LIBRAIIUE DES HERITIERS DOORMAN,
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D U N E
QUI MONTRENT
Comment la Compression peut modifier Taction de la Chaleur.
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DUNE
QUI MONTRENT
Par Sir James Hall, BarA, Membre de la Sociéle Royale dEditubourg j
TRADUIT DE lANGEOIS
Par M. A. P I c t e t ; De la Legion cVHonneur; Corresj]. de VInstitul; Membre de la Soc. Roy. denbsp;Londres et de celle LRdimhourg; des Soc. pour tao. desnbsp;Arts, et de P1iy.s. et hist. nat. de Genève; deplusieursnbsp;Sociétés nalionales et étrangères ; et Prof. de Phys.nbsp;théor. et exp. dans lAcadémie de Genève.
Avec les figures
L.jjv.v,, originales, representant tons les ap-pareils et quelques-uns des priacipaux résultals.
A GENÈVE,
Ghez J. j- Paschoud , Imprlmeur-Libraire. 1807.
AVANT-PROPOS
DU TRADUCTEUR.
On a dit, avec beaucoup de raison quil nest pas encore temps de fairenbsp;rfiistoire des revolutions du globe , etnbsp;dappeler Geologie lénoncé de quelquesnbsp;faits épars, et quelques apercus de leursnbsp;causes; matériaux informes, et dont lanbsp;ve'ritable place dans Fedilice de la sciencenbsp;nest pas même dëterminée.
Mais il est également vrai, que les grandes epoques de cette histoire outnbsp;laissë, dans toutes les contrëes alpines,nbsp;des traces tellemènt ëvidentes qüellesnbsp;frappent les yeux les moins exercés. Onnbsp;voit, dans les regions du globe les plusnbsp;ëloignëes des mers actuelles, des mon-tagnes très-élevees, composëes presque
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AVAN.T - PROPOS.
en entier de coquillages, et qui ont par conséquent occupé Ie fond de la mer.nbsp;Dans les coupes yerticales de leursnbsp;rocliers, on découYie quils sont formesnbsp;par couches ; et cette stratification est,nbsp;sous deux rapports, un grand phé-nomène : elle indique dabord que lanbsp;cause qui a forme les entasseniens a aginbsp;dune manière variée et successive ; etnbsp;ces mêines couches, par leurs inflexions,nbsp;souvent brusques, et indéfiniment con-lournées, annoncent encore que , pendant quelles étoient dans un état denbsp;mollesse, une cause assez puissante pournbsp;les soulever les a fléchies et bouleverséesnbsp;de mille manières.
Ces premiers événemens dans ihistoire de notie globe nadmettent pas Ie doute:nbsp;et rechercher les causes qui ont pu lesnbsp;produire, cest placer la science sur sanbsp;base yeritablej car lexplication de ces
A V ANT-P R O P O S, VI]
falls de première importance, si elle etoit heureuse el juste , seroit sans doute fé-conde dans ses consequences, comme 1estnbsp;toiijours la verite ; et elle sappliqueroitnbsp;a bien dautres phénornènes dun ordienbsp;inferieur, dont il ne faut pas chercher anbsp;rendre raison tant quon nest pas èclairénbsp;sur les grandes causes, et quon ignorenbsp;le mode et la limite de leur action.
Leau, et le feu , sont les seuls agens dont la force connue puisse étre en rapport avec ces effets prodigieux dont ilnbsp;faut rendre compte. Laction separee denbsp;Fun, oude Fautre, a son caractere particulier applicable a certains fails denbsp;detail: Feau tranquille produit les dépotsnbsp;en couches horizontales; agitée, les stratifications ondoyantes : le feu agissantnbsp;seul liquefie; il sublime, il vaporise.nbsp;Mais la reunion de ces deux agens creenbsp;une force particulière, dont Fénergie est,
\uj AVANT-^PROPOS.
enquelque sorte, illimitëe; dont les effets sont susceptibles dune vaiiëté infinie, etnbsp;que Fiadustrie humaine a su mettre anbsp;profit avant que la science imaginat aussinbsp;de sen pre'valoir,
Mais, si 1on se bornoit a conside'rer les effets de Faction simultanée de cesnbsp;deux forces seulement, on ny trouve-roit quun moyen puissant de dissolutionnbsp;des matières les plus rósistantes , dex-pansion indëfinie des substances vapo-risables, de bouleversenient dans toutesnbsp;les masses qui se rencontreroient sur Ienbsp;passage de ces fluïdes élastiques en action.nbsp;II ne faut point oublier quune troisièmenbsp;force , la pesanteur, est en presence ;nbsp;quelle rcsiste, par la pression quellenbsp;produit dans tous les sens, a Faction denbsp;ces forces expausives, et quelle arnènenbsp;nëoessairement un ëtat dëqnilibre dansnbsp;ces forces, rëagissent, pour aiusi
AVANT-PROPaS.
dire, sur elles-mêmes: elles contlennent: alors et rapproclient, par la corapressiounbsp;quelles exercent, ces mêmes ëlemensnbsp;quelles lanceroient au loin dans Fespacenbsp;sans Fobstacle insurmontable que leurnbsp;oppose la gravitation.
Rechercber les effets qui doivent rë-suiter de cette pression, et les modib cations quelle doit apporter a Factionnbsp;expansive ordinaire du feu, seul, ou uninbsp;a Feau, cest soccuper de Fun des plusnbsp;beaux problèmes que la physique et lanbsp;haute chimie puissent oflfrir. Cette recherche a fait, pendant plusieurs annëes,nbsp;Fobjet des mëditations et du travail assidnnbsp;de Fauteur de Fouvrage dont nous offronsnbsp;au public la traduction complete et littë-rale. On iFa pas vu, depuis les temps denbsp;Fillustre Lavoisier , un individu fairenbsp;a la science des sacrifices aussi ëtendusnbsp;et aussi profitabies pour cllc que ceux
AVAN T-P R OP OS.
par lesquels Sir James Hall sest distingue dans celte recherche , qui offre dailleurs un modèle de perseverance etnbsp;de sagacite', dans Finvention et dans lanbsp;conduite de plusieurs centaines dexpé-riences délicates , difficiles, et quelque-fois dangereuses.
Les resultats quil a obtenus Font pleinement dedommagé : ils ont prouvdnbsp;avec evidence, que la pression modifioitnbsp;essentiellement les elTets ordinaires de lanbsp;chaleur ; que la méme pierre, Ie mémenbsp;coquillage, qui se convertissent en chauxnbsp;a feu ouvert, conservent leur acide car-bonique lorsquils sont comprime's j quenbsp;ces malières deviennent fusibles et cris-tallisables sous cette double action ; etnbsp;que, sous la menie influence compressive,nbsp;les substances animales et végetales senbsp;transforment en im combustible analoguenbsp;a la houille. II a determine Fintensilé
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AVAN T-P R O P O S.
absolue de la pression qui produlsolt ces qlFets, et il Ia trouvee encore inferieurenbsp;a celle qui devoit exister an fond desnbsp;mers , on sous une enveloppe elastiquenbsp;de pression equivalente, quand le feu ynbsp;travailloit les composes qui recouvrentnbsp;actuellement la surface du globe. Certes ,nbsp;on ne peut contribuer plus esseiitiellementnbsp;aux progres de la science, en Ietablissantnbsp;sur des bases plus solides que ne 1a faitnbsp;Iauteur de ces belles experiences. 11 anbsp;depose au Musee Britannique la collection autbentique des e'chantillons quellesnbsp;ont produit, et il en a adresse un doublenbsp;a Ilnstitut de France,
Nous avons rendu compte, dans plu-sieurs extraits insérésdans la Bihliothèque Britannique, de ce travail intéressant ;nbsp;mais Iauteur nous ayant invite a en entre-prendre la traduction, nous avons dau-tant moins hésité a le faire , quen nous
AVANT-PROPOS.
communiquant en même temps les planches originales, dont lexécution est fort belle, il a leve Ie seul obstacle qui auroitnbsp;pu retarder 1accomplissement de son veen:nbsp;nous avons cherche' a nous y conformernbsp;a tons egards j et, loin davoir rien abrëgénbsp;OU retranchë, nous avons ajouté a la finnbsp;un morceau qui rend 1oüvrage plus complet , et que nous nous sommes procurenbsp;dailleursj cest Ie Catalogue descriptif etnbsp;raisonnë des e'chantillons deposes aunbsp;Musëe.
Genève, Ie 20 Fëvrier 1807.
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I.
revolutions dans le règne
jiNCIENNES
mineral, Inutilité des efforts fails pour les ex-pliquer. La geologie ne peut se passer de la chiniie. Importance du carbonate de chaux.
nbsp;nbsp;nbsp;La decouverte de Vacide carbonique, due dnbsp;Slack, a détruit les anciennes theories ignées,nbsp;mais elle a donné naissance d celle de Hutton.
nbsp;nbsp;nbsp;Progrès des idéés de Vauteur d Végard denbsp;cette théorie. Experiences sur les effets denbsp;la chaleiir reunie d la compression, suggéréesnbsp;au D.^ Hutton en 1790. Llles sont entreprisesnbsp;par Vauteur e?i 1798. Considerations surnbsp;lesquelles il fondoit ses espérances de succes.
I I.
Page 1
Principes amp; execution des experiences suivatites.
nbsp;nbsp;nbsp;Experiences avec des canons de fusil remqjlisnbsp;de glaise cuite et pulvérisée, et soudés ci Vorifice.
nbsp;nbsp;nbsp;Procédé avec le métal fusible, Effets re-rnarquahles de son expansion. Nécessité din-^nbsp;troduire de Vair. Résultats obtenus. Page 18
I I I.
Experiences faites dans des tubes de porcelaine. Tubes de terre de Hsdgwood. - Uloyen employé
VHJ T B B L E DES C II A P I ï R E S. pbur contenir V acide carbonique et pour fermernbsp;les pores de la porcelaine dans iin a.ppared lio-j'izontal. On adopte l'apqMreil vertical, --Exposé des résultats ohtenus avec lefer, et avecnbsp;la porcelaine. Foi'malion de lapierre d cliauxnbsp;et du marhre. Recherche de la cause desnbsp;calcinations partielles, On pèsê les tubes denbsp;porcelaine avant de les rompre. Preuve quenbsp;les experiences avec les tubes de porcelaine ontnbsp;des limites.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;58
Reprise des experiences dans les canons de fusil.
nbsp;nbsp;nbsp;On leur adaple Pappareil vertical, Canonsnbsp;percés dans des barres solides, Dans dufer denbsp;la variété dite vieille zibeline. - Fusion du carbonate de cJiaux. Son action sur la porcelaine.
nbsp;nbsp;nbsp;jippareil additionnel devenu nécessaire , ennbsp;conséquence de cette action. Bons résultats , etnbsp;surtout quatre experiences qui éclaircissent lanbsp;théorie de la calcination interne, et qui rnontrentnbsp;Pefficacilé de Vacide carbonique comme flux.
Page 63
Experiences dans lesquelles on einploie Peau pour augrnenler lélasticité cZe Vair renfermé - Cas denbsp;compression complete. - Observations générales.
nbsp;nbsp;nbsp;Quelques experiences qui donnent des résultats
intéressans, et qui rnontrent, en particulier, une action réciproque enlre Ie silex el Ie carbonate denbsp;chaux,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Page 119
TABLE DES CHAPITRES. nbsp;nbsp;nbsp;jx
Experiences faites dans Ie platine apec Ie spath les coquillages et avec Ie carbonate de cliauxnbsp;parfaitementpur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Page i4i
Mesure de la force requise pour contenir lacide carbonique. Appareil avec la bouclie da canonnbsp;tournee en liaut, et un poids d Fextrémité dunnbsp;long leviet'. Appareil avec la bouclie tourneenbsp;en bas. Appareil avec Ie poids agissantdirec-tement sur Ie canon. Comparaison des diversnbsp;résultats.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Page iSg
Formation de la liouille. Circonstance qui me conduitd entreprendre ces experiences.-Résultatsnbsp;extraits dun Mémoire précédent. Solutionnbsp;de quelques dijficultès qu on a mis en avant. nbsp;Les fibres du bois conservées dans certainsnbsp;cos, ejfacées dans dautres, sous la pression. nbsp;Ressemblance qui existe entre ces résultats etnbsp;une suite de substances naturelles décrites parnbsp;M. Hatchett. 'II paroissent jeter du jour surnbsp;lliistoire du Surturbrand.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;180
Application des résultats qui précédent, d la geologie. Le feu, adtnis dans la théorie Hutto-nienne, est une modification de celui des volcans. Cette modification doit avo 'ir lieu dans unenbsp;lave anter'leurement d son émption. XJne lavenbsp;intérieure peut fondre lapierre a chaux. Les
xij nbsp;nbsp;nbsp;TABLE DES CIIAPITRESi
effets du feu des volcans sur les substances soü^^ marines et souterraines sont les mèmes que ceüxnbsp;attribués au feu dans la théorie de Hutton. --Hos couches ont été une fois dans une positionnbsp;analogue , et cest alors quelles ont éprouvénbsp;faction du feu. Toutes les conditions de lanbsp;théorie Hultonienne se irouvant ainsi réunies ,nbsp;on peut expdquer cVune manière satisfaisantenbsp;la formation de toutes les matières pierreusesinbsp; Conclusion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;196
Hppendix N.° 1.
Pesanteur spécifique de quelques-uns des échantd-lons obtenus. nbsp;nbsp;nbsp;Page 235
C AT AhOGTJ P, des échantillons dèposés par Sir James Hall au Musée Britannique Ie s8 Juinnbsp;1806, comme éiant lesprincipaux résultals denbsp;ses experiences sur les ejfets de la chaleur modi-fiéspar la compression.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Page 253
DkSTINÉËS a MONTRËR COMMENT LA COMPRESSION PEUT MODIFIER lACTION DB LA CHALEUR»
Anciennes revolutions dans U regne mineral -Inutilite des ejfjrts,faitspour les expliquei\nbsp;-La geologie ne peutse passer de la chimie^nbsp; Importance du carbonate de chaux, nbsp;La dècouverte de Vacide carhonique, duenbsp;ti Black, a détruit les anciennes ihèoriesnbsp;ignée-s, mais elle a donné naissance d cellènbsp;de Hulton.Progrès des idees dé auteurnbsp;d légard de cette théorie. Expériencesnbsp;sur les effets de la chaleur reunie a lanbsp;compression i suggèrées au Hutton etinbsp;17go.~jE//e.S sont entreprises par Vauteurnbsp;ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ Considérations sur lesqüelles
ilfondoit ses espèrances de succes,
^X'ous les observatéurs qui ont e'tudië la structure des rochers et des montagnes
2 EXPERIENCES SUR laCTION
doivent être convaincus que notre globe na pas toujours existe dans son état actuel jnbsp;mais que toute sa masse , du moinsnbsp;jusquau teiine que peuvent atteindre nosnbsp;observations , a ëié agite'e et bouleverseenbsp;par les re'yolutions les plus violentes.
Les faits qui conduisent a ces conclusions, quoiquobserves imparraitement,ne pouvoient manquer deveiller la curiosite',nbsp;et de faire naitre le desir de tracer Ihistoirenbsp;et de rechercher les causes de'véuemensnbsp;aussi extraordinaires : on a fait diversesnbsp;teutatives a cet égard, mais avec peu denbsp;succes ; car, tandis quon faisoit, en astronomie el en physique, des decouvertes denbsp;la plus grande importance, les systèmesnbsp;enfantes par les geologues etoient tellementnbsp;imaginaires , et quelquefois si puerils ,nbsp;quils meritoient a peine une relutationnbsp;sérietise.
Une des causes principals de ce non-succes paroit avoir étélétat dimperfection de la chimie , qui na gueres commencenbsp;que de nos jours a mériter le nom denbsp;science. Tandis quelle etoit dans son
DE LA CH ALEE ft etC. enfance, il ëtolt impossible quela geologienbsp;fit aucun progrès, puisquon saccorde anbsp;reconnoitre que la plupart des circons-tances impoitantes quelle doit expliquernbsp;dëpendoient des principes cliiftiiques.nbsp;Ainsi, la consolidation du sable en bancsnbsp;de pierre solide ; la cristallisation desnbsp;substances qui accompagnent ces couchesnbsp;et leur sont entremêlées de diversesnbsp;manières , sont des circonstances chimi-ques, de leur nature ; et tous ceux quinbsp;ont ëbauché des theories de la terre, ontnbsp;cherchë , par des argumens tirës de lanbsp;chimie, a concilier ces faits avec leursnbsp;hypotheses.
Le feu et Yeau , les seuls agens de la nature qui, daprès 1observation gënërale,nbsp;produisent les matièies pierreuses , ontnbsp;ëtë mis en avant par les sectes opposëesnbsp;des gëologues gt; pour expliquer tous lesnbsp;phënomènes du règne mineral.
Mais, les propriëlës connues de Feau ne permettent pas quon lui attribue unenbsp;influence universelle , puisquune très-grande partie des substances dont il faut
4 EXPERIENCES SUR lACTION expliquer Ietat actuel, sont a peu presnbsp;insolubles dans ce liquide ; dailleurs, ennbsp;les supposant même tiès-solubles , lanbsp;quantile deau qui existe , et celle-lanbsp;meme qui pourroil exister dans iiotrenbsp;planete, seroit fort inferieure a la quantile'nbsp;ne'cessaire a Ioffice que leur assigne lanbsp;theorie neptunienne (i). Dautre part,nbsp;Jes proprietes connues du feu ne sont pasnbsp;moins insuffisantes pour Iexplicatioanbsp;désirée , car, diverses substances quounbsp;rencontre frequemment dans le règnenbsp;mineral, semblent exclure, par leUr seulenbsp;presence, la possibilite de 1agence sup-posee de cet élement: Texperience montrenbsp;que ces substances sont totaleraent chan-gees, et quelquefois detruites , dans nosnbsp;feux ordinaires.
Dans ces circonstances , les partisans de Fun ou de 1autre des deux systèmcsnbsp;out pu refuter avec beaucoup de succesnbsp;les opinions de leurs adversaires , mais
(1') Illustrations of the Huttonian theory ,^^33: M. le professeur Plajfeir.
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;5
ils nont pu soutenir qiie folblement les leurs propres; et cest peut-être a Fa vantagenbsp;dechacun des systèmes dans Fattaque denbsp;celui qui lui ëtoit oppose', et au dëfautnbsp;dune troisième hypothese a laquellenbsp;Fopinion put raisonnablement sattacher,nbsp;quil faut attribuer Ie crédit dont a jouinbsp;lun et Fautie de ces deux systèmes , etnbsp;ce mode de raisonnement peu philoso-phique que se sont souvent permis impu-nément les auteurs qui ont écrit sur lanbsp;geologie , et quon nauroit pas toléré silnbsp;se fut agi dautres sciences.
Entre toutes les substances minérales , Ie carbonate de chaux est indubita-bleraent la plus importante , si on lanbsp;considère sous un point de vue general.nbsp;Comme pierre calcaire , ou marbre, ellenbsp;forme unc partie considerable de Fécorc*nbsp;du globe dans beaucoup de regions ; etnbsp;sous la forme de veines ou nodules denbsp;spath; elle sinsinue dans presque toutesnbsp;les aulres pierres. Ainsi, son histoire estnbsp;telle ment entremêlée dans celle de toutnbsp;Ie règne mineral , que la destinée dune
6 EXPERIENCES SUR LaCTION theorie gëologique quelconque doit dë-pendre beaucoup de son application plusnbsp;OU moins heureuse aux diverses conditions de cette substance. Mais, jusquanbsp;ce que Ie docteur Black, par sa dëcou-¦yerte de 1acide carbonique eut expliquënbsp;la nature chiiriique du carbonate de cliaux,nbsp;on ne pouvoit se former aucune theorienbsp;raisonnable des revolutions chimiquesnbsp;auxquelles cette substance avoit du êtrenbsp;indubitablement soumise.
Cette dëcouverte paroissoit dabord étre contraire a faction supposëe du feu;nbsp;car la decomposition de la pierre 'a chaux,nbsp;dans Ie feu ordinaire des fourneaux, estnbsp;un fait trop connu et trop certain pournbsp;quon puisse attribuer a fagent ignë lanbsp;formation de cette méme pierre, ou denbsp;telle masse qui la contiendroit dans sonnbsp;intérieur.
La consideration de cette difficultë conduisit Ie D.quot; Hutton a admettre unnbsp;mode particulier daction du feu qui ca-ractérise sa théorie ; système qui, dansnbsp;mon opinion , a donné au monde savant
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;7
la veritable solution de 1un des problèmes les plus intéiessans qui aient janaais occupénbsp;les naturalistes.
II a suppose':
1. Que la cbaleur , dans quelquenbsp;e'poque ëloignée , a agi sur toutes lesnbsp;substances pierreuses;
2. Que, pendant cette action, toutesnbsp;ces matières , celles-la même qui sontnbsp;actuellement a la surface , étoient recou-vertes dune masse qui exercoit sur ellesnbsp;une pressioa considerable;
3. Quen consequence de Vaction com-biuëe de la cbaleur et de la pression, lesnbsp;eftets produits ont ëté dilfërens de ceuxnbsp;que prod uit communëment la cbaleurnbsp;seule; et quen particulier, Ie carbonatenbsp;de chaux a ëté rëduit a un ëtat de fusionnbsp;plus OU moius complete, sans calcination.
Le principe fondamental et caractëris-tique de cette tbëorie se trouve done in-diquë dans le mot compression; et, par une seule bypotbèse bardie , c{ui reposenbsp;sur ce principe, 1auteur a essayë denbsp;lëpondre a toutes les objections c[uon
B EXPERIENCES SUR lACTION fait coiitre faction simple du feu , etnbsp;dexpliquer les ciiconstances dans les^nbsp;quelles on trouve les minëraux fort dilfë-rens de ce quils seroient sils eussent ëtênbsp;soumis au feu ordinaire de nos fourneaux.
Mais ce système entrame , des Ie premier pas, tant de suppositions contraires, en apparence, a lexpérience la plus commune , quon 1a peu examine' jusquanbsp;pre'sent, et que son mérite reel na éténbsp;connii et apprécié que dun petit nombrenbsp;dindividus. Jai été moi-méme long-tempsnbsp;étranger a cette dernière classe. Car jenbsp;dois avouer, qua la lecture du premiernbsp;écrit du D/ Hutton sur ces matières,nbsp;je fus conduit a rejeter totalement sonnbsp;système ; et peut-être aurois-je conservenbsp;cette opinion, avec la grande majorité desnbsp;géologues, sans mes liaisons dintimité avecnbsp;Fauteur, dont la vivacité et la clarté ennbsp;conversation formoient un contraste frappant avec Fobscurité de son stylè. Je fusnbsp;entramé par ce charme et par les faitsnbsp;iiombreux que son système Favoit mis anbsp;porlécdobserver, a écouter ses argumeus
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;9
en faveur dune opinion que je considérois alors comme mi pur ouvrage de 1imagl-nation. Je retirai ainsi de sa conversationnbsp;Ie méme avantage que la lecture desnbsp;Eclaircisssmens sur la théorie Ilutto-nienne 3 de M.' Playfair , a procure auxnbsp;amateurs de ces recherches, et jéprouvainbsp;la méme influence quexerce maintenantnbsp;eet ouvrage sur les esprits de nos savansnbsp;les plus distingués,
Après trois ans dune guerre presque journalière avec Ie D/ Hutton, sur sanbsp;théorie , je commencai a envisager sesnbsp;principes avec moins de repugnance. ïlnbsp;y a, je Ie crois, dans toutes les recherchesnbsp;scientifiques, une période a laquelle lesnbsp;conjectures du génie cessent de paroitrenbsp;extravagantes , et ou la fertiliié avecnbsp;laquelle un certain principe explique lesnbsp;phénornènes peut étre mise en balancenbsp;contre son impiobabilité , comme hypo-thèse. La vue partielle de la vérité quenbsp;nous obtenons alors, est peut-étre 1aspectnbsp;Ie plus attrayant sous lequel elle se présente jamais , et celui sous lequel elle
lo EXPERIENCES SUR L ACTION porte Ie plus ënergiquement un espritnbsp;actif vers la recherche. Le nuage quinbsp;obscurcissoit cectaines faces des objets senbsp;dissipepar degrés; ils paroissent sous leursnbsp;ve'ritables couleurs, et en même tempsnbsp;OU entrevoit au lola une perspective dontnbsp;on ne soupconnoit guères Tétendue.
Entrant alors se'rieusement dans Ia serie des raisonnemens du D.^ Hutton, jenbsp;reconnus dabord quil falloit commencernbsp;par ëtablir les elFets chimiques quil altrl-buoit a la compression : car , a moinsnbsp;quon ne nous donnat quelque bonnenbsp;raison de croire que la chaleur seroitnbsp;modifiée par la pression , ainsi quilnbsp;1affirmoit, peu nous importoit de savoirnbsp;que ces deux causes avoient concourunbsp;simultanëment. Sa persuasion a eet e'gardnbsp;reposoit sur 1analogie , et sur ce quenbsp;riiypothèse expliquoit tous les phéno-mènes dune manière satisfaisante. II menbsp;parut cependant, que le principe fonda-niental e'toit susceptible detre ëtabli dunenbsp;manière directe par 1experience , et je lenbsp;pressai deii faire lessai. Mais il y répugna
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;11
toujours, a cause de Pimmensite des agens naturels, dont les operations etoient, selonnbsp;lui, hors de la portee de tousnos procMesnbsp;dimitation. II paroissoit persuade quonnbsp;echoueroit a eet egard , et que Ie non-succès jeteroit du discredit sur une opinionnbsp;quil regardoit comme susceptible detrenbsp;suffisamment prouvée par dautres principes. Je ne'tois point convaincu par sesnbsp;argumens ; car, sans pouvoir affirmet'nbsp;quune compression artificielle quelconquenbsp;a laquelle on soumettroit Ie carbonate,nbsp;empécberoit sa calcination dans nos feuxnbsp;ordinaires, je soutenois que Ie contrairenbsp;netoit point prouve, et que lapplicationnbsp;dune force modeiëe pourroit peut-êtrenbsp;exe'cuter réellement tont ce que la théorienbsp;de Hutton iie faisoit que supposer possible.nbsp;Mais, dautrepart,ienieconsidérois commenbsp;oblige a respecter son opinion dans unenbsp;carrière de recherches quil avoit dejiinbsp;parcoutue dune manière si distinguee, etnbsp;je mabstins, taut quil vecut, de continuernbsp;quelques experiences sur les elFets de lanbsp;compression , que javois comniencees ennbsp;1790.
1 2 experiences sur laction
En 1798 je repris ce sujet avec empres-semenl , toujours persuade' que la loi cbimique sur laquelle repose la the'orienbsp;de Hutton , devolt étre e'tablie prëala-blement par voie dexperience : toutesnbsp;mes reflexions et mes observations subse'-quentes me confirmèrent dans 1opinion ohnbsp;jëtois de rimportance de cette recherche,nbsp;et ne miaspivèient pas plus dinquiétudenbsp;que je nen avois dans rorigine sur sesnbsp;re'sultats.
Dans 1ordre que je me propose de suivre , je me bornerai dabord a lanbsp;recherche des elfets chimiques de la cha-leur uniek la compression, et je re'serverainbsp;pour la conclusion 1applicalion de mesnbsp;résultats a la geologie. Alors jappellerainbsp;en cause les volcans , et je chercherai anbsp;appiiyer les lois mises en avant dans lanbsp;theorie Huttonienne, en montrant quenbsp;les laves, avant leur eruption, sont soumises a des lois analogues , et que lesnbsp;volcans, par leurs elForts , tant sous lanbsp;terre que sous la mer, doivent produirenbsp;sous nos yeux , des rësultats semblables
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;l3
a ceux que cette même theorie attribue a lancienne action du feu.
En comparant les operations Hutto-niennes avec eelles des volcans, je me prévaudrai de quelques faits que lesnbsp;recherches suivantes mont fait connoitre,nbsp;et qui rnont indiquë la limite precise denbsp;Tintensité de Ia chaleur et de la forcenbsp;de compression requises pour remplir lesnbsp;conditions de Fhypothèse du D.quot; Hutton.nbsp;Car, seion lui, la puissance de ces agensnbsp;ëtuit très-consldërable, mais tout-a-faitnbsp;indëfinie ; il ëloit done impossible denbsp;comparer, axec quelque prëcision, leursnbsp;elfets supposes, aux phënomènes de lanbsp;nature.
Je mappliquai presque exclusivement a ëtudier les modifications du carbonatenbsp;de chaux, sur lequel je raisonnois de lanbsp;manière suivante : Lacide carbonique,nbsp;non combinë , existe naturellement sousnbsp;forme gazeuse dans la tempërature ordinaire de latmosphere mais lorsquil estnbsp;uni a la chaux , sa volatilitë est rëprimëe,nbsp;a cette méme temperature , par la force
l4 EXPERIENCES SUR lACTION chimique de la substance terreuse qui Ienbsp;contient a 1etat solide. Lorsque la temperature selève jusquau degre de 1ignition,nbsp;1acide acquiert une volatilité qui 1em-porte sur son affinite avec la chaux ; ilnbsp;labandonne, et prend sa forme gazeuse.nbsp;II est évident que, si par quelque moyennbsp;1on augmentoit la force attractive de lanbsp;chaux, OU si lon diminuoit la volatiliténbsp;de lacide, Ie compose pourroit soutenirnbsp;sans decomposition un degré de chaleuïnbsp;plus grand quil ne peut Ie faire dans lesnbsp;éirconstances ordinaires. Or, la pressionnbsp;doit produire un effet de ce genre ; carnbsp;lorsquune force mécanique soppose anbsp;lexpansion de facide, sa volatilité doitnbsp;étre diminuée dans un certain degré. Onnbsp;peut done sattendre que, sous une pressionnbsp;donnée, Ie carbonate supportera, sans senbsp;decomposer , un degré de chaleur quinbsp;1auroit calciné a fair libre. Mais, 1expé-rience seule peut nous apprendre quellenbsp;est la force de compression requise pournbsp;que Ie carbonate résiste a une élévationnbsp;donnée dans sa temperature, et quel doit
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;l5
ètre Ie rësultat dune operation de ce genre. Quelques-uns des composes denbsp;chaux et des divers acides sont fusibles,nbsp;dautres sont rëfractaires, Le carbonate,nbsp;sil ëtoit contraint par la pression anbsp;Supporter une temperature convenable,nbsp;pourroit être aussi fusible que le muriate.
Une circonstance , tirëe de la tbëorie Huttonienne, me conduisit a espérer quenbsp;le carbonate seroit aisément fusible , etnbsp;elle mindiqua le point précis auquel jenbsp;pouvois attendre cette fusion. Rien nestnbsp;plus ordinaire que de rencontrer des nodules de spath calcaire renfermës dansnbsp;le whinstone; et nous supposons, daprèsnbsp;la théorie Huttonienne, que le whin etnbsp;le spath ont été simultanément liquides,nbsp;et sëparés lun de lautre comme le sontnbsp;lhuile et 1eau. II est naturel de rechercliernbsp;dans les surfaces de contact des deuxnbsp;substances, des indices de leur fusibiiiténbsp;relative; on remarquera, sous ce pointnbsp;de vue, que la surface du spath estgéné-ralement globulaire et polie, ce qui sem-bleroit proiiver que lorsque le whin sest
i6 experiences sür lactioN solidifié , Ie spath ëtoit encore a Fe'tatnbsp;liquide j car si Ie spath se fut congelënbsp;Ie premier, la tendance quil montre, dansnbsp;toutes les occasions ou il est libre , anbsp;former des cristaux proëminens , fauroitnbsp;chassë dans Ie whln encore liquide , ounbsp;ses cristaux se seroient moulës selon leursnbsp;formes particulières , ainsi que cela estnbsp;arrive a plusieurs substances renfermëesnbsp;dans Ie w^hin , et plus rëfractaires quenbsp;lui, et spëcialement a 1aiigite, au feld-*nbsp;spath, etc., qui toutes sëtant cristallisëesnbsp;dans Ie whin liquide , ont pris leursnbsp;formes particulières, avec une rëgulariténbsp;parfaite. Jen conclus , que lorsque Ienbsp;whin a passë a Fëtat solide , ce qui doitnbsp;avoir eu lieu vers Ie 28.* ou Ie 5o.' degrënbsp;du pyromètre de ^'\'^edgwood , Ie spathnbsp;ëtoit encore liquide. Javois done lieu denbsp;mattendre que si je pouvois forcer Ienbsp;carbonate a supporter une chaleur denbsp;28 sans dëcomposition , il eutreroit ennbsp;fusion. On verra par la suite que manbsp;conjecture nëtoit pas mal fondëe.
DE L.\. chAleur etc. nbsp;nbsp;nbsp;17
Je vais commencer a décrire ces expediences, dontjai eü lhonneur de mettre les resultats sous les yeux de la Socie'të,nbsp;Ie 3o aoüt dernier ( i8o4). Je sens plei-nement combien il est difficile, en rendantnbsp;compte de plus de cinq cents expediences,nbsp;toutes dirigëes vers un mêrae but, maisnbsp;très-differentes les unes des autres dansnbsp;leurs details, de se toaintenir ëgalementnbsp;ëloigné de la prolixité et du laconisme.nbsp;Je me propose de dëcrire, aussi briève-ment quil me sera possible, tons lesnbsp;procédés que jai employés, afin que lesnbsp;chimistes puissent répéter mes expériences.nbsp;Jinsisterai plus particulièiement sur lesnbsp;circonslances qui me paroitrönt conduitenbsp;a des conclusions de quelque importance.
Le résultat étant déja connu ,. je con-sidère les détails que je vais donner, comme adressés a ceux qui mettent denbsp;1intérét a la conduite des opérations denbsp;chimie : je ne crois pas qiiaux yeux denbsp;ces personnes, aucuue des particularitésnbsp;dans lesquelles je me propose dentrer,,nbsp;paroisse superflue.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
i8 EXPERIENCES SUR L ACTION
p7'incipe dexecution des experiences sui-vantes. ¦Experiences avec des canons de fusil remplis de glaise cuite et pulvèrisèe,nbsp;et soudés d lorifice. Procédé avec Ienbsp;inétal fusible. Ejfets remarquables denbsp;son expansion. hlécessité dintroduirenbsp;de Vair. Résultats obtenus.
ORSQUE je commengai des experiences sur les effets simultane's de la clialeurnbsp;reunie a la compression , je me donnainbsp;beaucoup de peine pour imaginer des vis,nbsp;des tampons, des couvercles, ajustës denbsp;manière ( a ce que jespérois ) quilsnbsp;pussent contenir toutes les substancesnbsp;élastiques j et peut-étre quelques-unesnbsp;de ces inventions auroient-elles rëussi,nbsp;mais je les mis toutes de cóté, lorsquaunbsp;mois de janvier 1798 il men vint unenbsp;a lesprit, qui, par sa simplicité, sappli-quoit aisément a tous les cas , et pro-duisoit tout 1effet quon pouvoit dësirer,nbsp;puisquelle contenoil dune manière im-
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I9
permeable toute substance gazeuse, jus-quau degré de resistance que pouvoit olFrir la cohesion des inatières mëtal-liques ou lerreuses , dont les vases em-plo5és étoient construits. Je vais indiquernbsp;ce procédé dune manière généiale, commenbsp;suit. Si Pon prend un tube creux ounbsp;canon AD (hg. 1), ferme a Tune denbsp;de ses extrémités et ouvert a lautre, etnbsp;quiaitun pied de longueur ou davantage,nbsp;il est évident quen introduisant lune denbsp;ses extrémités dans un fourneau, nousnbsp;pourrons la soumettre a un degré denbsp;clialeur aussi grand que lart puisse Ienbsp;pioduire , taudis que lautre extrémiténbsp;deraeurera froide, et pourra même, si onnbsp;Ie veut, être exposée a un degré de froidnbsp;extréme. Si alors on introduit dans lanbsp;culasse, ou 1extiémité fermée C D dunbsp;canon, la substance quon veut exposernbsp;a Paction combinée de la chaleur et denbsp;Ia pression, et quon vemplisse Ie i'^estenbsp;du canon de quelque substance réfractaire,nbsp;en laissant vers la bouche A B un petitnbsp;espace vide, on pourra chauffer Ie canon.
aO EXPERIENCES SUR laCTION de ce cóté, tandis que la culasse, quinbsp;contient 1objet de lexpërieiice,demeureranbsp;froide, et on fermera ce canon par luanbsp;quelconque des nombreux moyens qnenbsp;procure laction de la cbaleur, depuis lanbsp;temperature de Ia cire fondante, jusquesnbsp;a celle parlaquelle on soude Ie fer. Alors,nbsp;en retournant 1appareil et en introduisantnbsp;la culasse dans Ie fourneau, on peut luinbsp;appliquer la cbaleur, au degre' dintensitenbsp;requis, et avec la condition de la compression quil doit faire ëprouver a lanbsp;substance qui y est hermëtiquementnbsp;renferme'e.
Je mis pour la première fois ce projet a execution sur un canon de fusil ordinaire, coupé a 1endroit de la lumière,nbsp;et fortement soudé a Ia culasse avec unnbsp;tampon de fer. Jy introduisis Ie carbonatenbsp;pulverise' et refoule' dans dans une cartouche de papier ou de carton, pour Ienbsp;pre'server du contact du fer, qui avoit,nbsp;dans quelques essais précédens, sali Ienbsp;carbonate dans toute sa masse. Je refoulainbsp;ensuite sur Ie carbonate, de la glaise pul-
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;21
vérlsée , et qni avoit étë prëalablement cuite dans une assez forte clialeur j enfin,nbsp;je fermai la bouclie du canon , commenbsp;lavoit ëtë ia culasse, par un tampon sondenbsp;a la forge ordinaire, en maintenant froid.nbsp;Ie reste du canon, par lapplication denbsp;linges mo ui lies. Alois on introduisit lanbsp;culasse horlzoutalement dans une moiiHenbsp;ordinaire, chauffee jnsques au 20.' degrënbsp;du pyromètre de Wedgwood. On avoitnbsp;attache' une corde a la bouclie du canonnbsp;pour pouvoir Ie retirer sans dangernbsp;dexplosion (i). Cest aussi vers cette
(i) On eut lieu de reconiioilre une fois , dune mauière bien evidente, Fimportance de cette precaution. On avoit introduit, par mégarde, une quaiititénbsp;dhumidité assez considerable dans un canon soudé:nbsp;et avant qu'ilfut chanlFé au rouge , cette eau pro-duisit une explosion qui déchira Ie canon en formenbsp;de ruban aplati, et qui fit voler Ie fourneau en éclats.nbsp;Ledocteur Kennedy, quise trouvoitprésent, observanbsp;que, inalgré eet accident, il viendroit peut-être unnbsp;tems oü f on emploicroit Peau dans ces. experiencesnbsp;pour alder a la force de compression. Jai fait, depuisnbsp;cql te éjioque, un grand usage de ce inoyen quil ma voitnbsp;suggéré , inais a peine, hélas ! a-l-il assez vecu pour
32 EXPERIENCES SUR lacTION epoque que je fermai la boucLe du canonnbsp;avec un tampon fixe seulement avec denbsp;la soudure , procédé qui avoit Iavantagenbsp;de me permettre douvrir et de fermer cenbsp;canon sans être oblige davoir recouis anbsp;un ouvrier. Dans ces essais , plusieursnbsp;canons cédèrent a la lorce expansive;nbsp;dautres lui lésistèrent, et me donnèrentnbsp;des résultais trèsi-encourageans , et mêrnenbsp;tout a fait satisFaisans , si javois eu lanbsp;certitude de les obtenir par une repetitionnbsp;du procédé. Dans plusieurs de ces experiences, la craie, ou la pierre a chauxnbsp;ordinaire, introduite a 1 etat pulverulent,nbsp;se trouvoit, apiès loperation ,*agglutinéenbsp;en une masse pierreuse, quon ne pouvoitnbsp;eu voir Fapplicalion , car mon premier succes dansnbsp;Feraploi de son procédé date de 1 epoque dela maladienbsp;a laquelle il a succombé. Je nai couru des dansersnbsp;dans aucune aulre experience faile avec un canon denbsp;fer; les choscs éloient arrangées de manière quenbsp;Ffflbrl con tre les parois nc com mcn^oil que iorsqu vliesnbsp;étoienl rouges , lerapcralure a laquelle Ie mélal senbsp;trouve lamolli au pouil dcpouToir sedécliircr comnienbsp;uu morceoa de cuir.
DE LA CHALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;zS
rompre que par un coup de marteau assez fort, et qui piësentoit sous la pointe danbsp;canif la même resistance que la pierrenbsp;calcaire commune. Cette même substance,nbsp;plongéedanslacidenitiique, sy dissolvoitnbsp;en entier, avec une violente effervescence.
Dans Fune de ces experiences , Faction de la clialeur sur la cartouche de papiernbsp;teignit en noir toute la glaise pulvérisëenbsp;refoulëe sur Ie carbonate, jusquaux deuxnbsp;tiers de la longueur du canon. Cette cir-constance importante montre, que lorsnbsp;niême que la matière pulvérulenle estnbsp;refoulëe jusques a la bouche , ses interstices pcrmettent une expansion qui nuitnbsp;a la compression compléte : ce même faitnbsp;est analogue a ce quon observe quelque-fois dans les mines de houille, oü la matière bitumineuse paroit avoir ëtë chassëenbsp;bors de certaines couches par quelquenbsp;chaleur locale supérieure , tandis quenbsp;dans dautres couches, ëgalement com-primëes en apparence, Ie bitume sesEnbsp;conservë- On voit quelquefois des couchesnbsp;de schiste oude grès, imprëgnëes dans leur
24 EXPÉRIENCES SüR lACTION ëpaisseur par ce bitume ainsi expulsë denbsp;soa site primilif.
Jëtois occupë de ces experiences au printemps de 1annëe 1800 , époque anbsp;laquelle un événement important les in-terrompit pour une année. Mais je lesnbsp;repris en mars 1801, avec de nouveauxnbsp;plans dexécution, et des additions considerables a mes appareils.
Dans Ie cours de mes premiers essais javois eu Tidée dun procédé que je com-tnengai, acette époque, a mettre en pratique. Les chimistes connoissent 1alliagenbsp;fusible qui se liquéfie a Ia temperaturenbsp;de leau bouillante (1). Jimaginai quennbsp;substituant cette composition métalliquenbsp;a la glaise pulvérisée , je gagnerois dunbsp;temps et de la précision davis mes experiences ; cest-a-dire , quaprès avoirnbsp;introduit ie carbonate au fond du canon,nbsp;je pourrois achever de Ie remplir du métalnbsp;fondu; ensuite lorsquil seroit refroidi et
! ploinb ,
(\) Huil parties de bismuth, ciiio^ i tfois délaiii.
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;25
solldifië je pourrois introduire la culasse seule du canon sous la moufle, tandisnbsp;que je mainliendrois soigneuseraent Ienbsp;reste dans une temperature froide. II nynbsp;auroit ainsi de foadu dans Ie mëtalnbsp;fusible que la portion voisine de lanbsp;culasse, Ie reste formeroit ua tamponnbsp;qui contiendioit très-efScacement lacidenbsp;carbonique. Ensuite, lorsque fexpe'riencenbsp;seroit terminée , et Tappareil refroidi, jenbsp;nie dëbarrasserois aisëment du mëtalnbsp;fusible , en cliauffant Ie canon a un degrënbsp;lëgèrement supërieur au terme de leaunbsp;bouillante , temperature qui sulBroit anbsp;liquëfier falliage , et ne pourroit avoirnbsp;aucun effet sur Ie carbonate , que jenbsp;retirerois du canon pour lexaminer, aprèsnbsp;avoir verse au dehors Ie mëtal fondu.
Cette mëthode, avec quelques modifications OU additions, a ëtë suivie dans la plupart de mes experiences.
Jobservai, dans Ie premier essai que jen fisj un phënomène remarquable , qui menbsp;suggëra la plus importante de ces modifications. Javois rempli un canon de
20 EXPERIENCES SUR laCTION métal fusible, sans carbonate; et aprèsnbsp;avoir introduit la culasse sous la moufle,nbsp;je vis avec surprise, lorsque le fer futnbsp;prés de rougir , que le métal liquidenbsp;suiritoit au travers , en gouttelettes in-nombrables dont il étoii garni tout auteur. A mesure que la chaleur devenoitnbsp;plus forte la transsudation saugmentoit,nbsp;jusqua ce quenfin elle forma des filetsnbsp;continus , et le canon fut absoluraentnbsp;détérioié. Dans plusieui's essais du mêmenbsp;genre, le métal fusible chassé dans denbsp;très-petites fissures du canon , jaillissoitnbsp;au dehors a la distance de plusieursnbsp;verges, et se déposoit sur les corps solidesnbsp;environnans, sous la forme de fils très-Cns ressemblant 'a de la laine. Je nenbsp;tardai pas a comprendre que ce phéno-mène provenoit de Ia plus grande expan-sibilité du métal fusible relativement anbsp;son enveloppe solide ; reffoit qui ennbsp;résultoit chassoit le métal liquide aunbsp;travers du fer, comme 1eau avoit éténbsp;chassée au travers de largent par unenbsp;pression mécanicjue , dans 1expérience
DE LA CHALEÜR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;27
des académiciens de Florence (i ). Je prësumai que je pounois piévenir eetnbsp;efFet en enfermant dans Ie canon , avecnbsp;Ie mëtal fusible, une petite quantité dairnbsp;qni, en cédant un pen a (expansion dunbsp;liquide, sauveroit Ie canon. Ceite. precaution léussit parfaitement, et je lem-ployai dans toutes les experiences quinbsp;furent faices a cette epoque (2).
(1) nbsp;nbsp;nbsp;Essais d'expériences physiques faites dansnbsp;Vacadémie del Ciinento , traduit' par Waller ,nbsp;tiondres i684 , p. i i^. 'Vuyez la traduclioii lalinenbsp;de Muiclienbi'oeck. La Have, 1751, p. 63.
(2) nbsp;nbsp;nbsp;Jéprouvai beaucoup de difficulty a déteriniuernbsp;la quantité dair quil coiivenoit de reiifermer aiosi.nbsp;Si j en introduisois Irop , 1élaslicilé ¦ trop diniinuéenbsp;nuisoil au résuUal, aiusi que je Ie moiitrcrai ci-api'ès.nbsp;S'il ny avoit pas assez dair , ou si par accident ilnbsp;séchappoit avant Iexperience , Ie canon étoit tou-jours détruit.
Jcspérois pouvoir determiner Ie volume conve-nable a laisser dans Ie canon, en mesuranl la quantité dair chassée de ce même canon ouvert et exposé parnbsp;sa culasse a un degré de chaleur connu; mais je vis,nbsp;avec surprise que la quantité ainsi expulsée éloit dunnbsp;volume plus considerable que celui do 1air confinenbsp;avec Ie carbonate par Ie métal fusible, et exposé
aS EXPERIENCES SUR laCTIOK
Je me proposai alors , dans Ie but de conserver Ie carbonate bien pur , de Ienbsp;renfermer dans un petit vase approprië ;nbsp;et pour Ie rétirer plus commodcment a lanbsp;fin de [experience , jattacbai ce vase anbsp;une baguette de fer plus longue que Ienbsp;canon, et au moyeu de laquelle je 1in-troduisois ou Ie retirois a volonlë.
a la même lempcratnre. Or, conïme 1expansion du liquide ne paroït pas susceptible detre sensiblementnbsp;diminuée par une force qui agiroit en oppositionnbsp;contre elle, on ne peut expliquer ce fait que par unenbsp;dilatation du canon. Ainsi, .dans.ces experiences, lanbsp;force expansive de Iacide carbonique , celLe de 1airnbsp;ienfermé, etcelledu mélal fusible, agissoient ensemblenbsp;contre les parois du canon , qui cédoient en partie ,nbsp;ainsi que 1air reulcrmé. Ja vois pour objet daugmenlernbsp;lënergie de ccttc action réciproque , en diminuant lanbsp;quantité dair, et par daulres raoyens dont je parlerainbsp;ci-après. On ne pouvoit pas espérer beaucoup denbsp;precision dans des experiences qui devoient résulternbsp;de 1action simultanée de plusieurs forces dont lesnbsp;variations dependent de lois inconnues; et il nestnbsp;point étonnant quen essayaut datleindre jusques anbsp;la liraite de la force de compression jaie détruit unnbsp;très-grand nombre de canons de fer.
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;29
Je prenois un petit tube de verre (1) OU de porcelaine, de Reaumur, denviroiinbsp;un quart de pouce de diamètre, et longnbsp;dun OU de deux |)Ouces, A (fig. 2); je Ienbsp;remplissois a moitie de carbonate denbsp;chaux pulverise et refoule' aussi fortementnbsp;quil étoit possible; on achevoit de rem-plir Ie tube avec du silex en poudre , ounbsp;telle autre matière propre a empêcliernbsp;lintroduction du metal fusible , très-pénétrant lorsquil est liquide. Ce tube,nbsp;ainsi rempli, étoit introduit dans une cagenbsp;de fer ( df k A , fig. 3, 4, 5 et 6 ) fixéenbsp;a lextrémité m dune baguette de fer mn.nbsp;Cette cage avoit de trois a six pouces denbsp;longueur, et sa grosseur lui permettoitnbsp;dentrer aisément dans Ie canon. Ellenbsp;étoit composée de deux rondelles de fernbsp;circulaires , d e f g, e.\. h i k l { quonnbsp;^7oit de profil dans les figures), et perpen-diculaires'a 1axe de Ia baguette, a laquelle
(ij 3ai employé ensuile des tubes de porcelaine commune , trouvant que Ie verre étoit beaucoupnbsp;trop fusible pour servir a cel usage.
3o EXPERIENCES SUR INACTION liuie des roadelles de fg ëtoii attaclie'enbsp;par son centre m. Les ronJelles ëtöientnbsp;unies 1une a Tautre par tpialre montansnbsp;de fil de fer aplati d h , ei, f k , elg l,nbsp;qui formoient la cage dans laquclle onnbsp;introduisoit Ie tube A contenant Ie carbonate , en écartant lun de Tautre deuxnbsp;de ces montans. A ce tube on en joignoitnbsp;un second B , de fer ou de porcelaine,nbsp;rempli dair seulement. On mettoit aussinbsp;dans Ia cage un cyliadre pyromëtriquenbsp;C (1 ) en contact avec Ie tube A qui
(i) Les cylindres pyromélriques employés dans ces experiences avoienl élé fabriqués sous mes yeux.nbsp;Javois été force d'entreprendre ce travail difficile,nbsp;et jy ai réussi de manière a me procurer un assor-lirneut de pièces qui, saus être complet, a assez bietinbsp;alteint Ie bul que je me proposois. Jai eu , depuisnbsp;cette époque, loccasioii de comparer ces pièces avecnbsp;celles de Wedgwood , dans des températuresnbsp;variées el dans des fourneaux dun grand volumenbsp;et dont lactiou ótolt uniforme. Jai Ironvé que mesnbsp;cylindres saccordoient aussi bien enlreux que lesnbsp;siens , quoique les degrés absolus ne fussent pas lesnbsp;mênies pour b^s deux preparations. Jai, en consé-quenccj coiislruil une table au moyen de laquelle jai
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;Öl
contenoit Ie carbonate. Ges divers objets OGCupoient ordioairement la cage toutenbsp;entière ; sinoa on rempllssoit Fespacenbsp;vacant par un morceau de craie taillé ennbsp;consequence. La lig. 4 représente la cagenbsp;remplie comme on vient de lindiquer.
Les dispositions ainsi faites, on placoit Ie canon vevticalement , et on Ie rem-plissoit a moitie du métal fusible liquéfJé.nbsp;Alors on introdaisoit la cage et on lanbsp;plongeoit jusques au fond du liquide, ennbsp;sorte que Ie carbonate se trouvoit voisinnbsp;de la culasse, comme on Ie voit fig. 5,nbsp;Ie métal fusible étant représenté en O.nbsp;Le tube a air B étant placé de manière
pu réduire les temperatures observées avec mes cylindres a ce quelles auroienl été si jeusse employénbsp;ceux de Wedgwood. Jentends , par cylindresnbsp;de Wedgwood, ceux diiseul assortiment quiaéténbsp;vendu au public, et dans lequel la temperature anbsp;laquelle se fond 1argent est indiquée au 22.' degré.nbsp;Je sais bien que feu M.' Wedgwood, dans s:inbsp;table des fusibilités, place celte fusion au 28.% maisnbsp;je suis convaincu que ses observations ont été faitesnbsp;avec quelque assortiment différent de celui quü anbsp;mis ensuite dans le commerce.
52 experiences sur laction a entrer dans le liquide av'ec son orificenbsp;tourne en has, conservoit en grande partienbsp;Fair doiit il etoit originairement rempli,nbsp;quoique la dilatation causee par la chaleurnbsp;du metal en fit e'chapper une partie aunbsp;moment de Firnmersion. Lalliage étantnbsp;refroidi, et recouvrant bien exactementnbsp;la cage et la portion contigue de lanbsp;baguette. Fair qui etoit reste dans lenbsp;tube y etoit bien efficacement contenu,nbsp;et tout le reste etoit bien ferme'. Onnbsp;achevolt alors de reraplir le canon jusquanbsp;la bouche, avec le metal fondu, et Iappareilnbsp;etoit piet a recevoir Faction de la chaleurnbsp;sur la culasse , ainsi quon le voit fig. 6.
Dans les experiences qui furent faites a cette epoque jemployois un fourneaunbsp;carré de briques , fig. 7 et 8, traversenbsp;horizontalement par une rnoufle r s ou-verte des deux cotes. La moufle etoitnbsp;soutenue au milieu par un support tres-mince , et exposee au feu par dessous,nbsp;comme lateralement. Le canon etoit introduit dans la moufle de manière quenbsp;la culasse occupat Fendroitle plus chaud,
et
DE DA CHALEUR etC. 55 et que lèxtrémitê voisine de la boiiclienbsp;seloignat assez du fourneau pour quoiinbsp;put 1entretenir froide, au moyen de lingesnbsp;quon arrosoit deau de ternps en temps.nbsp;Cette disposition est representee fig. 7.nbsp;Alois le metal fusible qui environnoit lanbsp;cage etant fondu , 1air contenu dans lenbsp;petit tube cbevcboit a occuper la partienbsp;superieure du liquide, et il étoit remplacënbsp;dans ce tube par le me'tal fusible. On voitnbsp;enpqi fig. 6, cette nouvelle dispositionnbsp;de lair.
Lorsque lexpérience ëtoit terminëe , on se dëbarrassoit ordinairement denbsp;Talliage métallique en mettant le canonnbsp;dans la moufle , dans une position lëgè-vement inclinëe, et en commencant parnbsp;le coté de ia bouche , et avangant lanbsp;Cülasse a mesure que le me'tal iiquëfiénbsp;sécouloit: cette operation est représente^8nbsp;fig. 8. Dans quelques-unes des premièresnbsp;experiences de cette classe , je dégageoisnbsp;la cage en plongeant le canon dans denbsp;la saumure chaulTe'e au-dessus du degrënbsp;de 1eau bouillante , ou dans une forte
5
34 EXPERIENCES SUR LACTION solution de muriate de chaux qui peutnbsp;supporter une temperature de aSo F.nbsp;(97 R.) avant dentrer en ebullition ;nbsp;jemployois a cet effet un vase de troisnbsp;ponces de diamètre sur trois pieds denbsp;profoiideur , portant un e'vasement ennbsp;haut en forme de bassin pour recevoirnbsp;le liquide lorsquil entroit en forte ebullition. Ce procédé , quoique bon, e'toitnbsp;désagréable a employer, et jy renoncai;nbsp;eependant jy suis revenu dans quelquesnbsp;expériences ou il etoit important douvrirnbsp;le canon par la température la plus bassenbsp;possible (1).
Jai fait, en suivant ces procédés, un
(1) Dans plusieurs des experiences suivanles jai employé le plomb a la place de 1alliage fusible, etnbsp;souvent avec succès. Mais jai perdu ainsi plusieursnbsp;bons résuUats ; car la cbaleiir requise pour la fusionnbsp;du plomb est si voisine de celle qui fait rougir lenbsp;fer, quil est difficile de dégager la cage sans employernbsp;une température qui peut attaquer le carbonate. Jenbsp;me suis bien trouvé denvironner dalliage fusible lanbsp;cage et quelques pouces de la baguette, el de remplirnbsp;de plomb le resle du canon.
DE LA CHALEUR elC, nbsp;nbsp;nbsp;35
grand nombre dexpériences , dont les rësultats , qui mofFroient a cette époquenbsp;de ma recherche un très-grand intérêt,nbsp;out moins dimportance a mes yeuxnbsp;daprès les progrès subsequens de monnbsp;travail. Je me contenterai done den indi-quer un fort petit nombre.
Le 3i mars 1801 , je refoulai quarante grains de craie pulvérisée, dans un tubenbsp;de verre vert, de bouteille, et je le placainbsp;dans la cage , ainsi que je fai indiqué.nbsp;Üne piece pyrométrique mise dans lanbsp;moufle a cóté du canon marquoit le 33.*nbsp;degré. Le canon fut exposé 'a cette tem-pérature pendant dix-sept a dix-huitnbsp;minutes. En retirant la cage, le carbonatenbsp;soffrit sous 1apparence dune massenbsp;solide, dont le volume étoit évideramentnbsp;réduit; 1espace quil avoit laissé dans lenbsp;tube ense condensant étoit très-exactementnbsp;rempli par le inétal, qui étoit demeurénbsp;attaché en couche mince tout autour dunbsp;carbonate , sans pénétrer le moins dunbsp;monde dans sou intérieur, en sorte qu'onnbsp;pouvoit aisément sen débarrasser, Le
36 EXPERIENCES SUR lacTION poids du carbonate etoit reduit de 4o grainsnbsp;a 36. La substance etoit très-dure , etnbsp;resistoitplusau canifquaucun desprodnitsnbsp;precedemment obtenus. Sa fracture etoitnbsp;cristalline et ressembloit a celle du marbrenbsp;blanc salin : elle etoit decidenient translucide sur les bords minces , circonstancenbsp;qui fut observee pour la première foisnbsp;dans ce re'sultat.
Le 3 mars de la nietne annëe, je fis line experience semblable , dans laquellenbsp;je mis line piece pyrornetrique dans lenbsp;canon et uue autre a cote de lui en dehors.nbsp;Elies saccorderenta indiquer le 23.'^degre.nbsp;Le tube interieur, qui etoit de porcelainenbsp;de Reaumur^ contenoit quatre-vingts grainsnbsp;decraie pulve'rise'e. Le carbonate se trouvanbsp;après Iexperience avoir perdu trois grainsnbsp;et demi. On voyoit en dehors de la massenbsp;une croute mince de matière blanchatre ,nbsp;de moins dune vingtième de poucenbsp;depaisseur. A dautres égards le carbonatqnbsp;etoit parfait j sa couleur etoit jaunatre, etnbsp;il avoit une demi-transparence decidee etnbsp;une fracture saline. Mais ce qui rend ce
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;Ö7
rësultat plus piécieux cest quen cassant la masse on trouva au dedans uii espacenbsp;de plus de de pouce en cane' , coni-plèlement cristallisé, etoü 1on découvroitnbsp;avec evidence la fracture rliomboïdale dunbsp;spath calcaire. II ëtoit blanc et opaque ,nbsp;et montroit trois rangées de lames paral-lèles qui se prësentoient sous trois anglesnbsp;difFërens. Cette substance, a raison de lanbsp;calcination partielle quelle avoit ëprouvée,nbsp;et de fabèorption subsëquente dhumiditénbsp;qui en avoit étë la suite, avoit perdu aunbsp;bout de quelques semaines ces apparencesnbsp;remarquables; mais une fracture nouvellenbsp;les lui a rendues, et on a conserve 1échan-tillon en Ie placant dans un tube de verrenbsp;scellé hermëtiquement.
38
EXPERIENCES SUR L ACTION
Experiences faites dans des tubes de por-celaine. Tubes de terre de TEedgwood. Moyen employé pour contenir Vacidenbsp;carbonique et pour fermer les pores de lanbsp;porcelaine dans un appareilhorizontal. nbsp;On adopte Vappareil vertical. Exposénbsp;des résultats obtenus avec le fer, et avecnbsp;la porcelaine. Formation de la pierrenbsp;d chaux et du marbre. Recherches denbsp;la cause des calcinations partielles. Onnbsp;pèse les tubes de porcelaine avant de lesnbsp;rompre. Preuve que les expériences avecnbsp;le tubes de porcelaine ont des limites.
^X^andis que je conduisois les experiences qui precedent, je moccupois de temps en temps dune autre suite, entre-pi'ise avec des tubes de porcelaine. Jetoisnbsp;inéme si prevenu en faveur de ce derniernbsp;procédé que je my atlachai pendant plusnbsp;dune anne'e, en laissantde cote les canonsnbsp;de fusil. Les procédés suivis avec cettenbsp;substance différent beaucoup de ceux
BE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;Sg
deja decrits, quoique fondes surles meines principes gënëraux.
Je me procurai dans la manufacture de M/ Wedgwood, a Etruria, dans Ienbsp;Staffordsliire , un assortiment de tubesnbsp;faits de la même matière que les mortiersnbsp;blancs dont on se sert communëment. Cesnbsp;tubes avoient quatorze ponces de long,nbsp;et demi-pouce de diamètre interieur ;nbsp;leur ëpaisseur ëtoit de de pouce. lisnbsp;etoient fermës a 1une de leurs extrëmitës.nbsp;On les voit fig. 9, 10, 11, 12 et i3.
Je me proposois de refouler Ie carbonate de cliaux;, dans Ie fond du tube , quenbsp;jappellerai la culasse , A , fig. 9; ensuile,nbsp;apiès avoir refoulë jusques vers lorifice,nbsp;du silex pulvërisë B, de remplir 1espacenbsp;restant C de borax ordinaire (borate denbsp;soude), prëalablement vitrifië et pulvërisënbsp;ensuite ; dappliquer dabord la clialeurnbsp;a la bouche dn tube seulemenl, denbsp;manière a couveriir ce borax en verrenbsp;solide; ensuite, en renversantlopëration,nbsp;dappliquer Ia chaleur a iextrëmitë fermëenbsp;du tube, soit a la culasse qui contenoit
4o EXPERIENCES SUR INACTION
Ie carbonate, en maintenant froide 1autre extre'mité.
Jesperois ainsi contenir lacide car-bonique ; maïs jëprouvai de grandes difFicultés qui me conduisirent a diversesnbsp;modifications que je vais indiquer en pennbsp;de mots. Deux causes empéchèrent quenbsp;mon premier procédé' ne rëussit; dabordnbsp;lacide carbonique échappoit a la forcenbsp;compressive , en se logeant dans les interstices du silex pulverise'', et compara-tivoment froid. Ensuite , Ie verre de boraxnbsp;se fendilloit toujours en se refroidissant,nbsp;et je ne pouvois guères compter alors surnbsp;son imperraëabilitë.
II me vint a 1esprit, pour remëdier a la fois 'a ces deux inconvëniens , et cunbsp;addition au premier arrangement , denbsp;placer im pen de borax C, lig. lo, asseznbsp;prés de la culasse du tube pour quilnbsp;ëprouvat a pen pres la même chaleur quenbsp;ie carbonate A j mais en interposant enlrenbsp;ce borax et Ie carbonate nne couche denbsp;silex B, pour empêcher la communicationnbsp;immediate des deux substances. J iraagi nois
DE EA CIÏALEÜR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;4l
que Ie borax dans son état liquide , ou visqueux , etant poussë en dehors parnbsp;Fexpansion de Iacide carbonique, com-primeroit Ie silex derrière lui en D , etnbsp;empêcheroit absolument que tout fluïdenbsp;ëlastique put, ni sortir du tube, ni mêmenbsp;parvenir jusques dans sa parlie froide.
A quelques egards mon procédé réussit. Le verre de borax, quon ne peut jamaisnbsp;obtenir froid saus gercures innombrables,nbsp;seréunit enunemassevisqueuse,ala tem-pératurela plus basse de Fignltion visible;nbsp;et comme ce nest que vers cette tetnpé-rature que commence Faction, dans cesnbsp;expérienees, leborax chauffé alorscn mêmenbsp;temps que le carbonate, devient imper-inéable au moment oü cette qualité estnbsp;nécessaire. Joblins ainsi plusieurs bonsnbsp;résultats;mais,jobservai dansla pratique,nbsp;qua mesure que la chaleur augmentoit, lenbsp;borax devenoit trop liquide, et quil senbsp;perdoit souvent dans les pores du silex,nbsp;en laissant vide un espace quon recon-noissoit lorsquon cassoit le tube. IInbsp;devint done nécessaire dopposer quelque
42 EXPERIENCES SUR lacTION chose de plus substanciel et de plusnbsp;compacte a la fluidite penetrante du verrenbsp;de borax pur.
Encherchantune substance convenable, Ie hasard me fit dëcouvrir une propriéte'nbsp;curieuse du verre de bouteille. Javoisnbsp;introduit une certaine quantitë de cenbsp;verre pulverise', sous une moufle, a la temperature de 20°, environ, de Wedgwood:nbsp;au bout dune minute, ou a peu prés , lanbsp;poudre passa a un éiat dagglutinationnbsp;visqueuse , en consistance de miel; etnbsp;dans la seconde minute , sans que lanbsp;chaleur eut augmentë, elle se consolidanbsp;en une masse compacte de porcelaine denbsp;Reaumur (i). Ce phénomène me fit pre'-sumer quen placant du verre de bouteillenbsp;pulverise , immëdiatement derrière Ienbsp;borax. Je modifierois utilement la quafite'nbsp;penetrante du verre que produit ce sel; car
(i) Dans la mènie tempéi'ature une masse de veire , de volume cgal, subivoit Ie riiême change-ïiienl; mais ce ne seroit quau bout dune heure denbsp;stjour sous la moufle.
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;43
la porcelaine de Reaumur a Ie double avantage detre rëfractaire , et de ne pasnbsp;se gercer dans les changemens de temperature. Mais je remarquai que dans lactenbsp;de sa consolidation Ie verre pile diminuoitnbsp;de volume, et laissoit entre sa masse etnbsp;Ie tube un intervalle par lequel Ie boraxnbsp;et 1acide carbonique se faisoient jour.
Mais jatteignis mon but, en mêlant au verre de bouteille pulverise , partienbsp;egale (Je silex en poudre. Ce mélangenbsp;sagglutine encore , non pas a la vériténbsp;en masse aussi dure que la porcelainenbsp;de Reaumur , mais suffisamment tenacenbsp;pour 1objet; et comme elle nc se contractenbsp;pas sensiblement , Ie borax se tiouvoitnbsp;très-efficacement retenu. On voit eet tenbsp;disposition fig. 11. Ainsi Ie procédé pournbsp;fermer les tubes fut rendu assez completnbsp;pour réussir presque toujours dans lanbsp;pratique (i). Je trouvai quelquavantage
(i) Je decouvris, par un autre accident, une substance (igalement efficace pour sopposer a la qualité pénétranle du verre de borax j ce nest autre chose
44 EXPERIENCES SUR INACTION a le rafiner encore de la manière suivanle:nbsp;jintroduisis du cote' delorifice une secondenbsp;serie des matières pulverulentes que jainbsp;indiquées , ainsi quon le voit fig. 12.nbsp;Pendant la première pe'riode de 1expe'-rience, on exposoit a la clialeur cette der-nière serie, avec toute la raoitié extérieurenbsp;a h du tube ; on se procuroit ainsi dansnbsp;son intérieur une masse solide qui demeu-roit froide et dure pendant laction subsé-quente de la chaleur sur le carbonate.
Je ne tardai pas a découvrir que malgré toutes mes precautions 1acide carboniquenbsp;sécliappoit, et quil traversoit la substancenbsp;même des tubes sans quon y vit de ger-^ures. Je pensai quon pourroit remédier anbsp;eet inconvénient en enduisant de boraxnbsp;1intérieur du tube ; il penétreroit, dansnbsp;sou élat de fusion , les pores de la por-celaine, et les fermeroit comme lhuilenbsp;quun mélange de borax et de sable commun; il ennbsp;résulte une composition que la chaleur fait passer a.nbsp;1élat dune pale irès-consistante, et qui devient durenbsp;et compacte ense refroidissanl.
DE L\ CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;45
obstiue ceux du cuir quon met sous Ie recipient de la pompe pneumatique. Dansnbsp;ce but, je leFouiai Ie carbonate dans unnbsp;petit tube , et je lenvironnai de verrenbsp;de borax pulverise , qui, dès que lanbsp;cbaleur eut commence a agir, setenditnbsp;sur la surface intérieure du gros tube, etnbsp;ferma ses pores. Je fis alnsi plusieursnbsp;bonnes experiences avec des tubes couchesnbsp;horizontalement dans des moufles ordi-naires , selon la disposition représentëenbsp;fig. 13.
Je pus ainsi pousser les experiences avec cette porcelaine jusquau termenbsp;extréme de sa ténacité. Mais je nëtoisnbsp;pas satisfait de ce degrë de compression jnbsp;et espërant obtenirdes tubes de meilleurenbsp;qualitë , je perdis beaucoup de temps anbsp;faire des essais de diverses compositionsnbsp;de paté de porcelaine. Jy rëussis jusquanbsp;produire des tubes qui retenoient la plusnbsp;grande partie de 1acide carbonique sansnbsp;êire vernis 'a 1intërieur. La matière quinbsp;me rëussit Ie mieux pour eet objet fut lanbsp;terre a porcelaine pure de Cornwall, ovt
46 EXPERIENCES SUR INACTION
tine composition de deux parlies de cette argile sur une de ce que les potiersnbsp;appellent cornish stone, que je considèrenbsp;comme un granite en etat de de'com-position. Ces tubes etoient longs de septnbsp;a huit pouces , et leur diamètre interieurnbsp;alloit en diminuant depuis Ientre'e jusquesnbsp;aufond, de i pouce;,a o,6. Leur epaisseurnbsp;etoit denviron o,3 de pouce a la culasse,nbsp;et elle se re'duisoit vers 1orifice a celle dunnbsp;pain a cacheter.
Jintroduisis alors un changement daM raon procede: je placai mes tubes vertica-lement, et non horizontaleinent comme ci-devant. En observant la liquid! té du boraxnbsp;fondu, je me persuadai quM falloit le trailernbsp;comme un liquide parfait, qui, soutenu parnbsp;dessous pendant Iexperience , assureroicnbsp;mieux fimpermeabilite du tube quil nenbsp;pouvoitle faire dans la posi tion horizon tale,nbsp;ou le borax se reunissoit exclusivementnbsp;sur le cote inférieur de ce rneme tube.
Dans ce but, fig. i6 , je remplis la culasse ainsi que je Iai indiqué plus haul,nbsp;et jiiitroduisis dans Iorifice un peu de
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;47
borax C , soutenu vers Ie milieu du tube par une certaioe quantité de silex mêlénbsp;avec du verre de bouteille B. Je placai Ienbsp;tube ainsi prepare , de manière que lanbsp;culasse etoit enfoncée dans un creusetnbsp;plein de sable E , et laxe du tube dirigénbsp;verticalement. Je me proposai alors dap-pliquer la clialeur a la moitié supérieurenbsp;du tube, Tautre demeurant froide. Dansnbsp;ce but, je construisis un fourneau, lig. i4nbsp;et i5, porlant une moufle verticale cd,nbsp;environnée de feu de tous cótés e e, etnbsp;ouverte en haut en c et en bas en d. Lenbsp;creuset dont je viens de parler étantnbsp;alors placé, avec son tube, sur un supportnbsp;situé dans le prolongement inférieur denbsp;laxe vertical de la moufle , fig. i4 F,nbsp;on le souleva jusqua ce que la moitiénbsp;supérieure du tube se trouvat dans lanbsp;moufle , et ainsi exposée a Faction de lanbsp;chaleur. On vit alors, en regardant parnbsp;dessus , le borax se fondre , couler ennbsp;bas dans le tube. Fair contenu dans lanbsp;poudre séchappant en même temps ennbsp;bulles, jusqua ce que la surface du borax
48 EXPERIENCES SUR laCTIONquot; vitrifié pamt calme et limpide comme denbsp;1eau. On projeta aloi'S den haut , aunbsp;moyen dun tube de verre , une certainenbsp;quantite du méme sel qui fit elever lanbsp;surface liquide jusques vers le haut dunbsp;tube;, etquand tout fut refroidi on donnanbsp;au tube la position inverse ; Torifice futnbsp;plonge dans le sable, fig. 17, et la culassenbsp;fut introduite dans la moufle. Dans plu-sieurs experiences je me trouvai bien denbsp;remplir une grande partie de Iespacenbsp;voisin de Iorifice, avec un cylindre de sablenbsp;et dargile, cuit pre'alablement, fig. 19, Knbsp;K, quon introduisoit, on en méme tempsnbsp;que le borax pulverise, en commencantnbsp;1expéïience , ou bien quon plongeoitnbsp;rouge dansle borax liquéfié. Dans plusieursnbsp;cas je cherchai a rendrelc tube encore plusnbsp;impermeable, en le vernissant en dedansnbsp;avec du borax , le carbonate demeurantnbsp;dans son petit tube, fig. 18.
Ces procédés me réussirent. Les trois quarts du tube du cóté de Iorifice senbsp;trouverent corapletement remplis dunenbsp;masse, concave aux deux extremites *,
et
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;4^
fig. 17, i8, 19, et qui indiquoit par cette circonslance quelle avoit étenbsp;Dgalement liquëfiee dans les deux positionsnbsp;opposées dans lesquelles la clialeur luinbsp;avoit ëté appliquëe. Jobdns ainsi unnbsp;degrë dimpermëabilitë si grand, quil en.nbsp;lësulta un inconvënient imprëvu. Unnbsp;nombre de tubes furent mis hors denbsp;service , non par explosion , mais par lanbsp;formation dune petite fissure longitudinalenbsp;a la culasse, par la quelle Ie borax et 1acldenbsp;carbonique sëcliappèrent. Je vis que eetnbsp;efiet ëtoit du a la dilatation du boraxnbsp;liquide, et quil ëtoit tout-'a-fait analoguenbsp;a celui du mëtal fusible sur les canonsnbsp;de fer dans une circonstance semblable.nbsp;La crevasse indiquoit faction dune forcenbsp;très-ënergique dëployëe seulement jusquesnbsp;a une très-petite distance. Je remëdiai anbsp;eet inconvënient par 1addition dun fortnbsp;petit tube rempli dair j mais je nen fisnbsp;usage que dans quelques expëriences.
En employant les diverses mëthodes que je viens dindiquer, je fis, dans lesnbsp;annëes 1801^ 1802 et i8o3, un nombre
4
5o EXPERIENCES SUR lACTION
dexperiences qui, en y comprenant celles faites avec les canons de fer, séleva anbsp;cent cinquante-six. Dans des operationsnbsp;dun genre aussi nouveau , et dans les-quelles on forcoit les appareils jusquesnbsp;vers la limite de leur resistance, on nenbsp;pouvoit pas sattendre a un succes constant;nbsp;et, par Ie fait, uu grand nombre dexpé-riences manquèreut, ou en totalitë ou ennbsp;partie. Cependant les résultats furentnbsp;satisfaisans jusques a un certain point ,nbsp;entant quils parurent établir quelques-uns des points esseatiels de cette recliercbe.
Ces experiences prouvent qua laide dune pression mëcanique on peut sou-rnettre Ie carbonate de chaux a une fortenbsp;chaleur sans quil se calcine, et sans quilnbsp;perde sensiblement son acide caibonique,nbsp;quil auroit laissë ëchapper en entier anbsp;feu ouvert, dans la même tempërature (i);
(i) Nous croyons quil faut dlslinguer dans laclion du feu sur la pierre calcaire , Ie cas oü la flammenbsp;peut sy appliquer immédialement, comnie elle Ienbsp;fait dans les calcinations ordinaires en grand, de celui
DE LA CtlALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;5l
et qiie dans ces circonslances la clialeur produit prcciséraent les racmes elFets quoanbsp;lui attiibue dans la theorie Huttonienne.
Par cette influence de la chaleur reunie a celle de la pression , ie carbonate denbsp;chaux, qui avoit étë introduit'a Fëtat dünenbsp;poudre fine, se trouve agglutinë en unenbsp;massesolide, presque aussi dure, aussi compacte, et spëcifiquement aussi pesante (i)nbsp;que la pierre calcaire ; et quelquès-unsnbsp;de ces résultats , par leur fracture saline,nbsp;leur demi-transparence, et leur faculté denbsp;prendre Ie poli, méritent Ie nom denbsp;inarbre.
dans kquel Ie feu ne peut agir sur la piérre quau ti-avers de quelques vases, cest-a-dire , par la seulenbsp;influence de la temperature. Daus ce deiuier cas , ilnbsp;sen faut de beaucoup quil puisse, a la temperaturenbsp;ordinaire de 1ignition, drasser tou t 1acide carbonique jnbsp;et la pierre nest que très-imparfaitement calciiiée ,nbsp;ainsi que rrous IVvons éprouv^. Pour süppleer anbsp;laclion immediate de la flamme , on peut introduire'nbsp;successivemeiit dans Fappareil de Feau en vapeurs ,nbsp;qui aide puissammeiit au dégagement de Facidenbsp;carbonique, et compléte la calcination. (Note dunbsp;iraduoteiir, )
(i) Voyez FAppendix.
02 EXPERIENCES SUR laCTION
On fit les memes essais avec toutes les substances calcaiiesj avec la ciaie, lanbsp;plerre calcaire commune, le marbre, lenbsp;spatli , et les coquillages. Toutes ontnbsp;montre la même propriete generale, avecnbsp;quelques variele's quant a la temperature.nbsp;Ainsi je reconnus que , dans les memesnbsp;circonstances, la craie sagglutinoit plusnbsp;facilement que le spatb ; il falloit a cenbsp;dernier une temperature de deux degrésnbsp;plus elevee que celle quavoit éprouvé lanbsp;la craie pour obtenir le même degrénbsp;dagglutination.
La craie que jai employee dans mes premieres experiences prenoit toujours lenbsp;caractere dun marbre jaune, sans doute ,nbsp;par la presence dune petite quantite denbsp;fer. Lorsquon soumettoit a Faction simul-tanée de la cbaleur et de la pression unnbsp;inorceau solide de craie dont on avoitnbsp;mesure prealablemenl les dimensions dansnbsp;le canal du pyrometre de Wedgwood,nbsp;on remarquoit quil avoit éprouvé beau-coup de contraction par le rapprochement des molecules dans Facte de leur
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;ÖD
consolidation. Son volume subissoit une diminution triple de celle queprouvoientnbsp;les cylindres pyrométriques dans la mêmenbsp;temperature. Elle perdoit aussi presquennbsp;entier sa faculté dimbiber 1eau, et elle ac-queroitbeaucoup de pesanteur spe'cifique.nbsp;Jai souvent observe que des masses de craienbsp;qui avant 1expérience olFroient ime blan-clieur uniforme, prenoient une apparencenbsp;stratiliee, dont les couches etoient indiquéesnbsp;par une suite de lignes brunes parallèles.nbsp;Cette circonstance pourra paria suite Jeternbsp;quelque jour sur Fhistoire geologique denbsp;cette substance extraordinaire.
Jai dit, que presque tout laclde carbo-nique étoit retenu par la pression mëca-nique. Dans Ie fait, a cette période, on avoit toujours observe quelque perte denbsp;poids dans les experiences , soit avec lesnbsp;tubes de fer, soit avec ceux de porcelaine.nbsp;Mais, cette circonstance même a quelquenbsp;prix, paree quelle montre C[ue linfluencenbsp;delacide carbonique est susceptible detrenbsp;variée par sa quantité.
Lorsque la perte excédoit lo a i5 p.' S
54 EXPERIENCES SUR eaCTION
du poids du carbonate ( i) Ie residu montroit toujours un tissu friable, sansnbsp;caractère pierreux. Lorsquelle étoit aunbsp;dessous de 3 a 3 p/ Ie résultat etoitnbsp;considérë comme bon, et il possédoit lesnbsp;propriëtös du carbonate ordinaire. Danslesnbsp;cas intermédiaires, lorsque, par exemple,nbsp;la perte sëlevoit a 6 ou 8 p.quot;^ ^, Ie rësultatnbsp;e'toit quelquefois excellent, au premiernbsp;moment, la substance ayant toutes lesnbsp;apparences de la soliditë, et possëdantnbsp;souvent un caractère de cristallisatiounbsp;trés - dëterminë ; mais elle ne pouvoitnbsp;supporter Faction de Fair ; et en attirantnbsp;ou Facide carbonique, ouFhumiditë, etnbsp;peut-étre Fun et Fautre, elle tomboit ennbsp;poussière plus ou moins proraptement,nbsp;selon les circonstances. Ce fait semblenbsp;prouver que Ie carbonate de ebaux, sausnbsp;étre tout-a-lait saturë dacide carbonique,nbsp;peut possëder les propriëtës de la pierre
selou
(i) Jai Iron qne, dans la calcination a leu on vert, la perle totale qu'cprouve le carbonate varie ,nbsp;les cspèces, entre 42 el. 45,5 potu cent.
DE LA CHALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;55
a cliaux; et il se pourroit quune diffe'rence de ce genre existat entre les vaiiëlés desnbsp;carbonates naturels , et quelle expliquatnbsp;leurs divers degrés de resistance aux influences atmospbëriques.
Jai observe dans un nombre de cas , que la calcination na atteint que jusquesnbsp;a une certajne profondeur dans la masse jnbsp;la partle intérieure demeurant dans lëtatnbsp;de carbonate complet, et en general dunenbsp;très-belle qnalité. La calcination partiellenbsp;paroit ainsi avoir lieu de deux manièresnbsp;diffërentes. Par lune, une petite portionnbsp;dacide carbonique est enlevëe de cbaquenbsp;particule de carbonate; par lautre , unenbsp;portion du carbonate est calcinée en entier,nbsp;tandis que Ie reste conserve son intégrité.nbsp;Peut-ètre lun de ces résukats est-il leffetnbsp;dune foible cause de calcination agissantnbsp;pendant un temps long; et lautre, celuinbsp;dune cause ënergique qui na agl quenbsp;dans un court intervalle.
Quelques-uns des résukats qui parois-soient être les plus parfaits , en sortant de lappareii se sont degrades par leffet dune
56 EXPERIENCES SUR lACTION calcination partielle. Le bel echantlllonnbsp;produit le 3 mats 1801, a eprouve jusquesnbsp;a un certain point cet accident, mais onnbsp;Ia retabli par une fracture nouvelle.
Un autre e'chantillon de rnarbre, forme avec dll spatli puKërisé le i5 mai i8oi,nbsp;etoit si parfait quil trompa Iouvriernbsp;employe a le polir; il declara que si cenbsp;marbre avoit été un pen plus blanc, lanbsp;carrière dou on 1avoit tire seroit dunenbsp;graitde yaleur , en snpposant cptclle senbsp;trouvat a portee dun deboucbe. Cepen-dant , cc merae e'chantillon tomba ennbsp;poussiere peu de semaines après. -
Mais , on en a obtenu un grand nombre qui resistent aux influences denbsp;Ialr et conservent leur poli atissi biennbsp;quaucun marbre. Quelques- uns dentreuxnbsp;out encore toute leur dureté , quoiquenbsp;conserves sans precaution pendant quatienbsp;a cinq a ns. Lassortirnent, en particulier,nbsp;qui a ele mis Fannee dernière sous lesnbsp;yeux de la Societe, est encore dans sonnbsp;ëtat de perfection, quoique parmi lesnbsp;echantillons qui le composent il y en ait
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;67
qui ont ëté pro(^uits en 1799 , dautres en 1801 et 1802 ; et quoiqne les onzenbsp;premiers aient été long-temps plongës dansnbsp;leau 'a 1occasion des experiences faitesnbsp;pour determiner leur pesanteur spëcilique.
Jobservai dans une de ces experiences un fait singulier, qui peut conduire parnbsp;la suite a quelques consequences impor-tantes. II sétoit glissé un peii de rouillenbsp;de fer dans Ie tube; il contenoit 10 grainsnbsp;de carbonate, et il ëprouva une cbaleurnbsp;de 28 degrés. Le tube nétoit point gercë;nbsp;cependant on étoit certain que 1acidenbsp;carbonique avoit ëchappé au travers denbsp;ses pores. Lorsquon le remplit on trouvanbsp;la place du carbonate occupëe en partienbsp;par une matière noiratre ressemblanta unenbsp;scorie , et en partie par des spherules denbsp;diverses grosseurs depuis celle dun petitnbsp;pois, au dessous, composëesdunematièrenbsp;blanche qui se trouva être de la chaux-vive ; les spherules . ëtant entremélëesnbsp;dans la scorie comrae le spath et lagathenbsp;se trouvent dans le whinstone. La scorienbsp;provenoit certainement du mëlange du fer
53 EXPERIENCES SUR laCTION avec la matière du tube ; el la formenbsp;spherique de la chaux-vive semble indi-quer que le carbonate avoit ete en fusionnbsp;eiimeme temps que lascorie, et quellenbsp;se'toit separee delle a 1e'poque du departnbsp;de Facide carbonique.
Javois pousse' mes recherches jusques a ce point en i8o3, epoque a laquellenbsp;jaurois probablemeiit publie mes experiences si je neusse été engage a poursuivrenbsp;ce travail par certaines indications et parnbsp;quelques resultats accidentels irop irréguliers et trop incertains , de leur nature,nbsp;pour etre publiés, mais qui me persua-dèrent quil seroit possible detablir parnbsp;experience la réalité de tous les principesnbsp;qui ne sont quhypothetiques dans lanbsp;théorie Huttonienne.
Le principal objet que javois actuel-lement en vue étoit de compléter la fusion entière du carbonate, et dobtenir pournbsp;résultat de cetle fusion le spaih, tel quonnbsp;pourroilimaginer que la nature fa produitnbsp;par des moyens analogues.
II étoit important aussi dacquérir la
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;Sg
posslbilité de contenir tout lacide car-bonique du carbonate, soit comme un fait interessant, soit a cause de ses conse'-quences, Ie résultat ëtant ëvidemment denbsp;plus en plus parfait, 'a mesure quonnbsp;approchoit davantage de 1ëtat de saturation compléte. Je mis done un interetnbsp;particulier a recbercher la cause des calcinations partielles qui avoient toujours eiinbsp;lieu plus ou moins dans loutes ces expë-riences. On se demande naturellement cenbsp;quest devenu lacide carbonique sëparënbsp;de sa base dans ces opërations ; sest-ilnbsp;ëchappë en entier au travers du vase , ounbsp;a-t-il ëtë retenu dans un ëtat gazeux maïsnbsp;fortement comprimë ? II me sembla quonnbsp;pourroitrëpondreaisëmeut a cette questionnbsp;en pesant Ie vase, avant et après lactioanbsp;de la cbaleur sur Ie carbonate.
II existoit dans les expëriences faites dans les canons de fer une source constante et inappreciable dirrëgularitë, dansnbsp;1oxidation du mëtal. Ma is avec la por-celaine Ia chose ëtoit facile ; et depuisnbsp;fëpoque a laquelle cette question se pre-
6o EXPERIENCES SUR lACTION senta a mon esprit je ne manquai pointnbsp;de peser Ie tube des qiie sou orifice avoitnbsp;ëté ferme, et de Ie peser de nouveau aprèsnbsp;que Ie feu avoit agi sur son autre extrëmitë,nbsp;en Ie laissant préalablement se refroidirnbsp;dans les deux cas. Je trouvai toujoursnbsp;quelque diminution de poids ; ce quinbsp;prouve que dans les meilleures experiencesnbsp;Ie tube se lalssoit pe'nëtrer jusques a unnbsp;certain point. Je cbercbai ensuite a dë-couvrir si une portion quelconque denbsp;Iacide carbonique sëparë demeuroii dansnbsp;Ie tube sous forme gazeuse ; dans ce butnbsp;jenveloppai dans une feuille de papier Ienbsp;tube qui venoit détre pesë, et je Ie misnbsp;dans Ie basin dune balance ; dès que sounbsp;poids fut très-ex adem ent dëtenninë je Ienbsp;biisai, dtincoup sec et je remis dans Ienbsp;méme bassin Ie papier et tons ses fragmens.nbsp;Dans les experiences qui avoient produitnbsp;une calcination complete , Ie poids nenbsp;changea point , paree que tout Iacidenbsp;carbonique sëtoit ëcliappë pendant factionnbsp;de la cbaleur ;mais dans les bons rësultats,nbsp;jobservai toujours une diminution de poids
DE LA CHALEÜB. etC, nbsp;nbsp;nbsp;6l
lorsque je pesai Ie tube après lavoir brise'.
Ces fails provivent que les deux causes de calcination avoient opéie dans lesnbsp;tubes de porcelaine ; que dans les cas oünbsp;la perte ëtoit peu considéiable, une partienbsp;de 1acide carbonique sétoit fait jour aunbsp;travers du vase , qui en avoit retenu unenbsp;autre partie. Javois en vue des moyensnbsp;déviter ce dernier inconvenient, mais jenbsp;ne voyois aucun remède au premier. Jenbsp;commengai done a dësespërer de re'ussirnbsp;fiualement avec des tubes de porcelaine (i).
Une autre circonstance me conlirma dans cette opinion. Je trouvai quon nenbsp;pouvoit appliquer a ces tubes charges denbsp;carbonate, une chaleur au-dessus de 27quot;,
(i) Je nen demeure pas moins persuade que dans quelques cas, on peut employer avec succes des tubesnbsp;de ce genre dans des experiences de compression, avecnbsp;beaucoup defacilité et davanlage. Je madresse surtoutnbsp;aux chimistes et géologues de France et dAlleniagnenbsp;qui peuvent facilement se procurer dans leurs propresnbsp;manufactures, des tubes de qualité fort supérieure anbsp;tout ce quon destine, dans ce pays, au commercenbsp;ordinaire.
62 EXPERIENCES SUR laCTION
sans les detmire soit par explosion, ou par quelque crevasse, ou enfin par uiinbsp;renflement quils eprouvoient en vertu denbsp;la force elastique interieure. Quelquefoisnbsp;cet effet alloit jusqua doubler le diamètrenbsp;interieur du tube, et cependant la raatièrenbsp;ne cessoit point de contenir Fair, et lenbsp;carbonate neprouvoit quune perte très-legère. Cette ductilite de la porcelaine,nbsp;dans une temperature peu eleve'e, est un faitnbsp;curieux, et qui montre la grande etenduenbsp;de 1e'chelle des temperatures dans les-quelles sopèrent les transitions gradueesnbsp;de certaines substances de Ietat de solidesnbsp;a celui de liquides; car la méme porcelainenbsp;qui est deja susceptible dextension sans senbsp;dechirer, a la temperature de 27 du pyro-raètre, supporte sans se de'former cellenbsp;de 102 du même instrument, lorsquellenbsp;neprouve aucune pression étrangère, etnbsp;elle y conserve tous ses angles aigus.
65
DE LA CHALEÜR etC.
Reprise des expériences dans les canons de fusih Onleur adapte rappareil vertical.nbsp; Canons percés dans des harres solides,nbsp; Dans du fer de la variété dite vieillenbsp;zibeline (l). -Fusion ducarhonatede chaux.nbsp;-Son action sur laporcelaine.Appareilnbsp;additionnel devenu nécessaire ^ en consé-quence de cette action. Bons résultats ;nbsp;et surtout quatre expériences qui éclair-cissent la théorie de la calcination interne^nbsp;et qui montrent Vejficacité de Vacide car-bonique coimne flux.
Puisquen employant des tubes de ];)orcelalne je ne pouvois ni retenir entiè-renient lacide carbonique, ni exposer Ie carbonate dans ces tubes a des temperaturesnbsp;élevëes^ je me dëterminai finalement a lesnbsp;abandonner, et a retourner aux canons de
(i) Lauleur nous apprend ci-après ,* que celle épiüiète provient de Tempieinte de cel animal, quenbsp;portent les barres préparées dans des forges de Sibérienbsp;u on 1a choisi pour annoirie*.
64 EXPERIENCES SUR laCTION
fer, qui mavoient procure precedemment quelques bons re'sultats, favorises peut-étre par des circonstances accidentelles.
Le 12 fevrier i8o3, je commencai une suite dexperiences avec les canons denbsp;fusil, en reprenant mes premiers procede'snbsp;de compression par le metal fusible, etnbsp;par le plomb. Mais je changeai la positionnbsp;du canon , de fhorizontale a la verticale,nbsp;la culasse ëtant tournee en haut pendantnbsp;faction dela chaleur sur le carbonate. Cenbsp;perfectionnement très-simple a produitnbsp;des avantages non moins remarquablesnbsp;dans cette classe dexperiences que dansnbsp;celles avec les tubes de porcelaine. Dansnbsp;cette nouvelle position fair renferrae ,nbsp;quittant son petit tube a f époque de lanbsp;fusion du metal, et montant dans la culasse,nbsp;est expose a la plus grande chaleur dunbsp;fourneau, et doit par consequent réagirnbsp;avec la plus grande force jtandis que, dansnbsp;la position horizontale, cet air pouvoit senbsp;réfugier jusques vers la limite du metalnbsp;fondu , lieu ou sou élasticilé seroit biennbsp;inoindre a cause de la temperature plus
basse.
basse. La même disposition me permettoit de tenir, pendant Faction de la chaleur,nbsp;la bouche du canon plongée dans un vasenbsp;plein deau j ce qui contribuoit très-efficacementa la commodité et a la süretënbsp;de Fexpërience.
Dans ce but, jemployai Ie fourneau de briques, 'a mouüe verticale, dëja décrit.nbsp;Je fif creuser au-dessous un puits a a a ,nbsp;fig. 20 , pour recevoir un vase reinplinbsp;deau. Ce vase, représentë fig. 21 , etoitnbsp;de fer fondu j il etoit profond de troisnbsp;pieds, sur trois pouces de diamètre; ilnbsp;portoitun tuyau d e, sortant a angle droit,nbsp;trois ou quatre pouces au-dessous de sonnbsp;bord superieur, et communiquant avecnbsp;un petit bassin e , a la distance den-viron deux pieds. Le vase principal ëtantnbsp;mis dans le puits a a, prëcisément au-dessous de la moufle verticale, et le bassin ëtant suffisamment ëloignë du fourneau, Feau quon y versoit arrivoit dansnbsp;le vase jusques a la hauteur jugëe con-venable. Toute cette disposition de Fap-pareil est reprësentëe fig. 20. La bouche
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66 EXPERIENCES SUR eacTION du canon g- étant plongëe dans Ieau, etnbsp;la culasse h logee dans la moufle, jusquesnbsp;a la hauteur eonvenable , on Farrètoitnbsp;avec une chaine de fer g f La chaleur,nbsp;communique'e de haut en has, maintenoitnbsp;ordinairement Ieau du vase en c en étatnbsp;debullitioii a sa surface j et on suppleoicnbsp;a ce qui se dissipoit par la vaporisation ,nbsp;en versant de Ieau dans le bassin, dansnbsp;lequel on pouvoit produire, sil e'toit necessaire, un courant continu.
Jerefoulai, comme précédemment, le carbonate dans un tube de porcelaine,nbsp;et je le mis dans la cage de fer, avec uunbsp;petit tube a air, et un pyrometre. Lanbsp;cage etoit fixee a une baguette de fer, quenbsp;]e fis faire a peu pres aussi grosse quellenbsp;pouvoit Ietre pour entrer dans le canon,nbsp;afm dexclure le plus du metal fusible quenbsp;je le pourrois j car son expansion ayantnbsp;lieu dans la proportion de sa quantitenbsp;absolue, plus je pourrois la reduire, etnbsp;moins jexposerois mes canons a sonffrirnbsp;de Faction de cette force.
Ï)È LA CllALEÜR etC. nbsp;nbsp;nbsp;67
simple de me debarrasser du métal eE de sortir la cage; il suffisolt, pour cela, denbsp;tourner Ie canon Foiifice en bas, de ma-nière a maintenir la culasse au-dessus denbsp;la moufle dans une region peu cliaude,nbsp;tandis que sa par tie inferieure etoit ex-posëe a toute la chaleur de la moufle.nbsp;Alors Ie métal couloir de lui-méme ; etnbsp;en faisant descendre Ie canon peu a peu,nbsp;tout Ie mëtal se vidoit, ct la cage et sounbsp;contenu ëtoieut tout-a-fait dëgagës. Ounbsp;recevoit Ie métal liquide dans un creu-set plein deau, mis sur une plaque denbsp;fer au-dessus du puits qui, dans la première période de Fexpérience, avoit servinbsp;a contenir Ie vase plein deau, On trouvanbsp;quil étoit a propos, surtout lorsquounbsp;employoit Ie plomb, de donner plus denbsp;chaleur a la bouche du canon quil nennbsp;falloit, a la rigueur, pourliquéfier Ie métalnbsp;quil contenoit, paree que, sans cette pré-caution, cette partie se refroidissant tropnbsp;pendant cjuon cliauffbit la culasse, Ienbsp;métal qui découloit de la se congeloit versnbsp;la bouche et obstruoit Tissue.
68 EXPERIENCES SUR laCTION
On fit, en suivant cette me'thode, plu-sieurs expe'riences avec des canons de fer, qui donnerent lieu a des progrès essen-tiels dans cette recherche.
Le 24 fevrier je fis une experience avec le spath et la craie; le spath etoit le plusnbsp;prés de la culasse dii canon, et expose anbsp;la chaleur la plus forte j javois sëparénbsp;les deux carbonates avec un peu dargilenbsp;cuite. En ouvrant le canon on entenditnbsp;un siflement assez long-temps prolonge.nbsp;Le spath etoit entièrement calcine'; et lanbsp;craie, quoique se'miettant a Fexteiieur,nbsp;avoit un noyau solide extrémement dur.nbsp;La temperature sëtoitëleveejusques a Saquot;.
Cette expërience nous oflfe le premier exemple bien dëcidë, dans des canons denbsp;fer, de ce que jappelle la calcinationnbsp;interne, cest-a-dire du cas ou 1acidenbsp;carbonique, sëparë de sa base terreuse,nbsp;sest accumulë dans des cavitës, a lintë-rieur du canon; car , après Faction de lanbsp;forte chaleur, le canon avoit ëtë entièrement refroidi ; ainsi Fair introduit parnbsp;le petit tube destine a cet objet devoit
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;69
avoir repris soa volume primitif, et ne pouvoit avoir par lui-raême aucune tendance a soitir avec effort j la chaleur employee a ouvrir Ie canon nayant pasnbsp;depassé la temperature nécessaire pournbsp;amollir Ie métal fusible. Puis done quanbsp;Fouverture du canon il séchappa unenbsp;grande quantité de fluide élastique, ilnbsp;est évident quil y a eu a eet égard une ad-dition qui na pu provenir que de Facidenbsp;caibonique du carbonate. II sensuit quilnbsp;y a eu dans Fintérieur du tube une calcination au moins partielle; la separationnbsp;de Facide a été complete Fa oü la chaleurnbsp;a été la plus forte ; et la oü elle étoitnbsp;moindre,la rnatière ue sestcalcinée quennbsp;partie.
Les principes cbimiques établis anté-rieurement dans ce Mémoire nous auto-risoient a attendre ce résultat. Comme la chaleur , en augmentant la volatiliténbsp;de Facide tendoit a Ie séparer de la terre ,nbsp;nous avions lieu de prévoir que, sous lanbsp;même presslon, mais dans des tempéra-tures différentes, une portion du carbonate
70 EXPERIENCES SUR laCTION poiirroit elre calcinee tandls que Fautrenbsp;ne le seroit pas ; et que celle des deuxnbsp;qui seroit la moins chauffee seroit moinsnbsp;exposee a un cliangement, noa-seulemeatnbsp;par le de'faut dune temperature suffisante,nbsp;luais aussi par ie fait de la calcination denbsp;Fautre masse j car Facide carboniquenbsp;fourni par la plus chaude des deux, devoitnbsp;avoir augmente dautant Felasticite dunbsp;fluide elastique renfermé , et par consequent sa force compressive. Cette causenbsp;pouvoitempêcher tout-a-fait la calcinationnbsp;de la plus froide des deux masses, et arréternbsp;les progrès de Fautre. Ce raisonnementnbsp;sembloit expliquer la calcination partielle,nbsp;qul avoit eu lieu dans des cas ou riennbsp;nannoncoit que le gaz se fut écbappë jnbsp;et il me suggëra qiielques vues nouvellesnbsp;dont je me hatai de me piëvaloir dans lanbsp;suite des experiences. Si la calcination interne dune paitie aliquote dune masse ren-fermëe accroit Ia compression quëprouvenbsp;le reste de cette masse, il y auroit peut-étre de Favantage a joindre dans le canon,nbsp;a une petite quantité de carbonate pesee
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;7I
avec beaucoup de soiii , iine quantite' beaucoup plus considerable de cette mêmenbsp;substance ; et a disposer les choses denbsp;manière que la piece depreuve ne futnbsp;expose'e qua une cbaleur mode'ree, tandisnbsp;quune cbaleur plus intense , capable denbsp;produire la calcination interne, seroit ap-pbquée au reste du contenu. Jefisun asseznbsp;grand nombre dexpëriences daprès cenbsp;principe , et jobtins des rësukats quinbsp;parureiit conririner mon raisonnement,nbsp;et furent souvent très-satisfaisans, quoi-que la cbaleur ne dëployat pas toujoursnbsp;toule sa force , a mon gi ë.
Le 28 de fëvrier jintroduisis du carbonate, soigneusement pesë, dans un petit tube de porcelaine , mis dans mi plusnbsp;gr^nd , dont le reste fut rempli de craienbsp;palvëi'isëe : ces carbonates, en y joignantnbsp;quelques morceaux de craie mis dans lanbsp;cage avec le gros tube , pesoient ennbsp;tout 195,7 grains. En ouvrant le canon.nbsp;Fair sortit, avec un long siflement. Lin-tërieur du petit tube se trouva gatë parnbsp;lintroduction dune petite quantitë du
72 EXPERIENCES SUR lACTION
borax quon avoit mis par dessus le silex pour exclure le metal fusible ; mais , lenbsp;reste du carbonate contenu dans le grandnbsp;tube sortit très-beau; il etoit poreux, etnbsp;comme ecumeux dans toute sa masse jnbsp;on y voyoit briller un nombre de facettesnbsp;dont la forme anguleuse se distinguoitnbsp;fort bien dans quelques cavites, a 1aidenbsp;dune loupe. Dans quelques parties, onnbsp;remarquoit 1arrondissement de la fusion;nbsp;dans dautres, la matière e'toit très-trans-parente. Elle etoit jaunatre vers sonnbsp;extremite inferieure, et presque sans couleur a iautre. Dans le haut, le carbonatenbsp;sembloit setre uni au tube , et sy étrenbsp;mémee'tendudansles endroits du contact;nbsp;on croyoit apercevoir des indices dunenbsp;action mutuelle entre les deux substances.nbsp;La masse du carbonate faisoit une violentenbsp;effervescence dans les acides ; mais lanbsp;couche mince contigue au tube nennbsp;jnanifestoit que peu ou point.
Le 3 mars jintroduisis dans un tube de porcelaine très-propre, 36,8 grains denbsp;craie, Le tube etoit placé dans la partie
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;7 3
superieure de la cage, et lespace restant ëtoit rempli de deux niorceaux de craienbsp;tailles convenablement; Ie plus élevé desnbsp;deux avoit e'té creusé en fagon de tube,nbsp;pour suppleer au tube dair ordinaire.nbsp;On calcula que toutes ces pieces ajoutéesnbsp;pesoient environ 3oo grains. On ne placanbsp;pas de pyromètre , mais la temperaturenbsp;fut estimée aux environs du 3o.' degrénbsp;Après que Ie canon eut été pendant quel-ques minutes dans la position approprie'enbsp;a lévacuation des produits , Ie plomb,nbsp;la baguette et la cage furent lance's avecnbsp;une force considerable , et une detonation assez bruyante. Le morceau inferieur de craie avoit a peine ëprouvënbsp;quelque influence de la clialeur. La partienbsp;superieure de 1autre morceau ëtoit a iëtatnbsp;de niarbre, avec quelques facettes remar-quables. Le carbonate, dans le petit tube,nbsp;avoit ëprouvë une grande diminution denbsp;volume pendant la première action de lanbsp;cbaleur, et il avoit commencë a se refoulernbsp;sur lui-même, signe dun commencementnbsp;de fusion. La masse ëtoit partagëe en
74 EXPERIENCES SUR lACTION
plusieurs cylindres confusement entasses les uns sur les autres, division occasionncenbsp;par 1acte du refoulement de la craie pul-ve'rise'e en doses successives. Dans diversnbsp;endroits, et surtout vers le haut , lenbsp;carbonate etoit Irès-poreux et rempli denbsp;cavites dëcidément aeriennes, qui nenbsp;pouvoient avoir élë formees que dansnbsp;une matière molle , et dont la formenbsp;vesiculaire et la surface brillante indi-quoient e'videmment un état de fusionnbsp;anterieure. La matière etoit demi-trans-parente , jaune dans quelqiies endroits,nbsp;et sans couleur dans dautres. Dans lanbsp;cassure, les parties solides pre'sentoient uiinbsp;aspect salin et des facettes innombrables.nbsp;Le carbonate etoit dans toute sa longueurnbsp;adherent au tube, et tellement incorporenbsp;avec lui, quon ne pouvoit determiner lanbsp;pcrte quil avoit eprouvee. La ligne denbsp;contact etoit en general brunatre ; jenbsp;navois cependant aucunc raison do soup-conner Iintroduction de quelque matièrenbsp;ëtrangère, sauf pent-etre quelques atomcsnbsp;provenant de la baguette de fer employee
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;7 5
au refoulement. Mais , dans les expe'-rlences subsequentes, jai observe la méine couleur brune ou noire a 1endroit dunbsp;contact entre Ie carbonate et les tubes denbsp;porcelaine , quoiquon eut , a dessein ,nbsp;refoulé Ie carbonate avec une baguettenbsp;de bois ; en sorte que cette couleur ,nbsp;quon a presque toujours remarque'e ,nbsp;est encore un fait a expliquer. Le carbonate faisoit une violente effervescencenbsp;avec lacide; moins forte cependant dansnbsp;les parties en contact avec le tube, quinbsp;laissoient uu depót sablonneux abondant,nbsp;du sans doute a la portion de ce mêmenbsp;tube attaquée par le carbonate en fusion.
Le 24 mars, je fis une experience sem-blable, dans un canon de fusil très-fort, et je mis quelque soiu, après 1applicationnbsp;de la clialeur , a refroidir lentement lenbsp;canon, dans lespe'rance dobtenir une cris-taüisatioa. La masse enlière se trouva fortnbsp;belle, et le plomb ne lavoit point touchée;nbsp;elle avoit un tissu salin et demi-trans-parent, avec diverses facettes. Jobservainbsp;dans un endroit la cristallisalion la plus
76 EXPERIENCES SUR lacTION dëcidee que jeusse encore obtenue, quoi-que dans de très-petites dimensions ; lanbsp;transparence dumorceauempechoit quonnbsp;ne la distinguat aisement, sauf lorsquonnbsp;faisoit réflëchir la lumière par la surfacenbsp;cristalline j eile jetoit alors un lustre ,nbsp;très-visible a Iceil nu. En examinant a lanbsp;loupe, on y decouvroit des lames rom-pues irre'gulierement dans la fracture denbsp;Iechantillon , toutes parallèles entrelles,nbsp;et réflëcbissant la lumière sous le raernenbsp;angle , ce qui produisoit leur eclat particulier. On voyoit egalement bien cettenbsp;structure dans les deux parties de fechau-tillon rompu. Dans une première experience on avoit obtenu une facette aussinbsp;grande dans un morceau de craie solide;nbsp;mais le dernier résultat etoit plus importantnbsp;paree que la craie qui Iavoit fourni avoitnbsp;e'te' prealablement a Ietat pulve'rulent.
Les experiences qui précédent mon-trent que les vases de ler sont preferables a ceux de porcelaine, lors même que leurnbsp;epaisseiir nest pas trés-grande ; et jenbsp;continuai a les employer de preference,
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;77
et a obtenir avec eux des résultats très-satisfaisans : cependant je demeurai a la fin convaincu que leur épaisseur nëtoitnbsp;pas suffisante pour inassurer un succesnbsp;constant et regulier : ce qui me conduisitnbsp;a employer des vases assez ëpais pournbsp;quils pussent supporter une force expansive plus grande que celle strictementnbsp;necessaire , puisquil ëtoit souvent arrivénbsp;que, daprès notre ignorance des rapportsnbsp;qui existoient entre les diverses forcesnbsp;dexpansion, daffinité, de ténacité, etc.nbsp;nous avions exposé les vases a des effortsnbsp;plus grauds quil nétoit nécessaire. Ounbsp;avoit ainsi détruit des canons qui avoientnbsp;fort bien résisté aux premières expé-riences, rnais qui navoient pu soutenirnbsp;les efforts trop violens auxquels on lesnbsp;avoit exposés. Ainsi, mon succes avecnbsp;les canons de fusil dépendoit du hasardnbsp;heureux qui mavoit fait employer jus-tement Ie degré de force suflisant pournbsp;contenir 1acide carbonique et lui donnernbsp;lieu dagir comme flux sur la chaux.nbsp;Je résolus done demployer des canons
78 EXPERIENCES SUR lACTION
beaucoup plus forts, et jessayai divers inoyens de me les procurer.
Jen fis construire quelques - uiis en roulant autour dun mandriu une bandenbsp;e'paisse de fer , ainsi quon le pratiquenbsp;pour forger les canons de fusil; jessayainbsp;aussi de reunir par la soudure deuxnbsp;faces bien dressees; mais jechouai dansnbsp;Iun et Iautre procédé. Je cbercliai ensuilenbsp;a me procurer de grosses barres de fer,nbsp;dans lesquelles je faisois percer une caviténbsp;cylindrique : cette méthode réussit. Lenbsp;premier canon sur lequel jen fis fessainbsp;etoit de petit calibre ; on ne lui donnanbsp;que demi-pouce de diamètre. Son effetnbsp;fut si satlsfaisant que je ne doutai pointnbsp;de la préférence que méritoit cette pratique par dessus toutes les autres dejiinbsp;cssayées. La petitesse du calibre ne menbsp;permit pas demployer a fintérieur unnbsp;cylindre pyrométrique , mais je le plagainbsp;sur la culasse même du canon disposénbsp;verticalement dans la moufle. II devoitnbsp;eprouver beaucoup moins de chaleur dansnbsp;cette position que la partie de Iappareil
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;79
qui renfermoit les échantillons dépreuve qu011 placolt toujours dans lendroit Ienbsp;plus chaud, autant du moins quon pouvoitnbsp;Ie deviner.
On fit Ie 4 aviil une e-spérience de celte manière avec du spath , Ie pyvoraètre suvnbsp;la culasse indiquant Ie 55.° degie. Lenbsp;spatli en ressoitit net et exempt de toutenbsp;tache ; il etoit adherent au cóte du tubenbsp;de porcelaine, fort ditninuë en volume,nbsp;mais encore cylindrique cpioique plié parnbsp;leffet des adhesions parliellcs. On re-trouvoit a peine a sa surface les impressions quavoit du laisser lacCe dunbsp;refoulement de la poudre dans le tube;nbsp;il offroit a loeil nu la rudesse et la demi-transparence de la moelle dun roseaunbsp;quon auroit dépouillée de son ëpiderme.nbsp;A la loupe, cette même surface paroissoitnbsp;comme vernie , mais irrégulièrement, etnbsp;olfrant 5a et la quelques cavités a air. Sanbsp;fracture etoit demi - transparente , plusnbsp;vitreuse que cristalline , quoiquon ynbsp;de'couvrit quelques facettes. La massenbsp;paroissoit formëe dun assemblage de
8o EXPERIENCES SUR lACTION molecules separëment transparenles ; etnbsp;on voyoit, sur les bords minces , desnbsp;parcelles dune transparence parfaite. Ellesnbsp;devöient avoir ëté produites par Ie feu ,nbsp;car Ie spath avoit e'té broyë a 1eau etnbsp;passé dans des tamis aussi fins que ceuxnbsp;qiie décrit M/ Wedgwood dans sonnbsp;Mémoire sur Ie pyromètre , comme étantnbsp;les plus fins de ceux quil eraploie dansnbsp;sa manufacture dEtruria.
Jobtins avec Ie méme canon plusieurs resultats intéressans , qui me donnèrentnbsp;des preuves de fusion aussi fortes quenbsp;celles que javois obtenues dans mes pré-ce'dentes experiences'; aveccette differencenbsp;remarquable , savoir, que dans ces der-nières la substance étoit compacte etnbsp;noffroit que peuou point dindices quellenbsp;eut écume'. Dans les canons de fusil ounbsp;la fusion avoit eu lieu, on avoit toujoursnbsp;trouvé une perte de 4 a 5 p/ liéenbsp;probablement avec la circonstance denbsp;récume. Celle du changement de poidsnbsp;ne put étre observée dans ces experiences;nbsp;pn en verra bientót la raison ; mais les
apparences
DË LA CïIxiLEtJR etC. nbsp;nbsp;nbsp;97
apparences.rae donnèrent lieu de pre'sumer que sil y avoit eu une peite elle avoit ëténbsp;fort peu considerable.
Le 6 avril je fis une autre experience avec le canon carrë, dont lëpaisseur ëtoitnbsp;dëja fort diminuëe par 1oxide qui sen ëtoitnbsp;dëtacbë successlvement ^ sous lai formenbsp;dëcailles : on y dëcouvi'oit en dehors unenbsp;gercure qui natteiguoit cependant pasnbsp;rintërieur. La chaleui fut assez forte ,. Ienbsp;pyromètre place sur la culasse indiquantnbsp;le 37.^ degrë. Lorsquon eut enlevë lenbsp;Tnëtal fusible, la cage se trouva fixëe,nbsp;et elle se roinpit dans les efforts quoiinbsp;fit pour la relirer. La gercure sëtoit fortnbsp;ëlargie a 1cxtérieur, mais il ëtoit evidentnbsp;que Ie canon ëtoit encore sain en dedans,nbsp;car une pavtie du carbonate se trouva anbsp;lëtat de marbre salin ; un autre morceaunbsp;ëtoit dur et blanc , sans grains salins, etnbsp;faisoita peine effervescence dans les acides.nbsp;Cëtoit probablement de la chaux vivenbsp;forniëe par la calcination interne, maisnbsp;dans un ëtat particulier, qui ne sest prë-sentë dans aucune autre expërience.
6
gS EXPERIENCES SUR laCTION
Louvrier que jemployai pour sortir du canon les resles de la cage avoit coupenbsp;un morceau de la culasse long de trois anbsp;quatre ponces. En examinant la gev^urenbsp;quon y de'couvroit , je remarqual avecnbsp;surprise que 1intërieur du canon e'toitnbsp;garni dune suite de cristaux transparensnbsp;bien termine's , et visibles a 1ceil nu ^nbsp;quoique petits. Ils ëtoient si serrés dansnbsp;quelques endroits quils couvroient Ie fernbsp;coraine un enduit transparent ; dansnbsp;dautres, ils étoient detaches et irréguliè-rementdisséminés siir sa surface. Malheu-reusement cette matière étoit en si petitenbsp;quantité quon ne pouvoit guère la sou-mettre a un examen chimique : mais jenbsp;détermiuai immédiatement quelle nenbsp;faisoit aucune effervescence dans les acides,nbsp;et ne paroissoit pas méine sy dissoudre.nbsp;Ees cristaux étoient en general transparensnbsp;et sans couleur, sauf quelques-uns, teintsnbsp;probablement par Ie fer. Leur formenbsp;étoit très-bien déterminée en lames, dontnbsp;les angles étoient obliques, et ils ressem-bloient beaucoup aux cristaux de la stilbife
fiE LA CllALEÜft etc. , nbsp;nbsp;nbsp;99
lamelleuse de Haüy. Qiioique produits depuis plus de deux ans , ces cristauxnbsp;tonservent encore leur forme et leurnbsp;transparence. Quelle que puisse être cellenbsp;substance , son apparition dans cettenbsp;experience est tres - intéressante , pareenbsp;quelle semble montrer un exeinple de lanbsp;maniète dont Ie docteur Hutton supposenbsp;quun grand nombre de cavités naturellesnbsp;ont été enduites par la sublimation dunenbsp;substance 'a 1état de vapeur, on maintenuenbsp;en dissolution par quelque gaz. Car ,nbsp;comme ces cristaux adhéroient a unenbsp;partie du canon qui devoit avoir éténbsp;occupée par fair pendant faction de lanbsp;chaleur, il paroit a peu prés certain quilsnbsp;étoient feffet de quelque sublimation.
Les effets très-énergiques produits par ce dernier canon , dont la dimension (ré-duite, a la vérité, par f oxidation répétée)nbsp;nexcédoitpas un pouce carré, me faisoientnbsp;désirer vivement des canons de la mêmenbsp;matière , plus gros , et qui me procure-roient des résultats du plus grand intérét.nbsp;Les informations que je pris mapprirent
100 EXPERIENCES SUR lACTION que ce canon navolt pas été percé dansnbsp;du fer de Suède , ainsi que je 1avoisnbsp;dabord suppose', mais dans du fer connunbsp;sous le nom de vieille ziheline j a causenbsp;de Teippreinte de cet animal , quonnbsp;trouve sur les barres, et qui forme lesnbsp;armoiries de 1endroit de Siberie ou cenbsp;fer est fabrique (i).
Un ouvrier me mit au fait de quelques-unes des proprie'te's des differenles especes de fer qui minte'ressoient sous le pointnbsp;de vue de ma recherche ; et il appuyoitnbsp;toujours ses explications par des essaisnbsp;faits sous mes yeux. Tout fer expose anbsp;un certain degrë de chaleur seclate sousnbsp;le marteau, mais la temperature a laquellenbsp;cet effet a lieu nest pas la merne pournbsp;les differentes variétés de fer. Ainsi, ilnbsp;me montra que le fer de fonte se brisenbsp;sous le marteau , a la temperature a laquelle il rougit obscurement, cest-a-dire
(i) Jai appris cetle particularity du feu professeur Robison.
DE LA CHALEÜR elC. nbsp;nbsp;nbsp;101
vers Ie i5' degre' du pyromètre (i); 1acier, peut-être vers Ie 5o° degré; Ie fer de Suède,nbsp;lorsquil est cbaufFè a blanc, peut-êtrenbsp;vers 5o OU 6o°. Le fer vieille zihelinenbsp;lui -raême cede finalement, raais dans unenbsp;temperature beaucoup plus êlevêe, peut-être vers le loo.' degre'. Jestimai a peunbsp;pres ces temperatures, mais je suis certainnbsp;qua un degre de chaleur auquel le fer denbsp;Suède se brisa sous le rnarteau, lavieillenbsp;zibeline soutint un coup violent et parutnbsp;coiiserver encore beaucoup de cohesion.nbsp;Cest daprès la connoissance quil a denbsp;cette propriête' du fer , que le forgeron,nbsp;lorsquil sort son fer de la forge et le posenbsp;sur Ienclume , commence par frappernbsp;de petits coups, jusqua ce que la temperature soit descendue au degre oü lenbsp;fer peut supporter le rnarteau. Jobservainbsp;que lorsque le fer de Suède e'toit exposé
(i) En le chauffant un peu davantage, on peul le scier, avec la scie ordinaire a bois , avec facililé, et,nbsp;chose bien extraordinaire, sans que Toutil se détrempenbsp;ui se délériore sensiblement. ( Note du traducteur.)
102 EXPERIENCES SUR L ACTION
a la forte clialeur de la forge, il cominengoit a bouilUr a la surface, ce qui indiquoitnbsp;clairement la production de quelque substance gazeuse j tandis que le fer vieillenbsp;zibeline, dans les memes circonstances ,nbsp;prit une surface comme liquide, et coulanbsp;sans elfervescence. Je me procurai, a ceitenbsp;époque, un noinbre de barres de ce fernbsp;qui repondirentpleinement a mon attente.
Par les experiences dont je viens de parler , je gagnai un point trés-importantnbsp;dans ma recherche; entant que jetablisnbsp;la fusibilite complete du carbonate sousnbsp;une certaine pression. Mais cette mêmenbsp;circonstance me forca a ajouter quelquesnbsp;modifications nouvelles a celles que jainbsp;déja decrites ; car le carbonate en fusion,nbsp;setendant sur Iinterieur du tube qui lenbsp;Gontenoit, et sunissant a lui dune manièrenbsp;inseparable, on ne pouvoit plus, a présnbsp;rexpérience , établir son poids séparé parnbsp;aucun des procédés que javois employenbsp;jusqualors. Je me de'terminai done anbsp;adopter pour Iavenir la disposiiiounbsp;suivante.
DE liA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;lo3
On pesa dabord un petit tube de por-celaine ih, fig. aS, en lui faisant e'quilibre avec du sableou de létain granulej en suitenbsp;on refoula fortement Ie carbonate dans cenbsp;tube , et on pesa de nouveau Ie tout. Lanbsp;difference etoit Ie poids du carbonate. Onnbsp;pesa de nouveau Ie tube après 1expe'riencenbsp;avec ce quil contenoit; et la differencenbsp;de poids observée etoit independantenbsp;dune action réciproque quelconque entrenbsp;Ie tube et Ie carbonate (i). La balance quenbsp;jemployois trébuclioit constainment etnbsp;décidément, par 1addition de de grain.nbsp;Lorsquon refouloit dans ce tube de la craienbsp;pulvérisée , on en laissoit ordinairemeutnbsp;une partie vide, dans laquelle on placoitnbsp;un petit morceau de craie dure i tailléenbsp;en cylindre , 'a chaque extr.émité duquel,nbsp;coupée plane et polie, on avoit grave une
(1) II pounoit reslei' qiielque doute sur ce qua cette haute temperature Ie tubedeporcelaiue conservenbsp;lui-même tout son poids. Ce doute auroil pu être levénbsp;par une expérience comparative faile sur un tubenbsp;seul, dans la même temperature. ( Note du trad.)-
lo4 EXPERIENCES SUR lACTION lettre pour mieux reconnoitre les effetsnbsp;du feu sur la craie , qui dailleurs eloicnbsp;pesëe avec la parlie pulvëiulente dunbsp;conlenu du tube. Dans quelques experiences, je mis un couvercle deporcelainenbsp;sur 1oiifice du petit tube ( ce couverclenbsp;etoit ëgalement pesë), pour me prémunirnbsp;contre Ie cas dune ebullition. Mais commenbsp;il arrivoit peu fiequemment, je pris rare-ment cette dernière precaution.
II importoit actuellement dempccher que Ie tube, ainsl preparé , ne fut touchénbsp;pendantlexpérience par aucune substance,nbsp;et surtout par Ie carbonate de chaux quinbsp;pourroit sy attacher, et troubler ainsinbsp;lappréciation a faire par Ie poids. On ynbsp;pourvut de la manière suivante : Ie petitnbsp;tube i k, lig. 23 , avec son carbonate pulverise ky eX. son cylindre de craie durenbsp;fut logé dans un gros tube de porcelainenbsp;p k y fig. 24. On mit sur celui-ci unnbsp;fragment de porcelaine assez gros pournbsp;ne pas tomber entre les tubes. On préparanbsp;ensuite un cylindre de craie m qui entroitnbsp;juste dans Ie gros tube et Ie remplissoit
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;103
presque, uae de ses extrëmités étant gvos-sièrement taillëe en cóne. Cette masse ëtaat alors introduite, avec son extrémiténbsp;cylindrique en bas, fut poussée jusquesnbsp;au contact du fragment de porcelaine 1.nbsp;Je laissai alors tomber dans 1espace n,nbsp;entre la partie conique de cette masse etnbsp;Ie tube, un nombre de morceaux de craienbsp;trop gros pour quils pussent passernbsp;entre la partie cylindrique et Ie tube,nbsp;et je les pressai en bas avec un outilnbsp;obtus, par lequel la craie ëtant en mèmenbsp;temps brisëe et refoulëe dans langle ,nbsp;forma une masse un peu solide qui em-pêchoit que rien ne pul passer entre lanbsp;grosse masse de craie et Ie tube. Jainbsp;trouvé que cette methode réussissoitnbsp;toujours lorsquon y procëdoit avec soin.nbsp;Je couvrois la craie, ainsi refoulëe, avecnbsp;une couchede silex pulvërisë o, etcelle-cinbsp;avec de la craie en poudre fortement re-füulëe p. Je rem pi is ainsi tout Ie grosnbsp;tube de couches alternantes de silex et denbsp;craie ; cette dernière substance occupoitnbsp;toujours la bouche du canon \ on la
lo6 EXPERIENCES SUR laCTION comprimolt facilement en une masse passa-blement solide, et qui, néprouvant aucunnbsp;changement dans les temperatures très-basses, excluoit Ie mëtal fusible dans lesnbsp;premières périodes de 1expérience.
Le gros tube, aiiisi rempli, étoit introduit dans Ia cage, quelquefois Torifice en dessus, dautres fois dans le sens oppose.nbsp;Jai souvent varié a eet égard , chacunenbsp;des deux dispositions ayant ses avantagesnbsp;et ses incoiivéniens. Quand lorifice estnbsp;en dessus, fig. 24 et 26, on est bien surnbsp;que le métal fusible ne pourra pas sintro-duire; paree que 1air, quittant son petitnbsp;tube quand le travail commence, occupenbsp;la partie supérieure du canon, et le métalnbsp;fusible se place, comme liquide, en q,nbsp;lig. 25, au dessous de louverture du tube,nbsp;de manière que toute communicationnbsp;enlre soa intérieur et le métal liquide estnbsp;impossible. Dautre part, par eet arrangement , le petit tube, qui est la partienbsp;essentielle de lappareil, est placé a unenbsp;distance considerable de la culasse dunbsp;canon, de manière a éprouver moins de
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DTi: LA CHALEÜR etC.
cKaleur que la partie superieure , ou bieu a obliger de soulever Ie canon fort hautnbsp;dans la moufle.
Avec la bouche du gros tube tourne'e en bas, Ie tube intérieur est placé commenbsp;on Ie voitfig. 22^ de manière a avoir sanbsp;bouche en dessus , et en contact avec Ienbsp;fond du gros tube. Cette disposition anbsp;lavantage de placer Ie petit tube prés denbsp;la culasse du canon ; et quoiquil y ait,nbsp;dans ce cas, moins de sureté contre lin-troduction accidentelle du métal liquide,nbsp;jai vu que eet inconvénient avoit peunbsp;dimportance,puisquelorsquelexpériencenbsp;va bien, et que Tacide carbonique a éténbsp;rigoureuseraent contenu , Ie métal sintro-duit rarement, quelle que soit la position.nbsp;Dans 1une ou lautre des dispositionsnbsp;opposées, on introduisit toujours un py-romètre, aussi prés quil étoit possible dunbsp;petit tube. Ainsi, dans la première, 1qnbsp;pyrométre étoit placé immédiatement aunbsp;dessous du gros tube; et, dans la seconde,nbsp;au dessus;ensorte que, dansles deux cas,nbsp;il nétoit séparé du carbonate que parnbsp;lépaisseur des deux tubes.
lo8 EXPERIENCES SUR l'ACTION
Cette methode occupoit necessairement beaucoup de place , ce qui me forcoitnbsp;a nintroduire que de fort petites quan-tite's de carbonate ; réchantillón pesoitnbsp;rarement plus de lo on 12 grains, etnbsp;souvent beaucoup moins (1).
Le 11 avril i8o3, avec un canon de fer vieille zibeline, de 0,76 de pouce de calibre,nbsp;je fis une experience dans laquelle toutesnbsp;les dispositions que je viens dindiquernbsp;furent exécutëes. Le grand tnbe en con-tenoitdeux petits, Iun rempli despath,nbsp;Iautre de craie. Je pre'sumois que la temperature avoit etc pousse'e jusqua 33quot;,nbsp;ou un peu plus haul. Lorsquon fit fondrenbsp;les metaux la cage fut lancee dehors avec
(1) Je mestirois la capacilé des tubes a air avec de 1etaia granule qui repre'sentoit un sable fin et égal.nbsp;En comparant le poids de ces grains reunis, avecnbsp;celui dun volume egal deau, je trouvai que lenbsp;pouce cube du metal granulé pesoit i55o,6 grains,nbsp;et que cliaque grain correspondoil a un volumenbsp;de 0,00075 de pouce cube. Je pouvois, daprès cesnbsp;dmme'es, jauger assez bien un tube en pesanl Ietaiiinbsp;granule dont je Iavois renipli.
DE LA CHALEirn etc. 109 beaucoup de force. Le pyromètre qui ,nbsp;dans cette experience avoit ëté place ennbsp;dedans du canon, indiquoit 64quot;, a monnbsp;grand étonnement. Cependant tont alloitnbsp;bien. Les deuxpetits tubes sortirent nets etnbsp;sans tache. Le spath avoit perdu 17,0 p.quot;' 5;nbsp;la craie, 10,7 p.*§. Le spath avoit coulé anbsp;moitië sur lui-même , et contre le cótënbsp;dn petit tube. Sa surface etoit brillante,nbsp;sa texture spongieuse , et sa masse etoitnbsp;transparente et ressemblant a de la gelëe.nbsp;La craie ëtoit toute en ëcume. Cette experience etend nos moyens daction , ennbsp;montrant quon peut exercer une prcssionnbsp;considërable dans une température aussinbsp;élevëe que le 64.quot; degrë. Elle paroit aussinbsp;prouver que, dans quelques-Unes des der-nières experiences avec le canon carré,nbsp;la chaleur avoit ëtë beaucoup plus fortenbsp;quon ne 1avoit supposë dans le temps ,nbsp;daprès lindication du pyromètre placénbsp;sur la culasse du canon; et que , dansnbsp;quelques-unes, et surtout dans la der-nière, elle devoit sêtre élevëe au moinsnbsp;aussi haut que dans 1experience actuelle.
110 EXPERIENCES SUR L ACTION
Le 21 avril 18o3 on fit une experience semblablc , avec un nouveau canon ,nbsp;cveuse dans une barre carrée de fer vieillenbsp;zibeline, denviron deux ponces et deminbsp;de diamètre, et dont on avoit seuleraentnbsp;abattu les angles, le tube interieur etantnbsp;rempli de craie. On soutint la chaleurnbsp;pendant plusieurs heures , et le feu brulanbsp;dans le fourneau toute la nuit. Le canonnbsp;parut dabord sain j cependant les metauxnbsp;coulèrent dehors tranquillement , et lenbsp;carbonate se trouva entièrement calcine,nbsp;le pyromètre indiquant 65°. Après examen,nbsp;et après avoir sëparè a coups de marteaunbsp;la couche uniforme doxide particulierenbsp;a cette variété de fer, on trouva que lenbsp;canon avoit cédé a sa manière , cest-a-dire en laissant séparer ses fibres longi-tudinales. Cette exped ience, malgré lanbsp;perte du canon, fut 1une des plus inté-ressantes que jaie faites, par la preuvenbsp;quelleme fournit, dune fusion complete.nbsp;Le carbonate avoit bouilli jusques parnbsp;dessus les bords du petit tube , placé,nbsp;comme on 1a dit, lorificc en dessusj et il
DE LA CHALEUR CtC. 111
avoit coulé en deliors jusques a un deml-pouce de son pied. La plus grande partie de la substance étoit 'a 1ëtat écumeux ,nbsp;montrant de grosses cavltés sphériquesnbsp;et une surface brillanle. Dans dautresnbsp;endroits, elle ëtoit mêlee de masses angu-leuses qui avoient été ëvidemment envi-ronnëes par un liquide dans lequel ellesnbsp;avoient flottë. La matière me sembla plusnbsp;dure que Ie marbre j elle ne faisoit aucunenbsp;effervescence, et ne prenoit pas une teintenbsp;rouge, comme la chaux vive, dans 1acidenbsp;nitrique , qui paroissoit navoir aucunenbsp;action sur elle en masse. Cëtoit la pro-bablement un compose de chaux et denbsp;la matière du tube.
Avec ce même canon rëparë , et avec dautres semblables, on fit, a cette ëpoque,nbsp;beaucoup dexpëriences de ce genre avecnbsp;un grand succès. Les dëcrire en dëtail nenbsp;seroit que rëpëter ce qui a dëja ëtë dit.nbsp;Je nen mentionnerai que quatre qui, com-parëes entrelles jettent beaucoup de journbsp;sur la ihëorie de ces operations , etnbsp;paroissent aussi ëtablir un principe de
1 1 2 EXPERIENCES SUR L ACTION cle geologie trés - important. Ces quatrenbsp;experiences ne different que par le degienbsp;de chaleur , et par la quantite' de Pairnbsp;introduit.
La première lut faite le 27 avril i8o3 , dans un des canons de vieille zibeline,nbsp;avec toutes les dispositions indiquees plusnbsp;haut. La clialeur seleva, malgre moi, anbsp;78 et 79*. Les tubes sortirent sans avoirnbsp;touche le metal fusible, et tout paroissoitnbsp;en bon e'tat. Le contenu du petit tube,nbsp;savoir la craie pulve'rise'e et un petit mor-ceau de craie dure, sortirent purs, et toutnbsp;a fait libres , sans aucim indice quilsnbsp;eussent adhere aux parois du tube. Lanbsp;perte de poids fut de 4i p/ et la calcination parut être complete. La matière,nbsp;jetëe dans Iacide nitriqiie devint rouge,nbsp;sans effervescence dabord , quolquaunbsp;bout de quelques minutes on vit paroitrenbsp;des bulks. Dapres la méthode suivienbsp;dans toutes ces experiences, et decrite ennbsp;detail tout - a - Iheure (i^oyez fig. 24 etnbsp;25), le gros tube etoit rempli, par dessusnbsp;le petit, de diverses masses de craie,
alternativement
DÉ LA CTlALÉUR etC. Il5 siternalivement solide, et en poudre re*nbsp;föulëe; et il y avoit dans la cage quelcpiesnbsp;morceaux de craie qui rempiissoient Fes*-pace, demanière quelleolFroit, dans unenbsp;étendue de 4 a 5 ponces, nne chaineconti-nuelle de carbonate. On trouva la substance dautant raoins calcinëe quelle avoitnbsp;ëlë plus distante de Ia culasse du canon,nbsp;on la cbaleur ëloit la plus forte. Un petitnbsp;morceau de craie , placée a Ia distancenbsp;dun demi-pouce du petit tube , se trouvanbsp;avoir a son centre un peu de matièrenbsp;saline, eiivironnee et entremêlée de cliauxnbsp;vive quon reconnoissoit a son blanc mat.nbsp;Cette matière deviiil rouge dans Facidenbsp;iiitrique, mais elleylit une effervescencenbsp;assez vive, et qui continua jusqua dissolution totale. La portion de craie suivantenbsp;e'toit a Ietat de pierre a chaux j et un morceau de craie dans la cage etoit aussi parfait quaucun marbre que jaie obtenu parnbsp;compression ; ces deux derniers eclian-tillons faisant une effervescence violentenbsp;dans Facide, et ny prenant pas de teintenbsp;rouge. Ces fails prouvent clairement que
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Il4 EXPERIENCES SUR lACTION la calcination du contenu du petit tubenbsp;avoit été interne , et due a la chaleurnbsp;violente qui avoit séparé son acide de lanbsp;partie la plus fortement cliaufFe'e du carbonate, daprès la theorie déja ëtablie. Onnbsp;prouva que Ie canon avoit conserve sounbsp;intëgritë , par lëtat complet des carbonates qui se trouvoient dans les partiesnbsp;moins chaulFëes. Le tube a air, dans cettenbsp;experience, avoit une capacité de 0,29,nbsp;environ | de pouce cube.
La seconde de ces experiences fut faite le 29 avril, dans le même canon que lanbsp;prëce'deute, après quil eut dëja fourninbsp;quelques bons rësultats. Le tube a air futnbsp;rëduit a I de son premier volume , cest-a-dire a de pouce cube. La chaleur futnbsp;portëe a 60°. Le canon se trouva couvertnbsp;a 1extërieur dune matière noire, spon-gieuse , qui indiquoit toujours la non-rëussite ; et on vit paroitre une petitenbsp;goutte de mëtal blanc. La cage fut dëgagëenbsp;sans explosion ni sifflement, et les carbonates se trouvèrent entièrementcalcinës.nbsp;Le canon avoit cëdë j mais il avoit bien
DB LA CHALEUR etC. Il5 réslsté dabord, car on trouva Ie contenunbsp;du petit tube dans un ëtat complètenaentnbsp;ëcumeux et ayant coulé avec la porcelaine.
La troisicme experience eut lieu Ie 5o avril, dans un autre canon semblable.nbsp;Les circonstances furent, a tous egards,nbsp;les mémes que dans les deux pre'cedentes;nbsp;seulement, Ie tube a air fut encore rë--duit a la moitië de son dernier volume,nbsp;cest-a-dire a ^ de pouce cube. On mitnbsp;un pyromètre a cbaque extrëmitë du grosnbsp;tube. Le supërieur indiqua 4i degrës,nbsp;1autre, seulement i5. Le contenu du tubenbsp;intërieur avoit perdu iG p.^ et ëtoitnbsp;rëduit a une belle ëcume peu dëformëenbsp;par la calcination intërieure, et indiquantnbsp;une fusion encore plus liquide quaucunenbsp;des prëcëdentes.
On fit la quatrième expedience le 2 mai, avec des circonstances semblables, a tousnbsp;ëgards, sauf le tube a air qui fut rëduitnbsp;a o,o3i8, cest-a-dire moins dun trentièmenbsp;de pouce cube. Le pyromètre supërieurnbsp;donna 25, et linfërieur 16. Les massesnbsp;les plus basses du carbonate fureut a peint^
1 l6 EXPERIENCES SUR lACTION
afFectées par la chaleur ; Ie coiitenu du petit tube avoit perdu 2,g p/ La craienbsp;solide et la craie pulverise'e ëtoient, 1unenbsp;etlautre, dans un bel ëtat salin, et ellesnbsp;avoient coulë dans plusieurs endroits,nbsp;contre Ie cótë du tube, effet auquel je nenbsp;me serois pas attendu dans une temperature aussi basse. On voyoit, a la surfacenbsp;supërieure, de la craie refoulëe dans Ienbsp;petit tube, qul avoit ëtë aplanie après sonnbsp;introduction , un nombre de cristauxnbsp;blancs a facettes brillantes , quon dis-tinguoit bien a 1ceil nu, et qui sembloientnbsp;sortir de la masse du carbonate. Jobservainbsp;aussi, que la masse solide sur laquellenbsp;reposoient ces cristaux ëtoit extraordi-nairement transparente.
Dans ces quatre expëriences, Ie volume de 1air renfermë avoit ëtë successivementnbsp;diminuë , et son ëlasticitë augmentëe parnbsp;ce moyen. II sensuivit que, dans lanbsp;première expërience, oü 1ëlasticitë ëtoitnbsp;la moindre , 1acide carbonique put senbsp;sëparer de la chaux dans une des premières përiodes de la chaleur croissante,
DE LA CHALEUR, etC. nbsp;nbsp;nbsp;II7
inferieure a la temperature a laquelle Ie carbonatese fond; et la calcination internenbsp;compléte fut effectuée. Dans la secondenbsp;experience, la force ëlastique ëtant beau-coup plus considerable, la calcination futnbsp;empêchëe jusqua ce que la températuienbsp;se'levat au terme qui produisit 1entièrenbsp;fusion du carbonate, et son action sur Ienbsp;tube avant que Facide carbonique eüt ëte'nbsp;mis en liberté par la gercure du canon.nbsp;Dans la troisième experience, oü la forcenbsp;ëlastique fut encore plus grande, Ie carbonate fut en partie comprimë, et sa fusionnbsp;accomplie , dans une tempërature entrenbsp;4i et l5^ Dans la dernière enfin, oü lanbsp;force fut encore plus considërable , Ienbsp;carbonate fut presquentièrement mis anbsp;Fabri de la dëcomposition , et en consë-quence il se cristallisa, et attaqua Ie tube,nbsp;dans une tempërature entre 26 et 16quot;.nbsp;Dautre part, Fefficacitë de Facide carbonique comme un flux sur la cliaux , etnbsp;comme aidant Ie carbonate a agir de lanbsp;même manière sur dautres substances ,nbsp;ëtoit clairement prouyëe ; puisque la pre-
Il8 EXPERIENCES SUR laCTION
mière experience montroit que la chaux vive , par elle-même , ne pouvoit ni êtrenbsp;fondue ni agir sur la porcelaine , mêmenbsp;dans la violente chaleur de 79*; tandisnbsp;que , dans la dernière experience , oünbsp;1acide carbonique avoit eté retenu, cesnbsp;deux elfets avoient eu lieu dans une tem*nbsp;pe'rature fort basse.
de LA CHALEUR etC. 119
V.
quot;Experiences dans lesquelles on emploie Veau pour augmenter Vèlasticitè de Vair ren-fermè. Cas de compression compléte.nbsp; Observations générales. Quelquesnbsp;expériences qiii donnent des rèsultats in-téressans, et qui montrent, en particulier,nbsp;une action réciproque entre Ie silex et Ienbsp;carbonate de chaiix.
Lavantage que javois trouvë, dans les dernières expériences , a augmenternbsp;lélasticité de Fair renfermé, en diminuantnbsp;sa quantité relative , me fit présumer quenbsp;je réussirois 'a accroitre la force élastiquenbsp;compressive en adoptant Fidée que mavoitnbsp;suggéré Ie docteur Kennedy, cest-a-direnbsp;en employant 1eau pour eet objet. Jenbsp;conjecturois que, pourvu que je laissassenbsp;une place suffisantea Fexpansion du métalnbsp;liquide, je pourrois ainsi appliquer a lanbsp;pression du carbonate une force en quel-que sorte indéfinie. Jadoptai la dispositionnbsp;suivante, que jai souvent pratiquée avecnbsp;succès, quoique Fexécution en soit difficile.
120 experiences sur laction
Pour lutrodiilre Ieau, on liumectolt de ce liquide un petit morceau de craie ounbsp;dargile cuite , prealablement pese etnbsp;quon lai.ssoit tomber ensuite dans un tubenbsp;de jiorcelaine profoud denvii'on unpouce,nbsp;et on le couvroit de craie pulverise'e et biennbsp;refoulee. Ou raettoit le tube, ainsi prepare^nbsp;dans la cage, avec Fobjet de rexpe'dence,nbsp;et on plongeoit le tout dans le metal fusiblenbsp;(prealablement versé dans le canon), a lanbsp;tempe'rature qui suffisoit a sa liquidite. Cenbsp;me'talsesolidifioit brusquement a 1arrive'enbsp;de ces corps froids , et le tube se trouvoitnbsp;encaisse dans une masse solide avant quenbsp;la chaleur eut atteint Ihumidite quil ren-fermoit. La difficulte consistoit a saisir ienbsp;metal dans sa temperature convenable;nbsp;car sil etoit trop chaud pour se solidiliernbsp;en peu de secondes par le contact de lanbsp;cage et de ce quelle contenoit, on en-tendoit Fean eu vapeur se faire jour annbsp;travers du métal liquide, Cependant jenbsp;surmontai cette diiïicuké en comraencantnbsp;par chauÖ'er presquan rouge ia culassenbsp;du canon ^ qui contenoit une quantité
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;121
suffisante du métal fusible, et en la plon-geant ensuite claus un vase plein deau, jusqua ce que la temperature fut des-cendue au terme convenable, ce que Jenbsp;reconnoissois lorsque Ie sijSlementproduitnbsp;dans Peau par Ie canon chaulfé navoit plusnbsp;lieu. On tenoit, pendant la dernière periodenbsp;de cette ope'ration, la cage tout auprès denbsp;la bouclie du canon, et préte a y êtrenbsp;introduite.
Je fis, Ie 2 mai, ma première experience en suivant ce procédé; jemployai Ie mêmenbsp;tube a air c|ue dans la dernière experience,nbsp;celui C[ui ne contenoit que ^ de poucenbsp;cube. Jintroduisis, ainsi c|ue je lai de'crit,nbsp;un demi-grain deau. Après une heurenbsp;dincandescence, Ie canon fut descendu aunbsp;moyen dune corde passant sur une poulie,nbsp;procédé que jai toujours employé quandnbsp;jai eu lieu de craindre quelcjiie danger.nbsp;Tout alloit bien. Les métaux jaillicent horsnbsp;du tube avec assez dirapétuosité, et unnbsp;jet de flamme accompagna leur sortie. Lenbsp;pyromèlre supérieur indiqua 24, et 1in-^nbsp;féricur i4. Le carbonate du tube intérieur
122 EXPERIENCES SUR L ACTION avoit perdu moins de i p/ ^ (strictement,nbsp;0,84). Le carbonate e'toit a 1etat de bonnenbsp;pierre a cbaux , mals la cbaleur avoit éténbsp;trop foible. La partie inférieure de lanbsp;craie dans le petit tube netoit pas agglu-tinée : la craie autour du bout du tuyaunbsp;de pipe (employe pour introduire 1eau)nbsp;qui avoit été plus cbauffe que le pyrometre,nbsp;et le petit cylindre qui sétoit moulé dansnbsp;lintérieur du tuyau, étoient a Fétat denbsp;marbre.
Je fis, le 4 mai, une experience sem-blable 'a la dernière, mais avec Fadditiou de i,o5 grain deau. Après 1applicatlonnbsp;de la chaleur, on laissa éteindre de lui-même le fourneau jusqua ce que le canonnbsp;cessat detre rouge. Le métal sortit irré-gulièrement. Vers la fin. Fair inflammablenbsp;produit bruloit a la bouche du canonnbsp;avec une flamme léchante, provenant sansnbsp;doute du gaz Iiydrogène plus ou moinsnbsp;pur, provenant de la decomposition denbsp;Feau. Le pyromètre supérieur indiquoitnbsp;36, et Finférieiir 19. La craie qui senbsp;trouYoit dans la parlie extérieure du gros
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;123
tube e'tolt a 1etat de marbre. Le tube inte'rieur ëtoit uni a 1exterieur par unenbsp;e'toile de matière fondue , noire sur lesnbsp;bords et qui sëtendoit tout autour , etnbsp;environnoit 1un des fragmens de porce-lainequi étoient tombes par accident entrenbsp;les tubes. Le tube intérieur , avec lanbsp;matière étoilée qui y étoit attachée, maisnbsp;saus le fragment enduit, parut avoirnbsp;éprouvé une perte de 12 p.quot;quot; ^ sur le poidsnbsp;ducarbonateprimitivement introduit. Maisnbsp;la matière qui environnoit le fragmentnbsp;étant inappreciable, il fut impossible denbsp;sassurer de la perte réelle. En examinantnbsp;le petit tube, je trouvai ses bords nets ,nbsp;et aucune trace débullltion par-dessusfnbsp;Le sommet du petit morceau de craienbsp;sétoit fort eiifoncé. Lorsquon rompit lenbsp;petit tube, son contenu parut avoir éténbsp;fondu dans quelques endroits, et dansnbsp;dautres sêtre fort approclié de la liquefaction. II y avoit eu une forte ebullitionnbsp;tout autour, au contact du tube avec lenbsp;carbonate : au centre, la substance avoitnbsp;une texture grainée , transparente, et peu
124
EXPERIENCES SUR L ACTION OU point cristallisee. Le petit morceau denbsp;craie solide étoit uni et soudé a la craienbsp;en poudre refoulee , de manière quonnbsp;pouvoit a peine les dislinguer. Dans lanbsp;pai'tie inférieure du carbonate, ou la cha-leur devoit avoir etc moindre, la baguettenbsp;avoit agi plus foiblement sur le tube, etnbsp;elle en étoit délachée. Ici, la substancenbsp;étoit dure, etsa fracture étoit e'minemmentnbsp;cristalliue, a facettes. Partout ou le carbonate avoit touché le tube , les deuxnbsp;substances montroient dans leur mélangenbsp;des marques de fusion beaucoup plusnbsp;evidentes quon ne pouvoit en trouvernbsp;dans le carbonate pur. Dans un endroit,nbsp;un filetde ce composé liquide avoit pénétrénbsp;dans une gercure du lube intérieur , etnbsp;Iavoit remplie en entier. Onvoyoit la unenbsp;ve'ritable veine, du filon, analogue a ceuxnbsp;du règne minéral; et on la voit encore dis-tinctement dans 1échantillon. La raatièrenbsp;liquide sétoit ensuite extravasée sur Ienbsp;dehors du tube intérieur jusques a unenbsp;étendiie de demi - pouce en diamètre,nbsp;et elle avoit enveloppé le fragment de
DE LA CIIALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;125
porcelaine dont il a éte question.Lorsquon jeta dans 1acide nitrique des morccaux denbsp;ce compose , les uns firent de 1effervescence , et les autres nen firent aucune.
longitu
Je rëpetai, Ie mème jour, cette experience avec deux grains deau. Le fourneau ayantnbsp;ëté prëalablement cliauffë, je continual lenbsp;feu pendant une derai-heure avec la mouflenbsp;ouverte, et pendant une autre demi-heurenbsp;avec un couvercle dessus. Je fis ensuitenbsp;descendre lecanon, aumoyendela poulie.nbsp;JapevQus une grande crevasse
dinale , qui me fit croire que lexpërience ëloit manquëe , et le canon dëtruii. Lenbsp;canon ëtoit visiblement gonflë , et ennbsp;augmentant de volume il avoit rompu lanbsp;couche doxide poli dont il ëtoit enduit.nbsp;Mais le mëtal liquide ne sëtoit fait journbsp;nulle part , et tout fut sa in et sauf. Lesnbsp;mëtaux, devenus liquides , furent lancësnbsp;avec plus de promptitude et de violencenbsp;que dans aucune des experiences prëcc-dentes j mais la baguette resta en place,nbsp;OU elle ëtoit maintenue par une corde.nbsp;Le pyromètresupërieur indiqua 27 degrës.
laG EXPERIENCES SUR lACTION
Iinferieur 25. Le contenu du tube iuteneur avoit perdu i,5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5. La partie supérieure
du petit morceau de craie étoit arrondie et vernie par la fusion ; et la lettre que jenbsp;gravois ordiuairement sur chaque extré-inité de ces pelits échantiilons, pour reconnoitre les degrés de Faction quilsnbsp;avoient éprouvée, se trouvoit ainsi entiè-rement effacée. On la voyoit encore sur lanbsp;face inférieure du morceau. La craie solide,nbsp;et celle qui avoit été refoulée pulvérulente,nbsp;étoient, Fune et Fautre , a Fétat demi-transparent,brillant un peu dansla cassure,nbsp;mais sans facettes bien décidées, et sansnbsp;quil y eut de traces daction sur le tube.nbsp;Cette dernière circonstance est importante , puisquelle prouve que cette actionnbsp;très-remarquable de la clialeur, sous lanbsp;pression, avoit eu lieu sans que le conlactnbsp;de Ia matière du tube y eut contribué ,nbsp;circonstance qui, dans plusieurs expé-riences, avoit beaucoup ajouté a la fusi-bilité du carbonate
Ces experiences et beaucoup dautres que je fis a peu prés dans le même temps.
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I27
avecIemêmesucces, prouvent clairement FelEcacké de leau pour accroitre la pres-sion; et les rësultats analogues a ces derniers,nbsp;et oblenus précëdemment a laide dunnbsp;très-petit tube a air, montrent que 1iii-fluence de leau dans cette occasion e'toitnbsp;purement mécanique.
Pendant 1e'te' suivant, et lautomne de i8o3 , je fus occupé duue branchenbsp;differente de cette même recherche, dontnbsp;jaurai bientót Foccasion de parler.
Au commencement de i8o4, je repris la classe dexperiences que je viens denbsp;dëcrire , dans Ie but principal datteindrenbsp;a la compression absolue, en imitationnbsp;du procédé de la nature. A cet effet, jenbsp;ne me bornai pas a Feau seule , maisnbsp;jemployai plusieurs autres substancesnbsp;vaporisables, pour aider a la compression;nbsp;savoir, le carbonate damoniaque , lenbsp;nitrate damoniaque, la poudre a canon,nbsp;et le papier impregne de nitre. Jobtinsnbsp;avec ces matieres quelques bons résultats,nbsp;mais lien qui mengageat a préférer Funenbsp;delles a Feau. Et je suis convaincu que
128 EXfÉRIENCES SÜPc lACTION ce Aaide leur est superieur a toutes , sousnbsp;ce rapport. Je troiivai dans plusieiirsnbsp;experiences faites avec un simple tubenbsp;a air saus autre compresseur artificiel,nbsp;et dans lesquelles on navoit fait que rougirnbsp;foiblement Ie canon, que Ie carbonate avoitnbsp;perdu un ou un et demi pour cent. Or ,nbsp;comme eet elFet doit avoir eu lieu dansnbsp;une temperature a laquelle la pondrenbsp;senflammeroit 'a peine, il est clair que sanbsp;presence ne 1auroit pas ernpéche' landisnbsp;que 1eau, prenant la forme gazeuse long-temps avant la temperature de Fignitionnbsp;visible, resistera efficacement a la calcination aussi bien dans les temperaturesnbsp;basses que dans les hautes ; et comme sanbsp;quanlité peut étre trés - exactement ap-précieepar Ie poids, aucune objection nenbsp;se presente contre son emploi dans Ienbsp;genre dexpëriences.
Le 2 janvier i8o4 je fis une experience avec le marbre et la craie avec 1additionnbsp;de 1,1 grain deau. Je visois a neraployernbsp;quun degrë foible de chaleur, et le pyvo-mètre, quoiquun peu rompu, paroissoit
indiquer
DE LA CllALEUR etC. 129 iucliquei'Ie 22.' degië. Mallieureusemeiit,nbsp;la bouche du gros tube, 1 ermee cominenbsp;a rordiuairc avec de la craie, ëtolt misenbsp;en-dessus et exposëe a la cbaleur, la plusnbsp;foi'le. Je la trouval arrondie par la fusion,nbsp;et dans Fëtat dëcume. Le petit tube sortitnbsp;très-net, et son poids se rapproclioit sinbsp;fort de ce quil ëtoit avant Fexpërience,nbsp;que le contenu navoit perdu que 0,074nbsp;p/ ' du poids primitif du carbonate. Lenbsp;marbre nëtoit que foiblement agglutinë,nbsp;mais la craie avoit passë a Fëtat de pierrenbsp;a cbaux dure, quoiquelle ne dut avoirnbsp;ëprouvë quune tempërature au-dessousnbsp;de 22quot;, cest-a-dire de celle oü se fondnbsp;Fargent. Cette expedience est certainementnbsp;très-remarquable , puisquelle montre lanbsp;craie cliangëe en pierre calcaire dure ,nbsp;en ne perdant pas une millième de sounbsp;poids (plus exactement,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par une
temperature peu ëlevëe; tandis que, sous la même pression , mais probablementnbsp;avec plus de chaleur , une portion denbsp;cette mêrae substance avoit ëtë fondue.nbsp;On ne peut savoir quelle perte de poidsnbsp;cette partie fondue avoit ëprouvëe.
8 '
i5o EXPERIENCES SUR L ACTION
On fit, Ie 4 Janvier, une experience semblable,avec i,i grain deau. La sortienbsp;du metal fut accompagnee dun jet denbsp;flamme. Le pyroraetre indiquoit 26. Lenbsp;petit tube sortit fort net ; son contenunbsp;avoit eté re'duit de i4,53 grains a i4,46.nbsp;La difference 0,07 de grain, est 0,47 p/ ^nbsp;du carbonate , cest-a-dire moins de ~
craie etoit a Ietat de marbre salin , dur, sans qualites extraordinaires.
Ces deux dernières experiences de-viennent plus interessantes par une autre suite , que je fis bienlot après, et quinbsp;montra quon avoit négligé une précautionnbsp;essentielle dans des expériences aussi dé-licates, celle de dessécher préalablementnbsp;le carbonate. Je Irouvai, dans divers essaisnbsp;qui furent fails vers la fin de ce mémenbsp;mois, que la craie, exposée a une cbaleurnbsp;au-dessus de celle de 1eau bouillante,nbsp;mais fort au-dessous de la température denbsp;Iignition visible, perdoit o,34 p.quot;quot; etnbsp;dans une autre expérience, o,46 p.^ f. Or,nbsp;cette pertede poids est, a 0,01 p.' 5prés.
De la chAleer etc. i5i
celle qui a eu lieu dans la dernière experience, cest-a-dire 0,47, et elle surpasse beaucoup cclle observëe dans la pen ultieme, savoir 0,074. II y a done bien lieunbsp;de croire que si Ie carbonate eut ëté pre'a-lablenxentdessëchë dans les deux dernièresnbsp;experiences , il nauroit épiouvë aucunenbsp;perte appreciable pendant la compression.
Le rësultat dun grand nombre des expediences qui vienneiit detre décritesnbsp;paroit expliquer duue manière salisfai-sante la pënible discordance quon re-marquoit entre mes experiences faites dansnbsp;les tubes de porcelaine , et celles quinbsp;avoient eu lieu dans des canons de fer.nbsp;Avec les tubes de porcelaine je ne pouvoisnbsp;jamais rëussir dans uue tempërature au-dessus de 28quot;, ni même tout-a-fait a cenbsp;degrë ; cependaiit, les rësultats ëtoientnbsp;souvent excellens ; tandis que les canonsnbsp;de fer ont frëquemrnerit soutenu desnbsp;temperatures de dT, ou 5i°, ét sont allénbsp;même jusques a 70 ou 80', sans en souiFrir.nbsp;Eu même temps, les rësultats, même anbsp;ces hautes tempëratures, ëtoient souvent
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EXPERIENCES SUR E ACTION infëiieurs , sous Ie rapport de la fusion ,nbsp;a ceux obtenus a des temperatures beau-coup plus basses dans des tubes de por-celaine. On voit raaintenant la raisonnbsp;evidente de cette difference. On a toujoursnbsp;juge necessaire deraployer un tube dairnbsp;dans les canons de ler : il en est rësulténbsp;quune portion de Iacide carbonique anbsp;tonjours ëtë sëparëe de sa base terreusenbsp;par une calcination interne: ce qui restoitnbsp;de eet acide a ëtë plus fortement retenunbsp;par 1affinitë ( daprès Ie principe denbsp;M.quot; Berthoüet ) , et par conséquent plusnbsp;facilementcomprimë que lorsquil ëtoit ennbsp;quantitë suffisante pour saturer la cbaux.nbsp;Mais la diminution de lacide a rendu Ienbsp;composë moins fusible quil ne 1eut ëtënbsp;dans son ëtat naturel, et par cette raisonnbsp;il a supporlë une plus baute tempërature ,nbsp;avec moins delfet. Linlroduction de 1eau,nbsp;en faisant naitre une force de rëaction, anbsp;produit un ëtat de choses analogue a celuinbsp;qui avoitlieu daus les tubes de porcelaine;nbsp;Ie carbonate ne perdoit que peu ou pointnbsp;de son poids, et Ie composë conseryoit
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sa fuslbllitë clans les basses temperatures (1).
Au commencement de 1annëe i8o4, je fis quelques essais avec des canons denbsp;fer, dans Ie but de les employer a unenbsp;autre serie dexpërieuces. Les résultatsnbsp;furent trop intéressans pour que je lesnbsp;passe sous silence; car, quoique lacidenbsp;carbonic|ue ne fut pas, 'a beaiicoup pres,nbsp;retenu, ils me fournirent quelques-unsnbsp;des plus beaux exeraples que jaie ob-tenus, de la fusion du carbonate, et denbsp;sou union avec Ie silex.
(i) La facuUé de contenir, que j'aUribue ici aux tubes de porcelaiue, seml)le ue pas saccorder avecnbsp;ce qui a été dit pvécédenuDeiiL, que lacide carboniquenbsp;avoit été chassé au travers de la substance du tube.nbsp;Maïs la perte qui a eu lieu par ceLLe voie a proba-blcnieul. élé si peu considerable que les propriétésnbsp;esscnlielles du carbonaie uen out point étd altérées.nbsp;Ou pcut-être cette pénétraliilité uest-elle point aussinbsp;universclle que jai été conduit a Ie penser, paree quenbsp;je Tavois observée dans tons mes essais. Dans Ienbsp;douie , jinvile forlement tous les chimistes quinbsp;pourrout avoir accès aux poicelaines de Dresde ounbsp;de Sèves, a examiner de nouveau ce sujet.
ï34 EXPERIENCES SER lACTION Le' ]3 fevrier, on fit une experiencenbsp;avec de la coquille dhuitves piiée, dansnbsp;line teinperaiiire de 33 , sans introductionnbsp;deau pour aider a la compression. Lanbsp;perte apparente fut de i 2 p.' La substance de la coquille avoit etë évidemmentnbsp;en ëtat de fusion visqueuse; elle étoitnbsp;poreuse,demi-transparente, brillante dansnbsp;sa surface et dans sa fracture; dans plu-sieurs endroits elle olFroit le vernis de lanbsp;fusion, dans dautres des facettes cristal-lisees. Le petit tube avoit été introduitnbsp;la bouche en - dessus ; on avoit placénbsp;dessus, comme a 1ordinaire, un fragmentnbsp;de porcelaine, que recouvrolt une massenbsp;arrondie de craie. A lendroit du contact,nbsp;entrela craie et la porcelaine, elles avoientnbsp;coulé ensemble, et la craie avoit e'tc e'vi-demment très-ramollie, car la porcelainenbsp;sur laquelle elle reposoit par son poids,nbsp;avoit pénétré de toute son épaisseur, etnbsp;au-dcla, dans la substance de la craie;nbsp;on apercevoit un rebord de craie en dehors de la surface inférieure de la por-ceiaine, préciséiuent comme il arrive
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;100
autour de la lame ronde dun couteauavec lequel on presse du beurre tendre. Lenbsp;carbonate setoit fort étendu sur 1inté-rieur du tube, etsétolt élevé par-dessusnbsp;les bords , comme le font certains seisnbsp;après avoir été dissous dans 1eau. Unenbsp;petite portion du carbonate e'toit ainsinbsp;arrivée jusquau tube extérieur, et sy étoitnbsp;attachée. La couleur noire, dont on anbsp;souvent parlé comme accompagnant lu-mon des carbonates avec la porcelaine,nbsp;étoit ici très-reinarquable,
Le 26 février, je fis une expérience dans laquelle je ne pesai point le carbonate, et je nintroduisis aucune matièrenbsp;étrangère pour aider a la compression.nbsp;La temperature étoit a 46°. Le pyro-mètre avoit été attaqué par le contact dtmnbsp;inorceau de craie auquel il sétoit alta-clié; et il faut quune portion du carbonate eut pénétré la substance du pyro-inètre, puisque celie-ci avoit cédé visible-ment a la pression qui avoit produit unnbsp;bourrelet autour du contact. 3observai,nbsp;dans ces expériences, que le carbonate
l5b EXPERIENCES SUR L ACTION
avoit une action puissante sur les tubes dargile de Cornwall, et bien, plus quenbsp;sur Ie silex pulverise. Peut-étre a-t-ilnbsp;pour Fargile une affmitë particuliere; cenbsp;qui pourroit conduire a des consequencesnbsp;importantes. La craie se'toit e'videramentnbsp;refoulëe sur elle-même, de manière a senbsp;detacher des cotës, et elle avoit commence alors a couler en portions siicces-sives, de manière a laisser encore au milieu une tige très-irrégulièrcment ronge'enbsp;autour; ce qui indiquoit une liquëlactionnbsp;successive, analogue a celle de Ia glace,nbsp;et non Ie ramoilissenient dune masse dansnbsp;toute sou épaisseur a la Ibis.
Le 28 fëvrier, je lis une experience avec de la coquille dhuitres, non pesée,nbsp;mais porphyrisëe et passëc au tamis lenbsp;plus fin. Le pyromètrc fut au 4o.° degrë.nbsp;Le morceau de craie au-dessous de luinbsp;sëtoit rarnolli au point de senfoncer anbsp;la profondeur dun demi-pouce dans lanbsp;bouche du tube a air, de fer, et de synbsp;mouler complètement. jUne petite portionnbsp;de ce morceau ëloit taclice de fer, mais
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Ie reste etoit très-beau. Le tube avoit uue crevasse, au travers cle laquelle lenbsp;carbonate, uni a la matière du tube, avoitnbsp;coulé en deux on Irois endroits. La matière de la coquille sëtoit refoulëe surnbsp;elle-raême , de maniève a se detacher desnbsp;parois, et elle portoit des indices évidensnbsp;de fusion. La surface exterieure etoitpolienbsp;et luisante comme Iemail. Lintërieurnbsp;ofFroit uu melange de grosses bulles etnbsp;de parties solides. Lintërieur des vësi-cules avoit un lustre fort supérieur a celui de 1extërieur, et ëgal a celui du verre.nbsp;La masse ëtoit en gënëral demi-transpa-rente; mais on y dëcouvroit a la loupenbsp;de petites parties tout-a-fait transparentes et sans couleur. Dans plusieurs en-droits, cette surface polie se'toit cristal-lisëe, de nianière a presenter des facettesnbsp;brillantes, qui, sous certains aspects, of-froient le reflet tranquille dun miroir.nbsp;Jobservai dans lintërieur de 1une desnbsp;bulles, une de ces facettes qui interrom-poit la forme sphërique, comme si, dansnbsp;eet endroit, la petite sphere eut ëlë
l58 EXPERIENCES SUR laCTION pressëe en dedans contce une surfacenbsp;plane. Je remarquai une autre circons-tance fort inte'ressante sur un peu de craie,nbsp;qui reposoit sur une couche de silex presnbsp;lorlfice du gros tube. On voyoit, atta-clie'e a son extrëmité inférieure, une substance qui avoit indubitablement résulténbsp;de lunion du carbonate avec Ie silex.nbsp;Elle étoit blanche et demi-transparente,nbsp;et ressembloit beaucoup a la calcédoine.nbsp;La masse de craie sétant attachée a cellenbsp;qui étoit au-dessus delle sétoit condenséenbsp;de bas en haut, en laissant un intervallenbsp;entre elle et Ie silex, et emportant avec ellenbsp;un peu du composé, qui, de la parois-soit avoir été dans lacte de couler a létatnbsp;de fusion visqueuse, ainsi que cela parutnbsp;avec évidence sur, Féchantillon entier,nbsp;qui offroit une stalactite et une stalagmite,nbsp;Tune au-dessus de 1autre. Je cassai parnbsp;malheur la stalactite, mais la stalagmitenbsp;est encore entière, sous la forme dunnbsp;petit cone. Cette nouvelle substance fai-soit effervescence dans lacide, mais peunbsp;vivement. Jépiai sa solution entière. II
DE LA CHALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;iSg
resta quelques nuages legers non dissous, et il se forma probablement de la gele'e,nbsp;car jobservai quune serie de bulles dairnbsp;demeura dans la forme du fragment, etnbsp;quelles se mouvoient ensemble sans avoirnbsp;entrelles de connexion visible. Ce faitnbsp;paroitroit annoncer une union chimiquenbsp;entre Ie silex et Ie' carbonate. La coquillenbsp;fondue dans fexpérience fut entièrementnbsp;dissoute dans facide, avec une effervescence violente.
Dans les trois dernières experiences et dans plusieurs autres faites en mêmenbsp;temps, Ie carbonate navoit pas ëtë pesë:nbsp;mais comme on navoit point introduitnbsp;deau pour aider a la compression, il estnbsp;probable que la calcination interne avoitnbsp;occasionnë beaucoup de perte; et sansnbsp;doute par cette cause les carbonates se sontnbsp;presque tous rëduits en poussière , tandisnbsp;que les composës quils avoient formënbsp;avec Ie silex ont conservë leur iutëgritë.
Le i5 mars, je lis une expërience sem-blable, dans laqnelle, outre la coquille pilëe, jintroduisis un melange de craie
l4o EXPERIENCES SUR lACTION avec lo p/J^de silex, broyés ensemble dansnbsp;un mortier avec de leau, a 1ëtat de crème,nbsp;et bien dessèchès ensuite, Lorsquon ou-vrit 1appareil, son contenu jailiit avecnbsp;tant de violence que Ie tube fut tout brise';nbsp;mais je tronvai un morceau de craienbsp;passé 'a létat de marbre blanc, et sondenbsp;au compose, lequel montroit dans sa fracture cette couleur noire irrëgulière entre-mèlée dans la masse cristalline quon re-marque dans certains marbres des Alpes,nbsp;et particulièrement dans celui quon ap-pelle a Rome cipolino. 11 ètoit très-durnbsp;et compacte, plus mème qua 1ordinaire.nbsp;ïl faisoit effervescence jusquau derniernbsp;atome, dans facide nitrique ëtendti; maisnbsp;beaucoup raoins vivement que Ie marbrenbsp;fait de craie pure. On voyoit un nuagenbsp;dans tout Ie liquide. Lorsque 1efferves-cence fut terminëe, on vit un nombre denbsp;bulles deraeurer pcodant tout Ie journbsp;dans la dissolution sans se rompre ui së-lever a la surface. Ellcs y restèrent toutnbsp;Ie jour et toute la nuit suivante, ëpoquenbsp;a laquelle lorsquon essaya de remuer Ie
3DE LA CHALEUR etC. l4l liquide on Ie trouva agglutiue' en geleenbsp;transparfcnte qul conservoit ses angles vifsnbsp;lorsquon la dechiroit. Ceite experiencenbsp;donne une preuve directe et positive denbsp;1union cliimique qui avoit en lieu entrenbsp;Ie carbonate et Ie silex.
Experiences faites dans Ie jilatine avec Ie spath les coquillages et avec Ienbsp;carbonate de chaux parfaiteinent pur.
Depuis que jai en 1honneur de présenter a la Société, Ie 5o aout dernier (i8o4), une notice fort abrégée des experiencesnbsp;qui précédent, plusieurs chimistes et mi-néralogistes distingués mont favorisé denbsp;quelques observations sur ces objets, etnbsp;mont témoigné des doutes que jai fortnbsp;a cceur de lever. On a dit, que la fusibi-lité des carbonates pouvoit avoir été 1elFetnbsp;de leur mélange avec dautres substances,nbsp;qui, OU bien existoient priraitiveraent
i42 experiences sur laction
dans Ie carbonate, on lui avoit étë fournles par Ie contact du tube de porcelaine.
A 1ëgard de la première de ces conjectures, je prends la liberté dobserver quen accordant que la cause réelle de lanbsp;fusion fut celle indiquëe , jai pourtantnbsp;gagné un point important, et peut-ètrenbsp;tout ce qui est strictement nécessaire pournbsp;appuyer cette partie de la théorie denbsp;Hutton. Car, en accordant que nos carbonates étoient impurs et que cette cir-consiance contribuoit a les rendre fusi-bles, elle leur étoit commune avec tousnbsp;les carbonates naturels; et, sous ce rapport, nos expediences sont conformes auxnbsp;procédés supposes de la nature. Quantnbsp;a lautre soupcon, on a montré, en comparant ensemble une série dexpériencesnbsp;variées, que faction réciproque ent re lanbsp;chaux et la porcelaine, etoit exclusivementnbsp;due a la présence de facide carbonique,nbsp;puisque lorsquil ny étoit pas, on nob-servoit aucune action de ce genre. On nenbsp;peut done pas attribuer au contact seulnbsp;de la porcelaine la fusion de nos car-nbsp;bonates.
PE LA CHALEUR etC. l43
Couvaincu cependant, comme jeletois, par un grand nombre dobservations, quenbsp;la fusibilite du carbonate ne procedoitnbsp;pas de son impurete, jai cherche a e'car-ter par de nouvelles experiences tons lesnbsp;doutes qui anroient pu naitre sur cetnbsp;objet. Pour me mettre a Iabri de toutenbsp;matière ëtrangère qui auroit pu alterernbsp;la purete du carbonate, jai prie ceux denbsp;mes amis qui sont verse's dans 1analysenbsp;cbimique (alaquelle je ne me suis jamaisnbsp;applique moi-même) de me procurer dunbsp;carbonate de chaux dont la purete fut indubitable. Pour e'viler 1efFet du contactnbsp;des tubes de porcelaine, je clierchai anbsp;renfermer la matière qui faisoit 1objet denbsp;Iexperience clans quelquenveloppe quinbsp;neut aucune tendance a sunir avec lenbsp;carbonate.
Jessayai dabord le charbonj mais je le irouvai très-incommode, a raison de Ieaunbsp;et de Pair quil absorboit irrëgulièrement.
Je pensai alors a employer des tubes ou des creusets, de platine. Nayant pasnbsp;la possibilitë de me procurer des vases
l44 EXPERIENCES SUR lACTION solides fails de celte sidastance, jemployainbsp;des plaques minces laminëes, formëes ennbsp;coupes. A eet effet, je cominengai a lesnbsp;roulev comme on fait Ie papier pour ennbsp;former im ültre, lig. 26; cela me procuranbsp;une coupe, capable de contenir Ie liquidenbsp;Ie plus atténuëj et en la recouvrant dunenbsp;bande de même mëtal recouibëe lout aunbsp;tour et qui redescendoit beaucoup contrenbsp;la paroi extërieure, fig. 28, Ie carbonatenbsp;que jy renfermois devoit ètre parfaite-ment a Fabri du contact du tube de por-celaine dans lequel il ëtoit placë. Jessayainbsp;encore un autre proeëdë; jentourai unnbsp;cylindre, ou petit mandrin, dime bandenbsp;de platine, de manière a fabriquer ainsinbsp;un tube, que je fermai des deux cótës parnbsp;un couvercle tel que celui que jai dëeritnbsp;(lig. 27 et 29). Dans les fig. 26 et 27, cesnbsp;¦yases sont reprësentës sur une grandenbsp;ëchellej et dans les fig. 28 et 29, ils sontnbsp;tracës a peu prés de grandeur naturelle.nbsp;Ceux de la dernière construction avoientnbsp;Favantage de contenir buit a neuf grainsnbsp;decarbonate, tandis que les autres nen
coutenoient
ÜE LA CHALEUR etC. l45 cOntenoient quenviron un grain et demi.nbsp;Eu revanche, ces derniers nauroient pU.nbsp;retenir un liquide très-coulantj mais, danSnbsp;la plupart des cas, celte faculté étoit in-dilFëreute. Et dailleurs^ si les carbonatesnbsp;se fussent ainsi ëchappës, Ie point important a ëtablir, cest-a-dire leur fusibilitcgt;nbsp;auroit été prouvë de la maoière ia plusnbsp;évidente.
Le reste de lappareil fut disposé, 'a tOUS e'gards, ainsi quon Fa précéderament in-diqné; et on prit, pour mettre a labrinbsp;le vase de platine, les mèmes precautionsnbsp;quon avoit appliquées aux tubes intérieurs de porcelaine.
Jai fait de cette manière un nombre dexpériences, dans Ie courant du prin-temps et de Féte' dernier, dont le re'sultatnbsp;a été pleinement satisfaisant, Elles prou-vent dabord la justesse des observationsnbsp;qui mont mis sur la voie de cettè nouvelle épreuve, en montrant que le carbonate pur, ainsi séparé de tout mélange,nbsp;est décidément plus réfractaire que tienbsp;Test la craie j puisque , dans beaucöup
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l46 EXPERIENCES SER ENACTION dexperiences, la craie a passe a 1etat denbsp;marbre, tandis cjue le carbonate pur, confine dans le vase de plaline, na éprouvénbsp;que peudinfluence, et aseulement acquisnbsp;la durete dun grès.
Cependant jai eu plus de succes encore dans dautres experiences, et jai obtenu quelques resuUats que je croisnbsp;dignes de Iattention de laSociete, et quenbsp;je vais soumettre a son examen. Lesécban-tillons sont tons reuferme's, pour plus denbsp;surcte , dans des tubes de verre, et sou-tenus par des supports de cire, fig. 3l ,nbsp;32 et 33 ; on a separe en general lesnbsp;echantiilons, du tube ou de la tasse denbsp;platine qui les renfernioit, paree que lenbsp;procédé employe donnoit la I'aculte denbsp;consetver le vase et son contenu, en de'-roulant simplement le metal sans aucunenbsp;violence; tandis que, dans un creuset ounbsp;un tube solide , il auroit été difficile,nbsp;apres Iexperience, deviter de detruire lenbsp;vase, ou Iechantillon, ou peut-être 1unnbsp;et 1autre.
DE LA CIÏALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;1^-]
avec Ie spatb calcaire pur^ du Saint-Gothard, dune transparence reraarqua-ble, et ayant une double refraction considerable. La temperature sélèva a 4o°, mais un accident empécha quon ne pesaCnbsp;la matière. La tasse conique sortit nettenbsp;et entière,remplie, pas tout-a-fait jusquaunbsp;bord, dune substance dun gris jaunatrenbsp;dont la surface etolt brillante, avec desnbsp;stries longitudinales telles quon en voicnbsp;quelquefois sur Ie verre. Cette surfacenbsp;ëtoit parsemëe ca et la de petites toulfes,nbsp;OU protuberances blanches, disposées irrë-gulièrement. Sur Ie recouvreinent formenbsp;par les bords du platine rëunis, on aper-cevoit a 1oeil nu, de petites gouttes rondesnbsp;eomme des perles, au noinbre de seize,nbsp;Elies paroissoient avoir ëtë formëes par lanbsp;fusion compléte des particules de carbonate qui sëtoient trouvées engagëes dansnbsp;Ie repli du mëtal et sétoient agglomëréesnbsp;en gouttelettes, comme cela arrive a cer-taines matières quon expose a la flamrnenbsp;du chalumeau. Jai conserve ce rësultatnbsp;dans son inlëgritë sans Ie sëparer du tube;
l48 EXPERIENCES SUR eACTION Je remarque, avecregiet, quil commencenbsp;a se dëiériorev, sans doute paree quilnbsp;a trop perdu dacide caibonique. Mais lesnbsp;globules nont point encore souffert.
Le 20 avril on ëprouva la même variété de spath, avec deux grains deau, dansnbsp;une temperature de 33 degrés. Jai lieu denbsp;soupeonner que, dans cette experience,nbsp;eomrae dans dautres faites a cette époque,nbsp;le métal fondu dans lequel on plongeoitnbsp;la cage, en 1introduisaut juscjues a la cu-lasse du canon, avoit été trop chaud,nbsp;et avoit chassé leau en la vaporisant. IInbsp;y ent une perte de 6,4 p/^. Le résultat nenbsp;donna aucun indice de bouillonnementnbsp;OU de gonflement. La surface de 1éclian-tillon étoit dun blanc pur , mais rabo-teuse, et on y apercevoit un coin luisantnbsp;coiiime du verre. En déployaut le métalnbsp;qui formoit la tasse, on obtint léchan-tillon parfaitement entier. La oü il sétoitnbsp;moulé, sur le platine il avoit un eertainnbsp;lustre, avec la demi-transparence irréguliere du marbre salin. Cassé, il en avoit lenbsp;caractère plus prononcé que je ne laie vu
DE LA CHALEUR etC.
dans aucun des autres resiiltats. La fracture e'toit très-irrëgulière et anguleuse, etoffioicnbsp;des facettes dans toutes les directions. Jenbsp;regrette fort que ce bel échantillon nexistenbsp;plus; il est tombé en poussière, malgrénbsp;Ie soin que javois mis a Ie renfermer dansnbsp;un tube de verre luté avec de la cire.
Le 26 d'avril je fis une experience avec du carbonate de cbaux purifié par monnbsp;ami, Sir George Makenzte. On intro-duisit deux grains deau; mais je soup-conne cjuiis se perdirent comme dansnbsp;Texperience precedente. La cbaleur futnbsp;de 32°. La perte de poids, de 10 p.^ Lenbsp;resultat, quoiquobtenu le lendemaia dunbsp;précédent , existe encore aussi frais etnbsp;aussi entier quau premier moment, etnbsp;annonce quil demeurera tel. En enlevantnbsp;le couvercle de la tasse conique, on trouvanbsp;que la surface brilloit comme du verre,nbsp;cxcepie vers les bords,ou elle étoitcommenbsp;frangee par une série de spherules blanchesnbsp;et raboteuses, qui, dans un cndroit, sa-vancoient jusques veiS le centre. La surface briliante étoit composce de plans qui
t5o experiences sur laction Se coupoieut sous des angles obtus, et dontnbsp;la surface etoit stride, apparence qui res-sembloit fort a une structure cristalline.nbsp;Lorsquoti eut separd IV'cliantillon de soanbsp;enveloppe, la partie raoulde sur Ie pla-tine parut avoir pris une belle surfacenbsp;perlde. On y apercevoit qnelc[ues grossesnbsp;vesicules qui avoient adhere au mdtalnbsp;et que 1acte de sa sdparation avoit ou-vertes. Leur surface interne dtoit fortnbsp;lustree, et garnie de stries comrae 1ex-terieur. La masse est remarquable par sanbsp;demi-transparence, quon observe surtoutnbsp;la oil les bulles diminuent son dpaisseur.nbsp;Une cassure dans un des angles permetnbsp;de voir la structure saline de 1interieur.
Le 29 avril, je remplis une tasse de platine de fragmens de la coquille appeldenbsp;turbo ierebra par Linnd. La pointe denbsp;la spirale dtoit tournee en haut dans lanbsp;tasse, fig. 3o. On dleva la temperaturenbsp;a 3o, et on nintroduisit point deau. Lenbsp;carbonate ne perdit pas moins de 16 p/nbsp;La coquille, et surtout sa pointe, con~nbsp;serva en grande partie sa lornae primitive,
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;101
de raanière a être aisénient reconnois-sable, mais elle etoit vernie sur toute sa surface, qui avoit pris un lustre vitreuxjnbsp;Ie vernis recouvroit dans un endroit unnbsp;fragment de la coquille qui avoit élénbsp;originairement dëtache,mais que Ie vernisnbsp;avoit soude'. Tous les angles e'toient ar-rondis par cette vitrification; 1espace en-tre la coquille entière et Ie fragment étoitnbsp;rempli, et les angles de la cassure arron-dis par la substance brillante. Sa couleur,nbsp;dun bleu pale, contrastoit dans eet echan-tillon vitreux avec la couleur naturelle dunbsp;coquillage, qui est dun jaune rougeatre.nbsp;Un des fragmens adhéroit au couvercle,nbsp;et avoit ëté converti en une goutte complete , de la grosseur dun grain de mou- .nbsp;tarde. On la Voit sur la cire, en b, avecnbsp;les autres ëcbanlillons de 1expërience,nbsp;fig. 32. Ce rësultat est encore parfailenient conserve quoiquil ait perdu unenbsp;portion si considerable de son poids.
On rëpëta la raéme experience Ie même jour, avec les mémes procédés, sur desnbsp;fragmens de coquille plus considerables.
jSa EXPERIENCES SUR ENACTION
et la pointe spirale toujours tourne'e eii dessus. Le pyrometre indiqua 34°, et lanbsp;perte fut de i3 p*'La forme primitivenbsp;disparut tout-a-fait; le carbonate coulanbsp;dans la tasse comme un licpiide parfait jnbsp;sa surface etoit concave, non luisante,nbsp;mais toute parseme'e des spherules ounbsp;touffes blanches, comme celles observeesnbsp;precedemment, mais contigues. Detache'nbsp;de la tasse, Iechantillon montroit, dansnbsp;sa surface moulee sur le metal, une cou-leur blanche et pcrlee, et quehpie lustre.nbsp;La masse etoit tout-a-fait solide, sansnbsp;vestige de la forme primitive des IVag-mens, fig, 35. On vit, en brisant un anglenbsp;vers le sommet du cone, que la structurenbsp;inte'rieure etoit tout-a-fait saline. Dansnbsp;Jacte darranger reohantillon sur sonnbsp;support, un autre fragment se detachanbsp;dans une direction nouvelle qui laissanbsp;apercevoir dune manière trés - distinctenbsp;rarrangement cristaliin le plus parfait ,nbsp;upe face plane et brillante, de plus dejnbsp;de pouce de cote' en tout sens, traversoitnbsp;iQut rechantdion j cette memo ftactme
BE LA. CIIALEUR CtC. IDO
donna lieu de juger cle la solidite interne de ia masse. Malheureusement , ceEnbsp;echantillon sest détërioré par Ieflet de lanbsp;mème cause qui attaque tons ceux dontnbsp;le poids a beaucoup dimiuue dans 1ex-perience. La partie seule qui se rappro-clie de la surface exterieure est denioui ëenbsp;entière. Je nai jamais pu expliquer d unenbsp;manière satisfaisante Oes dilfërences dansnbsp;la rësistauce des ëchanlillons : car^» parnbsp;exemple, le prëcëdent, qui avoit perdunbsp;une portion de son poids plus conside-Table que ce dernier, se conserve cepeUnbsp;dant beaucoup raieux.
Vers le commencement de juin, je regus de Hatchett du carbonate de cbauxnbsp;pur, quil eut la bontë de prëparer })ournbsp;mes expëriences; et il ny a que peu denbsp;jours que jai cessë den faire usage.
Mes premières expëriences avec celte substance furent pai ticulièrement malbeu-reuses, et elle parut j)ius difficile a trailernbsp;C[uaucune de celles que jeussc encorenbsp;ëprouvëes. Je ne doute point que sounbsp;exlièine purelë ne contribuat a produire
l5± EXPÉRtENCES SUR laCTION
eet effet, accru peut-étre par une autre cir-coiistance. La poudre, a raison dunecris-tallisation qui avoit eu üeu dans sa precipitation, etoit fort grossière et fort peu susceptible detre serrëe par Ie refoulement. Les parties avoient done moins dactiounbsp;mutueile quelles nen ont dans un ëtat plusnbsp;attënuë, oüles surfaces de contact sontbiennbsp;plus multipliëes. Cependant je ne vouloisnbsp;pas courir Ie risque dintroduire c^uelquenbsp;matière ëtrangère, en rëduisant ce carbonate pur en poudie impalpable. Quellenbsp;quen soit la cause, il est certain que,nbsp;dans plusieurs experiences dans lesquellesnbsp;la craie fut changëe en marbre, cette substance demeura incohërente et friable quoi-c{ue ses molëcules sëparëes fussent en general transparentes et brillantes. Cependant je parvins , finalement, a obtenirnbsp;quelques bons rësultats avec ce carbonate.
Dans une expërience dont il fut lobjet, Ie i8 de juin, en employant une fortenbsp;chaleur, jobtins une masse très-compacte,nbsp;a cassure saline,-raoulëe dans plusieursnbsp;endroits sur Ie platine, roulë alors en
DE LA CHALEUR etC. l5fgt;
forme de cylindre. Le 25, dans une experience semblable, le canon se gerca, et la matière soumise 'a 1expérience passanbsp;en entier a 1e'tat de'cume, ce qui proii-voit sa fluidite anterieure.
Le 20, dans une experience semblable, on éleva la temperature jusques a 64 ,nbsp;sans eau dans le canon. Le tube de pla-tine qui, dans une experience anterieure,nbsp;avoit ete atteint par quelques gouttes dunbsp;mëtal fusible, se fondit; et le carbonate,nbsp;conservant sa forme cylindrique, tombanbsp;au travers, de manière a toucher le mor-ceau de porcelaine quon avoit mis a lanbsp;suite du tube de platme. Au point denbsp;contact, les deux matières avoient coulénbsp;ensemble, comme il arrive au fer chaudnbsp;lorsquil touche le soufre. Le carbonatenbsp;lui-mème ëtoit très-transparent, et res-sembloit a de la neige prête a se fondre.
Le 26 juin je fis, avamp;c ce carbonate, une experience qui me donna un beau re'-sultat; jintroduisis avec beaucoup desoinnbsp;un grain deau; il y eut pourtant une pertenbsp;de 6,5 p.quot;o, el Fechantillpn est tombe en
i58 EXPERIENCES SUR L ACTION
poussière. Le pyromètre indiqiioit 43. Oa voyoit au-dehors du cylindre de plaline,nbsp;et sur 1im de ses couvercles, une suitenbsp;de globules, comme des perles, tels quenbsp;jen avois obtenu ci-devant, et iadiquantnbsp;une fusion parfaite. Lorsquon enleva lenbsp;couvei'cle superieur, on trouva que lanbsp;substance sétoit enfonce'e jusqua dispa-roitre presque , et quelle avoit pris ünenbsp;forme difficile a de'ciire. Jai essaye denbsp;la representor, fig. 5 i, par une sectionnbsp;ideale du tube de platine el de sou con-tenu , faite par Faxe du cylindre. Lanbsp;poudre, dabord refoulëe sur elle-mémenbsp;dans lacte de son agglutination , avoitnbsp;forme une baguette cylindrique, dontnbsp;le residu a b c se voyoit dans le milieunbsp;du tube.
Par Faction continuée de la cbaleur, Ie haut de la baguette en a sëtoit arrondinbsp;dans sa fusion ,* et la masse, tout-a-faitnbsp;amollie, sétoit enfoncée par son proprenbsp;poids, et élargie au bas de manière a senbsp;mouler dans letube, et a remplir com-jilètement sa partie inférieure d f g e.
DE LA CIIALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;l5j
En méme temps, Ie fluïde visqueux de-meurant attache aux parols en e ei d, tandis que Ie milieu senfoncoit, ëtoit ennbsp;pai'lie resté en arrière, et sëtoit amincinbsp;en pointe, jointe par une surface courbenbsp;en h et en c a la baguette centrale. Lors-quoii dëploya Ie tube de platine, les bordsnbsp;luinces en e et c? fuient conserves toutnbsp;au tour, et offrant une fort belle demi-transparence. Jai essayë de reprësenter,nbsp;fig. 54, 1ëchantillon entier tel c[uil ëtoitnbsp;ëtabli sur sou cóne de cire. Le carbonate,nbsp;la oil il ëtoit moulë sur le platine, avoitnbsp;une blanchenr nette et pcrlëe, et a 1extë-rieur une apparence saline, qul au soleilnbsp;prëscntoit des facettes. Sa surface ëtoitnbsp;interrompue par quelques bulles quonnbsp;voyoit ca et la, et qui avoient ëtë ap-puyëes coutre le tube. La substance inter-mëdiaire ëtoit extraordinairement compacte, et dure sous le canif. Toute lanbsp;surface e h a c d, fig. 3i, et 1intërieuvnbsp;des bulles,avoient un lustre vitreux. Ainsi,nbsp;tout indiquoit que la matière avoit ëtënbsp;a 1ëtat de fluiditë visqueuse, a peu présnbsp;en consistance de miel.
l58 EXPERIENCES SUR lACTION
Ces dernières expenences paroissent dissiper tous les doutes qui auroient punbsp;rester sur la fusibditë du carbonate Ie plusnbsp;pur,sans lintermède daucune substance
etrangere.
DE LA CHALEUR etC. t59
Mesure de la force requise pour contenir lacide carbonique. Appareil avec lanbsp;bouche du canon tournee en haut, etnbsp;un poids d lextrémitè dun long levier.nbsp; Appareil avec la houche tournee ennbsp;bas, Appareil avec Ie poids agissantnbsp;directement sur Ie canon. Comparaisonnbsp;des divers résultats.
Dak s Ie but de determiner, au moin$ dans certaines limites , quelle force avoitnbsp;eté appliquëe aux experiences prëcë-dentes , ct ëtoit requise pour assurer leurnbsp;reüssite, je fis un nombre dessais, parnbsp;un procëdë analogue a celui que Ie Comtenbsp;de Rumford avoit eraployë pour me-surer la force explosive de la poudre anbsp;canon.
Je commencai, en juin 1800, a faire usage de Fappareil simple , suivant. Jenbsp;choisis 1un des canons fabriquës , ainsinbsp;que je 1ai indiquë ci-devant, pour lesnbsp;expediences de compression: son diamètre
l6o EXPERIENCES SUR lACTION ëtoit de 0,75/ de pouce (i). Je rendis sounbsp;bord tranchant tout autour. A ce canonnbsp;ëtoit fortement vissë un coliet de fer a a,nbsp;lig. 36, a environ trois ponces de distancenbsp;de sa bouche, portant deux fortes barresnbsp;b b , qui se projetoient a angles droits denbsp;laxe du canon , et ëtoient dresses carrë-ment. Le canon , ainsi preparé , fut introduit, la culasse en bas, dans la mouflenbsp;verticale, fig. 35. II ëtoit ajustë de mauièrenbsp;c(ue cette culasse se trouvoit dans 1endroitnbsp;le plus chaud, les deux barres saillautesnbsp;dont on a parlë reposant sur deux autresnbsp;barres c c, fig. 35., placëes sur le fourneaunbsp;pour les recevoir, une de chaque colë denbsp;la moufle. On introduisit dans le canon,nbsp;ainsi piëparë, la cage, avec son carbonate,nbsp;disposés comme on fa piëcédemment in-diquë; la baguette qui la portoit ëtoit denbsp;la longueur convenable pour se terminernbsp;juste a lorifice du canon. On versa alors
(1) Cest lo dimension du canon dont on sest servi dans toulesles experiences qui suivenl. Sauflesnbsp;cas oil on en désigne nu aulre.
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;l6l
Ie métal liquide jusquli ce quil remplit Ie canon, et montrat au bant une surfacenbsp;convexe. On appliqua sur rorilice unnbsp;cylindre de fer denviron un pouce denbsp;diamètre sur demi - pouce depaisseur ,nbsp;fig. 35 et Z']!, sur lequel on fit reposernbsp;de suite un poids destine a produire Ianbsp;compression. On y procéda dabord parnbsp;raclion dune barre de fer d e, fig. 35.',nbsp;longue de trois pieds, entrant par unbout,nbsp;librement, dans un trou d, pratique dansnbsp;Ie mur contre lequel Ie fourneau etoitnbsp;etabli. La distance entre ce trou et Ienbsp;canon etoit dun pied. On suspendit alorsnbsp;un poids a lextrëmité e de la barre j etnbsp;il rësulte du rapport des distances respec-tives au point dappui , que la pressionnbsp;exercce par Ie poids etoit egale a trois foisnbsp;Ie poids lui-mêrae. On substitua dans lanbsp;suite des experiences un cylindre de plombnbsp;a celui de fer, et on mit entre lui et lanbsp;boucbe du canon , rendue trancbantenbsp;comme on la dit , un morceau de cuir ,nbsp;que Ie canon coupoit, comme un emporte-pièce, en faisant son impression jusques
10
102 EXPERIENCES SUR laCTION
dans le plomb mérne. Pour aider a cet effet, on donnoit un coup de marteaunbsp;assez fort sur la barre, droit au-dessus dunbsp;canon, dès que le poids avoit ëte suspendu,nbsp;II etoit essentiel, clans ce procédé', que lanbsp;totalite' du metal fut a Petal liquide pendant Paction de la chaleur; mais lorsquenbsp;ietois satisfait, tant de son intensite quenbsp;de sa durée, je laissois le metal se soli-difier, soit en éteignant toul-a-fait le feu,nbsp;ou bien en versant de Peau sur le canon.nbsp;Dès que la cbaleur commeuca a agir , onnbsp;vitdes gouttesde metal se faire Jour entrenbsp;le canon et le cuir, et se siiivre les unesnbsp;les autres avec plus ou moins de rapidite,nbsp;selon les circonstances. Dans quelquesnbsp;experiences, cette exsudation metalliquenbsp;etoit peu considerable, mais il ny en eutnbsp;guères dans lesquelles ce phe'noraenenbsp;neut plus ou moins lieu. Pour recueillirnbsp;le metal qui sortoit ainsi, Je fis passer lenbsp;canon dans uii creuset de plombaginenbsp;perce au fond , et lute centre la surfacenbsp;exte'rieure du canon , fig. Sy ; on mettoitnbsp;un peu de sable dans ce creuset, et le
ÖE LA CHALEÜR ete» metal se ramassoit sur sa surface. Dansnbsp;quelques casgt; on entendit dans Ie canon,nbsp;pendant Faction de la chaleur , unenbsp;ebullition marquee j mals cette circonsnbsp;tance ëtoit Ie signe certain duiie expe'-rience manquëe.
Les rësultats des plus Importans entre ces experiences ont ete' rëduits a unenbsp;mesure commune dans la seconde tablenbsp;insërëe dans Yappendix. Les numërosnbsp;suivans y sont rapportës.
N.quot; 1. Le i6 juin i8ö3 , je fis une experience , avec les dispositions quinbsp;viennent detre indique'es. Javois essayënbsp;demployer un poids de 5o livres , quinbsp;produisoit une pression de 90 livres. Maisnbsp;je la trouvai insuffisante. Je substituai unnbsp;poids de 112 liv., qui donna une pressionnbsp;de 356. II sëchappa très-peu de me'tal,nbsp;et on nentendit pas débullition. La craienbsp;inse'ree dans le corps du gros tube futnbsp;rëduite en chaux j mais cëlle qui ëtoitnbsp;dans le tube intërieur ëtoit assez solide etnbsp;fit effervescence jusquaudernier fragment.nbsp;On trouya aussi une ou deux facettes d@
l64 EXPERIENCES SER lACTION
bonne apparence. Le contenu du petit tube navoit perdu que 2,6 p/ mais Ienbsp;mëtal sy e'toit introduit visiblement, quoi-quen petite quantite , et le rësultat in-diquoit par son apparence une,perte plusnbsp;considerable. Je regardai pourtant cecinbsp;comme un point de gagnë j car cëloit lanbsp;première fois que javois produit uuenbsp;compression un peu considerable, avecnbsp;une force dëteriniuëe, Le pyromètre in-diquoit 22°.
Je re'pëtai celte experience le mëme jour. II sëchappa encore moins de mëtalnbsp;a 1orifice du canon, mais il cëda par lenbsp;bas, a la manière de ceux qui avolentnbsp;crevë faute dune quantite dair suffisante.nbsp;Ce rësultat eut pourtant ceci de satis-faisant, cest quil me montra que jenbsp;pouvois disposer dune force mëcaniquenbsp;capable douvrir quelques-uns des canons.nbsp;Le carbonate dans le petit tube avoitnbsp;perdu 20 p. 5; mais il y en avoit unenbsp;partie dure et compacte, et elle faisoitnbsp;effervescence jusqua dissolution totale.
N.quot; 2. Le 21 juin je fis une experience
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;l65
avec un autre canon et dans les mêmes circonstances. Javois laisse dans Ie grandnbsp;tube un espace vide, et javois 1intentionnbsp;de rintroduire dans Ie canon , lorificenbsp;en - dessous , pour que eet espace fit lesnbsp;functions du tube a air; mais on Ie placa,nbsp;par equivoque, dans la situation opposëe,nbsp;et Ie tube ayant ëte' introduit lorificenbsp;cn - dessas, lespace vide se reinplitnbsp;de mëtal , et ainsi 1expérience eut lieunbsp;sans air renfermé, On ne mit pas denbsp;pyromètre, mais on estima a peu pres lanbsp;clialeur a 25quot;, dans 1endroit occupé parnbsp;la matière soumise a 1expérience. Lors-quon ouvritle canon, on Ie trouva pleinnbsp;de métal; et lorsquon concha Ia cage surnbsp;Ia table, il en sortit une quantité considerable qui , sans doute, remplissoit toutenbsp;la partie laissée vide dans Ie tube. Lors-quil fut Iroid je Ie trouvai encore vide,nbsp;mais les parois étoient enduites de métal.nbsp;Le tubeétoit, en apparence, très-propre ;nbsp;et en le secouant on entendoit du bruitnbsp;au-dedans. Javois place' au-dessus du petitnbsp;tube et du cylindre de craie un peu de
l66 EXPERIENCES SUR laCTION borax et de sable , avec un peu de boraxnbsp;pur au milieu, et de craie par-dessus. Uunbsp;basard heureux fit que, daus cette experience, Ie métal ne péiiétra pas au-dela dunbsp;borax et du sable; car, dans ce procédé',nbsp;son intrusion est extrémementincommode.nbsp;On trouva Ie bouton de craie 'a le'tat dunnbsp;carbonate blanc et net, assez dur, maisnbsp;sans transparence. Le petit tube etoitnbsp;parfaltement net. Son poids, ni celui desnbsp;matières contenues , ne parut pas aunbsp;premier instant avoir subi de changement;nbsp;cependant, en observant plus scrupuleu-seraent lëtat dëquilibre de la balance, ilnbsp;sembla que la matière avoit perdu unenbsp;quantitë a peine appreciable , car unenbsp;centième de grain mise de son cótë rë-tablit lëquilibre, et une autre centièmenbsp;lui donna une prëpondërance dëcidëe.nbsp;Peut-étre que si 1on eut examinë avec lanbsp;même attention le poids du tube avantnbsp;son introduction, on y auroit trouvë autantnbsp;de difference. Si done il y eut une perte,nbsp;elle ne peut être que de de grain , cenbsp;qnij sur 10,05 grains, fait une aliquote
DE LA CHALEÜR etC. 167 de 0,0912 , OU 0,1 p/ Le carbonatenbsp;jouoit librement dans le petit Uibe, et ilnbsp;en sortit lorsquon le secoua. Sa couleurnbsp;etoit jaune ; il etoit compacte , et durnbsp;comme une pierre , sous le canil. Sanbsp;fracture etoit aussi picrreuse , mais avecnbsp;peu de facettes, et peu ou point de transparence. Dansquelquesendroits delechan-tillon , une couleur blanchatre sembloitnbsp;iudiquer une calcination partielle. Ennbsp;examinant a la loupe la fracture, japercusnbsp;un petit globule de mëtal quon ne voyoitnbsp;point a loeil nu, et qui e'toit seul et toul-a-fait isolë. Peut-étre la substance ennbsp;contenoit-elle dautres du méme genre,nbsp;qui auroient pu compenser, et masquernbsp;ainsi une petite peite ; mais 1apparencenbsp;ge'ne'ralement nette de la masse ne permetnbsp;pas de suppose! quils fussent en quantiténbsp;notable. Je vis ca et Ia, dans la fracture,nbsp;de petites cavités sphériques qui sem-bloient, quoiquimparfaitement, indiquernbsp;un commencement débullition.
Je fis de la même manière un nombre dexpéiiences, cest-'a-dire avec la bouclie
l68 EXPERIENCES SUR laCTION du canoa en-dessus , et jobtins de quel-ques-unes des résultats très-satisfaisans.nbsp;Mais ce ne fut qiie par hasard que lanbsp;matière echappa au contact du metalnbsp;fusible , ce c|ui me fit penser a une autrenbsp;manière demployer la force compressive,nbsp;en renvcrsantle canon, ce qui me donneroitnbsp;la faculté de repeter, avec un poids determine , toutes les experiences faitesnbsp;precedemment dans des canons fermës parnbsp;Ie mëtal congelë : je pensois aussi, quennbsp;employant un tube a air , ce fluide ,nbsp;sëlevant jusqua la culasse du canon,nbsp;ernpêcheroit que rien ne vint touchernbsp;les matières renfermëes dans Ie tube. Dansnbsp;ce but , jiutroduisis den bas Ie canonnbsp;dans la moufle, la culasse en-dessus , etnbsp;je ie retins dans cette position a faidenbsp;dun crochet fixe au fourneau , jusquanbsp;ce que Ie collet prcssat de bas en hautnbsp;contre la grille , soulevé par un levier denbsp;fer charge dun poids et portant sur unnbsp;support vis-a-vis. Dans quelques experiences faites en suivant ce procédé ,nbsp;jobtins Ie résultat tvès-net, ainsi que je
35E LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;169
lavols espëié ; mais la force navolt pas suffi; et lorsque je voulus raugmeater,nbsp;Ie fourneau lui-naènie fut soulevé de basnbsp;en haut par linfluence du levier.
Je fus done oblige deniploj^'er nn cadre de fer , fig. 58 ( on Ie voit sëparément,nbsp;fig. Sq ) , pour rendre Ie fourneau inde-pendant de 1actlon mëcanique. Ce cadrenbsp;ëtoit compose de deux barres a f e ^nbsp;fig. 58 et 09, fixëes dans Ie mur en anbsp;et j passant hoiizontalement sous Ienbsp;fourneau, de cliaque cótë de la moufle,nbsp;redescendant 'a angles droits sur Ie devaotnbsp;en h ete, et rencontrant a terre une traverse plate c d qui unissoit Ie tout. II ynbsp;avoit ainsi, en face du fourneau, une sortenbsp;dëtrier bede, sur la traverse c d duquelnbsp;on placoit un bloc de bols h h , fig. 58,nbsp;qui portoit uu tranebant de fer sur lequelnbsp;sappuyoit Ie levier , dont lextrëmitënbsp;agissante g sëlevoit de bas en baut. IInbsp;sexergoit, par Ie nioyen du canon et denbsp;son collet centre les barres borizontalesnbsp;a h f e, une pression a laquelle lanbsp;muraille rësistoit en a et en f\ une des
lyO EXPERIENCES SUR L ACTION
extremites de ces barres , et les barres vei ticales c 6 et c/ a lautie extrëmite'.nbsp;Ainsi Ie cadre soutenoit tout leffort, etnbsp;Ie fourneau éloit iudependant de lappareilnbsp;de compression.
La barre de fer, a son extrémité agis-sante, avoit la forme diine tasse en et elle ëtoit a moitié remplie de plomb,nbsp;dont la surface polie sappliquoit sur lanbsp;bouche du canon. On alongeoit aussi Ienbsp;levier, en joignant a Ia barre de fer uunbsp;prolongement en bois qui lui donnoitnbsp;une longueur totale de dix pieds. Ounbsp;faisoit ainsi ëprouver au canon une preSquot;nbsp;sion de bas en haut, equivalente a dix
quintaux.
Dans la première mëtliode , oü lon opëroit la bouche du canon en haut, onnbsp;appliquoille poids, Ie niëtal ëtant liquide.nbsp;Mais, dans celle-ci, il falloit Ie laisser senbsp;solidifier prëalablement ; autrement ilnbsp;auroit coule dehors lorsquon auroit misnbsp;Ie canon dans la moufle, et il falloit quenbsp;la liquëfaction du inëtal , essenticlle anbsp;cette classe dessais , cut lieu par la
DE LA CHALEUR etC. I7I propagation de la clialeur de haut en bas.nbsp;Cette méthode exigeoit done, dans tonsnbsp;les cas, lusage dun tube a air; car, sansnbsp;cette precaution, la chaleur agissant surnbsp;Ia culasse, tandis quele métal étoit encorenbsp;froid plus bas vers loritice, auroil infail-liblement détruit Ie canon. Ua grandnbsp;nombre de ces experiences manquèrent,nbsp;et donnèrent lieu a une grande dépensenbsp;de métal fusible qui, dans ces occasions,nbsp;étoit presque toujours perdu en entier;nbsp;mais quelques-unes réussirent, et don-nèrent des résultats très-satisfaisans quenbsp;je vais faire conuoitie.
En novembre 18o3, je fis par ce procédé quelques bonnes expériences ; toutes surnbsp;un calibre de o,75quot; de pouce et une pressionnbsp;de dix quintaux.
N. 3. Le 19 jobtins une bonne pierre calcaire dans une expérience faite sousnbsp;une temperature de 21*, avec perte seu-lement de 1,1 p/|.
N.quot; 4. Le 22, dans une expérience sem-blable, il y eut un peu de transudation k foriüce, Le pyromètre donna 5iquot;. Lo
172 EXPERIENCES SUR lacTION
carbonate e'toit a Ietat poreux et pvesque ecumeux.
N.quot; 5. Dans une seconde experience, faite le méme jour ^ la cbaleur selevanbsp;a 37 on 4i°. La substance oifroit de loriesnbsp;marc|ues de fusion, sa partie superieurenbsp;ayant coiiIe sur le petit tube. Le toutnbsp;setoit fort alfaisse , et avoit coule contrenbsp;Iun des cotes. La masse etoit brillaiiLe denbsp;facettes, et dans un elat très-satisfaisant.
N.° 6. Le 25 on fit une experience avec de la craie et quelques fragrnens de coquillenbsp;de coliraacon , avec environ demi-grainnbsp;deau. La clialeur seleva de dq a 5i . Lenbsp;canon avoit étë maiutenu ferme' par lenbsp;levier, mais il etoit gerce et un peu enllenbsp;a la culasse. La crevasse etoit large, etnbsp;telle quon Favoit toujours reraarqueenbsp;dans les canons les plus forts c[uand ilsnbsp;avoient manque. Le carbonate etolt tout-a-fait calcine, il avoit bouilli par-dessusnbsp;le petit tube, et il etoit tout entier a Ie'tatnbsp;decume avec de grandes cavites très-distinctement spberiques. Les fragrnensnbsp;de coquille qui avoient occupe la partie
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I7D
supérieure du petit tube ayoient perdu en entier leur forme primitive dans Factenbsp;de la fusion et de rél)ullition.
7. Le 26 on fit une experience semblable , dans laquelle le canon futnbsp;ouvert, en dépit de cette force puissante,nbsp;avec unbruit semblable a celui duncanon,nbsp;a ce quon me rapporta ^ car je n etoisnbsp;pas présent a eet essai ; et on trouvanbsp;le levier en état de forte vibration. Lenbsp;carbonate Int calcine et un pcu écumeux;nbsp;le centre de 1un des morceaux de craienbsp;iusére's dans le tube étoit a Fëtat de marbrenbsp;salin.
Jimaginai alors deraployer la force de compression sans tirbe a air , en me per-suadant que , ainsi que cela étoit arrivénbsp;par hasard dans un cas , Fexpausion dunbsp;liquide sexerceroit par une exsudationnbsp;douce, sans attaquer le carbonate. IInbsp;falloit, en operant ainsi, et par les raisonsnbsp;que jai exposées , mettre la bouche dunbsp;canon en -dessus. Divers essais que je fisnbsp;ainsi, a cette époque, ne me donnèrentnbsp;aucun résultat reraarquabie j mais je repris
174 EXPERIENCES SUR laCTION ce procëdë Ie 27 avril i8o4, en faisant,nbsp;dans la manlere dappliquer le poids , lenbsp;changement suivant.
Je crus que le systeme que javols adoplë a cet ëgard dans les expëriencesnbsp;piëcëdentes , pour appliquer le poids,nbsp;pouvoit avoir quelques inconvëniens. Onnbsp;Favoit placë a Fextrëmitë de la barre, etnbsp;son effet se propageoit dans la longueurnbsp;du levier , de manière a presser contrenbsp;le canon alautreextrëmitë. II me senibla,nbsp;que la propagation du mouvement, dansnbsp;ce procëdë , exigeant un temps sensible,nbsp;une quantitë considerable dacide car-bonique pourroit sëchapper par unenbsp;eruption soudaine avant que cette propagation eut eu son elFet. Jimaginai donenbsp;aller plus droit au but en disposant unenbsp;masse lourde, fig. 4o, de manière quellenbsp;agit directemeut et par son simple poidsnbsp;sur la bouche du canon , cette massenbsp;demeurant guidëe et command ëe par unnbsp;puissant levier a b. Dans ce but, je menbsp;procurai un rouleau de fer qui pesoitnbsp;trois cent quarante-trois livres , et je le
DE LA chaleitr etc, 17» suspendis, par-dessus Ie fouineau, a unnbsp;lever de bols qui reposoit sur un appuinbsp;voisin, et dont Ie long bras , conduit parnbsp;une corde c c, passant sur une poulienbsp;faisoit monter et descendre Ie poids anbsp;volonte'.
Je fis avec eet appareil quelques expf?-riences passables; mais Ie poids se trouva trop leger pour me procurer uniformëmentnbsp;de irès-bons rësultats. Je me procurai donenbsp;a la fonderie une masse de fer considerable destinëe , a ce que je crois , anbsp;enfoncer des pilots , et qui, deductionnbsp;faile de Faction du levier comme contre-poids , exei'foit une pression directenbsp;8 ïo qtdntaux; et je pouvois, a volonte,nbsp;diminuer cette pression en suspendant anbsp;Fextiëraité du levier un boisseau e, dansnbsp;lequel jintroduisois des poids dont onnbsp;apprécioit par experience Feffet sur lanbsp;grosse masse. Plusieurs canons crevèrentnbsp;dans ces essais ; enfin jen obtins un denbsp;petit calibre , o,54 de pouce , qui menbsp;donna, Ie 2 2juin i8o4, deux bonsre'sultats.
N.° 8. Dësirant determiner Ie minimum
176 EXPiRIENCES SUR lACTION de la force compressive c[ui pourroitnbsp;contenir efficacement 1acide daas Ie carbonate , dans des temperatures capablesnbsp;de fondre celui-ci, jobservai dabord quenbsp;tont 1appareil tenoit bon dans une temperature un peu au-dessus de 20°. Jintro-duisis alors graduellement des poids dansnbsp;Ie bolsseau jusqua ce que la presslon futnbsp;rëduite a deux quintaux. Pden ne bougeanbsp;jusqualors; mais lorsquon voulut dimi-nuer davautage la pression , Ie mëtainbsp;commenca a filtx-er a la bouche du canon ,nbsp;avec une rapiditë croissante. Lorsque lanbsp;pression fut rëduite a 1 | quintal, 1airnbsp;sortitavec sifïïement. Jarvêtai alors fexpë-rience en veisant de 1eau sur Ie canon.nbsp;Le morceau de craie avoit perdu 12 p.' 5;nbsp;il ëtoit blanc et tendre 'a lextërieur, maisnbsp;solide et bon au centre.
N.° 9- On fit une experience dans un petit tube avec de la craie, en ajoutantnbsp;un grain deau. Je mëtois propose de nenbsp;charger cpie de 4 quintaux , mais le canonnbsp;ne fut pas plutót placé , que le mëtainbsp;commenca a se faire jour a la bouche,
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I77
sans Joute par leffet de lélasticitë de 1cau. Jaugmeniai immëdiatement la pressionnbsp;jusques a 8,i quintaux , en enlevant Ienbsp;poids qui ëtoit dans Ie boisseau j lexsu-dation cessa a linstant. Je continual Ienbsp;feu pendant trois quarts dheure, tempsnbsp;pendant ieqnel rien ne se lit jour j toutnbsp;sortit ensulte dans un e'tat de netteténbsp;renjarquable , sans que Ie metal eütnbsp;presque rien touché. La perte séleva anbsp;2,58 p.^^. La substance étoitpassablementnbsp;durcie , mais navoit pas acquis les carac-tères dime pierre veritable.
La petitesse du calibre, dans ces deux dernières experiences , ne me permit pasnbsp;dy faire usage du pyromètre.
Le 5 juillet i8o4, je fis trois experiences de cette espèce, très-satisfaisantes, dans un canon du gros calibre, cest-a-dire de | de pouce.
Lexpérience n.° lo fut falte sous une pression de trois quintaux seulement; aunbsp;moment ou 1on observa une petite eruption, a la bouche du canon, on versa denbsp;leau dessus. Le pyromètre donna 21°, La
11
lyS EXPERIENCES SUR lacTION
craie avoit passé a Tétat de pierre a chaux solide.
N.° 11. Avec quatre quintaux. Le canon se maintint saas eruption ni exsudation ,nbsp;jusqna ce que la chaleur se fut élevée a 30quot;.nbsp;II y eut perte de 5^6 p.quot;quot; Le résultat futnbsp;supérieur au dernier en dureté et en transparence j et sa fracture étoit un peunbsp;saline.
N.* 13. Avec cinq quintaux. Le résultat, avec perte de 2,4 p.' fut dune qualiténbsp;supérieure a tout ce quon avoit obtenunbsp;dans la dernière série.
Ces expériences paroissent atteindre le but quon sétoit proposé, savoir de determiner la moindre pressiou et la moindrenbsp;cbaleur sous lesquelies la pierre calcairenbsp;peut êlre formée. l^es résultats obtenusnbsp;avec divers canons , de calibres dilférens,nbsp;saccordent assez bien et tendent 'a se confirmer mutuellement. Le tableau montrenbsp;paria comparaison des expériences, n.' i,nbsp;2, 8, lo, 11, 12, quuue pression de 02nbsp;atmospheres , équivalente a une pro-ibndeur de 1700 pieds de mer, est capable
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I79
de former de la picrre calcaire, dans une temperature convenable. Que sous 86nbsp;atmospheres, qui repoiident a peu présnbsp;a 3ooo pieds , ou environ ~ mille denbsp;profondeur deau, un maibre completnbsp;peut être forme : enfin que , sous unenbsp;pression de 176 atmospheres, ou 6700nbsp;pieds, cest-a-dire guèxes plus dun millenbsp;de profondeur sous la mer, Ie carbonatenbsp;de chaux peut se fondre complètement,nbsp;et agir très-ënergiquement sur les autresnbsp;terres.
l8o EXPERIENCES SUR lACTION
I
V 111.
Formation de ïa houille, Circonsiance qui me conduit d enfreprendre ces experiences. Rèsullats extraits d'un Mé-moire précédent. Solution de quelquesnbsp;difficultés quon a mis en avant. Llt;esnbsp;fibres dll hois conset'pées dans certains cas,nbsp;ejfiacées dans dautres, sous la pression.nbsp;Ressemblance qui existe entre ces résultatsnbsp;et une suite de substances naturelles dé-crites par M. Hatchett. Ils paroissentnbsp;jeter du jour sur Iliisloire da Surturbrand.
OoMME jai rinteiiiion de reprendie mes experiences sur les substances inflammables, experiences quo je suis loinnbsp;de considerer coramecompletes, je najou-terai quun petit nombre dobservations anbsp;celles que jai deja soumises a la Societonbsp;dans Fesquisse que jai eu Fhonneur denbsp;lul communiquer le 3o aotit dernier.
Cest 1incident particulier dont je vais parler qui me conduisit a moccuper denbsp;ce sujet duue manière prëmaturëe; car
DE LA ClIALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;löl
javois rësolu de terminer auparavant tout ce qui concernoit Ie carbonate denbsp;cliaux.
Lobservatlon que javois falte dans la plupart des experiences de la dernièrenbsp;serie, que les matières ëlastiques séchap-poient entre la bouche du canon et Ienbsp;cylindre de plomb , mavoit engage, ainsinbsp;que je lai dit plus bant , a mettre unenbsp;rondelle de cuir entre Ie plomb et eetnbsp;orifice, position dans laquelle Ie cuirnbsp;éprouvoit une temperature nëcessairementnbsp;inférieure a celle du plomb fondu. Dansnbsp;line experience faitele 28 novembre i8o5,nbsp;avec rinteniion seulement de de'terminernbsp;la force de lappareil, et la quantite' denbsp;mëtal liquide que son expansion feroitnbsp;sortir du canon, qui ne contenoit riennbsp;autre, jobserval, dès quon eut enlevénbsp;lappareil de compression ( ce qui dansnbsp;cette experience eut lieu tandis que lanbsp;par lie inférieure du canon ëtoit encorenbsp;dans toute sa chaleur, et Ie canon remplinbsp;jusqu a la bouebe de métal liquide), job-servai, dis-je, que tout Ie cuir qui sëtoit
182 EXPERIENCES SUR lacTION trouvé en-dehors de la bouche circulairenbsp;du canon sétoit conserve', et avoit ëténbsp;seulement bruni et ridé par la chaleur anbsp;laquelle il avoit ëté exposé. La portionnbsp;qui rëpondoit a 1inlërieur du canon avoitnbsp;entièrement disparu ; et je vis a la sur^nbsp;face du metal liquide dont le canon eioitnbsp;tout-a-fait rempli, de grosses gouttes dunnbsp;liquide noir brillant , qui par le refroi-dissement se convertirent en une matièrenbsp;noire et solide, a fracture luisante, exac-tcment semblable a de la poix ou a de lanbsp;houille pure. Elle bruloit, mais sansnbsp;llainme. Encore chaude elle avoit Iodeurnbsp;dëcidëe de Iaikali volatil. La circonstancenbsp;importante dans ce cas, est la inanierenbsp;dilFerente dont la chaleur a agi sur lecuir,nbsp;eu dedans et en dehors du canon. Lanbsp;seule difference des deux positions existoitnbsp;dans la compression , et on ne pentnbsp;attribuer qua cette circonstance la difïë-rence deseflets. Par cette force, la maticrenbsp;volatile du cuir qui, en dehors , avoit punbsp;sechapper librement, avoit ëië contenuenbsp;airdedans du canon, et obligee de demcurer
DE LA CHALEUR elC. l83 nnle au reste, sur lequel elle a\olt agi ennbsp;facon de flux ; et Ie tout sétoit liquéfié anbsp;une terapwature très-basse. Si la pressionnbsp;eul eté continuëe jusqua 1entier refroidis-semen t, ces substances auroient ëté retenuesnbsp;et auroient produit une ve'ritable houille.
Le 24 avril i8o5, un morceau de cuir employé de la même manière (la forcenbsp;compressive étant cepondant contiiiuéenbsp;jusques a Ten tier relVoidissenient ) futnbsp;cbangée en une substance semblable anbsp;de la colle, sans doute par 1effet de lanbsp;compression, dans une temperature inférieure a celle du plomb fondu.
Ces observations me mirent sur la voie dentreprendre une suite dexpériences surnbsp;les substances animales et végétales , etnbsp;sur la houille. Jen ai mis le résultat sousnbsp;les yeux de la Société : je vais le répéternbsp;tel que je lai publié dans le Journal denbsp;Nicholson, au mois doctobre derniernbsp;( i8o4).
« Jai fait aussi quelques expériences sur la houille, en employant les mémesnbsp;procédés que pour le carbonate de chauxj
l84 EXPERIENCES SUR lacTION mais je Tai tiouvee beaucoup moins trai-table; car Ie bitume, lorsqiion lui applique la chaleur, tend a sëchapper parnbsp;Teffet immédiat de son élasticité, tandisnbsp;que lacide carbonique est en partie retenunbsp;dans Ie marbre par la force chirnique denbsp;la chaux. Je lëussis cependant 'a con-tenir la matière bitiimeuse de la houille,nbsp;Jusques a un certain point, dans la temperature de 1ignition , de manière a amener la substance a létat de fusion compléte, tandis quelle conservoit cependantnbsp;sa faculte' de bruler avec flamme. Maisnbsp;je ne pus arriver au même résultat dansnbsp;des temperatures capables dagglutiner Ienbsp;carbonate j car jai trouvë, lorsque je lesnbsp;ai refoulés alternativement dans un mémenbsp;tube, qui a pu re'sister a la force expansive, que Ie carbonate a ëtë agglutiné anbsp;létat de bonne pierre calcaire, mais quenbsp;la houille a perdu environ lamoitié de sonnbsp;poids, et sa faculté de bruler avec flamme,nbsp;quoiquelle ait conserve sa solidité etnbsp;sa fracture brillante. Quoique cette experience nait pas eu Ie résultat que je
DE LA CIIALEUR etC. l85 de'sirois , elle a atteint admirablementnbsp;biea un autre but. Ou sait que , lors-quune couclie de bouflle est traversëenbsp;par un di^e (miir) dewhinstone, la houillenbsp;se trouve a un ëtat particulier dans Ienbsp;Yoisinage immédiat du wliin : dans cesnbsp;endroits, la substance nest plus susceptible de bruler avec flamnae, et les mineurs la dësignent par Fépithète de houillenbsp;aveugle. Le D.' Hutton a explique' cenbsp;fait en supposaut que la matière bitu-niineuse de la houille a ëté chassee parnbsp;la chaleur locale du whin, dans des endroits oü la temperature ëtoit moins cle-vëe, et OU cette matière sest condense'enbsp;par une sorte de distillation. Cependant,nbsp;le tout doit avoir eu lieu sous une pres-sion capable de contenir 1acide carbo-nique dans le spath calcaire quon trouvenbsp;fréquemment dans les roches de ce genre.nbsp;Dans la dernière experience dont je viensnbsp;de parler, nous avons une image parfaitenbsp;de cette operation de la nature; puisquenbsp;la houille a perdu son petrole, tandis quenbsp;la craie, en contact avec elle, a reteuunbsp;son acide carbonique. »
l86 EXPERIENCES SUR lACTION
)) Jai fait quelques experiences du même genre avec des substances vege-tales et animales : jai trouvé que leurnbsp;volatilité e'toit beaucoup plus grande quenbsp;celle de la bouille ; et jai ëté force denbsp;les traiter dans des temperatures au-des-sous de celle de lignition. Car, mêmenbsp;en approcliant de ce terme, elles ontnbsp;quelquefois dëtruit mes appareils. Lanbsp;matière animale que jai employé Ienbsp;plus ordiuairement étoit la corne; et lanbsp;matière végétale, la sciure de sapin. Lanbsp;corne étoit de beaucoup la plus fusiblenbsp;et la plus volatile des deux. Dans unenbsp;température assez peu élevée, elle se con-vertissoit en une substance dun jaunenbsp;rougeatre comme de 1huile, qui traversoitnbsp;de part en part les tubes dargile cuite.nbsp;Je fus done forcé demployer des tubesnbsp;de verre dans celte classe dexpériences.nbsp;Ce ne fut quaprès quune portion considerable de la substance eut été séparéenbsp;de la masse, que Ie reste prit la'teintenbsp;noire décidée, particuliere a la bouille.nbsp;Je convertis ainsi la sciure de bois et la
DE LA CHALEUR. etC. nbsp;nbsp;nbsp;187
corae en une sorte de houille qui bmloit avec flamme brlllante. v
)) Le mélange des deux matières pro-duisit une substance qui avoit cxactement 1odeur de la suie du goudion tiré de lanbsp;houille. Je suis done tiès-porté a croirenbsp;que le vègne animal a contiibue, commenbsp;le vegetal, a la Ibraiation de nos couchesnbsp;bitumineuses, Ceci parotl confirmer unenbsp;opinion mise en avant par Keir, etnbsp;dout on ma parlé depuis que jai faitnbsp;cette experience. Je concols que la houillenbsp;qui reste aclueilemeul sur la terre nestnbsp;c[uune petite portion dc la maiière orga-nique qui y fut primitivement déposée :nbsp;les parties les plus volatiles ont proba-biement été chassées par Paction de lanbsp;chaleur avant que la temperature se futnbsp;assez élevée pour meltre en fusion la substance environnantc, de manière a con-tenir les finides é'astiques et a les sou-jnettre a la compression. »
)t Je trouvai dans plusieurs de ces experiences , que lorsque la pression nétoit pas très-considérable, cest-a-dire quelle
l88 EXPERIENCES SUR lACTION
lie dëpassoit pas 8o atmosplières, la corne que je soumettois a lactioii de la cha-leur se dissipoit en entier, et que Ie tubenbsp;de verre qui lavoit contenu étoit pres-quabsoiunient net. Cependant, il est indubitable que si cette matière eiat éténbsp;exposëe a la cbaleur sans compression,nbsp;et mise a labri du contact de iatmos-pbèie, elle auroit laissë dans Ie tube unnbsp;caput mortuuni cbarbonneux et fixe.nbsp;II sembleroit done quici Ia pression mo-dërëe, en maintenant dans leur ëiat du-irion les ëlëmens de cette substance, avoitnbsp;contribuë k la volatilitë gënërale du compose, sans cependant que cette pressionnbsp;fut suffisante pour lui donner la faculténbsp;de rësister a la force expansive; et quainsinbsp;tout avoit ëchappë a la fois. Ce rësultat,nbsp;auquel certainement la theorie ne mau-roit jamais conduit, pourroit peut-êtrenbsp;expliquer 1absence de la houille dansnbsp;des lieux oü daprès lanalogie on devroitnbsp;sattendre a la rencontrer. n
Depuis lëpoque de cette publication , on Hia fait une question très-naturelle:
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;189
lorsque la matière inflammable a peidu de sou poids, ou lorscpie Ie tont a éténbsp;dissipé dans ces experiences, quest de-venue la matière aiiisi chasse'e ?
Je dois avouer que je nai point assez dexperiences , paidevers moi, pour ré-pondre 'a cette cpicsdon avec une con-fiance parfaite. Maïs , dans la pratique ,nbsp;deux: circonstances se sont presentees ,nbsp;qui peuvent avoir occasioïmë cette perte,nbsp;avec assez de probabilitë. Je trouvai dansnbsp;ces experiences , et en particulier dansnbsp;celles faites avec la corne, que la craie,nbsp;solt en poudre, soit en masse, que javoisnbsp;employee pour remplir la portion videnbsp;des tubes et pour les fixer dans la cage,nbsp;étoit fortemenl impvégnée dune matièrenbsp;huileuse ou bitumineuse qui donnoila cesnbsp;matières lapparence de la pierre puante.nbsp;Je comprends que la partie de Ia cornenbsp;la plus volatile avoit ëtë cbassée dans Fin-térieur de la craie, en partie a Fëtat denbsp;vapeur, et en partie en se versant pardessus les bords du tube, dans Facte denbsp;1ebullition j Ie toutayant e'të évidemment
igO EXPERIENCES SUR L ACTION
a letat très-llquide. Comnie javois trouvé dans quelques cas Ie tube qiioii avoitnbsp;introduit plein de corne, entièrement videnbsp;aprcs Fexpérience, je fiis conduit, ainsinbsp;que je Iai dit plus haut, a concevoir qiie,nbsp;sous la pression, la maticre avoit acquisnbsp;une volatilite générale plus considérablenbsp;que dans 1état de libertc : et je trouve,nbsp;aua feu ouvert, la corne donne encbar-bon aop/^de son poids primitif. Maisnbsp;ce sujet exige un plus grand nombre dex-périenccs.
On doit encore attribuer la perte de poids a 1exces de cbaleur employé dansnbsp;ia plupart des experiences pour oter Ianbsp;cage du canon. x\vec les substances inflammables, je nemployois pas de tube a air;nbsp;et la Lernpérature iiétant pas élevée. Fairnbsp;logé dans les interstices avoit suffi pournbsp;mettre les canons 'a Fabri de la destruction par FefFet de Fexpansion du métalnbsp;liquide. Dans ce but aussi, jemployainbsp;souvent Ie plomb , dont je mattendoisnbsp;que Fexpansion dans ces basses temperatures seroit moindre que celle du métal
DE LA, CflALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I9I
fusible. Or, Ie plomb exigeant pour se fondre une temperature qui approche denbsp;celle de rignilion, la matièie en experiencenbsp;se trouvoit alnsi, 'a Fepoque oü lou enle-voit la cage, soumise a une cbaleur cora-parativement assez forte. Mais la pertenbsp;qui en re'sulloit me ramena a Fusage dunbsp;mëlal fusible, et a mon ancien procëdënbsp;pour Ie fondre, en plongeant Ie canon,nbsp;après Favoir ëloigné du fourncau, dansnbsp;une solution de muriate de chaux dansnbsp;laquelle il ne pouvoit recevoir quunenbsp;chaleur de 25o° F. ( 97°R.),
Leffet fut vemarquable dans Ie petit nombre des ex])ëriences que je fis de cettenbsp;raanière. La corne nc se convertit point,nbsp;comine dans les autres, en une matièrenbsp;noire et dure, mais elle acquit une con-sistance demi-fluide et visqueuse, unenbsp;couleur jaune rougeatre, et une odeur très-dësagréable. Ceci montre c[ue les substances qui donnoient ici de la couleur etnbsp;de Fodeur aux résultats, avoient été cbas-sées, dans les autres experiences , par lanbsp;cbaleur trop forte appliquée a la substance délivrée de la compression.
192 EXPERIENCES SUR L ACTION
Je trouvai que Forganisation de la substance animale disparoissoit toiit-a-fait par une action legere de la clialeur, maisnbsp;quil falloit pour Fentière fusion des ma-tieres vëgétalesune teinpe'rature beaucoupnbsp;plus ëlevée. Jy parvins, cependant; et,nbsp;dans plusieurs experiences, des morceauxnbsp;de bois fnrent changes en une substancenbsp;noire comme du jayet, et inflammable,nbsp;ordinairement tres-poreuse, et dans la-quelle on ne pouvoit dëcouyrir aucunenbsp;trace de Forganisation animale. Dans dau-tres cas, on distinguoit encore les fibresnbsp;vëgëtales, et elles ëtoient sëparëes les unesnbsp;des antres par de grosses bulles dairnbsp;luisantcs.
Depuis la publication de Fesquisse de jnes expëriences, jai eu le plaisir de lirenbsp;la description tres - intéressante quenbsp;Hatchett a donnëe de diverses substancesnbsp;naturelles qui ont de grands rapports avecnbsp;la houille, et jai ëtë frappé de la res-semblance demes rësultats aux siens, telsnbsp;que cet habile chi miste les a exposés dansnbsp;toutes leurs variétés. Cette ressemblance
fournit
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;igS
fonrnit une présomplion que les change-mens quil altribue, avec toute la mo-destie dun veritable savant, a une cause inconnue, peuvent avoir étë 1efFet desnbsp;diverses temperatures modifiëes par desnbsp;pressions dilFërentes. La substance 'a la-quelle il a donne' Ie nom de Retina sphal-tuin paroit se rapprocher beaucoup denbsp;celle qoe jai obtenue des matières animales lorsque jouvrols Ie canon par unenbsp;temperature basse; et 1ëchantillon de boisnbsp;entrant en fusion, mais conservant encorenbsp;la forme de ses fibres, paroit tout-'a-faitnbsp;semblable a la substance intermëdiairenbsp;au hovey-coal et au surturhrand, quenbsp;M/ Hatchett a assimilëes Fune a Fautre.nbsp;On sait bien que Ie surturhrand dïs-lande est formë des troncs de gros arbresnbsp;aplatis en bandes par quelque opërationnbsp;de la nature qui na point encore ëtënbsp;ëclaircie. Mais la dernière des evpëriencesnbsp;dont je viens de parler paroit expliquernbsp;dune manière plausible ce phënomènenbsp;extraordinaire.
Nous trouvons dans toutes les parties
.12
194 EXPERIENCES SUR L ACTION du globe des preuves de diverses solutionsnbsp;de continuite, et des inouvemens relatifsnbsp;qiii out eu lieu dans de grandes massesnbsp;de rochers tandis quelles etoieut encore,nbsp;jusqu^'a un certain point, molles, et quinbsp;ont laisse des traces non e'quivoques, soitnbsp;dans le derangement des couches, soitnbsp;dans ces surfaces lisses et luisantes quonnbsp;nomme sUkenside, et qui ont été pro-duites par le frottement immediat de lanbsp;masse en mouvement sur celle en repos.nbsp;Si pendant faction de la chaleur souter-raine, il se présentoit une couche seulenbsp;contenant des arbres enlremeles de substances animales, de coquillages, etc., cesnbsp;arbres seroicnt reduits a un état de ra-mollisseraent huileiix semblable a celuinbsp;du morceau de bois dans la dernière expe'-rience, tandis que la matière des couches contiguës conserveroit un degré denbsp;solidite considerable. Dans cet e'tat danbsp;choscs, la couche dont on vient de parlernbsp;deviendroit trés - naturellement le lieunbsp;dune glissade occasionne'e par la pres-sion inegale des masses environnantes.
DE LA CHALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;igS
Par lelfet de ce mouvement, accompagne dune grande compression,un arbre seroitnbsp;aplati comme 1est une substance quonnbsp;pulverise dans un mortier, par la com-binaison des forces directes et late'rales.nbsp;Les coquillages saplatiroient comme lesnbsp;arbres et ressembleroient a ceux decritsnbsp;par Bergman; tandis que ceux de la mêmenbsp;espèce qui se trouveroient dans la pierrenbsp;calcaire voisine, e'tant mis a 1abri parnbsp;leur degre inférieur de fusibilité, conser-veroient leur forme naturelle.
196 EXPjÉRIENCES SUR lACTION
Application des résultats qui précédent, d la geologie. feu adinis clans lanbsp;théorie HiMonienne est une modificationnbsp;de celui des volcans. Cetie modificationnbsp;doit avoir lieu dans une lave antérieure-ment cl son eruption. Une lave intérieurenbsp;peut fondre la pierre cl chaux. Lesnbsp;ejfets dufeu des volcans sur les substancesnbsp;soumarines et souterraines sont les mémesnbsp;que ceux attribués au feu dans la théorienbsp;de Hutton. Nos couches ont été une foisnbsp;dans une position analogue , et c^est alorsnbsp;queUes ont éprouvé Faction du feu. nbsp;Toutes les conditions de la théorie ïlutto-nienne se trouvant ainsi reunies , on peutnbsp;explicquer cVune manière sati.sfaisante lanbsp;formation de toutes lesmatierespierreuses.nbsp;- Conclusion.
PRÈS avoir examine, a 1aide des experiences qul précédent, quelques-unesnbsp;des suppositions qui constituent la théorienbsp;de Hutton, et après avoir cherché a assignee une limite déterminée a léncrgie
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I97
des agens quelle admet, je vais appliquev ces rësultats a la geologie, et examinernbsp;jusquoü les ëvënemens quon supposenbsp;avoir eu lieu anciennement, saccordentnbsp;avee 1ëtal actuel de notre globe.
Lagent Ie plus puissant et Ie plus essen-tiel dans la theorie Huttonienne est Ie feu, que jai toujouis considëré comme analogue a celui des volcans, modifië par desnbsp;circonstances qui doivent, dans un certainnbsp;degrë, naitre dans toutes les laves avantnbsp;leur ëruption.
La source première des feux intërieurs est encore enveloppëe de beaucoup dobs-curitë; et je nai aucune raison de dëci-der sils proviennent de quelque grandnbsp;rëservoir central, ou sils sont 1effet denbsp;quelque opëration locale et de nature chi-raique. II nest point nécessaire de prendre un parti a eet ëgard : il nous suffit denbsp;savoir que ces feux souterrains existent;nbsp;et aucundeceux qui croient aux ëruptionsnbsp;du Vësuve ne peutendouter. Exiger quonnbsp;explique les feux souterrains avant denbsp;permettre quon les applique a la geologie,
]g8 EXPERIENCES SUR laCTION
seiolt aussi absurde que de défendre de raisonncr sur la construction dun telescope avant quon eut expliquë la naturenbsp;du soleil OU la production de la lu-mière (i). Mais tandis que nous suspen-dons de prononcer sur la cause preraièrenbsp;de eet agent formidable, plusieurs cir-constances importantes dans leurs rapports avec lui peuvent devenir des objetsnbsp;dobservation et de discussion.
Plusieurs auteurs (sans doute par ignorance des fails) ont prétendu que Ie feu dc TEtna et celui du Vésuve étoit pure-ment superficiel. Mais la profondeur denbsp;son action est assez prouvëe par la grandenbsp;distance a laquelic les secousses ëi uptivesnbsp;se font sentir, et mienx encore par les
(' 1 j Cependant, on a r»'-cemuient fort insisté sur celle objection contre nous, et on a cherclu^ mal-si-propos u tirer avaulage de ce. quavoit avanclt;5nbsp;M/ Playfair dans cetle discussion. Ce cpi'il avoltnbsp;donné coinrue unc simple conjeclure sur un objetnbsp;coiialéral a celui en queslion , on a voulu Ic cousi -dcrer coinme Ia base et la doclrinc fondamentalenbsp;du système (A).
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;I99
susbstances qui sontlancëes claus ccrtaines eruptions du Vesuve saus avoir cté alté-rëes par Ie feu. Quelques - uiies , tellesnbsp;que Ie marbre et !e gypse, ne pourroieiitnbsp;résisler, enliberlë, a faction du feu. Ounbsp;y trouve aussi du granite, du scliisle, dunbsp;gneiss, et des pierres de toutes les classesnbsp;connues, et daulres quon na jamais vuesnbsp;a la surface du globe. La circonstancenbsp;de remission de ces pierres hors de Ianbsp;bouche du volcan, sans quelles aient e'lénbsp;attaquées par Ie feu, prouve quil procédé dun fo5^er non-seulement au niveaunbsp;de leurs couches naturelles, niais beau-coup plus profond cpielles : et commenbsp;on trouve, dans ces ratitières vouiics, desnbsp;ëchanlillons de toutes les substances mi-nërales dont nous prélendons explicjuernbsp;ia formation, nous navous pas a nousnbsp;inquiëter davantage de la profondeur dunbsp;feu vésuvien qui dépasse Ie tenue de nosnbsp;speculations.
Le feu des volcans est sujet a des variations perpéluelles et irrëgulières dans son intensitë, et a des renouvellemena
200 EXPERIENCES SUR L ACTION soudains et violens après de longues périodes de cessation, absolue, Ces variations et ces intermittences sont aussi desnbsp;attrlbuts esseniiels au feu quemploie lenbsp;D/ Hutton: cai\, plusieurs scènes ge'olo-giques prouvent que la cause solidifiantenbsp;a agi a plusieurs reprises sur la naernenbsp;substance, et quelle a cesse enlièrementnbsp;dagir dans certains intervalles. Cette cir-coustance repond completement a unenbsp;objection quon a faite dernièreraent a lanbsp;théorie IIultonieiine,objection fondee surnbsp;la perte de chaleur qui auroit, dit on, eunbsp;lieu paria surface. Car, sil existe dans lanbsp;nature une cause de renouvellement aprèsnbsp;une cessation absolue, Iidee duue pertenbsp;resultant dune continuation est tout-a-fait étrangère au système.
Les phénomèues extérieurs des volcans sOnt assez bien connus; mais notie sujetnbsp;nous conduit a examiner leur action interne. Nous pouvons le faire a Iaide desnbsp;expériences qui précédent, dans tout cenbsp;qui concerne les modifications du cav*nbsp;bonate de chaux.
DE LA CHALEUR etC. 201
Qiielques experiences que jai préce-demment souraises a cette Société, et qui ont éte publiees (i), combinees avec cellesnbsp;que renferme ce Mënioire, prouvent quenbsp;Iaction la plus foible des feux volcaui-ques sufEt a produire 1agglutination etnbsp;niérne la fusion entière du carbonate denbsp;cbaux, lorsque son acide carbonique estnbsp;eflScacement reteuu par la pression : car,nbsp;quoique dans nos experiences, la lavenbsp;après sa fusion puisse se congeler en verrenbsp;dans une temperature de i6 a 18° denbsp;Wedgwood, temperature dans laquellenbsp;Ie carbonate seroit a peine affecté, il fautnbsp;observer quune congelation pareille nenbsp;doit pas avoir beu dans la nature, carnbsp;la masse du moindre courant de lave estnbsp;trop grande pour admettre un refroidis-senient aussi rapide. Et, dans Ie fait, lanbsp;partie exterieure de la lave nest pas vi-treuse, mais elle olfre une substance qui,nbsp;ainsi que nies experiences Tont prouvé.
^ 1) Transactions dEdimbourg , T. V, F. I,
203 EXPERIENCES SUR laCTION doit avoir etë solidifiée, a la temperaturenbsp;OÜ Iargent se food, cest-a-dire, vers lenbsp;2 2.' degrë de W^edgwood, tandis que lenbsp;carvaclère de ses parties internes iiidiquenbsp;quelles se sont congelees par le 27 ounbsp;28.' dcgré de la mème ëciielle. II sensuitnbsp;quaucmie partie de la lavej tant quelle estnbsp;demeuree liquide, na pu avoir ëté moinsnbsp;chaude que le 23.'degré de Wedgwood.nbsp;Or, cest dans cette temperature que jainbsp;opéré la fusion entière du carbonate denbsp;cliaux sous la pression. Nous devons donenbsp;conclure que la chaleur de la lave coulante esttoujours assez grande pour mettrenbsp;en fusion la pierre a chaux.
Dans tout volcan en action il doit exis-tcr une communication entre le sommet de la montagne, et la region inconnuenbsp;situee fort ail-dessous de sa base, oii lanbsp;lave a etc fondue et dou elle a etc chasseenbsp;a Iexterieur; la lave liquide sest ëlevëenbsp;dans ce canal interieur , do manière anbsp;remplir le cratere jusques au bord, et anbsp;verser par-dessus. En pared cas, les flancsnbsp;de la montagne doivent eprouver une
DE LA CHALEUR GtC. nbsp;nbsp;nbsp;2o3
pressionhydrostatique violente, du dedans au dehors, et ils y cedent souvent parnbsp;de larges crevasses par lesquelles la lavenbsp;sechappe lateraleinent, et coule sans interruption quelquefois pendant des moisnbsp;entiers. Cest ainsi que la plupart desnbsp;eruptions de lEtna ont lieu ; rarement lanbsp;lave coule du somroet, mais elle se faitnbsp;jour.lateralement, dans des stations très-élevees. A lendroit ou elle sechappe, unenbsp;niatière gazeuse est violemment chasséenbsp;de bas en hant, et elle est accompagnëenbsp;dun peu de lave liquide, qui, retombantnbsp;a lëtat spongieux, produit un de ces monticules coniques quon remarque en grandnbsp;nombre sur les vastes flancs de lEtna ,nbsp;et dont chacun est findice dune eruptionnbsp;particuliere. En mème temps , on voitnbsp;sortir ducratère principal un jet de flaminenbsp;et de fumée qui prouve la communication interne entre cc cratère et la lave;nbsp;eet ëcouiement du sommct continue ordi-nairement dune manière plus ou moinsnbsp;abundante pendant les intervalies entrenbsp;les eruptions. La fig. 4i reprësente une
2o4 experiences sur laction section ideale du mont Etna; a h est Ienbsp;canal direct, et 6 c une branche laterale.
Examiuons maintenant le'tat de la lave dans linterieur de la montagne pendantnbsp;Ie cours de Feruption; et supposons quunnbsp;fragment de pierre calcaire détaché de quel-que couche inferieure sest trouvé renferniénbsp;dans la lave fluide, et est monté avec elle.nbsp;Commie, daprès la loi hydrostatique,cha-que portion de ce fluide ëprouve une pres-sion dont la mesure est sa distance verticale au-dessous du versoir superieur,nbsp;cette pression doit augmentcr avec la pro-fondeur. La pesanteur specilique de lanbsp;lave solide et compacte est a peu pres 2,8;nbsp;et sou état de liquiditë ne doit changernbsp;que de bien peu cette densite'. La tablenbsp;montre que Facide carbonique de la pierrenbsp;calcaire ne peut pas être couteiiu , a lanbsp;temperature de Fignition, par une pression moindre que 1708 pieds deau denbsp;mer, qui correspond a environ 600 piedsnbsp;de lave liquide. Ainsi, dès que la massenbsp;calcaire se trouveroit a 600 pieds de lanbsp;surface, son acide carbonique quitteroit
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;200
Ia cliaus, et prenant ia forme gazeuse il ajouleroit a 1efFervescence de lëruption.nbsp;Et ee changement commenceroitpour ior-dinaire a de beaucoup plus grandes pio-fondeurs, paree que les bulles dacide car-bonique et dautres substances gazeusesnbsp;dissémine'es dans la lave diminueroientnbsp;beaucoup la densité de Ia colonne de lavenbsp;et rendroient très-variaole sa pression surnbsp;un point determine. Maïs, avec toutes cesnbsp;irrcgularitës et ces interruptions^ la pression dans tons les cas^ et surtout a denbsp;grandes profondeurs, suvpasseroit de beaucoup celle qui auroit lieu sous une colonne egale deau (i). La done oir la pro-fondeur dun point donnë dans la lave se-lève a 1708 pieds au-dessous du versoir, lanbsp;pression, si la chaleur nest pas excessive,nbsp;seroit plus que suffisante pour retenir 1a-cide carboniquej et notre pierre calcaire
(1) La viscosité de la lave, très-considérable en comparaison de celle de 1eau , contribue encoie anbsp;renforcer les argumens de lauteur. ( Note, dunbsp;traducteur.)
2o6 experiences sür enaction
lie se calcineroit pas, mais elle entreroit en fusion; et si Ieruption cessoit alors,nbsp;elle se cristalliseroit en se refroidissant avecnbsp;la masse de lave, et deviendroit un nodulenbsp;de spath calcaire. La masse de lave quinbsp;renfermeroit ce nodule deviendroit alorsnbsp;un veritable wliinstone, et appartiendroitnbsp;a la variété dite amygdaloide. Dans desnbsp;profondeurs encore plusgrandes, lapres-sion saccroitroit proportionnellement jus-quau terme ou le soiifre, et méme Ieaunbsp;pouiToient être contenues; et le carbonatenbsp;de chaux se maintiendroit sans decomposition dans les temperatures les plus elevees.
Si, tandis que la lave etoit liquide, soit pendant Ieruption , soit antérieurementnbsp;a cette époque, une nouvelle crevasse d e,nbsp;fig. 4i, formée dans la masse solide inférieure au volcan, étoit rencontrée en dnbsp;par notre courant, il est évident que lanbsp;lave se jetteroit dans cette ouverture avecnbsp;beaucoup de rapidité, et quelle la rem-pliroit en enlier, puisquil ny auroit pasnbsp;dair qui put sopposer a sa marche. Ainsinbsp;un courant de lave pourroit étre conduit
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;207
par dessous jusques vers Ie fond de la mer ff, et y rencontier une couche denbsp;coquillages g g , reposant sur ce fond ,nbsp;mais entremêiës de couches de glalse,nbsp;alternant avec Ie sable et dautres lits denbsp;coquillages , ainsi quon 1observe dans lanbsp;nature. Le premier effet de la chaleur se-roit de chasser 1humidite' de la couchenbsp;inferieure de coquillages, et cette huminbsp;ditë sëlevant a létat de vapour jusquaunbsp;terme öü elle se condenseroit en eau parnbsp;le refroidissement, produiroit un effet analogue a celui de lëbullilion commencantenbsp;tel quil a lieu dans un vase ou lon entend le bourdonnement qui annonce 1e-bullition prochaine. Les lits dargile etnbsp;de sable pourroient éprouver ainsi desnbsp;soulevemens et dërangemens pai tiels, maisnbsp;ils nen conserveroient pas moins Ia fa-culté darrêter ou dempêcher, du moinsnbsp;très-efficacement, la descente de 1eau denbsp;la mer qui reposeroit sur ces couches;nbsp;en sorte que leau chassée des coquillagesnbsp;au fond, ny retourneroit pas, ouny re-viendroit que fort lentement, et quils
2o8 experiences sur laction sevoient exposés dans un état de séche-resse a Faction de la chaleiir (i).
Dans ce cas, il arriveroit inévitablement de deux choses Fune : ou Facide catbo-nique des coquillages seroit cbassé par lanbsp;cbaleur, et produiroit un fluïde élasti-que incondensable qui, en soulevant lesnbsp;couches supérieures ou en pénétrant aunbsp;travers, se feroit jour jusques a la mer,nbsp;et produiroit une eruption soumarine,nbsp;ainsi que cela est arrivé a Santorini etnbsp;ailleurs; ou bien, la volatilité de Facidenbsp;carbonique seroit contenue par Ie poidsnbsp;de Feau supérieure h k, et la couche denbsp;coquillages étant ramollie ou fondue parnbsp;Faction de la chaieur se convertiroit ennbsp;une couche de pierre calcaire.
Les expériences qui précédent nous mettent en état de décider, dans une
(i) Cet état de clioses est analogue a ce qni a lieu lorsqu onmouilleun tasde charbon en petitsfragmensnbsp;pour qnil se forme un gateau. La poussière humectéenbsp;sélend par-dessus Ie feu en facon de couverture,nbsp;et la clialeur ne se dissipe que peu ou point au-dessous (A).
circonstance
DE LA CHALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;aog
circonstance donnee, lequel des deux évenemens doit avoir eu lieu, lorsquonnbsp;connoit Ie degré de chaleur de la lave,nbsp;et la profondeur de la mer.
On voit par la table, que sous uue pro-fondeur de mer qui nexcède pas 1708 pieds, OU environ ^ de mille, la piene a,nbsp;chaux se formeroit par une temperaturenbsp;convenable; et qua une profondeur dunnbsp;peu plus dun mille, elle entreroit en fusion parfaite. Or, les sondes ordinairesnbsp;desmarins vont a 200 fathoms, ou 1200nbsp;pieds; Lord Mulgrave (i) trouva Ie fondnbsp;a 468o pieds, ou prés de ^ de mille;nbsp;et Ie Capitaine Ellis a fait descendre unenbsp;sonde 'a éprouvette, a la profondeur denbsp;5346 pieds (2). II paroit ainsi, quau fondnbsp;dune mer quon pourroit sonder avecnbsp;une ligne moindre du double de la longueur ordinaire , et moindre de moitiénbsp;que eelle qua employé Lord Mulgrave,nbsp;la pier re calcaire pourroit se former par
(i j Voyage au Pole Arclique, p. i42-
(2^ Traasac. pliil. lySi, p. 212.
i3
210 EXPÉllIEi^CES SUR eACTION laction de la chaleur, etqua laprofondeurnbsp;quatteignit Ie Capitaine Ellis, la fusionnbsp;complete auroitlieu silacouchede coquil-lages ëtoit alteinte pai' la lave 'a fextremiténbsp;de sa course, et la oii sa temperature estnbsp;la plusbasse. Si la lave ëtoit plus chaude,nbsp;il faudroit une profondeur de mer pro-portionnellement plus grande pour re-tenir 1acide carbonique; et il Sera possible de dëtevminer dans des expëriencesnbsp;futures quelle profondeur est requise pournbsp;coopërer avec une temperature donnëe.nbsp;II sulEt actuellement davoir montvé quenbsp;Ie reWtat est possible dans tous les cas,nbsp;ét ifavoir circoüscrit dans des limites mo-dëi'ëes la force nëcessaire de ces agens.nbsp;II faut observer, en niëme temps, quenbsp;nous nous sommes abstenus de donnernbsp;aux faits connus u'ne extension exagërëe;nbsp;car si nous comparons la petite ëtenduenbsp;de men dans laquelle on peut sonder,nbsp;avec celle du vaste ocean dont on ne con-BOit pas la profondeur, il est ëvidentnbsp;quen supposant une profondeur dun ounbsp;deux milles, nous restons fort au-dessous
DE LA CliALEÜR etC. nbsp;nbsp;nbsp;Slt
tie ia moyenne; M/ De la Place, en vai-sonnant daprès les phénomènes des ma-* rees, ëtablit comme trés - probable quénbsp;cette moyenne nest pas au-dessous denbsp;11 milles dAngleterre (i).
Si une grande partie de la masse su-périeiïre nétoit pascompose'e deau, mais de sable on dargile, alors Ia profondeuinbsp;requise pour produire cés effets devien-droit moindre dans Ie rapport inverse denbsp;la deiisité. Si 1événement suppose avoitnbsp;lieu sous une masse de pierre rendue bietinbsp;compacte par quelquopération antérieurenbsp;de la nature, la force de cette massenbsp;pour sopposer au depart de 1acide car*-bonique seroit fort augmentée par cettenbsp;circonstance, et par linflexibilitd ou lanbsp;ténacilé de la substance. Nous avoiis vunbsp;ün nombre dexjeraples de cette resistancenbsp;dans Ie cours de nos experiences, dansl
(ij « On peut done regarder au ijioins comme » très-probable que la profondeur moyenne de lanbsp;» mer nest pas au-dessous de quatre lleues. » HisUnbsp;de l'jieadémie rojyale des «ctV/zee#, année 177^'
212 EXPERIENCES SUR E ACTION lesquels des tubes de fer, ou de porce-laine, dont Iepaisseur nexcedoit pas unnbsp;quart de pouce, out manifeste une forcenbsp;superieure a la pression quexerceroit unnbsp;mille de profondeur de mer. Sans pre'-tendre égaler tout-a-fait la resistance quenbsp;peut olfiir une matiere pierreuse, a cellenbsp;qui appai llent a du fer bomogène et biennbsp;corroye, on peut affirmer que, dans beau-coup de cas, ce genre de force a pu agirnbsp;dune manière analogue, et jusqua un certain degi'é.
Nous connoissons beaucoup de masses calcaires qui, dans ce moment, sont ex-posees a line pression plus que suffisantenbsp;pour que leur fusion ait pu soperer sousnbsp;Iinfluence dune temperature convenable.nbsp;La montagne de Salève, prés de Genève,nbsp;est élevée de 5oo toises de France, otinbsp;pres de 3200 pieds anglois, a partir denbsp;sa base. Sa masse est composée de couches presque horizonlales de pierre cal-caire remplie de coquillages. Ainsi done,nbsp;abstraction faite de la ténacité de la masse,nbsp;et nayant égard quau poids seul , la
DE LA CHALEUR CtC. nbsp;nbsp;nbsp;2l3
eouclie inférieure de cette montagne doit soutenir, dans ce moment, une pression denbsp;5200 pieds de pierre calcaire, dont la pe-santeur spécifique est environ 2,65. Cettenbsp;pression est done égale a celle quexer-ceroient 8612 pieds deau, cest-a-dire environ un mille et demi de profondeur denbsp;mer, ce qui seroit beaucoup plus que suffi-sant, ainsi que nous 1avons montré, pournbsp;opérer Fentière fusion du carbonate, parnbsp;line température appropriée. :Si done Fé-manation dun volcan se manifestoit sousnbsp;la montagne de Salève, arrivoit jusquesnbsp;a sa base, et sy trouvoit arrêtée, la pierrenbsp;a chaux qui se trouveroil voisine de lanbsp;lave samolliroit inévitablement sans senbsp;calciner, et par Ie refroidissement subsequent se ciistalliseroit en marbre salin.
Quelques autres circonstances qui se rapporteut a ce sujet méritent attention^nbsp;et nous mettent encore mieux a portéenbsp;détablir la comparaison entreles anciennesnbsp;opérations du feu et les moderncs.
II sembleroit, au premier aspect, quune lave aryant une fois pénétré les flancs dune
qi4 experiences sur eaction montagne, tous les courans subsequensnbsp;devroient suivre la même route, coinraenbsp;Ie feroit 1cau en pareille circonstance jnbsp;mais 'il y a.une difference essentielle enlrenbsp;1un de ces cas et Iantre. Des que la lavenbsp;a cessë de couler,'et que sa temperaturenbsp;commence a sabaisser, la crevasse par la-quellcelle passoit demeure remplie dnnenbsp;substance qui ne tarde pas a sagglutlnernbsp;en une masse beaucoup plus dure et plusnbsp;consistante que ne 1est la montagne elle-méine. Cette masse, remplissant un litnbsp;irregulier, et forlement soudëe aux paroisnbsp;de la crevasse, doit opposer une grandenbsp;resistance a tout courant qui tendroit anbsp;soiiir pat la mèine issue, Ainsi la degradation faite par la crevasse se trouve plusnbsp;que i'éparee ; et dans une eruption sub-séquente ii faut que la lave se-fasse journbsp;par quélqitautre cótë de la montagne,nbsp;ou' quelqueipart dans la Gontrëe environ-nante. Laction de la chaleur du foyernbsp;paroit, dans la plupart des cas, avoir tenunbsp;nu canal ouvert par laxe de la montagne, ainsi quon peut en juger par k
DE LA CHALEÜR etC. 2l5 fumée et la flamme qui sortent liabituel-leraent par Ie sommct dans les intervallesnbsp;de calme. Mais, dans plusieurs occasions,nbsp;ce soupivail paroit avoir éte tout-a-faitnbsp;ferme par la consolidation de la lave, denbsp;manière a supprimer toute emission. Cestnbsp;ce qui est arrive au Vésuve dans Ie raoyennbsp;age; toute apparence de teu avoit cessénbsp;pendant ciuquante ans, et Ie cratère étoitnbsp;couvert dune forèt de vieux cliénes lors-que, dans Ie seizième siècle, Ie volcan senbsp;rouvrit avec ime vigueur nouvelle.
La force eruptive capable de vaincre un pared obstacle dolt êlre prodigieuse,'nbsp;et paroit, dans quelquescas, avoir sou-levé Ie volcan lui-même comme en éclats.nbsp;On ne peut voir la moutagne dite lanbsp;Somma, qui, sous forme dun croissant,nbsp;embrasse Ie Vesuve, sans être convaincunbsp;quelle faitpartie dun grand volcan, pres-que concentrique au cóne intérieur actuel,nbsp;et qui, dans quelque grande eruption, anbsp;été détruit, a 1exception de ce petit fragment. De nos jours, un événement asseznbsp;important a eu lieu dans Ie raéme local:
2i6 experiences sur laction Ie cone interieur du Vesuve a subi, dansnbsp;rëruption de 1794 , un cliangement tel ,nbsp;cjuil nolFre plus aucun trait de ressem-blance avec ce que jy ai vu en 1785.
La stagnation generale ou parlielle des laves iutërieures, a la lin de chaque eruption y paroit done faire dune lacerationnbsp;violente la condition necessaire dun ëcou-lement nouveau. Et cest la, probable-ment, la cause de ces terribles tremble-^nbsp;ïnens de terre qui precedent toules lesnbsp;grandes eruptions, et qui cessent lorsquenbsp;la lave sest fait jour quelque part. Cestnbsp;sans doute raisonner juste que dattri-bucr les raémes elfets aux mêmes causes,nbsp;et de croire que les tremblemens de terre,nbsp;qui désolent souvent des pays dont 1ap-parence na rien de volcanique, indiquentnbsp;aussi que quelque maticre en fusion dansnbsp;les entrailles de la terre a ëte' chasse'e avecnbsp;violence contre des masses de rocliers dansnbsp;lesquelles elle a pënëti ë.
Linjection dun dike (lilon) de whins--tone dans une masse fragile de schiste ou de gres , doit avoir produit sur ces ma-
DE LA CHALEUR etC. 2I7
tières les mêmes eifets que la lave dont on vient de parler a occasionné sur lesnbsp;couches incohérentes de scories volca-niques, Un courant de Avliin liquide quinbsp;se sera introduit dans un pareil assemblage lui aura donné du poids et de Ianbsp;force; en sorte quun second courant ve-nant comme Ie premier, rencontreroit unenbsp;masse dont Ie décliirement occasionne-ioit un tremblement de terre si sa resistance ëtoit vaincue; ou par laquelle, sinbsp;elle tenoit bon , la matière liquide seroitnbsp;forcee de pénëtier dans quelque massenbsp;plus foible, peut-ètre a une grande distance de la première. Le feu interieurnbsp;étant perpëtuellemeiit oblige de changernbsp;la scène de son action, son influence pour-roit se propager indëliniment; en sorte quenbsp;Iiutermittence, sous le rapport du temps,nbsp;et la versatilitë, sous celui du lieu, cir-constances communes aux feux Hutlo-niens et aux volcaniques , sexpliquentnbsp;dapi'ès nos principes. Et il paroit lt;jue lenbsp;whinstone possède toules les propriëtësnbsp;que la thëorie nous conduit a attribuer anbsp;Rue lave intërieure,
2i8 experiences SD'R laction
Cette coanexioii est ëclaircie dune nia-nière frappante par un cas intermediaire entre les re'sultats dufeu interneet externenbsp;mis en evidence par une section re'elle denbsp;1ancien VesLive qiie pre'sente la montagnenbsp;Somma dont on vient de parier. Pal dëcritnbsp;cette scène dans mon Mëmoire sur ienbsp;whinstone et la lave; et je prendsla libertënbsp;de la retrace!' ici comme oiFrant aux voya-geurs qni parcourront cette coutrëe unnbsp;champ très-intëressant dobservations gëo-logiqucs.
On voit cette section dans lescarpe-ment vertical de plusieurs centaines de pieds dëlëvation que prëserite la Sommanbsp;vue de la^petite vallëe en forme de croissant^ situëe entre cette montagne et Ienbsp;cóne intérieur du Vësuve, appelë ^trionbsp;del Cavalto. A la faveur de eet escar-pement f d, fig. 4-2, qni est reprësentë 'anbsp;part, fig. 44, on dëcouvre la structure interne de la montagne, formëe de bancsnbsp;ëpais I de scories incohërentes c{ui sontnbsp;torabëes en faQon de pluie, entre lesc[uelsnbsp;des couraus minces, mais solides, de laves
DE LA CHALEUR CtC. 2ig m m qui ont coule des flancs extérieursnbsp;du cóne , sont interposes. La fig. 5 repré-sente une section idéale du Vésuve etnbsp;de la Somma par Faxe des cones, quinbsp;montre la manière dont les lits de scoriesnbsp;et de laves sont superposés. On voit lesnbsp;extrémités de ces couches, de profil, ennbsp;VI ni z\. k k , fig' 42,4o et 4^:.
Cet assemblage de scoi'ies et de laves est traversé brusquement et verticalementnbsp;par des courans de lave solide n n, fig. 44,nbsp;qui atteignent lescarpement, du haat jiis-ques en bas. Je congois que ces derniersnbsp;courans ont coule dans des crevasses denbsp;Tancienne montagne, qui ont fait ia fonc-tion de canaux par lesquels les laves deSnbsp;éruptions latérales sont arrivécs jusquesnbsp;au jour. Cette scène présente a lobser-vateur attentif un échantillon réel de ces'nbsp;courans internes que nous considériónsnbsp;tout-a-lheure en spéculation, et ils peu-vent montrer les circonstances qui ap-puient décidément les opinions avancées:nbsp;car, si lun de ces courans avoit été an-cicmremeai fié 'a une eruption latérale qui
2 20 EXPERIJENCES SUR L ACTION
se seroit fait jour a plus de 600 pieds au-dessus de V^trio del Cavallo, il pourrdit peut-être rènfermer du carbonate de chaux;nbsp;mais si nous pouvions supposer que lanbsp;profondeiir se'tendit jiisqua 1708 pieds,nbsp;la presence des huiles dair et faction dunenbsp;clialeur plus forte que celle qui pouvoitnbsp;justement suffire a la fusion du carbonatenbsp;auroient pu ceder a la grande pression.
Peut-être la bauteur du Vêsuve na-t-elle jamais été suffisante pour produire eet elfet. Mais si nous pouvions supposernbsp;1Etna coupe verticaleraent par son axe, etnbsp;sa structure intërieure dêveloppée commenbsp;on vient de décrire celle du Vêsuve, onnbsp;ne peut guères douter quon ne dêcou-vri't des courans de lave dans lesquelsnbsp;Ia pression doit avoir surpassê de beau-coup la force requise pour contenir Ta-cide carbonique de la pierre a cbaux;nbsp;puisque cette montagne vomit quelque-fois des laves de son sommet êlevê denbsp;10964 pieds au-dessus. du niveau de lanbsp;Mêditerranêe, qui baigne son pied (1).
fi) Traii.s. Phil. 1777 , p. 5q5.
de la chaleur etc. 221 Je me souviens davoir vu clans quelquesnbsp;parties de 1Etna de vastes crevasses for-me'es par des revolutions volcaniques,nbsp;dans lesquelles on distinguoit des couransnbsp;verticaux de lave, semhlables a ceux denbsp;la Somma. Mais mon attention ne sé-tant portee sur eet objet que long-tempsnbsp;après, je ne puis actuellement que recom-mander cette observation particulière auxnbsp;voyageurs qui visiteront cette montagne.
Ce quon a dit de la chaleur portee par les courans volcaniques interieurs, s'ap-plique également a cette chaleur plus pro-fonde et plus generale par laquelle lesnbsp;laves, elles-mêmes, sont fondues et chas-se'es en haut. Quelles aient etë ainsi sou-leve'es hors dune grande masse internenbsp;de substance de même genre, en fusionnbsp;liquide, cest ce dont on ne peut guèresnbsp;douter, quelle que soit la cause a laquellenbsp;on attribue la chaleur des volcans. II nesCnbsp;pas moins evident que la temperature denbsp;ce liquide doit être beaucoup plus éleve'enbsp;que celle que les laves qui en de'couleiitnbsp;peuvent conserver loréquelles arrivent a la
222 EXPERIENCES SUR E ACTION
surface. Independamment de toute eruption actuelle, la masse de clialeur con-tenue dans ce re'servoir ënorme de liquide doit penetrer les substances eiivironnanteS;,nbsp;en diminuant d'intensite par gradationsnbsp;lentes a proportion de la distance du foyer.nbsp;Lorsque, par suite de cette communication progressive , la chaleur a atteint unnbsp;entassement de depots marins soumis anbsp;la pression dune masse superieure con^nbsp;siderable, le tout doit sagglutiner en une.nbsp;masse dont la solidite pourra varier avecnbsp;la nature cliimique des ingrediens^ et aveCnbsp;le degré de chaleur quaura éprouvë unenbsp;portion doniiee de la masse. En mêmenbsp;temps Fanalogie nous conduit a suppose!nbsp;que ceile chaleur profonde et etenduenbsp;doit eire sujette a des vicissitudes et anbsp;des intermiitences^ ainsi quon en observe dans les phënomènes extérieurs desnbsp;Yolcans. Nous avons essaye dexpliquernbsp;quelques-unes de ces irrégtilarités, et ui^nbsp;ralsonnement semblable peut sappliquernbsp;au cas present. Après avoir montre, quenbsp;de pelits courans iuternes de lave lendenl
DE LA CIIALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;22A
successivemeiit a sintrocluire dans toutes les parlies dune moutagne volcanique oünbsp;ils épiouvent pcu de resistance, nous sommes conduits a concevoir que les grandesnbsp;masses de matières liquëliécs dont on vienCnbsp;de parler seront successivement dirigéesnbsp;vers dilFërentes parties de la terre; ensortenbsp;que partout oü il se irouvera, a la porteenbsp;de ces invasions, un assemblage de matières incobërentes dissëminëes dans desnbsp;regions soumarines et souterraines, ellesnbsp;seront solidifiëes a leur tourj et Iinfluencenbsp;de la chaleur volcanique interne nauranbsp;ainsi dautres limites que celles du globenbsp;löi-même,
üne sërie de fa its indubitables prouve que toutes nos couches ont existë unenbsp;fois dans une situation a tous egards sem-blable a celle dans laquelle ou vient denbsp;supposer les dëpóts soumarins.
Lhabitant dune vaste plaine, ou celui dun pays formë de couches horizontales,nbsp;sil na jamais observë que son pays natal,nbsp;ne peut se faire aucune idëe de ces vë-ritës qui, a chaque pas, dans les regions
224
experiences sup^ l action alpines, entreat comtne de force dansnbsp;Iesprit de Iobservateur geologue. Mal-lieureusement pour les progres des con-noissances, Londres et Paris sont placeesnbsp;dans une contree peu remarquable sousnbsp;ces rapports; et les scenes qui mettentnbsp;en e'vidence de la manière la plus frap-,nbsp;pante les principes de la science, sontnbsp;inconnues a beaucoup de personnes quinbsp;seroient les plus capables dapprecler leurnbsp;valeur. La verite la plus importante, et lanbsp;plus surprenante en même temps, quau-cuae observation geologique puisse nousnbsp;apprendre, cest que des rochers et desnbsp;montagnes élevés maintenant de plus de,nbsp;deux milles au-dessus du niveau dela mer,nbsp;ont occupe son fond dans une certainenbsp;période. Ce fait ne permet pas le doutenbsp;j^iour toutes les couches de pierre calcairenbsp;coquillère; et on peut e'galement le pre-sumer a Iegard des couches adjacentes.nbsp;Limagination se refuse a admettre un faitnbsp;aussi extraordinaire, mais elle doit céder anbsp;la conviction de Tevidence ; et Iexemplenbsp;des observateurs les plus habiles et les plus
exacts
220
DE LA CHALEUR étC. exacts, nous prouve que cette conclusion est inevitable (i)»
II se présente ici une autre question, fort bien traitée par M/ Playfair. La mevnbsp;a-t-elle abandonné les montagnes? ou lesnbsp;montagnes ont-elles été soulevées horsnbsp;de la mer? II a montré que les proba-bilités sont de beaucoup en faveur de lanbsp;deruière de ces deux suppositions J puis-que, pour soutenir la première, il fautnbsp;indiquer ce quest devenue une massenbsp;énorme de mer, dont Ia profondeur estnbsp;de plusieurs milles, et dont la base estnbsp;plus considérable que la surface entièrenbsp;de locéan. Tandis que, dans Ie second cas,nbsp;lélévalion dun continent tel que Ie nótrenbsp;hors de la mer, ne changeroit que denbsp;quelques piedsle niveau des eaux; etlorsnbsp;inême c{ue ce mouvement causeroit unnbsp;grand dérangement , Peau retrouveroitnbsp;aisément son niveau sans quil fut nécessaire de recourii a aucune supposition
('i) Petaussura, Voyages dans les Alpes , T. II.
p. 99io4,
l4
226 EXPÉRtENCES SUR laCTION extraordinaire. Cette elevation dn sol estnbsp;dailleurs un fait notoirement arrivé dansnbsp;quelques coatrées volcaniques , et ellenbsp;explique dune manière complete cpsnbsp;contorsions et ces soulevemens quonnbsp;observe actuellement dans des couchesnbsp;qui sout universellement considéréesnbsp;comme ayant été planes et horizontalesnbsp;dans 1origine.
Mais quelle que soit lopinion quon adopte sur Ie mode de separation de lanbsp;terre et de Teau, personne ne doute denbsp;iancienne situation soumarine des couchesnbsp;actuellement terrestres.
Une série importante de faits prouve e'galement que ces couches onl aussi éténbsp;souterraines. Tout indique quune grandenbsp;quantité de matière a abaudonné la surfacenbsp;actuelle de notre globe ; et des dépotsnbsp;ënormes de fragmens , détachés évidem-nient de masses semblables a nos rochesnbsp;ordinaires, attestent faction de quelquenbsp;cause puissante de destruction. Laaalogicnbsp;nous conduit aussi a croire que toutesnbsp;les roches primitives out une fois été
DE LA CHALEUR etC. :22f recouvertes par dessecondairesj cependantnbsp;des regions très-vastes noffrent aucunenbsp;roche de cette nature. En un mot , lesnbsp;gëologues semblent saccorder a admettre,nbsp;en génëral, quil y a eu de grands clian-gemens de cette espèce dans la surfacenbsp;solide du globe, quelle que soit dailleursnbsp;la variété de leurs opinions sur létenduenbsp;de ces revolutions et sur leurs causes.
Le D.^ Hutton attribuoit ces change-» mens a Taction, long-temps continuée, denbsp;ces causes qui ne cessent point aujourdhuinbsp;dattaquer la surface de la terre, telles quenbsp;les gelees , les pluies , les inondationsnbsp;ordinaires des rivieres, etc., quil considèrenbsp;comme ayant toujours agi avec la mémenbsp;force dans tous les temps. Mais je nainbsp;jamais pu admettre cette opinion , ayantnbsp;adopté de bonne heure celle de Desaussure,nbsp;a laquelle une bonne partie des gëologuesnbsp;du continent se sont ëgalemeqt attachés.nbsp;Ma conviction reposoit sur Tinspectionnbsp;des faits quil a observës dans le voisinagenbsp;de Genève, et quil a donrië pour basenbsp;a son systèmc. Jëtois alors convaincu.
228 EXPERIENCES SUR lACTION et je nen suis pas moins persuade actuel-lement, que des courans immenses, asseznbsp;profonds pour depasser nos montagnes,nbsp;ont balayé la surface du globe , creusantnbsp;des vallées , rongeant latëralement desnbsp;montagnes et emportant avec eux tout cenbsp;qui ne pouvoit lësister a cette puissantenbsp;erosion. Si de pareils agens ont travaillënbsp;dans les Alpes, il est difficile de concevoirnbsp;que nos rëgions en aient ëtë a Fabri. Jainbsp;done cherclië dans notre pays a trouvernbsp;des traces dopërations analogues. Je nainbsp;pas ëtë long - temps sans en dëcouvrirnbsp;en quantitë ; et , a Faide de quelquesnbsp;amis, jai retrouvë dans nos environs desnbsp;indices de Fexistence de vastes torrens ,nbsp;aussi ëvidens qu»e ceux dont jai autrefoisnbsp;reconnu les traces sur Salève et Ie Jura.nbsp;Depuis que jai consiguë mon opinion surnbsp;ce sujet dans une note mise a la suite denbsp;mon Mëmoire sur Ie whiustone et la lave,nbsp;publië dans Ie 5.' volume des Transactions de cette Sociëtë , jai vu beaucoupnbsp;de faits qui confirment mes premiersnbsp;apercus j et mon ami Ie lord Selkirk a
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;22^
observe dernièrement en Ame'rique une série de phénomènes de ce genre plusnbsp;frappans encore que ceux que jai vusnbsp;moi-mênie en Europe.
II seroit difficile de calculer les effets dun pareil agent; mais si, par son raoyen,nbsp;OU par toute autre cause , la masse entièrenbsp;des couches secondaires, dans des espacesnbsp;considerables, a etc enlevee de dessus lesnbsp;primaircs , le poids seul de cette massenbsp;doit avoir suffi pour remplir toutes lesnbsp;conditions de la théorie Huttonienne ,nbsp;sans quil soit nécessaire de recourir anbsp;la pression de la iner. Mais, dans les casnbsp;oil ces deux forces out été réunies, quellenbsp;énergie nont-elles pas du déployer.
Nous sommes autorisés a supposer que les inatériaux de nos couches ont éprouvénbsp;dans cette situation faction du feu. Carnbsp;les volcans ont brülé long-temps avant lesnbsp;périodes les plus anciennes que nousnbsp;retrace fhistoire , ainsi que fattestentnbsp;les masses qui entourent actuellementnbsp;quelques montagnes volcaniques ; et onnbsp;ne peut guères douter que leur feu nait
fiSo EXPERIENCES SUR lacTION
continue sans interruption notable, depuis que la surface de notre globe a acquis sanbsp;forme actuelle. Lorsque nous étendonsnbsp;cette même influence a des périodes dunenbsp;antiquité encore plus reculée , nous nenbsp;faisons quattribuer de la permanence auxnbsp;lois connues de la nature.
La combinaison de la chaleur, et de la compression, qui ix'sultent de ces circons-tances nous conduit a la théorie Hutto-nienne dans toute sou e'tendue , et nousnbsp;permet dexpliquer dapres scs principesnbsp;la formation igne'e de toutes les rochesnbsp;avec des materiaux tire's des dépots marinsnbsp;incohérens. ,
Le sable se convertira ainsi en gres; les coquillages, en pierre calcairej et les subs-tapces animales et végétales, en houille.
Dautres couches composées de diverses substances mélangées seroient encore plusnbsp;fortepient aflfectées par la méme chaleur.nbsp;Celles qui contiendroient du fer , dunbsp;carbonate de chaux et de Ialkali , avecnbsp;differentes terres , entreroient en fusionnbsp;. trés-liquide / et, penetrant au travers clo
DE LA CHALEÜR etC. nbsp;nbsp;nbsp;sSl
toutes les fissures quelles rencontreroient, elles atteindroient dans quelques cas cenbsp;qui seroit alors la surface de la terre, etnbsp;lormeroient ia lave; dansdautres cas, ces.nbsp;matières se congeleroient dans des crevasses inte'rleures , et constltueroient Ienbsp;porpbyre , Ie basake, Ie greenstone, ounbsp;telle autre pierre de celte classe nom-breuse c[uoa dësigne sous Ie nom dqnbsp;whinstone. En même temps, des couchesnbsp;de matière analogue , mais dune composition mi peu moins fusible, entre-roient dans un ëtat de viscositc tel quenbsp;1ëprouvent plusieurs corps avant darrivernbsp;a la fusion parfaite. Dans eet état, lesnbsp;particules, quoique loin de jouir de lanbsp;liberté quelles auroient dans un bquide ,nbsp;sont susceptibles dune cristallisalion reguliere (i), et la substance cpii, dans eet
(i) Cet élal, de viscosité, avec ses modification.? innombvables ,, mérite beaucoup dattenlion , car ilnbsp;résout quelques-uns des problèmes géologiqnes lesnbsp;plus imporlans. La force mécanique que déploientnbsp;quelques,substances danslacte de revêlir une formenbsp;eristalline est bieu connue. 3ai vu une masse de
aSa EXPÉRIENCËS SUR lACTION
etat dempatement, seroit peu dispose'e a se mouvoir, se trouvaat coiifiuëe dansnbsp;sa situation primitive par des couchesnbsp;contiguës de matières plus refraetaires,nbsp;se cristallisei'oit saus changer de place,nbsp;et coustitueroit im de ces bancs de whinS'nbsp;tone quon trouve souvent alternant avecnbsp;les gres et les pierres calcaires.
Dans dautres cas ou Ia chaleur auvoit élé plus intense, les lits de sable appro-ehant de plus prés vers 1ëtat de fusion,nbsp;aCquerroient assez de tënacitë et de consistence pour se laisser flëchir et contourner
crislaux de glace, larges et grands comme des lames de couteaux , se former dans une masse de glaise si durenbsp;(judn .yprpil de 1 employer a faire des tasses. ponr desnbsp;usage? chirpiques. Dans plnsieurs de ipesexperiences,nbsp;jai Irouvë qiïun fragment (^e verre fait de wliiiislonenbsp;pn de lave, mis dans' une moiïfle cliauflee au degreoénbsp;laT-gent sedbud . prenoit un arrangement crislallin,,nbsp;et changeoit vabsolumenl de caraclère. Pendant cellenbsp;mélamovpliose lefragmenlsamollissoiljusqua céder-U riinpvessiön dime 'bugnetle de fer ; il conservoitnbsp;eependant assez de cousistance pour ne point tienbsp;déturmer de Uvi-même sous la. nioulle , el conservei'*nbsp;lo.U5 aes angles anssi vifs (juavant lexpérienee (IA],
DE LA CHALEUR etC. sans dechirement ni fiacture, par Tin-fluence des causes locales de mouvement,nbsp;et pourroient piendie la forme et Ie carac-tère de schiste primitif. La pierre calcairenbsp;seroit entièrement cristallisëe, et devien-droit du marbre; ou bien, entrant en fusionnbsp;plus liquide, elle pénëtreroit dans les plusnbsp;petites fissures, sous la forme de spathnbsp;calcaire. Enfin, dans les cas oü la temperature seroit encore plus ëlevée, Ienbsp;sable lui-même se fondroit en entier,nbsp;et pouiToil être converti, par Ie refroi-dissemeiit subsëc[uent plus ou moins lent,nbsp;en granite , sienite, etc. , en conservant,nbsp;dans queiques cas , des traces de sa stratification primitive , et en constituant Ienbsp;gneiss et Ie granite stratifië j dautres fois ,nbsp;en sintroduisant dans des crevasses, ilnbsp;förmeroit des veines de granite parfait.
En consequence de Faction de la cbaleur sur une quantité de matière aussi considerable, ainsi amenëea un ëtat de liquiditénbsp;complete ou partielle, et dans laquelle,nbsp;nonobstanf Fënorme pression , queiquesnbsp;substances seroicnt volatilisées, cette
235 EXPERIENCES SUR lACTION ëlastification devroit produire, dans lanbsp;masse comprioiante , des soulevemensnbsp;rëpétés qiii amenevoient enfin les coucliesnbsp;a iëtat OÜ nous les voyons actuellement.
La tlie'orie de Hutton embrasse un champ si vaste, et suppose des agens sinbsp;puissans, exercant leur influence dansnbsp;des circonstances et des combinaisonsnbsp;tellement insolites, que plusieurs de sesnbsp;branches sont encore imparfaites et doiventnbsp;donner lieu, peut-etre pour long - tempsnbsp;encore, a des objections partielles et plau-sibles, lors mëme quon auroit adoptë lanbsp;doctrine fondaraentale. Cependant josenbsp;croire avoir atteint suflisamment le butnbsp;que je metois propose, puisque je suisnbsp;parvenu a mettre en fusion de la pierrenbsp;calcaire sous une pression donnee. Cenbsp;rësultat, ful-ii isolë, formeroit une fortenbsp;piesomplion en faveur de la solutionnbsp;appliqnee. par le Docteut Hutton a tonsnbsp;les phënomènes geologiqnes; car la vëriténbsp;du principe le plus difficile a admettre,nbsp;parmi ceux quil adopte, auroit ainsi ëténbsp;ëtablie par 1expërience directe.
DE LA CHALEUR elC. nbsp;nbsp;nbsp;ï54
APPENDIX.
N. 1.
Pesanteur spécifique de quelques~uns des échantillons ohtenus.
OoMME Ia plupart des pierres a chaux et des marbres artificiels produits dans cesnbsp;experiences etoient compactes et fortnbsp;durs, et comme ils avoient subi une grandenbsp;diminution de volume, et paroissoientnbsp;méme lourds dans la main , je crus quilnbsp;seroit assez important detablir leur pesanteur spëcifique, et de les comparer,nbsp;sous ce rapport, soit entreux , soit avecnbsp;les matières originales avec lesquelles onnbsp;les avoit produit. Comme cette matièrenbsp;ëtoit pour 1ordinaire un morceau de craie,nbsp;qui, plongë dans leau, commence parnbsp;1absorber avec rapiditë, et continue a Ienbsp;faire pendant long-temps , de manière anbsp;changer de poids a chaque instant , ilnbsp;piëtoit impossible dobtenir un rësultat
2.56 EXPERIENCES SUR lACTION exact jusqua ce que 1absorption fut complete : et, pour estimer Ie poids aiiisinbsp;acquis , il falloit employer uue méthodenbsp;difFérente de celle usitée dans ce genrenbsp;doperations.
On pèse ordinairement la substance, dabord dans Iair, ensuile dansleau; lanbsp;difference indique le poids de 1eau dé-placee, el elle represente un volume denbsp;ce liquide egal a celui du solide quinbsp;occupe sa place. Mais, comme la craienbsp;saturee deau est denviron un quart plusnbsp;pesante que lorsquelle est sèche , il estnbsp;clair que son poids apparent dans Ieaunbsp;doit être augraenté, et la perte apparentenbsp;diminuee , exactement dans cette proportion. Ainsi , pour estimer juste lanbsp;quantite deau deplacee par le solide, il fautnbsp;augnaenter la perte de poids apparente, denbsp;toute la quantite due a Iabsorption.
Il se présente ainsi, pour déterminer la pesanteur spécifique, deux méthodesnbsp;distinctes, quil est important dé consi-dérer séparément, car chacune est applicable a une classe particuliere dobjets.
DE LA CHALEUR etc. 2^7
Lune de ces methodes coasiste a comparer un pouce cube de la substance sèche, en coraprenant ses pores dans Ienbsp;volume quelle occiipe, avec un poucenbsp;cube dair.
La seconde repose sur la comparalson dun pouce cube de la matière solidenbsp;dont la substance est formëe, indëpen-damment des vides, et en suppósant Ienbsp;tout rëduit a lëtat de soliditë parfaite ,nbsp;avec un pouce cube deau.
Si j par exemple, un architecte avoit a calculer un volume de terre destine anbsp;un remblai, en suppósant que cette terrenbsp;fut et demeurat toujours sèche, ilsuivi'oit,nbsp;saus doute, Ie premier des deux procédés;nbsp;tandis que si un fermier se proposoit denbsp;comparer, sous un point de vue agricole,nbsp;la pesanteur spécifique de cette mêmenbsp;terre avec celle de tout autre sol , ilnbsp;emploieroit Ie second procédé , qui senbsp;trouve compris dans les préceptes denbsp;M.' Davy.
Comme notre but est de comparer Ia densité spécifique de ces résultats , et
238 EXPERIENCES SUR lACTION détablir de combien les molecules se sontnbsp;respectivement rapproche'es, il paroit biennbsp;evident que cest le premier procédé quilnbsp;faut cboisir. On en jugera mieux encore anbsp;Iinspection de la table suiyante , qui anbsp;été disposee de manière a compiendre lesnbsp;deux classes de resultats.
12
inaibrc.
i4 moyennenbsp;(Ic craie.
Cl lue I cn poudre. /nbsp;rcrbiilee.
|
PO I D s (lana Vair,nbsp;a Ietat sec. 283,97 |
|
120,00
lh,q8
5.47 i8.o4
6.48 10,52nbsp;54,67
72,27
37,75
444,5o
S4o EXPERIENCES SUR lACTION
La Colonne coutient les nume'roS que portoient chacun des échantillons dontnbsp;les propriëtës sont indiquëes dans ia table.
Les onze premiers sont les mêmes dont il est fait mention dans Ie Mëmoire lu anbsp;cette Sociëtë Ie 3o aoüt i8o4 , et publicnbsp;dans Ie Journal de Nicholson pour Ienbsp;mois doctobre suivant. Ce n. 12 est uanbsp;ëcbanlillon de marbre jaune, très-ressem-blant au n. 3. N.° i3, un ëchantillon denbsp;craie. N.quot; l4 indique Ia moyenne de troisnbsp;rësultats obtenus avec la craie. N. i5nbsp;est de la craie pulvërisëe , relbiilëe selonnbsp;Ie procëdë suivi dans ces experiences.nbsp;Pour dëterminer sa pesanteur spëciflque,nbsp;je refoulai la poudre dans un tube de verrenbsp;prëalablement pesë ; ensuite, après avoirnbsp;pesë Ie tont, jenlcvai la craie et je remplisnbsp;Ie tube deau. 3obtins ainsi dune raanièrenbsp;directe Ie poids de la substance, tel quÜnbsp;est portP dans la colonne II, et celui dunnbsp;volume ëgal deau, quon trouve, col. VIII.
Colonne II. Poids de la substance
sèche.
245
DE LA CIIALEUR etÓ.
sèclie , pi'is dans 1aii' , après plusieurs hcures dexposition a une temperaturenbsp;de 212quot; F. ( 8o R. )
Colonne III. Son poids dans 1eau, après un séjour dans Ie liquide , asseznbsp;long pour que 1absorption fut bien complete. On avoit soigneusement balayènbsp;toutes les bulles dair.
Colonne IV. Poids dans fair , a Iètat humide. On essuyoit la surfacenbsp;de fèchantillon avec un linge, saus luinbsp;donner ailleurs Ie temps de se desse'cbernbsp;par lèvaporation.
Colonne V. Difference entre les colonnes II et III; soit les poids apparens de Feau dèplacee.
Colonne VI. Difference entre les colonnes II et IV; soit Fabsorption.
Colonne VII. Absorption , réduite a tant pour cent de la substance sèche.
Colonne VIII. Somme des colonnes V et VI, on poids reel de Feau de'placèenbsp;par Fèchantillon. .
Colonne IX. Pesanteur spècifique , par la methode ordinaire , resultant denbsp;la division de la col. II par la col. V.
i5
246 EXPERIENCES SER lACTION
Colonne X, Pesauteur spécifique par Iautre procédé, resultant de la divisionnbsp;de la col. II, par la col. VIII.
Les pesanteurs spécifiques obtenues par ce dernier procédé , et exprimées dansnbsp;la Col. X, saccordent tres-bien avec 1idéenbsp;quon se forme des densités comparativesnbsp;des e'chantillons, dapres dautres circons-tances, telles que la dureté, 1apparencenbsp;compacte, la faculté de prendre le poli,nbsp;et le poids , tel quon 1estime a la main.
Le cas est très-diÖérent lorsquon exa* mine les résultats de la méthode ordinairenbsp;retifermés dans la col. IX. Ici la pesanteurnbsp;spécifique de la craie est portee a 2,498,nbsp;ce qui surpasse de beaucoup la majoritenbsp;des résultats obtenus. II paroitroit, parnbsp;exemple , dapres cette méthode , que lanbsp;craie seroit devenue spécifiquement plusnbsp;légere dans 1opération , résultat direc-tement contraire au témoignage des sensnbsp;qui annoncent un accroissement de densite.
Ce résultat singulier provient, a ce que je présume, de ce que, dans nos expé-périendes, la faculté dabsorption a éié
DE LA CHALEUR elC. nbsp;nbsp;nbsp;247
b,eaiicoup plus diminnëe que la poiosité. Aiusi , en supposant quun morceau denbsp;craie pure dont on aiiroit prëalablementnbsp;determine la pesanteur spécifique par Ienbsp;procédé ordinaire, et quon auroit biennbsp;desséché ensuite a une temperature denbsp;212° F., fut plongé dans Ie vernis, quinbsp;pénétreroit un peu dans son interieur, etnbsp;quensaite, après que Ie vernis se seroitnbsp;durci, on pesat Fechantillon dans leau,nbsp;il est évident que la perte de poids appa-rente seroit actuelleraent plus grande denbsp;23,61 p/ 5 du poids de la matière sèche,nbsp;quelle ne Tavoit été lorsque la craie nonnbsp;vernie avoit été pesée dans beau; pareenbsp;que Ie vernis, en fermant les pores de lanbsp;surface, empêcheroit absolument 1ab-sorption, tandis quil najouteroit que peunbsp;a la masse, et ne changeroit rien au volume.nbsp;En calculant done la pesanteur spe'cifiquenbsp;daprès ce dernier résultat, la craieparoitroitnbsp;beaucoup plus légere quelle ne létoitnbsp;dabord, quoique sa densité eüt réellementnbsp;été augmentée par 1addition du vernis.
11 paroitquun elfet aualoguea été produi t
248 EXPERIENCES SUR laCïION dans quelques - uns des rësultats parnbsp;raggluliuation ou la demi - fusion dunenbsp;paitie de la substance , elFet qui a fermenbsp;quelques-uns des pores oü 1eau auroitnbsp;pënëtrë.
Cetapercu estconfirmë, jusqua un certain point, par Finspecllon des colonnes VI et Vil , dont la première exprimenbsp;labsorption , et la seconde , ce resultatnbsp;rëduit a tant pour cent du poids primitif.nbsp;On voit la, que taudis que la craie absorbenbsp;25,97 quelciues-mis des ëcliantillonsnbsp;nabsorbent que o,5 , ou seulement 0,11nbsp;p/ En sorte que la facultc dabsorptionnbsp;a ëtë re'duite denviron un quart, a moinsnbsp;dim cinq centième du poids.
Jai raesuré la diminution de volume dans piusieurs cas, particulièrement dansnbsp;celui du n. 11.La craie, avantla coction,nbsp;descendoit au 75. degré de Feclielle denbsp;quot;V\^edgWOod, et elle se condensa tellementnbsp;pendant Fexpëriencè quelle descenditnbsp;après jusques au idi.^degre. La differencenbsp;sclève a 86 degrés. Or, je trou\ e que Ienbsp;canal de Fëchelle de ^Vedgwood diminue
DE LA CHALEUR etC. nbsp;nbsp;nbsp;sig
en largeiu de o,5 de pouce a zéio de Teclielie, a o,3 au aio/ degië, ce qui fait,nbsp;par degrë, o,ooo835. Par consëquent, lanbsp;largeur au ySquot; degrë est de 0,457525, et, aunbsp;i6i', de 0,565887. Ces uombres iiidiquentnbsp;les dimensions bomologues linëaires de lanbsp;craie , respectivement a lëtat cru , etnbsp;après rëpreuve de la chaleur et de lanbsp;compression ; et ils sont dans Ie rapportnbsp;de joo a 85,8, ce qui donne pour lesnbsp;cubes 100 et Si lon calcule les den-sitës respectives daprès ces donnëes , onnbsp;trouve Ie rapport de 1 a 1,75. Les pesan-tcurs spëcifiques indiquëes dans la tablenbsp;pour la craie et pour lëchantillon en question, sont comme 1,551 a 2,455,0a commenbsp;1, a 1,57. Ces rësultats ne saccordentnbsp;pas; mais ia craie employëe dans cettenbsp;experience nëtoit pas lin des ëchautillonsnbsp;employe's pour dëterminer la pesanteurnbsp;spëcifique moyenne portëe dans la table ,nbsp;et dautres circoustances peuvent avoirnbsp;conlribuë a procluire cette irrëgularitë.nbsp;En comparant cette craie avec Ie secondnbsp;rësultat, nous avons Ie rapport de i,55inbsp;a 2,575 , soit = 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1,6002.
§
lt;1
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DE LA CHALEER CtC. 2Dl
Explication.
La Colonne T.quot;' contient Ie numéro de Texpérience tel qu il est indiqué dansnbsp;Ie texte. La col. II, Ie calibre du canon,nbsp;en décimales de pouce. Col. III, la forcenbsp;absolue appliquée au canon , exprimée ennbsp;quintaux. Col. IV, la temperature, da^prèsnbsp;Ie pyromètre de Wedgwood. Col. V, lanbsp;profondeur en mer a laquelle Ie carbonatenbsp;auroit eprouvé une pression égale a cellenbsp;quil a soutenue dans chaque expérience,nbsp;exprimée en pieds. Col. VI, la même,nbsp;exprimée en milles. Col. VII, la forcenbsp;comprimante, exprimée en atmospheres.
Les deux tables out été calculées sépa-rénient par un ami (M.^ Jardin) et par moi, daprès les données suivantes.
Laire du eerde, dont Ie diamètre est
luuité = 0,785398.
Poids du pied cube deau distillée, daprès Ie prof. Robison = 998,74 oncesnbsp;avoir du poids.
Pesanteur spécifique moyenne de 1eau de mer, daprès Bladh = 1,0272,
252 EXPERIENCES SUR L ACTION
Hauteur moyenne du baromètre au niveau de la mer, daprès La Place nbsp;23,91196 pouces Anglois.
Pesanteur speclfique du mei'cure, daprès Cavendish et Brisson 13,568,
II
DE LA CHALEUR etC. 20^
CATALoauE des échantillons deposes par Sir James Hall aa Musëe Britan-nique Le 28 Juin 1806, comme étantnbsp;les principaux résuUats de ses ex-pèriences sur les ejf 'ets de la chaleurnbsp;modifies par la compression.
Les n.quot; nbsp;nbsp;nbsp;2, 5, 4, 5, 6 et 7 ont tons
ëtë produits dans des expëriences sëparëes, et tirës du carbonate de cbaux pul-vërisë. Le n. i a ëlë obtenu en 1799.nbsp;Cest une pierre dure , et qui ne cedenbsp;qua un coup de marteau assez fort. Lanbsp;matière ëtoit renfermëe dans une cartouche de papier dont elle porte encorenbsp;la marque. Les six autres sont encorenbsp;plus durs et plus compactes ; ils senbsp;rapprochent beaucoup de la pierre cal-caire ordinaire.
Les n.* 2, 4 et 7 ont un degrë de demi-transparence, qui est surtout remarcpiable dans 1ëchantillon n.quot; 4. Tous ont unenbsp;fracture non polie , ressemblant a cellenbsp;de la cire dabeilles, ou du marbre. Leursnbsp;couleurs tirent sur le jaune et le bleu,nbsp;.dune manière variëe. Le n.* 5 surtout,nbsp;quoique tirëde lacraie blanche ordinaire,nbsp;ressemble a un marbre jaune.
254 EXPÉB-TENCES SUR laCTION
Les n.° 3, 5 et 6 ont pris iin assez beau poli. Le n.? renlerme uii coquillage quoiinbsp;avoit introduit avec la craie pulverisee,nbsp;et qui actuellemeut fait corps avec elle.
On a joint au n.quot; 3 un echantillon (A3) de inarbre jaune ordinaire. II resseiublenbsp;tont-a-fait a la pierre artificielle.
Les n. 8, 9, 10 et 11 sont tons pro-duits par des rnorceaux de craie expose's entiers aux effets reunis de la cbaleur etnbsp;de ia pression.
Le n.quot; 8 est reraarqnable par son grain brillant et sa demi - transparence. Lesnbsp;n.quot; 9 el lo montrent des plans parallèles,nbsp;qui semblent annoncer une stratificationnbsp;interieure; effet quon a souvent remarquenbsp;après faction de la chaleur, quoiquonnbsp;neut rien decouvert danalogue dans lanbsp;craie, avant faction du feu. Le n. 11nbsp;est trés - compacte, et de couleur jaune.nbsp;Les n.quot;' 12 et 13 offrent des exemples dunnbsp;ramollissement daprès lequel la craienbsp;pulverisëe sest incorporëe avec un fragment de la craie en masse sur lequel onnbsp;favoit refoule'e , de manière quon ennbsp;apercoit a peine la jonction dans lanbsp;fracture.
Les n.° i4, i5, i6 montrent la fusioa du carbonate assez avancëe, et annoncentnbsp;sou action manifeste sur ie tube de
porcelaine.
DE LA CHALBUR CtC. 255
Dans Ie n. i5, la baguette de craie est a moitié fondue, et Ie melange du carbonate avec la porcelaine a produit nnenbsp;substance jaune. Le n. i6 est nn morceaunbsp;de craie qui a éte' ëvidemment dans unnbsp;ëtat de mollesse, puisquun fragment denbsp;porcelaine qui le touchoit a péiiétré nanbsp;peu dans son intérieur.
Les n/quot; 17 et j8, et tous les suivans, étant fort délicats, ont été renfermés dansnbsp;des tubes de verre, après avoir été assujettisnbsp;avec de la cire sur de petits supports de bois.
Le n, 17, formé de craie pulvérisée, raontre , dun cóté , la formation la plusnbsp;parfaite que jaie jamais obtenu, de spath,nbsp;avec sa fracture rhomboïdale.
Le carbonate ayaut perdu un peu de sou acide carbonique, sétoit tellementnbsp;efflcuri dans ses parties essentielles , parnbsp;Faction de Fair, quon ny voyoit plus denbsp;cristallisation. Je considérois eet éclian-tillon comme absoluraent détérioré, lors-quiiu mois de juillet i8o4 , ocenpé anbsp;examiner de nouveau cesrésultats pour lesnbsp;montrei a laSociété lioyale dEdimbourg,nbsp;nne masse da carbonate se rompitendeux,nbsp;et me fit voir la fracture que je présentenbsp;aujourdhui, aussi nette c[uelle Favoit éténbsp;dans 1 origine. Je renfermai imniédia-tement eet échantillon dans un. tube de
256 EXPERIENCES SUR lACTION
verre scellë avec de la cire , en sorte que jai iesperance qu il se conservera. Je puisnbsp;le presumer paree qnil est encore entiernbsp;quoique scelle dans le tube depuis un annbsp;et demi.
Le n.° i8 , prod nit aussi par de la craie pulvérisëe, est parfaitement frais etnbsp;entier, quoique prëparë depuis plus denbsp;deux ans. On y voit quelques beauxnbsp;eristaux de spath transparent , en lamesnbsp;parallèles ; mais on ne peut les biennbsp;apprëcier qua Faide de la loupe.
Les n. 19, 20 et 21 montrent des exemples de fusion et daction sur lesnbsp;tubes. Dans le n.° 19, on voit une coquillenbsp;distinctement soudëe a la craie pulvërisëe.nbsp;Dans le n.quot; 20, la masse, composëe origl-nairement de cette dernière substance ,nbsp;sest refonlëe sur elle-méme , et elle anbsp;agi en meme temps sur le tube. Lanbsp;fracture du carbonate dans ses partiesnbsp;pures montre des facettes brillantes denbsp;cristallisation. Dans le n. 21, le carbonate est dans le mêrae ëtat que le prë-eëdent; et le compose' de la porcelainenbsp;du tube et du carbonate qui Fa attaquëe,nbsp;niontre Fëtat de liquiditë dans lequel il anbsp;existë en pënëtrant le tube , de raanièrenbsp;a y tracer une veine distincte de couleurnbsp;plus foncëe j et après sétre rëpandu en
DE LA CHALEDR etC. 207
dehors sur une bonne parlle de la surface, ce liquide sest arrète a la liguc noire dontnbsp;on a parlé dans Ie detail des experiences.
Les n.°' 22 , 25 et 24 inontrent des preuves de fusion entière. Dans ie n.° 22,nbsp;nous voyons deux tubes de porcelainenbsp;renfermës dans un tube de verre destinenbsp;a les conserver. II faut supposer qucnbsp;Textremite attachëe au support de boisnbsp;est tournee en bas , pour juger de lanbsp;position dans laquelle fexpërience a ëténbsp;faite. Le tube de porcelaine interieur anbsp;son orifice tourné lt;?n dessus , et 1extérieurnbsp;le cotivre dans la position inverse. Cestnbsp;dans lintërieur que le carbonate ëtoitnbsp;coutenu. Pendant Faction de la chaleur,nbsp;le canon manqua tout a coup , et le carbonate, avoit liouilli par-clessus les lèvresnbsp;du tube intërieur , coulant, a ce quilnbsp;paroit, presque jusquau fond , et prou-vant ainsi quil ëtoit a lëtat liquide anbsp;Fëpoque de laccident arrivë au canonnbsp;de fer.
On voit dans le n.° 23 deux^ masses de carbonate soudees ensemble, dans unnbsp;ëtat dëcume complet ; la substance estnbsp;briilante, et demi-transparente. Le n.°-. 24nbsp;offre deux masses sëparëes , qui ont ëtënbsp;exposëes ensemble a Faction de la clialeur jnbsp;Fune prëparëe avec la craie pulvërisëe, et
258 EXPERIENCES SUR L ACTION
qui est actuelleraent dans le 'méme etat que la piecedente; Iaulre, raise a Ietatnbsp;de fragment de craie aplani aux deuxnbsp;bouts et marque la dune lettre, commenbsp;on 1a fait dans plusieurs des experiences;nbsp;cette dernière est brillante , et presquenbsp;transparente. On voit dun cote la formenbsp;plane et la lettre; iautre bout est abso-lument airondi par la fusion, et il a prisnbsp;une surface vitreuse
Le n.quot; 25 montre la substance produite par la combinaison du carbonate de cliauxnbsp;avec le silex pur. tine partie du tube denbsp;porcelaine dans cet echantillon est remplienbsp;de silex pulverise , qui nétant que foi-blement agglutine , est soutenu avec unnbsp;peu de cire a caclieter. Pendant Iexpe-rience, le carbonate de chaux seloit trouvenbsp;reposer sur le silex ; et la partie inlerieurenbsp;du carbonate setoit unie au silex, et avoitnbsp;forme une substance demi-transparente,nbsp;logèrement teinte en bleu. Ce compose,nbsp;a mesure quil a penëüe plus avant dansnbsp;le silex,' y a pris les fornïes arrondies etnbsp;mammelonne'es de la chalcëdoine.
Le n. 26 est le re'sultat dune experience de cbaleur et de compression faite, le 22nbsp;juillet i8o5 , avec un peu de carbonatenbsp;de chaux pur, pre'parë par M.' Hatchett.nbsp;Le carbonate étoit renferme' dans un. petit
DE LA CHALEUR etC. 25g
tube de platlne , et mis aiasi a 1abri de tout melange.
Le n. 27 ofFre Ie résukat dune expe'-liencefaite aussi dans le platine, avec un fragment de coquiilage. On en reconnoitnbsp;la forme , quoiquil solt verni par unenbsp;demi-fusion. On voit sur le même supportnbsp;une goutte , en forme de perle , formeenbsp;par la fusion entière de Fun des fragmens ;nbsp;et une portion dun coquiilage de mêmenbsp;espèce dans son e'lat naturel, est mise anbsp;cóte, pour quon puisse raieux appre'ciernbsp;par la comparaison les cbangeinens aux-^nbsp;quels 1expêrience a donné lieu.
Le n. 28 est un êckaiitillon de houille artiflcielle , faite avec de la corne. II senbsp;presente sous la forrne dune substancenbsp;dun noir brillant qui ressemble exac-tement a de la poix ou a de la cire noirenbsp;a cacheter. La terape'rature de 1expé-rience êtoit seulement le rouge obscur;nbsp;et la compression a laissê êcbapper quel-ques-unes des parties volatiles , et en anbsp;retenu dautres. II a ainsi acquis la couleurnbsp;noire du jayet, et a conserve son inflam-mabilité ; il brule dune flamme brillanie.
Le 11. 2g est aussi tiré duue matière animale , la flanelle. Dans cette experience rien, a ce quil paroit, na echappe',nbsp;soit que la chaleur fut moindre , ou que
260 EXPERIENCES SÜR lACTION
rapparell fut plus exactement fermë. II sen est suivi, que la couleur primitive anbsp;beaucoup moins change* elle a seulementnbsp;passé au jauue rougeatre ; la raatière sestnbsp;fondue , el elle a pris du poli en se mou-lant sur Ie verre dans lequel elle a éténbsp;pressée. Ce lésultat ressemble unpeu a lanbsp;substance décrile par M/ Hatchett, sousnbsp;Ie nom de retinasphaUum.
Le n.° 5o est un morceau de bols par-tiellernenl convert! en houille par la chaleur et la compression. Cette substance ressemble tout-a-fait a la poix dansnbsp;quelques endroits , et elle est lemplienbsp;de cavités, ou bulles assez grosses etnbsp;brillantes; dans dautres , on peut encorenbsp;reconnoitre distinctement les fibres dunbsp;bois. Le tout est noir comme du jayet,nbsp;et brule dune flamme brillante.
Le n.quot; 21 est un échautillon de cette substance ressemblant a de la laine , qui ,nbsp;dans plusieurs des experiences, sest foiniéenbsp;par la transudation du métal fusible, aunbsp;travers des gercures des canons de Ier. Lenbsp;inétal jalllissoit assez loin, a létat liquide,nbsp;et se déposoit en filamens sur les substances solides quil rencontroit.
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