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RAISONNÉE
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Daprès les principes de M. -^PINUS, des Académies de Pétersbourg, de Turin , amp;c.
Par M. lAbbé HAÜY,
De 1Académie Royale des Sciences, Profeffeur Éuvérite de 1Univerfité.
A PARIS,
Chcï la Veuve DESAINT, Libraire, rue duFoin-Saint-Jacques.
M. DCC. L X X X V I I. Avic Approbation, amp; Privilege du Roi,
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O ü T E s nos connoiflances phyfiques font fondées fur 1obfervation ; maïs ellesnbsp;ne form ent proprement une fcience, quenbsp;quand la T héorie , mêlaiic fa lumierenbsp;h. celie que répand Ie flambeau de lex-périence , nous fait appercevoir Ie liennbsp;commun par lequel les faits obfervés fenbsp;tiennenc les uns aux autres. Jufque-Ik cenbsp;ne font encore que des fails ifolés ; amp;nbsp;sil efl: intérelTant de les i'ecueillir ,nbsp;de les bien conftater, amp; même de lesnbsp;multiplier, ceft fur-tout paree quils pré-parenc des données aux Génies qui vien-dront enfuite rapprocher tous ces anneaux
épars, amp; en former une chaine continue.
LElecbricité nous fournit un exemple frappant de cette marche graduée de
Tefpric humain. On ne connoiffoit daborct que la vertil quont certains corps, dansnbsp;lefquels Ie fluïde éledrique manifefte fonnbsp;adion , de satcirer ou de fe repouflèrnbsp;mutuellement. On seft appercu enfuitcnbsp;quil falloit employer differens moyens,nbsp;pour faire naitre dans des corps de di-verfes natures, la vertu éledrique; que dansnbsp;les uns elle étoit excitée par Ie frotte-ment ; que les autres la manifeftoiencnbsp;lorfquon les mettoit en communicationnbsp;avec des corps déja éledrifés. On a vunbsp;des corps éledriques lancer par leursnbsp;angles des aigrettes fpontanées, ou pro-duire, a 1approche dun autre corps, denbsp;vives étincelles, par leurs parties arondies.nbsp;Enfin , la découverte de lexpérience denbsp;Leyde a offert un nouveau phénomene,nbsp;également propre a piquer la curiofiténbsp;même du vulgaire, amp; a exercer la faga-cité des Savans.
Les phénomenes du Magnétifme, quoi-que rnoins variés , ont fuivi les mêmes progrès. Les anciens avoient remarqué la
PRÉLIMINAIRE. r propriété qua 1aimant datcirer Ie fer :nbsp;mais lobfervation de cette autre propriéténbsp;plus finguliere, en vertu de laquelle unenbsp;- aiguille aimantée tourne une de fes ex-trêmités vers Ie nord, «Se lautre vers Ienbsp;fud , eft certainement une découvertenbsp;moderne , quoiquon nen connoiffe ninbsp;1 Auteur , ni lépoque précife. Lapplica-tion que 1on a faice de cette découvertenbsp;^ la navigation, les occafions continuellesnbsp;quont eues les Marins de confiilter cenbsp;guide, dont Ie langage toujours vifibl'e,nbsp;devenoit pour eux une efpece de fup-plément au langage du ciel, quils ncnbsp;peuvent pas fans ceffe interroger, ontnbsp;donné lieu de remarquer amp; de fuivrenbsp;a vee attention les variations de Faisfuille
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tranfportée fur diffërens points du globe. Diine autre part, les recherches des Sa-vans, pour communiquer aux aiguilles denbsp;boulTole la plus grande vertu poffible ,nbsp;ont enrichi la phylique de faimant denbsp;plufieurs faits dautant plus dignes dat-tention , que quelques - uns femblent
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vj nbsp;nbsp;nbsp;DISCOURS
conduire k des paradoxes, amp; sécarter dc 1analogie des fairs ordinaires de la Nature. On a vu avec furprife, un aimantnbsp;communiquer les propriétés magnétiquesnbsp;k un barreau de fer voifin , fans riennbsp;perdre de fa force ; un barreau qui avoitnbsp;déja acquis une certaine vertu par lesnbsp;friéfions dun premier aimant , perdrenbsp;une partie de cette vertu par celles dunnbsp;fecond gimant, qiioique fakes dans Ienbsp;même fens ; 1addition dune armure aug-menter confidérablemenc la vertu dunnbsp;aimant de force médiocre , tandis quellenbsp;ajoutoit peil k celle dun aimant beaucoupnbsp;plus vigoureux, amp;c.
Tous ces différens fairs , ainfi que les fairs éleétriqucs, conficlérés chacun dansnbsp;leur ordre, ont certainement pour caufenbsp;Ie même agent. Maïs on nappercoit pointnbsp;dabord les rapports qui les lient entreux,nbsp;ni leur dépendance k 1égard du fluidenbsp;qui les produit. Ceft k la Théorie knbsp;afiigner les loix générales, fuivant lef-quellcs agit ce fluide, amp; Finfluence de ces
PRÉLIMINAIRE. vfj loix fur chacun des phénomenes en particulier. Dès-lors ces réfultats fi divers,nbsp;amp; quelquefois niême contraires eri appa-rence les uns aux autres, ne font plusnbsp;pour 1oeil éclairé par la Théorie , quenbsp;les différens points de vue dun faitnbsp;unique.
De toutes les Théorics que 1on a ima-ginées pour expliquer les phénornenes éleélrriques, celle du célebre Francklin anbsp;été Ie plus généralement adoptée. Cettenbsp;Théorie porte en général fur deux fairs,nbsp;hun, que les molécules éleélriques ont lanbsp;propriété de fe repouflèr mutuellementnbsp;même a une cercaine diftance ^ fautre,.nbsp;quelles font attirables par tous les corpsnbsp;connus. Ces deux fairs admis , tousnbsp;les autres en découlent, comme autancnbsp;cle corollaires qui fe déduifent dun mêmenbsp;principe.
Maïs il faut bien remarquer, que par les termes de forces répulfives ou, attrac-tives, on ne prétend pas défigner desnbsp;forces inhérentes aux molécules de la
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lïiatiere. Car, comme 1obferve très-bien M. -(Epinus (a) , un corps ne peut agirnbsp;OU il neft pas. Tout ce que Ton entend,nbsp;cefl: que deux molecules éleéèriques nenbsp;peuvent fe trouver en préfence, fans sé^nbsp;carter 1une de Fautre, quelle que foit lanbsp;caufe qni produife ce mouvement retrograde. De même, une molecule élecïlriquenbsp;libre ne peut fe trouver vis-a-vis dunnbsp;corps, fans sapprocher de ce corps, quelnbsp;que foit Fagent qui Fy follicite.
Que fait done la Théorie ? E41e prend un OU deux faits quelle ne cherche pointnbsp;a expliquer, maïs qui, une fois donnés,nbsp;mettent tous les faits connus en rapportnbsp;les uns avec les autres , en forte quilsnbsp;empruntent des deux premiers un jour, anbsp;Faide duquel ils séclairent enfuite mu-tuellqment. Un autre avantage des Théo-ries , teft qiFelles nous mettent a portéenbsp;de déterminer davance , d\ine manierenbsp;certaine, FefFet qui dolt avoir lieu, dans
(ö) Tentamen. Theorie^ eUBricitatis amp; magnetij^ mi, pag. 7,
telle circonftance, amp;, par une fiiite né-ceffaire, de produire k volonté tel efFet, en amenant les circonftances dont il dé-pend , lorfquil sagit dun objet qui tientnbsp;a la Phyfique expéri mentale. Ainfi lesnbsp;Theories, non-feulement nous dévoilentnbsp;en partie les reflbrts eachés que la Naturenbsp;fait jouer dans les opérations qui fe paf-fent aduellement fous nos yeux; maisnbsp;elles étendent nos vues jufques fur lesnbsp;réfultats des opérations futures, amp;: lesnbsp;foumettent même, en quelque forte, anbsp;notre pouvoir.
On voit, par ce qui precede, k quoi fe réduit la véritable Phyfique, amp;, finbsp;fofe Ie dire, la feule raifonnable. Nousnbsp;ne connoiffons pas les caufes premieres,nbsp;ni les loix les plus générales doii dé-pendent les elFets naturels. LÊtre fuprêmenbsp;qui a établi ces loix, amp; qui les maintient,nbsp;voit feul la chalne entiere dont ellesnbsp;forment les premiers anneaux. Parmi lesnbsp;différens elfets fubordonnés k ces loix,nbsp;nous obfervons certaines directions quc
fuivent les corps en mouvement : nous comparons les vitefTes de ces mouve-mens, ainfi que les maffes des corps.nbsp;Nous cmployons Ie mot êCattraSion pournbsp;défigner les diredions des mouvemensnbsp;vers un point commun; fi les direclionsnbsp;tendent vers deux points diamécralementnbsp;oppofës, nous difons que les corps fe re-poujjent. Nous eftimons, a laide desnbsp;maffes amp; des viteffes, les quantités dat-traöion amp; de répulfion. Nous avons,parnbsp;ce moven, des points fixes auxquels nousnbsp;ramenons tous les effets particuliers quinbsp;peuvent rapporter, amp; que nous ex-pliquons dune maniere mécanique Scnbsp;vraie en ce fens , que les conféquencesnbsp;auxquelles nous arrtvons, repréfentent lesnbsp;phénomenes tels quils font. Toutce quinbsp;eft en-deea de ces faits que nous regar-dons comme caufes, fe trouve ainfi éclairénbsp;pour nous. En vain effayerions-nous denbsp;lever Ie voile qui nous cache ce qui eftnbsp;au-dela : de pareilles recherches nannon-ceroient quune imagination qui ne fait
préliminaire. Xj
pöinc sarrêter; mais Ie génie, fublime amp; fage ,a la fois, après être parvenu , parnbsp;fon elTor, jnfquau plus haut point ou ilnbsp;lui fok donné de sélever, fait y reconnoitre la borne quil doit refpeéter.
Ces réflexions fuffifent, ce me femble, pour faire tomber routes les objeélionsnbsp;que 1on a oppofées aux Theories. On anbsp;accufé , par exemple , Newton , d avoirnbsp;fait revivre les qualicés occultes desnbsp;anciens , en établiffant 1exiftence denbsp;lattraélion. Supprimons Ie mot, amp; bor-nons-nous k dire que les corps celeftesnbsp;tendent k sapprocher les uns des atitresnbsp;avec des vitelles en raifon inverfe desnbsp;quarrés des diflances , quelle que foit Ianbsp;caufe de cette tendance. La découvertenbsp;de ce grand homme ne perdra tien denbsp;fon mérite, amp; fa Théorie aura toujoursnbsp;1avantage inappréciable de repréfenternbsp;exaéfement, k 1aide des courbes amp; dunbsp;calcul, routes les variations que fon ob-ferve dans les mouvemens céleftes , amp;nbsp;non-feulement de rendre raifon de toutes
les perturbations quils éprouvent, maïs de les annoncer, den determiner d^avance,nbsp;amp; Tépoque amp; la quantité, Rien de plusnbsp;admirable que eet accord conftanc Scnbsp;general entre les réfultats de la Théorienbsp;Sc ceux de 1obfervation , accord quontnbsp;fervi a verifier de plus en plus les progrèsnbsp;que lAftronomie phyfique a faits de nosnbsp;jours , en particulier, les profondesnbsp;recherches de MM. de la Grange Sc denbsp;la Place , qui partagent la gloire denbsp;Newton, en contribuant a la lui afsürer.
M. Francklin avoit eu celle de pofer les fondemens dune Théorie de 1élec-tricitéjbeaucoLip plus fatisfaifante que tousnbsp;les fyfiêmes qui avoient paru jufqualors.nbsp;II sétoit attaché , fur-tout , a prouvernbsp;lexiftence des deux éledricités pofitivenbsp;Sc négative. 11 avoit fait voir, par desnbsp;expériences qui paroilTent décifives, quennbsp;même^temps que Tune des deux furfacesnbsp;de la bouteille de Leyde, acquéroit unenbsp;certaine portion de fluide éleélrique au-delTus de fa quantité naturelle, la furface
PRÉLIMINAIRE, xiij oppofée perdoit une partie de la fienne,nbsp;amp; qüe la propriété de donner cette fe-couflè violente que 1on relTent dans 1ex-périence de Ley de, étoit produite par Ienbsp;retour rapide de la quantité excédante dunbsp;fluïde communiqué a la furface éleétriféenbsp;en plus, vers la furface éleétrifée en moins.nbsp;Mais cette Théorie étoit fufceptible detrenbsp;traitée avec un nouveau degré de préci-flon, amp; développée dune maniere plusnbsp;étendue queile ne lavoit été par ce Savantnbsp;célebre. M. A!,pinus, de 1Académie denbsp;Pétersbourg, a entrepris cette tache, Scnbsp;1a rcmplie avec tout Ie fuccès quonnbsp;devoit attendre de fa fagacité Sc denbsp;fon génie (a). En appliquant Ie calculnbsp;au principe de 1éleétricité pofitive Scnbsp;négative , en exprimant ladion desnbsp;forces que les corps éleélriques exercencnbsp;les uns fut les autres, en vertu de leurnbsp;excès OU de leur défaut de fluide, par
(a) Tel eft 1objet de 1Ouvrage que nous avons cite plus haut, amp; qui a été compofé en i759'
des formules fjmples quil manie enfuire avec beaucoup dadreflè, il eft parvenu anbsp;des conféquences parfaitemenc conformesnbsp;aux réfukats que préfente Fobfervation. IInbsp;a ramené aux principes fondamentaux denbsp;la Théorie, divers phénomenes dont onnbsp;navoit encore donné que des explicationsnbsp;peu fatisfaifantes, cels que les attradionsnbsp;amp; répulfions que 1on obferve fi fouventnbsp;entre les corps éleélriques, Sc fur-toucnbsp;la répulfion mucuelle de deux corps élec-trifés en moins. Enfin, par une analyfenbsp;plus approfondie des phénomenes déjanbsp;expliqués, il a déterminé, dune manierenbsp;plus précife, linfluence des caufes qui fenbsp;combi nenc entreiles dans Ia produélionnbsp;de ces phénomenes.
II na pas été moins heureux dans 1explication des phénomenes qui dependent du magnétifme, Sc cette partie denbsp;fon travail lui fait dautant plus dhon-neur, quelle eft abfolument ncuve, II anbsp;prouvé que Ie fluide magnécique, quoiquenbsp;différent, par fa nature , du fluide éleftri-
'Cjue, agifïbic de Ia même maniere k 1égard lt;ies corps fufceptibles de magnétifme;nbsp;amp; envifageant fon fujec dans fa plusnbsp;grande généralicé, il a déduic des prin-lt;;ipes de la Théorie, non*feulement 1ex-^nbsp;plication de tous les phénomenes quenbsp;préfentent les aétions réciproques de plu*nbsp;beurs corps magnétiques gt; amp; la commu*
magnétifme dun corps k encore iadion quexercenbsp;du globe terreftre furnbsp;de bouffole , les variationsnbsp;quon obferve dans la déclinaifon amp; lin-clinaifon de ces aiguilles k difFérentesnbsp;latitudes, amp;cc. Ceux dentre ces phénomenes qui tiennent du paradoxe, amp; dontnbsp;nous avons ciré quelques-ims, ne fontnbsp;que des conféquences néceffaires de lanbsp;Théorie, Sc certains faits quil paroifToitnbsp;d^abord impoffible dy ramener, fe trouvencnbsp;expliqués avec la même facilité. Jamaisnbsp;une Théorie neft mieux établie , quenbsp;quand les difficultés qui fembloient, aunbsp;premier coup - dceil, fournir des armes
nication 1autre ,nbsp;Ienbsp;les
du
maïs
magnétifme
aiguilles
pour Ia combatcre amp; la détruire , fe tournenc en preuves j amp; en deviennentnbsp;Ja plus folide défenfcé
II fauc convenir cependant, que parmï les principes fur lefquels eft fondée Ianbsp;Théorie de M. ^pinus, il en eft unnbsp;qui sécarte tellement en apparence desnbsp;principes de la faine phyfique, que lAuteur lui-même a long-temps balancénbsp;pour 1admettre, Sc ne sy eft déterminénbsp;quaprès un mür examen. Ce principenbsp;confifte,en ce que les molécules propresnbsp;des corps one une force répulfive mu-tuelle , comme les molécules même dunbsp;fluide éledrique, ou du fluide magnétiqüe.nbsp;M. ^pinus fait voir que 1exiftence denbsp;cette force eft une fuite néceflaire denbsp;celle des deux forces dont nous avonsnbsp;parlé plus haut, Sc qui fervent de bafe anbsp;la Théorie de M. Francklin. Au fonds,nbsp;il ny a pas plus dinconvénient k admetcrenbsp;une force répulfive entre les moléculesnbsp;des corps , quentre celles des fluides,nbsp;foit éledrique, foic magnétiqüe, puifque,
comme
PRÉLIMINAIRE, xvij comme nous 1avons dit, Ie mot de foranbsp;nexprime ici quun fait dont on ne recherche point la caufe. Tout ce quonnbsp;pourroit objedter de plus fpecieux eontrenbsp;de pareilles forces, ceft quelles ne fenbsp;concilient point avee Ie principe de Ianbsp;gravitation univerfelle. Mais conime lesnbsp;forces répulfives, done il sagit, nexercencnbsp;leur adion que dans Ie cas particuliernbsp;des phénomenes élecèriques ou magnéti-ques, amp; que cette aétion , comme en-chainée par des forces contraires, demeurenbsp;fufpendue, lorfque les corps rentrent dansnbsp;leur état naturel, ainfi quon Ie verra dansnbsp;Ie cours de eet Ouvrage, la gravitationnbsp;üniverfelle nen fera pas moins une forcenbsp;générale , qui éprouvera feulement desnbsp;perturbations locales amp;c paffageres, occa-fionnées par les phénomenes de léledtriciténbsp;amp; du magnétifme. Enfin , il eft très-vraifemblable que quand la nature de cesnbsp;phenomenes fera mieux connue , onnbsp;découvrira quils dépendent des aétionsnbsp;fimultanées de deux fluïdes tels, que les
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xviij DISCOURS molecules de chacun deux auroient lanbsp;propriété de fe repouflèr mutuellement (o),nbsp;8c en même-temps celle datdrer lesnbsp;molecules de 1autre fluide, en force quenbsp;1un des deux feroit la fonélion que M.nbsp;^pinus attribue aux molecules propresnbsp;des corps (b). Quoi quil en foic , ( amp;nbsp;ceft ici Ie point effentiel), les forcesnbsp;affignées par M. ^pinus doivenc êtrenbsp;regardées au moins comme les équiva-
{a) Lu gravitation univerfelle nempêche pas les Phyficiens dadmettre la répulfion mutuelle des molecules dun fluide élaftique, au point de contaO:.nbsp;Or , la répulfion a diilance , quelle quen foic la caufe,nbsp;fait encore moins de difficulté, par rapport a iac-traflion.
( è ) Plufieurs Savans ont déia cru appcrcevoir, dans certains phénomenes de léleélricité, des circonftancesnbsp;qui annoncent lexiftence de deux fluides. Voici commenbsp;sexprime , entrautres , Ie célebre M. de SaufTure ,nbsp;( Voyage daas les Alp es ^ Tom, II, pag. 0.4^ ). « Jenbsp;5gt; ferois porté a regarder Ie fluide éledrique, commenbsp;» Ie réfultac de lunion de 1élément du feu avecnbsp;» quelquautre principe qiii ne nous eft pas encorenbsp;gt;5 connu. Ce feroit un fluide analogue a 1air inflam-» mable, mais incomparablement plus fubtil ».
PRÉLIMINAIRE. xk lens des véricables forces employées parnbsp;la Nature : quclque parti que Ton prenne,nbsp;la marche de la Théorie fera h peu-prèsnbsp;la itiême, amp; olFrira dans les conféquen-ces, les mêmes vérités amp; Ie même accordnbsp;avec les réfultats donnés par lobfer-vation.
M. iEpinus admetencore, avec plufieurs Phyficiens, lexiftence dun noyau douénbsp;dune grande force magnécique, amp; placenbsp;au centre du globe terreftre. Gette alfer-tion, au premier coup-doeil, a quelquenbsp;chofe de fingulier, amp; Ton feroit tenténbsp;de la regarder comme un de ces expédiensnbsp;auxquels on a quelquefois recours, parnbsp;la difficuké dexpliqiier certains phénome-nes, plutot que comme une conféquencenbsp;amenée naturellemenc par 1obfervationnbsp;des faits. Mais lorfquon voit une aigvtillenbsp;aimantée , tranfporcée fucceffivemenc furnbsp;dilFérens points du globe, y prendre desnbsp;pofitions parfaitement analogues k cellesnbsp;qui auroient lieu , fi on lui faifoit fairenbsp;difFérens circuits autour dun aimant
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fphérique, foit naturel , foit artificiel; lorfquon voit de -même Ie fer non-aimanté , tantot devenir iin véritablenbsp;aimant, tantóc nacquérir aucune vertu ,nbsp;fuivanc les diredions quon lui donnenbsp;par rapport aux poles du globe amp; knbsp;1horizon du lieu, amp; cela précifementnbsp;dans les mêmes circonftances ou un aimant' fphérique donneroit des réfulcatsnbsp;femblables; lorfquenfin on confidere quenbsp;Ie globe terreftre, qui a une adion finbsp;marquee fur Ie fer, pour lui communi-quer la vertumagnécique, différe cependantnbsp;des aimans qui font k notre portée, ennbsp;ce quil nattire point fenfiblement,commenbsp;ceux-ci, Ie fer aimanté, éc que cette difference doit néceflairement avoir lieu dansnbsp;Ie cas ou ladion du globe sexerceroit k unenbsp;très-grandedifi:ance,on eft conduit,commenbsp;malgré foi, k conclure , avec M. ^pi-nus (a), que Ie Créateur, pour des raifonsnbsp;puifées dans fa fagtfle, a placé au centre
PRÉLIMINAIRE. xxj de notre globe un corps qui a toucesnbsp;les propriétés des véritables aimans , amp;nbsp;cecte hypothefe, qui avoit dabord lesnbsp;apparences contrelle , prend un air dcnbsp;vraifemblance, qui ne permet gueres dcnbsp;concevoir que la chofe puiflè êrre au-trement. Eh! combien de vérités la Phy-fique ne nous a-t-elle pas fait connoitre,nbsp;avec lefquelles les efprits ont eu befoinnbsp;de fe familiarifer en quelque forte, parnbsp;une étude fuivie des preuves fur lefquelles
elles étoient fondées?
M. ^pinus eft Ie premier qui ait appliqué Ie calcul a lEledricité di aunbsp;Magnétifme. Dans routes les Théoriesnbsp;qui avoient paru jufqualors fur ces deuxnbsp;branches de nos connoiflances , Texpli-cation des phénomenes eft préfentéenbsp;h 1aide du feul raifonnement. Or, Ienbsp;calcul analytique neft lui-même que Ianbsp;traduftion dun raifonnement dans unenbsp;langue très-abrégée, amp; qui réunic hnbsp;1avantage de reflerrer dans un efpacenbsp;écroit UQ grand enfemble de combinai'*
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xxij D I S C o U R S
fons , celui de foulager 1efprit, amp; de lui ménager des repos, en ne lui préfentancnbsp;jamais k la fois quune feule formule knbsp;transformer en une autre. Cette méthodenbsp;a, de plus, Ie mérite de porter dans lesnbsp;réfultats une rigueur amp; une précifion quinbsp;exclud toute incertitude amp; tout foupcpnnbsp;de parallogifme. Mais comme les Ou-vrages de ce genre ne font k la portéenbsp;que dun petit nombre de Leéteurs, Scnbsp;que la co'nnoilTance des phénomenes denbsp;lEleéèricité Sc du Magnétifme eft très-rëpandue , jai cru quun Ouvrage,ou lonnbsp;expoferoit la Théorie dont il sagit, dé-pouillée de 1appareil du calcul, pourroitnbsp;nêtre pas indifférent aux amateurs de lanbsp;Phyfique. Cette marche a dailleurs auffinbsp;fes avantages; elle donne 1efprit des méthodes quemploie Ie calcul,; elle dévelcppenbsp;les idéés que les formules ne font quin-diquer dune maniere trés-générale : ellenbsp;fait concevoir la liaifon du principe avecnbsp;les conféquences qui en découlent, Scnbsp;difparoitre eet air de paradoxe fous lequel
fe préfentent certains réfulcats ou Ton ne fe trouve conduit qaavec une fortenbsp;de furprife par les démonttrations algé-briques.
Au refte, Ie raifonnement ne peut être fubftitué avec quelque fuccès au calcul,nbsp;que dans les queftions dun certain ordre,nbsp;^ qui ne tiennent point aux hautesnbsp;Mathématiques, ni aux propriétés desnbsp;courbes (a). Ceft alors que les relTourcesnbsp;du calcul dcviennent a Ia fois néceffaires,nbsp;dc dignes de toute notre admiration, en cenbsp;quelles nous menent par un voie égale-naent courte amp; direde au même but,nbsp;oil 1on ne pourroit arriver, a 1aide dunbsp;raifonnement, que par un circuit im-menfe, amp; qui peut-être même exigeroit des^
(a) II en faut dire autant des matieres qui exigent que I on parvienne a des réfultats rigoureux, en fortenbsp;que la Théorie ne puiffe être bien démontrée , quautantnbsp;qu elle afiigne , non-fculement Ie genre ou la qualité ,nbsp;mais la quantité précife des adlions qui produifent lesnbsp;phénomenes , amp; quelle donne , dans les applications ,nbsp;es limites exades entre lefquelles ce$ aêlions fontnbsp;renfermées.
xxiv DISCOURS
efForts au-defliis de la porcée de 1efprit humain. Tout ce quon peut faire, dansnbsp;ces fortes de cas, au défaut des relïburcesnbsp;dont je viens de parler, ceft dexpofer,nbsp;de la maniere la ^lus claire, quil eft pof-lible, dabord létat de la queftion, amp;nbsp;enfuite Ie réfultac; amp; eeft ainfi que jainbsp;été forcé den ufer dans un. petit nombrenbsp;de circonftances, oii Ie calcul femble par-courir des routes inacceflibles a la raifonnbsp;abandonnée a fes propres forces (a).
Mais, quoiquen-général la Théorie de M. ^pinus me paroiflè avoir un degrénbsp;de fimplicité , qui la rend fufceptiblcnbsp;dêtre préfentée, fans employer Ie calcul,nbsp;on concevra que jai dü avoir plus dunnbsp;obftacle a vaincre, pour retrouver 1efpritnbsp;des démonftrations caché, en quelque
(a) Jai fubflitué , dans ces fortes de cas i aux methodes du calcul analytique, lorfque cela ma éténbsp;poflible, des dénionftrations fondées fur les principesnbsp;de la Geometrie élémentaire, que jai rejettées dans desnbsp;potes , en faveur de ceux qui poffedent Ips principes denbsp;fette Gépmétrje,
forte, fóus 1enveloppe des formules ana-* lytiques, 6c préfenter , alVide du langagenbsp;ordinaire, une marche fans ceffe com-pliquée de quatre forces differentes quinbsp;concourent k la produ^ion des pheno-menes éle£lriques 6c magnétiques. Auffi,nbsp;quelqueffort que faie fait, pour etre ennbsp;mênae-temps clair 6c précis, je ne diffi-mulerai pas que la leélure de eet Ouvragenbsp;demande une attention férieufe 6c fou-tenue, 6c cette habitude de combinernbsp;fes idees, que Ton pourroit appeler hnbsp;cdcul dc la raifon. Cette leélure exigenbsp;auffi que 1on ait une notion des rapportsnbsp;6c des proportions; notion qui, au refte ,nbsp;fe trouve dans tous les Traités darithmé-tique, 6c quil eft facile de fe procurernbsp;en très-peu de temps.
Je ne me fuis point aftreint a fuivre 1ordre que seft prefcrit M. .®pinus dansnbsp;fon Ouvrage, 6c jai difpofé les différensnbsp;articles de fa Théorie, de la maniere quinbsp;ma paru la plus convenable, relativemcntnbsp;au but que je me propofois, Jai ajoute
plufieurs nouvelles applications de la Théorie a des faits dont la découvertenbsp;eft poftérieure k 1Ouvrage de M. ^Epinus,nbsp;OU dont il navoit parlé quen paflant,nbsp;tels que Ie pouvoir des pointes, les étin-celles Sc aigrettes éleéèriques, amp;c. Jainbsp;auffi donné la folution de certains casnbsp;que M. jEpinus avoit laifles indéterminés,nbsp;tante de connoitre la loi, fuivant laquellenbsp;agi/Tent les fluides éleétrique amp; magnéti-que, a raifon des diftances. Jai été conduitnbsp;a ces nouvelles folutions pat* la découvertenbsp;qua faite M. Coulomb de Ia loi dont ilnbsp;sagit, Sc quil a bien voulu me permettrenbsp;dcxpofer, daprès les Mémoires très-incé-reffans quil a lus fnr eet objet k 1Académie, pendant Ic cours des aUnées 1785*nbsp;Sc 1787. Enfin, on trouvera dans eetnbsp;Ouvrage des détails fur différentes décou-vertes , ou obfervations récentes, faitesnbsp;par MM. Lavoifier, de la Place, dcnbsp;Caflini, Scc. Ainfi mon travail, fi fainbsp;eii Ie bonheur de Ie rendre digne denbsp;lattention du Public, réunira k 1avantage
PRÉLIMINAIRE, xxvij de lui préfenter dans un langage intelligible pour tons les ordres de Leftevirs,nbsp;une des plus favanres Theories qui aicnbsp;encore paru , celui de renfermer unenbsp;elpece de Supplément a cette Théorie,nbsp;telle quelle a été donnée par lAuteur.nbsp;Quant aux Phyficiens Géometres, j au-tai rempli mon vceu a leur égard, fi jenbsp;puis leur infpirer Ie defir de cherchernbsp;1explication des phénomenes de FEleélri-cité amp; du Magnétifme, dans la leélurenbsp;même dun Ouvrage trop-peu connu, amp;nbsp;digne detre placé parmi Ie petit nombrenbsp;de ccux qui doivent faire époque dansnbsp;1Hiftoire des Sciences.
Extrait des Regijlres de VAcadémie Royale des Sciences ^ au XI Juillet fjSj.
N.
ous averts été nommés par 1Académie, pour lui rendre compte dun Ouvrage de M. 1Abbé Haüv,nbsp;intitule, Expojition raifonnée de la Théorie de lElec-tricité amp; du Magnétifme, fuivant les principes de M.nbsp;A.pinus.
La Théorie de M. Francklin avok déja répandu un grand jour fur les pnénomenes de lEleöricité, lorftjuenbsp;M. Atpinus fe propofa dajouter de nouveaux degrés denbsp;perfection a cette The'orie , amp; de 1étendre aux phéno-menes moins varies , mais non moins intéreffans dunbsp;Magnetilme. LOuvrage oii font confignées les diffé-rentes recherches de iAcadémicien de Pétersbourg,nbsp;parut en 1760, fous Ie titre de Tentamen Theories Elec-tricitatis amp; Magnetifmi. II eft fondé fur un trop petitnbsp;nombre de principes, pour que nous nen faflions pasnbsp;mention.
Ceux de lElefilricité fe réduifent a deux : iquot;. Les molecules du fluide éleflrique fe repoufl'ent mutuelle-ment, amp; font attirables par tous les corps connus.nbsp;2. II y a des corps qui livrent un paflage facile a lanbsp;matiere éleörique , amp; dautres oii ce fluide ne fe meutnbsp;quavec une grande difficulté , fans néanmoins quenbsp;1imperméabilité foit abfolue.
La Théorie du Magnétifme fuppofe^' 1®- que les mo* lécules du fluide magnétique fe repouffent mutuellement,nbsp;amp; font attirables par Ie fer feulement dans 1état métal-lique. 2°. Que les corps fufceptibles de magnétifme nenbsp;laiffent mouvoir Ie fluide dans leur intérieur , quavecnbsp;une extréme difficulté, amp; nc lui permettent point denbsp;palTer en quantité fenfible dans les corps voifins i amp;nbsp;pour expüquer Ie Magnétifme fpontané de certainsnbsp;corps , ainfi que la direöion conftante de 1aiguillenbsp;aimantée , il faut admettre, comme troifieme principe,nbsp;que 1attraftion du globe eft équivalente a celle dunnbsp;noyau doué dune grande force magnétique, amp; placé snbsp;fon centre.
pllquer les phénomenes les plus finguliers de lÈledrlcite amp; du Magnétifme, en faifir les moindres circonftances,nbsp;amp; prévoir avec exaéütude ce qui réfultera dune experience projettée. Cependant M. jEpinus ne seft pasnbsp;borné a rendre compte des fairs connus , amp; a porter Ianbsp;précifion du calcul dans des objets qui en paroiffoientnbsp;peu fufceptibles; il a encore enrichi la fcience de plu-öeurs découvertes importantes.
Dans la Théorie de lEleSricité, il a obfervé qa*uh corps éleftrifê na aucune aöion fur un corps non-eleörifé , il eft 1inventeur de léleörophore ^ ou dunenbsp;experience qui en tient lieu : enfin , il a remarquénbsp;Ie premier, que dans 1expérience de Leyde , Ie verrenbsp;pouvoit être remplacé par une lame dair, amp; que lanbsp;commotion neft plus foible , qua raifon de la plusnbsp;grande épaiflieur quon eft oblige de laiffer a la couchenbsp;dair.
La Théorie du Magnétifme, fortle toute entlere des mains de M. j!Epinus,lai fait encore plus dhonneür. IInbsp;a démontré Ie premier que 1aÖ.ion direftive du globe furnbsp;les aiguilles aimantées , pouvoit être fenfible , fans quenbsp;la force attraSive Ie füt. II a perfeöionné confidérable-ment la méthode daimanter de MM. Micheli amp; Canton jnbsp;enfin, il a donné de nouveaux moyens dexciter la vertunbsp;magnétique au plus haut degré,fans Ie fecours daucun.nbsp;aimant, ni naturel, ni artificiel.
LOuvrage de M. .^.pinus, eft fans doute un de ceux qui doivent faire époque dans 1Hiftoire des Sciences , amp;nbsp;quand Ie fyftême fur lequel il eft fondé fe démentiroit eiinbsp;quelques points, eet Onvrage contient encore affez denbsp;chofes indépendantes de Ia Théorie, pour mériter 1at-tention des Phyficiens. Un feul principe paroit difficilenbsp;a admettre dans la Théorie de M. .(Tpinus ; quoiquilnbsp;foit une fuite immédiate de ceux que nous avons rappor-tés , ceft la répulfion des molécules des corps. Gepen*nbsp;dant, fi 1on fait attention quil ne sagit point ici denbsp;répulfions ni dattraftions abfolues , mais deffets quinbsp;peuvent tenir a une caufe quelconque, par exemple, anbsp;iexiftence de deux fluïdes , comme Ie penfent plufieursnbsp;Phyficiens, on aura moins de peine a admettre unenbsp;hypothefe, qui eft appuyée par un très-grand nombrenbsp;de fairs , amp; qui daiUeurs neft point contraire a la fainenbsp;Phyfique.
Nous ne devons pas omettre , que IOuvrage de M. ^pinus a le mérite de Iexaflitude que le calcul y a in-troduite ; exaflitude qui ne peut avoir lieu que dans unenbsp;fcience déja perfedionnée. Mais ce mérite, aux yeuxnbsp;des Phyftciens Géometrcs, devient un obftacle pour ceuxnbsp;qui ont trop peu de connoifTances Mathematiques. Etinbsp;conféquence, M. IAbbe Hatiy a juge quil rendroic unnbsp;fervice important a la Phyfique, en reduifant au fimplenbsp;raifonnement les calculs de M. jïlpinus , amp; en mettantnbsp;ainlt a la portee de tout le monde un Ouvrage peunbsp;connu , amp; digne de 1être.
Get Ouvrage, quoique tris-clair , etoit peut-être un peu difFus amp; peu methodique, comme tous les Ouvragesnbsp;de Génie. M. IAbbe Haiiy y a rétabli 1ordre 8c lanbsp;precilion ; amp; dans un Volume beaucoup moindre, il anbsp;ajoute 1expofition amp; la Théorie de plufieurs phenomenesnbsp;intereffans, tels que le pouvoir des pointes , les etincellesnbsp;amp; aigrettes eledriqaes , leledricite manifeftée dans lenbsp;réfroicïiffement 8c Ievaporation des corps , f iivant lesnbsp;obfervations de MM. Lavoifier, de la Place amp; denbsp;Sauffure , amp;c.
liï
Nous ne pafferons pas fous filence la decouverte de la loi que futt 1aftion des fluides eleftrique Sc magnetique, 'nbsp;a raifon des diftances. M. Aipinus avoit foup^onné quenbsp;cette a£kion fuivoit la raifon inverfe du quarré des diflan-ces ; il etoit potte a le croire , par analogie feulement,nbsp;8c fans avoir aucune experience pour Ietablir, Auflinbsp;employe-t-il quelquefois dans fes calculs la raifon inverfe de la fimple diftance, amp; 1ignorance de la vraienbsp;loi 1avoit empêché de porter certains réfultats au degrénbsp;de juftefl'e convcnable. Il etoit réfervé a M. Coulombnbsp;de decouvrir cette loi par un moyen entiérement a lui,nbsp;8c qui peut fervir a mefurer de très-petites forces avecnbsp;une grande exaélitude , decouverte dautant plus difficile que Newton amp; dautres Phyficiens avoient eranbsp;voir dans les aSions eleclriques amp; magnétiques , lanbsp;raifon inverfe du cube , ou même dune plus hautenbsp;puilTance de la diftance. M. IAbbe Haiiy a foin dex-pofer la vraie loi, daprès M. Coulomb, amp; de rectifier , a 1aide de ce moyen , plufieurs calculs denbsp;M. uEpinus.
Nous concluons que IOuvrage de M. IAbbe Haiiy eft très-propre a repandre les notions les plus faines fur
deux branches importantes de la Phyfique, amp; quen conféquence il mérite 1Approbation de 1Académie ,nbsp;amp; detre imprimé fous Ton Privilege.
Au Louvre, ce ai Juillet 1787.
Signé, DE IA Place, Cousin, le Gendre.
Je certifie le préfent Extrait conforme aux Regiöres de 1Académie. A Paris, ceai Juiliet 1787.
Signé , LE Marquis deCONDORSET, Secrétaire perpétuel.
dejfus tpécihés, il en puiife êcre irapcimé dautres qui ne f .'ienc pas
a A nbsp;nbsp;nbsp;' _______ a^. nbsp;nbsp;nbsp;____ j..
, O U I S , par la grace de Dieu, Roi de France amp; de Navarre: A nos amés amp; féaux Confeillers, les Gens cenans nos Cours denbsp;Parlement, Makres des Retjuêtes ordinaires de notre Hotel, Grand-Confeil, Piévoc de Paris, BailUfs, Sénéchaux, leurs Lieucenatis Civils,nbsp;tc aucres nos Juldders quil appauiendra: Salut, Nos bicn amésnbsp;lEs Membres de l'Académie Royale des Sciences denbsp;notre bonne Ville de Paris, nous one fait expofer c^u'ils auroiciiCnbsp;betoin de nos Lettres de Privilege pour rimpreflion de leurs Ouvrages:nbsp;A CES CAUSES , voulatir favorablemcnt trairèr les Expol*ans ^ Nous leurnbsp;avons permis Sc permettons par ces Préfenres, de faire impdmer patnbsp;tel Jniprimeur quil.; voudronc choidc, routes les Recherches ou Ob-lervacions jouvnalicres, ou Relations auniieiles de tont ce gt;\ui auranbsp;éié fait dansles AfTemblées de ladite Académie Royale des Sciences,nbsp;les Ouvrages, Mémoires ou Traités de chacun des Patticiiliers qui lanbsp;compofem, 6c généralemcnt louc ce que ladire Académie voiidra faTenbsp;paroure , après avoir fait examiner Icfdits Ouvrages, 6c jugé quüsnbsp;feront dignes de 1impreflion , en tels volumes, forme, marge , carac-teres, conjointement ou féparément, 6c aurant de fois que bon leutnbsp;femblera, 5c de les faire vendre 6c débiterpat tout notre Royanme,nbsp;pendant le temps de vingt anuées conlecm'ives, a compter du |our denbsp;la date des Prefentesi fans coucefois qu^ foccafion des Ouvragesci-ïlfus toecifiés .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-------^ nbsp;nbsp;nbsp;r. i
ladiiÊ Académie* Faifons défenfes a touies fortes de perfonnes, de quelque qualité 6c condition quclles foieiit, d'en introduire dimpref-iion érrangere dans aucun lieu de notre obéilïaance j comme ;.ullinbsp;a tous Libfaiies 6c Imprimeurs dimprimei ou faire iniprimer, vendre ,nbsp;faire vendre, débiter iii contrefaire lefdics Ouvrages, en tont ou ciinbsp;partie, Sc d'en faire aucunes traduéiions ou exitatts. fous qujquenbsp;précexte que ce puiÖTe êcre , fans la permilhon exptede amp; par écricnbsp;defdits Expofans, ou de ceux qui auronc droits deux ; , a p.inedrnbsp;confifcarion des F.xeinplaircs ct/ncrefaics , de trois mille livrcs d a-mendc contre chacun des Contrcveiians j done un tiers a Nous , unnbsp;tiers a IHotcl-Dieu dc Paris, 6c Tauti'e tiers auxuirs Expofans, ou a
dlt;
te'ulqul aura droit dcux , k dc tous depens, dommages 5c intéréts; i la charge quc ces l'réferires feiont enregiftrces tout au long furnbsp;le Regiltie de la Communaucé des Iinprimeurs amp; ijoraiies dc Paris,nbsp;dans irois mois de la dare dicelles ; que rinipteiriou defdit' Ou-vrages feta faite dans notre Royaume , amp; non aillcuis,en bon papiernbsp;amp; beaux caraöeres, conform^ ment aux Régleinens dc la Librairic;nbsp;quavant de 1eXpofer en vente , les manulcrits ou impriinés qui au-ront lervi de copje d rimptellion defdits Ouvrages, fetonr lemisnbsp;ès mains de notre très-cher amp;-féal Chevalier, Garde desSceaux denbsp;France, le Sleur Hue de Miromesmil; quil en fera enfuite remisnbsp;deux Exetnplaires dans notre Bibliotheque publi-jue, un dans cellenbsp;de notre Chateau du Louvre , un dans celle de notre très-chct amp; féalnbsp;Chevalier, Chanceliet de France , le Sieur de Maup'ou, Sc un dansnbsp;celle dudit Sieur d OE de Miromesnic ; le tout a peine de nullite detnbsp;Préfentes, du contenu defquelles vous man Ions amp; enjoignons de fairenbsp;jouir ledit Expofant amp; leurs ayans canfe , p'einement amp; paifiblement,nbsp;fans foufFrit quil leur foit fait aucun trouble ou empèchementi Vou-lons que la copie des Préfentes, qui fera imptiniée tout au long,aunbsp;commencement ou d la fin defdits Ouvrages, foit tenue pour diimentnbsp;fignifiée ; Sc quaux copies coll tio n:es par 1un dj nos amé amp; feauxnbsp;Confeillers amp; Sec! éta.res, foi foit ajoucée comme a roriginat. Com-mandons au premier noire Huiflier ou Setgent fur ce rcquis, denbsp;faire , pour 1exécution dicelles, tous Actes requis Sc nécefTaires ,nbsp;fans demandet autre permiflion , Sc nonobftant clameur de Haro,nbsp;Charte-Normande Sc Lettres a ce contraires. Car tel elt notre plaifit.nbsp;Ponné d Paris le premier jour de Juil'et, Pan de grace mil feptnbsp;cent foixante-dix-huit, Sc de notre Regne le cinquieme. Par le Roinbsp;en foB Confeil.
Siff/ie, lEBEGUE.
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Reg'tjlré fur le Regifre JfX rfe lu Chamhre Royale amp; Syndicate des Lirrmres 6 Imprimeurs de Paris JV. '477- f l s*2 can-foime'ment au Reglement dc 1713 , ^ui fait defenfes, article 4,nbsp;d toutes perfonnes j de quelque qualité (f condition qu ellesnbsp;fbient, autres que les Liiraires £c imprimeurs , de vendre , debi-ter £r faire afficher aucun Livre peur les vendie en leur iiom ^nbsp;foit qu'ils s'en difent les Auteurs ou autrement, amp; d la chargenbsp;de fournir dla^ufdite Chambre huit exemplaires , preferits parnbsp;Vartiele CVll, au même Reglement. A Paris, ce 16 Aoi-t 177Ï,
KNAPEN, XT'ncfic.
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I. Des principes généraux de cette Théorie.
i-TTOUTE la Théorie de lEleclricité, telle que M. Spinvis 1a développée dans fon Ouvrage ,nbsp;eft fondée fur les deux principes fuivans , quinbsp;fervent également de bafe a celle de M.nbsp;Francklin.
Lts moUcules dc la matierc iUclrique Jè r6-poiijfcnt les lines les autres, même d des diflances ajfe:^ conjidérables.
Ces mémes molecules Jont attirables par tous les corps connus.
2. Le fiuide éleörique, par une fuite de lextrême fubtilité de fes parties, eft capable de,
A
T H i o R ï E pénétfer toutes fortes de corps , mais il y anbsp;de grandes differences entre les corps , relati-vement a la maniere dont fe fait ce trajet anbsp;travers leurs pores. Tons ceux qui ne font pointnbsp;éle£triques par eux-mêmes, amp; quon appelle, ppnrnbsp;abréger, corps an-ékBriqiies, livrent un libre paf-fage k la matiere éleörique , qui fe ment dansnbsp;leurs pores avec beaucoup de facilité. Quant auxnbsp;{vhamp;^nces idio-élecIriques \ OU qui séleclrifent parnbsp;Ie frottement , M. Francklin penfoit que Ienbsp;verre , qui elf du nombre de ces fubftances ,nbsp;dtoit impermeable a la matiere éleilrique M.nbsp;^pinus nelf pas tout-a-fait du même fentiment.nbsp;II croit pliltot que la matiere éledrique fe mentnbsp;tlans Ie verre, amp; en pénétre les pores , maisnbsp;avec beaucoup de difficulté amp; de lenteur amp; ilnbsp;étend cette propriété a tous les autres corpsnbsp;idio-éledriques , tels que Ie foufre , les refines ,nbsp;fair fee
Au relte, loriqne M. ^pinus parie dattrac-¦tions amp; de répulfions, il ne pretend pas que les corps aient la propriété dagir les uns fur lesnbsp;autres d dijlance. II regarde , au contraire ,nbsp;¦comme un axióme indubitable cette propolition ,nbsp;quü/2 corps ne peut agir ou il ncjl pas. Lesnbsp;4mots dattraclion amp; de répulfion , défignent
DÉ l É L E C T B. i CJ T É. nbsp;nbsp;nbsp;5
feulement des faits que lAuteur adopte pour principes, amp; dont pl déduit lexplication desnbsp;phénomenes , fans rechercher la caufe immediatenbsp;de ces faits. (Voy. Ie Difc. préliminaire. )
3. nbsp;nbsp;nbsp;Cliaque corps a une certaine quantité dé-leétricité qui lui eft propre , amp; que lon peutnbsp;appeler fa quantité naturelle d'éleclricité, Cettenbsp;quantité eft proportionnelle a la mafte. Tantnbsp;quelle refte la même , Ie corps ne donne aucunnbsp;figne extérieur déleétricité , doü il fuit quil ynbsp;a équilibre entre la force attradive quun corpsnbsp;exerce for fa quantité naturelle de fluïde élec-trique, amp; la force avec laquelle les moléculesnbsp;qui compofent cette quantité , fe repouflent mu-tuellement. Mais fi Pon vient k augmenter ounbsp;a diminuer cette même quantité , par quelquenbsp;moyen que ce foit; alors Téquilibre étant rompu gt;nbsp;Ie corps dont il sagit, deviendra fufceptible denbsp;produire au - dehors divers phénomenes élec-triques.
4. nbsp;nbsp;nbsp;On dit dun corps , qu il eft éleclrifé poft-tivement, ou négativement , lorfqu il a plus ounbsp;moins que fa quantité naturelle déleélricité.nbsp;On fe fert aulTi, dans les mêmes cas, dés termesnbsp;éi éleclrifé en plus, ou éleclrifé en moins. Lenbsp;verre acquiert, par le frottement, une éleftriciténbsp;pofitive fiir la furface frottée. Celle que lonnbsp;communique, par le même moyen , au foufre , ^
4 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
ia Cire dEfpagne amp; aux niatieres réfineufes, ell negative. Nous verrons dans la fuite, par queisnbsp;indices on peut juger fi Ieledricite dun corpsnbsp;eft pofitive ou negative..
!/. JJcs loix auxqudUs ejl ajfujcttie la, mature èkclrique , en conféquence des principes quinbsp;-itiennent d'etre expofés,
^. Les difFerens phénomenes qui dependent de laftion du fluïde éledrique, peuvent fe réduire ennbsp;general a deux clafl'es. La premiere comprend ceuxnbsp;Ie fluide palTe dun corps dans un autre, qiunbsp;en a une moindre quantité. Les phénomenes de lanbsp;lèconde claflè , font ceux oh les corps eux-mémesnbsp;ont des mouvemens progreflifs , par lefquels ilsnbsp;sapprochent ou sécartent les uns des autres.nbsp;L'L .(E-pinus expofe dabord les loix que fuit lanbsp;rnatiere éieclrique, dans les cas qui appartiennentnbsp;a la premiere clafl'e , comme étant les plusnbsp;fimples.
¦6. Suppofons un corps qui ait recu une certaine quantité de fluide éleétrique au-deflus de lanbsp;quantité naturelle , ou qui foit éleélrifé pofitive-ment (4). 11 sagit de determiner Iadion dunbsp;fluide for une molécule éledrique, fituée auprèsnbsp;de la furface du corps. Tant que ce corps étoitnbsp;dans fon état naturel, ia force attraftive de fa
DE lÉlectricité % matiere propre, a légard de la molecule dont ilnbsp;sagit, étant égale k la force répulfive qne fonnbsp;fluïde exercoit für cette meme molecule 5(3)^nbsp;ces deux forces fe faifoient équilibre , amp; la molecule reftoit immobile auprès de la furface danbsp;corps , fans être attirée ni repouffée. Mais anbsp;caufe de raccroiffement qua recu Ie fluide ren-ferme dans Ie corps , la force répulfive de csnbsp;fluide fe trouve elle-même augmentéenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;alors
fon aflion 1emportant fur celle de la force attractive , la molecule eft 'repouffée en raifon da furcroit de fluide ajouté a la quantite naturelle.
Les autres molecules fituées aupr-es de la fuiface-du corps, étant dans Ie même cas que celle dont il sagit, la couehe entiere formée par ces moleculesnbsp;fèra repouffée, amp; forcée de séloigner du corps, 3nbsp;moins que quelquobflacle ne sy oppofe. Si 1 oianbsp;concoit tout Ie fluide renfermé dans Ie corpsnbsp;comme divifé en une multitude de couches con-centriques, il fera facile de voir que celles danbsp;ces couches , qui feront ficuées vers la furface dunbsp;corps, sécarteront fucceffivement du centre ; en,nbsp;forte quil fe fera un effluvium continuel de ma-tiere éleftrique, jufqua ce que 1équilibre foicnbsp;rétabli, ou que Ie corps nait plus que fa quantito:nbsp;naturelle, de fluide.
7. Concevons maintenant un autre corps, qtufc
A iij
Theorie
ait perdu ime partie de fa quantité naturelle déledricité , ou qui fbit éledrifë négativement.nbsp;Alors la force répulfive du fluïde fiir une molecule ficuée pres de la furface du corps , étantnbsp;inférieure 'a la force atcradive de la matierenbsp;propre de ce corps , par rapport a la même molecule , lattradion exercera flir celle-ci unenbsp;partie de fon adion , doü 1on conclura , par unnbsp;raifonnement femblable a celui que nous avonsnbsp;fait pour Ie cas dune éledricité pofitive (6 ),nbsp;quil y aura une affluence continuelle de matierenbsp;éledrique dans Ie corps , jufqua ce quil ait re-couvré fa quantité naturelle déledricité.
8. II peut y avoir deux caufes qui soppofent aux efléts que nous venons de décrire , lunenbsp;interne, amp; lautre extérieure. La premiere auranbsp;lieu, fi Ie corps eft du nombre de ceux quonnbsp;appelle Idio-ékclriqiies (x). Car Ie fluïde nenbsp;pouvant fe mouvoir quavec beaucoup de difficulténbsp;a travers ces fortes de corps, fon effluence dansnbsp;Ie premier cas, amp; fon affluence dans Ie fecond,nbsp;en feront fenfiblement retardées. Lautre caufe eftnbsp;celle qui provient de la nature des corps envi-ronnans , dans Ie cas oü ceux-ci font pareillementnbsp;idio-éledriques , tels quun air bien fee. La ré-fiftance que ces corps oppofent au mouvementnbsp;de la nratiere éledrique , produira dans lesnbsp;affluences amp; affluences dont nous avons parlé ,
DE 1 Ê L E C T R I C I T É. nbsp;nbsp;nbsp;7
wn retard femblable a celui que peut occalionner la nature même du corps eled:rifé. On voit paria pourquoi, routes chofes cgales dailleurs, 1e-leftricité dun corps fe maintient plus long-temps, lorlque ce corps, ou ceux qui 1environ-nent, font du nombre des corps éleSriques parnbsp;eux-mêmes.
9. Les conduéleurs des machines eleöriques nous fourniflent une application fimple de cea.nbsp;principes , par rapport aux corps an-éledriques.nbsp;Dans la machine ordinaire a plateau, les couffinsnbsp;qui frottent ce plateau, lui tranCnettent fans ceffenbsp;une portion du fluide éledrique quils renfermentnbsp;en eux-mêmes , amp; dont les pertes fe réparentnbsp;aux depends de celui des corps voilins, avec,nbsp;lefquels ces couffins font en communication. Lenbsp;fluide efl; enfuite enlevé au plateau par les: pointesnbsp;lituees aux deux extrêmités des branches du.nbsp;condudeur, qui par-la fe trouve éleftrifë politi-vement. Le fupport de verre, qui foutient lenbsp;condufteur, amp; qui eft du nombre des corps idio-éleöriques, empêche, par lobftacle quil oppofenbsp;a la propagation de la matiere éleftriqtie (2;),nbsp;que le fluide ne séchappe de ce cbté ^ amp; fi iairnbsp;environnant eft très-fec, le condufteur conferveranbsp;pendant uninftant le fluide qui sy trouve répandu.nbsp;par exces, au moment oü Ton ceflê de faire-tourner le plateau entre les couffins. Alors,, fe
8 nbsp;nbsp;nbsp;Theorie
Ton préfente une pointe déliée de métal, 'a uné petite diftance de ce condudleur, on verra pa-roitre une petite étoile lumineufe, amp; fort courte,nbsp;qui mdique, comme nous Ie verrons , une élec-tricité pofitive. Cette étoile eft produite parnbsp;Veffluvium de la matiere éledrique du conducteur , dont les molecules font follicitées par leurnbsp;force répulfive mutuelle, amp; par lattraélion denbsp;la pointe , k fe porter vers celle-ci, amp; a y péné-trer , ainfi que nous lexpliquerons dans lanbsp;fuite.
On fait aufli des machines dont les frottoirs font ifolés , de maniere que, communiquant aunbsp;plateau leur propre fluide, amp; ne pouvant en tirernbsp;de nouveau des corps voifins, ils tendent con-tinuellement 'a acquérir léleöricité negative. Alorsnbsp;il fe fait vers les coullins un eflduve contlnuelnbsp;de la matiere éleftrique renfermée dans Ie con-dudeur qui, a fon tour, séleélrife négativement.nbsp;Darxs ce cas , fi Ton préfente a ce conduéleur unenbsp;pointe métallique, on verra fortir de celle-ci unnbsp;jet lumineux, ou une aigrete allongée, produitenbsp;par Ie fluide qui va de la pointe au condufteur ,nbsp;pour lui reftituer celui quil a perdu. On peutnbsp;voir 1 dans les Mémoires de lAcadémie desnbsp;Sciences, année 1786, la defcription dune très-belle machine de ce genre, imaginée par M»nbsp;Je üoi, de la même Académie,
tiE lÉLECTRlClTi. nbsp;nbsp;nbsp;^
lo, Jufquici nous avons fuppofé Ie fluïde uni-formément répandu dans Ie corps éleflrifé : maïs il arrive fouvent quil y a (urabondance de fluïdenbsp;dans une partie de ce corps, tandïs quil y anbsp;défaut du mémc fluïde dans une autre partie. Pournbsp;Amplifier dabord ce nouveau cas, imaginons unnbsp;corps BC {^fig. I. ) divifé en deux parties égales,nbsp;AB, AC, amp; telles que Ie fluide de AC excede lanbsp;quantité naturelle, amp; que celui de AB foit nioin-dre que la même quantité, Ie rapport de la quantiténbsp;acquife dune part a la quantité perdue de lautre,nbsp;étant variable a volonté ; cherchons 1adion denbsp;ce corps fur deux molécules E, D , placées versnbsp;fes deux extrêmités. Daprès ce qui a été ditnbsp;(6 amp; 7), la partie AC exercera une forcenbsp;répulfive fur les deux molécules , en même-temps que la partie AB agira pour les atti-ren Mais a caufe de linégalité des diftancesnbsp;oü les deux molécules fe trouvent par rapportnbsp;a Tune quelconque des parties AB , AC, il eftnbsp;clair que la molécule E fera plus repouffée parnbsp;la partie AC, que la molécule D, amp; que celle-ci, au contraire, fera plus attirée par la partienbsp;AB, que la molécule E. Cela pofé, il peut arrivernbsp;diflcrens cas.
ïi. Pour mleux concevoir les efFets relatifs a chacun de ces cas , obfervons dabord que lanbsp;répulfion de la partie AC, fur la molécule E ,
par exemple, doit croitre a mefure que la quan-tité de fluide additive, acquife 'par AC , fera elle-méme plus grande. Dune autre part, lat-tradion de la partie AB, fur la même molecule,nbsp;croitra auffi , a mefure que la quaritité fouftrac-tive de fluide perdue par AB, fera plus confl-dérable. Or, comme les quantités de fluide desnbsp;deux parties font cenfées variables, on concoitnbsp;quil peut arriver , par exemple, que la quantiténbsp;perdue par AB foit telle, que lexcès dattradionnbsp;qui en réfultera par rapport a la molecule E ,nbsp;compenfe exadement la diminution qu éprouve ,nbsp;k raifon dune plus grande diftance, cette mêmenbsp;attradion, comparée a la répulfion de AC liir lanbsp;même molecule. Dans ce cas, la molecule Enbsp;reftera immobile.
12. Si au contraire, la quantité de fluide , perdue par AB, neft pas fuffifante pour com-penlèr lefFet de la diftance, la répulfion de ACnbsp;prévaudra fur lattradion de AB, amp; la moléculenbsp;E sécartera du corps A. Si enfin la quantiténbsp;fouftradive du fluide.de AB compenfe au-delanbsp;leffet de la diftance, il eft aifé de voir quenbsp;la molécule E fe portera vers Ie corps A.
13. La molécule D, de fon coté , fubira divers états relatifs a ces différens cas. Si lanbsp;molécule E , par exemple, refte immobile , lanbsp;molécule D aura un mouvement progreflif vers.
DE LÈ L E C T RT C I T É. H' Ie corps A, puifquelle eft plus voifine de lanbsp;partie AB, dont la force attraftive , dans cenbsp;cas, excede la force répulfive de AC, cotiimenbsp;nous venons de Ie voir , il ny a quun inftant.nbsp;Si la molécule E tend vers Ie corps A, lanbsp;molecule D fera attirée, k plus forte raifon, parnbsp;Ie roéme corps.
14. En général, fuivant les différens degrés relatifs des forces exercées par les deux partiesnbsp;du corps A, il pourra arriver que Ie fluide foitnbsp;attiré amp; repouflé a la fois des deux cótés ,nbsp;OU quil foit attiré de tel cóté, tandls qu il feranbsp;repoufle de lautre, amp; réciproquement ^ ou quenfinnbsp;il refte immobile dun cóté , tandis que de lautrenbsp;il fera attiré ou repouffé.
ii). Tons ceux qui connoiffent la Théorie de M. Francklin, favent quune bouteille de Leyde,nbsp;chargée a lordinaire, a fa garniture intérieurenbsp;dans 1état pofitif, amp; lextérieure, dans létatnbsp;négatif. Comme ces deux effets sétendent jufquanbsp;une certaine profondeur dans la lame de verrenbsp;qui forme Ie ventre de la bouteille, nous pou-vons confidérer cette lame avec fes deux garnitures , comme un corps unique , qui auroit unenbsp;de fes parties, ceft-a-dire , celle qui eftnbsp;en dedans , éleftrifée en plus , amp; lautre quinbsp;regarde Ie dehors, éleélrifée en moins, On peutnbsp;demander lequel des différens cas que nous venons
:IZ
Théorie
de fuppofer, eft celui que réalife 1état aftuel dé la bouteille. Or, nous verrons que la Théorienbsp;Kpr ce point eft parfaitement conforme au ré-fultat d 'une expérience que chacun peut faire ,nbsp;amp; qui indique laftion des deruc moitiés denbsp;lépaifleur de la bouteille. Après avoir chargénbsp;cette bouteille, enlevez-la, a laide dun cordonnbsp;de foie attaché a fon crochet, amp; tenez-la ainfinbsp;fufpendue , au milieu de lair, qu il faut fuppofernbsp;très-fec. Approchez alors Ie doigt a une petitenbsp;diftance du ventre de la bouteille. II ne fortiranbsp;aucune étincelle intermédiaire, dou il faut con-clure que, Comme la bouteille ne donne aucunnbsp;ligne déleftricité par fa furface extérieure, cettenbsp;furface eft, a 1égard du fluide voifm , commenbsp;fi elle fe trouvoit dans létat naturel, ceft-a-dire ,nbsp;que Ie fluide neft ni attiré, ni repoufle de ce cóté.
' Mais nous avons vu ( 13 ) que dans Ie cas oh lune des deux molécules E, D, étoit immobile,nbsp;1autre molécule fe trouvoit néceflairement attiréenbsp;Gu repouflee ; en forte quil ne pouvoit y avoirnbsp;équilibre 'a la fois des deux cótés. II fuit delanbsp;que Ie fluide voifin de la garniture inté^rnbsp;rieure de la bouteille , qui eft éleftrifée en plus,nbsp;doit éprouver de la part de cette garniture unenbsp;aélion répulfive. Ceft ce quil eft aifé de vérifier.nbsp;Car fi lon préfente Ie doigt a une petite diftancenbsp;du crochet de la bouteille , qui eft cenfé fake
DE lÉLE CTRICITÉ. iin même corps avec la garniture intérieure, onnbsp;tirera une étincelle qui annonce leffiuve de lanbsp;matierê éleélrique hors du crochet (a). Toutnbsp;ceci séclaircira encore par ce que nous dironsnbsp;dans un article particulier, oii nous traiteronsnbsp;de 1expéfience de Leyde.
i6. Nous placerons ici un rélultat qui nous fera utile par la fuite. Si Ton fuppofoit que lexcèsnbsp;de fluide de AC , fe trouvat précifément égal aunbsp;défaut de fluide de AB; alors la molecule Dnbsp;tendroit néceflairement k pénétrer dans Ie corpsnbsp;A , amp; la molecule E en feroit repouflee.
Pour Ie prouver , imaginons que les deux parties AC , AB , agiflent feules tour a tour furnbsp;la molecule D , placée k une diftance détermi-née. Concevons de plus que la force répulfivenbsp;de la partie AC foit concentrée dans un pointnbsp;determine. La force attraftive de la partie ABnbsp;pourra être concue, comme concentrée dans Ienbsp;point correfpondant de cette derniere partie.nbsp;Car, quelle que foit la loi que fuive la répulfion
(a) Cette étincelle nefl: pas occafionnée précifément par Ie crochet, qui forme un furcroit de ma-tiere ajoutée a la garniture intérieure. Nous verrons dans la fuite que celle-ci peut, dans ce cas , fournirnbsp;une étincelle , indépendamment du crochet, amp; toute*nbsp;chofes étant fuppol'ées égales de part amp; dautre.
14 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
des molecules éledriques, a raifon de la diftance, rattraSion des molecules propres du corps élec-trifé dolt füivre la même loi, fans quoi il nynbsp;auroit point compenfation entre cette attradionnbsp;amp; la répiilfion des molecules du corps conlidérénbsp;dans iétat naturel; ce qui eft contraire a lex-périence ( 3 ) H fuit dela que lattradion exercéenbsp;par AB fur ia molécule D, fera égale , dansnbsp;rhypothefe préfente , 'a la répulfion de AC furnbsp;la même molecule, puifque dun cóté celle-cinbsp;eft repoufice par AC, en raifon de lexcès denbsp;fluide de cette même partie, amp; que de lautre,nbsp;elle fera attirée par la partie AB, en raifon de lanbsp;portion de la mafte de AB, laquelle faifoitnbsp;équilibre a la quantité de fluide, qui eft cenféenbsp;avoir pafte dans la partie AC. Done dans Ienbsp;cas , repréfenté (fig. ^ ), oii la molécule D eftnbsp;plus pres de AB que de AC , lattradion pré-vaudra fur la répulfion , amp; la molécule D feranbsp;follicitée a entrer dans Ie corps BC. On concoitnbsp;quen même-temps ladion du corps BC lur lanbsp;molécule E, doit être répulfive.
17. Léquilibre étant rompu entre les forces des parties AC , AB , il eft clair quil tendranbsp;a fe rétablir; en forte quune portion du fluidenbsp;de AC paflTera dans AB , jufqua ce que Ie corpsnbsp;foit rentré dans fon état naturel. Ce retour fenbsp;fera lentement, fi Ie corps A eft idio-éleftrique;
DE lÉLECTRICITÉ. nbsp;nbsp;nbsp;If
maïs sil eft an-éledrique, Ie fluide parviendra en un inftant a Tuniformité.
On conclura aufll des difFérens états oü fe trouvent les molécules E , D, fuivant les diversnbsp;cas mentionnés ci-delTus, quil pèut arriver que,nbsp;pendant Ie retour du corps vers fon état naturel , il forte du fluide de AC , ou quil ennbsp;entre du dehors dans lintérieur de AB, amp; lanbsp;promptitude avec laquelle cette tranCniflion so-pérera, dépendra aufll de la nature des corpsnbsp;environnans , amp; du plus ou moins de faciliténbsp;que Ia raatiere éleflrique éprouvera 'a les tra-verfer.
i8. Si Ie fluide nétoit pas uniformément répandu dans chaque partie du .corps A , ou fi,nbsp;dans Ie cas d une diftribution uniforme, les deuxnbsp;parties nétoient pas égales entrelles, on ob-tiendroit toujours des réfultats analogues a ceuxnbsp;qui ont été expofés ci-deflüs. II y a une infinite de cas pofllbles, relatifs aux difFérens étatsnbsp;de AC amp; AB. Mais chacun de ces cas ayantnbsp;un rapport déterminé avec Ie cas Ie plus fimple,nbsp;qui eft celui que nous avons confidéré , fera tou-joiirs fufceptlble dy étre ramené.
Imaginons, par exemple, que la partie AC, foit double ou triple, ou, amp;c. de la partie AB;nbsp;amp; que la portion de fluide, qui fiirabonde dansnbsp;cette partie, foit égale a celle qui manque dans
i6 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
la partie AB. Si lon concoit la molecule D ^ Btuée entre ces deux parties féparées 1une denbsp;lautre, Ie point dans lequel il faudra fuppofernbsp;que la force répulfive de AC eft concentrée,nbsp;n aura plus, a la vérité , la méme pofition quenbsp;dans Ie cas mentionné (i6); mais Ie pointnbsp;oü il faudroit placer la molecule D , pour quellenbsp;fut autant attirée par AB, que repouffée par AC,nbsp;fe trouvera néceffairement entre les deux centresnbsp;daftion des deux parties AB, AC , quoiqua desnbsp;diftances inégales de ces parties. Done, dansnbsp;Ie cas repréfenté (Jzg- ? ) ^ la molecule D étantnbsp;plus voifine du centre dadion de AB que de celuinbsp;de AC, cette molecule tendra toujours a pénétrernbsp;dans Ie corps AB; tandis que la molecule E feranbsp;fbllicitée 'a sen écarter.
19. Paffons maintenant k la recherche des loix, fuivant lefquelles deux corps éleciriquesnbsp;agilTent 1un fur lautre. Soient A, B, (fig. x ),nbsp;ces deux corps, que lon fuppofe dabord dansnbsp;létat naturel. Toute aöion étant réciproque , ilnbsp;fuffira de confidérer celle du corps A fur Ie corpsnbsp;B. Or il y a quatre forces qui entrent commenbsp;élémens dans cette aftion.
i. La matiere propre de A attire Ie fluide de B.
ao, Le fluide de A repouflê celui de
de lÉlectricité. 17
3®. Le fluïde de A attire Ia mattere propre de B. 4®. La mattere propre de A exerce aufli furnbsp;mattere propre de B une adion que nousnbsp;determinerons plus bas.
II eft clair dabord, daprès ce qut a été dit, ( 3 ) 5 que Tattradion de la mattere propre denbsp;A- fur le fluïde de B, eft égale k la force ré-pulfive mutuelle des deux fluïdes : car il en eftnbsp;ici du corps B , vis-a-vis du corps A , commenbsp;dune partie quelconque dun feul corps , knbsp;iégard dune autre partie du méme corps. Ainflnbsp;les deux forces dont il sagit, fe faifant équilibre,nbsp;leur effet eft .comme nul.
En fecond lieu, la premiere force eft égale k la troifieme , ceft-a-dire, quautant la matierenbsp;propre de A attire le fluide de B , autant lenbsp;fluide de A -attire la matiere propre de B. Pour le.nbsp;prouver, obfervons que 1effort que font les deuxnbsp;corps, pour fe porter lun vers 1autre, en vertunbsp;de lattradion mutuelle de leurs fluides amp; denbsp;leurs mafles, doit être eftimé ici , comme lanbsp;quantité de mouventent dans le cas de 1équilibre,nbsp;ceft-a-dire, par le produit des maflTes amp; desnbsp;vltelTes. Cela pofé, plus la matiere propre ounbsp;la malTe de A eft confidérablè , plus chaquenbsp;molecule du fluide de B a de vttelTe pour fenbsp;porter vers A. Done cette vitefle eft proportion-uelle 'a la mafle de A. Done la quantité de
B
iS mouvement du fluïde de B , ou Ie produit denbsp;la vitefle de ce fluïde par fa mafle, eft commenbsp;la mafle méme de A, multlpllée par la maflenbsp;du fluïde de B. On verra de méme, que Teflortnbsp;avec lequel B eft attiré par Ie fluïde de A, eftnbsp;comme la mafle de ce fluïde, qui determine icinbsp;la vitefle de B , multlpllée par la mafle de B.
Soit M la mafle de A; Q fa qiiantité de fluïde; m la mafle de B ; ^ fa quantité de fluïde ; lesnbsp;deux attraétions, ou les quantités de mouvementnbsp;feront eomme Ie produit de M par eft au produitnbsp;de Q par m. Mals les quantités de fluide naturelles étant proportionnelles aux maffes, on auranbsp;M eft a m, comme Q eft a ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; multipliant
1un par lautre , les extremes amp; les möyens, on trouvera que Ie produit de M par q eft égal aunbsp;produit de Q par m ; ceft-a-dire , que les quantités de mouvement , amp; par conféquent fla premiere amp; la troifleme des forces mentionnéesnbsp;ci-defliis font égales entrelles. Or, la premierenbsp;étant égale amp; contraire 'a la feconde, il senfuitnbsp;que 1effet de la troifleme eft néceflairementnbsp;balance par une quatrieme, qui lui eft pareille-ment égale amp; contraire. Mais il ne refte, pournbsp;la quatrieme force, que celle quexerce la ma-tiere propre de A fur celle de B ; doü M.nbsp;jEpinus conclud , i®. que les molécules de lanbsp;matiere propre des deux corps A amp; B , ont une
DE lÉlECTRICITÉ. nbsp;nbsp;nbsp;I9
force répulfive mutuelle ^ que cette force eft égale k Tune quelconque des trois premieresnbsp;forces; ceft-a-dire, quil y a égalité entre lesnbsp;quatre forces dont il sagit.
2.0. Quoique lexiftence dune force répulfive, rnutiielle entre les molecules propres des corps,nbsp;paroifle fiiivre immédiatement des principes denbsp;la Théorie de 1Éleftricité (lt;2)^ tels que M.nbsp;Francklin, amp; tant dautres Phyficiens après luinbsp;les ont admis ; lAuteur ne diflimule pas la repugnance quil a eue dabord k fe perfuader quenbsp;la force dont il eft queilion put avoir lieu dansnbsp;la nature. Mais il ajoute , quaprès y avoir biennbsp;réfléchi, il na rien trouvé dans cette fuppofitionnbsp;qui fut contraire a lanalogie des operations denbsp;la nature; puifquil y a une multitude de clr-conftances oü lon obferve des adions répullivesnbsp;entre les corps. La gravitation univerfelle prouvéenbsp;par Newton , ne peut faire ici une difficulténbsp;folide. Car, comme lefFet de la répulfion dontnbsp;on a parlé eft dctruit par ladion du fluidenbsp;éledrique, dans tous les corps qui renfernupnt
( a ) Cette conféquence neft pas niceffaire , puifquil eft probable que lon trouvera une autrenbsp;maniere dexpliquer la chofe, quand la nature du fluidenbsp;éledrique nous fera plus connue. Voye» Ie Difcoursnbsp;préliminaire.
%o leur qiiantité naturelle de ce fluide , cette ré-, pulfion elt comme mille, par rapport a rattraftioiinbsp;univerfelle dont elle ne trouble point ladionnbsp;l'ur les diiférens corps, excepté dans les cas oiinbsp;ceiix-ci donnent des fignes extérieurs déledri-cité, ,dou réfultent des efFets particuliers, quilnbsp;faut regarde'r comme des efpeces dexceptions anbsp;la loi génerale. Et fi lon objecie a M. ^pinus ,nbsp;que deux forces oppofées , telles que la répullionnbsp;amp; lattracTiion , font incompatibles dans Ie mêmenbsp;fujet; il répond , que ne confidérant pas cesnbsp;deux forces , comme inhérentes a la matiere ,nbsp;mais comme produites par des caufes extérieures,nbsp;il ne peut ctre accufé de contradiélion, puifquenbsp;rien ne répugne a ce quun corps foit folliciténbsp;a la fois par deux puilTances contraires. Cefi:nbsp;ainli , par exemple, que les molecules dun fluidenbsp;élaftique fe repoufl'ent mutuellement en vermnbsp;de leur reflbrt, quoique foumifes a la loi de lanbsp;gravitation univerfelle.
XI. Nous venons de voir que deux corps A : amp; B, dans létat naturel, navoient lun fur lautrenbsp;aucune aélion fenfible qui put étre attribuée anbsp;iéleélricitc. Concévons que Ie fluide de A foitnbsp;augmenté dune certaine quantitc. En repre-nant les quatre forces mentionnées ci - deflirs,nbsp;favoir :
lo. Lattraclion de A fur Ie fluide de B.
Z1
BE lÉLECTRICITÉ.
La répulfion mutuelle des deux fluïdes.
3°. Lattradion du fluïde de A fur B.
4* La répulfion mutuelle de A amp; de B. ïlfera facile devoir que laccroiflTement du fluïdenbsp;de A , naltere, en aucune maniere , la premierenbsp;^ la quatrieme force *, puifque laétion du fluïdenbsp;de A nentre point comme élément dans cesnbsp;forces. II ny aura que la fcconde amp; la troifiemenbsp;force qui fubiront des changemens. Or, dansnbsp;létat naturel, la feconde force eft a la troifiemenbsp;( 19 ) , comme Ie produit des mafles des deuxnbsp;fluides, eft au produit du fluïde de A par lanbsp;maffe de B. Mais ces deux próduits étant égaux,nbsp;II lon augmente dune même quantité leur facteur commun , qui eft la maffe du fluide de A ,nbsp;il eft clair que 1égalité fubfiftera toujours. Donenbsp;dans Ie cas óii Ie fluide de A feroit augmenté,nbsp;la feconde force fera équilibre a la troifieme;nbsp;amp; comme la premiere eft égale k la quatriemenbsp;dont elle balance leffet, il senfuit que Ie corpsnbsp;A, dans 1hypothefe préfente , naura -pas plusnbsp;daélion fur Ie corps B , que sil étoit dans létatnbsp;naturel.
Si lon fuppofe, au «contraire, que Ie fluide de B foit diminué dune certaine quantité, onnbsp;trouvera que la feconde amp; la troifieme forcenbsp;font encore égales , comme dans Ie cas precedent.
B iij
^l nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
1?,. II fuit dela, quun corps éleéirifé folt po-fitivement, lok négadvement, na aucune adion fur un fecond corps qui eil dans foii état naturel.nbsp;Cette confequence, quoique déduite immediate-ment de la Théorie de M. Francklin, paroicnbsp;dabord contraire k un fait admis par les partifansnbsp;de pette Théorie , amp; que lexpérience femblenbsp;confirmer au premier coup-doeil ^ favoir, que lesnbsp;corps éledrifés, foit pofitivement, foit négative-ment, attiroient toujours dautres corps quinbsp;navoient que leur quantité naturelle déleftricité.nbsp;Mais tout fe concilie , en admettant un autrenbsp;fait, dont lexiftence fera prouvée dans la fuite,nbsp;amp; qui confifte en ce qu aucun corps, dans létatnbsp;naturel, ne peut étre approché dun autre corps ,nbsp;que Ton fuppofe éleétrifé , fans étre tiré lui-mêmenbsp;de létat naturel, amp; fans devenir éledrique. Or ^nbsp;ceft en vertu du nouvel état de ce corps, quenbsp;rautre a une aélion fenfible fur lui^ amp; commenbsp;la caufe qui Ie rend éledrique agit très-promp-tement, .il neft pas firprenant que ion aitnbsp;regardé ce corps, comme étant encore dans létatnbsp;naturel, au moment oü lautre agiflbit fur lui, Scnbsp;que Ia vraie explication ^e*ce phénoniene aitnbsp;échappé aux partifans de Ia, Théorie de M.nbsp;Francklin.
23. Suppofons main tenant que les corps A amp; B fofent éleddfés tons les deux pofitivement.
de; LÉLECTRICITÉ. Z3
Pour concevoir leiFet qui en réfultera, rappe-lons-nous que dans Ie cas oü Ie corps A eft ftul éleftrifé en plus, la feconde amp; la troifiemenbsp;des quatre forces mentionnées ci-deffus ( i l)»nbsp;lè trouvent augmentées lune amp; lautre dans unnbsp;rapport égal, les deux autres forces reftant lesnbsp;niêmes.
Or, fi B eft lui-même éleftrifé pofuivement, il eft clair i®. que la premiere force, qui eftnbsp;iattraaion de A fur Ie fluide de B ¦, fe trouve-ra augmentée. Que la feconde force, ceft-^-dire, la répulfion mutuelle des deux fluides,nbsp;qui étoit déja plus grande que la premiere force,nbsp;recevra un nouvel accroiftement. 3°. Que lesnbsp;deux autres forces ne fubiront aucun changement, puifque ladion du fluide de B nentrenbsp;point comme élément dans ces forces. Celanbsp;pofé, il eft facile de voir que 1équilibre feranbsp;rompu en forte que les attraébions amp; les ré-pulfions ne fe faalanceront plus mutuellemènt ^nbsp;mais que les fecondes prévaudront.
Car dans Ie cas oü Ie corps A étoit feul ^ éleftrifé pofitivement, la premiere force étoitnbsp;égale , amp; contraire a la quatrieme ^ la feconde étoit égale , amp; contraire a la troifieme :nbsp;en forte que chacune de celles-ci étoit plusnbsp;grande que Tune quelconque des deux autres.nbsp;Or, fuppofons, pour plus de fimplicité, que
B iv
24 nbsp;nbsp;nbsp;théorie.
raccroiffement du fluïde de B, dans Ie cas oü ce corps fe trouve aufli éiedrifé pofitivement,nbsp;foit capable de doubler la feconde force, ou lanbsp;répulfion mutuelle des deux fluïdes. Léquïlïbrenbsp;ne pourra fubfifter quautant que Ie même accroïf-fement auroït doublé en même-temps une autrenbsp;force égale amp; contraire a la feconde ^ maïs ilnbsp;ny a que la troïfieme force qui foït dans cenbsp;dernïer cas* Or, Iaccroiflement du fluïde de Bnbsp;noccafionne point de changement dans cettenbsp;troïfieme force, maïs feulement dans la premierenbsp;quï fe trouvera auffi doublée , puïfque ladïon dunbsp;fluïde de B eft un de fes élémens. Done, puïfquenbsp;cette force étoït plus petite que la feconde, lanbsp;répulfion de celle-cï fe trouvera augmentée ennbsp;plus grand rapport, que iattradion de la premiere , doü 11 fuït que la fomme des répulfionsnbsp;Temportera lur celle des attractions ^ en forte quenbsp;les deux corps A, B , fe repoufferont mutuel-lement.
Sï lon Imagine que les deux premieres forces , au Heil detre doublées, fe foyent accrues dansnbsp;tout autre rapport, 11 en réfultera toujours quenbsp;la premiere fera plus petite que la feconde ^ ennbsp;forte que , dans tons les cas, 11 y aura répulfionnbsp;entre les corps A amp; B ( a).
(a) Pour faifir plus facilement ce relultat, on peuc.
DE lÉlECTRICITÉ. 2^
2-4. Suppofons, au contraire,x:jue A étant tou-jours éledrifé pofitivement, B fe rrouve éledrifé ïiegativement. On verra, par ün raifonnementnbsp;femblable a celui que nous avons fait pour Ie casnbsp;précédent, que Ia diminution du fluïde de Bnbsp;fera décroitre la feconde force, qui eft celle parnbsp;laquelle les deux fluïdes fe repouflent, de ma-
a Iaide des nombres, sn faire 1appllcation a un cas particulier. Repréfentons par 1 chacune des quatrenbsp;forces mentionnées dans 1état naturel; amp; concevonsnbsp;que dabord A feul foit éledrifé politivement , denbsp;itianiere que fon fluide fe trouve triplé. La fecondenbsp;force, ceft-a-dire , la répulfion rautuelle des deuxnbsp;fluïdes , amp; Ia troifieme , favoir, 1attraélion du fluidenbsp;de A fur B, feront aulTi triplées, amp; lexpreffion denbsp;chacune fera 6. La premiere force , ceft-a-dire, 1at-tradion de A fur Ie fluide de B ; amp; la quatrieme ounbsp;la répulfion de A fur B, ne recevront aucun changement. Done la fomme des deux attradions amp; cellenbsp;des deux répulfions , deviendront chacune 6 plus 2 ,nbsp;OU 8, doü il fuit quil y aura encore équilibre.
Les chofes étant dans eet état, concevons que Ie fluide de B foit doublé. La premiere force qui étoitnbsp;2 deviendra 4; la feconde, qui étoit 6 , deviendra la.nbsp;La troifieme fera toujours 6 , amp; la quatrieme toujoursnbsp;2. Or, Ia premiere amp; la troifieme font attradives ;nbsp;la feconde amp; la quatrieme font répulfives; done lanbsp;fomme des attradions fera 4 plus 6 , ou 10 ; la fommenbsp;des répulfions fera ix plus x, ou 14; par oil lonnbsp;voit que les répulfions 1emporteront.
26 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
niere quelle aura perdu une plus grande partje de fon aftion que la premiere. Done celle-ci,nbsp;qui efl: pofitive, lemportera, amp; les deux corpsnbsp;sattireront miituellenient.
Suppofonsenfinque les corps A,B,fe troii-vent tous les deux éleftrifés négativement. La feconde amp; la troifieme force perdront également,nbsp;en vertu de la feule éledricité negative denbsp;done réquilibre fubfifteroit encore a eet égard.nbsp;Mais en vertu de léleélricité négative de B , lanbsp;feconde force, qui étoit devenue plus petite quenbsp;la premiere , perdra moins de fon aélion : car finbsp;elle eft diminuée de moitié , par exemple , il eftnbsp;évident quune femblable diminution fera de-croitre davantage la premiere , qui étoit plusnbsp;confidérable (a). Done puifque la feconde forcenbsp;eft répulfive , la fomme des répulfions prévau-dra fur celle des attractions , amp; les deux corpsnbsp;sécarteront 1un de lautre.
z6. II eft facile de conftater ces réfultats par lexpérience. Ayez deux petites balles de liége,nbsp;OU de moelle de fureau, , A, fig. iz , fuf-
( a) II faut obfer7er, que comme les réfultats font donnés par la difference entre Ia fomme des attraédonsnbsp;amp; celle des répulfions , les accroiffemens ou les pertesnbsp;des forces , doivent étre eftimées par des quantitésnbsp;abfolues.
pendues par des crins aiix extrêmites de deux tiges recourbées AB , CD , faites de quelquenbsp;niatiere idio-éledrique, telle que Ie verre, la Cirenbsp;dElpagne ^ amp;c. amp; garnies aux points de fufpennbsp;fion e , ra , de deux boules de métal , placeznbsp;ces deux tiges de maniere que les balles f ¦, h ^nbsp;foyent k une petite diftance 1une de 1 autre ,nbsp;comme Ie repréfente la figure. Après avoir éiec-trifé par frottement un tube de verre, que 1 onnbsp;fait acquérir, dans ce cas, 1éleAricite pofitive »nbsp;touchez en même tems, les deux points de fufnbsp;penfion e , ra. A linftant les deuJ( balles »nbsp;h , étant elles-mêines cleörifées en plus commenbsp;il fera prouvé par la fuite, fe repoufleront mu-tuelletnent, ce qui eft Ie premier refultat.
27. nbsp;nbsp;nbsp;Oi^ fait que la Cire dEfpagne seledrifenbsp;en moins par Ie frottement. Si done vous touchez lun des points de fufpenfion tel que e »nbsp;avec un baton de cire ainfi éledrifé , amp; lautrenbsp;point ra, avec Ie tube de verre , dont nous avonsnbsp;parlé plus haut, alors chaque balie acquerantnbsp;une éleAricité analogue 'a celle du corps, quinbsp;touche fon point de fufpenfion , les deux ballesnbsp;fe trouveront dans des états différens, dc on lesnbsp;verra fe porter 1une vers lautre. Ce qui fepré-fente Ie fecond refultat.
28. nbsp;nbsp;nbsp;Pour mettre Ie troifieme refultat en experience , on con5oit, daprès ce qui. a cte dit,
2-8 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
quil ne sagit que de toucher a-la-fois les deux points de lufpenfion e , n, avec un baton denbsp;Cire dEfpagne éleélrifé par frottement. LefFet denbsp;ce contad fe manifeftera par la répulHon mu-tuelle des deux balles.
29. nbsp;nbsp;nbsp;Concluons dela, i®. que sily a exces ounbsp;défaut de fluïde en menie tems dans les deuxnbsp;corps, ils fe repoufleront mutuellement.
2®. Que sil y a exces de fluïde dans 1un amp; defaut dans laiitre , ils sattireront mutuellement.
30. nbsp;nbsp;nbsp;II peut arriver ( amp; ce cas efl: effeflive-ment très-commun ) que Ie fluïde ne foit pas re-pandu uniformément dans les deux corps A , B,nbsp;maïs quil abonde dans certaïnes parties de cesnbsp;corps, tandïs que dans les aufres parties, il y ennbsp;auroït moins que la quantïté naturelle ^ fuppofonsnbsp;dabord , pour plus grande fimplicité, un corpsnbsp;A ( fig. 3 ) dans létat oü nous lavons confi-déré ( 10) , ceft-a-dïre , dïvifé en deux partiesnbsp;égales AC amp; AB, dont la premiere foit éleélri-fée pofitivement amp; la feconde négativement. On anbsp;vu que fuïvant les proportions des quantïtés additive amp; fouftraélive du fluide renferraé dans ACnbsp;amp; AB, il pouvoït arriver que 1une quekonquenbsp;des molécules E, D , reftat immobile, ou futnbsp;attiréevers 1extrêmité correfpondante du corps A,nbsp;OU en fut repouflee.
Concevons maintenant un autre corps G , voh
DE lÉLECTE-ICITÉ. nbsp;nbsp;nbsp;29
fm de la partie AC. II eft clair dabord que fi ce corps eft dans fon état naturel, Ie corps A nauranbsp;aucune aAion für lui ( 22). Refte a examiner lesnbsp;cas oü G feroit lui-méme éleclrifé, foit poiitive-roent, foit négativement.
Pour eftimer les effets. du corps A fur Ie corps G, nous les comparerons avec ceux quil produi-roit far la molecule E. Suppofons dabord quenbsp;cette molecule foit autant attirée que repouffée,nbsp;amp; que Ie corps G foit dans létat pofitif. H eftnbsp;clair que la partie AB étant a une plus grandenbsp;diftance de la molécule E que la partie AC, nenbsp;balance la force répulllve de cette partie qua rai-fon dun exces déledricité negative. Or, fi 1onnbsp;concoit que la molécule E sëcarte du corps , fui-vant la diredion RN, il eft aifé de voir quellenbsp;séloignera plus a proportion de la partie AC quenbsp;de la partie AB. Car fuppofons quëtant appliquëenbsp;a la furface du corps A , elle fe trouvat k un poticenbsp;de diftance du centre de la partie AC , que jenbsp;prends ici pour terme de comparaifon, amp; a deuXnbsp;pouces de diftance du centre de la partie AB.nbsp;Done fi elle seft écartëe, par exemple , dunnbsp;pouce dans la diredion RN, elle fe trouvera alorsnbsp;^ deux pouces de diftance du centre de AC , amp;nbsp;a trois pouces du centre de AB, Done la premiere diftance fera doublée, tandis que la fe-conde ne fera augmentëe que dans lo rapport
30 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
de deux a trois. Onvoitpar-lk que la molecule E ne peut sécarter du corps A, fans que la répul-fion de AC fur cette molécule ne diminue en plusnbsp;grand rapport que fattraclion de AB. Done par-tout ailleurs quau point E, en allant vers N ,nbsp;lattraftton lemporte fur la répulfion. Done Ie corpsnbsp;A agit fur la molécule E , dans tous les pointsnbsp;fitués vers N , comme agiroit un corps dans 1étatnbsp;négatif. Or, Ie corps G, qui eft pofitif, ne diffé-rant dun corps dans 1état naturel, qua raifonnbsp;dun exces de fluide, toute ladion du corps Anbsp; peut être concue comme sexercant fur eet excès ;nbsp;dou il réfulte que lon peut aflimiler cette aélionnbsp;'h celle qui a lieu par rapport a la molécule E.nbsp;Done k quelque diftance que lon place Ie corpsnbsp;G, il fera attiré par Ie corps A.
II eft facile de voir que ft G étoit dans létat négatif, il feroit repouffé, au lieu détre attiré, anbsp;quelque diftance quon Ie placat du corps A.
3 £. Concevons maintenant que la molécule E foit plusrépöufféequai.tirée. Si lon fuppofe quellenbsp;abandörrne la furface du corps A, pour fe porternbsp;vers N, la force répulfive de la partie AC furnbsp;cette molécule diminuant en plus grande raifonnbsp;que la force attraftive de AB (30), on con9bitnbsp;quil y aura un point oü ia diftance' compen-féra lexcès de la force attraélive , en tonenbsp;que les deux forces fe balanceront 3 k ce
DE lÉEECTR.ICTTÉ. 3! point, la molecule E, abandonnée k elle-même,nbsp;xefteroit immobile. Au-delk de ce point, lanbsp;force attradive de AB , continuant de décrOitrenbsp;en moindre raifon,que la force répulfive denbsp;AC, deviendra preponderance ^ en forte que lanbsp;molecule fera attiregt;e dans tons les points fituésnbsp;plus loin que celui oü elie étoit en équilibre.
Soit maintenant R ce demier point 5 ayant raenc la verticale OP , fi lon concoit que cettenbsp;verticale traverlè Ie corps G, qui eft cenfé dansnbsp;letat pofitif, il eft facile de voir que la partiénbsp;OM de ce corps fera plus repoulTée quattirée;nbsp;amp; quau contraire , la partie OS fera plus attirëanbsp;que repouflée. Or, on peut toujours fuppofernbsp;Ie corps partagé par la ligne OP, de manier©nbsp;que la rcpulfton dune part foit égale k lattrac-¦ tion de lautre, doii il fuit quil y a une pofitionnbsp;oir Ie corps G refteroit immobile. On voit éga-lement que ce corps ne pourra fe mouvoir denbsp;R en E, fans être plus repouffé quattiré, ni denbsp;R en N, fans être plus attiré que repoufié.
Si Ie corps G étoit dans létat négatif, on auroit des rélultats femblables, mais en fens con--traire en forte que ce corps feroit repoüffénbsp;dans les mêmes circonftances oit il eüt été atnbsp;tiré, étant pofitif, amp; vice versd.
qi. En appliquant k la molecule D les mêmes raifonnemens que nous venons de faire pour la
3z nbsp;nbsp;nbsp;Théorii:
molecule E , on verra quil peut arriver de même , fiiivant les divers états des partiesnbsp;du corps A , quun corps H fitué du cóté denbsp;AB, amp; dans létat pofitif ou négatif, tantótnbsp;refte immobile , amp;c tantot foit atttiré ou re-poufle.
33. Nous avons fait voir (16) , que fi 1excès de fluide contenu dans AC , étoit égal au défautnbsp;de fluide de AB, la molecule D feroit attirée,nbsp;amp; la molecule Ë repouflee par Ie corps A. Onnbsp;conclura aifément de ce réfultat amp; de tour cenbsp;qui vient detre dit, que dans Ie même cas, Ienbsp;corps G étant fuppofé dans létat pofitif, feroitnbsp;repoulTé a routes les diftances, amp; quau contraire il feroit attiré , sil fe trouvoit dans létatnbsp;«égatif.
Mais cette confcquence fuppofe que les deux parties du corps A ont une épaiffêur fenflble.nbsp;Car fi, par quelque moyen, on pouvoit faire ennbsp;forte quelles fuflfent cenfées navoir quune épaif-feur infiniment petite, on concevra qualors Ienbsp;corps G, étant k des diliances fenfiblement éga-les, par rapport aux deux parties du corps A,nbsp;feroit autant repoufle qu attiré , amp; refteroitnbsp;immobile a routes les diftances.
M. jEpinus a repréfenté ce dernier cas, a laide dune expérience curieufe. Ce Phyficiennbsp;a pris deux lames de verre , de plufieurs pouces
de
DE lÉlECTRlClT:é.
lt;3e largeur , amp; a fixé perpendicuiairèment {iir ïfi niilieu dune des faces de chacune , un manchenbsp;de verre, en fe fervant de cire a cacheter pournbsp;ciment. Ayant enhike frotté ces lames pliifieurSnbsp;fois Tune contre lautre par leurs faces libres \nbsp;puis les tenant en contact immédiat, il a pré-^nbsp;fenté la furface poftcrieure de Tune deiles, knbsp;une petite balie de liége fufpendue a un fil d*nbsp;foie. Si Iappareii fe fiit trouvé fufceptible denbsp;donner quelques fignes délectricité, cette balienbsp;auroit été dabord cleélrifce, en vertu de la pro^nbsp;ximité des deux lames de verre, comme nousnbsp;Ie verron.s plus bas , puis attirée jufquau pointnbsp;de contact, amp; enfuite repoiifl'ce. Cependant lanbsp;balie reftoit immobile a routes les diftances : ear ,nbsp;pendant Ie frottemeiit mutiiel des deux lames, unenbsp;partie du fluide contenu dans celie qui fe trou-voit pliis dilpofée a en céder , avoit pafl'é dansnbsp;lautre, en forte que la premiere avoit acquis FÉ-leétricité negative ^ amp; la feconde , FÉleftriciténbsp;pofuive. Mais comme eer effet , affez peunbsp;confidérable en lui-même, ne sétendoit dansnbsp;chaque lame ^ qua une profondeur infinimeittnbsp;petite (2);, en forte quil ny avoit que lesnbsp;ftirfaces en contad, quj- fulfeiit fenfiblement élec-triques , les diftances entre ces furfaces amp;nbsp;balie de liége, étant cenfées cgales , celle-ci nc-prouvoit aucune adion de la part de Fappareil,
34 nbsp;nbsp;nbsp;Théoriê
Au contraire, des que Ion écartoit les deulc lames Tune de Tautre , la balie étoit a linftantnbsp;attirée par la iame voiline , puis repouflee, auffi-tot quelle avoir touché cette lame. Nous don-xierons dans la fuite une explication détaillée denbsp;ces attradions amp; répulfions fiiccelTives.
34. Examinons maintenant Ie cas oii chacun des deux corps DB , FH {fig- 4) ¦gt; feroit telnbsp;que fes deux parties fe trouvaffent dans diversnbsp;ctats , foit pofitifs , foit négatifs. Siippofonsnbsp;dabord que les parties CD , FG, foient dansnbsp;1état pofitif, amp; les parties BC , GH, dans 1étatnbsp;négatif. Concevons de plus , que, dans Ie casnbsp;oü la partie FG exifteroit feule, elle fut repouflee par Ie corps C , a quelque diftancenbsp;quon la placat de ce corps. Ladion de C ,nbsp;dans ce cas, eft par-tout la même, que sil étoitnbsp;dans un état pofitif. Si nous confidérons maintenant leffet que doit produire 1addition de lanbsp;partie GH , qui eft dans létat négatif, nousnbsp;pouvons imaginer que la quantité de fluïde, fouf-traite de cette partie, foit en telle proportion avecnbsp;la quantité additive du fluide de FG,quil yait unnbsp;point oü elle compenfe exaftement la différenccnbsp;des diftances oü fe trouvent les deux parties dunbsp;corps G, k Tcgard du corps C ^ en forte que leffetnbsp;de 1atcraftion fur GH ,foit égal a celui de la répul-fion fur FG. Dans ce cas, Ie corps G reftera im-.
©Ë iEtËCTRlCITE. 3$ ttioblle. Malntenant, fi on Ie place plus pres dunbsp;corps C , alors la partie FG, qui eft dans létacnbsp;pofitif, sapprochant en plus grand rapport versnbsp;Ie corps C (30) , que la partie GH, qui eftnbsp;dans lëtat négatif, la répulfion 1emportera. Lenbsp;corps G fera attiré, au contraire , fi on lenbsp;place plus loin que la diftance oü il eiit éténbsp;immobile.
On aura des réfultats lèmblables pour le cas oir la partie FG feroit dans létat négatif, amp; lanbsp;partie GH dans létat pofitif, excepté quil y auranbsp;attrafcion oü il y avoit répulfion, dans le casnbsp;precedent , amp; vict vcrsd.
35. Si les quantités de fluïde des deux parties du corps C font telles que la partie FG, quenbsp;nous fuppofons de nouveau pofitive, amp; placéenbsp;feule dans le voifinage de C, eut été attirée,nbsp;puis fut reftée immobile a une plus grandenbsp;diftance; amp; enfin , eüt commence k être re-pouflee k une diftance encore plus grande , ilnbsp;eft clair que le corps C agira dabord dansnbsp;cette hypothefe, comme sil étoit éledrfte né-gativement , puis dans létat naturel , amp; enfinnbsp;dans lëtat pofitif: ce cas eft fufeeptlble de plu-fieurs folutions. II fuffira , pour notre objet, denbsp;confidérer ce qui fè pafte, tant que le corps Gnbsp;refte dans létendue oü le corps C agit commenbsp;ctant négatif. On con^oit que le rapport
Cij
'3^ nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
des quantités de fluïde contenues dans les parties FG , GH , peirt être tel, quk une diftance donnée , leffet de Tattraftion qui auroit eu lieunbsp;fur lafeule partie FG, foit balance par un efFetnbsp;egal amp; contraire; de a ce point, Ie corps Gnbsp;demeureia immobile. En-deca de ce point, versnbsp;ié corps C , Ie corps G fera attiré , paree que lanbsp;diftance de FG, par rapport au corps C , devieli-dra moindre j a proportion que la diftance de GHnbsp;'(30) : au-dela dumême point il y aura répulfion.
Si, au contraire, FG eft la partie éleftrifée iiégativement, amp; GH la partie éleftrrfee politivegt;nbsp;ment, on aura des phénomenes analogues, aveenbsp;cette difference que les forces attraftives prendrontnbsp;la place des forces répullives, amp; réciproquement.'
36. Enfin, fi lon fuppofe BC pofitive , CD negative , amp; fi ie rapport des quantités denbsp;fluide de ces deux parties eft tel, que FG étantnbsp;pofitive , amp; placée dans Ie voifinage de C , fiitnbsp;repouflee; puis reftat immobile a une plus grandenbsp;diftance , pour commencer a ètre attirée dans lesnbsp;points ultérieurs ^ on concevra , par un raifon-nement femblable , quil pourra fe faire que Ienbsp;corps G foit repouflé, dans une certaine proxi-inité de C 3 que placé plus loin, il demeurenbsp;immobile, amp; que plus loin encore il foit attiré.
Concluons de tout-ce qui precede, que fi les deux parties dun corps C font dans deux états
DE l E L E C T R I C I T i. J7 ÏJifFérens déleclricité, amp; quil fe trouve a unenbsp;certaine diftance de ce corps, un fecond corpsnbsp;G , éledrifc , foit en plus, foit en moins , ounbsp;méme qui alt aiiiïi fes deux parties difïéremmencnbsp;éleamp;ifces , que^e que foit dailleurs la pofition.'nbsp;relpedive des parties de ces deux corps, 'on.'nbsp;pourra toujours concevoir un point oü Ie corps.nbsp;G refteroit immobile , amp; dautres points lituésnbsp;en-deca amp; au-dela, dans lefquels Ie corps Gnbsp;feroit, OU plus attiré que repouffé, ou plus re-pouflé quattiré. Obfervons cependant que ces^nbsp;fuppofitions ne peuvent avoir lieu que dans Ie casnbsp;oil lon feroit ie maitre de faire varier 'a valonte,nbsp;les quantités de fluïde des deux corps,, amp; Ie.nbsp;rapport de celles que, contiennent leurs diiié-rentes parties. Nous; verrons plus bas, a lar-ticle des attraSions, amp; répulfrons, comment il,nbsp;peut arriver que les luppofitions dont, ii sagit gt;nbsp;foient foumifes a certalnes conditions , qui refnbsp;Ibr rent Les refultats entre des limites dcterminées.,.
37. Si les deux corps. DB , FH ,.étoient divifcs , en plus de deux parties, ^qui fuffent dans divers,nbsp;états délecfricité pofitive amp;, negative, il feroit:nbsp;tOLijoiirs poflible de ramener refrimation de leut.nbsp;adion mutuelle a celle de deux. corps éledlriles,nbsp;tout entiers., en plus ou en moins , tels, que ccux.nbsp;des Numcros, 23 ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; 27. Conccvons ,. par
eu'mple, un corps AD {Jig. 5 ) , divifc en troist
C iif
5? nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
parties, dont la premiere CDfoit dans 1état pofitlf; la feconde BC dans létat négatif, amp; la troifiemenbsp;AB dans létat pofitif. Si lon fupprime paurnbsp;un inftant la parti e AB , amp; que lon confiderenbsp;laéHon des deux parties CD , BC, fur une molecule f de Buide , oh trouvera , daprès lesnbsp;principes expofés N®, j o amp; fuivans, un réfultatnbsp;quelconque, qui fera connoitre fi Ie corps DB ,nbsp;compofé des deux parties DC , CB , eft relati-veraent a la molecule , dans létat naturel, ounbsp;dans un état, foit pofitif, foit négatif. Suppofonsnbsp;que Ie réfultat donne pour DB un état négatif.nbsp;On confidérera la to tali té DA, comme compoféenbsp;de deux parties DB, BA, dont la premiere feroicnbsp;dans létat négatif, amp; la feconde dans létatnbsp;pofitif, amp; lon recherchera'laftion de ce corpsnbsp;fur une molecule b voifine de 1extrémité A.nbsp;II réfultera de cette recherche, que la moléculenbsp;h-, OU refteroit immobile , ou feroit attirée ounbsp;repoulTée par Ie corps DA. On en concluranbsp;laclion de ce corps fur un autre corps G placé h,nbsp;une petite diftance, comme pour Ie cas du n^. 30,nbsp;Si Ie corps G étoit lui-même compofé denbsp;plufieurs parties qui fufl'ent éleétrifces pofitive-rnent ou négativement, il fera facile , daprès cenbsp;que nous venons de dire, de ramener létat denbsp;ce corps a celui dun corps éleétrifé tout entiernbsp;en plus ou en moins, amp; de détermincr ainfinbsp;P^ftion réciproque des deux corps DA Gt
39'
igt; E l É L E C T R I C I T É.
UI. De la lot que fuk Vaclion de la mature èleclriqucy a raifon des dijlances,
38. Dans tout ce qui precede , nous nous fotntnes bornés k confidérer laftion de la rna-tiere éleftrique, comme croifTant ou décroillantnbsp;en general, a mefure que la diftance dimmuenbsp;oa augmente entre les corps éledrifés , mats eetnbsp;accroiflement fuit une loi qiiil étoit très-intéreC-fant de determiner. Sans cette nouvelle connoif-fance, la Théorie reftoit incomplete , amp; il ynbsp;avoit des problêmes dont elle ne pouvoit donnernbsp;la folution , méme dune manier e approchée ^nbsp;ainfi que nous Ie verrons dans la fuite. Ceftnbsp;a M. Coulomb , de lAcadémie Royale desnbsp;Sciences , que nous devons cette importantenbsp;dccouverte , quil a confignée dans un Memoirenbsp;lu a lAcadémie en 178^ , amp; dont il a biennbsp;voulu nous permettre dinférer ici un extrait.nbsp;Le réfultat de les experiences eft que iÉleftri-cité fuit, comme lattraftion, la raifon inverfenbsp;du quarre des diftances ( a ).
() Le quarré dun nombre eft Is produk de ce nombre par lai-même. Ainfi le quarré de 1 cft 4? celuinbsp;de 3 eft 9, celui de 4 eft i6, amp;c. On dit dune force ^
^lt;5 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
Le moyen que M. Coulomb a employé pour determiner cette loi , lui appartient aufïï biennbsp;que la découverte elle-même. II a fait, relative-ment a eet objet, tm ufage très-lngénieux desnbsp;eftets de la force de torfion, cefl-a-dire, denbsp;celle qui eft capable de maintenir un fil denbsp;niétal, tordu dune egrtaine quantité, amp; de lem^nbsp;pêcher de fe dérouler autour de fon axe, pournbsp;fe remettre dans fon ëtat naturel. Les Obferva-tions de M. Coulomb , par rapport aux efFetsnbsp;de cette fprqp , font la matiere dun autre Mé-moire ki a IAcademie en 1784, qü il indiquenbsp;des procédés, ppur mefurer , avec beaucoup denbsp;précifion, des forces de torfion proportionnellesnbsp;k des ppids extremempnt petits,
39. Voici en qnoi confifie, dans lp cas pré^ fent, lappareil de M. Coulotnb. ABDC {fig. 6),nbsp;eft un cylindre'de verre, reconvert dune plaquenbsp;AC de méme matiere. Sur le milieu de cett?nbsp;plaque eft foudé un tuyau vertical febh , pareil-»
qu'elle agit en raifon inverfe du quarré de la diftanee, Jorfqua niefure que la diftanee augmente, 1aclion denbsp;la force diminue, fuiyarjt le rapport du qijarré de cettenbsp;diftanco , amp; réciproquement. Par exemple, ft la dif-tance eft fuccelTivement doublée , triple'e , qiiadruplée ,nbsp;^c, Paélion do la force fe trouvera réduite fuccofft-»nbsp;Vement au quart, au neuvieme, au feftieine ,nbsp;de se quelle étojE dabjydi
DE l É I E C T R I C I T É. 4K lement de verre, amp; (ürmonté dun tuyau denbsp;cuivre beaucoup plus courtnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, dans lequel
to-arne,avec frottement, une autre portion de *^iiyau du même métal. Celle-ci porte une plaquenbsp;, percée duii nou en Ibn milieu , pour re-cevoir une petite tige a laquelle eft attachéenbsp;une aiguille o l, que Ton fait tourner a volonté,nbsp;tnême-temps que la tige. Le bord de la plaquenbsp;ly eft divifé en 360®. dans le fens Iky. La tigenbsp;porte a fan extrémité inférieure une petite pince,nbsp;qui faifit un fil dargent très-délié pn^ au basnbsp;duquel eft fiifpendu un petit cylindre de cuivrenbsp;pour le tenir tendu. Ce cylindre eft, denbsp;plus, fendu dans fa longueur, amp; fait lofficenbsp;dune pince qui prefte un ftl de foie ag^ enduicnbsp;. de Cire dEfpagne , terminé dun cóté par unenbsp;balie a de moéle de liireau; amp; de lautre, parnbsp;un morceau de papier huilc g, qui fait contre-poids.
La plaque AC eft percée en m dun trou, a travers lequel paffe un fetond fd de foie enduit
amp; maintenu dans une
rasne.
aufti de Cire dEfp
direclion mr,a peu-près verticale, par le moyen dun baton rs de la même Cire. Ce fil denbsp;foie porte a fon extrémité inférieure / une autrenbsp;balie X de moéle de fiireau, qui corieljiond aunbsp;point zéro dun cercle gradué , attaché furnbsp;ia furface extérietue du cylindre ACDB. Oa
4i nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
peut toujours, a Iaide du tuyau de cuivre fupé-rieur, que Toil fait touruer doucement dans celui oil il eft emboité, difpofer les cnofes de ma^nbsp;nicre que la balie a touche la balie x fans quenbsp;ie fil de fulpenfion éprouve aucune torfion.
Lappareil étant dans eet état , on éleftrife par communication les deux balles lt;2, z, en lesnbsp;touchant avec un petit conduöeur cleamp;rifé que 1onnbsp;introduit dans ie trou m, qui doit étre fuffifammentnbsp;ouvert. Ce condudeur neft autre chofe quunenbsp;épingle enfoncée dans un bkon de Cire dEf-pagne, éleörifé par frottement. Au méme inf-tant , Ia balie a, repouifée par la balie x, sennbsp;écarté dun certain nombre de dégrés, qui étoicnbsp;de 36 , dans 1expérience faite par M. Coulomb ,nbsp;en préfence de lAcadémie. Par ce moyen, Ienbsp;fil de fiifpenfion pn ^ seft trouvé lui-mémenbsp;tordn fous un angle de 36°; on a continué denbsp;Ie tordre, en faifant tournet laiguille ol versnbsp;A:, jufqua ce que Fextremitc de cette aiguille,nbsp;en partant du point zéro, fut parvenue vis-a-visnbsp;Ie cent vingt-fixieme degré de la graduation Iky.
La rcpulfion des deux balles nétant plus fuin-fante pour réfifter a cette feconde torfion , Ia balie a seft rapprochce de la balie x, jufquaiinbsp;point oü iéquilibre seft trouvé rétabli entre les.nbsp;deux forces. Dans lcxpériencq citée, la balie anbsp;seft placce a de diftance de la balie z*
DE l É I E C T R I C I T nbsp;nbsp;nbsp;4^
Ajoutant 18° a iió® , on a 144®, pour Tangle ^ntier de torfion.
Or, la force de torfion, telle que M. Coulomly Ta déterminée , varie, toutes chofes égalesr dail-leurs , comme les angles de torfion. Mais ici ,nbsp;ces angles font, Ie premier de 36°, amp; Ie fecondnbsp;de 144® , quadruple du premier. En même-tempsnbsp;les diftances entre les balles, étoient, Tune denbsp;36® amp; Tautre de 18® , celVa-dire , dans Ienbsp;rapport de deux a un. Doü il fuit que les ré-pulfions qui étoient mefiirées par les angles denbsp;torfion, ont fuivi la raifon inverfe des quarrésnbsp;des diftances (u). M. Coulomb a varié Texpé-rience de plufieurs manieres , amp; Ie réfultat anbsp;toujours cté conforme a la loi aftignée.
40. M. Coulomb a donné depuis un fecond Mémoire, dans lequel il expofe dift'crens moyensnbsp;quil a employés pour determiner aufli la loi que
( a ) La diftance entre les deux balles neft pas me-furée précifément par 1angle de torfion , mais par la corde de 1arc , qui joint les centres de ces balles. Denbsp;plus, tandis que la balie a sécarte de la balie a:, la forcenbsp;répullive de celle-ci étant cenfée agir, fuivant une droitenbsp;qui pafferoit par les centres des deux balles, il cil:nbsp;facile de voir que cette force eft oblique fur Ie leviernbsp;«a, doil il fuit quelle fe decompofe , en forte quenbsp;le veritable levier eft plus court que no.- Or, ennbsp;fubftituant dune part 1arc de torfion, a la corde de
fiiivent les attradions éledriques , a différentes diftanccs. Lun de ces moyens eft analogue anbsp;celui que nous venons de décrire. Les deux ballesnbsp;étant éledrifees, lune pofitivement, amp; Tautrenbsp;'négativemcnt, il ne sagit que de tordre Ie filnbsp;de fiifpenfion fous un certain angle , en lensnbsp;contraire de celui fuivant lequel agit Tattraction,nbsp;Le ievier qui porte la balie mobile, tend dunenbsp;part a obéir a cette torfion , en tournant autournbsp;du point de fufpenfion ; mais dune autre part,nbsp;iattracèion mutuelle des deux balles agit pournbsp;ramener ce Ievier , amp; diminuer dautant langlenbsp;de torfion. La quantité de cette diminutionnbsp;donne Ia mefure de la force qui fait équilibrenbsp;a lattraftion réciproque des balles ^ amp; M. Coulomb , en eftimant cette force 'a différentesnbsp;diftances , a tronvé que les réfultats étoient lesnbsp;mêmes que pour la force de répulfion.
Au relfe , il-eft facile de prouver , par la feule
eet are , cjui eft plus courte , on Tuppofe la diftance-entre les deux balles, plus grande quelle ne 1eft err eftet. Mats-, en fubftituant dune autre part au veritablenbsp;Ievier , un autre Ievier , qui eft plus long , on fuppofenbsp;auiTi la force répulfive trop grande. 0'r, quand les angles , qui donnent les diftances des balles , n-e font pas.nbsp;confiderablcs , les deux erreurs font a peu-près propor-tionnelles , en forte que 1cxaclkude du réfultat neanbsp;eft pas fenfiblemen: altéréev
DE t É 1 E C T R I C I T É. '4t Vök dinduöion , que les attradions fuivent,nbsp;comme les répulfions , la raifon inverfe du quarrénbsp;des diftances. Concevons dabord deux ballesnbsp;qui fe repouffent en vertu de leur éleftriciténbsp;tiégative. Nous pouvous confidcrer chaque balie,nbsp;Comme compofée de deux matieres , dont 1uncnbsp;auroit fes parties dans 1état naturel, amp; lautrenbsp;auroit les Hennes evacuees de fluïde. Or, ceftnbsp;cn vertu de la portion de matiere evacuee, quenbsp;les deux balles fe repouflent. Imaginons main-tenant que dans Tune des balles cette portionnbsp;paffe a 1ctat naturel , en vertu dun accroiffe-ti^ent determine de fluide; eet accroiflement feranbsp;équiiibre a la répulflon quexercoit la mémenbsp;portion de matiere propre ; en forte que la balienbsp;n aura plus aucune afliion fur lautre (ü)» Concevons enfin , que cette portion de matierenbsp;propre foit fupprimée , amp; que Ie fluide quellenbsp;renfermoit fe diftribue dans la portion qui refte.nbsp;La balie paffera a letat pofitif, amp; fon attraction fur lautre balie, sexercant en vertu dunenbsp;qüantité de fluide proportionnelle a la partie denbsp;matiere propre, qui exercoit dabord une forcenbsp;répulflve , lattraflion fera elle - même proportionnelle a cette force. Or , Ie mêmenbsp;raifonnement sappliquant a chacun des casnbsp;particuliers dans lefquels peuvent fe trouver lesnbsp;deux balles , il en réfulte que les attraflions
46 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
varient dans Ie rapport des répulfions, amp; quelIeS foivent la méme loi.
IV. Application dc la Théorie aiix attraclions amp; répulfions ékclriques.
Noes avons expofé, dans Ie lècond article, les principes généraux qui peuvent fervir a ex-pliquer les attraéHons amp; répulfions éledriques;nbsp;maïs il efc nécefiaire dentrer dans un plusnbsp;'grand détail, pour appliquer ces principes auxnbsp;divers cas particuliers que préfente lobfervationnbsp;des phénomenes dont il sagit. On jugera, parnbsp;la comparaifon qui en réfultera, avec la manierenbsp;dont les mémes fairs ont été expliqués par dau-tres Savans , combien la Theorie de M. ^pinusnbsp;a répandu de jour fur eet objet, lun des plusnbsp;curieux amp; des plus intérefians , qui ait occupénbsp;les Fhyficiens éleélrilans.
41. Concevons un corps A {fig. 7 ) éleélrifë pofitivenient, amp; voifin dun autre corps B , quinbsp;foit dans létat naturel, amp; dans lequel la nratierenbsp;éledrique piilffe fe nsouvoir facilement. Daprèsnbsp;ce qui a été dit ( d ), Ie fliiide de A repoulTenbsp;celui de B avec lexcès de la force, en forte quenbsp;4es parties voifines de CD font refoulées versnbsp;EF-,amp; après un inftant,le corps B fe trouve élec-gt;nbsp;trifé en moins par fo partie antérieure CG, amp;
n plus, par fa partie pofterieure GE.
On juge aifément que la répartition du fluïde doit fe faire inégalement dans route la maflenbsp;flu Corps B , en forte que fi Ton conceit lenbsp;fluide, comme divifé en un grand nombre denbsp;tranches verticales depui^ CD, jufquen EF,lenbsp;fluide , renfermé dans Tune quelconque de cesnbsp;tranches, fera en general plus rare , dans unnbsp;certain rapport, que celui de la tranche ulte-rieure, amp; plus denle que celui de la tranchenbsp;frtuee en-tleca , far laquelle le fluide de A agitnbsp;plus fortement, a raifon dune moindre diftance.
Or, que Ique foit le rapport fuivant lequel va-rient les denfites des différentes tranches, fl Ton fuppofe le corps CE divifé en deux parties quel- 'nbsp;conques CGHD , GEFH, la quantite de fluidenbsp;naturelle , perdue par la partie CGHD, leranbsp;toujours égale a la quantite acquife par Iautrenbsp;partie GEFH. Maintenant on concoit que lanbsp;ligne de divifion GH , peut être placée a tellenbsp;diftance, que Iadion du corps A fur le corpsnbsp;B , foit la même que fi ce corps étoit compolenbsp;de deux parties déterminées CG,GE, dans cha-cune defquelles le fluide feroit uniformcnientnbsp;répandu. Subflituons par la penfée ce fecond corpsnbsp;au premier , amp; concevons, pour plus de fim-plicité , qiie Iaflion de A foit telle quelle exigenbsp;que la ligne GH foit placée au tnilieu de la
óiftance entre les èxtrêmités C , E. II eft claif dabord (ié), que la partie GE, fe trouvant^anbsp;une plus grande diftance du corps A , que lanbsp;partie CG, celle-ci fera plus attirée que lautrenbsp;ne fera repouflee , dóü il fuit, que , cotume lesnbsp;deux parties ne peuvent fe quitter, Ie corps entiernbsp;B fera attiré, amp; aura un mouvement progreffifnbsp;vers Ie corps A.
4Z. A mefure que Ie corps B sapprocliera de A, reffet de la force attractive de celui-ci augmen-tera ^ en forte que Ie mouvement du corps Bnbsp;saccélérera continuellement. Pour Ie concevoir,nbsp;foit une ligne ac {fig- S ), divifée en un certainnbsp;xiombre de parties égales ab', b'c\c'e^ amp;c.nbsp;foppofons que Ie centre du corps A {fig-'/)^nbsp;foit en a {fig. b), amp; que dans Ie corps B , Ienbsp;centre de, la partie C G foit en é, amp; Ie centrenbsp;de la partie GE en c. ( Jemploie ici , pour plusnbsp;grande faciÜté, les centres, comme termes denbsp;comparaifon.) La diftance du centre de A , anbsp;chacun des deux autres centres, fera done fuc-ceftivement comme ab eft 'a ac, ceft-a-dire,nbsp;comme 4 eft a : lattraftion fera a Ia répulfion,nbsp;toutes chofes égales dailleurs ( 39 ), comme 2^nbsp;eft a 16. Concevons maintenant que CEnbsp;fe foit rapproché de A , de maniere que lesnbsp;centres de fes deux parties fe trouvent en b' Scnbsp;en les diftances des centres foront aJoss
comme
b E l Ê t É C T R I C I T Ê. ^ tötnme ah' eft a ac', ceft-a-diré, comme i eft:nbsp;a 2. Lattraamp;ion fexa a la répulnon, toutcs chofesnbsp;%ales dailleurs , comme 4 ePi: a i. Or, dans Ienbsp;premier cas, eile étoit a la répulfion , comme a 5nbsp;a 16 ; mais il ell aifé de juger , dapres lanbsp;feule infpeclion des rapports que nous venonsnbsp;de confidérer , qua rr.efure que Ie corps Bnbsp;fe rapproche de A , la uiUrance de fa partienbsp;OG a ce méme corps A, fe rrouvant reiati-Verrrent plus dimlniiée qae caiie de fa part'e GE,nbsp;lattraftion de A fur CG leniporte elle-mêrnenbsp;dautant plas far la répuifion par rapport k GE ;nbsp;done la vlteflè de CE sac croit, en méme-'nbsp;temps que la dillance dlminue entre les deuxnbsp;corps.
Dailleurs, pendant Ie moii'^ement progreffif
de B vers A, Ie flnide de B fe trouve refoulé
%
avec line nouvelle force vers 1extrèmité EF , k raifon dune moindre diftance entre les deuxnbsp;corps , ce qui augmente encore Iattraftion denbsp;A , amp; , par une fuite néceflaire, la vitefFenbsp;de B.
43. Au moment ou les deux corps fe tou-cheront, Ie Buide de A nétant plus retenu par lair environnant, k lendroit du contad , paF*nbsp;fera en partie dans Ie corps CE ^ en forte quenbsp;tout Ie fluide renfermé dans les deux corps,nbsp;Jtendra k sy lépandre uniformément , commj?
D
Théorie
sils nen faifoient plus quun ; amp; puifquil y avoit ejccès de fluide dans Ie corps A, il efl: clair que lesnbsp;deux corps fe trouveront éleclrifés pofitivement, denbsp;maniere quils fe repoufferont ( 23 ), amp; que Ienbsp;corps CE sécartera aufli-tót du corps A.
44. II eft facile, daprès ces principes, dexpli-quer les elFets du carillon électrique; foit E (fis- 9) timbre, qui communique avec Ienbsp;condudeur par Ie moyen dune chaine LA 3 G,nbsp;lautre timbre fufpendu a un fil de foie NB, amp;nbsp;par conféquent ifolé a fégard du condudeur, ennbsp;raême-temps qu^1 communique avec des corpsnbsp;vpifins an-éledriques , par lintermede dunenbsp;chaine H. Soit D Ie battant fufpendu a unnbsp;fil de foie entre les deux timbres. Au momentnbsp;oü lon charge Ie condudeur , Ie fluide éledriquenbsp;qui paffe par Ie point de fufpenfion C de lanbsp;verge AB, fe répand par exces dans Ie timbrenbsp;E , qui fe trouye éledrifé pofitivement. A linf-tant Ie battant D, attiré par Ie timbre E (42),nbsp;va Ie frapper , amp; aufli-tot eft repouffé, pour lanbsp;raifon que nous avons dite plus haut (43 ). IInbsp;i;endra done , en vertu de cette répulfion, anbsp;sapprocher du timbre G ; il y eft de plus fol-lkité,a raifon de fon éledricité pofitive (41).nbsp;Enfin, Ie mouvement ofcillatoire feconde encore eet eftet ^ mais aufli-tot que ie battant Dnbsp;aura touché Ie timbre G, il lui.coramuniquera
DE I È L E C T R I C I T É. nbsp;nbsp;nbsp;ijï
(ón fluïde, qui fe perdra a travers la chalne H; amp; alors Ie battant D, qui, en vertu du feulnbsp;mouvement dofciliation , fe fcroit rapproché dunbsp;timbre E, fe trouvera encore attiré vers cenbsp;timbre, par Tadtion du fluïde éledrrique ; ennbsp;forte que les mêmes caufes recomtuencant anbsp;agir, comme la premiere foiS, Ie battant iranbsp;flapper alternativetrent les deux timbres , tantnbsp;que Ie timbre £ confervera fon éiectiicité pofitive.
415, Lorlque Ton approche des corps légers , tels que de petites feuilles de métal battu, dunnbsp;corps éledrifë pofltivement, rl arrive aflez (bu-vent que les unes font dabord repouflees, tandxsnbsp;que les autres font attirées , pour éprouver cn-liiite une répulflon au point de contad. Cettenbsp;diveifité deffets que Ton a tant fait valoir ennbsp;faveur du (yflême des affluences amp; effluences,nbsp;inventé par M. 1Abbé Nollet, sexplique tres-biennbsp;dans les principes de Ia Théorie de M. Aipinus.nbsp;Car lorfque léledricité eft un peu forte, il ynbsp;a toujours quelqnes jets de flurde éledrique, qutnbsp;séchappent a travers fair environnant, amp; quinbsp;éledrifent pofitivement quelques-uns des corpsnbsp;légers voifins , fur-tout ceux qui font terminésnbsp;en pointe, amp; que Ton fait être très-propresnbsp;par leur figure, a foutirer la matiere éledriqne.nbsp;Ces corps doivent done ètre repouffésnbsp;avairt davoir pu fe porter vers Ie corps prin-
Théorie
cipal j, tandis que celui-ci attire les autres corps légers, qui nont confervé que leur quantiténbsp;naturelle déleélricité.
46. nbsp;nbsp;nbsp;Si Ie corps A ( fig. 7 ), étoit éleélrifénbsp;négativement, les chofes fe pafleroient encorenbsp;de la même maniere. Alors une portion dunbsp;fluide naturel, contenu dans Ie corps B, feroitnbsp;déterminée a palier de la partie GE dans lanbsp;partie CG, amp; en employant ici un railbnnementnbsp;femblable a celui que nous avons fait ( 41), onnbsp;concevra que Ie corps CE doit étre pareillementnbsp;attiré vers Ie corps A , pour être enfuite repoullénbsp;au moment du contad.
47, nbsp;nbsp;nbsp;On peut déduire dela une explicationnbsp;limple de Téledrophore. Soit HN {fig- 10),nbsp;la plaque de matiere rélineufe , GD la plaquenbsp;de métal, que lon applique fur la premiere, aprèsnbsp;que celle-ci a été éledrifée en moins, par Ie frot-tement, amp; AC Ie cylindre de matiere idio-éledrique , qui fert a enlever la plaque GD. Sinbsp;Ton fe contentoit de pofer la plaque GD furnbsp;GN, fans appliquer Ie doigt fur Ie métal, Ienbsp;fluide naturel, reafermé dans GD , palTeroit ennbsp;partie des tranches fupérieures de ce corps , dans nbsp;les infcrieures, qui font voifines de la plaque ré-fineufe. Mais cette plaque nétant pas de naturenbsp;a olFrir un accès facile a lEledricité, il nynbsp;auroit quune très-petite portion du fluide conr
DE 1ÉIECTRICITÉ. 55 tenu par exces dans les tranches inférieures dunbsp;niétal, qui pénétreroit la réfine, en forte quenbsp;quand on auroit enlevé Ie difque métallique, Ienbsp;fluïde qui y feroit renfermé, sy diftribuant uni-formément, létat du difque ne différeroit pas fen-flblement de létat naturel. Concevons maintenantnbsp;que Ton applique Ie doigt fur Ie métal, tandis quenbsp;celui-ci eft en contaft avec la réflne. Lappareilnbsp;entier peut étre confidéré comme un feul corpsnbsp;AD {fig. 5 ),qui auroit fes trots parties AB, BC,nbsp;CD, dans difFérens états. Suppofons que CD re-préfente la rcfme ,BC la partie pofitive du difquenbsp;amp; AB fa partie aégative. II eft clair que 1attrac-tion de AB agiflant en fens contraire de celle denbsp;DC fur Ie fluïde de BC , Ie point oü une moléculenbsp; de fluide feroit en équilibre, ft la partie ABnbsp;nexiftoit pas, eft fitué en-dec'a du point , versnbsp;la partie CD; dou 1on conclurra, par un raifon-nement femblable a celui que nous avons fait (30),'nbsp;que dans tous les points fltués de en h, amp; au-dela, 1attradion de CD 1emporte liir la répulfionnbsp;de BC. On voit par-la que la molécule b doit étrenbsp;Ibilicitée en même-temps par cette attraöion , amp;nbsp;par celle de la partie AB, qui eft dans Tétat né-gatif, a pénétrer dans cette même partie. Or, Ienbsp;doigt applique fur Ie difque métallique GD, étancnbsp;du genre des corps, ou Ie fluide fe meut librement,,
D iij
5^ nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
on concoit quune parti e du fluïde qui y eft renfermé doit pafl'er dans Ie difque qui acquerranbsp;ainfi une éleftricité pofitive très-fenfible ; ennbsp;forte que fi on lenleve de deflus la réfine, ilnbsp;donnera de fortes étincelles, comrae cela arrive touiours, lorfque Ie temps eft favorable anbsp;léledricité.
Nous devons obferver ici, que ceft M. ^Epinus qui, le premier, a employé un appareil conftruicnbsp;fur ie merne plan que IElectrophore. Ce Savantnbsp;fit faire une coupe de metal, quil ifola par lenbsp;moyen dun fupport de verre ; il remplit enfuitenbsp;cetre coupe de foafre fondu, quif par le refroidif-fement, dut fe trouver éledrifé, comme nous lenbsp;dirons dans la fuite. A 1aide dun manche adapténbsp;au foufre, M. uEpinus etoit le maitre de le féparernbsp;davec la coupe de métal, ou de les tenir Iun amp;nbsp;Iautre en contaft immédiat. II employoit ces deuxnbsp;corps pour produire des réfultats femblables anbsp;ceux que donnent les deux lames de verre décritesnbsp;ci-delfus (33). On voit, par cet expofe, combiennbsp;il reftoit peu k faire, pour arriver de cet appareilnbsp;a Ieleftrophore. {Yoyezle Tentamen 'iheoricenbsp;Eleciricitatis amp; Magnetifmi^ amp;c. pag. 66)
48. On connoit un eleftrometre très-fenfible, dont Iinvention eft due a M. Cavallo, celebrenbsp;Phyficien, amp; qui confute en deux balles de^
DE IElECTRICITÉ.
moële de fureau c, d fig. i J ) , fufpendnes par Ie moyen de deux cheveux a une boule de cuiyrenbsp;A, qui eft fixée a Touverture dune efpece denbsp;flacon de verre ABG. Si 1on éleftrife par frotte-ment im baton de cire dEfpagne amp; quonnbsp;1approche enfuite de la boule A, on verra lesnbsp;deux balles c, J, sécarter Tune de 1autre. Lanbsp;raifon de eet elFet eft, quune portion du fluidenbsp;éleftrique renfermé dans 1enfemble des corps A ,nbsp;c, d, étant attirée par la Cire qui eft dansnbsp;négatif, vers Ia partie fupérieare de la boule A inbsp;les deux petites balles fe trouvent éleclrifées elles-mémes négativement, amp; doivent fe repouflernbsp;(2'5 ). Si lon retire Ie bkon de Cire, les deuxnbsp;balles fe rapprocheront, paree que 1appareil,nbsp;dans lequel Ie fluide fe répandra auffi-tót uni-formément, retournera vers 1état naturel ( 17 ).
Suppofons maintenant, quen même-temps que 1on préfente la Cire k une petite diftance de Ianbsp;boule A, on pofe Ie doigt fur cette meme boule 5nbsp;alors , par une caufe femblable a celle que nousnbsp;avons indiquée, en parlant de 1éleftrophore (47),nbsp;une partie de la matiere 'éleörique renfermcenbsp;dans Ie doigt coulera dans 1appareil At:d,quinbsp;fe trouvera éleè;rifé en plus. Si lon retire daboidnbsp;Ie doigt, amp; enfuite Ie baton de Cire, on verranbsp;les deux balles c, t/, sécarter 1une de 1autre ,
D iv
^6 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
comme cela arrive a deux corps éle£l:rifés pofi-tivement ( Z3 ). Chaque fois qiie lon approchera de nouveau Ie baton de Cire dEfpagne de lanbsp;boule A , une partie du fluïde des deux ballesnbsp;étant déterminée k pafler dans Ie corps A, lesnbsp;balles fe rapprocheront. Mais cette experiencenbsp;exige des precautions. Car fi pendant Ie mouvement de la Cire vers la boule A, les deuxnbsp;petites balles parviennent au point de contad,nbsp;amp; que lon continue de 1approcherfon attraction pourra étre fi forte, que les balles perdentnbsp;même une portion de leur fluïde naturel , amp;nbsp;alors elles sécarteront. La Cire dans ce casnbsp;paroitra faire la function dun corps éledrifénbsp;pofitivement, amp; il en réfultera une forte denbsp;contradidion dans les elFets, qui cependant fenbsp;concilient parfaitement, comme on Ie, voit, knbsp;1aide des principes de la Théorie.
q,q. Nous croyons devoir remarquer ici que cette Théorie efl: la feule qui fournilTe unenbsp;explication fatisfaifante de la répulfion qui a lieunbsp;entre deux corps éledrifés négativement. Les unsnbsp;ont prétendu que ces corps séloignoient lun denbsp;lautre, paree quils étoient attirés par Ie fluïde plusnbsp;denfe renfermé, ou dans lair environnant, ounbsp;dans dautres corps voiflns. Mals jcomme les deuxnbsp;corps font environnés dair de routes parts,
Dl LÉflCTRIClTf. 57' amp; quil peut auffi (è trouver des corps volfinsnbsp;tout autour deux, amp; cela dans difïérentes pofi-tions amp; k des diftances différentes , on ne voitnbsp;pas comment Ie fluïde plus denfe de lair , ounbsp;des corps environnans , attireroit toujours lesnbsp;corps éledriles en moins, fuivant des diredionsnbsp;diaaiétralemcnt oppofëes. Dautres ont dit quenbsp;les deux corps dans lëtat négatif attirant né-ceflairement une partie du fluïde des corps en-?11000305 , amp; ce fluïde ne pouvant sy introduïrenbsp;quavec peine, a caufe de la réfiftance qailnbsp;trouvoït de la part de laïr que Ion fuppofoitnbsp;condenfé k la furface des corps éledrïfés , il for-moit une atmofohere éledrique autour de cha-cun de ces corps, amp; que cétoit en vertu denbsp;cette atmofphere que les deux corps fe repoulToientnbsp;mutucllement. On voit que cette explicationnbsp;porte fur une condenlation de lair, que Tonnbsp;fuppofe gratuitement fans la prouver.
50. On peut juger néanmoins , par tout ce qui a été dit, que les attradions amp; rcpulflonsnbsp;dependent en grande partie de la réfiftance denbsp;iair, qui maintient les corps éledrifés dans leurnbsp;état pofltif on négatif, amp; retarde leur retournbsp;a létat naturel (8). Aufli, ces effets nont-ilsnbsp;prefque plus lieu fous un recipient purgé dair ,nbsp;éc on peut préfumer que sil étoit polfible de
Théorie
fe procurer un vuide parfait, on ny obfer-veroit plus ni attraftions , ni répulfions, entre les corps an-éleftriques.
iji. Nous ajouterons ici un mot au (üjet des atmolpheres éledriques , admifes par la plusnbsp;grande partie des Phyficiens. Dans la théorienbsp;de M. ^pinus, Téledricité a une fphere dac-tivité, qui sétend autourdes corps k une certainenbsp;diftance. Mais ces corps nont point propre-ment datmofphere formée par un fluïde élec-trique ambiant, a moins qu'on n'entende parnbsp;ce mot Ie fluide aërien, qui entoure ces corps,nbsp;amp; qui eft toujours éledrifé jufqua un certainnbsp;point, foit pofitivement, Ibit négativement. Maisnbsp;cetair ninfluepasfenflblement dans lesphénome-nes éledriques , en forte que fi , par Ie nioyen dunnbsp;fouflet , on parvenoit a Ie renouveller fans cefle ,nbsp;les phénomenes ne laifleroient pas davoir lieu ,nbsp;comme dans un air tranquille.
On objeftera que quand on préfente Ie dos de la main 'a une petite diftance dun corpsnbsp;éledrifé, on reffent une efpece de chatouille-ment femblable 'a celui que produiroient les filsnbsp;dune toile daraignée ; ce qui paroit fuppofernbsp;lexiftence dune veritable atmofphere éledrique.nbsp;On répond que cette fenfation eft occafionnée ynbsp;non pai Ie contad dune atmofphere, mais par Ie
fiE rlÈlECTRlClTi. S9 mouveirent quilKprime au fluïde naturel répandunbsp;fur la furrace do la main , TacHon du fluïde con-tenu dans Ie corps élcdrifé. Car fi la fenfatïon ^nbsp;dont il sagïc, provenoit dune atmofphere , unnbsp;homme qui , placé Tur un lupport k ilbier, com-muniqueroit avec un condud., ur éledrifé , devroitnbsp;reileniir ure légere ïmp:effion, loifquil préfentenbsp;Ie dos de Ia main au condudeu. Cependantnbsp;lexpérïence tnontre que Ton néprouve aiors au*nbsp;cune fcrdatión particuliere , ce qui vient de cenbsp;que ie fluide étant en équiiibre dans Ie corpsnbsp;de 1übfervateur amp; dans Ie condudeur de la machine , fes dilFérentes parties nont aucune action iunt fur- laurre. Quant a iodeur que Ie fluidenbsp;élediique répand daos certamcs circonftances ,nbsp;comme cette odeur ne fe fait jamais fentir quenbsp;quand Ie fluide fort réellement dun corps élec-.nbsp;tiifé, par quelque partie arguleufe; il efl clairnbsp;fltielle depend de la tranfmillion dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dun
corps dans un autre , amp; non pas di re atmo-fyhere , qui circuleroic autour du premier de ces corps.
V«
V. Des changemens qat Vaction des caufes ear-térieures peut apporter dans les attractions amp; répulfions éleclriques.
Nous avons fuppofé jufquici que les corps qui fe repouffbient mutuelleraent, reC-toient abondonnés k eux-mémes amp; a iadion dunbsp;fluïde éledrique, quils renfermoient, au momentnbsp;oü ils ont commence a exercer leur force lunnbsp;fur lautre, fans quaucune caufe extérieure in-tervint , foit pour changer leurs diftances refpec-tives , Ibit pour augmenter ou diminuer lanbsp;quantité de leur fluïde éledrique. Et en efFet ,nbsp;tant que cette condition aura lieu , les chofesnbsp;fe pafleront, comme nous 1avons expofé , cefl;-a-dire, quil arrivera toujours que deux corps ,nbsp;dont les éledricitésferont homogenes, fe repouf-feront mutuellement»
Mais fi , dans Ie moment auquel ces deux corps fe repouflent, on fuppofe quune caufe extérieure agilfe fur tous les deux, ou feulement fiirnbsp;Tim des deux , pour Ie rapprocher de lautre ^ ounbsp;bien, ce qui revient au méme, fi 1on con9oi£nbsp;que, dans Ie même tems, lun des deux corpsnbsp;foit éledrifé de nouveau , de maniere quii
öl: iÊLECTaiciiÉ. St tegoïve un furcroit de fluide éleiftrique,, ounbsp;perde une partie de celui quil renfermoit, lesnbsp;changemens détat qui en refulterpnt , par rapport aux corps dont il sagit , pourront donnei;nbsp;lieu a des phénomenes finguliers, qui, au premier coup-doeil ,paroitront contraires a Ianalogienbsp;des operations de la nature; mais dont Texpli-cation fuit naturellement des principes établisnbsp;par M. jEpinus , amp; imprime , en quelquenbsp;forte, a fa théorie un nouveau caradere denbsp;certitude.
Quant aux phénomenes produits par deux corps éleftrifés originairement, 1un en plus amp;nbsp;1autre en moins, nous verrons plus bas quils nenbsp;font fufceptibles daucune variation , ceft-a dire,nbsp;que ces corps sattireront mutuellement a toutesnbsp;les diftances.
5 3. Concevons dabord deux corps C, G, {fig. /f.) électrifés pofitivement, amp; fuppofons que tandisnbsp;quils sécartent lun de lautre,une caufe extérieurenbsp;agiffe pour rapprocher Ie corps G du corps C.nbsp;La force répulfive du fluide de C refoulcra unepor-tion du fluide contenu dans FG, amp; la fera palTernbsp;dans lautre partie GH. Pareillement !a forcenbsp;répulfive du fluide de G , agira fur Ie fluide denbsp;C , pour faire palTer une portion de ce fluide,nbsp;de la partie BC, dans la partie CD.
Or j il pourra arriver quii y ait un point
oi la partie CB, par exemple, ah perdu une telle quantité de fon fluïde, en pafiant anbsp;1état négatif, que Teftet de la force attradivenbsp;de cette partie fur Ie corps G, compenfe exac-tement leiFet de la force rcpulflve de la partienbsp;CD. Alors les deux corps refteront immobiles,nbsp;amp; fl la même caufe extérieure continue denbsp;poufier G vers C, les deux corps sattireroncnbsp;réciproquement.
Si , au lieu dapprocher G de C, on aug-tnente fon éledricité , comtne on en eft bien Ie maitre , puifque cette augmentation eft encorenbsp;plus favorable k Thypothefe préfente, qui exige^nbsp;que la totalité du fluide de chacun des deuxnbsp;corps foit au-deflus de fa quantité naturelle ^ lenbsp;refoulement du fluide, augmentant a proportionnbsp;dans le corps C , le mêxiie eff'et aura lieu, amp;nbsp;il pourra arriver que les deux corps ou reftentnbsp;immobiles, ou sattirent, dans le cas dune plusnbsp;forte éleftricité de la part du corps G.
Ces phénomenes paroiflent dabord offrir des efpeces de paradoxes, en ce quon y voit la forcenbsp;^epulfive des deux corps, qui ferableroit devoirnbsp;saccroitre a mefiire que la diftance diminue en-tre ces corps, devenir dabord nulle , amp; en-(bite fe changer en une force oppofée , quinbsp;produit des attraftionsi. Mais on voit en mêmenbsp;terns corabien ces phénomenes saccordent bev.-
3gt; E l È L E C T R I C I T É.
Teufement avec les principes de la théorie, amp; avec les loix auxquelles font foumifes les operations de la nature.
M. jEpinus indique un moyen flmple, pout inettre ce cas en expérience. Sufpendez k un filnbsp;de foie une petite balie de liége, amp; placet auprèsnbsp;de cette balie, un cylindre de métal ifolé; ennbsp;forte que Ie fil de foie étant dans une direérionnbsp;Verticale, la balie touché prefque Ie cylindre denbsp;métal. Attachez enfuite k cetre balie un fecondnbsp;fil de foie, que vous ferez paffer dans un crochet,nbsp;de maniere que vous puiffiez rapprocher a volonténbsp;la balie, du cylindi'e de métal , lorfquelle sennbsp;feta écartée. Enfin , faites communiquer ce cy-Hndre avec un long fil de fer pareillement ifolé.nbsp;Les chofes étant dans eet état, éledrifez par frot-tement un tube de verre. Touchez enfuite fuc-cellivement, avec ce tube, la balie de liége , amp;nbsp;Ie fil de fer dont on a parlé ; bientót la balie re-pouflée par Ie condudeur sen écartera. Tireznbsp;alors Ie fecond fil de foie , pour la ramener versnbsp;ce condudeur, amp; , lorfquelle nen fera plus éloi-gnée que de trois ou quatre lignes , vous verreznbsp;la répulfion fe changer tout-k-coup en attrac-fion , amp; Ie fil de fufpenfion fe porter de lui-meme vers Ie conduéteur.
On peut varier cette expérience de Ia maniere
64
fuivante. Après avoir affujetti Ie fil lt;lé foie qüt fert a tirer la balie de liége, en lui faifant fairenbsp;plufieurs révolutions autour du crochet; en fortenbsp;que la balie ne puilTe sécarter du cylindre denbsp;métal, que denviron deux lignes, électrifex lap-pareil, mais dabord foiblement. La balie fera
repouffée par Ie condufteur , amp; sen écartera autant que Ie permettra Ie fil qui eft fixé aunbsp;crochet. Communiquez alors au condruSteur unenbsp;éleftricité beaucoup plus forte, amp; k linftantnbsp;lattraftion fuccédera k la répulfion , comme dansnbsp;Ie premier cas.
¦54, Si ks deux corps G amp; C étoient dabord éledrifës négativement, les réfiiltats feront fem-blables , quoique produits par des caufes contrai-res. Alors, tandis quon approchera les deux corpsnbsp;lun de 1autre, une partie du fluide de C feranbsp;attirée de DC en CB , amp; une partie de celuinbsp;de G paffera de GH en FG. Or, k mefurenbsp;que les deux corps deviendiont plus voifins,nbsp;les parties FG , BC, continuant dacquérirnbsp;de nouveau fluide, il pourra arriver , qak unenbsp;certaine dlftance , lexcès du fluide de CB , parnbsp;exemple , fiir celui de DC foit tel, que 1effetnbsp;de la répulfion de DC, fur Ie corps G, foit balance par lattraéflon de BC , amp; alors les ueuxnbsp;corps refteront iöiraobiles. Si lon continue
dapprocher
BE L^ÉLËCtRtClTi:. «dapproclier G de C, il y aura auraókion entrenbsp;les deux corps.
La même attraöion agira encore , fi ¦, au lieu de faire mouvoir G vers C , on dirhlnue le fluidenbsp;de la partie FG, auquel cas Tattraiflion de cettenbsp;partie faifant pafler de nouveau fluide de CD ennbsp;BC; il en refultera un furcroit de force attractive entre les deux corps. Rien ne gêne , patnbsp;rapport a la diminution du fluide de FG, puif-qiie la quantite totale du fluide de G, difléreranbsp;encore plus de la quantité naturelle, que dans lenbsp;premier inftant.
51). II ne nous refte plus qu a rechercher ce qui doit arriver , lorfque Iun de deux corps, telnbsp;que C , eft dans 1état pofitif, amp; Iautre corpsnbsp;G dans létat négatif , nous avons vu (li)) )nbsp;qualors les deux corps sattiroient mutuellementnbsp;amp; sappiochoient Tun de Iautre. II sagit de fa-voir maintenant, fi , dans la fuppofition ounbsp;tandis que ces corps ' sapprocheroient , leurnbsp;état vint a eprouver des changemens, il feroitnbsp;poffible , quk une cevtaine diftance , ils reC-taflent immobiles , ou commen^aflent a le re-pouflTer.
Obfervons dabord quen vertu de la force ré-pulfive du fluide de C, une portion de celut qui eft contenu dans FG, paflTera dans GH.nbsp;Dun autre cóté, Iattraftiou de G forcera une
E
6 nbsp;nbsp;nbsp;T H É o R t Ë
portion du fuiide de DC de pafler dans BC.
Done, quel que fbit létac des deux corps, la par-
tie BC du corps C fera toujours éleélriföe en
plus, amp; la parcie FG du corps G toujours élcdrifée
en moins. Cela pofé , il peut y avoir quatre cas
dilFérens.
Le premier efl: celui oii les deux parties du corps C feroient dans létat pofitif, amp; les deuxnbsp;parties du corps G dans létat négatif. Dans cenbsp;cas , il eft évident que le premier corps étant toutnbsp;entier pofitif, amp; ie fecond tout entier négatif,nbsp;les deux corps sattireront (i'ï),'a quelquendroit denbsp;leur Sphere dadivité quon les fuppofe places.
Le fecond cas efl; celiü oü les deux parties du corps C étant toujours dans letat pofitif, amp; la partie FG, du corps G , dans i etat négatif, Tautre partie GH, du mème corps , feroitnbsp;dans létat pofitif. Remarqiions que ü le corps Gnbsp;eüt été dabord dans iétat naturel, amp; quune partie de fon fluïde eüt paflc de FG dans GH, cenbsp;corps eüt agi comme un' corps éledrifé ennbsp;moins, fur Ie corps C, placé a ime diftance quel-conqne; car, dans ce cas, la force répulfive denbsp;GH , qui aiiroit été capable par elle-même denbsp;faire équiiibre a la force attraélive de [FG, (i6),nbsp;eüt agi plus foiblement fur le corps C, a rai-fon dune plus grande diftance. A plus fortenbsp;laifon , la force attractive de FG lemportera-
Ï)E
l Ê L E C T R I C I T É. '^7 t-èlle dans 1hypothefe préfente , oü cette mêmenbsp;partie eil encore plus evacuee de fluïde que dansnbsp;Ie cas cité , puifquon fuppofe que la totalité dunbsp;fluïde de G efl moindre que la quantite naturelle.nbsp;Done, aquelque diftance que fe trouvent les deuxnbsp;corps, G agilflant comme sil étoit élednfé néga-tivement , amp; C étant tout entier pofitif , il ynbsp;aura attraöion ehtre les deux corps (24).
¦5 7. Paflbns au troifieme cas , dans lequel DG fèroit éleörifé en moins , BC éleamp;ifé en plus,nbsp;amp; les deux parties F G, GH , du corps G, élec-trifées en moins. Par un raifonnement fembla.nbsp;ble 'a celui que nous avons fait pour Ie fecondnbsp;cas ( $ 6 ) , il fera facile de concevoir que Cnbsp;agira a routes les diftances, comme sil étoit dansnbsp;létat pofitif; done, Ie corps G étant dans 1etatnbsp;négatif, les deux corps sattireront réciproque-ment dans tous les points de leur fphere dac-tivité.
^8. Refte Ie quatrieme cas, qui efl: celui oii CD , FG feroient dans létat négatif , amp; BC ,nbsp;GH dans létat pofitif. Or dans ce cas , commenbsp;dans Ie précédent , les deux corps sattirerontnbsp;k quelque diftance quon les fuppofe lun denbsp;lautre (a).
(a) Je fuis oblige de mécarter ici du fentiment de M. ^pinus. Ce fayant penfe que la queftion relative
Pour Ie démoBtrer , remarcjuons dabord que Ie corps C eft dans Ie cas dun corps éledrifénbsp;pofitivement, a lègard dun autre corps G placénbsp;k la droice de rextrêmité B ^ fuppofons mainte-nant que Ie corps G , confidéré dans fa totalité,nbsp;nait que fa quantité naturelle déleclricité. Dansnbsp;ce cas, fi 1on imagine , pour un inftant, quenbsp;les deux parties FG, GH, fe pénétrent, de ma-niere que leurs aélions fur Ie corps G sexercentnbsp;a la méme diftance de ce corps, ces aéiionsnbsp;étant égales amp; contraires ( i6 ) , leur fommenbsp;fera zéro.
^9. Les chofes étant toujours dans eet état, au cas préfent qui eft celui du n®. 138 de fa théorie,nbsp;p. 139, ne peut être réfolue, quautant quon con-noitroit la loi fuivant laquelle agit Ie fluïde éleélrique ,nbsp;a raifon des diftances , amp; il effaye de Ie prouver parnbsp;la confidération de la formule générale , qui repréfentenbsp;les aélions que les deux corps exercent 1un fur 1autre.nbsp;Cette formule renferme quatre quantités , dont lesnbsp;trois premieres font toujours pofitives ; refte a fa-voir , felon M. jïpinus, ft la qiiatrieme quantité nenbsp;peut pas devenir negative , ce qui exige que lon con-noiffe la loi que fuit laélion du fluïde , eu égard anbsp;la diftance. i'^- Ce raifonnement neft pas exaél,nbsp;puifquil faudroit, pour que la formule exprimSt unenbsp;force répulftve, quelle devint négarive ; or il ne fuffitnbsp;pas pour cela que la quatrieme quantité foit fimple-ment negative; il faut encore quelle furpaffe la forania
concevons xnaintenant que la relation des quan-tités de fluïde des deux parties FG, GH, fe trouve ramenée a lhypothefe prélènte, qui exiganbsp;qne Ie corps G, confidér^ dans fa totalité, aitnbsp;moins que la quantité naturelle de fluïde. Dansnbsp;ee cas, il faut concevoir une nouvelle portionnbsp;de ce fluide , Ibuftraite de la partie FG, amp; qulnbsp;naitpoint paffe dans la partie GH. Or,envertunbsp;de cette diminution , la force attradive de FG ,nbsp;flor Ie corps C , fe trouvera augmentée donenbsp;elle prévaudra fur Ia répulfion de Ia partie GH ,nbsp;amp; les deux corps fe porteront Tim vers lautre. Anbsp;plus forte raifon, Ie même eflet continuera-t-ilnbsp;davoir lieu ,fl la partie GH, dont la force eft rédes trois autres quantkés qui font pofitives. Mais a®»nbsp;iai trouvé , a 1aide dun calcul fimple , qu^il y avoitnbsp;néceffairement attradion entre Ie* deux corps, tancnbsp;que la partie CH du corps G , étoif a une plus grandsnbsp;diftance du corps C, que la partie FG, ce qui a toujour*nbsp;lieu. La même chofe fe trouve prouvée , ce me fem-fcle, dune maniere claire amp; a 1abri de toute equivoque par Ie raifonnement que iai employé. Ce quinbsp;parolt avoir trompé M. iEpinus, ceft que fa formule ,nbsp;dans 1état oü il la préfente , lailTe efFedivement lanbsp;queftion indéterminée , amp; nexprime point les conditions du problême de maniere a fournir une folutionnbsp;direde; enforte quil eft néceffaire dy en fubftisupï:nbsp;une autre , pour paryenir a cette folution.
E iij
']G nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
pulfive, fe trouve pbcée , comme Ie repréfente li figure, ceft-a~dire, a^une plus grande diftance dunbsp;coips C , que la partie FG, qui exerce une forcenbsp;attradive. Et comme Ie même raifonnement anbsp;lieu relativement a rous les points de la Ipherenbsp;dadivité des deux corps y il faut en conclurenbsp;quil y aura attradion entreux, dans toute léten-due de cette iphere.
VI. Du pouvoir des pointes.
^0, On fait que les corps terminés en pointes foutirent beaucoup plus puiflamment la matierenbsp;éledrique , que les corps moufles ou arrondis. Lenbsp;même fluïde séchappe aufii beaucoup plus facile-ment des condudeurs, qui ont des angles ou desnbsp;parties aiguës , que de ceux qui font courbes. Onnbsp;a tenté dexpliquer ces phénomenes, en fuppofantnbsp;que lair environnant refiftoit moins au paflagenbsp;de la matiere éledrique, a lendroit des pointes,nbsp;quk tout autre endroit dun corps. Mais on peutnbsp;deduire de la théorie de M. jEpinus , une autrenbsp;explication beaucoup plus fatisfaifante des inêmesnbsp;faits.
6i. Concevons une pointe hc ( fig. 13 ) , dun métal quelconque, placée k une petite diftance du
DE lÊ LEGT HI Cl TÉ. quot;fl corps A éleörife en plus. Nous avons vu (4^^ )nbsp;que y dans ce cas, une partie du fluïde contenunbsp;dans la pointe, feroit refoulée de Averse, doïi ilnbsp;fliit quil y aura défaut de fluïde dans la partïenbsp;antérieure de la poïrite , amp; exces dans la partienbsp;poftérieure , fltuée vers c. Concevons une fe-conde pointe de placée a coté de la premiere.nbsp;Les molecules du fluïde de dc^ fituées dans Ienbsp;voiflnage de la partie antérieure de la pointenbsp;hc , qui efl; éleflrifée en moins y feront attiréesnbsp;par cette pointe (16). Dailleurs elles lèrontnbsp;repouflees vers lextrêmité e , par Ie corps A.nbsp;Mais lattraétion balancant en partie lefFet denbsp;cette répulfion, les molecules feront moins re-foulées vers e, que fi la poiirte hc nexiftoit.nbsp;pas. Or, la pointe de failant la même fonc-tion , par rapport a la pointe bc, que celle-cinbsp;a 1égard de la premiere ; les molecules de bcnbsp;feront aufli moins refoulées vers Textrêmité e ,nbsp;que dans Ie cas ou la pointe bc eüt exifté feule.nbsp;Si done Ton imagine une multitude de pointes,nbsp;femblables, rangées les unes a cóté des autres ,nbsp;il efl: clair que leurs aflions mutuelles soppo-fant en partie a la force répulfive du corps Anbsp;Ie nombre des molecules refoulées vers les parties poflérieures de eet aflemblage de pointes., en.nbsp;fera fenfiblement diminué.
61. Remarquons maintenant quen vertil da
7i nbsp;nbsp;nbsp;T H É o R t ï
dcfaut damp;- fluïde des parties antérieures de 1af» femblage dont il sagit, eet afTemblage exercenbsp;une force attradive fur Ie fluïde des corps envi-ronnaiis , amp; en particulier fur celui du corpsnbsp;A (nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;) 5: amp; que cette force eft dautant plus
grande que les parties antérieures des pointes ont perdu une quantite plus confidérable de leurnbsp;fiuidie naturel. Si done nous ftippofons quunenbsp;des pointes dépafle les autres , comme on Ienbsp;voit en g (fig. 14 ) , cette pointe fe trouvantnbsp;eomme ifolée a legard des pointes voiflnes, ilnbsp;fera facile de conclure, du raifbnnement quenbsp;nous avons fait plus haut, que Tattraftion denbsp;cette mêine pointe, par rapport au fluïde de A,nbsp;s-accroitra de maniere que Ie fluïde de A foitnbsp;foütiré beaucoup plus efficacement que fi cettenbsp;pointe fe trouvoit de niveau avec les pre-tni^res.
Or , un corps quelconque pouvant être con-fldéré comme un faifceau de petites aiguilles difpofées parallélement les unes aux autres, onnbsp;voit, par ce qui precede , que fi ce corps formenbsp;des angles dans quelquime de fes parties , cesnbsp;angles foutireront plus puiflamment la matierenbsp;«ledrique, que dans Ie cas oü ce méme corps ft-ïoit arrondi de toutes parts.
63. On prouvera cgalement quun corps ter-miné en pointe amp; éleftrifé pöfltivement, doifr
DE rÉ lËCTRiCi TÉ.
lancer Ie fluide en plus grande quantité ^que
ce corps ne formoit aucune faillie. Car alors , a caufe de la réfiftance de Fair, il fe fait tou-jours au point b (fig. 13) une condenfationnbsp;du fluide renfermé dans la pointe bc, amp; quinbsp;tend a en fbrtir en vertu de la répulfion mu-tuelle de fes molecules. Cette portion de fluidenbsp;condenfé exercera done une force répulfive oblique fur Ie fluide fitué vers e , dans la pointenbsp;voifine ^ amp; comme une partie de cette forcenbsp;agit en fens contraire de celui fuivant lequelnbsp;les molecules tendent a séchapper, elle sop-pofera , julqua un certain point, k la fortie dunbsp;fluide. Le même raifonnement sapplique a cha-cune des pointes relativement k celles qui len-vironnent , doü il fuit que fi une pointe eftnbsp;comme ifolée k Fégard des autres, le fluidenbsp;en fortira plus librement amp; plus abondam-ment.
64. Plus la pointe g fera déliée , plus elle aura de vertu pour foutirer le fluide éledrique;nbsp;amp; eet effet eft fi fenfible, quune pointe biennbsp;aiguifée , préfentée k un pied de diftance , dunnbsp;condudeur fortement chargé, ou même a unenbsp;diftance plus confidérable ,fuffit pour rendre prefnbsp;que nuls les effets de Féleéiricité de ce conducteur j tandis que la préfence dun corps rond ,
74 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
placé a la méme diftance , les laifle fubflftef? lans aucune alteration fenfible.
Poiir mieux concevoir la raifon de cette grande diftérence , fuppofons que bhnk (fig. lOnbsp;foit Ie corps rond dont il sagit, amp; que ABnbsp;foit 1extrémité du condiicbeur. Toutes les pointes (ituées fur Fare hbk foutireront léledriciténbsp;de AB , en même tems quelles agiront lesnbsp;unes fur les autres pour empécher une partienbsp;de leur éledricité propre detre refoulée versnbsp;larc oppofé rns. Supprimons maintenant lesnbsp;portions hbo , kbg , pour ne laifler fubfifter quenbsp;la pointe obg , dune part , toutes les pointesnbsp;fituées Ie long de la corde hk , continuerontnbsp;de foutirer Ie fluide de AB , amp; la différence denbsp;leurs diftances au corps AB , comparée a cellenbsp;des pointes qui étoient fituées fur larc hbk, oc-cafionnera , 'a la vérité, une certaine diminution dans la force avec laquelle lë fluide denbsp;AB efl: foutiré. Mais cette diminution fcranbsp;compenfée bien au-dela, par la fituation de lanbsp;pointe obg; celle-ci fe trouvant alors fouftraitenbsp;aux forces attradives des aiguilles renferméesnbsp;dans les portions hbo^ gbk , qui toutes contri-buoient 'a niaintenir dans cette pointe une partienbsp;de fon fluide naturel ^ doüil fuit que cette pointenbsp;fe trouvant beaucoup plus évacuée que dans Ie cas
ÏJ E l É I E C T E. T C T T i.' 7t
öü elle étoit cnvironnée par les autxes pointes amp; force attradive fe trouvera augmentée dunenbsp;öianiere très-fenfible (a).
6^. Nous venons de voir (63) quun corps terminé en pointe, amp; éledrifé pofitivement ,nbsp;lan9oit avec beaucoup plus de force la matierenbsp;éledrique , quun corps dune figure ronde. Cette
(a) Tout Ie monde connolt la belle application que Ie célebre Francklin a faite du pouvoir des pointesnbsp;6 1éleélricité des ,nuages par linvention des para-tonerres. La conlfrudlion de ces appareils , qui fe font,nbsp;fort multiplies , depuis quelques années, demande unnbsp;Artifte attentif amp; intelligent , amp; perfonne ne nousnbsp;paroit mériter plus de confiance , relativement a eetnbsp;objet important, quo M. Billiaux , Ingénieur en inftru-mens de Phyfique. Cet Artifte, entre un grand nombrenbsp;de paratonerres dont 1exécütion a été conéée a fesnbsp;foins , a placé ceux du Louvre , fous la direélion denbsp;Ie Roy , de 1Académie des Sciences amp; lorfquenbsp;cet Academician fut envoyé a Breft , par M. Ie Ma-téchal de Caftries , pour en faire placer fur les edifices de ce port amp; fur les vaiffeaux , il demanda M.nbsp;Billiaux a ce Miniftre, comme 1Artifte Ie plus en étatnbsp;den conduite 1exécution fous fes yeux ; ce qui luinbsp;fut accordé.
7^ nbsp;nbsp;nbsp;ï H É o R 1 E
force eft telle, que, dans Ie cas dune ëlec-tricité ordinaire, elle furmonte, julquk un certain point, la réfiftance quoppofe l'air environnantnbsp;au paflage de la matiere éleftrique; alors eelle-cinbsp;ion fous la forme dune elpece de cóne ou dai-grette, dont les molecules , pouflees les unesnbsp;fur les autres , fe condenfent amp; choquent cellesnbsp;de lair, qui réagilTent contre, elles. Ce chocnbsp;produit deux effets, dont 1un eft de faire entendre un léger bruiffemeht , amp; 1autre dexciternbsp;la lumiere, en forte que laigrette devient bril-lante dans roblcurité.
66. nbsp;nbsp;nbsp;Si lon préfente , a une certaine diftancenbsp;de Ia pointe, Ie plat de Ia main , ou quelquau-tre corps fitué parallélement a la bale de lai-grette, celle-ci sallonge amp; prend un nouvelnbsp;éclat , paree que Ie corps , dont nous venonsnbsp;de parler, fe troiivant lui-même éledrifé néga-tivement par fa partie antérieure (41) , exercenbsp;fur laigretteune force attradive, qui determinenbsp;la lorde dun plus grand nombre de moleculesnbsp;éledriques.
67. nbsp;nbsp;nbsp;Suppolbns maintenant un corps métalli-que de forme globuleufe ABC ( fig» 16) élcc-trifë en plus ^ amp; concevons quon approche denbsp;ce corps, par degrés , un fecond corps rond afcnbsp;dans 1état naturel amp; non ifolé ; independam-ment de ce lècond corps, Ie fluide renfermé
DE l É L E C T R I C I T É. 77 dans ABC, tend k séchapper, en vertu de lanbsp;force répulfive mutuelle de fes molecules ( 6 ) jnbsp;mais il eft maintenu, du moins en très-grandenbsp;partie, par la réfiftance de lair environnant.nbsp;A mefiire que Ie corps afc sapproche du corpsnbsp;ABC , il attire k lui Ie fluide litué k la fiir-face de ce corps , en forte que les moleculesnbsp;fituées, par exemple, en amp; en font fol-licitées vers afc, par les direftions dfj gn, qui ,nbsp;étant liir les prolongemens des rayons fo ^ no ynbsp;lont les plus courtes diftances des pointsnbsp;gyamp; larc arx. Enfin, la diftance entreles deuxnbsp;corps devenant toujours plus petite, il y a unnbsp;point, OU les molecules fituées dans la direction gn^ qui font les plus attirées de toutes ,nbsp;puifque gn eft la ligne la plus courte entrenbsp;les deux arcs KgC , afc , furmontent entiérementnbsp;la réfiftance de lair, en Ibrte quelles séchap-pent de ^ en n; ik il fe forme une elpece denbsp;canal , par lequel 1excès de fluide renfermé dansnbsp;ie globe ABC , pafle avec une forte dexplofion ,nbsp;pour fe porter vers Ie globe afc, quil pénétre ;nbsp;amp; cette explofion eft fi rapide , quelle eft ac-compagnée dun bruit éclatant amp; dune vive lu-iniere, que lon défigne par lexprelfion i^ctincdlcnbsp;éleSrique.
68. Si, k la place du corps gobuleux afc , PQ fubftitue une pointe srt (fig. 17) j la force
attrail;ive de cette pointe étant beaucoup plus confidérable que celle dun corps arrondi (6%) ,nbsp;amp; Ie fluide éleftrique contenu dans ABC , fur-montant , dès Ie premier inftant, la réliftancènbsp;de 1air, fe portera rapidement des difFérens pointsnbsp;de ce corps, vers Ie point r, par des jets continus , qui fuivront des direftions convergentesnbsp;dr, gr, amp;c. de maniere que fes molecules nenbsp;formant que des filets épars , traverferont lair ,nbsp;fans fe condenfer, excepté au point r , par le-quel tous ces filets entrent a-Ia~fois. Alors, ilnbsp;ny aura niétincelle, ni aigrette allongée, maisnbsp;feulement un point lumineux, ou une efpecenbsp;de petite étoile , que lon appercevra en /¦, oünbsp;fe fait la condenfation.
69. Suppofons, au contraire , que Ie corps ABC fbit éledrifé négativement , alors la forme glo-buleufe de ce corps ne laiflera a fon attraftionnbsp;que Taftivité néceffaire pour determiner Ie fluidenbsp;a fortir de la pointe, fous la forme dune aigrette , OU dun jet de lumiere. On peut ob-ferver les deux eft'ets , qui viennent dêtre expofés ,nbsp;en préfentant une pointe de métai fucceffivementnbsp;vis-a-vis du crochet amp; de la garniture extérieurenbsp;dune bouteille de Leyde , chargée a lordi-naire, amp; fufpendue dans lair a un cordon de
DE 1ÉLECTRICI TÉ. 79
^ue toutes les petites quantités de fluïde , qui paflent du crochet de la bouteille dans la pointe ,nbsp;OU qui vent de cel!e-ci a la furface extérieurenbsp;de la bouteille , aient rétabli léquilibre , denbsp;maniere que Ia bouteille fe retrouve dans létatnbsp;naturel, comme nous Texpliquerons plus ample-ment paria fuite.
M. Le Roy, de 1académie des fciences , a fait une luite dexpériences très-intéreflantes (urnbsp;les aigrettes amp; les points lumineux que lon ap-per9oit aux extrêmités de différentes pointes ,nbsp;faiamp;nt partie dun appareil éleflrique. On peutnbsp;confulter fur eet objet les mémoires de lacadé-mie des fciences, année 1753 , edition in-ix ,nbsp;page 671 amp; fuivantes , oü Ton verra le partinbsp;avantageux que ce favant Phyficien a lu tirernbsp;des phénomenes, dont il sagit, pour diftinguetnbsp;les cas oü léleébicité eft pofitive, davec ceux oiinbsp;elle eft negative.
70. M. Prieftley a obfervé ( hiftoire de 1é-ledricité , tome III, page id'j amp; fuivantes) quilpartoit toujours dune pointe éleélrifée, (bitnbsp;en plus, foit en moins, un courant dair, dontnbsp;la direftion étoit très-fenfible , lorfquon appro-choit de cette pointe la flamme dune bougie ;nbsp;car celle-ci eft toujours chaflee plus ou moinsnbsp;loin de la pointe. Le favant chimifte Angloisnbsp;9 doimé lui-même 1explication de ce fait, fui-.
So nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
vant lès principes de la théorie de M. Francklin i avec laquelle celle de M. -lt;Epinus saccorde par-faitement a eet égard. Car, comme la matierenbsp;éledrique eft lancée ou re9ue par les pointe^,nbsp;avec beaucoup de facilité amp; en grande abondance , il arrive néceflairement que 1air voifinnbsp;dune pointe éledrifée en plus , fe charge lui-même dune quantité de fluïde éleélrique au-defliis . de fa quantité naturelle, amp; que celuinbsp;qui eft auprès dune pointe dans 1état négatif,nbsp;palTe lui-méme k un femblable état, en per-dant une portion de fon fluide naturel. Lesnbsp;molecules de lair doivent done sécarter de lanbsp;pointe, dans quelquétat que foit celle - cinbsp;(13 , 17 ) amp; comme elles font aufli-tót rem-placées par dautres molecules , qui font pareil-lement repouflées k leur tour , il en réfulte unnbsp;courant qui va de la pointe vers lendroit oppofénbsp;a cette pointe.
71. Si une perfonne placée fiir un fiipport a ifoler , amp; mife en communication avec un con-dudeur éleélrifé en plus, étend fa main dansnbsp;une pofition verticale , amp; quune perfonne nonnbsp;ifolée préfenteun doigt vis-a-vis de cette main,nbsp;k la diftance de quelques pouces, il sexcite unnbsp;courant, qui va du doigt de la feconde perfonnenbsp;a. la main de la premiere, amp; dont rimprelfion eftnbsp;très-fenfible lur celle-ci ; en méme-temps on
appercoit
l5É
l^ÉlectriciIé.
appercoit une aigrette, dont Ie Ibmmet eft contigti au doigt de la perfonné non-ifolée.
M. 1Abbé Nollet, qui cite cette experience ^
( Le9ons de Phyfiq. expérim. T. VI, pag. 30;/ amp; 370) , en concluoit quil fortoit du doigtnbsp;öón-ilblé, un cobrant de fluïde éleiSrique, quinbsp;ailoit vers Ia main éle3:rilee, amp; il attribuoit k cinbsp;courant, 1imprefllon fèmblable k celle dun fou-fle , qui fe fait fentir fut cette main. II paroitrOitnbsp;Cependant, daprès les principes expofës plusnbsp;haut, que Ie courant devroit fe pörter de lanbsp;main éleamp;ifce au doigt ifolé, avêc cètte difference , que ce feroit un courant dair, amp; hon,nbsp;de fluïde éledrique. Mais il eft facile dé ramenernbsp;ce fait aux principes de la Théorie dé Mi jEpI*nbsp;nus, dont il eft une luité néceflairé.
Car, en premier lieu, la forme du doigt étant femblable a celle dune pointe mouflè, lesnbsp;filets de la matiere élééiriquè , que ce doigtnbsp;foutire de la main éledrifée, en vertu de leurnbsp;force attradive, doivent fe replier vers Textrê-tnité du doigt; amp; comme ils ny enrrent pas auflïnbsp;facilement que sil étoit terminé en pointe aiguë ^nbsp;ils fe condenfent affez pour quil en réfulte uhénbsp;aigrette dont Ie foiHmet eft contigu a celui dunbsp;doigt. De plus j Ie fluidé éledrique fe tfouvantnbsp;plus reflerré a mefure quil appïoche du doigt ^nbsp;devient plus abondant k proportion, dans ajSJ
efpace donné ^ d^oü il fii« que Ia portion daiic qji entoure Ie doigt, recoit un excès d eleitriciténbsp;plus confidêrable, que la portion qui occupenbsp;m égal efpace auprès de la nisin ^leSrilSe. Lanbsp;force jépulfive mutueile des molecules éleSriques,nbsp;=4oit done avoir auffi plus dénergie auprès danbsp;doigt par ienuel entre Faigrette , doü il rélèltenbsp;xque Ie courant dait doit (è porter de ce doigCnbsp;jters k anain de la peiibnne élediilee.
71. Concevons que dhfe {fig. iS), tepré-fente un fegment de la lame de verre, qui forme Ie ventre dune bouteille de Leyde armée k For-dinaire, xogd, une portion de Ia matierenbsp;métallique appliquée fur la liirface intérieure,nbsp;amp; isnk me portion du mctal qui recouvrenbsp;ia fiirface extérieure 4 que ix Ibit unc chaine quinbsp;communique avec Ie condudeur de la machinenbsp;éleörique, amp; lm une autre chaine, qui tienne anbsp;des corps an-élfiélriques, amp; non-ifolés. Suppofonsnbsp;que Fon ait excité, par quelques tours de plateau ,nbsp;-OU du corps qui en. tient lieu, un certain degrénbsp;deleélricité pofirive dans Ie conduéleur. Unanbsp;partie du fluïde éleélrique palTera k travers Ianbsp;chaine rr, pour fe rendre dans la lame cogd, quinbsp;.fc trouYsra |lle-«iênig éle^ifée en plus j
lon imagine que lair environnant (bic très-fec ^ amp; que Ia quantité de fluïde additive ne foitnbsp;pas fufüfante povur vaincre (a réfiftance ^ cettenbsp;quantité ne pouvant pénétrer dailleurs, quaveCnbsp;beaucoup de difficulté, Ie verre aèfe ( a ) , ref-tera toute entiere, ou prelque toute entiere dansnbsp;la lame cogdt Voyons maintenant ce qui döicnbsp;arriver k la lame extérieure isnk. Dabord I®nbsp;fluïde renfermé dans cogd^ exer^ant une forcenbsp;répulflve (ur les molécules du fluide naturel denbsp;isnk ( 41 ) , une partie de ce dernier fluide feranbsp;forcée de fortir de la larne isnk, amp; tröavant danbsp;la réfiftance de la part de iair environnant«nbsp;tandis que la chaine lm lui offre un iibre paf-fage, elle séchappera k travers cette chaine,nbsp;amp; fe perdra dans les corps contigus, A mefurenbsp;quil fortira du fluïde de isnk , ia force répulfivsnbsp;mutueile des molécules qui y refteronc, dimi«nbsp;xiuera, amp; rattraftton de la matiere propre de isnknbsp;fur ces molécules saccroitra , en forte quil ynbsp;aura un point oü cette attraftion baïancera ièffetnbsp;de la force répulflve du fluide de cogd^ amp; knbsp;ce terme Veffiuvium sarrêtera, amp; il ne pafleranbsp;plus rien dans la chaine x/nz. Les moléculesnbsp;lituées Ie long de la ligne ïk ^ (amp; il faut en
(a) On a tenté de fupprimer Ie verre, pour y fubftituer une lame dair qui a produit Ie même effet,
^4 nbsp;nbsp;nbsp;T H É ö R I *
dire autant de celles qui fe trouvent cntre cettë ligne amp; I'a Hgne sn), feront alors dans Ie casnbsp;de la oilölécule D (z ), lorfque les deuxnbsp;aftions des parties AB amp; AC fur cette molecule,nbsp;iè ba'Iancent de maniere quelle refte immobile,nbsp;comme nous iavons expliqué (11). Ia lamenbsp;cogd ifig' *5) gt; repréicnte ici la partie ACnbsp;(fis- ^ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt; partie AB.
Mais ccitime nous avons vu que, dans Ie cas dont il sagic, Ia molecule E éprouvoit encorenbsp;une repulfionde la part du corps BC {Jtg. z ),nbsp;de mènTC aulïi, dans Ie cas reprélènté {fig. i8),nbsp;4es molecules du fluïde de cogd, confen^ent unenbsp;aflioii rópulfive mutuelle, qui en obligeroit uncnbsp;^lartie de fortir de cette lame , fans la réfiftancenbsp;de Fair environnant.
Si Fon recommence h. éledxilêr Ie condufteur, ïa lame cogd continuera de fe charger, amp; ilnbsp;¦fortiia de nouvelles molecules de la lame isnk ,nbsp;^Lifquk ce que 1équilibre foit encore rétabli. Cesnbsp;efFet fe reliouvellera routes les fois que Fon re-commencera Féledrifation. Mais enfin, la forcenbsp;répiilfive mutuelle des molécules qui lèront entrees dans la lame cogd, amp; qui augmente ërinbsp;méme-temps que Ie fluïde saccumule dans cettenbsp;lame , deviendra fi confidérable, queile vaincranbsp;la réfiflance que lui oppofe Fair environnant, amp;,nbsp;palTé ce terme, li Fon continue déle'9:rifer Ie.
DE LÉIECTRICITÉ, nbsp;nbsp;nbsp;8$.
rondudeur, toute la portion de fluïde qui excé-dera la quantité néceflaire pour balancer ia rcflf-tance de lair sechappant continuellement de la. Jame cogd^ceite lamenepourra plus rien acquérir,.nbsp;tandis que la lame isnk, de fon cóté , ceflera denbsp;perdre. Ceft a eet inftant que la bouteille fenbsp;trouvera chargée jufquau point de faturation.
73. nbsp;nbsp;nbsp;Corame Ie verre neft pas abfolument impermeable k la matiere éledlrique ( x ), on conceit quune partie du fluide de cogd dok paffernbsp;dans les couches voifines de og, en même-tempsnbsp;quune partie de celui qui efl renfermé dans les^nbsp;couches voifines de sn, pafle dans la lame sikn ^nbsp;pour aller fe perdre par la chaïne lm.
74. nbsp;nbsp;nbsp;II efl: eflentiel de remarquer, quen vertilnbsp;de la proximité des deux lames métalliques cogd,nbsp;sikn, la premiere de ces lames fe trouve éleflrifcenbsp;beaucoup plus fortement, quelle ne Teut été,nbsp;lans la préfence de lautre lame : car une partienbsp;du fluide renfermé par exces dans la lame cogd,nbsp;étant retenue dans cette lame par la force attrac--tive de sikn ( 7 ), Ie fluide sy accumule encorenbsp;bien au-del'a du terme oü il eut été en état de vain-rnbsp;ere la réfiftance de fair, fi la lame sikn nsKiidoit,nbsp;pas; ce qui saccorde avec lexpérience. II faitnbsp;encore delk que Ia lame cogd doit conferve?nbsp;beaucoup plus long-temps fon éieflricité pofitive .nbsp;quelle ne Ie feroit dans Ie cas oii la lame sikri.iQ;
F iii_
trouverott fupprjmée, Aufli « lor{qu*on éleflrifé «ne bouteille qui na point darmure extérieure «nbsp;en fe contentant dappliquer la main au-dehors ,nbsp;cette bouteille fe décharge-t-elle beaucoup plusnbsp;promptement, quand on la lailTe fufpendue aunbsp;milieu de Fair, que dans Ie cas oü 1on auroit applique une lame de métal fiir fa /iirface extérieure.
75. Concevons maintenant que lon pofe (ür la furface ik, iextrêmité dun fer recourbé ,nbsp;®u de tout autre corps femblable amp; aa-éledrique.nbsp;Ï1 narrivera rien de nouveau y en vertu de cettenbsp;(êule applicadon; puifqne Ie fluïde fitué Ie longnbsp;de ik, étant dans iétat déquilibre ( 71 ), il eanbsp;réfulte que la bouteille ne doit avoir aucunenbsp;aiSion fur Ie fluide renfermé dans Ie corpsnbsp;Mals fi lon applique enfuite 1autre extrémité rnbsp;de ce corps fur la furface cd; comrae Ie fluidenbsp;renfermé dans cogd ^ éprouve encore unenbsp;aftion répulfive , qui neft détruite que par Ianbsp;réfiftance de lair, une portion de ce fluide paf»nbsp;fera aufli-tot dans Ie corps rq, oü il trouvs manbsp;iibre accès. Maïs Ia lame cogd ne peut pasnbsp;perdre de fon fluide fans que la répulfion quellenbsp;cxerce fur Ie fluide de stkn ne diminue en même-temps, amp; par confcquent fans que la lame sikn.nbsp;natdre elle-même de nouveau fluide ; elle exer-cera done fon attrafdon fur Ie corps :^^r, amp; cesnbsp;deux aélions fimultanées, tant cêlle de Ia lame
BÊ 1É tEf ïCïIff ïli
pour fè débarraffen d fotl excès de Huide^ que celle de ia lame stkn. po m réprendve cei-sinbsp;qaelle a peidu, feront qve ie letour da fiu'de «nbsp;dune lame k lautïe, s-opéteta avec ane extrémenbsp;promptitude. Ceft cette efpei-'e d^^ruptifm viv®nbsp;amp; rapide, qüi prodait la tbrte étmtelle q«e Tonnbsp;voit jaiiiir entre la lurfaj.e cd amp; Iextremite rnbsp;de lexcitateur, loriqaon approche ce!le-ci denbsp;cd. Etfi , au lleu dVmployer un corps métalli-que , Ia perfonne qui fait rexpérience fe met ennbsp;cotitaél dun part avec la uirfate ik, amp; de lautre ^nbsp;avec la furface cd^ou la chalnefa:, on concoitnbsp;que cette peifonne dost reffentir alcrs tme vielen te fecoufie aux parties, du corps qui ie trouvensnbsp;dans ia diredion du courant, conmie léprouventnbsp;tous ceux Q«i font cette experience.
76. nbsp;nbsp;nbsp;On conclura aifêment des principes de Ianbsp;Théorie que nous expofons ici, qi-e les niêmesnbsp;efFets auroient lieu, dans ie cas oü. la lame cogdnbsp;feroit éleebrifee en moins, au lieu de Fétre ennbsp;plus. Alors la lame sikn séledriferoit polisive-ment, amp; ie retour du fluïde éleéirique fe feroifenbsp;avec la même rapiditê que dans 1exempie pré-cedent v mais en fens contraire , ceft-a-dire, eanbsp;allant de ik vers cd.
77. nbsp;nbsp;nbsp;Plus la bouteille ïèra mince, ;amp; plus ^nbsp;toutes chofes é^ales dailleurs. elle scleéirifcra.nbsp;foxtement. Car, duue part, Ia force rcpuifive da
F iv
II nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
fluïde de cogd^ par rapport k celui de jri/z, aglr» avec plus d energie, k raifon dune moindrenbsp;diftance entre les deux lames, Dune autre part ynbsp;la lame sikn fe trouvant plus évacuée, fon fluidenbsp;f epQuflera dautant moins celui de cogd^ qu , fi onnbsp;laime mieux, fa matiere propre attirera dautantnbsp;plus Ie même fluide ; doü il fuit que Ieleflricitenbsp;pofitive dune part, amp; Féleélricité negative , denbsp;Fautre, ferpnt plus confidérables que dans Ie casnbsp;pil Ie verre abfe auroit eu plus dépaifTeur,
78. Une bouteille fiilpendue k un condufleur au milieu 4un air très-fec, ne peul séleiflrifer quenbsp;irès-foiblement : par alors Ie fluide ne pouvancnbsp;palier dans lair environnant, fi ce neft ennbsp;très-petite qqantité, lefFet de la répslfion dunbsp;fluid® de cogd ïnx celui de sikn, fe bornera knbsp;/efpaler une partie de ce dernier fluide vers ik,nbsp;dt a en faire pafler quelques molecules dans lairnbsp;vpïlin. Maïs ces effets étant très-Iimitcs y il nennbsp;rilultcra quune foible éleélricité negative dansnbsp;la panie de la lame sikn fituée vers sn ; doii ilnbsp;lijit que la force répulflve du fluide de cettenbsp;laKie , h regard du fluide de cogd, n ivyant lubinbsp;quun^ légere diminution, ne permcttra k cogdnbsp;de fc cf.arpjer quo dune petite quantity de fluidenbsp;addiuf t, après quoi^fi Ion continue déleamp;ifernbsp;Ifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fluïde excéüant séchappera
fravcfs voiflu de cd, II n'eft done pa^
CE IÉLECTRICI tlt;É. nbsp;nbsp;nbsp;Sf
rlgoureufèment vrai, comme Ie dlfent les parti-fans de la Théorie de M. Francklin , qye 1% bouteille ne fê chargeroit nulletnent dans un airnbsp;très-fèc. Effeiftivement, fi Ton effaie de dé-charger une pareille bouteille, h laide dun exci-tateur, on tirera de la partie cd^ ou de toutenbsp;autre partie en communication avec elle , unenbsp;étincelle qui, quoique foible , Ie fera moinsnbsp;cependant, que fi la furface intérieure navoicnbsp;de duide éleörique que ce quelle auroit re^u»nbsp;indépendamment de la lame sikn.
79. Une bouteille chargée, fufpendue fous un récipient que Ton purge dair , fe décharge knbsp;melüre que Ton fait ie vuide. Si cette experience eft faire dans iobfcurité, on voit unenbsp;multitude de jets lumineux qui fortent du crochetnbsp;de la bouteille, amp; fe replient vers la partie extérieure. La raifon de ce phénomene eft fenflblenbsp;daprès ce qui a été dit ci-deifus. Car la matierenbsp;éledrique nétant nlus retenue , dans Tannurenbsp;intérieure , par la réftftance de fair, séchappe knbsp;travers Ie crochet, pour Ce rendre a la furfacenbsp;extérieure, qui exerce fur eile une force attractive , en (brte que les deux furfaces reviennentnbsp;peu-a-peu k lérat naturel, celle qui eft éleftrifcenbsp;en plus, tranfoiertant fucceflivement rout (on.nbsp;exces de fluide a celle qui eft dans Iétat né-gatif. Cette b^lle expérience a été iruaginée par
Vo nbsp;nbsp;nbsp;T s ê Ö K t È
jM[, de Parcieux, nevea du célébre Acad^mlcïe» de ce ncm, amp; connu par fes taicns pour h i'by-iique expérin.en:aie.
So. II fuit encore delk, quane boiiteilie nc f e'.it fe cJiarget, du moms qae tres-foibieunent j,nbsp;cans le yuice, lors inen.e cjue fa firface exté-11-. e e!I en communication avec des corpsnbsp;an*£:.iriques. Car, en purgeant ti'air le réci-I'-ent, on fbpprime un puiiiant obilacle, oainbsp;£a£ mainteru , dsns iarmure intérieure, lexcèsnbsp;de duide é.ecirrqre foiirni par le conduSeut |nbsp;en forte quil i,e faut k cette armure qaannbsp;léger degrê üé.eciricité pofitive, poiu: j^ueilenbsp;pan ierine a for. point ce fctaration.
St, Ei 1 on liifpef d a un cordon de Ibie, aa jnilieu dliH air fee, une louteille de Leyde, aprèsnbsp;ïaTOU ebargee,) amp; qcoti approebe le doigt denbsp;fa iuiface exiérieure ^ il nen fortira auciinenbsp;dtincelie, qitoiqiie cette firface foit éledriféenbsp;iregativernent, cs qui doit arriver^ daprès iesnbsp;principes étabiis ci-deliüs (72), puilque lesnbsp;actions des deirs furfaces fiir ie flurde exterieur,nbsp;fe baiancent tellement, qne ce Iluide eft autantnbsp;attire qiie repoufle , amp; quil doit par-la refternbsp;immobile !e long de la furfaoe ik {fig. zlt;9 )nbsp;Mais ft Ton approche le meme doigt du crochetnbsp;qui eft en communication ave la uirface inférieure,nbsp;on en tirera une petite ecince[le, paree que,
Sgt;s tÊxletl,iCïT3» gf «omine nous lavons dit«Ia bouteille exerganenbsp;Éncore une partie de fa füice.répuifive far ignbsp;fluïde de la furface extérieure, qui ny efl reteaanbsp;que par Iair énvironnant , lattraSion du doigt,;nbsp;,qui ajoute k cette force rép.uifïve, doit déver»nbsp;*niner une portion du fiuide don't il s'agit, knbsp;séchapper au-dehors. Alors la furface intéiiemenbsp;ayant perdu de fbn fluïde é!elt;51:rique, fa fo' ffnbsp;répulfive, a iégard de la farface extérieure, fenbsp;trouve diminuée en forte que telie-ci feranbsp;capable dattiier une certaine quaatité de u^o*nbsp;lécules, amp; Tattireroit en eifet, en ia déros^nïnbsp;i laïr énvironnant, fans iadifficuké qüépio^vafnbsp;Ie fluïde 'a fe mouvoir dans eet air.
Les chofes étant done dans eet état,fi iW apprpche de nouveau ie doigt de la fagt;f.:.enbsp;extérieure, il fbrtiia une étinteiie occailonncenbsp;par Ie fluïde, qui fe portera du doigt vers cec.ffnbsp;furface. Alors réqiülike fera encore rétablinbsp;forte quon ne poiirra plus obienir dérincene, ennbsp;fipprochant de nouveau Ie doigt de la iurfactfnbsp;Extérieure. Maïs fi on Tapproebe du crochet, onnbsp;tirera une nouvelle étincelle ; amp; ainfi fiicceflive-ineHt, de rr.aniere quen portant Ie doigt tour knbsp;'ïöUt de Tune k 1autre furface , on déchargeranbsp;peu a peu entiérenient la bouteiiie.
8z. On voit par-Ik, que la bouteiiie fulpen Jue '8c ifolée, oe peut conimencer a fe décbarger
ft nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
{pontan^ment,quen perdant une partie du fluide de fa furface interieure, amp; en la communiquantnbsp;k fair, après quoi la liirface extérieure commen-cera elle-même k perdre, amp; ainfi de fuite,nbsp;jufqua ce que les deux furfaces foi»nt retourneesnbsp;k leur état naturel. Ce retour fe fera dautancnbsp;plus lentement, que fair voifin fera plus fee, amp;nbsp;lon a vu quelquefois des bouteilles, ainfi fulpen-dues, donner encore des fignes fenfibles délec-tricité, au bout de vingt-quatre heures, amp; mémenbsp;de plufieurs jours.
IX. Dc queJ^ues moyens pafUculUrs dexciter la vertil ékclrique.
83. LappareU amp; Ie jeu de nos machines éleétriques, font dirigés vers les deux moyensnbsp;les plus ordinaires déledrifer les corps, 1un, knbsp;iaide du fimple frottement i lautre, par Ie con-^nbsp;tad OU la proximité dun corps qui a déja re^unbsp;Ia vertu éJedrique. Ces deux moyens ont éténbsp;pendant long-temps les feuls que lon ait connus.nbsp;On seft apper9u depuis, que parmi les fubftancesnbsp;fufceptibles detre éledrifées par frottement jnbsp;quelques - unes , telles qne Ia Réfine, la Cirenbsp;dEfpagne, Ie Soufre, amp;c. donnoient des fignesnbsp;déledricité , lorlquon les avoit fait fondre , amp;nbsp;quelles étoient récemrafcit réfroidies. I.gt;a Cire
DE t'tlECTRIClTÊ. 93
dEfpagne, en paniculier, eft, en quelque forte, fi fènfible k laftion de Ia chaleur, relativementnbsp;au même effet, qiiil fuffit de chauffer très-lége-tement un baton de cette Cire, amp; de Ie préfenternbsp;^ une petite diftance dune aiguille tournante ,nbsp;dont je parlerai plus bas, peur voir cette aiguille
mettre en mouvement. La même Cire fe irouve prefijue continuellement cle2;rique, fansnbsp;aucune preparation, pour Ie peu que la temperature de 1air fbit chaude amp; fëche en méme-temps.
84. LefFet de Ia chaleur, pour feconder laftion du fluide éleêfrique, paroit conlifter dans la dilatation , qui écarté les molécules propres desnbsp;Corps, amp; facilite par-lk Ie mouvement interry#nbsp;du fluide, pour fè porter dune partie de cesnbsp;Corps vers lautre. Cet effet ne ptouve donqnbsp;aucune analogie direéle entre la matiere de Ianbsp;chaleur amp; la matiere éleéfrique , amp; il me fèmblenbsp;quen aflignant des rapports entre ces deuxnbsp;ttïatieres, comme Tont fait quelques Phyficiens ,nbsp;cn doit diftinguer les cas oü la chaleur entrenbsp;^culement comme moyen auxiliaire dans la pro-duftion des phénomenes , davec ceux oü fa ma-niere dagir feroit fèmblahle k celle du fluidenbsp;éleStique. Parmi les faits relatifs k ce derniernbsp;point de comparaifon, il en eft un, par exemple,nbsp;gui eft crès-remarquable. La chaleur , comme
Toni fe't 4 fk répand avec beancoup de facUiré dzas ies corps métalliques» les corps aquéiix, amp;c,nbsp;au contraire, eile fe propage lentement dans lesnbsp;fubftances vitreaiès amp; réfineules. Uémaillenr tientnbsp;«npuöécent \;ine des extrèrnités dn même tubsnbsp;de verre gt; uont la.itre extrémité entre en fufionnbsp;par lagt;^ivitd de la 'damïne o« elle ell plongéa.nbsp;La CIre a cachetet netctte aacune impreffioanbsp;de chaleur ienfible far la main qai la tient *nbsp;«nlme k une petite diilance de rextrémité pacnbsp;laquelle on rallmne, pour en fiire ulage. Dffnbsp;ïnéme, Ie fluïde éieArique fe propage en uts.nbsp;inftant dune extrêmiré k 1autre des mécaux Scnbsp;de ieau. Quant au verre amp; aax corps réfineuxnbsp;on peut falen les éledriier auili jufqua un certainnbsp;point, par ecmmunication. Maïs il faut pournbsp;cela, expoièr fuccellivernent routes les parties ddnbsp;leur furface a Iaflion imméJiate dun corps dëj*nbsp;ëleflrifé ^ amp; pour leur faire perdre en peu denbsp;temps leur vertu , il faut les appiiquer k la foisnbsp;par toute leur furface flC celle dun corps an--éledriqise en forte que fl ion fo contente denbsp;les toucher par intervailes avec ie doigt , il nynbsp;a que la partie que Ion touche qui fe décharge.nbsp;Cet elfet eil une fake de la dilEcuité quéprouvenbsp;Ie fluïde éleélrique k fe mcuvoir dans les poresnbsp;des fübftances vitreufes amp; réllneufes, ce qai in-dique j comme 3» iai semarqué, catre ce fluïde
tÊttêtlttClfTl. ï: Ia matiere de la chaleur une analogienbsp;toute différente de celle que Ton prétendroifinbsp;inférer de Fc-ffet cité plus haut.
Z6, Parmi les phénomenes de ce dernier genre, il nen eft point qui ait piqué davan-tage la curiofltc des Phyficiens, que celui quorï:nbsp;obtient k laide de certaines fabflances rainérales»;nbsp;On a découveit que ceiles de ces fubftances, qa«nbsp;1on appeile Tourmalines, amp; qui ont conununé-'nbsp;anent une forme allongée amp; ptifinatique, séiec*-trifbient très-fenfiblement par la lèule chaleur^nbsp;fans Ie fecours du frottement; en forte quuanbsp;de leurs cotés étoit dans létat pofitif, dCnbsp;Ie cóté oppofé dans letat négatif {a). Toutesnbsp;les pierres qui ont cette propriété font du mémenbsp;genre , amp; jai reconnu quelles avoient la mémenbsp;ftniSure i il en faut excepter les deux pierresnbsp;gemmes, coimues Ibus les noms de Topa^ amp;nbsp;Rubis du Brelll ^ qui séleclrifent aulli par lanbsp;chaleur , quoiquelles appartiennent k un genrenbsp;différent de celui des Tourmalines. Mais lesnbsp;unes amp; les autres ont xm rapport de ftrudure qutnbsp;conftfte en ce que certaines faces de leurs molé*nbsp;cules font dilpofoes parallélement k 1axe dunbsp;cryftal ^ en forte que ia pierre a des points dq
(a) Voye» pour les détails de cette découyerte,' VHiftoire de PÉlearicité de M. Prieftley, Tome Hnbsp;pag. 137 amp; fuirante*.
reparation continus dans ce fens , qui eft aufÜ celui, fuirant lequel paroit fe mouvoir te fluide,nbsp;lorfquil reflue dune partie da cryftal versnbsp;Tautre ( a ).
86. Avant daller plus loin , il ne fera peut-être pas inutile de décrire ici un appareil fort (im-ple,dont je me fers pour les experiences électriques de la Tourmaline. Cet appaieil conlilte i®. dansnbsp;une aiguille de fil de laiton, terminé par deuxnbsp;petites boules, amp; qui tourne librement, a laidenbsp;dune etappe, fur un pivot de méme métal, non-ifolé i dans un baton de Cire dEfpagne, anbsp;1extrêmité duquel eft attaché un fil de foie très-délié , de quelques lignes de longueur*
Lorfque la Tourmaline a été chauffee, je commence par la prélènter a une petite diftance dune des extrêmités de 1aiguille, amp; je jugenbsp;quelle eft au degré de chaleur convenable, quandnbsp;elle produit fur laiguille des attractions fenfibles.nbsp;Je frotte aulTi-tót Ie baton de Cire, a plulleursnbsp;xeprifes, fur une étoffe : en vertu de cette operation , lextrémité du fil de foie fe trouve élec-trifèe négativement. Je préfente alors a ce filnbsp;alternativement les deux bouts de la Tourmaline,
(a) Voyei leffai dune Théorie fur la ftruöure Aes cryftaux, pag.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; ks Mémoires de lAcadé-
mie pour 1année ivSj*
eti
DE LÉLECTB-IClTi. 97
én maintenant celle-ci, de maniere que fon axe foit, autant quil eft poflible, dans Ie menie plannbsp;que Ie fil, amp; il arrivé conftamment quun desnbsp;bouts de la Tourmaline repoufle ce fil, amp; quenbsp;lautre Tattiie.
87. Les experiences des Tourmalines ont exercé plufieurs Savans dillingués, tels que MM.nbsp;Lechman , Daubemon, Adanfon, amp;c.; mais pet-fonne ne sen eft pluf occups que M. Wilfon, amp;nbsp;M. AEpimis lui-même, qui a donné fur ce fujet unnbsp;Memoire infcré parmi ceux de lAcadémie denbsp;Bei-lia , pour lannée i7$6. Ce Savant a biennbsp;conftaté iexiftence des deux électricités , Tunenbsp;politive amp; lautre négative, que manifefteiu lesnbsp;Tourmalines. 11 ajoute, que fi on place la pierrenbsp;fur un mécal très-chaud, ou fur un charbon ardent , elle séleftrife en fens inverfe, de manierenbsp;que Ie cóté qui eft communcment pofitif devientnbsp;négatif, amp; réciproquement , mais quau bout denbsp;quelques inftans elle retourne a fon état ordinaire.nbsp;Selon M. .®pinus, ce renverfement détat provientnbsp;de ce que les differences parties de la Tourmaline sccliauffent inégalement ; doü il réfulte imenbsp;pfpece de déviation dans Ie mouvement internenbsp;amp; la nianiere dagir du fluide. Mais M. Wilfoijnbsp;qui a fait , comme nous 1avons dit, un grandnbsp;Hombre dexpériences fiir la Tourmaline , afsürenbsp;ftue quand la pierre eft échauftee inégalement 5^
5? nbsp;nbsp;nbsp;TnioRiË
elle fe trouve éleftrifée en plus de part amp; dautrc» fi Ie coté Ie plus chaud eft celui qui eüt du êtrenbsp;pofitlf, amp; que dans Ie cas contraire, les deuxnbsp;cótés font éleétrifés en moins. II attribue la di-verfité des réfultats que préfentent fes expériencesnbsp;comparées avec celles de M. jEpinus, aux diffé-xentes groffeurs des Tourmalines quils ont employees , OU a la difFérence même des procédés.nbsp;Jai répété ' les mêmes expériences avec unenbsp;Tourmaline dEfpagne cryftallifée , de zó lignesnbsp;de longueur , fur une épaiffeur dune ligne \, ennbsp;la placant fur iin charbon ardent; amp; jai obtenu,nbsp;a difFérentes reprifes, des réfultats conformes knbsp;ceux de M. ^pinus, amp; dautres qui saccordoientnbsp;avec ceux de M. Wilfon. Jai même obfervénbsp;quelquefois que la Tourmaline , après avoir éténbsp;retirée du feu , confervoit encore pendant quel-ques inftans la propriété de repoufler en même-temps par lès deux bouts un fil de foie éleélrifénbsp;négativement. On con9oit en effet que ces dif-férentes modifications accidentelles de laéHonnbsp;du fluide peuvent avoir lieu fucceffivement, ennbsp;vertu des variations quune cbaleur amp; une dilatation inégales peuvent occalionner dans lesnbsp;denfités du fluide que renferme la pierre.
88. Jai defiré de favoir, fi parmi les fubftances rnjnérales il y en avoit dautres qui produifilTentnbsp;les mêmes effets que la Tourmaline j amp; ayant
5DiE tÉllcTRÏCIT 1.
ëprouvé, dans cette viie , toutes celles qui ne font pas k létat métallique proprement dit, jainbsp;trouvé que les Calamines cryftallifces partageoiencnbsp;feules,avec les Tourmalinesla propriété denbsp;devenir fenfiblement éledriques paf la Chaleur jnbsp;ce qui eft dautant plus fingulier, que la calaminenbsp;appartient au genre du zinc, que lon fait êtrenbsp;un demi-métal. La defcription détaillée de cesnbsp;fubftances nétant pas de mon objet, je me contente de les indiquer aux Naturaliftes. On peutnbsp;confulter fur ce point les Mémoires de lAcadé-mie des Sciences pour lannée 17815.
89. MM. Lavoifier amp; de la Place ont dé-couvert une autre phénomene de léleélricité ^ dautant plus digne dattention, quil peut,ré-pandre un grand jour fur la maniere dont -Ienbsp;fluïde élelt;a;rique agit dans la nature. Ces deuxnbsp;Savans avoient remarqué que les corps, en pafTancnbsp;de létat de folides ou de liquides k celui denbsp;vapeurs , amp; réciproquement , donnoient desnbsp;llgnes non-équivoques déle8riciré négative onnbsp;pofitive. Ils ont annoncé ces rélültats k 1Académie, Ie 6 Mars 1781 ^ amp; quelque temps après,nbsp;ils lui ont communiqué Ie détail de leurs expé-riences, relativement au même objet.
Dans ces experiences, les corps doii sélevoienc les vapeurs , ou qui fe convertiffoient en vapeurs,
^étoient ifoléSi Lorfque les fignes deledriciiÉ
O
paioiffoient devoir être légers amp; inftantanés, les deux Phyficiens faifoient communiquer les corps,nbsp;par Ie moyen dune chaine, ou dun lil de fer,nbsp;¦direddment avec un petit éleörometre, a peu-prèsnbsp;feraHkble a celui de M. Cavallo , dont nousnbsp;avons donné la defcriptión ( 48 ). Mais lorfquilnbsp;y avjóit lieu delpérer que Icleftricite saccroitroitnbsp;par des degrés fucceflifs , amp; feroit durable , onnbsp;eniployoit Ie coirdenfateur de M. de Volta (aj.
MM'. Lavoifier amp; de la Place, ayant mis laJümailie de fer dans un bocal k large ouverture , ont' verfé fur cètte limaille de lacidtenbsp;vïttnoliqae , éterldu de trois parties deau. Jl seft
inftrünient neft autre chofe quune efpeca ^^éleStbffteré, (ïans leqiiel M. de Volta fubftitue aunbsp;'gitèatx de t'éfinè qö rè^óit Ic difque Kiétalliqüë , uHnbsp;dugenre de ceux qéi nifolent qtr^imparTaite-nient', amp;qui tiennèht.êorame Ie milièu èntre les fubf-tances an-éledriques amp; idio-Sledriques. De ce nombtenbsp;èfl:, par exemple, Ie marbre blanc. Tandis que Ienbsp;difque eft placé fur un paréil fupport, ïi on. faitnbsp;prèndre a cè difque, par communication , ün certainnbsp;ddgréquot;, même très-foible , déleélricité ; Ié fluïde' naturel renfe'rmé dans la partie fupérieure da 1uppott ,nbsp;qui e£t voiüne du difque, eft a 1iriftantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;óu
repouffé, fuivanc 1état de co même difque,;, comme par la nature du fupport, qui eft en partie permeablenbsp;fiuide , celui'cVa une cër'taine liberté. de sy mou-.yoir j fiins cependaiit être affei mobile póur sécÜappéi'
!D E e' É L E e T R r C I T E. 'lof fait une vive cfFervefcence , un dégagement ra-pide dair inflammable, amp; au bout de quelquesnbsp;minutes , Ie condenlateur a été tellement chargénbsp;déledricité , quil a produit une aflez forte éfin-celle. LElecbrometre a fait eonnoitre que léiec-tricitc étoit negative. La production de Tair fixe-amp; celle de lair nitreux, par lacide vitriolique amp;nbsp;par lacide nitreux verfés far la craie en ppudre,nbsp;ent donné des refilltats iemblables. Des rechaudsnbsp;ifolés amp; remplis de charbon alluaié , ont aufiinbsp;donné , après la combuftion du chaibon , desnbsp;fignes très-marqués, déleflricité negative.
II paroit que , dans ces experiences, les corpse
facilemer.t, gerat du fupport differe beauccup plus de 1état naturel, en conféqitertce.de gadion qnexer.eenbsp;fur lui Ie difque que dans Ie cas dhin irolenaeiit-parfait. Par une fuite néaaflatre ^ Ie fupport, a ionnbsp;tour , agiffant beaucoiip plus fortemertt lur Ie drfquenbsp;Ie rend fufceptïble de fe charger des plus legeres.'nbsp;^uantités dëleflricité qui s^y accumulenc infenfible-tuent, fans pouvoir pafier dans is fupport , a caufe,:
Ia réöiïance que Ie fluïde cprouve a gendroit da-*^Qnta£t qui' fe fait par une fiirface plane v.enfortc qukii. hout dün certain temps la fómme de routes ces pe-tites quantités peut saccroitre au point que quandnbsp;après avoir cnl'cvé Ie difque, on lui préfente Ie doigt,,nbsp;la b.oule. durr excitateur , on en tin?- une .étincellenbsp;and* vive. Dela Ie nom de conJenfateiw que portfi;nbsp;linftrumeat done il sagvt .
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qui fe vaporifent, exilevent aux vafes avec lef^ quels ils font en contaft, une partie de leurnbsp;éleilricité propre, ce qui indique un nouveaunbsp;point danajogie entre léleflricité amp; la chaleur.nbsp;Mais les réfultats varierent , lorfque les deuxnbsp;Académiciens employerent un procédé particulier , qui confiftoit k verfer de leau fur desnbsp;poëles de fer battu , chauffées amp; ifolées: cettenbsp;opération ayant été répétée jufquk trois reprifes,nbsp;réledricité produite ne fut negative que dansnbsp;la premiere épreuve; elle étoit décidément po-fitive dans les deux fuivantes. (Voyez les Mémoires de lAcadémie des Sciences, ann, 1781,nbsp;pag. iqx ),
M. de Saufllire a fait depuis une longue fuite dexpériences du méme genre , fur-tout, relati-vement au dernier des faits que nous venons denbsp;citer, Ce favant Phyficien , ayant plongé un fernbsp;rouge dans un petit volume deau, qui étoit aunbsp;fonds d un vafe de métal ifolé , ohtint une fortenbsp;éleélricité, qui fe trouva être pofitive. Surpris denbsp;ce réfultat, qui ne saccordoit point avec celui denbsp;la vaporilation occafionnée par la fimple ébulli-tion , puifque celle-ci produit une 'éleétriciténbsp;negative, il fe propofa de rechereher la caufenbsp;de cette dilférence. Pour y parvenir , il multiplianbsp;amp; diverfifia les épreuves : il employa fuccelïïquot;'nbsp;yement des creufets de fer, de cuivre, dart
t) E l! É L E G T E I (i ï T Ê. *ïef
gent, amp;c. fortement échaufKs, amp; dans lefquels jettoit fucceffivement, a plufleurs, reprifes, unenbsp;quantité déterminée du fluïde quil vouloit, réduirenbsp;en vapeurs. II fe fervit aufll dè differens fluïdes,nbsp;tels que leau diflïllée, lefprit de vin amp; Iether.nbsp;II forma des tables qui indiquent Ie moment denbsp;cheque projeftion ^ la durée de la vaporifation ,nbsp;la nature, aïnfi que Ie degré de rélearicïté pro-duite ^ enfin, Tétat du creitfet amp; celui des varnbsp;peurs, dans les différentes projedions fuccedives»nbsp;Léledricité a été tantot nulle , tantót pofitive amp;nbsp;tantót négative. M. de SaufTure penfe, que quandnbsp;lopération, qui convertit. leau en vapeurs, dé-compofe en méme-temps ce flnide, ou Ie corpsnbsp;qui eft en contad avec lui, il fe produit unenbsp;nouvelle quantité de matiere cledrique, amp; quenbsp;Ie vafe qui fert a lopération recoitune éledriciténbsp;pofitive , OU négative, ou. qui devient iiulle,,nbsp;fuivant que la quantité du fluïde engendré efi:nbsp;fupérieure , inférieure, ou égale h celle- que lanbsp;vaporifation enleve au vafe. On peut voir Ienbsp;détail de ces belles 'experiences.-, ainfi que desnbsp;conféquences très-plaufibles que 1Auteur en anbsp;déduites, dans Ie fecond Volume de fes Voyagesnbsp;dans les Alpes, (pag. 2.^7 amp; fuiv. ) , oü 1onnbsp;trouvera auffi- une fuite très-intéreflante dobfernnbsp;vations fur léledricité de latmofphere.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Quanta cette éledricité, M. de SaufTure croit;,
104 nbsp;nbsp;nbsp;T K É Ö fe I É
avec M. de Volta, quëllè eft éffenttèlléhiènt po-fitive , amp; tjne Fétat négatif de Fatmofphere, qui a lien dans certaines pluies, amp; quelquefois pendant les orages, tient a des caufes accidentellesnbsp;amp; locales. II attribue la premiere de ces éleftri-cités a 1 elevation des vapeurs qui dérobent a Ianbsp;terre une portion de fon fluide électrique, amp;nbsp;vont Ie dépoFer amp; Faccumuler dans Ie 1'ein denbsp;1ataiofphere. (Ibid. pag. izö ).
90. Perfonne ne doute aujourdbui cjiie la ma-tiere du tonnerre ne foit Ie fluide électrique; inais devenu , pour ainfi dire, fi différent de lui-mémenbsp;par fon abondance amp; par fon énergie, quil falloitnbsp;Foeil du génie, pour reconnoitre, au milieu dunbsp;fpéftacle impofant amp; terrible dun orage, Ie niêmenbsp;agent qui produit les étincelles amp; les aigrettesnbsp;lancées par nos conduffeurs. Ce rapprochementnbsp;avoit été foupconné par divers Savans, teis quenbsp;MM. Gray, FAbbé Noiiet, Duhamel, Halles, amp;c.nbsp;mais il étoit réfervé au célebre ^Francklin dennbsp;donner Ia dcmonftration, en allant chercber Ienbsp;fluide éleffrique jufquau fiaut de Fatmofphere ,nbsp;de en fubfticuant a nos mncliines im nuage ora-geux , pour en obtenir tons les effets que nousnbsp;produifons a Faide des moyens artifictels quinbsp;font en notre pouvoir. On concoit què lés oragesnbsp;dependent, en general , duue diftribution très-incgale du fluide répandu dans la nature, amp; qui
3)E I.ÉIECTRICITÏ; Yè| übonde par exces en certains endroits ; tandisnbsp;qne dautres fe trouvent évacués , amp; font dansnbsp;létat négatif. Quelqnes Phyficiens {a) ontnbsp;déja donné des conjeftures fur les caufes denbsp;cette grande variation de denfité; mais ce pointnbsp;de Phyfique na pas été fulHfamment éclairci ,nbsp;amp; des réfukats tels que'ceux qui naiffent desnbsp;obfervations faites par les Savans illuftres quenbsp;nous avons cites , doivent certainement, étrenbsp;regardés comme des données précieufes, pour
(a) Quoiqae je ne me fois point propofé dentrer iti dans Ie détail de ce qui concerne les efFets de lanbsp;foudre , je crois devoir en citer un très-remarquable ,nbsp;dont Milord Mahon a parlé Ie premier, dans fonnbsp;favant ouvrage qui a pour titre , Principes dEleBri-cité. Concevons un nuage orageux dune certainenbsp;étendue , amp; que je fuppofe éleSrifé pofitivement. Sinbsp;une perfonne eft' fituée de maniere a fe trouver ennbsp;ptife a lafiion de ce nuage , fans cependant en etienbsp;affez prés pour provoquer une explofion , la force re-pulfive du nuage refoulcra Ie fluïde naturel de cettenbsp;perfonne , amp; en chaSera une parcie dans Ie fein de lanbsp;terre , enforte quo Ia perfonne fera éleélrifee en moins.nbsp;Suppofons qualórs Ie nuage fe décharge fur quelquenbsp;objet terreftre, placé nièrao a une affez grande dif-tance de Ia perfonne : celle-ci a 1inflant rcprendranbsp;tout Ie fluïde quelle avoit perdu , amp; la violence denbsp;cette efpece de reflux pourra être telle, que la perfonne en foU dangerenfement bleffe'e, ou même quells
^o6 nbsp;nbsp;nbsp;T H È Ó R ï Té
en périffe. On voit par la comment il peut arriver quiin homme fituéloin de Fendroit oü la foudre delate,nbsp;foit cependant foudroyé. Le même raifonnement sap-plique-a un nuage eleftrife négatlvement. Milord Mahonnbsp;donne le nom de choc par retour a eet efFèt , quilnbsp;a repréfenté a 1aide dün appareil élsdr-ique , dan*nbsp;une fijite dexpériences variées amp; curieufes..
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91. T lAmatiere magnétique , fuivant M./Epi-nus , eft un fluide tres - fubtil, dont les molecules ont la propriété de fe repoufler mutuelle-ment , comme celles du fluide élédrique (i). Mais elles en différent en ce que celles-ci fontnbsp;attirables par tous les corps connus, au lieunbsp;quil ny a quime feule fubftance qui exerce unenbsp;attraélion fenflble fur les molecules magnéti-ques. Cette fubftance eft Ie fer a létat métal-lique.
gz. Tous les naturalifles favênt qne lelpecé (de mihéral, dune couleur ordinairement brunenbsp;OU noiratre , quon appelle aimant naturel ^ nefl:nbsp;autre chofe quime mine de fer, qui fe trouve ,nbsp;n plufleurs endroits, dans Ie fein de la terre.nbsp;On la reconnoit fur-tout a la propriété quellenbsp;a dattirer Ia limaille de fer. Öin fait auffi ,nbsp;avec Ie fer forgé , ou plutot lacier, des ai-mans artificiels , dont nous parlerons dans lanbsp;fuite.
93. nbsp;nbsp;nbsp;Tous les corps de Ia nature, ü on ex-cepte Ie fer, font entierément perméables aunbsp;fluïde magnétique, qui les pcnétre librement ,nbsp;fans cprouver aucune aélion de leur part. Audinbsp;ne donnent-ils aucun figne de magnétifme»nbsp;II nen eft pas de même du fer; Ie fluïde magnétique , k la vérité , Ie pénétre auffi, maïsnbsp;avec beaucoup de diliiculté. Lefer eft ,alegardnbsp;de ce fluïde , ce que les corps idïo - éieftri-ques (z) , font par rapport au fluïde éledrique,
94. nbsp;nbsp;nbsp;Plus le fer eft dur, amp; plus le fluïde magnétique éprouve de difficuité 'a fe mouvoir dansnbsp;fes pores. Le fer tendre livre un accès beaucoup plus facile aux molécules de ce fluïde, amp;nbsp;fe rapproche davantage , a eet egard, de lana-logie avec les corps an-éleftriques. Maïs en gé-néral, il paroït, par des experiences qui ferontnbsp;cïtées dans Ie cours de eet Ouvrage, que Ie fer
2J Ü M A G N É T I S M If.' 9C'CJ^ ielt moins permeable aü fluïde magnëtique , qiienbsp;les corps idio-^ëlëftriqueS, niéme au plus hautnbsp;degrc, ne Ie font pat rapport au fluïde élec«nbsp;trïque.
pi). Nousavdiïs vïf (3), que cnaqüe corps renJ ¦fermoït nanirell'emeht une certaine quantïtc denbsp;fluïde cleiflrïqiie , qui luT étoit prbpre. Le fer_,nbsp;'même celüi qoï' hè dönrie aucun figne de maj-gnétifme , a aulli fa quantise naturelle de fluïdenbsp;magnétïque. Maïs il y a urje dïflerence très-re-,nbsp;¦matqtiable entré'le réf^amp; lës corps éledrïques,'nbsp;quant a ia malrlefe dönt llf paflent de leur étacnbsp;natui'el a celuï óii le fltiide, qui lès pénétre ,nbsp;rnahïfëfte fon adio'n. quot; Ï1 arrive' Touvent, dansnbsp;ce^p^flTage , qulè'les Córps éledrïques, ou acquïe-Teht tme quantité fïirabóftdahte de Huide éledri-,' ^oïi^ |ferdedt ¦' ühe' portion de. leur fluidTenbsp;^itardf. Aücöflti-aireié*fluïde magnétïque éprouvenbsp;ut* fl grande difficulté a pèhétrer le fier , quilnbsp;tdcft gtieres poflibfé' qüe' ce metal récoive denbsp;telur dfes cOrps-enyiFóiinans , ou.perde de celuinbsp;bqtii hii eft pröpfè ,* én forte,, que tqus nos effortsnbsp;¦pöüi: c(ïfhraümqüeraüïer les qualités de.faïmant.,nbsp;fe bófhent ¦'a prödiufeun ïïm'plé mouvementnbsp;tranflation da fluidé^, flans fIntérieur niême
'i'dr. ' nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.....
qd.'il rëfuité d|ia .vine nduv^elle difference e:|-Vrè lés-töf^s' éléétriques ' amp; les corps magnetic'
;»TO nbsp;nbsp;nbsp;Theo r i i
ques. II neft pas rare den trouver , parmi cH derniers» qui foyent tout entiers éledrifés ennbsp;plus ou en moins (4). Le fer , au contraire,nbsp;lorfquil eft devenu aimant, a toujours une denbsp;fes parties dans Ietat pofitif, amp; 1autre dans létatnbsp;ïiégatif. Nous parlerons dans la fuite du reful-tat des tentatives que Ton a faites, pour augmen-ter la quantite naturelle de fluide renfermée dan*nbsp;le fer.
97. nbsp;nbsp;nbsp;On '{ait quun aimant lufpendu llbre-jtnent, tourne uu de fes cotes vers le nord , amp;nbsp;1'autre vers le fiid ; dela les noms de pole danbsp;nord, ou pole boreal, amp; pole da fad ou polenbsp;aujlral, que Ton a donnés aux deux cotes dunnbsp;aimant, relativenient k leur diredion vers- 1unnbsp;ou 1autre des poles de notre globe. On nanbsp;pu decouvrir, encore lequel des deux poles dunnbsp;aimant etoit dans Ietat pofitif, amp; lequel avoitnbsp;un magnétifine négatif.
98. nbsp;nbsp;nbsp;Quelques Phyficiens ont cru que le fluidenbsp;éleftrique amp; le fluide magnétique nétoient quenbsp;le même fluide. Cette opinion nc peut êtrenbsp;admife , lorfque 1on confidere que ces deuxnbsp;fluides different fenfiblement dans leurs proprie-tès , fiir-tout dans celle qua le premier detrenbsp;attire par tous les corps connus , tandls quenbsp;Iautre ne Ieft que par le fer (91) ; feulement ,nbsp;les aéüonst ^ ces deux fliiWes , aii:^ que nou^
53 U M ï G N ÏÈ T I S M Ë. 'l I ^ Ie verrons bientót, font foumifes aux mêmesnbsp;loix ^ amp; ne different enrrelles , quant k la ma-niere dont elles .sexercent, quk raiibn de ladiff*nbsp;férence méme qui fe trouve entre les corps quïnbsp;les manifeftent.'
99. Concluons de ce qui precede, quil nefl: pas étonnant que Ielecffricite foit beaucoup plusnbsp;féconde en phenomenes que Ie magnétifme; catnbsp;ceux qui dependent du fluide magnétique fe bor-pent a une feule efpece de corps, dans lefquelsnbsp;Ie fluide ne fe meut qu avec beaucoup de diffi-culté ; mais léledricité , outre quelle embraflenbsp;toute létendue des trois regnes de Ia nature ,nbsp;produit, a 1aide de laflion réciproque des corpsnbsp;an-élelt;ffriques amp; idio-éledriques , une multitudenbsp;fleffets qui fe diverfifient de mille manieres.
IL Des loix auxquelles eji foumife Vaciion du Jiuide magnétique, en conféquence des proprié*nbsp;tés expo fees dans V article precedent.
100. Les loix que fait Ie fluide magnétique , étant les mêmes que celles qui agifient dans lanbsp;produélion des phénomenes,^ qui dependent dunbsp;fluide eleflrique; tout ce que nous avons ditnbsp;6 , amp; fuiv. ), fur les differen,s casrelatifs
Théorie
a laftion de ce dernier fluide, sapplique eft general au magnétifme. Mais la difference ^uoC'nbsp;cafionne dans les réfultats, celle qui exifte entrenbsp;les corps cleffriques amp; les corps magnédques ,nbsp;exige que nous apportions certaines modificationsnbsp;^ ceux de ces réfultats, qui concernent les corpsnbsp;*G3fCeptibles de magnétifme.
loi. Nous avons confidéré ( 6 amp; y ) laffion dun corps éleftrifë tout entier en plus ou ennbsp;mroins , fur des molécules de fluide voifinès denbsp;ce corps ¦, mais Ie magnétifme ne nous offrantnbsp;peut-être jamais de cas analogues a celui-ci'(95) ,nbsp;nous nous bornerons krexamendii feu! cas oii lésnbsp;parties dbn corps font dans différens états denbsp;magnétifine pofitif ou négatif.
Concevons done un corps A ( fig. 19 ) ,- amp; que Ie fluide magnétique foit inégalement ré-pandu dans les deux parties AB , AC , de cenbsp;corps, en forte quil y ait exces d.e Aaide dansnbsp;ta partie AC , amp; défaut de fluide dans la par-tie AB. Si Ton pouvoic faire varier a volonténbsp;les quantités de fluide renfermées dans ces deuxnbsp;parties, ainfi que Ie rapport de ces quantités,nbsp;nous pourrions appliquer ici tout ce que nousnbsp;avons dit (10 amp; fuiv.) de- laffion dun corpsnbsp;éleörifë d 'un cóté en plus amp; de lautre ennbsp;moins , fur les molécules de fluide voifinès denbsp;ce corps, cefl-a-dire, quil pourroit arriver que
k
ïe fluïde fut attiré ou repouffé dun cdté , tan-dis que de lautre il refteroit immobile, ou quil fut attiré ou repouflé des deux cótés a-la-fois ,nbsp;OU enfin quil fut attiré d\in cóté amp; repouflé denbsp;lautre.
Mais nous avons déja obfervé (95), amp; cette aflertion fe troiivera encore confirmée daprèsnbsp;ce que nous dirons dans Ia fuite , quen géne-ral tous les corps qui donnoient des fignes denbsp;magnétifme, ne renfermoient en total que leurnbsp;quantité naturelle de fluïde , qui étoit feulemencnbsp;diflribuée inégalement dans les diflérentes parties de ces corps. Cela pofé , la feule hypothefenbsp;a fjire eft celle oü lexcès du fluïde de AC ,nbsp;feroit précifément égal au défaut du fluïde denbsp;AB. Or, nous avons prouvé (16), que,dansnbsp;ce cas, une molecule D de fluïde feroit attiréenbsp;par Ie corps A , en forte quelle tendroit a ynbsp;pcnétrer , tandis que la molecule E en feroitnbsp;repouflee.
loi. Suppofons maintenant que Ie corps A (bit abandonné a lui-même , lans quil y aitau-cun autre corps magnétique dans fa proximité.nbsp;Ce corps tendra a retourner vers létat dunifor-mité , en forte que Ie fluïde furabondant ren-fermé dans la partïe AC , fera follicité a-la-foïsnbsp;par la répulfion rautuelle des molecules (6) , amp;nbsp;pax la force attractive de la par tie AB (7), a fq
H
répandre dans cette partie , jufqu a ce que léqul»
Jlibre foit rétabli./ .
Quant a la réliftance de lair qiii soppofe, comme nous lavons vu (8), 'a la tendance quontnbsp;les corps éleörifés vers létat naturel, elle eftnbsp;mille , par' rapport aux aimans, piiilque Ie fluïdenbsp;inagnétique pourroit traverfer Fair amp; tous lesnbsp;autres corps , excepté Ie fer , avec une extrémenbsp;facilité. Cependant rexpérience prouve que lanbsp;vertu magnétique fe maintient trés - longtempsnbsp;dans les corps qui Font acquife , amp; méme beau-coup plus longtemps que la vertu éledrique dansnbsp;les corps les plus lufceptibles de la conferver »nbsp;tels que la bouteille de Leyde. Or , cette diflé-xence ne peut venir que de la grande diflicultcnbsp;queprouve Ie fluïde magnétïque a fe mouvoïrnbsp;dans Ie fer,
lox. La réfiftance qnï provient de cette dïf-flculté peut être confidérée comme une force op-polee a FefFort, que faït Ie corps pour retourner a Fétat naturel, amp; capable de balancer eet et-fort , de manïere que Fcquïlïbre fubflfte enttenbsp;lun amp; Fautre, pendant un certain temps , fan*nbsp;alteration fenfible. Quand le corps ell parvenunbsp;a cet equlllbre , on dlt qull ell a Jon point tnbsp;ou a Jon degre de faturation ; amp; il eft clalr que inbsp;ft Fon continue alors de Falmanter,!! perdra auftiquot;nbsp;xot toute fa nouvelle vertu magnétique. Le degré ds
15u Magnétisme. tr^
faturation fera dautant plus élevé, ceft-a-dire , que la force magnétique, que Ie corps fera fuf*nbsp;ceptible de conferver, fera dautant plus confi-dérable , que Ie fluïde éprouvera plus de dtfficulténbsp;a fe mouvoir dans ce corps. Or, comme Ienbsp;fluïde fe meut plas aïfément dans Ie fer tendrenbsp;que dans Ie fer dur (79), ïl en rëfulte que Ienbsp;degré de faturation eft toujóurs plus élevé dansnbsp;Ie fecond que dans Ie premier. Cette conféquencenbsp;saccorde avec Iobfervation ^ car ceux qui fontnbsp;des aimans artificials favent très-bien que Ie feenbsp;tendre acquiert aifément une vertu confidéra-ble , mais quil la perd , en très-grande partie ,nbsp;avec la même facilité f au lieu que Ie fer dur ,nbsp;plus difficile a aimanter , conferve beaucoup plusnbsp;longtenips un degré de magnétifme très-fu-périeur a celui qui refie dans Ie fer tendre ,nbsp;amp; ceft pour cette raifon quon Ie préfére hnbsp;ce!ui-ci dans la conrtruélion des aimans artifi-eiels.
103. Les aftions réciproques de deux aimans font les mêmes que celles de deux corps éleflrifés,nbsp;Mais daprès ce qui a été dit plus haut (80),nbsp;les diScrens cas, dans lefquels ces aélions peu-vent sexercer, fe réduifent a ceux oü les corpsnbsp;ont une partie dans 1état pofitif, amp; lautre dansnbsp;1état négatif, de maniere que la totalité du fluidsnbsp;de ciucun de ces corps efl égale k la quantité na»
hiS nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
tnrelle. Avant dexaminer les effets relatifs i ce point de théorie, nous dirons un mot diinnbsp;cas particulier , qui rentre dans ceux dont nousnbsp;venons de parler.
104. Concevons que Ton approche dun ai-mant C ( fig.^ 4 ) , un barreau de fer G , dans létat naturel. II en fera de ce barreau commenbsp;dun corps non éleélrifé que lon approche dunnbsp;corps éledrifé (19), ceft-a-dire , que laimantnbsp;ne produiroit aucun efi'et iiir Ie fer , ü celui-cinbsp;confervoit fon état naturelmais il en eft bien-tót tiré par 'Iaftion que laimant exerce fur lui.nbsp;Suppofons que CB foit Ie coté pofitif, amp; CDnbsp;Ie cóté négatif ; Tadion de la partie CB pré-vaudra ncceuairement fur celle de Ia partienbsp;CD (16) , en forte que CB, en vertu de fonnbsp;exces de force répulfive, refouiera une certainenbsp;portion du fluide , contenu dans Ie barreau G ,nbsp;de lexU'êmité de ce barreau vers fon extrê-mité oppofce dou il luit que Ie barreau de-yiendra lui-mênie un veritable aimant , que nousnbsp;devons conlidérer comme ayant fa partie anté-lieure FG , dans létat négatif, amp; fon autre partie GH, dans 1écat pofitif.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
. Si au contraire , les cotés CB , CD de Iai-mant étoient, Ie premier dans iétat négatif, amp; Ie iêcond dans létat pofitif; il eft facile de voirnbsp;que Ie barreaui' G fe trouveroit.aimanté en fens
13 u Magnétisme.' i ty-contraire, de maniere que GF deviendroit amp;n pole pofltif, amp; GH fon pole négatif.
lo^. Cela pofé, confidérons les;gt;deux corps C, G , comme deux aimans qui auroient leurs'nbsp;TOoities dans dilFérens états de magnétifme po-ficif OU négatif, amp; fuppofons, pour plus de fim-plicité , que Ie fluïde foit uniformément rcpandu,nbsp;dans chacune de ces moitiés.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
Suppolbns de plus que CB , FG foyent les poles pofitifs , amp; CD, GH , les poles néga-tifs. La force répulfive de la partie CB , étant gt;nbsp;égale a la force atcraflive de la partie CD ,nbsp;abftraaion faite des diftances ( 16 ); il eft ,nbsp;clair que la premiere agit plus puiffamment Itirnbsp;Ie corps G , a raifon dune moindrc diftance ^ done -Ie corps C agit fur Ie corps G, comme étantnbsp;ebins letat pofltif; done il tend a repoufler lanbsp;partie FG, amp; a. attirer la partie GH. Or, anbsp;diftances égales, lattradcion feroit équilibre a lanbsp;rcpulfion i done , puilque la partie FG eft plusnbsp;voiune du corps C que Ia partie GH, la rcpul-flon lemporteia , amp; les deux corps sécarteront.nbsp;Tan de 1autre.
0x1 prouvera par uh raifonnement femblable ,, que dans Ie cas oü CB , FG feroient les polesnbsp;negatifs , amp; DC , GH, les poles pofitifs, lesnbsp;deux aimans lè repoufleroient encore, comme.nbsp;dans Ie cas précédent. II. ne faut , pour Ie de-
Hiij
n?-
;«oiitrèi, qnefubftituer Ie mor êüattraction ïi celui de rèpuljian , amp; réciproquement.
lo^. Suppofons enfin que CB , GH , foyent les poles pofitifs, amp; DC, FG, les poles né-gacifs. Daprès ce qui a ëté dit plus haut, Ienbsp;corps C agit fur ie corps G, comme étant dansnbsp;1 etat pofitif i done', il tend a attirer la partienbsp;FG, amp; k repouffer la partie GH. Maïs lat-traftión agit plus fortement fur la premiere, knbsp;raifon dune moindre diftance; done, les deuxnbsp;corps tendront a sapprocher lun de lautre.
107. nbsp;nbsp;nbsp;II narrive peut-être jamais que Ie fluïdenbsp;fóit répandu uniformément dans cliacune des parties dun aimant, amp; nous navons dabord fup-pofé cette uniformité que pour fimplifier lex-piieation des phénomenes. Mais de quelquenbsp;maniere que ie fluide foit diftribué dans les parties CD , BC , OU FG, GH; on pourra tou-jours ramener létat des deux corps aux différensnbsp;cas , expofés dans les précédens, en appli-quant ici ce que nous avons dit (18) , de deuxnbsp;corps éleiflriques, dans lefquels Ie fluïde ne feroitnbsp;pas uniformément répandu.
108. nbsp;nbsp;nbsp;Concluons dela que fl deux aimans fenbsp;regardent par leurs poles pofitifs, ou ne'gatifs ,nbsp;ils fe repoufléront mutuellement, amp; quils sat-tireront au contraire, fi Ie pole pofitif de lunnbsp;eii tourné vers Ie pole négatif de lautre. On
DU M A G N ^ T I S- M E. t expritne, dune maniere abrégée, ce fait connanbsp;de tous les Phyficiens , en dilant que deux ai-mans ft repoujfent par leurs poUs de mémenbsp;nom , amp; sattirent par leurs poles de noms dif^nbsp;férens.
109., Nous placerons ici la definition des centres magnétiques, dont nous aurons befoin pour la fuite. M. JEpinus appelle ainfi Ie point denbsp;féparation entre la partie poCtive amp; la particnbsp;negative dun aimant. A la rigueur , ce centre-eft moins un point, quune llirface qui setcndnbsp;dans toute lepaifleiir de laimant^ Maïs il nynbsp;a aucun inconvenient k employer la denomination de centre , pourvu quon ny attache quenbsp;lidée qui nait de la definition que nous venous:nbsp;den donnen
no. Nous avons expofé (ro^ amp; fuiv. ) les: effets qui réfultent de laélion réciproque de deux.nbsp;aimans, dont chacun a un pole pofitif amp; unnbsp;pole négatif. Mais il peut arriver que cette action même apporte divers changemens a la maniere dont Ie fluïde eft diftribué dans diacunnbsp;des deux aimans , fiir-tout fi une caufe extérieure-intervient pour les rapprocher lun de iaiitrenbsp;dans Ie cas oü ils Te fuyent, en vertu dimnbsp;niagnétifme homogene. Nous avons vu (5 j:nbsp;amp; fuiv.) , que laftion dune pareille caufe , parnbsp;rapport h deux corps cieftriques , pouvoit donnés:
lieu a des phénomenes oppofés, en appareace V a Faiialogie cies eftets naturels ^ maïs au fondnbsp;parfaiternent daccord avec la théorie. Le ma-gnétifme , préfente la même fingularité dans lesnbsp;faits, 5e ia méir.e liaifon avec les principes denbsp;la théorie , dans les explications de ces faits;nbsp;toujours cependant eu égard aux modificationsnbsp;que la difFérence des corps occafionne nécefiaire-ment dans les phénomenes (loo).
111. nbsp;nbsp;nbsp;Remarquons , avant daller plus loin ,nbsp;quil peut arriver, amp; quii arrive en eflet afTeznbsp;fouvent, quuné verge magnétique a plufieursnbsp;poles, qui fe fuecedent lun a lautre , en fortenbsp;que fi on Ia concoit divifée en autant des parties quil y a de poles, ces dift'érentes partiesnbsp;feront alternativement dans des états pofitifs amp;nbsp;négatifs. Ces poles contraires,, qui fe fuiventnbsp;dans im meme aimant , ont cté appelles , parnbsp;les Phyficieas,, points canjéquens.. Nous ver-rons bientot comment on peut mettre unnbsp;barreau de fer , dans eet état de magné-tifine.
112. nbsp;nbsp;nbsp;Cela pofé , concevons dabord que ahnbsp;(fig. 20) foit une verge de fer dans lctat naturel, fituée a une petite diftance dün aimantnbsp;B, dont BC foit le pole pofitif, amp; BDIe, polenbsp;negatif. Nous avons dé]a vu (104.) que dans cenbsp;cas, la verge ab deviendroit elle-même un ai-
DU Magnétisme; tit
mant , dont ga feroit Ie pole négatif, amp; g'i Ie pole pofitif. Or , la quantité de fliiide, renfer-mée dansla totalité du corps, étantégalealanbsp;quantité naturelle , il cft clair que les deux corps.nbsp;B , g, sattireront, a quelque diflance quils ffenbsp;trouvent iun de lautre (io6).
Le même efFet aura Ueu, 111onfuppofe que BC Idit 1© pole négatif, amp; BD le pole pofitif 4^ 1ai-mant B.
113. II eft poffible cependant que la verge ah acquierre des points conféquens (iii) ¦gt; tan-dis quelle sapproche de laimant B, £ir-tout IInbsp;celui-ci a une puilTante vertil magnétique; car,nbsp;en fippola.nt toujours que les poles BC , BD loyencnbsp;lun le pole pofitif, amp; lautre le pole négatif, ilnbsp;eft clair, qua mefure que la verge ah sapproche de laimant B , la force répulfive de lanbsp;partie BC augmentant, a raifon diine moindrenbsp;diflance, tend a refouler une nouvelle portionnbsp;defluide, de Ia partie ag dans la partiegZ,ennbsp;rnéme-temps quelle refoule encore davantage lenbsp;fluide de cette demi ere partie. Or , deux cau-fes font obftacle au refoulement du fluide de ag,nbsp;favoir , la difficulté quéprouve ce fluide a fenbsp;mouvoir dans le' fer , amp; Ia répulfion du fluidenbsp;accumulé dans la partie hg. II peut done arri-ver quil y ait un point, tel que n, oh la réfi-fl:ance qui nait du concours de ces deux caufes
dévienne fupérieure a la f )rce répulfive de laimanÉ B , amp; pafle ce te-;ne , les deux aimans continuant de sapprocher, Ie fluïde accumulé , parnbsp;exemple , dans lefpace gn , ponrra méme ynbsp;atonder au point que fa répiilfion rende lanbsp;partie voifine no negative, amp; alors laimant ahnbsp;aura quatre points conféquens.
^ais dans Ie méme cas , il eft encore im-poflible que les deux aimans commencent 'a fe repoufTer , quelle que foit leur diftance réciproque.nbsp;Car , fi Ia quantité de fluide qui a paflé dansnbsp;gn , fut reflée dans ag, fa répulfion fur Ie fluïdenbsp;de BC nauroit pas empéché les deux corps denbsp;sattirer k toutes les diftances ^ a plus forte rai-fon continueront-ils de sattirer , lorfque la mêmenbsp;quantité de fluide , en paflknt dans gn ^ xnbsp;perdu de fa force , a raifon dune plus grandenbsp;diftance.
Les mémes efFets auront lieu, dans Ie cas ou Ie pole BD eut été pofitif, amp; Ie pole BC né-gatif i avec cette dlftércnce que les attraélionsnbsp;prendront la place des répulfions , amp; réciproque-ment.
De plus, il eft bien évident que fi , dans Ie moment oii les deux aimans sapprocbent 1unnbsp;de 1autre, une eaufe extérieure agifloit pour lesnbsp;ccarter, amp; les abandonnoit enftiite a leur aftionnbsp;reciproque, ils sattixeroient de nouveau, puift
igt; IT Magnétisme.
^uils auroient toujours leurs parties antérienres dans des états oppofés de magnétifme pofitif amp;nbsp;Begatif.
Concluons dela , qiie deux aimans , qui fe regardent par leurs poles de noms diftérens , sat-tireront mutiiellement a toutes les diftances ,nbsp;quelque changement quapporte dans leur état,nbsp;foit leur aftion mutuelle , foit laöion dune caufenbsp;extérieure.
114. Pallbns au cas cti deux aimans AD, EH ( fig. ii) fe regardent par leurs poles denbsp;même nom. Concevons que AC, EG foyentnbsp;les poles pofitifs, amp; CD, GH les poles néga-tifs ; chacun des deux aimans repoulle Ie fluidenbsp;de lautre , en forte quune portion du fluide eftnbsp;refoulce des parties antérieures, vers Te^ctrêmiténbsp;oppofée. Concevons chacune des parties AC,nbsp;EG , fous - clivifée en deux autres parties AB ,nbsp;BC , amp; EF , F(^. Suppofons de plus quune cer-taine quantité du fluide de AB ait paflTé dansnbsp;BC , amp; une certaine quantité du fluide de EFnbsp;dans GF. Suivant que ces quantitcs feront plusnbsp;OU moins conlidérables , il pourraarriver , ou quenbsp;les deux aimans continuent de fe repoufler, ounbsp;quils sattiient mutuel'ement, ou quils naientnbsp;plus aiicune aflion iun far fautre.
Car, i. tant que les quantités chaflTées de
AB OU de EF , feront telles que ces derniereS parties reftent dans létat pofitif, ou du moinsnbsp;confèrvent leur quantitc de fluide naturelle; ii,nbsp;eft evident que les deux corps feront toujoursnbsp;dans Ie cas de deux ainians, qui nauroient cha-cun que deux poles , amp; fe regarderoient par leursnbsp;cotés politifs. Or , nous avons vu ( lo^ ),nbsp;que dans ce cas les deux aimans doivent £e re-poufler a routes les diftances.
Si les quanrités de fluide qui font forties de AB amp; de EF , saccroilFent au point de fairenbsp;palTer ces parties , ou du moins 1une des deux^nbsp;a létat négatif, il pourra arriver que les deuxnbsp;aimans sattirent mutuellement a une certaine dif-tance. Suppofons en efFet que la partie EF ,nbsp;reliant toujours dans létat politif, la partie ABnbsp;foit devenue negative , auquel'cas Ie corps ADnbsp;aura trois points confcquens. Laimant EH, quinbsp;agit a routes les diftaiaces , comme ctant dansnbsp;l'état politif, tend- a attirer les.parties AB, CDnbsp;de laimant AD, 6c a repoulTer la partie BC.nbsp;Or , il peut trés - bien fe faire que lexcès de.nbsp;fluide, qui a paflc dans la partie BC, ne foitnbsp;pas fuffifant pour balancer lefFet de lattraélionnbsp;que Ie corps EH exerce fur les parties AB , CD.nbsp;Pour Ie mieux concevoir, fupprimons pour unnbsp;inftant, par la penfée , la partie CD , amp; funpo-
'du Magnétisme. 1x5'
fons que Ie fluïde renfermé dans AC , nexcede pas la quantité naturelle. Nous avons vu (106)nbsp;que dans ce cas, les deux aimans sattireroientnbsp;mutuellement. Augmentons maintenant Ie fluïdenbsp;de BC dune certaïne quantïté , maïs moïndrenbsp;que celle qui eft néceflaïre , pour que eet excesnbsp;de fluïde compenfe la dïftërence des aclïons dunbsp;corps EH, fur les parties AB , BC, a raïfondesnbsp;dïftances. II eft evident que les deux aimansnbsp;sattireront encore réciproquement. Remettonsnbsp;enfin la partïe CD , amp; imagïnons que la quantité dont nous venons daugmenter Ie fluïde denbsp;BC foït précifément égale a celle qui manquenbsp;au fluïde naturel de CD, auquel cas, Ie corpsnbsp;AD naura en totalité que fa quantité naturelle denbsp;fluïde. La force attractive mutuelle des deux ai-mans fe trouveta encore augmentée , puifque CDnbsp;eft dans létat negatif. Done il eft tres-poffible .nbsp;qua une certaïne dïftance ia répulfion mutuellenbsp;des deux aimans fe change en attraction.
30, On concevra de même que Ie rapport des quantïtés de fluïde, renfermées dans les dïverfesnbsp;parties du corps AD, peut étre tel, que lexcèsnbsp;du fluïde de BC foït capable de compenfer exac-tement lexcès de dïftance de cette même partïe,nbsp;fur la dïftance de AB , par rapport au corps EH ,nbsp;^ en même-temps la force attractive de EH ,
iié nbsp;nbsp;nbsp;T s È o n I É
fur CD, amp; dans ce cas, les adions refpeélives des deux aimans fe faifant écjuilibre, ces aimansnbsp;demeureront immobiles.
Tout ce qui précéde peut sappliquer au cas oit deux aimans tourneroient Fun vers Fautre leursnbsp;poles négatifs,; alors, une certaine portion dunbsp;fluide de Fun amp; de Fautre étant attirée vers lesnbsp;extrémités qui fe regardent, on concoit que Funenbsp;de ces extrémités peut acquérir 1 etat politif a unnbsp;tel degré, que les deux aimans commencent knbsp;fe repoufler , ou quils ceiTent davoir aucune action Fim fur Fautre , amp; sarrêtent tout-a-coup knbsp;ane certaine diftance.
UI. Application des principes précédens a plu-jkurs phériomcncs du Magnctlfnje.
II15. Si les efFets qui tiennent au magnétif-me, font en general moins curieux amp; moins ïmpolans que ceux qui dépendent du Aaide clec-trique, ils nont rien de moins piquant pour Ienbsp;Phyficien , qui les fuit avec attention , amp; sef-force de les analyfer, par Foppofition apparente ,nbsp;quon remarqiie fouvent entreux, lorfquon lesnbsp;rapproche les uns des autres. Llntérét quils ex-citent ne fait que saccroltre , loriqua ia fur-
i) tr Magnétisme. -xxf ^tife fuccede la fatisfadion de voir avec quellsnbsp;facilité ils fe lient enfuite, amp; fe placent dans unenbsp;dépendance mutuelle, a laide de lingénieufenbsp;, théorie, dont nous avons expofé les principesnbsp;dans les deux articles précédens.
116. Lexpérience prouve qüe, toutes chofes éga-les dailleurs , un aimant eft dautant plus fort quil eft plus long, en forte qiie fi on Ie diminue , dans Ienbsp;fens de la longueur, on laffoiblit beaucoup plus quenbsp;dans Ie cas oir 1on en auroit retranché unenbsp;égale quantité de matiere dans Ie fens de la lar-geur. Ce fait, qui eft fort difficile a expliquer ,nbsp;^ laide des theories , qui fuppofent une atmoC-phere réelle autour de Tainrant, eft une fuitenbsp;néceffaire de ce que nous avons dit plus haut^nbsp;car laftion de Taimant fur Ie fer doit augmen-ter a proportion que la force attradive ou ré-pulfive du pole voifin lemporte fur la forcenbsp;contraire de lautre pole. Or, eet exces croicnbsp;avec la longueur de laimant , puifque dansnbsp;Ie cas oü celui - ci eft plus long, ladioiinbsp;du pole Ie plus éloigné, sexercant a une plusnbsp;grande diftance , nuit moins 'a laftion dunbsp;pole qui regarde Ie fer (u); Ceci fert a expliquer pourquoi , en general, les aimans artifin
(u) Cette conféquence eft dautant plus-jufte , que les points dans lefquels la force des poles eft cenfée
i2K nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
ciels font plus forts que les aimans naturels non armés , qui ont ordinairement beauconpnbsp;moins de longueur que ceux qui font Ie produitnbsp;de Tart.
117. Ayez deux aimans artificials très-min-ces, de formes femblables, amp;, autant quil fe pourra, dégale force. Placez lun quelconquenbsp;CD (fïg. 2 z ) , de ces aimans lur une tablenbsp;AB; de maniere que fon extrémité C, que jenbsp;fuppofe étre Ie pole pofitif, dépaffe un peu Ienbsp;bord de la table, bufpendez a cette extrémité unnbsp;corps de fer F, dun tel poids que laimant CD foitnbsp;capable den porter un beaucoup plus pefant. Ap-pliquez enfuite Ie fecond aimant cd fur Ie premier,nbsp;de maniere que d foit Ie pole négatif; a rinftantnbsp;Ie poids F fe détachera, amp; laimant CD ne feranbsp;plus capable de foutenir raême un corps léger.
Car dim cóté, Faction répulfive du pole C refoule de g en h ^ une partie du fluide contenunbsp;dans Ie corps F, amp; ceft en vertu de ce refoulement que laimant CD acquiert, par rapport aunbsp;corps F , une vertu attraélive. Mais dune autrenbsp;part, Faöion contraire du pole d^ qui agit feiili-blement a la même difiance , a caufe du peunbsp;dépaifléur de laimant cd, détruit Feöet produit
Être concentrée , font très-voifins des extrêmités de laimant, comme nous 1expliquerons dans la fuite.
par
DU Magnétisme. 12,9
par laimant CD, doü il fuit que la fomme des aétions de ces deux aimans fur Ie corps F iènbsp;réduit a zéro.
II eft cependant bien évident que chacun des deux poles c, d, sil agilToit feul, feroit capablenbsp;de foutenir Ie corps F. La Théorie fait évanouirnbsp;Ie merveilleux apparent de ce fait, qui préfentenbsp;«ne efpece de paradoxe , en ce quon y voit deuxnbsp;aélions', dont chacune prife féparément, eft capable de produire un certain effet, devenir nullesnbsp;par leur reunion ¦, tandis quelles fembleroientnbsp;alors devoir produire un effet double.
118 M. de Reaumur a obfervé Ie premier ^ quun aimant foulevoit plus facilement unnbsp;morceau de fer placé fur une enclume , que ft cenbsp;fer fe fut trouvé fur quelquautre corps dunenbsp;nature différente. Pour rendre raifon de ce fait,nbsp;fuppofons dabord un poids F {fig. 22.) , fuffnbsp;pendu au pole pofitif C , dun aimant C D, amp;nbsp;qui foit Ie plus qonfidérable que. eet aimant puiftenbsp;foutenir. Si lon préfente en-deftbus du corps F ,nbsp;amp; a la diftance dun ou deux pouces , un fecondnbsp;aimant GH , dont G foit Ie pole négatif, Iaftionnbsp;de ce pole attirera vers Textrêmité h du corps F,nbsp;une nouvelle quantité de fliiide. Done la partienbsp;Tg fe trouvera plus evacuee que dans Ie cas oiinbsp;laimant CD agifl'oit feul fur Ie corps F , dou ilnbsp;fuit que , ft lon fubftitue au corps F un autr§
I
'ïyo nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
¦corps plus pefant, il ponrra fe faire que 1almant CD foit capable de Ie folitenir, tant quon laiflèranbsp;liibfifter la préfence de Faimant GH. Si, a lanbsp;place de eet aimant, on fe fert dun barreau denbsp;fer moii dun poids confidérable , amp; dans Fétatnbsp;naturel, Ia proximité du pole pofitif C , de Fai--mant CD, amp; celle du pole pofitif h du corps F,nbsp;qui elf lui-ïnerne devenu un aimant (104), pro-duiront un certain degré de magnétiline dans Ienbsp;barreau de fer mou, fubftitué a Faimant GH, denbsp;mianiere que Ie pole de ce barreau , qui regarderanbsp;Ic pole h , fe trouvant négatif, fera en partie Ianbsp;méme fonilion que Ie pole G de 'Faimant GH.nbsp;Or , dans Fexpérience citée , Fenclume repréfen-tant auffi en quelque forte eet aimant, Ie réfultat,nbsp;proportion gardée , doit étre Ie même.
119. Voici encore un fait qui a farpris plu-* fieurs des Phyficiens qui ont écrit fur Ienbsp;Magnétifme. II confifte en ce que , fi Fon metnbsp;fiicceflivement en contafl:, avec Fun des polesnbsp;dim fort aimant, diftérens barreaux de fer non-aimanté , qui foient de méme longueur , amp; quinbsp;aillent en augmentant depaiffeur, la force attractive de Faimant fur ces barreaux , saccroitra ennbsp;méme-temps que Fon emploira des barreaux plusnbsp;épais , mais feulement jufqua un certain terme ;nbsp;¦tnforte que, paflë cette liraite , fi Fépaifl'eur aug-f. ente, FattraclioQ recevra plus daccroiiTement.
ü II Magnétisme. 131 La Théorie qiié nous expofons ici nous 'fournitnbsp;une explication très-latisfailante de ce fait.
Concevons que DLFG {fig. 2.3 ) , Ibit ua barreau de fer mou très-mince, dans létat naturel. Si lon difpolë ce barreau, par rapport knbsp;nn aimant vigoureux C , coinme Ie repréfente lanbsp;figure , Faftion du pole BC , que je fuppofe êtrenbsp;Ie pole pofitif, fera refluer une partie du fluidenbsp;contenu dans Ie barreau DEFG , de 1extrêiniténbsp;DE , vers Fextrémité GF ( 104 ). Suppofonsnbsp;quen vertu de cette aftion, Ie centre magnétiquenbsp;( 109.) de DEFG, fe trouve placé fur la lignenbsp;let. Si Fon difpofe k coté de ce barreau , uii autrenbsp;barreau femblable EHIF , en Ie tenant dabord anbsp;une certaine diftance, la force du pole B agka fiirnbsp;ce barreau, comme fur Ie premier 3 en forte que fl Ienbsp;barreau EHIF exiftoit feul, fon centre magnétiquenbsp;fe trouveroit par exemple eng. Or, Ia partie EiyHnbsp;étant dans Fétat negatif, fon adion fur Ie fluidenbsp;de DEFG, tend a ramener dans la partie DArrE ,nbsp;quelques-unes des molecules qui en avoient éténbsp;chaflees par Faétion du pole B. Soit m une molecule fltuée a la hauteur du centre magnétique ;nbsp;foit a Ie point dans lequel on peut fuppofer quenbsp;la force attradive de la partie EfyH, eft concen-trée. Cette force sexercant, fuivant la diredionnbsp;am , oblique par rapport au coté EF , fe décom-pojb en deux autres forces, don| Fune agit fuivaat
I ij
«c, perpendiculaire fur EF, amp; lautre , fuivanC me , parallele a ce méme cóté. Or, lépaifleur dunbsp;barreaa DEïO, étant extrémement petite , lanbsp;force ac peut étre confidërée cömme nulle, doünbsp;ll fait que la force fuivant mc , eft cenfée agirnbsp;feule pour attirer la molecule m dans la direétionnbsp;ms. Suppofons quen vertu de cette attraélion, lanbsp;molecule fe trouve tranfportée en n ; dès-lors Ienbsp;barreau E)EÏG fera moins attiré par laimant C ,nbsp;quii ne Fétoit indépendamment de la'préfencenbsp;du barreau EHIF. Mais Ie barreau DEEG, pro-duifant un efFet femblable fiir lautre , ie centrenbsp;magnétique de ce dernier, fe trouvera auffi rap-proché dans quelque point r placé entre ty amp; HE.
Maintenant, fi Fon applique immédiatenienn les deux barreaux Fun contre Fautre , comme Ienbsp;repréfente la figure, il eft évident que iaétionnbsp;de Faimant G,fur FaiTemblage de ces deuxnbsp;barreaux, ne fe trouvera pas augmentée en raifonnbsp;de la matiere qui eft doublée. II eft clair encorenbsp;que , routes chofes égales dailieurs, les deuxnbsp;centres magnétiques fe trouveroient rapprochés anbsp;la même diftance de la ligne DH.
Concevons que Fon applique de Fautre cóté du barreau DEEG, un troifieme barreau fembla-fcle DKLG. La force de ce barreau agira pournbsp;rapprocher encore de la ligne DH , les centresnbsp;magnétiques des deux autres barreaux , -amp; ceux-ci
DU Magnétisme. 13'$
produiront un effet femblable lür Ie barreait DKLG ; mais la fomme des diftances dés deux bar-reaux EHIF, DKLG , par rapport au barreairnbsp;DEFG, eft évidemraent moindre , que la fommamp;nbsp;des diftances des deux autres barreaux, par rapport,nbsp;a Iun quelconque des barreaux EHIF , DKLG ;nbsp;doü il fuit que Ie centre magnétique du barreaUinbsp;intermédiaire DEFG, fe trouvera plus rappxociiénbsp;de la ligne KH, que celui de chacun des deusnbsp;barreaux voillns. .Si nous fuppofans maintenantnbsp;que 1on ajoute fticceftivement de nouveaiix barnbsp;reaux KUTL , HMPI , amp;c. de part amp; daiitrenbsp;du premier aftemblage , cette addition produirinbsp;deux elFets.,
I®. Le centre magnétique fe trouvera dautant moins rapproché de la ligne RN, que les bar-reaiix feront plus éloignés de celui du milieu , en-forte que tons ces centres feront places fur deuxnbsp;Hgnes courbes nd ^ {fig. , qui iront ennbsp;sécartant de la ligne RN , depuis le point n dunbsp;centre magnétique du barreau DEIG {fig- 2-3 )
1°. Plus on ajoutera de barreaux , plus auili les courbes fe rapprocberont de la ligne RN ; ennbsp;forte que fi, en fuppofant un certain nombre denbsp;barreaux, les limites de lefpace qui fera dans.nbsp;létat négatif, font repréfentées par ed:^ {fig. 24),.nbsp;ces limites, avec un plus grand nombre denbsp;barreaux, feront repréfentées par ^uxfi.
l ii|
134
Théorie
Mais dune autre part, Ie pole B de raimant C {fig. 2,3 ), agit plus fortement fur les barreauxnbsp;iltués vers Ie milieu de 1aflemblage, tant a caufenbsp;que lailion de 1aimant C fur ces barreaux, eiinbsp;plus direfle, qua caufe quelle sexerce 'a unenbsp;moindre diftance. II rcfulte dela que les courbesnbsp;viu, mx^fe trouvent plus rapprochées par leurs ex-trémités u, r, de la ligne RN,que nous ne Ie fuppo-fions il y a un inftant; en forte que ces courbesnbsp;prendront une pofition, telle que mg, mp.
Or , ces mêmes courbes continuant de fe rap-proclrer de la ligne RN , 'a mefure que 1on ajoute de nouveaux barreaux, on concoit quil ynbsp;èura un terme oü la diminution qui réfulte de cenbsp;mouvement des courbes, pour la force attraclivenbsp;de laimant C , compenfera laccroilTement pro-duit par 1addition des nouveaux barreaux , amp;nbsp;paffe ce terme , fi Ion augmente lepaiffeur denbsp;Iaiflemblage, lattradion ceffera de croitre. Lanbsp;méme chofe arrivera , proportion gardée, fi fon.nbsp;met laffemblage RNOX, en contact avec Ie polenbsp;B de laimant C , ce qui explique Ie pliénomenenbsp;Singulier dont nous avons parlé.
120. On a vu (i 14), que fi deux aimans fe regardoient par leurs poles de méme nom , ilnbsp;pourroit arriver que leur aétion mutuelle changeatnbsp;1état de lun des deux, au point qua une cer-ïaine diftance lattradion, ou deviendroit nulle ,nbsp;9M lê changeroit répulfton. Ce réfultat, qui
DU Magnétisme. i 3 J a paru fingnlier a plufieurs Pliyficiens , peut étrenbsp;vérifié a laide de lexpérience fuivaiite.
Soit AB {fig-'^5),nn fort aimant qui ait fon pole boreal en A , amp; fön pole auftral en B.nbsp;Si r 'on approche de eet aimant une aiguillenbsp;aimantée CD , dont D foit Ie pole auftral, amp; Gnbsp;Ie pole boreal, cette aiguille fe diiigera de lanbsp;nianiere que Ie repréfente la figure. Si alors oanbsp;fait tourner doucement laiguille fur fon centrenbsp;par quelque moyen que'ce foit , de manierenbsp;quelle ne sécarte que peu de fo premiere direc-'nbsp;tion , amp; quelle prenne, par example, la pofitionnbsp;amp; fi on Fabandonne enfuite a elle-même 5^nbsp;elle reprendra la pofition CD. Si 1on rapprochenbsp;continuellement Ie pole c du point A , amp; qua.nbsp;Ton doniae , par exempLe, a 1aiguille la pofltioixnbsp;c'd\ auquel cas les poles de même nom, comnbsp;menceront a fe regarder, il pourra arriver encorenbsp;que c foit repoufle par A. Mais enfin il y aura,nbsp;ttn point oil la fosce repulfive de A, que ]enbsp;foppofo étre le pole pofitif, refoulera tellemencnbsp;le flnide contenu par exces dans le pole c, q-.enbsp;ce pole deviendra negatif y 6? alors la repulfion lenbsp;changeant en attraélion, Iaiguille prendia unenbsp;direöion diamétralement oppofée h celle quellenbsp;avoit dabord; en forte que le pole D fe tiouvera,nbsp;\ la place du pole C, amp; réciproquement.
1,11, Il fe préfente ici une queftion a tie r
X. igt;;
Théorie curieufe. Concevons que A, B,nbsp;foient deux aimans qui ayent leurs poles pofitifsnbsp;en C amp; en F, amp; leurs poles négatifs en D amp;nbsp;en E. Daprès ce que nous avons dit ( io6) , lesnbsp;deux aimans sattireront a toutes les diftances.nbsp;Concevons maintenant qua la place de 1aimantnbsp;B , on fiibftitue un autre aimant b, de mêmenbsp;volume amp; de méme forme, niais dont Ie magné-tifme fóit fenfiblement plus foible. On demandenbsp;sil eft polFible que les deux aimans A , 3, sattï-rent plus fortement que ne Ie faifoient les deuxnbsp;aimans A , B. Quoiquil femble dabord que lanbsp;réponfe doive être negative, ii peut arriver ce-pendant, que lattraólion entre les aimans A , 3 ,nbsp;1emporte. Concevons en eftet que Ie fluidenbsp;magnétique fe meuve avec beaucoup plus denbsp;facilité dans les pores de 1aimant 3, que dansnbsp;ceux de laimant B. II pourra fe faire , quennbsp;vertu de la répulfion de CA, fur Ie fluide de Be,nbsp;cette deiniere partie fe trouve plus evacuee quenbsp;ne létoit la partie c-orrefpondante BE de laimantnbsp;B. Or, la force attradive mutuelle des deuxnbsp;aimans , depend , en grande partie , de lanbsp;dift'érence détat entre leurs poles voifms. Cettenbsp;difference peut done saccroitre au point quellenbsp;compenfe au-dela la fupériorité de laimant B furnbsp;laimant 3, avant lexpérience, amp; alors lattracfionnbsp;fntre les aimans A , 3 , prévaudra fur celle desnbsp;gi^ans A,
Qiiand même Ie corps h feroit dans Tétat naturel ,'avant detre approché de A, la faciliténbsp;avec laqiielle Ie fluïde pénétreroit fes pores,nbsp;pourroit être telle , que la même compenfationnbsp;eut lieu , en vertu de Ievaciiation prpduitenbsp;dans la partie hc, par la force répulfive du polenbsp;C , en forte quil feroit vrai de dire , quii y a telnbsp;cas, oü un corps aimanté amp; un corps non-ai-manté , fe feroient attirés plus fortement, quenbsp;Ie premier de ces corps , amp; un autre corpsnbsp;pareillement aimanté.
lil. Quand nous difons que Ie fluïde magné-tique pénétre certains corps avec plus de facilité que dautres , on concoit bien quil ne sagit icinbsp;que dune facilité relative , puifquen general Ienbsp;fer, ainfi que nous lavons déja obfervé plufleursnbsp;fois, oppofe une réfiftance confidérable au mouvement de ce fluide a travers fes pores. II fuitnbsp;dela quil feroit impoffible de décharger fubite-ment un corps magnétiqne A (fig. %j ), par unnbsp;procédé femblable a celui que lon emploie pournbsp;la bouteille de Leyde \ favoir , en appliquant lesnbsp;deux extrémités dun fil de fer recourbé GF, furnbsp;les faces extrémes CN, DL de laimant. Car, fbltnbsp;CN Ie pole pofltif, DL Ie pole négatif 3 la forcenbsp;répulfive de CN , refoule Ie fluide du fil de fer,nbsp;de G vers F; en forte que celui-ci a une partienbsp;telle G4 y dar\s létat négatif, amp; Tauire
partie AF dans létat pofitif. Laöion de la pre miere tendra done a attirer une partie du fluidsnbsp;de laimant A dans Ie fil de fer , en même-tempsnbsp;que la force a,ttradive du pole DL, tendra anbsp;attirer dans fintdrieur de laimant une portionnbsp;du fluide renfermé dans AF. Mais la dilEculténbsp;avec laquelle Ie fluide magnétique fe meut dansnbsp;Ie fer, amp; fur-tout dans Ie fer dur, que lonnbsp;fuppofe ici être la mattere de lairaant A , sop-pofe au retour de ce fluide dnn pole vers lautrevnbsp;en forte que la quantité de molecules qui séchap-pent en pareil cas , du pole pofitif, pour fenbsp;rendre au pole négatif, en traverfant Ie fer, efl:nbsp;cenfée nulle.
IV. De la communication, da Magnètifmc.,
IZ3. 11 ny a , en general, quiine feule ma-niere de tranlinettre la vertu magnctique au fer , qui conflfte a placer ce métal dans la fpherenbsp;dadivitc dun corps aimanté. Les phénomenesnbsp;du magnétifine fe trouvent encore reflerrés, a eetnbsp;égard, dans des bornes plus étroites que ceux denbsp;léleclricité ; puifque certains corps peuvent de-venir éleflriques par frottement, amp; que tous Ienbsp;deviennent plus ou moins par communication.
Qn a remarque , if eft vrai, que plufieurs.
DU Magnétisme. 139
inftrumens de fer, teis que les limes, acqueroient im certain degré de magnétifine, par lufagenbsp;quen faifoient les Ouvriers , en les paflantnbsp;riidement fur les ouvrages auxquels ils vouloientnbsp;donner Ie poli. Lqs corps expoles a de frequencesnbsp;fecouffes , comme les pincettes , fe trouvent audinbsp;aflez foiivent en écat denlever de la limaille denbsp;fer par leurs extrêmités. Mais dans ces diliérensnbsp;cas, Ie frottement oü les 'fecouffes ne font quenbsp;des moyens auxiliaires , qui contribuant a ouvrirnbsp;lés pores du fer; amp; facilitant ainfi Ie mouvementnbsp;da fluïde dans ce métal, Ie rendent plus fufcep-tible de laélion que Ie magnétifine du globenbsp;terreftre , ainfi que nous Ie verrons dans la fuite ,nbsp;exerce fer tous les corps de Ia Nature , oü Ie fernbsp;eft a létat mctallique,
II en eft de même de laöion du feu, qui en dilatant Ie fer , donne- plus de jeu au fluidenbsp;magnétique dans les pores de ce métal.
1x4. Nous avons parlé, dans les articles pré-cédens , de plufieurs cas, oü lapproche dun aimant communiquoit au fer la vertu magnétique.nbsp;INlais Ia nature des procédés que Ton a imaginésnbsp;poar porter cette communication au plus hautnbsp;degré poffible , exige que nous entrions fur eetnbsp;objet dans des détails plus étendus.
Confidérons dabord, dune maniere plus particuliere , les effets qui réfultent de linfluence
140 nbsp;nbsp;nbsp;T H ]ê o R I E
dun aimant E nbsp;nbsp;nbsp;2.5), dont on approche
un bWeau de fer B,dans Iétat naturel. Qiiel que foit Ie pole A de Faimant, que regarde Fextrê-mité C du barreau de fer, cette extrémité (104)nbsp;^ecevra toujours une vertu contraire 'a celle dunbsp;pole A.
Suppofons que ce foit Ie pole pofitif ^ fon adion chaflera de C vers D, une partie des molecules voifmes de Fextrêmité C. Or,dune part,nbsp;Ie nombre des molécules déplacées eft dautantnbsp;plus grand, que la partie quelles abandonnentnbsp;efl plus voifine du pole A. Mals dune autrenbsp;part, plus _le fluide saccumule, plus auffi fonnbsp;mouvement vers les parties ulterieures du barreaunbsp;fe trouve ralenti, par la difficulte queprouve cenbsp;fluide a pénétrer le fer. II y aura done im pointnbsp;oil il fera tellement accumulé, que la refiftancenbsp;qui en réfiiltera, fera equilibre en mêine-temps anbsp;Faflion du pole A, amp; a la force repulfive mutuellenbsp;des molecules; amp; 1 etat du barreau fera tel, quenbsp;les parties voifines de fon extrémité C , étant lesnbsp;plus evacuees, la quantité de fluide ira toujoursnbsp;en augmentant vers D , dans un efpace donne,nbsp;de maniere qua un certain term.e , par exemplenbsp;en le barreau fera dans Fétat naturel; palTénbsp;ce point, le fluide continuera de saccroitre juf-quau terme de la plus grande accumulation, quenbsp;je fuppofe en n. Enfin, au-dela de n , le fluide
ira en diminuant progrefTivement, jiilqua lex-trêmité D ; de maniere cependant quil reftera toujours au-defliis de la quantité naturelle , ennbsp;fuppofant que Ie baireau B nait que deuxnbsp;poles.
iz^. Mals fi ce barreau a une certaine longueur, alors au moment oii Ie fluïde, chaffe de lextrêmïté C (fig. S-q ), aura atteint Ie pointnbsp;de fa plus grande accumulation, que je fuppofenbsp;placé en B , il eemmencera a repoulTer Ie fluidenbsp;ultérieur vers lextrêmité D ; en Ibrte quen liip-pofant, par exemple, que Ie fluide abonde parnbsp;exces dans la partie BF, il pourra fe faire quil ynbsp;ait défaut de fluide dans la partie fuivante FG.nbsp;Alors Ie fluide de GK exercera 'a fon tour une forcenbsp;répulfive fur Ie fluide de la partie voifine KH , quinbsp;paflera 'a létat négatif, amp; ainfi de fuite , de manierenbsp;que Ie barreau aura des points conféquens, maisnbsp;dont la force fera dautant moindre, qulls sécarte-ront davantage de lextrêmité C, amp; dont Ie nombrenbsp;dépendra de la longueur du barreau CD.
iz6. Jufquici nous avons fuppofé que Ie fer, après avoir recu la vertu magnétique par communication , avoit toujours au moins deux poles,nbsp;lun pofitif, lautre négatif. Mais on pourroitnbsp;demander , sil ny auroit pas aulfl quelquenbsp;moyen de fe procurer un aimant qui ne pofledatnbsp;quune feule efpece de magnétifme, amp; qui attirac
OU repouffat a la fois des deux cótés, Ie même pole d un autre aimant , comme on volt desnbsp;corps éledrifés tout entiers en plus ou ennbsp;moins.
127. M. -iEpinus effaya de mettre un barreau dans eet état, en employant un procédé qui, aunbsp;premier coup-doeil ,,{èmbIoit. devoir lui réuffir.nbsp;II confifte a féparer en deux lui aimant artificielnbsp;qui ait deux poles; de maniere que la ligne denbsp;reparation correfponde a peu - prés au centrenbsp;magnétique. On feroit tenté d^ croire, qiialorsnbsp;une des deux parties doit fe trouver toutenbsp;entiere dans létat politif, amp; lautie, toute entiere ,nbsp;dans 1 etat négatif.
M. aEpinus prit un barreau quarré de fer très-dur, ayant deux lignes de cotc, amp; dix polices ^ de longueur; foit AB {jig. jo ), Ie barreaunbsp;dont il sagit. Notre Auteur, après lavoir coupénbsp;en deux parties, dont la plus longue ab avoitnbsp;5 polices ^ de longueur, amp; la plus courte bdnbsp;avoit 4 polices ~ , appliqua ces deux parties furnbsp;une planche , de maniere quelles fe rejoignoientnbsp;exaclement. Après les avoir fortement aimantées,nbsp;comme fi elles navoient formé quun 1eul barreau , il obferva que ce barreau navoit que deuxnbsp;poles, dont Ie boréal étoit md^ amp; lauftral am : Ienbsp;centre magnétique fe trouvoit dans Ia partie ab ,
' *u point m , diftant du point a de ^ pouces ^
DU Magnétisme. 145
-n forte quil étoit fitué a peu-près au au milieu du barreau. M. ^pinus fépara enfuite les deuxnbsp;portions ah ^ hd, de la verge, amp; il remarquanbsp;que bd^ qui auparavant navoit quune feulenbsp;efpece de magnétifme , préfentoit deux polesnbsp;différens , dont d étoit Ie boreal, amp; b 1auftral ;nbsp;Ie centre magnétique fe trouvoit de de poucenbsp;plus prés de b que de d. Pareillement am avoitnbsp;deux poles, favoir , Ie boreal fltué vers b, amp;nbsp;iauftral vers a. Le centre magnétique étoit dunnbsp;pouce ^ plus prés de m que de a.
M. aEpinus eflaie dexpKquer , daprès ks principes de fa Théorie , ce retour fubit denbsp;chaque partie du barreau a létat des aimans or-dinaires qui ont deux poles. Mais il faut convenlrnbsp;que fon explication nefl: pas fatisfaifante. II kroitnbsp;néceffaire, en effet, quune portion du ,fluïdenbsp;renfermé dans la partle ld, fut repouflee dansnbsp;lair voifm, amp; quil entrat de nouveau fluide denbsp;eet air dans la partie ab. Or, il paroit réfulternbsp;de ces deux faits une inconféquence dans la Théorie , füivant laquelle tout le mécanifme des forcesnbsp;magnétiques fe réduit a un Ample dépIacemenEnbsp;du fluide dans lintérieur même deï corps fufeep-tibles de lattirer. Au refte, on peut confidérernbsp;deux parties dans la Théorie de M. Aïpinus :nbsp;lame concerne les adions réciproques des corps ,nbsp;eju conféqu^npf des quaue force» qui eatrenp
J44 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
comme éléniens dans la produSion des pliéno-' menes , amp; 1on ne peut nier que les explicationsnbsp;heureufes amp; mécaniques auxquelles conduit lanbsp;fuppolition de ces différentes forces, nen rendentnbsp;1exiftence extrêmement probable, quelle quen foitnbsp;dailleurs Iorigine. Lobjet de Iautre partie eft denbsp;determiner la nature des agens dou émanent lesnbsp;forces mentionnées, ainfi que la difpofition denbsp;ces agens dans lintérieur des corps, amp; cette partienbsp;eft fufceptible detre encore perfedionnee, dapresnbsp;cp que jai dit dans leDifcours Préliminaire. Or, lanbsp;difficulté dont il sagit ici, ne tombe que fur cettenbsp;feconde partie, amp; il y a lieu defperer que les recherches des Phyficiens ajouteront a la Théorie cenbsp;qui lui manque encore de ce cóté, amp; la concilierontnbsp;par-tout avec elle-même amp; avec Iohfervation.
iz8. Paflbns 'a la confidération de plufieurs autres refultats dexpériences, qui font autant denbsp;conféquences naturelles des principes expofés pré-cédemment. La réfiftance que Ie fer oppofe aunbsp;mouvement interne du fluide magnétique , eftnbsp;telle que, pendant un, certain temps , elle eftnbsp;capable de balancer Iadion des forces qui tendentnbsp;a ramener un aimant dans létat naturel; denbsp;maniere que 1équilibre fubfiftera , durant cetnbsp;efpace de temps, fans altération fenfible. Lenbsp;degré oil cet équilibre a lieu, eft ce que nousnbsp;avons appelié, dapres. M, ^pinus (loz),
degré
Dtr ^AGNéTISME. 145'
'dcgrl de faturation dun aimant, amp; lon concoit qiiil doit varier avec la dureté des aimans.
Cela pofé , fi Ton approche dun aimant A barreau de fer B dans 1état naturel , il peut arriver de trois chofes Tune ,nbsp;favoir, que la force foit attraiftive, foit répulfivenbsp;de laimant A fur Ie barreau B, communique anbsp;ce dernier un degré de magnétifme fupérieur,nbsp;OU égal, OU inférieur au degré de faturation, amp;,nbsp;fuivant que lun de ces trois cas aura lieu, Ienbsp;barreau B , aufli-tót quon laura éloigné de lai-mant A, ou perdra en peu de temps une cettainenbsp;quantité du magnétilme acquis ^ favoir, celle quinbsp;excédera Ie degré de faturatioir, ou conferveranbsp;tout Ie magnétifme acquis.
Concevons maintenant que lon approche fuc-ceffivement de laimant A, Ie barreau B, que je fuppofe de fer .mou , amp; un fecond barreau bnbsp;tout femblable , qui foit de fer dur. II eft clairnbsp;quen général Ie degré de magnétifme acquis parnbsp;Ie corps B, fora plus élevé que celui du corps bnbsp;( loz ). Or,fi lon examine enfuite ces deuxnbsp;corps , on aura des réfultats finguliers, amp; quinbsp;paroitront tenir du paradoxe.
Si laimant A eft aflez fort pour communi-quer a chacun des barreaux B , è, un degré de «lagnétifme au-deflus du degré de faturation 5
K
t^S nbsp;nbsp;nbsp;T H É o R I Ë
alors lun amp; lautre de ces demiers, ap'rès quon les aura écarrés de Taimant A , perdront route lanbsp;quantité excédente ^ amp;: comme Ie degré de fatu-ration da barreau 6 eft plus élevc, a ralfon dunenbsp;plus grande dureté , ce barreau fe trouvera avoirnbsp;acquis un magnétifme plus confidérable que celuinbsp;du barreau B.
Si raimant A nefl: capable que de comtnuni-quer aux deux barreaux B, ^ , un degrc de magnétifme inférieur au degré de faturation ,nbsp;alors cbacun de ces barreaux étant ifolé, confer-vera tour Ie magnétifme acquis , amp; comme Ienbsp;corps B, qui eft moins dur que Ie corps 3, eftnbsp;en même-temps fufceptible de recevoir un magnétifme plus fort, routes chofes égales dailleurs , fanbsp;force fe trouvera fupérieure a celle du barreaunbsp;ce qui eft linverfe du premier cas.
Concevons enfin que laimant A ait un magnétifme , dont la relation avec Ia nature des corps B, , foit telle que , tandis quil eft capablenbsp;de commimiquer au premier un degré fupérieur,nbsp;OU égal, OU inférieur au degré de faturation , ilnbsp;ne puifté communiquer au fecond , dans tons lesnbsp;cas , quun degré inférieur a celui de faturation.nbsp;Alors, fuivant Ie degré acquis par B, il pourranbsp;arriver quaprès la fcparation des deux corpsnbsp;d-avec raimaot A , tantót Ie magnétifme de B
ï) tr Magnétisme. 147 paroiffe lemporter, tantót ce foit Ie magpétifmenbsp;tantót, enfin les deux corps fe trouventnbsp;avoir Ie ménie degré de magnétifme.
129. nbsp;nbsp;nbsp;II fuit encore dela, que Ie degré dénbsp;faturation étant Ie plus élevé que puifie con-ferver pendant un certain temps un corps aban-donné a lui-même (128), fi un aimant A anbsp;communiqué ce degré 'a un corps B, quenfuitenbsp;on approche ce corps dun aimant plus vigoureux,nbsp;amp; enfin quon len fépare, il ne paroitra avoir reennbsp;du fecond aimant aicun furcroit de magnétifme.nbsp;Au contraire , fa force fe trouvera augmentée , fi ipnbsp;premier aimant avoit été trop foible pour élevernbsp;fon magnétifme julquau degré de faturation.
130. nbsp;nbsp;nbsp;On concoit, daprès ce qui vient detre-dit, la raifon de la diverfité que lon trouvenbsp;entre les Auteurs qui ont parlé du magnétifme,nbsp;les uns prétendant que lacier Ie plus dur eft ennbsp;même-temps Ie plus fufceptible dacquérir une'nbsp;grande force magnétique, amp; les autres préférantnbsp;un acier moins dur. Ces Auteurs rejettoient ainfinbsp;fiir la nature des divers aciers, une differencenbsp;qui tenoit plutót a la vertu plus ou moins puif-'nbsp;fante des aimans quils avoient employés pournbsp;communiquer Ie magnétifme 'a lacier.
131. nbsp;nbsp;nbsp;On a obfervé depuis long-temps quun-aimant, en communiquant un certain degré denbsp;vertu magnetiqüe a un barreau de fer dans létat
Théorie:
nature!, ne perdoit rien de fa force, amp; eet efFet u üü paroitre inexplicable a ceux qui fuppofoiencnbsp;que Ie fluide magnétique palToit du corps quinbsp;communiquoit Ie magnétifme k celui qui Ienbsp;recevoit. Mais on voit avec quelle facilité onnbsp;rend raifon du même eiret, dans les principes denbsp;M. ^pinus , puifque toute Faftion dun ainiantnbsp;fur un corps non-aimantc, fe borne a tranfporternbsp;Ie fluide naturel renfermé dans ce dernier, dunenbsp;extrémité vers 1autre. II y a plus; ceft que lanbsp;vertil de 1aimant, loin detre altérée par cette
operation, doit, au contraire, en etre augmentee.
Car a peine Ie barreaii founiis a faflion de eet aimant, a-t-il recu lui-même un-commencementnbsp;de magnétifme , quil agit de fon cóté fur lai-inant; amp; comme les poles, par lefquels lun amp;nbsp;lautre fe regardent, ont des qualités oppofées ,nbsp;Ie pole du barreau, fuivant quil eft pofitif ounbsp;négatif, contribue, foit a évacuer encore davan-tage Ie pole correfpondant de laimant, foit anbsp;y attirer une nouvelle quantité de fluide, doiinbsp;il fuit que 1ainiant doit en recevoir un furcroitnbsp;de force.
131. Ces principes sappliqiient, comme deux-mémes,'a un fait remarquable amp; connu de tous les Phyficiens. Cefl: que 1adhérence du fer anbsp;laimant fait croitre , quoiqiie lentement , lanbsp;vertu de celui-c,i. On a obferva encore quiin
b u Magnétisme. 149 aimant quon avoit chargé dabord de toute lanbsp;quantité de fer quil pouvoit porter, fe trouvoit,nbsp;au bout dun certain temps, capable de foutenir uünbsp;poids plus confidérable. Mais alors, 11 lon détachenbsp;ce poids, laimant perdant aulTi-tót tout ce quÜnbsp;avoit acquis au-deilus de fon degré de faturation,nbsp;en vertu de Tadion que Ie poids exercoit fur lui ,nbsp;neft plus en état de foutenir la méme charge,nbsp;amp; ne recouvre que peu a peu fa premiere force.
13 3. Ceel nous conduit naturellement a parler des armures , ceii-a-dire, des morceaux de fernbsp;mou que Ton applique contre les aimans, amp; quinbsp;contribuent, foit a en conferver la vertu, foknbsp;même a lauo-menter.
O
Que DEGF {fig. 52. ), repréfente un barreau de fer dune certaine cpailTeur', appliqué par Ienbsp;milieu au- pole pofitif ^ dun aimant AB. Solt anbsp;Ie point dans leqr.el on peut fuppofer la forcenbsp;répulllve de ce pole , concentréei Cette forcenbsp;sexercera fur les molecules fituées iramédiate'-ment au-deflous du point a, fuivant une direclioanbsp;perpendiculaire a la ligne DE , amp; lur toutes lesnbsp;au tres molecules., fuivant des direélions plus ounbsp;moins obliques a DE., Or, il eft facile de conr-cevoir que la partie du barreau, qui la trouveranbsp;evacuee en vertu de toutes ces diiFérentes actions , fera terminée par une courbe HIK, dont:nbsp;Ie foramet I répondra au point o.
K ii|
ilt;o
Théorie
Si A étoit Ie pole négatif de raimant, 11 y auroit^ au contraire , exces de fliiide dans lefpace HIK,nbsp;amp; tout Ie refte du barreau pafl'eroit a létat négatif.
Si r 'on diminue répailTear du barreau , de maniere a fupprirner , par exemple , la partienbsp;NFGO , les molecules refoulées par la forcenbsp;répulfive du pole A, néprouvant plus autant denbsp;réliftance de la part de celles qui font fittiéesnbsp;dans la partie qui paffe a Iétat pofitif, la partienbsp;évacüce prendra plus détendue que dans Ie casnbsp;précédent. Enfin, on concoit que lepaifleur dunbsp;barreau peut devenir telie, que toute la partienbsp;du milieu fe trouve évacuée, comme dans Ie casnbsp;oü DESR repréfenteroit la coupe du barreau.nbsp;Leffet contraire auroit lieu, fi A étoit Ie polenbsp;négatif de Taimant. Cela pofé, imaginons que 1onnbsp;applique aux extrêmités BC, AD {^fig. 5 j ), diinnbsp;aimant, foit naturel, foit artificiel, deux armuresnbsp;minces de fer doux, BGHI, AMLK , amp; quenbsp;BC foit ie pole pofitif, amp; AD Ie pole négatifnbsp;de raimant. II eft clair qua caufe de la répulfionnbsp;que BC exerce fur Ie fiuide de BGHI, ce fluïdenbsp;fera refoulé de maniere que la partie évacuéenbsp;pourra étre repréfentée par la courbe BufiC , doiinbsp;il fiiit que Ie pied IH de larmure paflera a letatnbsp;pofitif. Dune autre part , il y aura dans lanbsp;branche AMLK un certain efpace curviligne,nbsp;tel que A_/'^D, qui paflera a letat pqfitif, en
DU Magnétisme. i ^ r
vertil de la force attraclivè du pole AD ; en forte que Ie pied LK de-larmureacquerra Ie magnétifinenbsp;négatif..
Les corps de fer mou, auxquels on fufpend Ia charge de laimant, font mis en contad avec lesnbsp;furfaces inferieures LK , IH de farm ure. Celle-ci, comme on voit, ayant de chaque coté Ienbsp;même magnétifme que Ie pole correfpondant,nbsp;ajoute une nouvelle force a celle que laimantnbsp;exerce pourfoutenir la charge. Mais elle produitnbsp;encore les deux effets que nous avoirs indiqucsnbsp;ci-defi'us. Car la partie A/gD , qui eft dans leiatnbsp;hégatif, contribue 'a retenir dans Ie pole AD Ienbsp;fluide qui y abonde, amp; eet eifet neft que Icgé-rement balance par la force contraire de la partienbsp;excédentenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, qui ne correfpond qua une
petite portion de la furface du pole AD. Pareil- . lement Ia partie Biz^fC ,qui eft dans létat pofitif^nbsp;tend a maintenir dans Ie pole AB Ie magnétifmenbsp;contraire. Mais de plus, ladion de chacune desnbsp;deux branches ajoute fenfiblement, avec Ie temps ^nbsp;a la force du pole qui lui correfpond (i3z),nbsp;en contribuant, loit a évacuer encore davantagenbsp;ie pole negatif, fait a atdrer de nouveau fluidenbsp;dans Ie pole pofltifl
II fuit de ce qui precede, quil y a, par rapport aux branches BGdC , AMgD , de rarraure, iinnbsp;raa-imiim. d epaifieur, doir réfulte Ie plus gransi
K iy
efFet pofTible. Pour que ce maximum ait lieu, il faut que Ie magnétifme pofitif ou négatifde cha-cune de ces branches, amp; en même-temps celui desnbsp;pieds Hl, LK de Tarmure, foient aufli grandsnbsp;quils puiflent lêtre. Or, fi les branches fontnbsp;trop épaiffes, elle fe trouveront dans Ie cas dunbsp;barreau DFGE {fig. js. ), amp; leurs parties fiméesnbsp;vers GH , ML {fig. 55 ), ayant un magnétifmenbsp;oppofé a celui des parties voiiines des poles, Ienbsp;magnétifme de celles-ci ne parviendra pas a toutnbsp;Iaccroiflement dont il eft fufceptible. Si, aunbsp;contraire, les branches font trop minces, onnbsp;concoit aifcment que les pieds de larmure nac-querront pas toute la vertu qui leur eüt éténbsp;communiquée dans Ie cas dune épaiffeur plusnbsp;confidérable. II eft done intéreflant , pour lanbsp;perfeétion dun aimant que lon veut armer, denbsp;chercher la limite qui donne Ie maximum denbsp;vertu, ce qui ne peut fe faire qiia 1aide denbsp;divers tatonnemens.
1^4. Jufquici nous navons confidéré que les méthodes daimanter, qui fe pratiquent en mettantnbsp;un aimant en contaél avec un fer non-aimanté ,nbsp;OU en les tenant a une petite diftance lun denbsp;1 autre. Mais comme il étoit intéreflant pour lesnbsp;Phyficiens de communiquer une plus grandenbsp;vertu aux aiguilles de bouffole, que celle quinbsp;réfulte des operations précédentes, on a imagine
ï) tr M A G N'i T r S* Sr É.
iïifFérens procédés pour y parvenir. Le plus Uniple de tous confifte a frotter une verge de fer ounbsp;une aiguille DE {fig. 54) gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aimant AB,
dont on fait gliffer ie pole A dans toute la longueur de la verge, en répétant plufieurs fois Fopé-ration , amp; toujours dans le méme fens. On trouve alors que Fextrêmité D par laquelle les frictionsnbsp;ont coinmencé, a le méme magnétifme que lenbsp;pole A , amp; que Fextrêmité E, qui a recu lanbsp;derniere friction, eft douée du magnétifme contraire , ce qui eft une conféquence ncceflaire denbsp;la XhécHrie ( a ). Car, tandis que le pole A, quenbsp;jefuppofe pofitif, eft appiiqué fur la partie DC denbsp;la verge de fer,il repoufie le fluide de cette partie,nbsp;amp; le fait refluer dans les parties voifines CF,nbsp;FG, GH , amp;c i parvenu enfui te fur la partie CF ,nbsp;il repoulfe le fluide de cette partie vers D amp;nbsp;vers E cFoii il fuit que la partie DC recouvreranbsp;une certaine portion du fluide quelle avoitnbsp;perdu, tandis que la partie CF deviendra néga-
( a) Tel eft Ie procédé indiqué pariAuteur. Mals il paroitroit plus avantageux de commencer 1opérationnbsp;a une certaine diftance du point D, pour nêtre pointnbsp;dans Ie cas de produire dabord un effet contraire aunbsp;but de 1opération, amp; qiiil faut enfuite détruire. Dans lesnbsp;friclions fuivantes , on pourroit fe rapprocher par degrésnbsp;du point D, en éyitant cependant dy arriyer.
Théorie
tive, de pofitive quelle étoit. A mefure qne lè pole A paffera fucceffivement fnr chacune desnbsp;parties FG, GH, Hl, amp;c , il fera fortir de cesnbsp;parties une portion du fluide quelles conte-noient, pour Ie chaffer vers E amp; vers D ; ennbsp;forte que toutes les parties un pcii cloignées dunbsp;point de contaö, deviendront pofitives , par lac-cnmulation du fluide, amp; quil ny aura que lanbsp;partie en contaö avec Ie pole A, amp; les partiesnbsp;fltuées a une petite diftance, qui foient dans létatnbsp;négatif. Enfin, lorfque Ie pole A fera parvenu anbsp;lextrcmité E du barreau DE, il rendra cette ex-trêmité negative; amp; Texpérience prouve, qualorsnbsp;Ie pole D ayant acquis par des degres fucceflusnbsp;plus de fluide quil nen avoit dabord perdu, fenbsp;trouve dans létat politif.
Si Fon recommence Fopération, Ie pole D ayant un èxcès de fluide, fera moins évacuénbsp;par lacfion du pole A, que la premiere fois oiinbsp;il navoit que fa quantité naturelle; doii il fuitnbsp;que pendant Ie pafl'age de Faimant fur les partiesnbsp;iiltérieures CF, FG, amp;c , ie pole D acquerra plasnbsp;de fluïde quil nen avoit a ia fin de la premierenbsp;operation ; en forte que plufieurs friflions fuc-ce/Iives augmenteront ie magnétifme da barreau-Alais ces eflets feront très-Iimitcs, paree que Ienbsp;pole A détruit continueliernent prefquc tout Ienbsp;magnétifme quil avoit produit dans clisque
DU M A G 1} é T I S M É. I? partie du barreau *, en forte, quc cette raanierenbsp;daimanter, ainfi que lattefte 1expérience, eftnbsp;peu avantageufe , amp; feulement un peu plusnbsp;efficace que ne Ie feroit Ie fimple contact dunbsp;pole A, applique a rextrêmité E du barreau.nbsp;Car, comme ce pole , dans le cas d\me friamp;ion ,nbsp;agit immcdiatement fur tous les points du fer,nbsp;quoiquil produife a chaque point un efFet contraire a celui quil avoir |)roduit précédemment;nbsp;cependant la fomme de routes les petites accumulations du fliiide qui fe porte vers D, anbsp;mefure que Faimant , parvenu a une, certainenbsp;diftance de ce point, savance vers rextrêmiténbsp;E , cette fomme , dis-je , eft im peu au-deftusnbsp;de feffet unique , refultant du fimple contact dunbsp;pole A, qui nagit alors immcdiatement que fuKnbsp;un feul point du barreau, amp; demeure toujoursnbsp;éloigné du point oppofé, de route la longueurnbsp;-de ce barreau.
13^. Si, après avoir aimantc un barreau par le procédé qui vient detre decrit, on prend unnbsp;fecond aimant plus foible que le premier, amp;nbsp;quon le pafl'e de la même manierc fur le barreaunbsp;déja aimanté, celui-ci fe trouvera avoir perdunbsp;une quantite fenfible de fa force magnctique.nbsp;Get eft'et fmgulier, que Mufchenbroeck. a citenbsp;dans les Mémoires de IAcademie Delcimento,nbsp;feconde partie , page 80 , scxpiique tres-bien
Hans les principes de la Théorie de M. ^pinusr Car, fi Iextremite D, par exemple , étoit Ie polenbsp;pofitif du barreau, après les frictions du premiernbsp;aimant, il eft clair quen appliquant fur D Ienbsp;pole pofitif du fecond aimant, on détruit ennbsp;partie leffet du premier. La méme chofe a lieu,nbsp;par rapport a tons les autres points fitués versnbsp;E. II eft vrai qua mefure que le fecond aimantnbsp;sapproche de E , il refoule de nouveau fluidenbsp;vers D. Mais comme il a moins de force quenbsp;le premier aimant, il repoufle plus foiblementnbsp;les molecules , en forte que le point D , ainftnbsp;que les fuivans , ne recouvrent pas tout le fluidenbsp;quils avoient perdu, cn vertu du paflage im-mcdiat de Iaimant fur cliacun deux (a). Le
(a ) On pouvroit objefter que, fi le fecond barreau , cn allant de D vers E , neft pas capable de faire entrernbsp;autant de fluide, par exemple, dans la partie DC , quenbsp;le premier ny en edt fait entrer , a 1aide du refoulement, comme, dune autre part,il en avoir moins faitnbsp;fortir, il femble que tout fe trouve compenfé. Maisnbsp;cette compenfation na pas lieu. Car , fuppofons lenbsp;fluide de la partie DC divife en dix portions, aprèsnbsp;un nombre quelconque de friclions faites par le premier barreau. Suppofons de plus, quen rcportant furnbsp;DC le pole pofitif du barreau, on faffe fortir troisnbsp;parties de fluide, amp; qiien le faifant enfuite gllffernbsp;jufquen E, on faffe rentrer cinq parties-, le fegmentnbsp;CD fe troavera avoir acquis deux parties , ceft-a-dire^
5 u Magnétisme. 157 liarreau perdra done néceflairement de fa vertu,nbsp;pendant les frictions dn fecond aimant.
Si cependant eet aimant avoit peu de dureté, amp; qiie Ie barreau lui-m^e fut dun fer très-dur, amp; eüt acquis une grande vertu par lesnbsp;fridions du premier aimant, il pourroit fe fairenbsp;,que la force répulfive du pole D fur Ie pole Anbsp;fut telle , que celui-ci devint négatif de pofitifnbsp;quil étoit; amp; alors les fridions du fecondnbsp;aimant, loin de détruire la vertu du barreau,nbsp;ne pourroient que faugmenter.
Si, au lieu dun fecond aimant, on employoit un barreau de fer mou non-aimanté, il eft clairnbsp;que Ie barreau acquerant auffitbt une vertu negativenbsp;dans Ie pole en contad avec D, il pourroit arrivernbsp;la même chofe que dans Ie cas précédent, amp;nbsp;il eft fingulier de dire quun barreau non-aimanté aiigmente , par fes fridions, la vertunbsp;les \ ctv furplus de ce qui étoit forti. Suppofonsnbsp;maintenant quen placant fur DC Ie pole pofitif dunbsp;fecond barreau, au iieu de celui du premier, onnbsp;neftt fait fortir que deux parties de fluide au lieunbsp;de trois ; alors, pour que 1efFet de la fridion vers Enbsp;fe trouvat égal a celui de la friöion du premiernbsp;barreau, il faudroit quelle fit entrer quatre portionsnbsp;de fluide dans DC, ceft-a-dire, Ie double de ce qiiinbsp;feroit forti. Or, il eft évident que Ie barreau na pasnbsp;alTez de yertu pour produire eet effet.
Théorie
dun barreau aimanté, tandis quil peut fe fau'ö-quun veritable aimant Ia diminue.
1315. On connoit un autre procédé beaucoup plus effieace , inventé par M. Micheli, amp; quinbsp;porte Ie nom de méthode, du double contact.nbsp;Voici en quoi il confiftp, On prend deuxnbsp;barreaux aimantés AN , BQ {fig. 35 ), que Ton-drelTe verticalement a une petite diftance Tunnbsp;de lautre, de maniere que leurs poies oppofésnbsp;foient tournés du méme cóté. Concevons quenbsp;A foit Ie pole pofitif du barreau AN , amp; B Ienbsp;pole négatif du barreau BQ. Ayant placé cesnbsp;deux barreaux fur la verge DE que lon fenbsp;propofe daimanter ^ en forte que leurs polesnbsp;A, B, foient a égale diftance des extrémitésnbsp;D, E , on les fait glilTer dun bout a lautrenbsp;de cette verge , en les maintenant toujoursnbsp;écartés entreux de la méme quantité , amp; fansnbsp;leur permettre de dépalTer les extrémités, Ainfi ,nbsp;quand Ie pole B, par exemple , eft arrivé présnbsp;du point E , on ramene les deux barreaux dansnbsp;Ja direSion oppofée vers Ie point D, amp; onnbsp;recommence comme la premiere fois. Lorfqua-près plufieurs friélions, les barreaux fe retrouventnbsp;vers Ie milieu de la verge DE, on les enlevenbsp;fuivant leur direélion perpendiculaire a cettenbsp;verge. Alors celle-ci fe trouve beaucoup plusnbsp;fortement aimantée que dans aucun des cas
ï) tr M A G N É T I S M E. précédens ^ amp; cela de maniere quune moitiénbsp;FE , OU 'a peu-près , de fa longueur , eft dansnbsp;létat poll rif, amp; lautre moitié DF dans letaenbsp;négatif, a moins que cette longueur ne foitnbsp;telle , que la verge ait acquis des points con-féquens.
Examinons plus en détail les efFets que doic produire cette méthode. Soit m, une moléculenbsp;de fluide fituee vers Ie milieu F de la verge DE.nbsp;Ie pole pofitif A tend a repouffer cette molecule , fuivant la direélion mq, tandis que Ie polenbsp;négatif B tend a lattirer dans la même direciion.nbsp;II en faut dire autant de toutes les autres molecules fituées entre les poles AB. Concevonsnbsp;que les deux aimans foient portés vers E. Anbsp;mefjre quils sapprochent de ce point, Ie fluidsnbsp;renfermé entre leurs poles, eft follicité a tendrenbsp;vers cette extrêmité ^ en forte que les aélionsnbsp;fimultanées des deux poles A , B , confpirent anbsp;Iaccumiiler dans toute la moitié FE de la vergenbsp;DE. Pendant Ie retour des deux aimans de Enbsp;vers D , Ie fluide étant continuellement folliciténbsp;a fe mouvoir dans la direftion mq ^ il eft clairnbsp;que les parties fituées vers D sévacuent fans-cefle , amp; que celles qui font voifmes de E con-tinuent de fe remplir.
Les poles A , B , agifient aufti fur les autres molecules , telles que n, ^, qui ne font pas
interceptées entreux; par exemple , Ie pole A tend k repoulTer la molecule n vers D, amp; parnbsp;conféquent nuit a 1elFet general que 1on a ennbsp;vue dobtenir. Mals en même-temps Ie pole Bnbsp;attire cette molecule vers E ; fi elle fe trouvoit a.nbsp;égale diftance des poles A , B, que lon fuppofenbsp;de méme force , elle ne feroit ni attirée , ninbsp;repouffée , amp; [re.fteroit immobile ; en forte quenbsp;lelFet total nen fouffriroit aucune alteration.nbsp;Mais la molecule étant plus éloignée du pole Bnbsp;que du pole A, celui-ci a plus daclion fur elle ;nbsp;en forte quelle eft repouflee vers D , en raifonnbsp;de la difference des forces de A amp; de B. Ce-pendant, comme les deux poles font a une petitenbsp;diftance Ilin de Iautre , cette difference eft peunbsp;confiderable, amp; Iaffion des deux poles fur lanbsp;moleculen; ( il en fautdire autant de cettenbsp;affion fur une autre molecule ^ fituee vers E ) ,nbsp;noccafionne aucun cliangement bien fenfible dansnbsp;le fluide fitue hors de Iintervalle de ces poles.nbsp;Et,ccmme dailleurs cette adion opere tres-efficacement dans Iintervalle dont il sagit, on.nbsp;concoit comment cette méthode daimanter doit,nbsp;produire un grand effet fur la verge DE.
137. Il refulte de cette méthode un autre a'^ntage précieux, qui confifte en ce que le centrenbsp;magnetique fe trouve précifément au milieu denbsp;la vepge, ce qui eft très-intéreflan: par rapport
DU Magnétisme. i6i
aux aiguilles de bouffole. Cet effet provient, amp; de ce que les forces qui tendent a. acciimuler Ienbsp;fluide dune part,font égales a celles qui tendentnbsp;a Ie repoulTer de 1autre, amp; de ce que Ie nombrenbsp;des fridions fur les deux moitiés DF, FE de lanbsp;verge , eft Ie méme pour Tune amp; lautre , ennbsp;fuppofant, comme nous 1avons dit , quaprèsnbsp;avoir conduit dabord les aimans de b' en E, onnbsp;les ramene de D en F, pour terminer lopérationnbsp;au point F.
138. nbsp;nbsp;nbsp;La force des poles a néceflairement unenbsp;limite , pafte laquelle on continueroit inutile-ment lopération pour augmenter Ie magnëtifmenbsp;de la Verge DE. Cette limite a lieu, lorfquenbsp;la force répulftve mutuelle des molecules quinbsp;fe font accumulées dans la parrie FE eft telle,nbsp;que 1adion quelle exerce fur la molécule m, parnbsp;exemple, fait équilibre a la force qu'exercentnbsp;les poles A, B, pour chafler cette moléculenbsp;vers E.
139. nbsp;nbsp;nbsp;On feconde ladion des poles A, B , en
placant la verge DE entre deux aimans G,H, (fig- 3^)1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poles, qui regardent les
extrêmités D , E, font dans un état contraire a celui que lon fe propofe de produire dans cesnbsp;mémes extrêmités. On pent auftl fubftituer auxnbsp;aimans G, H, deux parallélipipedes de fer doux,nbsp;qui produiront k peu-près Ie même effet. On en
L
i6z
Théorie
concoit aifément la raifon, daprès ce qui a été dit plus haut.
iq-o. On a ordinairement au moins quatie
barreaux , dont deux, favoir, GH, FE (j?^. 37 )» lon fuppofe avoir déja un commencement de magnétifme, font difpofés, commenbsp;Ie repréfente la figure, entre deux parallélipi-pedes de fer mou BA, DC ; en Ibrte que fi G,nbsp;par example, eft Ie pole boreal du barreau GH,nbsp;E doit étre le pole auftral du barreau £F. Onnbsp;prend les deux autres barreaux dont on fe fert,nbsp;comme pour la méthode du double contaél quenbsp;nous avons expofee plus haut, en les faifantnbsp;pafler a plufieurs reprifes, dabord fur route lanbsp;longueur dun des barreaux GH, puis fur cellenbsp;du barreau FE; amp; enfin fur les faces inferieuresnbsp;des memes barreaux, apres avoir retourné ceux-ci. On concoit que, dans cette operation, lesnbsp;parallelipipedes de fer doux, amp; celui des deuxnbsp;barreaux, que Ton naimante pas aduellement,nbsp;contribuent a feconder Iadion des deux barreauxnbsp;que Ton tient a la main , par rapport a celui furnbsp;lequel on opere.
On fubftitue enfuite les deux barreaux qui ont fervi aaimanter les autres,ala place de ceux-ci,nbsp;auxquels on fait faire la même fondion, en lesnbsp;employant pour augmenter la vertu des deuxnbsp;premiers,. amp; ainft de fuite ^ en forte que les
DU Magnétisme. i6^ aunans pris deux, a deux fe fuccedfent les ïinsnbsp;aux autres , jufqua ce quils aient acquis tout Ienbsp;rnagnétifme dont ils font fufceptibles, après quoinbsp;lüxt sen fert pour aimanter des aiguilles denbsp;bouffoles, amp; autres corps de la même nature.
141. Lavantage de la méthode du double contaft dépend, comme on la vu, de ce que lesnbsp;particules interceptées entre les poles A, B,nbsp;{fy. ), éprouvent, de la part de ces poles,nbsp;deu^ aétions fimultanées , qui concourent a 1efletnbsp;que Ton fe propofe dobtenir, tandis que les particules fituées hors de lintervalle des mêmesnbsp;poles , ne font follicitées que par de très-petitesnbsp;forces contraires a ladion des deux poles, rela-tivement au but general de Fopération. II femblenbsp;dabord, que la pofition la pgt;lus favorable quenbsp;lon puiffe donner aux aimans AN, BQ, pournbsp;produire un très-grand efiet, foit celle oii lesnbsp;poles A, B , feroient Ie plus rapprochcs quil eftnbsp;polTible Fun de Fautre. Car, dans ce cas, chacunnbsp;des deux poles étant très-voifin de la moleculenbsp;m, fon aétion fur cette molecule paroit devoirnbsp;étre très-puiflante. Dune autré part, nous avonsnbsp;vu (136), que plus les poles A, B éroientnbsp;rapprochés , amp; moins ladion perturbatrice quilsnbsp;exercoient fur les molecules n, ^ , étoit fenfible.
Mais il sen faut bien que ce raifonnement foit exad. Obfervons en effet, que la force dun
164 Théorie
harreau magnétique agit diveifement des difFé-rens points de ce barreau; par exemple, la partie inférieure du barreau AN , étant dans letat po-fitif, tandis que la partie fupérieure efl: dansnbsp;létat négatif, il eft clair que les aöions desnbsp;deux parties ne font pas inhérentes aux pointsnbsp;A , N , mais quelles font compofces dune multitude daétions particulieres, qui partent desnbsp;différens points du barreau. Or , routes cesnbsp;aftions, daprès les principes de la ftatique, peu-vent étre confidérées, comme réduites en unenbsp;feule qui feroit leur réfultante. Suppofons donenbsp;que r,s, foient les deux points dans lefquelsnbsp;toutes ces aölons font cenfées étre reunies. Nousnbsp;appellerons dans la fuite ces points les centresnbsp;daclions. Cela poie , il faut confidérer les forcesnbsp;des deux barreaux AN , BQ, comme fi ellesnbsp;agiflbient des points r, fuivant les lignesnbsp;rm, sm, qui feront nécelTairement obliques parnbsp;rapport a la longueur DE du barreau. Dans cenbsp;cas , chacune des forces fe décompofe en deuxnbsp;autres, Tune perpendiculaire fur DE , 1autrenbsp;parallele k cette même ligne; or, la force quinbsp;agit, fuivant la premiere direftion , ne pouvantnbsp;contribuer au mouvement de la molecule m versnbsp;. E, il ny a que la force parallele a DE, quinbsp;tende a produire 1elFet que 1on a en vuenbsp;dobtenir.
DU 7vl G N É T I S M E. nbsp;nbsp;nbsp;1
Prolongeons indéfiniment les lignes rm, ms (fig. 5 S ) , amp; prenons fur ces lignes ainfi pro-longées, les parties mt^ mp ^ égales entrelles, amp;nbsp;qni foient cenfées repréfenter les forces, fuivancnbsp;rm, sm. Si ion termine Ie parallclogrammenbsp;mtp^^ la diagonale mq de ce parallélogrammenbsp;reprél'entera laélion des deux forces, fuivant rm,nbsp;ms ^ relative au bat de lopcration.
Or, il eft évident que cette diagonale croit a mefure que Tangle rms des deux forces devientnbsp;plus ouvert. Mais en même-temps les diftancesnbsp;r, s, des centres dadions augmentent; doü ilnbsp;fuit que les deux forces diminuent a eet égard, amp;nbsp;que la force réelle , repréfentée par la partie de lanbsp;direftion mq qui lui eft proportionelle, décroitnbsp;auftlfous méme rapport; en forte qua une diftancenbsp;infinie, chacune des deux forces rm ^ ms ^ étantnbsp;réduite a zéro, la force repréfentée par la diagonale , eft elle-même zéro. Dune autre part, plusnbsp;la diftance entre les points r, S', eft petite , plus,nbsp;'a eet égard, les deux forces augmentent. Maisnbsp;en méme - temps leurs direftions devenantnbsp;plus oppofées a celle de la diagonale , Ia force,nbsp;repréfentée par cette diagonale, diminue ; ennbsp;forte quelle devient nulle dans Ie cas oii lesnbsp;deux centres r, r, font cenfés fe confondre ennbsp;un feul point.
On voit done quil y a , par rapport a Tangle
L iij
rms, une certaine mefure moyenne, qui donne poer Ia force dont il sagit, la plas grande valeurnbsp;polTible. Cette mefare depend de la loi fuit-antnbsp;laquelle agit Ie fluïde magnétique , k raifon desnbsp;diftances. M. -®pinus fuppofe que cette aftionnbsp;eft fimplement en raifon inverfe des diftances,nbsp;amp; il trouve que la force qui agit dans Ia direction TTz^, eft la plus grande polTible , lorfque rfnbsp;eft égale a fm , ceft-a-dire , lorfqne Tangle rmsnbsp;eft drolt {a).
(lt;j) Ceux qui pofiedent les premiers élémens de Ia Geometrie , ne feront peut-être pas fachés de trouvernbsp;ici une démonftration fort fimple de ce cas, que iainbsp;fubfdtuée a celle que M. j^ipinus donne par Ie calculnbsp;diffërentiel. Elle fervira a leur faire mieux concevoir ennbsp;quoi confifte Ie maximum de force dont il sagit. Soiencnbsp;rm , op, gu, amp;c. fig- 59 plufieurs pofitions fuc-ceflives dun des barreaux , dont on fuppofe Ie centrenbsp;daffion aux points r, o, g, amp;c. Du milieu C de rm^nbsp;tragons la demi-circonférence rgn ; menons les lignesnbsp;mo, mg, amp;c , amp; par les points a , b , See, oil cesnbsp;lignes coupent la demi-circonférence, faifons pafTernbsp;ak , bx f Scc , perpendiculaires far Ie d.iametre rm.nbsp;Menons enfin les cordes ra,rb, amp;c , qui feront évi-demment perpendiculaires fur mo , mg, Scc.
Les forces étant fuppofées agir en raifon inverfe des diftances, la force au point r eft a la force au . pointnbsp;o, comme om eft a rm. Mais dans Ie triangle redlanglenbsp;rom, rm eft moyenne proportionnelle entre om 8c am ,
DU Magnétisme. 167 Mais M. Coulomb a prouvé, ainll quon Ienbsp;verra plus bas, que Ie magnétifme agit commenbsp;iéleöricité (39), ceft-k-dire, en raifon in-verfe des quancs des diftances. Jai cherché quelnbsp;etoit dans ce cas Ie maximum de la force fuivantnbsp;mq, amp; iai trouvé quil avoir lieu lorfque la lignenbsp;fm étoit a la ligne rf^ dans Ie rapport du cóténbsp;du quarré a la diagonale , ceft-a-dire, lorfquenbsp;Tangle rms étoit de 70* \ a peu-près (a), Cetnbsp;doii il fuit qua Ia place du rapport om eft a r«,nbsp;on peut fublVituer Ie rapport rm eft a am. Done , fi 1onnbsp;repréfente maintenant par rm la force au point r, cellenbsp;au point o fcra repréfentée par am. On prouvera de mêmenbsp;a 1aide du triangle redlangle rgm, que la force au pointnbsp;g eft repréfentée par hm. Mits la force 'am, par exem-ple, étant oblique, fe décompofe en deux direftions,nbsp;1une km, 1autre ak, 8c la feule qui agilfe pour fairenbsp;avancer Ia molecule m vers n. Pap une raifon fem-blable , la force hm, relativement au mêm? effet, fenbsp;réduit a bx. Or, tous les points a,b, amp;c , étant furnbsp;la circonférence dun eerde, il senfuit que la plusnbsp;grande force fera Ie rayon ¦ ce qui a lieu lorfquenbsp;iangle rmi ou rmi eft de 4j'.
(a) La veritable valeur de cet angle eft 70^, 3 i', 44quot;. Tel eft Ie réfultat que ma donné direélement Ie calculnbsp;différentiel. On pourroit aufll Ie déduire des propriétésnbsp;du eerde par la Géor.iétrie fimple. Car en raifonnantnbsp;comme ci-delTus, amp; on fubftituant a la place des lignesnbsp;,om,rm, amp;c , leurs quarrésnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;am', 8cc , on trou'
yera que la force oHique eft ici repréfentée par iÜh'-,
L iv
angle ne peut étre determine que par Ie calcul. Mais on concoit, a laide de Ia feule raifon ,nbsp;quil doft être fenfiblement moindre que celui denbsp;pc'*, quA a lieu pour Ie cas du rapport inverfenbsp;des fimples diftances. Car, dans lautre cas, lesnbsp;forces dccroiffant en plus grand rapport, doiventnbsp;atteindre plutot la limite qui donne leur maximum ; en forte qv.e les pofitions doii dependentnbsp;cette limite, interceptant im efpace plus reiTerré ,
OU bin-, 8ic , au lieu de 1être fimplement par am on hm. Or, dans ce dernicT cas, la force réeüe eft a Tonnbsp;maximum, lorfque Ie produit mk par kr des deuxnbsp;parties du diametre eft 1 e plus grand pofTible , ceft-a-dire , lorfque mk égale k.r ; ce qui a lieu au centre C.nbsp;Mais, a caufe du triangle i eSangle war,ara eft moyennenbsp;proportionnelle entre mk S 't Ie diametre mr, qui eft unenbsp;conftante; doii il fiiit que Ic quarré de la force obliquenbsp;croit amp; décroit comme mk. Vonc , lorfque la force oblique eft égale au quarré mêm ede am, comme dans Ie casnbsp;préfent, Ie produit mk par i 'f, devient mk' par kr. Or,nbsp;ce produit eft Ie plus grand ' pofllble , lorfque mk eftnbsp;double de kr, comme il eft a de Ie fentir, en faiiantnbsp;Iopération fur des nombres. P wexemple, Ie plus grandnbsp;produit du quarré diine des parties de ix par Pautrenbsp;partie , a lieu , lorfque ces d eux parties font 8 amp; 4 gt;nbsp;ce qui donne quatre fois 64,0 U pour Ie maximumnbsp;cherché. Maintenant Ie cas oii t/ifc eft double de kr ^nbsp;eft aufii celui oii mk eft n ak, , comme la diagonalsnbsp;du quarré eft au cóté. Done, i te.
DU Magnétisme. 169 Tangle dont les cótcs sétendent aiix extrêmitésnbsp;de eet efpace, dolt par-la inême fe trouver plusnbsp;petit*.
II Tuit encore des experiences amp; des calculs du favant Académicien que nous venons de citer,nbsp;que dans un barreau de pouces de longueur,nbsp;les centres daftion des poles font a environ dixnbsp;lignes de diftance des extrémités. Or, en fuppofantnbsp;que les deux barreaux AN,BQ {fig. 35 ),aieni-cette dimenfion , amp; en négligeant Taöion dunbsp;pole fupérieur, qui eft peu fenfible , paree quellenbsp;sexerce très-obliquement fur la molecule m, onnbsp;trouve que Ie maximum de force a lieu, lorfquenbsp;les deux barreaux font écartés Tun de Tautre dunnbsp;peu plus de 14. lignes.
II faut done reconnoitre que la méthode du double contaA, telle que Tont employee MM.nbsp;Micheli amp; Canton , quoique preferable a toutesnbsp;celles qui avoient été imaginées jufqualors, a unnbsp;defaut effentiel. Car, comme en faifant ufage denbsp;cette méthode, on eft oblige de tenir les polesnbsp;A , B, a une certaine diftance, pour ne pas tropnbsp;aflbiblir leur vertu , il arrive delk que les partiesnbsp;des forces qui agilTent fur les molecules rz, ^nbsp;qui tendent, ainli qaon Ta vu, a détruire Teft'etnbsp;principal de Topération, confervent toujours unenbsp;quantité fenfible de leur aélion perturbatnee.
142. On peut vérifter ceci par Texpérience ,
IJO en prenant deux barreaux magnétiques, que roitnbsp;placera perpendiculairement fur une des faces dunnbsp;autre barreau DE ( fig. /,o ), qui foit de fer mou,nbsp;de maniere que A par exemple, étanc Ie polenbsp;pofitif dun des aimans , B foit Ie pole négatifdenbsp;lautre. II eft évident que, dans cette circonf-tance, cliacun des poles A, B, tend b. communi-quer a Ja partie du barreau DE, qui eft en contaftnbsp;avec lui, iin magnétifme contraire au fien, amp;nbsp;que parconféqucnt il exerce une force attradivenbsp;fur cette partie. Or , la quanticé demagnctifmenbsp;acquife par les parties GF, FH, lituées fousnbsp;les poles A, B, dependant, iufqua un certainnbsp;point, de la diftance des centres daclion, lat-traftion de ces mémes poles fur Ie barreau DE ynbsp;depend aulli de cette diftance. Cela pofé, fi fonnbsp;tient dabord les deux barreaux en contad lunnbsp;avec laiitre, amp; quon les-écarté enfuite peu-a-peu, on obfervera que leur force attradive, parnbsp;rapport au barreau, qui dabord ctoit prefquenbsp;nulle , croitra jufqua une certaine limite , paftenbsp;laqiielle elle ira en diminuant.
143. M. uEpinus a imagine un moyen pour perfectionner la métliode du double contad , amp;nbsp;en augmenter notablement leSet. Nous avonsnbsp;vu que , dans Ie cas oii les centres dadion.nbsp;ctoient places en r amp; en r, {figgt;3S ), 1anglfinbsp;rms Ie plus favorable, étoit celui de 70* -j (i4^)*
DU M A G N i T I S M E. 171
Alais ceci fnppofe qi;e lon neft pas maitre de rapprocher ces centres, de la verge DE, ceft-k-dire, que les barreaux AN , BQ , confervent unenbsp;pofition verticale. Car, il eft clair que fi , parnbsp;quelqiie ir^oyen , on pouvoit ramener les centresnbsp;d adion plus pres de DE , en confervant la mémenbsp;longueur anx barreaux-AN , BQ, Tadion desnbsp;deux poles fur la molecule m , augmenteroit tou-jours de plus en plus. Alors en efiet, la partie fm,nbsp;OU mh {fig. 5^ ), qui repréfente ladion.des poles,nbsp;deviendroit toujours plus grande, a proportion denbsp;la partie rf^ sg, qui repréfente la force perdue;nbsp;en forte que li les centres dadion fe trouvoientnbsp;fur la méme ligne que Ie point m , Fadion desnbsp;poles fur la molecule m feroit a fon maximum.nbsp;Cela pofé, concevons que lon incline les barreaux AM, BN, ifz ), de maniere quenbsp;les centres dadion r, j, décrivent les arcs rR,nbsp;jS ; il eft clair qualors les centres fe rapprocbe-ront de la verge ED, doü il fuit, que, dansnbsp;cette pofition , ladion des barreaux fur la molecule m saccroltra confidcrablement. - Cettenbsp;methode permet de rapprocher les poles A, B,nbsp;leaucoup plus que celle de MM. Micheli amp;nbsp;Canton , puifque Fon na plus a craindre quenbsp;Cette proximité naltere les forces fimultanées desnbsp;barreaux fur la molecule m.
Mais de plus, un grand inconvenient de Ia
I7Z nbsp;nbsp;nbsp;T H É o R I F
méthode du double contad, confifte en ce que lattradion amp; la répulfion des centres dadionnbsp;fur les molecules n, q, tendent a détruire lefFetnbsp;principal. Or, Ia méthode de M. vïlpinus parenbsp;encore, en grande partie, a eet inconvenient.nbsp;Car les centres r, venant 'a dépaflèr les molecules fituées vers n, pendant Iinclinaifonnbsp;des barreaux , ladion de ces centres sexercenbsp;alors fur les molecules dont il sagit, dans lesnbsp;mêmes diredions que fur la molecule nt, amp; con-court ainfi au faccès de lopération, au lieu dynbsp;faire obftacle.
Pour procéder fuivant cette méthode que M. l^pinus appelle Méthode-du double contact cor-rigée^ il ne sagit done que dincliner les barreauxnbsp;magnétiqueS ML , IK , comme on Ie voitnbsp;42- ) j en lailTant fimplement entre leurs polesnbsp;une diftance de quelques lignes, amp; de manierenbsp;quils faffent avec la verge EF un petit anglenbsp;de 115 OU 20 degrés. Du refte,on opere commenbsp;par la méthode du double contad. La compa-raifon des effets produits fucceffivement par 1unenbsp;amp; lautre méthode , a laide des mêmes barreaux»nbsp;conlpire, avec ia Théorie, a prouver la fupério-rité de Ia feconde.
144. II femble dabord quil feroit encore pit** avantageux de coucher tout-a-fait les barreauxnbsp;ML, IK, fur Ia verge EF, puifqualors leffet
il
DU Magnétisme. 173 des centres daótion feroit Ie plus grand pollible.nbsp;Maïs ii faut obferver que dans ce cas, les polesnbsp;L, E, ( amp; il en faut dire autant des poles K, F) ,nbsp;fe trouveroient en contad, a chaqae friction; amp;,nbsp;comme ces poles ont un magnétilhie homogene,nbsp;Ie pole L tendroit a détruire Ie magnétifmenbsp;déja communiqué au pole E, amp; ainfi des deuxnbsp;autres poles ; au lieu que 11 lon écarté ces polesnbsp;dune certaine quantité, cette caufe deftruétivenbsp;devient peu fenfible.
.ii
i4'5. Ce qui precede nous conduit a une re-marque importante fur les aimans naturels garnis dune armure. Car, 11 un pared aimant, que Tonnbsp;fuppofe être dune bonne qualité, a une telle longueur, que les poles de fon armure foient a une dif-tance beaucoup plus grande ou plus petite, Iun anbsp;légard de 1autre , que ne Iexige le cas dii maxi'nbsp;mum, on concoit que cet aimant nacquerra point,nbsp;k Iaide de Iarmure, une vertu aulli confidérablenbsp;quon eut pu lefpérer. Au contraire, un aimantnbsp;dune moindre qualité, mais qui auroit une juftenbsp;longueur , pourra acquérir , proportion gardée ,nbsp;plus de vertu que le précédent, par le moyennbsp;de Iarmure. Ceft probablement dela que vien-nent, du moins en partie, les phénomenes lln-guliers que Ton a obfervés en armant des aimansnbsp;iiaturels, amp; dont on lit le détail dans les dilFérensnbsp;Auteurs qui ont écrit fur le magnétifine.
174 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
14(5. II fuit encore de ce qiii a été dit plus haut, que la force des aimans faits en forme denbsp;fer-a-cheval, depend bearicoup de leur courbure,nbsp;puifque celle-ci determine lécart des poles C, D,nbsp;43 )nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maitre de faire
varier. Or, comme les centres da(ftion de ces poles font très-rapprochés des extrêmités (141) ?nbsp;amp; que Tangle Ie plus favorable fous lequel agiflentnbsp;les dire(3:ions des forces qui partent des centresnbsp;daélion, eft un angle aigu de 7o ^, il en.nbsp;rcfulte que Técart qui donne Ie maximum dac-tion doit être peu conildérable a proportion denbsp;¦Ia longueur des branches. Mais ce rapport nenbsp;peut gaeres étre determine avec précifion, quenbsp;par Texpérience.
147. Voici ce que prefcrit TAuteur,pour aiman-ter fortement un fer courbé en fer-a-cheval. Après avoir couché ce fer a plat fur une table, placez anbsp;fes extrêmités C , D {fig. 43 ) ¦gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poles
oppofés de deux barreaux aimantés AC , BD y de maniere que les longueurs de ceux-ci foientnbsp;perpendiculaires aux branches du fer-a-cheval,nbsp;comme Ie repréfente la figure. Soit C Ie polenbsp;boreal de AG, amp; D Ie pole auftral de BD.nbsp;Prenez deux autres barreaux fortement aimantésnbsp;EF, GFI, amp; après les avoir difpofés, commenbsp;pour, la méthode corrigée du double contaét ,nbsp;placez leiirs poles E , G, fiir Ie milieu du fer-a-
DU Magnétisme. i7lt;j cheval, amp; faites glifler les deux barreaux futnbsp;toute létendue de fa courbiire, en allant de Cnbsp;vers D , amp; de D vers C, précifétnent comme finbsp;CKD étoit un barreau droit. Ramenez enfin lesnbsp;barreaux EF, GH, fur Ie milieu K de la courbe ,nbsp;pour terminer la lopération , amp; répétez lesnbsp;mémes fridions liir la face oppofëe du fer-a-cheval.
148. Ordinairement on difpofe les deux bar* reaux AC, BD, parallélement lun a lautre ,nbsp;comme on Ie voit {fig. 44)*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;il eft plus
avantageux de leur donner la fituation refpe«3:ive reprëfentée par la fig. 45. Car, foit C Ie polenbsp;pofitif de laimant AC {fig- 44)» ^ D Ie polenbsp;négatif de laimant BD. Le pole C agit fur lanbsp;molecule m pour la repouffer; mais le pole Dnbsp;agit fur la méme molecule pour 1attirer. Con-cevons que le centre dadion du barreau BD foknbsp;en g. La molecule m fera attirée par ce centre,nbsp;fuivant gm; mais cette aflion fe décompofe ennbsp;deux autres , 1une , felon mn , lautre , felonnbsp;Or, celle-ci eft direöement oppofée a laftion dunbsp;pole C fur la molecule m. II en faut dire autantnbsp;des molecules fituées dans la branche DK, hnbsp;legard dclquelles 1aöion attradive du pole D eft^nbsp;diminuée par une partie de la force répufive dunbsp;pole C. Or, plus Tangle gmq eft confidérable, amp;nbsp;plus la force perturbatrice, repréfentée par «2^,
, V '
lyó nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
eft petite. Done, (I Ton fuppofe qne cet angle augmente jufqiia ce que les deux lignes mq, mg,nbsp;fe trouvent fur la même diredion, ce cas feranbsp;celui oil la force perturbatrice fe trouvera a fontnbsp;minimum. Or, il eft clair que 1on obtient cettenbsp;condition, en difpofant les bareaux AC , DB ,nbsp;comme dans la fig. 43. Done , amp;c.
V. De la. hi que fuit Taclion du jluide magnè-tique, d raifon des dijlances.
145. La facilité avec laquelle on explique lej principaux eftets que prefentent les corps aiman-tes, en admettant, pour la Théorie du Magiae-tifme, les mêmes principes fondamentaux quenbsp;pour celle de rEledricite ( xoo ) , nous fuggerenbsp;deja line raifon danalogie, qui nous porte knbsp;croire que le fluïde magnétique lliit la ineme loinbsp;que le fluïde éledrique , a raifon des diftances.nbsp;Mais, comme en Phyfique , les preuves diredesnbsp;font toujours preferables de beaucoup a celles quinbsp;fe tirent de la feule analogie , M. Coulomb seftnbsp;propofe de rechercher fi 1expérience donneroitnbsp;pour le fluide magnétique les mêmes réfultatjnbsp;quil avoit obtenus par rapport au fluide éledri-quef, a Iaide de la balance dont nous avonsnbsp;donne la defeription ( 39 )
150.
D Ü 1'vl. A G N E T I S M É. Xjf
1^0. Mais il faut obferver qiie les épreuves relatives au magnetifme, exigeoient une recherche préliminaire , qiii ëtoit inutik a légard desnbsp;experiences faites fur k maniere dagir du fluïdenbsp;éleclrique. Dans ces dernieres experiences , lesnbsp;corps qui satthent ou fe repouffent, font diinenbsp;forme globnleufe. Or, qn fait que quand desnbsp;corps de cette forme sattirertt ou fe repóiuTent^nbsp;en raifon inverfe du quarré des diflances , leursnbsp;aftions s exercent, comrne fi tonte leur matietenbsp;étoit reunie au centre (a). Mais dans lés-experiences 'magnétiques, ce fogt;it des barre'aux onnbsp;des aiguilles que lon emplole, ceil-a-dire , desnbsp;corps allonges; amp; alors il faut des experiencesnbsp;particulieres , pour determiner les points dansnbsp;lelquels les forces, qui sexercent da toii'tbs lesnbsp;diffiirentes parties de ces corps , font cenfées étïénbsp;entrees (i).
( it } Les parties fituées entre Ie centre dc chaquff corps Sc Iautro corps, sattircnt ou fe repouffent plusnbsp;que les centres , .Sr ceux-ci plus que les partjesiilfé-rieures. Or j dans Ie cas de la raifon inverfe dii quarranbsp;des didar.ces, il y a conipenfadon entre les axlionsnbsp;plus fortes amp; plus foiWes que celles qui partent dunbsp;centre ; en forte que leur fomme eft Ia mème que flnbsp;routes les parties agiiToicnt du centre, .
{h) Ces points font les memes qué nous avons deja appelles hs centres daction.
u
J78 nbsp;nbsp;nbsp;T H IÉ o S. I fi
Nous donnerons ici une idee du pro« cédé k Iaide duqiiel M. Coulomb a determinenbsp;les points dont il sagit. Ce Phyficien iSilpen*nbsp;dit a un fil de foie une aiguiile magnétiquenbsp;de trois pouces de longueur. On feit en generalnbsp;quune aiguille ainli lufpendue fait dabord dif-férentes dicillations, qui vont toujours en di-minuant,, jufqua ce quenfin elle sarrête fur unenbsp;ligne dirigée a peii-près du midi au nord, amp; quenbsp;lon appelle méndicn magnétique. Nous donnerons dans la fuite des détails plus étendus furnbsp;cette direction, dont nous expoferons la caufe,nbsp;Quand ralguille fe fut arrêtée, M. Coulombnbsp;traca fon méridien magnétique au (fig. ^ ilnbsp;tira fur ce méridien des perpendiculaires bc^nbsp;amp;C. a la dillance dun, de deux , de qua-lt;re, de huit amp; de feize pouces, comme Ie repré-fente la figure.
II prit enfiiite un fil dacier bien aimanté, de vingt-cinq pouces dc longueur, amp; lappliqua fuc-ceïïlvement fur ces diffcrentes perpendiculaires.nbsp;Alors Taiguille federangeoitde fepofition, amp; nynbsp;revenoit que quand Ie fil dacier lui-même avoir prisnbsp;une certaine fituation. Car fuppofons par exemple,nbsp;que SN repréfen'te ce fil couché fur la perpendiculaire de maniere que fes extrêmités S, N,nbsp;ibient routes les deux en deck du méridien magnétique du cöté de ig. Soit n Ie pole négatif
ï)U Magnétisme. *7^
de 1aiguille , a fon pole poffitif, n Ie centre düftion du pole pofitif S du fil dacier, 6c x' celui du pole négatif N. Dune part, laöion de xnbsp;attire Ie pole n de Taiguille^ amp; repoufle Ie polanbsp;a (io8), amp; ces aftions coticourent pour fairenbsp;tourner laiguille fuivant larc np. Mais dunsnbsp;autre part, Faction de x' lepouflele pole n denbsp;laiguille amp;c attire Ie pole a , amp; ces adionsnbsp;confpirent aulTi a faire tourner Faiguille , niaisnbsp;en 1'ens contraire, ceft-a-dire , fuivant larc nk*nbsp;Or, ] es poles T,x', agilTant iiiivant des directions amp; avec des forces dilFérentes , il arrivenbsp;que , felon les diverfes pofitions quon leur faicnbsp;prendre , amp; les diverfes diftances auxquelles onnbsp;les place a Fégard de laiguille, tantót la forcenbsp;du centre x 1emporte fiir celle du centre x' ,nbsp;tantót ces deux forces font cgales , amp; tantót lanbsp;derniere devient prépondéiante.
M. Coulomb, pour premiere épreuve, fit gliller Ie 'f.1 SN fur la premiere perpendiculairenbsp;bc , en allant de c vers b, jufqua ce que Fa:.-guille fe trouvat rameiiée fur fon méridien ma-gnétique, amp; il obferva qualors Ie fil dépalToitnbsp;Ie méridien , vers b, dune quantité eS égalenbsp;a environ dix lignes. Le fil, tranfporté enfuitenbsp;fur la feconde perpendiculaire df ne depaflbicnbsp;plus le méridien, dans le même cas , que dcnbsp;neuf lignes^ fur la troifieme perpendiculaire ^
M ij
I So
T H É O R I Ê il depafFoit le méridien de liiiit lignes ; fur lanbsp;quatrieme il ^ il reftoit en deca vers /, a lanbsp;diftance AS de qiiatre lignes; enfin , fur la cin-quiemeperpendiculaireOT^, ilref}:oir plus en deck,nbsp;a la diftance uS de quarante-deux lignes. Exa-minons , dune maniereplus particuliere, lesnbsp;féfultats de ces différentes épreuves.
Dans la premiere , il eft aifé dé concevoir que raftibndela partieeS , du fil dacier, qui sexercenbsp;en fens contraire de celle de la partie ge. (le centre magnétique étant fuppofé en ^), concourcnbsp;avec laftion de la partie , pour faire tournernbsp;Taiguille fuivant larc nk , amp; que par conféquentnbsp;ces deux aftions reunies font équilibre k Taftion denbsp;la partie eg; done Ia partie tfS , confidérée feule,nbsp;agitplus foiblement que la partie eg\, doüilfuitnbsp;lt;^ue le centre daftion du pole pofitif, eft fituénbsp;dans quelque point x, entte e g.
Remarquons maintenant que laftion de cliaque pole de laimant sexercant obliquement, par rapport k Ia longueur de raiguille, fe décompofeennbsp;deux directions , Tune paralléle a Iaiguille , lau-tre paralléle aux perpendiculalres bc, df^ amp;c. 5cnbsp;qui fèule contribue k faire tourner raiguille. Lanbsp;force que chaque centre exerce fur iaiguille, depend done k-la-fois de la longueur du levier ,nbsp;par lequel elle eft cenfée agir parallélementnbsp;fux perpendiculaires Ac, df^ amp; de la diltance
i3u même centre aux poles de laiguille. ür , U mefure qne 1on tranfporte Ie fil dacier fuccelTi-vement fur les perpendicukires df,eg,il^ amp;c.nbsp;en lenr donnant les pofitions repréfentëes par^nbsp;la figure , les obliqiiités des aftions exercéeanbsp;par les centres x, x', fuivant x/7 , x'n, amp;c.nbsp;approchent dautant plus de Tégalité , ceft-a-inbsp;dire , que celle du pole x diminue, amp; quecellenbsp;du pole x' augmente ^ amp; a eet égard ce dernier pole perd continuellement de lavantagenbsp;quil avoit dabord fur Ie pole x, a raifon denbsp;fon aftion plus directe. Mais , dune autre patr,.nbsp;les diftances de x amp; de x' , aux poles de lai-guille , approchent auffi dautant plus détre ega-les , amp; comme elles augmentent toutes les deuxnbsp;en méme-temps , Ie centre x perd, a eet égard ,nbsp;de lavantage quil avoit fur Ie centre x'. Or,nbsp;les avantages amp; les pertes fe balancent , fuivant un tel rapport, que la force du centre x'nbsp;augmente continuellement , a légard de celle dunbsp;centre x , toutes chofes cgales dailleurs. Carnbsp;puifque Ie fil dacier , placé fur la perpendiculaire eg., par exemple , ne depafle plus Ie mcri-dien que de huit lignes, lorfque laiguille rellenbsp;fur ce méridien , il senfjit que la partie ex-cédante tS, qui, conjointement avec la partiernbsp;gN, fait équilibre a la partie tg, na plus be-füin detre auffi longue , oe dexercer une action
M iij
Ws nbsp;nbsp;nbsp;T H É Ó R I É
eufïï forte, amp; que par conféquent Ie centre é @cquis un accroiffement de force.
Cette force continuant de tendre vers léga-Jité avec Ia force du centre x, il y a im tcrme oü ces deux forces fe font équilibre, amp; cenbsp;terme eft néceflaireinent entre r amp; /i, eii fortenbsp;que Ie nl dacier, placé fur une perpendiculairenbsp;jnenée a la hauteur correfpondante , auroitnbsp;{on extrémjté S contigue au mgridien magné-tique.
Au-deflbus de ce terme , la force du centre x 1emporteroit fjr cclle du centre x , fi on laif-foit Ie point S fur Ie méridien , de maniere quilnbsp;faut alors len écarter vers Ie point ^, ou Ienbsp;point pour que laiguille refte für fbn mé^nbsp;ridien.
Cet écart eft de quarante - deux lignes fur la perpendiculaire z/p, doü il fuit que , pendant Ie cours des différentes cpreuves , Ie pointnbsp;S , qiii étoit dabord a dix lignes au-dela du méridien , a parcouru cinquante - deux lignes denbsp;gauche 'a drolte , c*eft ^ a dire , pres de quatrenbsp;pouces demi. Or , la quantité de cet écartnbsp;fuppofe que les rapports des forces ont varié con-fidérabiement dans Ie méme temps. Mals ohnbsp;foncoit que ces variations doivent étre en general dautant plus fenfibles , que les centres x ,nbsp;j font a one plus grande diftancg iun de
i.
i)Tj Magnetism R
]autre. Carsils étoient très-x^oifins, Tangle ne variant que très-peu, pendant Ie mouvementnbsp;du fil dacier fur les diflérentes perpendiculai-res, les obliquités des aöions de a: amp; de x\nbsp;ainfi que les rapports des diftances de ces points-aux poles de 1aiguille, ne fubiroient que de légers changemens , au lieu quen fuppofant lesnbsp;points X , x', très-écartcs Tun de Tautre, commcnbsp;ie repréfente la figure^ on voit, par la feule-infpedion decette figure , que Tangle xnx' étannnbsp;confidérablement diminué , lorfque Ie fil daciernbsp;eft fur la perpendiculaire les obliquités des.nbsp;forces amp; leurs diftances , qui dependent des variations de eet angle, font changées elles-rnémesnbsp;dans iin grand rapport. Le raiPunnement infinuenbsp;done amp; que les points x, x' font très-rappro-chés des extrêmités S, ,N , amp; que les forcesnbsp;de ces points varient plus. que dans la raifon iii-verfe des fiinples diftances.
Le calcul va plus loin amp; change cette con-jeftvire en certitude. M. Goulomb , en fuppo-fant que les centres x,x',foient diftans des. points S , N , dim peu plus de dix lignes, amp;nbsp;que les forces de ces centres agiflent en raifonnbsp;inverfe du quarré des diftances, démontre que les.nbsp;réliiltats du calcul saccordent parfaitement avecnbsp;ceux que donne Tobfervation, rélativemènr aux,nbsp;diverfes pofttions qiTil faut faire prendre au fil
ï?4 nbsp;nbsp;nbsp;T H É o U I E
dacier fur les différentes perpendicirlaires, pouf que les forces x , x', Ibyent en équilibre par rapport a laiguille (a).
1^2. Les experiences que nous venons dex-pofer, conduiient done en meme - temps b. deux réfultats importans; eiles determinent Ia podtionnbsp;des centres x, x' , amp; font connoitre Ia loi fui-vant laqnelle agit Ie fluivie magnctique , a rai-fon des diitances. Mais pour rtndre la demonf-tration encore plus rigoureufe, M. Coulomb anbsp;féparé enfuite ces deux rcfultats , amp; fuppofantnbsp;feulemeat que les centres da3:ion étoient, dansnbsp;un fil dacier de vingt-cinq pouccs, a i;n peunbsp;plus de dix ligncs de diftance de 1'es extrêmités,nbsp;ïl a cherché diredement , par des procedes très-ingenieux, fi ce fil agiroiten raifon invetfe dunbsp;quarre de' la diftance aiix centres d'aftion. Nousnbsp;nexpoferons ici que celui de ces procédés , qui
(a ) jfif. Coalorr.b fuppofo, pour Ia comnioditd da ealcul , que les centres daöions des deux poles;nbsp;de 1jiguillc, font fitnes a fes extrêmités , quoiquüanbsp;sen é'ce.rtent un peu. Maïs comme chaqiie centre dunbsp;fil dacier agit fur les deux centres de 1aiguillc, li,nbsp;par la fiippotition, qn fait Ie centra n trop pres dunbsp;f-cntre S , ds deux on trois lignes , on fait cn méntc-:nbsp;tenips Ie centre a de 1aiguille trop éioigni du centre Nnbsp;dune égale qiiuntité, doü il arrive qqe les deux erreuvsnbsp;fe fpniocnlcnc' fenlibbment lunc laucrclt;
SU Magnétisme. confifte a, employer iiiie balance magnétlque,nbsp;femblable a la balance éleclrique ; avec cettenbsp;difiërence , que M. Coulomb fubftitue au levier,nbsp;qui porie la balie mobile de moëlle de bureau ,nbsp;une longue aiguille rriagnétique de vingt-cinqnbsp;pouces de longueur , amp; a la balie fixe , une fècondenbsp;aiguille pareille , amp; placëe verticalement fur Ienbsp;méridien magnctique. Le pole inférieur de cettenbsp;derniere aiguille eft dans le méme état que lenbsp;pole de laiguille mobile, qui en eftvoifin , lorf-que celle-ci eft dans fon méridien magnétique,nbsp;amp; iaiguille fixe eft fituce de ruaniere que , quandnbsp;on met lautre eil contad avec elie, les extrêmi-tcs des deux aiguilles fe dépaflént mutuellementnbsp;de dix lignes , ceft-a-diré, quelles fe croifentnbsp;par-les centres daclion de leurs poles de diffé-rens noms.
Remarquons, avant daller plus loin, que quand
on tord,fousun certain angle , Ie fd de fufpen-fion , qui porte raigrille mobile dirigce fuivant
fon méridien macrnét
ique , ia méme force, qui
la retenoit Q ins ce mciidien, tend a Iy rame-ner. II étoit neceflaiie devaluer cette force, amp; IvL Coulomb a tronvé que ft lon tordoit le filnbsp;de fufoenfion fuccelftvement fbus des angles denbsp;36'', 72.', ic3', amp;c. en dou'olant , triplant,nbsp;quadruplant , amp;c, le nombre 36, raiguiile quinbsp;reagiflbit contre cetie toxfton, s eioignoit de fbu
méridien a la diftance dun degré pour dé torlion, dez'^ pour 72'', de 3*^ pour io8^, Sic.nbsp;Done les quantites de torfion vaincues par lai-guille étant fuccciTivement comme les nombresnbsp;3'5 ^ 70 OU deux fois 315, 103 oa trois foisnbsp;33, amp;c. il faut en conclure en general que ^nbsp;fous un angle donné de torfion , la force quinbsp;rcagit centre cette torfion eft toujours égale anbsp;autant de fois 3^5, quil y a de degres dans Farenbsp;intercepté entre Ie méridien amp; la direction ac-tiielle de Faiguille (a).
(a) Ce rapport , fenfiblement conftant entre Ie notnbre de degrés dont Faiguille sécarte de fon méridien , amp; la réfiftance quelle oppofe a la force denbsp;torfion, depend dune caufe quil elf bon dedéveloppernbsp;3ci. Cemme la force qui tend a ramener Faiguille furnbsp;fon méridien , sexerce a une dillance immenfe , ainfinbsp;quon Ie verra dans la fuite , elle eft cenfée agir, fuivantnbsp;des direclions paralléles, qui paflent par les centresnbsp;dafiion des poles de Faiguille , ces diredions ne, faifantnbsp;entrelles que de très-petits angles , pendant Ie mouvement de cette aiguille ; doü 11 fuit que la forcenbsp;dent il sagit dolt être regardée comme conftante,nbsp;Ceft ce que M. Coulomb a prouvé d^ailleurs parnbsp;des experiences diredes. Cela pofé , foient oy, oknbsp;(fig. 45)} deux pofitions de Faiguille,. produites parnbsp;deux torfions diftérentes. La farce qui tend a ramenernbsp;Faiguille au méridien , sexerpant parallélemcnt ,a cenbsp;méridien i amp; étant cenfée conftante , ainfi que je Falnbsp;dit, repréfentons-la dans les deux cas par no. li faudra
ij V 1M A G N i T T S M I.' 'itj Cela pofé , Ie fil nayant aucune torfion, amp;nbsp;raigiiille mobile étant fur fon méridien magni-tique , on a prefenté a celle-ci 1autre aiguillenbsp;dans la pofition qiii a été. décrite plus haut.nbsp;Alors Iaiguille mobile ayant été repoulTée, sar-réta a vingt-quatre degrés du méridien , tandisnbsp;que Faiguille fixe étoit fituée de maniereque Ienbsp;centre datSion de fon pole inférieur fe trouvoitnbsp;dans ce méridien. Or, fi Faiguille mobile eutnbsp;été éca)Etée de fon méridien par une force denbsp;torfion , fous un angle de 24' , il eut fallu ,nbsp;daprès ce qui a été dit, 14^ , plus trente-cinqnbsp;fois 24^* de torfion , ceft-a-dire , 864'^ pournbsp;produire eet écartement , amp; la quantité de lanbsp;torfion vaincue par laréfiftance de Faiguille, au-roit été de trente-cinq fois 24quot;^ , ceft-a-dire gt;nbsp;la décompofer en deux diredions ; favoir, oy , ny ,nbsp;dune part, amp; Dll', reé', de 1autre-, les lignesnbsp;étant perpendiculaires a la diroélion de laigullle. Or,nbsp;la partie de Ia force qui agit d:ir.5 Ie fens de ces perpendiculaires , eft la feule qui contribue a ramencrnbsp;1aiguille fur fon méridien. Mais ces mêmes perpen-diculaires font les fmus des arcs ny, nk, avec lefquelsnbsp;on peut fuppofer quils fe confondent, lorfque ces are*nbsp;ont peu détendue ; par oü 1on voit que la force quinbsp;tend a lamensr 1aiguille fur fon méridien , doit variernbsp;dans les rapports de ces méroes arcs.
\
iSS nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
lt;de 840^ ) d oü il luit qne la force repuldve des deux aiguilles doit etre efdmée 84olt;i.
Les chofes étant dans eet ctat,,le lil de fuf-penfion a etc torJu de trois cercles , en allant de 1 aiguille mobile yers laiguille lixe , en fortenbsp;que li ion fjppofe , par exemple , qiie laiguillenbsp;mobile cut la diredion ok, larc i.u étant denbsp;24^ , la torlion selr faite fuivant larc kn/7.nbsp;Cette torlion produite en fens contraire denbsp;Fadion qtii tenoit faiguille écartce de 24^ dunbsp;mendien , a rainené ceile - ci a 17^ du niémenbsp;Jiicridien, fuivant une direction oy. Or trois cercles font io8o^ dont il faut retrancher lesnbsp;17^ üécartenient, ou fare ny , paree que cesnbsp;I7 produifoient daas Ie lil une petite torlionnbsp;qiii , étant en fens oppofé a ceile de 1080^ lanbsp;diniinue dautant. Ainll la torlion réelle eftnbsp;de 1063'^
Muis ia force qui tendoit k ramener laiguille fur Ie méridien , dans Ie cas dun écartementnbsp;de 24% éqaivaloit a une torlion de 840.nbsp;Ajoutarit done a cette quantité la torlion réellenbsp;de 1063'*, qui ugit daas ie méme fens, fuivant iarc knp, on a i903' pour la fommenbsp;des deux forces contraires a la répulfion excrcéenbsp;par raiguiHe fixe. Mais il y a eu 7quot;' de cettenbsp;jcpullicn, qui ont été détruits pat les adions des
deux forces citées, puifque 1aiguille a étéramenée de 24*^ a 17=*. Done, pour avoir la force knbsp;laquelle celle de faiguille fixe fait equilibre dansnbsp;la feconde epreuve^ il faut retrancher de 1903%nbsp;fept fois 35^, ou 24'^'' : reftenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui ex-
pnment la force repulfive mutuelle des deux aiguilles.
Les forces repulfives font done , dans les deux cpreuves, comme 840 eft a idijS , rapport quinbsp;approche beaucoup de celui d j k i. Mais les'nbsp;diftances ctant comme 24 amp; 17 , la raifon in-verfe de leurs quarfos eftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, qui ap
proche aufli de très-près du rapport 7 a i. La difference qui fe trouve entre ces deux rapports ,nbsp;ne peut étre attribuée qua un petit defaut denbsp;precifion inevitable dans ces fortes de refultats*nbsp;Ainfi , Ion doit conclure de Iexpériencecitéenbsp;ainfi que de plufieurs autres du même genre ,nbsp;qui ont eu un pareil fucces, que Iaffion dnnbsp;magnétifme eft en raifon inverfe du quarré desnbsp;diftances. On peut aufli, par un procédé analogue au précédent , prouver que les attraftlonsfnbsp;fuivent la même loi (a).
(lt;2 ) Nous devons obferver ici que M. .ffipinus i fuppofe quelquefois dans les calculs employés poufnbsp;determiner certains réfultats de fa Théorie, que lenbsp;fluide magnétique agiffoit en raifon inyerfe du quserr^
M1HWiiiiTminuwi ^11 .,ij.lt;wqOTlt;EUifleasggiüSiBBJi[t^
Tlt;}j. Une des differences les plus remarqua-bles entte lélectricité amp; Ie magnétifme , eft cells que nous offre la comparaifon des effets Ipon-tanés amp; purement naturels de lun amp; laütrenbsp;fluïde , du moins de ceux qui font très-fenfi-bles pour nous. Les phénomenes de ce genre fnbsp;qui dependent du fluïde éledrique, font pro-des dillances. Mais ce n^étoit dans 1'efprit de lAoteuifnbsp;quune fuppofition purement arbitraire, quil na mêmenbsp;hafardée quen aveftiffant que fon intention nétoit paSnbsp;de donner la loi dont il sagit, pour la veritable lofnbsp;du magnétifme ; mais de parvenir a des réfultats con-formes, en un certain fens , aux eftets naturels , puif-quon cn obtiendra toujours qui feront analogues Snbsp;ces effets , quelle que foit la loi que 1on admette poufnbsp;le magnétifme , pourvu que fon aSion decroifle lorfquenbsp;te diftance augmente. Audi ,1s même Phyficien fuppofe-f-il dans un autre endroit ( 141 ), comme nous 1avonsnbsp;vu, que le fluide magnetique agit en raifon inverfenbsp;des fimples diftances. Sa Théorie na done pu être, anbsp;pét égard, daucun fecours a M. Coulomb , amp; cönbsp;Savant conferve tout le mérite dune decouverte anbsp;laquclle il a été conduit a la fois par des experiencesnbsp;abfolument neuves j amp; par des calculs qui portent fufnbsp;une bafe reeUe,
s u Magnetisms;
duits par des explofions locales amp; paflageres lorfque ce fluïde, mis en aflion dans latmofphere, hnbsp;laide de caufes qui nous font encore incon-nues , fe manifefte par des éclairs redoubles 6cnbsp;par Ie bruit de tonnerre , ou nous donne Ienbsp;Ipeélacle a-la-fois brillant amp; paifible dune aurora boreale. Laöion du magnétifme , au contraire , émane lans celTe , quoique fourdement ,nbsp;du fein de notre globe , amp; étend au loin fonnbsp;influence, par des elFets très-marqués , amp; fufcep-tibles detre foumis b. des obfervations fuiviesnbsp;amp; comparables enflclles. Ceft ici , fans con-tredit, Ie point de vue Ie plus intéreifant denbsp;la théorie, foit que 1on confidére la généraliténbsp;du phénomene k la confidération duquel ellanbsp;séleve , ou les relTources dont 1homme lui eftnbsp;redevable, depuis que , par 1invention de lanbsp;bouflble , il a ni en tirer un parti fi avanta-geux pour les progrès de la navigation amp; di3(nbsp;commerce.
1^4. Afin de procéder par principes dans 1examen de ce phénomene , concevons dabordnbsp;unaimant fe {fig- 46 ), dont Ie centre d foit fi-tué fur la même ligne que laxe nr dun autrenbsp;aimant plus confidérable BC. Suppöfons deplusnbsp;que laimant fe foit mobile autour du centre d fnbsp;amp; quune caufe extérieure agiffe pour lécarternbsp;«un peu de la pofition fde, puis laban^onjae ès
ï9i nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
lui-méme. Soient B , , les poles pofitifs, Sc C , e , les poles négatifs. II eft clair que Ie polenbsp;B agit fur Ie pole f pour Ie repoafler , amp; fiirnbsp;Ie pole e pour lattirer , tandis quaii contrairenbsp;Ie pole C attire Ie pole , Sc repoufle Ie pole e.nbsp;Mais Iadiion, tant attradlive que répulfive dunbsp;pole C , 1emportant fur les actions analogues dunbsp;pole B , qui eft 'a line plus grande diftance denbsp;Faimant fe, on voit que Ie pole f fe tourneranbsp;vers Ie pole C; amp; comme faimant BC agicnbsp;plus fortement dans Ie plan de fon axe,que dansnbsp;tous les autres plans, amp; que rien nempeche lai-mant fe dobéir a cette aétion, il eft clair quenbsp;eet aimant fe dirigent i'ai la meme ligne quenbsp;1axe prolongé de BC, pour que les forcesnbsp;attracïives Sc répulftves de eet aimant foient ennbsp;équiiibre.
II y a r.n autre cas d^cquilibre, qui eft pofti-ble marhematiquement. Ce feroit celui oii Ton feroit faire a laimant fe une dcmi-converfion ,nbsp;de maniere que Ie pole prit la place du polenbsp;e, amp; rcciproquement. Car on peut pröuver , parnbsp;ks loix de Ia mécanique, que dans ce cas , il ynbsp;aufoit encore équiiibre entre les forces attrafti-Ves amp; rcf u fives de 1a'mant BC. Mais commenbsp;k moindre derangement dans 1axe fe romproitnbsp;Cet équiiibre, amp; qualors iaim.ant- reptendroit ünbsp;pien.iere polition, en ferte qua cöiifidérer la
chofe
DU M A G I'J É T I S Ai Z. 193
chofe phyfiqiiement, eet aimant rie peut refter, pendant un inflant méme très-court, dans lanbsp;polition renverfée, dont nous venons de parlerjnbsp;il eft luperflu de conlidcrer ce cas.
Soit A Ic centre de laimant BC. Ayant mené la verticale AiT, fi londilpofe raimant ou raiguillenbsp;de maniere que fon centre cT foit dails cette niêmenbsp;verticale , il eft clair quen llippofant que lesnbsp;deux poles de chaque aimant ai ent des forcesnbsp;égales , laimant Ie dirigera parallélement knbsp;lainiant BC , de maniere que 9 fera Ie pole po-fltif, amp; * Ie pole négatif. Car dune part, Iénbsp;pole 9 fera autant attiré par Ie pole C , qiié Ienbsp;pole ê par Ie pole B. Dune autre part, Ie pblenbsp;9 fera autant repoufle par Ie pole B , que Ie pole tnbsp;par Ie pole C ^ done Sec.
On concoit aulft un autre cas déquilibre dans lequel Takirant è? auroit une fituation renverfée.nbsp;Mals ceft encore un cas purement mathémati-*nbsp;que , qui eft cenfé nul, ft on lenvifage phyfique-ment. II en eft de ces fortes de cas, commenbsp;de celui dun corps aigu, que lön sefforceroitnbsp;de mettre en équil'bre , en Ie plagant verncale-ment fur une table par la pointe. Lexpériencenbsp;prouve quon ny réuflit jamais , quoique la théorie démontre que la chofe eft poihble.
Entre les deux pofuions /è, (9 ? il y * une infinite dautres qui peuvent avoir lieu , amp;:
N
194 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
dans lefq'jelles Ie centre D de raimaht ËF , ne feroit plns ni fur la diredion de laxe dé lai-mant BC , ni Ilir la verticale mence par Ie pointnbsp;A. Pour que Tequilibre lubfifte dans chacun denbsp;ces cas, ii faut que Taimant EF prenne une direction oblique par rapport a Taimant BC , laquellenbsp;variera a linfini, fuivant les différentes pofitionsnbsp;refpedives des deux aimans.
Si Ie centre de laimant EF refle dans Ie plan vertical r/?/ , tandis que eet aimant s e-carte des pofitions /è, i? , il eft évident que fanbsp;direftion coïncidera toujours avec ce plan. Denbsp;plus, 'a mefiire que Talmant sapprocliera de fLuinbsp;OU Taiitre des centres dadion , que je fuppofenbsp;places en M amp; en N , il siiiclinera davantagenbsp;vers ce centre. II y aura une pqfition telie 'quenbsp;e'f , oil Ie point d' fe trouvera a peu-prèsnbsp;dans 'la méme ligne verticale que 'Ie centrenbsp;N ; alors la force de ce centre, pour attirer ienbsp;pole ' de faignille, amp; a la fois pour repoulfernbsp;Ie pole e', fera ii fon maximum. Mais cettenbsp;même adion fera a fon minimum pour main-tenir 1aiguille dans Ie plan vertical nrJ', ounbsp;pour fempêcher de tourner autour du point d'.nbsp;Ccft ce que ion concevra, en confidérant qualorsnbsp;Ie centre de laiguille ctant fur une ligne mendenbsp;du centre daction N, perpendiculairement a laxenbsp;de laimant, ia partie de la-force qui agit du
±) ü Magnetisme. 19^ point N , pour faire tourner laiguille dans lesnbsp;aiitres cas, devient nolle , quelle que foit lanbsp;pofition de laiguillei II ny a done plus alorsnbsp;que les actions du pole Ttl, qui tendent a rame-*'nbsp;ner laiguille dans Ie plan /72J'. Or, commenbsp;ces actions font très-obÜques , amp; quelles s^er-cent a des diltances ailcz confidérabies, amp; quinbsp;approchent fenfiblemfent de Tcgalité^ eti fup-pofant laiguille beaucoup plus courte qne 1ai-mant, elles ne produiferit quun leger efFet. Jainbsp;obfervé qualors on pouvoit déranger laiguillenbsp;de fa pofition , en lui faifant parcourir un are denbsp;cerele , ou méme une denii-cireonférenee, parnbsp;fes extrémités , de toaniere quelle reftoit dansnbsp;la pofition quon venoit de lui donner ; Ie petitnbsp;frottement'quelle éprouvoit fur fon pivot ^ étantnbsp;capable de vaiiicre 1effort du point M pour lanbsp;ramener a fa premiere diredion. Le point Nquot;nbsp;oir eet eftet avoit lieu , etoit, dans un barreaunbsp;magnctique, de pres dun pied de longueur, environ a neuf lignes de diftanee de lextrêmité r.nbsp;Si Ton tranfporte laiguille au-dela de ce point,nbsp;en allant vers r, fa pofition fe renverfe fubite-inent; eii forte quelle fe dirige , fuivant unenbsp;iignenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inclinée en fens contraire de e'f', amp;
que les poles font pareillement renverfés^ ce done on concoit aifément la raifon. Enfin , fi 1onnbsp;continue de faire inouvoir laiguille, de maniere
19^ nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
quelle fe rapproche de la pofition fc, fon IncU-naifon diminue graduellement, jufqua ce que fa direction coincide avec laxe nr prolongé, commenbsp;cela a iiea quand laiguiile a pris la fitua-tion famp;.
^6. Or, 1expérience fait voir quune aignille aimantee, portee fur düFérens points de la furfacenbsp;du globe terreftre , prend une infinité de directions didcrentes , qui vaiient, k légard dunbsp;globe , comme celles dun aimant EF , relative-ment a laimant BC. Pour determiner la variationnbsp;de ces directions , il étoit néceffaire de les rap-porter a deux plans donnés de pofition. On anbsp;choifi Ie plan de Fhorizon amp; celui du méridien,nbsp;amp; lon appelle angle d'inchnaijbn, celui que faitnbsp;laxe de laiguille avec llicrizon, en' sabaiflantnbsp;plus OU moins vers ce eerde; amp; angle de dccli-nbsp;naifon, celui quelle fait avec Ie méridien , ennbsp;sécartant plus ou moins du plan de ce méridien ,nbsp;foit vers lorient, foit vers loccident.
157. Cela pofé, voici ce quon a obfervé (a).
f (tz) Baffin, dans Ie Journal du voyage quil fit en qualité de Pilote avec Byleth , dit quau-dela du 78'nbsp;degré de latitude feptentrionale, la dqclinaifon de laiguille alia iufqua 56^^ ; amp; il ajoute que ceft Ia plusnbsp;grande qui ait été obfervée. Baffin fe trouvoit alorsnbsp;vers la Baye, qui depuis a pris fon nom. II fe pouvoit
DU Magnétisme. 197 1®. La déclinaifon de laiguille na guere éténbsp;trouvée jufquici plus grande que 30'^. Ellenbsp;varie fuivant les lieux ; dans quelques-uns, lanbsp;pofition de laiguille coincide a vee Ie plan dunbsp;méridien ; aillears, elle sen écarté plus ou moinsnbsp;vers lorient ou Toccident, comme nous lavonsnbsp;dit.
2®. Les points ou la déclinaifon eft nulle, forment autour du globe une courbe irréguliere,nbsp;amp; difFéremment contournée ; amp; il en eft de mêmenbsp;des points oü la déclinaifon eft d un nombre denbsp;degrés déterminé, comme de , 10, ii), amp;c,nbsp;3®. La déclinaifon change infenfiblement pournbsp;un même point du globe. On na encore aucunenbsp;connoiflance précife fur la loi de cette variation.nbsp;On ignore pareillement 11 Ia courbe dont nousnbsp;avons parlé, eft conftante en elle-même, amp; anbsp;quil ne für pas éloignê du centre daélion de 1un desnbsp;poles du noyau magnétique dont il fera bientót parlé ;nbsp;amp; dans ce cas ( 155 ) , lintenfité de la force magnétique étant a p°lne fenfible , laiguille neft prefquenbsp;plus foumife a la loi qui pir-tout ailleurs determinenbsp;la déclinaifon , amp; peut éprouver des deviations con-fidérables. Une pareil'e obfervation demanderoit a êtrenbsp;fuivie dans tous fes détails , pour quon pilt en tirernbsp;quelqainduSicn propre a répandre du jour far lanbsp;Théorie,
Niij
198 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
feulement un mouvement lent autoiir du globe, en vertu düt,juel elle change continuellement denbsp;pofition , OU fi. elle varie phitót dans fon inflexion,
40. On a découvert dans la déclinaifon de Taiguille une variation diurne, relativement knbsp;un même point de la terre. M. de Caffini, denbsp;lAcadémie des Sciences , qui a fuivi ce phéno-mene avec beaucoup daffiduité, fur des aigaillésnbsp;placées dans les caves de lObfervatoire, amp; quinbsp;a porté, dans fes recherches, les attentions lesnbsp;plus déljcates, compare la variation dont il sagit,nbsp;a une efpece de mouvement dofcillation, parnbsp;lequel raiguille quitte Ie matin fa direction , amp;nbsp;parcourt vers loueft, depuis gt;5' jufqua 14', plusnbsp;OU moins, fuivant les faifons, pour retrogradernbsp;enfuite de la même quantitc, dans Ie cours denbsp;laprès-dinée. Le moment oü faiguille eft Ie plusnbsp;écartée de fa premiere direêtion, varie auffi,nbsp;felon les faifons, depuis midi jufqua trois heures.nbsp;Les deux inftans ou elle eft k fon minimum dpnbsp;variation, ont lieu vers les huit heures du matin,nbsp;amp; vers les dix heures du foir. Mais en general,nbsp;cette limite eft beaucoup plus changeante quenbsp;celle du plus grand écart, paree que ceft alors ,nbsp;(5c particuliérement le foir, que laiguille eft le plus^nbsp;fujette a 1aftion de certaines caufes perturbatri-
DU Magnétisi^ie. 199
ces, telles que les vents deft amp;c de nord-eft, amp; fur-tout les aurores boréales. ( Voyez les Mem.nbsp;de FAcadémie des Sciences, année 1784.)
Quant a Finclinaifon de Faiguille , on a fait les obfervations fuivantes,
1°. Ceïte inclinaifon eft fenfiblement nulle a léquateur, ce qui ne doit cependant pas s entendre dans un fens rigoureux. Car la courbe,nbsp;formce par tous les points oü Faiguille efl perpendiculaire fur la verticale, coupe Ftquateiirnbsp;fous un petit angle.
2°. A mellire que Fon sécarte de ce eerde, en allant vers Ie pole boreal, Fextrêmité de Fai-guiile, qui regarde ce pole , s abaiffe au-deflousnbsp;de Fliorizon , en forte que Finclinaifon croit avecnbsp;la latitude, jufqua ce qi.enfin elle parvienne anbsp;Fangle de 90''. Cependant cette variation neftnbsp;pas exaftement proportionnelle au changementnbsp;de latitude. Car, dune part, Finclinaifon neftnbsp;pas tout-h-fait conftante fous tous les points dunnbsp;même parallcle; amp; dune autre part, on peutnbsp;inférer de la progreftion quelle fuit, que fonnbsp;maximum nauroit pas lieu prccifément au pole,nbsp;quoique Ie point oil il exiftero.it, ne doive pasnbsp;en être cloigné.
3 o. Les mén. es eltets fe repetent en fens contraire, lorfquon tranfporte Faiguille vers Ienbsp;pole auftral.
SLOO nbsp;nbsp;nbsp;T H É O R t S
40. Linclinaifon eft, ainfi que la declinatfon y fujette k varier, avec le temps, dans le rnemenbsp;Ueu , fuivant une loi jufqualors inconnue,
I'58. II reftihe de ces obfervations, que Tai-guiile aimantée, portee a différens points dii globe terreftre, y change de pofition, commenbsp;nous Iavons déja dit, de la méme maniere quenbsp;fi on la faifoit mouvoir autour dun aimant denbsp;figure fplieriqae. Quelques anciens Phyficiens,nbsp;amp; la plupart des modernes, en ont conclu quilnbsp;etoit extrêmement probable que le globe terreftrenbsp;renfermoit un tres-gros aimant de forme glo-buleiife i 8c cette confequence, adoptée par M.nbsp;Jipinus , fera encore appuyée par les divers rai-fomiemens que nous aurons lieu de faire dans lanbsp;fuite.
Laimant dont il sagit a un de fes hémifpberes PHE ( fig. 47 ) gt; letat pofitif, amp; Iautrenbsp;DIE dans 1 etat négatif. Mais, dapres ce qui anbsp;étë dit, ( 1^7 ), le plan DE qui fepare ces deuxnbsp;hémifpheres, ne coincide pas exadlement avec lenbsp;plan de Iequateiir, quoiquil sen écarté peu. IInbsp;pai'oit que la figure de ce noyau magnetiquenbsp;neft pas parfaitement réguliere, amp; que la diftri-bution du fluide nyeft pas tout-a-fait uniforme;nbsp;amp; ceft dela que proviennent probablement, dunbsp;moins en grande partie, les legeres deviationsnbsp;dont nous avqns parlé , (bit dans la déclinaifon ,
DU Magnétisme, xoi
foit dans lmclinaifon de Taig iille. II paroit anffi, d après les petits changemens qne flibit, dans imnbsp;méme lieu , la déclinaifon de raigiiille, ou que Ienbsp;noyau magnéttque du globe a un mouvement lent,nbsp;par lequel fa pofition change 'a 1 egard de ce globe ,nbsp;pomme la foupconné Halley, ou, ce q n eit plus
probable, que la diftribution du fluide varie, avec Ie temps, dans Tintérieur du noyau.
i'59. Avant dailer plus loin , eflayons dana-lyfer les diverfes circonftances de ladion dun aimant bC (fig. 4^ ) »nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aiguille ah,
extrémement courte amp; m.obile autour du point c. Concevons que les centres daclion de laimantnbsp;BC foient en A amp; en N , de maniere que lanbsp;forte de A foit politive, amp; ceüe de N negative,nbsp;II eft clair qr.e laiguille ab deviendra elle-mlmenbsp;un aimant (104), dont Ie pole a fera dansnbsp;letat négatif, amp; Ie pole b dans létat pofitif. Denbsp;plus, cette aiguille prendra néceflairement unenbsp;diredion oblique, telle que ad. Les chofes ctantnbsp;dans eet état, concevons que lon fafle mouvoirnbsp;Ie centree de laiguille, dune très-petite quantité,nbsp;Ie long de la ligne en forte que ce centre par-vienne , par exemple , en g. En vertu de ce feulnbsp;mouvement, fextremue a dö 1 aiguille s ccarteranbsp;du point A, amp; Textremite b fe rapprochera dunbsp;point N ^ dou il fait que fextremite a étant plusnbsp;attirée il proportion par Ie point N, amp; moins
Théorie
repouflee par Ie point A, que dans Ie cas précédent , Taiguille sinclinera iin peu vers Ie point N par fon extrémité é», amp; fe dirigera, par exem-ple, fuivant la ligne em, qui fera, avec la. llgnenbsp;ad, un angle infiniment petit. Si lon fait fairenbsp;au centre c un nouveau mouvement, felon lanbsp;ligne em, de maniere que ce centre parvienr.enbsp;en f, raiguille prendra une nouvelle direcfion,nbsp;telle que il, infiniment peu inclinée lur la di-reétion précédente. Si lon continue de fairenbsp;mpuvoir de la méme maniere Ie centre de lai-giiille, on concoit que ce centre décrira unenbsp;coprbe cgfn , amp;c.
I'l y aura un point de Ia courbe , oü raiguille qui slécarte continuellement du parallclifme parnbsp;rapport a BC , prendra une direction nr perpendiculaire fur cette ligne. Au-dela de ce point,nbsp;l*extrêniité b de Taiguille, tendant toujours a Ienbsp;rapprocher de plus en plus du point N, les cótésnbsp;rs de la courbe feront inclines en fens contrairenbsp;des premiers cótés ag, gf^ dcc. , amp; enfin, lorfquenbsp;rextrémité b de laiguille fera infiniment prés dunbsp;point N , lattradion de ce point agira fi forte-ment, que la couiBe paflera par ce méme point.nbsp;Au-deflous , elle forniera des cótés qui appro-cheront toujours davantage du parallélifme avecnbsp;BC; amp; lorfque Ie centre de laiguille fera en p,nbsp;précifément au-deffous du centre O de rainian?
BU Magnétisme. 103 BC, la direaion xy de iaiguille fera parallele knbsp;BC. Plus loin, la courbe sinfléchira vers Ienbsp;point A, par leqiiel elle palTera , en formant unenbsp;nouvelle branche AM femblable a la branchenbsp;oppofce, en forte que la courbe fera rentrantenbsp;fur elle-même.
Irnaginons maintenant que 1on ait difpofé fur la circonfcrence de cette courbe, les centresnbsp;dune multitude de petites aiguilles très-courtes ;nbsp;Bientót ces aiguilles prendront des fituationsnbsp;telles , que chacune delles fe dirigera fuivant lanbsp;tangente au point de la courbe, lequel fe con-fondra avec Ie centre de raiguilie ; amp; commenbsp;routes ces aiguilles fe regardent par leiirs polesnbsp;de diffcrens nonis , elle adhéieront entrelles, amp;nbsp;fornreront eiles-u.ênies ur.e courbe continue. Onnbsp;aura Ie méme rcUiltat, foit que lon difpofe,nbsp;fuivant Fordre mentionné, ou des aiguilles ma^nbsp;gnctiques, ou des fils de fer non-aimantés,nbsp;pu\fquen vertu de laftion exercée par laimantnbsp;autour duquel ces fils feront difpofés , ils de-^nbsp;viendront eux-mcmes autant de petits aimans.
Si, au lieu de fuppofer que ces petits corps aient leurs centres fixes fur un pivot, on lesnbsp;concoit couches fur un plan oil ils éprouvent unnbsp;certain frottement, la refiftance produite par cenbsp;frottement, les empechera de glifler vers lesnbsp;points A, N, qui agiifent pour les attirer , eii
1,04 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
même-temps cette force attraétive peut étre telle, que les fils de fer prennenc la direction quiisnbsp;auroient , sils ctoient mobiles auto ir de leurnbsp;centre. On feconde encore eet eifet, en impri-mant une légere fecoullè au plan qui les foutient;nbsp;car alors ils fe détachent de ce plan, amp; prennencnbsp;dautant plas faciiement les pofitions quexigentnbsp;les attractions des points A, N, en forte quilsnbsp;retombent fur Ie plan, en formant la ligne courbenbsp;dont nous avons parlé. Si done 1on imaginenbsp;quon ait femé de ia limailie de fer fur ce plan, lesnbsp;parcelles de cette limailie formeront une multitude de courbes rentrantes , amp; de portions denbsp;courbes, qui palTeront toutes par les points A, N.nbsp;La figure 49 peut doiiner une idéé de eet affem-blage de courbes.
Pour fe procurer Ie fpeélacle amufant dune pareille difpofition , on pourra placer verticale-ment deux barreaux magnétiques, de manierenbsp;que leurs poles oppofés foient tournes du momenbsp;cóté. On recouvrira enfiite les deux poles fupé-rieurs aveg un carton horizontal parfemé denbsp;limailie , amp; en imprimant de légeres fecouflesnbsp;au carton, on v erra naltre toutes ces courbes,nbsp;qui ont paru li merveilleufes, amp; ont tant excitenbsp;rétonnement des Phyficiens, mais que la Theorienbsp;fait rentrer dans la clalTe des effets ordinaires dunbsp;magnétifme.
igt;U MagNÉTISME. 2ó$
léo. Si laiguille dont nous avons parlé plus haut, eüt étë placëe dabord vers un point D (^fig*nbsp;^S),de nianiere que fa longueur dépafiatde ce cóténbsp;ceiie de fainiant hC, on concevra que la coarbenbsp;décrite par cette aiguiile , en vertu des fuppo-fitions que nous avons faites ( ijp ) , après avoirnbsp;palié par Ie point A, formeroit une inflexionnbsp;Aii en fens contraire de 1arc DA; après quoinbsp;elle iroit paflèr par ie point N , en formant Farenbsp;AEN , au-deia duquel eile deviendroit une couibenbsp;rentrante du méme genie que la courbe NAM.nbsp;Oblervons que Faiguille, au-deiïous du pointnbsp;A, prend une nouvelle diredion bquot;a', oppoféenbsp;a la direclion précedente a'b'. Ce renveriementnbsp;efl une fuite de iattiadion que Ie centre A denbsp;iaimant exerce fur Ie pole b de Faiguille , amp; de 'nbsp;fa répulfion par rapport au pole a.
161. Dans tout ce que nous avons dit de la courbe décrite par le centre de cette aiguille,nbsp;en vertu de 1adion de Faimant BC , nous avonsnbsp;fuppofe que cette adion fe combinoit, avec lesnbsp;petites impulfions que Fon imprimoit a Faiguillenbsp;pour déranger fon centre de fa pofition aduelle ,nbsp;mais que du refte Faiguille étoit libre dans Fef-pace. II nen feroit pas de même dune aiguillenbsp;aimantée, que Fon tranfporteroit fuceefllvementnbsp;fur tons les points du globe terreftre , qui feroientnbsp;dans le plan dun méme méridien. II eft evident
zoB
Théorie
qualors Ie centre de Iaiguille étant force dé décrire la circonférence de ce méridien , sécar-teroit continuellement de la courbe quil eutnbsp;décritè , daprès les flippofitlons faites ci-delTus»nbsp;Dans Ie même cas , la direction de Faiguille nenbsp;feroit tangente au méridien, que dans les deuxnbsp;points oir elle deviendroit parallele a laxe dünbsp;noyau magnétique , cell-a-dire, vers Tequateurinbsp;Par-tout ailleurs cette direction feroit tangente anbsp;la courbe que Faiguille eut commence a décrire,nbsp;11 elle fut partie de fa pofition aétiielle, amp; quenbsp;fon mouvement eut été libre dans Fefpace. IInbsp;fuit dela, que fi Fon fuppofe chacune de cesnbsp;tangentes infiniment petite , elles formeront unnbsp;polygone dune infinite de cotes ^ dont chacimnbsp;pourra être confidéré , comme Fare initial dunenbsp;portion de courbe AD, ;r y, amp;c. , qui eut cténbsp;décrite en vertu dune pofition donnéè de Fai-guiüe , Ie mouvement étant fiippofé libre dansnbsp;Fefpace. On concoit, daprès ce qui a été ditnbsp;plus haut, que fi Fon tranfportoit Faiguille anbsp;line certaine proximité de Fan oii Fautre desnbsp;poles de notre globe , on verrolt cette aiguille fe renverfer, en prenant une-incllnaifonnbsp;amp; une direction oppofées aux précedentes. Denbsp;plus, Ie polygone , a ce même point, commen-ceioit a former une nouvelle branche inclinéenbsp;en fens contraire de la partie adjacente. Cettq
DU Magnétisme. 207 inclinaifon iroit en diminuant, par rapport a.nbsp;laxe du globe , jufquaii pole, on la branchénbsp;feroit dans Ie prolongenient da inéme axe. Re-marquons encoie, quau point oil raiguille fénbsp;renverferoit, ainli que dans les points voifins ,nbsp;rintenfité de la force magnétique , relativemencnbsp;a cette aiguille , feroit peu fenfible, de manierénbsp;que Taiguille, dcrangée de fa pofition, nofcille-roit que très-lentement, amp; pourroit même reftetnbsp;ftationnairc , pendant quelques inflans , dansnbsp;line direélion quelconque quon lui auroit faitnbsp;prendre.
j6i. Les deux centres dadion du noyau ma-gnétique de notre globe, étant a une diftancé que Ton peut regarder prefque coinme infinie ,nbsp;par rapport a une aiguille de bóulTole placée futnbsp;la furface de la terre ; il en réfulte que les directions de ces aftions font entrelies, coinmenbsp;nous lavons dit ( note du n'. 152. ), des anglesnbsp;infiniment petits , amp; doivent être cenfées paral-ieles , méme relativement a dilFérenies aiguÜlejnbsp;fituces far divers points de notre globe. Deia onnbsp;conclura encore que les forces exercées par lesnbsp;méroes centres, font fenfibleinent conftantes,nbsp;méme fur iin efpaCe dune certaine étèndue,nbsp;pourvu quon ne sapproche pas trop des poles.nbsp;Un des plus surs nioyêns que lon pulfle employer , pour vérifier ce point de Théorie,
confifte a cbmpter les ofcillations qne fait une bonne aiguille de boullole , dans un temps determine. Si les nombres de ces ofcillations fenbsp;trouvtent égaux dans plufiears lieux dilFérens , onnbsp;èn infere que les forces magnctiques du noyaunbsp;font conllantes a legard des mémes lieux. Ceftnbsp;ainli que M. Ie Ghevaiier de Borda, de 1Acadë-mie des Sciences, a trouvé , par des obfervationsnbsp;faites dabord a Breft, a Cadix, a TenerilFe , anbsp;Gorée fur la cóte dAfrique, amp; enfuite a Breftnbsp;amp; a la Guadeloupe, que lintenfité de la forcenbsp;exercée par Ie noyau magnétique fur une aiguillenbsp;aimantce , étoit fenfiblement la même dans cesnbsp;diiiérens endroits.
163. Si la fuppofition de lexiftènce du noyau dont il sagit 3 eft conforme a Ia vérité, il ennbsp;réfulte quune verge de fer lituée dune certainenbsp;maniere , doit devenir un aimant, en vertu de'nbsp;laclion de ce noyau ( 104). Or, les Phyficiensnbsp;favent que cela arrive ainfi , amp; quen general,nbsp;une verge de fer que lon dirigé dans une po~nbsp;fition , foit oblique , foit perpendiculaire a lho-rizon, donn'e en peu de temps des fignes plusnbsp;OU moins marqués de magnétifme 3 en forte quönbsp;fi lon fait iexpérience , par exemple , èntrenbsp;réqiiateur amp; Ie cercle polaire arftique, Textrêmiténbsp;inferieure de Ia verge repduffe Ie pole borealnbsp;dune aiguille aimantée, amp; attire Ie pole auftral:
DU Magnétisme. 209 Ie contraire a lieu vers Ie point oppofé du globe ,nbsp;amp; ces efFets font une fuite néceffaire des principes établis. Car, en fuppofant qiie Ton faffenbsp;lexpérience dans nos contrées, Ie pole borealnbsp;de laiguille eft dans iin état de magnétifmenbsp;contraire a celui du pole correfpondant du noyau.nbsp;D 'une autie part, ladion de ce dernier polenbsp;communique a lextrémité inférieure de la vergenbsp;un magnétifme contraire au fien , doii il luitnbsp;que Ie pole inférieur de Ia verge, amp; Ie pole nordnbsp;de faiguille , étant des poles de méme nom ,nbsp;doivent fe repoulTér, tandis que Ie méme polenbsp;de la verge doit attirer Ie pole boreal de fai-guille ( 108 ).
164. Lobfervation fait voir encore que la quancité de vertu magnétique, que Ie globe ter-reftre communique a une verge de fer , var ie fui-vant les pofitions que fon donne a cette verge, amp;nbsp;que de plus, il y a telle polltion oil Ia verge nenbsp;revolt aucune vertu. Pour expliquer ces dilFérensnbsp;Éiits, concevons que A {fig. go), foit Ie polenbsp;pofitif du noyau magnétique de notre globe , amp;nbsp;B fon pole ncgatifamp; que les aélions de cesnbsp;deux poles foient- concentrées dans les pointsnbsp;M , N. Cherchons la direélion amp; la quantité denbsp;cette double aftion fur une molecule O de fluïde,nbsp;placee au-delTus de la fiirface du globe terreftre.nbsp;Il eft clair que cette molecule eft repouffee par
o
Tadion du point M, fuivant la direftion MO» amp; attirée par Iadion da point N , fuivant lanbsp;diredion ON. Repréfentons par OR ia quantité denbsp;la répulfion, amp; par OS celle de Tattradion. Ayantnbsp;terminé Ie parallélogramme ORPS, on voit quenbsp;Ia molécule O fera follicitée a parcourir la diagonale OP , dans Ie méme temps quelle auroitnbsp;employé a fe mouvoir fur 1un ou lautre des cotésnbsp;OR, OS. La ligne OP repréfentera done lanbsp;réfultanre de ladion des deux poles A, B.
165. Imaginons maintenant une verge de fer, fituce de maniere que fa longueur foit dans lanbsp;direftion OP. II eft clair que Ie fluide renferménbsp;dans cette verge fera repouffé de O vers P ; ennbsp;forte que '.fextremite O deviendra negative, amp;nbsp;fextremite P pofitive. Suppofons que Ia vergenbsp;eut pris une autre diredion 01 ( fig. 52), quilnbsp;faut concevoir, comme s ecartant du plan MONnbsp;5° ) »nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lequel eft la ligne OP.
Pour repréfenter ladion des deux poles du noyau magnétique, relativement k la pofition aduellenbsp;de cette verge, ohfervons que la force expriméenbsp;par OP , fe décompofe en deux autres, Tune PDnbsp;OU OH, {fig. 5/ ), perpendiculaire fur 01 ;nbsp;lautre OD, qui coincide avec cette dernierenbsp;ligne. De ces deux forces , la premiere ne con-tribue pas fenfiblemènt au magnétiftne de lanbsp;verge , paree quelle sexerce dans Ie fens de 1é-
DU Magnétisme. zii paifTeur de cette verge, que lon fuppofe être peunbsp;confidérable. Lautre force repréfentée par OD ,nbsp;agira,au contraire, avec une certaine intenfité, amp;nbsp;cette aS:ion fera telle, que 1extrêmité O deviendranbsp;negative,amp; Textremite D pofitive; amp; comme 1otinbsp;a OD plus petite que OP, la vertu communiquée anbsp;la verge, fera moindre que dans Ie cas précédent.
Enfin, concevons que lon eut placé la verge de maniere quelle fit un angle plus ouvert avecnbsp;OP,amp; quen même-temps elle reftat dans Ie mémenbsp;plan vertical fur lequel fe trouve la ligne OD:nbsp;foit OZ la direSiion de la verge, dans ce troi-fieme cas , cette ligne étant cenfée sabaiffer au-defl'ous de la direélion OD.' Alors la partie ÜXnbsp;qui repréfente Taflion des poles, pour cornmu-niquer Ie magnétifme k cette verge, fe trouvantnbsp;encore diminuée, ia verge fera dans un ca*nbsp;encore moins favorable, amp; nacquerra pas autantnbsp;de vertu que quand elle avoir la pofitiort OD.
En général, plus langle formé par 1incidence de la verge fur la ligne OP fera ouvert, plusnbsp;auffi la partie de ladion des poles qui sexercenbsp;fuivant la longueur de la verge fera petite, amp;nbsp;plus parconféquent Ie magnétifme communiquénbsp;a la verge, ira en décroiffant.
II fait dela que Ie cas ou la verge, que Ton fuppofe refter dans Ie raêrae plan vertical, recoitnbsp;Ie maximum de magnétifme, eft celui oü Tangle
iI^ nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
dont on vient de parler,.efl Ie plus petit poflible. Or, fi lon mene du point P une perpendiculaire; li)r Ie plan oii fe trouye. la verge; en fortenbsp;que cette perpendiculaire fbit, par exemple, lanbsp;ligne PD, amp; fi Ton joint les points 0,D,parnbsp;ime droite, la direöion OD fera celle oü Ienbsp;maximum de inagnétifme aura lieu. Car, alors lanbsp;ligne PD qui repréfente la force nulle, étant lanbsp;plus petite poflible, la ligne OD qui exprime lanbsp;force réelle , fera plus longue que dans toute autrenbsp;pofition de la verge.
A mefure que la direcÜon de la verge sécar-tera défla pofltion OD, que nous avons vue être la pl us favorable, amp; paflera a dautres pofltionsnbsp;telles queOZ, enreflanttoujours néanmoins dansnbsp;Ie même plan vertical, Tangle de la nouvelle di-redion avec OD augmentera, amp; il yquot; aura unnbsp;point oü eet angle deviendra droit , commenbsp;DPy. Or,^ la force des deux poles repréfentcenbsp;par PP, sexerce alors toute entiere, fuivantnbsp;TépaiflTeur de la verge; amp; parconféquent ce casnbsp;eft celui, oü Ie magnétifme communiqué a lanbsp;verge eft a fon minimum.
166. II y a done, relativement a chaque plan vertical, une pofltion qui donne, Ie maximum dunbsp;magnétifme acquis par la verge. Ceft celle quinbsp;coincide avec la direction OD de la force OP,nbsp;rapportée au plan dont il sagir.
D u Ma gnétisme. 213
II y a une autre pofition qui donne \e mini-mum de magnétifme : ceft celle qui efl: dirigée perpendiculairement a OD. Entre ces deux portions , on en concoit une infinite dintermé-diaires , dans lefqueües la force du magiS6tifmenbsp;varie , en fe rapprochant plus ou moins de lunnbsp;011 lautre des extremes.
i6y. Mais de plus , parmi tont les plans ver-ticaux poffibles , il y en a un oii la verge fituée de la maniere la plus favorable , relativement anbsp;routes les autres direétions qui peuvent avoir lieunbsp;dans ce méme plan, acquerroit un degré de magnétifme plus confidérable que dans tout autrenbsp;plan; amp; Ton concoit aifdment que ce plan eftnbsp;celui dans lequel fe trouvent les lignes MO, NOnbsp;(fig. 50 ), amp; que la direftion la plus avanta-geufe pour la verge, eft celle de la ligne OP,nbsp;qui reprefente la refill tante des forces exercéesnbsp;par les centres daftion du noyau magnetique.
Ceft dans ce plan que fe dirige toujours une aiguille aimantée, fufpendue librement. On lui anbsp;donne le nom de Aféridcen magnétique; amp; Ionnbsp;appelle Èquateur magnétique ^ plan cjui divifenbsp;le noyau en deux hémifpheres, dont 1un feroitnbsp;tout entier dans létat pofitif, amp; rautre,toutnbsp;entier dans letat negatif. Si le fluide ctoit uni-formément diftribué dans le noyau , en forte quenbsp;for. centre magnétique fe confondit avec le
O iij
214 nbsp;nbsp;nbsp;T H i o R I S
centre de nótfe globe , il eft clair que Tequateur magnétique ne lèroit point diftingué de léqiiateurnbsp;terreftre. De plus, la déclinaifon feroit nullenbsp;pour tous les lieux damp; la terre; car Ie noyaunbsp;magnétique poiirroit être cenfé réduit dans cenbsp;cas a, un fimple fil, dirigé fuivant laxe du globe;nbsp;dou 11 fuit quil produiroit par rapport 'a unenbsp;aiguille aimantée, mobile fur un pivot verticalnbsp;au-defllis de la furface de la terre, les mêmesnbsp;elFets quun fil dacier aimanté, k 1 egard dunenbsp;aiguille dom Ie fupport feroit fitué dans Ie mêmenbsp;plan vertical que laxe de ce fil. Or, il eft évidentnbsp;que la direétion de 1aiguille coincidéroit avec cenbsp;plan. II fuit del'a que, dans la fuppofition prc-fente, Ie méridieii magnétique fe confondroitnbsp;toujours avec Ie mérldien du lieu. Quant 'a 1in-cllnalfon de laiguille , elle exifterolt néceftai-rement, dans la méme hypothefe, excepté knbsp;réquateur, oü elle feroit abfolument nulle ; ellenbsp;croitroit par degrés depuis léquateur jufquauxnbsp;poles , oü laiguille prendroit une direétion quinbsp;feroit dans Ie prolongement de laxe de la terre.
Mais il paroit, comme nous lavons déja dit, que la diftribution du fluide fe fait irrégulierementnbsp;dans lintérieur du noyau magnétique; en fortenbsp;que fes centres daftion ne font pas fitués exac-tement fur laxe de notre globe , ni 'a desnbsp;diftances égales de fon centre. Or, par une fuite
DU Magnetism ü.
nécelTaire de cette deviation i i®. ce neft point a 1 equateur que Iinclinaifon ell nulle, pareenbsp;quune aiguille dont Ie fupport feroic fituc dansnbsp;Ie plan de ce cercle, ne peut avoir fes deux polesnbsp;également attirés amp; repoufles dans Ie fens horizontal, par les centres daöion du noyau ma-gnétiquequi font a des diftances inégales de cesnbsp;mémes poles, z®. Les lieux oü Finclinaifon eftnbsp;nulle, ne forment point une courbe régulierenbsp;dont tons les points feroient fitués dans Ie mêmenbsp;plan. Car, a caufe de la diftribution inégale dunbsp;fluide, laiguille tranfportce fucceilivement a diiFc-rens endroits du globe, sapproche amp; sécarte tour anbsp;tour de certaines parties du noyau, dans lefquellesnbsp;Ie fluide eft plus denfe ou plus rare quii ne devroltnbsp;iétre, amp; parconféquent les points ou elle ceflenbsp;de décliner,fe trouvant tantót au-delk, amp; tantótnbsp;en-deca de eeux ou Ie même effet auroit lieu ,nbsp;dans Ie cas dune diftribution uniforme; la co'arbenbsp;qui en réfulte, forme des efpcces dinflexions ounbsp;dondulations en differens fens. 3°, Les centresnbsp;dadion nétant pas fltucs fur laxe du globe , ainfinbsp;que nous lavons obfervé ; il senfuit que laiguillenbsp;tranfportce fur differens points de la furface de Ianbsp;terre, doit sccarter du méridien du lieu , fuivantnbsp;Tangle que fait avec ce méridien la ligne quinbsp;joint les centres daclion. 4®. II y aura cependantnbsp;certains points oü la deeiinaifon fera irulle^
ti6 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
lavoir, ceux a 1 egard defquels les différentes denfités des portions de fluïde répandues inéga-lenient dans les deux liémifpheres du noyau ynbsp;'combinées avec les diftances de ces portions denbsp;fluide aux deux poles de laiguille , feront telles,nbsp;que la refultante de toutes les forces du noyaiinbsp;fur laiguille, paflera par Ie plan du méridien ;nbsp;en forte que par rapport aux lieux dont il sagit,nbsp;les centres daólion du noyau fe trouveront acci-dentellement fur 1axe du globe terreftre. Maisnbsp;tons ces points , ainfi que ceux oü la déclinaifonnbsp;feroit dun nombre determine de degrés , nenbsp;pourront former aucunes courbes rcgulieres^tantnbsp;a caufe de lapofition, en general oblique, de lanbsp;ligne qui joint les centres dadion , que de lanbsp;variation continuelle a laquelle ces centres fontnbsp;foümis, par la raifon que nous avons expoféenbsp;plus haut.
i68. II y a done , pour chaque lieu du globe, un méridien magnetique particulier , dont lanbsp;pofition change un peu, relativement au mêmenbsp;lieu, tant par IefFet dune deviation continue,nbsp;qui parott provenir de la mobilice du fluidenbsp;renfermé dans Iinterieur du noyau , que dunenbsp;autre variation paffagere qui tient a des caufesnbsp;extérieures amp; locales , ainfi que nous Iavonsnbsp;'déja dit. Par exemple, le premier Janvier 1784^nbsp;une aiguille aimantée , fufpendue dans les caves
DU Magnétisme. zi/ de rObfervatoire, ^éclinoit de 21^, 41', 8quot; versnbsp;roiieft. Mais cette déciinaifon difFere dime cer-taine quantité davec celle- qui avoir été obfervéenbsp;précédemment ; amp; il y a tout lieu de croirenbsp;quelle fubira par Ia fuite de nouveaiix chan-gemens.
169. On voit, par ce qui precede, quil neft pas nécelTaire davoir aucun aimant,foit naturel,nbsp;fott artificiel , en fa difpofition , pour fairenbsp;prendre a tine verge de fer, dans létat naturel,nbsp;un certain degré de magnêtifme. II fuffit de di;'-pofer cette verge de maniere , que les forces desnbsp;centres dadion du noyau magnétique de notrenbsp;globe puilTent déplacer Ie fluïde, en Ie faifantnbsp;niouvoir dune extrêmité vers lautre. La pofitionnbsp;la plus avantageufe efl: celle qui coincide avecnbsp;la direöion que prendroit delle-méme une aiguille aimantce amp; mobile fur fon centre. Au boutnbsp;dun certain temps, la verge donnera des fignesnbsp;marqués de magnêtifme. Ceci rend raifon denbsp;certains effets, qui ont dü caufer dabord beaucoupnbsp;de furprife, tels que Ie magnêtifme quacquerentnbsp;naturellement les barres de fer qui ont unenbsp;pofition conftante au haut des édiflces. Onenbsp;des premieres obfervations de ce genre dont onnbsp;ait parlé , efl celle que fit GalTendi, au fujet denbsp;la tige qui foutenoit la croix du clocher de S.
Jean dAix en Provence. Cette ob(èrvation a été
répétée depuis fur dautres tiges femblables.
170. M. ./Epinus cite un aiitre fait encore plus curieux , que chacun peut verifier, 'a laidenbsp;dune experience facile. Ayez une verge de fernbsp;mou AB {fig-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; tenez-la pendant un
inftant dans une pofition oü laftion du globe puiffe lui communiqucr un certain degré de ma-gnétifme. Si vous préfentez une aiguille aimantéenbsp;sn, fucceffivement aux deux extrémités de lanbsp;verge, en maintenant celle-ci parallele 'a elle-méme, vous obferverez que 1extrémité inférieurenbsp;B attire Ie pole auftral s de laiguille , amp; quenbsp;Textrémité fupérieure A repouffe Ie même pole,nbsp;(108). Renverfez alors Ia verge, de manierequenbsp;rextrêmicé A prenne la place de rextrémité B, amp;nbsp;réciproquement; puis répétez lexpérience. Vousnbsp;aurez des réfultats cor.traires , ceft-a-dire , quenbsp;A repouflera Ie pole s de Faiguille, amp; que Bnbsp;lattirera. Ce changement fubit qui sopere dansnbsp;létat de la verge, a paru merveilleux aux Phy-ficiens qui en ont été les premiers fpeSiateurs.nbsp;Mais on en concoit aifément la raifon, daprèsnbsp;ce qui a été dit, puifque la verge ayant acquis,nbsp;par fa premiere pofition, un certain magnctifme,nbsp;mais léger amp; en quelque forte fugitif, doit Ienbsp;perdre a iinftant, pour pafier au magnctifme
DU Magnétisme.
Oppofé , aufli-tót quon la dirigée dans une pofition inverfe, a légard des poles du noyaunbsp;magnéfique de notre globe.
II eft prefquinutile de remarquer, que fl Ton place un barreau de fer dur dans une fituationnbsp;convenable, il acquerra plus difficilement Ia vertunbsp;magnétique quun barreau de fer mou, mais lanbsp;confervera auili plus long-temps; en forte que finbsp;lon renverfe fa pofition, il paflera beaucoup plusnbsp;lentement a Ictat contraire.
171. Les obfervations précédentes ont fourni aux Phyficiens des moyens pour communiquer anbsp;des barreaux dacier trempé Ie plus haut degrénbsp;de magnétifme dont ils fuflent fufceptibles , fansnbsp;avoir préalablement y foiis la main , aucune ef-pece daimant , foit naturel , foit artificiel. II nenbsp;sagit que de faire prendre dabord a des barreauxnbsp;de fer mou, un commencement de magnctiüne,nbsp;en les pla^ant dune maniere convenable , relati-vement au méridien magnétique du lieu : onnbsp;emploie enfuite ces barreaux , pour en aimanternbsp;dautres plus durs, par la méthode du doublenbsp;contaö; ^ ces derniers font 'a leur tour la mêmenbsp;fonöion , par rapport a dautres barreaux, quinbsp;ont Ie degré de trempe requis pour les aimansnbsp;artificiels ordinaires. On parvient ainfi a conduite , dans ces différens barreaux , la vertunbsp;magnétique, par des accroüremens fuccellifs, a
^^o nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
fon maximum. Nous nentrerons pas dans Ie détail de ces procédés , que cliacun peut varier a fonnbsp;gré, en fe dirigeant daprès les principes de lanbsp;Théorie.
17Z. Mais nous ne devons point paffer fous filence un moyen indiqué par M. ^pinus, pournbsp;feconder, k légard des premiers barreaux de fer,nbsp;ladion du magnétlfme terreftre. Au lieu de dif-pofer llmplement ces barreaux dans les diredionsnbsp;dont nous avons parlé , on peut, en même-tempsnbsp;quon les tient dans une direétion verticale , lesnbsp;frapper a coups redoublés, 'a laide dun marteau.nbsp;Les fecouffes imprimées aux barreaux par cesnbsp;percuflions , occafionnent dans leur maffe unenbsp;efpece de vibration générale, qui déplace un peunbsp;leurs particules , les écarté les unes des autresnbsp;amp; donnant par-l'a plus de jeu au mouvementnbsp;du fluide magnétique , facilite laétion des forcesnbsp;du globe, pour refouler ce fluide dune extrémiténbsp;des barreaux vers lautre.
173. Ceft probablement en vertu dun Méca-nifme femblable , que loiv parvient a aimanter des aiguilles qui font encore dans létat naturel,nbsp;OU a renverfer leurs poles , fi elles étoient déjanbsp;aimantées , en leur faifant fubir une forte commotion éleclrique. La foudre eft capable denbsp;produire Ie méme effet fur une verge de fer quinbsp;en feroit frappce ; amp; cette caufe peut concouiit
DU Magnétisme. zzi
avec k direSion des tiges qui foutiennent les croix des clochers , pour produire dans ces tigesnbsp;Ie magnécifme dont nous avons parlé plus haut.
174- M. ^pinus a éprouvé encore , que Taction du feu fournifloit im moyen daugmenter fenfiblement la vertu des aimans naturels. Cenbsp;Phyficien ayant fait rougir fur un brafier , desnbsp;aimans de ce genre, amp; les ayant laiffés réfroidir,nbsp;obferva, qua la vérité, ils avoient perdu preiquenbsp;tout leur magnétifme. Mais les ayant enfuite places entre deux barreaax dacier fortement aiman-tés, il trouva, après les avoir retires au bout dunnbsp;quart-dheuï'e, ou dune demi-heure, quils avoientnbsp;acquis un degré de vertu beaucoup plus confrdé-rable que celui dont ils ctoient doucs dabord.
175. II fe préfente ici une difficulté qui paroit très-forte, amp; dont on ne voit pas dabord que lanbsp;Théorie puiffe fournir Ja folution. u Si Taclionnbsp;du noyaii magnétique de notre globe , eft capable , dira-t-on, de communiquer au fer unenbsp;vertu fi fenfible , elle devroit auffi exercer unenbsp;certaine attraflion fur ce inétal, comma cela anbsp;lieu , par rapport aux aimans que nous em-ployons dans nos experiences. Un exemplenbsp;choifl entre plufleurs que Ton pourroit citer,nbsp;feivira a mettre la difficulté dans tont fon jour.nbsp;Placez uire verge aimantée fur une lame de boisnbsp;ou de liége, de maniere quelle nage a fleur
Théorie
deau dans un vafe dune largeur fiiffifante. La verge fe dirigera dans Ie pjan du méridien ma-gnétique ^ amp; il paroit de plus, que fi Ton faitnbsp;Texpérience, par exemple, entre lëquateur amp; Ienbsp;pole du nord, cette verge doit s avancer vers Ienbsp;bold du vafe qui fera tourné vers Ie même pole ,nbsp;^omme cela arriveroit, fi lon placoit a unenbsp;ccrtaine diftance, un aimant, même foible, dansnbsp;la pofition convenable. Cependant la verge,nbsp;qoiquelle fe dirige, comme on la dit, qiioi-quelle eüt pu même, fuivant la Théorie, em-prunter du noyau fuppofé , la vertu ncceffairenbsp;pour que cette diredion ait lieu, ne fera aucunnbsp;mouvement pour sapprocher des bords du vafe.nbsp;Neft-ce pas une contradicbion, de prétendre quenbsp;ce noyau agille a la maniere des aimans ordi-naires fur Ie fer dans 1 etat naturel, ou fur Ie fernbsp;déja aimanté, pour faire palFer lun a letat denbsp;magnétifme , amp; diriger lautre du midi au nord;nbsp;tandis quil femble avoir perdu fes propriétés,nbsp;des qu il sagit de produire la moindre attradionnbsp;fenfible fur les mêmes corps» ?
On ne dira pas, pour réfoudre Tobjedion, que Ie noyau magnétique du globe, quoique duanbsp;volume confidérable , na qu\me très-petite force.nbsp;Car cette réponfe eft détruite par Ie fait dunbsp;magnétifme communiqué au fer , a une très-grande diltance, en vertu de la feule adion d,'
DU Magnétisme. 1x3
noyau. Voici une autre foiution dautant plus fatisfaifante , quen faifant évanouir la difEculté,nbsp;elle donne une nouvelle folidité aux bafes furnbsp;lefquelles porte la'Théorie.
Soit cd {fig. S3)y une verge de fer non-aimantce ; concevons qiie lon place un aimant A , a, une petite diftance de cd, amp;: antre aimantnbsp;B très-vigoureux, 'a une très-grande diftance denbsp;la même verge. Suppofons que g, «, Ibient lesnbsp;poles pofitifs, amp; A, , les poles négatifs. 11 eftnbsp;clair que la quantité de fluide de chaque aimant,nbsp;étant la même que Ia quantité naturelle (96), cesnbsp;aimans agiflent par-tout dans la diredion ze,nbsp;corome étant dans létat pofttif. Concevons lesnbsp;adions relatives a eet état, comme coucentréesnbsp;dans les points a, b, dc confidérons celle denbsp;chaque aimant fur une molécule placce vers lex-trémité d de la verge cd. Cette adion tend anbsp;chaffer la molécule de d vers c, amp; parconfequentnbsp;a communiquer Ie magnétifme négatif a lextré-gt;nbsp;mité , amp; Ie magnétiftne pofttif a 1extrémité c.nbsp;Or, les forces étant en raifon inverfe du quarrénbsp;de la diftance (1^2), celle de Tairaant B
l
pourra être repréfentée par la fradion (amp;
celle de laimant A, toutes chofes égales dail-
!
leurs, par la fradion (lt;/e)S les quantités (A/)* amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;exprimant ici les quar;;és des diftances.
ZZ4 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
Évalnons maintenant les attractions des ai-mans , pour faire avancer la verge cd dans la direction cx. Pour que ces attractions produifentnbsp;quelquedet, il faut que laiguille cd foit déjanbsp;ellé-mème un aimant, dont d fera Ie pole négatif,nbsp;amp; c Ie pole pofltif. Or, laCtion de chacun desnbsp;aimans tend a attirer Ie pole cf 6c a repoiiffer ienbsp;pole c. Les effets produits feront done ici en raifbnnbsp;des differences entre les deux aCtions de chaquenbsp;aimant fur les poles d, c. Mais laCtion de lai-
mant A fur Ie pole étant toujours ( de )*, fon
aflion (ür Ie pole C fera (fe)% amp; la difference de ces deux fractions exprimera leffet total denbsp;laimant pour attirer la verge cd. On concevranbsp;de même que reflet de laimant B , pour attirernbsp;ia même verge, doit être repréfenté par la diffe-
I nbsp;nbsp;nbsp;I
rence des deux fraftions (tó)% (^^)% dont la premiere exprime la force attraöive, amp; la fecondenbsp;la force répulfive.
On fait que plus Ie dénominateur dune fraction eft grand , fon numérateur reliant Ie même, amp; plus cétte fraction eft petite. Or, les deuxnbsp;dénominateurs ( fó)% ( /c )% font incomparable-ment plus grands que les dénominateurs.( d'c )%
I
(^ce)% doii il fuit que les fractions (
font aufll incomparabiement plus petites que les
DU MaGNÉT r SM E.
fraflions {dey, {cey. Done la difference de ces dernieres, en fuppofant laimant B a- unenbsp;diftance immenfe, fera prefque nulle par rapportnbsp;a la difference entre les premieres (a).
. On voit par eet expofé , que les forces com-municatives des deux aimans font exprimées par de Bmples fraffions , amp; leurs forces attraffivesnbsp;par des differences de fraffipns. Les réfultats aux-quels conduifent ces deux fortes, dexpreffions ,nbsp;font eux-mémes très-différens j en forte que faction de faimant B, pour attirer faiguille cd^ fenbsp;trouve prefque infiniment petite a fégard denbsp;celle quexerce faimant A pour produire Ie memenbsp;effet', tandis quau contraire, fadion de faimantnbsp;B, pour communiquer Ie magnétifme a la vergenbsp;cd^ eft encore très-comparable a fadion analoguenbsp;de faimant A.
176. La force des poles du méme noyau magnétique elf fufceptible pareillement de faire
( nbsp;nbsp;nbsp;) Les dénominateurs ( {Ic )*, different pl;is
entreux que les dénominateurs nbsp;nbsp;nbsp;(cej*, ce qui
tend a rendre Ia difference entre les deux fra£Hons -L _Lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
(tó)*, (/c )% plus grande que celle des deux autres fradions. Mais Ia cotnpenfation qui réfulte de 1ex-trême petiteffe des dénominateurs , rend prel'que nulnbsp;1effet de la difference dont il sagit-
P
i%6 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie.
prendre 'a une aiguille aimantée la direction du nord au fud, quoique leur force attraftive foitnbsp;comme mille. Concevoris que cd {fig. $4 ) »nbsp;repréfente une aiguille aimantée, mobile fur fon.nbsp;centre o , amp; écartée par une force extérieurenbsp;quelconque de la diredion rs de fon méridiennbsp;magnétique. Soit h Ie point dans lequel feroicnbsp;concentrée la force dun aimant très-éloigné denbsp;1aiguille, cette force étant toujours fuppofée êtrenbsp;pofitive. Solt -c Ie pole pofitif de laiguille , amp;nbsp;d fon pole négatlf. La force b agit fur Ie pole c,nbsp;fuivant la dlredion hc qui fe confond fenfiblemencnbsp;avec , parallele k bo, k caufe de la grandenbsp;diftance. Soit nc la quantité de cette adion. Lanbsp;méme force b agit fur Ie pole li, fuivant la direc»nbsp;tion db OU dx parallele a bo\ foit fd la quantiténbsp;de cette adion. La premiere adion nc fe décom-pofe en deux, Tune fuivant c/, qui eft détrulte parnbsp;la réfiftance du point o, lautre fuivant n/, quinbsp;feule contribue a ramener faiguille fur fon méridien rs. Pareillement ladion fd fe décompofenbsp;en deux, 1une fuivant dgamp;c nulle dans Ie caSinbsp;préfent lautre fuivant fg, qui feule doit êtrenbsp;confidérée. On voit par-la que les deux adionsnbsp;de 1aimant b fur les poles de laiguille, conf-pirent a produire Ie méme elFet, en forte quenbsp;leur fomme exprime la quantité de eet efFet. Or,nbsp;k une très-grande diftance, la fomme dont il
DtJ Magnétisme.
s'agit peut étre encore très-appréciable, comme éelle qui exprime la force communicative de lai-mant. Au contraire , la force attraclive, commenbsp;nous lavons vu ( 17O exprimce que parnbsp;la diitérence des deux adions de faimant fur lesnbsp;poles de raiguüle, difference qui eft cenlee In-finiment petite a une dillance immenfe. II neftnbsp;done pas étonnant que Ie noyaa magnétique de-notie globe exerce une force diredive très-fen-fible fur une aiguille aimantce , tandis quil nenbsp;donne aucun figne de force attradive, relative-tnent a la même aiguille.
Remarquons, en hniilant, que les differences entre les forces communicative amp; diredive dünenbsp;part, amp; la force attradive de lautre , font biennbsp;plus grandes dans lhypotbele de la raifon in-verfe du quarfé des diftances, que dans celie dunbsp;rapport inverfe des fimples diftances; ce quinbsp;connrme les réfultats obtenus par M. Coulomb,nbsp;pour prouver que Ie fluide magnétique fuit lanbsp;premiere des deux loix que nous venons de citer.
VIL Des aitnans naturels , 6 des mines de fee renfermées dans Vintèrieur du globe»
177. La force magnétique du noyau qui occupe Ie milieu du globe terreftre , exerce
ii
zzè nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
continuellement fur les mines de fer (Ituées autour de lui, 'a. une certaine diftance , unenbsp;aftion femblable k celle qui a lieu, par rapportnbsp;aux verges de fer que nous dilpolbns k la furfac?,nbsp;dans des lituation convenables (i 6q). Si ces minesnbsp;de fer font propres, par leur nature, a recevoirnbsp;facilement la vertu magnétrqae, Sc que leur po-fition feconde la communication de cette vertu,nbsp;dies fbrmeront des mines daimant, dont lesnbsp;diffcrens morceaux, après avoir été retires du feinnbsp;de la terre, auront deux poles, amp; feront fuf-ceptibles de prendre la même diredion que lesnbsp;aiguilles magnetiques.
178. Laimant fe trouve en malTes dans Iin-tericur de plufieurs montagnes, en Sibérie , en Dalecarlie, en Norvege, dans le Dévonshire,nbsp;province dAngleterre, amp;c. Ces maffes, daprèsnbsp;la Théorie, doivent avoir, en general, leursnbsp;poles dans des états oppofés k ceux du noyaunbsp;magnetique , vers lefquels ces memes poles fontnbsp;tournes, en forte, par exemple, que le pole, quinbsp;dans le fein de la terre etoit le pliis voifin dunbsp;nord , fera encore le pole boreal, après Iextrac-tion de la mine (163). Mais il eft poffible auflinbsp;que parml les morceaux detaches dune mémenbsp;mafte daimant, quelques-uns aient leur polesnbsp;dans des fituations renverfees. Ceft ce qui arn-veroit, fuivant M. .^pinus, ft la maffe avoir
DU Magnétisme. 2x9 phifieurs points conféquens ( 111 ) , amp; que lesnbsp;ruptures euffent été faites entre les limites desnbsp;parties, alterhativement aimantées en, plus amp; ennbsp;moins. Car,foit AN {fig- 55 ), une maffe quinbsp;ait fa partie AB dans létat pofitif, fa partie BGnbsp;dans létat négatif, amp; ainfi de fuite. Si 1onnbsp;coupe cette maffe en trois fragmens AC, CD,nbsp;DN, on voit que la partie negative CD fe trou-vera adjacente a celle de AC , amp; quainfi lesnbsp;poles de ces deux fragmens feront fjtués en fensnbsp;contraire les uns des autres. Ceft a lobfervationnbsp;a decider fi ce cas, dont Ia Théorie fait voir lanbsp;poffibilité, exifte réellement dans Ia nature.
179. On concoit affez facilement,d après ce qui vient detre dit, 1origine de la vertu magnétique,nbsp;dont plufieurs mines de fer fe trouvent douées na-turellement, fur-tout fi 1on fait attention que cesnbsp;mines ont pu étre expofées pendant une longuenbsp;fuite dannées a ladion du noyau magnétique.nbsp;Mais on demandera pourqiioi routes les minesnbsp;de fer ne manifeftent pas au moins un certainnbsp;degré de magnétifme. Car il y en a qui fontnbsp;fimplement attirablcs a laimant ^ fans offrir au-cune apparence de poles, telles que les minesnbsp;de fer oclaëdre de FaJun en Dalécarlie , de lilenbsp;de Corfe, amp;c. La mine de file dElbe, en cubesnbsp;incorapiets dans leurs angles folides ;xelle denbsp;Framont dans les Vofges, en pyramides exaédres
P iij
130 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
nailTantes, oppofées bafe k bafe, amp;c. Les Miné-ralogiftes ont dèfigné ces mines fous Ie nom de Ferrum relraclonum , pour les diftinguer de lanbsp;mine daimant, quils appellent Ferrum attrac-tórium.
180. nbsp;nbsp;nbsp;De plus, on tronve ime grande quantiténbsp;de mines de fer fur lefquelles Ie barreau aimanténbsp;na aucune aöion fenfible , méme lorfquelles fontnbsp;réduites en parcelles. De ce nombre font lesnbsp;concretions ferrngineufes produites par ladionnbsp;de feaa, les mines de fer hépatiques amp; limoneu-fes, qui nont quun afpecl mat amp; terreux, dcc. Lesnbsp;Minéralogiftes ont nommé routes ces mines,nbsp;Ferrum refraSflriütn.
181. nbsp;nbsp;nbsp;Pour réfoudre la queftion pixtpofée, il fautnbsp;regarder dabord, epmme un principe, quil ny anbsp;que les corps oh Ie fer eft a 1état métallique,qiiinbsp;puiffent pofféder les proprictés de-faimant. Ennbsp;fecond lieu, fi Ie fer, en Ie fuppofant a 1état denbsp;métal, eft combine avec dautres fubftances qui, Ienbsp;minéraiifent (lt;3 ) , Ie mélange de celles-ci pourra
(fl) On dit dune fubftance métalHque , quelle oft minéralifée , lorfquelle fe tvouve intimement unie avecnbsp;unc autra fubftanc.e qui alterc plus on moins les proquot;nbsp;priétés dont ello jouiffbit dans 1état de pareté. Parnbsp;cxemple , un métal ainfi combine avec fon minéralifa-tcur, nell: plus malleable, ou 1eft beaucoup molrvs
DU Magnétisme.
soppofer plus ou moins au dcplacement nécef-faire du fluide, foit pour que Ie fer fe conVer-tilTe en aimant, foit pour quii devienne fim-plement attirable a 1aimant.
Cela pofc, il eft clair quaueune des mines citées en dernier Üeu , ne peut acquérir , ni parnbsp;fon féjocr dans Ie fein de la terre , ni k laidenbsp;de nos procédés artificiels, les propriétés magné-tiques. Car ces mines ne font formées que dunenbsp;chaux de fer, qui a befoin detre traitée chimi-quement, pour que Ie métal foit reviviêé (a) , amp;nbsp;devienne fufceptiblè de magnétifme. 11 ny a donenbsp;nulle difficulté par rapport aux mines dont ilnbsp;sagit.
18.2. A légard des autres, qui ont !e brillant métallique, comme celles des iles dEibe amp; denbsp;Corfe , ce neft pas im fer pur,. ou un fer natif,nbsp;fuivant rexprefiion des Minéralogi'ftes. Lexif-tence du fer, dans ce dernier étar, eft encorenbsp;un probléme , amp; quand elle feroit avérée, Ie fer
quauparavant, c.omme cela arrive au fer minéraüle par Ie faufre dans. la pyrite.
( ) Revivlfier un métalc.efl: Ie ramener de 1étai terreiix fotis Icquel il fe préfenroit, a celui dè métalnbsp;proprement dit. C'e{ï ainfi que Ia rouüie, qui nefl:nbsp;quune chaux d'e fer, reprend, a 1aid'e duno operation dcT Chimie, Ie brillant amp; les autres proprictcitnbsp;inétalliques.
P iy
4^2 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
natif paroitroit devoir étre rare dans Ia nature, puifquon ne cite quun petit nombre dendroitsnbsp;oü Ton prétende en avoir trouvé. Ce métal, dansnbsp;les mines ordinaires attirables a laimant , eftnbsp;minéralifé par des principes particuliers que lanbsp;Chimie na pas encore determines. De plus,nbsp;quelques-unes de ces mines , quoiquelles pré-fentent lafpeél: métallique, font compofées , ennbsp;très-grande partie, de chaux de fer mélangéenbsp;diine petite quantité de métal, qui mafque , ennbsp;quelqiie forte, cette chaux par Ie brillant quilnbsp;répand fur elle. Telle eft la mine de lile dElbe,nbsp;que lon croiroit, au premier coup-doeil, abon-dante en métal tout formé, mais quil fuffit denbsp;limer, pour la réduire prefque toute entiere ennbsp;une poudre rougekre amp; ondueufe, femblable knbsp;celle de certaines hématites.
II neft done pas étonnant quil y ait tant de mines de fer qui fe refufent au magnétifme quenbsp;ladion du globe tend 'a leur communiquer.nbsp;Aufli, quoique plufieurs de ces mines aient unenbsp;aéiion marquée fur laiguille aimantée, il eft rarenbsp;que lon parvienne k leur faire prendre Ia vertunbsp;magnétiqne , en les frottant avec un aimant, ounbsp;en les placant, pendant quelque temps , entrenbsp;deux barreaux fortement aimantés. Jai fait di-nutiles efforts pour communiquer méme un légernbsp;degré de vertu a des oclaédres de fer, de ia
DU Magnétisme. 233
mine de Falun en Dalécarlie, dont laxe avoit pres dun pouce. Jai pris une lame de fer fpé-culaire de la mine de Bitsberg , fituée au mêmenbsp;pays : cette lame a deux pouces amp; demi dansnbsp;fa plus grande dimenfion ; un de fes anglesnbsp;repouffoit naturellement Ie pole fud dun barreaunbsp;aimanté , amp; attiroit Ie pole nord. Maxs cettenbsp;aöion étoit foible amp; refferrée dans un petitnbsp;efpace. Car tous les autres angles de la lamenbsp;attiroient indilFéremment les deux poles dunbsp;barreau , amp; ces attradions navoient non plusnbsp;quune energie peu fenfible. Jai effayé dai-manter cette lame par la méthode corrigée dunbsp;double contad, amp; elle na pas donné plus denbsp;fignes de magnétifme quauparavant.
On concoit, daprès ces experiences , comment il peut arriver que, parmi les mines de fer répandues dans Fintérieur du globe, il nynbsp;en ait que quelques-unes qui fe prêtent k 1adionnbsp;communicative du aoyaa magnétique. Linipuif-fance de 1art nous fournit ici un terme denbsp;comparaifon pour juger du peu deffet quenbsp;doivent produire les forces de la nature, parnbsp;Ie défaut de circonftances propres k en fecondernbsp;lapplication.
183. Avant de finir, nous ne devons pas omettre une conjedure de M. jEpinus fur lanbsp;caufe des variations de Faiguille aimantée. Ce
i34 nbsp;nbsp;nbsp;Théorie
Phyficien préfume que ces variations pourroiens bien être dues , en grande partie, ou même ennbsp;totalité , a la force perturbatrice des minesnbsp;daimant, dont laélion détourneroit fans ceffenbsp;Taiguille de la direftion qu elle eüt prife, pro-portionnellement aux latitudes, fi Ie noyaanbsp;magnétique agiflbit feul fur elle. Car dun coté,nbsp;la quantité de ces mines varie lans ceffe , foitnbsp;par lexploitation qui sen fait, foit par 1addi-tion de celles qui fe forment naturellement, avecnbsp;Ie temps : dune autre part, laftioh continuéenbsp;du noyau magnétique , augmente fuccellivementnbsp;lintenfité de la vertu acquife par les minesnbsp;daimant. Enfin , les ruptures occafionnées parnbsp;les tremblemens de terre, amp; autres accidensnbsp;femblables, peuvent déplacer des maffes confi-dcrables daimant, amp; produire ainfi des chan-gemens dans leur maniere dagir fur laiguille.nbsp;Ce foupcon paroit étre confirmé par certainesnbsp;relations, oit nous lifons qua la fuite dunnbsp;violent tremblement de terre , les aiguilles ai-mantées avoient fubi tout-'a-coup des deviationsnbsp;fenfibles. Si la conjeélure étoit fondée , ce feroitnbsp;en vaui quon fe flatteroit de pouvoir determiner , a iaide du temps , la loi que fuiventnbsp;les variations de pofition qiion obferve dansnbsp;lcquateur magnétique, ainfi que dans les mé-ridiens magnétiques des différens lieux de la
DU Magnétisme. 23^ terre , puifque ces \;ariations dépendroient dunenbsp;caufe qui ne feroit affujetie k aucune regienbsp;conftante dans fa manlere dagir. Au refte, on ,nbsp;voit combien feroit intérelTante une fuite denbsp;bonnes obfervations faites dans la vue de jeternbsp;du jour fur ce point de Théorie. II feroit a fou-haiter encore que les Minéralogiftes Yoyageurs,nbsp;qui rencontreroient des mines daimant, obfervaf-fent la direélion quavoient dans Ie fein de lanbsp;terre , les poles des difiérens morceaux detachesnbsp;de ces mines, amp; quils préfentaffent méme aunbsp;barreau aim an té , les mines de fer en mineral,nbsp;qiielles quelles fuffent, immédiatement après leurnbsp;extraftion , pour éprouver fi elles nauroient pasnbsp;alors un certain dcgré de magnétifine naturel,nbsp;mais fufceptible de fe diffiper en peu de temps,nbsp;comme celui que nous comrauniquons au fcrnbsp;mou , qui Ie laiffe cchapper aulli facilemenr quiinbsp;lavoit acquis. 1 es Sciences ne feront de progrèsnbsp;rcfls , que quand on faura ainfi les affecier lesnbsp;unes aux autres , les faire marcher de concert, amp;nbsp;réunir , dans une même recherche, plufieursnbsp;points de vue dont Ienfemble répande des traitsnbsp;de lumiere , toujours perdus pour i nomme bornenbsp;a la confidération des details ilolcs.
Page 8^ y apres la note, ajoutei : Suivant M. Prief-tley, (Hift. de IEledtricite, Tom. IT , pag. 37) , 1ex-périence dont il sagit ici, fut imaginee par MM. Wilke amp; .ffipinus. Mais il paroit plutot que Iidee en eft due anbsp;M. jïpinus feul, amp; que ce Savant, après I'avoir com-muniquee a M. Wilke^ travailla avec lui a conftater unenbsp;decouverte dautant plus belle , quindependamment dunbsp;jour quelle devoit repandre fur la Thdorie, elle etoitnbsp;le fruit de la reflexion , amp; avoir été fuggérée a fonnbsp;Auteur par les principes même de cettc Théorie. Lanbsp;lame dair fe trouvant renfermée entre deux grandesnbsp;planches garnies de fer blanc; 1une de ces planchesnbsp;paffa a Ietat négatif, tandis quon éleélrifoit 1autrenbsp;pofitivement, amp; la demonftration ;ut complette, lorfquenbsp;M. .^pinus, ayant touche a la fois les deux planches ,nbsp;reffentit une commotion femblable a celle de 1expé-rience de Leyde.
Page igOy après la note, ajoute[ : Je dois dire ce-pendant que M. ^Epinus sexprime plus pofitivement, page 58, que dans dautrcs endroits de fon Ouvrage, amp;nbsp;y incline en faveur de la raifon inverfe du quarre desnbsp;diftances , mais fans alleguer dautre preuve que Iana-logie.
z37
D E
Discours Préliminaire , Pages iij
I. nbsp;nbsp;nbsp;Des principes génèraux de cctte Théorie, i
II. nbsp;nbsp;nbsp;Des, loix aiixquelles efi ajfujettic la maticrc
éleclrique , en conféquence des principes qui viennent détre ezpofés^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
III. nbsp;nbsp;nbsp;De la loi que fuit laclion de la matiere
éleclrique., a raifon des dijlances , nbsp;nbsp;nbsp;39
IF. Application de la Théorie aux attraclions amp; répuljions ékclriques,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;efi
V. nbsp;nbsp;nbsp;Des changemens que laclion des caiifes ex-
térieiires peut apporter dans les attraclions amp; répuljions éleclriques,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;60
VI. nbsp;nbsp;nbsp;Du pouvoir des pointes,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;70
VII. nbsp;nbsp;nbsp;Des étincelles amp; aigrettes éleclriques, je,
VIII. nbsp;nbsp;nbsp;De texpèrience de Ley de,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8z
JX. De quelques moyens parficuliers dtexciter
la vertu éleclrique, nbsp;nbsp;nbsp;92.
238 nbsp;nbsp;nbsp;TABLE.
Du MAGNÉTISME.
I. nbsp;nbsp;nbsp;Des propriétés du fluïde magnétique, ^ de fa
comparai/on avec lefluide ékürique, nbsp;nbsp;nbsp;107
II. nbsp;nbsp;nbsp;Des loix auxquelles ejl Jbiimife laélion du
fluïde magnétique , en conféquence des propriétés expofées dans Partiele précédent,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;111
III. nbsp;nbsp;nbsp;Application des principes précédens d plu-fieurs phénomenes du Magnétifme, jz6
IV. nbsp;nbsp;nbsp;De la communication du Magnétifme,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;138
V. nbsp;nbsp;nbsp;De la loi qiii fat Vaclion du fluide magnétique., d raifon des diflances176
VI. nbsp;nbsp;nbsp;De la vertu magnétique du globe ter-
reflre^ nbsp;nbsp;nbsp;190
VIL Des aimans naturels., amp; des mines de fer renfermées dans Pintérieur du globe., 227
Fin de la Table.
J. CH. DESAINT, IMPRIMEUR,
HUE Saint-Jacques.