonquot;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ affoiblilTemenr dans la fbi, dans du Icatidale lefp^tance £c dans la charité. Ces violences que Quelleacau- les hommes éxercent fur nous, nen font point anbsp;-é*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ia puilfance de Dieu; notre foiblelTe ne furmonte pas fa force: il nous peut foütenir dans Ic dernier délailTement., amp; nous pouvons fuccomber a lanbsp;moindre tentation , lors même que nous ne man-quons daucun fecours ni daucune alTiftance ; 6c-par cette conduite de fagelTe, il nous oblige a nenbsp;rejetter jamais nos fauces amp; nos chutes fur lesnbsp;caules apparentes, mais fur notre peu de foi amp; denbsp;conhance en lui. La durce de mes peines ma fait peur, amp; jai fait voir par la que je nétois pas folidement perfuadéenbsp;de cette vérité li importante;, (que les moindresnbsp;Ibuffrances ne nous font pas plus faciles a porternbsp;par nous-mêmes, que les plus grandes:) que lorf-que nos maux fonc le plus capables de nous vain-cre, ceft alors que nous devonsefpérer da vantagenbsp;du iecours du Ciel. Je me fuis oppofee aux delïcins de Dieu, qui vouloit que je fufle dans la fouffrance, amp; je Iainbsp;prié avec inquietude de men délivrer, amp; par lanbsp;je me fuis privée de la grace quil mauroicnbsp;faite, en me donnant la forcedontjavoisbefoin;nbsp;ce qui meut été beaucoup plus utile que la déli-vrance, paree que cette grace mauroic prefervéenbsp;de la fauce dans laquelle je fuis tombée , qui a faitnbsp;triompher les Ennemis de la vérité, amp; donné unnbsp;fujet de douleur a fes amis amp; a fes Défenfeurs. On seft fervi de ma foiblelTe pour faire des incites a ceux qui éxpofent tout pour ecre fidélesa Dieu. On a envoyé ma fignature k nos chéresnbsp;brs. pour leur faire de nouveaux reproches; maisnbsp;elles ®toienc trop bien fondces dans Iamour de lanbsp;ycric pour en titer ua fujet daffoibliffemenc: au. |
heur de la reconnoitre; Je le fupplietrès humble-menc de leur ou vrir les yeux , afin quelles ne sendor-ment pas dans la more, amp; quelles puiilenc retourner a la fainte union, de laquelle elles fe font féparées. 3, je reconnois done, 6 mon Sauveur, prof- lxxxiv, ,, ternée a vos pieds , cette faute amp; tes les autres que vous connoiffés, amp; queoku, reiu- je ne connois pas; celle qui eft le fujet depjiedhutm. mes larmes étant un abtme dont je ne pnis''^ pénétrer la profondeur , en conliderant fes^^ caufes 6c fes effets, auffi-bien en ceux quelle ,, a fcandalifés amp; contriftés, quen ceux qui ynbsp;,, one trouvé de quoi appuyer leurs mauvaisdef-,, feins amp; autorifer leurs violences. Je vous fup-3, plie très humblemenc de me faire la grace denbsp;,, men rappeller le fouvenir, afin quelle mem- pêche de malToupir déformais dans la négli- gence a corriger mes dêfaucs , amp; a m'avancernbsp;,3 vers vous. de peur que la tentation ne tneCjr-3, prenne encore au dépourva, 6c fans les armesnbsp; neceffaires pour la combattre. Donnés-moi, sil vous plait, une veritable humilicé, qui eft 3, la fource de notrq force, amp; qui nous portantnbsp; toujours a avouer notre foibleffe, nous excitenbsp; en meme-temps a efpérer de vous ce que nousnbsp; ne pouvons par nous-mêmes. Augmentés ennbsp; moi la foi, qui me rende inébranlable dans lesnbsp;3 divers événements de cette vie, amp; qui mefaffenbsp;comprendre que ceux qui y éprouvent les plusnbsp; fenfibles afBiélions,font plus heureux que ceuxnbsp;,, que vous laifles dans la profpérité ; que vos-,, chaciments font les marques de votre amour,nbsp;ë 6c que lorfque vous permettés que vos Servi- ceurs fuccombenc a la violence de leurs enne- mis, ceft le plus grand effec de votre colérenbsp;,, fur ceux qui les atSigent. Je vous demandsnbsp;3, auffi, sil vous plait, mon Sauveur, une efpé- ranee ferme qui adoucifle toutes mes amertu- mes par la penfée que vous êtes un Threfornbsp;3, qui enferme toutes les richeffes, 6c que li jenbsp; fuis afl'ez heureufe pour vous pofleder, je nenbsp;33 fgaurois être pauvre, ni defticuée, encore quenbsp;,, je manque de lout. Que ft vous me faites fen-3, tir le poids de mes miféres 6c de mes foiblef-,3 fes, ne permettés pas, sil vous plait, ifnbsp; tombe dans le découragement ; maisnbsp; faites-moi la grace idavoir toujours ^^1». |
13^
13^ TleUtion- de la Verfécution des V-eligieufis de Tort-'Royal, 1664.-166^. y*r7^p* nii i/a Si^rvonio'yst rvi/a l/ar^fc nbsp;nbsp;nbsp;_1 _ j£ RETRACTATION De la Sceur MARIE CHARLOTTE de Ste CLAIRE (Arnauld d Andilly.) ïE fouffignée, Sceur Marie Charlotte de Ste. I CLAIRE Religieufe de Fort-Roj/al du Saint Relation,, élevés vers vous, jufqua ce que vous ayéspii.ie Hela Soeur j de moi. Le jour viendra, auquel vous eiluïrésnbsp;Marienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;routes nos i3rmes,amp; auquel nous verrons lac- Charlotte compliffèment de vos divines promeffes; mais de Sainte ccpendant donnés-moi la grace de ne me pointnbsp;Claire. ]aqèr de vous attendre; amp; lorfque les ennemisnbsp; de mon falut difent a mon ame: llsiy a pointnbsp;,, de fecours en njotre Dieu: Faites sil vous plait, que je leur réponde avec un de vos Prophe-,, Xamp;S'.^and il m'auToit tuée ^jejpérerai en lui. AfFermiifés en moi, sil vous plait, ó monnbsp;,, Sauveur, ces deux grandes graces que je vousnbsp; demande tres humblement par votre divinenbsp; charité, par ce feu du ciel que vous êtesvenunbsp; apporter fur la terre, qui éxcite ma langueur,nbsp;,, amp; qui ne foufFre point que je demeure infenfi- ble, lorfque je vois vos intéréts méprifés, amp;Cnbsp;,, votre vctité abandonnée par ceux-mêmes quinbsp; fe difent vos amis. Pénétrés mon coeur dunenbsp;,, douleur falutaire de mon infidélité envers elle,nbsp;,, amp; faites-moi, sil vous plait, la grace de lanbsp; Confeflèr de nouveau fans craindre la colérenbsp; des hommes, qui ne fait aucune impreffion furnbsp; les ames qui font perfuadées de votre crainte amp;nbsp; de votre amour. Je renonce a cette malbeu-,, reufe fignature par laquelle jai fait injure a vo-,, tre divine vérité; je la rétrafte de rout mon coeur, amp; je défire avec laide de votre grace de ne jamais faire la feconde; amp; quoique jaienbsp; tout fujet dappréhender ma foibleflre,dont jainbsp;,j fait une fi funefte éxpérience, je mets néan- moins toute ma confiance en vous, amp; en lanbsp; force que vous pouvés me donner, fi toute foisnbsp;,, je fuis fincéretnent perfuadée de ma foibleiTe.nbsp;,, Vous pénétrés le fond de mon ccear ó monnbsp; Sauveur, ótés-en,sil vous plait, ce qui metn- pêcheroit de recevoir lefFet de vos mifcricor-,, des, amp; infpirés par votre bonté a routes lesnbsp;,, perfonnes qui verront eet Ecrit, de vous adref-,, iet leurs priéres pour moi, afin que la chariténbsp; de vos Serviteurs obtienne ce que je noférois attendre par moi feule. nbsp;nbsp;nbsp;^ Fait a Port Jleyul des Champs le dix-huitietne Aoüt mil fix cens foixante-cinq : SoEUK. Marie-Charlotte de Sainte Claire , Heligieufe indigne de Fort-Royal dunbsp;Saint Sacrement. Fin de la Felation de la Sceur Marie-Charlotte de Ste. Claire (Arnauld rfAndilly.) |
Sacrement, me fents obligée de declarer en quelle Relation difpofjtion jai figné le Formulaire ^ amp; ie regret L Sceurnbsp;que par la miféricorde de Dieu jai conqu dav«ir Marienbsp;fait cette fignature,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlotte La capüvué ou je me fuis trouvée réduite dans'^^ Sainte un Monaftére étranger, ayant été fi grande que^^^''^'nbsp;je nai pu avoir une feule perfonne a qui je puiüênbsp;dire une parole de confiance, mayant memenbsp;refufé un bon Ecclcfiaftique , qui neft pointnbsp;fufpedt amp; que javois demandé j amp; me perfua-dant quil n'y auroit point de fin a cette op-prePfion^ je me trouvai dans un cmnge acca-bkment, étant incapable de me foutenir par lanbsp;leóture amp; par la priére, paree que mon Efpritnbsp;étoit rempli de tant de penfées facheufes amp; mé-lancoliques, qucHes me réduifoient prefque aunbsp;défespoir, ce qui ma fait défirer pleufieurs foisnbsp;la mort ou de perdre 1Efpric, afin quon ne menbsp;tourmentat plus fur la fignature. Jétois inoi-même dans Ja penfée de contrefaire la folie inbsp;je parlai fi peu pendant les fix premières fè-maines que je fus la, ny ayant que la Merenbsp;Prieure amp; la Soüprieure qui me vinflent voir, amp; qui ne demeuroient que fort peu de temps, amp; fort peu Ibuvent, que mon Efprit amp; mon Corps saftoiblilToient de jour en jour; amp; quenbsp;je navois prefque plus de voix ni de parole. Outre cela un Ecclcfiaftique qui demeuroit dans la Maifon menvoyoit querir quelquesfoisnbsp;pour me dire des chofes uès dures, entrautres ilnbsp;mallégua Arnauld de Brejfe 3 amp; comme sil eutnbsp;voulu me comparer, amp; toute notre familie, anbsp;eet Hérétique , il me répéta plufieurs fois quilnbsp;sAppelloit Arnauld, me difant, quil avoit éténbsp;brulé tout vif, ce qui me fit une grande frayeur,nbsp;encore que je nen fiffe rien paroïtre, mimagi-nant que la perfécution pourroit peut-être allernbsp;jufques-la. Je demeurai malade enfuite de cesnbsp;entretiensj amp; étant obligée de demeurer au Ut,nbsp;quand on venoit mapporter les choiès nécefiai-res, on fe retiroit auffitoc après mavoir demandénbsp;fi_ je navois befoin de rien, me témoignant quilnbsp;donner dautre foulage- Daroiflblt nbsp;nbsp;nbsp;^ voyoient, qui p moit alTcz par mes larmes amp; par 1abattement extreme oii j étois.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ aoactemeBt Pendant ces fix femaines, les raifons quon me difoit pour figner ne me perfuadoient pas j amp; me jétois méme dans la réfolution de ne le pas faire. Mais la continuation du délaiflément, 6c les an-goifles ou jétois, qui mótoient le fommeil amp; mempechoient prefque de manger, maccablé-rent fi fort, que la crainte de me décourager toutnbsp;a fait, amp; de totnber dans quclque precipice ennbsp;perdant la confiance 6c le recours a Dieu, menbsp;perfuadcrent fauffement dans 1éblouïfl'emenc oünbsp;j eras , que pour éviter un plus grand mal , ilnbsp;valloic rnieux en faire un moindre: croyant auffinbsp;que la violent qu on me faifoitmeferviroitdéx-cuie devant Dieu3 qui voyoit dans mon cosur lenbsp;S 2nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------ |
o nbsp;nbsp;nbsp;ie l.
Relation regret ou jétois de me trouver engagee ans ui de la 6'ffiurfl malheureufe néceffité.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;acca-
Marie Etant done tome hors de moi-meroe öc acca
Charlotte
deSainte
Claire.
blée de mille forte de réflexions, je me réfolus de figner avec intention den faire un jour tellenbsp;penitence quon voudroit- de mofFrir a navoirnbsp;jamais de voix atSive ni paffive, amp; mémedetrenbsp;Soeur Converfe toute ma vie. M. Chamillardnbsp;métant venu voir enfuite pour my difpoler, jenbsp;lui disqueje défirois quil maflürat quema figna-ture ne feroic ni une condamnation ni un juge-ment; amp; quon ne mobligeroit point a condam-ner perfonne: il me montra la petite Dcfciarationnbsp;de M. de Paris, pour me faire voir quon ne menbsp;demandok point une condamnation ni un juge-menc, amp; il me promit même de me donner parnbsp;écrit, quil ne me feroit condamner ni nos Soeurs,nbsp;ni perfonne.
Après cela Monfeigneur lArchevêque étant tenu pour me faire figner, je lui déclarai que jenbsp;ne regardois en cela que la foumiffion amp; lobéif-iance que je lui devois, amp; que je ne voulois pointnbsp;condamner M. d'Tpres^ que je croyois êrre unnbsp;Saint: il me dit quil étoit dans ie même fenti-mentj amp; que je ne ferois que ce que Janfeniusnbsp;avoic fait lui-même, en foumettant fon Livre aunbsp;jugement du Saint Siége. Je lui dis encore quenbsp;quoique je fiffe une chofe que nos Meres amp; nosnbsp;Soeurs navoient pas fait, je déflrois pourtant de-meurer autanc unie a elles que jamais; amp; il ajou-ta a fa Declaration , quil mavoic apporcée pournbsp;lever mes peines, que sil y avoit du mal, il Ienbsp;prenoit for fa confcience; je lui répétai la meme-chofo que Javois dit a M. Chamillard^ en Ie fup-piiant de me promettre, quil ne me feroit jamaisnbsp;figner aucune chofe, ni condamner nos iVieres,nbsp;nos Soeurs amp; routes les autres qui refufoient de figner: ce quil me promit auffitót.
Après cette fignature je demeurai dans un ac-cablement Sc une triftefle encore plus grande que ceiie que javois cu auparavant, penfant que javois contribué a ropprelfion de ceu.x qui defen-dent la vérité; que je métois féparce de nos Mercs amp; de nos Soeurs p amp; que javois perdu Ienbsp;Thréfor quil avoit mis entre mes mains, en nousnbsp;faifant connoitre fa vérité: ce qui me pénétroitnbsp;Je coeur dune telle douleur, que je pailbis lesnbsp;jours Sc prefque les nuits dans des larmes conti-nuelles,en demandant a Dieu quil me fit la gracenbsp;de me relever, Sc de me donner un moyen pournbsp;cela. Javois une éxtrême peine a communier,nbsp;Sc jemen fois cxemptéeplulieurs fois en prenantnbsp;des éxculês de quelques incommodkési
Ces éxcès de peines continuant toujours, je demandai un Eccléfiaftique, qui mavoit porté.a
la fignature, amp; je lui dis létat oü je me trou-Kelatiorr vois, avec de fi fortes éxpreffions de ce que je de la Soeurnbsp;fouffrois, Sc en verfant tant de larmes en fa pré- Marienbsp;fence, quil jugea que je me voulois rétrader:nbsp;ce qui Ie porta a me dire fort froidement Sc fort Saintenbsp;-féchement, que fi je voulois il iroit auilitót trou-^^*'^quot;nbsp;ver M. lArchevêque pour le prier defFacer manbsp;fignature. Je lui répondis, que je ne difois pasnbsp;cela,que je verrois comme je ferois dans quelquenbsp;temps. Sc que je le foppliois de me venir trouver.nbsp;pour lui dire ma difpoficion.
La feule confolation qui me reftoit pendant ce temps-la étoit que je ne loufïfiroispasmoinsqua-vant ma fignature , foit que Ton confidére lesnbsp;troubles intérieurs que javois, foit quon envifanbsp;ge la dure captivité ou Ton conrinuoit toujoursnbsp;de me retenir. Ce qui me donnoic quelque fujérnbsp;defpérer que Dieu ne mavoit pas tout afaitaban-donnée, Sc que je devois accepter tout cela cem-meune pénitence de la faute que javois faiteda-voir manque a la la fidéiité que je lui devois. Jcnbsp;me eonfolois encore de ce que javois plus de li-berté de foutenir nos Meres Sc mes Sceurs qui nenbsp;fignoient point . Sc de faire connoitre 1injufticenbsp;quon leur faifoit, paree quon ne fe déficit plus denbsp;moi: Et il me fembloit quen défendant cellesnbsp;qui étoient demeurées fermes, que je réparois en-quelque forte la faute que javois faite.
Je me fents obligee pour la décharge amp; le repos de ma confcience de faire cette préfente Declaration pour ieryir en tempa amp; iieja, amp; poor fakenbsp;yoir un four^a route 1Eglife, amp; partieuHéreminrnbsp;a nos tres Cheres boeurs,le regret que jai demanbsp;fignature. Sc le défir queje Jenrs quon ny aicnbsp;eu égard, fouhaittant quelle foit mife cn oublinbsp;devant Dieu, amp; devant les homines, amp; quoa;nbsp;ne la confidére que comme Iade dune perfonnenbsp;qui nétoit fibre ni de corps ni d'Efprit, amp; comme une chofe que la feule captivité amp; i\ nécclTi-té OU Ton mavok réduke ont arrachée de moi.
Cependant je fopplie trés bumblement mes trés chéres Meres Sc Soeurs, de ne pas prendre example for ma foiblellé paffee, mals de priernbsp;quil me la pardonne, Sc quil merende dignenbsp;dimiterleur force Sc leur conltancc, puifque parnbsp;la miféricorde je défire plus que jamais detrenbsp;toujours affociée a leurs mérites. amp; a leurs fouf-frances, Sc detre avec elles jufqua la fin ennbsp;notre Seigneur Jejus-Chri[i un- même Efprit Scnbsp;même cceur. Vait au Mofiafléra de la Vijltation-du Pauxbourg Saint Jacques d Paris. Ce dtxiéiaenbsp;MarsMil fix cent foixantenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cinj.
Sr. MARIE CHARLOTTE de-StE. CEAIRE. Relipeufe indigitt.
R E L A,
-ocr page 141-Tt-eUtion de la Terfécution des JLeligieufes de Port-Royal, 166^-166^.
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De la Captivité de la Révérende Mere
Exilée le 26 Aoüc i^^4, a la Vifiration de la ruë Montorgueil.
, .atiofis, amp; fiaehé que jamais aucun de cems quf Conüdéris tout ce quil y a eu d hommes t^rmnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vunnime aui fett demeuré ferme dans les conmande-
ont efpéréau Seigneur n a été confondu. pt l PO 1 nbsp;nbsp;nbsp;^
ments de Dieu , amp; qui esi alt éte ahandonne. ^ J Mricorde; il Jawue au j^r de été méprifé de lui? Car Dieu efl plein de fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V.W dans la Mérité.
Vaffliilion i amp; il eji le proteéieur de tous ceuX qut
Eccléüaftique Chap. IL vs. lï , I3r ÖC 3'
GLOIRE A ;ESUS-CHRIST AU SAXNp SAGREMENT.
E fus Tune de celles que Monfeignëur lAr» chcvêque avoit condamné a fonir de la Mai-fon. I! y avoic long-temps que nous nousnbsp;attendions a cette peine, amp; Dieu ma fait la grace den attendre lcxécution avec une paixentiére.nbsp;II lui a plu auffi daugtnenter par fa miféricordenbsp;cette paix a 1heure que jen ai eu plus de befoin,nbsp;ayant re^u eet ordre fi extraordinaire avec au-:nbsp;tant de tranquillité, quune obéiffance ordinaire.nbsp;Je fus dorre dans le Choeur attendre que Ton tne'nbsp;mit dehors/ Jy rccitai mes Nones avecmaSceurnbsp;Anne-Eugeniequi tne dit après, quelle euc.biennbsp;fouhaité que Ton nous mit routes deux enfetnble;nbsp;a quoi je ne répondis que par un geile quitémoi-gnoit quil ny avoit nul lieu defpérer cettecon-folaiion pour elle amp; pour tnoi, qui men lerois-ellimée bien honorée amp; bien heureufe.
Je fortis de notre Monaftére fans regret dé Ic Sa fórtie de perdre, quoique je mattendifle bien de ny reve-Poit Royal, nir jamais, jen fis le Sacrifice a Dieu de bonnbsp;cteur, puifque cétoit pour lamour de fa vériténbsp;que je le perdois j amp; je fortis dans cette force amp;nbsp;cette paix, que je fentois dune maniére fi fenfi-ble, que je crois que sil eut fallu aller a la mortnbsp;au fortir de 1amp;, jy aurois cté fans peine. Auifitótnbsp;que je fus dehors, je me mis 'a. genoux devantnbsp;1Autel de la petite f.hapelle oü eft le tableau'dunbsp;bon Palleur, amp; je priai Dieu tout haut, quoiquenbsp;cette Chapelle fut pleine de monde. M. le Lieutenant Civil y étoit aulTi pour écrire les noms de-celles qui fortoient. Je priai done N. S. J. C.-comme mon bon Pafteur de men tenir lieu lui-iiiême, puifque je nen avoisplus, ne pouvantnbsp;pas dite que celui qui nous traitoit dune maniére
I.
Sss difpofi» tions a 1ë-gard de fanbsp;fotlie.
II.
fi éxtraordinaire le fut dans cette oceafioft. jéner difois pas cela néanmoins par aucun reffentimentnbsp;contre M. lArchevêque; mais feulement jéxpo-fois a Dieu mes néceffités amp;; le befoin quejavoisnbsp;de fon fecours dans une occafion oü je me voyoisnbsp;abandonnée de tous ceux qui mavoient témoignénbsp;jufqualors tant de bonté amp; de charité, amp; livréenbsp;entre les mains de gens que je ne pouvoisregardernbsp;que comme des fedufteurs qui ne cherchoientnbsp;qua me furprendre, pour me faire tomber dansnbsp;le precipice du péché^ ce quejecraignois plus quenbsp;la more, Comme je fonois avec maSsxut Marienbsp;Claire., M. d^W///y (fonPeie)feptéfentaanousinbsp;demanda fa Bénédidtion. Je la luidemandainbsp;aulli a genoux j en lui dilanc quil nous avoir Icr-Vl a routes de Pere. Je ne fqai sil me donna fanbsp;Bénédiétion: mais comme javois la tête baiCTéenbsp;pour la recevoir, il me la prit a deux mains pournbsp;marque de fa bonté pour moi. Je me mis enfui-te a genoux, avec ma Soeur Mark Claire, aunbsp;milieu de 1Eglife amp; du monde qui nousenviron-noi:, amp; je dis tout haut: Mon Dku, vous voyésnbsp;que cefi pour Vamour de vous ^ pour la craintenbsp;que j'ai de vous offenfer, que je fors ^ faites-moinbsp;la grace de vous être fidelle,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je vousprometsde
mourir plutot que de rien faire contre votre vérité Je prends pour témoin de la promejfe que je vous 'nbsp;fats toute cette ajfemhlée. En difant ces parolesnbsp; je me tournai vers le monde nni /,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
,, nbsp;nbsp;nbsp;----------- «-to paroles,
je me tournai vers le monde qui étoit debout a
lentour de nous, amp; qui nous regardoit. 11 y en eut plufieurs qui mentendirent, étant afïèz prèsnbsp;pour cela. Enfuite non» oiUr^----
^ nbsp;nbsp;nbsp;-......mnt ailéz prés
pour cela. Énfuite nous allames monter dans le Caroffe qui devoir nous mener au lieu de notre
éxil. Pendant le chemin nous dimes tout le
Rdatio-n de h férfécuiton des 'ReUgieuft^ de Fort-Rojal, quoic combicn elle étoit prévenuë centre nous. RelRtion Elle sappelle la Mere Guerin, Ceft une des^iela Cnp.nbsp;plus anciennes Supérieures de lOrdre de 5/e.la Ré-Marieou elle eft en grande eftime pournbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^. mérite amp; fa capacicé. Mais fes préventions Ji*' contre Rort-Rojal font extremes, amp; fon 142 Relation Pfeaume Beati immaculati ^ nous confoler de la Cap. de ce que nous quittions notre Maifon pour nenbsp;de la Ré- vouloir pas violer Ie premier commandement denbsp;verendenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ dont il eft tant parlé dans ce Efeaume. M.Mane nbsp;nbsp;nbsp;^ [g ^uré de St. Jean h Rond Dorothée de lIncar-nation. III. Son arilvée a Ia Vifita-t-ion. IT. an le Hona qui nous conduifoit avec une Dame Bourgecife, que je crois êcre quelque devote de M. Chamillard.nbsp;Je lui demandai plufieurs fois fon nom, quèllenbsp;ne me voulut jamais dire. Ce bon Cure nousnbsp;dit que lorfque M. 1 vVrChevêque lui ordonrtanbsp;de fe trouver a Fort-Royalil n'avoic eu gardenbsp;de penfer que ce fut pour un tel fujet, 6c ilnbsp;fit paroitre quil avoir regret détre employé anbsp;cette expedition. La dévote témoigna aulfi la meme chofe. nbsp;nbsp;nbsp;. , . Ma Soeur ,An»e de Ste. Cecile,, qui etoit avec nous dans le même Caroffe, fe trouva fort malnbsp;par le chemin. Ce qui me fit dire a M. lenbsp;Curé que sil vouloit lui.donner ma place anbsp;Ste. Mariequi étoit la Maifon la plus proche,nbsp;amp; me mener a Montmartre a.fa place, quilnbsp;Biétoit indifférent oü je fuiTe. II eft vrai pour-tant que jaurois mieux aimé être a Montmartrenbsp;qua Ste. Marie. Mais il me répondit quilnbsp;nofoit changer les ordres de M. lAVchevéque. Lorfque nous fumes arrivées aux Filles de Ste. Marie ruë Montorgueil, lieu de mon éxil,nbsp;en attendant que lon ouvrit la porte, eet Ec-cléfiaftique me dit: Si Deus ygt;ro nobis, quis contranbsp;MOS ? dune maniére qui témoignoit amp;c fa com-naffion amp; fon eftime. On ouvrit la porte denbsp;cette Maifon, qui me devoir tenir lieu de pri-fon, amp; qui en étoit une ve'ritable, a caufe denbsp;fa petiteflè. En y entrant je me mis a genouxnbsp;pourdemander ia Bénédiflion a ce bon Curé, quenbsp;je fuppliai daflurer M. 1Archevêque de monnbsp;obéilÈance a fon ordre. Je me mis auffi a genouxnbsp;devant la Supérieure amp; lui baifai la main pournbsp;marque de TobéilTance que je lui voulois rendrenbsp;dans fa Maifon; ce quelle fouffric fans cérémonie. 'Elle me dit, apres que je fus reievée,nbsp;quelle croyoit que cette journée nous étoit biennbsp;pénible. Je lui répondis que jefpérois que Dieunbsp;la regarderoit. Je fus adorer le St. Sacrement;nbsp;je ne fqai fi ce fut moi qui le demandai. Je menbsp;profternai amp; mofFris a-Dieu pour entrer dansnbsp;ce nouvel étar amp; pour toutes fes fukes, amp; jenbsp;lui demandai quil lui plüt de 1accepter pournbsp;pénitence de mes péchés; efpérant quil me fe-roit cette grace; que eet état, que je croyoisnbsp;proportionné è mes fautes, me tiendroit lieu denbsp;purgatoire. Je lui recommandai auffi notre Mo-naftcre amp; nos Sceurs, que nous avions lailTéesnbsp;dans une fi grande affliélion. ^Au fortir du Chceur je fuppliai la Mere Su-iXeticn nbsp;nbsp;nbsp;de prier Dieu pour nos Sceurs que veclaSupé- venions de quitter; amp; en difant cela je licure. Ca- tn att^dris amp; pleurai un peu. Ce fut a cette que je yjj ^ qyj javois affaire, amp; que certe Supe- ,0 Connus 'lenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ CKHte. I nbsp;nbsp;nbsp;de cette Mere, qui ne- '|0£ nbsp;nbsp;nbsp;par un ris moqueur, qyi mar- |
contre le phancóme du JanJenifme des plus a-mers. Elle fe pique de conftance dans fes fenti-*'^ ments, amp; fe vante même detre incapable dennbsp;changer, quoiquon lui puiffè dire. En effetnbsp;jai éprouvé dans plufieurs Entretiens que jai eusnbsp;avec elle que non feulement elle na point do-reilles pour entendre raifon fur cette matiérenbsp;mais même quelle a le cceur fermé a la ve'ricé! Il lüi parut quil y auroit du danger pour fes fil-' les , fi je leur parlois ; ceft pourquoi elle menbsp;défendit de les voir : mais en même-tempsnbsp;elle me permit de lui parler a elle de nos affairesnbsp;tant que je voudrois, paree quelle ne craignoitnbsp;point la fédudion pour elle-même , ayant plusnbsp;dage amp; déxpérience, ou plus de force defpricnbsp;que fes jeunes filles. En paffant par 1avant-Chceur quifert de Cha-pelle a St. t'ranyois de Sales elle me dit que fi ce faint eut vecu plus long-temps, il auroit em-pêché la Mere Angelique dembrafler les mauvai-fes opinions quon lui avoic infpirées; amp; elle ditnbsp;cela de la maniére du monde la plus méprifantenbsp;amp; la plus humiliante pour notre Mere. Je ne menbsp;fouviens point de la réponfe que je lui fis. Ellenbsp;me mena enfuite promener au Jardin, ou tnen-tretenant de ce qui venoit de fe patTer chez nousnbsp;je lui en parlai avec un peu de chaleur, Elle menbsp;témoignoit par fes paroles amp; par fes maniéresnbsp;quelle blamoit notre conduite, amp; quelle approu-voit celle quon tenoit a notre égard; amp; celaneftnbsp;pas furprenant, les Jifiites^ qui font fes oraclesnbsp;auffi-bien que fes Direéteurs, amp; quelle eftimenbsp;lés plus grands hommes de 1Eglife, lui ayant don-né détranges impreffions de nous 6c de nos con-dudfeurs. Elle neut pas honte de m avouer quelle avoit eu beaucoup de peine a conientir de re-cevoir quelques-unesde nous dans ft Maifon, nonnbsp;feulement paree quelle eft trés petite, mais pareenbsp;que les murs en font fort bas, craignant que nousnbsp;ne paflaffions par deflus pour nous ftuver, amp;nbsp;quelle avoit donné cette belle raifon pour cauftnbsp;de refus a M. du Plejjis , Grand Vicaire, quinbsp;étoit venu lui demander une place. Javouë quenbsp;je fus éxtrémement touchée de cette idéé quellenbsp;avoit de nous, amp; jappris par la pour qui je pou-vois pafl'er dans cette iVl aifon. Elle me dit néan-moins que M. le Grand Vicaire lavoit afliiréenbsp;quéxcepté la réfiftance que nous faifions a la fig-nature, il ny avoit rien a. reprendre en nous. Elicnbsp;me mena enfuite faluer la Communauté,quiétoit:nbsp;Aflemblée pour la recordation de fes ledlures: eenbsp;falut fe fit dans un profond filence de part amp; Elle me donna une Celluie dans ie nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; eftpauvre, mais fort propre. Elle quelle ne my enfermoit point,paree qu elleCro- yoic Maifon, 8e |
Relation de Ia Perjecution des Relizieufes de Tort-Psyal,
1 3
M. 1Abbé de St. Cyrau, öc )a iNovice qui lifoic' me regardoic de temps_ en temps dune manié_re
Relatronyoit que je voudrois bien ne parler a aucune de avoienc de la peine. Elle fit done lirelaF/e de JM. Relation de la C-^p.Ces filles^ que M. lArchevêque me iordonnoic, Pincent, oü il y a deux chapitres terribles contre de la Cap.nbsp;de la Ré- amp; quil défendoit auffi que lon me parlat. Je lui Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rl? S't. Cnau, amp; la Novice qui lifoic quot;e la Ré-
qui ne^pouvoic que mhumilier- J nbsp;nbsp;nbsp;dit
a la mL que je ne pouvois entendre cette ledlu-
, nbsp;nbsp;nbsp;¦gt; u-' ' jj'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----------- inutilement. Je pris mon Ripps^pour
pour ccla; que j obeirois dautant plus volontiers en parler encore une fois; jallois alors a la recrea-,.aux ordres de M. lArchevêque, quelle me fig- tion jV témoignai Ie mépris que je faifois de ce
nifinir nnp iV np nmivnic lui nbsp;nbsp;nbsp;rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
nation, celle des Re
vérende répondis, qu elle pouvoit sairurer que je ne par-M. Marie jgrois a perfonne fans fa permiffion; quelle ne craindre non plus que je'xaminafle cenbsp;ae 1 qu, pgnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;elle, nayanc aucune curiofité
nifioic, que je ne pouvois lui obéir en ce quil Livre amp; ie dis tout ce que je fqavois fur ce fa ion egaca,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_______ t,. i.__ : k _ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ r.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Xr iprrni
jet. La Mere ne prit point fadéfenfe, amp; Jecrois que quelquun lui en avoit parlé peu lavorable-ment , car elle ne témoigna pas route 1 eitimenbsp;que iattendois pour la perfonne de M. Vment,
amp; pour lAuteur de fa vie.
1allois dans ces commencements a leur ré- Vlï-creation, qui n en etoit pas une pour moiicar elles prenoient plaifir a parler des JéJuites de-puis s'enlé-vant moi, foic en leur donnanc des löuanges af tite ¦nbsp;fedtecs, foic en faifanc connoitre la grande eftimenbsp;quelles avoienc pour eux. Lune difoit quil fal-loic faire venir un tel Perepour me remettre dansnbsp;Ie bon chemin ; 1aucre en fouhaitoit un' auire .nbsp;pour minfpirer la componétion avec les bonsnbsp;fentiments; amp; ainfi du refte. J écoutois tout ce-la fans dire mot; ce qui fit quclles nen parlérent'nbsp;plus tant dans la fuite. Je pris enfin la liberté
amp; je menageai parurent propres-
'Bard- défiroic de moi pour la fignature. Je la priaifeu-Icment de me donner delouvrage, paree que je ne pouvois pas men pafifer, ni demeurer fans rien faire.
Jai toujours eu un grand éloignement de ceC Infticut, dans lequel je navois pas voulu êtrenbsp;Religieufe, quoique ma Mere Ie fouhaicat fortnbsp;avanc mon entree a Port-Royal. Tout men dé-plaifoic,leur genre de vie,leurs faqons ,leur Mai-Con. Jaurois bien mieux aitné être dans quelquenbsp;, ancien Monaftére de 1Ordre, ou dans quelquenbsp;aucre OU il y auroit eu Ie grand office. Je ne menbsp;décourageois pourtant pas, graces a Dieu, öc jenbsp;meftiraois encore mieux placéequeje ne lavoisnbsp;cfpéré. Pour ce qui eft des perfonnes, elles nenbsp;me parloient point; mais elles paroiflbient aflez.nbsp;civiles dans ces commencements.
de patler a ces recreations. routes les occafions qui menbsp;pour leur donner dautres impreflions que cellesnbsp;quelles avoient ,amp; quelles me faifoient connoinbsp;me moi. Depuis quon fe fut avifé , quelle. tre par les queftions quelles me faifoient fur nos
VI. La Mere me fit manger au Refeéloire, ou je Leftures nentrois quaprès quelles avoient fait leurs péni-RefcAoire, tenccs. Alofs on me venoic querir dans leurnbsp;a caufedelie.chambre dAfl'emblée,oüje refl;ois,en attendant,nbsp;avec une petite fille dehuit ansqui attendoitcom-
pouvoit me parler Madame fa Mere, qui a-voit la même apppréhenfion venoit 1obfer-ver. Je repréfenta a la Mere Supérieure que jétois étonnée quon me crue capable denbsp;mamufer avec un enfant dans la fituation oünbsp;jétois; amp; je crois quelles en eurent honce. Cetnbsp;enfant venoit au Refedtoirepar un autre cótéquenbsp;moi, amp; lon fonnoit un coup pour la faire venir.nbsp;J'étois a table auprès de la Mere Superieure, amp;nbsp;lon my a traitée toujours for: bien pour la nour-II nen etoit pas de meme denbsp;la nourriture fpiricuelle. On y en a fait plufieursnbsp;aiixouelles jai été fort fenlible. Elles lifoient lesnbsp;Eloges des Saints de M. lAbbé de Cerijy, celuinbsp;entrautres oü il parle contre les prétendus Ja7s~nbsp;finiftes, amp; nous nomme routes les fois quil ennbsp;trouve loccafion. Ces éloges font pitoyables,nbsp;gc fentent un peu Ie Roman. Je dis une foisnbsp;a la Mere que jétois étonnee quélle fit fairenbsp;cette ledture, qui étoic plus dangereufe qué-difiante pour fes filles. Elle me répondic, quonnbsp;leur avoit fait préfent de ce livre, 6c quil falloitnbsp;bien voir ce que cétoit. Le jour quon lut lc-
loge de St. Auguftin je lui dis en riant, quon quot;_______---n___
Obfervances, Sc autres chofes. Jai lieu de croi-re quclles ont été perfuadées de la vérité, ou' du moins défabufées dune partie des fauflètcsnbsp;quon leur avoit débicées far notre comptc, carnbsp;elles monc dit depuis, que hors Ia fignature il'nbsp;ny avoit rien h. redire aux Religieufes de Port-Royal.
defirbis amp; feroisquot;në
ne pouvoit parler qu en Janfemfte des löuanges que lui déplaire, je lui dis que je nirois N . , ' de St. Augullin. Cela Ia piqua tellement,quelle récreation, aimant mieux demeurer fenL^nbsp;voulut, comme elle me 1a avoue depuis, que me faire tous les jours de Nouvellesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;it-
lon lut devant moi tout ce qui eft contre les Jan- crois que je lui fis plaifir- car elle me dit en un^ Jmijles, qüoique les Soeurs lui ddoient quelles ea' autre ocGafion,que lon étoic étonné de ce quel- ¦
Mais ces propos ne plaifoient pas è la Supé-amp;: rieure , qui comme je lai déji dit, eft étran-gemenc prevenuë contre nous 6c a une terrible ayerfion de Port-Royal, covame yanfenijle. Ellenbsp;tachoit toujours de détouiner le difcours quinbsp;alloic a notre avantage. Sétanc apperquë quenbsp;j avois dit quelque chofe qui avoit fait imprel-fion fur les filles, elle fit lire le même jour ennbsp;Communauté le livre du Pere Annas fur lesnbsp;fcrupules fur la fignature, me difant affez rude-rrienc amp; avec eet air de mépris qui lui eft ordinaire, que cétoic pour remédier au mal que 'nbsp;^voir fait en jettant des doutes dansnbsp;lEfpnt de ces jeunes filles. Je fus fenfiblementnbsp;touchee de ce quelle avoit fait lire cet horrible'nbsp;eent a (es filles; 6c voyant a fa maniére d'
-ocr page 144-Hellion de ta Terfécution des Religieufes de Vort-Royal^ 0^64.-166'). mit entre la grille 6c la Credence Ie St. Ciboire, Relation qui tomba a terre 6c roula fur Ie tapis, fanssou- de la Cap.nbsp;vrir ncanmoins, par un grand bonheur. Je nede laRè-métois pas apperquë de eet accident, quoiquenbsp;jy fuflë pmfente. Javois bien vu Ie Prêtre paf- ^ ber. Javois encore vu Ie même Prêtre, quandil fut entré, lever Ie tapis 6c y prendre quelquenbsp;chofe, mais fans fqavoir ce que c'étoit. Je disnbsp;done tout bonnement a la récréation que javoisnbsp;vu paffer Ie Sc. Sacrement, amp; puis, que je nenbsp;lavois plus revu. Je vis des Filles bien honteu-fes, car elles fgavoient auffi bien que la Mere,cenbsp;qui étoit arrivé a Port-Royal. La Mere pric lanbsp;parole, amp; me dit ce qui sétoic paffe ^ qug cétoitnbsp;fauce davoir voulu quon fe fervic dune Cre- la tx. Üne chofe plus grave 6c quelle mobjeda auffi avec plus de gravké ,eft laccident arrivé èPör;- pott-Royal. Royal Ie 24. Aoüc de cette même année 1664., Ia que nous luffions la Sainte Ecriture. A quoi je amp; a lavifi'fulpenfion étant torabée lorfquon la defcendoit repondois, que je nen faifois pas de mauvais ufa-pour ladoration. Ceft fur eet accident quelle , ge pour l éxpliquer ^ queje men fervois que pour manbsp;fondok la juftice du trakement quon nous faifoic, confolation 6c pour minftruire, 6c que je paflbisnbsp;comme la méchanceté de notre caufe. Ellc di- ce que je nentendois pas. EHe me dit que quandnbsp;foic que cétoic une marque que Ie ciel étoit irrité les Feuillans 6c les JéJuites alloient faire leur re-contre nous; que Dieucondamnoknotrecondui- traite de dix jours, on leur donnoit 1Imitationdenbsp;te, 6c quil approuvoit celle quon tenok a no- Jefus-Chrtft 6c quelque livre de médkations,fansnbsp;tre égard, 6c autres chofes femblables, car jai leur permettre 1Ecriture Sainte.^Je lui dk quenbsp;oublié fes propres paroles. Je lui dis comment lanbsp;chofe sétoit paffée, 6c quil y avoit plus de fujecnbsp;de remercier Dieu que cela fut arrivé de la forte,nbsp;paree que fi la fufpenfion étoit tombée pendant Ianbsp;Meflë fur Ie calice, Ie malheur auroic été plusnbsp;grand; quil néloic pas vrai que nous neuffionsnbsp;plus requ la JBénédiéfion du St. Sacrement, puif- ce qui fe paffoic,ellelatoujours obfervée a la n-quon avoit encore fait ladoration Ie lendemain gueur; 6c cétoic une des premières inftruélionsnbsp;(jour de St. Louis) eet accident étant arrivé Ie quelle donnoit aux poftulantes qui entroient. Sinbsp;jour de St. Barthelemy.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;elle-même me diloic quelque nouvelle, cétoit tou- Mais Dieu permit, peut-être en punition dece jours en peu de mots, 6c je nofois la faire éxpH* que cette Mere infultok ainfi a notre malheur 6cnbsp;a notre affliétion, que Ie Prêtre qui devoir donnernbsp;L Sainte Communion a une malade, croyant po-ler Ie Sc. ciboire fur une petite Crédence quelles eet eftét auprès de la grille (car il nen- je lui dis une fois que nous en ufions ainfi ^^vers yec Ie St. Sacrement. mais il lp vipnt nos Mprps auxQuelles nous ne parlions poincians mettent a tre pas avec le St. Sacrement, mais il Ie vient nos Meres, auxquelles nous ne parhon prendre lur cette Credence) ce Prêtre, dis-je, néceffitéi iSc elle parut contente. Relation Ie mavok iaiffé aller aux recreations, ajoutant de la Cap.quji ayoit que moi de routes les éxilées dansnbsp;-ela Ré- Maifons de la Vifitation aqui on eut aecordénbsp;M Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;douceur, ce quelle prétendoic me faire va- Dor thé^ loir comme une grande grace. Je crois plutót denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ne my avoir fait aller dans ces commea- natiop, cements, que paree quelle nauroit pas trouvé Ie temps de me venir voir dans notre Celluie, lesnbsp;Parloirs amp; les autres fondtions de fa charge luinbsp;donnant affez doccupations. Cétoic auffi furnbsp;ces mêmes occupations quelle prenoic fes éxcu-fes, lorfquelle men faifoic dy venir fi raremenc.nbsp;Ses Vifites au refte,quelque rares quelles fuffent,nbsp;me faifoient plus de peine que de plaifir j je lesnbsp;craignois plus que je ne les fouhaitois. Lorfquelle entroit dans notre Celluie , ou que jenbsp;lentendois paffer, je tremblois de la voir; carnbsp;ellc ny venoit que pour me tourmenter amp; maf-fiiger, ou en me tenant des difcours contre lesnbsp;perfonnes qui métoient les plus chéres, ou ennbsp;me reprochant durement ma défobéiffance, ounbsp;en malléguant des raifons pitoyables pour menbsp;porter a figner. Prévenuë comme elle étoit, ellenbsp;prenoic tout en mauvaife part; elle croyoic toutnbsp;cc quon lui difok contre nous 6c ne manquoitnbsp;pas de ma Ie rapporter. Elle ne parloit quavecnbsp;mépris de la Mere Agnès 6c de fbn Gouvernement. Cétoit, a 1en croire, une novatricc quinbsp;aimoit les fingularités 6c les conduites Nouvelles.nbsp;Enfin tout ce quelle pouvoit me dire d humiliantnbsp;amp; de déiagréable, elle me Ie difoic plus d une Vin- Accidents arrivés a |
Marie fer Ie St. Ciboire, mais je ne lavois pas vu torn- P°|'°^bée -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_____j;, dellncar- dence qui nétoic pas bien commode pour cela 6c quelie sen étoit confefTée. Je ne pus mem-pêcher de dire alors a une Soeur qui étoit auprèsnbsp;de moi, 6c des plus prévenuës contre nous (ceftnbsp;laince Chassdenier) que cela pouvoit done arrivernbsp;a tout Ie monde, fans quon en put titer de mau-vïtife conféquence a quoi elle ne me répondit point. Depuis ce temps-la la Mere ne ma plus fait de re-proche la-deflüs. Elle me dit un jour quelle avoit ordre de M. lArchevêque de móter tous les livres qui pou-voienc me fortifier dans mes fentiments.nbsp;répqndis avec blen de la réfolution , que je la ótêr fes l.-priois de croire que javois la véritédans Ie coeur vres , Wegraces a Dicu j amp; que quand je naurois que notre Bréviaire, il fuffirok pour me fortiHer. Ellenbsp;ne me les óta pas, 6c ne men paria plus, finonnbsp;que quelquefois elle témoignoic défapprouver Sc. Benoit nous la permettoit. Elle ne mavok parlé de cette leefure que depuis que je lui avoisnbsp;dit que je craignois de tomber dans létang de feunbsp;6c de fouft're fi je fignois. Pour ce qui eft de lanbsp;défenfe que M. lArchevêque lui avoit faite denbsp;me laiffer voir a perfonne 6c de me dire rien denbsp;quer , car je la craignois véritablement. Jevkoisnbsp;autant que je pouvois de la rencontrer, 6c quandnbsp;cela arrivoic, je la faluois civilement 6c mefa*'nbsp;vols. Cependant de peur quelle ne scn offenfat, .....* nbsp;nbsp;nbsp;- .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-./t -onvpro Lotf- |
delation de la Pérfécuiion des 'Religieufes de Fort-Royal, 166^.166$. Helation Lorfquelle me venoit voir , elle commengoitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot; de h Cap.toujours par me prêcher amp; méxhorter a figner, de la Ré- amp; elle finiflbic par me dire que cétoit pour monnbsp;verende bien quelle men parloiuj que fi je voulois menbsp;M. Marie perdre, ce ferok ma pure faute; que Dieu nousnbsp;Dorothée laiffoit notre franc arbitre; quelle me reaarderoicnbsp;rincar-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----s, nbsp;nbsp;nbsp;o. nat-ion. pes. Vous nigiiorés pas cependant que ces Relation gens ja font nos parties amp; les auteurs decettede Ia Cap.nbsp;tempête. Sils ne vous avoient pas prévenu lanbsp;lefpritjvous nauriés pas de moi des idéésauffinbsp;étranges que celles que vous avés, amp; vous nenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ prendriés pas toujours en mauvaife part tout ce9^,?, comme une hérétique amp; une éxcommuniéej amp; que jai ihonneur de vous dire. Jai done cru, ^nbsp;que leur B. Pere difoit quaprès avoir fait tout ce ma chére Mere, vous devoir éxpofer claire- ment ce que je penfe, afin que vous en foyiés ^ quon a pu pour ramener quelquun a lEglife,amp; Ses difputesquü ne Ie veut pas, ilfalloit crier au loup. Ceftnbsp;¦avecia supe-ce quelle ma réfiété bien des fois. Elle me difoit encore affez. fouvent quelle regarderoit manbsp;converlïon comme un auffi grand miracle quenbsp;celui de la réfurreétion de Lazare. Elle nentendnbsp;rien du tout a cetce affaire, amp; nen parle que felon fes preventions. Cependant elle y revenoitnbsp;toujours; fatiguée de fes redites, je ne pouvoisnbsp;queiquefois mempêcher de lui répondre avecnbsp;chaleur. Elle me difoit alors que je changeoisnbsp;de couleur auffitót quonme parloit de fignacure;nbsp;amp; cela étoit vrai, car je nc pouvois entendrenbsp;tranquillement tous fes difcours amp; tantdemauvai-fes raifons. Ce qui faifoit que nous difputionsnbsp;tous les jours fans fin. Jen avois toujours dunbsp;chagrin après, deforte que je nétois jamais tran-quille. Je fcus quelle rapportoit è IVI. lArche-vêque amp; a dautres perfonnes tout ce que je luinbsp;difois,amp;fouvent des chofesquilnétoit pas apropos de redire. Cela me fit réfoudre de lui écrirenbsp;une Lettre, oü jelui éxpoferois netteraenc mesnbsp;fendments, afin quelle la fit voir a M. 1Arche-vsque 3 comme en effet elle Ie fit. Nayant pointnbsp;tiré de copie de cette Lettre, jen donnerai icinbsp;feulement, mais fidélement, la fubftance , tellenbsp;que je me la rappelle en la mémoire. MA TRES CHERE MERE, «lïure. ue lungci a uguci, jc queftion pour moi,amp; que je fuisnbsp;de cette affaire. Jétois déja per- XI. Sa Leme a Ia tRcwe.. toutes les apparences, celles qui voudroient figner i préfencny feroient plusre- In!j, nbsp;nbsp;nbsp;'«e confirme Sn nbsp;nbsp;nbsp;Ja* quon ne minquiétera plus la-deffus, ceft qu un jour ayant fupplié genoux 6c conjure au nom de Dieu M. 1Ar- véque de vouloir condefcendre a mon infir- mité,6c de nepas éxiger de moi une fignaturenbsp; que ma confcience ne me permettoit pas de luinbsp; accorder,il me répondk,quil ne vouloit connbsp; traindreperfonne mais que fi je ne fignois pasnbsp; j en fouffrirois. J acceptai la condition amp; my foumets encore de bon coeur. oL ^ 1Archeveque me tienne fa parole, amp; je luinbsp;promets que je fouffnrai fans me plaindre Ienbsp;, me trouveraitrop heureufe dendurer quelquenbsp;T.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chofe ,, Trouvés bon, sil vous plak , que je tne ferve de 1Ecriture pour vous éxpliquer mieuxnbsp; que par des paroles les fentiments de mon ceeurnbsp; fur la fignarmc. Je fuis fachce de ce que vousnbsp;enavésparlé fans les bien connoitre, puifquenbsp; yous 1-avés fait feulement fur ce que je vousennbsp; jyois dit dans nos Enrretiens ordinaires. IInbsp; falloit me les demander éxpreffément, avantnbsp;que den parier a dautres, furtout a Monfêig- neur 1Archevêque, Car on ne doit pas tou- jours prendre a la rigueur ce que lon dit ennbsp; converfant familiérement amp; comme par ma- niére dacquic, ou par impatience 6c prompti-,, tude defprk, 6c encore moins Ie rapporternbsp; a un Supérieur comme M. 1Archevêque. Par- donne's-moi. Ma chére Mere,.fi je prends lanbsp; liberté de vous dire quii efl bien difficile quenbsp; la patience néchape avec vous. Je ne fouffrenbsp; pas peu, je vous lavouë, dentendre routes lesnbsp;y petites raifons quil vous plait de mapporter furnbsp;cette affaire, raifons que vous avés apprifesdesnbsp;})nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;princi- |
certaine amp; que vous puiffiés en affurer qui U vous plaira. Bien loin de fonger a figner, je penfe quil nen cft plusnbsp;,. débarraffée de fuadée, en fortanc de notre IVlaifon , que je ,, naurois plus a y penfer,6c quon ne me parle*nbsp; roit pas davantage de cette malheureufe figna-,, ture, puifque je fubilfois la peine portée par lanbsp; Déclaration du Roi contre ceux qui refufentdcnbsp; ligner. Je vous aflure que cette penfe'e mecon-,, foloit, 6c quelle moderoit beaucoup la douleurnbsp;,, que j ayois de me voir chaflèr de notre Saintnbsp; Monaftére. Javois été fort eiïfayée de voirnbsp; entrer chez nous M. FArchevêque accompag-,, né non feulement dun grand nombre dEcclé- fiaftiques, mais encore de M. Ie Lieutenant Ci-,. vil, des Commiffaires, du Chevalier du Guecnbsp; 6c de fes Archers, qui avoient invefti la Mai- fon, car je crus quun appareil auffi formida- ble nétoit que pour nous faire figner par force.nbsp; Mais comme je connus, après que M. 1Ar- chevêque eut commencé a parier, quil ne sa-,, gifloit que de fortir de la Maifon, je me raf- furai 6c me confolai. Je puis même dire avecnbsp; vérité, que jen fuis fortie avec joie, mefti- mant heureufe den être quitte pour un exil,nbsp;3, 6c dacheter a ce prix Ie repos de ma confeien-,, ce. Je croyois done que jene devois pluspen- fer qua fouffrir en paix lindignation de Mon- feigneur 1Archevêque amp;c la peine quil mim-i, pofoit pour navoir pas trahi la vérité 6c manbsp;,, confcience. Jen fuis encore aujourd-hui dau-3, tant plus perluadée, que Ie temps que ce Prelatnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fignature éftpaffe. |
i4lt;gt;
V^ehtlon de la Perfe'cution des Religieujès de Vort-Royal^ i664.~i66f.
RelaUon,, chofe pour une ii bonne caufe. Je vous ai dit encore, Ma chére Mere, dautres raifons quinbsp;ont dü vous faire voir quon ne peut tnobligernbsp;a figner, je ne les répéterai point. LafFairenbsp;eft toujours la méme;amp; il n y eft point arrivénbsp;de changement capable de me faire changernbsp;moi-même de fentiment. Je vous déclare quenbsp; je ny veux plus penfer. Je nefuispas mcmenbsp;,, en état de Ie faire; amp; sil falloit encore donnernbsp;,, cette gêne a mon Efprit,je ne fqai ii jen vien- drois a bout. D'ailleurs dans la Gtuation oujenbsp;,, fuis, je ne peux pas même faire la moindre fi-,, gnature daffaire temporclle qui foic valable 6cnbsp;légitime. Q.ue ne puis-je. Ma chére Mere,nbsp; vous éxprimer ma répugnance 6c lhorreur quenbsp; jai de cette fignature! Sil ny a que la mortnbsp; qui puifle men dc-livrer, je la fouhaite de toutnbsp; mon coeur, 6c la demande a Dieu commeunenbsp; grace; car jaime mieux mourirque de TofFen- Ier, 6c je croirois 1ofïenfer griévement, fi jenbsp; fignois. Telle efl: ma manicre de penfer. Jenbsp; fuis dans la foufFrance: mais je préfére eet étatnbsp;,, a celui de figner contre ma confcience, efpé-,, rant de la bonté infinie de Dieu qu'il me foü-3, tiendra par fa grace, 6c quil ne permettra ja-,, mais que je tombe dans un auffi grand crimenbsp;,, que celui de faire un faux fermenten jurantquenbsp;,, cinq Héréfies font dans un Livre que je fuisnbsp; incapable de lire. Je ne penfe done plus quanbsp;,, bien fouffrir 6c a vous donner dans tour Ie reftenbsp; des marques de la foumiflion refpeélueufe amp;c.
Ce 28 Septemhre 1664-
Cette bonne Mere ne manqua pas denvoyer 0n lui refu-ma Lettre a M. lArchevêque en lui demandantnbsp;tin Confeflèur pour moi, comme je len avoisnbsp;pnee. tlle eut pour reponle, que je n avoispasnbsp;befoin de Confefleur dans la difpofition oü jctois.nbsp;La Mere mavoit dit une fois que Mr. TArche-
de la Cap de la Ré-véreiide nbsp;M. Marie nbsp;Dorothée nbsp;de 1Incar- nbsp;nation.
XII.
clle detnan-
CCi
que j are vu peu de perfonnes durant ma prifon; Relation car comme je nen pouvois voir que de fentiment de la Cap.nbsp;fort oppofé, il y auroit eu pour moi plus a per- de la Ré-dre qua gagner dans leur converfation. Cétoic
M. Marie
aufli Tune de mes
parler, de peur de Ie faire mal a propos 6c de . donner prife fur moi, 6c de trouver ainli dans cesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Entretiens des fujets daffoiblilTement 6c dinquié-tude. La Mere, qui eut bien voulu me procurer de ces Vifites, me difoit quelquefois que M. lArchevêque me lailToit long-temps en repos; 6cnbsp;moi je faifois peuc-être trop paroitre la craintenbsp;que javois de Ie voir Elle Ie prioit de me par-kr, lorfqu'il la yenoic voir; mais ii nen avoitpasnbsp;envie , me difoit-elle. Il fembloic quelle crai-gnoit que je ne demeuraOè erop long-temps cheznbsp;elle ; 6c comme elle croyoit que je my trouvoisnbsp;bien, cela la rendoit plus ardente a me prêchernbsp;amp; a méxhorter de faire ce quon me demandoit.
Je lui ai dit plulieurs fois que je ferois bien enne-mie de mon répos 6c de mon bien en toute ma-nicre, de demeurer dans lérat oü jétois, fi je pouvois en fortir par la voie de la fignature. Jenbsp;mimagine que ce qui lui faifoit croire que je menbsp;trouvois bien chez elle,ceft que je ne paroifiTuisnbsp;pas my ennuyer, 6c que je ne me plaignois denbsp;rien.
En effet je faifois Ie moins de réflexions pouvois fur ma trifte fituation, de peur de maf d'une sran-foiblir 6c de perdre courage; 6c Dieu me faifoitde paix amp;nbsp;la grace de ne pas me laifler abbatre de trifteaè, denbsp;ferte que dans les occafions je fentois au conti^-re un^nouveau courage que Dieu me donnoit pournbsp;les foütenir fans trouble,6c quafi fans peine.
Je demeurai done dans cette penfée quil nesa-gilToit plus de figner , mais feulement de Ibuf-frir ; ce qui me confoloic tout a fait. Mais bientöt après je vis que je nécois pas encorenbsp;quitte des importunicés des hommes 6c de cettenbsp;malheureufe tentation de la foi humalne, lorfque
craintes davoir occafion Ie faire mal a propos 6c
de
Dorothée
vêque luiavoit paru furpris de ce que je navois M. lArchevêque vint me voir Ie 4 d Odlobre, pas été a ConfeflTe depuis long temps, amp; quil environ fix femaines après mon arrivée a la Vi-
lui avoit ordonné de fqavoir de moi qui je vou lois. Je lui demandai alors M. Cheron , ou Icnbsp;Soupénitencier (nommé M. Huchon^) que 1on menbsp;refufa. Elle ma offert depuis Mr. Grandin, M.nbsp;Chamillard (je crois que ceft Ie Profefifèur) M.
fitation. Jufques la javois été en paix dans mon exil, me confolant 6c me fortifiant Ie mieux quilnbsp;métoit poffible contre tout ce qui me pouvoicnbsp;affoiblir, 6c me tenant dans eet état de Purga-toire, que je voyois mêtre néceffaire pour fatis-
\J nbsp;nbsp;nbsp;v» V.XI.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JW T v/jrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;kit WLXWnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-----
Ahelly,M. Lefcotamp;c M. Féan. Ajouté«-y encore faire a la juftice de Dieu pour mes fautes, enfor-M. Morel^ lui dis-je en mécrianc fur Ie choix te que jeuffe eu peine den fortir,fi lon eut vou-que 1on faifoit de ces perfonnes fiprévenuës con- lu men retirer. Je ne fgavois aucune Nouvelle
------- u.v a 1- nbsp;nbsp;nbsp; -------(jg j-g qyj pg pafibit a Fort-Royal 6c ailleurs, ia
Mere ayant grand foin de ne me rien apprendre
nie craiot da'.'er aunbsp;Pailoir, ^
tre nous. Jai dit a la Mere que je ne pouvois pas me Confeffer a ces gens Ié, 6c que par lanbsp;grace de Dieu je navois pas de befoin preflTant;nbsp;que jétois dans un état oü il y avoit plus h. fouffrir qua agir; amp; quainfi je men pafferois plu-Car ce nétoic pas pour me faire commu-*^'^^,,tnais probablement, ou pour mieux dire,nbsp;pour me féduire.
' Tt'' fujets daétion de graces que je dois a Dieu, de ce que fa providence a permis
6c de mêmpêcher de voir ceux qui roe faifoienc lhonneur de me demander, même mon Frere;nbsp;elle me difoit feulement quil étoit venu fqavoirnbsp;de mes Nouvelles. Je lui témoignois toujoursnbsp;dans-les occafions que je me foumettois Volon-tiers a routes ces peines, pour obcir en tour cenbsp;qui me feroit poffibie a M. lArchevêque,nbsp;que Dieu maidk dans léiat oü jétois,® g'
¦Relation de U Ferföution des Religieufès de Fort-Royal, 1664.-166^. nbsp;nbsp;nbsp;147
Relation de la Cap.nbsp;de la Ré-vérende
M. Marie
Dorothea
lie 1lncar-jjatirrn*
XV.
Elle revolt la Vifite dunbsp;Icte lenbsp;Corate (Je-fuite Ionnbsp;coulin.
nant,
falut.
amp; ne déiiranc que ce qui regardoit mon ter une bonne Nouvelle a M. de Paris. II me Relation La Mere étoit dconnée de mes difpofi- die done adieu , en maffurant quil ne me rever Je la Cap.nbsp;tions mais elle ne changcoit pas pour cela de roic peut-être jamais j ce qui ne maffligea pas. JelaRé-conduite a mon egard; elle continuoit toujours II ma éent depuis en menvoyant la première.nbsp;ds me reprocher ma prétenduë défobéiflance, amp; Lettre de M. lEvêque d^/er^ furie Formu/aire^nbsp;de parler avec infulte amp; mépris de nos amis, de amp; lécrit du Pere Annat, quil me prioit de lire
nos Meres, amp; de nous toutes. nbsp;nbsp;nbsp;amp; de bien confidérer les raifons de ces deux grands ®
Le 27 Septembre jeus la Vifite du Pere le hommes, qui devoienc me de'terminer amp; lever les Comte, (Jéfuite) monnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;coufin, qui sétant trou-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fcrupules amp; lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peines de confcience quil voyoicnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;xvi
vé a Paris savifa de nbsp;nbsp;nbsp;demandernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;permiffionnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien qui marrêtoient. Je ne lui fis point de ré- Le même
la, il fe tourna vers la Mere, qui fut toujours préfente a notre converfation , amp; il ajouta, ennbsp;parlant de M. de Paris ; Ce pauvre hommenbsp; fe donne bien de la peine dans cette affaire.nbsp;II me parut que cétoit une moquerie, Ce Pere
me voir a M. lArchevêque , qui la lui accor- ponfe, quoique la Mere le voulut, difant quil y da avec joie, amp; le pria de me perfuader de fi- avoit fujet de croire que cétoit par averfion quequéifujct.^nbsp;gner; amp; que sil gagnoit quelque chofe fur mon je ne voulois pas lui écrire. Je lui dis que ce fe-Efprit de le lui allernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dire. Ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me difantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;roic une chofenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fi extraordinaire quune Religieufe
¦ nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Port-Royalnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eüt écrit a un JéJuite, quon la
chanfonneroit par les ruës. Les yéfmtes fonttou-te forte de perfonnages. Les Religieufes de Ste.
me paria enfuite en Jéfuite, quoiquavec bien des la Mere, leur trés obéifl'ante Fille, na pourtant témoignages damitié. II neft ni des plus habi- pas trop bien obfcrvé. Mais ceft quelle vouloitnbsp;les, ni des plus méchants dentreux ; amp; cepen- fe faire honneur de ma prétenduë converfion amp;nbsp;il métala foigneufement toutes leurs maxi- r.,.oiunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vónffirnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Marie mont dit quils leur avoient recommandé de nous traiter avec une grande douceur; ce que
dant il
mes amp; leurs phrafes les plus communes. II me débita tous leurs menfonges amp; toutes leurs ca-lomnies ordinaires, jufqua la fable de Eourgfon-taine, amp; il affaifonna le tout de beaucoup denbsp;médifances amp; de forfanteries. Mais le plus belnbsp;endroit de fon difcours, ceft: que 1Eglife nous
quelle croyoit y pouvoir réuffir autrement que par la douceur.
faifoit une grande grace de ne pas nous traiter 70/fur le piedquelaMereEt/^meya e'té,desinf-comme ces Vierges quelle avoit fait bruler du truire de 1aftaite du Formulaire, afin quelle en temps de Saint Athanafe. Je ne fqai sil avoit püt parler pertinemment devant de Filles inftrui-
Quelque-temps après jeus 1honneur de voir M. xvir: lEvêque é'Amiens, a loccafion de cc que ja-yois dit a la Mere, fqavoir, que ce Prélat avoit PEvêquenbsp;éxhorté la Mere de la Fayette (Supérieurenbsp;Chaillot) lorfquon penfoit a 1envoyer a Port-Ro-
oublié 1Hiftoire de ce Saint Confeffeur, ou sil vouloit malicieufement me tromper, croyant quenbsp;je ne la fqavois pas. II me dit encore , entr-autres chofes, que ces MeJJieurs les avoient vou-lu faire paffer pour des Hérétiques amp; des Semi-pélagiens, mais que le Pape avoit prononcé ennbsp;leur faveur, amp; quk préfent toute 1Eglifë Gal-licane étoit de leur fentiment. Je crois quilnbsp;me dit que cela étoit arrivé par la fignature dunbsp;toTvwlaire, mais je n en fuis pas bien affurce.nbsp;11 me revint voir encore deux jours apres; cenbsp;qui me furprit amp; membatraffa. Mats heureu-lement il me venoit dire adieu, quoiqu il meutnbsp;dit la premiere fois quil me verroit fouvent. IInbsp;me demanda li javois fait mes réflexions fut toutnbsp;ce quil mavoit dit: amp; lui ayant répondu que jenbsp;roe Ibuvenois bien quil mavoit dit que TEglifenbsp;nous faifoit grace de ne nous pas bruler, il en fut
tes amp; les mieux perfuader; amp; que ce feroit les porter a offenfer Dieu que de vouloir les faire fi-gner fans cette perfuafion amp;c. La Mere nema-yant pas voulu croire, demanda ce qui en étoit inbsp;M. kAmiens lui-même, qui voulut me voir. IInbsp;me demanda ce que je fqavois, amp; je lui dis cenbsp;que je viens de rapporter, amp; quelque chofe encore quil avoit dit. II ne le défavoua pas; ilnbsp;parut feulement étonné de ce que je le fqavois.nbsp;La-deffus il dit, que la foi fe perfuade, amp; ne fènbsp;commande pas: mais tout ce quil ajouta, il lenbsp;tourna de maniére que la Mere, qui neft pas fortnbsp;intelligente fur ces matiéres , ne put juger quilnbsp;nous étoit favorable, amp; quil penlbit a peu-prèsnbsp;comme nous. II eft certain au nioins que ce Prélat eft fort railbnnable amp; bien judicieux. II entend raifon, amp; il me parut quil goütoit cellesnbsp;que javois lhonneur de lui dire. Jauroiseu beau-faché. Je le priai de me dire pour quel fujet ces coup de fatisfadion de lui parler a coeur-ouvertnbsp;Vierges avoient été brulées, il me répondk affez ' fi javois eu la liberté de le faire devant la Mere*nbsp;ttiftement amp; comme entrefes dents,que cétoient mais fa préfcnce me gênoit, amp; elle ne 1étoitpasnbsp;a caufe quelles ne vouloient pas être Ariennes. peu auffi de notre converfation. M. AAmiens fenbsp;II méxhorta encore a figner le Formulaire tout mit enfuite a méxhorter a figner, amp; me deman-fimplement amp; fans aucune reftriélion , comme da les raifons que javois de ne le pas faire Iel fnbsp;tout le monde le devroit faire, 6c men preffa tnontrai notre Ade du 3 de Juillet qui contientnbsp;avec de grandes inftances: mais je lui réfiftai en- nos dernicres difpofitions. II en parut touchénbsp;core plus fortement, 6c demeurai ferme graces a amp; me dit quil ne croyoit pas que 1on nous obli-Dieu. II en fut mal fatisfait, car il vouloit por- geat a la créance intérieure du je laffurai
'Relation de la Perfecution des Religieujès de Port-Royal^ 166^-166'i, Helationque cécoit pofitivemen: ce quon ,nous deman- me feroic confirmer ce que jenbsp;piar.nnnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ü HC mc crut pas, jufqua Ce quoD lui euc fait voir ie Manderacnc de M. lArchevêque II die ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-------''' I me teroit confirmer ce que je venois de di- Reratfort re , 6c quelle fe mit même en devoir de mede la Cap.nbsp;Ie faire faire fur Ie cbamp. Mais M.d..4wiew.fluiditde la Ré-quil navoit garde de lentreprendre Ceftnbsp;mot qui a été la caufe du bruit qui a couru que^nbsp;javois été toute prête de figner. Je leur avobY°'i?jnbsp;cependant fait perdre aufficót cette penfée , en^ .nbsp;les affurant que je ne Ie ferois jamais, tant quenbsp;jaurois la crainte de Dieu. Tout eet entretien finit,de Ia part de M. d'A-miens, en fe recommandant a mes priéres. A quoi je répondis, que je doutois quil voulüt férieufe-ment que je priaffe pour lui, me croyant éxcom-muniée. Je Ie difois éxprès, a caufe de la Merenbsp;pour Ie faire parler. II me dit done que je nétoisnbsp;pas éxcommuniée, quoique Ia privation des Sa«nbsp;cremencs fut la plus grande peine quon put in-fliger a ceux qui létoient, que non feulement ilnbsp;me prioic de prier Dieu pour lui, mais mêmenbsp;quil me Ie commandoit. De tous ceux que jainbsp;vus, cert celui que jai trouve Ie plus raifonnablenbsp;6c Ie plus modéré fur la fignature. II me difoitnbsp;que 1on sétoit trop alarmé fur la foi humaine dunbsp;Mandement, amp; que cétoic M. de St. Nicolas quinbsp;lavoit fait meerre. Enfin il ma toujours parlénbsp;avec beaucoup de douceur 6c de bonté,amp;map-pellant tendrement fon cher enfant, il étoit touché de compaffion. Ce fut, je crois, depuis cette Vifite que je xvnr. commenqai a perdre Ie repos defpritöc a rentrerCommence-dans rinquiétude au fujer de la fignature. Je vis^quot;'nbsp;bien que je n'en étois pas quitte pour foufïVir , amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fut que pour me defendre de figner, il me faudéoit'» f'snituie. combatcre lans ceffe. Javois grand peur de maf.nbsp;foiblir, connoiiTant ma foibleflé. je craignoisnbsp;fur tour que Dieu ne me laiflac a raoi-même,nbsp;doit de la Cap. de la Ré'nbsp;vérende M. Marie ^ nbsp;nbsp;nbsp;lorfque M. de P^rm lui avoir Dorothée nbsp;nbsp;nbsp;notre affaire, il lui avoir confeillé de ne de l[ncar-°^® lt;ieander de fignature; mais quil eur nation. voulu, [lui M. d'^miens^'] que nous euffionsnbsp;prorois ncanmoins la foumiflion. Je lui dis quilnbsp;fqavoit bien Ie fujer qui nous avoir réduir a létarnbsp;OU nous étions. Je k fgai, me dtt il. La principale raifon que ce Prélat malléguoit pournbsp;me perfuader de figner, étoit quil falloic parler fOllf PP nilpllp comme lEglife parle , croit; que pour lui il avoit la foi 55 tinje tout que fgachant quil ne nous nous abandonner a. tout moment. nen. avec croire tour ce quelle du charbon- nier. Je lui dis , que je lavois auffi, amp; que je condatnnois fincéremenc les cinq Propofi-tions dans tous les livres oü elles Ie trouvent,nbsp;même dans celui de M. d2j)W, ii elles y font.nbsp;II me dit que lEglife, non plus que les Concilesnbsp;ne vouloit point que 1on parlat de la forte; quenbsp;pour lui il croyoit avoir vu les cinq Propolitionsnbsp;dans Ie livre de Janjen'tus , ou quil ne fqavoitcenbsp;quil vouloit dire. Je lui temoignai léxtrême a-verfion que javois pour Ie Formulaire ^ amp; com-bien je craignois doffenfer Dieu enfignanr,amp;ennbsp;atteilant par un ferment terrible une chofe que jenbsp;ne fqavois pas; que je meftinierois heureufe denbsp;paffer ma vie dans un cachot, pourvu quonnbsp;ne men parlat pas davantage. II me témoignanbsp;quelque compaffion, amp; me dit que ma patience étoit grande; puis adreiïanc ia parole 4 Ianbsp;Mere: Ceft une chofe digne de pitié, de cenbsp;quelles font retenuës par rrop de fcrupule amp;nbsp;de délicateffe de confcience. II paria avec ef-de la Maifon de Port-Royal, amp; dit quenbsp;nos Ennemis mêmes convenoient que nous é-tions de bonnes amp; vertueufes Filles;ellesontnbsp;j, des Ennemis en effet, ajouta-t'ild II menbsp;paria de la privation des Sacrements, amp; je menbsp;plaignis a lui devant la Mere de ce quelle a-joutoit a une fi grande peine, rinjufdce denbsp;croire que jen avois de lindifferer.ce difantnbsp;que cela ne nous étoit pas nouveau. II lanbsp;blama , amp; elle fut obligee de fe dédire. 11nbsp;ajouta , que 1on nous avoit privé des Sacre-msnts pour les raifons quil avoit dites ennbsp;particulier 4 la Mere , amp; quil ne paroiffoitnbsp;pas approuver. II me confola , amp; me dit:nbsp; Mon enfant, il faut que vous vous perfuadiésnbsp; que vous êtes dans les deferts de la Théba'i-,, oü il ny a point de Prêcre pour vous. nbsp;Comme il me préchoit encore 1obéïffance anbsp;LEglife, je lui dis (nayant pas de réponfe prê-te a lui donner fur ce quil me difoit daflèznbsp;preffant) quétant Captive amp; féparée de notrenbsp;Communauté, jécois dans limpuiffance de riennbsp;faire. I! crut, auffi-bien que la Mere , que jenbsp;tenois plus qua cela ; deforte quelle menbsp;Srande joie que M. lATchevêquenbsp;6t quil peu_nbsp;Cette frayeurnbsp;matlriiloit 6c me metroit dans une angoiffe con-tinuelle. Javois déja eu 1efpric forrement agiténbsp;comme je me.promenois dans le Jardin, la veillenbsp;que M. d'Amieris métoit venu voir. Je fong-oisnbsp;pourquoi je craignois tant de figner, 6c fi céioitnbsp;un fi grand mal de le faire; car routes les raifonsnbsp;qui mavoient perfuadé le contraire ne fe pré-fentoient pas a mon efprit dans ce moment. Jenbsp;revins a moi cependant prefque auffitot: raais jenbsp;reilai fort effrayée de cette mauvaife penfée. Craig-nant que ce ne fut un commencement daffoiblif-fement, je priai Dieu avec plus dinftance quilnbsp;me fecourCtt 6c me délivrat de la tentaiion. |
Mais ma frayeur fut bien augmentee lors quon me vint avertir que VI. 1Archevéque me dtman-doit. Je ne puis dire combien j'cppvchendois denbsp;le voir, dans la crainte de me laiffer gigner 6c denbsp;manquer de fidélité. Je tremblois de me voirnbsp;feule,fans con(eil,dans 1abandon de tout fecoursnbsp;(éxceptc celui de Dieu, en qui je meitois tour5nbsp;ma confiancej avec des perfonnes qui n'avoient a |
Relation de la Perfdcution des Relideufès de Port-Raval , nbsp;nbsp;nbsp;/'/¦ Relation me parler que pour me féduire amp; me faire tom- ----- ---i ¦ i- oe la Gap ber dans Ie précipice de la fignature, qui eft la de la Ré chofe que je craignois Ie plus, amp; pour laquellenbsp;vérende javois une Celle horreur, qui fi je navois tou- fignature comme un fpec- H9 temps, car il lui dit de ne pas séloigner. Après Relatioa quelle fuc forde, il me montra une Declaration . de la Cap.nbsp;amp; me dit que ma Soeur HeUne^ qui avoir figné, de la Ré-y avoir fait ajouter pour Ie repos de fa Confeien-'^''*''quot;^^®.nbsp;ce, lt;iue s'ily avoit du mal a Ie faire^ il en ré-^'nbsp;pondroit d Dieu pour elk. II y avoit dans cettenbsp;Declaration , qu'il ne lui demandoit point de ers-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' ance intérieurê du fait. II me dit aullï quil étoit bien content de ma Soeur Heléne-.^ quelle avoirnbsp;figné de la meilleurc grace du monde, 6c dunenbsp;maniére qui 1avoit edifié; quelle lui avoit ditnbsp;quelle ne comprenoit pas comme on pouvoitnbsp;croire fe fauver en refufant de figner. 11 me demanda fielle étoit de celles que jaimoisle mieux. Je lui répondis que je lui avois une obligation particuliere, mais je ne lui dis rien fur cette Declaration, 6c demeurai ferme dans mon fentiment. II me demandoit mes raifons, je les lui difois, 6c il ne sen contentoit pas. Enfin je lui dis que cer-taines gens navoicnc dautre deffein dans toutenbsp;cette affaire, que de faire condamner la Doéfrinenbsp;de Saint Augufiin, ajoutant cependant que je nanbsp;croyois pas quil fut de ce nombre. II parut cho-qué, amp; dit que cétoient la des difcours dssfan-Jèrnfles-, quils navoienc garde ( parlant des Jd-futtes) de condamner la Doétrine de Saint Augu~ (fin, puifquelle eft toute pour eux. II sétoit levé pour me dire cela 6c me faire raire. Je fus cependant aÜèz hardie pour lui demander la permififionnbsp;de communier, quil me refufa en me menagantnbsp;de me lailTer mourir fans Sacrements-, 6c auflitöcnbsp;il mordonna de rappeller la Mere, a laquelle ilnbsp;fe plaignit de ce queue voulant pas lui obéir,jo-fois lui demander la communion, comme fi monnbsp;opiniatreté ne m en rendoit pas indigne. Je répondis, que ce nétoit point par opiniarreté quenbsp;je refufois de fignerj que Dieu voyoit )e fond denbsp;mon cofur, 6c quil feroit voir un jour que jenbsp;nétois arrêtée que par la crainte de 1oftenfer; enfin que ce meme Dieu feroit fon juge mien. II rv.» n. nbsp;nbsp;nbsp;..... fons, A Dorothée propre a mépouvanter, je croyois ma de liiicar-^ jétois dans détranges peines. Jen étois fi fortnbsp;nation. occupée, que je ne fentois prefque pas ma capti-vité amp; la privation des Sacrements, ny voulantnbsp;pas même penfer, de peur que ce ne fut une oc-cafion de chute j amp; joffrois tout cela a Dieunbsp;pour obtenir la grace de la perfévcrance. Ce fut dans ce trouble que je parus devant M IArchevêque, qui étoit au Parloir avec la xix. Son eotreticn avec M, denbsp;fai#. 8c Ie Mere Supérieure.quot; Il me demanda comment je me trouvois dans cette Maifon. Je lui ré-pondis que jy étois fort bien. II dit alors a lanbsp;Mere, que Ton faifoit courir Ie bruit que routes les éxilées étoient trés maltraitées; que nousnbsp;nentendions la Meffe que par un trou, amp; biennbsp;dautres chofes. Mais ce qui lui tenoit Ie plusnbsp;au coeur , étoit Ie Procés-Verbal que nos Soeursnbsp;avoienc fait, amp; qui étoit imprimé avec d'autresnbsp;Aéles. II men paria, amp; me demanda sil étoitnbsp;vrai quil fe fut emporté Ie jour quil nous avoirnbsp;faitfortir, comme ces Aéles Ie difoient. Jeluinbsp;dis, que je ne men étois pasappergaë^ce qui étoitnbsp;vrai, nayanr bougé du cha'ur, oü jécois en attendant qu'on me mit a la porte. Ce qui lui faifoit Ie plus de peine, étoit ce qui y eft rapporténbsp;de ma Soeur Magdekine Ckrijrine. II ajouta,nbsp;que nos Soeurs sécoient fait plus de mal quanbsp;lui, en faifant imprimer ces Actes, amp; que toutnbsp;Ie monde les blamoit. II elf vrai cependantnbsp;qu elles n avoienc eu aucune part a l'impri-ffion,nbsp;amp; M. rArchevcque mavoua quëlles-métnes 1ennbsp;avoient aflliré. 11 me paria enfuite de la fignature a fa msniére ordinaire, amp; je lui répondisnbsp;comme j'avois accoutuméc. 11 fe facha aullinbsp;comme de coutume , öc me commanda de fig-ner par ob iffance. Je crois que ce fuc en cettenbsp;occafion quil me dit, que puifque la doétrinenbsp;de Janfentus ne plaifoic pas au Pape amp; quilnbsp;Psvoitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 lülivic sufii I3, condarn* ner bonne ou mauvaife. je gardois Ic fiknce fur tont cela, paree quil pariolt I'.ujoursj amp; jenbsp;nen étois pas fach . ej car jairaois mieux menbsp;raire que de parier. La Mere -Supérieure, quinbsp;avoir informé M. lArchevêque de tout ce quenbsp;je lui avols dit dans nos Entretiens, nioffritnbsp;alor:. de me laid'er kule avec ce Prélat. Je nenbsp;Vüu'us pas lui dite que fa préfence mincom-mo^oit , je lui dis leuiement quëlle devoit Ica-voir mieux que mot cc qui convenoit, amp; quellenbsp;ne pouvüit pas douttr quon aimstoujoufs mieuxnbsp;êcre Eul avec un Sup rieur. ais M. lArchevê-que qui nVn avoii pas envie lui dit qu'il navoi:nbsp;tien il mc dite quil ne voulut bien quelle fgüt.nbsp;dependant eile me lailla fcule pour un peu de |
me prefia encore de lui dire mes rai-je méxcufai en lui difanc que pomquot; Ic paroles quil me difoic, j'avois peine a lui en rendre une: mais que je Ie ferois plus facilenaent,nbsp;sil vouioit me permettre de les mtttre par écrit.nbsp;II témoigna en être bien-aife, amp; me dit de Icnbsp;faire avec la méme fincérité que dans )e Tribunalnbsp;de la confeffion, 6c quil ny auroit que lui ÖCnbsp;la Mere qui les verroient. Je me fuis bien repentie dépuis de mctre ainfi engagée. Mais je crus alors Ie devoir faire pournbsp;ne pas lui laifl'er croire que je navois point denbsp;bonnes raifons a lui donner, 6c que ce nétoit quenbsp;par opiniatreté que je tenois ferme. Javois auflinbsp;remarqué fa furprife amp; fon embarras, lorfque jenbsp;lui avois parlé du mauvais deffein des ennemis denbsp;la Doélrine de Saint Augufii», que je fgavois denbsp;petfonnes qui ne devoienc pas lui être fuspeétesöcnbsp;que jc foi auxois nousmeesj sil me leut demaiv-T 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- dé.v |
Relation de la Capnbsp;de la Ré-vérendenbsp;M. Marienbsp;Dorotheenbsp;de rincar-nation. Ce lo dlOélobre i66j^ 1)0 nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Verficutlcn des dé ; amp; je penfai que cétoic Ioccalion de lui avouer ingénuëment que cctoit la le véricablefu-jet amp; la principale raifon qui mempéchoit de ii-gnsr: aveu que javois toujours eu de la peine inbsp;faire, car il croyoic que je nétois arrêtée que parnbsp;des raifons de confcience. Je ne f^ai li cétüicnbsp;bien le moyen de me délivrer, comme je le fou-haitois, de rant d'imporcunités,qui métoientdc-venuës plus infupportables que routes mes autresnbsp;peines. Mais enfin je réfolus de méxpofer a toutnbsp;ibuffrir, pourvu quil fqut mon veritable motif.nbsp;Voici laLettreque Je luiecrivis aprèsavoit beau-coup prié 8c implore le fecours de Dieu jufquanbsp;la Saint Denis. monseigneur, XX. j, Cefl: pour obéir aux ordres de V'^otre Gran-Sa Letttcaw dgyr que jai Ihonneur de lui écrire avec route la fincérité dont je fuis capable, amp; commenbsp; parlant en la préfence de Dieu a mon Supe- rieur, a qui je dois dire la vérité, quentrau-,, tres raifons qui mempêchent de figner, je fuisnbsp;,, principalement arrête'e par la crainte de con- damner la Dodrine de Saint Auguftin fur lanbsp;j, grace en fouferivant a la cenfure de celle denbsp; Monfeigneur dT/)W. Jai appris que tel étoitnbsp; le deflein des ennemis de ce grand Saint, amp;nbsp;,, quils prétendoient faire retomber fur fa Doc-,, trine la condamnation de M. Janfenius, pournbsp;établir fur fes ruïnes les opinions cont^iresnbsp;quils enfeignenc. Jai auili les injuliMXSnbsp;j étranges j les intrigues Sc les autres pratiques le-crétes qui fe font menées pour faire rëuf-j, fir ce deflein. Je fqai ce qua fait M. de Mar-y, ca; amp; que cefl: lui qui a fabrique le Famu- Zaire avec le Pere Annat j que ce Formulaire^ anbsp;,j éte fait de maniére que toutes les perfonnes quinbsp;j, ont de la Religion amp; de la confcicnce ne puf-j, fent le figner, afin de les opprimer enfuitedenbsp; leur refus, amp; de fe rendre ainfi les maitres dansnbsp; IEglife. Jai fqu bien dautres chofes auffi fa- cheufes fur cette affaire, qui ne donnent quenbsp;,, trop lieu de craindre tous ces maux, II ne fal- loit pas moins quun commandement ablbludenbsp; votre part, Monfeigneur, pour me réfoudre anbsp;y, VOÜS en parler. Je crains bien cependant quenbsp;,, Votre Grandeur ne rrouve ma hardiefle tropnbsp;,, grande, amp; quelle nen foit irritée contre moi.nbsp; Mais je vous fupplie, Monfeigneur, de confi-,, dérer que vous maves ordonne detre fincére,nbsp;,, amp; que je vous obéis bonnement. Javoiséviténbsp;,, jufqua préfentde dire ces raifons^dc lorsquonnbsp; mavoit demandé celles qui mempêchoient denbsp;,, figner, jen avois allégué de moins odieufes,nbsp; dont cependant on na pas cté fatisfait, defortenbsp;,, tiuon nous a traitées avec la derniére rigueurnbsp;jgt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des fillies préfomptueufes , opiniatres, defobeiffantes, amp; quon nous a fait fouffrir les plus xudes chatitnents. Pour moi, Monlei- |
Religieufes de Fort-Royal^ ,, gneur ,je parois aux yeux de la Mere Supérieu- Relation ,, re une fifie enforcellee j elle ne doute point de la Cap.nbsp; quon nait jettc 1'ur moi un charme qui^e la Ré- m'empcche de figner. Le Pere le Comte ,vérenlt;ienbsp;,, qui mefl: venu voir de votre part , le croit^!? de même. Ceil: pourtant cejé/uite Iui-même?®lP, qui ma confirmé ce que jai pris la liberté de® ¦ vous dire du deflein de fes Confrères, en mar-quot;^quot; s, furant que le Pape avoir prononcé en leur fa-,, veur ,amp; que route TEglife Gallicane avoir em- bralïé leur Doótrine. Après cela, Monfeig- neur, trouves-vous étrange que je refufe den-,, trer dans leur conlpiration , moi qui ne doisnbsp; point me mêler de toutes ces difputes, amp; quinbsp;5, en fuis difpenfée par mon état amp; par ma pro- feflfion. 11 ny a que vous, Monfeigneur, quinbsp; nous obliges a faire une chofe auffi odièufenbsp;,, amp; qui me met dans la dure néceffité de vousnbsp; dire que je ne puis vous obe'ir fans défobéir anbsp; Dieu, ce que je ne ferai jamais moyennantnbsp;,, falainte grace. Depuis cclle quil ma faitenbsp; detre a lui, je lui ai donné tout mon amournbsp; amp; route ma crainte, amp; je ne crains rien tantnbsp;5, que de tomber dans Ie péché, qui me fcpare-,, rok de lui. Je ne doute point, Monfeigneur, 5, que vous ne me difiés que tout efl: faux dans j, ce que je viensdavok lhonneurde vous écrire.nbsp;j, Mais permettés-moi de vous répondre, quenbsp; tout ce qui seft paflé jufqua prefenr doitnbsp;5, tour au moins faire craindre que cela ne foitnbsp; vrai, amp;c quainfi le plus für eit de ny pointnbsp;j, prendre part. C cft autH le parti que je prends, 3, Je vous fupplie trés humblement, Monfeig- neur, pour lamour de Dieu, qui vous a chargé de mon ame, davoir pitié de moi, amp; de nenbsp; me point demander ce que je ne puis vous ac- corder. Je madreflè a Notre Seigneur Je/us-3, Chrifiy qui eft notre Souverain Pontife amp; no- tre bon Pafteur, 6c lui demande par lamournbsp; qui la fait raourir pour nous, quil vous infpi-j, re le miféricorde 6c la grace que je vous de-,, mande (de me quitter de Ia fignature amp; de menbsp; permettre de communier.) Je mabandonncnbsp; pour le refte a tout ce quil vous plaira dennbsp; ordonner, 6c je veux bien paflèr toute ma vicnbsp; danslétat ou vous mavés réduite.quoiquedurnbsp;,, par rappprt a rEfprit,car je regoispour lereftenbsp; bien des témoignages de bonté 6c de chariténbsp; de la part des Meres de cette Maifon. Je de- meurerai done, Monfeigneur, dans eet état, ,, pour vous obéir j je prierai fans ceflè Ie Seig-,, neur pour votre profpérité ; 6c jefpére vous ,, témoigner par la que fi jai manqué a faire cenbsp; que vous avés défiré de moi en une feule cho- fe,ce na cté que par impuiflance, 6c quedansnbsp; tout le reffe je ferai toujours avec la plus par- faite foumiflion 6c le plus profond refpeét. Votre tres humble Cette |
quot;Relation de la Terfécution des Religieufes de Port Royal, nbsp;nbsp;nbsp;j-,
Relation de Ia Cap.nbsp;de la Ré'
vérende
M. Marie
Dorothée
de 1'lncar-nation.
XXI.
Quel fut 1elFet de
?ette LcKte.
ce du monde. Mais jétois toujours gcnée°amp;^' je navois Tefprit a laife que quand^la S«urnbsp;Marguerite Thérèfe Inclin venoit maider, ce quellncar-fes autres occupations ne lui petmetcoient pas'^^^^°'^*nbsp;toujours de faire. Cett une fort bonne Fille,nbsp;qui ma témoigné de 1alFeétion amp; de la com-paffion en tout temps. Je crois queilc mennbsp;auroit témoigné encore davantage, 11 elle eut
Cette Lettre fut renduë Ie 13 a M. iArchev'ê- re ici que ks Religieufes de la Maifon one L Relation que, qui ny fit point de reponfe, quoujue la un grand foin de tnoi, amp; quelks montdonné de la C'apnbsp;Mere lui en eut demande une avec la permiflion tous les fecours dont javois befoin avec nuanr de la Réde me faire communier a la Touflaints. Maïs de zèle que de charité, amp; de la
eile Ie prefïa tant, quil écriyit enfin quil avoic ' nbsp;nbsp;nbsp;........ ^
la peine a nous óter 3 que je nétois pas prête de ofé: mais laquot;quot;politique la retenoit autant que la retourner a Port-P.oyal-.e.nfivi que penfant comme crainte de la Mere, car on fe conduit par po-je faifois, je nétois pas en état dapprocher des fitique auffi-bien dans les Monafteres que dansnbsp;Sacrements. Je mets ici tout de fuite ce que la le monde. De tnon core jagiCfois avec elie dcnbsp;Mere ne ma pourtant dit qui différentes fois 6c forte quelle ne satdrat point de reproches anbsp;felon les occafions. Elle me fit valoir furtouc com- mon fujet. Cependant la Mere fe fioit a cettenbsp;me un trait fingulier de la bonté du Prelat, dece Sceur plutót qua une autre pour me fervir amp;
nilll navnir nas voulu Guelle me die QUe icnere- -noni-i-prpnii. InrCmip iprnic m'llorlp mpi-
été toujours fortoccupé, 6c quil liroic voirbien-tóc. II vine en effet; mais je ne Ie vis point. La Mere me dit que ma Lettre 1avoit tout a faitnbsp;faché^ que je lui faifois pitit'3 quil ne mauroitnbsp;pas cru capable de me former tant de chimèresnbsp;amp; de faufles idéés 3 que ces MeJJieursmas avoientnbsp;mis dans lefprit bien des cholés quon auroit de
quil navoit pas voulu quelle me dit que jenere tournerois pas de long-temps a Port-Royal, de peurnbsp;que jenen prifle du chagrin. Mais il ctoic viliblenbsp;dans le temps quelle meledit, quelle-même avoicnbsp;deffein , en me Iapprenant, de me faire de lanbsp;peine.
Je tombai malade de la fic'vre vers le milieu du mois de Novembre; ce qui nembarrafla paspeunbsp;cette bonne Mere, car fa Maifon eft ll petite,nbsp;quelle ne pouvoic me loger fans sincommoder.nbsp;Dailleurs elle craignoit que je ne mourufle chez.nbsp;elle. Comme je la vis en peine , jejlui 1'uggerainbsp;de menvoyer a Ihotel-Dieu, ou aux hofpkalié-res, ialTurant que je naurois aucune peine dynbsp;être, 6c que jen aurois même la devotion. Jenbsp;lui fis encore la même PropoGtion une autrenbsp;fois que je fus auffi malade, 6c que je la vis linbsp;embarraflee de moi; ce qui nétoit pas une pe-tite peine pour moi, qui crains den donner ,nbsp;lorfque je luis malade, a rnes propres Soeurs,nbsp;quelque alTurance que j'aie de Icur charité. Eüenbsp;me répondit alors: ,, fiue diroic on , fi 1 on vo- voit une Religieufe de i^orf Royal a Ihocel-Dieu^ Je lut dis, que Ion en verrolt peut-etre bien encore aiHeursi car jai toujours crunbsp;quon porteroic les chofes a i éxirtmité. Je nenbsp;tnatrendois plus a revoir Port-Koyal, 6c je menbsp;croyois conftnee amp; livrée a route Ibrte de pei-nes pour le refte de mes jours. Dieu cependantnbsp;me failbit la grace de me luumettre a Ibn or-dre avec paix 6r tranquillitc 3 tx javois une ferme confiance qu ii m aideroit en quelque étatnbsp;fuik réduite pour Iamour de lui. Ce
xxn..
Ses oaalaéies
xxrii.
mentretenir lorfque jétois malade; mais je nétois guéres capable de me recréer avec perlbn-ne dans Ietac oii jétois. Je nofois lui parler de nos Meres, de nos Soeurs, 6c de nos affaires , quoique jen eulTe graqde envie. Cettenbsp;Soeur, qui en etoit affez. bien inftruite, ne mennbsp;parloit pas non plus 3 amp; cela me mortifioit be-aucoup, car je ne doutois pas quil nc fe paf-fat bien des chofes pour lefquelles je ne pouvoisnbsp;ecre indifferente.
que je luue reouue poui 1 amour de lui. Lie confolanon, Ians fecours, fans fcavoft 0^014 ie neft pas quétani malade je ne- refl'entiffe da- devois faite. Cétoit lit 1endroit fenfible amp; cenbsp;vantage la privation de mes Smurs, qui ma- qae jai eu de plus rude k fupporter danc
nbsp;nbsp;nbsp;niPcnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. M -n-.r-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;--- i nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'-auö
Peu après avoir écrit ma Lettre aM. 1Arche- ^ veque jeus du fcrupule de lui avoir parlé fi librt- ,udes an fu-menc du delTcin formé centre la Dobtrine de St. jetde taUt-^ugufliTt. Je mimaginai quon sen P''6nd''oi'nbsp;a MeJJteurs , quon ne manqueroic pas de lesnbsp;accufer de nous avoir mis cela dans la tête , 6c^nbsp;quon en feroit encore plus irrité contreux. Jenbsp;craignois auffi que mes Soeurs nen fufïènt plusnbsp;maltraitées, 6c je voyois que mon indiferetionnbsp;feroit la caufe de tous ecs malheurs, 6c que jenbsp;métois éxpofée moi-même,' par mon imprudence , a de nouveaux chagrins, 6c peut-être a denbsp;plus grandes mortifications. Je ne fgaurois direnbsp;combien je fus troublée de toutes ces craintes amp;nbsp;de ces penfées chagrinantes quimepaflerentlong-temps par lefprit. Elies magitéren: fi fort le fang,nbsp;que je nc doute point quelles naient caufc manbsp;maladie. Jen étois dautant plus accablee, quenbsp;je ne pouvois me foulager auprès de quelqueper-fonne capable de me confoler amp; de me donnernbsp;confeil. Javois un chagrin monel de me voirnbsp;ainfi a Iabandon amp; laiffée a moi-même, fans
voient fi bien aflifté dans mes précédenies nU' ladies 3 au contraire les larmes me venoient auxnbsp;yeuK, quand je penfois que ma maladie pouvoi tnbsp;devenir plus cooüciérable, amp; que je nauroisnbsp;pas la conlolaiion de recevoiv leuts aflufan-
^tnoii éxil. Enfin je pris le pard ,auffitöc que jeus re-
ces, Au lefte la recounoiüance moblige de di- que je la lui envoyai;
couvré la fanté, décrire a M. lArchevêque, amp; de me foulager en méxpliquant avec lui; Je nenbsp;fcai pas encore ft je fis bien 3 jen laifiè le juge-ment a Dieu bi au ledteur, Voici ma Lettre telle
'B.datian ie la Verfecutkn des 'Religieuzes de Port-Rojal, trouverés dans tout Ie refte la plus foumife 8c B-elation la plus obéilTante de routes vos ouailles. O-de la Cap.nbsp;feral je me flater que vous me psrmetrés de 'a Ré-Cotnmunier a Nlt;ré7? Ne me refufés pas MONSEIGNEUR, s prie, je vous la demande a ge- He amp; pour iamour du Sauveur qui 9° p°/ xxrv. 5, Seconde Lef*,, tre i M.nbsp;rArchevêp nbsp;que.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» II eft aifé de voir par la conftrutftion de cette XXV. uimnlnrpr votre f pttre lerobarras ou jétois , 6c de combien de Si'r'nbsp;que je vous ai deja faites,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P j,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ dinquiétudes mon efprit étoit agité. charité Paftorale. nbsp;nbsp;nbsp;f f de .moi Mon-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« ^3, ,éponfe, non plusquedflapré- feigneurj jettés un regard de nbsp;nbsp;nbsp;^cédente Tai feu feulement, long-tcmps après voTre Servante, 6c nbsp;nbsp;nbsp;..,,.;.«L-nniPnrrni^i:--. a une- fituation plus triftc que Ja de MadomoikUe de Lamoigmn,qiiientToitdmZ^ P^® preferable 4 Maifon 6c qui avoit permiffion de Monfeigneur Voyés sil y 6c fi de me parler, que ce i?rélat lui avoit dit que je lui avois écrit une belle 6c bonne Lettre, amp; quilef-péroit que je fignerois fon Mandement. Je fusnbsp;fort furprife de fon efpérance, Sc je ne pus com*nbsp;prendre comment ft en avoit tant conqu, fur cenbsp;que je lui avois die pofitivement mêtre impof-,, confdence, 6c queje ne le puille faire! Jef- Able. pere , Monfeigneur, que vous compadres i Après cette Lettre jeus 1efprit en répos fur mon infirmité, 6c quentin vous aurés la bonté première. Mais je ne fus pas plutót délivrée inqui^wdafnbsp;,, de meifpenfer de cette malheureufe fignacure. de cette peine, quil en furvintdautresnonmoinsnbsp; Rendés mes chaines encore plus péfantes; met- fenfibles j car ce fut vers ce temps-la que japprisnbsp;33 tés-moi, fi vous le voulés, dans un cachot au la chute de ma Sceur Heléne, qui avoit figné lanbsp;3gt; pain amp; a 1eau, 6c ne me paries plus de fig- première. Cette facheufe nouvelle me chagrin* Mr; j^ fouffrirai tout avec la grace de Dieu, beaucoup, 6c me fit faire de férieufes réftexfon® ,, nbsp;nbsp;nbsp;fort heureufe den étre quitte fur moi-meme. Je craignis éxtrémemenc, coo- gt;3 nbsp;nbsp;nbsp;point , je noiftant ma foiblelle, quil ne men arrivat au- ,, vous njure, Monlfigneur, 6c VOUS me tantj ceft pourquoi je priai Dieu de tout mon coeur 1^2 Reletion de la Cap,nbsp;delaRé- M'^^Ma^rie Iefpére de vocre bonté que vous me pardon* Dorothde nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;liberté que je prends de vous impor- delIncar- nbsp;nbsp;nbsp;feconde fois. Ayant appris de la nation.' n Mere Supérieure que Votre Grandeur a étéfort mécontente de la Lettre que jai eu lhonneurnbsp;de lui écrire au mois dOdiobre, je viens anbsp;fes pieds lui en faire mes trés humbles éxcufes,nbsp;6c Iaflurer que jai un extréme regret de lui a- voir manqué de refpeét en lui écrivant trop li- brement, amp; auffi de lui a voir donné fujet de croi-,, re,en méxpüquanc fi mal,que javois de fort mau- vais fentiments. Iaireconnuma fautey dés que ,, jenaiétéavertieje laipleurée amc'rement nuic ,, Sc jour- mon coeur seft féché de douleur, öc Diennbsp; fgaitque je nai point eu de répos jufquau mo- ment que j'ai prisla plume pour vous endeman-,, der pardon. Je nai point voulu dire, Monfeig-j, neur, comme vous 1avés peut-être penfé,quenbsp;5, Notre Saint Pere Ie Pape Sc Noffeigneurs lesnbsp; Evêques avoient eu deffein de condamner lanbsp;,, Doétrihe de Saint Auguftin en cenfurant cellenbsp; de Janfenius; a Diéu ne plaiiè: mals feulemencnbsp;,, que les Jé^uites avoient public en Chaire 6cnbsp; dans des écrits imprimés quelle étoit condam- nee a Rome Sc en France. Bien loin davoir eunbsp;5) unepenfée auffi injurieufe au Chef de 1Eglifenbsp;,) 6c au Corps Epifcopal, jai toujours ouï-direnbsp;3, au contraire s\\x*InnocenS A avoir declare for*nbsp; tement, lorfqu il eondamna les 5 Propofitions,nbsp; quil ne touchoit en aucune fagon a la DoiSri-,, ne de Saint Augufiin. Après métre éxpliquéenbsp;3, fur 1Article le plus important de ma Lettre,nbsp;permettes-moi, s'il vous plait, Monfeigneur,nbsp;de vous léitérer les très-humbles fupplicacions 13 mienne, une vie languiffiante 6c pleine dangoiflès. Mes peines font grandes; mais la plus grande denbsp;,, toutes, Dieu; le fcait, eft celle detre obligéenbsp; de cléfobéir a Votre Grandeur. Hélas! queinbsp;,, tourment pour moi, quand il faut, pour vousnbsp;obéir, que je furtnonte la repugnance de ma |
grace, je vous noux au nom amp; pour i amour ou bauveur quirpY '; nous eft né en ce jour. Vous ne ferés pas con- After, je Iefpére, route la bonne difpofitionquot;^^^ ,, dune fille a communier , dans la lignature dun fait contefté quelle ne fqait point, amp; quellenbsp;,, ne peut fqavoir. Jai encore une grace a vousnbsp; demander ^ Monfeigneur, avanc que de finir. Ceft de me pardonner tout ce qui vous a pu ,, déplaire dans ma premiere Lettre. Je me prof-,, terne a vos pieds pour vous en demander en-core une fois très-humblemenc pardon ; amp; pour ne m'en point relever qye vous ne mayiés donné votre fainte Benedidion. Je nai jamaisnbsp; voulu manquer au ptofond refpeö: que je vousnbsp; doisj 6c fi je I'ai fait, je vous fuppiie decroirenbsp; que ga cté plutót par fimpiicité amp; par bêtile, que par malice. Je vous paroitrai peut-etre éxcufable, quand vous fgaurés, ft. onfeigneur,nbsp;j. que je navois jamais écrit a des perfonnes denbsp; votre rang, 6c fl fort élevées au deifus de moi, ,, 6c que jefuis trés ignorante des ufages du mon- de öc de la manicre dont il convient de parler OU d'écrire aux grands. Excufés done , je vousnbsp; prie, mon ignorance, 6c rendés-moi le réposnbsp; en merendanc a vee vos bonnes graces lajufticenbsp; de me croire avec le plus profond refpedt lanbsp;,, plus parfaite vénération, öc la foumiflion lanbsp;,3 plus fincc're. Fotre très-humhle ^c: Cf 14 Décemhre i^^4. |
V-dnfmi de la Verfécution des 'Relilieufis de Fort-ü-oyal^ me foucenir contre Ia cencacion, amp; de Jóis pafl'er,amp; quil ne permir pas que le «ïfle Hen Relation qui put lui déplaire. La crifteffe mavoic fi fort dc Ia Cap. abbatue, quejctois comme ne'tant plus dp cede k Ré. monde- ilt;gt; n..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___ je ne mintéreffois amp; a nen de de rincar-nation. fAtchevc-que k té. lt;kic. etoit vrat, quoique je en euffe dit dautres dans ma première Lettre dont il neseft plus fou- venUjCar ilnemen a jamais parlé. M. de Soiffons R.elatïon cceur dc nbsp;nbsp;nbsp;^ de la Cap. ne me pas killer comber dans le mcme precipice de la Ré- Ilcourutun bruic quelqueccmps après,quelaMe-vérende re Agnès penfoit auffi a figner. Ce fut la Supé-M. Marie rieure qui ne me cachoit point ces fortes de nou-Dorqtbéenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui me le dit, ajoutant même quon lef- péroic beaucoup. Si elle a eu intention de me porter un coup mortel, javouë quelle y a réuffi.nbsp;J avois pourtant bien de la peine a la croire; maisnbsp;je craignois tout, penfant combien nous fommesnbsp;foibles; que nous fommes dans une fi grande dependance de Dieu, que nous avons un befoinnbsp;continuel de fa mifcricorde amp; de fa grace; quenbsp;cependant il ne nousdoit rien,amp; quil peut a toutnbsp;moment nous abandonner a la corruption de no-tre nature, qui fans celfe nous porte au mal. Cesnbsp;reflexions me conduifirent jufqua demander anbsp;Dieu que la Mere Agnes mourut, car je fauroisnbsp;beaucoup mieuxaimce voir mourir , que ligner. Jenbsp;devorois tous ces chagrins amp; les recenois au fondnbsp;de m*on cteur fans en rien faire paroitre a per-fonne, les répandant feulemenc en la préfence denbsp;Dieu. La Mere qui mavoit die cetteNouvelle,nbsp;comme je venois detre faignée,me fit éxcufeen-fuire de me 1avoir annoncée fi mal a propos; amp;nbsp;pour réparer le mal quelle croyoit mavoir fait,nbsp;elle raaffura que ce nétoit quune conjeöure.nbsp;xxyii. M. lArchevêque vint a la Maifon le 25 Jan-®^-,'te''ier,iour de la Converfion de Saint Vaul. Ceftnbsp;devoir M. la feconde fois que jai Ihonneur de Iy voir,nbsp;car je navois pas cet honneur toutes les foisnbsp;quil y venoit, amp; il venoit alfez. fouvent voir lanbsp;Mere Supérieure, a qui il fe concentoit de demander de mes Nouvelles. Cette Mere cependant lenbsp;prioit toujours de me parler, comme elle me 1anbsp;dicelle-même; mais il ne le vouloit pas, difantnbsp;que cétoit inutile, puifque je ne lui difois mot;nbsp;quil voyoit Volontiers mes Soeurs qui lui par-loient. Je craignois depuis long-temps cette Vi-fice, a laquelle je mattendois tous^les jours, deforce que jetois inquiéte amp; dans 1 alarme depuisnbsp;le matin jufquau foir, amp; que je pc tne rafluroisnbsp;que fur les cinq heures du foir jufqu a fept ounbsp;huit heures du lendemain matin. Je tachoisdansnbsp;ces intervalles de me tranquillifer, amp; de ny pointnbsp;penfer, afin de pouvoir dormir la nuit, ce quinbsp;me réuffit comme je le fouhaitois; car foible amp;nbsp;infirme comme jetois, je naurois pu vivre long-temp?, fi javois encore perdu le fommeil. iVlaisnbsp;je nétois pas plutóc éveillée, que je penfois anbsp;Monfeigneur, II me prenoit alors un battementnbsp;de cceur, amp; jétois faifie de crainte comme denbsp;trifteffe, de ne fgavoir comment je pafl'erois lanbsp;journe'e, fi je verrois M. IArcheveque, ou fi jenbsp;ne le verrois pas, fi je tiendrois bon contre lui,nbsp;0U fi je mafFoiblirois jufqua faire quelque chofenbsp;contre ma confcience. Dans cet état violent jenbsp;recourois a Dieu amp; me jettois entre fes bras, luinbsp;demandant inftamment quil me protégeat 6cnbsp;malGftit dans tous les moments du jour qucjal- |
------- «qui paffoit, amp; j ccoucois tout ce quon me difoiti^-avec la derniére indifference. Je ne pouvois me^°pr réjouir 8c me récréer dans les petites rencontresnbsp;que jen avois quelquefois. Je voyois les bonnesnbsp;filles avec qui je demeurois dans une joie 8c uncnbsp;gaieté continuelle, fe divertir de tout 8c fe donnar toutes les petites fatisfaöions permifes 8c con-venables a leur Profeffion ; 6c je confidéroisnbsp;combien leur état étoit différent du mien. Je menbsp;trouvois néanmoins bien confole'e, lorfque je re-gardois la caufe pour laquelle je fouffrois. Je lanbsp;trouvois fi jufte, fi belle, fi glorieufc, 6c fi fortnbsp;au deflus de la condition de pauvres Religieufesnbsp;comme nous, que je manéanciflbis, quand jenbsp;penfois que Dieu avoir appellé le Monaftére denbsp;Port E.oyal a fa défenfe. Je navois point def-pérance de revoir jamais cette chére amp; Saintenbsp;Maifon : au contraire la Mere mavoit afllirécnbsp;quon en devoit disperfer toutes les Religieufesnbsp;dans les Couvents de leur Ordre. Javois uncnbsp;éxtrême averfion de cette Religion, quoiquenbsp;Sainte 6c Saintement inftituée; je ne pouvois menbsp;réfoudre dy paffer le refte de mes jours, 6c jenbsp;croyois faire un grand Sacrifice a Dieu en fou-mettant ma repugnance a fa Sainte volonté, silnbsp;en avoit ainfiordonné pour fa plus grande gloire,nbsp;pour mon falut, 8c en punition de mes péchés. Javois befoin, pour les éxpicr, de faire une auffi rude pénitence , 8c jacquiefqai humblementnbsp;dans cette vuë a 1ordre de la providence. PJücnbsp;a Dieu que jen euffe proficé mieux que je nainbsp;fait pendant le peu de temps que jyai été, 8c quenbsp;jeufïe enduré toutes mes peines dans un veritable Efprit de penitence, amp; purement pour 1a-mour de Dieu, de fa vérité 8c de fon Eglifenbsp;Sainte. Je fus done au Parloir faluer M. lArchevê- xxvllfe que, qui ctoit accompagné de M. 1Evêque deSon Emr^nbsp;SoiJp)7is. CeUii-ci étoit venu a Sainte Marie pour avecnbsp;donner les Saints Ordres a un Eccléfiaftique. Jy^' nbsp;trouvai auffi k Mere Supérieure, 6c fa préfencem!**nbsp;ne me fit pas pkifir. Après métrs mife a genoux*^.''*'lquot;='llt;rnbsp;pour recevoir la Benédiétion de Monfeigneur,nbsp;mordonna de me lever amp; de m affi or . pu's menbsp;demanda fi jétois toujours dans k méme difpo-fition. fe lui dis quoui. If fe facha amp; fe mienbsp;a parler a M. de Soijfgns de notre opiniatreté anenbsp;vouloir pas nous rendre a toutes les raifons quonnbsp;nous difoit; que cétoit ce miférable Journal dcnbsp;Saint Amour qui nous avoit mis dans la tête quenbsp;route cette affaire nétoit quune cabale. H me ditnbsp;enfuite: Vous navés point dautreraifon quelanbsp; crainte d offenferDieu ? Je birépondis ffuil lui pn o.WT. !¦ |
V nbsp;nbsp;nbsp;
-ocr page 154-If4 T^elation de h Terfécution des 'Religkufes de Von-V-tjal^
pritia parole amp; me dit: Pourquoi craignés-vous étoit la plus étrange Fille du monde, amp; quelle Relation d'ofFenfer Dieuenfatfancceque tanc dEvêques méritoit quon la fit jeüner une année eniiére au de la Cap.nbsp;Dntfait?M.dePwr dit;ellescroientqueron pain amp; a leau, II me dit a moi: Vousnbsp;arurprislePapeM.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;medic quil ve-
noit de TXome; que Ie Pape lui avoir conté comment toutsc'toit paffe dans cetteaffaire;queqavoitéténbsp;dans Ia derniére éxaétitude ,amp; dautreschofes que jainbsp;oubliées. Alors M. lArchevêque luc fa Declaration pour lever les fcrupules. Jeremarquaiquilnbsp;ny déchargeoit plus de lacréanceintérieurecom-me dans la première quil mavoit montrée. Je
Relation de la Cap.nbsp;de Ia Ré-vérendenbsp;M Mirienbsp;Dorothéenbsp;de rincar-nacion.
ontfait ?M.dePzrmdit;ellescroientquelon pain amp; a leau, II me dit a moi: Vous dires dela Ré--r . T. _ ,, ^,I rr. 1 nbsp;nbsp;nbsp;gt;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ruïner vocre Maifon, amp; que je^drende _
maltraité vos Soeurs; cela eft trés faux, vousilr
nefqavés done pas avec quelle douceur je leur nbsp;nbsp;nbsp;,
parle a Fort-'Royal.' Je ne répondis rien, pré-jj^tion'^^ ' miérement paree que je crus que ce reproche fe *nbsp;rapportoic a la Lettre que je lui avois écrite; amp;nbsp;que ne men parlant pas, je ne voulois pas auflinbsp;. ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. lui en faire déxcufe; fecondement paree quil con-
nen témoignai rien cependant; jeparloislemoins tinuoit roujours de parler amp; quil nattendoit pas que je pouvois, amp; M. lArchevêque a cela denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ma réponfe.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;II fe perdoic dans de grands difcours;
commode quil parle toujours nbsp;nbsp;nbsp;amp; ne donne pasnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;il rappelloitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tout Ie paffé,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6c recommenqoit fans
Ie temps aux autres de parler. nbsp;nbsp;nbsp;II adrellbit tou-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fin ce quilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avoit déja ditnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vingt fois pour nous
jours la parole a M. de Seijjons, nbsp;nbsp;nbsp;lequel me dit a-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;perfuader lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;néceflicé de lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fignature amp; de la cre-
rien a cette interrogation amp; a ce vilain mof. Ja-vois 1efprit fi abbatu, que je navois point de réponfe prête, amp; je croyois que cétoit le plus für de ne rien dire. Je gardois done le filence amp; lesnbsp;laiflbis parler. II eft vrai que raon air trifte, amp;nbsp;quelques mouvements qui méchapoient, en difoientnbsp;aflèz,. M. lArchevêque dit a M. de Soijfons,nbsp;comme une nouvelle quil lui apprenoic, que lenbsp;Pape avoit dreffé une Bulle qui obligeroit tout lenbsp;monde a figner fous peine déxcommunicationnbsp;ipfofaóio, amp; quelle devoic arriverinceflammenc.nbsp;Cette nouvelle nétoit que pour moi, car javoisnbsp;entendu a la porte du Parloir quils s en entre-tenoient déja. M. lArchevêque fe tournanc versnbsp;moi, dit que cette excommunication confiftoit a
près cette leéture: Q.ue craignés-vous? Nous ance intérieure du M.deSazj^z/r parloitpeu .. nous damnons pour vous. Je ne répondis amp; difoit fealement par-ci par la quelques mots
dapprobation, car on ne lui donnoit pas plus qua nous Ie temps den lier plufieurs enfemble pour ennbsp;faire une période, même pour un compliment.
II pric cependant Ie moment que M. lArchevêque reprenoit halaine pour me dire affez, bas; Pournbsp;,, moi je vous crois en péché mortel, de ne vou-,, loir pas obéir a votre Archevêque; ce quenbsp;jécoutai en filence.
Dans ce meme Entretien M. lArchevêquej^j^^^J^j^' . paria avec beaucoup daigreur de M. Artiauld^ amp;c ni'c'Lu''nbsp;Ie traita même A'hére'ti^ue. Ceft lui, difoit-il, tien.
ctre féparé de la Communion des fidéles pendant ia vérité un grand efprit, mais auffi que jamais h vie, amp; des Sacrements del'Eglife même a la petit efprit navoit fait d'hcréfie; quil avoit ofénbsp;mort, amp; a être privé de la fépulture Ecclcfiafti- dire que la caufe de Calvin étoit bonne, mais quilnbsp;que; amp; il ajouta que ces Mejfieurs nous avoient 1avoit mal défenduë; quil a foutenu pofiiive*nbsp;appris a nous moquer de 1éxcommunication. Ce
3, qui eft Ie chef du parti, je Ie connois bien, le 1ai vu en Sorbonne. Ceft l'homme du mon- de le plus obftiné 6c le plus attaché a fon ftn- timent. II ajouta, que ce Doéteur étoit a
qui furprit fort M. de Scijfons, 6c lui fit dire quil écrit adreffé au P. A^tnat que ceft lui qui eft étoit bien-aife de navoir point de ces Religkufes- linventeur d 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-n- --
ment la première Propoütion condamnée dansun
Ia dans fon Diocèfe. Je lui dis que nous ne nous moquions point de léxcommunication, amp; quenbsp;nous fqavions que ceft la plus grande peine quenbsp;lEglife puifle infliger k fes enfants.^ II dit a M.nbsp;de Paris, quil voyoit bien que cétovt par opi-niatreté que nous ne voulions pas figner; que cétoit le caraétère de 1hérdfie. Monfeigneur,/»; quils sétoientdit: Nousvoila condamnés,qus
J1 » nbsp;nbsp;nbsp;. Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 O TI 1ênbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t ry ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i lynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ^ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lj' ? ^ TV ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A.....nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t Wnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« m yJ . t-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fy 11nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j.
de la diftinéÜQndu/flzVdavecle^/mr; que M. 'Robert (!e Dofteur) lui avoir dit [a luinbsp;Archevêque] quil étoit fcandalifé_ de Ia niau-vaife foi de M. Arnauld;, que lorfque les cinqnbsp;Propofitions furent condamnees, Meffieurs Ar-natild , Girard 6c de la T^arine saflèmblé-rent pour avifer a ce quils avoient a fairs ¦gt;
dis je, mon refus ne vient point dopiniatreté 6c dentêtemenr. Je ne fuis retenuë que par lanbsp;crainte dofFenfer Dieu 6c de bleffer la fincéri-té chrétienne. De plus la raifon 6c la conf-cience me diéfent que le feul pard que jaie anbsp;prendre dans cette affaire, eft de demeurer dans
1 nbsp;nbsp;nbsp;/~1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_______..I__y. Q-^ \ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^_
ferons-nous? EtqueM.y4r»i/«Wavoit dit,qu p falloit condarhner les cinq Propofitions , maisnbsp;qu'il falloit nier quellesfuffsntdequilsnbsp;se'toient divifes la-deflits 6cc. M. de Soifons,nbsp;qui nétoit pas la pour contredire, applauduToirnbsp;en tout M. lArchevêque. 11 paria encore de fonnbsp;le filence qui convient a mon fèxe 6c a ma pro- voyage de Rome 8c de la Bulle qui devoic venir;nbsp;V. feffion, 6c de ne pointporjer dejugemencdun que ie Pape lavoit entretenu de cette Bulle, amp;nbsp;5gt; fait qua je ne puls connoure, étanc dailleurs lui avoit dit quil ne feroic point de Formalairfnbsp;,7 P^^faicement foumife aux décifions de 1Eglile de peur de faire des hérétiqnes; que ce Pape étoit
brtn 6c doux. La il sarrêta tout court, paree 'sntête'e, quelle dilbicquequand que \'!. 1Archevêque, fi je ne me trompe,nbsp;Arnau a figneroic elle ne figneroic pas;quelie noit de le pouffer du pied, mais il fe reprit au i-
-ocr page 155-Relation la Cap-de la Révérence
M- -Marie
Dorothée de rincar-natioii.
'Relation de la Verjecution dot R.eligieujes de Vort-'Royal^ tot difant quil écoit Venn de Rotne un Formu- procha devant ces Prelats davoir faché Monlèig- Relationnbsp;laire qui dcclaroic herétiquesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ou éxcommuniésnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;neur, amp; de lui avoir die [a elle] quil ine falloitdenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cap,
ceux qui ne le figneroient pas. Puis ü demanda nbsp;nbsp;nbsp;trente ans pour me detromper de tout ce queja-'^®nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ré-
a IVl- de Raris ft nous ferions herétiques; M. vois vu amp; appris depuis trente ans. Je répondis lArchevêque dit que non que nous etions de affez réfolument, quil étoit vrai que je 1avois^nbsp;pauvres filies que ces Mejjieurs avoienc trompees dit; amp; que depuis quon nous tourmentoit pour Dorothéenbsp;amp; féduites, mais que nous ferions cxcommuniées, nous obliger de figner , javois eu occafion de*^® Jlncar-fi nous ne voulions pas figner.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ils dirent encorenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;minftruire affez pour fgavoir que 1Eglife na
beaucoup d'amres chofes que nbsp;nbsp;nbsp;jai oubliées, carnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tnaia oblige fes enfants a croire des faits de la
nbsp;nbsp;nbsp;----------- a nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
roue OÜ eiies fe trouvent, ineme dans le Livrede fanfeftius^ fi dies y font; enfin que je matta-chois uniquement a la vérité fans aucune ac-ception de perfonnes. M. de SoiJJons^ qui, felon les apparences , fe feroit contenté de cettenbsp;confeffion sil euc été le maitre, fe leva de joienbsp;amp; embraSa M. lArchevêque , croyanc fans
cette vilite dura, je crois, prés de deux heures. nature de celui-ci, encore inoins a les attefterpttr Ils me reprochérent ma réfiftance, amp; me firent un ferment terrible, amp; que ce ne feroient pas lesnbsp;un grand crime de ne vouloir pas obcir au Pape mauvais traitements qui me feroient changer denbsp;amp; aux Ëvêques. Jcleur repondis fort refpedueu- fentiment. Les deux Prelats ne dirent mot amp; de-femenc que jétois fille de IEglife; que je croyois meurérent quelque temps dans le filence. Enfinnbsp;tout ce quelle croic, amp; que je condaranois tou- M. lArchevêque prit la paroleSe dit quilnavoicnbsp;tes les erreurs quelle condamne, nommément les jamais rien attendu de moi. Cependant il dit peunbsp;cinq Propofnions ; que je les condamnois par après: Peut-être pourra-telle revenir.
- - nbsp;nbsp;nbsp; rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 étoit déja midi, lorfque la Mere savifa
de faire venir ft Communauté avec une fille, pa-ree comme un Autel, qui devoit prendre 1habit après-dinée. M. lArchevêque furpris, demandanbsp;ce que cétoit que cette fille, amp; fi elles les habil-loienc ainfi. On lui en die la raifbn. II die que
__________ ... nbsp;nbsp;nbsp;sil Iavoit fqUjilauroic fait lui-même la cérémonie.
doute que javois fatisfait a ce quil medeman- II demanda encore de quelle condition étoit la fille, doit. Mais M. IArcheveque , après avoir un amp; on lui repondit quelle étoit fille dun bourgeoisnbsp;peu rêvé, me dit; ,,0 oui, mais fur qui tom- deiaville. Dorénavant,/?«)- ^/r-i/,jeveux vousnbsp;,, beroit cette condamnation ? Cette étrange vemr voir fouvent. Ce qui me fit grand peur,nbsp;réponfe, a laquelle je ne mattendois pas, mefer- car japprchendois éxtrêmement fes vilites, comma la bouche. M. de Soijfons ne dit rien non me je Iai déja dit. Sc Iai témoigné quelquefois anbsp;plus, mais il recommenqa a méxhorter a obéir ces Filies, qui etoient étonnées quejelecraigniffenbsp;a 1imitation de Saint ParJ, Sc de dire comme lui: tant. Elles me difoient, quil ne faifoit pas cetnbsp;Domine, quid me vis facere? amp; il ajouta, que effet la fur elles, amp; quil leur paroiffoit plus ai-Ion prioic pieu pour nous partour. M. 1Arche- mable que formidable. Geft quelles le connoif-vêque lui pt que ces MeJJteurs nous avoienc bien foienc depuis long-temps, amp; vivoienc aflez fami-inftruites des maderes de la grace qu ils nous fai- liéremenc avec lui, car il les fréquentoic déjalorf-fbient des leqons fur la grace; du moins je Iaf- quil étoit precepteur du Roi. Je leur difoisquUnbsp;furai que 1on ne nous avoit jamais parlé de ces ny avoir done que pour nous quil étoit fi terri-matiéres. Sur cela il fe micen une étiange colé- ble, amp; que je ne pouvois point ne le pas crain-re contre moi, amp; me menaga de naenvoyer bien dre, de la maniére quil me traitoit. Laffiftan-loin que jétois bien hardie de le contredire: te, qui eft une Fille fort railbnnable 6c qui a be-Qui êces-vous? une fille coname vous; eft ce pcoup de douceur dans Iefprir (eeft la plusnbsp;que je ne igai pas tout ce qui sen: paftevos jeune des Dames de Cbandenier) convenoit quilnbsp; Sceurs qui one figné mont tout dit ; elles- mavoic traitée trop rudement. Pendant quilnbsp;mêmes mont donne ces impnmes. A ce parloit a la Mere amp; a ft Communauté je menbsp;mot je compns ce quil vouloit dire,^ amp; je vis mis dans un coin de ft Grille, amp; tournee verslanbsp;bien que je Iavois mal entendu. Je métois tnife muraille jy expolbis a Dieu ma douleur amp; manbsp;a genoux auffitoc que je 1avois vu fi en colcre. confufion,6c le priois de fecourir moname plon-Je lui demandaidone pardon, 6c lui dis queja- gée dans Iafflidtion 6c i'iiumiliation. Il don-vois cru quil difoit quon nous avoit bien inftrui- noit de grandes louanggs a cette Communauténbsp;tes des matiéres de la grace,öc que je navois pu auffi-bien que M. de Soijfons d ..ffoit qud-enconvenir, paree que rien neft plus faux: mais les étoient encore dans leur premiere Wveurnbsp;que pour les imprimés, il eft vrai que nous en amp; dans Iefprit primitif de leur Inftitur i -^arftnbsp;avions vu, amp; leulement de ceux qui regardent encore de la fignature, amp; il me fallut comparoftrenbsp;la fignature quon nous demandoit; que nous les II me reprocha mon opiniatreté amp; ma délbb' fnbsp;. avions voulu voir pour nous inftruire de ce que fance. Je lui dis quejetois Fille delErilft 1nbsp;nous avions a faire. Il prit alors un air moins fe- grace de Dieu. Oui, repit-il Fille ft» f F^Minbsp;vére, amp; me dit dun ton radouci, quil navoit fe, 6c bien défobéiiïame a 1Eglife le luinbsp;pas voulu dire autre chofe. LajMere Supérieure, demandai hardiment pourquoi il vouloit nous con-qui avoit été préiénte a tout 1Entretien, me re- traindre de figner ces fortes de chofes qui ccoient
V 2 nbsp;nbsp;nbsp;ft
-ocr page 156-i5lt;J quot;Relation de la Perfecuthn des Religkufes de Port-Royal^ 166^-166^. Relation de la Capnbsp;de la Ré'nbsp;Térendenbsp;M. Marienbsp;Dorothéenbsp;de rincar-sation. quoique trés foible. Les viiites de M. 1Arche- Relation veque etoient toujeurs pour moi des jours dedelaCap.nbsp;jeune. Mes hóteffes cependant ne paroifloient de la Ré*nbsp;pas fort touchées de mon état. La compaffion ^dre^enbsp;netoir pas leur vertu favorite , du moins anbsp;mon égard. II eft vrai que rien ne me mannbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ quoit pour le corps , dont elles pcut-étre trop de foin , tant en fanté quennbsp;maladie : mais pour IEfprit elles ne le foula- i^Llv I vll dVUlC Irtlt nbsp;nbsp;nbsp;)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ilJdldUiCnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. llidld pV/Ulnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i J-iiptlL CUwd IJCnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HJUla* non quelles fuflentfufpeftes, maisacaufedenous; nbsp;nbsp;nbsp;geoientnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en rien , ellesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me laifloient fansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;confo- que ne voulant pas les imiter dans leur obéiflan- nbsp;nbsp;nbsp;lation,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6c nentroientnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en aucune fagonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans mes ce, je les condamnois done davoir obci. Jerc- nbsp;nbsp;nbsp;peines. pondis, que je ne jugeois amp; ne condamnois per- nbsp;nbsp;nbsp;Je me reprochai ,après cette Vifite, de navoir XXXXi. fonne. II me demanda encore les raifons pour pas alTez parié contre la fignature, 6c de navoir fe re-lefqueiles je ne voulois pas figner. Paree queje pas montré autant déloignement de figner que nbsp;nbsp;nbsp;da- fgai, lui dts-je, que ce fait eft contefté entre le devois. Je me laiflai nqême aller au mouve-ttop ^fo-les Théologiens, amp; que je ne puis en confeien- ment de me plaindre a Dieu de ce quil ne ma- de- voitpasdonnéunebouche, comma Ü 1avoitpro-[.^rchev'f fence plus par mes geftes que par mes paroles, la force qui a paru , a ce quon ma dit, dans XXXI. R.c^)rochcs lui faitnbsp;h Su^éiiea- re. me pouflat 6c ne me fit tomber fur fesmontces, petitefle 6c que joccupois la place dune ReH-ear je ne pouvois plus me foütenir, 6c tout le gieufe ^ dailleurs la Mere avoit affez envie de .v...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Je lei répondis néanmoins me faire fortir, nayant pas cru que jy duffe ci^- ronge les autres me nourriffoit paflerois ma vie, feule, traitée cotnnae apparemme t, car jc ne fentoL aucuö befoin, communiée, privéc des Sacrements, fans conieil fi indifFérentes par elles-mêtnes k la Religion jqae cela étoit fans éxemple dans IEglife^quilnenousnbsp;convenoic point dentrer dans ces difputes,amp;quenbsp;le filence étoit le feul parti conVenable a notrenbsp;fèxe. II dit quil étoit vrai que les femmes nenbsp;devoient point parler dans 1Eglife, mais quayantnbsp;été conduites par des perfonnes fufpeétes, il fal-loit nous faire lïgner pour salTurer de notre foijnbsp;que Ton avoit fait ligner routes les Religieufes ce affirmer comme certaine unechofefortdou- teufe. Paree que, dit-il, une chofe eft con- teftée, ne la figne-ton jamais.!' Je ne luiré-pondis plus. II me menaga en me difant : ,, Penfés a vous. Tout cela fe pafla devant lanbsp;Coramunauté. Jétois a genoux fort humiliéedenbsp;tout ce quil me difoir, amp; des mauvaifes impref-fions quil donnoit de moi a ces Filles. M.denbsp;Soijjont, qui avoit plus de pitic de moi, menbsp;vint demander tout bas au coin de la Grille finbsp;je voulois être martyre pour un fait; que jenbsp;devois faire comme on fait au Parlement, ounbsp;1on figne tous les jours des Arrets contre^ (bnnbsp;propre fenument, 6c quoiquon ait opitié aunbsp;contraire, paree que Ton fe rend au fentimentnbsp;de la pluralité. Je lui temoignai ma reconnoif-car javois le corps aulli abbatu que iefprit. Jenbsp;le fuppüai tres humblement de prier Dieu pournbsp;moi. M. lArchevêque, qui parut fatigué, ditnbsp;dun ton fort bas: Priés Dieu pour moi 6cnbsp;sen alia fans plus rkn dire. Je ne fgai fi céroitnbsp;a Ia Communauté ou a moi quil avoit parié jnbsp;car quoiquil me traitat fort mal dans fes En-tretiensj il me difoit toujours néanmoins; Sur-tout frie's bien Dieu pour moi. En fortant la Mere Supérieure fe mit ^ me reprocher fort durement ma prétenduë défobéif-fance, 6c me dit que je lui faifois peur^ quellcnbsp;croyoit que jétois éxcommuniée, 6c que Dieunbsp;mavoit abandonnée, 8c tout cela fort haut 6cnbsp;devant ces Filles. Javois quafi peur quelle ne eorps me trembloit, affez doucement, que je n etois point éxcommuniée, 6c que jefpérois que Dieu ne maban-donneroit pas. Accablée de fatigues 6c de dou-je fus me profterner devant le Saint Sa-amp; offrir £l Dieu toutes mes peifies.Je T pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ mangeai que le foir. |
il mis dans fon Evangilet mais fans doute jenétoisque. indigne, 6c je nen peux rejetter la faute que furnbsp;moi-meme 6c fur mes péchés. Je fuis pourtantnbsp;obligee delui rendre grace delaffiftance quil manbsp;donnée par fa grace, puifque M. de SoiJjons a dienbsp;depuis,quil avoir été étonné de ce quil avoit vunbsp;dans cette Vifite, 6c quil ne fgavoit ce quil devoir plus admirer,ou la patience de M. dePaWr,nbsp;ou la fermeté avec iaquelle je lui avois re'fifté. IInbsp;avoit dit auffi a la Mere Supérieure, le jour-mê-me de la Vilite, quil navoic jamais vu rien denbsp;pareil. Je crois pouvoir dire ceci fans vanité 6cnbsp;a la gloire de la grace de Notre S. Je/üs-chri/inbsp;étanc trés perfuadée que je nai eu de part dansnbsp;cefte occalion quau mal que jy ai fait, 6c que ma rélïftance, a été couverte dune foiblefle éx-trême pour la ve'rité: non que je fuflé tentéc de me rendre aux différentes inftances des deuxnbsp;Prélats, mais a caufe dune détreflé 6c dun ab-batement dEfprit 6c de corps fi grand, que jenbsp;ne pouvois ou nofois parler , ne fgachant quenbsp;dire. Depuis ce jour je cummengai a être plus in-quiéte que je navois encore été. Je penfois aSes inquié-la Bulle qui devoit venir de Rome 6c a les fuites facheufes que je prévoyois. Je n avois BaUe ju,nbsp;aucune efpérance de fortir jamais de létat oiiP^pc.nbsp;jétois, fi ce nétoit pour rentrer dans un plusnbsp;pénible. Je croyois bien que je ne demeureroisnbsp;pas toujours dans cette Maifon , k caufe de fa meurer fi long-temps. Mais je mattendois q'Je lon me meneroit bien loin, comme M. de F«-r'is men avoit menacée; ce qui nétoit pas unenbsp;grande peine pour moi, au contraire je met*nbsp;confolois dans iefpérance que je ne le verro'Snbsp;plus. Je confidérois aufti létat dans leque |
Relation de la Perféeution des Religieufes de Port-Reyal^ nbsp;nbsp;nbsp;177
Relation de la Cap.nbsp;de la Ré-
vérende
M. Marie
Dorothée
de I'fncar*
nation
fans confolation, amp; fans fin qua la mort, que me lit connoitre fa volonte amp; quil diffipat Relation je ne pouvois mempecher de dcfirer. Je ca-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par fa Sainte grace tous ces doutesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; ces nuanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(a Cap.
chois neanrooins, autanc que je pouvois, de dé- nbsp;nbsp;nbsp;ges qui mobfcurciflToient Tefprit.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mais ils renbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la Ré-
tourner mes yeux de deffus ce crifte avenir, de venoienc toujours, amp; la penfee que routes vérende peur de perdre courage amp; de m^afFoiblir. Jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foulFrances étoienc inutiles, jointenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a la era'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Marie
me fortifiois par la confiance en Dieu amp; par la nbsp;nbsp;nbsp;de rae rendre coiipable devant Dieu Sc deva^^
nation.
foumiilion a fa Sainte volonte; amp; cette penfée nbsp;nbsp;nbsp;les hommes en ne faifant pas cenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quil fallnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;llncar-
(que je faifois ia voioncé de Dien) me confo- faire, fe fortifioit de telle forte, que jétoispS^' loit amp; caimoit mes peines. Je nattendoK plus te de fuccomber. La plus grande de mes peilnbsp;rien du cóté des hommes, je me yoyois féparée nes dans ces circonftances étoit de nc pouvofrnbsp;de toutes les per (onnes qui ni auroient pu fecou- confultcr quelque habile homrac , qui voulücnbsp;rir, amp; livrée a dautres qui ne sétudiwienc qua bien rae confeilier, minilruire amp; lever mesnbsp;me précipiter dans Ie mal, croyant bien faire, douces; amp; je ne me reffouvenois quavec unnbsp;Ainfi je tnabandonnois a Dieu pour toutes cho- éxtrêmc regret de ceux qui mavoient alfiftécnbsp;fes, ne pouvant efpérer de tecours que de lui autrefois de leurs fages confeils. Jen pris tant
feul.
Mais Ie comble de mon afHidtion fut quand .je commenqai a héfiter amp; a dourer fi je de-vois méxpofer a toutes ces peines, amp; commenbsp;me Ie difoic M. de Soijfons ^ être Martyre pournbsp;un fait. Je navoisaucun doute que je ne duflénbsp;plutót tour foufïrir que dé figner, fi cette figna-
XXXIV. Ses domesnbsp;Sc fes fciU'nbsp;^isles.
ture étoit un mal; mais je n étois pas bien affu- me pafloient pat lefprit ne fuifent des tenta-rée que cen fut un. Je confidérois quil ne tions du Démon. Javois une image de No-sagiflbit point de la foi, que ce nétoit quune tre Sauveur Jefus-Chrifi au défert, a laquelle queftion de fait peu importante amp; qui devoir jayois devotion, a caufe du myftcre quelle re-étre fort indifférente a des filles; que robéiffan- préfente. Je me mettois a genoux devant cettenbsp;ce eft meilleure que les viótimes. amp; que je ne image , amp; mofFrois avec grande conftance anbsp;pouvois que plaire a Dieu en obéiflant a mes Su- Je/w-Cèn/?, qui a voulu étre tenté pour nousnbsp;périeurs. Jéxaminois encore sil ne falloit pas mcriter la vidoire dans nos tentations Tin
----\/t P A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iHiir ip (Jjg oHr^c nnfv fpnt'ifinn nm*
de chagrin , que Icm sappergut a mon vifage que je fouffrois plus qua rordinaire; je féchoisnbsp;k vuë d ceil; je ne mangeois prefque plus; 6cnbsp;je nc dormois point. Enfin je dis uii jour a lanbsp;Mere que mes peines croifibient tous les jours,nbsp;dans la crainte que javois dofFenfer Dieu ennbsp;fignant^amp; que toutes les penfées de figner qui
Un
jour je dis , après une tentation qui m'avoit prefque affoiblie plus de 30 fois de fuite; Etnbsp;ne nos inducas in tentationem , fed libera nosnbsp;a nialo\ amp; je demandai a Dieu avec larmes lanbsp;grace de mourir plutót que de tomber dans unnbsp;auffi grand malheur. Ceft une étrange peinenbsp;que de fc voir ainfi éxpofée a toutes ces tenta-tions, fans poavoir les decouvrir k un fageDi-reeffeur , qui les diiliperoit par fes bons avis. Je
recevoir la Declaration de M. rArchevêqué; quil ne nous demandoit quun petit acquiefce-inent, comme il me lavoit dit lui-même devant M. de Soiffons. Jcus même du fcrupulenbsp;de navoir point fait de cas de cette Déclara-tion, amp; de ne lui en avoir pas die un feul mot,nbsp;quoiquii me Teut luë deux ou crois fois. II eftnbsp;vrai que je navois pas compris ce que vouloitnbsp;dire eet acquiejeement, amp; que je nen rémoignai
que elpérance. II nous aifuroit de plus par cette re ; m Declaration que nous nétions point éxpofées a eftrayéinbsp;faire aucun menfonge ni k porter un faux té- quot;'nbsp;moignage; Javois oui-dire autrefois que 1onnbsp;pourroit figner en confcience, fi M. lArchevê-qué donnoic une bonne Déclaradon, «Sc je pen-
------, nbsp;nbsp;nbsp;e, He lui donner quel- penfois quelquefois a cette parole de lEcritu-
rien,de peur deyn engag^^^^^^^ nbsp;nbsp;nbsp;. malheur a celui qui efl feul, Sc jen étois
fois que celle quil donnoit aujourd-hui pouvoic ment de Dieu, amp; de cet écang de feu amp; de fou. ctre bonne. Jentrois un peu dans les raifons phre que javois mis a la porte de cette Maifon.
Mais je regardois la providence dc Died, qui mavoit mile dans cet état; amp; je cro-yois devoir my foumettre, perfuadée quil me fer-viroit lui-même de Pere, de Direéleur amp; de Con-feffeur. Javois toujours 1idée terrible du juge-
mpnr nbsp;nbsp;nbsp;/ir ^0nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; c»- j-
! nue nbsp;nbsp;nbsp;netant pas capable denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;afin qüe I'envie de figner ne me prit pas pour en
quon^mavoit nbsp;nbsp;nbsp;dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ j PropoG-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forth. Quelquefois je pleurois amp; gemiflbis fi
connoitre nbsp;nbsp;nbsp;Jawfenius, ce nétoitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;haut, que les Religieufes mentendloient amp; 1al-
quot;Tnn rLnTan.ae nbsp;nbsp;nbsp;ononnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me Vmandoit, maisnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loient dire Ueur Mere, qui ne sen mquiétoit gud-
nbsp;nbsp;nbsp;res. EHe me difoit quelques jours après, quelle
avoit appris que je pleurois, 6c me demandoit fi javois requ quelque mauvaife nouvelle de mesnbsp;Soeurs, ou fi javois eu une revelation de Ce quinbsp;fe paflbit a Port-Reyaf mais fans me dire ce quenbsp;cécoit. Par la japprenois feulement que javoisnbsp;plus dun fujet de mafEiger. Avec tout eek Dku
pas un témoignage quon me demandoit, mais un fimple adte d'obéiffance amp; dacquiefeementnbsp;k mes Superieurs.)
Depuis que jétois agitée de toutes ces penfées , Ia cauiê de Port- Royal ne me paroiffoit plus fi bonne; je ne craignois plus tant de figner, amp; je petdis peu a pea cette horreur denbsp;la fignature que javois auparavant, 6c qui fai-
5 nbsp;nbsp;nbsp;teqir
-ocr page 158-158
Relationcenir en paix, _ nbsp;nbsp;nbsp;______________
d® Cap.cremités oii ils me jectoient quelquefois j au mi* lieu-meme de routes mes peines, je fencois pournbsp;M VI ¦ o^inaire au fond du coeur une certaine joie ,u-Dorothéenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;confolation que je ne puis éxprimer,
de rincar ^ nbsp;nbsp;nbsp;^ répandoit fans doute pour
nation. nbsp;nbsp;nbsp;raa douleur.
Cependanc mes doutes continuoient 8c me pei-XXXV. r^oient toujours de plus en plus. Jetois princi-Suite.dumê-palemenc troublée de la crainte d'etre toujours nicfujct. éxcomrauniée, ou plutót dêtre toujours traitéenbsp;comme une éxcommuniée, car je ne croyois pasnbsp;pouvoir lêtre en effec pour ce fujet; amp; lors quenbsp;je ferois féparée au moins éxtérieuremenc, nonnbsp;leulemenc de tous les Saints éxerciccs qui fe font
'Relation de la Perfi'cution des Religieufis de Port-Royal^ i664.-l66f.
Malgré tous mes doutes amp; les ex- que javois faite amp; lignée avec mes Soeurs, que Relation
M. Marie Dorothée
que cette tempete dureroit. Je me voyois dans
nous ne ferions rien etanc féparées les unes desaltla Can. autres. Je me croyois, coratne je Iai déja dir,de laRé-féparee delles pour jamais , ou au moins tant '^^rende
dans les aflemblées dcs fiddles, mais encore de la re, amp; telle que je fufle aflurée quon ne me
r Tn irtiir nnP tromnoir nbsp;nbsp;nbsp;r'or 1/a n^#=gt;rtnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i*.
1impuiilance de conférér de mes doutes avec^ ijt quelquun qui put les lever amp; minftruire de ce ,nbsp;que javois a^aire enfuite de la Déclarationnbsp;M. IArcheveque, que je ne trouvois pas ab-folument bonne, mais qui ne laiilbit pas de menbsp;troubler amp; de me jetter dans le doute, a cautenbsp;quelle nous fauvoit , a ce que je croyois, dunbsp;menfonge amp; du fau.x témoignage. Je penfainbsp;done que pour le plus fur je tacherois d'ob-tenir quon me laiffat faire une bonne fignatu*
rtllO 1^ frjt 44 /a |7 nbsp;nbsp;nbsp;_
participation aux facrés Myftcres. Un jour que jetois fort occupée de ces penfées je trouvai unnbsp;livre dcs cérémonies de TEglife dans la chambrenbsp;ou jattendois le moment dentrer au Refedoire^nbsp;jen lus quelque chofe, amp; cette ledure ne fit quenbsp;maffoiblir; je ne pus me réfoudre a paCTer routenbsp;ma vie fans culie éxtérieur, fans cérémonies, fans
trompoit pas, car je nen voulois point faire autrement que pour fatisfaire a ma confciencenbsp;amp; a mon devoir; eeft-a-dire, que je ne vou-iois figner quaprès avoir été bien convaincuenbsp;que jy étois obligée en confcience. Je me de-terminai encore a ce parti, pour faire voir anbsp;tout le monde que ft javois refufé jufqu'alorsnbsp;Sacrements, fans communication,fansdiredion, de figner;cenavoic été ni par opiniatrerc,ni narnbsp;fans confolation, amp; jétois route prête a figner ajcun motif humain , indigne dune chretietinenbsp;dans Iincertitudc même sil le falloit faire. On amp; dune Religieufc. Je nai jamais eii, par lanbsp;mavoit refufé dès le commencement les perfon- miféncorde de Dieu, un feul moment envie denbsp;nes que javois demandées pour me confeflTer. Je figner purement ér [implement le Formulaire ^ 8cnbsp;dois regarder aujourd-hui ce refus comme une jétois réfoluë de mourir plutót que dele fairenbsp;grace du ciel, amp; en remercier Dieu, car jaifqu mais jai cru que je pouvois amp; devois faire cenbsp;que 1une de ces peribnnes avoir affbibli amp; mcme que^Je ferois perfuadee quil falloit faire,nbsp;caufé la chute de quelquune de nos Sceurs. Je Jécrivis done ce projet, ou cet adte, par le- xxxvir.nbsp;ne fgavois que faire. Je voulois prendre con- quel je difois que je condamnois fincéremenc lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Dailleurs je ne voulois lui parler que pour me faire cxpliquercet «rcjtc/V/cewe»# de la Déclaration,nbsp;amp; fgavoir quelle étoit lintention de M. lArche-vêqae,dont il devoit être mieuxinftruit que per--fonne. Jccrivis done é iVl. lArchevêque pournbsp;lui demander M. Chamillard^ qui ne manqua pasnbsp;de venir auffitót, croyant, comme il me dit,nbsp;que je lavois mandé pour recevoir ma fignature,nbsp;paree que mes Soeurs lavoient mandé de mêmenbsp;quand elles avoient voulu figner. Ce nétoit pointnbsp;du tout mon intention, mais bien de propoferrocsnbsp;doutes amp; de méclairdravecluide Vaapuiejeementnbsp;Rjjqn me demandoit. Mais affuremene le malinnbsp;|lprit nétoit pas loin pour me féduire amp; me faire
xxxvl. nbsp;nbsp;nbsp;....nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avant cette entrevue j avoi,
Ellc conjoit . P nbsp;nbsp;nbsp;fignature que je croyois pou
unprojet de VOir bgtlCX. J avots tout a fait oublié la nmmpCr; Bguatute.
me vint en penfe'e de demandcr M. Chamillard, quant au fait, je promettois foumiffion, refped fgachant bien que Ton ne me permettroit de voir amp; filence, comme fille de iEglife; amp; que jedé-que lui, ou un autre encore pire que lui. Je ne firois que ma lignature fut un témoignage que jenbsp;le connoiflbis pas bien encore; je ne fgavoisrien voulois vivre amp; mourir dans la foi de la Dodri-de fa maniére dagir envers nos Sceurs, ni quil ne quelle enfeigne a fes enfants; que sil y avoicnbsp;eut eu tant de part a notre enlévement, amp; quil dans cet Ade quelque faute que Dieu vie amp; qqgnbsp;flit notre parrie fecréte. Je le croyois auffi mo- je ne connoilfois pas, je le de'clarois nul amp; fansnbsp;déré quil Iavoit paru dans le commencement. elFet, nayant pas deffein de bleffer la vérité pournbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..... laquelle je voudrois être digne de mourir. Je cro
yois quen promettant cette foumiffion comme fille de IEglife, jévitois de la rendre criminelle,
amp; quon sen contenteroit. Je penfois encore quavec le claufe que jy mectois, jc pourrois figner fans difficulté.
M, Chamillard après mavoir temoigné fa joie xxxviii. fondee fur la penfée quil avoit que je voulois fig- Ewre-ner, métourdit tellement 1efprit par fon empref-*^^[,quot;3^gj^^'nbsp;fement amp; fes manieres qui me déplurenc, que jenbsp;perdis ma première peniëe de lui demander lcx-plication de la Déclaration. Je lui montrai cenbsp;papier afléz indifféremment. II en fut trés fatis-fait, amp; me dit que cétoit ce quil avoit toujoursnbsp;défiré que Ton fit; ce qui me rendit roon papiernbsp;ayant cette entrevue j avois fufped. II voulut sen aller fur le champ trouver
folC
M. lArchevêque. Je me trouvai horriblemenj fait oublié la promelfe émbarrafiee de cet engagement, oU il me poui-
-ocr page 159-Relation de la Verfécution des Religieufes ae Vort-Reyal^
Relation foit avec un étrange emprefferaent. Je Ie priai 11 alia a 1Archevêchc amp; revint peu de jours Relation de la Cap. de ne fe pas tanc prefler, 6c lui dis que Je népis après me dire quil avoit obtenu avec bien de la de la Cap.nbsp;de la Ré- pas encore refoiuë a faire quelque chofe. Mais peine ce que javois fouhaité. II men tnontra de la Rd-vévende cotntne il ne tne vouloit plus laiflèr de temps, jc Ie Projst, amp; me dit que M. 1Archevêque vien- verende _nbsp;M. Marie Paffurai, que sil mengageoit, je ne ferois nulle droit au premier jour prendre ma fignacure. Jenbsp;Dorothée difficulté de Ie dédire. Cela 1arrêta un peu. Jé- ne puis dire combien je fus affligée dune'telie Dorothenbsp;de Ilnear-jQij ^jans une inquietude amp; un embarras terrible Nouvelle, Sc de lengagement oü je me voyobnbsp;nation. de me voir obligée a ncgocier une affaire pour la- de parler a M. lArchevêque , amp; dentrer en
toujours
que de croire que les chofès pourroient étre a préfenc fi bien éclaircies, que tout Ie monde reviendroic centre Ia lignature, amp; ne la re-garderoic plus du même CEil,ou quon ne pen-foit plus quelle fut un G grand mal. Je crusnbsp;même que ma Soeur Gertrude, qui avoit Ggné,nbsp;pouvoic avoir requ quelque avis de nos amis,nbsp;6c que cétoic peut-être leur fcntimenc quon
quelle javois tant dhorreur, amp; je ne pouvois rnatiére avec lui. M. Chamillard fe mit a me xxxix. néanmoins faire autrement pour éclaircir mes dou- féliciter fur ce que je lignerois bientót, de quoi second En-tes amp; mes .difEcultés. Je ne voulois pas les iui je-ne 1aflurais pas. Il méxhotta de ne pas f®i*nbsp;propofer, nayant nulle créance ^ ce quil me re comme une de mes Soeurs, qdi avoic^ éténbsp;dirok. Je tachois de minftruire Ueniendre par- trois fois prête a figner fans sy ctre pu réfou-ler amp; de fgavoir furquel piedétoient nos affaires, dre. Je lui dis, ce me femble, que jen peuren Ie faifant difcourir de ce qui fe paflbit; fi rois faire autant, du moins je fgat bien que jennbsp;on parloic encore de fignature amp; fi elle avoit avois la penfée.^ II me dit done que je retour-toujours Ie même crédit , car jétois affèz bete nerois bientót a Fm Royal, amp; que je contri-
pouvoit figner. II me vint en penfée que je jen doutois fort, 6c j'étois même afléz perfuadée devois pour plus grande fureté modifier par une que M. lArchevêque nen avoit nulle envie; cenbsp;bonne reftridtion ladte que je venois de lire a que je lui dis, Iaffurant de plus que je ne pen-M. Chamillard. Je lui dis done, que je navois fois point a retourner dans notre Maifon - quenbsp;pas marqué affez diftinclcment que la foumif- ce nctoit point pour cela que je ne fignerois,nbsp;fion dont je parlois nétoit que de refpedl. Cela fi je Ie faifois, mais feulement pour fatisfaire anbsp;diminua beaucoup de fa joie. II me dit que ma confcience ; que toute ia grace que je de-jen parlerois , fi je Ie voulois , a M. 1Arche- mandois étoit , quon me mit dans un Monafi-
buerois a remettre Ie bon ordre dans la Maifon, quil difoit être en mauvais état^que jagirois dcnbsp;Concert avec lui, amp; que je lui ditois routes cho-fes amp;c. Je vis bien quil prc'tendoit que je nenbsp;ferois rien que par fes Confeils, amp; que je menbsp;mettrois fous fa conduite i ce qui me fft une vraienbsp;horreur, amp; cela feul eut été capable de mempê-cher de figner, fi jen eufl'e été bien aflurée. Mais
vëque. Jelui dis que je ne ferois rien, fi M. lArchevêque ne tnectoic dans fa Declarationnbsp;att cas fu'ily eut du mal, ma pguature ne fer-¦viroit de rien. Cela Iembarrafla encore. Né-anmoins comme il avoir une furieufe envie de menbsp;faire figner,il me dit qui! feroit tout fon poüibicnbsp;pour y faire confentir M. lArchevêque. Je luinbsp;dis encore que javois ouï-dire que lon condam-noit, en fignant,la Doétrine de Saint .Augujltn.
tére de notre Ordré, ne pouvant pas vivre dans ce-luiou jécois, amp; dont les Obfêrvancesfont fidifFé-rentes desnócresiquecétoit un autre monde pour raoi. ümedemanda oujeuffe voulu aller,commenbsp;fi tout cut dépendu de lui. Jétois toute étonnéenbsp;de fa maniére dagir 6c de parler, qui étoit cellenbsp;dun Supérieur abfolu. 1) me voulut fonder furnbsp;ce quil ne fqavoit, difoit-il, sil demeureroit è
____ nbsp;nbsp;nbsp;_ _ Port-Royal en cette qualité, 6c il me. témoigna
ra^forc^ie cela étoit faux, 6c que Ie quelque chofe, qui me fit comprendre quil a-p ^^lalre temoignoit Ie contraire, je Ie crus nbsp;nbsp;nbsp;voit grande envie dêtre continué.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;luinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dis
fuTirparole. H maffura auffi que lon ne con- nbsp;nbsp;nbsp;que eet emploi étoit fort au deflbusnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui, 6c
me Ie figneroit. 11 me confirma ce quils dilent froid vovant Ifier'
tous (que 1'on ne fait en fignanc que ce que M. fe mit fur les renrnrbp^^ penfois autrement. Il óTyres a fait lui même en fe foumettant au juge- voit jamais nu rm .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
ment du Pape 6c du Saint Siége.) Tout celane que je lavois ronioV nbsp;nbsp;nbsp;^ parler, 6c
me mettoic pas ITfpric en répos 6c ne me paroif- éxtraordinaire ce^aui^prob'^^ nbsp;nbsp;nbsp;froideur
foit point fuffifant pour figner en bonne confeien- pu me réfoudre a me confeffer uTquot; on ce. Je lui dis la repugnance que jy avois, 6cnbsp;que jirois plus volontiers a la mort, fi iVl. lAr-cheveque iny condamnoit. Je croyois dire vrai;nbsp;mais il fe moqua de moi. II témoigna croire
damnoic pas non plus la grace efficace, amp; quil nbsp;nbsp;nbsp;quil méritok plus que cela. II parutnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;unnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peu
nie fo figneroit. II me confirma ce quils dilent nbsp;nbsp;nbsp;froid. vovanr Viipn o,«o t» ¦
tous (que Ton
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vertu amp; quelque reputation de fqavok que lon me ffi': quü avoit, amp; quil parokfoit avoir a fonnbsp;extérieur. Lemploi quil avoit accepté pournbsp;nous féduire Sc nous faire figner me donnoit déja
Je nbsp;nbsp;nbsp;quot;quot; je devob en cecte occa- bonne opinion dun homme qui sétok charge
'Rdafton de la Pérpcution des Ueligieufes de Port-'Rojal, i66^-ï6^'j. trêmicé oü jétois, car je ne i§avois plus h quel Relation Saint me vouer. JefpéraiqueDieu éxauceroit made laCap.nbsp;priére. Je penfai même a me préparer a la mort: de la Ré-amp; quoique jeufl'e une grande frayeur desjuge-'^drendenbsp;ments de Dieu, javois la confiance quil verroit^^nbsp;dans fa raiféricorde léxtrêmité ou jétois rédui-^°'^°''*^' delIncar- nation. XLI. Ie preH Francoisnbsp;Sales pontnbsp;Patron. t6o Relation que jen penfois devant ma Sceur Flavie^ qui de la Cap. naura pas manqué de lui en faire confidence,nbsp;de la Ré- Depuis done que M. Chamillard meut dk quenbsp;;^rende lArchevêque devoit venir pour recevoir manbsp;M. Marienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg ^g juj avois pourtant point pro- der*Incar-^^^gt; comme il 1a dit, nayant jamais eu ce def-nation nbsp;nbsp;nbsp;formé qui dépendoit de la fureté que 1on me donneroit amp; que je demandois, fgavoir la liberté XL. de faire une bonne reftriétion, faute de quoi jenbsp;scs irrtlt;füla-ne fignerois jamais rien, comme il eft arrivé. Jenbsp;tïBns. jjg voulois point figner pour me tirer de^ prifon,nbsp;je nen étois pas encore aflèz laiïèj je my feroisnbsp;même accoutumée, amp; rien ne mauroic couté, finbsp;javois écé bien affurée que la Déclaratiqn netqicnbsp;pas bonne, 6c que je devois men débarrafl'ernbsp;comme d'un piége. Jaimois beaucoup mieux nenbsp;point figner, que figner. Je fufiportois patiem-ment mes peines dansla confiance quelles mefer-voient a éxpier mes péchés amp; quelles étoientnbsp;utiles pour mon falut. II eft vrai que javois unenbsp;grande répugnance a me priver pour toujours denbsp;la compagnie de mes Meres amp; de mes Sueurs. Jenbsp;ne voyois dans lavenir quun furcroit de peines öcnbsp;daffliélions, fi je ne fignois pasj je nen prévo-yois pas moins, fi je fignois mal a propos. Jc-tois done bien embaraflee. Je ne fqavoisdequelnbsp;cóté me tourner, par ce quil y avoit du péril denbsp;tous cótés. Je nofois parler de mes inquietudesnbsp;a perfonne, craignant les furprifes de celles avecnbsp;qui jécois, 6c qui fur la moindre apparence de foi-bleRe mauroienc poutïee dans Ie precipice. Carnbsp;qauroit écé une gloire amp; un triomphe pour elles,nbsp;li javois figné, comme elles fe croyoient desho-norés, fi je ne fignois pas. Je les ai emendu el-les-mêmes parler 1'ur ce ton dans Ie temps que manbsp;Soeur Melthilde figna pour la feconde fois a St.nbsp;Denis ^ amp; paroitre jaloufes de 1honneur quellesnbsp;croyoient qui en revenoit aux Soeurs de St. Denis.nbsp;Je ne dis done mes peines qua Dieu,6c jelepriainbsp;de mon mieux de me tendre la main 6: de mai-der j paree que jétois foible amp; que je tomberoisnbsp;immanquablement fans fon fecours, Un jour que je faifois ma prie're dans la Cba-Mlepiend S.pgjjg (]g st. Franpis de Salesjeus la penfée de Francois de pj.gjjj^g gg Saint Evêque pour mon proteéfeur dansnbsp;cette éxtremicé. Je Ie priai done de mobtenirnbsp;du Seigneur la lumiére 6c la grace de connoirrenbsp;fa volonté. je lui deraandai que, pour marquenbsp;de fa proteélion, il obtint par fon crédit auprèsnbsp;de Dieu que je pufte parler avec liberté 6c ferme-té a M. de Paris., 6c que ce Prélat fut aufti dif-pofé a ne point gêner ma confcience j 6c que finbsp;fon autorité, ou ma foiblefte, mentrainoit a faire quelque chofe qui offenfat Dieu 6c fa vérité,nbsp;je mourufte plutót aux pieds deM.lArchevêque,nbsp;tnant infiniment mieux mourir que doffenfcrnbsp;Je ne fijai fi je fis mal de faire cette priére . mals Je bjgn qyg jg Ja (Jg Je tout monnbsp;eoeur, cc quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouvoir faire dans 1éx-te, 6c jaimois encore mieux tomber entre fesnbsp;mains paternelles, en quelque état que je fuffe,nbsp;que de figner 6c 1offenfer. Je fus atlez fimplenbsp;pour dire aux Filles de St. Franpis de Sales lanbsp;priére que javois faire a leur B. Pere, car jallownbsp;alors a leurs recreations, 6c quelles ne fuiTencpasnbsp;étonnées fi je mourois fubitement, que je lavoisnbsp;demandé au cas que je fuffe en danger doffenfernbsp;Dieu par quelque mauvaife fignature. Je vouloisnbsp;par la leur faire connoitre ma difpofition, amp; qygnbsp;je ne pfétendois pas condamner IVl. d'ljsrfr, silnbsp;étoit innocent. Je crus aufti que cette De'clara-tion pourroit me fervir de temoignage que jena-vois aucune mauvaife intention dans cette négo-ciation, ou je ne cherchois qua mettre ma confcience en répos. |
Joubliois de dire quayant appris environ ce .xxil. temps-la que ma Sceur Gertrude avoit figné,jeusnbsp;envié de fqavoir comment elle avoit fait fa figna- denbsp;ture, 6c qui lavoit confeillée de la faire, carjeGmrude^nbsp;mimaginois quelle pouvoit avoir requ quelquenbsp;avis de la part de nos amis de confcience. Je^°^'nbsp;priai done la Mere de me rendre ce fervice öcnbsp;de faire enforce que ma Sceur Gertrude put menbsp;mander les raifons quelle avoit euës defilt;mer-maïs que je fouhaitois quon ne voulut pas voirfanbsp;Lettre, afin quelle eut toute liberté de mécrircnbsp;fes fentiments. Je ne fgai fi fa Lettre a cté vuënbsp;de la Supérieure de la Maifon oü elle étoit: malsnbsp;je la requs cachete'e 6c de la main du Confeftèurnbsp;des Asmonciades ^ la Mere ayant voulu quil me Ianbsp;donnac lui-même. Je vis par cette Lettre que manbsp;Soeur Gertrude navoic point lequ davis, puif-quelle ne men parloit point: mais elle mappre-noit ce que jétois en peine de fgavoir, jc veuxnbsp;dire quelle croyoit comme moi que la Declaration de M. lArchevéque nóusgarantiffoicdumen-fonge 6c du faux témoignage. Comme je nemynbsp;fiois pas encore tout a fait, je trouvois plus dcnbsp;fureté a men tenir è ce que javois penlé da-bord, ceft a dire a écrire ma reftriéfion au ba*nbsp;de mon nom, fi je pouvois en obtenir la per-miffion. Je fus, je penfe, deux jours a croirenbsp;que je pourrois figner en confcience, je ne menbsp;fouviens plus par quel principe. Je penfai auiSnbsp;en ce temps aux avantages cui .me reviendroientnbsp;de ma fignaturej celui qui me touchoir Ie plus,nbsp;étoit la liberté que jaurois de voir quelqu'un qüinbsp;put me dire des Nouvelles de tous nos amis. Enfin je dis a la Supérieure que je croyois que manbsp;confcience me permettroitde figner, fi 1on mac-cordoit les furetés que je demandois. Pour cettenbsp;fois elle me fit de grandes careffes, 6c elle maffu- I» |
Relatmi de la Verfécution des quot;ReUgieufes de Fort-Royal^ Relation ra quon Iavoit .toujours dél'irc plus nbsp;nbsp;nbsp;de moi quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cance lui caufoit. Je ne lui cachai nac nr^r, de la nbsp;nbsp;nbsp;,Cap.de pas une de celles qui écoient ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;charge. Jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce que je penfois de fa conduce fL.fé^ard ^ï'denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Can de la Ré- nVus pas de peme dcn trouver la raifon, qui ne je fus bien-aife de trouver cette occafion d r de la Ré^quot; vérende me flata point. Sa joie c'toic trop grande pour charger mon coeur. Tene gagnai nVn 4 ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Dor^thée nbsp;nbsp;nbsp;I avec ce bon Prêtre. Je relaFcommenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M=.iie ?p nbsp;nbsp;nbsp;Iquot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;repandit au dehors; elle en par- mes doutes amp; mes incertitudes. Tout ce n..- Dorothée la, elle en e'crivic a tous fes amis, amp; elle en re- eft arrive, ceft que jai regretté, admiré amp; aquot;deIlncar-qutdes compliments de tous cotes. Je penfois mé plus que jamais les Confefleurs de Pof/-Ky^/'Fiation. cependant a ce quejavois a faire :mais je navois car je fends parfaitement la difference quil y anbsp;rien defixe dans 1Efprir; je ne pouvois prendre entreux amp; M. Aubron.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ une réfolurion. Je femois toujours nbsp;nbsp;nbsp;au fond denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jétois done toujours dans la peine de ne fra- mon coeur une cenaine répugnance nbsp;nbsp;nbsp;a faire la fi-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voir que faire touchant cette miférable fignature; tuddquot;df gnature lelle que je 1avois projettée, je craignois amp; de plus je fouftfois horribkment detre tous leftattemequot;ds quil ny cut encore du mal: Je voulois voir plus jours dans rattente de M. IArcheveque, que je^.' *'Arche-clair. Je priois, je lifois; mats je litois plus vo- nétois pas pourtanc fort empreflée de voir. Jene'^'' ------ JC Cii bieffcT la vériié amp; la cbarité en faifanc ce que le Pape öc mon ArcheYequemordonnent,par- X nation. quot;Son Einre- Confefleur pourrois minftruire amp; finir mes incertitudes. Je de la Mai- nq voulois p3s entrer avec lui dans de grandeséx-plications, javois feulement deilcin de fqavoircenbsp;quil penlbic de la Declaration de M. de Paris^nbsp;6c sil la croyoit bonne 6c fuffifinte pour me faire figner fans pécher. Je lui donnai dabordfujetnbsp;de fe moquer de moi en lui demandant fi cétoicnbsp;comme une contre-promelfe. Au refte il me dienbsp;que non feulement je pouvois figner, mais quejenbsp;le devois faire fimplement amp; fans fcrupule; quenbsp;jen faifois difficulté, paree que je craignois denbsp;faire un pêche monel; mais que jen ferois 4. ou 5nbsp;fi je ne fignois pas, le premier de défobéiflance,nbsp;le fccond de fingularitc, le troiüémede ne pointnbsp;communier,le quatrierne decondamner tousceuxnbsp;qui fignoient 6cc. Je lui tnontraiauffi 1ccrir quenbsp;javois donné a M. Chamillard ^ amp; il releva autfi-tot la foumiffion refpedlueufe que jy promettois.nbsp;Il témoigna quil avoir companion de me voirnbsp;dans une fi grande Ibiirude amp; privée des Sacre-mentsi que je devois penfer a 1 impatience quenbsp;JeJus-Chrifi avoir dentrer dans mon cceur. Jenbsp;lui dis ce qui mempêcheroit de communkr, finbsp;javois figné; mais il nentroit dans aucune raifon , 6c je reconnus bientor que je metois fortnbsp;mal adrellee. Il a routes les maximes de la Mif-fion, dont il a etc, fi je ne me trompe. Je Iainbsp;vu deux fois, amp; je nai trouvé aucune Ibliditénbsp;dans fes difeours, qui ne font que des lieux com-muns fur Iobeiffance au Pape. Il me dir quilnbsp;avoir figné ^urement ^ fim^kment le Formulairenbsp;fans la moindre difficulté, mais que fi le Pape ennbsp;faifoic un autre tout oppofé, il le figneroit avec lanbsp;même facillté. Jentrai peu en difeours avec luinbsp;fur tout cela, paree que je ne lui trouvai pas lesnbsp;lumiéres que je cherchois. Il me dit encore quilnbsp;avoit éxhorcé la Mere Supérieure a avoir de lanbsp;patience amp; de la cbarité pour moi, routes les foisnbsp;quelle lui avoit témoigné la peine que ma réfif- |
regarder ce retard comme un effet fingulier de la providence de Dieu fur moi, car M. Chamillard,nbsp;qui triomphoit de mafignature avant quedeia tc-nir,enavoit parlé a tout le monde 6cparticuliérc-ment a nos chores Soeurs, qui priérent tant pournbsp;moi,que je ne doute point quelles ne tnaiencnbsp;délivrée de ce pc'ril; amp; je leur en ferai redeva-ble toute ma vie comme du plus grand bienfairnbsp;que je pouvois recevoir, puifquelles mont reti-réepourainfi-dire des portes delenfer,en mepre-fervant par leurs faintes priéres de faire une fi fu-nefte chute. Enfin M. IArcheveque manda a lanbsp;Mere de me dire quil étoic bien fache de navoirnbsp;pu venir plutor; que je pouvois croire que^ cecoicnbsp;bien malgré lui quil avoir rant différé, maisnbsp;que ce ferok fans faute Samedi après-diner. Cenbsp;fur pour moi un coup de foudre, 6c je nauroisnbsp;pas rant foufferr fi Ton mavoic annoncé que jenbsp;mourrois Samedi après-diner, ou pour mieuxdire, jen aurois eu de la joie, puifque jaurois é-vité par ma more la choie du monde que je craignois le plus, 6c beaucoup plus que la more, denbsp;faire quelque chofe contre ma confcience. Jainbsp;trouvé dans les papiers que Ton ma renvoyes u-ne oraifon qui éxprime aifez bien la difpofitionnbsp;OÜ jétois le jour qui devoit terminer cette écran-ge affaire. La Mere Agnes ma confeillc de lanbsp;metire ici. Jefus-Chrifl mon Sauveur 6c mon bon Paf- xLv tear , vous voyés mon affliétion 6c mon éx-Ptkre ale- tréme ncceffué, que je fuisfeule,abandonnée ^quot;s-Chiift, fans confeil 6c fans fecours que de vous Sou- verain Pontife de mon ame, 6c Iunique témoinnbsp; de ce qui fe paffe dans mon coeur. Vous ynbsp; voyés ce que vous y aves mis, la crainte denbsp;vous oftenfer dans cette facheufe occafionnii ifnbsp;fuis^combattue des^deux core's. Je eSns ie ce |
delation de la Férfecution des 'Religieufes de Port-Ttoyal, i664.-l6(i^. 1*0! Ktor» Aac nbsp;nbsp;nbsp;Aanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TT rt /-»iio ia na»-i-vJ«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-i r._. véren de M Marienbsp;Dorothéenbsp;de rincar-nation. xt-vt. Troifi.lmenbsp;Entretiennbsp;avee M.nbsp;Saris. *3 lUb uu nbsp;nbsp;nbsp;UCVdllC iC Odllll. 04* pCU 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CllV VjUV,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;UWIIC. aVJ.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T ^ Chapelle de St. Franfois de Sales vouloit faire ce bruit, quil auroit mieux faitd a- poor le pner de me rendre favorable M.---------- ----tpiDos la. poor vêque .Arche-Mere Supérieure Relation,, ce que jai bien des fujets de croire quil y a de la Cap. du mal en ce quils me commandent. Dunnbsp;cóté je Grains dencourir Tcxcommunica-tion par ma défobéiffance. Mais vousfqavés.nbsp;Seigneur, que je ne refufe dobéir que pareenbsp;que je doute que vous me Ie permettiés. Vo-yés-donc Ie peril qui menvironne de toutesnbsp;parts. Scyés vous-mem.e mon guide , monnbsp;confeil amp; ma lumiére. Secourés-moi aujourd-hui, amp; mettés-moi dans Ie cceur cequejedoisnbsp;faire en cette éxtrêmité. Ne me laiffés pointnbsp;périr, moi qui fuis votre pauvre brebis dénuéenbsp;de tout {ècours Óc de route coniblation, finonnbsp;¦de vous, b mon divin Pafleur. Ne permet-tés pas que je fafle rien, en ce jour, qui menbsp;privé de votre grace amp; me fc'pare de vous. Jenbsp;vous fais de tout mon cceur Ie Sacrifice de manbsp;vie amp; de ma raifon, fi vous voulés bienmó-ter Tune ou Iautre , pour me réduire dansnbsp;rimpuilTance de transgrefler vos Saints com-mandements. Accordés-moi , ó mon Dieu,nbsp;1une de ces deux chofes, fi cefl: votre Saintenbsp;volonté que je vous faflfe cette priére. Vousnbsp;voyés quelle part dun cceur affligé amp; prefienbsp;de tous cótés. Ne fouiïrés pas que perfonnenbsp; marrache de vos mains Sacrées, 6 mon bonnbsp;,, Pafteur, puifque vous nous affures dans votrenbsp; Evangile que nul ne ravira les brebis qui fontnbsp;¦ dans votre main route puiffante. Carjaicon- fiance que je fuis par votre grace du nombrenbsp;heiireux de ces brebis que vous connoifles,quenbsp;vous appelles par leur nom, amp; pour lefquelles-,, vous donnés votre vie. Ces bienheureufesnbsp; brebis entendent votre voix amp; vous fuivent.nbsp; Parlés done aujourd-hui a mon cceur dunema- niére quil entende votre voix, quil connoiflênbsp;,, votre volonté, amp; quil la fuive maintenant amp; anbsp;,, jamais. Ainfi foit-il. Jécrivis cette Oraifon., je ne fqai pourquoi, iorfque je nattendois que Ie moment que M. iAr-chevêque arrivat amp; que jétois dans un stat fi pi-toyable, que je pouvois a peine tenir Ia plume.nbsp;Javois lefprit, Ie cixur amp; Ie corps fi abbatusparnbsp;la crainte amp; la trifteffe, que jétois plus mortenbsp;que vive. II faudroit mavoir vuë pour Ie croire.nbsp;Javois quelque joie de me fentir fi mal, éfpérantnbsp;que je pourrois bien mourir, comme je lavoisnbsp;demandé amp; comme je Ie foubaitois encore denbsp;toute mon ame, car jétois fi épouvantée de menbsp;voir fur Ie bord du précipice amp; prêteay tomber,nbsp;que la mort meut rendu un grand fervice de menbsp;délivrer pour toujours de cette crainte doffènfernbsp;mon Dieu. ^ Enfin M. lArchevêque arriva au jour Sc a lbeure quil avoic marqués, Sc lon vint maver-de'-quot; de fon arrivée. Mais avant que de merendrenbsp;an arloir^ je fus un moment devant leSaintSa Javois déj^ dit a la |
que je n'étois pas réfoluë a figner amp; je lavois Relation priée den prévenir M. 1Arcbevêque, afin quil de la Cap.nbsp;fut diipofe a entrer dans mes peines ét a écouter de la Ré- mes raifons , amp; afinquejepuiïeaulfiNégocierune''^'®'de bonne reftriótion, car jécois bien réfoluë de ne pas ^ nbsp;nbsp;nbsp;^ ^ figner autrement, amp; sil meut preffée de Ie faire fans , aucune reftridion , javois réfolu de'crire avantnbsp;mon nom ces mots -.pour la foi ^pour !a vérité. Je croyois que cela étoit fuffifant pour faire voir que je ne fignois pas (Implement Ie Formulaire. Jenbsp;fus done au Parloir, amp; en entrant je mc mis anbsp;genoux devant M. lArchevêque, qui me fit levernbsp;avee bien de la bonté, car il étoit pour cettefoisnbsp;de belle humeur. II commenqa par me dire quil.nbsp;alloit lever mes doutes amp; mes difficultés, pareenbsp;qu'il ne vouloit pas me faire figner, que je nefuf-fe entiérement perfuadée, afin que je neuflTe pas-fuje: de men repentir après. Cela me fit unpeu.nbsp;refpirer amp; me remit 1Efprir. Je verrai par cenbsp;quil me dira, dijois-je en rnoi-mhne ^ fi je pourrainbsp;faire quelque chofe de für: mais sil ne me ditnbsp;rien de fatisfaifant, je demanderai du temps pournbsp;tacher de rompre ce coup. II me dit tout ce quil.nbsp;avoic deja dit dans fes prccédentes Vilites, amp; en-trautres cholës, que je ne devois pas écouter ces' Me^teurs nbsp;nbsp;nbsp;avoient perdu leur Procés,quils nécoient pas croyables, amp; quil étoit contre toute raifon de les fuivre prcférablemenc aux Papes ,. aux Evêques Sc a une infinite de perfonnes quinbsp;avoient figné. Comme il me parloit afiez fami-liétement, je lui tepondois aulïi ave^ aflèa. de H-berté. jétois feule avee lui,car il ne vouluc-^asnbsp;cette fois que )a Mere fut préfente a notre Conférence, amp; jen étois plus fibre. Je lui dis donc-que de tant de perfonnes qui avoient figné Ie Pornbsp;mulaite ^ la plupart lavoit fait par des vuës hu-maines amp; des confidérations de politique ou diii-téréc, Sc beaucoup dautres fans être fort perfua-dées de lavérité in fait, Cefom des méchants,. ,, me répondit-il, sils nont pas figné fincére-,, ment. je lui dis aufii que s'il étoit vraiquen fignant lon condamnat la Doélrine de Saintnbsp;gufii», je mourrois plutót que de figner. II menbsp;répondit: Et moi auffi, ma Sneur, je mour-,, rois avee vous. 11 me paria de M. Arnauldnbsp;avee beaucoup daigreur a fon ordinaire, amp;nbsp;mcn dit bien des faufféres, enrrautres quil fou*nbsp;tenoit les cinq Propofitions. Je lui dis ce que jenbsp;fqavoispar moi-même, que lors que les 5 Pro'nbsp;pofitionsfurentcondamnées a Rfl7w,M. Arnauldnbsp;men avoir appris la Nouvelle, Sc que lui ayatitnbsp;demandé sil ne les condamnoit pas auffi , il ma*nbsp;voit répondu quil les condamnoit de même: maisnbsp;que cette condamnation ne lailTeroit pas que dc'nbsp;faire du mal Sc du bruit, en ce quon les attri-bueroit a M. i'Tpres. M. lArchevêque rêva unnbsp;peu, amp; dit que cétoit done M. Arnauld quinbsp;bandonner les 5 Propofitions dès cenbsp;Ecoit-ce la répondre a ce que je lui difois- s re- vmt |
'Relation de la Perficutien des Religieufes de Port-Royal, urces Mcffieurs, Sc me les dépeignit javois oublie prefque tout ce que ja
1^3
Relation vint encore lax ces Meffieurs, Sc me les dépeignit nbsp;nbsp;nbsp;javois oublie prefque tout ce que javois fgu tienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Relation
de la Cap-comme des trompeurs Sc des gens demauvail'etoi. nbsp;nbsp;nbsp;capable de me fortifier centre les doutesamp;lesdif-denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cap.
de ia Ré- )e ne pus mempecher de lui dire que je croyois nbsp;nbsp;nbsp;cours dont on m ctourdillbit , de forte que
véteude les bien connoïtre, Sc que je ne les avois jamais nbsp;nbsp;nbsp;javois eu afl'ez de confiance aux perfonnes pour
M. Mat'e reconnus pour tel. Maïs au contraire pour des croire tout ce quelles me difoien: amp; qy, ne me^ Marie ?°nrcar-S^* d honneur, dune ésade probitc, dunepiété faifoic que trop dimpreffion, je me ferois
faites, incapables en un mot de tout ce quil leur dans la folie, faute de lumicre. Car je ne me' imputoit. II demsura un peu froid, amp; met dit. foutenois que par la defiance amp; la crainte detre
' profonde, d une droiture Sc dune fmcérité par- blie immanquablemcnc, Sc enfin je feroistombée^®
¦ nbsp;nbsp;nbsp;nation.
auffi froidement: ,Je vous dis ce que lon ma dit.
Comme je navois pas grande confiance enlui, que javois peu de foi a fesréfolutions,jenemenbsp;prelfois pas de lui propofer mes difficultés amp; mesnbsp;doutes. II eft vrai qu'il me leslevoitenpartieparnbsp;routes les fauffetés quil m.e débitoit, amp; qui fai-foient fur moi une impreffion contraire a fon intention. Enfin je me determinai a lui demandernbsp;la permiffion de faire une bonne reftridlion enfi-gnant. Je lui dis done que nayant a faire qulinbsp;lui, je Ie conjurois amp; lefupplioistrèshumblementnbsp;de me rendre facile la fignature, Sc de ne pas 1é-xiger de moi a Ia rigueur; que cela dépendoit denbsp;lui, Sc quil pouvoit par charité Sc par compaf-lion me faire grace de 1Article du Formulaire,nbsp;qui me donnoit rant de frayeur. 11 fe mit a rirenbsp;Sc me dit. Que ferés-vous done quand il fau- dra figner celui du Pape, qui eft bien pire? nbsp;Je vis bien quil ny avoit rien de bon a efpérer.
XLVII.
me tn.tc tien.
trompee. Je ne fgavois auffi qui je devois croire, les uns me parlant dune fagon Sc les autres dune autre, chacun felon fes paflions ou fes pré-jugés.
avant routes les autresquilvalloitmieux,pour pas que d'autres perfonnes penfaflent a moi ^ la conferver, bleffer un peu la ve'rité^ quejenen celles qui me pouffoienc dans Ie précinicenbsp;avois pourtant pas Ie deffein, ne voulant pas fi- tre les mains defquelles jétois fans voirpar od
M. lArchevêque ne répondit rien a ce que je venois de lui direj il étoit perfuadé, ce me fera-b!e, que je navois que des raifons de confcience.nbsp;Enfin après avoir parlé dautres chofes indifferen-tes, il me demands fi je voulois figner eejour-la. Je lui témoignai-que je ny étois pas biennbsp;difpofée , car je ne cherchois qua me dégagernbsp;Ie mieux que je pourrois , ayant perdu toutenbsp;efpérance de faire une bonne reftritftion. II menbsp;dit quil vouloic mentretenir encore une foisnbsp;Sc quil apporreroit fa Declaration avec lécritquenbsp;M. Chaymllard lui avoit donné de ma part.Ceftnbsp;tout ce quil me dit de eet écrit, fans me témoi-gner sil Ie trouvoit bon Sc sil me Ie pafiferoic. IInbsp;fit appeller !a Mere, qui attendoitdanslefperanccnbsp;que jaillois figner, ayant tout préparé pour cela.nbsp;II me demanda ce que je fouhaitois, fi je voulois Elle mavoir dit 'a la récréation quelle avoit taillénbsp;communier a Paques. quot;je lui dis que sil luiplai- elle même la plume avec laquelle je devois figner 3nbsp;foit de me permettre de communier, jcn rece- ce qui mavoit fait reculer de 4 pas Sc jecter unnbsp;vrois plus de grace Sc de lumiére pour connoitre cri dépouvante. M. lArchevêque lui dit quilnbsp;ce que javois a faire. II me dit quil falloit avoir vouloit me voir encore une fois pour achevernbsp;figné pour communier. Cela me fit une vraie déclaircir mes doutes, Sc quil ne vouloit pas quenbsp;horreur. II me demanda encore ce qui mavoic je fignafife que je ne fuflè tout a fait perfuadée.nbsp;fait penfer a figner 3 Sc pour quelle raifon javois La Mere inüfta pour me faire figner a rheure*.tnc'nbsp;voulu Ie faire. Je lui dis que javois luunpalTage me, difant que cétoit une bonne chofe^ amp; quilnbsp;de St. Auguflin, qui dit que ne connoilïant pas ne falloit pas la diflFcrer. Je lui dis que je ne lanbsp;Ie fecret des coeurs, il fe croiroit criminelsilna- pouvois pas faire, amp; que M. lArchcvêque quinbsp;joutoit pas foi aux perfonnes qui lui parloient. étoit Pere, compatiftbit mieux quelle a ma pèi-Ce paffage qui fit plailir a M. 1Archevéque, Sc ne. Puis je dis a M. lArchevêque que javoisnbsp;dont je ne rapporte que ie fens, paree que je ne beaucoup prié pour cela, amp; que dans la craintenbsp;me fouviens plus des termes, mavoit troublée en que javois doffenfer Dieu en fignant, je lui avoisnbsp;efFet; mais j'ai penfé depuis que je pouvois fga- demandé par 1interceffion de St. Francois de Sa.nbsp;voir Ie fecret des coeurs touchant cette aftairepar ks de mourir a fes pieds, fi je devois TofiFenfernbsp;les mauvaifes pratiques amp; les intrigues qui fe font en fignant. Je crois quil en eut peur, car il ditnbsp;paflées a Rome, amp; qui font aCfez connues; amp; Ie afl'ez promptement: Ceji fourquoi il ne le fautnbsp;paffage de St. Augufiin ne me fit plus de peine, pas, je reviendrai un autre jour, je la veux voirnbsp;Je lui dis encore que je croyois, ou plutóc encore auparavant. jéchapai ainfi de eet efïro-que jétois en doute sil falloit avoir plus dé- yable danger par la miféricorde de Dieu,quenosnbsp;gard ii lunité amp; a Ia charité, qua la vériré; Soeurs avoient attirce fur moi par leurs priéresnbsp;quils difoient que lon fe féparoit amp; que lon fai- Je ne Ie fgavois pas alors, amp; je crois quefi jelaquot;nbsp;foit fchiftne en ne fignant pas, amp; que la charité vois fgu, cela auroit e'té capable de me faire rom'nbsp;étanC la première des vertus, elle devoit marcher pre cette miférable Négociation. je
gner fimplement Ie formulaire. Mais j^e lui par- jen fortirois.
fai de ce doute fans y avoir bien penfé j amp; puis Je ne fas done pas en repos après cette Vifite,
'Relation de la Rerfécution des ReUgkuJès de Port-Royal^ l664~i66j. Relation Je ne fgivois encore a quoi men tenir^ mesdou- bonté de me dire. ]e ne puis menbsp;^^P-ces amp; mes fcrupules continuoienc. Javois pour- ' ^ nbsp;nbsp;nbsp;2 lEntretien de M. 1Archevêque de V lende yQj^ encore plus clairement Ie danger .quilyavoi: n nbsp;nbsp;nbsp;^ figner. Je nofe quali dire une penfée éxtrava- de nbsp;nbsp;nbsp;paflok aflèi fouvent dans lefprit, nation. XLVIII. Continuation de fesnbsp;doutes amp; denbsp;fes fciiipu'nbsp;ics. XLIX. pout pou-ïoit lignsr. nbsp;nbsp;nbsp;1?quot; gi'ands fur la vérite ,7 quoique j aie fait tout quil en étok de routes les précautions quejevou-lois prendre pour faire une bonne iignature, com-me des champignons qui après avoir cté apprêcés avec beaucoup de ibin ne font bons, commelonnbsp;dit, qua jetter dans les cendres. Ceftdumoinsnbsp;lopinion que javois de la fignature. Mais d ail-leurs je doutois toujours sil ne falloit pas la faire. Je priois Dieu avec Ie plus dardeur quil tné-toit poffible. iécois auffi fort inquiéte dans Patiënte du retour de M. lArchevêque. je confidé-rois ce qui me pouvoit arriver, quand jauroisnbsp;ligné. Je voyois que je me féparois denos Meresnbsp;amp; de nos Soeurs; amp; quand je penfois furtout quenbsp;je ne verrois plus la Mere Agnès, ce métoitunenbsp;douleur amp; une peine infupportable. Je perdoisnbsp;auffi par la 1efpérance que la Sucur affillantema-voit donnée, peut-être fans y penfer, que 1onnbsp;pourroit me metcre avec elle; jai iqu depuis ,nbsp;que cétoit véritablement Ie deifein de la Mere.nbsp;Ces réflexions amp; bien dautres femblables mat-tendriflbienc beaucoup. Mais jétois pourtantnbsp;toujours dans mon doute sil ne falloit pas fairenbsp;tout ce que je pourrois, amp; je voulois faire unnbsp;effort pour me tirer de cetce incertitude ((i je fai-fbis bien ou mal de ne pas figner.) Car cette fi-tuation métoit infupportable, nayant pas de principe fur lequel je pufl'e mappuyer, 6c affez fortnbsp;pour maider a porter létat de privation amp; denbsp;peine oü jétois depuis fi long-temps, amp; du quelnbsp;je ne voyois point Ia fin, fi ce nétoit pour entrernbsp;dans un autre encore plus facheux, plus péniblenbsp;amp; plus humiliant, comme detre toujours traitéenbsp;en éxcommuniée jufqua ce que jeulTe figné j cenbsp;qui me donnoit une étrange idee de eet état. Jenbsp;penfai done férieufement a prendre un parti amp; anbsp;faire tout mon pofTible pour figner avec les furé-tés dont jai déja parlé. Voici un petit écrit quenbsp;je mets encore ici par Ie Confeil de la Mere^g-ves, amp; qui fera voir quelle étoit alors mon intention. Je lavois fait dans la penfée quonpour-roic Ie montrer a M. lArchevêque. Sil métoit permis dajouter a ma fignature Moy^ntqu-,, CCS deux fflots feulement, Jiri/ la vérite\ ounbsp;die propofe^^ quelqueautreclaufeauffi courte,jaurois,ce menbsp;,, femble, la confcience fort en répos, amp; je fe- rois délivrte dune peine plus terrible que lanbsp; morti car Dieu fgait que je voudrois de toutnbsp;mon coeur lui donner ma vie pour éviter denbsp;« 1oftenfer, auffi-bien que mes Supe'rieurs, ennbsp;» dangereufe éxtrêmité. Le fujet de manbsp; peine eft qug puis mempêcher davoirdesnbsp; tlutes bien erands fnr la vérrré des chofes gt; ' r - j nbsp;nbsp;nbsp;ce que j ai pu pour me perfuader de tout ce que Monfeigneur a eu la |
vaincre la- Relation defifus ni me délivrer de mes doutes 6c de mes de la Cap.nbsp; craintes. Le véritable moyen de me rafifurer de la Ré- 6c de tranquillifer ma confcience fur la fignatu-''Arendenbsp;,, re du Formulaire, feroit de ne me pas obliger a Marie'nbsp; la créance du fait que je ne me puis donner, Domthéenbsp; la foi ne fe commandant pas. Je fgai quelon dennear-,, ne me demande quune foumiffion : maïs jenbsp;,, promecs bien davantage par le Formulaire. Sinbsp; 1on me perniettoic daffurer de rna foumiffion, ,, fans figner le Formulaire par un écrit particu-,, lier, comme celui que jai donné a M. Cha~ ,, millard, quand je devrois pour cela ne point retourner a Port-Royaf puifque je naurois pu fi- gner avec mes Soeurs, mais comme une perfonne privée 6c une pauvre Religieufe étrangére, pournbsp; paffer plutóc toute ma vie dans quelque Cou- vent en qualité de Steur Converfe,je recevroisnbsp; cette grace avec la plus grande reconnoiflancenbsp; 6c avec autant de joie que fi lon mavoit reti. rée des grifes du démon. Telle étoit madif-pofition. II eft certain que je me ferois eftimée fort heureufe fi 1on avoir voulu me tenir quittenbsp;de la fignature fimple a ces conditions; mais jenbsp;nai pas eu occafion de faire ufage de eet écrit. Jenbsp;nefpérois guéres da gagner quelque chofe; maisnbsp;je croyois quau moins on auroic pidé de 1étacnbsp;OU lon nous réduifoit. Mes troubles 6c mes peines croiffoient. Je re-gardois la fignature comme le Caraftere de laFJndcf» bete, amp;j en avois une horreur qui ne paroilToit incertitude»,nbsp;pas naturelle. Cependant je ne pouvois maffu- p-':quot;'*nbsp;rer quil ne la falloit pas faire,6c jétois la-delTusdt'^irpolnjnbsp;dans de fi grandes ténébres. que je priai DieuCgn:!.nbsp;enfin de me pardonner fi jétois obligee de figner-que je ne pouvois my reToudrej quil voyoic lenbsp;fond de mon ceeur 6c la crainre que javois denbsp;loffenferi que jefpérois quil me pardonnerok,nbsp;puifque je prenois le parti le plus expofé a fouf-frir. Je me déterroinai enfin a ne point figner,nbsp;quoiquil men put arriver, Jeus plus de réposnbsp;depuis que jeus pris cette Réfolution, 6c monnbsp;Efprk ne fut plus travaillé de ces cruelles 6c violences agitations qui devoient me 1avoir fait per-dre cent fois pour une. Jen avois été étonneenbsp;moi-même plus dune fois 6c javois dit a M. Aukron, quil falloit que lEfprit tint bien a la tete 6c la vie au Corps, pour navoir pas perdunbsp;lun OU lautre parmi dauffi grandes peines. Maisnbsp;je dois la confervation des deux a la bonté denbsp;Dieu, qui nous foücient dans nos plus grandesnbsp;affliéfions, lorfquil veut par un effet de fa jufti-ce 6c de fa miféricorde nous mortifier pour nousnbsp;vivifier enfuite par fa grace. II nous fait vaincrenbsp;les plus fortes tentations dans nos plus grandesnbsp;foiblefiTes, 6c lorfquc nous fommes aux abbois,nbsp;afin que nous foyons convaincus par notre proprenbsp;éxpérience que ceft lui feul qui fait ces merveil'nbsp;les en nous, 6c que nous ne pourrons nous fesnbsp;atcribuer quand même nous le voudrions. |
Relation de la Perfécutson des Religieufes ae Port-Royal^ ^.664.-166^: nbsp;nbsp;nbsp;16j
nation.
Relitiou Jo me rcfolus done décrire a M. 1Archeve- n a voit plus lieu, amp; que celui du Pape etoit Relation de la'cap. quo, afin quil ne pric pas la peine de revenir. Je fous la prelTe. Cétoit la femaine davant laPaf- 1^ Cap.nbsp;dela Ré- n ai point gardé de copie de cette Letcre, qui fion. Cette bonne Mere euc un grand depit de^®nbsp;vérende nétoi: que de hui: ou dix lignes. Je lui mandois man changement, amp; de ce que je ne iui quot;^avoisnbsp;M. Marie que javois beaucoup penfé Sevan: Dieu a ce que point dit que cétoit le fujet de la Lettre que je^nbsp;jDorothée j.jyQjg ^ p^j- jg fignature, amp; aux raifons lui avois donné pour M. IArcheveque. Elienbsp;de I Incar- gyQjj p^jg pgine de me dire avec tant de fut auffi fort étonnée de cette Réfolution que ja-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
bonté, que jen étois confufe, amp;quejen con- vois prife, difoit elle, fi promptement^ amp; elle^^'°* j;_j_ ferverois toujours de la reconnoiflance. Mais me demanda fi javois eu quelque révélation ounbsp;Elleraa'nde que jeme trouvois dansde ü grandes peinesquand quelque lumiére particulic're. Je lui repondis quenbsp;fa réfolution jg penfois a faire cette fignature, qua moins quil je nétois pas fille a revelations, amp; que je navoisnbsp;ohe^quef'^me permit de mettre une reftridion avec monnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas dautre raifon de ne point figner, que la crain-
nom au bas du Formulaire, je ne pouvois pas nbsp;nbsp;nbsp;te dofFenfer Dieu. Ce fut auffi une afflidion
paffer plus avant^ amp; que comme je ne croyois nbsp;nbsp;nbsp;pour route fa Communauté, qui setoitflateeque
pas quil voulut me le permettre, je le fuppliois nbsp;nbsp;nbsp;je fignerois. Elies navoient pas doute que lemi-
très-humblement de ne pas prendre la peine de nbsp;nbsp;nbsp;racle de ma prétenduë converfion ne dut sopé-
venir, comme il en avoir eu le deffein ^ que jé- nbsp;nbsp;nbsp;rer par Iinterceffion amp; les mérites de Saint FrrJw-
tois afl'ez honteufe de celle quil sécoit deji don- nbsp;nbsp;nbsp;fois de Sales, amp; dies sactendoient a en chanter
née de venir une fois ,amp; que je lui en demandois nbsp;nbsp;nbsp;un Te Deum dadion de graces. Elies furenC
pardon amp;c. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, . done fort indignées contre moi. Les unes di-
Lii. nbsp;nbsp;nbsp;Je fus tout il fait tranquille après avoir ccritnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foient que M. IArcheveque avoir trop de patien-
Ellc recou- nbsp;nbsp;nbsp;cette Lettre, 6c jeus IEfprit en repos fur cousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce^quil nauroitpas diime donner rant de temps
vre la nbsp;nbsp;nbsp;paixnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jgg doutes, les fcupules, les frayeurs 6c les aucresnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6c quil auroit mieux fair de me faire figner dès
quillité.
6c la trail- nbsp;nbsp;nbsp;javois refl'enties pendanc un mois. Je fa première Vifite. Dautres difoient que javois
navois plus dautre peine que ma crainte ordinal- nbsp;nbsp;nbsp;IEfprit trop réfléchiflant; 6c prefquc routes me
re (que lécar ou fétois ne me conduifit a la fin nbsp;nbsp;nbsp;regardoienc comme une fille aveuglée 6c endur-
a Iaffoibliffement', amp; ne me portat a faire quel- nbsp;nbsp;nbsp;cie, a qui Dieu avoit donné de bons mouve-
que chofe contre ma confciencc.) Jc me forti- nbsp;nbsp;nbsp;ments de converfion, amp; qui les avoir méprifés.
6ois le plus que je pouvois par la confiance en nbsp;nbsp;nbsp;Depuis ce temps dies me témoignérenc encore
Dieu amp; par la priére. je tachois dc pratiquer le plus de froideur.
précepte de IEvangile, de ne point me mettre Après rant de peines, de troubles 8c dagita- Eiv. en peine pour le lendemain, què chaque jour tions dEfprit, je devois naturdlement tomber** quot;lade,nbsp;fuffit fon mal j car linquiétude de Iavenir me malade. Auffi eus-je la fiévre , qui me pric lenbsp;rendoitmalheureufe;ceftpourquoijétoisbien-ai(ê Dimanche de la Paffion. On manda le Médecinnbsp;dc lui oppofer ce commandement dsyeJus-Chri(i (nommé M. de Certes.) Ceft un fort honnetenbsp;qui me fortifioit. Javois encore quelquefois des homme 6c bon Médecin. IIs fit cas de cettenbsp;doutes: mais je priois Dieu quil me les out,car fiévre,quil qualifioic de douhle-tierce quotidienne.nbsp;ils métoienc infupporcables 6c troubloient tout Je lui dis quelle nétoit caufée quepar laffliétion'nbsp;mon repos. Je dois cette grace que Dieu me fit ou jétois. II le voyoit bien auffi, 6c il en pa-de men délivrcr, a la charice de mes Sceurs,qui roifloit touche. Il eft neveu de la Mere Supénbsp;one tant prié 6c fait des voeux pour rn empecher rieure, mais il ne lui reffemblc pas j il eft douxnbsp;de comber dans Tabime. Je pne le beigneur 6c companflant. H na épargné ni peine, nifoinnbsp;quil les en récoropenfe lui-meme, car tous les pour me bien craicer dans ma maladie. Il medic
Services que je pourrois amp; que je voudrois nbsp;nbsp;nbsp;quil auroit grand égard a la foibleffe naturelle de
leur rendre ne feroient pas capables de mac- nbsp;nbsp;nbsp;mon tempérammenc amp; a la caufe de ma mala-
quicter envers elks de route la reconnoiflance nbsp;nbsp;nbsp;die, quil trouvoic confidérable. Il moffric dê
que je leur dots. nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ^ faire venir M. Guénauld, fi j etois plus mal; quil
ivitiv, MU'- ju u* nbsp;nbsp;nbsp; r ------- ------«ciaiJL qu une pauvre Keli-
r-t'awrkque je ne voulois plus figner, fans rien dire des gieufe, detre traicée dans ma maladie par le Mé-coiiiffl«gt;i* conditions auxquelles javois voulu le faire, amp; decin de la Reine 8c des Grands de la Courj que quil ne tenoit qua lui daccepter. Mais c eftun je meftimerois aCfez heureufe quil en prit lapei-bonheur done je rends graces a Dieu, car je fe- ne. H me fit faigner, 6c le fang que Ton me tiranbsp;rois au defespoir a préfenc sil raavoit pris au écoitfi mauvais, quil en fut furpris,6c moiauffi-mot 8c même fi javois figne a des conditions il étoit comme du maibre rouge amp; noir jafplnbsp;encore meiUeures que celles que je lui propofols, de blanc. II neft pas difficile, leur dis-ie denbsp;car je ne devqis rien faire ctant féparée de mes deviner ce qui ma fi fort gate le fang jg Jenbsp;Soeurs, comme je my étois engagée. M. IAr- difois e'xprès, afin que 1on comprit tout ce quenbsp;chevêque dit encore a la Mere) que ion Forw»- j avois louirert, oc que ce netoit que par délica-^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceffe
-ocr page 166-Relation de la Capnbsp;de la Ré-vé rendenbsp;M Marienbsp;Dorochèenbsp;de 1Incar-nation.
i6fgt;
LV.
Nouvelle tentative denbsp;M. Chaitiil-latd.
Relation de la Verfécutkn des Religieufes de Fort.Rojal, fciencequeje refufois de ligner. Je ter aux p-.eds de Votre Grandeur, dans
queje retalois de iigner lans ma fiévre , amp; ie prioisnbsp;Dieu en revanr de ne pas me laiflèr fuccomber anbsp;la tentation de Ggner; de me donner plutóc lanbsp;mort j que jaimois mieux mourir que de 1ofFcn'nbsp;fèr 6cc. En un mot mes réves ne roaloient quenbsp;fur la fignature que javois euc fi long-temps dansnbsp;Ja rête. Loeconome qui me gardoic en étoittou-chée, amp; je voyois quelle avoit picié de moi. Lanbsp;Mere auffi ne me parloic plus fi rudemenc. Je nenbsp;fqai fi elle appréhendoic encore que je ne mou-ruffe chez elle; mais elle ne men témoigna riennbsp;cette fois. Je crois qu elle fit fqavoir ma maladicnbsp;a M. lArcbevêque, car elle me demanda ü jenbsp;voulois lui mander quelque chofe. Je la priai denbsp;lui mander que jétois malade pour avoir troppen-fc a figner. Quand je lui demandai après quellenbsp;réponfe elle avoit requë, elle me dit quelle nenbsp;lui avoit rien mandé dalTez important pour a-voir une réponfe.
M. Cbamillard vint Ie Samedi des Rameaux pour me voir amp; me faire un fcrupule de ne vou-loir plus figner. Je ne pus Ie voir,paree que javois éte faignée ce jour la. Mais il raéxhortanbsp;par la bouche de la Mere a rendre a FEglife cenbsp;que je lui devois dans cette folemnité; que manbsp;Soeur Gertrude^ quil venoit devoir, memandoitnbsp;que cétoit un péché mortel de ne pas figner;nbsp;quil ny avoir qua bien écouter M. IArcheve-que amp; que lobéiiTance leule pouvoit réfoudrenbsp;toutes les difficukés. (Par parenthéfe, ma Steurnbsp;Gertrude ma affurde quelle ne mavoit fait direnbsp;fien de pared ni dapprochant.) Je répondis a lanbsp;Mere. Je naurois pas pu communier a Piques^nbsp;quand méme jen aurois eu la liberté; jétois tropnbsp;mal. Jattendis, pour la demander, quejefufl'enbsp;mieux, ce qui arriva dans la femaine de Pd^ues.nbsp;Je fus route pretede changer davis fur ce que menbsp;dit Mademoifelle de Lamoi^non, qui avoir per-miffion de M. 1Archevêque de me parler; cc quinbsp;ne dura guires, la Mere Supérieure qui en avoirnbsp;de la peine 1en ayant détournce, comme je Iainbsp;fqu depuis. Je dis done a cette Demoifelle, quenbsp;javois deflein decrire a M. TArchevcque pournbsp;lui demander la permififion de faire mes Pdques.nbsp;Elle me répondit, quelle ne roe le confeilloitnbsp;pas; que cela ne ferviroit de rien , paree quilsnbsp;avoient arrêté emreux de ne point accorder lanbsp;Communion , fi 1on navoit figné. Je crusnbsp;done qui! étoit inutile déerirc, amp; je dis è lanbsp;Mere, que javois changé davis, ce qui lui fitnbsp;plaifir , je ne fqai pourquoi. Néanmoins aprèsnbsp;y avoir fait réflexion , je crus que je devoisnbsp;plutöt méxpofer i un refus, que de .manquernbsp;3 faire ce que je pourrois pour I'obtenir, amp;nbsp;9^*^ j5^^''?tspeut-êtreblamée,fije nele failbispas.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;® '^otic décrire la lettre fuivante;
Permettes-moi, sil yous plait, dc me jet-
révois quelquefois dans
,, douleur ou je fuis d'etre privée de la grace que IEglife fait a tous ces Enfanrs, dappro-cher des Sacrements;öc que je vous demannbsp;,, de avec route lhumilité poffible, la permifnbsp;fion de communier en cette faince Odbavenbsp;j, je ne doute pas, Monfeigneur,que pour mé-riter de Iobtenir, Votre Grandeur n'éxige denbsp;,, moi la fignature. Mais je vous fupplie denbsp; croire qus fi je 1avois pu faire, je Iauroisnbsp;,, déja faire fans me la faire tanc demandernbsp;,, puifquil ny a rien que je ne voululTe fairenbsp;,, pour témoigner a Votre Grandeur que jenbsp;,, veux lui obéir; amp; je lui protefte que sil nenbsp;,, dépeadoic que de ma vie dans cette affaire,nbsp; je ierois biencoc réfolue a la donner. Maisnbsp; je ne puis pas faire de meme de cette figna- ture, puifque pour y avoir voulu penfer, jainbsp; été dans un trouble 6c dans des peines fi vio- lentes,que j'en ai été malade;amp; je ne doutenbsp;,, pas que dans iétat ou je fuis fur ce fujet,nbsp; je ne fuccombe a la fin du corps ou de Ic- fprit. II ny a point de condition que jenbsp; ne préféraffe a la mienne , puifquelle men- gage a la chofe du monde que je crains lenbsp; plus, 6c je meftimerois fort heureufe de lanbsp;,, changer contre celle dune pauvre payfanne.nbsp; Je vous demande très-humblement pardon ,nbsp;,, Monfeigneur, fi je vous dis cela. Je ne puisnbsp;,, vous diflitnuler mon afHidlion , öc fi vous pou-,, vies voir ie fond de mon coeur, vous y ver- riés combien ma douleur eft grande dene pou- vour vous obéir. II ny a rien qui meut punbsp; reduire a létat od je fuis, quune chofe denbsp; cette nature, les aucres chofes qui ne vontnbsp; pas au peril doffenfer Dieu étanc fupporta- bles. II ny a que votre bonté , Monfei- gneur , qui puifle me foulager dans une finbsp;3, grande peine , en me difpenfant de celle denbsp;,, figner le Fornmlaire. Je puis affurer Votrenbsp; Grandeur quelle ne fqauroit me faire unenbsp;,, plus grande charité. Tout ce que je puisnbsp;,, faire, Monfeigneur, pour vous obeir, aprèsnbsp; y avoir penfé devant Dieu, ell de vous aliu- rer que je condamne fincérement 8c de toutnbsp; mon coeur toutes les Héréties que Notre Saintnbsp;,, Pere le Pape a condamnées, en quelque livrenbsp;,, quellcs fe trouvent, mcme dans celui denbsp; fenius, fi elles y font, ne mettant point dautrenbsp; referve a ma condamnation, que la crainre de lanbsp;,, faire tomber fur celui qui ne la mériteroit pa*-,, Ayes pitié de ma foibleffe, Monfeigneur, ennbsp; vous contentant de cequejepeux fkire, fansnbsp; faire violence a ma confcience. Quoique vousnbsp; fafliés, Monfeigneur, je ne manquerai jamaisnbsp;3, a ce que je vous dois, ni au profond refpcétnbsp; avec lequel je fuis 6c ferai toute ma vie 6cc.
Reiatlos de la Cap.nbsp;de la Ré-vérendenbsp;M. Marienbsp;Dorotlicénbsp;de ilnear-nation.
Lvr.
Lettre qufil-le éci it a M. r Archeve-que, pournbsp;lui deman-cier les Sa-crements.
Ce p Avril i66y.
Relation de la Perj7cution des Reltgleufes de Port-Royal^ nbsp;nbsp;nbsp;l6j
Relation nbsp;nbsp;nbsp;Je fis voirnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a la vierenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la copie de cetce Let-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que des opinions bien étranges de moij amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;elk- Relation
Ré- que je faifois de 1état oü cette miférabk affaire primoit autant par fes geltes que par lés paro- de la Ré-
---viais au lieu den être touchée, ks. Les Religieufes fuivoienc réxemple de leur
lere, amp; penfoient comme elk. Jai paffe dans ur Efprit pour une éxcommuniée, principale-ment depuis Pd^ues. Si javois quelque chofc jIncar-a demander a quelques-unes, je ks voyois routesnbsp;interdiies ^ elks fe retiroienc en arriére, com-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
me de peur de mapprocher ; ou fi elks me fon égard, répondoient, cétoit par monofillabes. paunesnbsp;pour senfuir plutói de moi, difoient quelks aUnbsp;loient querir lOEconome. Lesjeunes faifoient pa-roitre davantage leur mépris, elks ne daignoientnbsp;plus me faluer, même quand je les prévenms.
LesSteurs Converfes mont fait voir auffi quel-les craignoient de me parler. Voyant done li maniéredont elks fe comportoient a mon égard,nbsp;je nattendois plus que k moment oü la Mere menbsp;diroic de ne plus aller au Choeur. Lorfque jennbsp;fortois, je me retirois k plus promptement quenbsp;je pouvois dans notre Celluie,voyant bien quelks craignoient que je naliaffe par la Maifon. Elks avoient ordre, a ce que je crois, de mobfcr-ver j ce qui étoic bien facile dans une Maifonnbsp;auffi petite, amp; de leurs fenêtres elks voiene toutnbsp;Ie Jardin, oü jkllois quelquefois, ce Jardin fer-vant de palïiige pour aller au Choeur. H paroicnbsp;quelks rendoient compte a la Mere amp; de mesnbsp;aófions amp; de mes paroles, car elk me difoit quelquefois oü javois éic amp; ce que javois dit. Maisnbsp;je ne me mettois pas beaucoup en peine de toutnbsp;cela.
Je prévenois fouvent la Mere, ou quelque an-cienne, pour lui rendre raifon de ce que javois Sa conduite fait dans les occalions partieuhéres, afin de leui envets les
de la Cap.tre, nbsp;nbsp;nbsp;qui ctpitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien plusnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forte dans Texpreffionnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;difoic cela avec un étrange, mépris, quellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ex-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cnp,
de la Ré- nbsp;nbsp;nbsp;quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je faifoisnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de 1état oii cette miferable affairenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;primoic autant par fes geltes que par fes paro-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ré-
vérende nbsp;nbsp;nbsp;menbsp;nbsp;nbsp;nbsp;réduifoit.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iVlais aunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lieu den être touchée,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les. Les Religieufes fuivoienc réxemple denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leur
M. Marie 3^ moins de me témoigner quelque com- Mere, amp; penibienc comme elk. J ai paffe dans^-Dorothée pa(pjon, paree que je pleurois en la lifant, elk d® !me dit avec mépris amp; dureté: chanfons, chan-
J33tlOn« f' nbsp;nbsp;nbsp;j. A, 1 c*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n /nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ t
Jo7is qne tout celét. St vous ne (tgnés ^ ^ous n au-LVtt. nbsp;nbsp;nbsp;pomt la permifjion de communier, ^ cela ne
Mauvais nbsp;nbsp;nbsp;de rten. Ce difcours mkrauc tout a
ff*® fait, amp; je lui dis que je ne laiflerois pas den-Mere, au voyer ma Lettre j que je lécrivois a mon Su-iu)et4ecettepérieur, Sc quil auroit plus de corapaffion de mon état quelle nen avoit. Elk ne me ré-pondit point la-deffus: mais elle me fit bien desnbsp;reproches de ce que je ne voulois pas lignernbsp;pour communier anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Elk ajouta, que je
ferois éxcommuniée, amp; que FÉglife traitoit ainfi ceux qui manquoient a faire leurs Paqiees.
óter tour foupqon , amp; quelquefois je prenois plat-lir a leur dire ce que je croyois quelles penfoient
mêmes Re»
r' nbsp;nbsp;nbsp;quelks avoient fur mon
fojet, li leur bouche ne 1avouoit pas kurfiknee res dures, car elle ne le comci.Lvj,.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; kur mme en difoient affez,. H ne fallnir ms
préfent, elle me faifoit encore peur de 1 avenir beaucoup de pénétration pour dévinef if ^ en me difant que 1on pourroit bien nous en foes, quot;i de prudence pou? éviterde lJ /®nbsp;fermer pour toujours dans une piifon. Quoi- la peine. EHes avoient remarnném^'^'^nbsp;que ces fortes de difcours ne laiffalVenc pas que la-deffus, amp; elks en paroiffoienc affez'fnbsp;de troubler mon repos, je ne lui ai cependant difanc que jétois dune humeur facilenbsp;jamais têraoigné avoir de la crainte de routes nincommodois perfonne. Je men étois foït^unnbsp;les chofes de cette nature quelle me difoit. Au devoir, layant promis a la Mere en entrant dansnbsp;contraire je lui ai toujours fait connoitre que la Maifon. Cette conduite a peut-être été caufenbsp;je^ ne craignois rien que doffenfer Dieu; Jétois que 1on ne ma pas enfermée, Sc que 1on ncmanbsp;neanmoins fort fenfibk a la maniére dont elle point donné de garde; comme a quelques-unesnbsp;me parloit , car elk difoit ces chofes-la dun de nos Sceurs, tai paffe ks Fêtes de Panesnbsp;fang froid Sc d un air qui faifoit penfer quelle de la Pentecote amp; du St. Sacrement fans com^nbsp;CTnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etoit bien-aife. Je ne fqai fi elk étoic dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;munier, Sc je nai plus ofé en parler, voyant
Conkil ou Ion prenoit ces fortes de Réfolutions nbsp;nbsp;nbsp;quon mavoit réfufée tant de fois, furtout a Pk~
contre trous , du moins elk ks fqavoit long- aues. Jen avois un peu de peine 5c de confu temps avant quelles arrivaffent.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;{j^n, Sc eela augmentoit le mépris des Religieu-
tvili; Cette Mere dit devant moi a Mademoifelle fes pour moi. Quelques-unes en avoient mar-Conduite dede nbsp;nbsp;nbsp;Lamoignon , quaprès que javois paffe neufnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rant pitié quelquefois, paree quelles sapperce-
amp; nbsp;nbsp;nbsp;communier, lon ne pouvoit avoirnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voient que je pleurois beaucoup ces jours k.
La
Je lui répondis que cela étoit vrai, lors quon paffoit 1année fans communier, que je ne pou-vois pas faire un péché pour communier j amp;nbsp;que s'il falloit pécher pour mapprocher de lanbsp;Sainte Table , j'aimois mieux men éloigner;nbsp;enfin que Saint Paul enfeignoit tout k contrairenbsp;de ce quelk me difoit. Elle fe trouvoit fouventnbsp;embarraffée pour me répondre,, nayant pas 1Ef-prit fort relevé, ni fort cclairé , au moins furnbsp;oette affaire. Je lui dis encore, que nous ne ré-pondrions pas de la violence que Monléigneurnbsp;nousfaifoit cnnousócant ksSacrements,amp;quain-fi nou.s ne pouvions êtreéxcomrouniées. Elkmanbsp;fouvent reproché que jaimois mieux ne pas communier, que de ligner. Elle ne manquoit pas denbsp;me faire ce reproche aux grandes Fêtes, amp; denbsp;me faire fentir ce que ceir que la privation de lanbsp;Communion Sc. quel eft k mérite de robéiffan-ce. Ainfi les grandes Eêtes nétoienc pour moinbsp;que des fujets de difpute amp; daffliólion. Je menbsp;plaignois quelquefois a elk-même de fes manic-res dures, car elk ne fe conrentoit jms du mal
-ocr page 168-'Relation de la Perfecution des ReligSeufes de Port-Rojal, i66j^-i66^. Relation La place oü je me mettois au Chceur étoic der-volec de la Grille, enlbrtequétantouver-te, javois la confolation de voir la Sainte Hoftie 1 elevation de Ia Melïèjparla fente de louver- méxcufer, que !a nouvelle quclle venoit de me Relation dire me mettoit hors détat de paroitre. Commede la Cap,nbsp;elle me ht preirer,je crus devoir y aller. LaSceurde la Ré-lui avoit dcja dit ma peine, cette Mere maflura'^^''^ndenbsp;quelle ne mavoit dit cette nouvelle que pour^^'nbsp;mon bien,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ rt-),nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nt^ frgt;^» L/OrOtucG de lIncar-nation. de 1incar-nation. lexandte Vil. j6% de Ia Ré' vérende M. Marie nbsp;nbsp;nbsp;mcme Grille, car elles ne levent point oro ee nbsp;nbsp;nbsp;^ lélevation. Quand la Grille étoit fermée, jétois éxpofée ala.vuëdetoucleChoeur, de maniére quelles voyoient aifémenc quand jenbsp;pleurois. Jai été obligee plus dune fois de for-tir du Choeur amp; de loffice, ne pouvant retenirnbsp;mes larmes amp; empêcher quon ne mentendit dunbsp;dehors. Celles a qui j^ faifois compaffion Ie di-foicnc è. la Mere, qui nen étoicpasplusatcendrie.nbsp;Elle me venoic dire que les Sceurs lui avoientdc-mandé ce que javois a pleuren Je lui difois quenbsp;les Sceurs avoient bien de la bonté dy prendrenbsp;garde, mais je ne lui en difois pas davantage. Jenbsp;lui dis une fois que javois fujet de pleurer; ellenbsp;roe prefla de Ie lui dire, amp; je lui dis que cétoicnbsp;que lon me demandoit mon ame en voulantmenbsp;faire figner. Elle en fut choque'e a fon ordinaire.nbsp;Elle auroit bien vouiu que jeulïe pris confiancenbsp;en elle : mais fes maniéres feules, fans parlernbsp;dautre chofe , men auroient fait paflèr lenvie,nbsp;fi je lavois euë. Bien loin de lui donner ma confiance, je la voyois Ie moins que je pouvoispournbsp;mon répos, amp; je lévitois mcme autant que lanbsp;bienféance Ie permettoit. Comment me ferois-je confiée en elle, voyant quau lieu de fe con-tencer déxécuter, même a la rigueur, les ordresnbsp;de M. lArchevêque, elle y ajoutoic encore dunbsp;lien, trouvant ces ordres trop doux, amp; celui quinbsp;les donnoit trop bon amp; trop patient. Elle auroitnbsp;vouiu que M. lArchevêque neut pas pris tancdenbsp;peine après nous, amp; quil nous eut laiflëes fouf-frir fans sen embarraflèr. Cell ce quelle auroitnbsp;fait elle-mêroe, difoit-elle, fi elle avoit été a fanbsp;place. Elle ma dit en termes couverts Ie delTeinnbsp;que lon avoit, amp; qui eft aujourd-hui éxécuté,nbsp;de nous rafl'embler routes dans une Maifon, amp;nbsp;de nous y laiflër périr. On avoit fans doutenbsp;abandonne Ie premier deflein quelle mavoit ditnbsp;auffi que lon avoit eu (de nous difperfer dans leursnbsp;Maifons,) amp; je me trompe fort fi elle na pasnbsp;contribué a Ie faire changer, car elle trouvoit quilnbsp;étoit préjudiciable a leurs Maifons dy avoir desnbsp;Religieulës dun autre Ürdre. Ce qui peut être,nbsp;leur inftitut étant fi oppofé , pour la plupartnbsp;des Obfervances, aux coutumes des autres Religions. tx. Cette bonne Mere étoit toujours Ia première mapprendre les mauvaifes nou velles. Lorfquenbsp;Buiic d'A- laBulled.(4/exir»^/re VIIfutarrivée,elle vintme Ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dire dun air gai amp; content. Mais moijenfus forj afBigée, prévoyant routes les mauvaifes fuites qu elle auroit. Elle menvoya querir quelquenbsp;pour venir a la récréation amp; y voir de fdnc nbsp;nbsp;nbsp;Melfieurs r ¦ nbsp;nbsp;nbsp; avoient envoyee pour la leur fhire voir. Je dis 4 nbsp;nbsp;nbsp;de prier la Mere de |
amp; que fi cela me fachoit, elle në me diroit plus rien. Je lui dis que quelque intennbsp;tion quelle eut en mapprenant ces nouvelles,nbsp;elles ne la-iflbient pas de faire Teffèt quelle vo-yoit, ceft-a-dire , de maffliger beaucoup. Jenbsp;lui dis encore que je métois attendu a cette Bulle,nbsp;ayant fqu que M. Ie Legat sétoit chargé de tra-vailler a cette affaire a fon retour 4 Rome. Ellenbsp;Ie fgavoit bien aufli ,amp; je crois quelles fontaver-ties de tous les defleins que ion prend fur cettenbsp;affaire, a laquelle leur zèle leur fait prendre tantnbsp;de part. Elle eut grand foin de minformer dcnbsp;tous les fuccès de cette Bulle; amp; lorfquelle futnbsp;cnregirréc au Parlement, elle me dit que jufques-la on avoit cru que Ie Roi nacheveroit pas cettenbsp;entreprife, 'que lon étoit ctonné du zèle quil a-voit pour cela, amp; quétant lOint du Seigneur,nbsp;i! falloitcroirc que Dieu lavoit poufléa faire cettenbsp;aélion. Elle fit achetercette piéce pour moi,carnbsp;cétoit la dc fes faveurs. Je la pris de fes mainsnbsp;avec affez dindifférence, amp; lui dis quil falloitnbsp;voir ce que Ie Pape nous demandoit. Cétoit Icnbsp;cinquiéme de Mai veille de la mort de M. d2jgt;rer. Je lus done cette Bulle, amp; jen fus effrayée;mais en meme-temps je fus fort confblée dy trouvernbsp;de quoimc fortiHer contre mes doutes,amp; devoirnbsp;quil ny avoit rien a faire qu-a mourir, plutócnbsp;que de ia figner.^ Je rentrai en bonne Confciencenbsp;dans ma première averfion de la fignature, amp;nbsp;toute ma haine fe reveilla contre elle. Me fentant pleine de force , je men allai a . Vêpres moffrir a Dieu pour fouffrir amp; mourir^fonfi^pf.'nbsp;avec joie,aflurée quil ne reftoic plus dautre parti gard de cettenbsp;que celui la,amp; efpérant de la bonté de Dieu quilnbsp;men feroit la grace, amp; quil me foütiendroic dansnbsp;,cette occafion. Jai été en paix amp; plus tranquillenbsp;depuis ce temps la, amp; je nai plus penfé quamenbsp;préparer a léxécution de notre Sentence. Je rendis cette Bulle a la Mere, amp; lui dis en la re-merciant, quil ny avoir qiia bien prier Dieu,nbsp;fans rien dire fur cette piéce, ni elle non plus. jenbsp;crois quelle en aura été furprife, paree que luinbsp;en ayant parlé quelque temps avant fon arrivée,nbsp;je lui avois dis quaffurémenc cette Bulle feroitnbsp;terrible. Elle me dit, quelle ne Ie croyoit pas,nbsp;que Ie Saint Pere étoit trop doux pour cela. Ellenbsp;a une grande vénération pour la perfonne de Sanbsp;Saintesé,de qui elle eft connuë particuliérement,nbsp;ayant regu de fes Lettres amp;c des témoignages denbsp;fa devotion a St. Franfois de Sales.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;txir Le 24 de Mai M. Chamillard vint me faire lachamiu leéture du nouveau Formulatre après quoi il meiard lui ap.jnbsp;le voulut laiffer. Je le priai de le remporternbsp;nbsp;nbsp;nbsp;For- nayant pas peur doublier ce quil contient. -'5 trouvois aflez étrange que Ton nous apportacnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» ainh |
n,U,i 4, U nbsp;nbsp;nbsp;,amp;ÏI«e, 'S*X?'ik vokfc .pS, ifopquot; notre mort. Comme il vit que je nemefirayoise la ^ F-pas de ces menaces, ü changea de ton, quitta Ie «e m ic -perfonnage de Sédufteur, amp; parut un vrai Pre-j^ tre de fefus-Chriji. II me paria avec fincérité, n;,rothéenbsp;amp; entra dans mes peines comtne dans mes fenti Dorothée de 1'lncar-nation. ments. Jétois fi furprife amp; fi ravie de joie de Relation ainfi des Mandements afigner, fans nous lailto de la Cap. la liberré de voir perfonne pour nous inftruirelurnbsp;de Ia tté-ies doutes que nous pourrions avoir, amp; quetantnbsp;vérende prifonniéres , nous ne pouvions rien faire fansnbsp;M- Marie fgayoir ce qui fe paffoit fur cette affaire. Ayantnbsp;Dorothee t^njoigné quelquechofe de cela a yi.Chamillard, ; quot;'¦'^il me demanda qui je voulois; mais je ne fqavois qui demander. II moffritM. ^/«Hlt;5rwe/,quiavoitnbsp;écé, dijoif-il, de aocre pard. ^ A ce mot departinbsp;je pris feu, amp; ne pus mempêcher de Ie relever,nbsp;en lui difant que je ne pouvois foutfrir que I onnbsp;parlat ds parti, quand je ne voyois point que 1onnbsp;en fit un j mais que cela me donnoit lieu de pen-fer que 1on nen demeureroit pas a la fignarurenbsp;contre M. d'Tpres; quon nousobligeroitenfuite a fi-gner contre M. Arnauld^ amp;c que jétois réfoluënbsp;de mourir plutóc que de Ie faire, quand même Icnbsp;Pape Ie commanderoic. Jctois un peu émuë ennbsp;difant cela, ce qui Ie déconcerta. II voulut maf-furer quil ne sagilToic point de cela. Je lui disnbsp;que javois trop fujec de Ie craindre, amp; que Janbsp;maniére dont M. 1Archevêque parloitdeceDec-teur nétoit pas propre a me raflurer. II me ditnbsp;quau moins ce ne feroit de long-temps. Jelere-merciai de M. du Hamel^ amp; lui dis que sil nenbsp;vouloit pas me donnet dEccléfiaftique, je voulois bien voir quelque perfonne féculiére, pourvunbsp;quelle fut raifonnable. Je voulois voir quelquunnbsp;a quelque prix que cefut, pour fgavoir quelquenbsp;chofe de cette araire. Javois dautresraifons, quenbsp;je ne lui dis pas néanmoins. II mofFrit M. Ienbsp;Vicaire de St. Medard. Etonnee, mais ravie denbsp;cette offre, je 1acceptai bien vite. II Ie demanda a M. 1Archevcque, qui venoic de porter fonnbsp;Mandement a la Mere Agnès amp; a ma Soeur An-geliifue de St. Jean. II me dit que ce Prélat a-voit quelque efpérance que la Mere A^nès figne-roit, paree quelle avoit deffein de demander lesnbsp;Sacrements. Je compris par la que la Mere Agnes amp; ma Soeur Angelique de St. Jean n avoientnbsp;encore rien témoigne de leur fentiment fur cettenbsp;nouvelle lignature, ce qui fit que je lui cachainbsp;auffi ie mien. II me demanda qui je voulois quinbsp;me .vint faire figner. Je lui dis que fi je fignois,nbsp;il me feroit indifférent qui recevroit ma fignatu-re, amp; que j avois toujours eu de la peine que cenbsp;fut M. 1Archevêque qui ptit lui-même ce foin;nbsp;quil fembloit que ce fut une abjuration dhéréfie inbsp;amp; quil ny en avoit aucune dans cette affaire. Jenbsp;ne fgai fi c eft ce difcours qui fit croire a M 1Archevêque que je voulois figner; il fut caufe dunbsp;moms qu en menvoyant eet Eccléfiaftique il luinbsp;recommanda de n^ dire quejenefiffe rien quenbsp;de bien fincere. Cec avertiffemenc me fut forcnbsp;agreabie, amp; je mimaginai quil avoit peut-êtrenbsp;plus de peur que denvie que je fignaffe. LXin. Je vis done M. Ie Vicaire de St. Medard , qui Saconverfa'me paria dabord comme les autres, amp; témoi^nanbsp;k viclitcdêöe pas approuvet notre réfiftance. II voulut menbsp;St. Mcdaid. faire peur de léxcommunication dont on nous |
1entendre, que je mécriai, comme dans un trant potf. Monfieur, vous ctes ua Ange quelebonnbsp; Dieumaenvoyé. II me dit des nou velles denosnbsp;amis, amp; tout ce quils avoient fait pour ladéfenfcnbsp;de la vérité. Ce qui me confola plus que je nenbsp;puis dire, car depuis que jétois prifonniére^jenbsp;navois rien appris deux, ni de leurstravaux.J ennbsp;fus éxtrémement fortifiée, car javovsétéjufques-li fufcepdble de plufieurs doutes que je fouffroisnbsp;comme je pouvois, priant Dieu demendélivrer. Ce fut la veille de la Penteeête que je regus cette agréable Vifitc. Jeulïe bien fouhaité quil eutnbsp;voulu me confeffer, mais il me Ie refufa abfolu-menr. Je Ie fuppliai de dire a M. 1Archevéque,nbsp;qui lui avoit ordonné de lui aller rendre comptenbsp;de ma difpofition, que je ne penfois point dunbsp;tout a figner, amp; de lui en óter lefpérance, silnbsp;lavoit. II seft fi bien acquitté de cette com-miffion, quê M. 1Archevêque ma faitdire,lorf-que je lui ai demandé a Ie revoir, que eet Ecclé-üaftique nétoit point fatistait de ma docilité. Javois dit a ce même Eccléfiaftique quejavoispriénbsp;M. Chamillard., lorfquil étoit venu mapporternbsp;Ie Mandement, de demander a Dieu pour moi lanbsp;grace de mourir plutót que de figner, paree quenbsp;1on noffenfoic point Dieu en mourant, amp;qu onnbsp;tomboit dans ce malheur en fignant. II fut fur-pris quaprès cela M. Cbamillard eut ofé dire inbsp;M. 1Archevêque que jétois dans Ie deflein de figner, amp; quil falloic me preffer de Ie faire pendant que jy penfois. Ce fut une conduite de lanbsp;providence de Dieu fur moi davoir vu ce digne V nbsp;nbsp;nbsp;que ce que je vais dire marrivac. nérieure^'ÏJipquot;^^^ nbsp;nbsp;nbsp;Sainte Trinité la MereSu- lxiv. avoit écrir nbsp;nbsp;nbsp;que M. 1Archevêque lui que lui cela vouloit lt;l.,e. nbsp;nbsp;nbsp;W4ou1Ï7' teT nes avoit communie amp; quel'ues-unes de nos ScEurs, fans men dire la raifon. JepenfequeMnbsp;lArchevêque lui avoit mandé de me dire cela nbsp;afin de me faire demander auffi a communier amp;nbsp;de me faire promettre ce quil prétendoic avoirnbsp;éxigé de la Mere Agnès amp; de ma Soeur A7inenbsp;Eugenie. Je fus furprife de cette nouvelle , nenbsp;fcachant ce que ce pouvoit être. Jeneus dabord de la joie: maïs elle fut retenuë par un fer-rctnent de cceur qui furvint auffuoc, èc qui étoit 'nbsp;je crois, un preftèniiment de la peine que je de-vois avoir de toute cette affaire. Je mimaginainbsp;done que M. 1 Archeveque étoit peut-être touchénbsp;de la maladie de la Reine Mere, ou que cettenbsp;Princeffe elle-metne lui auvoit demandé quil noü.- Y nbsp;nbsp;nbsp;rcta- |
17° nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Perfecution des Religieujès de Port-Royal, i66éf-i66').
i nbsp;nbsp;nbsp;1 1 rrfinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;at-tr/* (V lt;v»i ii'i:'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Vxl J /jT^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ry \*mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J O_________
Relation rctablit dans Tufage desSacrements(carnos!)ocurs ^jP'iavoient priée de leur procurer cetce grace, lorf-de Ia Ke- quelle fut h Port-Royai Ie jour de Paquis) amp;nbsp;avoir peuc-étre cu du fcrupule dans fon é-DoSenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la.dureté de fes réponfes. Je pnai ja Me
de riiiear-'quot;® ^lapeneure de demandcr pour moi a M. 1 Ar-nation. chevêque la permiffion de communier. Ellesea éxcufq, amp; me dit que cétoic k moi a la deman-der.
LXV. _ Je Ie lis done par une Lettre,dontjenaipoint ^'pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ de copie: mais je lui marquois que la Mc-
pouravo'itla te mayant dit de fa part quil fouhaitqit fqavoirfi permiffion jétois bien contente davoir communie,jenavoisnbsp;Jeconwiu- compris a ce difcours, qui etoit une énigmenbsp;pQm* moi j que je n'avois ofé lui en faire la de-mande a la Pentecóte, après avoir été refufée anbsp;Pdquesi que cependant je lui demandoisaujourd-hui cette grace avec toute lhumilitéSctoutelinf-tance poffible. Jeus pour reponfe, quil me fe-roit fgavoir lés intentions par M. de la Mothe.nbsp;Je commenqai a craindre amp; a avoir du foupqonnbsp;que ce nétoit pas fans deffein quil voiiioit nousnbsp;permettre de communier. Jaurois mieux aiménbsp;ne Ie pas faire; mais je craignois de mal édifierlanbsp;Communautë, sil y avoit lieu de croire que jenbsp;Ie pouvois faire, jentrai done en défiance, maisnbsp;je nen eus pas aflez. M. 1Abbé de la Mothenbsp;tint enfin mannoncer que M. lArchevêque é-xigeoit de moi, pour pouvoir communier, quenbsp;je ne fuflè point décerminde a ne pas figncr;nbsp;que je neu0è point de refpedts hutnains amp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11
me femble quil ne me paria pas alors dindiffï-rence. 11 me dit aulfi que je devois être dans Ie deflein de demander a Dieu quil me fit connoitre fanbsp;volonté, amp; quil falloit un billet qui en afluratnbsp;M. de Paris. Je lui dis que je naurois pas denbsp;peine a faire ce quil fouhaitoit, amp; jécrivis Ienbsp;billet fuivanr.
Comme je nai jamais eu par la grace de Dieu dautre difpolition a 1égard de la fignature, quenbsp; de fuivre fa volonté, je puis ailurer avec lin-,, cérité que je fuis dans la même difpolition, amp;nbsp; que je défire de prier Dieu plus que jamais du- rant ces trois moisj de faire routes les com-munions amp; tout ce que Dieu me fera la gracenbsp; de faire de bien pour me rendre digne de con-,, noitre la Sainte volonté amp; de la faire. Jenbsp;crus pouvoir promettre de demander a Dieu lanbsp;grace de connoitre fa volonté, quoique je fuffenbsp;bien perfuadée que ce ne pouvoit jamais être fanbsp;volonté que je fignaflè fimplement Ie Pormulaire.nbsp;Mais je Ie faifois dans lefpérance que Dieu menbsp;donneroit quelque lumiéreamp;quelque fecours pournbsp;fortir de cette affaire fans 1offenfer, amp; aulli quilnbsp;difpofèroit les chofes avec cette fageffe qui difpo-fe de tout avec fuavitd amp; avec force, amp; quilnbsp;Ie coeur de M. de Paris
LXVI. tromelTenbsp;quelle faitnbsp;au mêmcnbsp;Prelat,
bülfe dans lufage des Sacrements, il faut que Relation vous me promettiésfincéremcntque vous vousde laCjp,nbsp; tiendrés dans 1indifférence amp; dans lindécer-de laRé- mination que je vous ai fi Ibuvent demande'esnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
que vous vous feparerés de toute préoccupa- nbsp;nbsp;nbsp;°
tion amp; de tout attachement qui pourroit vous Dorothée cmpêcher de connoitre la véricé; amp; quenfinnbsp; vous ne fere's point determinée a ne point fi-,, gner. Moyennant cela je vous accorderai cenbsp; que vous me demandés, amp; ii vous vous con-,, duifés avec 1humilité amp; l'Efprit dobéiffancenbsp; qui doit étre inféparable dunc bonne Religieu- fe, je fuis afluré que Ie temps qui eft porténbsp; par mon Ordonnance ne fe paflèra point quenbsp; VOUS' ny ayés figné fort fincérement amp; quenbsp; vous nayés de la douleur de ne lavoir pasnbsp; fait plutóc. Mais pour cela il faut mettre toutenbsp; prévention amp; tout Efprit de parti fous kspieds,
amp; fe tenir dans les grandes maximes que les j, véritabies fidéles ont toujours fuivies. Celi denbsp;,, quoi je prie Dieu, ma chére Soeur, quil vousnbsp;3, fafïe la grace, öc a moi celle de Ie voir.
H. Archevêque de Paris.
La Mere Supérieure,en me rendant cette Let- Lxviir. tre toute ouverte, me dit que je ne devois pasSesréfle-faire difficulté de promettre a M. lArchevêque*®nbsp;ce quil nre demandoit j que cela ne menga-fenbsp;geoic a rien- Cependant mon embarras au''-lélolutieas»nbsp;mentadepuis, voyant bien que 1on vouloitmen-gager a faire quelque chofe, amp; cela me mie fortnbsp;en peine. Je dis a la Mere qui me demandoitnbsp;une réponfe, que )e né pouvois la donner fur Icnbsp;champ, amp; que je voulois confuJter Dieu fucnbsp;cette affaire. Cctoit )a veille du Saint Sacre-ment, amp; jaurois défiré être libre de tout foin 6cnbsp;de toute inquiétude pour mieux vaquer a la pric-re en cc jour de notre grande fête. Mais je nenbsp;fus pas auifi tranqniile que je 1aurois voulu,caFnbsp;la crainte de me mal comporter dans cette affaire moccupoit beaucoup amp; me donnoic bien desnbsp;diftradtions. Craignant de faire un fcandale encore plus grand que celui de Paques, fi je refu-fois 1üffre que 1on me faifoit pour communier,nbsp;je crus que je ne ferois pas mal de 1accepter.
Avant ce dernier incident 6c peu après avoir vii Ie nouveau Mandement, je métois réfoluè inbsp;prier Dieu plus que jamais, 6ca fuspendre routesnbsp;les Réfolutions que javois prifès de ne point fi-gner, jufquau temps quil faudroit fe déclarer6cnbsp;dire Ie dernier mot. Ainfi je crus encore pouvoir promettre que je ne me déterminerois pointnbsp;jl ne point figner, non plus qua figner, avant knbsp;temps'prefcrir. Je nétois pas en peins non plusnbsp;de promettre de quitter toute .prevention 6c denbsp;navoir aucun refped humain: mais mon embar-
LXVU.
Réponfe I ee Frélit..
réponfe que ce Prélat fit èmon billet, ras e'toit de promettre une indifférence que jt ne Ce neft pasli, ma Stwir 1écrit que je vous pouvois pas avoir, tant que je croirois qud Y,'*
pas
deniande. Si
ma ScEur ^ vous délirés
que je vous rèta-
pouvois pas avoir, péché a figner. Je
me füuviens
qui .
aufli que M
1 Ar-
quot;Relation de la Perfi'eutiofi des Religieufes de Port-Poyal, n 1 t' nlArchevi-'que nous avoit demandé la mC'me cho- devo s peut-étre Accepter ce parti de prier Dieu Relationnbsp;I 1 rl'ÏT fe lannée précédente, lorfquil voulut nous faire en cette maniére , fans penfcr quon prendroitde la Ca?.
== la nbsp;nbsp;nbsp;_ r.;.- j.------ o----avoit avantage fur cnoi de cette promclTc. nbsp;nbsp;nbsp;j gt;-t. ^
I7I
de la Ré-
finer enfuite de fon Mandement,Sc quon nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------
¦de nadoli
, nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---- 'v* nbsp;nbsp;nbsp;I «I
ne pouvions être indifférentes dofFenfer Dieu ou la difpofition quil demandoit, puifque la Mere°® ¦ de ne pas Folïenfer, amp; quainfi l'indijférence de-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lavoit fait. Mettés-le done, me dit-il
j/_________^ nbsp;nbsp;nbsp;J._*.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/*itnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tl»»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;», tl/*
Incarnation.
'vieiide Accepté fes conditions amp; même l'indijférence ^ M. 1Archeveque me demanda done ce que M. Malie qui niavoit fait quelque peine; qu'en ayant voulois faire. Je lui dis que je croyois pouvoirJÜ!^'nbsp;Dorotliée a la Mere ^g»«,elle mavoit dit que nous lui promettreque je memettrois devant Dieu dans
I nbsp;nbsp;nbsp;in/-lriiAii rannbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t*¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..../V.--- 1 nbsp;nbsp;nbsp;» « f? HCl
mandée ne pouvoic être accordée. Cependant cela paffa, amp; lon communia encore duranc cesnbsp;fix femaines.
Je me réfolus done de faire Ie Billet que M.
fur la Lcttre de la Mere. Je Ie fis, quoiqua- Lxxr. vee peine, ne connoiffant pas trop en quoi con-Elic Cgnenbsp;fiftoic ma difpofition. Javois, ce me femble,*^^as deunbsp;quelque fureté pour Ic faire, en fuivant 1éxem-
t-«lA ^ 1.% TV 4 nbsp;nbsp;nbsp;T.gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Izi t-Afvtrsf- n
LXiy.
Kouveile
^omeT nbsp;nbsp;nbsp;1Archevêque demandoit. Je nen ai plus la co-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ple de la .Mere A^nès. Je neus pas auflG Ie temps fspromenè
ccncc*
^quot;eUc fait apie, layant envoyce a nos amis; mais il étoit nbsp;nbsp;nbsp;dy tant penfer, paree que M. de Plt;»Wr étoiepref ^
M- -Archs-con^u 3 peu-près en ces termes; je promets a fé. Jécrivis done fur la Lettre de la Mere (que Monfeigneur 1Arcbevêque que jeme menbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dé-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je promettois fincérement detre dans les fend-
,, terminerai point pour nbsp;nbsp;nbsp;ou contre la fignacurenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mentsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui étoient éxprimés dans cette Lcttre a
,, avant les tiois mois;que je rénonce a toutref- nbsp;nbsp;nbsp;légard de la fignature.) II ne fut pas trop fatis-
,, pedt humain, a route preoccupation amp; a tout nbsp;nbsp;nbsp;fait de ce que javois mis, il auroit fouhaké quc
, quc je Ic faifois fort bicn quandjevoulois,
amp; quil voyoit bien que jc ne faifois pas cela trop volontiers. II difoit tout cela en riant, ctanc cenbsp;jour-la en belle humeur. Je iui dis que tout ccnbsp;qui regardoic la fignature me faifoit peur. ll ynbsp;a bien de quoi, repliqua til.
II me paria bcaucoup, dans cette Vifite, pour lxxii
IP norrpr i la Co-narnrp Cmnlp pr.
attachement qui pourroient mempêcher de je me fulle é.xpliquée autrement, mais cétoitunc connoicre la véritc.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mais que pout cenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;affairenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faite. 11 me dit auHi quc j'avois bicn mal
voir tant queje croirois du péché a figner,ne pouvant être indifférente a offenfer Dieu;quenbsp;, je déclarois fincérement que cétóit cette feulenbsp; raifon qui marretoit. Je fignai ce papier,amp;nbsp;jécrivis en mcme-temps a M. lArchevêquepournbsp;1affurer encore de lafincérité de mes fentimencs,nbsp;amp; que je navois dautre vuë dans Iaffaire de lanbsp;fignature, que celle de mon falut. le nai point
étoic de Vuidifférence, nbsp;nbsp;nbsp;que je ne pouvoisnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1a-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;écrit,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quc je Ic faifois fort bim miond
me porter a la fignature fimple, en malléguant Sa^^n «fp nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. fes raifons ordinaires. 11 paria auffi de M. ./ir-tlonav^Mi^
gardé de copie de cette Lettre. On vint me dire nauld, felon fa coutume, eeft a dire, avec be-*^' de fa part quil apporceroic lui même fa réponfe aucoup daigreur,amp;dicquilfaifokautant deftimenbsp;le Dimanche prochain, qui étok celui danslOc- deceuxquinevouloientpascroirele^»ff de Janfe-tave du Saint Sacremenc.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nius, a prés que le Pape Iavoit décidé, que des yi~
LXX.
______- Ce Prelat vint en effet amp; me dit avec dou- r;i?»ramp;desautreshérétiquescondamnésparleCon-
Eiie revolt laceur qu il DC pouvoit pas m accorder la Sainte ci\t de Trente. Ilajouta : que nbsp;nbsp;nbsp;avoienc
Mlat ,%ul^iiniön Ipe ne lui promettois q ue je fe- decranges opinions fur la Grace ;quils navoient eu kiifait pro-rots dans la difpofinori qu il m avoit demandee garde de nous les éxpliquer, de peur denousfairc
X'eir 5 nbsp;nbsp;nbsp;luidis queje n'avois connoitreleurmauvaifcDoffrine;quilvouloicquc
de peine que fur I indifference qud me deman- jelui promiffe dentendrelesperfonnesquil voubk doit, amp; que je nenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;menvoyer pour minftruirefur cette matiére,quil
yant que c etoit quot;aal de JI me dit que feroitlui-mcmedecenombrc,amp;quccommejena.
S °pr£.da ,«ej= fe pouvofe. feti
dis Que Sil I'entendoit ainlt, je voulois bien le nbsp;nbsp;nbsp;«epulle etre perluaaee du con-
maniére de séxpliqder pour ia metcre par eerie, opinbn II me fit voir la Lettre de la Mere .d^.g®cV,quinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
contenoic cette indifference, ce qui me fit croire
promettre Je nai point affez bien rctenu cette Dofteu^s qui
avoient entenduquune partie, sen dekachoient lots quils avoient out les raifonsnbsp;contraires. Jeusbien peur de mêtre engagée a écou- 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nrnmettre auöi nayant point ter les perlbnnes quil devoir m envoyer, nayanc
que je la pouvois nbsp;nbsp;nbsp;^mulsiire, point repondu lotfquil men park; je ciaignots
furcout l nbsp;nbsp;nbsp;^quot;Trrivoit que Ion de méxpofer a leut féduftion. Mais Dieu qui
mats nbsp;nbsp;nbsp;/chofe quil fut poffible de vouloic me préfervet de ce danger na pas permit
mectre. Mais javoue que jai eu tort de pro mectre cette dilpofition,qui nétoic pas dans monnbsp;intention telle que M. 1Archevêque pouvoit lenbsp;croire. Javois la confiance que demandant a
Dieu la grace de connoitre de plus en plus fa mention peu honorable dé lui volonté, Ü ne me la refuferoic pas, amp; que je fine fefoucioit gueresj que cela ne^légrSok
^ ^ nbsp;nbsp;nbsp;pas
me nbsp;nbsp;nbsp;fljieu couvoit per- quc iaie vu perfonne depuis cette Vifite. II ne
figner, ce^que je nbsp;nbsp;nbsp;a.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fit point de reprocfics fur le refus que javois
nbsp;nbsp;nbsp;fait de figner après avoir pris la peine de venvr ex
pres pour my engager. I\ paria de r/^po/ogieque Ion avoit faite pour nous, amp; ou il étoit fait une
J- gt; ¦
-ocr page 172-quot;Relation de la Perfecution des Religieufcs de Port-Royal^ 166^-166^. ii X ----a pc;i;- nierois plus dune fois, ce qui me furprit Se me Relation choqua tout a fait. Cette bonne Mere témoi- de la Cap, Relation de la Capnbsp;dc la Ré-vérendenbsp;M. Marienbsp;Dorothéenbsp;de Ilncarnbsp;nation. tout a gnoit paria nêtre pas trop aife que M. IArche- *^2 veque me permit de communiën Elle nétoit pasnbsp;aufii fort contente de la maniére avec laquelleja-^'nbsp;vois traité 1afFaire de V'tndijférence, quelle ma re-Dorotneenbsp;prochée plus dune fois. Elle difoit que javoisnbsp;eu la permiflion de communier a trop bon mar-chéj que la patience de M. IArcheveque étoit l^xiv. nbsp;admirable jde ne men avoir pas fait faire davanta- La supémea-ge. Je crois que ce Prélat ne le voulut pas, afinre veutfaitenbsp;de me mieux tromper 6c de ne pas donner lieuauquot;^quot;Jnbsp;foupgon dans la craiute que je ne me dédiffe. Ilnbsp;lui répondic que je communierois autant quelles, 6c demanda combien elles le faifoient: a quoi elle répondit ce quelle voulut. Mais foit par fes fa-50ns, foit par fes difeours j car je nemefouviensnbsp;pas de tout ce quelle dit, elle fut caufe que M.nbsp;iArcheveque die queleConfelTeurenordonneroitnbsp;felon que je ferois difpofée a figner; puis il ajouta:nbsp;quil me 1accordoit pour un mois, 6c quil vien-droit lui-même pour voir le profit que jen fèroisnbsp;par rapport a la fignature. Javouë que jefusfortnbsp;humiliée du procédé de cette Mere, qui appa-remment eut bien voulu être ma direörice fur Iu-fage de la Sainte communion. M. lArchevêque voulut fe charger lui-même lxxv. denvoyer le Confeffeur, paree quil étoit bien-aifeElicdI?unbsp;de lui parler auparavant. Maisquinfejours fepafle-rent fans quejen entendis parler, foit quele Prélat is Iindif-l eut oublié, ou qu il 1 eut fait a de0ein. Voyant ce- fCiCJicc.nbsp;pendant quil ne 1envoyoit point, je cotnmenqai^nbsp;memettre en peine ;je nef^avois quepenfer de ce LXXllI. Elle liii lt;'e-niande leTfnbsp;eaire de £t.nbsp;M^datdnbsp;pont Con. St. Midard. Je ne puis afléz admirer la provi- retardement; Je mimaginois que cet Eccldfiafti-dence de Dieu fur moi de mavoir fait connoitre cet Eccléfiaftique, car jaurois c'te etrangementnbsp;tmbarrafTéc pour en demander un autre, étantnbsp;bien aflurée que Ton mauroit refute ceux en qui javois confiance. Je le demandai done, en di- fant que je Iaimois autant quun autre; dautant _____ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ^ plus que M. Chamillard mavok aflurée que Ton profiteroit pour tourraenter celles de nos Soeurs offroit ce Confefleur a celles de nos Sceurs qui qui ne vouloient pas promettre la même indif-le défiroient. Je difois tour cela dune maniére férence. Sur cela il me vint un fcrupule 6c une 17^ pas. Enfuite il fe tnic a déplorer létat de 1Egli* fe amp; a iè plaindre de routes les peines que cettenbsp;affaire lui donnoit j quil navoit point de repos;nbsp;quil fe tuoit; quil prdvoyoit quavant quil futnbsp;deux ans Ton verroit arriver des chofes horribles;nbsp;enfin que ce qui lechagrinoirle plus étoitde voir denbsp;bonnes Religieufes a la tête de tout cela. II menbsp;dit encore fur les conditions quil demandoit pournbsp;me permettre la communion; Ne me trompésnbsp; pas. Je lui répondis, que je nen avois pasnbsp;le deffein, 6c que menvoyant a Dieu pour con-noitre fa volonté, il nc me pouvoit trompen^ II me dit que cétoit a Dieu véritablement quil men-voyoit 6c que je madrefTafle aluiavecunegran-de humilitc; il accompagna ces dernieres paroles dun gefte qui y avoir rapport. Il ajouta que finbsp;je ne voulois pas figner après le temps donnépournbsp;cela, il faudroit bien quil obéit aux ordres dunbsp;Pape, amp; quil me jetteroit dans k grand, jecroisnbsp;quil vouloit dire dans le grand nombre de nous,nbsp;quil prevoyoit bien qui ne figneroic jamais. Ilnbsp;ne parloic plus par menaces, mats de fang froid,nbsp;ce qui faifoit mieux fentir ce que nous aurions anbsp;fouffrir dans la fuite. Il me paria ce jour-lk fortnbsp;doucement amp; avec bonté, 6c mappeilant fapau-vre eiifant 6c me priant de figner, dune maniérenbsp;qui ne convenoit point a une perfonne de fa condition 6c de foil rang, puis quil difoit qu il mennbsp;conjuroit en fe mettant a mes pieds. Je fus finbsp;furprife de ce difeours, que je ny répondis quenbsp;par un grand étonnemenc Je lui demanda't un Confeffeur. Il sinforma lequel je défirois. Je lui nornmai le Vicaire denbsp;aflez, indifférente, de peur que 1on ne crut quenbsp;je le fouhaitois préférablement a tout autre, com-roe il étoit vrai , 6t quon ne me le refufat parnbsp;cette raifon. M. de Paris me dit, que ce Vi-caire netoit pas concent de moi. Ceft que dansnbsp;le rapport quil lui avoir fait de fa Vifite, il luinbsp;avoir dit apparemment qui} mavoit trouvéedansnbsp;de mauvaifes difpolitions, 6: qu'il navoic puriennbsp;gagner fur moi pour la fignature. Cependant ilnbsp;promit de me Ienvoyer ,ajoutanr, comme sil eut eunbsp;quelque défiatKe de lui: Maisque vous a-tildir,nbsp;5, lorfque vous lui avés parlé? Des chofes horri-)} bles, lui dis-je, routes les peines quencour- roient ceux qui ne figneroient pas. Il relevanbsp;beaucoup ces paroles, que javois rapportées éx-près pour lui cacher le refte de notre Entrecien. |
Da Mere Supérieure lui demanda fi je comrau-que ne vouloit peut-étre pas venir, amp; quil étoit fachc de la démarche que javois faite aprèsnbsp;lui avoir protefté que je ne fignerois jamais. Jenbsp;penfois auffi que M. de Paris ne fe mettoit pafrnbsp;beaucoup en peine de me Ienvoyer , quil luinbsp;fufSfoit davoir ce quil avoir demandé; quil en-crainte terrible davoir offenfé Dieu dans oettc-occafion ; 6c cette frayeur me troubla amp; m af-fligea fi fort, quelle me réduifit dans un etatnbsp;pitoyable. Je me chagrinois encore de ce quenbsp;je ne pouvois méclaircir 6c trouver le moin-dre foulagemcnt dans cette peine, qui a été encore plus grande que celle que jai fouffertenbsp;lorfque jattendois M. de Paris pour la fignature de fon Formulaire. Je ne fqavois que faire,nbsp;en cette occafion, ou jai éprouvé plus que jenbsp;ne Iavois encore fait, la durete 6c léxtrêmiténbsp;de ma prifon , ne pouvant ni parler a perlbn-ne, ni fupporter la vue de ma faute, qui peut-étre me féparoic de Dieu; ce qui me réduifitnbsp;dans un tel état, que je me faifois peur a moi-mérae, 6c que je me voyois prêce ^ tombernbsp;dans Ic défespoir. Cela mobligea, voyant qu^ |
¦Relation de la Verfécution des neligieufes de Fort-Tloyal, 166^-166^: nbsp;nbsp;nbsp;, ^73 / nbsp;nbsp;nbsp;. ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faire ce die de ne me 'pomc inquicter, qae fi je n avois Kelation Relation ma peine etoic nbsp;nbsp;nbsp;Qui après pagt; changé de dispofi[ion lorfquil feroic temps de la Cap. jbiie éctit i J® un peu plus en répos, 6c ma faute me je voulois me fouvénir'pbur lui en parler, amp; en-*prcrrpouV M. TArche- paroiffoic moins confidérable, quand je la regar- trautres, routes les raifons pour lefquelles je mé l« amis dcnbsp;avró'leTonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;®óté, Javois néanmois 1Ef- cois renduë a ce que lon avoit éxigé de moi.^» ®-°ll*** feffeurqu-irP''^ojorsagité, amp; je fouhaitois dxtrémement Javois auffi tranferit un petit écrit que javois lui avoir pro-de voir M. Ie Vicaire de S. Médard. Je croyois fait fur les demandes de M lArchevêniip amp; mis. nbsp;nbsp;nbsp;i-rnipnitiinr niiil follnir cirrpndrp pp niip firnir IVt divprfpQ -iiit-rps r-Virifocnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A fement. Cependant comme je vis que cela du- de leur apprendre ma fituation amp; ma dtfpoffiïon roit trop long-temps, je crus que je neferois pas préfentc , 6c je lui- paflTai tous ces brouillonsnbsp;mal décrire a M. lArchevêque, 6c de lui repré- pour les. leur communiquer. II voulut bien sennbsp;fenter Ie befoin que javois de voir quelquun; charger, 6c il seneft acquitté a merveille. Cesnbsp;que sil fouhaitoic encore fqavoir ma dispofition MeHieurs, qui navoient pas entendu parler dcnbsp;Dré/ênte . il Doarroic 1 apprendre de celui qu'il au- moi depuis qae jé cois encrée dans cetfe Mai* demandoient. pour sen garentir. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, T yxxtI leus une grandejoie lorlque lon me vint aver- jufqu aux larmes quand je les lui avois expofees ^ EUC ft co'n- tir que ce vertueux Eccléfiatl.que mattendoit au que j eto.s en danger de tomber malade 6c me-feiïc aa ^i-pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avoit déja vu la M ;re a qui il avoit me de fouffrir quelque derangement daas l Ef- Sélrd nul montréVon ordre. Cétoit Ie bainedi 20 de Juin prit ayant une crainte éxceffive d offenfer Dieu u fait com. Je lui dis routes mes peines, 6c il maffiira en fignant. Je lui avois demande s il ne s ap-oue ie navois pas mal fait de fuivre 1éxemplede percevoic point que mon Efprit fut un peu de-notre Mere Je lui repréfentai que je ne pouvois rangé, croyant fennr quelque chofe déxtraor vélende amp;c qui, pour tromper Ie Démon qui Ie tentoic, M. Marie fe dic i foi-même quil navoit pas fait de crime,nbsp;Dorothée gj fg conduifit a fon ordinaire. Je me fouvkns,nbsp;de Jincar-qygnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;occafion M. Singlin mavoit rap- jiation. porfd eet djrempie. Jéxpolai ma pane amp; ma crainte a Dieu, amp; Ie priai quil me permit denbsp;faire Ie même ufage de cette faute , que je nenbsp;pouvois voir fans un trouble éxtrêmé , amp; quinbsp;me mettoit dans une telle éxtrêmité, que je nenbsp;LXxvinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;répondre de ce qui me pouvoit arriver. Elle éctit cependant quil falloit attendre ce que feroic M. lArchevêque,amp; que dele preffer la-deffus,cenbsp;feroit peut-êcre prévenir Ie temps que la providence avoit marqué. Je me défiois beaucoup denbsp;M. lArchevêque, amp; jèn témoignai quelquenbsp;chofe a la Soeur OEconomc, a laquelle je difoisnbsp;quelquefois quelques mots. Elle ne manqua pasnbsp;den parler a la,Mere, qui entra dans ma peinenbsp;amp; moffric décrire a M. lArchevêque pour Ienbsp;faire reffbuvenir dc fa parole. Mais je la remer-ciai, ne voulant pas faire paroicre crop dempref-préiênte , il pourroic lapprendre de celui qunbsp;rok Ia bonté dc menvoyer , amp; qui fgauroic mieuxnbsp;Ten informer que je ne pourrois Ie faire moi-mc-me. Ma Lettre produific fon effet. II envoyanbsp;auffitót chercher Ie Vicaire de S. M/dard a qui ilnbsp;montra la Lettre de la Mere Agnès, qué javoisnbsp;fouscrite. Ce bon-Prêtre en fut content, amp; Janbsp;trouva admirable i elle left en efïec, amp; elle nanbsp;rien de mauvais que 1abus quon en a fair. Lanbsp;Mere ma dic comme elle Ientendoit^ cétoit Ienbsp;fens dans lequel javois promis cette indifferencenbsp;amp; je'ny voyois aucun mal. Mais il étoic difficile de déviner 1intenrion de ceux qui nous ia munier» |
mit hors de peine, me confefla amp; me dic de com- vérende munier Ie Lendemain, amp; dans la fuite felon manbsp;dévotion. Cétoit Ie 21 de Juin, juftement a lanbsp;fin des dix mois qui sécoient écoulés depuis que del incar-M. lArchevêque nous avoit privécs des Sacre-ments Ie 21 dAoüt lédj.. Je communiai encore Ie jour de Saint ^eau Ba^tifie pour la fecon-de amp; derniére fois. Je métois occupée,en attendant eet Ecclefia- Lxxxur. ftique,a mettre fur Ie papier biendes c'^ofesdontg^'j^^'^®*' diverfes aurres chofes done je métois avifée de lui parler. Cétoit une efpéce SAgesida. Dansnbsp;Ie temps que eet Eccléfiaftique me difoit desnbsp;Nouvelles de cous nos amis, amp; que je lécou-tois avec beaucoup de plaifir , il me vint ennbsp;penféeque je devrois leur donner auffi des mieh-nes. Jaurois bien voulu leur écrire ; mais denbsp;retourner a notre Celluie pour Ie faire , amp; denbsp;revenir enfuite au Parloir , cécoic donner dunbsp;Soupqonaux furveillantes. Je me contentaidonc,nbsp;re pouvanc faire mieux, de prier M. Ie Vicaire fon, firion par Ie bruit qui avoit couru que je devois figner, eurene la bonté de sintérefi'er ^nbsp;ma lituation. Je priai encore M. Ie Vicaire de parler pour lxxix moi a M.. lArchevêque , a qui il alloit rendreCe vicairenbsp;compte de fa commilfion. Je lui donnai tomeE^'*^ effie».'nbsp;liberté de fe fervir de ce que je lui avois dit denbsp;plus fecret, pour Ie perfuader quil métoit ab- de PatU.'nbsp;foiument irapoffible de rien faire pour la fignatu-re. II me Ie promit, en maffuranf quil parle-roit de la bonne forte. Il Ie fit en efïet, amp; ünbsp;lui repréfenta avec force routes mes peines denbsp;confcience , difant quil en avoit été touché _ nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------- '-vAViavji» me mettre devant Dieu duns les' dispofitions que dinaire après avoir fouffert de fi grandes angoif-M. lArchevêque mavoit demandées, ni refter fes. II fourit 6c me dit, quil ne voyoit point cn fuspens fut la (ignature, étant perfuadée qu au cela , mais bien que j etois en danger davoirnbsp;moins lon couroic rifque doffenfer Dieu en ft- une grande maladie , amp; que ma tête pourroitnbsp;naat. II méclaircitfur tous mesdoates, 6cme foqffnr par des verciges. Je lui dis quil menbsp;°nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Y 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rrc- |
Relathn de la Perfecutmi des 'Religkufcs de Fort-Royal,
^ nbsp;nbsp;nbsp;I-.T _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; _______ mnnr'oi rl.'-c /-a nbsp;nbsp;nbsp;Xnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«i
174
prenoit fouvent des étourdiflemeiits qui en pour-roienr bien ctre les avant-coureurs. Je lui dis aaffi que javois été réduite a dcmander a Dieunbsp;plufieurs fois quil me fit perdre ou la vie, ounbsp;iEfprit, afin de nêtre plus en état de lofFen-fer par la fignature quon me demandoic, amp;nbsp;pour laquelle j'étois fi fort perlecutée. Ceia luinbsp;fit pitié, amp; il me promit den parler a M. TAr*nbsp;chevêque, commc il fit, enforte que ce Prélatnbsp;lui témoigna en avoir de la peine, amp; quil de-manda , comme sil Teut ignore après ce quenbsp;je lui en avois écrit tant de fois, sil étoit vrainbsp;que je foufFrifiTe tant. II Ie pria de faire toutnbsp;ce quil pourroit pour ma confolation de menbsp;vcnir voir autant quil Ic jugeroit ncccflaire öcnbsp;que je Ie défirerois, quand même ce f.roit tousnbsp;les jours, amp; quil me dit de ne me mettre pointnbsp;en peine, que je priaffe Dieu pour lui, amp; quilnbsp;menverroic bientóc a Port-Rgyal des Champs.
Ce bon Prêtre revint au bout de huit jours,
6 nbsp;nbsp;nbsp;mapporta les réponfes de ces Meflieurs, quinbsp;après avoir débrouillé mes papiers amp; vu la ma-niére dont javois figné iindijférence , auroientnbsp;fort fouhaité que je neufife point pns de part anbsp;cecte affaire ; quils avoient bien compris quenbsp;mon intention nctoit pas detre indifférente denbsp;figner ou ne pas figner {implement Ie tormulaire ,nbsp;mais feulement de nêtre pas dans lentêtementnbsp;que lon nous imputoit (de ne vouloir pas fairenbsp;une chofe qui feroit faifable.)^ Ils me marquoientnbsp;la maniére dont je devois méxpliquer avec M.nbsp;lArchevêque, afin que lon nabufat pas de ccnbsp;que javois promis pourmaltraiter mes Soeurs. Ilsnbsp;ajoutoient, que lon donneroit Ie même avis a lanbsp;Mere Agnès ^ fi lon trouvoit quelque voie pournbsp;Ie faire furement; quelle avoit cefle de commu-nier, ayant fqu que lon fe fervoit de ce préte.\tenbsp;pour tourmenter nos Soeurs qui ne vouloient pasnbsp;faire ce quelieavoit fait;amp; queüe avoit dit quelle vouloit demeurer privée de la communion,nbsp;puifquelles 1étoientj 6c quelle ne fe fépareroitnbsp;jamais davec clles. Dieu me fit la grace dentrernbsp;plcinement dans les vues de ces Meffieurs, 6c denbsp;faire ce quils me confeilloient. Ceit en cettenbsp;rencontre que jai eu fujet dadmirer la conduitenbsp;de la providence de Dieu fur mot, de mavoirnbsp;procuré la Vilite de eet Eccléfiaftique. Car dansnbsp;ks peines que javois euës fur cette affaire de l'in-dijférence courois rifque de me jetter dans quelque éxcrêraitc qui auroit eu des fuites facheufesnbsp;fans cc fecours. Je voyois aufÏÏ la difïérence quil
7 nbsp;nbsp;nbsp;avoit entre ces perfonnes charitables 6c éclai-rces, 6c celles que javois vues, 6c celui mêmenbsp;qui mavoit dit que javois bien fait.
Ce bon Eccléfiaftique mapprit aufli cequeM. -1 Archevêque lui avoit dit de me dire, 6cmalfu-.ra qui\nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dune maniére quil n'at-
I® rnol pour la fignature, ce qui me fa IS tout a fak, auffi-bien que lefpérance dal-ler bientot a Pors-n,yal des chamsps. Je com-
llelation de la Cap.nbsp;de la llé-verendenbsp;M. Marïenbsp;Dorothénbsp;de llncar-Batioil.
LXXX.
Ï1 liii appot-te les répon-fes de ces Mcffiems.
LXXXI. Sa leconnbsp;«oiflance^nbsp;MveK Pico
mencai des ce jour a refpirer 6c a navoir plus Relatioa dangoiflès ni de peines. Je neus plus qua re-de la Cap.nbsp;mercier Dieu de la conduite de fa providence furnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
moi pour tous les fecours quil mavoit donnés dans Ie temps ou jen avois eu plus de befoin, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,1,^5;
par une voie que je neuflè jamais ofé efpérer. nbsp;nbsp;nbsp;mpcar
me trouvai daurant plus obligee a 1en remercier|J® .
6c a lui témoigner une reconnoiffance qui doic * durer aurant que ma vie, que jétois, lorfque tousnbsp;ces fecours me font venus, dans un état que jenbsp;voudrois pouvoir éxprimer amp; faire fentir mieuxnbsp;que je ne fais , quoique je croie devoir en dire cenbsp;que je pourrai a la gloire de fa grace, 6c pournbsp;me fervir de preuve, auffi-bien qua tous ceuxnbsp;qui verront cecte Relation, que Dieu eft veritable dans fes promeifes 6c quil nabandonne jamais ceux qui mettent route leur cfpérance en lui.
II a permis que jaie été réduite dans un état da-bandon de route forte de fecours pendant un fi iong-temps, 6c fans en attendrê ni en efpérer denbsp;perlonne tant que jaurois refufé de figner; 6ccccnbsp;état métoit li pénible, lors que je Ie regardoisennbsp;lui-même 6c dans fes fuites, que je croyois quilnbsp;étoit impoffible que je ne mourulfe de cette peine, OU que je nen perdiffe fefprit, avant quilnbsp;fut temps de dire ma re'folucion fur la fignature dunbsp;dernier Formulaire du Pape. Cependanc dansnbsp;cette vuë fi pénible de mon état préfent 6c ave-nir, Dieu ma foütenuë par lefpérance feule ennbsp;fa. miféricorde, amp; par la foi quil me donnoit quilnbsp;n abandonneroic jamais ceux qui mettoienc leurnbsp;ferme efpérance en lui. C^^and cette penfee nenbsp;métoic pas préfente, je me trouvois dans unétatnbsp;de peine tout autre. Javois mis au bas de notrenbsp;Crucifix ces paroles de 1Eccléfiaftique 33:1.
Timenti Dominum non occurrent mala, fed in ten-tatione Deus ilium cosifervahit ^ liberahit d malis.
Jelifois cette fentence pour me confoler6c me fortifier dans ma peine, amp; par Ja grace de Dieu elle a toujours produit en moi ce double effer.
Auffitot que jeus lu les Lettres de nos amis Je Lxxtir. me mis a penfer comment je pourrois faire cenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
quils me confeilloient, ayant une grande envie de foute!' * me rendre a leurs avis pour réparer la faute quenbsp;javois faite. Javois affez de peine den tnouvernbsp;les moyens, de peur de donnet du foup§on a me*nbsp;hóteffes , dautant plus que Ie Confeffeur que jenbsp;voyois étoit notre ami particulier, 6c quil entroicnbsp;fort dans mon fentiment. II plut a Dieu de menbsp;donnet quelque ouverture pour réuffir dans tnoanbsp;defl'ein. La Supérieure métant venuë voir, menbsp;dit que la Mere yignès avoit prié M. lArchevê-que de nous envoyer avec elle H Pori-Royal desnbsp;Champs pour y conférer fur ce que nous aurionsanbsp;faire couchanc la fignature du nouveau Formulaire,
6c que ce Prélat y confentoit, ne voulanc pas que notre entrevuë fe fit au Monaftére de Paris, paree que les Sceurs qui avoient figné étancenrépos,nbsp;il ne falloit pas les aller troubler. Elle me detnan-da fi je nétois pas de 1avis de Ia Mere Agnès
fi
-ocr page 175-Relation de Ja Pérfectttion des Religieufes de Port-Hoyal, iö'iJa-kJK'p Relation fi je ne fecfeis pas roujours ce quelle feroir. Jeiui 1 exemple de Ja Mere, eJIes rre rrn.Vn;^,,^ ^ rfe laCnp. d/. que e ferois toujours dufentimentdela Mere, ble dune grande fturèT qu? moTTmnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Pan de Ia Ré. amp; qu eüe ecou j_a^_Pej;^fonne monde pour qui den écrire a M. lArchevêque. EJle me priï de^e L Ré- Agnes. pour conférer enfemble. La Mere pour cette fois moi un nouveau motif déciire a M. 1Arche-rejetta cette Propoütion, difant que cela nefervi- nbsp;nbsp;nbsp;u roit qua nous fortifier les unes les autres. Elle ne fe trompoit pas, cétoit bien mon intention,nbsp;lors que je verrois la Mere, den tirer cec avan-tage. Mais jétois bien fachée que cette Mere Supérieure fut dun fentiment contraire, craignantnbsp;que fon oppofition ne fit changer ceux qui de-voient agir dans cette 'affaire. Quand elle menbsp;paria done de nouveau dalier a Pert-Royal avecnbsp;la Mere Agnès ,je vis bien quelle étoic changée,nbsp;car elle me dit quelle en étoic bien-aife , fans'nbsp;doute paree quelie avoit perdu 1 efjjcrance que jenbsp;fignaflè jamais,amp; que cétoic Ie moyen detredé-barrafifee de moi, ce que je lui dis en riant. Ellenbsp;mavoua quelle aimoic bien que chacun demeuratnbsp;chez foij je lalfurai que je 1aimois pour lemoinsnbsp;autanc quelle. Comme je lui demandois des nou-velles de cette affaire, un jour que je la trouvainbsp;de bonne humeur, elle me dit en général quil ynbsp;avoit des ditHcukcs j que nos Soeurs ne vouloientnbsp;pas confentir i ce voyage, amp;: nencroient pointnbsp;dans ie fentiment de la Mere Agnès. II me vintnbsp;en penfée quellescroyoient peut-être que la Merenbsp;sétoit affoiblie fur la ügnature en conféquence de ' amp; comme il Yindifférence quelle avoit promife y avoit long-temps que javois envie de réparernbsp;ma fauce en méxpliquant avec M. iArchevêquenbsp;amp; avec elle-méme, puifquelle avoit été préfèntenbsp;lorfque je lavois faite, je lui dis que javois biennbsp;prdvu que nos Soeurs nayant point voulu fuivre ment Ie Formulaire 3 cat non feulemenc je nai jamais cru Ie pouvoir faire enconfcknce,niais Térende javóis plus de refpefl: amp;c dafFedioni amp; quéx-M. Marie la ügnature (ce que je croyoisquellefuppo-Dorothce^Qjj.j jg nbsp;nbsp;nbsp;gp gj partout. Elleparut del incar- j^jg^.^jpg je cette réponfe, amp; moi je ne fqavois d nation.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tendoit fon difcours, car il me paroiffoit quelle avoi: ordre de fgavoir monfentimenr,fans faire femblant de rien. Cec Entretien avec la Mere me caufa bien de la joie. Environ ce temps-Ik il métoic venu une envie tout è fait grande detre avec quelquune de mes Soeurs, ne pouvant anbsp;ce que je croyois, porter plus long-tetnps la peinenbsp;d'etre feule dans les agitationsquejavoiseuës.Ja-vois ouï-dire quelque chofe qui me donnoit lieunbsp;de lefpérer. Jofïris a Dieu ce défir par les mérites de la Sainte Vierge , amp; je lui promisnbsp;de dire tous les jours neuffois Ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cet te iieuvaine eut tout 1efFet que je pouvoisdéfirer, car je fortis de^^iVre A/^r/ele VendredidanslOc-tave de la Vifitaiion, amp; Ie lendemain je fus reunienbsp;avec mes Soeurs. txxxni. Quelque tempsauparavantMademoiielle de Rd-Ptojct A'MTicnioignon mavoit dit devant la MereSupérieureque cntievuëa- jg Mere Agnès avoir envie dedemander a M.lA-vec ta Mere gj^gygqjjgnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sggm- jijjgelique de St. Jean, ma Soeur Anne Eugenie amp; moi puiffions nous voir a Sainte Mark du Fauxheurg,ontWzéioit, |
ne Ie pas faire, de peur quil ne trouvat mauvais qucüe meut dit cette nouvelle. Je ne Ie fis pointnbsp;pour ne lui pas faire de peine, ^elque temps®nbsp;après elle me dit que nos Soeurs f®ifoi^*'^toujours^^jjgijj*'nbsp;difficultéde ferendre,amp; que la Mere Agnès leurnbsp;avoit écrit, mais que cc nétoic pas pour ce quenbsp;]c penfois.. Enfin ne fqachant quelles pouvoientnbsp;être leurs raifons, je ne laiffai pas de dire a lanbsp;Mere qife japprouvois leur conduite, amp; que jenbsp;ne me féparerois jamais dc la Communaute. Lxxxiv. Ne pouvant omettre la communion Ie jour de , EUr s abf* St. Pierre amp; de St. Paul^ comme javois fait lesnbsp;autres fêtesqui étoient arrivées depuislaSt,,nbsp;fous prétexte de quelque incommodité, je dis anbsp;la Mere la peine que javois de navoir pas éxpli-qué clairement ce que je penfois fur le'tat dt»-difference que javois promis, amp; queje ne pouvoisnbsp;me rc'foudre de communier que je neufle au-paravant écrit a M. lArchevêque. Elle me parianbsp;bonnement cette fois, amp; vouluc me relever denbsp;ce fcrupuie par quelque éxplication favorable;nbsp;mais comme je ne pouvois men contentcr,ellenbsp;fe rendit a mes raifons amp; sofïrit denvoyer manbsp;Eenre. Elle mavoit dit quelques jours aupara-vant que nous partirions dans deux jours pournbsp;aller i Fert-Royal des Champs^ ce qui fut pour vêque avant mon depart, pour Ie reroerciet de cc quil mavoit fait dire par M. Ie Vicaire dc Sc. Médard. Voici la Letcre que je lui éctivis Ie 30 Juin; MONSEIGNEUR, ,, Jai requ avec une vive reconnoiffance les fxxxv. ,, lémoignages de bonté amp; de charité que Votre nbsp;nbsp;nbsp;^ Grandeur ma fait donner par M. Ie Vicaire, vêque pout* auffi-bien que lapromelTedemenvoyer bientótlu* «JxpUqueinbsp;,, a Pert-Royal des Champs. La Mere Supérieure'quot;|^'^'l'quot;®.nbsp;,, mayant dit que ce feroic fur la fin de cette r,ndil'êica!i*nbsp; femaine, jai cru quil étoic de mon devoir de«. ,, me donner lhonneur den faire mes très-hum- bles remerciments a Votre Grandeur, amp; de lui demander fa bénédiétion pour faire ce vo- yage 6c rentrer dans la pratique de nos obfer-,, vances, done il y a fi long-temps queje fuisnbsp; piivéej 6c en même-temps dapprendre è Vo- tre Grandeur, comme elle Ie fouhaite, la dif- pofidon oü je fuis. Métant mife devant Dieu, autant que je lai pu, dans létat que vousma- vés commandé, Monfeigneur, pour connoitre cea quoije métois engagée paria protneflenbsp; que javois faite a Votre Grandeur, jai eupeurnbsp; quelle nait pas bien pris ma penfée, qui nanbsp;jamais été detre indifférente a figner limple- |
17^ Relation de la Terfécution des Religieujès de Port-Royal, 1664.-166^ de la Cap. de la Ré- nbsp;vérende nbsp;M. Marie nbsp;Dorothée nbsp;de Ilncar-nbsp;nation. LXXXVI Elle n'en jolt pointnbsp;Iconic Pavoi: pas ddpeint tel qu'il étoit. La Mere ma- d'Ipm, en difanc quil avoit corrornpu la Doc-yant tetnoigné que je lui ferois plaifir de le voir, trine de Saint Augujiin amp; détruit la fof jffui nouj ^ que lOrdrede la Viftationlxd. selt;fo\x. de gran- apprend quil y a un Dieu, puiiqu ll lui óteit l» Relation,, je nai jamais eu intention un feul moment, dans quelque ficuarion que je me fois trouvée,nbsp;davoir cette indifference, amp; par conféquentnbsp;de la promettre. Jai cru, Monfeigneur, êtrenbsp;obligee de mcn éxpliquer a Votre Grandeur,nbsp;afin quelle ne croie pas que jai écé aflèz. mal-heureufe pour la tromper. Je fuis (i éloignéenbsp;,, de Ie vouloir faire, que je ne veux pas profilernbsp; davantage de la grace que Votre Grandeurnbsp; ma accordée, quelle ne fqache auparavant ennbsp; quelle dispofition je lai acceptée. Je nai plus,nbsp;dis-je, oié communier, depuis que jai eu cet- te crainte, amp; je ne Ie ferai point, jufqua-cenbsp;que je fois aflurée que Votre Grandeur aitnbsp; bien connu mon intention, amp; que je fgache cenbsp;j, quil lui plaira que je fade après quelle aura vunbsp;,, mon explication. Car quoiquejeftime cette gra- ceplusquema viejeneveux néanmoins lobte-,, nir que par des voies juftes amp; véritables,amp; jenbsp; fqai queceft lintention de V. G. qui ma com-,, mandé de ne rien faire que de fincére. Je lanbsp; Supplie done de croire que ceft dans toute lanbsp; fincérité de mon coeur que jai lhonneur denbsp; lui développer ma penfée telle que je lai tou-,, jours euë, amp; de Iaffurer du profond refped;nbsp; amp;c. . . . 'VI. Je portaia la Mere cette Lettre toute ouverte, 'f'afin quelle fut perfuadée, en la lifant, que jagif-'*fois fincérement, lt;Se quelle fac dénompée de Janbsp;créance queitc avoit que javois promis / indijfé^nbsp;rence. Cétoit aufli dans Ie deflèin quelle dé-trompat tous ceux a qui elle lavoit dit, car cettenbsp;bonne Mere voit beaucoup de monde, Jéfuites^nbsp;Prêtresde la Million,amp; autres devots de ces Peres , outre quelle eft en relation avec les princi-pales Meres de fon Ordre. Ma Lettre fut mal-heureufementportée a lArchevéchédans Ie tempsnbsp;que M. lArchevcque ny étoit pas. Je nen ainbsp;point eu de réponfe, finon que M. du Saugeynbsp;quelque-tems après que nous fumes arrivéesici,nbsp;dit a la Mere Prieure quil avoit pouvoir deCon-feffer la Mere Agnès amp; dautres, dont jétois dunbsp;nombre. Mais on na pas jugé a propos dallernbsp;a lui. II dit auflique les mémes pouvoient com-municr, ce quelles nont pas fait non plus quenbsp;moi. La Mere Supérieure mavoit dit, avantnbsp;que de partir, que M. de Paris avoit furementnbsp;lequ ma Lettre, ce qui me mit en répos, ayantnbsp;fatisfait a ma confcience. Lxxxvil. Le jour de la Vifitation de la Sainte Vierge la s»n Entre- Mere Supérieure me dit que M. lEvêque dJS-nn^ecyn-^feux, qui devoit paffer toute la journée cheznbsp;vruux. eiles, avoic envie dc me voir. Je lm repondisnbsp;quil me faifoit trop dhonneur. £l!e me fit ié-foge de ce Prélat, amp; je lécoutai fans la contre-Je me fouvenois cependant quon mavoitnbsp;.5^d nous étoit fort oppofé, mais on ne me |
des obligations, je ne me fis pas prier davantage, Relation amp; je fus le faluer a la grille. Javois lEfprit alfez.nbsp;libre, amp; je nétois plus abbaruë de trifteflècom- 'f ^ jnbsp;me je 1avois cté, ayant chaflé toute crainte ^nbsp;toute inquiétude. Ce Prélat, après les premiers :quot;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. compliments, commenga par me dire que la M. j lui avoit parlé de mes domes fur ce qui sétoitnbsp;paffe a Rome au fujet de la condamnation des cinqnbsp;Propofitions; quil venoit tour préfentement denbsp;Rome, ou il avoit entretenu le Pape fur cette af-faire^ que tout se'toit paffe dans les régies amp; dansnbsp;tomes les foimes ordinaires, amp; quon navoit tiennbsp;fait quaprès bien des priéres amp; des jeunes. Jenbsp;ne me fouviens pas dc tout ce quil me dit dansnbsp;eet Entretien, qui dura une heure entiére. Maisnbsp;je nai pas oublié que le Saint Efprit, felon luinbsp;conduit tellement le Pape en ces fortes daffaires , quil ne manque jamais de prononcer unnbsp;jugement equitable. II men rapporta un éxem-ple , dont je me fouviens encore ; quayant anbsp;parler au Pape de quelque affaire, il 1avoir trou-vé fort prévenu contre , mais quune perfonnenbsp;(cctoit un Religieux ce me femble) lui avoicnbsp;dit davoir patience,que le Pape étoit homme, amp; par conféquent capable de fe laiffer préve-nir, mais quil verrolt, lorfqu il feroic temps de prononcer fur cette affaire, que le Saint Efpritnbsp;iéclaireroic ; ce qui arriva comme il lui avoicnbsp;die , amp; il décida en faveur de Ia juftice. IInbsp;ajouca, quil y en avoic encore plufieurs éxem-plesj amp; que pour 1affaire de Janfenius ^ le Papenbsp;lui avoit dit quil avoic éprouvé en cette occa-fion leffec de la promeffe de Dieu. II me de-manda les raifons pour Jefquellcs je ne vouloisnbsp;point figner. Je lui dis que je ne pouvois fairenbsp;un menfonge , un parjute , un jugement témé-raire, ni porter un faux témoignage. II me dienbsp;que jaccufois done le Pape amp; mon Archevé-que de commettre ces crimes, ou de me lesnbsp;confeiller. Je lui repliquai que je ne jugeoisnbsp;point de leurs intentions , mais que je croyoisnbsp;ne pouvoir faire fans crime ce quils me com-mandoient. II infifta fort fur ce que je craig-nois de juger urt homme , pendant que je jugeois le Pape amp; les Evêques. II ntc biennbsp;des chofes avec beaucoup de chaleur amp; dai-greur pour me perfuader de 1obligation quenbsp;javois dobéir. Il me cita des Conciles, desnbsp;Canons, des Décrets des Papes, amp; je ue fgainbsp;quoi encore. Je lécoutois fans rien dire, maïsnbsp;non fans fouffrir. Je crois que mon filence 1 obli-gea de me dire quil voyoic bien quil ne pour-roit me perfuader par la Doörine, amp; quil ai-moic mieux me parler plus familie'reroent. Jenbsp;lui dis que je nentesdois rien a tous lés rai-fonnemencs, amp; que jétois fort ignorante.^ IInbsp;me paria enfuite indignement de M- lEr^quc |
¦ReUtitn del* Ter^cution des ¦Reli£ieufes de Porf-Reyal, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
« , . nbsp;nbsp;nbsp;, -r'ri.-r.i-H/. n cftvrai faiouta til) quil fotrites; amp; pour prouver leur Hypocrifie il me Relation
que nous n'avions point de Saints dans notre farii, ce font fes termes j que pour eux ils avoientnbsp;Saint Francois de Sales, feu M. IEveque de Plt;i-w«w,M. Vincent^ M. Ollier^ qui font des plusnbsp;Saints: que la divine providence avoir toujoursnbsp;fufeité des Saints en meme-tetnps quelle avoirnbsp;permis quil y cut des Hérétiques, afin de com-battre leur nouvelle Doftrine; que pendant quenbsp;M. dTpres faifoic fon mcchant Livre en Flan-dre, St. Franfois de Sales combattoit en Savoyenbsp;fa mauvaife Doétrine dans le Livre de I'amournbsp;de Dieu, amp; dans les autres quil a compofés ;nbsp;quon a fair un éxtraic de fes Ouvrages pournbsp;faire voir Ioppofition de la Dodlrine de Saintnbsp;Franyois de Sales davec celle de Janfenius ^ quenbsp;ce petit Livre fe vendoit dix folsj cyae.St.Fra7i-yois de Sales avoir fait quantite de miracles, aunbsp;lieu que nous navions point de Saints qui ennbsp;filfent. Je mavifai, je ne fgai comment,dou-vrir la bouche, que javois toujours euë fermée,nbsp;pour lui dire que Madame la Douairière isOrkansnbsp;avoir afluré que M. d'Tpres avoir fait des Miracles. Mais il men fit repentir auffitot, en menbsp;difant avec emportement amp; une efpcce de fu-reur , que ces Miracles étoienc auffi faux quenbsp;ceux de Saint tranyois de Sales étoient vérita-bles. La colére ou je le vis me fit fouvenirnbsp;quon mavoit dit que ce Prélat étoit violent 6cnbsp;emporcé. En effet je ne pouvois rien dire qui nenbsp;le fachat furieufement, il ne parloit que dans desnbsp;transports de colére.
encore que ces Meffieurs de la morale «cEmtetien!nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nécoieiit pas févéres a eux méraes j quils
faifoient bonne chére, pendant quils cqndam-noient tout le monde; quon ne les voyoit point dans les Miffions, ni dans aucune oeuvre de cha-rité pour le prochain j que M. Smglm qui pré-choic la Penitence aux autres, nc la pratiquoitnbsp;pas trop bien j quil fe faifoit debotter par unnbsp;gentilhomme, qui lui donnoit auffi la chemife.nbsp;Je ne mets point ici le fait tel quil me le conta,
S, -rfoumis Ion Livre au Pape, mais ceft d fga- die, quétant un jour en Compagnie a une Mai- de la ^^ap. de la Ré-voir sil Ia fait bicn lincéremenc, cependant fon de Campagne ou il y avoir un de ces Mcf-de la Rénbsp;vérende il faut le croire, puifquil le die, quoique de fieurs JafemJles on fervit la Collation, amp; Tonnbsp;M. Marie fix-vingts Eveques quil y a en France^ U y pria ce Monlieur de la rairc avec les autres^ quil .lx-Poroibée nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j doutenc. Il die encore sen éxcufa, en difanc qu il nc mangeoic point
nation.
de Ilncar-^^^^ nbsp;nbsp;nbsp;hors les repas, mais quaprès la collation 6c pen-
___V.X V aiLLllClll. JC
non feulement paree quil ne 'lc mérite point; me mis a genoux pour lui demander fa bénédic-mal oarce quon a ccrit ailleurs ces fortes decon- tion, quil me donna de bonne grace Je le fup-tes Que ces Meffieurs attiroient le monde a eux pliai tres humblement de me croire dans tous les ICS. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;--nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fentimentsderefpectoC deloumiffion que jedevois
au Pape amp; aux Eveques. Il me répondit avec afl'ez de bonté quil en étoit perfuadé, amp; quil
Ini narniiTbir nnp to norr.---- nbsp;nbsp;nbsp;'¦
dant quon fe promenoit aujardin, Monfieur yanjenifle sen alia a IOfSce, 6c donna fur lanbsp;tourte, les Confitures, amp; le refte. Je ne fis quenbsp;rire de ces contes, amp; je temoignai au conteurnbsp;quil ne me perfuadoic pas, amp; que sil preten-doit me faire perdre Ieftime que javois pour cesnbsp;Meffieurs, en men difant du mal, fa conduitenbsp;produifoit en inoi un efFet tout contraije; amp; quenbsp;les connoiflant mieux que ceux qui men par-loient, je nétois pas capable de croire ce quilsnbsp;men difoient; que jétois refolue de les honorernbsp;amp; de les eftimer route ma vie en dépit de leursnbsp;ennemis. Il me paria du Livre de la. Trélt;iusntenbsp;communioncomme dun fort mechant Livre. Jcnbsp;lui dis que M. 1Archevêque en faifoir au contraire une grande eftime, iic quil nous avoir ditnbsp;en plein Chapicre, a la fia de la Vifite, amp; ennbsp;préfence de fes Grands-Vicaires, quil Tavoit lunbsp;5 ou 6 fois, amp; quil devenoit toujours meilleurnbsp;apres chaque ledlure. Le Prélat demeura unpeunbsp;froid, amp; me dit quil en avoir un de la premierenbsp;edition oii il y avoir bien de mauvaifes chofes 6cnbsp;beaucoup de paflages des Peres tronques. Il paria auffi avec beaucoup de mépris de la vk denbsp;Dorn Barthelemy des Martyrs, difanc que cétoitnbsp;Arnauld qui 1avoit fiiite,quil le fgavoic de bonne part, amp; auffi quil fc meloit de faire des remontrances au Pape. Il méxagera la cémérité denbsp;ceux quine veulent pas croire que les cinq Propo-fitions font dans le Livre de Janfenius-.^ il fg nricnbsp;en colére concreux, 6c furtout conrre les Reli-gieufes de Port-Boyal ^ qui ne veulent pas fignernbsp;le Fcw/»/lt;?;re, quoique routes les autres Religieu-fes 1aient fait. Il fe plaignoit de nous amp; de no-tre refinance, comme fi nous avions offenfé tousnbsp;les Eveques, amp; lui en particulier. Enfin aprèsnbsp;quelques lamentations fur mon état amp; fur manbsp;défobéiffance, il conclut quil valloit mieux par-ler a Dieu pour moi, que de me parler de la fi-gnature. Il me congédia aflèz civilement. Je
è force dArgent ^ que M. Singlin avoit offert aux Urfulines de Magnyms fomme confidérable,nbsp;fi elles vouloient fe mettre fous fa conduite; que
_ __ __________ awaaviV J nbsp;nbsp;nbsp;C^U U
, nbsp;nbsp;nbsp;. r ¦ . iorté fes offres luiparoiffoitqueje nagiffoisque parfcrupuleSc
CCS bonnes Rcligieufes avoient rejett nbsp;nbsp;nbsp;délicateffe de confcience. Je quittai ce bonPré-
avec horreur nbsp;nbsp;nbsp;iLTfnton'vou- lat fans avoir rien change dans mes difpofidons
grande,i nbsp;nbsp;nbsp;récorï!- tout ce quil mavoit dit nayant fait aucune iml
loit les endoélrmer, amp; que nbsp;nbsp;nbsp;preffion fur mon Efprit. Jai oublié de marquer
t'? nbsp;nbsp;nbsp;lui db eutfUet chofes ceu'\ofe
'Relation de la Pérfe'cution des Religieufes de Port-Royal, netoic quun précexte que 1onpre- memettre, pares queile navoic point dantrelie^ Relatioir que li je devenois do la Cap. plus mal elle craignoic detre obligee de me nxt- de la Ré-cre en quelqge endroit ou je ne têrois pas auffi vérendenbsp;bieti traités quelle Ie déüroit, je dis a cette Da-me, que javois prié la Mere de menvoyer a Dorotheenbsp;rHdtel-Dieu ou aux Hofpitaliéres, étantnbsp;rente oti je ferois. Mais cette Dame, auffi bien'®^°*nbsp;que Mademoifelle de Lamoignon qui étoit préfen-te, priérenc la Mere de me garder amp; de me donnet la Chambre qui leur apparcenpic, amp; queüesnbsp;occupoient en cas de petite verole, afin que jenbsp;ne changeafle de Mailbn que pour retourner dansnbsp;ia notre. La Mere fe prêta de bonne grace, amp;nbsp;me témoigna en cette occafion beaucoup daffec-cion,au(ïi-bien que fa Coramunauté. II eft certain quelles ont eu bien de la charité amp; du tbin-pour ce qui regardoit mon corps, ce quelles onenbsp;fait gratuiteraent, nayant point regu de penfjonnbsp;pour moi durant Ie féjour que jai fait chez. elles. Je faifois ce que je pouvois pour leur te'moigner ma reconnoiliance par mes paroles amp; mes offresnbsp;de travaillerpour gagner quelque petite ebofepournbsp;la Maifón. Mais elles font fait avec tant de re-renuë dede crainte demincommoder,a cequel-les me difoient, que jai fouvent manqué dou-vrage, ce qui me caufoit de 1ennui. Je ne fgainbsp;fi elles nétoient pas bien-aifes de me réduire parnbsp;eer ennui a figner, car la Mere me difoit de tempsnbsp;en temps de penfer done a moi, amp; que 1on fenbsp;trouvoic bien dans leur Maifon, quoiqua petite. Dautres fois elle me difoit fa penféeplusouverte-ment, ce qui 'm'obligeok de lui dire que je né-tois pas infenfible ni indifférente pour 1état ou jetoisj que je ferois bien ennemie de mon pro-pre bien de nen pas fortir, fi je le pouvois fairenbsp;légirimemenr. Je crois que la penfee que jétois ¦nbsp;indifférente lui venoi: de ce que jeire temoignois' 17S Relation fort, quelle n'etoit qu'un prétexte que 1onpre- memeltre, pares queile de la Cap. noit pour nous perdre jquaprès routes les calom- que le dortoir ou jécois,. 6cnbsp;nies quon avoit répanduës contre nous, amp; que;nbsp;les Viiites faites qhez. nous avoient pleinement dé-truites, on avoit enfin trouvé ce moyen de nousnbsp;opprimer. Le Prélat, quoique dévoué aux Jé-'fuites dont il parle avec de grands témoignagesnbsp;dettims öc de vénération, ne pric point leur parti dans cette occafion, il garda un profond filen-ce. On linterprétera comme on voudra. Lxxxix Od nievint ofFrir après diner daller avec la ScsEntte-' Gommuoauté voir ce Prélat, qui devoit palïèrnbsp;tiens avec la uneheure de recreation a la Grille avec lesSteurs.nbsp;afname-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fort furprife de cette invitation, a laquelle aux. nbsp;nbsp;nbsp;je ne mattendois pas; je men ëxcufai bienvite, témoignant être plus que fatisfaite de 1Enttetien que javois eu le matin avec lui. Peuc-être ma-voic-on propofé cette récréation pour ne me pasnbsp;lailTer feule avec Madame la Préfidente des Ua-avoit demandé è me voir. On de la Ré vérendenbsp;M. Marienbsp;Dorothéenbsp;de rincar-7:nbsp;nation. meauXy qui fit la même Propofition a cette Dame, qui sen éx-eufa auffi', difant que nous prendrions notre ré-eréation enfemble. II fallut que les bonnes Meres en palfaffent par la, 6c nous laiffaffent enfemble durant ce temps-la. Javois connu dans le monde ia Maifon de cette Dame, qui étoit denbsp;notre quartier 6c amie particuliére de feuë manbsp;Mere. Ayant fqu que jétois dans cette Maifon,nbsp;OU elle avoit entrée, elle voulut me voir,6cjeusnbsp;eet honneur pour la première fois Ic jour de lanbsp;Préfentation de la Sainte Vierge, un peu malgrénbsp;rooi,mais je ne pus le refufer a la Mere quimcnnbsp;avoit price. Cette Dame, qui craint Dieu, eftnbsp;bonne 6c dune. humeur agre'able. Nous eümesnbsp;bientót renouvellélAncienneconnoiiïance, quoique je ne me fouvienne pas de lavoir vuë dans Ienbsp;monde , mais feultment Madame fa Mere 6cnbsp;fes Fréres. File entreprit ,, dés la premièrenbsp;fois quelle me vit, de me perfuadêr de figner:nbsp;elle blamoit beaucoup ma rétiftance, 6c me re-prochoit que jaimois mieux mepriver de la communion que de figner. Entrautres raifons quenbsp;je lui allcguai pour ma junification, il y en eutnbsp;une dont elle parut touchée, ceft que la communion étant inftituée , felon fa fignification ,nbsp;pour nous unir a Dieu, cétoit voulpir mohli-ger, en méxhortant a figner,de faire un pécbénbsp;qui me fépareroic de Dieu 6c me feioit commu-nier indignement. Hélas! (me dit elle prefquenbsp; les larmes aux yeux) vous êtes bonne, vousnbsp; me faites pitié; car elle voyoit bien que javois des .raifons de confcience pour ne pas fairenbsp;ce quellê fouhaitoic. Elle eft , a ce que je crois,nbsp;Pénitente desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelle eftime infinimenc, éxcepté le Pere Amat, mayant dit que pour celui.i^ elle me labandonnoit, 6c quelle ne pou-vou pas le juftifier de la maniére dont il fe co,n- La Mere lui ayant dit devant moi, qui ctois pour lors maladg, quelle étoit bien en peine oü |
ni peine, ni ennui; ce neft pas que jen futïë éxempte, ma,is comme je tachgis de me les diffi-muler a moi-même, je les faifois paroitre au dehors le moins que je pouvois, ne fpachant a quoinbsp;fe termineroit toute cette tempête. Je me bor--nois done au temps préfenc fans penfer au^ Len-demain, dans la confiance que Dieu ne maban-donneroit pas, deforte que jé pétois pas tropnbsp;tnfte. Je ne lai été que dans les agitations 6c-les doutes dont jai parlé. II fauE revenir a cette Dame, qui me confeil-la, auffi-bien que Mademoifelle de Lamoil»»^^, devoir quelques perfonnes pour réfoudre mes doutes. Je nen avois point alors. Elle me propoljnbsp;des perfonnes quelle croyoic défintéreflées amp; denbsp;plus fort habiles, entrautres quelques Religieux.nbsp;Je fus un peu trop prompte a les refufer, en Iqinbsp;difant en riant que je nevoyois point de Religieux,nbsp;ce qui la choqua beaucoup. Nous ne nous fer- vons point (lui dis-je) de ces fortes de perfon- nes, paree que dordinaire leurs Vilfte? fort Frequences. Jajoutai encore |
'Rdatioti de Ia Perfé'cutioft des 'Religieufes de Tart-'Royal^ 179 aucune JN'ouveile. Je crois que la Mere lui Relation avoit dit Iintention dc M. IArcIipupmip rmi luide la Cap. Nouvelle. _ nbsp;nbsp;nbsp;, _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;______ 1Archevêque, qui nbsp;nbsp;nbsp;. recommandoit a chaque Vifitequil lui faifoit,amp; mcme dans fes Lettres, de prendre garde quenbsp;ne fgufte quoique ce foit de ce qui fe paffoit, nbsp;chez nous amp; ailleurs. Cette Mere Relation de la Cap-de la Ré' véro-Tidt; M- Marie üorothée lie rincar--nation. Dorothée me renou temps en temps, «éxcu fane de ce quelle ne me difoitrien, lots mêmenbsp;que je lui demandois peu de chofe. Javoisnbsp;peine a fouffrir cette rigueur, quelle éxergoicnbsp;a mon égard avec tant dcxadlitude , que fou-vent elle ne fgavoit que dire quand elle menbsp;vencit voir. Jévltois auffi de mon cote de luinbsp;parler beaucoup pour ne lui pas dormer matidrenbsp;a entretenir M. Pean^ fon bop ami, amp; toutesnbsp;fes autres connoiflrances''qvtr venoient sinformernbsp;de ce que je faifois. Elle ma dit elle-méme quenbsp;je lui étois un furcroit de charge amp; daffaires, a-yant a répondrea bien du monde fur mon fujet, amp; de bouche Sc par écrit. Le 3 de Juillec de cette année i6dy étoitlejour5^ fottiè de que Dieu avoir marqué par fa providence pouf id Sainte M»-fm de cette dure Captivité amp; de cette grande fo- rie.nbsp;litude ou jétois depuis (Ex mots, 6e dans iaquel-le il ffia fofitenue pdt fa mifericorde amp; ma em-pêché de tornber dans le piége que 1on mavoitnbsp;tendu, ayant eu égard fans dome a la charifé dcnbsp;mes eheres Sceurs, qui mont mérité cette grace pdt fours larfnes 8c par;fours priéres.^ 'Ce fucnbsp;done fur les fix heures du 'ibir quqn vint tnan- nonoer Iheureufe nouvelle de ma délivfance, amp; mappfendre que M.' rOffici'al matietrtibit pburnbsp;memfnener. Je piiis dire qud'ma joie fut auffinbsp;grande a proportion que mes douleurs paffees. Jcnbsp;regardai ce moment comme une image de celutnbsp;que nous attendons par la liiort qui hoOS fera en-trer dans la joie du Seigneur après' quil nous aura fait la grace de lui eire-fidelles jüfqua la fin. Je confidérois que je fortois de ce-lieu fans crainte' de comber dans cet etang-de ftu amp; denbsp;fouphre que javois ms a la pone de cette Mai-fon , de peur quil ne me prit envie de fignernbsp;pour en fortir. Je me voyois délivrée de cetnbsp;état fi violent dans lequel'jécóis, qui me tenoicnbsp;dans une continuelle angoiffe, de peur dc maf-foiblif, quoitjue Je préviffe bien que nods tienbsp;ferions^ pas fSns peines étant réunie's enfemWe. Mais- 'tes peinés nié' parbiffoienc peu de chofc en comparoifon de celles que javois fouffertesnbsp;ne trouvant rien de plus pénible que detre pri-vée de lout confeil amp; de touce confolation amp;nbsp;de ne pouvoir dire une parole a qui que cenbsp;amp; dêcre toujours avee des pérfonnes ir n« nbsp;nbsp;nbsp;-!«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---- foit, -- nbsp;nbsp;nbsp;.^v. U..0 piionnes qui fe font un honneur de votré cTiute, paree qukl, les cioient que voncnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' que vous fouffrés trouvée que vous mérités toutes les peines raifonS , dont elle ne fut pas plus fatisfaite. EHe sen p-laignit a la Mere Supérieure en fortant, luinbsp;témoignant quelle ne pouvoit avoir bonne opinion de moi. de ce que je ne voulois pas voirdenbsp;Re'igieux. Elle en fit auffi fes plaintes a maSoeurnbsp;^7?geUque de Saint Jean, qui étoit éxilée dans Ienbsp;Monallcre dont elle eft bienfaitrice, amp; ou ellenbsp;cntroit en cette qualité. Elle cnen fit encore desnbsp;reproches cette feconde fois, quoiquen riant, amp;nbsp;contrefit Ie gefte que javois fait lorlque je la re-fufai. Ce qui fut caufe que je lui dis auffi ennbsp;riant, que nayant pas dautres difficultés fur lanbsp;fignature que celle de ne vouloir pas mentir, jenbsp;11 avois pas befoin de Capucin pour me les réfou-dre, car cétoit ie Pcre Vincent ds Tttyes quellenbsp;mavoit ofot. Elle ne put sempêcher de rite ^nbsp;deforte quelle parut contente. Elle me dit auffinbsp;quelle ne trouvoit point fi étr'ange que nous euf-lions de la peine a figner, mais quelle dcfapprou-voit la fierce avec laquelle nous Ic refufions, manbsp;Steur ad.?tgelique amp; moi. Dans la vérité elle étoitnbsp;édifiée , quoiquelle qualifiat de cc nom la fer-inbsp;meté que Dieu ndus avoit doniiie. Elle me ditnbsp;que ma Scsur Melthilde avoit figtié ; je lui répon-dis qu elle avoit .figné, deffigaé amp; reffigné. Ellenbsp;Ie fqavoit, mais je vis bien qaeltc en avoit qucl-que bonte pour eHe, car elle ne me répofidittiennbsp;üir cela. Ma Steur Aftgelif^ue ma dit que lorf-que Ic bruit courut que javois ffigné ,-elle liïinbsp;avoit dit quelle viïndroit éxprès me voir poutnbsp;me faire des reproches de 1avoir fait' après luinbsp;avoir protefté que je ne Ie ferois jamais.' Je luinbsp;parlai plus librement cette iêconde fois; je- luinbsp;dis en préfence dc la Mere Affiftante , que Ij lesnbsp;cinq Propofitions étoient dans Ie Livré de Al.nbsp;dl/rer, il ne feroit pas befoin dune Bulle dunbsp;Pape pour nous Ie faire croire; que je les con-damnois en quelque lieu quelles fuffenr, amp; dansnbsp;ce Livre même, fi elles y étoient. Elle rrie té-moigna que eet aveu lui faifoit plaifir. Je 1 affu-rai que Ie principal motif de ma rcfiftance étoitnbsp;la crainte de mentir en affirmant une chofe quenbsp;je ne fcavois pas, amp; que je ne pouvocs foavoir,nbsp;ce qu'elle trouvoit fort raifonnable. Elle avoitnbsp;pitié de moi, mais elle nofoit me Ie témoigner,nbsp;paree quelle eft politique amp; quelle ne souvrenbsp;pas beaucoup, mais fon air men difoir plus quelle ne vouloit. Elle ne vouloit pas auffi map-prendre rien qui nous fut favorable pour ne pasnbsp;défobliger les Meres, qui avoient bien voulu lanbsp;laifler ftule avec moi. Elle me dit que la' Merenbsp;Eugenie sennuyoit érrangement chez nous» quelle demandoit infliamment a sen retourner. Jenbsp;me pris i rire, amp; lui dis qiae cette bonne Merenbsp;avoit bien raifon de sennuyer du perfonnage quelle faifoit ¦, que cétpit bien employe, quelle nennbsp;retiroit ni honneur, ni profit. Je crois que cettenbsp;Dame avoit iu 1'Apologie qui étoit déja publique,nbsp;amp; quelle étoit fechée de ce que ion y dit denbsp;cette Mere, car elk ks aitne. Elk ne me dit |
velloit cet ordre de Tel eft 1état ou je me fuis pendant mon exil, 6c dont je me voyois enfin délivrée par la bonté infinie de monnbsp;Dieu. Je me trouvai auffi encouragée amp; plusnbsp;réfoluë que jamais de. ne rien faire contre ma Z z |
iSo Relation de la Ferfe'cution des Religieufet ae Vort-Royal^ i66^-l66^,
confcicnce, craignant moins routes les peines par grande faveur, a ce quils ont dit; je nen Relatfon qui men pourroienr arrivcr par la conGdération avois pas laiffé dimportants. Cette bonne S«urde la Cap.nbsp;de celles qui écoie'nt palTées , amp; m'eftiman: me dit quelle efpéroic que Dieu me feroit Ja de la Rè-trop heureufe davoir échapé a tanc de périls grace de figner; quej'étois trop bonne pour ncnbsp;doiïènfer Dieu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ie pas faire. Je lui fis quelque réponfe pourjij
raliurer que je nen ferois jamais rien moyen-lr^p*?^ * nant la même grace, 6c quelle ne crue P**nbsp;ainli que fes Soeurs, que Saint Franfois de Sales^^nbsp;fit figner par fes priéres, quii étoit trop grandnbsp;Saint pour cela. Elle me congratula , amp; pritnbsp;part è ma joie, quoique perfuadée quelle feroitnbsp;bien traverlëe, comme elle me lavoit témoig»
en
Relation de Ia Cap.nbsp;de laRé-?érendenbsp;M. Marienbsp;Dorothéenbsp;de 1Jncar-nation.
Je fus parler -a M. rOfficial, qui me dit quil venoit de la part de M. lArchevêque pour menbsp;conduite aux Füles de Sainte Marie du Faux-heurg^ oü je coucherois cette nuit, amp; que jennbsp;partirois Ie lendemain avec quelques-unes denbsp;mes Soeurs pour nous rendre a Port-Royal desnbsp;Champs. Je lui dis avec bien de la joie, car
k providence de Dieu , qui nous raflêmbloit routes a Port-Royal pour y faire la fete de lanbsp;Dedicace de cette Eglife le Dimanche cinq denbsp;Juillet, car nous étions routes arrivees la veille.nbsp;II y a encore une circonftance a remarquer,
je nc pus la cacher, quejétois prête daller ou né quelques jours auparayant , en me deman-il plairoit a M. lArchevêque. La premiere ré- dant fi je naimois pas mieux foufFrir avec mes flexion que je fis fur ce voyage fur dadmirer Soeurs. Cette bonne Soeur me conduiflt juf-
. .j---- j nbsp;nbsp;nbsp;.....qqa k porte avec la Mere, a laquelle je fis des
éxcufes de routes les fautes que javois pu faire dans fa Maifon. Je la remerciai auffi du biennbsp;que jy avois requ , amp; lui dis que jaimeroisnbsp;toujours les filles de Sainte Mark. Je ne vou-qui eft que 1Evangile de ce Dimanche étoit ce- lois plus me fouvenir de tout ce que jy avoisnbsp;lui du Miracle des fept pains; mifereor fuper fouffert.
été conduites par la divine providence pour la confolition ;des Servantes de Jefus-chrifl. Jenbsp;témoignai bien de la joie a la Mere, jufquanbsp;Iembrafler devanc M. POfficial. Je ne f^ai finbsp;cela étoit bien, mais je ny fis point de reflexion. : M. rOfficial me dit daller fouper avantnbsp;de fortir, de peiir que fi nous arrivions troptard
turham. Je crois que ces chofes méritent de- M. IOfEcial me paria dans le chemin de la fi- xci. tre obfervees, je laiffe a dautres le foin den gnature, après mavoir dit que cétoit fans def Sa convetf*.nbsp;faire 1application , auffi-bien que de plufieurs fcin de me faire de la peine 6c fans vouloir dif-autres circonftances qui font arrivees 6c qui ont purer. En effet il men paria avec bien de la
penfé mourir de chagrin toutes les fois que ja-vois eu a réfifter en face a M. rArchevêque,par le refpedl que javois pour fa perfonne, commenbsp;*u t'auxbaurg St. Jacques cela ne déran^eat ces étant mon Evêque, amp; le délir que jaurois eudsnbsp;bonnes Religieufes. Ce repas fut bientot fait; lui obéir, sil meut été poffible j quil ny avoirnbsp;je fus au Refedoite, ou les Soeurs étoient a- rien de plus afHigeant que detre obligéde réfifternbsp;lots; après quoi je fus dire adieu a la Sceur è fon Supérieur 6c a fon Pafteur, comme il nynbsp;Afliftante, qui mavoit témoigné aflTez de bon- avoir rien de fi confolant que de fe voir dans unenbsp;té dans les Entretiens que javois eus avec elle parfaite union avec lui; que jayois fouhaite voirnbsp;pendant les recreations que je prenois au com- M. IArchevequefur le fiegequil occupeaujourd-mcncement. Je fus ïappeller dans la Chambre hui plutot que tous les autres dont on parloir,nbsp;ou elle étoit a la récréation avec les Sceurs , lorfquil y fut nommé. Je vis quil prenoit plaiffr
moderation. Je lui en parlai de même , quoi-quavec des raifons aflez fortes pour lui en faire parler avec plus de chaleur; mais il fe contraig-noic. Je lui dis entrautres chofes , que javois
a ce discours: mais il nen dcploroit pas nioins ma précenduë défobéiflance,6c revenoit toujoursnbsp;a fa chére fignature. Je lui dis, pour m en dé-barrafl'er, que nous avions du temps pour ypen-fer 6c pour confulter Dieu. Il fccoua la tete,nbsp;en temoignant quil nefpéroit rien de moi. Jenbsp;lui marquai ma joie de ce que nous ferions anbsp;Pert-Royal des Champs ; que ce lieu , quoique
iuxquelles je nofois dire adieu, ne fgachant ff la Mere le trouveroit! bon, puifquelle mavoitnbsp;lant recommandc dé ne point aller avec elles.nbsp;Je priai cette Soeur de fortir, 6c,lui fis monnbsp;compliment, auquel elle répohdic ayec beaucoupnbsp;de bonté. Je dis auffi adieu a la Soeur OEco-nome, qui prLt vrairoent part a ma joie, ayantnbsp;toujours cu beaucoup de compaffion amp; dami-
tic pour moi. je la remerciai de tous fes loins; pauvre , étoit fain, 6c diverfes autres chole^ ü cétoit elle qui mavoit toujours afliftée depuis vouloit aller prendre deux de nos Soeurs anbsp;que jétois dans cette Maifon, 6c elle Iavoit fait flj^,bu nous attendtmes prés de trois quarts dheu-en tout temps avec une vraie affedion. Jeluidis re. Il mo demanda fi je voulois defeendre 6c voirnbsp;flue je lui laiffbis toutes mes petites hardes, que les Meres de ce lieu; je le remerciai, n ayant pasnbsp;navois pas le temps demporter; 6c que je Ihonneur de les connoitre. (Je men fuis repen--fiois entiéreraent a elle. Elle sen eft en tie depuis par rapport a Mademoifelle Bazan quinbsp;eftet bien acquitee, ayant regu en bon ordre y demeuroit.) Pendant quil alia, au Parloirnbsp;tout ce qui dépendoit delle. Car les Gardes deraeurai dans le Carofle avec une fille quinbsp;ont enlevc tous. les papers, quUs out brulés compagnoit, qui ne me dit pas une feu e p ^
-ocr page 181-Jtelathrt de la Verfécuiioli des ^eligieufcs de Port-Jtoyal, l
i8i
fes avantures. Nous navions point de lumiére, Relation ayanc éteinc la noti e depeur de mal-cdifier nos de la Cap.nbsp;hócetles, ce qui nous incomtnoda affez. Le ma-de la Ré-
tinnous eümes une raeitieurc nouvelle, lorfquon'^drende _
vint nous dire de partir pour Porr-Rojgt;rf/t/«.jC/barapj Nous eümes la confolation de voir quelques-unsP[,?*quot;®*nbsp;de nos amis, Óc moi loccalion de donner de mes'*® 'nbsp;nouvelles a nos amis de confcience.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nation.,
M. U Masdre nous accompagna par lechemin xciu. oü les Caroffes qui tnenoient nos ScEursnousjoi l®quot;^^!'quot;^nbsp;gnirent. Ce fut un furcroit de joie de nous re yai°4esnbsp;voir, que nous nous témoignamesreciproquetnenicham^.
Sc qui ne tneregarda pas tnème. Êlle avoic com-tne peur de moi. M. TOfficial inavoic dit au Parloir de la Vtfitation quelle avoit été élevcenbsp;aux Vrfultnes. Cependanc je dis inon Chapelecnbsp;aiTez haut, afin quelle 1entendic, au cas quellenbsp;simaginac comme tanc daucres que nous n'ennbsp;difions point. II failuc continuer notre cheininnbsp;fans nos Soeurs qui ne Ie ponoient pas affex biennbsp;pour forcir. Elles ne vinrent que Ie Lendemain,nbsp;lorfquil falluc partir. Je dis a M. rOfficial,qu'ünbsp;feroic bien incommodé de sen retourner fi tard,nbsp;car il étoit prés de huic heures du foir. II eutun
Relation de la Cap.nbsp;de
vérendc! M. Marie
Dorotbéc
de rincar-nation.
peu de peinc a me répondre fur cela ,amp; il medit a la vuë de eet Eccléfiallique amp; de tous ceuxqui enfin que les filles de Sainte Marie avoient pric nous conduifoienc. Nous trouvames les Gardesnbsp;que 1on nous menatnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tard chex elles,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a caufe dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a la porce, le moufquet furnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lépaule, qui vinrent
xcil.
Sa premi,S;c cntrcvuenbsp;avcc fesnbsp;Sccius,
» nbsp;nbsp;nbsp;rr cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JUnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;unbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Caroffes. Je vis biennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que nous allions être
Nous arnvames auffi fort nbsp;nbsp;nbsp;tard chez ces bon-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans une autre prifon. Jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moffris a Dieu dans
nes Rehgieufo. Je nbsp;nbsp;nbsp;trouvainbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trois denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nos Sojursnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lEglife devant le trés Saintnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sacrement pour ren-
au Parloir. Nous nous faluamp avec une extre- crer dans ce nouvel état, qui ne trxrubll noint la
me joie de nous revoir, nous exhortant les unes ioie nnp rcvr,;o .. nbsp;nbsp;nbsp; ^ t.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ftjmt la
les autres a avoir bon courage pour continuer de ^gne's avec la fatisfafl- ^^^'n nbsp;nbsp;nbsp;la Mere
chére que fa vie , amp; done la violence lavoic fé-parée, 6c qui avoic éiéréduiteparlacraintequon lui avoic donnée, quoique fans fondement, quel-le figneroic, a demander a Dieu quil la fit cnou-rir plutot que de le permettre. Jembraffai auffinbsp;nos Soeurs avec une joie extréme,amp;japprisdel-les les peines que leur charicé pour moi leur avoitnbsp;données, amp; comme elles mavoient retiree par
fouffrir, puifque la joie écernelle nous viendrmc Fille qui fe réunit a une Mere^qüi biïïr un jour, comme celle que nous reffentions denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r., o. j__. i. .iquot;quot;:, ,J elt plus
la. jallai les faluer amp; leur faire un compliment affez mal en ordre; elles paroiffoient affex inter-dites amp; fort froides. Je crois que notre joienbsp;ne leur en donnoit pas, amp; quelles ne prenoienc
nous revoir étoit venuë lors que nous ne nous y attendions pas. Les Meres de Sainie Marie étoientnbsp;a leur Grille qui voyoient 6c entendoient tout ce
pas de plaifir a nous voir fortir de chex elles hurs prières, leurs larmes Scles pénitences qffel-
Ls avoient fakes pour moi, du péril de tomber dans le torrent qui encraine tour le monde. Jenbsp;fus rouchée de les voir li changées, ayant routesnbsp;le vilage maigre amp; pale, amp; qui faifoir bien voirnbsp;quelles avoient beaucoup fouffert aulli-bien quenbsp;moi , quelles trouvérent aufli bien fatiguée amp;
*;............j-------- nbsp;nbsp;nbsp;. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien changée. Mais la joie de nous voir loutes
repofer tant que nous voudrions. Ce changement reunies enfemble nous fit bientór oublier tonerf davis bien loin de nous faire répofer, nous allar- maux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;®
ma terriblemcnt. Nous crümes que la Mere au-roll peut-être mande notre grande iVj. i Ar-
aufli réfoluës que nous y ctions entrees. On nous conduific a des Chambres du dehors pournbsp;y palier la
nreces poui [
Sur les dix
nu:c, amp; loit être prêtes pournbsp;grand matin.
nous dit quil 'falie Lendemain de heures du foir onnbsp;vine nous avernr de la part de la Mere quenbsp;M. 1Archevêque lui mandoit de nous dire de nous
Je dois dire a Ia louange de Dieu amp; a la gloire xciv de la ITrare nuf» iai ri-#*c ZHitia/»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i. Pt»...
___________ _ nbsp;nbsp;nbsp;grace , que j.ai étê trés édifiée de toutenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«lèia
roll peui-co^ quIVela lui auroit fait changer da- Communautc, que jai trouvée toute renouvelléc yE-''quilvouloirpeut'être auffi nous remettreen J y vois plus de charité amp; plus de fupport les unesVo/af°d«nbsp;nrilon Nous nous offiimes a Dieu pour y re- des aurres, un grand amour pour la vérité , StCbamy»,nbsp;tourner, fi ce'toit fa volonté. Ma pauvre b'ceur beaucoup de courage pour fouffrir, nayantpointnbsp;Gertrude qui étoit avec nous, difoic que cela la écé ébranlée dans fa conftance pendant la dureé-regardoie feule; que M. lArchevcque ne vouloic preuve quil a plu a Dieu de lui faire fouffrir. Jenbsp;pas, a ce quelle croyoir, quelle allat a Port- fuis comblée de joie de me voir unie i une tellenbsp;Royal des Champs. Il y en cut une de nous, je compagnie, que je ne regardequavecvénéraiionnbsp;crois que ce fut ma Soeur jE/r/Iojare, qui nous con- lorfque je penfe que routes mes Sceurs font dansnbsp;feilla de faire un voeu a la Mere Angelique. Je eet Ctac, paree quelles aimentla vérité, quellesnbsp;crus que nous ne lui pouvions rien piomettre qui ne veulent pas bleffer non plus que la charicé amp; lanbsp;lui fut plus agréable que daimer 6c de pratiquer juftice. II ,ny a qu une nouvelle féparation quinbsp;la pauvreté dans laquelie je ptévoyois que nous pourroit troubler ma joie: mais il ne fauc pointnbsp;ferions réduites a la ivlaifon des Champs avec nos mettre de bornes a notre fidélité pour Dieu lenbsp;Meres 6c nos Sceufs. Ma Socur Eudo^uie 6c ma ferois ingratt envers fa divint bonté fi je pr'enoisnbsp;Soeur Gertrude étoient avec nous, amp; ma Sceur des fentiments contraires a la confiancequejedoisnbsp;Eugenis étoit dans une aucre chambre. Nous avoir en lui toute ma vie, après avoir éprouvé,nbsp;pafiaraes la nuit fans dormir, amp; chacune conta fans lavoir mérité en aucune faqon, quil naban-
Relatien de h Perf^eutkn de: 'Religieufes de Port-Royal^ l66i^-i66^. OM\r /itii nbsp;nbsp;nbsp;«t-» Int r«^lt;iiönbsp;nbsp;nbsp;nbsp;olt;^c PtT/vli/o flr Ï^Z nation. xcv. Conclufion OU clle rap'nbsp;peUc pUi-iieurs faits Relation donne jamais ceux tjui efpérent en lui, rnais qu de la Cap. les fauve au jour de 1afflidion, amp; les tire despé-de la Ré- rils oü leur foiblefle les auroic infaiHiblemcnc jet-vérende tcg_ jg p^jg pour lamour de j. C. N. S. ceuxnbsp;verront cetre Relation de remercier Dieu pournbsp;Dorothéenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;graces quil ma fakes durant ma prifon , de 1 Incar- ^ nbsp;nbsp;nbsp;^jg^aander quil me pardonne les fautes que jy ai fakes , reconnoitfant quelles font en grand nombre, amp; quil lui plaife de les efïacerdenbsp;Ja mémoire de celles qui les ont vues, afin que cenbsp;qaul a plu a Dieu de me faire faire debien nefoknbsp;pas inutile, poar leur petfuader que Dieu naban-donne point ceux qui Ie craignenc amp; qui aitnentnbsp;fj vérité , par laquelle feule nous fommes déli- vres. Voüa tout ce qui mefl: arrivé durant les dix muis de ma captivké, du moins ceft tout cenbsp;dont jai pu me fouvenir jufqui prcfent. je nainbsp;pas toujours redit mot pour mot ce que 1on manbsp;queiie avoit^j;.^ py gg qije jai dit moi-même, mais je croisnbsp;oubliés. quejen ai rapporté Ie fens. Voici encore quel-ques petits faits que je mettrai ici fans ordre,uni-quement pour obéir amp; pour contenter Ie délirnbsp;des perfonnes auxquelles je ne puis rien cacher,nbsp;ni refufer , amp;c qui veulent que je mette tout, jufnbsp;quaux plus petites circonftances. Je les fupplienbsp;très-humblement, sil arrive que je fois encorenbsp;féparée de mes Soeurs, de prier Dieu pour moinbsp;felon les belbins quils verront dans cecce Relation que jenaieus,amp; que je pourrai encore avoir.nbsp;Ce me Tera une confolation amp;c une rccompentenbsp;qui paffera de beaucoup lobéiffance que je leurnbsp;rends par cette Relation, que jacheve Ie 12 denbsp;Novembre 166j jour de Saint Martin (Pape amp;nbsp;Martyr) un de nos Saints Protedeurs. Je me fouviens encore que la Mere Supérieure de Ia Vifitation ma dit deux ou trois fois, amp; jenbsp;crois que M. lEvêque dEvreux me 1aditaufli,nbsp;que quoi quil foit vrai quil y a eu bien de lin-juftice (ce font a peu-près leurs termes) dansnbsp;tout ce qui seft pafié fur Ie fait de Janfenius ^nbsp;qua préfent que Ie Pape a décidé, il falloit ou-biier tout Ie paffe, 6c faire ce quil ordonnoit.nbsp;Elle vouloit me faire croire que Ie Pape pouvoitnbsp;faire du mal Ie bien. Je lui rcpondis quil falloitnbsp;que Dieu fut Ie commencement 6c la fin de tou-tes chofes. Elle ne me répondit rien. Cette M.nbsp;me difoit aulïi affes fouvent dans les commencements, que Meffieurs les Janjenifles difoientnbsp;que pourvu que nous fuffions fermes a foüte-nir la caufe en ne voulant pas figner , cela leurnbsp;fuffifoit. Dautres fois elle croyoit quils fe rc-pentoient bien de nous avoir engagées dans cettenbsp;affaire ^quils y penferoient a deux fois sÜsétoientnbsp;» recommencer. Elle ma dit auIIi fouvent,nbsp;rimpatience la prenoit de ce que je ne fi-pas, quelle me croyoit Hérétique amp; éx-cötnTOuniée; que Saint Francois de Saks difoitnbsp;gil apnfo fait tout gg qyj gft lEvangi-fe fur a rrcariofi du ptochain, fi on nécoutc |
pas lEglife 6c que lon perlifte dans fon erreur, Relation il ne refte plus qua crier au loup. Elle tenokle.sée la Cap.nbsp;Jéfuites pour les plus grands Religieux de lEglinbsp;fe. Elle ne pouvoit fouffrir que jen dillenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. mal fans men faire des reprochcs. Je lui dis un^ jour que Dieu mavoit fait ia grace, en fo'^tantnbsp;de notre Maifon, de navoir plus de rellentimentj^nbsp;contre ceux qui nous procurent tant de pcines, 'nbsp;paree que Iinjuftice quils nous font «ft fi criante, quils éxcitoient plus ma compaffion que manbsp;hainej amp; que lorfque je me trouvois dans mesnbsp;plus grandes angoiflés, je priois Dieu de ne pasnbsp;punir ceux qui en étoienc la caufe,en leur enfai-fant fentir de pareilles. Elle parut édifiée lt;5c ditnbsp;que cecoic auffi ce quil falloit faire. Cette Mere me difoit fouvent, au commencement que jétois chez elle, quil ne fufffoitpas de fouffrir, qu'il y avoit eu deux LarronsCrucifies avec Jejus Cbri(i^ dont lun étoit me'chant.jnbsp;elle en concliiok que nous fouffrions juftemencnbsp;pour une mauvaife caufe, 6c que nous tenionsnbsp;Ia place du mauvais Larron. Je lui difois auffinbsp;fouvent,que Dieu feroitun jourconnoïtre cequenbsp;cétoit que la perfécudon que lon nous faifoit. Elle ne vouloit pas que je me ferviffe de ce mot ócperfécutio7tla fcandalifoit,difant que Saintnbsp;Faul crembloit detre réprouvé, 6c que je parloisnbsp;comme fi je navois aucun fujet de craindre. Jenbsp;lui répondois que pour ce qui me regardoit ennbsp;particulier , j avois plus fujet que perfonne denbsp;craindre les jugements de Dieu, mais quil nennbsp;etoic pas de meme par rapport a la caufe pournbsp;laquelle nous fouffrions, ne craignant point denbsp;moarir pour elle. Je lui dis une fois que dans Ia crainte quon nc vouiut, fi je devenois malade, me perfuader denbsp;faire quelque chofe contre ma confcience, je dé-firois de mourir fubitement, afin que lon nenbsp;vine point me troubler en cette heure pour menbsp;faire figner. Elle en fut terriblcmcnt fcandali-fée, 6c il arriva que iVl. iArchevêque vint ccnbsp;jour-ia avec M. Ie Doyen de Notre Damenbsp;auxquels elle redit mes paroles. Elle nc manbsp;pas pépété ce quils avoient dit la-deffus, finonnbsp;que M. Ie Doyen avoit dk que cétoic une fi-tuation bien dure, quand on nous deniandoitnbsp;quelque chofe contre notre confcience , maisnbsp;que lors quon nous alfuroit quil ny avoit pointnbsp;de mal, il Ie falloit croire. Lorfquelle me dit que ma Sceur Franyoife-eJaire fe mouroit, 6c quelle avoit ligné 6c en-fuite communie, je nefqai fice fut la peine quelle vit que cela me faifoit qui Terapêcha de m-en parler autrement quelle ne fit, car elle ne me ditnbsp;jamais autre chofe finon quelle étoit dans uncnbsp;grande paix depuis (afignature. Je lui dis que je nenbsp;doutois pas quon ne Teut bien tourmenté pournbsp;la réduire dans létat ou elle étoit, eequimefiou'nbsp;noit une extréme peine pour celle quavoir cettenbsp;pauvre Soeur, 6c celle que je prévoyois qo on mc |
Relation pourroic dé la Cap.nbsp;de la Ré-
vérende M. Marienbsp;Dorotheé
de rincar. aation.
-Relation de la Perficution des Relighufes de Fort-Royal, j664.-it;6f. nbsp;nbsp;nbsp;1S3
faire en pareille occalion. Ces bonnes La Supérieure^medic,en allan: alaretraitededix
Relation
ont une plaifante idee de moi; elles mont jours que ma Sceur nbsp;nbsp;nbsp;(qui avoir figné dans g ja Cap.
SfSc W jrophéte^
connoiffok bien le leur avoit dir. Je ne ance a la Supe'rieure, amp; quelle avoir voulu faire cela nauroit pas ére caufe qaelles nont la retraite des dix jours avec elle. Ce que la Me-Aiff* !/=gt;*; ivif-quot;r» r^nn-oonbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ re me difoit pour me donner envie de lafaireauf- rrnrnr-
qui me fgai fi
ole me dire les mtnfonges que Ton a débités k nos Sceurs fur la fignacure de cette pauvre Sceur.
On men a pourtanr bien dit dauires fur divers fujets , amp; ce font des perfonnes que je nccroyoisnbsp;pas capables de mentir, ce que je nai reconuunbsp;que dans !a fuite. Mais le Formulaire efl. une affaire de menfonge, amp; tout ce que Ion debits ennbsp;fa faveur neft que menfongenbsp;Je ne fgai fi jai dit que le jour que Ionappor-ta nos hardes a Montorgueil, deux j ours après quenbsp;je fu3 dans cette Maifon, qui étoitle jour de Saintnbsp;^ngujlin, ces bonnes rVJ cres les vifiterent routesnbsp;avec rant déxadficudc , quelles ne laiflerent pasnbsp;une boete fans Iouvrir. Comme elles avoientnbsp;répandu de 1huile de notre lampe, elles ne pu-rent me le cacher. Je leur dis quil me falloicnbsp;fouffrir ces fortes de traitements, qui font les accom-pagaements de la prifon ou jétois. La MereSu-péiieure me die quelque temps après que M.iAr-chevêque lui avoit ordonné de móter tous lesli-vres qui pourroient me fortifier dans mes fenti-ments. Je fus faifie de peur a eet ordre. Je nenbsp;laiffai pas de dire a la Mere que par la miféricordenbsp;de Dieu javois la vérité dans le coeur, quelle nenbsp;me róteroic pas avec nos livres, amp; que quand jenbsp;naurois que notie Bréviaire, il me fufSroit pournbsp;la conferver. Elle ne men a pas óté un feul, quoi-que jeuife Ic Casur nouveau, mais elle ny con-noUlöic tien. Jen ai óté depuis la première feuil-le amp;c la leqon de la grace dans le Catéchifme. Jenbsp;lui dis dans une autre occafion, que nous avionsnbsp;eu foin de ne point porter chez. elles de livres quinbsp;leur fuffenc fufpeds. (Celui que je viens denom- JanfeniJles.nbsp;mer éloic cache lur mol.) EUes étoient étonnées cher,jc luinbsp;lorfque je leur difois que nous f§avions bien ce ''nbsp;qui nous devoir arriver, amp; nos prévoyances pournbsp;cela Cela me doonoic heu de leur dire que nousnbsp;devions nous y atcendre, connoiffanc aulTi-biennbsp;la lonvue haine que les Jéjuites ont pour nous amp;nbsp;le deamp;in quils avoient depuis tant de temps denbsp;nous perdre, que toutes les calomnies quils a-voienc publices contre nous amp; toutes leurs inventions pour y parvenir, dont Ia dernicre étoit lenbsp;Vormulaire. Elles ne fqavoient que dire a cela,nbsp;gc elles ne me pouvoient croire au prejudice denbsp;leur obéiffance aveugle, pour laquelle elles ontnbsp;tant de refpedt,. aulfi-bien que pour les bonsnbsp;PercJ.
^ nbsp;nbsp;nbsp;,,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. de rincar-
fi avec elle; elle m en pna meme, amp; me temoi-
gna que cela lui feroic plaiür, efpérant fans doute que cêtte retraite me convertiroit. Jc la remer-ciai ties -humblement, amp; lui dis que ce nétoitnbsp;pas notie coutume de faire ces fortes de retraites,nbsp;cxcepté pour des befoins particuliers, amp; que jenbsp;ne me fentois point dans cette difpofition. Ellenbsp;me pria daller au moins avec elle durant les heu-res de recreation, paree quelle ne pouvoit menbsp;laiffer aller avec la Communauté en fon abfence.
Je lui dis quclle me feroit honneur ¦, que jeferois ce quil lui plairoit; que je me palTerois bien desnbsp;recreations. Jallai done huk ou dix jours durantnbsp;avec cette bonne Mere, une heure le matin amp;nbsp;une heure le foir. Ce temps ie paiïbic ordinaire-ment a difputer fur la fignature amp; fur lobéiflan-ce que je devois a mon Archevêque, deforte quenbsp;jen ctois éxtrêmement faciguée, car elle me par-loic toujours dune maniére peu attrayante, amp; ié-tois furtout choquée du mépris quelle témoignoitnbsp;pour des perfonnes trés refpeéfables quelle fqavoicnbsp;que je confidérois infiniment. Je fuisétonnéequenbsp;cette Mere, qui foubaitoic avec tant de paffionnbsp;de me voir figner, ne fe fok pas apperquë, avecnbsp;toute fon éxpérience, quelle sy prenoit mal pournbsp;me perfuader, amp; que fon ton amp; fes nlaniéres né-toienc propres qua tnéloigner delie, amp; a me faire perdre toute créance en fes diieours.
Ge fuc en ce temps la que parut Ia vie de M. Vincent par M. shelly. Cette Mere voulucnbsp;me lire les deux Chapicres ou il eft parlé desnbsp;Gomme je ne pouvois 1en empc-dis que ce jour-la étant un Vendre-di , je le foufFrirois pour honorer la patiencenbsp;avec laquelle N. S. J. C. avoit écouté a pared jour les injures, les faux témoignages amp; lesnbsp;blafphémes des Juifs. Quand elle en eut lunbsp;quelques pages, limpatience me prit, amp; je luinbsp;dis que fi ce bon-nomme navok pas fak desnbsp;choiès plus dignes de vcne'ration que ce quellenbsp;me lifoit, amp; qui nctoit que menfonge amp; im-pofture, il ne feroit jamais dans ma litanie , amp;nbsp;que je ne pouvois pas lemendre davantage. Cela lui fit fermer le livre, mais elle le fit lirenbsp;au Refeétoire, oü elle voulut que je fufle préfentenbsp;lorfquon y lut ces deux Chapities, comme je lainbsp;dit au commencement de cette Relation.
Vin do la delation de Ik Mere Dorothée de rincarnatkn {le Conte.).
(*) II parle des [Papiers qui lui furent enlevés i lui -même lorfquon 1arrêta dans cette ville amp;nbsp;quon Ie mit en prifon. Ces papiers font entre lesnbsp;mains des Jéfuites. Voyés-en 1Hiftoire dans la vie du P. gwe/fiel quon donnerabientöt au Public. loubU du monde avertissement.Cue Ie Fere Quefnel a mis ü Ia tête de Edition qu'il nous a donnée de cettenbsp;Relation en 1711. 1L y a quinze ou vingt ans quune co-pie de cette Relation étant tombée entte les mains dun Imprimeur, il ennbsp;commenga rimpreffion j enforte quil ynbsp;en eut dès-lors cinq ou fix feuilles dim-primées. Les Religieufes de Port-Royal des Champs, qui nont jamais voulu donnetnbsp;occaQon de patlet delles dans Ie monde,nbsp;trés attentives au contraire, dune part anbsp;lenir renfermé dans Ie fecret de leur Cloïtrenbsp;Ie bien quil plaifoit a Dieu d'y faire parnbsp;leur minillére; amp; de lautre , a enfévelirnbsp;dans un profond filence tout ce qui pouvoitnbsp;reveiller Ie fouvenir des troubles pallés :nbsp;ces fages Religieufes, dis-je, ayant eu Ienbsp;vent de cette impreffion, neurent point denbsp;répos, quelles nen eulTent arrêté Ie cours.nbsp;Pour eet efFet, elles firent dédommagernbsp;rimprimeur des frais quil avoit déjafaits,nbsp;amp; empêcher quil ne conünuac dimprimernbsp;eet Ecrit. Ceux qui ont entre leurs mainsnbsp;les papiers enlevés a Bruxelles (*) il y anbsp;fept ans, ne peuvent pas ignorerla vénténbsp;de ce fait; puifquils y one trouvé les cinqnbsp;OU fix premières feuilles imprimées de lanbsp;copie qui avoit fervi a fimpreffion. Les chofes font bien changéesdepuis ce temps-la. Ce Saint lieu neftplus. CeMo-naftére, dont on pouvoit dire fans flaterienbsp;que cécoic vraimenc une maijon de Dieu amp;nbsp;uneporte du aW,aétéenfin livréauxPuif-fances de lEnfer, amp; facrifié aux intérétsnbsp;du Démon, fous prétexte de ceux de Jesus Christ. Et pour furprendre la Religion du Pape amp; du Roi,amp; arracherdeuxnbsp;les ordres funeftes qui ont fait décruirejuf-quaux fondements .de ce Sanétuaire, lesnbsp;ennemis de tout bien ont porté lillufion |
Pag. Tde la calomnie jufquau point de faire paf-fer pour une Synagogue de Satan ce Temple oü Dieu étoit adoré en Efprit amp; en Vérité; amp; pour un Nid dlerreur, ce lieunbsp;qui pouvoit être appellé (quon me perquot;nbsp;raette de répéter ce mot) Ie Nid facré denbsp;la foi amp; de la piété la plus pure, Ce facré Nid oü lEfprit de Dieu avoit donné a tant dames comme une nouvellenbsp;naiflance, pour ny vivre que de la vie denbsp;la foi, amp; nen fortir que pour prendrenbsp;leur vol vers la demeure eternelie denbsp;lEpoux Célefte. Ce facré Nid ou durant un fiecle entier un fi grand nombre de chaftes Colombesnbsp;ont gémi nuit amp; jour par lEfprit de gracenbsp;amp; de priéres que Dieu y avoit fiabondara-ment répandu. Ce facré Nid, oü de vrais pénitents , morts au monde, amp; enfévelis dans la retraite amp; Ie filence, travailloient unique-ment a faire naïtre de nouveau en eux-mêmes Jesus-Christ. Ce facréNid,ou lesSaintesVéritésdela grace,de la pénitence amp; de toute lapiéténbsp;Chrétienne ont repris une nouvelle vie. Ce facré. Nid, oü Ie zèle de la Maifon de Dieu, lEfprit du Sacerdoce Chretien,nbsp;lamour de la Hiërarchie Eccléfiallique, ontnbsp;commencé de revivre en nos jours. Ce facré Nid, a l'abri duquel linno-cence de tant de jeunes enfants a été a couvert de la corruption du fiécle parnbsp;léducation la plus Chrétienne. Ce facré Nid ,d'o\x ces Sainces Religieufes, pauvres pour elles-mêmes, faifoienc fortir routes fortes de fecours pour les pauvres de la campagne, amp; oü touslesnbsp;miférables avoient une reflöurce aflurégnbsp;dans tous leurs befoins. _ Ce facré Nid, oü par un miracle extraordinaire de la grace, qui efl: elle-même toute miraculeufe , lOrdre de Clteaux anbsp;vu refliifciter lEfprit de S. Bernard, CQtxi.,nbsp;me des cendres de la corruption, par Ienbsp;miniftére dune Fille de dix-fept ans, dontnbsp;lefprit du monde fembloit sêtre emparénbsp;pour jamais. Ce facré Nid enfin, oü Ie mépris amp; nnbli dn mnnd« IamouF dc la Suinte |
pau*
-ocr page 186-éf-' n nbsp;nbsp;nbsp;A V E R T I Spauvrete , Ie défintéreflement parfait , 1horreur des padies Simoniaques amp; Sacrileges, la plus éxadle obfervance des loixnbsp;de la vie Religieufcjle dénuëment parfaitnbsp;de routes créatures; en un mot tout cenbsp;qui fait une Religieufe accomplie, ontnbsp;conftamment perféveré depuis cent ans,nbsp;fans Ie raoindre relichement, Enfortenbsp;quayant été dés Ie commencement la première fource de Réforme amp; de renouvel-lement pour plufieurs Maifons du mêmenbsp;Ordre, il 1auroit fans doute été pour beau-coup dautres, fi Ie Diable ne sy étoitnbsp;oppofé par fes miniftres, amp;. fes plus zé-lés coopérateurs. Mais puifquil sefforce deffacer, sil pouvoit, Ie fouvenir même de tout Ie biennbsp;que la grace du Sauveur a fait dans cettenbsp;Maifon, toute de grace; amp; de diffiperlanbsp;bonne odeur qui de cette Sainte Solitudenbsp;seft répanduë par toute la France amp; dansnbsp;les Pays étrangers, il efl; de la piété amp; denbsp;la reconnoifiance de ceux qui 1ont fou-vent refpirée amp; en ont été toutparfumés,nbsp;den recueillir les précieux reftes, amp; dem-pêcher que rien de ce qui peut fervir anbsp;les conferver, ne périfle avec Ie temps, aunbsp;gré de ceux a qui clle efl une odeur denbsp;mort par Ia corruption de leur coeur. Comme les fiécles des Martyrs font les plus beaux jours de 1Eglife, oü les vernbsp;tus héroïques du Chriftianifme ont brillenbsp;avec plus déclat; on peut dire aufli quenbsp;la perfécution fufcitée en divers temps amp;nbsp;en différentes maniéres contre cette petite portion de TEglife, eft lendroit parnbsp;oü elle sefl renduë plus eflimable; pareenbsp;que ceft ce qui a mieux fait connoitrenbsp;que ces Saintes Religieufes ne tenoient anbsp;rien de créé, amp; que, felon Ie langage denbsp;S. Ignace Ie Martyr, elles étoient de vraiesnbsp;Difciples de Jtsüs-CHRiiT par Ie parfaitnbsp;détachement oü elles ïè font trouvéesnbsp;de touces les chofes vifibles. Ceft donenbsp;comme recueillir les Aftes de leur Mar-tyre, que de ramafler les Relations quenbsp;quelques - unes dentrelles ont faites parnbsp;ordre de leurs Supérieures, de ce quellesnbsp;ont, fouffert dans leur Captivité. II ny anbsp;point eu Pgjjg répandu, il eft vrai, mais |
S E M E N T. les larmes les plus améres, qui font com-me Ie fang du cosur,y ont coulé en abon-dance: amp; fi on péfe bisn les circonftan-ces de tout ce qui seft pafte a leur égard,nbsp;on n'aura pas de peine a avouer,quun telnbsp;martyre fouffert dans la paix de lEglife,nbsp;par 1autorité des Supérieurs légitimes ,nbsp;peut plus couter a la nature, que de per-dre Ia tête dun feul coup par la maindunnbsp;bourreau , amp; par la fentence dun jugenbsp;Païen, avec la gloire inconteftable de don-ner fa vie pour la caufe de lafoiChrétien-ne. Car combien leur doivent avoir éténbsp;fenfibles tant de féparations fi douloureufesnbsp;qui font certainement plus cruelles que lanbsp;mort-, comme parle notre Sainte Prifon-niére , qui en a elle-même goüté toutenbsp;lamertume ? Quel fupplice pour ces chaf-tes tourterelles de fe voir enlevées de leurnbsp;arrachées de deflous 1aile de leursnbsp;meres, pour être tranfportées en des Nidsnbsp;étrangers; de fe voir féparées de la focie-té de leurs Soeurs; privées de 1appui amp; denbsp;la conduite de leurs Supérieures; févréesnbsp;du lait des inftruflions folides dontces Meres Jes nourriflbient; éloignées des éxerci-ces de Ia vie dune Sainte Communauté ;nbsp;interdites de la Sainte Pfalmodie qui ell; un eflai de la louangeduCiel; retranchées de la Sainte Table, oü la chair amp; Ie fangnbsp;de lAgneau faifoit Ie foütien, la confola-tion amp; les délices de fes Epoufes; bannies en quelque fa^on de fa préfeuce, n'a-yant plus la liberté de lui faire afliduëmentnbsp;leur Cour, ni daller répandre leur coeurnbsp;a fes pieds, comme elles faifoient nuit amp;nbsp;jour, par lobligation quelles sétoientvo-lontairement impofée j peqdant que lesnbsp;^éfuhes affuroient publiquement par desnbsp;Libelles faits éxprès,que Port-Ro^alétoitnbsp;dintelligence avec Genève contre lavériténbsp;de eet adorable myftére. Ajoutés a tout cela,quau milieu de ces Religieufes étrangéres, prévenuës dunenbsp;finiftre opinion contre leur foi, choifiesnbsp;par leurs ennemis mêmes, comme les plusnbsp;propres a féconder leur haine, ces Saintesnbsp;Filles étoient regardées comme des ré*nbsp;prouvées; avoient fans cefte les oreillesnbsp;battuës de difputes importunes amp; de fades |
S E M E N T. nbsp;nbsp;nbsp;m
Ie auroit retranché de fa narration. II faut confidérer de plus que dans les plus gran»nbsp;des caufes la préfomtion , qui eft unenbsp;preuve de droit, fe tire fouvent des plus
amp; par de cruels reproches derreur , de défobéiflance ,nbsp;dopiniatreté, dattachement a leur fens,
A V E R T I S Exhortations; déchirées par des difcoursnbsp;piquants amp; injurieux amp; par
de revolte contre lEglife, depréfomption petites circonftances, qu'un habile Avo amp; dorgueil: reproches qui, a dhumbles cat na garde de négliger. Enfin un desnbsp;rilles de lEglife, qui nont rien de plus fruits de ces Relations eft de faire touchernbsp;précieux que la foi, ni rien plus a coeur au doigt, lefprit des perfonnes auxquel-que la foumiffion amp; 1obéiflance a lauiori- les ces pauvres Filles avoient éié livrées,nbsp;té des Supérieurs, étoient un tourmentamp; comme a des Geoliéres bien fures, lin-une affliftion a quoi on ne pouvoic rien jufte prévention dont elles étoient rem-ajouter,que Ie dernier coup dont elles one plies amp; animées,«St la profonde ignorancenbsp;été frapées par les Puiflances quelles re- du fond de lalFaire, qui dans la plupaitnbsp;veroient davantage.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;étoit la caufe des faux jugements amp; des
fonne dont lefprit étoit auffi éminent amp; aufli éclairé de la lumiére de la vérité, quenbsp;fon coeur étoit humble amp; rabailTé par la
amp; par quels principes amp; quels mouvements on fe porte a en juger.
On sattend bien que ceux qui font
Entre les diverfes Relations de ces Mar- aceufations téméraires dont elles nétoienC tyres de la vérité amp; de la fincérité Chré- pas chiches. Or ceft Ce quon fait fortnbsp;tienne , celle qui efl donnée la première, bien connoitre par unefuite defaits amp; denbsp;eft fans doute une des plus belles [on ne paroles, qui fortant du même fond , amp;nbsp;fjait pas quil en ait donné dautres au Pu- ayant rapport a la même afi'aire, décou,nbsp;blic.3 Aufli eft-elle écrite par une per- vrent comment on eft tourné a fon égard.
vuë de fon propre néant. Cell la Mere profeflfion déxercer fur tout ce qui vient /ingelique de Saint Jean^ qui 7 fait 1hif- de Port-Royal une impitoyable critique,nbsp;toire de fa Captivité, amp; qui y rendant ne sépargneront pas fur cette Relation,nbsp;compte a fes Supérieurs de ce qui seft Ils fe récrieront peut-être fur un certainnbsp;paflé a fon égard dans cette perfécution endroit: ceft a la page 7 oii la Mere ap*nbsp;inouïe,nous fait concevoir les peines que porte quétant arrivée au Convent de 1An-les autres ont fouffertes a proportion dans nonciade, deftiné pour être fa Baftille, onnbsp;leur éxil amp; leur prifon.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la mena d'abord d la Chapelle de Vlmma-
fieur de Potnpone Ton Fils a eclate a la Cour amp; dans les affaires dEtat. Outrenbsp;cette Fille, qui eft morte Abbefle dePort-Royal des Champs^ .M. ^Andilly y en anbsp;eu encore quatre ou cinq autres, autantnbsp;de Sceurs, amp; fa Mere même , que lon
Elle étoit fille de Meflfire Robert Ar- culée Conception. Je ne veux pas dire que nauld d'Andilly, dont Ie mérite a été auffi ce fut k deffein, puifquelle nen dit motnbsp;fingulier amp; auffi renfermé depuis long- elle-même: raais il femble que Jêsus-temps dans la folitude,que celui de Mon- Crrist préfent dans Ie Saint Sacrement,
- nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- 1- avoit droit k la première vifite, comme
Ie Maitre de la Maifon. Quoiqüil ea foit, Ie Myftére, ajoute - telie , m'étoitnbsp;nouveau, n y ayant point chez mus d'Autelnbsp;dédié aux opinions conteftées. Voila, di-ront nos Cenfeurs , juftement lefprit denbsp;peut regarder comme la plus heureufe des Port-Royal\ toujours oppofé au culte denbsp;Meres, après SdAmt Félicitê, amp; la Mere la Vierge. Ceft Ie fruit des inflruftionsnbsp;des Saints Martyrs Maccabées.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de leurs Direfteurs. Et je dis moi, que
Si on trouve dans cette Relation un ceft juftement tout Ie contraire. Sil y a trop grand détail de petits faits, qui pa- quelque chofe qui choque les fimples dansnbsp;roïtront peut-être peu importants, il faut cette éxpreflTion, ceft Ie fruit de linhu-lattribuer a la ponftualité amp; a létenduë manité quon a euë de leur oter leurs Di-de fobéilTance de cette grande Ame, qui reëleurs, amp; d eloigner delles les autresnbsp;craignit de dérober a cette vertu ce queU perfonnes en qui elles avoient plus de
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i\r nbsp;nbsp;nbsp;A V E R T I S confiance. Car cette Relation fut faite par la Mere Angeliqtie auffitót après fonnbsp;retour k Port-Royal des Champs ^ lorsnbsp;quelles étoient encore routes captivesnbsp;dans leur propre Maifon. Après la mort de la Mere Angeüque, fa Relation fut envoyée a M. Arnauld, amp;nbsp;plufieurs perfonnes font témoins quentrenbsp;quelques correftions quil y fit, felon Ienbsp;droit quil en avoit,il retrancha,ou chan-gea eet endroit: on ne ma pas dit comment, ou je lai oublié. Mais perfonnenbsp;nen f§ait mieux la maniére que ceux quinbsp;ont les cinq feuilies imprimées, dont jainbsp;parlé, II eft bien évident par la que finbsp;M. Arnauld avoit été a Port-Royainbsp;illuftre JNiéce, qui avoit toute confiancenbsp;en lui, auroit foumis eet Ecrit a fa cor-reftion , amp; quil ny auroit point lailTénbsp;cette éxpreffion, ni rien qui püc bleffernbsp;les oreilles les plus délicates. Ce neft pas que dans Ie fond il y ait rien la qui foit contraire, ou a la pureté de lanbsp;foi, ou au culte de la Sainte Vierge,ou anbsp;la conduite de lEglife, ou aux fentimentsnbsp;de la piété Chrétienne, ou aux Décrecsnbsp;des Papes. Car ni lËglife ni les Papesnbsp;nobligent point les fidéles a croire que lanbsp;Vierge Mere de Dieu ait été conguë fansnbsp;péché; ils permettent den difputer dansnbsp;les Ecoles comme dune opinion conteftée,nbsp;amp; je ne fgache point que de lautorité denbsp;lEglife OU des Papes, on ait jamais dédiénbsp;aucun Autel a la Conception comme im-maculée. Je fjai au contraire, quils ontnbsp;eu une attention toute particuliére a em-pêcher que dans lüffice public de lEglilenbsp;on ne donnat a la Conception lépithétenbsp;d'immaculée. Et l'ancien Due Neversnbsp;ayant inftitué un ürdre de Chevaliers fousnbsp;Ie titre de Ylmmaculée Conception, Ie Papenbsp;Urhain VIII ne Ie confirma (en 1624)nbsp;quen changeant ce titre amp; ordonnantnbsp;quon lappellat , ïOrdre de la glorieufenbsp;Conception de la Vierge immaculée: cenbsp;qui fait tomber lépithéte fur fon miracu-levix enfantement , amp; non pas fur fa Con*nbsp;caption, que Ie Pape, par ce moyen, laifianbsp;^P '^n '^ons contsfiées. 1^. Mere Angeliqw de St. ^taUy fans |
S E M E N T. blamer la devotion des Annonciadesnanbsp;done pas eu grand tort de remarquer dansnbsp;fa Relation (quelle ne croyoit pas devoirnbsp;fortir du Monaflére) cpi'k Port-Rojal ilnbsp;ny avoit point dAutel femblable a celuinbsp;de ces bonnes Religieufes. 11 ny avoit rien dans la conduite de Port - Royal que de conforme a lefprit denbsp;lEglife. Car comme avant que de décer-ner Ie culte public aun Saint, la premièrenbsp;chofe quon fait eft détablir la vérité denbsp;fa Sainteté, amp; enfuite de Ie canonifer;nbsp;ainfi les Religieufes de Port - Royal ontnbsp;cru quil étoit de leur devoir dattendrenbsp;que lEglife ait décidé amp; canonifé, pournbsp;ainfi-dire , la Conception immaculée,nbsp;avant que de prendre la liberté dérigernbsp;des Autels a fon honneur. Cela nempê-choit pas quon nhonorat chez elles lanbsp;Conception de la Vierge, mais elles lho-noroient en la maniére que lEglife Ie fait,nbsp;amp; elles en récitoient fOffice comme tousnbsp;ceux qui font obliges au Bréviaire amp; auxnbsp;Offices publics. Quant a la devotion envers la Perfonne mêrae de la Sainte Vierge, la Mere nousnbsp;apprend quelle étoit la lienne. Voyant quenbsp;1'EgIife lui applique dans fes Offices cesnbsp;quaJités, que lEcriture Sainte donne a lanbsp;Sageffe: Mater pulchrce dileftionis ^fanSttenbsp;Spei; elle linvoquoit dautant plus volon-tiers fous ces qualités, quelles la faifoientnbsp;fouvenir que la Sageffe éternelle, ennbsp;prenant de la Vierge une nouvelle naiffan-ce, avoit rapporté au monde la chariténbsp;que Ie péché en avoit bannie, amp; quellenbsp;nous donnoit dans fon bils Ie fecondnbsp;Adam , lunique efpérance du falut quenbsp;nous avons tous perdue dans Ie premier.nbsp;Car comme vraie Mere du Fils uniquenbsp;de Dieu , elle étoit auffi véritablementnbsp;la Mere de la helle Dileüion amp; de lanbsp;Sainte Efpérance, II me luffit davoir prévenu fur ce poinc Ie vain fcrupule quon auroit pu faire knbsp;des perfonnes peu inftruites delaDo6lrinenbsp;de lEglife fur la Conception de la Vierge.nbsp;Jen demeurerai la, pour ne pas retardernbsp;Ie plaifir que Ie Lecleur va prendre a Ianbsp;leélure de cette Relation. sixifi' |
, nbsp;nbsp;nbsp;Pag» y
s I X I E M E
RELATION
D E
Monfeigneur , qui êtes Jiul notre quot;Roi , nbsp;nbsp;nbsp;dans l'abandon euje , puij^ue votts êtes Ie feuï qni
me puijjiés Jécourir. L,e (éril ou je me trouve efi préfent ^ inévitable , ? . Ó Dieu puifjant aU def~ ftts de tout , écotttés la nioix de ceux qui i^ont aueune efp^rance qu en VOUS jeul ^ janvés-nOUS de lanbsp;main des michants ^ ^ délévrés-moi de ce que je trains. JEjiher. XW,
Relation de la cap.nbsp;de la M.nbsp;Ang.denbsp;St.Jean. I. Motiftqui ont engage S. IgnasR. GLOiRE A Jesus au tres-saint Sacrement. E que 1on demande de moi, en mordonnanc déctire une Relationnbsp;éxadie de ce qui seft paffé dans manbsp;Captivité, me paroitroit une chofe _ aflez fuperfluë , fi robéiflance ne me la rendoic néceffaire. Je croirois que na-geiique ï yant point agi amp; ayant fort peu parlé dans tout temps-lai il ne feroit pas encore befoin denbsp;paroles pour apprendre a ceux qui ne Pont pas ex-périmenté, ce que ceft quune retraite dedix moisnbsp;dans les circonftances qui ont accompagné lanbsp;xnienne. Car fijon nen regarde que 1éxtérieur, ilnbsp;eft facile de le dire en deux mots , puifque toutnbsp;confifte dans une prifon fort étroite, dans unenbsp;(blitude entiére amp; dans une privation générale denbsp;toute confolation amp; de toute alSftancefpirituelle,nbsp;Qui feroit la plus grande de routes les peines, unbsp;Ion navoit pas la confianceamp; réxperience quonnbsp;peut toujours dire a Dieu: ^^utor tuhulationi.nbsp;bus aua invenerunt nos mmts. Mats li 1 on vouloicnbsp;fcavoir ce qui fe paffe dans le coeur, lorfquoneftnbsp;dans cet état, je demanderois, pour me pouvoirnbsp;faire entendre, quelquun qui 1eut éprouvé ennbsp;quelque occafion 1'emblable i afin quil put com-prendre ce que je ne luipourroisdire,amp; quilsennbsp;forwk une idee plutot fur fon fouvenir que furnbsp;mes paroles. Néanmoins puilquon me le com-mande, je marquerai les chofes dont je me puisnbsp;fouvenir, encore quil ny ait rien de fort important. n. Le 26 Aout 1664, après que M, 1Archevêque ^ ment de'eut parlé dans leChapitre, amp; quil euc lunbsp;Pou-Royafi la Hite de celles quil vouloit enlever de la mai- |
fon, notre Mere Abbefle amp; nous routes protel- Relation tames de nullité de cecte Ordonnance comrae ilnbsp;a été marqué dans le Procés - Verbalmais on y la M.nbsp;a oublié que M. 1Archevêque sen étant mis cn Ang. denbsp;colére, dit: 0,jentends bien , out, out, vous BeSc.Jean»nbsp;voulé's pas obeir-, amp; regardant fes Éccléfiaftiqutsnbsp;leur dit; Mejjieurs, vous fpavés ce que vous avés ^nbsp;faire, Cela nous fit comprendre quils alloiencnbsp;faire entrer les Archers, car quelques-uns forti-rent de leur place comme pour sen aller. Et cela fit que notre Mere amp; quelques-unes de nousnbsp;lui dimes, que ce nétoit pas quon voulut fairecnbsp;réfiftance, 6c que nous étions routes pretes^ a for-tir, mais fans préjudice de notre Appel, javouenbsp;quune violence fi ouverte meffisa prelque dcnbsp;Pclprit dans ee moment toute peniee des autresnbsp;procédures que nous avions prévuës quil faudroitnbsp;obferver dans la fuite de cecte affaire :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; que voyant que rvous étions environnées dOfBciersde Juftice 6c dArchers qui venoienc nous enlevernbsp;cum gladiis ée fufiibus éf armis, je ne penfai plusnbsp;qua munir a Jefus-Chrift pour fouffrir commenbsp;lui 6c avec lui dans !e filence tout ce quil plairoic k Dieu; 6c les premières paroles qui me vinrent h. la bouche,^ quand jentrai dans le Chceur oft M. PArcbeveque fit affembler celles qui devoientnbsp;être enlevées, pour les féparer de la Communautenbsp;qui demeuroit dans le Chapitre, ce furent cellesnbsp;dun grand martyr; ( ) Gaudeoplane quia lloftia Chrifii e#«wer«/,mabandonnantauCri abfolument a lui pour toutes chofes, que fi jeufle dft de cenbsp;pas aller a la more 6c ne revoir jamais la maifonnbsp;ni les perfonnes que je quittois. je crois quennbsp;effet jétois dans ladifpofition des perfonnes prêtesnbsp;^ moutir, qui font dordinaire fi oecupées de lanbsp;vuc dune éternité ou elks vont palier en unmo. ment, .paree que jai mérité. detre la vK^imc de Jefus-Chrift, ' lt; nbsp;nbsp;nbsp;A 5 |
Voyés fa vie dans le Volume des Mémoires pourfertir a 1biftoitc de Port - Rojal, Page yoo.
-ocr page 190-6 'Relation de la Perfécution des Religieufes de 'Port Royal 16^4, ^c, Relation ment, quelles ne font plus guéres lenfibles aux cun ne foit placé felon Ie mérite de fes ceuvres, Relation de la cap. tendreffes naturelles quelles ont euës pour ce ou a la droite ou a la gauchepar un dernier juge*de lacap,nbsp;quelles aimoient davantage dans la vie. Car ment, dont il ny aura point dappel amp; dont la de Ianbsp;je ne fentis point a cette heure-la dune ma* jufte crainte fait perdre la vaine crainte des juge-Ang. dcnbsp;niére humaine tanc de féparations fi cruelles, ments injuftes des hommes qui yferoncjugés aS. Jean,nbsp;qui font certainement plus cruelles que la leur tour. Jeus aulli Ie loilir pendant que lesnbsp;mort j paree que je ne les regardois que com- aucres fortoient de donner quelques avis a nosnbsp;me 1« parties de mqn holocaufte qui devoic être Soeurs, qui demeuroient dans Ia Maifon, dontnbsp;divifé avant que detre confumé, amp; je ne fon- Ie plus important étoit de fe défier de celle quinbsp;geois qua olFrir a Dieu routes les perfonnes que nous trahiffoit amp; que javois bien reconnuë de-Jelaiflois, comme jemy offrois moi-même, Jen puis quelque temps, dont néanmoins je navoisnbsp;eu5 un peu de loifir, paree ^ue nous attendimes ofé dire ma penfée a la Communauté, attendantnbsp;quelque-temps dans Ie Choeur jufqui-ce queles quelle fe découvrït elle-méme: mais il nétoitnbsp;j/quot;/.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j.. plusterops de difFérer,amp;jevisficlairementquelle avoit fait faire la lifte de celles quelle vouloit chaflèr de la Maifon,que je nedoutai plusqucllenbsp;neüt tout ^ fait deffein de travailler a la détruire. de la M. Ang. denbsp;Sc. jean. oceufé de quelque choiê, amp; il ne prenoit pas avoir Ie plaifir de me Ie faire dire, Sc me répéta, parde niiil avoir naiTé Ia nnrfpnar mi nniisdpvionc votre nom ? Je Ie dis bien haut fans en rougir. quon a marquée dans ie Procés-Verbal. U revint luftre de 1Autel, oü je ne douce point quil ne a Ia porte, amp; commenqa a faire la féparation de ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- fon troupeau, appellant chacune de nous par fon nom pour les faire fortir dans Ie rang quil avoitnbsp;marqué fur fon mémoire,' amp; comme jétois dunbsp;dernier Carofle, jeus Ie temps de faire mes ré*nbsp;flexions fur cette image que je voyois devanc mesnbsp;yeux, qui me repréfentoit Ie difcernement que Ienbsp;fouverain Pafteur fera dans ce terrible jour, quinbsp;eft appellé Ie jour de Dieu, oü il raflemblera fesnbsp;Brebis de tous les lieux oü elles auront.été diiper- frés, 6c les féparera des boucs, fans que ks con- fervei que 1efpérance de fa miféricorde, de la-ditions ni les dignités puiflent cmpêcher que cha- quelle jattendois 6c jimplorois Ie fecours pour moi 6c pour toutes les perfonnes que je quittois, dont (.j) Ceft une porte qui eft dans 1Eglife, amp; par 1affliétion métoic plus fenfible que lamienne. Jenbsp;laquelle dnnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ Clüture pour porter les Sa- dis tout haut Ie verfec. Bone Pafior, Panis vere , ctemen s aux malades. nbsp;nbsp;nbsp;quot; lt;^c, comme nous étions convenuës que nous fe- douze viöimes fuflene affemblées. Ce mot de vidimes me fait fouvenir de ladieu que je dis anbsp;Mr. Chamillard: car métant rencontrée prochenbsp;de lui dans Ie Chapitre, amp; ayant vu fur fonnbsp;vifage dans une telle occafion tout ce queje foup*nbsp;qonnois il y avoit long-temps de fa conduite,nbsp;Sc quil étoit un des premiers reflorts qui avoientnbsp;fait jouer cette Tragedie j je lui dis en me recom-mandant a fes priéres, que nous lui étions obli*nbsp;gées de ce quil nous avoit préparées dans fon dernier Sermon du jour de S. Bernard è nétre pasnbsp;furprifes de ce qui fe paifoit alors, quand il nousnbsp;dit que nous devious nous appliquer les paroles,nbsp;du Pfeaume, A caufe de vous nous fowmes tous lesnbsp;jours prétes aêtre conduites d la mort ,2^* lonnenousnbsp;regarde plus que comme de hrebis defiinées d la bou-cherie. Je ne fqai ce quil lépondit, ni sil répon-dit en tout, car il paroiffoit dans une étrange in*nbsp;terdidion, qui en difoic plus que fes paroles nau-roient pu faire. Quand les douxe furent affemblées, M. de Paris nous conduifit a la porte des Sacreroents (* ) oü la Communauté sétoit renduë, je vis quenbsp;M. 1Archevêque sen alloit tout feul de 1avant-Choeur vers Ie Cloïtre, comme sil eut eu 1efpritnbsp;garde quil avoit pafié la porte par oünousdevionsnbsp;fortir. Ce fut ce qui me donna occafion de Ienbsp;fuivre, amp; de lui aller demander notre obéiiïance;nbsp;furquoi il me fit daCfez bonne grace la réponfe, |
Sc que je ne dufle la faire connoitre, paree que la plupart ne sétoient point apperguës de fonnbsp;changement amp; y avoient pu prendre confiance. ^Après avoir re^u la bénédidion de M.1Archevêque, je fortis amp; je trouvai mon Pere a la porte qui mattendoit, devanc qui je me jeitai a genouxnbsp;pour lui demander ia fienne, étant bien raifon-nable quil benït lHoftie quil alloit oörir a Dieunbsp;pour la troifiéme fois, puifque de-lail me conduifit a iAutel, de même quil avoit fait, lorfquenbsp;je pris 1habit de Religieufe Sc que je fis mesnbsp;veeux. Mr. Ie Lieutenant Civil étoit a lanbsp;porte de la Chapelle de Mr. de Sevigné^ qui menbsp;demanda mon nom. Je fus furprife dentendre fanbsp;voix queje reconnus, car je ne f5avois pointquilnbsp;füc de la fête: je dis mon nom de Religion. IInbsp;me demanda aufli celui de ma familie: quelque*nbsp;perfonnes qui étoient proches de lui dirent afleznbsp;bas, voila Mr. ^Andtlly qui la mene, ceft unenbsp;de fes filles. II fit un geile de Ia tête, pour fairenbsp;entendre quil Ie fgavoit bien, mais quil vouloitnbsp;car dans une telle rencontre ceft quafi confeflernbsp;Ie nom de Dieu que de confefler Ie nótre. Delinbsp;mon Pere me conduifit fur les marches du ba-me facrifiat a Dieu dans fon coeur comme fonnbsp;Ifaac ^ encore que je ne lui fufle pas unique, finbsp;ce neft que je la fufle devenuë dans ce moment,nbsp;paree quil avoit déja immolé mes deux Soeursnbsp;qui étoient forties avant moi. Je fis auffi monnbsp;ÓfFrande de mon cóté, amp; je crois que je pusnbsp;dire, Holocaufla medullata offer am tibi, car i! nenbsp;pouvoit rien manquer a un Sacrifice oü je néx-ceptois rien, métant dans ce moment abandon-donnée è Dieu pour tout perdre 6c ne me re- |
¦Relation de laVerfécution del Relii.ieufes de Fort.Roy al i66t^, éfc.
Relation ferions en fortant, afin que Ie Prince des Pafteurs de la cap. pntnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;proteilion amp; fa conduite ces pau-
Cle nbsp;nbsp;nbsp;----- /iunt atji tinf!editHJit OCCi*
Ang. de St-Jean.
('uitc de quoi je dis quefque chofe fur Iéxtraordi- Relat on niire conduite de M. 1Archevcque , qui après de lacap-avoir abfous d'héréfie ceux qui ne croient pas lede laM.nbsp;fait de yanjeniui par la diftinöion quil avoitfaite Ang. denbsp;de la foi hutnaine dans fon Ordonnance,nelailfe St. jeati.nbsp;pas de les juger dignes, amp; de leur impofer en etter les mêmes peines que mériteroient des héréti-qucs. Je parlois encore quand jentendis la Supérieure ^ la grille: ce qui ma toujours lailTéde-
vres Brebis doccifion , quas qui pojjederant occi dehant , êsP non dohbant ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mon Pere eut
Ic courage daller jufquau bout, amp; me mena jufquau Caroffe au travers de tout Ie monde amp;nbsp;de tous les Archers, dont rEgliie amp; la Cournbsp;étoient pleines,
III. Je montai done dans Ie Carofle avec ma Soeur 5on Depart.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ma Sceur/ie/w Sc ma Scem Gertrude, puis Ie foupqon quelle'ne nous eut peuc-écre
un Eccléliaftique que je ne connus pointalors, amp; ecoutes, Sc quelle neut rendu quelque mauvais une Dame, je ne fqai point qui elie étoit. Jeus office a Mr. Fourcault^ dont je naipasouï-parlernbsp;de la confolation de me trouver avec celles de depuis; car enfuite de cela il ne fe tliffimula pasnbsp;mes Soeurs que je croyois des plus fortes. Urne encore beaucoup avec elle, amp; Ie complimentnbsp;fembloit que Dieu nous ayant unies dans ce voy- quil lui fit devant moi ce fut: ma M ere, je vousnbsp;age, cétoit un bon préfage pour moi, quclles améne une Sainte, car dans Port-Royalil ny anbsp;maideroient a me foütenir dans lamour delavé- que des Saintes, mais je fgai auffi que vous êtesnbsp;rité amp; de la juftice par leurs priéres amp; par leur touce* des Saintes, Sc quainfi elie fera bien avecnbsp;éxemple. Nous ne nous dimes néanmoins pas un wnno 11 luinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e.
root dans Ie Carofle, chacune priant Dieu a part.
De mon cóté je nefqai commentjétoisfaite; car a peine comprenois-je bien ce qui fe pafloit; aunbsp;moins je ne Ie fentois prefquepas, amp; jétoisfi fortnbsp;remplie de Tadmiration de ia conduite de Dieu furnbsp;nous, de nous avoir renduës dignes de fouffrir
vous. 11 lui donna mon obéiflance, amp; me re-commanda fort k eile de la part de M. 1Arche-vêque: je lui fis mon petit compliment de mort coié, amp; auffitót je fus a la porte, oü je me misnbsp;k genoux devant Ia Supérieure, laffurant du des-fein oü jétois de Di venir rendre toute fortenbsp;dobéiflance amp; de foumiflion; quejentroistoute
un teiopprobre amp; un fi éxtraordinaire traitement prévenuë deftime pour fa Mailonquot; amp; que 1ef pour fa vérité, que je ne pus faire autre chofe pérois roe venir inifruire par leurs bons éxem'
tout Ic long du chemin que de lui chanter dans nbsp;nbsp;nbsp;----------- ¦ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' -
mon coeur des Cantiques 8c desHymnes,entrau-tres celles de la Dédicace: Urh jerufalm beata\ tnimaginant que nous étions des pierres vivan-tes que lon tranlportoit pour les aller pofer dans pondit aflez bonnement.' Madame de Rantzaunbsp;rédifice fpirituel de cette Ville fainte, oü jefpé- ( nommée k Mere Marie Elijabeth) étoit préfen-
pies, ayant toujours eu beaucoup de refpeéf pour leur vertu, amp; furtout pour la folitude amp; léloig.nbsp;nement du monde, dont javois ouï-dire quelksnbsp;faifoient une parücuUére profeffion. Ellejme ré-
Carofle après avoir embraffé mes culée Conception; Ie myftére nbsp;nbsp;nbsp;/j;?
defcendc^^ nbsp;nbsp;nbsp;qni demeurérent a attendre ny ayant point dAutel che2 nous qut folt dedie
d nslaruëlEccléfiaftiquequimevenoitintroduire aux opinions conteftées; mais jembratlai en ce
dms Ie Couvent de lAnnomiade^ oü moaobéis- Ueu une dévotion certaine, qui fut de mejetter fance me deftinoit.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mere de la belle dileétion 8c
11 me fit encrer feule avec lui dans leParloirde de la fainte efpérance , qui font les deux titres dfhnrs nendant quon étoit allé aveitir k Supe- fous lefquels je lpi toujours in voquée, tant quenbsp; ° dp^tfpnir narler a lui. H me dit qu il efpe- j ai ete dans la maifon, afin quelle mobtint parnbsp;rieure ae Vnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^jjfQtjda; que fes interceflions une dileéfioa forte cotnme k
rolt 9'^® nbsp;nbsp;nbsp;Religieufes, Je lui répondisque mort, amp; une efpérance fi ferme, quelle put me
ïknrwM.t'me trouverois fort bien partout ouDieu feroit donner de la joie au milieu de mes amercumes. Foutcault.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Que ie ne cherchois aue lui. Sur cela Dek elles mP .............¦ nbsp;nbsp;nbsp; -
IV.
Son Attivée aux Annon-ciades. Etnbsp;fon Emre
avec moii que je ne cherchois que lui. Sur cela il souvric davantage, amp; me témoigna quil avoitnbsp;un dépkifir extréme de sêtre trouvé engagé ^nbsp;être pffifent 8c a être employé a une telle affaire.
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Dek elles me menérent au jardin, oü elksmen-
tretiment fur notre affaire amp; fur ce qui fepaflbit ee jour-la dans notre Maifon. Javois renu ferme jufques la fans pleurer amp; fans en avoir envie.
11 maffura que quand peffonne ne me verroit, il paree que mon efpric avoit été occupé ailleurs j, viendroit lui-même me demander: cequi mobli- mais comme elles me contraignirent pour leurré-gea de lui demander fon oom. 11 Ie dit, 8c il fe pondre de faire reflexion fur les perfónnes que jenbsp;trouva quil ne métoit pas inconnu. Car cétoit venois de petdre, je ne pus mempêcher de jetternbsp;Mv.Fourcault (Secrétaire du Chapitre de Parir.) quelques larmes. Jeus attention de pariet fortnbsp;Je lui témoigna que javois bien de kjoiedecette peu, 6c de ne faire que les fuivre; ce que jai
rencontre, dont il fe pkipoit quil avoit du re- obfervétout Ie temps que jai été avec elles, ne leur eret; je lui dis que céroic une confolation pour ayant rien dit de la Maifon ni de nos affaires quenbsp;des affligés comme nous, de trouver des perfon- ce quelles montprccifémentdemandé,ou cequenbsp;nes qui fuffent perfuadées de leur innocence ^ en- jai été néceCfairement engagée a leur en flire.
Relation de la cap.nbsp;de!a M.nbsp;Ang. denbsp;Sc. Jean.
V.
Son Emre-ticn avec ks Rcligieufesnbsp;Annoncia-dcs.
S nbsp;nbsp;nbsp;Tlelatim dsla Verjêctttkn'des Eeligieufes de Tort 'Royal 1664., amp;t.
rent quelles croyoient même que tout étoit ap-paifé amp; quon n'en parloicplus, paree que leur iblitude faifoit quon ne leur difoit aucune nouvelle Doü jinférai {implement que fans doutenbsp;ces fiiles nétoient done pas conduit es par des pernbsp;fbnnes prévenuës contre nous, paree que tousnbsp;ceux-la ont trop de zèle pour ne pas inftruirenbsp;celles quils conduifent a prendre part a laursfen-timents. Cette bonne opinion, qui me foula-geoit un peu 1efpric, me dura deux jours, encore ne pus-je pas la conferver fi long-temps aunbsp;regard de Madame de Rantzau, a qui il échapanbsp;bien des paroles dans ce temps, qui me firentdé-
Dans ce premier Entretien elles afFedérent, Dieu avoir attaché a ces fouffrances, amp; de 1a- Relation furtout Madame dc Rantz.au, de paroitre les plus vantage quil y avoit a tout perdre pour acheter de la cap;nbsp;indifferences amp; les plus ignorances du monde de le Royaume de Dieu, amp; entrer en partage de la de la M.nbsp;tout ce qui regardoit notre affaire. Elles me di- Croix amp; de la gloire de Jesus-Christ.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ang de
Le lendemain quand on me vine querir pour St. Sean, aller a la MefiTe, qui fe die fur les 9 heures, ennbsp;approchanc de leur Chceur, la première parolenbsp;que jentendis ce fut; Euntes ibant é-Jlsbant mil-tentes Jemina fua, (ére. cétoic None de la faintenbsp;Vierge quelles difoient (car elles difent coujoursnbsp;le petit Office avec le grand Office Romain.)
Cette rencontre ne me parut pas fortuite; amp; nayanc plus è écouter que Dieu feul, je prenoisnbsp;des legons de tout ce que fa Providence permet-toit qui marrivat, amp; celle-ci minftruific amp; menbsp;confola tout enfemblc. Jeus encore une confo-lation plus grande le jour fuivant, qui étoit'lenbsp;fier quelfe fut fi indifférente comme elleaffeótoic jour de S. Augufiin, de ce que jappris que Jéroisnbsp;de leparoicre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans une familie qui 1avoic pour Pere; car ces
donner ce que jaurois a faire: elle me dit quece feroit tout ce que je voudrois; que je pouvois aller a fOffice fi Je le défirois, ou ny aller point de 1apr.ès-dinée. Je tremblai en y entrant; carnbsp;fi je Taimois mieux. Elle me fit venir auffi une -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
Soeur Converfe, quelle me dit quiauroit foinde moi, amp; quelle 1avoit choifie, paree quelle avoitnbsp;cru que jaurois peut-etre plus de liberté avec ellenbsp;quavec une Religieufe de Choeur , amp; quellenbsp;coucheroit dans la même chambre fi jen avoisnbsp;befoin. Je lui dis que non. Sc que je la remer-ciois trés humblement. Get abord étoit beau.
Auffi-tot que je fus feule je me profternai de-.vant celui qui eft préfent partout, Scquiraafoic conduite dans cette folitude pour ne vivre plusnbsp;que pour lui amp; avec lui: je le remerciai dc la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
grace quil me faifoit, amp; lui recomroandai le fuc- que je nê croyois pas me devoir être fi rigoureux. cès de mon combat. Cetoit affez doccupation Je pronongai done devant lui route raon afflic-pour ce que qui reftoit du jour. Mais quand la tion, Sc répanJis mon coeur avec mes larmes ennbsp;nuit fut venue, amp; quaprès avoir fini routes mes fa préfênce; mais paree quen luiéxpofant mesnbsp;priéres je penfai me coucher pour prendre du ré- bleffures je les regardai trop amp; tnatiendris furnbsp;pos, je fentis comme fi mon efprit eutétélufpen- moi-même, jen eus après bien du fcrupule; carnbsp;du ]'ufques-li, amp; que tout dun coup il fut tombé jéprouvois fenfiblement que pour ne pas saffoi-de fort haut Sc que mon coeur eut été toutfroiffé blir dans les grandes affli(ffions, il ne faut pointnbsp;de la chute. Car en un moment je me fentis rabaiffer fes yeux quon a élevés vers les tnontag-accablée Sc déchirée de tous cótés de toutes les nes, paree que ceft dela que vient ce fecours
Quand la chambre que lon me préparoic fut fiiles tiennent la Régie de S. Auguftin, ceff pour« préte, la Mere my mena. Je la fuppliai demor- quoi elles fêtent ce jour la, amp; de plus elles one
le S. Sacrement éxpofé- de leur cóté dans One Chapelle, ou lon me permit de paffer unepartic
VI.
Ses Senti ments denbsp;Religion,nbsp;inéles denbsp;quelquesnbsp;peiiics,
il eff vrai que cette dévotion que nos Conftitu-tions nous retranchent, a quelque chofè qui ne paroït pas aflez refpeétueux, Sc quune Religieufenbsp;fe trouve efffayée de fe voir a la place dun Prêtre au pied dun Autel, oü elle pourroit aflez ai-fément toucher le S. Sacrement de la main. Né-anmoins 1état oü jétois me donna bientót denbsp;la confiance de mapprocher de Jefus-Cbriftnbsp;comme 1Ecriture remarque que Juda sapprochanbsp;autrefois de Jofefh, emporté par un mouvementnbsp;de douleur qui lui ota toute crainte. Jétoisauffinbsp;affligée que lui, amp; javois affaire a un Seigneur
féparations que je venois de faire, amp; des peines de toutes les perfonnes que je feiffois auffi afffi-gées que moi Je voulois ne point voir tout cela , Sc je faifois tout mon poffible pour men dé-tourner; mais quelque effort que je fiffe pour fermer mes yeux a ces Reflexions, je ne pouvoisnbsp;me rendre infenfible a ma douleur: il tallut la
Avn.
Reflexions
continuel dont on a tellement befbin pour ne fe pas abattre, que sil nous eft fbuftraitun momentnbsp;pendant que nous nous amufons a autre chofe,nbsp;nousfommes au hazard de comber, amp; lesmoin-dres chutes ne fqauroient être que trés dangereu-fes, quand on marche dans un chemin tout en-vironné de précipices oü lon ne peut recevoir
Ibulager en donnant cours a mes larmes; amp; pour affiftance de perfonne, ^ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cncxiou
pouiToit tomes les tendrefles de la nature, par la perlualjon qu'e^g ^onnoit du bonheur que
dire la vérité, jen verfai bien dans cette nuit, ou Cela me faifoit appréhender a toute heure de ie fus continuellement dans le combat de la grace reflêchir volontairement fur pas une de mes pei. fut fbn «at.nbsp;^ de la nature, fans avoir dautres armes pour nes; car je fentois bien que cétoic tout ce quejenbsp;me défendre que le bouciier dc la vérité qui ré- pouvois faire que de les fouffrir en regardant Ior-
dre de Dieu Seles confolations de la Foi; mais que fi au lieu de cela je commengois a regarder Iaf-
flic-
-ocr page 193-Relation de la Psrfdcuthn des Religieufes de Port-Royal 1664., lé-ci nbsp;nbsp;nbsp;9 P 1 f- nfiiaion en elie-metne accorapagnée des toutes quelles mavoicnt fait entendre, quelles DC pre- Relation Keiarionwnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ce feroic un poids qui roacca- noient aucune part dans routes les conteftations, de la cap. d i bleroit, amp; il me fembloit que je portois toujours quelles n^n fqavoient aucune nouvelle, quelks de la M. Ang. de Sc.Jean. viit. tre nous; nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. il arriva que ny entendant point de finelfe, le ance quon prend aiféraenc avec des perfonnea Vendredi après que la Meile fut dite je fortis qui nous témoignent de lamitié.nbsp;après la Communauté gt; amp; remontai a notre Je commensal done a fentir da vantage mon éxilnbsp;chambre toute feule. Je penle que les bonnes amp; ma prifon, amp; je ne trouvqis ma confolarionnbsp;Meres attendoient cela pour juger quil étoic que dans le Sacrifice que jofïfois a Dieu de rnes confoi-aUon,nbsp;temps desaflurer de leur prifonniére, puitquelle larmes. Ces bonnes Meres en auront trouve desnbsp;commenqoit i fqavoir les chemins, car des Ia- marques au pied dune grande image dun Cruci-près-dinée même jentendis quon tournoit la clef fix, qui étoic dans nocre chambre, oujécrivisnbsp;de la porte, amp; je me défiai quon menfermoit: avec un crayon, car je navois point encore den-jy fus regarder quelque temps après, amp; je crou- ere; pofuifli lachrymas meat in conjpeamp;u tuo accept ¦ ¦ ......... ' ----- tabile Sacrificium tuum. Les jours me paroilfoient des années au regard des perfonnes dont je fentois la reparation, de qui je napprenois aucune nouvelle; leur afflidtion , dont le fouvenir métoitnbsp;toujours préfent, augmentoit la mienne; amp;ilmenbsp;fembloit quil ny avoit jamaiseudafflidion com- dans leur Cloitre. Elle fe mit a parler de leur parable a la norre, pirce quil ne sétoit peut-etre Inftituc amp; de leur Maifon; amp; tanc que je pou- jamais rencontré dunion pareille a celleque Dieu avoir faice entre un fi grand nombrede perfonnes, ni de divifion plus cruelle que celle quavoit faitnbsp;Mr. lArchevêque, non feulement en nous fépa-rant les unes des autres, mais encore en nous en-fermant toutes vivantes dans des tombeaux, ounbsp;nous étions dans la même nuit que les mortsnbsp;pour ny voir amp; ny apprendre quoique ce foie denbsp;ce qui fe paffe dans ce monde , mais ou nousnbsp;nétions pasinfenfibles, comme eux, poumétrenbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;point touchées de la peine des Ptre Mere furprife que de crainte. Je métois laiflée perfua- Fréres, Sceurs, Enlants amp; Amis, qui tout a la der, par je ne fgai quelle fimplicité, de tout ce fois étoient affligés avec nous, amp; done les difïé-Tom. ILnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B jls^jlfuiterque cétoii des yé/uites foot les nomma le P. Nauet, Je ne fqaurois dire quellenbsp;cela me fit tout dun coup , jennbsp;Ion. tremblai depuis les piés jufqua la tête autant de inon ame dans mes mains, comtne une gouvernante porte entre fes bras un enfant que Ton févre , quelle promene amp; quelie divertit tantnbsp;quelle peut, pour Iempecher de fe Ibuvenir denbsp;fa nourrice,donc elle le dctourne toutes les foisnbsp;quelle la rencontre, de peur que fa vue ne re-nouvelle fes lartnes. Port ¦ Royal affligé étoicnbsp;comtne ma nourrice; je venois dêcre févrée denbsp;tout ce que jaime Ibus ce nom avec le plus denbsp;tendrefle. Mon ame ne pouvoit porter cette reparation quavec une douleur éxtrême , manbsp;foi étoic route occupée ^ la détourner fans ceflenbsp;de reflechir fur cet objet; je ne pouvois pasnbsp;émpêcher qua toute heure il ne fe prélentat de-vant mes yeux; mais auffitot je les levois versnbsp;Dieu pour ne voir quen lui ce que je naimoisnbsp;que pour lui. Dans ce combat je confervois lanbsp;paix, amp; ii y avoir des moments ou jétois mèmenbsp;capable de joie. le paflai de la' forte les troisnbsp;premiers jours dans ma folitude, que je ne fqa-vois pas encore qui fe dut changer en prifon. Sa Solitude £,3 ScEUr Converfe, done jai parlé, me ve-cnPnTolc'^^noit querir pour aller a IEglife, amp; me rame-noit; mais cela navoic rien déxtraordinaire, puifque je ne fqavois pas les chemins. Commenbsp;je ne faifois toujours que le memc de noirenbsp;chambre au Choeur, je 1eus aflez tót appris; amp; vai quil étoit véricable, done jeus pour lors une joie fenfible, amp; il me fembla que jacquerois cenbsp;jour-la une fort grande dignité, entranc en par-tage des liens de St 7ean, dont-t eto.c ce jour-knbsp;la décolation Le meme-jour fur le foir , une desnbsp;Meres me vine querir pour me cnener promener vois je faifois prolonger ce difeours, afin quon ne men tint point dautre. Dans la fuite de celui ci, mayant parlé de leurs éxercices amp; desnbsp;IX. Confefleurs éxtraordinaires quclles voyoientdansnbsp;SaSuipnfece temps-la, je lui demandai qui étoient ceuxnbsp;lorfqueile^ jQjjt elles fe fervoietic dordinaire. Elle me dit entre lefquels elle me |
avoienc des Pretres de la ParoiflepourConfeCfeurs Ang. de amp; Chapelains: amp; dela javois inféré, quon ma-St.jean.;nbsp;voit mieux placee quaucunede mes Seem s, amp; quenbsp;jétois hors la domination des JéJintes. Je croisnbsp;que ce fut ce qui me caufa cet effroi; métancnbsp;apperquë tout dun coup que jétois comme unenbsp;brebis au milieu des loups; car dans 1idée quenbsp;javois deux amp; de leurs maximes, me voyantnbsp;toute feule étrangére amp; abandonnée parmi desnbsp;perlbnnes tout a fait inconnue3,6c que cette conduite me fit imaginer être telles que leurs directeurs, je ne fqaurois dépeindre quelle image cenbsp;fut dans mon efprit Tout ce que je pus faire,nbsp;fut dempêcher que mon trouble ne parut au dehors, 8e de tacher a le calmer aa dedans, par unnbsp;abandonnement entier i la vo'onté de Dieu amp; \nbsp;la direction de fa grace, done je commenqai ïnbsp;fentir plus que jamais la néceffité, paree que jenbsp;voyois mieux mon peril amp; mon impuiffance, Jainbsp;béni Dieu depuis, de ce que javois appris celanbsp;de bonne-heure, paree que cela me fit prendrenbsp;garde a moi, amp; commencer dagir avec la cir-confpetftion que je devois, fans quoi dans Cet abordnbsp;jaurois pu faire miJle fautes, fi je mécois imagi.nbsp;née, en voyant de bonnes filles comme font cel-les-la, quelles neulTent point été prévenuës con-amp; que je Icur euffe parlé avec la confi- rea- |
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Rehtien de Ia Perfécuiion desRelif^ieufes de Port-Royal l66y, (^c,
1 4 nbsp;nbsp;nbsp;^ tr\ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V V Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r T Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Y «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« « ilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ynnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ff ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦» *
ciennes, amp; quelle ait été Supérieure, on ne fe de la cap. fia pas a me la lailEer parler feule, amp; on 1y ac- de la M.nbsp;compagna toujours.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ang. de
Jétois done, ces premiers mois, dans un fiSt.Jean.
de heap, dans mon ccEur, feion les différents mouvements de la M. qui nailTent de tous ces dégrés damitié. Ceftnbsp;Ang. de ^urquoi jy ai mis les Enfants, parcequily avoitnbsp;Sc.Jean, dans ce grand nombre de perfonnes a qui Dieunbsp;mavoit unie par Ia charité, plufieurs de cellesnbsp;dont javois eu la conduite, pour qui je fentoisnbsp;les mêmes tendreffes amp; les tnêmes inquietudes,nbsp;les voyant éxpofées a une fi grande tentation amp;nbsp;privées de tour fecours. Jaurois beau dire pournbsp;expriener ce que ceft que^cette peine, on ne la
Relation rentes peines caufoient une douleur parciculiére Coufmes dOrwe^ojmais quoiquelle foic des An- Relation
profond filence, que je perdois la parole. Je na-vois prefque plus de voix j amp; je ne fgai fi je ne nbsp;nbsp;nbsp;^
puis que j'eus ceiie a aiier a i vjiace par L____
fion que je dirai: car je ne fortois plus que pour aller a la Mefl'e, amp; hors cela je ne bougeois denbsp;mon donjon , plus folitaire que les Saints quinbsp;étoient dans les défertsde la T hébaïde; car encore voyoient-ils quelquefoisquelques-unsdeleursnbsp;Fréres, amp; pour moi je ne voyois que des incon-nus, amp; je nentendois pasfeulement parler ni denbsp;mes proches ni de mes Soeurs. Cette chambre,nbsp;0Ü Ton mavoit mife, eft un galetas féparé denbsp;tout, qui na quun grand Grénier dun cóté, amp;
quoique ce foit au monde, navoir point eu cette de 1autre un dégré oil 1on ne pafte point , amp;
laurois point perdue tout a fait,fans que maper- J^donna-cevant bien que ma poitrine fe defiechoit» amp; que ment on die cela venoit delS, je roe mis aiirequelquefoistout re tiouve.nbsp;haut amp; a chanter quelques priéres amp; quelquesnbsp;coroprendra pas, fi on ny apaiféi Sc quand je parties de mon Office. Jétois fouvent neuf amp;nbsp;dis, fi on ny a paffé, jentends, fi Dieu ne Ia dix jours fans voir ame vivante, que la Soeur quinbsp;laifiee fentir Car on peut palier par ks mêmes mapportoit ce quil me falloit, amp; qui sen alloicnbsp;fepararions éxtérieurement, que Ton nen eltpas auffitot. £t je fus furtout dans cette folitude, de-touché de la même forte, cotnme je 1aiéprouvé puis que jeus cefle daller a 1Office par 1occa-rooi-même en divers temps. Cependant ce neftnbsp;pas la la plus grande que jaie cue; car parminbsp;celle ci, je confervois une véritable joie dans lenbsp;fond du coeur, qui ne fe mêloit point avec fesnbsp;amertumes pour les adoucir, mais que je fentoisnbsp;qui dominoit au-deffus de mon afflidion pour em-pecher quelle ne troublat point ma confiance amp; manbsp;foi, amp; quelle ne motk Ieftime de mon bon-heur, dont je demeurois nonobftant toute perfu-adée, enforte que je naurois pas voulu, pour
au deflbus, la chambre de Madame laPréfidente des Hameaiix , qui eft une de leurs bienfaitrices,nbsp;qui y entre aflez. fouvent, mais qui ny couchenbsp;jamais ou trés rarement: de forte que quoi quilnbsp;cut pu arriver la nuit, étant bien enfertnée Cotn-
occafion de fouffrir pour la vérité, ni former le moindre défir detre délivrée finon par elk,
11 ne fe pafla rien déxtraordinaire dans ces pre-Coniuite mlcrs jours, mon état 1étoit aftez pour moi. Je
quon tient ne vis prefque perCoune: amp; quand on tne venoit nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;______________________________
i fon égardyg;,.^ jg parlois prefque point, ne faifantquafi me jétois fous trois pones, il eut été itnpoffible dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;répondre oui amp; non, eeft a dire, tout le que jeufle pu avoir du fecours, car on ne me
moins que je pouvois, a ce quon me óKoit; amp; pouvoit entendre de nulle part, la porte de ma jai continué cela 4 mois durant, hors très-peu chambre, la porte du Grénier amp; la porte du dc-doccafions: ce qui contribuoit fans doute I leur gré étant jour amp; nuit fermées amp; vérouillées furnbsp;óter lenvie de me venir voir; car elks étoient moi.
avec elles une petite fille de fix ou fept ans pour la faire caulêr, amp; que ce fut autant de temps pas-fé. Cétoit tout mon défir quelles ne fe donnas*nbsp;fent point cette peine, amp; je leur difois fans cefténbsp;que jc les priois doublier que je fufte dans leur
roême fi embaraflées quand elks y venoient, a Au bout de quelques femaines la peur menprit, Xlir. caufe que je ne contribuois en rien a lentretien, amp; jen dis quelque chofe a la Mere, lui contant Dangernbsp;que je mappercevois bien quelles tachoientany un accident qui métoit arrivé il y avoit bien desnbsp;point venir feules ^ amp; fouvent elles amenoknt années, que métant trouvée mal la nuit,amp;ayanteet état.
de la lumiére, je penfai me tuer en tombant de ma hauteur toute évanouïe fans le fentir amp; fansnbsp;fqavoir du tout ou jétois. Ceia donna de lin-quiétude a cette bonne Mere,amp; elletnofïritque
---------- voulu fortir de notre Celulle pour aller chercher
Maifon; amp; quil fuffifoit que la bonne Soeur qui fi je voulois, on feroit coucher quelquun dans avoir foin de moi sen fouvint,pour me venir ma chambre. Mais jamais elk ne mofirit quon
ne menfermeroit pas la nuit; de forte que voyant bien quelks feroienc aftez empêchéesquimedon-ner, paree quelles ne fe fioient ce me fembloicnbsp;a perfonne pour demeurer avec moi:amp; dailleursnbsp;que ce mauroit été une étrange gêne davoir lanbsp;une filk, avec qui je naurois pas été fibre de menbsp;lever la nuit amp; de faire mes petites dévotions ennbsp;liberté, je mis ma confiance en Dieu amp; en mon
*nent, 8c qui eft morte pendant quejétoisla, On bon Ange, amp;c je dis a la Mere quau pis aller je Permit aufli a une autre Mere, qui le fouhaita, mourrois dans leur compagnie li jemourois tou-y '^enir dgux OU trois fois, ceft une de mes te feule, Et la chofe en demeura la, quoique de
letop®
ouvrir la porte amp; me conduire a lEglife,amp;pour mapporter a manger. En effet elles nepouvoientnbsp;queiles ne sincommodaflent en venant perdredunbsp;temps avec moi j car elks ontétrangementdetra.nbsp;vail amp; doccupation, je park de la Prieure amp; denbsp;la Soüprieure, amp; Madame de Rantzau, qui fontnbsp;les feuks k qui jaie parlé ordinairement, amp; unenbsp;bonne Mere ancienne qui me venoit voirrare
-ocr page 195-quot;Relation de la Verjécution des Religkufes de Vort-'Royal nbsp;nbsp;nbsp;it
Rplation temps ên temps il leur en prenoit Icrupule; mais tois rédévable qua M.1Archevêque dun fi cha- Relation j I cap. elles en avoient un bien plus invincible qui les ricable traitement.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de lacap^
tolt d ailleurs une fort bonne fille amp; bieri douce, lois parler a perfonncj amp; je luidifoistoujoursque qui avoit grand foin de ne me laifler point man- je navois rien a dire, mats bien ^ foufFrir; iNé»nbsp;quer des choles neceUaires, 6c qui le mettoitdau- anmoins ayant appris que Mr. Ie Doyen de Notrenbsp;rant p.us en peine de me prévenir, difoit-elle, Dame étoit leur Supérieur, 6c quil venoit alTez
- nbsp;nbsp;nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o.--------r-------- i..; j:,
delaMr empêchoir de me donnet aucune Itbercé. De Jai fait une longue digreffion , il faut repren-de la M. Ang. de forte quil a fallu pafler fix mois dans cette geole, dre la fuite de mon hiftoire. Quand jeus paflë Ang. denbsp;Sc.Jean. done la porte nouvroit que huit fois Ic jour, amp; la huit jours, fans entendre parler de quoi queceSt. Jean,nbsp;la Converfe ma geoliére étoit fi éxacte a ne me foit amp; fans recevoir nul ordre de M. 1Archcvê-pas perdre de vuë, que quand elle mavoit con- que de ce que javois k y faire, furtout pour la XVI.nbsp;duite jufques dans Ie Choeur, elle fe mettoit a participation des Sacrements, je fus en doutede^®quot; embat»nbsp;genoux prés de la porte pour me garderjufqua-ce la maniére dont je devois me conduite, amp; silnbsp;que les Religieufes fuffent prefque afTemblées amp; falloit demeurer ainfi fans dire mot La Mere Confeflsur,nbsp;quelle jugeat que jy puffeêcreenaflurance. Cé- Prieure me demandoit aflez fouvent fi je nevou-
19 it*^ nbsp;nbsp;nbsp;_ f . 1______cn^ O, u:__r J_____ i_ nbsp;nbsp;nbsp;t s.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\
fouvent les voir, *je lui dis quelle mobligeroit de me faire parler a lui quand il viendroit. Je fisnbsp;réflexion enfuite que peut-être je ne 1obiigeroisnbsp;pas trop lui-même, de faire paroitre que je lenbsp;prétérois ^ dautres, 6c que fans nuïre a perfonns
que je ne demandois rien amp; ne me plaignois jamais de rien.
X!V.
Wanicte
Les Meres qui font affurementfort charitables, ne faifoient de moi que la même plainte, Scainlinbsp;dont elle te- toute maniére il eft utile dagir de la forte: car
dans eet état, qui eft de fentir dans la vraie'^con-dicion 6c la vraie difpofition des pauvres, quiont de la reconnoiftance pour les moindres Cervicesnbsp;6c les moindres chofes quon leur donne, pareenbsp;quils ne sattendent point quon leur doive rien,nbsp;non pas même les chofes les plus néceffaires, 6cnbsp;je noferois dire les pstites rencontres ou de petitesnbsp;commodités, quon me donnoit, me paftbientnbsp;pour de fort grands préfents,6c merendoientfen-fiblement obligee aux foins de ces Meres ou denbsp;cette bonne Soeur,paree que je mimaginoistou-jours queJlcs ëtoient en droit de me laiflèr man-quer de tout j 6c que M. lArchevêque ne
Du 3. Septembre i6lt;J4. MONSEIGNEUR.
Nayant perfonne i qui je puiffe demander
confeil poutmaffurerquelaiibertéquejeprends
de vous importuner ne vous fera point défa-^uxileéciit gréable, je nen ai confulté que la qualiténbsp;, jhonorerai toute ma vie en votreperfonne, de de Pansfutnbsp;quelque maniére que vous jugiés a propos de ce fujet.nbsp;traiter des brebis, dont vous ferés toujours lenbsp; Pafteur. Je nai.point deCTein, Monfeigneur,
,, de vous demander aucune grace que celle de fgavoir vos volorrtés, Quand nous apprimes
Lctttc
mayant mile en pnfon nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;% de votre bouche, il y a huit jours, TArrêt de
faire fouffnr, je ne devois nbsp;nbsp;nbsp;^JécoUmtnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;notre banniöemenc, 6c que vous 1éxécutates
fortes de rigueurs, furtout ^^P^^cpjoic^n grand nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de votre main, en nous faifant forcir a lheure
prévenues de 1 opmjon, q nbsp;nbsp;nbsp;traicantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même fans fqavoir oü nousalhons, amp;fansnous
corome il failoit. nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Mais il faut que je leur rende ce temoignage, XV. Quelies ont tout a fait regie leur zele par robeis-de?-Rd4T.fange aveugle , qui eft leur grande rnaxime 6cnbsp;eufe's An? perreur générale qui domme a prefent danstoutesnbsp;nonciades. boones Religicufesj car comme ellesmelontnbsp;dit bien des fois, clles auroient tout voulu fairenbsp;pour mon foulagement 6c pour ma fatisfaéfion,nbsp;éxcepté ce qui ne dépendoit pas delles, 6c ennbsp;quoi elles étoient liées par lordre de M. lArchevêque, qui leur avoit défendu de me laiiTer parler a qui que ce foit ni au dedans niau dehors, IInbsp;eft vrai que jai cru long-temps quelles sétoientnbsp;fait donner eet ordre, furtout celui de me tenirnbsp;enfermée, comme je 1ai été fix mois durant.nbsp;Néanmoins le dernier jour que je fus chez elles,nbsp;oü jolbis leur parler avec plus de iiberté,javouainbsp;a la Mere Soüprieure que javois eu cette penfée,nbsp;6c elle maffura fort du contraire, 6c que je né-
fervice a l Eglile 6c a nos a nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prefcrire ce que nous y devions faire , nous
nbsp;nbsp;nbsp;neumes aucune autte penfée que de vousobéir
nbsp;nbsp;nbsp;fans nous informer de rien; efpérant que nous
^ nbsp;nbsp;nbsp;ViV vvvvgt;#
quelle-même na pas recu un ordre particulier de la maniére dont - il vous plaitnbsp; que jen ufe ici pour les Sacrements, 6c fi vous
apprendrions dans la fuite de quelle forte cha- cune de nous fe devroii conduire dans le lieu que vous lui aviés deftiné. Mais nayant nonnbsp;plus ouï'parkr de quoi que ce foit ,depuis quenbsp; je fuis ici, que fi jétois déja en un autre mon-,, de, je penfois navoir auffi rien a faire que denbsp;,, demeurer dans le filence occupée de Dieu feulnbsp; auffi long-temps quon ne me diroit pas autrenbsp;,, chofe, portant avec autant de ibumiffion quenbsp; de douleur un état qui, quelque rude quil foit,nbsp; left moins que mes péchês ne méritent. Né- anmoins, Monfeigneur, ayant appris aujourd- hui de la Révérende Mere Supérieure de cettenbsp;,, Maifonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---gt;---
en-
-ocr page 196-li ^ quot;Relation de la Verjécittion des Kt Relation,, entendés que jen demeure toujours féparée,nbsp;de la cap, jai cru ne pouvoir moins faire, Monfeigneur,nbsp;delaJVl. que de maller encore jetter a vos piés, pournbsp;Ang. de voir fi vous auriés pitié dune ame, dontvousnbsp;St.Jean. ne fgauriés vous décharger devant Dieu, amp;denbsp; laqueüe il vous redemanderoit Ie fang, sil fal- loit quelle périt par Ie manque de la nourriturenbsp;,, fpirituelle, quelle ne peut recevoir que de vo- tre main, ceft-a-dire que par votre autorité.nbsp; Jefgai, Monfeigneur, que vous nous en avésnbsp;,, privées pour nous punir dune chofe , que vousnbsp; avés regardée comme une faute; mais commenbsp;j, vous y avés ajouté depuis beaucoup dautresnbsp; cbatiments, Ie banniffement, la prifon amp; lanbsp;,j (eparation les unes des autres, ne puis-je pasnbsp; efpérer, Monfeigneur, que vous voudrésimi-,, ter la conduite de Dieu, qui ne vange pas deuxnbsp; fois un même crime, Sc que vous rélacherésnbsp; la première févériié, de la privation desSacre- ments, S celles qui porteront encore fans celanbsp; affez de marques de lautorité abfoluë que vousnbsp; avés fur elles, pour les chatier quand vous ju-,, gés quelles Ie méritent ? Peut-être, Monfeig- neur , quencore que vous ne vouliés pointnbsp; foufïrir de Brebis foibles dans votre troupeau,nbsp; pour des conlidérations qui vous y font voir denbsp;3, 1importance, vous voudrés bien ne les éloig-5, ner pas plus lorig-temps du Divin Sacrement,nbsp; qui les dolt fortifier dans leurs langueurs amp; lesnbsp; confoler dans leurs peines. Néanmoins pournbsp; ce qui me regarde.je ne parle quentremblanr,nbsp; fqacbant bien que ce fera toujours avec juftice quenbsp; Dieu me privera dune grace, dont je nai pasnbsp; affez bien ufé lorfquilmenalaifféjouïr. Ceftnbsp; pourquoi, Monfeigneur, je ne vous deroandenbsp; rien, fmon ce quil vous plait que jefaffe,afinnbsp; que je regoive comme un ordre de Dieu celuinbsp;quil vous plaira de me donner, amp; que je mynbsp;,, rende avec autant de fouroiffion quejefuisavecnbsp; un profond refpeób, Votre, écc.
XVIII. Trois jours après que jeus écrit cette Lettre, vint lui-même y faire réponfe, La Mere menbsp;aax Annon-vint querir amp; me conduific au Parloir, Jy trou-ciades. Sonvai en entrant Madame de Rantzau qui lentre-Emtetien tenoit, 6c la Mere qui mavoit amenée y demeura
avec Ia Me- ^ nbsp;nbsp;nbsp;. y
leAngcU- 2'^^ nbsp;nbsp;nbsp;eloignec.
que.
Après que je me fus mife a genome pour demander fa bénédiétion, que jenbsp;ne fgai sil me donna, il me fit affeoir, Madame de Kantzau demeurant dun cóté de la Grille,nbsp;amp; moi de lautie. Je ne rapporterai de eet Kn-tretien que trés peu de chofe, dont javois faitnbsp;quelques remarques alors, car jai oublié Ie refte;nbsp;ceft pourquoi je ne fgaurois dire par oü ilcom-menga; je fgai feulement qu'après avoir dit quelques paroles d'abord, il sengagea dans un longnbsp;diicours,répétanr dun bout a 1autre tout ce quilnbsp;a accou-ytjig (jgnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cette affaire, amp; quil
nous a die rant de fois, amp; ny ajoutant rien de nouveau, finon quil minculquoic fort quejelanbsp;dgvois leparer de la quereile particuliére de rnon
'lighufes de Fort ~ Royal 1664.,
Oncle avec les Jéfuites, affurant que pour lui Relation il eftimoit fort le Livre de la Fréquente Com-de la cap.nbsp;5, munion; quil 1avoit beaucoup lu amp; y avoitdelaM.nbsp; toujours profite; Quil faifoit état duméritede Ang. denbsp; Mr. Arnauld^ quil le connoiffoitamp; reftimoitjSc. Jean.nbsp;,, quil avoir été fur les bancs avec lui en Sor- bonne j quil le tenoit très-fgavant homme,amp;
,, quil étoit fon ferviteur amp; de route fa Maifon
( je me fuis bien appergue depuis,que ce difcours navoit pas fort plu aux bonnes Meres qui lé-coutoient; car elles ont la même opinion du Li«nbsp;vre de la Fréquente Communion, que de celuinbsp;de Mr. dTjores.) a tout cela je navois qua é-couter.
Il me voulut enfuite preffer par fes arguments ordinaires, amp; entrautres; Quil ny avoir riennbsp;de plus étrange qu5 nous vouluffions tous nousnbsp;opiniatrer a défendre la Dodrine dun Auteur,nbsp;qui a lui-même eu du foupgon quelle ne füt pasnbsp;onforme a celle de 1Eglife, paree qnil voyoitnbsp;bien quil sétoit engagé a traiter une matiérenbsp;obfeure amp; difficile ou il étoit aifé quil fe futnbsp;égaré, quoiquil eut prétendu fuivre St, Auguftinjnbsp;amp; que cétoit la raifon qui Iavoit obligé a fairenbsp;la proteftation de foumiflion au jugement de 1E-glile Romaine, que javois pu voir a la tece denbsp;fon Livre amp; encore dans fon Teftamenr. Jcnbsp;répondis, que javois en effet vu cette proteftation, non pas dans le Livre de Mr. d2^rw quenbsp;je nai jsmais lu, mais dans 1Ordonnance oü ilnbsp;lui avoic plu de Iinferer. Il répliqua en raillant:
,, je penfe quau moins on ne maccufera pas ,, davoir cité faux. Et je pourfuivis, que cenbsp;fentiment quavoit eu Mr. lEvêque dTpres denbsp;fe reconnoitre fujet a fe tromper , comme lenbsp;font tous les hommes, amp; de vouloir foumettrenbsp;fon Livre au jugement delEglife, étoit un fentiment fi commun a tous les Auteurs Catholi-ques, que ceux mêmes quineléxprimoient pas,
1avoient afflirement dans le coeur; amp; que je ne croyois pas quon put foupgonner avec plus denbsp;raifon Mr. lEvêque d^Ypres d avoir cru lui-mêmenbsp;que fa Dodtrinc néroit peut-être pas conformenbsp;a celle de lEglife, a caufe quil protefte quil lanbsp;foumet a fon jugement, que dattribuer la même penfée a Mr lEvéque denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui faij
même proteftation dans fon hiftoire de lEglife»
amp; a la plupart des Auteurs Catholiques, qui ne font guéres dOuvrages confidérables quils nenbsp;témoignent la même chofe.
Mr. 1Archevêque répondit, quil me montre-roir bien des Livres de Mr. de f^ence, oü il ne faifoit pas cette proteftation. Je lui dis quejeneanbsp;doutois pas^ que la répétition. fi fréquente nennbsp;étoit pas néceffaire, paree quon fgait affez que,nbsp;tour Catholique a toujours cette dilpofition dansnbsp;le coeur, amp; quen cela Mr. lEvêque dTpres nanbsp;rien fait de fingulier dont on puiffe tirer un pré-jugé fi léfavantageux de fa Dodtrine,q,uon veuil-le dire quil a été lui-même le premier juge qut
-ocr page 197-nehiion de la Terfé'mtkn des Religieures de Port \-Royal i6tf4 , t^c', nbsp;nbsp;nbsp;r?
TJ^w.-nnla foupconnée derreur, amp; quil a confenti par re dans fon Ordonnance , quil demandoit la Relation avance 1 la condamnation de Ion Livre comme Foi Divine pour Ie point de droit ,amp; une foi hu- de la cap,nbsp;delaM- rempü dlmpiétés amp; de blafphêmes. M lArche- inaine amp; EcCienauique pour \efait content! dans de laM.nbsp;Anff. de vcque répliqua, que cela ne faifoic point de tort Ie Vormulaire, EUe eleva fa voix avec moquerie Ang. denbsp;St, Jean, a fa reputation, dont nous étions plus jaloufes,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; dit; o, voila - echapatoire, Je répondis Sc;Jean,
quil ne 1avoit éfé lui même; quil séroit mis a que je nalleguois que les paroles mêtnes deMon-couvcrt par fa foumiffion, de routes les condam- feigneur , qui parut fort embaraflé de cette foi nations qui pouvoient tomber fur fa Doarine,amp; humainCjqui! ne pouvoit pas juftifierdanslefpricnbsp;que nous navions qua limiter dans eet xemple. de Madame de Rantza».
héréfies quelle condamne : Mals pour vous , dit il, qui êtes fqavantes, vous entendés biennbsp;,, les termes, il eft hérétique matériellem.ent, maisnbsp;,, il ne lefi: pas formellcment, paree quen effetnbsp; fa Dodlrine eft hérétique, mais fa difpolitionnbsp;5, eft Catholique , puifquil la foumec a 1E-
» glife-
Je ne me fouviens pas fi je répondis davantage, finon que je témoignai que , pour tout ce qui
Jelui dis que sil avoit écé louable de témoigner II voulut fe reroettre fur les difcours généraux-, ctre difpofe a shumilier fous Ie jugement de 1E- quil nous a fait cant de fois, du péril quil y a denbsp;glife, fi elle lui faifoit voir quil fe fut égaré de faire ces diftindtions j que fi on vouloit rendrenbsp;la v4ité en quelque chofe, il tne fembloit quU toutes les chofes de fait douteufes, on ébranleroitnbsp;ne senfuivoit pas de la que nous euffions la mê- les plus grandes vérités de la foi. Madame denbsp;me obligation dêtre prêtes de Ie condamner RuKtea» enchérilToit, Scvouloit^quecesdiftmc-comme auteur dune herélie, fans être capablesde tions fuffent impofliblcs; amp; quon dut un egalnbsp;lentendre, amp;fur la fuppof.tion dun fait,que nous refpedt a tout ce que les Papes decident commenbsp;fqavions être fort contefté. II me dit quon ne conduits en rout par Ie St Efprit, amp; sengagea anbsp;nous demandoit pas de Ie condamner comme hé- une application de tout cela a lafFaire préfentenbsp;rérique, paree que 1Rglife ne donne ce nomquè dune maniére ft peu raifonnable, que je mima-ceux qui foütiennent contre /on jugement des ginai que cétoit quelle n'en avoit jamais ouï-
tout de quoi il sagifïoit. Cela fit que je lui dis que jaurois fouhaité quelle eut voulu shntormcrnbsp;un peu de cette affaire, dont il étoit difficile denbsp;bien juger, fi on nen fqavoic Ie fond. Elle ré-phqua d un air méprifant amp; dun ton de Madamenbsp;la Marechde:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fgai tout ce que vous pouvés
dire, je fgn ce que ceft que Moulia amp; tou- te la fuite. Par la elle me rendit afïez, fca-
rctr ip tnftPui KlPn mip rMii rVinfiUa ö*-» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/-
parler quen 1air, amp; quelle ne fqavoit point du
fincére que nous lui avions faite, d etre entié- aucoup a difpucer avec elle, amp; naurqis qu è la rement foumifes pour tout ce qui regarde la foi, laiffer dansla bonne opinion quelle avoit (quellenbsp;quil ny a que cela qui puifle importer dans cette fgavoit tout,/
affaire è des perfonnes comme nous, qui nefont Je ne fgai fi M, lArchevêque ne sappergut point capables de prendre part aux autres contef- point de cela, amp; que ce difcours neferoit pas fortnbsp;rations II répliqua, quon ne nous demandoit propte a me convaincrejcar ilPinterrompitauffi.
na vers Madame de Rantzau: ,, Et bien, Mada-,, me. Madame de Rantzau, que dites-vous de cela? Je ne me fouviens pas diftindferaentnbsp;de fa réponfe, finon quelle faifoit paroitre Ienbsp;dernier étonnement de ce quon ofoit faire cesnbsp;diftinélions de fait amp; de dreit dans Ie jugementnbsp;des Fapes, comme fi cela eut dü être ff infépa-rable, que tout ce qui fottde leur bouche, dutnbsp;pafler pour article de foi. Je fus obligée de luinbsp;répondre , croyant que fon étonnement ne ve-noit peut - être que dignorance, pour cette dif-tinflion ; que Monfeigneur , qui étoit préfent,nbsp;nous 1avoic apprife lui - même, nous ayanc décla*
nas autre chofe que notre foumiffion pour Ie ju- tot pour parler de tous les difcours quon avoit aement des Papes. Je répliquai, que nous avions fait de notre lortie, quon avoit écrit quil avoitnbsp;cette foumiffion entiére pour la condamnation fait conduite les Carofles qui nous menoient parnbsp;des V Propofitions quils one condamnees; mais 25 Archers, que jen fqavois la vérité. Je répon-que nous ne pouvions pas prqmettre une fou- dis que je navois point pris garde sil y avoit desnbsp;miffion de créance pour un fait, que nous ne Archers qui fuiviffent Ie Caroffe, mais que ja-fommes pas obligées de croire, paree que nous vois vu les Compagnies des Gardes rangées dansnbsp;fgavons quil eft encore fort cont^é. II fe tour- la Cour, II répondit: jecroisbien, quandok
a^quelque chofe a faire on veut saffurer: sil fc fut aftemblé sooo perfonnes par curiofité ou.nbsp;,, autrement, amp; en effet il en vint bien autantnbsp; Ceft pourquoi Mr. Ie Lieutenant Civil synbsp; trouva amp; Mr Ie Chevalier du Guet avec fesnbsp;Archers, de peur quil y eut du défordre, Je-répondis, que cela avoit été affez fuperflu quünbsp;navoit pas trouvé grande réfiffance. Tantnbsp; y a r^phqua til quand on entreprekd unenbsp; chole, il ne fe fauc pas mettre au hazard denbsp; n en pas venir a bout. on me fait auffi direnbsp; de belles chofes; on ecrii, je ne fqai pas qui,nbsp;,, que j ai appellc voire Abbeflé dun nora quejc;
nfe
-ocr page 198-'Relation de I a Verjhuthn des Religieujes de Port^Royat 166^,
Relation jj ne fgai feulemencpas, amp; que les honnetes gens dela cap.,, nentendent point, que je Iai appellé AfyW/e,-delaM. Mijorée^ ou Iaurois-je pris? Je dis affez basnbsp;Ang, de que pour ce terme on ne Iavoit pas bien recenu.nbsp;Sr.jear. II continua,, quon difoit quil Iavoit appellée
amp; impertinenie en plein Chapitre. je nedifois mot 5 amp; Madame de Rantzau en faifoit de gran-des railleries, comme fi qeuc été des contes fairsnbsp;a plaifir, quelie seionnoit quon eut 1impudencenbsp;davancer conrre Mr. 1Archevéque. 11 die encorenbsp;,, quon écrivoit que quand nous lui avions ditnbsp; que nous parokrions tous un jour devant un
figner. Je pris garde a ne pas donner la moindre Relation démonftration, qui lui put faire juger fi je lede la cap.nbsp;croyois ou fi je ne le croyois pas. A la fin de cetde laM.nbsp;Entretien je lui dis, queje métois donné Ihon-Ang. denbsp;neur de lui ecrirc pour fqavoir ce quil lui plairoitSt. Jean,nbsp;de mordonner. 11 ne me lailTa pas achever, amp;nbsp;me die, que je fqavois aflez ce quil demandoitdenbsp;moi. Je méxpliquai en difant, que jc demandoisnbsp;fes ordres pour pouvoir approcher des Saints Sa-crements: ne doutant pas pour cet autre point,nbsp;quil entendoic, aller contre ma Confciencej amp;nbsp;que je 1avois affuré amp; Iaflurois encore quil nynbsp;autre juge, il avoir répondu, akxs comme alors-^ avoir que cette feule confiderationamp; nulle autrenbsp; amp; que la vérité étoit quil avoit bien entendu vue bumaine , qui mempechat de le fatisfaire,
5, que quelques-unes de nous, il ne fqavoit pas 11 me répondit, que tant que je ferois dans cet lefquelles, lui avoient dit quelles efpéroientde état, je ne pouvois pas participer aux Sacrements;
traint den venir ia; quil 1avoit tétnoigné a mon Pere,quil vit dans la Cour, amp; que mon Pere luinbsp;ayant dit que cétoit une rude journée pour unnbsp;-omme de yy ans, il lui avoit répondu: Ellenbsp;3, ne lcft pas moins pour moi-même; vous êtesnbsp;,, Pere , Monfieur, amp; moi auffi, On peutnbsp;juger quelle imprelfion me faifoit cette comparai-fon. Je lui témoignai que nous navions pas punbsp;que nous neuffions été fort furprifes, quil eucnbsp;pris un tel deffein enfuite des aflurances quil nousnbsp;avoit données dabord , quil ne nous feroit jamaisnbsp;de mal; amp; que fi les chofes en venoient a que!
trouver juftice, quand elles paroitroientdevant quil en auroit fa Confcience chargee sil me le un autre juge, qui devoir juger tout le monde; permettoit: mais que pour nos Soeurs de Port-,, amp; quil avoit répondu, quand nous ferons Idmus Royal, comme elles étoient dans une bien meil- 'verrottS vous ^ moi qui Junt ceux qui ontraifon. leure difpofition que moi, amp; quelles étoient dansnbsp;11 ajouta,parlantde notre enlévement,que^avoit le défir découter amp;c de fe faire inftruire, il lesnbsp;été avec une grande douleur quil avoit éte con- avoit retablies, amp; leur avoit permis de commu-
nier è la Notre Dame;, que pour moi tout ce quil me pouvoit dire étoit, quil prieroit bien Dieunbsp;pour moi, amp; quil ne diroit point la Meile quilnbsp;homme de' yy ans, il lui avoit réponduf Elle .ne fe fouvint de moi a 1Autel.
que violence, ce ne feroit pas par lui. 11 vouloit 1avoit fait tant quelle lavoit pu devant M, lAr-le défavouer. Mais je Iaflurai quoutre quil la- chevêque, elle continua encore plus fortement. yoic dit a plufieurs perfonnes, il me lavoit dit Elle me dit que jétois trompée , quil y alloit
Je requs tout cela avec un profond filence, amp; XIX me retirai plus afFermie par la grace de Dieu, que Sod Entt;-je nétois en y entrant. Au fortir de la, Mada-me de Rantzau voulut prendre la peine me recon- Rantzau.nbsp;duire i ma prifon. On en avoit emporté ia clef,nbsp;de forte quil fallut 1attendre quelque temps au*nbsp;prés de la porte; amp; pendant cela, comme ellenbsp;étoit déja en bon train de me poulTer, amp; quelle
a moi-même en particulier, me difant quil ne pouvoit pas empêcher que le Roi nagit, maisquenbsp;pour lui, il ne sen mêleroit point. (11 mavoicnbsp;dit cela au fcrutin de la Vifite ) II répondit quenbsp;cela neut pas pu séxécuter fans lui; amp; que lenbsp;Roi ne feroit pas fortir des Religieufes de leurnbsp;Couvent;que cependanc cela avoit été néceflaire;
quune entreprife de cabale; amp; que cétoit de fort bonnes Religieufes, qui lui avoient parlé denbsp;la forte, amp; qui lui avoient donné fatisfaótion de-puis amp; de bonne grace,
, jeneuspas de peine k reconnoitre dans ce dif-cours Tefprit de ma Soeur Flavie, qui mavoit bien dk Téquivalent a moi - même; amp; dés cette heurenbsp;Nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelle avoit figné. II me parut que
de mon falut, que jétois dans Terreur, amp; chofes femblables. A quoi je répondois en général;nbsp;que je ne pouvois étre dans Terreur en croyantnbsp;tout ce que TEglife croit, quant ii Ia Doétrine,nbsp;amp; ne faifant difficulté que dattefter que des hé-réfies font dans un Livre, oü tout le monde nenbsp;les voit pas. Elle me dit, que ceuX qui nioient
Mr. lArchevêque me vouloit faire comprendre éxamen dans routes les formes, que le Pape Pa-que depuis que nbsp;nbsp;nbsp;pjyj ppy,- maintc- voit condamné. Je dis quils navoient
nir le caoale, la Communaute sétoit renduë a feule audience du Pane fur le fuiet des
tions étoient équivoques amp; fufceptibles de deux fens, Tun Catholique amp; Tautre Hérétique , amp;nbsp;quils navoient défendu devant lui que le lens denbsp;la grace efficace par Elle-même, que Ie Pape anbsp;dit navoir pas condamné. Elle dit quils avoientnbsp;foutenu tant quils avoient voulu devant le Papenbsp;le fens de JanJènius, amp; que cétoit après les avoirnbsp;entendus plufieurs fois, amp; enfuite dun fort grand
eu qu une
feule audience du Pape fur le fujet des 5 Propoü-
tions.
-ocr page 199-'Relation de la Rerfécuiton del ReJkdeufes ,
deForf Rojai 1664., dfO» _ nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o U
¦D i nbsp;nbsp;nbsp;wfaue la Bulle éroic déja dreffée par Iaveu |e vous lüpplie , lailfés-moi prisr Dieu amp; Relatioi
du p! nbsp;nbsp;nbsp;amp; OÜ ils navoient point parlé de épargnés une perfonne affligée. Elle sechaufade lacap.
de kM^* Janfenius. Elle séleva contre moi, comme li davamage , amp; me dit quelle ne me laiflèroicpas,dela M. Anz de feufle dit la chofe du monde la plus téméraire, paree quil y alloit de mon falut. Limpatience Ang, denbsp;St Sean. amp; la plus faulTe, de nier quils euffent é:é enten- me prit auffi, amp; fans autre reponfe je lui fis uneSt Jean^nbsp;dus tant quils avoient voulu, amp; me dit, quel- profonde inclination, amp; me tournai devant unenbsp;)e me donneroit le Journal de St. Amour* o^\p\ me fénêtre, o,u je me mis h genoux pour prier Dieu,nbsp;devoit être croyable,oü_ellememontreroit,quils en attendant quon apportat la clef, quon étoi:
. ^^A. i.. nbsp;nbsp;nbsp;1...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tout cela fe paffoit fur la montée
avoient ete ecoutes pluUeurs fois avant quon eut allé querir; car fongé a rien [irononcer. Je répliquai quelk mo. a la porte de ma chambre.
bligeroit éxtrêmement de me faire voir ce Livre, fjn moment après néanmoins faifant réflexion amp; quil me ferviroit a lui prouver que je ne lui quelle venoit pcut-être de recevoir ordre de M.nbsp;difois rien que de tres véritable, en 1allurant que 1Archevêque de minftruire amp; de travailler è manbsp;ces Meffieurs navoient pu obtenir quune feule converfion comme elle fait acelledesnbsp;audience pour la forme, oü lon navoit pas feu- je me relevai amp; lui dis, que quoique je vinffe denbsp;lement nommé Janfenius, amp; que les Domini- lui dire que je ne voulois entrer dans aucunenbsp;quains avoienc demandé i8 fois audience lur le difpute, fi néanmoins elle avoit ordre de me par-même fujet fans pouvoir Tobtenir. Elle fuppofa ler de la forte, je ferois toujours prête de 1 ecou-
_ pouvoir.
toujours quon me faifoit accroire toutes ces cho-fes, amp; que par la nous nous féparions de la ere-ance de lEglife , qui a toujours reconnu pour hérétiques ceux qui refufent de condamner lesnbsp;héréfies amp; les Auteurs. Surquoi elle allégua lesnbsp;Ori^fyifle!, quon avoit obliges de dire Anathê-me a Origene. Jy répondis par S. Jerome a Jeannbsp;de Jerufalem , a qui il donnoit le chotx ou denbsp;condamner Origene sil condamnoit fes erreurs ,nbsp;ou de nier que ces erreurs fuffent ó'Origene, silnbsp;ne vouloit pas condamner Origene. Elle fe vou-iut fortifier du quatriéme Concile, qui avoit obli-gé Théodoret de dire Anathême a Neflorius. Celanbsp;me contraignit dalléguer le cinquiéme amp; le
ter avec tout le refpedt amp; toute la patience que je pouvois. Elle me dit quelle ne le failoit quenbsp;pour mon bien amp; pat compaffion de mon etat.
Et cornme on vint ouvrir la porte, notre entre-tien tinit la. Jeus de la pcine aufliiót après de 1 emotion que j avois fentie amp;: qui lui avoit punbsp;paroitre,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
C eft pourquoi dès le foir je lui écrivis un bil- 'XX. let pour lui en demander pardon, marquant en Bill«
particulier que je me trouvois plus obligée que^ quot; perfonne de reparer mes fautes ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t 1
tade de
maniéres quil métoit poffibirpar k pSence^'^ou'kl fti-puifqu on m otoic les autres moyens de men nn^
P , qaelqiics
rifier.
Comme elle eft fort bonne je ne fcai fiB' fixiéme touchant les ^quot;Chapitresamp;Howonw. Dès cela la toucha, ou fi pour dautres conQdérationsl?hapées
.....olta nbsp;nbsp;nbsp;mrlpr r\Hnnnriuc pllp pn nrif k pllp phanapa dp rnndiiire a mnn Aaarrinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ipill
Derfbnne qui ne cherchoit pas la verite, mais tion, meme hors quatre ou cinq occafions
» nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;p. ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 r____v-ii-i» nbsp;nbsp;nbsp;J-----jcc.:___j ,3
qui fe tenoit fi affurée de la fgavoir, que toute elle ma encore park de ces affaires dans lespre contradidion lui paffe pour herefie : je voulus miers mois: depuis elle ne men a plus rien dit du
roropre la en lui difant, que pour cette preten- tout, finon quelquefois par entretien, amp; agréa-duë falfification , javois oui-dire que c etoit un blement, fans chaleur amp; fans difpute; il me fem. fonge, dont tous les fgavants fe moquoient, amp; bloit même queile 1évitoit, 6c elle en revenoirnbsp;qui même ne prouveroit rip au regard des er- toujours a dire quelle efpérojt que mon temnonbsp;reurs dc fait ^ dont on fout tent que les Papes 6c viendroit; que je navois befoin que de priére?-inrilef; tn^mes innr rannn p.lt;ï ! maic mm mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___i_* nbsp;nbsp;nbsp;____i____ i________. .. K
mêmes font capabies : maïs que je quü viendroit quelque bon moment, oü DiVi? laiflois toutes ces conteftations aux fqavanrs, 6c me donneroit une grace coBgruë qui me channbsp;ne me youlois meier que de prier Dieu. Elle geroit le cceur. Comme elle nadmet pas
1 niitoire isccipiamque, jefqai tout, je repon* Mais elle na pas trouvé de contradiétion fhr drai a tout. je lm repliquai avec un peu ce point; car je ne leur ai jamais dit un mornbsp;de cnaleurt car fon emnrpfTpmpnr mVmnr. Br fnr opcnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;... _____j j___.
_ car fon empreffement mémut. Et fur ces mariéres, au regard dequoi elles 'iZI , ma Mere , je ne fqai i^n, c eft pour- dans une celle prévention, quelles auroient toutq^'*nbsp;,, quoi cela va le mieux du monde pour ne point pris pour herefie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fegt;pei-
nes luUn-v cures,
l6 quot;Relation de la Perfécution des Religieufes de Vort Royal 166^, ^e,
on ne Icauroit simaginer ce que ceft que cetre angoiffe amp;c eet abandonnement, fi on ny a palTé.nbsp;II tne fembloit que fi jeulfe eufeulement la moindre perfonne de connoiflance, quand je nauroisnbsp;fait que me recommander a fes priéres, ce mau-
rence dans rifluë du combat, ce neft que paree quil ne lui avoit pas été dit de nous toutes ,
Verumtamen animam tUius Jerva; paree quil vou-
loit faire voir en queiques-unes la puilfance de _ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fa grace viélorieufe, qui les a empêchées detre roit été un foulagement de fqavoir nbsp;nbsp;nbsp;eüt
furmontées; amp; en quelques autres lefficace de fa compati a ma railére amp; quelle rneüt aidé i grace médicinale, qui guériroit les blefluresmor- obtenir la miféricorde de Dieu; naais de ne voirnbsp;telles quelles auroient requës dans Ie combat, pour que des perfonnes infenfibles, qui ne cherche-les rendre enfuite plus tortes quand il les y enga- roient que loccafion daugmenter votre trouble,nbsp;geroit de nouveau. Javois done paffe les SS ou fi elles en pouvoient avoir la connoiiTance,acau-10 premiers jours dans 1affliiaion fenfible de no- fe de quoi il faut avoir un foin continuel de nenbsp;tre féparacion , mais cetce afffiétion nétoit que ie pas faire paroitre; ceft une gêne inéxplicable
¦Relation que « Dieu mavoit mife dans une autre forte les furpaffaffcnt, mais en les augmentant. Car Relation de lacap. datflidion toute différente de la première; amp; fi il ny a rien de pareil a fe trouver dans eet ac-de la cap.nbsp;de la M. grande , quelle avoit abibrbé toutes mes autres cablement defprit, fans pouvoir efpérer Ie moin- de la M.nbsp;Ang, de peines. Je la rapporterai pour faire voir que fans dre fecours amp; la moindre confolation de qui que Ang. denbsp;Sc.Jeaa, doace Dieu avoit donné au Diable la permiflion ce foit, quand cela dureroit jufqua la mort; carSt.Jean^nbsp;de nous tenter toutes de la même forte amp; avec je ne fqavois point fi jy verrois dautre fin; amp;nbsp;les tnêmes armes: amp; que sil y a eu de la diiFé-
dans ks fens ; amp; dans Ie fond de lame je voyois tous les avantages de cette épreuve, amp; conimenbsp;je lai dit,je fentois deux perionnes en moi,doncnbsp;Tune avoit affez de force pour porter lautre dansnbsp;fa foiblelTe, amp; je me rdjouifiTois dans 1efprit denbsp;ce qui mafiligeoit dans les fens. Je vois claire-ment a cette heure, que fi jeufle été pouffee plusnbsp;avant, jaurois été au hazard de ne me pas foüte-nir long-temps en eet état, paree que la tempêtenbsp;devant être grande amp; longue, il lalloit être bien
quand on eilT en eet état.
fondé dans Phutnilité pour réfifter è lorage, amp;c une véritable maladie. Les bonnes Meres Ie vi-
mon vfprit en cette difpofition nétoit pas affez ------ ----------'----------------
humilié. Car je nécois occupée que de la gloire quil y avoit a fouftVir pour la vérité; amp; je nen-vifageois pas affez que cécoic la vérité-même ,quinbsp;puniflbit en moi ce quelle y avoit condatnné parnbsp;la lumiére, amp; que je ny voyois pas, paree quenbsp;jétois dans les ténébres.
Tout ce qui maccomodoit un pea, étoitque les fujets de tnon affliétion éxtérieure étant affsznbsp;vifibles,je nétois point obligée a me contraindrenbsp;pour retenir mes larmes,paree que je fqavois biennbsp;quon ne moferoit d'ivc ^aidfloras? encore quenbsp;dans la vérité, perfonne nen put pénétrer Ie fu-jet. Ma peine fut fi grande cette première nuir,nbsp;que jen eus la fiévre affez forte, amp; jétois aufSnbsp;laffe amp; affbiblie Ie lendemain, que fi jeuflè ea
rent bien , mais elles ne voyoient pas mon coeur, 6c il ny avoit que ce fecret qui me fut important de leur cacher. Je demeurai dans cettenbsp;afHidHon defprit environ fix feinaines ; Sc ellc
conüftoit toute en ce quil me fembloit que Dieu me chatioit dans fa colére: ce qui ne mótoicnbsp;pas la confiance quii ne fe fouvint auffi de fa
tout beer ne touchent point è notrethréfor, quand Dieu laiffe dans notre coeur Ie fentiment de ianbsp;grace: mais pour lui il na qua détourner fonnbsp;vifage, 6c nous ne trouvons rien enrre nos mainsnbsp;de toutes les richeffes que nous nous érions per-fuadées quon ne nous pourroit ravir.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fon unique
Javois envifagé cent fois depuis bien des an- reöource
. lont dans
rnonrent jufquau^CM amp;Jlsdefcendentjufquaux néès 1éxil amp; la féparacion oü je me trouvois
alors , 6c ^je mérois promis quen quelquétat quoique^ qu ori ne mit, je pourrois efpérer de trouver dans Q*une ma-la priere 6c dans la parole de Dieu lesconfolations ^0'*
Métant done couchée une fois, je ne penfai miféricorde, dont'il me fembloit que je voyois pas fitöc a ni endormir , que Dieu me reveiiJa des marques dans la proportion qui me paroiflbicnbsp;par un rayon de fa lumiére qui frappa mon coeur, entre mes peines amp; mes pécbés; m^s je menbsp;pour me découvrir a moi-même des chofes qui fentois dans une fi grande confufion quejemo-ne mavoient paru rien, 6c qui dans ce moment fois même m'arrérer h regarder les fujets quenbsp;me parurent fi grandes 6c fi importantes, quel- javois defpérer en fa bonte, amp; auditor que jenbsp;les renverférent tout a fait ma difpofition, 6c me penfois ouvrir les yeux pour cela, je les rabaiffoisnbsp;mirent fi bas devant Dieu , quau lieu que je de bonte, 6c ne cherchois qua me cacher de-peiifois auparavant quil nous avoit trop éievées, vant lui. Rien ne réduit dans unefi grande paq.nbsp;de nous donner part a la perfécution de la vérité vreré que eet état. Les hommes en croyant nousnbsp;6c de la juftice, je me trouvois dans un fi pro-fond labaiffement, 6c fi faifie de crainte, que jenbsp;nofois prefque élever mes yeux verslui, amp; voyoisnbsp;toutes mes fouffrances fort au deffbus de cellesnbsp;quil auroit eu droit de minfliger, sil eut voulunbsp;me traiter avec juftice. Javois dans Iefprit quenbsp;jéprouvois ce qui eft dit dans Je Pfeaume : ils
6c la patience qui pourroient foütenir mon elpé- q^aamre-rance : mais alors je cherchois inutileraent la ins.
force
abïmes , 6c ce qui eft enluite, yinima eorum in alors , mahs tabejeehat. Car véritablement je defféchois nbsp;dans 1accablement de tant de peines, celles quenbsp;je fouffrois de mon état éxtérieur nétant nulle-
ment diminuées , quoique les peines ituérieures
ï7
Tiehfitn) de Ia Ferffcuih» des ReligUufes de
R Mor force amp; la lumiére que j'avois trouvée tanc de nbsp;nbsp;nbsp;monvement
fois dans les paroles de lEcriture Sainte,qui j uM. voient paru capabies dadoucir les peinesdeiaplusnbsp;AnL dé dure captivité. Je relifois ces endroits des Prq-
St. jêan. pliétes amp; des Hiftoires Saintes, que nbsp;nbsp;nbsp;^ .y pjut de Ie prendre, pour aquitcer tout ce
comtne en referve dans men efpnt pour men qu ii ui nbsp;nbsp;nbsp;aux perfonnes que je navois pas
nournr en ce temps-l'a : mals Dieu avoit ote la qje je aev nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;charité my
force du pain amp; il me fembloic que je ny tiou- nbsp;nbsp;nbsp;PPnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pu ^jfenfer en quelque
vois plus que des fujets daugmenter ^ confu- nbsp;nbsp;nbsp;^ Kfervant rien pour moi que 1 efpe-
fion interieure, a caufe que partout Dieu fait nbsp;nbsp;nbsp;-.Je aue je voyois feule ca-
voir que fes cbatiments font les peines de nos pe- rance d nbsp;nbsp;nbsp; ^ infinies, done
chés. Je mapperccvois bien quencore que eet ^able nbsp;nbsp;nbsp;amp; Ua bonté,
état me fut bon, paree quil mhumilioit amp; ne jetois J^deva nbsp;nbsp;nbsp;J ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trouvai plus dé-
me troubloit pas, car je navois au fondducaur nbsp;nbsp;nbsp;____ nlus tranauil-
nulle inquietude 6c confentois parfaitement a la conduite de Dieu amp; a la lumiére de fa vérite,
me donna Ie mouvement do mabandonner a la Relation conduite de fa grace, fans me vouloir plus mettre ne la cap.nbsp;en peine de moi-même, amp; de lui ofFrir tout cede laM.nbsp;que javois fouffert amp; tout ce qui me reftoit a Ang. denbsp;fouffrir dans la fuite de cette perfécudon ; afin St. Jean.
a
quoiquelle me condamnat: néanmoins il me pa-roifibic facile que ccla ouvrit Ie chemin ^ une tentation dai^ereulè, fi par la jentrois dans unenbsp;crainte éxceffive,qui me pourroit jetcer dans 1ab-batcement; de forte que javois prefque réduicnbsp;routes mes priéres a celles dEflher , que jé-crivis dans ma douleur derrière notre Diurnal, amp;nbsp;que je répétois fans cefle ; Deus foriis fupsr omms,nbsp;exaudi vocem eorum ^ui nullam aliam Jpem hahent,nbsp;^ ervte me d ümore meo.
Je trouvois quelque confolation dans ces paroles, paree quelles éxprimoient tout I fait bien Vétat oü jétois au dedans amp; au-dehors, amp; jynbsp;ajoutois la priére de Sara , rien ne me donnantnbsp;tanc de confiance que ces paroles; In temporenbsp;trihulationis peccala dimittis 'ns qui 'mvocant te. Carnbsp;cette eipérance que Dieu agrééroic ce quejefouf-frois pour la récniffion de mes péchés étoit manbsp;plus douce penfée. Ceft pourquoi je ne pouvoisnbsp;former aucun défir de ma délivrance, ni daucunnbsp;changement dans mes peines , paree quil menbsp;fembloic que cétoit tout ce qui me reftoit de biennbsp;pour aquitter mes dettes, que Iinjuftice de cettenbsp;perfécudon de la part des hotntnes; 6c je mappli-quois ce qui eft dans ie Pfeaume, Verba iniquorumnbsp;pravaluerunt Juper nOSy im/juitatibus nopris tunbsp;propitiaberis ¦. mimaginant que Dieu. regarde-roit notre oppreGGon fous la main de nos enne-mis, comme un fujet digne dattirer fa miféri-corde.
Un jour que je me trouvai dans un redouble»
____jui., j1- .
pouillée que jamais, mais pourtant plus tranquil-Ie, amp; cette inquiécude touchant la confelTion ne me revint plus depuis. Celie la étoit la feulequinbsp;me fut entrée jufques dans Ie cceur , mais jennbsp;avois de route forte qui menvironnoient lefprit.
11 me fembloit que Ie difcernement que je faifois de mes propres fautes, men faifoit voir dans lesnbsp;autres, pour me dimiouer ieftime que javois denbsp;leur vertui amp; ceft en quoi je dis que jai éprou-vé que Ie Démon a employé les tnêmes artificesnbsp;contre nous routes, pour nous furprendre fousunnbsp;prétexte dhumilité amp; de piéié. Car en me por-tant a reconnoitre ce qui me paroiflok de vertu ,nbsp;de régularité amp; de ferveur dans ces bonnes fillesnbsp;avec qui jétois, amp; a reflêchir fur les manque-ments qui étotent partni nous, il me fembloit quenbsp;jentrevoyois quelque coniéquence quon auroicnbsp;pu titer de li au préjudice de notre conduite; maisnbsp;cétoit une image vague qui ne fe formoit pasnbsp;diftindement; amp; auflitót que je voulois envifa-ger les chofes folidcmenc amp; felon les principes,nbsp;ce fantóme fe dilllpoic comme une fumée, enforce que jen faifois moi - même la comparaifonnbsp;avec cesfrayeursquifrappentrimagvnation. Quand.nbsp;on va la nuk dans les lieux oü 1on a peur, ilnbsp;arrive quelquefois quune ombre paroit une per-fonne: mais quand on a affez de force pournbsp;furmonter fa peur amp; pour sajiprocher de cenbsp;que lon croit voir, on reconnoic ^ue ce neftnbsp;rien du tout, au lieu que ft l'on ne s en étoit pasnbsp;éclairci, on demeureroit dansla frayeur amp; dansnbsp;Ie trouble.
Cela meft arrivé fur ce fujet amp; fur d'autres XXIv.
Eiic s-aban. nbsp;nbsp;nbsp;J^''''ible, dans la crainte quë jViK «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mr cc lujci AUgt; V4UUt.lWl]
donne i la d avoir manque a la charitédans Queloueoernfir^v, nbsp;nbsp;nbsp;pluGeurs fois, auffi-bien que des idéés fi Priére
élqignee qui me revint dans lefprit, amp; ouen fP^^'^^nraJales de 1étac OU nous étions réduites meme-temps je penfai comment je pourrois faire cérofrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;appris ce que font krat.
pour fupporter ces peines, fi elles me revenoienc afle? nbsp;nbsp;nbsp;defeipoir, paree que jentrevoyoisdont
fouvent, puifqueje ne fgavois pas fi de ma vie je la nbsp;nbsp;nbsp;on y va, encore que par^Ü
pourrois avoir occafion de me confeffer ou de éloLnées nbsp;nbsp;nbsp;parulTent fortTnier''
n^rl^r a oueloue nerfonne de cnnfi.nre ie nbsp;nbsp;nbsp;°nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c«ur, amp; que ce ne fut quu-dêtre déli.
fanc m(» ^^'quot;angére qui demeuroit au dehors fans me trqubler au dedans j mais elles tne fainbsp;foient imapner que cétoit ces portesnbsp;fes dont Dieu paile a Job amp; nuii mnbsp;grace de me les faire voir afinnbsp;horreur plutó. que i; « ftsTeVlt;See,nïnbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faute
donne
volonté
Diviae.,
parler ^ quelque perfonne de confiance, je tnap' perqus bien que cette vuë me pourroit mener biennbsp;loin amp; maffoiblir. Je demeurai long-tempsnbsp;profternée devant Dieu mon feul refuge; amp; ma-yant fait la grace de reveiller ma toi, qui com-tnergoit a jeuer la vué fur desappuis humains, ilnbsp;Tot». II.
quot;Relation de Ia Perfécutlon des Relipeufes de Vort Royal 16^4,
18
Relation faute de lutniére , comtne on fait quand on fe de la cap. laifle vaincre a ces troubles amp; a ce décourage*nbsp;de laM. ment, en recherchant foulagement, paree quonnbsp;Ang de ne peut plus foufFrir. Je trouvois dans eet élatnbsp;S. Jean, que la priére amp; laveu de mes miféres devantnbsp;Dieu, dont jadorois la jufticcjétoient routes mesnbsp;armes. Mais je reconnus néanmoins depuis , ce que Ie Démon menvironnoit tellementVefpritnbsp;que fi cela eut duré plus long-temps, jétoisau des mêmes vues (car je ne puis les appeller pen-hazard de laifTer éteindre ma lampe, paree que fees, paree quil me femble quelles ne fe formoientnbsp;je navois pas alTez de confiance pour entrete- pas dans mon efprit, amp; que je ne failbis que lesnbsp;tenir Ie feu de ma chariié amp; la lumiére de ma regarder roalgré moi) que quand je faifoisréflexionnbsp;foi,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a la peine que foufFroienc routes nos Soeurs qui
Ce fut Ie jour des SS. Anges jourdOétobre étoient dans Ie même état que moi, furtouc celles que Dieu me découvric cette tentation en médi- qui nétoient pas des plus fortes, il me paroifloitnbsp;tant ces paroles; Ni? fortè offendas ad laf idem fedem que cétoit Ie plus grand des miracles de ce quelgt;nbsp;tmm, Ie penfai que Jefus-Chrift étoic lui-même les sy foütenoient, amp; je remerciois Dieu conti-cette pierre, auffi-bien quil eft Ie chemin parou nuellement quoiquavec crainte, pour cette grace
leur trouble , amp; qui les a jettées dans 1opinion Relation quelles fe trompoienr en ne voulant pasobéir, de la cap.nbsp;OU en séxpofant a foufFrir pour un fujec qui de Ia M.'nbsp;ne Ie méritoit pas aflèz, des chofes qui furpaf- Ang- denbsp;foient leurs forces amp; les éxpofoient a deséxrrê. Scjesn.nbsp;mités trop grandes. Et jai fenti par éxpérien»
XXV.
EUc répouf-fc la tentation en me-ditart ccs faroIe.s Nenbsp;jvrtê ÖiCt
nous marchons; quil y en a qui fe fcandalifeiit de la févérité de faloi ,amp; qui fe laffent de foufFrirnbsp;pour la vérité dans les occafions oü il les engage;nbsp;amp; que ce font ceux la qui tombent amp; fe brifentnbsp;contre la pierre; mais quil y en a dautres quinbsp;voulant bien foufFrir prennent néanmoins denbsp;leurs fouSrances une occafion de craindre quenbsp;cette conduite fi rude de Dieu fur eux ne foit une
quil nous faifoit a routes; au monsjavois cette efpérance , a caufe quon ne me diioit rien denbsp;contraire, car je mimaginois aflez quon ne man-queroit pas de me dire sil y en avoit quelques-unes qui safFoiblifFoient, comme il arriva bien-tór. Mais avant que de Ie dire, je reprendrainbsp;mon hiftoire.
La nuit étant paflée, Ie point du jour croifToit marque de fa colére, quils ont bien méritée; amp; peu ï peu,amp;jecommenqois a difcerner la beauténbsp;qui enfuite de cette difpofition qui paroit hum- de la juftice, dans les peines done Dieu punifFoit ftiencedenbsp;ble,en ont moins de confiance de sapprocher de mes infidélités, amp; la fagelFe de fa conduits dansnbsp;Jefus Chrift comme fi elles fe fentoient répoufFées les moyens dont il fe fervoit pour nous faire en-de lui a caufe de leur indignité: Ce font ceux-la trer comme par néceflité dans les devoirs de no-qui bleflent leur pied a la pierre , leur afFeéfion tre vocation,que nous navions jamais bien com-amp; leur charité devenant dautant plus languiflan- pris, quelqoe l'oin quon eut pris de nous inftrui-les quelles ne senflamment plus par la confide- re, paree que la fcience de la Croix ne sapprendnbsp;ration de cclle que Dieu a pour eux ; amp; cette quaux pieds de la Croix, qui eft la chaire dounbsp;tentation allant a attaquer la foi aufTi-bien que Jefus-Chrift 1enfeigne a ceux qui veulent bien lynbsp;la charité amp; 1efpérance , paree quelle érablit fuivre amp; sy attacher avec lui. Jen fus fi occu-un principe contraire aux maximes de lEvangile, pée Ie jour de la commemoration de notre habit,nbsp;en prenanc les affliótions amp; les maux temporels que je ne pus mempêcher den faire de petiteSnbsp;pour une marque de la colére de Dieu: au lieu remarques par écrit, afin de ne pas oublier cettenbsp;que, felon toute TEcriture, elles font les gages nouvelle régie de notre Inftitut, que je voyoisnbsp;ks plus aflurés de fon amour. Cette penfée, que écrite dans Ie livre de vie.
poffible pour nêtre point du tout connuë de ces figieufe bonnes Meres. Mais je mappercevois pourtanc ^nbsp;bien quon leur avoit déjii parlé de moi. Madamenbsp;de Rantzau au contraire tachoic a me faire parler
Dieu me donna ,fut pour moi Ie commencement Dans cette premiere quarantaine,oü Dieu ma- XXVII. dun jour nouveau qui dés cette heure la, peu a voit mife intérieuremenc en penitence, je me te- 1^ffercatsnbsp;peu diflipa mes obfcurités amp; mes peines:amp;com- nois, comme je 1ai dit, dans Je plus g-and filen-me il y avoit fi long temps que jétois dans la ce que je pouvois, amp; jaurois voulu faire mon avec lesRc-flérilité, amp; lt;3ue Dieu ne me donnoic rien de fen*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nmnrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nr»inr dti rout connuë de «'^*0 iiffieafes
sefFaceroit encore. Et en efiet il me fervit de pour avoir occafion dentrer plus adroitementdans Ie relire depuis en quelques occafions quand ma mon efprit,paree quelle avoit bien reconnuquflnbsp;peine revenoit. javois caché ce papier derrière ne lui avoit pas réuffi de mentrej^rendre fi chau-la boulfe de notre Bréviaire,amp; les Gardes du Roi dement quelle avoit fait la première fois. Toutesnbsp;ly ont pris en vifitant nos hardesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les autres Meres que je voyois me faifoient des
Jai fait cette longue digrefTion, paree quil ma louanges de cette Dame, de fa fcience , de fa paru utile de faire voir de quelles armes Ie Dé- piété, de la maniére dont Dieu 1avoit amenée anbsp;ïïvon fe fert pour nous abbatre fubtilement fous la Religion Catholique après avoir été fort longue bons ptétextes. Car jai vu par les Relations temps acombattre; amp; enfin du profit quelle fai-de la plupart de nos Soeurs qui ont figné, que foit encore tous les jours par la converfion desnbsp;5a éte u vue de leurs fautes, qui a commence Lutèerkns Aüemans, quelle a lapermiffionden-
libie, jécrivis promptement cela plus au long que je ne Ie mets ici, pour y avoir recours dansnbsp;mon befoin , paree quil me fembloit que cela
-ocr page 203-.9
Relation de la Rerfdcution des Religleufis de Port-Royal nbsp;nbsp;nbsp;t^ci
P-T avpr» AtCnanfoa An nnmr imatyinaf-inn _ mil m#* nbsp;nbsp;nbsp;
R pkfinn tretenir, par privilége amp; avec dilpenfe du point d I -gp. de leurs Confticutions qui leur defend de parlernbsp;delaM- ^ daucres qua leurs parents. Tout cela me fer-voit beaucoup, parce que je voyois bien a quellenbsp;fin on me le difoit, amp; je men gardois davantage.nbsp;Ainfi je coupois court a tout ce quon me de-
mandnir ^ nVnrmic pn nbsp;nbsp;nbsp;At^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Af»
Ang. de St. Jean
imagination, qui me revenoit (buvent datis Iet- Relatioa prit, que ces filles étant bonnes Religieufes,COm-de heap;nbsp;me elles étoient, elks pourroient fè détromperdelaM.nbsp;de ces Peres, ff on leur faifoit voir ce qui enAng. de
r- nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;St.Jean.
Mats je me fuis detrompee moi-meme que cela fut aifé j 6c jai leconnu bientot que je me XXIX. nu'irois 6c ne leur fervirois de rien en leur par- AmieEn-lant, Jadtnirai dans une occafion la froideur jOi^ëfduP.nbsp;avec laquelle elles écoutent leurs impertinences, Gtifet. Elie
. r----- W ...-------------------,j- ------ Car une delles me voulant conter par entretien
ordinairement quil étoit difficile de la bien en- un accident, qui étoit arrivé au P. Grifet, amp; qui fans tendre ff on ne fqavoit, comme nous, combien caufa fa mort, elle me demands fi je fqavoisbienté,nbsp;il y a que cet orage le forme, 6c combien dim- qui étoit ce Pere j que cétoit un grand Prédica-nnftii.oo *gt; Aanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1'....,, .m .(..r.,,:.. tcur. Jc lui dis froidement quoui, que jen avois
ou'i^parler, 8c que cétoit lui qui difoit quil au« roit confeflé le Diable en une demie heure,nbsp;sil fe fut adrefle è lui. Elle ne fit quen fou-rire , 6c me dit doucement ; il etoit done biennbsp;habile. Ce que javois dit la me donna danbsp;fcrupule , amp; je ro'en accufe en le rapportant nbsp;car comme il ne fervoit a rien, je le devois fup-primer.
Je me fouviens que dans ce commencement
Madame de Rantzau, qui ne cherchoit qua me
/*_ - _ . _ .1___ ______/*_. 1 1
mandoit , 6c nentrois en matiére* de rien: de forte que ne crouvant point doccafion, je les en-nuyois,6con ne me difoit rien, Dans quelquesnbsp;rencontres néanmoins, ou Ton commenqoit anbsp;roe parler de loin de notre affaire, je leur difois
pbfturês 6c de calomnies Pont groffi depuis vingt ans.
XXVIU. Je dis une autrefois si Madame de Rantzau , Son En- ce me femble, quil étoit comme impoffible quenbsp;des perfqnnes conduites par le P. NoacS 6c autresnbsp;Ramzau au puffent ctre aflez inftruites de cette affaire pournbsp;fujetduP. en juger équitablement. Elle roe demands pour-Kouet, )é-quoije parlois en particulier du P. Nouet. Je luinbsp;dis que cétoit,parce quil sétoit fignalé aprêchernbsp;' contre le Livre de la Fréquente Communion 6cnbsp;centre fa Conlcience, puifque nous fgavions denbsp;fort bonne part (* J que Jorfquon en demands
XXX.
U ii/i- J rr- - nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. faice paffer, prit occafion de quelque chofe'enie^^'i^quot;
1 approbation k M. de Tours , il le lui avoir je difois (je ne fcai plus quoi) de me dire aerpa donne a voir pour lui en dire Ion avis:cequa- ----- a* ---------- 8 a-Raatziu.
yant fait avec foin, il avoit affuré M, de loarr, quil étoit très-digne de fon approbation; maisnbsp;que ce Livre ayant paru peu de temps après, 6cnbsp;la Compagnie sétant déclarée contre, le Provincial avoit mandé ledit P, Nouet pour venir prêcher contre ce Livre, ce quil avoir fait auffitót,nbsp;avec autant demportement 6c de véhémence, quenbsp;sil eut étê animé dun fort grand zèle, 6c quenbsp;fa Confcience ne 1eut pas convaincu quil com-battoit des vérités quil avoir reconnuës 6c ap-
^ Elle écouta cela fans me rien dire ni pour ni contre,
blement. Mais, ma Mere, je vousprie, con- tés-moi route votre hiftoire. Je penfe que cétoit k caufe que je difois quelquefois quil Iau nbsp;roic fallu fqavoir des le commencement, pournbsp;juger de ce qui fe paffe a cette heure. Je lui re-pondis de même pour men défaire: Attendés,nbsp;,, sil vous plait, ma Mere, quelle foit achevée jnbsp;,, car nous voilk au plus bel endroit; 6c quand otinbsp;,, en aura vu la fin, il lera temps de faire 1hif- toire. Elle en rit bonnement, 6c ne me preflanbsp;pas. Elle mentreprit pourtant, amp; la Mere Supérieure auffi, quelquefois dans ces commencements. Mais je ne me fouviens plus diftinefe-
^ nbsp;nbsp;nbsp;j-----
liiitewuu.»dédire, ment dans quelks occafions, finon dune qui fut amp; jenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;informée de lui-même: au commencement du mois dOftobre; 6c cona-
quand elle sen j nbsp;nbsp;nbsp;fincére, me elks nont toujours que ks mêmes raifons ,
mais fi nbsp;nbsp;nbsp;gjj pis défavoué; car elk ne men quelks répétent, il fufSra de ks marquer une
^ ^aucun éclairciflement depuis. Et cependant fois. Mais auparavant je dirai une chok que jai ? lui prouvois par Ik, que des gens qui veulent oubliée, qui eft que la Mere Supérieure mayantnbsp;bien déchirer des Livres 6c des auteurs en pkine téraoigné une fois quelle auroic voulu me procu-Chaire contre leur Confcience, ne font pas des rer la confolation quelle auroit ou i 6c ouplb
Juges k qui Ton doive fe rapporter de fes ferupu les, quand on craint de bkfler la vérité 6c la ré'
quelk auroit pu ; 6c quelle jugeoit bien de ma peine detre fépatée de mesnbsp;proches 6c de navoir point dc leurs nouvelks, je
llli nbsp;nbsp;nbsp;/Illllnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----
putation du prochain en fignant ce quon ne lui dis, quil étoit vrai que rien ne pouvoit etrn
i'rrvif r\ac nbsp;nbsp;nbsp;niianri il iViVrrvif Ae^Ue\na Aanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___
auefois envie clans nbsp;nbsp;nbsp;cenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;commencementnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;unenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refufoit point cette liberté. Cela me fmprit;
^ nbsp;nbsp;nbsp;néanmoins je la pris au mot, 6c lui dis que puif-
quelle mele permettoit, je le terois. Ayant done / »k De Mr. Lancelot, anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lArchevêque denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voulu my mettre des laprès-dinée, je penfai que
tours Iavoit nbsp;nbsp;nbsp;nofant pas ecrire en confiance k la Mere Jgnef -,
quot;Relatkn cle la Terjécfition des 'Reltgteujès de Tort 'Royal de nécrire dabord qua ma Soeur mefures que Ton prenoic. Sans cela je naurois Relation
pas fga feukment, que fort long-temps après, fide la cap, on y avoit envoyé des Filles de Ste Mark-, cardelaM.nbsp;abfolument elles ne men difoient quoiquecefoit, Ang, denbsp;elles. Tout au plus de deux mois en St.Jean,
2,0
je ferois roieux ae n'ecrire d'abord qu Marie Angelique Thérèfe, qui étoit auprès delle,nbsp;une Lettre quelle lui liroit, la Mere ne lifant pasnbsp;elle-même dordinaire, ^ caufe quil faut confer-ver ce qui lui refte de vuë,
Jécrivis done un billet, par lequel je tachois de ne rien dire qui put augmenter la peine de celles qui Ie devoient voir, que jétois aflurée nêtrenbsp;que trop fenfibles pour ce qui me touchoit: denbsp;forte que je my étudiois è les perfuader , quonnbsp;avoit grand foin de moi, que ma fanté étoit bonne, amp; que nous devions du refte attend re notrenbsp;force amp; notre confolation de celui qui naban-donne pas les petits Corbeaux qui linvoquent,nbsp;Le billet avoit ? petites pages, mais dans Ie fens,nbsp;il ne contenoit que des chofes femblables a ceci,nbsp;qui ne me paroiftoient pas devoir être fufpeeftes:nbsp;jen avois péfé tous les mots amp; toutes les fyllabes.nbsp;Quand il fut fait, je le donnai, ayanc fort envienbsp;de voir queile leroit Ion avanture. Car ce mau»nbsp;Toit été un fecours amp; une confolation très-gran-de, a ce qui me fembloit, de voir une réponfe,nbsp;ft courte quelle eut pu être, decettepart, lanbsp;feule vuë du caraéfére des perfonnes les rendantnbsp;en quelque forte préfentes,qmnd on eft: dans cet-te region des morts, oü lon ne sattend plus anbsp;révoir ceux quon a laiCTés. Je laiffai pafler plusnbsp;dune femaine fans en rien dire, ayant tou-jours afFeöé , plus javois dimpatience des chofes , de la faire tnoins paroitre , rant pour té-moigner a Dieu que jaimois mieux confentirnbsp;a fon ordre , qui me privoit de tout, que denbsp;fuivre les roouvements de mon efprit , quafinnbsp;de ne pas découvrir men foible a des perfonnes dont je me défiois , amp; qui mépioientnbsp;pour le connojtte, afin de tnaitaquer par eetnbsp;endroit la.
Je ne me fouviens pas ft ce fut moi qui de-mandai, ou ft ce fut la Mere qui me dit delle-même, cc que ce billet étoit devenu. Mais elle dit, que comme elles navoienc ordre de nenvo-yer aucun billet de moi qui ne paflat par lesnbsp;mains de M lArchevêque, elie lui avoit envoyénbsp;celui-la, amp; quil navoit pas trouvé a propos denbsp;le faire tenir. Je lui répondis, quelle mauroitnbsp;fort obligée de ne me pas dire que javois liberténbsp;décrire , fans y ajouter avec quelle condition j
fuifquelle mauroit fait juger que jaurois dü avoir] plus de refpeü aux occupations de M.nbsp;lArchevêque, que de lamufer a lire mes Entre-tiens avec une de mes Soeursj amp; je jugeai de lanbsp;de plus en plus quon ne me tendoit ces piéges,nbsp;que pour me faire parler, amp; voir ft lon décou-viiroit ce que je penfois: ce qui fervoit a menbsp;rendre encore plus refervëe. Je ne leur ai jamaisnbsp;detnandé des nouvelks de ce qui fe pafloit knbsp;Tort-Uoyal, ni de toutes nos affaires, amp;jenennbsp;flavors au bout de dix mois, que jai été abfénte,nbsp;que ce que jeq pouvois déviner par conjeéture furnbsp;ce que j avoj^ appris avant que den fortir, des
Relation de la cap.nbsp;lt;ie la M.nbsp;Ang. denbsp;St.Jean.
XXXI.
Elle cctit un billernbsp;pour étre lunbsp;a la Merenbsp;Agues.
fqavoit
XXXII.
Son billet fut remisanbsp;M.iArche
vèque.
ni moi a
deux mois je demandois ft lon ne point de nouvelks de la Mere Ag»ès amp; de monnbsp;Pere , amp; lon me répondoit sils fe portoientnbsp;bien ou non, amp; puis ceft tout. Et dabord onnbsp;me dit que mon Fere Sc mon Frére de Luzatfnbsp;Cf étoient è Fompone : mais je nai point l§u ,nbsp;quoique je 1aie deviné, que cétoit par ordre dunbsp;Roi, La première occafion ou lon me dit desnbsp;nouvelks, mais bien accablantes, ce fut vers lanbsp;St Denys.
Ie vis entrerla Mere Supérieure qui tenoit une XXXIII. Lettre, amp; avec elle Madame de Rantzau. Auffi- o» luiap-tót jen eus peur a mon ordinaire ^ car jamais jenbsp;nentendois quelquun fur la montée qui montoit que do izenbsp;oü jétois, que je ne fiffe le figne de la Croix pour ^nbsp;marmer de patience, dhumilité amp; de fagefit^sRoyaioutnbsp;foit pour les écouter , foit pour leur répondre. figne.
La Mere après sêtre affife, me dit avec un vifa-ge guai quelle mapportoit de bonnes nouvelks, quelle venoit dapprendre par une Lettre quonnbsp;mécrivoic: amp; que dautre part on les lui avoitnbsp;confirmées. Je tremblai de tout mon coeur a ces paroles, amp; ne dis pas un mot, car on eft la commenbsp;en pays ennemi ,amp; on eft affuré que ce qui sap-pelle de bonnesnouvelles en leur langage,enfontnbsp;de trés affligeantes pour nous, qui avons dautresnbsp;principes de joie amp; de doukur. En effec elle menbsp;donna auffitót ï lire une Lettredune de mes confines Urjulines du Fauxbourg S. Jacques ^ qui fenbsp;nomme la Mere Marie Avgelique Gelée. Cettenbsp;bonne Mere my temoignoit fon affeétion pournbsp;moi amp; fon zèle pour mon falut: amp; pour menbsp;donner des éxempks de la grace que je pouvoisnbsp;efpérer de Dieu, auffi-bkn que mesSoeurs, ellenbsp;me mandoit quil y en avoit déja neuf quiavoienlnbsp;figné , 6c entrautres une de celks que M. lArchevêque avoir fait fortir corame moi, amp; qygnbsp;Ton lui avoit dit que cétoit notre Mere Prieure.
Mais en même temps ces bonnes Meres rent cette nouvelle, 6c me dirent que eetoit lanbsp;Sceur Heline ^ qui étoit au Cahaire^ 6c non pasnbsp;la Mere Prieure, Je fus frappee au point quennbsp;le peut juger, mais néanmoins fans trop détonne-ment, éxcepté de ma Sceur Helhe, dont je nenbsp;pouvois revenir , principakment de ce quellenbsp;1avoit fait fitot; 6c je ne pouvois Iattribuer anbsp;autre chofe, finon quelle avoit paru laffe de lanbsp;fouSrance, avanc quon eut encore rien fbuffert;
6c quelle nous avoit dit plufieurs fois, avant notre enlévement, quelk eut déjk voulu que tout eut été fait, 6c quelk ne pouvoit plus fupporternbsp;cette attente, 6c être toujours dans 1inquiétudenbsp;de ce que Ton déviendra.
Je trouvois que cétoit encore une des peines de notre état que 1incertitude , ou plutöt
-ocr page 205-'Rdaüon de la Verfécuttoa dei Heliiieitfes de Tort-Hay al
Relation ceft une peine, dont on neft jamais délivré en qnoi tout Ie monde ne convient pas,quau moins Relation
nbsp;nbsp;nbsp;-------- ------- 1 nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j/
ar
de lacap. cetre vie, puifquon y eft mêmë en doutc au rede ia M. gard de Ion laluc: de forre que je craignois que fon aöoibliffemenc ne fut venu davoir voulunbsp;chercher de lappui 8c de laffurance amp; pour Ienbsp;fpirituel amp; pour Ie temporel. Pour celles de lanbsp;Maifon , comme M. 1Archevêque mavoic faitnbsp;entendre clairement quil y en avoit plufieurs quinbsp;lui avoient donné Tatisfaftion i amp; que je ne doa
Ang- de Sujean.
tois point que ma Soeur Flavie ne fut de ce notn- amp; fur ceite pierrej'édiferai mon EgUfe, (yf kspor-
éilc ne sétendoit pas aux chofes ds fait, qtn de- de la cap-pendent de léxamen des fens , cocnme de l^avoir de la M-li des Propofitions font dans un Livre , ce que Ang de perfonne que quelques nouveaux Théologiens neSt. Jean,nbsp;lui attribuenc, Elle me dit que les Catholiqucsnbsp;ne faifoient point cecte dittinaion, paree quenbsp;Jeftis-Chritl: ne la point faité, quand il a donnénbsp;fon Pouvoir a S Pierre en lui dilant: Tu es Pterre,
bre, je ne* trouvois pas bien difficile quelle en cut gagné fix ou fept de foibles, y en pouvancnbsp;avoir plus que cela dans une fi grande Commu-nautéj amp; pour nen point mentir, je fus mêmenbsp;étonnée quil y en eut fi peu, amp; cc fut tout cenbsp;qui tempera la douleur que jeus de cette nouvelle ^ car dans léxpéricnce que je faifois de la grandeur de notre afHidfion, je regardois comme au-tant de miracles,la force quil nous donnoit pournbsp;la fouffrir ,étam toutes aufli fuibles que nousfom-roes: öcainfi je trouvois bien moins ccrange quilnbsp;y en eut quelques-unes qui y fuccombalïenc, quenbsp;non pas quil y en eut un fi grand nombre quinbsp;demeuraflënt fermes. Je ne fis rien paroitre de dire ou 'elle avoir lu ce paflage,'quelle venoie dënbsp;tous ces mouvements; amp; il me femble que je de- me citer, Sc que je navois point encore vu dans
Ceft 1Evangile. Elle répondit quelle me Ie montre-roit quand je voudrois; amp; auffitöt je me reiour-
___________ , nbsp;nbsp;nbsp;nai pour prendre notre Bible, qui étoit lur la ta-
ire la deflus pous me prouver que cette nouvelle ble,amp; lalui mettre entre les mains pour ie che^--étoic fort bonne, amp; que sen feroit encore une cher. Je la tenois déja, mais je mapperqus que meilleure, quand jaurois augmenté Ie nombre de je 1embarrafiois: amp; comme elle me dit que ctlanbsp;celles qui me donnoient un fi bon éxemple. Je étoit quelque part dans St. Jean que Ie St, Efpritnbsp;ne me fouviens plus du détail de eet Entretien, enfeigneroit toutes chofes, je ne la preflai pas
Javois Ie cceur ii ferré, que je ny avois guéres ---------
1efpnt préfenc. Seulement je nai pas oublié que Madame de Rantzau fe mit è me prêcher tout anbsp;fait pour mon falut. Elle me repréléntafortquonnbsp;ne Ie peut faire hors lEglife: jcn demeurai dac-r.nrA Olie cétoit fc fénaier de lEglife que de
Je lui
tes dEtifer ne prévaudront point contre elle ^ ;e te donnerai mon S..Efprit, qui tapprendra toutesnbsp;chojis, Jefus-Chrift , dit-elle , néxceptc rien,nbsp;quand il promet que Ie S. Efprit enfeignera toutnbsp;a S. Pierre'. \q fait comme \c droit, ü dit toutesnbsp;chofes. Je nen pouvois plus de nofer pariet, Scnbsp;il méchapa pojtrtant de dire; Hélas, ma Me-,, re, Ie pouves-vous croire que Ie Pape foic inf- truit de toutes les chofes qui fe paffent par Ienbsp; monde ? voila une fcience bien univerfelle. nbsp;Elle continua férieufement. ,, Enfin de tout cenbsp;3, qui eft utile pour Ie gouvernement de lEgU- fe , Jefus-Chrift Ta dit. Je la priai de me
metirai fortfroide, fans rien dire,finon; ,,
done cela, ma Mere, que vousappellés de bonnes nouvelles? Elles prirenc toutes deux leur chè
davantage de me Ie montrer, lui difanc que sil ne sagiffoit que de ce paffage, il eft véritable-ment dans S. yean en deux endroits, dans fonnbsp;Evangile amp; dans fon Epicre, mais que ni en lunnbsp;ni en lautre il ne sadreQoit point en particuliernbsp;a St. Pierre, Jefus- Chrift 1ayant dit dansla der-niére Géne a tous les Apótrcs, amp; Sc. Jean ayantnbsp;éxpliqué dans fon Epïtre, quil sadreffe a tous
^ C*Ctoit nbsp;nbsp;nbsp;^
S^quiUaUok nbsp;nbsp;nbsp;de ^Eglife renduTeS les' fidéles, en difant'aux Chr'Jiens que 1Ondiion
elle parloic des ju|em nbsp;nbsp;nbsp;femiment, 8e quils ont re§ue ks inftruit de tout. ^ Et que fi
matiére ^^ pi^jndre de nous, ayant dé- rinfaillibiliié du Pape dans ks fans netoit fon-^f°quot;nrr\os^Suresquenousnousfoumettions dée que fur cette autorite, tl fe pourroit fane i forauf deux Conftitutions: mais que fi que bien dautres la lm difputeroient fur k memenbsp;^ik lkntSdoit des tugements rendus fur des faits fondement, comme devant auffi pretendre a cenbsp;non révelés de Üku, il y pouvoit avoir des oc- privilege,
Snriégitimes, en «rtains cas,ou lon pouvoit e ne me^fouviens pas diftinaement de ce demeurer^dans k doute, nonobftant un jugemenc quelk repondit finon qu die ne relacha nen denbsp;detneurer oanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cette Infaillibilite ,8c qu elle foutmt toujours que
T. nbsp;nbsp;nbsp;nl la eboqua tant que cette diftinöion: puifque Jefus-Chrift a promis 1affiftance du S.
cuRs Ao-
nonciades
futlInfail
^Sdpës elk me dit queVétoit contre lautorité de 1E- Efprit a lEglife, il faut que ceux qu. la gouver-desRc^i- Tpe amp; du Pape, qui en eft kchet, qui étant nem foient nbsp;nbsp;nbsp;fil'f
libilite
Payes.
QCS
1 abli de Dieu pour Ie repréfenter en terre, avoit conféquenc que tout kmonde foil oblige de crone ts Eforit Dour guide, qui rinftruifoit de tou- amp; de faire teut ce que les Papes ordonnent. Jenbsp;tes chofes , afin quil inftruilic les peuples par lui avois deja parle en quelque occafion de léx-la même Éfprit, amp; les conduiiic toujours dans emple de Lthére, qui n avoic pas rendu uu Jug^nbsp;u vérité Ie iéDliquai,que quand elk auroit mentmfaiUible, quand ilavoic condamne 8. .d-trïuitelnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iSubk a» Papa . Janbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fcbam 4 pau-p.as, cat alk
22 nbsp;nbsp;nbsp;delation del a Verjécutkn des Religmjes de Port Royal i66^y amp;e.
Relation me voulut dire quil ne falioit pas tirer desconfé- tion fans léxpliquer; amp; véritablement tout cela Relation de la cap. quences de ce qui étoit arrivé pour Anafiafe. La me donna un tel éloignement découcer des cho- de la cap,nbsp;de la M. Mere sappergut de la méprife, amp; reprit S Atha^ fes fi déraifonnables, que jeus plus de foin que de la M.nbsp;Ang de mje. Mais pour moi ces petites oubiiances de jamais déviter de parler fur tout cela, écant as-Ang. denbsp;St, Jean, noms fi commons me faifoienc plaifir, paree que fez, facile de voir que je navois rien a gagner St. Jean,nbsp;je jugeois par la quelle navoit pas tant étudié les fur des perfonnes, qui fe contentent de telles rai-madéres quon difpuce aujourdhui, que je duffe fons amp; condamnent tout ce qui eft plus folide;nbsp;appréhender quelle me pouffat bien loin. Ce ni rien profiter en de telles difputes, qui ne doa-quelle vouloit dire, étoit, que cet éxemple ne nent que de 1impatience.
oracles de cette bouche) quelles voulurent me le laiffer , pour en faire ma méditation plus anbsp;loifiri amp; je 1acceptai fort librement, paree que
ne une chofe, dont on na pas de certitude.
Elle ne fe mit pas en peine de répondre ce
Pere par dautres raifons, quen difant dune roa- _______ ' nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' r-----i--
niére fort abfoluë amp; qui me bleffa, que Iopi- je trouve toujours a profiter en regardant cette nion dun Pere ne faifoic pas la régie de 1Eglifej conduite de plus près amp; avec plus d application;nbsp;mais bien le confentement généraï de route IE- amp; en eftet je relus tout cela avec iatislaction amp;nbsp;glife qui donnoit autorité a leurs opinions: que utilité.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i r ¦ j
tous les Saints fe pouvoient méprendre, amp; que Le refte de cet Entretien fut fur le lujet de XXXV. S. Auguflin 1avoit fait en plufieurs endroits de ceux qui nous avoient conduites, amp; qui ^xoientnbsp;fes Ouvrages, dont-il sétoit rétradé lui-même. tellement prévenu nos efprits de leurs fentiments, ciades n-Je ne pus mempêcher de lui dire (car je pen* quil falloit avoir pitié de nous amp; attendrenbsp;fois déviner fon defl'ein) que ce nétoic pas de les patience que nous nous défabufaffions peu a peu. poie-Royai.nbsp;derniers Ouvrages fur la matiére de la grace quil Elles prirent les chofes dés le temps de Mr. de La M. Ang:nbsp;sétoit récradé, oü ü navoic fait que propofer S.Cyran, qui nous avoit conduites; amp; ayant par-app^.^nbsp;une Dodrine, qui avoit été approuvée de tanrde Ié de lui, felon lopinion quelles en ont, lanbsp;Papes amp; de toute lEglife affembléedans lesCon- périeure fe retourna vers moi amp;c me dit: Mais ès.nbsp;ciles. Elle répliqua quon nétoit obligé de fe encore nc seft-il point reconnu avantfa mort.^nbsp;tenir quaux décifions de lEglife: quecétoic elle Je la regardai dune maniére qui en difoit plusnbsp;qui parloit touchant le Livre de JanJenius, amp; que je nen aurois ofé répondre, Scelle lenten-que trois Papes qui en avoient jugé valoient un dit bien ;mais elle tourna cela en riant. Car pournbsp;Concüe. Je me fouviens point de ce que je elle, quoiquelle dife des chofes dont le fens eftnbsp;répondis mais feulement de lborrible impatience bien dur , fa maniére neft pas aigre , amp; ceftnbsp;qtie je lentis amp; q^g jg pg cachai que par un une perfonne fort bonne amp; compatiflante, en-froid cC un filence qui marquoient roa difpofi- core que par zèle ellefaffe ce quon lui
portoit pas de conféquence, puifque Dieu avoit Cet Entretien fut fort long, amp; naêlé de plu-fuiciie un autre Pape, quand Liè/r? étoit tombé, fieurs autres chofes Entrautres elles mappor-paree quil nabandonne point IEglife. Et je térent un exemplaire des deux Bulles, amp;duBref iaffurai que cétoit aufli ma créance; que quand aux Grands-Vicaires de Monfeigneur le Cardinalnbsp;même les Papes feroient des fautes, puifquils en de Retz conti e leur premier Mandement. Ellesnbsp;font capables comme Lihére^ Dieu nabandonne- me dirent que cotnme je ne pouvois avoir denbsp;roit jamais IEglife, non plus quil ne Iabandou- prétexte légitime de ne vouloir, pas figner quennbsp;na pas en ce temps-la; mais que cette raifon doutant que ce fut Iintention du Pape, ou quilnbsp;nempechant pas que Iexempie ne fut bon pour eut bien jugé de cq fait ^ il falloit que je mennbsp;prouver quils fe peuvent méprendre, elle prouve inftruififfe de fa propre bouche, amp; que je luffenbsp;auffi quil y a done dés occafions,ou on neferoit ce quil en difoit. Elles me donnérent è lirenbsp;pas obligé de fouferire a kur jugement, fi on tout haut ces piéces, au moins elles me firenCnbsp;avoit fujet de douter quil fut jufte. Elle répli- commencer par le Bref. Je kur disqueje né»nbsp;qua, ce quils difent tous, que dans le doute on tois pas a les voir, amp; quil n'y avoit pas encorenbsp;doit croire ce que difent les Supérieurs. Je ré- long-temps que je les avois relues, mais que jenbsp;pondis , que quand on doute on ne peut croire, nen ferois pas encore difficulté. Je commengainbsp;paree que le doute neft autre chofe que le défaut en effet: mais comme javois de la peine a lirenbsp;de la creance dun fait,amp; on nele peut attefter par tout haut, la Mere Supérieure men voulut fou-une fignature, paree que eeft mentir a IEglife. lager, amp; jécoutai routes ces injures de leur bou-Elle répliqua, quon ne pouvoit mentir en parlant ché avec quelque admiration de voir comme el-après le Pape amp; les Eveques, qui avoient bien les f9avent allier le refpedl; quelles portent a leurnbsp;jugé du fait quils affuroient. Je répondis que Supérieur ( car Mr. le Doyen Ieft de leur Mai-felon S, Bernard cecoit mentir, non feulement fon ) avec la complaifance quelks one de voirnbsp;daffurer une chofe quon fgait être faufle, mais comme le Pape le traite dans ce Bref: qui menbsp;même den affurer une quon doute quifoitvraie, parut pire quil navoit jamais fait. Elles trou*nbsp;quand même elle Ic feroit effedivement, paree voient cela fi capable de me convaincre (fup*nbsp;que eeft bleffer la véritéde donner pour certai- pofé, comme elles font, quil ne fort que des
-ocr page 207--Rehtion de la Perf/euth» des Religieufes de Port Poyal nbsp;nbsp;nbsp;d W
A la fin de eet Entretien on roe ,, être que fort agréable, puifquil aitnela miferi- Kelation
corde. |e faluë ma Confine votre Sceur , de !a cap« a qui je fuis redevable de la même grace,puif de Ia M,
Relation quil faut faire, de la cap. dit, pour combler la meiure, quon avoit appnsnbsp;de la M-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ y^gvès étoit malade.
AnE de Quand ces Meres meurent quittée, je me jet-St Jean, tai devantDieu accablée de douleurSc de crainte.
Je pleurois celles qui écoient tombées: je craig-XXXVI. nois pour les autres amp; pour rooi même j amp; jé-d?pp°radre tois dans les inquietudes quon peut juger, de qae quei- la Mere Agnès. Comme je navois que lui pournbsp;qaes-uiies réfugg _ je iiavois que fa parole pour confolation;
que vous nralTurés quelle prie auff^Dieu pour Ang. de moi, amp; lui demande juftement la même cho-S. Jean,nbsp; fe, dont je Ie prie fans cefle, qui eft quil menbsp; donne fa lumiére pour connoitre ce quil de- mande de moi, amp; la grace de la fuivre étantnbsp; perfuadée que fans cette lumiére je ne puis êcrenbsp; que dans'les ténébres, amp; quil ny a rien denbsp; plus fujet a 1erreur que notre propre efprit.
,, Ainfi, ma trés chére Coufine, je nai pas be*
foin de fgavoir ce que font nos Soeurspour me porter a les imiter, vous pouvant afluver quenbsp; je nagis point par imitation, ni par aucunenbsp;confidération humaine dans une affaire, oü je
bées EUe nbsp;nbsp;nbsp;dc rEcclélialtique; Klt;e aijjeiutis corde qut
ne^^rouve' credunt Deo ^ ideo non frotegentur ah eo. Va dcconibla- hl! qui perdiderunt fu^inentiam ^ qui dereliqueruntnbsp;dans iT^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reóias ^ diverterunt in vias pravas, amp; quid
role de Dien.
facient cum injpicere emperit Deus. Elles me frap pérent déconnemenc amp; de frayeur pour celles anbsp;qui ii étoit aifé den faire lapplication ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; en
même temps elles me fortifiérent, paree quelles mapprenoient Ie reméde pour me préferver dunnbsp;fi grand malheur , qui confifte a fe confier ennbsp;Dieu amp; a ne sennuyer pas de fouftrir. Je lusnbsp;encore tout ce qui précéde,amp; il me fembloitvé-ritablement que Ie St.Efprit avoit parlé pour nousnbsp;en eet endroit, amp; que la Providence de Dieunbsp;navoit fait écrire ce Chapitre que pour moi, puif»nbsp;quil répondoic mieux a routes mespeines, quenbsp;nauroit pu faire la perfonne du monde en quinbsp;jaurois eu Ie plus de confiance, amp; \ qui je lesnbsp;aurois découvertes. Ainfi ela ne mabbacitpoint:nbsp;amp; com me Dieu avoit déjacommencéencetemps-la a difliper mes ténébres, fa lumiére y fuccédoitnbsp;peu a peu, qui eft capable, quand elle eft pré-fente, dadoucir les plusgrandes amertumes,amp;denbsp;rendre fupportablés les charges les plus péfantes.nbsp;Je fis enfuite la réponfe qut fuit a la Mere Urfu~nbsp;line, qui mavoic écrit.
Ma Reverende Mere et ma
CHERE CoUSINE,
¦ Te vols par les marques que jai revues de la bonté que vous avés de vous fouvenir de moinbsp;dans une occafion fi extraordinaire, que jené-tois pas eflracée de votre efprit, quoiquil yeut
XXKVII.
Lectre
qu*eUc écrit^ a la M. Gc*nbsp;lée (fa Couquot; nbsp;fine) Reïi'nbsp;gieufe Ur*nbsp;foUne a cn »
ne regarde que Dieu, amp; qui me paroït plus ,, difficile amp; plus importante que vous nelenvi*nbsp;,, fagés. Dieu ne donne pas è tous les mêcnesnbsp; lumiéres. Je nen ai point jufquici qui menbsp; piiiTent affltrer la Conicience lur lefujeidont- il sagit; amp; vous fqavés affez., ma chére Mere,nbsp; que rien neft plus fenfible que la Confciencenbsp; a une perfonne Religieufe, qui ne seft refervéenbsp; de tous les intéréts quon peut avoir en ce mon-,, de que celui dy faire fon falut, amp; dacheternbsp; une bien-heureufe éternité au prix de touteslesnbsp; confolations quil faut perdre, amp; de tous lesnbsp; maux quil faut fouffrir pour cela dans Ie peunbsp; de temps que dure la vie préfente. Ce fontnbsp; vos fentiments fans doute,amp; qui vous aident anbsp; porter 1état dinfirroité oü Dieu vous réduit,nbsp; amp; par lequel il acheve fonOuvrage dans votrenbsp;,, ame, qui ne fe perfedfionne que dans la fouf.nbsp;', France, qui produit la patience. Je prie Dieunbsp;,, de tout mon cceur, ma trés chére Coufine,nbsp; quil vous enrichiffe des fruits de cette divinenbsp; vertu, QÜ il vous éxerce depuis fi long-temps;nbsp; amp; pour en augmenter Ie merite, faites en partnbsp;,, i une perfonne, qui en a tant beloin, amp; quinbsp; étant dans une épreuve aflez forte, fe crouve-,, roit bien foible fi elle nécoit foütenuë par Icnbsp; fecours, que jefpére recevoir de Dieu par vosnbsp; priéres, que je vous demande toujours de toutnbsp;,, mon cceur.
_ . . . .. Quelques jours après, fa Soeur, qui é'oit auffi
fi long temps que je neuffe eu la confolation Religieufe dans la même Maifon, prit auffi occa-dapprendre de vos nouvelles. Je fgavois feu- fion de mécrire, quoique je ne penfe pas queile réponienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Icmcnt cn général que vos infirmités étoientnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Teut jamais fait, au moins je neme fouviens point
cette avoit éciit.
celie que nbsp;nbsp;nbsp;prefque continuelles, amp; cela me faifoit jugernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;davoir jamais requ delle que des recommanda-
cette M. ui^^ nbsp;nbsp;nbsp;pouvoic être une des caufes de votre ff. tions, quelle me faifoit quelquefois dans les Let-
nbsp;nbsp;nbsp;lcnce,quij)eut-êcre nempêcheroit pas que vousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tres de fa Sceur. On me donna cette Letcre au-
nbsp;nbsp;nbsp;ne parlaffies toujours a Dieu pour moi, ff vousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cbceur fans me rien dire. Elle mérite davoir fa
nbsp;nbsp;nbsp;me conferviés encore quelque place dans votrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;place ici, tant elle éxprime bien les fentiments de
nbsp;nbsp;nbsp;cceuri amp; japprends avec joie, quil eft ainfi,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceux a qui je 1attribué'. Car foit quun Jéfuite
nbsp;nbsp;nbsp;puifque vous maflurés, ma chére Mere, avecnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lait infpirée, ou quil 1ait diéiée, on ne fcauroit
nbsp;nbsp;nbsp;tant de bonté, des ptiéres que vous lui fakesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tattribuer qua leur efprit, Voici done laLettre
nbsp;nbsp;nbsp;pour une perfonne auffi aftligée , quil y ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la Sceur de la Mere Gelde.
puifle avoir au monde j amp; par conféquent vo- Des ürJuUnes duFauxbourg S, Jacques ce 7 OBo- ire cotnpaffion amp; votre charité ne fgauroit lui bre 1Ó64.. nbsp;nbsp;nbsp;^
Ma
-ocr page 208-Relation ie la F erfécutton des 'Religieujes de Port-Royal nbsp;nbsp;nbsp;lt;frc, ,, Yous dedommager des psrtes fi confiderabies, Relation Relation oc la capnbsp;cis la M,nbsp;Ang. denbsp;St, Jean. Ma Ma Soeur Marie Angelique mayant fait part de la Lettre que vous avés eu la bonté de luinbsp;recrire (done elle vous rcmerciej je Iai trou«nbsp;Sr. deiaM. vée fi civile, fi Cordiale amp; fi pleine defprit,nbsp;Gelee (auffij, que cek a redoublé mon inclination, quiétoitnbsp; déj^ grande,aprier inftammentNêtreSeigneurnbsp;quil ne permecte pas quil manque a un firichenbsp;ouvrage une qualité fi importante pour fa per-fedtion. Ge leroit grand dommage, ma ché-re Coufine, quun ü prccieux vafe fe deftinat Keiigieufe Uiriilinc) a-quot;nbsp;!a M. Ange- dnbsp;iique, pour nbsp;Ieugager anbsp;Icfoumettrernbsp;a ce quonnbsp;cxigcdellc.,. Reverence Mere amp; tres-CHERE Cousins. XXXVllI. Letire dcia lui-même volontairement S 1ignominie , nbsp;nbsp;nbsp;amp; quun Ö bel efprit amp; un cceur fi aimable séga-rk pour jamais dans 1etreur. Vous me faites grande compaflion , car je comprendsfortbiennbsp;que Feducation que vous avés euë eft pournbsp;vous donner a préfent beaucoup dembarras,nbsp;ayant toujours é:é élevée amp; dirigée par des per-Ibnnes qui vous ont donné les mêmes maximes quon peut appeller mauvaifes, puiiqucl-les aboutiffent a vous faire perdre lafoumilïionnbsp;^ vos Pafteurs légitimes, robéiffance ayantnbsp;toujours été la pierrede touche pour reconnoï-_ tre la véritable vertu. 11 eft certain que toutnbsp; ce qui nous retire du reipedramp;de lafoumiffionnbsp; que nous devons au Chef de 1Eglife, qui tientnbsp;,, la place de Jesus-Christ en terre,celanepeutnbsp;,, venir de 1efprit de Dieu. Toutes les fubtilitésnbsp; contraires ne font que des chicannes dhéréfie,nbsp; que les vrais Enfants de FEglife ont toujourseunbsp;en horreur. Comme la liberté que je prends de vous dire franchement mespen/ees, procédé dune fincére afFeflion ,jefpéreau(ri,Ma chérenbsp;Coufine, que votre bonté ne sen cfFenferanbsp; point, maïs recevra bonnement les fentimentsnbsp;,, dun eoeur qui vous aime. Vousfgavés quenbsp; fans la toi, qui eft la faine créance, il eft im-,, poïlible de plaire a Dieu; quand Ie fondementnbsp; eft ébranlé, tout Fédifice sen va par terre; finbsp;,, par un trop grand arrêr vous manquiés en cenbsp; point, tous les intéréts du falut que vous ditesnbsp;,, vous être fi chers, 6c pour lelquels vous ditesnbsp;j, très-bien quil faut tout perdre 6c tout fouf- frir, font rifqués 6c perdus pour jamais. Manbsp;,, bonne Coufine, Faffaire vous importe plusnbsp;,, qua perfonne. Quand la lumiére de Féterniténbsp;,, commencera ï poindre,alors vous déplorerésnbsp;,, Ie bandeau volontaire qui vous a fermé lesnbsp; yeux. Eft-il poflible que vous trouviés plusnbsp;,, de fureté pour votre Confcience a fuivre lesnbsp;,, avis dc quelques perfonnes particuliéres , quinbsp; nont aucune approbation, qua vous foumet- tre a vos Prélats légitimes, qui fuivent Ie fen-« timent de 1Eglife univerfelle , defquels vousnbsp;,, f^avés quil eft dit, qui vous écoute ^ m'écoute^nbsp;gt;) 2'?quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;méprife me méfrije} FEvéque dT- pres 6c tous f^s Sedateurs pourront-iis un jour |
,, que vous aurés faites è leur occafion ? Jai un de la cap, ,, fenfible regret quils aient ainfi abufé votredelaM.nbsp; Familie, qui nous eft fi chére. Après tout je Ang. denbsp;,, trouve que vous êtes très-obligée a M. lAr-St. Jean,nbsp;j, chevêque, qui travaille avec tant de zèle avo- tre rédutrion, 6c qui après avoir ufé de tou- tes les voies les plus douces avec une bonté,nbsp;j, une patience 6c prudence admirable, enfin anbsp;5, été contraint de faire comme un bon Pere, qui ne pouvanc fe réfoudre è voir mourir fon ,, Enfant, ne pouvant Ie guérir par autre voic, Féxpofe enfin a des remédes plus forts j6c puis ,, vous fgavés que Ie bien commun eft préféra-,, ble au particulier. 11 étoit grand temps déx- tirper du public ces opinions erronnées. Sinbsp;,, cette courte 6c legére véxation produit en vousnbsp; 1enteiligence néceflaire pour votre falut , ónbsp; ma chére Coufine, combien vous bénirés unnbsp;,, jour les foins de ce bon Pere, amp; combiennbsp; cette affliéiion vous germera de joie en cenbsp; monde 6c en 1autre ! Veus pourrés dire alors, nous ferions perdus fi nous neuffions été pet- dus. Dans votre malheur apparent je vous eftime heureufe davoir fait rencontre dunenbsp; fi fainte amp; fi bonne Maifon, ou vous pour- rés recevoir grand aide. M'^^ de Rantzau, quinbsp; a un foin particulier de vous, eft une per* ,, Ibnne dont je fais une haute eftime: fa con- verfaiion vous peut beaucqup lervir, II y a auffi la bonne Ie Prêtre, que nous efti-,, inons fort. Chére Coufine , jefpére beaucoup, pourvu que vous vouliés contribuer quelque chofe de votre cóté. La grace veut de lanbsp; correfpondaneeje lademanderaiinceffammencnbsp; pour vous, étant de tout mon eoeur, Votre très-humble amp; trés aquife amp; afleéli- onnée Coufine 6c fervantetSceur Anne de faint Franqois Xavier GELEE. R. indig. Ma Sceur Angelique vous faluë trés cordia- lement, elle eft fort fatisfaite de votre Lettre, efpérant que puifque vous demandés inftam- ment a notre Seigneur quil vous faffe con- noitre fa volonté, fi ceft du fond du ceeur qqg ,, vous Ie lui demandés avec dégagement de vosnbsp;,, propres Ientiments,cela produira un bonefïet. ,, Quantité de bonnes ames prientDieu pour vous. Je ne fus point infenfible a cette Lettre, amp; eet- XXXrx. te infulte roêlée de flaterie me choqua plus que Imyrcflionnbsp;des injures; mais je la bus comme une partienbsp;mon Calice, quidevoit être compofé de tQUtce-f^l,£fpijt®nbsp;la. Quelques jours après, la Mere Supérieure de la M.nbsp;me venant voir, me demanda ce que je difois de Ang^nbsp;cette Lettre: quelle 1avoit trouvée fort bonne, amp; quelle parloit tout a fait dans fon fentiment de Supérieure la conduite de M. 1Archevêque. Je répondis^cs Annon'^nbsp;que jappellois cela iniulter aux miférables.nbsp;larmes méchapérenr aufii - bien que cette parole,nbsp;que je ne pus retenir* Cek fit que cette Mere nen- |
2?
2?
Relation nentra pas plus avanc; car ii eft vrai quelle a de une grace hien Extraordinaire pour fe converttf ,eem- Relation
¦Relatim de Ia PerfdcutioM des PeUgieufes de Port-Poyal 1664,, é-d
_______ n A/a iintt» tTe^/^r» loipft ^VtfJtnvAi'atj^iieo 4\niHf
de ircap. ia cotnpaffion naturelle. Elle me demanda pour de la M.^' tant fi je ny ferois pas réponfe. Je lui dis que jenbsp;Ang. dé nécrivois jamais a cette bonne Mere, amp; que jenbsp;St. Jean, navois point deffein de lier de nouvelles habitudes en un temps, oü je navois pas la liberté dé-
crire a mon propre Pere,a mes Meres amp; mes life la vérité, que je ne laurois confefTée, fi ja^ ScEurs. Et comroe elle men faifoit inllance, vois voulu dire quelque chofe quclles auroient
me il a fait, en un moment-, mais Dieu donne fade \a CS'p. grace d tout Ie monde il déprendroit de neus den de la M.nbsp;faire un auffi hon-ufage. je les laiflbis dire fans Ang. denbsp;répondre rien du tout. Je ne fqai pas fi je failoisSt.Jean.nbsp;bien; mais je croyois que jaurois plutot fcanda-
f)our ne pas défobliger cette bonne Religieufe, je pris pour héré(ie,amp; que jemaffurequeilesnéx-ui répondis que fi cette Mere croyoit ce quelle culèroient pas même dans S. Augufin quelles témoignoit dans fa Lcttre, que jeuffe tant def- traitent, a ce qui men paroic,
___n______D nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----
IclliOlgllotL uaijo la nbsp;nbsp;nbsp;j wui-A.-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.j V*- Linbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, 'd cc qui Uiennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;COmmC NI. de
que Ie Pape a faite de fon
avec prudence dans létat ou jétois. Mais fur cela je lui demandai a elle, fi cette Religieufe,nbsp;qui mécrivoit, avoit beaucoup defprit, pareenbsp;que celle a qui je parlois, a demeuré chez lesür-Julines , amp; que je croyois quelle la connoilToit.nbsp;Elle me dit quelle ne lavoit pas connuë, maisnbsp;que par faLettre elle paroiffoic bien en avoir. Je
la condamnation ,
Livre.
De même il me paroiffoit que Madame de
prit, elle auroit jugé delle-même en mécrivant Paris traite M. d'Tpres, en voulant bien quon de la forte, quelle nauroit dautre réponfe que ne Ie condamne pas a caufe quil fuppofe quil fenbsp;tnon filence, ne pouvant pas lui en faire dautre condatnneroit lui-même, sil vivoit encore après
XLT.
6c
sétoic pas eftimé incapable de fe tr.éprendre, cv r^avoic quil vouloit bien fe rétraóter des fautesquil avoit ce quelle
. nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------ faites dans fes Ouvrages. Et je voulus mimagi-P=nlt;= ^5
lui répliquai , que je nen formerois pas de juge- ner que cétoit pour men donner cetteidéequellc ment par la, paree que cette Lettre étoit fans avoit fait a deffein une chofe, que je nai jamaisciim*inuecnbsp;doute de fon Diredteur 8c non pas delle, amp;que éclaircie, amp; dont je nai pas feulement fait fem- dans fonnbsp;Ie flyle des Jéfuites y étoit trop reconnoiffable blant: qui eft que quelque temps après mavoirnbsp;pour la donner a dautres. Elle ioürit fans me parlédccela, comme je 1 ai rapporté, elle me fitnbsp;[rien] direj peut-être quelle en avoit la même taire quelques Ouvrages; amp; en menvoyant des ^nbsp;penfée.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;étofes quil me falloit pour ces Ouvrages, elle les
zau eftimoit Sc. Augufhn, paree que lui-même ne nbsp;nbsp;nbsp;on
Eiiecorti e nbsp;nbsp;nbsp;1Entretien, que je viens de rapporter, mit dans une grande feuille de papier toute ou-
QifFércntèr que jeus avec Madame de Rantzau. II meft ref- verte écrite de fa main, fi je ne metrompe, qui
XL.
chofesquel-fouvenu quc jy aiconfondu des chofes quelle ne étoit la tradudion dune Lettre de S. Auguftin k corfondunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;occafion-la, mais dans une un de fes Amis, qui Ie preffoit de mettre au jour
autre, ou la Mere Supérieurenétoitpaspréfente. fes Livres de la Trinité, afin quil eut, avantque Ceft ce quelle me répondit fur Ie paffage de S, de mourir, Ie temps de les défendre,fiquelquunnbsp;Bernard, que je lui alléguois, 8c ce quelle ajouta les vouloit attaquer, comme on avoit fait dau-de S. Auguftin, qui sétoit rctradle. Elle me dit tres de fes Ouvrages. Sur quoi il répond avecnbsp;tout cela exa^ement, mais dans une autre occa- une humilité admirable, difant que les amis luinbsp;fion. Et j ai cru voir clairemenc qu on leur a font tort de prétendre que tousiès Ouvragesfoientnbsp;rendu a dies 8c aux autres la Dodtrine de leur fi éxempes de fautes,quil veuille entreprendredenbsp;Pere furpea:e,8c quelles fqavent bien que la dil- foütenir tout ce quon y pourroic trouver k redi-pute préfente la regaide. Cela me parut encore, re : quil nefpére pas rant de lui-même 8c quilnbsp;un jour que je priois la Mere de me faire preter ne fe promet pas par tousfes foins de rendre fesnbsp;les Sermons de S. Bernard. Elle me 1 accorda Ouvrages li achevés , quil ny manque rien;nbsp;libremenr, en me difant que pour ce Pere, fa mais que ce quil tache de faire, en différant denbsp;Dodrine nétoir pas fulpedte. A quoi je répon- les donner au public, eft de les revoir fi éxadte-dis, quil avoft eté grand- Difciple de S. Auguf in, ment, que sil ne peut les rendrc éxempts de tau-furtout dans la matiere de la grace; amp; elle, qui tes il ny en laiffe au moins que celles quil nenbsp;peut-être m entendit bien, hofa aller plus avant, pourra pas remarquer.
fans ceffe: mais ayant toujours cru que ma force teur pour diminuer dans mon efprit laucorité de etoit dans lelperance amp; dans Ie filonr^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mf» t^nnna line inHif/n:
II m auroit ete facile de les tenter pourdécouvrir La penfée que jeus quon avoit deflein de fe leurs fOTtiments, car elles men donnoient lieu fervir des fentiments fi humbles de ce faint Doc-
L efperance amp; dans Ie filence, je nen fa Do'dtrine, me donna une indignation, qui me fuis pas lortie tam que jai pu, amp; jamais pour ce fut une vraie peinej car je ne pouvois pardonnernbsp;qui eft de la Linttnne, m etant latffée provoquer cette injuftice, que je croyois quon lui vouloit
fans faire lemblant de m en appercevoir. Car faire non plus que celle quon fait effedivement
nous nayons plutót inférer que cette humilité étant la meil* irace-, tl tte tunt^ua nous que nous foyons auïïi feure difpofition pour recevoir les lumiéres denbsp;vdft dames que S, Paul; tl efi vrai quil a re^u Dieu, ils en ont été dautant plus éclairés pour
ces bonnes Meres ne failoient autre chofe que de a m! ó'Ppres, de prendre leur humilité pour un tne dire a propos 8c hors de propos fur lesmoin- argument de leur erreur: au lieu quon en doitnbsp;dres iujets, tl ne ttent pas a Dieu aue nousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.^i.irAr infprer aiie cette humilité étam la rr.r.:i-
ia grace: il
gra
con-
TorUf II,
-ocr page 210-2lt;J nbsp;nbsp;nbsp;____________________..... _ _
Relation connoftre la vérité, quils fe lont plus défiés des ® ^C2P*égarements, dont 1efprit de lhomrae eft capa-celaM. ble quand il préfume de lui-même. Jétoufainbsp;Ang. de néanmoins tout cela dans moi-même fans en fairenbsp;öt.Jean, rien paroitre, pour les raifons que jai dites. Etnbsp;jai tiré un avantage réel de cette conduite, ennbsp;ce que ces bonnes filles, quiont vuque je ne menbsp;mêlois point de Doi5trine,amp; que je leurtémöig-nois fans celfe que je nentendois point routesnbsp;ces difputes décolej amp; qui dailleurs ont vu quenbsp;tous mes fentiments fur les chofes de la Religionnbsp;6c de piéiéétoient fort Catholiques, elles fe lontnbsp;dctrotripées de l opinion que nous fuflions héréti-quts: Je ne 1aflüre pas de Madame de Rantzau,nbsp;mais ks deux autres Meres me Tont dit poGtive-roent, amp; plufieurs fois; amp; la Supérieure manbsp;.avoué plus dune fois quelk étoit perfuadée quilnbsp;n'y avoit rien a reprendre a notre foi, amp; quenbsp;nous nétions coupabks que de défobéiffance anbsp;une chofe, qua la vérité on pourroit ne nousnbsp;pas demander, paree quelle nefl: pas nécclTairenbsp;abfolument, mais que nous ne devons pas refu-fer paree que nous devons toujours obéir, quandnbsp;ce font des Supérieurs légitimes qui nous com-mandent. Or ö je métois voulu meier deparlernbsp;de Doélrine, quelque cholè que jeulTe pu direnbsp;leur eüt paru fufpeéfe, i moins que dufer toujours de kurs termes (que nous pouvonstout,nbsp;Sc quil ne tient quk nous Sc non pas a Dieu.)nbsp;Car je crois quelks nen veulent pas fgavoir da-vantage, amp; que paflé cela, tout eft dangereuxnbsp;dans leur efprit.
IXLII. nbsp;nbsp;nbsp;Elles ctoienc fort iroportunées les premiers mois
Entreuen nbsp;nbsp;nbsp;quantiié de perfonnes qui venoient pour
Mcc les Re-fgavoir de mes nouvelles, dont pourtant eJksne Sigieufes me témoignoient rien que par des difcours géné-deTdanT } éilsnt quelks navoient jamais tant enten-lefqueisel- du patler de toute cette affaire que depuis quenbsp;Ie reiévc jétois avec elks, amp; que cétoit a cetteheuretoutnbsp;deuces ReU- iEntretien; a quoi la Mere ajouta une fois quenbsp;gieufes, ' ce qui étoit arrivé chez nous, avoit fervi a révé-ler Ie fectetde bien des cceurs (me failant entendre quil y avoit plus de Janfenifies quon ne pen-foic.) Elk me dit une autre fois quelle avoitnbsp;toujours bien cru quil en faudroit venir a cenbsp;quon nous avoit fait j mais que Ie mal étoit quonnbsp;avoit trop attendu, Seque cela rendroitpeut-êtrenbsp;Ie reméde inutile: quil y avoit bien des anneesnbsp;quelk sen tourmentoit, Sc quelle 1avoit ditnbsp;quand elle entendoit parkr de ces nouvelles Doctrines: quil eut fallu dès ce temps-la y mettre lanbsp;bonne main, puifquon avoit réxempk des der-niéres héréfies, quon navoit pu venir a bout denbsp;réprimer, paree quon ks avoit trop tolérées aunbsp;commencement. Je 1écoutai fort patiemment,nbsp;car elk fgavoit affèz ks fentiments que je pouvoisnbsp;avoit dun tel dücours fans ks lui dire. Uneau-tre tois elle me dit. Madame de Rantzau préfen-te, que cette Doélrine de Janfenius avoit eu depuis 34 ans beau loifir de sétendre. Je répondis
^ Relation de la Perfécution des Religmfes de Vort Royal 1664,,
au monde. Elk répliqua que fi ce nétoit Ie fien, de la cap. cétoit celui de la Fréquente Communion, quidelaM^nbsp;faifoit déja tout Ie bruit. Je lui dis que fi elle Ie Ang. denbsp;mettoit cn tnéme rang, elle condamnoit doneSt. Jean,nbsp;aufli-bien les Livres que M. de Paris approuvenbsp;amp; eftime, que ceux quil oblige de condamner,-amp; coname je les pris routes deux a témoin desnbsp;éloges que ce Prélat avoir donnés a ce Livre ennbsp;leur préfence, Madame de Ra?itzau, pour nepasnbsp;quitter la preuve de la propofition que fa Merenbsp;avoit avancé, que 1hérélie denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avoir dé
ja plus de vingt quatre ans, elle dit dun air mé-prifant: hé, mais dés - auparavant tout cela,
lAbbé de S. Cyran navoit ¦ il pas déja fait Ie delTein de reformer lEglife? Cela retïem-bioit aflez tl la fable du Loup amp; de 1Agneau: Jinbsp;ce nefi pas toi, cefl- ton Pere qui a m^dit de moi.
Je ne me fouviens point de ce que je dis.
Ie penfe que cétoit dans ce même Entretien XLiri. (car cécoitdansune des viötesdogmatiquesdeMa- Caiomnienbsp;dame de Rantzau) quelle mapprit une chofenbsp;fort importante, pour me prouver a quoitendoitcome^'knbsp;la Doéirine de Mr. d2jgt;rer. Mais avant que de pres-me dire fon hiftoire, elle me fit des éxcufes denbsp;ce quelie croyoit quejemen bleirerois,amp;quellenbsp;ne Ie difoit point pour cela, mais feulement pournbsp;maider a reconnoitre quon ne mavoit pas dit lanbsp;vérité de routes chofes, amp; que je ne connoiffoisnbsp;pas alTez les defleins de ceux dont je défendoislesnbsp;ientiments. Après que je lui eus témoigné quenbsp;j'étois prête i tout écouter, elle-meditquellenenbsp;me parleroit que de ce quelle avoit appris elle-même dune perfonne de mérite amp; de créance.
CelT: que lorfquelle detneuroit a Dunkerque, oii Mr. fon Mari commandoit 1Armée, elle y vitnbsp;une perfonne de mérite, qui laffura avoir fortnbsp;connu Mr. iPlpres-, amp; que comme Tpres neftpasnbsp;loin de-la,il ly avoit vufouvent,amp;Valloit trou-ver familiérement dans fon Cabinet; 6c que Ienbsp;trouvant qui travailloit a fon grand Ouvrage, ünbsp;avoit toujours vu un Calvin ouvert fur la tablenbsp;devant lui, amp; que Mr. dfprer lui avoir dit ennbsp;confiance, que cétoit dou il tiroit tous fes prin-cipes. Elle sappergut bien a mon changementnbsp;de couleur, que je ne pouvois foufirir cette horrible calomnie, amp; elle voulut me redoublerlas-furance quelle ne prétendoic pas me faire de lanbsp;peine, mais du refte que la chofe étoic très-cer-taine.
Je répondis, que je navois pas fujet de me fa- ^ cher dapprendre ces fortes dimpoftures , uTAngl'nbsp;paree quèlles me fervoient beaucoup a prouver liquc a cetcenbsp;quon ne peut defendre autrement une méchantenbsp;caufe; amp; quelles mafFermiffoient dans 1eftimenbsp;quejavois des perfonnes, done on ne pouvoitnbsp;venir a bout de blefler la répu'ation, que par desnbsp;faufletés fi évidentes oudes aceufations fi frivoles.
Que fi on penfoit faire un crime a Mr, d'Ypresde lire Calvin, il ny a perfonne qui ne fe moquatde
celai
-ocr page 211-¦Relation de la Verjecution des Keligieufes de Port-Hoyal nbsp;nbsp;nbsp;^(2nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sy
Relation cela; mais que dy ajoucercequon pretendoitquil je f§avois bien que tna Ggnature ne pafleroit pas Relation de )acap. avot dit.cenétoicpasadesperfonnescommenous pour un tetnoignage rendu fur ma connoiflance de la cap,nbsp;de la Mi qudfalloicentreprendre de faire croire une fi noire du Livre ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; de la Dodfrine de M. dlpm delaM.
Ang. de jnedifance: Que tout le monde vouloit bien demeu- mais pour un témoignage de mon confentemenc Ang. de Sc.Jean, rer daccordquefeuMr.lAbbé de St. etoit amp; de ma créance intérieure au jugement de St leannbsp;Iami intime de Mr. dTpres; mats quefi M d2jgt;m ceux qui le condaranent; ftc que comme je na« ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
a volt pu avouer a celui de qui elle le fgavoit, ce vois point cette créance intérieure , toute ma fecret fi important de fa créance amp; de fa Dodlri- difSculté amp; mon fcrupule étoit que Je ne voubisnbsp;né, il ne Iauroit pas cacbé au meilleur ami qu'il pas tromper IEglife, amp; faire un menfonge, denbsp;cut au monde; mais quil Iauroit perdu au mo- quoi perfonne ne me pouvoit décharger , fi jenbsp;ment quil lui auroit découvert de fi méchants lignois contre mon fentiment. Elle ne me pouflanbsp;fentiments j puifque 1on fgak aCTez Téloignemenc pas davantage, 6c me pria feulemenc de retenirnbsp;quavoit Mr. lAbbé de S. Cyran dune héréfie, ce papier, 6c de le revoir a loifir,nbsp;quil avoir vouiu entreprendre dachever de rut- Eile me donna aufli la copie de la figoaturenbsp;r.er par le grand Ouvrage, ou il sétoit engagé de M. lAbbé de Bourzey^ fans doute pour menbsp;pour pourluivre celui de M. le Cardinal du Per- fervir déxemple de foumiffion, car el!e eft fortnbsp;Ton amp;c; 6c que pour nous, qui navions pas humble. (Jai mal-fait de nen avoir pas rete«nbsp;connu Mr. dTpret, il nous fuffilbit davoir con- nu copie; d^ne tenoit qua moi , mais je nenbsp;nu fon ami pour être alïurées dc réloignement croyois plus être de ce monde.) Elle me de-quils ont eu tous deux dune héréfie, quils ont manda fi je croyois quun homme , qui parloitnbsp;combauuë, 6c de la malice de ceux qut in ven- de la forte, put retenir quelque chofe dans fonnbsp;tent de telles fablesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;coeur, 6c navoir pas change de fentiment,com-
cetce fignature , dont elles ne sappercevoient j1 n y a qu a faire abftradfion de la raifon amp; du pas, amp; qui la rend fufceptible de cL interoré-fens commun pour entendre cette Dodrine; amp; rations fiorables, dont les genrdSoSde
nbsp;nbsp;nbsp;Dans le mois de Novembre, je ne me fou- nfine ^ premier ne fatisfaifoit pas a mes
Entte viens pas quel jour. Madame de Ranizau avec rddiculè nbsp;nbsp;nbsp;point Iimaginatioa
lien avee la Mere Soupneure me vinrent voir. La pre- pas proore nbsp;nbsp;nbsp;: que le fecond ne tnétoit
Mde.de miér^. me fit voir un nanier, fans me dire doü feiiïne i nbsp;nbsp;nbsp;nayant rien écrit 6c en-
lur les maftfirAc ia nbsp;nbsp;nbsp;^
XLV. Je ne rapporte plus les raifons quelle mallé- me je lui avois dit quil y en avoit beaucoup qui Raifoiisqui guoit pout me perfuader toutes les fois quelle fignoient le fait fans en tien croire. Je rnéx-faifoit la tentative car elles mont toujours eufai de poner ce jugement de perfonne en par-ne'point ^ paru rouier fur les mêmes principes (de linfail- ticulier, hors de ceux qui lavouoient franche-rapppotter fibilité amp; de 1obéiffance;) 6c ce nétoit que re- ment deux-mêmes,comme jen fgavois plufieurs.nbsp;fonEmr^ hattre , de forte que jejnétois réfoluë de ny Mais avec tout cela , je voyois un cour dans
tien avec M. Supé'nbsp;rieme.
ivtac.uc rnierc uic nv. w.t uu nbsp;nbsp;nbsp;-------- - feigné lur les matiéres , le n'avois noint a me
Ramz.auamp;lajj nbsp;nbsp;nbsp;mais me demanda feulemenc ^ je fig- recraSer 6c a faire éxcufe comme M lAbbé
bien enfuite de cela. Cecoit la Deck- de Bourzey:^ amp; quainfi je men ^nok gt; - nbsp;nbsp;nbsp;quot;
I a mon fi-
qui lui voir unc
, y. nbsp;nbsp;nbsp;qu aiLiii je m en teno
ciuii. '',,'Vquot;v,Yvêque afin de lever nos Icnce, qui étoit un fon bon panage,
radon de M. nbsp;nbsp;nbsp;fort bien que eek ve- Elles ne mont jamais parlé des Proces-Ver- XLVII.
fcrupules. Je nbsp;nbsp;nbsp; i teroit venu voir ,6cquil baux, 6c autres piéces quon fit imprimer pour EUe jfpond
ien fis nul fembknt, étant bien-aife quén fijp- cemps-la. Mais'ce nbsp;nbsp;nbsp;ce
pofant que la chofe n ecoit quune propofition portérent la Declaration de'vf^^et nbsp;nbsp;nbsp;lt;
en lair de quelqu autre perfonne, feuue plus SoÜDrieum lt;«/ nbsp;nbsp;nbsp;jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Paris,ia Mere
-oUd= nbsp;nbsp;nbsp;dit de ra pa,? Je noa Seeeta. amp; ,ui f.ifolen, ,an. deb,», eS ce
±Tl 'nb fembknt. étant bien-aife noen fun. remntt.la M-..
oi a, quoi-^ lielle ne qae knbsp;Yérité.
de nbsp;nbsp;nbsp;, que la perfonne qui avoic dreflé appellé la Alere Abbefie folk 6c itnperiinsnie en
cela, navoit affurement pas coropris nos feru- plein Chapitre ; 6c chofes femblables, Je Ifur-pules, fi elle fe perfuadoit que nous nous fuffions dis tout ce qui en étoit tout du long ¦ amp; ipm-imaginées quon put prendre notre Ggnaturepour fis remarquer, que quand M. lArchevêque m.a-un jugement^ fait avec connoiflance ; quil eut voit die en leur prefence quon faifoit a
de liberté ^en dire mon fentiment.' Je lé lus maginai qui fortoient davec' mrïArcherêm.Vquot; en priant Dieu dans mon coeur quil me con- me priérent en confiance de leur dirc llt;,nbsp;dmsiti car je tremblois toujours de faire ou dire de bien des chofes quon difoic dans le mSe 'nbsp;quelque ^qfe de mal-a-propos , dans une fi de la maniére done M. de Paris nous avok trainbsp;fijinte affaire. Enfuite je repondis h Madame tées a noire enlevement; quon difoit quil avoir
1 'ec it - nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r . ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------- ¦gt;------.....it accroire
plutotjallu ette extravagante,_ que fcrupuleufe, quil avoit appelle notre Mere Mtjorée javois
pour être capable dune telle imagination; que répondu quon navoit pas bien retenu ce terroe,
Hefafion de la Verfecution des Relgieujes de Fort-Rayal 1664, dont jai befoin chaque jour, fa bonté nescn tenant pas importunée; amp; jattcndrai, Mon- Je croisque fans fortir du rangoii vous ma-Lettre vés mifè, je dois encore me préfenter devant nbsp;nbsp;nbsp; 3 queüe éctit^, VOUS , amp; me profterncr a vos pieds avanc la feigneur , fans ofer plus vous Ie demander, aMgr.iAi- grande fête qui approche, comme Ie faifoient detre récablie, quand vous Ie jugerésApropos, chev. pout nbsp;nbsp;nbsp;lt;;5rrpmentsdplFr,l;f« autrefois les pénitents, que la jufte lévérité de lEgiife avoit bannis des Autels. je vois biennbsp;les differences quil y a entre leur difpofitionnbsp;amp; la roienne: mais jy vois auffi une confor-mité qui les peut rendre également agréables ènbsp;Dieu amp; dignes de la miféricorde de fes Minif-trt s, paree quelles nailTent toutes deux de lanbsp;baine du pêche, qui produit dans Ie coeur ounbsp;Ie régret de Pavoir commis, quand on fe fentnbsp;coupable, ou 1appréhenfion de Ie commettre,nbsp;quand on fe voit prefl'é dagir contre Ie mou*nbsp;vement dc fa Confcience. Vous fqavés, Monfeigneur , amp; je vous iaflure encore devantnbsp;Dieu, que la feule crainte de loffenfer eft lu-nique motif, qui mempêche de pouvoir fairenbsp;ce que vous défireriés de moi. Je ne fqauroisnbsp;en parlant fincérement nPaccufer dautrechofe,nbsp;puifque quelque loifir que jaie ici déxaminer Relation amp; quo la vérité écoit quil ne lavoit pas appel-de lacap léc Mt;»rée ^ tnais Finibdche , qui ne vaut pas dc iaM. mieux, amp; par deux fois, avec plufieurs aufresnbsp;Ang. de tertnes, qui nétoienr pas moins oflfenqants, quenbsp;je leur dis tout du long, Ellcs me dirent quonnbsp;difoit quil lui avoit dit, ^u'oa voyoit tout celanbsp;dam fon vtfage: car il paroilToit que cette cir-conftance leur fembloit fort aggravante. Et jenbsp;les affurai quil lavoit dit formelletnent: a quoinbsp;jajoutai encore ce quil avoit dit en nous menannbsp;a la porie, a caufe quune de nos Sceurs qui de-voit fortir tardoit un peu a venir, fi elle vouloitnbsp;quo» la prit par les pieds £$ par la têtex amp; encore dautres chofes, qui allurement les furpri-rent, voyant quelles étoient vraies; carjevoyoisnbsp;bien quelies les avoient trouvées exorbitances,nbsp;amp; les avoient priles pour des contes faits a plai-fir, quand dautres leur en avoient parlé. Maisnbsp;je leur répondois avec tant de modération,quelles navoient pas fujet de croire que jimpofalïenbsp;a la vérité; amp; même je leur fis après de grandesnbsp;éxcufes de leur avoir parlé de cela, craignantnbsp;que ce ne fut contre Ie refpeét de la perlonnenbsp;que cela regardoit, leur faifant paroitre que jenbsp;doutois fi javois bien fait. Mais elles me levé-rent bien ce fcrupule , amp; elles me dirent quenbsp;cétoit elles-mêmes qui my avoient obligée, amp;nbsp;quil ny avoit nul mal a dire la vérité quandnbsp;on la demande. Depuis la vifite de M. TArchevêque amp; Ie re-fus quil mavoit fait de la Communion , jauen-dis jufqua la Houffaints fans rien dire, trois jours auparavant jécrivis cette Letiret La a8 Oüobre 1664. MONSEIGNEUR, XLVlIl. Lettre pout luideman- det Ie téta-bliiïeniem ^ nbsp;k Patticipa- Wnbsp;tion de Sa- jjnbsp;stctacnts. |
mon coeur; amp; quelque application que jaiap Relation ,, portée a difcerner par quels mouvements jagtsde la cap,nbsp;,, dans cette affaire, je nen puts découvrir au- delaM.nbsp; cun autre. Cefl: a vous après cela, Monfeig Ang. denbsp; neur, den porrer tel jugement quil vous plai-Sc. Jean,nbsp; ra; amp; ce fera ^ moi dadorer les jugements denbsp; Dien, sil pertnei que vous ne vous laifiiés pasnbsp;,, flêchir a la miléricorde,amp; que vous abandon* ,, nies plus long temps une perfonne trés foible 3, en un état, ou les plus-forts fuccomberoient, ,, fi la bonté de Dieu, qui fe rend plus proche de ceux qui font dans laffliélion, nefoutenoitnbsp;,, Ie corps amp; l'efpric pour pouvoir fubfifter dansnbsp; la privation de routes fortes de lecours amp; denbsp; confolations , au milieu de routes fortes dcnbsp; peines II eft aifé de ne fe pas imaginer quel eft eet état, lorfquon ne la pas éprouvé; maisréx- périence que jen fais ne fert qua me faire a^- préhender davantage la févéritéde Dieu,fj jé* tois alfez malheureufe pour lui défobéir, fga-,, chant bien quelle furpaffe aucant dans la puni* ,, tion des crimes celle de toutes les puiflancesde ,, la terre, que la miféricorde lorfquil pardonnenbsp; furpaffe la tendrelïe amp; lafïeétion des meilleursnbsp; Peres, a qui ii fe compare, pour nous alTurernbsp; quil aura pitié de nous amp; saccommodera anbsp; nos foibleffes, paree quil fqait ce que nousnbsp;,, fommes, qui neft que mifére amp; quinfirmicé. 3, Quelquéminent que foit Ie rang que vous tenés au deflus de nous, Monfeigneur, il me fern- ble que vous ne vous rabaifleriés point en imi-,, tant cette conduite. Mais vous trouveréspeut- être que je mé'éve dofcr vous parler coinmenbsp; a un Pere, après que vous avés changé cettenbsp; qualité en celle de Juge. Si cela eft, Mon* feigneur, je me contenterai déformais de la li-berté qui me refte de demander a Dieu Ie pain, Ar\r\t i*f?? nbsp;nbsp;nbsp;ChflOlie fnjir Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n#» dans la participation des SacrementsdelEglife, puilque je ne fuis point féparée de la Commu*nbsp; nion des Saints; que je vis dans la foi amp; dansnbsp; la charicé commune, qui unit tous les fidéles;nbsp; que je reconnois amp; me loumets a 1autorité denbsp;,, mesPafteurs; amp; quon ne fgauroit condamnernbsp; au plus dans ma dilpofition, quun défaut denbsp; lumiére , quils peuvent aifément mettre aunbsp; rang de cette multitude de péchés, que lacha-,, rité couvre, amp; quelle eftace en les couvrant.nbsp;,, Car il eft aifé de voir en cette occafion parti*nbsp; culiére, que nous cefterions detre coupablesnbsp;,, aulTiCÓt quon celTeroit de nous demander unenbsp;,, chofe, qui eft delle-même fuperfluë a des per-,, fonnes comme nous, najoutant rien a notrenbsp; foi, delaquelle nous avons fait uneprofeffion,nbsp;,, qui ne peut être défeélueule, puifquenbsp; avons point mis de bornes, Mais je ne |
¦Relat'ton de la Ferféiut'ion JesTleripeufet'de Port-'Rayal 1664., ér-e. _ nbsp;nbsp;nbsp;^9
t» nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'innnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas reflexion que ces raifons, que vous/(;avesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de filk-s fans Doe, amp; queiJcs étoient approa- Relation
^^1 nbsp;nbsp;nbsp;capnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;déjï, Monfeioineur, ne vous feront quuneré¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vees du St. Siége (cc qui les raettoit ii cou-delacap.
H la^M- » petition importune , que je dois éviter pour vert des Canons , dont je lui alléguois 1autori-dela M. AnK- de nétendre pas trop la liberté que jai olé pren« té ) Jajoute de moi ces derniéres paroles, mais Ang denbsp;Sc. Jean. dre de me jetter encore cecte fois a vos pieds, fon répos fur lapprobation du Pape emportoicce Sc Jean.nbsp;,, dans la confiance que vous ne 1auriés pas défa- fens.
gréable, puifque ce neft que pour apprendre, 11 faut marquer en paflant que ceft un Jéfuite nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sil naura point plu a Jesus Christ de vousnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui a fait Icurs Conftitutions, amp; quils font
nbsp;nbsp;nbsp;donner quelque mouvement de corapaffion amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que ieurs fondaceurs; la bonne Mere Marie F/r deTaM.
nbsp;nbsp;nbsp;de bonté pour uncame,que lui-raême a aiméenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toire (leur Fondatrice) les ayant eus pour Direc-lui apprend
amp; rachctéei ou bien fi nayant plus rienaefpé- teurs de fon entreprife dans rétabiiflement de ce3'^quot;=,
- . nbsp;nbsp;nbsp;renduë i ia
mencement de ce fiécle. Elle me paromoit toute .Signature, gaie, 6c je nen dévinois pas la raifon: mais ellenbsp;me lapprit trop tót en me difant, quelle avoit ?*abnr. Eiienbsp;f5U des noiivelies de la Mere Agnès 6c de mes rend jufticenbsp;Soeursj quelles^e portoient bien; que celle
dans Ie filence Ie falut de Dieu, en demeurant avee Ie lefped 6c la foutniffion que je dois.
Fotre t^c.
rer, je dois me contenter^ lavenir dattendre nouvel ordre, qui a commencé a Gennes au com
_____ - - f i nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* ae la [VI.
1 rcnnnfe de la étoit avec la Mere nbsp;nbsp;nbsp;avoit (igné depuis pen , supéticute.
¦XLIX. Je neus fur cette Lettre qu u pArcheve- amp; que lautre, qui écoit la S. Thomas^ 1avoit fait Reponi'e Mere Supérieure, qm .^tr'^r.ninr woulu me dés auparavani; mais quclle navoit pas eu bate
6 nbsp;nbsp;nbsp;fd,, opp,is, p.-«
nbsp;nbsp;nbsp;voir, maïs leur avoic A p ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n jg qu elle fcavoit aüez que cela ne me rejouiroit pas.
Confcience me permettre la Communion, ] nbsp;nbsp;nbsp;q^^^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
mon vifage la
ne chanpois. nbsp;nbsp;nbsp;mefaifoit dans Ie coeur: amp; comrae
U Vers la fin d Ottobre la .. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ePe gft bonne , je Ie repete encore, elle a pitiéde
Entrenen nbsp;nbsp;nbsp;qq, mg donnanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^3 ge e je pi- faire de la peine, quand elle sen apperqoit; amp; je
2vec !a M. demanda par nbsp;nbsp;nbsp;fe ne naitribuë qua fon xèle pour 1obéiffance aveugle
Supérieure, rois fi ma Sceur nbsp;nbsp;nbsp;Car je 6c pour la grace Molinienne , tout ce quelle ma
' nbsp;nbsp;nbsp;Iqai ce que je répondis a cette heme a ^ar ^j^^ P ^6 converfion qui paroiffoit affex dur,
parlois ü peu, que quand nbsp;nbsp;nbsp;^ePe. gn quoi je crois quelle faifoit violence a fon na-
quelque chofe a une nbsp;nbsp;nbsp;p eq.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ainfi dans cette occaüon elle ne minfoka
Z», nbsp;nbsp;nbsp;Bilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SlJ Xt do ft «ndre i lafign.wr. .n lui
vris même plus que de coutume, ayant pour iors TEfprit beaucoup plus libre, 6c comtnengant ènbsp;refpirer dans la lumiére des miféricordesde Dieu,nbsp;que je voyois fort grande fur nous. Je me fou«nbsp;viens que je lui témoignai bien de lédificationnbsp;de fa Communauté; 8c je ne fgai comment celanbsp;vint a propos que je lui dis, que jaurois plus ap-ptéhendé que jamais davoir a confeiller desfilks
i .. - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j----j nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
sen étoit éxcufée, 6c lui avoit dit quelle la laif« foit a fa Confcience.
Je penfois quelle dut fort louer la Mpe Agnèt de cette réponfe; amp; en effet elle 1eftimoit fansnbsp;doute: mais cependant elle ne lailTi pas de mcnbsp;demander fi je nécois point bien furprile quellenbsp;Teut laiCTée dans cette liberté , fuppolé que lanbsp;fignature fut un fi grand mal que noustémoignons
Itoïl ZuUrc'hofalndiffé.ent», amp; je mm- demandan. qu'elle laconfe.Uat; rna» q»,, a Me.e
_____ _ ^
niiand il v en a qui demandent confeil, fi elles Ie croire. Je répondis, que dans la conjonéture doivent entrer en Religion, 6c oüj paree quil oü font nos affaires, la Mere avoit pu croire êtrenbsp;ne fervoit plus de rien de voir une Maifon bien obligée den uier ainli , furtout, paree que quandnbsp;réelée comme étoit la leur, quand on ny étoit les perfonnes en font a demander les avis par for-pas a couvert de deux fignatures,que je craignois me, leur réfolution eft déja ptife ,8c que lescon-autant 1une que lautre, celle du Varmulaire 6c feils quon leur donneroit ne (eiviroient pas a lesnbsp;celle des Contrats des filles. Cela la furprit , foutenir, mais ^ off en fer M. l Arche vet^ue. Ellenbsp;mals en riant, car je Ie difois moi-roême gaie- me dit encore quon étoit fort étonne que mesnbsp;ment 6c dune maniére qui nela pouvoit bief- Sceurs euffent figné, mais furtout celle qui étoitnbsp;fer elle me fit parler fur la fignature des Con- auprès de la Mere Agnes ¦, 8c quil fembloit quenbsp;trats 6c je lui en dis quelque chofe , quil me quand il ny auroit eu que la conüdération de fanbsp;fembloit quelle écoutoit afléx bien: maïs pour- Tante , cela Ten auroit empêchée; 6c qu'ellenbsp;rant a la fin, elle conclut comme pour Ie met- plaignoit la Mere^ Agnes, qui fouffriroic aflurc-tre hors datteinte du fcrupule, que leuts Conf- ment beaucoup davoir auprès delle une perfoii*nbsp;titutions leur avoient réglé de ne point recevoir ne qui lui fevoit oppofée de fentiments. Je ré-
pon-
-ocr page 214-'Relation de la Terfdeutkn des Religiettfes de 'Port'Royal nbsp;nbsp;nbsp;^c'. f^vr\fgt;r%pr^^A nbsp;nbsp;nbsp;^11.______f. I,!I. Elle eft ¦ étrange- -nicr.t tou-chée du changementpoititétrangeroent éconnée de ce changement. Je figne , amp; qu elle prefloit fort pour retourner a qiion luinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;q^enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;étrangcment touchée, mais Vort-Royal, ou elle promettoit qu elle les gagne-chute deia a quelles rolt toutes. Jappréhendois fi fort quen cfïej elleSi.Candi- Sh avoicappns, , nbsp;nbsp;nbsp;, o- mais mé- mediocrement etonnee; ocqu eprouvant; diocrement éxtrêmltés on iious réduit, il ny avoit pas grand ne lentreprit, amp; quen feliant a ma Soeur Flavie^^-.nbsp;jóquot;qu.eii5fujet de fe furprendre, quil scn trouvat qui saf- elle nachevat de renverfer toute la Maifon, quede^fonchan-leüïnt en folbllflentt; quil nen avoit pas tant fallu a S. la plus ordinaire priére que je fis long-temps agement, Sanbsp;voyant Ie Vietre pour lui faire rénoncer Jefus* Chrift; amp; fon fujet, étoit celle-ci:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i ÉceftTmê' sue les voies dont on fe fervolt pour nous con- earn, £5 fupflanta earn Je penfois que ce fut prier rl'icmdes meSoeur,amp;traindre a obéir centre notre Confcience, fe- ..11= nbsp;nbsp;nbsp;1..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------u. . tiune autre qui avoitnbsp;aufli figne concre elle pour la Maifon, mais qa été pour ellede Dieu, roient auffi propres a faire rénoncer la foi, qua amp; pour la Maifon, puifque Dieu fa par fa perfuader dc figner. Elle neut rien a répondre féricorde, li heureulement prevenue amp; abbatue a b^es ,^qui ..«I... c. O.i..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n riQ 1,1. C. i-ii^i...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1- -...'..11.. 1.,. « r^rra r- .. o_ _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; point parti'de mon cceur quau moment que je nous femions des larmes dans une terre féche, dé üluai ma Sceur Angeh^ue Thérèfe fous la potte de ferte amp; fans chemin! Et qui auroit jamais pucroi-Ste Marie en y arrivani a minuit. Une nouvelle re que nous les duffions moifionner dans 1an-lurriére fe leva pour mol a cette heure la, quand née mêtne? Certes je ne my attendois pas, amp;nbsp;je la vis fe jetter a mes genoux,amp; me dire quelle tant que je pouvois etendre ma vué, je ne vo-étoit lenfant prodigue, qui aceufoit fon péchéamp; yois quun grand Pays inconi^u.^d ou il mc fem- Ie vouloit pleurer toute fa vie. Et ma Soeur Ma rie Claire, qui me paria dans Ie même fens,ache-va non feulement defluyer mes larmes, mais denbsp;combler me joie. Nous nen fommes pas encorenbsp;1^, amp; il a bien falu palier de maux'aifes heuresnbsp;avant que dy venir. Dieu mc donna pourtant fur leur fujet une Ji^Jf®°penfée, ou plutót un mouvement,qui me fitim- nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lav ftn coeut ce preffion, comme fi ceut été un gage de la mifé- différents de ceux quon éprouve dans les chófes, tu verf. dn PC ricorde quil me vouloit faire efpércr pour elles. oü les lens ont quelque part; amp; fi purs, quils fe Dieunbsp;quot; Car quelque temps après, comme ie priois fort peuvent mêler avec les piusgrandes amertumes,nbsp;pour elles, mais avec affez peu defpérance, mi- fans quelles en puilTent altérer la douceur. Jennbsp;maginant quil étoit prefque impoffible en ce parle ainfi, paree que lon fent fort bien queceftnbsp;temps-ci quune Religieufe de Por/Reyrj/fe rele- Dieu qui les donne, amp; que ce neft point unenbsp;vk dune telle chure, il me vint dans lefprit ce paix femblable è celle que Ie monde peutdonner;nbsp;f du Pf, loi; ^oniamplacuerunt fervis Jitis lapi- car celled eft indépendante de tout; amp; fans quenbsp;des ejus^ amp; ejus miferehuntur, felon la tra- rien change au dehors ni même au dedans, Dieunbsp;dudion qtic j avois luë dans les heures; (Vos la fait lentir quand il lui plait; elle fublifteau milieu LV, Aftions de graces Relation pondis que cette éxpérience prouveroit au moins ne la cap. que ce neft point des confidéraüons humainesnbsp;delaM. amp; des intéréts de familie, qui nous font réfiftcrnbsp;Ang. de a ia fignature, comme on Ie ditj amp; quil nynbsp;St. Jean, a que la Confcience qui nous en donne de 1é-loignement, amp; la grace de Dieu qui nous foü-tknt: que pour ce qui regardoit la Mere Agtiès,nbsp;je ne doutois point quelle neut beaucoup daf-fliétion de ce changement de ma Sceur ; maisnbsp;que du refte elle nen vii/roit pas moins bien avecnbsp;elle, étant fort alTurée que ma Soeur nauroit pasnbsp;perdu en fignant, 1amitié amp; ie refpeél quelienbsp;a pour elle , amp; ne la ferviroit pas avec moinsnbsp;dafFeétion. Je ne fqai fi elle penfoit entrer dans mes fenti-ments, amp; me confoler en difant tout cela, ou fi elle vouloit me faire parler; mais elle me preflanbsp;enco « beaucoup de lui dire , fi Je nérois done a cela;amp; je fuis trompee fi cela nelui fit pour lors quelque impreffion. Javois hare que cette vifitenbsp;finlt, pour aller répandre ma douleur auxpiedsdenbsp;la Croix, que jétois contrainte de retenir, au-tant que je pouvois, devant cette bonne Mere.nbsp;Je pleural après tout a mon aife; tnais roa douleur ne fe pafla pas avec mes larmes, amp; eile na LIII. ^¦nomam amp;c. |
ferviteurs ont tant de zèle pour fes pierres amp; pour Relation fes ruïnes, quils en aiment même jufqua lade la cap.nbsp;pouffiérej. Et je penfai que tous ceux qui aimentde laM.nbsp;véritablement IEglife,ne devoient pas (e conten- Ang. denbsp;ter daimer celles de nous qui fouffroient !a per-St. Jean,nbsp;fécution amp;la dellrudfion de leur Maifon avec unenbsp;fermeté, qui eft Ie don de Dieu amp; non leur mé*nbsp;rite; mais quils devoient étendre leur amour amp;nbsp;leur compafljon fur celles quune fi grande chutenbsp;avoit réduites en poudre, puifque Dieu pouvoitnbsp;aulS-bien de cette pouffiére en faire des pierres,nbsp;que des pierres en faire des Enfants dAbraham ;nbsp;éc cela me laifla un mouvement de confiance amp;nbsp;de tendreCTe, qui fit que Jen priai Dieu depuisnbsp;pour elles amp; pour nos autres Sceurs, avec biennbsp;plus dafFeétion amp; defpérance, que fa grace lesnbsp;pourroit rclever quelque jour. Lon me dit auffitótque ma Sceur Candidezvoit _L1V. fes pieds, quelle lui a confefiTé fa faute amp; prig lafurpaflent défente de la Coenmunaute centre celles qui lop-'°tnbsp;primoient avee rant de dureté, que leurs éxcèsnbsp;ont été fon inftrudion amp; lui ont fait futr un par firer.^nbsp;ti, dont elie a reconnu fi vifibleinent 1iniquité amp;nbsp;la tirannie, Que de gerbes de conlblations amp; denbsp;joies Saintes Dieu nous preparoit, pendant quenbsp;bloit impoffible que je pufle fortir par aucunnbsp;chemin, qui ne dut être prelque aulS long quenbsp;ma vie. Cependant je commenqois tout a fait ï chanter les juftifications de Dieu dans Ie Heu dé raon pé-lérinage; amp; fa conduite me paroKToit fi jufte, fi q.ydle rendnbsp;Sainte amp; fi pleine de miféricorde , que je me a Dieu- Cenbsp;trouvois fouvent dans des fentiments de joie tous'l^ |
lt;St il me fouviendra route cna vie de la confqla- Relation tion que jy ai goütée. Je me trouvois auffi bien de la cao.nbsp;plus en liberté en ce Ueu que dans Ie ChcEaï,carde laM.nbsp;il ny avoit dordinaire que la Soeur Converfequi Ang. denbsp;me girdoic, amp; ainfi je me profternois a laCom'St Jean,nbsp;munion de la Meffe amp; felon ma devotion, fai-fant routes nos cérémonies comme chez nous; cenbsp;que je ne pouvois pas faire au Ghceur, oü eilesnbsp;nen font aucune a la Mefle, que fe lever au pre-
Relation lieu de tous les fujets dafflidtion quon a au de-dc!acap.dans amp; au dehors: nik vuë de mes pécbés, ni detaM. k douleur de ceux de mes Sceurs, ni Ie peril ounbsp;étoit éxpofé notre Communauté amp; nos Amis ,nbsp;ni les atflidlions de lEglife , ni me* peines parti-cuHéres detre abandonnée feule fans confolationnbsp;éxtérieure n,e men ótoient point Ie fentimsnr.nbsp;Tout cela fubfiftant, ma paix amp; ma joie fubfif-loient auffi; mais pour la joie, elle nétoit que
¦Relatim de la Terfdcutk» da Reügieufes de Tort-noyal 1664 » ^
Ang- de St, Jean.
paffagére, amp; il ny avoit que la paix qui confer- mier Evangile,amp; pas feuletnent au dernier. Ainfi vat mon coeur amp; tnon efprit dans ierépos,quand je ne pus mempêcher de témoigner a la Merenbsp;la nuit revenoit après Ie jour, amp; que ces mouve- quelle mavoit procuré une grande confectionnbsp;mentsdune confolation fenfible, qui charmetous de me permettre daller a cette Chapelle, oc quenbsp;les roaux, écoient paflés 6c mavoient laiffé dans cela me tenoit lieu de grand-Meffe^ paree /
Ie fentitnenc de mes peines. nbsp;nbsp;nbsp;entendois routes les paroles diftinctement. El e
LVI.
En ce même-tetnps, qui étoit au mois de No- en fut bien - aife; amp; cette occauon me la On iuidé-vembre, la Mere vint au matin dès 5 heures amp; permiffion dy aller toujop depuis. Encorenbsp;fend deplus jemie me trouver, pour roe dire quelle me prioit que je retournaffe a la deuxiéme MeueauGnceur,nbsp;t' hcEur-on cic trouver bon de ne pas venir au Choeur, com- les Fétes amp; Diraanches, jentendois toujourscet-lui*ermet me de coutume, pout quelques jours; amp; que 1on te première a la Chapelle, mais ma devotion ynbsp;feulemcnt me meneroit entendre la Mefle a un Oratoire de diminua , depuis quelles eurenc a la place dunnbsp;fi^^S^jlinfirmerie, qui répond fur TAutel. Je lui ré- Prêtre de S. Paul qui la difoit fort bien , unnbsp;un Oratoiiepoti^*®nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feroit tout ce^quil lui plairoit, amp; Chapslain queiles reprirent, qui la difoit avec
l'cpaté. que je lui ferois obligee quelle en ufat toujours une precipitation épouvantable, 6c un garqonqui-avec mot avec une entiére liberté; que je nevou- y répondoic, qui prenoit a cache de ne rien dirC'. lois incommoder perfonne. Ce fut ia première que les deux derniers mots de ce quil devoit ré-occafion qui fut Caufe que je nallai plus a lOffi- pondre. Ce qui me donnoic une diftradtiondim--ce Sc je nai pu fgavoir tant que jai été la, la patience plus contre Ie Prêtre qui lefoufFroic,quenbsp;railon pour laquelle on mavoit fi fort renfertnée; contre ce pauvre gargon qui croyoit, je maflTu-.nbsp;mais iai appris icique cétoit quune deleuisbien- re,être fort habile davoir trouvécette inventionnbsp;faitrices (nommée Madamenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui eft paren- daller plus vite: car je mappercevois quil Tap
te de ma Soeur Geneviéve de llKcarxalio» , 6c prenoit a dautres petitsgargons, qui fedonnoient:
Qui avoit fort envie de me voir, y étoit entrée, bien de la peine l imiter cette brouillene , a quoi ^ V avoit demeuré quelques jpurs en ce temps, ils ne pouvoieot prefque atteindre, quelque dili-la ce Quelles roont cache lout Ie temps que jy gence quils filfent. Je Ie dis un jour aux Meres,,nbsp;ai éé. Je fus done entendre la Mefle tous les qui ne pouvoient pas tant Ie remarquer de leurnbsp;iours en cette Chapelle, amp; il ny a point de lieu Choeur; mais elles en rirent, 6c me dirent quc:nbsp;au monde oü jaie tant eu de déxotion; elle eft ce Prêtre venoit de TArmée, oü il étoit Aumó--derrière TAutel, 6c on entend diftinaement tou- nier de quelque perfonne de Cour , 6c que ce-t«onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d\i Prêtre au lieu que dans Ie la Tavoit accoutume k éxpedier fa Meffe, Que;
Chrpur^on étoit quelquefois ^ 1EvangiIe de la Ton appelloit Cela une Meffe de Chafleur. //-M ff aue je ne fgavois fl elle étoit commencee , lie fedimus ^ Jlewmus cum recordaremur Sion, H,
^ ^nd ce font des Prêcres qui parlent bas. De plus y avoit bien des occaflons qui en faifoient fouve-cet Oramire eft pauvre ,fans nul ornement, quun nir.
grand tableau de la Sépulture mal tak fur un Au- jai oublié de dire que ce fut dans Ie mois dOc- EVIIi:. tel trés mal orné; enforce quil ny avoit rien denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tobre, ce me femble, quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mon Pereécrivit unnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sé-
plus magnifique qui Por# - Roya/; mais il yen avoit nbsp;nbsp;nbsp;billet a la Mere Supérieure.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 la fupplioit de me
Lvn. nbsp;nbsp;nbsp;aflex pour éxciter la piété, qui na pas befoin desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;montrer fon billet, 6c denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me permettre de luinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que
Confolatioiichofes qui attachent trop les fens , pour tranfpor- nbsp;nbsp;nbsp;écrire trots lignes de ma main pour Taffurer moi-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;k» Peter
Tout
.1 -------r. cétoit la
gföi/j /oBt premiere fois que j avois vu depuis ma prifon des moni, iue leur vie e/? euch^e ave'e Jefus Chrifi marques fenfibles que mon Pete penfat a moi, Scnbsp;Dieu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quil fut encore au monde. Et comme il ny a
point de penfée pénible qui ne vienne dansTefprit
ea.
nieoi de quot;quot;g jg cie voir véritablemenc par mon etat au mon fang fut éenu en Tappetcevant; car ?uidYfoifiarang de ceux qui S.^ PW dit ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-----,
qu-clleref- jgr fon coeur dans les plaies de Jefus-Chrift quejy méme comment je me porcois, paree quil ^ttcftpara- adorois tous les jours, 6c oü javois placé en plu- pouvoit fe concenter que dautres lui diffent queSet'dr'nbsp;lion. Sa ficurs demeures differences toutes les perfonnes je me portois bien, quand on me cachoic a touc^'^®nbsp;pévotion y ye je voulois avoir 6c aimer en lui, 6c avec qui Ie monde. La Mere entra avec ce billet dans fa*'®'nbsp;voccaTion'* je me regardois enfévelie dans Ie mêmc tombeau, main, done elle me moncra Ie deffus en me de-du'^changc- ne trouvanc point de plus grande confolation mandant fi je reconnoiffois cette écriture
' nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___r. ^ nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-.IVnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Chapclai qui difoirnbsp;Meffe avecnbsp;beaucoupnbsp;de précifi.nbsp;Utioo..
Je voyois des merveilles dans cette condition.
-ocr page 216-Relatie» dels VerfécutioH des Tieligku/es de Port-'Royal ï66^, amp;c. K.elation en eet état, il meft paffé cent fois dans 1'imagu de k cap. nation que les perfonnes qui métoient les plusnbsp;dc la M. chéres feroient peut être mortes- quon ne rne Icnbsp;Ang. de difoit pas, méme par pitié pourmcn épargnerlanbsp;St. Jean, doulcur; amp; vcritablement je nétois point afluréenbsp;du contraire, je répondis pourtant fans faire pa-roïtre dcmotion, que je connoiüois fort bien lanbsp;main de mon Pere. Eüe me donna Ic billet a lire, qui me confola doubleroent, tant dy voirlesnbsp;marques de fa bonté pour moi, que dy apperce-voir auffi fa ferroeté: car ce billet étoic alïcz hautnbsp;lur Ie traiiement quon nous faifoit, quoiquil tutnbsp;auffi fort civil pour la Mere. Elle me dit décrire Ie billet que mon Pere ^.^fouhaicoit pour lui dire de mes nouvelles,amp; riennbsp;Biiïeruéré-pltis. Je Ie fis,amp; y ajoutai feulement deuxoutroisnbsp;ponfeaM. lignes de recommandation pour M. d^»gerr amp;nbsp;fon Pere, p^^j- fnoj] fj-ére de Luzanci, amp; je Ie donnai afinnbsp;óterjuon Ie portat a la Mere. Mais elle même menbsp;desrêcom- Ie rapporta un jour ou deuxaprès,amp; me ditquel-niandatior.s jg prioit de Ie récrire,amp; den óter ces recom-amp;oquot;mandatiors, paree que M. 1Archevêque ne fou-haitoit pas que je parlaffe du tout de M, dlAngersjnbsp;ni de mon frére. Je Ie fis, comme elle me lor-donnoit, fans lui rien dire dune chofe fi dé-raifonnable. Mais je ne fus pas fachée de cenbsp;que japprenois par la une nouvelle que javoisnbsp;fort envie de fqavoir, paree que je dévinai auffi-tót quil ny pouvoit avoir dautre caufe de menbsp;faire cette défenfe, finon que M, de Paris étoitnbsp;mal avee M dyAngers ^ fans dome i caufc quonnbsp;auroit fait imprimer ia Lettre. Je me Ie tinsnbsp;pour dit, amp; remerciai Dieu de la grace quilnbsp;lui faifoit dofer bien fe declarer ie protedeurnbsp;de linnocence, dans un temps oü je penfois quenbsp;tout Ie monde feroit tenté de demeurer dans Ienbsp;filence, comme les amis de Job, par 1étonne-ment de la grandeur de notre affliétion amp; denbsp;létat oü elle nous avoir réduites, qui paroifloitnbsp;fans reméde. Je vis encore un billet fcmblablc que mon Pere Elle voii un écrivoit a la Supérieure a deux mois de la , amp;nbsp;autreBiiict quelle me montra Ie jour de Noë/, me permet-gue M. fen encore dy faire réponfe,amp; ceft tout cequenbsp;eedt Tla jai eu de confolation en dix mois, en y ajoutantnbsp;M. Supé- un petit billet figné (*_) Jean Ie Normand, dontnbsp;neuie. jg reconnus bien Ie caraétére quoiquun peu dé-guifé, amp; qui me donna la plus grande joie dunbsp;monde. Jécrivis deux lignes au bas, la Mere miCnbsp;LXI. regardant entre deux yeux , amp; ce fut tout j maisnbsp;cétoit beaucoup dapprendre quun ami étoit ennbsp;Emrcticn*^^' liberté, puifquil me venoit chercher, car fou-quciic a ventje ne fqavois sils nétoicnt point ecus bannisnbsp;OU en prifon, amp; de voir de plus que les amis denbsp;gu^óniadif- I^ieu penfoient a une pauvre abandonnée, qui nenbsp;penfeaaflis-fe comptoit pIus quentre ks morts, cela me re-ter auxSet» donnoit la vie. reviens \ k fuite de mon hiftoire. Quand ( # ^ C eft 1 illuftre Monficur Hatnon. |
1Avent sapprocha, ce fqus que je feroit un J/- Relation fuite qui les prêcheroit, amp; je dévinai: amp; leur fis dc la cap.nbsp;avoucr que ce feroit Ie Pere Nouet, dont javois de laM.nbsp;eu quelque conjeéture. Javois prié la Supérieure, Ang. denbsp;dès Ie commencement que je fus chez e!le,que'- Sc. Jean.nbsp;Ie me difpenfat dailcr aux Sermons de ces bonsnbsp;Peres , amp; elle me 1'avoit accordé bonnementnbsp;fans men demander la raifon.qui nétoit pas mial-aifée a déviner, mayant affurée quelle ne défi-roic point me contramdre en rien. Néanrooinsnbsp;je ne métois pas encore fervie de cette difpenfe,nbsp;paree quii ny avoic point eu de Jefuiies qui leurnbsp;eut prêché jufques la , finon en des Conférencesnbsp;particuliéres, oü clles ne me prioient point dal-ler. Je priai done pour lors la Supérieure denbsp;trouver bon que je ne fulTe point aux Sermonsnbsp;de lAvent, puifquelles avoient ce Prédicateur; amp;nbsp;que je me contenterois dentendre S. Bernard,nbsp;dont elies mavoient prêté les Sermons, qui ontnbsp;été tout mon entretien. La Mere men témoig-na un peu de peine, amp; quelle étoit étonnécnbsp;que je fifle cette difficuité, ce Pere écant unnbsp;fort bon Prédicateur, amp; qui ne leur parloit pointnbsp;de difpute. Je lui dis que sil navoit pas accoutumé de la faire, il sen aviferoit peut-être a mon occafion:nbsp;mais que fans cette raifon, jen avois une autrenbsp;qui mobligeoic de ne me pas éxpofer , en écou-tant ces Peres j a renouveller dans mon efprit Ienbsp;fouvenir de beaucoup de chofes que je tachoisnbsp;d y efFacer , öc que des objets prefents peuvencnbsp;quelquefols rappeller j que je me trouvois dautantnbsp;plus obligée de prendre foin de mon ame quellenbsp;étoit plus abandonnée de fes Pafteurs: amp; quainfinbsp;nayant rien tant a craindre, dans une afHidtionnbsp;comme la notre, que de laifler altérer dans monnbsp;cceur la cbarité que je dois conferver pour ceuxnbsp;qui en font les caufes fecondes, je me croyoisnbsp;obligée de ne point commectre ma foiblefle dansnbsp;des occafions comme celles - k , qui me pour-roient peut-être donner des penfées , que jétoisnbsp;bien - aife qui ne troublaiïent point Ie repos de manbsp;folitude. Jajoutai, que li elle vouloit, pour ca-cher cela a la Communauté,quelle me témoignanbsp;qui letrouveroit bien écrange, je nirois point dunbsp;tout au Choeur, comme je ne Ie faifois plus déja,nbsp;a caufe quelle me 1avoit dit pour Ie lujet dontnbsp;jai parléj amp; quainfi on ne pourroic juger autrenbsp;chole, linon quelle auroit eu ordre de me refler-rer davantage, ce qui ne les fcandaliferoit pas. Elle trouva la proportion bonne de la forte, amp; jen ufaiainfi loatV Avent, nayant en tout bougénbsp;de ma prifon enfermée feule nuit amp;jour, finonnbsp;pour aller entendre la Meffe dans cette Chapellenbsp;avant Ie jour; de forte que je ne voyois oordi-naire créature humaine que ma geoliére ,que ionnbsp;fne changes en ce temps-k. Ce qui fut encorenbsp;favorable a ma folitude,paree que celle-k nofoitnbsp;pasouvrir la bouche,amp;que nous ne nous faifionsnbsp;que de grandes révérences. |
-Relation de la Terjicution des Religieufes de Tort-Royal i66^ j amp;C, nbsp;nbsp;nbsp;33
Relation H faot que jexplique que je tne crus tout a fait toire, pour en eloigner la diitradlioni a 1endroic Relation de la cap. obligee den ufer comme je fis pour ces Sermons ou je travaillois, pour tne garentir de la curiofité de la cap.
delaMi des Jéfuites, amp; que la raifon que jalleguai etoic amp; de Iattache a mnn nbsp;nbsp;nbsp;r.-------- j- i-
Ang- de St Jean
_ __ _ nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ----------, nbsp;nbsp;nbsp;1 luipactence ou I'indif-
de cette peine , quoique jen eufle eu tant dau- crétion ne me fiffent taire des fautes, quand on
queries nbsp;nbsp;nbsp;mals jc me déftois de TOoi même amp; je Craig- venoit interrompre ma folitude par quelque vi-
ions queilenois de my éxpofcr, trouvant quelle me feioit fite.
dangereufe quune autre, fi javois commen- Les grandes Fetes, que nous devons chanter auJfftrraons'-é dy donner lieu. Je ne me fouvenois prefque Matines, je me levois quand je pouvois m'éveil-desjèlukJ plus dcux datis notre affaire prefente-. il nj avoit Icr quelquefois des minuir, ou a une heure ou \
Eiienecon-plug nug nbsp;nbsp;nbsp;lArchcvêque dont lidée rempliffbit deux, amp; te chamois de même tout ce quejepou-
lidere
que*
^ ------- ^ js. s.uau'.vji.a uc ulcluc tuui V.C qucjcpoii*
D.eu dansquot;^®' imagination , comme nayant plus affaire vois chanter de Matines, car je navois pas affez cciix qii laqui lui: mais encore ne fentois-je pointdaigreur de voix pour chancer tous les Pfeaumes, amp; jemenbsp;yerfciment. de fa conduiic. Je moccupois plutot a le confi- concentois dordinaire de chanter le V-nHe ,nbsp;dérer comme Miniftre de Dieu, qui faifoit par IHymne, les Anciennes amp; les Repors que jenbsp;lui, pour Iavantage de notre Maifon, des choles fqavois, amp; de reciter le relle. Et routes les Fê-quun plus S. Evêquc nauroit pas pu faire, amp; tes ou Ton doit chanter Laudes, je chantois Tenbsp;que je voyois dans le deffein de Dieu être tout Tieum^ les Anciennes, IHymne amp; Beneditius finbsp;a fait utiles a la plupart de nous,amp; tout a fait né- je le pouvois. Poor ce qui eft de cela, je vou*nbsp;ceffaire pour moi: de forte que je ne pouvois drois quon eut vu combien cela eft beau amp; dé.nbsp;lui vouloir du mal^ car jè croyois que Dieu en vot de fe trouver ainfi feule au milieu de la nuitnbsp;avoit eu ^ faire iamp;je lui aurois bien fouhaité pour a bénir Dieu dans une prifon en chancanc fesnbsp;récompenfe , non pas du mal quil nous fait, louanges , fans pouvoir ecre entenduë que denbsp;mais du bien quil nous procure, de plusgrandes lui, 6c fans entendre quoique ce foit, quun pro.nbsp;graces que celles quil fe propofe peut-ecre lui- fond filence au milieu de cette grande Villenbsp;même pour le fruit de loutes lespeines quil fe dont on ne ceife denrendre le bruit qua cettenbsp;donne a déteuire dans Tort-Royal ce que Dieu y heure-la, car jufques a plus de onze heures lesnbsp;a édifié.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Carofles roulent encore r cela a quelque chofe de
LXIII. Qjjjg le temps que je ne fortois plus les Fetes plus beau amp; de plus raviflant quon ne peut dire.
les Dimanches pour alTifter au fervice, je fis Mais après tout, il faut auffi que jaccufe ma pa. dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;une Eglife de ma prifon, 6c jy chantois prefquenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reffe; car il étoit des jours que le fommeil mac'
shamble. nbsp;nbsp;nbsp;jQUt 1Office feule ces jours.la a nos heures erdi-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cabloit fi fort , quand je diibis mon O/Sce Ja
naires. Je chantois de même ce que le Choeur nuit , que je nen avois pas plus de dévotion , chante aux grandes MeiTes, quand je le fgavois quoique een fut un fi beau fujet , 6c que toutnbsp;bien 6c au rooins le Kyrie ^ Gloria in excelfs ^ mon éxercice nécoit que de iurmonter 1envienbsp;Credo , SanRus isf ^S«us Dei; 6c je fuivois en de dormir, ce qui me mortifioit trés-fort, amp;nbsp;eiprit tout ce que le Prêtre dit dans le Sacrifice,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;étoit caufe que quelquefois je ne me levois qua
car elles mavoient prêté un Meffelj de forte que nbsp;nbsp;nbsp;trois heures 6c demie pour tacher davoir plus de
- ua
_____ ___________ j~ .w.o V... luul, oe m appnrent a men fervir: mais ce mé»
mêrne*quot;mes Proceffions feule autour de notre toit auffi par rencontres un bon éxercice de pa-chambre en chamant Afferges me, 6c mon tience, car je ny étois pas fort adroite, amp; je me intention étoit de chaffer par cette afperfion tou- fuis-viip h,frr» a^^-. \------- - nbsp;nbsp;nbsp;-
le temps quejedonnois a entendre la grand-Mefle liberté deipric 6c datcention. de cette forte alloit au moins h une heure 6cde- jeus obligation a ces bonnes Meres de mavoirnbsp;mie- ainfi il ne men reftoit point a mennuyer, donné le moyen de pouvoir ainfi faire mes dé*nbsp;route ma matinee étant auffi remplie que fi jeufle votions la nuic, paree quellcs me donuérentnbsp;fuivi la Communauté chez nous. Je faifois de fufil, 6c mapprirent a men fervir
----
------------- vju uii iiouveroit quelque.
() En tenant une Croix a la main 8c chantant ce fois dans les ordures^Sc qui feroient dune grande
qui sy deroit dire; amp; de même de 1eau-bcnite les cotiimodité, car jépargnois les ttioindr^ alt;-«.
itrïltri nbsp;nbsp;nbsp;
.wu. v-iijicmuic prifonniére, hors dé touce connoiffance, qui ne peut ni avoirnbsp;ni chereber les chofes quon trouveroit quelque*nbsp;fois dans les ordures amp; qui feroïpnr a'
______, ctti j epargnots les moindrés dra-
chambre. nbsp;nbsp;nbsp;£nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;obli-
Helation de la Verjérui'm des V.eligkufes de Tortlt;¦ quot;Royal nbsp;nbsp;nbsp;^e,
Relation ot.ligée com-se dun fort grand préfenr. Ce delacap. neft pas quelles me refufaflenc rien , au con-de Ia M. traire elles me preffoicnt toujours de leur de-mander routes chofes: mais outre que je navoisnbsp;pas dinclination a Ie faire, je croyois quil m e-toit utile de menrichir, autant qae je pouvois,nbsp;des thréforsdela pauvreté, done je navois jamaisnbsp;eu la clef que depuis que jétois la, la charité denbsp;Port Royal allant trop au devant des befoins pournbsp;donner lieu déprouver lavantage quil y a a fenbsp;pouvoir pafler de beaucoupde choles, quon ne
Ang. de S't, Jean.
léxpérience queÜes ne font pas nécelTaircs, puifquon sen paffe bien lorfquon ne les a pas,nbsp;amp; quon nofe les demander,
Parmi tous mes maux je difcernois bien tous
LX!V.
Eik fe iert ces biens amp; tous ces avantages; amp; quand Dieu
ce touc ce
tfiftedans nbsp;nbsp;nbsp;...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
fbn état, aétions de graces que je me trouvois obligee de poursoccu-rendre- car laiffant a part la nature, qui nenbsp;ticuUac-^'^ comprend rien dans les chofes de Dieu , la foinbsp;mem de me faifoic voir toutes fortes de biens féparés de
quils ne cherchent que Ie bien amp; lavantage de Relation leurs Entants, contre qui ils fe fachent pour les de lacap.nbsp;corriger.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la MV
parer, ni a celle dun bon Pere, ni a celle dun Ce q:i'elle
Madame de Rantzau ma quelquefois juftifié Ang, de de la forte Ia conduite de M. lArchevéque ; Sc. Jean,nbsp;mais je lui répondis aufli une fois , peu avantnbsp;que je fortiffe , quil feroit difficile de ia com- LXV.
sapperqoit être fuperfluës que quand on a fait ture plus proportionnée è fa maladie amp; a fa foi de M.
Médecin : que Ie premier a de 1amitié , Ie fe-cond de la difcretion; amp; que s il ote ie pain a vent Jufti-un malade , ceft pour lui donner une nourri- fier lacon-
mappïiquoit quelquefois a confidérer ie bonheur vai pas, elle Ie pouvoit affsz comprendre. Ce-
bleffe, jufqua ce quil fe fok fortifié; mais que que. Eikne dabandonner les ames, comme faifoit M. lAr-dciiiequcnbsp;chevêque , fans Sacrements, fans coniëil , fansnbsp;conduite, fans confolation, ce nétoit plus faire donnée*dequot;'nbsp;Ie Parteur amp; Ie Médecin, mais ... je nache. Dku.
pouvois me fatisfaire dans les pendant jai fouvent mis cette dureté au rang
des graces que Dieu me faifoit , pour la raifon que je viens de dire, amp; auffi paree quclle menbsp;délivroit de toutes les vifites facheufes amp; inuti-les, que lon mauroit obligée de recevoir, finbsp;Tour toutes fortes de maux dans cette condition, oü lon avoit pris 1autre parti (de paroitre zélé pournbsp;il mavoit réduite. Je groffirois trop ma Rela- rnon bien amp; pour ma converüon.) Ainfi il menbsp;iamout de tion, fi je voulois éxpliquer tout ce que je voyois fembloit que je navois du tout rien a faire quanbsp;1» Vétité. Poe oela, amp; toutes les circonftances qui me fai- confentir a tout ce que Dieu faifoit pour moi ,nbsp;foient admirer la Providence de Dieu fur monnbsp;ame, qui mavoit retirée de toutes les occalionsnbsp;daffoibliflt:ment,pour me faire fairepénitencedenbsp;mes fautes paffées, amp; des mauvaifes habitudes quinbsp;men reftoient dans une folitude, oü tout métoitnbsp;lavorable, puifque tout contribuoit a mhumilier.
a me féparer des créatures, a mattacher a Dieu, regardant feulement avec ie confentement du
amp; il ny avoit rien que je goücaffe da vantage, que cette difpofuion, qui fait dire fur toutes chofesnbsp;etiam Domine, comme la Cananée amp; lAnge desnbsp;eaux dans Vylpocalipjs : javois écrit ces deux motSnbsp;en gros caradtéres, amp; les avois attachés au piednbsp;de mon Crucifix , paree quen les difanr ou les
a me priver de toutes confolations fenfibles, a coeur, il me fembloit que jadorois Dieu dans méxercer dans la pauvreté amp; la pénicence , amp; tout ce quil eft, dans tout ce quil veut, amp; dans
LXVI.
cela fans être éxpofée a prefquaucune tentation tout ce quil fait, amp; fera dans ie temps amp; dans que celles qui font inféparables de notre infirmi- 1éternité Cela faifoit que je me trouvois fi heu-té. La feule que jaurois dü plus appréhender, reufe , que je navois plus de délir , finon quenbsp;qui eut éré la (édudtion que Ie Diable avoit eu Dieu ne mabandonnk pas.
mon ame, que fi jeufle été au fond de la Tur-quie, me fervoit a chaffer 1illufion qui furprend quelquefois lefprit quand on Ie laiffe tellementnbsp;ebiouir de laulorité, qui eft toute Sainte, quon
pour objet dans touce cette affaire, ayantétépour Je ne pouvois quelquefois rn'empêcher de té» moi la plus aifée a vaincre, paree que Dieu na- moigner les avantages de monetatj amp; je mg fou- peut 4em-voit pas permis que mes ennemis y employaffeut viens que Ie jour de la TouJJai«ls une de mes Me- pécher denbsp;de fortes armes. Car les raifons dont ces bonnes res métant venu voir, qui gémiffoit fort de lé- témoignetnbsp;Mercs fe font fervies pour me perfuader, étoient tat oü jétois, féparée de la Communion a cettenbsp;affurement fort propres a me fortifier dans la- grande Fête, dequoi elle voyoit bien que jetoistagedefonnbsp;mour de la vérité, qui paroit dauiant plus foli- fort touchée, je rie pus rnempêcher de lui dire «at,nbsp;de, que ce quon lui oppofe eft plus foible: amp; que quoiquelle vit mes larmes, je ne vouloisnbsp;la conduite de M. 1Archevêque, qui melaiffoit pas quelle crut quelles fuflent contrairesa la foinbsp;dans un horrible abandonnement, quil ne seft que javois en rEvangilejamp;quen lentendant lirenbsp;jamais mis en peine de fqavoir pendant dix mois a la Meffe Ie matin javois admiré que tout Ienbsp;fi javois encore de la toi amp; de 1efpérance, me monde me crue peuc-être bien malheureufs,nbsp;laiffant auffi abandonnée de tout fecours pour quoique je ne virfe perfonne plus heureufe que
---------- r. nbsp;nbsp;nbsp;z.znbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moi, fi je profitois bien de mon état, puifquil
parle eet Evaiigile, a la pauvreté, a la douceur, aux larmes, a 1amour dek juftice, a la
me. donnoit part a toutes les Béatitudes, dont
mtféri-
fe potte 'a croire que ceux qui en font revêtus nen corde envers ceux qui nous font fouffrir, au zèle ufent quavec juftice amp; charité j amp;c que quand ils de procurer la Paix de Dieu a ceux qui troubleninbsp;fe tnettent en colére ils ne péchent point, paree la nótre, a la pureté du coear, qui sacquiert
-ocr page 219-Relation de la cap.nbsp;de la IVJ.nbsp;Ang. denbsp;S. Jean.
LXVII. EUc re'nbsp;prcnd la Relation defesnbsp;éxeicices.
fer pas dédire; mais elle fourit de ce que je pou-vois me confoler de la forte.
Jécris fans ordre amp; Ians fuite , amp; je nai pas achevé mes éxercices ordinaires, que 1on madicnbsp;de marquer en particulier. Jai dit que la matineenbsp;il ne me reftoit point de temps les Fetes amp; Di-manches, quand javois fait ma lefture amp; mes
___ T nbsp;nbsp;nbsp;j._nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X__:____ i_______
point de la piiére. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la M.
Je métois prefcrit dautres petits éxercices de Ang de piété pour maider de tout, amp; furtout de Iinter-St-Je^n,nbsp;ceflion des Saints en un temps, ou jétois privéenbsp;de Iafliftance des hommes Je prenois cous lesnbsp;mois pour mon protedleur fpécial un des Saintsnbsp;Martyrs, qui fe renconcroit Ie 29 ds ce mois la :
¦Relat}»» de la TerJ^cut'wn des Tieligisufes de Tort Toyal tddd. é^e' la penitence, amp; ^ la fouSrance des perfecutions nayant non plus befoin de IatfenMon de IVfonr Rel^ionnbsp;pour la juftice. Elle fut aflez bonne pour nenio. que de cede aes veax cefl r.^ attention de p,ic Kelationnbsp;-----jiCj;... nbsp;nbsp;nbsp; pourquol il nc diitraude la cap,
plus longues, car a' caulbquot;que je comptois ma captiviré'5epüi;
tous les mois, amp; jy ai toujours dit ou chanté Ie Te Veum^ en aftion de graces de tous les biensnbsp;que Dieu nous vouloit faire par une fi heureufenbsp;perfécution ^ 6c les Mardis de cbaque femainejennbsp;faifois aulïi une petite commémoration , pareenbsp;que cétoit Ie jour de notre enlévement, en difantnbsp;1antienne Benediliio ^ claritas. amp; cela aulïi-bien
1 nbsp;nbsp;nbsp;_____1.. . nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
chofe de ce que Dieu me donnoit fur quelq'ues vérités qui me touchoient, ou fur quelques en-drohs de lEcriture, fur quoi javois eu quelque
quefois de petits éxtraits: amp; quand les Religieu-les étoient routes au Ghccur a Vêpres Sc au Sermon (car je park de lAvent) jécrivois quelque
penfee, que je croyois qui me pourroient fervir dans ma plus grande afflidion , que deouis oue en les^rehfant; mais j avois une telle apprehen- Dieu meut confolée. Car ie nai noinr éré denbsp;fioD detie furprife OU de ne pouvoir cacher ces temps, ou je naie reconnu que cene atflidionnbsp;papiers, amp; qu il falut que par quelque accident ils étoic une grande miféricorde de Dieu Tn, re.nbsp;tombaüent entre kurs mams, que je ne continuai mes inquietudes nevenoient quedelaDn'réhenrnbsp;gueres, outre quelks moccupérent tant depuis tl de nêtre pas digne den bien ufer amp; de nerfilénbsp;divers Ouvrages, de Reliquaires de cire, amp; au- rer jufqui la fin. Et cela me donna une nar'nbsp;tres choles, quej avois aflez dequoi employer k ticuliére devotion a adorer tous les jours Ie d^ernbsp;temps que javois de refte les Fetesamp;Dimanches, nier foupir de J. C, fur la Croix, auffi-bien quênbsp;auCB-bien que les autres jours.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous adorons tous fes mouvements amp; tous fes
O'----¦gt; nbsp;nbsp;nbsp; J
noms de routes nos Soeursde nbsp;nbsp;nbsp;6c des Champs,
des Novices amp; poftulantes de dehors ; de tous nos amis amp; amies; amp; généralement de tousceuxnbsp;pour qui je me croyois parriculiéremenc ob.'igéenbsp;de prier; amp; je les ofïrois tous a Dieu 1un aprèsnbsp;lautre, en difant a chaque perfonne Miferere ejus,nbsp;amp; ajoutant a la fin dautres priéres, comme des
cft fi éxtrême, quil ny a pas de moment jufquè la mort, oü nous ne puiflions déchoir de nosnbsp;meilleures rélblutions, amp; laifler éteindre Ie S. Ef.nbsp;prit, furtouc en un temps oii la foi amp; la chariténbsp;font éxpolees a de Cl fortes attaques amp; de fi. fubti»nbsp;les tentations.
Comme je ne faifois point dexercice étanttou- pas, paree quil me fembloit que cétoit par ce jours enfermée, de peur qua la longue cela ne dernier moment de fa vie quil nous avoit pard-rae fit malade, je maflujettiflois a me promencr culiérement mérité la grace de la perfévérancenbsp;tous les foirs dans ma chambre, qui étoic affez jufquau dernier forpir^ amp; que non feukment jenbsp;grande , amp; javois Jait comme une Litanie des fgavois, mais même je fentois que notre foiblefle
Pfeaumes, que je changeois* felon ma dévotion. invocatiorT^eVa^Ste^^^rinir^^^^ nbsp;nbsp;nbsp;une
Cela moccupoit tout ll temps de ma promena- e Penténdoh car?; I f - nbsp;nbsp;nbsp;comme
de, qui étoic de trots quarrs-d^heure au moins,amp; Lin amp; il nbsp;nbsp;nbsp;StexJf
tout 1hiver jenallumois point notre lamp^ è cirée de S Tw S
cette beure la, paree que je marchois bien fans S La nbsp;nbsp;nbsp;P-^opre k mes be-
lumiére amp; de plusje menageois encore ce temps eed iele fds oar^héTirquot;' ^ nbsp;nbsp;nbsp;'out
pour faire dun peut cordon, dont javois befoin ParZ nbsp;nbsp;nbsp;^
pour des ceintures dEglife quon me faifoit faire: nbsp;nbsp;nbsp;tonfoU,
de forte que la Religieufe qui avoit foin de moi em atlnam nbsp;nbsp;nbsp;confoLtio.
A- nni venoir aflTe?. fniivent a cprrphpnrc-F,. nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« è^atia , mferere
Jefa hone ?a(ior éf Fontifex conpjjionis noflra, LXlX. adjuva nos amp; libera nos, propter nomen tuum. enveKk'stenbsp;Spiritus veritatis paraclete^ müw docens nos lt;^eVierge, lesnbsp;omnibus, ora in nobis , adjuva iniirnitatem mf- Sts- Aoges
Sec. Elle
tram.
SonSta Trinitas, unus Deus, ad lt;juem fujpirat kur imcr-anima mea die ac nolle , afpice in ms mifère^ ceflion de Te nOjtTt,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;point éiS
Enfuite j'invoquois la Ste Vierge^les Saints An- abandonnde ges, amp; un des ordres des Saints que javoisdiftt*-
Sc qui venoit aCfcz fbuvent a cette heure-la, ne comptenoil point ce que cétoit que de me trou-ver ma quenouille a mon cöté, amp; travaillant ac-tuelk.ment dans un lieu, oü 1on ne voyoit nicielnbsp;ni terre. Elk croyoit que ce lüt faute quon nenbsp;mappottoit pas de la chandelk; mais je lui disnbsp;que jen aurois bien allumé ayant un fufil, maisnbsp;quelle ne métoit pas néceffaire pour ce petit ou-vrage, non plus que pour me procnener amp; pournbsp;prier Dieu, Et ainfi je faifois ces trois chofes ï.nbsp;h fois dans un fort grand calme , eet ouvrage
bues
-ocr page 220-^6 nbsp;nbsp;nbsp;Rel^io» de la Perfécut:s» des 'ReUgteuJes de Vort Royal i66^, ^e. Relationbués a toutcs les Reures delOffice: S. Pierre amp;c comment elles pouvoient accorder leur conduite Relation avec les fentiments quelles témoignent avoir de de la cap. nous- Car elles me difoient nettement, quanddelaM.nbsp;il sagiflbit de parler de ma défobéiflance pré Ang. denbsp;tenduë, quelles me croyoient en péché mortel; St, Jean. notre vaifleau, afin quil obtint de Dieu que toU' 6c cependant elles vouloient bien jetter les chofes tes les araes en fuflenc fauvées, quand même la Saintes aux chiens, 6c me rendre dépofitaire de ___ nbsp;nbsp;nbsp;^ H ..inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T? » . I nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n 1anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.... .. TD 1 ^. m ^ ^ I I. _ .t /*. 1_ . _ IT ffoient ^ lui, la grace quil ma faite de ne me les ont les premiers conlacrées, i caufe de quoi eft clair que comme toute cette affaire eft irré-guliére,ceux-mêmes quiy agiffent avec le plus de zèlenef^avenc quelles mefures y garder,6c iecon-trarient fou vent dans ce quils dilent, 6c dans cenbsp;quils font. _ _ _ nbsp;nbsp;nbsp;Je fus en peine au commencement de IAvent,EUe ecrit i moi; puifque dailleuts il navoit que trop de juf- fi je récrirois a M. IArchevequc pour laCommu- la M. Sup. tes fujets de me punir en mabandonnant. Mais nion de Noe'l. Je métois preique engagée parP°^j^l®nbsp;jefpérois dun autre cóté quil ne le permettroit ma derniére Lettre k ne le plus importuner, M^pArchtnbsp;pas, a caule que ma chute auroic pu caufer trop 6c a me concenter quil fqut mon défir, Cela de lui accoi-de fcandale parmi nos Sceurs; 6c que notre affai* fut caufe que je pris le deffein décrire a la M. lesSa-re écant fa caufe, il fe voudroit glorifier en nous Supérieure un billet, que je ne doutois pas queb po^^Nodi.nbsp;6c glorifier fa grace, en nous empêcbant de nous le ne lui enyoyat, pour dire les raifons qui fai-^nbsp;laiffer vaincre dans un combat, ou nous ne fom- Toient que je nofois importuner davantage M; 1Archevêque , done la principale étoit le peu dc créance quil donnoic a tout ce que je lui pou-vois dire, pour Iaffurer que je nétois retenuë denbsp;lui obéir, que par de véritables mouvements de Elle profitedinaires ; 6c jai fort éprouvé que le temps eft ma Confcience, fansaucune autre confideration. desReiiquesyenu quon adore Dieu en tout lieu, en efprit 6c Je nen ai point retenu copie, 6c je ne men fou*nbsp;quon lui véfité, 6c quil na point attaché fa grace yiens plus, mais la Mere me fit réponfepar ce billetnbsp;llmytkUux murailles des Temples. Car je me trouvois qui meft demeuré.nbsp;des boètes, njême dordinaire plus recueillie en chantant dansnbsp;pour en con-ruelle de notre lit, qui étoit mon Oratoire, a Mde. de Rantzau. delacap. S. nbsp;nbsp;nbsp;le premier pour obtenir Ierpric dune dclaM. compondtion falutaire a nosSoeurs, qui étoient Ang de torobees: amp; le fecond paree que cécoit monnbsp;St Jean.' Saint dc Pan , amp; que je lui avois recommandé barque devroit périr. Et puis j'ajoutois le Saint ou la Sainte que javois choifi pour ce mois-la,nbsp;6c en général les Saints de chaque jour, quejenbsp;royois dans le Martyrologe (car les Meres avoientnbsp;bien voulu men preter un pour ma conlolation)nbsp;De forte quil nc faut attribuer qua leurs prieres,nbsp;6c 4 celles de tous les amis de Dieu, qui mof«nbsp;point abandonner a ma propre fragilité, de quoinbsp;je me fentois fi capable (je veux dire de tombernbsp;dans les ténébres, comme les autres, qui fe fontnbsp;afFoiblies) quune de mes appréhenfionsécoit quenbsp;nos amis nen euflent pas aflez pour moi ^ 6c quenbsp;fous prétexte quils me croyoient plusinftruicequenbsp;quelques autres, ils ne penfaffent pas affez quenbsp;jétois auffi foible que pas une, 6c que peut-etrenbsp;a caule de cela Dieu ne les voulut humilier ennbsp;mes entrées que par 1efpérance que nous avonsnbsp;en elle , amp; la néceffué des ordres de fa providence. Voüè ^ peu prés mes petites devotions extraor j;__;____ nu» lp remns efl cïambre. que jc nétois quelquefois dans leur Choeur. Mais Ce qu'eile encorc ne faut il pas que joublie de dire que manbsp;diticefujet pgjjjg Eg]ipe fm dédiée 6c confacrée par les Reliques des Martyrs, qui y répoférent plufieurs fe-maines. Loccafion fut que Madame de Rantzaunbsp;dévina que je pourrois bien fqavoir garnir unenbsp;chaffe quelle faifoit faire pour mettre unc bellenbsp;Relique, qui eft los entier de la cuiffe de Saintenbsp;ViSioire Martyre, dont M. le Cardinal Mbizzi ^nbsp;qui eft de fes amis, lui avoit fait préfent depuisnbsp;peu , 6c que M. le Légat avoit apportée. Elle menbsp;dit fon deflein; 6c je me tins fort honorée quellenbsp;me voulüt donnet un fi Saint eraploi. Et elle,nbsp;jfi crois, pour me gratifier raapporta cette Reli-lt;iue, amp; encore une autre, qui eft une cóte dunnbsp;des Saints Martyrs dc Montmartre^ 6c elle me lesnbsp;laiffa cinq ou femaines, paree que la chaflenbsp;nétoit pas encore faite. Jadmirois en moi-mêroa |
leurs Reliques pour les honorer moi feule au lieu de toute leur Communauté, Mais je ne leur di-fois pas ce que jen penfois; 6c prenant les chofesnbsp;dune autre maniére, je dis une fois a Madame denbsp;Eantzau, que je croyois quelle me faifoit cettenbsp;grace, paree quelle fqavoit que les prifons fontnbsp;les Temples des Martyrs, puifque cell eux quinbsp;fans douce elle ne jugeoic pas leurs Reliques in-dignement placées dans cette chambre. Elle re-5UC cela affez bien, mais elle ne die rien. Et il Jattends M. lArcbevêque de jour k autre, ,, mais, ma trés chére Mere,fi un fcrupule vous Réponfe de ,, empêche dobéir, quoiquil ne puiffe proveniriaM. Supé- que dune Confcience plus erronnée quellenbsp; neft droite ni même raifonnable, faut-il sé* tonner fi Monfeigneur ne veut pas vous don» ner lieu de faire un lacrilége, en vous permet-,, tant dapprocher des Saints Sacrements dans ,, létat dune réfiftance formelle è celui quinbsp; pouvoir de nous commander de Ia part de Dieu? Et é qui eft ce de lever les fcrupules, finon a ceux qui ont en main la clef de ia fcience, 6cnbsp;,, qui font placés au lieu, dou ils nous font con-,, noïtre les Divines volontésPJe mén vas Com- munier a votre intention, 6c faire de nouvel- les inftances a Notre Seigneur, afin quil vousnbsp; éclaire des pures lumiéres de fon Efprit, vousnbsp; embrafant des ardentes flammes de la charicé. |
Relation de la Verfécution des Religieufes de Port~Royal 1(564., grand nombre de ceuxquot;-la qui nont pas com- Relation ,, mis pour un crime, maïs qui retombent tousde lacap.nbsp; les jours dans les mêmes crimes, quon ne chas de la M,nbsp; fera pas de la fainte Table a la Fête.qui appro- Ang. denbsp; che. Sera-til dit,M.quon nóte IepainquauX St.Jean»nbsp;,, Enfants ( puifque la crainte dofïenfer Dieu nenbsp; fait point perdre cette qualiré) amp;qui!s nemé-,, ritent cette rigueur, que paree que vous lesnbsp; croyés coupables dans un point qui nappartiencnbsp; poipt a la foi, doü depend Ie falut ? Car vousnbsp; f§avés aflez, Monfeigneur, que ceft la raifonnbsp;,, qui mempêche de donnar Ie témoignage denbsp;3, créance que lon me detnande, êcquelonveutnbsp; qui (bit fincére, amp; qui parte dun vrai confen- tement du coeur, fans quoi vous trouveriés fort mauvais, comme vous nous avés fait lhonneur de nous Ie dire, quoh donnat unefignaturetienbsp; la main contraire a la difpofition de Fefpric, Ainfi ce ne feroic pas vous obéir, Monfeigneurj ,, mais ce feroit plutAc faire ce que vous défen-,, dés amp; ce que vous condamnés, queden ufer denbsp; la forte;. amp;c ceft pourquoi je necomprendspasnbsp; ou Ion met Ie crime pour lequel je fuisféparécnbsp;,, des Sacrements depuis tant de temps. On Ienbsp;j, qualifie de défobéiffance; amp; en vérité, Mon- feigneur , quelque recherche que je falTe jenbsp; ne fgaurois découvrir oü peut être cette déf- obéiffance ; puifquil me femble que vousnbsp; ne me commandés rien a quoi je puiffe déf. obéir. Dun cöté vous défendés que lon figneavec déguifement, fans avoir dans Ie cceur la créancenbsp; du fait que lon figne; amp; dautre cóté je nenbsp; vois pas dans votre commandement que vousnbsp;,, commandiés la créance du fait, paree que cettenbsp; (brte de créance ne fe peut commander, né-,, tant pas un mouvement de la volonté qui foitnbsp;,, libre, amp; que lon puiffe foumettre quand on. veut l 1autorité, mais un confentementdelef-,, prit quil ne peut accorder qua la vérité, felon. quelle lui paroït dans les chofes quon lui pro- pofe a croire : amp; lEglife a crop de juftice Monfeigneur , pour commander des chofes. impofllbles. Je ne défobéis done pas, ce Relation de la capnbsp;de la M-Ang-Stjean. Lïcxm. Ce que M VArch. lé-pond a lanbsp;M. Svip.iwnbsp;fojsc. LXXIV. EJle piendnbsp;la réfoluüonnbsp;déctire anbsp;M. lArch.nbsp;au commencementnbsp;du Carcme,nbsp;pour lui de-mander lanbsp;grace^denbsp;paiticipetnbsp;aux Sacre-mcocs. LXXV. Sa Letrrenbsp;S Mgt- 1'At-..tJievêque, leur hardieffe, je viens de me déterminer par me femble, en avouant mon impuiffance amp; ia ieéture de 1Evangile daujourdhui, a pren dre un milieu entre les deux, en mepréfenrantnbsp;a vos piés, comme Ie Lazare couché k la portenbsp;du Riche fans parler. Sa mifére parloit pournbsp;lui, 6c ma néceffité implore affez votre com-paffion, Monfeigneur,fans quil foit néceflairenbsp;que je vous dife de quoi a befoin une perfonne,,nbsp;a qui depuis fix mois vous refufés méme les miettes qui tombent fous votre table,quon ne nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. , - ------------- oom- j, refufe pas aux chiens. 11 y en aura fans doute mes quelquun (jui foit fans péché de cette for- te, qui. veuille jetter centre nous la première Ie.: Je nentendis aucune nouvelle après cela juf-quau jour de AToe/après la derniére Mefle, que la Mere me dir (^JqueM lArchevêque étoitnbsp;venu Ie foir précédent au fortir de Notre Datne,nbsp;maïs fi tard quil navoit arrcté quun moment, amp;nbsp;ne lui avoir dit autre chofe fur mon fuiec, Cnonnbsp;que puifque je ne changeois point, il ne pouvoitnbsp;pas non plus changer. La Mere ajouta quelle nenbsp;sétoit pas preffée de me faire cette réponfe, quinbsp;me devoit affliger. Je lui dis que je 1avois affeznbsp;comprife par fon filence; que jadorois Dieu dansnbsp;route cecte conduite, amp; que je croyois avoirnbsp;Communie avec elle dans cette grande Fête, Jesus-Christ nétant pas attaché a un feul moyennbsp;pour cotnmuniquer fa grace ; amp; que ceux qurnbsp;participoient davantage a fon annéantiflement amp;nbsp;a fon humiliation, pouvoient fe confoler davoirnbsp;plus de part au Myftére de cette Fête. Elle ma-voua tout cela avec bonté amp; avec compalGon denbsp;moi , car mes lartnes ne laiflbient pas de fairenbsp;paroitre que je nétois pas inlènfible è une tellenbsp;privation. Je ne dis plus mot amp; nentendis plus parler de rien jufquau Jeudi de la feconde Semaine denbsp;Carême, que je penfai, en difant mon Office Ienbsp;matin, que je devois prendre fujet de lEvangi-le du pauvre Lazare pour demander les mienesnbsp;a un Riche , qui ne les refufe pas aux chiens,nbsp;amp; les dte aux Enfants de Dieu. Jécrivis auffi-tót; amp; en donnant ma Leute a la Mere, jenbsp;lui dis que javois été bien-aife de prévenir denbsp;bonne-heure M lArchevêque , paree quil au*nbsp;roic tant daflfaires dans les derniéres fetnaines denbsp;Carême, quil ne penferoit pas k moi, Voici lanbsp;Lettre. f Mars 1665. MONSEIGNEUR, Etanr dans Ie doute fi je devois continuer Ie filence que je garde depuis quatre mois, ou finbsp; je devois ufer du privilege despauvres, quiontnbsp;t, la liberté de demander fans quon soffenfe de ^*) 3ai peur de me méprendre a cette circonftan-ce; car je ne me fouviens pas affurément, fi ce fut a Noël OU a la TouffmnU quon me dit quil ctoitnbsp;venu au fortir de Notre Dame, |
?7 , nbsp;nbsp;nbsp;r ------------ ' fupplianc très-humblement quelle me ferve-,, déxcufe de ce que je ne puls faire ce quedau- tres, qui nont pas Ie même empêchement,. font fans peine. Que fi lon veut néanmoins- que fe foit un pêché, davoir dans 1Efprit desnbsp; doutes quon ne peut vaincre en un fujet qui.nbsp;,, nappartient point a la foi, au moins fera-cenbsp; un péché dinfirraité amp; dignorance. Et,,nbsp;,, Monfeigneur, ou trouvera-ton parmi les hom- riliplniiltn nbsp;nbsp;nbsp;j- -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ' nbsp;nbsp;nbsp;f»»' pierre? Jai cru, Monfeigneur, devoir a ma Confcience ce petit éclairciflement , paree quenbsp; je vois par les fentiments des perfonnes avecnbsp;qui. je fuis, quon ne nous fait pas juftice dans |
5$ nbsp;nbsp;nbsp;Relation de la Verfdcution detReUgieuJes de Vort-'Royal i664., ^c.
Relation,, Ie jugement quon porte de nousj amp; que faute les Tont óté de notre Ecritoire, quand elles me Relation de la cap.,, de concevoir bien 1état de notre affaire, on Tont renvoyéc. Je crus que ce papier venoiten-de Ia cap.nbsp;de la M. prend pour une réfiftance fornrelle a vorre au* core de M, 1Archevêque, qui me Ie faifoit don- de laM.nbsp;Ang. de torité, ce qui neft en nous quune impuiffance ner fous main pour me préparer au refus de la Ang. denbsp;St.Jean. infurmontable , nayant pas aflez de lumiére Communion de Paques, amp; a léxcommunicationSt.Jean,nbsp; pour convaincre notre Efprit ni affez peu de que je mimaginois quil prendroit de la occafionnbsp;crainte de Dieu pour crahir notre Confcience de prononcer en forme. Comme je ne croyois
pas pouvoir voir Madame de Rantzau, je penfai que je ne ferois point mal de luiécrire ,amp;qu'elienbsp;en comprendroit peut-être mieux mes raifons;nbsp;de forte que je lui écrivis la Lettre que je met-trai ici , paree quelle fait voir ce que cétoitnbsp;que iécrit a quoi elle répond,
Ce 9 Mars t66y.
GlOIRE a JëSUS au TRES-SAINT
Sacrement.
Jai lu avec attention, ma très-chére Mere,
amp; après avoir invoqué ie S Efprit, Ie petirl'^ écrit quon ma donné ce matin de votre part Ramzau.
II a fait fur mon efprit leffet dune trifte pré oüeiierelé- diétion, qui ne mapprend que trop è quoi je dois me préparer. Dieu a permis pour ma quon don- confolation que javois dit a Matines les legonsooit dans eetnbsp; de 1Epitre aux Romains, oü S. Paul allurenbsp; que rien de tout ce qui e(i créé nefi capable lt;^^»o«iiEvangUe,nbsp;,, Jèparer de la charité deJeJus-Chri[i^ia.nsé\ct^X.exi St. Paul*nbsp;,, ni les Anges, ni les Principautés, ni les Puis-^'-,, fances, ni les Vertus. 11 ny a done que Ie pé- ché qui nous puifle faire tomber dans ce malheur; amp; 'comme on en peut commettre parnbsp; ignoranceauffi-bien que par malice,jenedoutenbsp; point que je ne fois fort obligée découteravecnbsp;;, refpeét tout ce que 1on me dit pour minftrui- re. Comme il sagic ici du devoir de la Conf- cience, ce qui a autorité de loieft plus né- ceGaire que les éxemples, qui ne font propresnbsp;,, qua appuyer une vérité déja établie, amp; qui fcnbsp;,, rencontrent rarement affez. femblables en tou-,, tes leurs circonftances pour en pouvoir fairenbsp;,, une comparaifon tout a fait jufte.^ Ceft pour»
quoi je me fuis davantage arrêtée aux quaere paffages du Deuteronome, de S. Paul amp; de 1 £.
vavgtle, qui font véritablement la Loi de Dieu,
5, fur laquelle il nous eft coramandé de méditer ,, jour 6c nuit, amp; qui a cela de propre, quellenbsp; neft point diiproportionnée a iintelligencedesnbsp; perfonnes ignorantes, comme Ie font dautresnbsp; fciences: mais au contraire quelle donne denbsp; 1intelligence 6c de la lumiére aux petits En- fants. Je vous dirai done dabord, ma très- chére Mere, que tout ce qui ne va qul prou- ver quon doit obéiifance 6c foumilGon auxnbsp; Miniftres de Jefus-Chrift 6c de 1Eglife, meftnbsp; tout k fait fuperflu , paree quil fulBt detrenbsp; Chrétienne 6c Religieufe, comme je Ie luisnbsp; graces a Dieu, pour être aufli difpofée k don- ner fon fang pour cette vérité, que pour tou»
,, en donnant une fignature publique, qui loit la marque dun confentcmenc fincére , qui neilnbsp;,, pas dans notre cceur,
Du refte, Monfeigneur, je me tiens a la ,, place oü je me fuis mife dabord avec ce pau- vre de 1Evangile, qui fouhaite les roiettes amp;
qui ne les demande pas. Dieu entend Ie défir du pauvre. Je luis affurée, Monfeigneur,quenbsp; ie mien ne vous eft pas inconnu. Vous ayésnbsp;,, devant vos yeux fur qui éxercer votre miféri- corde, afin dobtenir celle de Dieu. Pour moinbsp;,, je fuis perfuadéeque quoiquil arrive, ceft unnbsp; moindre malheur detre même réduite a fouf.
,, frir que 1on nous refufe les miettes qui torn*
bent fous la table de Jesus-Christ, que de séxpofer en 1ofïenfant a ne pouvoir obtenirnbsp; dans toute 1éternité une goutte deau pournbsp; adoucir Ie feu de notre fupplice. Cefl: de cettenbsp; vérité que jai une foi très-ferme par ia gracenbsp; de Dieu; elle me confole amp; me foütient dansnbsp; mon afflidtion au défaut de toute autre affiftan- ce; amp; eet abandonnement même oii je menbsp;,, trouve, qui me rend vraiment pauvre, eft ce nbsp; qui me fait efpérer davantage que Dieu pren- gt;,nbsp;dra foin de moi de quelque maniére que ce nbsp; puifle être. Je ne défefpére pas, Monfeigneur, nbsp; que ce ne foit en vous donnant pour nous les nbsp; fentiments qui font naturels a la lendrefle dun nbsp; Pere, amp; a la follicitude dun Pafteur qui nenbsp; veut pas perdre , mais confer ver a Jesus»
Christ les ames, dont-il a pris la conduite.
,, Vous ne fgauriés oublier, Monfeigneur, que jai 1honneur detre de ce nombre, amp; que jenbsp; conferve avec refpedt dans toutes mes difgracesnbsp; la qualité qui me rend, Monfeigneur,
LXXVI. Cinq ou fix jours après cette Lettre Madame Madame de de Rantzau, qui étoit malade, menvoya par unenbsp;«ivok un**' Meres un écrit fans me rien dire , finonnbsp;écrit. Ce quellc me prioit de Ie lire. Cétoit un recueilnbsp;que ceft de quelques paflages de lEcriture amp; des Peres,nbsp;eftf Eiirie1°quot; prétendoitquiprouvoient lobéiffance quonnbsp;lui renvoie, doit aux jugements de 1Eglife amp; des Supérieursnbsp;amp; lui écrit gn toutcs chofès. Et k la fin on faifoit unc ap-'re-plication de tout cela a notre affaire, amp; un pa-ralelle de la conduite des JanJenifies a celle desnbsp;Xiovatijles ^ avec un avis particulier pour les Religieuss de Port-Royal. Javois toujours gardénbsp;eet ecrit, que jefpérois bien emporcer, G je fbr-tois Jamais-, mais comme je fus furprife en mennbsp;aliant, je neus Ie temps de rien prendre, amp; el»
-ocr page 223-delation de la Perfé^ttot des Reliiieu/es de Fort-Heyal 1(354., nbsp;nbsp;nbsp;59 rendre compte; ce qui neft propte qua faue Relation efperer de la douceur de leur conduite, quilsde lacap.nbsp;imitent la difcrétion du S. Patriarche, qui nedeiaM.nbsp;vouloit pas trop prefler de marcher fes petitsAng. denbsp;Enfants amp; fes croupeaux, de peur de les faireSc,Jean. Mais il ne dit les aiitres points de la créance de 1Eglife. II ne sagic done point ici de fgavoir fi 1on doit obéirnbsp;aux commandements des Supérieurs; mais biennbsp;fi Ton peutfctre abfolument oblige en tomes Relation de la cap.nbsp;de laM'nbsp;Ang. denbsp;St. Jean. dans le nbsp;nbsp;nbsp;coeur, quoi la Lettre tuëj car ,, donnance a tué le fils de Dieu. Et tout le rencontres de croire amp; dapprouver par une ,, foufeription, quand ils 1ordonnent, tous lesnbsp;,, jugements quils rendent fur des matiéres denbsp; fails non révélés, dont on na point de con- noiffance, qui font encore en conteftation, amp;nbsp;j, qui touchent la reputation du prochain dansnbsp; un point trés important. Je dis quil ne sagitnbsp; que de cela , paree quil eft conftant quanbsp; moins davoir dans le coeur cette difpofitionnbsp;,, de foumilTion amp; de créance touchant h faitnbsp;3, content! dans le Formulaire, M.lArchevequenbsp; ne commande point, mais condamne au con- traire quon le fouferive, paree quil ne veutnbsp;,, pas éxiger un menfonge , mais un aquiefee- ment fircére, de ceux k qui il ordonne la fig-,, nature. Des quaere paffages de 1Ecriture citesnbsp; dans lécrit, il ny a que celui du Deuiéronomenbsp; qui fetnble établir cecce obligation ; amp; eeftnbsp; pourquoi il y a long-temps que je 1ai confi- déré. Mais fans me meier de 1éxpliquer, cenbsp; qui ne mappartienc pas, je fuis perfuadée parnbsp;,, une éxpérience convainquante, quil avoit be-,, foin de léxplication du S. Efptic, qui parlenbsp;amp; qui inftruit les ames, fansnbsp;la Lettre de cette or- peuple des Juifs, qui a demandé amp; pourfuivi fa more avec tanc de fureur , nauroit faitnbsp; quune aöion de juftice amp; dobéiifance, s'ilnbsp; avoir été dobligacion fous peine de mort da- quiefeer au jugement du Souverain Pontife, ,, qui 1avoit folemnellement condamné danslas-,, femblée de tous les Prêtres , les Scribes, les Pharifiens amp; les Anciens du Peuple , fur fanbsp;,, propre confeflion, amp; après avoir ouï tous lesnbsp; témoins qui ne saccordoienc pas, Ce qui faitnbsp;,, voir que la caufe écok doateufe, qui eft lenbsp; cas propofé dans Iordonnance du Deuteror.ome,nbsp;Car dailleurs il eft certain que ce peuple né-'' toit prévenu daucune mauvaife volonté con- t,-e Jefus Chrijl^amp;c que ce ne fut que lautoriténbsp; de ces perfonnes qui gagna leur efprit, commenbsp; 1Evangile le marque éxpreffément. Cela menbsp; prouve affez que cette Loi devoit avoir desnbsp; éxceptions, amp; qiielle ne donnoic point aunbsp;,, grand Prêtre, quoique Prophéte comme Cdi-phe , une infaillibilité dans fes jugements quinbsp; obligeat de les approuver fans aucun difeerne- ment. ,, Le paflage du dernier Chapitre de IEpitre aux Héhreuxy ne prouve quune obligation furnbsp; laquelle, comme jai déja die, je nai pas be-,, foin quon me perfuade, létanc pleinement,nbsp; qui eft robéiffance amp; la foumiffion quon doitnbsp; aux Prélats, qui ont charge de veiller fur nousnbsp; 6c de conferver le troupeau, dont ils doiyent |
mount tous en un meme jour, rien qui touche la queftion particuliere dont-ilnbsp;I sagir. Pour le paffage de IEpitre aux Romaint, je , naurois pas cru quon 1eut appliqué a ce fujet. Car réfifter a la Puiifance, eft une chofe bien , différente de séxcufer de croire ou de fairenbsp;, quelque chofe quelle ordonne. je croiroisnbsp;, fans doute mattirer cette condamnation dontnbsp;, S. Taul menace, non feulement fi je réfiftois \nbsp;la Puiffince, mais même fi je domois de lanbsp;, Puiffince du Chef de IEgUfe, amp; de celle denbsp;, tous les Eveques, qui font revems delautoriténbsp;, de JeJus~Chri(l , amp; quon ne peut méprifernbsp;, quon ne )e méprife. Mais graces a Dieu je menbsp; ients infininement éloignée dune difpofition finbsp;I, criminelle, en quoi confifte veritablemenc lenbsp; febifine, amp; je révére avec une très-profondenbsp; foumiffion cette Divine autorité, quieftpafféenbsp; par une fucceffion continuelle des Apotres , anbsp; qui yefus Chrifi 1a conférée, aux Eveques quinbsp;,, leur ont fuccédé, amp; qui font les Depofitairesnbsp; de la grace de la vérité, felon les termes du pas- fage de S. Trénée^ cité dans lécrir. Maisjau-,, rois fi peu compris par ces paroles de 1Epitrenbsp;j, aux Romains^ que ce fut réfifter a la Puiflancenbsp; que de réfifter même a quelques-uns de fesnbsp; commandements par des raifons de juftice 8c denbsp; néceffité, quil eft tout clair quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parle principalement en cet endroit de la Puiflance ,, féculiére, quil dit quelle ne porte pas lépéenbsp;3, fans caufe, amp; que le Prince eft le Miniftre denbsp; Dieu pour éxécuter la vengeance de fa colérenbsp; fur ceux qui font mal, 8c que eeft en cettenbsp; qualite quon lui paye le tribut. Or on fqaitnbsp;,, quels étoient pour lors ces Princes 8c ces Em-,, pereurs Pa'iens, des perfdcuteurs de IEglifequinbsp;,, publioient tous les jours des Ordonnances 8cnbsp; des Edits eontre la Religion Chrécienne, quenbsp; les Chrétiens faifoient gloire de méprifer publUnbsp; quement,8c è qui ils réfiftoient jufquMa more.nbsp; Réfiftoienc-ils pour cela a la Puiffance, 8c parnbsp;,, conféquent a 1ordre de Dieu centre le préceptenbsp; que donne ici S. Faulgt; Il eft bien vifible quenbsp; non ^ mais quau contraire ils étoient foumis inbsp; la Puiflance qui leur ótoit la vie, mais non pasnbsp; ^ Iinjuftice gui leur vouloit ravir la foi. Etnbsp; par une conféquence naturelle de cet éxemplenbsp;,, il eft bien aifé dallier quon peut êtreen même!nbsp; temps très-foumis a la Puiflance de IEgiife amp;nbsp; quon ne puiffe néanmoins croire ou obéir anbsp; quelque chofe quelle aura jugé en des maué-,, res humaines, ou elle ne sattribuc point cettenbsp; intaillibili;é divine incapable daucune erreur. La quatriéme a'atorité tirée du iS^me Chapi- » pi- |
'Rehtton de la Verjtcutioa des Religkujes de Port-Royal 166^] fK/f 4 4 Ijk ^ ^ m ^ nbsp;nbsp;nbsp;Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ t _ \ nbsp;nbsp;nbsp;0_ 1_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I 40 pitrc de S. Matihicu,kwk la plus fortedecou-,, tes, puifquelle eft fortie de la bouche de la vé* ,nbsp; rité-mêrne, ft elle concluoit quelque chofe furnbsp; notre fujet; amp; elle le feroit peut-être,fi Jejus-,, Chri[i avoir dit en général, amp; fans Iappliquernbsp;j, a un cas particulier, que celui qui ne'coute pasnbsp; I'Eglife doit être regardé comme un paten df unin- fidéle. Mais ceft ce quil na pas fait, 6c ilnbsp;,, me femble plutot que Iinftrudfion principalenbsp; quil a voulu donner en cet endroit, eft unenbsp; lègle de la pntiencc 6c de la douceur qui doitnbsp;,, accompagner la juftice de TEglife, qui ne ré-tranche jamais de fon corps que des membres ¦¦anime, quieft vientmemea s, cette éxttcmitè, quaprès avoir tenté routes les ,, voies de la douceur. Car il sagit en cet en- droit dun homme qui a ofïenféfon frére, 6cnbsp; qui perfifte opiniatrement dans une haine vo- lontaire, ou il ajoute le mépris des avertifle-,, ments de IEglife 6c Tirapénitence: qui dourenbsp;3, quun homme en cet état, quia violé la Loi, puifquelle eft route renfermée dans le précepte de la charité, ne foit féparé de Dieu 6c de lanbsp; communion des Saints? Et tout ce quon peutnbsp; inférer, ce me femble, de la conduite que ?- fus Chrift prefcrit quon doit tenir envers unenbsp; telle perfonne, ceft quil ne veut pas quon ulenbsp;dune févérité impatiente, quoique jufte, ennbsp; puniflant ceux qui péchent auffitót quils fontnbsp; tombés; mais qu'il faut donner lieu a la peni-3, tence par la fufpenfion du jugement, amp; en fenbsp; fervanc des voics de douceur, qui peuvent lesnbsp; ramener a leur devoir. Et cela paroit encorenbsp; mieux par la Jiaifon qua ce paflage avec la pa* ,, rabole qui le précéde de la brebis perdue, que JeJus Chrijl avoir conclue en difant: qu'ainfi cenbsp; n étoit pas la volontd de Jon Fere qu'il périt aucunnbsp; de ces petits^ après quoi fuit immédiatement lenbsp; paflage allégué,qui ne femble être quune inf- trutftion du foin que 1Eglife doit contribuer denbsp;fa part a ce deflein de Dieu, qui ne veut pasnbsp;que les petits 6c les foibles périflent. Pour gt;gt; « 'le; 8c que ce fut la volonté du Pere célefte, , lignorance ne nous peut nuïre. Et de plus je ,, flelEglifeabandonnat un Enfant plein de vie, ,gt; ne doute pas quil ny eut beaucoup de chofesnbsp;J)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;défaut que fa foiblcfle 6c fa petites- a objefter fur cet éxemple, dont les rapports fe, qui 1 empÊche de la pouvoir fuivre partout ne font pas peut-être aflez juftes, pour en faire Relation dc la cap delaM. Ang, de S, Jean, yy KttAtM\,kMS^ jaLXiai,0 j*-' *vgt;»» v.v^l nbsp;nbsp;nbsp;Vj U ^ quifontdéjaprivésdelefprit quilanir refprit de la charité, amp; qui nenviet II I) 3, faire done que cette autorité eut du poidscon*nbsp; tre nous, il faudroit que 1Evangile eütfuppofénbsp; une perfonne en létat oii nous fommes: unnbsp; homme qui na aucune haine dans le coeur,nbsp; qui na fait injure a perfonne, mais qui craintnbsp; den faire a la réputation du prochain, 6c quinbsp; par cette appréhenlion séxcufe, avec routenbsp;j, 1humilité qui lui eft poQible, de prendre partnbsp; è un jugement de 1Eglife, fur une matiérenbsp;3, dont il na nulle connoiflance, 6c qui a éxciténbsp; beaucoup de conteftations. Seroit-il bien fa-cile de conclure après cela quune difpolitionnbsp;»gt; ft differente méritat un traicement tout fembla-ble |
OÜ elle va, 6c de prendre part a tout ce quelle Relation fait ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la cap. Vous voyés done bien, ma trés chére Me-de laM. ,, re, que ces autorités ne fuffifent pas pour aflu- Ang. denbsp; rer ma Confcience, paree quelles ne méclai-St.Jean, rent pas aflez pour me perfuader deux chofes, qui concluroient tout. Lune, que 1Eglife ne ,, (e peut jamais troraper dans ces fortes de juge-3, ments de fait^amp;c par conféquent que cequelienbsp; prononce, étant toujours indubitable, obligenbsp; toujours a la créance. Lautre, que quand unnbsp;,, Supérieur obligeroit fon inférieur a prendrenbsp; part a quelque injuftice centre la lumiére de fanbsp; propre Confcience , mais feulement par fou* miffion, cet inférieur na rien ^ craindre dans le jugement de Dieu, 6c que fon Supérieur ré- pondra feul pour lui. Sil y a quelques autori- tés bien claires dans le vieil 6c le nouveau Tes- tament, 6c dans la Tradition,qui prouvcntcesnbsp; deux points, ceft dequoi jaurois befoin detrenbsp; inftruite; car oü il y va dc hazarder de perdrenbsp; Dieu pour jamais, ce feroit une étrangetémé-I, rité de croire en 1air fans fgavoir fur quoi onnbsp; fe fonde. Pour le refte de lécrit, ce neft pas de mon fait de répondre aux éxemples qui y font rap-,3 portés. il faut être inftruit dans lHiftoirenbsp;,, Eccléfiaftique pour en éxaminer lescirconftan-1, ces, 6c juger des rapports ou des differencesnbsp;3, quils one avec cette affaire, afin denpouvoirnbsp;,3 tirer quelque avantage. Notre partage neftnbsp; pas la fcience , mais la piété , qui oblige ünbsp;3, craindre Dieu 6c agarder fes commandements. Ce que jai feulement fgu en général fur cet éx-,3 emple de la conduite de S. yiugujiin envers les Donati/lesj eft quil jugeoit de nulle importan* ce aux peuples dêtre inftruits dn fait, quiétoit ,3 en queftion, 6c quil condamnoic les DonatifleSinbsp;,3 qui faifoient de cela un capital. Sur quoi S. nbsp;nbsp;nbsp;leur demande pour quelle raifon, 6c fi ceft quils simaginent que les fidéles ne puis- fent être innocents, sils ne croienc que les E-3, vêques, qui avoient ordonné Cec/7?fw, étoient coupables, vu quil fufiit pour être innocent denbsp;,, ne point confentir au mal que lon connoit, ,, 6c de ne pas juger temérairement de celui quon ne connoit point. Ceft ce que je puis tirer denbsp;,, cet éxemple, qui foit propre pour nous. Lanbsp; conduite perfonnelle de S. yiugufiin dans cettenbsp; affaire ne nous peut pas tant inftruire, y ayantnbsp;,, trop de difference entre le premier rang quilnbsp;,, tenoit dans 1EgIife, 6c le dernier que nous ynbsp;tenons,pour en conclure que nous foyonsobli-gées comme lui de prendre part a unjugementnbsp;quelle a rendu fur une matiére, dont la connoiflance ne nous eft point néceflaire, 6c dont une |
'Rslatien de la Verfécution des 'Relig.ieufes de 'Pert-^oyal jmparaifon. Un fait. donr Ips rioonbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
, ----------------lyj- nbsp;nbsp;nbsp;IÓ64,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;41
(¦ n uné entiére comparaifon. Un fait, don: les rien craindre en nous appuyant fur Ie foin dun Relation Keiation,,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;étoient prel'que effacées depuis plus de Pafteur, qui dok répondre a Dieu de routesde la cap.
dpi M cent ans, ne reflemble pas affez a un fait de fes brebis, il nous fera pour Ie tnoins autancdelaM.
oeia ivi. ,gt; __ .----- ,----- , . - nbsp;nbsp;nbsp;permis, ce me femble, de nous confier en !a Ang. de
'grande miféricorde du Prince desPafteurs,quiSt. Jean*
a donné fa vie pour nous, amp; que nous avons ,, plus daflurance qui compatit a nos ignorancesnbsp;amp; a nos infirmités, que nous nen avons eunbsp; jufqua cette heure que nos Supérieurs répondencnbsp; tellement ^ Dieu de Tobélifance que nous leurnbsp; rendons, que nous ne répondrons point nous-5, wcmes du mal que nous aurons commis parnbsp; foutniffion. Pardonnés sil vous plait pournbsp; cette feule fois, tna tres chére Mere, ma Ion-5, gueur amp; toon importuniré, amp; ayes feulementnbsp;5, compaffion de la peine que je fouffre dans cesnbsp; malheureufts néceffités , ou la fuice de cettenbsp;,, longue affaire nous a rédui:es,amp; defquellesjef- pére que Dieu nous délivrera en quelque ma- niére que ce foit, paree quil nabandonne ja-mais ceux qui ne mettenc leurconfianeequen
lui, Je naurois pas peine ^ figner ceci. m^ic
Ang.'de ,, nos jours, dont les preuves fedoivent trouver S, Jean, dans un Livre, qui fubfifte amp; qui eft entre lesnbsp;,, mains de tout le monde. Un parti engage de- puis un fiécle entier dans 1héréfie, amp; dans lenbsp;5, fchifme, mérite un autre trairement quun E-5, veque Catholique mort dans la communion danbsp;5, IEglife, amp; en odeur de piété. Ceft pour-5, quoi jai dit dès le comtnencement que ces for-}, tes déxemples ne me paroiilent utiles quaprèsnbsp;55 quon a bien établi 1obligation dela Loij carnbsp;5, fans cela ils ne font pas un appui aflez fermenbsp;5, pour fonder (olidement Iaffurance de fonfalut,nbsp;5, non plus que le paflage de S. Bernard, qui fait
4V nbsp;nbsp;nbsp;r tat»/ ^ V^Ul Idil
la conclufion de lécrit qui ne reflemble k no-tre affaire que par les noms de IEveque de Fa~ ris amp; du Dieu de Paradis a qui nous avons affaire. II nous eft témoin que nous nentrepre-nons rien fur les droits de notre Archevêque,
comme faifoit aiors le Roi de France-, que nous ,, lui, je n'aurois pas peine a fijner cecr'^quot;*
5, fommes parfakement foumiles a fon autorité ,, je ne le crois pas néceffaire, ?ous connn^®*
5, facrée: que nous reverons en fa perfonne la ,, bien Ians cela, ma ttès chére Mere votr^
5, puiflance de Jefus-Chrifl-, amp; que pour cette trés humble fervante. nbsp;nbsp;nbsp;
raifon nous craignons moins, felon la penfée
du même S. Bernard, la houlette de notre Paf. Javois ecrit cette Lettre ce matin, amp; jatten- LXXviU. teur, que les dents cvuelks du Loup, jugeant dois Ioccafion quil vint quelquun a qui je la pulT't?nbsp;quil y a moins de péril a être frappé de fa main, donner pour la porter a Madame de Rantzaui^Znbsp;qua fe jener foi meme dans le danger de per- mais elle vint elle-mêmemevoirraprès-dinée. Je^ M. nbsp;dre fon faluC, en éceignant le S. Efprit, amp; en lui dis que je lui avois écrit une grande Lettre,nbsp;agiffant centre fa propre Confcience.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans la créance aue ie nanrnis nas firnr Phrmnonri, i
___««A nbsp;nbsp;nbsp;.
7quot;.....7 quot;It' '¦.......'r* u ^ nbsp;nbsp;nbsp;créance que je naurois pas fitot Ihonneur
, Je pe fuis pas fort a(Iuree,ma trés chereMe- de lui parleri mais que le pouvant faire, je ne lavodian^. re, ti jai bien qu mal fait de vous donner donnois pas. Elle men nria fort néanmoinsnbsp;pour une feule fois tout cetedairciflement de avec un certain emDreffemenr
mes ftntiments au fujet de 1 ecrit que vous avés nbsp;nbsp;nbsp;cuiuicucmenr awreanie . nm mo
voulu que je vifle. Peut-être que je ferois mieux de mettre toujours ma force dans le fi-lencc amp; dans lefpérancc. Mais ce que jai eunbsp;en vuë, na été que de vous témoigner, que
avec un*^certain empreflement agréable, qui^me fit juger quelle en avoir trop denvie, amp; quellenbsp;en vouloit profiler j amp; nioi qui névitois rientantnbsp;que de faire parler de moi amp; de donner occaGonnbsp;quon vint me parler de ces fortes daffaires amp;nbsp;mengager h répondre, je crus que je matdrerois
OeUt-etre Hps ron1inn/»o nbsp;nbsp;nbsp;--- ^ nbsp;nbsp;nbsp;-
ce n'ell point par'{jnentérementaveu|l'eamp;opL ^uT-Sr? nbsp;nbsp;nbsp;F mattire'rtk^
matre, qui ne veut nen ecouter, que je de- nbsp;nbsp;nbsp;rephques ou des viGtes G ie laiir-®
meure toujours dans roes craintes: mak oue nbsp;nbsp;nbsp;^eft pourqud^i ie
ceft par une véntable timidité de ConfeienL nbsp;nbsp;nbsp;^ me contentai de lu^ dire de^ *
paree que dans toutes les raifons quon ma di- ^ ^ m nbsp;nbsp;nbsp;penfoisde fon ecrir m]a
tesjufqtf.ci, je ne vois point encore, non plus nbsp;nbsp;nbsp;venoit ^deJJe, amp; que M fArSl
que la Colombe de rArche,ou ' nbsp;nbsp;nbsp;' ~nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ quot;Pc nart. Rr enlffi ,! -S^eque
jj r- nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.......
,, tesjuiquici, je ne vois point encore nonnltic nbsp;nbsp;nbsp;uucivj i /irrhe -
que la Colombe de rArche,ou je puillepSer de^p''°' nulle part. Et en efFet la Mereplf'^^^® ,, mon pie avec furete^ amp; que fanscela je ne crois ï v'quot;''quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui avoit ditnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;®
pomtêtreobligéede ha.lrdermonaniequot;qua^ï S^-^ITconfuItST' ,, je devrois gagner tout le monde, Céftleconnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;quot;quot;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Po»
tuujuuio luuiuuit. ^ ji y it allurement moms
de péril pour nous a faire une fauce par igno- amp; le oeii otill v nbsp;nbsp;nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dit,
ranee ( G een eft une) en ne nous rendantpas étoit pkoyable. 11 me fit pomtanrbmn^deVquot;
a une chole a quoi nous ne nouscroyonspoint ne, parlappréhenGon oue Icus o ,nn obl|ees, qu a commettre un pêche avec con- vït a féduke quelquesLes deïo?^quot;^ '
F nbsp;nbsp;nbsp;ap-
'Relation de la Ferjéntkn des Religieufes de Port ^ Royal \ Et cé toic auffi la raifon qui me fai- fur quelque autorité infailiifale de la parole de Relation Dieu qui 1eüt promis; amp; que je demandoisquel*de la cap. les font ces autorités, paree que je nen trouvoisdela M.nbsp;aucune, amp; avois peine a croire que les autres en Ang. denbsp;trouvaflent, puifquils ne les alléguoient pas; amp; St.Jean.nbsp;que ce que 1on nous avoir voulu citer jufqua-lors ne prouvoit rien: doü je tirois une confé* ^11 nj» quence quon navoit rien trouvé de plus éxprès amp; de plus fort, puis quon nous 1auroit dit fansnbsp;doute; de forte que je ne pouvois pas hazardernbsp;ma Confcience fur des opinions en 1air, qui nenbsp;me perfiadoient pas affeznbsp;Je la prefTai ce jour-la, pour fqavoir fur quoinbsp;ellesétoit appuyée elle-même pour jurer amp; fignernbsp;Ie nouveau Formulaire. Elle ny répondit pas, quoi-quelle 1eut pu faire; car croyant auffi cerraine.nbsp;ment quelle fait linfailübilité du Pape amp; fur Ienbsp;droh amp; fur Ie fa'tt, elle ne put pas être mieuxnbsp;fondée pour cetie occafion particuliére. Maisnbsp;pour 1obéiflance en général a tous fes Supérieurs, Rektionappüque, de Ia cap,fok craindre de ne rien laifler par écri:, de peur de la M. quon ne Ie donnat a éxaminer a des gens quinbsp;Ang. de voudroient auffi écrire. St.Jean, En efFet je fus fans y penfer la caufe dun au-tre écrit, è quoi jai donné fujet par rencontre, LXXIX. gyapif copié è la Mere Supérieure un paffage de la quelle a-voit fait dun palTage»nbsp;de St. Bernard. Sonnbsp;Entieüen anbsp;ee fujet avecj)nbsp;IVIad: denbsp;jRantzau, quclle a a f C' cc lujcc. maïs je viens Lcttre de St. Benard, qui dit: nbsp;nbsp;nbsp;_ far Ucopie,, a point déxcufe plus frivole que dalléguer lo» béiffance quon a renduë a fon Supérieur, lorf-quon eft convaincu quon acommis unetranf-greffion contre Ia lol de Dieu; amp; que perfon-ne ne peut dire, a moins que davoir perdunbsp;1efprit, que ce puiCTe être bien fait dofer pré»nbsp;férer Ie commandement dun homme h. 1or-donnance de Dieu , de quelque dignité quenbsp;,, puiffe être celui qui fait ce commandement.nbsp;A quoi jajoutai une petite reflexion de 4. ou 5nbsp;lignes: Que S. Benard avoir fait Ie même veeunbsp;dobéiiïance que fes Alles; quil en fqavoit 1obli-gation par lumiére amp; par pratique; amp; quecétoitnbsp;néanmoins de cette forte quil en inftruifoit unnbsp;Religieux, qui avoit fait profeffion de la mêmenbsp;régie. Au bout de quelque temps Madame denbsp;Ravizau me donna dans 1Eglife, fans me riennbsp;dire, un écrit compolé éxprès fur ce fujet pournbsp;repondre aux deux arguments, que les Religieufes de PoruRoyal tirent de cette Lettre de S. Bernard. 11 forme lui-même ces deux arguments,nbsp;dont lun eft abfolument ridicule. Un Religieux, felon S. Benard, na point du abandonnernbsp;fon Monaftére avec fon Abbé, quoiquil en eutnbsp;la permiffion du Pape; Done une Religieufe peutnbsp;ne pas obéir au Pape, quand il lui commandedenbsp;figner ie Formulaire. II fe donne bien de la peinenbsp;a réfuter eet argument; amp; è faire voir que ceftnbsp;fouvent une chofe louable de ne fe pas fervir desnbsp;permiffions , qui ne font que des indulgences;nbsp;mais que cen eft toujours une inéxcufable de dé-fobéir è. un commandement formel. Je ne veux pas mamufer a redire ce quil me fouvient de eet écrit, qui eft Ie plus impertinentnbsp;que jaie vu,amp; qui neft fort quen injures,com-me je Ie dis fanchement a Madame de Rantzau,nbsp;qui ne sen fachapoint; au contraire elle me dit,nbsp;quelle vouloit semployer pour me faire parler anbsp;quelquun qui put fatisfaire aux Propofitions que jenbsp;lui faifois, maïs quil falloit que ce fut quelquenbsp;honnêce homme qui ne dit point dinjures, par*nbsp;ce quelle voyoit bien quon ne me gagneroit pasnbsp;par la. Ces Propofitions, dont elle parloit, é-toient que je lui detnandois toujours quelle menbsp;fit voir fur quoi elle appuyoit la certitude quellenbsp;avoit, quon fut toujours obligé de faire tout cenbsp;que les Supérieurs ordonnent, fans fe mettre ennbsp;peine de Ie difcerner. Et cette autre affurance,nbsp;qu2 quand bien ils auroient coromandé de fairenbsp;une chofe manvaife, on ne répondroit point anbsp;Dieu de Ce quon auroit fait par obéiffance. Quenbsp;pour etre petfuadé de cela, ii falloit être appuyé |
elle ny peut pas étendre la même maxime, paree quelle ne leur donne pasinfaülibilité. Ceft pour-quoi elle ne fe voulut pas engager a me repondre, amp; me dit quil me falloit faire parler a des gens plus babiles quelle, qui me fatisferoient. Celanbsp;fe paffa dans les derniers mois , amp; jappréhen*nbsp;dols affez quelle ne me procurat ces vifites, quenbsp;je ne fouhaicois point. Et je maffure quelle-même ne Ie difoit que par compliment, linten-tion de Mr. iArchevêque étant affurement quonnbsp;me laiflat en répos, comme les peribnnes dontnbsp;on nefpére rien. Jai fait cette digreffion au fujet de lécrit, que lon roe donna enfuite de la Lettre que javois é-queimfontnbsp;crite a M. i'Archevéque, dont je neus pointia M.Sup.nbsp;dautre reponfe, finon que ie Jeudi-faint la Merenbsp;6c Madame de Rantzau vinrent enfemble Ie ma fujet de fanbsp;tin me voir, 6c me parlérent dabord dautresdemiérenbsp;chofes indiffërentes: après quoi elles ajoutérent|;'5nbsp;que M. IArchevéque étoit toujours dans Ie mê- 'nbsp;me fentiment, amp; roé,xhortérenc un peu a tachernbsp;de lui donner fatisfaöion, A^ quoi je ne répon-dis rien, finon que ce feroit a lui den répondrenbsp;a Dieu; quune perfonne comme rooi, qui né-toit retenuë que par la crainte doffenfer Dieu,nbsp;en devoic avoir encore plus déloignement dansnbsp;un auffi faint temps que celui de la mort de Jefus-Chrid 6c de la fêce de Paques. Je mattendoisnbsp;véritablement quelles malloient tenir éxcommu-niée ipfo fado , quand je naurois point commu- LXXXr.nbsp;nié è cette fête, 6c jentendois tous les jours ia Elle reprendnbsp;Meffe, comme fi qeut été laderniére, jufquaprès^^R=Jj°\nbsp;lOdave, que voyant quon ne me difoit rien,dfi^7,rnbsp;6c quon ne me failbit pas plus mauvaife mine,Elle fe lé-je compris quon attendoic la Buile , dont on°a:nbsp;mavoit déja dit quelque chofe. Je nai plusde-p^°t\enbsp;puis parlé de rien , amp; écois bien réfoluë de nefe^moquot; i'*nbsp;plus parler qu'a Dieu, voyant trop quü ny avoitnbsp;rien a attendre de M. IArchevéque. Jai fait bien duchemin trop viie |
.a-~j nbsp;nbsp;nbsp;»¦quot;«' -'A»» loo^fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4?
Relationvieos für mes pas pour me retrouver dans ma re- veur. Je remarquerai en paffant cé que jai é- Relation de k cap. traite, oü javois paffe TA vent, mais dont jecrus prouvé en plufieurs rencontres pendant notre af-de la cap,nbsp;de la Mi être obligée de fortir amp; Noêl pour retourner au flifl-ion , quil eft prefque toujours vrai quondelaM.nbsp;Ang. de Choeur, amp; ne méxcommunier pas moi même. fouffre davantage par raPDréhpnf:^,- Anp.
uciarvr. ene «juugee u,. luim a nbsp;nbsp;nbsp;puurnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;retourner au nierion , qu u eit prelque toujours vrai quondekM.
Ang.de Choeur, amp; ne méxcommunier pas moi même. fouffre davantage par 1appréhenfion anticipée Ang. de Sc.Jean. Tout 1Avent on mavoit fait récit de la beauté quon a des chofes avant quelles arrivent, qucSt.jean.nbsp;des Sermons du P.NsKer ,amp; cétoit toujourspour des chofes mêmes quand eilcs font préfentes- amp;nbsp;me faire des petits reproches de cequejene vou- quil ny a point davis plus important amp; plusnbsp;lois pas les entendre. Madame des Hameavx, utile a pratiquer dans ces occafions, que celui denbsp;qui entre louvent dans cette maifon, amp; qui me r£vangile,de ne point penfer aulendemain. Carnbsp;faifoic 1honneur de me vouloir voir quelquefois, je me fouviens que long-temps devant Noel amp;nbsp;sen fachoic quali contre moi , de bonne grace devant Pa^ues, je nofois penfer que je palTeroisnbsp;pourtant,car elle ma toujours traitéecivilement, ¦ ces Fêtes féparée de la fainte Communion, fansnbsp;quoiquelle prit la liberie qui eft acquile a tout fentir une émotion amp; un attendrilTement furnbsp;le monde en ce temps ci, eeft-a dire de tnéx- moi-même, qui me faifoit redouter ce temps-la,nbsp;horter pour mon falut è me préparer a commu- non feulement par la douleur detre privée dunenbsp;nier, amp; pour cela dobéir a TEglife. Je me trou- ft grande grace, paree que fur ce fujet la foi menbsp;vois, par la grace de Dieu, 1efprit li calme en perfuadoic affez que Dieu pouvoit remplir ce vui-ce temps la, que dans k vérité je ne fentoispoint de, amp; me donnet autant de force par la commu*nbsp;que jeuffe pour lors k craindre que les Sermons nication des fouftrances de jefus Chrift, que parnbsp;de ce Perc roe fiffent aucune impreffion, com- la participation du Divin Sacrement, qui en eftnbsp;me javois appréhendé dabord; amp; i! ne me ref- le memorial. Mais il sy tnêloic une crainte hu-toit plus de raifon folide pour mexempter, que maine de Ihumiiiation que ce me feroit de pa-celle qui fubfifte toujours, amp; qui eft fuffifante k roicre a de celles Fetes, cornme un pauvre chiennbsp;des Religieufes de Port-'Royal, pour refufer de quon chaffe de la table, doot tous les autres sap.nbsp;voir ni entendre des Jffmtes\ mais comme elle prochentj amp; detre la dans le Chceur éxpofée aunbsp;eft un peu odieufe k ces bonnes lilies, qui nefti- jugement amp; aux yeux de tout ce qui! y a de Re-rnent rien tant que ces bons Peres , je ne leur ligieufes, de petitesNovices amp; deServantes, quinbsp;en parlois que fobrement, amp; jamais fansnéces- me regardoient comme une milerable, que Dieunbsp;ficé. Ainfi après mêtre confeillée avec Dieu, a rejette amp; que PEglife abandonne.
qui feul je pouvois avoir recours dans tous mes je Iacceptois néanmuirss de bon cceur, amp; me LXXXirr doutes, ( ce qui pourtant neft pas une petite pei- recommandois a Dieu pour cette occafion, mais Eile Acccplnbsp;ne, paree quon ne f?ait pas li on eft digne de fans marrêter a Ienvilager que le moins que jenbsp;bien entendre la reponfe) je conclus que ce fe- pouvois. Cependant il tna tellement affiftéc dans cnbsp;roit un fcandale de nc pas demeurer A la predi- ces rencontres, que je ne fgai li jai jamais palTé caufcit lanbsp;cation le jour de Noel, 8c de fordr de iEglife, ces Feces avec plus de confolation felon Iefpril Povanonnbsp;oü Jaurois aflifté a Vepres; amp; que pour cette de forte que je ne reffentis pas même cette bueni- menuFvnbsp;raifon il valoit mieux me réfoudre k Iemendre. liation extérieure amant que je me létois figuré, neft tóu. ^nbsp;Je le dis de cette forte a ces bonnes Meres, amp; Payant plucóc difcernée par raifon amp; par reflexion, quënbsp;que cétoit cette raifon qui mobligeoit a myren- que je nen étois touchée en effet, paree que je ¦'quot;'ama.nbsp;dre. Elles appuyérent que ceia auroit été bien létois beaucoup plus fenfibiement des avantages Përfé-^nbsp;mal autrement, amp; que tout le monde trouvoit de notre perfécution,amp; de la partquellemedon- Eiie^ëmendnbsp;fort étrange que je fiflé une difficulté que pas une noit aux anéantiflements du Fils de Dieu. Je S^rraonnbsp;dc nos Sceurs, qui étoient dans dautres maifons, ne fus point encore au Sermon le jour de lAn, RoL°'nbsp;navoit faite.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jen deroandai difpenfe jufquau jour desAsir què
II fut done conclu que jy irois; maïs Dieu le Préiieateur prenoit congé j 8c ainfi je Tenten.
XXXIl me voulut pourtant épargner encore une foiscet- dis pour la première amp; derniére fois. je naipas La^Sup:te peine, amp; la bonté de la Mere Supérieure befoin de dire comme i! prêche, on le connoïtnbsp;Iéxcmpce ^»en difpenk pour ce jour-k , ou javois affez bien. Mais ce que jy trouvai de meilleur eftnbsp;Injfcn enfüjet de mortification detre féparée de la table quil ne dit pas un mot qui approchat des difputesnbsp;lui propó- de Jefus-Chnft fans y ajouter celle- la. Je ne du teropsj amp; fon Sermon fut tout de Tarr.our denbsp;fani dailernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dou lui vint le bon mouvement quelle Dieu, amp; affez patétique j mais cette o-rande ar-
Krmon dVeut de me venir offrir delle-même avant Vêpres, deur avec laquelle il parle néchauff'e pastantetux vant le St. fi je voudrois aller pendant le Sermon affifter de- qui Técoutenc, quand on fgait quils ne tiennencnbsp;SacicnieM. jg S Sacrement, qui étoit éxpofé de leur pas affuré dans leur Compagnie quon ioit oblisé
dans leur Chapelle, quoiquil y eut pourtant dairoer Dieu, finon peut-être une fois alamort te Sm' une Religieufe fourde qui y eft deftinée. Je lui ou tout au plus les Feces amp; Dimanches.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; tes chofo
témoignai que je lui étois infiniment obügée de Puifque jen fuis fur cc luie', il faut au» Ip r!;r cette grace quelle nToffroit, amp; quelie me faifoit tout de fuice les autres occafions ou jai oui narlérre» *Ser.nbsp;deux plaifirs tout a la fois, mais eUe auroit été de ces Peres. On a fait courir le bruft auil v'nbsp;plus aife que je neufte pas tanc refleuti cette fat avoit eu un qui tnavoic parlé a ia grilleduChLur jlkiSf
F ^ nbsp;nbsp;nbsp;mal-
-ocr page 228-ieufes de Port^'Rojal 1664., amp;c.
vant des filles, qui ny foupqonnent point de dé- Relation faut: de forte que jeus une latisfaöion particu-de la cap.nbsp;liére de voir la grace viélorieufe dans la boucht de la M.nbsp;de fes ennemis, quand même ce bon-homme neAng denbsp;Ie feroit pas perfonnellemcot, car toujours il enSt. Jean*nbsp;porte lhabit: fon térae étoit ces paroles de lE-vangile du jour : Vous me chercherés ^ ne me trou-ver és point y Ó' vous mourrés en vos péckés 11 vou-loic leur prouver quil eft fouvent befoin dans Ianbsp;vie Chrétienne de rénovation j 6c pour en établirnbsp;Ie principe, il fit comparaifon dë la vie de 1amenbsp;avec celle du corps. 11 leur dit, que comme Ienbsp;corps tombe néceflairement dans la vieiilefle parnbsp;la longue fuite des années, 1ame eft aufli fujettenbsp;dans la vie de la grace è senvieillir, 8c que lesnbsp;mêmes caufes qui produifent la vieilleffe des corps,nbsp;produifent auflï la vieilleiTe des ames. il fit voirnbsp;que ce qui caufe raffoibliflTement de la vieiileflenbsp;eft, quand la tête 6C Ie coeur ceffentdinflueravecnbsp;autant de liberté, les efprits vitaux 6c animauxnbsp;q^ui doiventdonner la vigueur a tous les membres.
Ét que de même la fource des réfroidiflements6c des aöoibliffements des ames étoit, quand Jefus-Chrift qui eft notre Chef ceflToit de répandre fesnbsp;lumiéres dans notre efprit, 8c que Ie S. Efpritquinbsp;eft Ie cceur du corps de lEglife ceflbit danimernbsp;notre volonté par ks mouvements de fa charité:
Et que comme Ie corps devient péfanr, la vuë sobfcurcit, louïe 6c les autres fens saffoibliflentnbsp;dans les vieillards, aufli dans ces fouftraélions denbsp;graces intérieures lon voic la verfu la plus fervente tomber dans la lacheté 6c la lansueur . Oar-ce que Dieu fe retire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Cela fut pouflé fi loin, que je ne pouvois affez inétonner que ce fut un Jéfuite qui parlat de lanbsp;forte. Mais je ne faifois pas état de retenir fonnbsp;Sermon, non plus que je ne pretends pas ici lé-crire. Jajoute feulement une comparaifon, dont-il fe fervit pour éxptimer dans quelle impuiflan-ce nous réuuic ce retirement de la lumiére inté-rieure, quand Dieu nous 1'óte. 11 attribua ^ unenbsp;?me en eet état les paroles du Prophéte,
Tunt me in ebfcuris peut mortuos fiecuti ^ jj difoic quelle étoit bien comparée a ces morts du fiécle,nbsp;a qui on fait une grande pompe funébre ; onnbsp;met ce mort dans une Chapelie ardente,' il eftnbsp;tout couvert 6c environné de lumiére; tous ceuxnbsp;qui en font bien loin en font éclairésj 6c ce pau-vre mort qui ell tout proche, 6c pour qui tournbsp;cela fe fait, eft Ie feul dans les ténébres, 6c nenbsp;peut voir Ie moindre jour de tant de flambeauxnbsp;qui 1environnent. Ceft la, ajoutoit-il, lanbsp; vraie figure de cette pauvre ame: Elle a per- du la lumiére de les yeux , paree que jefus*
,, Chrift qui avoit accoutumé de répandre en elle ,, la connoiflance de la vériré ne lédaire plusnbsp;,, intérieurement; on a beau la prêcher,réxbor- ter, la menacer par les paroles de Üieuj elle-,, même a beau lire ks écrits, les méditationsnbsp;,, 6c ks Livres qui la touchoient auparavan^|»
9gt;
44 nbsp;nbsp;nbsp;. Relation de la Verfécution des 'Reïi'^
Relation malgré moi; tnais cela eft faux, je ne les ai ouïs de la cap.quen Chaire trois fois, la première fois Ie Perenbsp;de laMi i^ouety la fcconde un Pere qui rcvenoic de Cana-Ang de da^ dont on ne ma pas dit Ie nom, qui prêchanbsp;St.Jean. un des jours Gras, amp; fit un Sermon fort utilenbsp;pour moi dans la vériié, car il ne fut que de lanbsp;néceffité amp; des avantages de la foufFrance; quellenbsp;eft la marque des élus, amp; que la perfécution eftnbsp;la récompenfe de la juftice: que qui veut fairenbsp;Phorcfcope dun Chrétien, na qua confulter fonnbsp;étoile, 6c Ie figne qui a préfidé a fanaiffance,nbsp;quil trougt;/era quil a été baptifé dans Ia mort denbsp;]efus Chrift; que la Croix, dont on Ie m.arque,nbsp;a été Ie figne dominant de fa feconde naiffancejnbsp;6c quainfi il ne peut attendre route la vie quenbsp;des influences de ce figne qui Ie conduifent né-celT'irement a routes fortes de croix, dhumilia-tions amp; de fouffrances jufqua la mort 6cc, Lanbsp;veille de ce Sermon jen avois enrendu un autrenbsp;dun Religieux Piquepus^ ou autre, je ne Ie con-nois pas, qui avoit ptêché contre les défordresnbsp;de ces jours 1^, pour exciter a piier Deu pournbsp;tanc de perfonnes qui oublient leur falut. Jepenfenbsp;que ces Meres avoient trouvé ce Sermon beau,nbsp;paree que ce bon Pere sétoic fort animé , amp;nbsp;avoit parlé avec beaucoup de zèle. Madame denbsp;'Rant7.au ^ qui étoit malade alors 8c que 1on menbsp;mena voir, medemanda lequel des deux Sermonsnbsp;/avois eflimé davantage. Jentrevis fon deCfein,nbsp;6c je lui répondis, que la matiére du dernier mé-toit plus utile 6c plus propre que celle de Tautre,nbsp;En cela je ne donnois rien qu^ la vérité.
La troifiéme fois que jentendis encore patler un autre Jéfaite, ce fut un jour de Carêmeaunenbsp;Conférence particuüére quon faifoit aux Religi-eufes, fur la rénovation de leurs Veeux, quellesnbsp;devoient faire Ie jour de lAnnonciation. Ellesnbsp;avoient eu fouvent de ces Conférences avant ce-Ja, 6c en ont eu plufieurs fois depuis, 8c jamaisnbsp;on ne ma priée d'y aller, je ne fqai done par quelnbsp;mouvement elles saviférent de me venir deman-der ce jour la, fi je voulois aller a la Conférence, quon alloit faire avant Tierce. Je nen fisnbsp;point de difficulré, paree que je ne vis point denbsp;nouveau fujet de la refufer, tant paree quelles nenbsp;me difoient pas que ce fut un jl(fuite, que pareenbsp;que je les avois déja ouïs, 6c quilsnavoient parlé en nu'le maniére de rien, dont Je me puflenbsp;plaindre. jentendis done un bon-homme quinbsp;parle encore fon vieux Gaulois, m fis qui dans Ienbsp;iond leur fit un difcours tout a faitfolide, 6c quinbsp;fuppofoit les bonnes maximes de la grace, loitnbsp;quil ne les alt pas encore renoncées, paree quilnbsp;eft un des plus vieux de la Compagnie, 6c quilnbsp;ne seft peut-êcre pas engagé dans la chaleur desnbsp;derniéres difputes, foic que la force de la vériténbsp;1ait contraint de céder a 1autorité de lEvangilenbsp;quil avoit prilè pour fon fujet, 6c quil ne craig-rit pas que ce fut au prejudice des opinions de fanbsp;Compagnie^ paice quil ne croyoitparlerquede-
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4?
'Relation de la 'Perfdcutlon des Religieufes de Port'RoyaJ IÖ64, (5
l.«/s nbsp;nbsp;nbsp;\nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f^itleannor^T /A/gt; lant
sofïrit feulement de leur faire une exhortation en Reladott particulier a portes fermces, amp; elles !e goütcrentde la cap.nbsp;routes fi fort, que depuis elles Font redemandéde la M.nbsp;pluüeurs fois. Üe la forte quelle en parle,ilfeni- Ang. denbsp;ble quil foit plus humble que les autres. CeftSt jcan.nbsp;peut-être pourquoi il lui refte encore un peu plusnbsp;de lumiére quaux autres, pour ne pas méconnoi-tre rout a fait la Souveraineté de Dieu amp; la baf-Efle de Fhomme. Voila tour ce que javois a dire deuxi car je nen ai vu aucun de plus prés,nbsp;graces a Dieu.
jen écois demeurée au jour des Rois, quand Ie EXXXV^ Sermon du Pere maengagée aparlerdesau-^^^^JJ,^^^*,nbsp;tres de fa Compagnie. Je ne me fouviens de nen puls ie joutnbsp;de rémarquable dans ce mois de Janvier. Javois des Rois.nbsp;toujours continué detre enfermée jour amp; nuitnbsp;fous mes trois portes, mais en ce temps la Sceurnbsp;qui étoit ma geoliére, qui nétoic plus la Soeurnbsp;Converfe que javois eu au commencement, maisnbsp;une ScEur du Chceur, peu a peu ne fe rendoitnbsp;pas fi éxarfte a fermer routes les portes, amp; com-menga a laiffer affez fouvent celle de laChambrenbsp;ouvette, enforce que javois la liberté du paflagenbsp;qui étoit devant, amp; ce métoit une grande com-modité a caufe de la fumée, paree que jepouvoisnbsp;ouvrir cette première porte quand il en étoit be-foin. je ne fgai fi ce fut par ordre ou delle m.ê-me que cette Sceur lacha mes chaines j mais comme elle commengoit a me témoigner de la bonté,nbsp;quoique fans parler en nulle m-aniére de nos affaires, amp; je crois même qaelle ny eut rien entendu, car elle paroit une bonne Religieufe fort firn-ple, je doutai néanmoins fi elle navoic point faitnbsp;paroicre quelque affeöion pour moi qui 1eut ren-duë fufpeéte j car on prit Ie fujet de quelque in-difpolition fort légere quelle eut pour melóter jnbsp;amp; jai reraarqué que depuis elle na jamais ofé menbsp;regarder, quoique je laie quelquefois renconcréenbsp;par ia maifon, ce qui me fit imaginer qaon luinbsp;en avoir fait de grandes défenEs.
Jeus encore davantage ceite penféequand je vis^^j^^ 1embarras oü elles étoient, ne fgachant qui mcpiufieutT^^nbsp;donner en fa place, enforre quelles en chargé-fbis la St.nbsp;rent une pauvre Smur Converfe, qui étoit dèja'f.nbsp;accablée, amp; fur laquelle on fe décharge de toutEUesVnaa-la travail de la maifon, paree quelles ont beau-ge a ins'
coup de leurs Sceurs Converfes infirmes ouagées eHe même -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- _i-!nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ *la Gardicn*
ne, po
Relation elle ne voit plus goutte ^ tout cela , elle n'y de la cap.,, entend plus rien, elle neft plus touchée,nbsp;delaM. tne amp; non invsnietis, elle cherche Dieu,
Ang- de maïs elle ne fgauroic Ie trouver. Cela len-Sc Jean, gagea fi avant a caufe de la conclufion delEvan-gile, lé- in peccatis vefiris monemin 'i, qua la fin je crus quil sapperquc quil alloit fortir des hornesnbsp;du franc arbitre tout puiffant de fa Compagnie,
amp; quil pafloic du cöté de la liberté des Enfants de Dieu, qui confifte a reconnoitre la dépendannbsp;ce oü nous fotnmes de la grace volontaire du Sau-veur. Car tout dun coup il abandonna fes prcu-ves amp; fes principes pour faire une réflexion, quenbsp;ce nétoit -pas quil tint a Dieu que nous neulli-ons Ie fecours amp; les lumiéres, done nous avionsnbsp;beloin, mais que cétoit notie négligence qui ennbsp;étoit caufe, amp; que nous pouvionstoujoursen fortir. Et comme il eüt fallu commencer bien dunbsp;difcours a éclaircir tout cela, amp; 1allier avec toutnbsp;ce quil venoit de dire, il ne lentreprit pas, miisnbsp;finic ailei brufquemenc,nayantdit ceiaquen lair.
Parmi tout ce quil dit de bon, il mêla des ter-mes amp; des petits contes ridicules, amp; ces Filles en rioient en des endroits quali touthaut^ mais jenbsp;ne men choquai pas tant que jaurois fait dun autre, paree quil y paroilToic de la timplicité , amp;nbsp;que Ie refte étoit férieux amp; folide.
Lon dit la Mefle amp; lOfEce enfuite, amp; après la Mefle la Supérieure me mena avec elle faire unnbsp;tour de jardin. Elle ne manqua pas de me de-mander mon fentiment de cetce exhortation. Jenbsp;lui répondis tout fitnpletnent que je lavois trou-vée fort bonne, amp; enfuite je lui demandaiqui é-toit ce Pere. Elle me dit que cétoit Ie Pere dunbsp;Brueil, qui avoit été long-temps Supérieur ^ lanbsp;Flêche^ amp;c que lon en avoit tiré après la mort dunbsp;Pere Saintjure pour Ie mettre en fa place pareenbsp;que cétoit un homme fort fpirituel, amp; quil con-duifoit quantité de perfonnes de condition amp; é-toit ConfelTeur des Jéfuites avec Ie Pere Nouet.
Ge dernier article me donna compaffion de luiquot; car sil prend fur fa Confcience les péchésde tousnbsp;les autres de la maifon, ^ quoi lui fervira til s'ilnbsp;eft lui-même plus innocent queux.?Elle me con-ta enfuite comment elles 1avoient connu par rencontre i guayant manqué de Prédicateur a imenbsp;grande Fête, amp; les Jéfuites leur ayant promis un
qui p end nteret a ce qui touche ces Rehg.eufo, que la Mere Soüprieure prit foüvent la peine deSrs
r.nr nbsp;nbsp;nbsp;amp; demapporier tourcequü
rent contramts, pour ne fe pas mettre mal avec falloit pour foulager cette Filie, qui nen avo die, de leur envoyer a l heure-meme Ie Pere du pas Ie temps. Ceft pourquoi en témoignanc a lanbsp;Brueil, qui vint par obeiffance, maïs ne fe put Mere Supérieure k peine qae javois de leur Ittnbsp;jamais reioudre de monter en Chaire, amp; de par- fi fort h rharo-^ /tr iii»-..aL»
Ier devant Ie monde, faifant de grandes éxcafes
amp; les incolmoS
charge, amp; elle même témoignant defon
cote 1 inquietude quelle avoit que ie ne foiiffr,TT-
a la Mere de ce qu il netoic pas propre aprêcher, peut étre fouvent, étanc difficile quon ne mVu-amp; qu il avou de plus une difficulté de parler, qui bliat quelquefois, je pris la liberté de lui dire auelle lui etoit reftee d une paralifie quil avoit euë a la avoit déja eu du temps pour me conroicre amp; quenbsp;langue, qui 1en rendoit encore plas incapable, il fi elle vouloit prendre autant de conSance en moi
quot;Relation de la VerjHution des Religieujes de Vort'^Royal i66\., xt5 Rclationquon en prend en des prifonniersdeguerre,quon de iacap.laüTe aller prifonniersfur leur parole,jeleurenga*nbsp;dclaM. gerois bien la mienne, que je ne parlerois i per-Ang. de fonne amp;c nécouterois qui que ce ibit ,amp;quejenenbsp;St. Jean, fortirois pas plus de notre chambre,quequandjynbsp;dtois enfertnée , de forte que je nen ferois pasnbsp;dans la vérité plus librc, mais quelles en feroientnbsp;plus déchargées, qui étoit ce que jy confidérois.nbsp;Elle regut affeT, bien ma propofition, mais fansnbsp;y faire dé réponfe précife, finon que lon com-inerga bientót è ne plus fermer les pories, amp;nbsp;quelques jours après elle me dit que je pouvqisnbsp;fortir feule, mais a toutes les conditions que jenbsp;lui avois promifes, amp; que jai gardées fi étroite-ment, que quelquefois je me fuis répentie detrenbsp;entrée dans cec engagement, qui me lioit partoutnbsp;amp; en tout temps: au lieu que quand ce nétoitnbsp;pas moi-méme qui me retenois captive , jenbsp;neuffe fait nulle difïiculté de parler ou décou*nbsp;ter fi jen eufie eu loccafion , mais véritable-tnent je ne crois pas quil sen fut préfenté . carnbsp;ces Religieufes font fi aifujetties amp; fi réguliéres,nbsp;que pas une nauroitofé tenter cettedéfobéiflance,nbsp;1.XXXVII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ce fut au commencement de Février quon me Eikobtientdonna cet élargiffement, amp; ce me fut pourtant aïoud'flc- confolation inefpérée; car je croyois au con-incDt dan^s traire quelles duflent de jour en jour me reflerrernbsp;ion exil. davantage,mimaginantque les affaires empireroientnbsp;toujours. De forte que javois perdu touteefpérancenbsp;depuis que Ie temps de notreéledion étoit palfé ,amp;nbsp;les quatrc mois de la commiffion des filles óeSte, Marie., qui étoient échus au même-temps; paree quon nous avoit dit avant que de fortir,que leurnbsp;commifiTion ne portoit que ce terme. Ceft cequinbsp;nous avoit fait croire que fans doute onferoitunenbsp;fin de nos affaires après celajamp;quandje vis quonnbsp;ne parloit de rien,je perdistoutesmefuresamp;ne visnbsp;plus de fin a tous nos maux, finon la mort que jenbsp;mimaginois pour moi nêtre plus guére éloig-née, LXXXVIII Je ne me fouviens pas quel jour ce fut, mais Kileap- cétoit dans Ie mois de Février que Pon me ditnbsp;Touvlik de*® noiJvelle de la fignature de ma Soeur Gertrude.nbsp;la Signature Lon me parloit delle plus que des autres , anbsp;de la Sr. caufe quelle étoit dans une de leurs Maifons :nbsp;Gertrude,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quon men difoit étoit des nouvelles de fa fanté, amp; jencn demandois pas auffi davan-tage , me promettant bien que du refte elle ne changeroit pas. Quand elles me dirent fans beau-coup ce préfece quelle avoit figné depuis peu ,nbsp;dabord je ne Ie croyois pas, amp; leur fis paroitrenbsp;que cette nouvelle étoit trop furprenante pour nenbsp;pa? penfer quelles me la faifoient accroire. Maisnbsp;quand elles vinrent a particularifer Ie temps, lanbsp;maniére amp; les circonftances, je leur dis que jenbsp;me rendois; mais en même-temps je ne leur pusnbsp;diffitnuler mon étonnement. Files en prenoientnbsp;un bon augurc pour moi, mais je les alïurai quenbsp;c'étoit Lus lujec ; amp; que quoique je fuffe plusnbsp;furprifs £11® ue pouveis dire de ce chan- |
gement, il nen produifoit aucun en moi, amp; que Relation je ne pouvois que la plaindre amp; non limiter. de la cap.nbsp;Mais pour achever de maccabler, elles me de-delaM.nbsp;mandérent^ fi je dirois ia même chofe quand laAng. denbsp;Mere .r^^»Aauroit figné: que lon en efpéroit toutSt.Jean.nbsp;a fait bien , amp; qu'elle avoit demandé de patler knbsp;quelquun. Je ne fgai fi je répondis ou fi je nenbsp;répondis pas , car je demeurai dans Ie momentnbsp;comme une perfonne affommée: amp; tout ce quinbsp;me fouvient, eft quelles prirent aulïitót congé,nbsp;jugeant bien que je nétois plus capable ni de riennbsp;dire ni de rien entendre. Je ne la fuis pas davantage déxprimer roainte- LXXXIX, nant ce qui fe pafla dans mon efprit enfuite denbsp;cette nouvelle. Je nai de ma vie rien fenti deJFce' u-onnbsp;pareil, amp;c je crus que jen mourrois; je ne pou-lui avoit ditnbsp;vois plus refpirer, amp; mon jgt;oux étoit tout renver- M.nbsp;fé de 1agitation defpric epouvantable ou je fus^®'*'nbsp;plüfieurs heures; car ce ne fut pas feulement 1ap-pré.henfion dun fi grand malheur qui me troubla,nbsp;mais ce fut des penfées fi accablantes lur la conduite terrible de Dieu, sil Ie permetroit, quejap-préhendois Ie naufrage de ma foi, tanc cette tera-pête 1avoit agitéej ear je voyois des chofes inéx-plicables ce me fembloit l^-dedans;amp; plusje con-fidérois la vie, la piété, les lumiéres amp; 1hurailiténbsp;de la Mere Agnès, amp; qua la fin de tout cela amp;nbsp;après même ce quelle avoit fouffert a fon agenbsp;dune fi injulle perfécution, Dieu la voulütaban-donner a une ti horrible chute, amp; qui cauferoitnbsp;un fi grand fcandale, cela me paroifloit oppolenbsp;a toutes les promefles de Dieu, Sc mejettoiedans un li terrible effroi, que je croyois ne plus rien voir fur quoi affermir ma confiance pour efpérernbsp;encore en Dieu, sil abandonnoit une perfonnenbsp;qui avoit honoré avec une piété fi humble amp; dune maniére fi particuliére la fouveraineté de Dieunbsp;fur les ames , quelle avoit foufferquot;: la premièrenbsp;perfécution pour ce fujet , comme elle sétoitnbsp;encore éxpolée a la derniére par Ie motif de fanbsp;fidélité a la véritable grace de Jefus-Chrift, dontnbsp;elle reconnoit 1efficace avec tant de lumiére 8cnbsp;déxpérience. Je me perdois dans les horribles vuës qui me venoient la-deffus; 6c fi Dieu, a qui je tachoisnbsp;de me tenir , ne meut lui-même tenue parianbsp;main, jallois menoyer, comme 6 Pierre., parnbsp;1héfitation de ma foi. Je navois rien éprou''é denbsp;lemblable quand javois appris les fignatures desnbsp;autres, paree quil y a peu de perfonnes en quinbsp;on ne voie des endroits foibles par oülatentationnbsp;a pu entrer: mais de quelque cófé que je confi-déraffe celle ci, je la trouvoi un lar dn fermé 6cnbsp;une fontaine fcellée, 6c je ne con prenois pointnbsp;comment portam toutes les marques qui peuvencnbsp;faire difcerner les ames qui appartiennent Ie plusnbsp;a Dieu,a fa vérité 6c a (a grace, Ie Diable auroicnbsp;ofé rompre ce fceau pour empoifonner par 1erreurnbsp;6c Ie menfonge une iource fi pure; 6c que Ditunbsp;cutli peu fait paroitre fa puiffance a une perfonne qui |
Tlfiation de la Verfdcution des Religteufes de Tort-'Reyiel 1664, gt; amp;c, nbsp;nbsp;nbsp;47
Relation qu! ne fe confie quen elle, quil 1eut abandon* re Mere Ictlec de ia pieiidiion^nial-fondee qa on Rthion fis Ja cap iiée fans fecours en une fi périlleufe occabon, oü faüoit d elle. Joubiiois quaufiitót qtie je rus lor-de !a cap.
ma foi amp; tnon efpérance qui étoienc attaquées conjedture ridicule , ^ qui etoit , que h par cette tentation, amp; non que je fuffe en rien Agues avoir demandé a parler ^ qutlqu
1AMAM 1 AMA nbsp;nbsp;nbsp;Ia IV/Ïaaa yf .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_____argt;~gt; e3i~,t Ai ff* nbsp;nbsp;nbsp;fill
JaM. lans doute elle iinvoquoit fans cefle. Je ie dis tie de ce grand C'ouble, qui mavoit óté dabordde la M. /itig. de encore, Idi(i DomtKus adjuvit me pauib tniviis la libcrte de faire reflexion fur les circonltarices denbsp;Sc.Jean, habitsjfèt in inferno axima mea^ ceKe fois]a. Mais de cette étrange nouvelle qu on mavoit dite ,Stgt;Jean»;nbsp;je ne fgai fr je me fais entendre que ce nétoit que je conüdérai quon ne la fondoic que far une
rri'a frvi Ry m/^n /arTxavflrx/oo «-»»»lt; nbsp;nbsp;nbsp;___rlt;r^tr*rl^rr* nbsp;nbsp;nbsp;Otli PTolt -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IVlCTCnbsp;un : ce
ébranlée par léxemple de ia Mere ylgnès, quand elle auroit figné.
. Je demeurai trés long temps profternée devant dc'Lïntou-^^^'^ en réfiftant tant que je pouvois a routes cesnbsp;bieaprès réflexions qui maccabloient, pour tacher de nenbsp;bien de lai-faire quadorer Dieu; cnais 1orageétoittrop grand,nbsp;pdlres*^^ amp; je ne pouvois venir ï bout darrêter lAncrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* ferme de mon efpérance, tanc il me fembloit quil
ny avoir plus rien de foUde a, quoi Pon fs put te-nir, fi Dieu rejette ceux qui Ie chercbenc amp; qui nefpêrent quen lui. Enfin après bien du temps.
XC.
f)as pénétrer dans les deflTeins de Dieu, ni prévoir a conduite de fa providence , qui permet desnbsp;chofes que nous ne fqaurions comprendre , amp;nbsp;qui rénlTilfent routes néanmoins pour léxécutionnbsp;de tout ce quil nous a promis. Et de plus il me
qui ne vouioit nullement dire quelis fut difpo-fée a fe payer des tnéchantes raifons quon lui pourroit direr au lieu que nous^ avons éprotivénbsp;bien' des Ibis que nous avons ete louvent plusnbsp;affermies , après avoir oui la foibleffe des raifons amp; des preuves quon nous allégue pour nousnbsp;faire figner, Cependant il tna fallu porter tqu-jours depuis lincertitude de ce qui etoit arrivenbsp;de tout cela ; amp; je nai pu apprendre qüoiquenbsp;ce foit qui me tirat de cette peine, que ce quenbsp;^ ^ jai inféré de leur filence , que je prenois poujnbsp;bien des larmes,amp; des cris plutóc que des priéresquot;, une marque que la Mere navoic rien fait, puif-touc en un moment Dieu rendit Ie calme a mon quon ne sen vantoic pas , quoiquil me vinCnbsp;efprit, par un mouvernent fi fort quil me donna qudquefois des pcnfécs que quand il feroic vrai,nbsp;de mappuyer fur la vérité de fes promeffes, par peut être par piüé , elles mépargneroit la dou-une foi aveugle, qui ne cherche pas des preuves leur de me Ie dire; èc cela étoit caufe que lesnbsp;amp; des experiences,paree quelle doit avoir un fon- moindres fujets me donnoient de 1ombrage ,nbsp;dement plus irnmobile qui neft autre que la pa- comme une fois quelles me dirent que ma belle-role de Dieu-ractne, que fans mamufer ^ dilcer- Steur éroit venue fgavoir de mes nouvelles ;nbsp;ner par ma lumiére fi les événements y feroient quelle avoic été aulfi voir mes Sceurs a Saixtenbsp;conforraes en cette rencontre , je devois étre Marie, mais quelle navoic pas vu h Mere Ag-affurée par la foi quils Ie feroient certainement; nès, paree quelle étoit au Ut ce jour-la. Auffi-amp; que fi je ne Ie difcernois pas dabord, la faute tót je fis réflexion que fi la Mere ^gnès navoitnbsp;ne viendroit que de mon ignorance, qui ne peut pas figné , on ne lui permettroic pas daller au
ment, ayant tant dc fujet defpérer que Ie mal que je craignois narrivcroit pas, amp; que Ie bien, quenbsp;je dévois défirer uniquement, arriveroit toujours,nbsp;la volonté de Dieu ne pouvant manquer detrenbsp;accoraplie dans Ie ciel amp; dans la terre, quoiquilnbsp;arrive de la part des hommes.
Je ne fgai comment il fe put faire que cette grande agitation ceffat tout dun coup ; je menbsp;coüchai 1efprit tout tranquiüe, mais pourtanc af-fligée; amp; les larmes que je verlai depuis, amp; que
Parloir, puifque mes Soeurs navoienc acheté ce privilége qua un fi grand prix , amp; que cepen-danc men dif^t une autre raifon , il lèmbloicnbsp;quon me vouluc faire déviner quelle ne tenoicnbsp;pas a celle-la. Mais je rejettai cette inquiécu-vint une fi forte penfée que routes mes craintes de , amp; ne voulus point en demander déclair-dementqient lopinion que javois de la Mere Ag- cifletftent, ayant toujours fait état de nen riennbsp;nès, puifque fi je la penfois telle_quil me fem- demander h des perlonnes ^ qui je ne me fioisnbsp;bloit, je devois croire que Dieu laimoit; amp; que pas quelles me vouluffenc dire la vérité.nbsp;sil 1aimoic il ne la pourroit pas abandonner ni Je navois ouï-patler daucune de nos Soeurs XCLnbsp;manquer de force pour la defendre dc la tentation qui éioient demeurées a Parf-Aoru/, finon denbsp;OU pour la relever, fi elle avoic déji commence ma Sceur Fkvie , quon me dit une foisnbsp;i saffoiblir, que je ceffai de minquiéter inutile- étoit Soüprieure: je répondis que je men doutoisdé^iTsn^
= 1.. nbsp;nbsp;nbsp;i.._nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ Supérieure me demandant comment=
je pouvois déviner cela , je lui dis que quand on avoit yecu fi long-temps enfemble , on fet*^s El-connoiflou un peu; amp; elle noCi me faire par-l^apptendnbsp;Ier davantage. Elles me dirent auffi , mais ie ne
McUtOilde 5 je ne ilt;jai meme ft ce ne fut point vouioU depuis létraOtation , car elles me parloiencnbsp;delle affez fouvent, amp; comme dune perfonne
¦u nbsp;nbsp;nbsp;- , - , ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Comme je ne pouvois comoremfie
de tout mon coeur, afin quil décournat de ma (
ces bonnes Meres attnbuoient a la doukur que pourquoi on la diftinguoic tant des autres done javois de la fignature de ma Sceur Gertrude, né- on ne me difoit mot, je croyois que ré'dt Quel-toient plus que des mouvements de tendrclle qui Ie sétoit mile en crédit, amp; quon en faifoir unenbsp;accompagnoient les priéres que je faifois a Dieu perfonne dimportance; mais jétuis toujours en
quot;aache- inquietude de tventendre lien de ma Sceur Fraw-
ptf»
'C0
quot;Rèlatkn de Ja Perficulkn des Religieufes de Vort Voyal i66t^.,
IVlaifons dans , il y en avoit'a la Cara- ma Ie plus étonnée, a éré dapprendre ici de ma
Soeur iiufioquie que route la même chofe lui arri-va a S. Denis , amp; quelle tira fur fon fujet Ie même Verfet, quelle ma mo itré marqué dansnbsp;fon livre dès ce temps-la, afin de sen fouve-nir. Tout ce que je puis dire, efl; que je fis fonnbsp;confommés dans fbn fervice avec la plus grande trifteCfe qui fe puiffe
ées, les occafiors de imaginer : je ne 1ofai chanter comme je chantois
l nbsp;nbsp;nbsp;rrtiit- If* rpir/» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r/-*nr#»o io»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; c. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---
Hdationpife Claire , ne mimaginant pas quelle eut pu Les réponfes quelles faifoient è ces chofes-Ia, Relation de lacap. detneurer dans la maiion, après avoir éré nom» ne font que des lieux comcnuns qail ne ferc de de lacap*nbsp;de la.Vl. mee pour en fortir, 1) elle navoit obtertu cetce rien de recommencer j car ceft toujours pour dé laM*nbsp;Ang. de faveur par quelque mauvaife voie. Enfin on me prouver que nous nous imaginons que ceft violer 4ng. ésnbsp;St.Jean. dit environ vers ce temps la (du mois de Janvier li Loi de Dieu , amp; quau contraire Dieu nousSt.Je^^'nbsp;OU Février J quelie étoit fortie, amp; encore deux commande dobéir Sec. Elles ne meurent pasnbsp;aurres (la Steur Bregis Sc la Soeur Briquet} cé- plutót quittées , ^ue je recourus a mon refuge p^uieiitnbsp;toit Madame de Ravtzau qui les nommoit de la ordinaire (la priére amp; la parole de Dieu) dau' qu^ictef-forte. Jen eus la plus grande joie du monde , tant plus que Je nefgavois quelfentimentje devois ftr.t a cenbsp;bien que cela mapprït la continuadon des vio- avoir de cette pauvre Soeur, dont Ie malheur mafajet.nbsp;Icnces; mais cétoit aulfi une marque aflurée de paroifiloic fi grand amp; fans reméde fouvris la Bi-la fermeté de nos Soeurs, amp; julques- la je n en ble, amp; je trouvai devant mes yeux dans leaycmenbsp;avois pu découvrir quoique ce foit, car on ne Chap des Proverbes ; Jaculum lt;é- gladius léf fa-menparloitnienbiennienmal. Je ne fis tien du gitta acuta homo , homo loquitur contra proximumnbsp;tout paroïtre de mes fentiments, mais je répon- frum faljum teftimomum. Quand ce dard meücnbsp;dis froidement, après quon meut dit en quel- a moi-rnême percé Ie cceur , je nen ferois pasnbsp;les maifons on les avoit léparées, que je penfois demeurée plus cfïrayée. Tout ce que je pus faire,nbsp;qua ia longue il ne lè trouveroit pas alfez de fut dadorer Dieu dans un treroblement éxtrême;nbsp;Couvents dans Varis pour nous placer , amp; que amp; je crois que fa Providence permit cette ren-Mr. lArchevêque nous ayant dit cn fortant contre , non pas peut-être pour me donner cenbsp;quil en óteroit bien trente^ il ny en avoit en- fentimenc de la perfonne que je regrertois, maisnbsp;core que quinsc^e placées. Elle répliqua auffi de afin de me redoubler lhorreur de 1adion quonnbsp;fang froid ,, que sil ne fe trouvoit pas alfez de lavoit engagée a faire par foibleCTe. Mais ce qui
3)
pagne,quot;
Je bénis Dieu enfuite avec utie reconnoiflance rik bènitéxtrême , de la grace finguliére quil faifoit a nesnbsp;t/ieu de la dcux jeuncs SoEurs, davoir pare de fi bonne heu*nbsp;a une grace que Dieu naccorde même quenbsp;Srs, Eikap-farement a ceux qui fe font
pjcnd dar)s fervice pendant bien des années, ----------- nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-----------cciumc ic
Ie rrême- fouffrir pour la vérité amp; pour la juftice étant fi tout Ie refte ; Sc routes les priérea amp; les Pfeaumes
maiadil' éxtraordinaires, comme S. nbsp;nbsp;nbsp;Ie témoigne que je dilois mefFrayoient cn les difant, paree que
Ja Signature de fon temps. Et je puis dire que ce font les feu- jy voyois partout la condamnation de la faute,
amp; la more de h Sr.
Ftaii^cire CUire,
fCII.
les de qui j'aie re^u de la confolation , nayant dont jaurois voulu demander pardon pour elle: point igu de nouvelles certaines de pas uneautre, amp; rien ne ma fait une fi forte imprefifion que lesnbsp;amp; nayant eu que mes préjugés amp; mes conjedu- chofes que je vis fur ce fujet en ce temp'-ia (jenbsp;res, pour déviner qui étoient celles qui demeu- parle des yuës defprit Sc non pas des vifions) carnbsp;Toient fermes, paree que lon ne me difoit point fans mentir je ne {§ai quelle efpérance il peut ref-le nom de celles qui avoient figné dansla Mai- ter a la mort après une telle faute, quand on nanbsp;fon. Cfette joie fut fuivie de la douleur dappren- pas eu Ie temps de la réparer par une férieufe pé-dre après Paques la maladie amp; la fignature de ma nitence.
une perfonne qui meurt dans un efprit de fchif-me Sc de révolte contre lEglife, je crus que je devois écrire mes fentiments, afin qu'au moinsnbsp;on les trouvat fur mol après ma mort, amp; que cela remédik au fcandale. Je my mis tout S 1heu-re j amp; iachevai Ie lendemain ayant encore unenbsp;autre vuë lur eet écrit, que peut-être je Ie pour-rois donner a ces Meres pour les inftruire de mesnbsp;difpofitions, Sc par elles les faire fqavoir a Mr-ine po'urroi't paffer que pour une illufión j puifque lArchevêque, afin quil jugeat fur cela sil mac-quand un Ange même nous viendtoit éxhorter a corderoit ou non la Communion de Paques.nbsp;violer ia Loi de Dieu, S. Paul nous oblige de lui Mais je changeai bientot ce deffein; car des quenbsp;dire anathême,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;js regardois dun peu plus prés la diipolmon de
juger;amp; dès ie lendemain elles me direntfa mort, qui me fut un coup terrible, Elles auroient éténbsp;ravies quii meut fait grande peur. Et après ennbsp;avoir ptis Ie fujet de me faire une forte éxhorta-tion pour profiler dun fi graqd éxcmpe, elles menbsp;dirent quelles fouhaicoient, sil plaifoit a Dieu,
Soeur Franqoife Claire, Sc lon orna cette nou- Avant Ie Carême je me trouvaiquelques jours CIV. vellede routes les bellescirconlfancesqui faifoient fort mal: amp; un foir particuliérement métantnbsp;pafler fon obéiffance pour plus hérotque dans lef- nu en penfée que sil malloit prendre quelque ac* pcnfeedé-prit de ces Mcres, Sc pour plus déplorable dans cident ou quelque violente maladie, qui mótat qirefesfennbsp;Ie mien. Elle me toucha amant que lon peut la liberté de 1eiprit, on me regarderoit comme
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que cette bonne Soeur me vine elle même éxhorter a 1imiter, amp; me dire des nouvelles de 1autre monde. Je répondis quune telle apparition ne
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