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Qui CONTIENNENT les Problêmes Sc les Queftions les plus remarquables, Sc les plus propres a piquer la curlofité, tantnbsp;des Mathématiques que de la Phyfique ; Ie tout traité dunenbsp;maniere a la portee des Lefteurs qui ont feulement quelquesnbsp;connoiffances légeres de ces Sciences.
Par feu M. O Z A NA M, de LAcadémie royale des Sciences, amp;c.
Nouveci-E Edition, totalement refondue amp; coHUdérablenaent augmentée par M. de C. G. F.
TOME SECOND,
Contenant la Mécanique Sc VOptiquc , avec VAcoujllqm Sc la MuJiqM,
A PARIS, RUE Dauphine,
Chez Firmin Didot , librairepour les Mathématiques, r Artillerie et Ie Génie, grav. et fond. en caractères.
M. DCC. XC.
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Cont^nant divers Problémes de Mécanique,
APrès l^arithinétique amp; la géométne^ celle des fciences phyfico-mathéniatiques cloiit lanbsp;certitude paroit appuyee fur les fondements lesnbsp;plus fuuples , eft la mécanique; ceft auffi cellenbsp;dont les ptincipes , combines avec Ia geometrie»nbsp;font les plus féconds, amp; Ie plus fréquemmentnbsp;employés dans les autres parties des mathémati-ques mixtes. Aufli tous les mathématiciens qui fenbsp;font attachés a fuivre Ie développement des con-noiffances mathématiques,font-ilsimmédiatemen£nbsp;Torne II,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A
-ocr page 10-2 Recreations Mathématiques.
fuccéder la mécanique aux mathématiques pures; amp; en cela nous les imiterons.
Au refte , nous fuppofons ici nos leéleurs , comme dans toutes les autres parties des mathématiques que nous traiterons, nous les fuppofons,nbsp;dis-je , inftruits des principes fondamentaux denbsp;la fcience dont nous parlous; par exemple, quantnbsp;a la mécanique, des principes de 1équilibre amp; denbsp;Thydrollatique, des loix principales du mouvement, amp;c ; car il neft pas queftion ici denfeignernbsp;ces principes, maïs feulement de préfenter quel-ques-uns des problêmes les plus finguliers amp; lesnbsp;plus remarquables de Ia mécanique, Après eetnbsp;avertiflement, nous entrons en matiere,
PROBLÊME I.
Faire quune boule retrograde fans aucun objlach apparent.
Placez furie tapis dim billard une bille, amp; frappez-la, fur le coté, dun coup perpendiculairenbsp;au billard amp;C avec le tranchant de la main ; vousnbsp;la verrez marcher quelques pouces du cóté oü doitnbsp;la porter ce coup ; puis rétrograder en roulant,nbsp;fans avoir rencontré aucun obftacle, amp;C commenbsp;delle-mêrae.
Remarque.
Cet effet neft point contraire au principe de mécanique li connu , fqavoir , quun corps misnbsp;une fois en mouvement dans une direftion, continue de sy mouvoir tant quaucune caufe étran-gere ne 1en détourne. Car, dans le caspropofé,nbsp;Voici comment fe paffent les chofes.
Le coup imprimé, comme oh vient de dire, a
-ocr page 11-M É C A N I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;5
la bille , lui donne deux mouvements, un de rotation aiitour de fon centre, amp; un autre direft, par lequel fon centre fe meur parallél^nent au tapis , dans la diredtion du coup, Ce dernier mouvement ne sexécute quen frottant fur Ie tapis ; cenbsp;qui lanéantit bientót. Mais Ie mouvement de rotation autour du centre fubfiile ; amp;, Ie premier unenbsp;fois ceffé, il fait rouler la bille comme pour reve-nir fur elle-même. Ainfi il ny a , dans eet effet,nbsp;rien que de très-conforme aux loix connues de lanbsp;mécanique.
PROBLÊME II.
Faive unamp; bouli trompeuji au jeu de (^uillcs,
Pr E N E z une boule de jeu de quilles, amp; faites-y un trou qui naiile point jufquau centre; mettez-y du plomb, amp; bouchez-le fi bien quil ne foit pas aifé de Ie découvrir. Quoiquon roule cette boulenbsp;en la ),ettant droit vers les quilles, elle ne man-quera pas de fe détourner , a moins quon ne lanbsp;jette , par hafard ou par adrefle , de telle forte quenbsp;Ie plomb fe trouve deffus ou deffous en faifantnbsp;rouler la boule.
C E s T - L A Ie principe du défaut quont toutes les billes de billard ; car , comme elles font faitesnbsp;divoire, amp; qne dans une maffe divoire il y anbsp;toujours des parties plus folides les unes c{ue lesnbsp;autres, il ri'y a peut-être pas une büle dont Ie centre de gravité foit au centre de figure. Cela fait quenbsp;toute bille fe détourne plus ou moins de la lignenbsp;dans laquelle elle eft pouffée, lorfquon lui im-prime un petit mouvement, comme pour donnetnbsp;fon acquit vers Ie milieu de 1autre moitié du bil-
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-ocr page 12-4 Récréations Mathématiques.
lard , a moins que lendroit Ie plus lourd ( quon appelle U fort) ne foit mis defl'us ou delTous. Jainbsp;ouï dire a un grand fabricateur de billards , quilnbsp;donneroit deux louis dune bille qui neüt ni fortnbsp;ni foible, inais quil nen avoit jamais trouvé quinbsp;fut parfaitement exempte de ce défaut.
De-la il fuit que , lorfquon tire fur une bille fort doucement, on simpute fouvent de 1avoirnbsp;mal prife Sc davoir mal joué, tandis que ceft lanbsp;fuite du défaut de la bille quon a poulTée. Unnbsp;bon joueur de billard doit conféquemment, avantnbsp;de sengager dans une forte partie, avoir adroite-ment éprouvé fa bille, pour connoitre Ie fort Sc Ienbsp;foible. Je tiens cette regie dun excellent joueurnbsp;de billard.
Comment on peut conjlruire une balance qui paroiffe jujie kant yuid^ , aiiffi-bien que chargêe denbsp;poids inégaux.
No T R E deffein neft aflurément pas denfeigner une fupercherie auffi condamnable , mais unique-ment de montrer quon doit être en garde contrenbsp;les balances qui paroilTent les plus exaétes, Scnbsp;quen achetant des matieres précieufes , fi on nenbsp;connoit pas Ie vendeur, il efl: a propos de fairenbsp;leiTai de la balance. II efl; en elFet poflible dennbsp;faire une qui, étant vuide , fera parfaitement ennbsp;équilibre, Sc qui néanmoins fera faufle. Voicinbsp;comment.
Soient deux balTins de balance inégaux en pe-fanteur; Ie plus pefant A , Sc Ie plus léger B. Si Ton donne aux bras de la balance des longueurs
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inégales dans la niême raifon , amp;c quon fufpende Ie baflin Ie plus pefant A , a 1extrémité du bras Ienbsp;plus court, amp; Ie plus léger B, a celle du bras Ienbsp;plus long, cesbalfins, étant vuides, refteront en-équilibre. Maïs ils y feront encore quand on ynbsp;Hiettra des poids qui feront entreux dans la mémenbsp;raifon que les balfins. Ainfi celui qui ignorera lar-tifice croira que ces poids feront égaux , amp; il fera
ttompé.
Si, par exemple, un des baffins pefoit 15 8c 1autre 16 , 8c que, réciproquement, les bras dounbsp;ils feroient fufpendus euffent 1un 16 pouces 8cnbsp;1autre 15 de longueur, il y auroit équilibre lesnbsp;balTins étant vu'.des , 8c ils y refleroient lorfquonnbsp;y mettroit des poids qui feroient entreux dans Ienbsp;rapport de i ^ a 16 , Ie plus pefant étant mis dansnbsp;Ie balTin Ie plus lourd. II feroit mêine difficile denbsp;sappercevüir de cette inégalité des bras de la balance. A chaque pefée done quon feroit avecnbsp;cette balance , en mettant Ie poids dans Ie baffiii'nbsp;Ie plus pefant amp;t la marchandife dans 1autre, la-cheteur feroit trompé dun feizieme ou dune oncenbsp;par livre.
Mais il y a un moyen facile de démêler la trom-perie, ceft de tranfpofer les poids ; car, sils ne font plus en équilibre , cefl: une preuve que la balance eft infidelle.
PROBLEME IV.
Trouver Ie centre de gravitê de plujieiirs poids,
L A folution de divers problêmes de rnécainqua dépend de la connoiffance de la nature du centre de
6 Recreations Mathématiques.
gravité. Ceft pourqiioi nous aliens expofer lei les premiers traits cle cette théorie.
On appelle centre cle gravité dans un corps , le point autour diiqitel routes fes parties fe balancent,nbsp;cle maniere que sil etoit fufpendu par-la , il refte-roit indifferemment dans routes les lltuations oilnbsp;on le mettroit autour de ce point.
II eft aifé de voir que , dans les corps réguliers amp; homogenes , ce point ne peut être autre quenbsp;celui de figure. Ainfi , dans un globe , dans unnbsp;fphéroïde, ceft le centre ; dans un cylindre, eeftnbsp;le milieu de 1axe.
On trouve le centre de gravité entre deux poids ou corps de différente pefanteur, en divifant la dif-tance de leurs points de fufpenfion en deux partiesnbsp;qui foient comme leurs poids, enforte que la plusnbsp;courte ibit du cóté clu plus pefant, amp; la plus longue du cóté du plus léger. Ceft la le principe desnbsp;balances a bras inégaux, ou, avec un même poids,nbsp;on pefe plufieurs corps de clifferentes pefanteurs.
Lorfquil y a plufieurs poids, on cherche par la regie précédente le centre de pefanteur de deux ;nbsp;on les fuppofe enfuite reunis dans ce point, amp; 1onnbsp;cherche le centre de gravité commun avec le troi-fieme poids, amp; les deux premiers réunis dans lenbsp;point premiérement trouve ; amp; ainfi de fuite.
PI. I
fig. I
, Soienr, par exemple, les poids A , B , C , fuf-, penclus des trois points D, E, F, cle la ligne ou balance DF, c[ue nous fuppofons fans pefanteur.nbsp;Que le poids A foit de io8 livres, B de 144, amp;nbsp;C de 180 ; la diftance DE de 11 ponces, amp; EFnbsp;de 9 pouces.
Cherchez dabord entre les poids B amp; C , le centre commun de gravité ; ce que vous ferez,nbsp;eri divifant la diftance EF ou 9 pouces en deux
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parties, qui foient comme 144 amp; 18o, ou 5 amp; 4. Ces deux parties font 5 amp; 4 pouces, dont la plusnbsp;grande doit être placée du cóté du plus foiblenbsp;poids : ainli, Ie poids B étant Ie moindre , on auranbsp;EG de 5 pouces, amp; FG de 4; conféquemment,nbsp;DG fera de 16.
Suppofez a préfent au point G les deux poids B amp; C réunis en un feul, qui fera par conféquentnbsp;de 324 livres ; divifez la diftance DG, ou 16nbsp;pouces, dans la raifon de 108 a 324 , ou de 1 anbsp;3 : 1une de ces parties fera 12, amp; 1autre 4. Ainfi,nbsp;Ie poids A étant moindre , il faut prendre DHnbsp;égale a 12 pouces, amp; Ie point H fera Ie centre denbsp;gravité commun des trois poids.
On eüt trouvé la même chofe , fi Ton eut commence a réunir les poids A amp; B.
La regie eft enfin la méme, quel que foit Ie nombre des poids, amp; quelle que foit leur pofitiotinbsp;dans une même ligne droite ou dans un mêmenbsp;plan , OU non.
En voila affez, pour eet ouvrage, fur Ie centre de gravité; on doit recourir aux livres de méca-nique, pour diverfes vérités curieufes auxquellesnbsp;cette confidération donne lieu. Nous nous borne-Tons a obferver un beau principe de mécaniquenbsp;qui en découle : Ie voici.
Si plufuurs corps ou poids font tdkmznt dif-pofés entreux, qu'cn fe communiquant kur mou-yement, kur centre de gravité commun refe immo~ igt;ik , OU ne s'écarté point de la ligne hori^ntale ,nbsp;cef-d-dire ne hauffe ni ne haiffe , alors il y auranbsp;équilibre.
Ce principe porte prefque fa démonftration avec fon énonciation; amp;C nous pourrlons nous en
8 Récréations MathéMatiques, fervir pour démontrer toiites les propriétés desnbsp;machines: mais nous lailTons au lefteur Ie foin denbsp;faire cette application.
C E S T lei Ie lieu de remplir la promelïe que nous avons faite dans Ie Tome précédent, pagenbsp;411 , deréioudreun problême géométrique, dontnbsp;nous avons dit cjue la folution ne nous paroiffoknbsp;pouvoir fe déduire que de la propriété du centrenbsp;de gravité.
PI. I, Soit done Ie polygone irrégulier propofé AB-fig- 2, CDEA , dont les cotés foient divifés en deux éga-lement amp;na,b^c,d^e^ dou réfulte Ie nouveau polygone abedea; que fes cotés foient divifésnbsp;paredlement en deux parties égales par les pointsnbsp;a', b', c', d', e.', qui,réunis, donneront un troi-fieme polygone a' b' c' d' amp;' a'; amp; ainfi de fuite.nbsp;Nöus demandions dans quel point fe termineranbsp;cette divifion.
Pour Ie trouver, imaginez aux points a, b, c, d, e, amp;;c. des poids égaux , amp; cherchez-en Ie centre denbsp;gravité ; ce fera Ie point cherché.nbsp;f ignbsp;nbsp;nbsp;nbsp; P®-'' ^'^®dver ce centre de gravité , on sy
prendra de la maniere fuivante , qui eft très-fim-ple. Tirez dabord ab , Sgt;C que fon milieu foit Ie point jf; enfuite tirez c , amp; partagez-la en g, denbsp;forte que fg en foit Ie tiers ; menez encore gd^nbsp;amp; que gh en foit Ie quart; ayant enfin mené he ^nbsp;que h i en foit la cinquieme partie : Ie poids enbsp;étant Ie dernier , Ie point i fera , comme on peutnbsp;fe Ie démontrer par ce quon a dit plus haut , Ienbsp;centre de gravité des cinq poids égaux places en,nbsp;4 j ^ j c ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e, 6c réfoudra Ie problême propofé»
-ocr page 17-Trouver parties d'un poids que deux petjhnnes Joutiennent a Vaide d'un levier ou d'une harrenbsp;qu'elles portent por fes extrèrnités.
I L eft aifé de voir que fi Ie poids C étoit preci- pi. i gt; fément au milieu de la barre AB , les deux per- % 3.nbsp;fonnes en porteroient chacune la moitié, Mais fi Ienbsp;poids neft pas au milieu , on démontre , amp; il efl;nbsp;aifé de fe Ie démontrer , que les parties du poidsnbsp;foutenu par les deux perfonnes, font en raifon reciproque de leur diftance au poids. II eft donenbsp;queftion de Ie divifer en raifon des diftances; 8cnbsp;la plus grande portion fera celle que foutiendra lanbsp;perfonne la plus voifine du poids, amp; la moindrenbsp;fera celle que foutiendra la plus éloignée. Ce cal-cul fe fera par la proportion fuivante.
Comme la longueur totale du livier AB efl d la longueur AE , ainfi Ie poids total ef au poidsnbsp;foutenu par la puijfance qui ef d Vautre extrémiténbsp;B ; ou comme AB efl: a BE , ainfi Ie poids totalnbsp;eft a la partie foutenue par la puiflance placée en A.
Soient, par exemple, AB de 6 pieds, Ie poids C de 1^0 livres, AE de 4 pieds, amp; BE de deux ;nbsp;vous aurez cette proportion, comme 6 eft a 4, ainfinbsp;i^oaunquatrieme terme, qui fera 100. Ainfi Ienbsp;Porteur placé a lextrémité B portera 100 livres ;nbsp;^^nféquemment la puilfance placée en A ne feranbsp;chargée que de 50 livres.
R E M A R lt;IU E.
E A folution de ce problême donne Ie rnoyen de repartir un poids proportionnellement a la force
-ocr page 18-ii
lo Recreations Mathématiques. des agents quon emploie a Ie foulever. Car, finbsp;lun des deux eft , par exemple , de la inoitiénbsp;moins fort que Pautre, il ny aura qua Ie placer anbsp;une diftance du poids double de lautre.
PROBLÊME VI.
Comment on peut dijlribuer commodément ^ , 8,16quot;^
3 2 hommes , a porter un fardeau conjidérahU fans sembarraffer.
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PI. i,Sl Ie fardeau peut étre porté par quatre hommes % 4'après lavoir attaché au milieu dun grand leviernbsp;AB , faites porter les extrémités de ce levier furnbsp;deux autres plus courts CD , EF , amp; a chacun desnbsp;points C , D, E, F, appliquez un homme : il eftnbsp;évident que Ie poids fera diftribué également entrenbsp;les quatre.
rgt;
Sil faut huit hommes, faites a légard de chacun des leviers CD, EF, ceque vous avez fait a régard du premier , ceft-a-dire , que les extrémités du levier C D foient portées par les leviersnbsp;plus courts ah , cd^ amp; celles du levier EF par lesnbsp;leviers c f gh; enfin mettez un homme a chacunnbsp;des points ab, cd ,ef,gh: vous aurez huit hommes également chargés.
On peut de même porter les extrémités des leviers OU barres, ab, cd, ef, gh, par de nouvelles barres difpofées a angles droits avec cettes-la ; amp; ,nbsp;au moyen de eet artifice , Ie poids fera diltribuénbsp;entre feize hommes; Si ainfi de fuite.
Jai ouï dire quon emploie a Conftantinople eet artifice pour enlever les plus grands fardeaux ,nbsp;comme des canons, des mortiers, des pierresnbsp;enormes, SiC. On ma ajoute que eeft une chcle
-ocr page 19-ir
Mécanique.
^^marquable la viteffe avec laquelle on tranf-Porte ces fardeaux dun lieu a un autre.
PROBLÊME VII.
Vnc corde ACB , d'um longueur dkcrminée, étant attachU Idche par fes deux bouts, d deux pointsnbsp;dlinigali hauteur A amp; B, on demands quellenbsp;pojition prendra Ie poids P, attaché par un cordonnbsp;a unè poulie qui roule lihrement fur cette corde.
Des points A amp; B foient abaiffées les verticales PI. i, indéfinies AD, BE ; puis du point A, avec une % 5*nbsp;ou\jerture de compas égale a la longueur de lanbsp;corde, foit décrit un are de eerde coupant la verticale BE en E , Sc du point B foit décrit un pareilnbsp;are de eerde coupant la verticale AD en D; foientnbsp;enfin tirées les lignes AE , BD : leur interfeftionnbsp;en C donnera la pofition de la corde ACB , lorf-qtie Ie poids aura pris la fituation oii il doif refter, Sc Ie point C fera celui oü sarrêtera la poulie. Car on peut facileinent fe démontrer que ,nbsp;dans cette fituation, Ie poids P fera Ie plus basnbsp;quil eft poffibie.
PROBLÊME VIII.
Faire foutenir un feau plein déeau , par un baton dont une moitié ou moins repofe fur Ie bordnbsp;d'une table.
P
bien faire entendre la maniere dexécuter ce tour déqulUbre , qui eft tout-a-fait mal expHquénbsp;dans les anciennes Récréations Mathématiques ,nbsp;lolt dans Ie difcours, foit dans la figure qui eft
-ocr page 20-Recreations Mathématiques. abfurde, nous repréfenterons feulement, dans knbsp;figure fixieme, la coupe de la table amp; du feau.
PI. I, Dans cette figure , foit Ie deflus de la table % d. AB , fur lequel eft pofé Ie baton CD. Sur cenbsp;baton on paffe Tanfe du feau Hl, enforte que fonnbsp;plan foit incline , amp; que Ie milieu du feau foit ennbsp;dedans du rebord de la table. Pour fixer enfin lesnbsp;chofes dans cette fituation , on place un autrenbsp;baton GFE, qui appuie dun bout contre langlenbsp;G du feau, de fon milieu contre Ie bord F, amp; parnbsp;fon autre extrémité contre Ie premier baton C Dnbsp;en E, oü doit être une entaille pour Ie retenir.nbsp;Par ce moyen , Ie feau refte fixe dans cette fituation , ne pouvant sincliner ni dun coté ni denbsp;1autre ; amp; 1on peut, sil neft pas déja plein deau,nbsp;Pen remplir avec affurance : car, fon centre denbsp;gravité étant dans la verticale paffaiit par Ie pointnbsp;I, qui rencontre elle-même la table , il eft évident que ceft la inême chofe que fi Ie feau étoitnbsp;fufpendu du point de la table oü elle eft rencon-trée par cette verticale. II eft également vifiblenbsp;que Ie baton ne fqauroit couler Ie long de la table,nbsp;ni prendre un mouvement fur fon bord , fansnbsp;faire monter Ie centre de gravité du feau amp; de 1eaunbsp;quil contient. Plus enfin il fera lourd, plus la fta-bilité fera grande.
Remarque.
On peut exécuter , daprès Ie même principe , divers autres tours du même genre, quon propofenbsp;vulgairement dans les livres de mécanique.
Ayez, par exemple, un crochet recourbé DFG, comme on Ie voit dans la même figure ; faitesnbsp;entrer la partie FD dans Ie trou de la tige duna
-ocr page 21-MéCanique. nbsp;nbsp;nbsp;ïj
clé CD, nbsp;nbsp;nbsp;poferez fur Ie bord dune table ; .
fufpendez au crochet G un poids ; difpofez Ie tout enforte que la verticale GH rencontre Ie record de la table quelque peu en dedans : ce poidsnbsp;ne tombera point, ni la clé, qui peut-être fansnbsp;cela eüt tombé: ce qui réfoud cette forte de pro-blême naécanique propofé en fornae de paradoxe:
Un corps tmdant a tomher par fon proprt poids ,
/ empecher de tomher , en lui ajoutant un poids pn-cijérnent du même cóte qu il tend d tomher. Le poids paroit en effet ajouté de ce cóté; mais, dans lanbsp;féalité, il 1efl: du coté oppofé.
PROBLÊME IX.
Faire tenir un baton droit fur le hout du doigt, fans qu'il puijfe tomher,
Attachez deux couteaux, ou autres corps, a lextrémité du baton , de maniere que lunnbsp;penche dun cóté amp; 1autre de 1autre, en formenbsp;de contre-poids, comme on le voit dans la fi- Pbnbsp;gure ; mettez cette extrémité deffus le bout du% 1'nbsp;doigt: alors le baton fe tiendra fans tomber; Ssc finbsp;vous le faites pencher, il fe redreflera amp; fe temet-tra dans fa fituation. ,
II faut, pour eet effet, que le centre de gravité des deux poids ajoutés amp; du baton, fe trouve aunbsp;deffous du point de fufpenlion ou de lextrémiténbsp;du baton , amp;; non a lextrémité , comme le dit
M. Ozanam; car alors il ny auroit aucune fta-bilité. nbsp;nbsp;nbsp;^
C eft par le même principe que fe tiennent drqites ces petites figures garnies de deux contre-poids , quon tait tournet amp; fe balancer fur unenbsp;efpece de guéridon , portee fur une petite_ boule
-ocr page 22-14 Récréations Mathématiqués.
PI. 2, OU furla pointe de leur pied. Telle eft la petite ^11 ;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fig- figure DE, portee fur Ie guéridon I, amp;c garnie de
deux balles de plomb attachées par des fils de fer courbes. Le centre de gravité du tout, qui fénbsp;trouve fort au deflbus du point dappui, foutient lanbsp;figure droite , amp; la redrefle lorfquon la fait pen-cher; car ce centre tend a fe placer le plus bas pof-fible , ce quil ne peut faire fans redrefler la figure.
Ceft enfin par le méme mécanifme quon dif-pofe trois couteaux de maniere a tourner fur la Frg. 9. pointe dune aiguille; car, ces trois couteaux étantnbsp;difpoles comine on le voit dans la figure neu-vieme, amp; les ayant mis en écjuilibre fur la pointenbsp;dune aiguille quon tient a la main, ils ne fgau-roient tomber, paree que leur centre de graviténbsp;commun eft fort au deftbus de la pointe de lai-guillc qui eft fur le point dappui.
Conjlmcllon d'nm figure qui , fians contre-poiJs, Js rcicve toujours d'elle-même amp; fe tient de-bout, qtioi quon fafie.
Fi
»g-
Ta ILLE2 une petite figure humaine de quelque matiere extrêmement légere , par exeinple , denbsp;moëlie de fureau, qui fe coupe avec facilité Scnbsp;fort propreinent;
10. Faites-lui enfuite une bafe de forme hémifphéri-que dune matiere fort pefante, ,telle que du plomb. Une demi-baile de plomb, bienunie dansnbsp;fa partic convexe, fera ce quil faut. Vous collereznbsp;la figure fur la partie plane de eet hémifphere.
Quoi que vous faffiez alors , cette petite figure, auffi-tót quelle fera laiffée a elle-même , fe rele-vera, parceque le centre de gtavité de cette bafe
-ocr page 23-Mecanique. nbsp;nbsp;nbsp;ij
hémifphérique étant dans laxe, tend a sappro-cher du horizontal autant quil fe peut; amp; cela ne peut arriver, fans que eet axe deviennenbsp;perpendiculaire a Thorizon; car la petite figure quinbsp;eft defiTus Ie dérange a peine de fa place, a caufenbsp;de la difproportion de ia pefanteur avec celle denbsp;la bafe.
Cell de cette maniere quétoient formées ces petites figures quonappelloit desPruJJiens, amp; quonnbsp;vendoit a Paris au commencement de la dernierenbsp;guerre. On en formoit des bataillons, que 1onnbsp;renverfoit en paflTant deffus une baguette , amp; auffi-têt on les voyoit relevés.
On a imaginé , depuis peu , de faire des para-vants de cette forme , qui fe relevent toujours deux-mêmes.
PROBLÊME XI.
Sur ks deux pouUes A ,B , pajje une corde ACB , Pb uux extrimités de laquelle font fufpendus lesnbsp;poids P amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;donnés ; au point C ef fixé Ie poids
R par Ie cordon R C noué en C. On demande quelle fern la pojidon que prendront les trotsnbsp;poids amp; la corde ACB.
C
*-5 UR une perpendiculaire ^ ab lhorizon, pre-nez une ligne quelconque a c, far cette ligne, comme bafe , faites Ie triangle a dc te\ que ac foitnbsp;a c d comme Ie poids R au poids P, amp; d c a adnbsp;comme R a Q; tirez eniuite par A la parallelenbsp;AC indéfinie a cü?, amp; par B la parallele ECk ad:nbsp; point C d interfeftion fera Ie point cherché, 6cnbsp;Gonnera la pofition ACB de la corde.
' nbsp;nbsp;nbsp;prolongé on prend CD égale
öt quondécriveleparallélogrammeEDFC,
-ocr page 24-i6 Recreations MathémAtiques. il eft vifible quon aura CF amp; CE égales d cd^nbsp;a d; par conféquent les trois lignes EC j CD, CF,nbsp;feront entrelles comme les poids P , R, Q: con-féquemment les deux forces tirant de C en F amp; denbsp;C en E , OU felon les lignes C A, CB , feront ennbsp;équilibre avec la force tirant de C en R.
Li i;
Rem ARQUEs.
1. nbsp;nbsp;nbsp;S i Ie rapport des poids étoit tel que Ie pointnbsp;dinterfeftion C tombat fur la ligne AB ou au def-fus, cela défigneroit que Ie probleme eft impoffible.nbsp;Le poids Q ou Ie poifts P entrainera les deuxnbsp;autres, de maniere que le point C tombe en Bnbsp;OU A; enforte que la corde ne fera aucun angle.
Ces poids pourroient encore étre tels quil fut impoffible de conftruire le triangle acd; commenbsp;ft Pun des deux étoit égal ou plus grand que lesnbsp;deux autres a-la-fois : car , pour faire un trianglenbsp;de trois lignes, il faut que chacune foit moindrenbsp;que les deux autres enfemble. Alors on devroit ennbsp;conclure que le poids, égal ou fupérieur aux deuxnbsp;autres , les entraineroit tous deux, fans pouvoirnbsp;sarranger en équilibre.
2. nbsp;nbsp;nbsp;Si, au lieu dun nceud C , on fuppofoit lenbsp;poids R pendre a une poulie capable de rouler furnbsp;Ia corde ACB , la folution feroit la même ; car ilnbsp;eft vifible que les chofes étant dans 1état du premier cas, fi, au beu du noeud en C , on y fubfti-tuoit une poulie, réquilibre ne feroit pas trou-blée. Mais il y auroit une limitation de plus quenbsp;dans le cas précédent. II faudroit que le pointnbsp;dinterfeftion C , déterminé comme ci-delTus,nbsp;tombat au deffous de Ihorizontale menée par lenbsp;point B ; car , autrement, la poulie rouleroit jiif-quau point B, comme fur un plan incliné.
PROBLÊME
-ocr page 25-M E C A N I QU E. nbsp;nbsp;nbsp;if
PROBLÊME XII.
C'akul du umps quArchimede eüt employe , enfup-pofant lexécution de la machine dont il parloit d Huron , pour mouvoir la tem,
Ie monde, du moms parmi les mathe* maticiens, connoit Ie mot dArchimede au roinbsp;Hiéron, Donnet^moi un point fixe,, amp; je tirerainbsp;la terre de fa place. Cela donne lieu a un calculnbsp;curieux; fqavoir , combien de temps il eüt fallunbsp;a Archimede pour faire móuvoir la terre dunnbsp;pouce feuleraent, en fuppofant fa machine exe-cutëe mathématic|uement parfaite , c eft'R'dtrenbsp;fans frottement , fans pefanteur, amp;, dans un parfaitnbsp;équilibre.
Nous fuppoferons pour eet elFet la matiere dont la tetre eft compofée, pefer 300 livres Ie piednbsp;cube ; ce qui eft Ie poids moyen des pierres mé-langées de matieres métalliques, telles que proba-blement font celles que la terre contient dans fesnbsp;entrailles. Cela étant fuppofé, amp; la circonférencenbsp;grand cercle de notre globe étant de 9000nbsp;leues de zag3 toifes cbacune , on trouvera quilnbsp;^ontiendra en folidité 11301596000 lieues cubi-'l'^es oynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toifes cubes,
OU 305944x618818^29631000 pieds cubes; ce qui, a raifon de 300 Uvres Ig pied cube , faitnbsp;Un poids de 116783x781^645 6788 89Ó00000
fqait? dun autre cdté, par les loix de la mé-dban*^^^ 4iue , quelle que foit la conftruftion nne machine, Ie chemin que parcourt Ie poidsnbsp;e a,celui de la puiffance motrice , en raifon ré-«lle-ci au premier, On fqait encore
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que la force dun homme appliqué a une mani-velle, ne fqauroit faire quun effort dune tren-taine de livres, continué pendant huit ou dix heu-res avec une viteffe denviron 1500 toifes par heure. Ainfi , en fuppofant que la machine dAr-chimede fut mife en mouvement par une mani-velle, que la force de celui quil auroit appliquénbsp;a fa machine eüt été de 30 livres continuellementnbsp;appliquées a cette manivelle, avec une viteffe denbsp;1^00 toifes par heure, il eüt fallu, pour ébranlernbsp;la terre dun pouce , que la puiffance motrice eütnbsp;parcourulefpace de 385944161881892,96310000nbsp;pouces ; divifant eet efpace par 1500 toifesnbsp;OU 108000 pouces, on aura pour quotient 357-3^5798038789808 , qui léroit Ie nombre des heii-res employées a ce mouvement. Or il y a dans unnbsp;an 8766 heures, amp; dans un fiecle 876600 : done,nbsp;divifant Ie nombre ci-deffus par ce dernier, onnbsp;aura celui-ci, 407661188718 , qui feroit Ie nombre des fiecles pendant lefquels il eüt fallu tournet uniformément la manivelle de la machine ,nbsp;pour faire faire a la terre Ie chetnin dun pouce.nbsp;Nous avons négligé la fraftion du fiecle , commenbsp;une minutie inutile dans un parel! calcul.
PROBLEM E XIII.
^vec um trls-pctiu quantité d'eau , comme de quel~ ques livres , produire Veffet de plujieurs milliersnbsp;de livres.
pp faut dreffer un tonneau fur un de fes fonds; fig. 12. après quoi vous percerez 1autre dun trou proprenbsp;a recevoir un tuyau dun pouce de diametre , quenbsp;vaus y adapterez enforte quil joigne bien , au
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moyen de la poix ou de la filaffe. Ce tuyau doit avoir ix a 15 pieds de hauteur. Vous chargereznbsp;enfuite Ie fond fupérieur du tonneau de plufieursnbsp;poids, enforte quil fok fenfiblement bombé ennbsp;bas; reinpliflez enfin votre tonneau deau, amp;,nbsp;quand d feta plein, continuez den verfer par Ienbsp;tuyau; leffort de ce petit cylindre deau fera telnbsp;que, non- feulement les poids qui tenoient Ie fondnbsp;fuperieur bombé en bas feront foulevés, mais que,
Ie plus fouvent, ce fond fera relevé arqué en fens contraire.
II faut avoir foin que Ie fond den bas pofe fur la terre , fans quoi Ie premier effort de leau fenbsp;portera de ce cóté, amp; lexpérieuce paroitra inan-quer.
On pourroit certainement, en donnant plus de hauteur au tuyau , faire crever Ie fond fupérieurnbsp;du tonneau.
La raifon dun parell phénomene fe déduit amp;C eft a-la-fois une démonftration oculane dunenbsp;propriété particuliere des fluïdes ; fqavoir, quenbsp;lorfquilg portent fur une bafe , ils font fur elle unnbsp;effort proportionnel a la largeur de cette bafenbsp;wultipliée par la hauteur. Ainfi, quoique dansnbsp;experience il ny ait dans Ie tuyau quenvironnbsp;Ou 180 pouces cyllndriques deau, leffort eftnbsp;e meme que fi ce tuyau avoit toute la largeur dunbsp;tonneau fur les ix k pieds de hauteur.
Autre Maniere.
Attacbez fixement centre une muraille ou un PI. autre appyi femig ^ un corps pefant loo livres oufig. 13-
avantage ; ayez enfulte un vafe de telle dimenfion quentre ce corps 6c fes parois il ny ait que ia
Bij
-ocr page 28-10 nbsp;nbsp;nbsp;Récréations Mathématiquës,
place dune livre deau, amp; que ce vafe foit fuf-pendu a un des bras dune balance, dont 1autre bafiln foit chargé de loo livres. Verfez dans Ienbsp;premier baffin une livre deau, elle foulevera Ienbsp;baffin chargé de i oo livres.
On naaira pas de peine a concevoir la caufe amp; la néceffité de eet efFet, li lon a bieii conqu lex-plication du précédent, car elles font les mêmes.
11 nbsp;nbsp;nbsp;y a feulement ici cette difference, que 1eau, aunbsp;lieu dêtre raffemblée dans un tuyau cylindrique ,nbsp;lefl: dans lintervalle étrolt entre Ie corps L amp; Ienbsp;vafe qui 1environne; mals cette eau nen pefe pasnbsp;inoins fur Ie fond du vafe, que sil étolt entiére-jnent plein deau.
Autumint.
Ayez un pled cube de bols de chêne bien fee , qui pefe environ 6o livres , amp; un vafe cubiquenbsp;qui ne leXcede que dune ligne ou deux dans cha-cune de fes diinenfions. Ce pied cube de bois étantnbsp;plongé dans Ie vafe, verfez-y de leau; lorfquellenbsp;fora parvenue a'peu prés aux deux tiers de la hauteur , Ie cube de bois fe détachera du fond amp; fur-nagera. Ainfi, lon voit ici un poids de 6o livresnbsp;céder a une demi-livre deau amp; même moins.
-al
On voit par-la que Ie vulgaire eft dans Terreur, lorfquil penfe quun corps furnage plus facilementnbsp;dans une grande quantité deau cjue dans une petite ; il y fornagera toujours pourvu quil y en aitnbsp;foffifamment pour que Ie corps ne touche pas Ienbsp;fond. Si Ton a vu des vaiffeaux périr a Tembou-chure dune riviere , ce nefl: pas paree qull nynbsp;avoit pas affez deau, inais paree que Ie vaifleau
Mècanique; étoit ctargé » point d-ê.r= prêt inbsp;leau óenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Or 1eau de mer etant p P ^
de prés dun trentieme que leau clouce ,
Ie vaiffeau a paffe de 1une dans 1autre, ff a ü i senfoncer davantage amp;c couler bas. C e a
quun ceufqui senfonce dans leau douce , e
tient fur de leau qui tient beaucoup de le en folution.
PROBLÊME XIV.
Trouver la pcfaraeur d'un pud cube d'cau.
L A connolffance du poids dun pled cube deau eftvm des éléments les plus effentiels de Ihydro-ftatique amp; de 1hydraulique ; ceft pourquoi nousnbsp;allons enfeigner comment on le mefure avec pre-cffion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. .
On pourroit preparer un vafe dont la capacite fut précifément dun pied cube , le pefer vui e ,nbsp;amp; enfu'ite le pefer plein deau. Mals, comme lesnbsp;liquides furmontent toujours les bords d un valenbsp;affez conlldérablement, on naurolt pafquot; a ^aunnbsp;ïéfultat affez peu exaft. H y aurolt a la ventenbsp;moyen dy remédier ; mals lhydroffatique vanbsp;nous en fournir dune grande précidon.
Ayez un cube de matiere bien homogene, de métal, par example , de quatre pouces de cotenbsp;blen exaftement; pefez-le a une bonne balance,nbsp;pour connottre fon poids, a quelques grains pres,nbsp;aUacbez-le enfulte avec un erin , ou un dl de foienbsp;affez fort, au baffin de la même balance, amp;nbsp;furez de nouveau fa pefanteur pendant qudnbsp;plonge dans leau: lhydroftatlque appreod qu 11nbsp;perdra preclfément autant de poids que pefe unnbsp;parel! volume deau. Alnd la difference de ces
Blij
-ocr page 30-11 Récréations Mathématiques.
deux poids fera la pefanteur dim cube deau de quatre pouces de cóté, ou de la vingt-feptiemenbsp;partie du pied cube : dou il fera aifé de déduirenbsp;la pefanteur du pied cube.
PI
fis.
3, Si vous ne vous piquez pas dune auffi grande
14. précilion, préparez un cube ouun parallélépipede reftangle , dune matiere homogene amp; plus légere que 1eau, comme de bois; pefez - Ie auffinbsp;exaftement que vous Ie pourrez; plongez-le dansnbsp;leau avec precaution , de manlere que Peau ne Ienbsp;inouille pas au defifus du point oü il doit furnager.nbsp;Je fuppofe que IKL eft Ia ligne qui marqué juf-quoü il seft plongé dans Peau. Mefurez Ie folidenbsp;ABCDMI, en multipliant fa bafe par la hauteur ;nbsp;ce fera Ie volume deau déplacé par Ie corps, le-quel volume doit pefer autant que Ie corps lui-inême , fuivant les principes de Phydroftatique,nbsp;Que ce volume deau foit de 710 pouces cubes,nbsp;amp; que Ie corps pefe 29 livres 3 onces, on fqauranbsp;conféquemment que 710 pouces cubes deau pefentnbsp;29 livres 3 onces: dou Pon tirera aifément ce quenbsp;doit pefer Ie pied cube, qui contient 1728 poucesnbsp;cubes. Car il ny aura qua faire cette proportion;nbsp;comme 720 pouces cubes font a 1728 , ainfi 29nbsp;lignes 3 onces a un quatrieme terme , qui feranbsp;yo livres 4 onces.
Connotirc de deux liqueurs laquelle ejl la plus legere,
C E problême fe réfoud ordinairement au moyen dun inftrument alfez commun amp; alTez connu ,nbsp;quon appelle Aréometre ou Pefe-liqueur. Ce neftnbsp;autre chofe quune petite boule furmontée dun
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tube de 4 a 5 pouces de longueur; il y a dans la PI. 3, boule quelques grains de plomb ou un peu de %nbsp;mercure ; Ie tout eft tellement combine que ,nbsp;dans une eau dune pefanteur moyenne , la petitenbsp;boule amp; partie du tuyau font plongées dans Feau.
On conqoit préfentement avec facilité que ft eet inftrument eft plongé dans un fluide, par exem-ple de 1eau de rivieYe, quon reinarque jufquounbsp;il sy enfonce, amp; quon Ie plonge enfuite dans unenbsp;autre eau, par exemple de leau de mer, il sy en-foncera moins ; amp; ft , au contraire, on Ie plongenbsp;dans une liqueur plus légere que la premiere,nbsp;dans de 1huile, par exemple, il sy plongera davan-tage. Ainfi, lon connoitra aifément laquelle desnbsp;deux liqueurs eft la plus pefante ou la plus légere,nbsp;fans aucune balance. Ces inftruments ont dordi-naire dans leur tuyau une échelle numérotée,pournbsp;reconnoitre jufqua quel point il eft plongé.
Mais eet inftrument eft une machine grofliere, en comparaifon de celui que M. de Parcieux anbsp;donné en 1766 a lacadémie royale des fciences.
Rien neft cependant plus fimple.
Cet inftrument eft formé dune petite bouteille de verre , de deux pouces ou deux pouces amp; demi aunbsp;plus de diametre, amp; de fix a buit pouces de long.
La partie inférieure ne doit pas être renfoncée en dedans , afin déviter quil ne sy loge de lairnbsp;quand on la plongera dans leau. On la bouchenbsp;avec un bouchon de llege fort ferré , dans lequelnbsp;®n implante , fans Ie traverfer , un fil de fer biennbsp;^'oit, de 15 öu 30 pouces de longueur, amp; denvi-ron une ligne de diametre. On charge enfin lanbsp;bouteille eny introduifant du petit plomb, en tellenbsp;orte que 1inftrument, plongé dans la liqueur lanbsp;plus légere de celles que ion veut comparer, sen-
Biv
-ocr page 32-24 Recreations Mathématiques.
fonce au point de ne lailTer quun bout du fil de fer au defius de fa furface, amp; que, dans la plusnbsp;pefante, ce fil de fer ny foit plonge que de quel-ques pouces. Ceft un point que Ton atteindra ennbsp;augmentant ou diminuant, foit le poids qui chargenbsp;la bouteilie , foit le diatnetre du fil de fer, foit 1unnbsp;amp; Fautre a-la-fois. On aura, par ce moyen, unnbsp;inftrument qui rendra extreinement fenfibles lesnbsp;moindres differences de pefanteur fpécifique quinbsp;fe trouveront dans des liqueurs dilferentes , ou quenbsp;la même liqueur pourra eprouver dans differentesnbsp;circonftances, comme par Feffet de la chaleur,nbsp;ou par le melange de divers fels, amp;c.
11 eft au furplus aifé de fentir que , pour faire ces experiences , il faut avoir un vafe dune pro-fondeur fuffifante , comme un cylindre de fer-blanc^ de 5 ou 4 pouces de diametre amp; 3 a4 piedsnbsp;de longueur.
Jai vu un pared inftrument qui avoit un mouvement ft fenftble, que , plongé dans de 1eau re-froidie a la temperature ordinaire , il senfonqoit de quelques pouces lorfque le foleil donnoit deftiisnbsp;ieau , amp; remontoir auffi-tot quon avoit inter-cepte les rayons de cet aftre. Une très-petite quan-tite de fel ou de fucre jetee dans Feau, le faifoitnbsp;aufli remonter de quelcjues pouces.
Par le moyen de cet inftrument, M. de Par^ Cieux a examine les pefanteurs differentes des eaux,nbsp;entrautres celles quon boit a Paris, ou qui ontnbsp;de la célébrité; amp; il a trouve que la plus légerenbsp;de routes étoit 1eau diftillee. Viennent enfuite ,nbsp;en diminuant fuccelftvement de légéreté, 1eau denbsp;Seine, 1eau de la Loire, 1eau de IYvette, 1eaunbsp;dArcuell , 1eau de Sainte-Reine, celle de Villq-.nbsp;clAvray, celle de Brifto.1 j celle de puijs.»
-ocr page 33-MÉCANIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;l'y
On volt par-la 1erreur oü eft Ie vulgaire, di-maginer queleau de Ville-dAvray, celle de Sainte-Reine, celle de Briftol, cette derniere fur-tout, quon fait venir a fi grands frais, foient meilleuresnbsp;que les eaux communes de riviere ; car elles fontnbsp;au contraire les plus mauvaifes, puifquelles fontnbsp;les plus pefantes.
Tout comme les eaux différentes ont diflférentes pefanteurs', ainfi les vins varient en pefanteur 8cnbsp;légéreté. Le plus léger de tous les vins connus ,nbsp;du moins dans ce pays-ci, eft celui du Rhin.nbsp;Viennent enfuite le vin de Bourgogne, celui denbsp;Champagne rouge , les vins de Bordeaux , denbsp;Languedoc , dEfpagne , des Canaries, de Chy-pre, 8cc.
Jai vu, il y a quelques années , vendre a la Cour un Oinometre, ou inftrument fait pour me-furer les différents degrés de pefanteur des vins. IInbsp;conliftoit en une boule creufe dargent, furmontéenbsp;dune petite lame de 3 a 4 pouces de longueur, 8cnbsp;düne ligne ou une ligne amp; demie de largeur, furnbsp;^aquelle étoient marquées des divilions qui indi-quoient, au moyen dun petit imprimé , jufquounbsp;^ inftrument devoit senfoncer dans différentes for-de vins. II eft aifé de voir que ce nétoit lanbsp;que laréometre ordinaire, exécuté en argent.
La plus légere des liqueurs connues eft léther, la liqueur éthérée de Frobénius. Enfuite, parnbsp;®'^dre de pefanteur, lefprit-de-vinbien déflegmé,nbsp;^^n-de-vie , 1eau diftillée , leau de pluie , les
. tie rivieres, les eaux de fources, les eaux de de^^* eaux minérales. Nous ne parlons ici quenbsp;^aiix : on verra dans la table qui fuit,Jes rap-por s e pefanteur fpécifique de différentes autresnbsp;tqueurs avec leau de pluie, qui, étant la plus fa-
-ocr page 34-a6 Recreations Mathématiques.
cile a fe procurer , fervira de module commun. Nous y donnons auffi les pefanteurs fpéclfiques denbsp;différents corps folides, tant métaux amp; minérauxnbsp;que végétaux amp; animaux ; en quoi nous croyonsnbsp;faire une chofe agréable a nos lefteurs ; car ilnbsp;arrive fréquemment tjuon a befoin de cette con-noiffance,
Cette table des pefanteurs fpécifiques fe pré-fènte ici fous deux formes différentes, On y trouve la pefanteur de chaque corps, exprimée de deuxnbsp;manieres ; dans la premiere colonne , elle 1eft ennbsp;parties dont looo expriment celle de leau denbsp;pluie ; dans la feconde , elle Feft en livres amp;nbsp;milliemes de livres , quil eft facile de réduire ennbsp;onces , amp;c. ceft Ie poids du pied cube de lanbsp;matiere dont il sagit. Lune de ces expreffions fenbsp;réduit facilement a Tautre , dès quon a Ie poidsnbsp;précis du pied cube deau de pluie , qui eft denbsp;69 liv. 9065 (lt;t)- II ny a en effet, pour unenbsp;matiere donnée , 1argent fin de coupelle , parnbsp;exemple, qua multiplier ce poids (69.9065) parnbsp;Ie nombre qui fe trouve dans la colonne des rapports de pefanteurs fpécifiques, a coté de la matiere propofée : ceft ici 11.091. Multipllant donenbsp;69.9065 par 11.091, Ie produitfera 7753319915,nbsp;dont on retranchera les quatre derniers chiffres:nbsp;alors , du nombre reftant, les trois derniers don-neront des milliemes de livres, amp; les trois pre-
( a ) Cell; du moins ainfi que je 1ai déduit par un cal-cul laborieux; amp;, a ce fujet, javouerai mon étonnement de navoir pas trouvé , même dans les Mémoires de 1Académie des Sciences , eet élément fondamental de toutnbsp;calcul des pefanteurs des autres fubfiances, foit folides,nbsp;foit liquides. VEncyclopédie dit auffi fur leau tout ce quonnbsp;peut dire, hors cela quil étoit important de dire.
-ocr page 35-Jïiiers Ie nombre même des livres. Ainfi 1argent, abfoiument pur amp;fans alliage , doit pefer 775 Uv.nbsp;amp;: y par pied cube. On trouve de la méme ma-niere , que le pied cube dor a 24 karats, pefenbsp;1372 liv, Au contraire , connoiffant le poidsnbsp;du pied culje deau amp; celui du pied cube dunenbsp;autre fubftance , il ny aura qua divifer le derniernbsp;par le premier, amp; 1on aura le rapport de la pe-lanteur fpécifique de cette fubftance a celle denbsp;1eau , amp; confequemment , aufli a toute autrenbsp;dont la pefanteur fpécifique eft auffi connue.
Nous allions livrer a Fimpreffion la table que nous venons dannoncer, lorfque nous nous fom-ines apperqus quelle étoit fufceptible dune amelioration confiderable , mais qui exigeoit une re-fonte prefque entiere de tons nos calculs. Nousnbsp;avons, pour cette raifon , préféré de la renvoyernbsp;n la fin de cette Partie de 1ouvrage, pour nousnbsp;donner le temps dy faire les changements conve-nables.
^onnoitre, Ji une piece- ou une majj'e cTor ou d'argent , quon foupgonne de melange, ejl pure ou non.
I la mafte ou la piece de la bonté de laquelle doute , eft, par exemple , dargent, ayez unenbsp;^utre mafte de bon argent, auffi pefante, enfortenbsp;les deux pieces étant mifes dans les baffinsnbsp;balance bien jufte , elles demeurent enéqui*nbsp;j, dans 1air ; attacbez enfuite ces deux maftfesnbsp;^^gent aux baffins de la même balance avec dunbsp;Ou dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cheval, pour empêcher que les
deux baffins ne foient mouillés lorfquon plongera
-ocr page 36-a8 RicRÉATiONS Mathématiques. dans 1eau les deux maffes dargent : elles demeure-ronten équilibre comma dans 1air, quand elles fe-ront dégale bonté. Maïs ü la maffe propofée pefenbsp;moins dans 1eau, elle fera fauffe , ceft-a-dire , ilnbsp;y aura quelquautre métal mêlé , dune pefanteurnbsp;fpécifique moindre que celle de largent, par exem-ple, du cuivre; amp; fi elle pefe davantage, elle feranbsp;mêlee de quelquautre métal dune pefanteur fpécifique plus grande , comme celle du plomb.
Remarq^ues.
I. Ce problême efl: évidemment Ie même que celui dont la folution caufa tant de plaifir a Archi-mede. Le roi Hiéron avoit donné a un orfevrenbsp;une certaine quantité dor pour en faire une cou-ronne. Lorfquil la rendit, on eut quelque foup-qon fur fa fidélité ; amp; Archimede fut confulté furnbsp;les moyens de découvrir la fraude, sil y en avoit.nbsp;II en vint a bout par le procédé ci7deffus, qui luinbsp;démontra que 1or de la couronne nétoit pas pur.
On pourroit, sil sagiffoit dune groffe maffe de métal, comme dans le cas dArchimede, fenbsp;bomer a plonger dans un vafe la maffe dor ounbsp;dargent quon fqait être pur, amp; enfuite celle furnbsp;laquelle on a du foupqon. Car fi cette dernierenbsp;chaffe davantage deau hors du vafe , ceft unenbsp;preuve que le métal ell fallifié par un autre moinsnbsp;pefant 8c plus vil.
Maïs, quoi quen dlfe M. Ozanam , la différence de poids dans lair amp; dans leau indiquera plusnbsp;sürementle mélange, fur-tout sil efl: peu confidé-rable j car il nefl perfonne qui ignore quil neftnbsp;pas fi aifé quil le paroit dabord, de mefurer lanbsp;quantité deau chaffée dun vafe.
II. Dans la rigueur mathématique, 11 faudroit
M É C A N I Q U E, nbsp;nbsp;nbsp;Zg
commencer par pefer les deux maffes dans Ie vulde ; car, puifque lair eft un fluïde, 11 diminue la pe-fanteur réelle des corps, dune quantité égale a cenbsp;que pefe pareil volume de lui-même. Puls donenbsp;que, par la fuppofition , les deux maffes, 1unenbsp;pure , 1autre falfifiée , font de volume Inégal, ellesnbsp;doivent perdre inégalemént de leurs polds dansnbsp;Pair. Mals la grande ténulté de 1alr, relativementnbsp;a celle de Peau, rend cette petite erreur infenfible.
PP^OBLÊME XVII.
Même fuppojition faite que ci-dejfus , connohrc la quantité du mélange fait dans la majfe d'or,
Oest dans la folution de ceproblême que reilde véritablement 1artlfice ingénieux dArchi-mede. Volei comme 11 sy prit.
Soup^onnant que cétoit de Pargent que Por-fevre avoit fubftitué a une quantité égale dor, 11 pefa la couronne dans Peau , amp; trouva quelle ynbsp;perdoit un polds que nous appellerons A : il pefanbsp;^nfulte dans Ie même fluïde une maffe dor pur ,nbsp;dans Pair étolt en équllibre avec la couronne,nbsp;^ trouva quelle perdoit un polds que nous nom-^^crons B : enfin 11 prit une maffe dargent équi-Pondérante dans Pair avec la couronne, amp; la pe-dans Peau, 11 trouva quelle perdoit Ie poldsnbsp;II fit enfuite cette proportion; comme la diffé-^tice des polds B amp; C eft a celle des polds Anbsp;B , ainfi Ie polds total de la couronne eft a ce-tii de Pargent mêlé. Ceft ce quon découvre parnbsp;algébrlque affez court, mals par un rai-, dement un peu long , que nous expoferonsnbsp;xem^°^* 3 après avoir éclairci cette regie par un
-ocr page 38-30 Recreations Mathématiques.
Siippofons que la couronne dHléron pesat lö marcs dans lair, amp; que , péfée dans leau, ellenbsp;perdlt un mare amp; demi. Archimede dut trouver,nbsp;en pefant dans lair amp; dans leau une maffe denbsp;20 marcs dor, une difference de i marenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
pefant dune maniere femblable une maffe de vingt marcs dargent ,il dut trouver une difference de I mare amp; Ainfi A eft ici égal a , Bnbsp;eft égal a amp; C a 77. La difference de A amp; Bnbsp;eft , celle de B amp; C eft Faifant done cettenbsp;proportion ; comme font a H-, ainfi 20 eft anbsp;un quatrieme terme , on aura ii marcs, 5 oncesnbsp;amp; demie.
Le raifonnement qui conduifit ou put conduire Ie géometre Syracufain a cette folution , eft celui-ci: Si toutela maffe étoit dor pur, elle perdroit,nbsp;étant pefée dans lair, 7^ de fon poids ; amp;'fi ellenbsp;étoit dargent pur, elle perdroit, étant pefée dansnbsp;leau , -77 de fa pefanteur : done , ft elle perd moinsnbsp;que cette feconde quantité amp; plus que la premiere,nbsp;elle fera mélangée dor amp; dargent; amp; la quantiténbsp;dargent fubftitué a 1or fera dautant plus grande,nbsp;que ce que la couronne perdra dans leau appro-chera davantage de » amp; au contraire. 11 fautnbsp;done divifer cette maffe de 20 marcs en deuxnbsp;parties qui foient propottionnelles a ces différen-ces , fqavolr, celle de la pette quéprouve la couronne avec celle quéprouve 1or pur, amp; celle denbsp;la perte que fait 1argent pur avec celle que fait lanbsp;couronne ; ce feront les rapports de la maffe dargent amp; de celle dor, mélangées enfemble dans lanbsp;couronne: doü fe déduit la regie précédente.
Au refte , il nétoit pas néceffaire de prendre deux maffes, 1une dor, 1autre dargent , équi-pondérantes avec la couronne. Auffi , peut-être »
-ocr page 39-MÉCANIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;It
Archimede ne Ie fit-il pas, amp; fe borna-t-ll a saffu-furer que lor perd un 19® de ion poids étant pefé dans Peau , 1argent un 11 ®.
PROBLÊME XVIII.
On propofc deux coffres égaux , femblables amp; iga-lenient pefdnts , l'un contenant de dor, Vautre de dargent.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pojjible de difcerner., par quel-
que voie rnathématique , celui qui 'renferme dor de celui qui contient dargent ?' 0\x bien ,fuppofantnbsp;deux boules, lune dor creufe, dautre dquot;argentnbsp;folide amp; furdorée , pourroit-on difcerner cellenbsp;d'argent de celle dor?
Si , dans Ie premier cas, les maffes dor amp;: dar-gent font precifément fifes au milieu de leur coffre refpeftif, enforte que les centres de gravité coincident, je dis, quoi quon life dans danciennesnbsp;Recreations Mathématiques , quil py aura nulnbsp;moyen de les difcerner , ou du moins que celuinbsp;qnon y propofe eft défedlueux.
II en eft de même du cas des deux globes fem-tgt;lables, égaux amp;c également pefants.
Si pourtant on me preffoit beaucoup de choifir, 1^ ticherois de difcerner lun de 1autre par Ienbsp;^loyen fuivant. Je les fufpendrois tous les deux,nbsp;par un fil Ie plus délié quil fe pourroit, auxbrasnbsp;dune balance trés - exafte, dune de ces balancesnbsp;S'-fi 5 quoique chargees dun poids affez confidéra-5 trébuchent fenfiblement a un grain de diffé-fuf^^ dans légalité des poids; je plongerois en-^ mes deux boules dans un grand vafe pleinnbsp;une eau échauffée au degré de 1eau bouillante :nbsp;evn' t'^ébucheroit feroit lor. Car , felon lesnbsp;penences faites fur la dilatation, des métaux ,
-ocr page 40-32 Recreations Mathématiques. Iargent, paffant de la température moyenne anbsp;celle de leau bouillante, augmente probablementnbsp;plus fon volume que Tor: dans lequel cas, cesnbsp;deux maffes, qui étoient en équilibre dans 1air amp;cnbsp;dans leau tempérée , ne Ie feroient plus dans leaunbsp;bouillante, Ou bien :
Je ferois un trou rond dans une plaque de cui-vre , amp;c tel que les deux boules y paffaffent toutes les deux très-juftement amp; avec facilité; iéchauf-ferois enfuite 1une amp; 1autre fortement, amp; mêmenbsp;beaucoup plus bautquau degré de leau bouillante.nbsp;En fuppofant, ce que je chercherois dabord anbsp;conftater, que largent fe dilate Ie plus, je les pré-fenterois lune amp; lautre au trou dont il sagit:nbsp;celle qui y éprouveroit Ie plus de difficulté , je lanbsp;réputerois dargent,
PROBLÊME XIX.
Deux plans inclines , AB , AD , étant donnés ^ amp; deux Jpheres inégales ^ P amp; p, Les mettre ennbsp;équilibre dans eet angle, comme fon voit dans lanbsp;figure
El- 3, L E s globes P amp; /gt; feront en équilibre , fi les fig. i6. foi-ces avec lefquelles ils fe repouffent mutuelle-ment dans la direftion de la ligne Cc, qui jointnbsp;leur centre , font égales.
Or , la force avec laquelle Ie globe P tend a rouler Ie long du plan incline BA, f qui eft con-nue, 1inclinaifon du plan étant donnée), eft a lanbsp;force avec laquelle il agit fuivant Cc, comme Ienbsp;fmus total eft au co-finus (o) de 1angle C c F; Sc de
(j) Nous donnerons dorénavant, pour abréger, amp; a 1exemple des géometres modernes, Ie nom de co-finus anbsp;ce que, dans les livres anciens de géométrie, on nommoit
même
-ocr page 41-M É C A N I Q U E, nbsp;nbsp;nbsp;35
même la force avec laquelle Ie poids p roule Ie long de DA, eft a celle felon laquelle il preffe dansnbsp;la diïeftion cC, comme Ie finus total eft au co-finus de langle C cf: doü il fuit que ces fecondesnbsp;forces devant être égales, il doit y avoir inêmenbsp;taifon du co-finus de Tangle c au co-finus de Tangle C, que de la force du globe P pour rouler Ienbsp;long de BA , a celle de p pour rouler Ie long denbsp;Da. Ainft Ie rapport de ces co-ftnus eft connu; amp;Cnbsp;comme, dans Ie triangle CGc, Tangle G eft connu,nbsp;puifquil eft égal a Tangle DAB, il senfuit que Ienbsp;problême fe réduit a divifer un angle connu ennbsp;deux parties telles que leurs co-finus foient en rai-fon donnée; ce qui eft un problême de pure géo-métrie.
Maïs, pour nous bomer au cas Ie plus fimple, nous fuppoferons Tangle A droit. Il ne fera donenbsp;plus queftion que de divifer le quart de cercle ennbsp;deux arcs, dcnL.les co - linus foient en raifonnbsp;donnée ; ce qui eft facile.
bolt done la force de P, pour rouler le long de plan incline, égale a M; amp; celle dep, pour rou-le long du fien égale a m: tirez au plan AB unenbsp;P^rallele a la diftance du rayon du globe P, amp; aunbsp;plan Da une autre a la diftance du rayon dep, quinbsp;le couperont en G; faites enfuite GL aG/, commenbsp;^ 3 M , Sr tirez L1; enfuite faites cette proportion :nbsp;^OmiTie L/eft a L G, ainfi la fomme des rayons desnbsp;sux globes eft a GC; amp; du point C tirez une paral-^nbsp;^ Cc a L/.- les points C amp; c feront les lieux desnbsp;des deux globes, amp; , dans cette fituation ,nbsp;^^ont en equilibre a Texclufion de toute autre.
^milier nbsp;nbsp;nbsp;Le lefteur a qui ce mot ne feroit paS
Tome 'lf ^ention a cette note.
* nbsp;nbsp;nbsp;c
-ocr page 42-34 Recreations Mathématiques.
PROBLÊME XX.
Deux corps P amp; Q partent en même temps de deux points Aamp; B^de deuxlignesdonnèes depojïtion,nbsp;amp; fe meuvent vers a 6' b avec des vitejjes don-nées, On demande leur pojition lorfquils ferontnbsp;Ie plus prïs l'un de Vautre quil ejl pojjible,
PI. 3, Si leurs viteffes étoient dans Ie rapport des lignes ^7* BD , AD , il eft clair que les deux corps fe ren-contreroient en D. Mais fuppofant ces viteffes dif-férentes, il y aura un certain point oü, fans fenbsp;rencontrer, ils feront a la moindre diftance oü ilsnbsp;peuvent être, amp; enfuite ils séloigneront conti-nuellement lun de lautre. Ici, par exemple , lesnbsp;lignes B D , AD, font a peu prés égales. Sup-pofons done la viteffe de P a celle de Q en raifonnbsp;de r a i . On demande Ie point de la plus grandenbsp;proximité.
Pour eet effet, foit tirée par un point quelcon-que R de AD, la ligne RS parallele a BD , amp; telle que AR foit a RS , comine la viteffe de P anbsp;celle de Q, ceft-a-dire , dans Ie cas préfent,nbsp;comme x ü i ; tirez AST indéfinie, amp; du point Bnbsp;menez BC perpendiculaire fur AT; enfin, par Ienbsp;point C menez CE parallele a BD , jufqua la rencontre de AD en E; tirez enfin EF parallele a CB ,nbsp;qui rencontre B D en F : les points F amp; E fontnbsp;les points chercliés.
PROBLÊME XXL Faire quun cylindre fe foutienne de lui-même Ie longnbsp;d'un plan incline a Pliori!y)n, fans roider en bas^nbsp;amp; même quil monte quelque peu Ie long de ceplan.
Si un cylindre eft homogene, amp; quon Ie place fur un plan incline, fon axe étant dans la fituation
-ocr page 43-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;35
horizontale, ü eft évident quil roulera en bas, parceque fon centre de gravité étant Ie même quenbsp;celui de figure , la verticale tirée de ce centre paf-fera toujours hors du point de contacl, du cóténbsp;Ie plus bas; conféquemment Ie corps doit necefi-fairement rouler de ce coté»
Mais fi Ie cylindre eft heterogene , enforte que fon centre de gravité ne foit pas Ie inême quenbsp;celui de figure, il pourra fe foutenir Ie long dunnbsp;plan incline , pourvu que langle de ce plan avecnbsp;1horizon nexcede pas certaines liinifes.
Solt, par exemple , Ie cylindre dont la coupe PI* 4, perpendiculaire a 1axe eft Ie eerde HFD. Pour §nbsp;faire fortir fon centre de gravité hors du centre denbsp;figure , on lui fera une ramure parallele a 1axe amp;nbsp;en forme de demi-cercle, quon remplira dunenbsp;matiere beaucoup plus lourde; que ce corps foitnbsp;F, enforte que Ie centre de gravité du cylindrenbsp;foit porté en E ; que Ie plan incline foit AB , amp;Cnbsp;Bue BG foit a GA en nioindre raifon que CF anbsp;CE :1e cylindre pourra fe foutenir fur Ie plan in-^liné fans rouler en bas, 8c méme, fi on lécartenbsp;cette pofition dans un certain fens , il la repren-en roulant quelque peu vers Ie haut du plan.
Car, fuppofons Ie cylindre placé fur Ie plan , axe horizontal, Sc fon centre de gravité dansnbsp;^ parallele au plan incliné , paffant par Ie centre ,
^ enforte que Ie centre de gravité foit du cóté ^feentla^t du plan, fig. ; quon mene par Ie Fig. 1^4nbsp;point de contaéf D , les perpendiculaires au plannbsp;óf ^ 1horizon CDH, IDe r on aura BG anbsp; Ou BI ^ [£) comme Dl a IH, ou DC a Ce.
1 r^ü^Buil y a moindre raifon de BG a GA que
5^9 conféquemment, la verticale abaiffée
Cij
-ocr page 44-56 Recreations Mathématiques. du point E , paffera hors du point de contaifl dunbsp;coté de A: Ie corps tendra done a tomber de cenbsp;cóté , Sc il y roulera en remontant quelque peu,nbsp;jufqua ce que Ie centre de gravité ait pris une po-fition comme dans la fig. 18, oü il tombe dans Ianbsp;verticale paffant par Ie point de contaél. Arrivénbsp;a cette fituation, ce cylindre sy tiendra, pourvunbsp;que fa furface ne foit pas affez polie ou Ie plan ,nbsp;pour quil puilTe glifler parallélement a lui-même.nbsp;II aura même une ftabilité dautant plus grandenbsp;dans cette fituation , que Ie rapport de BG a GAnbsp;fera moindre que celui de CF ou CD a CE, ounbsp;que langle ABG ou CDe fera moindre que CDE.
Cefl: encore ici une vérité quil faut démontrer. Pour cela, il faut remarquer que Ie centre de gravité du cylindre , E, décrit, en roulant Ie long dunbsp;plan incline, une courbe telle quon voit dans lanbsp;PI. 4, fiS 20, qui efl ce que les géometres appellent unenbsp;fig. 20. cycloïde allongie , laqnelle monte amp; defcend alter-nativement au deffous de la parallele au plan incline, menée par Ie centre du cylindre. Or, Ienbsp;cylindre étant dans la pofition oii Ie préfente Ianbsp;fis- 20 , fi 1on mene la ligne ED du centre denbsp;gravité au point de contaft, on démontre dail-leurs que la tangente au point E de cette courbenbsp;eft perpendiculaire a DE : done, 11 linclinaifonnbsp;du plan eft moindre que Tangle CDE, cette tangente concourra avec Thorizontale du cóté ounbsp;monte Ie plan : Ie centre de gravité du cylindrenbsp;fera done la comme fur un plan incliné IK; ilnbsp;doit, conféquemment, defcendre jufquau point Lnbsp;du creux de la courbe quil décrit, oü cette courbenbsp;eft touchée par Thorizontale.
Arrivé enfin a ce point, il ne fqauroit sen écar-ter, fans monter dun cóté ou de Tautre: fi done
-ocr page 45-37
Mécanique.
on Ten écarté un peu, il retournera a fa premiere pofition,
PROBLÊME XXII.
QonjlruBion d'une horloge qui montre les heures , en roulant le long cTun plan incline.
Cette petite machine , qui eft de Iinventlon de M. Wheeler , Anglois, eft tout-a-fait ingenieufe:nbsp;elle a pour principe la folution du probleme précédent.
Quon fe repréfente une boite cylindrique de PL q, laiton, de quatre a cinq pouces de diametre , por- fig. 21,nbsp;tant dun coté un cadran divifé en i X ou xq heures. Dans lintérieur, qui eft repréfenté par la fig.
eft une roue centrale, qui mene, aumoyendun pignon, une feconde roue , laquelle en mene unenbsp;rroifieme, amp;c. jufqua un échappement garni denbsp;Ion balancier ou reflbrt fpiral qui fert de modéra-comme dans les montres ordinaires. A lanbsp;roue centrale , eft attache fixement un poids P,
I'li doit étre fufftfant pour que , dans une inclinai-lon médiocre, comme de xo a 30°, il puiffe faire ^riatcher cette roue amp; celles qui doivent en rece-''^oir le mouvement. Mals, avant tout, comme lanbsp;Machine dolt être parfaitement en équilibre au-tour de fon axe central, il faut placer du c6té dia-^etralement oppofe au petit fyftême de roues, 1,
3 4 gt; amp;Cc. un contre-poids tel que la machine foit ^ folument indifférente a toute pofition autour denbsp;^xe. Ayant done obtenu cette condition , onnbsp;le poids moteur P, dont 1effet fera de fairenbsp;er la centrale I, amp; par fon moyen lenbsp;dhorloge x , 3,4, Scc : mais, ennbsp;^ ^empsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pg ^ ^ Ig cylindre roulera
P nbsp;nbsp;nbsp;en has, ce qui ramenera le po'ds P dans
C iij
-ocr page 46-38 Recreations Mathématiques.
fa pofition primitive , enforte que 1efFet de cette preflion continuelle fera de faire rouler le cylin-dre, tandis que le poids P ne changera de pofitionnbsp;que relativemeiit au cylindre , mais non a Iegardnbsp;de la verticale. On moderera enfin le poids Pnbsp;ou 1inclinaifon dii plan, de telle maniere que lanbsp;machine fafie une révolution entiere en vingt-quatre ou douze heures. On fixera Iaiguille a Ief-fieu commun de la roue c.entrale amp; du poids P,nbsp;enforte quelle regarde fans ceflfe le zenith ou lenbsp;nadir; ou , fi 1on veut plus dornements, ce metnenbsp;effieu pourra porter un petit globe, furmonte dunenbsp;figure montrant les heures avec un doit élevé ver-ticaleinent, amp;c.
On fent aifément cjue la machine parvenue au plus has du plan incline , il fuffira de la remonternbsp;au plus haut pour quelle continue a marcher. Sinbsp;elle retarde un peu , on accélérera fon mouvement en elevant le plan incliné ; amp; au contraire.
Remarque.
Il y a aftuellement a Paris un horloger qui fait des pendules fur ce principe : cell le fieurnbsp;Le Gros , demeurant rue de Charonne. H les livrenbsp;a un prix fort honnête , fqavoir, de feize louisnbsp;Jes plus grandes amp; les plus belles, avec le fup-port en plan incliné; le tout très-proprement execute, amp; propre a faire decoration dans un cabinet,
PROBLÊME XXIII.
ConJlruHion (Tun habillemcnt au moyen duquel on m fgauroit coukr a fond, amp; qui laifc lanbsp;Uberté de tous les mouvements.
Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;39
peut lui ajouter une maffe de quelque matrere beau-coup plus légere que leau, au moyen de laquelle Ie compofé de 1un amp; de lautre foit plus légernbsp;que ce fluïde;' ce qui Ie feta furnager. Ceft da-près ce principe que , pour sapprendre a nager,nbsp;quelques-uns sattachent fur Ie ventre amp; fur Ie dosnbsp;deux planches de liege; dautres des calebaffes vui-des, au deffous des bras: mais tous ces moyens ontnbsp;des inconvénients amp;C des incommodités auxquelsnbsp;On remedie de la maniere fuivante.
Entre les deux doubles, ceft-a-dire Ie deffus 8c doublure, dune camifole fans bras, difpofez denbsp;Petits quarrés de liege dun pouce 8c demi denbsp;largeur en quarré , amp; dun demi pouce ou neufnbsp;lignes dépaiffeur. II faut quil y en ait dans toutenbsp;iétendue de la camifole, quils foient affez présnbsp;pour ne perdre que Ie moins defpace poffible, amp;cnbsp;quils ne foient cependant pas affez ferrés pournbsp;^wire a la flexibilité de la camifole. Chacun de cesnbsp;^orceaux doit ètre comme enchaffé entre Ie deffusnbsp;^ la doublure, enforte quil ne puiffe changer denbsp;Pl^ce ; ce qui fe fera en piquant la camifole dansnbsp;intervalles. Elle doit s'attacher fur Ie corps parnbsp;de fortes boutonnieres ou de fortes attaches : il eftnbsp;®ofin néceffaire, pour einpêcher que Ie corps nenbsp;ghlie en bas, quil y ait derriere une efpece denbsp;^Ueue, quon fera repaffer en deffous 8c entre lesnbsp;istnbes, pour sattacher folideraent au deffus dunbsp;Ventre.
t^'^jnoyen dune pareille camifole, qui nem-, neutnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quun vêtement ordinaire, on
la plus grande fécurité, fe livrer a leau j
enfonc*^^ deffus des épaules. On fqauroit fi peu j qu en fuppofani un homme mort dans
40 Récréations Mathématiques. cette fituation, U furnageroit infailliblement, Onnbsp;na conféquemment aucun effort a faire pour fenbsp;foutenir; aufïi peut-on écrlre, lire, charger unnbsp;piftolet amp; Ie tirer. On a vu en 1767, a laRapée,nbsp;faire lexpérience de toutes ces chofes, par M,nbsp;1abbé de la Chapelle, de la Société Royale denbsp;Londres , 1inventeur de cette efpece de camifole.
II eft prefque fuperflu dobferver en combien de cas cette invention feroit utile tant fur terrenbsp;que fur mer. Un corps ennemi feroit, par exem-ple , bien tranquille , au-dela dune riviere rapidenbsp;amp;quon ne fqauroit paffer au gué: on donneroit denbsp;femblables camifoles a un nombre fuffifant de fol-dats, qui póurroient facilement porter avec euxnbsp;leurs fabres amp; leurs piftolets; ils pafferoient la riviere , amp; furprendroient ce corps ennemi, fur le-quel ils tomberoient Ie piftolet amp; Ie fabre a la main.nbsp;Sals étoient repouffés , ils fe rejeteroient a 1eau ,nbsp;amp; échapperoient fans pouvoir être pourfuivis.
II arrive tous les jours a la mer quil périt des hommes qui tombent a 1eau dans des manoeuvresnbsp;dangereufes ; dautres périffent dans les racles amp;Cnbsp;les ports , les chaloupes ou canots coulant basnbsp;par un coup de mer ou par quelquautre accident:nbsp;chaque jour enfin un batiment périt a la cóte; amp;nbsp;fouvent ce neft pas fans beaucoup de peine quunenbsp;partie de 1équipage parvient a fe fauver. Si chaquenbsp;homme qui monte fur ce perfide élément avoit fanbsp;camifole de liege , poursen revêtir du moins dansnbsp;les moments de danger, qui ne voit quil en échap-peroit un grand nombre a la mort ? ce qui feroitnbsp;un grand avantage pour Ihumanite.
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-ocr page 49-Mécanique, nbsp;nbsp;nbsp;41
PROBLÊME XXIV.
Conjlruin un bateau qui ne fgauroit être fubmergi^ quand même teau y entreroit de tous les cótés.
Il faut faire a un bateau un faux fond, qui foit éloigné du veritable dune diftance proportionnéenbsp;a 1étendue du bateau , a la charge amp; au nombrenbsp;de perfonnes quil doit porter. Je penfe, fauf cor-reftion a faire daprès un calcul exaft, que cettenbsp;diftance peut être dun pied environ , pour un bateau de 18 pieds de longueur fur 5 a 6 de large.nbsp;On remplira le vuide de ce faux fond avec desnbsp;morceaux de liege , le plus rapproches quil feranbsp;poffible les uns des autres. Et comme ce faux fondnbsp;diminue les bords du bateau, on pourra les elevernbsp;proportionnellement, en leur laiflant néanmoinsnbsp;de chaque cote de larges ouvertures, pour quenbsp;^sau qui pourroit être jetée dans le bateau puiflenbsp;s êcouler. On pourra auffi amp; même il fera a propos délever Iarriere, enforte quon puifte sy ré-fugier, dans le cas ou le batiment ieroit a fleurnbsp;deau,
crois que des chaloupes pontees de cette tuaniere, pourroient être utiles a la mer, pour fenbsp;tendre, par exemple , a bord dun vaifteau quinbsp;dans une rade , quelquefois a plufieurs lieuesnbsp;00 terre, ou pour gagner la terre après avoirnbsp;^ouilié loin du rivage : car il narrive que tropnbsp;^IJvent , dans des mers hóuleufes ou par 1effetnbsp;fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fraichit, des accidents malheureux ;
®*nble même que, dans une traverfee ordi-pj 5 c eft dans ces circonftances que réfide le ^ grand rifqng^ Des canots conftruits Romme
-ocr page 50-41 Récréations Mathématiques.
Ton vlent de Ie dire , préviendroient par leur in-fubmergibilité ces accidents fréquents.
Je conviens quil rede a a) outer beaucoup a cette idee, préfentée ici dans toute fa fimplicité ;nbsp;car il pourroit y avoir des changements a fairenbsp;dans la forme du petit batiinent, peut-être desnbsp;corps pefants a y ajouter dans certains endroits,nbsp;pour augmenter fa ftabilité. Cell un fujet de recherche qui ne fqauroit être plus utile, puifquilnbsp;en réfulteroit la confervation de plufieurs, milliersnbsp;dhommes par an.
On doit cette invention a M. de Bernieres, Tun des quatre controleurs généraux des ponts amp;nbsp;chauffées , qui conftruifit en 1769 une pareillenbsp;chaloupe pour le Roi. II en a depuis conifruitnbsp;une pour M, le due de Chartres, beaucoup mieuxnbsp;combinee qae la premiere ; amp; une autre pourM. lenbsp;marquis de Marigny. On fitelTai de cette derniere,nbsp;foit en la rempliffant deau, foit en tachant de lanbsp;faire chavirer; mais elle fe redrelTa des quelle futnbsp;livree a elle-méme , amp; , quoique remplie deau ,nbsp;elle étoit encore en état de porter fix perfonnes.
II ne tiendra fans doute dorenavant quaux hommes de diminuer le nombre des accidents fa-cheux qui arrivent a ceux c{ui hantent la mer ou lesnbsp;rivieres. Mais ie froid quen general on a temoi-gné fur cette invention de M. de Bernieres , mon-tre bien Iindifference des hommes fur leurs intéréts les plus réels, lorfquil nefl: queftion que desnbsp;intéréts généraux de lhumanité , amp; quil faut,nbsp;pour les lui procurer, quelques attentions amp; quel-ques dépenfes aftuelles. Chacun regarde commenbsp;cloigné OU nul pour foi le danger quon ne peutnbsp;fe dilTimuler. Ceft par ce principe que nos villesnbsp;font malpropres amp;c prefque infedes, faute detre
MÉCANIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;43
pW aérées; quenoshópitaux font, pour la plupart, des lieux plus propres a y faire naïtre des maladiesnbsp;qua les y guérir ; quune foule dinftitutions utiles au genre humain font negligees; quenfin 1onnbsp;regarde prefque comine un fou celui qui soccupenbsp;elfentiellement de ces objets, fi intérelTants pournbsp;lhumanité amp; plus dignes encore des veilles desnbsp;bons efprits, que les fpéculations les plus brillantesnbsp;de la géométrie amp; de laftronomie.
Commtnt on pmt retinr du fond dc la mtr un vaiffeau qui a coulé bas.
On a execute plufieurs fois cette entreprife difficile , au moyen dune confidération hydroftati-que fort fimple, fqavoir , que li un bateau chargé mutant quil peut lêtre , eft enfuite décharge, ilnbsp;^^ud a sélever avec une force égale a celle dunbsp;Poids du volume deau quil déplaqoit étant char-Sé ; ce qui fournit Ie moyen demployer des forcesnbsp;^normes a foulever Ie vaiffeau coulé a fond.
Pour eet effet, on prendra Ie nombre de bateaux convenable, ce quon eftimera daprès la grandeurnbsp;du Vaiffeau , amp; en confidérant que ce vaiffeau nenbsp;Pffe dans leau que lexcès de fon poids fur celuinbsp;d Un pareil volume deau : on les rangera en deuxnbsp;aux deux cótés du vaiffeau fubmergé ; on en-^^rra enfuite des plongeurs amarrer des bouts denbsp;j ^ différents endroits de ce vaiffeau , enfortenbsp;P * y en ait quatre de chaque cóté pour chaquenbsp;Pg Ees bouts de ces cables reftants hors denbsp; (^^ont amarrés bas-bord amp; ffribord du ba-* 'lui leur fera deftiné, Ainfi, fi 1on a quatre
-ocr page 52-44 Recreations Mathématiques. bateaux de chaque cóté , ce feront trente-^deuxnbsp;cables, dont quatre pour chaque bateau.
Cela fait, on chargera tous ces bateaux le plus quon pourra, fans les fubmerger, Sc on banderanbsp;tous les cables autant quil fera poffible; après quoinbsp;on les dechargera de deux en deux. Sils fouleventnbsp;le vaiffeau , ce fera un figne quils font en nombrenbsp;convenable. Mais, en foulevant le vaiffeau , lesnbsp;cables aniarres aux bateaux reftes charges devien-dront laches: ceft pourquoi on les bandera denbsp;nouveau autant que 1on pourra ; enfuite on dechargera ces bateaux, en faifant paffer leur chargenbsp;dans les premiers : le vaiffeau fera encore un peunbsp;Ibuleve, amp; les cables des bateaux charges ferontnbsp;laches; on les bandera done encore, amp; on tranf-vafera la charge de ces derniers dans les autres;nbsp;ce qui fbulevera encore un peu le vaiffeau fub-inerge. En répétant enfin cette manoeuvre aufltnbsp;long-temps quil fera befoin , on amenera le vaif-feau a fleur deau, amp;C on le conduira au port, ounbsp;jufques fur la greve.
On peut voir dans les Mémoires des Académi-ciens étrangers, Tome II, le détail des manoeuvres employees pour relever de cette maniere le Tq/o, vaiffeau efpagnol de la flotte des Indes ,nbsp;coulé a fond dans la rade de Vigo , a 1affaire dunbsp;loOftobre 1702. Mais comme ce vaiffeau avoirnbsp;refté plus de trente - fix ans dans cet état , il fenbsp;trouva comme encaftre dans un banc de glatfenbsp;tenace , qui exigea des peines incroyables pournbsp;1en détacher ; amp; quand il fut hors de 1eau, onnbsp;ny trouva aucune des rlcheffes quon attendoit.nbsp;II avoit été un de ceux qui furent decharges avantnbsp;detre coulés bas par les Efpagnols mêmes, pournbsp;qe pas les laiffer au pouvoir des Anglois.
MÉCANIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;45
PROBLÊME XXVI.
Fain quun corps montc commt dc lui-même. Ie long
i'un plan incline , en vertu de fa propre nbsp;nbsp;nbsp;^
pefanuur.
A.YEZ un double cone, ceft-a-dire fait de deux PI. 5, cones droits réunis par leur bafe, enforte quils % 22.nbsp;aient un axe commun.
Faites enfuite un fupport compofé de deux Fig. 23. branches AC, BC, reunies en angle au point C ,nbsp;que vous placerez enforte que Ie fommet G foit aunbsp;deffous de lhorizontale , amp; que les deux jambesnbsp;foient également inclinées a lhorizon. II faut quenbsp;la ligne AB foit égale a la diftance des fominetsnbsp;du double cone, amp; la hauteur AD un peu moindrenbsp;que Ie rayon de la bafe. Cela étant fuppofé, finbsp;vous placez entre les jambes de eet angle ce doublenbsp;cone, vous Ie verrez rouler vers Ie haut, enfortenbsp;que ce corps femblera, au lieu de defcendre, mon~nbsp;contre 1inclination de la pefanteur.
Nous difons quilfemblera monter, car, dans la ¦éalité, il ne montera pas; au contraire il defcen-dra. £n gffet, fon centre de gravité defcend,nbsp;cotume on va Ie voir.
Soit ac (^fig. 24) Ie plan incline dans lequel fe Fig. 14. ttouve langle ACB, ce la ligne horizontale paffantnbsp;P3r ie fommet c ; e a fera , par conféquent, léléquot;
''ation du plan aü delTus de lhorizontale, laquelle ^ rrioindre que Ie rayon du eerde, bafe du doublenbsp;^^^ue. Il gp.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qyg, lorfque ce double cone
voh fommet de Tangle , il fera comme on Ie 1 f lorfquil fera parvenu au plus haut dunbsp;tre f®ra pofé comme on voit en af: fon cen-®ura done paffé de lt;/ en a ; amp; puifque dc tü.
-ocr page 54-46 Recreations MathéMAtiquês.
égale a af, amp; que c e eft lhorizontale, cf Tera unö ligne inclinée a lhorizon, amp; par conféquent auflinbsp;ia parallele da: Ie centre de gravité du cóne auranbsp;done defcendu , tandis que Ie cóne aura parunbsp;monter. Or ceft, comme on la vu plus haut, lanbsp;chute OU Ia montée du centre de gravité qui determine la veritable defcente ou afcenfion dun corps.nbsp;Tant que Ie centre de gravité peut defcendre , Ienbsp;corps fe meut dans ce fens, amp;c.
On trouve que , dans Ie problême préfent, Ie chemin du centre de gravité , dans toute fa defcente , eft une ligne droite. Mals on pourroit li-tuer dune maniere femblable une parabole , unenbsp;hyperbole , Ie fommet en bas, amp; alors Ie cheminnbsp;du centre de gravité du double cóne feroit unenbsp;courbe; ce qui préfente aux jeunes géometres mattere a sexercer,
PROBLÊME XXVI r.
Conjlruin um horloge avec de Peau.
PI. 5 , Si leau qui sécoule dun vafe cylindrique paruti 25 trou pratiqué a fon fond, sécouloit uniformément,nbsp;rien ne feroit plus facile que de faire une horlogenbsp;qui marquat les heures avec de leau; mais lonnbsp;f^ait que plus leau eft haute au deflus du trou parnbsp;lequel elle sécoule, plus elle coule rapidement,nbsp;enforte que les divifions verticales ne doivent pasnbsp;étre égales. Quel dolt être leur rapport ? Ceft ennbsp;quoi confifte la folution du problême.
On démontre dans lhydraulique , que la vitefle avec laquelle leau sécoule dun vafe par une ouverture très'petite, eft comme la racine quarréenbsp;de la hauteur de leau au defius de cette ouverture i dou lon a tiré la regie fuivante pour les di-
-ocr page 55-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;47
vifions de la hauteur du vafe, que nous fuppofons cylindrique.
En fuppofant que toute leau sécoule en douze heures , divifez toute la hauteur en 144 partiesnbsp;égales; il sen vuidera 13 dans la premiere heure,nbsp;enforte quil en reftera 12. i pour les onze reftantes :nbsp;de ces m il sen vuidera 21 pendant la deuxiemenbsp;heure; amp;c ainfi de fiiite, dans la troifieme 19, dansnbsp;la quatrieme 17, amp;c. Ainfi la 144^ divifion ré-pondant a douze heures, la I21® répondra a onze,nbsp;la loo® a dix , la 81^ a 9, amp;c. jufqua la dernierenbsp;heure , qui népuifera quune divifion. Enfin cesnbsp;mêmes divifions comprendront par ordre retrograde, en commenqant du bas, la premiere unenbsp;partie, la deuxieme 3 , la troifieme 5 , la quatriemenbsp;7 , amp;c; ce qui eft précifément Ie rapport des ef-paces parcourus par un corps tombant librement,nbsp;en vertu de fa pefanteur, dans des temps égaux.
Mais fi 1on vouloit que ks divifions^ dans U fins de la verticale , fujfent égales en temps égaux ^
iuelle figure faudroit-il donner au vafe?
Nous répondrons que Ie vafe en queftion devroit un paraboloïde formé par la circonvolutionnbsp;iune parabole du quatrieme degré , oii les quarré-quarrés des ordonnées feroient comme les abciflTes.
Ce paraboloïde etant renverfé Ie fommet en bas,
amp; percé a ce fommet dun trou convenable, leau sécoulera de forte quen des temps égaux ellenbsp;bailTera également dans la verticale.
Mais comment décrire cette parabole ? Le voici. Pb 5 gt; Sou une parabole ordinaire ABS, dont 1axe eft %nbsp;Scle fommet S. Tirez, comme vous le vou-^''5^ » Une parallele a eet axe R r T ; abaiftez en-uite une ordonnée quelconque de la parabolenbsp;j qui coupe RT en R i faites PQ moyenne
-ocr page 56-4? Recreations Mathematiqüès.
proportionnelle entre PR , PA ; que P]\q foit de même entre pr^ pa, amp;c: la courbe paffant parnbsp;les points Q ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;c. fera la courbe cherchée,
dont on fera un calibre qui fervira a donner au vafe la concavite cherchée. A quelque hauteurnbsp;quon le rempliffe de fluide , il fe vuidera toujoursnbsp;en temps egaux, dune hauteur égale.
Nous donnerons au refte , dans une autre partie de cet ouvrage, le moyen de faire écouler dunnbsp;vafe dune forme quelconque, la même quantiténbsp;deau dans des temps égaux. Mais cela tient a lanbsp;propriété du fyphon , qui doit trouver fa placenbsp;ailleurs.
PROBLÊME XXVIII.
Un point étant donné ^ amp; une ligne qui nejl paS horiTiontak, trouver la pojition du plan incline ^nbsp;par lequel un corps panant du point donné, amp;nbsp;roulant le long de ce plan , parviendra a cettenbsp;ligne dans le moindre temps.
PI. 5 , Ce petit probleme de mécanique eft aflez curieux, fig. 27. dautant quil admet une folution très-élégante. Soitnbsp;done A le point donné, amp; la ligne donnée BC.nbsp;Menez du point A la verticale,AD, amp; la perpendiculaire AE a la ligne donnée ; puis du point D,nbsp;ou la verticale rencontre cette même ligne, meneznbsp;DG parallele a AE, amp; égale a AD ; enfin tireznbsp;AG, qui coupe BC en F; la ligne AF fera la pofi-tion du plan par lequel un corps partant du pointnbsp;A , amp; roulant de lui-même, amp; par un effet de fanbsp;pefanteur, le long de ce plan, arrivera en moinsnbsp;de temps a la ligne BC , que par tout autre plan in-cliné différemment.
Pour le démontrer, tirez FH parallele a AE ou
DG,
-ocr page 57-r)G, jufqua fa rencontre H avec la verticale AD. Dn aura done, a caufe des triangles femblables ,
AD a DG comme AH a HF ; amp;, confécjuem-ment, DG étant égale a AD , AH Ie fera a HF , tjui eft dailleurs perpendiculaire a BE , pnifquellenbsp;eft parallele a AE; done Ie Cercle décrit du pointnbsp;H , comme centre, par Ie point A , paffera par F,nbsp;amp; toiichera la ligne BC.
Or 1on a démontré que , dans un cercle, fi 1on naene un diametre vertical, comme AHI, amp; desnbsp;cordes quelconques A F, AK, ces cordes ainiinbsp;que ce diametre feront parcourus dans Ie mémenbsp;temps par un corps livré k fa pefanteur, qui tom-Feroit Ie long d'elles. Puis done ciue Ie temps employé a tomber Ie long de AK ou de AI, eft égalnbsp;è celui qui eft employé a tomber Ie long de AF ,nbsp;celui quil faudra pour tomber Ie long de AD ounbsp;AE, fera plus long que celui qui fera employé anbsp;tomber Ie long de AF; amp; Ie même raifonnementnbsp;^yunt lieu a Tégard de toutes les autres lignes quoiinbsp;Pourroit tirer de A a la ligne BC , il senfuit quenbsp;eft la ligne Ie long de laquelle Ie corps arriveranbsp;tlans Ie moindre temps a cette ligne BC.
Si la ligne BC étoit verticale , alors AE feroit untlzontaie ainfi cjue DG; enfin AD amp; DG fe-¦oient toutes deux Infinies amp; égales, ce qui don-ueroit Tangle FAD de 45°: doii il ftiit que , dansnbsp;eas, ce feroit par Ie plan incline de 4^0 que Ienbsp;^^tps, livré a lui-meme, arriveroit a la verticalenbsp;^us Ie moindre temps poffible.
PROBLÊME XXIX.
Les
points A B kant donnés dans la mime hon~ , on ^ijnandi la pofition des daiX plans
-ocr page 58-50 Recreations Mathématiques,
, CB , tels quun corps roulant d'un mouvement accéléri de A en C, puis remontant avec fa viteffe acquife le long de CB, cela fefajfe dansnbsp;le moindre temps pofjible.
PI. 5, Ï L eft evident quun corps placé en A fur la ligne % 2.8. horizontale AB , y refteroit eternellement fans fenbsp;mouvoir du cote de B. II faut done, pour quilnbsp;aille par im effet de fon poicls de A en B , quil ynbsp;ait une chute le long dun plan incline ou dunenbsp;courbe, enforte quaprcs avoir plus ou moins def-cendu , H remonte le long dun fecond plan ou dunbsp;reftant de la courbe jufquen B. Mals nous fuppo-ferons ici que cela sexecute au moyen de deuxnbsp;plans. On doit encore fentir que le temps employé a defeendre amp; a remonter doit être plus ounbsp;moins long, fuivant 1lnclinaifon amp; la longueurnbsp;de ces plans. II sagit de determiner quelle eft leurnbsp;pofition la plus avantageufe pour que ce tempsnbsp;foit le moindre.
Or on trouve que la pofition cherchee eft telle que les deux plans doivent être égaux amp; inclinesnbsp;a Ihorizon de 45°, eeft-a-dire que le trianglenbsp;ACB doit être ifofcele St retlangle en C.
Cette fokition fe deduit de celle du probldme précédent; car fi 1onconqoit menée par le pointnbsp;C une verticale, on a fait'voir que ie plan AC,nbsp;incline de 45° degres , étoit le plus favorablementnbsp;difpofe pour que le corps, roulant le long de cenbsp;plan, arrivat a la verticale dans le moindre temps;nbsp;mais le temps de la montee par CB, eft égal anbsp;celui de la defeente: doii il fuit que leur fomme ,nbsp;ou le double du premier, eft aulTi le plus courtnbsp;pofiible.
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PROBLÊME XXX.
Lorfquon a un puks extrêmemcnt profond, avec une chaim garnie de deux feaux , faire enforcenbsp;que, dans toutes les pojitions des feaux, Ie poidsnbsp;de la chaine fok nul, de manure quon nait jamais a élever que Ie poids dont Ie feau montantnbsp;ejl rempli,
Lorsquon a deux feaux fufpendus aux deux bouts dune corde ou dune chaine , qui montentnbsp;^ defcendent altemativemenf, pendant que lanbsp;corde senroule autour de lelReu du tour qui fertnbsp;a les enlever, il eft évident que quand un feau eftnbsp;au plus bas, amp; quon commence a lélever, on a PI. 6,nbsp;non-feulement Ie poids du feau a enlever, mais ^9»nbsp;encore celui de toute ia chaine depuis 1ouverturenbsp;lulquau fond du puits : Sc il eft des cas, commenbsp;dans des mines de trois a qiiatre cents pieds denbsp;P''ofondeur , oü 1on aura a foulever plufieursnbsp;ftUintaux pour nélever quun poids de cent ou denbsp;deux cents livres, a la bouche 'du puits. Tellesnbsp;^toient celles dePontpéan, avant que M. Loriotnbsp;Cut fuggéré Ie remede a eet inconvenient.
, Ce remede eft fort ftmple, Sc ft fiinple, quil eft ctonnant quon ne 1ait pas imagine plutót. II nynbsp;^ On effet qua faire faire a la corde ou a la chainenbsp;anneau entier , dont un des bouts defcende juf-ch ^ profondeur oü lon doit puifer 1eau ounbsp;^ger les matieres, Sc attacher les feaux a deuxnbsp;de cette corde, tels que lorfquun des feauxnbsp;vifibl^ baut, 1autre foit au plus bas; car 11 eftnbsp;defc ^ ft'^V^ayant toujours autant de chaine ennbsp;treha^*^^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;montée, ces deux parties fe con-
uuceront; 5c ü ny aura, dans la réalité , que
Dij
-ocr page 60-55. Recreations Mathématiques.
Ie poids afcendant a élever, Ie puits eüt-il plu-fieurs centaines de toifes de profondeur.
II en feroit évidemment de niême, sil ny avoit quun feau ; on nauroit, dans toutes les pofitions,nbsp;que Ie poids du feau amp; des matieres mifes dedansnbsp;a elever : mals, dans ce cas, ce feroit perdre lanbsp;moitie de lavantage de cette machine, que de nenbsp;pas mettre deux feaux , puifquil y auroit de tempsnbsp;perdu tout celui que Ie feau quon viendroit denbsp;décharger emploieroit a defcendre,
M. Ie Camus a donné dans les Mémoires de 1Académle , année 1731, une autre maniere denbsp;remédier a 1inconvénient ci-deffus. II confifte,nbsp;lorfquil ny a quun feau, a faire enrouler la cordenbsp;fur un axe a peu prés de forme conique tronquée ,nbsp;enforte que lorfque Ie feau eft au plus bas , la cordenbsp;senroule fur la partie du moindre diametre, Scnbsp;fur celle du plus grand diametre lorfque ce feaunbsp;eft au plus haut. Par ce moyen , on emploie tou-jours la même force. Mais il eft évident que, dansnbsp;tous les cas , on eft oblige den employer plus qiiilnbsp;ne feroit néceflaire.
Lorfquil y a deux feaux , M. Ie Cainus fait enrouler une moitlé de ia corde fur une moitié de laxe, quil divife en deux parties égales , enfortenbsp;que 1une eft toute couverte de la corde dont Ienbsp;feau eft en haut, pendant que 1autre moitié eftnbsp;découverte, Ie feau qui lui répond étant au plusnbsp;has. Par ce moyen , les deux efforts fe combinentnbsp;de maniere qu11 faut toujours a peu prés la mêmenbsp;force pour Ie furmonter. Mais ces inventions,nbsp;quolquingénieufes , ne valent pas celle de M*nbsp;Loriot.
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PROB.LÊME XXXI.
^onJlruHion dun tourmhroche qui murcks au moyert même du feu de la cheminée.
Cette efpece de tournebroche eft affez com- Pl. 6, mune en Languedoc , amp; eft aflez ingénieufe. Au fig- 30.nbsp;milieu du foyer , 6c environ a un pied du contre-ccEur de la cheminée, eft fixes folidement une barrenbsp;fer qui fert de fupport a un eflieu perpendiculaire, dont la pointe tourne dans une cavité ennbsp;forme de crapaudine ; lautre extrémité porte dans 'nbsp;anneau délié qui lui fert de collet; eet axe eftnbsp;garni tout a 1entour dune hélice en tole ou en fer-blanc, qui fait une couple de revolutions, amp; quinbsp;a environ un pied de falllie; il fuffit même de plu-fieurs plaques de tóle, taillées en fefteur de eerdenbsp;amp; implantées a eet axe , enforte que leur plannbsp;fafte avec lui un angle denviron 60° : on les met-en plufieurs étages les unes fur les autres, en-»nbsp;fbrte que les fupérieures foient au deflus du vuldenbsp;^aiffé par les inférieures. Cet axe enfin porte versnbsp;fommetune roue de champ horizontale, quinbsp;ongrene avec un piguon dont 1effieu eft horizontal , amp; porte a fon extrémité la poulie a 1en-four de laquelle senroule la chains fans fin quinbsp;^^rt a faire tournet la broche. Telle eft la conf-ttuftion de la machine, dont volei Ie jeu, Lorl-B'i on allume Ie feu a ia cheminée , 1air qui, pat fanbsp;^aréfaftion, tend aufli-töt a monter , rencontrenbsp;cpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hélicoïde, ou ces efpeces daubes in-
ell^^a tourner par conféqiient laxe auquel j^.^^^ttachée, amp; enfin la broche ou eft enfiléenbsp;de viande a rótir. Plus Ie feu sanime,nbsp;plusnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;va vite, parceque Pair monte avec
^P^drte
D iij
-ocr page 62-54 RicRÉATIONS Mathématiqdes.
On peut, fi Ton veut, démonter la machine, lorfqucn ne veut pas sen fervir, en foulevant unnbsp;peu Iaxe vertical, amp; retirant fa pointe de deffus fonnbsp;appui, ce qui permet de dégager le fommet denbsp;fon eflie-u du collet qui Iembrafle. On la peut re-inonter avec la rneme facilité , quand on en anbsp;befoin.
R E M A R (lU E S.
I. Void un petit jeu mecanlque, fonde fur le Tnême principe. Coupez dans une carte un cerclenbsp;de la largeur de la carte; puis tracez amp; coupez dansnbsp;ce cercle une fpirale qui faffe trols ou quatre revolutions , Si qui aboutiffe a un petit cercle réfervénbsp;autour du centre , amp; dune ligne ou deux de dia-inetre; etendez cette fpirale en elevant le centrenbsp;au delTus de la premiere revolution, comme finbsp;elle etoit coupee dans une furface conique ou pa-raboloide; ayez enfuite une petite broche de fernbsp;terminee en pointe amp; portee fur un fupport;nbsp;vous appliquerez le centre ou le fommet de votrenbsp;hellce fur cette pointe ; niettez enfin le tout fur lanbsp;table dun poële un peu chaud : vous verrez votrenbsp;machine fe mettre peu a peu en mouvement Scnbsp;tourner avec rapidite , fans aucun agent apparent.nbsp;Get agent eft rreanmoins Iair qui eft raréfié par lenbsp;contacl dun corps chaud , 6c qui en montantnbsp;forme un courant.
vtté , renfeniier cette roue hélicoïde claus un cy
r. II ny a nul doute quon ne put appliquer une pareille invention a des ouvrages utiles: onnbsp;pourroit, par exemple , sen fervir a former desnbsp;roues c|ui feroient toujours plongées fous 1eau ,nbsp;leur axe étant placé parallélement au courant: onnbsp;pourroit même, poijr donner a 1eau plus daéli'
MécaniquE'
^indre creux ? oü 1eau une fois entree, amp; pouffée par Ie courant fupérieur, agiroit, je crois, avecnbsp;lgt;eaucoup de force.
Si 1on redreffoit ce cylindre , enforte quil re-par foil ouverture fupérieure une chute deau , cette eau feroit tourner la roue Sc laxe auquelnbsp;elle feroit attachée, Sc pourroit mener une rouenbsp;de moulin ou quelquautre machine. Tel eft Ienbsp;principe du mouvement des roues du Bafacle,nbsp;fameux moulin de Touloufe.
PP«.OBLÊME XXXII.
Quejl-ce quifoutunt dtbout unc toupic OU Un toton qui tourne?
Réponse. c est la force centrifuge des parties du toton ou de la toupie mife en mouvement; carnbsp;tin corps ne peut fe mouvoir circulairement, fansnbsp;^^ire un effort pour sécarter du centre, enfortenbsp;que sil tient a un filet attaché a ce centre, il Ienbsp;Kendra, amp;; Ie tendra dautant plus, que Ie mouve-ïnent circulaire fera plus rapide.
La toupie étant done en mouvement ^ toutes parties tendent a sécarter de laxe avec dau-^3nt plys force quelle tourne plus rapidement;nbsp;d Ou il fult que ce font comme autant de puiffan-qui tirent perpendiculairement a fan axe- Or,nbsp;elles font toutes égales, Sc que dailleurs ,nbsp;P^r la rotation, elles paffent rapidement de tousnbsp;to^ ^P^és, il en dolt réfulter un équillbre de lanbsp;®tipie fu,- point dappui , óu lextrémité denbsp;gPg tourne.
, I^ROBLÊME XXXIII.
folitunt-on plus uifiment m jur Ic bout de fon doigt tin baton charge a
D rv
iquilibrt d fom
-ocr page 64-5Ó Recreations Mathématiques.
extrémité fiiperieure d'un poids , qm lorfque ce poids ejl en bas, par exemph , une épie fur fanbsp;pointe plutót que fur fa garde ?
XjA raifon cle ce phénoraene bien connu de tous les faifeurs de tours déquilibre , eft celle-ci. Lorfque Ie poids efi fort éloigné du point dappui, foilnbsp;centre de gravité de'crit, en sécartant dun cóténbsp;OU de r 'autre de la perpendiculaire , un plus grandnbsp;eerde que lorfque ce poids eft fort voifin du centre de rotation ou du point dappui. Or , dans unnbsp;grand eerde , un are dune grandeur détermi-née, dun pouce , par exemple, forme une courbenbsp;c[ui sécarte bien moins de 1horizontale , que ft Ienbsp;eerde étoit dun rayon moindre. Le centre denbsp;gravité du poids pourra done , dans le premiernbsp;cas, sécarter de la perpendiculaire de la quantiténbsp;dun pouce, par exeinple , fans avoir autant denbsp;propenfion ou autant de force pour sen eloignernbsp;encore davantage , que dans le fecond cas; car fanbsp;tendance a seloigner tout-a-fait de la perpendiculaire eft dautant plus grande , que la tangentenbsp;au point de Iarc ou il fe trouve approche davan-tage de la verticale : done, plus le eerde que dé-criroit fon centre de gravité eft grand , moinsnbsp;grande eft cette tendance a tomber, amp; confe-queinment, plus grande eft la fadlite a le tenirnbsp;en equilibre.
PR OB LÊ ME XXXIV,
Qiielk ef la pojition la. plus avantagmfe des pieds
pour fe foutenir folidement debout?
CEST un ufage parmi les perfonnes bien étc' vées, de potteries pieds en dehors, ceft-a-dbs
-ocr page 65-MÉCANIQUE- nbsp;nbsp;nbsp;57
enforte que la ligne du milieu de la plante des P'eds foit plus ou moins oblique a la direftionnbsp;^ers laquelle on eft tourné: cela ma donne beu denbsp;rechercher sil y a quelque raifon phyfique ou me-canique qui vienne a 1appui de eet ufage, auquelnbsp;on attache une _idée de grace. Voyons done ,nbsp;ejfaminons ceci, fuivant les principes de la méca-^ïaue.
bin corps quelconque eft dautant plus folide-^ent porté fur fa bafe, que, par la pofition du Centre de gravité amp; la grandeur de cette bafe, cenbsp;Centre eft moins expofé a en fortir par 1 effet desnbsp;chocs extérieurs Cette confidération fort fimplenbsp;réduit done Ie problême a determiner ft , felon lanbsp;pofition des pieds, la bafe dans Iinterieur de laquelle doit tomber la perpendiculaire a 1horiznn ,nbsp;abaiffée du centre de gravité du corps humain, eftnbsp;fufceptible daugmentation amp; de diminution,nbsp;quelle eft la pofition des pieds ou cette bafe a lanbsp;plus grande etendue. Or ceci devient unproblemenbsp;pure geometrie , dont 1énoncé feroit celui-ci:
Igt;^ux li^ms AD, BC, égaks amp; mobiles fur hs PI. 6, points A B comme centres, etant donnas, deter- fig. 3*'nbsp;miner lenr pofition lorfque le quadrilatere ou trapezenbsp;ABCD fera U plus grandpoffibh. Ce problême fenbsp;refoud avec la plus grande facilite , par les metho-es connues des geometres pour les problêmes denbsp;ce genre, amp; 1on deduit de cette folution la conf-*uftion fuivante.
t 1^ .1'gne A égale a AD ou BC, faites leFlg. 34* angle ifolcele AHt/reffangle en H, amp; faitesnbsp;. P cgale a AH ; enfuite, ayant pris AI égale a ^nbsp;neznbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quart de AB , tirez la ligne KI, ^ P^c-
dir.,1 a IK; puis fur GE élevez une perpen-mdefinie , qui coupe en D le cercle dé-
-ocr page 66-58 Recreations Mathématiques. crit de A , coinme centre , avec le rayon Ad: 1an-gle DAE fera Tangle cherche.
Si la ligne AB j amp; confeqrteinment AG ou AI, eft nulle, on trouvera que AE fera égale a AH ,nbsp;amp; que Tangle DAE lera demi-drolt. Ainfi, lorf-quon a les talons abfolument appliques Tuncontrenbsp;Tautre, Tangle que doivent faire enfemble les li-gnes longitudinales de la plante des pieds , eftnbsp;demi-droit, ou bien approchant de demi-droit,nbsp;a caufe de la petite dlftance quil y a alors entrenbsp;les deux points de rotation qui font au milieu desnbsp;talons.
Suppofons maintenant que la diftance AB eft égale a AD , on trouveroit, par le calcul, quenbsp;Tangle DAE devroit être de 60 degrés.
En fuppofant AB égale a deux fois AD , ce calcul donnera Tangle DAE de 70 degrés bien pres.
En faifant AB égale a trois fois la ligne AD , Tangle DAE fe trouvera devoir être bien prés denbsp;740 30'.
On voit done par-la, qua mefure que les pieds lêfont plus écartés Tun de Tautre, leur direélión de-vra, pour la plus grande folidite du corps , appro-cher davantage du parallélifme. Mais, en général,nbsp;les principes mécaniques font daccordavec ce quenbsp;Tufage amp; ce quon appelle la bonne-grace enfei-gnent, fqavoir , de porter les pieds en dehors.
PROBLÊME XXXV.
Du Jeu de Billard. ,
Ïl eft inutile dexpliquer ici ce que eeft que le )eu de billard. On fqait affez que eeft une tablenbsp;couverte dun tapis bien tendu, amp; garnie de re-bords bien rembourres, dont Télafticité renvoie
-ocr page 67-les billes ou balles divoire qui les rencontrent; que les coups de ce jeu qui donnent du gain,nbsp;lont ceux oü , par Ie choc de fa bille, on envoienbsp;eelle de fon adverfaire dans quelquun des trousnbsp;fis aux angles amp; au milieu des grands cotes ^nbsp;quon nomme bdoufes , amp;c.
Tout confide done , dans ce jeu , a reconnoi-tfe de quelle maniere il faut frapper la bille de fon adverfaire avec la fienne, pour que celle-la aillenbsp;Momber dans une des beloufes , fans sy perdrenbsp;foi-même. Ce problême , amp; quelques autres pro-pres au jeu de billard, reijoivent leur folution desnbsp;deux principes fuivants:
1° Que Tangle dincldence de la bille, contra Une des bandes ou rebords, eft égal a Tangle denbsp;réflexion*;
2° Que lorfqiTune bille en rencontre une au-^*¦0, fi Ton tire une ligne droite entre leurs een-1 laquelle conféquemment pafiera par Ie point de Contadt, cette ligne fera la diredtion de lanbsp;frappée après Ie coup.
^ela fuppofé , volei quelques-uns des problê-que ee jeu préfente.
I- La pojition de la heloufe amp; celles des deux étant donnèes , frapper cellc M de fonnbsp;adverfaire enforce quelle aille dans cette beloufe.
Par Ie centre de la beloufe donnée amp; celui de ^^'7 .^dle, menez ou concevez une ligne droite;nbsp;oü elle coupera la furface de la bille dunbsp;^^Ppofé a la beloufe , fera celui oü il faudranbsp;pour lui donner Ia diredbion cherchée.nbsp;dunnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;done la ligne ci-deffus prolongée
nera ^0°*^ '^dle , Ie point O oü elle fe termi- Celui par lequel devra palfer la bille
-ocr page 68-6o Récréations Mathématiques,
choquante. On fent aifement que ceft en quoi confifte lhabileté dans ce jeu; il ne sagit que denbsp;frapper la bille convenablement; amp; il eft facile denbsp;voir ce quon doit faire , mais il ne 1eft pas autantnbsp;de 1exécuter.
On voit au refte, par ce quon a dit plus haut, que, pourvu que langle NOB excede tant foitnbsp;peu Tangle droit, il eft poffible denvoyer la billenbsp;M dans la beloufe.
II. Frapper une. bilk de hricole.
Pb 7 La bille M eft cachée ou prefque cachée der-% 34quot; rlere Ie fer a Tégard de la bille N, enforte que cherchant a Ia toucher direiftement, 11 feroit im-poffible de Ie faire , ou quil y auroit grand danger de rencontrer Ie fer amp; de Ia manquer ; il fautnbsp;alors chercher a toucher la bille de bricole ou pacnbsp;reflexion. Pourcela, concevez du point M fur lanbsp;bande DC, la perpendiculaire MO prolongée ennbsp;m, de forte que Om foit égale a OM. Vifez a cenbsp;point m; la bille N , après avoir touché la bandenbsp;DC, ira choquer la bille M.
Fg- 33 Si Ton vouloit frapper la bille M par deux bri-coles CU après deux réflexions, en voici la folu-tion géométrique. Du point M , concevez fur fa bande BC Ia perpendiculaire MO prolongée , en-forte que O m foit égale a OM ; du point m foitnbsp;conque fur la bande DC prolongée , la perpendiculaire m P prolongée en q , de forte que q P foitnbsp;égale aP/;2. la bille N dirigée a ce pointy, ira,nbsp;après avoir frappé les bandes DC, CB, choquernbsp;la bille M.
6l
ÏII. Une bille vtnant d'cn choqiitr um autre felon une direclion quclconque , qtitlle ejl, apris a choc ,nbsp;let direclion de la bille choquante ?
II eft important , dans Ie jeu de billard , de reconnoitre quelle fera , après acoif tiré fur labiUenbsp;de fon adverfaire amp; 1avoir choquée obliqueinent,nbsp;la direclion de fa bille propre ; car tout Ie mondenbsp;l^ait quil ne fuffit pas davoir touché la premierenbsp;Ou 1avoir pouffée dans la beloufe j il faut ne pasnbsp;y tomber foi-même.
Soient done les billes M , N, dont la derniere va PL 7, ohoquer la premiere en la touchant au point O. %. 36,
Par ce point O foit tirée la tangente OP ; amp; par Ie centre n de la bille N arrivée au point de con-taél, foit menée ou concue laparallele np \ oVznbsp;la direélion de la bille choquante fera, après Ienbsp;choc , la ligne np. On iroit ici fe perdre infaillible-ment, amp; ceft en effet ce qui arrive fréquemmentnbsp;dans cette pofition des billes. Les joueurs qui lenient avoir a faire a des novices dans ce jeu, leurnbsp;donnent même fouvent eet acquit captieux, qui lesnbsp;fait perdre dans une des beloufes des coins. II faut,nbsp;dans ce cas, fe bien garder de prendre la bille denbsp;fon adverfaire de moitié , fuivant Ie terme du jeu ,nbsp;pour la faire a un des coins de lautre bout du biljard ; car, en 1y faifant, on ne manque guere denbsp;fe perdre foi-même dans lautre coin.
R E M A R lt;IU E.
I O U s fommes partis , en raifonn
leu, des principes communs; maïs nous n p vons nous diffimuler que nous avons plus qnbsp;1inquiétude fur ce fujet, amp; en voici Ie
Si les billes navoient quun mouveme p
-ocr page 70-6% Recreations Mathématiques.
greffif en avant, fans volution autour de leur centre, les principes ci-delTus feroient éviclemment amp; fuffifamment démontrés. Mais tout Ie mondenbsp;f(^ait quindépendamment de ce mouvement pro-greffif du centre, une bille roule fur Ie tapis dansnbsp;un plan qui lui efl: perpendiculaire. Lors donenbsp;quunebille touche la bande, amp; en eft repoufféenbsp;avec une force a peu prés égale a celle avec la-quelle elle la choquée, ce mouvement femble devoir fe compofer avec Ie mouvement de rotationnbsp;quelle avoit au moment du choc , amp; avec celuinbsp;quelle a dans Ie fens parallele a la bande. Or ,nbsp;puifque Ie premier de ces mouvements, compofénbsp;avec Ie dernier, donne langle de réflexion égalnbsp;a langle dincidence , que devient done Ie fecondnbsp;qui devroit altérer Ie premier réfultat ? Ceft, cenbsp;me femble, un problême de dynamique, cjui nanbsp;été réfolu par perfonne , amp;C qui mériteroit denbsp;1étre.
It:'
li'l;
Quoi quil en foit, ceft ce mouvement de rotation qui, dans certaines circonftances, donne un réfultat qui femble contrarier les loix du chocnbsp;des corps élaftiques ; car , fuivant cette loi ,nbsp;quand un corps élaftique en cheque direftementnbsp;amp; centralement un autre qui lui eft égal, ce premier doit sarréter, en communiquant toute fanbsp;vitefle au fecond. Cela narrive cependant pasnbsp;dans Ie jeu de billard ; car , dans ce cas, la billenbsp;choquante continue de marcher au lieu de sarrê-ter tout court. Mais ceft la une fuite du mouvement de la bille choquante autour de fon centre,nbsp;mouvement qui fubfifte encore en grande partienbsp;après Ie choc : ceft ce mouvement qui porte encore cette bille en avant.
-ocr page 71-MiCANIQUE.
ConJlruB:ioTi d'unc Pendule d'eau.
On appelle pendule leau , une montre ou hor- pj. g, loge deau, qui a la figure dun tambour ou barillet fig. 37.nbsp;de métal bien foudé , comme ^BCD , a laquellenbsp;Ie mouvement eft donné par une certaine quan-tite deau renfermée dans Tintérieur. Cette horlogenbsp;ïïiarque les heures Ie long de deux montants verti-caux, contre lefquels eÜe eft fufpendue par deuxnbsp;filets OU cordes fines , entortillées autour dunnbsp;^ftleu par-tout également epais^ èc qui traverfe Ienbsp;tambour de part amp; dautre par Ie milieu. Le mé-caniline intérieur eft extrêmement ingénieux, amp;nbsp;mérite detre développé, mieux quon ne le voitnbsp;dans les éditions précédentes des Recreations Ma-thématiquesou M. Ozanam nexplique même pasnbsp;Comment cette machine marche amp; fe foutient,
Pour ainft dire, en lair, fans tomber tout-a-coup,
^ornme ii femble quelle devroit faire.
Soit géquot;) le eerde 1x34, qui repréfente Fig,^8. coupe du barillet ou tambour , par un plan perpendiculaire a fon axe. Nous le fuppofons de cinqnbsp;^ ftx pouces de diametre. Les lignes A, B, C, D,
P, G, repréfentent fept cloilons du même mé-que le barillet, amp; foudées exaftement tant aux cux fonds qua Ia bande pirculaire qui en fait ienbsp;^^ntour; ces fept cloifons ne doivent pas aller dunbsp;^ circonférence , mais être un peu tranf-ron^ ^ tangentes a un eerde intérieur, denvi-H eft^l'^°'^^^ amp; demi de diametre. Le petit quarrénbsp;cette ^ ':Cupe de 1eflieu qui doit être quarré ennbsp;traverfer les deux fonds du tam- cn seticaftrant très-jufte dans deux trous
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femblables faits autour de letir centre. AjoutonS encore que chaque cloifon doit être percée Ie plusnbsp;prés quil fe poulra de la circonférence du tambour , dun petit trou rond, pratique avec la mêmenbsp;aiguille , afin c|uil ny ait aucune difference.
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Suppofons maintenant quon ait mis dans Ie tambour une certaine cjuantité deau , environ buitnbsp;OU neuf onces, amp; quelle fe foit déja diftribuéenbsp;comme lon voit dans la fig. ^8; que la ligne IKnbsp;repréfente Ie double cordon GH , EF, (^fig. 37)nbsp;enroulé autour de 1effieu cylindrique : il eft facilenbsp;de voir que, fi la machine étoit vuide, Ie centrenbsp;de gravité, c[ui feroit Ie centre même de la figure ,nbsp;étant hors de la ligne de fufpenfion , amp; du cóténbsp;oü la machine tend a tomber, elle tomberoit ennbsp;effet ; mais leffet de leau contenue derriere lanbsp;cloifon D, eft de retirer ce centre de gravité ennbsp;arriere , enforte que sil étoit en deqa de la verticale KI prolongée y Ie tambour tourneroit de D ennbsp;E pour atteindre cette verticale ; amp;, dans cettsnbsp;p'ofition, la machine refteroit en équilibre ft leaunbsp;ne pouvoit pafler dune cavité a 1autre; car Ienbsp;tambour ne fqauroit rouler dans Ie fens AGF, fansnbsp;faire remonter Ie centre de gravité du cöté de D :nbsp;de même il ne fcauroit rouler davantage dans Ienbsp;fens BCD , fans que Ie même centre remontat dunbsp;cóté oppofé. La machine doit done refter en équi-libre, amp; y perfifter tant que rien ne fera change.
Mais fi , par Ie trou de la cloifon D , leau sé-coule peu a peu entre les cloifons D, E , il eft clair que Ie centre de gravité savancera tant foit neitnbsp;en dela de KI prolongée , amp; la machine roideranbsp;iinperceptiblement dans Ie fens AGF; amp; comme,nbsp;en defcendant ainfi , Ie centre de gravité eft retirénbsp;vers la verticale KI prolongée , léquilibre fe réta-
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MiCANIQUÉ. nbsp;nbsp;nbsp;«jf
bllra en même temps j amp; ce mouvémèrit conti-» ttuera tant que la cOrde foit toute défenroulée denbsp;^effus Teffieu. Ce moüveinènt: a la vérité , nénbsp;lera pas tout-a-fait uniforme , car il eft évidentnbsp;que, lorfcjue Peau fera prefque en entier derrierenbsp;la clolfon D , Ie tambour roulera plus vite quenbsp;lorfquelle fera prefque écoülée ; amp; les périodesnbsp;de ces inégalités ferOnt dans une révolution totalenbsp;du tambour ^ en même nombre que celui des cloi-fons; ce que ne paroiiTent pas avoir appercu ceuxnbsp;qui ont traité de ces fortes dhorloges.
Ceft pourquoi, pour avoir une divifion êxaéle du temps par ce moyen, il faut faire une marquenbsp;^ la circonférence du barillet J apfès quoi, ayantnbsp;nionté la machine au plus haut, amp; 1avoir difpoféénbsp;de maniere que la marque en queftion foit au plusnbsp;haut du banllet, vous aurez une bonne montre ynbsp;^vec laquelle vous marquerez , pendant une révo^nbsp;fution entiere , les points des heures écoulées. IInbsp;taut faire enforte que ce nombre dheures foit unnbsp;®ombre entier ^ comme 4,6 ^ amp;c ; amp; , pournbsp;effet, retarder ou accélérer Ie mouvement dénbsp;iTiachine, iufqua ce que 1on ait atteint cettenbsp;P'^Êcifion ; fans quoi on pourra fort bien fe trom-de plufieurs minutes, peut - être dun demi-Stiart dheure. On verra plus bas comment oiinbsp;P^ut accélérer ou retarder ce mouvement.
Hnfin, lorfquon remontera la pendule, il fau-jja avoir attention que 1effieu , étant placé contre divifion, la marque faite au bardletnbsp;petenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnême pofition; fans quoi, je Ie ré-
lieurs nbsp;nbsp;nbsp;compter fur llieure qu^ plu-
fervatr^'''^^^^ prés. Voici maintenant quelques ob-
j '^dles, relativement a eet objet.
néceffué que leau quon em-
* nbsp;nbsp;nbsp;E
-ocr page 74-66 Recreations Mathématiques. ploiera foit diftUlée, fans quoi elle contraftera bien*nbsp;tót des vices qui lui feront obftruer les trous parnbsp;lefquels elle doit couler , amp; la machine sarrdtera.
II. La matiere la plus propre a faire le bardlet de ces montres, eft 1or, ou Iargent, ou , ce quinbsp;eft moins couteux, le cuivre rouge bien étamé ennbsp;dedans, ou enfin 1étain,
HI. Cette machine eft fujette a aller un pen plus vite en été quen hiver; ceft pourquoi il eftnbsp;a propos de la regler de temps en temps, amp; denbsp;la retarder ou accélérer. Pour cet effet, il eft bonnbsp;de lui ajouter un petit contrepoids tendant a lanbsp;PI. 8,faire rouler en dehors. Ce petit contrepoids doitnbsp;ftg' 39- être en forme de feau, amp; de quelque matiere légere , enforte quon puifle le charger plus oUnbsp;moins , au moyen de petits grains de plomb.nbsp;Veut-on accélérer la machine , on y ajoutera un ^nbsp;ou deux , ou plus de grains ; veut-on la retarder,nbsp;on en ótera ; ce qui fera beaucoup plus commodenbsp;que dajouter de Feau ou den oter.
IV. nbsp;nbsp;nbsp;Il faut que 1endroit de 1infertion de 1eflieUnbsp;dans le tambour foit herméticjue'ment clos, fansnbsp;quoi 1eau sevaporera peu i peu , la machine re-tardera continuellement, amp; enfin sarrêtera.
V. nbsp;nbsp;nbsp;Avec toutes ces précantions, il eft aifé denbsp;fentir quune machine de cette efpece eft plus cu-rieufe c]ue propre a mefurer le temps avec préci-fion. Cela peut être bon dans la cellule dun reh-gieux , ou dans un cabinet de curiofites mecani-ques; mais 1aftronomie nen fera certainementnbsp;pas ufage.
VI. nbsp;nbsp;nbsp;On ne fqait guere quel eft 1inventeiir de
cette efpece dhorloge. M. Ozanam écrivoit, en 1693 ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;premieres quon vit a Paris vers ce
temps-la f avoient été apportées de Bourgogne '
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ajoute que Ie pere Thimothée , Barnablte, qui ^^celloit dans les tnécaniques, avoit donné a cettenbsp;horloge deau tome la perteftion dont elle étoitnbsp;hjfceptible. Ce reügieux en avoit fait une hautenbsp;denviron cinq pieds, qui ne fe montoit qu unenbsp;fois en un mois. On y voyoit , outre les heuresnbsp;marquees fur Ie haut de la botte , dans un cadrannbsp;régulier, Ie quantieme du mois, les fetes de 1 an-iiée , Ie lieu du foleil dans Ie zodiaque , fon levernbsp;^ fon coucher , ainfi que la longueur du ]Our amp;nbsp;de la nuit. Cela sesécutoit par Ie moyen dun pe-d't foleil qui defcendoit imperceptiblement Scnbsp;qu^on levoit au bout du mots au haut de la botte ^nbsp;lorfquil étoit parvenu au plus bas.
Le pere Martinelli a traité fort au long de ces pendules , dans un ouvrage italien, intitule Horo~nbsp;logt Elementari, oü il enfeigne a faire des horlo-ps au moyen des quatre elements, leau, la terre ,nbsp;feu amp; 1air. Cet ouvrage fut imprimé a Venifenbsp;1663 5 Sceft fort rare. On y voit comment onnbsp;put adapter a une pendule deau des fonneries,
^ toutes les autres particularités qui accompa-E^ertt quelquefois les horloges a roues. ISous Pnurrons, a 1imitation de M. Ozanam, en don-pr Ia traduftion a la fuite de cet ouvrage , en la-fegeant néanmoins.
PROBLÊME XXX Vil.
Paradoxe Mecanique.
°^nent, dans unc balance , des poids égaux pla-a quelque dijlance que ce foit du point d'ap-1 fe tiennent en équüibre.
' nbsp;nbsp;nbsp;chaffis quarré, tel que DEFG, de Pl. 8.
B petites regies de bois tellement affemblées , S-
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-ocr page 76-tli
i68 Récréations MathémAtiques,
quelles puiffent fe mouvoir librement fur les angles , enforte que ce chaffis puilTe paiTer de la forme de reélangle a celui de parallélogramme ,nbsp;comme e f g d. Les longs cotés doivent être environ doubles des autres. Dans Ie montant perpendiculaire BC, de la groffeur convenable, eft pra-tiquée une fente , dans laquelle eft iiiférée ce chaf-lis, de maniere quil foit mobile fur les deux pointsnbsp;I, H, oü il eft attaché au montant perpendiculaire par deux petits axes; enfin les petits cotésnbsp;ED , FG, font traverfés chacun par une piecenbsp;de bois, telles que MN, KL , qui leur font atta-chées fixément; Ie tout eft porté fur un pied telnbsp;que A B.
Maintenant, quon fufpende Ie poids P au point M , qui eft prefque a 1extrémité du bras M N , lanbsp;plus élöignée du centre ou des centres de mouvement ; quon fufpende Ie poids Q égal au premier,nbsp;dun point R quelconque de 1autre bras KL, plusnbsp;prés du centre, amp; méme en dedans du chaffis:nbsp;ces deux poids fe feront toujours équilibre, quoi-cjuinégalement éloignés du point dappui ou denbsp;mouvement de cette efpece de balance ; amp; ils ynbsp;refteront auffi , quelque fituation quon donne anbsp;Ia machine , comme idfg.
La raifon de eet effet, qui femble dabord con-tredire les principes de la ftatique , eft cependant aflez fimple; car deux corps égaux font en équi-libre , lorfque la machine a laquelle ils font fuf-pendus étant fuppofée prendre quelque mouvement , les defcentes de ces deux poids font égalesnbsp;amp;¦ femblables. Or il eft aifé de voir que cela doitnbsp;néceflairementarriver ici, puifque les deux poids»nbsp;quelle que foit leur pofition , font néceffités ^nbsp;décrire des lignes égales 6c paralleles.
-ocr page 77-On volt aufli avec facilité que, dans uneparellle *^achine , quelle que foit la polition des poids Ienbsp;long des bras MN , KL, ceft la même chofe quenbsp;sils étoient fufpendus du milieu des petits cotésnbsp;du chaffis mobile, ED, FG. Or, dans ce derniernbsp;cas, des poids éeaux feroient en équilibre; done,
6cc. nbsp;nbsp;nbsp;^
PROBLÊME XXXVIII.
(^uclle ejl la yitcjfe qu'oTi doit donner a unt Tnuchim 'niut parun courant deaii ,pour qu elleproduijcnbsp;Ie plus grand ejffet ?
On concevra facllement que cela neft point indifférent , 11 lon fait lobfervation fuivante. Si la toue fe mouvoit avec la même viteffe que Ie fluide ,nbsp;elle nen éprouveroit aucune impreffion; confé-^uemment Ie poids quelle éleveroit feroit nul, ounbsp;^nfinitnent petit. Si, au contraire, elle étoit im-quot;lobile , elle éprouveroit toute 1impreffion dunbsp;courant; mals il y auroit équilibre; il ny auroitnbsp;°onc point de poids enlevé , amp; conféquemmentnbsp;point deffet. II y a done une certaine vitefle ,nbsp;^Oyenne entre une vitefle égale a celle du courantnbsp;utie vitelTe nulle , qui donneta Teffet Ie plusnbsp;k Srand ; effet qui eft proportionnel, dans un tempsnbsp;onné , au produit du poids par la hauteur a la-quelle il eft élevé.
a l^f dohnerons pas iel lanalyle qui conduit obfenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du problême. Nous nous bornons a
delfus^*^! nbsp;nbsp;nbsp;machine de la nature ti
de c ^''ItelTe de la roue doit être égale au tiers ment Courant. 11 faut conféquemment aug-
vlteamp;crr^Jr
^'deuus foit comme on vient de dire. La
E iij
-ocr page 78-70 Recreations Mathématiques. machine procluira alors Ie plus grand efFet dontnbsp;elle eft fulceptible.
PROBLÊME XXXIX.
Qud ejl Ic nombre d'atibcs quon doit mtttre d unt
roue mue par un courant deati, pour quelle produife Ie plus grand effet ?
On a crn pendant long - temps que les aubes dune pareille roue devoient être tellement proquot;nbsp;portionnées que , lorfquune delles fe trouvoUnbsp;verticale ou au milieu de Ibn immerfion , la fui'nbsp;vante ne fit quentrer dans leau. On en donnoitnbsp;bien des raifons, que néanmoins Ie calcul démentnbsp;auffi bien que Texpérieuce.
II eft aujourdhui démontré que plus une roU^^ femblable a daubes, plus grand eft fon effet,nbsp;plus il eft uniforme. Ceft ce qui réfulte des recherches de M. labbé de Valernod, de lacadémisnbsp;de Lyon , amp; de celles de M. du Petit-Vandingt;nbsp;quon lit dans Ie Vol. des Mém. des Sqavant^^nbsp;étrangers. M. labbé Boffut , qui a examine ^nbsp;1aide de lexpérience, la plupart des theories hy'nbsp;drauliques, a auffi démontré la même chofe. Dan!-les expériences quil a taites, une roue garnie d^nbsp;quarante-huit aubes a produit un plus grand effdnbsp;quune garnie de vingt-quatre , amp; celle-ci plus qu^nbsp;celle garnie de douze , en les plongeant égalemeO^nbsp;dans leau. Auffi M. du Petit-Vandin obferve-t-^nbsp;quen Flandres , oü leau courante eft aflez raf®nbsp;pour quon la ménage autant quil fe peut, on o®nbsp;met jamais moins de trente-deux aubes a une roüStnbsp;amp; quon en met jufqua quarante-huit lorfquenbsp;roue a 15 a 18 pieds de diametre.
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-ocr page 79-MiCANIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;7»
Un baton ou cylindm phin, amp; un autre creux amp; de même foliditi , étant propofés , leqtiel desnbsp;deux rèjljlera davantage a être rompii pur unnbsp;poids f ifpendu a une de leurs extrémités , 1autrenbsp;étant fixe} On lesfuppofe de la même longueur.
Quelques-UNS de nos lefteurs, amp; pevit-être plufieurs, feront tentés de penfer que la bale denbsp;rupture étant la même, tout doit être egal: onnbsp;rnême tenté, du premier abord, de regarder Ienbsp;b^ton OU cylindre plein, comme cloué clune plusnbsp;grande réfiftance a être rompu; mais on feroitnbsp;dans Terreur.
Galilee , qui Ie premier a examine mathématl-quement la réfiftance des folides a être rompus par un poids fur un appui, Galilee , dis-)e , a faitnbsp;voir que Ie cylindre creux réfifterabien davantage,nbsp;^ tjuil réliftera dautant plus quil y aura plus denbsp;^reux. II fait même voir, daprès une théorie fortnbsp;^.PProchante de la vérité, que la réfiftance du cy-^indre creux fera a celle du plein, comme Ie rayonnbsp;^otal du creux a celui du plein. Ainfi un cylindrenbsp;^reux ayant autant de vuide que de plein, refifteranbsp;plus que Ie plein dans Ie rapport de a i ounbsp;de 1.141 a i.ooo; car Ie premier aura y/2. pournbsp;^ayon, tandis que Ie premier aura un rayon egalnbsp;^ 1unité. Un cylindre creux , ayant deux fois au-^ut de vuide que de plein, réliftera plus que cenbsp;Sn raifon de y/3 a i , ou cle i .73 a 100;nbsp;surs rayof)5 feront dans Ie rapport de y/3 a l-^1'i'pdre creux, dont la folidité ne feroit quonbsp;pinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;partie du volume total, réfiftetoit
ïaifo^'!^ cylindre plein de même folidité , en de y/2_i ^ OU 4.31 a 100, amp;c.
yi Recreations Mathématiques.
I Re M A R lt;iv E.
Il efl: airé dobferver, amp; Galilee ne manque pas de Ie faire, que ce mécanifme efl: celui dontnbsp;la Nature ou fon fouverain Auteur seft fervi pournbsp;concilier en plufieurs occafioias la folidité avec lanbsp;légéreté. Alnfi les os de la plupart des animauxnbsp;font creux ; ils euflent perdu de leur force a être fo-licles avec la inéme quantité de inatiere; ou, pournbsp;leur clonner la méine réfiflance , il eüt fallu lesnbsp;rendre plus maflife, ce qui eüt nui a la facilité dunbsp;mouvement. Les tiges de beaucoup de plantesnbsp;font creufes par ia même raifon. Enfin, lesplume»nbsp;des oifeaux , dans la formation defquelles il falloitnbsp;allier beaucoup de force a une grande légéreté ,nbsp;font creufes , amp; leur cavité efl: même la plusnbsp;grande partie de leur diametre total, enforte quenbsp;les patois font extrêmement minces.
PROBLÊME XLI.
Fabriquer une. lanterne qui conferve la lumiere at( fond de Veau.
1 L faut que la lanterne foit de cuir, qui réfifle mieux aux flots que toute autre matiere. On ajounbsp;tera a cette lanterne deux tuyaux qui auront coin^nbsp;munication avec 1air fupérieur ; iun pour rece--voir de no.uvel air, afin dentrerenir la lumiere;nbsp;1autre pour fervir de cheminée, amp; donnet paflfagenbsp;a la fumée; tous deux aflTez élevés au deflijs denbsp;Peau pour nêtre pas couverts par les vagues dansnbsp;les gros temps. Qn conqoit que Ie tuyau qui fer-vira a donner de nouvel air , doit avoir commu-lt;nbsp;nication par Ie bas de la lanterne , 8c celui qui ferê
chemyiée en doit ^yoir- par Ie hant, Qn fera
-ocr page 81-dans Ie cuir tout autant de trous quon voudra gt; pour y placer des verres qui repandront la lumierenbsp;tous cötés. Enfin on fufpendra la latiterne avecnbsp;du liege, afin quelle séleve Sc sabailTe avec lesnbsp;flots.
Cette efpece de lanterne , dit M. Ozanam ^ pourroit fervir a pêcher a la lumiere ; mals ^ cenbsp;quil ne dit pas, ceft que cette pêche eft févérenbsp;inent defendue par de fages ordonnances.
^onjiruire une lampe qui , dans toutes fes ftua-gt; tions , confcrve fon huik , qmlque mouvtmmtnbsp;amp; qmlqu^ 'mclinaifon quon lui donm.
PouR conftrulre-une lainpe femblable , il faut dabord que Ie corps de la lampe, ou Ie vafe cjuinbsp;contient riuiile amp; la meche , ait la forme dunnbsp;^^gment fphérique. Ce fegment aura a fon bordnbsp;deux pivots diamétralement oppofés, qui roule-^¦Ont dans deux trous pratiques aux extrémités dunbsp;diarnetre dun eerde de fer ou de laiton. Ce cer-aura lui-même deux autres pivots diametrale-oppofés, amp; éloignés de 90° des trous ©unbsp;Portent les premiers : ces feconds pivots tournerontnbsp;oans deux trous diamétralement oppofés dun fe-^ond eerde. Ce fecond cercle doit enfin avoir aulEnbsp;deux pivots, qui feront inférés dans un autre corpsnbsp;Concave , propre a environner toute la lampe.nbsp;ne fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;do voir quau moyen de cette fuf-
mouvement quon donne a la Pg d moins quil ne foit trop précipité, ellenbsp;^ ora dans une lltuation horizontale,nbsp;les rn ^'^fpenfion eft celle de la bouffole, quenbsp;Wins ont tant dintérêt dobferver èc de, tenir
-ocr page 82-74 Recreations Mathématiques, clans une fituation horizontale. Jai lu quelque paftnbsp;que Iempercur Charles V setoit fait faire unenbsp;voirure fu/'pendue de cette inaniere, pour être anbsp;1abri du danger de verfer.
Conjlruciioii d'un anémofcope amp; dun anemometrc.
Ces deux machines, quon confond vulgaire-ment, ne font pourtant pas la même chofe. La-nemofcope eft celle cjui fert a reconnoitre la direC' tion du vent; ainfi , a proprement parler, unenbsp;girouette eft un anémofcope. On entend au reftenbsp;ordinairement par-la , une machine plus compo-fée, amp; qui marque fur une efpece de cadran , foitnbsp;Intérieur, foit extérieur a une maifon , la direéfionnbsp;du vent qui fouffle. Quant a raneinometre , ceftnbsp;un inftrument qui fert a marquer non-feulementnbsp;la direftion, mais la duree 5c la force du vent.
PI. 9, Le mecanifme dun anémofcope eft fort ftmple. fig- 41. Q uon imagine une girouette élevée au deffus danbsp;comble dune maifon , amp; portee fur un axe qui,nbsp;traverfant le toit, sappuie par fa pointe fur unenbsp;crapaudine; le mouvement doit en être aftez facile pour obeir a la moindre impulfion du vent.nbsp;Get axe vertical porte vine roue dentée , horizontale, a dents pofees de champ; amp; cette roue sen-grene avec une autre précifément égale amp; verti-ticale , qui eft attachee a un axe horizontal, lequeinbsp;porte a fan extrémité 1aiguille dun cadran. II eftnbsp;vlfible que la girouette ne fqauroit faire un tour ,nbsp;que 1aiguille ci-deflus nen fafte un précifément.nbsp;Ainft, ft Ion fixe la pofition de cette aiguille denbsp;maniere quelle foit verticale quand le vent eftnbsp;nord, amp; quon obferve dans quel fens elle tourne
-ocr page 83-lt;iuand il paffe a Ioueft, ü fera facile de divlfer Ie ^3dran en fes trente-deux airs de vent,
On peut aufll fe procurer affez facilement un anémometre , sll neft queftion que de mefurernbsp;1intenlité ou la force du vent. En voici un quenbsp;nous propofons. La figure quarante-deuxieme re-préfente encore une girouette attachée fixément a PI- 9gt;nbsp;un axe vertical. Tranfverfalement au plan de la S ^nbsp;girouette, eft fermement implantée une barre denbsp;fer horizontale AE , dont les extrémités recourbeesnbsp;^ angles droits, fervent a foutenir un effieu horizontal , autour duquel tourne un chaffis mobilenbsp;ABCD , dun pied de hauteur amp;C dun pied de lar-geur. Au milieu du cóté inférieur de ce chaffis,nbsp;foit attaché un fil de foie déiié amp; affez fort, quinbsp;paffe fur une poulie adaptée en F, dans une fentenbsp;pratiquée dans 1axe vertical, doü il defcend Ienbsp;long de eet axe jufques dans 1étage au deffous dunbsp;La diftance GF doit êtte égale a GE. Lenbsp;Fout de ce fil foutiendra un petit poids, feulementnbsp;^uffifant pour le tendre. Quand le chaffis, que lanbsp;girouette préfentera toujoursdireftement au vent,nbsp;foulevé, (Sc il le feta plus ou moins , fuivant lanbsp;force du vent), le petit poids ci-deffus fera auffinbsp;|ouievé, amp; marquera, contreune échelle appUqueenbsp;al axe de la girouette , la force de ce vent. On fentnbsp;aifément quelle fera nulle lorfque ie petit poidsnbsp;feta au plus bas, amp; la plus grande poflible lorf-'luil fera au plus haut, ce q'ui indiqueroit que lenbsp;tiendroit le chaffis horizontalement.nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp; F lon veut, determiner avec plus
la force du vent, felon les différentes ffirnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chaffis; car on trouve que cette
Qui^^A ^ toujours égale au poids abfolu du chaffis ^ connu, multiplié par le fmus de langle
-ocr page 84-Ml
76 Recreations Mathématiques. quil fait avec la verticale, amp; divifé par Ie quarrénbsp;du même angle. II ne sagira done que de con-noitre , par Ie mouvement du petit poids attachénbsp;au filet EFP, 1inclinaifon du chaffis. Or ceft cenbsp;qui eft facile; car il eft aifé de voir que la quantiténbsp;dont il fera élevé au deflus du point Ie plus bas ,nbsp;fera toujours la corde de 1angle du chaffis avec Ienbsp;plan vertical, 011 Ie double du finus de la moitiénbsp;de eet angle. Ainfi 1on pourroit marquer Ie longnbsp;de 1échelle la grandeur de eet angle , amp; de 1autrenbsp;la force du vent, calculée daprès la regie précé-dente.
II
On lit dans les Mémoires de 1Académie Royale des Sciences, pour 1année 1734, la defcriptionnbsp;dim anémometre inventé par M. dOns-en-Bray,nbsp;pour marquer a-l#-fois la direftion du vent, fanbsp;durée dans cette direftion , St fa force. Get ané-mometre mérite que nous en donnions ici une idee.
II eft compofé de trois parties, fqavoir, dune pendule ordinaire, qui fert aux ufagesquon indi-quera , amp; de deux machines; Tune qui fert a marquer la direftion du vent amp; fa durée, lautre anbsp;marquer fa force.
La premiere de ces machines eft compofée, comme 1anémofcope ordinaire , dun axe verticalnbsp;portant une girouette, amp; qui, au moyen de quel-ques roues dentées, marque dabord fur un cadrannbsp;Ie nom du vent qui foufRe ; Ie bas de eet axe enfilenbsp;un cylindre, fur lequel font implantées trente-deuxnbsp;pointes fur une ligne fpirale. Ce font ces pointesnbsp;qui, par la maniere dont elles fe préfenterit, ap-puient contre un papier préparé , amp; tendu entrenbsp;deux colonnes ou axes verticaux , fur 1un defquelsnbsp;il senroule pendant quil fe défenroule di deflusnbsp;lautre. Ces roulement 6c défenrouleraent font éxéi-
-ocr page 85-M É G A N I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;77
cutés par Ie mouvement fimiiltané des deux axes, fJUi leur eft communique par la pendule dont nousnbsp;3vons parlé. On fent maintenant que, fuivant lanbsp;Pofition de la girouette , une pointe fe préfentantnbsp;contre Ie papier préparé, amp; qui coule au devantnbsp;en appuyant légérement contrelle, elle y laiflenbsp;une trace,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;longueur de cette trace indique
la duree du vent. Si deux pointes voifines marquent ada-tois, ceft une preuve que Ie vent tenoit unenbsp;direftion moyenne.
La partie de Tanémometre qui marque la force Qu Vent, eft compofée duneefpece de moulin a Janbsp;Polonoife, qui tourne dautant plus vite que Ienbsp;'ent eft plus fort. Son axe vertical porte une rouenbsp;Sni mene une petite machine dont 1effet eft, aprèsnbsp;^n certain nombre de tours, de frapper avec unenbsp;Pointe fur une bande de papier, qui a un mouve-nient femblable a celui de la partie de lanémo-otre quon a décrite plus haut. Le nornbre denbsp;*¦05 Coups, dont chacun eft marqué par un trou ,nbsp;^nr nombre, dis-je, fur une longueur détermi-oe de ce papier mobile, fert a défigner la forcenbsp;^*^vent, OU plutót la viteffe de la circulation dunbsp;^nulin , qui lui eft a peu pres proportionnelle.
.^is on doit voir dans les Mémoires de 1Acadé-cites , le développement de tout ce méca-, dont le peu de place que nous avons ne ^Ous permet de donner cjuune légere idee.
PROBLÊME XLIV.
°'^firuaion d'un pefon, au moyen duqud on puijje ^ poids mefurer la pefanteur des corps.
. nbsp;nbsp;nbsp;allons donner ici les defcriptions de deux
¦^nments de ce genre , lun portatif, amp;c deftiné
-ocr page 86-7S Recreations Mathématiques. a mefurer des poids médiocres, comme de 1 anbsp;OU 30 livres; Ie fecond fixe, pour des poids beau-coup plus confidérables, amp; méme de plufieursnbsp;milliers. On en voit un de ce dernier genre a lanbsp;Douane de Paris , oü 1on sen fert avec beaucoupnbsp;de commodité pour les poids qui font entre 100nbsp;amp; 3000 livres.
PI. 9, Le premier de ces pefons eft repréfenté par % 43- la fig. 43. II efl: compoie dun tuyau ou canon denbsp;métal AB , auquel on peut donner environ 6 pou-ces de longueur amp; 8 lignes de diametre. Ce tuyaunbsp;eft repréfenté ouvert dans la plus grande partie denbsp;fa longueur, pour laifter voir au dedans un ref-fort dacier en fpirale. II y a au bout den haut A,nbsp;un trou quarré qui laifle pafler une verge de cuivrenbsp;auffi quarrée, dont le reflort eft traverfé , enfortenbsp;quon ne peut la retirer fans comprimer le reftbrtnbsp;contre le fond fupérieur du canon. Le bas de cenbsp;canon porte enfin un crochet , pour y fufpendrenbsp;les corps que lon veut pefer.
II eft maintenant fenfible que ft 1on applique a ce crochet, pendant que le pefon eft retenu parnbsp;fon anneau, des corps de différente pefanteur ,nbsp;ils entrainerbnt plus ou moins du canon , en for-qant le reftbrt contre fon fond fupérieur. Ainftnbsp;Ton divifera la verge, en fufpendant fucceflive-ment au crochet des poids de différente pefanteur,nbsp;comme une livre , deux livres , amp;c , jufquau plusnbsp;grand quon puifte pefer; lon examinera amp; mar-quera dun trait, accompagné du numéro du ooids,nbsp;la partie de la verge qui fortira du canon ; amp;c linf-trument fera préparé. Lorfquenfin on voudra sennbsp;fervir, on naura qua pafter le doigt dans lan-neau de la verge, foulever le poids attaché aUnbsp;crochet, amp; regarder fur la face divifée de la verg®
-ocr page 87-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;79
ia clivifion qui eft jufle confre !e trou; elle indi-quera lenombre de livres quepefele corps propofé.
Le fecond pefon annoncé plus haut, eft formé Pi- 9gt; 'ie deux barres adofTées Tune a 1autre , ou dune % ^nbsp;ieule , ABCDE , courbée comme Ton voit dansnbsp;fiS 44- La partie AB eft fixéinent attachée anbsp;une poutre , amp; la partie DE eft terminée en E parnbsp;un crochet propre a fufpendre les poids quonnbsp;veut pefer. Cette partie ED porte dans fon pro-JOHgement une verge de fer dentelée en créinail-^'^5 qui engrene dans un pignon, lequei portenbsp;roue dentée , amp; cette roue dentée sengrenenbsp;dans Un autre pignon dont laxe porte une aiguille,nbsp;q'd fait une revolution jufte , quand au crochet Enbsp;fufpendu un poids de trois milliers. Car il eftnbsp;^'fé de voir que Ton ne peut fufpendre en E unnbsp;l^°ids, fans que le reflbrt DCB foit ouvert plusnbsp;moins; ce qui donne a la crémaillere D F unnbsp;'^'^uvement qui fait tournet le pignon auquel ellenbsp;]engrene, amp; , par fon moyen, la roue dentée amp;
^ ^r^ond pignon auquel Taiguille eft attachée. II pas moins facile de fentir quon peut, ennbsp;^^nftruifant la machine , donner a fon reflbrt unenbsp;force , ou combiner fes roues de manierenbsp;poids déterminé , comme de 3000 livres,nbsp;o faire a 1aiguille une révolution complette.nbsp;c 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnouvement de cette aigudle eft enfin
'?i d un cadran circulaire , qui fert a porter les ^ indiquer les poids. Ces divifions doi-^aires en fufpendant fucceflivement desnbsp;que le plus grand , en progreffionnbsp;cela d oomme 29 quintaux , 2,8, 27 , amp;c.:nbsp;pourranbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ies divifions principales , quon
vifern ^, fans erreur confidérable , fubdi-parties égales.
-ocr page 88-So Recreations Mathématiquës,
Cettö conftruftion faite, pour pefer un poidi au deffous de trois milliers, il ny a qua le rufpen-dre au crochet E , amp; Iaiguiile marquera fur lenbsp;cadran fa pefanteur en quintaux amp; en livres.
Re MARqt/E.
Il eft bon dobferver quiine pareille manierè de pefer ne fqauroit être entiérement exafte, quetinbsp;fuppofant la temperature de Pair la même; carnbsp;dans le froid les reftorts font plus roicles, amp; dansnbsp;la chaieur ils le font moins. Je ne doute point,nbsp;par cette raifon, que le même poids pefé ert hivefnbsp;amp; en été au pefon de la Douane de Paris, nènbsp;préfentat des differences. II doit paroitre pefernbsp;moins en hiver quen été.
P R O B L Ê M E X L V.
Fahriquer Une voiture dont un gouttetix puijje fi ftrvirpour fe promener, fans fecours dhommesnbsp;ou de chevaux.
PI. iojLa fig. 4.5 reprefente le deflin dune femblable
45-voiture. On y reconnoitra facilement,
1° Deux grandes roues , qui doivent avoir environ 44 pouces de diametre, avec une jante duns jfeule piece, recouverte auffi dune bande de fernbsp;dune feule piece. Cette jante doit être un peunbsp;large, pour moins enfoncer.
20 Vers les deux tiers de chaque rais, eft ap' plique un rouleau dun pouce dépaiffeur, amp; de 3nbsp;pouces 4lignes de diametre, tournant fur fon axe,nbsp;qui eft implante par un bout dans le rais, amp; denbsp;Iautre dans un cercle de fer plat, qui fert a lesnbsp;retenir tons au moyen de vis amp; écroux.
Sur chaque brancard , au deffus de 1endroit ou il eft traverfé par 1effieu des deux roues,
implants
-ocr page 89-MÉCANIQUE.
irftplanté un fupport en forme cle fourchette , fervant a foutenir l'axe dune manivelle, lequelnbsp;porte a fon extrémité une roue a quatre dents tail-ïées en épicycloïde , lefquelles sengrenent avecnbsp;ks rouleaux ci-deffus, amp; fervent a faire tournet lanbsp;roue. Le bras de la manivelle doit avoir feulementnbsp;8 a 9 polices de longueur.
4° On voit dans la %. 46', qui repréfente les PL 10, rnêmes cbofes en plan, la forme du brancard , qui 46*nbsp;eft compofé de deux pieces de bois paraüeles, unnbsp;peu concaves en enhaut, que tient par derrierenbsp;une barre de bois tournee , amp; pardevant une piecenbsp;rle fer. Ces deux traverfes fervent a foutenir lesnbsp;deux foupentes dedinées a porter un petit fauteuilnbsp;garni de fon doffier amp; de fon inarche-pied. Onnbsp;pourra, fi 1on veut, le furmonter dun parafol ennbsp;impériale. li doit être, comme on voit, un peunbsp;en arriere , pour que le poids de la perfonne nenbsp;faffe pas tomber la voitiii e en devant. Le delTousnbsp;du iTiarche-pied, qui efl fermement attaché a 1effieunbsp;des roues, eft au furplus garni dune piece de fernbsp;recourbée, qui, dans le cas ou la machine pen-*^heroit en devant, fert a la refenir en sappuyantnbsp;le pavé. Pour retenir la machine par derriere ,nbsp;y a une roue plus petite , attachée au milieu denbsp;ra traverfe de derriere, par un mécanifme fembla-a celui des roulettes quon met fous les piedsnbsp;des Ufs,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pjxe vertical eft embralTé, pour
p de folldité , par une barre de fer attachée a b^®eu des grandes roues. Enfin les extrémités desnbsp;^ancarcls font garnies par derriere de deux mains,nbsp;dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a un domeftique le moyen de poufler
d* fridroits plus difficiles ; amp; au devant il y deuxbnbsp;nbsp;nbsp;nbsp; fervant a y pafler amp; aftuiettir les
XomeU ^^^ricard ordinaire, pour atteler un
-ocr page 90-8i Récréations Mathématiques. cheval a la voiture, fi on Ie juge a propos. Onnbsp;peut voir de plus grands détails fur cette machinenbsp;dans les Mémoires préfentés a lAcadémie Royalenbsp;des Sciences par divers fcjavants, Tome IV.
Son auteur ( M. Brodier) 1ayant fait exécuter, nous apprend que, compris Ie poids de fon corps,nbsp;elle ne pefoit que 378 livres; amp;t, en calculant fonnbsp;effet fuivant les principes de la mécanique, il anbsp;trouvé quon pouvoit faire fur un plan incliné denbsp;8 degrés, 200 toifes de chemin en 23 minutes;nbsp;ce qui efl: conforme a fon expérience. A la vérité,nbsp;en montant ainfi , on ne tarderoit pas detre fati-gué. Mais, fur un chemin de terre un peu ferme,nbsp;amp; fur un pavé horizontal, on peut fe conduirenbsp;aflez long-temps, fur tout li lon eft aidé, ne füt-cenbsp;que par un enfant de quatorze a quinze ans, dansnbsp;les endroits difficiles.
On lit dans les précédentes éditions des Recreations Mathématiques , les defcriptions trés - fom-maires de quelques machines femblables. La premiere eft line petite chaife roulante, de la forme ordinaire, a quatre roues , dont celles de devantnbsp;font mobiles fur leur axe , amp; ne doivent routernbsp;que par Iimpulfion de celles de derrlere. Celies-cinbsp;font fixement attachées a leur axe, qui doit porternbsp;a fon milieu un pignon fervant a engrener unenbsp;roue de champ, que la perfonne aflife dans la voiture doit faire tourner au moyen dune manivelle.nbsp;Nous doutons que cette machine ait jamais éténbsp;exécutée avec fuccès; ou, pour mieux dire, nennbsp;déplaife a M. Ozanam , nous la trouvons très-vi-cieufe , puifque la puiffance motrice fe trouve icinbsp;appliquee précifément le plus prés du centre dunbsp;mouvement.
M É C A N I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;8 |
tïïoyen dun laquais placé derriere , qui aglflbic sifernativernent avec fes pieds fur deux tringlesnbsp;nioiivantes. Ces deux tringles, en sélevant amp; ennbsp;sabaiffant, menoient deux efpeces de planchettesnbsp;qui sengrenoient dans des roues dentées, fixées anbsp;1eflieu des grandes roues. Mais tout cela efl: finbsp;ïual expliqué par M. Ozanam, amp; dans Ie dilcours,
^ dans la figure , quon ny conqoit rien; ceft Pourquoi nous avons )ugé a propos de changer to-*^alement eet article , comme tant dautres auffi vi-cieux, Sc dans la forme, amp; dans Ie fonds.
PROBLÊME XLVI.
Conjlruclion d'une pttiu figure qui, livrk a dh^ méme, defemd fiur fes pieds amp; fes mains Ie longnbsp;d'un petit eficalier.
On a apporté des Indes, il y a quelques années ,
^utte petite machine qui eft fort ingénieufeinent tnraginée , amp; a laquelle on donne Ie nom de J'au-^^¦aut, parceque fon mouvement efl; affez reflem-Want 4 celui de ces fauteurs qui fe renverfent ennbsp;^riere fur leurs mains, relevent leurs pieds, amp;nbsp;achevent Ie tour en fe remettant debout. Mals Ienbsp;^utriaut ne peut exécuter ce mouvement quennbsp;^^feendant, Sc Ie long dune forte defcalier. Voidnbsp;^^dfice de cette petite machine.
AB eft une planchette de bois léger, denviron PI. 11, ^0 lignes de longueur , z dépaiffeur, amp; 6 de hau- fig- 47*nbsp;Vers fes deux extrémités font percés lesnbsp;eti^ C Sc D, qui fervent a y placer deuxnbsp;brasS^f^*-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;defquels doivent tourner les
tés de cette planchette, font deux .rr?eft-cles, de la fotme que Pon volt dans nbsp;nbsp;nbsp;
lambes du fautriaut. Aux deux extrémi
-ocr page 92-84 Recreations Mathématiques. a-clire a peu prés concentriques aux trous C amp; D jnbsp;avec un prolongement oblique vers le milieu cle lanbsp;planchette. Des extrémités de ces deux prolonge-ments F amp; G, partent deux canaux Gg, F/, per-cés dans lépaiiteur de la planchette, 5c dunenbsp;ligne a peu prés de diametre. '
On bouche enfuite les deux receptacles par deux feuilles de carton très-léger, appliquées furnbsp;les cótés; 6c lon met dans 1un cieux du mercure ,nbsp;enforte quil ibit, a peu de chofe prés, rempli.nbsp;On place fur 1axe qui paffe par un des trous, C,nbsp;deux fupports recoupés en forme de jambe , avecnbsp;des pieds un peu allongés, pour leur donner plusnbsp;dafliete; 6c fur 1axe paffant par lautre trou D,nbsp;on place deux fupports figures en bras , avec leursnbsp;mains dans la fituation propre a fervir de bafenbsp;lorlque la machine efl: retournée en arriere. Onnbsp;applique enfin a Ia partie GH , une efpece de maf-que de moëlle de fureau , que lon coiffe a la ma-niere des fauteurs: on figure au deffbus un ventrenbsp;avec de la méme matiere ; 6c lon revet cette figure dune efpece de jaquette de taffetas, defcen-dant jufquau milieu des cuiffes. Voila la petitenbsp;machine a peu de chofe prés conftruite. En voicinbsp;le jeu.
PI. II, Concevons dabord la figure pofée debout fur fig. 48,49, fes jambes, comme on voit fig..g8, ou dans la
nbsp;nbsp;nbsp;49,11° I. Tout le poids étant dun même cóté
de 1axe de rotation C , a caufe du mercure dont le réceptacle de ce cóté eft rempli, la machinenbsp;doit trébucher de ce cóté , 6c fe renverferoit tota-lement en arriere, fi les bras ou les fupports tour-naiits autour de 1axe D , ne fè préfentoient verti-ealement; mals, comme ils font plus courts quenbsp;les jambes , la machine prend la pofition de
-ocr page 93-Mécantque, nbsp;nbsp;nbsp;85
fis- 45, n° X ; amp; alors Ie mercure trouvant Ie PI. ii, petit canal Gg incline a 1horizon, coule avec % 49gt;nbsp;iinpétuofité dans Ie receptacle placé du cóté D,nbsp;Suppofons done qua eet inftant la machinenbsp;tepofe fur les appuis ou bras DL , tournants autournbsp;de 1axe D ; il eft évident que li la machine viiidenbsp;fort légere , Ie mercure, qui fe trouvera tontnbsp;dela du point de rotation D, Pemportera parnbsp;fa prépondérance confidérable , amp; fera tournet !anbsp;tuachine autour de 1axe D; ce qui la relevera, amp;nbsp;la fera retourner de lautre cèté. Mais comme lesnbsp;appuis CK doivent néceffairement être plus longsnbsp;'lue les autres DL , afin que la ligne CD ait lin-clinaifon convenable' pour que Ie mercure puilTenbsp;couler par Ie petit canal F f dun receptacle anbsp;1 autre , il faut que la bafe faffe un reffaut doublenbsp;en hauteur de la diiférence de ces fupports , fansnbsp;Puoi la ligne F/ non-feulement natteindroit pasnbsp;linrizontale-, mais refleroit inclinée dans Ie fensnbsp;Contraire a celui quelle devroit avoir.
_ La machine étant done arrivée a la fituatidn Pb ir» PL, g, n® 3 , amp; Ie mercure ayant repaffé 49 gt;nbsp;dans Ie receptacle du cóté de C, il eft dvidentnbsp;Ie méme mécanifme que deffus la relevera,nbsp;la faifant tourner autour du point C , amp; lanbsp;renverferade lautre cóté, oü les deux appuis toiir-nants fur Pg^e C, lui préfenteront une bafe ; cenbsp;fttn la remettra dans la pofition de la fig. gc),
^ ^ i amp; ainfi de fuite : cefl pourquoi ce mouve-perpétuel , tant quil fe trouvera des comme la premiere.
RemAROU ES.
Af
petitrLur^ fupports ou jambes amp; bras de Ia 5 c Ie préfentent convenablement pour
F iii
-ocr page 94-S6 Récréatioks Mathématiques.
la foiitenlr a merure quelle tourne, il faut quei-ques attentions particulieres.
1° 11 ell: néceffaire, que les grands fupports oii jambes , lorlquelles font arrivées au point ou lanbsp;figure , après sêtre renverfée, repofe fut elles, ilnbsp;faut, dis-)e , quellesrencontrent un arrêt qui nenbsp;leur permette pas de tourner davantage , ou a Ianbsp;figure de tourner; ce qui fe fait au moyen de deux;nbsp;petites chevilles qui rencontrent une prolongationnbsp;des cuiffes.
2.° 11 faut que , tandis que la figure fe releve fut fes jambe-s, les bras falTent fur leur effieu une demi-révolution, pour fe préfenter perpendiculairementnbsp;ariiorizon amp; dune maniere ferme, lorfque la figure eft renverfée en arriere. On y parvient, ennbsp;garaiffant les bras de la figure de deux petites pou-lies concentriqiies a 1axe du mouvement de cesnbsp;bras a lentour defquelles senroulent deux filetsnbsp;de foie qui fe réuniflent fous Ie ventre de la fi'nbsp;gure, amp; vont sattacher a une petite traverfe quinbsp;joint les cuilTes vers leur milieu; ce qui contribuenbsp;a leur ftabllité. On allonge ou lon raccourcit cesnbsp;filets, jufqua ce que cette demi-révolution desnbsp;bras saccomplifte exaéfement, amp; que la figurenbsp;pofée fur les quatre fupports, la face en haut ounbsp;en bas, ne vacille point; ce quelle feroit ft cesnbsp;fupports nétoient pas lies enfemble de cette maniere , amp; fi les grands ne rencontroient pas un arrétnbsp;qui les empêche de sincliner davantage.
On trouve de ces petites figures a Paris, cbes! les tablettiers , Sc autres marchands qui débitentnbsp;des bijoux détrennes, amp; en particulier aunbsp;yerdj rue des Arcis,
-ocr page 95-^7
Mécanique.
^^fpofer trois batons fur un plan hor'v^ontal, de forte que chacun s'appuie fur ce plan par Punenbsp;de fes extrémités y amp; que les trois autres fe fou-tiennent mutuellement en Vair.
'^Eci neft quun petit jeu de mécanique , mais S'jon feroit peut-être étonné de ne pas trouver
Prenez Ie premier baton AB, amp; appuyez Ie bout Pb n,. , ^ur la table, en tenant lautre élevé , Ie baton% 5'^*nbsp;^fant incline a angle fort aigu ; appliquez deffusnbsp;Je fecond baton CD , enforte que Ie bout C foitnbsp;cdui qui pofê fur la table; enfin difpofez Ie bdtonnbsp;EF, enforte quil pofe par fon bout E fur la table,nbsp;jf*! il paffe au deffous du baton AB du c6té dunbsp;B, amp; sappuie fur Ie baton CD : cesnbsp;batons fe trouveront par-la engages de tellenbsp;^^liere que leurs bouts D, B , F, refteront né-^ffaireinent en lair, en fe fupportant circulaire-les uns les autres.
^^ftTiire un tonneau contenant trois liqueursyqu on. pourra tirer d volontépar la méme broche, fansnbsp;fe meier.
Aï. f
'lue Ie tonneau foit divlfé en trois parties F;g. ^ que'urs'^a^^ A, B, C, qui contiennent les trois li-du vinnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 exemple, du vin rouge ,
chacun a ^ nbsp;nbsp;nbsp;entrer
cette forte^quot;^ celluie par Ie même bondon, en
'^^^rwifant Ie tonneau, onauraajufté dans
F iv
-ocr page 96-88 Recreations Mathématiques.
Ie bondon un entonnolr D , avec trois tuyauxEj F, G, qul aboutilTent chacini a fa celluie; ajouteZnbsp;a eer entonnolr un autre entonnolr H , pe'rcé denbsp;trois trous cjui puiffent répondre , c[uand on vou-dra , aux ouvertures de chique tuyau. Si Ton faitnbsp;ïépondre, en tournant lentonnoir H , chaque trounbsp;fucceffivement a 1ouverture de fon tuyau corref-pondant, la liqueur que 1on verfera dans lentonnoir H, entrera dans ce tuyau. De cette manierenbsp;on remplira chaque celluie de fa liqueur , fans quenbsp;1une fe puiffe meier avec lamre, parceque quandnbsp;un tuyau ell: ouvert, les deux autres fe trouventnbsp;bouchés.
Mais, pour tirer auffi fans confufion chaque liqueur par Ie bas du tonneau, il dolt y avoir troisnbsp;tuyaux K, L , M , qui répondent chacun a unenbsp;celluie, amp; une efpece de robinet IN, percé denbsp;trois trous , qui doivent répondre chacun a fonnbsp;tuyau, afin quen tournant la broche I, jufqua cenbsp;que 1un de ces trous réponde vis-a-vis dun tuyau,nbsp;la liqueur de la celluie par ou paffe ce tuyau, fortenbsp;toute feüle par Ie même tuyau.
P R O'B L Ê M E XL IX.
'Percir iinamp; planche avec un corps mou, comme un hout de chandelle.
Vo U S navez qua charger un fufil avec de la poiidre, amp;, au lien de balie , y mettre un boutnbsp;de chandelle; tirez enfuite contre une planche quinbsp;ne foit pas bien épaiffe, amp; vous verrez que 1»nbsp;planche fera percée par Ie bout de chandelle,nbsp;comme par une balie de plomb.
La caufe de ce phénomene eft , fans cloute , qn® la rapidité du mouvement imprimé au bout de
-ocr page 97-c^andelle , ne lui donne pas Ie temps de sappla-, amp; alors il agit tout comme un corps dur. Ceft vin efFet de 1inertie des parties de Ia matiere , quilnbsp;eft aifé déprouver, Rien nefl; plus facile a divifernbsp;que 1eau. Cependant, fi lon frappe de lapaumenbsp;de la main contre la furface de 1eau avec quelquenbsp;''^Uefle, on en éprouve une réfiftance confldera-tle , amp; même de la douleur, comme li lon frap-poit contre un corps dur. II y a plus : une balienbsp;de fudl ^ tirée contre 1eau, en eft repouffee ,nbsp;vviême sy applatit. Si Ie fufil eft tiré avec unenbsp;C^rtaine obüquité , la balie en eft réfiéchie , amp; eftnbsp;capable, après cette réfiexion, de tuer quelquunnbsp;qui feroit fur fon chemin. Cela vient de ce quilnbsp;faut un certain temps pour imprimer a un corpsnbsp;quelconque un mouvement fenfible. Done , lorf-quun corps, fe mouvant avec une grande rapidité,nbsp;cn rencontre un autre dont la mafte eft un peunbsp;confidérable a 1égard de la fienne , il en éprouvenbsp;nneréfiftance prefque comme fi eet autre étoit fixe,
Rompre avec un baton un autve baton pofe fur deux verres, fans les caffer.
o u s ne donnons ici ce probléme amp; fa folu-tion , que parcequon Ie trouve dans toutes les édi-tions des Recreations Mathématiques; mals, a dire yrai, nous croyons que fi on en fait ielTai, onnbsp;^cra bien de fe munir de verres. Quoi quil ennbsp;WêVnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;folution vraie ou prétendue du pro-
fo't^ nbsp;nbsp;nbsp;baton quon veut rompre
1gros, ni quil appuie beaucoup fnr les X verres.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;extrémités doivent etre
-ocr page 98-90 Recreations Mathématiques. amenulfées en pointe ; amp; il doit étre égalementnbsp;gros dans toute fa longueur , autant quil lera pof-fible, afin que lon puifTe plus facilement connourenbsp;fon centre de gravité, qul dans ce cas fera au milieu.
Le baton étant fuppofé tel quon vient de Ie demander, on mettra fes deux extrémités fur lesnbsp;bords des deux verres , dont 1un ne doit pas êtrenbsp;plus élevé que lautre, afin que le baton ne penchenbsp;pas plus dun cóté que dautre. On fera enforte quenbsp;la feule extrémlté de chaque pointe porte iégére-ment fur le bord de chaque verre. Alors , avec unnbsp;autre baton, on donnera fur le milieu du batonnbsp;un coup fee amp; prompt, mais cèpendant propor-tionné , autant quon le pourra juger , a la grolfeurnbsp;du baton amp;c a la diftance des verres; ce qui bri-fera le baton en deux, fans quaucun des verres foitnbsp;cafie.
R E M A R U E.
Nous fommes bien éloignés, amp; on doit le voir, de regarder ceci comme quelque chofe denbsp;siir; nous croyons quon caffera bien des verresnbsp;avant de caffer le baton. II y a neanmoins unenbsp;raifon phyfique qui rend le fuccès poffible; amp; ceflnbsp;Ia mdme que celle qui fait quune girouette ou unenbsp;porte mobile fur fes gonds eft percee dun coupnbsp;de fufil. En effet, le baton étant frappé dans fonnbsp;milieu dun coup vif amp; fee , ne peut, a caufe de fanbsp;maffe, prendre auffi-tót le mouvement néceffairenbsp;pour ceder a 1impétuofité du coup; il eft commenbsp;retenu fermement par fes extrémités, dans lequelnbsp;cas il fe romproit aflurément. Au refte, nous le ré-pétons, nous ne confeillons pas de faire cette experience avant dêtre approvifionné de verres.
On pourroit cependant la tenter dune manier©
M É C A N 1 Q U Ë, nbsp;nbsp;nbsp;91
moins difpendieufe ^ fejavoir , en faifant porter Iss deux extrémités du baton a rompre fur deuxnbsp;Petits batons fort menus, amp; plantés perpendicu-^airement fur un banc. Peut-être pourra-t-on ,nbsp;après sêtre exercé de cette maniere , faire 1expé-rience avec 1apparence de mervellleux quy donnenbsp;1appui du baton fur les deux verres.
PROBLÊME LI.
^rincipis pour jugcr dc Pcffet poljible tTune machine..
Ïë eft ordinaire aux charlatans , OU a des per-fonnes qui nont pas une connoiffance fuffifante de la inecanique, dattribuer a des machines des effetsnbsp;prodigieux , amp;; fort au deffus de ceux que com-porte la fame phyfique. Ainfi , il neft pas inutilenbsp;d expofer ici Ie principe qui doit guider pour porder un jugement fain amp; raifonnable de toute machine propofée.
Quelle que foit la compofition dune machine, fuppofant même quelle fut mathématiquementnbsp;parfaite, ceft a-dire immatérielle amp; fans frotte-5 fon effet, ceft-a-dire Ie poids mis en mou-y^rnent, multiplié par la hauteur perpendiculairenbsp;^ laquePg il fera élevé dans un temps déterminé,nbsp;fqauroit excéder Ie produit de la puiffance mo-le 'pultipliée par Ie chemin quelle parcourt dansnbsp;^ uierue temps ; amp; , conféquemment, puifquenbsp;jjlg^^yquot;3chine eft matérielle, amp; quil eft impofti-abforl^ ^¦''der totalement les frottements, ce cjuinbsp;fance *iéceirairement une portion de la puif-fouiou ' ®'^dent cjue Ie premier produit fera
-ocr page 100-Recreations Mathématiques.
Quelquun propofe une machine qui, par la feule force dhin homme applique a une mani-veile ou aux bras dun cabeftan , doit clever ennbsp;wne heure 5o muids deau a la hauteur de 24 pieds;nbsp;vous pouvez lui dire quil eft un charlatan ou unnbsp;ignorant.
Car la force dun homme applique a une maiii-velle , ou a trainer ou poufler un poids quelcon-que , neft que denviron 27 livres, ou même , avec une viteffe tout au plus de 1800 toifes parnbsp;heure ; encore ne pourroit-il travalller ainfi plusnbsp;de 7 ou 8 heures de fuite. Ainfi le produit de 1800nbsp;par 27 étant 48600 , on divifera ce produit parnbsp;' 4, nombre des toifes auxquelles 1eau doit être éle-vée; le quotient feta 12150 livres deau, ou 172nbsp;pieds cubes, ou 2i muids , a la hauteur de 24nbsp;pieds; ce qui fait environ de muld par minute ,nbsp;a la hauteur de 10 pieds : ce feroit la tout ce quenbsp;pourroit produire cette puiffance dans le casle plusnbsp;favorable. Mais plus la machine fera compofee ,nbsp;plus il y aura de refiftances a furmonter en purenbsp;perte , enforte que fon produit negalera pas,nbsp;même a beaucoup prés, le produit ci-cleffus.
Dans une machine ou un homme agiroit par fon propre poids amp; en marchant, on ne trouve-roit pas un beaucoup plus grand avantage ; carnbsp;tout ce que pourroit faire un homme marchantnbsp;fans autre poids que celui de fon corps , fur unnbsp;plan incline de 30°, feroit de parcourir looOnbsp;toifes par heure, fur - tout sil avoit a marcher ainfinbsp;pendant 7 a 8 heures. Mais ceft ici la hauteurnbsp;perpendiculaire quil faut confiderer uniquement,nbsp;amp; elle fe trouve de ifoo toifes : le produit denbsp;500 par 1^0 livres , qui eft le poids moyen dut*nbsp;homme, eft y^ooo. Ainfi le plus grand prodtfit
Mécanique, nbsp;nbsp;nbsp;93
dune pareille machine eft 75000 livres élevées a la hauteur dune toife , ou 17500 a la hauteur denbsp;4 toifes, OU un muids un quart par minute , a lanbsp;hauteur de ib pieds. En prenant entre cette determination amp; la précédente une moyenne anth-métique, on trouvera que le produit moyen poffi-hle de la force dun homme employé a mettre ennbsp;niouvement une machine hydraulique, eft tout aunbsp;plus dun muid par minute, fur - tout ft Iouvragenbsp;doit durer pendant 7 a 8 heures dans la journee.
Il eft vrai que ft la puifiance ne devoit agir que pendant fort peu de temps , comme 5,4 ou 5nbsp;triinutes , le produit pourroit paroitre plus confidé-rable Sc environ du double. Ceft-la un des artifices employés par les machiniftes pour prouver lanbsp;fupériorité de leurs machines. 11s la font mettre ennbsp;mouvement pendant quelques minutes , par desnbsp;gens vigoureux qui font un effort momentané , amp;nbsp;font paroitre le produit beaucoup plus grand quilnbsp;tie feroit reellement.
La détermination ci-deflus cadre affez bien avec que M. Defaguliers a donnée dans fes Lemons de Phyfique fear il y dit sêtre alTuré par le
, que Ieffet des machines les plus parfaites ^ plus fimples, mifes en mouvement par desnbsp;hommes, ne donnent pas, a raifon de chaquenbsp;homme, plus dun muid deau par minute , a lanbsp;^oteur de 10 pieds.
Un élément fort eflentiel pour les machines qui ^rvent être mues par des chevaux, eft le fuivant.
J'^h^'val equivaut a environ fept hommes, ou en^fenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1horizontale un effort de 17 5 livres,
par nbsp;nbsp;nbsp;avec une vitefie de 15 a 1800 toifes
jQ nbsp;nbsp;nbsp;fuppofant quil doive travailler^S i
^tires par nbsp;nbsp;nbsp;Defaguliers trouve meme
-ocr page 102-94 Recreations Mathématiques. moins, amp; penfe quon cloit feulement quintuplefnbsp;la force de rhomme pour avoir celle du cheval.
Lorfquon poffédera ces principes, on ne courra point le.rifque detre trompé par des machiniftesnbsp;ignorants ou charlatans ; amp; ceft un grand avan-tage c[ue detre a portee de ne pas être la dupe denbsp;cette efpece dhommes qui nen veulent fouventnbsp;qua la bourfe de ceux qui auront la finiplicité denbsp;les écouter.
Du Mouvement Perpétuel,
Le mouvement perpétuel efl: lécueil de la mé-canique, comme la quadrature du eerde , la tri-feftion de langle, amp;c. font ceux de la geometrie: Sc , tout comme ceux qui prétendent avoir troiivénbsp;la folution de ces derniers problêmes font ordinai-rement des gens a peine initiés dans la geometrie ,nbsp;de même ceux qui cherchent ou croient avoirnbsp;trouvé le mouvement perpétuel font prefque tou-jours des hommes a qui les vérités les plus conl-tantes de la mécanique font inconnues.
En effet, on peut démontrer , pour tous ceuX qui font capables de raifonner fainement fur cesnbsp;matleres, que le mouvement perpétuel eft impof'nbsp;fible ; car, pour qujl fut poffible , il faudroit quenbsp;leffet devint alternativement la caufe amp; la caufsnbsp;1effet. II faudroit , par exemple , quun poidsnbsp;élevé a une certaine hauteur par un autre poids ^nbsp;élevat a fon tour eet autre poids a la hauteur doUtnbsp;jl étoit defcenclu. Mais, felon les loix du mouvement , amp; dans une machine la plus parfaite qusnbsp;lefprit puiffe concevoir, tout ce que peut faire uHnbsp;poids defcendant, feroit den élever un autre daus
-ocr page 103-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;95
Ie même temps, a une hauteur récipröquement proportionnelle a fa maffe. Or il eft impoffiblenbsp;^ue, dans une machine quelle quelle foit, il nynbsp;3it ni frottement, ni réliftance du milieu a éprou-'^er;ainfi il y aura toujours, a chaque alternativenbsp;de montée amp; de defceiite des poids qui agiffentnbsp;^Iternaüvement, une portion fi petite quon vou-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
dra, du mouvement, qui fera perdue: ainfi , a cha-^Ue fois, Ie poids élevé montera moins haut, Ie *itouvement ie rallentira , amp; enfin ceffera,
On a cherché, mais infruftueufement, des remontoirs dans laimant, dans la pefanteur de 1air, dans Ie refldrt des corps , mais fans fuccès. Si unnbsp;^imant eft difpofé de maniere a faciliter lafcenfionnbsp;dun poids, il ouira enfuite a fa defcente. Les ref-forts, après sêtre débandés , ont befoin dêtrenbsp;tendus de nouveau par une force égale a celle quilsnbsp;Ont exercée. Le poids de lathmofphere, après avoirnbsp;^ntrainé un cóté de la machine au plus bas, a be-otn dètre remonté lui-même comme un poidsnbsp;*lnelconque, pour agir de nouveau.
^ous croyons pourtant a propos de faire con-oitre quelques tentatives de mouvement perpé-paree quelles peuvent donner une idee de * mfion que fe font faite quelques perfonnes furnbsp;ffjet.
¦ nbsp;nbsp;nbsp;S2 repréfente une roue garnie , a diftan- Pl. 12,
égales dans fa circonférence , de leviers por- fig. ji-chacun a fon extrémité un poids, amp; qui font fennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;one charniere, de forte que dans un
j.. * Pnlflent fe coucher fur la circonférence, amp;
COtamp; nbsp;nbsp;nbsp;ff fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A /nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
eft a leu nbsp;nbsp;nbsp;entraines par le poids qui
ger dan nbsp;nbsp;nbsp;, ils foient contraints a fe ran-
fuppofé* dlreftion du rayon prolongé. Cela 00 voit que la roue tournant dans le
-ocr page 104-96 Recreations Mathématiques. (emabc, les poleis A , B , C , sécarteront du centre ; amp; conl'équemment , agiffaat avec plus denbsp;force, entraineront la roue de ce cóté: 8c comme,nbsp;a mefure quelle fe inouvera , un nouveau levler fenbsp;xléveloppera , il senfuic, difoit-on, que la rouenbsp;continuera fans ceffe de marcher dans Ie mêmenbsp;fens. Mals, malgré lapparence féduifante de-cenbsp;raifonnement, lexpérience a inontré que la machine ne marchoit pas; amp; lon peut en effet dé-inontrerquil y a une pofition oü, Ie centre de gra-vité de tous ces poids étant dans la verticale me-nee par Ie point de fufpenllon, elle doit sarrêter.
11 en eft de même de celle-ci, qui fembleroit auffi devoir marcher fans ceffe. Dans un tympannbsp;cylindrique amp; parfaitement en équilibre fur fonnbsp;PL i2,axe, on a creufé des canaux, comme on Ie voitnbsp;fig. 53. dans la fig. J3 , qui contiennent des balles denbsp;plomb ,ou, fi lon veut, du vif-argent. Par unenbsp;fuite de cette difpofition, ces balies ou ce vif-argent doivent, dun cóté, monter en fe rapproch.antnbsp;dii centre, amp; de lautre cóté, au contraire, ellesnbsp;roulent a la circonférence. La machine doit donenbsp;tourner fans ceffe de ce cóté-la.
Fig. 54. En voici une troifieme. Soit une efpece de roue, formée de fix ou huit bras partants dun centre oitnbsp;eft laxe du mouvement. Chacun de ces bras eftnbsp;garni de deux réceptacles en forme de foufflet,nbsp;amp; en fens oppofé, comme on voit dans la fig. 34-Le couvercle mobile de chacun efi: garni duUnbsp;poids propre a le fermer dans une fituation amp; ^nbsp;iouvrlr dans lautre. Enfin les deux foufflets dufnbsp;même bras cornmuniquent par un canal, amp; luUnbsp;deux efi: rempli de vif-argent.
Cela fuppofé , on voit que dun cóté, par e.xern' ple A, les iüufflets les plus éloignés du centre doi'
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vent souvrir , amp; les plus proches fe fermer; cloü floit réfulter Ie paffage du mercure des derniersnbsp;dans les premiers, tandis que Ie contraire fe palTeranbsp;dii cóté oppofé. La machine doit done touruernbsp;continuellement dü même cöté.
II feroitaffez difficile de montrer en quoi pêche Ce raifonnement; maïs quiconque connoitra lesnbsp;vrais principes de la mécanique , nhéfitera pas anbsp;parier cent contre un que la machine , étant exe-cuiée , ne marchera pas.
On voit dans Ie Journal des Sqavants, de l an-quot;ée nbsp;nbsp;nbsp;^ la defcription dun mouvement per-
Pétuel prétenclu , oü Ton employoit a peu prés ainfi Ie jeu dun foufflet qui devoit alternative-ment fe remplir amp; fe vuider de mercure. II futnbsp;réfuté par M. Bernoulli amp; quelques autres , amp; oc-cafionna iine affez longue querelle. La meilleurcnbsp;maniere dont fon auteur eut pu défendre fon invention, étoit de 1exécuter, amp; de la faire voirnbsp;^n mouvement; inais ceft ce quil ne fit point.
B-emarquons néanmoins un trait affez curieux ^ eet égard. UnM. Orfyreus annonqa en 1717, anbsp;Leipfick , un mouvement perpétuel ; cétoit unenbsp;roue qui devoit toujours tonrner. II 1exécuta pournbsp;B Landgrave de Heffe-Caffel, qui la fit renfermernbsp;dans un lieu sur, amp; appofa fon fceau fur lentrée.nbsp;A prés 40 jours , on y rentra , amp; on la trouva ennbsp;mouvement. Mais cela ne prouve rien pour Ienbsp;mouvement perpétuel. Puifque Ton fait fort bleunbsp;une ppidule qui peut marcher un an fans être re-|ontée, la roue de M. Orfyreus pouvoit biennbsp;d-Q jours Sc plus. On ne voit pas la fuitenbsp;prétendue découverte; un journal nousnbsp;^pren , quun Anglois offrit 80000 écus a I'd.
yreus poyj avoir fa machine; mais M. Or-
I
quot; '1
98 Récréations Mathématiques. fyreus refufa de la donner a ce prix , en quoi ilnbsp;eut sürement grand tort, car il na rien eu , ni argent, ni 1honneur davoir trouvé Ie mouvementnbsp;perpétuel. ¦
LAcadémie de Peinture a Paris a une pendule qui na pas befoin dêtre remontée , Sc quonnbsp;pourroit regarder comme un mouvement perpé- ,nbsp;tuel; mais ce nen ell: point un. Expliquons-nous.nbsp;Lauteur ingénieux de cette pendule seft fervi desnbsp;variations de létat de lathmolphere pour remon-ter fon poids moteur. Or on peut irnaginer a eetnbsp;efFet divers artifices; mais ce neft pas plus Ie mouvement perpétuel, quune machine oü Ie flux Scnbsp;reflux de la mer ieroit employé a la faire allernbsp;continuellement, car ce principe de mouvementnbsp;efl: extérieur a la machine , amp; nen fait pas partie.
Mais en voila aflfez fur cette chimere de la mé-canique. Nous fouhaitons quaucun de nos lec-teurs ne donne dans Ie travers ridicule amp; malheu-reux dune pareille recherche.
II efi: au refte faux quil y ait aucune récompenfe promife par les Puiflfances, pour qui trouveroit Ienbsp;mouvement perpétuel, non plus que pour la quadrature du cercle. Ceft-la fans doute ce qui encourage tant de gens a chercher la folution de cesnbsp;problêmes; Sc il eft a propos quils en foient dé-fabufés.
PROBLÊME LUI.
Juger de, la hauteur de la voute dune égUje, par leS
vibrations des lampes qui y font fufpendues.
Cette invention eft, a ce que jai lu quelque part, de Galilee, qui Ie premier reconnut Ie rapport des duréés des ofcillations des pendules de
-ocr page 107-différente longueur, II faut , au refte, pour que cette iTiétiiocie Ibit dune certaine exaftimde, quenbsp;poids de lalampe foit plufieurs fois plus cond-dérable que celui de la corde qui la foutient,
Cela fuppofé , mettez la lampe en mouvement ^ cn 1écartant fort peu de la perpendiculaire, ounbsp;obfervez celui que Ie mouvement de lair lui auranbsp;Communiqué , ce qui eft affez ordinaire ; avecnbsp;cine montre a fecondes, examinez combien unenbsp;quot;cibration dure de fecondes; ou , d vous na-^cz point de inontres a fecondes , comptez Ienbsp;^Ornbre des vibrations qui fe font clans un certainnbsp;tiornbre de minutes pteciies t ce qui donnera avecnbsp;dautant plus dexaftitude la durée de chaque vibration , que ce nombre de minutes fera plus con-fidérable ; car il ny aura qua Ie divifer par celuinbsp;des vibrations, amp; Ie quotient donnera les fecondes de la durée de chacune.
Ie fuppofe cjue , par lun ou 1autre de ces ^Oyens, vtms ayiez trouvé que cbaque vibrationnbsp;duroit ^ fecondes amp; demie ; faites Ie quarré de 5 ^,nbsp;'lui eft 30 V, multipliez par ce nombre celui denbsp;3 pieds 8 lignes ^, qui eft la longueur du pen-qui bat la feconde pfte dans ce pays-ci: Ienbsp;Ptoduit fera 91 pieds, 6 pouces, 5 lignes: cenbsp;fera, a peu de choie prés , la hauteur du point denbsp;fufpenfion au deffus du cul-de-lampe. Prenantnbsp;done la diftance de la bafe de ce cul-de-lampenbsp;iufqu 'au pavé, ce qui peut fe faire ordiiiairementnbsp;un baton , amp; ajoutant cette diftance a lanbsp;«auteur dé)a trouvée, vous aurez celle de la vofttenbsp;^^^quot;ffusdupavd.
folution eft fondée fur une propriété des pen n es qviorinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fqavoir,
qne es quattés des durées des vibrations font
G-ij
-ocr page 108-100 Recreations Mathématiques, comme les longueurs; enforte quun pendule quadruple en longueur fait des vibrations qui durentnbsp;deux fois autant.
Mais nous avouons , qua caufe de la forme irréguliere de la lampe , amp; tlu poids du cordonnbsp;qui la foutient, cette méthode eft plus curieufenbsp;quexafle. Auffi nous fommes-nous fervi du motnbsp;jugir, au lieu de celui de mzfurer^ qui préfentenbsp;avec foi lidée de Iexaiftitude.
Void neanmoins un autre probléme du merne genre.
PROBLÊME LIV.
Mamp;funr la profondeur d'un puits par h temps icouli entre le commencement de la chute d'un corps , amp;nbsp;celui oil Von entend le bruit de fon arrivee a lanbsp;furface de Veaii.
Il faut avoir un petit pendule a demi-fecondes , ceft-a-dire ayant entre le centre de \g balie amp; lenbsp;point de fufpenfion, 9 pouces , 2 lignesf.
II faut auffi fe fervir dun poids dune matiere la plus pefante quil fe pourra ^ comme dune ballenbsp;de plomb. Uue fimple pierre ou caillou éprouvenbsp;un retardement aftez confiderable , amp; y feroitnbsp;moins propre.
Vous lacherez done le poids en meme temps que la balle du pendule , amp; vous compterez lenbsp;nombre de fes vibrations, jufquau moment oitnbsp;vous entendrez le fon du poids arrivé a la furfacenbsp;deleau;je fuppofe quil y ait onze vibrations ,nbsp;qui font ^ fecondes
Cela fait, multipliez dabord 15 par 5; ~, nom-bre des fecondes obfervé; divifez le produit par 75: ce qui vous donnera pour premier produit
-ocr page 109-101
M É C A N I Q U E.
^ quol vous ajouterez encore 7x ou ; vous au-
OU 8-^.
Divifez enfuite quatre fois Ie nombre des fe-'^ondes obfervé par 75 ? ^ ajoutez Ie quotient a ^unité, ce qui donnera ici pour fomme ff, ou, ennbsp;ftaftions décimales, 1.2.96333: vous en extrairernbsp;Ja racine quarrée ; elle eft 1.137, quil faut multiplier par f- , ce qui donne pour troifieme pro-^uit 8.517; de la premiere fomme trouvée ci-def-8.600, ötezle dernier produit 8.517 , Ie reC-tant eft 0.073 , vous miiltipVierez enfin par Ienbsp;quarréde7c ou 5615 : ce dernier produit fera 354
pieds
Cette regie , que nous avouons être aflTez com-pUquée, eft fondée fur la propriété de la chute des graves, qui saccélere en raifon des temps, en-Jorte que les efpaces parcourus croiffent commenbsp;quarrés des temps. On a fait au furplus abftrac-tion de I3 réfiftance de lair, qui ne laifle pas ,nbsp;dans des hauteurs confidérables , comme de qiiel-ques centaines de pieds, de retarder fenfiblementnbsp;chute; enforte quil en eft de ce problême a peunbsp;P'^cs comme du précédent, ceft-a-dire que la fo-tition eft plus curieufe quutile.
G iij
-ocr page 110-102 Recreations Mathématiques.
'I;
}L paroitroit manquer a cet ouvrage une partie effentielle, fi nous negligions dy faire Ihiftoirenbsp;amp; de donner une idee de diverfes machines célebres, tant parmi les anciens qiie parini les moder-nes. Nous aliens., dans cette vue , jeter un coupnbsp;doeil rapide fur ce que le génie mécanique a en-fanté en divers fiecles de plus rare amp; de plus iin-guller.
I. Des Machines ou Automates dArchuaS, dArchimede, de Heron amp; Ctéjibius.
Lhiftoire ancienne nous parle avec admrrariofi de quelques machines de ce genre. Tels furent lesnbsp;trépieds automates de Vulcain ; Ia colombe dAr-cbitas, qui, dit-on , voloit comme un véritabl®nbsp;animal. Nous ne doutons cependant pas que 1®nbsp;crédulité amp; léloignement des fiecles naient beaii'nbsp;coup groffi le merveilleux de ces machines, ^nbsp;tant eft quelles alent eu quelejue réalité. II y eitnbsp;a davantage dans la fphere mouvante dArchi'nbsp;mede. Tout le monde fqait que ce mathématiciefnbsp;célebre y avoit repréfenté les mouvements eélelquot;'nbsp;tes, tels qifon les concevoit alors ; ce qui étoi^nbsp;afiurément un chef-dccuvre de mécanique pounbsp;ce temps éloigné. Les fameux vers de Claudienbsp;fur cette machine, font connus de tout le monde*
I
-ocr page 111-MécANIQVE. nbsp;nbsp;nbsp;105
Héron amp; Ctéfiblus dAlexandrie , exécuterent diverfes machines fingulieres. On peut voirnbsp;quelques-unes de celles inventées par Héron, dansnbsp;A)n livre intitule Spiritalia, II y en a qui font très-ingénieufes , amp;c qui fonthonneur a ce mecanicien.
§.II. Dis Machines attribuies a Alben Ie Grandy d Regiomontanus, amp;c.
cani
Lignorance qui couvrit de fes ténebres toute lEurope , depuis Ie fixieme ou feptieme liecle juf-tpi au quinzieme , nétouffa pas entiérement Ie génie mécanique. On raconte que les ambaffadeursnbsp;envoyés a Charlemagne par Ie roi de Perfe, luinbsp;apporterent en préfent une machine dont la def-cription feroit encore quelque honneur a nos mecaniciens modernes; car cétoit une horloge a fon-nerie, dont les figures exécutoient divers mouve-^cnts. 11 efl; vrai que tandis que lEurope étoitnbsp;plongée dans lignorance , les arts amp; les fciencesnbsp;Jctoient quelquéclat parmi les peuples Orientaux.nbsp;Quant aux Occidentaux, fi lon peut croire ce quenbsp;^un rapporte dAlbert Ie Grand , qui vivoit dansnbsp;heizieme fiecle, ce mathématicien avoit fabriquénbsp;automate de figure huinaine, qui, lorfquonnbsp;nappoit a la porte de fa celluie , alloit loiivrir,nbsp;^ Pouflbit quelques fons, comme pour parler anbsp;uelui qui entroit. Dans un temps poftérieur de.nbsp;quelqugj fiecles, Regiomontanus, ou Jean Mullernbsp;^ Königsberg, aftronome célebre, avoit fait unnbsp;^'^loiTiate de la figure dune moucbe, qui fe pro-JUenoit auteur dune table. Mais ce font proba-^«ment des récits fort défigurés par lignorancenbsp;K crédulité. Voici des traits dhabileté en luc-
^que, qui font plus reels.
G iv
104 HÉCRÉATfDNS MaTHÉMATIQUES.
§. III. Dc diverfes Horloges célebres.
Dans Ie quatorzieme fiecle, Jacques de Dondis fabriqua pour la ville de Padoue , une horloge quinbsp;fut long-teinps réputée la merveille de fon fiecle.nbsp;Elle marquoit, outre les heures , les inouvementsnbsp;du foleil, de la lune amp; des planetes , a'infi que lesnbsp;fetes de lannée. 11 en retint Ie furnom ^Horologio,nbsp;qui devint celui de fa poftérité. Peu de tempsnbsp;après, Guillaume Zélandin en fit une encore plusnbsp;compofée pour la ville de Pavie, qui fut rétablienbsp;dans Ie feizieine fiecle par Janellus Turrianus,nbsp;mecanicien de Cdiarles-Quint. Mats les plus célebres ouvrages dans ce genre, ce font les horlogesnbsp;des cathédrales de Strasbourg amp; de Lyon.
Lhorloge de Strasbourg eut pour auteur Con-r-tid Dafypodius , mathématicien de cette ville, qui vivoit fur la fin du feizieme fiecle , amp; qui 1a-cheva vers 1an 1573. On la répute la premiere denbsp;1Europe. II ny a du moins que celle de Lyonnbsp;qui puilTe lui difputer la preeminence, ou lui êtrenbsp;comparee par la mültitude de fes effets.
La face du foubaffement de lhorloge de Strasbourg préfente trois tableaux; 1un rond, amp; formé de plufieurs cercles concentriques, dont les deuxnbsp;extérieurs font ou faifoient leurs revolutions ennbsp;un an , amp; lervoient a marquer les jours de lannée,nbsp;les fêtes, amp; les autres circonfiances du calen-(irier; les deux tableaux latéraux font quarrés , amp;nbsp;fervoient a indicjuer les éclipfes, tant de foleil quönbsp;de lune.
Au deffiis du tableau du milieu, St dans 1ef-pece d'attique de ce foubaffement, les jours de Ia fcmaine lont marqués par les différentes divinitésnbsp;qui font ceiffées préfider aux planetes dont ds
-ocr page 113-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;105
tlrent leur denomination vulgaire. La divinité du ]our courant y paroit portee dans un charroulantnbsp;^ur des nuages, amp; a minuit fait place a celle quinbsp;*^oit la fuivre.
Au devant du foubaffement, on voit encore un S^obe porté fur les ailes dun pelican , autour du-M^el rouloient autrefois un foled amp; une lune , quinbsp;P^t-la marquoient les mouvements de ces planetes;nbsp;ïitais cette partie de la machine , ainfi que plufieursnbsp;^titres, ne marche plus depuis long-temps.
tour décorée qui eft au deffus de ce foubaf-^SUient , préfente principalement un grand cadraii ^naftrolabe , qui montre Ie mouvement annuel dunbsp;foleil amp; de la lune fur Tédiptique, les heures denbsp;la journée, amp;c. On volt auffi au deffus les phafesnbsp;de la lune marquees par un cadran particulier.
Cetouvrage eft encore remarquable par un jeu conftdérable de fonnerie, amp; de figures qui exécu-^^^t divers mouvements. On voit, par exemple,nbsp;deffus du cadran dont on vient de parler, lesnbsp;Ruatre ages de Thomme, repréfentés par des figuresnbsp;fymboliques ; a chaque quart dheure, en paffe unenbsp;marque Ie quart en frappant fur de petitesnbsp;^loches: elles font fuivies de la Mort, chaffee parnbsp;ün Chrlft reffufcité , qui lui permet néanmolns denbsp;tonner lheure , comme pour avertir Thomme quenbsp;Ie temps sécoule. Deux petits anges exécutentnbsp;auffi des mouvements, 1un frappant un timbrenbsp;avec un fceptre , 1autre tournant un fabliera 1ex-Ptration de 1heure.
L^et ouvrage enfin étoit décoré de divers ani-*ttaux , qui rendoient des fons analogues a leurs naturelles ; mals il ny a plus aujourdhuinbsp;ftj'e Ie coq , dont Ie chant devance Ia fonnerie denbsp;t'-Ure; li allonge Ie cou 5c bat des ailes avant
-ocr page 114-jo6 Recreations Mathématiques.
que de chanter. Au refte, fa voix eft devenue enrouee , que celui de Lyon, quoiquil le foitnbsp;aufli beaucoup, a prefque une voix harmonieufenbsp;en comparaifon de celui-ci. II eft facheux quunenbsp;grande partie de cette machine foit entiérementnbsp;dérangée. II feroit, ce femble , de la dignité denbsp;Iilluftre chapitre metropolitain de Strasbourg,nbsp;de la faire rétablir. Jai a la vérité oui dire quonnbsp;Ta tenté, mais que perfonne na pu en venir anbsp;bout.
L'horloge de la cathedrale de Lyon neft pas dun volume auffi confiderable que celle de Strasbourg gt;nbsp;mais elle ne lui cede guere par la variété de fesnbsp;mouvements, amp; elle a de plus 1avantage detre encore en bon état. Elle eft Iouvrage de Lippius denbsp;Bade , amp; elle fut fort bien raccommodée dans lenbsp;fiecle dernier , par un habile horloger deLyon»nbsp;nommé NojirriJfon. On y voit, comme dans cellsnbsp;de Strasbourg , fur différents cadrans , ia marchsnbsp;annuelle amp; diurne du foleil amp; de la lune, les joursnbsp;de Iannee, leur longueur, amp; tout le calendriefnbsp;tant civil queccléfiaftique. Les jours de la femainenbsp;y font marqués par des fymboles plus analogues aUnbsp;lieu ou Ihorloge eft placée; Iheure y eft annoncéenbsp;par le chant dun coq, répété trois fois, après uunbsp;battement dailes amp; divers mouvements; ce chafltnbsp;fini, paroiffent des anges qui exécutent, en frappan*^nbsp;fur divers timbres, 1air de Ihymne Ut quean^nbsp;laxis ; IAnnonciation de la Vierge yeft aufli re'nbsp;préfentée par des figures mouvantes, amp; par la deftnbsp;cente dune colombe a travers des nuages. Aprèsnbsp;tout ce jeu mécanique, Iheure fonne. On reinat'nbsp;que fur un des cótés de Ihorloge un cadran ovale»nbsp;fervant a montrer les heures amp; les minutes. Celles'nbsp;ci font indiquées par une aiguille qui sallonge oü
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fe contrafte , felon la longueur du demi-diametre 1ovale quelle couvre.
On peut au refte , fans aller ni ^ Lyon nl a Strasbourg , fe former une idee de ces horloges ,nbsp;par celle quonvoitau chateau de Verfailles dansnbsp;les appartements du Roi. Celle-ci fut louvragenbsp;de Martinet, horloger célebre du liecle dernier.nbsp;Avant que 1heure fonne, deux coqs, portés fur lesnbsp;encoigniires dun petit corps darchitefture, chan-*ent alternativeinent en battant des alles ; peunbsp;3près souvrent deux portes latérales de eet édi-, auxquelles fe préfentent deux figures portantnbsp;des cymbales, fur lefquelles frappent des efpecesnbsp;de gardes armés de madues. Ces figures étant retirees, la porte du milieu souvre , amp; lailTe fortirnbsp;un piedeftal furmonté de la figure équeftre denbsp;Louis XIV; amp; en même temps, un groupecle nua-ges ( qui pourroient être mieux figures ) sentrou-¦'^te , amp;c donne paffage a une Renommee qui planenbsp;^ut la figure. Alors commence une petite fonnerlenbsp;'lui joue un air, après lequel les deux figures ren-amp; les deux gardes relevent leurs maflues,nbsp;'luils avoient baiffées comme par refpect en pré-i^tice du Roi. Lheure fonne enfin. Au refte , toutnbsp;'^la neft prefque plus aujourdhui quun jeu pournbsp;horlogers habiles. Nous ne laiflerons cepen-^?ut pas (Je parler encore dans fon lieu , ceft-a-en traitant de Taftronomie, de quelques ma-'^uines purement aftronomiques, qui font honneurnbsp;génie inventif de leurs auteurs.
V. Machines autQmctes du pere Truchet, de Af. Camus, amp; de M. de Vaucanfon.
Vers la fin du fiecle dernier, Ie pere Truchet, laeadémie royale desfciences, fit? pour 1a-
-ocr page 116-io8 Recreations MathÉiMAtiques. mufement de Louis XIV, des tableaux mouvants gt;nbsp;qui furent regardés comme des chefs-doeuvre trés-linguliers de mécanique. Lun de ces tableaux ^nbsp;que ce monarque appelloit fon petit opéra , re-préfentoit en effet un opéra en cinq aétes, amp; chan-geoit de decoration au commencement de cha-cun. Les aéfeurs exécutoient leurs roles en pantomimes. La piece pouvoit être repréfentée quatrenbsp;fois de fuite, fans remonter la machine. On pouvoit 1arrêter ou 1on vouloit : une détente lachéenbsp;pour cela , produifoit eet effet, amp; une autre fai-foit recommencer la piece au point oü elle avoitnbsp;été interrompue. Ce tableau mouvant avoit feizenbsp;polices Sc demi de largeur, treize pouces quatrenbsp;lignes de hauteur, fur un pouce trois lignes dé-paiffeur pour Ie jeu de la machine. On lit ces détails dans 1Eloge du pereTruchet, Mémoires denbsp;lAcadémie, année 17x9.
Une autre machine très-ingénieufe, amp; a mon gré bien plus difficile a concevoir, eft celle que décritnbsp;M. Camus, gentilhomme Lorrain, qui dit 1avoirnbsp;exécutée pour lamufement du feu Roi, encorenbsp;enfant. Cétolt un petit carrofle attelé de fes deuxnbsp;chevaux , avec fon cocher fur Ie fiege, une damenbsp;dans la voiture , fon laquais derriere, Sc un petitnbsp;page couche fur la foiipente. Si nous en croyonsnbsp;ce quon lit dans 1ouvrage de M. Camus, on pla-qoit ce carrofle a Iextrémké dune table de grandeur déterminée ; il partoit , Ie cocher donnantnbsp;un coup de fouet a fes chevaux, dont les jambesnbsp;faifoient tous les mouvements de celles des che-vaux marchants. Arrivé au bord de la table , ifnbsp;tournoit a angle droit, en cötoyant ce bord. Lorf-quil étoit arrivé devant la place du Roi, il sarrê-toit i Ie page defcendoit, ouvroit la portiere,
M i c A N I Q u E. nbsp;nbsp;nbsp;X09
la dame fortoit de la voiture un placet a la main, ^uelle préfentoit aprèsune révérence. Après avoirnbsp;^ttendu quelque temps ^ èlle faifoit une fecondenbsp;révérence , rentroit dans la voiture, Ie page fe re-plaqoit, Ie cocher donnoit un coup de fouet a fesnbsp;chevaux , qui fe remettoient en mouvement; amp; Ienbsp;laquais, courant après ia voiture, fautoit a fa place.
Javoue quil feroit a fouhaiter que M. Camus, au lieu de fe bomer a une légere indication dunbsp;uécanifme qull avoit employé pour ces^ effets ,nbsp;Int entré dans une explKation plus detaillee j car,nbsp;s ils font vrais, il a fallu un artifice fingulier pournbsp;produire ; amp; Iapplicatiofl de ces moyens a desnbsp;rnachines plus utiles, peut trouver fa place.
Nous avons vu, il y a vingt ou vingt-cinq ans, les trois machines de M. de Vaucanfon, fon Auteur automate, fon )oueur de Aütet amp; de tambou-rin , amp; fon canard artiAciel. Le Auteur iouoit plu-fieurs airs de Aüte , avec une précifion que lenbsp;Joueur animé le plus habile natteint peut-être pas.
donnoit les coups de langue qui fervent a diftin-guer les notes. CeA , au rapport de M. de Vau-^anfon, ce qui lui couta le plus a trouver. Les enfin étoient réellement produits dans la Aütenbsp;par la pofition des doigts quils exigent.
Le ioueur de Autet amp; de tambourin exécutoit aufii fur ce premier inArument plufieurs airs, ennbsp;rappant continuellement fur le dernier.
Enfin le canard artificiel eA ce qui, felon mes oibles lumieres, devoit le plus étonner par fesnbsp;l^ouveinents; car on le voyoit étendre amp; allongernbsp;_e cou,le^g^ fes ailes, amp;les nettoyer avec fon bec :nbsp;prenoit dans un auge du grain quil avaloit , Anbsp;uvoit a une autre; amp;C enfin , après divers autresnbsp;niouvements, A rendoit une matiere reffemblante
-ocr page 118-no RiCRÉATIONS MaTHÉMATIQUES. a des excréments. Dans Ie temps oü jai vu cesnbsp;machines pour la premiere fois, je démêlai aufll-tot quelques-uns des artifices quon avoir pn employer pour les deux premieres; mais iavoue quenbsp;ma penetration a toujours reflé en défaut a 1é-gard de la derniere.
§. V. De la Machine de Marly.
Les machines dont on vient de donner une idee, font, il faut en convenir, plus curieufes ennbsp;general quutiles. II en eft deux autres dont la cé-lébrité, jointe a lutilité , exige ici une place. Cenbsp;font la machine de MSrly, amp; celle quon appellenbsp;la Machnie a feu. Commenqons par la premiere.nbsp;Void une idee fommaire de fa compofition amp; denbsp;fes effets.
La machine de Marly efl; compofée de quatorze roues, denviron 36 pleds de diametre chacune ¦gt;nbsp;qui reqolvent leur mouvement de leau de la riviere , retenue pat une eftacade, amp; reque dansnbsp;autant de courliers féparés. Chaque roue portenbsp;aux extrémités de fon eiliieu deux manivelles; cenbsp;qui fait vingt-huit puiffances, dont la diftnbutionnbsp;efl; celle-ci.
II faut noter auparavant , que leau eft portee en trois reprifes au lieu oü elle doit ctre élevée,nbsp;fqavoir, dabord , de la riviere a un réfervoir élevénbsp;de I pieds au deflus du niveau de la Seine; de'nbsp;la, a un fecond réfervoir élevé de 315 pieds a^nbsp;deflus de ce niveau ; enfin , de ce dernier, au fotn'nbsp;met dune tour plus haute de 500 amp; quelqucsnbsp;pieds que la riviere.
Des vingt-huit manivelles dont on a parlé ei' deflus, il y en a huit qui font employees a fai^fnbsp;agir foixante-quatre corps de pompe. Cela fe
-ocr page 119-MÉCANIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;Iïï
au moyen de balanciers qui portent a chaque ex-trémité de leurs bras quatre piftons; ce qui fait ^uit a chaque balancier, qui afpirent amp; refoulentnbsp;alternativement. Ces foixante - quatre corps denbsp;Pornpe font employés a afpirer 1eau , Sc a la re-fouler jufquau premier réfervoir, qui fournit leaunbsp;au premier puifard dont on va parler, amp; fur le-^luel eft établi Ie fecond )eu de pompe.
Onze autres manivelles font employees a faire ft'onter leau de ce premier puifard jufqu au fecondnbsp;tefervoir. Cela fe fait au moyen de longs bras adap-tesaces manivelles, qui font mouvoir des equerresnbsp;horizontales a un des bras defquelles font attachéesnbsp;^es chainesformées de barres de fer, qui sétendentnbsp;du bas de la montagne jufquau premier puifard.nbsp;Ces chaïnes, quon nomme clievalets, font forméesnbsp;de barres de fer paralleles , dont les extrémitésnbsp;font liées par des boulons, amp; qui font portées denbsp;diftance en diftance par des pieces de bois tranf-''^rfales, mobiles dans leur milieu fur un eflieu ;nbsp;enforte que lorfquon tire , par exemple , la barrenbsp;de fer fupérieure par Ie bout den bas , toutes cesnbsp;Peces de bois sinclinent dans un fens, amp; la barrenbsp;nférieure retrograde, 6c pouffe en fens contrairenbsp;^ la fupérieure. Ces barres ou chaines fervent anbsp;'ïettre en mouvement les balanciers ou equerresnbsp;qui font mouvoir les piftons de quatre - vingtsnbsp;pompes afpirantes amp; refoulantes, qui portent leaunbsp;du premier puilard au fecond réfervoir.
Enfin neuf autres manivelles fervent , par un tnecanifme femblable , a mettre en mouvementnbsp;es chaines appellées grands chevalets , qui fontnbsp;tnouvoir les pompes du fecond puifard, amp; éleventnbsp;eau de ce fecond puifard au fommet de la tour.nbsp;es pompes font au nombre de foixante - douze.
-ocr page 120-UZ Recreations MAXHiiMAxiQUES.
Tel eft en peu de mots Ie mécanifme de la rnS' chine de Marly. Son produit moyen eft, anbsp;que jai ouïdire', de ou 200 polices dea^*nbsp;continus; ce qui fait 4^0 a 600 muids deau pafnbsp;heure. Nous difons Ie produit moyen, car il y *nbsp;des temps oü elle éleve jufqua prés de 300 poU'nbsp;ces, mais ce neft que dans des circonftancc^nbsp;très-favorables, 11 y a les temps de très-grolTe®nbsp;eaux , ceux des glacés , ceux des trés - bafls*nbsp;eaux , celui des reparations , pendant lefquels ell®nbsp;chomme en tout ou en partie. Jai lu encore quef'nbsp;168^ elle élevoit jufqua 1000 muids parheureinbsp;mais jai grande peine a Ie croire, fi on entenlt;inbsp;par-la fon produit moyen, car ce feroit 333 poU'nbsp;ces continus.
Quoi quil en foit , voici un calcul qui fonclé fur des détails dont jai eu communicatiof'nbsp;Les dépenfes annuelles de la machine, comprisl^^nbsp;appointements amp; gages des employés amp; ouvrieffnbsp;de toute efpece , reparations aux batiments amp; ^nbsp;la machine , fournitures cliverfes, Sic. peuveRfnbsp;monter a environ Socoo liv.; ce font 220nbsp;par jour; ce qui fait environ 5 deniers Ie muilt;lnbsp;Mais ft lon fait entrer dans cette dépenfe lif'nbsp;térêt de 8 millions (a) quelfe a , dit-on , coütéSinbsp;on trouvera que ce muid revient aujourdhuinbsp;Roi £130 deniers , ou les 9 pintes amp; demie anbsp;denier. Cela eft fort éloigné du prix que Ie rönbsp;de Danemarck croyoit pouvoir mettre a ce^f^nbsp;eau; car ce prince, dans la vifite quil fit a lanbsp;chine en 1769, étonné apparemment de fa maft® inbsp;de la multitude de fes moiivements, amp; des of'
(lt;:) On dit 8 millions, amp; non 80 millions, conf® OU Ie lit dans Defaguliers; car cela feroit abfurde.
vriff^
-ocr page 121-Mécanique»
Vners qnl y font employés, dit que cette eau re-* Venoit peut-être au même prix que Ie vin. Onnbsp;voit, par Ie ealcul ci-deffus, combien il sen faut.
Ceft une grande queftion fi la machine dé Marly pourroit être fiinplifiée. Nous allons direnbsp;fiir cela ce que quelques experiences ^ amp; 1examennbsp;fait en détail de diverfes parties de cette machine ^nbsp;^ous paroiffent préfenter de plus probable.
On eft dabord, en géjiéral , lurpris de ce que 1auteur de la machine a fait en quelque forte fairenbsp;deux repos a leau pour lamener au fommet de lanbsp;tour. Quelq uun a dit en plaifantant, que fansnbsp;doute il avoit penfé que leau eüt été trop fatiguéenbsp;demonter 500 pieds Sc plus de hauteur perpendiculaire tout dune haleine. II eft plus probablenbsp;quil a cru que fa force motrice ne feroit pas fuffi-fante pour élever leau a cette hauteur ; ce quinbsp;neft pas conforme a la théorie, 'car , calcul fait ,nbsp;t^n trouve que la force dune manivelle eft plusnbsp;ftue fufEfante pour élever un cylindre deau denbsp;^utte hauteur , de 8 pouces ou même plus denbsp;diametre. Dhabiles mécaniciens font néanmoinsnbsp;purfuadés que quoique cela ne ioit pas impoffible,nbsp;d pourroit y avoir de grands inconvénients a 1exe-*^uter. U feroit trop long de les détailler.
Maïs il paroit aujourdhui conftant quon pour-toit au moins élever leau dun feul jet au fecond puifard. Cela réfulte de deux expériences faitesnbsp;1une en 1738,1aiitre en 177.5. Dansla premiere,nbsp;M. Camus, de lAcadémie Royale des Sciences,nbsp;tentoit de faire monter leau dun feul jet a la tour:nbsp;d ny parvint pas , mais il la fit monter iuf-qu au pied, ce qui eft confidérablement plus hautnbsp;^®cond réfervoir : dou il réfulte que»nbsp;s etoit orné a faire monter leau dun feul jet 4nbsp;i ome /,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pj
-ocr page 122-114 Récréations Mathématiques.
ce fecond réfervoir , il y eut réuffi. On dit aU refte que, dans cette épreuve, la machine fatiguoitnbsp;prod igieurem ent ; quil fallut même en raffermitnbsp;quelques parties avec des chaines; enfin , quil fal-lut prés de vingt-quatre heures pour faire monternbsp;1eau a cette hauteur, qui eft denviron 450 pieds,nbsp;6c quon ne put lui faire dëpaffer. Dans la fe-conde épreuve , faite en 1775 , on navoit pournbsp;objet que damener leau au fecond puifard. Ornbsp;elle y monta a diverfes reprifes, amp; avec abondance. 11 eft vrai que les tuyaux fatiguoient extré-mement dans Ie bas, que plufieurs creverent, amp;nbsp;quil falut a plufieurs reprifes fufpendre amp;t recom-mencer 1expérience ; mais il eft évident que celanbsp;ne venoit c[ue de la vieillefle amp; du manque denbsp;force des tuyaux , qui navoient pas répaifteurnbsp;convenable; amp; rien ne feroit plus facile que dynbsp;remédier. Ainfi voüa déja un pas fait vers la per'nbsp;feftion de la machine ; amp; il réfulte de cettenbsp;épreuve, que lon peut fupprimer les chaines qu^nbsp;vont de la riviere au premier puifard, 8c ce premier puifard lui-même.
II refteroit a fqavoir sil feroit poffible de faire monter dun feul jet leau au fommet de Ia tourgt;nbsp;Ce feroit une experience vraiment curieufe; mai^nbsp;probablement elle feroit difficile, 8c coüteuft gt;nbsp;parcequil faudroit faire des changements confi'nbsp;dérables a diverfes parties de la machine ; 8c daU^nbsp;Ie cas même ou lon y parviendroit, peut-êtf^nbsp;leau feroit-elle fi peu abondante , quil vaudroi^nbsp;mieux conferver Ie mécanifme aófuel.
II eft au furplus probable quil y auroit dans 1^^ détails de la ma£h!ne, plufieurs chofes a perfec'nbsp;tionneV. II y a plufieurs pofitions oü les puiflance^nbsp;nagiflent quobliquement j ce qui fait pe^dre bea«'
-ocr page 123-MiCANlQUE.
11$
'tövsp de force , amp; doit tendre au détriment de la **iachine. Peut-être la forme des piftons , des fou-P^pes, des tuyaux dafpiration, feroit-elle a chan-S^r. Mals ce neft pas iel Ie lieu dentrer dans cesnbsp;'détails, Paffons a la machine a feu, dont nousnbsp;promis de donner une idee.
VI. Dt la Machim a Feu.
er
La machine a feu eft peut-être celie dans la-Ie génie de la mécanlque seft Ie plus mani ^he; car quelle idéeheureufe que celle demployenbsp;Povir moteurs , alternativement Ia force expantivenbsp;^ la vapeur de 1eau Sc Ie poids de lafhmofphere!nbsp;^el eft en etfet Ie principe de cette machine in**nbsp;ê^riieufe , qui eft au)ourdhui employee avec Ienbsp;plus grand fucces a des épulfements de mines, 8cnbsp;ur-tout a fournir deau une partie de la ville denbsp;^ondres.
_ .^.iicinvciiicut iiiA.*-^** nbsp;nbsp;nbsp;Ia tise eft
Ce cyUndre enfin loue un pifton , nbsp;nbsp;nbsp;Ealan'-
attacbée fi Vextrémité dun des bras cier , dont lautre bras porte a fon ex -poids a enlever , qui eft commun^ent ^nbsp;de quelque pompe afpirante ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dolt
leau dune grande profondeur. lO être cotnbiné de telle maniere ctue , Qoanbsp;'remernbsp;ebaudiere
^ ïrnaginez ime grande chaudiere , au couvercle laquelle eft adapté un corps de pompe ou cy-'tdie creux, de x , 3 ou 4 pieds de diametre.nbsp;communication de ce cylindre avec la chau-formée par une ouverture fufceptiblenbsp;/--.^'^^^.-^^^ccnatlvement libre ou interceptée. Dans
V) nbsp;nbsp;nbsp;oe telle maniere que, quatiu *
^ nbsp;nbsp;nbsp;'brement dans Ie cylindre qui communi-
nne a la -r-- ' nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___
que a la chaudiere, Ie poids feul des attachés au bras oppofé foit fufceptiblenbsp;ce pifton.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ..
-ocr page 124-itó Recreations Mathématiquês, Suppofons a préfent la chaudlere remplie deaKnbsp;jufqua une certaine hauteur; quun grand feu (o'f-allumé au deflbus , amp; faffe bouiilir cette eau vive'nbsp;ment ; une partie sélevera continuellement e*nbsp;vapeur. Ainfi , lorfque la communication entr^nbsp;la chaudiere amp; Ie cylindre fera ouverte , cett®nbsp;vapeur, qui efl; élaftique , sy introduira, amp;nbsp;poids oppofé enlevera Ie pifton; car cette vapeufnbsp;eft équivalente a de 1air. Suppofons encore que»nbsp;par quelque mécanifme aifé a imaginer , ce piftoHnbsp;étant parvenu a une certaine hauteur, falTe moU'nbsp;voir une piece de la machine qui intercepte !lt;*nbsp;communication entre la chaudiere amp; Ie cylindre»nbsp;enfin que, par la même caufe , un jet deau frai'nbsp;che foit lancé dans ce cylindre contre Ie fondnbsp;pifton, doü il retombera én forme de pluie a tra'nbsp;vers la vapeur : il arrivera dans ce moment qu^nbsp;cette vapeur fera condenfée en eau ; il fe former^nbsp;un vuide dans la capacité du cylindre, amp; p''^nbsp;conféquent Ie pifton fe trouvera a linftant charg®nbsp;du poids de 1athmofphere, ou dun poids équiva'nbsp;lent a un cylindre deau de même bafe, amp; de 3^nbsp;pieds de hauteur. Si, par exemple, Ie pifton a 3^nbsp;pouces de diametre, comme dans une des machine*nbsp;a feu de Montrelais prés dIngrande , ce poit^^nbsp;équivaudra a 33024 livres; ce pifton fera conf^'nbsp;quemment oblige de defcendre avec unenbsp;égale a plus de 30 milliers, amp; 1autre bras dunbsp;lancier , sil eft égal au premier, agira avecnbsp;force égale pour furmonter la réfiftance qui lui ^ ^nbsp;oppofée. Ce premier coup de pifton donné,nbsp;communication entre Ia chaudiere amp; Ie cylin^l^nbsp;Ie retablit; la vapeur de 1eau bouillante ynbsp;de nouveau; enfin, 1équilibre entre 1air denbsp;mofphere 6c Ie fluide de lintérieur du cyliR*^'^
-ocr page 125-MÉCANIQUBs nbsp;nbsp;nbsp;I
etant rétabli, Ie poids des équipages attachés i autre bout du balancier , enleve Ie pifton; Ignbsp;^eme jeu que deffus fe renouvelle, Ie pifton re-^embe, amp; la machine produit de nouveau fon effer.
, On fent aifément que nous devons nous bomer cette efquifle de la machine , car il faudroit uanbsp;ong difcours amp; beaucoup de figures pour décrirenbsp;Pjsces differentes amp;: nombreufies qui font né-^Haires pour fon jen ; telles font la piece quinbsp;srnativement ouvre amp; ferme la communicationnbsp;e la chaudiere avec Ie cylindre , celle qui pro-un Ie deau dans 1intérieur du cylindre, cellesnbsp;HUi fervent a évacuer lair amp; leau qui fe formentnbsp;^ans eet intérieur, Ie régulateur néceflaire pournbsp;einpêcher que la vapeur, devenant trop forte, nenbsp;alTe eclater la machine en morceaux , amp;c. Onnbsp;oit recourir aux auteurs qui ont traité ex profe(famp;nbsp;^ cette machine, comme M. Bélidor, dans fonnbsp;^chiteciure Hydraulique, Tome II, premiere Par-M. Defagui iers, dans fon Cours de Phyjiqutnbsp;^^Périmentak, Tome II; amp; divers autres.
^ La machine que noiis venons de décrire eft, aa j|^'plus, trés - différente de ceiie dont Mufehen-*^®cclc parle dans fon Cours de Phyjique Expert^nbsp;Danscelle-ci, la vapeur agit par facom-P^^flion fur un cylindre deau quelle fait monter;
qui exige une vapeur trés - élaftique très-^'^hauffée, Mais il en réfulte un très-grand danger *1^^ la machine néclate en morceaux. Dans lanbsp;il°r machine, celle que nous avons décrite,nbsp;^ uffit qqg vapeur ait 1élafticité de lair , Sc ilnbsp;? ^'^^Pas pour cela que leau bouillonne biennbsp;Vivement; q^l fait que Ie danger de voir toutnbsp;pieces neft pas, a beaucoup prés, ftnbsp;stan , on ne dit mêine pas que cela foit arrive
Hiij
-ocr page 126-llS RÉCRiATIONS Mathématiques. a aucune des grandes machines a feu établies de*nbsp;puis affez long-temps.
La plus grande machine a feu que je connoifle t eft celle qui eft établie a Montrelais prés dIo'nbsp;grande , amp; fert a épuifer des mines de charbofl'nbsp;Son cylindre a '51 pouces ^ de diamefre. Elle élevönbsp;a 611 pieds de hauteur, amp; par huit repri;es,nbsp;quantité de 1193 pieds cubes deau par heure , oiinbsp;150 muids ; amp; comme on eftime que, toute dé'nbsp;duftion faite du temps perdu pour commencer ^nbsp;la mettre en jeu , pour les reparations accidert'nbsp;telles qui furviennent de temps a autre , amp;;c. ellsnbsp;travaille heures des 14 de la journée, fon effe'^nbsp;journalier eft délever a 612 pieds amp; de vuider eHnbsp;24 heures, environ 3300 muids deau. Elle coU'nbsp;fomme dans Ie même temps environ 220 pied*nbsp;cubes de charbon de terre. Je defirerois fqavoir 1®nbsp;détail, OU au moins la totalité des autres dépeO'nbsp;fes annuelles, quoccafionne fon entretien. Je croi^nbsp;quelles doivent être aftez confidérables, attendi*nbsp;les huit reprifes ou relais par lefquels 1eau eft amS'nbsp;née a cette hauteur de 612 pieds.
II y a dans Ie même lieu une feconde machinS» qui paroit a quelques égards mieux entendue. Soinbsp;cylindre neft que de 34 pouces de diametre; ^nbsp;elle éleve en 24 heures, a la même hauteur ^nbsp;dune feule portée , 19880 pieds cubes , ou 248^nbsp;muids, ce qui eft a peu prés les deux tiers du pr^*'nbsp;duit de la premiere , tandis que fa force motricStnbsp;qui eft proportionnée au quarré du diametrenbsp;pifton , neft que les - environ de celle de la pr^'nbsp;jniere,
On a tenté, il y a quelques années, dappliqi^'' la machine a feu pour faire mouvoir des voiture*'nbsp;m en fit même lépreuve a larfenal de Paris.
-ocr page 127-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;Ï19
^acVine marcha en effet; mals je regarderai tou-jours cette idee comme plus ingénieufe que fuf-cepdble detre mife en ufage. Ce nen ferok pas une fort agréable pour des voyageurs, que de fen-br derriere foi une machine capable de les fou-tutoyer a chaque inftant, amp; je doute que les pla-de fond fuffent fort recherchées.
On a vu aufli pendant affez long-temps , au ¦milieu de la Seine , vis-a-vis Pafly, un bateaunbsp;'luon prétendoit faire remonter au moyen de lanbsp;fitachine a feu. On nefpéroit pas moins de cettenbsp;invention, que damener en deux ou trois jours,nbsp;Rouen a Paris , un bateau chargé de mar-chandifes; maïs a peine la machine fut-elle ennbsp;niouvement, que les roues, dont les aubes de-voient fervir de tames, fauterent en morceaux ,nbsp;par un effet de 1impreffion trop violente amp; tropnbsp;fubite quelles recevoient, amp; Ie bateau alia a lanbsp;derive. Teffufle fuccès de cette tentative, prévunbsp;3u refte par la plupart des mecaniciens qui ennbsp;avoient vu les préparatifs.
b^^ous nous bornons a ce c[ue nous venons de dire concernant diverfes machines qui ont eu ounbsp;Sni ont de la célébrité. II nous fuffira dajouternbsp;Encore ici une indication de quelques livres, quenbsp;Rs amateurs des machines amp; ceux qui cherchentnbsp;^ siiiftruire par des exemples , peuvent confulternbsp;dans cette vue. Tel efl Ie Theatre mécanique denbsp;^upolds, en allemand , amp; en plufieurs volumesnbsp;in-folio, dont Ie dernier parut en 172.5. Ceftunnbsp;puvrage curleux , mais dont lauteur na pas tou-jours Une théorie sure , car on Ie volt nêtre pa*nbsp;bien perfuadé de 1impoflibilité du mouvementnbsp;pcrpetuel. II y ^ Ie Theatre des Machines , ennbsp;kallen Sc en franqois, de Jacques Beffonj celui
H iv
-ocr page 128-110 Recreations Mathématiqves. de Boeckler , en ladn ; Iouvrage de Ramelli, ennbsp;italien amp; en frant^ois, fur Ie même fujet, qui eftnbsp;rare amp; fort recherché. Lc Cabinet des Machineinbsp;de M. de Servieres (in-4°. Paris, I733)eftunnbsp;des plus curieux ouvrages de ce genre, par la multitude des machines quon y voit décrites, amp; quinbsp;font de linvention de 1auteur. II y en a qui fontnbsp;fort ingénieufes, amp; dont 1artifice eüt mérité dêtrenbsp;développé davantage; mais en général elles fontnbsp;plus curieufes quutües.
La Defcription de la inaniere dont Ie cavalier Carlo Fontana éleva a Pgt;.ome Ie fameux obélifquenbsp;quon voit aujourdhui au devant de Saint-Pierre,nbsp;eft encore un ouvrage digne de trouver place dansnbsp;ie cabinet des amateurs de la mécanique.
M. Loriot, dans Ie cabinet duquel on peut voir im grand nombre de machines très-ingénieufementnbsp;inventées, promet den donner un jour la defcription. Je crois que ce feroit un ouvrage auffinbsp;utile que curieux; car ia plupart de fes machinesnbsp;font marquées au coin du génie. Nous avons vunbsp;de lui une machine a battre les pieux , qui agit parnbsp;un mouvement toujours dans Ie même fens , fansnbsp;être jamais obligé de sarrêter ni rétrograder poufnbsp;reprendre Ie poids. II neft, a mon g^é, rien denbsp;|i ingénieux que Ie moyen par lequel, après lanbsp;ehute du poids ou mouton, Ie crochet fervant anbsp;Ie remonter vient Ie reprendre , amp; par lequel Ienbsp;cable sallonge fans ceffe pour latteindre de plusnbsp;en plus bas, a mefure que Ie pieu eft plus enfoncé.nbsp;Si 1on compare cette manoeuvre a la meilleure denbsp;celles qui ont été employées jufquici , on nenbsp;pas fe refufer a lui donner la preference.
-ocr page 129-MÉCANïQUE. UI
^ES PESANTEURS SPÉCIFIQUES de divers corps, celle de lEau de pluie ou dijlillUnbsp;etant fuppofée Üunite , amp; exprimèe en partiesnbsp;decimales ^ comme i.ooo ou j.oooo (a).
M ÉT A u X.
Pe/anteur da ried cuhe^nbsp;liv.
Pefanteur
JpcciJique.
Or de 14 karats, ............................19.640........1373.749
Or des guinées ...............................,8.888........1311.114
Or de ducats,..................................18.161........1277.175
Or des louis,....................................18.166........1170.640
Mercure fublitné 511 fois,..............14.110..........986.940
^srcure très-purifié, ......................13.996..........978.964
792.140
A gt; ............................................11-3^5........../y^.i4vj
^¦¦gentde 11 den. defin, ..............11.091..........775-773
^ercure ordinaire du commerce, ¦¦¦13.500..........944.173
monnoyé de Hollande,......10-535..........73^-^73
umuth,............................................9.700..........678.478
Su'ede,..............................I785..........614.477
Acler^ .1!® nbsp;nbsp;nbsp; ....................^°°°..........5 59-5*59
Zinc .................................................7-645..........534-738
(d) Dans la n1
milUemes ; nia« f nbsp;nbsp;nbsp;de cetteTable, on seftborné a des
eaux, dont la nbsp;nbsp;nbsp;a été qiieftion des fluïdes , comme certaines
moins dun milliem'^quot;'^^ ^e poids avec leau douce amp; pure étoit de
wême plus loin. com ® ponfle Ie cakijl a des dix-millie'nes ) summe ppu,
-ocr page 130-Recreations Mathématiques. Pierres prÈcieuses.
Pcfanteur dit Pud cube^
Onajugé
fuperflu mettre idnbsp;le poidsdunbsp;pied cubenbsp;de ces ma-tieres j carnbsp;il eil sufnbsp;quon nau-ra jamais anbsp;lesmefurefnbsp;ainfi.
Pefatiteur j'pécifique,
Saphir oriental, ..................................3-561......
Diamant, .............. 3-396......
Opale, ................................................2.888......
Emeraude,..........................................'^'777......
Topale oriëntale, ..............................2.712......
Cryrial de roche, ................................2.Ó50......
Apte onix,..................................-. 2.510......
Peridot,..............................................3.052......
Jade, ........................-....................2.683......
Hyacinthe, ........................................2.630.....
Améthyfte ,........................................2.215......
Sardoine,............................................2.180......
liv.
)........148-63?
5........115.41I
a..........87.432.
3.......105.618
)..........77-99'^
o..........72.744
2 ..........72.185
?.........70-57?
3'.........72.044
)..........71-^75
i..........70.505
3 ........72.0000
)........71-8755
^ 3........70.1550
.0010......-70.0161
.0009........70.0091
.0006........69.9881
.0005........69.9881
.0004^......69.9775
Liqueurs.
Acide vitriol, extremement concentré,
Huile de vitriol ordinaire,....................
Efprit de vitriol,..........-......................
Efprit de nitre très-concentré,............
Efprit de fel marin,...........................
Sang humain, ......................................
Lait de vache, ....................................
Lait de chevre , ..................................
Urine , ................................................
Vinaigre ordinaire rouge, ..................
Vinaigre diftille, ......................-........
Eau de met (lt;j), .......................{ quot; i
Eau de puits ,.............................J
Eau de Briftol, ....................................
Eau de Ville-dAvray,......-.................i
Eau de Sainte-Reine,........................i
Eau dArcueil ,¦..................................i,
(fl)Leaiide met pefe diffeiemment, fuivant les climats; plus pefante dans la zone to,-ride amp; loin des cotes, qne dansnbsp;iners fepteiitrionales St pres dej terres.
-ocr page 131-115
Mécanique.
Pefanteur dn Pied cube.nbsp;liv.
-69.974Ï
.09.9671
....69.9633
..69.9462
.......7^-744
.......69.234
.......69.385
.......69.940
.......69.385
.......69.105
.......68.965
........68.827
........68.755
........68.683
........65.190
.....¦65.330
........64.280
63.860
Pefanteur
fpécifique.
Eau de 1Yvette,.................... 1.0004
Eau de la Seine , ................................1.0003
Eeau de la Loire, .............................i.oooii-
..................
Eierre douce de Paris, ........................1.040
yin des Canaries,...............................1.033
yin de Pacaret,...............................0.992-
yin de Champ, blanc moufleux (i), i.ooo -
yins ordinaires , blancs amp; rouges,......0.992-
Vin de Bourgogne , leconde qualité, ¦0.983-Vins de Bourgogne, prem. qualité , 0.982-
ïiuilede lin, ........................................0.932-
Huilede nolx, ....................................0.934-
Huile de navette,................................0.919-
Huile éthérée de térébenthine,............0.874..........61.132
Huile graffe de faflafras, gérofle1.030 nbsp;nbsp;nbsp;¦¦72.044
t-1.040......1-72.744
65.3707
Huile dolive, ......................................0.913
canelle , ......................................(^1.040
tau de vie ümple (c), ....................0.9343
yau de vie double,............................0.9030........63.1613
58.7548
58.1960
Elpr'it de vin commun,......................0.8400-
prit de yin très-déphlegmé,............0.8325 ¦
de Frobénius,.............................j 0-73^5........55 5
nbsp;nbsp;nbsp;......................................0.0012 5........00.0086
on^le nbsp;nbsp;nbsp;^ quot;ij»i®au diftillée different, comme
rence eft nbsp;nbsp;nbsp;amp; Mufchenbroeck : la diffé-
demi-»rain n nbsp;nbsp;nbsp; nallant a peine qua un grain ou im
^ de\on nbsp;nbsp;nbsp;^p'yment faux que les eaux de riviere
quil eft TOarmfi?*^ nbsp;nbsp;nbsp;iS P'nie une auffi grande difference
/ J y 3rqué dans ces mêmes Tables. nbsp;nbsp;nbsp;°
grande nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;caufe eft probablement Ia
difpr\f^'dy® y' * viefimple, celle qui contient parties dgales svecun? de phlegmnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;celleouil y a deux parties d'efpri»
-ocr page 132-124 Recreations Mathématiqües,
Pefanteur P^anteur iu fpicifiquc. Pied cubenbsp;liv.
Bois de gayac,.............................-.....1*337..........93*5i8
Ebene , ................................................i*i77..........82.3^25
Buis , ..................................................1.014..........70.885
Chene, ................................................0.920..........64.314
Orme, ................................................0.000..........41*943
Sapin , ................................................0*330..........38.448
Eiege,..................................................0.240..........16.777
D IV ERSES Substances.
Cire jaune , ........................................0.995..........69.596
Ivoire , ................................................1.825........127.650
Marbre ftatuaire, .............*..................2.700........189.000
Autres marbres , ..........................^7°° nbsp;nbsp;nbsp; 189.000
nbsp;nbsp;nbsp;(3*600........252.000
Lapis-lazuli, .......................... 3*030........213.336
f-a-c ¦I-2.C
Jafpe, ..............................-..................2.610........282.559
Soufre,
.000........139.892
*080........145.488
Corail, ................................................2.590........i8i.i6o
Come de cerf, .........................*..........1*873........*3^*130
Ambre jaune ou fuccin ,......................1.065..........74-490
Ambre gris , ........................................r.040.......72.744
Borax, ................................................1*720........120.305
Materiaux employes a Paris en
A R C H IT E CT V RE.
Pierre tendre ou de Saint-Leu,........ Cette co- ..........113
Pierre dure,.................................. lonne nous ..........140
Pierrede liais, ................................ ^ nbsp;nbsp;nbsp; i6t
W».....................................................8S
Bquot;quot;' -.........................................f:iJx......
Platre en pierre , ............................ ne'tant que ...........§0
( a ) On foppofe ces bois fort fees; car on doit obferver que , lorf-qiiils font verds, ils lout beaucoup plus pefants, amp; quétant imbibe* eeau, ils vent au fond.
-ocr page 133-M É C A N I Q t? E.
ÏZJ
Pefanteur da Piid cube.
é-....... des appro
ximations médiocre-
nbsp;nbsp;nbsp;mentexac-
* nbsp;nbsp;nbsp;tes.
Platre gkhé pour être employé
SaWe terreux , ................
Sable fort, ............-........
Sable de riviere,..............
Terre ordinaire véeétale, ..............................................
Terre gralTe, ........................-....................................
Terre argileufe , ......................................................^35
Ardoife, .....................................................................156
Tuile,.............................................................................
N o u s avons tiré une grande partie de cette table, des Legons de Phyfiqm de M. Cotes, ou denbsp;l'EJfai de Phyjique de Mufchenbroeck; maïs nousnbsp;devons obferver ,
I ° Que nous avons fupprimé plufieurs corps, folt pour nous reftreindre a ce qui pouvoit être lenbsp;plus utile , foit parceque plulieurs des determinations donnees dans ces tables, mont paru fortnbsp;fufpeftes ou evidemment erronnees. En effet ,nbsp;quelle confiance peut - on avoir dans une tablenbsp;comme celle quon voit dans le livre de M. Mufchenbroeck , (trad, de Maffuet, edit, de Leyde ,nbsp;) 3 page 414, Tome I, ou dans trois lignesnbsp;n y a trois fautes évidentes? Car i ° il eft faux qiie,nbsp;entre les pefanteurs fpecifiques de 1eau de pluienbsp;amp; de Ieau diftlUée , il y ait le rapport de 1000 anbsp;993 : il ny a prefque aucune difference. II eftnbsp;également faux que 1eau de puits foit plus légerenbsp;qu^e 1eau de pluie : le contraire eft notoire. 3° Ilnbsp;0 encore faux quaucune eau de riviere foit ennbsp;pe auteur fpécifique a 1eau de pluie , comme 1009nbsp;a 1000 11 faudroit pour cela une eau qui tint prés
e 10 onces de fels par pied cube en diffhltition.
-ocr page 134-1x6 Recreations Mathématiquès.
La plus crue de routes les eaux de puits neft paS auffi pefante. La table de M. Cotes, moins vt-cieufe, adopte cependant aviffi une partie de cesnbsp;erreurs.
2° Nous avons ajoute les pefanteurs fpecifi-ques de quantite dautres corps, que nous avons trouvees dans des Uvres dignes de confiance, ounbsp;que nous avons déduhes en combinant diverfesnbsp;experiences; telles font les pefanteurs fpecifiquesnbsp;de plufieurs eaux , doiit quelques-unes ont de lanbsp;célébrité amp; nen font pas meilleures ; celles denbsp;diverfes efpeces de vins.
30 Lorfquon trouve deux nombres accoles a cote dune ineme fubftance, cela fignifie que cenbsp;font a peu prés les termes entre lefquels fa pefan-teur varie.
Malgré ces foins, je ne regarde encore cette table que cornme un ouvrage bien éloi^né de ce quil pourroit amp; devroit être ; car il y a une multitude de circonftances auxquelles M. Cotes ni M.nbsp;Mufchenbroeck ne paroilTent pas avoir fait attention. II faudroit, pour avoir une bonne table denbsp;cette efpece , que toutes les pefanteurs fuflent re-duites a une même temperature; ce qui na pas éténbsp;fait par ces auteurs. II y a des fubftances, telles quenbsp;les huiles, qui certaineinent different en pefanteur,nbsp;fuivant quelles font plus anciennes ou plus recen-tes. On ne doit done regarder tout ce quon lit ici ^nbsp;que comme une forte dapproximation qui nell pasnbsp;beaucoup éloignée de la vérité. Nous projetons,nbsp;au refte , de faire de nouvelles expériences beau-coup plus etendues amp; beaucoup plus exactes, quinbsp;nous mettront a portee de donner. une table tellenbsp;que celle done on devroit être déja en polfelfion.
-ocr page 135-117
MÉCANIQUE.
De même que nous avons donné a la fuite de la partie de la geometrie , une table compa-tative des principales mefures longitudinales , tantnbsp;anciennes que modernes, nous croyons devoirnbsp;donnet ici une pareille table pour les poids desnbsp;différents pays de 1iinlvers , amp; principalementnbsp;dEurope, en les comparant a la livre de Paris.
II faut done fqavoir dabord que Ia livre de Paris fe divife en i6 onces, cbacune defquellesnbsp;partage en 8 gros, chaque gros en 3 deniers ,nbsp;^ Ie denier en ^4 grains , enforte que Ie gros con-tientyi grains, 1once 576 , amp; la livre9216'. Onnbsp;Psffe affez ordinairement la fous-divifion des grosnbsp;drachmes ou deniers, amp; en mettant les grainsnbsp;'gt;tgt;médiatement après les gros , en cette forte ,nbsp;Parexemple, i livre 5 onces 5 gros 61 grains,nbsp;®rt Ueu de i livre 5 onces 5 gros 2 deniers 13nbsp;Srains.
Le poids monétal eft Ie mare , qui efl: compofé de 8 onces, dont les 16 font la livre ; les fubdi-vifions font dailleurs les mêmes que ci-deflus.
Apres cette petite inftruftion préliminaire, nous a ons entrer en matiere , en commenqant par lesnbsp;poids anciens. Ce que nous dirons ici eft au refte
iz8 Récréations Mathématiquës. Mifure dogni genen , antieke ï moderne , amp;c.nbsp;imprimé a Venife en 1760, 111-4° ; livre dans Ie-*nbsp;quel eet auteur femble avoir entrepris dépuifer lanbsp;matiere. On ne conviendra peut-être pas généra-lement de 1évaluation quil donne a quelquesnbsp;poids anciens, mais la matiere eft obfcure, amp; ilnbsp;nefl: pas furprenant quil y regne encore quelquenbsp;indécifion.
Lobole , appellé gerach,
Demi-ficle, (beka)..........
Side, (feckel)..................
Mine, (manen)................
Talent, (cicar) ............¦
Grains. Rapp, a Ia liv. de Par* liv, One. gr. grain*
.......¦13......O......O....O....I3..
..........................................
........252.......o......o................
'¦15180......1....IO--2 6o^'
¦759000---82......5---------
Poids grecs attiques (a).
Le calcho,........................................i......o......o ...o !
Lobole ,................................................o......o-.-oio^'
La dragme , ..................................63-r ¦o......o--o6jk
La didragme,....................................o......o--i. 54''
La tetradragme,..........................253......o.....'o 3..quot;37'
La petite mine de 75 dragmes, quot;47437 - o......8 i 63 i
La grande mine de 100 drag., 6325......oto-7-6i''
Le petit talent de 60 petites
mines(i ),..........................284623..quot;30quot;quot; i4-i 9-
Le grand talent de 60 grandes
niines,................................37^500¦4I--2-6-6o''
(a) II faut remarquer que ces poids étoient en même temps mon' noie j ce qui étoit bien mieux entendu que ce qui fe paffe cliez nous*
(i) Je mécarte ici de M. Chriftiani , qui me parolt fe tromp®' dans Ion evaluation de ces deux talents, sil eft vrai, comme ünbsp;dit ailleurs, que 1un fut de Ivixante petites mines 'amp; l'autrenbsp;foixante grandes.
U
-ocr page 137-j ® petit talent, grand talent,
|
1Z9 | |
|
Rapp. |
a la liv. de Par, |
|
liv. |
one. gr- g. |
|
¦¦O-0 6j^ | |
|
-Ó-7......2-* | |
|
..Q.... |
104'24-- |
|
...0-.-. |
.,8....6--2o-- |
|
.30- |
14-1......9quot; |
|
41- |
6o-« |
principaux pays amp; lieux de Punivers,
ticuliérement de PEurope,
Alep, la liv. appellée rotolo, ¦37768......4......i ..
Alexandrie en Egypte, ..............75^7.....o13quot;-
Alicante,.................................-8421......o--i4..-
Amfterdant, ..............................9094......o-15
Anyers amp; Pays-Bas,.............8635......o-r-i4--
^^igiion , ..... 7578......o¦¦¦ 13 ¦
..................................9094......0-15-.
^ ........................................02.80......1-*-
6quot; par^
9280 .5685.
o ......9-
®fgame ,......... .14212......i 7
........................ S193......0....14-
......................................9094--0--I5-
j°s-le-rgt;uc, ............................86Ó1......0-I5...
gOrdeaux, voyeij Bayonne.
......................................5481......o 9...
, comme a Anvers.
, ,
Chine Voek-';'...........................^^79......O-ï4--
Damas,fle;o;;Vo'V.........................
4.-40
0--19 469nbsp;6-22
7'-57 1-18nbsp;6-quot;22nbsp;b--64nbsp;6quot;69nbsp;¦5 28
4--44
.1....37 6 ¦¦'22nbsp;O-21
I. 22
4......9'*.
4lO.* .2I7-
.Ü..-.2I-
¦5'
'447
lyo Recreations Mathématiques,
Grains. Rapp, a la liv. de Paf' liv, one. gr. p
Dantzik,......................................8013......o 13 .j.
Dublin, .......................................9476......1......o3 1^
Florence amp; Tofeane , ................0444......0....H....1....3Ö
Gand, voyei^ Anvers.
Genes, nbsp;nbsp;nbsp;gt;................5395..............
( pejo commune,............0091............14.... o 2.7
Geneve,....................................10248......i......
Hambourg,..................................8916......o-quot;i5..quot;3...-6ci
Königsberg, ................................7275......o-..i2--5......3
J-fyde,........................................8579......8-I4--7--D
Liege,................... quot;¦8641......0....13 ....o......I
Lille,............................................7977......o....i3....6--57
Lisbone,......................................°5 39......o-.-14.... 6-..43
Livourne,....................................Ó272......o.io--7......8
T nbsp;nbsp;nbsp;jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c voids de troy,........702I......o12'i-..3/
on res, averdupois,............8544......o--14-6-48
Louvain, Vöye^ Anvers.
Lucques , ..... 6427......o-.-i ii .-i9
y nbsp;nbsp;nbsp;^poids de foie, ............8467......o-145-43
i.yon, ¦'^poids de vilk ^............784o-.....o 13....4.-64
Madrid, ......................................7977... ..q.... 13 ....6 57
Malines, voye^ Anvers.
Saint-Malo, voy^i Bayonne.
Marfeille,....................................7364......o-i2.6...,20
Meffine,......................................59°3......oio....2......i
Mêlan, ........................................5413......o ^....3....i3
Montpellier,................................7579.....q.... i o .... i ....
Namur,........................................8745......0.-I3--I--33
Nantes, voye^ Bayonne.
Nancy,........................................837^......o-14....7-i*
Naples,........................................6036.....O'to-3
Nuremberg, ...... ^594......1 05 1^
Fife, voye:^ Florence.
Revel, ........................................8013......o.I3....7....2I
Riga,...........................................7493......0'-i2.-7..quot;69
Rouen,........................................9473......1......0'-3'-4
Rome, ........................................6408......0II...-I......°
Sarragoffe, ...................... 3738.....o 9..- 7 ¦ 5
Seville,........................................8579......o-147^*
Smyrne,.............. 7977 nbsp;nbsp;nbsp;......0.... 13 Ó-- 5 7
-ocr page 139-Mécanique. nbsp;nbsp;nbsp;13I
Grains. Rapp, a la liv. de Par,
¦ nbsp;nbsp;nbsp;liv. one. gr. g.
........................................8267......o142 59
^tockolm,.................................11228 1......3 3 -ÓS
trasbourg,...........- .................8870 o 15 3 14
ouloufe amp; haul Languedoc,......7707......o--13 ¦¦¦3......3
urin StPietnontengeneral,......6021......o 10 345
¦ nbsp;nbsp;nbsp;^nis amp; Tripoli de Uarbarie, .8703......o 15 ¦o,60
V' nbsp;nbsp;nbsp;\S''o^poids,................8321......0--142-13
®^°ne,......................................6551......o......9.-6-quot;35
licence .... Piit poids ,............3700.....-Q-.....99--i2
Igrospoids,............83S5......o-14.--4--33
Rem.arq_ue.
Je fuis cependant loin daflurer 1exaclitude par-faite de tons ces rapports, car je ne puis diflimuler rjue je trouve des contradiftions entre ceux dongles par M. Chriftiani, amp; iin tarif mercantile desnbsp;Poids dltalie entreux. Jai pourtant plus de con-ance en M. Chriftiani, qui paroit avoir fait desnbsp;'^^cherches pi us exaCles que 1auteur de ce tarif,nbsp;ma paru peu inftruit, puifque , a Iegard denbsp;, \1 dit que la livre sy divife en i z onces,nbsp;'lu a Iegard de Londres, il ne foupqonne mêmenbsp;P®^ les deux poids différents appelles de troy amp;Cnbsp;^^^^dupois.
refte, a Iafpeft des poids différents qu^on employer dans des endroits très-voifins , 8cnbsp;^^elquefois dans la même ville, (car a Genes,nbsp;P^i^ exemple , il ny en a que cinq différents ),nbsp;uiWnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refufer a une réflexion, fqavoir,
v^'ll nbsp;nbsp;nbsp;^ defirer que les Puiflances tra-
t uil^n^'^*^ ^ nbsp;nbsp;nbsp;duniformité. Deinander
en Europe quun même poids, un malenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fouhait chimerlque;
ein le qyd couteroit peu dintroduire
I3Z Récréations Mathématiquës. dans chaque Etat une feule mefure. Alors on di^nbsp;roit fimplement la mefure de France, la mefurenbsp;dAngleterre , la mefure de Hollande, amp;c. amp;nbsp;tous les calculs amp; réduftions feroient extrémequot;nbsp;ment fimplifiés, Que de chofes reftent a fairenbsp;pour débrouiller Ie chaos de nos inftitutlons bar-bares! Tous les pays de lEurope font prefque-encore dans eet état informe qui pourroit leufnbsp;faire appliquer ces vers dOvide :
.......rudis indigejiaque moles ^
Nee bene junclarum difcordia. femina rerum.
-ocr page 141-E T
Cojvr E N AN T divers Problêmes curieux, dOptique.
I propriétés de la lumiere , amp; les phéno-«lenes de la vifion, forment lobjet de cette Portie des rnathématiques mixtes, appellee Vopti-^nbsp;Elle fe divife communément en quatre bran-'nbsp;]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, loptique direfte , la catoptrique,
^ loptrique , amp; la' perfpeftive.
OU d'^ nbsp;nbsp;nbsp;lumiere peut arrlver a nos yeux ,
\ nbsp;nbsp;nbsp;, OU après avoir été réfléchie, ou
n^e^^ dté rompue. Confidérée fous Ie pre-bran P nbsp;nbsp;nbsp;donne nalflance a la premiere
^ ^ de 1optique, appellee Voptiquc dircüi, On.
I ii)
-ocr page 142-134 Récréxtïons Mathématiques.
y explique tout ce qui a trait a la propagation di' refte de la luiniere, a la maniere dont on apper-qoit les objets, amp;c.
La catoptrique soccupe des effets de la lumiere réflécbie , amp; des phénomenes auxquels donne lieUnbsp;la reflexion de la lumiere fur des furfaces de dif-férentes formes, planes, convexes , concaves,nbsp;amp;c.
Lorfque la lumiere, en paffant a travers divers corps tranfparents, efl; détournée de fa route di^nbsp;recfe, ce quon nomme réfraélion, elle efl: Tobjetnbsp;de la dioptrique. Ceft elle qui rend compte desnbsp;effets des télefcopes amp; microfcopes par réfradlion»
La perfpeftive ne devroit former quune branche de 1optique diredle; car ce nefl que la folu-tion des différents cas de ce problême : Sur uni_ furface donnlz, tracer Vimage cTun ohjet de tclknbsp;maniere qu elk fajfe furun czil, place dans Ie UeUnbsp;convenable, la mêrne fenfation que l'objet lui-mêrnc;nbsp;problême purement géométrique , amp; dans lequelnbsp;jl neft queftion que de determiner fur un plannbsp;donné de pofition, les points on il efl coupé parnbsp;les lignes droites , tirées a loeil de chaque pointnbsp;de lobiet. On nemprunte conféquemment ici denbsp;loptique , que Ie principe de la reftitude desnbsp;rayons de lumiere, tant quils fe meuvent dansnbsp;Ie meme milieu ; Ie refte efl de la geometrienbsp;pure.
Nous allons , fans nous aftreindre ^ dautrs ordre qua celui de la méthode , pafler en revuenbsp;les problêmes amp; les objets les plus curieux denbsp;cette partie intérelfante des mathématiques.
Sur la nature de la lumiere.
Avant dentrer dans des détails fur 1optique,
-ocr page 143-nous ne pouvons nous difpenfer de dlre quelque chofe fur Ia nature Sc les propriétés de la lumierenbsp;general.
i-es philofophes font encore partagés, amp; Ie fe-quot;ont probablement long-temps fur la nature de la lumiere. Quelques-uns la regardent comme 1é-l^tanleinent dun fluïde extrêmement délié amp; élaf-^^que , ébranlement communiqué a ce fluïde parnbsp;les vibrations du corps lumineux, amp; qui fe pro-P^ge circulairement a des diftances immenfes Scnbsp;une rapidité inconcevable. La lumiere efl;,nbsp;luiyant eux , tout-a-fait analogue au fon , quonnbsp;confifter dans un femblable ébranlement denbsp;1air, qui en eft Ie véhicule. Plufieurs raifons fortnbsp;fpécieufes donnent a cette opinion une grandenbsp;vraifemblance, inalgré quelques difficultés phyfi-ques quil neft pas aifé de réfoudre.
Suivant Newton, au contraire, la lumiere con-fifte dans rémiffion méme des particules du corps lumineux, extrêmement raréfiées, Sc lancées avecnbsp;Une viteffe prodigieufe. Les difRcultés phyfiquesnbsp;militent contre lopinion précédente, fem-^l^ut fervir de preuves a celle-cl; car il ny anbsp;ces deux manieres de concevoir la nature Scnbsp;^ propagation de la lumiere.
Mais ce nefl: pas iel Ie lieu dentrer dans une l^uablable difeuffion. Quelle que foit la nature denbsp;lumiere, il efl: démontré aujourdhui quelle fenbsp;*^^ut avec une vitelTe qui effraye 1imagination;
on fqait quelle ne met que fept a buit minutes j du foleil a la terre. Et comme la diftancenbsp;u folyd ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ fuivant les obfervations les
OU
plus de
feconde : elle iroit Sc liv
P us récentes, de laooo demi-diametres terreftres, 33 rnillions delieues, la lumiere en parcourt
1^6 Recreations Mathématiques. reviendroit en moins de trois fecondes , de la terrenbsp;k la lime amp; de la lune a la terre.
Les propriétés principales de la lumiere , celles lur lefquelles eft fondee toute 1optique , font les
fuivarites.
1. nbsp;nbsp;nbsp;La lumiere fe meut en ligne droite, tant qidellinbsp;parcourt h même milieu transparent.
Cette propriété eft ime fuite neceflaire de la nature de la lumiere ; car , quelle quelle foit, ellenbsp;eft un corps en mouvement. Mals un corps fe meutnbsp;toujours en ligne droite , tant que rien ne tend anbsp;Fen detourner: or, dans un rneme milieu, toutnbsp;eft egal dans tons les fens: ainfi la lumiere doit synbsp;mouvoir en ligne droite.
On demontre dallleurs ce principe doptiqiie, ainfi que le fuivant, par Iexperience.
2. nbsp;nbsp;nbsp;La Imniere, a la rencontre dun plan poli, finbsp;rijléchit enfaifant 1'angle de reflexion égal d Langlenbsp;d'incidettce, amp; la ref.exion fe fait toujours dans,nbsp;un plan perpendiculaire a la furface reflechiffantenbsp;all point de reflexion.
PI. 1 Ceft-a-dire que fi AB eft un rayon incident ftg.' i. fur une furface plane , B le point de reflexion ,nbsp;pour trouver la direftion du rayon réfléchi BC , ilnbsp;faut dabord concevoir par la ligne AB un plannbsp;perpendiculaire a cette furface, amp; la coupant dansnbsp;la ligne DE , puls faifant 1angle CBE égal a ABD ,nbsp;la ligne CB fera le rayon réfléchi.
Si la furface réfléchiflante eft courbe, comme il faut concevoir par le point B de reflexion ,nbsp;un plan tangent a cette furface ; la reflexion fenbsp;fera tout comme fi cetoit le point B de cette furface qui opér^t la reflexion: car il eft evident qviQ
-ocr page 145-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;137
ia furface courbe Sc Ie plan tangent au point B , coincident dans cette partie infiniment petite , quinbsp;peut être confidérée comme un plan commun a lanbsp;lorface courbe Sc au plan tangent; done Ie rayonnbsp;lumiere doit fe réfléchir de deflus la furfacsnbsp;Courbe , tout comme du point B du plan qui lanbsp;^Ouche.
quot;i- La lumiere , en pajfant obliquement dun mi-iieu dans un autre de différente denjité, fe détourne la ligrte droite, amp; sincline vers la perpendicu-^^^re jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paffe dun milieu rare dans un plus
^^nfe ^ comme de Vair dans Ie verre , ou dans leau ;
^ au contraire.
Deux expériences , qui font des efpeces de jeux doptique , vont nous prouver cette vérité.
Premiere Experience.
Expofez au foleil, ou a une lumiere quelconque , nbsp;nbsp;nbsp;p]_ j ^
vafe ABCD dontles parois foient opaques , amp;c fig. 2. ^artiinez a quel point du fond fe termine lombre.
Ce foit, par exemple, enE. Verfez-y de leau,
1huHe , iufquau bord ; vous remarquerez que jj^'Rbre au lieu de fe terminer a ce point E, nenbsp;®^jeindra plus , amp; fe terminera comme en F.
3 ligue droite S AE , alloit terminer lombre r E ; mais il fe replie en AF lorfque cenbsp;cettenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dun fluide plus denfe que lair. Ceft
1 ® ^ ne peut venir que de linflexion du rayon de ^^tniere SA , qui touche Ie bord du vafe. Cenbsp;routnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vafe étoit vuide , continuant fa
au pc Vafe ea
obir nbsp;nbsp;nbsp;du rayon de lumiere, en paffant
dun milieu dans un autre, quon refracJion.
r
138 Recreations Mathématiques.
Seconde Experience.
PI. r, Placez au fond dun vafe dont les parois font 3* opaques , en C, par exemple , une piece de mon-noie , OU un ob]et quelconque , amp; éloignez-vousnbsp;du vafe jufqua ce que Ie bord vous cache eet ob-jet; faites y verfer de 1eau ; vous Ie verrez aufli-tót paroitre , ainfi que partie du fond qui étoitnbsp;cachée a votre vue. En voici la raifon.
Lorfque Ie vafe efl: vuide , 1oeil O ne peut ap-percevoir Ie point C que par Ie rayon direft CAO, qui eft intercepté par Ie bord A du vafe; maisnbsp;lorfque Ie vafe eft plein deau, il y a un rayonnbsp;comme CD, qui, au lieu de continuer fa routenbsp;diredfement en E, eft rompu en DO , en séloi'nbsp;gnant de la perpendiculaire DP. Ce rayon portenbsp;a 1oeil 1apparence du point C, amp; loeil Ie voitnbsp;dans la prolongation de O D en ligne dlredfe,nbsp;comme ene; aufli Ie fond paroit-il^dans ce casnbsp;élevé, Ceft par une fembable raifon quun batonnbsp;blen droit, étant plongé dans leau, paroit plié aUnbsp;point OU il rencontre la furface , a moins quil nenbsp;foit plongé perpendiculairement.
Les phyficiens géometres ont examine foigneu-fement la loi fuivant laquelle fe fait cette inflexion de la lumiere , amp; ils ont trouvé que , lorfquunnbsp;Fig. 4. rayon, comme EF, pafte de 1air dans Ie verre ,nbsp;eft rompu en FI , de maniere quil regne entre 1^nbsp;ftnus de 1angle CFE amp; celui de 1angle DFI, un®nbsp;raifon conftante. Ainfi , que Ie rayon EF fo'*'nbsp;rompu en FI, amp; Ie rayon eF en Fi, il y auf*nbsp;ineme raifon du finus de 1angle CFE au finus d®nbsp;1angle DFI , que du finus de 1angle CF« au fin®*nbsp;de 1angle DFi. Ce rapport, lorfque Ie paflfage f®nbsp;gt; fait de lair dans Ie verre ordinaire , eft conftant-
-ocr page 147-ment de 3 a z ; ceft-a-dire que Ie finus de 1angle fait par Ie rayon rompti avec la perpendiculairenbsp;3 ^a lurface réfringente, eft conftamment les deuxnbsp;tiers de celui de langle que fait Ie rayon incidentnbsp;3vec la même perpendiculaire.
On doit obferver que lorfque ce dernier angle, e eft-a-dire 1écart du rayon incident davec lanbsp;perpendiculaire , ce quon nomme Vangle dincli-^^ifon, eft fort petit, on peut regarcler langlenbsp;rornpu comme en étant les deux tiers ; cela sen-tend lorfque Ie rayon paffe de 1alr dans Ie verre ;
On fqait , amp; 11 eft alfé de Ie verifier par les table des finus, que lorfque deux angles font fortnbsp;Petits, ceft-a-dire quils ne furpaffent pas 5 a 6nbsp;Regres , par exetnple , lis font fenfiblement dansnbsp;ia même raifon que leurs finus; ainfi, dans Ie casnbsp;t^i'deffus, langle rompu IFD fera les deux tiersnbsp;^5 langle dinclinaifon GFE; amp; langle de réfrac-, OU 1écart du rayon rompu davec 1incldentnbsp;Pi^olongé en ligne droite , en fera cojiféquemmentnbsp;tiers.
Lorfque Ie paffage fe fait de 1alr dans 1eau, ^ tapport des finus des angles dinclinaifonnbsp;¦ornpu , eft de 4 a 3 ; ceft-a-d ire que Ie finus denbsp;angle DPI eft conftainment les ^ de celui denbsp;angle dinclinaifon GFE, du rayon incident dansnbsp;air; amp; conféquemment,lorfque ces angles ferontnbsp;ort petits on pourra les regarcler comme étantnbsp;ans Ie meme rapport, ^ langle de réfraftionnbsp;era Ie l de langle dinclinaifon (a).
eft dufage aiijourdhui dappeller Iangle du rayon
^Incidence
eelui du
avec la perpendiculaire , comme CFE , l'anglc rc , amp; de donner Ie nom Aangle de réfiadion anbsp;rayon rompu avec la même perpendiculaire pro-?
140 Recreations Mathématiques.
Cette propoition eft la bafe de tous les calculs de la dioptrique , amp; il faut, par cette raifon, fenbsp;la graver profondement dans la memoire. On ennbsp;doit la decouverte au celebre Defcartes, quoiquilnbsp;paroifle certain,par le temoignage dHuygens, quenbsp;Willebrod Snellius, mathematicien Hollandois ,nbsp;avoit decouvert avant lui une loi de la réfradlionnbsp;également conftante, amp; qui au fond eft la mernenbsp;que celle de Defcartes, Mais Vofllus a eu tort denbsp;prétendre, comme il fait dans fon livre de Naturd.nbsp;Lucis, que Texpreffion de Snellius etoit plus commode. Ce fqavant ne fqavoit guere ce quil difoitnbsp;quand il fe mêloit de parler phyfique.
PROBLÊME I.
Repréfenter dans une chamhre fermie les ohjets exti-^
rieurs, avec leiirs couleurs amp; leurs proportions naturelles.
Ferm EZ la porte amp; les fenêtres de la chambre, enforte quil ny entre aucune lumiere que paf unnbsp;trou fort petit amp;; bien tranche , que vous aureznbsp;xéfervé a une fenêtre en face dune place fré-quentée cu dun payfage; tendez contre le murnbsp;oppofé, sil neft pas bien drefte, un drap biennbsp;blanc. Si les objets extérieurs font fortement eclai-rés amp;; la chambre bien noire, ils fe peindront furnbsp;ce mur ou fur le drap , avec leurs couleurs amp; dansnbsp;une fituation renverfee.
Lexperience faite de cette maniere fort fimple,
longeS , comme IFD. Il eft a propos detre prévenu de cette difference de langage, pour ne pas trouver les opd'nbsp;ciens modernes en contradiftion avec ceux du dertd^*^nbsp;fiecle.
Optique. nbsp;nbsp;nbsp;M1
réuffit affez bien pour furprendre ceux qulla voient pour la premiere fois; maïs on la rend bien plusnbsp;frappante au moyen dun verre lenticulaire.
Adaptez au trou du volet, qui doit alors avoir quelques pouces de diametre , un tuyau portant inbsp;fon extrémité intérieure un verre lenticulaire con-'''exe , de 4 , ^ ou 6 pieds de foyer (^) j tendeznbsp;® cette diftance du verre , amp; perpendiculairementnbsp;® baxe du tuyau, Ie drap ou Ie carton ci-deffus.nbsp;^ous verrez les objets exterieurs peints avec unenbsp;¦vivacité amp; une diftinftion bien fupérieures a celles
1'expérience précédente ; elles feront telles , que ^ous pourrez diftinguer les traits des perfonnes quenbsp;Vous verrez. On ne fqauroit dire enfin combiennbsp;Ce petit fpeéfacle eft amufant, fur-tout quand.onnbsp;conlidere de cette maniere une place publique Scnbsp;fort paflTagere, une promenade remplie de monde,nbsp;Scc.
Cette peinture eft a la vérité renverfée, ce qui ^uit dabord un peu a 1agrément; mals on peut lanbsp;^cdrefter de plufieurs manieres : il eft feulementnbsp;^acheux que cela ne fe faCTe point fans nuire a lanbsp;^iftinftion ou a 1étendue du champ du tableau.nbsp;Si néanmoins on veut fe procurer la commoditenbsp;de voir les objets droits , voici un moyen pournbsp;cela.
Vers la moitié de la diftance du foyer du verre lenticulaire , placez a angles de 45° un miroir
nbsp;nbsp;nbsp;expliquera plus loin ce que ceft quun verre len-
ticuaire ou uue lentïlle de verre , ainfi que fon foyer, Sc les effets amp; les propriétés; il fuffit quonnbsp;^ac e ici quofjnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;effets confifte a produire derriere
e verre convexe , a une diftance déterminée, une imags o psrfaitement femblabk aux objets eux-memes.
-ocr page 150-142. Recreations Mathématiques.
PI. I, 1 enforte quil reflechiffe vers le bas les rayons fig. 5. venants de la lentille ; placez horizontalement au-delTous, le tableau ou le carton blanc a la hauteurnbsp;convenable : vous aurez 1image des objets extérieurs peints fur ce carton, dans la fituatiort droitenbsp;a Iegard de ceux qui auront le dos tourné a lanbsp;croifée* La fig. 5 reprefente le inecanifme de cettenbsp;inverfion, quon ne concevra au refte clairement,nbsp;quautant quon aura déja quelquidée de catop-trique.
un edifice, amp;c.
Ce tableau pourra être placé fur une table ; il ne fera queftion que de difpofer le verre amp; lenbsp;miroir a la hauteur convenable pour que Iobjetnbsp;sy peigne diftinftement: on aura, par ce moyen,nbsp;la commodite de deffiner exaflement un payfage,
II.
PROBLEME
Conjlruire unc chambre ohfcure quon puifije tranfi-porter.
Fig. 6.Faiths une calffe de bols ABCD , a laquells vous donnerez environ un pied de hauteur amp;nbsp;autant de largeur, amp; deux ou trols de longueutnbsp;environ , fuivant la diftance du foyer des len-tillesque vous emploierez; ajoutez a Iun des cêtésnbsp;un tuyau EF, forme de deux qui, semboitant 1uRnbsp;dans Iautre , puilfent salonger ou fe;,raccourcir 7nbsp;felon le befoin ; a 1ouverture anterieure du premier tuyau , vous adapterez deux lentilles conve-xes des deux cotes, de fept pouces environ denbsp;diametre, de maniere quelles fe touchent prefque gt;nbsp;Sc au trou intérieur vous en placerez une autre denbsp;cinq pouces environ de foyer; vous difpofereZnbsp;perpendiculairement vers le milieu de la longueur
-ocr page 151-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;I4J
de cette boite, un papier huilé GH, attaché fur un chaflis; enfin , vous ménagerez au cóté oppolénbsp;au tuyau une ouverture en I, afifez grande pournbsp;recevoir les deux yeux.
Quand vous voudrez voir quelques objets, vous tournerez Ie tuyau garni de fes lentilles vers cesnbsp;objets, amp; vous les ajufterez de maniere que li-*^age foit peinte diftinftement fur Ie papienhuilé ;nbsp;oe a quoi vous parviendrez, en retirant ou alon-geant Ie tuyau mobile,
Voici la defcription dune autre chambre obf-, inventée par M. sGravefande , qul la donzee a la fuite de fon EJfai de. Pcrfpeclive.
Cette machine a la forme a peu prés dune PI. 2, chaife a porteur; Ie deffus en eft arrondi vers Ie fig- 7*nbsp;derriere ; amp; par Ie devant elle eft bombée, amp;nbsp;faillante dans Ie milieu de la hauteur. Voyez lanbsp;figure qui repréfente cette machine dont Ie coténbsp;oppofé a la porte eft enlevé , afin quon puifle voirnbsp;^intérieur.
ï Au dedans , la planche A fert de table ; elle tourne fur deux chevilles de fer portées dans Ienbsp;devant de la machine, amp; eft foutenue par deuxnbsp;chainettes, pour pouvoir être levée , amp; faciliternbsp;1 entrée dans la machine.
1. Au derriere de la machine , en dehors, font attachés quatre petits fers, C, C , C, C, dans lef-quels glilTent deux regies de bois DE, DE, denbsp;a largeur de trois pouces, aux travers defquelsnbsp;P .ent deux lattes, fervant a tenir attachée unenbsp;petite planche F, laquelle , par leur moyen, peutnbsp;avancer ou reculer.
PMÓo^ nbsp;nbsp;nbsp;de la machine eft une échancrure
V 9 ongue de neuf ou dix pouces , amp; large quatre, aux cótés de laquelle font attachees
-ocr page 152-144 Recreations Mathématiques. deux regies en forme de queue daronde , entrenbsp;lefquelles on fait glifler une planche de inémenbsp;longueur, percée dans fon milieu dun trou rondnbsp;denviron trois pouces de diametre , amp; garni dunnbsp;écrou qui fert a élever amp; abaiffer un cylindrenbsp;garni de la vis correfpondante, amp; denviron qua-tre pouces de hauteur. Cefl; ce cylindre qui doitnbsp;porter Ie verre convexe.
4. nbsp;nbsp;nbsp;La planche mobile, ci-deflus décrite, portenbsp;encore avec elle une boite quarrée X , largenbsp;denviron fept a huit pouces , St haute de dix,nbsp;dont Ie devant peut souvrir par une petite porte ;nbsp;amp; Ie derriere de la botte a vers Ie bas une ouverture quarrée N , denviron quatre pouces , quinbsp;peut, quand on Ie veut, fe fermer par une petitenbsp;planche mobile.
5. nbsp;nbsp;nbsp;A,u delTus de cette ouverture quarrée, eft unenbsp;fente parallele a lhorizon, amp; qui tient toute lanbsp;largeur de la boite. Elle fert a faire entrer dans lanbsp;boite un miroir plan qui glilTe entre deux regies,nbsp;enforte que Tangle quil fait avec Thorizon dunbsp;cóté de la porte B, foit de 112°^, ou de cinqnbsp;quarts de droit.
6. nbsp;nbsp;nbsp;Ce même miroir peut, quand on Ie veut, fenbsp;placer perpendiculairement a Thorizon, commenbsp;on volt en H , au moyen dune platine de fernbsp;adaptée fur un de fes cótés , amp; garnie dune vis denbsp;fer, quon fait entrer dans une fente pratiquée aUnbsp;toit de la machine , amp; quon ferre avec un écrou»
7. nbsp;nbsp;nbsp;Au dedans de la boite eft un autre petit mi-
roir LL, qui peut tourner fur deux pivots lis uigt; peu au deflus de la fente du n° ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; qui étant tire
OU poufle par la petite verge S , peut prendre toutes les inclinaifons quon voudra a lhorizon.
8. nbsp;nbsp;nbsp;Pour avoir de Tair dans cette machine , eft
adapter^
-ocr page 153-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;hi
adaptera a un des cdtés Ie tuyau de fer-blanc re- PI. 2, courbé vers les deux bouts, fig. 8, qui donnera ac- % 8.nbsp;cès a 1air fans Ie donner a la luiniere. Si cela nenbsp;paroiflbit pas fuffifant, on pourroit mettre fous Ienbsp;fiege un petit foufflet , quon feroit agir avec Ienbsp;pied. De cette maniere on pourra renouveller lairnbsp;continuellement. Voici préfentement les diversnbsp;itfages de la machine.
I. Repréfienter les objets dans leur Jituation naturelle.
Quand on voudra repréfenter les objets dans cette machine , on étendra un papier fur la table ,
OU, ce qui eft mieux, on en aura un bien tendu ,
Sc attaché fur une planchette ou un carton fort, quon mettra lur cette table , amp; quon y fixera fo-lidement Sc invariablemement.
On garnira Ie cylindre C dun verre convexe, Fig. 7.I dont Ie foyer folt a peu pres a une diilance égalenbsp;* la hauteur de la machine au deflus de ia table ;nbsp;on ouvrira Ie derriere de la boite X , Sr Pon fup-prlmera Ie miroir H, ainh que la planche F Sc lesnbsp;'¦cgles DE; enfin lon inclinera Ie miroir mobile LL,nbsp;enforte qu11 faflTe avec lhorizon un angle a peu présnbsp;.45° 5 sil sagit de repréfenter des objets fortnbsp;oloignés formant Ie tableau perpendiculaire :
3 ors tous les objets qui enverront des rayons fur Ie uoir LL, qui peuvent être réfléchis fur Ie verrenbsp;convexe , fe pemdront fur Ie papier; Sc lon cher-c^era Ie point de la plus grande diflinftion, ennbsp;c ^ OU abaiffant, par Ie moyen de la vis , la
^ O d^i porte Ie verre convexe, plusnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 P^t ce moyen, repréfenter avec la
Scc.
Tome II
grande vérité un payfage , une vue de viHe,
-ocr page 154-146 Récréations Mathématiques.
II. nbsp;nbsp;nbsp;Riprlfmur hs ohjets , en faifant paroitre dnbsp;droite ce qui ejl d gauche, 6quot; au contraire.
La boite X étant dans la fituation repréfentée dans la figure, il faut ouvrir la porte B , mettre Ienbsp;Ie miroir H dans la fente amp; la fituation indiquéenbsp;plus haut, no ^ , élever Ie rniroir L L de manierenbsp;qull faffe avec lhorizon un angle de 7: alors,nbsp;en tournant Ie devant de la machine du cóté desnbsp;objets a repréfenter , que nous fuppofóns fort éloi*nbsp;gnés, on les verra peints fur Ie papier, 6sC feule-ment renverfés de droite a gauche.
II fera quelquefois utile de former un deffin dans ce fens ; par exemple , li on fe propofoit denbsp;Ie faire graver ; car la planche renverfant Ie deffinnbsp;de droite a gauche feulement, elle remettroit lesnbsp;objets dans leur pofition naturelle.
III. nbsp;nbsp;nbsp;Repréfenter tour-d-tour tous les objets quinbsp;font aux environs amp; autour de la machine.
II faut placer Ie miroir H verticalement, comme on Ie voit dans la figure, amp; Ie miroir L fous unnbsp;angle de 45 ° ^ alors, en faifant tourner Ie premier verticalement, on verra fucceffivement fsnbsp;peindre fur Ie papier les objets latéraux.
Ceft une precaution néceffaire que de c ouvrir Ie miroir H dune boite de carton , ouverte dunbsp;cóté des objets , comme auffi du cóté de louver-tureN de Ia boiteX; car. fi on laifToit Ie miroirnbsp;entiérement expofé, il réfléchiroit fur Ie miroir Lnbsp;beaucoup de rayons latéraux qui afFoibliroient COR'nbsp;fidérablement la repréfentation.
-ocr page 155-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;ï47
ÏV. Rtprlfinttr dispdnturts oudts tailks-doucts^
n faudra les attacher contre la planche F, du *^öté qui regarde Ie iniroir L , amp; enforte quellesnbsp;foient éclairées par Ie foleil. Maïs, comme alorsnbsp;^objet fera extrêmemeiit proche , il faudra garnirnbsp;cylindre dun verre dun foyer dont Ia longueutnbsp;foit a peu prés la moitié de la hauteur de la machine au defius du papier; amp; alors, fi la diftancenbsp;tableau jufquau verre eft égale a celle du verrenbsp;lufqu au papier , les objets du tableau ferontnbsp;peints fur ce papier précifément de la même gran»
tleur.
On faifira Ie point de dlftinftlon , en avanqant OU reculant la planchette F, jufqua ce que Ia re*nbsp;préfentation foit bien diftinfte.
^ II y a quelques attentions a avoir relativement ^ 1ouverture du verre convexe.
La premiere eft quon peut ordinairement don-au verre la même ouverture qua une lunette ^ nrême longueur.
lor^^ I^conde, quil faut diminuer cette ouverture
les obiets font fort éclairés, amp; au contraire. nbsp;nbsp;nbsp;*
p ^^Ifieme, que les traits, paroiftant plus dif-eft ^ ^tfque louverture eft petite que quand elle dra^d^* §'^5de, iorfquon voudra deffiner,il fau-fildenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;verre la plus petite ouverture pof-
nuer nbsp;nbsp;nbsp;'jette precaution de ne pas trop exté-
pour ces nbsp;nbsp;nbsp;pourquoi il faudra avoir,
df. nbsp;nbsp;nbsp;losrentes ouvertures, différents cercles
fuivant les circonftancV'^''^'^ nbsp;nbsp;nbsp;emploiera
-ocr page 156-148 Recreations Mathématiques.
ExpUqucr la manure, dont fe fait la viJLon , amp; fcS principaux phmomenes.
Po UR expHquer comment Ton apperqoit les* objets , jl eft néceffaire de commencer pat unenbsp;defcription de lorgane merveilleux qui fert a eetnbsp;ufage.
Loeil efi: un globe creux, formé par trois mem' branes qui enveloppent des humeurs de différentesnbsp;denlités , amp; qui fait a légard des objets extérieursnbsp;lefFet dune chambre obleure. La plus extérieure denbsp;ces membranes eft appellee la fclerotique, amp; neftnbsp;quun prolongemenf de celle qui tapiffe lintérieutnbsp;des patipieres. La feconde, quon nomme la cho'nbsp;rólde, eft une prolongation de la membrane quinbsp;couvre Ie nerf optique, ainfi que tous les autreSnbsp;nerfs. La troifieme enfin , qui tapifle lintérieur denbsp;loeil, eft une expanfion du nerf optique : ceftnbsp;cette membrane toute nerveufe qui eft lorganenbsp;de la vifion ; car, quelques experiences quon aitnbsp;alléguées pour attribuer cette fonftion a la cho'nbsp;Toïde, cn ne fcauroit chercher Ie fentimentailleufSnbsp;que dans les nerfs amp; dans les parties nerveufes.
Au devant de loeil, la fclérotique change de nature , amp; prend une forme plus convexe que Ienbsp;globe de loeil; ceft ce quon appelle la cornt^nbsp;tranfparente. La choroïde , en fe prolongeant aUnbsp;deffous de la cornée , doit conféquemment laiftefnbsp;un petit vuide : ceft ce vuide qui forme la chaiU'nbsp;bre antérieure de lhumeur aqueufe. Ce prolonge'nbsp;ment de la choroide vientfe terminer a une ouvef'nbsp;ture circulaire, connue de tout Ie monde fous 1®nbsp;nora de la prundle. La partie colorée qui envi'
-ocr page 157- -ocr page 158-1^0 Récréations Mathématiques.
1ame la perception de la lumiere, des couleurs amp;; de la figure des objets. Limage eft-ellediftinfte
vive , lame reevolt une perception vive amp; dif-tinöe; eft-elle confufe, obfcure , la perception que revolt lame efl: de la même nature : ceft cenbsp;que lexpérience prouve luffifammerit, On salTurenbsp;aiféincnt de 1 exiftence de ces images, au moyennbsp;dun oeil danimal, de mouton, par exeniple ; carnbsp;{i on en dépouille la partie poftérieure , en nenbsp;laiflant que la rétine , amp; quon préfente fa coméenbsp;au trou dune chambre obleure, on verra les images des objets extérieurs qiii fe peindront au fond.
Mais comment, demandera-t-on peut-être , les images des objets étant renverfées, ne lailTe-t-oiinbsp;pas de les voir droits ? Cette queliion nen eft unenbsp;que pour ceux qui nont aucune idee métaphyli-que. En effet, les idees que nous avons de Ia lt;i-tuation droite ou renverfée des objets a notrenbsp;égard , ainfi que de leur diftance , ne font que Ienbsp;réfultat des deux fens de la vue amp; du taft, combines. Du moment quon commence a faire ufagenbsp;de la vue , on éprouve, au moyen du taft, quenbsp;les objets qui aflFeftent les parties fuperieiires denbsp;la rétine , font du cóte de nos piecls relativemcntnbsp;è ceux qui affeclent les parties inférieures , que tenbsp;taél: apprend en êfre plus éloignées. De-la seftnbsp;établie la liaifon cor.Éante de la fenfation dunnbsp;objet qui affeéle les parties fupérieures de 1oeii gt;nbsp;avec 1idée de 1infériorité de eet objet.
Quefl-ce enfin quctre en bas ? Ceft étre plus voifin de la partie inférieure de notre corps. Or,nbsp;clans la repréfentation dun objet qnelconque', lanbsp;partie inférieure de eet obiet peint fon image plusnbsp;prés de de nos pieds que la partie fupérieure;nbsp;dans queiquendroit que fe peigne limage de
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pieds dans la rétine, cette image eft done né-ceffairement liée avec 1idée dinfériorité ; con-féquemment ce qui lavoifine Ie plus produit né-ceflairement dans Tefprit la même idee. Les deux batons de laveugle de Defcartes ne fervent denbsp;tien ici; Sc certainement Defcartes auroit dit lesnbsp;mêmes chofes , sil navoit pas adopté les ideesnbsp;innées, que la métaphyfique moderne a profcrites.
PROBLÊME IV.
Conjlruclion d'un ml anificid , propre a nndramp; JcnJibk la raifon de tons les phénomenes denbsp;la vijion.
Ad eft une boule creufe de bols, de cinq a fix PI-pouces de diametre , amp; formée de deux bémi-^S-fpheres qui fe joignent enfemble en L M , amp; de maniere quils puilTent sapprocher amp; séloignernbsp;1un de 1autre denviron un demi-pouce.Le fegmentnbsp;AB de lhémifphere antérieur eft un verre dégalenbsp;^paiffeur , comme un verre de ifiontre, au deftousnbsp;duquel eft un diaphragme percé au milieu dunnbsp;trou rond , denviron fix lignes de diametre. F eftnbsp;Une lentille convexe des deux cotés, foutenue parnbsp;Un diaphragme , amp; ayant fon foyer a la diftancenbsp;Fe , lorfque les deux hémifpheres font a leur diftance moyenne. Enfin la partie DCE eft forméenbsp;par un verre dégale épailTeur, amp; concentrique anbsp;ia fphere , dont la furface intérieure , au lieu detre polie, eft fimplement doucle , de maniere anbsp;^^tre qua moitié tranfparente. Voila un ceil arti-gt; auquel il ne manque prefque que les hu-meurs aqueufe amp; vitrée. On pourroit même , fuinbsp;vant la matiere dont il feroit formé , y repréfenternbsp;ces humeurs, en mettant dans la premiere chambre
Kiv
-ocr page 160-15Z Récréations Mathématiques. de l^eau commune , amp; dans la poftérieure une eaunbsp;chargée dune forte folution de fel, Mais cela efl:nbsp;abfolument inutile pour les experiences que nousnbsp;avoirs en vue.
On peut, au refle , beaucoup fimplifler cette petite machine, amp; la réduire a deux tuyaux dunnbsp;pouce amp; demi ou deux pouces de diametre, ren-trants lun dans lautre. Le premier ou Tantérieurnbsp;fera garni a fon ouverture dun verre lenticulairenbsp;de trois pouces environ de foyer, dont on auranbsp;foin de ne laifler découvert que la partie la plusnbsp;voifine de 1axe, aumoyen dun eerde de carton,nbsp;percé dun trou dun demi-pouce environ de lar-geur, dont on !e couvrira. Le fond du fecond tuyaunbsp;fera couvert dun papier huilé, qui fera la fonc-tion de la rétine, Le tout enfin fera arrane;é denbsp;maniere que la diftance du verre au papier huilénbsp;puiffe varier denviron deux pouces a quatre, ennbsp;enfoiKjant ou retirant les tuyaux. II neft perfonnenbsp;qui ne puiffe facilement Si a peu de frais fe procurer une pareille machine.
Premiere Experience.
Le verre ou le papier huile etant précifément au foyer du verre lenticulaire , fi vous tournez lanbsp;machine vers des objets fort éloignés, vous lesnbsp;verrez peints avec beaucoup de diftindion fur cenbsp;fond, Raccourciffez ou allongez la machine, denbsp;forte que le fond ne foit plus au foyer du verre ,nbsp;vous ne verrez plus ces objets peints diftinftement,nbsp;jnais confufément.
Seconde Experience.
Préfentez un flambeau , ou autre objet éclairé, ï la machine 5 a une diftance médiocre , comme
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fie trois ou quatre pieds, amp; faites enforte quil foit peint dlftinftement, en rapprochant ou éloi-gnant du verre Ie fond de Ia machine. Alors , finbsp;'''ous approchez davantage 1objet, il ceflera detrenbsp;Peint diftinftement; maïs vous aurez une imagenbsp;^'ftinfteen alIone;eant la machine. Au contraire,
^ Vous éloignez lob)et a une diftance conhdera-il ceflera detre peint diftinélement, amp; vous recouvrerez 1image diftinfte quen raccourcif-la machine.
Troisieme Experience.
quot;^Ous pourrez neanmoins , fans toucher a la Machine , vous procurer limage diftinfte dunenbsp;autre maniere. En efFet , dans Ie premier cas,nbsp;préfentez a 1oeil un verre concave , a une diftancenbsp;tjue vous trouverez en elTayant ; vous reverreznbsp;^itre la diftinclion dans la peinture de lobjet.nbsp;¦^ans Ie fecond cas , préfentez-lui un verre con-^exe ; vous produirez Ie même effet.
^es experiences fervent a expliquer de la ma* ^^ere la plus fenfible tous les phénomenes de lanbsp;'^ifion, ainfi que lorigine des défauts auxquels lanbsp;eft fujette , amp; les moyens par lefquels on ynbsp;'emédie.
On ne volt les objets diftinftement, quaiitant ces objets font peints avec diftinftion fur lanbsp;^dne; mais lorfqiie la conformation de 1oeil eftnbsp;*®lle que les objets médiocrement diftants fontnbsp;peints avec diftinö:lon , les objets beaucoup plusnbsp;OU plus éloignés ne fqauroient être peintsnbsp;'^?^^®Tient. Dans Ie premier cas , Ie point denbsp;diitinction de 1image eft au-dela de la rétine ; ^nbsp;1 on peut changer la forme de fon oeil, de ma-uiere a eloigner k rétine de ce point ou Ie cryf-
-ocr page 162-154 Récréations Mathématiques.
tallin de la rétine, on a limage diftincle. Dans Ie fecond cas, cefl: Ie contraire; Ie point de ddquot;nbsp;tinclion de limage eft en deqa de Ia rétine, amp; dnbsp;faut, pour avoir la fenfation diftinéle, avancer Unbsp;rétine vers Ie cryftallin , ou Ie cryftallin vers lanbsp;létine. Auffi lexpérience apprend - elle que, dansnbsp;Iun OU lautre cas, il fe paffe un changement qui gt;nbsp;même fouvent, ne fe fait pas fans effort. Au refte,nbsp;en quoi confifte ce changement? Eft-ce dans unnbsp;allongement ou un applatiffement de roèil ? eff'nbsp;ce dans un déplacement du cryftallin ? Ceft cenbsp;qui neft pas encore entiérement éclairci.
II y a dans les vues deux défauts oppofés : lun confifte a ne voir diftinftement que les ohjets éloi'nbsp;gnés; amp; comme ceft ordinairement Ie défaut desnbsp;vieillards , on appelle pnsbytis ceux qui en fontnbsp;attaqués: lautre conflfte a ne voir diftinéfementnbsp;que les ohjets fort proches; on les nomme myopc^
La caule du premier de ces défauts eft une conformation de 1oeil, qui fait que les ohjets voifins ne peignent leur image diftinfte quau-dela de 1*nbsp;rétine. Or limage des ohjets éloignés eft plusnbsp;proche que celle des ohjets voifins ou médiocre'nbsp;ment diftants: limage de ceux-la pourra donenbsp;tomher fur la rétine, amp; lon aura la vifion dil*'nbsp;tinéfe des ohjets éloignés, tandis quon verra coU'nbsp;fufément les ohjets proches.
Mais fi lon veut rendre difllntfe la vifion de* ohjets proches, il ny aura qua fe fervir dun verf^nbsp;convexe , comme on a vu dans la troifieme expe'nbsp;rience; car un verre convexe, en hatant Ia réii'nbsp;nion des rayons, rapproche limage diftinéle de*nbsp;ohjets; conféquemment il produira fur la rétih®nbsp;une image diftinéle, qui fans lui neut été peiP^®nbsp;quau-dela.
-ocr page 163-OptIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;155
Ce fera tout Ie contraire a légard des myopes.
Le défaut de leur vue confidant dans une confor-niation deloeil qui réunit trop tot les rayons , Sc fait que Ie point de diftinftion de limage des ob-iets médiocrement éloignés, eft en deqa de la refine , ils recevront du fecours des verres concavesnbsp;'nterpofés entre leur vue amp; 1objet; car ces verres ^nbsp;faifant diverger les rayons, éloignent Timagenbsp;fi'ftinéle fuivant la troifieme experience : ainfi 1i-nrage diftinfte des objets, qui fe fiit peinte en deqanbsp;de la rétine, sy peindra diftinftement lorfquonnbsp;fe fervira dun verre concave.
Les myopes difcerneront en outre mieux les petits objets a portée de leur vue , que les presbytesnbsp;Ou les gens doués dune vue ordinaire; car unnbsp;objet placé a une plus petite ,diftance de Tceil,nbsp;peint dans fon fond une plus grande image, anbsp;Peu prés en raifon réciproque de la diftance. Ainfinbsp;'n myope qui voit diftinélement un objet placé anbsp;pouces de diftance, reqoit dans Ie fond denbsp;1oeil une image trois fois aufli grande que cellenbsp;qui fe peint dans 1oeil de celui qui ne voit diftinc-^ement qua dix-huit pouces ; conféquemmentnbsp;toutes les petltes parties de eet objet feront grof-les proportionnellement, Sc feront fenfibles aunbsp;^lt;yope , tandis quelles échapperont au presbyte.
gt; un myope 1étoit au point de ne voir diftinéle-juent qua un demi-pouce de diftance, il verroit objets feize fois plus gros que les vues ordi-j dont la limite de diftinétion eft de huitnbsp;pouces environ : fon oeil feroit un excellent mi-olfie^s ^ difcerneroit des chofes dans lesnbsp;'ues communes ny voient qu*nbsp;f aide de eet inftrument.
-ocr page 164-156 Recreations MathEmatiques. PROBLÊME V.
Faire quun objet^ yu de loin ou de pr^s , paroijf^ coujours de la mime grandeur.
LappaRENce des objets eft, toutes chofes datl' leurs egales, dautant plus grande, que Iimage denbsp;Iobjet, peinte fur larétine, occupe un plus grandnbsp;cfpace. Or 1efpace quoccupe une image fur lanbsp;rétine, eft a peu prés proportionnelle a 1angle quenbsp;forment les rayons des extrémités de Iobjet,nbsp;comme il eft aifé de voir par la feule infpeftionnbsp;delafi«. //; confequemment eeft, toutes chofesnbsp;dailleurs egales, de la grandeur de 1angle formenbsp;par les rayons extremes de Iobjet qui fe croifentnbsp;dans 1oeil, que depend la grandeur apparente denbsp;cet objet.
PI. 3, Cela pofé, foit Iobiet AB , quil eft queftioH % II- de voir de differentes diftances , amp; tou)ours foUSnbsp;le même angle. Sur AB , comme corde, decrive?nbsp;un arc de cercle quelconque, comme ACDB ; denbsp;tous les points de cet arc , comme A, C , D, B ?nbsp;vous verrez Iobjet AB fous le même angle,nbsp;confequemment de la même grandeur; car toutnbsp;le monde fqait que les angles ayant AB pour bafegt;nbsp;amp; leur fommet dans le fegment ACDB , fou^nbsp;egaux.
II en fera de même dun autre arc quelconque ^
commeAcJB.
PROBLÊME VI.
Deux parties inigales d'une mime ligne droite itind donnies, foit quelks foient adjacentes ou noP- gt;nbsp;trouver le point doit elks paroltront egales.
Fig.
12
du centre F avec Ie rayon FB, décrivez un eerde,
^ du point G avec Ie rayon GB , décrivez-en un 3Utre qui coupera Ie premier en D ; ce point Dnbsp;^era Ie point cherché.
Car les arcs de eerde AEDB , BDêC, font femblables par la conftrudion; doü il fuit quenbsp;1angle ADB eft égal a BDC, puifque Ie point Dnbsp;^ppartient a-la-fois aux deux arcs.
1. nbsp;nbsp;nbsp;Il y a une infinite de points comme D , quinbsp;fatisfont au problême , amp; on démontre que tousnbsp;ces points font dans la circonférence dun demi-cercle tracé du centre I, Ce centre fe trouve ennbsp;menant par les fommets F 8c G des triangles fem^nbsp;blables AFB , BGC, la ligne FG jufqua fa rencontre en I avec AC prolongée,
2. nbsp;nbsp;nbsp;Si leslignes AB, BC, faifoientun angle, lanbsp;folution du problême feroit toujours la même : lesnbsp;deux arcs de eerde femblables, décrits fur AB,
®C , fe couperont néceffairement en quelque point
(a moins quils ne fe touchent en B , ) amp; ce point D donnera également la folution du problême.
3. nbsp;nbsp;nbsp;La folution du problême fera encore la mê- PI. 4,nbsp;me, fi les lignes inégales AB , ^C propofées, ne fig- 13*nbsp;font pas contiguës : il y aura feulement cettenbsp;attention a avoir, fqavoir , que les rayons FB ,
G h des deux cercles , foient tds que ces cercles puiflent au moins fe toucher 1un 1autre. Si 1onnbsp;nomine AB = ^b c,bC b, il faudra, pournbsp;que les deux cercles fe touchent, que FB foit aunbsp;moins =nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8c G^=
b nbsp;nbsp;nbsp;»
-ocr page 166-158 RécréatioKs Mathématiqües.
Si ces lignes font moindres, les deux cercles ne Té toucheront ni ne fe couperont point. Si elles fontnbsp;plus grandes , les cercles fe couperont en deu^tnbsp;points , qni donneront chacun une folution diinbsp;problêine. Que a foit, par exemple ^ = 3, h nbsp;c= j; on trouvera =nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;= V^'T-
PI. 4, nbsp;nbsp;nbsp;4- Suppofons enfin trois lignes inégales amp; conquot;
fig. 14. tiguës, comme AB , BC , CD, amp; quon propofe de trouver un point duquel elles paroilTent toutesnbsp;trois fous Ie même angle. Trouvez , par rarticlenbsp;premier de cette remarque, la circonférence BEF,nbsp;amp;c. des points de laquelle les lignes AB, BC,nbsp;paroilTent fous Ie même angle ; trouvez pareille-ment celle CEG, de laquelle BC amp; CD paroilTentnbsp;fous Ie même angle ; leur interfeêtion donneranbsp;Ie point cherché. Mais pour que ces deux demi-cercles fe touchent, il faut, ou que la plus petitenbsp;des lignes données foit au milieu des deux autres,nbsp;ou quelles fe fuivent dans eet ordre , la plusnbsp;grande , la moyenne , amp; la moindre. ^
Si les lignes AB, BC, CD, ne font pas con-tiguës OU en ligne droite, Ie probleme devient trop difficile pour trouver place ici. Nous 1aban'nbsp;donnerons a la fagacité de ceux de nos leêleutSnbsp;qui font Ie plus avancés.
PROBLÊME VII.
divant d' un edifice, dom C D efi la face, efi un parterre dom la longueur efi AB. On demand^nbsp;Ie point de eet edifice dloü Von verra h parterrenbsp;AB h plus grand.
Fig. ly. Soit faite la hauteur CE , moyenne proportion' nelle entte CB amp; CA, ce feta la hauteur cher-chée; car, fi Ton décrit par les points A, B, E»
-ocr page 167-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;*5$
Vin eerde, 11 fera tangent a la ligne CE, par la propriété 11 connüe des tangentes amp; fécantes. Ornbsp;il eft alfé de volr qUe 1angle AEB efl: plus grandnbsp;quaucun autre AeB , dont Ie Ibmmet efl: dans lanbsp;1'gne CD; car Tangle A e B eft molndre que A ,nbsp;efl égal a AEB.
cerch ètant donnl fuT h plan horizontal, rroa-'^^r la pojition dc t(zil dl oil fon image fur It plan perfpcclif fera encore un eerde.
^ OUS fuppofons que notre ledeur connoiffe Ie principe fondamental de toute repréfentation perf-Peftive , qui confifte a imaglner entre Tcell 8cnbsp;Tobjet un plan vertical que Ton nomme perfpeBlf.
On conqoit de chaque point de Tobjet des rayons ^llants a Toell: fi ces rayons laifldient une tracenbsp;Ie plan vertical ou perfpedif, il efl évidentnbsp;flUelle produiroit la même fenfation fur eet cellnbsp;Tobjet même , puifquils pelndroient la mêmenbsp;|mage fur la rétine. Ceft cette trace quon appellenbsp;image perfpeclive.
Soit done AC Ie diametre du eerde dans Ie plan
la perpendiculaire au plan perf- quot;S' ^ t 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;coupe de ce plan, par un plan ver-
'cal elevé fur AP, amp; PO la perpendiculaire a Tho-rzon amp; a la ligne AP, fur laquelle il efl queftion ^ trouver Ie point O , que Toell dolt occuper
Pour que la repréfentation ac du eerde AC foit auffi un eerde.
.1 nbsp;nbsp;nbsp;^ effet, faites PO moyenne proportlon-
cherché*^^ 8c CP , Ie point O fera Ie point
i6o Recreations Mathématiques^
PAO , COP, Teront femblables, amp; les angled PAO , COP, feront égaux : done les angles PA^nbsp;amp; C c Q, OU PAO amp; R t O, feront auffi égaux nbsp;doü U fuit que dans Ie pent triangle acO, Pangitnbsp;en c fera égal a Tangle OAC , amp; Tangle en Onbsp;étant commun aux triangles AOC, aO c , l^*nbsp;deux autres ACO , c a O feront égaux : done A^nbsp;fera a CO eomme cO a ^O: ainli Ie eone obliqusnbsp;ACO fera eoupe fub-contrairernent par Ie pla*'nbsp;vertical QR, amp; conféquemment la nouvelle feC'nbsp;tion fera un cercle, eomme on Ie démontre daO*nbsp;les feétions coniques.
PROBLÊME IX.
ib
eertaiiic loiiucui , qu u:lt; nbsp;nbsp;nbsp;^gt;-3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
avoient furmonté la gêne que leur avoit oppof^® Ie trou différemment figure. Cette raifon na aucui'nbsp;fondement ni folidité.
Pour rendre raifon de ce phénomene, il faire attention quun objet quekonque , lumine'^^nbsp;OU éclairé, rayonnant par untrès-petit trou dao* .nbsp;cbambre obfcure, y peint une image femblabb *nbsp;lui-même; car tous les rayons partants de eetnbsp;)et, amp; paffants par un même point, formentnbsp;dela une efpece de pyramide iemblable a lanbsp;rniere , amp; oppofée par Ie fommet, qui étantnbsp;pée par un plan parallele a celui de Tobjet, d^'nbsp;donner la même figure, mais feulement renve^^^^
A-ristote fe propofoit autrefois ce problem^» amp; Ie réfolvoit fort mal; car il difoit que cela ve'nbsp;noit de ce que les rayons du foleil affeftoient uo®nbsp;certaine rondeur , quib reprenoient dès qu
-ocr page 169-OptiquE. nbsp;nbsp;nbsp;l6t
Cela entendu » on fent aifément que chaque point du trou tria'iigulaire , par exemple, peintnbsp;ïur Ie carton ou fur Ie pavé fon image Polairenbsp;ïonde, amp; dautant plus grande que Ie carton feranbsp;plus éloigné du trou ; car il neft aucun de cesnbsp;Points qui ne foit Ie Pommet dun cóne dont Ienbsp;diPque Polaire eft la baPe.
Quon décrive done Pur un papier une figure P^rnblable amp; égale a celle du trou, triangulairenbsp;Par exemple , Pi Ie trou eft triangulaire ; que denbsp;tousles points de Pon contour, comine centre, onnbsp;décrive des cercles égaux : quand ces cercles fe-tont petits , vous nauiez d abord quune figurenbsp;gt;:riangulaire , a angles émoufles circulairement:nbsp;iTiais augmentez ces Cercles de plus en plus, en-Porte que leur rayon Poit beaucoup plus grandnbsp;quaucune des dimenfions de la figure ; vous lanbsp;verrez sarrondir de plus en plus, amp; enfin dégé-oérer PenPiblement en un eerde.
Or ceft la ce qui arrive dans la chambre obP-cure; car, quand vous préfentez Ie carton alPez prés du trou triangulaire , vous navez encorenbsp;riuune image mêlee du triangle amp; du cercle ; maisnbsp;^uand vous vous éioignez beaucoup , alors chaquenbsp;Image circulaire du Poleil devenant Port-grande ,nbsp;eu égard au diametre du trou, limage eft Penfi-hlement ronde. Si Ie difque du foleil étoit quarrénbsp;^ Ie trou rond , limage Peroit, a une certainenbsp;diftance amp; pat la même raiPon, un quarré , ou ennbsp;§énéral de la même figure que Ie diPque. Auflinbsp;image de la lune en croiiïant, eft-elle toujours,nbsp;a une diftance PuffiPante , un croiflant Pemblable ,nbsp;ainli que Ie montre 1expérience.
Tome /.
-ocr page 170-löjz Récréations Mathématiques. PROBLÊME X.
Faire voir dijii^^ement, fans Vinurpoftion d'au-cun verre, uh objet trop proche de L'xil pour etre apptr^u dijlinUement,
PeRCEZ une carte avec une aiguille; amp; fans changer de place, ni 1oeil, ni 1objet, regardeznbsp;ce dernier par Ie trou de cette carte ; vous verreznbsp;eet objet trés - diftinflement, amp; méme conlidéra-blement groffi.
. La raifon de cette apparence eft que, lorfquoii ne voit pas diftinftement un objet a caufe de fanbsp;trop grande proximité , ceft que les rayons par-tants de chacun de fes points , amp; tombants furnbsp;louverture de la prunelle, ne font pas réunis ennbsp;un point, comme lorfque lobjet eft a la diftancenbsp;convenable: limage de chaque point eft un petitnbsp;eerde , amp; tous les petits cercles produits par lesnbsp;points divers de lobjet, empiétant les uns fur lesnbsp;autres, toute diftinftion eft détruite. Mais lorl-quon regarde lobjet a travers un très-petit trou,nbsp;chaque pinceau de rayons qui part de chaque pointnbsp;de lobjet, na de diametre que Ie diametre dünbsp;trou, Sc par conféquent limage de ce point eftnbsp;confidérablement reflerrée dans une étendue quinbsp;furpafle a peine la grandeur quelle auroit ft 1obje*^nbsp;étoit a la diftance néceflaire : on doit done 1^nbsp;voir diftinftement.
PROBLÊME XI.
Pourquoi, en dirigeant fes yeux de maniere a vo^f un objet fort éloigné, voit-on doubles les objetsnbsp;proches; amp; au contraire}
L A raifon de cette apparence eft celle- ci. Lof' que nous regardons un objet, nous prenons lhabi'
-ocr page 171-o P T I Q U E. ^
tüde de dlrlger laxe optique de nos yeux vers Ie point que nous coiifidérons pfincipalement: lesnbsp;iniages des objets étant dailleurs entiérement fem-blables , il réfulte de-la que fe peignant alentournbsp;de Ce point principal de la rétine, auquel aboutitnbsp;^axe optique, les parties latérales, par exemplenbsp;droites, dun ob)et, fe peignent dans chaque ceilnbsp;® gauche , Ik les parties gauches fe peignent anbsp;droite de eet axe. De-la seft établie une corref-Pondance entre ces parties de IceH , qui eft tellenbsp;^ue lorfquun objet fe peint a-la-fois dans la partienbsp;gauche de chaque oeil, amp; a un même éloignementnbsp;de laxe optique, nous Ie jugeons unique amp;£ anbsp;droite: mais fi, par un mouvement forcé des yeux,nbsp;nous faifons enforte quun objet peigne dans unnbsp;oeil fon image a droite de laxe optique, amp; dansnbsp;lautre a gauche , nous Ie voyons double. Or eeftnbsp;ye qui arrive lorfque , dirigeant fa vue fur un ob-]et éloigné, nous donnons neaninoins attention anbsp;objet voilin amp; fitue entre les axes optiques : ilnbsp;aifé de voir que les deux images qui fe formentnbsp;dans les deux yeux font placees 1une a droite Scnbsp;Iautre a gauche de Iaxe optique, fqavoir, dansnbsp;1 ceil droit a droite , 6c a gauche dans 1oeil gauche : eeft le contraire fi Ton dirige Iaxe optique inbsp;nn objet proche, amp; quon donne attention a unnbsp;objet éloigné 6c direft. On doit done , par unnbsp;offer de Ihabitude dont on a parle ci-deflus, jugernbsp;objet a droite par un ceil, Sc a gauche parnbsp;1 autre. Les deux yeux enfin font alors en contra-QK^on , amp; Iobjet paroit double.
- nbsp;nbsp;nbsp;explication , qui eft daiWeurs entiérement
ondee fut maniere dont nous acquerons des 1 ees par la vue , eft encore confirmee par le faitnbsp;mjeant, Chefelden, fameux chirurgien Anglois,
Lij
-ocr page 172-104 Recreations Mathématiquës. raconte quun coup ayant dérangé a un hoinuienbsp;Iun de fes yeux , enforte quil ne pouvoit plusnbsp;diriger Iaxe optique de tous deux vers un meiuenbsp;point, cet homme vit tout-a-coup double : inaisnbsp;cette incommodlte ne fut pas perpetuelle; peu anbsp;peu les objets les plus familiers lui parurent lim-pies , amp; enfin fa vue fe rétablit dans fon état naturel.
Ce qul fe paffe ici a Iegard de la vue, on 1imite par le taft ; car lorfque deux parties du corps, quinbsp;ne fe correfpondent pas habituellement pour pal-per un objet unique , font employées a toucher uunbsp;inême corps , nous le jugeons double. Ceft unsnbsp;experience vulgaire. On croife un des doigts furnbsp;Iautre , amp;c Ion infere entre-deux quelque petitnbsp;corps, un bouton , par exemple , enforte qudnbsp;foit touché a la fois par le cote gauche de 1un amp; 1^nbsp;droit de Iautre ; on jureroit alors palper un doubffnbsp;bouton. Lexplication de ce petit jeu tient auinbsp;memes principes.
PROBLÊME XI Ï.
Faire quun objet vii dijlinciement , amp; fans IinUf' pojition d'aucun corps opaque ou diaphane ,nbsp;paroiffe renverfc d I'ml nu.
PI. 4, Faites-vous une petite machine, telle % 17' eft repréfentée dans la fig. ly. Cette machinenbsp;compofee de deux petites lames paralleles,
CD , reunies par une troifieme AC, dun deiR'' pouce de largeur, amp; dun pouce 8c demi de D*'nbsp;gueur. Cela peut être facilement fait avecnbsp;carte. Au milieu de la lame AB , percez un trö'^nbsp;rond, E, dune ligne amp;: demie environ denbsp;metre, au milieu duquel vous fixerez une tête d
-ocr page 173-pingle OU une pointe daiguille , comine on voit dans la figure; vis-a-vis foit percé un trou denbsp;grolTe épingle : lorfque vous appliquerez 1osil ennbsp;E5 en tournant Ie trou F du cóté de la lumiere,nbsp;Ou de la flamme dune bougie, vous verrez la tétenbsp;cette épingle extrêmement groffie , amp; renver-^ée comme on la voit en G.
La raifion de cette inverfion eft que la tete de ^épingle étant exceffivement proche de la pru-Uelle , amp; les rayons qui partent du point F etantnbsp;auffi fort dix'ergents a caufe de la proximite dunbsp;trou F, au !ieu dune linage difi:in6te Sr renverfee ^nbsp;il ne fe pelnt au fond de 1oeil quune efpece dom.-bre dans fa fituation droite. Or les images renver-fées donnent Tidée dun objet droit; conféquem-ment cette eipece dimage étant droite, doit donnet 1idée dun objet renverfé.
PROBLÊME XIII.
Faire quiin objet ^ fans Vinterpofition (Taucun au~ tre, dijparoiffe a rail nu tourné de fon cóté. .
Cette expérience eft de M. Mariotte; amp; quoi-quon nalt pas adopté les conféquences quil en tiroit, elle nen eft pas moins finguliere, amp; ellenbsp;femble prouver un fait particulier dans 1économienbsp;Animale.
Flxez ala hauteur de 1ceil, fut un fond obfcur, ^n petit rond de papier blanc pour fervir de pointnbsp;a deux pieds vers la droite , un peu plusnbsp;nas, fixez-en un autre de trois pouces environ denbsp;lametre ; placez-vous enfuite en face du prernietnbsp;papier , Sr après avoir fermé loeil gauche, reti-r^-vous enarriere, en fixant toujours ce premiernbsp;O jet. lorfque vous ferez arrivé a une diftance de-
L iij
Recreations Matkématiqi/es. neuf a dix pieds , Ie fecond . difparoïtra entiére-inent a votre vue.
On rend raifon de cette experience , en obCer-vant que lorfqnon eft parvenu a léloignement fufdit, rimage du fecond papier tombe fur 1infer-tion du nerf optique dans lceil, amp; quapparem-jTient eet endroit de la rétine neft pas propre anbsp;tranfmettre rimprelTion des objets; car, tandis quenbsp;dans Ie refte de la rétine les fibres nerveufes fontnbsp;frappées direftement fur Ie cóté par les rayonsnbsp;venants des objets , ici elles Ie font tout-a-faitnbsp;obliquement, amp; comme en gliffant fur leur longueur; ce qui anéantit Ie choc de la particule denbsp;lumiere.
PROBLÊME XIV.
Faire difparoitre un oh jet aux deux yeux d-la-fois ^
quoiquil puijfe être vu de chacun d'eux d part.
AttACHEZ a une inurallle brune un rond de papier blanc, dun pouce ou deux de diametre, amp;nbsp;a la diftance de deux pieds de chaque cote , amp; unnbsp;peu plus bas, faites deux marques; placez-vousnbsp;enfuite direftement en face du papier, amp; placeznbsp;Ie bout de votre doigt vis-a-vis de vos deux yeux»nbsp;de maniere quayant lceil droit feul ouvert, Ünbsp;cache la marque gauche, amp; quayant Ie feul gaU'nbsp;che ouvert, il cache la marque clroite; regardednbsp;enfuite de vos deux yeux Ie bout de votre doigt :nbsp;Ie papier, qui nen eft point du tout couvert , ninbsp;pour 1un ni pour lautre de vos yeux, difparoïtranbsp;néanmoins.
Cette expérience reqoit la même explication que la précédente ; car, par ce moyen , on faitnbsp;tomber Timage du papier fur linfertion du nerf
-ocr page 175-o p T r Q U E.
167
^ptique de chaque oeil: de-la vient la dirparition Is Iobjet pour chacun.
PROBLÊME XV.
optïquc , qui prouve quavec un feul (zil on ne ju^t pas bien de la dijlance d'un objet.
On préfente a quelquun, ou Ton place un an-neau a quelque diftance, amp; de maniere que fon plan foic tourné du cóté de fes yeux; on lui pro-Pofe enfuite de lenfiler avec un baton recourbé,nbsp;^ffez long pour lattelndre , amp; en tenant un de fesnbsp;yeux fermés. II efl: rare quil en vienne a bout.
On donne facilement la raifon de cette diffi-culté ; elle réfide en ce que nous fommes habitués a juger des dlftances des objets au moyen de nosnbsp;deux yeux ; mals lorfque nous ne faifons ufagenbsp;que dun, alors nous en jugeons fort imparfaite-ment.
Un homine borgne néprouveroit pas la même dlfficulté, parceque , accoutumé a ne faire ufagenbsp;que dun oeil, il a acquis lhabitude de juger affeznbsp;exaftement les diftances.
PROBLÊME XVI.
Lrt aveugle de naijfance ayant recouvrè la vuc, onlui pr^ente un globe amp; un cube , qu il a appris d difcerner par Ie toucher, On demande Ji, fansnbsp;Ie fecours du toB. amp; a la premiere vue, il pourranbsp;dire quel efl Ie cube, quel ejl Ie globe.
Cest la Ie fameux problême de M. Mollneux, problême propofé a Locke, amp; qui a fort exercénbsp;les inetaphyficiens.
Lun 6c lautre ont penfé avec railbn , amp; ceft
i68 Récréations Mathématiques.
Ie fentiment general, que 1aveugle devenu clairvoyant , ne fqauroit reconnoitre Ie cube davec Ie globe, du moins fans Ie fecours du raifonnement.nbsp;En effet, comme Ie dit M. Molineux , quoiquenbsp;eet aveugie ait appris par 1expérience de quellenbsp;jnaniere Ie cube amp;. Ie globe affeiboient fon taft , ilnbsp;ne fcjait point encore comment ce qui afFefte Ienbsp;taft affe^lera la vue, ni que 1angle faillant quinbsp;prefie inégalement la main lorfquil palpe Ie cube,nbsp;doive paroitre a fes yeux tel quil paroit a fonnbsp;laft. II ny a done aucun moyen pour lui de dif-cerner Ie globe du cube.
Tout au plus pourroit-il faire Ie raifonnement Aiivant, en examinant avec attention de cóténbsp;amp; dautre ces deux corps. De quelque cóté que jenbsp;palpe Ie globe, diroit-il, je Ie trouve abfolumentnbsp;lemblable a lui-même ; routes fes faces, relative-ment a mon taéf, font les mêmes ; un de cesnbsp;corps, entre lefquels )e dois reconnoitre Ie globe,nbsp;préfente, de quelque cóté que je Ie regarde, lanbsp;même figure , la même face ; ce doit done être Ienbsp;globe. Mais ce raifonnement, qui fuppofe dailleursnbsp;une forte danalogie entre les fens du tacl amp; de lanbsp;vue, neft-il pas un peu trop fqavant pour un aveugie né ? Ce feroit tout au plus ce que poiirroit fairenbsp;un Saunderfon. Ce neft pas au refte ici Ie lieu denbsp;trailer cette queftion ; elle 1a été par Motineiix ,nbsp;Locke , amp; par la plupart des niétaphyficiens mo-denies.
Ce que Ton obferva a la guérifon de laveugle de Chefelden, a depuis confirmé la juftefle de lanbsp;folution de MM. Locke amp; Molineux. Le célebrenbsp;chirurgien Chefelden ayant rendu la vue a unnbsp;aveugie de naiflance , on obferva avec grandenbsp;attention les impreffions quéprouva eet aveugie
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dans les premiers temps de fa guérifon. En voict précis.
Lorfquil commenqa a jouir de la vue, il crut dabord qiie tous les objets touchoient fon oeil,nbsp;coinme ceux quil connoiffoit par Ie taft touchoientnbsp;^3 peau. II ne connoiffoit aucune figure , amp; il nenbsp;Pouvoit diftinguer un corps davec un autre. IInbsp;^toit dans 1idée que les corps doux amp; polis , quinbsp;^ffeéloient agréableinent fon toucher, devoientnbsp;affedfer agréablement fes yeux; amp;c il fut fortnbsp;ff rpris de ce que ces deux chofes navoient aucunenbsp;^iaifon. Enfin il sécoula quelques inois avant quilnbsp;PÜt rien reconnoitre dans un tableau ; il ne luinbsp;parut long-temps quune furface barbouillée denbsp;couleurs ; aufli fut-il étrangement étonné , lorf-qu enfin il reconnut fon pere dans un portrait ennbsp;miniature : d ne pouvoit comprendre comme onnbsp;3voit pu mettre un grand vifage dans un fi petitnbsp;^^pace ; amp; cela lui paroiffoit auffi impoffible,nbsp;ffion lexpreffion de lauteur Anglois, que de fairenbsp;^^trer un tonneau de liqueur dans une pinte.
PROBLÊME XVII.
^^njlruciion dune machine au moycn de laqiielh Ofi poiirra décrire perfpeEivement tous les objetsnbsp;donnés , fans la moindre teinture de la fciencenbsp;de la perfpeclive.
Lesprit de cette machine conlifte a faire dé-a la pointe dun crayon qui sapplique conti-nuelleinent contre un papier, une ligne parallele a celle dun point quon promene fur les lineamentsnbsp;des objets, logq étant fixe, 6c regardant par une
pinnule immobile. nbsp;nbsp;nbsp;PI. 5
Les regies SG, SG, font deux regies perpendi- fig.
18.
-ocr page 178-i-jo Recreations Mathématiques,
FI. s, culaires a une forte piece de bois, avec laquelle ïg. i8. el[gs forment une efpece dempatement, qui fert anbsp;foutenir perpendiculairement une planche un peunbsp;forte T T T T , fur laquelle on attache ou collenbsp;par les quatre coins la feuille de papier oü Tonnbsp;veut tracer fon tableau perfpeélif.
- nbsp;nbsp;nbsp;FE efl: une regie tranfverfale , qui eft perpendi
culaire aux deux pieces SG, SG, amp; qui porte 3 fon extrémité une autre piece KD , qui peut tournet fur 1axe en K. A cette piece eft implantéenbsp;une barre de bois perpendiculaire, DC , portantnbsp;la pinnule mobile BA, a laquelle on appliquenbsp;loeil.
La piece N P eft une piece de bois mobile, amp; portant a fon extrémité Ie poinqon clélié terminenbsp;par un petit bouton. Vers les deux extrémités denbsp;cette piece font attachées deux poulies , fous lef-quelles paftent les deux fils ou petits cordons dé-liés M , M , qui de-la vont paffer au deflus desnbsp;poulies L, L, attachées aux deux coins du batisnbsp;T T. Ces deux cordons, après avoir paffe fur cesnbsp;deux poulies, vont senrouler fur deux autres ennbsp;R , R , qui les renvoient derriere Ie batis, oü ibnbsp;sattachent a un poids Q qui coule dans une rai-nure, enforte que Ie poids Q , sélevant ou sabaif'nbsp;fant, Ia piece mobile NP refte toiijours dans unenbsp;fituation parallele a elle-même. Elte doit être 3nbsp;peu de chofe prés en équilibre avec Ie poids,nbsp;pour quen la foulevant ou 1abaiflant un peu , ell^nbsp;cede facilement a tous ces mouvemeiits. Cettenbsp;piece enfin porte dans fon milieu Ie ftyle onnbsp;crayon I.
On fent préfentement que ft Pon applique 1oed au trou A , amp; quon amene avec Ia main la regl^nbsp;mobile NP, en Ia foulevant , rabaiflant, amp;
-ocr page 179-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;171
menant de coté , enforte que Ie bout P parcoure les lineaments dun objet éloigné, la pointe dunbsp;^'¦ayon I décrira nécefiaireinent une ligne parallelenbsp;^ égale a celle que décrit Ie point P, amp; par con-lequent elle tracera fur Ie papier O O , contre le-elle appuie , 1iinage de lobjet dans toufenbsp;exaftitude perfpeftive.
Cette machine eft du chevalier Wren, mathé-^aticien célebre , amp; larchitecle qui a conftruit j'aint-Paul de Londres. Mais fi 1on vouloit, fansnbsp;e fecours de cette machine, mettre^bien régubé-rement en perfpeélive un objet quelconque , nousnbsp;^llons en enfeigner Ie moyen fort fimple dans Ienbsp;probléme fuivant.
P R O B L Ê M E XVIII.
¦4utn manurt de repréfenter nn objet en perfpeciive , fi^ns aucune connoi^ance des principes de eet art.
vvETxE maniere de repréfenter un objet perf-Peftivement, nexige,non plus que Ia précédente, ^Ucune-connoiflance des regies de la perfpeftive ;nbsp;^ 1efpece de machine quon y emploie eft incom-P^fablement plus fimple; mais elle fuppofe quonnbsp;Sache bien delfiner, du moins aflTez pour rendrenbsp;Un petit efpace ce quon appercoit dans unnbsp;femblable.
Pour la pratiquer, il faut former un cadre de .§''andeur fuffifante pour que, regardant dunnbsp;t °nu^ léterminé lobjet a repréfenter, il foit con-dans fon étendue. Vous fixerez enfuite lanbsp;de^fonbsp;nbsp;nbsp;nbsp;devant de ce cadre amp; a légard
ft Pl^ia, comme vous Ie jugerez a propos. La la plus convenable, a moins que vousnbsp;deffein de faire un tableau un peu bizarre
Recreations Mathématiques. par la pofition des ob)ets, dolt être fur une lignenbsp;perpendiculaire au milieu du plan du cadre , a unenbsp;diftance a peu prés égale a fa largeur, amp; a unenbsp;hauteur a peu prés égale aux deux tiers de la hauteur du même cadre. Cette place dbit être mar-quée par une pinnule, ou un trou dune ou denbsp;deux lignes de diametre, percée au milieu duunbsp;plan vertical, circulaire ou quarré, dun pouce oUnbsp;deux de largeur. Enfin vous diviferez le champnbsp;de ce cadre en quarrés dun pouce ou de deux denbsp;cóté , par des filets tendus entre les cótés, amp; fenbsp;coupant perpendiculairement les uns les autres.
Préparez enfin un papier, fur lequel vous trace-rez une figure femblable a celle du cadre , amp; que vous diviferez par des traits foibles, mals néan-moins fenfibles, en un même nombre de carreau?£nbsp;que le champ du cadre: tout fera préparé poutnbsp;votre tableau perfpeftif.
Vous navez en effet qua préfenter Ioell a Is. pinnule dont nous avons parle plus haut, amp; tranf-porter dans chaque quarré du papier ci-deffus , lanbsp;partie de Iobjet quon apperqoit dans le carreaUnbsp;correfpondant, vous aurez nécefifairement cet ob-jet mis en perfpeftive avec toute Iexaftitude pof-fible ; car il eft evident quil fera repréfenté telnbsp;quil paroit a Ioell, amp; que le tableau que 1oRnbsp;aura defliné fera parfaitement femblable a celu*nbsp;qui refteroit fur le plan du cadre , fi les rayonsnbsp;allant de cfeaque point de Iobjet a 1oeil ou a 1^nbsp;pinnule, laiflbient fur ce plan une trace. On aut^nbsp;done cet objet , ou ce fyftême dobjets , mis eunbsp;perfpeftlve avec toute la vérité quon peut defiret*
Remarque.
Ce meine moyen peut fervlr a fe démontref
-ocr page 181-fenfiblement, amp; fans la moindre connoiffance de geométrie , la vérité de la plupart des regies denbsp;la perfpedilive ; car fi vous placez derriere Ie cadrenbsp;nne ligne droite perpendiculaire a fon plan ,'vousnbsp;quot;'^errez fon image palTer par Ie point de vue, ounbsp;^^lui du plan du cadre qui répond a la perpendi-^ulaire abaiffée de 1oell fur ce plan. Si vous pla-cette ligne horizontalement, amp; que vous luinbsp;fafliez faire un angle de 45° avec Ie plan dunbsp;tableau , vous verrez fon image palTer par 1un desnbsp;points quon nomme les points de dijlance. Si vousnbsp;^nettez cette ligne dans une fituation quelconque,nbsp;^OUs verrez fon image concounr dans 1un desnbsp;points accidentaux. Or ceft dans ces trois regiesnbsp;que confitte prefque toute la perfpeftive.
PROBLÊME XIX.
De la grandeur apparente des apes d 1horizon,
Cest un phénomene fort connu, que la lune Sc Ie foleil, lorfquils font voifins de 1horizon, pa-roiffent beaucoup plus grands que lorfquils fontnbsp;^ Une hauteur moyenne ou prés du zenith. Cenbsp;phénomene a beaucoup occupé les phyficiens, amp;cnbsp;^uelques-uns deux en ont donné de fort mauvalfesnbsp;explications.
En effet, ceux qui raifonnent fuperficiellement lur ce fujet, croient en avoir trouvé la caufe , 8cnbsp;caule fort limple, dans la réfradfion ; car ,nbsp;difent - ils, 11 1on regarde obliquement un écunbsp;plongé dans un vafe plein deau, on Ie voit fenfi-hleinent plus gros. Ör tout Ie monde fqait que lesnbsp;rayons qui nous viennent des corps céleftes ^nbsp;éprouvent une réfratlion en entrant dans lathmo-Iphete de la tetre. Ls Ibleil Sc la lune font done
174 Recreations Mathématiquês. comme lécu plongé dans 1eau ; amp; voüa Ie pro-blême rél'olu.
tri
Mais ceiix qui font ce ralfonnefnent ne font pas attention qiie fi un écu plongé dans un milieunbsp;plus denfe , paroit grofli a loeil fitué dans unnbsp;milieu plus rare , ce doit être ie contraire dunnbsp;écu plongé dans un milieu plus rare pour un oeilnbsp;plongé dans Ie plus denfe. Un poilTon verroltnbsp;eet ecu hors de leau, plus petit que sil étoit dansnbsp;leau. Or nous foinmes dans ia partie la plus denfunbsp;de 1athmofphere, tandis que la lune amp;c Ie foleilnbsp;font dans Ie milieu plus rare. Ainii, foin de pa-roitre plus gros, ils devroient paroitre plus petits;nbsp;amp; ceft auffi ce cpie confirment les inftrumentsnbsp;qui fervent a metiirer Ie diametre apparent desnbsp;allres : ils démontrent que Ie diametre perpendiculaire de la lune amp; du foleil a lhorizon, font ré-trécis. denviron deux minutes; ce qui leur donnenbsp;la forme ovale affez apparente quils ont Ie plusnbsp;fouvent.
II faut done recherclier la caufe du phénomene dans une pure illufion optique ; amp; voici, a mounbsp;gré, ce quil y a de plus probable.
Lorfquun ob)et peint dans notre rétine une image dine grandeur déterminée , eet objet nousnbsp;paroit dautant plus grand que nous Ie jugeonsnbsp;plus éloigné , amp; ceft en vertu dun raifonnementnbsp;tacite affez jufte ; car un objet qui a la diftancenbsp;de cent toifes eft pemt dans loeil fous un diametrenbsp;dune ligne, doit être bien plus grand que celutnbsp;qui eft peint fous un pareil diametre, amp; qui neftnbsp;qiia vingt toifes. Or, quand la lune amp; Ie foleilnbsp;font a lhorizon, une multitude dobjets interpofésnbsp;hous donnent 1idée dune grande diftance , au liet*nbsp;que lorfquils font prés du zenith, nul objet nétaut
-ocr page 183-interpofé, lis paroiflent plus voiHns. Ils doivent done , dans la premiere fituation, exciter un fen-timent de grandeur tout autre que dans la feconde.
Nous ne devons cependant pas diflimuler quel-difficultés que préfente cette explication ; les ''oici. 1° Lorfquon regarde la lune horizontalenbsp;^''ec un tube, ou en faifant avec fes doigts unenbsp;®^pece de tuyau un peu rétréci, on la voit extrê-'ï^em.ent diminuée de grandeur, quoique les doigtsnbsp;cachent que fort imparfaitement les objets in-^^rpofés. z° Souvent on voit lever la lune de der-une colline très-voiline, amp; on la voit dé-^efurément groffe.
Ces faits , qui paroiflent renverfer lexplicatlon ci'deflus , (ce que pourtant je ne penfe pas), ontnbsp;engage clautres phyficiens a en chercher une autre.nbsp;Void celle de M. Smith opticien célebre.
La voute célcfte ne nous préfente pas lappa-'¦ence dune demi-fphere, mais celle dune furface ^eaucoup applatie , amp; bien moins élevée vers Ienbsp;zénith quéloignée a lhorizon. Le foleil amp; la lunenbsp;Paroiflént dadleurs fenfiblement fous le mêmenbsp;, foit a lhorizon, foit prés du zenith. Or 1in-dun angle déterminé eft, aunemoin-diftance du fommet, moindre qua une plusnbsp;Scande. Ainfi la projeftion du foleil amp; de la lune,nbsp;leur image perfpeélive fur la voute célefte, eftnbsp;^J^nindre a une grande diftance de lhorizon quenbsp;^^*ns fon voifinage. On doit done les voir moin-loin de lhorizon que prés de ce eerde.
Cette explication du phénomene eft fort fpé-^'^nfe. nbsp;nbsp;nbsp;ne peut - on pas demander encore
Pourqnoi ces deux images , vues fous le même j , paroiftent néanmoins Tune plus grande quenbsp;* autre? Ne p^ra-t -on pas encore oblige de recou-
-ocr page 184-176 Recreations Mathématiquês. rir ici a la premiere explication ? Cefl; ce que $nbsp;pour abréger, je laiffe a juger au lefteur.
II fuffit quil Toit bien démontré que ce groffilTe-ment apparent neft point produit par une plus grande image peinte dans la rétine. Elle eft mêinönbsp;pour la lune un peu inoindre , puilque cet aftrenbsp;étant a Ihorizon, eft plus prés de nous denvirortnbsp;un demi-diametre de la terre, ou dun foixantieme^nbsp;que lorfquil eft fort élevé fur Ihorizon. Ce pheno-jnene enfin neft quune illufion optique , quellenbsp;quen foit la caufe qui eft aflez obfoure, mais quenbsp;je crois toujours être principalement le jugementnbsp;dune grande diftance, occafionné par les objetsnbsp;interpofes.
PROBLÊME XX.
Sur le rétréci£ement des allies paralleles.
Cest un phenomene bien connu que celui dont nous parlous ici. II neft perfonne qui nait re-marque , étant a lextrémité dune allee darbresnbsp;extrêmement longue que fes cotes, loin de pa-roitre paralleles comme ils le font réellement ,nbsp;paroiflent converger dans Ieloignement: il en eftnbsp;de même du plafond dune longue galerie. Et effec-tivement , sil falloit mettre ces objets en perf-peftive , les cötés de cette allee ou de ce plafondnbsp;devroient être repréfentés par des lignes conver-gentes; car elles le font réellement dans Iimag®nbsp;ou le petit tableau qui fe peint au fond de 1oeil'
enC
Lexplication complette du phenomene exig® toutefois dautres confidérations ; car , comme 1^*nbsp;grandeur apparente des objets ne fe mefure poin^nbsp;par la grandeur reelle des images peintes daH*nbsp;1oeil, mais quelle eft toujours le refultat dun ji^
gem
-ocr page 185-Optiqué. nbsp;nbsp;nbsp;i77
gement que latne porte de la diftance , combine ?vec la grandeur de 1image préfente dans Tosil ,nbsp;^^sen fautbien que les cótés dune allee paroiffentnbsp;Converger auffi rapidement que Ie font les lignesnbsp;'lui font leurs images dans Ie plan perfpeftif ounbsp;^ans 1oeil. M. Bouguer eft Ie premier qiii ait par-fauement démêlé ce qui fe paffe dans cette occa-fion ; Ie voici.
Tout comme , pour un oeil placé a lextrémité u une longue galerie , Ie plafond paroit sabaiffet,nbsp;p même, pour un ceil placé a lextrémité dunenbsp;'uague allee de niveau amp; de cötés paralleles, Ienbsp;plan de cette allee , au lieu de paroitre horizon-^nbsp;^al, femble sélever. Ceft-la la raifon pour la-'I'Jelle, étant au bord de Ia mer, nous la voyonsnbsp;comme un plan incline qui menace la terre dunenbsp;inondation. Quelques perfonnes , plus devotesnbsp;qu eclairees en phylique, ont été jufqua regardernbsp;'^ette inclinaifon comme réelle, amp; la fufpenfionnbsp;^Pparente des eaux de la mer comme un miraclenbsp;Ubnftant amp; continu. Ainfi, placé au milieu dunenbsp;'afte plaine, on la voit sélever autour de foi,nbsp;'^oinme fi lon étoit au fond dun entonnoir extré-évafé. M. Bouguer enfeigne un moyeilnbsp;rt ingénieux de déterminer cette inclinaifon ap-Parente; ü ^ous fuffira de dire que, pour Ie plusnbsp;q'und nombre des hommes, elle eft de i a ?nbsp;'^egrés.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
maginons done deux lignes llonzontales Sc fant ^ incliné de 2 a 3 degrés paf-'los pieds; ii eft évident que ces deuxnbsp;fi^ellesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paroitront a notre oeil comme
proieéf nbsp;nbsp;nbsp;fur ce plan incliné. Or leurs-
rantes en^u nbsp;nbsp;nbsp;feroient des lignes concou-
Tornc II P°''quot;gt;Pqavoir j celui oü lhorizontaie
-ocr page 186-178 Recreations Mathématiques. menée de 1oeil Ie rencontreroit: on doit dofl*-voir ces lignes comme convergentes.
II fuit de-la que fi, par quelquillufion particU' Here de la vue , Ie plan oü font fituées ces ligne*nbsp;paralleles, au lieu de paroitre au deffus, paroifloi*^nbsp;incline en deffous, lallée paroitroit divergente'nbsp;Ceft ce que M. Smith, dans fon Traité TOptiqu^inbsp;dit arriver a 1avenue du chateau de M. North gt;nbsp;dans Ie comté de Norfolk* Mais il feroit a fouhai'nbsp;ter que M. Smith eüt décrit avec plus de détailnbsp;pofition des lieux.
Quoi quil en foit , nous allons, daprès ceJ données, réfoudre un problême alTez curieux gt;nbsp;amp; affez célehre parmi les opticiens.
Comment faudroit-il s'y prendre pour tracer aLlie qui , vue de rune de fes extrémités , partt^nbsp;avoir fes cótès parfaitement paralleles ?
ImAGINEZ un plan incline de i degrés amp; demi» amp; que fur ce plan foient tracées deux lignes paral'nbsp;leles. Que de 1oeil foient menés deux plansnbsp;ces deux lignes , lefquelles étant prolongées, coU'nbsp;peroient Ie plan horizontal en deux autres lignes'nbsp;ces deux lignes feront divergentes, amp; concour'nbsp;roient, étant prolongées en arriere, derriere 1^nbsp;fpeéfateur.
li neft done queftion que de trouver ce poif*^ de concours. Or cela eft facile : avec un peunbsp;géométrie, on doit voir que ceft celui oünbsp;ligne menée par 1oeil parallélement au plannbsp;cliné ci-deflus, amp; dans la direélion du milieunbsp;lallée, iroit rencontrer Ie plan horizontal.nbsp;done menée par lcKil du fpedateur, amp; dans 1®
-ocr page 187-Optique, nbsp;nbsp;nbsp;179
plan vertical paffant par Ie milieu de lallée , une ^gne incllnée a riiorizon de 2 a 3 clegrés ; Ienbsp;point OU elle rencontrera Ie plan horizontal, feranbsp;'^elui oil les deux: cótés de Tallée doivent concou-Amfi, menant de ce point par les deux exfré-^ités de Ia largeur initiale de lallée , deux lignesnbsp;tho.tes , ce fera la trace dans lacjuelle doiventnbsp;planfés tous les arbres pour paroitre formernbsp;cótés paralleles.
, En fuppofant la hauteur de loeil égale a 5 Peds, Ie commencement de lallée large de 6nbsp;toifes Ou 3Ó pieds , on tróuve par Ie calcul, quenbsp;^ point de concours ci-deffus feroit a j 02 piedsnbsp;^0 arriere , amp; que Tangle formé par les cótés denbsp;^ allee devroit être denviron 18 degrés.
Jai cependant peine a croire que des lignes alfant uh angle fi fenfible , piiilTent jamais paroï-tte paralleles a un ceil fis au dedans , en quelquönbsp;«ndroit quon Ie placat.
un tahkau qui, fuivant les cotes d ou on li ^^njidérera ^ préfcntera. deux pcintures différent es.
^REPar5;x un nombre fuffifant de petits prifmes jHUilateraux , de quelques lignes feulement danbsp;^|geur, ^ dune longueur égale a la hauteur dunbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'quot;°os voulez faire,
des onfuite tous ces prifmes les uns a cóté tablear^^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;devroit occuper votre
a nbsp;nbsp;nbsp;tableau en bandes égales en largeur
faces des prifmes ci-deffus, Sc col^ p ordre for les faces dun même cóté,
enfin un autre tableau tout différent dtf
Mij
-ocr page 188-tSo Recreations Mathématiques. premier, amp; Iayant pareillement divife en banded^nbsp;collez-les fur les faces du cóté oppofé.
II eft évideiit que quand on fera dun cóté , on ne pourra voir que les faces de ce priftne tournee^nbsp;de ce cóté : on verra done 1une des peintures; ^nbsp;en confidérant le tableau du cóté oppofé^ onnbsp;perdra de vue la premiere , amp; 1on nappercevrnnbsp;que la feconde.
On pent rneme faire un tableau cjui, vu de faco des deux cótés, préfentera troisfujets différents-II faut, pour cela, couper en bandes le tableau dnnbsp;fond, amp; les coller fur ce fond, de maniere quilnbsp;refte entrel'es Iefpace dun carton extrêmementnbsp;fin. Sur ces intervalles vous eleverez perpendicU'nbsp;lairement au fond , des bandes de ce carton, nnbsp;peu prés égales en hauteur a leur intervalle , amp; ft'tnbsp;les faces droites de ces cartons vous collerez R*nbsp;parties ciun fecond tableau découpé en bandes-Enfin fur les faces gauches vous collerezles partiednbsp;dun troifierae tableau découpé de la même mn'nbsp;niere, II eft évident que quand vous verrez le ts'nbsp;bleau en face amp; dun certain éloignement, vonsnbsp;ne verrez que le fond; mais eloignez-vousnbsp;cóté , amp; die maniere que la hauteur des bandesnbsp;de carton vous cache le fond, vous verrez uui''nbsp;quement le tableau colle en parties détachéesnbsp;les faces tournees de ce cóté ; enfin, en palTait*-de Iautre cóté , vous verrez un troifieme tables'*'
PROBLÊME XXIII.
Dicrlre fur un plan une figure difforme, qui p^' roifil dans fes proportions kant yue dun poirtlnbsp;dkinnini.
On peut déguifer, eeft-a-dire rendre diffotif® une figure, par exeniple, une tête, enforteque^'^
-ocr page 189-OpTtQUE. nbsp;nbsp;nbsp;i8r
l^aura aucune proportion étant regardée de front Jir Ie plan on on laura tracée; inais étant vnenbsp;un certain point, elle paroitra belle, ceft-a-direnbsp;pils fes juftes proportions. Cela fe pratiquera denbsp;forte.
Ayant defflné fur du papier avec fes jnfres me- PJ. la figure que vous voulez déguifer , décrivezfig. 19»nbsp;^ quarré autour de cette figure, comme ABCD,nbsp;r reduifez-le en plufieurs autres petits quarrés,
'vifant les cotés en plufieurs parties égales, par pemple en fept, amp; tirapt des lignes droites ennbsp;ongnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;travers par les points oppofés des divi-
^lons, comme font les peintres quand ils veulent ^ontre-tirer un tableau 5c Ie réduire au petit pied,nbsp;ceft-a-dire de grand en petit.
Cette preparation étant faite, décrivez a direction fur Ie planpropofé Ie quarré long EBFG ,
^ divifez 1un des deux plus petits cotés EG, BF,
'^oinme EG, en autant de parties égales cjuep 'otifient DC, 1un des cotés du quarré ABGD,
^^iTime ici en fept. Divifez lautre cóté BF en ^cux également au point H , duquel vous tirereznbsp;les points de divifion du cdté oppofé EG,
^utant de lignes droites, dont les deux devaieres ^ront EH, GH.
Après cela, ayant prls a difcrétion fur Ie coté point I, au deftus du point H , pour la hau-^^Hr de 1oeil au deffus du plan du tableau , tireznbsp;^ point 1 au point E, la ligne droite EI, quinbsp;coupe ici celles qui partent du point H , aux points
vousti^ 4,5, 6,7. Par ces points dinterfeélioii o *^iicrez des lignes droites paralleles entrelles,
ainfi nbsp;nbsp;nbsp;'lquot; 'riygl^EGH, ql fe ov.«
' j , CO autant de trapezes qu il y a de quar-es dans Ie qua^ ABCD. Ceft pourquoi, fi 1oa
i8z Recreations Mathématiques. rapporte dans ce triangle EGH, la figure quinbsp;dans Ie quarjé ABCD , en faifant paffer chaqi'^nbsp;trait paries mêmes trapezes ou quarrésperfpeftifs»nbsp;qui font repréfentés par les quarrés naturels dunbsp;grand ABCD, la figure difforme fo trouvera de'nbsp;crite, On la verra conforme a fon prototype gt;nbsp;ceft-a-dire comme dans Ie quarré ABCD , en lanbsp;regardant par un trou qui doit être petit du cóténbsp;de Boeil, amp; bien évale du cóté de la figure, commenbsp;K , que je fuppofe perpendiculairement élevé fornbsp;Ie point H , enforte que fa hauteur LK foit égalenbsp;a la hauteur Hl, qui ne doit pas être bien grande,nbsp;afin que ^la figure foit plus difforme dans Ie ta-bleau.
II y a aux Minimes de la Place Royale une deformation femblable dune Magdeleine en prieres gt; qui a quelque célébrité. Elle eff loiivrage du perenbsp;Niceron, religieux de eet ordre, qui seft extrê-mement exercé for ce genre damufement opquot;nbsp;tiqiie.
On peut encore faire plufieurs autres déforma' tions fomblables, peindre, par exetnple , for unenbsp;forface courbe , cylindrique , conique , fphéri'nbsp;que, une figure qui, vue dun point determine gt;nbsp;paroiffe réguliere ; maïs, outre que cela ne réuflfonbsp;pas dans la pratique tout-a-fait auffi bien que dan*nbsp;la théorie , nous ne croyons pas devoir imiternbsp;M. Ozanam , en nous appefantiffant for ce fojet»nbsp;randis quil y en a tant dautres beaucoup pfo*nbsp;curieux. Ceux qui eftiment plus que de raifor*nbsp;ces gentilleffes optiques , peuvent confoiter 1^nbsp;Perfpeclive curïeufe du pere Niceron , oü ils trodquot;nbsp;verpnt for cela les plus grands détails.
-ocr page 191-183
o P T I Q Ü E.
PROBLÊME XXIV.
^tant donné un quadrilaten qmlconque , trouver ks divers paralUlogrammes ou reBangles dont ilnbsp;peut être la Tepréfentation perfpective; ou blen,
^tant donné un parallélogramme quelconque , rectangle OU non , trouver fa pojition amp; celle de koiil, qui feront que fa repréfentation perfpective fera un quadrilatere donné.
S
O IT Ie quadrilatere trapézoïde donné ABCD , _ Pb 6, Sue nous fuppoferons Ie plus irrégulier quil fe ^S- 2.0.nbsp;Puiffe , amp; nayant aucuns cótés paralleles. Pro-longez les cótés AB , CD, jufqua leur concoursnbsp;en F, amp; les cótés AD , BG , jufqua leur rencontre en E; tirez ÊF, amp; par Ie point A fa parallele
Je dis premiérement que, quelle que folt Ia Pofition de loeil, pourvu que ce quon appelle Ienbsp;point de vue foit dans la ligne EF, amp; non feule-Ptont dans la ligne EF, mais dans fa prolongationnbsp;part OU dautre, lobjet dont Ie quadrilaterenbsp;¦^BCD eft la repréfentation perfpeftive, fera unnbsp;P^rallélogramme.
Car tous ceux qui connoilTent les regies de la P^ffpeélive, fqavent que les lignes paralleles entrenbsp;fur Ie plan horizontal, ont des apparencesnbsp;Sui concourent dans un même point de la paral-a lhorizon tirée par Ie point de vue, Ainftnbsp;toutes les lignes perpendiculaires a la ligne denbsp;tErre , ont des apparences qui concourent dans Ienbsp;point de vue même ; toutes celles qui font avecnbsp;cette ligne des angles de 45 degrés , ont leurs ima-jS°quot;°urantes dans ce quon appelle les pointsnbsp;de diftance j celles enfin qui font des angles plus
M iv
-ocr page 192-184 Recreations Mathématiques.
grands on moindres, ont cles images qui concoiirent dans dautres points, quon determine toujour*nbsp;en tirant de iceil jufquau tableau une ligne paral'nbsp;Iele a ccUes dont on clierche la repréfentatiotinbsp;perfpeilive : done toutes les lignes qui dans Isnbsp;tableau concourent dans des points fitués dansnbsp;ligne du point de vue, font des Images de ligne*nbsp;horizontales amp; paralleles. Ainfi les lignes for Isnbsp;plan horizontal, qui ont pour reprefentation dan*nbsp;ie tabipau les lignes BC, AD, font paralleles:nbsp;il en eft de même de celles qui donnent les image*nbsp;lineaires AB , DC. Or deux paires de lignes paral'nbsp;leles forment neceftaireraent par leurs interfec'nbsp;tions un parallelogramme ; done Tobjet dont lenbsp;quadrilatcre ABCD eft Iimage pour un oei! fttuenbsp;a la hauteur de la ligne FE, dans quelquendroitnbsp;que foit le point de vue , eft un parallelogramme-Cela démontré,nous fuppoferons dabord quonnbsp;veuille avoir pour ob)et un reftangle. Pour trou-ver dans ce cas la place de Iceil, divifez la diftnbsp;tance FE en deux egalement en I, amp; fuppofeZnbsp;IcEil fttue enforte que la perpendiculaire tirée denbsp;ia place avi tableau tombe for le point I, amp; quenbsp;la diftance foit égale a IE ou I F; les points F, Unbsp;ieront done ce quon nomme, dans le langage denbsp;Ia perfpeftive, les points de diftances. Prolongednbsp;les lignes CB, CD , jufqua la ligne de terre ennbsp;G amp; H ; les lignes FICF , ABF, ieront les image*nbsp;de lignes faifant avec la ligne de terre des angle*nbsp;de 4^ degrés. II en fera de même de celles dontnbsp;GCE , ADE , font les images. Done , tirant dun ,nbsp;cóté H Jc, A il, indéfinies, amp; inclinées a la lignt: ^nbsp;de terre dfon angle de 45 degrés, amp; de lautrenbsp;poté amp; dans un fons contraire les lignes Gbc ^nbsp;A j in^iinecs aufll dun angle dciui-droit,
-ocr page 193-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;185
lignes fe rencontreront néceffairement a angle droit, amp; formeront Ie reftangle kb cd.
Si 1on fuppofoit Ie point de vue dans un autre point , par exemple au point E, ceft-a-dire quenbsp;1ceil fut direftement au devant du point E , amp; anbsp;Un éloignement égal a EK, il faudroit, aprèsnbsp;avoir tiré les perpendiculaires EL , FM , a la lignenbsp;de terre dans Ie plan du tableau , mener a la mêmenbsp;ligne de terre dans Ie plan horizontal, la perpendiculaire LN égale a EK, puis la ligne NM, fai-fant avec la ligne de terre langle LMN. Meneznbsp;enfuite aux points G Sc A les perpendiculaires in-définies AD, GK, amp; par les points A amp;; H lesnbsp;lignes indéfinies HK AB, faifant avec la ligne denbsp;terre des angles égaux a LMN amp; en fens con-traires; ces deux paires de lignes fe rencontreront en BKD , amp; donneront évidemment un pa-rallélogramme oblique qui feroit lobjet dontnbsp;BCDA eft la repréfentation pour un ceil fitué vis-a-vis E, amp; a une diftance du tableau égale a EK.
Si les cótés kb , cd, dans Ie reftangle kbcd étoient divifés en parties égales par des parallelesnbsp;^ux autres cótés, il eft clair que prolongeant cesnbsp;paralleles , elles couperoient en autant de par-lies égales la ligne AG. II en eft de mêine des pa-lalleles a kb,cd,- couperoient en portionsnbsp;égales les cotés kd,bcj la ligne AH en feroitnbsp;divifée aufii en parties égales. Ceci donne Ienbsp;uioyen de divifer, ft 1on v'eut, Ie trapeze ABCDnbsp;en carreaux, qui feroient la repréfentation de ceuxnbsp;dans lefquels kb cd feroit divifé.
Nous donnerons dans la fuite la folution dun problême affez curieux , amp; relatif a la decorationnbsp;desjardins, qui eft une fuite de celui que oousnbsp;venons de réfoudre.
-ocr page 194-iSÓ Récréations Mathématiques.
Des Miroirs plans (a).
On appelle miroirp plans, ceux dont la fur-face -j;é{léchiffante eft plane; tels font les mi-Toirs ordinaires de glalïe (è) dont on décore les appartements. On pourroit aufli faire des miroirsnbsp;plans de métal; tels étoient ceux des anciens:nbsp;maïs, depuis linvention des glaffes , on nen faitnbsp;plus guere , finón en petit, pour quelques inftru-inents doptique, oü il eft néceffaire de prévenir lanbsp;double reflexion qui fe fait fur ceux de glaflTe,nbsp;Tune fur la furface antérieure, lautre fur la pofté-rieure. Ceft cette derniere qui donne 1image lanbsp;plus yive ; car ótez létamage dune glafte , vousnbsp;verrez auffi-töt cette image vive prefque difpa-roitre , ^ celle quon aura a fa place égalera inbsp;peine celle que donne la premiere ftirface.
On fuppofe , au refte , ordinairement dans la catoptrique, les deux furfaces dun miroir ft peunbsp;éloignées 1une de lautre , quelles nen fontnbsp;quune , fans quoi il y auroit beaucoup de modifications a faire a fes determinations.
P R O B L Ê M E XXV,
nes, trouver Ie point de réjlexion fur la furface d'un miroir plan.
PI. 6, P A R Ie point B donne de lobjet, amp; A Ie lieu de %. 2i*roeil, foit conquun plan perpendiculaire au miroir,
(.j) M, Ozanam les appelle p/aw, mais cette expreffion me paroit plate.
( ^ ) Oti nous permettra, malgré lufage , décrire ainfl ce mot; car il vient du mot anglois ou faxon f-af, qui A'nbsp;gnlfie verre.
-ocr page 195-OptIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;1S7
^ Ie coupant clans la ligne C D ; du point B foit luenée a CD la perpendiculaire BD, que vousnbsp;prolongerez jufquen F, de forte que DF , DB,nbsp;foient égales; par les points F amp;: A , tirez la lignenbsp;AF qui coupera CD en E: ce point E fera Ie pointnbsp;de réfl exion , Ie rayon incident fera BE , Ie rayonnbsp;'¦éfléchi EA ; amp; les angles dincidence BED , ècnbsp;de réflexion AEC , feront égaux.
Car il eft évident, par cette conftruftion , que Jes angles BED, DEF, font égaux. Or les anglesnbsp;DEF, AEC Ie font aulli , comme étant oppofés aunbsp;fornmet: done , amp;c.
PROBLÊME XXVI.
Méme fuppojition fake que ci - dejfus , trouver Ie keu de rimage du point B.
L E lieu de Timage du point B neft autre chofe que Ie point F ; mais nous nen donnerons pasnbsp;pour raifon celle qui eft vulgairement alléguéenbsp;dans les livres de catoptrique, fqavoir que , dansnbsp;ïoute efpece de miroirs, Ie lieu de 1image eft dansnbsp;prolongation du rayon de réflexion , jufqua lanbsp;Perpendiculaire tirée du point de Iobjet fur la fur-f^ce réfléchiflante ; car quelle énergie peut avoirnbsp;eette perpendiculaire, qui neft quun être iinagi-^^ire , pour fixer ainfi cette image dans fon concours avec Ie rayon réfléchi prolongé , plutötnbsp;fluen tout autre point ? Ce principe eft done ridi-cule , dénué de fondement.
eft cependant vrai c[ue , dans les miroirs plans, Ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;apperqoit lobjet eft dans Ie
^?fcgt;urs de cette perpendiculaire avec Ie rayon ^ echi prolongé ; mais ceft accidentellement,nbsp;^ voici Ia raifon,
-ocr page 196-I §8 Recreations Mathématiques,
Tous les rayons émanés du point de lobjet B y amp; réfléchis par Ie miroir, concourent étant pro-longés au point F ; done leur arrangement a 1é-gard de 1oeil eft Ie même que sils venoient dunbsp;point F. Ils doivent done faire fur les yeux lanbsp;même fenfation que li lobjet étoit en F ; car 1oeilnbsp;nen feroit pas autrement affedté, sils venoientnbsp;réellement de ce point,
Doü il efl: aifé de conclure que , dans un miroir plan, lobjet paroit auffi enfoncé quil eft éloi-gné du miroir.
II senfuit auffi que la diftance AF de 1image F a 1oeil, eft égale a la fomme des rayons dinci-dence BE amp; de reflexion AE, puifque BE amp; EFnbsp;Font égales.
II senfuit encore que , quand Ie miroir plan eft parallele a lhorlzon comme CD , une grandeurnbsp;perpendiculaire comme B D dolt paroure ren-verfée.
Enfin que , quand on fe regarde dans un miroir plan , la gauche paroit a droite , amp; la droite anbsp;gauche de 1image.
PROBLÊME XXVII.
Etant donnés plufieurs miroirs plans, amp; les places de l ceil amp; de l objet, trouver Ie cliemin du rayonnbsp;venant de \robjet d Voeil, apres deux ^ trois ynbsp;quatre reflexions.
PI. 6, So IE NT les miroirs AB , CD ; que OFE foit % la perpendiculaire tirée de lobjet O fur Ie miroirnbsp;AB , amp; prolongée au deflbus, enforte que FE foitnbsp;égale a OF; que SHI foit pareillement la perpendiculaire tirée de 1oeil fur Ie miroir CD , amp; prolongée enforte que Hl foit égale a HS; joignes
-ocr page 197-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;189
les points I, E , par la ligne EI, qui coupera les miroirs en G amp; K.; tirez les lignes OG, GK, KS :nbsp;ce fera Ie chemiii du rayon allant du point O anbsp;1cell par-deux réflexions.
Oubien, la premiere partie de la conftrnftion lubfiftant, du point E abaiffez fur Ie miroir CDnbsp;la perpendiculaire E L M prolongée au delTous ,nbsp;de forte que LM foit égale a LE ; tirez la lignenbsp;SM, qui coupera CD en K, amp; du point K la lignenbsp;KE , qui coupera AB en G , enfin KO : les lignesnbsp;OG, GK , KS , feront encore Ie chemin du rayonnbsp;partant du point O , amp; allant a losil après deuxnbsp;réflexions.
Dans ce cas, Ie point M fera Tiinage du point O amp; la diftance SM fera égale a ia fomme desnbsp;rayons SK , KG , GO,
Suppofons a préfent trois miroirs amp; trois reflexions ; on trouvera de même Ie chemin que dok tenir un rayon incident pour parvenir a 1oeil aprèsnbsp;ces trois réflexions. Soit, pour cela, OI la perpen- PI. 7,nbsp;culaire de lobjet fur Ie miroir AB , amp; Hl égale afig- ^3-HO. Du point I foit IK perpendiculaire fur CBnbsp;prolongée sil Ie faut, Sc que KM foit égale a MI;nbsp;enfin du point K foit abaiffée fur DC prolongée lanbsp;perpendiculaire KN, qui foit prolongée en L, en-Ibrte que LN foit égale a KN : tirez SL , qui coupera CD en G ; puis du point G la ligne GK , quinbsp;coupera CB en F ; enfuite de F la ligne FI, quinbsp;coupe AB en E ; enfin foit tirée EO : cette lignenbsp;EO efl: celle fuivant laquelle Ie rayon incidentnbsp;dolt tomber fur Ie premier miroir, pour arriver anbsp;Ioeil S après trois réflexions en E, F, G.
Et dans ce cas, Ie point L fera Ie lieu de limage del objet pour lcell placé en S ; Sc la diftance SLnbsp;fera égale ^ SG, GF, FE, EO prifes enfemble.
-ocr page 198-J90 Recreations MathÉmatiques.
On moritre dordinaire Iapplication de ce pro-bleme au jeu de billard. Mais comnie nous avons deja traité ce fujet dans la tnecanique , nous Jnbsp;renvoyons.
PROBLÊME XXVIII.
ProprUds diverfcs des Miroirs plaiis.
I. Dans les miroirs plans , 1image de 1objef eft toujours egale lemblable a Iobjet; car ilnbsp;eft aife de demontrer qile chaque point de Iobjetnbsp;paroiflant autant enfonce dans le miroir quil ennbsp;eft éloigné, chaque point de 1image eft femblable-ment placé, amp; a égale diftance a 1égard de tousnbsp;lesautres, que dans Iobjet; dou doit néceftaire-ment fuivre légalité amp; la fimilitude de Iobjet amp;nbsp;de rimage.
II. Dans un miroir plan, ce qui eft a droite paroit a gauche de 1image , amp; vlcifsim. Ceft ce^nbsp;qui eft aifé a éprouver. Ainfi , lorfqua un miroirnbsp;on prefente une ecriture ordinaire , ceft-a-dire denbsp;gauche a droite , on ne fqauroit la lire, car cenbsp;mot A IM A N T, par exemple, le prefente fousnbsp;cette forme, TNAMIA; mais, au contraire,nbsp;ft 1on prefente ce dernier mot au miroir, on verranbsp;AI M A N T. On a par-la un moyen de faire unenbsp;forte décriture fecrete ; car, ft 1on ecrit de droitenbsp;a gauche, on ne pourra lire cette écriture ; maisnbsp;celui qui en fera prévenu, en la préfentant a unnbsp;miroir, la verra comme une écriture ordinaire. 11nbsp;ne faut pas au refte employer ee moyen pour ca-cher de grands fecrets, car il eft peu de perfonnesnbsp;qui ne le connoiffe.
in. Lorfque, dans un miroir plan, yous pouvez; vous voir tout entier, a quelque diftance que vous,nbsp;vous en eloigniez, vous vous verrei toujours tout
-ocr page 199-o P T I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;I91
entier; amp; la hauteur du miroir, occupée par votre image, fera toujours la moitié de votre hauteur.
I V, Si vous.recevez un rayon du foleil fur un miroir plan , amp; que vous donniez a ce miroir unnbsp;mouvement angulaire, vous verrez Ie rayon fenbsp;mouvoir dun mouvement angulaire double ; en-lorte que quand Ie miroir aura parcouru 90°, Ienbsp;fayon en aura parcouru 180,
V. nbsp;nbsp;nbsp;Si vous inclinez a une furface horizontalenbsp;Un miroir plan a angle de 45, fon image fera verticale.
VI. nbsp;nbsp;nbsp;Si deux miroirs plans font difpofés paral-lélement, amp; quon place entre deux un objet ,nbsp;par exemple une bougie allumée, on verra dansnbsp;1un amp; 1autre une longue fulte de bougies, quinbsp;sétendroit a Iinfini fi chaque image ne saffoiblif-foit pas a mefure que les reflexions qui la produi-fent font plus multipliées.
VII. nbsp;nbsp;nbsp;Lorfque deux miroirs font difpofés denbsp;maniere quils forment un angle au moins de 120,nbsp;On verra plufieurs images, fuivant la pofition denbsp;ioeil. Silon diminue langle des miroirs fans quenbsp;^lt;^11 change de place , on verra ces images fenbsp;oiultiplier comme fi elles fortoient de derriere unnbsp;^orps opaque.
il faut remarquer que toutes ces images font lt;ians la circonférence dun eerde tracé du pointnbsp;concours des miroirs par Ie lieu de robjet.
Le pere Zacharie Traber , Jéfuite, dans fon ^^rvus opticus , amp; Ie pere Tacquet dans fon Opti-¦gt; Out beaucoup examine tous les cas réfultantsnbsp;es différents angles de ces miroirs, ainfi que clesnbsp;d'fferentes pofitions de 1ceil amp;c de lobjet. Nousnbsp;^'oyons devoir y renvoyer.
IC)^ Recreations MatiIématiques.
VIII. Lorfqu'on confidere obliquement uti ob' jet liUTiineux, comma la flamme dune bougie,nbsp;dans un miroir plan de verre, ayant quelque epair-feur, on appetqoit plufieurs images de cet objet:nbsp;la premiere ou la plus voifine de la furfacè de lanbsp;glace, eft moins brillante que la feconde; celle-cinbsp;eft la plus brillante de toutes ; après elle on ennbsp;apperqoit une ftiite de moins en moins eclatantes,nbsp;quelquefois jufqua cinq ou fix.
La premiere de ces images eft produite par la furface anterieure de la glace, amp; la feconde parnbsp;la furface poftérieure , qui etant enduite de lanbsp;feuille détain, amp; devenue opaque par-la, doitnbsp;donner une reflexion plus vive : aufli eft-elle lanbsp;plus brillante de toutes. Les autres font produitesnbsp;par des rayons de Tobjet, qui, après plufieurs reflexions contre les furfaces tant antérieure quenbsp;poftérieure du miroir, parviennent a 1oeil. Nousnbsp;allons developper ceci.
PL 7, Soit V X répailTeur de la glace en queftion ; ftg- que A foit Iobjet, amp; 0 le lieu de Ioeil, que nousnbsp;fuppofons egalement éloignés du miroir- Parminbsp;tons les petits faifceaux des rayons incidents , il ynbsp;en a un AB , qui étant réfléchi par la furface antérieure en B , atteint Ioeil par la ligne BO. Hnbsp;forme en A' la premiere image de Iobjet.
Un autre, comme AC, penetre la glace en fs rompant fuivant CD; il fe réfléchit en bE amp; dansnbsp;fa totalite, a caufe de lopacité de la furface pol'nbsp;terieure du miroir ; amp; an point E fe rompant denbsp;nouveau, il parvientenO, amp; forme en Aquot; Iiquot;nbsp;inage la plus vive du point A.
Un autre petit faifceau AF penetre aufli dans la glace, fe rompt en FG, fe réfléchit en GB»nbsp;doii une partie fort, mais ne fqauroit parvenir i
Iceil ;
-ocr page 201-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;19J
lire'll; 1autre partie fe réfléchit fuivant BH , puis fuivant Hl, doü une petite partie fe réfléchit encore ; mais Ie furplus fort de la glace, amp; fe romptnbsp;fulvant la ligne I O, par laquelle il arrive a 1oeil:
donne conféquemment la troifieine image en A'quot; plus foible que les deux autres.
La quatrieme image eft formée par un faifceau rayons incident, qui éprouve deux réfraftionsnbsp;comme les autres, amp; cinq reflexions, fqavoir,nbsp;trois contre la furface poftérieufe de la glace, amp;cnbsp;lt;^cux contre lantérieure. II faut, pour la cin-^üieme , deux réfraftlons amp; fept reflexions , fqa-'Voir, trois contre la furface antérieure, amp; qiiatrenbsp;Contre la poflérieure ; amp; ainfi de fuite. II eft aifénbsp;de fentir par-la corabien ces images doivent dimi-mier de vivacité ; aufli eft-il bien rare den voirnbsp;plus de quatre ou cinq.
PROBLÊME XXIX.
Difpofer plujieiirs miroirs de maniere quon puijfe fe voir dans chacun en menie temps.
T
¦*-L eft aifé de fentir quil ny a qua difpofer ces ïtiiroirs fur la circonférence dun eerde , de ma-^'Cre quils conviennent avec les cordes de cenbsp;^ctcle : alors, en fe plaqant au centre , on fe verranbsp;tous les miroirs a-la-fois.
S I
dun
ces miroirs font difpofés fuivant les cótés polygone régulier amp; de cótés en nombrenbsp;pair, ^lejjggone ou lodogone paroiftent Ie plusnbsp;convenables ); ft dailleurs tous ces miroirs fontnbsp;bien verticaux amp; bien plans , vous aurez un cabinet qui voiis paroitra dune étendue imtnenfe,nbsp;Tornt .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;N
194 Récréations Mathématiquès. dans lequel, quelque part que vous vous placieZ »nbsp;vous vous verrez répété un nombre prodigieux denbsp;fois.
Ce cabinet etant éclairé intérieurement par un luftre placé dans fon centre , vous jouirez dunnbsp;fpeélacle extrêmement agréable, en voyant cesnbsp;longues files de lumiere qui fe préfenteront a vousnbsp;de quelcjue cote cjue vous jetlez la vue.
PP^OBLÊME XXX.
Mcjuter une hdutcur v^Tticdle ^ amp; dont li pied cjt mcmz inacceJjlbU , au moytn de la reflexion.
PI. 7, On fuppofe que la hauteur verticale AB eft %-^5-celle dune tour, dun clocher, amp;c. dont onnbsp;cherche la mefure. Pour eet effet, placez en Cnbsp;un miroir bien horizontalement, ou , parcequenbsp;cela eft aflez difiicile , amp;c que la moinclre aberra-ration cauferoit une grande erreur fur la hauteur anbsp;mefurer, placez en C un vafe contenant de leau,nbsp;amp; réfléchiiTant la lumiere comme un miroir. LoeUnbsp;qui reqoit Ie rayon de réftexion étant en O , me-furez avec foin la hauteur O D Aar Ie plan hori'nbsp;zontal du miroir placé en C , mefurez auffi DC,nbsp;ainfi que CB fi cette derniereeft acceffible ; faitesnbsp;enfin comme CD eft a DO , ainfi CB eft a BA:nbsp;ce fera la hauteur cherchée.
Mais fuppofons a préfent que Ie pied de la tout ne foit pas accelTible; comment sy prendra-t-onnbsp;ppur mefurer la hauteur AB ? Le voici,
Après avoir exéciité 1opération précédente, ^ lexception de la mefure de CB , qui par la fupp'^'nbsp;fition eft impoflible , prenez une autre ftation?nbsp;comme c, ou vous placerez un miroir; pn'*nbsp;vous plaqant en 4, doü votre oeil appercevra 1®
-ocr page 203-point A par Ie rayon réfléchi c o, mefurez encore cd amp; do; après quoi, vous ferez cette proportion: comme la difference de CD amp; eft a CD, ainli la diftance C c des deux points de reflexion eft a une quatrieme proportionnelle, quinbsp;fera la diftance BG , qui nous étoit inconnue.
Cette quantité B C connue , il ny a plus qua faire la regie de proportion indiquée ci-deflus , Scnbsp;ion aura la hauteur AB.
Nous ne donnons aflurément pas cette operation comme fufceptible dune grande exaftitude flans la pratique. Les moyens purement géomé-triques , en y employant de bons inftruments,nbsp;feront toujours préférables. Mais nous avons crunbsp;quon trouveroit ici a redire romiffion de cette ,nbsp;fpéculation géométrico - catoptrique , quoiquenbsp;peut-être elle nait jamais été mife en pratique.
Mefurer une hauteur verticale , inaccejjible même par Ie pied, au moyen de fon ombre.
Elevez perpendiculairement fur un plan bien horizontal, un baton dont vous mefurerez avecnbsp;foin la hauteur au delTus de ce plan ; nous la fup-poferons de 6 pieds exaöement.
Prenez enftiite , lorfque Ie foleil commence a haifter après midi, ftir Ie terrain qui vous eft ac- %¦nbsp;ceflible , un point dombre C du fommet de lanbsp;*our a mefurer , amp; en même temps un pointnbsp;flombre c du fommet du baton implanté per-psndiculairement fur Ie même plan ; attendez unenbsp;couple dheures, plus ou moins, amp; prenez avecnbsp;promptitude les deux points dombre D Scd, dunbsp;ommet de U tour du fommet du baton ; vous
Nij
-ocr page 204-1^6 RécréAtions Mathématiques. tirerez enfuite une ligne droite, qui joindra leSnbsp;deux points dombre du fommet de la tour , Scnbsp;vous la mefurerez; vous mefurerez de même lanbsp;ligne qui joint les deux points dombre c amp; ap-partenants au baton. II ne reftera plus qua fairenbsp;une regie de proportion , fqavoir : comme lanbsp;longueur de la ligne qui joint les deux pointsnbsp;dombre du baton , a la hauteur de ce baton ,nbsp;ainli la longueur de la ligne qui joint les deuxnbsp;points dombre de la tour, a la hauteur de cettenbsp;tour.
11 ne faut quavoir la connoiflance des premiers elements de la geometrie, pour reconnoitre a lanbsp;premiere infpeélion de la fig. 26, que les pyrami-des BADC amp; hadc font femblables, amp; confé-quemment que c d eAkab comme CD a AB quinbsp;eft la hauteur cherchée.
De, quelques tours ou efpeces de fubtHités quon peut exécuter avec des miroirs plans.
On peut, avec différentes combinaifons de ini-roirs plans, exécuter divers tours curieux , amp; qui pourroient embarrafler amp; furprendre des gensnbsp;nayant aucune idee de la catoptrique,'^ Nousnbsp;allons en faire connoitre quelques-uns.
I nbsp;nbsp;nbsp;de^us l'épaule un coup de pijlolet
aujji surement que Ji Von couchoit en joue.
PI. 8, Pour exécuter cette efpece de tour , placez de-fig. 27. vant vous un miroir plan, dans lequel vous ap-perceviez lobjet que vous devez frapper; enfuite mettez Ie canon du fufil ou du piftolet fur lé-paule, dirigez-le, en regardant dans Ie miroir,
-ocr page 205-comme fi Timage étoit Tarme elle-même, ceft-3-dire de forte que limage de Tobiet a frapper foit cachée aloeil par Ie canon, ou dans laügne-de la mire ; 11 eft évident que fi vous lacheznbsp;3lors Ie coup , Ie but doit être frappé-
1, Faire une hotte dans laqmlle on verra des ^orps pefants, comme une balie de plomb, monternbsp;tontre leur inclination naturelle.
Soit une boite quadrangulaire ABCD , qui efl; Pb 8» repréfentée par la fig. 28, ou 1on fuppofe iin des %nbsp;cotés enlevé pour faire voir lintérieur. Le plannbsp;HGDC eft un plan légérement incline, fur la fur-face duquel eft tracée une rainiire demi-circulairenbsp;amp; en zigzag, le long de laquelle une balie de plombnbsp;puiflfe rouler amp;; defcendre. HGFI eft un iniroirnbsp;mdiné, M enfin eft une ouverture a la face oppo-, qui doit être tellement arrangée , quen ynbsp;*^ettant 1oeil on ne puiffe point voir le plan in-'^liné HD , mais feulement le miroir. On fentnbsp;^ifement que Iimage de ce plan, f^avoir HLKG,nbsp;en apparence un plan prefque vertical, amp;Cnbsp;^uun corps qui roulera de G en zigzag iufquen-^ , paroitra au contraire monter en zigzag de Gnbsp;L ; ceft pourquoi, fi le miroir eft bien net,nbsp;^nforte quon ne puifle point le voir lui - même,nbsp;a quoi pourra contribuer le jour foible quonnbsp;jaiflera pour eclairer la boite interieureinent, Iil-lufton fera aflTez grande, amp; ce ne fera pas fansnbsp;quelque raifonnement quon la démêlera, fi Vonnbsp;neft pas déja au fait de Iartifice.
. 3- ConflruBlon d'une boite ou Von vote des ob^ jets tout différente de ceux quon auroit vus par unt
N iij
-ocr page 206-198 Recreations Mathématiques. autre ouverture, quoique les uns amp; les autres pctnbsp;roijjent occuper toute la botte.
11 faut faire faire une boite quarree; car ceft celle qiii 5 a caufe des angles droits , eft la plusnbsp;propre a ce jeu optique. Vous la diviierez en qua-tre par quatre cloifons perpendiculaires au fond ,nbsp;qui fe croiferont au centre , amp; centre lefquellesnbsp;vous appliquerez des mirqirs plans. Vous perce-rez eniiiite chaejue face de la boite dun trou propre a regarder au dedans , amp; qui foit tellementnbsp;ménagé, cjue 1on ne puifle voir que les miroirsnbsp;appliqiiés centre les cloifons, amp; non la bafe. Dansnbsp;chaque petit triangle rectangle enfin, qui eft formrSnbsp;par deux cloifons , vous difpoferez un objet qui fenbsp;répétant dans les glacés latérales, puifle former unnbsp;dèflïn régulier, comme un deflTin de parterre, unnbsp;plan de fortification, une place de ville, un pavenbsp;de compartiments. Pour éclairer lintérieur, vousnbsp;ne couvrirez la boite cjue dun parchemin tranf-parent.
II eft évident que fi 1on place Ioeil a chacune des petites ouvertures pratiquéesaux cötés de cettenbsp;boite, on appercevra autant dobjets différents^nbsp;qui paroitront néanmoins retnplir toute la boite.nbsp;Lun fera un parterre très-régulier, lautre un plannbsp;de fortification , Ie troifieme un pavé de compar-timents, Ie quatrieme une place décorée.
Si plufieurs perfonnes ont regardé a-la-fois paf ces différentes ouvertures , amp; quelles fe quef-tionnent enfuite fur ce quelles ont vu , il en pourranbsp;réfulter entrelles une conteftation affez plaifantenbsp;pour celui qui fera au fait du tour, lune aiTurantnbsp;quelle a vu un objet, lautre un autre, amp; chacuiisnbsp;étant également perfuadée cjuelle a raifon.
-ocr page 207-o P T I Q U E.
Remarqi/e.
PouR rendre plus tranfparent Ie parchemin ^ont on fe fert dans les machines optiques tellesnbsp;la précédente , il faut Ie laver plufieurs foisnbsp;^®ns une leffive claire quon changera a chaquenbsp;, amp;£ a la derniére, dans de 1eau de fontaine ;
On Ie mettra enfuite fécher a lair, en Ie tenant ^*en étendu.
Si lon veut lui donnet de la couleur, on fe fer-'ita, pourle verd , de verd-de-gris délayé clans du ''inaigre avec un peu de verd foncé; pour Ie rouge,nbsp;de 1infufion de bois de Bréfil; pour Ie jaune , denbsp;Pinfufion de baies de nerprun, cueillies au moisnbsp;dAout: lon paffera-enfin de temps en temps unnbsp;vernis fur ce parchemin.
4. oir (Tun premier étage ceux qui fe préfentent a la porte de la maifon , fans fe mettre d la fenêirenbsp;6* fans être appergu.
Placez fous la clef du bandeau de la fenétre, wn miroir regardant en bas, amp; un peu incline^9'nbsp;du cóté de 1appartement, enforte quil réflé-chiffe a quelques pieds de 1appui de la croifée,
Ou fur eet appui même, les objeis placés au de-Vant amp; prés de 1ouverture de la porte. En vous placant prés de eet appui, amp; regardant dans Ienbsp;miroir, vous pourrez voir ce qui fe préfente anbsp;1entrée de la maifon. Mais comme vous verrez ,nbsp;par ce moyen, lobiet renverfé, amp;c quon ne re-connoit que difficilement un objet lorfquon Ienbsp;voit de cette maniere ; que dailleurs il eft fati-guant amp; Incommode de regarder en haut, il fautnbsp;placer a 1endroit oü I2 premier miroir renvoienbsp;Pimage des objets, un fecond miroir plan qui fok
N iv
-ocr page 208-ioo Recreations MathématiQues. horaontal , Sc dans lequel vous regarderez : cenbsp;fecond miroir redreffant Tobjet, vous Ie recon-noutez beaucoup mieux , Sc vous Ie verrez feule-ment a une diftance plus grande, amp; comme placénbsp;perpendiculairement fur un plan un peu incline, Scnbsp;a peu de chofe prés comme fi vous Ie regardiez denbsp;Jiaiit en bas, en vous mettant a la fenêtre; ce quinbsp;fuffira ordinairement pour difcerner les perfonnesnbsp;de fa connoilTance.
La fig- repréfente eet arrangement de mi-roirs , Sc 1artifice en queftion.
M. Ozanam , Sc les autres precedents auteurs des Recreations Mathématiques, propofent en formenbsp;de problême , de faire voir a un mari jaloux cenbsp;que fait fa femme dans une autre chambre. IInbsp;faut convenir quil eft bien fpirituel amp; bien fin denbsp;percer vers Ie planchet Ie mur qui fépare deuxnbsp;chambres , de mettre dans eet endroit un miroirnbsp;horizontal, moitié dans une chambre, moitié dansnbsp;lautre, pour réfléchir, au moyen dunmiroir placénbsp;en face du lieu de la fcene, limage de ce qui synbsp;paffe dans lautre chambre. Sans doute M. Oza-nam ni fes prédéceffeurs nétoient pas des marisnbsp;jaloux, OU comptoient étrangement fur la paffionnbsp;amp; la fottife de deux amants.
problême XXXIII.
jivee des miroirs plans, produire h feu (S* Vincen~ die d une difance confdèrable,
Disposez un grand nombre de miroirs plans , èi dune certaine largeur, comme de 6 ou 8 pou-ces en quarré, de maniere que Ia lumiere folairenbsp;quils réiléchirqnt fe porte toute fur un même en*nbsp;droit: il eft évident, Sc Iexpérience Ie démontre.
-ocr page 209-o P T ï Q U E.
fi Ie nomtre de ces miroirs cornme de loo
lt;^onimun une chaleur capable denflammer des ^atleres combuftibles, Sc même a une très-grandenbsp;diftance.
Cette invention eft fans doute celle dont fe ^ervit Archimede , sil brula la flotte de Marcellus,nbsp;^oiume on le raconte , au moyen de iniroirs ar-dents; car le pere KirCher, étant a Syracufe , anbsp;^^ttiarque que les vaifteaux romains ne pouvoientnbsp;moins éloignés des muts de cette ville quenbsp;de 13 pas. Or 1on fqait quun miroir concavenbsp;^Phérique a fon foyer a la diftance de la moitiénbsp;du rayon : conféqiiemment le miroir dont Archi-Uiede fe fervit eut dü être portion dune fphere aunbsp;luoins de 46 pas de rayon; ce qui, dans 1exécu-, préfente des difRcultés infurmontables.nbsp;tailleurs , peut - on croire que les Romains, anbsp;J^pe diftance aufli peu confidérable de fa machine,nbsp;^pi en euflient lailfé tranquillement faire ufage ? Nenbsp;^ auroient-ils pas au contraire détruite en un mo-par une grêle de traits?
Larchitecle Sc ingénieur Anthemius de Tralies, vivoit fous Juftinien, eft le premier qui fe foitnbsp;avif^, au rapport de Vitellion , demployer desnbsp;^P'^oirs plans pour bruler (a) ; ma is on ignore silnbsp;^^duift(. jjjxiais ce moyen en pratique. Ceft a M.
Buffon quon doit la démonftration de la pof-' dité cle ce fait par 1exécution: il fit fabriquer *747, une machine compofée de 360 miroirsnbsp;de 8 pouces de largeur en quarré, tous mo-fur des pivots Sc genoux , de maniere a pren-fituation quon voudroit leur donner; Sc il
Hiftoire des Mathématiques, T. I, page 328.
-ocr page 210-2o^ Recreations Mathématiques. parvmf, par leur moyen, a allumer du bois ènbsp;piecis cle diftance. On peut voir dans les Mém*nbsp;de IAcad., année 1748 , Ie Mémoire curieuxnbsp;M. de Buffon fur ce fujet.
Des Miroirs fphlriqms , foit convexes , foit concaves,
Un niiroir fphérique ifeft autre chofè quu'''^ portion de fphere , dont la furface e/l poli®nbsp;de maniere a réfléchir reguliérement la lumiet^*nbsp;Si cell la furface convexe qui efi: ainfi polie ,nbsp;fera un miroir fphérique convexe ; fi ceft la fut'nbsp;face concave , ce fera un miroir concave.
11 faut dabord remarquer ici que , lorfquu'^ rayon de luniiere tombe fur une furface courb^nbsp;quelconque, il ny a qua mener un plan tangent aj^nbsp;point de cette furface ou tombe ce rayon , 6c qui^nbsp;fe réfléchit tout comme il feroit sil ny avoit qu®nbsp;ce plan. Ainfi, dans un miroir fphérique, il ny *nbsp;qua tirer au point de réflexion une tangente a 1^nbsp;furface , dans Ie plan du rayon incident amp;nbsp;centre ; Ie rayon fe réfléchira en faifant avec cett®nbsp;tangente un angle de réflexion égal a 1angie din'nbsp;cidence.
PROBLÊME XXXIV.
Le lieu de V oh jet amp; celui de Poeil itant donnei r
determiner le point de réjlexion amp; h lieu de l'image fur un miroir fphérique,
Ces deux problêmes ne font pas auffi aifés réfoudre fur les miroirs fphériques que fur lesnbsp;roirs plans; car , lorfque loeil amp; 1objet font a df*nbsp;diftances inégales dumifoir -, la determination
-ocr page 211-o P T I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;20J
PO'nt de reflexion depend néceflalrement dune Ssotnétrie fupërieure a la geometrie élémentaire ,
^ point ne peut éire afiigné fur la circonfé-^^tice du cercle, quen faifant ufage dune des ^lt;^100$ coniques. Nous omettrons pour ce-tte rai-ori cette conftruftion, Sc nous nous bornerons anbsp;quil y en a une extrêmement iimple , ou lonnbsp;^'^ploie deux hyperboks entre les afymptotes ,nbsp;ont iune détermine Ie point de réflexion fur lanbsp;Utface convexe , amp; la feconde Ie point de réfle-fur la furface concave.
H nous fuffira dobferver ici une propriété de PI. p, 'e point. Que lobjet foit B , A Ie lieu de roeil,%- 30.nbsp;^ Ie point de réflexion fur la furface convexe, patnbsp;^xemple du miroir fphérique DEL, dont Ie centrenbsp;«IfC; FGla tangente au point E, dans Ie plannbsp;lignes BC , AC , quelle rencontre en ï amp; / ;
Ie rayon réfléchi AE étant prolongé , coupe H la ligne B C: les points H amp; I feront telle-^^nt fitués , que vous aurez cette proportion :
''^nime BC eft a CH, ainfi BI eft a Hl.
De même, prolongeant BE jufqua la rencontre AC en /i, vous aurez comme AC: C/i, ainlinbsp;proportions qui font également vraiesnbsp;*ors de la réflexion fur une furface concave.
Quant au lieu de limage , les opticiens ont Pendant long - temps pris pour principe que cenbsp;Leu étoit Ie point H ou Ie rayon réfléchi rencontrenbsp;perpendiculaire tirée de lob}et fur Ie miroir;
Jl'ais cela nefl fondé que fur ce que cette fuppo-«tion fert a montrer affez bien comment les iina-des objets font moindres dans les miroirs con-, amp; plus grandes dans les mlrdlrs concaves UUe dans les miroirs plans. Ce principe n a du
-ocr page 212-104 Recreations Mathématiques» refte aucun fondement phyfique, amp; eft regardé aü'nbsp;jourdhui comme abfolument faux.
Un principe plus phyfique , que Barrow a en avant, ceft que loeil apperqoit limage d®nbsp;Tobjet dans Ie concours des rayons formantnbsp;petit faifceau divergent qui entre dans la pruned®nbsp;de lceil. II eft en efet naturel de penfer que cett^nbsp;divergence étant plus grande quand lobjetnbsp;voifin , moindre quand il eft plus éloigné,
lt;loit fervir a loeil pour juger de la diftance.
Ce principe fert auffi a rendre une raifon afle^ plaufible de la diminution des objets dans les nti'nbsp;roirs convexes, amp;c de leur augmentation dans leSnbsp;miroirs concaves; car la convexité des premiersnbsp;rend les rayons compofants chaque faifceau qu*nbsp;entre dans losil, plus divergents que sils étoieritnbsp;tombés fur un miroir plan; conféquemment 1®nbsp;point OU ils concourroient fur Ie rayon centralnbsp;prolongé, eft plus prés; on démontre même quegt;nbsp;dans les miroirs convexes, il eft plus prés, amp; dansnbsp;les miroirs concaves plus loin que Ie point Hgt;nbsp;pris par les anciens 8c la plupart des moderneSnbsp;pour Ie lieu de limage. On en conclud enfin que^nbsp;dansles miroirs convexes , cette image fera encorenbsp;plus refterree, amp; dans les miroirs concaves plnsnbsp;étendue que dans la fuppofition des anciens ;nbsp;qui rend raifon de iaugmentation de lapparencCnbsp;des objets dans ceux-ci, 8c de fa diminution dansnbsp;les premiers.
Nous ne difconviendrons cependant pas que cS principe eft lui-méme fujet a des difficultés quenbsp;docfeur Barrow, fon auteur, ne seft point difli'nbsp;mulées, 8c auxquelles il convient ne voir aucunsnbsp;réponfe fatisfaifante. Cela a engage M. Smith *nbsp;en propofer un autre dans fon Traité d'Opt^^*
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O P T 1 Q U E.
j. il eft aifé de fentir que ce neft pas ici Ie dentrer fur eet objet dans une difculTion quinbsp;®Viendroit trop arlde amp; trop profonde.
PROBLÊME XXXV.
P
''opriétés principales des miroirs fphiriques con-vexes amp; concaves,
.La, premiere amp; la principale propriété des iroirj convexes, eft de repréfenter les objetsnbsp;^ Oindres que ft on les voyoit dans un miroirplan,nbsp;^ rnême diftance. Cela fe peut démontrer indé-^^damment du lieu de limage ; car on peut fairenbsp;que les rayons extremes dun objet pofé dunenbsp;*'^niere quelconque , qui entrent dans lceil aprèsnbsp;®''oir ete reflechis par un miroir convexe , for-'®nt un angle moindre , amp;; peignent conféquemTnbsp;une moindre image fur la rétine , que silsnbsp;^^oient été renvoyés par un miroir plan qui nenbsp;ange gn aucune maniere eet angle. Or, en gé-^ Ie jugement que porte Toeil fur la grandeurnbsp;objets, depend de la grandeur de eet angle 6cnbsp;(j image, a moins que quelque raifon par-modifie.
Contraire , dans les miroirs concaves, il eft oh' ^ démontrer que les rayons extrêmes dunnbsp;quelconque fitué comme on voudra , arri-^ 1oeil en faifant un angle plus grand que silsnbsp;fégnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;réfléchis dans un miroir plan; amp; con-
1g^ ^Uituent, par la même raifon que ci-deflus, rParence de eet objet doit être plus grande.
^ans un miroir convexe, quelque grande la diftance de lobjet, fon image neftnbsp;plus éloignée de la furface que la moitié
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du rayon, enforte quune ligne droitê perpen^!^ culaire au iniroir füt-elle infinie, ne paroitr^^'^nbsp;fgt;as plus eiifoncéé dans Ie miroir que Ie quart tlnbsp;diametre.
Dans un miroir concave, au contraire, Tiinaê^ dune ligne perpendiculaire au miroir eft toujnt^'^^nbsp;plus longue que lobjet; amp; fi cette ligne égale 1^nbsp;moitié du rayon , fon image paroitra infinim^*^^nbsp;allongée.
3. nbsp;nbsp;nbsp;Dans les miroirs convexes, lapparence dn^nbsp;ligne courbe amp; concentrique au miroir, eftnbsp;ligne circulaire également concentrique au miroit»nbsp;mais lapparence diine ligne droite ou dune bttquot;nbsp;face plane préfentée au miroir, eft toiqours cof'nbsp;vexe vers Ie dehors ou vers loeil.
Ceft tout Ie contraire dans Ie mitoir concav^' limage dun objet reftiligne ou plan, paroit co^'nbsp;cave vers loeil.
4. nbsp;nbsp;nbsp;Un miroir convexe difperfe les rayons,nbsp;a-dire que sils tombent paralleles fur fa furfac^ gt;nbsp;il les renvoie divergents; sil tombent divergent^'nbsp;il les renvoie plus divergents encore.
11 arrive tout Ie contraire aux miroirs conca^^^' ils font converger les rayons quils re^oivent p^'nbsp;ralleles; amp; ceux qui font divergents, ils les re^'nbsp;voient OU paralleles ou moins divergents, fui''^*^^nbsp;les circonftances.
C eft fur cette propriété des miroirs fphériti't^^* concaves, queft fondé lufage quon en fait pt^,nbsp;réunir les rayons du foleil dans un petit efpac^ ^nbsp;leur chaleur, multipliée en raifon de leur contl®']^nbsp;fation, produit des effets furprenants. Cecinbsp;rite dêtre traité a part.
-ocr page 215-o P T I Q V E. nbsp;nbsp;nbsp;2'07
PROBLÊME XXXVI.
D^S Miroirs ardents,
proprlétés des miroirs ardents fe déduifent ^ la propofition fuivante :
un rayon dc lumicrc tombe fort pres de Faxt furface fphérique concave amp; paralUlement dnbsp;axe y il fe réféchira de maniere quit Ie rencon-d une difance du miroir d hien peu de chofenbsp;d la moitié du rayon.
Car foit ABC la furface concave dun miroir PI. ^Pliérique bien poli, clontle centre foit D, amp; DB%- 31.nbsp;demi-diametre dans la direftion de laxe ; qiienbsp;foit un rayon de lumiere parallele a BD: il fenbsp;^éfléchira par Ie rayon FG, qui coupera Ie demi-diametre BD en un point G. Or ce point G feranbsp;^^wjours plus prés de la furface que du centre.
effet, menant Ie rayon DF, on aura les angles i; EE, DFG égaux; amp; conféquemment les anglesnbsp;,1^0 , GDF, auffi égaux, puifque Ie dernier efl:,
^ '^aufe des paralleles , égal a DFE : done Ie trian-C) G F eft ifofcele, amp; G D égal a GF : mais furpaffe toujours GB ; doü il fuit que D Gnbsp;^^Pafie auffi GB: aiiffi Ie point G eft plus prés dunbsp;^quot;¦oir que du centre.
^'lis lorfque laxe B F eft extrémement petit, ^Pp^S^it que GF ne differe quinfenfiblement denbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; par conféquent, dans ce cas, Ie point G eft
P^u de chofe prés au milieu du rayon.
'^ici fe confirme par la trigonometrie; car on que f Parc B F eft feulement de 5 degrés,nbsp;Fuppofaht Ie demi-diametre DB de 100000nbsp;la ligrre BGeft de 49809; ce qui ne dhfere
-ocr page 216-2ö§ Recreations MatMématiques.
de la moitié du rayon que de ts-^~ , ou de que (iï). On trouve même que tant que 1arc Bf'nbsp;ne furpaffe pas 15 degrés, la diftance du point ^nbsp;a la moitié du demi - diametre en eft a peine unSnbsp;56® ; par oü lon voit que tous les rayons qui toiR'nbsp;bent fur un roiroir concave parallélement anbsp;axe, amp; a une diftance de fon fommet qui ne futquot;nbsp;pafte pas 15 degrés, fe réuniftent, a peu de cho^nbsp;prés , a une diftance du miroir égale a la moitiénbsp;du demi-diametre. Ainfi les rayons folaires, qunbsp;Bont fenfiblement paralleles, tombant fur cette fut'nbsp;face concave , y feront condenfés, finon dans unnbsp;point, du moins dans un très-petit efpace, amp; ynbsp;produiront une chaleur véhémente amp; dautant plusnbsp;grande , que la largeur du miroir fera plvis grande*nbsp;Ceft cette raifon qui a fait donner a ce point 1®nbsp;nom de foyer,
Le foyer dun miroir concave neft done pas tUi point; il a même une largeur aflez fenftble. Dansnbsp;un miroir, parexemple, portion de fphere de ^nbsp;pieds de rayon amp; de 30 degrés darc, ce qui donnenbsp;un peu plus de 3 pieds de largeur , le foyer doitnbsp;avoir une 56® environ de cette largeur, ceft-a'nbsp;dire 7 a huit lignes. Les rayons tombants fur unnbsp;eerde de 3 pieds de diametre, feront done poutnbsp;la plupart raflemblés dans un eerde dun diametrenbsp;cinquante-fix fois plus petit, amp; conféquemmednbsp;qui neft: que la 3*3*^^ partie. II eft aifé de fend'quot;
() Le calcul eft aifé: car. Fare BF étant donné, oo * Tangle BDF ainfi que Tangle GFD, fon égal; amp; par coU'nbsp;féquent Tangle DG F, qui eft le complément de 1®quot;nbsp;fomme, a deux droits. On connoit done dans le triang'*nbsp;DGF les trois angles amp; un coté, fgavoir DF qui eftnbsp;rayon; d ou il fuit quon aura, par une fimple analog'^nbsp;trigonométtique, le coté DG ou GF qui lui eft égal. ,
qu£*^
-ocr page 217-Optique, nbsp;nbsp;nbsp;109
degré de chaleur ils doivent produire, piiif-ia chaleur de leau bouillante neft guere que triple .de la chaleur des rayons direfts du foleil ,nbsp;beau jour dété.
On a néanmoins tenté de faire des miroirs qui ^'^uniffent tous les rayons du foleil dans un mêmenbsp;point. I! faudroit pour cela donnet a une furfacenbsp;Polie la courbure dune parabole. Car foit C B D PI. 9,nbsp;parabole dont 1axe foit AB. Nous fuppofons% 3^*nbsp;notrelefteur a quelque teinture des feélionsnbsp;^Oniques. On fqait quil y a fur eet axe un certainnbsp;point F, qui eft tel que, quelque rayon parallele inbsp;^ qui vienne rencontrer cette parabole , il fenbsp;¦ófléchira dans ce point précifément. Auffi lesnbsp;Séometres lui ont-ils donné Ie nom de foyer. Sinbsp;done on donne une furface bien polie a la conca-''ité d un fphéroïde parabolique, tous les rayonsnbsp;folaires paralleles entreux amp; a fon axe fe réuni-*^ont dans un feul point , Sc y produiront unenbsp;chaleur beaucoup plus forte que ft la furface eütnbsp;fphérique.
R E M A R dU E S,
I. Le foyer dun miroir fphérique étant éloigné ® *^0 quart du diainetre, il eft aifé de voir 1im-Poflibilité dónt il eft quArchimede ait pu, avecnbsp;femblable miroir, brüler les vaifleaux romains,
S^and leur diftance nauroit été que de 30 pas, Corniue Kircher dit lavoir obfervé étant a Syra-; car 11 eüt fallu que la fphere dont ce miroirnbsp;®^oit portion , eüt été de 60 pas de rayon ; ce quinbsp;1^/dune execution impoffible. II y autoit fem-able inconvénient dans un miroir parabolique.nbsp;cut fallu enfin que les Romains eulTent été dunenbsp;o^efcendance merveilleufe, pour fe laifter bru-Tome 11,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O
-ocr page 218-iio Recreations Mathématiques.
Ier dauffi prés fans déranger la machine. Si doflö Ie mathématicien de Syracufe a briiléles vaiffeaiiXnbsp;remains au moyen des rayons Idlaires ; fi Proclusnbsp;a traité, comme on Ie raconte, de la même ma-iiiere les vaiffeaux de Vitalien qui afllégeoit Byquot;nbsp;fance , Bs ont employé des miroirs diine autrenbsp;eipece; amp; ils nont pu y réuffir que par une invention femblable a celle que M. de BufFon a rel-fufcitée. amp; dont il a démontré la poffibilité. Voy^inbsp;Ie Probl. XXXIII ci-deffus,
II. Nous ne pouvons nous difpenfer de parler ici de quelques miroirs célebres par leur grandeur 6^nbsp;par les effets quils produifoient. Lun étoit 1ou'nbsp;vrage de Settala , chanoine de Milan : il étoitnbsp;parabolique ; amp; , au rapport du pere Schott, ilnbsp;mettoit Ie feu au bois a 15 ou 16 pas de diftance.
Villette, artificier amp; opticien Lyonnois, en fit trois vers lan 1670, dont lun fut acheté par Tavernier , amp; offert en préfent au roi de Perfe ;nbsp;fecond fut acheté par Ie roi de Danemarck , amp;nbsp;troifieme par Ie roi de France. Ce dernier avoitnbsp;30 pouces de largeur, amp; environ 3 pieds de foyer.nbsp;Les rayons y étoient réunis dans un efpace diir*nbsp;demi-louis de diametre. II mettoit Ie feu fur Isnbsp;champ au bois Ie plus verd ; il fondoit en peu denbsp;fecondes 1argent amp; Ie cuivre, amp; vitrifioit en unenbsp;minute, plus ou moins, la brique, la pierre ^nbsp;fufil, amp; les autres matieres vitrifiables.
Ces miroirs Ie cedent néanmoins a celui qr^ M. Ie baron de Tchirnhaufen exécuta vers Isquot;nbsp;1687, amp; dont il donna la defcription dans Ie*nbsp;Aftes de Leipfik de cette année. Ce mirolr étoitnbsp;fait dune lame de métal, dune épailTeur doub'^nbsp;de cells dun couteau ordinaire; il avoit de latquot;nbsp;geur environ 3 aunes de Leipfik, ou 5 pieds 3
-ocr page 219-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;2ii
touces; fon foyer étoitéloigné de x de ces aunes, 3 pieds 6 pouees : il produifoit les efFets lui-^ants.
Le bois préfenté au foyer senflanimoit fur Ie namp jg jg violent ne pouvoit 1é-teindre.
, |:quot;^au contenue dans un vafe de terre bouilloit ^ mftant, enforce que des ceufs y étoient cuitsnbsp;,ans le moment, 6sC bientót après toute 1eau étoitnbsp;^'^aporéci
cuivre amp; largent y entroient en peu de mi-^^tes en fufion. Lardoife sy transformoit en un ^Srre noir qui , pris avec une pince, fe tiroit en
filaments.
, Les briques y couloient en un verre jaune; la P'^rre-ponce, des moreeaux de creufets qui avoientnbsp;sfifte au feu le plus violent des fourneaux , synbsp;'^itrifioient pareillement; amp;c.
^ Tels étoient les eifets du fameux miróir de M. Lchirnhaufen, qui a depuis paffe au pouvoirnbsp;S. M. T, C. , amp; quon volt aujourdhui aunbsp;j-^ydin du Roi, affez maltraité par les injures denbsp;*'5 qui lui ont óté une grande partie de fon poli.nbsp;neft pas feulement de métal quon a fait desnbsp;ardents ; fi nous en croyons M. Wolf, unnbsp;de Drefde , nommé Gartner^ en fit, a 1i-ation de celui de M. Tchirnhaufen , ciui né-que de bois , amp; dont les effets ne cédoientnbsp;p a ceux de ce premier. Mais eet auteur nenbsp;apprgjid point comment Goertner étoit par-a donner a cette matlere un poli fuffifant,nbsp;P^te Zacharie Traber y a, ce femble , fup-1 aous apprenant comment, avec du boisnbsp;en feuilles, on peut fe faire un miroirnbsp;Car il neft queftion que de faire tourner
O ij
%i% Récréations Mathématiques.
dans un morceau cle bois bien fee amp; bien fol'ids, un fegment concave cle fphere , Tenduire bien uni'nbsp;formément de poix mélangée de clre , amp; y appli'nbsp;quer des morceaux de feuilles dor de 3 ou 4 doigtsnbsp;de largeur. On pourra, dit-il, au lieu de mor-ceaux de feuilles dor, adapter dans cette conca-vité de petits morceaux de miroirs. plans; amp; loRnbsp;verra avec étonnement que leffet dun tel miroifnbsp;approche beaucoup de celui dun miroir continu.
Le pere Zahn rapporte quelque chofe de plus fingulier que ce que Wolf raconte de 1ouvrier denbsp;Drefde dont on a parlé ci-deffus; car il dit quuunbsp;ingénieur de Vienne (en Autriche) fit en 1699,nbsp;miroir de carton , amp; intérieurement reconvert denbsp;paille collée, qui fondoit tous les métaux. Javouenbsp;que je voudrois en avoir étë témoin.
On peut aujourdhui , a beaucoup moins de frais , fe procurer des miroirs concaves dun dia'nbsp;metre confidérable , 8c cjui produifent les mêrnesnbsp;efFets que les precedents. On en a lobligation anbsp;M. de Bernieres, un des controleurs généraux desnbsp;ponts amp; chauffées, auteur de linvention de cour'nbsp;ber les glacés de miroirs, invention qui, mdc'nbsp;pendamment de fes ufages optiques, a des appü'nbsp;cations nombreufes dans la fociété. Les miroirsnbsp;concaves quil execute, ne font autre chofe qn®nbsp;des glacés rondes, courbéss en figure fphériqu®nbsp;concave d'un cóté amp; convexe de lautre, amp; éta'nbsp;mees du cóté convexe. M. de Bernieres en a ex^'nbsp;cuté un pour le Roi, qui a 3 pieds 6 pouces denbsp;diametre , Sc.qui fut préfenté a S. M. en 17i7'nbsp;On le voit dans le cabinet de phyfique denbsp;Meute, oü il eft aujourdhui dépofé. Le fer battu gt;nbsp;expofé a fon foyer, sy fond en deux fecondesnbsp;de temps ; 1argent y coule de maniere
-ocr page 221-Optique, nbsp;nbsp;nbsp;115
^örnbant dans 1eau, il sétend en forme de toile d araignée ; les cailloux sy vitrifient, amp;c.
Ces miroirs ont des avantages confidérables fur ceux de métal. Leur reflexion contre la furfacenbsp;poftérleure , malgré la perte de rayons quocca-«onne leur pafTage a travers la premiere furface, eft;nbsp;^ticore plus vive que celle de la furface métalliquenbsp;^ mieux polle ; de plus , ils ne font pas fujetsnbsp;comme les premiers a perdre leur poli par Ie con-taéf de
Pair, toujours chargé de vapeurs qui corrodent Ie métal, mais qui ne peuvent rien fur Ie ^erre ; il fuffit enfin de les préferver de lhumidité,nbsp;'lui détruit 1étamage.
PROBLÊME XXXVII.
^Uilqucs proprikcs des miroirs concaves, relative-nent a la vijion, ou a la formation des images,
' un objet eft placé entre un miroir concave fonfover, on Iapperqoit au dedans du mi-, gst dautant plus grofTi quil sapproche da-^^utage de ce foyer; enforte que lorfquil eft aunbsp;,°yer inême , 11 paroit occuper toute la capaciténbsp;miroir , amp; 1on ne voit rien de diftinft.
1objet placé a ce foyer eft un corps lumi-, les rayons qui en fcrtent, après avoir été '^^fléchis par le miroir , marchent parallélement,nbsp;^uforte quils forment comme un cylindre de lu-j^U'ere qui porte fa clarté trcs-loin, amp; prefquenbsp;diminution. On appercevra aifément dansnbsp;'^nfcurité cette colonne de lumiere , lorfquon fenbsp;'®ndra fur le cóté ; Sc fi , étant a plus de centnbsp;de diftance du miroir, on préfente un hvre-lumiere , on y pourra lire.
Que Iobjet foit maintenant placé entre le
O iij
iï4 Recreations Mathématiques.
foyer Sc Ie centre, amp;c que loeil Ie foit ou au de-l* du centre , ou entre Ie centre amp; Ie foyer, onnbsp;fqauroit en avoir par la vifion une perception difquot;nbsp;tinfte , car les rayons réfléchis par Ie miroir fo^*nbsp;convergents. Mais fi lobjet eft fortement éclair^»nbsp;OU lumineux comme un flambeau , de Ia reunion'nbsp;de fes rayons il fe formera au-dela du centrenbsp;image dans une fituation renverfée, qui fe peindr*nbsp;fur un drap ou un carton mis a la diftance convC'nbsp;nable , ou qui paroitra en lair a Tégard dun oednbsp;placé au-dela,
III. II en fera a peu prés de même lorfqr'® lobjet fera a 1égard du miroir au-dela du centr?'nbsp;II fe peindra alors entre Ie foyer Sc Ie centre ufgt;®nbsp;image de lobjet dans une fituation renverfée gt;nbsp;6c cette image sapprochera du centre a mefuf®nbsp;que lobjet lui-même en approchera, ou sappf®'nbsp;thera du foyer a mefure que robjet séloignerS'
Quant au lieu oii limage fe peindra dans ft'' Sc dans 1autre cas, yous Ie trouverez par la reg^*nbsp;fuivante.
PI. 9, nbsp;nbsp;nbsp;Q«^ ACS foit 1axe du miroir indéfiniinequot;*'
fig. 33 prolongé , F Ie foyer , C Ie centre , O Ie lieu d® lobjet entre Ie centre Sc Ie foyer. Prenez Fnbsp;troifieme proportionnelle a FO Sc FC: ce ff®nbsp;la diftance a laquelle fe peindra limage du po'*'nbsp;placé en O.
Si lobjet eft en , fon image fe trouvera O, en faifant la même proportion avec les ch^^'nbsp;gements convenables, fcavoir FO troifiemenbsp;portionnelle a F « , Sc F C comme en o.
Enfin , fi lobjet eft entre Ie foyer Sc Ie verr® * Ie beu ou 1on appercevra limage au dedans .nbsp;miroir, oii fon enfoncement, fe trouvera ennbsp;fant Fw a FA, comme FA a F o.,,
-ocr page 223-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;215
Cette propriété des miroirs concaves, de ormer entre Ie centre amp; Ie foyer , ou au-dela dunbsp;^^ntre , une image des objets qui lui font pré-^ptés, eft une de celles dont on tire Ie plus grandnbsp;*U]et de furprife pour ceux qui ne font pas verfésnbsp;üans cette théorie. Car, quun homme savancenbsp;un grand miroir concave en lui préfentantnbsp;épée ; il verra , quand il fera parvenu a la dif-jance convenable , sélancer hors du miroir unenbsp;^arne dépée, la pointe tournee vers lui; sil fe re-, limage de la lame fe retirera ; sil savancenbsp;de maniere que la pointe foit entre Ie centre amp; Ienbsp;foyer, limage de 1épée la croifera, comme linbsp;les fers étoient engages.
2. nbsp;nbsp;nbsp;Si, au lieu dune lame dépée, vous préfen-au miroir Ie poignet a une certaine diftance ,
^'ous verrez fe former en lair un poignet dans une liquation renverfée , qui sapprochera du poignetnbsp;'Writable, lorfque celui-ci approchera du centre,nbsp;de maniere a fe rencontrer 1un Tautre.
3. nbsp;nbsp;nbsp;Placez-vous un peu au-dela du centre dunbsp;^^itoir; amp; alors , en regardant direéfement de--d^ns , vous verrez au-dela du centre limage denbsp;'otre vifage renverfée. Si alors vous continueznbsp;dapprocher , cette image phantaftique sappro-^liera de vous, au point que vous pourrez lanbsp;baifer.
4- Quon fufpende un bouquet renverfé entre 9» ^6 centre amp; Ie foyer, un peu au deffous de laxe, ^8- 34»nbsp;^ clue, par Ie moyen dun carton noir, on Ienbsp;*^che a la vue du fpeélateiir, il fe formera aunbsp;oeffus de ce carton une image droite de cc bou-S^et, qqi furprendra dautant plus, quon ne verra
O iv
11(5- Recreations MathéMatiques. point Iobjet qui la produit: on fera tenté pa^'nbsp;cette raiCon de le prendre pour un objet reel, ^nbsp;de Taller toucher amp; fentir.
5. nbsp;nbsp;nbsp;SIvous placez un miroir concave dabs le fondnbsp;dune falie, en face dun payfage fortement éclairsnbsp;par le foleil, amp; quim pen au-dela du foyer vouSnbsp;lui préfentiez un carton blanc vertical, vous verreïnbsp;fe peindre fur ce carton Timage des objets extérieurs , avec leurs couleurs naturelles amp; dans unsnbsp;iituation renvcrfee.\Ceft-la un des moyens denbsp;faire les experiences de la chainbre obfcure par lanbsp;fi'mple reflexion.
6. nbsp;nbsp;nbsp;Placez enfin fur une table un grand miroifnbsp;concave , dans une inclinaifon approchante denbsp;45°, amp; au devant du miroir, fur la table , unenbsp;eftampe ou un tableau, le bas tourne vers le mi-Toir , vous verrez les figures de cette eflampe ounbsp;de ce tableau extrémement groffies; amp; fi les cho-fes font difpofees de maniere a favorifer Tillufion ,nbsp;coinme li vous regardez dans le miroir par unenbsp;ouverture qui vous derobe la vue de Teftampe ounbsp;du tableau, vouscroirez voir les objets eux-meines.
Cell fur ce principe que font conftruites ces boites aujourdhui aflez communes , quon appellenbsp;optiques , 8c dont nous allons donner la conf-truftion.
PROBLÊME XXXVni.
Con^min une, hotte ou ckamhre optique, ou vote les objets plus grands que la boite.
Faites une boite quarree, convenable pour le miroir concave dont vous voulez vous fervir,nbsp;cell-a-dire telle que fa largeur foit un pen moindrenbsp;que la diftance du foyer de ce miroir, amp; couvreznbsp;le delTus de la boite dun parchemin tranfparent,
Optique, nbsp;nbsp;nbsp;117
dun taffetas blanc , ou dune glace finiplement ^doucie amp; non polie.
-^Ppliquez votre miroir a un des fonds veni-de la boïte, amp; placez contre Ie fond oppofé ^6 eftampe enluminée , ou une peinture repré-des fabriques, un payfage , un port denbsp;^^''5 une promenade, amp;c. Cette eftampe doknbsp;^quot;ifrer dans la boite par une rainure , enfortenbsp;^1^ on puifle la retirer , amp; en fubftituer une autre
^ 'olonté.
bant du fond oppofé au miroir , foit pratl-Une ouverture ronde , ou une fimple fente , laquelle on puifle voir dans la boite : lorfquonnbsp;^^Ppliquera lceil, on appercevra les objetspeintsnbsp;j 3ns leftampe énormement groffis; on croirayoirnbsp;batiments, les promenades qui y font repré-
j Jai vu quelques-unes de ces machines qui , par ^ür conftruéfion, la grandeur du miroir amp; la vé-de 1enluminure , préfentoient un fpeéfaclenbsp;' amufant quon ne pourroit fe Ie figurer.
Miroirs cylindriqucs , coniques , amp;c. amp; des ^^formations quon execute par leur moyen.
y a clautres miroirs courbes que ceux dont j 'venons de parler ; tels font, entrautres,nbsp;^ ^^¦irolrs cylindriques amp; coniques , au moyennbsp;^Hpls on produit des effets affez curieux. Onnbsp;par exemple , fur un plan une figure quinbsp;^^bement clifForme , quil eft prefquimpoffiblenbsp;j ^^5°^ooïtre ce que ceft; mals, en plaqant unnbsp;oylindrique ou conique , ainfi que Toeil»nbsp;fes^^ oodroits determines, on 1apperqoit dansnbsp;cute proportions. Voici comment cela sexé-
-ocr page 226-zi8 Récréations Mathématiques, PROBLÊME XXXIX.
Dicriu fur un plan horizontal une figure diffortn^i qui paroifife bdU kant vue (Tun point dontit ynbsp;par réfiexion fur la furfau convexe cTun tntquot;nbsp;roir cylindrique droit,
PI. 10, nbsp;nbsp;nbsp;ABC foit Ia bafe de la portion de furfac^
% 35^ cylindrique amp; polie qui doit fervir de miroir , ^ nquot; I amp; 2.. que AC en foit la corde. Sur Ie rayon perpendiculaire a AC, amp; prolongé indéfiniment, foit pd*nbsp;Ie point O qui répond pcrpendiculairement aUnbsp;deffous de 1osil. Ce point O doit dtre a une diC-tance médiocre du miroir, amp; élevé au delTus d^nbsp;plan de la bafe de 3 ou 4 fois feulement Ie diametr^nbsp;du cylindre. II eft a propos que Ie point O foit anbsp;im tel éloignement du miroir, que les lignes OA gt;nbsp;OC, tirées du point O , faffent avec la furface cj'nbsp;lindrique un angle médiocrement aigu ; car fi Ie*nbsp;lignes OA, OC, étoient tangentes aux points Anbsp;C, les parties de Tobjet, vues par ces rayons, fc'nbsp;roient extremeinent refferrées, amp; vues peu diflinc-tement.
Le point O étant done ainli determine , ^ ayant tiré les lignes OA, OC, tirez auffi AD ^nbsp;CE indéfinies, de telle forte quelles falfent ave^nbsp;la furface cylindrique ou !a circonférence denbsp;bale , des angles égaux a ceux que font avec ell^^nbsp;les lignes OA , OB; enforte que fi 1on confidéro'*'nbsp;les lignes OA , OC , comme des rayons incident»nbsp;AD, CE en fuffent les rayons réfléchis.
Divifez enfuite AC en 4 parties égales, amp; Dt' jTisz au deffus un quarré, que vous diviferez ennbsp;autres petits quarrés égaux. Tirez après celanbsp;points de diviiion A amp; 4 , les lignes O i, O 4'gt;nbsp;coupent le miroir en F Sc H, clefquels points vou*
-ocr page 227-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;119
lenerez indéfiniment FG, Hl, en telle forte que dernieres lignes foient les rayons réfiéchls quinbsp;quot;^pondroient aux lignes OF, OH, confidérésnbsp;^omrne rayons incidents.'
10,
Cela fait, fur lextréniité O dune ligne indéfi- PI , élevez ON égale a la hauteur de 1oeil au def- 35 ^nbsp;du plan du miroir ; faites OQ égale a OA, amp; nbsp;Hevez fur Ie point Q la perpendiculaire Q 4 égalenbsp;a AC , que vous diviferez en quatre parties égales;nbsp;après quoi, par Ie point N amp; ces points de divi-fion , vous tirerez des lignes droltes qui, prolon-gées , couperont la ligne OQP dans les points I,
II, III, IV. Tranfportez ces divifions dans Ie même ordre fur les rayons AD amp; CE, enfortenbsp;que A I, A II, A III, A iv, foient refpeftiveinentnbsp;égalesaQi, Qii, Qiii, Qiv.
Procédez de la même maniere pour divifer les lignes FG, H I, en parties inegales, comme F i,
F II, F III, F IV , H I, H II, H III, H IV; enfin divifez de la même maniere la ligne B rv : il Pe vous reftera plus qua joindre par des lignesnbsp;Courbes les points femblables de divifion fur ces 5nbsp;lignes; ce que vous ferez facilement, en prenantnbsp;Une regie bien flex'ible, amp; 1appuyant fur ces points.
Mais on sécartera peu de la vérité , en joignant Ces points trois a trois par des arcs de cercle. Cesnbsp;arcs de cercle ou de courbe avec les lignes droitesnbsp;A IV, F IV, B IV, H IV, C IV, formeroient desnbsp;portions de couronnes circulaires, très-irrégulieresnbsp;a la vérité, qui répondront aux 16 quarrés dansnbsp;lefquels on a divifé celui de AC , enforte que 1ar-cole mixtiligne a répond au quarré a , 1arcole bnbsp;au quarré ^ , c a. c , dk d, amp;c.
Si done on décrit fur le quarré de AC une figure réguliere , quon tranfporte , par exetnple,
-ocr page 228-^^o Recreations Mathématiques,
dans 1arcole a de la bafe , ce qui fe trouve dans petit quarré a, enIallongeant ou rétréciffant de 1*nbsp;maniere convenable, amp; ainfi des aiitres, on aur^nbsp;une figure extrêmement irréguliere amp; abfolumeu*^nbsp;méconnoiffable , qui, vue dans le miroir cylindrt'nbsp;que par 1oeil placé convenablement an deffus dnnbsp;point O, paroitra réguliere; car on demontre dan^nbsp;la théorie des miroirs cylindriques , que toutes ce*nbsp;arcoles irregulieres doivent paroitre former I®nbsp;quarré de AC amp; fes divifions, ou a peu pres. Non*nbsp;difons a peu prés , car cette conftruftion neft pa*nbsp;géométriquement parfaite , amp; ne le fqauroit être rnbsp;acaufe de lindécifion du lieu de Iimage dans lesnbsp;miroirs de cette efpece. Cependant cette conlïruc'nbsp;tlon réudit affez bien pour que des objets, abfolu'nbsp;ment méconnoiffables fur la bafe du miroir , foientnbsp;paffablement réguliers dans leur repréfentatioti.nbsp;Nous obferverons au furplus quil faut, pour qu®nbsp;cela reulTifTe bien, placer Ioeil a une pinnule ou anbsp;un trou de quelques lignes feiileinent, élevé per'nbsp;pendiculaireinent lur le point O, amp; a une hauteurnbsp;égale a ON.
R E M A R Q^V E.
On pourroit, au lieu dun miroir cylindrique» fe fervir dun miroir prifmatique droit, qui aiiroirnbsp;cela de remarquable, que, pour voir une imagenbsp;réguliere amp; bien proportionnée , il faudroit quellenbsp;flit tranfportée dans des parties de la bafe qui nenbsp;feroient point continues enfemble , mais qui fe-roient des parallélograinmes appuyés fur la bafe tnbsp;amp; difpofés k Ientour en forme déventail, avecnbsp;des intervalles triangulaires entre deux: ainfinbsp;pourroit peindre dans ces intervalles quelque fuje*^nbsp;particulier, enforte que plaqant le miroir, on Jnbsp;verroit toute autre chofe que ce qui eft repréfente»-
-ocr page 229-OpTIQUE. nbsp;nbsp;nbsp;Ill
^ais nous nentrons pas dans les détails de cette .formation , paree que nous donnerons celle dunbsp;J^iroir pyrg^jdal, qui produit un efFet femblafale.
oila au refte un problême fur lequel les commen-^ants peuvent sexercer, amp; dont la folution neft Pas bien difficile.
i).
PROBLÊME XL.
'^crire fur un plan horizontal une figure difforme^ qui paroifie belle kant vue par reflexion fur lanbsp;Surface d'un miroir conique, d'un point donnenbsp;,dans r axe de ce cone prolonge.
reft
au KLM , dont la bafe KL folt prife égale ha ^'^r-diametre OG de la bafe du cone , St lanbsp;eur égale a la hauteur du ineme cone;nbsp;la^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cette hauteur KM en N, de forte que
partie MN foit égale a la dlftance de 1oeil a la du cone , ou toute la ligne KN égale a la
^ÉCRivEZ autour de la figure que vous voulez PL lo, , guifer, le cercle ABCD dune grandeur prife % 3^»nbsp;?'rolonte , St divifez fa circonference en tel nom-^ anbsp;re de parties egales quil vous plaira ; tirez dunbsp;^^ntre E par les points de divifion autant de demi-¦ametres, dont Iun , comme AE, ou DE , doitnbsp;étre divifé en un certain nombre de partiesnbsp;^gales; decrivez du centre E par les points de di-' ron, autant de circonferences de cercle , qui ,nbsp;les demi-diametres précédents, diviferontnbsp;5fpace terminé par la premiere Sc plus grandenbsp;^rconf^rence ABCD, en plufieurspetits efpaces,nbsp;^ferviront a contenirlafigure quiy fera comprife,nbsp;j ^a defigurer fur le plan horizontal autour denbsp;afe FGHI du miroir conique , en cette forte :nbsp;Q'^yantpris le cercle FGHI, dont le centre eft Fig. jS,nbsp;- pour la bafe du cone , faites a part le triangle nquot; 3-
Recreations Mathématïqües. hauteur de Ioeil au deflus de la bafe du. cóu^*nbsp;Ayant divilé la bafe KL en autant de parties égal^^nbsp;quen contient le demi-diametre AE, ou DE,nbsp;prototype, ti^ez du point N, par les pointsnbsp;divilion P, Q, R, autant de lignes droites, qtiinbsp;donneront fur 1hypothénulè LM, qui repréfent^nbsp;le c6té du cone, les points S , T , V ; faitesnbsp;point V iangle LV i égal a Tangle LVR, aupoif*-T Tangle LTi égal a Tangle LTQ , au point ^nbsp;Tangle LS 3 égal a Tangle L S P-, amp; au point M,nbsp;qui reprefente le foinmet du cone. Tangle LM4nbsp;égal a Tangle LMK , pour avoir fur la bafe K^'nbsp;prolongée les points , i , 2, 3,4.
Enfin, décrivez du centre O de la bafe du miroir conique, amp; des iatervalles Ki , Kj»nbsp;K3 , K4, des circonfércnces de cercles, c[ui re'nbsp;préfenteront celles du prototype ABCD , amp; dofi**nbsp;la plus grande doit être divifée en autant de parti^^nbsp;égales que la circonférence ABCD; puis tireznbsp;centre O , par les points de divifion , des deiutquot;*nbsp;diametres qui donneront fur le plan horizontal atgt;'nbsp;tant de petits efpaces difformes que dans le protö'nbsp;type ABCD, dans lefquels par conféquent oi'nbsp;pourra tranfporter la figure de ce prototype. Cett®nbsp;image fe trouvera extrêmement défigurée fur Rnbsp;plan hoiizontal, amp; paroitra néanmoins par réfi^'nbsp;xion dans fes juftes proportions , fur la furfaC^nbsp;du miroir conique pofé fur le eerde FGHI, cjuan®nbsp;Toeil fera mis perpendiculairement au delTus tl^nbsp;cenfre O, amp; éloigné de ce centre O dune d'*nbsp;gt; tance égale a la ligne KN.
Remarque.
PI. 10, Pour ne vous pas tromper en tranfportant c® fig- 36, qui eft dans le prototype ABCD fur le plannbsp;n I de 2. rizontal, on prendra , garde que ce qui eft le
-ocr page 231-él
O P T I Q U E.
^Oigné du centre E , dok être Ie plus proche de 3 bafe FGHI du miroir conique, comme vousnbsp;^oyez par les mêmes lettres, a, b, c, d, e, f, g,nbsp;plan horizontal amp; du prototype. La déforma-rnbsp;jjon fera dautant plus bizarre , que ce qui, dansnbsp;¦,'iTiage réguliere, eft contenu dans un fefteur anbsp;0 5 eft renfermé dans la deformation par unenbsp;Portion de couronne circulaire.
PROBLÊME XLI.
f' r
^^cuter la mêmi chofe par h moym d'un miroir pyrarrddal.
Qn fqait, Sc 11 eft alfé de Ie reconnoitre, quun PI. ii, ïroir pyramidal quadrangulaire fur la bafe AB % V ¦gt;
utvlferont en petites portions triangulalres Sc
, ne réfléchit a loeil éïevé fur 1axe , que les i Sc 2. jiatigles.BEC , CFD , DGA , AHB , du plan quinbsp;^'^''ironne la bafe , Sc quaucun rayon provenantnbsp;1efpace intermédiaire narrive a loeil. II eftnbsp;^tlleurs alfé de voir que ces qüatre triangles oc-,^Pent toute la furface du miroir , Sc que loeilnbsp;^rit élevé au defliis de fon fommet, Sc regardantnbsp;Un petit trou , ils doivent paroitre enfemblenbsp;!e quarré de la bafe : ainfi il faut, dans cenbsp;Ap décrire limage a déformer dans Ie quarrénbsp;j égal au plan de la bafe; enfuite tirer parnbsp;'^ontre e, tantles diagonales que les lignes per-Odicuijjj-gj aux cótés, lefquelles, avec lespetitsnbsp;^j^rés concentriques décrits dans celui de la bafe,
Ppoides.
tra
Ij ji^^'otenant la feftion du miroir par 1axe Sc par ^ L étant un triangle reélangle , il feranbsp;JjjA ^ P^r une méthode femblable a celle du prolong'^ précédent, de trouver fur la ligne e L pro-, fon image LE, Sc les points de divifion
-ocr page 232-az4 Recreations Mathématiques.
qui font limage de ceux de la premiere. Quc points foient L, III, II, E , tirez par ces poio^^nbsp;des paralleles a ia bafe BC,, amp;c faites pareillenbsp;dans chacun des autres triangles HAB , amp;c :nbsp;aurez 1aire de limage a peindre divifée en parti^^nbsp;correfpondantes a celles de la bafe. Décriva**'nbsp;done dans chacune, amp;C dansla fituation amp; lallö'^'nbsp;gement ou Ie rétréciffement convenables, les paf'nbsp;ties de la figure contennes dans les parties corref'nbsp;pondantes de la bafe, vous aurez la deformatie''nbsp;demandée, qui, étant vue dun certain point da^^nbsp;laxe prolongé, paroitra réguliere amp; occuper la bal^
Cette efpece de deformation 1emporte par Engularité fur les précédentes, en ce que les pa''nbsp;ties de la figure déformée font féparées les unesnbsp;autres , cjuoique contiguës lorfquon les volt daquot;/nbsp;Ie miroir; ce qui permet de peindre dans les e*nbsp;paces intermédiaires, dautres objets qui jetteref'nbsp;abfolument dans 1erreur fur ce quon sattendra quot;nbsp;voir , amp;c cauferont par-la plus de furprife.
Z)es V^ems lenticulaires ou Lmtilks de vem.
On appelle verre lenticulaire ou kntilles de vcd^^ un morceau de glaffe figure des deux cötés,nbsp;du moins dun feul, en courbure fpbérique. ^nbsp;en a qui font convexes dun cóté amp; plans de 1aquot;'nbsp;tre ; d autres font convexes des deux cótés; d Vnbsp;a de concaves dun cóté feul ou de tons les deit^ nbsp;dautres enfin font convexes dun. cóté amp; conca'quot;^nbsp;de 1autre. La forme de ceux qui font con'^''^^nbsp;des deux cótés, amp; qui les fait refiembler a rquot;'.nbsp;lentille ^ leur a fait donner généralement Ienbsp;tie verre lenticulaire ou de lentille de verre.
lappare''^^'
-ocr page 233-^ nbsp;nbsp;nbsp;Ö P T i Q u E,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;225
1 ^pparence des objets , amp; aident !a vue des vieil-^ards; les verres concaves, au contraire, diminuent objets, Sc fervent aux myopes. Les premiersnbsp;feuniflent les rayons du foleil aux environs dunnbsp;point quon nomme foyer; Sc quand ils font dunenbsp;largeur un peu confidérable j ils y produifent Ienbsp;^^0. Les verres concavès difperfent au contrairenbsp;rayons du foleil. Les uns Sc les autres enfinnbsp;Ontrent dans la compöfition des lunettes dappro-^he amp; des microfcopesi
P R O B L Ê ME X LIL
Tronver Ie foyer dun globe de verre,
ïj E s globes de verré tenant en bien des occasions la place des lentilles de verre , il efl: a pro-Pos de dire un mot de leur foyer. Voici comment Ie determine.
Soit la fphere de verre BCD j dont Ie centre PI. ir, F, Sc CD un dlametre auquel eft parallele Ie fig. 38.nbsp;^^yon incident AB. Ce rayon rencontrant la fur-de la fphere en B , ne continue pas fon che-en ligne droite, comme il feroit sil ne pé-pas dans im nouveau milieu ; mais il ap-de la perpendiculaire tirée du centre F furnbsp;Point dincidence B. Ainfi il concourroit avecnbsp;f diametre en un point E, fi, fortant au point Inbsp;Pj fphere, il rie sécartoit de la perpendiculairenbsp; qui lui fait prendre la route lO, Sc arrivernbsp;^ point O qui eft Ie foyer cherché.
P our déterniiner ce foyer O, on cherchera da-fa u P®int de concours E ; ce quon trouvera gl'quot;'^^pt, en faifant attention que dans Ie trian-d y a même raifon de FB a FE, que dunbsp;us de 1 angle FEB a celui de Tangle FBE; ou ,
izó Récréations Mathématiques. a caufe de la petiteffe de ces angles, que de Tangosnbsp;FEB OU fon égal GBE a langle FBE: car nousnbsp;fuppofons Ie rayon incident AB extrêmementnbsp;prés du diainetre CD; amp; conféquemment langlsnbsp;ABH eft trés-petit, ainfi que fon égal langlsnbsp;FBG. Or, dans les angles extrêmement petits, 1^nbsp;raifon des angles amp; de leur finus eft la même-Mais, par la loi de la réfraftion, lorfque Ie pa'-fage fe fait de 1aii dans Ie verre, la raifon denbsp;Tangle dincidence ABH ou GBF a Tangle rompnnbsp;FBI étant, (lorfquils font très-petits ) , de 3 a a,nbsp;il senfuit que Tangle FBE eft a très-peu prés double de EBG : conféquemment Ie cóte FE du triangle FBE , eft a très-peu prés triple de FB , ou égalnbsp;a deux fois Ie rayon ; DE eft par conféquent égalenbsp;au rayon.
Poiir trouver maintenant Ie point O , oü Ie rayon fortant de la fphere, amp; sécartant de la perpendiculaire , doit rencontrer la ligne DE, onnbsp;fera un raifonnement tout femblable. Dans Ienbsp;triangle lOE , Ie rapport de 10 a OE eft Ie mêmenbsp;a très-peu prés que celui de langle lEO , ou denbsp;fon égal IFE a Tangle OIE. Or ces deux anglesnbsp;fontégaux, car Tangle IFD eft Ie tiers de Tanglenbsp;dincidence BFG ou ABH ; mais, par la loi de 1^nbsp;réfraftion, Tangle OIE eft a très-peu prés Ia moi'nbsp;tié de Tangle dincidence EIK , ou de fon égs^nbsp;FIB , qui eft les ~ de Tangle FBG : il eft done 1®nbsp;tiers de FBG ou HBA, comme Ie précédent: 1^*nbsp;angles OIE , OEI, font done égaux ; doü il fiiitnbsp;que OE eft égale a OI, qui elle-même eft égale anbsp;DO , a caufe de leur très-grande proximité. Aio^nbsp;DO, OU Téloignement du foyer du globe de verrenbsp;a fa ftirface , eft la moitié du rayon ou Ie quart dnnbsp;diametre. C. Q-F. T.
-ocr page 235-pourrions faire ici un raifonnement fem-tgt;iable a celui que nous avons fait pour determiner ^ i'oiite dun rayon traverfant une fphere de verre;
, pour abréger , nous nous bornerons i tonner une regie générale démontrée par les opti-^ens, amp; qui renferme tous les cas pofllbles desnbsp;¦*^gt;itilles de verre , quelque combinaifon quonnbsp;faffe de convexités amp; de concavités. Noüs ennbsp;^Ontrerons enfuite Tapplication, en parcourantnbsp;^Uelques-uns des principaux cas. Voici cette regie.
, II y a dans 1ufage de cette regie une attention ? Svoir, Lorfquune des faces du verre fera plane,nbsp;faut regarder Ie rayon de fa fphéricité commenbsp;J'^fini; Sc lorfquelle fera concave , Ie rayon denbsp;fphere dont cette concavité eft partie , doitnbsp;regardé comme négatif. Ceux a qui 1algebrenbsp;tant foit peu familiere, nous entendront faci-
lement.
I^*quot; Cas. Lorfque la lentille ejl également convexe deux cétés.
Soit, par example, Ie rayon de la convexité ne chacune des faces, égal a ii pouces. On aura,nbsp;par la regie générale, cette proportion : commenbsp;Ia fomme des rayons ou Z4 pouces eft k 1un des
Pij
-ocr page 236-Récréations MathématiqueS. deux OU a IX pouces, ainfi Ie diametre denbsp;deux OU 24 pouces, a un quatrieme terme quinbsp;12 pouces, diftance du foyer; ce qui appren^*nbsp;quune lentille de verre , également convexe d^^nbsp;deux cótés , réunit les rayons folaires , ou en g^'nbsp;néral les rayons paralleles a fon axe , a la diftanc®nbsp;du rayon dune des deux fphéricités,
II® Cas. Lorfqui la lentilk ejl inégalement cofi' vcxe des deux cótés.
Que les rayons de ces convexités foient, paf exemple, 12 amp; 24. On fera cettè proportion 'nbsp;comme I2 plus 24 ou 36 font a 12 , rayon dunsnbsp;des convexités , ainfi 48, diametre de 1autre , eftnbsp;a 16; OU bien, comme 12 plus 14, ou 3 6, font anbsp;24, rayon dune des convexités, ainfi Ie diametrenbsp;de 1autre 240!! a 16: la diftance du foyer fet*nbsp;done de 16 pouces.
III® Cas, Lorfque la lentille a un cótéplan.
Soit dun cóté la même fphéricité que dans Ie premier cas. On dira done, en appliquant la regienbsp;générale: comme la fomme des rayons des deugt;^nbsp;fphéricités, fqavoir 12 amp;: une grandeur infinie»nbsp;eft a lune des deux ou cette grandeur infinie?nbsp;ainfi 24 , diametre de lautre convexité, eft a ut»nbsp;quatrieme terme qui fera 24; car les deux premiersnbsp;termes font égaux, parcequune quantité infinie»nbsp;augmentée OU diminuée dune quantité finie, eft tou-jours la méme: done les deux derniers termes fontnbsp;auffi égaux: doü il fuit qu«/2 verre plan-convexe dnbsp;fon foyer a la diftance du diametre de fa convexités
IV® Cas. Lorfque la lentille eft convexe dlun cót^
concave de Vautre.
Que Ie rayon de la convexité foit encore
-ocr page 237-119
o PT I Q UE.
Pouces, amp; que celui de la concavlté foit 27. oiurne une concavité eft une convexité néga-gt; ce nombre 27 doit être pris en laffeclant dunbsp; : on aura done cette proportion ;
Cotume 12 p. 27 OU 15 p. eft au rayon de '^oncavité 27, (ou comme 15 eft a 27,) ainfinbsp;j ^ P-, diametre de la convexité , eft a 43 Ceftnbsp;diftanj.g du foyer de cette lentille. II eft pofitifnbsp;teel , ceft-a-dire que les rayons, tombantsnbsp;r tallélement a 1axe, fe réuniront véritablementnbsp;jl;''dela du verre. En effet, la concavité étantnbsp;jdiametre plus grand que la convexité, ellenbsp;faire moins diverger les rayons que cette con-^®xité ne les fait converger. Mals ft la concaviténbsp;®^oit dun diametre moindre , les rayons, au lieunbsp;® converger au fortir du verre , feroient diver-pnts , amp; Ie foyer feroit au devant du verre. Onnbsp;^^Ppelle alors virtud. En effet , que 12 foit Ienbsp;.yon de la concavité, amp; 27 celui de la conve-on aura , par la regie générale : comme 27nbsp;^ Ou 15 eft a 27, ainfi 24 eft a 43 Cenbsp;^^'¦nier terme étant négatif, indique un foyer ennbsp;Pq du verre , amp; annonce que les rayons ennbsp;Po^nt^''^ divergents, comme sils venoient de ce
hntilli ejï concave des deux
^ Qiie les rayons des deux cofleavités foient 12 P- '1 vous aurez cette proportion : commenbsp;^7 eft a 27, ou comme 39 eft a 27 »nbsp;léeatV^'^ eft a 16.;^. Ce dernier terme étantnbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*f, annonce que Ie foyer neft que virtuel,
les rayons fortants du verre iront en diver-
P iij
230 Recreations Mathématiques. geant , comme sils venoient dun point litué *
16 p. -7^ au devant du verre.
VI^ Cas. Lorfque la hntilh ejl concave. cote amp; plane dc fautre.
Que le rayon de la concavite foit encore i?» la regie donnera cette proportion : comme nbsp;plus une qiiantite infinie eft a une quantite infinie»nbsp;ainfi 24 eft a 2.4; car une quantite infinie»nbsp;diminuée, clune quantite finie , refte toujoursnbsp;méme. Ainfi Ton voit que , dans ce cas, le foye^nbsp;virtuel dun verre plan-concave, ou le point doquot;nbsp;les rayons , après leur réfradiion, paroilTent di'nbsp;verger , eft a la diftance du diametre de la conca'nbsp;vité,comme, dans le cas du verre plan-convexegt;nbsp;le point auquel ils convergent eft a la diftanc®nbsp;dun diametre.
Voila tous les cas que peuvent prefenter 1^^ verres lenticulaires; car celui dans lequel on ftgt;P'nbsp;poferoit les deux concavités egales , eft contei^^nbsp;dans le cinquieme,
K E M A R lt;IU E.
On a fuppofe au refte , dans tous ces calculi» que Iepaifleur du verre étoit de nulle confiders'nbsp;tion , relativement au diametre de la fphericit^»nbsp;ce qui eft le cas le plus ordinaire; car autrern^^nbsp;ces déterminations feroient différentes.
Des Verres ardents.
I,es verres lenticulaires fournifTent un troid®'^.^ moyen de réfoudre le probleme deja réfolunbsp;fecQurs des miroirs, fqavoir , de reunir les ray^*^^nbsp;du foieil de maniere a produire le feu Sc Iin^^^
-ocr page 239-o P T I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;131
Car un verre de quelques pouces de diametre P^oduit déja une chaleur aflez forte pour mettre Ienbsp;a Iamadou, au feutre , aux étoffes, au papiernbsp;8oir OU gris, 6cc.
les anciens connolfldient a eet égard la pro-pfiété des globes de verre ; ils sen fervoient ^eine quelquefois a eet ufage, Cétoit probable-^^ent avec un globe de verre quon allumoit Ienbsp;feu de Vefta. II y a eu a la vérité des gens quinbsp;ont prétendu prouver que cétoit au moyen denbsp;¦verres lenticulaires quils produifoient eet effet ;nbsp;gt;tiais M. de la Hire a fait voir que cela étoit fansnbsp;fondement, amp;c que les verres ardents des anciensnbsp;nétoient que des globes de verre, conféquemmentnbsp;incapables dun effet bien remarquable.
M. de Tchirnhaufen, auteur du célebre miroir dont nous avons parlé plus haut, left auffi dunbsp;plus grand verre ardent quon eüt encore vu. Cenbsp;gentilhomme amp; mathématicien Saxon, étant anbsp;portee des verreries de Saxe, parvint enfin a fenbsp;procurer , vers Tan 1696 , des glaffes de verrenbsp;affez épaiffes amp; affez larges pour en tirer desnbsp;Verres lenticulaires de plufieurs pieds de diametre.nbsp;Un entrautres avoit 3 pieds environ de diametre ,nbsp;Sc mettoit, a la diftance de 12 pieds , Ie feu anbsp;toutes les matieres combuftibles. Son foyer avoitnbsp;a cette diftance environ un pouce Sc demi de diametre ; mais lorfquil étoit queftion de lui fairenbsp;produire fes grands effets , on rétrëciflbit , aunbsp;moyen dune feconde lentille parallele a la premiere , Sc placée a 4 pieds de diftance, on réfré-ciffoit, dis-je , ce foyer de maniere quil navoitnbsp;plus que 8 lignes de diametre ; alors il fondoit lesnbsp;métaux , Sc vitrifioit les cailloux , les thuües, lesnbsp;ardoifes, la fayance , amp;c; il produifoit enfin les
P iv
-ocr page 240-1^1 Récréations Mathématiques. inêmes efFets qiie les miroirs ardents dont nousnbsp;avons parlé plus haut.
On a vu a Paris , il y a une vingtaine dannées, un verre lenticulaire femblable, quon feroit tetifanbsp;de croire être celui de M. Tchirnhaufen. Le verrenbsp;en étoit jaunatre amp; rayé, amp;C celui a qui il appar-;nbsp;tenoit nen deinandoit pas moins de i xooo livres.nbsp;Je doute quil ait trouvé des acheteurs.
On doit a M, de Bernieres, dont nous avons déja parlé , le moyen davoir a moindres frais desnbsp;verres propres a produire les mémes effets. Aunbsp;moyen de fon Invention pour courber les glaffes,nbsp;il donne a deux glaffes rondes la courbure fphéri-que; amp; enfuite, les appliquant Tune k lautre , ilnbsp;remplit leur intervalle deau diftillée ou defpritnbsp;de vin. Ces verres , ou plutót ces lentilles deau ,nbsp;ont le foyer un peu plus éloigné, amp; devroient,nbsp;toutes chofes égales, faire un peu moins deffet;nbsp;mais la petite épaiffeur du verre, amp; la tranfpa-rence de leau , occafionnent moins de perte dansnbsp;les rayons qui les traverfent, quil ny en a dans unenbsp;lentille deau de plufieurs pouces dépaiffeur. Enfinnbsp;il eft incomparablement plus aifé de sen procurernbsp;cle cette forme , que de folides telles que celles denbsp;M. de Tchirnhaufen. M. de Trudaine vient denbsp;faire exècuter a fes frais , par M. de Bernieres,nbsp;une de ces loupes deau , de 4 pieds de diame-tre , avec laquelle on a déja fait quelques experiences phyfiques relatives a la calcination desnbsp;métaux amp; dautres fubftances. La chaleur quonnbsp;seff procurée par fon moyen , eft bien fupérieurenbsp;a celle de tous les miroirs amp; verres cauftiquesnbsp;connus jufqua prefent, ainfi qua celle de tousnbsp;les fournaux. On doit attendre de-la de npuyelle^nbsp;^écQuvertes en chymie,
-ocr page 241-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;135
^ ^ous devons ajouter ici, quavec des lentilles £ beaucoup molndres, M. de Bernieres anbsp;les métaux, les pierres vitrifiables, amp;cc,
PROBLÊME XLIV.
l^dqucs autns proprlétés des verves lentïculaires,
S .
objet eft extrêmement éloigné, enforte y ait aucune proportion entre fon ëloigne-
6c la diftance du foyer du verre , il fe ^ au foyer du verre lenticulaire, une imagenbsp;objet dans une fituation renverfée. Cettenbsp;.Périence eft celle qui fert dc bafe a la forma-de la chambre obfcure. Ceft ainfi que lesnbsp;£^)ons du foleil ou de la lune fe réuniffent aunbsp;Jsr dune lentille de verre, dans un petit eerdenbsp;* n eft autre chofe que lirnage du foleil mêmenbsp;d? la lune , comrne il eft aifé de sen aflurer,
js. A mefure que 1objet sapproche du verre, formée par les rayons partis de eet objet,nbsp;él P'gne du verre , enforte que lorfque 1objet eftnbsp;du double de la diftance du foyer, ii-peint précifément au double de cette dif-séi ? sil continue de sen approcher, 1imagenbsp;de plus en plus; amp; lorfque lobjet eftnbsp;a Unbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P^^ dimage ; car ceft
^'ftance infinie quelle eft cenfée fe former: ce cas, les rayons tombés en diver-^nbsp;^Oiit rnl chaque point de lobjet fur Ie verre,nbsp;tal]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de maniere quils font renvoyés pa^
Eu
.élement.
^ nbsp;nbsp;nbsp;- général volei la maniere de determiner la dlft
:
la lentille ou fe forme 1image de nbsp;nbsp;nbsp;El
ft ÖE la diftance de lobjet OC au verre , EF g-
39'
-ocr page 242-134 Recreations Mathématiques, celle du foyer du verre. Faltes comme FD anbsp;ainfi EF a EG, en prenant EG de lautre coténbsp;verre , lorfque E D eft plus grande que EF;nbsp;point G fera celui de 1axe auquel répondra riin^ênbsp;du point D de lobjet qui eft dans laxe,
Doü il eft aifé de voir que , lorfque la diftaf^',^ de lobjet au foyer eft nulle, la diftance EG do'''nbsp;être infinie, ceft-a-dire qu il ne fcauroit y avo'^nbsp;dimage.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
On dolt auffi remarquer que , lorfque EF ^ plus grande que ED, ou que Fobjet eft entre *nbsp;verre amp; Ie foyer, la diftance EG doit être pf'nbsp;en fens contraire, ou en deqa du verre, coiT)i|^nbsp;Eg-, ce qui indique que les rayons partis de lo^nbsp;jet, au lieu de peindre une image au-dela fnbsp;verre , divergent comme sils partoient dun oWnbsp;placé en g.
Dts Lunettes d'approche ou Télefcopes , tant réfraBion que de réjlexion.
fait'
ceffibles aux hommes , amp; a y démêler les princlpaux qui fervent de bafe a la pbyfiqnonbsp;lefte.
Parml les inventions optiques, 11 nen eft cune qui ne Ie cede a celle des télefcopes ounbsp;nettes dapproche ; car, fans parler des util^^nbsp;nombreufes que préfente dans lufage vulgaire ^nbsp;inerveilleux inftrument, ceft; a lui que nousnbsp;vons les découvertes les plus intéreftantes dans ^nbsp;aftres. Ceft; par fon moyen que 1efprit humainnbsp;parvenu a sélever jufques dans ces regions m .
en Hollande. II y a beaucoup dincertitude Fu''
La premiere lunette fut Inventée vers lan
nom de linventeur , amp; fur la maniere dont parvint. On peut voir cetfe difcuflion dans I
,1/
-ocr page 243-des Mathlmatiques. II nous fuffira ici de don-une idee des difFérentes efpeces de lunettes, p de la maniere dont elles produifent leur efFet.
^ y en a de réfradtion amp; de réflexion.
Des Lunettes de refraction.
La premiere efpece de lunette, amp; la plus ^otritnunérnent en ufage , eft compofée dun verrenbsp;Convexe qui eft appellé objeclif, parceque ceftnbsp;Celui qui eft tourné vers les objets ; amp; dun verrenbsp;Concave quon appelie oculaire, parcequ'il eft Ienbsp;plus voifin de 1oeil. Ils doivent être difpofés denbsp;ïrianiere que Ie Foyer poftérieur de robjeftif coincide avec Ie foyer poftérieur du verre concave.nbsp;Au moyen de cette di''pofition , robjet paroitnbsp;grofii dans Ie rapport de la diftance du foyer denbsp;lobjeétif a celle du foyer de Toculaire. Ainli, Ienbsp;foyer de 1objecfif étant a ropouces de diftance ,nbsp;^ ftoculaire ayant Ie den a un pouce, 1inftrumentnbsp;^ura 9 pouces de longueur, amp; grofiira les objetsnbsp;fois.
Cette forte de lunette dapprocbe eft appellee ^^tavique , a caufe du lieu de fon invention , OUnbsp;«Ie Ga/ilée, parcecjue ce grand homme en ayantnbsp;^*^tendu parler, amp; sétant mis a combiner desnbsp;'Stres, y parvint de,fon cóté , amp; fit par fonnbsp;*^C)yen les découvertes dans Ie del qui 1ont im-^ortalifé. On ne fait au refte aujourdhui, fui-^ant cette combinaifon , que des lunettes très-^ourtes , parcequelles ont Ie défaut davoir unnbsp;^bamp très-étroit, pour peu quelles aient de lon-^nbsp;gueur.
2.. La feconde efpece de lunette eft appellee ^fironomique , parceque les aftronomes sen fer-
-ocr page 244-i3lt;5 Recreations Mathématiques. vent principalement. Elle eft compofée de deu^fnbsp;verres convexes , difpofés de maniere que Ie foyeinbsp;poftérieur de lobjeftif amp; Ie foyer antérieur denbsp;ioculaire , coincident enfemble, ou foient très'nbsp;voifins. Loeil doit étre placé a une petite ouverture , éloignée de Ioculaire denviron la diftancenbsp;de fon foyer. Alors il appercevra un champ afleznbsp;vafte, amp; verra les objets renverfés, amp; groffis dansnbsp;Ie rapport des diftances des foyers de robjeéilf amp;nbsp;de Ioculaire. Ainfi, en prenant encore pour exein-ple les proportions ci-deffus , Ie télefcope aftro-nomique aura 12 pouces de longueur , amp; groffiranbsp;dix fois.
On peut, fuivant cette combinaifon de verres, faire des lunettes très-longues. II eft coinmun auxnbsp;aftronomes den employer de 12 , i 5, 20,30 piedsnbsp;de longueur. M. Huygens sen étoit fait une de 123nbsp;pieds, amp; Hevelius en avoit une de 140. Mais lanbsp;difficulté de fe fervir de lunettes auffi longues, anbsp;caufe du poids amp;c de la flexion des tuyaux, y anbsp;fait aujourdhui renoncer pour un autre inftrumentnbsp;plus commode. M. Hartfoecker avoit fait unnbsp;objeftif de 600 pieds de foyer , qui auroit produitnbsp;un effet extraordinaire sil lui eut été polFible denbsp;sen fervir. Cela neft cependant pas abfolumentnbsp;impoffible par des moyens que jai dans la tête,nbsp;amp; que je communiquerai quelque jour.
3, Lincommodité des lunettes bataviques , qui ne laiffent voir quune petite quantité dobjets a-la-fois , amp; celle de la lunette aftronomique qui lesnbsp;repréfente renverfés, a fait imaginer une troifieinsnbsp;difpofltion de verres tous convexes , qui repréfente les objets droits, qui a Ie même champ quenbsp;la lunette aftronomique, amp; qui eft par conféquentnbsp;propte pour les objets terreftres; aufft appelle-t-on
-ocr page 245-lunette du nom de tcmjlrc. Elle efl: compofée un objeftif convexe, amp; de trois oculaires égaux.nbsp;foyer poftérieur de lobjetfif coincide a lordi-avec 1antérieur du premier oculaire ; Ie foyernbsp;Poftérieur de celui-ci coincide pareillement avec Ienbsp;*oyer antérieur du fecond , amp; de même Ie foyernbsp;Poftérieur de celui-ci avec 1antérieur du troifiemenbsp;^^ulaire , au foyer poftérieur duquel 1oeil doit êtrenbsp;P ^cé. Linftrument groflït toujours dans Ie rapportnbsp;diftances des foyers de lobjeétif amp; de 1urtnbsp;oculaires, Mais il eft aifé de voir que la lon-S^eur eft augmentée de quatre fois la diftance dunbsp;*^yer de 1oculaire.
4. On pourroit autfi, avec deux oculaires féule-redrelTer lapparence des objets: il faudroit, Pour cela, que Ie premier oculaire fut éloigné dunbsp;Oyer de Tobjeftif de deux fois la diftance de fortnbsp;Oyer, amp; qua deux fois cette même diftance , futnbsp;P acé !e foyer antérieur du fecond oculaire. VoiI4nbsp;pe lunette terreftre a trois verres. Mais 1expé-'®rtce a appris que cette difpofition déforme unnbsp;les objets; ce qui y a fait renoncer.
^ 5- On a enfin propofé des lunettes a cinq verres. difpofition a été imaginée pour plier , pournbsp;^ dire, par degrés les rayons, amp; éviter les in-nverijpnts dune trop forte réfraélion qui fe faitnbsp;^,^^'a-coup au premier oculaire , comme auffinbsp;^ugnienter Ie champ de la vifion. Jai même ouïnbsp;eu quelques lunettes de ce genre qui avoientnbsp;fuccès; mais je ne vois pas que lüfagenbsp;^ opté cette combinaifon.
Hof' ® quelques années quon a imagine une ^fpece de lunette, alaquelle on donne Ienbsp;d aohromatique , parcequon y a corrigé les
-ocr page 246-135 Recreations Mathématiqüès, défauts des autres lunettes a réfraftion , défatt®nbsp;qui naiffent de la différente réfrangibilité de la ligt;'nbsp;miere, laquelle produit dans les lunettes ordinairs*nbsp;les couleurs amp; la confufion, Ces lunettes ne diffs'nbsp;rent des autres quen ce que Iobjeftif, au lisr*nbsp;detre formé dun feul verre lenticulaire, efl: coiR'nbsp;pofe de deux ou trois , qui font dè différents verre*nbsp;que lexpérience a appris difperfer inégalemeir^nbsp;les rayons différemment colorés qui compofent 1*nbsp;lumiere. Lun de ces verres eft un verre cryflallif gt;nbsp;que les Anglois nomment crown-glajf; amp; lautr®nbsp;eft un verre mélange de verre métallique ; Ie*nbsp;Anglois 1appellentnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cetobjeélif, coirr'
pofé fuivant les dimenfions déterminées par Ie* géometres , peint a fon foyer une image beaucorr?nbsp;plus diftinéfe que les objeftifs ordinaires; ce qe*nbsp;permet de fe fervir doculaires beaucoup plus pe'nbsp;tits fans nuire a la diftinéfion, amp; ceft ce q^enbsp;lexpérience confirme. On appelle auffi ces 1^'nbsp;nettes , lunettes a la Dollond, parceque ceft ee^nbsp;artifte A^nglois qui en eft linventeur. II fait p^*^nbsp;ce moyen des lunettes dune longueur médiocre gt;nbsp;qui équivalent a dautres beaucoup plus confide'nbsp;rabies ; amp;; 1on débite fous fon nom de petite*nbsp;lorgnettes un peu plus longues que celles de*'nbsp;péra , avec lefquelles on peut appercevoirnbsp;Satellites de Jupiter. M. Anthéaume a fait a Part* fnbsp;daprès les dimenfions données par M. Clairaitltrnbsp;une lunette achromatique de 7 pleds de foyet^ *nbsp;qui, comparée a une ordinaire de 30 a 35 pied*tnbsp;produlfoit Ie meme effet.
quelque jour dans Ie del des découvertes qui
Cette invention permet defpérer quon
de
roifldient, il y a peu dannées, fort éloignée* toute poflibilité. Peut-être viendra-t-on a bout
Optique. nbsp;nbsp;nbsp;239
^^onnoitre dans la lane des traces dhabltatiott danimaux, des taches dans Mercure amp; Sa-Ie Satellite de Vénus, ü fouvent vu , amp; finbsp;°^^nt perdu de vue.
^ ^our donner une idee fenfible de la maniere ^nt les lunettes groffiffent lapparence des objets,nbsp;^ prendrons pour exemple celle quon appellenbsp;^^namiquz , comme étant la plus fitnple. Onnbsp;pas de peine a la concevoir, 11 lon Ie rap-fQ ^ quune lentille de verre convexe peint a fonnbsp;une image renverfée des objets qui font anbsp;. ^ gtande diftance. Lobjeftif de la lunette for-done derriere lui, a la diftance de fon foyer,nbsp;image renverfée de lobjet vers lequel il feranbsp;'°Urné. Or, paria conftruclion de Iinllrument,nbsp;image eft au foyer antérieur de 1oculairenbsp;jj^^lUel losil eft applique ; conféquemment Trisilnbsp;^Ppercevra diftinftement; car ceft une chofenbsp;^^^nnue, quun objet étant placé au foyer dunnbsp;^®tre lenticulaire ou tant foit peu en deqa, on Ienbsp;diftinftement a travers ce verre amp; dans Ienbsp;fens. Limage de Tobjet qui en tient lieunbsp;étant done renverfée , 1oculaire a travers le-on la regarde ne la redreflera pas, Sc lonnbsp;conféquemment lobjet renverfé.
^ Vuant a la grandeur , on démontre que langle lequel on voit cette image, eft a celui fousnbsp;l^'^l^l On voit lobjet, de la même place , commenbsp;^ oiftance du foyer de lobjeélif a celle du foyernbsp;^ loculaire: de-1^ vientIamplificationderobjet.nbsp;^ les lunettes terreftres, les deux premiersnbsp;j^^^li'es ne font que retourner limage ; ainfi cettenbsp;doit repréfenter les objets droits. Mais ennbsp;cpU ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 lunettes a réfraélion. Palfons k
de réflexiorw
-ocr page 248-240 RicRÉATIÖNS MATHEMATIQUESi Des Télefcopes a réjlexion.
li fuffit davoir bien connü la maniere dont 1^^ lunettes ordinaires repréfentent les objets ,nbsp;Concevóir qüon peut produire Ie même effetnbsp;la reflexion; car un miroir eoncaVe peint anbsp;foyer, com mé une lentille convexe, unenbsp;des objets éioignés. Si done on trouve Ie moy®nbsp;de réfléchir cette image fur Ie cöté ou en arrief®'nbsp;de maniere cpion puiffe la faire tomber aü föyfnbsp;dun verre convexe , amp; la regarder au travers ^nbsp;ce verre, on aura un télefcope de réftexion- ,nbsp;neft done pas étonnant quavant Nesvton , Unbsp;Ie temps de Defcartes amp; Merfenne , ön aitnbsp;pofé cette efpece de télefcope.
Mais NesVton y fut conduit par des vues P^d^ Culieres : il cherchoit a remédier au défaut pnbsp;diftiilélion des images peintes par des verres,nbsp;faut qui vient de la différente réfrangibiliténbsp;tayons de la Ivtmiere qui fe décompofent,nbsp;fayon, de quelque couleur quil foit, ne fe réfl^'nbsp;CliilTant que foüs un angle égal a celui dincidenc^nbsp;1image eft infiniment plus diftinéte, amp; mieuxnbsp;minée dans routes fes parties; II eft aifé dennbsp;1épreuve avec un miroir Concave. Cela penfld'nbsp;toit done de lui appliquer un oculaire beauepUP
plus petit, dou devolt naitre une augmentati^d beaucoup plus grande ; amp; 1expériencea vérifidnbsp;raifonnement,
M. Newton na jamais conftruit de télefcop^^ que dune quinzaine de pouces de longueur. Sui;nbsp;vant fa conftruiftion , Ie miroir occupoit Ienbsp;du tube, amp; réfléchiflbit vers fon orifice Piifnbsp;de lobjet. Vers eet orifice étoit placé unnbsp;plan, fqavoir, la bafe dun petit prifme ifold^
reéiangi®'
-ocr page 249-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;241
*^ftangle , étamée, Sc inclinée a laxe de 45®. petit miroir réfléchiffoit 1image fur Ie cöténbsp;Ie tube étoit percé , amp; oii étoit adaptée unenbsp;.^ntllle de verre dun foyer très-court, qui étoitnbsp;°eulaire. On regardoit done de coté lobjet ^nbsp;commode dans bien des circonftances.nbsp;Hadley, écuyer, Sc de la Soclété royale denbsp;^ondres, fabriqua en 1723 un télefcope de cette
eft
fa
Pece , de 15 pieds de longueur, quon trouva Ie même effet que la lunette de 123 pieds ,nbsp;Qonnée a la Société royale par Huygens.
Les télefcopes a reflexion , qui font les plus '^filés aujourdhui, font un peu différemment conf-^'quot;uits. Au fond du tube eft Ie miroir Concave ,nbsp;^ui eft percé dans fon milieu dun trou rond. Versnbsp;L haut du tube eft un miroir, quelquefois plan ,nbsp;^ourné direefement vers Ie fond, qui, recevant 1i-ïtiage vers Ie milieu de la diftance du foyer, lanbsp;tefléchit en bas prés du trou du miroir objeftif.nbsp;A ce trou une lentille dun court foyer eft appli-Ruée , Sc fert doculaire ; ou, ft 1on veut redreflernbsp;Lobjet comme pour voir les objets terreftres , onnbsp;^ adapte trois oculaires dans une difpofition fem-Lble a celle des lunettes terreftres,
L)n a un télefcope qui groffit encore beaucoup ^^antage, de cette maniere. Le miroir objeéfifnbsp;5 comme dans tous les autres, au fond , Scnbsp;de fon trou central pour faire place a locu-aire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du tube eft un miroir concave,
J-tn foyer moindre que 1objeélif, Sc tellement ftpofé, qvie la premiere image fe peint tout présnbsp;^ fon foyer , Sc un peu plus loin de fa furfacenbsp;*1^® neft le foyer. Cela produit une autre imagenbsp;^^'dela du centre , qui eft dautant plus grande ,nbsp;ftue la premiere eft plus prés du foyer : cettenbsp;TomcJI,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Q
-ocr page 250-1^1 RécrIations Mathématiques. image vient fe peindrè très-près du trou du miroifnbsp;objedlif, oü loculaire eft adapté comme a Iciquot;'nbsp;dinaire.
Cette forte de télefcope a reflexion sappefl^ grégorienne , parceque Grégori lavoit propofés gt;nbsp;même ayant que Newton eut imagine la fienn^'nbsp;Ceft aujourdhui la plus ufitée.
II y a encore celle de Caflegrain , qui emploj^ un miroir convexe pour agrandir 1image fonnéenbsp;par Ie premier miroir concave. M. Smith y ®nbsp;trouvé des avantages qui lont engagé a 1analyl'^''nbsp;dans fon Optique. Caflegrain étoit un artlfle FraO'nbsp;i^ois, qui propofoit cette conftruftion vers la'^nbsp;1665 , Sc a peu prés dans Ie même temps qu^nbsp;Grégori propofoit la fienne. 11 eft certain que 1*nbsp;longueur du télefcope eft confidérablement rac'nbsp;courcie par ce moyen.
Les Anglois ont été pendant long-temps dan* la poflTefllon exclufive de réuflir a ce genre doiynbsp;vrage. Ceft en eftet im art très-difficile que ceN'nbsp;de la compofition Sc du poliflage des mlroirsnbsp;inétal, néceflaires potir ces inftruments. M. PalTe'nbsp;inent, célebre artifte Franqois, Sc les freres Pari^nbsp;Sc Gonichon , opticiens de Paris, font les pr^'nbsp;miers qui leur aient dérobé cette induftrie. Ils oi^nbsp;fait les uns Sc les autres un grand nombre de téle^'nbsp;copes de reflexion , dont quelques - uns mên^®nbsp;dune longueur aflez confidérable, comme de Jnbsp;Sc 6 pieds. Parmi les Anglois, aucun artiftenbsp;seft diftingué a eet égard comme M. Short, ^nbsp;na fait de télefcopes auffi longs ; car , outrenbsp;lieurs télefcopes de 4 , 5,6 pieds de longueur,nbsp;en a fait un de 12 pieds anglois , qui apparteiioiGnbsp;il y a une vingtaine dannées , au médecin du rn'nbsp;lord Maclesfield. En y appliquant la lentille dt'
-ocr page 251-o P T 1 Q U È. nbsp;nbsp;nbsp;243.
, religieux Benédidiin, garde amp; démonf-
/^feur de ce Cabinet, II avoit ba
court foyer quil puifle comporter ^ 11 groflit ^iviron i loo fois. Auffi dit-on que les Satellitesnbsp;^ Jupiter y ont un diametre apparent fenfible»nbsp;^^ refte, ce télefcope nexifte plus, a ce que jainbsp;dire , Ie miroir objeftif sétant égaré,nbsp;plus long de tous les télefcopes a réfiexloonbsp;aient été executes , eft fans contredit celuinbsp;On volt au Cabinet de phyfique amp; doptiquenbsp;P-oi, a la Meute, amp; qui eft 1ouvrage de dom
commence a y
^Vailler long-temps avant detre a la tête de établiflement , ou il 1a achevé, amp; oü il nanbsp;l^uu quaux curieux de Ie voir, amp; de contemplernbsp;ciel par fon moyen. II eft monté fur une efpecenbsp;® piédeftal mobile ; amp; il retjoit, malgré fonnbsp;Poids énorme, fon mouvement dans tous les fens,nbsp;Pïr une mecanique fort bien entendue , amp; quenbsp;peut mener 1obfervateur même: mais ce ne font-3 que des acceflbires. Ce quil feroit intéreftantnbsp;^efi^avoir, ceft fon degré de bonté, amp; sil pro-un effet proportionné a fa longueur , ou aunbsp;|'oins confidérablement plus grand quun des meil-^eurs des plus longs télefcopes a reflexion, fa-^flués avant celui-la; car on fqait alfez que lesnbsp;bets de ces inftruments, en leur fuppofant mêmenbsp;de perfeélion dans Ie travail, ne croit pasnbsp;P^oportion de la longueur. La lunette de 12,3nbsp;P'eds dHuygens,quoiquexcellente, puifquil crutnbsp;j^^oir en faire un préfent a la Société royale denbsp;^ondres , ne produifoit pas un effet quadruplenbsp;A boe excellente lunette de 30 pieds; amp;: il en doitnbsp;^be de même des télefcopes a réflexion , ou Ie*nbsp;'mcultés du travail font encore plus grandes;nbsp;b orte que ft un télefcope de 24 pieds produifoit
144 Recreations Mathématiques. une moitié en fus de leffet diin autre de 12 pie^Vnbsp;OU feulement ie double dun de 6 pieds, jenbsp;quon devroit Ie regarder comtrie un bon ouvrag^tnbsp;amp; un pas de plus vers la perfeftion de Tart.
Jai ouï dire quil navoit pas tenu a dom 'de 'faire cette comparaifon , amp; Ie moyen qt''nbsp;propofoit eft fort raifonnable. II y a long-tef^Pfnbsp;que je Ie regarde coinme 1unique qui foit propte fnbsp;comparer de pareils inftruments. Ceft de fixer, *nbsp;une diftance de plufieurs centaines de toifes,nbsp;carafleres imprlmés de toute dimenfion , amp; cof^'nbsp;pofants des mots barbares Sc fans aucun fens, afi'nbsp;que 1on ne puiffe saider dun ou de deuxnbsp;entrevus pour deviner Ie refte. Le télefcope p®^nbsp;Ie fecours duquel on lira les carafteres les pl^*nbsp;menus , fera inconteftablement Ie plus parfat^'nbsp;Jai vu au dome des Invalides des affiches fembla'nbsp;bles , que dom Noël y avoit fixées pour faire cetf^nbsp;comparaifon, Mais, malheureufement, de pareij^nbsp;inftruments ne peuvent guere fe rapprocher:'nbsp;faudroit done, fans déplacer ces inftruments,nbsp;a une diftance convenue de chacun , des carafter^*nbsp;imprimés tels quon vient de dire , Sc que des ps^'nbsp;fonnes choifies amp; nommées a eet effet, fe traf''nbsp;portaffent dans les divers obfervatoires , en rl®*nbsp;temps abfolument femblables , amp; examinalRf*'nbsp;quels carafteres 1on pourroit lire avec chaq^®nbsp;télefcope. Ce moyen pourroit fournir une répoR^^nbsp;pofitive a la queftion ci-deflus.
Jaurois fort defiré pouvoir confidérer Jupft^^ Sc Saturne avec le télefcope de dom No'él;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
ayant bien nettement imprimé dans 1efprit le gre de diftinftion avec lequel on apperqoit qu^^nbsp;ques détails des apparences de ces planetes, dafl*nbsp;les meilleurs télefcopes que jai eu occafion
-ocr page 253-o P T 1 Q u E. nbsp;nbsp;nbsp;145
dans mes divers voyages en Europe , jaurois ^gt;ne former pour moi - même une idee de cenbsp;doit penfer de celui de dom Noel; inais unnbsp;précipité ma empêché de fatisfaire manbsp;J'ofité a eet égard ; jefpere Ie faire a mon pre-Voyage a Paris.
PROBLÊME XLV,
Q
'^^firuWion d'um lumtte par laqudh on peutcon-fidérer un objet different de celui auquel on paroit mirer.
r
^Omme il eft impoli de lorgnet avec attention l!'^e perfonne , on a imaginé en Angleterre unenbsp;de lorgnette, au moyen de laquelle, en pa-'^'flant conlidérer un objet, on en regarde réelle-un autre. La conftruftion de eet inftrument,nbsp;fait pour avoir été imaginé a Paris , eft fort
j Adaptez au devant dune lorgnette dopéra , PI. n, lobjeélif devient inutile , un tuyau percé % 4°^nbsp;Ie'!?- lateral, Ie plus large que Ie comporteranbsp;.^*®metre de ce tuyau. Au devant de ce trounbsp;'*¦ placé un miroir incliné a laxe du- tuyau dunnbsp;'§6 de 4^0, amp; ayant fa furface réfléchiflantenbsp;ttrnég du (-dté de lobjeélif. II eft évident que ,nbsp;on dirigera cette lunette vis-a-vis foi,
Vo^ ^Ppercevra quun des objets latéraux, fqa-li»'*^ nbsp;nbsp;nbsp;^^11'^ trouvera fitué aux environs de la
j^amp;ne tirée de 1oeil dans la direftion de laxe de la ^ réfléchie par Ie miroir. Cet objet paquot;
Au ^quot;'ais tranfpofé de droite a gauche»
^ie nbsp;nbsp;nbsp;mieux déguifer 1artifice, ft con-
ttt de laifter Ie devant de la lunette garni d ua
140 Recreations Mathématiques. verre plan , qui figurera un objeftif placé a Ianbsp;niere ordinaire.
Cet inllrument, qui neft pas bien en France (a), feroit fort utile pour fatisfaire fanbsp;riolité au fpeftacle , fur-tout fi Ie miroir étoit liVnbsp;ceptible detre plus ou inoins incliné ; car tann'nbsp;quon paroitroit regarder Ie theatre, on pourroil nbsp;fans affedation , amp; fans violer les loix de la pol*'nbsp;tefle, conlidérer amp; analyfer une figure intére*'nbsp;fante placée dans les loges. Falloit-il que lanbsp;davoir découvert un inflrument fi précieux,nbsp;ravie par lAngleterre a la nation Franqoife I
II faut pourtant dire que 1idée de cette inflr^ ment neft pas extrêmement neuve ; il y a d^)*nbsp;long-teinps que Ie faineux Hévélius , qui app^nbsp;remment craignoit les coups de fufil, (cela eftnbsp;refte permis a un aftronome , ) avoit propofé 1^*nbsp;polémofcopc, OU lunette a voir a couvert amp;nbsp;danger des operations de guerre , Sc fur-tout d*nbsp;fiege. Cetoit un tube a double coude , ds^nbsp;chacun defquels fe trouvoit un miroir plan, i*,nbsp;dine de45quot;. On dreffoit fur le parapet du c^^nbsp;de Iennemi la premiere partie du tube ;nbsp;réfléchie par le premier miroir incliné , enfiloitnbsp;tube perpendiculaire, amp; rencontrant le fecoj,nbsp;jniroir, en etoit réfléchie horizontalement dunbsp;de 1oculaire, pres duquel 1oeil étoit placé con'^^nbsp;nablement ; on voyoit par-la, a 1abri dunnbsp;parapet, ce que faifoit Iennemi au dehors denbsp;place. Le plus grand danger étoit davoir fonnbsp;)edtif caffé par une balie ; ce qui étoit affuretfl^nbsp;pn danger bien léger amp; bien éloigné.
((2 ) On peut en trouver a Paris , chez Sayde , duR-Q!, vis-è-vis la flame de HenrilV,fur le
-ocr page 255-o P T I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;247
Des Microfcopes.
Ce que la lunette dapproche a été pour la phy-lt;lue célefte , Ie microfcope left pour la phyfique f^Munaire ; car cell par Ie fecours de ce derniernbsp;^'iftrument quon eft venu a bout de découvrirnbsp;ordre dêtres qui échappent a nos fens, amp; denbsp;P^nétrer dans la contexture de divers corps; enfin,nbsp;reconnoitre des phénomenes qui fe palTent uni-'luement entre les parties les plus infenfibles de ianbsp;*^3tiere. Rien de fi curieux que les faits dont Ienbsp;Microfcope a mis a portee de saffurer. Mais quilnbsp;fefte encore a faire a eet égard !
II y a deux fortes de microfcope, Ie fimple Sc Ie compofé ; nous allons en parler fucceflive-Mient, en commenqant par Ie premier.
Conjiruclion du Microfcope Jimple.,
Toute lentllle convexe de verre, dun foy^ 'rès-COurt, eft un microfcope ; car 1on déinontrenbsp;quune lentille de verre groflit Tobjet dans Ie rapport de la dlftance de fon foyer, a Ia moindre denbsp;belles oü Iobjet dolt être placé pour être vu dif-iriftement; ce qui, pour la plupart des bommesnbsp;Mon-myopes, eft a environ 8 pouces. Alnfi unenbsp;lentille dont Ie. foyer eft de 6 lignes, groffira 16nbsp;^ois Tune des dimenlions de Tobjet; ft elle navoitnbsp;'ftfune ligne de foyer , elle la grolllroit 96 fois.
II- II eft difficile de fabriquer une lentille de ''lorre dun ft court foyer, car 11 faudroit que Ienbsp;quot;ayon de chacune de fes convexltés fut feule-Mient dune ligne; ce qui feroit difficile dansnbsp;Iexécution ; ceft pourquoi on leur fubftitue denbsp;petlts globules de verre, fondus a la lainpe d e»
a4S Recreations Mathématiques. mailleur ou a la lumiere dune bougie. Voici coiRquot;nbsp;inent on sy prend.
On égrife du verre bien net amp; bien tranfparetiO foit avec un égrifoir , foit avec les dents duR^nbsp;clef; on prend enfuite, avec la pointe dune aiguill®nbsp;un peu hutneftée de falive , un de ces fragment*nbsp;qui sy attache , amp; on Ie préfente a la flamin®nbsp;bleue dune bougie, quon tient un peu inclinée gt;nbsp;afin que ce inorceau de verre ne tombe pas dan*nbsp;la cite. A peine y eft-il préfenté quil fe fond gt;nbsp;satronclit en globule, amp; tombe: ainfi il faut avoitnbsp;au cleflbus un papier avec un rebord , afin que Isnbsp;globule foit retenu.
II faut remarquer quil y a des efpeces de verre qui fe fondent difficilement: dans ce cas, il fautnbsp;en choifir une autre. Les morceaux de tuyau denbsp;barometre qui viennent de Normandie , les fragments daigrettes , font dune fufibilité facile.
Parini les globules ci-deffus, choififfez les plus nets amp; les plus ronds; prenez enfuite une lame denbsp;cuivre, de 5 a 6 pouces de longueur amp; de 6 lignesnbsp;clelargeur, cjuevous replierez en deux; vous lesnbsp;percerez dim trou un peu moindre que Ie diame-tre du globule, amp; vous en ebarberez les bords;nbsp;enfin engagez un des globules dans ce trou entrenbsp;les deux lames, amp; hez Ie tout folidement: vousnbsp;aurez un microfcope fimple.
Comme il eft aifé davoir .des globules de ^f j A de ligne de diametre, Sr que Ie foyer dun globulsnbsp;de verre eft a un quart de fon diametre en dehors,nbsp;on a , par ce procédé , un inoyen de groffir énor-jnément les objets : car li Ie globule na que \ ligne de diametrefi Ion fait ee rapport; commenbsp;les ~ dune demi-ligne ou les font a 96 lignes, ainfinbsp;ï eft a 153 ; ce nombre 153 exprimera Taugment
-ocr page 257-o P T I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;14^
|,^*ion du dlametre de Tobjet ; ce qui fera en fur-25409 fois, amp; en folidité 3 581677 fois. célebre Lewenhoeck, fameux par fes obfer-J^tions microfcopiques, na jamais employé dau-microfcopes. II eft néanmoins certain quüsnbsp;°nt fujets a beaucoup dincommodités, amp; 1on nenbsp;P^ut guere sen fervir que pour des objets tranfpa-' OU au moins demi-tranfparents ; car on fentnbsp;'eiuent quil neft pas poffible déclairer lafurfacenbsp;confidere autrement que par detriere. Quoinbsp;ilen foit, Lewenhoeck sen eft fervi pour fairenbsp;foule dobfervations curieufes , quon verranbsp;Ie détail des obfervations microfcopiques.nbsp;III. Voici un autre microfcope bien plus fim-P!e; ceft Ie microfcope cleau de M. Gray.
Oii prend urie laine de plomb, de j- de ligne epaifleur au plus; on y fait un trou rond avecnbsp;'^'te aiguille ou une groffe épingle, amp; on lébarbe;
metenfuite dans ce trou, avec la pointe dune P Ume , une petite goutte deau ; fes deux furfacesnbsp;^'ttérieure amp; poftérieure sy arrondiflent en con-''exités fphériques, amp; voila un microfcope fait.
M ^ foyer dun pared globule eft un peu plus que celui dun globule égal de verre; carnbsp;^ foyer dun globule deau eft a la diftance dunbsp;^ en dehors. Ainfi un globule deau de p lignenbsp;eftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 groflira que ii8 fois ; mais cela
6ien compenfé par la facilité de sen procurer diametre aufli petit que lon veut.nbsp;infnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laquelle on ait fait
^.'^ftrument; car on verra, par ce moyen, les pe-animaux microfcopiQUt^s que cette ^Ontiendra. M, Gray fut fort étonné la premiere
^ 1air des feuilles, dubois, du poivre , de Wuie , ce microfcope fera a-la-fois lobjet amp;
-ocr page 258-2^0 Recreations Mathématiques. fois quil vit pareille chofe, II fit enfuite reflexionnbsp;que la furface poflérieure de la goutte faifoit 3nbsp;Fegard de ceux de ces animaux qui fe trouvoief*nbsp;entrelle amp; Ion foyer, 1effet dun iniroir concaV®nbsp;qui grofliffoit dabord leur image, laquellenbsp;encore groffie par Iefpece de lentille convexenbsp;la furface anterieure. Telle eft la caufe de ce ph^'nbsp;nomene.
IV, On peut encore avoir a moindre frais microfcope : ilfautpercer,pour cet effet, dansun®nbsp;carte ou une lame de metal très-mince, un tro^nbsp;dun quart ou dun cinquieme de ligne de diarne'nbsp;tre : vous pourrez voir par ce moyen des obje*^nbsp;extremement petits , Sc ils vous paroitront grofli*nbsp;en raifon de leur diftance a 1oeil, a celle ou Ionbsp;apperqoit diftinélement 1objet avec 1oeil nu.
On a fort vante dans un journal de Trevoti* cette efpece de microfcope ; mais, je Iavoue , 1®nbsp;n^ai guere pu voir diftinftement, par de pareif*nbsp;Irons, de petits objets qua un pouce ou un dem''nbsp;pouce de diftance; auffi ne me paroififent-ils p3^nbsp;extremement groffis.
PROBLÊME XLVII.
Dcs Microfcopes compofés.
XjE microfcope compofé eft forme dun obje^' tif , qui eft une lentille dun trés - court foy^ nbsp;comme de 6 ou 4 li^nes. A la diftance de quel'nbsp;ques pouces , comme de 6 a 8 , eft un oculaif^nbsp;dune couple de pouces de foyer. Lobjet doit etr'^nbsp;placé un peu au-dela du foyer de Iobjeftif, ^nbsp;ioeil éloigné de Ioculaire a peu prés a la diftan*-^nbsp;de fon foyer. Ayant une combinaifon de verre*nbsp;femblable, ft vous approcliez doucement Iobi^*'
-ocr page 259-lobjtfllf, il y aura un point oü vous Ie verrez ^onfidérablement groffi.
i-e mécanifme de eet efFet eft aifé a concevoir. ^ objet placé un peu au-dela du foyer de lobjet,nbsp;P^int, comme on la vu plus haut, a plufieurs pou-
de diftance derriere Ie verre, une image qui eft ^ Pobjet, comme la diftance de cette image aunbsp;y^rre eft a celle de Iobjet a ce méme verre. Cettenbsp;irtiage étant placée au foyer de 1oculaire , quinbsp;neft que de quelques pouces, eft apperque dif-^inftement, amp; encore augmentée par eet oculaire :nbsp;®'nfi elle doit paroitre confidérablement groffie.
Que Iobjeifiif foit, par exemple, de 4 lignes de foyer, que lobjet en foit a 4^ lignes; li-mage fe formera ^ par Ie problême , a 64 lignes de diftance , ou 5 pouces 4 lignes: ainfi ellenbsp;fera i 5 fois auflTi grande que lobjet; car 64 eftnbsp;a peu prés a 4 d, comme 15 efta i. Que loculairenbsp;au foyer duquel fe peint cette image ait 2 poucesnbsp;de foyer, il groflira environ quatre fois : multi-pliez I 5 par 4 , vous aurez 60: ce fera Ie nombrenbsp;de fois que lobjet paroitra grofii en diametre.
Si vous voulez quil paroiftTe moins groffi, éloi-gnez graduellement lorbjet de lobjeftif, amp; rap-Prochezloculaire ; vous verrez 1öbjet moins gros, tttais plus diftinft.
Au contraire , ft vous voulez Ie groffir davan-tage, avancez infenfiblement lobjet vers lobjeéfif, Ou lobjeéfif de lobjet , amp; éloignez loculaire ;nbsp;''^ous verrez lobjet dautant plus gros. M'ais il y anbsp;des limites au-dela defquelles on ne voit plus quenbsp;confufion.
Au lieu dun feul oculaire, on fe fert cjuelquefois , pour augmenter Ie champ de la vifion, dun doublenbsp;oculaire, dont Ie premier verre eft de 4 a 5 pouces
-ocr page 260-Récréations Mathématiques, de foyer , amp;c Ie iecond beaucoup moindre ; maïsnbsp;ceft toujours la méme chofe. Limage du petitnbsp;objet doit être placée a 1égard de eet oculairenbsp;compofé, au meme point ou devroit être unobjetnbsp;pour être appercju diftinêfement au travers.
On pourroit fe fervir dun oculaire concave, ett faifant enforte que fon foyer poftérieur coïncidatnbsp;avec limage ; ce feroit une elpece de microfcopenbsp;analogue a la lunette batavique, amp; qui auroit Ienbsp;même inconvenient , fqavoir, celui de navoirnbsp;quun champ très-étroit.
II y a auffi des microfcopes comme des télef-copes de reflexion: Ie principe en efl: Ie même. Un très-petit objet, placé fort prés du foyer dunnbsp;miroir concave , amp;; en-deqa a légard du centre,nbsp;peint une image au - dela du centre , laquelle eltnbsp;dautant plus grande quil efl: plus prés du foyer.nbsp;Cette image efl: confidérée avec une lentille convexe , amp; lon peut fe fervir ici dun oculaire denbsp;foyer beaucoup plus court; ce qui contribue dautant plus a lamplification de lobjet.
On peut voirtoute cette inatiere des microfcopes , traitée a fond dans Ie Microfcope mis a la. portee de tout te mondt, ouvrage très-curieux , amp;nbsp;traduit de 1anglois de Baker; il fe trouve cheznbsp;Jombert. On peut auffi confulter la IV^ Partie denbsp;YOptique de Smith , nouvellement traduite denbsp;1anglois. On verra dans ces ouvrages, amp; fur-tout dans Ie premier, une infinite de détails cu-rieux fur la maniere demployer ces microfcopes,nbsp;êi fur les obfervations faites par leur moyen, Foye^nbsp;auffi les Ejfais de Phyjiqut de MulTenbroeck.
Notre deffein efl de faire connoitreles obfervations les plus curieufes quon a faites ^ laide du microfcope: mals, pour ne pas Interrompre notre
-ocr page 261-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;153
nous les renverrons a la fin de cette partie de notre ouvrage.
PROBLÊME XLVIII.
^aniere fort Jimpk de juger de la grandeur rèelle des objets yus dans Ie microfcope.
ell: fouvent utile, amp; ceft du moins toujours objet de curiofité , de connoïtre la grandeurnbsp;^eelle de certains objets quon examine au m.oyettnbsp;du microfcope: voici un moyen fort fimple amp;nbsp;des-ingénieux, de 1invention du doéleur Jurin ,nbsp;^Ucien fecrétalre de la Société royale de Lon-dres, amp; phyficien célebre.
Prenez du fil dargent trait, auffi déllé quil eft Poffible , amp; enroulez Ie , auffi ferré que vous Ienbsp;pourrez, fur un petit cylindre de fer ayant quel-ques pouces de longueur. II faudra examiner avecnbsp;Ie microfcope sil ny a point de vuide : vousnbsp;^onnoitrez par-la avec beaucoup de précifion Ienbsp;diametre de ce fil dargent. Car, fuppofons quilnbsp;y en eüt 5 20 tours dans lefpace dun pouce , il eftnbsp;dvident que Ie diametre de ce fil feroit la 520^nbsp;Portie dun pouce , mefure quaucune autre ma-^lere ne fqauroit dónner.
,, Coupez enfuite en très-petits morceaux ce fil dargent, amp; difperfez-en une certaine quantité furnbsp;piatine objeftive , celle fur laquelle on placenbsp;objets a examiner: vous verrez ces fils dans Ienbsp;^'crofcope , amp; vous jugerez aifément du rapportnbsp;groffeur des objets que vous confidérerez, avecnbsp;® rapport de ces fils ; doü vous conclurez la dx-*^enfion de ces objets.
j 7 par un procédé femblable que M. Jurin stermine la groffeur des globules qui donnent
-ocr page 262-1^4 Recreations Mathématiquës.
au fang fa couleur rouge, II trouva daborcl Ie diametre de fon fil dargent étoit la 48^^ partienbsp;dun pouce; amp; ü jugea enfuite, par comparaifon»nbsp;que Ie diametre dun globule rouge du fang étoitnbsp;Ie quart de celui du fil ci-deffus; doii il coO'nbsp;clud que Ie diametre de ce globule étoit la 144'^^nbsp;partie dun pouce.
PROBLÊME xlix.
Conjlrum un tableau magique , ou tel quétant
dans un certain point amp; a travers un verre,
l
préfentera un objet tout different de celui quott verra a üoiil nu.
C O M M E ce problême optique fe réfoud ait moyen dun verre a facettes, nous ailons dabordnbsp;donner une idee de ces fortes de verres.
Les verres a facettes font des verres lenticU' laires , ordinairement plans dun cóté , amp; de lau-tre taillés a plufieurs faces en forme de polyedres.nbsp;Tel eft celui repréfenté par les jig. 41nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;42, de
cóté amp; de face , il eft compofé dune facetts plane amp; ennéagonale au centre , amp; de lix trapeze^nbsp;rangés a la circonférence.
pj nbsp;nbsp;nbsp;Ces verres ont la propriété de repréfenter aii'
fig.4i,42.tant de fois Ie même objet quil y a de facettes!
car, fuppofant eet objet O , il envoie des rayon^ fur toutes les faces du verre, AD, DC, CB, Ceu^nbsp;qui traverfent la facette DC , paffent comnie *nbsp;travers une glaffe plane interpoiee entre loeil ^nbsp;1objet; mais les rayons tombants de O fur la f®'nbsp;cette AD inclinée, éprouvent une double réfra^'nbsp;tion qui les fait converger vers laxe OE, anbsp;prés comme ils feroient sils tomboient fur lanbsp;face fphérique dans laquelle Ie verre polyedre
Optiquë. nbsp;nbsp;nbsp;^5^
infcrit, Loeil étant placé au point commun Concours, il apperqoit Ie point O en « clans lanbsp;Pclongation du rayon EF; conféqiiemment onnbsp;jCrra encore une image du point O différente denbsp;piCiniere. La mênie chofe ayant lieu a 1égardnbsp;®^chaque facette, on verra lobjet autant de foisnbsp;y en a dans Ie verre, amp; endeslieux différents.nbsp;^ ^^aintenant, fi on fuppofe un point lumineuxnbsp;1axe du verre , amp; a une diftance convenable,
les rayons qui tomberont fur une facette, '¦'ont peindre , après une double réfraftion, furnbsp;Carton blanc perpendiculaire-a laxe prolongé,nbsp;image de cette facette plus ou moins grande ,nbsp;p qiti a une certaine diftance fera renverfée.nbsp;^^nféquemment, ft , au lieu du point lumineux,nbsp;'^'^Us fuppofons 1ceil, Sc que cette image foit elle-^cine lumineufe ou colorée , les rayons partantsnbsp;cette image ou partie du carton , aboutiront anbsp;teil; Sc ils feront les feuls qui y parviendront,nbsp;^Pres avoir éprouvé une réfraélion fur cette mêmenbsp;^cette : Sc f^aifant un pareil raifonnement ponrnbsp;les autres, il eft aifé de voir que loeil étantnbsp;P^cé 4 un point fixe, il verra par chaque facettenbsp;Certaine portion feulement du carton, Sc quenbsp;enfemble rempliront Ie champ de la vifion ,nbsp;^^tgt;iqng détachées fur Ie carton; enforte que ftnbsp;1.'^ chacune eft peinte une certaine partie dun ta-^ Can régulier Sc continu, toutes enfemble repré-^teront ce tableau même. Lartifice du tableaunbsp;p^S'que propofé , confifte done , après avoir fixenbsp;® lien de loeil, celui du verre Sc Ie champ dunbsp;.'Can, a determiner les portions de ce tableaunbsp;hu fenles feront vues au travers du verre ; a pein-,'c fur chacune la portion déterminée Sc convena-c dun tableau donné, dun portrait, par exera-
256 Recreations Mathématiqüês. pie, enforte que, reunies enfèmble , 11 en réAill^nbsp;ce portrait même ; a remplir enfin Ie refte diinbsp;champ du tableau de ce quon voudra, en raccot'nbsp;dant ie tout enfemble de maniere qu11 en réfitfi®nbsp;un tableau régulier.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Tel eft Ie principe de ce jeu optique. Entrons ^ préfent dans les détails de la pratique.
PI. 12, La j%. 43 repréfente une table ABCD , a le^'
% 43- trémité de laquelle eft adaptée perpendiculaire' ment amp; fixément une planche garnie de deux rai'nbsp;nures, qui fervent a y glifter une planchette, gaf'nbsp;nie a fa furface antérieure dune feuille de papie^nbsp;blanc , OU dune toile a peindre. Ceft-la ie chanrPnbsp;du tableau a exécuter. EDH eft un fupport vef'nbsp;tical, qui doit étre fufceptible detre approché oi*nbsp;éloigné de ce tableau , Sc qui doit porter n'nbsp;tuyau garni a fon extrémlté antérieure dun verf®nbsp;a facettes, Sc a 1autre dun carton percé anbsp;centre dun trou daiguille feuleinent. Ce trounbsp;Ia place de loell. Nous fuppoferons ici Ie vetf^nbsp;plan dun cóté, Sc compofé de fix facettes rhoin'nbsp;boïdales appuyées au centre, Sc de fix autres triaif'nbsp;gulaires qui occupent Ie reftant de lexagone.
Ayant tout ainfi préparé , on fixera Ie pi^*^ ED'H a un certain éloignement du champnbsp;tableau, felon qu on voudra que les parties dsnbsp;figure a deffiner foient plus votfines ou plus écaf'nbsp;tées les unes des autres. Mais il eft a proposnbsp;cette diftance foit au moins quadruple du diameff^nbsp;de la fphere a laquelle Ie polyeclre du verre fero**nbsp;citconfcrit, Sc la diftance de 1oeil a ce verrenbsp;comrnodément étre égal a deux fois ce diameff^'nbsp;On placera done loeil au trou K ainfi détennin^'nbsp;puis, amp; avec un baton garni dun crayon, ( ^nbsp;mainne peuty atteindre,) on tracera avec route
légéret^
-ocr page 265-o P T I Q U E.
157
®§éreté pofflble , Ie contour de 1efpace quon ap^
P^rcevra a travers une facette, puis a travers fa ''oifine , amp; ainfi fucceffivement. Cette opératiotinbsp;beaucoup de preciiion amp; de patience, carilnbsp;5 pour la perfeftion de louvrage , que lesnbsp;' efpaces apperqus par deux facettes contiguës,nbsp;Paroiffent laifler entrelles aucun intervallenbsp;^^^ceptible ; a tout prendre , il vaudroit mieuxnbsp;empiétaffent tant foit peu lun fur 1autre.nbsp;aura foin aufli de numéroter chacun de cesnbsp;^ Paces, du meme numéro quon aura affigné a lanbsp;afin de fe reconnoitre. Cela feroitau fur-alfé , en faifant attention que lefpace répon-a chaque facette eft toujours tranfporté pa-j^'^élement a lui-même de haut en bas, ou denbsp;'oite a gauche , de 1autre cóté du centre,nbsp;j, ll sagit préfentement de tracer Ie tableau régu-quon veut appercevoir , 6gt;c de Ie tranfporternbsp;les efpaces du tableau déformé. A toute ri-^'^^ur , il faudroit pour cela faire une projeóllonnbsp;!;* Verre a facette, en fuppofant 1oeil a la diftancenbsp;On Ie place réellement; mais, comme on 1ennbsp;j^^Ppofe un peu loin, on pourra, fans erreur fenfi- prendre pour Ie champ du tableau régulier ,nbsp;projection verticale, ainfi quon la voit dans lanbsp;fj ^4 , n° I, qui Ie repréfente tel quon Ie verrolt PI. 12,nbsp;f avoit losil perpendiculairement au delTus de fig- 44,nbsp;centre amp; a une diftance très-confidérable. ^ ^nbsp;'^ous décrirez done dans ce champ, qui feranbsp;g ^xagone , amp;; compofé de 6 rhomboïdes amp; denbsp;, une figure quelconque , par exemplenbsp;pjj^P®'frait; après quoi, en confidérant que 1ef-® a é c if eft Ie lieu ou doit paroitre la portion inbsp;, vous ly tranfporterez avec Ie plus de
que vous pourrez : VOUS en ferez autant des
158 Récréations Mathématiques. autres, amp; vous aurez la principale partie de votr^nbsp;tableau faite. Mals, comme il eft queftion d®nbsp;montrer autre chofe que ce quon doit voir , onnbsp;déguifera au moyen de quelquautre peinture quoi^nbsp;exécutera dans Ie furplus du tableau, en fe raC'nbsp;cordant avec ce qui eft déja fait de inaniere qi'®nbsp;cela ferve au fujet principal. Cela depend du géni®nbsp;amp; du gout de lartifte.
iM
On trouve dans la Perfpeclive curimfe, du pef® Niceron, une explication beaucoüp plus détaill^^nbsp;de tout ce procédé. Ceux a qui ceci ne fuffira pas?nbsp;font invités a y recourir. Ce mêine pere Niceronnbsp;nous dit avoir exécuté a Paris, amp; mis dans la bbnbsp;bliotheque des peres Minimes de la Place Royale?nbsp;fes confreres, un tableau de ce genre, qui, vu nnbsp;loeil nu, préfentoit une quinzaine de portraits denbsp;fultans Turcs; inais , régardé a travers Ie verre?nbsp;cétoit Ie portrait de Louis XIII.
On a vu en 1759, au fallon ou a 1expofition des ouvrages de 1Académie Royale de Peinture?nbsp;un tableau de M. AmédéeVanloo, quiétoit beaU'nbsp;coup plus ingénieux. A loeil fimple, c etoit unnbsp;tableau allégorique , repréfentant les différente^nbsp;Vertus avec leurs attributs, grouppées ingénieuft'nbsp;ment; mais, lorfquon regardoit a travers Ie verre?nbsp;on y trouvoit Ie portrait de Louis XV.
R E M A R (lU E S.
I. Il eft néceffaire dobferver que la place dn verre , étant une fois fixée , doit être invatia'nbsp;ble ; car, comme les verres ne fqauroientnbsp;dune régularité parfaite , ft on les déplace , d f ^nbsp;prefque impoflible de jamais les remettre aunbsp;convenable ; ceft pourquoi il eft aufli nécefla'^^
-ocr page 267-59
O P T 1 Q U É,
que Ie verre eft dune bonne qualité; r * il eft trop alkalin , amp; quil vienne a perdrenbsp;¦ poli par Ie contaft de 1air, on ne pourra plus
Qgt; fubftituer im qui produire Ie mêrhé eftet Un accident que jai ouï dire être arrivé aunbsp;du tableau de Mi Amédée Vanloo.
^ p' Au lieu dun verre comme celui qui a fervi « ^^eiTiple ci-deflus , ou un plus compofé, onnbsp;^^'^troit fe fervir dun fiinple verre pyramidal;nbsp;'l^i fimplifieroit beaucoup Ie problême.
^ 5- On pourroit aufll fe fervir dun verre qui fut portion de prifme taillée a un grand nombrenbsp;Psns paralleles a 1axe : alors la peinture a volrnbsp;1 kavers du verre, devroit être deffinée dans desnbsp;paralleles.
fut pourroit former un verre de plufieurs coniques concenrriques, ou de plufieursnbsp;IjL^^os fphériques de différents diainetres, fem-'sment concentriques; Sc alors la peinture anbsp;travers du verre, devroit être diftribuéénbsp;'fférents anneaux concentriques.
^n peut former un tableau magique par ré-II faudra pour cela avoir un miroir dö ^ ^ facettes, bien poli, amp; a aretes bien vives*nbsp;devant ce miroir, amp;C perpendiculaire-les Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;carton ou une toile , amp; , par
Un nbsp;nbsp;nbsp;principes que ci-defius, on y décrira
^ente nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; repré-
^^gé 1 '^srtain fujet; mais fi , par un trou mé-foir ^ tableau , on Ie regarde dans Ie mi-j on y nbsp;nbsp;nbsp;chofe*
Rij
//^
ConjlruBion d'une. lanttrnc. artijicidU, avec on puijffè lire la nuit de fort loin.
F AIT E s une lanterne qui ait la forme cluf* lindre ou dun petit tonneau, fitué felon fanbsp;gueur , ou enforte que fon axe foit horizon^® 'nbsp;mettez a un de fes fonds un miroir paraboliif^^^nbsp;OU fiinplement un miroir fphérique dont Ie ^nbsp;foit vers Ie milieu de la longueur du cylindre » ^nbsp;ce foyer foit placée la flamme dune bougienbsp;dune lampe ; cette lumiere fe réfléchira fortnbsp;en paflant par lautre fond , amp; fera li éclatantnbsp;que de nuit on pourra lire très-loin des le^nbsp;trés petites , en les regardant avec une luoenbsp;Ceux enfin qui verront de loin cette lumiere jnbsp;fe trouvant dans laxe prolongé de la lanter'®nbsp;croiront voir un grand feu,
PROBLÊME LI.
Confruclion de la Lanterne magique.
blanc des objets extrêmement groffis. Cet f
hef»
ment, dont linventeur eft, )e crois, Ie P. Kir'-Jéfuite, a fait une telle fortune , quil eft la reflburce dune foule de gens qui gagnent ^nbsp;vie a montrer ce petit fpeftacle au peuple- ^nbsp;quoique tombé en des mains viles , il nen Inbsp;moins ingénieux, amp; mérite de trouver plae^
o P T I Q U E.
i6ï
^^ations propres a Ie perfeélionner amp; a Ie rendre P'^Mntéreffant.nbsp;j. .quot;our fe former une lanterne magique, il faut PI. ij^nbsp;faire avec du fer-blanc, du cuivre ou du ^g- 45*nbsp;une boïte quarrée, denviron un pied en toutnbsp;gt; on en percera vers Ie milieu Ie fond denbsp;p^ant, dun trou denviron 3 pouces de diame-auquel on foudera ou vifferaun tuyau. Lou-^'^^Ure de ce tuyau du cóté de la boite , doit êtrenbsp;dun verre lenticulaire bien tranfparent, amp;
doit être
^yant fon foyer vers les deux tiers ou les trois de la profondeur de la boite, ou lon placeranbsp;lampe garnie dune forte meche , pour quellenbsp;^'^ine une vive lumiere. II faudra, pour plus denbsp;^^ffeftion de la machine , que cette lampe foitnbsp;'*Pceptible detre approchée ou éloignée, enfortsnbsp;1'^'on puiffe la placer bien exaftement au foyernbsp;Verre. On pourra auffi , pour éviter 1aberrationnbsp;fphéricité , former la lentille dont nous venonsnbsp;® parler , de deux lentilles dun foyer doublenbsp;f^acune, Cela me paroit propre a contribuernbsp;^^aucoup a la diftinftion de la peinture.
!^f;^rompu, a peu de diftance du trou, par une quarrée , percée latéralement de deux rai-^Utes propres a faire glilTer une petite planchettenbsp;^ Environ 4 pouces de largeur , fur la longueur Fig. 4amp;.nbsp;^uon voudra. Cette planchette fervira de cadrenbsp;^ Un verre fur lequel feront peints , avec des nbsp;^ouleurs tranfparentes , tels objets que lon jugeranbsp;^ propos. On choifit ordinairement des fujets gro-*®fques amp; bizarres.
On fera entrer dans la partie antérieure de tuyau, un autre tuyau garni dun verre len-^iculaire de 3 pouces environ de foyer , que
R üj
. Le tuyau foudé ou viffé a la calfle , doit
-ocr page 270-iSi Recreations Mathématiques.
l^on pourra, par ce moyen, approcher ou éloign®*' a voloiué.
Telle eft la conftruftion de la machine : e voici leffet. La lampe étant allumée , amp; la laU'nbsp;terne étant placée fur une table , a Toppofite dui'nbsp;mur blanchi , on ferinera, fi ceft Ie jour, toute*nbsp;les fenêtres de la chambre ; on introduira par 1^*-ralnures ci-deffus un des petlts tableaux dont noU*nbsp;avons parlé , dans une lltuation renverfée ; enfuif®nbsp;on approchera ou 1on éloignera Ie verre mobile 'nbsp;on verra , lorfquil fera au point convenable , 1^*nbsp;figures de ce tableau dépeintes fur la murallle , ^nbsp;énonnément grofiies.
Si lon garnit lautre extrémité du tuyau inp' bile dune lentille dun foyer beaucoup plus éloi'nbsp;gné, Ie champ de la lumiere fera augmenté, ^nbsp;les figures groffies a proportion. II eft a propos d®nbsp;placer a ce tuyau mobile, Sc a la diftance a p^^'nbsp;prés du foyer de la premiere lentille , un dia-'nbsp;phragine; il fervira a ecarter les rayons des objefsnbsp;lateraux, ce qui contribuera beaucoup a la dftquot;'nbsp;ftincfion de la peinture.
Nous avons dit quil faut que les petltes figur^^® a. repréfenter foient peintes avec des couleut*nbsp;tranfparentes. Ces couleurs font, pour le rouge»nbsp;une forte infufion de bois de Brefil ou de coche'nbsp;nille , ou le carmin , fuivant la teinte quon voU'nbsp;dra ; pour levert, une diftblution de vert-de-gri^»nbsp;on , pour les verts fonces , de vitriol martial»nbsp;pour le jaune, Iinfufion de baies de nerpru^»nbsp;pour le bleu, la diftblution de vitriol de Chyp^'nbsp;Ces trois ou quatre couleurs fuffifent ,nbsp;tout le monde fqait, pour former routes les aut'quot;^*'nbsp;On leur donnera de la confiftance Sc de lanbsp;pue, au moyen dune eau gommee bien tranfp^'
-ocr page 271-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;i6j
*Wte 6c bien blanche, amp; 1on sen fervira pour Psindre fur Ie verre.
II faut convenir que dans la plupart des machines de ce genre, ces peintures font fi groffiérement I^ites , quon ne peut les voir fans quelque dégout,nbsp;^ais lorfquelles font exécutées avec propreténbsp;^vec entente dans Ie deffin , on ne peut fe refufernbsp;goüter quelque plaifir a cette petite repréfenta-^lon optique.
PROBLÊME LU.
Confimciion du Microfcope folaire.
L E microfcope folaire , dont Tinventlon eft due 4 M. Liéberkiin, neft proprement quune efpecenbsp;de lanterne magique dans laquelle Ie foleil fait lanbsp;fonéfion de la lampe, amp; les petits objets expofésnbsp;fur un verre ou a la pointe dune aiguille , cellenbsp;des figures peintes fur Ie verre mobile de la lanterne magique. Mals en voici une defcription plusnbsp;détaillée.
Faites au volet dune fenêtre un trou rond , Sr denviron 3 pouces de diametre. Ce trou cloitnbsp;être garni dun verre lenticulaire denvironnbsp;pouces de foyer. A ce même trou dolt être adapténbsp;intérieurement un tuyau garni, a peu de diftancenbsp;du premier verre , dune coulilTe ou rainure dansnbsp;laquelle on puiffe faire couler une ou deux lamesnbsp;de verre fort déliées , fervant a porter, au moyennbsp;dun peu deau gommée bien tranfparente, les ob-jets quon veut regarder. Faites entrer dans cenbsp;tuyau , un autre tuyau garni a Ion extremite ante-rieure dune lentille dun court foyer, comme dunnbsp;demi pouce. Enfin adaptez extérieurement au de-vant du trou , un miroir au moyen ducjuel vous
R iv
-ocr page 272-1(54 Recreations Mathématiques. puiffiez )erer 'la lumiere du foleil dans le tub^nbsp;ci-deffus : vous aurez votre inicrofcope folair^nbsp;conrtruiti Vous vous en Tervirez de la manier^nbsp;lixivante.
La chambre étaiit bien obfcurcie, amp; le foleil êtant réflécbi dans Iaxe des verres au moyen dunbsp;jniroir ci deflus, mettez quelque petit objet entrenbsp;les deux lames de verre mobiles, ou attachez-le^nbsp;Tune delles , avec de 1eau légérement gomméenbsp;amp;c bien tranfparente; placez cet objet dans TaxSnbsp;du tuyau , amp; avancez ou reculez le tuyau mobile»nbsp;ehforte que 1objet foit un peu au-dela du foyerTnbsp;vous le verrez peint difl:in(R:ement fur un cartonnbsp;ou linge blanc placé a la diftance convenable , amp;£nbsp;il y paroitra exceflivement groffi. Le plus petitnbsp;infecle , une puce par exemple , y paroitra , Ünbsp;1 on veut» grolTe comme un mouton , un cheveUnbsp;comme un gros baton ; les anguilles du vinaigrenbsp;ou de la colie de farine , y auront 1apparence denbsp;petits ferpents.
Remar(iue.
Comme le foleil neft pas immobile , il refulte de-la un inconvenient, ft^avoir, que le foleil paffenbsp;avec rapidite,- amp; quil faut continuellement rajuf-ter le miroir extérieur. Mals M. sGravefande y anbsp;remédié par une macliine fort ingénieufe, amp; aUnbsp;moyen de laquelle le miroir a un mouvement quinbsp;ramene tcujimrs les rayons folaires dans le tube»nbsp;Cela a fait donner a cette machine le nom denbsp;fol-fta.
On eut voir des details ciirieux fur le microf-COpe lolaire , dans la tradiuflion franqoife en ^ vol. in-4° de 1Opr/^we de Smith : on y explit}'^'®nbsp;plufieurs ipventions utiles pour le perfeélionner #
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font dues a M. Euler. On y volt auffi com-*^^Pt on peut Ie rendre propre a repréfenter des ^^jets opaques. Cette derniere invention eft duenbsp;jEpinus. Elle confifte a réfléchir, par le moyennbsp;^ Une grande lentille amp; dun miroir, la lumierenbsp;foleil condenfee fur la furface de 1objet qui eftnbsp;P^sfente a la lentille objeftlve du microfcope.
opticien Suifte, M. Mumenthaler , a propofé Pour cela un autre expédient.nbsp;j Ï1 y a cependant encore un inconvenient dansnbsp;microfcopes folaires: il condfte en ce que lesnbsp;^jets étant fort voifms clu foyer de la premierenbsp;p'ltille, y eprouvent une chaleur qui les brule ounbsp;denature bientot. Le dodleur Hill, qui a beau-'^Oup fait ufage de ce microfcope , a propofé, parnbsp;l^^tte raifon, de fe fervir de plufieurs lampes, dontnbsp;Mumiere réunie en un foyer eft trés-éclatante,nbsp;na pas linconvénient ci-deflus. Jignore sil anbsp;^^duit cette idéé en pratique, amp; avec quel fuccès.
PROBLÊME LUI.
Couleurs, amp; de la différente réfrangibilité de la Lumiere.
. ^ne des plus belles découvertes du liecle der-eft celle que fit en 1666 le célebre Newton ^3 compofition de la lumiere amp; la caufe desnbsp;^°nleurs. Qui eüt cru que le blanc , qui paroitnbsp;couleur fi pure , ne fut autre chofe que le ré-tat de fept couleurs primitives , inaltérables, amp;cnbsp;5 enfemble dans un certain rapport ? Ceftnbsp;^nmolns ce qui réfulte de fes expériences,nbsp;lalnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui lui fervit a décompofer ainfi
^ ^miere eft le prifme , inftrument bien connu , fll'qnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fimplement objet dune curiofité
c,a caufe des couleurs dont il borde les objets
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2,(56 Recreations Mathématiques.
quon regarde a travers. Nous nous bornons ^ deux des experiences de Newton , amp; a en tir^^nbsp;les confequences qul en font la fuite.
PI.
Laiffez entrer dans une chambre obfcurcie 47. foin , un rayon de ICimiere folaire, dun pouce 0^nbsp;un demi-pouce de diametre ; recevez-le furnbsp;prifme placé horizontalement, au-dela duqU^nbsp;doit être un carton blanc; tournez le prifmenbsp;maniere que Iiinage femble sarreter: vous verr^^nbsp;fur ce carton , au lieu dune image du foleil anbsp;prés ronde , une longue bande perpendiculair^ *nbsp;dans laquelle vous coinpterez fept couleurs , dafl*nbsp;cet ordre invariable ; ivuge , orange ,jaune , verhnbsp;bleu, indigo , violet. Le rouge fera en has quapnbsp;Pangle du prifme y fera, amp; au contraire;nbsp;Iordre fera toujours le meine.
De-la , amp;c de dlverfes autres experiences anal^ gues, Newton conclud ,
1° Que la lumiere du foleil contient ces couleurs primitives;
2° Que ces couleurs font formees par des ray^^ qui eprouvent des refraflions difFerentes , amp; c[Unbsp;particulier le rouge eft celle qui eft le moins roitjnbsp;pue ; vient enfuite Iorange ; amp;c, enfin qu^nbsp;violet eft celui de tous qui fouffre , fous lanbsp;inclinaifon , la plus grande refraftion. Pournbsp;quon foit geometre, on ne peut fe refufer anbsp;conféquences.
Mais Iexperience delicate eft celle par laq'^^ Newton prouve que ces rayons différemmentnbsp;lores font enfuite inalterables. Volei comm^*^nbsp;faut sy prendre pour ne pas sexpofer ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
plus dun pbyficien, a contredlre ce grand par une experience imparfaite.
II faut dabord cjue le trou de la chambre
-ocr page 275-^Ure fok réduit a une ligne tout au plus de diame-, amp; quelle fok obfcurcie avec Ie plus grand loin. Cela fait, recevez Ie rayon folaire a i znbsp;15 pieds de diftance du trou , fur une grandenbsp;ientille de verre de 7 a 8 pieds de foyer. Tout présnbsp;^0 ce verre amp; au-dela , foit pofé Ie prifme quinbsp;^ocevra ce filet de lumiere. Enfin foit placé unnbsp;barton blanc , a telle diftance que limage folairenbsp;^ y peindroit diftindfement fans 1interpofition dunbsp;prifme : vous verrez, au lieu dune image ronde,nbsp;I's peindre fur Ie carton une bande très-étroite ,nbsp;^ colorée , comme on 1a vu plus haut, des feptnbsp;Oouleurs primitives.
Percez enfin ce carton dun trou dune ligne environ de largeur, par lequel vous ferez pafer telle Couleur que vous voudrez , en ayant 1attentionnbsp;de la prendre vers Ie milieu de 1efpace quelle oc-cupe, amp; vous la recevrez fur un fecond cartonnbsp;placé derriere Ie premier. Préfentez-lui un prifme;nbsp;'''ous verrez quelle ne donnera plus dimage alon-gse, mais une image ronde amp; de la même couleur. De plus, fi vous plongez dans cette lumierenbsp;Oolorée un objet quelconque, vous Ie verrez teintnbsp;fa couleur ; amp; fi vous regardez eet objet avecnbsp;^0 troifieme prifme, vous ne lui appercevrez pointnbsp;autre couleur que celle dans laquelle il eftnbsp;plongé , amp; cela fans aucun alongement, commenbsp;lorfquii eft plongé dans yne lumiere fufceptiblenbsp;ös décompofition.
Cette expérience , qui eft aujourdhui un jeu pour les phyficiens un peu exercés, prouve Ienbsp;|roifieme des faits principaux avancés par Newton,
3° Que lorfquung couleur eft épurée du melange des autres, elle eft inaltérable; quun rayon
268 Récrêations Mathématiques.
rouge , quelque réfraftion quon lui falTe fouffrlr i reftera toujours rouge ; amp; ainfi des autres,
Ceft une chofe affez peu honorable pour les phyliciens Fran(^ois du fiecle dernier , davoirnbsp;contefté , amp; même declare faulTe, cette aflertionnbsp;du philofophe Anglois , amp; cela daprès une experience auffi mal faite amp;cauffi incomplette que cellenbsp;de M. Mariotte. On ne peut même sempêchernbsp;daccufer ce phylïcien, dailleurs digne des plu*nbsp;grands éloges, de beaucoup de precipitation; carnbsp;fon experience nétoit point celle que Newtonnbsp;avoit détaillée dans les TranfaSions Philofophi-ques, année 1666; amp; il eft aifé de voir que, faitenbsp;a la maniere de M. Mariotte, elle ne pouvoitnbsp;réuffir.
Quoi quil en foit, il eft conftant aujourdhui r nonobllant les reclamations du pere Caftel amp;nbsp;lieur Gautier {a), quil y a dans la nature fept coU'nbsp;leurs primitives, homogenes, inégalement réfran-gibles, inaltérables, amp; qui font la caufe des cou-leurs des corps ; que Ie blanc les contient toutes 1nbsp;amp; que toutes enfemble compofent Ie blanc ; quenbsp;ce qui fait quun corps eft; dune couleur pluto^nbsp;que dune autre, ceft la configuration des partiesnbsp;infenlibles de ce corps, qui fait quil réfléchit
(lt;2) Le lieur Gautier, foi-difant inventeur de la maniet® de graver en couleurs , a combattu en 1750 , avec acb^t'nbsp;nement. Ia théorie de Newton,foit furies couleurs, f®,'*nbsp;fur Ie fyftême de lunivers. Ses raifonnements amp; fesnbsp;riences font auffi concluantes, que Ie feroient contr® J*nbsp;pefanteur de lair des experiences fakes avec un récip'®''-fêlé. Auffi na-t-il jamais eu de partifans quun ou defj^nbsp;de fes compatriotes, dont lun étoit un poëte quj ^nbsp;trouv'é que les objets ne fe peignoient pas renverfés danbsp;la rétine.
plus grande quantité des rayons de Ia premiere que de toute autre ; enfin, que Ie noir eft la privation de toute reflexion : cela sentend du noirnbsp;parfait ; car Ie noir matérie! amp; ordinaire nefl:nbsp;quun bleu extraordinairement foncé,
II y a des geus, tels que Ie pere Caftel, qui fe lont retranchés a nadmettre que trois couleurs pri-tnitives, Ie rouge , Ie jaune amp; Ie bleu. Ils fe fon-flent fur ce que Ie rouge amp;c Ie jaune forment lo-tangé, Ie jaune amp; Ie bleu font Ie vert, amp; que dunbsp;fcleu amp;c du rouge nait Ie violet ou lindigo, fuivantnbsp;que lun OU 1autre des premiers domine. Cettenbsp;nouvelle pretention eft une nouvelle erreur, II eftnbsp;tien vrai quavec deux rayons, lun jaune , lautrenbsp;bleu, on fait un vert, amp; cela eft encore vrai desnbsp;couleurs matérielles; mais Ie vert de 1image co-lorée du prifme eft tout différent; il eft: primitif,nbsp;amp; fubit fans fe décompofer les mêmes épreuvesnbsp;que Ie rouge, Ie jaune ou Ie bleu. II en eft denbsp;méme de lorangé , de lindigo amp; du violet.
PROBLÊME LIV.
¦De VArc-m-cul: commmt il fi forme: manure de Vimiter.
P A R MI les pbénomenes de la nature, larc-en-oiel eft un de ceux qui de tout temps ont Ie plus «xcité Tadmiratlon des hommes; mais il nen eftnbsp;peut-être aujourdhui aucun dont la phyfique rendenbsp;nne ralfon plus fatisfaifante Sc mieux démontrée,nbsp;Larc-en-ciel eft formé par la décompofitionnbsp;des rayons folaires en fes principales couleurs,nbsp;dans les gouttelettes de pluie , au moyen des deuxnbsp;réfraftions quils y fouffrent en entrant amp; en for-tant. Dans larc-en-ciel intérieur, qui fouvent
-ocr page 278-a/O Recreations Mathématiquës. paroit feul, Ie rayon folaire entre par la partWnbsp;lupérieure de la goutte, fe réfléehit contre Ie fond,nbsp;amp; fort par la partie inférieure. On voit fa décorn-Pl. 14, pofition dans la §. Dans 1arc-en-ciel exté-fig. 48. rieur , les rayons entrent par Ie bas de la goutte,nbsp;éprouvent deux reflexions, amp; fortent par la partienbsp;Fig. 49. fupérieure. On en voit dans la fig. 4^ la marche amp;nbsp;décompofition , cjui donne les couleurs dans unnbsp;fens oppofé a la premiere. Cefl: auflTi la raifonnbsp;pour laquelle larc-en-ciel extérieur a fes couleursnbsp;renverfées a 1égard du premier.
Fig. 50. nbsp;nbsp;nbsp;La fig. io montre enfin comment Ie même oeil
apperqoit cette double férie de couleurs.
A'Iais 1explication feroit encore incomplette, li ion ne faifoit pas voir quil y a une certaine in-clinaifon déterminée fous laquelle les rayons rouges fortent Ie plus ferrés quil eft poflible, Sc pa-rallélement entreux , tandis que tous les autresnbsp;font divergents; quil en eft une autre fous laquellenbsp;ce font les rayons verts qui fortent de cette ma-niere ; amp;c. Ceft par-la feulement quils peuventnbsp;affeéfer un Osil éloignéi
Cette explication de 1arc-en-ciel fe conflrme par une experience fort Ample. Lorfque Ie foleilnbsp;eft fo'-t voifin de lhorizon , fufpendez dans unenbsp;chambre un globe de verre rempli deau , enfortenbsp;quil foit éclairé par Ie foleil, Sc placez-vous Ienbsp;dos tourné a eet aftre, enforte que Ie globe foitnbsp;eleve a 1égard de votre osil denviron 42° furnbsp;lhorizon. En vous avanqant ou retirant un peu ,nbsp;vous ne manquerez pas de rencontrer les rayonsnbsp;colorés, Sc il vous fera facile de voir quils fortent du bas du globe ; que Ie rayon rouge en fortnbsp;fous un angle plus grand avec Thorizon , Sc Ienbsp;violet, qui eft lextrême , fous Ie moindre; en-
-ocr page 279-Optique. nbsp;nbsp;nbsp;iTï
A nbsp;nbsp;nbsp;'
que Ie rouge dolt être en dehors de 1axe , ^ e violet en dedans.
Elevez enfuite votre boule a 1égard de votre ^gt;1 denviron 54°, ou continuez de vous en ap-P'ocher , enforte quelle foit élevée de eet angle :nbsp;^ous rencontrerez les rayons colorés fortants dunbsp;^3iit de la boule , dabord Ie violet , puis Ienbsp;, Ie vert, Ie rouge , dans un ordre tout con-*''3ire au précédent. Si vous couvriez, dans Ienbsp;Premier cas , la partie fupérieure de la boule , amp;nbsp;nans Ie fecond la partie inférieure , vous naurieznbsp;Point de couleurs , ce qui prouve la manierenbsp;oont ils y entrent amp; dont ils en fortent.
On peut fe procurer facilement Ie fpeftacle dun 5rc-en-ciel artificiel : on Ie voit dans la vapeurnbsp;dun jet deau que Ie vent difperfe en gouttelettesnbsp;infenfibles. 11 faut pour cela fe mettre dans la li-gne entte Ie ]et deau amp;c Ie foleil, en tournant Ienbsp;dos a eet aftre. Si Ie foleil neft que médiocre-jiient élevé fur 1horizon, en savanqant ou sé-'oignant du jet deau, on trouvera bientot un pointnbsp;dou 1on verra larc-en-ciel dans les gouttes quinbsp;^^tombent en pluie fine amp; légere.
, Au défaut dun jet deau, on peut en faire un ^ P^u de frais. 11 faut pour cela remplir fa bouchenbsp;, en tournant Ie dos au foleil médiocre-'^^nt élevé, la jeter en 1air Ie plus haut quil eftnbsp;Polfible, amp; dans une direéfion un peu oblique anbsp;quot;orlzon. Après quelques effais, vous ne tardereznbsp;P|*s dy voir rarc-en-ciel. Une feringue qui épar-Pdlera 1eau en gouttelettes trés - menues, facili-beaucoup Timltation du phénomene.
, V oulez-vous faire cette experience dune ma-plus facile encore ? pofez fur une table, 5^ ^out j une bouteillc cylindrique de verre bien
-ocr page 280-271 Récréations Mathématiques. blanc , après lavoir remplie deau; mettez anbsp;OU I2 pieds un flambeau allumé a la mêmenbsp;teur; puls promenez-vous tranfverfalement entrenbsp;la lumiere amp; cette bouteille, en tenant votre oe**nbsp;a leur hauteur, Quand vous ferez parvenu anbsp;certain point, vous verrez les faifceaux de rayon*nbsp;colorés, fortants dun des flancs de la bouteille gt;nbsp;dans eet ordre, violet, bleu, jaune, rouge; ^nbsp;fi vous continuez de marcher tranfverfalement)nbsp;vous en rencontrerez une feconde fuite dans ut*nbsp;ordre oppofé , fqavoir , rouge, jaurle, bleu, vlo'nbsp;let, fortant de 1autre cóté de la bouteille, CeftJ*nbsp;précifément ce qui fe paffe dans les gouttes denbsp;plule ; amp; pour imiter parfaltement Ie phénomene»nbsp;il ne feroit pas impoflible de fixer fept bouteille*nbsp;femblables, de telle maniere que , dans chacurie»nbsp;1oeil placé au point convenable y vit une des fep*-couleurs, a quelque diftance de-la fept autres»nbsp;qui préfenteroient au même oeil les mêmes coU'nbsp;leurs dans 1ordre renverfé du fecond arc-en-cieJ*
Si les rayons folalres nétoient pas différeminefl*^ réfrangibles, on auroit bien également deux arcs'nbsp;en~ciel; mais ils feroient fans couleur, amp; ce feroitnbsp;feulement deux bandes circulaires dune luiniet^nbsp;blanche ou jaunatre.
Larc-en-ciel forme toujours une portion de eerde a lentour de la ligne tirée du foleil p®nbsp;1oeil du fpedateur ; ceft pourquoi, quand o£tnbsp;aftre efl: élevé fur lhorizon, larc-en-ciel efl: mom'nbsp;dre que Ie demi-cercle. II efl: égal au demi-cfitnlonbsp;lorfque Ie foleil efl a lhorizon.
On a pourtant vu une fois un arc-en-ciel grand que Ie demi-cercle, Sc qui coupoit larc-en'nbsp;ciel ordinaire ; mais ceft quil étoit produitnbsp;limage du foleil réfléchie fur leau tranquilly dim^
rivierC'
*^i^'iere, Cette image du foleil faifoit Ie même ^«et que fi eet aftre eüt été fous 1horizon.
Halley a calculé , daprès Ie rapport des ^^erfes réfrangibilités des rayons du foleil, quenbsp;® demi-diametre de larc-en-ciel intérieur, prisnbsp;milieu de fa largeur , doit être de 41° 10', Scnbsp;fa largeur , qui ne feroit que 1° 45^, fi Ie foleilnbsp;^ ^foit quun point, doit être de 1° 154 caiifenbsp;diametre apparent de eet aftre. Ce diametrenbsp;^PParent eft la caufe pour laquelle les couleurs nenbsp;°^t pas tranchées avec cette diftinclion quellesnbsp;^Uroient ft Ie foleil nëtoit quun point lumineux.
rayon de larc-en-ciel extérieur , pris de la ^êrne maniere, ceft-a-dire au milieu de fa lar-S^ur, eft de 51° 30',
Ce géometre amp; aftronome Anglois ne seft pas orné a calculer les dimenfions de larc-en-cielnbsp;nous voyons; mais ii a auffi calculé celles desnbsp;®rcs-en-ciel qui naitroient, ft la lumiere du foleilnbsp;fortoit de la goutte deau quaprès 3,4,5 ré-^xions, amp;CC. comme pour larc-en-ciel principalnbsp;^ intérieur il en fort après une, amp; pour Ie fecondnbsp;^ i extérieur après deux. On trouve que Ie demi-'ametre du troifteme arc-en-ciel, compté du lieunbsp;^^me du foleil, feroit de 41° ; que celui dunbsp;^^^^trieme feroit cle 43° 50'; amp;c. Mais iel la géo-?^etrie va beaucoup plus loin que la nature; car,nbsp;^dépendamment de Iaftbibliflement des rayous,nbsp;ne permettroit pas de voir ces ares-en- ciel,nbsp;j^mme ils fe trouvent du cóté du foleil même,nbsp;^clat de eet aftre les offufqueroit. Si les gouttesnbsp;form ent larc-en-ciel , au lieu detre deau,nbsp;Oient de verre, Ie demi-diametre moyen de 1arc-^'ciel interieur feroit de 22° 52', Sc celui de lex-.nbsp;^fieur, de 50 3q/nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oppofé au foleil.
Come. II, nbsp;nbsp;nbsp;S
174 Récréations Mathématiques,
Di ranalogie tntrc les couleurs amp; les tons de Mujique- Du Clavejjin oculaire du pere CaJlcL
A-USSI-tot quon a eu obfervé quil y avo'^ dans la nature fept couleurs primitives, il a étsnbsp;naturel de concevoir quil pouvoit y avoirnbsp;analogie entre les couleurs amp;; les tons de la niii'nbsp;fique ; car ces derniers forment auffi , dans léteit'nbsp;due de loflave, une fuite de fept tons. Cette ob'nbsp;fervation néchappa pas a Newton, qui remarqu®nbsp;de plus que dans Ie fpedlre coloré, les efpaces oC'nbsp;cupés par Ie violet, Y indigo , Ie bleu , amp;c. répofl'nbsp;doient aux divifions du monocorde qui donnei*'nbsp;les fons rey mi, fa, fol, la , ji,ut, re.
Newton sarrêta la ; mais Ie pere Caftdquot;, dofl*-iimagination eft connue de tout Ie monde, sH' chérit beaucoup fur cette idee, amp; batit fur cettsnbsp;analogie des fons, un fyftême daprès lequelnbsp;promit pour les yeux , malheureufement fans fuC'nbsp;cès, un nouveau plaifir femblable a celui que Is*nbsp;oreilles éprouvent a un concert.
Le pere Caftel change dabord , par des raifot* danalogie, lordre des couleurs dans celui-d gt;nbsp;fqavoir , bleu , ven, jaune, orange, rouge ,nbsp;indigo, amp; enfin Wea, qui forme commenbsp;du premier. Ce font-la, fuivant lui, les couls'-*'^*nbsp;qui répondent a 1oftave diatonique de notrenbsp;üque moderne , ut, re, mi, fa, fol, la , Ji,
Les diefes amp; les bémols ne lembarraflbient p^® ^ amp; loftave chromatique, divifée en fes douzenbsp;leurs , étoit bleu, céladon , vert, olive ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
abricotj orange, rouge , cramoiji, yiolet,
-ocr page 283-^^digo ^ nbsp;nbsp;nbsp;^ qyj répondoient a ut ^ utre ^
5 nbsp;nbsp;nbsp;X 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X j ^
Vuon difpofe maintenant, dit Ie pere Caftel, claveffin de maniere quen enfonqant la touchenbsp;L f 3u lieu dun fon vous découvriez une bandenbsp;; en enfonqant la touche re, quelle faffe dé-*^0Uvrlr Ie vert, amp;c: vous aurez votre claveffinnbsp;^^nftruit; bien entendu que pour la premiere ac-dwr , par exemple, vous ayiez un bleu diffé-a loclave du premier. Mais queft-ce quunnbsp;a loftave dun autre? Ceft fur quoi je nenbsp;OUve pas que Ie pere Caftel fe foit jamais ex-^^*qué bien clairement. II dit feulement que , toutnbsp;on compte douze oftaves appréciables knbsp;Pfeille, depuis Ie fon Ie plus bas jufquau plusnbsp;®Sü , de meme on doit compter douze oftavesnbsp;. ^ couleurs , depuis Ie bleu Ie plus foncé jufquaunbsp;j Ie plus clair; ce qui donne lieu de croire quenbsp;^ bleu Ie plus foncé étant celui qui devoit répon-a la plus baffe touche, Ie bleu répondant anbsp;J^ftave feroit celui formé de onze parties de bleunbsp;fur une de blanc, amp; Ie plus clair, celui quinbsp;été formé dune partie de bleu fur onze partiesnbsp;lane ; amp; ainfi des autres couleurs.nbsp;j M^oi quil en foit, Ie pere Caftel ne défefpé- pas de produire par ces moyens une mufiquenbsp;'^^aire, auffi intéreflante pour les yeux , que lanbsp;ftue ordinaire 1eft pour des oreilles bien orga-Pie^^^* penfoit quon pourroit traduire unenbsp;j mufique en couleurs, pour 1ufage desnbsp;part ** Concevez-vous bien, dit-il quelquenbsp;» j.- lue ce fera quune chambre tapiflee denbsp;** nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ menuets, de farabandes amp; de
St acailles , de fonates amp; de cantates , amp;» ^ ous Ie voulez bien, dune repréfentation com-
S ij
-ocr page 284-17^ RÉCRÉATIONS MATHiMATIQüES.
» plette de tout un opéra ? Ayez vos couleurs » diapafonnées , amp;c rangez-les fur une toile , d®.nbsp;» la fuite , la combinaifon èc Ie mélange P^f^nbsp;»gt; des tons, des parties amp; des accords dunenbsp;« de mufique que vous voulez peindre , en oblsf^nbsp;» vant toutes les valeurs , fyncopes , foupirs,
» ches , blanches , amp;c. amp; rangeant toutes 1 M parties par ordre de contre - point. Vousnbsp;»gt; bien que cela neft pas impoffible ni même dilunbsp;» cile pour un peintre de quatre jours, amp;
» pour Ie moins , une pareille tapifferie vaudl w bien celles oü les couleurs ne font jetées qt'
» hafard , comme fur Ie marbre.
« Ce claveffin ,, ajoute-t-il , eft une grau^^ »gt; école pour les peintres , qui pourront y trou''
» tous les fecrets des combinaifons des couleuf*' amp; de ce quils appellent Ie clair-obfcur. Maisnbsp;»gt; tapifferies harmoniques auront auffi leur ava^'nbsp;») tage; car on pourra y contempler a loifirnbsp;w quon ne peut jufquici quentendre rapidernef'jnbsp;» en paffant amp; fans réflexion. Et quel plaifit ^
» voir les couleurs dans une difpofition vraiiU®
» harmonique , amp; dans cette variété infinie
M difpofitions que lharmonie nous fournit! ^
» feul deffin dun tableau fait plaifir. II y a » taincment un deffin dans une piece de mufiqi^'nbsp;w mais il nefl: pas alTez fenfible quand on la j®^,nbsp;» rapidement, Loeil la contemplera ici a 1® 1 jnbsp;» il verra Ie concert, Ie contrafte de toUtes ^nbsp;» parties, lefFet de Tune contre lautre, 1^*
» gues , les imitations, les expreffions , Iench®'^ » nement des cadences, Ie progrès de lanbsp;» tion. Et croyez-vous que ces endroitsnbsp;»gt; ques, ces grands traits dharmonie, cesnbsp;» ments inelpérés de tons, qui caufent ^
-ocr page 285-o P T I Q U E. nbsp;nbsp;nbsp;277
^J^OWents des fufpenfions, des langueufs , des ^eniQtjons , Sc mille fortes de peripeties dansnbsp;^ 3nie qui sy abandonne, perdent rien de leurnbsp;paffant des oreilles aux yeux , Sec ?nbsp;curieux de voir les fourds fe récriernbsp;mêmes endroits oü les aveugles fe récrie-^font, 5cc. Levert, quirépond au re, fera fansnbsp;~oute fentir que ce ton de re eft champétre,nbsp;»gt; paftoral; Ie rouge, qui répond au fol,nbsp;donnera 1idée dun ton guerrier, fanglant ,nbsp;'kolere, terrible ; Ie bleu, répondant a Vut ^ feranbsp;^Onnoitre fon ton noble , majeftueux , célefte ,nbsp;** ^jvin, amp;c. II eft fingulier, pour Ie dire en paf-** ^^nt, que les couleurs fe trouvent avoir les pro-^ pres carafteres que les anciens attribuoient aux
* nbsp;nbsp;nbsp;lons précis qui leur répondent; mais ily a beau-Coup a dire , See.
^ » On peut faire un jeu de toutes fortes de figu-fes.humaines, angéliques, animales, volatiles, ^'Cptiles, aquatiques, quadrupedes , même géo-'ïiétriques, On pourra, par un fimple jeu, dé-j pioutrer toute la fuite des Elements dEuclide. »
^ irnagination du pere Caflel Ie mene tout droit Ï^etites-Maifons.
^ous navons pu réfifter a lenvie de citer ces ^ceaux finguliers du pere Caftel. Malheureufe-toutes ces belles promeffes fe font évanouies.
, 3voit, dit-il, fait Ie modele de fon claveffin dès
nbsp;nbsp;nbsp;fin de 1734. Prefque tout Ie refte de fa vie,nbsp;^quafa mort en 1757, seft écoulé dans Ie tra-
de cette conftrudion qui na pas réulfi. Ce ^veffin , fabriqué a grands frais, na rempli,nbsp;^'Hme Ie dit 1auteur de fa vie, ni Ie devis de 1an-du public. Et en efFet, sil y a-i^clqyg analogie entre les couleurs amp; Iss fonsj^
S üj
-ocr page 286-Récréations Mathématiques. il y a tant dautres points dans lefquels ils di^quot;^nbsp;rent, quil ny a pas lieu de sétonner que cenbsp;jet ait échoué.
problême lvi.
'Compofcr un tableau reprifentant toutcs les
kurs , amp; déurniiner leur nomhre,
qui fert a les repréfenter,
PI. 15, Solt formé , comme 1on voit dans la gt; fg 51-/J, un triangle equilateral, dont vous divilbf^^nbsp;deux des cótés a lentour de Tangle dunbsp;en 13 parties égales: 8c tirant par les points de ynbsp;vifion de chacun de ces cótés, des lignes para^®^^nbsp;a Tautre, vous formerez 91 rhombes égaux.
Aux trois rhombes angulaires placez les couleurs primitives, Ie rouge , Ie jaune 8c Ie ble*^nbsp;dans un degré égal de force , 8c, pour alnfi di^^nbsp;de concentration ; vous aurez conféquemn®'^ ^
C^UOIQUE Newton ait démontré Ihomogefic^^^ des couleurs dans lefquelles fe décompofe Ie ray^**nbsp;folaire, amp; que dorangé , Ie vert, Ie pourpf^'nbsp;données par cette décompolition, ne foient pf*nbsp;moins inaltérables, nialgré les réfraftionsnbsp;rieures, que Ie rouge , Ie jaune, Ie bleu, ilnbsp;cependant reconnu quon peut , avec cesnbsp;dernieres couleurs, imiter les premieres amp;nbsp;les autres de la nature ; car Ie rouge , conrbi^nbsp;avec Ie jaune en difïerentes proportions , dof'^nbsp;toutes les nuances dorangé; Ie jaune amp; Ie bl®*^nbsp;donnent les verts purs; Ie rouge amp; Ie bleu p^^^nbsp;duifent les violets pourpres 8c indigos ; enfin , ^ ^nbsp;différentes combinaifons de ces couleurs cotnp'^nbsp;fees, nailTent toutes les autres. Cela a donné 1gt;®nbsp;a linvention ingénieufe du triangle chromati^^'^
-ocr page 287-o P T I Q U E.
entre Ie jaune amp; Ie bleu, onze cales que vous rem-ainfi ; dans la plus voifine du jaune , vous ^sttrez 11 parties de jaune amp; i de rouge; dansnbsp;ftiivante, lo parties de jaune amp; 2 de rouge,nbsp;^itforte que dans la plus voifine du rouge il nynbsp;que i partie de jaune amp; i ï de rouge: nousnbsp;^'^rons par - la tous les oranges , depuis Ie plusnbsp;'^oifin du rouge jufquau plus voifin du jaune. Ennbsp;^^fupliffant de la même maniere les cafes intermé-uiaires entre Ie rouge amp; Ie bleu , entre Ie bleu 8cnbsp;^ jaune , il en réfultera toutes les nuances pour-5c toutes celles des verts , dans une dégrada-'^ation femblable.
Pour reinplir les autres cafes , prenons, par ^xemple, celles du troifieme rang au delTous dunbsp;'ouge , OU il y a trois cafes. Les deux extremesnbsp;^tant remplies dun coté par 10 parties de rougenbsp;Combinées avec 2 de jaune, 8c de 1autrepar 10nbsp;ue rouge combinées avec 2 de bleu, la cafenbsp;Moyenne fera compofée de 10 parties de rouge,
^ de bleu amp;c i de jaune,
.öans la bande au deflbus on aura, par la même ^3ifon, dans la premiere cafe du cóté du jaune jnbsp;5 Parties de rouge 8c 3 de jaune; dans la fuivante ,nbsp;^ parties de rouge, 2 de jaune , i de bleu;^ dans-^ ^^oifieme , 9 parties de rouge , i de jaune ,nbsp;^ de bleu ; 8c enfin dans la quatrieme , 9 partiesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8c 3 de bleu; 5c ainfi des autres bandes
^erieures, dont nous nous contenterons de dé-ailler ravant-derniere au delTus de la ligne des dont les cafes feront fucceflivement rem-
ainfi quü
^^La lere ^ gauche, II parties de jaune, * de
5 iv
-ocr page 288-zSo Récréations Mathématiques.
La i®,io p. de jaune, i de rouge , i de ble^' La 3®, 9 p- de jaune, i de rouge , i denbsp;La 4®, o p.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de jaune,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3 de ble^'
La 5^^ 7 P nbsp;nbsp;nbsp;de jaune ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4 de ble^'
La 6®, 6 p. nbsp;nbsp;nbsp;de jaune,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 de bl^^*
La 7^5 5 P* nbsp;nbsp;nbsp;de jaune ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6 de bl^^'
La 8®, 4 p. nbsp;nbsp;nbsp;de jaune ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7 de ble*^'
La 9®, 3 p. nbsp;nbsp;nbsp;de jaune,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8 de ble^'
La 10®. 2 p. nbsp;nbsp;nbsp;de jaune,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9 de ble^*'
La 11®, I p. nbsp;nbsp;nbsp;de jaune,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;10 de ble'^'
La 12®, o p. nbsp;nbsp;nbsp;de jaune,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rouge ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 de bleU'
Cette bande contient, comme Pon voit, tous verts de la bande inférieure, dans lefquels on ^nbsp;jeté une partie de rouge, De inême , dansnbsp;bande parallele aux pourpres , on trouve tousnbsp;pourpres, dans lefquels on a jeté i partie de jaune inbsp;amp; dans la bande parallele 8c contigue aux ot^^'nbsp;gés, on trouve tous ceux ou Pon a jeté une patti®nbsp;2e bleu.
Dans la café centrale du triangle , on trouve' roit 4 parties de rouge , 4 de bleu Sc 4 de jaunS'nbsp;On pourroit faire facilement ces mélanges aveCnbsp;des poudres colorées, amp; broyées très-fin; amp; ennbsp;prenant les dofes convenables de ces poudres, ^nbsp;en les mélangeant bien , nous ne doutons poin*^nbsp;quon neüt toutes les nuances des couleurs,
Mais fi Pon vouloit avoir toutes les couleurs de la nature du plus clair au plus brun , fqavoir dunbsp;Hanc au noir, nous trouverions pour chaque cal®nbsp;12 degrés de gradation jufquau blanc , amp; 12nbsp;tresjufquau noir. Ainfi, multipliant 91 par 24»nbsp;nous aurions 2184 couleurs perceptibles ; a quqinbsp;ajoutant 24 gris formés par la combinaifon du nn**quot;nbsp;du blanc, amp; enfin Ie blanc Ie noir puf® gt;
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^ous aurions iiio couleurs compofées , que nous ^royons diftinguibles par les fens. Maïs peut-étrenbsp;e doit-on pas regarder comme des couleurs réel-celles qui font formées de couleurs pures avecnbsp;noir; car Ie noir ne fait que falir amp; non pasnbsp;colorer, II faudroit, dans ce cas , réduire les vé-^ïtables couleurs, amp; leurs nuances du plus foncénbsp;plus clair, a 1091; ce qui, avec Ie blanc , Ienbsp;quot;loir 6c I a gris, fonneroit 1106 couleurs.
PROBLÊME LVII.
Zgt; quot;*0^ vic/zt nbsp;nbsp;nbsp;coulcuT hlcuc dii cicl
Ce phénomene eft fort remarquable, quoique, nos yeux y étant accoutumés dès notre plus tendrenbsp;enfance , nous ny faffions plus dattention ; 8c ilnbsp;iieferoit pas moins difficile a expliquer, li la théorie de Newton fur la lumiere, en nous apprenantnbsp;quelle fe décompofe en fept couleurs qui ont desnbsp;*^éfranglbilités amp; réflexibilités diiférentes, ne nousnbsp;3Voit pas donné les moyens den reconnoitre la
caufe.
Nous obferverons done , pour expliquer ce P^^nomene, que, daprès la théorie de Newton,nbsp; bien prouvée par lexpérience , parmi les feptnbsp;Couleurs que donne la lumiere folaire décoinpoféenbsp;P^r Ie prilrne, Ie bleu , Vindigo 6c Ie violet fontnbsp;J^elles qui fe réfléchiffent avec Ie plus de facilité anbsp;rencontre dun milieu de différente denfité. Or,
'NePe que foit la tranfparence de 1air , celui qui ^^vironne notre terre, 8c qui conftitue notrenbsp;^jrnofphere, eft toujours mélange de vapeunsnbsp;P us OU moins bien combinées avec lui; dou Ünbsp;ulte que la lumiere du foleil ou des aftres , ren-en cent faqons différetites dans latmo-
-ocr page 290-282 Recreations Mathématiques. fphere , doit y eprouver des inflexions Sc refls'nbsp;xions fans nombre. Mais a chacune de ces refle'nbsp;xions centre les particules infenfibles de vapeursnbsp;que ces rayons ont a traverfer, ce font les rayon^nbsp;bleus, indigos amp; violets qui nous font principale'nbsp;ment renvoyés. II eft done nécelTaire que le millet*nbsp;qui les renvoie paroifle prendre une teinte bleue.
Cela devroit même arrlver, en fuppofant une homogénéité parfaite dans 1atmofpbere; car,nbsp;quelque homogene que foit un milieu tranfparent,nbsp;il réfléchit néceflairement une partie des rayon*nbsp;de lumlere qui le traverfe. Or, de tous ces rayons,nbsp;ce font les bleus qui fe réfléchiflent avec plus denbsp;facilite : ainfi 1air, merne fuppofe homogene,nbsp;prendroitune couleur bleue, ou peut-être violette.
Ceft par la même raifon que 1eau de la met paroit bleue lorfquelle eft bienpure, comme loit*nbsp;des cotes. Lorfquelle eft éclairée par la lumieronbsp;du foleil, une partie des rayons pénetre dans for*nbsp;fein, une autre eft réfléchie : mais celle-ci eftnbsp;principalement compofee des rayons bleus; ellenbsp;doit par confequent paroitre bleue.
Cette explication eft confirmee par une curieufe obfervation de M. Halley, Ce célebre phylicie**nbsp;étant defeendu aflez avant dans la mer, pendantnbsp;quelle étoit éclairée de la lumiere du foleil, il fntnbsp;extrêmement furprls de voir le dos de fa main, ri***nbsp;recevoit des rayons direêts du foleil, teint dun^nbsp;belle couleur de rofe , amp; le defibus, qui létoitnbsp;des rayons réfléchis, teint en bleu, Ceft effeéli''®'nbsp;ment ce qui devoit arrived, en fuppofant que 1^*nbsp;rayons réfléchis par la furface de la mer , ainftnbsp;que par les parties infenfibles du milieu ,nbsp;des rayons bleus. A mefure que la lumiere péne-troit plus profondément, elle devolt fe depouiH^^
Optique. nbsp;nbsp;nbsp;285
de plus en plus des rayons bleus, amp; Ie refte con-féquemment devoit tirer fur Ie rouge.
PROBLÊME LVIII.
^oiirquoi , dans certains temps , les ombres des corps font bleues ou agrees^ au lieu d'etre noires?
On obferve aflez fouvent, au lever du foleil amp; dans des jours extrêmement fereins, que les ombres des corps, projetees fur un fond blanc alTeznbsp;Voifin, font bleues ou azurees. Ce phenomene manbsp;Paru aflez curieux pour mériter de trouver placenbsp;ici, de même que fon explication.
Si rombre que projette un corps expofe au foleil etoit abfolue, elle feroit profondément noire, puifquelle ne feroit quune privation complette denbsp;la lumiere ; mais cela neft pas. En efFet, il fau-droit , dans le cas que nous analyfons , que lenbsp;fond du ciel fut abfolument noir. Or il eft bleunbsp;ou azure; amp;; il neft tel que parcequil nous ren-'voie principalement des rayons bleus , commenbsp;iious 1avons fait voir plus haut.
Ainfi Iombre que projettent les corps expofes ^u foleil neft pas une ombre pure; mais cettenbsp;Ombre eft elle-même éclairée par toute la partienbsp;du ciel que noccupe pas le corps lumineux. Cettenbsp;partie du ciel étant done bleue , Iombre eft rom-Pue par des rayons bleus ou azures, amp; doit pa-ïoitre de cette couleur, Ceft précifément ainfinbsp;» dans la peinture , les reflets font teints de lanbsp;couleur des corps environnants. Lombre que nousnbsp;analyfons, neft autre chofe quune ombre méléenbsp;du reflet dun corps bleu , amp; conféquemmeut ellenbsp;doit participer de cette couleur.
Il eft luffifamment connu que ceft ds Buffon
-ocr page 292-2S4 Recreations Mathématiques.
qui a le premier obferve amp; explique ce phénO-
mene.
Mais on demandera pourquoi routes les ombres ne font pas bleues. Nous repondrons a cela qud.nbsp;faut, pour produire cet efFet, le concours de plu-lieurs circonflances, fqavoir: i o un ciel très-purnbsp;amp; dun bleu très-foncé ; car fi le ciel eft parfeménbsp;de nuages, les rayons qui en feront réfléchis, eixnbsp;tombant furlombre bleuatre, en detruiront Ieffet;nbsp;fi le bleu eft foible , comme il 1eft fouvent, lanbsp;quantite des rayons bleus ne fera pas fuffifantenbsp;pour eclairer 1ombre. 2® II faut que la lumiere diinbsp;foleil foit plus vive quelle neft dordinaire a 1ho-rizon , afin que les ombres foient fortes amp; epaifles.nbsp;Or ces circonftances font aflez rarement reunies.nbsp;II faut dailleurs que le foleil foit peu élevé fur Ilio-rizon; car lorfquil 1eft déja médiocrement, ünbsp;regne dans Iatmofphere trop declat pour que lesnbsp;rayons bleus foient fenfibles. Ainfi cette lumierenbsp;ne fait que rendre Iombre moins epaifte, mais nenbsp;la teint point en bleu.
PROBLÊME LIX.
Experience fur les Couleurs.
Placet devant vos yeux deux verres de difte-rentes couleurs, Iun bleu par exemple , 1autre rouge ; amp;, vous etant placé a une diftance con-venable dune bougie allumée, fermez 1un de vOSnbsp;yeux, amp; regardez la lumiere avec Iautre, ps^nbsp;exemple avec celui qui eft garni dun verre bleu jnbsp;vous la verrez bleue. Celui-ci étant ferme amp; Iauttenbsp;ouvert, vous la verrez rouge. Ouvrez enfin 1^^nbsp;deux yeux, vous la verrez dun violet clair. ^nbsp;Nous croyons quil ny a perfonne qui nstd
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prévu Ie fuccès de cette experience; amp; nous nen parlons ici, que parcequun oculifte de Lyon ,nbsp;(M. Janin ), a cru pouvoir en inférer une confé-quence particuliere, fqavoir, que la rétine pourroitnbsp;tien faire loffice dun miroir concave réfléchif-ftnt les rayons de lumiere, enforte que chaquenbsp;Ceil format a une certaine diftance une imagenbsp;sérienne de iobjet. Ainfi, les deux yeux en for-*tiant chacun une dans Ie même lieu , il en réful-teroit une double image, Tune bleue, 1autre rouge,nbsp;^ de leur reunion une image violette; commenbsp;^orfquon mêle enfemble des rayons bleus Sc desnbsp;rouges. Mais cette explication ne fqauroit a coupnbsp;Sur foutenir un examen fondé fur les principesnbsp;fains amp; avérés de loptique. Comment concevoirnbsp;que la rétine puiffe former une pareille image ?nbsp;Neft-il pas plus vraifemblable, èc plus fondé furnbsp;les phénomenes connus de Ia vifion , que des deuxnbsp;impreflions reques par les deux yeux, il réfultenbsp;dans Ie fmforium commune, ou dans la réunionnbsp;des nerfs optiques dans Ie cerveau, une impreflionnbsp;compofée amp; unique? II doit done arriver dansnbsp;cette expérience, la même chofe que fi 1on regar-dolt la lumiere avec un oeil, amp; a travers deuxnbsp;¦'^erres , 1un rouge , 1autre bleu. Dans ce derniernbsp;cas, on la verrolt violette. On la doit conféquem-T'ent voir de même dans Ie premier.
^onjlruclion d'un photophore ou poru-lumiere , trh-f^ommode. amp; trh-avantageux pour éclairer une table oü Von Ut ou écrit.
jpAiTES faire en fer-blanc un eóne dont la bafe cit de 4 pouces ^-de diametre, amp;c Ie cöté de
286 Recreations Matmématiques.
7 pouces j ; ce quon exécutera facilement, sti coupant dans un cercle de 7 pouces f de rayon,nbsp;un fefteur de 109°^ douverture , amp; le repliantnbsp;en forme de cone ; enfuite , par un point de Iaxenbsp;éloigné du foinmet de z pouces 7, faites retran-cher la partie de ce cone la plus voifine du fom-met, par un plan incline a un cóté du cone, denbsp;45°: il en refultera une feftion elliptique amp; allon-gée , que vous placerez au devant de la lumierenbsp;le plus prés quil fe pourra , le plan de cette fec-tion étant verticale , Si le plus grand diametrenbsp;dans le fens perpendiculaire. Dans cette difpofi-tion , li la flamme du flambeau ou de la lampe eftnbsp;élevée de i a a 13 pouces au deflus du plan de lanbsp;table , on verra avec etonnement la vivacite Scnbsp;régalité de la lumiere quelle projettera fur unenbsp;étendue de 4 a 5 pieds de longueur.
M. Lambert, inventeur de ce nouveau porte-lumiere , remarque quon pourroit sen fervir avec utilité pour seclairer dans le lit lorfquon veut ynbsp;lire ; car, en plaqant la lampe ou le flambeaunbsp;garni de ce porte-lumiere fur un gueridon affeznbsp;haut, a 5, 6 ou 8 pieds du lit, on y verra fortnbsp;clair fans aucun danger. II dit avoir encore efTayCnbsp;decbirer la rue, en plaqant une lampe avec founbsp;porte-lumiere a une fênêtre élevée de 15 pieds aUnbsp;delTus du pavé, amp; que Tefièt en fut tel, qua uncnbsp;diftance de 60 pieds on voyoit un brin de pailte»nbsp;quon fe reconnoiflToit mieux quau clair de 1*nbsp;lune , amp; quon pouvoit lire a une diftance de 3 5nbsp;a 40 pieds. Ainfi il faudroit peu de ces porte-lu'nbsp;mieres places des deux cótés dune rue , amp; dirigé*nbsp;en forme de diagonale , pour 1éclairer fort bieu»nbsp;amp; peut-être mieux que par tous les moyens ein'nbsp;ployés jufquici. , les Mém. de Berlin, ann. 177°'
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o P T I Q U
placi tPun objct, par exemple d'un papier fur ^nt table, étant déurminée, amp; celle du pled dunbsp;fiambeau qui dolt Védairer, determiner la hauteur d laquelle il faut placer cette lumiere pournbsp;que eet obju foit Ie plus éclairé quil ejl poJIible,
P
OUr ne pas faire entrer dans ce problême P^ufieurs confidérations qui en rendroient la folu-fort difficile, nous fuppoferons que Tobjet anbsp;^clairer efl fort petit , ou quil failie feulementnbsp;faire enforte que Ie milieu de eet objet foit Ie plusnbsp;^clairé quil fe puiffe. On fuppofera auffi que lanbsp;Wiere efl: toute concentrée en un feul point, quinbsp;'^Uniroit léclat de toutes fes différentes parties.nbsp;Or, on fqait que la lumiere repandue par unnbsp;Point lumineux fur une furface quil eclaire , dimi-^Ue , 1angle étant le inême, en raifon inverfe dunbsp;H^arre de la diflance , amp; que 1angle dinclinaifonnbsp;j^riant , elle efl comme le finus de cet angle;
il fiiit quelle croit ou décroit dans le rapport ^Otnpofé de 1inverfe du quarre de la diflance amp;nbsp;^ direft du finus dinclinaifon. Pour refoudre lenbsp;Problême , il faut done trouver la hauteur dunbsp;P^int lumineux dans la perpendiculaire donnée,nbsp;rendra ce rapport le plus grand poffible.nbsp;f^r on trouve que cela fera, quand cette hauteurnbsp;f^rpendiculaire, amp; la diflance du point a eclairernbsp;pied de la lumiere, feront entrelles comme lenbsp;du quarre efl a la diagonale. Ainfi, fur cettenbsp;' ranee donnée amp; invariably , comme hypothe-decrivez un triangle ifofcele rectangle ;lenbsp;oté de ce triangle fera la hauteur ou la lumiere
i88 Recreations Mathématiques.
étant placée , Ie point donné , ou Ie milieu du p3' pier dont il sagit, fera Ie plus éclairé.
On peut propofer un autre problême analogue» fqavoir celui-ci: Deux lumieres dinégale hauteUT gt;nbsp;amp; placées aux extrémités (Tune ligne horizontale ^nbsp;étant données, trouver fur cette ligne Ie point telle'nbsp;ment Jitue^ que l'oh jet qui y fera placé foit Ie plt^-^nbsp;éclaire qtéil ef pojible. Mais nous nen donnoU^nbsp;pas la folution , pour laiffer a notre lefteurnbsp;plaifir de Ia trouver.
PROBLÊME LXII,
Quel ejl Ie rapport de la lumiere de la lune d ceÜ^ du foleil?
Cest un problême fort curieux que celui-ci5 mais ce neft que depuis un aflez petit nombf^nbsp;dannées quon seft avifé des principes amp; de*nbsp;moyens qui peuvent conduire a fa folution, Ounbsp;les doit a M. Bouguer, qui les a expofés dans Cof]nbsp;traité fur la gradation de la lumiere , ouvrage quinbsp;contient mille cbofes curieufes, dont quelqueS'nbsp;unes trouveront place ici.
Pour parvenir a cette mefure de 1intenfité de lumiere , M. Bouguer part dun fait donnénbsp;lexpérience , fc^avoir, que loeil exercé juge afle^nbsp;exaélement, lorfque deux furfaces femblablesnbsp;égales font également illuminées. II ne sag'*quot;nbsp;done que déloigner inégalement deux lurni^'^^*nbsp;inégales, ou leur procurer , par Ie moyen de veif^*nbsp;concaves de foyers inégaux , des dilatations iu*^'nbsp;gales^?enforte que les furfaces illuminées paroill^*^nbsp;1être également. Ce neft plus quune affairenbsp;calcul; car ft deux lumieres , dont Tune eftnbsp;fois plus proche que 1autre, illuminent égaleiu^^
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o P T i Q U Ë,
furfaces femblables ^ il eft évident que les ^^gtés dillumination dune même lumiere , dimi-^üant en raifon inverfe des quarrés des diftances ,nbsp;devra conclure que Teelat de la premiere lu-Here eft feize fois aufli grande que celui de la fe-^°ide. De mé me fi uiie lumiere dilatée dans uiinbsp;P^ce circulaire dun diametre double, éclairenbsp;^^tant quune autre lumiere direéle , on devra ennbsp;^'^ticlure que la premiere eft quadruple de la fe-Conde.
Pi a I:
grande, Quelques autres expériences Ie por-'Tiême a conclure que la lumiere de la lune
En employant ces moyens, M. Bouguer a Ouvé que la lumiere du foleil, diminuée 11664nbsp;étoit égale a celle dun flambeau éclairantnbsp;furface a 16 pouces de diftance ; amp; que cenbsp;*'^sme flambeau éclairant une furface femblable anbsp;pleds de diftance, lui donnoit la nlême lu-^iere que celle de la lune diminuée 64 fois. IInbsp;conclud , en compofant ces deux raifons, quenbsp;* lumiere du foleil eft a celle de la lune , dans fesnbsp;'Iranees moyennes amp; a méme hauteur, commenbsp;a ceft-a-dire pi us de X 5 0000 fois
guere que la 300000® partie de celle du
^n ne doit done point être furpris du réfultat experience célebre, faite par deux académi-^^ns de Paris (MM. Couplet amp; de la Hire Cesnbsp;lHu P^^yEciens employerent Ie miroir arefent denbsp;pjr ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, de 35 pouces de diametre, a réu-
fti 1 ^ ^^yons lunaires, amp; firent tomber Ie foyer ^ a boule dun thermometre. II nen réfulta au*nbsp;dg'^ *^ouvement dans la liqueur. Et en effet celanbsp;g ^rrlver ainfi ; car fuppofons un miroirnbsp;Ie précédent, qui réunit les rayons torn*nbsp;^ome /,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X
-ocr page 298-rit;
190 Récréations Mathématiques. bants fur fa furface en un efpace 12 a 140Onbsp;moindre; la chaleur qui en réfultera fera 12-^5nbsp;1400 fois plus grande : maïs, a caufe de lanbsp;perfion des rayons , cell: beaucoup de fuppo*®nbsp;cette lumiere un millier de fois plus denfe quenbsp;lumiere direde , amp; la chaleur a proportion, *nbsp;un pareil miroir, réunilfant les rayons lunair^*»nbsp;produiroit a fon foyer une chaleur 1000 foisnbsp;grande que celle de la lunè. Divifant done 3000°^^nbsp;par 1000, on aura pour quotient Ie noinbre 30^.nbsp;qui exprime le rapport de la chaleur folairenbsp;redfe, a celle de la lune ainli condenfee. Or, up®nbsp;chaleur 300 fois moindre que celle du foleilnbsp;reft, ne fqauroit produire aucun elFet fur lanbsp;queur du thermometre. II sen faut done bien qu^nbsp;ce fait foit inexplicable , comme le dit Iauteur unbsp;VHiJloire des progris de Vefprit humain dans ^nbsp;Phyjique. Bien loin de-la , il eft une fuite uéc^'quot;nbsp;faire du calcul de M. Bouguer, quapparemrne'*'nbsp;Iauteur avoit perdu de vue.
Nous remarquerons encore ici que, par un cul moyen , M. Bouguer a trouve que 1éclat unbsp;la lune dans 1horizon , ( en le luppofant indiU®nbsp;net, fans brume amp; fans image ) , eft 2OOO fu*nbsp;environ moindre que 1éclat de ce mêmenbsp;élevé de 66°. II doit en être de méme de lanbsp;miere de la lune.
De quelques illusions optiques.
9*
oncée ï mais fi vous cominuez de la regarder changer de fituaüon, vous la verrez en relief;nbsp;continuant de regarder, elle vous paroitra.nbsp;^ nouveau enfoncée, enfuite de relief. Quel-[luefois , après avoir difcontinüé de regarder, oitnbsp;^Ppercoit dabord de relief au lieu de la voiünbsp;^¦^foiicêe; puis enfoncée, amp; ainfi de fuite. LorAnbsp;Ie coté de Ia lumiere change , cela fait aufltnbsp;^fdinairement changer 1apparence.
Je vois que quelques perfonnes fe font donné . ^^ucoup de peine pour trouver la caufe de cenbsp;, n me femble quelle neft pas bien difficile knbsp;etnêler. Lorfq uon confidere un objet avec unenbsp;®ntille dun foyer court, amp; conféquemment avecnbsp;feul oeil, on ne juge que fort imparfaitementnbsp;de la diftance , St rimagination feule a beaucoupnbsp;e part a celle quon affigne a 1image quonnbsp;j^Pperqoit. D un autre cóté , la pofition de 1om-'e ne peut guere fervir 4 redreffer Ie jugementnbsp;on en porte ; car 1oinbre eft a droite fi la gra-J'te eft en creux amp; Ie jour venant de la droite,nbsp;^ elle eft également a droite fi la gravure eft ennbsp;amp; que la lumiere vienne de la gauche. Maisnbsp;°,'^'^uon confidere attentivement une pierre gra- ® avec une loupe, on ne fait pas attention annbsp;. dou vient la lumiere. Ainfi tout eft ici, pournbsp;P dire, equivoque Sc indéterminé. U neft donenbsp;/tirprenant que lorgane porte un jugemeninbsp;^^P^cis Sc continuellement variable ; mais jenbsp;convaincu quun ceil exercé ne tombe pasnbsp;ces variations.
Pér' nbsp;nbsp;nbsp;même chofe en faifant 1ex-
rine piece de monnoie. La raifon . gt; ptobablement, que 1on eft accoutumé knbsp;des pieces de monnoie, amp; a les voir gra^
¦^91 Recreations Mathématiques. vees en relief; ce qui ne permet pas a lame dsnbsp;former a loccafion de Timage peinte dans 1oeil»nbsp;une autre idee que celle quelle a toujours eue ^nbsp;Pafpefl: dune piece de monnoie, fqavoir , ceH®nbsp;dun relief,
Si 1on préfente a un mirolr concave , amp; a diftance convenable, ceft-a-dire entre Ie centr®nbsp;amp; Ie foyer , une bouteille de cryftal a demi reH'nbsp;plie deau , on la verra renverfée au devantnbsp;miroir. Rien jufquici que de connu. Maisnbsp;apparence qui paroit finguliere a plufieursnbsp;fonnes, quoiquelle ne foit cependant pas génf'nbsp;rale, ceft que Ton croit voir 1eau dans Ia moi^'^nbsp;de la bouteille qui avoifine Ie cou qui eft ennbsp;Jai vu donner ce phénomene comme difficile *nbsp;expliquer. Pour moi, il me femble qua lég^fnbsp;de ceux qui croient voir ainfi, cela vient de -fnbsp;que nous avons lexpérience que fi 1on renve'^*®nbsp;une bouteille demi-pleine deau, ce fluide sécon^^nbsp;dans la partie inférieure ou du cóté du cou,
Une autre caufe fe joint iei pour aider ce gement. Lorfquune bouteille de cryftal eftnbsp;mi-pleine deau bien limpide, les deux moid^^nbsp;font fenfiblement auffi tranfparentes 1une quenbsp;tre, amp; 1on ne sapperqoit guere de la préfei^.^nbsp;de leau, que par la reflexion de la lumiere qtgt;,nbsp;fait fur fa furface ; or, dans 1image renverlb^nbsp;cette furface réfiéchit la lumiere, mais par d®,nbsp;fous, amp; même avec plus de force. On eftnbsp;conduit a juger que Ie fluide eft en bas.
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PROBLÊME LXIV.
^fi' ilvrai quz la lumitre. fe réjléchit plus rzw-mmt dc dejfus rair quc de dejfus l'eau ?
pourvu quon 1entende dans fqavoir celui-ci: Lorfque la
NUa eft très-vrai.
® ^ens convenable ,
imiere tend a palTer de lair dans leau, fbus une ^^''faine obliquité , par exeinple de 30°, leau ré-. ^chit moins de rayons que lorfque, fous la memenbsp;jl^^Hnaifon , lalumiere tend a paffer de leau dansnbsp;Ce qui eft fort fingulier, ceft que fi 1onnbsp;^^Pprimoit abfolument eet air , pour ne laifiernbsp;^1un vuide parfait, loin que la lumiere paffatnbsp;P|us facilement dans ce vuide qui noppofe aucunenbsp;^sfiftance , au contraire elle éprouveroit plus denbsp;'fficulte, amp; plus de rayons feroient réfléchis aunbsp;Paffage.
j Je ne fqais pas pourquoi on a donné cela, dans Tranfaciions Philofophiqncs , comme une nou-^^auté paradoxale; car cetteefpece de phénomene,nbsp;üne fuite néceffaire de la loi de la réfraóbion.
a effet ^ lorfque la lumiere paffe dun milieu plus p dans un plus denfe, comme de lair dans.
, Ie paffage eft toujours poffible, parceque f finus de refraction eft moindre que celui dinci-euce, fqavoir, en raifon de 3 a 4, dans Ie cas-^oncé. Mais au contraire , lorfque la lumierenbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ paffer obliquement de leau dans lair, Ie
3 age eft impoflible fous une certaine obliquité , ''^eque Ig ftnus de réfraftion eft toujours plusnbsp;^^and que celui dincidence , fqavoir, ici dans Ienbsp;de 4 a 3. II y a done une obliquité tellenbsp;fin^' ^ de réfratflon feroit plus grand que Ie-^ total; Sc cela arriveroit fi Ie finus dincigt;.
T iij
¦^94 Recreations MATniMATiQUES. dence etoit tant folt peu plus grand que lesnbsp;rayon, ce qui repond a un angle de 48° 3^ 'nbsp;Mais un dnus ne peut excéder Ie finus total. U 'fnbsp;a done , dans ce cas, impoffibilite que le rayoi*nbsp;de luiniere penetre le nouveau milieu. Ainfi , taR'nbsp;dis que fous routes les inclinaifons la lumiere pa^®nbsp;du milieu plus rare dans le plus denfe, de Tair gt;nbsp;parexemple, dansleau, ileneft, fqavoir route*nbsp;celles qui font moindres que Tangle de 41°nbsp;avec la fovface réfringente , qui ue permettett*-plus le palTage de la lumiere de Teau dans 'nbsp;elle eft alors obligee de fe réfléchir , amp; la reftti'^'nbsp;tion fe change en reflexion. Or, quoique ,nbsp;des angles dinclinaifon plus grands , la linni^'^^nbsp;puifte pafler de Teau dans Tair , cependant cet^^nbsp;difpofition a fe réfléchir, ou cette difficulte a tf»'nbsp;verfer dun milieu dans Tautre, fe perpétue dait*nbsp;tous ces angles , de maniere quil y a moinsnbsp;rayons réfléchis lorfquun rayon mu dans 1^'''nbsp;tend i pafier dans Teau fous un angle de 6o»nbsp;que lorfquil tend a fortir de Teau dans Tair foti*nbsp;le méme angle. Enfin , lors même que la lunii^'^®nbsp;tend a pafler perpendiculairement de Teau dal**nbsp;Tair , il sen réfléchit davantage que lorfquel*^nbsp;tend a pafler perpendiculairement de Tair dait®nbsp;ieau.
Une experience fort fimple fert h démon^^ cette vérité. Rempliflez une bouteille de vfl'®''nbsp;gent, a peu prés jufquau tiers, amp; enfuite mette^'/nbsp;de Teau jufqua Tautre tiers , enforte quenbsp;ayiez deux furfaces paralleles, Tune de vif-arge*^»nbsp;iautre deau. Mettez quelquobjet lumineux 3nbsp;hauteur mitoyenne entre ces deux ftirfaces ¦gt;nbsp;IfEil du cote oppofé amp; a la méme hauteurnbsp;ect pbiet; vous 1? verrez a travers la bouteille 3 ^
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^^fléchi prefque avec la même vivacité, foit fur la Urface du vif - argent , foit fur celle qui féparenbsp;delair. Lair réfléchit done ici la lumierenbsp;Pfefque avec autant de vivacité que Ie vif-argent.
Re M A R QU E S.
I* On eft done fondé a conclure de-la , que la Urface de leau eft pour les êtres plongés dansnbsp;fluide, un miroir beaucoup plus réfléchifl'antnbsp;cette même furface ne left pour les êtresnbsp;^'Ji font dans lair. Les polflbns fe voient beau-^Oüp plus diftinftement amp;c plus vivement lorf-^üils nagent prés de la furface de leau , quenbsp;^ous ne nous voyons fur cette même furface.
2. Rien neft plus propre que ce phénomene 9 prouver la vérité des raifons que Newton donnenbsp;de la reflexion amp; de la réfraftion. La lumiere,nbsp;paflant dun fluide denfe dans un plus rare, eftnbsp;Précifément , fuivant Newtón , dans' Ie mêmenbsp;^as oü feroit une pierre lancée obliquement ennbsp;^air , ft lon fuppofoit que 1énergie de la pefan-*eur nagit pas au-dela dune diftance déterminée ,nbsp;pat exemple de 4 toifes; car on démontre que ,nbsp;dans ce cas , la deviation de cette pierre feroitnbsp;Pféelfément la même , amp; aflujettie a Ia même lotnbsp;'lae la lumiere dans la réfraêlion. II y auroit denbsp;*'iême des inclinaifons fous lefquelles la pierre nenbsp;^Sauroit palier de eet atmofpbere de pefanteurnbsp;dehors, quoiquil ny eitt au dehors rien de ré-fiftant, füt-ce même un vuide parfait.
II ne faut cependant pas dire dans ce cas Comme un homme célebre , expliquant la philo-lophie neutonienne, que Ie vuide réfléchit la luquot;nbsp;t'iere: ce neft quune faqon de parler. Pour se-ïtoncer avec exaélitude, il faudroit dire que la
Tiv
-ocr page 304-196 RéCRÉATIONS Mathématiques. lumiere eft ramende dautant plus fortementnbsp;Ie milieu denle, que Ie milieu qui eft au-dela elnbsp;plus rare.
Nous ne fommes rien moins que fatisfaits df ce quon dit fur cela dans Ie Diclionnaire d'Induj'nbsp;trie ,ou 1on pourroit dailleurs être étonné de voifnbsp;traiter de phénomenes optiques; car on ditnbsp;ce phénomene dépend de 1impéndtrabilité denbsp;matiere , amp; de lextrême poliffure de la furfac^nbsp;réfléchilTante, Mais lorfque la lumiere eft rdfléchi®nbsp;fortement a fon paflage de 1eau dans Ie vuide gt;nbsp;OU un efpace prefque vuide dair, oü eft limpe'nbsp;nétrabilité de la matiere réfléchiflante, puirquwdnbsp;pared efpace a bien moins dimpénétrabilité qu®nbsp;1air OU 1eau ? Quant a la polifllire de la furfac®nbsp;xéfléchiffante, elle eft égale, foit pour Ie rayo''nbsp;paflant de lair dans 1eau , foit pour celui qui pad®nbsp;de 1eau dans lair.
t
Expojition d'un phénomene non - uppergu ou ril' gligé par les Phyjiciens.
JLn plaqant votre doigt perpendiculairement fort pres de votre oeil, comme a quelques pouce*nbsp;tout au plus, regardez la lumiere diin flambeau gt;nbsp;enforte que Ie bord de votre doigt paroifte tteS''nbsp;voifin de ia ftamme: vous verrez alors Ie bord d®nbsp;cette flamme colorée de rouge. Faites enfuite p^iquot;quot;nbsp;fer Ie bord de votre doigt au devant de la flamme,nbsp;^nforte quil nen laiflTe appercevoir a 1ceil que 1®nbsp;fecond bord : celui-ci paroitra teint de bleu, wu-'nbsp;dis que Ie bord du doigt fera coloré de rouge.
Si vous faites la même chofe a 1égard du** corps opaque plongé au milieu de la lum.ier®?
V
[Ni'
^OiPtTie dune traverfe de croifée , les couleurs P^roitront dans un ordre oppofé. Ainfi, lorfquilnbsp;feuleinent entre Ie doigt amp; la traverfe unnbsp;de lumiere , Ie bord de votre doigt fera teintnbsp;rouge , amp; Ie bord voifin de la traverfe feranbsp;l^'^rdé de bleu ; mais lorfque vous aurez rapprochénbsp;bord de votre doigt du fecond bord de la tra-''srfe, enforte quclle en foit prefque entiérementnbsp;'hachee, ce fecond bord fera teint de rouge; amp;nbsp;^ans doute Ie bord du doigt paroitroit coloré ennbsp;^ fi cette couleur fombre pouvoit paroitrenbsp;lur un fond brun amp;c obfcur.
Ce phénomene tient fans doute a la différente réfranglbilité de la lumiere, amp; loii en demandenbsp;1explication amp; Ie développement.
De qudques autres Phénomenes curimx des Couleurs 6quot; de la Vijion.
Lorsque votre croifée eft fortement éclairée par la lumiere du jour, regardez-la fixément amp; atten-^ivement pendant quelques minutes, ou jufqua cenbsp;Bue votre oeil foit un peu fatigue ; fermez enfuitenbsp;les yeux: vous verrez dans loeil la repréfentationnbsp;des carreaux que vous avez confidérés , mais lanbsp;place des traverfes fera lumineufe amp; blanche , amp;cnbsp;celle des carreaux obfcure amp; iioire. Mettez enfinnbsp;¦^otre main devant vos yeux, de maniere a en interceptor abfolument Ie reliant de lumiere q^'^nbsp;laiffent paffer les paupieres; Ie phénomene chan-gera: vous verrez les carreaux lumineux amp; lesnbsp;traverfes noires, Otez votre main; la place des
298 Réèréations MATHÉMATIQUSS, carreaux fera noire, amp; celle des traverfes luiRiquot;nbsp;neufe.
Confidérez amp; fixez quelque temps attentive* ment un corps très-lumineux , par exemple Ie fo'nbsp;leil; lorfque vous jetterez la vue fur dautres ob*nbsp;jets dans un lieu fort éclairé , vous y appercevre^nbsp;une tache noire ; un peu moins de jour fera parot*nbsp;tre cette tache bleue ; moins encore de lumiere I*nbsp;fera devenir pourpre ; enfin cette tache que vou®nbsp;porterez au fond de 1oeil fera lumineufe dans uönbsp;endroit abfolument obfcur ,
ï%
Si vous regardez long-temps, 5c jufquavousft-tiguer un peu , un livre imprimé , avec des con* ferves vertes ; lorfque vous les aurez ótées,nbsp;blanc du livre vous paroitra rougeatre : mais regardez de Ia même maniere un livre avec des lunettes ou conferves rouges ; lorfque vous les aurez quittées, Ie blanc du livre vous paroitra ver-datre.
Si vous confidérez avec attention une tache dun rouge éclatant fur un fond blanc , comme uunbsp;petit quarré de papier rouge fur un papier blanc gt;nbsp;vous verrez après quelque temps, autour de cCnbsp;papier rouge, une bordure bleue : détournez alorSnbsp;loeil de deffus eet objet, pour Ie porter fur Ie papier blanc, vous verrez un quarré de vert ten-dre , tirant fur Ie bleu, qui durera plus ou moins fnbsp;felon que vous aurez confidéré la couleur rougsnbsp;plus long - temps, Sc que fon éclat aura été pli^
'?5i'
Cette impreffion safFoibliraa mefure que vous porterez Iceil fur dautres objets.
Si, au lieu dun quarré de papier rouge fur uri fond blanc , vous confidérez de inême une tachenbsp;I3une , vous verrez, en portant lceil fur Ie fondnbsp;tlanc , une tache bleue.
Un papier vert fur un fond blanc, confidéré de la même maniere , produira dans 1osil unenbsp;fache dun pourpre pale ; amp; un papier bleu, unenbsp;fache dune teinte dun rouge pale.
Enfin, fi 1on confidere de la même maniere Une tache noire fur un fond blanc, on verra , aprèsnbsp;quelque temps dattention, une bordure blanchenbsp;fe former autour de la tache noire ; amp; alors, dé-tournant loeil fur Ie fond blanc , vous verrez unenbsp;tache dun blanc plus éclatant que ce fond, amp; quinbsp;sen détache très-bien. Cefl; tout Ie contraire lorf-tiuon regarde une tache blanche fur un fond noir,nbsp;Ainfi, dans ces experiences, Ie rouge eft oppofénbsp;vert amp; Ie produit, comme Ie vert produit Ienbsp;rouge; Ie bleu amp; Ie laune font oppofés, amp; fe pro-duifent 1un lautre. II en eft de même du noir amp;nbsp;du blanc ; ce qui indique évidemment un efFetnbsp;conftant, Sc dependant de 1organifation de loeil.
Ceft-la ce que 1on appelle les couleurs acciden-tdks ; objet que Ie dofteur Jurin , de la S. R. de Londres , a Ie premier confidéré, que M. de Buf-fon a enftiite beaucoup étendu , amp; fur lequel il anbsp;donné un Mémoire a lAcadémie en 1743. Cetnbsp;bomme célebre ne donne aucune explication denbsp;ces phénomenes, amp; sy borne a dire que , quol-quaffuré de fes expériences , les conféquences nanbsp;lui paroiffent pas encore aflez certaines pour riennbsp;hafarder fur la formation de ces couleurs. II y a toutnbsp;beu de croire quil en eüt démêlé la caufe , fi fes
-ocr page 308-300 Recreations Mathèmatiques. autres occupations le lui euffent permis. Mais cSnbsp;que M. de Buffon na pas fait, le do(Seur Godardgt;nbsp;medecin de Vervier, vient de le tenter avec fuc-cès. Lexplication quil donne de ces phenomenes«nbsp;amp; de plufieurs autres du même genre, dans 1®nbsp;Journal dc Phyjique (Mai amp; Juillet 1776)
M. Iabbe Rofier, me paroit tout-a-fait fatisfaiquot; fante, amp; porter avec foi la conviftion.
Determiner combien de temps la fenfation de la miere dure dans Ucdt.
Tout le monde connoit un phenomene qui depend de cette duree. Quon agite un tifon ennbsp;rond; fi ce mouvement eft aflez rapide, on verranbsp;Gomme un cercle de feu, II eft evident que celanbsp;vient uniquement de ce que la vibration impriméenbsp;dans les fibres de la rétine, neft pas encore éteintenbsp;lorfque Iimage du tifon repafle fur les mêmesnbsp;fibres. Ainfi, quoique probablement il ny ait furnbsp;la rétine quun point de lumiere , a chaque inftantnbsp;on reqoit la même fenfation que fi ce point denbsp;lumiere laiflbit une trace continue.
Or on a trouve, en calculant la vitefle du corps lumineux quon met en mouvement, que lorfquftnbsp;falfoit fa revolution en plus de 8 tierces, le rubaiinbsp;de feu étoit interrompu; dou 1on doit conclurenbsp;que 1lmpreffion faite fur une fibre, dure cet inter-valle de temps. Mais Ton pourroit demander ftnbsp;ce temps eft le même pour routes les lumieres,nbsp;de quelquintenfite quelles foient; ceft ce que jenbsp;ne crois pas; fans doute une lumiere plus vive-excite en même temps une impreffion plus vivsnbsp;amp; plus durable.
-ocr page 309-Ce
genre.
LE S phyficiens nont pas plut6t été en poffef-fion du microfcope , quils fe font emprefles ^ faire ufage de eet inftrument merveilleux povirnbsp;P^nétrer dans la contexture des corps qui, par leurnbsp;Pstiteffe, fe déroboient a leurs regards. II neftnbsp;Prefcjire point dobjet dans la nature quon naitnbsp;applique au microfcope , amp; plufieurs ont préfenténbsp;fpeftacle quon nauroit jamais imagine. Quoinbsp;plus inattendu en effet que les animaux ou lesnbsp;^olécules ( car tout Ie monde ne convienf pas denbsp; Ut animalité ) quon voit nager dans levinaigre,nbsp;Qans les infufions des plantes, dans la femence desnbsp;^^'tnaux ? quoi de plus curieux que Ie mécanifmenbsp;organes de la plupart des infeftes , même denbsp;qui échappent ordinairement a notre vue ,nbsp;leurs yeux , leurs tarieres , leurs trompes ,nbsp;ftirs filieres, amp;c ? Quoi de plus digne dadmira-que la compolition du fang, dont Ie microf-nous fait appercevoir les éléments; la con-^exture de lépiderme, la ftrufture du lichen, cellenbsp;j ^ moififfure , amp;c , amp;c ? Nous allons parcourirnbsp;P'^incipaux de ces phénomenes, amp; donner icinbsp;précis des obfervations les plus curieUfes de
joi Recreations MATHiMATiQUÉSd
Dts animaux ou prétendus animaux du vinaip'^ ^ des infujions des plantes.
I. Lailïez pendant quelques jours du vlnaigi® cxpofé a 1 air; après quoi prenez-en une goutte gt;nbsp;amp; pofez-la fur Ie porte-objet tranfparent du mi'nbsp;crofcope, foit fimple , foit compofé; éclairez pa'^nbsp;deffous Ie porte - objet : vous appercevrez dan*nbsp;cette goutte de liqueur des corps reffemblants anbsp;petites anguilles qui font dans un mouvement comnbsp;tinuel. On ne fqauroit mieux les comparer qu^nbsp;de petits ferpents, a raifon des circonvolution*nbsp;quon voit faire a leur corps délié amp; allongé.
Mals on auroit tort dattribuer , comme ds bonnes-gens Tont penfé, 1acidité du vinaigre anbsp;laftion de ces animalcules, vrals ou prétendus, fulnbsp;lorgane de la langue Sr du gout; car Ie vinaigr^nbsp;qui en eft privé neft pas moins acide , sil ne 1eftnbsp;davantage. On ne voit en effet, ces anguilles oUnbsp;ferpents que dans du vinaigre qui, expofé depwisnbsp;quelque temps a 1air, commence a paffer de la'nbsp;cidité a la putréfaéllon.
1. Faites infufer pendant quelques jours', du poi' vre légérement concaffé dans de leau pure, ^nbsp;après cela expofez-en une goutte au microfcope gt;nbsp;ce fera un autre fpeélacle : vous y verrez de petit*nbsp;animaux en nombre innombrable. Ils font de form^nbsp;elliptique, médiocrement oblongue. On les voitnbsp;dans un mouvement continuel, allant Sc venantnbsp;dans tous les fens, fe détournant lorfquils fe remnbsp;contrent, ou quils trouvent fur leur palTage qu^I'nbsp;que maffe immobile. On en voit quelquefois sa-longer pour paffer dans u,n efpace étroit. Quei'
-ocr page 311-Optiquë. nbsp;nbsp;nbsp;303
^es auteurs , dune imagination vive apparem-^ï^ent, croient même en avoir vu saccoupler amp; ^ccoucher; mais on peut fe difpenfer dajouternbsp;foi a cette obfervation.
Si vous faites infufer dans de leau dantres corps ^égétaux, vous verrez des animalcules dune formenbsp;'différente. Dans certaines infufions , ils reflem-^ient a des ovales avec un petit bec amp; une longuenbsp;H^eue; dans dautres, ils font alongés comme desnbsp;^zards: il en eft oü ils ont 1apparence de cer-^^ines chenilles ou vers armés de longs polls:nbsp;'l^elques - uns dévorent ou femblent dévorer leursnbsp;^Srnarades.
^^cer , pour échapper a la mort, ou a létat de *''al-aife quils éprouvent. Ils font, pour la plupart,nbsp;hès-ennemis des liqueurs falées ou acides. Si,nbsp;daps une goutte dinfufion qui fourmille de cesnbsp;*igt;nalcules, vous mettez la plus petite quantiténbsp;^ 3cide vitrlolique ou de vinaigre , vous les voyeznbsp;^'^f'a-coup périr , en fe renverfant fur Ie dos;nbsp;3^elquefols même en perdant leur peau , qui fenbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, amp;c laiffe fortir une quantité de petits globu-
? quon apperqoit Ie plus fouvent au travers de pejy tranfparente. H en eft de même fi lonnbsp;dans 1infufion quelque peu durine.
préfente naturellement ici une queftion. , oit-on regarder ces molécules mobiles commenbsp;animaux ? On eft partagé fur cela. M. de Buf-te Ie penfe pas, amp; les range feulement, alnfi
Lorfque la goutte dans laquelle ils nagent, amp; 'lül eft pour eux comme un vafte baffin, dimlnuenbsp;par 1effet de 1évaporatlon, lis fe retirent a mefurenbsp;Ie milieu, oü lis samoncelent, amp; périflentnbsp;^nfln quand 1humide leur manque abfolument. Onnbsp;voit alors fe tourmenter, faire des efforts, sé-
304 Recreations MathèmatIquesI.
que les animaux fpermatiques, dans la clafie d® certains corps quil appelle molecules organiqucinbsp;Mais queft-ce qua des molecules organiques?nbsp;Ceft ce quM leroit trop long dexpliquer. II faul^nbsp;recourir a YHijloire Naturelle de ce fqavant amp; cé'nbsp;lebre ecrivain.
M. Needham contefte auffi a ces petits corp^ Ianimallte, ceft-a-dire une animalite parfaite, q^^*nbsp;confifte a fe riourrir, croitre , multiplier , êtrenbsp;doué dun mouvement fpontanée ; mais 11 leutnbsp;donne une forte de vitalité obfcure ; amp;, de toute*nbsp;fes obfervations, il tire des confequences fur leiquot;'nbsp;quelles 11 étaye un fyftême très-fingulier. II penl®nbsp;que la matlere végétale tendasanimalifer. Comm®nbsp;ce font les anguilles produltes par Iinfufion de 1*nbsp;colie de farine c[ui jouent un grand role dans 1®nbsp;fyftéme de ce naturalifte, un homme celebre n^nbsp;jamais laiffe echapper roccafioii de verfer furnbsp;le ridicule a plelne coupe, en les appellant les an'nbsp;guides du Jefuite Needham, amp; en le reprefentantnbsp;comme un partifan des generations fpontanéestnbsp;juftement rejetees aujourdhui par tous les phllofo'nbsp;phes modernes. Mais des plaifanteries ne fontnbsp;des ralfons. Nous connoilfons fi peu la limif®nbsp;entre le regne vegetal amp; 1animal, que cefl: etf®nbsp;bien hard! que de la fixer, Au refte, il fautnbsp;convenir , les idees de M. Needham fur cela (0^^nbsp;a obfoures, que je penfe que peu de lefteursnbsp;parvenus a le''tendre.
Dautres naturaliftes amp; obfervateurs tienn^n^ au contraire pour 1animalité de ces petits etres:nbsp;car difent ces obfervateurs, queft-ce quinbsp;carafterifer davantage 1animal, que la fpontanél^^nbsp;de fon mouvement ? Or ces molecules , fo'quot;*quot;nbsp;quelles fe rencontrent dans leurs courfes, rétrog^^
¦ nbsp;nbsp;nbsp;' denf»
305
o P T I Q U E*
y rton par 1efFet dun choc, cotnme feroienfi globules élaftiques; itiais la partie qui orcli-^^irement marche la premiere , fe détöurne a lanbsp;du corps qui vient au devant delle tnbsp;^Uelquefols Tane lautre fe contentent dinflé-^hir leur direftion pour ne fe pas choquer. A la vé-on ne les a pas vues encore ni saccoupler, ninbsp;Pondre , ni même fe noufrir; mais cette dernierenbsp;Onftion peut bien sexécuter fans un afte appa-, cortime celui de la plupart des autres ani-Lextréme petiteffe amp; la forme étrange denbsp;molecules , ne feroient pas des ralfons contrenbsp;animalité. On ne doute point aüjourdhui denbsp;^elle des polypes aquatiques. Leur forme eft biennbsp;extraordinaire , fi elle ne left davantage, quenbsp;^elle des molecules mobiles des Infufions. Pour-quoi done refufer Ianimallte a celles-ci.
On pourroit pourtant encore répondre a cette Parite prétendue. On volt Ie polype naitre, croi-, fe régénérer, a la vérité par un moyen fortnbsp;^loigné de celui des autres animaux connus: onnbsp;voit fur-tout fe nourrir. Les animaux prétendusnbsp;*^icrofcopiques ne font rien de femblable011 nenbsp;done pas les ranger dans la même clafle. Maisnbsp;'onvenons que tout cela eft encore fort obfcur, amp;nbsp;il eft fage de fufpendre fon jugement.
Des Animaux fpermatiques.
ï*arml les découvertes microfcopiques du fiecle dernier, il nen eft aucune qui ait fait plus de bruitnbsp;celle de ces molecules mobiles quon apper-danslafemence des animaux, amp; quon appellenbsp;^^malcuks fpermatiques. Ce fut Ie fameux Lewen-qui Ie premier fit 5c annonca cette fingulierenbsp;Tome II,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V
3o6 Récréations Mathématiques. découverte. II vit dans la femence humaine un^nbsp;multitude de petits corps, la plupart avec de*nbsp;queues très-longues Sc très-déliées , qui étoiefi*-dans un mouvement continue!. Leur groffeurnbsp;beaucoup moindre que les plus petits grains denbsp;fable; elle eft même fi petite dans quelques liqueiif*nbsp;féminales, que cent mille, 8t même un million»nbsp;négaleroient pas un grain de pavot. Par un autf^nbsp;calcul, Levenhoek fait voir que, dans la lait®nbsp;dun merlus, il y a un plus grand nombre dain'nbsp;maux de cette efpece, quil ny a dhommes fur 1^nbsp;furface de la terre.
Levenhoek ne seft pas borné a confidérer 1^ femence humaine; il a examine de la même m3'nbsp;niere la liqueur prolifique de quantité danimau?fgt;nbsp;tant quadrupedes que volatiles , Sc même cellenbsp;quelques infeêfes. Dans toutes ces femences , il''gt;*'nbsp;a peu prés Ie même phénomene. Cette obferva'nbsp;tion a depuis été réitérée par nombre dobfervS'nbsp;teurs, Sc a donné lieu a un fyftêine fur la génér^'nbsp;tion , quil eft fuperflu de développer ici.
Mais perfonne na fait des obfervations plus fo^' fes Sc plus exaéles que M. de Buffon fur Ie fuj^*^nbsp;dont nous nous occupons, 5c nous allonsnbsp;cette raifon en donner Ie précis.
Ce naturalifte célebre, sétant procure quantité aflez confidérable de la femence extraij^nbsp;des véftcules féminales dun homme qui venoit nnbsp;périr de mort violente , Ie premier objet qui fnbsp;préfenta a fa vue , armée dun excellent micro*'nbsp;cope , furent des filaments longuets , qui avoio^nbsp;un mouvement comme de vibration; ils lui P.^''nbsp;rurent auffi renfermer dans leur intérieur denbsp;corps. La femence quil obfervoit ayant ?*¦**'!nbsp;peu plus de liquidité, il vit ces filaments seo^®
-ocr page 315-(juelques points, amp; il en fortit des cof ps oblongs ^ elliptiques, dont une partie refta dabord atta-a ces filaments par une longue queue très-dé-Quelque temps après, amp; cette lemence étantnbsp;fvenue encore plus liquide, les filaments avoientnbsp;^'Paru; amp; il tie reftoit plus dans la liqueur que cesnbsp;^orps ovales avec des queues , par 1extrémité defi-^j^^bes ils fembloient attachés , lur lefquellesnbsp;^ balanqoient comme un pendule , amp; ayantnbsp;^pendant un mouvement progreffif, ma is lent,nbsp;^ comme embarralTé par ladhérence de leursnbsp;^'^Cues a la liqueur : ils avoient de plus une fortenbsp;7 mouvement de roulis ; ce qui prouve quilsnbsp;^ Avoient pas une bafe applafie, mals quils étoientnbsp;^Peu prés ronds dans leur coupe tranfverfale.nbsp;j^t^elque temps étant encore écoulé , Sc la liqueurnbsp;^^'iiinale ayant acquis plus de fluldité, ceft-a-direnbsp;OU quinze heures après , les petits corpsnbsp;j^'^biles sétoient dépouillés de leurs queues, amp;nbsp;^¦voient 1apparence que de corps elliptiques, fenbsp;Jjvant avec beaucoup de vivacité. Enfin, anbsp;qug matiere satténue davantage , ils fenbsp;ils rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp; jufqua difparoitre, ou
big ^ P''écipitent au fond de la liqueur, Sc fem-Perdre leur vitalité.
^^tiva une fois a M. de Buflfon , lorfquil défiinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ces molécules mobiles , de les voir
comme un régiment, fept a fept, ou buit ^^^chants toujours très-ierrés Sc du mêmenbsp;il 'quot;cchercha la caufe de cette apparence, 8cnbsp;que ces molécules partoient toutes dunenbsp;filaments amoncelés , qui fe trouvoitnbsp;coin de la goutte fpermatique, 6t f®nbsp;^infi fucceffivement en petits globulesnbsp;amp;CS, lis étoient au refte tous fans queue. Cela
Vij
-ocr page 316-3oS Recreations Mathématiques.
rappelle lidée finguliere dun naturalifte , qu' voyant pareiüe chofe dans !a femence dun bélie'quot;'nbsp;crut y trouver la raifon de linclination partici^'nbsp;liere de ces animaux a marcher en troupe , amp; 3 *nbsp;iuivre les uns les autres.
M. de Buffbn a obfervé de la même la liqueur fpennatique de divers autres animau?^gt;nbsp;de bceuf, de bélier, amp;c ; amp; il y a vu lesnbsp;molecules dabord avec des queues, amp; sen priv^i^nbsp;par clegré, a mefure que la liqueur prenoit denbsp;duidiré. Quelquefois auffi elles lui ont parunbsp;queue dès leur premiere apparition amp;C formatie'nbsp;Ceft en quoi fes obfervations different de ce'!^*nbsp;de Lewenhoek , qui repréfente confiamment e.jnbsp;prétendus animalcules avec des queues, do^nbsp;dit même quils paroiffent saider dans leurs
vements.
fens. Les obfervations de M. de Buffbn auffi de celles du natufalifte Hollandois,ennbsp;Ie dernier dit navoir jamais pu trouver de tr^^j,nbsp;de ces animalcules dans la femence ou lanbsp;extraife des ovaires des femelles, tandis quenbsp;de Buffon a vu ces molecules mobiles dans ce ^nbsp;liqueur, a la véritémoins fréquemment, amp; f®nbsp;ment dans quelques circonftances.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A
On voit par-la quil y a encore des rechercu^.p faire ffir la nature de ces molecules mobiles, ? (nbsp;que deux obfervateurs auffi célebres ne sacco'jnbsp;pas dans routes les circonftances du mêmenbsp;On napperqoit, au refte , rien denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;|e
dans les autres liqueurs animales , telles l, fang 5 la lymphe, Ie lait, la falive, lurine inbsp;Ie chyle; ce qui femble indiquer que cesnbsp;OU molecules vivantes jouent un role dans*^ ^nbsp;jiération.
!, Sc quon leur voit tortüler en diffét^^^
-ocr page 317-s. III.
Animaux ou MoUcuks mohihs du blè vicik
^oici encore une obfervation microfcopique peut hardiment regarder comine la plus fin-?^Uere de toutes; car, fi on en tire toutes les consequences quen déduifent quelques-uns de fes au-Spurs, elle nous préfente lexemple dune réfurrec-bon répétée, pour ainfi dire a volonté.
, La maladie du blé qui préfente ce pbénomene ^b-ange , eft, non la carle , ni lergot, commenbsp;quelques auteurs Tont dit, faute dune connoiffancenbsp;^ufiifante des differences fpécifiques des maladiesnbsp;des grains, mais cette maladie quon doit appellernbsp;^'avortement ou Ie rachitifme. Si 1on prend imnbsp;grain de blé qui eft dans eet état, amp; quon lou-Vre avec precaution , on Ie trouvera rempli dunenbsp;fubftance blanche , qui lè divife elle-même facile-ment en une multitude de petits corps blancs amp;nbsp;alongés, comme de petites anguilles renflées dansnbsp;milieu de leur corps, Tant que ces molécules ,nbsp;(car on nous permettra dêtre encore neutres furnbsp;^cur animalité prétendue ou vraie ) , tant que cesnbsp;biolécules jdis-je, font dans eet état de fécherefle ^nbsp;dies rve donnent aucun figne de vie; mais fi on lesnbsp;^unieéle avec de leau bien pure, on les voit fur lènbsp;champ fe inettre en mouvement, amp; donner toutesnbsp;Ls marques de Ianimalite, Laifte-t-on deftechernbsp;^ goutte de fluide dans laquelle elles nagent, ellesnbsp;pcrdent leur mouvement; mais on eft maitre denbsp;leur rendre, memc plufieurs mois après leurnbsp;btort apparente , en les replongeant dans Ieait.
Fontana , obfervateur Italien, ne fait null^ difficulté de regarder cela comme une réfurrec;^
V iij
-ocr page 318-310 Récréations Mathématiques. tion. Si, après des obfervations réitérées , cenbsp;nomene fe vérifie, ainfi que celui du lerpentnbsp;Pérou, auquei, plufieurs mois après lavoir laifl®nbsp;deffécher au bout dune corde, on rend la vienbsp;Ie plongeant dans un bourbier qui eft fon élément»nbsp;HOS idees fur Tanimalité pourroient étrangeme*^*nbsp;changer. Mais javoue que je najoute pas foi anbsp;dernier fait, quolque M. Bouguer, qui Ie rappottenbsp;fur Ie ténioignage du P. Gumilla, Jéfuite, amp; duAnbsp;chirurgien Franqois , ne Ie rejette pas entiére'nbsp;ment (u). Au refle quelques autres obfervateurStnbsp;(comme M. RofFredi,) prétendent avoir reconn^nbsp;dans ces molecules anguilliformes, Touverture d®nbsp;la gueule, celle des parties feminines, amp;c. Ils pre'nbsp;tendent enfin avoir démélé dans Ie ventre de lafl'nbsp;guille mere Ie mouvement des petites anguiUe*nbsp;quelle contenoit, amp;, ayant ouvert Ie corps*nbsp;celle-ci, en avoir vu fa progéniture fe répandre fü*'nbsp;Ie porte-objet de leur microfcope, Ce font des ob'nbsp;fervations a conftater: elles Ie méritent affurément»nbsp;par les lumieres quelles jetteroient fur 1animalite»
§. IV.
Les Mouvements de la Tnmella.
La tremella eft cette plante gélatineufe, verd^; tre , qui fe forme dans les eaux ftagnantes, amp; qr'nbsp;eft connue des naturaliftes fous Ie nom de confersK^nbsp;gdatinofa omnium tenerrima amp; minima, aquartU^nbsp;limo innafcens. Elle eft compofée dune multitude
{a) 11 feroit a fouhaiter que M. Bouguer fe fut affuf® de la vérite ou de la fauffeté du phénomene; cela feul vai'*nbsp;droit Ia peine dun voyage au Pérou: mais il dit avoir éWnbsp;trop preffé dans fon voyage pour vérifier ce fait.
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filets entrelacés les uns avec les autres. Confi-érés (euls, ils font compofés de petites parties environ une ligne de longueur, articulées lesnbsp;'ines avec les autres,
Jufqulci rien ne rend cette produftion de Ia *iature recommandable amp; finguliere aux yeux dunbsp;Phyficien; maïs les obfervations microfcopiquesnbsp;y ont fait découvrir deux propriétés fort extraor-^^naires. Lune eft un mouvement fpontanée dontnbsp;^es filets font doués. Si lon en confidere un Ifolé ,nbsp;^ placé fur Ie porte-objet du microfcope , fuffi-laniment humefté , on apperqoit fes extrémitésnbsp;5 élever amp; sabaifler alternativement, amp; fe porternbsp;^ drolte amp; a gauche ; 11 fe tortille en même tempsnbsp;«n divers fens, amp; fans aucune impreffion extérieure. Quelquefois , au lieu de la ligne droitenbsp;^uil formoit par fa longueur, il vient former unenbsp;Ovale OU une courbe irréguliere. Si deux font anbsp;Cote lun de 1autre , ils fe tortillent amp; sentrela-^ent, OU quelquefois ils savanqent lentement, amp;nbsp;P3r un mouvement imperceptible, lun dun cóté,nbsp;*autre de 1autre. Ce mouvement a été eftimé parnbsp;Adanfon, être denviron un 400^ de ligne parnbsp;binute.
ell
de.
Lautre propriété de cette plante eft quelle **ieurt amp; reffufcite , pour ainfi dire , a plufieursnbsp;¦¦eprires; car, fi plufieurs filets ou une maffe denbsp;^femella fe deffeche , elle perd entiérement la fa-^ulté dont nous venous de parler. Elle reftera plu-«eurs rnois dans eet état de mort, ou, fi lon veut,nbsp;fommell ; mais replongez-la dans Thumiditénbsp;^^celTaire , elle renait, pour ainfi dire , fes mou-^oments fe rétabliffent, amp; elle fe multiplie commenbsp;o a coutume de faire.
M.. labbé Fontana, obfervatcur célebre
V iv
-ocr page 320-91?, RiCRÉATlONS MaTHÉMATIQUES.
Parme , nhéfite point , daprès tous ces faits, ^ ranger la tremella au nombre des zoophytes, ^nbsp;de la regarder comme Ie paffage du végétal a 1nbsp;nimal, ou de 1animal au végétal; enfin, coin'i®nbsp;un animal ou végétal doué de la belle propriet^nbsp;de pouvoir mourir amp; reffiifciter alternativemei^*^'nbsp;Maïs cette mort eft-elle uné veritable mort, ou urtnbsp;fimple fommeil, une fufpenfion de toutes les ft'nbsp;cultés dans lefciuelles confifte la vie de cette plantC 'nbsp;Pour répondre a cette queflion, il faudroit fqavoifnbsp;précifément ce que ceft que la mort. Nous diriou*nbsp;ici bien des chofes, li cen ëtoit la place.
De la Circulation du Sang.
Si Ton veut fe procurer Ie plaifir dobferver ft circulation du fang au moyen du microfcope , oHnbsp;y parviendra facilement. Parmi les objets qud'nbsp;peut employer a eet ufage , font principalement ftnbsp;membrane déliée amp; tranfparente qui joint ft*nbsp;doigts des grenouilles, amp; la queue du tétard. EteU'nbsp;dez amp; affujétilTez cette membrane fur un verre»nbsp;que vous éclairerez par delTous j vous verrez aveCnbsp;vm plaifir fmgulier Ie cours du fang dans les vaif'nbsp;Peaux dont elle eft parfemée ; vous croirez voft,nbsp;un archipel diles, entre lefciuelles coule un coUnbsp;rant rapide.
' On prend auffi un têtard, ou eet animal qui la premiere forme fous laquelle paroit lanbsp;jioLiille ; $c, après avoir enveloppé fon corps du®nbsp;Ijnge humide amp; délié , lon pofe fa queue ftrnbsp;porte-ohjet tranfparent du microfcope , amp; on Iftquot;nbsp;claire par clefTous ; on voit très-diflinftement ftnbsp;CiQyvemeut du fang, qui^ dans certains vaiffeaux»
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j-arche par efpece dondulations, amp; dans dautres ^ mouvement uniforme. Les premiers font lesnbsp;^^eres dans lefquelles le fang marche par un ef-de la pulfation alternative du coeur; les autresnbsp;Ont les veines.
. On peut voir auffi circuler le fang dans les lambes amp; queues des crevetes, en mettant cesnbsp;P^tffons dans Ieau avec un peu de fel; mais leurnbsp;neft pas rouge. Les ailes des fauterelles y fontnbsp;propres; amp; Ton ne verra pas fans plaifir lesnbsp;S^obules verts de leur fang emportes par la fé-*^ofité dans laquelle ils nagent.
Les jambes tranfparentes des petites araignees , belles des petites punaifes, prefentent enfin desnbsp;Jtioyens dobferver le mouvement de leur fang.nbsp;On voit dans les dernieres une vibration extraordinaire de vailTeaux, que M. Baker dit navoir vuenbsp;aucune autre part.
Mais , de tons les fpedlacles femblables, le plus auneux eft celui que prefente le méfentere dunenbsp;Srenoullle vivante , applique fur-tout au microf-folaire, comme M. Baker dit 1avoir fait avecnbsp;dofteur Alexandre Stuard , medecin du roinbsp;dAngleterre. On ne peut pas exprimer, dit-il,nbsp;fcene merveilleufe qui fe prefenta a nos yeux :nbsp;^Ous vimes dans un inêrae inftant le fang quinbsp;*^ouloit dans un nombre innombrable de vaiffeaux,nbsp;^dant dans les uns dun coté, amp; dans les autresnbsp;du cote oppofe. Plufieurs de ces vaifteaux etoientnbsp;Sroflis au deftirs dun pouce de diametre, amp; lesnbsp;globules du fang y paroiflbient prefque aufll grosnbsp;^ue des grains de poivre, pendant que dans plu-^leurs beaucoup plus petits ils ne pouvoient paflernbsp;Ruun a un, amp; etoient obliges de changer lewnbsp;figure en celle de fpéroïde oblong.
-ocr page 322-3i4 Récréations MathémAtiques.
S* VI.
Di la Compojition du Sang.
II faut prendre avec la pointe dune plume un pinceau bien doux , une petite goutte denbsp;tout récemment tiré de la veine; vous létendrs^nbsp;aufli mince que vous pourrez fur une lame de tal^inbsp;alors, fi vous vous fervez dune des plus fortes lei'nbsp;tilles de votre microfcqpe , vous verrez diftinft^'nbsp;ment fes globules.
On a obfervé par ce moyen que les globule rouges du fang humain font compofés de fixnbsp;tres globules plus petits , réunis en un feul ; 2^nbsp;que lorfque , par une caufe quelconque, ils fo'^''nbsp;défunis entreux, ils nont plus la couleur roug®'nbsp;La petiteffe des globules rouges eft , au furplu* inbsp;exceffive, leur diametre nétant que dune i donbsp;partie de ligne , enforte quune fphere dunenbsp;gne de diametre en contiendroit 4096000.
§. VII.
De la Peau, de fes Pores amp; de fes EcailleS^
Pour faire cette obfervatlon, 11 faut, avec rafoir bien tranchant , senlever un morceaunbsp;lépiderme, amp; lappKquer au microfcope: vous 1®nbsp;verrez couvert dune multitude décailles extrétn^'nbsp;ment petites, fi petites enfin, que, fuivantnbsp;Lewenhoek , un grain de fable en peut couV'^nbsp;deux cents; ceft-a-dire que, dans Ie diametre d^'^nbsp;grain dp fable, il.y en a 14 ou 15. Ces écaiH^*nbsp;font rangées comme fur Ie dos dun poiflbn ?nbsp;comme les tulles dun toit, ceft-a-dire en recoi^''nbsp;vrement les unes fur les autres.
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Si 1on veut reconnoitre plus commodément forme, il ny a qua ratiffer répiderme avecnbsp;canif, amp; mettre 1efpece de pouffiere qui ennbsp;Pfoviendra, dans une goutte deau; on verra avecnbsp;P'^ifir que ces écailles font ordinairement a cinqnbsp;P^ns, amp; formées chacune en particulier commenbsp;® plufieurs couches.
. -A-u delTous de ces écailles font les pores de 1é-Piderme : lorfquon les en a ótées, on les apperqoit ^hinftement, comme autant de petits trous for-par une aiguille extrêmement fine. Lewenhoeknbsp;3 Compté I 20 dans la longueur dune ligne ;nbsp;^'iforte quune ligne quarrée , dont 10 forment Ienbsp;Pouce, en contiendroient 14400; un pled quarré ,nbsp;P3r conféquent, 144000000 ; amp;, comme la futpee du corps humain peut être eftimée de 14nbsp;Pieds quarres, elle en contiendra 2016 millions.
A chacun de ces pores répond dans la peau l^eme un tuyau excrétoire , dans lequel fe plongenbsp;^piderme qui en revêt intérieurement Ie bord.nbsp;borfqiig 1épiderme a été détaché de deffus lanbsp;P^^u , on apperqoit par derriere ces prolonge-Intérieurs de lépiderme, comme, quand onnbsp;Psrcé un papier avec une aiguille peu tranchante,nbsp;j p^oit au verfo de la feuille , la bavüre faite parnbsp;Urface qui a été enfoncée amp; déchirée.
pores de la peau font fur-tout remarquables j les mains amp; aux pieds. On na qua fe blennbsp;*aver les mains avec du favon, amp; confidérer ianbsp;'ime de la main avec un verre ordinaire; onnbsp;multitude de fillons, entre lefquels fontnbsp;a P^^ss* Si lon eft dans un état de fueur , onnbsp;Ces^ grand plaifir a voir fortir de chacun denbsp;trous une goutte infenfible de liqueur , quinbsp;^oera a chaque pore 1apparence dune fontaine.
-ocr page 324-316 Recreations Mathématiques,
§. VIII.
Foils des Animaux.
Les polls des animaux , vus au microfcop^» paroiffent étre des corps organlfés , commenbsp;autres parties du corps humain, amp; prefentent **nbsp;matiere de beaucoup dobfervations agreables, P**nbsp;la variété de leur conformation amp; contexture*nbsp;La plupart paroiffent compofés de fibres creule^*nbsp;en tube, longues amp;c minces, ou de plufieurs peti*^®nbsp;poils reconverts dune écorce commune : quelq'r®*nbsp;autres font percés de part en part amp;c dans tout®nbsp;leur longueur; tels font ceux des cerfs de 1Inde*nbsp;Le poll de la mouftache dun chat, coupe en tra'nbsp;vers 5 préfente 1apparence dune partie médullaire»nbsp;qui regne dans fa longueur comme dans une tig®nbsp;de fureau. Ceux du hériffbnont une vrale moell®»nbsp;qui eft blanchatre amp; étoilée.
On neft cependant pas encore entlérero®'^ affuré de Iorganlfation du cheveu humain.nbsp;obfervateurs qui ont vu au milieu dun cheveu utr®nbsp;ligne blanchatre , en ont tire la conféquence cl^®nbsp;cétoit un vaiffeau qui portoit jufqua lextrérUit®nbsp;im fuc nutritif. Dautres conteftent cette obfer't^'nbsp;tion, amp; prétendent que ce neft quune appareu®®nbsp;optique formée par la convexité du cheveu. Hnbsp;roit cependant que le cheveu doit porter dausnbsp;longueur quelque vaiffeau , sil eft vrai quon a s't'»nbsp;dans des perfoniies attaquées de la plicapoton^^nbsp;des cheveux étant coupés, ieter du fang par 1®^nbsp;trémité. Mais cette obfervation eft-elle sure ?
§. IX.
Singul^rités des Yeux dans la plupart des
La plupart des infeftes nont point les
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*^Dbiles, amp; couverts a volonté clune paupiere, ^Otnine Ie refte des animaux : eet organe eft , cheznbsp;premiers, abfoluinent immobile; amp; comme ilnbsp;**^anque de cette couverture utile quont les autresnbsp;Pour les défendre , la nature y a pourvu en Ia for-^3nt dune fubftance cornée , amp; propre a rélifternbsp;chocs auxquels il eft expofé.
Mais ce neft pas en cela que confifte la grande ^'^gularité des yeux des infeftes. Le microfcopenbsp;a appris que ces yeux étoient eux-mémes di-''ifés en une multitude prodigieufe dautres yeuxnbsp;plus petits. Prenons , par exemple , une mouchenbsp;Commune, amp; examinons fes yeux au microfcope:nbsp;Uous troiiverons dabord aux deux cótés de fa têtenbsp;deux vaftes bourrelets, comme deux hémifpheresnbsp;applatis. On peut voir cela fans microfcope ; mais,nbsp;par fon moyen, nous verrons ces bourrelets hé-mifphériques divifés en une multitude prodigieufenbsp;de rhomboïdes , ayant au milieu une convexiténbsp;lonticulaire qui fait loffice de cryftallin. Hodiernanbsp;Cn a compté plus de 3000 fur lun des yeux dunenbsp;«louche commune; M. Puget en a compté 8000nbsp;ftjr chacun des yeux dune mouche d une autrenbsp;cfpece; enforte quil y a de ces inleftes qui ontnbsp;jufqua 16000 yeux: il yen a même qui en ontnbsp;«Ue plus grande quantité encore, Levenhoek ennbsp;ayant compté jufqua 14000 fur chaque ceil dunnbsp;autre infeéte,
Ces yeux, au furplus, ne font pas difpofés fur tous de la même rnaniere ; la petite demoifelle a ,nbsp;par exemple, indépendamment des deux bourrelets prefque hémifphériques latéraux , deux autresnbsp;eminences entre deux, dont la furface fupé-rleure Sc convexe eft auffi garnie dune muhuudenbsp;dyeux qui regardent le ciel, Le même infefte en
-ocr page 326-3i8 Recreations Mathématiques. a enfin trois en forme cle cóne obtus Sc arronclinbsp;fur Ie front. La mouche eft dans Ie même caS)nbsp;mais ces yeux font chez elle moins relevés.
Ceft , dit Levenhoek, un charmant fpecfad^ que de confidérer cette maffe dyeux fur ces infe^'nbsp;tes; car, fi 1on eft placé dune certaine maniere»nbsp;les objets voiftns fe peignent fur ces éminence*nbsp;fpheriques dun diametre exceffivement petit; ^nbsp;on les apperqoit, avec Ie microfcope , multiplié*nbsp;prefque autant de fois quil y a dyeux , avec unenbsp;diftinélion parfaite , amp; c|ue 1art ne flt;5auroit jarnai*nbsp;atteindre.
II y auroit une multitude dautres chofes a dire fur les organes des infeébes , 6c leur merveilleufenbsp;variété Sc conformation ; mais nous réfervonsnbsp;cela pour un autre endroit.
Dzs Mites du fromage, amp; autres.
Mettez fur Ie porte-objet du microfcope, de pouffiere qui fe forme fur lécorce Sc aux environsnbsp;de diverfes efpeces de fromages vieux; vous Isnbsp;verrez fourmiller dune multitude de petits ani'nbsp;maux tranfparents , de figure ovale terminée ennbsp;pointe Sc en forme de groin : ils font munis de hui£nbsp;jambes écailleufes Sc articulées, au moyen def-quelles ils fe trainent lourdement amp; languiffam-nbsp;ment de cóté Sc dautre : leur tête eft terminéenbsp;par un corps obtus Sc en forme de cóne tronqué»nbsp;oxi eft apparemment placé 1organe par lequel ilsnbsp;fe nourriffent. Plufieurs poils fort longs Sc termi-nés en pointe font placés fur leurs corps, Sc prin-cipalement fur les parties latérales. On apperlt;joitnbsp;enfin 1anus bordé de poils dans la partie inférieurenbsp;du ventre.
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« y a dautres efpeces de mites qui nont que jambes , amp;; qui font conféqueinment dunenbsp;^'Pece différente.
y en a dautres qui font vagabondes, amp; quon J^Uve par-tout dans les endroits oü il y a des ma-^'quot;es propres a les nourrir,
j Cet animal , au rede , eft trés - vivace; car ,^yenhoek dit en avoir attaché une fur unenbsp;P'ngle devant fon microfcope, Sc quelle vécutnbsp;*ifi pendant onze femaines.
Ze Pou amp; la. Puce.
. Voila deux animaux bien défagréables, fur-tout premier, amp; ils ne paroilTent guere propres anbsp;^re la matiere dune obfervation intéreffante.nbsp;^ais, pour Ie philofophe , il neft point dobjetnbsp;^Jueux dans la nature , parceque cette difformiténbsp;que relative, amp; que 1animal Ie plus affreuxnbsp;V^fente fouvent des fingularités qui font mieuxnbsp;^*^*ater linfinie variété des oeuvres du Créateur.
^renez unpou, amp; faites-le jeüner une couple de ; mettez-le enfuite fur votre main : vous Ienbsp;e preffé ^ar la faim , sy fixer bien vite , 8cnbsp;Oneer fon fuqoir dans votre peau. Si alors vousnbsp;jj, ^^nfidérez au microfcope , vous appercevrez anbsp;fa peau votre fang couler, fous la formenbsp;petit ruilfeau , dans fon ventricule ou Ie vaif-qui en tient lieu , amp; de-la fe diftribuer dansnbsp;^«tres parties, quon voit senfier par fon abord.nbsp;^t animal eft un des plus hideux quon puiftenbsp;Po'*^ téte eft triangulaire , amp; terminée en unenbsp;^guë , qui donne naiffance a fa trompe ounbsp;: aux deux cótés de la tête, 6c un peu loin
-ocr page 328-510 tlÉCRÉATIO?fS MaTHÉMATIQUËS. de fa pointe antérieure , font placées deuxnbsp;antennes garnies de polls, amp; derriere, vers 1^*nbsp;deux autres angles émouffés du triangle ,nbsp;les deux yeux de 1animal : elle eft liée , parnbsp;court étrangiement, au corcelet, qui porte fix jalt;^nbsp;bes garnies de poil a leurs articulations, amp;nbsp;deux crochets a chaque bout. Le ventre eftnbsp;que tranfparent par deftbus, amp; porte fur fes co'nbsp;tés des efpeces de tubercules , dont les dernie'^^nbsp;font garnis de deux crochets. M. Hook en *nbsp;donné dans fa MicrographU une figure denvirn*^nbsp;un demi pied de large, Quand on a vu la repf^nbsp;fentation de eet animal, on neft plus furprisnbsp;démangeaifons quil caufe fur la peau de ceuxnbsp;leur malpropreté y rend fujets.
La puce a beaucoup de relTemblance a la v-rette , ayant fon dos arqué comme eet anim^ nbsp;Elle eft comme cuiraflee par de larges écai^^^nbsp;placées en recouvrement les unes fur les auf^*nbsp;fur tout fon corps : fa partie poftérieure amp;nbsp;rondie, eft fort groffe relativement au furplus ^nbsp;corps: fa tête eft recouverte dune écaillenbsp;feule piece; amp; du devant partent trois efp^^^nbsp;de tarieres avec lefquelles linfeéfe fuce lenbsp;des animaux: fix jambes, dont les cuifles fontnbsp;méfurément grofles , amp; dont la premierenbsp;eft auffi déméfurément longue, fervent anbsp;ter fes mouvements. La grofleur confidérable j ^nbsp;cuiffes eft fans doute deftinée a renferrnernbsp;mufcles pulfiants qui font nécelTaires pour p^''^ ^nbsp;linfefte a une hauteur ou une diftancenbsp;plufieurs centaines de fois fa longeur: ilnbsp;aufli que, deftiné a exécuter ces fauts, il P^* -famment armé contre les chutes quil devoitnbsp;Sc ceft a quoi la nature a pourvu par fon
écail'^^
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t nbsp;nbsp;nbsp;*'
^^^ailleufe. Vous trouverez dans Hook amp; dans Jo-®ot la figure de la puce, ainfi que celle du pou , ^normément groffies.
II nefl: rien de fi curieux que ce que préfente ^nroififfure vue au microlcope. On feroit tenté,nbsp;la confidérant a la vue fimple - de la regardernbsp;*quot;Omme un plexus tout-a-fait irrégulier de filaments ;nbsp;''^ais Ie microfcopenous apprencl que ceneft autrenbsp;^hofe quune petite forêt de plantes, qui - nnentnbsp;nourriture fur Ie fond huinide, amp; tendant a fanbsp;^écompofition, qui leur fert de bafe, Ondiftinguenbsp;leurs tiges, amp; fur que!ques-unes leurs boutons ,nbsp;les uns ferines, les autres épanouis. M, Ie baronnbsp;de Munchaulen a fait plus: en confidérant avecnbsp;la plus grande attention ces plantules, il a reconnunbsp;quelles font fort analogues aux champignons. Cenbsp;*ie font enfin que des champignons microfcopi-Hues , dont Ie chapiteau , parvenu a fa maturité ,nbsp;l®ite une poulfiere comme infiniment tenue , quinbsp;^11^ fa femence. Cette femence, tombant dans lesnbsp;^¦^droits propres a la recevoir , y germe a fon tour,
, produit des plantes femblables, qui parviennent ^leur grandeur dans fort peu de temps , amp; jettentnbsp;^lles-rnêmes leur femence. On fqait que les champignons prennent leur accroiffement dans unenbsp;: ceux dont nous parlons, plus rapides pref-|lün en raifon inverfe de leur grandeur, prennentnbsp;accroiffement en peu dheures. De-la la ra-P'dité avec laquelle la moififfure fait fes progrès.nbsp;^oici encore une obfervation fort curieufe denbsp;genre , faite par M. Ahlefeld de GielTen. Ayantnbsp;en^rqué des pierres couvertes dune forte denbsp;/.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X
-ocr page 330-Récréations Mathématiques.
pouffiere, il eut la curiofité dexaminer au microl' cope ce que cétoit. II trouva, a Ion grand étonn^'nbsp;ment, que cétoient de petits champignons mi'nbsp;crofcopiques, élevés Rir des pédicules fort courts »nbsp;amp; dont la tête , arrondie au milieu , étoit retroul'nbsp;fee fur les bords: ris étoient auffi ftriés du centre ^nbsp;la circonférence , comme Ie font certains chain'nbsp;pignons. II remarqua encore quils contenoient aiinbsp;delfos de leur enveloppe fupérieure une multitudenbsp;de petits grains femblables a des cerifes un peu ap'nbsp;platies. Cétoient probableinent les feinences denbsp;ces champignons. II vit enfin dans cette forét denbsp;petits champignons, plufieurs petits infeéfes roU'nbsp;ges, qui fans doute sen nourriffoient. Foye:^ leSnbsp;Aéfes de Leipfik, année 1739.
La Poujjïtre. da Lycopcrdon.
Le lycoperdon , ou veffe de loup , eft uue plante de la claffe des fungus, qui croit fous la formenbsp;dun gros tubercule chagriné. Si on le preffe aveenbsp;le pied , il éclate en jetant une pouffiere extreme'nbsp;ment déliée, amp; qui relfemble a une fumée. II ennbsp;refte ordjnairement une alTez grande quantité dainnbsp;la cavité entrouverte de la plante. Si on la met fofnbsp;le porte-objet du microfcope , on la voit fous 1»nbsp;forme de globules parfaitement fphénques, denbsp;couleur orangée , amp; dont le diametre neft guetenbsp;que la 50® partie de celui dun cheveu ; enfort^nbsp;que chaque grain de cette pouffiere ncö; guere qn^nbsp;la 125000® partie dun globule qui auroit un dia-'nbsp;metre égal a un cheveu. Quelques lycoperdofonbsp;donnent des fphérules plus brunes, amp; attachées ^nbsp;un petit pédicule. Cette pouffiere ell fans doutenbsp;femence de cette plante anomale.
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Opt I q u e. §. XIV.
Di la. PouJJiere dcs étamines dts Fleurs.
II ny a pas encore long-temps quon a reconnu Iutilite de cette pouffiere dans Ieconomie végé-tale. Lon croyoit auparavant quelle netoit quunnbsp;Excrement desducs de la fleur; mais le microfeopenbsp;3 fait decouvrir que cette pouffiere etoit réguliére-*xient St; uniformement organifee dans chaque ef-Pece de fleur. Ainfi, dans la mauve , chaque grainnbsp;une balie opaque,hériflee de pointes. La pouffiere de la tulipe amp; de la plupart des liliacées , (ounbsp;plantes de la familie des lis), eft reflemblante anbsp;la femence des concombres amp; melons. Celle dunbsp;pavot reftemble a un grain dorge, avec une rai-nure dans fa longueur.
Mais Iobfervation a appris de plus, que cette pouffiere neft elle - même quune capfule qui ennbsp;eontrent une autre incomparablement plus menue ;nbsp;^ eeft celle-ci qui eft la vraie pouffiere fecon-'lante des plantes.
§ XV.
Trous apparents de quelques feuilles de Plantes.
Il y a certaines plantes dont les feuilles paroif-*srit percees dune multitude de petits trous; telle gt; en particulier, celle que les botaniftes ap-Psllent hypericuni. ou quon nomme vulgairementnbsp;^ niillepcrtuis: mais fi 1on expofe un fragment denbsp;suille de cette plante au microfeope , on apper-S^it que ce quon ayoit pris pour des trous nennbsp;^ f point; que ces trous pretendus font des vefi-^^les engagees dans Iepaifleur de la feuille» re-®uvertes dune membrane extremement dèliée;
Xi)
-ocr page 332-3Z4 Recreations Mathématiques. enfin , quelles font Ie réfervoir de 1huile effentiellsnbsp;amp; odorante qui eft particuliere a cette plante.
§. XVI.
Le Duvet des Plantes,
Ceft un curieux fpeftacle que celui que préfen-tent les plantes qui om du duvet , comme 1^* bourraches , les orties , amp;c. Lorfquon les re-garde au microfcope, on les voit hérilTées dépinesnbsp;a faire horreur. Celles de la bourrache font poutnbsp;la plupart coudées ; amp; , quoique réellement trés-prés , on les voit au microfcope affez éloignéesnbsp;les unes des autres. ,Si 1on nétoit pas prévenu gt;nbsp;Ton croiroit voir la peau dun porc-épic.
§. XVIL
Des Etincedles quon tire lt;Pun fiifil d'acier avec pierre.
'tt.S
Si, avec une pierre a fufil, on tire des étincelle* dun morceau dacier, amp;c quon les fafle tomb^^^nbsp;fur un papier , on trouvera que ce font pour 1*nbsp;plupart des globules formes de petites parties d3'nbsp;cier détachées par le choc, amp; fondues par le frot'nbsp;tement. M. Hook en a obfervé qui étoient pal'nbsp;faitement pblies , amp; réfléchiffoient avec vivacit®nbsp;limage de la fenêtre voifine. Lorfquellesnbsp;dans eet état, elles font attirables a laimant; ma'^nbsp;très-fréquemment elles font réduites par la fufionbsp;en une efpece de fcorie, amp; alors laimant nenbsp;attire plus. On en dira ailleurs la caufe. Onnbsp;fera au refte point furpris de cette fufion, quan^nbsp;on fi^aura que les corps les plus difficiles a liq*^®'
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fier , nont befoin pour cela que detre réduits en Particules affez minces
§. XVIII.
Les afpérités des corps qui paroijfent les plus polis amp; les plus tranchants.
Expofez au microfcope raiguille la plus poin-tue en apparence ; elle vous paroitra navoir quune pointe émoulTée, inégale amp; irréguliere, dont lanbsp;forme reffemble a celle dune cheville roinpue parnbsp;Ie bout.
II en eft de même du tranchant dun rafoir Ie mieux affilé. Ce tranchant, vu au microfcope ,nbsp;reffemble au dos dun canif, amp; préfente de dif-tance en diftance des dentelures comme une fcie,nbsp;mais irrégulieres.
SI 1on confidere enfin avec Ie microfcope la furface dun verre poli avec foin , on fera fortnbsp;étonné du fpeftacle que préfentera cette furface :nbsp;On la verra toute fiUonnée, amp;: remplie dafpéri-tés qui réfléchiffent la lumiere irréguliérement ,nbsp;en la colorant. II en eft de même de 1acier poli,nbsp;avec Ie plus de foin.
Lart eft a eet égard bien au deffous de la nature ; car fi les ouvrages que cette derniere a en-Suelque forte travaillés amp; polis, font expofés au 'ïïicrofcope , ils ny perdent point leur poli; ilnbsp;^ en paroitra même que plus éclatant. Lorlquoiinbsp;eonfidere avec eet inftrument les yeux dune'nbsp;^ouche , sils font éclairés diin flambeau , chacunnbsp;^eux en préfente 1image avec une netteté amp; unenbsp;^ivacité dont xien napproche.
X ilj
-ocr page 334-3,Z(5 RéCRÉATlONS Mathématiques,
§. XIX.
Des Sables vus au Microfcope.
II y a, comine 1on fqait, des fables calcaires f il y en a de vitnfiables. Les premiers, vus au mi-crofcope , reffemblent en grande partie a de grosnbsp;inorceaux irréguliers dc pierre ; mais les vitreu)^nbsp;préfentent Ie l]aeftacle Ie plus curieux. Lorfque c6nbsp;font des fables roulés, on apperqoit comine autantnbsp;de diamants bruts , amp; quelquefois polis. II y a, unnbsp;certain fable qui, vu au microfcope , paroit étrenbsp;lui affemblage de diamants, de rubis, démerau-des; un autre, confidéré de ia mêine maniere,nbsp;fait voir des embrions prefque infiniment petits denbsp;cociulllages.
Les Pores du Charbon.
M. Hook a eu la curiolité dexaminer avec un microfcope la contexture dun charbon : il 1anbsp;trouvé tout criblé de pores difpofés par ordre , amp;nbsp;traverfant toute fa longueur, enforte quil ny anbsp;point de charbon Ie long duquel Fair ne sintro-duife. Cet obfervateur a compté dansla iS® partie dun pouce, 150 de ces pores ; dou il fuitnbsp;que , dans un charbon dun pouce de diametre , ilnbsp;y en a.environ 5710000.
Nous navons pu amp; nous navons du donner ici quun précis très-abrégé de cette matiere ; mais ,nbsp;pour fuppléer a ce que nous nayons pu dire , nousnbsp;aliens indiquer les prlncipaux livres qui coii-tiennent des obfervations micrographiques, amp; lesnbsp;auteurs qui be font principaleinent adonnés a cenbsp;genre dobfervations. Tel eft dabord Ie pere
-ocr page 335-^onanni, Jéfuite , auteur du livre intitule, Ricrea-\ionc ddlochio è ddla mmte, dont une partie ¦¦oule uniquement fur eet objet. Le eélebre Le'wen-^oek a paffe prefque toute fa vie dans la méme-Occupation, amp; a expofé fes obfervations dans fesnbsp;¦dreana Naturs^ Le fameux Hook a donné un-Ouvrage très-curieux fur le même fujet, intitulenbsp;^icrographia. On trouve dans tous les journauxnbsp;^ mémoires de fociétés fqavantes, nombre dob-^ervations de ce genre, éparfes de cotés amp; dau-^tes. Mals perfonne na fait fur cette matiere au-^9nt dobfervations fuivies que M. Joblot, de quinbsp;Ooiis avoirs un volume in-4°, intitule Defcriptiorsnbsp;^ ufages de plujïeurs nouvtaux Microscopes, amp;c.nbsp;«vee de nouv. obfervat.fur une multitude innombra-^nbsp;lk cTInfeSes, amp;c. qui naijfent dans les liqueurs, amp;c,nbsp;(Paris, 1716). II a fait infufer dans 1eau unenbsp;Oiultitude de fubftances différentes , amp; a fait gra-'^er les figures des petits animaux qui y ont pris.nbsp;^aiffance ; il a même donné a Ia plupart, des nomsnbsp;^irés de leur reffemblance avec des corps connus ,nbsp;dautres circonftances. Mais nous nous bornonsnbsp;^ renvoyer le leêfeur a eet ouvrage, qui a reparunbsp;oq 1754 fort augmenté, amp; foiis ce titre: Obferva-^ions dlHiJlolre Naturelle , faites avec le Microfcopcnbsp;fur un grand nombre d'Infecies , amp; fur les Animal-^uLes qui fe trouvent dans les liqueurs préparées amp;nbsp;non préparées, amp;c ; in-4'', avec une multitude denbsp;planches (iz). M. Needham donna en 175,0 fonnbsp;ouvrageIntitule, Nouvdles Obfervations microfco-P'-ques. On lit dans VHiJioire Naturelle de M. denbsp;®uffon, fes obfervations propres fur les molecules
. (-r) Cet ouvrage, qui eft très-curieux , fe trouve a Par= chez Jombert, rue Dauphine.
318 Récréations Mathématiquës.
OU prélendus animaux de la femence des maux. On a encore louvrage de Baker , intitule »nbsp;Traité du Microfcope, ou Ie Microfcope d la porteenbsp;de tout Ie monde, traduit delanglois; in-S^, Paris»nbsp;1754. La premiere partie de louvrage contieritnbsp;les defcriptions de Xapparatus, amp; de lufage denbsp;divers microfcopes; amp; la feconde, un alTez longnbsp;détail des obfervations microfcopiques faites liifnbsp;les divers objets de la nature. Cet ouvrage a eUnbsp;un grand-Tuccès en Angleterre , amp; eft finguUére-ment inftruélif fur cette matiere, M. 1abbé Spa'nbsp;lanzani a fait enfin imprinter en italien fes obferva-tions microfcopiques, oü il contredit plufieurs foisnbsp;M. Needham: on en a une traduction franqoife,nbsp;iinprimée a Paris, (1769, in-8°) , qui a pour titre»nbsp;Nouvelles Obfervations Microfcopiques, avec desnbsp;notes de ce dernier phyficien. Ajoutez a cela divers Mémoires imprimés dans Ie Journal de Phj'nbsp;Jique de M. 1abbé Rozier , dont les auteurs fontnbsp;MM. Fontana, RofFredi, Spalanzani, amp;c. amp; vousnbsp;aurez a peu prés la connoiffance de tous les écritsnbsp;qui ont paru jufqua ce moment fur cette matiere»nbsp;OU du moins des principaux dentreux.
-ocr page 337-E T
LE S anciens ne paroiflent pas avoir confidéré les fons fous un autre point de vue que celuinbsp;lamufique, ceft-a-dire comme afFeéiant agréa-|ement Ioreille ; il eft même fort douteux quilsnbsp;connu quelque chofe de plus que la mélodie,nbsp;^ quils aient eu rien de femblable a eet art quenbsp;appellons la compojiüon. Mais les modernesnbsp;^yant confidéré les fons du cóté purement phyfi-Sc ayant fait dans ce champ négligé par lesnbsp;plufieurs découvertes, il en eft né unenbsp;cience toute nouvelle, a laquelle on a donne Ie
-ocr page 338-33° RiCRÉATlONS M-ATHÉMATIQUEf. nom acoujiiqtic. Lacoullique eft done Ia fcienC^^nbsp;des fons conftdérés en general fous des vues tnJ'nbsp;thématiques amp; phyfiques ; amp; elle comprend foU*nbsp;elle la mujique, qui confidere les rapports desnbsp;entant qu'^agréables au fens de louïe, foit par l^^*^nbsp;fucceffion, ce qui conftitue la mélodie.; loitnbsp;leur fimultanéité , ce qui forme Vharmonie. NoU*nbsp;allons rapporter briévement ce quil y a denbsp;curieux amp; de plus intéreil'ant fur cette fcience.
En quoi conjijle Ie [on: comment il fe répafi^ amp; fe tranfmet a notre organe : expénend^nbsp;relatives a eet objet: des diverfes mani^f^^nbsp;de prodiiire Ie [on.
LE fon neft autre chofe que Ie frémiflemeP*^ des parties de 1air , occafionné ou patnbsp;commotion fubite dune mafte quelconque d3^nbsp;tout-a-coup refterrée ou dilatée, ou par la cor^'nbsp;munication de lébranlement des parties infeuli'nbsp;bles dun corps dur amp; élaftique.
Telles font les deux nianieres les plus conn^^ de produire du fon. Lexplofion dun coup de p'^nbsp;tolet OU d arme a feu, produit du bruit ou du ft*nbsp;parceqtie lair ou Ie fiuide élaftique contenu dafi*nbsp;la poudre étant tout-a-coup dilate , amp; frapp^*^nbsp;avec violence Pair extérieur amp; voifin, Ie conde^^^nbsp;ftibitement au-dela de fon état naturel de coP'nbsp;denfation caufée par Ie poids de Tatmolpl'p^^'nbsp;Cette mafte , en vertu de fon reftbrt, fe reftP*^^nbsp;rinftant après, St comprimé a fon tour Pair
-ocr page 339-Acoustique et Musique. 33J
eft environnée , amp; celui-ci en fait de même; P ainfi fucceflivemeiit de loin en loin: doü ré-'*'fe dans toutes les, parties de lair, jufqua unenbsp;^^ftaine diftance , un mouvement dofcillationnbsp;lequel confifte Ie fon.
. Pour sen former une idee, quon conqoiveune ® de reflbrts fe foutenant tous en équilibre ; que
/Uk**- nbsp;nbsp;nbsp;rv t-1 ^ trimonf
premier foit tout-a-coup comprimé violemment
nm. nbsp;nbsp;nbsp;«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;//./¥*.
im choc OU autrement: en faifant effort pour
' feftituer, il comprimera celui qui fuit, celui-ci
'^P'ripni-nera Ie troifieme , amp; ainft de fuite jufquau
nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ snbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\
^''nier, ou au moins juftjua une très-grandé dift
^ce , car Ie fecond fera un peu moins comprimé Ie premier, Ie troifieme un peu moins que Ienbsp;^'^oiid , amp;c; enforte qua une diftance plus ounbsp;Nins grande, la compreffion fera prefque nulle ,nbsp;, enfin nulle. Mais chacun de ces reftbrts , en fenbsp;^^'ablUTant, paffera un peu Ie point déquilibre ;
''e
7 i nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ a
riui occafionnera dans toute la file mife en mou
'^ent, une vibration qui durera plus ou moins
-'^g-temps, amp; cefiera enfin. De-la vient quaucun
On
lo
neft inftantanée, mais dure toujours plus ou
'gt;ns, fuivant les circonftances
O ^ iUlVdllL ICb vil dJlliLdlltiV. j»
Pautre maniere de former du fon, confifte a
^ - c nbsp;nbsp;nbsp;-------- --- _ _ nbsp;nbsp;nbsp;_ _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
^ü^duire dans un corps élaftique , des vibrations
r- ------ ---jquot;-quot; --------7
promptes pour exciter dans les parties de lair 1avoifinent un mouvement femblable. Ceft
j quune corde tendue rend un fon cjuand on Pince ; il ne faut quavoir des yeux pour apper-fes aPées amp; venues. Les parties élaftiquesnbsp;^ ^ir , frappées par cette corde dans fes vibra-elles-mémes en vibration, amp;nbsp;^'^inuniquent ce mouvement a leurs voifines,nbsp;Tel eft encore Ie mécanifme par lequel unenbsp;produit du ion : lorfquon la frappe, fes
331 Récréations Mathématiques. vibrations font fenfibles a la main de celui quinbsp;touche.
Si lon doutoit des faits ci-delTus, voici qo® ques experiences qui les mettent dans un nouve^nbsp;jour.
Premiere Expérience,
Rempliffez a moitié deau un vafe , comt^ «n verre a boire , amp; , après 1avoir affermi,nbsp;fur Ie bord votre doigt un peu mouillé : vousnbsp;tirerez un fon , amp; vous verrez en même temp;nbsp;Peau fréinir, Sc former des andulations, jufqp^nbsp;faire réjaillir de petites gouttes. Qui peut produi'^^nbsp;dans leau un pared mouvement , finon les vibf^nbsp;tions des parties du verre ?
Seconde Experience.
Silonrenferme fous Ie recipient dune machi'^^ pneumatlque , une cloche qui ne touche a aucu^nbsp;partie de la machine , ,amp; quon en pompe lagt;^^,'nbsp;lorfquon fera fonner cette cloche, on fentira q'' ^nbsp;mefure que lair eft évacué amp; devient plus rar^ nbsp;Ie fon saffoiblit, au point de ne plus rien entend^®nbsp;quand Ie vuide eft aufli parfait quil eft pofliti^^'nbsp;Quon rende lair peu a peu, Ie fon renaim^.nbsp;pour ainii dire, Sc augmentera a mefure quenbsp;contenu dans la machine approchera de la coU^^nbsp;tution de celui de 1atmofphere.
De ces deux experiences 11 réfulte que Ie confidéré dans les corps fonores , neft autre clm*nbsp;que les vibrations fuffifamment promptes de l^*^^nbsp;parties infenlibles; que lair en eft Ie véhicule , ^nbsp;quil Ie tranfmet dautant mieux, que , par fa
-ocr page 341-Acoustique et Musique. 335 , il eft plus capable de recevoir lui-même dansnbsp;parties un mouvement femblable.
A légard de la maniere dont Ie fon affefte notre ame , on doit fqavoir qua lentrée de lo-^«ille interne , qui contient les difFérentes partiesnbsp;1organe de Iouie, eft une membrane tenduenbsp;^Otnme celle dun tambour, a laquelle on donnenbsp;Ie nom de tympan dc l'ordlh. II eft fort pro-^®Me que les vibrations de 1air, produites par Ienbsp;^'^tps fonore , en excitent dans cette membrane ;
celles-ci en produifent de femblables dans 1air ^°nt la cavité de 1oreille interne eft remplie , 8cnbsp;Ie retentiflement y eft augmente par la conf-j^ftion particuliere amp; les circonvolutions tantnbsp;canaux demi-circulaires que du limaqon ; cenbsp;^üi
occafionne enfin dans les nerfs dont ce lima-eft tapifte, un mouvement qui fe tranfmet au ^^tveau , amp; par lequel 1ame reqoit la perceptionnbsp;, I* Fon. II faut sarrêter ici, car il neft pas pofli-^ de fi^avoir comftient Ie mouvement des nerfsnbsp;^®Ut affefter 1ame : mais il nous fuffit de fqavoirnbsp;5?'' 1expérience , que les nerfs font , pour ainftnbsp;, les médiaieurs entre cette fubftance cjuinbsp;°''menotre ame, amp; les obiets extérieurs Sc fen-
Le fon ne tarde pas a cefler, dès que les vibra-du corps fonore ceflent ou deviennent trop ^''des. Ceft ce que lexpérience montre encore ;
lorfque, par Ie contaft dun corps mou , on ^quot;^ortit ces vibrations dans Ie corps fonore , Ienbsp;femble cefler tout-a-coup. Ceft pour celanbsp;^ gt; dans la conftruftion dun claveffin , les fau-font garnis dun morceau de drap, afinnbsp;retombant il touche la corde , Sc amortiflenbsp;^ Vibrations. Au contraire , lorfque Ie corps fo-
-ocr page 342-fel
J34 Récréations Mathématiques.
nore eft , par fa nature , en état de continuer vibrations pendant long-temps, comme Teftnbsp;grofle cloche, Ie fon continue long-temps apresnbsp;coup: ceft ce quil ny a perfonne qui naitnbsp;marqué, en entendant fonner line cloche dw'^nbsp;capacité un peu confidérable.
Sur la vitejje du fon : expériences poUf déterminer: maniere de mefurer les difnbsp;tances par ce moyen.
IL nen eft pas du fon comme de la lumier^ qui fe tranfmet dun lieu a un autre avecnbsp;rapidité inconcevable. La viteflè du fon eftnbsp;médiocre , amp;£: eft a peine de loo toifes patnbsp;conde. Voici comment on la mefurée,
A lextrémité dune diftance de quelques u _ liers de toifes, quon tire un coup de canoa gt;nbsp;quun obfervateur, placé a lautre extrémité av^''nbsp;un pendule ^ fecondes, ou , ce qui fera mieu^nbsp;avec un pendule a demi-fecondes , foit attentifnbsp;moment ou il apperqoit Ie feu, amp; laiffe dansnbsp;même inftant échapper fon pendule; quil comp^^nbsp;Ie nombre des fecondes ou demi-fecondesnbsp;lees depuis Ie moment ou il a apperqu Ie feU ^nbsp;laché fon pendule , jufquau moment oü il ent^'nbsp;Ie bruit de lexplofton : il eft évident que , finbsp;regarde Ie moment ou il a appercu Ie feu com'p®nbsp;Ie moment de 1explofion , il naura qua divilt;^^nbsp;par Ie nombre des fecondes ou des deini-ft^*^?^nbsp;dés comptees, celui des toifes que comprend *
diftance oii il eft du canon , amp; il aura Ie noinP'^
-ocr page 343-Acoustique et Musiqüe. 335 toifes parcourues par ie fon en une feconde ounbsp;demi-feconde.
Or Ton peut prendre Ie moment oü Ton apper-^oit ie feu, a quelque diftance que lon foit, pour I® vrai moment de Texplofion ; car la vlteffe de lanbsp;'umiere eft telle , quelle met a peine une fecondenbsp;^ parcourlr 40 demi diametres de la terre , ou en-''*ron 60 mille de nos lieues.
Ceft par de femblables experiences que MM. lAcadémie royale des Sciences ont ancienne-trouvé que Ie fon parcouroit dans une fe-^nde I lyz pieds de Paris. MM. Flam.fteed amp;nbsp;^alley ont trouvé 1171 pieds anglois, qui Ie re-^'tifent a 1070 pieds de France. Comme il eftnbsp;^ien difficile de fe determiner entre ces autorités,nbsp;quot;ous prendrons pour la viteffe moyenne du fan lanbsp;^üantité de 1110 pieds de France.
II eft a remarquer que , fuivant les experiences 'Ie M. Derham , Ia temperature de 1air, quellenbsp;Welle loit, feche ou humide, froide, tempérée ,nbsp;chaude , ne fait point varier la viteffe du fon.nbsp;I'étoit a portee de voir la lumiere amp; dentendrenbsp;^ bruit du canon quon tiroit fréquemment anbsp;j.^^cheat, éloigné de 9 a 10 milles, dUpminfter ,nbsp;de fa demcure. Quel que fut Ie temps, pourvunbsp;jl'til ny eut point de vent, il comptoit toujoursnbsp;^'ti'ême nombre de demi-fecondes entre Ie mo-J'^nt Ou il appercevoit Ie feu amp; celui oü il enten-Ie bruit: mais quand il y avoit du vent quinbsp;^ortoit de lun a lautre de ces lieux , ce nombrenbsp;^doit de III jufqua iiifecondes. On conqoitnbsp;^^ effetque Ie,vent tranfportant Ie fluide mis ennbsp;p^ion du coté de lobfervateur , elles doiventnbsp;^ quot;'ot latteindre que ft ce fluide étoit en repos»nbsp;en fens contraire.
-ocr page 344-336 Recreations Mathématiques.
Quoi quen dife néanmolns M. Derharn , ne pouvons nous perfuader que la temperature j®nbsp;Iair ne faffe rien a la vitefle du fon ; car unnbsp;plus chaud, amp; par confequent plus raréfié ounbsp;elaftique, doit avoir des vibrations plus promp^^^'nbsp;Cette obfervation feroit a réitérer avec plus ^nbsp;foin.
On pourra done mefurer une diftance inacc^' llble an moyen du fon. Pour cela, quon fenbsp;pendule a demi - fecondes, au moyen dune ba'jfnbsp;de plomb dun demi-pouce de diametre , quon n'nbsp;pendra a un fil, de maniere que, du centre denbsp;balie au point de fufpenlion, il y ait précifémeu^ ?nbsp;polices 1 lignes du pied-de-roi; quau momentnbsp;1on appercevra la lumiere de 1explofion dt''^nbsp;canon ou dun moufquet, on laiffe aller ce p^quot;nbsp;dule , amp; quon compte les vibrations iufqi*^^nbsp;moment ou Ton entend le bruit: il eft evid^^.nbsp;quil ny aura qua multiplier par ce nombrenbsp;de 560 pieds, amp; Ton aura la diftance oii Tonnbsp;de 1origine du bruit.
On fuppofe le temps calme , ou du moins le vent ne foit que tranfverfal. Si le vent foufft^nbsp;du lieu ou seft faite 1explofion vers 1obfervateU'nbsp;amp;; quil flit violent , il faudroit ajouter a la d'*'nbsp;tance trouvee autant de fois deux toifes ounbsp;pieds, que Ton aura compte de demi-fecond^'nbsp;amp; au contraire il faudra les oter , ft le vent lofft*nbsp;de 1obfervateur vers le lieu oil fe fait le bt't'f'nbsp;On fqait en effet quun vent violent fait parcoU'^,''nbsp;a Pair environ 4 toifes par feconde; ce qui \nbsp;peu prés un 41e de la viteflfe du fon. Si lenbsp;eft mediocre, on pourroit ajouter ou oter un ^4 'nbsp;5c sil etoit foible , quoique fenfible, unnbsp;mais je crois, du moins dans le dernier cas,
-ocr page 345-Acoustique et Musique. 33^ tOrreftion fuperflue ; car peut-on fe flatter de nènbsp;fe tromper dun i68^ dans la mefure dunbsp;^6tnps ?
Il fe préfente chaque jour, dans les rades amp; fur cótes de lamer, loccafion de mefurer ainfinbsp;diflances.
Le moyen quon vient de décrlre peut fervir , les temps dorage, a juger de la diftance ounbsp;* On eft du foyer de lexplofion. Mals comme oiinbsp;P^ut navoir pas fous fa main un pendule parell anbsp;que nous avons décrit, on pourra fe fervir ,nbsp;lieu de pendule, des battements de fon pöuls ,nbsp;^n obfervant que , lorfquil efl: trés - tranquille ^nbsp;^ntervalle entre chaque battement équivaut k peiinbsp;prés a une feconde; mais quand le pouls eft unnbsp;Peu agité amp; éleVé , chaque battement ne vautnbsp;guere que deux tiers de feconde.
Comment les fons peuvent fe répandre dans tons les fens fans confufon.
C E s T un phénomene afiez fingulier , que celui que préfente la tranfmiffion des fons; car, plufieursperfonnes parlent i-la-fois, ou jouentnbsp;quelquinftrument, leurs fons différents fe fontnbsp;^'itendre a-la-fois , OU a la même oreille, ou anbsp;puGeurs oreill^s dlfférentes, fans quils fe cön-^ondent en traverfant le même milieu dans desnbsp;différents, ou quils samortiffent mutuelle-*^ent. Tachons de rendre une raifon fenftble denbsp;phenomene.
Lette raifon réftde fans doute dans ptopriete Tomé ILnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Y
-ocr page 346-338 Recreations Mathématiques,
des corps élaftiques. Quon conqoive une Be «3® globules a reffort égaux , amp; tous appuyés les U'*nbsp;contre les autres ; quun globule vienne frapp^'^nbsp;avec une vitefle quelconque Ie premier de la fil^'nbsp;on fqait que, dans un temps très-court, Ie moU'nbsp;vement Te tranfmettra a 1autre extrémité,nbsp;forte que Ie dernier globule en recevra Ie méi^®nbsp;mouvement que sil avoit été choqué immediate'nbsp;ment. Je fuppofe maintenant que deux globule*nbsp;vinflent a-la-fois choquer, avec des viteffes inéga'nbsp;les, les deux extrémités de la file, Ie globule ^nbsp;PI. 15, 1extrémité A, amp; Ie globule è Iextrdmite B ; il e^nbsp;fig. I. certain, par les propriétés connues des corps
tiques, que les globules a ^ b, après un inftaU*-de repos , feront repoufles en arriere , en faifait^ échange de vitelTe , comme sils fe fulTent cho'nbsp;qués immédiatement.
Soit a prefent une feconde file de globules, coupe la premiere tranfverfalement; les mouve'nbsp;ments de cette feconde fe tranfmettront, au moy^'^nbsp;du globule commun, aux deux files; ils fe traol'nbsp;mettront, dis - je , dun bout a 1autre de cett®nbsp;file, tout comme fi elle étoit unique, ainfi qU®nbsp;dans la premiere: 11 en feroit de même , fi deiiJt»nbsp;«rois, quatre ou plus de files fe croifoient ave®nbsp;la premiere, ou dans Ie même point , ou dat**nbsp;des points ditTérents. Les mouvements particti'nbsp;liers imprimés au commencement de chaque fil®?nbsp;fe tranfmettroient a 1autre bout, tout comrne 'nbsp;elle étoit ifolée.
Cette comparaifon me paroit propre a fentir comment plufieurs fons fe tranfmettent daU*nbsp;tous les fens, a 1aide du même milieu : ily 3 e®nbsp;pendant quelques petites differences que nou*nbsp;devons pas diflimuler.
-ocr page 347-Acoustique Et Müsiqüe. 33^ Car preiniérement on ne doit pas concevoirnbsp;qui eft Ie véhicule du fon , coniine compofénbsp;files élaftiques, difpofées auffi réguliérementnbsp;nous lavons fuppofé ; chaque particule denbsp;^air eft fans doiite appuyée fur plufieurs autresnbsp;^¦la-fois , amp; Ibn mouvement fe communique par-^a en tout fens ; de-la vient auffi que Ie fon, qutnbsp;Parviendroit a une diftance très-grande , pfefquenbsp;fans aucune diminution , sil fe communiquoitnbsp;'^omme on Ta fuppofé, en éprouve une conlidë-^able a mefure quil séloigne du corps qui Ie pro-'^uit. II y a cependant apparence que , quoique Ienbsp;^louvement par lequel fe tranfmet Ie fon foit plusnbsp;^otnpliqué , il fe réduit, en derniere analyfe , anbsp;'luelque chofe de femblable a celui quon a décritnbsp;plus haut.
La feconde difEérence confide , en ce que les particules de 1air, qui afferent immédiatementnbsp;Ie fens de 1ouïe, nont pas un mouvement denbsp;tranflation comme Ie dernier globule de la file ,nbsp;qui part avec une viteffe plus ou moins grande, anbsp;loccafion du choc fait a 1autre extrémité de la file :
nefl: quedion dans 1air que dun mouvement de frémidement amp; de vibration , qui , en vertu denbsp;l^éladicité des particules aériennes, fe tranfmet anbsp;*^xtrémité de la file, tel quU a été requ a lau-ïte extrémité. II faut concevoir que Ie corps fonorenbsp;^*qprime aux particules de 1air quil touche, desnbsp;''ibrations ifochrones a celles quil éprouve lui-; amp; ce font les mêmes vibrations qui fenbsp;ttanfmettent de 1un a 1autre bout de la file, tou-Ipurs dailleurs avec la même vitede ; car lexpé-^^^nce a appris quun fon grave nemploie pas*nbsp;Jputes chofes dailleurs égales, plus de temps quunnbsp;aigu a parcourir un efpace determine.
340 Récréations Mathématiques.
Des echos : leur production : hijloire echos les plus célebres: de quelques autresnbsp;phénomenes analogues.
RIeN de fi connu que 1écho. II faut cependafl*^ convenir que , quelque commun que foitnbsp;ce phenomena , la maniere dont il eft produitnbsp;laifle pas detre encore enveloppée de beaucoupnbsp;dobfcurité , amp; que lexplication quon en donn^nbsp;ne rend pas entiérement raifon de toutes les ch'nbsp;conftances qui 1accompagnent.
Prefque tous les phyficlens ont attribué la fbf' ination de 1écho a une rédexion du fon , fembl?'nbsp;ble a celle quéprouve la lumiere quand elle tornb^nbsp;fur un corps poli; mais, comme la obfervénbsp;dAlembert dans larticle Echo de VEncyclopédie ^nbsp;cette explication neft pas fondée ; car fi elle le'nbsp;toit, il faudroit, pour la production de 1écho»nbsp;une (urface polie ; ce qui neft pas conforme ^nbsp;lexpérience. En effet, on entend cbaque jour de*nbsp;echos en face dun vieux mur qui neft rien moii*nbsp;que poli, dune mafte de rocher, dune forét»nbsp;dun nuage méme. Cette réflexion du fon ne^nbsp;done point de la méme nature que celle de 1^nbsp;lumiere,
II eft cependant évident que la formation 1écho ne peut être attribuée qu^ une répercuftnbsp;{ion du fon; car un écho ne fe fait jamaisnbsp;tendre quau moyen dun ou de plufieursnbsp;des qui interceptent Ie fon, amp; Ie font rebrouft^^
Acoustique et Musique. 341 ^narriere. Voici la maniere la plus probable denbsp;lt;^oncevoir comme cela Ie fait.
Nous reprendrons pour cela notre comparaifon fibres aériennes , avec une file de globulesnbsp;^^aftiques. Si done une file de globules élaftiquesnbsp;pft infinie, on fent aifément que les vibrationsnbsp;^*nprimées a un bout fe propageront toujours dunbsp;*iême coté, en séloignant fans cefle ; mais fi cettenbsp;file eft appuyée par une de fes extrémités , Ie der-f'ier globule réagira contre route la file, amp; luinbsp;l*riprimera en fens contraire Ie même mouvementnbsp;^uil efit iiTipnmé au refte de la file, fi elle n eutnbsp;pas été appuyée: cela doit même arriver , foitnbsp;que 1obftacle foit perpendiculaire a la file, foitnbsp;quil foit oblique , pourvu que Ie dernier globulenbsp;foit contenu par fes voifins: il y aura feulementnbsp;Cette difference , que Ie mouvement retrogradenbsp;fera plus fort dans Ie premier cas , amp; dautant plusnbsp;fort, que Tobliqulté fera moindre. Si done lesnbsp;fibres aériennes amp;c fonores font appuyées par unenbsp;de leurs extrémités, amp; que lobftacle foit affeznbsp;dloigné de lorigine du mouvement, pour que Ienbsp;Mouvement direél amp; Ie mouvement répercute nenbsp;fie faffent pas fentir dans Ie même inftant percep-bble, loreille les diftinguera lun de 1autre , 8cnbsp;fi y aura écho.
Or on fqait par lexpérience, que loreille ne diftingue point la fucceflion de deux fons , anbsp;^oins quil ny ait entreux un intervalle au moinsnbsp;d un 12.e de feconde ; car, dans Ie mouvementnbsp;plus rapide de la mufique inflrumentale, dansnbsp;*^quel on ne fqauroit, je crois, apprécier chaquenbsp;^efure a moins dune feconde (i) , douze notes
(*) Je penfe quune piece de tnufique de 60 tnefiires ^
342' Recreations Mathématiques. feroient tout au plus ce quil feroit poffible d®nbsp;comprendre dans une mefure, pour quon pu^nbsp;diftin^uer un fon après Iautre : confequemmentnbsp;faut que Iobftacle qui repercute le fon foit afle^:nbsp;éloigné, pour que le fon repercute ne fuccede pa®nbsp;au fon dired avantun de feconde; amp; comrnenbsp;le fon parcourt dans une feconde environ 112'^nbsp;pieds, amp; confequemment environ 93 dans unnbsp;de feconde , il senfuit que Iobftacle ne doit etrenbsp;éloigné tout au plus que de 45 a 50 pieds, poutnbsp;quon puifle diftinguer le fon repercute du foRnbsp;direél.
II y a des echos fimples amp; ties echos compofés» Dans les premiers, on entend une feule répéti'nbsp;tion du fon ; dans les autres, on les entend deux»nbsp;trois, quatre fois, amp; davantage ; on park mernenbsp;dechos OÜ 1on entend le même motrépété jufquanbsp;40 amp; 50 fois. Les échos fimples font ceux ounbsp;ny a quun feul obftacle ; car le fon repercute eunbsp;arriere, continuera fa route dans la même direction , fans revenir de nouveau fur fes pas.
Mais un écho double, triple, quadruple, peut être produit de plufieurs manieres. Quon fuppofe,nbsp;par example, plufieurs murailles les unes derrierenbsp;les autres, les plus éloignées étant les plus élevées:nbsp;fi elks font chacune dilpofees a produire un écho»nbsp;on entendra autant de repetitions du même foRnbsp;quil y aura de ces obftacks.
PI, 15, Lautre maniere dont peuvent être produite* fig. 2. ces repetitions nombreufes, eft celle-ci. Quon coU'nbsp;qoive deux obftacks A amp; B, oppofes Iun a Iau-tre , amp; 1^ caufe produftrice du fon entre deux, 3*2
qui feroit execiitee dans une minute , feroit dun mouVCquot; meat; dont il y a peu dexemples dans la mufique.
-ocr page 351-ACOUSTIQITE ET MUSIQUE. 345
Point S ; Ie fon prodmt clans Ia cliredlion de S en 5 après être revenu de A en S , fera répercuténbsp;P^r robftacle B , St reviendra en S ; puls, aprèsnbsp;®'^oir parcouru SA', il éprouvera une nouvelle ré-Percuflion qui Ie reportera en S ; puls il y revien-encore en S , après avoir frappé lobffacle B;nbsp;qui continueroit a 1infini, fi lefonnesaffoiblif-Poit pas continuellement. Dun autre cóté , Ie fortnbsp;produifant auffi également de S vers B que de Snbsp;A , il fera auffi renvoyé dabord de B vers S ;nbsp;Püis 5 après avoir parcouru lefpace SA, de A versnbsp;^ gt; Cnffiite de nouveau de B vers S , apres avoirnbsp;Parcouru SB ; amp; ainfi de fuite , jufqua ce que Ienbsp;ffin foit entiérement amorti.
Ainfi 1on entendra Ie fon produit en S , après des temps qui pourront être exprimés par 2 SA,nbsp;^SB, iSB iSA; 4S A iSB, 4SB nbsp;iSA;4S A 4SB;6SA 4SB;6SB 4SA;
S A 6 S B, amp;c ; ce qui formera une repetition de fons après des intervalles égaux , lorfque SAnbsp;Pera égale a SB , amp; rnême lorfque SB fera doublenbsp;Sa ; mais lorfque SA fera, parexemple , Ie tiersnbsp;de SB , il y aura cela de remarquable, quaprès lanbsp;Pterniere repetition il y aura une efpece de füencenbsp;double, puis fuccéderont trois repetitions a inter-dalles égaux, enfuite il y aura un filence double denbsp;quot;un de ces intervalles, puis trois repetitions a inter-¦'talles égaux aux premiers; amp; ainfi de fuite , juf-ce que Ie fon foit abfoliiment éte'mt. Les différents rapports des diftances SA, SB , feront ainfinbsp;f^aitre différentes bizarreries dans la fiicceffion denbsp;fons, que nous avoirs cru devoir remarquernbsp;'^oiume poffibles, quoique nous ne fqachions pasnbsp;On les ait obfervées.
Pi y a des echos qui repetent plufieurs mots de
344 RIcRÉATIONS MATHéiVfATIQUËS, fuite les uns après les autres ; cela na rien de füT'nbsp;prenaïlt, amp; dolt arriver toutes les fois que ToRnbsp;iera a une diliance de lécho , telle que Ton aitnbsp;temps de prononcer plufieurs mots avant que 1*nbsp;repetition du premier foit parvenue a Ioreille,
II y a divers echos qui ont acquis une forte ds célébrité par leur fiugularité , ou par Ie nombt®nbsp;de fois quils repetent Ie même mot. Miffon, daP^nbsp;fa Defcription de VItalië, parle dun écho de 1*nbsp;vigne Simonetta, qui répétoit quarante fois 1^nbsp;même mot,
A Woodftock en Angleterre, il y en avoit iP* qui répétoit Ie même fon jufqua cinquante fois.
On lit dans les Tranfaciions PhitofophiqueS gt; année 1698, la defcription dun écho encore plü®nbsp;ünguller , quon trouve prés de Rofneath, a quel'nbsp;ques lieues de Glafcowen EcolTe, Un homme gt;nbsp;placé de la maniere convenable , joue un mof'nbsp;ceau dair de trompette, de 8 a i o notes; léchPnbsp;les répete fidélement, mais irne tierce plus baS ^nbsp;après un petit filence, on en entend encore uP®nbsp;nouvelle répétition fur un ton plus bas : fuccedsnbsp;enfuite un nouveau filence, qui eft fuivi dune troi'nbsp;feme repetition des tnêmes notes, fur un ton plP*nbsp;bas dune tierce.
Un phénomene analogue , eft celui que prf' fentent ces chambres oü une perfonne , placetnbsp;«dans un endroit, amp; prononqant a voix baffe qu^hnbsp;ques mots , eft entendue uniquement de celle q^*nbsp;eft placée a un certain autre endroit détermin^'nbsp;Mufchembroeck parle dune pareille chambre ?nbsp;quil dit être dans Ie chateau de Cleves. II y ®nbsp;peu de perfonnes qui aient été a lObfervatoif®nbsp;royal de Paris , fans avoir fait la même exp^'nbsp;rience dans un fallon du premier étage.
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Les phyficiens saccordent unanimement a at-*^ibuer ce phënoinene a la réflexion des rayons fonores qui, après avoir divergé de la bouche denbsp;^®lui qui parle , font réfléchis de maniere a fenbsp;^^unir dans un autre point. Or Ton conqoit aifé-''lent, difent-ils , que cette reunion renforqant tenbsp;dans ce point, celui qui aura 1oreille placeenbsp;^out prés Ientendra, quoique ceux qui en ferontnbsp;^loignés ne puiffent Ientendre. Ceft ainfi que lesnbsp;ayons qui partent du foyer dun miroir ellipti-^ue, fe reuniflfent a 1autre foyer.
Je ne fqais fi le fallen du chateau de Cleves, ^ont parle Mufchembroeck , eft elliptique, amp;nbsp;^ les deux points ou doivent fe placer celui cjuinbsp;Parle amp; celui qui ecoute, font les deux foyers;nbsp;^ais, a regard du fallen de IObfervatoire denbsp;varis, cette explication na pas le moindre fondement , car
La falie de Iecho, ou, comme on Iappelle, Secrets , neft nulleinent elliptique ; ceft unnbsp;ogone fur fon plan , amp; dont les murs, a unenbsp;'^ertaine hauteur, font voütés de la maniere quonnbsp;^Ppelle en terme de 1art arc de cloitre, eeft-a-'te par dcs portions de cylindre qui, en fe ren-^^ntrant, forment des angles rentrants, qui con-^'nuent ceux qui font formes par les cotes de 1oc-^°gone qui en eft le plan,
20 On ne fe place pas a line cliftance mediocre ^ gt;nur , comme cela devroit être pour que lanbsp;partit dun des foyers de Iellipfe fuppofee :nbsp;1^ applique la bouche dans un des angles ren-, amp; fort prés du mur; alors une perfonnenbsp;^'or-eille placee du cote diametraleinent op-^ ® gt; Sc a peu prés a même diftance du mur, en-
34lt;5 Recreations Mathématiques. tend celui qui lui parle de lautre cóté , menie *nbsp;voix fort balTe.
II eft cohféquemment évident quil ny a ic* nulle reflexion de la voix, conformément auïnbsp;loix de la catoptiique ; mais 1angle rentrant »nbsp;continue Ie long de la voute dun coté a 1autfSnbsp;du fallon, fait une forte de canal qui contientnbsp;voix, amp; la tranfmet de lautre cóté. Le phénO'nbsp;mene rentre abfolument dans la même claflTe qu®nbsp;celui dun tuyau très-long, au bout duquel ufi®nbsp;perfonne parlant, méme a voix bafle, fe fait eH'nbsp;tendre de celui qui eft a lautre bout.
Les Mémoires de 1Académie, de lóqijparlent dun écho trés - fingulier, qui fe trouve dans uo^nbsp;cour dune maifon de plaifance appellée h Geni'nbsp;^^y-gt; ^ P^ti de diftance de Rouen. II a cela denbsp;particulier, que la perfonne cjui chante ou pari®nbsp;a voix haute , nentend point la répétition d®nbsp;Pécho, mais feulement fa voix; au contraire ceü^nbsp;qui écoutent nentendent que la répétition d®nbsp;lécho , mais avec des variations furprenantes»nbsp;car lécho femble tantót sapprocher, tantót s®'nbsp;loigner, Sc difparoit enfin a mefure que la pet'nbsp;fonne qui parle séloigne dans une certaine ligne inbsp;tantót on nentend quune voix, tantót on en en'nbsp;tend plufieurs; Iun entend lécho a droite, 1autt^nbsp;a gauche. On lit dans le même recuell une e*'nbsp;plication de tous ces phénomenes , déduite denbsp;forme demi-circulaire de cette cour amp; de qu®^'nbsp;ques circonftances ; elle eft aflez fatisfaifante.
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QUON prenne une corde de métal ou de boyaux danimaux , dont on fe fert dans lesnbsp;l'^ftfuments de mufique ; quon Tattache par unenbsp;fes extrémités j quaprès lavoir etendue hori-^^ntalement, amp; lavoir fait paffer fiir im arrêtnbsp;, on fufpende a lautre extrémité un poidsnbsp;^Uelconque qui la tende : alors , quon la pince ounbsp;Won Ia mette en vibration , on entendra un fon,nbsp;^quel eft certainement produit par les vibrationsnbsp;réciproques de cette corde.
Raccourciflez préfentement la partie de la l^orde que VOUS mettez en vibration, amp; réduifez-^ a la inoitié ; vous obferverez , fi vous avez To-^^gt;lle muficale , que ce nouveau fon fera loftavenbsp;premier.
Si la partie vibrante de la corde eft réduite a deux tiers, Ie fon quelle rendra fera la quintenbsp;premier.
Si la longueur de la corde eft réduite aux troi§ Starts, elle donnera la quarte du premier fon.
. Lorfquelle fera réduite aux j , elle donnera la ^^rce majeure. Réduite aux ce fera la tiercenbsp;rrgt;ineure. Si on la réduit aux |, elle donnera cenbsp;Won appelle Ie ton majeur; aux ~, ce fera Ienbsp;appellé mineur; enfin aux -fl-, ce fera Ie demi*nbsp;, tel que celui qui, dans la gamme muficale ,nbsp;^ entremi ^ fa, ouji ^ ut.
-ocr page 356-On aura les mémes réfultats fi , ayant arret^ fixément amp; tendu une corde par fes deux extf^'nbsp;inités, on fait couter delTous un petit chevaletnbsp;en intercepte fucceffivement dun coté la j, les y gt;nbsp;les-|, amp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Voila ce qul réfulte dun degré determine tenlion , applique aux extrémités dune corlt;^®nbsp;quon fait varier de longueur. Imaginons préfent^'nbsp;ment la longueur de la corde abfolument fixe, ^nbsp;appliquons-lui des degrés de tenfion différente'nbsp;volei ce que lexpérience a appris a ce fujet.
Si a une corde dune longueur déterminée, ^ fixe par une de fes extrémités, on append un poio*nbsp;amp; quon examine Ie fon quelle rend, lorfqut*'nbsp;aura fubftitué a ce premier poids un poids quadrU'nbsp;ple , Ie fon quelle rendra fera a 1oftave ; finbsp;poids eft neuf fois Ie premier, Ie nouveau fonnbsp;a 1oéfave de la quinte; fi ce nouveau poidsnbsp;Ie quart feulement du premier, Ie fon noiive®*nbsp;fera loöave au deflbus. II nen faut pas dava'nbsp;tage pour fe démontrer que ce quon produitnbsp;réduifant fucceffivement une cörde a fa moiti^ nbsp;fes fes i , amp;c. on Ie produira également ennbsp;chargeant fucceffivement de poids qui foie'*'nbsp;comme 4 , |amp;c; ceft-a-dire quil faut quenbsp;quarrés des poids ou des tenfions, foient récipf^nbsp;quement comme les quarrés des longueurs propt^*nbsp;a donner les mémes tons.
On raconte a ce fujet comment Pythagore conduit a cette découverte. Ce philofophenbsp;promenant , dit-on, un jour, entendit fortir tl^nbsp;la boutique dun forgeron des fons harmoniei'^nbsp;produits par les marteaux dont ils frappoient 1nbsp;clume: il entra dans 1attelier, Sc pela lesnbsp;teaux qui formoient ces fons. II trouva que cel
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4*^1 donnoit Toftave, étoit précilement la moitié celui qui donnoit Ie ton Ie plus bas ; que celuinbsp;donnoit la quinte , en étoit les deux tiers; 8^nbsp;que celui qui produifoit la tierce majeure, ennbsp;^toit les quatre cinquiemes. Rentré chez lui, ünbsp;^cdita ce phénomene ; il tendit une corde , quilnbsp;'^.^ccourcit fuccelïivement a fa moitié , a fes deuxnbsp;a fes quatre cinquiemes , amp; il vit quelle ren-^,oit des fons qui étoient loélave, la quinte amp; ianbsp;l'erce majeure du fon rendu par la corde dans fanbsp;^'tgueur. II fufpendit auffi des poids a la mêmenbsp;'¦örde ; amp; il trouva que ceux qui donnoient 1oc-'®ve, la quinte amp; la tierce inajeure , devoientnbsp;refpeélivement comme 4, |de celui quinbsp;^onnoit Ie fon principal, ceft-a-dire en raifonnbsp;'iverfe.-des quarrés de ^ fnbsp;^ Quoi quil en foit de ce conté , quon apprécienbsp;^quitablement dans VHijioire des Mathématiques,nbsp;^els furent les premiers faits qui mirent les mathé-tiaticiens a portée de foumettre les accords aunbsp;'¦ilcul. Voici ce que les modernes y ont ajouté.
nrecanique,
1° Quune corde de groffevir uniforme, reftant ^ttdue par Ie même poids, amp; étant allongée ounbsp;^^ccourcie, la vitelfe des vibrations quelle feranbsp;j ^us ces deux états, fera en raifon inverfe desnbsp;^'igueurs. Si done on réduit cette corde a lanbsp;J^joitié de fa longueur, fes vibrations auront unenbsp;double , amp; eüe fera deux vibrations pen^nbsp;^^nt que 1autre en auroit fait une: réduifez-la auxnbsp;^Ux tiers, elle fera trois vibrations quand Ianbsp;r ctniere en eüt achevé deux. Ainfi, toutes les foi*
, On démontre aujourdhui, par les principes de
¦'-1C cii cut actieve UCUA. nbsp;nbsp;nbsp;
deux cordes feront dans Ie même temps. Tune vibrations, 1autre une, elles rendront des
350 Recreations Mathématiqües. fons qui feront a Ioftave: ils feront a la qui^^® ?nbsp;lorfque trois vibrations de Tune sacheverotitnbsp;même temps que deux de iautre , amp;c.
2° La viteffe des vibrations que fait une cord® de longueur déterminée, amp; tendue de differef'*^*nbsp;poids , eft comme la racine quarree des poidsnbsp;la tendent : ainli des poids quadruples produifO^*'nbsp;une vitefle double, amp; conféquemment, dansnbsp;même temps, un nombre double de vibrations»nbsp;un poids noncuple produira des vibrations tripl®^nbsp;en vitefte , ou un nombre triple dans le mêin®nbsp;temps.
3° Si deux cordes different a-la-fois de Ion' gueur amp; de mafte, amp; font en outre tendues p^nbsp;des poids différents , les viteffes des vibration^nbsp;quelles feront, feront comme les racines quarre®^nbsp;des poids tendants, divifes par les longueurs ^nbsp;les maffes , ou les poids des cordes : ainfi , quenbsp;corde A , tendue par un poids de 6 livres, p®*^nbsp;6 grains , amp; ait un pied de longueur, tandis qquot;®nbsp;la corde B , tendue par un poids de lo livres, p®f^nbsp;5 grains, amp; a un demi-pied de longueur ; lanbsp;teffe des vibrations de la premiere fera a celle d®*nbsp;vibrations de la feconde, comme la racine qü^^^'nbsp;ree de 6x6X1, a celle de 5 X 10X^, ceft'®'nbsp;dire, comme la [racine quarree de 36 ou ó , ^nbsp;celle de 25 ou a 5 : ainfi la premiere fera 6 vibm'nbsp;tions, quand la feconde en fera 5,
De ces decouvertes combinees , il refulte Vacuiti ou la gravlte des.fons, eft uniquement 1®;nbsp;fet de la plus ou moins grande frequence des/quot;nbsp;brations de la corde qui les produit; car ,nbsp;dun cote on fqait par Iexperience , quune cufd®nbsp;raccourcie, Sc eprouvant le même degré denbsp;fion, rend un ton plus élevé, que dun autre e
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, amp; par lexpérience amp; par la théorie , quelle fait des vibrations dautant plus fréquentes quellenbsp;plus courte, il eft évident que ce neft quenbsp;^^tte plus grande frequence de vibrations qui peutnbsp;P^odnire leffet de hauffer Ie ton.
_ n réfulte auffi de-la , quun nombre double de Vibrations, produit 1oélave du ton que donne Ienbsp;*'oinbre fimple; quun nombre triple'produit loc-de la quinte ; un nombre quadruple, la doublenbsp;^'^ave ; Ie nombre quintuple, la tierce majeure aunbsp;°2ffus de la double oftave , amp;c : amp;C fi nous def-^.^iidons a des rapports moins fimples , trois vibra-^lons contre deux, produiront Iaccord de quinte jnbsp;^Uatre contre trois, celui de quarte, amp;c.
On peut done indifFéremment exprimer les rap-Ports des tons, foit par les longueurs des cordes ^galement tendues qui les produifent, foit par Ienbsp;Rapport des nombres de vibrations que formentnbsp;i^es cordes : ainfi, Ie fon principal étant défignénbsp;f*'' /exprime mathématiquement loélavenbsp;Hperieure par ^ ou par 2 , la quinte par j ou par f ,nbsp;tierce majeure par f ou amp;c. Dans Ie premiernbsp;, ce font les longueurs refpeflives des cordes;nbsp;'i^ns Ie fecond, ce font les nombres refpeftifs denbsp;Vibrations. Les réfultats feront les mêmes , ennbsp;^aftreignant dans Ie calcul au même fyftême denbsp;^^nomination.
¦ö,
^tirminer Ie nombre de vibrations que fait une corde de Longueur amp;'de groffeur donnies, amp; ten-due par un poids donné; ou bien, quel ejl Ienbsp;'tombre de vibrations qui forme un ton afigné ?
na confidéré jufquici que les rapports des *ioitibres de vibrations que font les cordes qui
351 Recreations Mathématiqués. donnent les dllFérents accords ; mais un problemsnbsp;plus curieux amp; bien plus difficile , eft celuinbsp;trouver Ie nombre reel de vibrations que fori^®nbsp;line corde qui donne un certain ton determine nbsp;car il eft aifé de fentir que leur viteftTe ne permitnbsp;rien moins que de les compter : la geometrie gt;nbsp;aidée de la mécanique, eft pourtant venue anbsp;de cette determination. Void la regie.
J}ivije^ lamp; poids qui tend la corde par celui ^ la corde mime ; multiplier U quotient par la lo^'nbsp;gueur du pendule a fecondes, qui ejl a Paris dc 3nbsp;pouces 8 lignes ^ ou de 440 lignes ^,6* divifc{^nbsp;produit par la longueur de la corde depuis Ie poi^^nbsp;fixe jufiquau chevakt; tirc^ la racine quarrée de nbsp;amp; multiplier^la par la raifion
nouveau quotient,
tjj-;
la circonférence au diametre , ou par la firaclion 77 Ie produit fiera Ie nombre de vibrations que fiera ced^nbsp;corde dans la duree d'une fcconde.
Soit, par exemple , une corde dun pied ^ demi, amp; pefant 6 grains, tendue par un poids d®nbsp;3 livres ou 17648 grains; Ie quotient de 1764nbsp;divifé par 6 , eft 4608 : la longueur du pendunbsp;a fecondes étant de 440 7, Ie produit de ce noii'nbsp;bre par 4608 eft 2019824» que vous divifereznbsp;216, nombre de lignes que contient un pied amp;nbsp;mi; Ie quotient eft 9397} , dontla racine quarr^®nbsp;feranbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce nombre , multiplié par ,
304-^; ceft Ie nombre des vibrations .que corde ci-delTus dans lefpace dune feconde. ^ .
On peut voir dans les Mémoires de lAcadet^^^ des Sciences, (ann. 1700) , une maniere fortnbsp;génieufe, que M. Sauveur avoit imaginéenbsp;trouver ce nombre de vibrations. II avoitnbsp;(jué que, lorfque deux tuyaux dorgue fort bas gt; ^nbsp;accordés a des tons fort voilins, jouentenfembl®
-ocr page 361-Acoustique et Musique. 355 entend une fuite de battements ou de ronfle-ï^ients de fons. Réfléchiffant furla caufe de eet efFef,nbsp;ree onnut que ces battements proviennent de Ianbsp;^^ncontre périodique des vibrations coïncidentesnbsp;deux tuyaux; doü il conclut que fi , avec unnbsp;Pendule a fecondes, on mefure Ie nombre de cesnbsp;battements pendant une feconde, quon connoiffenbsp;^ailleurs , par la nature de 1accord des deuxnbsp;^üyaux, Ie rapport des nombres de vibrations quilsnbsp;^oivent faire pendant Ie inême temps , on pourranbsp;^rouver Ie nombre reel de vibrations quils fontnbsp;^ Un 5t lautre.
Soient, par exeinple , deux tuyaux accordes ^xaéfement, 1un au mi bhtiol, amp; lautre au mi ;nbsp;On fqait que iintervalle de ces deux tons étant unnbsp;deini-ton mineur, exprimé par Ie rapport de 24.nbsp;3 25 , Ie tuyau Ie plus bant fera 25 vibrationsnbsp;Pendant que Ie plus grave en fera 24 ; enforte quanbsp;chaque 25^ vibration du premier, ou 24^ du fe-Cond, il y aura un battement. Si done on o^-ferve dix battements dans une feconde, on en de-''ra conclure que 24 vibrations de lun amp; 25 denbsp;^autre fe font dans un dixieme de feconde, amp;cnbsp;oonféquemment que run fait 240 amp; lautre 250nbsp;'''ibrations dans lefpace dune feconde.
^ M. Sauveur a fait des experiences conféquentes ^ cette idee , amp; dit avoir trouvé quun tuyaunbsp;d orgue denviron 5 pieds, ouvert, fait 100 vibra-^lons par feconde ; conféquemment un de 40nbsp;P^ods , qui donne la triple oélave en deiTous amp; Ienbsp;plus bas fon perceptible a 1oreille , nen feroitnbsp;Sue 12 au contraire, Ie tuyau dun pouce moinsnbsp;^6 étant Ie plus court dont on puiffe diftin-Suerle fon , Ie nombre de fes vibrations dans unenbsp;Ibconde fera de 6400. Les limites des vibrationsnbsp;Tome II,
-ocr page 362-354 Récréations Mathématiques. les plus lentes amp; les plus promptes , qui falTentnbsp;des fons appréciables a 1oreille, font done , liquot;'nbsp;vant M. Sauveur, 1amp; 6400.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Nous ne prolongerons pas davantage ces de' tails: nous palTons a un phénomene très-curieUJ^nbsp;des cordes mifes en vibration.
Qu'on ait une corde fixément attachée par extrémités, amp;c quon place au delTous un chevale*^nbsp;qui la divife en parties aliquotes, par exempl®nbsp;trois dun cóté amp; une de 1autre; quon mette 1*nbsp;plus grande, ceft-a-dire lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en vibration: alots »
£ Ie chevalet intercepte abfolument la communi' cation de 1une amp; de lautre partie, ces i de 1^nbsp;corde fonneront, comme tout Ie monde fqait, 1^nbsp;quarte de la corde entiere : fi ce font les y, ce fef^nbsp;la tierce majeure.
Mais que eet arrêt empêcbe feulement la cord^ de vibrer dans fa totalité, fans intercepter la coit*'nbsp;munication du mouvement entre les deux parties?nbsp;alors la plus grande ne rend plus que Ie même (o^nbsp;que rend la petite: les trois quarts de la corde, quj»nbsp;dans Ie cas précédent, donnoient la quarte de **nbsp;toute, nen donnent plus que la double oélave gt;nbsp;qui eft Ie fon propre aü quart de la corde. 11nbsp;efl; de mêmè fi on touche ce quart; fes vibrations»nbsp;en fe communiquant aux trois autres quarts, 1^nbsp;feront fonner, mais de maniere a ne donnetnbsp;cette double oélave,
On rend de ce phénomene une raifon que l^^ périence rend fenfible. Lorfque larrêt intercep^^nbsp;abfolument la communication des vibrations entr^nbsp;les deux parties de la corde, la plus grande po^'nbsp;tion fait fes vibrations dans fa totalité ; amp; finbsp;efl; les trois quarts de la corde entiere, elle fa'^'nbsp;conformément a Ia regie générale, 4 vibratin^^
-ocr page 363-Acoustique et Musique. 355 ^Uand la corde entiere en feroit 3 : ainfi Ie fon eftnbsp;^ la quarte de celui de la corde totale,
. Mais, dans Ie fecond cas, la grande partie de ^ corde fe divife en autant de portions quellenbsp;^ontient la plus petite; dans lexemple propofé,nbsp;trois; amp; chacune de ces portions , ainfi que lanbsp;^^atrieme , font leurs vibrations a part: il sétablitnbsp;points de divifion , comme B, C, D, des Pbnbsp;P'^'nts fixes, entre lefquels les parties de la corde 3*.
BC, CD, DE, vibrent en formant des '[cntres alternativement en fens contraire , commenbsp;' Ces parties étoient uniques, amp; invariablementnbsp;^^ces par leurs extrémités.
Cette explication eft un fait que M. Sauveur a ^C|tdu fenfible aux yeux, en préfence de lAcadé-*^ie royale des Sciences. ( Hijl, de l'Acad., annéenbsp;^7oo.) On plaqoit fur les points C amp; D , denbsp;Petits morceaux de papier pliés; alors, en mettantnbsp;vibration la petite partie de la corde AB , les
v'brations fe coinmuniquant a la partie reftante , on voyoit avec étonnement les petits mor-'^caux de papier, portés par les points C amp; D ,nbsp;immobiles, tandis que ceux pofés par-toutnbsp;^'lleurs étoient jetés a bas.
Si la partie A B de la corde, au lieu detre ^^ccifément une partie aliquote du reftant BE ,nbsp;étoit, par exemple, les j, alors toute la cordenbsp;fe partageroit en fept parties, dont AB en con-^Jtdroit deux, amp; chacune de ces parties vibre-^ a part, amp; ne rendroit que Ie fon qui convientnbsp;t de la corde.
les parties AB , BE , étoient incommenfura-5 elles ne rendroient quun fon abfolument 't^^dant, amp; qui séteindroit auffi-tót, a caufenbsp;^ 1 unpoffibilité quil y auroit a ce quil setablit
Zij
-ocr page 364-356 Recreations Mathématiques. des ventres amp; des points de repos, ou noeudsnbsp;variables.
La théorie de la mufique exige quon fqach* quels accords réfultent de deux ou plufieUf*nbsp;accords, foit ajoutés , foit fouftraits les unsnbsp;autres: cefl; pourquoi nous aliens en donnernbsp;regies.
PROBLÊME I.
AjouUr diux accords entdeux,
ExPRIMEZ chacun de ces accords par la fraR'^** qui lui eft propte; multipliez enfuite ces de^nbsp;fraélions enfemble , ceft-a-dire nuinérateurnbsp;numérateur, amp; dénominateur par denominated'^nbsp;Ie nombre qui en proviendra exprimera 1accöfnbsp;qui rélulte de la Tomme de deux donnés.
Exemple Premier.
Soient la quinte amp; la quarte a ajouter enfewö^^ Fexpreffion de la quinte eft j, celle de lanbsp;eft \ multipliez ^ par ; Ie produit eftnbsp;qui eft lexpreffion de loélave. On fqait éftdO'nbsp;vement que loélave eft compofée dune qd^^nbsp;6c dune quarte.
Exemple II.
On demande quel accord réfulte de laddft'U de la tierce majeure 6c de la mineure. Lexpre^^
-ocr page 365-Acöustique et Musiqve; 357
tierce ma)eure eft j , celle de la tierce mi-I^^Ure eft j; leur produit eft ou f-, qui exprime ® quinte. Cet accord eft effeftivement coiTipofénbsp;°Une tierce majeure amp; dune mineure.
Exemple III.
Quef accord produifent deux tons majeurs lun a Vautre, ? On exprime un ton majeurnbsp;pat I; ainfi , pour ajouter deux tons majeurs, ilnbsp;multiplier enfemble | par |; Ie produit eft |41nbsp;|4 eft une fraélion moindre que ou f, quinbsp;^^Prime la tierce majeure ; dou il iuit que 1 ac-'^tgt;rd exprime par |y eft plus grand que la tiercenbsp;r^ajeure , amp; conféquemment que deux tons ma-IfUrs font plus quune tierce majeure , ou unenbsp;berce majeure faufle par exces,
Cette tierce eft en effet
On trouve au contraire , en ajoutant deux tons quot;Jineurs qui sexpriment par ~, que leur fommenbsp;eft plus grande que ~ ou ~ , qui défignent lanbsp;*'erce maieure; done deux tons mineurs font moins
qui
- nbsp;nbsp;nbsp;~nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rr .
une tierce majeure.
^otnpofée dun ton majeur amp; dun ton mineur; quon trouve en ajoutant les accords | amp;nbsp;font , ou ^ OU f
^ Nous pourrions montrer de même, que deux ®*nl tons majeurs font plus quun ton majeur , amp;nbsp;demi-tons mineurs moins quun ton memonbsp;^'tieur; quenfin un demi-ton majeur amp; un demits mineur, font précifément un ton raineur.
PROBLÊME II,
A,
Soujlraire un accord d'un autre.
^ lieu de multiplier enfemble les fraftions qut ^priment les accords donnés, renverfez celle qax
358 Recreations Mathématiques.
la fraftlon qui exprime E X E M P L E
exprime Iaccord a fouftraire de Tautre, amp; tipliez-la dans cet état; le produit vous donnsf^nbsp;la fraftlon qui exprime Iaccord cherche.
Premier.
Quel accord rifulte-t-il lorfque de I'ociave on 0^^ la quinte? Lexpreffion de 1oftave eft ^ , celle de^*nbsp;quinte eft f, qui étant renverfée donne inbsp;tipliez ^ par I, vous aurez i , exprelTion denbsp;quarte.
Exemple 11.
On demande la difference du ton majeur au to^ mineur. Le ton majeur sexprime par I, amp; le toi*nbsp;mineur par , fraftion qui, renverfée , donne V'nbsp;Le produit de | X eft |4 : telle eft rexpreflionbsp;de 1intervalle dont differe le ton majeur avec Knbsp;ton mineur, Ceft ce quon appelle lenbsp;comma.
PROBLÊME III.
Doubler ou multiplier un accord antant de quon voudra,
IL ny a qua elever les termes de la fraélion (ff exprime Iaccord donne a la puiftance défigné^nbsp;par le nombre de fois quil faut le rendre multiplenbsp;au quarre sil faut le doubler, au cube ft onnbsp;mande de le tripler , amp;c.
Ainfi Iaccord qui eft le triple dun ton maje*^' eft ; ce qui repond a Iintervalle quil y a eu'|®nbsp;ut, St un plus liaut que le fa diefe *nbsp;gamine.
Acoustique et Musique. 359
^^vijer un accord par tel nombre quon voudra, ou ^touver un accord qui foit la moitil^ Ic tiers, ö'c.nbsp;dlun accord donné.
amp;c: cette racine exprimera laccord
Exemple.
u R eet eiFet, prenez la fraftion qui exprime ^ Record , amp; tirez-en la racine défignée par Ie di-déterminé ; par exemple , la racine quarréenbsp;jil eft queftion de partager laccorden deux, ounbsp;^ racine cubique sil eft queftion de Ie partagernbsp;troisnbsp;^herché,
Loftave étant exprimée par 7, ft on en tire racine quarrée, elle fera, a peu de chofe prés,nbsp;Or eft moins que i, amp; plus que f ; confé-'lüeinment Ie milieu de loftave eft entre la quartenbsp;^ la quinte, amp; bien prés du fa diefe.
la réfonnance du corps fonore , principe fondamental de f harmonie amp; de la mélodie : autres phénomenes harmoniques.
Premiere Experience.
L| CouTEZ attentivement Ie fon dune cloebe, ftir-tout dune cloche un peu grave; pour peunbsp;gY^ ¦'OPS ayiez de 1oreille , vous y diftinguereznbsp;invent, outre Ie fon grave , qui eft Ie fon prin~nbsp;'pal, plufieurs autres plus aigus : maïs ft vous
^So RÉCRiATlONS Mathèmatiques. avez loreille eKercée a apprécier des intervall^®nbsp;muficaux, vous reconnoitrez que lun de cesnbsp;eft la douzieme ou la quinte au deffus de loctave»nbsp;amp; un autre la dix-feptieme majeure, ou la tierc^nbsp;majeure au deffus de la double oftave; vous nbsp;ciiftinguerez aufii, fi vous avez loreille extrêifl®'nbsp;juent délicate, fon oftave, fa double amp;nbsp;fa triple oftave : on les entend a la vérité unnbsp;plus difficileinent, paree que les oftayes fe coO'nbsp;fondent avec Ie fon fondamental, par un effetnbsp;ce fentiment'naturel qui nous fait cenfondrenbsp;tave avec luniffon.
Vous trouverez la même chofe, fi vous racl^^ une des plus groffes cordes dune viole ou viololt;nbsp;celle , OU dune trompette marine. Plus enfinnbsp;aurez loreille expérimentée en harmonie ,nbsp;vous ferez capable de diftinguer ces differed*,*nbsp;fons, foit dans la réfonnance dune corde , fi*'nbsp;dans ceüe de tout autre corps fonore , mêine ^nbsp;la voix.
^uire manure de faire cette experience,
Si
Prenez une pincette ordinaire de cheminée, fufpendez-la fur une jarretiere de laine ou denbsp;ton, ou fur un cordon quelconque un peu mifllt;^^nbsp;lt;lont vous appliquerez les deux extrémités anbsp;oreilles. Si c[uelquun frappe alors fur cette p'^nbsp;cette, vous entendrez daborcl un fon très-fot*-très-grave, comme dune très-groffe cloche dait* *nbsp;lointain; amp; ce fon fera accompagné dunenbsp;titude dautres plus aigus , parmi lefquels,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
quils commenceront a séteindre , vous difti^ê^L rez facilement la douzieme amp; la dix-feptiem^nbsp;ton k plus bas. _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
Cette inultiplicité de tout fon fe confine® ^
-ocr page 369-Acoustique et Musique. $6t
*^116 autre experience , que cite M. Rameau dans ^3 Generation harmoniqut. Prenez , dit - il, lesnbsp;l^Ux de lorgue quon appelle bourdon , prejlant ounbsp;flute, naqard tierce, amp; qui forment entreuxnbsp;^oftave , la douzieme amp; la dix-feptieme majeurenbsp;dü bourdon. Pendant que Ie feul bourdon réfonne,nbsp;brez fucceffivement chacun des autres ieux ; vousnbsp;^ntendrez leurs fons fe mêler fucceffivement lesnbsp;^ns aux autres ; vous pourrez même les diftinguernbsp;pendant quils feront enfemble : mais li, pournbsp;quot;''ous en diftraire, vous préludez un moment furnbsp;Ie même clavier, amp; que vous reveniez a la feulenbsp;touche dauparavant, vous croirez ne plus entendre quun feul fon, celui du bourdon, Ie plusnbsp;grave de tous, qui répond au fon du corps total.
R E M A R lt;IU E.
Cette experience fur la réfonnance du corps fonore, neft pas nouvelle : M. Wallis Sc Ie perenbsp;Merfenne 1ont connue , amp; en ont parlé dans leursnbsp;ouvrages; mais cétoit pour eux un limple phéno-mene, dont ils étoient bien éloignés de démêlernbsp;les conféquences: ceft M. Rameau qui Ie premiernbsp;en a fenti 1ufage pour déduire toutes les regies denbsp;la compofition muficale, jufqualors uniquementnbsp;fondées fur Ie limple fentiment, amp; fur une experience incapable de guider dans tous les cas, amp;nbsp;de rendre raifon de tous les effets. Ceft-la lanbsp;bafe de fon fyftême de la bajfe fondamentale,nbsp;fyftême contre lequel on a beaucoup déclaménbsp;dans la nouveauté , amp; que la plupart des muficiensnbsp;paroiffent avoir aujourdhul adopté.
Ainfi tont fon harmonique eft multiple, amp; com-Polê des fons que donneroient les parties aliquotes du corps fonore i j j 5 t gt; 7 ? i : o peut même
-ocr page 370-362 RicRÉATiONs Mathématiques. ajouter ^j, amp;:c; mais la foiblelTe de ces fons gt;nbsp;qui vont toujours en diminuant de force , ne per'nbsp;met que difficilement de les diftlnguer. M. R^'nbsp;mean dit néanmoins avoir très-bien diftingué foU'nbsp;vent Ie fon exprimé par qui eft la double oélavenbsp;dun fon qui partage a peu prés en deux partiesnbsp;égales lintervalle quil y a entre Ie amp; le^t hctno^nbsp;au deffous de la premiere oéfave : il 1appelle uOnbsp;fon perdu , amp; 1exclud totalement de lharmonie«nbsp;II feroit en efFet finguliérement difcordant aveCnbsp;tous les autres fons donnés par Ie fon fonda'nbsp;mental.
Remarquons néanmoins que Ie célebre Tartin* na pas penfé fur ce fon comme 1a fait M. RameaU»nbsp;Loin de 1appeller un fon perdu, il prétend quoflnbsp;peut Temployer tant dans la mélodie que dansnbsp;lharmonie ; il Ie défigne par Ie nom de feptiem^nbsp;confonnante. Mais nous laiffbns aux muficiens 1^nbsp;foin dapprécier cette idéé de Tartini, dont 1^nbsp;célébrité, tant pour la coinpofition que pour lexé'nbsp;cution, demandoit une réfutation dun genre dif'nbsp;férent de celle quon trouve a la fin dune Hijloifinbsp;dc la Mujiqm , imprimée en 1767.
Seconde Experience.
Accordez plufieurs cordes a loélave, a la dou-zieme, a la dix - feptieme majeure dune corde donnée , tant au deflus quau deffous; alors ,nbsp;vous faites fonner cette corde fortement Sc aveCnbsp;continuité, vous verrez les autres fe mettre aufl*nbsp;en vibration; vous entendrez même fonner cellesnbsp;qui font accordées au deffus , li vous avez fatten-tion déteindre fubitement par un corps niou Ie fodnbsp;de la premiere.
Acoüstiqüe et Müsique. 3^5 efonner les verras dune table au fon dune voixnbsp;''igoureufe amp; éclatante. Cefl; une maniere de fairenbsp;^ette experience.
On entend auffi quelquefoi^ réfonner les cordes ^^un inftrument qu'on ne touche point, au fonnbsp;feul de la voix, fur-tout après des tenues un peunbsp;tongues amp; renflées. Je me fuis plufieurs fois procure ce plaifir, par Ie moyen dun ami qui avoitnbsp;^ne grande amp; belle voix de balTe.
La caufe de ce phénomene eft itrconteftable-ïi^ent la communication des vibrations de lair a
corde , ou au corps fonore monté aux tons ci-deflus; car il eft aifé de concevoir que les vibrations des cordes montées a runilTon ou a loc-tave, OU a la douzleme , amp;c. de celle quon metnbsp;en mouvement , font difpofées a recommencernbsp;^éguliérement, amp; en même temps que celles denbsp;cette corde, en fe répondant vibration pour vibration , dans Ie cas de 1unilïbn, ou deux pournbsp;une , dans Ie cas de locfave , ou trois pour une ,nbsp;dans celui de la douzieme : ainfi, les petites im-pulfions de lair vibrant , que produira la cordenbsp;mife en vibration, confpireront toujours a aug-menter les mouveineiits dabord infenfibles quellesnbsp;auront caufés dans ces autres cordes, parcequeilesnbsp;fe feront dans Ie même fens , St parviendrontnbsp;enfin a les rendre fenfibles. Cefl: ainfi quun légernbsp;fouffle dair , toujours dans la même direftion,nbsp;Parvient enfin a foulever les eaux de locéan.nbsp;^ais lorfq ue les cordes en queftion feront ten-dues de maniere que leurs vibrations ne puiffentnbsp;^voir aucune correfpondance avec celles de lanbsp;eorde frappée, alors elles feront tantót aidées,nbsp;^antot contrariées , amp; Ie petit mouvement qui
3Ö4 Récréations Mathématiques. quengendré; conféquemment elles rcfteront eftnbsp;repos.
QUESTION.
Les fons harmoniques quon entend avec te fon priti' cipal, ont-ils leur fource immediate dans Ie corp^nbsp;fonore , ou réjïdent~ils feulement dans Pairnbsp;dans Porgane ?
Il eft très-probable que Ie Ton principal efl Ie feul qui tienne fon origine immediate des vibration*nbsp;du corps fonore. Dhabiles phyficiens ont cherch^nbsp;a démêler fi , indépendamment des vibrations to'nbsp;tales que fait un corps , il en faifoit de partielles gt;nbsp;amp; ils nont jamais pu y rien voir que des vibra'nbsp;tions fimples. Comment concevroit-on dailleut*nbsp;que la totalité dune corde fut en vibration, ^nbsp;que , pendant ce mouvement, elle fe partageatnbsp;en deux parties qui fiffent auffi leurs vibrations anbsp;part, ou en trois qui fiffent auffi leurs vibration*nbsp;particulieres, amp;c ?
II faut done dire que ces fons harmonique* doftave , de douzieme , de dix-feptieme , fontnbsp;dans lair ou dans lorgane. Lim amp; 1autre ont denbsp;la probabilité; car, puifquun fon determine anbsp;propriété de mettre en vibration les corps difpO'nbsp;fes a rendre fon oéiave, fa douzieme, amp;c. onnbsp;doit reconnoitre que ce fon peut mettre en moU'nbsp;vement les pavticules de lair fufceptibles de vi'nbsp;brations , doubles, triples , quadruples , quintU'nbsp;pies en vitefle. Néanmoins, ce qui me paroit nnbsp;eet égard de plus vraifemblable , cefl; que ces vibrations nexiffent que dans 1oreille. Lanatorni®nbsp;de eet organe paroit en effet démontrer quenbsp;fon ne fe tranfmet a lame que par les vibrations
-ocr page 373-AcOUSTIQUE et Musique. jöj ^es filets nerveux qui tapiflent Ia conque de lo-yeille ; amp;, comme elles font dinégales longueurs ,nbsp;y en a toujours quelques-unes dentrelles quinbsp;font des vibrations ifochrones a celles dun fonnbsp;'ionné ; mais en même temps, amp; par la propriéténbsp;ci-defilis , ce fon doit mettre en mouvement lesnbsp;fibres fufceptibles de vibrations ifochrones , 5cnbsp;^ême celles qui peuvent faire des vibrationsnbsp;fioubles , triples , quadruples , amp;c. en viteffe.nbsp;ï'el eft, a mon avis, ce quon peut dire de plusnbsp;probable fur ce phénomene fingulier. Jadopterainbsp;fie tout mon coeur une explication plus vraifem-filable , quand je la connoitrai.
Troisieme Experience;
On doit cette experience au célebre Tartini de f^adoue. Faites tirer a-la-fois , de deux inftru-rnents, deux fons quelconques ; vous en entendreznbsp;dans 1air un troifieme, qui fera dautant plus perceptible , que vous aurez loreille plus voifine dunbsp;Milieu de la diftance entre les inftruments. Quenbsp;Ce foient, par exemple , deux fons qui fe fucce-dent dans 1ordre des confonnances, comme 1oc-^ave amp;c la douzieme, la double oftave amp; la dix-l^ptieme majeure , amp;c ; Ie fon réfultant, dit M.nbsp;f'artini , fera 1oftave du fon principal.
Cette experience, répétée en France, aréuffi , ^ornme lattefte M. Serres dans fes Principes denbsp;^Harmonie, imprimés en 1753 ; a cela prés quenbsp;Serres a trouvé ce dernier fon plus bas dunenbsp;^'^ave ; ce quon trouve par la théorie devoirnbsp;^^re. II eft fi alfé de confondre les oftaves entrenbsp;^bes, que cela ne doit pas furprendre. Au furplus,nbsp;^ous devons remarquer ici que Ie célebre mufi-
-ocr page 374-366 Recreations Mathématiques*
cien de Padoue a établi fur ce phénomene ufl fyflême dharmonie Sc de compofition; mais ifnbsp;ne paroit pas avoir fait encore la fortune de celn*nbsp;de Rameau.
Des différents Syjlêmes de Mujique, GreC) Moderne, amp; de Leurs particuLarités,
Di la Mujiquz Grecque.
Da NS la naiflance de la mufique chez ^5 Grecs, il y avoit a la lyre quatre cordes gt;nbsp;dont les Tons auroient repondu a Ji, ut, re,TTUnbsp;dans la fuite on y ajouta trois autres cordes,nbsp;fol, la : ainfi la premiere echelle diatonique greC'nbsp;que , traduite en notre langue muficale , etoit gt;nbsp;ut, re, mi, fa , fol, la, amp; etoit compofee d2nbsp;deux tetracordes, ou fyftême de quatre fons, fhnbsp;ut, re, mi; mi, fa, fol, la, dont le dernier d®nbsp;1un amp; le premier de Iautre etoient communs;nbsp;qui les fit appeller tetracordes conjoints.
Remarquons que , quelqiie bizarre que paroiii^^ cette difpofition de fons a ceux qui ne connoifl®^*'nbsp;que 1ordre diatonique moderne, elle nen eftnbsp;moins naturelle , amp; conforme aux regies denbsp;monie ; car M. Rameau a montré quelle neft autf®nbsp;chofe quun chant dont la bafe fondamentalenbsp;fol, Ut, fol, ut, fa, ut, fa. Elle a auffi Iavant^?®nbsp;de navoir quun feul intervalle altéré , fqavoio ^nbsp;tierce mineure du re m fa, qui, au lieu detre da'*
-ocr page 375-Acoustique et Musique. 367 rapport de 5 a 6, eft dans celui de 27 a 32 ,nbsp;*lüi eft un peu moindre , amp; conféquemment tropnbsp;kaffe dun comma de 80 a 81.
Mais cette perfection étoit balancée par deux S^andes imperfeftions, fqavoir , lode nepascom-P^etter loftave , 2° de ne pas fe terminer par unnbsp;^spos, ce qui laifle a loreille lefpece dinquié-^nde qui réfulte dun chant commence amp; non fini.nbsp;Elle ne pourroit néanmoins ni monter zm Ji, ninbsp;defcendre au la. Auffi les muficiens qui, pournbsp;'^ompletter lodtave, avoientajouté cette dernierenbsp;'^ote au deftbus,la regardoient-ils comme etran-Sere , pour ainfi dire, amp; lui donnoient Ie nom
proslanbanomem.
On chercha, par cette raifon, un autre remedé ^ ce défaut, amp; lon propofa (ce fut, dit-on,nbsp;Pythagore) la fucceffion de fons, mi, fa, fol, la;
ut ,re, mi, compofée , comme Ton voit, de deux tétracordes disjoints. Cette échelle diatoni-'lUe eft prefque la même que la nótre , a cela présnbsp;'1'ie la nótre commence Sc finit par la tonique, Scnbsp;'i^ile - la commence amp; finit par la médiante ou lanbsp;*erce majeure. Cette définence, aujourdhui pref-5'ie réprouvée , étoit afifez ordinaire aux Grecs ,nbsp;1eft encore dans nos chants déglife.
Mais ici, par une fuite de la generation har-'^Onique , les valeurs des fons Sc des intervalles ^ fiont pas les mêmes que dans la premiere échelle.nbsp;j^^ns celle-ci, lintervalle du fol au la étoit unnbsp;mineur; il eft, dans la feconde, un ton majeur.
nbsp;nbsp;nbsp;* y a enfin , dans cette feconde difpofition , trois
nbsp;nbsp;nbsp;^^'quot;valles altérés ou faux , fcavoir, la tierce ma-
du fa zxi la, trop haute ; la tierce mineure a kc , trop baffe; enfin la quinte du la au mi,nbsp;haute. Ce font les mêmes défauts que ceux
-ocr page 376-368 Recreations Mathématiqües. de notre échelle diatonique; mais Ie tempérainei*'nbsp;les corrige.
Dans Ia fuite, les Grecs ajouterent a ces fon* un tétracorde conjoint au deffous ,Ji, ut ,mhnbsp;amp; un autre en montant, mi,fa^fol, la;nbsp;moyen de quoi ils remplirent a peu prés tousnbsp;befoins de la mélodie, tant quelle fe bornoitnbsp;même ton. Ptolémée parle dune combinairofi»nbsp;au moyen de laquelle on joignoit Ie fecond tétra'nbsp;corde primitif au premier, en baiffant Ie Ji dü^'nbsp;demi-ton; ce qui faifoit Jt bémol^ ut ^ re ^ tn^nbsp;Sans doute cela fervoit lorfque du ton dwr onbsp;paflbit a celui de fa quinte inférieure , traflfnbsp;lition familiere a la mufique grecque, ainfi qU^nbsp;notre mufique déglife; car il faut alors ennbsp;un Ji bémol. Plutarque enfin parle dune comb''nbsp;naifon oü 1on disjoignoit les deux derniers tétf'*'nbsp;cordes, en élevant Ie fa dun demi-ton , amp;nbsp;doute celui de fon oéfave au delTous. Qui ne r®'nbsp;connoitra la notre fa %, qui eft néceffaire lof;nbsp;que du ton A'ut on paffe a celui de fa quinte fup^'nbsp;rieure fol? Sans doute les cordes du Ji bémol amp; dnbsp;fa diefe étoient fimplement ajoutées amp; non fubl^''nbsp;tuées a celle de y? amp; de fa. Difons mainteiiadnbsp;quelque chofe des modes Sc des genres de lanbsp;fique ancienne.
Tout Ie monde fqait quil y avoit dans la tfquot; fique grecque trois genres; fcavoir, Ie diatonitl'^^^nbsp;Ie chromatique, amp; 1enharmonique. Tout cenbsp;vient de dire ne concerne que Ie diatonique.
Ce qui caraftérife Ie chromatique , eft ployer, foit en montant , foit en defcendaf'^ nbsp;plufieurs demi-tons de fuite. La gamme cbfoquot;^nbsp;tique grecque étoit yf, ut, ut diefe, minbsp;diefe, la, Cette difpofition, dans laquelle
-ocr page 377-Acoustique et Musique. 369 on paffe immédiatement au mi, en ornettantnbsp;paroitra fans doute trés-étrange; maïs ilnbsp;eft pas moins certain qiie cétoit la gamme dontnbsp;^es Grecs faifoient ufage dans Ie genre chromati-^ue. On ne fqait point, au refte , ft les Grecsnbsp;avoient des morceaux de mufiqtie confidérablesnbsp;'lans ce genre , ou ft , comine nous, ils nen fai-l^oient ufage que dans des paffages ou des traits denbsp;'^hant' fort courts: car nous avons auffi un genrenbsp;'^bromatique, quoique dans une acception dif-l^érente. Cette tranfition de demi - tons en demi-^ons, eft moins naturelle que la fucceffiori diato-tiique ; mais elle nen a que plus d energie pournbsp;^xprimer certains fentiments particuliers : auflinbsp;Italiens, grands coloriftes en mufique, en fonteis fréqueininent ufage dans leurs airs.
Quant a 1enharmonique grec, quoique re-Stirdé par les anciens comme Ie genre Ie plus parfait , ceft encore une énigme pour nous. Pour en dormer une idee , quon prenne Ie figne * pournbsp;'elui du diefe enharmonique , ceft-a-dire quinbsp;dleve la note dun quart de ton ; léchelle enhar-*|*onique étoit fi ¦, fi *^ut,mi^mi ^ fa, Ifl , ounbsp;' On voit quaprès deux quarts de ton èxiji a. lue ,nbsp;du mim. fa, on paffoit au mi ou au la, On nenbsp;'^onqoit guere comment 11 pourroit y avoir desnbsp;'^teilles aflez exercées pour apprécier des quarts denbsp;Jon, Sr, en fuppofant quily en eüt, quelle inodu-jation on pourroit faire avec ces fons. Cependantnbsp;eft três-certain que ce genre fit pendant long-J^tnps les délices de la Grece; mais fa difficulténbsp;® fit enfin abandonner, enforte quil ne nous eftnbsp;rnême parvenu de morceau de mufique grecquenbsp;oans Ie genre enharmonique , ni même dans Ienbsp;^omt II.
-ocr page 378-370 Récréations Mathématiques. chromatique, tandis que nous en avons dansnbsp;diatonique,
Nous croyons cependant devoir remarqueric^ que eet enharmonique grec nefl: peut - être pfnbsp;auffi éloigné de la nature quon la penfé jufqiii^* nbsp;car enfin M. Tartini, en propofant lufage denbsp;feptieme confonnante , qui eft un fon a trés - p^fnbsp;de chofe moyen entre Ie amp; Ie bêmol^ ne p^^'nbsp;tend - il pas que cette intonation , la ^ jibbnbsp;re ^ re ^ Jib ^ bb ^ la ^ eft non-feulement fupp®'^*nbsp;table, mais pleine dagrément ? ( Le double bb i'nbsp;dique icile quart de ton.) M. Tartini fait plusnbsp;il afligne a cette fucceffion de fons fa baitenbsp;fol, Jol ,ut,fa, en chiffrant Vut de ce figne bjnbsp;qui fignifie feptieme confonnante. Si cette préten'nbsp;tion de M. Tartini trouve des feftateurs, ne peu^'nbsp;on pas dire que voila 1enharmonique grecnbsp;trouvé ?
II nous refte a dire un mot des modes de^* niufique grecque. Quelque obfcure que foit cefi®nbsp;matiere, ft nous en croyons lauteur denbsp;des Mathématiques , qui sappuie de certainesnbsp;bles de Ptolémée, ces modes ne font autre chn'^nbsp;que les tons de notre mufique , 6c il en donncnbsp;comparaifon fuivanle.
Le dorien étant pris hypothétiquement pout mode óiUt, ces modes, les uns plus bas qucnbsp;dorien, amp; les autres plus hauts, étoient:
L'Hypo dorien, . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. répondant au fol.
L'Hypophrygien ^......labèf^°^
HHypophrygiemmiiox, . ... la.
L Hypolydien jOW Hypoaeolien ^
VHypolydien acutior ......
-ocr page 379-Acoustique et Musique. 371 Le Dorien , .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. repondant a Vut.
L'IaJlim ou lonien ^ nbsp;nbsp;nbsp;ut dkfe.
Le Phryghn,
VEolien, nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
. fa.
. fa diefe.
. fol {Repliqué tdu prem.
Le Lydien, . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
UYperdorien,
ÜYpenajiien, ou Mixolydien. L'Hypermixolydien y
Maïs on pourroit faire cette queftion : Si la difference des modes chez les Grecs ne confiftoitnbsp;^ue dans le plus ou Ie moins de hauteur du tonnbsp;de la modulation, comment expliquer ce quonnbsp;tious raconte des carafteres de ces différents modes , dont lun excitoit la fureur, amp; dont 1autrenbsp;la calmoit, amp;c? Cela donne lieu de croire quilnbsp;y avoitquelque chofe de plus; peut-être, indépen-damment du différent ton, y avoit-il un carafterenbsp;de modulation propre. Le phrygien, par exem-ple, qui probablement tiroit fon origine du peuplenbsp;de ce nom, peuple dur amp; belliqueux, avoit unnbsp;caraftere male amp; guerrier ; tandis que le lydien ,nbsp;qui venoit dun peuple mou amp;: efféminé , portoitnbsp;Un caraéfere analogue, amp; conféquemment tout-U'fait propre a adoucir les mouvements excitesnbsp;par le premier.
Mais en voilA affez fur la mufique grecque; paffons a la mufique moderne.
De la Muf que Moderne,
Tout le monde fqait que la gamme ou Iechelle diatonique moderne, eft repréfentée par ces fons,
571 Récréations Mathématiques.
ut^n^ mi, fa, fof la , Ji, ut, qui complettetit toute létendue de loftave. II faut ajouternbsp;que , de fa generation développée par M. R^'nbsp;meau, il fuit que de Vut au re , il y a un ton ma'nbsp;jeur; du re au mi, un mineur ; du mi aunbsp;demi-ton majeur; du /ir au fol, un ton majeur»nbsp;ainfi que du fol au la; enfin du la au Ji un toHnbsp;mineur, amp; duy? a Vut un demi-ton majeur.
On conclud de-la , quil y a dans cette échel^^ trois intervalles qui ne font pas entiérement juf'nbsp;tes , fqavoir, la tierce mineure du re au fa:nbsp;effet, nétant compofée que dun ton mineur ^nbsp;dun demi-ton majeur, elle nefl: que dans Ie rapportnbsp;de zy a 3 2, qui efl: un peu moindre , fqavoir duUnbsp;8o^, que celui de 5 a 6, rapport jufte des foU*nbsp;qui compofent la tierce mineure.
Pareillement la tierce majeure Ae. fa z la eö trop haute , étant compofée de deux tons majeurSfnbsp;au lieu quelle doit etre compofée dun ton ffl»'nbsp;jeur amp; dun mineur, pour étre exaftement dansnbsp;Ie rapport de 4 a 5. La tierce mineure 6e lak tilnbsp;eft enfin altérée, par la même raifon que cell®nbsp;re a fa.
Si cette difpofition des tons majeurs amp; mineurs étoit arbitraire , ils pourroient fans doute êtr®nbsp;arrangés de maniere quil y eüt moins dinter-valles altérés: il fuffiroit pour cela de faire mi'nbsp;neiir Ie ton de «r a re, amp; majeur celui du rea^tnbsp;mi: on pourroit auffi faire mineur Ie ton du fol agt;tnbsp;la, amp; majeur celui du laz\x Ji. Car on trouvera»nbsp;énumération faite , quil ny auroit plus, parnbsp;moyen, quune feule tierce altérée; au lieu qni^nbsp;y en a trois dans 1autre difpofition. De-la fot*^nbsp;venues les difputes entre les muficiens fur la dif'nbsp;tribution des tons mineurs 6c majeurs, les uu*
-ocr page 381-oreilles muficales, quelle en a retenu Ie nom note fenjible.
On reconnoit dans la mufique deux modes pror P^ment dits , dont les caraéferes font bien mar-S^és aux oreilles douées de quelque fenfibilité mu-cale: ceft ce quon appelle Ie mode majeur Scnbsp;® mineur. On efl dans Ie mode majeur , quand ,
Acoustique et Musique, 373 'coulant, par exemple, que de \'ut au rt il y eutnbsp;ton majeur, les autres voulant quil fut mi-^^Ur. Mais Ia generation harmonique de 1échellenbsp;'^'atonique , développée par M. Rameau , nenbsp;P^tniet pas cette difpofition , mais uniquement lanbsp;Ptemiere : ceft celle qul eft indiquée par la na-; amp;, malgré fes imperfetlions que Ie tempé-''arnent corrige dans 1exécution, elle efl: préfé-'able a la premiere des echelles grecques, fortnbsp;jléfeftueufe , en ce quelle ne comprenoit pas toutenbsp;l^tendue de lo6tave : elle vaut mieux auffi quenbsp;^ feconde , attribuée a Pythagore , mi , fa ^fol,nbsp;parceque fa définence eil: plas parfaite , Scnbsp;Porte a 1oreille un repos qui neft pas dans cellsnbsp;Pythagore , a caufe de fa chute fur la tonique ,nbsp;^gt;ttioncée amp; précédée par la notey?, tierce de lanbsp;^uinte fol, dont 1effet efl: fi marqué pour toutes
®Us léchelle diatonique , la tierce de la tonique ^ majeure : telle eft la tierce de lwt au mi. Ainlinbsp;gamme , ou léchelle diatonique ci-deflus, eflnbsp;^ns Ie mode majeur.
5 « , mi, fa, folU, la.. Nous^ d en montant, car ceft ici une fingulariténbsp;Jtlode nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -
^lais lorfque la tierce de la tonique eft mi?-|!^Ure, on eft dans Ie mode mineur. Ce mode a échelle , comme Ie majeur. Prenons la. pournbsp;Unique; léchelle du mode mineur en montant
dï!
mineur,
que fon échelle eft différente ea, A a üi
-ocr page 382-574 Récrkations MathémAtiqües.
defcendant quen montant. En efFet, on doit dir® en defcendant, la^fol,fa^ mi, re ^
Si Ie ton étoit en ut, léchelle montante feroit, re, tnib , fr , fol, la b, ji, ut; amp; en defcef^'nbsp;clant, ut , fib, lab, fol, fa ,mib, re, ut. Voi'®nbsp;pourquoi, dans les airs en mineur, fans quenbsp;ton ait change, on rencontre fi fouvent desnbsp;OU des bèmols accidentals, ou des béquarres quinbsp;truiient bientót leur effet, ou celui de ceux qui foil'nbsp;a la clef. Ceft une de ces fingularités dont loreil|^nbsp;avoit fait fentir la néceffité aux muficiens,nbsp;dont M. Raineau a Ie premier développéla caul®nbsp;qui rédde dans la marche de la baffe fondam^^'nbsp;tale.
Ajouterons-nous a ces deux modes un troifietfl^ propofé par M de Blainville , fous Ie nom ^nbsp;mode mixte, amp; dont il enfeigne la génération ^nbsp;les propriétés , dans fon Hifoire de la Muf^^^'.nbsp;Son échelle eft , mi, fa , fol, la ,fi ,ut, re,
Je me borne a dire que je ne vois pas que les ficiens aient encore fait beaucoup daccuell anbsp;mode nouveau, amp; javoue nêtre pas affeznbsp;en ces matieres pour pouvoir dire sils ont tortnbsp;raifon.
Quoi quil en foit, Ie caraftere du mode jeur eft la gaieté amp; Ie brillant; Ie mineur a 'nbsp;que chofe cle fombre amp; de trifte, qui Ie rendnbsp;ticulierement propre aux expreffions de cett£ ^nbsp;pece.
La mufique moderne a aufl) fes genres, lancienne. Le diatonique eft Ie plus cornrn''|nbsp;comme il eft aufli celui qui eft le plus claire'^j|'jnbsp;indique par la nature ; mais les moderne* on'nbsp;leur chromatique , amp; même , a certains éga''nbsp;leur enharmonique , quoique dans des fens uta P
-ocr page 383-Acoustique et Musique, 375 différents de ceux que les anciens attacholent anbsp;mots.
La modulation eft chromatlque , lorfque 1on paffe plufieurs demi-tons de fuite, comme ii lonnbsp;difoit, fa , mi, mi b , n , ou fol, fa^, fa, mi.
eft affez rare davoir ainfi plus de trois ou quatre demi-tons confecutifs. On trouve néanmoins ,nbsp;dans un air du fecond aéle de la Zingara, ou lanbsp;bohémienne, intermede italien, une oftave pref-^ue entiere de Vut au re inférieur , toute en demi-^ons; ce qui fait dix demi-tons confecutifs. Ceftnbsp;plus long paffage chromatlque que je connoiffe,nbsp;M. Rameau trouve 1origine de cette piogref-fion dans la marche de la bafle fondamentale ,nbsp;qui, au lieu daller de quinte en quinte, ce quinbsp;eft fbn mouvement naturel, marche de tierce ennbsp;tierce. Mais 11 faut remarquer lei que , dans 1exac-titude , il ne doit y avoir dans Ie premier paffagenbsp;du mi au mi b quun demi-ton mineur, amp; unnbsp;demi-ton majeur du mi b au re; mais Ie tempéra-Tient amp; la conftitution de la plupart des inftru-ttients, en confondant Ie re ^ avec Ie nu b , partagent également 1intervalle du re au , amp; lo-teille en eft affeclée parfaltement de meme , ftir-tout au moyen de 1accompagnement.
II y a deux enharmoniques , lun appellé diato-^ riique enharmonique , lautre chromatlque enharmo-nique, mais très-rarement employés par les mufi-ciens. Ce neft pas quon y faffe ufage des quartsnbsp;de ton , comme dans Ienharmonique ancien ;nbsp;ttiais ces genres ont recu ces noms, parceque denbsp;marche de la baffe fondamentale refultent desnbsp;ffgt;ns qui, quoique pris les uns pour les autres,nbsp;different réellement entreux du quart de tonnbsp;^Ppellé par les anciens enharmonique , ou de i z 5
Aa iv
-ocr page 384-376 Recreations Mathématiques, a 128. Dans le diatonique enharmonique , la baff^nbsp;fondamentale marche alteniativement par quintsnbsp;ik par tierce; amp; dans le chromatique enharniO'nbsp;nique , elle va alternativement par tierce majeur®nbsp;amp; mineure. Cette marche introduit, tant dansnbsp;mélodie que dans Tharmonie, des fons qui, n®'nbsp;tant point du ton principal ni de fes relatifs, pot'nbsp;tent létonnement a Toreille, amp; laffeélient dun®nbsp;maniere dure amp; extraordinaire, mais propre a denbsp;certaines expreffions violentes amp; terribles. Ceftnbsp;pour cela que M. Rameau avoir employé le diato'nbsp;nique enharmonique dans fon trio des Parques denbsp;1opéra Hippolite amp; Aricie ; amp; quoiquil ne Iai*^nbsp;pu faire exécuter , il nen a pas moins refté per-fuadé quil eut produit un grand effet, sll avoitnbsp;trouvé des exécuteurs difpofés a (é prêter a lesnbsp;idéés; enforte quil 1a lailTé fubfiller dans la pat'nbsp;tition imprimée. II cite comme un morceau deU'nbsp;harmonique, une Icene de 1opéra italien de Corïo'nbsp;lano, commencant par ces mots, O iniqui Marmi-quil dit admirable. On trouve enfin des échaU'nbsp;tillons de ce genre dans deux de les pieces denbsp;claveffin , la Triornphante Sc \ Enharmonique ^nbsp;il ne défefpéroit pas de venir a bout demployefnbsp;même le chromatique enharmonique , du moin^nbsp;dans les fymphonies. Pourquoi effeftivement nenbsp;Ianroit-il pas fait, puifque Locatelli , dans fesnbsp;premiers concertos, a employé ce genre, en laif'nbsp;lant fubfifter les diefes amp; les bémols; (diftin'nbsp;guant, par exemple, le re du mi b?) Ceft uunbsp;morceau, dit un hiftorien moderne de la mufique»nbsp;(M. de Blainville ) vraiment infernal, amp; qui niefnbsp;1ame dans une lituation violente dappréhenfiounbsp;êc delFroi.
Nous ne pouvons mieux faire, pour termio®^
-ocr page 385-PI. i6.
AcouStique et Musique. 377 article, que de donner quelques exemples denbsp;mufique de difFérentes nations. Nous avons faitnbsp;Slaver, dans cette vue , divers airs grecs, chi-*ïols, turcs , perfans, qui pourront fervir a donnernbsp;quot;ne idee de la modulation qui caraftérife la mu-^que de ces peuples différents.
Paradoxes Mujicaux.
0/2 nt peut entonner jujlc ces fons , fol, ut, Ia , re, lol, fgavoir , de fol d ut en montant , denbsp;ut d la en redefcendant de tierce mineure , pulsnbsp;montant de quarte d re, amp; dependant de re dnbsp;fol, de quinte; on ne peut, dis-je, entonnernbsp;jujie ces intervalles , amp; faire Le fecond fol dnbsp;Puniffon du premier.
ÏJ' N effet, on trouve par le calcul que, le pre-mier fol étant repréienté par i , 'Cut en mon-lant de quarte fera ^ ; conféquemment le la, en ^efcendant de tierce mineure , fera ~; done lenbsp;au delTus fera enfin le fol, en defcendantnbsp;quinte , fera Or le fon repréfenté par ~,nbsp;plus bas que celui repréfenté par i; done lenbsp;Vernier /o/eft plus bas que le premier.
Doü vient, dira-t-on , 1expérience eft-elle ce-P^ndant contraire a ce calcul ? Je réponds que cela ^^ent uniquement de la réminlfcence du premiernbsp;fol, Mais ft 1oreille nétoit point affeélée denbsp;ton, amp; que le chanteur fut uniquement attentif
-ocr page 386-37S Recreations Mathématiqi;es. a entonner jufte les intervalles ci- delTus, U eftnbsp;évident quil finiroit par un fol plus bas. Aufl*nbsp;arrive-t-il bien frequemment quune voix non-ac'nbsp;compagnee, après avoir chante un long air dari5nbsp;lequel on parcourt plufieurs tons, refte, ennbsp;fant, plus haut ou plus bas que le ton par lequelnbsp;elle a commence,
Cela vient de Ialteration neceflaire de queV ques intervalles dans Iechelle diatonique. Dan?nbsp;Texemple précédent de la k ut, il ny a quunenbsp;tierce mineure dans le rapport de 27 a 32,6c n.onnbsp;' de 5 a 6 : mais ceft cette derniere que Ton en'nbsp;tonne, fi 1on a la voix jufte amp; exercée : on baiftenbsp;confequemment dun comma plus quil ne fan'nbsp;droit: il neft done pas étonnant que le dernieinbsp;fol Ibit auffi plus bas dun comma que le premiet*
Dans un injlrument a touches, comme dans tilgt;'
claveffin , il ejl impojjihk que les tierces amp; les quintes foient enfemble Jufes.
On le clemontre aifement de cette maniere. Soi^ cette fuite de tons a la quinte les uns des autre^nbsp;en montant, wr, fol, re, la , mi; en défignant fnbsp;par I, fol fera %^re\ ^lafj ,mi'-f^ \ zzmi devroi^nbsp;faire la tierce majeure avec la double oéfavenbsp;ut ou eeft-a-dire quils devroient être dansnbsp;rapport de 1 a f, ou de 5 a 4, ou de 80 a d4nbsp;ce qui neft pas, car ^ 6c font comme 81 a 64'nbsp;ainfi ce mi ne fait pas la tierce majeure nvecnbsp;double oftave dutj ou, les abaiflant 1un amp;nbsp;tre de la double oéfave, ut amp; mi ne font pa* ^ ^nbsp;tierce , ft mi eft a la quinte jufte de la^
-ocr page 387- -ocr page 388-380 RiCRÉATIONS MATHÉMATIQUES. que ¦; ainfi ce Ji^ eft au deflbus de Vul eX'nbsp;prime par j, amp; 1intervalle de ces deux fonsnbsp;exprlmé par Ie rapport de 128 a 125 , ce quinbsp;eft Ie quart de ton enharmonique.
Um nou inférieure, par exemple re, affeclée dH diefe , n^ejl pas la même chofe que la nou fu'nbsp;pêrieure mi, affeclée du bémol; amp; ainfi des aU'nbsp;tres notes difiantes d'un ton entier.
Les diefes font ordinairement donnés par Is mode majeur, amp; même par Ie mineur, pour quenbsp;la fous-tonique ne foit éloignée de la tonique quenbsp;dun demi-ton majeur , comme dans Ie ton duhnbsp;Ie fi left de Vut: done , du re au mi y ayant uUnbsp;ton mineur, qui eft compofé dun demi-ton ma-jeur amp; dun mineur, fi 1on óte un demi-ton majeur dont Ie re doit étre au delTous du mi, Ienbsp;reftant fera un demi-ton mineur dont ce mêmenbsp;re ^ fera au deflus du re.
Sil étoit queftion de deux notes dont la dif-tance fut dun ton majeur, Ie diefe éleveroit la note inférieure dun intervalle égal a un demi-tonnbsp;mineur, plus un comma de 80 a 81, qui eft uUnbsp;demi-ton moyen entre Ie majeur amp; Ie mineur.
Le diefe néleve done la note que dun demiquot; ton mineur ou moyen.
Les bémols font ordinairement introduits dans la modulation par le mode mineur , lorfquon eftnbsp;oblige dabaifler la note de la tierce , de manierenbsp;quelle faffe avec la tonique une tierce miireure ¦nbsp;ainfi le rni bémol doit faire avec ut une tiercenbsp;mineure: done , de la tierce majeure ut mi, qn*
-ocr page 389-Acoustique et Musique. 381 eftd , ótant la tierce mineure qui eft |, Ie reftantnbsp;ïf eft ce dont Ie bémol abailTe Ie mi au deflbus dunbsp;naturel; conféquemment Ie mi bémol eft plusnbsp;^3ut que Ie n diefe.
Dans la pratique néanmoins on prend 1un pour ^^utre, fur-tout dans les inftruments a touches:
bémol y eft abailTé, amp; Ie diefe infenfiblement jl^üffé , de maniere quils coincident lun avecnbsp;^3utre; amp; je ne crois pas que la pratique gagnatnbsp;§'andchofe a en faire la diftinftion , quand ellenbsp;sntraineroit pas beaucoup dinconvénients.
ON demande communément pourquoi Ton goüte du plaifir a entendre deux fons quinbsp;^ttnent enfemble la quinte, la tierce; amp; pour-^üoi au contraire 1oreille éprouve un fentimentnbsp;^éfagréable en entendant deux fons qui ne fontnbsp;un ton ou un demi-ton 1un de 1autre } Cettenbsp;'i^eftion neft pas aifée a réfoudre. Voici néan-**oins ce quon a dit ou quon peut dire de plus
^ I-e plaifir, dira-t-on, confifte dans la perception rapports : ceft ce quon prouve par diversnbsp;J^^niples tirés des arts, Ainfi Ie plaifir de la mufiqu®nbsp;^^'^fifte dans la perception des rapports des fons.nbsp;rapports font-ils aftez limples pour que larae
-ocr page 390-3Si Recreations Mathématiques. puifle ies faifir amp; en appercevoir lordre ? Les Tonsnbsp;plairont étant entendus enfeinble; ils déplairont aUnbsp;contraire , fi leurs rapports font trop compofes gt;nbsp;OU nont abfolument aucun ordre,
Lénuniération des confonnances amp; des diiquot;' fonnances connues, confirme alTez bien ce tai'nbsp;fonnement. Dans lunlffon , les vibrations de deugt;^nbsp;fons coïncidant fans ceffe enfemble dans leur du'nbsp;ree, voila Ie rapport Ie plus limple : auffi 1uniffoinbsp;eft-il la premiere des confonnances. Dans 1oC'nbsp;tave, les deux fons qui la forment font leursnbsp;brations de maniere que deux de 1un sachevef^nbsp;en méme temps quune de 1autre : ainfi lofta'®nbsp;fuccede a lunilTon. EUe eft fi naturelle a lhommegt;nbsp;que celui qui ne peut, par Ie défaut de fa voigt;^ gt;nbsp;atteindre a un fon trop grave ou trop aigu ,nbsp;tonne tout naturellement loéliave ou la doubl®nbsp;oftave au deffus ou au deffous.
Maintenant, que les vibrations de deux fons faflent enforte que trois de Iun répondent anbsp;de lautre, vous aurez Ie rapport Ie plus fiinp^nbsp;après ceux ci-deffus. Qui ne fijait auffi que,nbsp;tous les accords , Ie plus flatteur a loreille ^ ^nbsp;celui de la douzieme ou de loftave de la quinto'nbsp;II furpafle en agrément la quinte méme, dont 1®nbsp;rapport, un peu plus compofé , eft celui de i ^nbsp;Après la quinte , vient la double oftave d^nbsp;tierce, ou la dix-feptieme majeure, qui eftnbsp;primée par Ie rapport de i a 3. Cet accord f ^nbsp;auffi, après celui de la douzieme , Ie plusnbsp;ble ; amp; ft on labailTe de la double oftavenbsp;avoir la tierce méme, il fera encore confonnaj^^^jnbsp;Ie rapport de 4 a J, qui 1exprime alors,nbsp;alTez fimple.
Enfin la quarte exprimée par ^, Ia tierce
Acoustique et Musique, 385 ^eure exprimée par j, les fixtes , tant majeuresnbsp;mineures, exprimées parnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, font des
confonnances par la même raifon.
Maïs, paflfé ces rapports, tons les autres font *fop compofés pour que 1ame puiffe, ce femble ,nbsp;appercevoir 1ordre : tels font 1intervalle dunbsp;*on, tant majeur que mineur, exprimé par| ou ,nbsp;^ plus forte raifon celui du demi-ton, tant majeurnbsp;^Ue mineur, exprimé par ou : tels font encorenbsp;accords de tierce amp; de quinte, pour peu quilsnbsp;foient altérés ; car la tierce majeure , par exem-, hauffée dun comma , eft exprinrée par ,nbsp;^ la quinte, diminuée de la même quantité, anbsp;pour expreflion 1^: Ie triton enfin, comme dut anbsp;, eA une des plus cléfagréables difTpnnances;nbsp;aulll eft-il exprimé par
Void pourtant une objeéllon très-forte contre lt;^6 raifonnement. Comment, dira-t-on, Ie plaifirnbsp;'ies accords peut-il confifter dans la perceptionnbsp;!^os rapports , tandis que Ie plus fouvent lamenbsp;'§nore quil exifte de pareils rapports entre lesnbsp;fons ? Lhomme Ie plus ignorant neft pas moinsnbsp;flatté dun concert harmonieux , que celui qui anbsp;'^alculé tous les rapports des parties. Tout ce quonnbsp;^ dit ci-deflus ne ferolt-il pas plus ingénieux quenbsp;'olide }
Nous ne fqaurlons diffimuler que nous fommes Portés a Ie penfer; Sc il nous femble que la céle-^¦^0 expérience de la réfonnance du corps fonore ,nbsp;ournit une raifon plus plaufible du plaifir des accords : car, puifque tout fon dégénéré en limplenbsp;lorfquil neft pas accompagné de fa dou-^gt;eme amp; dè fa dix-feptieme majeure, indépen-^ititnent de fes oftaves, neft-il pas évident que ,nbsp;les fois quon joint a un fon fa douzieme
-ocr page 392-1?
OU fa dlx-feptieme majeure, ou toutes deux femble, on ne fait quimiter Ie procédé de la na'nbsp;ture , en donnant a ce fon , dune maniere pln^nbsp;développée amp; plus fenfible, laccompagneroe'*nbsp;quelle lui donne elle-même, amp; qui ne fqauroi*^nbsp;manquer de lui plaire , par 1habitude que lorgan'fnbsp;a contraélée de les entendre enfemble ? Celanbsp;fi vrai, quil ny a que deux accords primitifs,nbsp;douzieme amp; la dix-feptieme majeures, amp; q*®nbsp;tous les autres , comme la quinte, la tierce rpa'nbsp;jeure , la quarte , la lixte , en tirent leur origin^nbsp;Ön fqait aufli que ces deux accords primitifsnbsp;les plus parfaits de tous , amp; que ceft Taccomp^'nbsp;gnetnent Ie plus gracieux quon puiffe donnef ^nbsp;im fon, quoique , pour la facilité de lexécution»nbsp;dans Ie claveffin par exemple, on leur fubftituenbsp;tierce majeure amp; la quinte elle-même , qüi,nbsp;ioftave, forment ce quon nomme Vaccordnbsp;fait; mais 11 neft parfait que par repréfentatio ^nbsp;amp; Ie plus parfait de tous feroit celui qui aunbsp;fondamental amp; a fes oflaves joindroit la do*^nbsp;zieme amp; la dix-feptieme majeures: auffinbsp;1a-t-il pratiqué, quand il 1a pu, dans fes chceuf*^nbsp;entrautres dans un de Pygmalion. Nous pourrio^nbsp;étendre davantage cette idee , mais ce que no*^^nbsp;avons dit fuffira pour tout leéfeur intelligent, ,nbsp;On raconte des chofes fort extraordinairesnbsp;leffet de la mufique ancienne. Ceft ici Ie lieü fnbsp;les faire connoitre, a caufe de leur fingulaf^^nbsp;Nous les difcuterons enfuite , amp; nous montrerönbsp;que la mufique moderne peut aller, a cetéga'^^^nbsp;de pair avec 1ancienne.
On dit done quAgamemnon partant po^*^ ^ guerre de Troye, amp; voulant conferverfanbsp;dans la continence, lui laifla un mulicien Dori^
Acoustique et Musique. 385 lui, pendant affez long-temps , par 1efFet denbsp;fes airs, rendit vaines les entréprifes dEgiftenbsp;pour sen faire aimer ; maïs ce prince sétant ap-perqii de la caufe de cette réfiftance, fit tuer Ignbsp;tiuficien , après quoi il neut guere de peine anbsp;ttiompher de Clytemneftre.
On raconte que, dans un temps poftérieur , Pythagore compofoit des chants airs pour gué-les paffions violentes , amp; ramener les hommesnbsp;^ la vertil amp; a la moderation : ainfi , tandis quunnbsp;¦^éclecin prefcrit une potion pour la guérifon cor-porelle dun malade , un bon muficien pourroitnbsp;Ptefcrlre un air pour déraciner une palfion vi-cieufe.
Qui ne connoït enfin lhiftoire de Timothée, |e furintendant de la mufique dAlexandre ? Unnbsp;Jour que ce prince étoit a table , Timothée jouanbsp;Un air dans Ie mode phrygien , qui fit une telle im-preflïon fur lui, que, déja échaulFé par Ie vin , ilnbsp;uourut a fes armés, amp; alloit charger les convives,nbsp;Timothée aeut prudemment paffe auffi - tótnbsp;'^ans Ie mode fous-phrygien. Ce mode calma lanbsp;fureur de Timpétueux monarque , qui revint prentte place a table. Ceft ce Timothée qui effuyanbsp;u Sparte 1humiliation de voir en public retranchernbsp;8uatre des cordes quil avoit ajoutées a fa lyre. Lenbsp;lévere Spartiate penfi que cette innovation ten-^oit a amollir les moeurs, en introduifant unenbsp;Mufique plus étendue amp; plusfigurée. Celaprouvenbsp;moins que les Grecs étoient dans la perfuafionnbsp;8ue la mufique avoit fur les moeurs une influencenbsp;Putticuliere , amp; que le gouvernement devoit ynbsp;uvoir 1oeil.
Eh ! qui peut douter que la mufique ne foit ^^Pable de produire eet effet ? Quon sinterrogenbsp;Tomi II,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B b
-ocr page 394-^86 Récréations Mathématiqvës* foi-même ^ amp; quon confulte fes difpofitionsnbsp;quon a entendu un air grave amp; majeftueux,nbsp;air guerrier, ou bien un air tendre joué ou chantsnbsp;avec fentiment; qui ne fent quautant les premier^nbsp;femblent élever Tame , autant Ie dernier tend ^nbsp;Iamollir amp; a la difpofer a la volupté ? Combi^*'nbsp;de Clytemneftres ont cédé plus encore au muli'nbsp;cien qua lamant ! Divers traits de la mufiq^®nbsp;moderne la mettent, a eet égard, en parallele aveCnbsp;lanclenne.
En effet la mufique moderne a eu auffi fon Ti' mothée, qui excitoit amp; calmoit a fon gré les mouv^'nbsp;raents les plus impétueux. On raconte de Claudi**nbsp;ie jeune, célebre muficien du temps de Henri llUnbsp;(vojei Ie Journal de Sancy) que ce prince donna**'nbsp;un concert pour les noces du due de Joyeuf^*nbsp;Claudin fit exécuter certains airs, qui affeaereo*nbsp;tellement un jeune feigneur, quil mit 1épée anbsp;main , provoquant tout Ie monde au comba*»nbsp;mais, auffi prudent que Timothée , Claudinnbsp;paffer fur Ie champ a un air, apparemment foi**'nbsp;phrygien, qui calma Ie jeune homme emporté.
Que dirons-nous de Stradeüa , des aflaffins d**quot; quel la mufique de ce fameux compofiteur fit to^nbsp;ber une fois Ie poignard? Stradella avoit enlevé^nbsp;un Vénitien fa maitreffe, amp; sétoit fauvé a Rom^ *nbsp;Ie Vénitien gagea trois fcélérats pour laller allf 'nbsp;Ener; mais, heureufement pour Stradella j 'nbsp;avoient loreille fenfible a la mufique. Guéta^nbsp;done Ie moment de faire leur coup, ils entrer^nbsp;a Saint-Jean de Latran, oü 1on exécutoitnbsp;Oratorio de celui quils devoient tuer: ils ennbsp;fi affeftés, quils renoncerent a leur projeG ^nbsp;allerent même trouver Ie muficien, a qui ib ^nbsp;part du danger quil couroit. II eft vrai que
-ocr page 395-ACOUSTIQUE ET MusiqtTÈ. 387 ^ella nen fut pas toujours quitte a auffi bon mar-: dautres fcélérats, gages par Ie Vénitletj^,nbsp;^ qui apparemment navoient point doteille , Ienbsp;Poignarderent peu de temps après a Genes. Celanbsp;paffe vers 1670.
II neft perfonne qui ignore lhiftoire de la ta-'entule. Le remede a la morfure de eet infefte la mufique. Ce fait, au refte , qui a paffe au-^tefois pour certain , eft aujourdhui contefté.nbsp;Quoi quil en foit, le bon pere Schott nous anbsp;^tanfmis dans {^Mufurgia curiofa-, lair de la ta-^sntule, qui ma paru affez plat, ainfi que celuinbsp;^uil donne comme employé par les pécheurs Si-Gliens pour attirer les thons dans leurs filets. II eftnbsp;quot;vrai que les poiffons ne font probablement pasnbsp;grands connoiffeurs en mufique.
On raconte divers traits de perfonnes a qui la JTiufique a confervé la vie, en opérant une fortenbsp;de révolution dans leur conftitution. Jai connunbsp;'gt;ne femme qui, attaquée depuis plufieurs mois denbsp;'^^peurs , amp;C opiniatrément renfermée chez elle ,nbsp;avoit réfolu de sy laiffer mourir. On la déter-Jbina, non fans grande peine , a voir une repré-fentation de la Serva Padrona : elle en fortit pref-que guérie , amp; abjurant fes noirs projets : quel-ques repréfentations de plus la guérirent entiére-*iient.
11 y a en Suiffe un air célebre, appellé le rani vaches, qui faifoit fur les Suiffes engagés aunbsp;Service de France un effet fi extraordinaire, quilsnbsp;manquoient pas de tomber dans une mélancolienbsp;l^ortelle quand ils lavoient entendu : auffi Louisnbsp;^IV avoit-il défendu, fous des peines très-graves,nbsp;de le jouer en France. Jai ouï parler dun airécof-, auffi dangereux pour ceux de cette nation.
Bb ii
-ocr page 396-38S Recreations Mathématiques.
La plupart des animaux, jufquaux infeéles, ns font pas infenfibles au plaifir de la mufique.nbsp;neft peut-être aucun muficien a qui il nenbsp;arrivé de voir des araignées defcendre Ie longnbsp;leurs fils pour sapprocher de linftrument; carnbsp;eu plufieurs fois cette fatisfaftion. Jai vu un chi^'^nbsp;qui, a un adagio dune fonate de Sennaliez ,nbsp;maiiquoit jainais de donner des marques dutgt;^nbsp;attention amp; dun fentiment particulier, quilnbsp;moignoit par des hurlements.
Croirons-nous néanmoins Ie fait rapporté Bonnet, dans fon Hijloirc de la. Mujique ? II t^'nbsp;conté quun officier ayant été mis a la Baftill^ gt;nbsp;obtint la permiflion dy avoir un luth, dontnbsp;touchoit très-bien. II nen eut pas fait ufage pe'nbsp;dant quatre jours, que les fouris fortant de leuf^nbsp;trous , amp; les araignées defcendant du planch^'^nbsp;par leurs fils, vinrent participer a fes concetf^'nbsp;Son averfion pour ces animaux lui rendit dabomnbsp;cette vifite fort déplaifante , amp; lui fit fufpendf®nbsp;eet exercice ; mais enfuite il sy accoutuma teH^'nbsp;ment, quil sen fit une forte damufement.
Le même auteur raconte avoir vu en 16^^ dans une maifon de plaifance de milord Portlandnbsp;en Hollande , oü il étoit en ambaffade , une écp'nbsp;rie oü il y avoit une tribune , quon lui dit fer'^^nbsp;a donner une fois la femaine un concert auxnbsp;vaux ; amp; on lui ajouta quils y paroiflbient fp'^*'nbsp;fenfibles, Cefl: pouffer , il faut en convenif»nbsp;bien loin 1attention pour les chevaux. Peut-éf^nbsp;amp; cela eft plus probable, voulut-on samufetnbsp;dépens de M. Bonnet.
Acoustique et Musiqbe. 385
fqait, a nen pouvoir douter , comment iin inftrumenta cordes rend fes fons : maïs
a été long-temps dans Terreur a Tégard des ^nftruments a vent, par exemple dune flute; carnbsp;On en attribuoit Ie fon aux furfaces intérieures dunbsp;*Uyau. Le célebre M. Euler a diffipé Ie premiernbsp;Oette erreur. De fes recherches fur ce fuiet il ré-fulte,
1° Que le fon produit par une flute , nefi; autre lue celui du cylindre dair qui y efl: contenu ;
2.° Que le poids de Tatmofphere qui le com-Pfime, fait ici Toffice de poids tendant;
3 .Enfin, que le fon de ce cylindre dair efl Parfaitement le même que celui dune corde denbsp;^tiême maffe amp; même longueur , qui feroit tenduenbsp;Par un poids égal a celui qui prêfle la bafe denbsp;^0 cylindre.
Lexpérience amp; le calcul confirment cette vé-M. Euler trouve en effet quun cylindre dak , ® 7 pieds amp; demi du Rhin , dans un temps on lenbsp;j srometre efl a fa moyenne hauteur, doit donnernbsp;^ pou le C-fol-ut: telle efl: auffl, a peu de chofenbsp;Pos , la longueur du tuyau dorgue ouvert quinbsp;'cnd ce fon. Si on lui donne ordinairement 8nbsp;Pods, cefl; queffeftivement il faut cette lon;-
B b ii)
-ocr page 398-390 Recreations Mathématiques. gueur dans les temps oü Ie poids de Tatmofplis*nbsp;eft Ie plus grand.
Car, puifque Ie poids de 1atmofphere fait, * 1égard du cylindre dair réfonnant , 1effetnbsp;poids qui tend une corde; plus ce poids fera coH'nbsp;ftdérable, plus Ie fon fera élevé : auflt remarqu^nbsp;t-on que , dans les temps fereins amp;c chauds,nbsp;inftruments a vent haulïent de ton, amp;, toutnbsp;contraire, baiflent dans les temps froids amp; orageu^'nbsp;Ces mêmes inftruments hauffent a mefurenbsp;séchauffent, parceque Ie cylindre dair échauff^tnbsp;diminuant de maffe, amp; Ie poids de 1atmofphe^nbsp;reftantle même , ceft tout comme ft une corde»nbsp;devenant plus mince , reftoit chargée du mêif*nbsp;poids. Tout Ie monde fqait quelle donneroitnbsp;ton plus haut.
Or, comme les Inftruments a cordes doivC^ baiffer, parceque Ie reffort des cordes diniin^'®nbsp;peu a peu , il fuit de-la que des inftruments a vent»nbsp;amp; dautres a cordes , quelque bien accordés qui'*nbsp;aient été enfemble, ne tardent pas a être difcord*'nbsp;de-la vient que les Italiens nadmettent guerenbsp;premiers dans leurs orcheftres,
II. On remarque dans les inftruments a vent» comme dans les flutes amp; les cors de chaffe , t*nbsp;phénomene particulier : dans une flute, par exenfnbsp;ple , tous les trous étant bouchés, amp; infpitat'^nbsp;foiblement dans lembouchure , vous tirez un tof»nbsp;foufflez un peu plus fort, vous paffez dunnbsp;a loftave; de-la un fouffle fucceffivementnbsp;fort , donnera la douzieme ou quinte au den**nbsp;de loflaye, pujs la double oiftave, la dix-^^P'nbsp;tieme majeure.
La caufe de eet effet eft la divifion du cylind*^®
-ocr page 399-Acoustique et Musïque. 391
^alr renfermé dans linftrument: quand on inf-pire foiblement, il réfonne dans fa totalité , il donne Ie ton Ie plus bas: fi, par une mfpirationnbsp;plus forte, vous tendez a lui faire faire des vibra-dons plus promptes, il fe divife en deux, qui fontnbsp;leurs vibrations féparées, amp;C conféquemment doi-Vent donner Toftave : un fouffle plus fort encorenbsp;Ie fait divifer en trois, ce qui doit donner la dou-zieme, amp;c, amp;c.
III. II nous refte a parler de la trompette marine. Cet inftrument neft quun monochorde , dont la tablature eft fort finguliere, amp; quon touche avec un archet, en appuyant légérement Ienbsp;doigt fur les divifions indiquées par les diversnbsp;tons: mais, au lieu que dans les inftruments anbsp;cordes ordinaires, Ie ton baiffe a mefure que lanbsp;partie de la corde touchée ou pincée sallonge , icinbsp;ceft Ie contraire ; la moitié de la corde, parnbsp;exemple , donnant us, les deux tiers donn^nt Ienbsp;f'ol au deflus; les trois quarts donnent Toétave,
M. Sauveur a Ie premier rendu raifon de cette fingularité, amp; la déinontrée a la vue. II a faitnbsp;voir que, lorfque la corde eft divifée par 1obf-tacle léger du doigt , en deux parties qui fontnbsp;1une a lautre comme i a i, quelle que foit lanbsp;partie que 1on touche, la plus grande fe divifenbsp;auffi-tót en deux parties égales, qui conféquem-ment font leurs vibrations dans Ie même temps,nbsp;amp; donnent Ie même fon que la plus petite. Ornbsp;la plus petite étant Ie tiers de la toute, amp; lesnbsp;deux tiers de la moitié , elle doit done donner lanbsp;quinte ou fol, quand cette moitié donne Dcnbsp;même les trois quarts de la corde fe divifent ennbsp;trois portions égales au quart reftant; 8c comme
B b iv
-ocr page 400-591 Récréatións Mathématiqxjes. eHes font leurs vibrations a part , elles doivenfnbsp;êoRnCi Ie rhêmefon, ciiii ne peur être que loftavenbsp;la intiitié; lïeti éft cle même des autres fons denbsp;ht-tnorapetfenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y quon expliquera aifément
datgt;rès.ce rHÓncrpe.-quot;
AVant qifon connüt les effets de la temperature de lair fur Ie fon , Sc fur les inftru-ments avec lelcju'els on Ie produit', éeci nauróit pas mêmé fórnié une queftion , lihon peut-êtrenbsp;pour quelques perfonnes douées d'une oreille eX'nbsp;trêmement fine Sc délicate, Sc dans lefquelles lanbsp;réminifcencë d\inton eft parfaite : pour toute autre , il ne feroit guere douteux quune flute a la-quelle on naurbit point touché, donneroit tou-jours- Ie rnéme ton. Elle feroit cependant dansnbsp;ierreur ; 8c ti 1on demandoit ie moyen de tranf-mettre a Saint - Doiningue , par exemple, ou anbsp;Quito , ou feulenient a notre poflérité, Ie tonnbsp;précis de notre opéra, Ie probléme feroit plus difficile a refoudrè quil ne paroit dabord.
Je vais neanmOins, malgré ce quon 3it com' jnunément a eet égard , commencer ici par linenbsp;forte cle paradoxe.- Je lis par-tout c[ue Ie degré dunbsp;ton varie a raifon dé la pefanteur delatmofphere ,nbsp;OU de la bauteur du barometre. Cefl: ce quenbsp;ne peiix admettre , Sc je crois pouvoir démontretnbsp;Ie contraire.
-ocr page 401-Acoustïque et Musiqüe. 395 II eft démontré par les formules ,de M. Euler ,nbsp;^ perfonne ne doute de leur vérité , que fi Qnbsp;^^prime Ie poids comprimant la , colonne dairnbsp;^une flute, L fa longueur, P fa pefanteur ; Ienbsp;^lt;5mbre des vibrations quelle fera fera propor-
^'onnel a cette exprellion ^, ceft-a-dire en
¦aifon compofée de la direfte de la racine quar-de G , OU Ie poids comprimant, amp; delinverfe produit de la longueur par Ie poids, Suppo-ons done invariable la longueur de la colonnenbsp;j air mife en vibration , amp; que la pefanteur feulenbsp;p latmofphere, ou G, foit changeante, ainfi quenbsp;poids de la colonne vibrante ; on aura Ie nom-fe des vibrations proportionnel a Jexpreffion
Or la denflté dune coucHe qüelcOnque
3rr, étant proportionnelle a tout Ie poids de la Portie de latmofphere qui lui eft fupérieure , ilnbsp;iin de-la que P , qui eft fous la même longueur ,nbsp;'¦Omme la denflté j il fuit, dis-;e, que P eft
G
^omme G: ainfi la fraftion eft conftammen't
1 ^
5 même, quand Ia difference de chaleufc naltere
Point la denflté. La racine quarré de èft done
toujours la même ; amp; conféquemment Ie ^oinbre des vibrations, ainfi que Ie ton , ne varienbsp;P'^int, a quelque hauteur de ratmofphere quonnbsp;fitué, ou quelle que foit la pefanteur de lair,nbsp;Pourvu que fa temperature nait point varié.
. Voilk j ce me femble , un raifonnement auqud impoffible de repliquer ; amp; fi lon a , jufqninbsp;moment, fait entrer la pefanteur de lair dansnbsp;caufes qui alterent Ie ton dun inftrument a
-ocr page 402-394 RiCRÉATIONS Mathématiques. vent , ceft que 1on a implicitement regard®nbsp;Comme invariable la pefanteur de la colonne d aitnbsp;mife en vibration. Cependant il eft évident qu®nbsp;fous même température , elle doit être plus o**nbsp;moins denfe , a proportion de la plus ounbsp;grande pefanteur de ratmofphere , puifque^^®nbsp;communique avec la couche dair environnante»nbsp;dont la denfité eft proportionnelle a cette pefa^'nbsp;teur. Or la pefanteur eft proportionnelle fo'^*nbsp;même volume a la denfité : done , amp;c.
11 ne refte done que la variation de la temper*' ture de 1air a confidérer , amp; ceft lunique caulfnbsp;qui puifle faire varier Ie ton dun inftrument *nbsp;vent. Mais on parviendroit de la maniere fuivaft®nbsp;a rendre Ie ton fixe , quel que fut Ie degrénbsp;chaleur ou de froid.
Ayez pour eet effet un Inftrument, tel quu^® flute traverfiere, dont Ie cylindre dair peut êtr®nbsp;allongé ou raccourci par 1infertion plus ou mo^nbsp;profonde dun corps dans 1autre ; ayez-en u®nbsp;autre qui doit refter invariable, amp; que vous coi*'nbsp;flerverez dans la même temperature , par exemp*^nbsp;celle de i o degrés au deffus de zéro du therrnr^'nbsp;metre de Reaumur. La premiere flute étantnbsp;même degré de température , vous les mettr®^nbsp;Fune 8r lautre parfaitement a lunifTon. Echauff®^nbsp;enfuite la premiere jufquau 30® degré du th®^^nbsp;mometre , ce qui imprimera néceflfairement ***nbsp;cylindre dair contenu Ie même degré de cb*'nbsp;leur, amp; allongez-la de la quantité néceffaire po^*^nbsp;rétablir parfaitement runilTon : il eft évidentnbsp;fi.lon divifoit eet allongement en vingt parti®^nbsp;chacune delles repréfenteroit la quantité dou^ ^nbsp;flute devroit être allongée pour chaque degr® ^nbsp;thermometre de Réaumur.
-ocr page 403-Acoüstiqü'e et Musique, 39^ Maïs il eft aifé de fentir que la quantité de eetnbsp;^llongement, qui feroit tout au plus de quelquesnbsp;^jgnes, ne ferok guere divifible en tant de parties ;nbsp;^eft pourquoi il faudroit quil fe fit par un mou-'''etnent de vis, ceft-^-dire quun des corps denbsp;^inftrument entrat dans lautre par un pareil mou-''ement; car alors il fera aifé de faire que eetnbsp;^llongement réponde a une revolution entiere,nbsp;^uil fera facile de divifer en un grand nombrenbsp;parties égales. II fuffit dindiquer ce méca-tiifme pour Ie fentir.
On pourroit par ce moyen monter , fi 1on ¦'^onloit, lopéra de Lima , oü la chaleur atteintnbsp;fréquemment Ie 3 5^ degré , au même ton précl-fément que celui de Paris. Mais en voila alTeznbsp;fur un fujet dont 1utilité ne vaudroit pas, il fautnbsp;1avouer , la peine que 1on prendroit pour attein-^te a un pareil degré de précifion.
Application finguliere de la mufique d une quejlion de mécanique.
CEtte queftion a été anciennement propofée par Borelli, 8c quoique nous ne croyons pasnbsp;quelle puilTe être aujourdhui la matiere dunenbsp;controverfe , elle ne lailTe pas davoir en quelquenbsp;forte partagé des mecaniciens peu attentifs.
Attachez Ie bout dune corde a un arrêt fixe» 8t après lavoir fait paffer fur une efpece de che-'^^let, fufpendez-y un poids, par exempli de 10nbsp;bvres.
-ocr page 404-35)6 RicRÉATlÖNS Mathématiques.
Maintenant, au lieu de larrêt fixe qui mainte' noit la corde contre laftlon du poids, fubftitueZ'nbsp;lui un poids égal au premier. On demande gt;nbsp;dans les deux cas, la corde eft également tendue-
Je ne crois pas quaucun mecanicien inftfuit do'u:-^ dans 1un Sr lautre cas, la tenfion nenbsp;foit rndme. Cela fuit néceffairement du principenbsp;de régalité entre laftion Sc la réaftion. Daprèsnbsp;ce, principe , larrêt immobile , oppofé dansnbsp;premier cas au poids appendu a lautre extrémitenbsp;de la corde , ne lui oppofe ni plus ni moins denbsp;réfiftance que ce poids lui-même exerce d-aflion)nbsp;done , en fubftituant a eet arrdt fixe un poidsnbsp;égal au premier pour Ie contrebalancer, tout reftenbsp;égal quant a la tenfion quéprouvent les parties denbsp;ïa corde, 5t qui tend a les féparer.
Maïs la mufique fournit un moyen de prouvet cette vérité a la raifon par Ie fens de Touie ; car»nbsp;puifque la tenfion reliant la même , Ie ton refienbsp;leméme, il ny a qua prendre deux cordes denbsp;même métal Sc même calibre , en attacher unenbsp;par un bout a un arrêt fixe , la faire paffer fur uUnbsp;chevalet qui en retranche, depuis eet arrêt fixernbsp;une longueur déterminée, par exemple dun pied ;nbsp;enfin fufpendre a fon bout un poids donné , parnbsp;exemple de lo livres ; puis, ayant éloigné deuXnbsp;chevalets de la dillance dun pied, attacher anbsp;chacune des deux extrémités de la feconde cordenbsp;un poids de lolivres : fi les tons font les mêmes,nbsp;on en conclura que la tenfion eft la même. Nou*nbsp;ne fqavons fi cette experience a jamais été faite »nbsp;maïs nous ofons répondre quelle décidera poutnbsp;régalité de la tenfion.
Cette application ingénieufe de la mufique »
-ocr page 405-Acoustique et Musique. 397 ^3 mécanique, eft de M. Diderot , qui la pro-Pofée dans fes Mémoires fur différents fujets denbsp;^athématique amp; de Phyjique; in-8o, Paris 1748.
^uelques conjidératwns Jingulieres fur les diefes amp; les bémols , ainfi que fur leurnbsp;progreffion dans leurs différents tons.
PO u R peu que 1on foit inftruit dans la mufi-que , on fqait que, fuivant les différents tons dans lefquels on module , il faut un certain nom-bte de diefes ou de bémols, parceque dans Ie modenbsp;majeur, 1échelle diatonique , de quelque ton quenbsp;lon commence, doit être femblable a celle dwt,nbsp;^üi eft la plus fimple de toutes, ny ayant ninbsp;^iefe ni bémoL. Ces diefes ou bémol ont une marchenbsp;dtguliere, qui mérite detre obfervée, amp; qui eftnbsp;même fufceptible dune forte danalyfe , amp; denbsp;Calcul, pour ainfi dire , algébrique.
Pour en donner une idee , nous remarquerons dabord quun bémol peut amp; doit être confidérénbsp;comme un diefe négatif, puifque fon effet eft denbsp;baifler la note dun demi-ton, au lieu que \e diefenbsp;fert a 1élever de cette même quantlté. Cettenbsp;feule confidération peut fervir a determiner tousnbsp;Ls diefes amp; bémols des différents tons,
Il eft facile de voir que, lorfquune mélodie ut majeur eft montée de quinte , ou mife fur Ienbsp;^'^n de fol, il faut un diefe fur Ie fa.. On peutnbsp;done conclure de-la que cette modulation, baifféenbsp;de quinte ou mife en fa, exigera un bémol. H ettnbsp;*ïut en effet un fur Ie fi.
-ocr page 406-398 Récréations Mathématiques.
De-la fuit encore cette conféquence ; ceft fi on monte encore eet air dune quinte, ceft'nbsp;a-dire en re, il faudra un diefe de plus: ceft pout'nbsp;quoi il en faudra deux. Or monter de deux qui^'nbsp;tes , Sc baifler enfuite dune oélave , pour fe raj^'nbsp;procher du ton primitif, ceft séleyer feulefflelt;^Jnbsp;dun ton ; ainfi , pour monter 1air quot;^un ton , nbsp;faut y ajouter deux diefes. En effet Ie ton de dnbsp;exige deux diefes; done, par la même raifonnbsp;ton de mi en exige quatre.
Continuons. Le ton de fa exige un bèirioU celui de mi demande quatre diefes ; done , lot^'nbsp;quon éleve 1air dun demi-ton, il faut lui ajoutf'^nbsp;cinq bémols, car le bémol étant un diefe négatif»nbsp;il eft évident quil faut ajouter aux quatre diefdnbsp;de mi un tel nombre de bémols ^ quil efface ce*nbsp;quatre diefes , Sc quil refte encore un bémol,nbsp;qui ne peut fe faire que par cinq bémols , catnbsp;faut, en langage analytique , lt;^x pour quegt;nbsp;ajoutées a 4 ar, il refte x.
Par la même raifon , ft lon baiffe fa moduli' tion dun demi-ton, il faut y ajouter cinq diefd'nbsp;ainfi le ton d«/ nayant ni diefes ni bémols, ofnbsp;trouve pour celui de fi cinq diefes ; ce qui eftnbsp;effet. Baiffons encore dun ton pour être en l^^inbsp;il faut ajouter deux bémols , comme lorfquo'*nbsp;monte dun ton, il faut ajouter deux diefes. Ofnbsp;cinq diefes plus deux bémols, font la même chof^nbsp;que cinq diefes moins deux diefes, ou trois diefd-ainfi nous trouvons encore par cette voie,nbsp;le ton de exige trois diefes.
Mais, avant que daller plus loin, il eft quot;OO' ceflTaire dobferver que tous les tons chromatiqf®*'nbsp;ceft-a-dire inferés entre ceux de 1échelle diat*^nbsp;nique naturelle, peuvent être confidérés cotn*^®
-ocr page 407-Acoustique et Müsique. 599 OU bémols ; car il eft évident que ut ^ ounbsp;b font la même chofe. Or il fe trouve ici unenbsp;^hofe fort finguliere ; ceft que , fuivant la ma-^iere dont on confidere cette note, ou commenbsp;^inférieure afleétée du d'ufe, ou la liipérieure af-^fiftée du bémol, Ie nombre des diefis quexigeroitnbsp;is ton de la premiere, par exemple ut^,Ec ce-i'ii des bémols que demanderoit Ie ton de la fe-Sonde , par exemple re b, font toujours i a ; cenbsp;quivient évidemment de la divifion de 1oftavenbsp;Sn 12 demi-tons: ainfi re b demandant, commenbsp;nn 1a vu plus haut, cinq bémols y Ui, au lieu de cenbsp;^On , on Ie regardoit comme ut^, il faudroit feptnbsp;biefes; mais, pour la facilité de lexécution, ilnbsp;'^aut mieux, dans ce cas, regarder ce ton commenbsp;'eb que comme ut
On doit faire ce changement toutes les fois que Ie nombre des diefes excede fix; enforte,nbsp;par exemple, que, comme on trouveroit dans Ienbsp;*on de la ^ dix diefes, jl faut Ie nommer f b,nbsp;ion aura deux bémols pour ce ton; parceque deuxnbsp;bémols font Ie complément de dix diefes.
Si, au contraire, en fuivant la progreflion de demi-tons en defcendant , on trouvoit un plusnbsp;grand nombre de diefes que IZ , il faudroit ennbsp;*'ejeter i z, amp; Ie reliant feroit celui du ton pro-Pofé : par exemple, ut nayant point de d'ufe ninbsp;de bémol, on a cinq diefes pour Ie femi-ton inférieur fi; dix diefes pour Ie femi-ton au deflbus,nbsp;% ; quinze d'ufes pour Ie femi-ton encore inferieur , la : retranchant done douze diefes, il ennbsp;reftera trois, qui font en effet Ie nombre des diefesnbsp;rréceffaires dans Ie ton ^A-mi-la.
Le ton de fol^è^'^id. en avoir 8 ou 4 bémols 1appellant la b.
-ocr page 408-400 Récréations Mathématiques.
Le ton de fol aura 13 diefes, dont ótant 11 refte uri feul diefe, comme tout le monde fqait.
Le ton Ae/a ^ aura done 6 diefes, ou 6 hémol^ en 1appellant fol b.
Le ton de fa, devra avoir 6 bémols plus 5 diefe^gt; ceft-a-dire i diefes,, les 5 diefes détruifant autafl*^nbsp;de bémols.
Celui de mi aura un bémol plus 5 diefes, ceft' i-dire 4 diefes , le bémol détruifant un des cinq.
Celui de re ^ aura 9 diefes, ou 3 bémols étafl* conlidéré comme mi b.
Celui de re aura 14 nbsp;nbsp;nbsp;, ceft-a-dire 1.
en rejetant 12, ou 3 bémols plus 5 diefes, qui réduifent a % diefes.
Celui de ut ^ aura 7 diefes, ou 5 bémols fi noU* 1appellons re b.
Enfin le temps AAut naturel aura 11 diefes , a-dire point, ou 3 bémols plus 5 diefes , qui sa'nbsp;néantiffent auffi mutuellement.
On trouveroit précifément les mêmes réfultatS) en allant ën montant depuis ut de demi-ton enbsp;demi-ton, amp; en ajoutant pour chacun 3 bémolfnbsp;avec 1attention den retrancher 12 quand ils excs'nbsp;deroient. Notre lefteur peut samufer a en fair^nbsp;le calcul.
On peut méme , en calculant le nombre de* demi-tons, foit en montant, foiten defcendant*nbsp;trouver tout de fuite celui des diefes ou bémo^^nbsp;dun ton donné.
Soitpris, par exemple, celui de fa^-, \\
6 demi-tons depuis ut en montant; done fix 3 bémols font 30 bémols, dont ötant 14, rnub''nbsp;ple de, 12 , il en refte 6: ainfi fol b aura 6 bémo^^'_
Le même /a ^ eft de 6 tons au delTous de done il doit avoir fix fois 3 ou 30 diefes ,
-ocr page 409-Acoustique Et Musique. 401 ^tant 24 , il refte 6 diefes , ainfi que nous lavonsnbsp;trouvé par une autre voie.
Le ton de fol eft éloigné de 5 demi-tons au '^effous de ut; done il doit avoir cinq fois 5 oiinbsp;2.5 diefes^ dont ótant 24 , il refte un feul diefe,nbsp;Le inême ton eft de 7 demi-tons plus haut quenbsp;; il doit done avoir fept fois ^ ou 3 5 bémols ,nbsp;'Jont ótant 24 , reftent 11 bémols , ceft-a-direnbsp;diefe.
Cette progreflion nous a paru aflez curieufe pour être reina'quée ici; mais,pour la prefenternbsp;JJ^Us un coup d'oeil plus clair amp; plus favorable ,nbsp;^^ous allons en former une table qui fera du moinsnbsp;'itile pour ceux qui commencent a toucher dunbsp;'^Javeflin. Pour cet effet, a chaque ton chroma-hque, nous le prefenterons foit comme diéfé , foitnbsp;'^oiTime bémolifé; amp; a gauche du premier nousnbsp;*^arquerons fes dkfts ncceflaires, comme les bé-a droite du fecond. Ainfi
|
^ diefe. . |
ut* . |
. nbsp;nbsp;nbsp;, 0 bemol. | |
|
7 diefes. |
tit ^ |
Oil re b* . |
. nbsp;nbsp;nbsp;. 5 bémols. |
|
2 diefes. . |
^ , |
4f rc | |
|
9 diefes. |
re ^ |
ou mi b* . |
. nbsp;nbsp;nbsp;, *5-iémols. |
|
4 diefes. |
|
mi * | |
|
diefes. |
|
fa* . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. nbsp;nbsp;nbsp;. I bémol. |
|
^ diefes. |
OU folb* |
. nbsp;nbsp;nbsp;. 6 bémols. | |
|
2 diefe. |
, , |
fol* | |
|
^ diefes. |
fol^ |
OU la b *. |
. . 4 bémols. |
|
3 diefes. |
. , |
la* | |
|
diefes. |
la^ |
ou-- fib*. |
. nbsp;nbsp;nbsp;. 2 bémols. |
|
5 diefes. |
fi* | ||
|
® diefe. |
|
ut* , nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
, . 0 bémoL |
|
Tome 11, |
C c | ||
401 Recreations Mathématiques.
Parmi ces tons, nous avons marque dun * ceu* qu11 eft dufage demployer; car il eft aifé de fenti^nbsp;quen employant n ^ fous cette forme , on auroi^nbsp;9 diefes , ce qui donneroit deux notes doublemef*-diéfées , fqayoir fa^^, ut^^; enforte quenbsp;gamme feroit re mi^ ou fa, fanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ou fo^
fol^, nbsp;nbsp;nbsp;o\x ut,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;re
qui feroit dune difficulte infernale a execute^' mats en prenant, au lieu de re ^ le mi b, onnbsp;que 3 bemols; ce qui fimplifie beaucoup; amp;nbsp;gamme eft mib, fa, fol, lab, fib, ut, re , rni^'
Nous fommes tentes de demander pardon a lefteurs de les avoir amufes de cette fpeculatio*'nbsp;frivole ; mais le titre de ce livre paroit propte ^nbsp;nous excufer.
Maniere de perfeclionner les Injiruments f cylindre , amp; de les rendre capablesnbsp;cuter toutes fortes dairs.
IL neft perfonne , je penfe, qui ignore le canifme de 1Orgue de Barbarie, ou de la Sef'nbsp;nette. Tout le monde fqait que ces ioftrurnef'*nbsp;font compofes de plufieurs tuyaux, graduésnbsp;les tons amp; demi-tohs de Ioftave , ou du moin®nbsp;demi-tons que le progrès de la modulation néc^*'nbsp;lite le plus ordinairement; que ces tuyaux nenbsp;nent que quand le vent dun foufflet, qui eftnbsp;tinuellement en aftion, peut y pénétrer au ^nbsp;dune foupape qui fe leve amp; fe ferme; que
Acoustique et Musique. 405 ^®ypape, qui eft naturellement fermée par un ref.
^ soiivrc au moyen dun petit leviet, que foul
event les pointes implantées dans un cylindre 4'Ji a un mouvement affez lent, lequel lui eft com-*^iiniqué par une nianivelle; que cette même ma-*iiveUe fait agir Ie foufilet qui doit fournir conti-[quot;^ellement 1air deftiné a former les fons, par fonnbsp;^'^^romiflion dans les tuyaux.
Mais la maniere dont Ie cylindre mobile eft , mérite principalement 1attention , pournbsp;®utir ce que nous allons dire.
Les différents petits leviers qui doivent être pour former les différents tons, étant effaces a une certaine diftance les uns des autres ,nbsp;exemple a celle dun demi-pouce, a cette dif-'^'ice font tracées, fur la circonférence du cylin-j , des lignes circulaires, dont 1une doit porternbsp;pointes qui feront fonner ut; fa voiftne , cellesnbsp;feront fonnernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la fuivante , celles qui
Ouneront re, amp;c. U y a autant de lignes fembla-que de tuyaux fonores. On fent, du refte , toute la durée de lair ne doit pas excéder unenbsp;'^'olution du cylindre.
p ^fient fix croches. Suppofons a préfent que les ,^?'^eres notes de lair foient la ^ ut ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ re ^ ut ^
Q nbsp;nbsp;nbsp;amp;c. toutes notes égales, Sc fimples noires.
'^oiumencera par planter au commencement
C c ij
^ Suppofons done que 1alr foit de douze mefures. divife chacune de ces circonférences au moinsnbsp;douze parties égales, par douze lignes parallelesnbsp;*axe du cylindre ; puis , en fuppofant , parnbsp;que la note la plus courte de lair foitnbsp;® croche , Sc que Ie mouvement foit a 3 temps,nbsp;JPpelléi, on divife chaque intervalle en fix par-égales, parceque, dans ce cas, une mefure
-ocr page 412-404 Récréations Mathématiques.
de la ligne des la amp; de la premiere mefure, u* pointe tellement fabriquée quelle tienne foule''.®nbsp;pendant un tiers de mefure Ie petit levier quinbsp;fonner la ; puis, dans la ligne des ar, a la fin °nbsp;la feconde divifion , ou au commencement denbsp;troifieme, on implantera encore dans Ie cylintl^^nbsp;une pointe femblable a la premiere ; puis,nbsp;deux tiers de la même mefure, fur la ligne des/'nbsp;on implantera une pareille pointe : il eft évidenbsp;que, lorfque Ie cylindre commencera a tourne'''nbsp;la premiere pointe fera fonner ut pendant unnbsp;de mefure; la feconde prendra Ie levier faif^*^nbsp;fonner ut, auffitót que Ie premier tiers de mefn^nbsp;fera écoulé , amp; la troifieme fera de même fo'^nbsp;Ji pendant Ie dernier tiers. Linftrument dira donbsp;la,ut,fi,hc.
Si, au lieu de trois noires, on avoit fix Of ches, qui dans cette mefure fe palTent la prernionbsp;longue, la feconde breve , la troifieme long^^nbsp;6c ainfi alternativement, ce quon nommenbsp;croches pointées , il eft aifé de fentir quap^j^nbsp;avoir placé les pointes de la premiere, troifiernonbsp;cinquieme notes dans leurs places refpeftivosnbsp;la divifion ou elles doivent être , il faudranbsp;ment faire enforte que la premiere croche,nbsp;dans ce mouvement doit valoir une crochonbsp;demie, ait la tête figurée de maniere quellonbsp;tienne Ie levier pendant une partie Sc demie ,nbsp;fix divifions dans lefquelles la mefure eft partagnbsp;ce qui fe fait par une queue en arriere, de lanbsp;gueur néceflaire. Quant aux crochesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pg
ves , leurs pointes devront être reculées demi - divifion , Sc figurées enforte queH^®nbsp;puififent tenir Ie levier qui leur correfpondnbsp;levé, que pendant quune demi-divifion
-ocr page 413-Acoustique et Musique. 405 ^ndre sécoule en tournant. II eft aifé, par cesnbsp;^^emples , de voir ce quil y a a faire dans lesnbsp;^litres cas, ceft-a-dire lorfque les notes ont dau-^''es valeurs.
On nauroit enfin quun feul air , fi Ie cylindre ^toit immobile dans la direftion de fon axe; m.aisnbsp;1on conqoit que les pointes ne puilTent fairenbsp;*iouvoir les petits leviers quautant quils les tou-^herontpar delTous dansun intervalle fort étroit,nbsp;^pmme dune ligne ou moins, ce qui eft un méca-^fme fort aifé a imaginer, on verra facilementnbsp;^uen donnant au cylindre un petit mouvementnbsp;^3téral dune ligne, aucune des'pointes ne pourranbsp;^^ire mouvoir les leviers: ainfi Ton pourra titer anbsp;^öté de chacune des premieres lignes, une autrenbsp;ftifceptible de recevoir des pointes qui donnerontnbsp;air différent; amp; ce nombre pourra aller a fixnbsp;fept, fuivant Tintervalle des premieres lignes,nbsp;Hui eft Ie même que celui du milieu dune touchenbsp;®U milieu de fa voifine: on fera, par ce moyennbsp;^ par un petit mouvement du cylindre , changernbsp;uair.
Tel eft Ie mécanifme de Ia Serinette, de lOrgue Barbarie, amp; des autres inftruments a cylindre ;nbsp;*^ais lon voit quils ont Iinconiinodite de ne fer-''It qua exécuter un très-petit nombre dairs. Ornbsp;eerde de cinq , fix, huit ou douze airs , eft:nbsp;quot;'entót parcouru; il feroit conféquemment agréa-den pouvoir changer quand onvoudroit.
Nous concevons avec M. Diderot , qui seft '^'^cupé de cette idéé dans Ie livre cité plus haut ,nbsp;HUe 1on pourroit remplir eet objet, en formantnbsp;^ cylindre de cette maniere. II feroit dabordnbsp;'gt;pofé dun noyau folide de bots, recouvert.nbsp;¦Ujvepelote fort ferrée j cette, pelotte feroit elle^'
C c iij
-ocr page 414-4o5 Recreations Mathématiques.
même emboitée dans un cylindre creux, ligne OU environ dépaiffeur; ce feroit ce cylindr®nbsp;qui porteroit les lignes fur lefquelles doivent êtrsnbsp;implantées les pointes convenables pour fairenbsp;ner chaque ton. Pour eet effet, ces lignes feroief'*'nbsp;percées de trous efpacés a la diftance convenabl^*nbsp;par exemple , fix a chaque divifion de inefure *nbsp;trois temps ordinaire, ou buit pour la mefure *nbsp;deux temps, appellee Cbarre, en fiippofant quo'nbsp;n eüt pas a noter un air ayant de plus courts®nbsp;notes que de fimples croches. II faudroit dou^®nbsp;trous par mefure dans Ie premier cas, amp; feize dai*nbsp;lefecond, fi 1air contenoit des doubles croche*'nbsp;II eft maintenant aifé de fentir quon poiitf^nbsp;noter fur ce cylindre 1air quon voudra ; caftnbsp;pour en noter un , il fiiffira denfoncer dansnbsp;trous du cylindre extérieur, les pointes de lanbsp;gueur convenable, en les plaqant ainfi qiionnbsp;expliqué : elles y feront folidement implantéeStnbsp;par un effet de Ielafticite du couffin ou pelote»nbsp;fortement comprimé entre Ie cylindre amp; Ie noya*^'nbsp;Sera-t-on las dun air, on en arrachera les poi'^'nbsp;tes, amp; on les replacera dans les caffetins du'®nbsp;café faite expres , comme les lettres dune impt^ *nbsp;fion quon décompofe. On fera faire un lég^^nbsp;mouvement de rotation au cylindre, pour écart^^nbsp;les trous du couffin davec ceux du cylindrenbsp;térieur; enfin 1on notera un nouvel air avecnbsp;inême facilité que Ie premier. ,
Nous ne parcourrons pas, avec M. Diderof» tousles avantages dun pareil inftrument, parc^quot;nbsp;que nous convenons quils feront toujoursnbsp;médiocres, amp; a peu prés de nulle valeur auxnbsp;des muficiens. II eft cependant vrai quHnbsp;agréable pour ceux qui pofledent de femblaN®*
-ocr page 415-Acoustique et, Musique. 407 nftniments, de pouvoir varler un peu leurs airs;
ceft ce que rempliroit la conftruftion quon vient dindiquer.
A La tête de toutes ces machines ou inftru-ments muficaux, on doit inconteftablement ïTiettre lorgue , dont létendue Sc la variété desnbsp;Idns exciteroit bien autrement notre admiration,nbsp;eet inftrument nétoit pas auffi commun quilnbsp;left dans nos égllfes ; car, indépendamment denbsp;^artifice quil a fallu pour produire les fons aunbsp;^oyen des touches , quelle fagacité na-t-il pasnbsp;fallu pour fe procurer les différents carafteres denbsp;fons quon tire de fes diiférents jeux tels quenbsp;^eux quon appelle voix humaine , jlute, Sec ^nbsp;Auffi la defcription complette dun orgue , ou denbsp;maniere de les conftruire , efl: elle feule la ma-fere dun gros volume; Sc lon ne peut y voir fansnbsp;^tonnement ia prodigieufe multitude de piecesnbsp;^ont il eft compofé.
Les anciens avoient des orgues hydrauliques , ^eft-a-dire des orgues dans lefquelles Ie fon étoitnbsp;Pfoduit par lair quengendroit Ie mouvement denbsp;^eau. Ce fut Ctélibius dAlexandrie , 5c Héronnbsp;difciple , qui imaginerent ces inventions.,nbsp;^Itruve donne, dans Ie X® Livre de fon Archi-^^fture , la defcription dun de ces orgues hy-
C c iv
4o8 Recreations STathématiques. drauliques, daprès lequel M. Perrault en executenbsp;wn, quil dépofa a la Bibliotheque du Roi,nbsp;fe tenoient alors les affemblées de TAcadém*®nbsp;royale des Sciences. Cet inftrument eft fans doutenbsp;peu de chofe , en comparaifon de nos orgues mO'nbsp;dernes ; maïs 1on ne peut sempêcher dy recoR'nbsp;noitre un mécanifme qui a fervi de bafe a ceH'*nbsp;de nos orgues. S. Jéróine parle avec enthoufjarm®nbsp;dun orgue qui avoit douze palres de foufflets gt;nbsp;amp; dont Ie fon pouvoit sentendre dun mille.nbsp;paroit par-la quon ne tarda pas de fubftituer a 1^nbsp;inaniere dont Ctéfibius prodinfoit 1air, pour reiR'nbsp;plir fon réfervoir, une m .nlere plus limple, fqa'nbsp;voir celle des foufflets.
On peut mettre au rang des machines muficale^ les plus curieufes, Ie joueur de tambour de bafqusnbsp;amp; Ie Auteur automate de M. de Vaucanfon»nbsp;quune grande partie de lEurope a vus avec aA'nbsp;miration, vers lan 1749' Nous ne nous éteOquot;nbsp;drons pas beaucoup fur la premiere de ces ma'nbsp;chines, parceque la feconde nous paroit incom'nbsp;parablement plus compliquée. Le Auteur automat®nbsp;jouoit pluAeurs airs de Aiite, avec toute la préci'nbsp;Aon 8st la jufteffe du plus habile muAcien : il tenoifnbsp;fa Aüte de la maniere dont on tient cet InArU'nbsp;ment, amp; en tiroit des fons avec la bouche , taU'nbsp;dis que les doigts , appliques fur les trous, pro'nbsp;duifoient les fons différents, comme cela sexécut®nbsp;fur la Aüte. On concoit affez facilement, coiA'nbsp;ment les pointes dun cylindre note pouvoief^nbsp;foulever les doigts en plus ou moins grand noiR'nbsp;Ibre , pour produire ces tons ; mais ce qui eA diff'nbsp;cile a concevoir, ceft la maniere dont étoit exé'nbsp;cuté ce mouvement, aATez difficile a faire, quo®nbsp;appelle Ie coup de langue^ amp; fans lequel la Aüt®gt;
-ocr page 417-Acoustique et Musique. 409 lt;|vioiquon y infpire de 1air , refte muette , ounbsp;narticule point les notes. Auffi M. de Vaucanfon,nbsp;ainfi que nous lavons remarqué précédemment ,nbsp;(p. 109) convient-il que ce mouvement fut, dansnbsp;cette machine , ce qui lui coüta Ie plus a trouvernbsp;^ a exécuter. On doit voir ce quil en dit, dansnbsp;Hn imprimé in-40, quil publia dans Ie temps furnbsp;Ce fujet.
On a imagine en Allemagne un Inftrument bien Commode pour les compoliteurs: ceft un claveffinnbsp;lt;lui, en même temps quon execute, marque Scnbsp;note 1air quon a joué. Qi;el avantage pour unnbsp;compoliteur que la chaleur de fon imaginationnbsp;cntraine, de pouvoir retrouver tout ce qui a fuc-ceflivement requ de fes dolgts une exigence fugi-hve , Sc dont bien fouvent it lui feroit impoffiblenbsp;de fe fouvenir ! La defcription de cette machine
trouve d^ns \es Mémoiresd( Berlin , ann, 1773» ^Uxquels nous renvoyons.
CE nouvel inftrument a pris naiflance en Amé-rique , amp; eft une invention du célebre doc-^citr Francklin , qui en donne la defcription dans 'jne lettre au P. Beccaria , inférée dans Ie recueilnbsp;fes oeuvres, imprimé en 1773.
Il eft aftez connu que , lorfquon fait glifler Ie du bord dun verre a boire , un doigt un peunbsp;quot;üiTieéfé , on en tire un fon aftez doux, amp; qnenbsp;fon varie de hauteur t felon la forme j la
-ocr page 418-410 Récréations Mathématiques,
grandeur amp; lépaifleur du verre. On monte oo on baiffe auffi Ie ton , en mettant dans Ie verrenbsp;une quantité plus ou moins grande deau. Nousnbsp;apprenonsde M. Francklin, quun M. Puckeridge»nbsp;Irlandois, savifa , il y a une vingtaine dannées«nbsp;de fe faire un inftrument de plufieurs verres ainlrnbsp;montés a différents tons, amp; affurés fur un plateau gt;nbsp;amp; de jouer par ce moyen des airs. Ce M. Puck-eridge ayant été brülé dans fa maifon avecnbsp;mftrument, M. Delaval, de la Société royalenbsp;de Londres , en fit un autre a fon imitation, ^nbsp;avec des verres mieux choifis, dont il fit Ie mém^nbsp;ufage. M. Francklin layant entendu, amp; ayautnbsp;été charmé de la douceur de fes fons, chercha ^nbsp;Ie perfeélionner, amp; fes idees aboutirent a linftrU'nbsp;ment quon va décrire.
n faut faire fouffler des verres de différent^ grandeurs , dune forme approchante de 1hénU''nbsp;Iphérique, amp; ayant chacun un gouleau ou co'nbsp;ouvert en fon milieu. LépailTeur du verre prés dunbsp;bord , doit être tout au plus dun dixieme denbsp;pouqe , amp; cette épaiffeur doit augmemer par de'nbsp;gres jufquau col, qul aura , dans les plus grandenbsp;verres, un pouce de hauteur , fur un pouce ^nbsp;demi de largeur en dedans. Quant aux dimenfiou^nbsp;des verres , les plus grands pourront avoir neUnbsp;pouces de diametre a leur ouverture , amp; les moiu'nbsp;dres trois pouces, amp; ils décroitront dun quaffnbsp;de pouce. 11 eft a propos den avoir cinq a fix dunbsp;même diametre , pour pouvoir les monter plf**nbsp;facilement aux tons convenables ; car une difi^®'nbsp;rence très-légere fuffit pour les faire varier dugt;fnbsp;ton amp; mé me dune tierce.
Cela fait, on effaie ces différents verres, en former une fuite de trois ou quatres oif^ves
-ocr page 419-Acoustique et MySIQUE. 411
r
chromatiques. Pour élever Ie ton, il faut en égrifer Ie bord du cóté du col avec une meule, amp; lesnbsp;effayer de moment en moment, car , quand ilsnbsp;font montés trop haut, il ny a plus de moyen denbsp;les baifier.
Tous ces verres étant ainfi gradués , il faut les enfiler dans un axe commun. Pour eet effet, onnbsp;place dans Ie col de chacun un bouchon de liegenbsp;fort jufte , qui Ie déborde denviron un demi-pouce : on perce tous ces bouchons dun trou denbsp;la grolTeur convenable , pour les enfiler tous avecnbsp;ün axe de fer, de mefure telle quon ne foit pasnbsp;oblige de 1y faire entrer avec trop de force ; cenbsp;qui feroit éclater les cols de ces verres. Ils fontnbsp;ainfi places lun dans 1autre, enforte que leursnbsp;bords font éloignés denviron un pouce; ce quinbsp;eft a peu prés la diftance des milieux des touchesnbsp;du claveffin.
Une des extrémités enfin de eet axe , efl; garnie dime roue denviron dix-huit pouces de diametre,nbsp;qui doit étre chargée de vingt a vingt-cinq livres ,nbsp;pour conferver quelque temps Ie mouvement quinbsp;lui fera imprimé ; cette roue eft mife en mouve-Uent au moyen dune pédale , amp; par Ie mêmenbsp;^uécanifme qui fert a faire tourner la roue dunnbsp;^ouet a filer ; amp; en tournant, elle fait tournernbsp;^axe des verres amp; les verres eux-mêmes, eet axenbsp;Portant fur deux collets, lun a fon extrémité , 1au-a quelques pouces de la roue, Le tout peutêtrenbsp;^ufermé dans une boite de la forme convenable ,nbsp;^ fe pofe fur une table propre , a quatre pieds.
P^'opos , afin de reconnoitre au premier coup
Les verres répondants aux fept tons de 1oélave '^latonique , peuvent être peints des fept couleursnbsp;prifme, dans leur ordre, amp; même cela eft a
41 z Récréations Mathématiques.
doeil les difFérents tons auxquels ils répondent.'
Pour jouer de eet inftrument, on saffied au devant de la rangée des verres, comme au devantnbsp;des touches dun claveffin ; on humefle légére-ment les verres, amp; faifant mouvoir la pédale , onnbsp;leur donne un mouvement fur leur axe commun quot;nbsp;on applique les doigts fur les bords , amp; on en tirenbsp;des tons. II eft aifé de voir quon peut y exécutefnbsp;plulieurs parries , comme fur Ie claveffin,
On a vu a Paris, ü y a une huitaine dannées f eet inftrument dont toucho'it une dame Angloife.nbsp;Ses fons font extrêmement doux , amp; convien-droient fort a laccompagnement de certains ré*nbsp;cits, OU airs tendres Sc pathétiques. On a lavan*nbsp;tage de pouvoir y foutenir les fons autant quonnbsp;Ie veut, de les filer, de les enfler , amp;c; amp; Iinf'nbsp;trument, mis une fois daccord, ne peut plus êtrenbsp;défaccordé, Plufieurs amateurs de mufique en on^nbsp;été fort fatisfaits. Jai ouï dire feulement qua lanbsp;longue Ie fon de eet inftrument paroiflbit un pc'*nbsp;fade, par fa douceur extréme; 6c ceft peut-êtrsnbsp;cette raifon qui la, jufqua ce moment, fait relc'nbsp;guer parmi les curiofités muficales.
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i./'~VN nimagineroit fans doute pasquonput compofer un air fans fqavoir un mot denbsp;mufique , du moins de la compofition. On anbsp;donné ce fecret, il y a quelques années, dans unnbsp;petit livre intitule , Le Jeu de Zgt;q harmonique, ounbsp;Ludus melothedicus, contenant plufieurs calculsnbsp;par lefquels toutes perfonnes peuvent compofernbsp;divers menuets avec 1accompagnement de balfe,nbsp;même fans fqavoir la mufique; in-80, Paris, 1757.nbsp;On y enfeigne comment, avec deux dez jetésnbsp;au hafard , amp; daprès les points quils donnent,nbsp;On peut, au moyen de certaines tables, compofernbsp;tin menuet amp; fa balTe.
Le même auteur a auffi donné une méthode pour faire la même chofe au moyen dun jeu denbsp;Cartes. Nous navons pu recouvrer le titre de eetnbsp;ouvrage; amp; nous avouerons navoir pas cru devoir y mettre plus dimportance que Tauteur lui-même.
Nous nous bornons a indiquer les fources ou 1on peut recourir pour cette forte damufement,nbsp;dont la combinaifon a du couter beaucoup plusnbsp;de travail que la chofe ne le méritoit. Nous re-marquerons cependant encore, que eet auteur anbsp;donné un autre ouvrage intitulé, Invention d'unenbsp;I^Ianufaclure amp; Fabrique de F.rs au petit métier,nbsp;^c. in-S, 1759? dans lequel, par le moyen de
-ocr page 422-414 Récréations Mathématiques,
deux dez amp; de certaines tables, on enfeigne * répondre en vers latins a des queftions propofées-Ceft, il faut en convenir, bien du travail stJnbsp;pure perte.
z. II y a quelques années quun médecin de Lorraine publiaun petit traité, danslequelil appü'nbsp;quoit la mufique a la connoillance du pouls. II re-préfentoit Ie battement dun pouls bien régie parnbsp;un mouvement de menuet ; amp; ceux des différentesnbsp;autres efpeces de pouls, par dautres mefures plusnbsp;OU moins accélérées. Si cette maniere de prati-quer la médecine vient a sintroduire , ce fera unenbsp;chofe fort agréable de voir un difciple dHippo-crate tatant Ie pouls dun malade au fon dun inf-trument, amp; effayant des airs analogues par leurnbsp;mouvement a celui de fon pouls, pour en reconnoitre la qualité. Si toutes les maladies ne fuientnbsp;pas a la préfence du médecin , il ell a croire quenbsp;la mélancolie du moins ne tiendra pas contre unenbsp;pareille pratique.
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Fig. nbsp;nbsp;nbsp;.
4iy
DU SECOND VOLUME.
Mécanique.
PRoBLEME premier. Faire quune boule retrograde fans aucun ohjlack apparent. % Prob, II. Faire une boule trompeufe au jeu denbsp;Quilles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3
Prob. III. Comment on peut conjlruire une balance qui paroiffe jufe kant vulde, aujji-bien quenbsp;chargéc de poids inègaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
Prob. IV. Trouver Ie centre de gravité de plufieurs poids.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Prob. V. Trouver les parties d'un poids que deux perfonnes foutiennent a F-aidedun levier ou dunenbsp;barre qu elles portent par fes extrérnités. 9nbsp;Prob. VI. Comment on peut difribuer commodé-ment 4 gt; ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3^ hommes , a porter un fardeau
conjidérable fans sembarraffer. nbsp;nbsp;nbsp;10
Prob. VII. Une corde ACB, d'une longueur dé-terminee, etant attachée Idche par fes deux boutSy d deux points d inigale hauteur A 6* B, onnbsp;demande quelle pofition prendra Ie poids P, atta-
-ocr page 480-ché par un cordon d une poulie qui route librc^ ment fur cetu cordctnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11
pROB, Vin. Faire foutenir un feau plein d'eau ^ par un baton dom une moitié ou moins repofenbsp;fur Ie bord dune table.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid,
Prob. IX. Faire tenir un baton droit fur l^ bout du doigt , fans qu'il puijfe toinber.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;13
Prob. X. Conf ruction dune figure qui ? fans contre-poids, fe releve toujoursdelle-mltne amp; fenbsp;tient debout, quoi qtton fajfe.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14
Prob. XI. Sur les deux poulies A , B , pafiè une corde ACB , aux extrérnités de laquelle font fuf-pendus les poids P amp; donnés-, au point C ejlnbsp;fixe Ie poids R par Ie cordon R C noue en C.nbsp;On demande quelle fera la pojition que prendrontnbsp;les trois poids amp; la corde ACB.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;15
Prob. XII. CalcA du temps quArchimede eüt employé, en fuppofant rexecution de la machine dont ilparloit d Hiéron , pour mouvoir la terre,
. , , ï7
Prob. XIII. Avec une trhs-petite quantité d'eau , comme de quelques Uvres, produire Tefifet deplu-fieurs milliers de livres.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;18
Autre maniere.
Autre maniere. nbsp;nbsp;nbsp;20
Prob. XIV. Trouver la pefanteur d'un pied cube dl eau.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;21
Prob. XV. ConnoUre de deux liqueurs laquelle ejl la plus légere.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;22
Prob. XVI. Connoitre fi une piece ou une mafi'e dor OU dargent, quon foupgonne de mélange,nbsp;efl pure ou non.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;27
Prob. XVII. Méme fuppofition faite que ci-dejfus, connoitre la quantité du mélange fait dans lanbsp;maffe dor,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;29
Prob.
-ocr page 481-Pros, XVIII. On propofc deux coffns égaux, femblabhs amp; égahm^nt pefants, contenant l'unnbsp;de lor, l'autre de Vurgent, EJi-iL pojifible denbsp;difcerner, par quelque voie mathématique , celuinbsp;qui renferme for de celui qui contient Pargent ^nbsp;Ou bien , fuppofant deux boules, Vune d'oTnbsp;creufe, Cautre dargent folide amp; furdorée, pour~nbsp;roit on difcerner celle d'argent de celle d'or? 3 i
Prob. XIX. Deux plans inclines AB , AD ^ étant donnés, amp; deux Jpheres inégales, P amp;¦ p^nbsp;les mettre en équilibre dans eet angle , comme Ponnbsp;voit dans la figure.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3 z
pROB. XX. Deux corps P amp; partent en même temps des deux points A amp; B de deux lignesnbsp;données de pofition, amp; fe meuvent vers a 6' bnbsp;avec des viiejfies données. On demande leur po~nbsp;jition lorfquils feront Ie plus prés Pun de Pautre-quil ejl pofilble,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;34
Prob. XXI. Faire quun cylindre fe foutienne de liii-méme Ie long d'un plan incline a PhorP^on,nbsp;fans rouler en bas , amp; même quit monte quelquenbsp;peu le long de ce plan.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Prob. XXII. ConfiruBion dune horloge qui mon^
tre les heures , en roulant U long dlun plan in~ dine.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.37
Prob. XXIII. Confruclion d'un habillement au moyen duquel on ne fgauroit couler a fond, 6*nbsp;qui laiffe la liberté de tous les mouvements. 3 8
Prob. XXIV. Confiruire un bateau qui ne fgauroit être fubmergé, quand même Peau y entreroit de tons les cotes,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;41
Prob. XXV. Comment on peut retirer du fond de la mer un yaiffeau qui a coulé bas, 43nbsp;Tome ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;D d
-ocr page 482-Prob. XXVI. Faire quun corps monte comme di lui~méme Ie long dun plan incline , en vertunbsp;de fa propre pefanteur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4^
Prob. XXVII. Confruire une horloge avec de l'eau.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;46
Prob. XXVIIL Un point étant donnè^ amp; une ligne qui nejl pas hori:^ntale , trouver la poJi~nbsp;tion du plan incline , par lequel un corps partantnbsp;du point donné, 6* roulant Ie long de ce plan,nbsp;parviendra d cette ligne dans Ie moindre temps.
Prob. XXIX. Les points A amp; B étant donnés dans la méme horizontale, on demande la pof.nbsp;tion des deux plans AC, CB , tels quun corpsnbsp;roulant d'un mouvement accéléré de A en C,nbsp;puis remontant avec fa viteffe acqtdfe Ie long denbsp;CB^ cela fe faffe dans Ie moindre temps pofïble,
Prob, XXX. Lorfqu on a un puits extrémement pro fond, avec une chaine garnie de deux feaux ,nbsp;faire enforte que , dans toutes les pof dons desnbsp;feaux^ Ie poids de la chaine foit nul, de manure qu'on Tl au jamais d élever que Ie poidsnbsp;dont Ie feau montant ef rempli.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ i
Prob. XXXI. Conf ruction cTun tournehroche qui marche au moyen méme du feu de la cheminée.
Prob. XXXII. Quef-ce qui foudent debout une toupie OU un town qui tourne ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ^
Prob. XXXIII. D'oü vient foutient-on plus ai-fément en équilibre fur Ie bout de fon doigt un baton chargé d fon extrémité fupérieure d'unnbsp;poids , que lorfque ce poids ef en bas, par exem-ple, une ipée fur fa pointe plutót que fur fanbsp;garde ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
-ocr page 483-DES MATIÉRES. nbsp;nbsp;nbsp;419
Pros. XXXIV. Quelle ejl ia pojition la plus avantageufe des pieds pour fe foutenir foUde-ment debout?
Prob. XXXV. Du Jeu de Bïllard. nbsp;nbsp;nbsp;jg
I. Xlt;z pojition de la beloufe amp; celles des deux hilles M y N, kant donnks, frapptr celle Mnbsp;de Jen adverfaire enjorte quelle aille dans lanbsp;beloufe,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j 9
^. II. Frapper une bille de bricole. nbsp;nbsp;nbsp;60
§. III. Une bille venant den choquer une autre felon une direclion quelconque, quelle ejl, aprhsnbsp;ce choc, la direction de la bille choquante ? 61nbsp;pROB. XXXVI. Confruction dl une Pendule d'eau.
Prob. XXXVII. Paradoxe mécanique. 'Comment , dans une balance, des poids égaux places a quelque difance que ce fok du point dlappui ,nbsp;fe tiennent en Iquilibre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;67
Prob. XXXVIII. Quelle ef la vitejfe quon dok donnerd une machine mue par un courant d'eau ^nbsp;pour quelle produife Ie plus grand effet ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;69
Prob. XXXIX. Quel ef Ie nomhre d'aubes quon dok mettre d une roue mue parun cowant deaU^nbsp;pour qu elle produije U plus grand efet ?
Prob. XL. Un baton OU cylindrc fhin ^ ^ un autre creux amp; de mème folidité,, kant propofés ^nbsp;lequel des deux riff era davantage d kre rompunbsp;par un poids fufpendu d une de leurs extrémités ,nbsp;rautre etant fixe d On les fuppofe de la même
longueur, nbsp;nbsp;nbsp;-j i
Prob. XLI. Fabriquer une lanterne qui cenferve la lumiere au fond de l'eau,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7a
Prob. XLII. Confruire une larnpe qui , dans toutes fes Jituations , conferye fon huile , quel-
410 nbsp;nbsp;nbsp;TABLE
quc mouvemmt amp; quelqiie inclinaifon qu'on lui donne.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3
ProE. XLIII. Conjlruclion d'un animofcope amp; dun animomctre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;74
Pros. XLIV. ConJlmBion d'unpefon, aumoyen duqud on puijjl Jans poids mefurer la pefanteurnbsp;dcs corps.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;77
Pros. XLV. Fahriqmr une voiture dont un gout-teux pnijfc ft fervirpour fe promcmr, fans fe-cours d'hommes ou de chevaux. nbsp;nbsp;nbsp;80
Pros. XLVI. Confruction d'une petite figure qui, livree d elle-même ,fiefcend fur fes pieds amp;nbsp;fes mains le long d'un petit efcalier.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;83
Pros. XLVIL Difpofe' trois batons fur un plan i horizontal, de J'orte que chacun s'appuie J'ur cenbsp;I plan par I'une de fes extrémités, amp; que les troisnbsp;autres fe fautiennent mutuellement en I'air. 87nbsp;Pros. XLVIII, Conjlmire un tonneau contenantnbsp;trois liqueurs, qu'onpourra tirer d volontl par lanbsp;méme broche, fans fe meier,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
88
Pros. XLIX. Percer une plancke avec un corps
mou, comme un bout de chandelle.
PrOB. L. Rompre avec un baton un autre baton pofi fur deux verres, fans les caffer.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;89
PrOB. LI. Principes pour juger de Peffit pojfible d'une machine.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;91
Prob. LII. Du Mouvement Perpétuel, nbsp;nbsp;nbsp;94
ProB. LIII. Juger de la hauteur de la voute d'une églife, par les vibrations des lampes qui y fontnbsp;fufpendues.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;98
Prob, LIV. Mefurer la profondeur d'un puits par le temps écoulé entre le commencement de la chutenbsp;d'un corps, 6* celui ou I'on emend le bruit denbsp;fon arrivée d la furface de I'eau.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;100
-ocr page 485-DES M ATI ER ES. nbsp;nbsp;nbsp;4ZI
HISTOIRE de quelques ouvrages de Mècanique extraordinaires amp; cilebres.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lOl
§. I. Des Machines on Automates dArchitas ^ d'Arthimede, de Heron amp; Ctèfihius. ibid.
§. II. Des Machines attribuées d Alben Ie Grand, d Regiomontanus, amp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;10 J
§. III. De diverfes Horloges cilebres. nbsp;nbsp;nbsp;104
§. IV. Machines automates du pere Truchet, de M. Camus , amp; de M. de Vlucanfon. 107nbsp;§. V. De la Machine de Marly.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 o
§. VI. De la Machine d Feu. nbsp;nbsp;nbsp;115
TABLE des Pejanteurs fpecijiques de divers corps, celle de VEau de pluie ou dijlillle Itantnbsp;ftippofèe Cunite , amp; exprimée en partiesnbsp;dicimales, comme 1.000 ou 1.0000. 121nbsp;Mltaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Pierres précieufes. nbsp;nbsp;nbsp;i
Liqueurs, nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Bois. nbsp;nbsp;nbsp;124
Diverfes Subfances. nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Matlriaux employés d Paris en archkecbtire. ibid. Remarque generale.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;12 j
TABLE des Poids , tant anciens que modernes, compares d la livre de Paris, qui contientnbsp;iC onces OU C) 21C grains.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;127
Poids anciens. Poids des Hébreux. nbsp;nbsp;nbsp;128
Poids Grecs Attiques. ibid. Poids Romains,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;129
Poids modernes des principaux pays lt;5- lieux de l'uniyers, amp; particulilrement de LEurope.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Remarque, nbsp;nbsp;nbsp;ijE
D d üj
-ocr page 486-TABLE
O P T I Q U E.
UR la nature de la lumiere. nbsp;nbsp;nbsp;r 3 4
Problême Premier. Repréfenter dansune cham-hre fertnée les objets extérieurs, avec leurs couleurs amp; leurs proportions naturelles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;140
Prob. II. Conjlruire une chambre ohfcure quon puijfe tranfporter.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;142.
I. Repréfenter les objets dans leur fltuation naturelle.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'45
§ . II. Repréfenter les objets , en faifant paroitre d droite ce qui ef d gauche; amp; au contraire.
146
§. m. Repréfenter tour-d-tour tous les objets qui font aux environs amp; autour de la machine.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
§. IV. Repréfenter des peintures amp; des tailles-douces, nbsp;nbsp;nbsp;147
Prob, III. ExpUquer la maniere done fe fait la vifion ^ amp; fes principaux phénomenes. 148nbsp;Prob. IV. Conflruamp;ion d'un tzilartifciel, proprcnbsp;d rendre fenjïble la taifon de tous les phénomenes de la vifion,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;131
Prob. V. Faire quun objet, vu de loin ou de prés , paroijfe toujours de la méme grandeur.
Prob. VI. Deux parties inégales dune meme lignt droite étant données , foic quelles foient adja-centes ou non, trouver Ie point ddou elles paroi-tront égales.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Prob. VII. Au devant d'un edifice , dont CD eft la face ^ efi un parterre dont la longueur eji AB,
-ocr page 487-DES M A T IE R E S. 423
On demande Ic point de ut edifice d'oy. l'on verra Ie parterre AB Ie plusprand.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^8
Prob. VIII. Un eerde étant donné fiur Ie plan horiipntal, trouver la. pojïtion de Vceil d'ou fionnbsp;image fur Ie plan perfipeUififier a encore un eerde.
M9
Prob. IX. D'ou vient l'image du foleil, reguc dans la chambre obfcure par un trou qtiarré ounbsp;triangulaire , efi-elle toujours un eerde ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;160
Prob. X. Faire voir difiinclement, fians l'inter-pofition d'aucun verre., un objet trop proche de fceil pour être apperqu difiinclement.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16 z
Prob. XI. Pourquoi, en dirigeant fies yeux de maniere d voir un objet fort éloignévoit-onnbsp;doubles les ohjets proches ; amp; au contraire ? ibld.nbsp;Prob. XII. Faire quun objet vu difiinclement, amp;nbsp;fans l'interpofition d'aucün corps opaque ou dia-phane , paroifie renverfé d Iceil nu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;164
Prob. XlII, Faire quun objet, fians I'interpofi-tion d'aucun autre, difparoijfe d rail nu tourné de Jon cótLnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;165
Prob. XIV. Faire difparoitre un objet aux deux ¦ yeux d-la~fois, quoiqu il puijfe être vu de diacun
d'euxdpart. nbsp;nbsp;nbsp;jöö
Prob. XV. Jeu optique, qui prouve quavecun fieul ail on ne juge pas bien de U difiance d'unnbsp;objet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;167
Prob. XVI. Un aveugle de naifidnee ayant re-couvrè la vue, on lui prlfiente un globe amp; un cube, qu il a appris d dificerner par Ie toucher,nbsp;On demande Jï, fans Ie fecours du tact amp; d lanbsp;premiere vue, ilpourra dire quel efi Ie cube, quelnbsp;efi le globe,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid»
Prob. XVII. Confiruction dune machine att moyen de laquelle on pourra decrire perfipeBivement tons.
D d iv
-ocr page 488-ki objets donnés , fans la moindrc teinture de la fcienci dc la perfpeBivc,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;169
ProB. XVlil. Autre maniere de reprefenter un ob-jet zn pzrfpeclivz, fans aucune connoijfance des principes dz cet an.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iji
Prob. XlX. Dz la grandeur apparente des afres drhori:^on.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;173
Prob. XX. Sur U rétrècijfement des allies pa~ ralleles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijS
Prob. XXL Comment faudroit-il sy prendre pour tracer une allee qui, vue de Iune de fes extri~nbsp;mites , parut avoir fes cdüs parfaitement paral~nbsp;leles}nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;178
Prob. XXII, Faire un tableau qui, fuivant ks cótés d^ou on k canfidirera , prijentera deuxnbsp;peintures dijfirentes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;179
Prob. XXill. Dicrire fur un plan une figure difiorrne, qui paroijfe dans fes proportions étantnbsp;yue d'un point determine,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;180
Prob. XXIV. Etant donné un quadrilatere quel-conque , trouver les divers paralklogrammes ou reclangks dont il peut étre la reprefentationnbsp;pzrfpeclivz; ou bien,
Etant donné un para llilogramme quelconque , rec.-~ tangle ou non , trouver fa pofition Cquot; eelk denbsp;I'cdl, qui feront que fa reprefentation perfpec-live fera un quadrilatere donné.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;183
Des Miroirs plans. nbsp;nbsp;nbsp;186
Prob. XXV. l/n point de dob jet B amp; k lieu de I'czil A etant donnés, trouver le point de refie~nbsp;xion fur la furface fun miroir plan,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Prob. XXVI. Même fuppofition faite que ci-dif-fus j trouver k lieu de dimage du point Bt 187
-ocr page 489-DES MATIERES. 425 ProB. XXVII. Etant donnés plujieurs miroirsnbsp;plans, amp; Us placts dt lmt amp; de Vobjet, trouvernbsp;Ie chemin dn rayon venant de Vohjet a Vcellynbsp;apres deux ^ trois, quatre réjlexions.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;188
Prob, XXVIII, Propriétés diverfes des Miroirs plans.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;190
Prob. XXIX, Difpofer plujieurs miroirs de manure quon puiffe fe voir dans chacun en même temps.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;193
Prob. XXX. Mefurer une hauteur verticale , amp; dcnt Ie pied ejl même inaccejjihle , au moyen denbsp;la réjlexion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;194
Prob. XXXI. Mefurer une hauteur verticale , inaccejjible même par Ie pied ^ au moyen de Jonnbsp;ombre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;195
Prob. XXXIl. De quelques tours ou efpeces de fubtilitês quon peut exécuter avec des miroirsnbsp;plans.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;196
1. nbsp;nbsp;nbsp;Tirer par deffus rèpaule un coup de pijioletnbsp;aujji sürement que Ji ron couchoit en Joite. ibid.
2. nbsp;nbsp;nbsp;Faire une hotte dans laquelle on verra desnbsp;corps pefants , comme une balie de plomb ,nbsp;monter contre leur inclination naturelle. 197
3. nbsp;nbsp;nbsp;Conjlruclion dune hotte ou I on volt des ob-jets tout différents de ceux qu'on auroit vusnbsp;par une autre ouverture, quoique les uns amp;nbsp;les autres paroiffent occuper toute la botte.
ibid.
4. nbsp;nbsp;nbsp;Voir cTun premier étage ceux qui fe préfentent
d la porte de la maifon, fans fe mettre d la fenêtre amp; fans être appergu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;199
Prob. XXXIII. Avec des miroirs plans, produire Ie feu amp; l'incendie d une difiance conjidérable.
200
-ocr page 490-Des Miroirs fphériques, foit convexes, foit concaves. nbsp;nbsp;nbsp;aoz
PROB. XXXIV. Le lieu de Vohjet amp; cdui de Vceil itant donnés , determiner le point de rejiexionnbsp;amp; le lieu de Iimage fur un miroir fpherirpie. ibid.
ProB. XXXV. Propriétés principales dcs miroirs fphériques convexes amp; concaves.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2.05
PrOB. XXXVI. Des Miroirs ardents. nbsp;nbsp;nbsp;2.07
Prob, XXXVII. (fuelquespropriétés des miroirs concaves , relativement a la vifion, ou a la formation des images.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;21 j
Prob. XXXVIII. Conflmire une boite ou cham~ bre optique, ou Pon voie les objets péus grandsnbsp;que la boite.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2l6
Des Miroirs cylindriques , coniques , amp;c; amp; des deformations quon execute par leur moyen,
ziy
Prob. XXXIX. Décrirc fur un plan horizontal une figure dififorme, qui paroiffe be.lle étant vutnbsp;dun point donné^ par réflexion fur la furfacenbsp;' convexe dlun miroir cylindrique droit.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zig
Prob. XL. Décrire fur un plan horizontal une figure difiorme, qui paroiffe belle étant vue parnbsp;réflexion fur la furface d'un miroir conique, d'unnbsp;point donné dans I'axe de ce cone prolongé.
2.21
Prob. XLI. Exécmer la même chofe par le moyen diun miroir pyramidal.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Z23
Des Verres lenticulaires, ou lentilles de verre.
Z24
Prob. XLII. Trouver h foyer d'un globe de verre.
^^5
-ocr page 491-DES MATIERES. 4^7
Prob, XLIII. Trouver h foyer d'une Imtille qud-conquc de verre. nbsp;nbsp;nbsp;'2.1 J
Des Verres Ardents. nbsp;nbsp;nbsp;xjo
Prob. XLIV. De quelques autres propriétés des verres Icnticulaires.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;233
Des Lunettes dapproche ou Télefcopes , tant de rèfraBion que de réfexion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;234
Des Lunettes de refraction. nbsp;nbsp;nbsp;235
Des Télefcopes d reflexion. nbsp;nbsp;nbsp;240
Prob, XLV, Conflruction dune lunette par la~ quelle on peut confldérer un objet différent denbsp;celui aiiquel on paroit mirer,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;245
Des Microfcopes. nbsp;nbsp;nbsp;247
Prob. XLVI. Conflruction du Microfcope fimple,
Prob. XLVII. Des Microfcopes compofès. iijo Prob. XLVIII. Maniere fort fimple de juger denbsp;la grandeur réelle des objets vus dans Ie microfcope.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;253
Prob. XLIX. Conflruire un tableau mqgique , ou tel quétant vu dans un certain point amp; a travers un verre, ilpréfentera un objet tout différentnbsp;de celui qu'on verra d f ml nu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;254
Prob. L. Conflruction ddune lanterne artifidelle , avec laquelle on puiffe lire la nuit de fort loin.
160
Prob. LI. Conflruction de la Lanterne magique.
ibid.
Prob, LII. ConflruSion du Microfcope folaire.
265
Prob. LIII. Des Couhurs ^ de la différente ré-frangibilité de la Lumiere, nbsp;nbsp;nbsp;265
-ocr page 492-PeOB. LIV. Dt I'Arc - en - del: commerit il Je forme , amp; manure de Vimiter.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;169
Pros. LV. Dc I'analogie entre les couleurs 6 les tons de la Mufque. Du Clavefjin oculaire du ptrenbsp;Cajlel.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;274
ProB. LVL Compofer un tableau reprifentant tou~ tes les couleurs, amp; determiner leur nombre. 278
Pros. LVII. Dquot;ou vient la couleur bleue du del?
281
Pros. LVIII. Pourquoi , dans certains temps, les ombres des corps font hleues ou arpirees, aunbsp;lieu d'etre noires ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;28j
ProB. LIX, Experience fur les Couleurs. nbsp;nbsp;nbsp;2,84
pROB. LX. Confruclion d'un photophore ou porte~ lumiere , tres-commode amp; trhs-avantageux pournbsp;éclairer une table ou Con lit ou icrit.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;285
Prob. LXI, Pa place dun objet, par exemple d'un papier fur une table , Itant dèterminie, 6*nbsp;celle du pied du flambeau qui doit 1'éclairer,nbsp;determiner la hauteur a laquelle il faut placernbsp;cette lumiere pour que cet objet folt le plus eclairénbsp;qu il ef pofjible.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;287
Prob. LXII. Quel ef le rapport de la lumiere de la lune d celle du foleil ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;288
Prob. LXIII. Dequelques illufons Optiques. 290
Prob. LXIV. Ef - il vrai que la lumiere fe ré-féchit plus vivement de dejfus I'air que de deffus I'eau ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;295
Prob. LXV. Expojltion d'un phenomene non~ appergu ou neglige par les Phyfeiens. 296
Prob. LXVI. De quelques autres Phénomenes cu~ rieux des Couleurs 6' de la Vifon.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;297
-ocr page 493-DES MATIERES. nbsp;nbsp;nbsp;429
PrOB. LXVII. Dktrminer cornblen de temps la. fenfation de la lumiere dure dans PoeiL 300
SUPPLÉMENT, contenant un précis d'Obfer-vations microfcopiques les plus curieufes, 301 I. Des animaux oii prétendus animaux danbsp;vinaigre amp; des infujions des plantes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;302
§. II. Des Animaux fpermatiques. nbsp;nbsp;nbsp;305
§. III. Des Animaux ou Molecules mobiles da bli vicié.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;309
IV. Des Mouvements de la Tremella. nbsp;nbsp;nbsp;310
§. V. De la Circulation du Sang. nbsp;nbsp;nbsp;312
§. VI. De la Compojition du Sang. nbsp;nbsp;nbsp;314
§. VII. De la Peau^ de fes Pores amp; de fes Ecailles,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
VIII. nbsp;nbsp;nbsp;Des Polls des Animaux,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;31Ó
IX. nbsp;nbsp;nbsp;Singularilés des Yeux dans la plupart
des Infecles. nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
§. X. Des Mites du fromage, amp; autres. 3 18 §. XI. Le Pon amp; la Puce.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;319
§. XII. La Moifjfure. nbsp;nbsp;nbsp;311
§. XIII* La Pouffere du Lycoperdon. nbsp;nbsp;nbsp;321
§. XIV. De la Poufjlure des étamines des Fleurs.
323
§.xv. Les Trous apparents de quelques feuilks de Plantes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
§. XVI. Le Duvet des Plantes. nbsp;nbsp;nbsp;324
§.XVII. Des Etincelles quon tire dun fujil dacier avecune pierre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
§. XVIII. Les Afpérités des corps qui paroijfent ks plus polis amp; les plus tranchants.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;325
§. XIX. Des Sables vus au Microfcope. 316 §. XX. Les Pores du Charbon^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
-ocr page 494-430
TABLE
Acoustique et Musique.
.A.RTICLE PREMIER. En quoi conjifl^ font comnunt il fe répand, amp; fe tranfmct a notrtnbsp;orgam: experiences relatives a eet objet : desnbsp;diver fes manieres de produire Ie fon- 350
ARTICLE II. Sur la viteffe du fon : experiences pour la determiner: maniere de mefurer les dif~nbsp;tances par ce moyen,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;334
ARTICLE III. Comment les fans peuvent fe ré-pandre dans tous les fens fans confujion. 33^
ARTICLE IV. Des echos : leur produehon : hij'~ toire des Echos les plus célebres : de quelquesnbsp;autres phénomenes analogues.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;340
ARTICLE V. Experiences fur les vibrations des cordes fonores ^ qui font ui bafe de la Mujiquenbsp;thiorique.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j yj
ProBLÊME. Determiner le nombre de vibrations que fait line corde de longueur 6* de groffeur données , amp; tendue par un poidsnbsp;donne ; ou bien, quel ejl le nombre de vibrations qui forme un ton ajjigné?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;331
ARTICLE VI. Maniere dajouter^ foufraire les Accords entreux, les divifer, les multiplier^
Pros. I, Ajouter deux accords entreux. 336 PrOB. II. Soufraire un accord dun autre, 337nbsp;ProB. III. Doubler ou multiplier un accordnbsp;autant de fois quon voudra,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;338
-ocr page 495-DES MATIERES. 431 pROB. IV. Divifer un accord par td nombrcnbsp;quon voiidra , ou trouvtr un accord qui foknbsp;la moitic, k tiers, amp;c. d'un accord donnè.
ARTICLE VII, De la Réfonnance du corps fo~ nore , principe fondamental de Vharmonie amp;nbsp;de la mélodie : autres phinomenes harmoni-ques,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
Question. Les fans harmoniques quon entend avec Ie fon principal ^ ont-ils leur fource immediate dans Ie corps fonore , ou réjident-ilsnbsp;feulement dans l'air ou dans l'organe ? 364nbsp;ARTICLE VIII. Des différents Syjiémes de Mu-jique , Grec , Moderne , amp; de leurs particula-lités,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;366
I. nbsp;nbsp;nbsp;Denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la Mujique Grecque.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibid.
II. nbsp;nbsp;nbsp;De la Mujique Moderne.
article nbsp;nbsp;nbsp;IX. Paradoxes mujicaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;377
I, On nt peut entonner jujle ces fons y foi, ut, la , re , fol, fgavoir, de fol d ut en rnon-tant, de ut d la en defCendant de tierce mi~nbsp;neiire , puis montant de quarte d re, (S redef-cendant de re d fol , de quinte ; on ne peut ,nbsp;dis-je , entonner jujle ces intervalles, amp; fairenbsp;Ie fecond fol d Funffon du premie. ibid.nbsp;§. II. Dans un infrument d touches , commenbsp;dans un clavejjin , il ejl impojjibk que lesnbsp;tierces amp; les quint es foient enjembie jujles.
g. III. Une note inférieure, par exemple re,
ajfeciée du diefe, riejl pas la menie chofe que la note fupérieure mi, affectie du bémol; 6*nbsp;ainfi des autres notes dijlantes d'un ton entïer.
380
-ocr page 496-4J2 TABLE DES MATIERES. ARTICLE X. Quelle ejl la caufe du plaijlr mu-»nbsp;jical? Dés effets de la mujique fur les hommesnbsp;amp; fur les animaux.
ARTICLE XI. Des proprietis de quelques injlru-rm^s, fur-tout des injlrumertts a vent. 389 ARTlfcLE XII. Du fon fixe : maniere de Ie tranf-medBfe amp; de Ie conferver,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;392
ARTICLE XI[[. ApplicationJinguliere de la mu-fique d une quefiion de mécanique, nbsp;nbsp;nbsp;395
ARTICLE XIV. Quelques confidérations fingu-lieres fur les diefes 6* fur les béinols, ainfique fur leur progreffion dans leur différents tons. 3 97nbsp;ARTICLE XV. Maniere de perfetlionner les Inf~nbsp;truments d cylindre, amp; de les rendre capablesnbsp;dexécuter toutes fortes déairs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;402
ARTICLE XVI. De quelques Inflruments ou Machines de Mufiques , remarquables par leurnbsp;Jingularité ou leur compojïtion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;407
ARTICLE XVII. Dun injlrument nouveauap~ pellé harmonica.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;409
ARTICLE XVIII. De quelques idéés bi^arr^ relatives d la Mufique. nbsp;nbsp;nbsp;2