Cc( Owrcige se trowe chez les principaux libraires de Paris et de Bologne en Italië.
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THÉORIQUE ET EXPÉRIMENTAL
SUR
AVEC ÜNE SÉRIE DEXPERIENCES
FAITES EN PKÉSENCE DES COMMISSAIEES DB EDSSTITUT NATIONAL DE FRANCE,
ET EN DIVERS AMPHITHEATRES ANATOMIQUES DE LONDRES,
Professeur en 1Universiië de Bologne , de Plnstitut national de la Rcpubli(jue italieune ^ des Socïetes Gutvanique et Académitjuc desnbsp;sciences de Paris, des Sociétés de médecine de Paris et de Londrcs,nbsp;de 1Athénée des arts, des Académies de Bologne, de Turin;nbsp;Mantoue, etc.
Planches.
TOME PREMIE E.
f EEs ERÉKES PIRANESI, PLACE Dü TRIBVNAT , N.» iSSa. CHEZ inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
I JOSEPH LUCCHESINI, LIBRAIRE , A BOLOGNE.
«TOYEN PREMIER CONSUL ET PRÉSIDENT,
II sera mémorahle a jamais dans les fastes de Illistoire du Galva-nbsp;nismo Ie jour oü^ descendu d peinenbsp;en Italië ^ vous me permites d^ennbsp;développer devant vous les princi-pales experiences au milieu des vas-tes occupations militaires et politi-ques dont vous étiez environné, Ienbsp;souvenir de cette époque honorablenbsp;^^enhardit d vous dédier eet Ou-JJappui que vous accordez dnbsp;toutes tb. Sciences, est aussi dirigé
-ocr page 20-vers les pro gres du Galvanisme: les monuments que vous élevez a sanbsp;gloire, sont grands f sorit dignes denbsp;vous. U hommage que je vous présente n est done que Vexpression denbsp;la reconnaissance puhlique, et a-la-fois un trihut que je rends d lanbsp;mémoire de Galvan i, dont lanbsp;décomerte, agrandie sous vos auspices y ira avec votre nom, dnbsp;Timmortalité.
Daigaez agréer
Monprofond respect,
INTRODUCTION.
La manière doiit les clécou-Aertes naissent et se propagent dans le vaste champ des sciencesnbsp;et des arts, offre l idee la plusnbsp;avantageuse de la grandeur denbsp;Vesprit humain. Le germe imperceptible dune plante ntilenbsp;reste souvent ineonnu pendantnbsp;des sièeles, juscpi a ce qu il passenbsp;entre les mains habiles dunnbsp;bomme qui lui donne la culture convenable a son dévelop-pement et a sa reproduction.nbsp;Ainsi les idéés Ics plus simplesnbsp;sont, pour 1bomme de génie , lenbsp;germe inaper^u des plus bellesnbsp;productions intellectuelles. Lanbsp;plijsiqoe moderne vient a l apquot;nbsp;pui de cette véialé.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r
-ocr page 22-Ij nbsp;nbsp;nbsp;INTRODUCTION.
Le célèbre professeur Gal-Nani, daprès de très-simples observations , aidé de ses talents et de son industrie, a fixé, par sanbsp;brillante découverte, une époque memorable dans la science.nbsp;Guide par la noble ambition denbsp;reculer les bornes des eonnais-sances humaines , il se livra a unnbsp;grand travail, queles limites or-dinaires dela vie ne lui laissaientnbsp;pas méme Iespoir dacbever.
Pénétré d un vif desir detre utile, il ne songea qua donnernbsp;les premières notions d un nouveau systême en physiologic ;nbsp;elles pourront servir de flambeau aux savants, pour les di-riger vers de plus grandes dé-couvertes. Il rappelait que lesnbsp;soupcons de Iinfortune Galileo
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tracèrent la route a Torricelli, qua ses travaux succédèrentnbsp;ceux de Pascal, de Bojle, dOtto-Guerick , et que ceux de cesnbsp;savants furent suivis des der-niers ouvrages de Priestley, denbsp;Cavallo et de Lavoisier, qui ontnbsp;repandu le plus grand jour surnbsp;la théorie des fluïdes aérifor-mes.
Chaque partie de la Science, et principalement la théorie denbsp;lelectricité animale, nous ofïrenbsp;le même tableau. Car, quétaitnbsp;lélectricité lorsque Thalès lenbsp;Milésien en fit la découverte ?nbsp;et que devint-elle pendant unenbsp;longue suite de siècles, entre lesnbsp;tnains de Pline, Strabon, Dios-coride et Plutarque? Ce ne fut,nbsp;pendant ce long intervalle, quun
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gernie enfoncé dans une terre, qui attendait des mains plus heu-reuses pour le niettre eri valeur;nbsp;et les hommes célèbres qui Tontnbsp;fait croitre et sélever, les Gilbert, les Muschenbroëck, lesnbsp;Nollet, navaient pas même l i-dée de la quantité de fruits quenbsp;devaient en retirer, Delibard,nbsp;Franklin et Volta, dont les nom-breux travaux embrassent lesnbsp;principaux phénomènes de lanbsp;nature.
Galvani a fait sortir de ce vaste tronc une branche nouvelle: dnbsp;l a cultivée avec tout le zèle denbsp;de 1homme industrieux qui tra-vaille sur son propre fonds , avecnbsp;toutelintelligence d un génie ob-servateur, qui croit avoir saisi unnbsp;des hls qui peuvent conduire aux
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plus grands secrets de 1 organisation animale, et de la vie.
Lespoir le plus cher a son co0ur était de faire tourner sanbsp;décou verte au profit de lespècenbsp;Kumaine, et de trouver, dansnbsp;léconomie animale elle-même,nbsp;les moeyens de réparer la plupartnbsp;des désordres auxquels elle estnbsp;sujette.
La mort jalouse a surpris ce pliilosophe presquau commencement de ses travaux; mais c é-taitdéja trop tard pour rend re sanbsp;découverte inutile : elle est ac-tuellement entre les mains denbsp;tousles savants de lEurope unnbsp;instrument qui ne peut desor-uiais se perdre, et qui, tons lesnbsp;jours mieux connu, sera eniinnbsp;mis en va leur.
-ocr page 26-vj nbsp;nbsp;nbsp;lï^TRODUCTION.
Témoin et coopërateur des travaux de mon illustre parent,nbsp;je nai pu demeurer étrangernbsp;aux progrès quil a fait faire a lanbsp;science. Jj ai ajouté quelquesnbsp;expe'riences propres a la con-duire au but quil se proposait.nbsp;Ce sont ces faits que je livrenbsp;sans réserve aux savants, quinbsp;pourront les apprécier. Puissé-je, par les recherches que jainbsp;faites, et par celles que je pro-jelte, ne pas demeurer en restenbsp;avec eux, et porter a la massenbsp;commune un tribut que n eütnbsp;pas désavoué Ie philosophe dontnbsp;la perte , en m accablant desnbsp;plus justes regrets, m a laisséunenbsp;grande tache aremplir; celle denbsp;soutenir sa gloire, et dutilisernbsp;ses clécouvertes !
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INTRODUCTION.
Mainteiiant pour clonner une idéé précise de mon ouvrage,nbsp;et pour y mettre de lordre etnbsp;de la clarté, autant quil e.stnbsp;possible, je Ie divise en troisnbsp;parties. La première montrenbsp;laction du galvanisme indépen-dammeiit des métaux, et quel-ques-unes de ses propriétés générales. Dans la seconde, jem-ploie Ie pouvoir du galvanismenbsp;a exciter les forces vitales. Dans
la troisième, je propose des applications utiles de eet agent a la médecine , et je développenbsp;les principes qui servent dappuinbsp;a une nouvelle administrationnbsp;du galvanisme médical.
Plusieurs résultats quinepou-¦v^aient pas convenablement être places dans ces trois parties, te-
-ocr page 28-^^llj INTRODUCTION.
ront Ie SUj et d im appendice, clans lequel je décrirai en même tempsnbsp;quelques appareils nouveaux ,nbsp;soit physiques, soit chimiques ,nbsp;tres - propres a développer la
)rie du galvanisme.
Jai pensé quil était a propos de classer dans la première par-tie de eet Essai mes experiences,nbsp;de manière quelles servissentnbsp;a établir une série de propositions , dont chacune ten dit a dé-montrer les clilFérentes proprié-tés du galvanisme. Cest a quoinbsp;se sont hornes mes efforts, nenbsp;croyant pas possible, dans létatnbsp;actuel de la science, de pouvoirnbsp;offrir une théorie compléte et ri-goureuse.Cependant jai été quebnbsp;quetois oblige de me livrer a desnbsp;conjectures cpii mont paru des
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consequences nécessaires des faits précédemment observes.
La seconde partie comprend une longue suite dexperiencesnbsp;faites, après la mort, sur Fhom-me et sur les animaux , afinnbsp;de comparer les elFets du gal-vanisme, et du stimulus adrnisnbsp;par Haller,sur les différentssys-témes dorganes; mais jai prin-cipalement porté mon attentionnbsp;sur les meninges, le cerveau et
le coeiir. J ai cru devoir insister dautant plus sur ce point, quilnbsp;est depuis long-temps un objetnbsp;de contestation parmi les pby-siologistes.
La pile imaginée par le pro-fesseur Yolta, ma fourni lidée dun rnojen plus propre quau-cun de ceux dont on sest servi
-ocr page 30-X nbsp;nbsp;nbsp;INTRODUCTION.
jusqua présent pour estimer Iaction des forces vitales. J ainbsp;fait sur des cadavres de suppli-cies des expériences dontla phj-siolog'ie pourra, je crois , retirernbsp;qiielque utilite. La duree de lanbsp;vitalité, persistant plus oumoinsnbsp;long-temps dans les difïérentsnbsp;organes , sa quantite variablenbsp;dans chacun deux, leur modenbsp;naturel ou ordinaire d action,nbsp;change par 1 etat pathologique,nbsp;et diversement modilié, pour
ainsi dire , par chaque action morbifique, sont autant dobjetsnbsp;digues de toute I'attention denbsp;ceux qui se livrent a létudenbsp;des lois regissant léconomienbsp;vivante. Tous offrent un vastenbsp;champ a nos recherches, quelé*nbsp;tat avancé de no8 connaissance^
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nepeutlaisser long-temps infruc-tueuses. Nous posséclons aujour-dhui un assez grand nombre de données pour pouvoir assurernbsp;quavec de la prudence et de lanbsp;sagacité, nous obtiendrons desnbsp;résultats qui nous conduiront anbsp;dutiles applications.
' Jaurais voulu étendre mes recherches beaucoup plus que je ne lai fait , en prenant pour sujetnbsp;de mes experiences plusieurs
espèces danimaux doués dune grande énergie de contractilité:nbsp;ainsi la tortue de mer aurait,nbsp;la première, fixé mon attention;nbsp;et jai même , dans Ie temps,nbsp;engage les physiciens anglaisnbsp;a soccuper sérieusement denbsp;eet animal, et a l etudier d aprèsnbsp;1 ensemble deslumières acquises
-ocr page 32-xij INTRODUCTION.
ju.squ a ce jour sur Ie galvanisme. Je ne doute pas non plus quonnbsp;ne puisse, par ce mojen, parve-nir, sinon a connaitre parfaite-ment,du molns a beaucoup aug-menter ce que nous savons denbsp;rorgaiiisation des insectes et desnbsp;coquillages.
Quelquavantageuse queütpu paraitre la découverte du galva-nisme, en eq'outant a la sommenbsp;de nos connaissances celle de
eet agent stimulant, j aurais étë peu satisfai t, s il n eut pas été possible de Ie tourner ausoulage-ment de l liumanité soufïrante.nbsp;JEn considérant la manière éner-gique dont il agit sur les orga-nes privés de la vie, on a été na-turellement portéalui préter denbsp;linlluenee sur ceux soumis en-
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core a Iempire des forces vitales.
Iliietait pas moins naturel de les étendre en même temps auxnbsp;circonstances oü, par factionnbsp;d une cause quelconque , lesnbsp;fonctions ne se font plus libre-ment , ou ne sexercent plusnbsp;dune manière conforme auxnbsp;vues génerales de la nature. Jo-sai done, comme beaucoup dau-tre.s, concevoir des espérancesnbsp;sur la possibility de son emploi
danS'Certaines maladies; jai même fait diverses tentatives. Je fai adrninistré dans quelques afi'ec-tions de nature dilférente, et,nbsp;dans certains cas, j en ai obtenunbsp;d heureux résultats. Son application a 1homme malade formeranbsp;Icbjet de la troisième partie denbsp;mon Essai.
-ocr page 34-Xiv INTRODUCTION.
I_ies succès du galvanisme en-tre les mains des célèbresprofes-seurs PfafF, Humboldt, Vassalli, Ritter, Grapengbiesser, et de plu-sieurs autres, 1ont fait regardernbsp;trop prématurément commenbsp;une acquisition assurée pour lanbsp;médecine. Cette decision pré-cipitée lui a certainement faitnbsp;tort, et ne pent quamener la defiance et Ie découragement.Pournbsp;peu quon veuille j faire attention, lapplication du galvanismenbsp;est encore a son berceau, et peut-être serons-nous encore long-temps réduits a tatonner. C estnbsp;pourquoi, dans la troisième par-tie de mon ouvrage, Je moccupenbsp;bien plus de ce qui reste a faire,nbsp;que de ce qui a ëté fait et dit jus-qua présent. Ce n est quaprès
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de müres et de sages reflexions qiion doit se permettre dagir;nbsp;et I on ne saurait trop blamernbsp;ceux qui emploient Ie galva-nisme dans tons les cas indis-tinctement.
Un examen attentif, séxère et impartial, des efïets de lélectri-cité ordinaire et du gal vanismenbsp;appliques a 1 économie animale,nbsp;justifiera la preference que jenbsp;donne a celui-ci surrelectricité,
pour lusage medical. Quelques experiences entreprises pour ennbsp;determiner laction sur les flui-des aériformes,et dont jai donnénbsp;laper^u dans lappendice, servi-ront peut-être un jour mes de-sirs, en faisant connaitre Ie vé-ïatal3l0 mode daction de certai-
pes substances médicamenteu'
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ses clans quelques cas pathologi-ques. Enfin je pense que lin-fluence du galvanisme sur les systêmes nerveux et musculaire, est aujourcl liui assez cons-tatée, pour c^u on puisse Ie proposer avec quelque confiancenbsp;dans laspliixie et laliénationnbsp;mentale par mélancolie.
Telle est, en peu de motsdana-lyse de lEssai cpie je présente au public; tel est lexposé de mesnbsp;reclierolies et de mes experiences : elles nont été dirigées ninbsp;par enthousiasme pour une dé-couverte nouvelle, ni par espritnbsp;de sjstême, mais bien par desnbsp;vues philanthropiques, par Ie de-sir d étudier,de connaitre la na-ture, et par lamour de la vérité.
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SUR
t)E LA NATUaB ET DES PB.OEB.IÉTÉS GÈNÉB.A.LE3 i»xr gai^vanisme.
Les contractions musculaires sont excitées par Ie développement dun fluide dans la machine animale,nbsp;leqiiel est conduit des nerfs dux muscles sans Ienbsp;concours et sans Taction des métaus.
Galvani fait sentir la nécessité de ïegarder comme effet de faction dunnbsp;fluide fexcitement des contractionsnbsp;musculaires. Le développement de cesnbsp;contractions sans contact immédiat
1. nbsp;nbsp;nbsp;3
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des parties animales entre elles, et par la seule communication établie entrenbsp;des armatures métalliques, appliquéesnbsp;sur les nerfs et les muscles, démon-trait en elFet son assertion dun ma-nière assez évidente. La nature desnbsp;arcs, tantót déférents, et tantót cohi-bents, prouvait encore plus rigoureuse-ment les qualités du fluide excitateur.nbsp;Aussi Galvani jeta Ie fondement dunenbsp;science nouvelle; et la force excitée da-près ses principes, pour rendre hommage kla mémoire de son inventeur,nbsp;regut généralement Ie iiom de Galva-nisme.
Jadopterai cette dénomination sans chercher, du moiiis pöur Ie moment,nbsp;èi examiner sil a parité ou non entrenbsp;Ie galvanisme et lélectricité , et silnbsp;faut adinettre ou exclure lidentité denbsp;ces deux principes daction. Galvani,nbsp;dans son premier mémoire, a qualifiénbsp;Ie principe galvanique du nom délec-
-ocr page 39-SUR LE GALVANISME. 5 tricité animale. Suivant lui, cefluide,nbsp;soumis a linfluence des forces vitales,nbsp;en reqoit des modifications particu-lières. Lobservation quil fit presquen.nbsp;même temps que sa découverte, de lanbsp;propriété singuKère quavaient les armatures métalliques daugmenter con-sidérablement lintensité de faction dunbsp;galvanisme, Ie porta a les employernbsp;dans toutes ses expériences; ce en quoinbsp;il fut imitéparla plupart de ceux quinbsp;les ont répétées depuis, ou qui en ont
fait de nouvelles. On a cependant es-sajé dexciter des contractions dans les muscles sans employer aucune actionnbsp;des métaux, et ces expériences ont éténbsp;faites sur des animaux éi sang froid;nbsp;mais, cequon na pas essayé jusquè,nbsp;présent, et que je crois avoir tenté Ienbsp;premier, cest Ie développement denbsp;contractions, au mojen denbsp;tieres animales provenant dun indi*nbsp;vidu cl sang chaud, Ce sont les re-
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.cherches que jai faites a ce sujet, qui formeront lobjet principal de cettenbsp;proposition. Jespère, a laide des ex-périences que je vais rappdrter, pou-voir démontrer, par une nouvelle méthode , lexistence et la circulation dunbsp;fluide exictateur des contractions mus-¦culaires.
ÈRE
EXPERIENCE.
. Je prends la tête dun boeuf récem-ment assommé. (pl. i, fig. i.) Dans une de ses oreilles, jenfonce un de mesnbsp;doigts humecté deau salée, tandisnbsp;que lautre main soutient une gre-nouille préparée de manière que sanbsp;moelle épinière touche Ie dessus de lanbsp;langue du bosuf: jobserve dabord denbsp;trés - vives convulsions dans la gre-nouiiie; en séparant larc, toute contraction cesse.
Lexpérience réussit encore mieux
-ocr page 41-SUR LE GALVANISME. 5 en conduisant larc, de la langue dunbsp;boeuf a sa moelle épinière. Cette méthode a été fort utile pour essayer Ienbsp;galvanisme sur plusieurs veaux.
II. E X P.
Jai conduit fare dans Ie tronc dim veau (pl. i,fig. 2,) des muscles de lab-domen a la moelle épinière , avec unenbsp;grenouille préparée et disposée daprèsnbsp;la méthode ordinaire. La grenouille a
étéYivement affectée; les contractions ont été de même tres-fortes quandnbsp;fare était composé dune chaine denbsp;plusieurs personnes unies ensemblenbsp;par les mains humectées deau salée.
III. E X P.
Jai combiné, par Ie mojen dun seul are dRunfiidité , les têtes de deux ounbsp;trois veaux, et jai remarqué que Ie gaf
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vanisme sexergait avec plus de force; car une grenouille qui nétait pointnbsp;afPectée en touchant une seule tête,nbsp;éprouvait de fortes contractions quandnbsp;elle était appliquée au sjstême de plu-sieurs têtes combinées ensemble^
IV- E X P.
Je crois quil est a propos dajouter ici une observation assez intéressantenbsp;que je fis dernièrement a Paris, en compagnie du professeur Huzard, et ennbsp;présence des commissaires delInstitutnbsp;National. Jai approché des musclesnbsp;cervicaux de la tête coupée dun che-val, la moelle épinière dune grenouillenbsp;préparée : la convulsion musculairenbsp;neut jamais lieu en eet état; mais si aunbsp;même temps une autre personne tou-chait avec une main huraectée dunenbsp;dissolution de muriate de soude lanbsp;moelle épinière du cheval,lescoavul-
-ocr page 43-SUR LE GALVANISME. ^ sions dans la grenouille paraissaientnbsp;constamment.
Le galvanisme excité clans les experiences précé3entes n'est dü ni a la communication, ni a la transfusion de 1électricité générale , mais a une électriciténbsp;propre aux animaux, qui joue un très-grand rólenbsp;dans réconomie animale.
Galvani voulut mettre en évidence 1électricité propre aux animaux, ennbsp;nemplojant, pour exciter les contractions musculaires, que des arcs et des
armatures isolés. II poussa lattention jusqua préparer les grenouilles avecnbsp;des corps idio-électriques, et il parvintnbsp;è obtenir des contractions sur des animaux quil avait plongés dans lliuile:nbsp;il minvita a exciter de pareilles contractions dans le vide isolé. Jai déjanbsp;ï'endu compte de ces expériences dansnbsp;mémpires que jai publiés versnbsp;la fin de 1794.
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Le but de toutes ces precautions était dannuller les effets résultants denbsp;toute autre électricité que celle proprenbsp;aux animaux; cependant elles permet-taient encore de douter si les armatures métalliques elles-mêmes ny exer-caient pas une influence étrangère. Lesnbsp;expériences suivantes, en efFa^ant tousnbsp;les doutes, démontrent dune manièrenbsp;plus rigoureuse la proposition déjanbsp;énoncée.
V. E X P.
Soit sur une table isolée le tronc dun veau : je lui fais une section longitudinale dans la poitrine (pl. l, fig. 2. )nbsp;pour avoir une longue suite de musclesnbsp;è découvert; alors je dispose deux per-sonnes isolées, de manière que Tunenbsp;touche avec un doigt humecté deaunbsp;salée la moelle épinière du veau , etnbsp;lautre approche la moelle épinière de
-ocr page 45-SUR LE GALVANISME. 9 grenouille des muscles du tronc.nbsp;Toutes les foisquon établit eet are, ilnbsp;y a constammeiit dans la grenouillenbsp;une contraction musculaire. Quandnbsp;les deux personnes ne se tiennent plusnbsp;par la main, les contractions cessent.nbsp;Jai répété avec Ie même succès lex-périence sur la tête isolée dun boeuf,nbsp;en conduisant Iarc de la moelle épi-nière a la langue. Les grenouilles ontnbsp;aussi été vivement afïectées en faisantnbsp;rexpérience sur Ie tronc isolé de différents volatiles.
Je crois que ce genre dexpériences est déeisifpour prouver que Ie Galvanismenbsp;est un fluide propre a la machine animale , indépendant de linfluence desnbsp;métaux, et de toute autre cause étran-gère.
En effet, nous navons, dans ces experiences, que quelques machines ani-oaales, combinées de manière quil en resulte de vives contractions dans la
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grenouille ; tous les corps sont isolés , et par conséquent lon ne peut soup-^onner quelles proviennent de lin-fluence directe du principe général quinbsp;maitrise tous les corps de la nature.nbsp;Ainsi done, soit que lon attribue Taction a la chaine animale formée parnbsp;les bras de Thomme , ou a la pile animale formée par Ie tronc du veau, Tonnbsp;sera toujours forcé de reconnaitre Taction dun principe qui tient a Torgani-sation de la machine animale sans au-cune dépendance des métaux. Ce faitnbsp;prouve évidemment quil existe dans lanbsp;machine animale un principe que lesnbsp;physiciens peuvent, dans leurs expé-^nbsp;riences, exciter et diriger a leur grénbsp;par certains procédés, mais que la sagenbsp;nature met en jeu dans Têtre vivant,nbsp;dune manière cachée et encore plusnbsp;merveilleuse. Voiladoncunfluide puissant, foriné, développé, et conduit parnbsp;Taction des forces animales, puisque
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SUR LE GALVANISME. ces parties, séparées du réservoir com-mun de lélectricité générale , ontnbsp;néanmoins par elles-mêmes la faculténbsp;de Ie reproduire et de Ie faire circulernbsp;dune maiiière propre a exciter des convulsions musculaires.
Le galvanisme, iiidépendamment des métaux, se dé-veloppe vivement par le mojen de la machine animale humaine.
Saussure a examiné lélectricité animale : il ne sest servi que des électro-mètres ordinaires. La phjsique moderne nous offre un mojen beaucoup plus sensible , a laide des condensa-teurs. Jai déja imaginé quelques expé-riences que je me propose de répéternbsp;avec les appareils que le célèbre pro-fesseur Cavallo a fait exécuter a Lon-dres : Jai eu occasion de faire part hnbsp;ce savant de mes idéés A eet égard; et
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E S S A I
je ne doute pas quils ne me soient dun-grand secours dans mes recherches ul-térieures. En attendant , je me suis borné a combiner Taction des ani-maijx a sang froid avec celle des ani-maux a sang chaud, en regardantnbsp;toutefois les grenouilles préparées,nbsp;comme Télectromètre le plus sensiblenbsp;pour mesurer la force du galvanisme.
VI. EXP.
Si Tonprend a la main , apres Tavoir humectée deau salée, les muscles dunenbsp;grenouille préparée, et que Ton appro-che du bout de la langue les nerfs cru^nbsp;raux, on voit dabord de vires contractions dans la grenouille.On pourra éloi-gner le soup^on de tout stimulant, ennbsp;répétant Texpérienceavecla grenouille,nbsp;a la main isolée : alors les contractionsnbsp;musculaires cessent, pourvu que Taction du galvanisme dans la grenouille,
-ocr page 49-SUR LE GALVANISME. i3 OU dans la machine huraaine, ne soitnbsp;pas extraordinaire; paree que lon pour-rait, dans ce cas, obtenir des contractions sans établir larc des nerfs auxnbsp;muscles , comme nous Ie verrons ail-leurs.
VII. E X P.
Dune main liumectée deau salée, je tiens les muscles dune grenouillenbsp;préparée, et japproche des nerfs cru-raux un doigt de lautre main , bien.
liumectée. Si la grenouille est très-vi-goureuse, les nerfs cruraux sappro-chent peu-a-peu de la main, et il y a de fortes contractions au point du contact. Cette expérience démontre lexis-tence dune espèce remarquable dat-traction, observée non-seulement parnbsp;naoi-même, mais aussi par ceux quenbsp;j ai invités a vouloir bien la répéter.
Le célèbre Félix Fontana, auquel javais fait parten Italië de mes obser-
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vations, ma déja écrit depuis que je suis a Paris, quil avait vérifié ce fait,nbsp;et quil soccupait de son analyse.
En répétant h Oxford quelques-unes de mes expériences sur Ie galvanisme,nbsp;en présence du professeur Christophernbsp;docteur Bancroft, jai punbsp;constater une assez forte attraction gal-vanique, produite par 1approchementnbsp;des nerfs cruraux dune grenouille, auxnbsp;muscles abdominaux dun lapin. Dansnbsp;la série dexpériences que jai entrepri-Ses dernièrement dans Famphithéatrenbsp;anatomique des hópitaux Guj et St.-Thomas, a Londres, jai eu occasionnbsp;demassurer encore da vantage de 1existence de ce phénomène. Les expériences, variéeset modifiées au gré de quel-ques professeurs qui y assistèrent, ontnbsp;constamment fourni les mêmes ré-sultats.
Ces observations mengagent a publier ce nouveau fait, et a Ie sou-
-ocr page 51-SUR LE GALVANISME. mettre auxsages réflexions des phjsio-logistes ; je crois que M. Humboldtnbsp;pourra y trouver de quoi consolidernbsp;davantage son ingénieuse théorie surnbsp;latraosphère galvaniquè. Ce professeurnbsp;avait mis des laerfs et des muscles sur Ienbsp;bord de deux supports de verre placésnbsp;horizontalement;ilvit quenles appro-chant lun de lautre, il excitait desnbsp;contractions même avant Ie contact im-médiat des parties animales ; et sil nanbsp;pas apercu lattraction dont je parle,
cest que la nature de ses expériencesne Ie lui permettait pas,puisque les nerfsnbsp;nétant pas isolés, ne pouvaient sélan-cer librement vers les muscles.
Maintenant , si les expériences de M. Humboldt et les miemies prouventnbsp;lexistence dune atmosphère galvani-, ne pourrait-on pas concevoirnbsp;comment on peut exciter de la douleurnbsp;en appliquant seulement un instrument de chirurgie dans latmosphère
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dune branche nerveuse, sans la toucher immédiatementet cela ne pour-rait-il pas contribuer a [explication de quelques phénomènes extraordinairesnbsp;des sensations ?
VIII. EXP.
Jai répété sur Ie cadavre dun crimi-nel décapilé les observations que javais faites sur la tête et sur Ie tronc dunnbsp;boeuf. Jai établi un are de la moellenbsp;épinière aux muscles : une grenouillenbsp;préparée faisait partie de eet are. Job-
tins toujours de fortes contractions sans Ie concours de la pile, sans la plusnbsp;petite influence des métaux. Jai ob-servé en proportion Ie même résultatnbsp;sur des hommes morts naturellement.
I X. E X P.
Que quatre personnes, ou plus , qui se tiennent par les mains hu-
-ocr page 53-SUR LÉ GALVANISMË. i? ttiectées dune dissolution de muriatenbsp;de sou de forment uiie longue chaiiienbsp;animale; que la première tienne a lanbsp;main les muscles dune grenouille pré-parée : si la dernière personne, placéenbsp;au bout oppose de lasalle , touche lanbsp;moelle épinière ou les nerfs cruraux,nbsp;les contractions ont lieu; si lon in-terrompt la chaine animale , les contractions cessent a rinstant.
ïion peut exciter les coBtractions musculaïres sans établir selon la méthode ordinaire, un are des nerfsnbsp;aux muscles.
X. E X ï».
Je fis décoüvrir dans Ie tronc dun supplicié Ie muscle biceps, et jen ap-pï'ochai la moelle épinière dune grenouille préparée : (pl. 4, fig. i.) ellenbsp;fut contractée avec une force que j©nbsp;naVÉiis jamais obtenue dans lés ani-t.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s
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lïiaux k sang chaud. Jai répété lexpé-rience étaiitisolé, et je nai jamais aper-la plus petite contraction. Jai observe les mêmes phénomènes sur la tête dun boeuf qui jouissait dunenbsp;vitalité extraordinaire.
Les eÊFets du galvanisme, dans les expériences précé-dentes , ne dérivent nullenient de laction de quelque stimulant que l'on rencontre en approchant les nerfsnbsp;des muscles.
XI. EXP.
Dans lexpérience de la grenouille approchée du biceps du supplicié, misnbsp;k découvert, faites toucher tout autrenbsp;corps a la grenouille, elle restera immobile ; ce qui prouve que la contraction nest pas lefFet du contact de lanbsp;moelle épinière et du muscle. Pournbsp;achever de prouverla nullitéde Factionnbsp;des stimulants dans les expériences
-ocr page 55-SUR LE GALVANISME. 19 précédentes, jai pris deux grenouilles ,nbsp;et jai placé les extréraités de Tunenbsp;sur la moelle épinière de la seconde ,nbsp;mise en communication, par cettenbsp;même partie, avec les muscles dé-couverts dune tête de boeuf qui avaitnbsp;beaucoup de vitalité : la contractionnbsp;sétendit aux deux greimuilles; et ce-pendant Ie stimulus na pu évidem-ment agir que dans la seconde.
La seule application des nerfs sur les muscles, saus Tintermédiaire daucun cocps, peut dèvelopper Ienbsp;galyanisme.
Plusieurs phjsiciens , et nommé-ment Galvani, Valli, Humboldt, Volta, ont cherché a obtenir eet importantnbsp;ï'ésultat. Le professeur Volta même,nbsp;dans une lettre quil madressaen 17Ö8,nbsp;dans le journal Brugnatelli, reconnaitnbsp;que les diverses parties animales, indé-
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pendamment des métaux, peuvent exciter Ie galvanisme.
Galvani, peu de inois avant sa mort, proposa deux méthodes ingénieuses,nbsp;quil me démontra lui-même. Mallieu-reusement tout cela a été inutile pournbsp;détruirelincrédulité deplusieurs phj-siciensqui ontconfondu long-temps Ienbsp;galvanisme avec lélectricité des métaux, crojant que toute contraction,nbsp;part de rirritation métallique. Cestnbsp;pour cela que jannonce avec confiancenbsp;ma méthode qui met tout Ie monde anbsp;portee de constater par soi-même la vé-rité de ma proposition.
XII. EXP.
Je prends une grenouille préparée suivant la méthode ordinaire ( pl. i ,nbsp;jfig. 3); et, tandis quune main sou-tient la moelle épinière, lautre faitnbsp;un angle du pied et de la cuisse, de
-ocr page 57-SUR LE GALVANISME. ai üianière que les muscles de la jambenbsp;touchent les nerfs cruraux. A ce contact il sexcite aussitót, a lsxtrémiténbsp;abandonnée a elle-même, de fortes contractions et un véritable carillon élec-trico-animal, lequel dure k proportionnbsp;des divers degrés de vitalité. 11 est nécessaire, dans cette expérience com menbsp;dans les suivantes , que les grenouillesnbsp;soient robustes, pleines de vitalité,nbsp;et que les muscles ne soient pas sur-chargés de sang.
X r 11. E X p.
En observant ce que je viens de dire ci-dessus, on obtiendra des mouve-ments très-forts, quil faut bien se gar-der dattribuer a faction excitée parnbsp;Ie contact du nerf avec Ie muscle. Ennbsp;effet , si fon répète fexpérience en cou-vrantle muscle,a fendroit du contact,nbsp;av^c une substance cohibente, les con-
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tractions cessent entièrement, et elles reparaissent si lon détermine Ie contact du nerf a la substance musculaire.nbsp;En faisant cette experience en public,nbsp;jai observé plusieurs fois plus de deuxnbsp;cents contractions consécutives que jenbsp;nobtenais point par Ie contact du muscle avec une substance déférente, etnbsp;même avec une plaque de raétal.
Pour assurer lefFet de cette expé-rience intéressante, il faut préparer les nerfs avec toute la promptitude possible, en les dégageant de toute substance étrangère. Il est bon aussi dap-procher les nerfs, non pas a un seul,nbsp;mais a plusieurs points du muscle,nbsp;dans toute sa longueur. On observenbsp;encore que Ie contact des nerfs auxnbsp;tendons augmente souvent les contractions musculaires, Jai eu pour té-moins des expériences ci-dessus beau-coup de professeursbabiles,entr autresnbsp;Brugnatelli et Carcano qui, avec toute
-ocr page 59-SUR LE GALVANISME. aS la délicatesse qui leur est propre, nenbsp;Eoanquèrent pas de me faire des observations pleines de sagacité sur la précision plus on moins grande de mesnbsp;observations. Le professeur Brugnatellinbsp;craignit quajant par liasard touchénbsp;auparavant des métaux, il ne fut resténbsp;k mes doigtsquelques parcelles métal-liques, qui servaient, en quelque fa^on,nbsp;darmature invisible, et suffisaient elles-mêmes pour exciter des contractionsnbsp;musculaires. Je détruisis ce soupcon ennbsp;plongeant a plusieurs reprises mesnbsp;mains dans leau, afin den détachernbsp;toute substance étrangère. Ensuite ilnbsp;observa que Thumidité animale, in-dépendamment de la circulation dunbsp;galvanisme, des nerfs aux muscles,nbsp;pouvait par elle - même exciter desnbsp;contractions ; et il exigea que les nerfsnbsp;^ruraux fussent lavés dans leau commune. On fit ce quil desirait a eetnbsp;égard; et enlevant extérieurement,
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par Ie mojen proposé , 1liuraidité pro-
pre aux nerfs, on obtint cependant de
très-vives contractions ^ comme Ie sus-
dit professeur sen convainquit en ré-
pétant lui-même plusienrs fois lexpé-
rience.
XIV. EX P.
Pour éloigner tont soupcon quune action étrangère , indépendammentnbsp;des forces de la machine animale,nbsp;puisse être transmise par la personnenbsp;qui tient a la main la grenouille pré-parée, )ai approché les nerfs des muscles , après avoir isolé ces parties avecnbsp;des tujaux de verre, (pl. 7? hg- 4.) Lanbsp;grenouille, comme a lordinaire , sestnbsp;contractée. Le même phénomène a lieunbsp;quand deuxgrenouilles attachées Tunenbsp;a fautre, et suspendues par un support de verre, sont touchées par lenbsp;mojen dun are animal isolé. (pl. 7,nbsp;% !)
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SUR LE GALVANISME.
XV. nbsp;nbsp;nbsp;E X P.
En préparant comme a lordinaire mie grenouille, je coupai mi de sesnbsp;nerfs cruraux, de manière que Ie troncnbsp;était uni A lépine niédullaire, mojen-iiantlautre nerfresté intact, et de plus,nbsp;par un vaisseau sanguin qui était contigu et parallèle au nerf coupé. Je ré-pétai de cette manière Texpérience ci-dessus; et, quoiquil ny eiit quun seulnbsp;nerf en contact avec les muscles, joh-tins les mêmes résultats.
XVI. nbsp;nbsp;nbsp;E X P.
En faisant une ligature vers la moi-tié des nerfs cruraux , jai appliqué un de ces nerfs sur la ligature auxnbsp;muscles correspondants, et jai eu denbsp;l^ortes contractions , lesquelles na-vaieut plus lieu quand la ligature senbsp;faisait étroitement au point de lin-
-ocr page 62-z6 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
sertion des nerfs dans les muscles dei
la cuisse.
Je crois convenable davertir que Ie professeurGalvani et moi avions cher-ché depuis long-ternps a obtenir desnbsp;contractions sans lintervention desnbsp;métaux. Nos recherches étaient déjanbsp;avancées dès Tan 1794; et ce fut da-près son invitation, que je démon-trai ensuite ce fait dans mes legons pu-bliques de physique expérimentale,nbsp;a rinstitut des sciences de Bologne,nbsp;comme Ie prouve un de mes Mémoires , inséré a cette époque dans lesnbsp;Opuscules de Milan. « Jai plongé unenbsp;grenouille préparée dans une fortenbsp;solution de muriate de soude, jusquanbsp;ce quil sexcitat de vives contractionsnbsp;dansles muscles. Alors je la i-etirai denbsp;la dissolution; et, prenant a la mainnbsp;une extrémité, je laissaipendre iautrenbsp;librement. Dans cette situation,avec unnbsp;cy lindre de verre jélevai les nerfs de ma-
-ocr page 63-SUR LE GALVANISME. *7 nière quils ne touchaient pas les muscles : j otai tout-a-coup Ie cjlindre;etnbsp;toutes les fois que les nerfs et la moellenbsp;épinière tombaient sur les parties mus-culaires , il sexcitait une contraction.nbsp;II nest pas difficile déloiguer Ie soup-^on dun stimulant mécanique, pro-duit par Taction du sel ou la chute desnbsp;nerfs ; car j ai laissé tomber les mêmesnbsp;nerfs sur les muscles dune autre gre-nouille préparée, et )e nai obtenu au-cun mouvement, quoique laction du
Je ne dois pas dissimuler que la seule action des seis produisait souvent des contractions spontanées dansnbsp;les grenouilles qui y étaient plongées.nbsp;Aussi a-t-il fallu prendre un foulenbsp;de précautions pour assurer la fidéliténbsp;résultats de ces expériences. Cecinbsp;me fit abandonner toute tentative jiis-qu au moment oii, par Ia mêrae mé-
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thode, jai obtenu les mêmes contractions sans employer de solutions salines. Je crois que la physiologic doit au professeur Galvani les premièresnbsp;idéés qui regardent Texcitation desnbsp;convulsions musculaires sans les mé-taux; et je me propose de détailler dansnbsp;mon histoire du galvanisme ses tra-vaux multipliés concernant eet objet.
Lhétérogénéité des métaux contribue beaucoup è exciter plus aisément les contractions musculaires ;nbsp;maïs elle nest pas absolument nécessaire a leur production.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Je pourrais démontrer directement la proposition par les expériences quenbsp;jai publiées autrefois sur les contractions excitées avec du mercure bieunbsp;purifié. Je puis assurer quelles ont éténbsp;répétées de plusieurs manièrespar Ie cé-lèbre Humboldt. Je suis bienaise néan-moins dexaminer Iinfluence des ar-
-ocr page 65-SUR LE GALVANISME. 29 matures, par Ie mojen des métaux lié-térogènes rainsi, jedémontrerai quellenbsp;ne peut pas par elle-même produirenbsp;lefFet des contractions musculaires.
XVII. E X P.
Je place sur une table plusieurs gre-nouilles préparées, et disposées paral-lélement les unes aux autres , de sorte que tout Ie sjstême des nerfs se trouvenbsp;dun cóté , et celui des muscles de lau-
tre (pl. 7, fig. 2.) Appliquant deux armatures , iétablis un are métallique a la première de ces grenouilles ; aus-sitót, non-seulement la première, maisnbsp;toutes, éprouvent une convulsion musculaire. Je répète lexpérieuce de ma-nière que Ie sjstême de la moelle épi-nière et des muscles ne soit pas dunnbsp;seul cóté, mais disposé irrégulière-ment, de facon que tantót la moellenbsp;épiniere de Tune touche les muscles
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de Tautre ( pi. 7, fig. 3. ) ou vice versd ; alors jobtiens des convulsions seule-ment dans quelques grenouilles, et nonnbsp;dans tout le sjstême des grenouillesnbsp;préparées. Cette expérience démontrenbsp;que IefFet ne dérive nullement denbsp;Taction des métaux, paree que Télec-tricité métallique devrait seulementnbsp;agir sur la première grenouille, et nonnbsp;pas sur les au tres , dans le premiernbsp;cas; et dans le second, elle devrait lesnbsp;mouvoirtoutes ensemble, ou les laisser toutes immobiles. Les contractions,nbsp;dans les susdites expér iences, ont encorenbsp;lieu quand les grenouilles sont sépa-rées les unes des autres, et communi-quent ensemble par une dissolutionnbsp;dammoniac.
Je passe aux expériences que je crois les plus propres a établir Tanalogie quinbsp;se trouve entre Télectricité et le galva-ïnsrae.
-ocr page 67-SUR LE GALVANISME. ogt;.
La bouteille de Lejde, la pile, et les substances animales, ont la faculté dabsorber des principes de 1air atmosphérique.
Dansrexamen de Taction du galva-nisme, de Télectricité, et des substances animales sur Tair atmosphérique , je nehasarderai ni raisonnements, ninbsp;conjectures propres a développer cenbsp;phénomène; je me bornerai k rappeler
des faits a Tappui de ma proposition, sans déterminer précisément Tinfluen-ce dautres principes, qui, conjointe-ment avec Ie galvanisme , contribue-rontpeut-être a produire les elFets quenbsp;jai obtenus.
XIX. E X P.
Ie mojen dune pointe métal-lique j électrisai la surface intérieure
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dungobelet de cristal, que je renveï* sai, et que je mis sur iin plat métalli-que, en formant un plain isolé. En peunbsp;de temps je vis leau sélever de quel-ques lignes dans Ie verre; et dès-lorsnbsp;je me flattai dobtenir des effets remar-quables par quelque autre méthode.
En consequence je soumis a Fexpé* rience une bouteille de Lejde, de lanbsp;hauteur de sept pouces, et denvironnbsp;trois de diamètre, garnie de larma-ture ordinaire détain, et dun conducteur extérieur qui terminait ennbsp;pointe aiguë, doü Ie fluïde électriquenbsp;séchappant, pouvait facilement senbsp;joindre aux principes de 1 air atmos-phérique, avec lesquels il avait plusnbsp;daffinité. Jélectrisai ensuite cette bou*nbsp;teille, et je la couvris dun récipientnbsp;de cristal de telle grandeur, que ses pa-rois ne pouvaient point aflaiblir sonnbsp;électricité. Jen formai un plain isolé ;nbsp;et au bout denviron une demi-heure ,
SUR LE GALVANISME. 33 jG vis leau monter dune manièrenbsp;très-sensible dans Ie récipient.
XIX. E X P.
Ensuite jai chargé de nouveau, et de la raêrae manière, la bouteille, laquellenbsp;ue se terminait plus en pointe, mais ennbsp;sphèremétallique; etlajant mise sousnbsp;Ie récipient ordinaire , au bout denvi-ron une demi-heure je trouvai quenbsp;1 élévation ^tait beaucoup plus consi-
dérable. Afin de démontrer que eet ef-fet ne pouvait provenir de leau em-plojée pour former Ie plain isolé dans lexpérience précédente, jj substituainbsp;Ie mercure ; et, quoiqueles élévationsnbsp;fussent moindres, elles étaient cepen-dant analogues a celles qui venaientnbsp;dêtre observées peu auparavant avecnbsp;lean. Si 1on répète la même expériencenbsp;avec Une pareille bouteille qui ne soitnbsp;pas électrisée, lon pourra aisément se
ï. nbsp;nbsp;nbsp;4
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convaincre que Télévation deleau dans la doche ne doit pas être attribuée anbsp;une dilFérence de température de Fairnbsp;quon j a renfermé.
XX. E X P.
Je place sous une cloche de verre pleine dair une pile de 5o plaquesnbsp;dargent et de zinc. Le lendemaiiinbsp;jobserve une forte absorption deaunbsp;de la hauteur de quelques pouces. Jin-troduis alors dans le récipient unenbsp;bougie qui séteint sur-le-champ.nbsp;La pile, sans être arrangée de nouveau, est placée sous le même récipient ; je forme Ie plain isolé : je re-marque, après 24 heures, une sensiblenbsp;absorption deau; la bougie introduitenbsp;me donne le même résultat. Repla-cant la pile sous le même recipient,nbsp;lè troisième jour , et les jours sui-vants, je trouve son humidité conser-
SUR LE GALVANISME. 35 vée de facoii quelle me donne, jus-quau dixième jour, des résultats analogues. Jai répétécette expérience avecnbsp;Ie gaz oxigène, et jai trouvé, six joursnbsp;après, que leau était montée daas lanbsp;cloche a, la hauteur dun pied.
XXI. EXP.
Lon peutparvenir aux mêmes résultats saus faire usage de grandes piles, lli de grandes cloches de verre : il suf-
fit en général darranger alternative-ment quelques plaques de métaux hé-; térogènes. En effet, si vous mettez dansnbsp;une cloche dun pouce et demi de dia-mètre , et de trois pouces de hauteur ^nbsp;deux plaques de cuivre et de zinc',nbsp;en faisant Ie plain isolé; deux joursnbsp;^près, leau sélève denvironun demi-pouce. Répétant rexpérience avec différents métaux, jai vu que labsorptionnbsp;de 1 air avait lieu plus ou moins, selon
-ocr page 72-36 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
la différence de leur nature et de leur combinaison. Cela ma fait imaginerdenbsp;tenter une suite dexpériences avecnbsp;différents métaux; et jespère pouvoirnbsp;un jour former une table des dlffé-rentes hauteurs, laquelle pourra dé-terminer jusquou ils sont susceptiblesnbsp;doxidation. Cependant, pour établirnbsp;avec précision les divers degrés d oxidations, il ne faut pas emplojer des mon-naies mêlées dalliage ; ii faut sou-mettre aux observations des métauxnbsp;purs, en formant de petites piles,nbsp;placéessous des cloches égales, et a la
même température de Tatmosphère. Jusqua ce qu'il me soit démoutré quenbsp;Tabsorption de loxigène, dans ces der-iiières expériences , est un elfet pure-mentchimique, et tout-a-fait séparé denbsp;laction du galvanisme , je pense pouvoir en profiter pour prouver 1ana-logie.
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SUR LE GALVANISME.
XXII. E X P.
Lingénieuse théorie de Girtanner , qui atlribue la cause des contractionsnbsp;inusculaires a Toxigène; les belles ex-périences par lesquelles Ie professeurnbsp;Humboldt ranime la force musculairenbsp;avec lacide muriatique oxigéné ; etnbsp;celles qua faites a ce sujet Ie célèbrenbsp;Fourcroj, mengagèrent k examiner lanbsp;combinaison obtenue par loxigène surnbsp;les fibres musculaires , dans 1état de
la plus grande vitalité. Jadaptai h une cloche de cristal (pl. fig. 4.) un filnbsp;métalliquerecourbé,duquelpendaientnbsp;quatórze grenouilles préparées avec lanbsp;plus grande promptitude, etpresquaunbsp;même instant, par moi etparplusieursnbsp;de mes élèves; et ajant fait un plainnbsp;öon cotnmuniquant, je trouvai , aunbsp;bout de vingt-quatre heures, leau éle-vee dans la cloche a la hauteur den-viron un demi-pouce.
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XXIII. EXP.
Jairépété,avec Ie même succes, lex-périence ci-dessus sur les animaux a sang chaud; fj ai soumis les extrémi-tésde differents poulets , desquelles onnbsp;avait auparavant séparé les nerfs cru-raux. Les élévations de Feau dans Ienbsp;plain non communiquant, sont beau-coup moindres quand on emploie lesnbsp;fibres de ces animaux dont on a auparavant affaibli la vitalité,
XXIV. E X P.
Dans les suppliciés je nai pas 'man-qué de soumettre les fibres nerveuses etmusculaires, et mêine la substancenbsp;du cerveau, a Faction du plain nonnbsp;communiquant. Les élévations de Feaunbsp;ont été remarquables avec les diffé-rentes substances souniises aux expé-riences, lesquelles, selon leurs diffé-
-ocr page 75-SUR LE GALVANISME. Sg rents caractères, ont exercé une actionnbsp;diverse sur Foxigène. Ce fait, observégt;nbsp;surlesdivers fluides aëriforrues,pourranbsp;exciter la curiosité des phjsiologistes anbsp;entreprendre des experiences délicates,nbsp;et propres a determiner 1alBnité diverse qui conduit les substances animales a la combi liaison avec foxigène.
XXV. E X P.
II me semblait que les poissons , et
principalement la torpille, devaient présenter avec plus déclat, dans Ienbsp;plain non communiquant, les effetsnbsp;indiqués. Léloignement de la mernbsp;mempêchait de compléter mes essaisnbsp;a eet égard. Je racontai au professeurnbsp;Joseph Mojon, de Gènes , fexpériencenbsp;que je projetais ; il ne manquapasdenbsp;la faire : il vient de men annoncer lesnbsp;résultats par une lettre dont voici Ienbsp;contenu;
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« Je pris une forte torpille , et, aus-sitót quelle fut morte, jarmai les nerfs avec les armatures ordinaires; lajantnbsp;placée sur un isoloir un peu élevé au-dessus de leau, je la couvris avec unenbsp;cloche de cristal, de la capacité denbsp;482 pouces cubes , ( pl- 1» fig. 8. )nbsp;Bientót jobservai, a ma grande surprise , que leau sous Ie plain isolénbsp;commenqait a monter progressivementnbsp;pendant un intervalle denviron dixnbsp;heures; et, au bout de quarante-huitnbsp;heureSjleau sétait élevée a la hauteurnbsp;dun pouce, en occupant Ie neuvièmenbsp;de la capacité totale de la cloche, cest-a-dire 48 pouces cubes. Janaljsai 1airnbsp;qui restait, et je trouvai que la clochenbsp;ne contenait plus que 80 pouces cubesnbsp;de gaz oxigène , et 824 de gaz azote:nbsp;ainsi, pendant eet espace de temps,nbsp;plus des deux cinquièmes du gaz oxigène, contenu dans la cloche, avaientnbsp;été absorbés.»
-ocr page 77-SUR LE GALVANISMS. 41 Je me propose dallertout expres anbsp;la mer, pour répéter moi-même lexpé-rience sur la torpille, saus aucune armature, et de faire, a ce sujet, plu-sieurs essais concernant de nouvellesnbsp;vues sur Ie galvanisme. En général, jenbsp;crois nécessaire de soumettre de nouveau aux expériences différentes. parties animales , plongées dans diversnbsp;fluides aëriformes, en flxant leurs diverses combinaisons selon la forcenbsp;du galvanisme, dont elles sont rem-
plies.
La flaintne empêche 1action de la boiiteille de Leyde, de même que celle de la pile, et des contractionsnbsp;musculaires.
XXVI. E X P.
Jai placé sur un tabouret isolant line bougie allumée; et, faisant passer par la flamn*e Ie crochet de 1ar-
-ocr page 78-43 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
mature intérieure dune bouteille de Lejde électrisée , jai trouvé que, sansnbsp;Ie secours de larc, elle perdait unenbsp;portion de son électricité. Si Ton ré-pète lexpérience, en sorte que la flam-me interrompe Tarc entre le5 deuxnbsp;armatures , la bouteille se déchargenbsp;tout a-fait saus que les bras de la per-sonne, qui font partie de fare, ressen-tent la moindre secousse.
XXVII. E X P.
Jai mis au sommet de la pile un canal circulaire de laiton, qui contenait de lesprit-de-vin. Ainsi la jiile senbsp;terminait par une flamme vive, de la-quelle japprochai iin conducteur mé-tallique, tandis que de lautre mainnbsp;je touchais la base de la pile : Ie gal-vanisme se refusa constamment a mesnbsp;efforts, et la même chose arriva ennbsp;substituant a lesprit-de-vin la flamme
-ocr page 79-SUR LE GALVANISME. 4^ dune bougie ordinaire. Il est bon denbsp;remarquer que la flamme ne dirai-nuait pas laction du galvanisme quandnbsp;on faisait larc a la plaque qui était aunbsp;sommet de la pile.
XXVIII. EXP.
Jai déja prouvé , par une suite dex-périences adressées au célèbre Lacé-pède, que ia flamme qui interrompt larc appliqué aux nerfs et aux muscles
dune grenouille, ne perraet pas les contractions musculaires. Jai répéténbsp;lexpérience, avec Ie mêmesuccès , surnbsp;plusieurs aniniaux a sang chaud, etnbsp;même sur la torpille ; jai remarquénbsp;que la flamme interposée dans larc quinbsp;touche Ie ventre et Ie dos de la torpille,nbsp;cinpêche les secoiisses électriques.
-ocr page 80-44 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
Un arc compose de fluides différents, applique entiè-rement au système de la pile ou des parties animales, nempêche pas lactioa du galvanisme.
Les expériences desphjsiciens avaient déjaappris que la tourmaline, plongéenbsp;dans leau, donnait des signes d'électri-cité, et que la torpille donnait égale-ment de vives et très-manifestes commotions, quoiquelle fut envirounéenbsp;deau. 11 restait encore h savoir si lesnbsp;appareils galvaniques pouvaient pro-duire les mêmes phénomènes dans desnbsp;circonstancessemblables.Tel est préci-sément Ie but que je me suis proposénbsp;datteindre dans les expériences sui-vantes.
XXIX. B X p.
II j a deux ans environ que je fis a Florence plusieurs expériences a eet
-ocr page 81-SUR LE GALVANISME. 45 égard avec Ie célèbre professeur F'élixnbsp;Fontana, et nous vimes quune pile tienbsp;cent plaques de zinc et dargent, aprèsnbsp;avoir été quelque temps plongée dansnbsp;leau commune, donna néanmoins unenbsp;action très-forte. II mapprend par sesnbsp;lettres, quil a fait la même expériencenbsp;de plusieurs manières, et toujours avecnbsp;Ie mênae succes.
X X X. E X P.
Jai voulu essajer la nature de lélé-ment quhabite la grande familie des poissons, sur lesquels sétend aussi Tin-fluence des procédés galvaniques. Jenbsp;reraplis deau de mer trente vases denbsp;verre, en les faisantcommuniquer ensemble par Ie mojen darcs hétérogènes,nbsp;composés de laiton et de zinc; et job-
tiusunesecoussequime parut plusforte
que celle produite par la dissolution, ordinaire de muriate de soude. En dé-
-ocr page 82-46 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
teroiinant un are, seulement a cinq des vases , Taction était très-seusible. Unenbsp;pile de cartons humectés deau de mer,nbsp;et plongés entièrement dans cettenbsp;même eau, donnait de fortes commotions quand on Ten tirait.
XXXI. E X P.
Jai réussi a démontrer faction de la pile et des métaux sous Teau par lanbsp;simple expérience qui suit. Je pose aunbsp;fond dun vase plein deau salée, unenbsp;plaque de zinc. Dans la partie supérieure, une personne met en communication Tépine médullaire dune gre-nouille avec Ie niveau de Teau salée jnbsp;et en même temps une autre personnenbsp;absolument isolée touche avec un filnbsp;de cuivre argenté la plaque de zinc ;nbsp;toutes les fois que ce rapprochementnbsp;a lieu, on obtient des contractionsnbsp;musculaires; Je nignore pas quici les
-ocr page 83-SUR LE GALVANISME. 47 partisans de lélectricité métalliquenbsp;pourraient tirer, de la simple exposition de ce fait, une induction contrairenbsp;au gal vanisme; mais ma bonne foi du-moins montrera jusquoü je porte la-mour de la vérité.
XXXII. E X P.
La torpille est un des animaux les plus intéressants sous les rapports denbsp;lelectricité et du galvanisine. Lau-
tomne passée, je fis quelques expé-riences sur elle. Je fus secondé dans mes vues par les deux frères Mojon,nbsp;qui voulurent bien se prêter a tout cenbsp;qui était nécessaire en Cette circons-taiice. En toucha.nt la torpille sousnbsp;leau dans Ie moment quelle donna lanbsp;secousse, elle se contracta; et les deuxnbsp;tious quelle a sur la tête rendirentnbsp;deux jets deau. Pour obtenir la se-cousse 5 il n^était pas nécessaire de tou-
-ocr page 84-48 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A 1
cher deux parties distinctes de la tor-pille ; il sufEsait dappliquer la main sous Ie ventre.
La simple transfusion de rèlectricité, avec les appareils ordinaires, naugmente pas laction du galvanisme.
XXXIII. EXP.
Jai communiqué a un appareil conaposé de cent tasses lélectriciténbsp;artificielle, ajant soin auparavant di-soler la table et les personnes qui ennbsp;recevaient laction. En supposant quenbsp;les arcs hétérogènes fussent chargés denbsp;dilFérentes électricités, il sembleraitnbsp;quen leur en communiquant unenbsp;quelconque, tout lappareil dut se ré-duire au même genre délectricité, etnbsp;par conséquerit que les secousses nenbsp;dussent plus avoir lieu. Il arriva toutnbsp;Ie contraire: nous éprouvames des se^
-ocr page 85-SUR LE GALVANISME. 49 Coussestrès-fortes, qui difFérèrenttrès-peu de celles que Ion aurait obtenuesnbsp;sans lélectricité artificielle. Jobservainbsp;Ie même résultat avec la pile;
XXXIV. EXP.
On électrisa une torpille isolée: les secousses neii furent point augmen-tées. On fit mourit la torpille, et onnbsp;Tarma selon la méthode de Galvani,nbsp;pourvoir silj aurait quelque influence
de lelectricité métallique : alors cha-que fois quon lui appliquait larc conducteur, Ton obtenait de fortes contractions, mais cependant peu diffe-rentes de celles que Ton remarquait dans les autres animaux. Cette observation est conforme a celles qui furentnbsp;faites a Naples par Ie professeur Abibnbsp;gaard, qui, ajant soumis la torpillenbsp;aux procédés galvaniques, na remar-que aucuiie contraction extraordinaire.
-ocr page 86-So nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
Laction du galvanisme est beaiicoup augmentce si 1on interpose dans Fare de communication, soit 1appa-reil des conducteurs de Volta, soit des bouteillesnbsp;de Leyde électrisées.
XXXV. EXP.
Jai dressé dans la grandsalle de Ilns-titut, sur une table, cent tas.ses de verre, formant la figure de deux rectangles, chacun composé de cinquaiitenbsp;tasses. Jai établi une communicationnbsp;de la première de ces tasses avec Iap-pareil du conducteur de Yolta, aunbsp;mojen dun fil métallique qui passaitnbsp;dune des chambres intérieures du cabinet de phjsique, et aboutissait aunbsp;lieu de 1expérience. Alors on essajanbsp;plusieurs fois Iappareil; et, quelquenbsp;différentes que fussent les opinions,nbsp;sur 1augmentation précise de faction
-ocr page 87-SUR LË GALVANiSMÉ. 5i ïiu gal vanisme, tons les assistants sac-cordèrent constamment k regarder lanbsp;secousse comme plus forte ; quelques-uns allèrent même jusqua assurernbsp;quelle était augmentée dun tiers. Jenbsp;fus charmé de pouyoir confirmer Ianbsp;dernière découverte du professeuCnbsp;Volta par une de celles quil avait faitesnbsp;précédemment. IIJ a une observationnbsp;bien constatée qui est toute a ravan*nbsp;tage de cette proposition. Si vous tou-chez Ie sommet et la base de la pile
avec deux grands conducteurs métab liques, les commotions que vous re*nbsp;cevrez seront beaucoup plus fortes.
XXXVI. Ë X P.
LVlectricité concentrée dans la bou-leille de Lejde contribue aussi a aug*' meiiter faction du galvanisme. Jai pnsnbsp;une pile composée de cinquante pla^nbsp;ques de cuiyre et de zinc ; fai fait un
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arc en interposaiit une bouteille char-gée, et jai obtenu une explosion beau-coup plus forte que celle que Ton éprouve dans la bouteille même, lors-quon la décharge , indépendammentnbsp;de la pile, fournie dune égale quan-tité de fluide.
XXXVII. EXP.
Je prends la raême bouteille déchar-gée ,etlorsque je forme une portion de Iarc appliqué aux deux extrémités denbsp;la pile, f observe que le galvanismenbsp;refuse de passer fobstacle de lacouchenbsp;de verre interposée entre les deux armatures ; et par conséquent je ne re-cois aucune secousse. Je répète lexpé-rience précédente, isolant la personnenbsp;qui touche la pile avec la bouteillenbsp;chargée, et isolant en même tempsnbsp;la pile même. Jbbtiens une commotion beaucoup plus forte que cellenbsp;que me donnait séparémentla bouteille
-ocr page 89-SUR LE GALVANISME. 53 Lejde ou la pile. Dans cette expé-rience , je reniarque que Ie passage réi-téré de Félectricité de la bouleillenbsp;dans toute la hauteur de la pile, nótenbsp;point la propriété quelle a dexciter Ienbsp;galvanisme.
Le galvanisme parcourfc une chaine, soit métallique, soit animale , avec une rapidité analogue a celle dunbsp;fluide électrique.
XXXVIII. E X P.
Je disposai dans raon cabinet un fil de fer de 25o pieds de long, de ma-nière quil ne se touchat nulle part. Lesnbsp;deux extrémités de ce fil venaient abou-tir a la table préparée pour lexpé-ï'ience. Jen fis coinmuniquer une a lanbsp;dune pile de 5o plaques de cui-vre et de zinc; et, prenant lautre dansnbsp;ma main gauche, je touchai de la droite
-ocr page 90-54 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
Ie soramet de la pile. Jéprouvai Ie même efFet que si jeusse touché la basenbsp;de la pile avec la main qui tenait Ie filnbsp;de fer. Aucun de ceux qui répétèrentnbsp;publiquement Texpérience n j sut dis-tinguer de difFérence. Les 2S0 pieds denbsp;ce £11 étaient done parcourus par Ie gal-vanisrae dans un espace de tempsnbsp;inappreciable.
MM. Van-Marum et Pfafï' ont con-firmé, a laide duii grand appareil 1, ma proposition ; ils ont démontré quenbsp;Ie courant mü par la colonne galvani-que a une vitesse énorme, et qui sur-passe toute imagination. Par une bat-tërie de quatre verres, dont chacunnbsp;contient 5 ^ pieds carrés de surface , un seul contact aussi court que
Lettre cieM. Van-Marum a M- Volta, concer-nant des experiences faites par lui et Ie professeur Pfaffdans Ie laboratoire de Tejler. {Annalesde ch}-mie, tome 40.)
-ocr page 91-SUR LE GALVANISME. 55 possible sufïisait pour charger la batter ie a la même tension que celle denbsp;la colonne que portait Pécarteinentnbsp;des feuilles dor de Pélectromètre denbsp;Bonnet, a 7 de pouce. lis agrandirentnbsp;la batterie jusqua i37 7pieds carrésnbsp;de surface, et elle fut chargée par unnbsp;seul contact, aussi court que possible,nbsp;de la colonne au même degré de tension.
Tai déja publié, depuis long-temps, mes observations concernant la céléri-
tédela propag^jon du galvanisme, en établissant la communication entre lesnbsp;nerfs et les muscles des animaux pré-parés par Ie mojen, tantót dun fil dar-chal de iSo pieds de longueur, tantótnbsp;de grandes barres de fer continues,nbsp;qui forment les rampes de 1escaliernbsp;dun clocher ou dun grand batiment.
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Les contractions mnsculaircs, observées par Ie pro* fesseur Galrani , au rnoyen de Tatmosplière de 1élec-trlcité naturelle on artificielle , sont tout - a - faitnbsp;conformes a celles que Ton produit avec la pile ounbsp;avec des appareils analogues.
Lorsquil survient iin changement déquilibre dans Ie sjstême des corpsnbsp;tjui communiqnent avec les nerfs etnbsp;les muscles de la machine animale,nbsp;celle-ci se Vessent toujours de ce changement , et ses muscles éprouvent desnbsp;contractions. II est ton jours intéressantnbsp;de voirquun animal placé au fonddimnbsp;appartement, éprouve une vive commotion lorsque lon tire 1 etincelle élec-trique dans une salie bien éloignée. Jainbsp;fait cette experience plusieurs fois aiinbsp;cabinet de physique de Ilnstitiit desnbsp;sciences de Bologne, par le rnoyennbsp;dun fil de métal non isolé , et éloigné
-ocr page 93-SUR LE GALVANISME. de quatre pieds du conducteur de lanbsp;machine électrique ordinaire. Je lainbsp;répétée encore avec des nerfs crurauxnbsp;liés jusqu a la moitié de leur longueur;nbsp;en tirant Tétincelle, jobservai de fortes contractions , qui cessaient quandnbsp;la ligature avaitlieu a lendroit de leurnbsp;insertion dans les muscles.
Eusuite je répétai avec les nouveaux appareils de Volta les expériences quenbsp;Galvani avait faites avec la seule élec-tricité artificielle. Dabord je me servis
de plusieurs tasses de cristal et de piles depuis 100 jusqu a 200 plaques de métal, et je fus bientót convaincu quenbsp;lon pouvait obtenir des résultats analogues avec les simples appareils que jenbsp;x^ais décrire.
XXXIX. E X r.
Je place sur une table deux vases de cristal (pf f]g, 5,) pleins deau salée,nbsp;que j unis ensemble par Ie raojen dun
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arc de laiton et de zinc. J approche du niveau de leau dun des vases lépinenbsp;médulJaire dune grenouillepréparée,nbsp;dont jetiens ^une main les muscles cor-respondants : une autre personne, ounbsp;avec les mains , ou avec une plaque denbsp;métal, touche leau contenue dans lau-tre vase ; la grenouille, a chaque contact, éprouve de fortes contractions.nbsp;Pour éloigner tout soup^on que lesnbsp;contractions puissentprovenir de laC'nbsp;tion de leau salée, junis a lépine mé-dullaire une partie des muscles dunnbsp;autre animal, qui, a sa place, touchenbsp;leau salée ; les effets étant les mê-mes, il nest pas permis d'attribuer anbsp;Taction de Teau salée les résultats denbsp;mes expériences.
XL. E X P.
En conservant Ie même appareil, si Ton isoie ou la personne qui touche Ie
-ocr page 95-SUR LE GALVANISME. 5g niveau de leau dans Ie premier vasenbsp;de verre, oula grenouille plongée dansnbsp;Ie second, les contractions musculai-res cessent tout-a-fait, et elles reparais-sent de nouveau en Fisolant. On aug-mente la force des contractions en aug-mentant Ie nombre des tasses de cris-tal, lesquelles même étant mises ennbsp;communication (pl. i, fig. 6.) au raojennbsp;des arcs formés par un seul métal ho^nbsp;mogène, ne donnent pas des résultatsnbsp;différents de ceux qnon. a observés
avec des métaux hétérogènes.
X LI. EX P.
Jai voulu confirmer la théorie de lat-mosphère du galvanisme en interpo-sant dans la même atmosphere Ie corps dun supplicié. Jai placé la pilenbsp;^ nn pied de distance du tronc du ca-davre, sans la communication ordinaire des arcs métalliques. Je fis une
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incision awx deux tarses; deux person-nes soutenaient les greiiouilles prépa-rées alordinaire , (pl. 4, fig. 2.) en sorte que la moelle épinière posait sur lin-cision. Alors, toutes les fois quunenbsp;troisième pei'sonne touchait Ie sommetnbsp;de la pile, les deux grenouilles éprou-vaient de fortes contiactions, au pointnbsp;que, laissant en liberté une des extré-mités , on obtint un véritable carillon,nbsp;électrico-aninial, tout-a-fait semblablenbsp;pour sa force a celui quindique, dansnbsp;Son Commentaire, Ie professeur Gal-vani. En faisant usage de lappareil mé-tallique, si une des personnes qui sou-tient une des grenouilles est isolée, lanbsp;grenouille reste immobile , tandis quenbsp;lautre éprouve feffet ordinaire. Jainbsp;constaté cette observation avec Ie troncnbsp;dun chien, dans des séances expéri-mentales, tenues a fhopital de la Cha-rité a Paris , et a fhopital de St.-Thomasnbsp;a Londres.
-ocr page 97-SUR LE GALVANISME. 6i ün appareil ingénieux, dont M. La-grave ma fait part, ma mis en état denbsp;Voir des phénomènes analogues a mesnbsp;recherches sur Taction de Tatmosphèrenbsp;du galvanisme; en voici la description.
M. Lagrave, dans son laboratoire, a rempli deau salée une grande cuve denbsp;bois, garnie a son bord de six supportsnbsp;élevés perpendiculairement a la hauteur dun pied et demi, Chaque support portait a son extrémité supérieurenbsp;des isoloirs qui soutenaient une série
de fils de cuivre; les uiis étaient plon-gés dans Teau de la cuve, les au tres étaient réunis par un seul lil qui étaitnbsp;porté au pole cuivre de la colonne denbsp;Volta. Les espaces entre les fils attachésnbsp;aux isoloirs étaient, remplis par desnbsp;grenouilles préparées , qui faisaient lanbsp;ïonction delectrometre par leur excitability. Je passe aux expériences qnenbsp;nous avons faites, M. Lagrave et moi,nbsp;avec eet appareiL
-ocr page 98-X L I r. EX p.
Un conducteur, partant du pole zinc de la colonne de Volta, fut mis dansnbsp;leau : toutes les grenouilles entrèrentnbsp;trés - régulièrement en contraction.nbsp;Nous remarqu^mes que quand nousnbsp;mettions et retirions de suite leditnbsp;conducteur de leau, il j avait une double contraction ; celle qui se manifes-tait en Ie retirant, était beaucoup plusnbsp;forte que celle qui avait eu lieu en lynbsp;plongeant. Ce phénomène est analoguenbsp;a ce que Galvani avait déja remarqué,nbsp;en approchant et en retii-ant un are desnbsp;armatures métalliques appliquées auxnbsp;nerfs et aux muscles dun animal préparé.
Nous avons observé aussi que fhu-f niidité qui était répandue dans lap-partement, suffisait pour conduirenbsp;faction du galvanisme au sjstême desnbsp;grenouilles; car si mi de nous touchait
-ocr page 99-SUR LE GALVANISME. 65 Je niveau de leau salée avec un conducteur, sans avoir dautre communication avec Tappareil, quecelle de lJiu-midité du pavé, les grenouilles étaientnbsp;afFectées a chaque contact; mais silnbsp;montait sur une chaise, ily avaitalorsnbsp;mi isolement qui empêchait la communication du galvanisme, et les contractions navaient plus lieu: il sufEsaitnbsp;de mettre un pied en terre pour Ie re-nouveler.
Lopiuni, Ie quinquina, et autres stimulants analogues, qui ont beauconp daction sur Ie sjstême animal,nbsp;augmentent aussi TefFet de la pile.
X L I I I. E X P.
Jai fait des solutions de divers sti-^ntants proposés par Brown; jen ai hurnecté les cartons que je plaeais en-tre les disques de la pile ordinaire, et
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jai toujours vu que ces substances en
auguientaient Imtensité.
Dans la dernière séance de 1Institut deBologne, jai forrné deux piles denbsp;quinze pieces dargent et de zinc ; lesnbsp;cartons deTuiiefurentimbibés duneso-lution dopiuin, ceux de Tautre furentnbsp;trenipés dans unesolution dequinquinanbsp;dans lalkool. Ajant placé sur un ba innbsp;de mercure ces deux piles ainsi prépa-rées, je les recouvris de deux récipientsnbsp;égaux, que je rendis assez pesants pournbsp;en faire enfoncer les bords inférieursnbsp;dans Ie mercure. Au bout de quelquesnbsp;heures, je trouvai Ie mercure élevénbsp;dans lintérieur des cloches a tel point,nbsp;quil nétait plus nécessaire de les tnain-tenir sur Ie mercure par les poids quenbsp;javais employés a eet effet. Le mercurenbsp;de la pile a solution dopium étaitnbsp;élevé de plus de six lignes , taudis quenbsp;dans lautre , il fétait a peine de trois.
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SUR LE GALVANISME.
X L I V. E X P.
Jai fait quelques, essais sur les pro-priétés de fair qui restait sous les cloches dans fexpérience précédente. Une petite bougie allumée que jintrodui-sis dans Ie récipient de la pile a solution dopium, fut éteinte aussitót;nbsp;elle Ie fut bien plus tard dans cellenbsp;dont les cartons étaient imbibés denbsp;solution de quinquina ; les quatre plaques inférieures de la première avaientnbsp;été altérées par Ie mercure : on vojaitnbsp;même des globules du fluide métalli-que dans plusieurs autres plaques, jus-qua la hauteur denviron trois poucesnbsp;et demi. Quant a la pile aux cartonsnbsp;imbibés de quinquina , les plaquesnbsp;éprouvèrent beaucoup moins dactionnbsp;la part du mercure.
t.
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X L V. EXP.
Je voulus voir si la pile qui surpas-sait lautre par lintensité de ses efFets, la surpasserait aussi par leur durée.nbsp;Je les laissai Tune et lautre en ex-périence et recouvertes chacune denbsp;son récipient. Jexaminai chaque journbsp;les elFets produits sur lair contenunbsp;dans les cloches , en y plongeant lanbsp;petite bougie allumée; et je vis quenbsp;la pile doiit les cartons étaient imbibes d 'opium continua a agir jusquaunbsp;huitième jour, tandis que lautre nenbsp;produisit plus defFet après 24 heures.
X L V I. E X P.
Je répétai la même expérience avec des piles dont les cartons étaient imbi-bés de fortes solutions de caniphre denbsp;castoreum et d'alkool de potasse. Les'ef-fets furent, sous tousles rapports, beau-
-ocr page 103-SUR LE GALVANISME. 67 coup plus faibles que ceux des piles pré-cédeiites. Lélévatioii du mercure dansnbsp;Ie plain isolé fut très-légère, et 1altéra-tion de la flamme plongée dans la cloche nétait presque pas sensible.
X L V I I. E XP.
Pour me bien convaincre que les ef* fets obtenus dans les expériences 48,nbsp;44 et 45, provenaient directement desnbsp;propriétés des substances emplojéesnbsp;dans les dissolutions dont javais im-bibé les cartons. Je formai une pile denbsp;trente plaques dargent et de zinc, etnbsp;jenhumectai les cartons avec Ie simplenbsp;alkool de potasse:les ejBPets furentnuls;nbsp;on napercut aucun signe de galva-nisrae. Je nen obtins pas davantage ennbsp;formant les piles avec des plaques denbsp;et de cuivre , et successiveinentnbsp;plusieurs autres métaux.
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Si lüii examine en general les rapports qiii existent entre Ie galpanisme et 1électricité, lon trouveranbsp;plusieurs faits qni paraissent démontrer que cesnbsp;deux fluïdes out entre eux la plus grande resseni-Llance j mais lon en trouvera aussi dautres qui nenbsp;sont pas encore réduits au menie principe.
Jai déja prouvé cette' analogie par plusieurs expériences dansles propositions précédentes. Je vais maintenant,nbsp;dans ces considerations générales surnbsp;Ie galvanisme et lélectricité , recueillirnbsp;tout ce qui peut constater la corres-pondance de leurs propriétés ; et enfinnbsp;je ferai remarquerce qui reste encorenbsp;a faire pour que lidentité de ces deuxnbsp;agents soit entièrement établie.
1 .Le galvanisme, eomme 1électricité, est fourui de son atmosphere ; il donnenbsp;lattraction, les étincelles, fond les mé-taux, et charge des corps cohi bents ar-
-ocr page 105-SUR LE GALVANISME, 69 wés. Jai démontré cette dernière pro-priété par un procédé différent denbsp;celui proposé par Ie professeur Van-Marum. Mon appareil est composénbsp;dune pile percée au milieu, oü je placenbsp;une bouteille armée intérieurement,nbsp;soit avec de Peau pure, soit avec dunbsp;mercure.
Lélectricité artificielle accélère la putréfaction des substances animales; on obtient les mêmes effets parnbsp;faction de la pile métallique, et par
celle des premiers appareils de Gal-vani.
3. La propagation du gal vanismenbsp;approche beaucoup de la rapidité avecnbsp;laquelle Ie fluide électrique parcourtnbsp;de grands espaces.
4. ° Comme dans félectricité générale la force du courant électrique estnbsp;^^gmentée en raison de la surface desnbsp;conducteurs qui Ie transmettent; denbsp;inême, dans la pile, Ie courant galvani-
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que séchappe avec plus de violence, a proportion de la surface des arcs conducteurs qui établissent la communication entre les poles opposés.
La flam me empeche faction de la bouteille de Lejde; iLen est de mêmenbsp;pour cello de la pile , et pour les contractions musculaires.
6.°La bouteille de Leyde,après avoir été déchargée, ne donne plus aucunenbsp;étincelle ;mais lappareil, abandonné anbsp;lui-mê^me pendant quelques instants,nbsp;se trouve chargé de nouveau, et Tonnbsp;obtient une autre décharge. De sem-blables phénoraènes se manifestentnbsp;dans la pile et dans les animaux traitésnbsp;suivant la méthode de Galvani, cest4-dire en appliquant fare métallique a.nbsp;différentes reprises.
De même quon détruit faction de la colonne galvanique, si on troublenbsp;lordre alternatif des plaques métalli-ques qui la composent; de même, en
-ocr page 107-SUR LE GALVANISME. 7^ changeant la disposition de plusieursnbsp;animaux formant un sjstême, il arrive que, dans certains cas , les contractions musculaires cessent davoirnbsp;lieu.
8.° Laction du galvanisme produit la décomposition de leau ainsi quenbsp;lélectricité ordinaire, paria méthodenbsp;ingénieuse qua proposée M.Woolaston.nbsp;Jai vu dernièrement a Londres , cheznbsp;lui-même , une belle série dexpérien-ces sur eet objet, faites avec ses appa-reils de la manière la plus exacte. IInbsp;serait a desirer que Ion parvint aunbsp;même résultat, indépendamment desnbsp;métaux, en emplojant seulement Taction de Télectricité galvanique : il estnbsp;a présumer que Ton j parviendra parnbsp;de nombreux essaissur de grands ani-ttiaux abondamment fournis délectri-cité galvanique. Un tel procédé pour-rait bien éclairer la phjsiologie.
^près avoir présenté jusqu ici, ayec
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tout Ie soin possible, les faits et les considérations qui mont paru confirmer lexistence de lanalogie entre lé-lectricité et Ie galvanisme , je vais examiner avec Ie même intérêt quelquesnbsp;phénomènes que toute la sagacité desnbsp;phjsiciens nest pas encore parvenue anbsp;rattacher aux principes de 1 electriciténbsp;générale.
i.° On sait que Ton produit un éclair en touchant dune main la base de lanbsp;pile ^tandis quon approche de son som-met une partie quelconque du visage;nbsp;les deux extrémités de eet are animalnbsp;étant préalablement humectées avecnbsp;une dissolution saline. Le même effetnbsp;a lieu en établissant larc aux partiesnbsp;les plus éloignées de la machine animale.
Lon parviendra difficilement a ex-pliquer ce fait par les lois de lélectri-cité ordinaire ; paree que dans ce cas , le courant galvanique étant obligé de
-ocr page 109-SÜR LE GALVANISME. yS suivre Ie chemin Ie plus court, Torganenbsp;de la vue ne devrait point être afFecté.nbsp;En efFet, si Fon substitue la bouteillenbsp;de Lejde a Fappareil galvanique , Fonnbsp;ressent de tres-fortes commotions,nbsp;sans apercevoir aucun éclair. Les ex-périences faites sur eet objet serontnbsp;rapportées dansla troisièrae partie denbsp;eet ouvrage.
2.° Lon a remarqué que ces étincel-les électriques , qui piquent fortement notre corps , noxidcnt point, ou fort
peu , les métaux, et quelles naltèrent presque en rien Feau dans sa composition , pourvu toutefois quelles nenbsp;soient pas foudrojantes; tandis quenbsp;dans la pile , une action même faiblenbsp;du galvanisme sulSt pour déterminernbsp;en très-peu de temps la décompositionnbsp;de Feau, et Foxidation des métaux.
Leprofesseur Vassalli ayant fait passer Ie courant galvanique par Ienbsp;corps d grenouille, ü resulta
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la decomposition des humeurs delani-mal; '1 vit cette victime de nos expé-rieiices senfler si prodigieusement, quVlle ne put plus se plonger dansnbsp;leau, quüique pleine de vitalité : phé-nomène quil na jamais observé dansnbsp;des grenoLiilles tourmentées par desnbsp;étincelles foudroj? antes.
L\)n trouvera des faits analogues dans les expériences que jai faites der-nièrement a Alfort, et qui sont insé-rées dans un rapport de la Sociétégal-vanique de Paris,
4. ° Les phénomènes électriques ontnbsp;toujours pour cause première Ie mouvement; dans Ie galvanisme , au contraire, Ie mouvement est lelFet, et nonnbsp;la cause. Dans les premiers, une seulenbsp;substance conductrice suffit; il en fautnbsp;deux pour manifester Iinfluence dunbsp;galvanisme.
5. ° Dans les animaux électriques,nbsp;tels que la torpille, les effets sont sou-
-ocr page 111-SUR LE GALVANISME. yS rois a linfluence de leur volonté j ilsnbsp;en sont indépendants lorsquil sagit denbsp;iinfluence galvanique.
6.° Plusieurs corps propres a trans-mettre Ie galvanisme ne sont point du tont, OU ne sont que de médiocresnbsp;conducteurs de lélectricité , et vicenbsp;Qeysd.
Les illustres chimistes Fourcroj et Vauquelin mont fait lhonneur denbsp;minviter a lexpérience suivante,quilsnbsp;ont faite fannée dernière dans leur la-
boratoire, Ils composèrent une pile avec des plaques dun pied carré : lesnbsp;commotions et la décomposition denbsp;leau restèrent les mêmes quavec unnbsp;nombre pareil de petits disques; maisnbsp;la combustion des fils métalliques so-péra sur-le-champ avec beaucoup denbsp;force; et en les plongeant dans du gaznbsp;on les vitsenflammer avec unnbsp;éclat très-vif; tandis que depetites plaques , quelque grand quen lut Ie liont'
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bre,ne produisireut rien de pareil. Je ne crois pas qiie les notions acquisesnbsp;jusqua présent sur Télectricité puis-sent sulEsamment développer la théorie de ces phénomènes.
Les phjsiciens ont en vain essajé de produire avec Télectricité plusieursnbsp;elfets chimiques du galvanisme. Lanbsp;dissolution des oxides métalliques , lanbsp;precipitation de leurs dissolutions , lanbsp;décomposition des acides, nont pas ennbsp;lieu par les appareils électriques lesnbsp;plus forts et les plus variés.
p.® Daprès lexamen des pliénoraè-nes électriques et galvaniques , il sem-ble que les uns dépendent en géné-ral de faction de causes purement physiques ; taudis que poui\ exciternbsp;les autres, il a fallu jusqua présentnbsp;employer Ie pouvoir des agents chimiques. En elfet, comme par de pe-tites variations faites a la surfacenbsp;des corps, ou par la différente ma-
-ocr page 113-SUR LE GALVANISME. 77, iiiere dont ils soiitexcités, au mojennbsp;de forces purenient raécaniques, Ton.nbsp;change Ie genre délectricité qui leurnbsp;est propre; ainsi par une altérationnbsp;chimique, Ton change aisément Ienbsp;pole du galvanisrae. Jai vu aLondres,nbsp;avec beaucoup de satisfaction , chez Ienbsp;professeur Davy, sopérer h linstantnbsp;ce changement par une dissolutionnbsp;de sulphure de potasse versée dans unnbsp;appareil, a tasses unies ensemble avecnbsp;des arcs composés de cuivre et de fer.
Toutes ces réflexions, qui ont pour objet de determiner ce quily a dana-logies OU dopposition entre Ie galva-nisme et 1électricité, ne me permet*nbsp;tent pas de regarder comme entière-ment résolue la question proposée parnbsp;1Académie des sciences de Harlem , ennbsp;1801. Peut-on expUcjuer sujfisamment lanbsp;colonne de J^olta par les lois ou lesnbsp;proprietés connues de Vélectricité, ounbsp;fout-il en conclure Vexistence dunjluide
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particulier et distinct du jluide élec^
trique ?
Laissaiit de cóté les longues discussions qui ont eu lieu parmi les physi-ciens a eet égard, je me permettrai seulement dobserver que les nouveauxnbsp;faits concernant Ie galvaiiisme, peu-vent être en harmonie avec ceux déjanbsp;connus, et quenfin les nouvelles dé-couvertes nont pas, comme on la pré-tendu , détruit Ie systême primitif denbsp;Galrani.
Lon est absolument dans Terreur si Ton croit que Galvani exigea uiinbsp;fluïde particulier, tout-a-fait différentnbsp;de Télectricité, pour expliquerles phé-nomènes qu il avait observés. Il a ditnbsp;seulement dans son dernier ouvrage,nbsp;adressé au professeur Spallanzani ennbsp;1797, « Que Télectricité animale nestnbsp;pas absolument une électricité commune , telle quon la rencontre dansnbsp;tous les corps, maisune électricité mo-
-ocr page 115-SUR LE GALVANISME. 79 difiée et combinée avec les principes denbsp;la vie, par lesqueis elle acquiert desnbsp;caractères qui lui coiiviennent exclu-sivement. *
Voici done, dun cóté, V olta etVan-Ma-rum qui ne reconnaissent dans Ie gal-vanisme quune simple électricité; Gal-vani etplusieurs phjsiciens, delautre, qui soutiennent Texistence dune électricité propre aux animaux, modifiéenbsp;par les forces vitales. Le galvanisme,nbsp;dans les deux hypotheses, reconnaitnbsp;des lois propres a Félectricité. II nenbsp;reste inaintenant qua décider si lesnbsp;modifications recues par faction animale sont telles, quelles amènent anbsp;un fluide différent, ou plutót, si fopnbsp;peut tout réduire au même principe.
Il j a dans le règne minéral des ^xemples bien frappants de modifications opérées par la nature dans félectricité de certains corps, et cela menbsp;fait espérer que fon pourra un jour
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développ^r ^^6 semblables modifications dans Télectricité animale et dans rinflueuce galvanique , et mieux éta-blir son action. Car si un corps inorga-ïlique, tel que la tourmaline , a sonnbsp;électricité modifiée, demanièrequellenbsp;présente deux poles électrisés dilFérem-ment, pourquoi des corps organisés ,nbsp;tels que les animaux, ne pourraient-ilsnbsp;former un sjstême composé dune double puissance électrique, résultante desnbsp;forces organiques dont sont princi-palement doués les nerfs et les musclesnbsp;dans la machine animale ?
De tout ce que fai dit, je con-clus que les théories de Galvani et de Volta peuvent séclairer infinimentnbsp;lune par lautre , et que, quoique cesnbsp;deux savants aient suivi des routes dif-férentes, ils ont néanmoins tous lesnbsp;deux concouru a éclairer les mêmesnbsp;points de doctrine. Je me réserve denbsp;donner a ces idéés de plus grands dé-
-ocr page 117-SUR LE GALVANISMÈ. 8i Veioppements dans la proposition sui-
Vante.
Lhjpotbèse dune pile animale, analogue a celle que Ton forme artiHciellemeiit, semble très-propre anbsp;«xplicjiier les sensations et les contractions dans lanbsp;macbiiie animale.
Daprès les observations du profes-seur Davy , faites a Londres , et celles de M. Gautherot a Paris, il parait évident que Toil peut composer une pilenbsp;sans j faire entrer aucune substancenbsp;métallique. Cela nous conduit naturel-lement a croire quil est possible dennbsp;composer une avec des substances animales seulement.
Pour obtenir eet appareil nouveau, ^^nnaura qua imiter la nature qiünbsp;nous Ie présente tout formé dans pbi-sieurs auimaux. En effet, si Pon examine la structure des corps réguliers
I. nbsp;nbsp;nbsp;n
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qui se trouveut juxta-posés dans la tor-pille , dans languille de Surinam , dans Ie silurus, Ton jtrouvera, avec tin arrangement différent, de véritables piles animales. Or done , puisquavecnbsp;une telle pile on éprouve de vio-lentes secousses, pourquoi une autrenbsp;semblable, maisun peu moins active,nbsp;ne pourrait-elleêtre fournieduneéner-giepropre ^produire des contractionsnbsp;musculaires ?
Dailleurs jai démontré que Ie sys-tême des nerfs et des muscles est doué dun pouvoir galvanique différent, etnbsp;pour ainsi dire dime électricité différente , conduite par fhumidité animalenbsp;intermédiaire. Voici les conditions nécessaires pour pouvoir reconnaitrenbsp;dans les animaux tont lartifice analogue a des piles animales qui pourrontnbsp;accomplir 1objet des sensations et desnbsp;contractions musculaires. Cestsous cenbsp;point de vue que la découverte de la
-ocr page 119-SUR LE GALVANISME. 8S pile du célèbre professeur Volta, aunbsp;lieu dêtre eii opposition avec les principes de Galvani, les appuie avec force.
Le sjstême de celui - ci a pour but de démontrer 1existence dune élec-tricité animale active, et tend a ex-pliquer linfluence de cette force pournbsp;produire les sensations et les contractions musculaires. La première partienbsp;de ce systême tient a des faits qui nenbsp;peuvent recevoir aucuiie atteinte dunbsp;temps ni des procédés des phjsiciens ;nbsp;la seconde partie offre une hjpothèsenbsp;qui, pour être adrhissible, doit s accor-der avec les nouvelles lumières de lanbsp;physique et de la physiologie.
Galvani a tenté dexpliquer faction de félectricité animale, suppo-sant dans les nerfs et dans les muscles fartifice dune bouteille de Leyde C systême que jai adopté moi-niêmenbsp;jadis avec beaucoup de confiance ynbsp;Mais lorsquil comparait les effets
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observes avec ceux de lappareil de Lejde , it ne voulait pas dire autrenbsp;chose, sinon quil rencontrait dans lanbsp;machine animale deux électricités op-posées , résultant du sjstêrae nerveuxnbsp;et musculaire, etauxquelles lhumiditénbsp;animale servait continuellement de vé-hicule. Cest Ie sens dans lequel il an-non'ta cette théorie dans ses lecons pu-bliques, et dans ses derniers ouvragcs.nbsp;II nj avait alors point dautre raoyeiinbsp;connu en physique qui put exposernbsp;mieux cette action , etjy substitue vo-lontiers lappareil découvert par Volta,nbsp;lequel rentre tout-4-fait dans les principes du.systême de Galvani.
Je reconnais que linvention de la pile don lie au professeur Volta Ie mérite de Ia découverte de lelectriciténbsp;métallique; ainsi, trouvant des phéno-mènes analogues dans Ie systême desnbsp;nerfs et des muscles , indépendam-ment de toute action métallique,
-ocr page 121-SUR LE GALVANISME. 85 )e persiste a attribuer a Galvaui lanbsp;découverte de Télectricité animale,nbsp;proprement dite. H reste encore denbsp;très-grandes questions a résoudre sousnbsp;Ie point de vue chimique; savoir sinbsp;Iaction des combinaisons chimiquesnbsp;est la cause du galvanisme , ou plutotnbsp;si Ie galvanisme est un effet des com-binaisonschimiques: je pense que nousnbsp;navons pas assez de données pour résoudre Ie problême.
Lon pourra encore rechercher si Ie galvanisme est de la même nuturenbsp;que lélectricité pure, pu si eet agentnbsp;recoit des modifications de lorga-nisatiou animale. En attendant , jenbsp;me borne a accorder quil existe unenbsp;trés-grande analogie entre Ie galvanisme et lélectricité, jusqua ce quenbsp;des éclaircisseraents ultérieurs aientnbsp;démoiitré leur véritable identité. Aunbsp;lieu de moceuper de ces questionsnbsp;prematurées, je prëfëre tirer des corol-
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laires généraux de la série des expé-riences que jai exposées jusqua présent.
1. ^ Lon apercoit quil existe une vé-ritable attraction entre de certainesnbsp;parties animales; et ce fait tend a confirmer lidée duneespèce datmosphèrenbsp;propre de ces parties , déja propo-sée par Ie professeur Humboldt. Par cenbsp;mojen Pon pourra peut-être un journbsp;mieux connaitre fharmonie et la cor-respondance de quelques sensationsnbsp;dans la machine animale.
2. ° Laction du galvanisme sur lesnbsp;fluides aériformes servira a expliquernbsp;son influence sur les fluides animaux,nbsp;sur loxidationdes humeurs, et dautresnbsp;phénotnenes qui, jusqu a présent, nontnbsp;encore recu que des explications très-vagues.
3. ® Les poissons, et plusieurs animaux amphibies vivant dans Peau,nbsp;viennent queiquefois asa surface lors
-ocr page 123-SUR LE GALVANISME. 87 de certains changements produitsnbsp;dans latmosphère. Mes expériences surnbsp;Ie pouvoir dugalvanisme,aune grandenbsp;distance , pourront servir a expliquernbsp;comment des changements opérésdansnbsp;les parties bien éloignées de 1 atmos-phère , se coramuniquent a lélémentnbsp;dans lequel vivent ces animaux.
4. ^^ Il est constaté que leau saturéenbsp;de seis , et principalen!ent de muriatenbsp;de sonde, contribue beaucoup a aug-menter les effets du galvanisme. Lon
voit aussi que les poissons sont fournis dune très-grande vitalité, en comparai-son de celle des autres animaux. Lonnbsp;admire, a cette occasion, la sagesse de lanbsp;nature qui a fait que les mers dans les-quelles vivent les poissons soient exces-sivement saturées de muriate de soude.
5. ^ Le galvanisme, qui déploie beau-
dactivitédans les décompo-siiiuus chimiqvies, ne restera pas oisif dansnbsp;1 economie animale; mais il doit né-
-ocr page 124-88 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
cessairement j opérer de grauds chan-gements par Iactioii organique.
6.^ Le principe auquel Ton vient de ramener, dans les animaux, lesnbsp;plus grandes opérations de la nature,nbsp;nest pas hjpothétique, puisque Tonnbsp;a démontré qiie, comme il j a unepilenbsp;métallicjue et un eerde rnétallique dansnbsp;le règne minéral; ainsi il j a dans lenbsp;règne animal une pile animale, et unnbsp;eerde animal.
Je so u mets ces considérations aux savants, pour quils leur donnent lesnbsp;développements qui ne peuvent êtrenbsp;que le résulfat desprogrès de la science.nbsp;Puissent-ils un jour les faire contri-buer a lavancement de la phjsiologienbsp;et au bien de lhumanité!
Dans deux séances du mois de fructidor , an dix, je fis part a la classe des sciences physiquenbsp;et mathéraatiques de lInstitut national, de mon
-ocr page 125-travail et de mes experiences, concernant Ie galvanisme. Jy soutins une longue discussionnbsp;pour éclaircir et justifier les idees que javaisnbsp;proposées. Entrautres , Ie célèbre chimistenbsp;Bertholet et M. Laplace, Ie Newton de notrenbsp;siècle , voulurent bien me communiquer leursnbsp;doutes è. eet égard. Le premier de ces savantsnbsp;me fit observer que plusieurs phénomènes, quenbsp;je regardais comme un résultat du galvanisme,nbsp;pouvaient être expliqués par les affinités chi-miques; le second fit une analyse rigoureusenbsp;de toutes les parties de mon ouvrage, et ilnbsp;nihonora ensuite de sa presence , ainsi quenbsp;le chevalier Blagden, et le célèbre minéralo-giste Verner, dans une séance de mes expé-riences a lécole de médecine.
Déja la classe avait nommé deux de ses membres, MM. Hallé et Biot, pour répéter et examiner les principales expériences sur lesquelles javais fixé lattention de lInstitut. Le choix denbsp;tels commissaires, a été, pour la science et pournbsp;moi, dune grande utilité. Leurs profondescon-naissancesdanscette branche delaphysiqueani-^ale mont fait naitre lidée de plusieurs experiences que jaiajoutées amon travail; ils montnbsp;même faii; part dobservations intéressantes qui
Ieursontpropres,etquils communiqueront eux-mémes h. 1 Institut. Je crois convenable de placer
-ocr page 126-90 ici la partie de leur rapport approuyé par lanbsp;classe, concernant la première division denbsp;mon ouvrage.
« LorsqueVoltavous exposa, lannée dernièrej « sesbelles experiences sur la colonne galvanique,nbsp;«il rapporta les phénomènes quelle présente , anbsp;«Iinfluence que deux métaux hétérogènes, misnbsp;« en contact^ exercent sur leurs électricités res-M pectives. Mais, quoique les substances raétal-«liques fussent les seules dont la combinaisonnbsp;«f avec les liquides produisit des effets aussinbsp;« marqués ; il admettait cependant quime ac-«tion analogue pouvait subsister entre dautresnbsp;« substances avec des degrés dintensité diffé-« rents. Dès-lors on avait reconnu en France etnbsp;«en Angleterre lexistence de la même pro-«priété dans quelques minéraux et dans cer-«tains liquides. Ces faits donnaient lieu denbsp;«penser quelle sétend, avec des modificationsnbsp;« diverses ^ k tous les corps de la nature. Tellenbsp;« est lopinion que la classe a professée dans lesnbsp;« divers rapports quelle a publiés. Aujourdhuinbsp;«Ie citoyen Aldini vous présente des resultatsnbsp;« qui confirment lexistence dune action sem-«blable entre les diverses matières dont lesnbsp;« substances animales sont composées; il rate mène ainsi la première expérience de Galet vani, mais agrandie dans ses effets, et variée
-ocr page 127-SUR LE GALVANISME. 91 « de manière k acquérir Ie plus haut degré dévi-« dence. La classe verra avec satisfaction quenbsp;«les faits dont nous allons lentretenir , se pla-cent naturellement prés de ceux quelle con-nait déja.
« Galvani avait remarqué^ Ie premier, que si « lon prépare une grenouille, de manière quenbsp;«les membres abdominaux et thorachiques tien-« nent ensemble par les seuls nerfs lombaires,nbsp;« ilse manifeste des contractions très-sensiblesnbsp;«lorsque les jambes sont pliées, et que lesnbsp;« muscles jumeaux sont mis en contact avec lé-apaule. Ge fait;, contests par quelques physigt;nbsp;cc ciens, et attribué dabord par Volta k un©nbsp;cc irritation mécanique, fut confirmé et variénbsp;cc par M. Humboldt: mais, soit quil fut trop dif-cc ficile è observer, soit quil parut trop peu sen-cc sible pour conduire a des découvertes bril-cc lantes, on ny fit que peu dattention, et ilnbsp;cc disparut bientót prés des phénomènes éton-ccnants et féconds que Volta a si bien déve-«loppés.
« Cette importante experience a été modifié© quot; par Ie citoyen Aldini : elle fait Ia base de sonnbsp;quot; '¦avail; et la plupart des siennes en son* desnbsp;cc développements OU des applications.
cc Pour la répéter avec facilité , d tient d une et main Ia colonne épinière de la greuQuilIe,
-ocr page 128-tf et de lautre il fait toucher une des jambes aux «iierfs lombaires; i Tinstant du contact, lanbsp;«jambe qui est restée libre éprouve des con-«tractions.
« Get effet a lieu sans aucune espèce de com-« munication avec des substances minérales ou « metalliques.On Iobtient egalementlorsquelesnbsp;« muscles et les nerfs sont attaches par des filsnbsp;« de soie è des tubes de verre qui permettent denbsp;«les rapprocher les uns des autres en les te-«liant parfaitement isoles.
«Les convulsions sont déterminées par le « contact des muscles et des nerfs. Les musclesnbsp;«entreeux, les nerfs entre eux, nen produi-«sent point. Des irritations purement mé-« caniques , plus fortes que celles qui pouvaientnbsp;K resulter du simple rapprochement des parties,nbsp;« nont rien occasionne de seinblable.
«Nous avons constate ces fails avec beau-« coup soin ; ils prouvent que certaines par-«ties des animaux ont les unes sur les autres «une action, doh resultent des effets pareils h.nbsp;« ceux que produise sur elles Iapplication desnbsp;« metaux reunis.
« Le citoyen Aldini pense que cette action « est le resultat dune electricite particulièrenbsp;«aux animaux^ et qui circule du nerf auxnbsp;« muscles.
-ocr page 129-SUR LE GALVANISME. g3 «II n'est pas nécessaire que larc animal soitnbsp;* iiniquement compose de diverses parties dunnbsp;« méme individu. Plusieurs personnes , isoléesnbsp;«OU non, se tenant par les mains^louillées,nbsp;« excitent pareillement des convulsions dans lanbsp;«grenouille. Ces convulsions paraissent sen-« siblement augmentées lorsque 1on introduitnbsp;K dans Pare des membres , portions encore fu-« mantes, dun animal k sang chaud.
« Par exemple , on tient dune main les vertè-« bres cervicales dun chien, encore revétues « de quelques lambeaux de muscles; de 1autrenbsp;« les jambes dune grenouille dépouillée, dontnbsp;« les nerfs lombaires sont mis è. nu. Lorsquon.nbsp;«touche avec ces nerfs une partie musculairenbsp;« du chien , la grenouille éprouve des contrac-«tions très-vives qui se succèdent avec rapidité.nbsp;«Si, au contraire, on touche une partie ten-« dineuse , cartilagineuse ou osseuse , on na-« percoit aucun mouvement.
cc Ces effets ont encore lieu lorsquon inter-«pose entre les substances animales des con-« ducteurs humides. II convient méme, pour faciliter ces experiences , que les mains soiencnbsp;« mouiliées deau salée.
« Les phénomènes que nous venons de de-cc crire s éteignent bientót avec la vitalite ; clt; et lorsquils ne subsistent plus dune manière
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SUR LE GALVANISME.
Dü POUVOIR DU GALVANISME SUR LES FORCES VITALES.
Conduire un fluide énergique au siège général de toutesles impressions;nbsp;distribuer sa force dans les différentesnbsp;parties du sjstême nerveux et musculaire ; produire , ranimer , et pournbsp;ainsi dire maitriser les forces vitales :nbsp;tel est lobjet de mes recherches , telnbsp;est lavantage que jeme propose dere-tirer de la théorie du galvanisme. Lanbsp;découverte de la pile ducélèbre profes-seur Volta ma servi de flambeau pournbsp;parvenira desrésultats intéressants, oünbsp;lïiont conduit des travaux mültipliésnbsp;et une longue suite dexpériences.
hes simples armatures de Galvani opéraient les contractions musculai-res, en, mettant en circulation un fluide
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naturel et propre a la machine animale ; la force par laquelle il se met-tait en équilibre produisait une action sur Ie sjstême des nerfs et des muscles.nbsp;II sagit maintenant de conduire a cettenbsp;rftachine animale, moj^eniiant les ap-pareils de Volta, Ie courant dun fluidenbsp;énergique qui agit extérieurernent surnbsp;tous les sjstêraes avec une force sti-mulante, bieii supérieure a toutes celles emplojées jusqua présent.
Les courageux essais de Humboldt sur lui-même me flrent imaginer quenbsp;lon pourrait obtenir des effets plusnbsp;marqués avec les derniers appareilsnbsp;galvaniques, et celamengagea a éya-luer faction de ce fluide par desexpé-riences nouvelles. Japercus bientótnbsp;que la force de la pile augmentait faction du galvanisme dune rnaiiière sur-prenante; et les effets de cette administration sur fhomme étaient si dan-gereux, que je crus a propos derecourir
-ocr page 133-SUR LE GALVANISME. 97 a dautres mojens, afin de poursuivrenbsp;mes recherches.
La grande familie des animaux k sang chaud fut lobjet sur lequel jenbsp;tournai clabord mes vues, pour entre-
prendre ensuite mes essais sur lhom-
«
me. Lorganisation phjsique mofffant a-peu-près Ie même mécanisme, je mat-tendais a obtenir des résultats analogues : cest px'écisément ce qui mestnbsp;arrivé dans la série dexpériences quenbsp;je vais décrire. Cela me conduit a clas-ser naturellement les expériences ennbsp;deux parties, dontla première montrenbsp;en général faction du galvanisme surnbsp;toute espèce danimaux; la secondenbsp;montre particulièrement la correspoii-dance de ces mêmes effets dans la machine animale humaine. Jai pensé quenbsp;fexamen de rinfluence qua Ie galvanisme sur les forces vitales, devait pré-céder toute idéé dapplication de cenbsp;fluide comme mojen curatif; aussi je
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me propose de nen trailer que dans la troisième et dernière partie de eetnbsp;ouvrage.
Du galvanisme appltqué aux différents quadrupèdes, volatiles, et autres aniniaux a sang chaud.
Parmi les expériences dont je vais domier les détails, il sen trouve quenbsp;jai faites il j a déja long-temps , et quenbsp;jai publiées en Italië au commencement de 1802; je les ai spécialementnbsp;pratiquées sur divers malheureux, dé-capités en la ville de Bologne. Aprèsnbsp;mon passage a Turin, elles ont été ré-pétées et enrichies par les professeursnbsp;Vassalli, Giulio et Rossi; elles lont éténbsp;depuis en Allemagne et autre part,nbsp;toujours par des phjsiciens distingués,nbsp;et avec un égal succès.
Jai cru néanmoins devoir les placer ici, tant a cause des augmentations
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SUR LE GALVANISME.
cjuelles ont recues, que paree quelles s j trouvent dans mi ordre plus con-venable.
Je lie saclie pas que personne, avant moi, ait pratiqué ce genre dexpériencenbsp;sur Ie cadavre de Iliomme, au mojennbsp;de la pile; cependant Ie célèbre Bichat,nbsp;ravi trop jeune aux progrès de 1ana-tomie et de la physiologic , avait faitnbsp;quelques tentatives utiles sur eet ob-jet, et les aurait sans doute pousséesnbsp;plus loin sans cette mort prématurée
qui Ie fait lobjet de nos regrets.
XLYIII. EXP.
La tête dun boeuf récemment as-sominé fut soumise a faction dune pile a loo pieces dargent et de zinc ,nbsp;( pl- 2, fig. 1.) séparées, comme a 1or-dinaire, par de petits cartons trempésnbsp;dans une dissolution de muriate denbsp;soude. Après avoir humecté avec cette
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E S S A I
dissolution, par Ie mojen dun siphon, Tune des deux oreilles, jj introduisisnbsp;lextrémité dun fil de métal faisant arcnbsp;avec lui et le somniet de la pile; tmnbsp;autre fil de métal communiquait parnbsp;ses extrémités avec la base de la pilenbsp;et les naseaux. Jappliquai Iappareil,nbsp;et Ton vit aussitot dans cette tête lesnbsp;jeux souvrir, les oreilles se secouer,nbsp;la langue sagiter, les naseaux senflernbsp;conime, lorsquirrités, les animauxdenbsp;cette espèce veulent se battre entrenbsp;eux, ou contre dautres.
Ensuite les oreilles furent toutes les deux, comme ci-dessus, humectéesnbsp;deau salée, et recurent chacune unenbsp;extrémité de Iarc appliqué. Je conimu-niquai le galvanisme par le procédénbsp;déja indiqué ; et les raouvements pré-cédemment observés furent repro-duits , mais ils parurent beaucoup plusnbsp;forts.
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SUR LE GALVANISME.
X L I X. E X P.
Ajant galvanisé avec Ie même appa-reil, la tête dun boeuf (pl, 2, fig. 2.), je fissortir la langue de la longueur denbsp;quatre pouces; a chaque application denbsp;1arc, elle rentra dun pouce dans lanbsp;bouche , inalgré la resistance que luinbsp;opposaient les dents, contre lesquellesnbsp;elle était froissée; en sorte quaprèsnbsp;quatre ou cinq applications de larc,nbsp;elle fut totalement rétablie dans sa situation ordinaire.
X. E X P.
Toutes choses égales dans 1appareil, je suspendis a Textrémité de Fare conducteur la raoitié postérieure dunenbsp;grenouille, en coudant a angle aigunbsp;Ie fil niétallique (pl. 2, fig. 3.); et alorsnbsp;beu de faire toucher la languenbsp;par 1 extréraité de Pare , je la mis eq.
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E S S A I
contact avec une des pattes de la gre-nouille;, tandis que lautre extrémité dn fil sappujait sur Ie sommet de la pile.
Les choses ainsi disposées, noii-seu-lement jobtins les meines contractions dans la tête du boeuf, mais je remar-quai de plus, que quand la patte de lanbsp;grenouille cessait dêtre en contactnbsp;avec la langue, elle était attirée parnbsp;celle-ci, ce qui produisait dans cettenbsp;patte des oscillations qui en faisaientnbsp;comtne une espèce délectromètre; carnbsp;les cuisses du petit animal s ecartaientnbsp;plus OU moins, suivant Tintensité dunbsp;fluide qui les traversait, et se rétablis-saient dans leur position lorsque Ienbsp;contact avait lieu de nouveau entre lanbsp;patte de Tun et la langue de lautre. Cesnbsp;oscillations durèrent environ six minutes.
Soupconnant que les nerfs cru-raux pouvaient avoir part aux phéno-mènes précédents^ indépendamment
-ocr page 139-SUR LE GALVANISME. io3 la pile, je coiipai ces nerfs ; et toutnbsp;lereste demeuralit égal, jobtins encorenbsp;les mêmes^sultats.
LI. E X P.
Jai voulu répéter les mêmes observations sur dautres boeufs et sur des moutons et des agneaux, variant lanbsp;force de la pile, tant sous Ie rapport dunbsp;norabre de pièces, que sous celui denbsp;leur nature. Je formal en conséquencenbsp;trois piles en pièces dargent et de zinc,nbsp;réunies au nonabre de 25,5o et loo.nbsp;Les résultats ne dilFérèrent des précé-dents que par Ie plus ou Ie moins din-tensité dans les contractions, suivantnbsp;quon appliquait tel ou tel appareilsurnbsp;les mêmes animaux.
Jai remarqué particulièrement que 1on. obtient la combinaison la plus fa-quot;Vorable aux contractions musculaires,nbsp;lorsquon établit fare des oreilles a la
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moelle épinière: alors loeii est afFecté au point qne les paupières souvrentnbsp;tout-a-fait, que Ie globe roule sur lui-iqême , et sort presque de sou orbite,nbsp;comme dans laplns violente fureur.
L I I. E X P.
Je pris un bceuf réceminent tué, et sur sa tête, uon séparée du tronc, jé-tablis un are d'une oreille a lautre. Ennbsp;interposant la pile , il en résulta a Fins-taiit dans toutes les extrémités unenbsp;commotion si forte, que plusieurs spec-tateurs, presquefFrajés, jugèrenta propos de seu éloigner. Ensuite ajantnbsp;coupé la tête, jen formai un are, denbsp;la raoelle épinière au diaphragme, etnbsp;au sphincter de Fanus: dans Ie premiernbsp;eas, Ie diaphragme éprouva de fortesnbsp;fonti'actions; et dans Ie second job-tins une action très-vive sur Ie rectum,nbsp;qui alia jusqua prod nice une dejectionnbsp;des matières fécales.
-ocr page 141-SUR LE GALVANISME. io5 LUI. E X P.
Poiir donner line plus grande éten-due a mes expériences, jai cru a propos de les répéter sur des agneaux, des poulets et dautres animaux a sangnbsp;chaud. Sans rapporter les pliénomènesnbsp;les plus communs, je remarquai quenbsp;la langue , sortie hors des lèvres , ren-trait, après quelques applications denbsp;larc, dans la cavité de la bouclie :nbsp;cest ce que nous avons observé clans
lexpérience 49. Les mouvements des oreilles et des paupières furent plusnbsp;forts que dans les autres parties. Cestnbsp;a Lanatomie comparée a expliquernbsp;pourquoi ce phénomène, si frappantnbsp;dans celte classe danimaux, ne sob-serve point sur lbomme.
L I V. EX P.
observations avec Ie galvanisrae de la pile donnèrent la curiosité
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de faire des expériences comparatives par Ie mojeii de lélectricité générale.nbsp;En conséquence je placai dans Ie canalnbsp;extérieur de cliaque oreille dun agneaunbsp;un fil métalliqne, et j j déchargeai dixnbsp;fois de suite une bouteille de Lejde,nbsp;dout les deux armatures étaient en communication avec les deux fils appliquésnbsp;aux oreilles. Jeus des contractions plusnbsp;faibles que celles que javais obtenuesnbsp;avec 1appareil de la pile, et jobservainbsp;constamment Ie même résultat surnbsp;dautres animaux k sang cliaud.
L V. E X P.
Jai répété les mêmes expériences sur des poulets vivauls , et eest aveenbsp;la plus grande surprise que je les ainbsp;vus , malgré la faiblesse de leur organisation, soutenir avec fermeté, et a plu-sieurs reprises , les plns fortes commotions dïuie pile de 5o plaques dargent
-ocr page 143-SUR LE GALVANISME. 107 et de zinc. En efFet, quoiquen appa-rence abattus , et presque sur Ie pointnbsp;dexpirer, a peine interrompais-je Taction de la pile, quils déplojaient aussi-tót les ailes , et semblaient sapplaudirnbsp;detre échappésau danger. La curiositénbsp;mengagea a soumettre ces volatilesnbsp;a ia dissection anatomique, pour observer les effets que ces convulsionsnbsp;avaient produites dans la machine animale. Du sang extravasé dans les muscles , un bouleversement dhumeursnbsp;en diverses parties , les intestins dépla-cés de leursiègeordinaire, et refoulésnbsp;vers Ie bassin : tels furent les princi-paux phénomènes que jobservai. .Je menbsp;propose paria suite dexaminer quellenbsp;serait la durce de la vie de cesanimaux,nbsp;après avoir soulïert de diverses ma-iiières Taction du galvanisme.
-ocr page 144-Je piis un poulet quon veiiait de tuer, et je lui appliquai laction de lanbsp;pile , en faisant un are dune des oreil-les a lautre : alors, non-seulement lesnbsp;pieds se contractèrent, mais encorenbsp;les ailes et toute la machine. Jobser-vai Ie même phénomène dans deux au-tres poulets, en suivant les mêmesnbsp;procédés; puis je combinai les diversesnbsp;parties de ces trois poulets, de manièrenbsp;que la tête du second sunissait au piednbsp;du premier, et la tête du troisièmenbsp;avec ie pied du second. Ensuite, faisantnbsp;un are aux deux extrémités de la chainenbsp;de ces parties animales, jobtius a-la-fois, dans ces trois poulets, Ie mouvement des ailes et des pieds.
L V I I. EX P-
Les résuhats des expériences précé-dentes me conduisirent a examiner Ie
-ocr page 145-SUR LE GALVANISME. 109 pouvoir de larc de Pliuraidité animale.nbsp;Je combinai done deux têtes de beeufnbsp;ensemble, enrapprochant les deux sections ; ensuite jétablis un are du som-met de la pile a une des oreilles denbsp;lautre : jobservai (pl. 4-)nbsp;deux têtes éprouvaient a-la-fois denbsp;très-vives convulsions musculaires.
L V I I r. E X P.
Je réunis les troncs de deux boeufs par les sections du cou, et en interpo-sant la pile, jétablis un are dun anusnbsp;a lautre. Les deux troncs recurent a-la-fois une commotion, mais pas très-violente. Je répétai lexpérience avecnbsp;des résultats plus saillantssurles troncsnbsp;de deux agneaux; toutes les extrémitésnbsp;les muscles des troncs éprouvèrèntnbsp;violentes convulsions. Un vase denbsp;verre servait aux expériences, etnbsp;qui était sur la table, fut, par la dé-
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tente dune des jambes , lancé a la distance denviron deux pieds. Jai es-sajé dautres combinaisons, raais lesnbsp;contractions ont été moins fortes.
Je sciai Ie crane pour déterminer Taction de la pile sur les différentesnbsp;parties du cerveau , (pl. 2, fig. 5.) dansnbsp;Ie même ordre quelles étaient présen-tées par la dissection anatomique.Tou-tes ces parties obéirent a la force dunbsp;galvanisme; mais Ie corps calleux et Ienbsp;cervelet donnèrent une action plusnbsp;vive. Lon obtint presque Ie même ré-sultat en répétant Texpérience sur différentes têtes de veaux et dagneaux.
LX. EXP.
Dans imboeufrécemment assommé, je soumis a lexpérience Ie coeur, déta-ché de,sa position ordinaire. Quoique
-ocr page 147-Ill
SUR LE GALVANISME.
1 action de la pile fut grande , jene pus jamais obtenir la contraction musculaire. Je répétai lexpérience sur Ienbsp;coeur, placé dans son siège naturel; etnbsp;je fis aboutir Fare , dune part a lanbsp;moelle épinière, et de Fautre a toutesnbsp;les autres parties que je pouvais croirenbsp;en correspondance avec eet organe.nbsp;J ai communiqué Ie galvanisme, tan-tót a la surface du coeur , tantót anbsp;sa substance interne ; mais les convulsions musculaires ne parurent jamais.
L X I. E X P.
Jai préparé des grenouilles, et jai attendu que les ventricules du coeurnbsp;öe conservassent plus quun mouve-gt;^ent léger et insensible. Alors jainbsp;communiqué a eet organe Faction dunbsp;galvanisme , et jai vu sexciter des mou-vements dans les ventricules. J ai re-
-ocr page 148-¦iia. nbsp;nbsp;nbsp;ESS Al
pété, quelque temps après, cette expé-rieiice sur Ie coeur dun lapin, avec ua pareil succès.
Jai reraarqué, en général, que tou-tes les fois qtie je nobtenais pas des monveraents décidés dans les ventri-cules, solt par la nature des expérien-ces, soit par la constitution des ani-maux, il se raanifestait constammentnbsp;de fortes contractions dans les auri-cules. Jai observé ce phénomène plu-sieurs fois sans faction de la pile, anbsp;faide de simples armatures galva*nbsp;niques.
Je renvoie quelques expériences sur ce point, ala section prochaine, ounbsp;japporte faction du galvanime sur Ienbsp;coeur du cadavre humain, selon lesnbsp;dernières experiences (des professeursnbsp;de Turin,
-ocr page 149-SUR LE GALVANISMÈ.
Laissaiit a part les differences de iaction du galvanisme surforgane dunbsp;cceur, selon la différente manière denbsp;lapplication, et même de la yariété desnbsp;animaux soumis aux expériences , jenbsp;remarque que quand ce muscle ne res-sent plus faction du galvanisme , lesnbsp;autres muscles la ressentent encorenbsp;très-vivement. Cette différence se présente dune manière très-marquée,nbsp;principalement sur Ie coeur et fes muscles des bcEufs et des chiens. Tout celanbsp;est conforme a ce qui ma été accordénbsp;par tous ceux qui ont répété mes expériences avec exactitude. Par conséquentnbsp;Ton peut conclure que quoique fexita-bilité _du coeur présente des anomaliesnbsp;dans quelques animaux, toujours au-moins est-ilcertain que eet organeperdnbsp;en tres-pen de temps, et bien plus tót que
-ocr page 150-ïi4 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
les autres, la faculté d obéir au pou-
L X I I I. E X P.
L on trou ve consigné dans Ie rapport de rinstitut * tout ce quil ma été possible dobserver sur lts muscles involon-taires. « Le docteur Grapengiesser ditnbsp;avoir vu le mouvement vermiculairenbsp;des intestins augmenté par Taction dunbsp;galvanisme dans un homme vivant,nbsp;auquel, par suite dune hernie scro-tale, les gros intestins sortaient dunbsp;ventre. Le citojen Aldini nous a faitnbsp;observer les mêmes elFets sur le canalnbsp;intestinal dun chien. Nous avons aussinbsp;reconnu des contractions bien sensi-bles dans une portion de Testomacsé-parée de Tanimal. »
* Extrait du rapport original, approiiye par Ia classe dea sciences physiques et matbématiques de 1Institutnbsp;national, le ai vendemiaireau ii.
-ocr page 151-SUR LE GALVANISME. ii5
L X I E X P.
La difEculté davoir toujours de grands animaux a ma disposition, etnbsp;Ie desir de connaitre les efFets du gal-vanisme sur des animaux quil est aisénbsp;de se procurer, mengagèrent a persé-cuter les chiens. Ces animaux montnbsp;présenté les phénomènes observés surnbsp;les boeufs avec la plus grande énergie ;nbsp;lon pourra en être convaincu par Ienbsp;rapport déja cité de lInstitut national.nbsp;« Aldini, après avoir coupé la tête dunnbsp;chien , fait passer Ie courant dunenbsp;forte pile ; ce seul contact excite desnbsp;convulsions véritablement elFrajantes.nbsp;La gueule souvre, les dents sentre-choquent, les yeux roulent dans leurnbsp;orbite; et si la raison narrêtait lima-gination frappée, lon croiraitpresquenbsp;que lanimal est rendu aux souffrancesnbsp;et a la vie. »
-ocr page 152-ïi6
L X V. E X P.
La têle dun chien et Ie troiic, sépa-rés (pl. 6, fig. 1.) lun de lautre par un intervalledun demi-pied, sont remuésnbsp;vivement et a-la-fois en appliquant Ienbsp;galvanisme a rune des oreilles et a unenbsp;petite incision faite a lüne des extrémi-tés. Le même effet a eu lieu dans unenbsp;séance publique, tenue a Iliopital denbsp;la Charité a Paris, la tête étant éloi-gnée du tronc dun pied et demi. Jainbsp;vu ce phénomène dune manière encore plus frappante dans la tête dun.nbsp;cbeval, séparée du tronc a la distancenbsp;de trois pieds et demi.
L X V I. E X P.
Dans les expériences précédentes il est toujouts nécessaire que lintervallenbsp;de la table qui soutient la tête et lenbsp;tronc séparé, des animaux, soit hu-
-ocr page 153-SUR LE GALVANISME. ny Diectée deau salée, ou de tout autrenbsp;fluïde déférent. Sous ce point de vue, lanbsp;tête et Ie tronc se prêtent mutuelle-ment un are conducteur de lactionnbsp;du galvanisme; de sorte que la contraction excitée en mêine temps nenbsp;tient pas a lorganisation particulièrenbsp;des animaux soumis aux expériences.nbsp;Jai constaté cela en obtenant la con*nbsp;traction simuitanée du tronc dunnbsp;chien, combiné avec la tête dun lapin,nbsp;OU vice versa,
L X V I I. E X P.
Jai essajé a lécole de médecine a Paris , avec les commissaires de llnsti-tut national et Ie professeur Huzard ,nbsp;laction du galvanisme sur un cheval tuénbsp;par Ie mojen de linsufflation denbsp;aux jugulaires. Le tronc na point mon-tré de convulsions extraordinaires ,nbsp;mais la tête a agi très-vivement. II ^
-ocr page 154-ti8 nbsp;nbsp;nbsp;E S S a I
a eu un grincement de dents très-sen-sible, et des mouvemerits analogues a ceux de la mastication : objet de surprise pour plusieurs spectateurs. 11 j anbsp;eu mêrae une excretion très-sensible denbsp;rhumeur salivaire. Jusqua présent lanbsp;tête du cheval est de toutes celles desnbsp;animaux soumis aux expériences, cellenbsp;qui aproduitles mouvements les plusnbsp;vifs, a laide du galvanisme.
LXVIII. EXP.
Après avoir examiné les grands animaux , je ne devais pas laisser de coté même les plus petits. Je rapporte;rainbsp;done avec plaisir quelques expériencesnbsp;faites en Italië , qui m oiit été commu-niquées par mon ami Ie docteur Za-notti de Bologne.
« 1.^ Si Ton tue une cigale, et quon la mette ensuite en contact avec Ienbsp;sommet de la pile, en faisant travei--
-ocr page 155-SUR LE GALVANISME. 119 ser Ie galvanisme , on obtient immé-diatement Ie mouvement et Ie son.
« 2. En faisant traverser Ie courant galvanique par Ie corps dun petit vernbsp;luisant, les anneaux phosphoriquesnbsp;deviennent plus brillants, et répan-dent une lumière plus vive que cellenbsp;qui leur est naturelle.
« 3.^^ Les gros vers luisants brillent aussi davantage, et lon découvre ennbsp;outre une petite étoile très-lumineusenbsp;a lextrémité de chacun des poils quinbsp;couvreiit la superficie de leur corps.nbsp;Jai fait sur eet objet des experiencesnbsp;comparatives, au mojen de lélectri-cité artificielle dune machine, et jenbsp;nai pu en obtenir de seniblables ré-sultats. «
Je rappelle dautant plus volontiers ces observations, que cest pour moinbsp;line occasion de témoigner ma reco.n-lïsissance a leur auteur, et a M- Alexandre Agochi, qui, pendant unaiii entier.
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E S S A I
ont bien voulu me prêter leur assistance a Bologne , pour lexécution dune grande partie des expériencesnbsp;qui forment lobjet de eet ouvrage.
De retour dans ma patrie , je me propose de poursuivre moi-même cesnbsp;sortes dexpériences, qui ont inspirénbsp;quelque intérêt a plusieurs naturalistes.nbsp;Ne pourraient-elles pas nous conduirenbsp;a une connaissance plus précise surnbsp;lorganisation des insectes ? Peut-êtrenbsp;nous indiqueront-elles quelles sont lesnbsp;parties de 'ces animaux qui sont spécia-lement douées de la contractilité ?
Lexactitude de mes recherches de-mandait, toutes choses égales, une eomparaisQn entre laction des stimulants proposés par Haller, et les effetsnbsp;du Galvanisme. Jai tenté cette eompa-raison sur des animaux doiit la vita-
-ocr page 157-SUR LE GALVANISME. laz lité était assez afFaiblie pour ne plusnbsp;ressentir Taction des stimulants hallé-riens , soit quon les appliquat auxnbsp;muscles et aux nerfs , ou aux difFéren-tes parties du cerveau mises a décou-vert. Je nai épargné ni Taction de Ta-cide sulphurique, ni celle de lacidenbsp;nitrique, ni TefFet des bistouris ; etnbsp;jamais je nai pu obtenir dans les ani-maux a sang chaud la moindre contraction ; au contraire, Taction du gal-vanisme sur les mêmes parties a cons-tamment produit de très-forts raouve-ments musculaires.
Du pouvoir du galvanisme sur des suppliers décapités d Bologne, en janvier et février 1802.
De toutes les expériences esposées dans la section précédente , Ton pou-yait conjecturer, par analogie, leflPet
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E S S A I
de Taction, du gaivanisme sur un sujet plus noble, sur Thomme, unique but denbsp;mes recherches; mais pour juger sü-renient de ce que peut réellement surnbsp;lui cette cause merveilleuse, il fallaitnbsp;sen tenir a de certaines conditions, etnbsp;Tappliquer après la mort. Les cadavresnbsp;dhommes (jui avaient succombé aunenbsp;rnaladie étaient peu propres a monnbsp;objet, paree quil est a présumer quenbsp;Ie développementdu principe qui conduit a la mort, détruit tous les ressortsnbsp;de la fibre ; dou il résulte même quenbsp;les humeurs sont viciées et dénaturées.
Il fallait done saisir Ie cadavre huraain dans Ie plus haut degré de la conservation des forces vitales après la mort;nbsp;et pour cela je devais, pour ainsi dire,nbsp;me placer a cóté dun échafaud , et sousnbsp;la hache de la loi, pour recevoir de lanbsp;main dun bourreau des corps ensan-glantés , sujets seuls vraiment propresnbsp;a mes expériences. Je profitai done de
-ocr page 159-SUR LE GALVANISME. laS Toccasion de deux crimineJs décapitésnbsp;a Bologne, que Ie gouvernement ac-corda a ma curiosité phjsique. La jeu-nesse de ces suppliciés, leur tempérament robuste, la plus grande fraicheurnbsp;des parties animales, tout cela m ins-pira lespoir de recueillir des résultatsnbsp;utiles des expériences que je métaisnbsp;auparavant proposées. Quoique accou-tumé a un genre pacilique de)q)érien-ces dans mon cabinet de phjsique;nbsp;quoique éloigné de Thabitude de fairenbsp;des dissections anatomiques, Iamournbsp;de la vérité, et Ie desir de répandrenbsp;quelques lumières sur Ie systême dunbsp;galvanisme, leraportèrent sur toutesnbsp;mes repugnances, et je passai aux expériences suivantes.
L X X. E X P.
L on transporta A lendroit que ja-vais choisi prés de la grandplace de
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la justice , Ie premier criminel déca-pité. La tête fut dabord soumise a lac-tion du galvanisme, par Ie mojen dune pile a loo plaquesdargent et denbsp;zinc : deux fils métalliques , dont lunnbsp;partait de la base, lautre du sommetnbsp;delapile, venaient aboutir a Tintérieurnbsp;des deux oreilles, humectées avec denbsp;leau salée.
Je vis dabord de fortes contractions dans tous les muscles du visage, quinbsp;étaient contournés si irrégulièreinent,nbsp;quils imitaient les plus affreuses grimaces. Laction des paupières fut très-marquée , quoique moins sensiblenbsp;dans la tête humaine que dans cellenbsp;du bceuf.
L X X I. E X P.
Ayant établi un are du sommet de la pile a 1oreille gauche dun cóté , etnbsp;un autre, de la base a lextrémité de la
-ocr page 161-SUR LE GALVANISME. laS langue , prolongée hors des lèvresnbsp;denviron un pouce ; il se manifestanbsp;des contractions dans Ie visage, et lanbsp;languese retira sensiblement. Je tou-chai après avec un des arcs les lèvresnbsp;supérieure ou inférieure, et jobtinsnbsp;des contractions, principalement re-marquables dans tous les muscles de lanbsp;partie gauche du visage; il en résultanbsp;lapparence dune bouche tournée parnbsp;une espèce de paralysie partielle. Auxnbsp;premières applications de Paic, la
L X X I I. E X P.
?
Je fis raser la tête précisément sur la bosse pariétale c'roite ; jhumectainbsp;les téguments, armés avec de Targentnbsp;et du zinc;jétablis la communicatielijnbsp;par Ie mojen de la pile, avec los parié-tal et lune des deux oreilles ; les con-
-ocr page 162-126 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
tractions se manifestèrent, mais plus
faibles que dans Texpérience précé-
dente.
Faisant un are des oreilles aux dif-férentes parties du visage humectées avec une solution de muriate de soude,nbsp;comme par exemple, au nez, au front,nbsp;je remarquai toujours de fortes contractions ; elles eurent lieu de même ,nbsp;lorsqua ia première pile jen substituainbsp;une autre , composée de cinquantenbsp;pieces de cuivre et de zinc, que je di-minuai encore pour obtenir différentsnbsp;degrés dactivité.
L X X I V. E X P.
Environ une demi-heure après on apporta la tête du second criminel. Jenbsp;répétai dabord les expériences faitesnbsp;sur Ie premier, et Ie résultat fut tou-
-ocr page 163-SUR LE GALVANISME. 127 jours analogue: les raouvements excites furent plus forts dans celle-ci, ennbsp;raison desa plus grande vitalité. Cettenbsp;puissance semblaitpresquépuisée dansnbsp;1autre.
L X X V. E X P.
Je voulus, selon les principes du pro-fesseur Galvani, examiner Ie pouvoir de 1arc de 1humidité animale dans lesnbsp;animaux a sang chaud. Je me rappelaisnbsp;a eet égard davoir observé plusieurs
fois des convulsions au même temps dans deux grenouilles, et récemmentnbsp;dans deux têtes de boeuf, en condui-sant fare en différentes manières denbsp;Tune a lautre. Je placai done horizon-talement sur une table (pl. 4, fig. 6.)nbsp;les deux têtes des suppliciés, de faconnbsp;que les deux sections communiquaientnbsp;ensemble par la seule huraidité animale. Les choses ainsi disposées, jenbsp;fis are avec la pile, de foreille droite
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dune tête a la gauche de lalitre: il fut merveiileux, et même effrajant, de voirnbsp;ces deux têtes faisaut a-la-fois dhorri-bles grimaces Tune centre lautre; denbsp;sorte que quelq^^^-uns des spectateursnbsp;qui ne sattendaient pas a de pareilsnbsp;résultats , en furent véritablementnbsp;épouvantés. On remarqua que les convulsions excitées dans cette disposition étaient plus vives que celles ob-tenues lorsque je faisais les expériencesnbsp;sur chaque tête séparément. II est aussinbsp;constaté querarcderiiumiditéanimalenbsp;a bien suppléé dans cette expériencenbsp;au défaut de la continuation des fibresnbsp;nerveuses et musculaires.
L X X V I. E X P.
A lapplicatlon extérieure du galva-nisme succéda lexamen des parties in-térieures de la tête du premier déca-pité, Ajant enlevé la partie supérieure
-ocr page 165-SUR LE GALVANISME. lag crane , par une dissection parallèlenbsp;è. la base du cerveau, jincisai les mé-ninges , et jétablis un are dune, desnbsp;oreilles a la substance médullaire : jenbsp;vis dabord de vlves convulsions dansnbsp;les muscles du visage. En faisant Texa-men anatomique du cerveau, je re-marquai, lorsque Foneoupait les muscles du front qui environnaient Ienbsp;erane , qu'a chaque coup de scalpelnbsp;il sexcitait dans les muscles du visagenbsp;des contractions analogues, qui du-raient encore après avoir achevé lanbsp;dissection. Puisque ce pliénornène nestnbsp;pas ordinairement observé dans la dissection , je Ie soumets volontiers auxnbsp;anatomistes pour déterminer sil putnbsp;être occasionné totalement, ou partiel-lement, par Faction précédente de lanbsp;pile.
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Je séparai les lobes du cerveau; et jappliquai Fare au corps calleux et auxnbsp;oreilles , et ensuite aux lèvres: unenbsp;commotion violente agita toute la tête ,nbsp;et tous les muscles de la face. Quel-ques-uns des spectateurs crurentmêmenbsp;que Ie corps calleux avait été affecténbsp;par une convulsion qui lui était pro-pre; mais peut-être cette commotionnbsp;dérlva-t-elle dune impulsion mécani-que qui agita la tête entière. 11 sera knbsp;propos déclaircir cette observationnbsp;par de nouvelles expériences.
Lxxvirr. Exp.
Continuant la dissection jusquaux nerfs olfactifs,et même a Fentrecroise-ment des nerfs optiques, et faisant arenbsp;entre ces parties et les lèvres, Ie neznbsp;et les jeux,iobtins des contractions,
-ocr page 167-SUR LE GALVANISME. i5i lïiais bién faibles en comparaison desnbsp;précédentes. Je fis remarquer quennbsp;touchant avec lun des arcs les nerfsnbsp;optiques, il ne se manifestait jamaisnbsp;aucune convulsion sensible dans lanbsp;paupière.
L X X I X. E X P.
Cette tête tournientée depuis long-temps et rautilée, fut reunie par Ie plan de la section a celle du supplicié quinbsp;navait pas été sou raise aux dissectionsnbsp;anatomiques; jj appliquai les arcs, etnbsp;en mettant en communication Ie som-met de la pile avec loreille droite de lanbsp;première tête, et la base avec loreillenbsp;gauche de la seconde , toutes deuxnbsp;éprouvèrent dabord des contractionsnbsp;semblablesa celles désignées plus haul,nbsp;par Texpérience ^5; mais elles furentnbsp;*^oins fortes dans la tête qui avait déjanbsp;servi ^ toutes les observations déja ci-tées.
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E X X X. E X P.
Après ces essais sur la tête , je pas-sai au tronc du second supplicié , que jejugeais plus piopre aux expériences.nbsp;II est bon de remarquer que Ie cadavrenbsp;avait été exposé environ une lieurenbsp;dans une cour, oü la température étaitnbsp;de deux degrés au - dessous de zéronbsp;^ éclielle de Réaumur). Les muscles denbsp;Tavant-bras, et les parties tendineusesnbsp;du métacarpe, furent dabord mis anbsp;nu , et il fut établi un are de la moellenbsp;épinière a ces muscles: alors Ie brasnbsp;séleva, k la grande surprise de ceuxnbsp;qui assistaient aux expériences.
L X X X I. E X P.
Jétablis un are entre les biceps de cbaquebras que javais mis parfaite-meiit a nu; jobtins des contractionsnbsp;analogues, mais un peu plus faiblesnbsp;que dans Ie cas précédent.
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LXXXII. EXP.
Ajant mis a découvert les tendons extenseursdes doigts sur la face externenbsp;du métacarpe, jétablls un are entrenbsp;cette région et la moelle épinière, etnbsp;jobtins de fortes contractions auxnbsp;doigts et dans toute la main.
L X X X I I I. E X P.
Jepassai aux extrémités inférieures, et je fis are de la moelle épinière auxnbsp;muscles vaste - externe, vaste-interne,nbsp;couturier, et autres, et jobtins desnbsp;mouvements trés - vifs dans chacun.nbsp;deux. A_yant retiré ces arcs et 1ap-pareil de la pile, les muscles con-servèrent une petite oscillation quinbsp;fiura pendant dix minutes. Je remar-quai Ie mêrne phénomène dans ceuxnbsp;du cou, quand je faisais are entre
-ocr page 170-i34 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
diverses parties du troiic et la moelle épinière.
L X X X I V. E X P.
Appliquant larc, de la moelle épinière aux muscles mis a découvert au-dessous du tarse du pied droit, les muscles extenseurs éprouvèrent desnbsp;contractions bien sensibles dans tousnbsp;les doigts du pied, et en particuliernbsp;dans Ie gros orteil. Je répétai cette der-nière expérience , en appliquant larc,nbsp;non pas a la moelle épinière, ma is auxnbsp;muscles de la cuisse, mis a découvertnbsp;dans Texpérience 78. Les mouvementsnbsp;excités furent beaucoup plus forts ; denbsp;même les muscles de la plante desnbsp;pieds, quand jétablis Fare entre eux etnbsp;les muscles de la cuisse, manifestèrentnbsp;de plus vives contractions quavecnbsp;toute autre partie éloignée.
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SUR LE GALVANISME.
L X X X V. E X P.
Ap rès avoir examiné la force des contractions, qiiand les arcs étaientnbsp;appliqués a la surface des muscles desnbsp;extrémités, je tentai de les introduirenbsp;dans leur propre substance. Lénergienbsp;des contractions , dans tous ces cas , anbsp;été beaucoup plus vigoureuse.
L X X X V I. E X P.
Ajant éprouvé faction du galva-nisme sur les extrémités, je me proposal de 1examiner sur Ie tronc. J eta-blis un are de la raoelle épinière au petit muscle du diaphragme, et job-tins des contractions remarquablesnbsp;dans tout labdomen.
L X X X V I I. E X P.
Je fis ensuite ouvrir la poitrine, pour appliquer Ie galvanisme au plus
-ocr page 172-ize nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
important de tons les muscles, an coeur. Le péricarde ajant été détaché»nbsp;jappliquai le conducteur sur le principal organe de la vie ; de plus , je lenbsp;fis ouvrir pour voir si, dans quelques-unes de ses parties, il existait quelquenbsp;fibre capable doseillatioii; mais tou-tes recherches furent vaines. Peut-êtrenbsp;que cette absence des contractions dutnbsp;être attribuée au défaut dun certain,nbsp;degré de chaleur et dhumidité animale, qui nexistaient plus deux heu-res après la mort; et il sera bon de répéter lexpérience en observant certai-nes précautions et di^ositions parti-culières, susceptibles den favorisernbsp;rheiireux succès.
L X X X V I I I. E X P.
Jai observé dans Texpérience précé-dente, que le diaphragme se eontrac-iait, et que le sang, que je crojais coa-
-ocr page 173-SUR LE GALVANISME. 157 gulé, après eet intervalle, coulait aunbsp;Contraire, dans Ie moment de Tapplica-tion de larc, de la veine-cave inférieurenbsp;et des jugulaires, en présentantune couleur vermeille. Serait-on fondé a, con-jecturer quindépendammeut des gran-des contractions , il fut possible dexci-ter dans Tintérieur du coeur quelquesnbsp;oscillations analogues a celles que jainbsp;remarquées dans les muscles de lanbsp;cuisse et du cou ? De nouvelles observations, comme nous Ie verrons plusnbsp;bas, ont seules répandu des luraièresnbsp;surcette question.
L X X X I X. E X r.
Jai remarqué, dans ces expériences, que plus les points du contact de farenbsp;avec Ie muscle biceps étaient multi-pbés , et par conséquent étendus, plusnbsp;Ie uiouvement du bras augmentait,nbsp;sur-tout si 1on, ayait la piécaution de
-ocr page 174-i38 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
séparer parfaiteraent ce muscle, en en-levant les teguments, et de Tentourer avec Ie fil métallique a la manière dunnbsp;anneau. Par Ie mojen des arcs appli-qués au biceps de chaquebras, je vis,nbsp;avec la plus grande surprise, que Pavant-bras et la main de lextrémité oü étaitnbsp;placé lanneaii ci-dessus désigné, sé-levèrent vivement a la hauteur den-viron six pouces.
X C. E X P.
Je répétai lexpérience, formant Pare du biceps du bras droit a la moelle épi-nière ( pb 3 , fig. 2. ) ; et il survint aus-sitót de telles contractions, que Ienbsp;bras, placé horizontalement dans toutenbsp;sa longueur, seleva dansla partieanté-rieure, a six pouces au-dessus du plannbsp;de la table sur laquelle Ie cadavre étaitnbsp;étendu. Je posai sur la paume de lanbsp;main un corps métallique, par exem-ple, une pièce de monnaie: la main
-ocr page 175-SUR LE GALVANISME. 1S9 Ja soutint dabord ; mais a un certain,nbsp;degré délévation, elle la rejeta asseznbsp;loin. Jj substituai une tenaille denbsp;fer du poids dune demi-livre : lanbsp;main séleva, et les doigts, se flé-chissant, semblaient vouloir la sai-sir; mais, au plus haut degré délévation , la contraction cessa, et les te-nailles tombèrent.
Je remarquai que Taugmentation du poids dont on chargeait la main, dimi-nuait très-peu Ia force de lélévation du
bras. II est bon dobserver que ces deux dernières expériences eurent lieu unenbsp;lieure et un quart après lexécution ;nbsp;et celles faites sur les extréraités infé-rieures, presque deux heures après lanbsp;mort. Je crois cependant que, répé-tan-t sans aucun délai lexpérience pré-^édente, afin de profiter du plus hautnbsp;de vitalité, on pourrait peu-é-peu charger la main avec differentsnbsp;poids, jusqua ce quon en eut ren-
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contré un qiii empêchat totalement Ie moxivenient du bras; ce qui conduiraitnbsp;a évaluer la force délévation.
Dans les expériences précédentes jai cru devoir omettre certaines observations qui ne saccordaient point avecnbsp;celles faites sur dautresanimauxasangnbsp;chaud. Mon silence a eet égard, ne nuitnbsp;a aucuiie théorie; dailleurs des observations qui nétaient pas suffisammentnbsp;constatées, auraient occasionné desnbsp;discussions phjsiologiques inutiles, etnbsp;pent-être interminables sans de nou-velles observations.
Ici, comme par-lont, il faut dantres expériences pour éclaircir les doutes ;nbsp;mais raalheureusement elles ne peu-vent être constatées que lorsque denbsp;.nouvelles victiines toinbent sous. Ienbsp;glaive de la justice. Les méninges, etnbsp;Ia substance corticale du cerveau denbsp;riiomme, avaient montré une actioio.nbsp;si faible, que beaucoiip de personues
-ocr page 177-SUR LE GALVANISME. 141 qüiavaient assisté aux expérieiices ,re-gardaient ces parties corame absolu-ment insensibles a Faction de la pile;nbsp;lautorité de plusieurs habiles ana-tomistes fortifiait dailleurs cette opinion. Dun aiitre cóté, comme nousnbsp;Ie verrons plus bas, beaucoup daiii-maux a sang cliaud présentaient desnbsp;résultats contraires; et il est certainnbsp;que la nature, toujours daccord avecnbsp;elle -même dans Faction du principenbsp;général qui met en jeu les foi'ces mus-culaires, ne devait pas manquer denbsp;montrer dans la machine humainenbsp;les mêmes phénomènes quelle olFrenbsp;constamment chez dautres animaux anbsp;sang chaud.
Je ne dissimulai point cette anomalie ^ plusieurs de mes collègues, et nom-J^^ément au savant anatomiste Mondei. n S0 prêta dabord a mes recherches , il nag communiqua ses lumièresnbsp;sur ce point, et voulut bien faire toutes
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les préparations convenables aux ex-périences suivantes, modifiées daprès les apercus généraux pris dans les observations précédentes. ün criminel,nbsp;décapité a Bologne , en février 1802 ,nbsp;donna loccasion de combiner et de vé-rifierle fait en question.
X C I. EX P,
Le cadavre du supplicié ajant été transporté dans un lieu voisin de lanbsp;place, le tronc fut placé sur une table,nbsp;et la tête sur une autre. Sur cette der-nière table était une pile de zinc et denbsp;cuivrea cent plaques, et sur la premièrenbsp;une autre a cent plaques dargent et denbsp;zinc. Get appareil facilita beaucoupnbsp;lexécution rapide des expériences quinbsp;se firent a-la-fois sur toutes les partiesnbsp;du sujet, et nous mit a portee de pro-fiter de sa grande vitalité.nbsp;ün choix nonibreux de jeunes méde-
-ocr page 179-SUR LE GALVANISME. 143 eins et chirurgiens, bieii zélés pournbsp;les 'progrès du galvanisrae , maidanbsp;avecbeaucoup dardeur. lis étaient di-Visés en deux sections ; chacune sétaitnbsp;placée autour dune des deux tables ,nbsp;afin que les opérations des uns nenbsp;pussent nuire a celles des autres. Pournbsp;me prêter au desir du professeur Mon-dini, quivoulait voir Paction znuscu-laire dans la tête entière, je fis un are,nbsp;a partir de la moelle épinière jusquanbsp;Pune des oreilles, au mojen de Pinter-
positionde la pile, et jobtins de fortes contractions sur toute la face, tellesnbsp;quon les avait obtenues ^'usqualorsnbsp;chez tous les autres animaux.
X C I I. E X P.
Après aroir scié Ie crane avec toutes les précautions possibles, on fitnbsp;are a partir de la dure-inère jusqu anbsp;une des oreilles ; et nous observdmes
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des contractions semblables a celles obtenues, en communiquant Ie galva*-nisme a dautres parties du cerveau. Jenbsp;découvris ensuite la pie-mère; et parnbsp;les mêmes moyens nous obtinmes lesnbsp;mêmes résultats.
X C I I I. E X P.
Eiidécouvrant la substance corticale dans rhémisphère gauche , et faisantnbsp;un are qui allait jusqu a loreille droite,nbsp;les mouvements de la face furent très-seiisibles dans la partie opposée denbsp;rhémisphère découverte. Lexpériencenbsp;ayant été répétée de dilFéi'entes maniè-res, donna les mêmes contractions mus-culaires. Je vis done cesser ainsi ce quenbsp;^avaisbieii appréhendé, 1anomalie desnbsp;méninges et de la substance corticale,nbsp;qui semblaient se soustraire a factionnbsp;générale que 1on observait §ur lesnbsp;autres parties du cerveau.
-ocr page 181-145
SUH LE GALVANISME.
X C I V. EXP.
Ensuite le docteur Mondini, aveG toute lhabileté qui lui est propre ,nbsp;cha de séparer dans le cerveau la substance médullaire , le corps calleux, lesnbsp;corps striés, les couches des nerfs opti-ques , et le cervelet. On fit entrer suc.-cessivement toutes ces parties dans unnbsp;arc , et on confirma, avec un plein suc-cès , les résultats des expériences fai-tes auparavant sur les cadavres dau-tres crirainels.
X C V. E X P.
Tandis que la tête , par ces mouve-ments , effacait toute idéé danomalie, quavaient fait naitre les expéri ncesnbsp;Précédentes , le tronc nous présentaitnbsp;sussi des résultats infiniment intéressants. Le corps était sain etrobuste , etnbsp;indiquait une constitution pleine de
I. I T
-ocr page 182-x46 nbsp;nbsp;nbsp;E S S a I
vie et dénergie. En faisant un are, de lépine médullaire au biceps, les mou-vemeuts furent très-forts dans tout Ienbsp;cadavre, et sur-tout dans Ie bras, cjuonnbsp;lie pouvait repli^^ sans beaucoup d efforts.
X C V I. E X P.
Les contractions ci-dessus indiquées augmentèrent considérableraent ennbsp;appliquant de nouveau fare , confor-mément a lexpérience 89. Le tronc ennbsp;éprouva une violente convulsion. Onnbsp;vit les épaules sélever dune manièrenbsp;sensible, et les mains sagiter, et battrenbsp;Ia table qui soutenait le cadavre.
X c V I I. E X P.
On placa une sonde dargent a la moelle épinière ( pl. 3, fig. 3. ), et unenbsp;des mains du cadavre fut plongée dansnbsp;un bain deau salée. Jappliquai une
-ocr page 183-SUR LE GALVANISME. 147
extrémité de larc a la partie la plus éloigiiée de la sonde , et lautre au ni*nbsp;Veau de leau; faisant de cette manièrenbsp;agir Ie galvanisme, sans aucun contactnbsp;iinmédiat avec les parties animales:nbsp;dès que larc fut formé, Ie bras quinbsp;pendait hors de la table se porta versnbsp;la poitrine , en parcourant un espacenbsp;denviron un pied et demi. Jai aug-menté les contractions en emplojantnbsp;en même temps deux piles, composéesnbsp;chacune de cent plaques de zinc et denbsp;cLiivre ; mais cette augmentation denbsp;forces ne suivait point la proportion denbsp;la plus grande activité des deux pilesnbsp;reunies.
XCVIII. EXP.
Je répétai Texpérience sur les extré-*nités inférieures. J etablis un are, de 1^ moelle épinière a lun des piedsnbsp;plongé dans un bain deau salée : j ob«nbsp;tins des contractions, mais plus fait
-ocr page 184-148 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
bles quaux extrémités supérieures. Il était facile de soupconner que cette diminution procédait en partie de la position du tronc ; cest pourquoi onnbsp;pla9a Ie eadavre de manière que lesnbsp;cuisses étant appujées sur Ie bordnbsp;de la table , les jambes qui pendaientnbsp;au-deliors, pouvaient se mouvoir ennbsp;toute liberté. Cette disposition aug-menta un peu les effets de la contraction musculaire. Je me proposenbsp;de réitérer lexpérience , en appli-quant fare directement aux nerfs cru-raux.
X C I X. EX p.
Une petite portion du grand pectoral , détachée des cótes par faction de la pile , se contracta fortement, et lesnbsp;mouvements du diaphragnie furentnbsp;aussi très-remarquables. Les musclesnbsp;pectoraux et les muscles intercostaux,
-ocr page 185-SUR LE GALVANISME. 149 dimiiiuaient les intervalles de toutesnbsp;les cótes , et ils imitaieiit les mouve-ments de la respiration.
C. E X P.
Je pris la tête coupée ; et lajant rapprochée du cou du cadavre, jéta-blis une communication avec Ie troncnbsp;(pl. 4,fig. 5.) au mojen de la seulenbsp;liumidité;et formantensuite un are,nbsp;de la tête aux diverses parties du tronC,nbsp;les contractions furent sensibles parnbsp;tout Ie corps, etprincipalement sur Ienbsp;tronc. Cette observation semble pro-pre a confirmer la puissance de farenbsp;dliumidité pour exciter les contractionsnbsp;musculaires. Dans cette expérience etnbsp;dans celles qui précédent, si, pendantnbsp;quon faisait un are au mojen de lanbsp;pde, quelquun des spectateurs faisaitnbsp;toucher a quelqiie partie du cadavre une grenouille préparée selon la
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méthode ordinaire, cette grenouille éprouvait de fortes contractions, quoi-que placée loin de 1endroit oii lactionnbsp;du galvanisme était déterrninée.
cl. E X P,
Après avoir employé trois heures a ces expériences, je voulus éprouvernbsp;laction du galvanisme sur quelquenbsp;partie animale séparée du tronc; onnbsp;coupa done run des membres abdomi-naux a six travers de doigts au-dessusnbsp;du genou (pi, 3 , fig. 4 ) ; et, faisantnbsp;un are dun point du plan de la section au pied , jobtins des contractions semblables a celles que javaisnbsp;obtenues avant Ia séparation. Je formal Fare dhumidité en approchant dunbsp;tronc la jambe coupée; et ayant dé-terminé faction de la pile a Ia moellenbsp;épinière et au pied, ü en résulta desnbsp;contractions très-sensibles. Jeus lieu
-ocr page 187-SUR LE GALVANISME. i5i ^observer quune grenouiüe préparéenbsp;depuis quelque temps, laquelle senbsp;trouvait par hasard sur la table, senbsp;inouvait comme un éleclromètre, anbsp;chaque application des arcs métaüi-ques, et confirmait ainsi Ie pouvoirnbsp;de larc dhumidité.
Laction du galvanisnie étaut consi-dérablement afFaiblie par la longueur du temps emplojé aux expériencesnbsp;précédentes, jai tdché de la ranimernbsp;en humectant les muscles dune solution dopium: les contractions paru-j-eiit augmentées ; ce que jai égale-ment reraarqué sur dautres animauxnbsp;a sang chaud. Je crois pouvoir icinbsp;attribuer cette augmentation de forcenbsp;de la contraction a Taction de Topiumnbsp;convenablement préparé ; ajant dé-montré par dautres expériences quenbsp;eette substance rend plus énergiquesnbsp;les efTets du galvanisme.
Ett général jai observe qne Ihunii-
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dité joue un très-grand róle dans les contractions, et qnelle est même plusnbsp;importante que la chaleur animale.nbsp;Je trouve en efïet dans mes expé-riences, que les contractions muscu-laires ont eu lieu après une très-fortenbsp;soustraction de la chaleur, quand Ienbsp;cadavre avait été refroidi pendant plu-sieurs heures, même lorsquil avait éténbsp;exposé a une température au-dessousnbsp;de 2éro. Si, dans ces circonstances, onnbsp;galvanise un sujet, on obtient sur-le-ehamp des contractions musculaires,nbsp;tandis quelles cessent avec la plusnbsp;grande. facilité par la privation denbsp;rhumidité animale.
11 j a plus, si un rausde mis a dé-couvert se refuse a faction du gal-vanismea cause du desséchement quil a éprouvé , on peut sur-Ie-champ re-nouveler ses contractions, en faisantnbsp;reparaitre fhumidité au mojendunenbsp;injection pratiquée, soit sur Ie mus-
-ocr page 189-SUR LE GALVANISME. i53 cle lui-même, soit sur ceux qui len-toureiit. Par ces procédés jai pu cons-tater que , ciiiq heures après la mort,nbsp;il j avait encore dans Ie cadavre liu-raain des mouvements partiels cha-que fois qnon appliquait les arcs auxnbsp;fibres musculaires. Fatigué dassisternbsp;a cette longue série dexpériences, jenbsp;labandonnai; mais, a la force des contractions , il était facile de juger quenbsp;Pon pouvait encore les obtenir biennbsp;long-temps.
Rijlexions concernant Taction dn galva-nisme sur les méninges ^ la substance corticate et Je cceur.
Haller et ceux qui soutiennent son ¦^ystême, croient que les méninges ir-ntées dans les animaux vivants parnbsp;plusieurs pui^sants stimulants , sont
-ocr page 190-i54 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
toll jours insensibles. Les expériences ultérieures out prouvé Ie contraire.nbsp;Les méninges sont affectées, soit ennbsp;les frottant légèrement avec une plaque de fer, soit en les touchant avecnbsp;du nitrate d argent: alors les animauxnbsp;vivants éprouvent les plus vives dou-leurs, comme lorsquelles sont enflam-mées. Ces mêmes douleurs orit encorenbsp;lieu dans rinflarainaticn de la substance corticale du cerveau; cest pournbsp;cela que Vogel et Cullen ont rassem-blé , sous Ie titre de Plirenitis, tous lesnbsp;sjmptómes qui accompagnent Iinflam-mation de la substance corticale , etnbsp;ceyxqui appartiennent a ses membranes. Ainsi lon voit en général quil j anbsp;quelques stimulants propres a exciternbsp;les npéninges et la substance corticale,nbsp;ijuoiquelies nobéissent pagt;s indifié-reminent è, la force dautres stimulantsnbsp;mécaniques.
Les travaux des pbjsiologistcs nous
-ocr page 191-SUR LE GALVANISME. i55 Qvaient déja montré quelques stimulants propres a irriter un organe insensible a dautres.
Les tartrites antimoniés de potasse, appliqués aux tuniques intérieures denbsp;lestomac, lirritent de manière a dé-ranger son mouvement péristaltique,nbsp;tandis que la conjonctive nest pointnbsp;aftectée par ce même stimulant. Lesnbsp;cantarides exercent une plus forte action sur les reins que sur Ie ventricule.nbsp;La matière médicale nons présente encore plusieurs substances qui exercentnbsp;une action plus décidée sur quelquesnbsp;organes que sur dautres.
Ces observations mauraient porté naturellement a croire que Ie stimulus galvanique devait être considérénbsp;comme un irritant propre a exciter lanbsp;sensibilité des méninges et de la substance corticale. Mais, quoique per-suadé de leur sensibilité par dautresnbsp;épreuves, je ne crois pas cependant
-ocr page 192-156 que mes experiences seules suffisentnbsp;pour leur assigner cette propriété; carnbsp;lesméninges et la corticale sont en gé-néral liumectées d une humeur animale , capable de conduire Ie courantnbsp;galvanique aux muscles, et deles raet-tre en contraction. Je pense quil fautnbsp;essajer encore plusieurs autres expé-riences, avant détablir que Ie galva-nisme est un stimulant puissant pournbsp;exciter les méninges et la substancenbsp;corticale.
Maintenant je veux décrire deux ex-périences comparatives, propres a confirmer les résultats obtenus sur la substance corticale et les méninges du ca-davre humain.
C I I. E X P.
Jai soumis la tête dun boeuf récem-ment tué a Iaction du galvanisme, en présence du professenr Mondini quinbsp;en fit iui-même la dissection. Les mé-
-ocr page 193-SUR LE GALVANISME. i5j iiinges furent mises a découvert; et ennbsp;y conduisant laction du galvanisme,nbsp;lon vit sur-le-champ de fortes contractions dans les muscles de la face. Lenbsp;même phénomène arriva en touchantnbsp;avec lun des arcs la substance corti-cale. Jai répété cette observation surnbsp;plusieurs têtes de boeufs et dagneaux,nbsp;avec le même succès.
I
C I I I. E X P.
En passant par Turin, les profes-seurs Vassalli, Giulio et Rossi, men-gagèrent a leur répéter mes principa-les expériences, et nommément celles qui étaient relatives aux méninges, etnbsp;a la substance corticale.
Le professeur Rossi observa quen «lécouvrant le cerveau du boeuf avecnbsp;couperet, on causerait un ébran-lement, et par suite une alterationnbsp;dans le cerveau , qui pourraient bien
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nuire a Tintégrité des résultats. Il pro-posa, de concert avec Ie professeur Giulio, de découvrir Ie cerveau aunbsp;mojen du trépan; ce qui donna lanbsp;plus grande précision a Iexperience.
On trépana done latête dun boeuf, et les méninges mises a découvertnbsp;furent soumises a rinfluence galvani-que. A cliaque application de Fare, lesnbsp;professeurs Vassalli, Giulio, Rossi etnbsp;moi, pümes observer des contractionsnbsp;musculaires évidentes et même asseznbsp;fortes ; elles semblèrent augmenternbsp;par Ie contact de fare sur la substance corticale; et en général ellesnbsp;parurent acquérir plus dintensité, anbsp;mesure que Ton enfoncait davantagenbsp;Rare dans la substance du cerveau.
Dans cette occasion , les mêmes pro-fesseiirs mont engagé a répéter plu-sieurs autres expériences concernant, soit la théorie du galvanisme , soitnbsp;son pouvoir sur 1économie animale.
-ocr page 195-SUR LE GALVANISME. iSg Après avoir exposé au professeur Rossi,nbsp;Ie i5 juillet 1802, les efFets que javaisnbsp;obtenus sur des suppliciés , il mappritnbsp;que, ce même jour, il y avait un mal-lieureux condamné a être décapité ;nbsp;mais Timpossibilité de combiner en sinbsp;peu de temps une série déxpériences ,nbsp;Ie fit aller lui seul a Ihopital, oü ilnbsp;vit, pour la première fois , les résul-tats dont jai parlé; cest depuis quenbsp;ses collègues et lui en ont fait lobjetnbsp;spécial dun grand travail.
Les professeurs Vassalli et Giulio minvitèrent a leur démontrer toutesnbsp;les expériences relatives alexistence dunbsp;galvanisme indépendamment des mé-taux.Quoique élancé depuis long-tempsnbsp;dans la carrière du galvanisme , je menbsp;félicite davoir , dans cette circons-tance, donné un nouveau degré denbsp;force a leur intérêt pour cette décou-verte. Cest de cette époque quds ontnbsp;formé Un comité galvanique, reconnu
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et respecté par tons les savants, lequel a rendu de grands services aux pro-grès de la science. Loccasion de par-ler ici de Faction du galvanisme surnbsp;Ie coeur, pourra convaincre de la vé-rité de ce que je viens davancer.
Avant mon départ dltalie, jai annoncé que javais excité , par Ie mojeii de la pile , Ie mouvement du coeurnbsp;dans les animaux a sang froid. Maisnbsp;jai avoué avec ingénuité que je na-vais pas obtenu Ie même efFet dansnbsp;les animaux k sang chaud. La phjsio-logie doit cette découverte au comité de Turin, et je suis bien aisenbsp;de déclarer publiquement que jainbsp;constaté moi-même ses procédés surnbsp;quelques animaux.
II convient dobserver que les ex-périences, faites sur Ie cceur de sup-pliciés en Italië et a Londres, ne sont pas en opposition avec les siennes.nbsp;Laction du galvanisme fut détermi-
-ocr page 197-SUR LE GALVANISME. i6i Slée dans un tel intervalle après lanbsp;mort, que, selon les observationsnbsp;même de ce comité, il nétait plusnbsp;possible dexciter les convulsions mus-culaires.
Je pense cependant que la différente structure des animaux contribue beaucoup a démontrer plus ou moinsnbsp;faciiement les elFets de Finfluencenbsp;galvanique sur Ie coeur. Jai souventnbsp;essajé a Bologne Ie galvanisme surnbsp;Ie coeur de plusieuis boeufs immé-diatement après la mort; jai dirigénbsp;Faction de dilFérentes manières , ennbsp;présence dhabiles anatomistes , telsnbsp;que Ie professeur Mondini et Ie doc-teur Sabbatini; et je suis parvenu jus-qua injecter les vaisseaux sanguinsnbsp;qui se portent a eet organe, avec denbsp;1eau échauffée a la température natu-relle du sang. Je nai jamais pu cons-tater dans ce cas la plus petite contraction du coeur. Cette apparente ano-
r. 13
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malie ne doit pas cependant faire douter de faction générale du gal-vanisme sur ce viscère : elle est dail-leurs démontrée par des observationsnbsp;bien constatées-
Le co-mité de Turin a essajé fin-fiuence galvanique sur le coeur de trois différentes manières.
1. ° en armant la moelle épinièrenbsp;par le moyen duii cylindre de plombnbsp;enfoncé dans le canal des vërtèbresnbsp;cervicales, et en portant ensuite funenbsp;des deux extrémités dun are dargentnbsp;sur la surface du coeur, et 1autrenbsp;a larmature de la moelle épinière.nbsp;Le coeur, qui , dans 1individu soumis au galvanisme, jouissait encorenbsp;dunegrande vitalité, présenta aussitotnbsp;des contractions très-visibles et asseznbsp;fortes.
2. En armant les nerfs d(? la paire-vague et les grands sympathiques,nbsp;saus le secours de la pile.
-ocr page 199-SUR LË GALVANiSMË. i63 S'. Au mojen des appareils de Volta,nbsp;en faisant usage en général dunenbsp;pile coraposée de cinquante disquesnbsp;dargént et dautant de zinc, avec lesnbsp;cartons trempés dans une forte dissolution de muriate dé soude.
Le comité de Turin, par ces trois procédés, a observé sur plusieurs dé*nbsp;capités, detrès-fortes contractions dansnbsp;le coeur, et il a reraarqué que la pointenbsp;du coeur est, de toutes ses parties, lanbsp;plus mobile et la plus sensible a fin-fluence galvanique. Les contractionsnbsp;produites par le dernier de ces troisnbsp;procédés étaient non-seulement plusnbsp;fortes, mais encore dune plus longuenbsp;durée. II a mêrae constaté quily avaitnbsp;Une forte contraction dans les muscles volontaires , quand aucune partienbsp;ccEur ne donnait plus le moindre
mouvement.
Le professeur Rossi a confirmé cette propriété, en. faisant usage tantot du
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galvanisrae, fantót dautres stimulants purement mécaniques, et en comparant ensemble leur action. Aprèsnbsp;avoir ouvert la poitrine dun chiennbsp;décapité, il a armé les nerfs du coeur,nbsp;et ensuite ceux des extrémités infé-rieures. Cela fait, il a commencé anbsp;irriter Ie coeur avec une épingle, etnbsp;successivement les autres musclesnbsp;quil avait préparés, et il a obtenunbsp;des contractions tant dans luii quenbsp;dans les autres. 11 a répété lexpériencenbsp;avec lappareil de Volta: les contractions ont été plus violentes; elles ontnbsp;mêrne continué pres de douze minutes environ après la décapitation.
Douze autres minutes après, Ie pro-fesseur recommenca lexpérience ; il ne put obtenir de contractions visiblesnbsp;dans aucune partie du coeur au moyennbsp;de lépingle, qui les produisait néan-moins très-sensibleraent dans les muscles des extrémités. Il a ensuite employé
-ocr page 201-SUR LE GALVANISME. i65 legalvanisme, qui a agi avec énergienbsp;sur les muscles, et nullernent sur Ienbsp;coeur. II a vu de pareils efFets dans dau-tres animaux^ même en armant Ie cceurnbsp;et dautres muscles daprès la méthodenbsp;proposée par M. Njsten. Je rapporterainbsp;simplement les résultats de ces expé-riences , renvojant ceux qui voudrontnbsp;en connaitre les détails h son rapport,nbsp;lu a la classe des sciences exactes denbsp;lAcadémie de Turin.
II conclut done , i.® Que si lirrita-tion mécanique de 1 epingle et du scalpel a excité dès Ie commencement des contractions sensibles a la vue,nbsp;dans les intestins, Ie coeur et Ie dia-phragme; les mêmes contractionsnbsp;étaient beaucoup plus fortes avec lanbsp;pile. 2.? Que lorsque ni Ie coeur^ ni Ienbsp;d-iaphragme ne se ressentaientplus de Vir-^^tatiori du scalpel, celui-ci excitait encore des contractions dans les muscles desnbsp;extréniités. 3.® Quaprès les intestins,
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Ie coeur a perdu Ie premier la suscep-tibilité galvanique; ensuite Ie dia-phragme, et enfin les muscles des ex-trémités.
Le premier et Ie dernier de ces co~ rollaires sont en correspondance avecnbsp;les résultats de mes expériences; niaisnbsp;le second, comme nous le verrons plusnbsp;bas y ne saccordepas avec les observations dautres phjsiologistes.
M. Njsten a communiqué dernière-ment a la Société des Ohsetvateurs de ïhomme plusieurs expériences récen-tes , dont le but est de prouver que lanbsp;durée de la susceptibilité galvaniquenbsp;dans le cceur varie suivant les différents genres de morts subites ; et qu4nbsp;moins que cette faculté nait été éteintenbsp;par quelque cause dont il se réserve denbsp;donner rexplicatioii, le coeur est denbsp;tous les organes celui qui conserve lenbsp;plus long-temps cette susceptibilité. Cesnbsp;résultats sont diamétralement opposes
-ocr page 203-SUR LE GALVANISME. 167 a ceux obtenus par Ie Comité de Turin, et par moi, dans mes essais faitsnbsp;en présence des commissaires de Flns-titut national, lesquels, après les ex-périences sur les muscles iuvolontai-res, parlant du coeur, concluent dansnbsp;leur rapport; « II est certain cjue eetnbsp;« organe perd en très-peu de temps, etnbsp;« bien plus tot que les autres muscles , lanbsp;lt; faculté d'etre agitépar Iegalvanisme. »nbsp;II est naturel de se deraander icinbsp;quelle est la cause de cette differencenbsp;dans Faction du galvanisme appliquénbsp;au eoeur et aux autres muscles; diffé-rence qui semble contredire toutes lesnbsp;analogies, et que cependant les faitSnbsp;démontrent. Je pense quau lieu denbsp;proposer de vaines conjectures , il vautnbsp;inieuxavouer franchement avec Ie Co-ruité de Turin , quelle est encore an-tourée de ténèbres; quil nest pas eii'nbsp;core temps de déchirer Ie voile épaisnbsp;qui la cache ; que les faits que nous
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possédons iie sufBsent pas pour nous éclairer, et que Ie petit nombre denbsp;données éparses que nous avoiis réussinbsp;a recueillir, noffrent pas entre ellesnbsp;cette liaison qui seule pouvait engagernbsp;a faire des tentatives pour dissipernbsp;lobscurité.
Jobserve que ces résultats ne con-ti-edisent point la doctrine proposée par Haller. II est bon dépargner denbsp;grands changements dans la science ,nbsp;quand on nj est pas forcé par la nature même des choses. Haller annoncanbsp;que Ie eceur en général obéissait a tousnbsp;les stimulants; il devait done i'essentirnbsp;faction de finfluence galvanique, puis-quelleest un stimulant elle-même. Jus-qua présent il n j a aucune incompa-tibilité entre Ie galvanisme et les principes dHaller. Ce savant établit ensuitenbsp;que Ie coeur ressent plus long-tenipsnbsp;que les autres muscles faction des stimulants alors connus; et fon voit par-
-ocr page 205-SUR LE GALVANISME. 169 la que les faits découverts par Ie galva-nisme ne sont pas compris dans la doctrine dHaller, et que par conséquentnbsp;ils ne peuvent être en opposition avecnbsp;elle. Je conviens que ces faits méritentnbsp;une explication particulière , quilfau-dra puiser dans les propriétés du nou-vel agent qui les a produits: Ton par-viendra ainsi a lier des connaissancesnbsp;qui semblaient tout-a-fait disparates.
Jen excepte pourtant la partie des observations publiées dernièrementnbsp;par Ie professeur Rossi a Turin, quinbsp;prouvent que Taction1 des stimulantsnbsp;mécaniques dure plus long-temps dansnbsp;les muscles que dans Ie coeur; elles menbsp;semblent les seules qui soient en contradiction avec celles de Haller, pareenbsp;quil y a parité entre Ie stimulant em-
Rapport des expériences galyaniques, faites par M. Rossi, Ie 34 nivüse an 11, pag. i4 7 1^cond co-rollaire.
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plojé par Tun et par lautre; et cepen-dant Ton obtient des résiiltats absolu-nient opposés.
Je me propose dexaminer scnipii-leusement ces experiences avant dea tirer une conclusion précipitée qui se-rait contraire a une foule dobserva-tions faites par les plus habiles pbjsio-logistes de nos jours.
ylction d/t galmnisme sur Ie cadavre de Vliomme, dans Ie cas de mort nalii-relle.
La durée de lexcitabilité par Ie gal-vanisme dans un sujet suppliclé, ma fait espérer de parvenir a des résul-tats avantageux, en appliquant rna méthode aux cas de mort naturelle ; maisnbsp;pour cela il nia fallu la modifier denbsp;manière quelle put être utile a lhu-
-ocr page 207-SUR LE GALVANISME. 171 öianité , sans lui être iiuisible dansnbsp;aucun cas.
On ne peut sans indignation rap-peler ici la téinérité de certains anato-mistes, tels que Hérophüe et Erasis-trate qui, méprisant les droits sacrés de la nature, ont par des opérationsnbsp;iuconsidérées, sacrifié des victimes anbsp;leur barbare curiosité. En conséquencenbsp;jai imaginé uue méthode qui put exciter les contractions musculaires sansnbsp;aucune section ou séparation desnbsp;muscles , et sans Ie plus petit déran-gement de réconomie animale : ellenbsp;est tellement combinée, que la police raédicale la plus rigoureuse nenbsp;pourrait la rejeter.
C I V. E X P.
Pour essajer les forces de la vita-Ihé dans fhomme après sa mort naturelle , je mis en contact la maiii
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duii cadavre humectée deau salée (pi. 5, fig. 1. ] avec la base dune pilenbsp;de Volta, et jétablis un are qui dunenbsp;oreilleseportaitausommetde la mêmenbsp;pile. Je répétai la même expérience ,
plongeant les mains du cadavre (pl. 5, fig. 2. ) dans deux bains deau salée', mis en communication avec lesnbsp;poles opposés dune pile, par deuxnbsp;conducteurs métalliques. La force denbsp;la pile emplojée dans ces expériencesnbsp;était de cinquante plaques; javaisnbsp;néanmoins la précaution de ladmi-nistrer par degrés.
Linfluence galvanique , communi-quée par ces procédés, a produit, se-lon la différente vitalité des cadavres , différeiites contractions , tantót auxnbsp;doigts , tantót a la main , tantót aunbsp;bras entier. Les doigts se fléchissentnbsp;et se ieplient très-sensiblement, etnbsp;quelquefois lavant-bras tout entier senbsp;porte vers la poitrine. On conceit ai-
-ocr page 209-SUR LE GALVANISME. lyS sément Timportance de ces observations pour déterminer la durée desnbsp;forces vitales après la mort. Si Ton par-vient un jour a éclaircir ce point inté-ressant,ron pourra alors décider, dunenbsp;manière probable, les cas oü il fautnbsp;retarder Fenterrement, et ceux oü Ienbsp;bien de Fbumanité exige que Fon employe tous les moyens possibles pournbsp;ranimer les forces vitales. Dans Ie grandnbsp;hópital de Bologne jai fait plusieursnbsp;observations a eet égard; et jai re-marqué combien la différence des maladies contribue, toutes choses égales,nbsp;a la différente durée des contractionsnbsp;musculaires. Jai varié et multiplié lesnbsp;essais sur divers genres de mort, knbsp;la suite de fièvres putrides gastriques,nbsp;de pleurésies, de blessures au péri-carde, du scorbut, et de Faccouche-ï^ent; et les résultats ont singuliere-jnent varié selon les circonstances denbsp;la maladie, Fége, et Ie tempérament:
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ce qui confirme lutilité que ces experiences, suivies long-tenips pardha-biles physiologistes, pourraient procurer a la médecine. Ces essais ne sont pas de pure curiosité; ils offrent denbsp;grandes vues pour Ie bieii de riiuma-iiité dans nne foule de cas, tels quenbsp;la mort, produite par une altérationnbsp;au cerveau , et par lasplijxie. LAcadémie des sciences et quelques au tresnbsp;académies savantes ont bien mérité denbsp;riiumanité en proposant différents stimulants. Je les invite aujourdhui hnbsp;employer dans des cas semblables faction du galvanisme suivant la méthodenbsp;que jai proposée. II est bon de multiplier les moyens de soulager nos sem-blables sur-tout dans descirconstancesnbsp;OU fancienne médecine nous offre fortnbsp;peu de ressources. En attendant, jenbsp;crois utile de faire quelques essais surnbsp;les auimaux asphyxiés de dilférentesnbsp;manières. Ces essais pourront être pré-
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SUR LE GALVANISME.
cieux, et donner beaucoup de lumiè-res pour sauver la vie aux hommes. Je me croirai lieureux, si lencourage-merit que jai recti de plusieurs savants, peut réunir un jour lapproba-tion générale. Je 11ai rien épargnénbsp;pendant mon séjour a Paris, pour publier et démontrer ma méthode. Lenbsp;professeur Pinel sest prêté a mes ex-périences avec le plus grand zèle; ilnbsp;a vu lui-inême les contractions muscu-laires excitées dansüne vieille femme,nbsp;morte dune fièvre piitride. Lintérêtnbsp;quil a pris a mes recherches, ma en-gagé a lui communiquer différentesnbsp;vues pour soulager les infortunés con-fiésa son habileté et a ses soins bien-faisants dans lhöpital de la Salpê-trière : nous parlerons plus au long desnbsp;t^ntatives faites a eet égard, dans lanbsp;troisième partie de eet ouvrage.
Maintenant je me propose de tirer qiielques corollaires généraiix de la
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série de mes expériences, coiicernant Ie pouvoir du galvanisme sur les forcesnbsp;vitales. Les muscles ressentent plusnbsp;fortement laction de la pile quaiid ilsnbsp;sont parfaitement a découvert, et quenbsp;larc pénètre intimeraent leur substance. 2.*^ Les convulsions saugmen-tent a proportion du nombre des pointsnbsp;de contact de larc avec les muscles.nbsp;3.*^ On obtient dans bien des cas desnbsp;contractions musculaires , en faisantnbsp;un are dun muscle a lautre. 4,^ Lesnbsp;commotions musculaires qui se refu-sent aux procédés de Haller, se mani-festent presque toujours avec promptitude par Ie mojen de la pile. 5.° IInbsp;est prouvé, selon les dernières observations, que Ie cceur obéit a Tactionnbsp;du galvanisme. 6.° Ce muscle qui, selon les principes dHaller, est Ie premier qui recoive la vie, et Ie derniernbsp;qui la perd, suit une loi différentenbsp;lorsquil est soumis a Taction du galva-
-ocr page 213-SUR LE GALVANISME. 177 nisme. 7.° Les partisans de Haller,nbsp;pour exciter ces contractions, em-ploient Ie plus souvent des stimulantsnbsp;qui altèrent la texture des fibres mus-culaires, et détruisent leur continuité;nbsp;inconvenientquelon éviteentièrementnbsp;si Ton emploje laction du galvanisme.nbsp;d.° Les appareils ci-dessus énoncésnbsp;11 etant pas appliqués a Ia moelle épi-nière seule, mais aux différents nerfsnbsp;de la machine animale, pourront of-frir h Lanatomiste une iriyologie expé-
rimentale, avec laquelle il rendra seii-sibles a Tceil les points fixes et mobiles des muscles, et Ie terrae véritable denbsp;leur action. 9°. Les expériences faitesnbsp;sur les individus morts naturelleraentnbsp;sont.de ia plus grande iraportaiyce pournbsp;la phjsiologie. Je me flatte qijéeii pour-^oivant ces recherches plus en détail,nbsp;eÜes nous feront un jour connaitrenbsp;mieux la nature des forces |Vitales, etnbsp;leur durée différente, suivant Ie sexe,
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I.
-ocr page 214-1^8 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
Je crois convetxable de joindre ici Ie témoi-gnage des savants qui ont répété mes experiences. Le Comité de Turin décrit létonne-nient dont fnrent frappés les spectateurs de leurs experiences galvaniques, en voyant dansnbsp;le cadavre de lhomme les contractions desnbsp;muscles frontaiix, de ceux des paupières, denbsp;la face, de la mdchoire inférieure, de la lan-gue, et les convulsions des muscles des bras,nbsp;de lapoitrine, du dos, qui élevaient le troncnbsp;de qvielques pouces sur la table. « Les contrac-cc tions des muscles pectoraux et des musclesnbsp;« intereostaux externes et internes diniinuaientnbsp;« les intervalles de toutes les cótes, et les appro-« cliaient avec violence les unes des autres, ennbsp;tt élevant les inférieures vers les superieures, etnbsp;« celles-ci vers la première céte et la clavicule.nbsp;(( Les contractions du bras , lorsquon touchaitnbsp;« le muscle biceps découvert, ainsi que sonnbsp;« tendon , étaient tcllement promptes et vio-« lentes, quelentiere flexion de lavant-bras snr
-ocr page 215-SÜR LE GALVANISME. w Ie bras avait lieu, et que Ia maia enlevait uunbsp;^ poids de quelques livres plus de 5o minutesnbsp;« après Ia decapitation. On peut lire de sembla-K des expériences clans les ouvrages dAldini. »nbsp;On trouvera aussi que les experiences surnbsp;Ie cceur sont tout-i-fait en corresponda/ice avecnbsp;celles que javais observées en Italië , relative-ment k sa propriétó de conserver plus long-temps que dautres muscles la faculté dobéir anbsp;Taction du galvanisme.
« Une circonstance bien remarquable, di-H sent-ils , cest que Ie cceur , 1 qui, parmi les « muscles, est celui qui conserve en general Ienbsp;« plus long-temps la contractilité aux stimulantsnbsp;« mécaniques, est des premiers k devenir insen-« sible a Tinfluence galvanique. Les muscles dunbsp;«bras , du dos et de la poitrine, continuent inbsp;«ètre excitables par Ie galvanisme des heuresnbsp;« entières , et Ie coeur avait perdu son excitabi-«lité dès ia quarantième minute environ aprèsnbsp;«la mort.
« Les muscles volontaires, qui perdent plus «promptement que Ie coeur leur excitabilité.
Rapport presenté a Ia Classe des sciences exactes de iAcadtSquot; de Turin, Ie 27 thermidor an 10 , concernanl les expériences {,alvaniques, failes, les 22 ct 26 du mcme muis , sur la tètc etnbsp;Ie trone de ir«is hommes , plt;m de temps aprét leur decapitation.
-ocr page 216-«par rapport aux stimulants niécaniques, la « conservent plus long-temps que lui^ par rap-a port 4 Iagent galvanique. »
Leffet (lu galvanisme na pas seulement été reconnu sur les muscles ; ü a encore éié démon-tré sur les artères ^ et sur quelques parties cons-tituantes du sang. Tourdes , professeur a Strasbourg , après avoir séparé du sang lhumeurnbsp;aqueuse, a soumis la fibrine a faction de lanbsp;pile galvanique ; elle était exposée a une temperature denviron 5o degrés(ther. de Réaumur):nbsp;au moment du contact, il sest manifesté desnbsp;trémoiissements, des oscillations, et une palpitation analogue a celle quéprouvent les chairsnbsp;dun animal qui vient detre égorgé ; on aper-put aussi un double mouvement de contractionnbsp;et de dilatation sensible afoeil armé dune loupe,nbsp;effet caractéristique de la force vitale proprenbsp;aux muscles , au tissu cellulaire , etc.
Je remarquerai que cette experience a étépu-bliée par Ie professeur Tourdes, en fan X, dans Ie n.° 3 de la Décadephilosophifjue; et par conséquent je ne saurais étre de favis de ceux qudnbsp;font annoncé dernièrement comme une décou-verte qui leur appartenair.
Je terminerai cette note par quelques phéno-mènes que jai reconnus, en répétant mes expé-
-ocr page 217-riences k Lonclres. AI. Babyngthon proposa * , dans IampliitheAtreanatoniique de S.-Thomas,nbsp;de faire passer faction du galvanisme, du nerfnbsp;optique a firis, afin dexaminer sil y aurait quel-que contraction dans la pupille.Le célèbre anatomist© Astley Cooper, quiavait fait les autresnbsp;dissections, se prêta de méme a celles-ci.
Jappliquai finfluence galvanique, et je vis décidement la pnpille se contracter dans différents quadrupèdes; ce que je navais pu observernbsp;chez fhomme. Quelques membres de la sociéténbsp;galvanique, notamment MM. BenoitMbjon etnbsp;Bonnet, ont répété cette expérience i Paris avecnbsp;Ie même succes. Les observations rapportées parnbsp;Ie professeur Alexandre Monro, sur la structurenbsp;de la pupille, et sur la nature des parties quilanbsp;composent, devaient cónduire a ce résultat.
Le desir que jeus h Londres de répondre a riionneur que voulaient bien me faire plusienrsnbsp;princes de la familie royale, en assistant a mesnbsp;experiences, mengagea a choisir des animauxnbsp;qui pouvaient me permettre desperer les résul-tats-galvaniques les plus énergiques : en consequence la tête dun boeuf fut expose© ii factionnbsp;galvanisme ; et j'observai sui'-le-champ qne
of professor Aldiui on galvanism, Philosophy
ciil magasin by Alcx-mder Tilioch , n.° 5É, p»g 366.
-ocr page 218-les convulsions étaient beaucoup plus fortes que celles que javais apergues, en Italië et ailleurs,nbsp;dans les animaux de la méme espèce.
La taille et Ia vigueur des boeufs anglais, en gé-néral très-prononcées, augmentèrentles effets du galvanisme; lirritation des organes fut sinbsp;grande, quil y eut un ebranlement dans la tétenbsp;entière; on entendit une espèce de bruissementnbsp;sortir des narines ; et ce bruit serait devenunbsp;peut-étre un Veritable beugleinent, si les prin-cipales parties de lorgane de la voix navaientnbsp;pas été séparées dans la decapitation.
Jai observe de plus, quune persönne ayant saisi avec un crochet de fer la peau de la languenbsp;qni sortait de la gueule, ressentit un effort très-sensible que faisait cette partie pour rentrer,nbsp;toutes les fois quon appliquait liiifluenoe gal-vanique i la moelle de 1épine et aux musclesnbsp;cervicaux ; la force a été quelquefois i un telnbsp;point, que Ie bout de ia langue a été dechiré.
VIN DF, I. A SECONDE PAKVlE.
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SUR LE GALVANISME.
DE LAPPLICATION DU GALVANISME A LA MÉDECINE.
Si la doctrine du galvarilsme a beau-coup éclairé la physique et la chimie, quelles ne doivent pas être les préro-gatives de la médecine, relativementnbsp;aux lumières que cette nouvelle con-naissance doit répandre sur elle!nbsp;Quelle plus agréable perspective denbsp;succes ne lui ofFre pas ce nouvel hori -zon dans un grand nombre dafFcc-lions tant aiguës que clironiques ! Lesnbsp;voeux les plus ardents du philosophenbsp;Galvani se tournèrent toujours a cenbsp;quon appliquat sa précieuse décou-Aerte a la médecine. Sil na pu fairenbsp;cette application, il Fapréparéc, ü 1 afa-cilitée par ses nombreuses recherches,
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par ses pénibles travaiix , et ainsi il sest placé^en niéritantnotre reconnaissance, au rang des bienfaitenrs de lhu-inanité. Déja ses voeux philanthropi-ques comineucentarecevüirleur pleinnbsp;aecomplisseinent. Cependant, que Ienbsp;lecteur ne satiende point a trouver icinbsp;mie série de guérisons miraculeuses,nbsp;opérées par ce nouveau mojen ; monnbsp;intention nest pas de répandre un fauxnbsp;éclatsur la inémoire dun oncle qui menbsp;fut clier. Si je suis loin dêtre parvenunbsp;a la profondeur de ses vues, a la subli-mité deses talents , jai toujours tacbénbsp;du moins dimiter sa modération et sanbsp;prudence dans toutes les applicationsnbsp;de sa théorie. Je crois quil reste encorenbsp;beaucoup a faire pour se décider surnbsp;les rneiileures méthodes dé se servirnbsp;de ce nouvel agent: les faits, quoiquenbsp;multipliés, ne me paraissent pas êtramp;nbsp;assez nombreux pour pouvoir établirnbsp;despriöcipes sürs et invariables. Nous
-ocr page 221-SUR LE GALVANISME. i85 avons cepeiidant entre les mains desnbsp;résultats très-précieux, appujés surnbsp;des observations de la plus haute importance ; et je pense quil seraitgran-dement utile de répéter, et de variernbsp;une foule dexpériences quoii semblenbsp;avoir oubliées : nous en tirerions sansnbsp;doute des preuves qui appuieraienCnbsp;lutilité du galvanisme et la possibiliténbsp;de son application au soulagement denbsp;riiomme malade. La nouveauté desnbsp;faits nest pas un motif den faire peiinbsp;de cas , et de les ridiculiser comme senbsp;Ie permettent quelques critiques peunbsp;sensés , qui ne paraissent obéir quanbsp;leurs préventions. Conduit par ces sages réüexions, et desirant porter Ienbsp;plus de clarté possible sur une matièrenbsp;difficile et tout-a-fait neiive que je vaisnbsp;tfaiter, je distribuerai mes recherchesnbsp;sous les titres énoncés ci-aprës.
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Differences entre Vadministration du gal-eanisine et cellc de üélectricité ordinaire.
plusieurs raisons me déterminent dans la préférence que je donne a Fad-ministration du galvanisme a Faidenbsp;de la pile, surcelle delélectricitéquonnbsp;emprunte dun appareil qui en est surcharge. Quant a Faction de la machine électrique ordinaire, la difficulténbsp;dopérer dans une saison humide; lanbsp;longueur du temps quil faiit pour lanbsp;produire , Ie besoin de recharger lanbsp;bouteille ou les conducteurs , chaquenbsp;fois que les malades ont été en contactnbsp;avec ces corps, sont autant dobtaclesnbsp;qui rendent peu commode cette méthode dont, pour cette raison même,nbsp;on fait rarement usage depuis quelque
-ocr page 223-SUR LE GALVANISME. 1S7 temps. La pile, au contraire , ainsi qnenbsp;jai eu souvent occasion de lobserver,nbsp;agit également en tout temps ; elle nenbsp;craint point les effets de lhumidité, etnbsp;présente une espèce de bouteüle denbsp;Lejde qui, loin de se décharger com menbsp;elle, retient au contraire très-long-temps sa propriété. On peut la regardernbsp;comme un appareil contenant en soi-même une suite de bouteilles graduel-leinent chargées au mojen de la machine électrique ordinaire. Mais pournbsp;me servir convenablement des avanta-ges qui sont propres a cette pile, jainbsp;pour usage de placer a lun des mon-tants de verre qui la soutiennent, unenbsp;échelle qui marque ses degrés propor-tionnels dactivité. Ainsi jétablis desnbsp;points fixes qui, répondant aux phéno-^ènes de radministration médicale,nbsp;conduisent a déterminer les divers degrés de force nécessaires dansnbsp;les dilTérentes espèces de maladies.
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Je pourrais prou ver ici par un très-grand iiombre de faits , combien 1ad-ministralion du galvanisme ressemble peu a cede de Télectricité. Si lon donnenbsp;avec la machine ordinaire Ie bainnbsp;électrique a un malade, Timpressionnbsp;quil en recoitest peu considerable; sinbsp;lon communique une secousse avecnbsp;la bouteille de Lejde, Faction est forte,nbsp;mais nou permanente : il en est toutnbsp;autrementdu galvanisme, oü Fon ob-tient uneactioiivive et en même tempsnbsp;continue. La machine électrique ordinaire ne produit aucun elFet si Ie malade nest pas isolé : Ie galvanisme produit lenternent une action durable,nbsp;(jui se prolonge et détermine un modenbsp;particulier de circulation, que décè-lent bientüt des efFets remarquablesnbsp;sur les différentes humeurs du corps.nbsp;Je rappellerai ici a mes lecteurs les experiences faites, a Faide du galvanisme,nbsp;sur Ie sang, la bile et lurine, qui ont
-ocr page 225-SUR LE GALVANISME. 189 doiiné lieu a clesphénomèiies que noutnbsp;pu déterminer iii Ia simple électrisa-tion , ni Ie contact de la bouteille denbsp;Lejde. Je remarquerai euBn que lex-trême commodité de la pile pour lanbsp;prompte administration du galvanismenbsp;sur un grand noiiibre de malades, rend,nbsp;toutes choses égales dailleurs , cettenbsp;administration bien préférable a cellenbsp;de lelectricité ordinaire.
De r action du galvanisme sur les organes de la vue et de Touie.
Le galvanisme , communiqué aux difFérentes parties du visage, excitenbsp;dans les jeux un éclair plus ounbsp;öioins lumineux, selon la nature desnbsp;parties auxquelles il est appliqué. Cetnbsp;o^gane , quoique délicat, ne souffrenbsp;point de laction des arcs métalliques,
-ocr page 226-ïgo et lefFet de celle-ci ne va pas jusqu anbsp;déranger sou organisation : cest cenbsp;qua démontré, il j a plusieurs an-uées, ie professeur Volta , qui fit anbsp;Milan la découverte de ce phénomène,nbsp;en appliquant un conducteur de zinc ,nbsp;dune part sur Ie globe de loeil, et denbsp;lautre sur Ie sornmet de la langue,nbsp;armé d'uue plaque detain. Lexpé-rience a prouvé, depuis, que, pour ad-ministrer Ie galvanisnie aux maladiesnbsp;des jeux, il valait beaucoup mieuxnbsp;faire usage de la pile. Pour exciter lé-clair dans les jeux, il nest point nécessaire quils soient ouverts; on Ienbsp;produit de même, soit quon reconi-mande a la personne de les tenir fer-més, soit quon les couvre dun bandeau , OU quon place encore Ie sujetnbsp;dans une cliambre obscure, après luinbsp;avoir couvert les jeux.
. Quelques pbjsiciens ont cru que ces observations pourraient contrarier
-ocr page 227-SUR LE GALVANISME. xcji 1 opinion de Newton , et favoriser cellenbsp;proposée par Euler, sur la cause de lanbsp;lumière, lis pensent que lon ne peutnbsp;exciter la vision, lorsque des émana-tions lumineuses ne peuvent point pé-nétrer eet organe; dailleurs ils croientnbsp;que les vibrations de Véther renferménbsp;dans Foeil, sont capables dexciter lanbsp;vision indépendaminent des corps extérieurs. Laissant cette question étran-gère a mon principal objet, je rne con-tenterai de leur observer que Ie célèbrenbsp;anatomiste Darwin, long-temps avantnbsp;la théorie du galvanisme, a reconnunbsp;que, même les jeux étant fermés, ilnbsp;y avait des stimulants internes propresnbsp;a produire des apparences de lumièrenbsp;et de couleurs.
Lapplication du galvanisme a la vue démontre principalement combien ünbsp;difïère par ses effets de lélectricité ordinaire. Son action est très-faible lors-qu on se sert dune pointe métallique
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au-dedans dun tube de verre, pour diriger un faisceau électrique sur lanbsp;cornée. Et quel danger ny- aurait-ilnbsp;pas a décliarger sur cette partie délicate Ie courant électrique dun conducteur chargé , ou dune bouteille denbsp;Lejde ! Le galvaiiisme pouvant agir,nbsp;quoique appliqué a des parties éloi-gnées de Toeil, doit done être substituénbsp;de préférence a lélectricité ordinaire,nbsp;qui ne peut avoir deffet quautantnbsp;quelle est déterminée immédiatementnbsp;sur eet organe. Les expériences sui-vantes viendront a lappui da monnbsp;opinion.
cv. E X P.
Si Ton applique une main a la base de la pile, et quon touche ensuite sonnbsp;sonimet avec une partie quelconquenbsp;du visage, quon aura préalablementnbsp;humectée deau salée , il sexcite dansnbsp;les jeux un éclair brillant. Lon ob-
-ocr page 229-SUR LE GALVANISME. igS tiendra Ie mênte elFefc si, au lieu denbsp;toucher la base de la pile avec la main ,nbsp;on la touche avec la plante du pied.nbsp;Lactiondes bouteilles deLejde^ subs-tituée a celle-ci, na jamais produitnbsp;declair dans les jeux.
C V I. E X P.
Après mêtre assuré sur moi-même et sur quelques autres personnes, de lanbsp;production constante de léclair dontnbsp;je viens de parltjr, je répétai lexpé-rience en public. Je disposai deuxnbsp;plaques métalUques horizontalementnbsp;Tune au-dcssus delautre, a la distancenbsp;denviion neuf pouces, de manière quenbsp;six personnes dont les mains étaientnbsp;niouillées deau salée , pouvaient tou-eher dime part avec la main Ie plan inférieur, et de lautre Ie plan supérieur;nbsp;J établis alors avec la langue la communication entre les deux plans, au mojennbsp;I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14 '
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de la boiiteille de Lejée: les personnes soumises a lexpérieDce resseiitirentnbsp;toutes une vive commotion, mais pasnbsp;une ne vit déclair. Je me servis ensuitenbsp;de la pile coname mojen de communication, et elles aper^ureut toutesnbsp;réclair, quoique la commotion eüt éténbsp;bien moins vive quavec la bouteille denbsp;Lejde.
Cette expérience est accompagnée des mêmes résultats , soit quon fassenbsp;toucher Ie plan supérieur avec la lan-gue, OU quon j applique Ie nez ounbsp;toute autre partie de la figure.
C V f I. E X P.
La singularité de ces faits attira lat-tention de tous mes élèves et des assistants, qui mengagèrenta les répéter avec quelques modifications propresnbsp;h prév cnir toutes les objections quonnbsp;pouriait imaginer. On supposa done
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SUR LE GALVANISME. que la lumière répandue dans Ia salienbsp;avait pu, par sa vive impression, em-pêcher dapercevoir léclair que lanbsp;bouteille de Lejde avait excité. Je fisnbsp;alors naitre la plus profonde obscurité.nbsp;Un de mes élèves prit ensuite une bouteille de Leyde, quil appliqua au boutnbsp;du nez dune personae avec laquellenbsp;il était en communication par lautrenbsp;main. La secousse fut vive; mais ninbsp;Tune ni lautre des deux personnes quinbsp;se soumettaientarcxpérience naper-qurent Iéclair. On crufc daprès celanbsp;quil serait possible que iliabitude denbsp;percevoir la sensation de la lumièrenbsp;rendit sans efFet lobscurité; et lon ju-gea quil conviendrait que la personnenbsp;¦Süumise a lexpérience restat pendantnbsp;ïtn certain temps dans uii lieu som-^^ï'e. Cette précaution devait nécessai-rement mettre en état de saisir léclair,nbsp;quelque faible qu il fut, si la déchargenbsp;de la bouteille de Leyde sur lceil ctait
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capable de Ie produire. Lexpérience
ainsi faite ne donna pas dautres ré-
siiltats que ceux quon avait obtenus
anparavant,
Lorsquon considère les lois ordi-naires de lélectricité , on a beaucoup de peine a se rendre conipte de Factionnbsp;du galvanisme sur Forgane de la vue :nbsp;cest aux phjsiciens a nous éclairer surnbsp;cette théorie, et a nous rendre raisonnbsp;des differentes raanières dagir du gal-Tanisme et de Félectricité ordinaire.nbsp;Il suffira au médecin de connaitre cettenbsp;dilFérence, et lesfaits qui Fétablissent,nbsp;pour quil détermine Ie cas oxi il pourranbsp;ernplojer de préférence Fun ou Fautrenbsp;de ces agents.
Avant de passer a Fapplication dn galvanisme, dans les maladies qui af-fectent les jeux, je crois devoir en éta~nbsp;blir uiie division en quatre classes.
La première considérera ceux qui naissent privés de la vue.
-ocr page 233-SUR LE GALVANIvSME. 197 ta seconde comprendra la céciténbsp;produite par la désoxganisation denbsp;Toeiljdepnis la naissance.
Dans la troisième je placerai les cas de cécité sans désorganisation visible.
Enfin Ia quatrième renferrnera laf-faiblissement de la vue a la suite dune maladie quelconqne.
Si Ie galvanisrae ne peut rien dans les deux premiers cas, son administration nen est pas moins un objet im-portatit de recherches pour Ie phjsio-logiste. On a beaucoup raisonné dansnbsp;Ie siècle dernier sur Fétat 011 dut senbsp;troLiver, en voyant la lumière pour lanbsp;jxremière tuis, laveugle-né quopéra Ienbsp;professeur Cheselden.
Si Ton nest pas entièrement satisfait sur eet objet, cest quon na pas suivinbsp;quon na que peu interrogé Ie ma-lade , cpui devait dailleurs devenir tousnbsp;l^'s jours de plus en plus difficile a observer, par 1babitude quii prenait de
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voir, et qui Ie farailiarisait rapidement avec les corps extérieurs. Je crois qu onnbsp;peut aujourdhui, par te galvanisme ,nbsp;se rendre meitleurs juges de rhomnienbsp;dans eet état; il suffira de galvanisernbsp;les jeux dun aveugle-né, pour luinbsp;donner lidée de la lumière. Ou répé-tei'a rexpérience autant de fois quonnbsp;Ie jugera a propos, et lon ne seranbsp;point contrarie par une opération chi-rurgicale. Je me suis proposé souventnbsp;a Bologne de faire cette importantenbsp;experience; mais tons les individus quenbsp;javaisa ma disposition avaient perdunbsp;la vue par la petite vérole , ou nétaientnbsp;point entièreraent privés de la lumière.
Ne trouvant point dayeugle-né, et force par cette raison de renoncer anbsp;lexpérience que je desirais faire , je menbsp;contentai de songer aux mqyens dap-pliquer avantageusement Ie galvanisme dans ce cas , sil venait a se présenter. 11 me vint ensuite a lidée de
-ocr page 235-SUR LE GALVANISME. 199 ni en servir sur des personnes aveu^lesnbsp;depuis leur tendre enfance. Voici qnelnbsp;fut Ie résultat de eet essai.
Je choisis cinq aveugles, dont les uns étaient dans eet état depuistrentenbsp;ans, dautresdepuis quaraute, etmêmenbsp;davantage. Je commenc^'ai par leur ap-pliquerle galvanisme au bras, afin denbsp;lesfamiliariseravec son action, et pournbsp;leur apprendre a en distiuguer la sensation. Je leurtouchai ensuite, dansunenbsp;chambre fort obscure , les lèvres et Ienbsp;bout du nez au lieu des bras, et jesuisnbsp;parvenu trois fois,paree inojen aleurnbsp;faire percevoir la véritable sensationnbsp;de la lumière. Cette expérience pourra,nbsp;je pense, nous faciliter Ie moyen denbsp;résoudre Ie problêrae que présentaitnbsp;aux philosoplies laveugle-né de dieselden. Le galvanisme leur fournira pro-bablement les mojens de faire naitre anbsp;Aolonté la sensation de la lumière.
Je me sviig servi de eet agent poiir
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les amauroses. J ai traité une femme qui avait on oeil affecté dune gouttenbsp;sereine, parfaiteraent caractérisée, etnbsp;doiit lautre oeil était extrêmemeutnbsp;faible. Après lui avoir admiuistré denbsp;différentes manières Ie galvanisme ,nbsp;je mapercus que loeil privé de la fa-culté de voir, percevait léclair, etnbsp;que celui qui nétait que faible, deve-iiait raeiileur. Je massurai, au mojennbsp;duii livre, que la vue de cette femmenbsp;-saméliorait sensiblement. Je Ie placaisnbsp;a, chaque fois que, je répétais lexpé-rience , a une certaine distance ; a me-.sure que je galvanisais, je reiirais Ienbsp;livre, jusqua ce que la personne nenbsp;put plus j lire. Jai trouvéa la fiu quellenbsp;distinguait les lettres a une distancenbsp;beaucoup plus grande quavant; mais,nbsp;il faut lavouer franchement, eet avan-tagene fut pas de longue durée; il étaitnbsp;séduisant au premier abord, et biennbsp;fait pour augmenter Ia confiance que
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SUR LE GALVANISME. javais alors dans Ie galvanisine pour lanbsp;guérison de la goutte sereine. Maisjainbsp;reconnu quen suspendant lexpériencenbsp;on perdait bientót les avantages quonnbsp;avait obtenus : ce fut ce qui me dé-couragea , et me fit renoncer a lappli-cation du galvanisme dans cette mala-die. Je suis cependant tiès-persuadénbsp;quen variant les mojens de cette application , on pourra un jourobtenir,nbsp;sinon un succes complet, au raoins denbsp;très-bons etfets. Je remarquerai aussi anbsp;cette occasion, quen traitant unenbsp;amaurose par l'électricité ordinaire , jenbsp;ne pus jamais obtenir un éclair, quoi-que Ie choc électrique ait en lieu surnbsp;1ceil même.
Je nai pas eu beaucoup doccasions dessajer Ie galvanisme dans les alté-i'ations de louïe. Je savais dailleursnbsp;dhabiles professeurs sen étaientnbsp;eccupés , et travaillaient encore a per-
fectionner lapplication de ce mojen
-ocr page 238-202! nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
dans la surdité. Je crus daprès cela quil était inutile de m j livrer. On anbsp;construit pour eet eflFet une machinenbsp;extrêmement ingénieuse ; nous Ia de-vons a des phjsiciens dAllemagne.nbsp;Celle que jai vue a été exécutée parnbsp;M. John Culthberson, habile dans lanbsp;construction des instruments de phj-si(pie, et très-connu par la grande ma-cli^f e élcctrique de Harlem. Elle estnbsp;essentiellement composée dun levicrnbsp;métailique, susceptible, au mojen denbsp;rouages, de sélever ou de sabaisser anbsp;chaque minute , a chaque seconde , etnbsp;même a volonté, suivant la manièrenbsp;dont la machine est mise en jeu. Le butnbsp;de cette élévation et de eet abaissementnbsp;ahernatifs , est détablir communication entre la pile, et la partie raaladenbsp;qui fait le sujet de lexpérience. La per-sonne est galvanisée toutes les fois quenbsp;cette communication se trouve établie.
Depuis que jai vu, et examiné
-ocr page 239-SUR LE GALVANISME. «oS cette machine a Londres, je me suisnbsp;occupé, tout ingénieuse queile est,nbsp;de la modifier et de la simplifier.nbsp;Jj trouvais des changements nécessaires : je les fis; et cest daprès cesnbsp;modifications que se trouve cons-truitela machine que jai fait exécuternbsp;pour mon usage. Le levier qui établitnbsp;la communication (pl. 6, fig. 2. ) estnbsp;fixé par son extrémiié qui répond etnbsp;touche au pole négatif de la pile. Sonnbsp;extrémité opposée est terminée par uanbsp;petit marteau destiné a frapper unnbsp;timbre placé auprès du malade, avecnbsp;lequel il communique, et qui lui-même est en rapport avec le pole posi-tif. Daprès celte disposition, oii voitnbsp;que, toutes les fois que le marteaunbsp;frappe le timbre, le malade doit éprou-Ver Taction de la pile. Lorsque je faisnbsp;^sage de mon procédé pour une ma-ladie de Torgane de Touïe, je fais tenirnbsp;au malade un are rnétalh que isole qui
-ocr page 240-ao4 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
établit comniunication entre Toreille afFectée et Ie pole positif. Je lui faisnbsp;ensuite plonger lautre main dans unnbsp;vase plein deau salée. Toutes les foisnbsp;qne Ie marteaii vient a frapperie timbre , les deux poles se communiqi:ient,nbsp;et Faction du galvanisme passe alorsnbsp;directement sur 1organe malade. Jenbsp;pense que Fappareil que je viens denbsp;décrire, etquejeregardecomme dunenbsp;grande simplicité , conviendrait très-bien dans Fadministration du galva-nisme pour les cas médicaux.
Avant de terminer eet article , je dois dire un mot de Fapplication dunbsp;galvanisme dansles maladies de dents:nbsp;ce que jen rapporterai est Ie résultatnbsp;des experiences qua bien voulu menbsp;communiquer M. Fowler, dentiste re-nommc de Londres, a qui dies appar-tiennent. Lorsque, dans de vives dou-leurs de dents, quil soupconne pro-duifes et entretenues paria carie dune
-ocr page 241-SUR LE GALVANISME. aoS tienüe elles, sil napercoit point anbsp;Toeil la deut malade, il isole Ie sujet,nbsp;et lui donne a teiiir la chaine électri-que. Prenant alors im fil darchal, il Ienbsp;promène sur toutes les dents successi-veinent. A linstant oü il touche cellenbsp;qui est cariée , Ie malade éprouve unenbsp;vive douleur. Jamais, ma-t-il dit, lex-traction consécutive na démenti cettenbsp;expérience; la dentsest toujours ti-ou-vée cariée. Je regarde ceci commenbsp;duue assez grande importance. Cettenbsp;manière de connaitre si une dent estnbsp;cariée ou non , lorsquon ne voit pointnbsp;la maladie, et quon est obligé desennbsp;rapporter au malade, ne peut quêtrenbsp;inliniment axantageuse; car rien nestnbsp;plus commun que de voir des dentis-tes arracher des dents saines quilsnbsp;crqyaient malades. On pourra facile-ïnent utiliser cette méthode, en ap-pliquant Ie galvanisme dans les mêrnes
circonstaiices.
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Application du galvanisme aux noyés, et aux différentes espèces d'asphyxies.
Jaiparié, dans Ia seconde partie de eet ouvrage , de la grande influencenbsp;du galvanisme dans lasphjxie , et jainbsp;donué a ce nouveau inojen une préfé-rence décidée sur tous les autres stimu-3ants connus. Je pourrais raen tenirnbsp;aux observations que jai rapportéesnbsp;ailleurs a lappui de cette assertion,nbsp;pour faire voir combien mon opinionnbsp;est fondée en raison ; cependant,rela-tivement k ce sujet, je crois devoir eU'nbsp;core placer ici quelques expériencesnbsp;qui donneront plus de poids a cellesnbsp;que jai exposées ailleurs.
C V I I I. E X P.
Jai fait tenir sous leau, des chiens , des cbats , et dautres aniniaux de cette
-ocr page 243-SUR LE GALVANISME. 207 espèce, jusqua extinction apparentenbsp;de la respiration et de tout mouvementnbsp;musculaire. Après les avoir tires denbsp;leau, et galvanisés sur-le-cbamp de lanbsp;manière que jai indiquée plus haut,nbsp;jai souvent eu la satisfaction de lesnbsp;rappeler a la vie. Je nai même jamaisnbsp;inanqué de réussir, que dan^ Ie casnbsp;OU , par une submersion trop prolon-gée, lanimal avait entièrement cessénbsp;de vivre: mais quéls mojens humainsnbsp;ont alors plus delEcacité que Ie galva-nisme?
Jai varié cette expérience en les-sajant sur desanimaux que javais fait asphjxier de toutes sortes de maniè-res, et par différents mojens; et jainbsp;obtenu de pareils résultats.
Plus on réfléchit sur létat oü se trou-Vent les grandes opérations de la vie chez les asphjxiés, plus on sent coin-bien Ie stimulus galvanique leur coii-vient pour les ranimer. Le sjstême
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musculaire est chez eux dans ie plus grand état de relachemeiit; leurs membres sont flexibles, et cette flexibiliténbsp;se conserve, mêrae après la mort, pendant un assez long temps : phénomènenbsp;bien remarquable, et quon ne manque jamais de citer, pour prouver lin-certitude de la roldeur des membres,nbsp;donnée comme signe de mort. Linac-tion du systême vasculaire, favoriséenbsp;et entretenue par qp relachement desnbsp;puissances musculaires, nest pasmoinsnbsp;frappante ni moins digne dattention.nbsp;Les vaisseaux sanguins du cerveau,nbsp;ceuxdu poumon sur-tout, sont gorgésnbsp;de sang. Les oreiUettes et les ventri-cules du coeur en sont surchargés , lanbsp;réplétion des veines caves est extréme,nbsp;tout Ie systême veineux semble mena-cer de rupture. 1
On peut se procurer de grandes lumières sur ce point, dans louvrage du célèbre profcsseur Portal,
-ocr page 245-SUR LE GALVANISME. 209 Entrautres expériences bien im-portantes , et que les physiologistes nenbsp;inanqueront probabieraent pas de répéter, ilfaudraitappliquer un are conducteur dans Ie larynx dun animal as-phjxié soit par Ie gaz acide carboni-que, soit par quelque autre gaz délétère.nbsp;Jen concois dautant mieux la possibi-lité, que lépiglotte relevée, et que lanbsp;glotte ouverte et libre, concourent anbsp;faire espérer des résultats satisfaisants.
C I X. E X P.
En appliquant Ie galvanisme au tronc dun cliien, a Fhopital de la Cha-rité a Paris, jai remarqué aVec quel-ques personnes , témoins de lexpé-
' Instruction sur Ie traitement des asfhy~ etc. Paris, au IV 5 et dans celui de Cdeniou ,nbsp;ayaiit pourtitre r A dissertation on natural^and suspended respiration , by Edivard Colemon. Ijoudon ,nbsp;1802.
I. nbsp;nbsp;nbsp;iJ,
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E S S A I
rience , qua chaqiie application de larc, il séchappait de la trachée-ar-tére une certaine quantité dair. Cettenbsp;observation me parut mériter un examen particulier; mais je crus que pournbsp;la déraontrer, et pour Ia rendre plusnbsp;sensible, il était nécessaire de répéternbsp;lexpérience dans létat Ie plus proprenbsp;a en constater la vérité , cest-a-direnbsp;immédiatement après la mort de Fani-raal; jimmolai done une nouvelle vic-time a une plus ample information. Jenbsp;pla^ai la flamme dune bougie vis-a-visnbsp;la trachée-artère de ce second chiennbsp;décapité , et je galvanisai lanimal.nbsp;Deux fois la bougie fut éteinte ; ce quenbsp;jaurais certainement pu faire un plusnbsp;grand nombre de fois, comme je mennbsp;suis couvaincu dans la suite. Je lainbsp;en effet répété depuis a Londres,nbsp;tant dans famphitliéatre du célèbrenbsp;Hunter, pos.sédé a présent par M. Will-son, que dans Ie grand amphithéatre
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SUR LE GALVANISME.
lt;^e Ihopital Saint-Thomas , et jai re-connu quil était possible déteindre la bougie un asisez graud iiombre de foisnbsp;avcc le même sujet.
Toutes les expériences que je viens de rapporter me paraissent très-con-clüantes en faveur de fadministrationnbsp;du galvanisme dans lasphjxie. Je nennbsp;ai point encore fait lessai sur desnbsp;bomnies nojés. Mes occupations nenbsp;mont pas permis ces recherches ;mais,nbsp;si je ne puis produire aucune observation de ce genre, je suis au moins ennbsp;droit de raisonner, et même de con-clurepar analogie. Cependant les faitsnbsp;ne peuvent pas nous manquer long-temps. Nous aurons probablement sousnbsp;peu des résultats avantageux a eetnbsp;égard. Plusieurs des savants francais,nbsp;anglais, et autres , que jai eu lavan-tïige de connaitre dans mes différentsnbsp;x^ojages , mont promis , daprès 1 invitation qxie je leur ai faite, de suivre
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cette partie de lappUcatioii dü gaiva-iiisme , qiu peut réellement devenir tin jour très-utile , et rendre de grandsnbsp;services a la société. Je ne doute pasnbsp;que des succès dignes du motif qui ^nbsp;anime leurs recherches, ne secondentnbsp;leurs efforts , et ne couroniient leursnbsp;travaux : cest au moins un des voeuxnbsp;que je fonne pour Ie bonheur de fhu-manité souffrante.
La méthode que je me proposais dem-ployer, si par hasard Ie cas se fut présenté , est on ne peut plus simple : il ne sagit ni de dissection,ni detourmenternbsp;Ie malade, ni de lui faire courir aucuiinbsp;risque 1 j et dans tons les cas on res-
M. Rossi, (lans plusieurs experiences galvaiii. ques quil a failes sur des lapins siifloquésdans 1eau ,nbsp;croit quil est indispensablement nécessaire dourrirnbsp;une Vüie artificielle dans Ia tracliée, pour j faire passernbsp;Fair, paree qne la glotte denienre ferniée dans lesnbsp;aspbjsiés de cette espècc ; je pense que 1on ponrraitnbsp;bien éviter cette blessure, si Fou prend la precaution
-ocr page 249-SUR LE GALVANISME. aiS pecte la possibilité de la vie couservée.nbsp;II suffit dappliquer Ie courant du galva-nisme a une des oreilles, et au niveaunbsp;de leau salée, dans laquelle est trempéenbsp;une des luains du sujet.
Lintérêt que prit aux experiences galvaniques, que je fis a Londres, Ienbsp;docteur Letsom, uii des membres lesnbsp;plus distingués et les plus zélés denbsp;VHuman society, mengagea a lui fairenbsp;part de mes idéés sur rapplication quenbsp;je desirais faire du galvanisme auxnbsp;nojés. La promptitude avec laquellenbsp;ilfaut, dans ces sortes de cas, adminis-trer les secours nécessaires , nous a faitnbsp;sentir tous les avantages de la méthodenbsp;que jai indiquée, et nous a fait songernbsp;aux mojens davoir constamment Ienbsp;galvanisme;, comme on dit, sous htnbsp;toain. Après nous être convaincus quenbsp;de lelever léplglotte avec im iubtrnnierit, avant cl ap-pllc)»er ]e galvanisme.
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lappareil de la cuve galvanique était préférable, a eet égard, a celui de lanbsp;pile , nous nous sommes arrêtés a lidéenbsp;dune boite portative, dans laquellenbsp;seraient renfermées deux cuves galva-niques, deux arcs, et de la dissolutionnbsp;de muriate de soude. 1 Tel est lappa-reil commode, avec lequel on pourranbsp;en effet donner aux asphjxiés et auxnbsp;nojés les plus prompts secours.
Jai dirigé moi-inême, de la part du docteiir Let-som , pour 1usage de ['Human society de Londres, rcxécution de cet appareil ebez M. Culfchbertson. Eunbsp;passant a Calais , jai tronvé assez commode de plon-ger des cuves galvanlcpies dans leaii de la mer, et de.nbsp;les voir fonctionner a linstant, sans cpiil fut nécessaire dóter avant rbutuldité extérieure de lappareil.
Je me propose de donuer bientót plus de perfection a ce raojen.
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SUR LE GALVANISME.
Application da galvanistne dans la folie,
et autres maladies de genre different.
Sil est un spectacle propre a porter Fame a la compassion, cest assurémentnbsp;celui que nous présente , dans les hospices dinsensés, cette foule de raal-lieureux inutiles an bien général, souvent nuisibles a eux-mêmes, et presquenbsp;toujours dangereux a Fétat social, dansnbsp;lequel ils ne peuvent remplir aucunenbsp;fonction. Le desir de lui rendre cesnbsp;norabreuses victimes du malheur, manbsp;suggéré Fidée, qui sest souvent renou-veléedepuis,dappliqucrle gal vanisme,nbsp;non-seuleinent dans la folie , raais encore dans quelques autres espèces denbsp;oialadies. Piusieurs circonstances , jus-a la fin de Fannée dernièreni ont
successivement empêché dessajer ce
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nouveau mojen thérapeutique: néan-moius rexpérience et Tobservation se réunissaient pour men faire concevoirnbsp;les espérances les plus flatieuses.
Je métais assure sur nioi-même, par Iapplication de Tarc sur toutes les parties de la face et de la tête, et par uuenbsp;foule dexpériejices galvaniques , va-riées de toutes les manières , de Iiu-IJuence éiiergique de ce stimulus surnbsp;lorgane encéphalique.Eii consequence,nbsp;iai appliqué un des conducteurs a unenbsp;de mes oreilles, et lautre, tantót aunbsp;nez, tantót au front, de sorte que lanbsp;tête fit partie de la chaine qui condui-sait finfluence galvanique , de la basenbsp;au somraet de la pile. Dabord Ie lluidenbsp;sempara dune grande partie du cer-veau , qui éprouvaune forte secousse,nbsp;et comme uue espèce débraulementnbsp;CQntre les paruis de la boite osseuse.Lesnbsp;eflêts auginentèrent encore, lorsque jenbsp;conduisis les arcs dune oreillea fautre,
-ocr page 253-SUR LE GALVANISME. 217 Jairesseiitiuneforteaction a la tête ,nbsp;et une insomuie proloagée pendantnbsp;plusieurs jours : phénomène qu eprou-vèrent égalernent ceux qui se prétè-rent a ces essais. Jai quitté ce geni^enbsp;dexpériences bien désagréable, quinbsp;daHleui's était nécessaire pour évaluernbsp;la force du galvanisme dans les applications raédicales. Lon voit par-la quenbsp;ce nouveau stimulus exercant unetrès-forte action sur Ie cerveau , pourra ynbsp;produire des cliangements salutaires.nbsp;Lesfonctions du cerveau, comine onnbsp;,1e sait, sont iiées aux opérations denbsp;rentendemeut. Du bon état des unes ,nbsp;dépend lenergiedes tiutres. Une cluite,nbsp;un coup violent porté sur la tête, outnbsp;souvent produit des altérations très-sensibles dans les facultés intellectuel-les ; les uns ont perdu la mémoire,nbsp;d antres sont devenus presque stupides.nbsp;11 est même des faits bien constates,nbsp;qui prouvent que de pareils accidents
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outamené,chez certains individus, les changements contraires les plus heu-reux et les plus inespérés : ils ont éténbsp;suivis chez les uns , dune aptitude auxnbsp;études , qui ne se faisait point remar-quer avant j chez dautres , se sont dé-veloppés de grands talents , dont onnbsp;navait jamais apercu le germe. On anbsp;vu ces memes accidents, chez des ma-niaques et des personnes en démence,nbsp;être suiyis du retour de la raison. Cesnbsp;observations , ces réflexions, et les ex-périences que javais faites ensuite,nbsp;me firent done espérer du succes denbsp;ladministration du galvanisme dansnbsp;ralicnation mentale.
Je témoignai le desir que javais den faire lcssai aux raédecins de lhópitalnbsp;des insensés. Je galvanisai de diversesnbsp;rnanières, etsous les jeux dhabilespro-fesseurs, plusieurs insensés deleurinai-son. Deux, sur-tout, parmi les mélan-coliques, ont été parlaitement guéris.
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Pour faire connaitre Ie mode dappli-cation dont je me suis servi, et auquel je me suis arrêté, je vais rapporter lob-servation du traitement que subit unnbsp;de ces inseusés, aqui jai procuré unenbsp;guérison parfaite.
LouisLanzarini,agriculteur de profession, ègé de 27 ans, dun tempérament Ijmphatique, ajant fair rêveur et taciturne , fut conduit a lhópital denbsp;S/®-Ursule OU il fut recu Ie 17 mai 1801.nbsp;II s j plaignit des traitements quil re-cevait, et devint indifférent pour toutnbsp;ce qui intéresse les autres hommes. IInbsp;recherchait la solitude , paraissait siso-ler au milieu de tout ce qui 1environ-nait. Son air sombre , rêveur, sa taci-turnité augmentèrent a un tel point,nbsp;quil présentait limage de la plusnbsp;parfaite stupidité. Ce fut dans eet étatnbsp;qi^ien présence des professeurs Gen-tili et Palazzi, et de plusieurs étudiantsnbsp;en médecine qui suivaientlhopital, je
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Ie soumis a Iactiou de la pile galva-uique. Elle était, cettefois, composée de quatre-vingts plaques dargent et denbsp;zinc.Lemaladeparaissautextrêmementnbsp;triste etcomme absorbé ,regardait 1ap-pareil avec des jeux fixes et iramobiles.nbsp;Ses répoiises aux questions quon luinbsp;faisait, étaient courtes, monosjllabi-ques, quelquefois erabarrassées, dau-trefois sans aucun rapport a la question.nbsp;On lui liumecta les mains avec de leaunbsp;salée, et lon fit Fare avec la pile a difFé-rentes hauteurs insensiblernent, pournbsp;lefamiliariser avec Ie galvanisme,et 1a-menera recevoir Fact ion de toutl appa-reil. Nous nobtinmes presque rien denbsp;cette application par les mains. Voicinbsp;alors Ie procédé auquel je revins : jenbsp;placai les mains du malade a la basenbsp;de la pile , et je complétai Fare total,nbsp;ovi, si Fon vent, jétablis communication entre les poles positif et né-gatif, au raojen dun autre arc qui
-ocr page 257-SUR LE GALVANISME. 221 sétendait du sommet de la pile a unenbsp;partie quelconque du visage. 11 est bounbsp;deremarquer que les parties oulou di-rigea laction du galvanisme, étaientnbsp;dans cette expérience , ainsi que dansnbsp;toute autre, bumectées auparavant parnbsp;une dissolution de muriate damonia-que OU de muriate desoude. Le résui-tat fut uil changement subit et très-sensible dans les traits du sujet, quinbsp;parut étonné et comme arraché a lob-jet de ses rêveries. Lexpérience fut ré-pétée de cette manière plusieursfoisdenbsp;suite, et toujours avec le même succès.nbsp;Elle neut aucun effet nuisible; le ma-lade,quon interr.ogea le lendemain,nenbsp;se plaignit point. Son état nétait pointnbsp;erapiré; il ne lui était rien arrivé dex-traordinaire , a ce quil dit, quand onnbsp;1interrogea; ce que confirmèrent lesnbsp;infiruiiers quon avait chargés de lesur-¦veiller. Lg surlendemain-et les joursnbsp;suivants, on le galcanisa de nouveau ,
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mais plus fortement, et toujours avec uil succès qui,chaque foisjdevenait denbsp;plus en plus marqué: sa physionomie sa-nimait a la vue delapparei^et pendantnbsp;son action. Ce iiétait point eet liommenbsp;sombre et abattu ; une gaietédouce senbsp;répandait sur tout son visage.11 laissaitnbsp;qiielquefois échapper un légersourire,nbsp;témoignage de soa contentement, etnbsp;qui navait absolument rien de niais,nbsp;ni de stupide. Lexpression de ses yeuxnbsp;changeait totalement; loin davoir Ienbsp;moindre éloigneraent pour les expé-riences auxquelles on Ie soumettait,nbsp;il sy prêtait a la première invitation ,nbsp;par la persuasion ou il était sans doute,nbsp;de Tamélioration quapportait dans sounbsp;état IinHuence galvanique. Enfin ounbsp;lentendit faire qiielques questions ,nbsp;tantót sur la machine, et dautrefois surnbsp;léclair qui sexcitait dans ses jeux anbsp;cliaque application de fare. Je crusnbsp;pouvoir alors me livrer a lespoir duu
-ocr page 259-SUR LE GALVANISME. aaS succes prochain et complet. Je cher-chai même encore a Ie hater. Je menbsp;rappelais des expériences que javaisnbsp;faites sur moi-même et dont jai déjanbsp;parlé : je me souvenais de laction vivenbsp;du galvanisme sur Ie cerveau , quaudnbsp;on en étabiit Ie courant par les oreilles.nbsp;Jen fis done, avec soin, lessai sur Ienbsp;maiade que je traitais, sans renoncernbsp;cependantalautremode dapplication:nbsp;je les emplojais tous deux alterna-tivement. Je me servis dabord dunenbsp;pile de quinze plaques de cuivre et denbsp;zinc; peu-a-peu, et par laddition denbsp;nouveaux disques , jaugmentai Tin-tensité de son action , je la rendisnbsp;même assez forte. La cure marchaitnbsp;iapidement; mais les impressionsnbsp;étant trop vives , et les commotionsnbsp;l^rop violentes et trop douloureuses ?nbsp;nous cessames fapplication sur lesnbsp;oreilles, 0^ efïet était accorapa-gnee , comme plusieurs personnes et
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inoi 1avons éprouvé, duiie conirtio-tion extrêmement fortes et suivie dune insomnie durant plusieurs jours.
Nous itnagiuauies dès-lorsde raser la tête sur la suture pariétale , et dj di-riger Ie courant galvanique. Le lieu futnbsp;ensuite tnouillé et reconvert dunenbsp;pièce dargent ; le nialade placa sesnbsp;mains a la base de la pile, et on éta-blit un are de communication de cettenbsp;pile a larmature métalliqiie posée surnbsp;la tête : ( pb 5 fig. 4. ) la commotionnbsp;fut bien rnoins vive et devint très-sup-portable; aussi ce moyen, que nous con-tinuarnes demplojer depuis ce mo-nlent, produisit-il les améliorationsnbsp;les plus sensibles dans létat du sujet.nbsp;Je nai pas besoin de remarquer quenbsp;jaiternais avec lapplication aux diffé-rentes parties de la face; mais ce quenbsp;je ne dois passur-tout oublier de dire ,nbsp;cest quelesexpériences amenaient tou-jours dans lexprcssion de la pbvsio-
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SUR LE GALVANISME. nomie ces changements frappants quenbsp;jai décrUs plus haut.
MM. Brugnatelli et Zola, ainsi que plusieurs autres savants étrangers, ontnbsp;été témoins de mes observations.Enfin,nbsp;la mélancolie disparut; Ie malade nenbsp;rebuta plus les aliments quon lui pré-sentait ; il en sentit Ie besoin , et reprit blentót toutes ses forces. Les mé-decins de fliopital ne doutant point denbsp;sa parfaite guérison , lui permirentnbsp;den sortir; ils jugèrent cependant con-venable de lui faire faire auparavantnbsp;une saignée au bras; mais , a fexcep-tion de cette saignée, il ne fut admi-nistré aucun autre reraède. Sans cettenbsp;précaution que je pris, lon auraitnbsp;peut-être attribué a dautres médica-ïïients les heureux effets obtenus parnbsp;1 administration du galvanisme.
Quoique convenableraent rétabli, Lanzarini était encore incapabledexer-cer sa proleg5lQj^. j0 desirais dailleurs
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suivre et étudier la raarclie de la gué-rison ; je Ie pris done chez öioi. Il n resta que peu de jours, mais il nenbsp;donna aucun signe de dérangementnbsp;dans ses idéés; il fit toujouis avec exactitude et precision cedontil fut chargé.nbsp;Je Ie questionnai souvent pour con-iiaitre les causes de sa mélazicolie, oiinbsp;au raoins être au fait de ce qui lavaitnbsp;précédée. Dans tout ce quil me dit jenbsp;ne trouvai de remarquable que ceci,nbsp;savoir: que son père était mort de lanbsp;même raaladie que celle quil avaitnbsp;eue, et dans Ie même hópitalque eeluinbsp;dou il sortait. Comme il métait facilenbsp;de vérifier ce fait, je Ie fis : je trouvainbsp;que son assertion était réelle.
Suivant Ie précepte recu, déloigner pendant long'temps les insensés mieuxnbsp;portants des lieux et des objets quinbsp;peuvent reproduire en eux quelquesnbsp;impressions facheuses, je conseillai anbsp;Lanzariiii de passer, sinon sa vie, an
-ocr page 263-SUR LE GALVANISME. 237 moins uii assez long espace de tempsnbsp;hors de son pajs natal. Je ne pus Yynbsp;décider;une espèce de nostalgie Ie ra-mena a ses fojers et a son ancien mai-tre. Deux personnes de sa paroisse, knbsp;qui je ladressai, se chargèrent avecnbsp;plaisir de lesurveiller^et de minstruirenbsp;des moindres dérangements quellesnbsp;apercevraient. Je nai rien appris del-les qui ne fut satisfaisant. Depuis sonnbsp;retour, ses forces phjsiques se sont to-talement réparées, et son moral ennbsp;aucune circonstance na paru affecté.
Le mêrae traitement nous a encore réussi sur Charles Bellini, laboureur :nbsp;mêmes effets dans lapplication du gal-vanisme a la face ; mêmes impressionsnbsp;surle cerveau, dans lapplication surnbsp;oreilles et sur la suture sagittale. Lanbsp;guérisonfut plusprompte, maislesujetnbsp;etaitmoinsmalade que Lanzarini. Peut-on, d après ces deux faits , présenter lenbsp;galvanisme comme remède infaillible
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dans toutes les espèces daberration de jugement? Certes , une assertion aussinbsp;positive annoncerait de la présomp-tion : cependant Ie mojen que je propose nest point a négliger. II faut, parnbsp;desexpériences multipliées, par des es-sais nombreux tacher de counaitre lesnbsp;circonstances oü il peut être appliquénbsp;avec succès. Vu la nature des causesnbsp;qui produisent laliénation mentale, ilnbsp;y aura des cas oü les effets du galva-nisme seront nuls; il j en aura dautresnbsp;oil ilsne pourront quaggraverla mala-die : tels sontceuxoü les aliénés éprou-vent des accès de fureur.Le gal vanismenbsp;ne peut pas plus que les autres mojensnbsp;inédicaux sur la constitution et les vicesnbsp;organiqiies; mais on concoit quil peutnbsp;produire de très-bons effets dans lesnbsp;derangements par Faction de causesnbsp;étrangères et accidentelles , qui, sansnbsp;vicier manifestement 1organisation ,nbsp;portent cependant dune manière qui
-ocr page 265-SUR LE GALVANISME. 229 nousesttout-a-faitinconnue,le trouble,nbsp;et un désordre plus ou moins marquénbsp;dans les fonctions du cerveau.
Cest au tempsseul, aidédesexpérien-ces, a nous apprendre quand nous de-vrons agir, et quand il faudra nous en dispenser. La méthode daille^irsest encore fort éloignée de toute la simpliciténbsp;dont elle a besoin pour être employéenbsp;dans tousles hópitaux.Les médecins quinbsp;ont la surveillance de ces établissementsnbsp;sont, en général, trop occupés , et nenbsp;peuvent pas aisémeiit se livrer a desnbsp;essais , et sur-tout a des tatonnements,nbsp;qui devraient durer plusieurs mois.Enfin la nouveauté dun mojen est pournbsp;beaucoup de personnes un motif denbsp;proscription. Cest done aux chefs desnbsp;petits établissements, et a tons ceuxnbsp;qni sintéressent aux progrès des scien-, lorsquelles ont un but réellemcntnbsp;philanthropique, que je madresse pournbsp;leui ^ecornmander leperfectionnement
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de cette méthode- Le galvanisme alors, par la facilité de son administration ,nbsp;deviendra encore un mojen propre anbsp;être employé avec avantage dans lesnbsp;grands hospices.
On doit cependant sattendre a des obstacles nombreux : tantot ce seranbsp;le remède, et tantot le malade,quinbsp;les présenteront. Jai vu des mania-ques épouvantés par léclair, quexci-tait dans leurs yeux la communicationnbsp;des deux poles, refuser opiui^rémentnbsp;dese soumettre de nouveau a factionnbsp;de la pile. Cest alors au médecin a voirnbsp;la conduite quil doit tenir ; il doit étu-dier son malade. Tantot il sera nécessaire de cacher fappareil, dautrefoisnbsp;au contraire il sera avaiitageux de lenbsp;faire voir , et de le présenter commenbsp;un objet daniusement et de curiosite.nbsp;Jai vu des malades inontrerde findif-ference , et quelquefois de faversionnbsp;pour le galvanisme , ou paree quils
-ocr page 267-SUR LE GALVANISME. aSi étaient épouvantés de la noviveauté dunbsp;niojen, OU paree que des indiscrets leurnbsp;en avaient exagéré la force. II faut alorsnbsp;les attaquer dans leur opinion, es-sajer de les persuader du contraire, etnbsp;les encourager. Dans eet fcaines circons-tances on ne peut pas a[.pl!quer Ienbsp;galvanisrae avec la méthode*ordinaire.nbsp;Je me suis trouvé daus ce cas a 1hó-pital de la Salpêtrière oü jai com-mencé quelques essais en presence dunbsp;célèbre professeur Pinel. Une aliénéenbsp;dont les bras étaient liés ma empê-clié de communiquer 1influence gal-vanique dune main a la base de la pilenbsp;dune part, et de lautre par fare éta-bli entre Ie somraet de la pile et far-mature métallique posée sur la tête dunbsp;sujet. Je me suis servi dans ce cas denbsp;1application du galvanisme d une desnbsp;^i'eilles aux lèvres. (Pl. 5, lig. 5.)
lon ne croit pas convenable dap-pliquer Ie galvanisme dans lintérieur
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du conduit auditif, on pourra avec succes en diriger le courant a Iaide des conducteurs touchant auxboucles desnbsp;oreilles (pi. 5, fig. 3-) Cette méthodenbsp;deviendra toujours très-utile lorsquilnbsp;sagira de faire ressentir Iinfluencenbsp;galvanique a des personnes qui crai-gnent vivernent son action ; car alorsnbsp;Ton pourra soustraire fappareil auxnbsp;jeux du malade , et le galvaniser annbsp;mojen de la communication des con-ducteuns, placés même a une grandenbsp;distance.
Avant mon départ dltalie, jai dé-taillé a Bologne, dans une séance pu~ blique de lAcadémie de Ilnstitut desnbsp;sciences , les procédés que jai déja exposés , et jai même engage mes col-lègues a me communiquer leurs idéésnbsp;sur ce point Je sais bien que deux cures ne suflSsent pas pour faire admettrenbsp;ce remède comme général dans tousnbsp;les cas de foUe : cependant elles doi-
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SUR LE GALVANISME. vent encourager les médecins a coii~nbsp;Gourir par leurs travaux a la vérifica-tion dune méthode qui pourra peut-être remplir la lacune qui se trouvenbsp;danscette partie de lamédeciue. Je suisnbsp;toujours persuade que ce genre dexpé-riences exige beaucoup de prudencenbsp;et beaucoup de précautions : je serainbsp;bientót a même de les annoncer , d a-près Ie rapport que jattends des différents savants, qui veulent bien soccu-per de eet objet.
Je terminerai cette section par rap-porter les effets du galvanisme appliqué h la hernie scrotale, a laménorrhée,nbsp;a la paraljsie et a dautres maladies.
Un malade de 1hópital militaire der Berlin portait depuis nombre dan-nées une hernie scrotale très-considé-rable, qui setrangla par accident ; lanbsp;tumeur abcéda et fut suivie dune suppuration abondante, et de la sortienbsp;d une partie des intestins. Quaiid Ie
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maladeétaitassisjiléon sortait avec Ie colon , et ses intestins pendaieut jus-quau genoii; de chaque cóté était unenbsp;ouverture qui donnait issue, lune auxnbsp;lavements quon faisait prendre au ma-lade, lautre aux excréilients et a des aliments mal digérés.
Le docteur Grapengiesser, aussitot quil eut examiné ce malade, ré'solutnbsp;dessajer sur lui le galvanisme ; il senbsp;prêta volontiers a ses expériences. Cenbsp;médecin arma en conséquence unenbsp;portion des intestins avec de largent,nbsp;et lautre portion avec du zinc. A peinenbsp;le contact fut-il établi entre les deuxnbsp;armatures , que le mouvement péris-
taltique se trouva considérablement augmenté , et que les ondulations senbsp;succédèrent rapidement. Le maladenbsp;éprouvaune cuisson dunc espèce particuliere dans les endroits touchés parnbsp;les métaux. Le galvanisme parut aug-menterractiondes glandes muqueuses,
-ocr page 271-SUR LE GALVANISME. a35 et celle des vaisseaux exlialants, et ren-dre leurs sécrétions plus abondantes ;nbsp;de grosses gouttes de sue intestinalnbsp;eoulèrent eu peu de minutes sur lesnbsp;métaux.
Alors Grapengiesser se rappelant les expériences relatives auxeffets des alca-lis sur lesnerfs, liumectalégèrement lanbsp;surface des intestins grêles avec du carbonate de potasse ; ie mouvement ver-miculaire des intestins devintau moinsnbsp;six fois plus fort quil nétait aupara-vant, quoiquil nj eüt quune armature: Ie malade sentit au même tempsnbsp;lacuisson augmenter.
Cette expérience est instructive a Lien des égards. On voit par elle quenbsp;les intestins augmentent leur mouvement verraiculaire et la sécrétion denbsp;leurs humeurs par linfluence galva-*^ique, et que par conséquent on peutnbsp;^mplojer ce mojen dans plusieurs maladies oil faugmentation de sues intes-
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tinaux, et des contractions devienneufc nécessaires. Tel serait, par exemple. Ienbsp;cas oü une hernie inguinale ne pour-rait être réduite paries mojens ordinai-res : on devrait tenter, a mon avis, denbsp;déterminer par Ie galvanisme des contractions de l intestin , qui Ie force-raient a rentrer dans labdomen.
Je crois même que si M. Grapen-giesser eiit employé laction galvani-que dans une hernie moins invétérée et moins compliquée, et ,sil ent faitnbsp;usage de la pile, il aurait peut - êtrenbsp;obtenu des résultats encore plus satis-faisants.
La difficulté qui subsiste ordinaire-ment pour rétablir les regies , lors-quune cause quelconque les a sup-primées, ou pour les provoquer a 1 e-poque de Ia puberté, doit fixer notre attention. Un grand nombre de inéde-cins et de physiologistes sen sontoccu-pés. Les experiences électriques , faites
-ocr page 273-SUR LE GALVANISME. aSy dans cette intention par Bertholon,nbsp;Van-Swieten , De-Haën , Sarthingoïi,nbsp;Sigaud de la Fond , et beaucoup dau-tres, sont très-connues : mais quelquenbsp;belles, quelque multipliées, quelquenbsp;variées quelles soient, corarae on nenbsp;connaissait alors que lélectricité ordinaire, elles ne peuvent nous instruirenbsp;que du mode daction de eet agent. Lanbsp;découverte du galvanisme nous a présenté de nouvelles recherches : il fal-lut en efFet reconnaitre quels pouvaientnbsp;être dans laménorrhée les effets de cenbsp;nouveau stimulus, si analogue a l'élec-tricité.
Le docteur Benoit Mojon parait être Ie premier qui ait entrepris de nousnbsp;éclairer la-dessus. II fit sa première ex-périence le i6 juillet 1802 , a Gènes,nbsp;sur une fille de dix-huit ans, qui, né-tant pas encore réglée, éprouvait tou-tes les incommodités de la rétentionnbsp;du flux menstruel , et sur laquelle il
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navaitrien pu produire par radmiuis-tration des emménagogues et des au-tres mojens usités en pareilles circons-tances. II se servit dune pile de quatre-vingts disques , e4 ü appliqua de difFé-rentes manières les conducteurs a la région de Yutenis, dans lintention denbsp;sournettre par degrés eet organe a Faction du gal vanisme. Dans la dispositionnbsp;des conducteurs, il a eu soin que Ienbsp;courant galv^anique ne traver.sat pointnbsp;OU nintéressat que fort peu la vessienbsp;uriiiaire; ce qui nest point indifférentnbsp;a observer , puisquon peut craindrenbsp;que Ie galvanisme ne produise la pré-cipitation de quelques-uns des seis denbsp;Furine. Aussi, malgré la precaution denbsp;diriger les conducteurs comme uousnbsp;venons de Ie dire, M. Mojon avait-ilnbsp;celle de vider auparavant la vessie.
La malade fut galvanisée pendant six jours; Ie septième, Fécoulement desnbsp;menstrues se décida , et fut bientót
-ocr page 275-^UR LE GALVANIS.ME. aSg suivi du parfait rétablissement de lanbsp;santé. Un succès aussi marqué et aussinbsp;complet ne pouvait quengager Ie doc-teur Mojon a de nouveaux essais; il ré-péta done ses expériences, et galvanisanbsp;dans plusieurscas analogues, et mêmenbsp;dans des suppressions. Les résultats fu-rent toujours heureux ; les régies san-noncèrent , ou reparurent, et les ma-lades recouvrèrent promptement lanbsp;santé.
Plusieurs phjsiciens out étendu faction du galvanisme a dautres maladies; Ritter et BichofF en ont fait fapplica-tion dans les paralysies ; Humboldt etnbsp;Anschel viennent de femployer dansnbsp;des affections rhumatismales,ainsi quenbsp;dans les cas ou fon se propose détablirnbsp;au-dehors un écouleraent des humeurs.nbsp;Le professeur Rossi en forme une nou-quot;'quot;^lle application è. fliydrophobie. Gra-P^ögiesser aimaginé que le galvanismenbsp;pourrait être employé comme resolutif
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dans certains sciatiques clironiques , dans des tiimeurs indolentes , dans Ienbsp;goitre, dans Ie mélicéris et lathérómenbsp;commenqants.
Tel est Ie tableau des maladies que Ton espère guérir a laide du galva-nisme. Je fais des voeux bien sincèresnbsp;pour quun jour nos expériences senbsp;trouvent réalisées, et parfaitement ae-complies pour Ie soulagement de Iliu-manité soufïrante*.
* Le docteur Cevade, 1iin des premiers cjui ont execute en Suisse des applications médicales du galva-nisme , a tien voulu men faire part avant son departnbsp;de Paris. II a obtenu des avantages dans les affectionsnbsp;de louie et de la vue 5 maïs il annonce ingènuemeutnbsp;navoir pas eu les mêmes effets dans dautres maladies, II a admiiiistré le galvanisme a ime demoisellenbsp;dontles muscles du cou uepouvaient plus porter la tête,nbsp;(jiii torabait sur les épaules , et était contimiellementnbsp;soutenue de ses mains. Linflueuce galvanicjue fut com-muniqiiée a laide de deux plaques appliquées aux deuxnbsp;cótés du cou , düiit Tune répondait a la base , Iaiitrenbsp;au sommet de la pile. Laction du galifanisme fut trés-
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SUR LE GALVANISME.
J?récautions nécessairespour Vapplication du galcanisme dans la mort appa-rente et dans les suppliciés.
Les principes proposés par Galvani, examines, et approfondis dans toute
sensible j puisque les plaques impriraaient sur la peau fles marqués très-visibles , seiiiblables a celles qui au-raient étc procluites par uii cautère poteutiel , ou parnbsp;«nebrulure. Elle reent des avantages de cette adiuiuis-tration, mais i!s ne furent pas trop durables 5 ce quinbsp;leugagea a quitter Ie galvamsme au bout de quelquesnbsp;séances, pour aller aux enux thermales dAix.
M. BischoH', professenr a Jena , a fait , dans plu-sieurs cas de paralysie, lapplication du galranisine , associé quelquefois a Iélectricité ordinaire ; il en a ob-tenn des avantages reels, comme 1ou peut voir ennbsp;détail dans ses ouvrages.
Le docteur Mongiardini a cultivé avec beaucaup de zèle, cette partie de 1adininistration ruédicale : sesnbsp;resultats ont dautant plus de droit a la confiance pu-blique , qn ilsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avec tons les earac-
z.
s43 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
leur étendue, ont conduit quelques
téres (Ie la vérité 5 car ü annonce avoir adojinistré Ie galvanisnic atrois personnes, deux desquelles avaientnbsp;les bras paralyses , efc la troisièrne la jone gaucbe.nbsp;Les deux premières nont übtcnu quun avaiifage tem-poraire 5 jnais la derniére a été parfaitement rétablie.
Le traitcnient medical dun hydrophobe , opéré a 1aide du galvanisme par le professeur Rossi, doit êtrenbsp;rapporté ici avec tous les détails. Un hoiiime mordunbsp;au pouee par uu cbien enragé éprouvait dans cettenbsp;partie, depuis un mois environ , des douleursqui deve-iiaient de plus en plus vives , et sétaient propagéesnbsp;dans lavaut-bras ct le bras , et luênie jusque dans lenbsp;dos. Le professeur Ro.ssi, quil eonsulta ^ appliqua imnbsp;caustique sur la morsure , et dissipa de cette mauiérenbsp;les accidents : mais ce ne fut pas pour long - temp.o.nbsp;Peil de jours après les douleurs reparureiit , et plusnbsp;vives et accompagnées de tous les symptómes de lanbsp;rage. Horreur de 1eau, frissoimeineiits ;i la vue dob-jets brillants, irritation du gosier , difficulté dava-jer, envie pressante de morilre , cracbottement conti-luiel, etc. : ce fut clans eet état quou le galvanisa.nbsp;Lappareil, fonné dunepile de ciiujuante couples mé-talliques, fut di.sposé dans uue cbanibrc voisine , pour
-ocr page 279-soustraire Ie malade aux accès que 1eau et les corps luisauts dont se coinposait cette pile , nauraientnbsp;pas niatiqué de determiner.
M. Rossi se servit poor conducteur de handes de papier gris Inimecté, et fit usage de deux arcs ; Ie premier fut établi de la base de la pile aux pieds dunbsp;sujet, quil fit placer iiu dessus. Tenant eiisuite dansnbsp;sa main une des extrémités du second arc , cjui denbsp;1autre part communiquait avec Ie soinmet de la pile,nbsp;il attendlt que Ie malade ouvdt la boucbe pour mor-dre, et Ie toucha dans cette cavitc. La secousse futnbsp;assez forte, les douleurs parurent vives. De iiouvelles applications dans la mème circonstauce, de la niêine ma-nière, produisireiit la syncope. Lexpérieuce devint alorsnbsp;plus facile a faire, et on la répéta autant de fois quon Ienbsp;jugea convenable. Le malade ne fut galvanise que cenbsp;jour-la , et parait cependant avoir été parfaitementnbsp;guéri 5 dés le lendemain mênie il est allé bien portautnbsp;chez M. Rossi , qui , loin de sattendre a un aussinbsp;peonipt rétablissement , comptait 4 peine obtenir
'Pclque succes , ct se disposait a de uouvelles tenta-tives.
-ocr page 280-vrage publié dernièrement, vientda-dopter et de renforcer cette opinion a laide de beaucoup de preuves et denbsp;beaucoup dobservations. Or, si lesnbsp;procédés de la vie sont liés avec ceuxnbsp;du galvanisrne, sera-t-il permis dennbsp;faire usage indistiiictement dans tou-tes les circonstances ou lon croit la vi-talité éteinte dans Ie corps humain ?nbsp;Voici la recherche que je me proposenbsp;de faire, pour établir les cas ou 1admi-nistration du galvanisrne doit être
Si, parini les gnérisotis que nous avoiis décrites , * il y en a qiielques-unes qui semblent extraordinaires etnbsp;étonnantes , elles doivent conséqueriiment exciter da^nbsp;vantage la curiosité et lattention des médecins, pournbsp;les verifier et les examiner dans de pareilles circonstances.
* Voyez Bischoff, Comnientalio de usu Galvanismi in^arle medica. Jenae, i8oi.
Mémoires de la Sociétémédicale de Genes , lom. 2 , i8o3.
Rapport présenté a la Classe des Sciences exactes de 1Académie de Turin, Ic s nivose an xi, par Ie professeiir Vassalli-Eandi.
-ocr page 281-SUR LE GALVANISME. aZ S tléfendue, eten raême tempsdétermi-ner ceux oïi Ton pourra en faire usage,nbsp;et les précautions qui doivent accora-pagner son application.
11 ne faut pas voir dans Ie galvanisme quedes phénomènes propres a éfonnernbsp;lepeuple, ou une foule dexpériencesnbsp;inutiies a la science; il faut envisager cenbsp;puissant agent du coté des avantagesnbsp;quil doit rendre a la société lo/squilnbsp;est emplojé par des mains habiles. Onnbsp;sait que fempirisme malheureuse-ment sempare toujours des grandesnbsp;découvertes , et les dégrade en les fai-sant servir comme moyen plutót pro-pre a éblouir la multitude, quafavori-ser la véritable instruction. Quelle nenbsp;fut pas la réputation de ce Mesmernbsp;dont Ie nom séleva si rapidementnbsp;*^®lgré la désapprobation et Ie mé-des grands savants de la France!nbsp;Comme Ie flambeau de la vérité vintnbsp;éclairer ses prestiges ^ aussi son sys-
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têrne spécieux rentra bientót dans la
plus grande obscurité.
Lon peut mettre iei presquau même niveau, les tracteuvs métalli-quesde Parkinson» que Ion doit con-sidérer comme dénués de toute actionnbsp;physique, et rapporter entièrementnbsp;aux efFets de Timagination. Quelle influence physique peut-on raisonnable-ment espérer du frottement de deuxnbsp;plaques de métaux différents sur Ienbsp;corps humain, sans aucune huraiditénbsp;intermédiaire, sans aucun isolement,nbsp;sans aucune des conditions nécessairesnbsp;dans ce genre dexpériences ? Néan-moins jai vu eet appareil empiriqiienbsp;répandu dans Londres, vendu a unnbsp;très-haut prix, et même rapporté parnbsp;quelques-uns a la force du galvanisme,nbsp;pour augmenter sa réputation, malgrénbsp;les réclamations de plusieurs méde-cins qui en ont démontré linutilité.
Le docteur Hagarth, entrautres, a,
-ocr page 283-SUR LE GALVANISME. 247 tt^isau plus grand jour rempirisnie desnbsp;tfacteurs métalliques : il a formé denbsp;faux tracteurs avec du bois, du verre,nbsp;et dautres substances vernissées avecnbsp;la couleur des tracteurs de Parkinson.nbsp;II a obtenu les meines guérisons, lesnbsp;mêmes résultats dans la goutte , dansnbsp;les rhumatismes, dansla sciatique. Cesnbsp;observations sont assez concluantesnbsp;pour souteiiir quil nj a pas d actionnbsp;dans 1appareil de Parkinson , ou , silnbsp;y en a quelquune, elle ne doit pas êtrenbsp;attribuée aux tracteurs, mais bien anbsp;Fimaginatlon, vivement excitée parnbsp;Iappareil imposant de cette application.
Le galvanisrae ne doit pas être placé au rang de ces agents chimériques; sonnbsp;action est réelle et bien constatée, sesnbsp;appareils et leur construction ne sontnbsp;paint cachés , leur force est connue etnbsp;ressentie de tout le monde. Je persist©nbsp;toujours a croire quil doit cependant
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être admiiiistré avec beaucoup Je pré-cautions dans Ie corps humain , qnoi-que la vie j soit éteinte en apparence. Je ne prétends pas ici renouveler lanbsp;question agitée autrefois, savoir , si Ienbsp;galvanisme , ou tout autre stimulant,nbsp;excite la douleur lorsquil est appliquénbsp;aux rnembres dun supplicié, après lanbsp;decapitation. Je naurais rien a ajouternbsp;a ce quont dit dune part et dautrenbsp;Sue et Sommering, pour prouver lanbsp;présence de la douleur après la mort,nbsp;et Cabanis, Guillotin et dautres, pournbsp;soutenir le contraire.
Je me bornerai done, daprès mes expériences faites a Londresle 17 janvier i8o3 , a considérer faction dunbsp;galvanisme sur les supplicies parnbsp;strangulation. Ces raalheureux conser-vent , a mon avis, quelquefois leurnbsp;sensibilité long-temps dans un étatnbsp;ou il nj aplus aucune possibilité de lesnbsp;rappeler a la vie. Toute tentative faite
-ocr page 285-SUR LE GALVANISMS. 249 dans cette circonstance deviendra cou-pable , et devra être regardée commenbsp;un attentat aux droits les plus sacrésnbsp;de lordre social. Le phjsicien ne séri-gerait-il pas en juge nouveau, plus sé-vèrequeceux qui ont prononcé la mort,nbsp;en ajoutant des souflprances a cellesnbsp;quun malheureux vient déprouver ennbsp;expiation de ses crimes? nn tel casnbsp;nest pas hjpothétique. Supposons quilnbsp;existe une parfaite luxation des vertè-bres du cou , raais que le sang soitnbsp;encore porté par les carotides au cer-veau, et reporté au coeur par les jugii-laires. Le malheureux qui se trouveranbsp;dans cette situation cruelle, sil étaitnbsp;soumis a Faction du galvanisme, il nenbsp;serait que tourmente. Tout effort dvinbsp;galvanisme deviendrait nul; on ne fe-rait au contraire qu augmenter par cenbsp;moyen , ses soufFrances, et prolongernbsp;supplice ; on ne ferait que rendrenbsp;Icxpérirnentateur barbare, et le sujet
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de ses expériences une victime mal-lieureuse de secours iiiutiles et incon-sidéréaient administrés.
Jepense,eii conséquence , quelap-plication de ce stimulus trés - actif doit être bornée aux cas oii la suspension animale est alFectée a un seulnbsp;point, quilaisse encore briller lespoirnbsp;dn rétablissement de la vie. Si Ie coeur,nbsp;si la circulation, si Ie poumon, si Ie sjs-tènie nerveux sont inactifs, pourvu quenbsp;Forganisation subsiste encore, et quenbsp;les fonctions vitales ne soient pas sus-pendues long-tempSjTon pourra admi-nistrer Ie galvanisme.
II est a présumer que les juriscon-sultes sévères ne permettront point que les suppliciés pendus soient traités par un tel mojen , et ne voudrontnbsp;pas laisser aux efforts et a 1industrienbsp;des phjsiciens la douce satisfaction denbsp;les rappeler a la vie. On ne pourranbsp;néanmoins sopposer a ce que les se-
-ocr page 287-SUR LE GALVANISME. aSi cours du galvanisme soient donnésnbsp;conjointementavec tout autre,a ces in-fortunés, qui, livrés au desespoir, ontnbsp;cherché leur destruction par la strangulation ou pardautres mojens.De pa'nbsp;reils accidents sont malheureusementnbsp;trop fréquents dans lesgrandes villes;nbsp;et Ie galvanisme mérite dautant plusnbsp;la confiance que son application , dansnbsp;tous ces cas, ne souffre aucun délai.
Les expériences que nous avons ex-posées dans la seconde partie , nous font croire que les muscles de la têtenbsp;des décapités cessent bientot de se prê-ter è. faction du galvanisme, et que lesnbsp;contractions ne durentque trois quartsnbsp;dheure ou une lieure tont au plus ;nbsp;tandis que dans Ie cas dun pendu ,nbsp;comme faieu occasion dele voir a Lon-dres, la tête a donné des contractionsnbsp;licaucoup plus fortes pendant fespacenbsp;de deux heures, et même davantage.nbsp;Ces faits semblent démontrer que for-
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ganisation animale , dans ce dernier cas, est conservée plus long-temps ; etnbsp;celanous portera dautantplus a pensernbsp;que le sujet sur lequel on fait les ex-périences galvaniques pent en éprou-ver et eii ressentir Iaction.
Ces réflexions pourront faire appré-cier a la jurisprudence médicale les précautions a prendre pour les tenta-tives galvaniques a faire dans ces cas ,nbsp;selon les circonstances dilférentes quinbsp;accompagiieiit fadministation du gal-vanisme a des suppliciés, ou a des per-sonnes réputées péries de mort naturelle. En tout cas , et en général ilnbsp;s^ra bon de ne se permettre lappli-cation de eet agent puissant sans avoirnbsp;pour but le soulagement de fbuma-iiité,, ou les véritables progrès de lanbsp;science. De toutes ces considérationsnbsp;Ton pourra conclure que ce nest pasnbsp;mon intention de mettre des entravesnbsp;a 1application du galvanisme , mais
-ocr page 289-SUR LE GALVANISME. a53 bien plutót de déterminer les circons-tances * convenables oü lon peut lad-ministrer avec sagesse et avec avan-tage.
Les cas dapoplexie ou de mort ap-parente , comme nous lavons indiqué autrefois , méritent de fixer spéciale-ment lattention des phjsiciens. La police médicale, loin de sopposer dansnbsp;ces cas a ladministration du galva-nisme,doit puissamraent en ordonnernbsp;femploi conjointement avec dautresnbsp;secours, que lon met habituellementnbsp;en usage.
* Pendant que jimprimais cette section, Ie profes-seur Ferrj a bien voulu me faire part de recherches analogues quil a faites a cèt égard. Je lui eii témoigne-rai ma reconnaissance , en imprimant sa lettre a la fin denbsp;1ouvrage ^ et je me perrnettrai dj ajonter quelquesnbsp;reflexions. Quoique je sois persuade que lon ne doit pasnbsp;proscrire, dans tous les cas, 1emploi du galvanismenbsp;®ur les suppliciés, je crois néanmoins que les reflexions ,nbsp;concernant cette question , pourrout fixer 1 attentionnbsp;de la police médicale.
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Une foule de faits nous a plusieurs fois démontré que des persounes ontnbsp;été précipitées au tombeau avant quenbsp;la mort les eüt irrévocablement frap-pées. Ne devons-nous pas porter toutenbsp;notre attention a prévenir des évène-ments aussi funestes ? Dans ces moments de deuil, oü Ie devoir et la ten-dre pitié nous font une loi dlionorernbsp;les restes dun ami, ne devons-nousnbsp;pas dabord emplojer tout notre in-térêt pour voir sil j a encore quelquenbsp;espoir de Ie rappeler a la vie, ou pournbsp;nous confirmer quelle est linie sansnbsp;retour ? Que sont ces appareils lugu-bres, cette pompe funèbre, ces émo-tions apparentes de douleur, si Ionnbsp;négligé alors les justes précautions quenbsp;Ton doit a la possibilité dun reste pré-cieux de vie ? On pourrait rapporter icinbsp;beaucoup dobservations puisées dansnbsp;lhistoire des animaux en familie, re-lativement a la tendresse maternelle
-ocr page 291-SUR LE GALVANISME. ^55 dans cette circoiistance. Pertneilrions-iious que les animaux, ces maitres si-éloquents de Iliomine en tout ce quinbsp;concerne les affections de la nature ,nbsp;exercassent entre eux plus de soins quenbsp;noijs envers nos semblables !
Je regarde toujours avec horreur et indignation fempressement avec le-quel on proscrit de la société fliommenbsp;qui parait avoir rendu son derniernbsp;soupir, en Ie dérobant ainsi aux pré-cautions que de sages lois, commenbsp;celles dAthènes et de Rome, avaientnbsp;prescrites pour empêcher Ie cas dunnbsp;enterrement homicide.
II seraita desirer que lon établit par autorité publique , dans toutes les nations , des personnes éclairées et ca-pables de faire les épreuves nécessairesnbsp;pour constater si la mort est réelle ounbsp;Won. Leur surveillance , leur conseil,nbsp;leur main bienfaisante, seront utilisésnbsp;dans ces cas. Cet établissement d ins-
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pecteurs et de juges de la mort a lieu en Angleterre, a Genève , et dans dati-tres pajs.
Quon ne sen laisse pas imposer par lapparence trompeuse dune mortnbsp;réelle : il faut employer tons les se-cours de Tart avec confiance. Combiennbsp;de fois na-t-on pas vu des rnalheureuxnbsp;tomber en léthargie, auxquels ladmi-nistration de certains secours a été denbsp;la plus grande elïicacité! Les extrémitésnbsp;étaient iminobiles , Ie visage pale , Ienbsp;corps froid ;lapoitrine ne séleyait plus,nbsp;la respiration était totalement suspen-due; ime glace approchée de leur bou-che ne se ternissait plus; tont enfinnbsp;annoncaitque les forces vitales étaientnbsp;anéanties; etcependant, malgré ces ap-parences de mort, on est encore parvenu a les rappeler la vie.
Parini tons les mojensdont lon fera usage dans ce cas , on ne doit pas ou-blier Ie galvaiiisme. Je ne prétends pas,
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SUR LE GALVANISME.
O vee quelqiies pliysiciens, pour cela que les chirurgiens darmées doiventnbsp;examiner et parcourir une multitudenbsp;de soldats blessés a mort, et succom-bés sur Ie champ de bataille, et les trai-ter, cliaCun séparément, avec un com-pas foriTié dune lame dargent et dunenbsp;de zinc, ou les soumettre a Taction dunbsp;courantdime pile galvanique. Ce nestnbsp;pas dans la fureur et la confusion desnbsp;combats ; ce nest pas pendant Ie carnage , oü 1on est obJigé de se vautrernbsp;dans Ie sanghuraain , quil faut espé-rer des secours philantliropiques , qiiinbsp;exigent d'ailleurs beaucoup de trail-quillité et de precision pour être ad-ministrés avec succes.
Je suis même loin de penser avec M. Grève *, et dautres phjsiciens , quenbsp;Ie galvanisme soit assez puissant pour
Ue tnetallorum irritaniento veram ad mortem eiplorandam. - Moguntia, 1794»
I- nbsp;nbsp;nbsp;18
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suftire toiitseul a faire dislinguer une mort apparente dune mort réelle. Jenbsp;remarquerai, avec M. Mongiardini *,nbsp;quun homme dont un meinbre para-Ij'sé se refuse aux contractions muscu-laires, peut très-bien être vivant; tan-dis quon peut facilement obtenir desnbsp;contractions musculaires par Ie galva-nisme , ou tout autre stimulant, cheznbsp;un sujet réellement privé de vie.
Personne nignore que la preuve la plus sure, la plus infaillible que nousnbsp;puissions avoir pour reconnaitre quunnbsp;bomme nest plus vivant, cest la pu-tréfaction. Je pense néanmoins que lesnbsp;contractions quon peut exciter par Ienbsp;galvanisnie , pourront aider beaucoupnbsp;fexanien nécessaire pour distinguernbsp;la mort réelle de la mort apparente.
* Tylunglarcliiii :ne l'Applicalion du galvanisnie n hl médecine, Mcinoire lii !a Société clEraulatioii (Icnbsp;(j'èiies. Yojcz Ie volume ii des Mémoires de liidi('«nbsp;Société.
-ocr page 295-SUR LE GALVANISME. 2% Les mojeiis dont 011 se sert pour cons-tater les cas duue mort équivoque,nbsp;11e peuvent jamais être trop nombreux,nbsp;et lagent galvanique doit certaine-raent tenir une place éminente eutrenbsp;eux. Son action pourra ranimer la respiration et la circulation presque étein-tes, et rallumer, pour ainsi dire, Ie feunbsp;vital.
Ces diverses considerations menga-gent a, invlter tous les hommes sensi-bles de ne pas perraettre que, dans des cas douteux de lethargie ou d as-phjxie, on enlève Ie corps dont onnbsp;croit avoir recu Ie dernier soiipir, avantnbsp;quon ait fait les examens convenables.nbsp;Les sentiments dhumanité qui nousnbsp;font verser des larmes sur la mort denbsp;Hos semblables, doivent nous commander puissainment de tenter plutót lin-duence galvanique pour leur être utiles,nbsp;lout effort a eet égard aura toujoursnbsp;lUi but louable : nous aurons toujours
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a nous féliciterde nos peines , si nous parvenons quelquefois a faire écbap-per quelques victimes déplorables ,nbsp;quun usage barbare préeipite encorenbsp;vivantes dans le séjour des morts.
De Vinjluence da galvanisme sur les Jluides anirnaux.
11 ne sera question ici, ni des variations de la transpiration cutanée , ni de Iaugnientation de la circulation;nbsp;en un mot, daucun des phénomènesnbsp;COmmuns a félectricité et au galva-nisme. Je me bornerai a parler de ceuxnbsp;qui sont particuliers au dernier de cesnbsp;deux agents.
Je rappellerai a ce sujet ce que )ai dit dans la seconde partie de eet ou-vrage, quil est possible , au moven dunbsp;galvanisme, dopérerlexcrétion de certains fluides , et [expulsion des ma-
-ocr page 297-SUR LE GALVANISME. a6i tières fécales. Jai faitla première de cesnbsp;deux observations sur la tête du crimi-iiel décapité dont fai déja eu occasionnbsp;de parler, en rapportant quelques expé-riences faites sur son cadavre. Je re-marquai en effet en galvanisant cettenbsp;tête, que toutes les fois que je venais anbsp;toucher soit une oreille , soit les lè-vres, il se faisait une abondante excré-tion de salive. Ce pliénomène attiranbsp;alors mon attention. Je répétai lexpé-rience avec précaution : jappliquainbsp;Fare a plusieurs reprises, et jeus eba-que fois Ie même résultat. Cette première observation a été depuis cons-tatée a Gènes, et, dans quelques autresnbsp;endroits , sur des têtes de boeufs et denbsp;brebis. La seconde, que jai faite surnbsp;Ie tronc dun bceuf, a de même éténbsp;confirmée a Gènes par MM. Mojon ,nbsp;sur des cadavres humains.
LiflFérents fluides animaux , que j ai soumis séparément a Faction du gal-
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vanisme , mont aussi présenté quel-ques phénomènes importants. Avant dentrer dans Ie détail des altérationsnbsp;quils ont éprouvés; avant de rappor-tr les tentatives que jai faites pournbsp;connaitre rinfluence galvanique surnbsp;eux, il nesei'apas inutile de faire connaitre les mojens dont jai fait usagenbsp;dans mes expériences.
Description de Vappareil dont je me suis seivi pour rnontrer Vaction du galva-nisme sur les Jluides animaux.
Après avoir mis dans un vase de verre fhumeur animale que je me propose de soumettre a faction du galva-nisme , je recouvre ce vase dun raor-ceau de bois percé de deux trous a distances égales du centre. Jintroduis parnbsp;fun des trous un fil de laiton, et parnbsp;fautre un fil de cuivre argenté ; ilsnbsp;sont ainsi séparés jusquau fond du
-ocr page 299-vSUR LE GALVANISME. a63 vase, oü ils se replient de manière anbsp;ce quon puisse approcher a vol on ténbsp;Tune de lautre ces deux ex\tréinitésnbsp;immergées. Quant aux extrémités op-posées qui se trouvent a lextérieur,nbsp;jen fa is cornmuniquer une a la basenbsp;dune pile galvanique , et lautre aunbsp;sommet. (Pl. 7, fig. 5.)
Effets produits wee fappareil.
Le fluïde galvanique, forcé par ce mojen de traverser la liqueur raisenbsp;en experience, agit sur elle suivantnbsp;la longueur du lil. 11 sépare en couchesnbsp;les divers principes qui la composent;nbsp;et cette séparation est dautant plusnbsp;inarquée, que la pile est plus forte, etnbsp;les conducteurs plus grands.
C X. E X P.
Jai mis dans deux verres quatre onces rle sang nouvellement tiré de lanbsp;veine dune personne saine. J ai laissé
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lun au seul contact de Fair atmosphé-rique; jai soumis Fautre a Faction de la pile, et jai observé dans les deuxnbsp;cas une coagulation de lapartie crasse,nbsp;qui fut promptement séparée de lanbsp;partie aqueuse. Au bout de 24 heures ,nbsp;Ie sang exposé a Faction de la pile , senbsp;trouva tellement adherent aux deuxnbsp;lils de métal qui j étaient plongés ,nbsp;quon eut de la difficulté a les séparernbsp;de la partie crasse, qui nageait sur Ienbsp;fluide aqueux, tandis quau contraire ,nbsp;dans Fautre verre, la partie crasse re-posait sur Ie fond.
c X I. E X r.
Je mis dans deux verres deux portions de bile encore chaude, prises dans lavésicule dun bmuf. Jeulaissainbsp;une au seul contact de Fair ; je soumisnbsp;Fautre a Faction de la pile , et jobser-vai, dans cctte dernière seulement ,
-ocr page 301-SUR LE GALVANISME. =65 que, dans lespace de dix heures, la bilenbsp;était devenue tellement opaque, qüellenbsp;ne donnait plus de passage a la lu-mière ; tandis que lautre portion denbsp;cette même humeur, exposée a 1air ,nbsp;avait eonservé^sa transparence et sanbsp;couleur. J j remarquai en outre un dé-gagement dair considérable, dont )enbsp;me propose de rechercher Ie caractèrenbsp;dans une autre occasion.
C X I I. E X P.
Je pris quatre onces durine prove-nant dun homme sain , et au bout de vingt-quatre heures la plus grandenbsp;partie des principes qui constituent cenbsp;lluide , furent séparcs. Ils étaient ras-serablés au tour des fils métalliques, denbsp;nianière quils présentaient uncylindrenbsp;diamètre remarquable, dontbaxenbsp;était fornié par les fils mêmes. En aug-inentant la masse des principes attirés,
-ocr page 302-266 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
tine portion tombait an fond par sa propre gravitation, les cjlindres se dé-truisaient tout-a-fait, et les corps, quinbsp;les formaient, se précipitaient au moin-dre choc imprimé au vase qui les con-tenait. Jai répété dernièrement cettenbsp;expérience a Londres, a lamphithéatrenbsp;anatomique de M. Wilson, et jai ob-servé que le cjlindre composé des par-ticules attirées de Inrine avaitle dia-inetre dun pouce et derai environ.
Si,aulieu de mettre 1urine dans Tap-pared ordinaire. Ton fait usage dlui siphon de verre avec deux fils de pla-tine (pi. 7, fig. 9.), la décompositionnbsp;se produit plus promptement. Jai faitnbsp;cette expérience en presence de MM.nbsp;Fourcroj et Vauquelln, dans leur la-boratoire, et nous observames que fat-traction navaitpas lieu également dans
-ocr page 303-SUR LE GALVANISME. 2G7 les deux branches du siphon; car lu-rine se montrait dune couleur foncéenbsp;dun cóté, et de lautre elle était pres-que limpide. A cette occasion jeus lieunbsp;de voir que Ie courant galvanique excite en peu de temps une parfaite coa'nbsp;gulation dans Falbumine dceuf.
Pour donner plus dexactitude a ces expériences , je me propose de recueil-lir les principes aériformes qui se dé-veloppent lorsque Ie gal vanisme exercenbsp;son action sur les fluides animaux :nbsp;mon but pourra être rempli mojen-nant deux petites cloches de cristal,nbsp;dont est garni lappareil que je propose (pl. 7, fig. 6. )
C X 1 V. E X P.
La substance qui sétait raniassée au-tour du fil dans les précédentes expériences , en fut séparée et précipitée par Ie mqyen que nous avons indiqué.
-ocr page 304-268 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
Ayant eiisuite filtré la liqueur, re-cueilli et séclié Ie précipité, il se trouva peser environ un quart de grain. Lanbsp;liqueur décantée était verd^tre, sonnbsp;dépot terreux, traité par 1 acide sulfu-1 rique, donna du sulfate de chaux.
C X V. E X P.
Jexposai, suivant lemêine procédé, a Taction de la pile quatre onces du-rine provenant dun hotnine ictérique,nbsp;et jobtins un sédiment terreux dontnbsp;Ie poids surpassait peu celui observénbsp;ci - dessus. Le fluïde séparé était dia-phane,un peurembruni.En employantnbsp;les mêmes procédés chimiques on ob-tint du sulfate de chaux , quoique lenbsp;sédiment de Turine fut un peu obscurnbsp;et qifll offrit une portion de carbonenbsp;et de bile qui senüarainait au feu.
-ocr page 305-SUR LE GALVANISME. 2% C X V I. E X P.
En répétantrles expériences précé-dentes sur diverses espèces durine , on a observé en général que Ie gal-vanisnie , par une attraction qui luinbsp;est particulière, sépare de Furine lesnbsp;sulfates , les muriates et les phosphatesnbsp;terreux, unis aquelquesportions de bilenbsp;et de carbone , lesquels se précipitentnbsp;en grande partie au fond du vase quinbsp;contient Furine , Fautre partie restantnbsp;adhérente au fil métallique qui j estnbsp;plongé. lis présentent une figure saline, régulière et de forme bizarre, quinbsp;pourra mériter les recherches des chi-mistes. Lexamendes urines, provenantnbsp;dindividus alFectés de diverses maladies , mérite aussi de fixer Fattentionnbsp;des médecins.
Eon pourra donner encore plusdexac* titude aux expériences précédentes,nbsp;en examinant la différente attraction
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des principes combinés avec les liqueurs animales selon leur difFércnte température. M. Vassalli a fait eet examen sur plusieurs fluides, et il ma ap-pris par ses lettres ejue la défércnce dunbsp;gahanisme aiigmcnte beaucoup dans lesnbsp;mau^ais conducteurs, en raison de Véléva~nbsp;tion de leur température, et (juelle di/ni-nue plutót (jue dquot; augment er dans les bonsnbsp;conducteurs; et la sornme. des deferencesnbsp;des liquides d la température de Vair (15®nbsp;du therm, centigrade ) est d la somme desnbsp;deferences des mêmes liquides éleeés aunbsp;degré de leur ébullition, comme 65 : 'jS.nbsp;Ce saxant mobserve encore que Ie gal-vanisme acquiert des modifications selon la diverse nature des substancesnbsp;par lesquelles il passe. En genéral, ilnbsp;est constaté que eet agent exerce unenbsp;très-différente action, selon la diver-sité des fluides soumis aux expérien-ces: ainsi il mest arrivé davoir de très-petites modifications,en faisanttraver-
-ocr page 307-SUR LE GALVANISME. aji ser pendant longAeraps un fort courantnbsp;galvanique par un vase rempli deaunbsp;de la nier.llmauraitété commode dex-plique^ cette inaction par Tadhésionnbsp;intinie , et par laffinité des seis avecnbsp;leau , qui ne pouvaient pas être sépa-rés par 1influence galvanique ; maisnbsp;iai cru plu tót que la déférence éminente de eet élément avait part dansnbsp;ce phénomène.
Daprès ce que je viens dexposer , fe remarquerai que Ie galvanisme nousnbsp;présente dans lecononaie animale desnbsp;résultats que Ton navait pas encore ob-tenus par Télectricité ordinaire ; et parnbsp;conséquent ils nous paraissent très-propres a faire ressortir encore la difference de ces deux agents. 11 ne menbsp;parait pas aussi naturel de croire quenbsp;Ie galvanisme puisse opérerdans léco-ïiomie vivante, en circulant avec nosnbsp;fluïdes, en se répandant dans tousnos
organes,des altérations, des change-
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merits, sinon tout-^-fait sernblables, du moins très-rappröchés de ceux quilnbsp;produit sur ces mêmes fluides, et surnbsp;ces mêmes organes soustraits a Tin-fluence des forces vitales.
Etudié sur ce point de vue, Ie gal-vanisme pourrait peut-être un jour éclairer Ie mécanisme et la théorie desnbsp;sécrétions ; peut-être nous donnerait-il Ie mot de lénigme que nous présentenbsp;Faction de certains médicaments. II nenbsp;seraitpas impossible en effet que cettenbsp;action nefütautre chose, dansces substances , que leur propriété détablir unnbsp;are entre les systêmes nerveux et musculaire. Toutceci,au reste, est pure-ment conjectural: nousavons trop pennbsp;de faits pour proposer sérieusementnbsp;cette opinion, qui pourra cependantnbsp;acquérir par la suite beaucoup de pro-babilité.
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ET DERNIÈRE.
Considerations générales touchant lespro^ priétés et les ejféts du galvünisme surnbsp;réconomie animale^
Tous les corps de la nature sont doués de propriétés qui leur sont par-ticulières, et cest de leur différentenbsp;influence, cest de la manière quilsnbsp;sont appliqués a nos sens, quils ex-citent des impressions variées surnbsp;nos organes. Le galvanisme de même,nbsp;suivant les lois générales, produit surnbsp;le corps humain des effets analogues anbsp;sa nature, avec une activité qui sur-passé de beaucoup celle de tout autrenbsp;stimulant connu. Je ne crois pas cepen-dant quon ait a craindre de lénergienbsp;de eet agent dans les applications mé-dicales :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;démontré quune forte
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action galvanique , avec les précau-tions nécessaires , peut être soutenue, dans lorganisation animale, sans au-cun danger. Dailleurs il est admis ennbsp;médecine que les stimulants les plusnbsp;puissants, les poisons les plus actifs,nbsp;peuvent, étant administrés prudera-ment, devenir de véritables secours ennbsp;difFérentes maladies. Cest done a lin-dustrie et a la sagacité des médecinsnbsp;de diminuer, selon les circonstances,nbsp;OU daugmenter la force du galvanisme,nbsp;et dans tous les cas , de la modérer ennbsp;sorte quelle soit tournée au bien denbsp;rhumanité. Pour parvenir a une tellenbsp;administration il sera utile de par-courir rapidement les effets les plusnbsp;marqués qui ont lieu lorsquil est ap-pliqué au corps humain.
1. Le galvanisme pioduit sur la peau des elFets bien sensibies et biennbsp;remarquables. Toutes les personnesnbsp;quon galvanise, éprouvent dans lf|
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SUR LE GALVANISME.
Jiarlie dont Ie contact opère la communication des deux poles, un sentiment d^ardeur qu elles comparent a celui qui accompagne la bniUire. Sinbsp;lon continue Ie procédé pendant uunbsp;assez long temps , il sj développe unenbsp;rougeur sensible, et menie quelque-fois un gonflement. La douleur per-siste pendant quelque temjDs lorsquonnbsp;continue lexpérience , en toucliantnbsp;toujours Ie même endroit.
II. Les elFets du galvanisme, sur les diffërentes parties du corps, paraissentnbsp;être en raison de la délicatesse du tissunbsp;de la peau qui les recouvre. Son application sur les lèvres, qui ne sent garanties que par une membrane épider-inoïde, est beaucoup plus douloureusenbsp;que sur les mains , oü eile ne prod uitnbsp;quune espèce de fourmillement, ounbsp;mieux un picotement : cependant cenbsp;picotement, qui pour Tordinaire estnbsp;fort peu de chose , qui mênie se réduit
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presque a rien, quaiid Ia partie est couverte de polls comme a la lête, de-vient pour ainsi dire insupportable,nbsp;pour peu quelle soit excoriée.
III. La commotion galvanique , don-née avec la pile, au mqjen dun are conducteur portésur lalangue, Ie nez,nbsp;et plusieurs autres parties du visage,nbsp;est accompagnée dun éclair qui sex-cite dans les jeux. Quand on fait 1ex-périence sur Ie premier de ces organes,nbsp;outre léclair qui se fait apercevoirnbsp;très-distinctement, on éprouve unenbsp;saveur légèrement acide; on croitnbsp;avoir quelque cdiose daigrelet sur Ienbsp;bout de la langue. Lapplication desnbsp;conducteurs de la pile, introduits funnbsp;dans farrière-bouche, et fautre dansnbsp;rintestiii reetum, détermine dabon-dantesévacuations al vines. Les contractions du tube intestinal sont mêmenbsp;quelquefois assez fortes pour donnernbsp;lieu a de légères coliques.
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IV. nbsp;nbsp;nbsp;Les muscles duii membre, surnbsp;lequel on dirige Ie galvanisme, se cou-tractent pour iordinaire plus ou moinsnbsp;fortement, et répëtent leurs contractions toutes les fois quoii réitère lap-plication des conducteurs.Létendue denbsp;ces conctractions rnusculaires nest ce-pendant pas en raison de la douleurnbsp;quéprouve Ie malade. Tantót il souffrenbsp;beaucoup, et les muscles ne se contrac-tent que faiblement; dautrefois , aunbsp;contraire, on apercoit des contractionsnbsp;vives, fortes , et Ie malade ne se plaintnbsp;presque pas. II nest pas rare non plusnbsp;de voirles musclesentrer en action, etnbsp;la personne quon galvanise néprouvernbsp;autre chose que cette contraction, sansnbsp;sentir, ni douleur, ni la plus légèrenbsp;cuisson. Dautrefois enfin la douleurnbsp;^st très-vive, et les contractions abso-lunrient nulles.
V. nbsp;nbsp;nbsp;Les muscles reconverts par la par-tie de la peau qui recoit Ie contact du
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commiinicateur, ne sont pas toujours les seuls dontil détermine la contraction.nbsp;Aussi arrive-t-il quelquefuis , commenbsp;lon peut facilement sen convaincrenbsp;en faisant lexpérience sur lavant-bras,nbsp;que les muscles éloignés au bras et plusnbsp;haut, se contractent dune manièrenbsp;qui approche de la convulsion. On voitnbsp;aussi Ie même efFet avoir lieu sur lanbsp;main soumise au même stimulus, anbsp;raison de Taction des corps cliarnusnbsp;qui éprouvent alors TinHuence galva-nique. Si Ton fait glisser sur la peaunbsp;Textrémité de Tarc conducteur, en sui-vant Ie trajet des nerfs brachiaux , lesnbsp;organes musculaires dans la dépendance de ces nerfs se contractent avecnbsp;beaucoup de force; mais la sensationnbsp;pi'oduite par Ie gal vanisme neu estnbsp;pas plus douloureuse.
VI. Quelquefois Ie stimulus galvani-que parait perdre tout-a-coup sa pro-priété stiraulante ; les contractions
-ocr page 315-SUR LE GALVANISME. 279 cessent, sarrêtent, la faculté contractile semble éteinte dans les muscles ,nbsp;maïs elle nest pour ainsi dire quas-souple ; bientót elle se réveille , et lesnbsp;contractions deviennent plus fortesnbsp;que jamais. II serait peut-être avanta-geux de ^assurer si ces pliénomènesnbsp;sont dus OU non a la construction denbsp;lappareil, a son mode dapplication,nbsp;OU a dautres circonstances qui lui se-raient étrangêres. Cependant il estnbsp;plus que probable quiis tiennent a lanbsp;nature même de la fibre musculaire,nbsp;qui, lassée, comme Ie dit Fontana ,nbsp;shabitue a la presence du stimulus gsX-vanique , et n j redevieut sensiblenbsp;quaprès une sorte de repos. On en anbsp;a-peu-près la preuve dans ce quon observe iorsque la pile de Volta estnbsp;^lontée pour opérer la decompositionnbsp;1eau. Il se dégage du pole zinc denbsp;1 ^ppareil vers Ie pole opposé, de pe-tites bulles gazeuses qui se succèdent
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sans interruption. Ce dégagement annonce une action continuelle du principe galvanique sur leau, qui lui cede constamment. On peut done raisonna-blement croire que linterruption quinbsp;se rencontre dans les contractions mus-culaires ne tient point au principenbsp;galvanique, quon peut, par analogie ,nbsp;regarder comme exercant continuelle-ment son action dans cette circons-tance, et que ce phénoinène , lié aunbsp;merveilleux ensemble des lois qui ré-gissentléconomie animale, est au contraire lefFet de leur influence sur lesnbsp;différents organes.
VII. La rongeur et Ie gonflement dune partie soumise a Taction long-temps continuée du galvanisme , sontnbsp;quelquefois suivis de petites ampoulesnbsp;quon peut, en quelque sorte, comparernbsp;a celles qui sont Ie résultat dune brü-lure. On apercoit de petites taclies rouges, sembiablesades mgrsures depuce;
-ocr page 317-SUR LE GALVANISME. 281 mais, en examinant ces piqüres a lanbsp;loupe, on voitque Tépidernie est soii-levé, et que la cavité qui résulte de sonnbsp;détacheraent estremplie parunfluidenbsp;jaunatre. Tan tót il J a résorbtion denbsp;ce fluide , et la pustule sefFace; dautre-fois il se forme une petite croute ounbsp;escarre qui tombe en peu de jours.
VIII. Laccélération du pouls est encore un phénomène quon a également lieu dobserver dans lapplication dunbsp;galvanisme, comme dans celle de lé-lectricité. Daprès les expériences faitesnbsp;a ce sujet par Ie docteur Mongiardini,nbsp;il parait quon peut estimer cette accé-lération a cinq pulsations par minute,nbsp;terme mojen. Toutes les sécrétions senbsp;font dune manière beaucoup plus active: elles deviennent plus rapides etnbsp;plus abondantes; celle des urines sur-tout est extrêrnement prompte et co-pieuse: il en faut presque dire autantnbsp;de la transpiratiozi.
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IX. Le galvanisme laisse après lui line .sensibilifé assez développée , etnbsp;line grande facilité de mouvementnbsp;dans les parties qui ont éprouvé sonnbsp;action; mais ces avantages quelquefoisnbsp;sont de courte durée : il faut, pour ennbsp;jouir constamment, recourir a de nou-velles applications assez rapprochées.
Ses efFets sur la tête, entre les deux oreiiles, sont sur-tout extrêmementnbsp;remarquables lorsquon lemploie knbsp;grande dose, si lon peut sexprimernbsp;ainsi, et que son application est con-tinuée pendant un certain temps. Lesnbsp;personnes qui se sont soumises a cettenbsp;expérience , ont toutes éprouvé unnbsp;trouble plus ou moins grand dans lesnbsp;idéés, une douleur fort vive et continue au-dessus de lorbite, de Iinsorn-nie pendant plusieurs jours, quelquefois raême une lassitude générale,nbsp;une sorte dimpuissance , une certainenbsp;difficulté a I'emuer les membres, jointe
-ocr page 319-SUR LE GALVANISME. a83 a quelque chose de douloureux dansnbsp;les articulations. Je présume, daprèsnbsp;ces efFets, quon pourrait aussi donnernbsp;lalièvre, et déterminerdes convulsionsnbsp;par une très-longue galvanisation. Ilnbsp;est done réservé a la prudence dunbsp;médecin de modérer lemploi de cesnbsp;mojens énergiques dans la mesurenbsp;convenable, pour en obtenir des effetsnbsp;salutaires a léconomie animale.
X.Une despropriétés bien constatées du galvanisme est de sopposer a lanbsp;putréfaction des matières animales, ounbsp;mieuxde la ralentir; mais une remar-que quil est important de faire, cestnbsp;que cette propriété ne sétend pas au-dela de faction des appareils galvani-ques: dès que ceux-ci cessent dagir, ounbsp;dès quon retire les matières animales,nbsp;la putréfaction se déclare, et marchenbsp;^usuite plus rapidement quelle nenbsp;1 aurait fait si on ne feiit point contra-riée; ce dont il est facile de sassurer
-ocr page 320-234 en lui abandonnant deux portions denbsp;muscles, par exemple, ou deux quan-tités de sang dont une a subi Tactionnbsp;du galvanisme. Peut-être ce derniernbsp;efFet, dont la caiise nous échappe,nbsp;tient-il a une autre propriété du inêmenbsp;principe, celle de noircirles substances animales, et den relaclier Ie tissu.
En récapitulant, en réunissant tons les faits contenus dans cette troisièmenbsp;partie, et en les comparant d'aprèsnbsp;leur ensemble, on peut, je crois, con-clure avec assurance que les effets dunbsp;galvanisme sont aujourdhui mieuxnbsp;nonnus, et qiTon a fait des progrèsnbsp;dans son mode dapplication. Nous nousnbsp;sommes en effet convaincus : i.° Quenbsp;Ie galvanisme, dans beaucoup de cas,nbsp;exerce une action bien différente denbsp;celle de Télectricité, moins aisémentnbsp;et moins sürement applicable que lui.nbsp;2.° Que son action se manifeste avecnbsp;une sensible attraction entre les par-
-ocr page 321-SUR LE GALVANISME. aSS ties nerveuses et musculaires; pliéno-mène venant a lappui de lliypothèsenbsp;de Humboldt, qui doniie une atmosphere particulière a chacime de cesnbsp;parties. 3.° Que cest a la forte impression quil produit sur Ie cerveau, quilnbsp;faut rapporter les bons efFets quonnbsp;lui a quelquefois reconnus dans les affections de 1organe de louie. 4.° Quilnbsp;est, dans la submersion , dans les asphyxies, Ie plus prompt secours quonnbsp;puisse ernployer, Ie plus sur moyeii,nbsp;Ie remède Ie plus puissant, Ie plus ef-ficace, pour rappeler et conserver anbsp;la vie les malheureuses victimes denbsp;tels accidents. Les expériences que jainbsp;faites au raois de janvier dernier, anbsp;Londres, sur un criminel mis a mortnbsp;par Ie supplic.e de la corde, ont aug-menté nion espoir a eet égard. 5.° Nousnbsp;avons vu quon pouvait lemployer avecnbsp;quelqvie succes pour traiter faliéna-tion mélancolique, dans les cas seu-
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lement oü ce dérangement de Tesprit est accidentel, et ne tient point a unnbsp;vice organique. 6° Enfin nous avonsnbsp;vu Ie galvanisnie opérant dans lesnbsp;fiuides animaux , principalemeiit dansnbsp;lurine, des alterations très-marquées,nbsp;changeant leur composition, précipi*nbsp;tant dauti'cs fois quelques-uns de leursnbsp;principes: ce qui peut faire concevoirnbsp;pour lavenir les plus grandes espé-rances de son administration inédi*nbsp;cale sur eux. Je suis en efFet persuadénbsp;quon pourra un jour en tirer, dansnbsp;certains cas pathologiques , de très-grands avantages, si la prévention, li-gnorance et 1inexpérience , ue vien-uent point mettre dentraves a ces ap*nbsp;plications salutaires.
Uon sait que renthousiasme pour lélectricité médicale avait échaufië jus-qu^ lexcès, dans Ie dernier siècle, les-prit de plusieurs physiciens. On a vunbsp;des liorames , dailleurs éclairés, tels
-ocr page 323-SUR LE GALVANISME. sSj lt;]ue les Pivati, les Gardini, et aiitresnbsp;médecins non moins célèbres, aveu-glés, et raême emportés par la préven-tion, ofFrir nombre de preuves dunenbsp;trop grande crédulité dans leurs rapports , et sattirer ainsi Ie mépris denbsp;ceux qui étudient la nature sans espritnbsp;de parti. Si lasagesse et la prudence nenbsp;président point a iadininistration dunbsp;gal vanisme, il est a craindre quil n'é-prouve un jour Ie même sort. En efFetnbsp;peut-on raisonnablement ajouter foi anbsp;ces guérisons presque miraculeuses,nbsp;rapportées dans les journaux? peut-onnbsp;croire a ces paraljsies guéries en vingt-quatre heures, a cette Foule de sourdsnbsp;et daveugles délivrés comme par en-chantement de leurmaladie ? Quelquesnbsp;plijsiciens ont pensé quon ne devraitnbsp;point Faire dinhumation sans avoirnbsp;préalablement essayé Ie galvanisiue.nbsp;Nous avonsdéja montré les objectionsnbsp;qui prouvent 1incertitude de cett»
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méthode , et nous renvojons Ie lecteur a ce que nous avons dit ailleurs a cenbsp;sujet. M. PfafF propose ingénieuse-ment Ie galvanisiue pour distiuguer lesnbsp;cas oü une cataracte, maladie dont lesnbsp;caractères ne sont pas toujours faciles anbsp;reconnaitre, pourrait être opérée avecnbsp;succès. M. Humboldt, a eet égard , ditnbsp;avoir connu des sujets chezqui Ie gal-vanisme ne produisait pas déclair dansnbsp;lesjeux, quoique ceux-ci fussenttrès-sains. M. PfafF reconnait toute la forcenbsp;de cette observation, et il avoue quenbsp;Femploi du mojen quil propose peutnbsp;avoir des exceptions; mais il observenbsp;aussi que les cas oü Fitripulsion de lanbsp;lurnière na pas lieu par Ie stimulus gal-vanique dans rhjpothèse de la sensibi-lité de la rétine, sont extrêmement ra-res. Il est done infiniment probablenbsp;quil a amaurosis chez un cataracté ,nbsp;lorsque les excitateurs ne produisentnbsp;dansFoeilaucunesensation particuliere.
-ocr page 325-SUR L E GALVANISME. aSg et que Ie contraire a lieu qiiancl cettenbsp;sensation existe. Le mêrne auteur,nbsp;entre autres maladies pour lesquellesnbsp;il recommande encore le galvanisme,nbsp;iusiste spécialement sur son einploinbsp;dans la paraljsie du nerf optique, ounbsp;dans la goutte sereine. Beaucoup dauquot;nbsp;tres médecins ont aussi proposé le galvanisme dans une foule de maladies,nbsp;les uns, plutót par le desir detre utiles, et daprès leurs raisonnements quenbsp;daprès leurs essais; les autres, daprèsnbsp;ses efFets bien connus, daprès leursnbsp;observations et celles des autres. De cenbsp;nombre est M. Grapengiesser, ami etnbsp;collaborateur de M. Humboldt. Il comnbsp;seille Iapplicatiou du galvanisme dansnbsp;la goutte sereine et la faiblesse de lanbsp;vue, uniquemeut par in.sensibilité diinbsp;uerf optique; dans certains bourdon-nements doreilles, lessurdités, len-rouement, Iaphonie par défaut ounbsp;diminution daction nerveuse; dans Ips
I. nbsp;nbsp;nbsp;20
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paral^sies, et même dans dautres maladies dont les causes son-t eombattues par les mojens qui conviennent a cha-cune delles 1. Bouvier assure avoirnbsp;entièrement dissous un calcul urinairenbsp;en vingt-quatre heures par Ie galva-nisme. Quoi quil en soit, je pense quenbsp;ce fluide , dirigé sur la vessie , est plu-tüt capable dj faire naitre un calcul,nbsp;en précipitant les matières calcaires denbsp;lurine, que d'en opérer la dissolution;nbsp;et je crois favoir démontré évidem-
Vojez , pour de plus amples détails, Fouvrage de Fauteur , intitule : Versuche den galvanismus zurnbsp;Tieilung eiiiiger Krankheiten anzuwenden angestelLtnbsp;imd beschrieben von C. J. C. Grajiengiesser dernbsp;arzneikunde und Wundarzneikmist doctor , nvecnbsp;planclies , Berlin ^ 1801 , ou Fextrait cjui en a été iti-sére dans VHisioire dugaUanisme ¦, par P. Sue, pro-ft'sseur a Fécole de médecine de Paris. On trouve aiissinbsp;dans ce dernier ouvrage , page 424, tome ii, desnbsp;détails curieux et satisfaisants sur Ie traitement, aveonbsp;euccès, dune paralysie par la pile gaifanique.
-ocr page 327-SUR LE GALVANISME. sgi ïTient cette propriété dans Tarticle oilnbsp;j'al parlé des sécrétions.
Je terminerai, en pajant a MM. Hallé, Humboldt, Grapengiesser, etplusieursnbsp;autres, Ie tribut déloges dü a leursnbsp;sages et utiles travaux. Ces savants nontnbsp;vu dans Ie galvanisme que ce quil estnbsp;encore permis dj voir; ils ne Fontnbsp;présenté que comme il doit letre ,nbsp;comme une découverte a peine sortienbsp;de son enfance, et sur laquelle il estnbsp;difficile de prononcer dans son application a la médecine , malgré de nom-breuses expériences. Le premier de cesnbsp;habiles professeurs sest contenté denbsp;Fexposé de leurs résultats, sans en tirernbsp;aucuneconséquence; il na pas cru quenbsp;ses observations, jointes a celles des au-tres médecins, fussent encore suffisan-tes pourse permettre le rapprochementnbsp;^es faits , et pour établir des principesnbsp;invariables.MM. Humboldt et Grapengiesser se sont bornés a indiquer,
-ocr page 328-202 daprès les efFetsconnus du galvanisme,nbsp;les maladies dans lesquelles on peutnbsp;espérerretirer quelqueavantage de sonnbsp;application. Loin de Ie vanter commenbsp;iia spécifique nniversel, comme unenbsp;sorte de panacée, a lexemple de quel-ques-uns; loin dimaginer des curesnbsp;tenant du prodige, et de les présenternbsp;comme de merveilleux efFets du galvanisme, ils se sont au contraire attachés a relever, a combattre les erreursnbsp;introduites dans la science par la mau-vaise foi, ou par des propositions tropnbsp;générales. Maïs tel est Ie sort de toutesnbsp;les découvertes une fois échappées desnbsp;premières mains , detre saisies parnbsp;tons ceux qui veulent sen emparer.nbsp;Les uns, animés par le desir de se ren-dre utiles , dirigés par des vues phi-losophiques , cherclient ^ les étendre,nbsp;et a les amener, par une heureuse application, a Tavantage de la société;nbsp;les autres , véritable peste dans la
-ocr page 329-SUR LE GALVANISME. agS science , étoufFent ces découvertes ,nbsp;sopposent a leurs progrès, ou les ra-lentissent en doiinant, comme véritésnbsp;dénjontrées, de pures conjectures etnbsp;des probabilités, en mettant des suppositions , des hjpotlièses a la placenbsp;de faits, en prenant enfin Ie stérilenbsp;langage de la théorie, au lieu de par-ler celui de lexpérience et de lobser-vation.
FINDEi;.A TROISIEME ETDERNIÈRE PARTIB.
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DE LESSAI SUB DE GALVA^ISME.
J^yant eu jusquici pour but, dans moil Essai sur Ie gal vanisme, de re-chercher les rapports phjsiologiquesnbsp;qui concernent les forces vitales dansnbsp;]éconornie animale, jai cru convena-ble de mabstenir de tout détail pure-inent phjsique ou expérimental : cenbsp;sont ces détails dexpériences qui for-meront Ie sujet de eet Appendice, dansnbsp;lequel je traiterai de faction de fair at-inosphérique sur la production des ef-fets galvaniques; de différents appareilsnbsp;quon a employés pour reconnaitre sonnbsp;action sur certains üuides aériformes;nbsp;des diverses constructions dappareilsnbsp;galvaniques quona imaginées;enfin de
-ocr page 331-SUR LE GALYANISME. agS lt;|uelques phénomènes relatifs a loxi-dation des métaux qui composent or-dinairement la pile.
§ I. Expériences galvani(jues falies dans Ie vide et dans lair condense.
ÉRE
experience.
Je prends une cloche de verre de neuf polices environ de hauteur, sur troisnbsp;polices de largeur,ouverte, dans sa par-tie supérieure, de manière a doiinernbsp;passage a une tige de laiton quon peutnbsp;élever ou abaisser a volonté dans Fin-térieur de la cloche. Je place sur Ienbsp;plateau de la machine pneumatiquenbsp;une petite pile composée de qiiinzenbsp;disques de zinc et dargent. Les chosesnbsp;ainsi disposées, je mets en contact lanbsp;partie supérieure de la pile avec la tigenbsp;öaétallicpie, et je forme fare en tou-ehaut avec une main cette mêrnenbsp;tige , et avec lautre Ie plateau de ia
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machine pneumatique : je ressens une secousse inarquée, lair étaiit renferménbsp;dans la cloche, Mais si Ton vieut en-suitea lextraire, ces secousses seinblentnbsp;devenir plus faibles, en augmentantnbsp;sa raréfaction; cependant, avec quel-quesoin que Ton fasse Ie vide, on nenbsp;parviendra jamais a anéantir entière-inent les secousses. Ces phénomènesnbsp;ont lieu, soit que lon einploie une pilenbsp;plus considérable , soit aussi que lanbsp;machine pneumatique et lindividunbsp;qui forme fare, soient isolés. Mais unnbsp;fait assez curieux dans cette expé-rience, cest que si Ton fait rentreenbsp;fair dans la cloche, la pile ne reprend.nbsp;plus fénergie quelle avait avant qu 011nbsp;eut fait Ie vide : ce quil faut attri-Luer a un nuage épais, formé par léva-poration de la dissolution saline, lorsnbsp;de fextraction de faic de la cloche,nbsp;contre les parois de laquelle il va en-suite sattacher.
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SUR LE GALVANISME.
II. E X P.
Si, après avoir formé Ie vide, on fait cominuniquer 1appareil de Ja decomposition de 1eau aux deux extrémitésnbsp;de la pile, on verra seiisibleraent denbsp;petites bullesqni séchappent en formenbsp;de nuage ; ii ma paru quelquefois quenbsp;ce dégagement des fluides aériformesnbsp;était diminué quand 1on poussait Ienbsp;vide au plus fort degré; mais je ne suisnbsp;jamais parvenu a anéantir complète-ment ses effets.
III. E X P.
Pour constater sil y avait diminution de faction du galvanisme dans fair raréfié, je me suis servi du con-densateur. La pile était composée denbsp;trente plac^ues de zinc et dargent; ellenbsp;a chargé Ie eondensateur jusqu a don-nerl etincelle même lorsque , par des
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soustractions successives, je lavais ré-duite a dix plaques de chaque métal : la force était presque la même dansnbsp;lairamené a la plus grande raréfaction.nbsp;Alors jai répété lexpérience en dimi-nuant la pile jusqua trois plaquesnbsp;dargent et de zinc; jai appliqué Ie con-densateur de difFérentes manières, etnbsp;jai vu que les pailles de Télectromètrenbsp;sécartaient toujours au plus haut de-gré , ce qui ma empêché de inarquernbsp;aucLine différence sur faction du gal-vanisme dans fair naturel et dans fairnbsp;raréfié. Je me propose néanraoins denbsp;donner quelque précision de plus anbsp;cette recherche par Ie moyen de la balance électrique de M. Coulomb.
IV. EXP.
Puisque la plupart des expériences galvaniquesse font danslair atmosphé-rique, jai cherché en quoi eet airy
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contribue. Jai mis dans une cuve pleine deau lappareil de lexpériencenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et
jai vu, au bout de 24 heures, leau éle-vée daiis la cloclie de trois pouces environ ; la flamme dune bougie intro-duite était éteinte sur-le-champ; lab-sorption deloxigène delair atmosphé-rique était plus grande lorsquon in-terposait entre les plaques de la pile des cartons trempés dans une dissolution de nitrate de potasse. Labsorption,nbsp;quoique diminuée, eut lieu dans unenbsp;pile oü javais subslitué aux cartonsnbsp;ordinaires des couches dargile hu-mectées deau pure: dansce cas, loxi-gène de lair atinosphérique ne pouvaitnbsp;agir que sur Ie bord des plaques mé-talliques. Jobserve que la pile néan-rnoinsagissaitpuissamment, etprésen-tait seulement quelques dijfférences,nbsp;*^lon la variété des substances terreusesnbsp;^ui étaient emploj^ées dans lexpérience.
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V. E X P.
Les expériences que nous venons de rapporter, faites dans lair raréfié etnbsp;dans son état naturel, ont été aussinbsp;tentées avec Ie même appareil dansnbsp;Fair condensé. Laction du galvanismenbsp;sembla saugmenter en proportion dunbsp;degré de condensation de Fair de lanbsp;cloche. Je communiquai Ie résultat denbsp;ces expériences a Flnstitut des sciencesnbsp;et des arts de Bologne dans Ie courantnbsp;du mois de novembre 1801 , époquenbsp;a laquelle MM, Biot et F. Cuvier *nbsp;soccupaient a Paris du même sujet,nbsp;qui leur a aussi ofFert des résultat.Snbsp;analogues a ceux que javais trouvés.
* MM. Biot et Cuvier out rendu compte de ces expériences dans les Annales de Chiniie dt la rnanièrenbsp;la plus exacte. Ils ont couvert une pile avecune clocfienbsp;dans la cuve bydro-pneuniatic|ue. Ils ont observe aprèsnbsp;17 heures une forte absorption deau , et ils jiigèreiitnbsp;rjue la petite qnaiititè dair restée sous la clocbe devait
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SUR LE GALVANISME.
Avant de passer aux expériences, nous donuerons la description de notrenbsp;appareil, propre aremplir les trois ob-jets suivants. i.° Dintroduire dans un.
civoir perdu sou oxigène. La pile ne donnait que des eflets très-peu sensibles. Elle ne faisait plus éprouvernbsp;de commotions; elle ne communiquait a la langue, placéenbsp;sur les conducteurs, quune saveur très-légère; ellenbsp;nexcitait plus Ie dégagement des bulles dans Ie petitnbsp;appareil, quoiquon eüt pris soin de Ie renouveler, denbsp;peur quil neüt perdu sa sensibilité par suite de lem-ploi quon en avait fait dans les experiences précé-dentes; eiïfin on croyait faction de la pile absoluinentnbsp;éteiute.
Sans rien cbanger a ces dispositions, saus toucber a 1appareil, ils ont introduit une très-petite quantiténbsp;de gaz oxigène sous la cloclie oii la pile était renferniée.nbsp;A 1instant Ie dégagement des bulles, qui navait pasnbsp;encore eu lieu, cornmenca a se manifester. La quan-tité de gaz oxigène introdiiite sous ia cloche était aunbsp;moins quadruple de fazote qui y était resté.
-ocr page 338-recipient oü se troiivait la pile un fluide aériforme quelconque , en évi-tant soigiieusement Ie contact de lairnbsp;atmosphérique. Détudier les efFetsnbsp;du galvanisme , non -sculement sui-vant les différents degrés d'élévationnbsp;de leau dans lintérieur de Ia cloche ,nbsp;correspondants aux effets de la pile sur
Ces savants pensent qne la pile se décharge a Ia ina-nièredes bouteilles de Lejde, et ils proposent une explication ingénieuse cjiii mérite lattention des pbjsi-ciens. Eu géiiéral ces resultats sont dans une parfaite correspondance ^ non-seuleroent avec mes dernièresnbsp;experiences , mais encore avec celles que jai publiéeseunbsp;1794, oü jai démontré qne Ie galvanisme, excité dansnbsp;les ariimaux , néprouvait auciine alteration dans Ienbsp;vide.
Cette analogie des résultats mautorise done a con-cl ure avec ces savants, i. que lappareil galvanique decompose lair atmospbériquequi Ienviroune, etabsorbe son oxigènej 2.° que Toxigène enlevé par la pik anbsp;lair atmospherique contribue a augrnenter les effetsnbsp;galvaniques j 3.° que rappareil galvanique a mie action propre indépendante de lair extérieur.
-ocr page 339-SUR LE GALVANISME. 3o5 ces mêines gaz; mais encore lorsquenbsp;la pile elle-même serait entièrementnbsp;plongée dans Teau. 3.° Dexaminer aprèsnbsp;que la pile a exercé son action, la nature OU les propriétés du résidu denbsp;ces divers Huides aérifortnes. Pournbsp;obteiiir tous ces différents effets jainbsp;eu recours a 1appareil suivant:
Jai placé sur la plancliette dunecuve hjdro-pneumatique (pl. 7 ? % 7. ) cinenbsp;pile qui aété recouverte par une clochenbsp;de verre , garnie ,dans sa partie supérieure, dunevirole enlaiton qui donnaitnbsp;passage a un tube de même nature,quonnbsp;pouvait abaisser ou élever a volonténbsp;dans lintérieur de la cloche. La partienbsp;de ce tube, qui sortait hors de la cloche, était pourvue dun ajutage avecnbsp;un robinet, au mojen duquel on pou-vait extraire tout fair de la cloche. Ennbsp;fermant ensuite Ie robinet, jótai toutenbsp;communication avec fair extérieur.nbsp;La cloche une fois remplie d eau par
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labsorption de lair, on pouvait j in-troduire facilement, par les movens connus, un gaz quelconcjne, sans quilnbsp;j ent en aiicune nianière accès de lairnbsp;atmosphérique. CVst alors quon pouvait coramodément éprouver lactionnbsp;de la pile dans ces lluides aériformes,nbsp;en toucliant avec une main Ie niveaunbsp;de Ieau de la cuve, et avec lautrenbsp;iextrémité de la tige métallique, misenbsp;auparavant en contact avec Fextrémiténbsp;supérieure de la pile.
Enfin, pour recueillir Ie residu du gaz, je fais reposer la cloche, par sanbsp;partie inférieure, sur un plateau denbsp;laiton, dont Ie diamèti-e est un peunbsp;plus grand que Ie sien, et garni dunnbsp;bord deiiviron un pouce de hauteur.nbsp;La cloche ainsi placée sur ce plateaunbsp;métallique repose toujours sur la plan*nbsp;chette de la cuve, qui est couvertenbsp;deau. Alors jadapte une vessie a lanbsp;partie supérieure de la cloche, et jéta-
-ocr page 341-SUR LE GALVANISME. 3o5 blis la communication en même tempsnbsp;que je plonge Fappaieil dans la cuve :nbsp;ü mesure que jenfonce la cloche dansnbsp;leau, Fair queile reuferme étant comprimé, passe dans la vessie, dou jelenbsp;transvase dans un autre vaisseau pournbsp;Femplojer a différentes épreuves pbj~nbsp;siques et chimiques.
Ce même appareil pourrait égale-raent servir pour Ie mélange des gaz en diverses proportions dans Finté-rieur de la cloche , ce qui donneraitlieunbsp;sans doute a des résultats intéressants.
* J ai fait construire pour tnon usage eet appareil , ;i Paris, par Iartiste Labile Diimotier, en emplojautnbsp;des tiges de verre pour supports de la pile, et unnbsp;eerde divoire k sa partie supérieure, afin que Ie fluïdenbsp;galvanicjue ne Fat eii contact avecaucun vnétul étran-ger a celui de la pile. Par la iiièoie raison jai substi-tuê a Ia tige métaliique qui sélève et sabaisse dansnbsp;G cloebe, uu tube de verre a lintêrieur duqiu l passenbsp;111 fd d'arcbal pour établir Ia cominiinication. Cetnbsp;appareil est double , afin de servir a des experiencesnbsp;comparatives.
2 1.
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Après avoir décrit la construction et les differents usages de eet appareil, jenbsp;vais rapporter les experiences dansnbsp;lesquelles je men suis serri.
V. E X P.
Je placai sous la cloche décrite ci-dessus, qui a dix-sept pouces de haut sur trois de large , uue pile conipo-sée de cinquante disques de cuivrenbsp;et de zinc, après quoi elle fut rem-plie de gaz oxigène. Au bout de vingt-quatre heures je trouvai que 1eau sé-tait élevée dans lintérieur de la clochenbsp;jusqua la hauteur de sept pouces: cettenbsp;absorption augmentale second, Ie troi-siènie et les jours suivants, jusquaunbsp;neuvième , ou Ie maximum de léléva-tion de leau fut de douze poucesnbsp;et demi; en sorte que Ie niveau senbsp;trouvait précisément a un pouce au-dessous du sommet de la pile. Lélé-
-ocr page 343-SUR LE GALVANISME. Soy Tation de leau se soutint a ce degrénbsp;pendant tout Ie dixième jour ; maïsnbsp;ensuite elle sabaissa, ce qui mempê-cha dexaminer létat de lair résidunbsp;après Ie moment du maximum de lélé-vation de leau dans la cloche.
V I. E X P.
On substitua Ie gaz hidrogène axi gaz oxigène dans lappareil décrit; maisnbsp;leau neséleva pasau-dessus dun poucenbsp;pendantlespace de huit jours. Au commencement de lexpérience jéprou-vais de fortes commotions lorsque jenbsp;touchais dune main Ie niveau de leau,nbsp;et de lautre la tige métallique misenbsp;en contact avec Ie sommet de Ia pile;nbsp;mais , pendant Ie laps de temps queilenbsp;dura , les secousses safïaibiirent gra-^uellement; et, après les huit jours ré-volus ^ elies étaient presque insensi-bles. Je retirai alors la pile du réci-
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pient, et je trouvai quetant placée dans 1air atmospliériqiie, elle repre-nait son énergie première, et quellenbsp;produisait de fortes commotions. Jenbsp;répétai plnsieurs fois cette expérience,nbsp;afin de reconuaitre si faction de la pilenbsp;naurait point altéré la nature du gaznbsp;lijdrogène: mais je ne pus v apercevoirnbsp;aucLin changement, sinon quil brülaitnbsp;a vee une liamme blanchatre. Je rnas-surai de cette modification de couleur,nbsp;en enflammant comparativement Ienbsp;inême gaz hjdrogène qui navait pasnbsp;été soumis a faction de la pile.
La cloche fut remplie de gaz acide carbonique : au bout de deux heuresnbsp;feau sj éleva de plus de trois pouces;nbsp;et, dans fespace de vingt-quatre heures,nbsp;la pile entière fut plongée sous feau.nbsp;II sécoula ensuite plus de douze heures
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SUR LE GALVANISME. avant que 1eau sélevat de deux policesnbsp;et demi aii-dessus du sommet de lanbsp;pile, et ce fut la maximum de leJé-vatifHi : alors Ie niveau de leau dansnbsp;la cloche était couvert de grosses hui
les dair. On mengagea a recueillir promptement leau (jui sélait élevéenbsp;dans la cloche, pour la souineftre anbsp;une anahse exacte. Jy versal done denbsp;la teinture de tournesol et de leau denbsp;chaux; je la soumis ensuite a ractioiinbsp;de la pompe pneumatique; jobtins desnbsp;alterations bien seiisibles, opérées dansnbsp;Ie gazacide carbonique par rinfluencenbsp;galvanique. Je me réserve dachevernbsp;eet examen intéressant par dautresnbsp;observations.
VIII. EXr.
Pour connaitre quel avait été réelle-ment IeHet de faction de Ia pile sur 1 absorption du gaz acide carbonique,
-ocr page 346-5io dans Texpérience précédente, il fallaitnbsp;ïiécessairement coonaitre de combiennbsp;Teau séléverait dans la même clochenbsp;pendant Ie même espace de temps,nbsp;sans lintermède de la pile. Or, trou-vai quaprès douze heures elle ne synbsp;était élcvée que de trois pouces, aprèsnbsp;vingt-quatre heures de cinq pouces environ , et enfin au bout de quatre joursnbsp;elle avait atteint les deux tiers de lanbsp;iiauteur totale de ia cloche.
Je ne sache pas que Ton ait encore observé une absorption aussi considé-rable dans un si petit espace de temps.nbsp;Leau, ensuite exam inée, paraissait avoirnbsp;été combinée avec une certaine quan-tité de gaz acide carbonique: en elïet,nbsp;elle rougissait la teinture de tournesol,nbsp;blanchissait Teau de chaux, et avait unenbsp;saveur acide.
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SUR LE GALVANISME.
S III. Desdifferentes constniGtions de la pile.
La recherche dune pile, capable de fcxnctionner sur-le-champ , intéressenbsp;noii-seuleinent la phjsique, mais encore beaucoup plus les applicationsnbsp;inédicales que lon veut faire par Ienbsp;mojeii de eet appareil : je tacherainbsp;done de combiner toutes les modifications possibles pour pouvoir iem-plojeravec la facilitéla plus convena-ble dans ces cas.
La cuve galvaiiique ofFre, en compa-raison de la pile ordinaire, lavantage de pouvoir agirsans avoir besoin dau-cun arrangement préalable. Jai plongénbsp;plusieurs fois a la mer lappareil, etnbsp;je lai vu immédiatement exciter lin-tiuence galvaiiique ; mais son actionnbsp;uest pas trop durable : il se forme unnbsp;Sï'c par fhumidité contractée par Ienbsp;bois, qui vient affaiblir son énergie.nbsp;L on trouve encore un assez grand
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obstacle a nettojer les 'plaques fixées
solidemenl dans les rainures delacuve.
Ces difficultés me firent sentir Ie besoin de former une cuve perpendiculaire, qui aurait les avantages de lanbsp;cuve horizontale, sans en avoir les iu-convénients:)cn présente(|)1.6, fig. 3.)nbsp;im petit essai, achevé il j a peu denbsp;^ours par lhabile artiste Dumotier.nbsp;lgt;appareil consiste dans une série denbsp;disques garnis dun bord en cuivre,nbsp;combines avec des plaques de zinc dunnbsp;diamètre plus étroit, entre lesquellesnbsp;il j a de petites rondelles de bois sec.nbsp;Lcpaisseur de ces rondelles est tellenbsp;cpje Ie niveau des plaques de zinc correspond a Ia hauteur du bord métal-lique dont les plaques de cuivre sontnbsp;fournies, saus les toucher. Ajantainsinbsp;disposé les plaques , je plonge lappa-reil entier dans un vase deau salée ,nbsp;je trouve quil est en état de fonction-ner sur-le-champ.
-ocr page 349-SUR LE GALVANISME. 3i5 Voici unecuve perpendiculaire dansnbsp;laquelle vous avez uii appareil toujoursnbsp;préparé, saus avoir Ie désagrément denbsp;ne pouvoir Ie rétablir quavec beau-coup de peine. En faisant des essaisnbsp;avec ce uouvel instrument , je ma-percus que laction galvanique avaitnbsp;lieu niême après avoir fait écoulernbsp;leau de la cuve : cette observation menbsp;fit imaginer un autre appareil plusnbsp;simple, que je vais décrire. Soit unenbsp;série de plaques de zinc et de cuivr©nbsp;(pl. 6, lig. 4.) percéesau centre, et dis-posées alternativement avec de petitsnbsp;anneaux de bois qui les séparent; soitnbsp;un support avec une tige de verrenbsp;dans Ie centre , laquelle passe a travers les plaques et les soutient: lap-pareil disposé de cette manière, je Ienbsp;plonge dans leau salée , et len retirenbsp;t^n peu après : leau surabondante sé-coule; mais fhumidité qui reste a la
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surface des plaques sufEt pour faire
fbnctionner iappareil.
Je pense que cette disposition doit étre préférée a cause de sa sirapliciténbsp;a dautres instruments galvaniques ;nbsp;car foil peut i'établir a volonté sonnbsp;énergie par la simple immersion ; jenbsp;sais que laction nen peut pas êtrenbsp;trop durable ; mais eet inconvénientnbsp;apparent ne pourrait-il pas être con-sidéré comme un avantage réel de lap-pareil? Pendant une longue série dex-périences ne serait~il pas commode denbsp;suspendre a volonté loxidation des pla-ques métalliques, et de la renouve-ler seulement dans Ie moment oü 1onnbsp;en a besoin ? Cela ne peut-ii pas con-duire ci conserver plus long-temps lesnbsp;plaques quon ne Ie fait dans la colonne de Volta, OU dans les cuves galvaniques ordinaires ?
Je rappellerai ici quelques tenta-
SUR LE GALVANISME. 3i5 tives que Ton avait faites avant moi,nbsp;pour fixer et conserver long - tempsnbsp;Iactioii galvauique de la colonne denbsp;Volta. Lon a mis une couclie de collenbsp;sur chaque plaque qui compose lanbsp;pile, et Ton a cru, par ce mojen , di-minuer loxidation des métaux, et pro-longer Taction de l'appareil; mais sesnbsp;efFets devinrent si faibles, quils étaientnbsp;presque nuls. Un phjsicien en Allema-gne prit plusieurs tonneaux de verrenbsp;denviron unpouce et demi de hauteur,nbsp;et de diamètres égaux , ajant a chaquenbsp;extrémité une plaque de cuivre et ^unenbsp;de zinc mastiquées. Chaque tonneau anbsp;une ouverture par laquelle on peut lesnbsp;remplir dune dissolution de muriatenbsp;de soude, ou dun fluide quelcon-que. Ces tonneaux rapprochés formentnbsp;Une pile horizontale , dont lactionsenbsp;conserve très-long-temps, quoiquil n jnbsp;ait quune légere oxidation des métaux.nbsp;La construction de eet instrument est
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très-ingénieuse : elle répandra sans doule de grandes lumières sur la ma-nière dagir des appareils galvaniques.
M. Allizeau a forme vine pile perpendiculaire avec des plaques de, zinc et de cuivre , disposèes alternative-inent, et auxquelles il adaptait un eerde de faience mastiqué, en remplis-sant la capacité avec du muriate denbsp;soude. Jai vu moi-même avec satisfaction la construction de cette pile,nbsp;ct jai essajé son action, laquelle étaitnbsp;encore bien sensible, quoique la pilenbsp;eüt été montée depuis plus de troisnbsp;mois. Ce nouveau mojen a flxé lat-tention de riustitnt national de France,nbsp;qui vient de récompenser fibdustrienbsp;de fauteur, et a mêine fait lacquisi-tion de fappareil.
Je ne pretends pas que les piles que jai proposées ci-devant doivent êtrenbsp;préférées aux.appareils que je viensnbsp;de décrire ; je nai pas eu Ie temps ni
-ocr page 353-SUR LE GALVANISME. Siy la commodité de faire , avec loute lex-actitude requise, des expériences comparatives , j)Our apprécier Ie méritenbsp;particulier de chacuii deux. Je suisnbsp;bien aise néanmoins davoir donné desnbsp;vues générales pour perfectionner lanbsp;construction des instruments qui doi-vent servir a fapplication du galva-nisme médical.
Je finirai mes observations sur ce point en ajoutant quelques mots surnbsp;la manière la plus convenable de ré-gler influence galvanique dans diffë-rentes maladies.il est reconnu, par denbsp;grands phjsiciens, que Ie gaivanismenbsp;doit être appli([ué par Ie mojen denbsp;quelques instruments qui communi-quent Iinlluence avec une force don-iiée, et par des degrés bien calculés.nbsp;Dans la seconde section de la troisièmenbsp;partie fai proposé un levier mu anbsp;c ha que secon de par les rouages duuenbsp;horloge, en étabiissaut ainsi la commu-
-ocr page 354-5x,8 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
nication entre Ia pile et Ie malade. Jal perfectionné dernièrement cette méthode cn séparant entièrement Ie pointnbsp;fixe du levier de la base de la pile:nbsp;il est très-commode de pouvoir combiner alors la machine a vee un appa-reil galvanique quelconque, sans êtrenbsp;borné a une construction donnée.nbsp;Enfin )ai trouvé quen poussant encorenbsp;plus loin lexamen de eet appareil, Tonnbsp;pouvait substituer a Taction du ressortnbsp;de Thorloge celle dune bougie alluméenbsp;(pl. 6,fig.5.): jaidoncentrepris demou-voir Ie levier de Tappareil par la forcenbsp;du courant dair dune lampe mécaniquenbsp;allumée. Je témoigne ma reconnaissance aM.Gareel, qni sest chargé avecnbsp;beaucoup de zèle de la confection de cesnbsp;machines*,etqui j a mis la plus grande
* Lautre niachiue ü res.sort, construite de riiême par M. Garee], est composee diin tarillet de trois
1 mar-
roues , de trois pignons, diine vissaus fiii,dmu teau iiiu par les ehevilles dune de.s roties: Je toitt
-ocr page 355-SUR LE GALVANISME. 5,g exactitude. Les malades communiquentnbsp;dun cóté avec la base de la pile, etnbsp;' de lautre avec Ie timbre : toutes lesnbsp;fois quune extrémité du levier frappenbsp;Je timbre , les malades formeut unenbsp;portion du cercle galvanique, et sontnbsp;soumis a sou action , laquelle peutnbsp;être répétée mille fois en très-peu denbsp;temps, puisque, dans ce même inter-valle, Ie timbre, frappé un nombrenbsp;ëgal de fois, compléte Ie cercle galvanique.
Loccasion de voir a Loiidres, chcÉ M. Tiberio Cavallo, et cliez M. Woo-laston, de nouveaux appareils concer-nant la décomposition de leau , menbsp;fit desirer dès-lors davoir , selon leursnbsp;principes , un instrument général pro-
eiifermè dans une cage de laiton, montée de cjuatre piliers de mêrae matière , de la baufeur de 4 centimè-ttes , et lesplatines d#8.ï rnilliuiétres en carré. Ladu-rêe du niouvemeut de ce reiiage est denciroii deuxnbsp;lieures et demie.
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E S S A I
pre a recueillir Ie gaz développé par Iaction de Tinfluence galvanique : telnbsp;est précisément Ie but du nouvel ap-pareil que je vais décrire. Soit un vasenbsp;de verre percé au fond, garni dunnbsp;bouchon de liège, au travers duquelnbsp;passent deux fils de zinc et deux dar-gent, qui sélèvent environ jusquaunbsp;milieu de la hauteur du vase. Ce mênienbsp;vase, a sa partie supérieure, porte unenbsp;virole de cuivre qui communique avecnbsp;un autre vase garni dun robinet, lequelnbsp;établi, ouótela communication entrenbsp;les deux vases. Je remplistoutfappareilnbsp;deau acidulée par lacide muriatique;nbsp;jétablis extérieurement une communication entre les fils métalliques (pl. 6 ,nbsp;fig. 6.) ;je vois sur-le-charap séchappernbsp;une qnantité de bulles dair, ou plu-totquatre courants distincts, qui sélèvent a la partie supérieure du vase.nbsp;Alors jouvre Ie robinet par lequel leaunbsp;du vase supérieur séchappe, tandis
-ocr page 357-SUR LE GALVANISME. que les tiuides aérifomies moiitent,nbsp;et vont occuper sa place. Tel est Ienbsp;procédé commode que jai imaginénbsp;dabord, et eiisuite mis en oeuvre, aidénbsp;des luraières et de la sagacité du doc-teur Pittaro , médecin justement distingue.
Par ce mojen vous obtenez la dé-composition de leau sans les grands appareils de la colonne de Volta, etnbsp;vous recevez les fluides développésnbsp;dans ia cuve hjdro-pneurnatique, a la-quelle on a recours dans de pareillesnbsp;tentatives. On peut f'acileraent aper-cevoir que, seloii la diversité des acidesnbsp;employés et des substances différen-tes avec lesquelles ils sont combinés,nbsp;Ie désascmeut des fluides aériformesnbsp;produit par Ie galvanisme sera pro-digieusement varié, et leur examen*
* J ai comimraic|ué , poiir la première fois , la description dc ces appareils dans mi Ménioire lu a Ja I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2?.
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poui'ia verser sur la cliimie de umi-velles connaissances. J observe que loii obtiendra la déconipositioii des fluidesnbsp;soumis aux expériences plus rapidenbsp;et plus énergique, en ajoutant a lap-pareil Taction de la pile de Volta oü denbsp;grandes batteries galvaniques.
§ IV. T^ues générales sur les rapporLs du Ivanisme avec les rég/ies yégétal et
minéral.
Après avoir parcouru Timmense série des phénoinènes que présente Ie galvanisme envisagé dans ses rapportsnbsp;avec les animanx, quil iious soit per-
séau.ce pubücjiie de Ia Société acadéaiique de scieuccs de Paris, Ie 7 niessidor au xi. Jai Diêmc, après lanbsp;séance, raoïitré publifjiieiuent cliacun des Instruments,nbsp;et jni iiidic|ué leur usage. Je me propose de les dé-crire de la mème manière en détail et avec Jicaiicoiipnbsp;dc modifications, dans mnn ouvrage qui a pour titre;nbsp;Tableau historique de lorigine ct des frogras de Vé~nbsp;leclricilé animale et du sralvanisme^
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SUR LE GALVANISME. mis de jeter im coup-d'ceil sur Ienbsp;role non moins importjuit quil jouenbsp;dans les deux autres règ.nes de la nature.
Nous avons vu, dans tons les êtres aniinés , Ie galvanisme modifiernbsp;trois ordres de pbénomènes différents^nbsp;i.° Les propriétés de ia vie extérieure,nbsp;de la vie animale, en ont éprouvénbsp;les impressions les plus manifestesnbsp;et les plus évidentes. 2.quot; Les fonctionsnbsp;de la vie nutritive, de la vie or(rani~
en ont pareilleraent ressenti l'in-lluence, mais dune manière moins tranchée, etdans un plus petit nombrenbsp;de circonstances. 3.° Enfin ie galva-nisme a aussi opéré dans quelquesnbsp;cas sur 1économie animale des altéra-tions cliimiques, mais dune inten-sité faible.
Nous vojons done ici se confirmer cette grande loi de la nature , qui nousnbsp;permet dagir sur les propriétés ou sur
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les corps , avec daiitant plus davaii-tage, que les imes et les autres sont plus isolées , et dans iin plus eiitiernbsp;développemeiit. Ainsi Ton nattaqiienbsp;jamais avec plus de succès les combi-naisons chimiques que daiis les êtresnbsp;kianimés , ou iiulle puissance ne vientnbsp;compliquer les forces de fattraction ;nbsp;ainsi les impulsions phjsiques iiob-tiennent toute fétendue de leur efï'etnbsp;que sur les masses inertes et sans vie;nbsp;ainsi encore dans Thomme , Ie inéde-cin toiirne en général ses efforts versnbsp;Ie systême Ie plus développé, vers lalt;nbsp;fbnction qui sexerce avec lactivité lanbsp;plus grande.
Quallons - nous couclure de cette incontestable loi V que Ie galvanisme,nbsp;susceptible' de porter une impressionnbsp;profonde surlasensibilité et la contrac-tilité dans les'anirnaux, produira dansnbsp;les végétaux, ses plus grands effets surnbsp;lavieorganique, et quenfin cest parmi
-ocr page 361-SUR LE GALVANISME. 3a5 les brutes quil doit développer avec Ienbsp;plus davantage tout son empire sur lesnbsp;corps cbimiques oii plijsiques.
Cette proposition ne laissera plus aucun doute , quand on réfléchira quenbsp;les forces organiques des végétauxnbsp;sont géuéralemeut de beaucoup supérieures a celles des animaux, et quenbsp;les propriétés cbimiques et plijsiquesnbsp;sont bien plus a découvert dans la ma-tière inerte que par-tout ailleurs.
Ce que pi'évoit Ie raisorinement, fexpérience Fa déja confirmé en par-tie. Déja dliabiles pbjsiologistes outnbsp;appliqué lagent galvanique a la végé-tation , et déja Ton connait les résubnbsp;tats importants de plusieurs expé-riences , résultats conformes a ce quenbsp;nous venons détablir.
Le professeur Giulio de Turin * a
* Extrait (1un Mcinoire du professeur Giulio sur les eftcts du fluidc gah^anique , appliqué a diS'érentcsnbsp;plailtes. ^tbhollieqiie italienne , ou Tableau des
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obtenu par ce moven des contractions évidentes sur plusieurs végétaux:pour-qnoi eet ordre dexpériences ne nousnbsp;conduirait-il point qnelque jour a lanbsp;solution du grand problême de la contract ilité et de la sensibilité ? On con-nait les iiombreuses découvertes dontnbsp;Ianatomie est redevable alétude com-parée des animaux avec Iliomme, etnbsp;ilelétat sail! des orgaues avec leur étatnbsp;pathologique. Pourquoi done la phj-siologie, qui séclaireégalenient derap-prochements semblables, ne puiserait-elle pas cliez les plantes des lumièresnbsp;nouvelles? Et, dans ce cas , pourquoi Ienbsp;galvanisnie ne serait-il pas justenientnbsp;iiivoqué; Ie galvanismequi développenbsp;des facultés latentes dans les végétaux,nbsp;oü lui seul peut les dévoiler? Si les ma-progrès des sciences et des axis cn Italië, par les pro-fesseurs Giiilio ^ Giobert, Vassalli-Eandij et Rossi.nbsp;Turin , an xi, vol. i.
-ocr page 363-SUR LE GALVANISME. 3^7 ladies convulsives out éclairé lliistoirenbsp;du sjstême nervenx et musculaire,nbsp;pourquoi les convulsions artificiellesnbsp;des plantes seraient-elles inutiles a lanbsp;connaissance de leur propriéfé contractile , et des organes qui en sontnbsp;Ie siège? Gest en comparant les difïé-rences de la vie dans les deux extremesnbsp;de leclieile animée, disent les natura-listes ; cest en piacant sous un mêmenbsp;point de vue Iliomme et Ie zoopliite,nbsp;que Ton parvieudra A acquérir Ie plusnbsp;de lumières sur Ie secret de la vie;nbsp;pourquoi ne dirons-nous pas a notrenbsp;tour : cest en comparant la sensibiiiténbsp;de riiomme et de la plante, que Tonnbsp;ira Ie plus loin dans la connaissance denbsp;cette faculté?
Dautres expériences ont été entre-prises sur Ie second ordre de proprié-tés des plantes , cest-a-dire leurs pro-priétés organiques , ou celles qui président a la nutrition, a Iaccroisscment
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et aux excrétions diver.se,s;mais nous ne pouvons eocore développer ici des ré-sultatsbien positiis et bieu détermaiés.
11 nous suffira dannoncer qne eet ordre de recherches entre pour beau-coup dans les experiences de ce genre ,nbsp;dontsoccu})e actuellement M. Mojon *,nbsp;professeur de chimie a Genes. 11 anbsp;seme des graines de diverscs plautesnbsp;dans viiigt-quatre vases de porcelainenbsp;isolés; il j a aussi misquelques végé-taux déja parvenus a un certain déve-loppement; ila ensuite adapté a cha-ciin de ces vases deux larges plaquesnbsp;niétalliques, Iline de zinc et 1autre denbsp;cuivre, en les iaissaiit comuiuniquernbsp;entre dies au mojen dun fil de laiton,nbsp;de manière qudles forraent avec lesnbsp;vases une sorte dappareil a lasses ;nbsp;M. Mojon a soin de faire désoxider tons
* Lauteiir iiia derniérenient fait part clii comnien-cemeut rl(! ses travaus qui nc sont pas encore annoncés au public.
-ocr page 365-SUR LE GALVANISME. Sag les Jours les placjues ruétalliques. Dansnbsp;un iiombre égal de vases il a placénbsp;des mêmes plantes et des mêmesnbsp;graines, maïs saus aiicune armature,nbsp;afin dobtenir une expérience comparative.
Quel que soit lerésultat des observa-lions de ce phjsicien distingue, nous necraignons pas dassurer quelles at-testeront Iinfluence la plus considerable du galvanisme sur la vie organiquenbsp;des végétaux, car cest chez eux quoilnbsp;voit ses fouctions sexécuter avec lanbsp;plus grande énergie. Eltz, par des cal-cuLs savants et rigoureux, a démontrénbsp;que la Ijmphe végetale parcourt ses ca-naux avec une vitesse de cinq fois supérieure (icelle du sang qui traverse lanbsp;crurale du cheval; et, daprès les experiences de Hales, Ie tournesol, a volume égal, transpire dix-sept foisnbsp;plus que riiomme. A ces phénomènes
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doivent correspondre ceux des aiUres fonctions organiques, et des-lors onnbsp;concoit que Iagent qui dans rhomrnenbsp;indue sur ces operations , devra obte-nir ici des résnltats toujours bien supérieurs et plus energiques.
Outre les connaissances que Taction du galvanisrae, esactement observée ,nbsp;répandra sur ces divers travaux de lana-ture^ ie crois devoir inentionner égale-ment un avantageduu autre genre quenbsp;présente Temploi de eet agent. Pense-t-on quun élément, de cette énergie,nbsp;nepiiissepas servir un jour a retardernbsp;OU accélérer la végétation suivant Ienbsp;mode dapplication et les circons-tances ? Ne serait-il pas assez naturelnbsp;de présumer que, dans certains cas,nbsp;il détruira ou adaiblira les qualitésnbsp;vénéneuses de plusieurs produits vé-gétaux , et niodillera de mille ma-nières leur saveur et leurs autres
-ocr page 367-SUR LE GALVANISME. 33i propriétés ? Les efFels de la lumière,nbsp;a eet égard , iie vienneiit-ils pas justi-fier mes espérances ?
Enfin si je descends aurègne miné-ral, ce nest plus a des puissances animales, ni a des forces organiquesnbsp;que Ie galvanisrae va sappliquer : cestnbsp;ici ierapire de la phjsique et de lanbsp;chimie isolées et fibres de tout entrave.nbsp;Si lon a vu Ie galvanisme, dans Ienbsp;sein des êtres vivants, decomposer desnbsp;liqueurs, en précipiter des cristauxnbsp;divers, et j opérer de grands efian-gements, malgré la reunion des puissances de la vie, que ne fera-t-il pasnbsp;sur les éléments que des forces étran-gères ne tendent plus a soustraire anbsp;son influence? Sans doute il produiranbsp;des decompositions plus promptes ,nbsp;de plus abondantes précipitations, etnbsp;généralement des phénomènes plus riches et plus variés. Pourquoi la chimie,nbsp;qui dispose avec tant de succès des
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attributs de la lumière , du calorique, et de lélectricité ordinaire, nemploie-rait-elle pas également avec de grandsnbsp;avantages , dans ses laboratoires , cenbsp;nouveau moyen de modifier ses opéra'nbsp;tions et leurs produits ?
Jai découvert que Ie gal vanisme , quand on ralentit sa marche par quel-que obstacle , a lapropriétédenlrainernbsp;avec lui certaines particules des corpsnbsp;quil traverse. Mes expériences répétéesnbsp;a eet égard mont confirmé toujoursnbsp;cette importante vérité. Corabien denbsp;phénomènes embarrassants ne seront-ils point expliqués par elle? et qui saitnbsp;jusquou peuvent sétendre, dans lesnbsp;grandes opérations de la nature, lesnbsp;efFets de cette faculté singulière, alorsnbsp;quils deviennent déja si niauifestesnbsp;dansnos simples et faiblcs appareils ?
Quon jette done maintenant les yeux sur les dilFérentes parties dunbsp;globe tpresque pardout Ie sul est formé
-ocr page 369-SUR LE GALVAMSME. 335 de couches successives de matières ter-reuses, salines, métalliques, bitumineuses, et autres; presque par-toutnbsp;peuvent sj interposer en filets, ennbsp;nappes , en toi'rents, des eaux diverse-ment acidulées; presque par-tout enfin se présentent des piles galvaniques,nbsp;dans des dimensions variées : les unesnbsp;gigantesques, incommensurables , oc-cupent de grandes parties des vastesnbsp;continents, et des chaines immenses desnbsp;montagnes qui les partagent; dautres,nbsp;moins étendues, se renferment dansnbsp;de petites iles, dans de faibles collines.nbsp;Enfin peut-être les espaces les plusnbsp;resserrés ont-ils aussi leur pile avecnbsp;ses armatures, ses conducteurs et sesnbsp;courants. Chacune delles, outre Ie volume général, diffère encore par lanbsp;disposition respective, Ie nombre etnbsp;les proportions des éléments qui lanbsp;constituent.
Ainsi,quand diine part nous YOjons
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les montagnes , par leurs som mets éle-vés , appeler les nuages dispersés au loin dans iatmosphère , leur soutirernbsp;a grands Hots Télectricité qui les surcharge , et rétablir presque toujoursnbsp;sans secousses violentes, léquilibrenbsp;nécessaire au maintien de lordre ac-tuel du globe: nous vojons égalementnbsp;ces montagnes preparer dans leursnbsp;flancs, et sans se reposer jamais, unnbsp;agent aussi subtil, aussi puissant, etnbsp;sans doute aussi nécessaire que Ie principe électrique, et quelles partagentnbsp;coustamment avec les diverses partiesnbsp;de la terre.
De ces innorabrables et vastes labo-ratoires doivent partir sans cesse, et dans mille directions, dimmensesnbsp;torrents de lagent galvanique ; et dès-lors ce principe, qui, dans nos petitesnbsp;machines parvient a nous donner desnbsp;effets si étonnants, avec quel avan-tage ne pourra-t-il pas remplir
-ocr page 371-SUR LE GALVANISME. cliverses fonctions importaiitcs dansnbsp;réconomie générale du monde ? Dé-coraposer leau en contact avec desnbsp;combustibles, donner en même tempsnbsp;naissance a des acides, a des oxides ,nbsp;et par suite a des seis de toute espèce,nbsp;dégager des gaz , et souinettre ainsinbsp;la temperature générale a des variations considerables : voila plusieurs denbsp;ces grandes operations (p,ie la naturenbsp;abaudonne a divers ordres de puissances, parmi lesquelles tout sans doute pa-rait assignee au galvanisrae un des premiers rangs. EcoutOns a ce sujet lii-lustre auteur de la Statique chimique.nbsp;« La chimie a acquis par ses décou-« vertes, qui font époque dans lhis-« toire des sciences , un agent dontnbsp;« lenergie sera peut-être portée a unnbsp;cc degré quoii ne fait quentrevoir, etnbsp;cc qui donnera Ie mojen de produire,nbsp;« dans la formation et ba décomposi-« tión des combinaisons chiraiques,des
-ocr page 372-« efFetsinatlendus, et supérieurs, dans « quelques circonstances, a ceux quilnbsp;« est possible dobteuir de 1action dunbsp;« calorique. »
* Le gaivanisme concourt-il a ali-
* Lon sera bieii aise de trouver iel ce quajoutc ailieurs Ic niêine aiitenr, rclalivement a iiotre sujet.nbsp;« TousleseOets ciitriiiqjies, prodnifsclaus ies substancesnbsp;«soiiw'wes ii laetiou de 1élcctricité, jve paraissentnbsp;lt;t pouvoir sespliquer paria din)iiiutipn de la force denbsp;« coliésiou , qiii est mi o])8tacl( aux coitiliinaisoiis qiiinbsp;« teiident a former leurs raoiceide.s; niais il reste anbsp;flt; détenuiner les difiereiices qiie peiivent' présenter 1é-« lectricité positive et la negative. Les effets ebimiquesnbsp;« de la pile de Volta pciiveut ttre bcaiieonp phiscon-« sidérablcs cjiie reus de rèlecl rk-ité ordluaire., quoicjuenbsp;« ct'lle-ci soit doiiée duiie tension bcaucoup plus grande,nbsp;lt;( paree que sou action étant nécessaircinent interrom-pne , les effets cbiiniqne.s qui exigent du temps pournbsp;« se consótnmer ne ponrraient que connneneer asesé-«euter, et seraient mêmc détruits par le rétablisse-« ment sul)it du premier ctat du corps; au lieu quenbsp;lt;( la permanence dc Iaction de fappaccil èlcctromo-lt;! teur, quoiqiie plus faiuiè a eliaque instant, pent
-ocr page 373-SUR LE GALVANISME, SSy irienter les feux des volcans par la dé-composition des eanx de la mer ? su-nirait-il aux forces de la chimie pournbsp;précipiter certains seis, et inême en ,nbsp;dissoudre dautres ? Nos données, sousnbsp;ces rapports, sont, je crois, encore tropnbsp;vagues et trop pen nombreuses pournbsp;pouvoir, dans la plupart de ces cas,éta-blir autre chose C|ue des conjectures inbsp;aussi les diverses idéés que je viens dé-mettre nemériteront-elles deconfiancenbsp;qu'a inesure que des faits multipliésnbsp;leur en auront acquis. Alors peut-être,nbsp;par des observations accuinulées, Ionnbsp;sera parvenu a isolerlinfluence des dif-férentes causes qui régissentlamatière;nbsp;alors peut-être on saura exactement ounbsp;finit lempire de la chimie et de lanbsp;phjsique , oü se borne la puissance de
«clonnerlieu aux cliangements cLiiiiiqucs quelle fayp-'iscj en diniiniiant les eITcts de la force de cohesion. tatrque chimicjiie de M. Seri kollet. Paris, l8o3,
L vol. I,pag. 363.
I- nbsp;nbsp;nbsp;2-3
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la vitalité, et jusqu'oü sétend Iin-fluence de ces principes fugitifs qui senïbJent obéir a des lois toutes parti-culières. Alors peut-être , pendant quenbsp;Ie fluide électrique régnera spéciale-meiit dans les couches élevées de lat-mosphère , et disposera des météores,nbsp;Ie gidvauisrae, élaboré sans cesse dansnbsp;les entrailles de la terre, ou dans Ienbsp;sein des êtres vivants qui en habitentnbsp;la surface, et distribué en tons sens parnbsp;de nombreux canaux, portera son action dune manière plus spéciale surnbsp;rorganisation intime du globe, et mo-difiera plus ou nioins puissanimeat lesnbsp;végétaux et les animaiix.
Lon connaïtles rapports du magnétisme avec lélectricité; les belles experiences d/VEpinus,nbsp;de van Swinden, de Cavallo , de Coulomb, prou-vent la correspondance étroite quil y a entrenbsp;ces deuxfluides dune manière assez concluante.nbsp;La foudre, en frappant un navire, a plusieursnbsp;fois change la direction des poles de raiguillenbsp;aimantée : ce qui dérnontre Tiniliience de félec-
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SUR LE GALVANISME.
tricité sur Ie magnétisme. Jai cru convenable dexposer ce dernier principe k laction des ap-pareils galvaniques. Jai done compose une pilenbsp;de cinquante plaques de cuivre et autant denbsp;zinc ^ de trois pouces de diamètre , percées aunbsp;milieu par une ouverture dun pouce et demi.nbsp;Javais, par cette disposition^ un appareil analogue au puüs électrique; de sorte que je pouyaisnbsp;soumettre de la manière la plus intime une colonne dair è. laction du courant galvanique.nbsp;Dans la cavité de eet instrument, utile dailleursnbsp;adautres experiences, jai introduit des aiguillesnbsp;dacier pour voir si elles deviendraient magné-tiques, et dautres déja aimantées pour découvrirnbsp;si leur propriété pólaire y subirait quelque changement. Mes résultats ont été si faibles que jenbsp;iiosai en tirer aucune conclusion décidée; ilsnbsp;furent un peu plus satisfaisants quand je lais-sai les aiguiUes exposées pendant très-long-temps au courant dune forte pile ; mais la tropnbsp;prompte oxidation des métaux, et lanécessitédenbsp;remonter trop fréquemmentrappareil, mempê-chèrentdepoursuivre les épreuvesassezloinpournbsp;en établir des consequences bien rigoureuses.
Voici unprocédé quiest, è. monavis, plus simple et plus commode. M. Mojon, qui en estlauteur,nbsp;a bien voulu men faire part tout récemment.
Ayant placé horizontalement des aiguilles a coudre, très-fines, et de la longueur de deux pou-ees, il en a mis les deux extrémités en communication, avec les deux póles dun appareil anbsp;tasses de cent verres : au bout de vingt jours
-ocr page 376-Lappareil de la pile creuse, decrit plus liaut, nia servi a faire dautres essais, tendants a éva-luer faction du galvanisme sur des substancesnbsp;diverses. Jy ai plongé un tube de cristal dunnbsp;diarnètre égal a celui de Ia pile , et rempli dunenbsp;dissolution dé muriate de soude. Au premiernbsp;moment Ie tuyau ne parut pas chargé de lin-fluence galvanique; mais quelques minutes aprèsnbsp;il manifesta une vive action galvanique , a lap-jjroche dune grenoullle préparée du niveau denbsp;leau salée( pl. 7 . fig. 8 ).
A cette occasion, on a observe constamment quen ajaproohant deux fois de suite une gre-nouille préparée du niveau de leau contenuenbsp;dans Ie tube de verre , on avait toujours lesnbsp;contractions au premier attouchement, maisnbsp;jamais au second : les contractions étaient re-nouvelées seulement lorsquun intervalle sufli-sant de temps permettait au tube de se charger de nouveau de rinfluence galvanique. Jainbsp;montré publiquement a Bologne la constructionnbsp;de eet appareil, h une séance de Ilnstitut, aunbsp;commencement de i8on. Je me reserve de dé-crire aiileurs dautres phénomènes, après lesnbsp;avoir constates et développés davantage.
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SUR LE GALVANISME.
DE SL WILLIAM NICHOLSON1,
TRADUIT DE LAUGLAÏS,
Coiicernant les dernières experiences galvanifjucs faites a lionclres par Ie professeur AlDINT.
«IMonsielr Alcllni, professeur enluniversité de Bolog'ne,et neveu du célèbre Galvani ,aprèsnbsp;avoir fait ses expériences 1Institut nationalnbsp;de France , est venu a Londres ; il y a clonnénbsp;exactement Ie détail de ses experiences et denbsp;ses découvertes a la Société Kojale, oü il anbsp;]u un mémoire trës-intéressant sur ce sujet.nbsp;Cest avec plaisir que je viens faire part denbsp;quelques'uns des principaux fajts quil a biennbsp;voulu me communiquer, et qui peuvent jeternbsp;un grand jour sur des pbénomènes de la nature les plus difficiles a expliquer.
« Quelques pbjsiciens ont considéré les mé-tauxcominenétant pas nécessairesaudévelop-
Co Resumé , fait par un savant distinguéj presente en ahrégé analyse exacte des principaux phénomènesgalvaniqu.es , etnbsp;de ma Llióorio , proposés dans TEssai qiie je viens daehever. GVstnbsp;Ic moiil qui mengage ici a en donnerconnaissance a mes lecteuigt;s.
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pementdugalvanisme; etM. Davy la démon-tré par Ie moyen duiie pile quil a imaginée liii-même.On savait aussi que la matièreélectri-qoe OU galvanique pouvait sexcite*et saccu-mulerdansle corps des animaux, etquellede-vait être considérée comme la cause principalenbsp;du mouvement musculaire , des sensations, etnbsp;dautres effets très-intéressants, maispasencorenbsp;assezconnus. Le professeur Aldini a Ie méritenbsp;davoir placé cette proposition au rang des vé-rités adoptées : il est parvenu è exciter les contractions musculaires par la seule applicationnbsp;des nerfs dune grenoui 11 e préparée aux musc lesnbsp;qui sontencorrespondance du mêmeamphibie,nbsp;après avoir éloigné tout soupcon de quelquenbsp;stimulant produitpar lattouchement.Il a aussinbsp;excite des mouvements par la seule influencenbsp;galvanique chez les animaux ^ sang froid, parnbsp;le moyen de ceux a sang cliaud: cette experience est tout-a-fait nouvelle. Ayant pris lanbsp;tête dun bceuf récemment assommé, il a applique un doigt trempé dans 1eau salée a lanbsp;moëlle épiniëre, tandis que de lautre mainnbsp;iltenait les muscles prepares dune grenouille,nbsp;de facon a les mettre en contact avac Ia languenbsp;du bceuf: toutes les fois que le contact avaltnbsp;lieu , il se manifestait dans la gre'nouille denbsp;très-fortes contractions. Si lon formalt unenbsp;chaine de diffërentes personnes mises en communication avec les mains, Ie même efïët avalt
-ocr page 379-vSUR LE GALVANISME. 34^ lieu ; mais Ie contact nen produisait plus aunbsp;cun, lorsque lachaine était interrorapue. Dansnbsp;cette expérience il estconstaté que Ie S3quot;stêmenbsp;animal a tenu lieu de la pile métallique, dounbsp;il suit que la production du galvanisme parianbsp;seule énergie des forces vitales, est ainsi évi-demment démontrée.
« Le professeur Aldini a deinièrement ré-pété une série dexpériences ci Oxford de-vant les doctem's Pegg et Bancroft, a cjui il a aussi fait voir que les nerfs dune grenouillenbsp;bien préparée, et approchés des muscles dunnbsp;animal a sang chaud, obéissent a une veritablenbsp;attraction : cette expérience, inconnue jus-qua présent aux pbj'siologistes, a été confirmee dernièrement a Florence par le célëbrenbsp;Féiix Fontana. Le galvanisme prouve par tousnbsp;ces résultats que 1électricité animale nestnbsp;pas purement passive , mais que proba-blement elle est la cause qui produit la plusnbsp;grande partie des functions de 1économienbsp;animale. Le pouvoir du galvanisme ne senbsp;borne passeulement a exciter des raouvementsnbsp;rnusculaires, il parait encore jouer un grandnbsp;róle dans Ie mécanisme des secretions. Leymo-1esseur Aldini a cru devoir avancer cette conjecture, après avoir vu que lurine , exposéenbsp;^ 1aclion de la pile, laissait précipiter diffé-rents principes combinés dans cette liqueur:nbsp;ce fait a été regardé commé de la plus grande
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importance par Sennebier et Jurine, savants
distingues cle Genève.
« Le professenr Aldini a fait un très-grand nombre dexperiences qui attestent que lenbsp;galvanisme est le plus puissant de tous lesnbsp;stimulants connus dans la nature. Dans le courant de janvier et de féyrier de 1an 1802 il anbsp;fait a Bologne 1application du galvanisme auxnbsp;corps de criminels suppliciés, et, moyennantnbsp;faction de Ia pde, il a obtenu des contractionsnbsp;vraiment étonnautes. Ce stimulant a raniménbsp;le reste de Ia vitalité en produisant des grimaces horribles sur la face,et des mouvementsnbsp;etf'rayants dans tout le corps- II parvint a fairenbsp;élever a la hauteur de huit pouces 1avant-brasnbsp;dun cadavre une beure et quart après lanbsp;mort, qiioiquon eut mis dans sa main unnbsp;poids assez considérable, telle quune tenaillenbsp;de fer : cctte experience a été constatée en plu-sieurs endroils, et récemment Turin j^ar lesnbsp;professeurs Giulio, Vassalli et Rossi. De pa-3eille3 observations nont pas pour objet unenbsp;simple curiosité: elles ollfent encore un movennbsp;très-puissant, dont on ne saurait trop fairenbsp;usage, pour le bien de 1bumanité, dans les affections paralytiques, et dans les a.spbjxies.
« Le professeurAidini, pendant son séjoura Londres, a communiqué a plusieurs méde-cinsses observations, et les applications quilnbsp;avait faites de ce nouveau stimulant a Paris gt;
-ocr page 381-SUR LE GALVANISME. 545 tlans Iiiospice de la Salpêtriëre , eo presencenbsp;du docteur Pinel. Lapplication du galvanismenbsp;dans la 'vésanie, ou folie mélancolique, est ab-solument nouvelle, et dun très-grand inté-rêt; il a guéri parfaitement deux malades anbsp;Bologne alFectés de cette maladie: Ie détailnbsp;des moyens curatifs quil a employés est dau-tant plus intéressant que la médecine olï're fortnbsp;peu de ressources contre de pared les affections.
«Le galvanisme parait aussi convenir dans les apoplexies : M. Aldini est davis que 1on pour-rait y recourir dans les cas de submersion. IInbsp;a fait partici deses idéés a line société philan-thropique 1, dévouée au secours de ces infor-tunés. Üne expérience quil a falte derniëre-ment a Paris, a 1hospice de la Charité , a beau-coup augmenté son espoir pour le succes denbsp;cette application. II a démontré a un grandnbsp;nombre délëves que le galvanisme, appliquénbsp;a la moede épiniëre et aux intestins dun chiennbsp;décapité, a pu produire dans les poumons unenbsp;action si vive , que 1air en sortant de la trachée-artëre aeu la force déteindre deux fois de suitenbsp;Une bougie quon avait approchée. Ainsidansnbsp;tous les cas de submersioft ou dasphyxie,nbsp;lorsauil sera nécessaire dexciter ou de raui-
Cet etablissement respectable , connu sous le nom de Human Society , tst sous les auspices du gouverneutcnt j ct rëuuit des
ïucdecins du plus grand merite.
-ocr page 382-346 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I, etc.
mer Iaction des poutnons, Ie galv^anisiiie
pourra êlre emplüjé avec Ie plus grand sviccès.
« Plusieurs precautions nen sont pas moins indispensables quandi! sagit dadministrer cenbsp;puissant remède , tant dans la vésanie quenbsp;dans lapoplexie ; ellesseront très-exactementnbsp;détaillées dans un ouvrage que Ie protesseurnbsp;Aldini a promis de publier avant son retour ennbsp;Italië. En attendant, jespère que mes lec-teurs me sauront gré de leur avoir donnéda-vance lapercu destravaux de eet babile physi-cien sur un objet qui a pour but détendre lesnbsp;connaissances pbysiologiques , et qui fait en-trevoir un moyen de plus a opposer auxmauxnbsp;qui affligentlhumanité^
Ï'IX DU PREMIER VORTJME.
-ocr page 383-BES MATIÈRES CONTESTJES DANSCeVoLUMB.
pag.
Introduction...................... j
PREMIÈRE PARTIE.
DE LA NATURE ET DES PROPRIET ÉS
GÉNÉRALES DU GALVANISME........ r
Propositions J , II ,I1T, IV, V et VI. Le gal-
Tanisnie excite Jes contractions iniiscnlaire.s sans Faction des niétaux.............ibid.
Prop. VII. Lélectricité des niétaux augmente
les contractions musculaires.......... 28
Prop. VIII. La bouteille de Lcjde , la pile, et les substances animales, absorbent desnbsp;principes de 1air atmospliêrique....... 3l
Prop. IX. Action de la flainnie sur la bouteille de Leyde , la pile et les contractions mus-
culaires......................... 4^
Prop. X. Uil are compose de (liiidcs conducteurs neinpêche ni dans la pile , ni dans les ani-uiaux, Faction du galyanisme......... 44.
-ocr page 384-34S nbsp;nbsp;nbsp;table
Prop. XI. Action de lélcdncité ordinaire sulles appareils galvaniqiies............ 4^
Prop. XII. Action dn galvanistne aiignientée en interposant dans 1arc de coramunica-tiüu des conducteurs dnne grande capadtc. So
Prop. XIV. Latrnospbère électrique produit des contractions inusculaires tout-a-faitnbsp;semblaLlcs a. celles causèes par la pile, ounbsp;par tout autre appareil analogue....... S6
seconde par tie.
Dü POUyorR Dü GALVANISME SUR LES FORCES VIïALES. ............ 9J
-ocr page 385-DES M A T I E R E S. 34()
pag.
Section I. Application du galvanisiue a différents aniniaiix.................... 98
Sect .TL Pouvoir du o-aRanisnie sur des caclavres
O
de suppliciés..................... lax
Sect. TIL Action du galvanisme sur les meninges, Ie cerveau et Ie coeur............
S.ECT. IV. Action dn galvanisnie sur des cadavres
liumaius , dans lecasdeinort naturelle. . . 170
TROISIÈME PARTIE.
APPLICATION Dü GA LV A NIS ME A LA
mÉdecine . . . ................ j83
Section I. Differences entre ladrainistration du
galranismeet de 1éiectricitê.......... 186
Sect. II. Action du galranisnie sur les maladies
des jeux et des oreiües.............. 189
Sect. III. Application du galvanisme aux aspbj-
xics et aux nojés.................. 206
Sect. IV^. Application du galvanisme a la folie,
et autres maladies................. 210
Sect. V. De liiiQuence du galvanisme sur les
Iluidcs ........................... 2,60
-ocr page 386-pag.
SiCT. VI. Considerations générales sur.lespro-priétés et les effets du galvanisme sur 1éco-iiomie animale.................... 273
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m^^méi^ÊÉi
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