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SUR
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LÉLECTRrCITÉ et du MAGNÉTISME,
Couronftés nbsp;nbsp;nbsp;publiés par V Académie de Bavière \
traduits du Latin ö* de P AUemand ^ aug~ mentis de Notes, £5? de quelques Dïs-fertations nouvelles,
PAR
Profcffeur de Philofopkie dans VUniverfité dt franeker, A[}ocié étranger de la Société Royale de Médecine de Paris ^ Membre des Académies de Bruxelles ö* de Bavi'ere; desnbsp;Sociétés de Haarlem £5? d'Utrecht, Membre confultant de laRociété de Phyji-que expérimentale de Rotterdam ^nbsp;ifj de la Société de Médecine denbsp;la Haye: Correspondant desnbsp;Académies Royales de Paris 0? de Turin,
tome premier.
A LA HAY £,
Chez ees LIBEAIRES ASSOCIÉS. u ü c c L xx XI r.
-ocr page 8- -ocr page 9-'ES fept Mémoires que ce Recueil contientgt; il y en a trois qui ont été compofés a loccafionnbsp;du Prix propisfé par lAcadémie Electorale denbsp;Bavière, dabord en 1774, Sc pour la fecondenbsp;föis en 1776 5111*' la Questian5 y a-t-il urne. Ana^nbsp;logic vraye ^ fhy/ique entre la Force ékamp;riquenbsp;la Force magnétique :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s'il y en' a une^ ^quti-
Ic efl- la manih'c dont cec forces agijfent fur Ie corps animal? LAcademie jugea que. les Mémoiresnbsp;cpion lui avoit préfcntés navoient pas 'traité lanbsp;Qucftion alTez profondément dans toutes fes'nbsp;parties, pouvquclle put cn couronneraucunen:nbsp;entier, imis*elle adjugea une Medaille dOr denbsp;la valeur de vingt ducats a lAuteur du Mémoi-re qui portalt pour devife, Homo Natura Mi-nljler ^c., amp; qui efl; la premiere piece de ce Re-cucil: 6c une. pareille Medaille de dix ducats anbsp;M. s T EI G L E H N E n 5 autcur dun Mémoi-re Allemand., qui efl; la feconde piece de cettenbsp;Collection. Enfin, en puWiant ces deux Dis-fertations da.ns Ie fecond Volume de fes nou-vcaux Mémoires, 1Académie en a ajouté unenbsp;troificme fur Ie même fujet, écrke e,n Alle-t,nbsp;mand par k Profcsfeur h ü b n E R,
* 3 nbsp;nbsp;nbsp;Pnir,
E.
Vi
Pt-usiEtTRS rtifons m'ontfait penfer quii-ne'traduftion damp; ces Mémoires pourroit être utile: jusqua prefent ou na gueres écrit fur cenbsp;fujet en frangois (a): ou du moins, ce na éténbsp;la plupart du terns' que rnperficiellemcnt oujenpas-ünti quoi'quilmérite detre traité avec précilionnbsp;Sc én detail- CcS: Mémoires publias parmi ceuxnbsp;delAcadémie,'.font partie.dun Recueilquetoutnbsp;le Monde neft pas a méme. de fe procurernbsp;dailleurs cette colleétion, quoiquexcellentenbsp;ctartt-prcsquentierement écrite en AUcmand,nbsp;eft mklheureufement pout le progrès des fcien-ces,, peulclonriue Sc.-peu repandue hors des bor-rres 'de r:Empire.. Ehfiu, en donnant une nouvelle éditioiiïde ces Mémoires,:jérois a méme-.nbsp;(kpouvoir rectifier pIufieuK ehdroits des miens,,nbsp;qui me paroifTo-ient avoir béfoin déclairqifte-mens ou'de conreétions. Des-amis, auxquels:
jo
« nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt; f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
(a) En 1748, LAcadémie' de Bordiatix z couronné nné biflcrtaïiofi du P. ebrand fut U' rapfort qui fetrou-vs'entre' les caufes dis Vldnomtnes dv tAimant- ex celles desPhé-TMiients dl .lMhfiriiitéJe nai pu me procurer cette piècenbsp;malgré tous les foins que je me fuis donnés pour eet ef--_nbsp;fet M. aepinu s, qui seft trou.vé dans le même cas»nbsp;juge qis'il nétoit guères posfible de bien développernbsp;eette' Analogie arant la découve'rte 'du fyftême de M*
rRANsLIN.,
i
-ocr page 11-Vil
je Gommuniquai ces idees, mjengagèreiit a en-_ treprendre ce travail, Sc je me fuis rendu anbsp;leursavis, aprcs avoirdemandcSc obtenu laveunbsp;de r Académie, a laquelle je devpis cettc preu-ve demon refpeétj puisque jai lhonneur dénbsp;lui appartenir.
Tels font les motifs qui mont engagé i publier ce Recucil: je vais indiquer les dilFé-rentes pieces qui Ie compofent, amp; rendrenbsp;comptc des additions que jai fakes a celles quinbsp;avoierit déja paru.
I. Le premier Mémoire fur V Jmïogh dt V Elcamp;ricité dï? du Magnétisme occupe feul Ienbsp;prémier Volurne. Quoiquïi fbit enticremencnbsp;mon Ouvrage, amp; que jy aurois fait plufieursnbsp;changemcns fi javois pu Jé rpfaire en en-tier, jai cru devoir n'y rien changer. Quandnbsp;une Académie public les pieces quclle a couron-nées, Ie Public juge aprés elle, amp; quelque-fois dune manicre dilférente : mals il fautquij,nbsp;juge le mêriie Ouvrage: le Texie dun Ouvrage couronné me paroit par cette raifon uhnbsp;point, auquel il ncll pas permis de toucher.nbsp;Ausfi me iuis-je comporté dans ma traductionnbsp;comme sil sagiffoit de Touvrage dautrui, ^nbsp;sil melt arrivé quclquefois dinférer deuxnbsp;OU trois mots dans le texte, pour en rendre lenbsp;fens plus clair, jai porté le fcrupule jusqua
vm E.
roettre cesmots einr.e deux [ ] pour quon pr* s'en apperqevoir, amp; jai diftingué toutes Icinbsp;citatipns, ou toutes les notes que jai ajoutées,nbsp;par les lettres C.d. T. ou N. d. T. initiales desnbsp;mots CitlFtion ou Note du Traduamp;eur.
.Les Notes de ce Mémoire font très-nom-breufes, amp; de deux efpèces : dans les uncs, je nai fait quindiqucr les endioits correspon-' dans des Mémoires de M. M. steiglehnernbsp;5c HÜBNER, dans lesquels il eft fait mentionnbsp;des mcmes objets. Jai forme de cette manié-re, entre les trots Mémoires qui ont concou-ru llir Ie même fuj'et, une elpèce de concordance, qui mettra Ie Lcéleur a méme de voir,nbsp;dun coup doeil, la manière dont les mêracsnbsp;objets ont été difc^tés par trois auteurs, quinbsp;ont fuivi des Principes très-différens 5c desnbsp;routes non moins oppofées.
La feconde efpêce de Notes eft la plus nom-bfeufe: cé font celles qui fervent a éckircir, a étendre, a reétifier, amp; quelquefois ausfi anbsp;défendre ce que jai avancé dans Ic Texre.nbsp;)l seft écoulc prés de fept ans depuis quenbsp;j*ai envoyé mon Mémoire a TAcadémic denbsp;Bavicre, amp; ily en aplusde nciif quil eftcom-pofe : il a fait en 1775 6c 1776 la matière desnbsp;Lecons publiques que je donnois alors dansnbsp;notre Univerfité; je uavoisaucundeffcin dcn
R E.nbsp;IX
faire quelqiieyfageukérieur, quand itn Cahier du Journal Encyclopédiquc, qui me tombanbsp;par hazard entre les mains a la fin du moisnbsp;dOftobre 1777 , me donna connoifiimce dunbsp;Programme de 1Académie amp; reveilla lattea-tion que javois donnée a ccite maticrc; rnaisnbsp;rl ne me reftoit pas de tems^perdre, piiifquenbsp;Ie terme fixe pour Ie concours étoit la fin denbsp;Décembre: je neu que celui dè rcvoir les cahiers denies leqons, den retoucher par-ciparia ie ftyle, de les tranferire, amp; den rctranchernbsp;quelqueS expcriencés qui dcvcnoient fuperflucs.nbsp;Tout cela fut achevé en peu defemaines, amp;nbsp;nion MémoiveparVhu 'a Munich aflez-tótpoutnbsp;pouvoir concourir i ausfi retrouvera-t-on ici,nbsp;a de trcs-legers changemens pres, mes lemonsnbsp;telles que je les ai prononcées, eh les accom-pagnanr des Experiences quejaidécrites. Maisnbsp;depuis neufansonafaitbeaucoupde dccouveitesnbsp;en Eleétricité; mes connoifiiinces fiir cc fa jetnbsp;fe font augmentéesj la Lefture du Ménioirenbsp;de M. steiglehner ma fiiit faire'denbsp;nouvelles réflexions. Jai done cru devoirajou-tcr a mon travail Ie refultat des notivcllcs recherches que javois faites: amp;; puisqu'il nera'é-toitpai permis de toucher au Texte, jai en re-cours a des Notes: ausfi, ceux qui voudronc
feront bieigt;,
ïinfiruire a fond do cette maticre
-ocr page 14-X R Enbsp;E',
bien de lire dabord Ie texte feul, amp; dy join-dre enfuite la lefture des Notes-, dont qucl-qucs lines contiennent des discusfioqs aflez dé-taillées 8c approfoiidies'.
M. HEM MER, celèbre Phyficlan amp; Secretaire, de la Sociécé de iVIétéprologie établie u.Manhóim, a donné dans un Joumal Alle-, une teccnfion tres-détailléjs des troisnbsp;Mémoires Tur lAnalogie de rÉleélricité Sc dunbsp;Magnétisme.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;été trcs^flattc de ce quil
a dit davantagcux de.mon travail,, je lai étc beaueoup plus encore de la. critique quil en. anbsp;Elite, jai examine fes rcmarquesavec foinjjainbsp;éclairci les articles qui paroilToient obfcurs, jainbsp;corvigc ccux dans lesquels il ma fait voir qucnbsp;j'ai tqit, Sc il Cn cft plus dun de cc.genre;,nbsp;jenconviens fans dctour -corftme fans peine,nbsp;parceqvie naitaciiq au'cun prix. a mes opirnbsp;nions, qui me deyienuent étrailgères.dès quenbsp;je rnappercois quellcs nexprimentplusla Nature ; ausfi biet! loin dêtre.choquc contreceuxnbsp;qui rclèvent roes crrcurs, ou de croire quilsnbsp;blcflcnt, en les relevant, ma reputation, ounbsp;mqri amour prpp'rc, je leur cn ai de lobli-
gation.
(ö) Ric'mifche EnVragf»Gdehrfamheit, pour iv'Si: cÜKjuième Cahier, p, 418-466.
-ocr page 15-s'lt;
gatioii, puisquils font difparoitre de devant mes yeux Ie Nuage qui me cachoit la Vé- nbsp;rité, amp; quils mede font connoitre. La dé-couverte de la,.Vérité eft Ie feul but de mesnbsp;travaux-; je-k clmrche avec fincérité gt;. je lem-bralTc avccardeur quand. je crois lavoir trou-vé«j je ia défends avec, zèk, mais avec m.o-dellie, qvund,]e.crois lapofféder : ausfi.nai-jenbsp;pas hefité a employer une paitie.de mes Notesnbsp;a fortifier.,par. de nouvelle,s preuves Iqs articlesnbsp;du texte:, .für lesquels-les objcétions de ,M. _nbsp;HETsiMER ne me paroifibient pas jufies-Javois ignore que ce fa^vant., avec Icqucl jai-eu riroiineur dentrcr en con-efpondance dc-puis deuTt qns, avoit fait des r.emarques furnbsp;mon JVlpmqire , fi lui-même ne meut faitnbsp;Ic plaifir de men avertir, amp; de menyoyer Ienbsp;Cahier du Journal qui les contient. Si tqus.nbsp;les JoumalifLes,examinoieut avec Ie meme foinnbsp;les ouvrages. dont ils rendent comptc, amp; lesnbsp;critiquoient-aivec la .même .fev.crité , mai.yac-cpmpagnée de toute la politeiie posfible , , ilsnbsp;fcroient furenrent duneutilité conndérablcauxnbsp;Auteurs. ,M. H e m m e r me permettra de Icnbsp;rcniercier .publiquement de iattcntion quil anbsp;donnée a mon Mémoire, dy de rinltrudlipnnbsp;qiril ma procurée par fes .remarques.
Qu o j Q,uE jabhorre k,genre polémiquc,
je
XIT je me fuis trouvc dans la nécesfité indifpenfablenbsp;de refuter plufieurs Phvficiens très-eftimables,nbsp;qui jouilTent de la reputation la plus brillantenbsp;Sc lamieux tiiéritée, amp; dans lesquelsj e ne fau-rois méconnoïtre une fupériorité de lumières,nbsp;dc talens, amp; de Génie tres-marquée: mais ilnbsp;li^y avoifpas de milieu: il falloit me refoudre,nbsp;OU, a ne jamais traiter cette maticre, Toit parnbsp;écrit, Ibir de vive voix, parti que 'je dbutenbsp;quil meut été permis de prendre , puisque jenbsp;fuis oblige par état de donner des inftruélionsnbsp;fur toutes les parties de la Phyfique; on, fi jenbsp;la traitois', a dire avee libcrtc , maïs avec dé-cence, mon avis fur les fent'imens daurrui. Ennbsp;effet, comme je me (liis convaincu après une.nbsp;étude ausfi approforidie quil métoit posfible,nbsp;quil nexifte aucune Analogie entre lÉleclri-té 8c Ie Magnétisme, je ne pouvoistraitercet-tc maticre, fur toutes les parties' de laquellenbsp;jembrairc la negative, queniaifarit vöif lin-validité des comparaifons quoira faites f qucunbsp;demóntrant que les éxpériences' fur Issqucl-les ori fe fonde ne próuvent nüllement ce quonnbsp;croit pouvoir en 'déduire , c: a : dr en unnbsp;mot, quen examinant, quen refutant les fen-limeas de eeux qtii ont allcgué ces Experiences, qui ont, établi ces Chefs dAmlogie. Jenbsp;ne crois pas que je me fois jamais-écarté Ie
moins
-ocr page 17-E F E.nbsp;xin
moins du monde des égards que je dois au mérite 6c aux profondesconnaiflances deceuxdont jai pris la liberté dexaminer les opinions: 6cnbsp;je fuis très-perfuadé quils-font trop veritablenbsp;ment Philofophes pour prendre mes remarquesnbsp;en mauvaife part. Je cherche kVéritéavecnbsp;Ie même iêle queux: 6c quoique je fois in-timement convaincu, quil na meft pas donnénbsp;é'y apporter Ie méme degrc de penetration,nbsp;6c conféquemment, que je ne puis me pro-mettre des fuccès ni ausfi brillans, ni ausfiheu-reux, que ceux quils ont obtenus , je croisnbsp;pouvoir prcfeoter la Vcrité telle quelle sofFrenbsp;a mon Esprit après des recherches asfidues 6cnbsp;un travail opiniatrc. Jai toujours penfc cenbsp;qua dit un Phyficien celèbre (c), dans une,nbsp;Diflertation, que ceux qui soccupent dePhy-fique expérimentale ne fauroient étudier avecnbsp;trop de foin j La Vérité pour Ie Philofophenbsp; neftpascellequon enfeigne, mais celle quinbsp; peut rigoureufcment fe détnontrer : un grandnbsp; nora ell certalnement une autorité refpecta-
bic'
(c) M. Sknebier dans fes Confidémtlem fnr la thodt qn'a fuirii M. spalanzani dans fes Experiences fmr lanbsp;Vigeflion, p. 63. 64.: placécs i U tête dc fa tradudiioianbsp;des Experiences de M.s p A t AN z a n i «/¦ la Uiaejlm.
xiy
q E.
ble, mais un grand nom nexelura jamais de ,5 lefprit dun homme qui penfe tout fou^qonnbsp;,, derreur: il pourra tout-au plus en diminüernbsp;,, lacrainte : mais il fe refervera toujoursTcxa- men: ausfx,tous.ceux qui ont fait des expé- riences avec: foin ont dcliré quelles fuflentnbsp; repctées, amp; celui qui aime plu^ la vériténbsp;,, que fon opinion, fouhaite vivement que
chacun Ie juge avec rigueur: parceque fon opinion cesferoit de lintérefler ausfi-lótnbsp; quelle cefleroit detre rexpresfion de lanbsp;5, vérité. Maisausfi, en attaquant lopinion ,nbsp; il refpccte lhomme, 6c ne lui oppofe que lanbsp; Nature.
Pour achever ce que javois ii'dire de mon Mémoire danscette Préfiice, il me refte a ren-drecompte dime addition a faire ala p. 437.nbsp;Not.^. Ce Mémoire étokfouspreffequandje fusnbsp;informé par M. le sage de Genève, que Ienbsp;celèbrc Abbé spai.anzani avoit publicnbsp;des expériences trés - intérellantes fur lElec-tricité 6c le Magnétisme de la Torpille. Jenbsp;ne tardai pas ,a deraander des éclaii-cifiemeiisnbsp;fur ce fujet a M. s e N e b i e r , 6c par fon en-tremiCe a M. s p a i. a n z a n i lui - même.nbsp;Le premier mqnvoya le plus proraptementnbsp;posüble un exirait enfranqois des Mémoires du
Phy-
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Phyficien de Pavie («?), amp; je Ie reciis encpre a terns pour pouvoir linférer dans 1article au-quel il appartient. Depuis ce tems M. spa-LANZANi ma fait la grace de me commu-niquer des Expériences nouvelles, quil a fai-tes depuis la publication des premières: ellesnbsp;font trop intéreffantes pour nen pas fdre parenbsp;au Public. Voici ce qüil ma écrit dans fa let-du 26 Decembre dernier.
Durant mon féjout'fur la Méditerrannce aux vacances dernières, jai eubiendes oc-,, cafionsde repéter mes expériencesfur la Tor-,j pille, Sc il eft digne de remarque , quenbsp;,5 lAimant dont je me fervois étoit très-vigou- reux , piiisquil foutenoit Ie poids de 25 li- vres: la livre efticide douze onces. Non- obftant je ne me fuis jamais appercade la plusnbsp; petite attraction entre ce poiflbn amp; lAimanc.nbsp; Jai varié mes expérieaces de mille manières,nbsp; mais toujours avec k mêrae mauvais fticcès.
au
(d) Ge Méraoire pene pour litre: Lettera dAl
s P A L A N Z N l, R. Vrof. (j-c: il Sigr.ors Mardisfi nbsp;nbsp;nbsp;,
Ciamhtrlimp di S, M. il Re di Pmjfu, 4. 2.3. Fii;, 1783 Depuis ce tems M. da men ma fait conuoitie im amienbsp;extrait trés-détaiUé de ce Mémoire qui fe trouve dansnbsp;un Journal Allemand intitule Gnh-dnihi Ce,:Lm ze.ujei^t»nbsp;1783. B, 405),nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
-ocr page 20-xvr
au cantraire Ie fuccès a été heureuxtouchant rÉlectricité des Torpilles. Si M. sene- BIER vöus a dotjné Ie précis de mes éxpé- riences fur eet article, vous verrez que cenbsp;,5 n eft rien ou presque rien en comparaifon denbsp;,5 ce que jai découvert depuisj tant par rap-,, port a rÉleétrickc, qua lAnatoraie, 6c anbsp;,, lHiftoire naturelle de cette efpècede Raye.nbsp;Je publicrai tous ces fairs dans une lettrenbsp; que je joindrai a beaucoup dautres lettres,nbsp; qui rouleront fur différens fujets dHiftoirenbsp; naturelle, dont plufieurs me femblent fortnbsp; intércflans 6c quelques-uns même nouveauxnbsp;On ne peut quattendre asiec impatience la publication dim Ouvrage qui nenbsp;fiuroit manquer daugmenter la masfe de nosnbsp;connoidances, autant que tous ceux du mêmenbsp;Savant Tont déja fait furies objets les plus in-térelTans, 6c Ip's plus. importans de rHiftoirc
naturelle 6c de rÉconomie Animale. -
II. La feconde piece de ce Recueil, oü| la premiere du Second Volume, eil; fs-co,id Méraetre fur 1' Jnalogie de rÈleBri'citénbsp;du Magnétisme. M. steiglegner, pro-feircur de Phyfrque a Ingolftad , qui en eftnbsp;lAuteur, a traité cette maticre avee beaucoupnbsp;de pénctratlon 6c de foin, 6c dune manièi-*nbsp;tres-difterente de celle que jai fuivia dansraon
IVlc-
-ocr page 21-R.
XVII
Mémoire. II examine dansk première Pavtie sil ya une Analogie Phyfique entre IEleftrknbsp;cite amp; Ie Magnétisme i il en admet une desnbsp;plus coraplettes, amp; il adopte pöur eet effet Ienbsp;fyftêrae deM. aepinus, dont il fuit pas £nbsp;pas lés Principes, les Calculs, Sc les Forrau*nbsp;les: on y trouve en outre une explication desnbsp;principaux Phénomènes de IEleftrophorC,nbsp;fujet fur lequel je navois fait que glifler dansnbsp;mon Mémoire , malgré fon importance pournbsp;cetix qui admettent lAnalogie enqtieftion. M.nbsp;STEiGLEHNER examine dans ia feconde Parcie^nbsp;Il rÉleélricité 6c Ie Magnétisme agilTent furienbsp;Corps humain 8c comment ils agi/ïent. Cettenbsp;Partie eft certainement une des plus excel-*nbsp;lentes pieces de Phyfique que nous polTé-*nbsp;dons. On y trouvera les recherches les plusnbsp;fatisfaifantes, Sc des Expériences faites avSenbsp;foin Sc dirigèes par un Efprit vraiment phi-*nbsp;lofophiqtie. Celles que M. s t e i g e e h n e Rnbsp;a faites pour prouvér Tillufion des fiits alléguésnbsp;en faveur Am Magnétisme animiil ^ font très-importantes, Sc propres a conVaincre toutnbsp;Phyficien impartial. On voit , par Ie peunbsp;que je viens de dire , combien Ie travail denbsp;M. s T E1G t E H N E R complette Sc rectifienbsp;Ie mien , auquel il fupplée dailleurs pour
sv'iri Rnbsp;Anbsp;E.
Tadlion du Magnétisme amp; de IElectricitc fitr Ie Corps animal, maticre dont je navoisnbsp;pas parlé.
Q uoi au E M. STEiGLEHNERait adop-té, dans la premiere Parde de fon Mémoire, xm fentiment très-dift'érent du mien, je ne menbsp;fuis livré a aucune discusfioh fur ce fujet dansnbsp;les Notes que jai jointes a cette Partie. Je menbsp;fuis contenté dy citer les endioits correfpon-dans de mon Mémoire amp; de celui de M. hüb-NER, ,amp; de mettre a la portee de totis les J^e-éteurs les Calculs que Ie texte préfente, cn ren-voyant pour des détails ultéricurs a POuvragenbsp;mêrac de M. aepinus. Enfin jai reélifiénbsp;les fautes dimpresfion alTez nombreufes qui fenbsp;trouvent dans les expresfions Analytiques denbsp;Poriginalde ce Mémoire, dont jai refait tousnbsp;les Calculs: il y en a de ces fautes qui fautencnbsp;aux yeux: il y cn a dautrcs, qui, quoiquenbsp;non moins certaincs , font néanmoins plusnbsp;compliquécs amp; dont jai cru devoir prevenir.nbsp;II ne faut pas quun Tradufteur charige lori-ginal fins en rien dire.
Je me fuis attaché dans les Notes fur lafe-conde Partie a citer des exemplesqui pouvoient fortifier les raifonneatens de PAut^ur, amp; lesnbsp;mettre dans un plus grand jour 3 pour eet, effet,
¦je
-ocr page 23-H.
Ace.
XIA
je mc fuis priacipalement fervi des Recherches de M. bertholon, Sc des nombreufesnbsp;experiences de M. riauduit concernancnbsp;linfluence de lEledricité fur Ie Corps hu-main : du travail de M. M. andry 6Cnbsp;T H OU R E T fur ladtion de lAimant; enfinnbsp;des Obfervatioas amp; des Experiences de M,nbsp;KEiNKOicH, Profefl'eur ,a Prague, rélative-n\Cï\fnu MagTié,ih7ne animal.,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
HL L_,a troifièoae piece ,de ce Recneil porre Ie titre de Rewarques fm' k-fyflêmc de M,nbsp;A E PI N u s. Jai cru quil ctok CQuyenable denbsp;les placer immédiatement aprèsle Mpmpire denbsp;M S T E I G L E H' N E R, qui cpnticnt les principes amp; lesfoiinuies quc japexamiüés; Dures*nbsp;te, Gomme jai expqfé au coinnieuGement denbsp;cette piece Ie but que, je me fviis prqpofé en lanbsp;compofan^, jl me^paa'oip inutilejjd-^npien direnbsp;de plus dans cette Priéfaqe. , ; ,
IV. La quatri'ème piece efilctroificme Mót moire fur VAnalo'gie-de Vdu M-synbsp;gnétisme. M.. Ie Prófefifcur h ü b n b-r y tieiunbsp;une efpèce de milieu entreceux, qui établisrnbsp;fentune resiènablance coipplette,gncixy les deusnbsp;genres de forces, Sv ckisqui iieq admerrent au-cune; il allèguc 1$ pour amp; Ie contre», Sc Ic de-termine. enfi/r pour 1Analogie: jai,fuiyi dans
xx nbsp;nbsp;nbsp;Preface.
ttaes Notes la même methode que dans celles du Mémoire deM. steiglehker, knbsp;cette difference pres, quil en eft deux outrois,nbsp;danslesquelles je mefuis ecarté demon Auteur,nbsp;parcèquil sagiftdit, non de raifonnemens ounbsp;dopinions, mais de Faits qui me paroiftbientnbsp;rapportés avec peu de précifion, Ou dune ma-Jöière qui pourroit faire regarder comme certains des Faits qui ne font rien moins que tels.
V. La cinquième piece contient des Reflexions fur le Magnétisme animal ^ fur le fyfiê-me de M. MESMER. Ce prétendu Magnetisme amp; ce fyftême out fait beaucoup de bruit depuis quelques années : mais tous ceux quinbsp;parlent de Magnétisme animal nentendent pasnbsp;la même chofe par cette expresfion. Jaipenfcnbsp;quil feroit utile de rechercher les difterensnbsp;fens quon peut attacher au-mot de Magnétismenbsp;animal^ 8c dans lesquels on 1a réellement pris:nbsp;dexaminer jusquou ces differens.fens peuventnbsp;être i'eputés vrais, amp; quelles font les efpecesnbsp;de Magnétisme ariimal qui bnt réellement lieunbsp;dans la Nature. Le réfultat de mes Recherches eft, quilny enaqumie feule, 8c quen-core elle eft tres-improprement ainfl nommée.nbsp;Eile confifte en ceci, que IAimant appliquenbsp;extericHiement au Corps huraain , ou portc
ea
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en amulctte, exerce fouvent, 8c vraiiembla7 bleroent fur Ie feul genre nerveux, une afti-on quelconque, ordinairement falutaire, maisnbsp;fujctte a beaucoup de reftridtions, 8c dontnousnbsp;ignorons' abfolument la nature. En parcou-rant les diverfes fortes de Magnétisme animalnbsp;établies par différcns Phyficiens, furtout dansnbsp;les deux derniers dècles, il a fallu faire paflernbsp;en revue beaucoup derreurs amp; dextravagan-ces.'inaisjaicru pou\ oirdiminuerledefagrémentnbsp;qui refulteroit dune discusfion, minutieufe anbsp;la vérité, mais ncceflaire, fi je me conten'^nbsp;tois de prélenter dans Ie Texte, par une narration rapide les principaux réfultats de ce qui
a été penfé, dit, ou büt fur cett? matière, 8c fi je rejettois en Notes, Igs détails ultérieursnbsp;8c les autorités qui fervent de preuves a mesnbsp;reflexions. Ceux qui ne défirent quune con'nbsp;noiflance générale de eet objet poiirront fenbsp;contenter du Texte: ceux qui en veulent unenbsp;plus approfondie pourroat yjoindre la leélu-re des Notes.
T o u s les Phyficiens ont entendu parler du fyflêrae de. M . m e s m e r , 8c les plus éclai-rnbsp;rés Tont rejetté avec raifon : cependant ce fy-ftême na pas encore, que je fache, été ana-Jyfé dans tons fe; points : jai entrepyis cc
txa-
E.
XXII
travail , tout desagréable quil étoit. Pour cet effet, apres avoir dit un mot dcs premiersnbsp;fyftêmes de 1Auteur, jai expofe le dernier,nbsp;tel quil Ia public lui-meme, 6c jy ai ajoatenbsp;les articles de fon ouvrage qiii pouvoient fer-vir a léclaircir. Je me fuis furtout appliqué anbsp;faire voir de quels degres dévidence les diffé-rentes parties du fyftcme de M. mesmer peil-vent être fusceptibles, fur quels genres depreu-ves il faudroit Tétablir, 6c ce quil sagiroit denbsp;prouver pour le rerKire admisfible: matière furnbsp;laquelle 6c M. mesmer lui-même, 6c quel-ques tins de fes adverfaires ont également prisnbsp;le change, penfantquil fuffiroit détablir, ounbsp;de rejetter la vérité de quelques Operations que M. MESMER pretend avoir fliites.nbsp;Au refte quoique je croye que le fyftcme denbsp;M. MESMER eft deftituémême de route ombrenbsp;de vraifemblance, qu'ileftentierement chimé-rique , je ne fuis pas départi des égards qui fontnbsp;dus a un Mcdecin qui pretend navoir que lenbsp;biendugenre humain en vue. Si M. mesmer acru, quil lui étoit permis de parlor avecnbsp;indécence de plufieurs Compagnies favantes,nbsp;refpeétables par les lumières de leurs^ Membres,nbsp;amp; par lutilité dont elles font a lEtat amp; auxnbsp;Lettres, sil na pas ménagé les inveétives, les
UQ-
-ocr page 27-XXI n
ironic?, Sc les farcasmes les pluscruels contre ceux qui nontpas approuvéfes fentimens, celanbsp;ne me donnoit aucun droit de Ie traiter dure-ment. Un pareil procédé ne pourroit jamaisnbsp;fervir a Ie convaincre derrenr, Sc ne donne-roit aux yeux des honnètes gens Sc des favansnbsp;aucun poids a mes reflexions. Si M. mesmernbsp;cft de bonne foi dans fcs prétentions, il fautknbsp;plaindredccequelardeur de fon imagination luinbsp;a fait prendre des Chimères pour des Vérités, 8cnbsp;la entrainé, dans fes ccrits , hors des hornes,nbsp;quun Homme de Lettres ne devrok jamais fènbsp;permettre de franchir: Sc fi malheureufementnbsp;il ne l'étoit pas , il faudroit doublement Ienbsp;plaiirdre, amp; pour les écarts de fon Caur, Scnbsp;pour ceux de fon Efprit, mais examiner fonnbsp;fyftèmc avec Ie même fens froid quo fi fa bonne foi étoit réconnue, ne fut-ce que pour em-pêcher de pareilles chimères de renaitre par lanbsp;lliite, OU du moins pour retarder 1époque denbsp;leur renouvellement: car il ferable, que lesnbsp;memes erreurs fe remontrent a diiférentes périodes, mais toujours fous quelque forme nouvelle, Sc adaptée a la Philofophie du tems. IInbsp;nyaqua comparerde fyftême de M. mesmer,nbsp;Sc quclques uns de ceux done nous avons par-lé dansce Mcmioire, pour en avoir k preuve.
4 nbsp;nbsp;nbsp;VI. La
-ocr page 28-Xxiv
VI. La Sixièmepüce de ceRecueileftune JDijJ'ertation fur un Paradoxe magnélique. Cenbsp;Paradoxe eft que rAimant attire Ie Fer plusnbsp;foitement quun autre Aimant. Jai compofcnbsp;cette piece ponr fervir déclaircilTement a lar'nbsp;tide de moii Mémoire fur lAnalogie delE-leéli'icité amp; du Magnétisme, dans lequel jenbsp;faifois mention de ce Phénoméne, mais en menbsp;Contentant de préfenter Ie réfultat de mes Recherches , parceque la nature de eet articlenbsp;mempéchoit dentrer dans des détails. LA-cadémie de Bavière mayant fait lhonneur denbsp;minviter ii être de fes Membres, 8c a lui envo-yer quelque piece qui put étre inférée dans fesnbsp;Mémoires, je lui fis parvenir au Mois dAoutnbsp;de 1778 cette Difiertation, a laquelle jajoiirai,nbsp;au mois de Septembre fuivant, un appendiccnbsp;dExpériences. Elle a été iinprimée en Latinnbsp;dans Ie premier Volume des Nouveaux Mémoires de TAcadémie. Jen donne ici la tra-duétion fans autre changement, que davoirnbsp;corrigé deux ou trois legères erreurs que jainbsp;indiquées. ^
VIL En F I N Ie feptième 8c dernier Mémoire de ce Recueil eft une Dijfertation fur les l\'Iouvemens irréguliers de VAigtiiUe ahnantée.nbsp;Javois déja traité une partie de ce fujet dans
mes
k [
-ocr page 29-XXV
me? Recherches fur les ^igtiHles aimmtées, Par-tie II. Chap. V, dans lequel jai taché de don-ner quelque chofe de plus précis amp; de plus ft-tisfaifant que les Obfervations ifolées amp; contra-diétoivcs quon poUédoit jusqualors, mals je préfcnte aujourdhui des Recherches plus com'*nbsp;plcttes, fondées fur un plus grand nambrenbsp;dObftrvations, dispofées fuivant lordrenbsp;quexigeoit Ie but que je me fuis propofénbsp;dans ce Mémoire, Sc dont jai rendu comptenbsp;en détail dans la Préfiice du troifième Volumenbsp;de ce Recueil.
On voit par Ténumération que nous venous de faire , que, quoique ce Recueil contienne
quatre pieces qui ontdéja été publiées, amp; que je nai feit que traduire, il peut palTer pourunnbsp;Ouvrage nouveau, tantpar les notes nombreu-fes Sc intéreffantes que jai ajputées a ma tra**nbsp;duébion, que par létendue des nouveaux Mémoires que iy ai joints, Sc rimportance desnbsp;ob'jct? fur lesquels ils roulent. Je me flacte quenbsp;eer Ouvrage pourra fervir a augmenter nosnbsp;comraiininces fur lAiraant. On na certaine-ment pas encore poné cetre matière a un pointnbsp;de perfeélion proporrionne au nombre Sc aunbsp;mérite des Savans qui scn font occupés: cequinbsp;vient, ce me femble, de ce que les Phyficiens
XXVI Pré |
A C E. |
fe font en general plus occupés a batii' dos fyftèmes pour expliquer les Phénomènes de lAi-mant, amp; a confidérer ceux-ci fous ce point denbsp;Vue, qua creufer, qua analyfer , qua ap-profondir les Phénomènes même: je dis en générale car il eft certainement des exceptions:nbsp;les travaux de feu M. daniel bernouil-LiScdeM. j. A. EUEER fur Ilnciinaifonnbsp;de rAiguille, ceux de feu M. euler Ienbsp;Pere llir la Déclinaifon; amp; Ie Traité de M.nbsp;AEPiNus dans lequel on trouvc, indépen-damment du fyftème, une foule de R.cherchesnbsp;mathématiques trés - intérefllintes fur plufieursnbsp;Phénomènes, en font, entrautres exemples,nbsp;des preuves palpables. Depuis feize ans lAi'nbsp;mant fait une des principales branches de mesnbsp;etudes, amp; voici Ie troifième Ouvrage quenbsp;-jai publié fur ce fujet (lt;?). Jai toujours eu
pour
(c) Le premier a été publié en Latin fous Ie titre de Tentamen TkorU Mathematica, de Phmomenis Magnetkitnbsp;Leidse 1771 gt; 4to , Specimen pr'mrnm-. Le Second, coii-ronné en 1777 par 1Académie de Paris amp; 'publié en 1780nbsp;dans Ie Vlil. Volume des Mémoires préfentés par des Sa-vans étrangers, porte Ie titre de Recherches fur les Aiguilles aimantées amp; contient plus de öoo pp. in Qgiarte. Je nenbsp;parle pas de mes deux Mémoires inférés parmi ceux
de
-ocr page 31-E.
x^vn
pour but de men tenir a lexamen détaillé des Phénomènes, de ramencr ceux-^i a un petitnbsp;nombre de Principes primordiaux, que lEx-périence nous enfeigne, mais qui font, pournbsp;moi, abfolument inexplicables, même en ad-mettant Ic fluide magnétique j en un «rot denbsp;faire de cette partie de la Phyfique une branche des Sciences PhyJdco-Mathématiques. Jirs-qtf a préfent je nai pas eu a me piaindre da-voir pris ce paiti: les découvertes que je crofsnbsp;avoir faites, la certitude a laquelle je crois ctrenbsp;parvenu dans quelques unes de mes Recherches , mont amplement dedommagé de manbsp;pcinc. Jai depuis longtems dans mes Portefeuilles encore quelques Mémoires mathéma-tiques fur différens points trés - importans de lanbsp;doctrine de lAimant, amp; ie pourrois affez fa-cilement les mettre en état de paroitre: maisnbsp;je dome que Ie goüt des Phyi'icicns foit adeznbsp;tournc vers cette partie de la Phylique , pournbsp;que je puiffe me promettre un accueil favorable. Jai dailleurs encore des engagemens anbsp;rempiirpour un Traité fur lAurore Boreale,nbsp;6c un Ouvrage fur k Philofophie de Newton,nbsp;que jai annoncés amp; promis depuis quelque an-_ nbsp;nbsp;nbsp;nées
cie iAcadcmic de Uavière, parcequils Ié letrouvcnt dans tet Ouvrage.
-ocr page 32-XXVIII Prénbsp;E.
nées j mais que de longues maladies, amp; des occupations nombreufes mont empèchés denbsp;publier jusquici. Je vais les reprendre avecnbsp;ardeui' amp; ce feront vraifemblablement les pre^*nbsp;miers ouvrages que je publierai , fi les cir-coaftances ny metcent obllacle, amp; fi létat denbsp;ma Tanté amp; mes occupations me permettenl;nbsp;den publier encore.
J E ne faurois finir cette Preface fans faire part au Public des obligations que jai a M.nbsp;PA MEN, Dolt;5teur en Philofophie, Membrenbsp;de la Societé de Haarlem, dont les taiens fupé-'nbsp;rieurs, 8c les profondes connoiflances en Phy-fique, en Matliématiques, 8c en Aftrononomienbsp;ne fauroient manquer de contribuer beaucoupnbsp;auxprogrès de ces Sciences,dont il adéja don-né des preuves par fes Traités /ar /a Mefure desnbsp;Montagues aumoyenduBarometre^ 8cfuriesnbsp;lons a 'croftatiques. Ceft lui quiseft chargé de fairenbsp;imprimcr eet Ouvrage, qui en a dirigé 1Edition,nbsp;qui en a corrigé les Epreuves: il a fait plus:nbsp;il ma communiqué fur mes Ré flexions fur hnbsp;fyftème de M. A e P i N u s, que javois eu la-vantage de pouvoir foumettre a fon jugement,nbsp;des remarques que jai fuivies avec eraprefle-ment. II voudrabien agréer mes remercimensnbsp;8c ce temoignage public de ma réconnaiffance.
TABLE
-ocr page 33-DES
Premier mémoire fur eanalogie de lé~
LECTRICITÉ Ö* du MAGNÉTISME far M. VAN SWINDEN.
Preface .
Premiere partje. Examen PhÉnomÈ-
NESi^^L'fiLECÏRICITÉÖrf» MAGNÉTISME : coMPARAisoN/^etei PhÉnomÈnes. Section. J. Contenant des réflexions préliminair es.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Section IJ. Des corps sur lesquels lé-
19
19
37
70
LECTRICITÉ et LE MAGNÉTISxME AGIS-SENT. . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Chap. I. Tie% Corps fur lesquels VEkBricité Ie Magnétisme agisjent.
ClIAP. n . De r Et at dans lequel il faut -que les Corps foyent reduits pour qu'ilsnbsp;éprouvent l'aclion du Magnétisme denbsp;l' Eleürioité- gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
lt;3hap. m, Gotulufmis générales.
Sec-
-ocr page 34-XXX
Section III. De i,a comparaisön du fer
ET DE LaIMANT AUX CORPS ELECTRI-QUES, CONDUCTEURS ET COERCITIFS. 72
Chap. I. Réflexiom fréliminaires jiir les
Corps conduamp;etirs 13 coercitifs. . nbsp;nbsp;nbsp;75
Chap. II. Examen de la queftion, ft Von peut comparer U Fer mx Corps conducteurs.nbsp;du Fluïde élêamp;fique. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.81
Chap. III. Des Loix felon lesquelles les-Corps conduSleurs nbsp;nbsp;nbsp;agijfent.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;123
Chap. IV. De la Comparaifon du Fer 13 de'VAimant avec les Corps IFioékdlri-ques. ¦.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;15Ö
Section IV. Cobiparaison-de laimAnt
ARMÉ ET de EA BOUTEIElë DE LEIDë. 193 ^iiAp. I. Reflexions prétiminuircs fur -cèttenbsp;'comparaifon. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. .
Chap. TI. Expofition nbsp;nbsp;nbsp;du fentimenP de M.
CIGNA. nbsp;nbsp;nbsp;- .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;199
Chap: III. Examen de lacomparaifonpropo-
Af. FRANKLIN. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;115
Cishse. YV ¦ Des'Phénómlnes qtii 'cdftcernent la fphère d'afliPité, 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;230
Section V. De la comparaison des attractions. ET DES REPULSIONS' TANT
-ELECflUQUES QUE MAGNETIOOES. - nbsp;nbsp;nbsp;.
Chap. I. Examen-des Phénonünes del'-Jt-
-trcidiïon. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;247
Chap.
-ocr page 35-Chap. II. Rxa^nen des Phénomenes de la,
' Répuljion. . nbsp;nbsp;nbsp; .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a8i
Chap. III. Remarques générales. nbsp;nbsp;nbsp;.
'Section VI. Des effets que lÉlectri-
CITÉ ET LE MAGNÉTISME PR.ODUI-SENT DANS LE VUIDE. . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ipö
Chap. I. De V Aétion du Magnétisme dans
Ie Vuide. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;297
Chap. II. De VEleélriclt.é dam Ie Vuide. , 315 Chap. 111. Conclujlon générale. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;329
Section Vil. De la communication des
FORCES ÉlECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. 333 Chap. I. Rcmarques générales. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;334
CiiAP. II. De la communication des Forces éleélriques magnétiques fans avoirnbsp;égard aux Poles. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;35^2'
Chap. III. De la communication des forces élecïriques If rnagnétiques en ayantnbsp;égard aux Poles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;365
Section VIII. Examen des différences que qaelques PJtyficiens ont établies entrenbsp;r Ai mant (f V Éleciricité.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;408
Section IX. Ohfervations générales £5?
(donclufon. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4.19
Seconde partie. De linfluebtce de lé-
LECTRICITÉ sur LE magnétisme. nbsp;nbsp;nbsp;42-7
Chap. I. De rÈleStriclté des Corps Mag-nétiques. nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;428
N: B. Ajoutez a la fin de la Note du §. 11Y- ce qui a été dit dans lanbsp;preface générale p. xv 6c xvi.nbsp;Chap. II. De 1'Attraction.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;448
Chap. Ill- De la direction de VAiguille Aimantée. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;46^
Chap. IV. DeVInclinaifon. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;475
Cr. AP. V. De la Communication des Forces. 478 Conclusion de la seconde partie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;503
Conclusion générale des deux parties. 504
« # # « % * %
? *
?
-ocr page 37-Pour lap. 382. §. 230. mle d dupremier Volïtme.
X-/impresGon de ce Volume étoit entièrc-¦Tement achevée quand jai.requ le quatrieme Tome des Mémoires de F Académie dc Bruxel-ks^ darts lequel fe trouve, entraiitres piecesnbsp;intéreffantes, un Meraoire dc feu M. n e ed-H A M fur les moyens les plus efficaces d'empêcher
¦ nbsp;nbsp;nbsp;le dérangement produit feuvent dans la direétinn-fiaturelle des Aiguilles aimantécs par VKleSlricitênbsp;del'Atmosphere. Le celebre Auteur y erigecj?nbsp;fait une propofition abfolument contraire anbsp;celle que jai avancée note d §. aoo. de monnbsp;Mémoire, a la p. 381. dc ce Volume, 6c iinbsp;sappuye pour la prouver des Expériences denbsp;Mylord M a h 0 n , fur lesquelles je me fondoisnbsp;également. Jai cm, malgré le profond res-
¦ nbsp;nbsp;nbsp;pedt que jai pour la Mémoire dun hommenbsp;ausfi juftement celèbre que I'ctoit M. ne e d-H A M, devoir donner un mot declaireifTementnbsp;-fur une conrradidtion ausfi palpable dans unenbsp;matière de Fait, amp; dans laquelle jai a lutternbsp;contre Iautorite dun grand nora. Voici Iar-
¦'ticle en queftion p- 77-
tom. 1.. nbsp;nbsp;nbsp;Une
-ocr page 38-ïrxxiv A tgt; D t T I o ïf.
Une obferyationpour établir kdite analogie 5^ [entre les fluides éleftrique amp; magnétique jnbsp; eft, qiic la force magnétique, a I'injlar denbsp;,, la force éleftrique , diminue ou augmentenbsp; en raifon du quarré de la difiance depuisles deuxnbsp;Poles jiisqu'au point Neutre [ou centre mag- nètique] 'rccipruquement. Mylord mahonnbsp;avoit déja démontré cettc vérité par rapport 3inbsp;la force éktirique.quot;
Je ne kis daprès quelles obfervations NEEDHAM a établï que la force magnétiquenbsp;croit du centre magnétique jusquaux Poles ennbsp;raifon du quarré des diftances: je nen connoisnbsp;aucune de ce genre; Sc je crois avoir prouvé,nbsp;au contraire, que cette force croit comme lesdi*nbsp;fiances Jimples : amp;; fi par hazard M. needHamnbsp;avoit cn vue ce que jai avancé dans Ie §. 33.nbsp;de mes Rechen'ches, amp; repeté dans la note donenbsp;il eft queftion ici, que les forces des Poles fontnbsp;en raifon inverfe du quarré de leurs diftancesnbsp;au ce itre magnétique, il eft évident, quil fenbsp;feroit mépris fur Ie vrai fens de mon afl'ertion*nbsp;11 syagitde la Comparaifon des forces desdeuxnbsp;poles diine part, amp; de lautre des étenduesnbsp;que la vertu boréale amp; la vertu auftrale occu-pent depuis Ie centre magnétique jusqua leursnbsp;poles respeétifs, ce qui eft différent de la raifon felon laquelle croit la forqe de ehaque partieule, fi-«
tuéö
-ocr page 39-Quant a ce que M. needh^m ajoutc^-que Mylord m a h o n a prouvé que la fcrce éleefrique, augmente cn raifon, du quaVré denbsp;la diftance depuis Ie poinc neutre jusquaux poles, quil me foit permis de dire quil seft encore mépris a eet égard. Mylord m.aho.nnbsp;na fait aucune experience fur ce fujetmaisnbsp;il a fimplemetu prouvé que la diftanc e A Dnbsp;(Fig. aS-) du point neutre a rextromité A.nbsp;du Conduéteur A B ed précifement cclle quenbsp;requicrent les Calculs ftits. dans la fuppofmonnbsp;1°. quil exiile autour du, Conduétcur A B.nbsp;une atmosphere éleftrique telle que ce PJiyfi-fien létablit, amp; t., la, denfité cklElcc-tricité cfi en raifon inverfe da quarré de ladifan,,-ce au Corps chargé 1^ C, [c. a. d. au conducteur de la Machine] qui produit cette atmosphere, Ie Corps A B , qui y eif plongé,nbsp;ayant une extremité A direclcment dirigce vers,nbsp;Ie Corps chargé P C. Or cette proportionnbsp;nc concerne cn aucune hu;on cello des forcesnbsp;des particules cn A D ScB D, eu égard a leursnbsp;dillanccs du point neutre D : proportion Jontnbsp;* * 2nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M.,
-ocr page 40-XXXVI
M. NEEDHAM park amp; dont Mylord mahon ne fait pas la moindre mention.
Cet article du Mémoire dont je park, nin-firme done, ni ce que jai prouvé que la force des particules, dune lame aimantée croit comme leur diftance au centre magnétique, Scnbsp;que les forens des poles font en raifon inverfenbsp;doublée de kurs diftanccs au même centre: ninbsp;ce que jai conjecture, daprcs les Expérien-ces de Mylord mahon, que cette dernièrenbsp;proportion eft pour les poles A Sc B du cilin-dre éleCtrique A B tout au plus celk des raci-nes de leurs diftauces B D amp; A D au pointnbsp;neutre.
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SUR
lANALOGIE de lÉLECTRICI-T£ ET DU MAGNÉTISME.
IITe NTREPRENDsVé trdter me mattere, fui fait un des ohjets les plus diffictles ö* les pluSnbsp;iélicats de la Phyftque, ^ qui eft également re-eommandable par fa beauté: car s'il eft d'un Etrenbsp;tout puijfant ^ infiniment fage, de produire lanbsp;plus grande quant it é d'effets differ em par Ie plusnbsp;petit nombre de caufes, 5? par des eaufes tres-Jim-ples; ft, depuis qu'ils fe font appliqués avecplus denbsp;foin d rétude de la Nature, les Pkyficiens ont dé*nbsp;couvert un plus grand nombre d'exeMples de cettenbsp;fimplicité, ausfi admirable que féconde ; s'ils con~nbsp;iinuent d en découvrir encore tons les jours, £5?
¦ nbsp;nbsp;nbsp;s'lls confirmeni ainji par expérience Vidée que nousnbsp;nous formonS è priori du crÉateur faprê~
¦me; tl eft ausft d'un vrai Philofophe, d'un Phy-' ficien fage, de reckercher fans ceffe les reffemblan-
¦ nbsp;nbsp;nbsp;ees des divers Phénoménes, quelque différens qu'ils
puijfent paroitre au premier ahord, dlt; les reps ti nbsp;nbsp;nbsp;dui*-
-ocr page 46-PREMIER MEMOIRE.
duke aufl'ds petit mmbre posfihle. Mats yplus cette Recherche efl helle ^ importante ; plus nous nousnbsp;fentons entrainés, par je ne fais quel charme^ dnbsp;Mrdmettre cette Jimp lie it é; plus ausfi nous devonsnbsp;smpioyer de Joins dans nos Recherches, £5? nous ynbsp;eonduire pas d pas: de peur, que prenant I'image pour la réalité ^ nous ne confondions les productions de notre Imagination avec la manure d'agirnbsp;de la Nature même: car ^il y a des Pkénomenes ,nbsp;qui paroijfent abfolument femhlables ft on n'y jettenbsp;qu'un coup d'oeil rapide^ if qu'un examen exaSinbsp;fait cependant trouver très-différens. D'ailleurs ^nbsp;I'Analogie ^ qui vient fur tout d point dans cenbsp;genre de Recherches ^trompe Jouvent ^Ji elle pajfenbsp;les hornes légitimes ^ mats peu ét endue s ^ auxquel-les elle Je trouve ajjujettie: alors même^ elle conduit d'autant plus Jurement d Terreur qu'en s'ennbsp;Jert avec plus de confiance.
Je ne Jais ft ceux qui ont établi des comparai-fons entre V ÈleSlricité if le Magnétisme ^ ne font pas quelquefois tombés dans Terreur. C'ejl un Jen~nbsp;timent adopté par la plupart des Phyficiens , qu'ilnbsp;y a une grande Analogie entre les Phénom'enes denbsp;TEleSlricité if ceux de T Aimant: ce Jentimentnbsp;gagne tons les jours: il eft non Jeulement extrême-ment re^u, mais e'e/i encore T opinion des meilleurtnbsp;phyficiens de nos jours. ne crois lependant pasnbsp;que cette matiere Joit. décidée par leur autorité
Jeu^
-ocr page 47-ftule: ^ les raifons qu'iJs oyd alléguécs^ ne pa~ roijfent pas avoir eu affez de poids aux ycux desnbsp;illuflres Membres de 1'AcadéMte de Bavière^nbsp;pour ne laijfer aucun doutcfur ce fujet: Aumoinsnbsp;fera-t-il permis d'en juger ainfi^ puisque ces Mes-ftcurs ont cru qii'iï étoit de Vintérêt des Sciencesnbsp;de propofer cette Quefiion ; y a-t-il une veritablenbsp;Analogie phyfique entre la Force éleftrique amp;nbsp;la Force magnétique? Sil y en a une, quellenbsp;eft la manièi'e dont ces Forces agifleiu fur Ienbsp;Corps Animal?
C o M M E des Recherches fur ce qui concerne l ÈleSiricité £5? Ie Magnétisme ont été ¦, depuisnbsp;é^uelques annees , Ie p7~incipcil ohjet de mes études ;nbsp;fuej'ai fait beaucoup d'Expériences fur ces deuxnbsp;genres de Forces; que f ai lu avec foin^ if au-tant qu'il m'a été posftble^ tout ce que d'autresnbsp;Phyficiens ont découvert ou 'propofé fur ce fujet;nbsp;j'ai cru pouvoir préfenter mes idéés fur /Analogie de lEleétricité amp; du Magnétisme au ju-gement de 1'Académie. Je fais que je me livrenbsp;dans cette entreprife d un combat dont Ie fuccès ejlnbsp;ires-incertain, foit que je penfe aux forces de ceuxnbsp;avec lesquels je vais entrer en lice, foit que je con~nbsp;fidere Vhahilité des Hommes celébres au jugementnbsp;desquels je foumets ce Mémoire: mais leur bien~nbsp;veillance me raffure: c'eji en me confiant en elltnbsp;¦que je vais entrer en mattere: je propoferai c'e quinbsp;A 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mt.
-ocr page 48-parottra approcher Ie plus du Vrat; muis liett 'tonvaincu delamédiocrité de mes tulens y touteslesnbsp;fois qu'il m'arrivera d'^être d'un fentiment diffe'-rent de celui d'autres Ecrivains yje tdcherai d'ex'nbsp;pof er mes raifons avec toute la mode flic, qui con*nbsp;vient d un Philofophe.
L A Queflion dont Villuflre Académie deflré let folution contient deux Parties. La premiere efinbsp;propofée fimplemmt, Ö* frns aucune condition: onnbsp;demande sil y a quelque Analogie entre les Forces éleétriques Sc magnctiques. Uautre Partienbsp;efl conditionnelle, ^ elle dépend de la fagon dontnbsp;on aura refolu la première : car l' Académie de-^nbsp;comment ces Forces agiffent fur Icnbsp;Corps animal, sil y a de 1Analogie entrellesjnbsp;d'ou il refulte évidemment, qu'on ne demande Ia.nbsp;folution de cette Partie, qu'au cas qu'on ait re^nbsp;pondu aflhrmativement d la première: (fl qu'onnbsp;feut au contraire fe difpenfer de la refoudrc y finbsp;Von nie toute Analogie entre 1' Eleélricité ifl Ie Magnétisme ; parti qu'il efl ajfurément trés-permisnbsp;de prendre y puisque 1'Académie elle même propofenbsp;de [avoir ce qui en efl. Or, j'avoue, qu'aprèsnbsp;avoir examiné avec Ie plus gr arid foin tout ce quinbsp;a rapport h cetie matière, j'aiété conduit h.pen-fery quil ny a aucune Analogie entre lElectri-cité amp; te Magnétisme, ou que du moins sil ynbsp;(Wi a, elle eft très-petite. Si je' reusfls a établir
-ocr page 49-C B.
e fentiment fur de bonnes preuves, il ne fera pas ^ ce me femble^ de mon devoir a£iuel, d'examinernbsp;ïa manière dont les Forces éledtriques magnéti-ques agijfent fur les Animam. Je n'attacherainbsp;done entièrement d refoudre la première partie denbsp;ïa Queftion propofée. Mals il conviendra^ avantnbsp;tout, d'en bien fixer Ie fens, afin de ne ri^ omettrenbsp;de ce qui pourra contribuer d la refoudre exaSie-ment.
Cette Quejlion.^ y a-t-il une véritable Analogie phyfique entre la Force magnétique £5? la Force éleStrique, me paroit pouvoir admettre deuxnbsp;fens différens.
L E premier fens conjifle k favoir , fi les Phér nomènes éleamp;riqües font tellement femhlahles dnbsp;ceux du Magnétisme qu'il faille établir, qu'ilsnbsp;font produits par des caufes femhlahles^ quiagisrnbsp;fent d'une manier e analogue; ou peut -être.^ parnbsp;une feule ö* même caufe , qui fait naitre lesnbsp;deux genres d'effets? auquel cas.^ les dififérences,nbsp;qu'on obferve entre ces effets^ devront être attrirnbsp;huées a des circonftances étrangères, qui modifientnbsp;cette caufe première,
L E fecond fens me paroit être celui-ci; fi l'E-le£lricité influe d'une fagon particulière fur Ie Magnétisme de forte qu'elle en modifie les ef-fets, ^ qu'elle ait avec cette Force une relation .ynbsp;qu'elle n'a ahfolument pas ayec d'autres Corps ynbsp;A 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m
-ocr page 50-ï PREMIBR MEMOIR E. PREFACE.
eu du moins, qu'elk n'a pas avec eux au mêmt degré.
En conféquence de cette reflexion^ je diviferai en deux Parties ce que j'aurai a dire fur la Question propofée: je rechercherai dans la premkre ^nbsp;quels font les Phénomènes ^ tant de V Eleëtriciténbsp;que du Magnétisme^ qui paroiffent avoir quelquenbsp;rejfemhlance ^ je les examiner ai avec foin^ afinnbsp;qu'on fache a quoi s'en tenïr fur l' Analogie qu'onnbsp;dit avoir lieu ent re ces Phénoménes. Je recher-eherai dans la feconde Part ie, ququot;ls font les Phé-nomènes qui pourroient faire croire, que les effetsnbsp;du Magnétisme font modifiés par l'aBion de l'È-leSiricité: c. a. d. que je trait er ai de l'influencenbsp;reciproque de ces deux Forces.
J E crois qu'après avoir traité comme il faut (es deux Parties, j'aurai fait un examen exadinbsp;de la Queflion propofée, (J que j'aurai fatisfaitnbsp;par-ld aux déflrs de l'illuflre Académie, fi nonnbsp;parfaitement, du moins pour autant que mes fei-Hes talens auront pa me Ie permettre.
-ocr page 51-EXAMEN DES PHÉNOMÈneS DE lÈLECTRICITÉ et Dtrnbsp;MAGNÉTISME5 COMPARAI»nbsp;30N DE CES PHÉNOMÈNES,
Contenant des Reflexions Prélmini^ireX'^
§. I- JEfA premiere Partie denos Recher-*
ches confifte a examiner jfi les Phénomènes dc lEleöiricité font telleraentfembkblesaceux dunbsp;Magnétisme, quon foic obligé détablir, quenbsp;ces phénomènes dependent, ou dune feule amp;;nbsp;même caufe, qui produit les deux genres def-»nbsp;fets, OU, du moins, de caufes femblables, quinbsp;agiffent dune manière analogue; carles Phy-ficiens qui établiffent une très-grande Analogienbsp;pntre lÉleélncité Sc Ie Magnétisme, font dcnbsp;Vun OU de lautre dc ces fentimens. II en eft,nbsp;comme Ie R. p. c o x t e qui penfent, que
la (lt;*) 1r»tté de Météorelegit gt; p. ió. [Voici les térmes de
l'Au^
A 5
-ocr page 52-la matière magnétique, 8c la matière cleö:riquc font une feiilc amp; même matière, mais différem-mentmodifiée. Dautres, comme M. aepi*nbsp;Nus établiflènt quc Ie Fluide éleèlrique 8c
IAiiK'ur. Ces différens traits dAnalogie enne les Ina-jjtières dledlrique amp; magnétique me font foupqonner, ,,que ces deux matières ncn font qu«»e diverfement m-ffdifiée, er fufc^ptïble de différent tffets , dont pn commencenbsp;,ja appercevöir lünité de Caufe Sc de principe. Ce ncftnbsp;,,ici quune conjedfure , que lexpérience 8c lobferyationnbsp;j, coftVéftirom peut-être 'un jour en certitude. N. d. T.]nbsp;(^) TentammaTheoriéi Ekdricitatts SIS Magnitismi. Petro-poli, 1759, 410-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;12. §. 4. [Voiciles paroles mê-
mes de T'Anteur, 'qui font trop remarqiiables pour les pas-fer fous lilcnce, amp; auxquelles nous fcrons obliges dq renvoyer dans la fuite. ,, II senfuit que ne confidérenbsp;,,nulletnent Ie Fluide magnétique amp; Ic Fluide éledriqyenbsp;,, comme un feul Sc même Fluide, comme Ie font cetixnbsp; qui tachenf de 'déduire tons les Phénomènes tant denbsp;,, 1Eleélricité'qne du Magnétisme, amp; plulicurs autres,nbsp;j,dun feul Fluide extrêmement fubtü; car je fuppofe qnenbsp;,, ces Fluïdes font doués de propriet és tr'es-dfférentes, cr qui nenbsp;,, fauroiint fe trouver a la fois dans un feul ly même fujet j
(Ie latin porte in unko fubjeBe 'non composfibil 'ibus.)--Puis-
,,quon ne peut cxpliquer heureufement les propiiétcs de s.lAimant quen attribuant au Fluide magnétique desnbsp;»,propriétés qui repugnent entièremept ipl^ne abhorrent)nbsp;celles du Fluide éledtrique, ce neft pas ftns raifon ,nbsp;j,mais conduit par Ia contemplation de Ia Nature m|-,,me, que jétablisici une différente cèmpleite {d'iverjitatetanbsp;^ypUparlam) entre ets deux FÏuides., N. d. T. ]
-ocr page 53-II
Ie Fliiide magnétique font différens, amp; pofle-dent des propriétés très-différentes, qui ne fau-roient cöexifter-dans Ie même fujet (ce font les patoles de 1Auteur) quoiquils produifentnbsp;des Phénomènes (1 femblables, quii ny a au-lt;un Phéiiomène Magnétique dont on ne trou-ve lanalogue dans rÉleétricité. Cependant ennbsp;sexprimant ainfi, M. ^epinus femble êtrenbsp;dun fentiment différent de celui 5 dont'il étoitnbsp;peu de tems auparavant ; car, il établiflbitnbsp;dans fon Difcours fur la rejfemhlance de VEleStri-iité éf? du Magnétisme (c), que les caufes qui
(c) iermo academicm ée jimilitudine EltHrkitatis amp; Murnetis-m. Ce difcours a été lu a 1Affemblée publique dc 1'Académie de Petersbourg, du mois deSepterabre 1758, amp; impriménbsp;dans cette Ville la même année. On en trouve une tra-duflion dans un excellent Recueil allemand, intitulenbsp;razJn de Hambourg T. 22. p. 256. feqq. ceft de cette tra-dudtion que je me fers. [ Depuis ce tems jai acquis lo-riginal; on y troiive entrautres ces expreffions; p. 4.nbsp;(p- 231. de la tradaftion) Peut-être que la hardieffenbsp;,, avec laquelle jaflure que cette reffemblande eft com~nbsp; plette , amp; que jofe affirmer quclle eft fans hornes, vousnbsp; déplait. Javoucj a la verité, que rÉledridté eft plusnbsp; riche en Phénomènes que Ie Magnétisme: amp; mon fen- timent ne tend qua établir, qu'il ny a dans k Ma-,, gnétisme aucun Phénomène, auquel on n'en trovve denbsp;,, femblable amp; danaloguc dans lÉleöiricité. 11 ne tautnbsp; cependant pas entendre ceci, eomme fi lcn pouvoit
re»
-ocr page 54-I. MÉ MO I RE. Part: t. Se!t: I.
produifent les Phénomènes magnétiques font entierement amp; pleinemmt femblables a celles quinbsp;produifent les Phénomènes électriques. M. Cigna, celébre Phyficien de Turin, etablit, aunbsp;contraire, une parfaite relTembknce entre lesnbsp;caufes de ces Phénomènes, raais il revoqueennbsp;doute leur identité (d),
reciproquement oppofer un Phénomène magnétique k chaque Phénomène éleftrique: amp; p. 15. (p. 266.denbsp;la T.)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,, Vous voyez que la reJfemUance entre lEle6lrki-
té ey le MapiitUrm efi fi grande quelle ne fauroit guérse
,, ïêtre d'avantage. -Pourquoi ne conjefturerions nous done pas que la caufe de ces deux forces eft fembla- ble ? Car quy a -1 - il dé plus vraifemblable, amp; quenbsp;peut - on établir de plus conforme aux Loix que lanbsp;,, Nature fuit conftamment, fi. non, quellc produit detnbsp; eflèts femblables dune manière analogue. Enfin p;
¦ ap. (p. 268. de la T.) après avoir indique les princi-paux points de la théorie de M. frankiin.M. /tPiNmi ajoute, jeftime que ce font des caufes pieinement fem- bldks a celles - ci qui produifent les Phénomènes ma-,, gnetiques. Après quoi il propofe les principaiix pointsnbsp;de fon fyftême que nous examinerons dans la fuite, Sedl.nbsp;3. ch. 4. § 89 feqq. N. d. T. Jnbsp;(i) Dans fa Dilfertation de Analogla Eleólrkitatis amp;nbsp;Magnetismi, inferée dans le .premier Volume des Memoires de la Société de Turin. [Ceft aufli le fentiment dcnbsp;M. de la CEPÈDE dans fon Ejfai far l'Élefincité, Tomenbsp;'2- p: 37. II croit que les fubftances aimantées font nai-tre des effets analogues a prefque tous ceux que produi-fcnt les fubftances tleéfiifées; quon ne fauroit cependaht
-ocr page 55-«3
Reflexions Préliminair es.
§. a. Tous les Phyficiens qui foutiennent, que les Phénomènes du Magnétisme font fem-blablesa ceuxde rElcclricité,admettent,quilsnbsp;font produitspar laétion de quelque Fluidc tres-fubtilj amp; ccft fut ce Fluide, 8c fur fa manièrenbsp;dagir quils établiflent k plus grande partie denbsp;fon Analogie avec Ie Fluide éleörrique. Toutnbsp;Ie monde convient, que je fachc, de Vexifteit-ce de ce dernier Fluide, quoiquon foit extrê-mement partagé fur la manière dont il agit, 8cnbsp;que même les Phyficiens ayent embraffé la-destnbsp;fus des fentimens entièrement oppofés. Les opinions ne varient pas /moins au fujet du Flüidcnbsp;jnagnetique; elles font même plus diflférentes
encore, en ce quil y a des Phyficiens très-célé-bres, comme M. M. m q.s s c h e n b r o e k (a)
amp;
affigner Ia mcme caulê aas Fhénomènes de rÉleélriciré amp; a ceux du 'Magnétisme , paree qne Ie nombre des differences qui les feparent eft trop grand pourqupn puiflênbsp;les identifier, amp; par cocféquent leur donner Ia mêmenbsp;origine: quon remarque feulement m tres - grand rapfortnbsp;ntre.lcs caufes qui les font naitre, lefquelles produifentnbsp;toutes deux kurs effets d'après Ie même principe. M. Icnbsp;Comte DE cfcPÈDE établit (T. I. p. 64) que 1é-lement du Feu combine avec 1Air produit la Lumière :nbsp;combine avec lEau Ie Fluide clcftrique, combité avecnbsp;Terre , Ie Vkide mngnk'ni^e. N. d. T. ]
(«) C'Voyez les raifons quil en allêgue dans, fa Vis-ftrtatio ic SfSagriete, Pref, 4» 5» Exper. xxiv. p;
57
-ocr page 56-amp; K R A r F T (^), qui nient abfolumènt Vexi-Hence dimFluide magnétique. Si ce fentimeiu étoit rigoureiifement démontré, 6c il, dautrcnbsp;part, il étoit certain, corame il paroit Têtre,nbsp;lt;juil exifte réellement un Fluide éleétrique, ilnbsp;feroit afTurément inutile de fe livrer a la moin-dre difcusllon. fur 1Analogie ou la reflemblanccnbsp;des caufes de lÉleétricité 6c du Magnétisme}nbsp;puifquil eft évident quon ne lauroit établir au-4cune comparaifon entre des caufes, qui feroientnbsp;dun genre fi abfolumènt différent.
§. 3. Ce nest pas ici Ie lieu d'examincf Ja queftion, sil y a un Fluide!magnétique ounbsp;jion: il vaudra mieux fuivre une autre route, 8cnbsp;Voici comment je my conduirai. Je fuppoferainbsp;dans rexamen des différentes Analogies, que lesnbsp;phyficiens ont établies entre lÉlearicité 6c Ienbsp;Magnétisme, que Ie Fluide magnétique exiftenbsp;tel que ces Auteurs Tont imaginé: ceft dansnbsp;cette fijppofition que jexaminerai ces Analogiesnbsp;même: enfin, je tacherai, sil meft posfible,
de
.57-71. Dans ion IntreinSlio ad- Philofofhiam Naturalm, ouvrage traduit en francais parM. sicaud de ia fondpnbsp;Ibus Ie titre de Cours de Phyjiojue, § 99^. N. d. T.}
(^) [V. Prde(lwnes in nbsp;nbsp;nbsp;T. J, §.156,2573
969 gt; 170. N. d. T. ]
-ocr page 57-Réflexiom Préliminaires.
lt;ie dornier de ces Phénomènes une explication vraie amp; dépouillée de toute hypothèfe., II menbsp;ferable que de cette faqon japprocherai Ie plusnbsp;de ce que lilluftre Académie defire:*en efFet,nbsp;elle ne park pas du Fluide magnéttque ou êleamp;ri-que, mais des Forces magnêtiques 6c éleStriqueS'.nbsp;Or, les Forces ne me paroiflent être que les ef-fets, quun coi-ps produit én agifFant fur dau-tres corps, c. a. d. que les Phénomènes que nousnbsp;obfervons, 6c rien de plus.
§.4. Les comparaifons que différens écri* Vains ont établies entre TÉleélrické amp; Ie Magnetisme font très-difféi'entes , 6c même quel-quefois entièrement oppofées, amp; contradiétoi-res. Ils ont dailleurs fuivi tel ou tel ordre, felon les fyftcmes quils admettoient fur 1une 6cnbsp;lautre de ces Forces. Mais, comme je nainbsp;embrafle aucun fyftême forces fojets, jauroisnbsp;CU beaucoup de peine a mettre dans mes Recherches un ordre fatisfaifant, 6c propre a nenbsp;me faire omettre aucun point de compataifori.nbsp;Jai done préféré de reduire hies Reflexions 'anbsp;quelques Chefs généraux , qui i'enfennerontnbsp;toutes lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que divers Phyficiens pré
tendent quil y a entrerEledricité 6c Ie Magnétisme. Or ayant foigneufement lu 6c examiné , tout ce qui fo trouve fut cette matière' dans lés
Au-
-ocr page 58-Auteurs que je connois, il maparu quonpour-roit reduire aux fept Queftions luivantes tout cc qui en a été dit.
a*
§. 5. I- Question. Jufqu ou faut il chercher quelque relTemblance ou quelque difference entre IEleftricite amp; le Magnetisme,nbsp;dans le nombre de Corps fur lefquels ces Forcesnbsp;agiflent?
II. nbsp;nbsp;nbsp;Question. Doit-on penfer, dapresnbsp;M. CIGNA, que le Fer eft un conduEieur A\\nbsp;J'luide magnétique comme les Métaux Sc dau-tres corps font des conduBeurs du Fluide éleftri-que? Ou faut-il, au contraire, établir avec M.nbsp;gt;E,PiNUS, que le Fer doit être compare auxnbsp;corps idioéleStriques ?
III. nbsp;nbsp;nbsp;Question. On demailde 11 Tonnbsp;peut comparer la Bouteille dcLeide a rArmurcnbsp;de IAimant? Cell ainll que penfent M. M.
IV. nbsp;nbsp;nbsp;Question. Peut-on conclure quelque Analogie, des Phénomènes de VAttraBio-nnbsp;amp; de la Refulfion^ tant éledtrique, que magnétique? Ceft en ce point que conlifte le fortnbsp;du Syftême de M. jE p i n u s (lt;*).
(4) [Ceft auffi je Syftême que M. steiglehnek. » fuWi, amp; quil a tres - bieR deYelo].'pé dans la première
Pav-
-ocr page 59-Ré flexions Préliininair^es,
V. Question. Y a-t-il quelque Ana-logic entre les efFets que rEleftrické 6c Ie Magnétisme produifent dans Ie Vuide ?
VI- Question. LAimant 6c lEleélri-cité font ils femblables quant a la manière dont ils commuiiiquent leurs Forces?
VlI. Question. Ondemandeenfin, fi les differences qui paroiffcnt fe trouver entrenbsp;rÉleétricité 6c Ie Magnétisme, Ibnt ausfi gran-des quelks ont paru lêtve a quelques Phyfi-ciens, furtoutaM. musschenbroek?
§- 6. Maïs il ne feVa pas inutile daveitir, avant que de me livrer a lexamen de Ces Questions, que je me fliis apperqu, en conlultantnbsp;différens Ecrivains, que quelques uns den-treux ont établi des comparaifons entre desnbsp;Phénomènes Eleétriques, bien connus 6c desnbsp;Phénomènes Magnétiques, ou douteux, ounbsp;qui, du moins, ne font pas fuffifamment con-ftatés, quoiquon les ait regardés comme certains dans la comparaifon quon en a fake. IInbsp;eft done néceffaire, pour établir quelque chofenbsp;de für, de traiter de ces Phénomènes avec unnbsp;foin redouble, 6c de les examiner avec exactitude.
Panic de fon excellente Disfertation fur ce fujet: elle fe trouve dans Ie fecond Tomé dc ce Recueil. d, j,]nbsp;TOME I,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B
-ocr page 60- -ocr page 61-DES CORPS SUR LESQUELS LÉLECTRICITÉ ET LE MAGNÉTISME AGISSENT.
§. 7. La première Queftion que je mefiiis propofée de refoudre d^i.yju[qu' ou faut il cherchernbsp;de la rejfemhlance ou de la diffêrence entre V Rlec~nbsp;tricité Ö* Magnétisme , dans Ie nombre delnbsp;Corps far lef quels ces deux Forces agiffent ?
Pour traiter cette Queftion comme il faut, je la diviferai en deux parties: jexaminerai dansnbsp;la premiere j quels font les Corps for lelquels
rÉledricité agit, quels font ceux qui reqoivent laftion du Magnétisme: je rechercherai dansnbsp;lafeconde, dans quel état ces Corps doivent fcnbsp;trouver pour éprouver laétion tant de TElectri-cité que du Magnétisme.
CHAPITRE I.
J)es Corps fur lef quels l' Ele tricité fi? h Magnétisme agijfent.
§. 8. PouR ce qui eft des Corps fur les-quels rÉleftricité agit, on fait que tous ceux
qu o»
quon a examinés jufquici, fe reduifeiit a deux claffes feulement. La premiere contient ceuxnbsp;qui devieniient éledtriques par Ie frottement,nbsp;par la chaleur (a), amp; non par communication:
on
(a) [M. HE MM ER obferve fur cet article, dans les remarques critiques dont ii a honore ce Memoire, quil ny a aucune experience qui prouve fans repliquc que letnbsp;Corps deviennent éleétriqucs, par la chaleur feule. II anbsp;Jsien fend que je ne pouvois quavoir en vue les faits quenbsp;jai cites dans le §. 104, favoir les Phénomènes que pre-fentent la Tourmaline, amp; un gateau de fouffre fendu dansnbsp;un vafe de métal ifolé, gateau qui fe trouve avoir acquis , après le refroidilTement, lÉleeiricité pofitive, pendant que le vafe eft devenu eleiftrique negativement. Cesnbsp;experiences ont été faites par M. ;epinus, {Sermo z. p.nbsp;0.1, p. 253 de la traduftion ; 8c Tentamina Theoria §. 59)nbsp;qui en concliit, que la chaleur feule peut rendre les Corpsnbsp;éledriques.
M. HEMMER croit au contraire que cette Éleöricité neft produite dans le fouffre que par le frottement quilnbsp;exerce fur les parois du vafe en fe refroidiffant: 8c il al-Icgue en preuve, que ft Ton ote le gateau du vafe, onnbsp;en dctruit lÉledlricité, 8c que fi on k chauffc, il nennbsp;prèfente pas le moindre figne, a moins quil ne fe refroi-diffe placé dans le vafe. Mais, je doute que cette con-clufion f®it fiire, quoique les Expéricnces de M. Herbert y puiffent donner du poids {Theor. p/un. Éle£l.nbsp;Cap. 4. Prop. 8.) Celt, felon M. hemmer, par unnbsp;frottement femblable , queft produit 1 Eleéiricité quoónbsp;obferve dans la Totirmaline chauffée, qui fe refrojdir-
Let
-ocr page 63-Les particuks des Corps qui fe refroidiffent, ou qui j -chauffent, éprouvent fans doute iin frottement interne, puifquelles changent de fituation: mais ce frottementnbsp;eft different du frottement externe Sc local, dont il eftnbsp;queftion quand on park dexciter rÉleftricité par le frot-temerit: amp; il ne me paroit pas décidé que eeft au frottement interne, plfttot qua la cliakur même, amp; en tantnbsp;que telle, quon doit attribuer lÉledlricité excitéc dansnbsp;les Corps par fadfion du Feu. N. d. T. ]
{h) [Le Mot condufliur eft généialement employe pour défigner les Corps quon nommoit ci devant anéleBriijues:
M. MA-
de fait, ces Corps conehiifent, tranfpoTHnt IEledtricite dun endroit a Iautre , la foutirent dautres Corps. Le mptnbsp;««rcir.ifneftpas encore employé, que je fache, pour dé-figner les Corps idioéhtiriques: je ne me fuis cependantnbsp;pas fait difficulté de men fervir, en imitant le mot la-tin comens, que M. cicka a employé, 8c celui de-«-hlhins, quon trouve fréquemment dans les ouvrages dunbsp;P. BECCARiA ;,eri effet les Corpsidioéleétriques ret'mnent,nbsp;rcfriment k Fluide ékdlriqiie, Vem^ichem de fe diffiper : ilsnbsp;ent done une puiflance coercitive, ils font de coercitifs, ounbsp;ft 1on veut, des reprimans de 6e Fluide. Sans un pareilnbsp;terme , quon pftt oppofer au mot conduEleur, il auroit éténbsp;difficile de'tendre dune manière exaifte des phrafes com-me celle - Ci 1 'Serrum minima Vlmdum magnétkum coercet, ufnbsp;corpora id'toék'óiriM cctrcent üearkum. Les tcrmes idiüéUpiri^nbsp;que, anélearique, idtorndgrtetifte anémagnétique reveil-lent pas néceffairement dans 1 efprit les idéés dq retenirnbsp;OU de conduire un certain Fluide.
-ocr page 64-les Corps, qui deviennent éleftriques ni parle frottement, ni par la chaleur, mais uniquementnbsp;lorfquon les approche de Coi-ps deja eleftri-ies (c). On les nomme éledlriques par commmi-
M. MARAT employe les termesdc deferens amp; indéférens, pour defigner les Corps qui transmettcnt, ou ne trans-mettent pas le choc de la bouteille de Leide. On verra,nbsp;ci deffous, (§. 19.) que ce font ceux la même que nousnbsp;nommons condxdieiirs amp; coerei.'ifs. Je ne vois done pas denbsp;raifon de changer le mot conduHeur. quand il feroit mê-Mie rigoureufement démontré , que tons les Corps condiii-fent p^iis ou moins le Fluide éledriqtie, comma M. ma-RAT le foutient: puifquil y a a cet egard de trés-granges dilFérences entre les difFérers Corps, amp; même desnbsp;difFérences du tout au tout. V. Recherches phypciues furnbsp;ÏÉkriricité , Seêiion x. N. d.' T. ]
(c) [ M. HEMMER obferve dans fes remarques fur ce Mémeire , quil a prouvé par des experiences évidentes,nbsp;que le fentiment ordinaire, favoir que les Corps conducteurs ne peuvent être élccftrifés par le frottement. eft er-roné: Se en efFet les intëreflantes experiences publiées parnbsp;M. M. HEMMER amp; ACHARD depuis Ia compofition de cenbsp;Mémoire , pourroient faire douter de la réalité de cette di-¦vifion des Corps en idioéleSlriques amp; anélehïriaues: ces cé-lébres Phyficiens paroilFent même la rejetter: mais quUnbsp;me foit permis de penfer autrement. Je fais bien que M.nbsp;HEMMER rend les métaux cleétriques par frottement,nbsp;comme il dit que M. hereert, excellent ProfelFeur denbsp;Phyfique a Vicnne, Fa fait avant lui: mais cette experience neft pas une experience fimple, elle eft compoféc-
pohr
-ocr page 65-ration^ anéleüriques^ amp; conducteurs. II ny a aucun Corps qui ne puiffe rccevoir IEledricite
Pour ékdtrifer un tube de Verre, il n'y a qua Ie prendre dans la main, qua Ie frotter, amp; tout eft fait. 'Mais on néleélrifera jamais un tube de métal de cettcnbsp;manière. M. hemmer. cft obligé difoler, au rooyennbsp;dun manche de Verre , la lame de Laiton, quil veutnbsp;éleftrifer. II tient cette appareil par Ie manche, amp; frot-te la lam^e avec un ruban de foye. La lame fe trouvenbsp;cledtrifée r.éga.tivemnt. II faut done un appareil compo-fé, un jfolement: amp; Ie cas eft bien limple: puifque lanbsp;lame fe trouve empêchée par \ï de foütirer Ie Fluidenbsp;ëledirique des Corps environnans , amp; de reparer la pertenbsp;de celui qu elle donne au rubanelle fe trouve done plusnbsp;OU moins épuifée, amp; par la négativement élcdtrique.nbsp;Cette Expérience revient, pour ie fonds, a celle de M.nbsp;LE ROY, qui, en faifant agir une machine ordinaire,nbsp;qu il avoit bien ifolée, a trouve les Couffins amp; Ie Batinbsp;éleamp;ifés négativement. Les Couffins, corps anéleélri-ques, comme Ie métal, frottés par Ie Globe, ont donenbsp;acquis par ce frottement une Éledricité negative, toutnbsp;comme la lame ifolée de M. hemmer ; amp; notez quenbsp;1expérience de ce Phyficien ne reuffit pas, ft Ie manchenbsp;de verre employé neft pas excellent. Cette expérience,nbsp;quoique trés belle en elle même, ne prouve done rieitnbsp;pour Ie cas dont il sagit. On la trouve dans Ic Journalnbsp;Ae Pkyjtquf, jMlet 1780, Tome XVI. p. 50- Jai vunbsp;depuisla compofition de cette note que M. de la cÉ-pÈDE penfc comme moi fur cette expérience : Effai furnbsp;ïÉUêlricité T. L p. 78.
M. A-
Corps
M. AC HARD rcjettc auffi la dilhndion generale des Corps en ulioiicSlyiciuii, OU crigtnaircment éiecïricjues, amp; en co»-dttcieurs, par la raifon que les Corps qui font idioéleétriqucsnbsp;dans certaines circonftances, ne Ie font pa' en dautres.nbsp;Ces circunftances ne font ici que 4es dilFérens dégrés denbsp;etaleur que Ie Corps éprouve. M. achard en conclut,nbsp;quL fiifférepce dont nous parlons neft pas efentielle, malsnbsp;feulement accidentelle. Les Fails que eet excellent Phyfi?-cien aHegue font trés certains; on en trouvera mêmenbsp;daiitres de ce genre dans Ie Chapitre fuivant; mais, quilnbsp;jne fqit permis dobferver, i. quil neft ici queftion qucnbsp;des Corps fimples, auxquels on ne fait fubir aucune preparation , ce qui neft pas Ie cas des experiences de M.nbsp;achard: 1. que cettp preparation change a k vérité Ianbsp;manière dont Ie Corps en queftion peut recevoir lÉleéfri-cité, mais que ce Corps, dans quelque état quil foit,nbsp;nen eft pas moins, ou aduelkment idioéleélrique, ou ac-^ue:iemegt;}t condtufteur: ce qui fuffit pour établir la réaliténbsp;de la diftimftion qup nous avons adoptée dans Ie Textenbsp;daprès tou? les Phyficiens. On trouve Ie Mémoire denbsp;M.. ACH AR. D daris Ie Journal de P/iyficiui, Tevriee 1780 T. XV,nbsp;p. 117. Nous remarquerons encore, que la masfe desnbsp;Porps employés, influe beaucoup fur leur pouvoir eoer-Citif, ou conduéleur, puifque lEau employée en grande mafte, conduit trés bien leFluide éleclrique, amp;quel-le ne Ie conduit pas lorfquelle eft en trop petite quantité,nbsp;ponitne M, M. rergman {Phil. Tranfac. Vol. LI. p. 908.nbsp;YoL LIL p. 458.) Sc reccarja {Heli Elcêlricismo artifij'
-ocr page 67-Corps dcviennent éleótriques, quoique dans des degrés très-différens. II ny a, pour autantnbsp;quon a examine les chofes, aucune exceptionnbsp;furcefujet. Mais, comme tout ceci eft géné-ralement connu, je ne my arrêterai pas plusnbsp;ipngtems.
§. 9. Passons a rAimant. On fait i, que lAimatit attire Ie Fer j a que les Corpsnbsp;qui contiennent une certaine quantité de Fer,
font
ciaU. §, 580 feqq.) Tont prouvé. M. marat a fait ua travail plus étendu, 5c fort intéreffant fur ce fujet. (Xs-cherches ^c. p. 72 feqq ) Enfin , i! en elt de cette divi-fion des Corps en condu£ieurs 8c m idioéleSlriftes, commenbsp;de routes celles qu'il nous eft permis de faire; les nuances qui lient les différens Corps dans Ia grande chaine desnbsp;Etres leur échappent, 8c elles ne faiftffent que les differences les plus palpabics. Auffi neft-ij peut-étre aucunnbsp;Corps , ni parfaitement eondudeur, ni parfaitemer.t eoer-citif; il y a une infinite de gradations: Sc ceft a propre-ment parler, felon cclle de ces qualités qui prévaut, 8cnbsp;qui prévaut de beaucoup, quil faut clafler les Corps.nbsp;Mais, ce neft pas ici Ie lieu de nous étendre fur ce fu-jet: ce que nous avons dit fuffit pour juftifier la diftinc-tion prepofée dans Ie Texte, 8c a laquelle je ne croisnbsp;pas que les expériences, faites depuis la compofitien denbsp;ee Mémoire, portent atteinte pour les Chefs généraux,nbsp;qüi fom les feuls cont il sagit ici; car nous ne parlonsnbsp;dÉletftricité quautant que fa coinparaifon au Magnétis*nbsp;fpe lexige. R d. T.]
-ocr page 68-15 1. mÉm. P.I. iJ. II. I, Des Corpsfur
font attirés par lAimant: 3° enfin que dautres Corps quon diroit au premier abord ne conte-nir aucun Fer, obéilTent cependaiit a Tadtionnbsp;de lAimant. Tout ceci eft généralement con-nu: Ie premier article eft clair de foi mêmegt;nbsp;amp; hors de tout doute: mais les deux autres mé-ritent detre un oeu plus developpés.
§. 10. JAy i)iT que quelques Corps, qui contiennent du Fer , font attirés par lAimant.nbsp;Souvent une quantité de Fer extrémement petite fuffit pour obtenir eet effet: car M. M.
HENKEL {d)., GELLERT (^), BRAND (c)
ont prouvé que du Fer, mêlé a une quantité
dou-
(«) Pynteiocie. Oeuvres de hekk-rl. Tomel. p.
{b) Comment. Petrofol. Tom. XIII. p. 391. Exp. 15, i4.
[M. GELLERT 3 découvcu, 3 cettc occafion, un fait fingulicr, ceft quiin petit Aimant agit plus fortementfurnbsp;Ie mélange du Fer avec d'autres m.étaux ou demi-mé-taux, quun plus grand Aimant, qui peut foutenir ujtnbsp;poids de Fer double. 1. c. p. 398. 99. M. euler eft,nbsp;que je fache, Ie feul Phyficien, qui ait tenté dexpliquernbsp;ce Phenomène , au moyen de fon hypotlièfe généralenbsp;pour les effets de lAimant. v. Ie §. yj. de fa Dijfertationnbsp;fur ïAimant, inferée dans Ie Tome V. des Mémoires quinbsp;ent remporté Ie Prix de 1Académie de Parts, Sc dans Ienbsp;Tome des Opuscules de 1Auteur. N. d. T. ]
(f) Mémoires de 1Académie du Suede. Tom. XIII, p. aii.' de la traduétion Allemande dont je me fers.
-ocr page 69-double OU triple dOr, dArgent, de Cuivrc, de Plomb, dEtain, de Cobalt amp;c., rend cesnbsp;mélanges attirablcs par 1Aimant: ou, li ces.nbsp;maffes font trop péfantes, leur limaille en cft aunbsp;moins aitirée: amp; M. de euffon a trouvénbsp;quune maffe dOr, qui ne contient quune on-zième partie de Fer, eff attirée par lAimant {d).nbsp;II y a, ou il ne paroit y avoir (e), quune feulcnbsp;exception , pour IAntimoine ¦, car les Chymi-ftes dont je viens de parler on trouvé, que lanbsp;moindre quantite dAntimoine, mêlee au Fer,nbsp;fait que cclui-ci neftplusattiré pariAimant ()*.
1An-
(d) Supplément a IHifloire Naturelle T. II. p. i8 , Edition in izmo.
(«) Je dis, on ne paroit y avoir, amp; m pen après, eu pcHt-être ne fait-il que Iaffoiblir. Lcs experiences done ilnbsp;eft ici queftion ont été faites felon la méthode ordinaire;nbsp;Sc peut-être trouveroit-on quelque attraétion ü 1on fcnbsp;fervoit de la nouvelle Méthode de M. brugmans, dontnbsp;fc parlerai dans le Chapitre fuivant: car M. brugmansnbsp;¦a trouvé que pombre de Corps, qui ne font pas attiresnbsp;par la méthode ordinaire, le font par la fienne. Mais ilnbsp;reflera toujours vrai que rAntimokia a une vertu particuliere d aifoiblir rattraétioii que le Fer eprouve de lanbsp;part de IAimant.
() Elemtnta Votimafu crameri T. I. p. nbsp;nbsp;nbsp;[ Vo-
yei auffi les Experiences de M. IVi. henkel 1. c, p. 177 No. 13. geilert 1. c. p. 393. Exp. 17; amp; brand 1.nbsp;c. §. 7 , qui tons saccordent fur c# point. N. d. T.]
-ocr page 70-lAntimoine dépouille Ie Fer de cette proprié-té, OU peut - être ne fait - il que V affoiblir extré-mement; Phénomène qui me paroit dautant plus remarquable que la caufe en eft inconnuc.nbsp;On fait bien que Ie SoufFre décompofe facile-ment Ie Fer, amp; que Ie Fer décompofe neftnbsp;plus attiré par lAimant, ou quil ne left qu^nbsp;peine; quelAntimoine crud contientunegrande quantité de SoufFre, amp; que fon Regule nennbsp;cft pas entièrement dépourvu. On pourroitnbsp;done foupqonner quun petit refte de Soufïrenbsp;dans IAntimoine décompofe ie Fer: foupqonnbsp;qui paroitroit afTez probable: mais TExpérien-ce détruit cette explication, puifque Ie SoufFrenbsp;mêlé au Fer ne k privé pas de fa vertu magné-tique.
§. II. C.E Fer caché eft fouvent caufe que des métaux difFérens du Fer ont paru agir furnbsp;lAimant: ce qui a fuitout lieu pour Ie Laiton.nbsp;Lilluftre huigens pofTédoit une lame denbsp;Laiton, qiü attiroit laiguilie dune boufTolenbsp;quand on lapliquoit a un Aimant («), amp; ilnbsp;ny a que peu dannées que M. du lacquenbsp;amp; Ie Chevalier dangos ont obfervé, quenbsp;Taiguille aimantée dun Graphométre de Laiton
fui-
(a) Du hamel , Hiftoria Acad. V.epA Parifim p. i§4.
-ocr page 71-fuivoit tous les mouvemens de eet inftrument, 6c quelle étoit beaucoup detournée de fa di-reétion par une lame du même métal {b). M*nbsp;ARDERONa non feulement confirmé la même chofe en 1751, mais il a encore trouv e (e),nbsp;quon pouvoit donner a une lame de Laiton»nbsp;foit en la frappant, foit par la méthode de lanbsp;double touche, une force magnétique, foible anbsp;la vérité, mais diftinéte: il a cependant rencontré dautres lames fur lefquelles il a tenténbsp;les mêmes procédés fans aucun fuccès. Defi-rant dexaminer ces effets par moi-même, jainbsp;Jait faire un parallèlepipede de Fer amp; de Cui-vre bien fondus 6c mêlés enfemble: jai trouvénbsp;qu'il attiroit une aiguille aimantée tout commdnbsp;Ie Fer, amp; quil recevoit également bien, amp;nbsp;conftamment, la vertu magnétique.
§. la. DÈs que ces Phénomènes ont été connus, les Phyficiens ont conjeéluré que Ienbsp;Laiton contient du Fer. M- lehmann a
mis
(i) Journal des Satans Decemb. 1772 .Edit, de Paris : Janvier 1773» Ed. dAmfterdam.
(c) Philofofhical TranfaHions. Vol. L. p. 774. nbsp;nbsp;nbsp;[ M. Ie
Comte DE Miitï a même fait des Aiguilles deBouffole dun alliage d'Or 8c dun fable ferrigineux attirable, a TAi-rnbsp;mant. Jmrn. de pkjf. Tome XIII. p. 393. N, d. T. ]
-ocr page 72-ïpis ce point hors de tout doute (d). On com-pofc Ie Laiton de Cuivre rouge amp; de Pierre ca-laminaire : cette Pierre eft un mine de Zinc, qui contient du Fer ; amp; ceft de ce Fer quenbsp;proviennent les effcts dont nous venons de par-Ier: car M. LEHMANN a trouvé i° que Ienbsp;X^aiton quon prépare avec des mines ou cad-jïiies de Zinc, dépouillées de tout Fer, nac-quiereut pas Ie Magnétisme: a° que Ie Magnétisme du Laiton eft dautant plus confidérablenbsp;que la mine de Zinc contient plus de Fer, ounbsp;quon calcine cette mine plus longtems : ornbsp;Jon fait qualors Ie phlogiftique fe developpenbsp;dautant mieux, amp; que Ie Fér eft reduit par linbsp;dans un état plus parfait. M. lehmann anbsp;^ouvé enfin que Ie Cuivre mêle au Fer de-vient magnétiquegt; au plus petit degré posft-ble, fi la proportion du Fer eft celle du Cuivre comme i a 48: au plus grand fi elle eftnbsp;vomme i a i, ou 3 a a.
CoNCLuoNs.de ce que nous venons de dire, i. que Ic Fer mêlé, même en trés-petite quantité, a dautres Corps, rend ces Corpsnbsp;propres a être attirés par lAimant. a°, quilsnbsp;en font attirés dautant plus fortement quilsnbsp;contiennent plus de Fer.
_ nbsp;nbsp;nbsp;§¦ 13-
(«) aovïCamn.eit. Vetrof. TOJ». XIl. p. fgqq.
-ocr page 73-iesqueh V Amant £5? V Èleëtricitê agijfent. 31
§. 13. Ce point bien examiné, paflbns aux Corps qui font attirés par 1Aimant, amp; a la preparation des quels 1Art na point de part, maisnbsp;qui font produits par la nature même. II y ennbsp;a un tres - grand nombre de ce genre dans lesnbsp;trois Règnes de la Nature, amp; M. MüS-scHENBROEK CU a doiiné un Catalogue dé-taillé quil feroit inutile dinférer ici («)gt; ilnbsp;fuffit que tout Ie monde foit convaincu du fait.
Maïs, en conclurons nous quil y a au-tant de Corps différens du Fer, fur lefquels r Aimant agit, quil y en a qui font attirés parnbsp;1Aimant? nullemcnt j car des expériences très-füres ont fait voir , que ces Corps ne font attirés que paree quils contiennent du Fer. Lesnbsp;Phyficiens Tont extrait de tous les Corps dontnbsp;il eft ici queftion, amp; qui ont été examinés chy-miquement. M. lemery a trouvé , parnbsp;exemple, que les particules attirables par 1Aimant, amp; tirées des Cendres des Végetaux,nbsp;étant expofées au Foyer dun veri'e ardent, of-frent, en sy fondant, les mêmes Phénomenesnbsp;que Ie Fer Sc 1Aimant préfentent en pareilnbsp;cas (b)- On a trouvé deplus, que ces parti-Cules font attiree dautant plus fortement quel-
les
(«) [Introd. Ad Phil, tiatur. §. 960. C. d. T.J Miimires de ÏJcad,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;p. .411.
-ocr page 74-3^ I. MÉM. P. I. 5^.11. I. Des Corps fur
les contiennent plus de Fer. On fait p. ex. quon troiive dans le fang bouilli amp;: reduit Énbsp;ficcité des paiticules attirables par IAimant:nbsp;qiie font elles? du Fer. II y a plus. M. men-G HIKI a mêlé, pendant quelque terns, a lanbsp;nourriture de plufieurs perfonnes, amp; a celle denbsp;quelques animaux, différentes préparations denbsp;Fer, comme de la limaille pure, des mines, dunbsp;falFran de Mars, de la teinture de Mars, amp; il anbsp;trouvé que le fang de ces perfonnes 6c de ces ani-inaux contenoit plus deFer qvra 1ordinaire (r).
§. 14. Si done tons ces £tits font tels que nous venous de le dire, quelle raifon pourroitnbsp;nous empecher de former cette conclufion générale, 6c détablir, du confentement unani-me de tons les Phyficiens, que le Fer eft lenbsp;feul corps ^ fur lequel IAimant agit? Je nenbsp;connois aucun fait, quon put oppofer a cettenbsp;propofition [a)-, fuitout puifque M. brugman s
(c) Comment. Acad. 'Bononien. Tom. II. Part. III. p.475.
. I^Voyer, auffi ce que M. stsiglehner a dit fur ce fu-jet dans le §. 156 de fa Differtation, inferée dans k fe-cond Tome de ce Recueil, 6c M. erugmans dans fon Ouvrage intitulé Mamhismus p. 85. No. i gt; 3 gt; 4- N. d. T.]nbsp;(a) On feroit peut-être tenté de mettre la Platine annbsp;Eombre des Corps fur lefquels IAimant agit; 6c M. denbsp;J.A CEPÈüE la niet en elfet de pair avee IAimant 6c le
Fer.
-ocr page 75-Fer. {Ejfai fur lÉledridté, T. i. p. 45,46.) Les èxpé-riences les plus fpécieufes, fur lefquelles on pburroit fe fonder, font celles que M. ingenkoosz a faites ennbsp;1775 amp; qui ie trouvent décrites dans l.es PAilofop/t. Tran-giéi. Vol. 66. p. a6i. M. murray, qui y avoir alTifté,nbsp;en a donné un extrait dans les Mém. de lAcad. de Suedenbsp;1775 itrn. 'Trimejlre: T. 37. p. de la trad. allem. Voicinbsp;ce que les Experiences offre.nt de plus effentiel. LAi-mant attire facilement une grande partie de la Platine;nbsp;mais, il en ell: üne autre quil nattire gt; que quand onnbsp;en fait flóttcr quelques paillettes fur lEau : celles-ci fênbsp;trouvent alors etre de petits Aimans qui ont deux Poles.nbsp;II y en a de ces Pailkttes qui fe fondent au chalumeaiinbsp;amp; qui fourniffent une fubftance femblable a lOr gt; au magnétisme amp; a la polaritc prés. Les particules les plus blan-thes; qui paroiffeht être la vraie Platine, ne fe fondentnbsp;^as au Feu, mais bien au tx)up foudroyant éleélrique.nbsp;Leur Iviagnétisme amp; leur polarité paroiffent même au-gmentés par-la ; maïs ces partigules perdent ces qualitéSnbsp;par Ie Feu.
Ces Expériences font très-fürcs; mais on nen peut rien conclure pour Ie cas dont il sagit j puiique Ie F'ernbsp;fe trouve intimément amp; naturellement, quoiqus nan es-fentiellemènt; riiêlé a ia Platine; amp; quil eft trés-difficile , pour ne rien dire de plus, de len féparer jufquauxnbsp;plus petites particules: fait, dont M. macquer a rèndiinbsp;raifon. (biiff. de CAymie, Art. Platine, T. III. p. tóp loi.)nbsp;D'ailleurs ce favarit Chymifte a trouvé, que ]a piatine
, nbsp;nbsp;nbsp;duff
dim blanc amp; dun brilhnt dArgent, obtenue par la cou-pellation , au foyer du grand Verre ardent dé M. tru-DATNB, na donnc aueun ligiie de Magnétisme dans les expériences les plus exades; foit quon la touchat en mas-fc, par les barreaux les plus forts: foit, en faifant Hotternbsp;fur IEau une parcelle trés-petite. Unc molecule de } Icnbsp;grain , flottant fut lEau, na pas été Ie moins du mondenbsp;fenfible a im fort barreau de 1Abbé le noble : preuvcnbsp;quon peut féparer le Fer de Ia Platinc au moins au pointnbsp;quil nen refte plus quune quantité inapprédable, fi tantnbsp;eft qnil en refte. Les Expériences deM. ingenkousz.nbsp;ne portent done auctine atteinte a laConclufion énoncéenbsp; dans le Texte. N. d. T. ]
(i) Le Titre en eft m agnf, tismus , five de Attrailiom magnet tea Obfervationes y Gron'ingae. 1777 4^*^*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;[ M. BRUG-
MANs conclut a peu prés a chaque page que les Corps contiennent du Fer, pane quils font attire's par 1Aimant.nbsp;Pour ne pas accumuler les citations inutilement, je menbsp;contenterai de laveu formel pat lequel M. bruwmaninbsp;termine fon Ouvrage , amp; pat le que il prouve, entrau-tres, que Ie Fer fe trouve difperfé par toutc lAtmosphè-.nbsp;re. Après avoir dit un mot de la fumée amp; des exhaki-fons qui sélévent des Corps, ainli que de h force avecnbsp;laquellé la Tcrre fimple, tirée de la Suye, sapprochedenbsp;lAimant, il ajoute. ,, Or la fumée, les exhalaif.ns nenbsp;,,font pas reques en entier par dautres Corps, mais lanbsp;5 5 plus grande partie s'en difperfepar toute 1Atmosphere,nbsp;55 y entraine le Ier avec elk , er le depofe en fen lien: ce quinbsp;,,eft tellement vrai, quc, quelque part que lon recucillo
,, cetle.
-ocr page 77-ployé un appareil prc-férable de beaucoup a cet lui, dont dautres Phyficiens orrt feit uiage.
§. 15. LElectrici TK agit done for tsus les Corps quelconques ( §. 8.): Ie Magnérnbsp;tisme for un feul: amp; quand même on découvri-!nbsp;xoit par la foite des Corps différens du Ferj,nbsp;qui éprouveroient quelque adlion de TAimant,nbsp;il nen eft pas moins certain quil en exiftenbsp;beaucoup, aftuellement bien connus, for les-
quels
35 cette poufïïerc qui sattadie pcu a peu a nos Meubles, ,5 on trouve en l'examinant felon notre Méthode fur lEaBnbsp;,3 OU fut Ie MetCute , qifellc efl toutt attirahu plt;tr
Cet article éciaircit ce que M. brugmans avoit dit deux ans auparavant dans un Journal hoHandoisj [Hedendaa^fchtnbsp;Vaderlatidfche Letter-eeffeningen , 17753 Mengelwerk p. 237.]nbsp;parlant §. 9. de la grande attradion que TAimant exercenbsp;fur la Terre ürée du Qainqmna , il difoit.^ ,, Ilny adonCnbsp;,,pas de Terre, qui, tout Ie refte étant égal, contiennenbsp;,,autant de particules ferrugineufes que celle-ci, sil efinbsp;5, vrai, comme je Ie fappofe jufquici, quil ny ait que Ie Fernbsp;,,feu] qui agit fur TAimant. II eft dair que, ce nétoitnbsp;la qu une reftriaion diélée par la prudence: car en finis-fant ce petit Mémoire lAuteur .ajoutoit. ,, En attendantnbsp;,, je ne Veux pas citer ces experiences pour prouver quilnbsp;3,y ait quelque autre Corps que Ie Fer, qui foit attirénbsp;^,,par 1'Aimant, car jai de nouvelles expériences ennbsp;W;,niain, qui prouxent évidemment quil ne faut quetrès-,, peu de Fer pour rendre magnétique une grande naafe,,nbsp;,, qui ne left pas dellc-même. N. d. T.^
C* 'Jr.
-ocr page 78-^6 ! M E M-P.I. S. II. C/i. I. Dss Corps fuT
quels TAimant na aucune prife. De ce nom-bre font, felon M. brugmans lui-mê-me (lt;ï), quelques Tertes, les Corps formés dArgile, les Criftaux fans couleur amp; transpa-rens, la Craye blanche, Ie Spath, Ie Gypfe,nbsp;qui ne font pas même attirés après avoir cté ex-pofés a un Feu violent, au contraire de ce quinbsp;ajlieu pour les Cailloux: deplus, lesSables amp;nbsp;les Cailloux , méme lorfque méiés enfemble ilsnbsp;coulent en Verre j Ie Marbre blanc, les Pierres précieufes diaphanes, les Diamans: pournbsp;ne pas en citer un plus grand nonibre.
1 L sen faut 'done de beaucoup quil y ait quelque Analogie entre TÉleftricité amp; Ie Magnétisme, eu égard au nombre de Corps furnbsp;Icfquels ces deux Forces agiflent: il y a plu-tót entrellcs une dilférence, qui neft riennbsp;jnoins que legére (^). Mais, pour en ju-
(«) A lendroft dtc p. 17 , p. 74. P- 7S . P- 87 , p. ioi. {h) [On a vu ci-deffus §. i. note L, que cette difference a paru affez confidérable a M. ^pinus, pour Icnbsp;porter a conclnre que les Fluides éledrique amp; raagnéti-que font doiiés de propriétés très-différentes, amp; qui nenbsp;fauroient fe trouver a la fois dans Ie même fujet. Uncnbsp;difference auffi confidérable, je ferais tenté de dire unenbsp;contrarieté de nature auffi palpable, n a cependant pa^nbsp;einpêcbé ce Phyficien détablir entte les efFets des deuxnbsp;Fluides lAnalogie la plus forte. M. Ie Comte de ia
CE-
-ocr page 79-ger plus furcment , examinons les diflférens états de ces Corps.
C H A P I T R E II.
§. 16. Il e^t connu que Ie Fer parfait efi attiré par 1Aimant, 8c que des quil a une foisnbsp;acquis la force magnétique, il agit en tont
|8 I. MÉM. P. I. S. 11. Ch. IL Be vi.tnt
omme 1Aimant même. Mais il peut être rc-duit en difFérens états qui pourroient lui caufer quelque changement par rapport a lattraélionnbsp;magnétique: il convient done dexaminer cesnbsp;états, tant pour le Magnétisme que pour IE-leétricité. Ces états me paroiffent être ceux dcnbsp;Poudre ^ de Sely de Ftrrey de Chmxy de MF
I. La Poudre.
S - 17. On fait que la limaille de Fer efl eoquot; tierement attirée par IAimant : amp; que, lors-quelle ell renfermée dans un tube, de faqon k ¦nbsp;néprouver aucune agitation, elle regoit la force niagnétique, tout comme le Fer entiere-ftient continu , quoique dans un degré plus
foible (a). Jai fouvent repeté ces expérien-ces, 6c jai donné plus dune Ibis,, par la méthode de la double touche, une force magneti-que trés - dillinéle 6c qui avoit des poles con-ftans, a de la limaille de Fer renfermée dans un tube de Verre. La pulverifation ne changenbsp;done en rien le Fer par rapport a IAiiuant.
VoYONS ce qui a lieu pour IAimant memc.
M. L E-
(«) DÉCHALES Murdus Mat-hemaUcus, z. Ed. Tom. 2.
487. De Magncte, Lib. I. Exp. Ord. IV. Exp. II. Mas*' SCHENbroek, DlfirtatiD de Magnete, Exp. 71. p-
-ocr page 81-des Corps éleEtriques ^ magnétiques. 3^
M. L EMERY a placé un Aimant au foyer dun Verre ardent, 6c il a trouvé quelapou-dre de eet Aimant, quoique privée par cettenbsp;talcination de la force attiaélive, étoit cepen-dant attirée par un barreau magnétique: maisnbsp;clle nattiroit plus 1Aiguille (^).
M. MusscHENBROEK a trouvé, que 1Aimant reduit en poudre eft entièrement atti-ré par un autre Aimartt: quil agit fur 1Aiguille, mais feulement comme de la limaille de Fer,nbsp;fans diftindtion de Poles (r).
Enein M. marcel a prouvé, que dè petits morceaux dAimant confervent leurs forces amp; leurs poles , mais que 1Aimant reduit en
poudre na plus la force dattirer comme aupa-ravant j Sc cela dit-il, parceque toutes ,, les particules fe trouvent pêle mêlej con- fufion dont il refulte, que beaucoup de po-,5 les-ennemis fonttournés du même cotc, cenbsp; qui diminue beaucoup la force, amp; fait qué
cet-
(^) Mém. de lAcad. 1706. p. 131, I3Z. NB. Je nai' pas repeic cette experience; mais toutes les fois qu on ncnbsp;trouvé pas un pareil avertiirement, quand je citerai lesnbsp;Experiences dautrui, on doit, fousentendre que je les ainbsp;fouvent repetées, amp; que je fuis für de leur certitsde parnbsp;mes propres yeux.
(f) Difmatio de Mapiete. p. 7*5,
4Gj I. MÉM. P. I. 5^. II. II. DeTEtat ^5 cette poudre ne peut plus agir conime un Ai-
§. i8. Il refulte, ce me femblc, dc cq obfervations, que Ie Fer neft abfolumeiit pasnbsp;changé par la pulvérifation gt; Sc que 1Aiman^nbsp;ne left quaccidentellement, paree que les poles des particules nè fe trouvent pas dans une fi-fuation convenable. II sy joint encore une autre caufe: ceft que la force feroit affoiblie amp;nbsp;même reduite a rien, quand même les polesnbsp;amis feroient tous placés de même coté. Car,nbsp;fuppofons quon ait partagé un Aimant en millenbsp;parties, amp; que chaque paitie conferve un mil-lième de la force entière OU tqtale, ce qui neftnbsp;pas improbable, puifque M. whiston anbsp;trouvé que les forces des Aimans font a peu presnbsp;en raifon des diamètres {a) : il cn refultepa, puifque ces Aimans font tous tris-petits, que la di-ftance MC {_Fig. i ] fera a peu pres égale a NC jnbsp;amp; conféquemment, que Ie pole N agira a peu
pres
Voyez fa belle DifiTertation, inferée dans un bon Recueil hollandpis, done Ie titre eft uit^eleez,e rer/iandelin-gm, Tome'I. p. 161 fcqq.
(a) nbsp;nbsp;nbsp;musscheneroek,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Ma^nete;
Bxf. 80. p. 135. nbsp;nbsp;nbsp;[M. WHISTON dit avoir trouvé cette
Reglv pat plutlears experiences. Voyez ion Traité j'pAnd hy Keedle p. la. N. d. T.J
-ocr page 83-des Corps éleBriqucs ^ ma^nétiques. nbsp;nbsp;nbsp;4^
pres avec la même force que Ie pole M, amp; quil en détmira ladtion : au lieu que, 11 lon a unnbsp;plus grand Aimant ab, la difference entre lesnbsp;aéfcions de parties ak amp; kb fera feiifible, 6c pjjrnbsp;conféquent leffet de la premiere fera plus, fortenbsp;que celui de la feconde, amp; il enrefulteraune vé-.nbsp;ritable adtion. Ajoutons enfin, que les parti-cules qui compofent la poudre dAimant, nontnbsp;chacune quune très-petite force ; doii il refiil-te, que fi on les préfente a un Aimant ou a tinenbsp;Aiguille, ils reqoivent dabord Ie genre de force que eet Aimant ou que cette Aiguille ta-chent de leur donner: de la même manicre quenbsp;du Fer, préfenté a uu Aimant ou a une Aiguille, ne.les attire amp; nen eft attiré, que pareenbsp;quil en reqoit la force magnétique, commenbsp;M. B R u G M A N s 1-a prouvé en détail (é).nbsp;Les effets, qui ont lieu dans la pulvéiifationnbsp;de rAimant, ne dependent done pasdun ehan-gement vrai: amp; ils nont lieu, pour ainfi dire,nbsp;quaccidentellement.
§. 19. VoiLA qui fuffit poiu rAimant; examinons ce quil faut penfer de lapulvérifa-tion des Corps ékétriques. Jexaminerai fépa-
ré-
[b) Tcr.tam'ir.a, de Materia Marnetica, Framq. 1765, 4t0. rProp. 7. p. s7 feqq. N. T.]nbsp;c 5
-ocr page 84-rément les Cor^s idioéleSiriques ou coercHifSy 6c les Corps anéleStriques ou conducteurs.
Les Corps idioéleétriques font ceux quon reni écótriques par Ie frottément; 6c ils fontnbsp;pf.s au moins propres a 1expérience deLeide,nbsp;lelon quils font des idioéledtriques plus ounbsp;moins parfaits; ceft ce que les Phyllciens, 6cnbsp;furtout M. wiLKE (iï), ont prouvc par unnbsp;grand nombre dexpériences : 6c comme cettcnbsp;ranière dexaminer fi un Corps eft idioéleélri-cv', eft tres commode, plus commode aunbsp;quot; rs que celle qui conftfte a rendre les Corpsnbsp;iques par Ie frottement, je men fuis prin-cement fervi dans mes experiences j foit quenbsp;rqieté celles M. wil Xe gt; foit que jeiinbsp;..i; de nouvelles.
done un Corps, armé comme la bouteille /de, ou Ie carreau de M. BEVIS, donnsnbsp;mm --tion, il (cx'XidioéleClrique: ft non, ilnbsp;¦ .idudtcur, ou du moins idioéleétrique dansnbsp;gré très-foiblc: je dis dans un degré tres-¦: paree quil faut quelquefois une lamenbsp;epaiil'e 6c très-grande pour découvrir cettcnbsp;uiüé'ectrkité.
M. w IL K E a trouvé quune lame de Verre
pul-
o;; Memoires de l'Acnd, de Snede, Terne XSC, p. a4I feqqt' dc 1* Trid. Allemande.
-ocr page 85-des Corps élePtriqiies ^ ma*nétigt;iues. 45 '
pulverifé, épailTe dun pouce, longue de qua-tre pieds, amp; large de trois pieds, ne transmet quune commotion foible: amp; quelle nen transmet pas du tout fi elle eft moins épaifle. Lanbsp;même chofe a lieu pour Ie Soufre. On fait ce*nbsp;pendant que Ie Verre amp; Ie Soufre entiers fontnbsp;a jufte titre mis au rang des meilleurs coercitifsnbsp;que nous connoisfions,
§. ao. J'ai ttès-fouvent repèté ees Experiences de M. w IL K E de la faqon fuivante.
Experience I. Jai couvert de Verre piüvérifé une plaque de Fer blanc, de faqon^nbsp;qu il en reilxltat uii gateau épais dun pouce ,nbsp;long diin piedj amp; large de buit pouces. Jainbsp;placé au'delTus une autte lame de Fer blanc ennbsp;guife darmure («) : on néprouvoit aucunenbsp;commotion , amp; même cette poudre paroiffoitnbsp;être un conduéteur.
Experience IL Soupqonnant que eet état de conduétcuT provenoit de lhumidité quinbsp;pouvoit fe trouver dans ce Verre pulvérifé, jainbsp;chauffé cette poudre dans un creufet, amp; je lai
exa-
(a) [ On fent bien qui] y avoic une cliaine qui pendoit du Conduéteur de la Machine fur cette armurc fupérieu-rc, amp; quenfuite on tachoit de charger ce gateau, quinbsp;reptéfenteun carreaudu DoéteutEEvis , ou de M. frank-nN. Celt ce quil faut toujours fousentendre, qiioiquénbsp;ccla ne foit pas exprimc dans Ie Texte. N. d. T.] '
I. MÉM. P. 1. S. II. Ck. II. De VEtai
cxaminé de nouveau; elle paroiflbit approcher cn quelque forte dune legere idioéleêiricité: carnbsp;les fils de lÉleélromêtre placé fur Ie condufteurnbsp;de la machine fe drelToient, quoiquil y penditnbsp;tine chaine du conducteur ilir la lame: mais dés-quon arrétoit Ie mouvement du plateau, les filsnbsp;de réleétromêtre retomboient.
Experience III. Jai pris une bouteillc armee que j ai remplie de ce Verre pulvérifé aunbsp;lieu de limaille de métal: procédant du reftenbsp;comme de coutume, jai trouvé que cette bou-teille sétoit parfaitement chargée, preuve quenbsp; cette poudre approchoit de tres pres detre unnbsp;Coipis conduéteur.
Experience IV. Jai repeté la premiere experience avec des fleurs de Soufre: on ne fentoit aucune commotion: mais il paroisfoitnbsp;cependant y aVoir un leger degré ^'idioéleSlricité.
Experience V- Jai repeté de lamê-me facon la troifième expérience ; on fentoit a peine la commotion: mais ayant vuidé pm-demment la bouteille, comme sil sagiflbitnbsp;den faire lanalyfe, felon la methode de M,nbsp;franiJliNj jai trouvé que les furfaces denbsp;1armure étoient chargées, amp; les ayant tou-chées a la fois, jai fenti une commotion (b).
§. ai.
79-
-ocr page 87-des Corps éleilriques fna^nétiques.
§. ai. L E s Corps idioéleéb'iques font done changés par la pulvérifation; Ie degré de leuïnbsp;pouvoir coërcitif diminue, amp; ils amp; rapprochentnbsp;des Corps condufteui'S. Ceci me paroit aflëznbsp;analogue a cc quenousavons dit ci-deflus (§nbsp;17, 18.) de la poudre dAimant, amp; de k li'*nbsp;maille de Fer, qui eft moins fortement attirée,'nbsp;amp; qui reqoit moins de force que Ie Fer entier.
Nous avons dit par quelle raifon ces Phé* jiomènes ont Ueu pour Ie Fer amp; pour TAiquot;nbsp;mant; examinons maintenant ce quil faut pen*nbsp;fer de la pulvérifation des Coi^ps idioéleétri-*nbsp;ques : mais pour eet effet il faut être inftruicnbsp;avant tout de ce qui fe paffe dans la commotionnbsp;même. Les Phyficiens en ont donné des ex-?nbsp;plications très-différentes, Sc conféquemmentjnbsp;ce qui me paroitroit probable ou certain, nau*nbsp;roit peut - être quune tres legere probabiliténbsp;aux yeuK dautrui. Si cependant nous voulonsnbsp;établir de cc chef quelque Analogie entre IE-
lec'
79. Note I. Le priestxey pretend quelefonf. ,, fre amp; ic Verre pulverifés font déférensce que nousnbsp;,, venons de dire preuveroit Ie contraire, li ïexpéftina ntnbsp;,, ïem démontré. Je ne me fuis pas appeveu que ce faitnbsp;fut prouvé pat les -raifonnemens de ce Phylicien , amp; junbsp;gnore quelle eft lexpérience dé'monftrativc a laqueJie tlnbsp;en appelle; je fuis füi' de ce que jai vu dans les mien-nes, amp;jcne doute pas de celles deM. wilke. N. d. T.]
-ocr page 88-leftricité amp; Ic Magnétisme, ou penfer quil y a de la dilFcrence entre ces Forces a eet égard ,nbsp;il eft nécêfiaire de saffurcr fi cette diminutionnbsp;didioéieétricité eft accidentelle, ou fi elle dé-pend dun vrai changement qui arrive a cesnbsp;Corps.
§. aa. Si Ton confidère que la commotiou ina pas lieu lorfquon employe un Verre tropnbsp;epais, comme ausfi sil fe trouve la moindrenbsp;félure dans Ie Verre, même une félure inper-ceptibic (lt;ï), quelle eft au contraire dautant
{a) [M. MA RAT regarde auffi ce fait comme un axio-me en Eleöricité amp; il propofe un remède très-fimplc (de remettre iinc bouteille fêlée en é:at de donnet la commotion : ceft dcnlevcr la doublure au deliors a deux ounbsp;trois doigts autour de la félure. {'Recherches p. 57.) Jenbsp;jie fais fi ce remède feroit efficace dans tous les cas; mesnbsp;obfervations me portent a en douter, Le remède de M.nbsp;«ritsoN me par0it devoir être plus efficace; amp; les E.x-pcriences que lAuteur indique y donnent Ie degrc denbsp;confiance néceffaire. Le voici. 11 faut enlever la doublure extérieure de la partie fclée, chauffer celle-ci. amp;:nbsp;y appliquer une couclie de cire a cacherer, plus epaiffenbsp;que le Verre même. On recouvre cette cire , amp; la par-tie de la bouteille qui y avoiline , dun mélange de 4 parties de cire ordinaire, dune partie de refine, .dune denbsp;Tliérébentine, avec un peu dhuile dOlive : on a étendunbsp;cc melange fur un morceau de foye huilée; amp; on applique cette foye fur la bouteille epmme une emplatre.
des Corps êle^riques ^ magnêtiques.
plus forte que Ie Verre eft plus mince, ne fe-ra -1 - on pas conduit a penfer , quil faut, pour exciter la commotion, quc Ic Fluid®nbsp;éleétrique fe meuve avec quelque difficulté,nbsp;mais non avec une difficulté extréme, dansnbsp;Ie Verre on dans tout autre Corps idioéicélri-que quelconque, amp; quil ne dok pas paffer ü-brement par ces mêmes Corps? Et 11 cela eft,nbsp;ne faudra-t-il pas établir, que la pulvérilationnbsp;dun Corps idioéleftrique donne occafion aunbsp;Fluide éleétrique de fe mouvoir plus facilementnbsp;a travers des pores de ce Corps, 8c avec unenbsp;trop grande facilité , pour que la commotionnbsp;puilTe avoir lieu, ou pour quelle foit ausfi forte que fi Ie Corps étoit entier? Si cette explication ne séloigne pas entièrement du vrai, ilnbsp;sen fuivra encore, que ce neft apCaccidentelle-7nent que la commotion eft plus foible dans les
Corps
M. WILSON dit que les Bouteilles font li parfaitqment rétablics de cette facon, que quand elles vienncnt a fcnbsp;brifer dans la fiüte par de frequentes charges, comme ilnbsp;1 a vu gt; cela n arrive que dans des endroits difFérens de Ia
premiere fe^ur^. gt;, account of the Experimtnts melde at Pantheen, amp; CS petit traité, inféré dabord dans Ie 68,nbsp;Volume des Philofophied Transactims j a été reimprimée fc-parement avec des additions, du nombre defqu'elles eftnbsp;Partiele dont nous parlous : v, Mcnthly Pedew, Augufinbsp;d-119} P- dont je mc fuis fervi. N. d. T,]
-ocr page 90-'Corps idioéleótriques pulvérifés, ou quön nc la fent pas; amp; pih' confé'quent que hx pulvérifa-tion caufe tout ausli peu aux Corps idioéleétri-ques, quau Fer ou a lAimant,' quelque chaigt;nbsp;gcment eflentiel, amp; que toute la differencenbsp;quon remarque dans les effcts neft quacciden-telle. Mais il eft évident quon ne fauroit ennbsp;conclure aucune Analogie,
§. ag. Passons aux Corps anéïeSlriques ou ConduEteurs. II y en a de diffcrens genres.nbsp;Tout Ie monde fait que les métaux pulvcriicsnbsp;font dausfi bons conduéteurs que les métauxnbsp;entiers {d): mats les Tefres, les Argilles fontnbsp;ausfi des conducteurs; mais, M. de lava l (^) a trouvé que ces Tcrres pulvérifées nenbsp;font plus Conducteurs: quelles font, au contraire, changécs en Corps idioéleftriqucs. ai
fait
(lt;j) [M. MARAT dit (p. 79. de fes ruherches amp;e. ) que ies Métaux rcduits en liirraillc font bcaueoup moinsnbsp;dcférens. Jc ne cohnois aucune Experience qui Ie da-inontre , amp; M. mar at ncn cite pss. Dailleurs je roenbsp;fondois eh écrivant eet article fur les experiences très-directes Sc très-exprcffes de M. de la vat qui a trouvénbsp;que les métaux rcduits en liraaille, ou en poudre, mê-ine les plus firres, conduifent lÉleélricité ausfi bien qua-¦vant la pulvérifationi philof. Tranfiic. Vol. LI. p. Sd.-. N. d. T. ]
(^) Philofaph. Tranfaóï. Vol. Lï. p.'
-ocr page 91-'des Corps éleH'riques £5? 'mAgnétiques. nbsp;nbsp;nbsp;49
fait moi-même fur ce fujet les experiences fui*-VanteS5 que jai fouvent repetées.
Experience VI. Jai piis de eette es-pèce dargile dont on fait la poterie ordinaire ; je men fuis fait faire uii cilindre bien cuit, dun pied de long, amp; dun pouce de diatnetre;nbsp;cetoit un tres bon Cönduóteur (c) .
Experience VII. Jai ènfuitö faitre^' duire en paüdre üne grande quantité de cettenbsp;snême argile. Jen ai rempli un tube de bafo-mêtre, ouveit par les deux bouts Sc long dunnbsp;pied. Jai ihtiodu-it dans chaque bout un fil denbsp;Laiton affez gros: je ly ai enfoncé dun pou-ce, Sc j ai ferme les ouvertures avec du liègcnbsp;enduit de cire. Jai ifolé Ie tube: jai fait com-miiniquer un des fils avéc Ie cöiidufteür de Ianbsp;machine eleiftrique, au inoyen dunc chainé.nbsp;Jai fuccesfivemerit pofé fur lautre fil un élec-
tro-
(f) Je lie précends pas faire entendre par-la qüe cë tïlindre dargile döive être place au rang des meilleurSnbsp;Conducteurs, amp; de pair avec les métaüx: jènai pas faitnbsp;jhes experiences foiis ce póirit de vue; amp; rhênle Ietin-celle qti on tiroit de ce Condudleur, differoit beaufcoup inbsp;poiir la vivadté, la coülëur, lè bruit qui Iaccompd-gnoit, amp; TiiripfeiTion quelle faifoit fur la peaude cellt'nbsp;quon tiroit dü conduftetir de la machine. Jai feuIciTientnbsp;toulu ditë, que ce cilindre cönddit Ie Flüide élediriqaë'nbsp;faciletnent amp; tién. N. d T.]
yoMK E nbsp;nbsp;nbsp;jy
-ocr page 92-50
tromètre: jy ai fufpendu des fonettesj je lui ai préfenté des Corps fort legers, mais je ne menbsp;luis appercu daucune Eledtricite: preuve quel-le ne palTe pas par Iargile reduite en poudre, Scnbsp;que cette poudre dargile ell devenu un Corps
coei'citif (i^).
Experience VIII. Jai repeté la premiere Experience avec une lame dargile (e). Jai fenti k commotion} mais il faut que Iar-gile foit chaude: autrement elle boit facilementnbsp;lhumidité amp; fe rapproche des Corps conducteurs ( ).
M. DE
((/) [ On pourroit croire daprès ce qui a été dit §. 8. note c, que IefFet dont il eft queftion dans cette experience , ne depend que de la petite quantité dargile quonnbsp;a employee, quoique le tube dont je me fuis fervi eutnbsp;11 pouces amp; demi de longueur, amp; 5 lignes amp; demi denbsp;diametre. Mais je me fuis fervi aulli dlin cilindre dargile , aufli long que celui de 1Expérience fixième, 8cnbsp;dont le diametre nétoit que de 5 lignes amp; demie. 11nbsp;ctoit un bon condmdeur, ce qui détmit le foup^ondontnbsp;nous venons de parler. N. d. T. ]
(e) [Bien entendu que cette lame étoit compoféc dargile pulvérifée: le feul litre de repetition de ÏExpériencenbsp;premiere, Iindique fufiilamment. N. d. T. ]
() M. BERTHOtON a prouve que les Terres argil-leufes, amp; alcalines-, bien feebees ne font pas des Con-duéleurs; car ft elles font parties du circuit éleélrique, la commotion de la Bouteille de Leide ne paffe pa*nbsp;au ttijvers, au contraire de ce qui arrive quand elles
font
-ocr page 93-des Corps éleBriques £5? magnétiqaes. 51
M. DE LAVAL penfe que k même chofc a lieu pour tous les Corps conduéteurs , quonnbsp;peut reduire en poudi'C dans un mortier.
§. IL eft prouvé paree que nous venons de dire, quil y a des Corps conduöreurs, furnbsp;lesquels rÉleólricité nagit pas dc la même ma-nière, lorfquils font entiers que lorfquils fontnbsp;reduits en poudre : au lieu que la Force ma-gnétique agit toujours de la même faqon fur Icnbsp;Fer. Or, ce changement dEkdtricité nepa-i'oit pas être accident el dans ce cas: car, llnbsp;nous difons que les Corps condufteurs fontnbsp;ceux a travers lefquels Ie Fluïde éleêtrique pas-fe trés - facilemenr, amp; que les coeixitifs, aunbsp;contraire, font ceux par lefquels il paffe diffi-cilement, il faudra conclure que ce Fluide pas-fe plus facilement par 1Argile entière, que parnbsp;rA.rgile reduite en poudre, quoique les pou-dres contiennent des interftices plus confidéra- ¦nbsp;bles. Mais nous avons vu ci-deffus (§. ao.},nbsp;que Ie Verre amp; Ie Soufre font changés en con-quot;nbsp;duBeurs par la pulvérifation. II y a done quel-que caufe particuliere, peu connue jufqua pré-fent, qui agit dans ce cas; amp; a eet égard il y
ar
£ont humides.dt Pftyfiqn, Fevr. 1777, Tomc IX. p, 119. ,
D 2»
-ocr page 94-5a I. M É M. P. I. S. II. Ck II. De VEtat
a de Ia difFérence entre TEledhicité amp; Ie Magnétisme : maïs nous aurons occafion de reve-nir fur ce fujet (§. 7a.)
§. a5. On reduit le Fer en Sel en le diflbl-vant dans dilFérens menftrues; nous avons done a conlldcrer ici les différentes dilTblutions dunbsp;Fer, les Vitriols, amp; leurs preparations.
M. M. L E M E RY SCMUSSCHENBKO EK ont fait un grand nombre dexpéricnces fur cenbsp;fujet, en préfe'ntant les Corps quils vouloientnbsp;examiner, ou a un Airaant ou a une Aiguillenbsp;aimantée très-mobile: ils ont mefuré le Magnétisme {a) de ces Corps par leur adhéfion a lAi-mant, ou par le mouvement quils caufoient anbsp;IAiguille: amp; ils ont conclu, 'que ces Corpsnbsp;ne contenoient aucun Magnétisme, lorfquenbsp;leur adherence a TAirnant ou leur aétioii furnbsp;1Aiguille étoient nulles. II ma paru néces- faire de faiie obferver ceci en deux mots, pareenbsp;que M. BRUGMANs a beaucoup étendu lanbsp;maffe de nos connoiffances fur ce fujet, au mo-
yen
(a) Je me fer.t de cette expreffion pour abréger. Jen-tends par - la que les Corps peuvent ètre attirés par 1Ai-Biwt, Sc font en état déprouver de la part de TAimaiit une aétion quelconque.
-ocr page 95-des Corps éïeSriques ^ magnêtiques. 53
yen de fa nouvelle methode. Cette methode revient a ccci. On fait nager fur de lEau pure , OU, ce qui vaut mieux encore, fur dunbsp;Mercure extrêmement purifié, les Corps quonnbsp;veut examiner, foitfeuls, foit appliqués fur unnbsp;petit morceau de papier. On approche un lortnbsp;barreau aimanté de ces Corps ainfi nageans: ilsnbsp;en font fenhblement attirés, même q.uelquefoisnbsp;lorfque les methodes ordinaires noffrent aucunnbsp;figne dattraftion ; ce qui elf caufe que M.nbsp;BRUGMANS a fouveiU obfervé une attractionnbsp;très-fenfible de Seis martiaux dans des cas, oiinbsp;felon dautres Phyficiens, tout Magnétispie »nbsp;difparu entièrement.
§. a6. V o I c I en peu de mots a quoi fe re^ duit ce que les Phyficiens ont découveit fur cenbsp;fujet; favoir que Ie Fer eft dautant moins for-tement attiré par 1Aimant, quil eft plus envernbsp;loppé de matières falines, amp; quil leur eft plusnbsp;intimement uni, qpoique M. brugmansnbsp;nait pu parvenir a les dépouiller entièrement denbsp;tout Magnétisme («). Si lon verfe de Tefpritnbsp;de Nitre fur du Fer, qui agit fur une Aiguille
ai-
(a) Magnetisme, P- 3^- öc plufieurs 1'uivantes. {b) MusschenBROEk, DiJJ'ertatio de Magnite, j),
Exp. 72-
54
I. MÉM.-P. I. S.W.Ch.W. Del'État
aimantée (è), Iaétion de ce Fer diminue de plus en plus: mals cettc folution, même par-faite, eft attirée parTAimant, en employant lanbsp;methode deM. brugmans. Lc Vitriol eftnbsp;attiré mais foiblement (c); Ie Colcotar left unnbsp;peu plus que Ie V iti'iol calcine : or Ie Fer y eftnbsp;moins enveloppé de Sel. Si lon traite Ie Col-totar ^ un grand Feu, il fe change en une mas-lê noire, a peu prés denuée de Seis, amp; qui eftnbsp;trés foitement attirée par i Aimant {d). Si Tonnbsp;verfe de lelprit de Nitre fur cette malTe, il fenbsp;forme a fa fiirface une poudre blanche, un peunbsp;grafle, qui étant fechée eft foitement attirée,nbsp;par TAimant. Or cette matiere eft plus pure,nbsp;6c peut-être eft ce celle, qui fait que Ie Fer eftnbsp;attiré par 1Aimant.
§. a7. L A Force magnétique du Fer eft done beaucoup diminuée quand on reduit Ie Fer ennbsp;Sel: au lieu quelle eft dautant plus forte quenbsp;Ie Fer eft mieux privé de particules huileules,nbsp;falines, ftilfureufes: ausfi les fcories qui selan-cent du Fer quand on Ie forge, font-elles puis-
fam-
(t) Musschenbroek amp; BRüGMANS aux endroils cités.
id) MusSCHKNBROEK 1. C. p. LÉMEfcY M(t», it ÏAcai. 170Ó. p. iri.
-ocr page 97-des Corps êleBriques 13 niagnétique.
/animent attirées par lAimant. Le Magnétisme du Fer eft ausli beaucoup augmenté quand la-cide sen détache; nous parlons ici dime unionnbsp;intime de Fer amp; de Sel, amp; non dune fimplenbsp;enveloppe de croute faline qui nattaque pas lenbsp;Fer même. M. guettard a cependantnbsp;décrit une methode dimpregner le Fer de Sel,nbsp;de faqon que le Fer refte attirable par lAimant, même par la methode ordinaire : maisnbsp;cette operation eft trop longue pour être dé-crite ici (a).
§¦ a8. Le Magnétisme du Fer eft done di-minue par les matieres falines : mais autant quil eft connu jufquici, il neft pas entièrement dc-miit. Ce changement ferable done nêtre pasnbsp;eflentiel, mais bien plütót accidentel: je fe-rois même porté a me ranger du fentiment denbsp;M. BRUG MANS, qui penfe que eet affoiblis-fement de Magnétisme provient non-feule-5, ment de ce que le Fer eft reduit par laétionnbsp;,5 de l'acide, en paiticules dune (ubtilitcnbsp; etonnante, mais encore de ce que chacunenbsp; delles^eft enveloppée dune matiere étrangê-re, compofée dAcide 8c de Phlogiftique,
qui
(lt;i) [ Mémoires fur diprentes parties des Sciences er des Arts, Tome II. Obferv, de Chymie IV. p. 52.. N. d. T.]
I. MÉM. F. I. II. ch. II. Be p-ktat
qui y adhere, amp; quèlie doit entrainer avec foi des qiielle fe meut:' que par conféquentnbsp;,5 la Force magnétique eftdiminuée par I'acidc,nbsp; non comme acide, mais en tant queceft unnbsp;,, raenftrue du F er: que tout autre Fluide pro- duiroit Ie même effet, pourvü quil fut cnnbsp; état de reduire Ie Fcr a line pareille teniiiténbsp;,5 de partieules, amp; dy adherer enfuite, pournbsp;que Ie volume de la poudre, rafl'emblée denbsp; cette faqoii, foit de plufieurs fois plus grandnbsp;que Ie volume du Fer employé («).
ap. Si nous confidéronsa préfent IElcc-tricité, nous trouverons que Ie changement que les Seis produifent fur les métaux eft bien plusnbsp;confidérable : car dexcellens Phyficiens, M.nbsp;M. FRANKLIN («), MUSSCHEN-BROEK (^), SIGAVD DE LA FOND(f),
rangent avec raifon les Seis au nombre des Corps idioéiedtriques. Les Métaux, Coips conduc
es) a Fendroit cité p. 48 , 5I.
( a) Experiences, Tome IL p. 7 , §. 87. de lEdition fran-coife. [ Ceft dans Foriginal, 011 dans la tradudtion allemande , la Lettre IV. §. 9. N. d. T. ]
(^) Intrad, ai Phil. Katar. Tome I. §. 824-{c) Traité d'Élc6iri-.tté p. 12. nbsp;nbsp;nbsp;[ Cela fc trouve repeté
p. 21. du Pré'it Hijkrique des Phémrriïnes cUliriep ts, p.L!ié cn 1781. N; d. T.]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
-ocr page 99-(/i) [On voit quen attribuantcette propriété aux Seis, jai fuivi de .grands Maitres: jaurois encore pUnbsp;ajouter qpe M, pu fay avoir déja tronvé que l'Alun amp;nbsp;Ie Sucre Candi deviennent éiediiques qiiand on les frette après les avoir chaufFés. {Mém. tie ÏJlcai. 1733. p. 79-)nbsp;Que M. HEREERT, qui a fait des experiences trè^nbsp;exadles fur cc fujet, amp; qui les a décrites dans Ie détailnbsp;néceffaire pour en faire juger, a trouvé que Ie Fluidenbsp;éleflrique ne paffe- pas du tout ks enstaux fees de loules far-tes de Seis: {Tiuer. Éle£lr. p. 6.). Enfin que k P. KKC-CAR IA a trouvé que la commotion ne paife pas parl'A-lun, Ie Sel de roche, Ie Vitriol bleu, Ie Vitriol verd,nbsp;{Dell ÉïeElrïc. ariific. §. 617.) Jai done été étonné denbsp;voir que M. cavallo, dans fon Excellent Traité iEkc-trlcité, publié en Anglois en 1777. amp; dont on a donnénbsp;en 1780. une bonne Traditdlion bollandoife, enrichicnbsp;dadditions dc 1Auteur, place (Part. I. Ch. 2. p. ip. rfenbsp;la Trad.) la pliipait des fubftances falincs parini les Gon-duéteurs, immédiatement au delTous de la Glacc 8C de lanbsp;Neige, amp; au deffus des Ficties. 11 ajoiite que les Seisnbsp;inétalliques font les meilleurs Conduéleurs des fubftari.cesnbsp;falines. M. mm»at {'Recherch. p. 68.) place aiiifi Ie Sal-petre, Ie Sel ammoniac, FAlim de roche, ,1e Vitriol,nbsp;parmi les Corps déférens. Les Seis peuvent fans doutenbsp;devenir conducleurs a raifon du principe aqueus amp; cienbsp;1humitlité quils contiennent; il faut done faire les Ex-
^eriences avec ces Seis bien fêchés.
DU fay a trés-
58 1. u.iu. P.1. S.ll. Ch.ll. De PEtat
III. Le Verre.
§. 30. On peut, par difFérentes operations, enduirc le Fer dune efpèce de Verre, de fagonnbsp;qua en juger par lcxtérieur, il ne paroit plusnbsp;être un metal, amp; quil néprouve plus la mêmenbsp;aótion de la part des acides, que lorfquil eftnbsp;fous forme métallique; mais alors même il nenbsp;cefTe pas detre attirable par lAimant.
L E Corps qui, fans doute, tient le premier rang parmi ceux dont il eft aótuellement question, eft le Sable de Virginie ou des indes ,nbsp;tjuoiquon en trouve ausfi fur plufieurs autresnbsp;cótes 5 amp; prés des volcans. M.M. moulennbsp;8c jtusscHENBROEK ojit fait beaucoupnbsp;dexpériences pour en découvrir la nature, maisnbsp;inutilcment (a^. Chaque grain de ce Sable eft
cn-
bie» fenti les difficultés de cc genre quil y a dans ces Experiences, amp; il en av'erti. Si les Expériences de M. M.nbsp;CAVALio amp; MAtAT étoicnt cerwines, amp; fakes avecnbsp;routes es precautions requifes, il faudroit modifier lanbsp;conclufion que jai enoncée dans Ic Texte. Mais lesnbsp;expériences que jai citées pour 1appuyer me paroiffentnbsp;d'écifives. Je nai pu en faire moi-même un alTczgrandnbsp;nombre pour leur ajouter quelque poids; mais celles quenbsp;jai faites les confirment.
(«) Les expériences de M. moulen fe trouventdans hs p/iüofiph. Tranfa£{. No. 197. p. 614. M. musschen-IROEK les repeta, les confirma, amp; en ajouta de nou-
veN
-ocr page 101-des Corps éleElriques ^ magnétiques. nbsp;nbsp;nbsp;55
cnduit dune croute de Verre, 6c toute la mafle eft tres - promptement attirée par rAimant, ftnbsp;Ton en excepte quelques grains de Sable ordinaire qui sy trouvent quelquefois mêlés. Jainbsp;fait quelques Experiences fur ce Sable, amp; jennbsp;poflede de différens endroits. Mais, M. lemma n n a demontré que ce Sable contient dunbsp;Fer, amp; il en a compofé de pareil artificielle-ment, femblable en tout au naturel (^). II anbsp;pris une paitie de mine de Fer; trois panicsnbsp;dalcali fosfile de Scl marin, 8c deux parries dcnbsp;charbon fosfile brulé. II a mis ce mélangenbsp;dans un creufet, 6c la placé pendant deux heu-res dans un fourneau a vent pour Ie fondre-: ilnbsp;a enfuite pulvérifé cette maffe, 8c il a obtenunbsp;un véiitable Sable magnétique.
§. 31. On rapporte au même genre de Corps
la
velles en 1718. dans fa Dijj'ertation fur l'Ainiant p. 117. feqq.; il revint fur ce fujer en 1734. dans lés Phikfoph.nbsp;Tranf. No. 432. Vol. 38. p. 297. M. M. EUTTERFIEtOnbsp;Sc geopfroy ont fait auffi quelques expériences lur Ienbsp;Sable magnétique qui fe trouve en différens endroits dcnbsp;ritairé ; celles du premier fe trouvent dans les PAil. Tranf.nbsp;No. 244. p.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ celles du fecönd dans les Mént. de
lAcad. pour I7©I. P- 16, 17. N. d. T.]
(b) Mémoires de l» SociéH de Haarlem, Tome XI, Part, I- p. 337-
-ocr page 102-lamatière que les volcans vomiflent, amp; quon nomme Lave : ceft une efpeee de Verre: ellenbsp;eftcepeiidant fortement attirée parlAimant, felon Texpérience que M. g a d e x en a faite {a).
L A vitrification ne change done pas Ie Magnétisme du Fer.
Pour ce qui eft de TEleéfericité, 'on fait que tous les Verres, même ceux qui contien-nent du métal, font des Corps idioélectriques
de
(lt;ï) Nova A£la Vln^ico. Mul. Accid. Natur. C'Ar 'taf. Toine III. Je nai pas repeté cette Erpcrience. [Elle eft ce-pendant confirmee par les Obfervations de M. 1Abbé gi-RAUDSoüLAViE, qiü a découvert que Ie bafalte poftTè-de la propriété de devenir Aimant; que cette efpeee denbsp;lave doit cette qualité a Ia pofition de la colonne relativenbsp;aux Poles du Monde ; amp; que la chutc même dune co-lopne bafaltique du haut de fa carrière dans la riviere inférieure , change les poles dattraftion de ce nouvel Ai-inant. Ceci prouve que la polarité y eft peu fixe, amp;nbsp;aiiffi peu quclle left dans Ie Fer niême, dont on peutnbsp;renverfer les poles a volonté en changeant la fituationnbsp;du barreau , comme nous aurons occafion de Ie faire voirnbsp;plus amplement dans la fuite de ce Méinoire.
M. 1Abbé. eiRAUD'SOutAviB avoit déja obfervé que la force magnétique dune colonne bafaltique eftnbsp;trés - foible; celle fur laquelle il a fait des experiences,nbsp;attiróit a peine une legere raclure de Fer, quoiquellcnbsp;fut du poids de plus de quarante quintaux.
Voyet les Conimentaires fur les Oeuvres de M. Hamilton. Note IV. p. 303.
-ocr page 103-des Corps éleSiriques £5? Magnêtiques.- 6t
V.
lt;3e la meilleure efpece. Un métal, Corps con-duéteuf , mêlé a une terre vitrefcible, ausli Condudteur, Sc fondu avec elle, produit donenbsp;un excellent Corps coercitif. V oila iin changement très-remarquable, pendant que Ie Fernbsp;néprouve par cette opération aucun changement eü égard au Magnétisme.
I V. Les Chaitx.
§.31. A Y A N T parlé des Seis martiaux dans im aflez grand détail, je naurai que peu de,nbsp;chofe i dire fur les Chaux: je comprends fousnbsp;ce nom les différens précipités du Fer hors denbsp;fes menftrues , Ie Golcotar, Ie SafFran de Mars Vnbsp;la rouille contradée fok par Teau fok par lhü-'nbsp;midité. On trouve que Ie Magnétisme eflnbsp;beaucoup affoibli dans tous ces cas raais il neftnbsp;pas entièrement détruit, comme M. brxj-g-M ANs la .prouvé par un grand nombre dex-^nbsp;périences faites felon fon élégante methode..nbsp;55 Je nai jamais, dit-il, pu porter les chofeS:nbsp; au point, que la plus petite molécule de eet-.
te poudre f de rouille]], dont laffinité avec 1Aimant pouvoit paroïtre douteufe a daunbsp; tres, fe foull:ra;at a laétionde lAimant, étantnbsp; examinéc fur lEau ou fur Ie Mercure (lt;?).
____II
(»_) Magnettmm, p. 35. P- 57- P-
-ocr page 104-I. MÉM. i.I. ^.II. C/J.u. Del'Etai
II faut furement attribuer eet afFoiblilTcment de force a la même caufe a laquelle nous avons at-tribué celui que les Seis produifent.
§. 33. Pour cequi eft des Cbaux métalli-'ques, elles fe ti'ouvent etre^ par rapport a 1E-ledtricité dans un état tres - différent de celui des métaux même, quon fait être dexcellentsnbsp;Conduéleurs: car elles font des Corps idioélec-triques, comme ,M. .de laval la prouvénbsp;par beaucoup dexperiences {d) que jairepetéesnbsp;felon la Methode employée dans lexpériencenbsp;feptième (§. 5.3.) amp; jai eu Ie même fuccès.nbsp;II paroit done y avoir derechef a eet égard uncnbsp;différence entre lEleétricité amp; Ie Magnétisme,
V- IdE-ta-t de Mine.
§. 34. On fait que les Métallurgiftes divi-fent les Mines de Fer en deux claffes, en re~ fraêlaires amp; en non-refra£laires. Les premières, qui font de beaucoup les plus nombreufes,nbsp;£c qui contiennent des Mines très-riches, font
cel-
(«) P/iilef. TranfaSl. Vol. LI. p. 84. nbsp;nbsp;nbsp;[M. wa tson
avoit déja trouvé quune Pouteille remplie de Chaux de Plorab, de Litharge, de Mnium, de hierre infernale,nbsp;^ ^ Fer rouillé, ne donne pas la commotion. Phil. Tranf.nbsp;dTol. XLv. p. 107.
-ocr page 105-des Corps éleBriqiies 6? magnétiq^ues. 63
celles que TAimant nattire pas, felon la méthode ordinaire, avant quelles aient été calci-nées, foit avec addition, foit fans addition de Phlogiftique; ceft un point que M- c R a m e hnbsp;a eniêigné en détail {a). Les Mines non-re-fraétaires, qui font en tres-petit nombre, ècnbsp;même foit rares, font celles qui font attiréesnbsp;par lAimant avant que davoir été calcinées,nbsp;Entre cinquante cfpèces de Mines que lAbbénbsp;c H A p P E a examinees en Sibérie, il nen anbsp;trouvé quune feulc de ce genre (^). M. er-M A RD en a trouvé de pareilles en Siléfie (c):nbsp;Sc M. DU HAMEL a moiitré a 1Académienbsp;Royale des Sciences de Paris unc Mine de Fer,nbsp;en forme de poudre noire, qui étoit facilementnbsp;attirée par 1Aimant (d).
§.35. M.M. HENCKEL, CRAMER, Sc
dautres Phyficiens ont conclu de ces expérien-
ces,
(s) EktHcnta Bocimafiae, Tomé I. p. i66. feqq. [ C eft par une inadvertance que Ie nom de M. henckïl amp;nbsp;ia citation de fa p-jritologie fe trouvent ici dans 1originalnbsp;I4tin aa lieu du nom de M. en am er amp; de 1* citationnbsp;d.e fes Eleiltens de Bodmafie, dans lefqiicls cette matièr#nbsp;cft traitée avec beaucoup de clarté. N. d. T. ]
(p) Voyetee eu Sihene 9 Tomé I. Part. II. p. 606.
(f) üoHvccwx Mém, delMad, de Berlin, Tome II.
(d) Hijime d; ÏAcai. ^-o'jaU des Sttemts, 1745. P- 47.
lt;54 i. MÉM. P. I. s. II. Ch. II. De VÊtai
cc5, que Ie Fer nefl; pas encore parfait dans les Miiles refractaires: que Ie principe infiamma'-*nbsp;ble ny cft pas afTez developpé dans celles quonnbsp;Calcine fins y ajouter de Phlogiftique : amp; quilnbsp;ne fe trouve pas dans celles, a la calcinationnbsp;-des quelles on ajoute du Phlogiftique en afleznbsp;grande abondance j pour que Ie Fer foit parfait, amp; fous forme métallique. Ils en ont en-Fn condu, quil ny a que Ie Fer parfait^ quinbsp;foit attire par rAimant,
§. 36. C E neft pas ici Ie lieu dcxaminei' toutes les parties de ces conclufioiis. ïl fuffiranbsp;pour notre but de rcrnarqüer, quil elf certainnbsp;par les experiences que M. b r u ö m i n S a fai-tes fuivant la nouvcHe rilethode (^i), que lesnbsp;Mines refradcaircs 'quil a examinées fe fontnbsp;Crouvces obeir a laelion de lAimant avant leur
cal-
' (.1) Marnct'nmus, p. 107. feqq. [ M. ingenhousz a trouvécii 1775. êraployant la niêrae methode qirenbsp;M. EllU GMANs; que'chaque' particule des Mines dé Fernbsp;^ranulées de Sucde. qifón rauge p'armi les Mines refrac-taires, a deux poles; amp; quun mofCeaü de la Minemê-me devientün affeibon Aimant après avoir été toüchêl^arnbsp;des barreaux aimantés. Philof. Tranf. Völ. IJXVI. p. 167.nbsp;M. A.PINÜS a tenté cette EXpétieftce fans fuCcès furlHÏ-inaüte-, mais uii morceau diine certaine Mihe non-refrac-taire polTèdoit des poles magnétiqiies fairs avoir été toit-Chée pat rAimaiit. Tmtmn. §. 3S°3gt;3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T.]
-ocr page 107-^Icination, quoiquclles ne pamflent pas être attirables par TAimant fuivant la méthode ordi-iiaife. Mais, ces experiences proiwrent ausfi qne'nbsp;Ie Magnétisme dü Fer eit dautant plus fortynbsp;que Ie Fer contlent plus de Phlogifriqtie (^).'nbsp;On en peut conclure avec certitude, qué Ienbsp;Fer, reduit a Iétat de Mine j eft moins forte-
ment
-------^--
(b) MagnetUmus p. 54. nbsp;nbsp;nbsp;[ Cet arucie éxige iih motdé-ï
claivcifl'ement, psfree que Ia maniere dont je mexprime pourroit faire croire, que ceft M. brucmans lui-mê-me, qui tire de fes Experiences la conelufion quejénon-ée dans ie Texte, touchant linflucnce du Pltlogiftiquenbsp;iirr Ie Magnetisme du Fer: on fe tromperoit a cet égard;nbsp;car M. ERÜGMANS en conclut plütót, qué Iabfencemê-'nbsp;#ne du phlogillique, oti div moins, une dirhinution tres-éonfidérable de C.t ekmeat, nempêche pas Ie Fer detrenbsp;Rttiré par IAimaHt, p. 54. Je n'exaniineral pas fi eernbsp;Expériences ne pOurroient pas fervtr eii panic sl confirmer Ia feule chofe que javance dans Ie Texte , Avoirnbsp;quune plus grande aboadar.ee Sc un d'eveloppefiaefit plus'nbsp;parfait, une liaifon plus intime du Phiogiftiq'ue avec U'nbsp;¦bate Fer, rerd ce métal plus attirable par rAimaftt,nbsp;Ceft auïïi toiè ce que javóis en vue dans Ie Texte, nénbsp;penfant alors qua la calcination des minés rcfraélaires,nbsp;qui les rend trés - attirables par rAimant de peu qirelles'nbsp;létoient auparavant. I1 ma pant néCêffaire davertir Ig'nbsp;Ledteur de ne pas attribuer a M. brwomans une coiv-élufion, qui ncft pas la' fieniie, mais quunc inexaftitu^'nbsp;de dans la rfianière de mexprimer pourroit lui faire croiVnbsp;. j(e telle. N. d. T.}
^ O' M E ï. nbsp;nbsp;nbsp;È .
-ocr page 108-6Ó
ment attiré par 1Aimant, que lorfqtiil eft mieux pourvu de Plilogiftique, amp; dans unnbsp;ctat plus paijfait. Et qüon ne dife pas quenbsp;lAimant attire les mines de Fer plus forte-'nbsp;ment après leur calcination, paree que les ma-ticres phlogiftiques quon a employées conte-noient quelque Fer, tjuelles y ont depofe,nbsp;fait dont M. b rug mans allêuue un exera-ple (e); car j outre que cette quantité feroitnbsp;très-petite ai comparaifon de celle que con-tient une riche Mine, LHematite p. ex., onnbsp;obferve Ie même accroiffement de Magnétisme, fi lon fe feit du Plilogiftique Ie plus pur,nbsp;des rayons folaires raffemblés au foyer dunnbsp;Verre ardent: car les Chymiftes de 1Académie Royale des Sciences de Paris ayant expo-fé en 177a a.u foyer de la Icntille de M.nbsp;TSCHiRNHAus une mine de Fer que lAi-mant nattirait pas, ils onttrouvé quMle y eftnbsp;devenue attirable par lAimant {d). Peut-être
ce-
(c) nbsp;nbsp;nbsp;Mamet Mms p. ixo.
(d) nbsp;nbsp;nbsp;On trouve ces Expériences dans rm Recueil hol-landois intitule: NatuurkindigeVerAandelin^en , Tome IH. p.
[On trouve dans Ie Diltionain de chymU de M. MACQUF.a, Tome IV, Article Verre ardent, un détail denbsp;toutes les expériences faites aux foyer de la prodigieufenbsp;lemille de M. trudaike , amp; de cell'e de M. tschirn-HAus. La mine de Ier kknche Spatfiique de JBitfe/twelier «n
bas-
-ocr page 109-eependant quil y a, indépendamment duPhlo-giftique,' quelquautre Principe difperfé dans PAtmosphère, qui concourt a la produólionnbsp;de ces Phénómènesj car eet accroiflement dcnbsp;Magnétisme dans les Mines na pas lieu quandnbsp;on les calcine dans des vaiffeaux dos, aunbsp;contraire de ce qui a lieu quand on opère ^nbsp;1air libre, comme il eft prouvé par les experiences de M. DE B uF F o N (f) ; ce qui pa-
roitrsi
baffe Alfacc, du Safrm de Man, de tOchre des f^uvelles Eaux de Pajfy, h Mine de Eer criftallifée e?- chatoyante dcnbsp;l ile dEiie, 8c toiites les autres mines, chaux de Fer, 8cnbsp;ochres, ainfi que la pierre hématitc, iémcrii, sc amresnbsp;niatièrcs ferrugineufes, fc font toiiteS fondues en partiesnbsp;noiratres, caflantes, Sc attirables par 1Aimant, foit quel-Ics Ie Vuffent ou ne fulTeiit pas avant la fonte, tant fufnbsp;des fupports de charbon, que fur oelix de pierre, ou denbsp;terre. p. 178, 179. H. d. T. ]
(e) Supplement a lHiJi. NaturelU yTomAtl. p. 55. Ed. ïtt ^YO. [ Une faute dimpreffion , ou peut - être de Copifte,nbsp;a rendu eet article inintelligible dans 1original latin; 21nbsp;y a ,, Forte tarnen praeter Phlogifton adhuc aliud-princi-,, pium in aere libero volitans, vafe ullulatis, locum nonnbsp;,,habet, fecus ac fit fi vafe aperto uftulentur. H auroitnbsp;du y avoir ,, Forte tamen praeter Phlogifton adhuc aliudnbsp;,, principium , in aere libero volitans, ad haec phaenomenanbsp;,,prodtteenda concurrst; nam hoe magnet'tsmi incrementum innbsp;,,mineris vafe claufo uftulatis locUm non-habet amp;c. Oanbsp;a oublié ce qui qH ici en caraétères italiques. N. d. T. j
-ocr page 110-§. 57- Voï cï done quel eft Ie changemenis que Ie Fer éprouve par rapport au Magnétis-ïne, lorfquil fe trouve reduit a 1état de Mi-jïe: ceft quil neft fusceptible de MagnétisTnenbsp;quen un degré beaucoup plus foible, Sc quilnbsp;«ft befoin, oü de laddition dune certaine füb-ftanc;e, ou du développement dune fubllancenbsp;qui y préexifte déja, ou des deux caufes a lanbsp;foisj pour quil devienne propre a acquerir uftnbsp;Magnétisme plus confidérable.
§. 38. Les métaux peuvent être éleétrifcj jpar communication: il en eft de meme des Mi-'nbsp;mes métallique's.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nollet a élcctrifé-
pen-
() On trouve Ie déiail de ces E.'cpériences dans les McHi. ^e l'Acuii 1775, p. 510. II efl, je crois, hors de doiitenbsp;que cette augmentation de poids provient de la quantitë ,nbsp;dair déphlogifliqué quê les Métaux abforbent quand onnbsp;}es reduiC en chaux; mais cette abforption nempêclie pag,nbsp;ïa perte du Phlogiftique, amp; je lïe trouve riën dans lesnbsp;experiences faites fur ce fujet, qui prouve que Geile - (inbsp;tia pa's lieu. Mais il feroit déplacé dentrer ic dansnbsp;quelque détail far ce fujet, N. d. T. J
-ocr page 111-èc$ Corps éleStrl^ues ^ tnagnttiquts.
pendant longtems un Aimant par communication, amp; jai fouvent repeté cette experience. Les Mhies paroiffent poiutant être des Conducteurs moins bons que les métaux même j cenbsp;qui eft vraifcmblablement dü aux parties etran-gères qui sy trouvent mêlées, amp; qui font dc
mauvais Conducteurs. Mais, ce qui eft im-
portant, on dit que M- O add a trouvé («),, que presque tous les F osfiles, tels quon les tire du fein de la Terre, pofledent une Elec-tricité origineile , quils donnent des fignesnbsp;dEleCtricité fans avoir été préalablement frot-tés OU chaufrés, amp; que 1Aimant occupe Ienbsp;premier rang entre ces fosfiles, Mais , nayant
-pas été a même de faire ces expériences, amp; nayant pii me procurer Ie traité de M. gaddnbsp;He originaria corpprum eleSlrkitate, je ne fau-rois rien dire de plus fiir ce chef danalogicnbsp;OU de difference entre rÉleCtricité Sc Ie Maigt;nbsp;nétisme,
Traité AUtéorologk du P. COTïï p.
39. C o Nc L u o K s de tout ce qui a étc dit ci - deffixs:
Que lEleftricité agit fur tous les Corps quon a examinés amp; que Ie Magnétisme na-git que fur V Almant 13 Ie Fér feuls (§. 15.)
a. Que laétion du Magnétisme eft la mê-me fur Ie F er entier que fur Ie F er reduit en poudre (§. 17.) : que ce nell quaccidentel-lement quelR eft affoiblie dans ce dernier cas,nbsp;(§¦ 18.) que les Corps Coercitifs deviennentnbsp;Conducteurs par la pulvéritation (§. 19aa.)nbsp;quoique peut-être ce ne foit ausli quacciden-tellemeiit (§. 11.): que les Conduéteurs aunbsp;contraire deviennent coercitifs par la pulverisation, amp; quil sy fait un changement qui pa-roit ctre un changement vrai ( §. 13,2.4. )
3°. Que Ie Fer enveloppé de Sel (§. a5-a8.) OU reduit en chaux (§. 31.) éprouvc une aétion plus foible de la part'de rAimantj maisnbsp;que les Corps conduéleurs font changés parnbsp;les mêmes opérations en Corps dune naturenbsp;*différente, favoir en Coercitifs (§. 0.933-)
com-
-ocr page 113-Cencli/lom générales. nbsp;nbsp;nbsp;71
«omme eek leur arrive ausfi s'ih font transfor-més en Verre (§ 31- ) au lieu que Ie Fer vi-trifie eft orten^ent attiré par TAimant (§. 30.)
§.40. Ces differences pourroient paroitre as-fcz grandes pour en conclure que rEledcricite , eft différente du M gnétisme^ ( ). Mais, finbsp;lon fuppofc que ces forces dependent de Flui-des, amp; que ces Fluides, fans être les mêmes,nbsp;font cependant analogues, ces differences ncnbsp;futfifent certainement pas. II ?agit done dexaminer fi, dans cette fuppofition, ces Fluidesnbsp;agiflent fuivant les mêmes loix. Si ccla avoitnbsp;lieu , ces Fluides auroient certainement uncnbsp;Analogie tres - remarquable, 6c Ton feroit ennbsp;droit de demander fi ces Fluides ont quelquesnbsp;proprietés femblables, amp; sils font des modifications dun feul 6c meme F luide. Ilfaut donenbsp;Techercher quelles font les Loix fuivant les-quelles ces Fluides agiffent.
( « ) [ Voycz ce qui a été dit ci - deffus dans Ia Note b éu §. 15- C. d. T. ]
I. mémöiïie:, Part.!- Sell. HI,
pE LA eOM?ARAISON DU PER E^Ji DE PAIMA;^T AÜX CORPS ELpC-!yRIQUES CONDUCTEURS ETnbsp;COpRCiTIFSi
41. La feconde Queftidn que nous notts. fommes propofé dexaminer eft, s'ilfaut éta-èlir ^ d'après M. Cigna, que le Per eft tutnbsp;Conduiteur du Fluïde magnêtïque ^ commeles mé-tuux (ft d'autres Corps font CqndiiUeurs du Fluïde,nbsp;êleSirique: ou s'il faut plkt6t penfer avec M.nbsp;jEptnus, que le Fer (ft V Aim ant doivent êtrenbsp;eomparés aux Corps idïoéleSlriques ?
L E feul éiioncé de pette queftion fait voir, ou combieii les experiences -font trompettfcs,nbsp;pu combicn les conclufions en ont été mal dc-duites, ou combien dincprtitudes il y reftfnbsp;encore dans cette matière, puifque deux célé-brés Phyficftns ont employé, pour établir denbsp;IAnalogie entre IAimant amp; TEledlricite,nbsp;deux propofttions contradiéloires, qui ferventsnbsp;de Ixize a leurs Syftêmes; car Tun deux corm
-ocr page 115-foiii
(^) [Nous aurons plus dune fois occafion de faire ll Biême remarque dans la fuite de ce difcours. Le fujftnbsp;Kicmc de ce §. moblige de la faire encore. M. cis kanbsp;ctablit que Ic Fer cll qn Condufteur du Fluide magnéti-que, paree quil croit que ce Fluide traverfe Ie Fer, quilnbsp;agit fur lui. M. * p i n u s établit auffi qup Ic Fer attire Icnbsp;Fluide naagnétique, amp; que celui-ci na aucune aflion furnbsp;les autres Corps. Tous les Phyficiens fe font ce mefem-snbsp;ble accordés fur ce point, qui leur a paru un fait dEx-périence. Cependant M. de i.a cepède seft cru auto-rlfé a ponclure tout le contraire de lexpérience même 3nbsp;felon lui, 1Aimant, le Fer, amp;. la Platine, font les feulsnbsp;Corps qui naient guères dafiinité avec le Fluide magné-tique: ils ne lattirent, amp; nen font attires que peu o»nbsp;point: tons les autres Corps de la Nature ont uue grande affinjté avec ce Fluide; ils en font les Condiiéteurs;nbsp;ce Fluide les pgnètre trés facilement.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fur lEleSlr.
p. 4^. feqq. Tqm. II.] Si egt ouvra'ge de M. de la CEpede avoit paru avant la compofition du mien, ilau-rait fallu faire une nouvelle Scdlion pour examiner fi lesnbsp;Corps non-ferrugiiieux peuvent êtve nomiués Condufteursnbsp;du Fluide. magnétique, 8c sil eft vrai que le Fer na aucune affinité avec ipi. Je nre flatte cependant que ce quenbsp;je dirai dans k cours de cc Mémoire mettra les leéfeursnbsp;a même de juger de ccs deux points, fur Igfquels je nhê-Üte pas un moment a admettre la negative. N. d. T. ]
74
I. MEMO IRE. P.\. S. III. Ch. I.
fondemens de ces Syftemes, amp; en tnieux examiner les principes.
1°. J E rechercherai dabord en quels fens , les Corps peuvent être nommés Condu6leur's ounbsp;Coercitifs du Flnide élelt;Strique.
a°- Jexaminerai en fecond lieu les experiences par lefquelles M. cigna a crunbsp;demontrer que le Fer eft un Conduö'eur dunbsp;Fluide magnetique, ou quil en eft Vépngenbsp;comme le penfe M- brugmans.
3quot;. Je fuppoferai en troifieme lieu, que le Fer eft unCondudteur du Fluide magnétique,nbsp;8c je rechercherai sil conduit le Fmide magnétique felon les mêmes loix, fuivant lefquelles les Corps conduéteurs conduifent le Fluidenbsp;éleétrique.
4°. Jexaminerai enfin le fentiment de M. /EPiNus, quil faut comparer le Fernbsp;aux Corps idioéleélriques.
Compdraifon du Fer ^ des Corps ConduBeuvs. 75
§. 43. On fait en fait dÉleótricité i. que les Corps ne donnent aucun figne dEleflrrici-té, a moins dêtre placés fur dautres Corpsnbsp;quon nomme idioéleïtriq^ues; ov ceux-ci fontnbsp;ceux qui. deviennent éleétriques par frotte-ment. a. Que ceft au moyen des Corps quinbsp;pe deviennent pas électriques par frottement,nbsp;que rÉleétricité peut-être foütirée de Corpsnbsp;aftuellement ékftriqucs, foutenus par desnbsp;Corps idioélectriques, ou comme lon dit ifo^nbsp;lés: de forte quon peut conduire ou tranfpor^nbsp;ter rÉleéfcricité a une diftance quelconque:nbsp;ceft a caufe de cela quon nomme ces Corpsnbsp;des Condu6leurs. 3. Quon detruit, ou quonnbsp;diminue lÉlectricité des Corps ifolés,' eq lesnbsp;touchant par des Corps condult;9:eurs.
§. 44.. On peut tirer de ces PEénomènes les corollaires fuivans, qui ne dépendent dau-cune hypothèfe.
dans
-ocr page 118-r
dans lesquels on peut exciter TEleftricite par ïe frottement feul, peut-être cependant ausfinbsp;par la chaleur (a)j 'ëc qui font en même temsnbsp;tcls, que les Corps quoii leur applique ne pernbsp;dent pas rElectricité quils poffédent, quinbsp;cmpêclient par conféquent que Ie Fluïde élec-snbsp;trique ne s'en écoule, ne fe disperfe. Lidéenbsp;dun Corps coexcitif renferpae n^celTairernentnbsp;ces deux idéés.
a. Il fuit del-1 en fecondlieu, que les Corps emduêieurs font ceux , qui nont pas dÉleétrickénbsp;a moins quils ne la reqoivent \ qui diminuentnbsp;rÉleétricité des Corps coercitifs aéluellementnbsp;«ledriques quils touchent, amp; qui deviennentnbsp;cux mêpaes éleétriques par 14 {b) , c. a. d. qui
re-
¦ ¦¦ ¦ ¦¦ '
(a) [V. ce qui a été dit ci-deffus dans la note (a) dq f. 8. N. d. T.]
(é) [Je prie que 1on veuille faire attention aux ex-prcffions. Dirc, quun Corps Conduöeur, qui touche un Corps ifolc aCtueJlemcnt élelt;ftrique , diininue lÉlec-tiicitc de celui - ci, Sc devient éleötïque lui - même, silnbsp;cü ifolé, ccft, fi je ne me trompe, artimifr m fait ^ Scnbsp;même un fait eonftant. Dire, que ce Corps foutire lanbsp;Ruide du premier Corps, que cell par la quil devientnbsp;éledtrienie, l5c que lÉledlricité diminue, ce nefi pas arti-cu}er m fait, mais tlrer une cmclufien da fait. Dire, quenbsp;1? Corps Condnfteur qui vient a toucher uji Corps éjec-tfjfd, reduit a letat naturel Ie Fluide de celui-ci, quqnbsp;nsIe(5lrifation y avoit accumulé , ou diminiié; amp; que lanbsp;méinp de ce Condu^l^ur vient a perdre par la foa
-ocr page 119-Tecoivent Ie Fluide élefcrique, Ie transpoitent autre part, amp; sen chargent, au tnoins quaranbsp;d l'apparence: je dis quant i T.apptrence, pareenbsp;tjue les partifans du Syftême de M franklin font dopinion que les Corps coercitifenbsp;contiennent toujöurs ia même quantité denbsp;Fluïde élddtriqueJ iriais que, des quils de-viennenr éledtriques, ee Fluide saccumulcnbsp;dans une de leurs parties, 6c diminue dans lau-tfe (lt;). Voici done au moins a quoi lè re-
dui-^lat naturel y amp; devient éleclrique, ce n efi Jias artlmtkr Hn fait, maïs , tirer unt conclupmt du fait. Jai taché d'crt-pofer les faits, mais les conclulions quoii en a déduitesnbsp;ibnt auffi difFérentes que les différens fentimens -des Auteurs. II lue femble cépendant quon séxprime d'unenbsp;jnaniere trés - impropre, en nommant Ie Fer Condudeuïnbsp;^u Fluide magnétique, fi on nentend pas par la, quelenbsp;foutin rhllemcnt ce Fluide, 1accepte, Ie fait palTcr anbsp;travers fa propre fubflance, .amp; Ie conduit, du Corps dontnbsp;jl Ie foutive, ailleurs. N. d.* T. ]
(c) Tentaintn T/teoni EleSh'. cf Mttgnéthmi: humt-, ef Cap. I. [Voyez auffi ces mêmes Principes'4c veloppêïnbsp;dans le.Méfnoire de M. steiglehner.
C eft a deffein que je tne fuis exprimé dans Ie texte, toinnie sil tie sagiflbit que du Carreau de bevis, oanbsp;de la Bouteille de Leidc, ou de tout Corps qui .acquicrïnbsp;a la fois les deux Éleftricités; paree que e'efl: Ie cas donjnbsp;ks partifans de 1'Analogie entre rÉlcdricité amp; ie Magnétisme tirent Ie plus grand parti; auffi M. JEPisusavoue-Fjl que k Magnétisaie ne foiirnit avscimPhéaomtne ana-
-ocr page 120-duira laÉlion des Corps conducteurs dans ce Syltême : ceft quils retabliront Tequilibre dunbsp;Fluide éledtrique qiii fe trouvoit detruit, amp;nbsp;que derechef ils diftribueront ce Fluide parnbsp;tout égalément. Si 1oh veut done reduircnbsp;tons les Phénomènes au Syftême de M.nbsp;FRANKLIN, quoii fubftitue cette idee,nbsp;quand je dirai que les Corps fe chargent dunbsp;Fluide éleótrique {d).
3®. C o M-
logue a ceux qiu font propres aux Corps condufleurs r amp; ceft pour cette raifon quil a cru nen devoir rien dr-re dans fa Thsorie (1. c. §. 5. p. 14. §. 3. p. ii.) Cesnbsp;Pliehomèncs étoient pourtant ce me femble aflez iffl-portans pour mériter un examen fuivi; amp; quelie eft Ianbsp;force dune Analogie quon n'établit ¦ quen écartant a des-fein les Phénomènes qui ne font pas analogues, amp; quinbsp;exigeroient une autre Theorie? M. de ia CEPÈdënbsp;avoue auffi (Tome II. p. 46.) que les Conduéieurs ifo-lés offrent des Phénomènes, qui ne font pas parfaitc-inent femblables a ceux dqs Bouteilles de Leide, desnbsp;carreaux magiques, amp; des disques de Verre qui ne fontnbsp;frottés que dun cóté , amp; qui font frécifement les analoguesnbsp;des Aimans, du Ter, zjr de la Platine. Car, du refte il eftnbsp;certain que les cas dans lefquels les Corps eleétriques nenbsp;poflédent quun feul genre dÉledricité, la pofitive , ounbsp;la négative, font de beaucoup les plus nombreux, aunbsp;jicu quil ny a aucun cas dans lequel un Corps magnéh-que neft douc que dune feule forte de Magnétisme,nbsp;c- a. d. dun feul Pole, comme nous Ie prouverons ci-après, §. 195. feqq. N. d. T.]
(d) [Quoique M. apinus admette Ie Syftême deM.
. nbsp;nbsp;nbsp;FRANK-
-ocr page 121-3®. OoMME les Corps condu£teufs acquie-rent lÉledlricité, il senfuit 3. quil ne fau-roit y avoir de pareils Corps, fans quil y ait des Corps coercitifs adluellement eleótriquesnbsp;Sc qui confervent leur Eleétricité jufqua unnbsp;certain point: fans cela nous ne faurions ap~;nbsp;percevoir sil y a de TEledtricité ou non.
Ces- trois propofitions font ce me femblc trés - certaines, amp; indépendentes de tout Sy-ftême.
¦ § 45. Lorsque nous établiflbns unc comparaifon entre lEleftricité amp; Ie Magnétisme , 6c que nous nommons Ie Fer un Co»'
FRANxiiN dans fes points les plus ellentiel#, exceptc 1iramutabflité de la quantité naturelle de Fluïde .dansnbsp;chaque Corps, il avoue cependant quil y a des cas dansnbsp;lesquels Ie Fluïde éledrique eft véritablement foutirë desnbsp;Corps élednfés: voici comment il sen exprime (Te»tam.nbsp;p. 10. §. I. 8.) ,,I1 y a des Phénomènes éledriqiiesnbsp;5, qui refultent dun paflage aduel de la matière éleftri-,,que dun Corps dans un autre, lorfquil paffe dunnbsp;,, Corps qui en contient une plus grande quantité dansnbsp;;,nn autie qui en a inoins. De ce genre font furtoutnbsp;,,leS étincel).es amp; les autres Phénomènes de la lumièrenbsp;,, éledrique.quot; Le Corps dans lequel Ie Fluïde paffe pa-roit, dans ce cas, étre un vrai Cóndudeur, dans Ie fensnbsp;ftrift, au moins lorsquil sagit de Corps anéleftriques quinbsp;xc^oivesiie Fluide eseéücivt duu Coercitif. N, d. T.]
-ocr page 122-iuSlcUr oü uri Coércitify il faiit que itous fasfionS roir que Ie Fer repond réellement aux idéelnbsp;q,ue hoiis venons de développer. Ceft ce quenbsp;®ous aliens examiner avec foia.
11- ne fera pas inutile dobferVer préalable-* 4nent -i que les Corps peuvent être eoercitiftnbsp;OU cohduamp;eürs en dilFérens degrés: quuiinbsp;Hiême Corps peut êtte quelquefois coercitifnbsp;jusqua un certain point, amp; en meme temsnbsp;condufteur jufqua tel autre degré : cömme p.nbsp;«X. lorfque Ie Fluide éleétrique y peut pafletnbsp;«n quelque forte, rnais difficilement. LFIui-le eft de ce nombre : ceft un Corps conduc-^nbsp;teur; clle eft cependant en quelqiïe fóite eoef-dti'Ue ^ puifquelle peut donner la commotitm.nbsp;felon les experiences de M.- wilke (lt;?),nbsp;ï^ous avons vu ci-deflus ( §. ao, '23.) quénbsp;la niême ebofe a lieu pour Ie Verre pulveri-»,nbsp;fé, les fleurs defoufre, amp; Iargiiie.
(«) Mém. de iAcad. de Snéde, Toffie XX. p, iól. f. 2:4^ ^ la trad. Allemande.
Comparaïfon du Fer 13 des Corps ConduSleurs. 8i
Examen de la Queftion, fi l'on peut comparer Ie Fer aux Corps conducteurs du Fluïde éleClrique.
§. 4,6. M. CIGNA appelle Ie Fer un Con-duUeur du Fluïde magnétique: amp; comme les Corps éle£triques ne produifent aucun effet anbsp;moins quils ne foient ifolés, amp; que TAimantnbsp;agit toujours, ce Phyficien établit que 1'jli-munt ejt toujours ifolé {a). LAimant eft done.
per-
(a) Mifcellanta Taur'menfia, T. I. p. 43. §. i. [Jai indiqué ici amp; Ie fentiment de M. cigna amp; la preuvC'nbsp;lur laquelle il lappuye : jai a peu prés copié fes expres-fiOEs. M. DE la CEPpDE a pfis exaftement Ie Contre-._nbsp;pied de ce Syftême; feloa lui tous les Corps de la Nature , excepté Ie Fer,, lAimant, amp; la Platineétant des.nbsp;Corps condudleurs du Fluide magnétique, TAimant ounbsp;ks fubftaaccs anémagnétiques ne fauroient jamais, êtrenbsp;ifoles. En effet dit-i] (Jbm.ll.p. 50.) ,, on pourra biennbsp;,, entourer de Fer ou de Platine une fubftance quelcon-,, que , mais comment réconnoitrons nous, alors fes ef-,,fets?- Si nous ne faifons que la placer for du Fer ou denbsp;,, la Platine , fcra -1 - elle ifolée en communiquant aveenbsp;.,1Air, fubftance conduétrice du. Magnétisme ? Si on la
i ren,:'.
8x I. mÉmoire. P, nbsp;nbsp;nbsp;Ck.VL.
perpétuellement entouré de Corps qui ne Ie chargent pas du Fluide magnétique, c. a. d,nbsp;de Corps co'ércitifs. Mais ces Corps fur les-quels lAimant eft placé nacquièrent aucunenbsp;vertu magnétique amp; nen peuvent jamais ac-quèrirj au lieu que les Coi-ps coercitifs dunbsp;Fluide éleétrique peuvent acquérir rÉleftrici-nbsp;té : ce neft done quimparfaitement quonnbsp;peut comparer eet ifolement magnétique a lifo-lement éleétrique : il me paroit au moins ennbsp;difFérer ïi fort quil ne fauroit y avoir quunenbsp;grande difference entre les effets qui depen^nbsp;dent de lun ou delaut^-e [b).
Da I Lr
,, renferme dans Ie vuide , Ie fera -1 - elle davantage ? Lc 5, Vuide neft-il pas permeable pour tous les Corps, amp;nbsp;5, par conféquent pour tous les Fluïdes? Maïs sil eftnbsp;vrai que TAimant ne puille être ifolé, quoicuil agilTenbsp;toujours, amp; quun Corps idioéledhique ne fauroit agir \nbsp;moins quil ne foit ifolé, il y a ce me femble une ftnbsp;grande difference entre les aétions des deux Fluides,nbsp;quelle feule fiifRroit pour renverfer route analogie : dail-leurs il eft difficile de concevoir, pourquoi iAimant nenbsp;perdroit rieii de fa force sil étoit toujours entouié denbsp;Corps conduifteurs, c. a. d. de Corps qui agiffent furnbsp;lui, pendant quun Corps éleétrique perd la fienne dèsnbsp;qu'uti Conduöeur Ie touche. N. d. T-]
(è) [Lifolement éleétrique pareit confifter en ceci, *. Quen otant les Corps dans lefquels Ie Fluide éleétri-rnbsp;que pourroit entrer facjlement, il cmpéche ce Fluide de
for-
-ocr page 125-DAiLLEtjPvS, fi Ie Fer eft conduétcur du Fluide magnétiqoe, ü Ie foutire, ou denbsp;lAimant j ou du Fer aimanté $ quon doit con-fidérer ici comme des Corps coercitifs ou ma-gnétiques par eux mêmes. Mais, fi Ie Fer fcnbsp;charge du Fiuide magnétique, sil Ie foutirenbsp;de rAimant j celui-ci ne doit-il pas saffoiblir?nbsp;Le contraire a pourtant lieu (f). Que ceuxnbsp;qui adoptent le Syftême deM. franklinnbsp;llibftituent a cette expresfion 1idée que nousnbsp;avons propofée dans le Chapitre précédentnbsp;(§. 44. a°.).
§- 47-fottir des Corps qiii Ie contienneni; i- Qu'il empcche plus cfficacement le Fluide du Corps élcdtrifé de fe re-mettre en équiiibre, èc dans fon état naturel. Or com-nic il ny a dautrcs Corps, que FAimant amp; le Fer quinbsp;agiffent fur le Fluide magnétique, il eft clair quil ny anbsp;pas difolement magnétique proprement dit, fi done lA^nbsp;mant agit toujours , sil conferve f.i force fans étre ifolc,nbsp;il faut que lctat qui le rend propre a agir, feit plus fla-ble que celui des Corps, même idioékétriques, éleétri--es: auiS M. «pinus établit-il (fentiment que nousnbsp;C-Wminerons dans la fuite §. 89. fcqq.) que Ie Fluide ma-gnetique fe meut tres - difficilenient dans TAiinant amp; plusnbsp;difficilement que le Fluide éleétrique dans les meilleursnbsp;Corps coercitifs. N. d. T. ]
(«) [Nous discuterons cc point plus arnplement S.
184191. N. d. T.]
84 I. MÉ MO IRE. P. I. S. III. CA. II.
§ 47. Maïs paflbns plütót aux expérieii-ces. II fcroit trop long de rapporter toutcs celles que M. M- cigna amp; brugmansnbsp;ont alleguées, pour prouver que Ie Fer eft unnbsp;ccnduSeur on une éponge du Fluïde magnéti-que : i e ne fcrai mention que des principales,nbsp;telles quon les trouve cliez les Auteurs dontnbsp;je viens de parler, amp; que jai fouvent repétées.nbsp;Je les reduirai a trois Clafles.
L A première Clafle contiendra ks experiences, dans lefquelles on place Ie Fer entrc lAi-inant amp; une Aiguille aimantée gt; ou un Corps conduéleur entre. Ie Plateau de la Machine Scnbsp;k Corps fiar lequel ce Plateau agk.
L A feconde Clafle contiendra les expérien-ces, dans lefquelles lAimant, ou les Corps éleftriques, font pofés ftir des Coi'ps con-duéteurs.
Enfin la troifième Clafle contiendra les experiences, dans lefquelles plufieurs Coipsnbsp;éleftriques ou magnétiques agiflent a la fois.
Au ïTESTE les expériences magnétiques dont je vais parler, prifes la plupart de M. M.
CIGNA amp; BRUGMANS, ont déja été fai-tes par gilbert, deschales, mus-sc HE NB ROEK, ce quil fuffira dobfervej ¦une fois pour routes,
%. 48. E X P É R., i^- place a la diftau» ce de quelques pieds du premier Condufteurnbsp;de la machine éledtriqüe, uil autre Conducteur, bienilolé, amp; muni dun éleftrornètre.nbsp;Je tournc Ie Plateau de la machine, amp; Ie premier ConduéVeur nagit pas fur Ie fecohd. Jenbsp;prends un fil de Laiton que je tiens par uónbsp;manche de Verre; je lapplique aux deux Cbn-dufteürs a lafois, 8c je continue a tourner Iénbsp;Plateau. Le iccond Condudteur efl; éle£trifénbsp;iur Ie champ : les fils de réleétromêtre fe dres-tënt: le carillon éleótrique fonne , amp;c: Nousnbsp;ën concluons que le fil de Laiton conduit^nbsp;foutire, le Fluide éleólrique.
ExpÉr. X. Je place un fort Ainiant a quelque diftance dune Aiguille aimantée^ dënbsp;faqon quil nagiffe pas fur elle, ou quil knbsp;détourne dü Méridien dune quantité coti-huè. Japplique d lAimant üne barre de Fefnbsp;^ue je place eiitre lui 8c lAiguille : IAiguillbnbsp;eft agitee ffir le champ (lt;?).
M. cC
(«) Cigna 1. c. §. 4. BBéGMANS Tentam^ de Mat. Uagn. Exp. 4. p. IJ, 16. [Cette experience fe trdiive'nbsp;aufli chez deschales , Mund. Mathtm. Toils. H.p.
Éxp. 21. Ed. fee. N. d. T;]
85 I. MÉ MOIRÉ. P. I. S. lïl. ch. II.
M. CIGNA a conclude cette expérience, que Ie Fer foutire, conduit, Ie Fluide magné-*nbsp;tique : amp; M. b r u g m a n s que ie Fer en eftnbsp;Xéponge, puifquil tranfporte ce Fluide dans unnbsp;lieu oü il nétoit pas, comme une épongenbsp;plongée dans 1eau la fuce , amp; ia tranipor-te. {b).
{b) [ On verra dans la fuite (§.67.) combien il impor-te de faire attention aux expreffions mêmes : cette raifoH mengage a citer ici les paroles de 1Auteur. Voici hnbsp;troilième propolition p. i i, en preuve de laquelle M.nbsp;ERUGMANs allègue les experiences dont nous faifonsnbsp;mention dans ce Chapitre. ,, Le Fer eft comme unenbsp;,, épmge par rapport au Fluide magnétique qui entoure lenbsp;,, pok d'un Airaant , pour autant quil ahfirbe laftion denbsp;,, ce Fluide , quil la diflribue par toute fa majfe auffi long-,, tems quil touche le pole de 1Aimant, ou qu'ii reftcnbsp;,, dans fon atmosphère. Voici la conclufion quenbsp;«KUGMANs tire (p. 16.) de fa quatrième Experience,nbsp;qui repond a notie dixième. ,, Le Fluide magnétiquenbsp;,, dont la direftion sétend autour de cliaque pole parnbsp;,,des lignes courbes divergentes , eft intercepté par ie har-^,r:an de Fer, il en efl un peu concentre, 8c fon aétion fenbsp;5,diftribue fur le champ par toute la barre; il peut donenbsp;,, sétendre plus loin, parvenir a 1Aiguille, 8c l'agiter. ?nbsp;Voila la conclufion déduite de lexpérience cinquième,nbsp;laquelle, ainfi que la fixième, repond a notre onzième.nbsp;55 Cette Expérience dérnsntre évidemment, Ce me femble,nbsp;5» que le Fluide magnétique eft attïré pat le Fer, cgtil ennbsp;la diresiion, amp; par conféquent quil foutiré dn
,, Volt
-ocr page 129-/ omparatfm du Fcr 6? des Corps Condutleurs.
Ces Phyficiens cöricluent done de ce qu£f r Aiguille eft plus detournée dè fa fituationnbsp;quelle nelétoit auparavantj que Ie Fermns-porte Ie Fluide maguétique plus pres de lAi-guille;
§. 49. Éx p É R. XI. je pofe Ie barreau dc Fer fur Ie pok dun Aimant, placé aflez présnbsp;de r Aiguille pour quil en reftftte un effet fen-fible. Je fais decrire un cercle au barreau:nbsp;1Aiguillc retourne peu a peu a fa première fituation : 1attraélion de 1Aimant parolt dünbsp;moins afïbiblie , Sc 1Aiguille prend enfin anbsp;peu pres la mêrae fituation quelle avoit, avantnbsp;que lAimant eut été mis en place.
M. BRUGMANsén conclut, que Ie Fluide magnétique eft attiré par Ie Fer, quil en fuit la direction, 8c conféquemment quil eft.nbsp;foutiré du pok: il ne doute pas même que
« tou-j5 Poie (OU entrainé loin du pole, aijffci a Polo ,) lotfquc ,,le Fer eft incline a 1Aimant, 8c quil eft oppofé knbsp;, 1 Aiguille. Enftn brugmans seïprimc ainfi a Ianbsp;p. 19. -ïIIê menie quune Éponge tranfporte lEau parnbsp;,, route fa maffe S-c en quantité dautant plus .cönlidérabl»nbsp;,, que fon volume eft plus grand, de mêmc Ie Fcr, qiffnbsp;,,a Ie plus de maffe ou de volume, paroit attirer 8cnbsp;,, fiutirer (ahducere) une plus grande quantité de Fluidsnbsp;,, qus Ie Far dun moindre volume. N. d, T ]
88 I. MÉMOI RE. P. I. III. Ci. It.
toiite la force magnétique ne fut enlevée a ,5 Hue diftance plus petite que celle dun deminbsp; pied, fi Ton pouvoit empêcher lécoiile- ment du Fluide magnétique par les cotes dunbsp;5, barreau (^)-
Experience XII. Je place im barreau entre TAimant amp; TAiguille, de facon qutl foit perpendiculaire a lAimant : lAi*nbsp;guille tache de revenir a la même fituationnbsp;quelle avoit avant quon eut place lAimant:nbsp;ellc y revient même fi Ie barreau cft afleznbsp;cpais, OU fi lon en intèrpofe un fecond, amp;nbsp;un troilième, sil en eft befoin.
M. B R u G M. A N s conclut dércchcf, que Ie F er entraine Ie Fluide magnétique par tomenbsp;Cl mafle (^). M- le monnier conclut,nbsp;au contraire, de cctte même experience que lenbsp;Fcr empêche le paiTage de ce Fluide (c). Quilnbsp;nous foit permis de faire obferver encore a cet-te occafion, combien peu les experiences ont
de
{«) Tmtmnma amp;c. p. l6 , 17.
{b) Ibid. p. 19. [On trouve des expériences analogues dans le S. 180. de la Partie IV. des Principes dePhi-hfiphie rfeoEsCARTSs, amp; dans les Tentamim Academiae Sri Cimnte, P, II. p. 75. On peut auffi confulter lesnbsp;£spér. 18. 8c xquot;). de deschalesI. c. p. 480. amp; 489.nbsp;N. d. T.]
(c) HiJmre de ïAcad. Rcy. des Sciences, 1733, p. 13.
-ocr page 131-ConiparaifoH du Fer ö* des Corps ConduEteurs. 89
de force, ou combien dies font obfcuves, puis-* quelles conduifent deux Phyficiens célèbres inbsp;des concludons direétement oppofees.
§. 50. P A s s o N s a 1examen des expérien-' ces de cctte première Clafle.
O N établit que k Fer elt un Condudteur dü Fluïde magnétique, 1°. paree que, pofé de-vant un Aimaht, il fait quune Aiguille aL-mantée, fur laquelie eet Aimant nagirait pa?nbsp;fcns eet intermède, eft dètournée de fa lltua-tion: a°. paree que ladtion de TAimarit eft di-snbsp;minuée amp; quelquefois détruite des que Ie Fernbsp;eft pofé dans une autre fituation.
Qu A N D je dis que Ic Fer eonduit Ie Flui-de magnétique, jentends ceitainement ceci, quil prend cc Fluïde de 1Aimant, quil Ienbsp;transfère par fa propre lubftance, 6c par confé-quent quil Ic puife de lAimant: quainfi cenbsp;Fluide eft diminué dans 1Aimant; de memenbsp;que fi je touche un Corps eleélrifé amp; ifolé avecnbsp;un Coi-ps conduéircur, je diminue rÉleétriciténbsp;du premier, ou je la transports vers un autrenbsp;cote (lt;*) Cela pofé 5 Ie Fer conferve précifo-
ment
(lt;*) [ Csft Ic fentiment ordinaire, amp; qui paroit reful-cer immédiatement des Expériences: on a vii ci-deffus
nicnt ce quil abforbe, on il en perdimé par-tie. On ne fiiuroit eir aucune facon fbutcnir la derniere alternative, puisquil ny a aucurtnbsp;Corps, excepte le Fer SclAïxnant, qui agiffenbsp;fur le Fluids magnétiv]ue {b): il ny refte donenbsp;qiia iburenir la première alternative; exami-nons ce point.
Si Ton fuppofe cette abforptionj on peut fans doute expliquer en quelque forte la dixiè-me expérience (§. 48.), dans laquelle on au-grnente la fphère dattraftion par le barreaunbsp;quon employe: car celui-ci, fe chargeant du-ne certalne quantity de Fluide magnétique, ilnbsp;le rapproche de 1Aiguille, amp; confequemmentnbsp;cette quantité agira avec plus de force j mais,nbsp;tine explication ausil vague me paroit bien éloi-
§. 44. note d, queM. -«pinus admet lui-même ce ca?. Daiilenrs cn examinant le point dont il sagit, nous pre-nons les termes de Conduéteur amp; de Cocrcitif dans Isnbsp;fens étaMi §. 44. N. d. T. ] _
{b) [11 nen eft done auCun qui put foutner du Fer le Fluide que le Fer a foutire de FAimant: le Fer ne fau-roit done rien perdre de ce quii a acquis. Lés Partifansnbsp;du Syftémc de M. d£ la cepÈde foutiendroient certai-ïienieiit la dernière alternative; mais ils nieroient en menie tenis iabforption du Fluide magnétique par le Fer/nbsp;^ par confequeiu cette ditculnon ne Ics regarde pas-N. d. T.J
-ocr page 133-gnée de celles quon exige en bonne Phyfi-que (f): paflbns cependant la deflus: il ny aura aiors plus rien détonnant de ce que, ennbsp;changeant la fituation du barreau, qui etoit di-redte, Iattraflrion paroiffe diminuer; car par cenbsp;changement on éloigne Ie barreau de lAi*nbsp;guille, avec Ie Fluide quil avoit abforbé.
§ 51. Maïs examinons avec plus de foin lhypothèfe que Ie Fer abforbe Ie Fluide ma»-gnétique: developpons pour eet effet les co»nbsp;rollaires qui en découlent néceffairement: car,nbsp;fi ces corollaiies font fauffes, on fera afluré que
1hy-
(c) [EHc feroit non-feulement vague, mais même erronée; car felon cette hypothèfe Ie barreau diftribuenbsp;par route fa maffe, amp; dun bout a lautre, Ie Fluidenbsp;quil abforbe (v. §. 48. note b.). Tous fes points con-liennent done ie même Fluide, amp; devróient par confé-queiit avoir Ie même genre de force, quoique en degrénbsp;incgal, fi ion fuppofc tjtie la ffiftribution du Fluide fenbsp;fait irrégulierement: Or, ceci eft oppofé aux faits: car,nbsp;cn fait que Ie barreau acquiert les deux poles, amp; par con-fêqiient les deux genres de force. De plus, quel Fluidenbsp;abloi'be-t-il ? Celui qui fe trouve dans ie Pole que lAi-mant touche: cela eft évident, 8c on 1avouè ( v. note dnbsp;S. 58.) II acquerroit done fat-tout un pole boréal, silnbsp;touche Ie pole boréal dun Aimant: mais on fait au coti-traire quil acquiert un pole auftral, a rextrêmitc diïnbsp;contalt;S. Voyez de plus Ie §. 55. N, d. T,
1hypóthèfe clle même sécarté dc ia 'vérité: Voici quels font ces corollaires.
iquot;. Aussi longtems quil y a quelqüe reftc dé Iaction-originelle [de lAimaht employé] ^nbsp;tout Ie Fluïde neft pas abforbé, ou foutiré :nbsp;ce qui cn reile peut done être abforbé de nou'quot;nbsp;veaui amp; detua Têtrej au moins en partic, finbsp;lon applique un barreau de Fera lAimant.
Déux barfeilux cgaüx, femblablemént pkcés, abforberont la mêmé quantité de Fluïde;
3°. Lé Feir cn -abfoi-bèra dautant plus qüil fera plus pres dé lAimant.
' nbsp;nbsp;nbsp;4°. Le Fer, placé dans Une fituatioh danS
laquelle il abforbé le Fluide, doit nécelliiïrer-ment effeefcuei' que lAimant j duquel ïl eft ap-pliqué, agïffe avee móihs de fërcè, comniè ayant perdu une partie de fon Fluide; Sc ïl nènbsp;doit pas être caiife que eet ilimant agilTe avecnbsp;la. même force, öu avec plus de force (lt;3). .
5°- UN
(a) [Ceux iTiêm'e qiü appliquent a TAimant la Théorie de franklin j commeM.M. ^epinus amp; stïis-isHNER , pofent pour baze , qne la grandeur dc 1attrac-tion OU de la repulfion magnétique eft proportionelle la quantité dc Fluide que lAimant contient: nous lenbsp;¦verrpns au §. lo, du Memoire de M. irsiGtiKNER*nbsp;Hd. T.]
-ocr page 135-^^Mparaifon du Fer 6? d-es Corps Condncieurs. pj'
5°. Un barreau de Fcr, qui abforbe une plus grande quantité de Fluide magnétiquenbsp;quun autre placé de la mêrae fecon, dok af-foiblir davantage 1action de lAiniantj puis-quil rede a celui-ci alors móins de ce 1'luide:nbsp;Sc que ceft de la quantité de Fluide que lat-traélion dépend {b).
6°. Enfin, lorsque toüte aélion fcra dé-truite, c. a. d. lóvsque 1Aiguille fera revenue a la première fituation, êc par conféquent quenbsp;tout Ie Fluid:e lèra abforbé, 1Aimant ne pour-ra plus agir: car il nagit qu-a raifon du Fluidenbsp;quil pofled.
O R , tous ces; coroHaires, qui font intimé-' ment liés au principe que Ie camp;\t conducteur du Fluide magnétique, sécaitent telle-ment de la vérité, quils font parfaitement op-pofés aux expérknces les plus certaines. Ceftnbsp;ée que je vais prouver,
§ 52- Ex PÉ R. XIII. Je placeTAimanÉ AI a une ceitaine diftance de 1Aiguille ABnbsp;a- J da détourné cette Aiguille de foanbsp;Méridien NS fous un angle NCB,de 40 degrJnbsp;___. ' ' nbsp;nbsp;nbsp;'' Jai
Labförbtio» du Fluide eft, fuivaiuM. bhugmans, proportionelle a la maffe du Fer. V. note n du 48/nbsp;dernière citation. N. d. T. ]
Jai appliqué a lAimant un barreau de Fer Z, de faqon quii lui étoit perpendiculaire,nbsp;amp; quil ne couvroit que la mokié de fa largeur;nbsp;TAiguille efl: retournée a 30 d. Cette aftionnbsp;eft done a la pvécédcnte comme Tang. 30quot;:nbsp;Tang. 40° = 577- ^39 = 0569: i (a). Hnbsp;y a done eu a peu pres trois dixièmes pattiesnbsp;du Fluide dabforbées.
ExpÉr. XIV. Je place de lautre coté un barreau Y, exadbement égal au barreau Z »nbsp;amp; fitué de mênae. LAiguille neft detournéenbsp;que tres peu gt; au lieu que Ie barreau Y auroit dunbsp;ab i'rber trois dixièmes, tout comme Ie barreau Z, amp; quainfi Tadtion reftante auroit dunbsp;être 0,38 , ce qui revient a un angle N C B denbsp;oxf 5:'rrijn. Etmême, en changeant tant foitnbsp;peu k fituation du barreau Y, il eft facile de faire que la pofition de 1Aiguille ne change pas du
tout.
(a) LAimant M. étoit placé dans 1Equateur magnéti-que O E Les Forces, qui doivent être exprimées par les finus des Angles, comme M. lambert la démon-tré ( de Berlin, Tom. XXII. p. 21.) amp; qui feroientnbsp;Sin. NCB
ici--deviennent dans ce cas Tlt;*»g. NCB. On
Sin. ECB
peut confulter ce que jai dit la deffus dans mes Becherchts fitr les Aiguilles Aimantées, Part. l. §. 19 8c 341. Mém. desnbsp;itrangers ,Tamp; dans mcs Tmiam.Theor. Mat/iermnbsp;de P/itUK. Magnet. §. 40. p. 41.
-ocr page 137-Cowparaijon dit Fer ö* des Corps Conducleurs,
tout. Le premier corolkire, favoiv quen ap-pliquant im nouveau barreau il sabforbe qud-que chofe des forces reftantes, neft done pas conforme a la vérité: amp; le fecond , que deuxnbsp;barreaux places de même [^amp; égaux] abfor-bent la même quantité deFluide, ne sen éloi-gne pas moins, Paffons au tfoifième.
53. Ex PÉR. XV. Jéloigne de 1Ai-mant le barreau Y, par un mouvement paral-lèle: ri\.iguille sapproche davantage du Mé-ridien j c. a. d. que Tadtion de lAimant eft de nouveau diminuée.
Or fi Ton foutient, daprès M. M- CIGNA amp; BRUGMANS, quc 1afFoibliflêment
daftion dépend, dans ces expériences, de ce quune paitie du Fluïde magnétique eft enle-vée de lAimant [par le Fer quon employe],nbsp;rl faudra foutenir ausfi, quil y a dans cette experience une plus grande quantité de Fluidsnbsp;enlevée , que lorsque le barreau Y touchoitnbsp;lAimant: ce qui eft contraire a Ienonce dunbsp;corollaire troiilème, amp; a ce que la nature denbsp;labforption , ou dune éponge exigc.
Al A I s comparons ces expériences entrel-les. On déduit raugmentation daöion, qui a lieu dans la dixième Expérience (§.48 amp;nbsp;50.) de ce que le Fer rapproche de 1Aiguille
la partie du Fluide quil a abforbée; On ex» plique la diminution qui a lieu dans la troifiè»nbsp;me (§.51.) Sc dans la quinzieme expérience,nbsp;paa' la même a,bforption, pendant que les bar-reaux font ausli dans ces deux cas plus prochesnbsp;dé IAiguille que IAimant, amp; quainfi ils rap-prochent ausfi delAiguille la quantité de Fluide quils ont abforbée. Si done il ne fe fait icinbsp;quune fimple abforption, ne 4evroit-il pas ynbsp;avoir aiisfi dans ces experiences un accroiffe-ment dadtion (a), au contraire de ce qui anbsp;lieu? Ces expériences ne font-elles done pas.nbsp;contradidloircs dans rhypotliefe, que le Fernbsp;eft un Conduftcur du Fluide électrique ^ IInbsp;me le femble ainfi.
(a) [ Elle devr'oit même être plus forte dans ces der-nicres Expériences que dans les autres, puifquelie y dc-pendroit de deux Elemens, qui concourroient tons deux a la- rendie plus grande: i. De ce que le barreau plusnbsp;éloigné (le rAimanr, en foutirerok moins de Fluide,nbsp;quainli il en refteroit davantage a 1Airnant, 8c parnbsp;confequent auffi plus de force (v. §., ji- notes a. amp;c k)nbsp;2. De ce que le Fluide foutiré, bien loin detre conduitnbsp;ailleurs, feroit, au, contraire, porté plus prés de IAiguille, 8c devroit par conféquent attirer celle-ci , maïsnbsp;plus fortement, tout comme elle 1attiroit lorfquelle étoitnbsp;dans le pole de IAimanc employé. N. d. T. ,1
-ocr page 139-Compaf-aifon du Ter Ü dés Corps CmduBeurs. pf
§. 54. Ex PER. XVI. Je place un Ai^ mant M a quelqu'3 diftance de 1Aiguille A B ^nbsp;dans une direétion patallèle au Méridien ma-gnétique NS {^Fig. 3.] LAiguille eft dé-tournée de fa lituation. Japproche lentementnbsp;un barreau de Fer F dans la diredtion de Té-quateur magnétique : iattraftion de 1Aiguillenbsp;diminue a méfüre: c. a. d. qüe 1Aiguille fènbsp;rapproche peu a peü du Méridien ; mais dèsnbsp;quune petite parties, comme F eft parvenuenbsp;au de la de lAimant, laérión augmeiite denbsp;beaucoup : 1Aiguille eft attifée beaucoup plusnbsp;fortement, de forte quèlaétion devient quel-que fois double ou triple. Cette petite paltie jnbsp;qui eft entre lAimant 8c 1Aiguille s, fappfo-^nbsp;che done de rAiguille Ie Fluide quil a ab-fói'bé, tandis que lautre paitie en éloigne Ienbsp;Fluide [quelle contient,] 8c quavant quilnbsp;touchat lAimant, tout Ie barreau ert eut éloi-gné tout ce quil avoit abfotbé. Mais il eftnbsp;évident que cette petite paitie ne lauroit pro-duire un effet beaucoup plus fort que tbut Iénbsp;refte du baj-reau.
I u fuit evidemment de fout céci que Ié troifième corollaire sécaite du vrai.
i- 55gt; Voici Ie quatriéme corollaire. Le
tome I. nbsp;nbsp;nbsp;Gnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Fer
-ocr page 140-p8 I. ME M O I R E. P. I. .S'. III. Ci. n.
Fcr placé dans une fitiution dans laquelle il abforhe le Fluidc magncticjue, effectue néces-fairemcnt que IAimant agit plus foiblement,nbsp;amp; non quil agit avec une force égale ou plusnbsp;grande. Mais ceft ce qui eft contraire auxnbsp;experiences.
Experience XVII. Nous avons vu dans la douziéme expérience (§. 49.), quunnbsp;barreau deFer ,appliqué perpendiculairement anbsp;IAimant, eft caufe que Iaftion de celui-ci eftnbsp;diminuée, £c par conféquent quil y a une par-tie du Fluide magnétique abforbée. Mainte-nant je place IAimant a une diftance telle,nbsp;quil retient 1Aiguille dans fa propre direction ^nbsp;mais que cclle-ci fe rapproche du Mcridiennbsp;pour peu quon augmente cette diftance. IInbsp;jie fe peut done rien abforber du Fluide, pasnbsp;la moindre quantité, que 1Aiguille ne fe rapproche du Méridien. Enfuite je place un barreau de Fer perpendiculairement au pole denbsp;IAimant, de facon que rAiniant fe trouve aunbsp;milieu de la longueur de ce barreau: IAiguillenbsp;reftc immobile. Je pofe de même un fecond,nbsp;un troifieme barreau, 1Aiguille refte encorenbsp;immobile. II devroit cependant y avoir beaii-fnbsp;coup de Fluide dabforbé , amp; par conféquentnbsp;laélion devroit être diminuée, au contraire de
CS
-ocr page 141-ce qxion obferve. Lhypothèfe de labforp* tion na done pas iieu () *
ExpÉr. XVIIL 3éloigne tant foit peu lAimanr, 6c jattends que 1Aiguille fe foitnbsp;arrétée. Japptoche Ie barreau obliquement,nbsp;amp; je choiiis une fituation telle que 1Aiguillenbsp;fe rapproche de TAimant; Ie contraire de lab-forption a done encore lieu dans ce cas.
L E quatrieme corollaire me paroit done er-fone. PafTons au cinquieme.
§ $6. Expér.XIX. Je place entre 1Aiguille 6c 1Aimant un barreau qui touche 1Ai-mant: II fait que 1Aiguille fe rapproche de quelques degres du Méridien. Au lieu du baigt;
(«) [Quon ne dife pas que laöion ne fauroit etrc clungée, puifque le Fluide abforbé eft autant conduit Pnbsp;gauche qiia droite dans le barreau; quil agit par confé-quent également des deux cótés amp; que ces adioc* con-iraires fe détruifent; car quoique cela feroit vrai, darulnbsp;]e cas d une abforption amp; d unc diftribution paiiaitementnbsp;amiformes, il refterort toujours le fecond Element qui agicnbsp;dans cette Expérience, favoir 1Aimant même: Or, Ianbsp;force de celui-ci eft diminuée par la quantité de Fliiidenbsp;qui en a été foudrée par le barreau, amp; qui, commenbsp;nous venous de le dire, n,agit pas. Ladtion totale de-vroic done écre dinunuée au contraire de ce q\ji a
N. d. T. ]
loo .1^ mémöirè. P.l. S. III. CL II. '
reau japplique a 1Aimant iine lame très-min-ce : r Aiguille recule beaucoup davantage. Xgt;a6tion eft done beaucoup plus diminuée (a).
ExpÉr. XX. On prouve facilement, quen foppolant rabfoiption, cette lame ab-forbe moins que Ie barreau:, car fi on k pofenbsp;devant un Aimant (b), èc quon lui fubftituenbsp;enfuite un cube de Fer de même longueur,nbsp;laftion eft beaucoup plus forte dans ce fecondnbsp;cas.
L E Corollaire cinquième , qui établit, que Ie Fer qui abforbe plus quun autre Fer, doitnbsp;caufer un plus grand afFoibliflêment daftion,nbsp;lörsquil eft placé de la même manière, que Ienbsp;premier, sécarté done ausfi du vrai. Le ftxiè-
me
(4) [Cette Experience a déja été faite par qihert (de MagnetB p. 8(5,) Bescartes en fait auffi mentionnbsp;dans fes Principes P. ÏV. §. 180. Celles des Phyficiens denbsp;florencc font encore plus exaéles fur ce fnjet. (Ttntam.nbsp;Acad. Flor. P. 11. p. 75.) Au refte, on peut tellementnbsp;proportionner dans cette expérience répaiflear de la la*nbsp;me , amp; la force de TAimant, que TAigiiille, ou ne re-qoive pas de mouvement, ou quelle fe rapproche beaucoup de IAimant, ou même quen otant 1Aimant ellenbsp;foit vcritab'lement repouffée, c. a. d. quclle paife au denbsp;Ia du Méridien. Mais il feroit trop long de détailler icinbsp;toutes les dreonftanees de ces Expériences, N. d. T. ]
O) [C. a, d. dans le fens de fa longueur. N.d. T-l
-ocr page 143-Compar/tifon du Fer nbsp;nbsp;nbsp;des Corps Condudleurs . i o r
me ne sen écarté pas Tnoins. II établit que, lorsque toute aétion cft détmite, c. a. d. lorsrnbsp;que tout Fluide eft abfovbé, rAimant lae doitnbsp;plus produire aucun effet. Or, ceft ce quinbsp;eft entièrement oppofé a 1expérience.
E X p É R. XXL JappUque a rAimant un barreau, de fagon que 1Aiguille rsvienne aunbsp;Méridien, c. a. d. que toute action fok dé-truite. Japplique enfuite un autre barreau, anbsp;coté Sc en deflbus du prepriev; celui - ci a,gii;nbsp;fur une feconde Aiguille j Sc a peu pres ausljnbsp;fortement que fi Ie premier barreau ny étoifnbsp;pas: car en otant celui-ci, raétioiquot;^ du fccondnbsp;eft a-peine affoiblie.
S- 57. Tous ces corollaires, qui font ip-féparablement liés au principe, que Ie Fer eft une éponge, ou un Conduéteur, du Fluidenbsp;magnétique, ne font done pas conformes a lanbsp;vérité ; doü il fuit que les experiences, quenbsp;nous avons citées ci-dcfrus( §. 4,8, 49.) 5 ncnbsp;prouvent nullemcnt que Ie Fer eft un pareilnbsp;Conduéteur, mais quelles indiqueroient plus-tót quil ne left pas.
P o u R ce qui eft de la veritable explication de ces experiences, je dirai fimplement quellenbsp;neft pas du tout difficile, pourvu quon synbsp;prenne mathématiquement, Sc quoa parte denbsp;G 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce
ce principe, que Ie Fer, approché dun Ai-mant, devient magnétique. Je najouterai pas ici ces démonftrations j mais je les ai couchcnbsp;tcmtes pai- écrit, pret a les offrir a lilluftrenbsp;Académie, flelleles'défire (^),
II. ClaJJe d'Experiences,
§. $8. M. CIGNA £iit la cornparaifon fui-vante. Le Conduéteur dune Machine élec-tvique j-ecoit le Fiuide du plateau, des cous-fins, 8c du bois dont la Machine eft conflrui-te : il en recoit done dautant plus, amp; par cpnféquent il produit des effets dautant plusnbsp;grands, que le plateau, les cousfins, Scleboisnbsp;fourniffent plus de Fluïde. Mais, fi on ifole lanbsp;machine, le Conducteur recevra certainementnbsp;moins dc Fiuide, puisqueles Corps idioéleétri-ques nen fourniflent pas, a moin.s dêtre frot'
tés.
(a) [ Si mes occupations amp; ma fanté me le permet-tent, je compte publier quelque jour m Rccueil de plu-fieurs Differtations fur lAimant, dans kquel ces demon-ftrations amp;ks Experiences, dont jai parlé, trouveront leur place. Jai couché ces démonftrations par ecrit, dèsnbsp;1769. que jen ai fait la matière des Legons publiquesnbsp;que je donnois alors amp; je les ai confirmées enpréfence denbsp;mes Auditeurs par routes les Experiences nécelTaircs.nbsp;d. T. ]
-ocr page 145-Gomparaifon du Fer c? des Corps Conducteurs. 103
tés. M. LE ROY a trouvé en effet que les chofes fe palTent ainfi en ifolant pai-faitement Ianbsp;Machine électriquenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; j'ai fouvent ob- .
fei'vé la même chofe dans une aiitre Machine fort élégante. On peut même obferver eet eft'etnbsp;dune manière foit fimple dans une Machinenbsp;ordinaire, en employant des cousfins de foyenbsp;au lieu des cousfins ordinaires: a peine obtientnbsp;on alors quelque Electricite en tournant le Plateau {b). Quand on fe feit de la Machine denbsp;M. LE Roy, ou de quclquautre femblable,nbsp;le Conducteur amp; le Plateau acquierrent unenbsp;Eleétncite pofitive : le bois amp; Ics cousfins de lanbsp;Machine en acquierrent une negative.
C E c I pofé, voici rexpericnce que M. M. CIGNA (e) 6c brugmans {_d) ontfaite.
Ex-
(«) Mém. de IAcad. 1753. P' 447- [ Depuis ce terns M. LE HOY a invente amp; decrit une autre Machine denbsp;ce genre, très-élegante amp; très-commode; Mém. de lA-ad. 1772.. p. 499. N. d. T.]
(b) nbsp;nbsp;nbsp;[ Ceft une expérience que jai rcellement faiteennbsp;1774- naoyen me paroit plus commode que celuinbsp;d endnire les couffins duue couche de Refine, de Souf-fre, OU de Cire, comme ]e propofe M. maiiay,p. ii.f.nbsp;de fes mhenha 8cc. N. d. T. ]
(c) nbsp;nbsp;nbsp;Méticel. Taurin. 1. c. §. 33.
(i) Tentam. de Mat. Magn. p. 71. nbsp;nbsp;nbsp;[ Voici les paroles
de 1Auteur. ,,Puisque le barreau de Fer appliqué dans
clt;?
104 I- MÉ MO I RE. P.. I. S. III. Ch. H,
E X p É R. XXII. Quun Aimant attire une Aiguille par fon pole auftral p. ex., qiion pofcnbsp;un barreau de Per furlautre pole, cn ce casnbsp;fur le boreal; rattraftion en eft augmentée furnbsp;le champ.
Ce s Phyficiens expliquent ainli cettc experience : que le Per abforbe la partie du Fluide qui sarrête autour du pole boréal: or, dit M.nbsp;B R u G M A N s, cc pluidc étaiit enlcvé, la force du pole auftral augmente.
§. 59. Quoiquon put faire un grand nombre de remarques fur cette explicatioil, jcnbsp;ne marrêterai qua une feule reflexion. Si lenbsp;barreau abforbe le pluide dont il eft queftion,nbsp;il le reqoit certainement. II regoit done, cnnbsp;ce cas, le Pluide qui entoure le pole boréalnbsp;de rAimant, amp; par contéquent il devroit ac-
qué-,, ce cas auPole boréal de 1Aimant, diminue la force de ,,ce Pole, He même Vahfirbe en grande partie, oommenbsp;,, nous favons déroontré dans la troifjème propolition,nbsp;[ V. cette pro-pofition ci-deffus dans la note b du §. 48.]nbsp;,,il eft afturement naturel de déduire de cette diminutionnbsp;iaug'mentation de force du pole oppofe, c. a. d. denbsp;1auftral; amp; quainli nous etabljffions que la force dunbsp;,,,ipole boréal, sétend dans la région auftrale, amp; parnbsp;,, CQnféquent dans toute la fphèrc dattradion de iAi',nbsp;,, jnant. R d. T.]
-ocr page 147-Comparaifon du Ter ^ des Corps Conducieim. i
^uérir un pole boréal, au contraire de ce qui ^ lieu, car tout Ie monde lait quil acquiert inxnbsp;pole auftral (a). Cette explication eft donenbsp;óppofée a tout ce quon connoit tie plus certain fur k communication des forces.
M AI s, on explique comme il faut Ieffel^ dont il eft queftion, endftant, quil fe formenbsp;a Textrêmité du Per appliqué a TAimant, uiinbsp;pole auftral, qui attire par conféquent 1Aiguille, Sc rend Iattraftion totale plus forte.nbsp;On verra par lexpéricnee fuivante que les cho-gt;nbsp;fes fe paflent reellcment ainfi.
Ex PER. XXIII. Si on employe au lieu du barreau de Per un Aimant foible, dont lenbsp;pole auftral foit tourné vers 1Aiguille, Iadtionnbsp;fur celle-ci en fera augmentee. Or, on penbsp;fauroit dire que le fecqnd Aimant abforbe lenbsp;Fluide du premiergt; car, ft cela étoit, le premier Aimant devroit égaleroent abforber le
Flui-
(4) V. note c dn §. 5®. Ces Reflexions font parti-culièrement appliquables, fi Ton foutient que FAimant contient deqx fortes de Fluide , dont Fun entouré le polenbsp;boreal. amp; Fautre le pole auftral, fyftême dont nous par-lerons ci après §. ^^o. Mais elks fubfiftent toujours,nbsp;quelque fentiment quon adopte fur !a nature amp; le mouvement du Fluide maghétiquè. N. d. T. ]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
loö I. mÉmoire. P. I. S. III. Ck. II.
Fluide du fecond, amp; tont vefteroit en équi-libre {b).
§. 6o. Mats , fuppofons que rexpUcation que nous venons dexaminer foit bonne 5 on nennbsp;fauroit , ce me femble, conclure aucune Analogie quot;fentre les Phénomènes élcdtriques amp; les
Phé-
(è) n
L Si lon vouloit foutenir que lAimant Ie plus foible ablorbe plus de Fluide du plus fort, que celui-ri nen foutire du premier, il en refulteroit, que Ie polenbsp;auft al de cct Aimant foible feroit afFoibli a raifon de lanbsp;quantitc de Euide boreal qnil foutire du pole boreal dunbsp;premier Aimant, Sc par conféquent a raifon de laugmen-tation de ladlion totale de ce premier Aimant fur lAi-guilie ; Sc lEquilibre fubfifteroit. Mais cette fuppofitionnbsp;feroit abfolument contraire aux faits ; puisque Ie fecondnbsp;Aimant, bien loin daffoiblir !e pole du premier auquel onnbsp;1 app'ique , Ie renforce de beaucoup. êr plus que Ie pole boreal, qui eft Ie plus prés de 1Aiguille, qui fe trou-ve néanmoins aulTi fortifié. Cell un fait qu'on ne fauroit revoquer en doute; M. erucmans en convient, Scnbsp;scn fait même une efpèce dobjedion, quil refout ennbsp;difarit ,, quil lui a dautre part que toute laugmen-,,tation du pole auftral [ ceft celui quon employe]nbsp;55ne peut pas dépendre de la. Jignore quelles preu-vesM. ERucMANs avoit en vue , maïs il me femble quenbsp;laugmentation totale depend, Sc du renforcement denbsp;lAimant quon employe dès 1abord, Sc de ce quon ennbsp;ajoute enfuite im fecond, qiii agit dans Ie meme fens,nbsp;quoique a une plus grande diftance. N. d. T. ]
-ocr page 149-Comparaifondu Ter nbsp;nbsp;nbsp;des Corps Conducteurs. \eyp
Phénoménes magnétiques . car , felon cette explication, Taction dc lAimant eft augmeii'nbsp;tée paree que Ie Corps condudteuv abforbe unenbsp;paitie du Fluide, qui feroit nuilible a Taction;nbsp;TAimant tiendroit ici la place diui Corps idio-cledtrique, ou agilliint par lui même ; Taction,nbsp;feroit doiic augmentée paree que Ie Corps con-dudteur abforberoit une partip du Fluide dunbsp;Corps agiflant par lui-méme. Mais Ie cas eftnbsp;entièrement oppofé dans Tcxpérience éledri*nbsp;que dont: novrs avons parlé : car Ie Corps conducteur y augmente Tadtion du Corps éleCtri-que, non paree quil abforbe quelque chofe,nbsp;mais paree quil fournit continuellement denbsp;nouveau Fluide, amp; quil empêche par la même que les cousfins 6cc. nen foyent épuifés.nbsp;Ces deux aCtions, bien loin dindiquer quelque Analogie, me paroiflent entièrement op-pofées Tune a Tautre.
III. Clajfe dquot;Experiences.
§¦ 6i. Passons enfin au dernier genre è expériences. Je commencerai par celles denbsp;TÉlectricité (a).
ExP£R- XXIV. Suspendez deux,fils au
Con-
{a) Cigna 1. c p. 55. §. 35.
-ocr page 150-Conducteur de la Machine: its divergeront des quon agite le Plateau.
E X p É R. XXV. Si Ton approche le Con^ ducteur plus pres du Plateau, pour que IElec-tricité devienne plus forte, les fils divergerontnbsp;davantage.
E X p É R. XXVI. Quon approche a quel-que diftancc des fils un Corps condudteur; leur repulfion fera augmentee : mais fi ce Corpsnbsp;touche les fils, ceux-ci sy attachent.
IL y a des Phénomenes magnétiques qui pa-roifient a peu pres femblables'a ccux ci {b).
Ex-
{h) CiGHA ihid. Voyez quelques expériences analogues dan; lesde M. brugmans, p. jz. [LEx-périence dc M. brugmans eft celle-ci; ft Ton fuspend une Aiguille a line des parties dun barreau aimanté, p.nbsp;ex. a la partie auftrale; elle fe trouvera plus ou moinsnbsp;jndinee, ou perpendiculaire, felop le point auquel ellenbsp;eft fuspendue. Quon applique un barreau de Fer au pole boreal; 1Aiguille change fur le champ de fituation , amp;nbsp;fon extremitc inférieure séloigne du pole boreal. Le mê-jne effet a lieu fi Ton applique ce Fer au pole auftral denbsp;IAimant. La raifpn en eft palpable. Cextréinhé, inférieure de 1Aiguille acquiert un pole auftral, qui eft parnbsp;confequent repoufle par Ic pole auftral quacquiert Iex-trémité du barreau dp Fer appliquee au pole boreal denbsp;IAimant; amp; 11 eft attire par le pole boreal quacquiert lanbsp;mème extrémité du barreau, lorsquon Iapplique au polenbsp;auftral de IAimant: or, ces deux forces oppofees produi-
fent
-ocr page 151-ExpÉr. XXVII- Suspendez deux Aiguilles a coudre au pole dun Aimant: ces Aiguilles divergeronti Cet effet a lieu ^ felon moi, paree que les deux extrémités des Aiguilles ac-quièrrent les mémes poles, qui fe repousfent (c).
ExpÉr. XXVIII La repulfion augmeii-te, fi Ie Magnétisme devient plus fort par 1© fecours dun fecond Aimant,. Mais ce Phéno-mène pourroit ne pas avoir lieu toujours: ccnbsp;que nous ne faurions détailler ici.
C E T T E repulfion dimtnue, fi on applique un barreau de Fer au pole même, auquel lesnbsp;Aiguilles font fiispendues. Elle augmente de-rechef fi 1on applique Ic barreau au pole op-
pofé {d).
fent fucceffivement Ie même etFet, paree quelles agiffent en fens eontraires. N. d. T. ]
(c) nbsp;nbsp;nbsp;[ Cette Explication eft fondée fur les faits les plusnbsp;conftans de la communication des forces, M. s teigleh-nkr employe la i4me amp; la 17me Expérience a prouvernbsp;que les particules de chacun des Fluides éleélrique amp; ma-gnétique fe repouffent mutuellement. V. Ie §, 4. de fonnbsp;Mémoire. N. d. T. ]
(d) nbsp;nbsp;nbsp;[La raifon en eft palpable; dans Ie premier cas,'nbsp;Ic barreau de Fer acquiert un pole oppofé a celui de 1'Aimant qui agit: il diminue par conféquent les forces quenbsp;les Aiguilles acquièrent, amp; leur repulfion. Dans Ie fe.nbsp;cond cas, Ie barreau de Fer fait 1'office dun nouvel Aimant
-ocr page 152-tló 1. MEMO I RE. P. I. S. m. Ch. II.
O N explique le premier Phénomène en di-fant que le Fer abforbc le Fluide: magnetiquc qui agit {e)amp; Iautre, eii difant que le Fernbsp;abforbe le Fluide magnetique qui nuiroit ().nbsp;Nous avoirs déja touché (§.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;) 1un Sc 1au
tre de ces points.
§. 6a. Ex PER. XXIX. Si Ton appro* cbe- un barrcau dc Fer des extrémités des Aiguilles, leur repulfion augmente.
JlGNO-mant joint au premier par fon pole ami; il fortifie par conféquent ce premier Aiipatit, amp; les. Aiguilles, acqué-lanc par IF plus de force, divergent davantage, LefFetnbsp;du fecond cas eft toujours moins fenfible que celui danbsp;prémier. N. d. T.]
(«) [Ceft 1explication que M. cign.^ en donne: caf 51 dit que le Magnétisme duPole qui agit eft diminué parnbsp;le Fer quon y applique, amp; il renvoyc au §. 29, ou il anbsp;parlc de Iabforption da Fluide magnetique. N. d. T: ]nbsp;() [ Ceft Iexplication que M. eimigm.^ns donne dcnbsp;lexpérience dont nous avons parlé dans la note h'\ ,, Lanbsp;,,quantite de Fluide magnétiqiie du pole boreal (ceftnbsp;,, celui auquel on applique dabord le Fer), laquelle cau-,, foit Iinclinaifon de rAiginlle, dimini'ée, cette in-,,clinaifon cn eft plus petite p. 73. P-74. ») Siloanbsp;applique le barreau au pole auftral, pour cn fiutirer nne
partis d:t Fluide magnetique anjlrul,- 1Aiguille sappro-
5)Cliera du cote dans lequel la force repulfive eft dirob miée. K d. T. J
-ocr page 153-Ji GNO RE comment on 'peut expliquer ce Phcnomène pat labforption; car fi Ic barrcaunbsp;abforbe Ie Fluïde, il dirainue Tadion, commenbsp;dans Ie cas précédent: amp; cependant celle-cinbsp;augmente. Ce Phénomène eft done direde-ment oppofé a Iabforption. Du refte, on lex-plique très-facilement: car Ie barreau devientnbsp;magnétique, 6c acquiert Ie même pole que lesnbsp;extrémités des Aiguilles gt; de la la repulfion (lt;*).
E X-
(a) M. HE MM ER obferve dans fes remarques fur ce Mémoire , qu il eft contraire aux faits , que Ie barreaunbsp;de Fer acquiert ici Ie inêine pole que 1extrémité des Aiguilles , amp; que, fi ccla étoit, la repuHion des Aiguillesnbsp;ne pourroit être augmentée quen plaqant Ic barrcau entte deux, ce qui nell pas k cas de l'Expérience. Cettenbsp;reflexion eft tres - jufte, amp; il eft de la dft'nièrc évidencenbsp;que je me fuis trompé. Jc ne fais comment jai punbsp;être affez diftrait pour commettre cette erreur: il ne menbsp;refte qua la reftifier, or cela eft facile. Remarquons da-bord, que d-ans cette cxpérience on oifre !c barreau la-téralemenr aux Aiguilles, amp; dans Ie plan inême dans le-quel ellcs fe trouvent. La même chofe a lieu pour 1ex-périence vingt - fixtème , dont la première pariie repondnbsp;a cette Expeitence ci. Lextrémité inférieure des Aiguilles a acquis un pole boreal , ft Ton fe fert du pole borealnbsp;de rAimant; 1 extrémité du barreau quon en approchenbsp;acquiert un pole auftral: done i. ce pole augmente lanbsp;force des Aiguilles., amp; leur repulfiorl en devient plusnbsp;grande. A cette caufe, alleguée par M. hemmer-, ünbsp;joint une autre, favoir que k pole auftral du barreau,nbsp;lt; .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ai-.
-ocr page 154-Ex PER. XXX. Que le btoeau touche les Aiguilles: celles - ci sappliqueront au bar-'nbsp;fl'eau. Ceci me paroit derechef oppofe i 1ab-forption j mais sexplique facilement par cetnbsp;autre Phénomène, que la repulfion fe change-fouvent en attraftion dans le contadl immé-diat (lgt;)j
O N ne peut done rieh déduife de ces expé-riences (c) qui prouve, que le Fer eft un con-*
duc-attire les poles boréaux des Aiguilles; mais il attire plus fortement celui de FAiguille dont il eft le. plus prés;nbsp;celle - ci sapproche done plus du barreau que lautre: leurnbsp;divergence augmente, amp; la repulfion en paroit augmen-tce: mais Cette augmentation de repiiHion neft quappa-rente: elle provient de rattradlion que le barreau exer-ce. Cell auffi k cas de la vingt - fixième experience,nbsp;N. d T.]
(b) nbsp;nbsp;nbsp;Cette explication neft pas moins erronée que lanbsp;précédente. 11 n'y a ici aucune repulfion changée en at-tiaélion. Dans cette experience on approche le barreaunbsp;au delTous des Aiguilles, ou dans un plan perpendiculairenbsp;a celui dans lequel les Aiguilles fe trouvent. Nous avonsnbsp;vu dans la note précédente que 1extrémité du barreaunbsp;attire les extrémités mférieures des Aiguilles: il eft donenbsp;bien fimple quelics sy attachent lorsquon les met erinbsp;contact avec ce barreau: mais, non obftant cela , ellesnbsp;Gonfervent leur divergence. Cell auffi Ie cas de Ia fe-conde partie de^a i6me E.spérience, a laquelle cellc-ctnbsp;répond. N. d. T. ]
(c) nbsp;nbsp;nbsp;[Voici encore «ne Expériene; de M. cicka que
-ocr page 155-diiöreur du Fluide magnétique: sil y a quel-que rcflemblaiice eiitre ces Phénomènes, ceft que les Corps cledtriques amp; les Corps magné-tiques font attirés les uns 8c les autres, 6c quenbsp;Ie Fer 6c quelques autres Corps deviennent ma*nbsp;gnétiques, ou éledlriques, par communication,
§. 63. V o I c I la defnière experience de ce genre quon trouve chez M. ci gn a (o).
Ex P i R. XXXI. Quune feuille dOr foit attirée par Vextrémité du Conduóleur de lanbsp;machine: placez un Corps condufteur entre Ie
Con*
jai oublié dalléguer. i. Qiion fuspende les deux fils ( Expér. 2.6,) ëntre deux Corps également éleétrifés; ilsnbsp;deviendront parallèles. Si on fuspend les deux Aiguilles (Expér. 27.) entre deux poles de même nom, leurnbsp;divergence diminue, ou sévanouit. En effet Ie fecöndnbsp;Aimant quon employe, tache de produire dans les ex-trémités inférieures des Aiguilles un pole contraire i celui que rAimant, auquel elks font fuspendues, y a déj^nbsp;formé. Leur force, amp; par eonféquent leur repulfion,nbsp;diminue done. Mais, pour faire evanouir cette repulfion ,nbsp;il faut que k fecond Aimant foit 'plus fort que Ie pré-¦ mier , paree qu il n agit j.as, comme edui - ci, dans Ienbsp;contad immédiat. N. d. T. ]
(a) L. C. §. 34. [ Ceft par fa pointe que Cettefeuille doit être tournee vers Ie Conduéleur: celk -ci fe dc iourne lorsquon employe Ia pointe. N. 4. T. ]
TO,ME I. nbsp;nbsp;nbsp;FI
-ocr page 156-U4 I. mÉmoire.P. I. III. a. II.
Conduftcur amp; la feuille: cclle-ci ne gardera pas fa premiere diredtion.
ExpÉr. XXXII. Quun Aimant [tenu perpendicularrement au dcflus dunc Aiguille anbsp;coudre] reticnne cette Aiguille dans une fitua-tion perpendiculaire : mais il ne faut pas quenbsp;IAiguille touche TAimant. Quon approchenbsp;un barreaii de Fer de cet Aimant: IAiguillenbsp;sinclinera fur le champ, ou raême tombera.
M.M. CIGNA amp; BRUG MANS {b) COm-parent cette expérience a Texpericnce éledtri-que précédentcj amp; ils en concluent, que le Fer abforbe une partie duFluide: mais aucunnbsp;deces points na lieu.
E T dabord les effets font direftement oppo-fés dans les deux experiences. Dans la premiere..
(è) Tentaminn p. 3.8. {[Quun ConducSteur éledtrifé at-
tire amp; repoufle des Corps légers, ces effets cefleront fi, cn touchant le Condudeur du doigt, on en Mtire, amp;nbsp;conduit ailleurs le Fluide eleftrique: de même, dit M.nbsp;ERuGMANs ,,le Fluide magnétique qui agit diredenientnbsp;,,fur 1Aiguille perpendiculaire, eft fucce, attire parnbsp;celle quon oppofe latéralement; il eft conduit commenbsp;,,par im canal, lateral amp;e.: amp; p. 39. ,, Le Barreau em-,,ployé, en foutirant une partie de 1Atmosphère nia-,,gnétique, en diminue I'adion fur TAiguille perpendi-,,culaire: le Fluide foutiré du pole boreal de 1Aimantnbsp;» paffe par le Fer, comme par iin canal amp;c. N. d. T- 3
-ocr page 157-Comparaifondu Ter ö* des Corps ConduUeurs.
re, Ie Corps pointu enlève une partie du Fluïde cledtrique, amp; par la même la feuille dOr acquiert une autre direétion, qui eft moyennenbsp;entre Ie Condufteur amp; Ie Corps pointu j denbsp;forte que cette feuille fe détourne vers tous lesnbsp;deux. Si lon compare cette fuótion avec leinbsp;Coix des eatix courantes, comme la fait M.nbsp;brugmans, la chofe doit certainement lênbsp;pafler ainfl : car, ii un Corps nage dans unnbsp;Fluïde, 6c quenfuite une paitie de ce Fluidenbsp;vienne a séchapper par un trou, ce Corps ta-chera de fliivre cette diredtion, amp; ne parvien*nbsp;dra pas au point direörcment oppofé.
Maïs, fi dans Iexpdrience magnétique, une partie du Fluide magnétique étoit ab-forbée par Ie barreau, 1Aiguille devoit auslinbsp;fuivre cette direólion du Fluide: or Ie contraire a lieu, car 1Aiguille tombe du coté oppofé.nbsp;Le Phénomèrie ne fauroit done être comparenbsp;au Phénomène éleétrique, amp; il ne prouve pasnbsp;labfoi-ption du Fluide magnétique par le Ferjnbsp;il paroit bien plütót direétement oppofé a cettcnbsp;doétrine.
§. 64- Nous venons dexaminer les princi-pales experiences, ou du moins tous les genres dexpériences, par lesquclles M. M. Cignanbsp;Sc BRUGMANs ont t^hé de prouver., quenbsp;H anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ic
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Ie Fer efl; un condufteur, ou une éponge, du Fluide magnétique. Nous avons vu, ce menbsp;femble, que les expériences ne prouvent pasnbsp;cette dodtrine, amp; quil y en a plufieurs qxü luinbsp;font fi diredtenlent oppofées5 que, pouv quel-le fut vraie, les Phénomènes devroient être en-tièrement différens de ce quils font aftuelle-ment. Jen conclus quil ny a a eet égard au-cune Analogie entte lEleélricité Sc lAimant,nbsp;amp;, fi je ne me trompe, cette conclulion eft lé-gitime. De plus, puisque, confonnément anbsp;ce que nous venons de dire, Ie Fer neft pas unnbsp;Condüéleur du Fluide magnétique, amp; quilnbsp;ny a pas dautres Corps qui agiffent fur ce Fluide, ilsenfuit, qu/7 a aucun ConduUeur dunbsp;Fluide magnétique: mais, il y en a plufieurs dunbsp;Fluide éleétrique, comme perfonne nen dis-convient, pas même M. .aiPiNUS. --
jen conclus done encore, quil y a une trés grande diftcrence dans la maniére felon laquellcnbsp;Ie Fluide magnétique amp; Ie Fluide éleétriquenbsp;agilfent.
Maïs, 1importance de la matière femble exigcr, que nous difions encore un mot des fen-timens de M. M. cigna amp; b rug mans,nbsp;furtout pour ne pas paroitre leur attribuer desnbsp;fentimens quon pourroit croire ne leur pas ap'nbsp;partenir.
§. C%.
-ocr page 159-Comparaifon du F-er ö* des Corps ConduEleurs. 117
§. 65. M. CIGNA penfe 1°. que Ie Fer eft Un Conducteur du Fluide magnétique , 8c qxienbsp;ceft a caufe de eek quil eft attiré par lAi-mant {a). Nous avons déja parlé de ce pointnbsp;(§. 48.). II croit encore 1°. que TAimantnbsp;eft perpétuellement ifolé, paree quil agit tou-jours {b). Nous avons ausfi dit un mot la-defl'us (§.46.)- De plus, ce Pliyficien celè-bre compare non-feulement Ie Fer aux Corpsnbsp;conducteurs, mais il paroit comparer ausfi 1 Ai-roant aux Corps idioéleftriques, ou coercitifs:nbsp;car il dit (r) que lAimant eft femblable a unnbsp;Globe de Verre fournifiant, ou a un Globenbsp;de refine recevant Ie Fluide éleftrique, quoi-quil fafle dailleurs cette diftindtion, quil neftnbsp;pas befoin de frotter lAimant comme Ie globe;nbsp;Mais cetce comparaifon ne me paroit pas jufte:nbsp;car fuppofons que les Éledtricités vitrée 8c reji-neufe^ font réellement différentes, comme jenbsp;Ie crois (^), il nen eft pas moins ceitain,
(4) nbsp;nbsp;nbsp;L.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;§. 3.
(^) nbsp;nbsp;nbsp;L.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;§. z.
(c) nbsp;nbsp;nbsp;L.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;§. 4,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5.
(lt;/) [M. HEMMER obferve dans fes remarques fiir cc Mémoire, (p. 332. b.) Quon admettoit ci-devantnbsp;jjCettc diftinétion, mais quelle eft detruite par des ex-
TT
Ïl8 I. MÉ MO IRE, P. I. 5. in. II.
quun feul amp; même Corps, traité conftam-ment de mêmej regoit toujours Ie même genre dÉleêtricité. II ne falloit done pas comparernbsp;TAimant a lun amp; lautre globe indifFéremment,nbsp;tnais exaêtement a lun ou a lautre feulement.
$. éó. Cette comparaifon me paroit dailleurs dautant moins légitime, Sc dautantnbsp;plus équivoque, quelle a induit M. c i g n anbsp;en erreur au fujet dune autre expérience car,nbsp;quoiquil compare lAimant aux Corps idioé-leélriques, 6c par conféquent aux coëreitifs,nbsp;ilfemble pourtant fuppofer ailleurs, que lAi-mant dl un Conducteur : ceft dans lexpli-
cai»périences plus récentes: qu'on peut donner aux Corps 5, réfineux 1Élearicité pofitive, auffi facilement quaunbsp;,, Verre TÉledlricité négative, 8i redproquement. Cette reflexion eft très-jufte, amp; lon peut voir dans diffé*nbsp;rens endroits de ce Mémoke, eomme 197,104,207,nbsp;2o8 amp;c. , que j'admets moi-même tous ces faits. Cettenbsp;reflexion ne me regarde done pas. Eh nommant les Élec-tridtés vkrée amp; réfiniufe réellement différentes, jai fim-plement voulu dire, que ce font deux genres dÉleétrici-té difFérens, amp; non, comme dautres Fhyficiens Tontnbsp;prétendu, une feulc amp; même Éleélricité, mais plus forte dans un des Corps que dans lautre. Ce que jajoute.,nbsp;quun feul e?quot; même Corps traité ie même ere. prouve que jenbsp;Sai eu que ce feul fens en vuc. N. d. T. ]
-ocr page 161-Comparaifon du Fer ö* des Corps CondtiStturs. 119 cation du Phénomène, dont il fait mention:
ExpÉr. XXXIII. Quon fuspende a 1Ai-mant un Fer dun tel poids que lAimant Ic piüffe foutenir tont au plus: ce F er tomberanbsp;li lon approche de eet Airaant Ie pole aminbsp;dun autre Aimant; il sy attachera au contraire plus fortement, 6c pourra même foute-itir quelques nouveaux poids, fi on en appro-«nbsp;che Ie pole ennemi dun autre Aimant.
M CIGNA penfe que, dans Ie prémier, cas, il seft ouvert un palTage plus libre aü'nbsp;Fluide, quicoule par Ie pole employé : quain-fi fon affluence par Ie Fer eft diminuée: 6cnbsp;que, dans' Ie fecond cas, Ie palTage du Fluidenbsp;magnétique trouve un obftacle dans Ie Fluide^nbsp;qui coule dun fens oppofé, Sc quen confé-quence il eft force de fe mouvoir en plus grande abondance par Ie Fer que 1Aimant fou-tient. II établit done que, dans Ie premiefnbsp;cas, Ie Fluide coule de 1Aimant qui foutientnbsp;Ie Fer, a travers de lautre Aimant, conjoin-tement avec Ie Fluide même de celui-ci, c.nbsp;a. d. qn il eft abforbe amp; que ceft a caiife dénbsp;cela quil coule en moindre quantité par Ienbsp;Fer. Ce qui feroit entiêrement oppofé a lanbsp;nature des Corps idioéleélriques, qui ne re-^oivent pas rÉleétricité des autres Corps, Scnbsp;H 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nc
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lie rabforbent point: amp; il en refulteroit line grande différence entre rÉle^ïtricité amp; Ie Magnétisme.
M. CIGNA penfe enfin, que Ie F er eft un Conduéteur imparfait: mais, ceft un pointnbsp;que nous traiterons au long dans Ie Chapitrenbsp;fiiivant.
CoNCLUoNs de tout ce qui vient dêtre dit, que Ie Syftême de M. cigna flir lA-nalogie de lÉleétricité amp; du Magnétisme,nbsp;fondé fur ce que Ie Fer feroit un Conduéteur,nbsp;êc lAimant un Coercitif du Fluide magnéti-que, neft pas appuyé fur des preuves folides.
§. 67. N ou s avons dit, que M. b r u g-MANS regarde Ie Fer comme une éponge du Fluide magnétique, laquelle, ce font fes pro-pres termes (^»), abforbe Iacftion du Fluidenbsp;magnétique 6c la diftribue par toute fa maffe.nbsp;Ceft par cette aébion déponge quil expliquenbsp;tous les Phénomènes dont nous avons fait mention, 6e encore plufieurs autres, dont ce nefl;nbsp;pas Ie lieu de parler ici. II compare perpé-tuellement Ie Fer a une veritable éponge: il
em-
(4) Tent omina p. ii. [Voyez ci-deffus note du § N. d. T.]
-ocr page 163-^omparaifon du Fcr ö* des Corps ConduSfeurs. lai
employe fouvent cette expresfion (^): que Ie Fer fait la même chofe par rapport au Fluïdenbsp;magnétique, quune éponge par rapport anbsp;.leau. Maïs il reftreint enfuite toutes ces ex-presfjons (r): ,, cette adtion dépongedit-il,nbsp; que Ie Fer exerce fur Tatmosphère de lAi-5, mant, amp; a la quelle on peut reduire toutesnbsp;y, les obfervations, dont il a été fait mentionnbsp;s, jusquici, neft rien autre qvCun PAe'nomène,nbsp;,5 produit par la tendance a léquilibre quil ynbsp; a entre Ie Fluide magnétique (d), ([qui en- toure Ie pole de lAimant, amp; Ie Fluide aminbsp;5, qui fe trouve dans Ic Fcr, dans Ie voifinagenbsp; duquel on place lAimant : dailleurs cenbsp; neft pas Ie Fluide même qui reilde dans Ienbsp; pole dun Aimant, lequel traverfe des bar- res entières, comme cela femble, a la véri- te, avoir lieu, paree que laélion eft diftri- buée par ces barres entières , mais ceft pro-55 prement Ie Fluide, qui eft de même nomnbsp;55 que Ie Fluide polaire de 1Aimant employé,
55
{b) Ibtd. p. i6, 17^ i8^ 19, 25, 26, 29, 39 gt; 44-(f) P. 30, 31.
() [Ce qui eft entre deux [ ] avoir été omis dans 1original latin, paree que cette phrafe neft pas effenticl-le au fiijet: mais jai cru, en y penfant dc nouveau, quenbsp;Ie Lefteur aimeioit mieux voir rartide en entier N d T ]
.
-ocr page 164-laa I. ME MOIRE. P. I. S, III. C^. II.
55
55
amp; qui eft cache dans le Fer, lequel fe dila-,5 te par fon Elafticité au dehors du Fer, tairdis que le refte, avec lequel ft étoit ennbsp;équilibre , avant que le Fer fut aimanté,nbsp;sapproche du coiitadtavec TAimant. 3nbsp;Toutes les fois quon dit que le Fluïde ma-gnétique eft foiitiré, eft disperfe par unnbsp;barreau de Fer, qitil pafle a travers, il fautnbsp;,, juger que nous parlous felon .Vapjiarence, ounbsp;,5 le Phénomène.quot;
Cette expresfion, le Fer eft une épon- ge du Fluïde magnctique, eft done une wétaphore^ qui sécarté duvrai: amp; cependantnbsp;toutes les explications font fondées fur cettenbsp;expresfton employée dans le fens propre. Maïs,nbsp;quant a mol, je penfe quïl neft pas de lex-aétitude de dire, que tous les Phénomènes fenbsp;reduïfent a ceci, que le Fer eft une épongenbsp;du Fluïde magnétique, amp; détablir cependantnbsp;que ceft la une apparence trompeufe; de pen-fer que la raifon indique que ces expresfionsnbsp;font erronées, amp; de les employer néanmoïns anbsp;lexplicatlon des Expériences. Ceft ainfiqucynbsp;quoique M. brugmans eut déja avertinbsp;(p. 30.) ,comment il faiit entendre 1expresfionnbsp;que le Fer eft une éponge du Fluide magnétique, ïllemploye cependant encore p. 3a. dansnbsp;\e fens propre j pour expliquer pourquoi le Fluïde
-ocr page 165-Compuraifon du F er 13 des Corps ConduSleurs. i ag
de magnétique nagit fur aucun autre Corps que furie Fer : ceft, dit-ü, que Ie Fluidenbsp;,5 eft concentré dans Ie Fer, tandis quil paffenbsp; lihretnent par tous les autres Corps: mais,nbsp;sil eft concentré, U eft ceitainement re^u, reel-lemcnt puifé, amp; ce neft pas la une apparencenbsp;trompeufe (e).
Des Loix felon lesq^uelles les Corps ConduSeurs agijfent.
^ nbsp;nbsp;nbsp;68. Nous avons prouvé, ft je ne me
trompe, quon ne fauroit foutenir a jufte titre, que Ie Fer eft un Condudteur du Fluide magnétique : mais, fuppofons que nous nous fom-mes trompés; concédons que Ie Fer eft réelle-ment un Condufteur du Fluide magnétique:nbsp;eek feul fuffira-t-il pour établir que Ie Magnétisme eft femblaf)Té~^ 1Eleclricité ? Nulle-
ment;
{e) [ Voici comment M, ekogmans sexprime immé-iiatement après p- 33. nbsp;nbsp;nbsp;,, Les effets du Fiuide inagnéti-
,,que, qui pafTe a travers les Corps Its plus denfes, ne font p.is compa ables a ceux quil doii manifefter furnbsp;Ie Fer, par lequel il efl/««# amp; concmtrL N. d. T.}
-ocr page 166-ia4 I. mém o IRE. P. I. 5'. III. III.
ment; il faudroit prouver de plus que Ie F er conduit Ie Fluide magnétique felon les mêmesnbsp;loix , felon lesquelles les Corps Condufteursnbsp;conduifent Ie Fluide éledtrique. Examinonsnbsp;done quelles font ces Loix, afin de ne riennbsp;omettre.
Première Loi.
§. 6g. La première Loi qui paroit avoir lieu dans-les Corps éledtriques, ceft que tousnbsp;les Coi-ps ne font pas des Condudteurs égale^nbsp;ment bons, mais que les uns font rneilkursnbsp;qiie les autres. Ceft ainfi que les métaux fontnbsp;dc meilleurs Condufteurs que lEau; que lEaunbsp;eft un meilleur Conducteur que lhuile 6cc. 6cc.nbsp;Les Corps Conduöreurs font done parfaits ounbsp;impavfaits (lt;j). M. c i g n a met Ie F er au rangnbsp;des Conduéteurs impxrfaits (è) : il fe fonde furnbsp;les raifons amp; fur les experiences fuivantes.
LAimant ne transmet pas fon aCtion i travers Ie Fer, fi .celui-ei eft trop long, 6cnbsp;Eiêrae M. m uss che nb ro e k fixe cette
lon-
{a) [ Voyez ce qui a cté dit fur ce fujet a la fin de. la note c du §. 8. N. d, T. ]
¦ (^') [ L. c. §. 6. Le Fer , dit-il, ne conduit Ie Fluide magnétique que par un certain intervalle, zsr deplus en plus foiHement; ilnefi dmcpas unCenduéieur parfait. N.d. T-l
-ocr page 167-longueur a fix pieds (c): mais, cette diftan-ce dépend de rAimant quon employe, amp; jai fouvent fait ufage dune barre plus longue.
De plus, fi lan place une grande maffe de Fer entre une barre amp; une Aiguille, celle-ci eft muc plus lenteraent, que fi on interpo-¦fok une maffe de F er plus petite (d).
O R, cn fuppofant que Ie F er eft un Conducteur , ces experiences démontrent , ou, quuue pivis grande maffe de Fer transportenbsp;une ntoindre quantité de Fluidegt; ou, que finbsp;elle en transporte autant, ou davantage, cha-que particule du Fer acquiert une force plusnbsp;petite i OU enfin que Ie Fer ne conduit Ie Fluïde
(fl IntroL ai Pkïl. Natw. §. 00lt;5.
(i) [Ceft une experience alleguce auffi par M. ci-SNA , 1, c. §. 7 , 8. de la manière fuivante. ,,Unegran-5 5de maffe deFer,voifine dun Aimant,diminue fon ac-.5tion fur Ie Fer quon en approche, ou la détruit mê-
nbsp;nbsp;nbsp;5 me. On voit par la poiirquoi Ie Fer, qui, sil eft en
nbsp;nbsp;nbsp;5petite maffe, étend lacHonde 1Aimant a de plus gran-,5 des diftances, (V. ci - defliis Exp. du §.48, 49.) lanbsp;jjdetruit s il eft en trés - grande mafte: ce dernier faitnbsp;5, en avoit impofé a qnelques Phyficiens, qui en avoientnbsp;,,CDneln que Ie Fer diminue laétion de rAimant, pareenbsp;j, que Ie Fluide magnétique Ie traverfe plus difficilement.nbsp;M. CIGNA cite ici les Expériences de M. is monniernbsp;dont nous avons parlé §. 49. N. d. T. ]
-ocr page 168-l^6 1. MÉ MO I RE. P. I. S'. III. Ch. III.
dc qiie jusqua une cértaine diftance ((«), Ie tefte de la maffe demeurant vuide de Fluïde,nbsp;OU demeurant du Fer pur. Or, tant quonnbsp;naura pas determine lequel de ces trois cas anbsp;lieuj on nc fauroit, ce me femble, conclurenbsp;de CCS expérienees que Ie Fer eft un Conduc-*nbsp;teur imparfait du Fluïde magnétique.
§.70. Maïs peut-être prouveroit-on mieux, ce point par un autre genre dexpériences. Onnbsp;fait que lAcier acquiert, par Ie feul contadt,nbsp;la vertu magnétique plus difficileraent 6c plusnbsp;foibleraent que Ie Fer : que Ie Fer dur lac-quiert plus difficilement que Ie Fer mol: finbsp;done nous expliqnons cette communication dcnbsp;forces par labforption du Fluide, il fera probable que Ic Fer eft un Conduéteur imparfait.
M AIS, fi nous établiffons que Ie F er conduit Ie Fluide magnétique imparfaitement, tandis quil conduit parEiitement Ie Fluide élec-trique (lt;ï), il faudra foutenir que Ie Fer agit
au-
(e) Ceci me paroit étre Ie fentiment de M. cigna. V. note précédente. Ce qui eft très-oppofé aux Phéno-mènes éledriqiies. M. cigna convient lui-m6me dansnbsp;cet endroit que les Condudeui s conduifent Ie Fluide élec-trique a de très-grandes diftances. N. d. T. ]
('*) [ Jai fimplcment voulu dite quil eft uti des plus
. par-
-ocr page 169-autrement fur Ie Fluide magnétique que fur rEleflrricité.
Une plus grande maffe de Fer interceptc davantagc Iaftion de lAimant fur 1Aiguille,nbsp;quune plus petite: M- c i o n A nen conclutnbsp;cependant pas que Ie Fluide magnétique tra-verfe celle-la plus difficilement, mais feulementnbsp;que cette maffe même retient Ie Fluide magnétique (^), amp; par conféquent quelle détruit
lifo-parfaits, amp; quil conduit très-facilement Ie Fluide éleftri-que a de grandes diftances: car fdon les Experiences du p. BECCARiA, rapportées par M. priestley, {Hifi.nbsp;de ÏÉie6ir. P. I. Period. X. Sedt. a.) 1Éledricité eft com-muniquée au bout dun fil de Fer de cinq cens pieds ennbsp;une demi'feconde; 8i felon M. le monnier elle Veftnbsp;en moins d'im quart de feconde par un lil de Fer denbsp;deux mille toifes. {Mém de ÏAc. 1746. p. 557.) Sinbsp;Pon peut tirer des cenclufions affez précifes fur ce fujetnbsp;des expériences de M. priestley {Hifi. delÉl. Part,nbsp;VIII. Seft. 13. Art. 13.) le Fer feroit le quatrième desnbsp;métaux felon lordre de leur bonté a conduire le Fluidenbsp;éleélrique. N. d. T. ]
(i) Miscel. Taur. T. I. p. qj. §. 8. de la dilfertation de M. CIGNA. Lg pgj, ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nintercepte pas laétion
,,de lAimant, paree quü elt plus difficilement perméa-,,ble, mais, paree quétant plus facilement perméable, ,, il retient, s il eft en giande mafle, le Fluide magnéti-,, que, amp; ote lifolement, tout comme les Corps conduc-jjteurs contigus a des Corps éleélrifcs otent 1ifolcment,
süs
-ocr page 170-rifolement (§. 44, 45, 46.) de même quun Corps idioéleótrique ne ' tdurnit aucune Elec*nbsp;tricité, sil eft pofé fur des Condudteuts. M.nbsp;CIGNA tache de prouver cette conclufion parnbsp;les experiences fuivantes.
§. 71. Ex PER. XXXIV. Si Ton cou-vte im Aimant dune lame de Verre, fnr laquelle on repand de la limaille de Fcr, celle-ci sar*nbsp;rangera en courbes très-régulières.
ExpÉr. XXXV. Si Ton employe une lame de Fer au lieu dune lame de verre, il nenbsp;fe forme aucune courbe, rien de régulier {a).
Mai s.
',,siIsfont grands, amp; détruifent les mouvemens élettri-,, ques. N. d. T. ]
(a) [Jai tache de prefenter ici , comme partout ail-kurs, les Expérienees que jemprunte dautres Phyfi-
eietis, dans leur jour le plus avantageux.- Lex-
.pofition que jen fais pourroit done difFérer qnelqucfois, quoique très-rarement, de celle quon trouve chez cesnbsp;Auteurs même. Cela a lieu pour cet article: eequimen-gage a ajouter ici les paroles de 1Auteur, §. 8. ,, Onnbsp;3, volt par ce qui précède , pourquoi un Aimant, appliqöénbsp;.,,fur une lame de Fer-blanc, nattire pas la limaille re-,,pandue fur le bord de cette lame, ft celle-ci eft lar-.5, ge ; mais, quelle Iagite, ft la lame eft etroite , a uncnbsp;5,diftance a laquelle elle ne Iagiteroit pas, ft la lame
:j,étoit otée, amp; pourquoi la limaille, repanduefur un®
unie
Pt
Tin Loh des Co'rps ConduSlmrs,
Mais, je prouve par lexpérienCe {ui*-Vante, que cet effet ne dépcnd pas de ce qiion ote.rifolement.
Ex PEA. XXXVL Je pofd 1Aimarit fvü' line dame de Fcr; je le recouvi^è dune lamenbsp;de Verre fur kqiielle je repands de k limailleinbsp;telle-ci sarrange tout ausfi régulièrement quenbsp;dans Iexpdrience 34.
Or cette lame de Fet devrolt oter Iifole-ment ausfi bien que dans rexpéfience 35 5 amp; detruire les courbes, au contraire de ce quoftnbsp;obferve. Labforption na done pas lieu ici.
Seconde Loi,
§. 7a. Nous avons dit ci-deiTus (§. 17.) que le Fer interronipu, ou la limaille de Felnbsp;eil attiréetóut comme le Fer eiitier, mais plusnbsp;foiblement: amp; par conféquetlt, fl labforptiolinbsp;a lieu , le Fer interrompu [jla limaille J fetanbsp;ausfi un Condudteur , quoique peut - être jnbsp;moins bon. ör, quoique la même chofe ait
lieu,
,,lariic de Fer-bknc eft daiuant plus fortemer.t agwée ,, par un Aimant, appliq^é a la furface oppofée , quenbsp;,, cette lame eft plus étroite. Ces e;cpérienCes proü-Tcnt done que le Fer enipêclic laélion de 1Aimant; ceFnbsp;les que, ja'lègiie, amp; qui font du même genfe , le p?gt;isr'lt;nbsp;\ ent encore mieux. N. d. T. ]
T o M E 1. nbsp;nbsp;nbsp;I
-ocr page 172-Ijo I. MÉ MOIRE. P. I. S. HI. Ch.lll,
lieuj dans TEleélricité pour certains Coi*ps, comme pour les métaux, p- ex. elle na nullc-ment lieu pour tous les Corps gt; 6c nous avonsnbsp;vu ci-defTus (§. 19asOnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceitains Corps
deviennent par la pulvérifation, de Coërcitifs Condufteurs, ou de Conducteurs Coërcitifs 5nbsp;la même chofc na done pas. lieu pour les deuxnbsp;genres de forces, quoique M.brugmans Iqsnbsp;compare ausfiacet égard, quelles agiffent Tunenbsp;,amp;rautre ausii bien a travers les Corps interronx-pus , qua travers des Corps continus (»).
Troifi'eme Loi.
§. 73. M. BRUGMANS a trouvé que Ie Fer rougi conduit Ie Fluide magnétique toutnbsp;comme Ié Fer froid, èc M. musschen-PROEK avoit déja fait voir que Ie Fer incandescent eft attiré par lAimant. Jai fouveirtnbsp;repeté ces expériences, amp; jai trouvé, en lesnbsp;variant beaucoup, que Ie Fer rougi eft attirénbsp;plus OU moins fortement que Ie Fer froid felonnbsp;les circonftances. M. brugmans dit denbsp;plus, que Ie Fluide éleélrique ell: égakment dé-rivé vers les Corps ardens que vers les Corpsnbsp;froids i êc il établit a eet égard une grande
Ana-
Clt;») [ nbsp;nbsp;nbsp;Prop, j. §. 43-nbsp;N. d. T. ]
-ocr page 173-i
Analogie entre rEleftricité 8c Ie Magnétis-óie (^a). Cependant cetce Analogie me paroit non-feulement douteufe, mais Cacore je nenbsp;crois pas quelle ait lieu gt; jétablirois même, anbsp;eet égard, une grande difFérence entre ceS deuX
for-
ia) Ttmamim, Prop. 4. p. 41. LAuteur nömme 1A-jialogie, qyj j ]ie^ ^ cet égard entre lÉleéiricité amp; Ie Magnétisme , wtabilïs tnakgia. [Ha fait ces ex lérience»nbsp;fen employaat dans les Expéiiences citées ci-deffus 48.nbsp;des Barreaux de Fer rougi.
En reiifant a 1 occafion de cette note, 1article de Vou-Vrage de M. brugmans , que je viens de citer, je me fuisapper^u que cc cclèbre Phyficien établit encore, ünbsp;régard de la chaleur, une autre Analogie èntre lÉleöri-cité amp; ie Magfaétisme; favoir que cés deux forces fontnbsp;Tune amp; lautre affoiblies par la trop grande chaleur dansnbsp;les Corps öü ils font excités par Ie frottement, p. 43.nbsp;Ces effets font certains: mais ils nindiquent pas unenbsp;Analogie propreitieht dite; car, i. les Corps éleftrifésinbsp;thant chauffês , approchent davantage de Iétat dans le-^uel ils dcviennent Conduéfeurs, cotiune on Ie verrat quot;nbsp;dans ce § ; amp; , _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même chaleur, rarefiarit lair
(imbiant, Ie rend moins coercitif: ce qui afFoibKt TÉlec-tricitê. Ces effets ne font pas les mêmes pour TAirnant, ^uoique la force de cette pierré diminue par lai chaleüf gt;nbsp;fcomme nous Ie diróns §. 98. amp; cette même chaleurnbsp;éhange Ie genré dÉleétriCité que les Corps coércitifs pcu-Ycnt acquèrir ( S. i08 féqq.) quoiquon les traite du reft*nbsp;'ét la même fajon; cc qui na jamais lieu pour lAimant,nbsp;H i T.j
I»
-ocr page 174-13Z I. MEMOIR E. I. 6'. III. Ch. III.
forces. Ceft ce qtie je pourrois deilioritret complettement, fi je pouvois examiner ici com-me il fant ^influence de la Ghaleur fur IE-leftricite. Mais, M. jelgersma nous anbsp;dilpenfc de ce travail, cn ralTemblant les cx-périences faites fur ce fujet par dautres Phy-ficiens, amp; celles de fon Maitre, M. vaknbsp;s w I N DEN, lesquelles navoient pas encorenbsp;été publiées (^). Je dirai feulement que jainbsp;foigneufemcnt rcpete les experiences de M-DE DAvAL déja cite ci-deflus (§.'2.3.) amp;nbsp;que jai trouvé, quun Plateau dargille arménbsp;comrire le carreau de M. bevis eft un Con-diidteur étant froid: quctant chauifé jusqtinbsp;a un certain point il devient en quclque de^nbsp;gré Co'ércitif, amp; que chauftc encore davan-tagc , il devient derechef Condudteur. La
(^) Dijfertatk de Inpixu Caloiis in Eietlri:iia.ein, Franetj.
1776. p, 35-50. [Il luit des expériences a'lèguces
dans cette dilTertauon, amp; qiie 1Auteur a comparécs 5c discutées quil y a un certain degré dir.candescencenbsp;rend le Fer Coërcitif de Condiiéleur quil etoit, dtaotnbsp;froid, OU qu'il le redevient étant rougi davantage. Lenbsp;Fer jougi néprouve pas de pareil changement, dans fijnnbsp;adion fur le Fluide inagnétiquc. Le Bois éprouve denbsp;pareüs changemcns,, par rapport a fon pouvoir de con*nbsp;duive lÉledricité, comme il eft prouvé par ]es .beHpsnbsp;Ehïpcr. de M. pri ESTtEx fur ce fujet;
60. p. Zio. amp; Ex^érim. en Airs, VoL z. N. d. T- ]
-ocr page 175-®iême chofe a lieu pour un eilindre dargille, ®niployé comme Condudleur dune Machinenbsp;^lectrique. M. w i c s o N a ausfi trouvé quenbsp;Verre rougi, la poix fondue amp;c., font desnbsp;Conducteurs (r), pour ne pas parler dautresnbsp;^xpériences {d). II m,e paroit refulter de tout
ccci
(c) nbsp;nbsp;nbsp;Treat',ft on Eieólricity , p. 48. feqq.
(d) nbsp;nbsp;nbsp;[ On peut confulter les helles Experiences de M.nbsp;*CHARD, inférées dans \e Journal de pkyftiue four.Tevriernbsp;1780, p- 113- Tomé XV. amp; celles deM. Herbert,nbsp;TAeoria Phan. Élecl, Cap. 3. Prop. 6, n. M. makatnbsp;ciablit aufft que k Verre, la Poix, la Kefine , Ie Sonf-fre , les Huiles grafles, amp; généralement routes les matiè-res indéférentes acquièrent par la fufion, ou lincandes-ceiice, la propriété de transmettre la communication.nbsp;{Recherches Scc. p. 80.) II fuit même des helles E.xpé-liences de ce Phyficien (p.'ioS.), que les Corps con-dufteurs deviennent par Fincandescence flus Cendudltursnbsp;quils nétoient: car, les Corps globuleux incandescensnbsp;attirent comme feroierit des Corps métalliques pointus,nbsp;du grand .pouvoir desquels nous parlerons §. 79- Ihqq-:nbsp;quun exdtateur fort chaud fait détourner la bouteille de plusnbsp;loin; amp; que, lorsquon fe fert dun excitateur incandescent,nbsp;il ny a pas d'exploflon de Fluidc , maïs quil sécoulenbsp;comme sil étoit forteraent attiré, par une pointe ; experience exaétemcnt analogue a celle du §. 80. Or, Ienbsp;Fer incandescent ncft furement pas un meilleur Con-dudleur magnétique, que Ie Fer froid; ij nagit ni plusnbsp;foitcmcnt, ni de plus loin, Sc ne transmet pas ladtionnbsp;de lAimant a une plus grande diftance: voila done en*nbsp;core une oppofition de Phénomenes. N. d. T. ]
134 I- M KMO IRE. P. I. S. III. CA. III
ceci que le Fcr amp; les Corps condu£teurs fur-vent, par appoit a 1ignition, des Loix tres-difterentes. Jajouterai encore que M. Cigna meftie établit cette difference (g), que la flam-.nbsp;me eft un Condufteur du Fluidc électrique, amp;nbsp;non du magnétique ().
Quatrième Loi.
§. 74. Nous avoirs traité ci-defTus (§.39.) fort au long de ce qui a lieu par rapport aunbsp;Magnétisme pour le Fer reduit en différensnbsp;états, en Sel, en Rouille, en Chaux, ennbsp;Minéral j nous avons vu que le Magnétismenbsp;eft fort affoibli par tous ces moyens, de fagonnbsp;quon ne sen appergoit plus par les methodesnbsp;ordinaires, les plus délicates; maïs il neft pasnbsp;entièrement détmit, 6c Ton en trouve tou-jöurs quclque refte, en employant lélégantenbsp;methode de M- brugmans, Si done le
Mifcell. Taur. §. 41. 1. c.
() [M. MARAT place la flamme parmi les Corps in-déférens. Je doute li les Expériences quil allègue font décifives: mais la chofe me paroit prouvée par celles denbsp;M. M. jAtiAEEiiiT {Expér. dEleUr. p. 104.). Noiietnbsp;tjUichenhesfur ks Ehm. Eledlr. p. aii.) Wait* {Dïffef'nbsp;fur iÉkHr. §. a,o8.) amp; dautres Phyficiens, anEquelquot;nbsp;jes je puis joiudre les mieimes propres. N. d, T-J
-ocr page 177-Des Loix des Corps C^nduBeurs. %%$
Per eft un Condufteur du Fluide magnétique, il faudra dire que la famlté conduSlrke eft beau-coup diminuée par ces moycns : amp; fi nousnbsp;nommons coercitifs les Coi'ps non ferrugineuinbsp;fur lesquels TAimant nagit pas, il faudra direnbsp;ausft que le Fer fe rapproche beaucoup de cettenbsp;ficon des Corps coercitifs.
Mais, quoique cette mariière de parler foit très-impropre, cependant en Iernployant,nbsp;amp; en confidéraiu la chofe fous ce point de vue,nbsp;il fembleroit y avoir ici quelque Analogie avecnbsp;les Loix que fuivent les Corps condudteurs dunbsp;Fluide eleétrique. Car, le Fer reduit ennbsp;rouille, en chaux, en un mot dans un ctat im-^nbsp;parfait, fera, felon ce que nous venons de dire , un Conducteur beaucoup moins bon: or,nbsp;les Métaux reduits en chaux ne font plus Conducteurs de rElectricité, ou du moins ils lenbsp;font dans un degré bien inférieur, amp; fe ra-prochent beaucoup des Corps coercitifs, com-me nous Iavons dit ci-deflus ( §¦ 39* )
§ 75- Il fembleroit done y avoir ici quclr que Analogie; ceux même qui embraflent cenbsp;fentiment, foutiendront quelle eft plus grandenbsp;quelle ne Ic paroit au premier abord. Ils di-ront, que le per rouillé devient non-feule-ment de tres-bon ConduCteur quiletoit, unnbsp;I 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Con-!
-ocr page 178-Conduéteur fort mauvais, que même, a moins demployer la rnethode de M. b R u g m a n s ,nbsp;il eft indifferent pour IAimantj mais encorenbsp;quil eft change en coercitif dans le fensle plusnbsp;ftriél j quil eft devenn ausfi coercitif que 1Ai^nbsp;mant même : quen conféqiience la rouillenbsp;change tout ausfi bien le Fer de Condudteurnbsp;Coercitif, que la calcination change lesMe-taux de Corps anéledtriques eu idioéledtriques;nbsp;quil y a done une grande Analogie.
On fait en effet, que le Fer placé longtems dans une fituation verticale, acquièrt non-fetnnbsp;lenient la vertu raagnetique, mais encore que,nbsp;sil eft rongé de rouille amp; place entre des pier-fnbsp;res, il devient un véritable Aimant j un Coipsnbsp;très-fêmblable a 1Aimant, par la couleur, lanbsp;dureté, faction des diflblvans, enfin par- lesnbsp;poles. C^ft ainfi quon a trouvé en 1695 aunbsp;haut de la Tour de Chartres, un pared Fernbsp;magnétique, fur lequel M. vallemontnbsp;a ecrit un traité fort curieux (a). On en anbsp;trouvé un autre a Marfeille en 1731 (h). M.nbsp;LEpuw'ENHOEKen poffédoit un femblable
pris
(a) Defeription de ÏJimant de Chartres, iimo. 1697.
{b) \_Bifioir. de rj.cadem..^)al. des Sciences 1731, p. lo-N. d. T. ]
-ocr page 179-Bes Loix des Corps Conducteurs. 137
pris de la Croix de TEglife neuve de Delft {c). II y a plus, M- DE LA hire a fait arti-ficiellement de pareils Aimans, en renfemiantnbsp;des fils dc Fcr.dans une pierre: il les a trouvcnbsp;convertis en Aifnant, au bout de dix ans {d).
§. 76. Cette Analogie paroit affez grande au premier abojd : mais il nen eft plus-ainit li on 1examine de plus pres.
En cfFet ce neft pas la rouille feule, qui donne a cc Fer la force magnétique. II fem-ble qu il faille pour ceïa Ie fecours du tems,nbsp;puisqu on netrouve, que je lache, cette force que dans de vieux Fers. Or, Ton fait quenbsp;la Terre eft un grand Aimant, par laquelle ienbsp;Fer acquièit fpontanément, amp; lans Ie fecoursnbsp;de lAit, la force magnétique. Le laps dunbsp;tems femble effeéluer, que cette force devient'nbsp;conftantc, amp; que le Fer acquièrt des polesnbsp;fixes. Au refte on ne pourra guères determiner ce quil fout attribuer ici a Iadtion de lanbsp;rouille, avant quon fache ft le Fer rouillé devient magnétique dans les endroits dc la Terre, OU les barreaux dc Fer eievés perpendicti^
lai-gt;
(c) [P/iilof. Tranf No. 371. Vol. ¦3^. p, 74. N. d. T.] (i) \_Mém. delAcad, 1705. p. loj. N d T ]
Ï3S I. mÉmoire. P. I. iquot;. III. C/J. iiL
lairemcnt nacquièrent aucune force magnéti* que, c. a. d. dans les endroits ou lInclinaifonnbsp;de lAimant eft nulle, comme cela aeulieu,nbsp;p. ex. en 1751- dans lOcéan atlantique, presnbsp;des cotes dAfrique, vers Ie douzième degrénbsp;dc latitude aulfoale {a). Cette influence du
Ma-
(a) [On lait en eftet i. que I'lhclinaifon cie IAiguille neft quun efFet du Magnétisme tcrrestre : 2. quil y anbsp;up rapport intime , quoique trés - facile a expliquer , en-tre cette Inclinaifon amp; les difFercntcs forces que le Fernbsp;acquièrt dans difFerentes fiuiations: il acquièrt la plusnbsp;grande force dans le plan du Méridien magnétique amp;pa-rallèlement a la ligne dInclinaifon; il nen acquièrt aucune dans le mêrne plan, mais pofé dans tine ligne per-pendiculaire a celle dInclinaifon. Voyez Ics belles experiences de M. EituGMANS , Tt^ntam. prop. 26. p. i6i--
175. nbsp;nbsp;nbsp;3. On fait par Ics obfervations faites cn 1684. par
un Marin anglois, quune barre dc Fer tepue perpendicu-iairement, acquièrt a fon e.ttremitc inférieure un pole boreal, mais de plus cn plus fpible, jusquau lame degré de latitude auftrale a peu prés fur les Cotes dAfri-qtie: que la le barreau nacquièrt aucune force pendantnbsp;un certain efpace, au dela du quel il cn acquièrt de nouveau mais dans une fituation renveifee; lextrémité inférieure devient un pole aullral, de plus en plus vigoureuxnbsp;a mefurc qnon approciie du Pole aullral de la Terre.nbsp;Ces Obfervations font inférées dans \tsPMlcf Tranfa^l. No.nbsp;Ï77. Vol. 15. p. 2112, amp;c en ont été copies dans pln-lieurs livres dc Phyfique, comme dans la Dijfertatim denbsp;M. MusscaEKEROEKTSc I'Aitnant, p. 262. De pareil-
les
-ocr page 181-Des Loix des Corps Condu-üeurs. 13^
Magnétisme terreftre, qüi furement a lieu ici, eft caufe quon ne fauroit faire de comparaifonnbsp;legitime, ni établir quelque analogie emre ce^nbsp;changenient de Fer en Corps coercirif, amp; Ienbsp;changement des métaui calcinés, en Corpsnbsp;idioéleétriques i puisquils devienhent tels parnbsp;cette operation mêmè: car il ny a pas, quenbsp;je fache, dEleétricité univerfelle conftante quinbsp;concourt dans ce cas.
§ 77- Il eft des Phyficiens, comme M.
M- dA LIBard («),amp;SIGAUrgt; DE LA ^OND (^) qui attribuent en partie a 1E-ledricité ce changement du Fer en Aimant;nbsp;car ces Fers élevés font, difent-ils, touchés,nbsp;pénétrés par la matière du Tonnerre. Maisnbsp;cette explication me paroit détruite par unenbsp;obfervation de M- b rugm ans (f) qui a
tron
ies obfervations ont été repetées en 1738 par M. Richard, V. Magazm de Hambcurg f nbsp;nbsp;nbsp;IV, p. 681. La
lign^ fur laquelle Ie barreau nacquièrt aiicune force, efl: celle fur laquelle lInclinaifoh eft nulle : elk ^ nkft pasnbsp;parallèle alEquateur; niais elk eft fitucfe en partie au-deftous fte 1 Equatcur , ge en partie au - dclTus , comnicnbsp;p. ex. dans la Mer des Indes. N. d. T.]
(lt;j) Dans fa Tradubfion des Experiences de M. Frankin Tom. I. p I41.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(h) Traité d'ÉleBnché, p. 6.
(f ) Teatamm de Materia Magnetka 1 p. 157.
-ocr page 182-trouvé quune viclle croix de Fer du Cimetiè-re dun village de Frifc, nommé kkine Hiaure^
¦ changée en Aimant-
't
§. 78. Tout ce que nous venous de dire revient a ceci: quun des moyens par Icsquelsnbsp;Ie Fer devient un très-mauvais ConduÉteurnbsp;du Fluide magnétique, par iesquels il eft mê-me rendu indifférent par rapport a 1Aimant,nbsp;lavoir Ia calcination 8c Ie fel, change ausfi lesnbsp;Corps anéleétriques 'en coercitifs : que les au-tres moyens qui produifent de pareils change-mens fur les Corps éleétriques, commeligni-tion amp; la pulvérifation, nen produifent pasnbsp;deffentiel fur Ie Fer. Doü il refulte que lesnbsp;Loix , felon lesquelies Ie F er conduit Ie Fluidenbsp;magnétique, différent beaucoup de celles quinbsp;ont lieu pour les Corps anéleétriques: quil nynbsp;a done a eet égard nülle Analogie entre lE-leétricité amp; Ie Magnétisme, ou que du moinsnbsp;elle eft trés petite, quand même il feroit dé-monti'é que Ie Fer eft un Conduéteur du Flui-de magnétique.
Cinqu'tewe Lot.
§. 79. L E s Corps Conduéteurs fuivent encore une autre Loi très-remarquable, 8c dont on dok, je crois, la découverte a IiUuftre M-
F R A N K-
-ocr page 183-Dei Löix des Corps Conduüeurs. 141
tRANKLiN («), filvoir quc les Corps poin* tus agilTent fur lÉleftricité différemment desnbsp;Corps obtus. Je renfermerai dans les Experiences luivantes, qui ne mappaitiennent pas,nbsp;mais que jai fouvent repetées, tout ce qui a rapport a notre but actuel.
E X p É R. XX^tVII. .Je place fur Ie Conducteur de la Machine un Éleótromètre de M. o A NT ON, qui confifte en deux fils. Je leurnbsp;préfente un Corps anéleótrique tres-obtus, ennbsp;forme deboule, amp;jexamine a quelle diftancenbsp;il faut Ie pEcer pour quil abforbe Ie Fluide,nbsp;foit en tirant des étincelles, foit autrement, Scnbsp;pour que les fils de [rEledtromètre sabaiflentnbsp;par conféquent. Je fubftitue enfuitc un Corpsnbsp;pointu au précédent, Sc jopcre de même. Cenbsp;Corps attire Ie Fluide électrique dune beau-coup plus grande diftance, amp; lt;?» ftïence^ fansnbsp;aucune étincelle: c. a. d. que les fils sabaiflent,nbsp;quoique Ie Corps pointu foit encore beaucoupnbsp;plus cloigné du Conduóteur que Ic Corps fphé-nque ne létoit auparavant. On fait dailleursnbsp;que Ie Fluide magiiétique séchappe en aigrettes
(a) Lettres amp;C. Lettre i. § de la Traduftion. Colt b cinquième de loriginal. Voyeï auffi les §. 48. d^snbsp;Notes que M. wiike a joiiues a la tradudljoii alU'maigt;nbsp;dc de ces lettres.
-ocr page 184-tes par les pointes, les angles ,amp;:c., au contrai-' pe de ce qui a lieu pour les extrémités arroh*nbsp;dies.
§. 8o. ExpÉs.. XXXVIII. Japplique ie Condu£leur de la Machine fur la Boüteillenbsp;de Leide, amp; au moyeni dune chaine jétablis
une' comniimication ciitre cette B'outeille 8c
gt;
rEledromètre de M. l a n e («). Je pofe eet Eleétromètre, garni d-uhe boüle, a quelquenbsp;diftance du Conducteur. La Boüteille fe charge, êc, après quelques revolutions du Plateau, elk fe décharge fpontanénient 6c ayecnbsp;étincelle.
f
Ensuite je garnis rÉléétromètre dun Corps pointu: du refte jopère de la méme fa-5011: la Boüteille ne fe charge pas avec étincelle vifible: en un mot tout fe paffe ici tacitementnbsp;êc, comme dit M. Le roy^ enJilencé [b),
(a) [ Voyez la defcription de cet inllrument dans les ¦ Fhilofoph. Tranfaél. Vol. 57. p. 451. M. lespina(senbsp;jeCt fervi dun pareil Éledromètre, quil a décrit dans Ienbsp;.meme Volume, p. 188. Au refte 1Élcétromète quenbsp;M. MARAT vient de propofcr dans fes RecAercAts, p. 19.nbsp;cft en effet amp; pour Ie fonds Ie même que celui donfnbsp;Rous pavlons ici; mais je crois quil feia plus commodenbsp;dans 1ufage. N. d. T. ]
, ,(i) [Voyez fes excellens Mémoires fur les Gardt-Tim-
nerrh
-ocr page 185-Cet efFeca lieu, quoique la diftance de 1Élec-tromètre fok plus grande què dans Ie cas précédent. Dans celiii-ci, Ie Fluide fort du coté extérieur de laBouteille par la pointe (c), avantnbsp;quil y fok affemblé en alTez. grande quantiténbsp;pour être attiré par Ie Conduéleur, 6c fairenbsp;cxplolion (d).
§ 81. Les Loix, que les Corps conducteurs de rÉlectrické fuivent dans ces expérien-ces, font done celles-ci.
i. Que les Corps pointus attirent Ie Fluide
feqq., amp; pour 1773, p. ^gt;78. feqq. Dans une des experiences de M. ie roy, une pointe foutiroit en fi-lence lÉledlricité du Conduiteur, k une diftance izpönbsp;fois plus grande, que celle a laquelle elle pouvoit ti-rer une étincelle, amp;c 36 fois plus grande que celle a larnbsp;quelle une boule taifoit partir une Étincelle du Conduéleur.nbsp;N.d.T.]
(f) [Car, Ia pointe ayant au moyen de la tige de lEleélromètre une communication métalliqiie avec lanbsp;«bnblure extérieure de la bouteille , Ie Fluide qni fort denbsp;Celle - ci, eft conduit a la pointe par laquelle elle séchap-
F'. N. d T. ]
CJai prindpalement imité les Expériences dont je fais mention de celles deM. HSMt.Er, Biile^.TrAri/'. VoLnbsp;P- ^33. feqq. N, i T-]
-ocr page 186-de élc6trlquc dunc plus grande diftance que le's autrcs (a).
1°. Quils Ie conduifent plus tranquille-ment.
3°. Que les Corps obtus attirent a k vé-rité Ie Fluide éleétrique dune plus petite diftance, niais' que lorsquils Ikttirent ils Ie font avec une beaucoup plus grande force (Z').
M. C I G-
(a) [ Cet article eft fingulièrement prouvé par les belles Experiences de M. achaud, inferées dans hjmrnalde Phyfiqtie ,Juini'j^2. Tome XIX. p. 418. Milord mahonnbsp;a fait de trés - bonnes reflexions fur celle de ces Expé-liences dans laquelle on a employé neuf pointes a la foiJ,nbsp;amp; dont Tefi'et a pourtant été moins fenfible que lors-quon nemployoit quune pointe. Principes dEleHrictténbsp;§. 50 56. Jallègue encore en preiïve les excellcntesnbsp;experiences de M. n airne inferées dans \zs.Tranfa6i.Phi-lofoph. Vol. 68. p. 801. fcqq. 6e dans,le/i!«r«flZ de P/vyftque,
¦Mars 1781. Tooi. XVII. p. ipz. feqq. Ces experiences prouvent en même tems la feconde Loi énoncée dans Ienbsp;rrexte. N. d. T.]
{b) [ Les Experiences de M. nairne dont nous ve-jiORS de faire mention dans la note précédente, prou-¦vent eminément cette troifième Loi, furtout les Expér. 13, 14amp;C.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;12, dans Icsquelles deux Corps Cgaux,
étant mis en cquilibre au bout des bras dune efpèce de balance trés - mobile, amp; chargee dEledricité, Tequilibrenbsp;fe confervoit en pofant fous un de ces Corps une poisquot;nbsp;te; tandis quil étoit detruit, en pofant a la mênic lt;i**
riaji-
-ocr page 187-M. CIGNA établit une cotnpai-aifon erltre Phénomènes des Corps pointus tant ma*nbsp;gnétiques quéleariqiies: nöus allons lexami-
C E Phyficien allègue tirois fortes d^expé* xiences, fi nous en exceptons celles qui con-cel-nent les Phenomèrtes de 1avmure de lAi*nbsp;: uoits parleroiis de celle * ci dans la Öec-
tion fuivante (^/).
ftance une bou!e ; le Corps étoit alors attiré vers la bom Ic, amp;fe déchargeoit fur elle. N. d. T. ]
(c) Mhcell. Tanrin. 1. c. §. 40.
{d) [Jexamine a la veïité dans la Sclt;ftion fuivante les fhénomèties des AimanS armès: tnai jai oublié dy faire mention du feul fait que M. cigna allègue pournbsp;frouver la Thefe dont il eft queftion dans ce §. Lcnbsp;voici; ,, Les angles externes des armures diminuént lanbsp;j5 force magnétique sils font aigus, amp; la diffipeijt coütnbsp;5 5 conamc une pointe appliquée au Ccmduéfeur ou a lanbsp;55 Machine, dirtiinlie la force éleftrique. Sür qüoi M.nbsp;CIGNA cite ce que M. müsscheneroek dit dans tenbsp;§¦ sslt;5.de ksEjfais dePijJique, quil faut arrondir les piedsnbsp;des armures; confeil quil avoit déja donné difts fa differta-tion furnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Exp. 73 , a la fin p. 131; amp; k raifon
que ce Phyficien en donne eft, que le pied arrondi concentre Ia force dans un plus petit efpacc. Mais cetté explication eft hypothétique : amp; je ne fache quil j ait une, feule expérience direfte ou décifive qui proure que, ton-tes chofes dailleurs égaks, les pieds a angles faiHaps
dis-,
TOME I. nbsp;nbsp;nbsp;K
-ocr page 188-i. Que les Corps pointus, ou termincs eii Cone, foutiennent un plus grand poid»nbsp;que les Corps plans.
a. Que la limaille sattache plus facile-ment aux angles des barreaux quailleurs.
3quot;. Que le Fer pointu, frotté contre du Fer, ou queique autïe Corps dur, acquiertnbsp;ime plus grande force que quand on frotte iianbsp;Corps plan.
§. 8a. Mats, avant que dcxamincr ces ti'ois points, jobferverai, quaucune de cesnbsp;experiences prouve, que les pointes attirent lenbsp;Fluidc magnetique de plus loin que les Corpsnbsp;obtus, ce quil faudroit cependant pour poii-voir ctablir une Analogie avec les Corps élec-triques (^3!). Jexaminerai ccci au moyen desnbsp;experiences ftiivantes.
Ex p É R. XXXIX. Je place un Aimant a une telle diftance de FAiguille quil nagit pas
fur
diffipent plus la force magnétique, que les pieds arron-dis^ amp; que, sils le font, eeft que le Fluide magnetique selance par ces angles. N. d. T. ]
(a) [Car la première Loi que les pointes obfervent, dans leur adion , amp; qui eft 1 une des plus esfentie'les, c eftnbsp;que les pointes attirent le fluide éledrique dlanc plusnbsp;grande distance. Voyez § 81. N, d. T.J
-ocr page 189-Des Loix des Corps Condulfeurs. 14?
fur élle: jy appliqtle im barreau de Fer, que jéloigne ausli de manière que 1Aiguille restcnbsp;dans la première lituation, mals quelle commence a fe rnouvóii', pour peu quon diminucnbsp;la diftance du barréaü. Je lubftitue enfuite inbsp;e barreau un autre barreau de même longeurnbsp;amp; de méme baze , mais poilitu. FAiguillenbsp;pas agitée: ce fer pointu ne foutire donenbsp;p^s Ie fluide dune plus grande diftance-
EX p ÉR. XL. Japplique Ie barreavr obttis, 6c je Ie place defaqonquil agisfefur 1Aiguille.nbsp;Je lui fubftitue Ie barreau pointü, amp; celui-cinbsp;plus foiblementj ou point du tout.
Ex PER. XLI. Japplique perpendiculai-l'ement a lAimant un barreau de Fer, de faqon ¦que laction fut 1Aiguille foit alFoiblie. Je luinbsp;fubftitue un barreau pointu des deux bouts [maisnbsp;du reste égal] pour que Ie fluide magnétiquenbsp;puisfe sécouler plus facilenient amp; plus abon~nbsp;damment: cependant FAiguille nen reste p^nbsp;moins dans k même lituation, ou même ellenbsp;s approche de F Aimant. II y a dans ces experiences bien des circonftances qui dependent denbsp;Fepaisfeui amp; de la lofigcui: du barreau quortnbsp;employe.
Ces Pbênomènes font évidemment cön-traires aux Plrcuonatoes éleêtriques du même genre.
-ocr page 190-§. 83. M. c I G N A tache cependant de prou-ver par Ic fecond genre dexpériences dont nous avons paiié, que 1effluence du fluide nlagnéti-que efl; plus abondante par les pointes. Voicinbsp;une de ces experiences.
E X p É R. XLII. Qu^orl cöuvre un barreau magnétique dune glace quon faupoudre de li-maille; celle-ci sarrange comme li elle fortoitnbsp;principalement des angles du barreau: au moinsnbsp;elle tend vers les angles, dune plus grande di-ftance.
Ce t eflFet eft plus fenfibk, fi lon employe un barreau pointu des deux cotés, ou fi lonnbsp;emporte une piece du milieu dun barreau ordinaire {d).
Voici comment plufieurs Phyficiens expli-quent cette expérience : la linaaille S arrange CH courbes pr Ie courant du fluide magnétique;nbsp;ces courbes indiquent,par leur fituation, Ie chc-min que ce fluide luit: done, puisque la limail-le sattache plus abondamment aux angles, cefl:nbsp;une preuve que Ie fluide s y trouve en plus grande quantité..
§.84. QuoiQ.u^iLy auroit bien des objections a faire a cette explication, 6c quil nc
feroic
(lt;j) Musscheneroek, Disf. de iiagmte. p. 1 Jahla 4. Exp. 64. Icqcj.
-ocr page 191-Des Loix des Corps ConduEleurs. 149
^êroit pas difficile de donner la raifon vraie amp; niathématique de ces Phénomènes, mon butnbsp;adtuel ne nje permet pas de marreter a cett©-discusfion. Je prefdrc done de repondve a 1 experience même.
SI Ie fluide magnétiqiie fort réellement plus abondamment des angles amp; des pointes, amp; finbsp;ce fait ell; prouvé par la figure de la limaillc, ilnbsp;faudra, ainfi que eek a lieu dans rEleftricité,nbsp;lorsquil ny a au barreau ni angles, ni pointes,nbsp;que Ie fluide magnétique foite également de par-tout. Si done nous employons une boulc, ounbsp;unanneau, il ne sy trouvera pas dendroits doiinbsp;Ie fluide s écoule en plus grande abondance quenbsp;dautrcsj mais Ie contraire a lieu: car, commenbsp;je lai fouvent vu, filon répand de la limaillcnbsp;fiar un anneau, il y aura ausfi deux endroits,nbsp;dont la limaille paroitra fortir plus abondam-ment. Lexplication dont nousparlons ne fau-roit done fe foutenir, amp; les Phénomenes ennbsp;queftion ne prouvent pas, que Ie fluide mag-netique fon abondamment des pointes,nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;com-
(d) Voyez. Ie desfeinde cette Experience dzns la Véferip-tton iis Courans Magnétiqaes de M. bazin , PI. 14, 16,
11, 18. [Et MUSSCHENBRROEK, UIj/.
6. La même chofe a lieu pour les barreaux, dont les fiXtrémités font anondies: tbii. Tab. 4. N. d. T ]
150 I. MEMOIR K. P, I. iS*. III. C/5, in,
eomjne eela a lieu pour le fluide éleflrrique.
§. 85. PASsoNsa rexameii des autres experiences allèguées par M. c igna. Le premier genre contient celles- ou les Corps pointus ou coniques, foutiennent un plus grand poidsnbsp;que les Corps plans. Mais ce neft lanbsp;quiine conclufion que ce Phyficien déduit desnbsp;Experiences de M. musschenbroek, amp;nbsp;je ne crois pas quelle en puifle être deduite (/«),
M. musschenbroek a fait fairamp; trois cilindres de fer, ég-alement longs {b): lavoirnbsp;de 4 pouces i. 1. Un bout étoit plan, Iau-tre conique: la hauteur des Cones étoit dunnbsp;dixieme de pouce. On p-affe ces cilindres unnbsp;certain nombre de fois fur IAimant.
L E
{a) M. CIGNA paroit allègucr ce pretendu fait, qne les pointes foutiennent un plus grand poids, en preuve denbsp;ce que les pointes magnétiques rejoivent oulaisfent echap-per le fluide magndtique en plus grande abondance: carnbsp;void comme il s exprime dans le qo: ,, Les Corpsnbsp;,, pointus reqoivent ou laisfent echapper le fluide eleftn-,, que plus abondamment: la même chofe paroit avoir lieunbsp;¦ pour I Aimant; car les extrémités coniques de cilindresnbsp;,, aimantes foutiennent un poids beaucoup pips fort quenbsp;,, leurs bazes planes. Mais nous avoirs vu §. 8a. quenbsp;Cette plus grande eraislion de fluide magnetique par lesnbsp;pointes na pas lieu. N. d. T.]
(i) Disfert.Ae Magneti, p. 9Ó. Exp ér. 31.
-ocr page 193-Des Loix des Corps dondu^eurs. t5f
L E Cilindre A, épais de JA dg gr.' pouce, a foutenu par Ta baze plane a peine i
z
conique i Ta
L E Cilindre B, épais de de
^ i nbsp;nbsp;nbsp;ICO
pouce, a foutenu par fi bazc plane i
conique 7 i
L E Cilindre C, épais de de
pouce, a foutenu par fa baze plane i
conique 8
L E Cilindre D , épais de de pouce, a foutenu par fa baze conique 4
Ces Experiences démontrent done, quil y a une certaine épaisfeur de Fer, qui recoit Icnbsp;plus de force (f). Or, comme la baze coniquenbsp;approche plus de ce maximum d épailfeur quenbsp;les bazes planes, elle foutient ausf un plus grand
poids
(c) [Ce fait a d aillcurs été prouvé par dautres Experiences, furtout par celles de M. mussckenbr oio k , J. c. Exi^r, i6-2z, amp; C^ro'. z. p. 44. Remtrquons ausfinbsp;que M. M u s s c H E N E a o F. K a fait pour confirmer cettenbsp;phefe les Experiences dont il eft question dans ce Snbsp;N. d. T,]
t. mImoire. P. I. i*. III. III.
poids. Ce qui confirme que ceft la la raifon du Phénomène, ceft que les Cones des Cilindrcsnbsp;B 6c C ont foutenu un plus grand poids que lönbsp;Cone du Cilindre A, quoique les bazes planesnbsp;ayent foutenu un poids égal. Maïs il ne peutnbsp;fortir du Cone quune quantité de fluide pvo-poitionelle a celle quil contient, c.a.d,acellenbsp;que contient la baze: cette experience ne prou-quot;nbsp;Ve done pas ce que M, c i q n a en a déduit (lt;/),
§¦ 86. M AI s , on trouve dans la difleitation de M. musschenbroek (^^) une experience,nbsp;qui prouve réellernent que la force des pointesnbsp;cft plus petite. Je lai fake de lafagonfuivante;
ExpÉr. XLIII. Pofez fur un fort Ai-niant A {fig. ^.) un petit cilindre de Fer Bgt;
que
((/) [Sil ëtoit vrai, comme Ie pretend M. c i G n a , que les pointes attirent plus fortement que les Corps non-pointus, il senfuivroit que TAim^pt agiroit a cet égardnbsp;très-différemment de TEledlricité; voyez ce qui a été ditnbsp;ci-desfus §. 8i. n. 3. amp; note c. Au reste, on ne peutnbsp;déduire aucune Analogie de ce que les pointes niagnéti-ques attirent moins fortement que les bazes planes, paree que cela ne dépend pas, ainli que nous lavons vu §nbsp;82, de cc que les pointes magnétiques épuifentles Corpsnbsp;magnétiques, fur lesquels ils agisfent, de plus loin amp; ennbsp;¦filefice; ce qui eft la caufe du Phénomène élediriqiie pa-^nbsp;ïaUèle. N. d. T.]
(4) Disfert. de Magnete y p. Iio. Ex^ér. 49.
-ocr page 195-Des Loix des Corps Conducteurs. 155
^ue Ie barreau de Fer C D touche ce cilindrcj ' il enlévera Ie cilindre de rAiniant.
Qu o N pofe fut iAiffl'ant uu autrc cilindre B, également grand, maïs poinui. Si la poin-*nbsp;te touche FAiniant, Ie Cilindre pourra êtrenbsp;cnlevé par Ie barreau C D 5 mais il ne Ie fcranbsp;pas, fi la pointe touche Ie barreau.
Enfin, quon fafle au cilindre une pointe ti'ès-aigue, amp; une tête platte plus grande Ienbsp;cilindre pourra étrelarraché de lAimant par Ienbsp;barreau, fi la pointe touche PAimantjnbsp;non fi c eft la tête qui Ie touche.
Cette Experience prouve done, que la pointe foutire ou transfère une plus petite quan-tité de fluide magnétique quun corps obtus, finbsp;tant cfl; quil fe faffe réellement une abforption,
§. 87. L AdernièreExpérience que M. Cigna allègue, eft un Phénoinène obfervé par plufieurs Phyficiens, que les inftrumens de fernbsp;pointus acquièrent, lorsquon les frotte , unenbsp;plus grande force que ceux a baze plane (a).
Dans ces expéricnces, Ie Fer acquièrt Ia force rnagnetique naturellement, c. a. d. parnbsp;Ie Magnétisme de la Terre: or on fait que les
lames
. nbsp;nbsp;nbsp;--nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r,-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.........
¦ ((t) Voyez musscheneroek, 1: c: p. 268. fixpér. 143. feqq.
154
lames de Fer peu épaisfcs acquièrent plus faci-lemcnt de cettc manière la force magnétique que dautres: amp; les corps pointus ontmoins dé-paifleur vers la pointe. Je doute done que Tonnbsp;puiffe tirer de cette experience quelque conclu-fion propre a ctablir Ie fyftême de M. Cigna.
Nous avons done prouvé, cc me femble, que les pointes nabforbent ni ne fourniffentnbsp;pas plus facilement Ie Fluidc magnétique quenbsp;les corps obtus. Je ne réconnois dailleurs au-cune Experience magnétique, dans laquelle-on obferve quelque chofe de femblable a cettenbsp;grande commotion, o'u a cette explofion denbsp;fluidc, quon cbfcrve en employant des eoi-psnbsp;obtus avec la Bouteille de Leidg Sc TEleclo-mêtre 8o.] (é),
§. 88. Nous
(b) [Cc font non feulement les Corps pointus qui fou-tirent Ie Fiuide éleétrique felon dautres LoixqueleFlui-de magnétique; mais la même chofe a lieu pour les 'Corps moxsfcs amp; globuleux. Jen appelle aupaufts éleólriijues, décou-vertes par M. e b. o s s , amp; dccrites dans Ie bel ouvragenbsp;quil a public fur ce fiij.et en 177Ó. {Éknrifche pmfen^nbsp;Leipzig 8vo.) On entrouve un extrait dant \zJour-ml dc Phyfuiue , Tom. X. p.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Notre but ne nous
perinet pas-dentrer dans des details la desfus: je re-marquerai feulement qu on retrouve ces paafes dansles Expéiienccs a7, de M. nairne, dont nous avons parlé note d du §. 8i, amp; dans 1Experience 6^.
du
-ocr page 197-ï)ei Loix des Corps Coniuclews. 155
§.88. Nous pouvons, fi je no me trora»' pe, conclure avec droit, dc tout ce quo nousnbsp;venous de dire, que les Leix felon iesqueliesnbsp;le Fcr conduiroit le. fluidc magnetique, fontnbsp;entièrement différentes de celles felon lesqueLnbsp;les les coi-ps conducteurs conduifent Ié fluidenbsp;éleckrique. II ny a done ici nulle Analogie.
Maïs, nous avons déraontré tout ceci dans 1hypothèfe que le Fer eft un ConduiUcur dunbsp;fluide magnétique, quoiqiie nous ayons démon-tre dans le Chapitreprécédent, quil ny a au-cune expérience qui le prouve, amp; que menienbsp;toutes celles que je connois font oppofées anbsp;cette doétrine.
aux
du Müord mahon §. 582. de fes Principes dElcciricité. Je ne connois rien dans 1 efFet des barreaux aiaiantés,nbsp;OU du Fer applique a 1 Aimant, ou entre deux Aimans,nbsp;OU entre un Aimant amp; une Aiguille, qui, fuppofé mê-me que le Fer eft un Conducftetir du Fluide magnétique,nbsp;foit ana.ogue au Phenomena des pav/es; rien niême quinbsp;n y_ foit oppofé; car un barreau de Fer, après avoir aginbsp;avec force, bien loin d'etre pendant un certain espacenbsp;fans agil', ou a n sgir que trés foiblement, pourrecora-inencer déreenef avec force pasfc eet espace, ce qui silnbsp;le cas des paffes éle^riqms, agit toujours dautant plus foi-blement, quil eft plus éloigné du Corps fur lequei ilnbsp;agit. N. d. T. ]
-ocr page 198-0.UX Corps Condufteurs, aucune Analogie en-tre rÉledtricité amp; le Magnétisme gt; mais que ces deux forces font a cet égard très-différentes.
C H A P I T R E IV.
§.89. Nous avoirs vu que le fentiraent des phyficiens, qui croyent devoir comparer IcFernbsp;aux Corps Condufteurs, sécarte du viai. M.nbsp;^ PI N u s., qui foutient quil faut le comparer
aux
M. H E M M E B. obferve dans fes remarques fur cc Memoirc p. 431 , que jai fait voir clairertient quele Fernbsp;neil: pas un Condudeur du Fluide magnetiqiie, dans lenbsp;fens que M. c i g n a Ientend, favoir quil foutire ce flui-de des Aimans 8c le transporte ailleurs: mais quejenainbsp;pas fi foitement ébranlé le fyftême de M. « p i n u s; quenbsp;ee fyftême ne fouffre rien des objedions que jai faites.nbsp;II neft pas difficile de trouvcr la raifon, qui fait paroitrcnbsp;les discusfions des Chapitres précédens dans un jour plusnbsp;avantagcux que celles qui font la matière de ce Chapitrc.nbsp;Les Phyficiens, dont jexaminois alors les opinions, al-lèguent des Experiences précifes, dont ils fe fervent pournbsp;etablir leur fentiinent. Je trouvois done , pour ainli dire,nbsp;des points fixes, dont je pouvois partir, amp; il ne sag's1
foit
-ocr page 199-M. ^ p I-
ibit que dexaminer ü, ces e-xpériences une foisadmifes, les conclufions quon en tire, font exaftes ou noft. Cetnbsp;examen, dont il ne m appartient pas dapprécier la valeer, pouvoit done être , par fa nature même , limple Ssnbsp;Inmineux; chaqne discusfion fe préfentoit féparément sknbsp;lesprit; Ie Principe êz la Conféquence fe touchoienr. Lenbsp;Cas eft trés-ditFérent ici. M. «pinos nallègue aucunenbsp;expérience ponr prouver fes principes: ce ne font que desnbsp;fuppofitions: on ne fauroit done Ie réfuter dieftemcnt Jnbsp;il leroit même difgeüe de faire des objeélions contre lesnbsp;principes meines , qui font gratuits: ce n eft quen examinant les conféquenccs plus ou moins éloigneés qüe conbsp;phyfiden en a déduites, quon peut les apprécier: methode , qui par fa nature meme, amp; laisfant dailleurs Ie me»nbsp;rite des objeftions a quarticr, eft moins fatisfaifante quenbsp;la précédente, Sc offre moins de elart4 a lesprit. Quoi-qu'il en foit, conime tout ce qui part dun Phyficien ausftnbsp;éclairé que M. h e m m e k. eft fait pour être écoutê , ëcnbsp;merite detre envifagé fous toutes Ces faces, j ai cru devoir entrer, dans les notes fur ce Chapitre , dans deplu$nbsp;grands détails fur ie fyft'ème de M. «pin ys: il ne menbsp;feroit même pas difficile den discuter toutes les parties,nbsp;tous les caküls, puisque jen ai couché parecriten 177'^nbsp;nn examen ties-détailïé, dans Ie tems même que j étoisnbsp;lempli de 1admiraiion que la lefture de cet excellent,nbsp;ouvrag» avoit produite en moi, amp; que je voulois menbsp;rendre raifon a moi-même, pourquoi un traité ecrit ma-tlieinatiquement, Sc fondé fur un petit nombre de prinanbsp;cipes, dont dailleurs les conclufions pamifo'mt confotmesnbsp;auxPhénomènes, ne me convainquoit pas. N, d. T.^
M. -«.PiNus établit les Principes fui-vants (a):
1. De même quily aim ilüide éleftrique, dont les paiticules Te repouflent mutuelkmcnt,nbsp;¦il ell ausii un fluïde mugnétique , dont les par-ticuies fe repoüflent. jaccordcrai pour Ie pré-fent cc Prindpe (b).
a°. Les paiticules du fluide éledlriqucs font attirés par tous les corps quon a examinésjus-
quici
(a) Sertm de Analogia amp;c. traduit en allemand amp; impri-mé dans Ie Magatin di Bambourg, Tom. iz. p. 370. [p. -aS. zp. de rOriginal; ceft a la in du Discours,] amp; Ter.^nbsp;fanina. Theoris, Ek6lr. ü* MagMismi. p. 9-1J. §. t-6.
(^) [ M. p ï N u s étaflit ausli que Ie fluide cleétriqüe efl très-èlastique. M. m a r a x conclut de fes experiences,nbsp;qail'ne 1eft pas ^ amp; que fes particulcs nont aucune forccnbsp;de répulfion. Quelque attention que méritent les experiences 8c les reflexions de M. m a r a t fur ce fujet, jenbsp;nentrerai dans aucune discusfion fur eet article. En examinant Ie fyftème de M. /e p i n u s, il falloit bien partirnbsp;de quelque point fixe: jai done admis Comme bypotlièfenbsp;Jes propriétés du fluide éledrique que M. .« p i n u s adopte.nbsp;II me fuifit, ft je puis faire voir, 011 que de pareilles pro-.friétés nont pas lieu ,pour Ie fluide magnétique, ou que,nbsp;¦fi elks ont lieu, on nen peut déduire aucune Analogie.nbsp;Cc que je dis de Ia non-analogie des deu.x forces dansnbsp;. cette fuppofiuon, auroit lieu a beaucoup plus forte rai-fon, sil étoit demontré que Ie fluide éledrique ne posfe-de pas les propriétés que M,.« p i N w s lui attribue. N. d.T. '
-ocr page 201-lt;}uici (f). Le fluide magnétique, au contrai-1'e, uéprouve aucune aftion de k plupart des Corps; il neneft ni attiré ni repoufle. Ceftnbsp;encore ce que jaccorderai pour le préfent.
3. Lcs Corps idioéleösriques, ou éleftriques» par eux-mêmes, font ceux dans lesquels le fluide éledtrique fe meut très-dijficilement (d) ; leSnbsp;*lt;'néleSlriqiics ou con-duëteurs font ceux par les pores desquels le fluide electrique.fe meut avec k
plus
(c) M. ai p IN u s ne dit pas li tous ks Corps atiirent le fluide éleélrique egalement; mais ilacimet cctte Irypotbè-fc dans fes calculs §. 30. M. s teio lehner Tadmct éga-lement [voyea §. 30. dc fa Disfertation.] Cependant cenbsp;Phylicien paroit ctaWir §. 5, que ce forit furtout les Corpsnbsp;méta'tliques qui attirent ce fluide. M. hemmek. penfeaunbsp;contraire (p. 431.) que lcs Corps réfmeux amp; autres pa-leils, attirent le fluide éleétrique puisfamment en com-paraifon dautres Corps, commc les métauxp. ex. Voilanbsp;deux fentimens contraires entre les partifans dun mênianbsp;fyftèmc, 1Egalité ou linégalité datuadiion exercée par dif-fércBs corps fur le fluide éleStique, peut avoir de Ini-fluence fur les calculs, comine il eft aifé de le voir eunbsp;jettant les yeux fur la formule du §. 30. de la Disfertation de M. steiglehner. N. d. T.]
{£} M. .tPiNus ne dit pas par quelle caufele fluide dlec-triquc fe meut diffitilcment par quelques Corps, amp; très-facilemcnt par datitres: ce neft pas paree quil eft trop grosiier, car M. a pin us Ic nomine unfluide trcs-fubtil;nbsp;ce neft, pas a raifon du plus ou moins de denfue des
Corps
VI
-ocr page 202-l6ó I. MEM. P. I. 6'. III. CA.I'Y. Le Pst
plus grande facilitc, dans lesquels il néprouve aucune refiftance (e). Ccla pofé, M. jEei-Nüs établic des principes analogues pournbsp;mant. Les voici.
§. 90. nbsp;nbsp;nbsp;iquot;. Le Fer-, 8c les corps fermgi-
ncux, rAimant furtout, font conftitués de forte qiie leurs p.articules attirent le fluide magné-tique, amp; en font réciproquement attirées. Ces Corps font dailleurs tres-analogues aux Corpsnbsp;-idioéleclriques, puisque le fluide magnétiqucnbsp;fe meut en eux avec la plus grande difficulté (a),nbsp;amp; mèüstplus difficilemènt, que le fluide éledtri-
que
Corps, car les métaux lont plus denfes que la réline, Öe iaisfent néanmoins 'pasfer le fluide éleftrique très-facile-ïnent. M. h.emmer. paroit attribuer eet eSet a 1 attraction même : ,, Les Corps réfmeux , dit-il [p. 431.] amp;nbsp;,, dautres' femblables font de vrais Coëreitifs. Pourquoij*nbsp; parceque, en comparaifondautres Corps, des métauxnbsp;,, p. ex. ils attirent fortement le fluide éledrique, amp; con-p, fequemment le Iaisfent pasfer difficilement. N. d. T. ]
(e) [ Ón peut voir le développement de ces Principes amp; de ceuxdu §.90. dansles §.4, 5, 6*, 7, duMémoiienbsp;de M. steigiehner.]
(«) Cette difficulté ne provlentpas, felon M. * pin vs, de la conformation particulière des globules du fluidenbsp;inagnctique relativement a celle des. pores de quelque corpsnbsp;cjüe ce foit: car ce Phyficiendit §. 3, , que le fluide magné-¦tique eil tm fluide très-fubtil, Sc propte'a tiaverfev
po-
-ocr page 203-que ne fe meut dans les Corps idioéleftri-ques ( ^).
a. Maïs, il ny a aucun Corps fembla-ble aux Corps anéleftriques ou conducteurs: puisquil ny cn a aucun, excepté lAiniantnbsp;8c Ie Fcr, qui attire la matiere magnétique,nbsp;8c dans lequel celle-ci fe meut très-libre-ment (f), quoiquil y ait a eet égard une gïa-
da-pores des Corps quelconques [Corptrum quorumcumque pom permeare aptua^ Cependant il paroit fouteftir ailleurs, quenbsp;U grandeur des pores du Fer contribue a la fadlité danbsp;mouvement du fiuide: car il dit (§. 105, §. 368, S.nbsp;369) que Ie mouvement du fluide magnétique devientnbsp;plus libre quand on ouvre les pores du Fer en Ie frappant, quil Ie devient ausfipar la chaleur amp; par lincan-dcfcence ( §. 106,366,367). M. hemmer foutient aus4nbsp;( p. 412. 11) que la dilatation du Fcr par la dialcur,nbsp;diminue lattradion mutuelle de fes particules; amp; pornbsp;ton/équent auffi ladhérence des globules du fluide magné-tique a ces particules: ce quj fait que Ie fluide peutnbsp;s ctendre davantage dans Ie Fer amp;s. N. d. T. ]
(^) M. dk lacbpède eft du même avis, quant 4 la difficulte que les fluïdes magnétique amp; éleörique é-prouvent a fe mouvoir a travers les Corps ferrugineux,nbsp;OU idioéledriqucs: mais felon lui, ces deux genres denbsp;Corps n ont que trés - peu daffinité avec leurs fluidesnbsp;refpeélifs. EJfai fur lEleiïr. T. 2. p. 46-49. v. ci-deffusnbsp;note a du §. 41. N. d. T. ]
. (f) M. DE LA CEPÈDE a pris Ie contrepied de ce
Prin*
h
-ocr page 204-dation dans Ie Fei' même; car Ie fluide fe meut plus facilement dans Ie F er mol que dans Ie Fernbsp;dur: de forte que Ie Fer fe rapproche un peunbsp;des Corps anéledbriques (d).
Voi-
Principe pour un des fondeaiens de fou fyftêmc. v. note ^ amp; note a du §. 41. N. d. T. ]
(d) Nous venons devoir que M. aepinus met Ie Fer au rang des Corps coircinfs, amp; même ( §. 3.7.) aunbsp;framer rcmg: or, quoiqtril admette üne gradation ,amp; quenbsp;felon lm Ie Aaide magnédque fe meuve dautant plus facilement dans Ie Fer, que celui-ci eft plus mol, il ne vanbsp;cependant pas plus loin qiia dire,, que Ie Fer mol appro-che en q:telque forte dune reAèmblance avec les Corpsnbsp;,, conducfreurs , au moins darantage que Ie Fer trempénbsp;Mais, M. steiolehner range (§. 7.) Ie Fer mol aunbsp;rang des Corps dans lesquels Ie Fluide magnétique trouvenbsp;Wn paflage facile, ou des Condinfleurs. M. kemmernbsp;dit auffi (p. 431.) que Ie fluide magnétique fe mentnbsp;tres-facilement dans Ie Fer mol, 8c que celui - ci en eft parnbsp;conféquent un Condudfeur. Voila done ime affez grandenbsp;latitude dans les Principes: auffi fuppofe -1 - on, tantoitnbsp;que Ie Fluide magnétique fe meut facilement dans Ic Fer:nbsp;laiwot quil sy meut très-difficilement: en voici des ex-emples. Si l'on peut facilement aimanter du Fer mol,nbsp;mais sil perd presque toute fa force dès quon ote lAi-mant, c'eft que Ie Fluide magnétique s'y meut trés - fa-eilement;(AEPiN. §. 86. 87). Si lAimant ne perd rieanbsp;de fa force quand on sen fert pour aimanter, ceft quitnbsp;ne perd rien de fon Fluide: amp; il nen perd rien , 8c Icnbsp;Fer quon aipiante nen acquiert plus, parceque Ic Fluide
-ocr page 205-V o IL A a quoi fe rcduit Ie fyftème de M. ¦4 E p I N u s. Maïs, eet excellent Phyficieilnbsp;ftallègue aucunc experience pour prouver cesnbsp;principes: il rte fait que les avancer, amp; ü fup-pofe (e) quon en peut dérivei' tous les phé-nomènes de lAimant. II faut done que cesnbsp;Principes acquièrent leur force amp; leur demon-ftration, de ce quon explique parfaitement parnbsp;leur moyen tous les Phénomènes (). Mais
magnétique s y raeut trop difficilemcijt jiour y entrer ow èn fortir : de forte que la quantité de ce Fluïde eft invariable dans Ie Fer ($. 93). Oft pourrgit citer encorenbsp;3autres exemples. N. d. T. ]
(e) fent antina Tksoriae, §. 3. p. ii. [tl dit auffi p- 6. quil na pour but que de faire voir commentnbsp;les Phénomènes nombreux amp; admirables de lAimantnbsp;peuvent être deduits du petit nombre de Principes quMnbsp;pole, amp; qui font, dit-il, conformes a lanalogie de l.vnbsp;Nature. N. d. T. ]
() M. A E p r N u s cn convient lui-même : gt; j il efpèra dit-il, p. 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quon approuvepa fon hypothèfe, i
nbsp;nbsp;nbsp;accord parfait, tant avec les Phénomènes
j, magnétiques , quavec les autres Loix de la Nature, jj 8e il eftime que ce qui ajoute du poids i cette hypothèanbsp;,,fe, ceft quil eft vraifemblable que la Nature produitnbsp;jjdes phénomènes femblables par des caufes analogues,nbsp;,,8e que 1expérience démontre, ce dont on ne fauioiinbsp;pdoutev, qtie ks Phénomènes de V Aimant font fembla-.
bias
Lgt; %
-ocr page 206-PI-
} 5 bles a ceux de rEleftricité. On a déja vu que je fuis fur ce dernier article dun fentiment trés - différent,nbsp;dont jexpofe les raifons a mefiire que 1oidre que nóu*nbsp;nous fommes propofé y conduit. Ce feroit au relte uncnbsp;quoflion intérelTaiue, amp; trés difficile, que celle qui con-lifteroit a examiner, jusquoü laccoid des Phénomènesnbsp;avec les Refultats, tirés de Principes purment fuppofés,nbsp;prouve la Vérité de ces Principes. M. aepinus avouenbsp;lui-Bième que 1accord des Phénoménes avec une Hypo-théfe, ne fauroir nous faire conelure avec certitude quomnbsp;a trouvé leur vraie caufe; il ajoute néanmoins quilnbsp;croit quon trouvera fon Hypothèfe vraifemblable au mê-me degrc que 1cxplication Newtonienc du Syftème dunbsp;Monde: car, dit-il,cettc Theorie ne peut rien allèguernbsp;dautre pour fa démonftration que fon accord parfait a-vec les- Phénomènes, amp; les autres Loix de la Nature.
Quil me foit permis de Ie dire avec tous les égards que je dois a M. aepinus; fon fyftéme eft dans uanbsp;cas trés-différent. Ses Calculs indiquent feulement quenbsp;tels OU tels Phénomènes peuvent avoir lieu en gros ; mais ilsnbsp;ne préfentent nulle part unc explication précifc dcnbsp;leur grandeur, de leurs circonftances, ni une evaluatioanbsp;des différens élémens qui concourent a les produire,nbsp;lis font a peu prés tous fondcs fur une fuppofition quenbsp;PAuteur avoue navoir pas lieu, (§. 193.) favoir la distribution uniforme du Fluide dans chaque partie de lAi-mant. II He prefentc dailleur.' des cas dans lesquels f«*
-ocr page 207-calculs indiquent feu'ement que les Phénomencs peuvent être tels, ott tels, dans lesquels il faut recourir a 1 experience pour trouver cc quils font; tels font p. ex. lesnbsp;Cas des §, 149, amp; §.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;173, oü la Théorie laiffe in-
décis li rAimant attire Ic Fer pur, 8c Ie pole ami dim autre Aimant, ou sil Ie repoulTe, 8c oü ceft a 1Expé-ïicnce a décider ce qui a lieu, tant pour ce cas quenbsp;pour Ie cas élcftrique parallèle. Mais, Ie fyftème dcnbsp;newton acquiert fa certituie, non paree quon y faitnbsp;voir que les effets peuvent en grot dépendre dc Fattraftion,nbsp;mais parcequils fuivent dans leur grandeur, dans leurnbsp;circonftances, dans leur perturbations 8cc, préafeynmt lanbsp;grandeur 8c la combinaifon que la Theorie preterit pournbsp;chaque cas: parcequils repondent a un cdcul prats 8c nu-meriqiie. M. oAtEmeert a très-bien développé ce pointnbsp;dans la Préface dc fon Traité de la precession desnbsp;EquiNoxEs: ,,11 ne fuSit pas, dit-il (p. xxxvii.)nbsp;55a un fyftème de fatisfaire aux Phénomènes en gros,
8c dunc manierc vague, ni même de fournir des ex-35 plications plaufibles de quelques uns: les détails, 8c les yycalcuh précis en font la pierre dc touche. J'ai dit unnbsp;root fur ce fujet dans la Préface de mes Tentamina Théor.nbsp;mth-rn. de Magnete.
II s en faut au refte, a mon avis, de beaucoup que les explications dc M. aepinu* foyent exaélement con-formes aux Phénomènes; outre que fa Théorie laisfe inbsp;quarticr tous les Phénomènes des Corps Conduéleurs , quinbsp;font une partie confidérable des Phénomènes éleélriquesnbsp;indépendamment des reflexions que nous venoas de fai-
-ocr page 208-i66 I. MÉM. P. I. S. III. Ck. IV. Le Fet^ ceft ce cjue mon but aÉhiel ne perm.et pas (g).
re, indépendamment même de ce lt;j.ue cette Theorie re-jette lexiftence des atmospheres électriques proprement ainfi nommées, qui paroisfent fi conformes aux Phéno-mènes, elle conduit a des Loix de la Nature quaucuncnbsp;experience ne confirme, qui paroisfent même oppofées anbsp;ce qiion connoit de plus certain, favoir, que tous les.nbsp;Corps de la Nature fe repousfent, mais que cette repül*nbsp;5on nexerce aircun efFet que dans les feuls cas oii les.nbsp;Corps font eledtrifés ou aimantés. V. §. 31. de la dis.tnbsp;fert. de M. steioi-ehnep. amp; la note fur ce § ; amp; S.nbsp;30. 31. de 1ouvrage de M. aepinus.
Si les reflexions que nous' venons de faire ne font pas deftitiiées de tout fonderuent, ou pourroit douter quenbsp;Iaccord des Phénomènes avec les Principes fuppofés parnbsp;M. AE PI MITS foit tel quil Ie faudroit pour nous perfua-der de la vérité de ces Principes. N. d. T. ]
(i) [II auroit en efFet non fculement fallu discuter tous les Principes de 1Auteur, mats examiner encore finbsp;les Calculs qujl en a déduits contiennent tous les Éle-mens aiixquels il auroit fallu faire attention , ce qui nousnbsp;auroit trop écarté de lAnalogie qu'il peut y avoir entrenbsp;Ie Magnétisme amp; rÉleétricité: ce neft done que relati-vement a eet objet quil a pu mêtre permis dexaminernbsp;Ie fyftèmc de M. aepinus; amp; par la même je me fuisnbsp;interdit a peu pres tout tifage de VExamen détaillé dont-j'ai fait mention dans la note * de ce Chapitre. II y anbsp;plus; tout Ie fyftème de M. aepinus forme un enfem-ble; mais 1ordre que je me fuis prefcrit ma obligé do..nbsp;»cn faire mention que par parties. Je ne parle ici quenbsp;dc fa compaiaifon de lAimant avec les Corps idiockc-tn-
-ocr page 209-ê? VAimant compares aux Corps id'oéleEPr. Ï67
Je me retrancherai done a faire les obfcrvations fuivantes.
5. 91. ÏL femble dabord que ces Principes ne saccoi'dcnt pas bien entreux. Car M- a e-piNus établit, quil ny a aucun Corps de lanbsp;part duquel Ie Fluide magnétique éprouv®nbsp;quelque action. Ce Fluide fe meut dans knbsp;Fer avec la plus grande difficulté , amp; ceft ènbsp;caufe de cela que Ie Fer eft femblable aux Corpsnbsp;idioéledtviques. Deplus, ilny aaucunCorpsnbsp;analogue aux anéle£triques. Pourquoi ?' pareenbsp;quil ny en a aucun au travers duquel Ie Fluide-magnétique pafle tres - librement, tres-facile*nbsp;ment (a). Sil ne paffe pas ti'ès-librement, il
pas-
triques: jc parlerai dans la Seöion quatrième d? lufag^ quil fait de fes Principes pour exppquer les attractions 8tnbsp;ks repulfions: amp; ce ne fera que dans Ie cinquième qif?nbsp;jexaminerai ce quil dit de Ia communication de Forces.nbsp;J'aurois dailleurs dü expofer les principes amp; la marchipnbsp;db fes calciüs: ce qui aurojt entrainé dans des détails exrnbsp;cesiifs. Maïs aftuellement Ie Feéle.ur efl a portee deanbsp;juger, puisqu il a les principes amp; les fondemens de cesnbsp;calculs fous les yeux dans la belle disfertation de M.nbsp;STEIGIEHNRK. N. d. T. ]
(a) [Voici comment M. aepinus sexprime Tentam, i. 3. £, jj Ohl ne connoitpas jusqua piefent aucun Corp$nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fSagist
i68 1. Miu. P.l. S.lll. Ch.lY. Le Fer
pafle difficilement, ou il ne paffe pas du tout. Si la première alternative avoit lieu, fi Ie Fluïde paffoit difficilement par ces Corps, il fau-droit les comparer aux idioéleftriques, aux-quels on compare Ie Fer a caufe de cela feul.nbsp;Ces Corps fe rapprocheroient done du Fer parnbsp;cette proprieté, amp; par conféquent, sils avoientnbsp;une fois foutiré Ie Fluide magnétique, ne fe-roient-ils pas femblables au Fer 8c a 1Aimant?nbsp;nauroient-ils pas la vertumagnétique 1 {h) ce
qui
V, agisfant fur Ie Fluide magnétique, amp; qui fok fembla-,, ble aux Corps non-ékétriques par eux-mêmes. Car il 5, ny a aucun Corps dont les parties attirent Ie Fluidenbsp;5, magnétique , amp; qui lui laisfe un pasfage libre amp; noanbsp; empêché par fes pores. N. d. T. ]nbsp;ih) [ Jentends par-li , qne ces Corps pourroient obeirnbsp;k lAimant, devenir magnétiques, comme Ie Fer, ounbsp;1être deux-mêmes. Cela fuit immédiatement des Principes de M. AKPiNus. Car felon lui, la vertu magnéü-que du Fer en de lAimant confifte uniquement en eednbsp;( §. 93. 94. Tentm».), que Ie Fluide'magnétique eft accu-mulé dans une des parties dn Fer ou de lAimant, amp;nbsp;reduit dans 1autre au desfous de fa quantité naturelle:nbsp;état plus OU moins ftable a raifoji de la difficulté plusnbsp;OU moins grande que Ie Fluide éprouve a fe mouvoirnbsp;par les pores du Fer ou de lAimant. Or, fi les Corpsnbsp;dont nous parlons dans Ie Texte, re§evoient Ie Fluidenbsp;magnétique, ce Fluide feroit repousfé a 1'approche dunnbsp;fM'nant, il saccuijiulcroit dans une partie: ce Corps de*
vien-
-ocr page 211-qui na cependant nullement lieu. Si done il eft vrai que Ie Fluide magnétique fe meut diffi-cilement a travers les Corps magnétiques, amp;nbsp;que ceft la caufc pourquoi ils font magnétiques, on ne pourra foutenir en aucune faqonnbsp;que ce Fluide fe meut difficilement a travers
tous
viendroit magnétique, 8c eet éfat fcroit durable a caufe de la difüculté quon fuppofe que ce Fluide éprouve-roit a fe mouvoir dans Ie Corps. Ce Corps mêmenbsp;feroit toujoiirs magnétique, puisque Ie Fluide quil con-tient exerceroit toujours fa force de repuUion, fans êtrenbsp;trouble par 1 attraction du Corps qui, dans lhypothèfe ,nbsp;ell sulle. Et quon ne dile pas que ces Corps différe-roient réellement du Fer ou de l Aimant en ceci, quilsnbsp;nattirent pas Ie Fluide magnétique: car cette attraction na aucune influence ici: eet élement nentte pasnbsp;dans les formules de M. aepinus, dont il eft queftionnbsp;aétuellement: cette attraélion ne fert qua établir 1'état,nbsp;naturel du Fer, état qui na pas lieu ici: 8c par la mêmenbsp;ees Corps agiroient plus puisfamment que Ie Fer; Car,nbsp;en adoptant les formules du S. lp. de M. aepinus ounbsp;des §. p. gj.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sTEiGtF.UNER , que Ie Fer,
8c un autre Corps contiennent 1un 6c iautre la quantité de Fluide Q;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;japulfion du Fluide: A 1attrac-
tion du Fer fur Ie Fluide; Le Fer n'agira pas, a caufe
de A-Ri=i o. mais le Corps agira avec la force - R.
Si la quantité de Fluide devient Q-Ff, 1® Fer agir^ avec la force -^ R: 8c k Corps avec la force
--° (Q ?l done plus fortement, N. d. T.}
-ocr page 212-tous les autres Corps qxii ne font pas magneti- ques.
§ 92. DI RONS nous done que le Fiuidc magnetique ne paffe jamais par ces Corps'? Sinbsp;1on foutient ce point, il faudra foutenir ausllnbsp;que le Fluide magnetique ne fort jamais denbsp;IAimant 011 du Fer, lorsque eeux - ci agisfentnbsp;fur d'autres Corps; puisquil eft certain quenbsp;cette action a lieu avec la même facilité amp; lanbsp;niême energie quand on iiuerpoferoit les Corpsnbsp;les plus denies (a), Ceft ausfi ce que M. a e-p IN u s foutient (^), amp; ii penfe que le Fluide
ma-
(4) [On peut confulter les Experiences de M. mus* SCHfiN,broek ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(k Magnet!, Exp. 24. P- 60. 8c
celles des Phyficiens de Florence. Tmtam. Acad. Flor. p. II. p. 175. feqq. N. d. T. ]-(b) Tentam. §. 275. 6. 7, Coll, cum §. 93.4. [M. ae-PINU.S foutient ceci pour IAimant dans le fens le plusnbsp;ftrid; amp; ce que nous venons de dire $. 91. note b faitnbsp;voir combicn cela etoit néceffaire pour fon fyöènie. IInbsp;foutient la merae chofe pour lÉleélricité, favoir, quenbsp;la matière ékiSrique ne coftftitue pas dAtmosphere élec-trique autouf des Corps éleétrifés; mais il y a a cet é-gard' felon lui ces trois differences entre lEleélricité amp;nbsp;le Magnétisme: i Le Fluide éleéirique ne fort jamaisnbsp;de quelque Aimant, 011 de quelque Fer individuels quenbsp;ce foil; mais il eft des Phénomènes éleétriques qui dé-
pCH-
-ocr page 213-deux
pendent dun pasfage acSuel du Fluïde éleétrique duir Corps dans un autre: 2°. Le i luide ékcftrique peut êtrenbsp;accumulé dans un Corps au dela de la quantité natuiel-le , OU il peut en être épuifé, ce qui na pas lieu pour'nbsp;lAimant: 3®. II peut y avoir un dcoulement de Fluid#nbsp;éleftrique hors dun Corps éleflrifé, ce qui na pas lieunbsp;pour le Fer. Differences defFets qui, felon M. a e p i-Nus, proviennent uniquement de ce que le Fluide ma-gnétique fe meut dans le Fer avec une extréme difücul-té, laquelle eft beaucoiip plus grande que celle que lenbsp;Fluide éleamp;ique éprouve dans les meilleurs Corps coër-citifs. N. d. T. ]
(c) [Si le Fluide magnétique ne fe trouve jamais hors du Fer ou de lAimant, amp; sii eft contenu dans cqsnbsp;deux Corps, il faut quil nen forte jamais, amp; quil y aitnbsp;une caufc qui ly retienne. M. aepinus trouve cettenbsp;caufe dans lextrème difficnlté avec laqueile le Fluidenbsp;fe meut dans le Fer §. 86.87.91.93. 94. Mais il fera facile de faire voir que cette caufe eft infufftfante. Soitnbsp;done (v. STEisLEHNER §. ló17.) la quantité na-tuielle de Fluide dans le Corps BCAD (Fig. ii.) iQ;nbsp;Que ce Fluide foit accumulé dans la moitié V C A E,nbsp;de fa9on a y être Q-f-gr:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; diminué dans la moitié
B V E D de facon a nêtre que Q_y. Soyent R amp; R' les repulfions que ces Fluidqs exercent fut les particulesnbsp;7 amp; r; on aura pour la repulfion de T vers H , gRaR';
. POUÏ
-ocr page 214-deux Coi'ps, amp; que tous les Phénomènes font produits par le feul mouvement du Fluide dans
Q
repvilfioti de la particule F fituée au milieu du Corps, vers t, (g ï) R. II fuit de la, que sil ny avoit aucun
©bftacle, les particules eii F séconleroient vers f; que bparticuleT s'écouleroit hors du Corps, amp; quil en fe-roit de même pour routes les particules lituées a la fur-face V C A E. Suppofons que la diiïiculté que le Fluidenbsp;é) louve en traverfant le Corps foit un obftaclc a 1Ecou-lement en F: nous verrons ci-deffous §. 93. note h ccnbsp;qui en eft. Mais, oü eft lobftacle a Vécouleraent parnbsp;T ? Sil sagifibit du Fluide éleftrique, on en trouveroitnbsp;un, en appliquant a la furface du Corps BCAE unnbsp;Corps coërcitif, cas que M. aepinus avoue lui - metnenbsp;§¦ 13 : mais ü ny a pas de pareils Corps pour lAi-mant ou le Fer «aême; or ceux-ci troubleroient ladhon.nbsp;Ce ne fauroit être l-attradion même du Corps B A furnbsp;le Fluide; car lorsque le Coipsefl dans fon état naturel,nbsp;cliaque particule eft autant repouflee par k Fluide même , quattirée par le Corps. La repulfion augmente eftnbsp;augmentant le Fluide, mais FattradHon du Corps eft invariable. La particule T eft done attirée avec la mêmenbsp;force que ci-devant, mais la repulfion au lieu dêtre R,nbsp;coramc il le faut pour être en équilibre avec lattrac-tion, eft plus grande que R de la quantité i^R«R' ;
0
done la particule T doit réellement être repoulTée
for-
-ocr page 215-fortir du Corps: rien ne la retient: il fe fera done né-cesfairement un écoulement du Fluide magnétique; rien ne fauroit Iempeclier, mais on peut empêcher celle dunbsp;Fluide éleClriqne.
II y a plus: la particule F eft repouffée vers t'. Sil y avoit en F un obftacle invincible, cette particule ne fenbsp;meuvroit pas vers F,mais fa repulfion ne cesferoit pas:nbsp;fon aétion reflueroit done fur les voifmes L amp;c., ce qui nenbsp;peut qu augmenter 1ccoulement du Fluide en T: il fe-roit done dautant plus grand quon fuppofe Iobftaele ennbsp;F plus confidérable. II eft done imposfible, niême felon les Principes employés par M. aepinus, que Ienbsp;Fluide magnétique ne fe trouve pas hots du Fer amp; denbsp;lAimant, N. d. T. ]
(d) [ Remarquons encore la difference, 'ou plutót Ia eontradiélion, qui fe trouve entte les Conclufions quenbsp;différens Phyficiens tirent des même$ Faits: Selon M.nbsp;aepinus Ie Fluide magnétique nexifte jamais hors danbsp;ï'er OU de lAimant; Selon M. »RuGMANs,ilya bieftnbsp;une Atmosphère de Fluide qui entoure lAimant amp; Ienbsp;Fer, mais elle ne peut êtie que dans un repos parfait,nbsp;[Tentonuna prop. u.] gelon M. Fuss au contraire, qujnbsp;2 fuiti en cela la plupart des Phyficiens, amp; furtout M.nbsp;EOLEB- dont il adopte la Théorie , les Phénomènes denbsp;1'Aimant ne peuvent sexpliquer que par Ie mouvementnbsp;progresfif du Fluide magne'tiqne. v. fes excellentes Oh/er-vations ftir les Aimans artificiels, infcrées dans les A£la Pe.
infolittmii pour 1778. Tom. i. p. 37. tfc LHjftojrc.
^74 ï- MÉM. P. I. jS'. lil. C,^. IVquot;. Ls fef
Inent ainfi nommées (^). Mais, comrnent dc-^ montrera-t-on que ce Fluide, sil exifte^ né*nbsp;fe trouve jamais hors du Fer amp; de lAimant?nbsp;Je ne connois pas dExpérience qui indiqiiece-ci diredement, ni indireclement, amp; M. ae-p I N u s nen allègue aucune ().
(e) [M. AEPiNüs les employe par rapport a lAi-* mant: car il elt du refte fort eloigné de regarder les at-traftions amp; les repulfions comme des forces inhérentes: ilnbsp;cft fi convaincu du contraire quil avoue, que fi loiinbsp;demontroit jamais que rattraftioii ne peut être produiténbsp;par impulfion, il fsroit obligé davouer quelle dependnbsp;de ladion dêtres immatdriels. Tmtam. p. 7. N. d. T. ]nbsp;() [Nous avons vu cl deffus (w« e de ce §.) que.nbsp;tnême en admettant les fuppolitions de M. aepinus,nbsp;cn eil obligé davouer quil fe fait un écoulement dunbsp;Fluide maguétique hors des Aimans, amp; qu'ainll il doitnbsp;y avoir daiitres Corps que les Corps fermgineux, qui ennbsp;dontiennent. Mais fuppolbns que nous nous foyons trom-pés la desfus, amp; fuppofons que les Corps ferrugineuxnbsp;feuls contiennent du Fluide magnétique. Sils en con-fiennent, ils en auront toujours coi.ttnu , amp; la quantiténbsp;£n aura toujours été la même, quelque changement quenbsp;ces Corps ayent pu fubir.' Mais il y a (v. ci-delTusnbsp;36. mte a.) des Mines de Fer refiadlaires qu'on ne fau*nbsp;fait aimanter avant la Calcination. II faut néanmoinsnbsp;qiielles contiennent dans eet état du Fluide magnétique,nbsp;puisquclles en contiennent par Ia fuiie, amp; que Ie Phlo-
gillique qu'on y ajoute dans la Calcination, nen con-
lieBÉ
-ocr page 217-§. 93. Maïs revenons a la difficülté cfue |e Fluide magnetiquc éprouve en fe mouvantnbsp;dans le Fei-. Qiiclque mol que foit celui-ci,nbsp;ce ne fera cependant quAvec qnelque difficülténbsp;que le Fluide sy meuvra: mais ü cela eft, ilnbsp;faudra quelque terns pour qiion puisfe sapper-cevoir de fon action. Cependant le Fer acquiertnbsp;la veitu magnérique dans le moment mêmenbsp;quil eft placé dans ratmosphère magnétique:nbsp;il perd en grande partie les forces quil a acquires au moment même quon Ten éloigne, amp;nbsp;fans aucun deki. A la vérité plus le Fer eft
épais ,
tient pas. Mais fi ces mines contiennent du Fluide ma-gnédque , amp;c néanmoins nobeiffent pas a 1Aimant; il faut que ce Fluide éprouve dans ces mines une beaucoupnbsp;trop grande refinance pour y pouvoir être mu, par Iae-tion des vigoureux Aimans quon employe: que cettenbsp;difficülté foit beaucoup plus grande quelle ne Ieft aprè®nbsp;la Calcination ; quelle le foit beaucoup plus quelle nenbsp;1 eft avant la Calcination dans les Mines refradlaires, puis-cuon peut aimanter celles-ci: ou.il faut que lePhloaifti-que, qui fe combine k baze du Fer, qui developpqnbsp;celle - ci, 8c la rend Fer parfait, foit anfli un des Siemens du Fluide magnédqnc, gn developpe la baze, .amp;nbsp;ie rend pour ainfi diie Fluide magnétique parfaitCesnbsp;fuppofitions font des fuites neceflaires du Principe admis:nbsp;inais y a-t-il la nioiudre experience, le moindre fait,nbsp;ui \i*nn^ a Iapptii de pareiUes affenions i N, d, T. ]
-ocr page 218-4-rö I. M É M. P.1. S. UI. C/t. IV. Le Per
épais, amp; plus il eft difficile de lui communi-quer la force magnétique, plus il faut de tems pour cela, comme il ell prouvé par les Expé-riences de M. jviusschenbroek (a).nbsp;Mais le contraire a lieu dans un grand nombrcnbsp;de cas, même en employant de lacier. Enfinnbsp;fi lon approche un Aimant dun autre Aimant,nbsp;les forces de celui-ci font augmentées ou dimi-nuées fiir champ: elks changent derechefnbsp;fans delai des quon óte 1Aimant. Pour mieuxnbsp;juger de ce fait, jai fait 1expérience fuivantc.
ExpÉr XLIV. Je place un Aimant a quelque diftance dune Aiguille; je marquenbsp;de combien de degrés elk eft détournée dunbsp;Méridien : enfuite jóte 1Aimant.
Jen place un fecond derriere le premier; êcaprès avoir óté celui-ci, je note de combiennbsp;de degrés rAiguilk eft détournée.
Enfin jemploye les deux Aimans k la fois. Sil ne fe feifoit aucun changement denbsp;forces, la déviation de 1Aiguille devroit êtrenbsp;égale a la fomme des deux forces précédentes,nbsp;légitimement exprimées par les tangentcs; maisnbsp;elk eft plus grande: done les forces saugmen-tent dabord 5c Jans delai en employant les poles
(lt;*) iDijfert. de k.arn. Egt;1. 31. iscjq. N. d. T-j
-ocr page 219-ks amis- On obrerve une diminution de forces , II Ton applitpe les poles ennemis lun a rautre {h).
(é) Void robjeétion que M. hemmeb. fait Centre la conféquence que je tire de ces experiences; ,, Que Ienbsp;,,Fluide magnétique puifle être mis en mouvement dansnbsp;,, un moment, même dans Ie Fer dur, cela ne prouvenbsp;,gt;rien: la même ctiofe na-t*elle pas lieu pour Ie Fluidenbsp;,, éleörique, même dans les Corps réfmeux amp; dautresnbsp;,,pareils, lorso^ui la presfion eji ajfez. forte? amp;C cependantnbsp;jjces Corps font de vrais coërcitifs, parCequils atti-,, rent fortement Ie Fluide életlrique en comparaifon denbsp;,,ce que font dautres Corps, comme les Métaux p.
ex. - Examinons cette objedion dans fes deuK
parties, amp; fortifions les raifonnemens du Texte.
I®. La difliculté que Ie Fluide magnétique éprouve 4 fe mouvoir dans les pores de 1Aimant eft telle que li lanbsp;forcenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;R (§. 91. note o), avec laquelle Ie Fluide
Q
F sécoule vers T, 8c tend par conféquent a fe remet-dans fon état naturel, amp; 4 décruire la force de l'Ai-mant, eft petite, eet écoulement eft détruit, ou fe fait du moins p Untemtnt que Ce nelt qua^rèr tres-longtermnbsp;quil en refulte un affoiblüTement de Magnétisme fenfi-ble. Voila Ie Principe que M. /ePInus établit a peu-près en autant de termes dans fon §. 86. Or, fuppo-fant pour un moment que Ie fait que ce Phyficien allè-gue en preuve de ce Principe, favoir, que les Aimans naturels amp; artificiels éprouvent a la longue uu afToibliffe-
1' © M E I.
Kienï
-ocr page 220-ment de foree, foit fufBfamment averé amp; ne proviennc pas dautre caufe (v. ci-delibus §. 98. mteh), il en re-ftiltera, felon M. apinüs , que la refiftance que la fub-ftance de ces Aimans apporte au mouvement du Fluide,nbsp;cft trés - confidérable, puisque ce neft qua Ia longuenbsp;que ces Aimans safFoibliffent; il sen fuivra eacore, quenbsp;plus Ie Fluide approche de fon état naturel, c. a. d. plusnbsp;lAimant eft foible, amp; plus il faudra de tems pour effec-tuer cette diminution de forces. Done ausli plus onnbsp;employe une force foible, amp; plus on aura de peine inbsp;faire mouvoir ce Fluide dans un acier trempé p. ex, carnbsp;il revient au même que cc foit la force (y~p«)R qui
produife Ce mouvement, ou une force étrangère égale a celle-la. Si done on a im acier pur, amp; quon employe un Aimant trés - foible, ou agiffant de trés - loin,nbsp;celui - ci detruira foibkment léquilibre naturel du Fluidenbsp;magnétique, contenu dans 1Acier: ce fera done une force trés-foible qui mettra ce Fluide en mouvement. Hnbsp;faudra done, en vertu du Principe admis, un temfs trh-kng pour que ce Fluide puiffe vaincre la refiftance quenbsp;I'acier oppofe a fon mouvement; mais cette conclufionnbsp;eft abfolument contraire a 1experience: car un Aimant,nbsp;même foible, amp; approche de très-loin a une Aiguillenbsp;d'ader extrèmement dur, qui nage fur Ieau, 1attire furnbsp;,le champ : il ne fauroit Tattirer quil ne 1aimante (pointnbsp;capital, avoué amp; prouvé par M. .t p i n u s): 1I' ne fauroit Iaimanter quil ne mette ie Fluide de cette Aiguillenbsp;en mouvement, quil ne 1accumule dans luie partie, ^
J»e le diminue dans 1aiitre : car eeft en ccla que l'aéüo
dai-
-ocr page 221-d'aimanter confifte felon M. «pinus. Une trés-petite force vaincS: done fur Ie champ, amp; en ün moment, iinénbsp;refiftance qu elle ne devroit vaincre felon la Théorienbsp;quaprès un long intervalle dé temps. Le même raifon-iiement a lieu poilr les experiences allèguées danslcTex-Celles - ci font done voir quil heft pas vrai que lenbsp;Pluide maghétique éprouve üne trh-^ande difficulté a fenbsp;mouvöir dans lacier oii dans lAimant, amp; par confé-quent que ces deux Corps ne fauroiênt être nommés denbsp;yrais Co'éfc'aifs du Fluide magnëtique. Lobjeétion de M.nbsp;HEMiiiER, lequel avoue linftantanéité du mouvement Jnbsp;pourvit que la presjlcn foit affiz grande , ne pörte done pasnbsp;Coup, piiisque eet efFet eft próduit par une petite force jnbsp;par line force pins petite que celle qui) felon M. .cpi-KÜS, rie produit cet effet quaprès un très-long terns.
Pour ce qui eft dq Iexpcrience élcétrique parallc-le, a laquelle M. it e m m e r recourt, 11 cite les expé-liences du P. beccaria fur lEleHrióté Vengehjfe, amp; leS fiennes propres inférées dans les Memoires de IAcddemiinbsp;it Man/ieimi Tome 4. p. ill. II 5agit dans ces Expé-riences d un Eleétröphóre excite quoh ifole èh le pla^antnbsp;fiir un plateau de Verre : Cé plateau fur uh gateau de fouf-fre . celui-ci fur rin disqUe de bois fee : ce disque fur Uiinbsp;gateiu de refine; enfiii celui - ci fur une lame de metal,nbsp;En touchant Cette lame Sc le Chapeau, de rEleélrophdrë ,nbsp;en fflemé terns y ou tirfe des étincelles tant en élevaiitnbsp;quen remettant le chapeau: tout comnie fi on totichöitnbsp;le chapeau amp; le plat de metal qui contient le gateau denbsp;lEleétrophore; preuye dit M. h emmer que le Chapeaa
»if
de M. AEPiNus lui-même fui' la propiilfion du centre magnétique (a).
(a) [Tentam. T/uor. F.leélr. cj- Magn. §. 183, feqq. Jaï fait moi-même quelques expériences fur ce fujet §. 49,nbsp;de mes Tentamina Theor, Math, de Phaenomenis magnetids,
Jajouterai enfin, qnejai trouvé de-puis peu par des experiences trés-nombreufes 6c tres - certaines, que les forces des barreaux da-cier aimantés, même des plus durs, font telle-ment variables, quelles cbangent a tout moment. Mais, je ne faurois préfenter adtuelle-ment mes recherches a 1Académie, quoiqucnbsp;jc pufle foumettre plus dune centaine dexperiences a fon jugement {b).
A u contraire, fi lon place un Corps élec-trife fur des Corps idioéleétriques, ceux - ci nen acquerront pas 1Élearicité (c)
{b) [La raifon en eft que ces Experiences étoient conlignées dans mes Recherches fur les Aiguilles a'mantées,nbsp;couronnées par lAcademie de Paris en 1777, amp; que cenbsp;Memoire auroit pu paroitre avaht que lAcademie de Ba-viere eüt porté fon jugement fur la préfente disfertation.nbsp;V. §. Z7I-2,80 de ces Recherches imprimées dans Ie To
mé VIII. cUs Memoires préfentés a l Académie par des Savans Etrangers. Qu trouvera dexcellentes Experiences fur c«nbsp;fuj^t dans Ie fecond Tome des Voyages de M. Ie Pro-felTeur de saus sure. N. d. T. ]
(c) [M. HEMMER place eet article au rang des mc-¦prifes qui fe trouvent dans cette Seélion, amp; dont il ne nous refte plus qua examiner celle-ci. Void 1objeétionnbsp;,, Quon tienne un verre bien net amp; bien fee , ou un batonnbsp;,, de foufFre 8cc,, contre Ie condudeur éledrifé , on trou-
. vera
-ocr page 224-§. 95. On ne fauroit done foutenir qiie Ic Fluide magnétique fe meut avec une extrémenbsp;difficulté par le Fer, amp; par TAiinanti aunbsp;poins ny a-t-il aiictine experience qui le dé-montre. On ne peut done pas comparer a eetnbsp;égard le Fer aux Corps idioéleftriques («).
Ils
jj'veva que ces Corps deviennent éledriques, ce qai eft ,, contraire a ce que lauteur avance.
Je fais bien que ces Corps donnent dans ce cas des li* gnes dÉleiftricicé: mais ils font plus dus a la furface , 5cnbsp;a IAit anibiant, qui neft pas un coërcitif parfait. Lenbsp;fupport coërcitif dun Conduéfeur attire ordinairementnbsp;«n leger duvet, tant par la raifon que nous venous dal-lèguer, que par ce quil eftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Atmosphère clec-
trique: maia lifolement prouve que les ifoloirs ne deviennent pas éleftriques dans toute leur masfe par Ie COntaét de Corps éleftrifés: au contraire de cc qui a lieunbsp;pour le Fer , qui devient magnétique dès quil eft en con-itad avec un Aimant; ou dun autre Aimant, dont ksnbsp;forces augmentent ou dimmuent dans le même cas, amp;nbsp;fur le champ, amp; par toute la masfe. II fuiht mémenbsp;quils foyent placés dans une atmosphère magnétique,nbsp;Ne fa ut-il pas au contraire, pour charger un carreau,nbsp;Farmer comme il faut, c. a. d. y appliquer une doublurenbsp;qui y fasfe pénétrer le Fluide ékdrique par une infinknbsp;té de points a la fois, amp; conféquemment avec une gran-t.nbsp;de force. N. d. T. ]
(4) [Quelqne Théorie quon veuiUe admettre, les Phénomènes de lifolement, ceux de la charge dun car-jeati (§ 2a.) prouvent quil eft des Corps que le Fluid®
élcGt
-ocr page 225-6? l' Aim ant comparés aux Corps idioêleBr. 1B3
I L s fembleroient, a la véiité, pouvoir être comparés enfemble en ce fens, que, commcnbsp;toute la force éleftrique quon obferve dans lesnbsp;Corps conduéteurs provient des Corps idioe-lectriques, amp; quc ceux - ci font la fource denbsp;toute Éleétricité: de même ausll tout le Ma-gnetisrne du Fer provient de IAimant, ou dunbsp;déja aimanté, de forte que lAimant pa-roit être la foutce de tout Magnétisme. Maisnbsp;une pareille comparaifon eft trop vague, amp;nbsp;trop indéterminée pour pouvoir être daucunnbsp;uPage; En efFet on pourroit dire de méme, 8cnbsp;avec autant de droit, les Corps idipéleétriquesnbsp;font la fource de toute Eleétricité : Ic Soleilnbsp;eft la fource de toute Lumicre: done le Soleilnbsp;peut être comparé aux Corps idioéleclri-ques \b).
éledlrique traverfe avec peine ; qui en font des coëreitifs pius Qu moins parfaits. On peut done admettre commenbsp;im fait quii y j coëreitifs du Fiuide éleélrique ; maisnbsp;nous avons vu s. pj,. ^ lAimant neft pas dansnbsp;Ic m'ême fens un coërcitif du Fiuide magnétique. N.d. T.]nbsp;(^b) [M. STElGi. EHNEK. attribue iÉleëirkité amp; lenbsp;Magnétisme a tous les Corps de eet Univers, a toutesnbsp;les Planètes amp;c. mais ceft lur dés fondémens trés dific-reni de ceux dont je parleici: Voyei les §§. 9?.. 93. denbsp;fa Disferution. N. d. T. ]
§. 96. Lanalogie de lEleftricité amp; du Magnétisme ne paroit done pas fort folidenbsp;par rapport aux Corps idioéleétriqnes, puis-qu'il ny a aucune expérience qui prouve quenbsp;TAimaiit agit fur Ie Fluide magnétique de lanbsp;même maniere que les Corps idioéledtriqvres Fu*nbsp;Ie Fluide élcétrique {a). II ny a cependant
au-
(a) [En ne sarrétant auaux faits, 1Expérience me paroit prouver quil y a des dilFérences dans ces adlions.nbsp;Voici les principales. 1°. Que FAimant conferve plusnbsp;longtems Ie Fluide magnétique dans la dispolition quilnbsp;Ie faut pour être Aimant, que les Corps éleélrifés nenbsp;confervent Ie Fluide éledirique dans létat requis pournbsp;être éleflriques: a'. Que 1Aimant poflëde toujours Ienbsp;Fluide magnétique dans létat requis pour avoir deux forces oppofées: au lieu que les Corps eleétrifés poffedentnbsp;Ie Fluide éleftrique de fa^on quun feul amp; meme Corpsnbsp;peut être ou entièrement pofitif, ou entièrement nega-tif, OU doué des deux forces. Ces dilFérences provien-nent dans Ie fyftème de M. a e p i n u s, de ce que Icnbsp;Fluide magnétique fe meut beaucoup plus difücilemenrnbsp;dans les Corps ferrugineux que Ie Fluide éledrique dansnbsp;les Corps cocreitifs: amp;: alors il sy joint encore ime troi-lième dilFérence , que M. h e m m e r admet lui - mêmenbsp;immédiatement après avoir dit que M. aepinus a eunbsp;raifon détablir une grande analogie entre lFileélricité amp;nbsp;Ie Magnétisme, a 1égard des Corps coëreitifs; ceft quenbsp;Ie Fliride éleftvique palFe dun Corps dans nn autre, ce,nbsp;«p,ue Ie Fiuide magnétique ne fait pits. N. d. T.J
-ocr page 227- -ocr page 228-fe préfente des labord cette difference, quil y a de^ Corps qui attirent, qui conduilent Icnbsp;Fluide éleélrique, amp; qui, ausll longtemsnbsp;quils Ie retiennent, font entièrement fcmbla-bles aux idioélecti'iques; mais quil nen eftnbsp;point qui attirent Ie Fluide magnétique (f).nbsp;Je ne vois done pas quil refulte de cette Analogie, fiippofé quelle ait lieu, une veritablenbsp;reffcmblance. On pourroit faire un pareil rai-fonnement pour la Lumiere, amp; peut-être pournbsp;Ie Feu ().
(e) fM. AEPiNus a fenti lui-même cette difference : voici comme il sen exprime dans Ie §. 4. de fes Tt77tamina. ,, Je fuppofe qtie ces Fiuides éledrique amp; ma-3 gt; gnélique font doués de propriétés trés - différentes amp;nbsp;ne fauroient coexifter dans un fcul amp; même fujet.'nbsp;5,amp; la principale amp;: Ia plus remarquable des ces pro-.j,priétés eft qiie la matière éleélrique eft attirée par tonsnbsp;,, les Corps [qui nous font conmis jusquici, 8c quaunbsp;5, contraire Ie Fluide magnétique néprouve aucune ac-,,tion de la plupart de ces Corps: excepté duFerfeul.quot;nbsp;II eft encore dautres differences, que nous avons enu-niérées dans la note a: or, ces différences ne font pasnbsp;accidentelles mais eflentielles , puiSquelles refultent denbsp;la manière méme dont ces Fiuides agisfent fur les Corps.nbsp;N. d. T.J
() [M. BAMMACARi legardc Ie foleil amp; Ie Fer comme des Corps originairement amp; naturellement éleéfri-
ques*
-ocr page 229-Cs? PAimant coniparês mx Corps.idioéktir.
§. 97. MaiSj quand on fuppoferqit que ie Fer 6c lAiinant font des coërciüfs du Fluïdenbsp;niagnétique, il faudroit recherclicr encore silsnbsp;luivent dans cette fondtion les memes Loixnbsp;que les Corps idioélcétriques par rapport aunbsp;Fluïde éledtrïque. Nous avons déja parlé (§.nbsp;45- §. 3- note c) des dïfférens degrés de puïs-fance coërcïtïve. On y peut ajouter ce quenbsp;hous avons dït qï-deflus des moyens par lesquelsnbsp;les Corps coërcïtïfs font changes en conducteurs (§. Pgqq ^ 40.)» Sf de ce quï anbsp;lïeu a eet égard pour Ic Fer. Nous avonsnbsp;ausfi dït un mot de 1ignition (§. 73.) ajouquot;nbsp;tons y quelque chofe de la chaleur.
§. 98. M. c A NT o N a tïouvé que les forces magnétiques font affoïblïes par la chaleur, amp; rétablïes par Ie froïd (a). M. polepressnbsp;avoit déja faït voïr longtems auparavant, quunnbsp;Aimant mïs au feu, amp; fort échauffé, eft beau-coup affoiblï; maïs quïl recouvre fes forces au
bout
4UCS f fans avoir eté excites. XentamlTi^^ de Vê ElecïvicA 6. N. d. T.]
S CHEN-
{b) Phikfapk. Tranfaci. N°. 17. Vol. I. p. 501. [Cet ef-fet neft - il pas direAement oppofé au fyftème de M. AEPiNus? Si 1Aimanc seft afFoibli dans Ie Feu, cenbsp;fera, felon M. aepinus, ( V - gi desfus §. 90. note a)nbsp;parccque Ie mouvement du Fluidc eit devenu plus li-bre, amp; quainfi celui - ci aura pu obeir a la caufe dé-ft: udtrice interne , favoir récoulement du Fluide magnéti-que du coté pofitif dans Ie coté négatif: (v. §. 92. c.nbsp;§. 93. b.) écoülement qui remct Ie Fluide en équilibre,nbsp;amp; dans fon état naturel. Mais Ie Fluide une fois remisnbsp;dans cet état, ne fauroit en fortir de foi-même, amp; sac-cumuler dérechef dans une partie'de 1Aimant, ce quinbsp;doit ¦ cependant avoir eu lieu ici, puisque FAimant anbsp;recouvrc fes forces. Cet effet a done dü avoir quelquenbsp;caufe externe: mais il ny en a aucune que Ie Magné'nbsp;tisme terreftre : fi celui - ci a produit TefFet en queftion,nbsp;il ne peut 1avoir produit quau cas que lAimant ait éténbsp;placé a peu-près dans Ie Meridien magnétique, fon polenbsp;botéal tourné vers Ie pole boréal du Monde: Mais silnbsp;peut produire en ce cas un etfet ausfi confidérable (que denbsp;forts barreaux peuvent produire ausü v. aepinus §.273.)nbsp;il pourra produire un effet contraire fl lAimant eft placénbsp;dans une lituation oppofée, comme des barreaux aiman-tés Ie produifent ausfi en ce cas (v. gi-desfous §. zod,nbsp;amp; AEPINUS §. 359. 360.). Or, fi cela eft, ceft trésnbsp;certainement a cette caufe quil faiit attribuer laffoiblis-fement fpontané amp; naturel des Aimans que M. aepinusnbsp;allcgue en faveur de fon fyftème (v. qi desfus §. 93. nottnbsp;b) Si non a la caufe interne de deftmelion gratuitement
fup'
£? V Amant compares am Corps idioêleBr. 1S9
SChenbroeK {c) a expofé pendant cinq Meutes un Aimant a un feu trés-violent: 8c ilnbsp;^ trouvé quétant refroidi, eet Aimant ne pou-voit pas attireï la limaille de Fer, quoi-quil agiffoit un peu fur une aiguille de fixpou-ces, a la diftance de fix lignes.
Le feu change done 1Aimant, tout com-quelques Corps idioéleétriques, mais il ne lui pas la facilité de recevoir la force ma-gnétique: car M. l EMERY a trouvé que lanbsp;poudre dun Aimant ainfi calciné eft attirée parnbsp;un autre Aimant {d). Si done le Fer étoit unnbsp;Conduéteur, lanalogie feroit plus admisliblenbsp;entre lAiraant 8c les Corps idioéleélriques.
fuppofée par ce Phyficien: Et ce qui prouve que cette caufe externe eft ici la feule veritable, ceft que eet afFoi-blisfement fpontané des Aimans na lieu, que lorsquilsnbsp;ce font pas piacés dans la fituatlon convenable. M. ae-piNus en a eu lui - mêine qui nont rien perdu de leurnbsp;force pendant fix mors. N. d. T ]
(c) Dijfm. de Magnete p. pi. 29.
(if) Mem. de i Academie 1706, p. 135. [ M. M u s-scheneroek a trouvé la méme chofe dans fon expé-lience, citée note e. LAttraélion de lAimant fur cette poudre ctoit trés - forte, Sc fe faifoit déja a Ia dülan-te de deux on treis pouces. N. d. T. ].
-ocr page 232-pe, qiroii peut en un eeitaiii fens comparer rAimant aux Corps, idioélectriques, rnais qüénbsp;Cette Analogie neft fondée fur aucune Expé-rience dircdte ^ amp; quelle neft pas de nature %nbsp;indiquer une véritabie reflembiance entre TÉ-leftricité amp; Ie Magnetisme («). R.ien ne
prou
(lt;?) [N.ous avons vu dans les §§. précédens, amp; dans les notes far ces §§ combien cette analogie eft foible:nbsp;elle neft quune pure fuppofition, amp; d la quelle les Phé-nomènes né font pas conformes. La force de lAitnantnbsp;neft due, dans Ie fyflcme de M. aepinus , quk lac-CHinuktion du Fluide dans une de fes parties, amp; a fa diminution dans lautre; 1Aimant he feroit done pas unnbsp;Corps dont Jétat fut ejfentklknient flabk , puisquil y au-ïoit toujours une caufe externe (rédoulement du Fluidenbsp;dune partié daris I'aütre) amp; deux caufes externes de de-ftruélion; fav. lécbulement du Fluide hors de la partienbsp;politive , 8c Can eiittóe du Fluide extérieur (fuppofé quijnbsp;y en ait) dans la partie negative: Mais tout ceci eft op-pofé aux Phénomènes, puisque les Aimans les plus vi-goureux confervent parfaiteiiient leur force pendant tres-longtems, amp; que la refiftance que Ie Fluide éprouvenbsp;dans les Corps eft asfez petite pour quune .^petite forcenbsp;la piüsfe vaincre (§. 93-.note b §. p8. note b). Cettenbsp;Théorie coiivient mieux a lEleiftricité, puisquil eftnbsp;de fait que la force des Corps éleftrifés saffbiblit promp-tement, 6c que les Phénomènes des carreaux éledriquesnbsp;fournisfent des raifons plaufibles détablir que Ie Fluidenbsp;y eft accumulé dans une partie, amp; diminué dans lautre* De plus, la fuppofitioH que Ie Fer. attire Ie Fluide
luag:
-ocr page 233-prouve, quil eft, outre lAimant, aucun Corps coërcitif du Fluïde magnétique, tandisnbsp;quil y a un grand nombre de coërcitifs dunbsp;Fluïde éleébrïque. II eft done néceiTaïre dcxa-miner dautres Phénomènes poui' iavoir sïl ynbsp;a une vérïtable Analogie ou non.
Au RESTEjComme M. a e pi nus nad* aucun Corps Conduétcur du Fluïde ma*nbsp;gnétique, lAnalogie quil établit entre lElec-tricité amp;c Ie Magnétisme, na lieu que pour lesnbsp;Phénomenes de lAimant öc ceux des CorpSnbsp;idioélectriques (^).
SEC^
magnétique, amp; que les particules d@ celui - ci fe repous- fent , font précaires. Enfin la fuppofiiion que Ie Fluidenbsp;cft uniformement accumulé dans une partie, amp; unifor-mement diminué dans 1autre neft pas admisfible : M.nbsp;aepinus convient quelle neft pas exaöe, amp; quH éftnbsp;des cas oü lon fe tromperoit en sen fervant {Tentam. §.nbsp;i8i. feqq.). Je doute done très-fort, quoiquen difenbsp;'M. aspinus, que des Calculs, établis fut une pareillenbsp;baze amp; fur telles fuppolitions, foycnt propies a dé-ir.ontrer la \érité dun fyftèine. Nous pourrions entrernbsp;la es us ans un plus grand détail sil sagisfoit de discu-ter tout Ie fyftème de M. aepinus; mais ce nen eftnbsp;pas ici Ie lieu. N. d. T. ]
{b) [M. AEPiNus a fenti lui-mêine ces difficultés; cat outre lendroit cite dans la note du §. 96. amp;nbsp;quon né diroit pas être Ie langage d'un zelé partifan de
JAnalogie entre rEIeftricité amp; Ie Magnétisme, void comma il sen exprime §. j. ,,I1 y a un nombre in-,, nombrable de Corps qui agisfent fur Ie Fluide éledri-,,que, amp;c fur lesquels celui-ci agit reciproquement, 8cnbsp;5, dans lesquels ce Fluide fe meut très-librement, 8c fansnbsp;5, aucune dlfUculté. Mais il n y a pas de Corps dansnbsp;-, lesquels la même choie a lieu pour Ie Fluide magné-5,iique. II ny a done dans route la doétrine magnéti-que aucim Pliénomène de Corps pour ainfi dire w»-fitnagnétifies par enx-mém!, au lieu que ceux des Corpsnbsp;,, non - éleöirifaes par eux - mêmes font tres - nombreux. Lenbsp;,, Magnétisme noffre done aucun Phénomène analoguenbsp;:^,a ceux qui font prepres aux Corps non - éledriquesnbsp;5, par eux-mêmes: mais lanalogie na lieu que pour lesnbsp;^,Phénomèncs des Corps éledriques par eux-mêmes.nbsp;^, On ne doit cependant pas sattendre a trouver ici unenbsp;\,convmmce compktte: car, le Fer, au moins le Fcrnbsp;Vj trempé , diifére encore notablement des Corps éleöri-ques par eux - mêmes, en ce que ceux-ci fournisfentnbsp;j, dans Icurs Pores un mouvement plus facile au Fluidenbsp;éleClrique que le Fer nen fouinit au Fluide magncti--y,que. N. d. T. ]
-ocr page 235-§. loo. iroifiènie Quëftion que je ma (Itis piopofé dexajtiïner eft, Ji /s» peut fairinbsp;une comparaifon entre V Armure de 1'Aimant £5?nbsp;la Bouteille de Leide ? Pour la traiter comme ilnbsp;faut,jereduirai a quatre chefs ce que jai a direnbsp;fui ce hijet.
1°. Je feiui quelques reflexions préliminai-res fur cette Quëftion en général, afin quon fache fiir quels Phénomènes la comparaifonnbsp;doit rouler.
'2-- Jexaminerai Ie fentimentde M.
CIGNA.
3 J E discuterai la comparaifön quC M. franklin a faite.
4°. Enfin je developperai qtielques phénomènes nioins généralement connus, amp; qui pourroient fournir des chefs de comparaifou.
CHA-
tome I.
-ocr page 236-1^4 I-MEMO I RÉ. P. I. 5'. IV. I.
CHAPITRE I.
Reflexions préliminaires fur cette comparaifon.
%. 101. Si nous compaions tons les Phéno-mènes de la Bouteille de Lelde a ceux dun Aimant arnié, nous trouverons certainementnbsp;de grandes differences. On tire de la Bouteille de Leide une forte étincelle capable de fon-dre les métaux les plus folides, de bruler differnbsp;rens Corps. Nous éprouvons par fon moyennbsp;unc forte commotion, amp; plufieurs autres ef-fets du même. genre, qui nont certainementnbsp;pas danalogues dans le Magnétisme, amp; qui ferment par conféquent une fi grande différence,nbsp;quil pourroit paroitre étonnant, au moins aunbsp;premier abord, quon ait jamais fait de comparaifon entre IAimant armé 6c la Bouteille dcnbsp;Leide. ¦
M AI s , quoique les Phénomènes detrui-fent, a ce quil me femble, toute identité entre les deux Fluides, ils notent pas, au moins au premier abord, toute reffemblance entreux#nbsp;Cecl merite detre examine en détail.
-ocr page 237-$. loa. La commotion quon épróuve pai* la Bouteille dc Leide a lieu, parceque ienbsp;Fluide éledti'ique palTe pat notre Corps, amp; mecnbsp;en mouvement celui que ce Corps contient. Sinbsp;done notre Coi'ps, ne contenoit aucun Fluidenbsp;éleftrique, fi de plus il doiinoit un paffage par-faitement libre a celui ^ qui fortant de la furfacenbsp;pofitive de la Bouteille, doit^ en paflant pafnbsp;notre Corps entrer dans la furface négative,nbsp;nous néprouverionsj tres - vraifemblablement,nbsp;aucune coiTirnotion. Mais, notre Corps nenbsp;contient que je fache aucun Fluide magnéti-que (^): il concede un pallage parfaitemeiit
li-
{a) [M. steiglehner eft duii fentimeiit très-dif-fdrent: voyez le §, 157. de fa differtation. Je me ferois peut-être exprimé un peu autrement ft javois fait reflexion eft écrivant cet article que notre fang cotitientnbsp;un grand nombre de particules de Fcr, amp; que le Fefnbsp;pent contenir du Fluide magnétique: je dis pent: il ennbsp;contient furement, fuppofé rexiftenCe de ce Fluide , quandnbsp;il eft aimanté. Plufleurs Phyficiens difent quil en con-tient toujours . qu il en eft le liège naturel; mais javoucnbsp;ne pas fentir la force des argumens dont on étaye cettenbsp;affertion: elle ne me paroit être quune fuppofitionjnbsp;quon employe pour expliquer les phénomènes, amp; quinbsp;ne peut acquêrir de probabilité que par fexaditude denbsp;jette explication mêmc: dailleurs il eft ausfi des Phyfi-
ciens^
libre a celui qui vknt de debor? (^). II neft done pas etonnant, même en fuppofant quenbsp;tout le refte foit parfaitement égal des deux cotes , que nous néprouvions aucune commotion magnétique, femblable a la commotioa_nbsp;clectrique.
§. 103. Cest des mêmes Principes, c. a, d, de Iadion du Fluide extérieur fur 1inté-ricur, qiiil faut déduire 1explication des Phé-nomènes que les Corps font brifés amp; brulés parnbsp;rÉlcétricité. II nefl: done pas étonnant dcnbsp;nen pas rencontrer de pareils dans le Magnétisme.
Cette exception ne paroit cependant pa* ausii fatisfaifante pour ces Phénomènes la que
ciens, parmi ceux qui érabiiflént que le Per eft le fiè-ge naturel du Fluide magnétique, qui penfent, que ce Fluide environne tout le globe terrellre jucquil une cer-jaine diftance amp; traverfe le globe même. N d. T. ]
(^) [ On a vu §, 92 , que je penfe ainfi: Mais M, aepinus amp; steiglehner penfent difSéremment,nbsp;puisquils étabülTent que le Fluide magnétique ne fe tro«-ve jamais hors du Fer ou de IAimant, quil ne fort jamais de ces Corps. En adoprant ce fentiment, cc quenbsp;nous difons aura lieu a plus forte raifon, puisque le Flui-de magnétique na en ce cas aucune aélion fur les Co^nbsp;jion - fetrugineux. N. d. T. J
-ocr page 239-197
Reflexions prêliminaires.
pour la commotion- Car fi nous employons ün excitateur, qui ne foit au milieu quun filnbsp;de laiton foit mince, ce fil lera brifc, fondu,nbsp;par le Fluide éieétrique, fi 1on fe feit duncnbsp;tres-forte Bouteille. Or, cet excitateur nenbsp;fait que conduire le Fluide eledtrique. Si donenbsp;on établit que le Fer eft un Condudleur dunbsp;Fluide magnétique, ne devroit-on pas, ennbsp;appliqnant un fil de Fer aux deux pieds de 1ar-mure, obtenirun effet pared: ce quon nob-ferve cependant pas. Mais, comme ce Plié-nomène eledtrique depend ,tantde la viteflequenbsp;de la quantité de Fluide qui pafle a la fois {a),nbsp;ou pourroit dire que ce Phénomène na pasnbsp;lieu pour le Magnétisme, pareeque le Fluidenbsp;magnétique coule plus lentement ou en plusnbsp;petite quantité que le Fluide éleeferique : quonnbsp;ne fauroit done conclure une véritable diffé-rence de cette diverfité apparente j que tout
ce
(a) [ Ausfi peut-on eprouvcr fans Bouteille une fen-fation femblable a la commotion, en tirant, lorsque l']i,led:ridté eft trés - forte , une Ample étincelle : com-me p. e-s. d un Cerf- volant éleélrique en terns dOragenbsp;amp;c. Mais ces Phénoinènes font fort connus. M. Volta a parfaitement développé ce point dans fon beau Me-Hioire fur la ct^cité des Conduêleurs. Journ. de Phyf, 'p
3Q1I. p. Z49- fur tout p. 258. 9. §. u, N. d. T. I
ce quon en pourroit déduire revient a ceci j que Ie Fluide magnétique agit avec moins dé-nergie fur Ie Fer, que Ie Fiuide électrique fuïnbsp;les Conduéleurs de lEledtricité.
§. 104. Quoiquil en foit, il eft clair, quii y a dans la Bouteille de Lelde quelquesnbsp;Phénomènes différens, foit par leur nature,nbsp;foit accidentellement, de ceux que prcfente unnbsp;Aimant armé; amp; ces Phénomènes font ceuxnbsp;de rÉtincelle foudroyante, de la Commotion amp;c.
E N établiffant quelque Analogie entre Tai'-mure de 1Aimant, amp; la Bouteille de Leide, il faudra done faire abftraftion des Phénomènes dont nous venons de parler, pour ne porter fon attention que iur lattraétion, la communication des forces, 6c dautres Phénomènes fembiables.
CHA-
V,
-ocr page 241-^xpejition du fent'ment de M. CIGNA. 19^
Expofition du fentiment de M. 91 g N 4.
§. 105. M. CIGNA compare Iar^ure de 1Aimant a la Bouteille dc Leide, dapresnbsp;Es Principes fuivans («)
L E Fluidc magnetique ne fe meut dans mant que felon une ceitaine direftion: 11 ne.nbsp;fauroit done couler le long de la furface des.nbsp;Poles, 6c y être raffèmblé.
De même, ou couvre les furfaces des Ai-mans de Lames de Fer, afin que le Fluide magnétique puiffe couler a travers elles, 6cnbsp;être raffemblé.
Cette coniparaifon de M. cigna eft done fondee fur ces quatre hypothèfes.
i. Que le Fluide magnétique ne fauroit
COU'
(lt;?) Miscell. Ttmnnmpa. 1. c. §. 2i.
couler Ie long des furfaccs de TAimant; ce qux reviendroit, en quelque foite, a dire, que Icnbsp;Fluide magnétique penêtre lAimant difficile-ment;, Sc a établir une certaiixe force coërciti-ve. Nousavons parlé de cette hypothèfe a lanbsp;fin de la Section précédente (§. 95. 96.) ennbsp;cscaminant Ie fyftème de M. AEPINUS.nbsp;Adaispouvle préfent, nous Tadmetterons,nbsp;aquot;. Que Ie Fluide éleétrique ne coule pasnbsp;Ie long des furfaces du Verre, ou des Corpsnbsp;idioéleétriques, Jadmettrai ausü qette hypo*nbsp;thèfe.
3°. Que Ie Fluide éleétrique efl: raflem-blé par les Corps Conduéteurs dont ou couvrc Ie Verre, ou par iArmure.
4°. Enfin, que lArmure de lAimant lalTemble ausil Ie Fluide magnétique, Ie con^nbsp;duit vers un coté determine, 6c ly condeu»
%. J06. La comparaifon eft done entiere,-jnent fondée fur ce que les Armures éleétriques gc inagnétiques raflemblent Ie Fluide éleétriquenbsp;ou magnétique. Mais M. cigna nallèguenbsp;aucun argument poqr prouver ces hypothèfes:
il
{Xgt;) iM, §, 2^. 24.
-ocr page 243-Ëxpojition du fentinient de M. cisna. aot
jl celle qui conceme rÉleftrické, mais il ne sen feit pas, 6c il neii déduit aucun cor-rollaire. II avance celle qui concerne la forcenbsp;delArmure magnétique, amp; il en tire des con-clufions, dont il tache de montrei' Ie parfaknbsp;accord avec les Phénomènes.
Cette comparaifon me paroit done très-peu folide, puisquelle éft fondée fur deux hypothèfes, qui ne font rien moins que certai-nes. Examinons les en peu de mots.
55 La r m ü r e éledtrique rajfemble Je Fluïde éleSlrique.quot; jg p^jJ donnet que deux fensnbsp;R cette propolition.
Premier fens. LArmuve conduit dans une certaine partie déterminée du Verre 5 6c ynbsp;condenfe Ie Fluïde, qui étoit auparavant dis-perfé par tout Ie Verre.
Second fens. LAnnure.regoit,conduit, ralTemble, condenfe én elle-même Ie Fluidenbsp;qui étoit dans Ie Verre.
§. 107. pouR ce qui eft du premier fens, il feia certainement admis par ceux qui fuiventnbsp;Ie fyftême de M. f r ^ n k c i n , qui établit,nbsp;que dans la Bouteille de Leide, Ie Fluids é-leétrique eft accumulé dans une des furfaces,nbsp;6c que dans lautre, il eft au contraire diminuénbsp;au desfous de fa quautité naturelle. Mais, quoi-
^ 5 nbsp;nbsp;nbsp;que
-ocr page 244-I
que je fois moi-meme de ce fentiment (lt;?), ce fens nen paroitra pas moins hypothétique anbsp;ceux qui font dune opinion différente. Dail-leurs dans le fyftème même de M. frank-XINj le Fluide eft raffeniblé par une des Ar-mures dans toutc la furface qui lui eft contigue , mais il neft pas ralTejiiblé dans une par-tie déterminée; amp; par conféquent ce premiernbsp;fens neft pas admisflble a tous égards: furnbsp;tout puisquil ny a quune des Armures quinbsp;ralfemble le Fluide, amp; que Iautre au contraire le repouffe, le diminue, 6c vuide a peunbsp;prés la farfage a laquelle elle eft attachee.
§. io8. Mais, il eft évident que M. c i-. G N A a entendu la propofttion que nous exa-minons dansle fecond fens jfavoir quelArmurenbsp;reqok amp; condenfe le Fluide en elle-même.*nbsp;car autrement la compavaifon quil établit entte rArmure de IEledricitd amp; celle de IAi-mant, nauroit lieu daucune maniere , puisquil eft fur, que rArmure de IAimant regoit
la
(a) [Lcs Fairs que je connois me paroiffent etabliir ce fentiment avec la plus grande vraifemblance -. je nad-mets cependant pas que le carreau ne fe charge que parnbsp;fon propte Fluide: M. a e pin us me paroit avoir dé-montré que ce fyftcrae neft pas exadl fnr ce point. Onnbsp;peut confulter ausfi les Experiences de M. mar at dansnbsp;fes Eechenfus fur ÏEkHrUïtk p. Il6. N. d. T-]
Expojïtion dufentmentde ^4. cigma. aog
la force, Sc par conféquent dans Ie fyftème regu, Ie Fluïde magnétique. Maïs il menbsp;ifemble, que toutes les expériences fontnbsp;oppofées a ce fentiment, que FArmure denbsp;la Bouteille de Lelde rcgoit, condenfe jnbsp;raffemble en foi-même Ie Fluïde éledtrïquejnbsp;puisquen ce cas, ce qui eonftïtue la charge,nbsp;de la Bouteille refideroit dans l'Armure amp; nonnbsp;dans Ie Verre mênie, au contraire de ce qui anbsp;lieu, comme Ie prouve la belle analyfe que M.nbsp;frankun a faïte de ia Bouteille de Lelde. nbsp;Jai fouvent repeté cette experience avec Ienbsp;même foccès, amp; ceft daprès dautres Phyll-ciens que je la fais tres - cömmodément de lanbsp;manière fuivante.
ExpÉr. XLV. Je pvends un carreau de Verre, maïs auquel les Armures ne font pas at-tachées: je Ie charge: jóte-enfoite les Armu- »nbsp;res, amp; je les touche, afin quelles fe déchar-gent de toute lEleftricité quelles pourroientnbsp;avoir. Je replace entre les Armures Ie carreaunbsp;jai tenu ifolé pendant ce tems: je touche les Armures, Sc iéprouve la commotion.nbsp;Cette experience ramp;usfit toujours lorsque Ienbsp;tems eft fee, Sc rEleStricité favorable. Lanbsp;forqe^ OU comme. 1on park dordinaire, maisnbsp;impropreraent, la charge, neft done pas dansnbsp;les Armures mais dans Ie Verre.
- C o N-
-ocr page 246-a04 I. M É MO I RE. P. I. S. IV- CA. ir,
CoNCLuoNS dece qui vient detre dit, que la première partie de la comparaifon, la-voir que Ie Fluids éleftrique eft ralTemblé parnbsp;les Armurps qui couvrent la lUrface du Verre,nbsp;secarte du Vrai.
5. 109. Pass ONS a la feconde partie de la comparaifon, favoir, que la force prodigieu-fe de 1Armure magiiétique pro vient de ce quenbsp;1Armure transporte, raflemble Ie Fluide mag-nétique, amp; Ie condenlê dans une partie deter-minée, dans Ie pied de TAnnure.
Cette explication de lArmure nappar-tient pasaM. cigna feul. M. du tour en avoit donné une femblable des 1747, amp; ilnbsp;a taché de la prouver par des experiences tres-ingénieules («). M. BRuoMANsena pro-. pofé une pareille (^). ,, Le Fluide magnéti-,5 que, dit-il, qui étoit dirigé vers le pole parnbsp; des rayons divergens, eft foutiré par TAr-
mu-
(a ) Ej/ai Jur LAitmnt §. 17. Dans le Bjecmth des Prix de l'Académie. Temt V.
(è) Tmtam'ma p. 17. [Si ces expresfions d'épome, de feutirer, de rajj'emker, ne fe prennent pas ici dans Ic fensnbsp;propre, cette explication perd toutc fa force; amp; javouenbsp;que je ne faurois men former aucune idéé, sil faut lesnbsp;prendre dans le fens maaphorique. v. ei-deffus §
R d, T.j
-ocr page 247-Ëxpofitim du feniment de c igna,
^ mure comme par une éponge-, il eft intercep- té, concentre : 6c ceft ainfi quun faisceau ,5 entier dun nombre innombrable de rayonsnbsp; paffe par Ie pied de lArmure, pour être ras-55 femblé de nouveau par Ie contaSl [ou lepor-55 tant~\ qui joint les deux pieds: par oü lac-55 tion du Fluide doit être étonnemrrient aug-,5 mentée.
I L eft aifé de sappercevoir que cette explication eft entièrement fondée fur Ie Principe ¦que Ie Fer eft un Condufteur du Fluide mag-nétiquej Principe que nous avons déja, refute.nbsp;Mais 5 fuppofons en la vérité, 6c faifons voir , ¦nbsp;que même dans cette hypothèfe, lexplicationnbsp;dont il sagit ne fauroit avoir lieu j favoir quenbsp;rArmuretire fa force de ce quelle tranfporte 6cnbsp;ïaflemble Ie Fluide magnétique.'
§. 110. LA R M u R E a une force bcaucoup plus grande que lAimant auquel on 1applique:nbsp;or, la force depend dans cette hypothèfe de lanbsp;quantité de Fluide: il faut done, ou que 1Ar-mure rcqoivc mie plus grande quantité de Fluide que n en polTéde Ie pole auquel elle eftnbsp;jointej ou que Ie pied de TArmure raffemblenbsp;en foi toute la quantité qui étoit premièfementnbsp;disperfée par toute la furface polaire de lAi-mant: de forte que la grande force de 1Armu-
m
re refulte de la préfence dune grande quantité de Fluïde raffetoblée dans nn plus petit efpa-ce {a). Examinons ce point.
Laile de FArmme AB eft appliquéc au pole' M {Bg-è)- Ie pied BC debordenbsp;au-dcflbus de 1Aimant: cette Armure conduit done, amp; reqoit dans fa propre fubftancenbsp;Ie Fluide magnétique: Mais, celui - ci eft ras-^nbsp;femblé dans Ie pied : done la païtie B C en con-tient une plus grande quantité. II faüt donenbsp;quil y ait queique caufe qui poufle Ie Fluid©nbsp;de A B dans B C : Mais oii eft - clle % Ellenbsp;ne git pas dans Ie Fcr^ car celui-ci eft homogene^
{a ) [ Si Is Fiuide magnétique peut-être raffemblc, concentré dans ua plus petit efpace, amp; revenir enfuite anbsp;fon état naturel, il faut quH foit élaftique, Ce que M.nbsp;BRUG MANS admet ausfi Prop. 14. p. iii. Mais., sil eftnbsp;élaftique, fes particules produifent par leur aélion Ic ïnê-ine effet que fi elles étoient doliées dune force repul-five, que fi elles fe repouffoient mutuellement. Or,nbsp;tout Fluide éleftrique condenfé au deli de fon état naturel , ne peut conferver eet état, sl moins quil ne foitnbsp;preffé de tous cotés par des obftacles: or, il ny a ietnbsp;auCun obftacle. Le Fer eft Criblé de Pores, que Ie Fluide magnétique traverfe; ce Fluide, concentré dans lesnbsp;pieds de 1Armure, dolt done sécoiiler par ces Pores,nbsp;du Pied dans 1Air, amp; la force fera détruite: je ne con-^ois pas comment elle peut dans cette hypothèfe amp; toutnbsp;autre pareille, fubfifter im fetü moment. N. d, T. ]
-ocr page 249-Ëxpofition. de fentiment de M. cigna. 'xof
gene, ainfi une partie ne fauroit en attirer plus quune autre. Eft-eüe dans 1Aimant? Jenbsp;ite Ic vois pas. On pourroit cependant en ima-giner une. Le Fer fucce comme une épon-ge 5 amp; attirc le Fluïde qui exifte dans le pole inbsp;mals les paiticules du Fluïde fe repouffent {b)inbsp;done celles qul font entrees dans Talie font for-tement repoulTées par le pole, le fulent, amp; lènbsp;refugient dans le pled. Mals, 11 eft alfé denbsp;faire voir que cette explication ne lauroit fenbsp;fouten! r.
Les P^ftlcules fe refugieroient dans le pied de lArmui'ei mals, leur repulfion ny cefle-rolt pas: au contraire, comme elles y fontconrnbsp;centrées, elles fe repoufferoient avec dautantnbsp;plus de force : elles fuiroient, elles foitiroientnbsp;du pled, elles fe refugieroient dérechef dansnbsp;Talie (f).
§ III. On pourroit nous repondre que nos reflexions ne font pas Julies, parcequenbsp;nous avons foppofé une Armure en forme denbsp;paralielepipede, ce qui nefl; pas le cas: que
les
(è) [v. note a au commencement. N. d. T.]
(c) {Sans compter quelles secouleroient amp; fe dispef* feroient ausfi dans 1Air, v. mtt a. N. d. T.]
-ocr page 250-les Armxires font formées duns aile mince j garnie dun pied beaucoup plus épais: que parnbsp;conféquent il fe peut conccntrer une grandenbsp;quantité de Fluide dans Ie pied, 6c que la re-pulfion de cette quantité iie fauroit faire foatirnbsp;Ie Fluide du pied amp; Ie faire rentrer dans 1aile ,nbsp;puisque des quil y fera rentré en petite quantité, il sy trouvera bieiytót de méme denfiténbsp;que dans Ie pied, a caule du peu dépaifleur denbsp;laile : que Tequilibre fera rétabli,6c quainll Ienbsp;refte de cette grande quantité demeurera dansnbsp;Ie pied, qui pouira par conléquent produire unenbsp;grande force. Mais, cette objection ne menbsp;paroit nullement folide.
1°. Elle pourroit fubfifter en quelquc forte, ü lArmure, féparée de lAimant, ex-ergoit fi force, ce qui neft pas. Lorsquonnbsp;fepare TArmure de TAimant, Ie Fluide rentrenbsp;done de celle-la dans celui-ci avec la mêmcnbsp;£icilité quil étoit entré de celui - ci dans celle-la. II ne faut done pas conddérer cette ailenbsp;mince féparément, mais conjointement avecnbsp;lAimant auquel elle ell, amp; dok être appli-quée. Le Fluide ne reftera done pas dans lai-le, sil y ell repoufl'é, mais il rentrera dansnbsp;lAimant, jusqua ce que réquilibre fok réta-'bli; 2c fa force fe trouvera dctriüte.
$. iia. a. Si la rcponfe que nous exami-tions étoit fatisfaifante, il senfuivroit, que les Armures en forme de parallelepipede nenbsp;pourroient pas augmenter la force de 1 Aimant,nbsp;puisque Ie Fluide ne fe concentreroit pas dansnbsp;leur pied. Alais ceci eft dérechef contraire anbsp;lexpérience: car gassendi (a) ainventénbsp;une efpèce darmure qui confide a percer lAi-mant felon la dircélion de foil axe, amp; a placernbsp;un cilindre de Fer dans le trou. La force denbsp;r Aimant en eft beaucoup augmentée, au contraire de ce qui devroit avoir lieu felon le fenti-ment que nous examinons : II y a plus, on peutnbsp;confidérablement augmenter la force des Ai-mans par cette forte dArmure, en sy prenantnbsp;comme dans lexpérience fuivante.
EXPERT. XLVI. Jai applique a un Ai-mant artificiel, c. a. d. ^ un barreau parallé-lepipède B (Fig. 7) qui foutenoit quatrc onces par fon pole boréal, un autre barreau (/)nbsp;de faqon que fon pole boréal ( ^ ) fut éloignénbsp;a peu prés dun denv pouce du pole qui foute-iioit le poids: fiu* le ehamp ce pole a Ibutenu
fept
(4) [Dans' fes Notes fur le X. Livre de dxogène 1AËB.CE Tome I. p- 389. [Cette armure eft ausli dé-«rite amp; gravée dans le Mmdus Mathm. de 9Eschai,br,nbsp;J)f Magnete. Exp. 17. N. d. T. ]
TO MS I, nbsp;nbsp;nbsp;O
i
-ocr page 252-aio I. mémoire. P. 1. IV. IL
fept on huit onces. M. M- du hamel amp; LE MAiRE a Paris {b), amp; M. richmann (c)nbsp;a Pétersbourg ont fait de tres - belles expérien-ces fur ce fujet {d).
Si done il en eft ainii, il senfuit, quon nc fauroit expliquer la force des Armures parnbsp;la concentration du Fluide magnétique dansnbsp;leurs pieds.
Dailieurs, nou? fuppofons que la force de lArmure confifte dans cette concentration du Fluide, nous retombons dans unenbsp;nouvelle contradiélion. Car, alors la forcenbsp;provient de ce que Ie Fluide, auparavant dis-perfé dans un plus grand efpace, fe concentrenbsp;dans un efpace plus petit: Sc par conféquent,nbsp;plus Ic pied de TArmure eft grand, moins Ienbsp;Fluide pourroit sy concentrei-j amp; plus 1au-gmentation de force feroit foible, au contrairenbsp;de ce qui ^ lieu.
IL me femble que ce que nous venoits de dire fuffit pour prouver, que Ie Fluide magnétique neft pas raflemblé dans les pieds de lAr-mure: amp; quand même il y feroit tranfporté,
quon
(lt;/) Mém. delAcad. Rffy. dti Sciences nbsp;nbsp;nbsp;P-
(_c) 'Novi Comment. Petrop. Tom. IV. p. 139.
(i) [La même chofe a lieu en appliqiiant des Lame» de Fer paraÜélepipèdes a. un Aiinant en gnife dAri»*nbsp;re. N. AT.]
-ocr page 253-(f) [ M. M. aepinüï {Tentam. §. nbsp;nbsp;nbsp;^
«TKiGLEHNER (DiiT. §. 83.) penfent trés - difFéi eminent ; car ils expliquent la force de lArmure par Ia con-«ntration du Fluïde dans un pied , amp; fa diminution dans 1autre; ijs tirent ausfi de leur Théorie ($. 8p. 8e §. 68.)nbsp;la raifon pourquoi lAimant nc fe décharge pas comirienbsp;la Bouteillc, lorsqo'on établit une communication entrënbsp;les deux furfaces. 11 nous paroit important de dirc utinbsp;fiiot de cctte explication, patceque ces Phyficiens étalt;-blilfent a eet égard une grande reflcmblancc entre lAi-mant armé j 8c la Bouteille de Leide.
i*. Le Fluide magnétique accumulé dans ié pole po-Étif de lAimant repouffe celui qui exifte naturellemenf dans lAile de 1Armure qui lui eft appliquée : celui - cinbsp;fe concentre done dans le pied, qui devient pofitif. Lanbsp;partie negative de lAimant attire ie Fluide de rArtaurënbsp;quon lui applique: ce Fluide paffe done du pied dailsnbsp;lAile, 8c ce pied devient négaiif; Enfin il en réfultënbsp;que lAile ne doit étre ni tfop épaiffe i ni trop mince :nbsp;dans le premier cas, coute la matière que le pok re-poiiffe ne pourroit palfer dans le pied; il en refteroiiinbsp;tine partie dans lAile; il fam done que lAile nait quénbsp;i épaiffeur nécelfaire pour què tout le Fluide en puiffénbsp;Étre chasfé 8c entrer dans le pied. Si laile eft ici tropnbsp;mince, tout fon Fluide pafferoit i la vérité dans le pied;nbsp;tnais sil y en avoit davantage (Comme il y en auroitnbsp;fi laile étoit plus épaiffe), il en pourroit paffer davan-^ge amp; Ic pied acquerroit plus de forse. Voü^ le fyftèi
¦ nbsp;nbsp;nbsp;Jné
Ce neft done pas Ie Fluide de TAimant même qtü paffe dans TArmure ; il nagit, quen cc quil attire amp; re-pouffe Ie Fluide des deux Armures; amp; tout 1effet quunnbsp;Aimant vigoureux fait ici au deffus un Aimant foible, ceftnbsp;quil attire Screpouffe plus fortement. Mais leffet veritablenbsp;de 1Armure dépend de la quantité de Fluide concentrécnbsp;dans un pied amp; épuifée de lautre, amp; ce Fluide eil celuinbsp;des Armures même. Suppofons done que Ie pied dune Ar-¦mure aitdix fois plus de maffe que lade; amp;quecctte ailenbsp;foit appliquée a un Aimant affez vigour.eux pour quil ennbsp;chaffe tout Ie Fluide, Ie pied ne contiendra alors quun dixiè-me de Fluide de plus quil nen contenoit dans fon état naturel : la rcpullion de tout Ie Fluide du pied ne fera quenbsp;diin dixieme plus forte que lorsque 1Armure nétoit pasnbsp;encore appliquée , amp; il nen refultera quune tres - petitenbsp;force , ce qui eft coittraire a lexpériencc ; fik pied étoitnbsp;ausfi masfif que 1aile, Ie Fluide ne feroit condeufé quaunbsp;double; Et ff Ton appliquoit 1Armure du premier cas,nbsp;a un Aimant plus vigoureux, mais de même grandeur,nbsp;ce même pied nacquerroit pas plus de force, puisquiinbsp;nen acquiert qu'autant quil tegoit de Fluide de Faile, 5enbsp;que laile ne peut pas être plus quépuifée, amp; quelk leftnbsp;déja. Mais quelle fera levacuation du fecond pied ? Sinbsp;tout Ie Fluide du pi.dpaffoir dans laile,i icroit conden-fé dans celle - ci au decuple; ce qui eft posfible, putsqucnbsp;toute la force depend dans ks furfaces pofitive* d® ^
Ëxpofttion du fentiment de M. Cigna. ai3
cntre un Aimant armé amp; la Bouteille de Lelde, sécarté de la vérité.
Sc il auroit acquis route la force négative quil peut ja-*iais acquerir, puisqu'il ne peut être plus quévacué.
II eft done posfible quil Ie foit, tandis que Ie pied pofi-tif ne peut re^evoir quune petite quantité de Fluide, amp; dautant plus petite que laile eft plus mince; Ie pied né-gatif feroit done beaucoup plus fort que Ie pofitif, ce quinbsp;eft déreebef contraire aux faits.
D ailleurs, toute cette explication ne roule que fur ce que les Armures, appliquées alAimant, deviennent ma-gnétiques; mais elle ne fait pas voir comment cette petitenbsp;augmentation de Fluide dans un pied, Sc fa diminutionnbsp;dans lautre, peut, ou doit produire uiie force qui puiflenbsp;foutenir des centaines de Livres; au moins un poids denbsp;beaucoup fupérieur ï celui que foutenoit 1Aimant, amp;nbsp;cela en ne prenant même que celui que chaque piednbsp;peut foutenir féparément. Et quon ne dife pas, ce quinbsp;eft Ie fecond élément qu'on employe dans cette explication , qu ici Ie pied agit direéfement fur Ie Fer qu il fou-tient, au lieu que lorsque 1Aimant nud agit, il ny anbsp;que la panie a laquelle Ie Fer eft appliqué qui agiffenbsp;direétement, toutes les aiitres parties agiflant obliquc'nbsp;ment, Sc a quelque diftance; car i ce cas na pas lieunbsp;lorsque 1 Aimant étant fufpendu a une balance, sappli-que par tous fes points a toute la furface du Fer fur Ic-quel il agit, comme dans les Expériences de M. müs-scheneroek: Sc dailleurs i°. Ce neft pas dans cenbsp;fyftème, 1Aimant même, ou fon Fluide, qui a^it, dèsnbsp;quil eft arme: ceft Ie Fluide propre a lAiamre, qui
O 3 nbsp;nbsp;nbsp;per*
-ocr page 256-ai4 J. ME MOIRE. P. I. 5'. IV. II,
pe'd a la vérité fon état naturel par Iaiftiori de IAimant, jnais qui, comme noqs IavQns vu, nacquierc que lanbsp;force, que ia proportion de 1aile de IArmurc a fonnbsp;pied lui permet de prendre.
2®. Mais pourquoi la force de VAimant armé neft-elle pas détruite quand on établit une communication entrenbsp;les deux furfaces ? Ceft . dir - on , la grande difficulté quenbsp;le Fluide eprouve a fe mouvoir dans les pores du Fer amp;nbsp;de IAimant qui en eft caufe: Mais nous avqns déja vqnbsp;(§. 93. note h.) ce quil en faut penfer. Dailleurs, quelle que foit cette difficulté , le Fluide a pourtant pu fe mouvoir dans FAimant par la force de IAimant: pourquoinbsp;done ft japplique une lame de Fer au deux pieds delAr-jnure, le pied pofitif, qui a bien plus de force que IAimant nud, ne feroit-il pas mouvoir le Fluide par cettenbsp;lame ^ Et celui- ci, fortement pouffé , nentreroit - il pasnbsp;dans le pied négatif, jusqua le remplir ? pourquoi lenbsp;Fluide, qui a bien pu fè mouvoir de 1aile dans le piednbsp;pofitif, ne fortiroit-'il pas de celui-ci pour entrer dansnbsp;la lame , amp; obeir a lattraélion du pole négatif qui eftnbsp;épuifé ? Les pieds devroient done fe remettre en équili-bre: ce qui na cependant pas lieu. On en peut recourixnbsp;id a la difficulté du mouvement; puisquune force ma-jeure doit vamcre une difficulté qu'une force mineure anbsp;Vaincue dans le même Fer. je regarde done ces Explications comme précaires, amp; centrairqs aux Faits.
Enfin, il me femble, quil y a une différence effen-tielle entre la Souteille de Leide amp; IAimant armé. fi 1on admet le fyftème en queftion. Car, dans la Bou-teille 1Armure nagit que comme un moyen , pour ac-curaulcr le Fluide dans une furface, amp; Iexpulfcr de I'au-tre. Mais dans IAimant, IArmure eft k partie mêmcnbsp;qui agit, dans kquelle refide la force, amp; fi effenticlle-jnent, que cette force petit fi on ote 1Armvire» au con^nbsp;traire de ce qui a lieu pour la Boutcille de Leide. v.nbsp;Jo8. 114- N. d. T.]
-ocr page 257-Examen de la comparaifen de M. Franklin, ai5
C H A P I T R E III.
Examen de la cornparaifon propofée pO/X
FRANKLIN,
5- 113. Lillustrb M. franklin a propofc la cornparaifon iiiivante entre TArquot;nbsp;rnui'e de la Bouteillc de Leide Sc celle delAinbsp;rnant (^). Les Corps éleélriques en connbsp; ta6t) dit-il, c. a. d. les Armures, ferveinEnbsp; uniquement, comme l'Ar mure de l'Aimantnbsp; a unir les forces des différentes parities, 6c anbsp;^5 les raflembler dans tel point quon defire.
Nous avons déji vu [§. 106. feqqO que .1Armure éledhrique feit a faire venir une plusnbsp;grande quantité de Fluide éledtrique a unc desnbsp;furfaces; nous avons vu ausli Exp. 45- § 108.nbsp;que la Bputeille, ou Ie Carreau éledriquc dunbsp;Dr. bevis, ifolé , refte dans Ie même état,nbsp;quoiqu on en ote les Armures j 6c quenluite
il
(lt;j) Uitres fur ïÉlc^lricité: Lcttre 3, §. 18, Tom. I. p. 144. de Ia Tradudtion de M. dahs ard qiic
fuivic.
il peut reproduire Ie même effet fi on les lui applique de nouveau.
Or ileftconnu, quelAimant armé excr-ce une grande force, 6c que les Armures fépa-rées nen ont aucune (lt;^), que cette force cft reparée en appliquant les Armures de nouveau.nbsp;On pourfoit done conjeéfcurer que les Armuresnbsp;ne fervent pas a tranfpoiter, a ralTembler Icnbsp;Fluide dans elles-même, mais que, femblablesnbsp;aux Armures ékftriques, elles fervent a con-denfer, a concentrer Ie Fluide magnéüque,nbsp;dans les furfaces polaires de TAimantj quilnbsp;doit réfulter de la que les Annures féparéesnbsp;font dépourvues de force, mais quelles repro-duifent leur premier effet fi on les applique denbsp;nouveau. Ce paroit être la Ie (entiment de
M. FRANKLIN.
Maïs, quil me fok permis de dire avec tout Ie refpecl que je dois a eet illuftre Phyfi-cien, que cette cómparaifon neme paroit pasnbsp;jufte. Voici mes raifons.
§. ÏI4. 1quot;. Le Carreau de bevis, dont on a oté les Armures, refte chargé , comme
on
(i) [Ou du moins sil leur refte quelque magnétis' «le, il eft trés - petit, öc nc fauroit entrer en ligns dcnbsp;COinpte. N, d. T. ]
-ocr page 259-Examen de la eompar^tlin de M. TranlUn. 'iif
on parle dordinaire: Miis, lAiinant r^vient si fon premier état dès quon en a oté les Ar~nbsp;mures. Voici deux Experiences fur ce fujet.
Ex PÉR. XLVII. Jote les Armures dun Carreau chargé: II repoufle par unc de fes fur-*nbsp;Éices les Corps éleétrifés politivement, il lesnbsp;attire par 1autre. Le Carreau refte done dansnbsp;nn état très-difFérent de celui dans lequel il é-toit avant que dêtre chargé.
Ex PÉR. XLVIII. Jai placé iin Aimant nud a une certaine diftance dune aiguille: ilnbsp;Va attiree de ,ao d. Jai armé 1Aimant, amp;nbsp;il a foutenu huit onces : Jai oté lArmure, 8cnbsp;1Aimant a dérechef attiré 1Aiguille fous unnbsp;angle de ao d. II refte done dans le mêmenbsp;état dans lequel il étoit avant que dêtre armq,nbsp;au contraite de ce qui a lieu pour le carreaunbsp;éleétrique.
§ II5- Maïs, cn fecond lieu, lorsquon établit unc communication entre les deux fur-faces du Carreau éleétrique, ie Carreau fe dé-chaige, 8c revient a fon premier état. Mais,nbsp;ft nous etablilTons une communication entre lesnbsp;deux Armures de lAimant, la force de eetnbsp;Aimant armé ne diminue pas, elle augmentenbsp;au contraire. Mais il eft néceflaire de diftin-guer les différenscas qui peuvent avoir licuici.
I; MiMoiRE.P. I S. IV. CA. Ill,
Le premier cas, amp; Ie feul qui doive entrer cn ligne de compte, eft quand le poitant denbsp;JPer, {_0M\t centaSt'^ {a) touche a la fois lesnbsp;deux poles, amp; quil établit une communicationnbsp;cntreux, Or il eft connu, quon peut fuspen-gt;nbsp;dre alors au portant un poids beaucoup plusnbsp;grand que la fomme des poids qui peuvent êtrenbsp;foutenus par les deux pieds de lArmure féparnbsp;rement. La force paroit done augmentée parnbsp;cette comrnunication; ausü M. bkugmansnbsp;penfe-tril, que le F luide eft de nouveau ras fnbsp;fernblé dans les pieds par le Fer qui touche lesnbsp;deux poles, amp; que ceft a caufe de eek que knbsp;force doit augmepter étoiinamment {b). Lanbsp;force duu Aimant armé croit done par cettenbsp;communications au lieu que celle de la Bou-;nbsp;tcille de Leide décroitj amp; eft entiérement dc-^nbsp;tmitc par - la ( f ),
(a) [M. NoLtET nomme Ia Lame de Fer qui joint les deux Poles , amp; a laquellc on fuspend le poids, Icnbsp;Portam. M. sigaud de ia fond la nomme un Cantagh.nbsp;Jc me fervirai de ces deux expresfions. N. d. T.}
( è ) Ttntamïna. p. i8.
(f) [Cette diiFerence me paroit trés - elTentielle : elle Ieft, même dans le fyftème de M. aepinus; car voi-ci comme ce Phyficien sen exprime. (§. 89.) ,,Lanbsp;V? caufe qui fait quon ne fauroit prodidrc dans 1Aimant.
com-
-ocr page 261-S- iï6. Le fecond cft celui dans lequel lAiinant agit fur 1Aiguille, ou attire dautresnbsp;Corps au moyeu du portant qui joint les Pofnbsp;Cc cas fouvnit des Phénomènes entière,nbsp;uient oppofés: En voici 1Expérience.
Ex pÉ B.. XLIX. Si un Ainiant arme attire' une Aiguille a quelque diftance, il détourneranbsp;moins 1Aiguille, ou même cellc-ci reviendranbsp;quelquefois au Méridien, fi les piedsdelArmurenbsp;font joints par le contaSt (« ): au moins eet ef-fet a-t-il lieu quelquefois, mais nontoujours,nbsp;pomme je le dirai tout-a-lheure.
V QI c I comment M. c i g n a explique ce Jphénomène {b). Le Fluïde magnétique qujnbsp;coule fans cefle pn ligne droite (f), eft aótueL
le-tjcomme flans la Bouteille dc Leide, aucune explofion, ,, OU deftrudtion de Magnétisme, provient uniquementnbsp;gt; j de ce quil ny a abfolument pas de Corps non - ma-gt;»gnétiques par eux - même, ou femblable aux non-é-leétriques par eux-même: c. a. d. des Corps dans les-j, quels le Flqide magnétique poqrroit fe mouvoir librcrnbsp;5, ment. Or cette difFérence a paru affei effentielle ^nbsp;M. aepinus pour lui faire juger que les deux Fluides,nbsp;éleécrique amp; magnétique, font effentiellemcnt dilFérens ;nbsp;V. gi-delTus note d du §. 9Ó. N. d. T. ]
(«) MUSSCHENiROEK nbsp;nbsp;nbsp;p. l54,Exp. 7y,'
(^r) \_MifctL Taurin. l. c. §. 29. N. d. T.)
(f) [Nous avojis vu §. 109. que felpn M. brug-
MAN4
-ocr page 262-lement forcé dentrer dun pole dans lautre, amp; conféquemment lelpace dans lequel il sé-tendroit eit diminué, c. a. d. quc fe fphêrenbsp;dattraction eft renduc plus petite.
Maïs, ce raifonnement ne liie paroit pas bien iufte: Car, fi japplique une lame m aunbsp;pied B (Fig. 8.), celle-ci abforbe Ie Fluidenbsp;(§¦ 1^5') rcgoit, amp; Ie condenfe. II en ed:nbsp;de même du pied A li j y applique une pareillenbsp;tame »; Ie contaét regoit done Ie Fluide desnbsp;deux pieds: celui - ei coule des deux pieds dansnbsp;ie contadt; li done jappUque Ie contadk mnnbsp;aux deux pieds a k fois, Ie Fluide coule denbsp;Renw, de A en ». Ces deux courans fontnbsp;oppofés lun a lautre: amp; sils font inégaux,nbsp;kplusfoit, fortant de B p. e. entrainera lau-tre: ie Fluide qui fort d A fera done chafTé dansnbsp;A , avec Ie Fluide qui fort de B, 6c ne feranbsp;plus abforbé par la partie Cn óxx contaét.nbsp;/Explication donnée par M. cigna ne fau-ro;r done fe foutenir, quand même on accor-éeroit les hypothèies fur lesquelles ellc eftnbsp;fondéc.
§. 117.
MAMS ie Fluide coule vers Ie Pole non en lignes droites isau en layons divergens. Voila encore une oppofitionnbsp;dc fenumens fur la manlere dont cc Fluide agit. N. d. T-J
-ocr page 263-Examen de la compctraifon de M. Franklir. aai
§. 117. Voici quelle me paroit être k Vraie caufe de ce Phénomène. Le contadt mnnbsp;leqoit la force magnétique. Quand il eft oté,nbsp;rAimant agit par la difference des Poles B Scnbsp;A, OU B-A. Lextrémité m du contadt mnnbsp;leqoit du pole B une force auftrale j quelle foitnbsp;£: elle eft oppoféé a laftion du Pole B j lanbsp;m
quelle fera done feulcment BB. Lextrémi-^
m
té n reqoit du Pole A une force boreale; foit A: elle eft oppofée a celle du pole A, qui agi-n
ra conféquemment par la différence des forces h-A. ladtion totale fera done B-A- / B A\nbsp;nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ m n )'
leffet fera done plus petit quauparavant, fi Pon a. B \ A, comme cela a lieu le plus fou-m n
vent: car nous fuppofons que le pole B eft Ic plus fort, amp; 1on fait que le même Fer, silnbsp;neft pas trop grand, acquiert une plus grande force dun Aimant plus vigoureux. Maïs,
A^ nbsp;nbsp;nbsp;ft- ttita lieu fi les poles font a
m yi
peu pi'ès de même force, ou fi les deux extré-mités du contact ne reqoivent pas la force au même degré, Padtion ncn fera pa.s changée.nbsp;JLnfüi, £\ A\B^ 1adtionferadiminuée. Or
J ill
-ocr page 264-1. MÉlrfOIREi P. I. iV* th. Ilii
iai confii'mé par experience ces trois cas qut 14 Théorie mavoit fait connoitre. II ne fe faitnbsp;done auciln changement, ni dans 1Armurejnbsp;ui dans les poles: mais 1efFet depend unique-ment de la force que Ie contaft re^oit. Cettenbsp;diminution de forces dans CC cas neft done pasnbsp;générale, comme Tavancent tous eeux qui fontnbsp;mention de cette propofition.
§. 118. Lé Phénomène luivant qué M.-CIGNA prefle ausfi, amp; dont dWresPhy ficiens font égaleMent mention, eft du mê-me genre*
ÈxpÉR. L. Que Ie pied dune Anhurc foutienne un mórceaü de Fer quelconque, ce*nbsp;iui-ci un fecond, Ie fecortd un troifième 6ce*nbsp;Que Ie premier touche enfuite les deux piedsnbsp;de 1Armure j alors Ie fecond moreeau pourra 4nbsp;peine être foutenu, il Ie feiu au moins plusnbsp;foiblemeiit. M. gigna a même trouvéjnbsp;^ quun Aimant armé, qili föuterioit facile*nbsp;jj ment trois clefs par la paitie extérieure dunbsp;j, pied, n^en a pas même pu föutenir urte feu*nbsp;,, Ie, quand Tune delles touchoit les deuxnbsp;,, pieds de TArmute.^ Voici rexpÜcatión qüénbsp;ce Phyficien donne du Phénomène; Quenbsp;,, dans Ie dernier cas, Ie Fluide magnétique,nbsp;,} paflant, au moyen de la clef, dun pilt;=d
dans
-ocr page 265-ii
Examen dt Itt cemparaifon de M. Franklin. 0,1^
« dans lautre, circulerok par 1Aimant mê-* me, amp; par consequent exerceroit ime plusnbsp; petite aft ion fur Ie Fer quon en approche,nbsp; extérieurement.
Je najouterai rien, fur cctte explication, parceque ce que nous venons de dire nous pa»-roit fufElant. Je dirai plutót quelle me paroitnbsp;être k veritable raifon du Phénomènc.
§. 119. Dans Ie premier cas, Ie Fer regt;^, qoit la vcrtu magnétique gt; Ie fecond, qui eftnbsp;foutenu par Ie premier, eft appliqué au polenbsp;de celui-ci, amp; par conféquent a lendroit ok!nbsp;la force eft la plus grande. II fimt dire la mê-;nbsp;me chofe du troifième amp; des fuivans: maisnbsp;dans Ie fecond cas, lextrémité m (Fig. 9)nbsp;appliqué au pole boreal B acquieit une forcenbsp;auftrale: ft done on fuspend un fecond Fer aunbsp;point m, celui - ci eft attiré par la differencenbsp;des poles 8c B: or Ie pole B eft Ie plus'nbsp;fort, 8c alTcz proche: il exerce done une action contraire fenflble. Dkilleurs, les forcesnbsp;du pole m décroilfent tres - promptement dansnbsp;la diftance Cm, 8c font nulles en c: par conféquent ft lon applique Ie Fer a quelque pointnbsp;intermédiaire p, entre m Sc c, il fera attirénbsp;trés - foiblement.
2,a4 I-mémOIR E. I. j*. IV-C/^. III.
phénomène dont nous parlons neft pas géné« ral , amp; que fon contraire peut facilementnbsp;avoir lieu. Car, dans Ie premier cas, Ie polenbsp;N reqoit dautant moins de force que Ie Fefnbsp;M N eft plus long. Suppofons que la forcenbsp;du pole N fok la paitie x du pole B. Le fg.nbsp;cond Fer fera done fjspendu a un Aimantnbsp;done lepok a la force B. Dans Ic fecond cges
X
m acquiert plus de force que M dans le premier: car i. il acquieit fa force du pole Bgt; 8c laftion du pole A vient au fecours du polenbsp;B, puisque, par elle feule, m acquerroit aus-fi un pole auftral, quand même B nagiroitnbsp;pas. Soit done la force du pole m égale a B.
7
X.es forces croiffent en raifon des diftances du centre Magnétique C : («) done ll la diilan-ce Cp'^p, Cm'Pa-, la force du point P fei-anbsp;'Bp; cette force fera done plus grande, ausfi
grande, ou plus petite que celle du pole Nj
felon
(tf) Ceft ce qui a été déniontré par M. van swin-D E N daris fes lentamim Theeriae Mathmaticae dt Phamo' menh MagKeticis. heide 1771. 4to. [Depuis ce tems jainbsp;beaucoup-perfeftionné ma formule, amp; je lai fimplifiée,nbsp;amp; confirmee par de nouvellcs experiences darrs mes ntchif'nbsp;(htt fur les AigHtiies Aimantits §. 31. N. d. T. I
-ocr page 267-l^xamen de la cemparaifon ie M. Franklin, aij
B/gt;.
OU
felon quon aura nbsp;nbsp;nbsp;ou =i ou \
^ \ OU ^ OU quot;x nbsp;nbsp;nbsp;5 OU X V OU a OU \
ay nbsp;nbsp;nbsp;Xnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y
Or ces trois cas peuvent avoir lieu fans contra-
diftion.
$. lao. Ex PER. LI. Dans 1appareil donï je me fuis fervi, la force a été plus grande dansnbsp;Ie fecond cas que dans Ie premier car Ie eon-taU foutint encore un anneau quil nauroit pünbsp;(butcnir dans Ie premier cas.
V o IL A done dérechef une propofition , que les Phyficiens croient générale, amp; quinbsp;cependant fc trouve faufle, dés quon vient inbsp;la développer comme il faut.
Or ce développement veritable, jaurois presque dit, ce développement matbématique,nbsp;des Phénomenes, me paroit dautant plus utile, que lans lui bien des Phénomenes parois-fent oppofés entreux. Car il en eft dans les»nbsp;quels on diroit que la force eft augmentée ennbsp;ctabliiTant une communication entre les deuxnbsp;pieds de 1Armurei amp; il en eft dautres danifnbsp;lesquels on diroit quelle eft diminuée pai' lanbsp;même operation.
Ex PÉR. LII. («). Fig. lo. Jappliquc
(a) dh TUUl., Hjj.u jw tAmant, i. 2j». nbsp;nbsp;nbsp;èn
frix de tAcad. Tomé V. §. izo.
T o M E 1. nbsp;nbsp;nbsp;P
-ocr page 268-un barreau de Fer M N a lun des pieds de TArmure ; il en eft foutenu. Japproche Ienbsp;contafl; ?»» de fa^on quil touche ce barreau Sc lArmure gt; Ie barreau tombe. Onnbsp;pourroit done dire que la force du pole eftnbsp;affoiblie en établiflant la communication.
J E fais bien que M. du tour a obtenu un effet tres - différent en faifant cette expé-rience: car, Ie barreau qui nétoit pas foutenu, étant feul, létoit en appliquant Ic con-taét. Nous verrons tout - a - 1heure comment ilnbsp;faut sy prendre pour avoir un effet pareil. Ennbsp;attendant, il senfuifde cc que nous venons dcnbsp;dire, que la force du pole eft quelquefois aug-mentée Sc quelquefois affoiblie. Laugmenta-tion fc prouve encore par 1experience fuivan-te, fake par M- du tour (^).
§. lai. Ex PÉR. LITE Fig. lo. Jai applique au pole B un petit more eau de Fer^ qui ne pefoit quun quart donce Sc qui étoit knbsp;peine foutenu; je lai appliqué, dis-je, denbsp;iagon quil débordoit un peu hors du pole,nbsp;T^^ers lintérieur. Jai enlliite appliqué Ie con-taft au pied A , Sc de forte quil toucha Ie Fernbsp;M.' ce Fer M a non feulement été facilement fou-
tenti
(i) Üid. S. 33.
-ocr page 269-Examen d« la comparaifon de M. Franklin. 4a7
tenu alors,mais jy ai encore pu fuspendre qua-trc onces. Dirons nous que la force du pole a etc augmentée? On rend facilement raifon dcnbsp;cette expérience amp; de la précédeiue.
Dans le premier cas, les extrémités_ M amp; m deviennent Iun 6c Iautre des poles auftraux:nbsp;done Ic pole, m affoiblit Ieffet du pole h [furnbsp;M]- Dans le fecond cas, il fe forme un polenbsp;auftral en M, mais un pole boreal a lextré-mité N qui deborde; pole, dont Iaftion eft ai-dée par le pole m du contaft nm-, de la Iaug-mentation des forces. .
Il fuit de cette explication, quil y a un maximum dans la quantité dont la paitie Nnbsp;peut deborder, quantité a laquelle le pole Nnbsp;devient le plus fort posllble, comme Iexpcrien-ce le démontre. Il senfuit encore quil eftnbsp;abfolument neceflaire que la partie N débor-de : car fans cela il fe formeroit en N un polenbsp;auftral, 8c laélion feroit diminuée.
Ces mêmes raifonnemens font voir com-xnent il fe peut faire que le fticcès de la ein-^uante - deuxième expérience foit quelque fois different de celui que nous avons obtenu. Celanbsp;fe peut faire de deux manieres.
§. laa. Ex PÉR. LIV. Fig. ii. Soit Ic barreaude Fzx mn fuspendu au pole B j il ac-
I* % nbsp;nbsp;nbsp;quer»
Ml
querra un pole auftral en w, un boreal en n 8C Ie centre magnétique C fera dautant plus presnbsp;du pole m que Ie pole n fera plus foible, 6cnbsp;conféquemment que Ie barreau mn fera plusnbsp;long. Quon applique au pole A Ie barreaunbsp;NMi ilrecevra un pole auftral en M. Quonnbsp;lapplique au barreau mnèiQ, faqon quil touchenbsp;la partie boréale C »: la force de cette partie ennbsp;fera augmentée: celle de la partie auftrale M Cnbsp;en deviend?a par confcquent ausfi plus grande ,nbsp;6c tout Ie barreau fera plus fortement foutenu.nbsp;Or, lorsque Ie barreau mn tres-long ( amp;nbsp;celui de M. du tour étoit de deux pieds)nbsp;la partie mc fera tres-petitegt; il aura done pünbsp;fuffire que Ie barreau N M ait été tres - peu incline.
A cette caufe il sen joint une lecoiide, qui peut produire Ie même effet (Fig. la). Lanbsp;force sétend toujours felon la longueur dunbsp;Fer. Done toute la partie CM eft auftrale;nbsp;amp; fi la largeur de la partie M C eft plus grandenbsp;que 7» c, Ie pole auftral M touchera encore lanbsp;partie boréale cn quelle foitifiera en confé-quence, ainfi que la partie. Done, ft cettenbsp;augmention de force eft plus grande que laf-foibiiflement qui provient de lapplication denbsp;la partie M a la partie mc^ il y aura une aug'nbsp;mentation de force 6c dadhérence. Or cect
dclt;
-ocr page 271-Examen de la comparaifon de M. Franklin, aa^
dépertd tant des forces que les parties mc ^ £n acquièrent, que de l-étendue de ces mêmesnbsp;parties, amp; de PépailTeur du contafl; MN.
ExpÉr.LV. Jai confirmépar Expérien-ce cc que je viens de dire: jai rcpété pour eet effet la cinquante-deuxième Experience (§.nbsp;lao.) avee cette feule différcnce, que jai em.'nbsp;ployé mi contadt MN plus large, amp; Ie bar-reau a été a préfent foutenu avec plus de force.
§. ia3. CoNCLuoNS de ce que nous avons dit, quen établiflant une communication entre les deux pieds de lArmure dun Ai-mant, les forces de eet Aimant nen font pasnbsp;diminuées j mais que laugmentation ou la diminution qui peuvent avoir lieu, dépendentnbsp;uniquement des barreaux de Fer quon employe.
Nous pouvons done, fi je ne me trom-pe, établir a jufte titre, que la comparaifon entre la Bouteille de Leide amp; un Aimant armé, propofée par M. FRANKLIN, neftnbsp;pas jufte, amp;qu'il nyaa eet égard aucune Analogie entre lEleétricité dc Ie Magnetism».
C H A P I T R E IV.
Des Phénomines concernent. la f^hè-re d'activvté.
§. ia4. Nous avons jusquici fuivi M. M.
FRANKLIN amp; CIGNA: Hiais, il cft qucl-ques autres Phénomènes de la Bouteille de Lcide, 6c des Aimans arrnés, qui paroiffent,nbsp;au premier abord, avoir la plus grande reffera-blancc. Ces expériences méritent dêtre exa-minées avec foin, fur-tout parcequelles pré-fentent quelques chefs de eomparaifon, aux-quels dautres Phyficiens nont pas fait atteu'nbsp;tion. L,e premier de ces Phénomènes fe rap-porte a la fphère dattraètion.
¦ EX p É R. LVI- Jexamine a quelle diftan-ce je puis tirer des étincelles du Conducteur de la Machine, a quelle diftance un Corps ané-leétrique fuspendu a un Fil en efl; attiré, anbsp;quelle hauteur les Fils de IEleCtrometre sé-lèvent.
J E place enfuite Ie Conduóleur fur la Bou-tcille de Leidej je charge celle-ci, 6c je trouve
Q u E la diftance a laquelle je puis tirer
Pkénom. tmcernant la fphhe 1aüivitê. ajï
des étincelles neft pas ausfi grande que dam Ie premier cas, maïs plus petite.
a. Que la diitance a laquelle les Coi-ps anélectriqucs, fuspendus a un Filj font attires, eft plus petite.
3quot;. Que les Fils de lEledtromètre par* yienncnt dabord a une plus petite hauteur,nbsp;que celle-ci augmente continuelleraent j amp; que,nbsp;iorsque la Bouteille cft entiérement chargée,nbsp;cette diftance neft pas plus grande que dans Ienbsp;premier cas.
Doü il réfulte, que la Bouteille de Leide, quoiquelle exerce une plus grande force, nanbsp;cependant pas une plus grande fphère dafti-vitéj mais que celle-ci eft au contraire plusnbsp;petite.
§. ia5. Maïs, que dirons nous de lAi-Tftiant armé? M. cigna dit, que laétion dun Aimant armé fur une Aiguille sétend ^nbsp;une moindre diftance que celle du même Aimant nud. Mais M. CALENDRIN a obfer-vé, qu un Aimant armé, placé a la même diftance , detourne une Aiguille tout autant quenbsp;sil nétoit pas armé (a). Si done ces Expé-
rien-(4) Cêrmmtatre des P. P. ie sueur amp; ftr |« Princats nbwïön. Tom. ilj, p. 41.
ïicnccs font hors de tont doute, la même cho-fe a lieu pour un Aimant armé que pour la BouMlle de Leidei Nous dirons tout-a-lheure ce quil faut penfer de ces Expériencesnbsp;($. ia7. amp; ia8.) après que nous aurons exa-miné un autre Phénomènc.
§¦ 126. CoMPARONs TArmure extérieure de la Bouteille de Leide, a laile de lArmu-re magnétiquej amp; la tige, ou Ie crochet de la Bouteille [ ou lArmure intérieure J , aunbsp;picd (a).
Ex PÉR. LVII. Je charge la Bouteille dc Leide. Sans toucher a la furface intérieure,nbsp;OU a la tige, j approche dc la furface extérieure un Corps non ifolé : ce Corps neft pas at-tiré (^). Cette furface ne donne done aucunnbsp;ligne dEleéfricité.
Ex-
(4) [ Comme li Tige, quon nomme ausfi Ie Crochet , paree quelle en a fouvent la figure, péuètre dans la Bouteille, amp; touche la limaille ou lArmure intérieu-re, tout ce qui communique a celle-ci, communiquenbsp;pat la même a la tige amp; reciproquement. On peut donenbsp;dire indifféremment la Tige.ou lAimure intérieure: celanbsp;il égal. N. d. T. ]
(è) wiiKE dans fes Notes fur la Traduöion alleman-;4c des lettres de M. frankIin, §. ij, p, 2,43, iS woMNiSKt ddm, de {A(*d. 11^6. p. 454.
-ocr page 275-Phênom. cmc^nant let fphhe iaSlivitê. ajf
ExpÉr. LVIII- De même , laile de TArmure dun Airnant a très-peu de force.nbsp;A peine foutienc - eile quelque poids, ou dunbsp;moins, ne foutient - elle que des poids qui nenbsp;font pas plus grands en comparaifon de ceuxnbsp;que foutient le pied, que ne ie font ceux quenbsp;¦foutient iAimant nud, en comparaifon de ceuxnbsp;que foutient TAimant armc. Laile agit a peine fur rAiguille , pkcée a quelque diftance.
VoiLA done derechef une reffemblance, au moins apparente. Les expériences éleftri-ques que nous venons dallegiier font tres - cer-taines} mais les magnétiques ont befoin dcnbsp;quelque développement.
§. 117. Nous avons dit que M. cigna ctablit que la fphère dactivité eft diminuée parnbsp;PArmure {a). II cite, pour Ic prouver, lexpé-rience feptante-feptiéme de la Difleitation furnbsp;IAimant de M. musschenbroek. Maisnbsp;cette experience ne parle de rien de pareil: ilnbsp;s y agit Iculement du cas dont nous avons parlénbsp;ei-delTus (§. ii(5.)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lequel une lame ell
appliquee aux deux pieds de IArmure- Lex-périence de M.CAEENDRiNeft plus vraie:
(a) Miscill. Tmr'm. 1. c. 2j.
*134 ï-mé m. P. I. IV. C,5. IV.
Void comment eet homme celèbre paroitla-voir faitc.
Ex PÉR. LIX. Je place dans rÉquateur magnétique a quelque diftance dune Aiguillenbsp;un Aimant non ai'me , de maniere que fes poles foyent perpendicuiaires a 1 Eqtiateur magnétique. Je lui applique enfuite 1Armure: lAi-¦g\iille paroit refter dans la même fituation,nbsp;OU, sil y a quelque différence , ellc eft certai-nement tres-petite.
Cette expéricnce prouve en même tems, que 1aile de TArmure exerce tres -peu de force , comme nous lavons dit dans rexpériencenbsp;précédente. La caufe du Phénomène eft facile a trnuver.
L A fiirface polaire auftrale de 1Aimant M (Fig. ig.) communique une force boreale anbsp;laile NB, amp; une auftrale au pied BS. Hnbsp;y a done trois forces qui agiflent fur 1Aiguille j la furface polaire de 1Aimant, comme denbsp;coutumei lailc NBj Ie pied BS ces deuxnbsp;dernières fe détruifent en partie 8c font a peunbsp;pres égales: car la fomme des forces de toutesnbsp;les particules en NB eft en équilibre avec lanbsp;fomme des forces en B S: chaque paiticulc denbsp;NB poftede, a la vérité, une force plus petite : mais leur uombre eft plus grand.
fhémm. emcermnt la fpkère d'aSlivitê. as 5
§. ia8. Ce neft done quaccidentelle-lïient que laftion fui 1Aiguille neft pas chan-gée, OU quelle ne reft que tres-peu: ceft parceque les forces NB 6c BS font oppoféesnbsp;amp; agiffent en même tems. Voici encore quinbsp;prouve que ceft la la véritable caufe du Phé-nomène. Si nous pofons 1Aimant oblique-ment, 011 peut faire que ladtion foit changée,nbsp;comme ausfi fi laile N B 6c Ie pied B S fontnbsp;de forme parallélepipède, que Ie pied B Snbsp;eft beaucoup plus long: alors la diftance a la-quelle il agit eft beaucoup plus grande, ainfinbsp;il trouble moins Tadtion. LAiguille fe rap-prochera done plus du Méridien, a caufe denbsp;la force boréale de 1Armure oppofée a cellenbsp;du pole M. Jai fait toutes ces experiencesnbsp;avec Ie plus grand fuccès.
Laile a pourtant quelque force, puis-quclle attire: mais la force pour foutenir Ie Fer quon lui applique eft tres-petite, parceque Ie pole A repoufle ce que lailc N B tachenbsp;de foutenir. Si lon vouloit avoir des experiences extrèmement exaéfes fur ce fujet, voicinbsp;comment il faudroit sy prendre.
x°. IL laudroit examiner lattradtion du pole au moyen dune balance.
3°- Il
-ocr page 278-3quot;. IL faudroit enfin examiner la force dc laile, jointe au pole. Si ion retranche celle-ci de celle du pole nud (N. a.) Ic refte don-ncra laétion vraie de laile feule.
La fphère dattraaion neft done pas di-minuée par TArraure, ainfi quil paroit par les expériences fuivantes.
E X p E R. LX. Je note Iadion de lAimant nud: je lui applique lArmure de manière quenbsp;Ie pied regarde 1Aiguille. On trouve quenbsp;ladtion de lAimant eft beaucoup augmentécnbsp;OU diminuce, felon quon employe lArmurcnbsp;boreale ou auftrale, amp; que ceft la force boreale OU auftrale qui préyaloit au commencement.
ExpÉr. LXI. Au contraire, fijapplique les deux Armures, amp; que 1Aimaht foit perpendiculaire a rÉquatcur magnétique, fi denbsp;plus les deux poles de lAimant font égaux,nbsp;laélion fera la méme quelle étoit avant quonnbsp;eut appliqué lArmure.
IL eft aifé de rendre raifon de ce Phénomè-ne. Car, fi lAimant eft placé comme nous lavons dit, les poles M amp; N agiflent enfem-ble (Fig. 14). LAiguille ne feroit done pasnbsp;détournée fi ces poles étoient égaux j 8c fi ellenbsp;left, ce aeft que par la différence daétionnbsp;des deux poles. En appliquant lArmure, on
-ocr page 279-a dérechef deux poles oppofés, qui agillent a la fois, amp; dont par conféquent les aamp;ions fenbsp;détruifent entièrement ^ fi les Armures fontnbsp;placées femblablement, 6c fi elles acquièrentnbsp;des forces égales: amp; dans Ie cas ou 1Aiguillenbsp;neft pas troublée, nous pouvons facilementnbsp;faire quellë Ie foit, en inclinant un peulAi-mant dun cotc ou de lautre, pour quunenbsp;Armure foit plus proche de 1Aiguille qucnbsp;lautre.
Il eft done prouvé, fi je ne me trompe, quil cft faux que laile de 1Armure nexerccnbsp;aucune force, ou quellc diminue la fphèrenbsp;dactiviré gt; ce neft quaccidentellemcnt quilnbsp;arrive que laftion paroit quelque fois dimi-nuée.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:
j
§. laq. Nous avons dit que la furface ex^# térieure de la Bouteille de Leide ne donne au-cun figne dElectricité : mais, sen fuit-ii denbsp;la quellé nen a pas? Nullement: cela narriiïnbsp;ve dérechef quaccidentellement, favoir, par-cequ il ne fauroit fortir un peu de Fluide dhinenbsp;des furfaces, ni y entrer, a moins quil nennbsp;entre dans lautre, ou quil nen forte. Aus-fi, des quon remplit cette condition, la fur-face extérieure donne beaucoup de fignes dÉ-kftricité. On fait p. ex. que fi Ton fuspend a
UQ
-ocr page 280-un Fil de foye une petite boule entre deux la* mes., dont Tune communique avec la furfaccnbsp;extérieure, lautre avec iintciieure, elle ell a*nbsp;gitée dun mouvement alternatif trés-prompt.
I L eft done certain quil ny a aticune res* femblance réelle entre ces deux Phénomènes,nbsp;qui paroillbient au premier abord fe reffcmblernbsp;fi fort.
Maïs, ces mêmes Phénomènes en produi-fent deux autres, qui paroilTent encore fe res-fembler beaucoup.
Expér LXII. {a). Si Pon fuspend une petite boule pres de la furface extérieure de lanbsp;Bouteille, elle refte immobile : mais, dèsquonnbsp;tire une étincelle de la Tige, la boule eft atti-rée, tout comme ft la force de cette furfacenbsp;ctoit augmentée, pendant quon tire des étin-celles de la tige, c. a. d. pendant quon di-jninue la force de la tige.
Je crois quon doit rapporter a ce genre dexpériences, ce que M. priestley Btororae la force, ou 1explofion latérale {b).
Lors-
(4) Le monnieR, Mem. de l'Jcacl. 1746. p. 454.-
WILSON Treat ife of Kklirkity , p. 87.
(è) Philofph. Trans. Vol. LIX. p. ST» Sc Vol. LX. P- 191.
-ocr page 281-Phênom. concernaeiït la fphht d'aBivité. a3j|
^orsquon dispofe des Corps legers a Ientout de la Bouteille, ils font agités quand on décharge celle - ci, comme sils étoient poulTésnbsp;par unc augmentation de force de la furface extérieure.
ExpÉr. LXIIï. Si même on fait lexpé-rience dans un endroit obfcur, amp; quil y ait une chaine pendue a la furface extérieure de lanbsp;Bouteille,OUquon place des morceaux de mé-tal anguleux fort proche les uns des'autres, denbsp;fagon quils falfent partie du circuit, alors ennbsp;déchargeant la Bouteille (c), on verra Ie Flui-de pafler par la chaine, y briller par étincel-les, comme fi la force de la furface extérieurenbsp;étoit augmentée par ce même moyen, par- le-qucl OU diminue k force de la Bouteille.
On explique facilement ces Phénomènes par la Théorie de M. franklin, laquel-Ie fait voir, quils ne proviennent nullemerttnbsp;dunc augmentation de force dans la furfacenbsp;extérieure.
J. 130. M. cign.a {a) a découveit dans PAtnitire de 1Aimant un Phénomène qui pa-
roit
witsoN Treatif; of Eledricity, p. 89, 90. ^4) [Milcill. Tmi». I C, §. 26, N. d. T.]
-ocr page 282-I. MÉM, F. I. S. IV- Ch. ly. Des
roit tres - analogue a ceux dont nous venons de parler. Nous avons dit que iaile de rArmurcnbsp;nexei'ce que peu ou point daétion [§.
Quon applique au pole de rArmure Ie pole dc même nom dun autrc Aitnant; la force dcnbsp;laile en fera augmentée, quoique celle du polenbsp;foit afFoiblie. M. CIGNA na pas indiquénbsp;comment il fait cette Expérience. Jemyfuisnbsp;pris de la manière fuivante.
Ex PÉR. LXiy. Si laile de IArraurc foutient a peine un anneau , japproche de fonnbsp;pied Ie pole ennemi dun barreau aimanté, amp;nbsp;laile foutient deux ou trois anneaux qui pendent lun a lautre.
Ex PÉR. LXy. Quon place un Aimant armé dans réquatcur magnétique, a quelquenbsp;¦ dillance dune Aiguille; quon note combiennbsp;celle-ci eft détournée. Quon applique en-fuitelepole ennemi dun autre Aimant; 1Aiguille sapproche fur Ic champ bcaucoup denbsp;1Aimant. On voit cepcndant, facilement quenbsp;la plus grande partie de laugmentation eil duenbsp;a ce fecond Aimant.
M. CIGNA explique ce Phénomène en di-fant, que Ie flux de la matière magnétique dun pied dans lautre eft intercepté par lappiica-tion de ce pole ennemi. Mais'nous avons asfez parlé de ce genre dexplications j £c un develop-
-ocr page 283-'coticernant la, fpfthe iaBiviiê.
Veloppemerit exa6t de ces PKénomènes nous ineneroit tfop loin. Je dirai feulement quünbsp;eft certain que cette augmentation dépend duiinbsp;veritable changement de forcés qtii fe faitnbsp;dans IAmiure même^ au cönttaifè de ce qui anbsp;lieu pour Ie Phéhomène électfiqUe que notónbsp;avons compare a ce Phériomche magnétique:nbsp;il ny a done a eet égard aücune vraie Ana»nbsp;logic.
C o N c L TT o N s de tout cé que nous a^oh^ dit de la Boüteille de Leide amp; dun Aimantnbsp;Ütmé, qüon rie peut faire aucune comparaifonnbsp;ëntreüx, maïs quils différent autant par lesnbsp;Phénomènes quils préfentent, que par les cau-gt;nbsp;fes par lesquelles ceux-ti font produits (^).
(t) [Void la Réflexion que M. hemmek fait fur Cette Section. ,,On ne fauroit nier daprès les preuvesnbsp;35 de F Auteur quil ny ait un grand nombre de difFé-rences, amp; des difFe'rences confidérablesy entreles Phé-j.noniLnes de Ia Bouteillc de Leide, Sc ceux de lAr-5, muie dun Aimant. Si ces, differences font telles nenbsp;fuffiroient - clles pas pour détruir# 1Analogie ? -^nbsp;j,Mais, continue M. hemmek. , ces deux pbjets fontnbsp;j, cependant très-analogues, en ce que U plus Sc Ie morns,nbsp;,-,ou l'état pofuif amp; l'état négatif, ont lieu dans lunnbsp;dans 1autre, amp; que ces états font produits 8c oonfervhnbsp;par la mhne force. Dans la Boüteille une des füTfaces
5,eft chargée, lautre eft épuifée, piiisque Ie fluidc ac-,,cumulé dans la première repouffe celui de lautre Ic j.fluide aceumulé effeftuc par fa répulfion quc Tautrenbsp;,,furface refte vuide,amp; cette partie épuifée conferve patnbsp;,,fon attraélion 1excès du Fluide dans la partie oppo-
fée. C'efl: par les mêines caufes que Ie pole chargé .,,de 1Aimant conferve une armure vuide, amp; un polenbsp; vuide une armure chargée.
I®. II me femble que ces états ne font pas nbsp;nbsp;nbsp;par
Une même force. Car l'Armure produit eet état dans la Bouieille; mais elk ne Ie produit pas dans lAimant:nbsp;eet état y étoit; lArmure ne change rien a 1état denbsp;lAimant: il ne fait quaugmenter 1énergie de celui qUinbsp;y exiftoit; ce qui eft trés - différent de ce qui fe paffe dansnbsp;la Bouteille.
2®. II me femble que ces états ne font pas confervés par une même force; une communication entre les deuxnbsp;furfaces détruit létat de la Bouteille: amp; fortifie celui denbsp;l'Aimant.
3°. La comparaifon entière eft précaire. On ajfmae comme un fait que lAimant a une partie pofitive, amp;nbsp;autre négative; mais bien loin qne ce foit un fait, cenbsp;nëft pas même une cm/éqttence déduite dun fait: ce neftnbsp;quune hypothèfe gratuite, qui neft pas etayée de lanbsp;moindre experience, mais au moyen de laquelle on ta-che dexpliquer les Phénomènes, amp; quon admet enfuitcnbsp;comme vrayc , paj^cequon croit avoir expliqué les Phé-
nomènes quon obferve. - Létat pofitif amp; négatif
de la Bouteille neft pas un fait, mais ceft du moins une conféquence déduite des faits avec quelque vraifem-blance, avec une probabilité qui peut me paroitre fuffi-fante, mais qui na pas frappé de même dautres PhyA*nbsp;ciens: des EleilrkUns du premier ordrc, comme M. M-
-ocr page 285-BèRgmant amp; \*»^ii.KE (v. ci-deifous §. iio.) Mais du böiiis Ce neft pas üne hypothèfe gratuite; or, quellenbsp;force a une Analogie quön fonde non fur des faits,nbsp;mais, dune part, fiir des Conféquences; déduites, a lanbsp;Térité, de quelqiies faits; mats de la jufteffe desquellesnbsp;tout le monde ne convieht pas; amp; de Iatitre fur de pll-tes fuppofitiOns; qui, fl elles ont jafflais quelque force ^nbsp;he la peuvent acqiiérir que par üné explication exaéte jnbsp;mathéiiiatique; amp; numérique de toüs les Phénomènes;nbsp;tinc Analogie qm dailleürs eli iccompagnëe de diffëreit-ces palpattles, amp; qili font effentielles, mêmè dans Je^nbsp;fiipppfitions fur tesquellcs oh fe foiidc ? d, T. ]
-ocr page 286-0,44 I-mÉmoire. P. I. ,y. nbsp;nbsp;nbsp;C/5, t.
BE LA COMpARAISON DES ATTRAC» TIONS ET DES REPULSIONS TANÏ
Électriques Q,trE MAGNÉ-
T I CtU E S.
§. 130*. La quatrième Queftion que ftou5 avons entrepiis dexatniner eft celle - ci TE- leftricité amp; Ie Magnétisme conviennent - ilsnbsp; entreux, eu égard .aux Phénomènes quonnbsp;,5 obferve dans les Attraftions Sc les Répul- fions.
rotis
(«) [M. steiclehner a donné dans les cent pre-miers §§. de fa belle differtation uti développement complet des principaux Phénomènes des Attraétions amp; des RépuUlons tant éleéiriques que magnétiques, au ffioyennbsp;des principes de M. aePinus, que nous avons expliquot;nbsp;qués qi-deflus §. 90. feqq. 8c quil fuit pas i p*--N. d. T. ]
-ocr page 287-rons premièremeiit rattraétion i enfüite la rc-pulfion: nous y ajouterons enfin quelques reflexions qui appartiendrbnt a lun $c a lautre genre de Phénomènes (),
(è) [M. HEMMEa remarque fur cette Sedlion, qua fon avis ,?je nai pas fait grand mal au fyttème de M.nbsp;,,AEPiNus: qua la vérité jai fait voir que rattradHonnbsp;3,magnétique eft heauco.up plus forte que rékdlrique;nbsp;,,que lattraftion é'eétriquc fe chzngQ presque teujours ennbsp;jjtépulfion, ce que la magnétique ne fait jamais: maïs,nbsp;ajo.ute-t-il, ce ne font la que des accejj'oircs, qui nenbsp;,, changent tien au point Capital , qui eft , que lattradlionnbsp;,, ik la répullion fe font de part amp; dautre de !a mêmenbsp;,,manière, amp; felon les mêmes Loix de déftrudlion de-,,quilibre; amp; cette vtrité demente, li je ne me trom-,,pe, ferme Sc inébranlable, malgré toutes les objec-,, tions de M. V. S. M. hemmer examine enfuitcnbsp;plus particulièrcment quatre articles de mon memoire.nbsp;Mous examinerons ces réflexions dans nos notes fur cha-ctm de ces articles; mais difons un mot ici de cette Remarque générale.
Obfervons dabord que cette Thefe, que les attraélions k les répuUions fuivent les mêmes Loix de la .déftruc-tion de 1 Equilibre amp;c., conftitue entre les deux Forces ,nbsp;non une Analogie de Faits , mais une Analogie de Syfle-ffie, puisqu elle fuppofe que Ie fyftème de M. aet-inusnbsp;eft démontré. Nous avons déji vu dans plufieurs notesnbsp; précédentes (§. 90. d. f. §. qz. c. . §. 93. b.
JU., e.) ce quon peut objedler a eet égard, amp;je reiir
yoye
yoye ^ ce que jai dit dans la note Mq §. précédent fut la folidité d'une Analogie de fyft'eme. Javoue que je nenbsp;.me fuis pas attaché aux fyftèmès dans mon travail fur cenbsp;fujet, mais uniquemeiit aux faits; tachant néanmoinsnbsp;de diftingiier les fails elfentiels des faits acceflbires, 8?;nbsp;modifies par des circonftances etrangeres. Une Analognbsp;gie de fyftème nefl: vraie que pour ceux qui admettentnbsp;les fyftèmès dont il eft queftion : mais une Analogie denbsp;Faits eft feule vraie amp; inebranlable. Du refte je nai pasnbsp;pretendu faire de refutation complette du fyftème de M.nbsp;A.EP1NUS: je nen ai touche que quelques points, qiftnbsp;appartenoient plus direcftcment a mon fujet.
Remarquons a®, quen fuppofant, que les attraéHons amp; les répulfions maghétiques amp; éleélriques proviennencnbsp;les unes amp; les autres de ce que ks deux Fluides fontnbsp;tirés de leur état naturel, pour saccumuler dans une par-tic du Corps, amp; fe rareficr dans 1autre, cela feul nqnbsp;rend pas 1Analogie entre ks deux Fluides valabk. Si lanbsp;grandeur de la condcnfation amp; de la rarefaétion, fa con-llance, les obftacles que les Corps même qui qontien-nent les Fluides apportent il leur mouvement, la répul-iSon naturelle de ces Fluides amp;c. font différens, comp-tera -1 - on ceci parmi les acceffoires gt; il me femble quqnbsp;ce font des points effentiels. Mais nous reviendrons furnbsp;ces Articles.
Enfin 3°. Je regarde ks fuppofitions que Ie Fluide rnagnétique fe meut trés - difficikment dans k Fer; quilnbsp;fe condenfe dans une partie de celui-ci, amp; fe rarefienbsp;dans iautre: que la répulfion eft proportionnelk a lanbsp;quantité de Fluide, non feukment eomme des fuppofitions gratuites, mais encore comme des fuppofitionjnbsp;contraires aux Faits: jai indiqiié mes raifons dans des no- ¦nbsp;jes précédentcs ( §. qi. c. §. 93. b. §, 98. a. §. iiz. e.)nbsp;^ J y reviendrai encore (§. 199. . §. zoo. d.)
-ocr page 289-Examen des Pkénomènes de 1'AttraStion. ¦247
CHAPITRE I.
Examen des Pkénomènes de VAttraction.
IL y a furtout trois Phénomènes aux quels fl. faut avoir égard ici: i. la grandeur de lAt-traétion: a. la diftance a laquelle elle agitjnbsp;3. la confrance ou la mutabilité de lAttrac-tion.
i
I. La Grandeur de VAttraction.
§. 131. M. MUSS CHE NB ROEK établit cette coraparaifon entre rÉleétricité amp; Ie Magnétisme (ös): que lAimant foutient de très-grands poids, mais que 1Ambrc, ou les Corpsnbsp;qui pofledent la vertu éleftrique, nattirentnbsp;que les Coi^ps legers,, des pailles, des fétus,nbsp;des pousfières. Ces Phénomènes méritent dê-tre examinés avec foin.
I tl efl: certain que lAimant, furtout sil eft armé, peut foutenir de tres-grands poids, foit
(4) MïQi. ad Phil, Natur. §. 997.
I. memoir®. P. I. S-V- Ch. I.
quon les confidere en eux-mêmes, foit, amp; ce-la a fuitout lieu alors, quon les coqUière par rapport au poids de TAimant. Jentrerois dansnbsp;un trop grand détail, fi jen rapportois touj lesnbsp;exempies connus: jé nen citerai que deux or;nbsp;frois.
I L eft fait mention dans le Journal des Sa-vans de lannée 1683. p. laö, dunArtiftedc Paris, M. p o u I L L Y, qui armoit les Aimansnbsp;avec rant dadrefle, quils foiitenoient deux-cent fois leur propre poids. J^e Doéteur martin a vu un Aimant ft petit, quil étoit mon-té en bague comme un Diamant {b). Sonnbsp;poids etoit de trois grains. Sc U en ioutenoitnbsp;74Ö, c. a. d. quil foutenoit deux-pens-cin-quante fois fqn propre poids. Ce pftyfieiennbsp;ajoute, que ceft le plus fort Airnant quil aitnbsp;jamais vu. M. pu fay pofledoit un Aimant de neuf livres, qui étant armé en foute-noit feptante-fept {c)\ ^ depuis peu, M-.nbsp;IAbbq L E N o B L E a fait voir a 1Académie de Paris un Aimant artificiel, du poids denbsp;neuf livres, deux onces, qui foutenqit cinq-
cens-
(é) Ph'tlof. Brittann. Tome I. p. 47. de la ade Editioffj Mem. de IAead- Boy. d(s Sc'mces 1731. p. 4ilt;5.
-ocr page 291-Bxamen des P-hénomlnes de PAtttaction.
Ceiis-cinq livres Je paffe 4autres esem^ pies, même peu connus.
' O R, fi nous comparons ceci aux Phénomè-; nes élcctriques, quelles differences ne trouve-j'ons nous pas! Car nous voyons tous les jours,nbsp;que les Corps éleftriques nattirent que desnbsp;Corps tres-legers, 6c quil ny a que ceux-cinbsp;qvii en puiflent ctre foutenus.
Maïs, il y a une expérience du P. kir? pHER, qui mérite quon en faffe mention.
§. iga. Pline avoit déja dit («) que FAmbi'e attire non lêulement des pailles, maisnbsp;ausfi des raclures de Fer. Le P. h a r d o u i nnbsp;rappoite dans fes notes fur eet endroit, quenbsp;lAmbre peut attirer des grands poids, memenbsp;yingt -fept livres, amp; il cite une expérience dunbsp;P. KIRCHER.
D A N s cette expérience vingt r fept livres de plomb ont été en effet mis en mouvementnbsp;par un morceau dAmbre: mais, sen fuit-ilnbsp;que lAmbre a réellement attiré vingt-fept li-vies^ Hullement, car voici lappareil du P-
K I R-
{d) Journal des Sayans 1772. Mas Ed. de Paris, Julrt p. 54. Èd. dAmfterdam.
(a) [Hljiork. Naturalis Lib. XXXVII. u N d TT
05
-ocr page 292-^5^ I- ME MO IRE. P. I. S. V. Ch. I.
jtiRCHER {b) (Fig. 15)- fuspendoit un levier de bois au fil A B: B plagoit lenbsp;Corps qui devoit être attire a Textrémité Enbsp;ou F de ee levier, Sc il en approchoit un rnor-
ceau dAmbre frotté, qui attiroit cet appareil. De cette fitqon vingt - icpt livres out été mifesnbsp;cn mouvement; Mais, il eft évident quenbsp;iAmbre na pas attiré ces vingt-fept livres: ftnbsp;na fait qne t^aincre la refiftance que tout cetnbsp;appareil oppofoit au mouvement. Si cette ré*nbsp;liftance ne vaut quune livre, TAmbre nauranbsp;attiré quune livre, amp; même il nauroit pasnbsp;attiré une livre entière: car le frottement fenbsp;fait fur le centre de mouvement, amp; IAmbrcnbsp;agit au moyen du bras de levier B F, ce quinbsp;augmente beaucoup fon énergie: doii il fiiitrnbsp;que IAmbre ne produit véellernent ici quunnbsp;trés - petit eflFet. Le frottement, sil y en a denbsp;fenfible ici, neft afluremcnt pas la milliemcnbsp;partie du poids; le levier B F eft presque infi-ni a r égard de la furface fur laquelle fe fait lenbsp;frottement, car celui-ci agit dans le centrenbsp;même. Suppofons que le levier nait été quenbsp;cent fois plus long : alors 1 énergie de la puis-iuncc fera cent - mille fois plus grande que celle
de
Pkyfica fuhterranea Lib. VIH. Seót, 3. nbsp;nbsp;nbsp;5. /. 7T
-ocr page 293-Examen des Pkénomènes iel4pra,Etion. 0.511.,
de la réliftancej c. a. d. quc la puifFance nat-? tirera que la centrmilUpnie partie du poids. Cenbsp;.poids a été de yingtrfept livres: fuppofonsnbsp;quon ait encore applique viiigtrfept livres anbsp;1autre extrémité pour faire équilibre, ce quinbsp;jia peut - être pas eu lieu, car il neft pas dit.nbsp;fi ceft un poids de vingt - fept livres quon a-voit appliqué a 1extrémité F, ou li cctoit lanbsp;Ie poids de tout lappareil. Quqn fuppofe donenbsp;(cinquante - quatre livres pour Ie poids total: amp;.nbsp;puisquil y a feize onces daqs une livre, cenbsp;poids fera de huit - cens - foixante r quatre on-pes, amp; chaque once contenant quatre-cens-quaire - vingt grains, ce poids total aura été denbsp;quatre - cens - quatorze - rnille fept - cens - vingtnbsp;grains, amp; par conféquent Ie poids que lAm-bre a réellement attiré, naura été que de quatre grains. Cette expérience nindique donenbsp;en aucune faqon que lAmbre attire de grandsnbsp;poids, comme Ie fait lAimant.
§ 133- Jai confii-mé ces raifonnemens pai? ^es expériences.
ExpÉr. lxVI. Jai placé fur un ftile dacier extrèmément pointu une Aiguille denbsp;cuivre trés - mobile, qui, avec fa chappe da-gathe, pefoit nonante-fept grains. Jai chargé cette Aiguille en fuspendant a lune de fes
ex5
-ocr page 294-I. M i M o I R E. P. I. S. V. Ch. I,
extrémités mille-neuf-cens-treize grains, 8c 4 lautre mille-neufrcens-quinze gwins. Lenbsp;poids total eft de trois-mille-huit - cens - vingt-gt;nbsp;huit grains, 8c avec celui de 1Aiguille, dcnbsp;trois-mille-neuf- cens - vingt - einq grains. Jainbsp;attaché a une des extrémités un fil extrèmé-ment delié, qui paffoit fur un cilindre de verrenbsp;fixe a une colonne. Jai attaché a ce fil unnbsp;poids dun douzieme de grains, 8c ce poids anbsp;fiicilement mu tout léquipage. Done im douzieme de grain a mis trois-mille -neuf-cens-vingt-cinq grains en mouvement, c. a. d. unnbsp;poids qui le furpalToit quarante - fept - mille 8cnbsp;cent fois. Done fi lAmbre mettoit ce poidsnbsp;la en mouvement il ne feroit quun effet dunnbsp;douzième de grain. Jai done frotté legère-ment un morceau dAmbre, qui a très-promp-tement agicé cette Aiguille ainfi chargée. Lanbsp;diftance entre le centre 8c Iextremite de cettenbsp;Aiguille nétoit que de troispouces: fiellea-fnbsp;voii été de fix pouees, comme elle left dansnbsp;un autre appareil que jai ausfi employé (^ï),nbsp;le même poids auroit produit un effet double,nbsp;8c par Gonféquent il auroit mis en mouvementnbsp;un poids nonante-quatre-mille fois plus grand;.
Of
O) C Ceft celui dont jv parlé dansle §. 2.36. N. d. TlJ
-ocr page 295-¦Ë)imieH dés Phénordènes dé VAttraction,
Or je ne lai fuppöfé que cent «mille fois plu» grand dans Texpérience du P. kircher.nbsp;Mais, celui-ci a cfflpldyé ün levier dutinbsp;pied (b). Dailleurs ce levier étöit füspendunbsp;a un fil, amp; il étoit par conféqueht plus mobilej^!nbsp;puisqualors il ny a güères de frottement, atlnbsp;Jieu quil y en a quelqtie peu dans mon appa*nbsp;reilj car M; lous (c) atrotivé quuiie Aiguille , qui lorsquelle eft: fuspendue a ün fil denbsp;foye nón tofs, faifoit cent oscillations avantnbsp;que de sarrêter, nen faifoit plus que cinqua»*5nbsp;te étant fuspendue par une chape dagathe.
§. 134. Of, fi lAttradiion dü Fcf amp; dé» Corps éleftriques dépend de ce que ces Corpsnbsp;fecofvent Ie Fluide magnétique ou éleétrique rnbsp;fi cette Attradtion eft dautant plus grande quenbsp;ces Corps feqoivent Ie Fluide plus abondam-ment, il sen fuit manifeftement que Ie Fefnbsp;feqoit Ie Fluide magnétique plus facilement 6cnbsp;en plus grande quantité que les Corps éleétri-ques ne recoivent Ie Fluide électriquc: 8c quenbsp;ce Fluide magnétique poufl'e, ou preffe Ic
Fer
(O jfn Magnetka, Lilro 3°.
(c) Te»t timen ad cm^afam nantlam ferfiuendjtm,'Exférl
Fer vers IAimant avec beaücoup plus de forcé que Ie Fluide éledtrique ne pouffe les Coipsnbsp;vers Ie Condüóleur de k machine, de forte quénbsp;réiiergie de ce premier Fluide égale Ie p'oidsnbsp;de pliHleurs livres,' amp; celle du dernier feule-ment le poids de qüelques grains: différencénbsp;qui indiqiie ceminement uhe grande diverfitênbsp;Èiitre les Loix felon lesquelles ces Fluïdesnbsp;agiffent («).
Mais^
(lt;j) [Ce que nous difons ici de Ia diverlité dès Loix .felón lesquelles ces Fluides agiffent, en fuppófant quenbsp;leur impullion ou leur presfion produit lattraélion amp; lanbsp;répulfion, a lieu également eri admettaiit le fyftème denbsp;Ivl. A E r IN o s. Selon ce Phyltcien , lattradlion amp; la ré-pnlfiori dependent de la condenfation amp; de la rarefaftioiinbsp;du Fluide dans les Corps dont il sagit: de forte que, finbsp;nous fuppöfons un Corps pofitif, qui contienne un exces dé Fluide q au-deffus de fa quantité naturelle Q: Scnbsp;un dutré Corps négdtif, dans lequel la quantité naturellenbsp;D de Fluide eft diminuée Aè d, amp;c dans lesquels enfin la
répulfion naturelle des Fluides eft R j Ia grandeur de laf*
tra(Süon fera nbsp;nbsp;nbsp;: v. AEPiNus §. 3j. amp; steigieh-,
N E R §. 40. Nous nous fervons de cette formule fimple i parcé que les conclufions font les mêmes que ft nousnbsp;nous fervions de la foririule plus compliquée, qui a lieilnbsp;fi deux Corps j en partie pofitifs amp; en partié négatifs/'nbsp;agiilent lun fur lautre. Oh trouve cette formule dans Wnbsp;S4- de la Differtation de M. steislehnkr. Nous
n'exsH
nous
nexamiuerons pas a préfent fl ces formules fuivent des principes qui leur fervent de baze: nous les admettrons*nbsp;amp; nous en discuterons les conféquences.
1°. Ceft un fait que lattraftion magnétique efl: plus forte que léleörique: II faut done que ou ^, ou gt; ou R*nbsp;ou plufieurs de ces Elémens a la fois, foyent plus grandsnbsp;pour 1Aimant amp; Ie Per, que pour les Corps éledtriques:nbsp;La force de lAimant quon employe depend denbsp;inais , outre qu'on peut choifir des Aimans dans lesquellesnbsp;X ne fera pas plus grand que dans tel Corps élediriqtre i
Ü eft clair que dans un Aimant dont les poles font egaux, q ne peut jamais etre plus grand que Q, puis-qualors 1'étendue de la partie pofitive eft égale a celle denbsp;la négative, Ie centre magnétique tombant au milieunbsp;de la Lame, amp; quainfi, en fuppofant la partie négativenbsp;parfaitement vuide, tout fon Fluide Q fera la quantité 3nbsp;qui fe trouve en excès dans la partie pofitive. Or,nbsp;ctimine les Corps éleélriques peuvent fe charger par ex-cédent, gr ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grand que Q en bien des cas:
ainfi ^pourra être, mime dans des Aimans très-vigou-reux plus petit qu il ne left dans des Corps élcélrifés. A forces égales g fera plus petit dans du Fer préalablementnbsp;Eon aimabté, que dans un Corps quelconque approchénbsp;i'up Corps élcélrifé : puisque g depend de U tranfpofi-
tion
-ocr page 298-tion du Fluide, 8c que Ie Fluïde magnétique fe meut plus difficileuient dans Ie Fer, que Ie Fluide éleariquenbsp;flans les Corps eleörilës; II faut doné que R ibit plu5nbsp;grand dans Ie Magnétisme que dans lÉIeélricité: c. a. d.nbsp;il faut que les particuks du Fluide magnétique fe ré-p'ouffent plus fortement, 8t inéompaiaFlement plus for-tcment que celles du Fluide éléarique. Or, cette difFé-rence neft - elle pas effentielle a ces Fluides ?
2*. Une Maffe dé Fer ou dAirnant contient 8c du Fluide magnétique, amp; du Fluide éledhique , tous deult;nbsp;dans leur état naturel: il faut done, pour conferver lé-quilib're que les particulcs du Fer ou de TAimant attirenfnbsp;J)lus fortemènt les particules du Fluide magnétique quénbsp;telles dd Fluide éleélri^uê, tc en memé raifön que la ré-pullion de celles-la eft plus grande que Cellè de' celles-c?,nbsp;¦*Voila done enCoVe une ditTérehCe Sc qüi nèft pas itioinènbsp;èffentiellè qde M précédente.' II faudVa done éneorénbsp;ajöütef ces dèuX hypothèfés d tóutés les au'tres dé M.nbsp;AEPrNus;' m'ais Ces deux hypothèfés font déreChef'gfa-ttiites, 8c appuiées d'aucune èxpérience.
3°. M. AEPiNus na pas èxpliqué dans fón fyftèfflè Fattraflion ou te répuliión dés Corps éicélriqucs 8c roa-gnétiques: il neft queftion dans les réfultats de fes cal-culs que de Fattradlion ou de Ia répulfton des Fluidesnbsp;Contenus dans ces Corps: mais il fuppofe §. 8. p. id.nbsp;que la répulfton ou rattradlion du Fluide entraine cellenbsp;des Corps qui cohtiennent ce Fluide , 8c auxquels CC'nbsp;lui - ci eft attaché. Mais cétte hypbthèfe eft bien Coc''nbsp;poféc : car dabord il eft evident, que 11 la force dat-
tra«-;
-ocr page 299-traöion du Corps A eft plus grande que la force de Cohéfion quil y a entre Ie Corps attiré B amp; Ie Fluidènbsp;quil contient, ce Fluide séchappera de cc Corps, anbsp;'moins qiiil ny éprouvat unc difficulté invincible. II fautnbsp;done pour que Ie Corps total B foit attiré, que la forcenbsp;de Cohéfion de ce Corps avec fon Fluide, foit ou auslinbsp;grande, oü plus grande que la force avec laqtiellé cénbsp;Fluide cft attiré. Mais comment cela fe peüt - il; fi cet-te force de Cohéfion neft autre, comme ii femblc quenbsp;Cela fe doit, que lattraéfiön qtic Ie Corps excrce fur cenbsp;Fluide; amp; fi cette attraélion riéft, cbmmc M. aepi-Nus Ié fuppofe, qué ce quil faüt pour tenir Ie Fluidfcnbsp;en éqtiilibre.^ (v. §. 91. note h)'. Mais cette feule condition ne fuffit pas, pour que Ic Corps même foit attirénbsp;bu foutenu par la feule adlion du Corps attirant fur fonnbsp;Fluide: il faut encore a®, que cette aéfion vainque 1'i-fiertic du CötpS, sil sagit de Ié motivoir hbrifontalé-meiit, OU fon poids total, sil sagit de Ie foutenir. Sinbsp;done un Aimant fóutient une mafic de Fer de vingt litres p. ex., Ie Fluide de ce Fer eft attiré vers 1Aimantnbsp;par une foreb de lo livres: retiré avcC une force de 20nbsp;livres par k poids du Corps; condenfé par conféquentnbsp;par une force de xo livres, amp; de plus fa force de Cö-héfion avec la fubftance de ce Fer éft au moins de lo fianbsp;vres: niais fi cette force eft fi grande, comment Ib peuknbsp;il que ce Fluide foit mis en mouvement dans ce Fer jnbsp;par une force trés - petite, cellc p. ex. dun Aiihant foianbsp;ble j au liioyen duquel on aimanteroit ce Fer, quoiqué
tO ME 1. nbsp;nbsp;nbsp;K
-ocr page 300-0-58 I- mÉmoire. P.1. S. V. CA. 1,
Ton veut ctablir une comparaifon, il faut Ic* tablir entre des Aimans armés amp; des carreauxnbsp;éleótriques, dans lesquels la force eft ausft beau-coup augmentee amp; concentrée. Faifons donenbsp;cette comparaifon j amp; il souvre a cette occa-fion un vafte champ dcxpcricnces tres - élqgan-tes, mais fur lesquelles il faudra faire queiquesnbsp;Inflexions préüminaircs.
S- 135- Nous avons pairlé ci-deflus (§. IIO. feqq.) de IArmure magnétique, amp; nousnbsp;avons vu ce quil faut penfer de la concentration du Fluide dans fes pieds. Mais, les Ai-mans en Fer - a - cheval ne font pas armes, Scnbsp;cependant IAbbe l e no b l e en a conftruicnbsp;qui portent quarante livres. La grandeur dcnbsp;VattraStion magnétique ne depend done pas dcnbsp;IArmure (^a). Nous avons ditci-delTus (§.
130)
peut-être legèrement ? (v. §. 93. notec) Dailleurs cette grande Cohéfion du Fluide avec le Fer , qui nean-tnoins lui permet de fe mouvoir dans le Fer, neft - ellé pas encore une fuppofition gratuite , étayée dauciine experience ? amp; fi ces differences de Cohéfion, dAttraction amp; dAftion entre les Fluides magnétiqiies 8c elec-triques ont lieu, ne font - dies pas effencielles ? ne for-ment - dies pas une difference réelle ? N. d. T. ]
(lt;*) [ G. a. d. dune concentration de Fluide dans
jpieds
-ocr page 301-Ëxamèn des Plümm'ènes de VAUraStion. 1$^
ïS^-) ce quil' faut penfer de la cornparaifbn de la Bouteille de Lelde avec un Aimant armé.
Passö NS aux belles Expériences de M, s Y M M E R fur la Cohéfion éle£l:rique; je nennbsp;fepèterai que deuxj qui appaitiennent a tvotrcnbsp;fujet (b).
E X p É R. LX VIL Si deux Cafreaüx élec-triques, armes fetilement- fur une de leurs liir* faces, font appliqués lun fur lautre par la fur*nbsp;face rton armée, amp; fi on les charge enluiténbsp;comme s ils ne faifoient quun feul Carreau, ilsnbsp;adherent 1 un a lautre avec une ti'ès - grandenbsp;fotce, Sc ils pourront foutenir un poids denbsp;quelques onces. Le Carreau inférieur dont jcnbsp;me fuis fervi 3 pefoit huit onces, trois dragmes,nbsp;vingt-cinq grains, amp; il étoit facilement enk*nbsp;vé par le Carreau fupérieur, quoiquaucun desnbsp;deux ne fut de Verre poli.
S- 13Ö'
pieds de 1 Avnmrc , ou dunc Gondenfation dans 1 un d eux, amp; d une rarefaiftion dans l aiitre ^ plus grandes 1 une 8cnbsp;lautre quelks ne le font dans 1Aimant non armé: carnbsp;du refte ces Aimans en per - i - cheval conviennent avecnbsp;les Aimans armés en ccci quils agifïent par les deux poles a la fois. N. d. T. ]
(è) P/iilof. Tranjhei, Vol. LI. Part. I. p. 340. CeTrai» té a été traduit en Francois amp; public avec des Notesnbsp;dans le troifième Tome des Lmns fur ÏÉkHriüti f0nbsp;lUilté N01.1.EÏ.
ióo I. mémoire'. P.1. S.V. Ch. ï.
§. 136. LattrACTION eft-elle done plus foite ici que dans dautres cas, amp; appro-che-t-elle davantage de la grandeur des at-traótions magnétiques %
Les deux Carreaux acquièrent, dans cette experience, des Eleétricités contraires j Ie fu-périeur une Eleftricité pofitive, linférieurnbsp;une negative: amp; k cohéfion na lieu que lors-que ks Carreaux font dans un état contraire}nbsp;ceft cc qui fera prouvé par lexpérience fui-vante.
Ex PÉR. LXVIII. Je retourne mes deux Carreaux chargés 6c adhérens lun a lautre: jenbsp;continue enfuite a les éleétrifer: leur cohélionnbsp;eft dkbord diminuée, puis détruite, enfin ré-tablie , mais de faqon que la lame fupérieure,nbsp;qui étoit négative il ny a quun, moment ^ puis-quelle étoit alors linférieure, eft devenue po-fitive: öcquelautre eft reciproquement devenue négative de politive quelle étoit.
I L eft dailleurs démontré, par routes les Expériences de M. M. symmer, kollet, CIGNA («) 6C BECCARIA {b)
fur
(a) [Miscell. Tauri». Tome III. p. 31. leqq. N. d. T.J (i) iP/iikj;. Tranfaü. Vol. LVII. p. 297. N. d. T.l
-ocr page 303-Examen des Phémmenes de l' AttraBion. aöï
fur la cohéfion éleótrique , quellc na lieu quentre des Coi'ps qui fout dans un état contraire.
S- 137. Les Experiences que M- sym-M E R a faites avec des bas de foye font ausll de la plus grande beauté. II a trouvé, que fi lonnbsp;frotte un bas noir fnr un bas blanc , ou recipro-quement, ils adherent lun a 1autre avec uncnbsp;grande force j mais quun bas noir frotté furnbsp;un noir ou un blanc frotté fur un blanc', nenbsp;produilënt pas delfetpareil: Or, en ce cas, cesnbsp;bas acquierent lun amp; Tautre la inême Éleébri-cité : amp; pour la cohéfion, il fiut des Eleétri-cités oppofées, Ceil; ausil pour cette raifonnbsp;que jai rappoité ce Phénomène au Carreaunbsp;éleccrique, ou a la Bouteille de Leide puis-quetout sy reduit a ceci, que les furfaces acquierent des Eleétricités oppofées.
Les Cohéfions des bas de foye font éton-nantes: elles furpalTent quelquefois vingt, qua-i-antc, amp; même quatre-vingt-dix fois Ie poids des bas quon employe. Voici une expériencenbsp;que jai fake daprès M. cigna.
ExpÉr. LXIX. Jai chauffé un ruban de foyeblaqche, du poids de neuf grains; jenbsp;Jai pofé fur un ruban de foye nojre ausfi chauf-
R 3 nbsp;nbsp;nbsp; fé-
-ocr page 304-fé. Je les ai frotté plufieurs fois. Ils satta^ chent avec une grande force a la table fur la--quelle ils , font pofés. Quand on les en déta'.nbsp;che on entend un iifflement: ils volent avecnbsp;une grande force vers la main quon leur pré-fente. Jai fuspendu enfuite trois dragmes, ounbsp;cent - quatre - vingt grains au ruban blanc, 6cnbsp;ce nelf quavec peine quil seft détaché dunbsp;noir. II a done adhéré a celui-ci avec unenbsp;force qui furpaflbit vingt fois fon propre poids.nbsp;Or, les deux rubans font éleétriques: amp; li Tonnbsp;place entre deux une petite boule fuspendue anbsp;un filde foye, elle eft dans un mouvement con-»nbsp;tinuelj preuve que ces mbans ont des Electri-cités oppofées.
S- 138. Cette Coliéfion eft done tres-» grande: Sc fi lon confidère la proportion dunbsp;poids foutenu a celui du Corps qui Ie foutient,nbsp;elle approche beaucoup de la force de plufieursnbsp;Aimans arraés, quoiquelle natteigne pas leffi-cace de quelques uns de ceux dont nous avonsnbsp;parlé (§. 131.) Mais, fi nous conlidérons lesnbsp;poids foutenus en eux-mêmes, c. a. d. la Co-héfion abfolue, on trouve que ces poids fontnbsp;beaucoup moindres que ceux que lAimant attire; car ils furpaflent a peine une livre, ou une
. nbsp;nbsp;nbsp;iivic
-ocr page 305-Èxamen des Phéwnhnes de V Attradlion. 0,63
iivre amp; demie, au Hen que les exemples dAi-mans qui en foutienne t dix, vingt, trente, quarante, ne font pas rates.
J E ne voudrois cependant pas établir, par cette raifon fcule, une difference entre TE-leétricité amp; rAimant; car de même quonnbsp;navoit, avant M. s VMM er, aucune idéénbsp;de la grande force que ce Phyflcien a produi-te, rien ausfi nous engage a penfer que nosnbsp;Neveux ne produiront jamais une Cohéfionnbsp;qui furpaffe de beaucoup celle que M. s ym-MER a trouvée.
§. 139. Les discusfions que nous venons de faire fur rÉleflrricité amp; Ie Magnétisme re-viennent done a ceci.
1°. Quun Corps éleéfcrique, agiffant fur des Corps pkcés a quelque diftance, nen attire amp; nen peut foutenir que de légers j pendant que TAimaiat en attire Sc 'en foutienc denbsp;plus pefans.
'2'- Quon peut'effeétuer que deux Corps appliques lun a lautre, adhérent avec unenbsp;grande force eleftrique, au moins fi on lanbsp;confidère relativementnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Que cela a lieu fi
quot; nbsp;nbsp;nbsp;...nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...-I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;--nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
(d) [M. sTEietEHNER. a fait line belle expérience
aveü
2,04 I- MÉ MO I RE. P. I. (S'. V. ci. J.
on eleftrife a la fois deux Corps appliqués Iun a Iautre, amp; qui p.euvent acquerii; dcs Eleftri-ckes contraircs. Ccft ausfi de la in,eine ma-niere,^ quun Aimant armé, dont les deuxnbsp;poles oppofés agiffent a la fois, foutieiu denbsp;plus grands poids quun Aimant non armé.
Le premier de ces Phenotnenes m,e paroit indiquer une aflez grande difference entre Iag-tion du Fluide éleécriquc Sc celle du, Fluidenbsp;magnétique. Car, fi ces Fluides agiflbient;nbsp;fuivant les memos Loix, amp; fuiyant des Logixnbsp;femblables, il faudroit quc les effets dy rnênienbsp;genre fuffent femblables ausfi: or, le Fluide.nbsp;dleélrique ne nieut que. des Corps trés - légers,nbsp;amp; le magnétique en meut de pefans, dans les-circonftances même, dans lesquelles le Fluidenbsp;éleétrique en devroit mouvoir de. plus pcfaris.nbsp;Car, quon ait deux Cancaux éleétriques quinbsp;adherent Iun a Iautre a,vec une force confidé-,nbsp;rablci quon les fépare i ils nattirent que d.esnbsp;Corps légers: au contraire de ce qui a lieunbsp;pour r Aimant, qui, fi on 1ote du Corps
quil
avec rÉledirophore pour prouvcr la grandeur de l'attracr, non ékftrique. y. le §. 98. de fa differtation. On sap-percevra fadlement que cette Experience reyient pournbsp;le fonds au cas qui a lieu dans cell«s fur la Cohéiiqn,nbsp;«ledtrique. N. d. T.]
-ocr page 307-'B.xamm des Vhénomlnes de l'AttraHion, i6^
quil foutenoit 5 pourra dans Ie moment même fouteniï dautres Corps a peu prés du mêmenbsp;poids. Et quon ne dife pas que la raifotinbsp;ppur laquelle Ie Fer eft foutenu par 1 Aimantnbsp;ayee plus de force eft, que des quil eft appli-rnbsp;qué a rAimant, lextrémité qui touche celui-!nbsp;pi acquiert un pole oppofé : quainfi on a tou-jours des poles contraires dans Ic Magnétisme,nbsp;amp; par conféquent quHl ne faut comparer cenbsp;Phénomène quavec celui dans lequel il y anbsp;des Éleétricités oppofées, amp; dans lequel onnbsp;obferve une grande Cohéhon (^) : car, pournbsp;^utenir ceci, il faudra foutenir ausfi, quil ynbsp;a une difference entre les manières dont lesnbsp;forces éleétrique Sc magnétique font commu^nbsp;niquées: puisque, dans ce cas, il sen fuitnbsp;quun Corps approché dun' Corps éledtriquenbsp;nacquiert pas une Eleétricité oppofée , aunbsp;pontraire de ce qui a lieu pour Ie Fer quounbsp;.approché de 1Aimant (lt;r). Mais, je parlerai
des
(i) [Dans Ie fyftètne de M. aepinus il y a attraction entre les Corps doués d'Eleétricités oppolées: ainfi Ja disparité dont nous parlons y Gonferve toute fa force.nbsp;N. d. T.]
(c) [Je nai pas pretendu dire que ceci ait lieu pour. 1Éleélricité: mais feulement que cela auroit lieu dansnbsp;fuppofition que jexamine. N. d, T. j
-ocr page 308-des Loix de k cammunication des forces dans Tcxamen de la queftion fixième. (§. i8a. feqq.)
§. 140. Le fecond Phénomcne (§. 139.) revient aceci, que deux Corps qui polTédentnbsp;des Fdelt;Stricités contraires adhérent lun a 1autre avec-plus de force, que lorsquun Corpsnbsp;éleclrique agit fur m autre Corps non éleSlriinbsp;que (a), foit Conducteur,' foit Coercitif {a)i
(4) [Void la remarque que M. hemmeh. fait fur cette expresfion. ,, LAuteur affutne quun Corps élec-,,trifé peut agir fur un autre Corps qui neft pas encorenbsp;,, éleélrique : mais eek narrivc jamais: car, dans le mo-,, ment même quun Corps eleftrifé pofitivement p. ex.nbsp;,,agit fur un autre. Corps, celui - ci devient négatit, ennbsp;,,entier, ou ,en partie, puisque les particules du Fluidenbsp;,,quil contient font repouffées par le Fluide accumulénbsp;,, par conféquent plus énergique, de 1autre Corps. Lanbsp;,,même chofe a lieu, quand un Airaant commence anbsp;agir fur un morceau de Fer, lur un clou, p. ex: denbsp;,, forte quon a id 1Analogie la plus parfaite. Nousnbsp;avons ici un Fait, amp; une explication du Fait: celle - cinbsp;eft fyfteinatique ; mais le Fait eft _ trés - certain : M. ae-piNus Fa piouvé par de belles expérienccs §. iii. feqq.nbsp;de fes Tentamim. Mais je nai pas dit que le Corps furnbsp;lequel un Corps eledrifé agit, ne devient pas éledrique ,nbsp;malgré cette adlion: je me fuis fervi de 1expresfion mn-éUeiriqite, dans le même fens que je me fers §. I4Z. de ,nbsp;1expresüon défeurvu dEleólriciü, pour dire quun Corps
neft
-ocr page 309-Examen des P hé nomine s de V AttraStion. a67
II faudroit done, pour quil y eut a eet égard Une rcflemblanee parfaite entre les Phénomè-ues éleétriques amp; les magnétiques, que deuxnbsp;Airaans sattiraffent plus fortement que TAi-mant amp; Ie Fer. Le Phénomène éleélriquenbsp;eft, pour autant quil mell connu, général,nbsp;6c nadmet aucune exception: mais, en elt-ilnbsp;de même pour le Phénomène raagnétique?nbsp;Ffullement.
Un tres-grand nombre de Phyficiens, Sc mênic presque tous les Phyficiens, foutiennentnbsp;que r Aimant attire plus fortement le F er quuunbsp;autre Aimant, Sc M. musschenbroeknbsp;a fait des expériences très-exaércs fur ce fu-jet (/-'), par iesquelles il eftprouVe, que 1attraction entre 1Aimant 6c le Fer efi; quelque-
neft pas éledrifé avant que detre employé; tout com-me on fe fert de lexpresfion de Fer put ou non ai-rnanté, quoiquil devienne réellement magnétique, dès qu un Aimant agit fur lui. Pour cc qui eft dc la grandenbsp;Analogie que M.-hemmer trouve ici, elle revient uni-quement a ce fait, que lÉleélricité amp; le Magnétismenbsp;font deux états qui peuvent être communiqués aux Corpsnbsp;OU au Fer quon approche de Corps Éleétrifés ou dunnbsp;Aimant: mais cette Analogie nell veritable qu'autantnbsp;que toutes les Loix effentielles font les mêmes. N. d. T.]nbsp;{h) DiJl'ertaüo de Magnetc: EKp. 14. 21.
-ocr page 310-f
fois triple de celle qui a lieu entre Ie même Ai-mant amp; un autre Aimant.
C E beau Phénomène ma pa^u digne dê-trc examine avec foin. Ce que jai compC)fé fiir cette maticre, amp; confinné par des experiences, que je nai pas encore publiées, re-vient fommairement a ceci [c). La propoli-tion dont il ell queftion neil: pas générale}nbsp;car, tout ncft pas égal des deux cotés danSnbsp;cette comparaifon. Tout Fer nefl; pas attirénbsp;avec la même force, mais, il y a un maximumnbsp;dattraction: ainfi lefFet peut être différentnbsp;en employant différens Aimans. Mais, jainbsp;fait des experiences avec des barreaux dacier,nbsp;dégales dimenlions amp; dégale dureté, amp; jainbsp;trouvé que celui qui étoit aimanté, étoit atti-lé plus fortement que celui qui ne létoit pas ;nbsp;mais, Ie contraire peut facilemcnt arriver, amp;nbsp;jai montré quil a réellemeiit eu lieu dans lesnbsp;expériences de M. musschenbroek,nbsp;i. quand 1Aimant, qui eft attiré par Ie premier Aimant, a une force plus petite que ncft
cellc
(c) [Jai préfenté a IAcad-mie de Bavière la dilTer-tation que javois compofée fur ce flijet: 1Académie Ia. infe'rée dans Ie premier Tome de fes Nouveaux Mémuires:nbsp;on en trouvera la traduétion dans Ie fecpnd Tome de ccnbsp;Rccueil. N. d. T. ]
'Examen des Pkémmènes de VAttraction,
cclle que Ie Fer attiré par Ie même Airaaiit peut acquerir. 1°. Quand Ie ftombrc de par-ticules qui agiflent fut Ie Fer eft plus grandnbsp;que Ie nombre de celles qui agilTent fur lAi-xaant) ou quelles ont uiie lltuation plus favorable; 3°. (amp; cette caufe a été excellemmentnbsp;traitée par M. aepinus) quand Ie Fer eftnbsp;fort mol: car en ce cas il acquiert par Ie feulnbsp;contaól: une plus grande force, pendant quenbsp;IAimant, dont les parties conftituantes fontnbsp;plus dures , eft moins fortifié par ce contad,nbsp;fur-tout fi Ie premier Aimant eft foible-
§. 1.41. PUISQ.UE ces effets nont jamais! lieu dans lés Phénomènes élefttiques, ilscö-fuit quaucune des caufes dont nous venons denbsp;parler na jamais lieu dans TÉledricité, amp; parnbsp;conféquent,
1°. Quun Corps extérieur n^acquiert jamais par Ie feul contad dun Corps cledriquc,^ ausft longtems quil y refte attaché , une lorcenbsp;ausft grande que celle de cc Corps éledrique.
a°. Que Ie nombre des particules qui agis-fent, OU leur fituation «par rapport aux Corps Condudeurs, ne fait jamais quil y foit excitenbsp;dans ceux-ci une plus grande adion.
3quot;. Enfin quun Corps Condudeur ifoléj (car eek eft nécelTaire, puisque fans eek on
nau-j
-ocr page 312-'Vjo Ia MÉ Mol R E. P. I. Va Cl. I.
liauroit aucun figne dEleétricité) quoiquMl reqoive Ie Fluide éledtrique foit facilementinbsp;ftacquiert jamais une force pfos grande quunnbsp;Corps [coercitif] qui acquierc la force de fa-^on quelle foit contraire a la force qne pofle-de ie Corps idioéledfique auquel on lappli-que {a).
Si Ton exAimine tout ceci avec foin, il seii fuivra ce me fembie, que Ie Fluide éledtriqucnbsp;tie fuit pas, quant a la grandeur de lattradion,nbsp;les mêmes loix quc Ie Fluide magnétique, Scnbsp;qilils 'enfant debeaucoup quil y ait iciquelquenbsp;ajialogie entte IEledtricitd amp; Ie MagnétismcA'
ÏI. De VaUion que VAttraüion exerce fur les Corps difians.
§. 14a. Ié y a ici deux Loix qui parois-^ fent femblables pour Ie Mitgiiétisme amp; poutnbsp;TEledricité.
L A première ell, quc les Corps qui ont des^ Eleftricités contraires, agiflcnt a une plusnbsp;grande diftance lun fur rautre, quc fur les
Corps
() [ Cette difference eft d'autant plus grande, que ce Corps condudteur acquieit lui-mêtne, sil eft attiré»nbsp;«ne foi'ce oppofée a celle da Corps qui la lui coniinu-nique. N. d. T. ]
-ocr page 313-t-xHmen des Pkimsnènes de V JttraBion.
Corps ConduÖreui-s, dépourvus dÉleftrici-té («). Je fais cette expérience de k fagon fui vante.
E X p É R. LXX. Jexamine dabord a quelle diftance une lame de Fer agit Tur les Fils ap-pliqués au Conduéteur de la Machine. Je prends enfuite uh Carreau éledtrique chargé,nbsp;Sc je préfente fa furface négative aux-mémesnbsp;Fils: elle agit a une beaucoup plus grande distance.
L A même chofe a lieu pour rAimant,com-me M. musschenbroek la prouvé par Un grand nombre dexpériences {b): mais ilnbsp;cft difficile den faire fur ce fujet, auxquellesnbsp;il ny ait rien a oppofer. En attendant la fui-vante me paroit aflez exaéfce.
ExpÉr. LXXI. Je préfente un Aimant a une aiguille qui nage fur lEau; jexamine inbsp;quelle diftance il agit: jaimante enfuite lai-guille, amp; 1Airaant lattire dune plus grandenbsp;diftance.
§. 143. La feconde Loi eft celle-fci. Que les Corps font plus fortement attifés par IElcc-tricité 6c par le Magnétisme, lorsquils fontnbsp;pofés fur dés Corps Conduéteurs que lorsqüilsnbsp;le foirt fur des Goerckifs.
M. NOLUET a tait de belles expériences fur cette Loi (et). La fuivante eft du norabre.
Ex PER. LXXII. Je préfente au Coti-dufteur des Corps légers, places fur une lame de Verre, je lui préfente enfuite ces memesnbsp;Corps fur uile lame de hiétal. Ils font attiresnbsp;dune diftance beaucoup plus grande.-
O N obferve une ferriblable Loi pour le Magnétisme; M.. Reaumur a fait de beLnbsp;les expériences fur ce fujet (^); On en trouvenbsp;de plus belles encore dans 1ouvrage de M.nbsp;BRUGMANS, qui a parfaitement traité toutnbsp;ce qui a rapport è, ce fujet (c).
Ex PÉR. LXXIIL Qutin Aimant fou' tienne difficilement un certain poids. Quonnbsp;le tienne enfuite au - deflus dune mafte de Fer:
il
(4 , Essai [nr ÏËleölrkité des Ctrps, p. 76. Lemons de P/iyfique, Tome VI. Lee. XX. f Seél. Art: 2-Exp. 5. p. 3lt.nbsp;[Mi CIGNA fait la même Comparaifon. 1. c. §. 19.nbsp;R d. T.]
{b ) idem, de I'Acad. Roy. des Sciences 1723. p. 141.
(c) Tentam. de Materia Magnetka. p. 176. feqq.
-ocr page 315-Examen des Phénomhnes de 1'AttraBion. 173
foutiendra fa'cilement ce poids la, 6c mêmc Un plus foit.
Cependant cette experience nauroit pas toujours Ie niême fuccès: car , Ie Fer placé dans une certaine fituation devient magne-tique, Sc par conféquent il nell plus un llmplenbsp;Conduéteur. M. brugmans a traité cecinbsp;avec beaucoup de lagacité. Voici un exemplenbsp;de ce fait.
Ex PÉR. LXXIV. Je ticns une barre de Fer perpendiculairement: elle devient donenbsp;magnetique, ayant fon pole auftral a lextré-niite fuperieure. Japproche de cette extrémi-té un Aimant qui foutient de la limaille de Fernbsp;par fon pole auftral. La limaille scn détachc ,nbsp;déja a quelque diftance de la barre.
§. 144. Le Phénomène magnétique pro-vient de ce que le Fer acquiert la force magnétique par laétion même de 1Aimant. Si p. ex. on employe le pole boréal, il en naitra unnbsp;auftral dans le Fer, lequcl aideya par conféquent 1aaion de 1Aimant. Voila ce quenbsp;1Experience enfeigne j car du refte , il y auranbsp;aiitant de différentes manières dexpliquer cenbsp;phénomène, quil y a de différens fyftcmcs furnbsp;le Magnétisme.
IL faut dire la même chofe du Phénomène
^74 I- mÉmoire. P. I. S. V. Ch. I.
éleótrique. M. no L let sen feit pour dé-luontrer quil y a une matière éleétrique affluen-te, qui sélance des Corps Conduamp;urs vers les Corps aétuellement éleétrifés.
Maïs, ceux qui embraflcnt la doétrine de M. franklin, n adraettront nullementnbsp;cette explication. On ne pourra done direnbsp;avec certitude, sil fuit de ces Experiencesnbsp;que les Fluides éleétrique amp; magnétique agis-lênt felon les memes Loix ou non, ausfi long-terns que la manière dont agiflent ces Fluides,nbsp;s.ils exiftent, nefera pas conftatee.
S i Ton ne sarrete quaux Phénomènes, i| sen fuit que Tadtion de TEledlricité cellenbsp;du Magnétisme font augmentées 1une amp; 1au-tre par le concours des Corps Conduéteurs.
§. 445. A ces Phénomènes on povirroit encore ajouter celui-ci que les Corps, fur les-quels IAiniant ou llEledricite agilTeiit, ac-quierent une certaine fituation, que plufieurs Phyllciens regardent comme un indice du che-!nbsp;Klin que les Fluides fuivent. Nous avons déji.nbsp;dit (§. 71.) que la limaille de Fer repanduenbsp;furun CaiTeau de Verre placé fur un Aimant,nbsp;sarrange en courbes regulieres, que plufieursnbsp;Phyliciens nomment Courbes du Courant ma*nbsp;gfiétiqM. On fait aiisfi. par les experiences de
-ocr page 317-Ëxdmèn des Phênbmenes de l'AitraSion. a75 M. H4WKSBÈE amp; dautres IPliyficiens (d)
fi Ton entoure Ie globe éleétrique dun Cerceau garrii de fils ^ ceux-ci fé dirigent tous,nbsp;comme sils étöient des contiriüations des rayons du globe. Les Fils quon place dans Ienbsp;globe mêmes fe dirigent de la même fagön (b},
ill- De tci Conjiance de VAttraElion,
% 146. Lorsque Ie Fer adhere üne foig aTAimantj il y reftera toujours appliqüé, knbsp;öioins que TAimant ne safFoiblifle j èc cette
at-
(d) \_Exper. Pkjfico. Mecan.T. I. Ch. 5. Art. 3. p. 303. de la trad. Fran^oife: sgravïsandk Eltm. de Ph'p-Jique Liv. IV. Chap. It. Èxp. 6to. NOLLET Lecons dénbsp;Phyfique T. VI. Left. -20. Seft. 2. Èxp. io; p. 378.nbsp;is. d. T. ]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
{b) [Ce fcroit un objet intéreffant Qüe de faire delt;5 Expérienccs pour détcrmirier, felon qneUe puiffanCe oufnbsp;foniSicm lt;Jes diftances l attradlioft des Corps éleélriquesnbsp;k magnétiqucs croit. Les Expériencès quoh a faitesnbsp;fur rAimant ne me paroiffent pas abfólument decifi-ves j amp; je ne me rappelje pas quon êh ait fait fur 1É-'nbsp;leétricite. Autant que je puis tirer quelques conclufionsnbsp;des Expérienccs qui peuVerit Jetter du jour fur ces deuxnbsp;pointsOU desquels On pourroit tirer qüelquC Gonclu'Jnbsp;fion a eet égard, je fcrois porté a croire, que ces Loii^nbsp;font différentés pour rÉleélricité amp; pour Ie Magnétis-fiie; tnais je ne préfente eeci que cotnmé ühe Coiijé^S;nbsp;itire. N. d, T. ]
lt;17Ö I. MÉ MOIRE. I. S. V. CA. I.
attraction ne peut jamais etrechangce enrepul-llon, car il ny a que les poles oppolés qui fe ré-poufient: or ici les poles oppofés fc touchent, amp; par confequent ils fe fortifient reciproquement.
Mais les chofes fe paflent dune manière bien différente dans lÉleclricité: carlattrac-tion des Corps ifolés sy change fur le champnbsp;en repulhon, èc cette répulfion eft conftantenbsp;ausfi longtems que ce Corps ifolé confervenbsp;TEleétricité quil a acquife. Mais, cette difference mérite un examen plus exa£t.
L E Fcr refte conftamment appliqué a IAi-mailt, parcequil en revolt un pole contraire: sil rccevoit le même pole, il feroit repouflc.nbsp;Examinons le Phénomène électrique fcloanbsp;cette regie.
Le Corpufcule reqoit (a) dabord le Fhti-
de
(a) [Void la remarque de M. hem me a fur cette expresfion. ,,Ceci ncft ni probable, ni neceffaire; ilnbsp;j, fuffit que le Fluide propre au Corpufcule foil répouflénbsp;,,de la manière que nous avons expliquée ci-deflus:nbsp;,, car alors les parties vuides feront neceffairement atti-,,rées. Mille experiences concernant la doftrine desnbsp;,,fphères dadivité prouvent, que les Phenomcnes élec-., triques peuvent avoir lieu in dijlans, fans communica-?,tioniéelle du Fluide éleftrique. Nous examincronsnbsp;4aus la feptième Sedion ce qui a lieu pour la conimunn-
ea-
-ocr page 319-Mais,
Cation des forces. En difant dans ce §. que Ie Corpu-fcule en queftion reqoit k Fiiiide élecftriquc, jai roulu dire quil devient élcftrique pofitivement: amp; fi jai'a-vance quil eft non obftant cela attiré par un ConiMmrnbsp;pofitif, je me fuis fondé fur ce que deux Corps qui pos-fédent la même Eleétricité, mais en dégrés trés - iné-gaux, peuvent satürer; Loi, que je regarde commenbsp;très-vraie, qui eft confirmée par une Experience denbsp;M. SIGAuo de ia fond, {Traité tTEleffr. p. 271.) parnbsp;les miemies propres, amp; que M. musscheneroek anbsp;placé ausfi parmi les Loixde rÉleétricité {Intrad, ad PhtUnbsp;Tsattr. §. 864.).
Si 1on dit que ce Corpufcule regoit, érant plongé dans lAtmofphère du Conduéleur, une force négative, amp; quenbsp;ceft pour cela quil eft attiré, mais quil en acquiert unenbsp;pofitive dès quil touche Ie Conducteur, amp; que ceft lanbsp;raifon pour laquelle il eft alors répoufle, il sen fuivranbsp;toujours, quil y a une diftérence confidérable entre lesnbsp;Phênomènes éleélriques amp; les Phénomènes magnétiques,nbsp;pat rapport a la communication des Forces; 6c il fautnbsp;bien remarquet que ces Changemens dattraétion en ré-pulfion ont egalement lieu lorsquon employe des Corpsnbsp;Cocreitifs, des Globules de Verre mince 6c ci'eux p. exnbsp;(musschenbroek. iMrod. §. 874.), OU des filets denbsp;Verre (watson Ujfay fur VÉltHr. p. 24.).
Au refte je crois que Ie Corpufcule peut acquérir dif-férentes Ékétricités felon la diftance a laquelle on Ie tient du Conduéleur; fi on Ie tient a une telle diftance
Mais, Gomme cettc Élefti'icité recue eft H plus foible, Ie Corpufcule eft cepcndaiit atti-yé. Un moment après, loysquil touche Ienbsp;Corps électrique, ü regoit vme plus gtandenbsp;quaiitité de Fluïde } par conféquent la ntêmcnbsp;cfpèce dÉleftricité , amp; il eft repoufle.
L A caufe de ce Phénoraène eft done, que Ie Corpufcule applique au Condufteur, reqoitnbsp;la menie efpcce dEleftricité que Ie Conduc-:nbsp;teur poflede. Mais sil en reqevoit une conrnbsp;traire, lattradtion éleétrique feroit - elle donenbsp;conftante, comme la magnétique ? Sans dou-te : ceft ce que prouvent facilement les expé-riences fur la Coliéfion éleétrique j car alors lesnbsp;Corps ont des Eledtricités contraires, amp; lat-.nbsp;tradtion ne sy change jamais en répulfion.
§ 147:
quil neft que dans la fphère daftivité, il peut devenir entièremeat ou en partie négatif, felon fa figure amp; lesnbsp;circonftances accidentelles du temps. Mais fi la diftancenbsp;eft telle que ce Corpufcule foutire réellement Ie Fluide,nbsp;il devient pofitivement éleétrique, amp; il eft répouffé dèsnbsp;que la quantité de Fluide dont il fe charge eft aflez grande pour produire eet effet. Or, comme les Corpufeu-les dont il sagit ici font petits, fouvent anguleux ounbsp;pointus, ils foutirent Ie Fluide daflez loin : amp; ft f Air eftnbsp;fee, ils peuvent ctre conlidérés comme plus ou moinsnbsp;Molds. N. d. T. ]
-ocr page 321-Examen des Phénomlnes de V Attraction, ayp
§. 147. Maïs, M. CIGNA a fait une experience a deflein de produire une atti-aftionnbsp;éleétrique conftante (^)' Voici comment jenbsp;lai repétée.
Ex PER. LXXV. Japproche dun Corps métallique appliqué fur Ie Condu6i:eur, uanbsp;morceau de papiei' doré fuspendu par un fil denbsp;foye, 6c de manière que ce papier ait fa furfacenbsp;plane tournée vers ce Corps, quoiquil en foitnbsp;éloigné. Je place enfuite un autre Conducteur a quelque diftance, 6c tourné vers la furface oppofée du papier, Ie papier sapprochcnbsp;tantót du Condufteur, tantót du Corps, 6c ilnbsp;eft attiré 6c répouffé, en un mot agité par desnbsp;Ofcillations continuelles. En effet, Ie papiernbsp;reqoit dabord Ie Fluïde du Conducteur, 6c ilnbsp;sen décharge enfuite fur Ie fecond Conduéteur:nbsp;de la les Ofcillations.
Maïs, je place enfuite une Pointe au lieu du Corps Conduéteur employé, jusquici: lesnbsp;Pointes, comme nous lavous vu (§. 79'
81.) fuccent Ie Fluide éledrique plus facile-inent 6c plus abondamment. Quarrive -1 - il ? Le papier refte conftamment appliqué au Conducteur; pourquoi? Le Fluide coule du Con-
duc-
(/j) Miscell. Taurin. 1. c. §. ii. dans la Note,
S 4
-ocr page 322-ago I. MEMO I RE. P.1. S. V. Ck. II.
dufteur dans le papiei', mais il eft foutiré de la furface oppofée par la Pointe quon employe.
§. 148. M. ciGKA dit qiie cette experience fournit un example dune attraftion éleétri-que conftaiite, a Iexemple de Iattraftion ma-gnétique. Jen doute. Car, pour produire ici. une attraftion conftante, il faut encore unnbsp;autre Corps Condufteur, qui agifTe outre lenbsp;Condudbeur éleétrique: il faut done deuxnbsp;Corps, le Condudleur Sc la Pointe conductrice, qui agiflent en même terns fur le Corpu-fcule adherent au Conduéteur, au lieu quenbsp;dans léxpérience magnétique, il ne faut quenbsp;1Aimant feuL Le Corps éledtrique ne rendnbsp;done pas, au contraire de ce que fait IAi-mant, Iatttradlion conftante par lui-même,nbsp;mais feulement lorsquil y concourt encore unnbsp;autre Corps j différence qui me paroit alTeznbsp;grande.
Tout me paroit dependre de la manière dont rÉleébricité Sc le Magnétisme communi-quent leurs forces. Lattradbion eft conftantenbsp;quand le Corps attirant donne au Corps attirenbsp;une force oppofée a celle qu'il poflede: maisnbsp;die eft variable, Sc de courte durée, ft cenbsp;Corps donne la même force quil a. Le pre-mier cas a toujours lieu dans le Magnétisme»
l^xamen des Phénomenes de la Rêpulfion. iSjl
2c Ic fecond jamais: mais Ie premier a rarement lieu pour lElectricité, 6c feulement lorsquonnbsp;employe un appareil conftruit a delTein. Lenbsp;fecond cas y a lieu la plupart du tems £c do lui-méme. Difference qui me paroit confiderable.
C H A P I T R E 11-
Exanien des Phénomhies de la Répulfion.
§. 149. On fait que 1Aimant répouffe Ic pole de même nom dun aufre Aimant: denbsp;même les Corps éleftriques, qui ont la mêmenbsp;forte d'Electricité, fe répouffent quelquèfois,nbsp;mais non conftamment: ces deux Phénomenesnbsp;méritent detre developpés (lt;*).
IL eft démontré par les Expériences de quelques Phyficiens, fur-tout par celles dc M.nbsp;musschen.broek {b), que la répulfionnbsp;des Aimans fe change quelquefois en attraétion.nbsp;On demande fi eet effet eft général? Si deux
Ai-
(«) [Voyez un développement théorique de cesPhé-Bomenes daprès les Principes de M. aepinus dans Ie 79. du Memoire de M. sikigiehner, N. d, T ]nbsp;(C Di^tn, de MagniU, p. 29. Plxp. 13.
tSi I. MÉ MO I RE. p. I. S. V. Ch. II,
Aimans qui fe répouflent changent toujours au contad immédiat leuv répulfion en attradion ?nbsp;Nullement. Je penfc que eet effet a feulementnbsp;lieu lorsque les Aimans font de forces très-iné-galesj OU, fi leurs forces font cgales, lors-quun deux eft beaucoup plus dur que lautre;nbsp;condition qui peut cependant avoir lieu a vee lanbsp;première. Ilfaut, pour que eet effet aitlieu,nbsp;que ees deux élémens concourent.
1°. LinÉgalité des Polesj de foitc que Ie changement eft dautant plus facile quenbsp;leur force eft plus inégale.
L A mollejfe dun Aimant par rapport a celle de lautre: de foite queile puiffe êtrenbsp;caufe que, tout Ie refte méme étant égal, knbsp;répulfion fe change en attradioiv
En effet, quun Aimant agiftè p. ex. par fon pole bovéal fur Ie pole boreal dun autrcnbsp;Aimant, Cette force boréale tache de produi-re dans ce fecond Aimant unpole auftral, au.nbsp;lieu du boreal qui fe préfente, amp; par confé-quent celui -ci eft affoibli. II faut dire la mê-me cliofe du fecond Aimant a légard du premier. Si done ces deux Aimans font égauxnbsp;en force amp; en dureté, les deux poles feront af-foiblis, mais il ne feront pas changes de faqonnbsp;que lun refte boreal, amp; que lautrc deviennenbsp;attftral: ear il neft aucune raifon pour laquelle
lun
-ocr page 325-iun feroit change plutqt que lautre: amp; de fait, j'ai fouvent ptis deux barreaux aimantés,nbsp;égalernent durs amp; de même force, amp; je naünbsp;pu trouver aucune attraólion cntr eux. Jaïnbsp;trouvé de plus que la répulfion eft d autancnbsp;plus facilemcnt changée en attraftioii, que lesnbsp;forces des poles employés font plus inégales (r).nbsp;M. Cl G N A a fait une très-belle Experiencenbsp;fur ce fujet {d).
§¦ 150. ExpÉii. LXXVI. Suspendez J un fil une aiguille de Fer aimantée, mars quinbsp;jiait que très-peu de force: approchez en unnbsp;Aimant par Ie pole de même nom, mais appliinbsp;quez y une barre de Fer. M. cigna pen-fe quelle affoiblit Ic pole de 1Aimant: elle eqnbsp;diminue du moins Pénergie. Otez enfuite Iqnbsp;barre de Fer: laiguille eft attirée fur Ie champ:nbsp;la répulfion eft changée en attraétion. Or, ennbsp;otant la barre de Fer, 1Aimant devient plusnbsp;vigoureux, ou du moins il agit comme un AEnbsp;mant dune plus grande force.
Une dureté inégale peut produire Ie mêt
me
(c) Voyez fur ce fujet aepinus lentamna. §. lyg,
iSz.
((i) Miscell. Taurin- 1. C. §. 43. N9.
-ocr page 326-a84 I. MÉ Moi RE. P. I. iSquot;. V. ^,5. II.
me elFet; car Ic Fer mol acqiiiert plus fecilc-ment k vertu magnétique par k préfence de lAimant que Ie Fer dur; fuppofons done quenbsp;deux ban'caux de Fer, lun mol amp; lautre dur,nbsp;ayent des forces égales amp; fe repouiTent, Ie bar-reau Ie plus mol recevra plus facilement lanbsp;force que Ie plus dur tache de lui donner, ilnbsp;fera plus facilement changé, amp; k répulfion fenbsp;changera en attraftion, comme je lai prouvenbsp;par Expérience.
J E pourrois ajouter bien des cholès fur cc Phénomène 6c fur plufieurs autres qui con-cernent k répulfion; maïs ceci fuffit pour no-tre but.
IL fuit de ce que nous venons de dire, que la répulfion eft quelquefois changée en attraction: amp; que cela arrive, paree quun des poles reqoit tme force polaire oppofée, quellenbsp;conferve cependant enfuite, ou quelle perdnbsp;dérechef, quand on ote TAiraant.
§. 151. Nous avons vu que 1attraétion éleétrique eft fouvent, 6c même ordinairementnbsp;changée en répulfion, au contraire de ce quinbsp;a lieu pour Iattraction magnétique: mais, knbsp;répulfion éleéfrique fe changeroit-elle ausfi ennbsp;attradion? Hen eft ainfi, comme Ia prouve
M-
V
-ocr page 327-Examen des Phénomènes de la Répulfion. a85
M. AEPiNUS, que je vais fuivre a pré-fent {a).
ExpÉr. LXXVII- Quon fuspende i un fil de foye une boule dc licge, garnie dunnbsp;autre fil de foye pour quon puifle Ia tirer ho'nbsp;rizontalement. Quon approche cette boulenbsp;lentemcnt du Conducteur de Ia machine, a-prcs quelle a été eleéti-ifée : elle fera répoulTée.nbsp;Mais, fi on la force alors, au moyen du filnbsp;horizontal, dapprocher davantage du Con-duóteur, la répulfion fera changce en attraction {b).
Si Ton tient enfiiite Ie Fil horizontal de ma-nière que la boule ne puifie sclever que jus-quaiine certaine hauteur, elle fera répoulTée juüques la: quon éleftrife enfuite Ie Conducteur
(a' Tentamina. §. 143) 144-
(^) [Dans lExpérience de M. aepinus, cette di-flance a laquelle la répulfion seft cfiangée en attraélion a été de i , 3, OU 4 lignes: mais il fera important denbsp;dire que M. aepinus ajoute a cette experience larticlenbsp;fuivant. .,On voit (dit-il) qiic la répulfion fe changenbsp;,,en attraélion, amp; que la boule parvient « tmnbsp;on verticale, a laquelle elle revient fi on Ven détour-,, ne , en tirant Ic fil Vefpace dune demi - ligne ou dunenbsp;j,,ligne.. N. d. T.j
-ocr page 328--18(5 1. MEMoiftÈ. J*. I. V. If.
tem'plus fortement, k répulfion fera dlrechef changée en attraftion (c).
VoïLA done des Phéilodienes femblableSi MaiSj on poürroit doutef quils font produitsnbsp;par des Fluïdes agiflaiis fuivant les mêmes Loix.nbsp;Adoptons Ie fyftèrne de M. a E p t n u s fül- Ie'nbsp;Fluïde éledtrique (d). En ce cas, Ie changement
(c) [Apres avoir dit que la répulfion eft changée en 'attraéHon, M. aepinuS ajoute ausfi, jjqiie la boulenbsp;^) parvient a me fituatión perpendiculaire j a laqnelle ellenbsp;ij,revient dellc taème, fl on l*en détourne. N. d. T. ]nbsp;(^d) [M. AEPiNUs a fait cette experience pour confirmer les conféqüenccs quil tire de fa Théorie, favoknbsp;que des Corps qui poiTédent la même Elcöricité peu-.vent fe répouffer, ou navoir pas daftion 1'un fur l'au-tre, OU aattircr, quoiquils confer vent leurs Eleftricitésnbsp;homogèncs. Mais , Milord mahon neft nulkment denbsp;cette opinion: voici la réflexion quil fait fur cette ex-périence de M. aepinus. {Principes dÊleShicitéAi 614.)nbsp;j,La Boule éleélrométrique de M. aepinus, qui né-), toit que foiblement éleétrifée en pks, Ie devient effeftknbsp;'jjvement en meins , en la forqant, comme il 1a fait»nbsp;,, de fe plonger dans la partie denfe de 1Atmosphèrenbsp;,, éledrique en plus dü Conduéfeur métallique pofitive-5, ment éleélrifé: 1attraftion vers Ie Condudeur ciinbsp;étoit done une conféquence néceflaire, èc abfolumentnbsp;5, conforme a cette maxime générale que des Corpsnbsp; chargés dEIeéfricités contraires tendent ï sapprochernbsp;'pgt; 1un de Tautre. Mais, sil fc fait ici une veritable at-quot;
iTae-
ré-traélion, femblable a celle qui a lieu entre des Corps doués dEleétricités contraires, doii vient que les boulesnbsp;naiFcétent que la fituation verticale (v. notes f), quinbsp;eft celle quelles acquerroient fi elles néprouvoicnt au-cunc aftion de la part de lEleéhicité ? doü vient quenbsp;cetre attraétion naugmente pas quand on approche Ianbsp;boule da vantage du Condudleur, ainfi que cela devroitnbsp;êtïc, amp; que cela a lieu pour les véritables attractions ?nbsp;Ce Fait difFére done beaucoup dune veritable attraCliotlnbsp;pure amp; fimple , telle que feroit celle d'un Corps néga-tif; amp; 1on pourroit douter de lexaftitude de 1explication de MILORD MAHON. Cc Phénoinène me paroitnbsp;encore obfcur a quelques égards. N. d. T. ]
(e) [M. HEMMER fait la remarque fuivantc fur eet article de mon Memoire. ,, LAuteur accorde que la ré-,,pulfion éleétrique peut, comme la magnétique, êtrenbsp;5 gt; changée en attraction, mais il nie que cela fe falTc denbsp;5 5la même manière. Le pole répulFf [magnétique]nbsp;55» change 1'autre en un pok oppofé ausfi-tot quil 1at-5575 tn'e : Ie Corps répulfif éleétrique ne donne pas anbsp;gt;577 1 autre, lorsque , parvenu a une plus petite diftance,
5777 nbsp;nbsp;nbsp;1 attire 5 une ÉleCtricité contraire.-Sans doutc
,,quil la donne: jexplique de la manière fuivante ce ,, fingulier Phénomène, que jobferve fouvent a monnbsp;,, ékclromètre atmosphérique, fans emj)loyer les mo-yens de M. aepinus. Suppofez que les boules denbsp;,, moelk de futeau fuspendues \ cet inftninient, foyent
j5 elec;
-ocr page 330-«,88 I. ME MO IRE. P. I. S. V. Ch. II.
fépulfion a Tattraftion na lieu dans le magnétisme, que lorsquun des poles vient a cKan-
ger:
élcarifées en plus, mais foiblement, amp; quelles fe ré-,, pouffsnt mutuellement, fous un petit angle; la matière ,,qui y eft conteniie re furpaffe que peu la quantiténbsp;,,naturelle, amp; par conféquent le tube politivement Scnbsp;5,fortement éleamp;ifé, qu'on cn approche de plus prés ,nbsp;3, peut la répouiTer vers Iautre coté. II faut done quilnbsp;j,y naiffe une attraétion entre les parties épuifées amp; lenbsp;,,Tubc: mais li les Boules font fortement eledrifées,nbsp;3,leur Fluide.ne fera pas facilement répouffé par le Tu-,, be : ausli, comine 1expérience Iapprend , ne feront-.,©lles jamais attirees a moins quon ne les en approchenbsp;,, avee force. On applique la même explication , maisnbsp;5,dune manière inverfe, lorsque la foudre fort de Ter-,,re, amp; que les boules font négativement ékefriques.nbsp;Cette Explication revient au même que celle de Milordnbsp;MAHON ; mais fans nous ctendie davantage fur ce fujetnbsp;je remarquerai fculement, quen fuppofant que Iattrac-tion indique un véritable changement dÉledricité, Scnbsp;non une fimple difference de forces, comme cela peutnbsp;avoir lieu (v, §. 146. note a), la répulfion feta certai-nement changée en attraftion par une caiüé analogue anbsp;celle qtii produit 1expérience magnétique, c. a. d. paicenbsp;que le Corpufcule acquievt une Éleélricité contraire anbsp;celle quil avoit; mais il y reftera néanmoins des diifé-rences trés - réelles dans le Cours des deux Expénences.nbsp;1°. Le Corpufcule conferve, tant quil refte éieétrique,nbsp;lEleélricité quil a regue en dernier lieu; mais lAimant,nbsp;dont la répulfion fe change en attraéfion , recoiivre la ph'nbsp;p*i-t du tei»s le pole quil avoit; fuitout lorsquil
dAi-
ger: ausfi M. aepinus () remarque-t-il quaprès lopération, les poles [magnétiques]nbsp;font chafegés, ou que du ttiöins il seft forménbsp;trois poles au lieu de deux, Sc quainfi la nature de lun a été changée. Si done Ie fen-timent de M. aepinus fur TEledtricite eftnbsp;vrai {g) ¦) ces changemens de répulfion en at-ti'aétion fe font felon des Loix différentes.
iz) [ Cctoit Ie fentiment de M. aepinus ( v. note 1^ fuivois en difant que l'Éleélricité du Corpufcu-L, dont Ia répulfion pg change en atttaélion, neft pasnbsp;changée. S il eft dc^sntré quelle left, il sen fliivra , ounbsp;que les Principes de M. aepinus font erronés: ou quenbsp;fes Calculs Ie font, 11 les Principes font vrais: car fesnbsp;Calciils ctabliflent que les Corps peucent sattirer, quoi-que reftant tons deux pofitife, 5c que cela narrive que'
lo'is-
TOME l.
9.pO I. MÉ MO IRE. P. I. S. V. C^. III.
Remarques générales.
S- 152- Nous venons dexaminer les prin-cipaux Phénomènes de rattraélion. 8c de la ré-puUion. II paroit par ce que nous avons dit, que ces Phénomènes ne fe reffemblent pas tantnbsp;quon Ie foutient. Car ils différent en cenbsp;que lAimant porte de trés-grands poids, 8cnbsp;que lEleétrické nen attire que de petits (§.nbsp;139§. 14a.): que, quand même on employenbsp;quelques moyens pour en faire porter de plusnbsp;grands a TÉleétricité, la différence fubfiftenbsp;cependant toujours, quant a la manière dontnbsp;les forces font communiquées, furtout, puis-qiie deux Aimans sattirent quelquefois avecnbsp;moins de force que neftr celle avec laquelle unnbsp;Aimant attire du Fer pur, au contraire de ccnbsp;qui a lieu pour 1Eleétricité ( §. 141.).
Ces forces différent encore, en ce que lat-
trac-
/
lorsque rÉletftridté devient plus forte. Mais, 11 ces Calculs font erronés, quel fonds faire fur 1Analogie qucnbsp;préfente un fyftèmc contraire aux Faits? N. d. T. ]
4
-ocr page 333-Ü91
Rèmarqüei générales.
traftion magnétiqu^ eft par elle-même con-ftante, au lieu que Tattraclion ékiStrique fe change fouvent, amp; même ordinairement, ennbsp;répulfion, amp; ne peut être rendue conftante anbsp;nioins quon nemploye un appareil qui changenbsp;laftion du Coi-ps Condufteur qui agit (§. 147.nbsp;§. 148.)-
Ces forces conviennent a la vérité en ceci, que rÉledtricité amp; Ie Magnétisme agiflent lunnbsp;amp; Tautre fur des Corps éloignés.: quils agis-fent dunc plus grande diftance fur des Corpsnbsp;éleétriques amp; magnétiques, que fur des Con-duéteurs []amp; du Fer] pursj mais il ne sennbsp;fuit pas certainement que les deux Fluides agis-fent felon les mêmes Loix, cc-qui eft pourtantnbsp;Ie point capital, pour établir une Analogienbsp;(§ I44-)-
Ces deux reftemblanccs me paroiflent done feuletpeat indiquer, que Ie Magnetisme Scnbsp;lEleétricitc font deux genres de forces, quinbsp;attirent, amp; qui repouflent; que Tattraftionnbsp;vainét quelquefois la répulfion j mais il menbsp;femble qu on nen lauroit déduire aucune Analogie proprement dite ¦, au moins point dA-nalogie qui indiqueroit, que Ie Magnétismenbsp;Sc rÉleörricité appartiennent au même genrenbsp;de Forces.
§. 153. Aitsst nattribué-je pas autant de T anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;force
-ocr page 334-force i Iexpcrience fuivante que M. aepi-NUS, qui penfe quclle indique prodigieu-fe Analogie entre rÉleftricite amp; Ie Magnétisme {a).
Ex PÉR. LXXVIII. Suspendez a un fil de foye AC (Fig. i6.) un leger Cilindre denbsp;Fer, garni dime Têtc a chaqiie bout: placez anbsp;quelque diftance uii Aimant M : approcheznbsp;aio VS de la Tête inferieure Ie Fil de Fer E F :nbsp;ce fil repoufiêra Ie Cilindre: il lattirera au contraire fi on Tapproche de la Tête fupérieure.
SuBSTiTUEZ a r Aimant un tube de V erve éicétrifé : Ie Cilindre fera ausfi repoufle dans Ie premier cas, amp; attiré dans Ie fecond (b).
Lef-
(a) iüovi. Comment. Petrofol. Tvnvu X. p. 296.
{b) ld. HEM MER fait deux remarqiies fur eet article: k premiere fur ma manière de préfenter cette experience : !a fecoirde fur lexplication que jen donne. II ditnbsp;dans la premiere, que je ne parois pas avoir bien com-pris l'expérience de M. abpinus; car quil ne faut pasnbsp;placer lAimant, ou Ic Corps éleamp;ifé ï coté de 1Aiguille , coir.me il cit repréfenté dans ma figure, mais ennbsp;defibus, -jJai foiivent fait cette experience amp; toujoursnbsp;,,avcc fuccès, ainfi je Iai trés-bien comprife. Je place ordiriairement lAimant au delfous de 1aiguille, amp; cenbsp;rieft que par inadveriance 'quil nefl: pas repréfenté as-Ici bas dans la figure.. Au refte, cette condition n cfi:
ricK
-ocr page 335-^93
Le F F e t eft Ie mcme dans ks deux Experiences, Sc, comue Ie ren-arquc M. ae-PiNus, un fpekatern- ne (auroit diflinguer par revenement fcul, sil doit regarder ccnbsp;Phénomène comme un effet de rEledtricite,nbsp;on comme un effet du Magnétisme. Mais,nbsp;les caufes font - elles femblables ? II eft certain Que Ie Cilindre C D acquiert en D imnbsp;pole auftral, ft nous nous fervons du pole boreal de lAimant: Ie barreau EF acquiert aus-ft un pole auftral en E 6c par conféquent il re-pouffe la tete D, amp; attire C. Mais, dansnbsp;Ic Phénomene clcétrique, CD amp; E F ac-quierent la même efpèce dEleétricité, Scnbsp;conféquemment E repouffe D : enfuite E attire
ïien moins qucffentielle. II en réfultera feulement, fi lon place lAimant un peu de coté, que IAiguiUe, aunbsp;lieu de refter perpendiculaire, acquerrera une fituation o- ,nbsp;blique. amp; conféquemment que lefFet du barreau fera unnbsp;peu plus pent ^ j^is du refte il fera Ic mcme. Cettenbsp;experience levient exatftement a notre trente - deuxièmenbsp;( S- ) gt; ft ce neft que la lAimant eft placé au des-flis, amp; ici au deflbus de 1Aiguille ; amp; que la 1Aiguillenbsp;fe tenoit fur une glacé, amp; quici elle eft fuspendue anbsp;une foye. De quelque manière quon tienne Ie barreaunbsp;de Fer, a droite, ou a gauche ,11 on Ie préfente aunbsp;bout inférieur D de 1Aiguille, celle-ci fe mouvra tou»nbsp;jours vers Ie coté oppofé. N. d. T. ]
*94 I* mÉmoire. P. I. *?. V. Ch. III.
tire C, non parcequil a acquis un autre genre de force (comme dans Iexperience magné-tique,) mais uniquement a ce que je crois par-
ceque alors (c).
la force que ILF acquieit eft plus petite
\
(c) [Voici la fecondc remarque de M. h e m m e r , Celle qui concerne mon explication. Mêmcs effets, ditnbsp;Auteur, mais non pas caufcs femblables: les deuxnbsp;,,,, bouts de I^iguille acquiérent des poles [ magnéti-,,ques] difFérens, mais le même genre dÉledhicité:nbsp;5, non, ils acquiérent des lileftricités difïcientcs. Lenbsp;5, Tube éleftrifé pofitif repouffe le Fluide naturel denbsp;,, lAiguilIe de 1extrcmité inférieure , dans la fupérieure:nbsp;celle-la sépuife done: celle-cife remplit, ou, ennbsp;sjdautres termes, l'une devient négativement, 1au-,,tre pofitivement éledrique.quot; Voila 1'explication dansnbsp;le fyftème de M. aei'Inus; mais il sagit du fait: nousnbsp;vetrons dans la feptième Seélion, quefFedivement unnbsp;pareil Corps C D, placé dans la fphère daélivité dunnbsp;Corps éleélrifé M , devient éleérriqiie, attire par lextré-mité D, amp; repoulTe par lextrémité C, ce que k Corpsnbsp;M repouffoit par la furface M. Si la même chofe a tou-jours lieu , quelle que foit la grandeur du Corps C D,nbsp;fi ce moyen de connoitre les Éleélricités oppofées eftnbsp;infaillible dans tous les cas, il eft certain que je me fiiisnbsp;trompé dans mon explication. Mais en admettant cellenbsp;de M. HE MM ER, je ne vois pas que cette Experiencenbsp;prouve une prodigieufe analogie entre IKledlricite amp; knbsp;Magnétisme: elk prouve feukment que dans k cas dont
il sagit lÉkélricité amp; lAimant communiquent kurs farces
-ocr page 337-Re marques générales. nbsp;nbsp;nbsp;195
L A manière dont laction fe fait cft done differente, amp; cette expérience ne prouve pasnbsp;une fi grande Analogie entre fEledlricité amp; Ienbsp;Magnétisme.' elle prouve feulement, que denbsp;legers corpufculcs font attirés 6c repouffes parnbsp;les deux genres de forces.
M. blondeau (^d) avoitdéja fait quel-ques objeétions cQiUre cette Expérience, dé-duites de ce quelle réuslit égalemcnt avec du cuivre, du bois 8cc.i objection qui revient anbsp;ceci i que 1 Eleétricité agit fur tous les Corps,nbsp;au contiaire de ce que fait Ie Magnétisme, quinbsp;nagit que fur Ie Fer feul.
CoNCLUoNS de tout ce que nous avons dit dans cette Sedtion, quil y a quelques legè'nbsp;res reffemblances entre les Loix des attradtionsnbsp;cledrique amp; magnctique, paree que 1une amp;nbsp;lautre de ces forces attire: mais quon y décou'nbsp;vre en même tems des differences, qui rendentnbsp;toute Analogie véritablement ainli nomméenbsp;douteufe, Sc, a plus forte raifon, toute iden-tité.
ces de la niêmc manière générale: mais nous revien-drons fur ce point. N. d. T. ]
((i) Mtm. de ÏAcad. de Marine. Tome I. p. 430.
-ocr page 338-«95 1. mÉmoire. P. I. «S'-VI. C.^. I.
T)ES BTFETS QUE lÉ L E C T RI C I T É ET QUE LE MAGNETISME PRO-PUISENT DANS EE WIDE.
$. 154. La cinqiiicme Queftion que nous nous fommes propofés dexaminer eft celle-ci:
j?
ft rÉledricité amp; le Magnétisme, lorsquils agiffent dans le Vuide, fuivent, quant anbsp;,, lattraétion, les mêmes Loix, ou des Loixnbsp; différentes: amp; fi Ion peut tirer quelquenbsp;conclufion de cette veflemblance ou de
,5 cettc difference?
M. ciqNA {a) a propofé quelques reflexions fur cette mattere gt; mats elle me paroit devoir être développée avec plus dexactitude:nbsp;ceft pourquoi jexaminerai féparément quelsnbsp;font les effets de TÉlectricité dans le Vuide,
quels
(lt;») Mistell. Téim». 1. c. §. 41.
-ocr page 339-Dc VA3ion dtt Magnétisme dans Ie Paaide. igJ
quels font ccux du Magnetisme: après quoi je comparerai ces deux adtions entrelles {b).
Igt;e l' Aélion du Magnétisme dans U Vuide^
Les Expériences que les Pliyficiens ont fakes ku' ce flijet font fort oppofées les unesnbsp;aux autres. II faudra done les examiner fépa-rcmeitt.
I. De VAdtion de V Aimant fur VAiguille,
%. t55. Boyle a trouvé que 1Aimant foutient dans Ie Vuide Ie menie poids quanbsp;1Air libre. ,, Le Fer,dit-il, {a) a paru êtrenbsp; a peu-pres fortement foutenu par lAi-,, mant, que f on navoit tire auctin Air dunbsp; récipient. Mais, cette Expérience ne pa-
roit
(b) M. HEMMER remarque fur cette Seflion que jai bien prouvé quon ne faliroit déduire des cfFets que Tli-leiflridté amp; le Magnétisme produifent dans le Vuide, njnbsp;Analogie, ni dispariié enne ces forces. N. d, T.]
(a) Ex^er. nbsp;nbsp;nbsp;Mechan: Contimat. i. Ex^ 31
apS I. ME MO IRE. P. I. S. VI. Ch. I.
roit pas fort exafte, puisque b o y l e na pas examiné le maximum du poids que 1Aimantnbsp;pouvoit porter, amp; que dailleurs il a lailTe dansnbsp;la determination de ce poids une latitude dunenbsp;demi - once. On dit que JVI. hombergnbsp;a fait devant 1Académie de Paris des expérieo'nbsp;ces qui prouvent, que IAimant agit dans lenbsp;Viiide, comme a IAir libre, mais, on na pasnbsp;indiqué de quelle manicre ces experiences ontnbsp;etc fakes. Je fais bien que M. hartsoe-KER (r) dit, que IAimant foutient dans lenbsp;Vuide un poids un pen plus grand qua IAirnbsp;libre, mais il nallegue aucune expérience,nbsp;foit des fiennes prbpres, foit de celles dautrcsnbsp;Phyficiens.
§. nbsp;nbsp;nbsp;156. M. M U S S C H E N B R O E K (nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;) a
fait des Expériences trés - exaétes fur ce fujet. Il a trouvé quun Aimant, fuspendu au brasnbsp;dune balance, agit également fur un Aimantnbsp;placé au-deflbus, que celui-ci foit a IAir libre, ou dans un récipient Vuide dAir: or, on
na
{!gt;) Hifi. de rAcai. Roy. des Sciences. 1687. Anciens Mt~ moires. T. II. p. 19.
(c) Cours de P/tyfique. p. 197. Art. 15.
(lt;») DiJjtrt. de Mugnett. p. 61. Exp, Zj.
-ocr page 341-na guères pu commettre derrcur fcnfible dans cette expérieiice, puisque la force magnétiquenbsp;a été niéfuréc par grains j amp; demi-grains. M.nbsp;MusscHENBROEK.a trouvc ausfi que 1Ai-mant 6c des Aiguilles de bouflble, pofees dansnbsp;Ie Vuide, agiffent tres - facilement les uns furnbsp;les autres. M. Cigna a démontré légaliténbsp;dadtioii par une experience a laquelle on peutnbsp;accordcr dautant plus de confiance que Ie luc-ecs en a èté oppofé a celui que ce Phyliciennbsp;en attendoit. M. ciGNApkgeun Aimantnbsp;dans un recipient, dans lequel fe trouvoientnbsp;ausli des morceaux de Fer pour un autre but,nbsp;doitt je parlerai tout-a-rheure {b). Enfuite
il
(i) [M CIGNA a expliqaé Ie but qui! fe propofoit de la manière fuivante. ,, Je pompois lAir, amp; je mat-5,tendois que Iadlion de lAimant ne pouiroit pas par-sjvenir jusqua 1Aiguille, li lAir refiftoit au mouve-,, ment du Fluide . cat, en épuifatit IAir, la refiftancenbsp;,,auroit pareillement du diminuer pour Ie Fluide, quinbsp;,,tendoit vers Ie Fer voilin, amp; fon affluence vers ceFernbsp;,,étant augmentée il auroit du être détourné de lAiguil-,,le, tour comme une chaine métallique , dont Ie boutnbsp;,, paffe par Ie haut dun recipient, agit les Corpufculesnbsp;,, places i une certaine diftance hors du recipient, tantnbsp;,, que lAir empêche Ie Fluide de sécouler fur la platinenbsp;,,delaPompe, amp; de sy disperfer; mais que fon aftionnbsp;,,eft détruite dès quon ote lAir, amp; quon fraye un
, j clie-
-ocr page 342-JOO
I. mÉmoire. P. I. S. VI. Ch. I.
il plaga une Aiguille hors du recipient, 6c dé-termina par difFérens effais, a quelle diftance r Aimant commenqoit a agir fur elle: il fit en-fuite Ie Vuide, 6c iltrouva que 1Aimant agis-foit fur rAiguille a lamêmc diftance, que Ienbsp;recipient fut Vuide ou non. M. cigna cnnbsp;a conclu, que Ie Fluide magnétique traveifenbsp;les efpaces Vuides dAir avec la même difficul-té que tons les autres Corps, excepté Ie Fer.
IL faut rapporter ausfi ici une experience fake par M. brugmans, favoir, que 1Ai-niant agit égalcment fur 1Aiguille, que celle-ci fok a lAir libre, ou dans un récipient rem-pli dAir condenfé (c).
§. 157. Nous concluons done de ces experiences, que lAir ninflue en aucuite faqon fur les expériences magnétiques. Mais, dansnbsp;toutes les expériences dont nous venons denbsp;parler, fi Ton en excepte cellc de boyle,nbsp;lun des Corps étoit placé dans Ie Vuide, 6cnbsp;rautre,a lAir libre,
Ce-,, chemin plus facile au Fluide éleftrique, qui tend vers ,,k Platine. On voit que tout ceci repofe fur Ie fen-timent que Ie Fer eft un Conduöeur du Fluide magnc-tique. N. d. T.]
(«) [i:m;am. de neater, tn.igmt. p. 5)5. Exp. 2Z. N. d. Td
-ocr page 343-De VAilion du Magnétisme dans U Vuide. 301
Cependant, quelques ceitaines quc foyent ces experiences, qudque legitime quenbsp;paroifle cette conrequence, ii y a des experiences de M. BL0NDEAXJ5 qui ont portênbsp;ce Phylicien a établir des concliifions contraire s.
Jl. Du nomhre d'Ofcillations que f Aiguille fait dans Ie Fuide.
§. 158. M. B Lo ND E A u a mefuré la force attractive de rAimantpar Ie nombre dofcil-lations qiiune Aiguille, fuspendue a un Ai-inant, fait avant que de sarrêtcr (a): pour eet cflFet, il applique a 1Aiguille, au lieu denbsp;chappe, un petit globe de Fer cxtvèmémentnbsp;poli: Ie globe eft applique a un Aimant, 1Aiguille y adhere, amp; elle continue a y adherernbsp;quoiquelle foit mife en mouvement. On peutnbsp;tellement proportionner Ie poids dc 1Aiguillenbsp;a la force delAimant, que 1Aiguille foit ex-tremément mobile, Sc ofcille lougtems.
M. blondeau ayant placé a 1Air libre eet appareil quil nomme Magnétomètre ^ il a,nbsp;trouyé, que 1Aiguille a fait moins dofcilla-
(«) Jslem. de lAcui. ie Marine. Tome I. p.
-ocr page 344-§04, ï. MÉMOIRE. P I. S.VI.Ch.l.
tions que lorsque lappareil a été placé dans Ie Vuidej amp; il eaconclut, que l' Aimant agit
avec moins d'énergie dans Ie l' utde qu'd 1'Air
libre. Jc ne doute pas de lexaétkude des experiences : mais examinons la concliillon : dé-veloppons pour eet effet ce genre dexpérien-ces: ce qui ne fera pas dépkcé, piüsque jc pourrois lans cela paroitre rejetter trop legére-ment, ce quon pourroit objecter au fentimentnbsp;que jai embrafle.
§. 159. Remarquons dabord, que ces expériences font extrèmément difficiles, amp;nbsp;quelies nont pas toujours Ie même fuccès.nbsp;Jcn ai fait un grand nombre de ce genre,nbsp;avec une Aiguille tres - mobile fur un ftile da-cier, amp; jai trouvé, quelle faifoit quelque-fois trente, quelquefois trente-cinq, quelque-fois feulement vingt-cinq ofcillations, avantnbsp;que de sarrêter. Cell dailleurs ce que prou-vent les Expériences de M. beondeaunbsp;lui-même: car, il a obtenu dans Ie Vuide,nbsp;amp;, autant quon en peut juger, dans un petit intervalle de tems, quelquefois trois ofcillations, quelquefois deux, quelquefois feule-rnent une 6c demie. Mais, comme la dimi-¦nution dofcillations dans Ie Vuide ell con-
ftante, on ne fauroit lattribuer a des caule»
irré-
-ocr page 345-J^e V ARion du Magnétisme dans Ie Vuide. 303
irrégulières, qui agiflent tantót dune faqon, tantót dune autrc.
§. 160. Maïs, examinons ce que prouve un nombre dofcillations plus ou moins grand i
L E nombre dofcilktions eft dautant plus grand; 1°. que lAiguille eft plus Ubrementnbsp;fuspendue: a. quelle eft agitée par une plusnbsp;grande force; 3quot;. enfin quelle rencontrenbsp;moins dobftacles: Examinons ces trois Elé-mens.
1°. La liberté de la fuspenfion depend de deux circonftances: de la force de TAimantnbsp;auquel 1Aiguille eft fuspendue, amp; du poids denbsp;r Aiguille.
Plus Ie poids dc 1Aiguille eft grand, plus elle fe meut libreraent, amp;; par conféquent pbisnbsp;Ie nombre dofcillations quelle fait eft confi-dérable, comnie Ie prouvent les experiencesnbsp;de M. B L o N D E A u : car il a trouv é que legnbsp;öfcillations de la même Aiguille deviennentnbsp;plus nombreufes, quand on la charge dunenbsp;1ofe de bouflble (ds). Or, lorsquon a tirénbsp;tout 1Air dun récipient, 1Aiguille, qui na-geoit auparavant dans ce Fluide, qui en étöit
(a) 1. c. §. z2, p. 431.
-ocr page 346-504 I. MEMO IRE. P.!¦ S. y/l. Ck. 1.
en quelque forte fouteiiue, ne Teft plus, cc qui revient au même que fi fon poids etoit unnbsp;peu augmente : ii femble done que le nombrenbsp;doicillations doive augmenter par cette caufe,nbsp;amp; M. BLONDEAule pciife ainfi {h). Mais,
cet effet eft extrèmément petit} car 1Aiguille étoit longue de fix pouces, large de cinq li-gnes, amp; epaifle de trois quarts de ligne: fonnbsp;volume vaut done parties dun pouce cu-bique: mais un pared volume dAir pefe a pei-ire la deux-centieme partie dun grain, poidsnbsp;qui eft a peu pres infenfiblc, furtout puisquenbsp;celui de 1Aiguille employée étoit de 160nbsp;grains. II eft done inutile de faire attentionnbsp;au poids de IAir (i').
§. 1Ö1. Mais, la liberté de la fuspenfion depend en fecond lieu de la force de IAi-
mant,
{b) ibid. §. 31.
'll
lui de TAiguille même: amp; par confequent cette erreuf »influc par fur la cor.clufion. N. d. T. ]
(c) [11 y a de Terreur dans Ce Cakul: le Volume eft douie fois plus petit que je Iai établi id par mégarde,nbsp;prenant fans doute Ics 6 pouces de longueur pour fix li-gnes: le Volume del'Aiguille eft les 5- parties dlm pouce cubique: amp; un pareil volume dAir pefe a peu pres 1»nbsp;panic dun grain: poids infenfibk par rapport a cc-
-ocr page 347-l'AB-im du Mugnétiéme dans ïe Vudde. 3Ó5
toant, auquel rAiguillé adhèrej plus eet Ai-hiant eft fort, plus Ie nombre dofcilktions elt petit: mais, la force dlm Aimant augmen-te par la couturac , comme dit M. stur-Mius (iï)j c. a. d. quun Ainiaht, qui fou-»nbsp;tenoit arl commencement une livre p. ex. ^nbsp;foutiendra quelquc tems après, fi Ie poids luinbsp;ïefte condamnlent attaché, urt poids pluSnbsp;grand. Ceft aush ce que les Expériences denbsp;M- blond EAU indiquent {h)-. car il anbsp;troüvé, que 1Aiguille fait toujours un plusnbsp;grand nombre dofcillations dans Ie momentnbsp;quelle a été fuspendue, que quelque téms a-près. Le nombre dofcilktions fera done , toutnbsp;Ie rede demeurant égal, ddutant plus petit ^nbsp;que TAiguilIe aura été fuspéiidue a lAimanSnbsp;pendant plus longtemsj
§. 161. Le fecond élément.dónt le nombre
(«) [CoUepnm Curlefum. Tom. II. p. riences ont été repetées par plufieurs Phyfiöiens: voye»nbsp;entr autres bazin De/criftión des Conransnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P- 33**
-j'ai fait tine mention fuccinté de mes expériences dans mes ^cherches fiir les Aiguilles aimanties P. I. §. 269. p.nbsp;40^. M. AEPïNus a éxpliqué ce Fait dans fSs Tentam'manbsp;5. 209. 210. N. d. T.]
(é) Mem. de l'Acad. ie Aiariné. §. 46. p., 43.8,
TOME i. nbsp;nbsp;nbsp;V
-ocr page 348-bre dofcilktions dépen'd, efl: la force qui diri-ge lAiguille, ou la force diredtrice univerfeli Ie. Pluscelle -ci efl: grande, plus Ie nombrenbsp;dofcillations fera grand. Mais cette force eftnbsp;fujette a des changemens continuelsi car, M.nbsp;DANIEL BERNOULLI («) ademontré,nbsp;que la force direftrice eft comme la force in-clinatoire, multipliée par Ie Cofinus dIncli-naifon. Cette force inclinatoirc, 6c cette in-clinaifon changent continuellement, comme ilnbsp;eft demontré par les Expériences de M. graham (^) , de M. M U S S G H E N B R o E K (c) ,nbsp;amp; par les miennes (d). Du refte la force pro-pre de 1Aiguille a ausfi beaucoup dinflucncenbsp;dans ce cas j plus elle eft grande, plus Ie nombre dofcillations eft grand, comme plulieursnbsp;expériences me Tont appris (e).
§. 163. Le troifième élement dontic nona-bre dofcillations depend, confifte dans les ob-ftacles que 1Aiguille rencontre dans fes ofcil-
la-
(a) [Joum, des Savans. Janv. iTii- p. 31. N. d T. ] (^) \_Ph'tl. Tranfadl. N°. 389. Vol. 33. p. 338. N. d. T.jlnbsp;(c) [ D'ijfert. de Magme. Exp. 99. feqcj. N. d. T. ]
((i) iPecherches fur les Aiguilles Amantées. P. II. §. t-Ot-p. 47S--N. d. T.]
(O [IW. P. I. §. 31. N. d. T.]
-ocr page 349-Atlion du Magnétisme dans Ie Vuide. %amp;i
lations: ces obftacles font, Ie frottement, qui ne produit guères deffet ici, amp; la refiftanccnbsp;de lAir, qui feule doit entrer en ligne dcnbsp;compte.
L0RSQ.UE rAiguille fe meut dans lAirj elle doit fendre lAir qui soppofe a fon mouvement, qui Ie rctarde, amp; dautant plus qucnbsp;14 furface qui frappe ce Fluide fera plus grande. M. Lous a fait des expériences très-curieufes lur ce fujet (lt;*). II a pris une Ainbsp;guille tres-mobile de 19 grains, qui faifoitnbsp;cent ofcillations avant que de sarrêter. II y anbsp;appliqué une bande de papier, pour quelle pré-fentat une plus gmnde furface a lAir, amp; alorsnbsp;clle na fait que trente-fix ou trente-huit ofcil-ktions, tant rAirapporte dobftacles! Jaifaitnbsp;ausft quelques expériences fur ce fujet [h') 6cnbsp;jai trouvé quune Aiguille qui faifoit trente-huit ofcillations, lorsquelle préfentoit a l*Airnbsp;une furSice de quatre dixièmes de ligne, nennbsp;a fait que vingt- fept en préfentant a lAir unenbsp;lurface de 4,45 lignes. Ces lurfaces font donenbsp;comme un a fix. Quoique ces expériences
sé-
(iï) Tentamen ad Comfajfum Nautiemn perficiendum. §. piS. (i) [_llt;echerc/m fur lts Aiguilles Aimantéts. P. I, §.
scloignent de celles de M- l o u s, quant a ia grandeur de TefiFet, il senfuit cependant quenbsp;lAir eftuh obftacle ; amp; par conféquent, qucnnbsp;otant r Air, une Aiguille doit faire de ce chefnbsp;un plus grand nombre d ofcillations, conr-me M. BLONDEAului-même la remar-qué (c).
J E paffe fous filence les autres obftacles qui poiUToient entrer ici en ligne de compteinbsp;rhumidité, qui peut sappliquer a lAimantnbsp;pendant quon pompe lAiv : un tremblementnbsp;communiqué au Récipient, pendant quon faitnbsp;Ie Vuide, amp; qui peut elfeétuer que 1Aiguille ne refte pas adhérente au même point, maisnbsp;sapplique a un autre: or cela feul fuffiroit,nbsp;pour que rAiguille tut plus ou moins forte-ment attirée , amp; par conféquent pour.lui fairenbsp;faire différens nombres dofcillations.
§. 164. AprÈs avoir développé ces Elé-mens palTons a la conclulion. ï°. En otant lAir, on diminue fa refiftance, amp; Ie nombrenbsp;dofcillations doit être augmenté. Mais ff lonnbsp;confidère quune furface fextuple na oté dansnbsp;mes experiences quonze ofcillations fur tren-
te-
Mem. dt lAead. de Marine. T. I. p. 431.
-ocr page 351-¦öf l' Action du Magnétisme dans Ie Vuide. 30^
te-Kuit, c. a. d. un peu rooins du tiers, amp; que M. blondeau a employe une Aiguille qui ne préfentoit a 1 Ait qu une fiirfaccnbsp;de trois - quarts de ligne, il fera probable quènbsp;la refiftance de lAir, aura été petite dans lesnbsp;experiences de ce Phyficien, amp; que Iangmen-tation qui en fera refulté dans Ie nombre do-Icillations aura été trés-peu-confidérablè.
Je conclurai en fecond lieu, quune diminution dans Ie nombre dofcillations indique, OU-, que la force du feul Aimant, du fuspenrnbsp;feurcomme parle M. bi. oNigt;EAu,a éténbsp;augnientée, amp; que ccft de-la que la liberténbsp;de rAiguille a étédiminuée; ou, que ladhé-fion a été augnientée par une aélion plus longue (§. 161.) gt; 0^5 qtte la force de 1Aiguille a été diminuée (§. i6a.) : oti-, que la forcenbsp;direétrice univerfelle seft affoiblie (§. i6a. )gt;nbsp;OU enfin, que routes ces caufes, ou quclquesnbsp;unes dentrelles, ont eu lieu a la fois.
Or, jai trouvé par des Expériences nom-breufes 8c trés-ccrtaincs (§. 94.) que la force des Aimans, ou des barreaux magnétiques,nbsp;eft fujette a des changemens continucls: M.nbsp;blondeau lui-meme en a fait de ce genre.nbsp;Il eft für ausfi, que la force direétrice univerfelle change continuellemcnt. 11 y a done fantnbsp;de caufes qui, indépendamment de la raré-V 3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;far-
-ocr page 352-3io I. mÉmoire. P. I. S. VI. Ch. I,
faftion de lAir, ont pü contribuer a dimi-nuer Ie nombre des ofcillations, queje nofe-rois attribuer eet efFet a la feulc raréfadiiion. Les reflexions fuivantes augmentent ce doute.
§. 165. i. Le nombre dofcillations a éte ordinairement petit dans les Expériences de M.nbsp;BLONDEAUj quelquefois il a été de quatre,nbsp;au plus de quinze: ce qui indique que 1Aiguille , dailleurs forte, a été lente dans fonnbsp;mouvement: car, je poflede des Aiguillesnbsp;bien plus foibles, qui, détournées fous un angle de trente degrés, font vingt, vingt-cinq,nbsp;trente ofcillations. M. blondeau a dé-tourné fon Aiguille fous un angle de nonantenbsp;degrés, amp; par conféquent avec une force double () : le nombre dolcillations auroit donenbsp;du être encore plus grand. Or, le Vuide lenbsp;plus parfait a produit, au plus, une diflerencsnbsp;de fix ofcillations.
a°. Quoi QUE le nombre dofcillations fut le même a lAir, le Vuide la diminué inéffa-lement; p. ex. un jour il y avoit treize ofcil-
la-
((2) [Car ces forces font comme les fir.us des angles 4e deviation du Méridien: 8c le finus dun angle de no-»antc degrés, ou le Rayonell double du finus dunnbsp;angle de trente degrés. N. d. T. j
-ocr page 353--ö? V Aüion du Magnétisme dans Ie Vuide. 311
lations a IAn', fcpt dans Ie Vuide: un autre, neuf a lAir, quatr Ic Vuide; un autre,nbsp;fix a IAir, quatre qans le Vuide: ,or, il fem-ble que le Vuide devroit touj ours oter un nom-fire égal, ou proportionnel, dofcillations: Scnbsp;comme cela na pas lieu, il eft probable quilnbsp;y a dautres caufes que le Vuide qui contri-buent a cct effet.
3°. Le Vuide ayant été fait, Sc IAir é-tant enfuite rentré dans le recipient, le nom-bre dofcillations na pas toujours été le même quavant quon eut fait le Vuide. Dans un«nbsp;Experience, IAiguille a fait quinze ofcilla-tions a IAir: apres quon eut pompé une par-tie de IAir, quatorze: enfuite mo ins: maisnbsp;fculement quatorze, Sc non quinze, apresnbsp;quon eut laifle. rentrer IAir. Il seft donenbsp;fait ici quelque changement deforce, qui nenbsp;dépend pas de IAir.
4- S u p p o s o N s que* Ieffet en queftion dépende du Vuide; done le Vuide, ou Iab-fencede IAir produit une diminution dans 1*nbsp;nombre dofcillations: done les forces chan-gent, elles augmentent (§. 164.), amp; cettenbsp;augmeutation produit la diminution dans Icnbsp;nombre des ofcillations. Mais, il faut quenbsp;dans le même terns la force de 1Aiguille aug-fiente ausfi gt; car la même caufe y produira Icnbsp;V 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mêntc
-ocr page 354-méme efFet j mais Ie nombre dofcillations en 4oit être augmenté (§. i6a.). II faudra donenbsp;fuppofer que raugmentation de force eft beau-inbsp;coup plus grande dans Ie fuspenfeur que dans
Ie barreau ou 1Aiguille,
G. a.
d. que la
me
nie augmentation devroit y produire un plus grand effet: or lun amp; lautre de ces articlesnbsp;ieroit bien difficile a prouver.
§. i66. T o u T E s ces raifons me portent a penfer, que les Expériences de M. b l o n-D E A u dépendent dun trop grand nombrenbsp;dElémens, pour quon en puifte attribuer lesnbsp;effets a TAir feul; furtout puisque celles de
M. M. MUSSCHENBROEK amp; CIGNA, qui dépendent dune caufe fimple, ont prouvénbsp;Ie contraire. Cependant pour ne rien omettrCjnbsp;jai fait lexpérience fuivante.
Ex PÉR. LXXIX. Jai pofé une Aiguil-. Ie tres-mince amp; tres-mobile fur une pointenbsp;dacier: amp; jai trouvé que cette Aiguille a faitnbsp;Ie même nombre dofcillations a lAir librenbsp;que dans Ie Vuide: la difference, sil y en anbsp;eu quelquefois, na presque jamais cté ennbsp;exces.
§. 167. PuisQuiL eft queftion ici dE'
leftricité amp; de Magnétisme il ne fera pas hots,
HeVJSion du Magnetisme dans Ie Vuide. 313
ide propos dindiquer en peu de mots, par quelle caufe M- blondeau expliqvie la di-gt;nbsp;minution du nombre dofcillations dans Ie Vui-^nbsp;de, OU plütót, quelle caufe il penfe qui in^nbsp;flue ici. Cell: rÉleftricité.
L E Fluide magnétique paffe felon lui très-facikment è, travers Ie Verre. Quand on pom-pe lAir, ee Fluide vient de dehors pour Ic remplacer. Done, quand on a fait Ie Vuide,nbsp;Ie Fluide éledtrique fe trouve en plus grandenbsp;abondance amp; plus condenfé dans Ie récipient,nbsp;Sc conféquemment il agit avec plus de force.nbsp;Lorsque lAir rentre de nouveau dans Ie recipiënt, lexcès du Fluide magnétique en fort,nbsp;mais il nen fort pas entièrement, parcequilnbsp;en fort plus difficilement quil ny entte. Mais,nbsp;on ne dit pas comment la diminution de lAirnbsp;intérieur, lequel nagit pas a travers Ie Verre,nbsp;provoque Ie Fluide magnétique extérieur anbsp;entrer dans Ie récipient j ce qui pourtant au-roit du êu'e raiticle principal,
Dailleuus M. blo ND eau a eru obferver, que, lorsque Ie nombre dofeillationsnbsp;augmente dabord beaucoup, 6c diminue peunbsp;après, Ie tems menace de lorage, doftt lanbsp;formation eft la caufe de laccroiffement, Scnbsp;lexplofion celle de la diminution du nombrenbsp;4pfcillations. Or, cette analogie poféc ilnbsp;V 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; eft
-ocr page 356-eft vraifemblable que cela pfovicnt de IElcc-tricité ou de la matière ékftrique. M. ELONDEAu peiifc doiic que , lorsque Icnbsp;Tonnerre fe forme, il eft probable,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y
a un défaut dElectricite , ou une rnoindre quantité de Fluide eledlrique, dans la particnbsp;inférieure de IAtmosphere. II fuppofe enfui-te que le Fluide éleétrique a une tres-grandenbsp;analogie avec le Fluide magiiétique; il jugenbsp;done quil eft probable, que, dans les mémesnbsp;circoirftances, dans lesquelles il exifte unenbsp;rnoindre quantite de Fluide éledrique dansnbsp;r Atmosphere, il exifte ausft une rnoindre quan-\nbsp;tité de Fluide magiiétique. Quen conféquen-ce , eelle - ci eft ausli rendue dérechpf plusnbsp;abondante par Iexplofton du Tonnerre, .amp;nbsp;que le nombre dofcillations, qui etoit au*nbsp;gmentée par le défaut de Fluide, eft alorsnbsp;diminuée. Il eftime done enfin, quil a faitnbsp;aitificiellement dans le Vuide de la pompe, cenbsp;que la Nature fait dans Iexplofion du Tonnerre : quil y a augmente la quantite de matière magiiétique, dc que eeft par la que lenbsp;nombre dofciiiations eft plus petit dans Icnbsp;Vuide.
S. i68. Mais, cette probabilité me pa-roit, i dire vriii, tres - petite; car, elle depend
-ocr page 357-pend de beaucoup dhypothèfes, fondées Tune fur r autre ; de forte quê, fi elks feroient toutesnbsp;certaines, a Texccption de ravantdernièrc, lanbsp;conclufion naurait que la probabilite de celle-ci. Quand done je fuppoferoiïi que toutes cesnbsp;hypothèfes font probables, la probabiiité de lanbsp;conclufion me paroitroit encore tres petite.nbsp;Du refte notre but nexige pas que nous ota-minions chacune de ces hypothèfes en particulier.
J E puis jecrois conclure, a jufte titre, de tout ce que nous avons dit, que Ie Magnétisme ne fouffre aucun changement, ni dans Ienbsp;Vuide, ni dans lAir condenlé.
CHAPITRE 11.
De 1'Electricité' dans Ie Vuide.
§. 169. On fait que des Tubes de Verre, Vuides d Air, amp; ékctrifés, ainfi que lesnbsp;Corps qu on frotte dans Ie Vuide, lancentnbsp;une grande quantité de lumière, amp; quil fenbsp;fait quelquefois des écoulemens de lumière a-bondans dans. Ie recipient dont on a pompé
lAir. M. M. NOL LET, hawksbee,
Si6 I. MÉMOIRE. P. I. S. VI. Ch. II.
amp;ÖU FAY ont fait de tres-belles Expérien-ces fur ce fujet; mais elles ne font pas de no-tre reffort aétuel: nous, ne devons traiter qi» de celles qui concernent lattraftion Sc la ré-pulfion éleftrique: mais il y a de grandes con-troverfês for ce fojet parnii les Phyficiens.
IL en cft qui penfent, que les Corps rendus eleétriques dans Ie Vuide, fourniflent des Phénomènes dattraction Sc de répulfion: dau-tres Ie nient; mais, pour mieux expliquernbsp;cette matière, je rangerai les Phénomènesnbsp;dont il sagit fous quatre clafles.
La premiere clafle' concernera les Corps Vuides dAir quon éleclrife.
J E place dans la feconde clafle les Phéno-mènes, que préfentent les Corps éleétrifés qui agiffent for dautres Corps fospendus dans Ienbsp;Vuide.
L A troiflème contiendra les Phénomènes que fourniflent des Corps eleftrifCs, qui agis-fent fur dautres Corps ausfi éleétrifés, ècnbsp;quon place enfuite dans Ie Vuide.
Enfin la quatriéme contiendra les effets que des Corps éleélriques, places dans Ie Vuide, font fur dautres Corps renfermés dans Ienbsp;naême recipient.
PfS'
-ocr page 359-317
Ibe l'ÈleStricité dans Ie Vuide. Premiere Clajfe.
§. 170. M. HAWKS BE E a obfervé quun Globe Vuide dAir, frotté a lordinai-re, nattire pas des fils places au' dehors: quenbsp;la même cliofe a lieu pour un tube Vuidenbsp;dAir: expérience que M. du fay a repe-tée avec Ie même fiiccès {b): mais, des quenbsp;lAir y rentre, Ie Tube exerce fa force dat'nbsp;traftion. II ny a aucune dispute fur cette expérience. .
O N ne peut comparer ce Phénomène a au-cun Phénomène magnétique, amp; par confc-quent je ne my arreterai pas davantage. Je dirai feulement, que eet effet éleélrique neftnbsp;plus Ie même, fi Ton enduit Ie globe intérieu-rement de circ: car alors, quoique Vuidenbsp;dAir, il attire des Corps extérieurs, mais feulement par ia partie enduite, amp; non par celles qui font peut-être reftées a nud: ce quinbsp;indiqive que cette attraétion ire dép end pas dunbsp;Verre, mais de la Cire, amp; confirme très-biennbsp;Ie fenftment de ceux qui penfent, que les E-
kc-
(a) Exper. Piyfico-Mecan. Tome I. p, nbsp;nbsp;nbsp;de la
Tradud. Fran^oife.
(i) Mm. de lAsad. Uoy. des Scieneei. 1734. p,
-ocr page 360-gl8 I. MÉ MO I RE. P. I. s. VI. C/ilI...
leólricit.és refineufes amp; vitrées font de nature très-différenres.
Seconde Clcijfe.
%. 171. Pas SONS a k feconde claflc, qui contient les effets que des Corps éledlrifés 6cnbsp;pl-'cés a lAir, font fur des Corps luspendusnbsp;dans un recipient. II cft évident que cefc anbsp;ces Phénomenes éleftriques, quil faut comparer les Phénornènes mngnétiques daas lesquelsnbsp;lAimant eft placé hors du recipient, amp; lAi-gu.ille fur kquelle elle agit, au dedans, 6cnbsp;qui ont Ie même fuccès dans ,1e Vuide quanbsp;lAir.
M. ETIENNE gray, Phyficieii anglois, auqucl la fcience de lElcétriciré doit beau-coup, a fait les expérienccs fuivantes (a).
ExpÉr. LXXX. Qu'on fuspende im Fil dans Ie recipient: quon en pompe lAir, 6cnbsp;qiion en approclie un tube éleftrifé: Ie Filnbsp;fera attiré. M. nol eet a repeté cette Experience avec Ie même fuccès (b).
ExpÉr. LXXXI. Si Ton napproche pits
Ie
(a) Phil. Tranf. N°.416. Art. I. Vd. 37. p, 397. (4) Elf ai fur l'Elelirkitf, p. 69.
-ocr page 361-De rEkSlricité dans Ie Vulde, 319
Ie tube du recipient, mais quon frotte Ie recipient même, Ie Fil fera ausfi attiré.
Il fuit de ces Experiences, que les Corps places dans Ie Vuide font mus par des Corpsnbsp;éledtriques placés au dehors. Je ne faclie pasnbsp;quil y ait de controverfe fur ce Phénomène:nbsp;mais il y en a eu une tres - grande entre M.
FRANKLIN amp; M. lAbbé NOL LET lur
fes caufes. Notre but nexige pas que nous enparlions. Je dirai fculernent, que eet effetnbsp;me paroit provenir, de ce que Ie récipient lui-mème elt rendu éledtrique.
Troijième Claffe.
§. 17a. C'ETTE ckfle contient les Phé» nomènes que préfentent des Corps éleftriques,nbsp;lorsque, après avoir été renfermés dans Ie recipient, ils agiflent fur des Corps placés horsnbsp;du récipient.
B o Y L E a fortement frotté un morceaii dAmbre: il w renfermé dans un récipientnbsp;quil a Vuidc dAir, amp; il a trouvé que fa force eleélrique agillbit même aloi's lur dautresnbsp;Corps. M. gray a fait ces Expériences (tf)
avec
Ia) PMI, Tranf. N®, 423. p. 189, Vo!. .37.
-ocr page 362-avec des globes de Verre, de Souffrc, de Ci-re; il les frottoit dabord, Sc les fuspendoit enfuitc dans un récipient, dont il pompoitnbsp;lAir. II a trouvé que ces globes attiroientnbsp;de petits Corp5 renfermés dans Ie recipient jnbsp;avec la roême force quaprès que lAir futnbsp;j-entré {b). Ceft ce que M. du fay aaus*nbsp;fi trouvé.
Les Corps éleétriques éleétrifés, confer-vcnt done leurs forces dans Ie Vuide, amp; paf conféquent ils y produifent des effets éleétriques. II feroit a fouhaiter que ceux qui ontnbsp;fait ces Expériences euflent obfervé en mêmenbsp;temsj fi cette force fe conferve ausd long-temsnbsp;dans Ie Vuide qua lAir, ce dont je doutenbsp;beauCOup: puisque lAir, Corps idioélcétri-,que, reprime Ie Fluide éleétrique amp; 1 applique au Corps même. Au refte je ne doutenbsp;pas que les Corps ne confervent dautant mieuxnbsp;leurs forces dans Ie, Vuide, quils font de meil-leurs idioéleétriques. Car rÉleétricité séva-nouit parceque tout fe retablit dans létat ounbsp;il étoit avant Ie frottement: or, Ie Fluide fonbsp;meut dautant plus difficilement Sc par confé-quent, il fe rétablit dautant plus lentement
(i) ibld. p. 3Si.
-ocr page 363-De 1'EleSlrkitê dans Ie Vuide. g'zi
dans fon premier état, que les Corps foüt de meillem'S coercitifs^
Quatrihne Clajfe.
§. 173. Nous voila eiifin parveiiüs a la dernière ckffe qui contient les eflfets que désnbsp;Corps éleftrirés dans Ie Vuide font fur dautresnbsp;Corps D ausfi placés dans Ie Vuide. II y n denbsp;grandes controverfes au fujet de ces Phénomè-nes: mais, pour les mieux développer ^ jenbsp;traiterai dabord de lÉledtricité que les Corpsnbsp;acquicrent par Ie frotteraentj Sc enfiiite dönbsp;celle quils acquièrcnt par communication*
1. De rÈleSiricité par Frottementi
§. 174. M. HAWK SB ES a trouvé quün tube de Verre, foitcreuxj mais rempli dAit^nbsp;foit folide, frotté dans Ic Vuide, ne doniienbsp;aucun figne dÉleftricité, amp; que 1Éleclriciténbsp;paroit annihilée jusqua cc quon laifle rentrernbsp;1 Aii (a). II a trouvé de plus (h) que desnbsp;Üls places en demi - eerde autour du globe, 6c
(a) Ëxp. P/iyf. Mee. Tome I. p. 371. de 14 iradH^mi [h) Ibid. p. 389.
qui, a IAir, fe dirigent tons vers le centre du globe, nacquièrent aucune diredtion, finbsp;on les fuspend dans le Vuide, quoique le globe foit plein dAir.
M. DU FAY a trouve au contraire, que 1Ambre frottée dans le Vuide, attire forte-ment les fils fuspendus dans le récipient , maisnbsp;que IEledlricite du Verre ell beaucoup plusnbsp;foible dans le Vuide qua TAir quil ny ac-quiert que tres-peu dEledlricité. De plus,nbsp;M. N o L L E T, en repetant ces Experiences (f), a trouvé que des globes de SoufFre Sfnbsp;de Verre deviennent éledlriques dans le Vuide , mais plus foiblement que quand on ne la-refie pas IAir.
§. 175. IL lemble done, fi nous failbns attention aux Experiences de M. M. dunbsp;FAY 6cnollet (a)j que le Verre ac-quiert non feulement une Eleélric'té plus foible , mais même plus foible que 1 Ambre j ornbsp;on fait que celle de 1Ambre eft excitée plusnbsp;faeikment. La caufe feroit - elle done, quenbsp;le Vuide oecafionne quelque difficulté, qui
pro-
-ocr page 365-JDe rEleBricité déns Ie Vuide. 37,2
produit for Ie Verre lm efFet prop'ortiórielle-ment plus grand? Mais pourquoi Ie Verre na-t-il acquis aücune éledtricité dans Tex»nbsp;périence de M. h aw k s b e ë? Ori ne fku-roit dire que cela provient des vlpeui'Sj quinbsp;tombent de 1Air, ou dun frottemerit tropnbsp;petit, puisque, 1Air étant rentré dans Ie réci-pient, tout a été rétabli. On nc faurbit dirénbsp;ausfi que Ie Vuide na pas été alTez parfaitnbsp;dans les expériénees de M. M. nóllétnbsp;amp; pu F Af, puisque Ie Baromètre y a éténbsp;j-eduit a peu prés au niveau. Javoue ne paSnbsp;appercevoir jusqici la raifon de cette difference.
II. De VEleStricité par Communication.
§. 176. La diverfité des Expéficnces neli pas moindre pour rÉleétricitê acqüife pafnbsp;communication. Celles dé M. M. n o l-let amp; bèccaria font direét^ment op-pofées les unes aux aütles. Vbict celle de
Ex PER. LXxxiI. Je p'ofo for la plati-pe de la Machine pneumatique une lame de
. mé-
(«) Art. des Exfériences, Tome III, p, 484.
58 gs
-ocr page 366-métal, couverte de legèves raclurcs de cuivre ; je couvre eet appareil dun recipient, dontnbsp;rouverture garnie dune boite a cüirs, eft tra-verfée par une tige de ciiivre, a rextrémiténbsp;de laquelle il y a une boiile. Je fais com-muniquer avec Ie Condufteur de la Machinenbsp;lextrcmité qui eft hors du recipient. Jélec-trife: IEledlricite pafte dans la tige, amp; cel-le-ci attire les Corpufcules placés dans Ie ré-cipient.
ExpÉr. LXXXIII. lExpérience du P. BECCARiA eft cclle-ci (^). La tige dontnbsp;je viens de palier eft garnie dune boule denbsp;cuivre. A quclque diftance, amp;; a la mêmenbsp;hauteur, on en place une autre, garnie dunenbsp;boule. Entre ces deux boules eft fuspendu anbsp;un fil de foye un petit cilindre de papier doré.nbsp;On fait communiquer la tige avec Ie Conducteur de la Machine.
Avant quon pompe lAir, Ie cilindre eft dans un mouvement continuel, lorsquonnbsp;éledtrife la tige: il sapproche tantót dunenbsp;boule, tantót de lautre. Pendant quon pompe rAir les. ofcillations diminuent, Sc, lorsque
tout
(^) P/'iilöf. Tranf. Vol. LI. p. 36. [ Repetée dans J® Traité de VEkttrk. muf. §. 14a. N. d, T- ]
-ocr page 367-t
De rEleSiricité dans Ie Vulde. 3a5
tout lAir eft épuifé, Ie cilindre refte tran-quille. Que ces efFets font dift'érens de ceux qua obtenus lAbbé noi-let! Dépen-droient-ils de la maniève dont on fait lex-périeiice ?
§. 177. M. beccauia a obfcrvc, amp; la même chofe a eu lieu dans mes expériences,nbsp;quausli longtems quon na pas pompé lAir,nbsp;ie Fluide éledtrique brille par petites étincel-les, pres de chaque boule; mais, que quandnbsp;tout lAir eft cpuifc, Ie Fluide s'elance par unnbsp;grand Sc large rayon, plus tranquille, continu, mais non ausil brillant j tel en im motnbsp;quil a coutunie de fe mouvoir dans Ie Vuide.
E X A MIN o N s ce qui fe paffe dans cettc Experience.
Pour que Ie cilindre faffe des ofcillations, il faut quil reqoive Ie Fluide dune des boules : quand il la requ il eft repouffé: il décharge bientót ce Fluide dans la feconde boule gt; Sc sen étant déchargé il eft attiré de nouveau, Sc ainft de fuite. Mais ft, lorsquon anbsp;fait Ie Vuide, Ie Fluide entourc trop promp-teinent Ie cilindre, sil tourne autour de luinbsp;avec trop de vitefl'e, sil tend vers la fecondenbsp;boule pat un mouvement continu, par un ra-
yon non interrompi}, le cilindre ne fauroi^ plirs fe mouvoir.
Cette experience me paroit fe reduire a la feptante - cinquieme ( § i47-)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laquelr
le nous ayons produit une attraction conftan** te, dapres la méthode de M. Cigna. Lanbsp;feconde boule détruit rifolement, amp; attire lenbsp;pluide ausfi bien que le faifoit la pointe a IAirnbsp;libre: cat:, il n'y a ici aucun Corps coerci-tif qui entoure le globe, amp; retarde le mouve-pient du Fluide éleétrique. Cette réflexion eftnbsp;dautant plus certaine que jai produit dansnbsp;1expérience de M. beccap-ia un eftet ab-folument oppofé.
Jai augmenté la diftance entre Ics bou-Ifes, 8c par la~mêmcj quoique le recipient reftat Vuide dAir, les attractions, le mouvement öfcillatoire, les étincelles ont recom»nbsp;mencé, Sc Ton n4 obfervé aucun écoulementnbsp;fontinude Fluïde, comme ci-devant (lt;?).
Le f-
{«) [Milord MAHON a trouvé, qnen fuspendant dans pn Rédpient de la pompe pneumatique, amp; a Ia Platinenbsp;incTie qui couvre le Rédpient, TÉledromètre i boules de moëlle de fiireau, amp; éledrifant enfuite, ces boules fe repouffent: quen épuifant lAir, leur divergencenbsp;diminue; quen rendant enfuite Ie Verre du Récipief?nbsp;cledrique, cette divergence naugmente pas, mais qu cp
in-
-ocr page 369-3^7
Leffet dc rexpériencc du P. beggar i a ne provient done que de la maniè-re dont on fait cette expériencej ellc nefl: done pas contraire a celle de 1Abbe nolle t gt; car comme la lame de métal eft cou-verte dans celle - ci de beaucoup de Corpufeu-les féparés, il peut y avoir des écoulemensnbsp;brillans 5c inten-ompus, 6c par conféquent ilnbsp;y a de lattradion.
§. 178. On peut conclure de cé qui pré-cède.
1°. Que les Phénomènes de lAttradion éleftrique ont lieu, quoiquon place dans Ienbsp;Vuide Ie Corps après 1avoir éledtrifé, ounbsp;les Corpufcules ,qui doivent être attirés: mais,
quil
introduifant après cela de nouvel Air dans ce Recipient, les boules deviennent dérechef confidérabkment diver-gentes (Prindfes dEleclr. Exp. 1, 2 , 3 , 4. ) : ce qui eftnbsp;conforme aux Experiences de M. ma ratnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fur
rÉleêlriché Exp. n. 13.), 8e aüx reflexions que nous avons fait es dans ce §. M. mahon conclüt même de fesnbsp;experiences, quil eft trés - vraifemblable que la divergence des boules diminuc en même raifon que la denfit^nbsp;de l Air. N. d. T. ]
quil neft pas certain fi cette dernière attract don depend du Corps éleótrifé: quelle pro^nbsp;yient au contraire vrairemblablement de lElec-!nbsp;tricité communiquée au recipient.
a. Que les Corps idiocleftriques acquiè-^ rent par Ie frottement moins d Eledtricite dans»nbsp;be Vuide [qua TAir] : peut-être même quenbsp;quelquesuns nen acquiéreut quune tres-foible, OU pas du tout.
3°. Que les Corps qui regoivent lEleÉtri-r cité par communication dans Ie Vuide, nof:inbsp;frent quelquefois aucun Phénomène dattraction: ce qui depend de la manière dont onnbsp;fait rExperience.
Labsence de 1Air influe done llir quelques Phénomènes éledtriques , ou dunbsp;ïpoins fur leur graitdeur {a},
CHA-
(a) [On fait par plufieurs Experiences, que Ie Fluide éleiSvique fe réeut trés-facilement par des Tubes vuidesnbsp;dAir, amp; quil sy montre fous une trés-belle apparencenbsp;luroineufe. Tout Ie monde connoit aujourdhui les beauxnbsp;Conduéléurs vuides dAir de M. henley, amp; décritsnbsp;dans les P/ülof. Tranf. Vol. LXIV. amp; dans Ie Journal denbsp;Phjf. Tante VI. p. 141. Mais Ie Vuide de nos Machinesnbsp;pneumatiques, ni celui de nos Condtiéteurs, font aiislinbsp;parfaits que celui de Torricelli ou du Baromeire. Milord CAVENDISH ayant rernpli de Mercure un Tube denbsp;Baromètre recourbé , dont chaque Branche avoir 30 poUquot;
-ocr page 371-3^9
C-oncluJion générale.
Conclufion générale.
§. 179. Nous avons vu (§. 168. )j quC les Phénomènes magiiétiques ncprouvent au-cun changement dans Ic Vuide: que quelqnes
Phé-ces de longueur, 5r ayant placé Ie bout de chaque Branche dans une foucoupe remplie de Mercure, de forte que Ie Mercure y defcendit a la hauteur du Baromètre, ilnbsp;obtient un efpace vuide, de 30 pouces: amp; il trouva quenbsp;Ie Fliiide éleétrique paffoit tres - libremcnt par cc vuidenbsp;de TORRICELLI {Phil. Tranf. Vol. XLIX. p. 370.) Experience que M. WILSON a repetée amp; dans laquelle il anbsp;remarqué quelques nouveaux Phénomènes. (P/i'd. Tranf.nbsp;Vol. LI. p. 308. feqq.). Lair ell done un Coercitif dunbsp;Fluide ékarique: un Air plus rarefié 1eft moins; unnbsp;Air trés-rare cft un Conducteur parfait. Mais que di-rons nous dun Vuide parfait iquot; M. priestley nousnbsp;rapporte fur ce fujet une Experience de M. walsh ennbsp;ces termes {Exper. on var. Kinds of Air. Tomé I. Seét.nbsp;VIII- §. 1. a la fin. p. 384.) ,,M. walsh, aidé denbsp;,,M. DE LUC, ayant fait un vuide beaucoup plus par-j, fair dans Ie Baromètre double, ou arcué, en y faifantnbsp;,,bouillir Ie Mercure, a trouvé que 1étincelle ou Ie
choc
Phénomènes éleétriques nen ^ouffrent pas, amp; que dautres cn éprouvent peut - être quelgt;nbsp;quune (§. 178.). Mais, foit que nous éta-bliffons que les Phénomènes electriques fouf-frent un grand changement dans Ie Vulde,nbsp;foit que nous penfions quils ny cn éprouventnbsp;aucun, je ne vols pas quon en puifle déduirenbsp;^cune Analogie, ou aucuné différencè entrenbsp;les phénomènes magnétiques, Sc les Phéno-mènes éleétriques.
S ï les Phénomènes éleétriqucs néprouvent aucun changement, cela indique que 1Airnbsp;nagit, ni fur rÉleótricité , ni fur Ie Magné-
tis
,, choc cleörique ne pafl'e pas plus par cc Vulde que par 5 j un morceau de verre folide. 11 a ausfi obfervé plu-ijfieurs circonftanccs qui affedlent cc Vulde dunc ma-j,nière extraordinaire. Mais, en fuppofant que ce Vui-,, de foit parfait, je ne vois pas quon puilfe eviter dennbsp;j,conclure, quil faut quelque fubllance pour conduitenbsp;jjlÉkélricité, amp; que celle-ci neft pas capable de s'é-,,tendre par fa propre force cxpanfive dans des efpacesnbsp;jjvuides de toute matière, comme on Ta généralementnbsp;5,fuppofé d'après lidée quil ny a rien dans ces efpacesnbsp;,,qui empêche Ie paffage du Fluide. Cette réflexionnbsp;me paroit très-jufte; amp; il me femble que TFHedlricitenbsp;pofitive des Corps Condudleurs, ou Coercitifs imparfaits,nbsp;nedoitpas pouvoirfublifter dans IcVuide parfait, ou iffl-parfait, fi ou fuppofe que les patticules du Fluide clec-trique font douées d'une force de rcpullion. N. d. T- J
-ocr page 373-331
Conclufion générale.
tisme, quil neft pap confcquent ni Ie Conr du£teür} ni Ie coercitif daucun des deuxnbsp;Fluides. Mais de ce quuh Corps nagit fm-aucun de deux autres quon lui préreirtCj ilnbsp;ne seir Ixiitpas que ces Corps font femblables,nbsp;óu quils ont des propriétés analogues.
§. l8d- Sr les Phéhomènes éleftriques é-prouvent un grand changemeiu dans Ie Vui-de, il sen fuit feukment, quen otant TAir^ Corps idioéledlrique ou coercitif, on affoi-blit les effets: ce changement dépendra donenbsp;de ce quon ote un Corps fur lequel Ic Fluïdenbsp;éledtrique agit. La chofe reviendroit done anbsp;ceci: quen otant un Corps, fur lequel Ienbsp;Fluïde inagnétique nagit pas, les Pliénömè-nes nen font pas changes: quen otant Ie menie Corps, mais fur lequel Ie Fluïde clccrriquenbsp;agit, les Phénoraènes éledriqucs eprouventnbsp;du changement: mais, fi je ne me trompe,-peci nindique pas une plus grande differencenbsp;entre ces deux fortes de Phénomènes, que cenbsp;que nous avons dit ci-deffus, que tons lesnbsp;Corps, excepté Ie Fer, furlesquels lÉledcri-citéagit, nagiflcnt pas fur IAimant.
§. i8o*. Et quand même ce que M. mus-
s C H E 1^'.
-ocr page 374-scHENBROEK avSnce auroit lieu (a), fa-voir qiie rÉleétricité nagit nbsp;nbsp;nbsp;du ré-
cipient, cc qui pomtant nefl; nullement prou-vé par experience, jc nadmetterois ni la rcs-femblance, ni la difference cfije ce celèbre Phyficien établit, quand il dit rÉleftriciténbsp; 6c TAimant conviennent en ce quils agis- fent tons deux dans Ie Vuidej ils différentnbsp;,5 en ce que TEleétricité nagit pas hors du ré- cipient, au contraire de ce que fait lAi-mant.
Ie y a plus5 quand mênae les Phénomènes magnétiques feroient plus forts,, ou plus foibles dans Ie Vuide qua lAir libre , amp; que lesnbsp;Phénomènes éleélriques ny éprouveroient au-cun changement, il senfuivroit feulementnbsp;que lAir eft uii Corps Conduéteur, fur le-quel Ie Fluïde magnétique agit 6c par confé-quent tout reviendroit toujours au même.
-ocr page 375-la communieatien des Forces éleSlr. ^c, 333
De la communication des forces électriques et ma-
GN É TI Q.U ES.
S- 181. On demande, fi loh peut établir une comparaifon entre PEleétricité 6c Ie Magnétisme , eu égard a la manière dont ils com-muniquent leurs forces.
Cette quelliou, la fixième que nous nous fommes pi'opofés dexaminer, ell trés-importante , 8cM. AEPiNusla parfaitement biennbsp;traitée (i*). Pour la développer comme ilnbsp;faut, je ferai dabord quelques remarques générales concernant les différens chefs fur les-quels la compaiaifon peut amp; doit rouler. Jex-ami-
(a) [ C. a. lt;! nbsp;nbsp;nbsp;Principes: mais il en a tiré
Ie plus grand parti, amp; calculs 1'ont conduit a beau-coup dc découvertes trés - intéreffantes. M. STEioiEH-ner a fuivi la même méthode, dont on trouve Ic dé-Tcloppement dans Ie f. 80. de fa Differtation. N. d. T,}
aminerai enfuite la manière dont lÉleftricité amp; Ie Magnétisme communiquent léurs forces ynbsp;Cins avoir égard a la Polarité: enfin jexami-nerai cc qüi a rapport aux Poles {b)i
§. tSa. ÉÈs Corps ne laüroient devénir,) ni éleétriques, ni magnétiques, a moins quorinbsp;ne les frotte, ou qu'ils ne touchent des Corpsnbsp;qui pofledent acluellement TEléétricité ou Ie
Ma-
{b) [M. HEMMER remarque o'l'ie je nai pas trop ,,bieli réusfi dans lexamen de cette queftioB ; que lanbsp;,,ou je crois trouver de la disparité, il y a ou unenbsp;5, manipulation différente, ou des moyens différens, oilnbsp;j,des circonftances différentes: amp; qne lorsque tons ces'nbsp;,, points font les mêmes, on a ausfi généralement desnbsp;adions amp; des effcts femblables. M. hemmer examine ceci plus en détail dans cinq différens articles: a-près quoi il ajoute quil seft glifl'é plufieurs inexaöitiy»nbsp;des dans cette Sedion: il en allègue trois excmples.nbsp;Nous discuterons ces différens Chefs dans nos Notss fu^nbsp;chacun des articles en queftiott. N. d. T*]
-ocr page 377-335
Rm^rques géhén^s.
Magnétisme. Mais, il y a ici quelqijes articles qui méritent un développement plus exaél,
L E Feraequicit la force magnetique par la fitu^ion feule, par Ic contaéf dun Aimant,nbsp;par Ie frottement. Je parlerai gi-après desnbsp;deux derniers moyensj examinons a préfentnbsp;Ie premier.
L A force éleétrique sacquiert par Ie frotte-mervt amp; par Ie contaét: mais sacquiert - elfe ausfi par la fituation feule? amp; li elle ne sacquiert pas de cette faqon, peut-on en déduirenbsp;quelque difference entre les Loix de la com-paunieation de ces deux forces ?
L. E Fer acquiert a la vérité la force par la fituation feule, mais ceft uniquement pareenbsp;que la Terre eft un grand Aiqtant: Ie Fer eftnbsp;par conféquent toujours plongé dans latmos-phère dun grand Aimant, 6c il reqoit réelle-ment Ie Magnétisme felon les Loix qui ontnbsp;lieu dans Ie contaét du Fer avec 1Aimant.nbsp;Dailleurs cette propofition, Ie Fer acquiert Ianbsp;force magnétiqug par la fituation feule, neft.nbsp;pas générale i car il y a, comme les obferva-tions 1 ont fait voir, des endroits dans lesquelsnbsp;1inclinaifon de 1Aiguille na pas Heu ( a).
Les
(4) [V. ci-delTus. §. 76. mte a. N. d, T.]
-ocr page 378-.^36 I- mÉmoire. P. I. «S'. Vll. C,5. 1.
Les Corps élefti-iques nacquierent paS, quc je fache, TElccirricité par leur fituatioftnbsp;feule, fi ce ncft dans le feul cas, ou des Corpsnbsp;Condudteurs ifolés reqoivent rÊleftricité quinbsp;ie trouve dans 1Air naais alors ils font en-toures dun Corps éledtrique qui leur Communique fa force. Si done la Terre ctoit eon-tinuellcment entourée dune Atmosphere élec-trique, comme elk Ieft dune magnétiquC,nbsp;tous les Corps qui reqoivent IEleftricite parnbsp;communication deviendroient certainement é-lectriques par leur fituation feule {b).
{b) [Bien entendu en fuppofant quils Ibyent Cond-jiuellement amp; parfaitement ifolés.
Void la remarque de M. hemmer fur cet artide. ,,,,Le Fer , dit 1Auteurdevient magnetique par la fi-, tuation feule ; mais aucun Corps nc devient élcöfi-,,qiic de cette manière.quot; Lc Fer devient magnetiquenbsp;,,par fa fituation fenie, lorsquil eft placé dans la fphè-,,re dacfivité dun autre Aimant, p. ex. du grand Ai-j,mant terreftre; li un Corps fe trouve dans la fphèrenbsp;,,daétivité dun Corps éledriqu*, il deviendra ausfi é-,,kftrique par cela feul, comme 1expérience le prouve.nbsp;,, Le premier fait, le magnétique , a lieu fans commu-,, nication de quelque Fluide ; la même chofe a lieu pcurnbsp;5,le fait éleftrique : dans le premier, tout fe paffe parnbsp;la feule attraction amp; répulfion : il en eft de mêro®nbsp;',,pour le fecond. Cette remarque me paroit tres-jui^®
quant aux Fans; mais je lie vois pas queile attaqué
quc
-ocr page 379-J E fuis done dun avis différent de celui de M. musschenbroek, (c)6cje pen-fe cjue ce fait, quon na quelquefois befoinnbsp;daucun frottement pour exciter la force ma-gnétique, au lieu quon en a befoin pour exciter la force éleétrique, ne peut pas fervir anbsp;établir quelque différence entre ces forces j carnbsp;ce fait me paroit dépeiidre de, caufes exté-rieures.
§. 183. Je rejette pour les mêrnés raifonS ime autre différence que M. musscheN-BROEK établit: favoir quil ne nait pasnbsp; dEleéiricité du frottement de Corps Con-5, ducceurS lun contre Tautrej quau contraire
^ue jai dit dans Ie Texte, dans Ie quel jai ce me fenjr ble établi très-diftinöement la même doélrine j puisqiienbsp;jy ai parlé du cas dans lequel des Condudleurs fe trou-yent entourés de lÉleiflricité Atmosphérique , amp; que j ainbsp;rejetté u diftinftion établie par M. musschenbroek.nbsp;Par dévenir eleftrique par la fituation feule, jentends,nbsp;fans etre places dans Ia fphèic dailivité daücun Ai»nbsp;_ mant, différent du grand Aimant terreftre oii de la force direélrice univerfelle, qui exifte par tout, amp; quonnbsp;ne fauroit évitcr; or je ne crois pas quil y ait de pa-reille force éleétrique univerfelle, toujours agiffantenbsp;T.]
re Ic Magnétisme eft produit par Ie frotte- ment du Fer centre Ie Fer; quil faut frot- ter Ie Fer centre Ie Fer: quun idioéleétri-,j quc frette centre un idioélectrique ne don-,, ne pas dElectricité. Car, li Ie Fer frette centre Ic Fer acquiert la vertu magnétique, ce-la provient dérechef uniquement 1°. de ce quenbsp;Ie Fer frottant acquiert la feree magnétiquenbsp;par fa fituatien feule: il eft: denc réellement unnbsp;Aimant foible, dent il fuit toutes les Loix,nbsp;comme M. b r u g m a n s Ta pi'ouvé avec lanbsp;plus grande fagacitc {a) ¦,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aquot;. de ce que Ie
Fer quon frette auroit ausli requ la force magnétique par la feule aétion du Magnétismenbsp;terreftre, laquelle eft excitée amp; augmentée parnbsp;Ie frottenient dun Corps quelconque, fut-ilnbsp;même différent du Fer. Ce phénomène menbsp;paroit done accidentel, 6c produit par desnbsp;caufes étrangères: car, il faut confidérer ici Ie
Fer
(«) [^Tentam. da Mat. Magn. prop. 29. p. 190. amp; fui-vantes: ce qui a rapport a cette matière y eft excelk-, ment développé: amp; eet article eft dautant plus important quon avoit établi des Principes trés - dilFérens, maisnbsp;dont M. ERuGMANS avoit fait connoitre Terreur. Vo-ycT, ausfi p. 182. prop. 28. quil fera bon de confultcr ftqnbsp;cc fujet. N. d. T. ]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
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Per comme plongé dans 1Atmosphere dun ipuiflant Airtiant.
Pour ce qiü eft ce qiie M. mus-S c H E N B R o E K ajoutc, quc Ie frottement dun idioékélrique contre un idioéleftrique.nbsp;hie produit aucune Eieftricité, jen paiieraTnbsp;, fci-aprés (§. ao4.).
IL faüdra done, en examinant les Loix que iuit la communication des forces éleftriqires 6cnbsp;inagnctiques , laifTer 'i qu'artier tout ce quinbsp;concerne Ie Fer pofé dans une -certaine fitua-tion, puisque les Phénomènes qui ont lieunbsp;alors, ne font quaccidentelsamp; nc sarrêternbsp;qua ce qui concerne la force produite par Ienbsp;frottement, ou la pofitiori dans 1Atmospherenbsp;éledtrique öu mdgnctique de qüelquc Corps.
Mais^ laiffant U cette confldération, il éft dauti'es Phénomènes qüi mé pafoiflcht ih-diquer quelques differences.
§ 184. NouS he connoiflbri§ aucufi Corps pa^ même parmi ceux qui acquièrent excel-lemraent iEleétficité, qui ayent deux mémesnbsp;la force éleétrique : il y en a du moins tui très-grarid riombre de ce gente, quoique peht*nbsp;être ils ne foyent pas tons tels: car, feloir Ivl.nbsp;GADD, comme nous 1avohs dit au commert»nbsp;Gement. d^ce Memoire {§. 38'.), les Fosfdes^nbsp;Y %
-ocr page 382-340
f
amp; fultout rAimant, pofledent une Eleftrici-té originelle, Sc ils eii doniient des marques, des quils font tirés du fein de la Terre, Sc Iansnbsp;avoir été chauffes on frottés. Mais, sil ennbsp;eft ainfi, IAimant perd bien promptcmentnbsp;cette ÉleStricité. Quoiquil en foit, il eft lur,nbsp;quil y a un tres grand nombre de Corps quinbsp;xi owl d'eux menus ^ucwwo ÉleSlricité (lt;«),amp;:
qui
{a) [Sur ce qiie je dis quil y a des Aimans qui font tels par la Nature, ,,mais quil ny a pas de Corps quinbsp;5?poirèd'ent lKledtricité cTeux-mémes, M. hemmeu ob-,,ferve, quon ne peut entendre par cette exprcsfionnbsp;d' eux-mêmts, que par la Nature, fans le fecours ou Io-;,pération des hommes, mais que cela eft faux, comm=nbsp;55 le prouvent les Nuages qui font prepares par la Natu-,5 re ; or , la caufe , dit - il, que de pareils Corps ne Con-,, fervent pas rÉleClridté ausfi longtems que IAimantnbsp;,, naturel conferve fa force, eft, que ces Corps font en-,,tourés de Condudleurs, qui foutirant ou communi-,, quant le Fluide dledlrique , en retabliifent Idquilibre,nbsp;,, ce qui na pas lieu pour IAimant, puisque le Fluidenbsp;,, magnétique- ne paffe pas dlin Corps dans un autre.nbsp;Je remarquerai que par être éleiTtrique ou magnétique denbsp;foi-même, jai entendu iêtre ians préparaiion qtielcon-que, 1ètre en vertu de 1effence quil a plu au Créateurnbsp;de donncr a tel ou tel Corps. Tel eft lAimant: maisnbsp;ii ny a pas de Corps qui foit effeiuiellement éledtrique-Ces Nuages, lAir peuvent le dévenir, mais foiivent iJ*nbsp;ne le font pas; leur elfence ne confifte pas a étrc toU'
jours
-ocr page 383-341
Remurques générales.
qui ne Tacquierent que par Ie frottemcnt, ou quand ils font chauffcs (^) 5 au lieu que lAi-mant poflede, au contraire, Ic Magnétisme denbsp;foi-même, Sc quil ncll befoin daucun frotte-ment pour exciter cctte force. Lon fait dail-leurs, que Ie Fer, 6c furtout lAcier, con-fcrvent pendant nombre dannées, peut-êtrcnbsp;pendant des fiècles, la force magnétique, quilsnbsp;ont une fois acquife, quoique celle - ci foit fu-jette a des variations continuelles: au lieu quenbsp;la force éleStrique, quelque puiffamment quoanbsp;lait excitée dans Ie Verre, ne fe conferve quenbsp;pendant quelques heures ou quelques mois'.nbsp;Ces Phénomènes dependent - ils de la mêmcnbsp;caufe? Peut - être pourroit- on raifonner ainli.
idiod-
jours éleftrique, maïs bien a pouvoir Ic dévenir. Cellc de 1Aimant, cntant que tel, eft de pofféder la vcrtunbsp;magnétique: amp; jil poffède cette vertu par la raifon in-diquée par M. M. aepinus amp; hemmer, un des Ca-raéferes effeiuiels de lAimant fera de confervcr toiijoiirsnbsp;Je Fluïde magnétique hors de fon état naturel: ce qui faitnbsp;une difference effentielle entre la manière dont ce Corpsnbsp;agit fur Ic Fluïde magnétique, amp; cellc dont les autr?snbsp;Corps agiffent fur Ie Fluide éleélrique. N. d. T. ]
(è) [V. la note a du § 8. N. d. T.] nbsp;nbsp;nbsp;x
24^ T: MÉ WOIRE. i?. I. iS*. yil. I.
idioéleétriques, pu coercitifs, parfaits, cette force, une fois regue, ou excitée, ne chaii-geroit jamais, ne feroit jamais diminuee, fur-tout fi ces Corps étoient des coercitifs excel-lensj car, alors Ie Fluide fe moxiyroit dansnbsp;leurs pores avec la plus grande difficulté; or,nbsp;lAir, Ic Verre, amp; les auti:es Corps que nousnbsp;connoiflbns, font des coercitifs imparfaits. IInbsp;neft done pas étonnant que la force une foisnbsp;acquile foit bientót détruite.
Au contrarie, il elf, jecrois, für, quau-cun Corps quelconque, excepté Ie Fer, na-git fur lAimant: il neft done pas étonnant, dira-t-on, que lAimant conferve toujours Êinbsp;force, puisquil eft entouré de Corps qui fontnbsp;de parfaits coercitifs du Fluide magnétique (a).
Maïs,
(lt;?) [Cette expresfion feroit affurément trés-impro-'pre: car qiioiquil foit prouvé par Experience quaucun Corps ( hormis Ie Fer) nagit fur lAimant, cela feul nenbsp;prouveroit pas la force coercitive: il fauc de plus, poutnbsp;la conflituer, empêcher Ie paffage du Fluide magnétique, Ic retarder, offdr une grande difficulté a ce paffa-ge: or il neft aucune experience qui prouve que Ie Flui*nbsp;de magnétique fe meut difficilement dans dautres Corps:nbsp;elles tendent au contraire toutes a prouver que ce Fluide , sil exifte hors du Fer, fc meut trés - librement anbsp;travers ces Corps; v. ci-deflus §. 91. Dailleurs, ilnbsp;faut dans lhypothèfe de M. aepinus, pour confervetnbsp;^ ¦ - ¦ ¦ ' 1?»
-ocr page 385-S45
Re marques générales.
Maïs, fi nous voulons expliquer de cette fagon la difFé re nee dont nous paiions, que denbsp;nouvelles hypothefes ne faut - il pas employer ?
Car, 1Aimant a eu dès Ie commencement la force quil poflede, amp; il la acquife iorsquilnbsp;eft devenu Aimant: il la conferve paree quilnbsp;cft entouré de coercitifs.
Les Corps nont deux mêmcs aucune Élec-tricité : ou du moins, pour ne pas parler trop généralement, il en eft un très-grand nombrenbsp;qui ne produifent aucun elfet, avant davoixnbsp;été excités. Sil ny a done ici aucune vraienbsp;difference, on eft force détablir, que lesnbsp;Corps, qui ne préfentent deiix-mémes aucunnbsp;figne dElcctricité, ont cependant polTédé cette force auparavant, mais quils Tont perdue,nbsp;paree quils font eux-mêmes des coercitifs im-parfaits, amp; quils font entoures de coercitifsnbsp;pareils: Sc sil en eft ainfi, il faudra établir encore, que les Corps que la Nature nous pré-fentc, ont eu, lorsquils font foi'tis des mainsnbsp;du Créateur, une force éledtrique, commenbsp;p Aimant a pofTédé dès lors la force magnétL
que
Ia force magnétique une caufe interne qui empêche Ie Pluidc de fe mettre en équilibre. v. note a du §,nbsp;notci- du §. 93, N. d. T.]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
que {h)i mais quel fera, je Ie demande, Itj fondement dune pareille affertion? Javouenbsp;nen concevoir aucujii
§. l86. Dailleurs, que dirons-nous des Corps que lArt produit? du Verre p, ex.nbsp;A-t-il la veitu éleftrique lorsquil eft encorenbsp;incandelcent ? Certainement non : car M-WILSON a trouvé quil eft alors un Conducteur. A-t-il done acquis la force électrique aunbsp;premier moment quil seft refroidi, Sc la-t-ilnbsp;perdue enfuitc ^ pour ne la recouvrir que
quand
(è) [Je ne pretends pas établir que Ie Ctéateur ait produit dès Ie commencement amp; a Ia fois tons les Ai-nians quon tire, amp; quon tirera par Ia fuite du fein denbsp;la Terie; i\ peut sy en former tous les Jours de noq-Tcaux p?r difFérens moyens, comme cela a peut - êtrenbsp;lieu pour tous les métatix. Le grand Laboratoire de ïanbsp;Nature nous eft inconnu. M. aepinüs croit {Tmtam.nbsp;5. 347. fcqq.) que les Mines de Fer qui contiennent cenbsp;métal fuffifamment développé, fe changent a la longuenbsp;Aimans par Iaftion de 1Aimant terreftre: nous nex-aftiinerons pas ici ce fentiment: mais en ladoptant, Unbsp;eft fur que cette mine, dès quelle eft une fois deventienbsp;Aimant, refte Aimant: cet état eft ftable, effentiel,nbsp;comme lanalyfe chymique que M. musscheneroe*nbsp;a faife de cette pierre Ic prouve: au lieu que rÉIeftri-rité neft qu'accidentelle aqx Cpips idjoélèdlriques.nbsp;d. T.]
-ocr page 387-345
Remarques générales.
«|uand OU Ie frotreroit? Maïs dérechef, qiid-le en eft la preuve? II vaut mieux conclure j quil y a a eet egard quelque dilFércnce entrenbsp;rÉleftricité 8c Ie Magnétisme.
De plus, fi les Corps électriques ne p?r-dent leur force que paree quils font entourés de Conducteurs, qui semparent de celle-ci,nbsp;5c silya, a eet égard, quelque Analogie, ilnbsp;fiudrok que 1Airnant, entouré de Conducteurs, perdit ausfi fa force. Or, sil eft imnbsp;Conduéteur du Fluide magnédque, ceft affii-rément Ie Fer. 11 eft cependant très-fur quenbsp;rAimant ne perd rieii de fi force, quoiquon ynbsp;frotte mille barreaux de Fer. Voila done encore une différcnce, 6c une différence biennbsp;grande. Quand done même les autres hypo-théfes dont nous avons parlé feroient admisfi-bles, il faudroit encore établir que lAimantnbsp;vetient Ie Fluide magnédque avee la plus grande cénacité, que les Corps éleétriques .au con-. traire retiennent Ie Fluide clecli'ique lache-ment, amp; de fagon a sen décbarger avee beau-coup de facilité. Différence qui en indiquenbsp;une très-grande dans les Loix, felon lesqueiiesnbsp;ces Corps agiffent fur les Fluides foumis a leurnbsp;aédon {a),
____ § 187.
(u) [Nous avons vu ci-deffus (note e dü §. 96.)
Y 5 nbsp;nbsp;nbsp;que
-ocr page 388-§. 187. Tout ce que nous avons dit jus-quici eft fondé fur ce que les Corps idioélec-triques ou autres, adtucllement éleélrifes, per-dent quelque chofe de leur force, lorsquik communiquent la force a dautres Corps: 6cnbsp;Cell: unfair dontje ne doute pas (a). Mais,
giic M. AEPiNus admet liii-même cette difference. In. d. T.]
(a) [ Jétablis done, que 1Aimant amp; TÉleiSricité différent en ce que celui-ci ne perd tien de fa force, en, communiqnant fa vertu, au contraire de ce que fait celle-la: ,, cette difference, dit M. hemmer , lorsquelle anbsp;5, lieu, provient uniquement de ce que Ic Fluidc éleéfri-,,que paffe dun Corps dans un autre, ce que Ie Flui-,,de magndtique ne fait pas; qu'i! arrive dailleurs fou-5, vent quun Corps életriie en rendun autre éteétriquenbsp; , fans lui rien communiquer dc fon Fluïde , amp; qu alorsnbsp;jl^le premier pevd ausfi peu de fa force, qüun Airnantnbsp;j,en perd des ficnnes.' II faut done diftinguer deuxnbsp;cas. La communication de forces par Ie contad, amp;nbsp;celle par la pofition dans la fphère dadivitc. Gn con-vient que dans Ie premier cas, il y a tranfit de Fluidenbsp;éledlrique, amp; conféquemment perte de forces: amp; ce casnbsp;cil celui que javois principalement en vue, comme ilnbsp;paroit par Ie §. 190. On dit que méme dans Ie contadnbsp;il nc fe fait pas découlement du Fluide magndtique denbsp;rAiinant dans Ie Fer, mais ceft une pure fuppofition ,nbsp;qui neft appuyée daucune expérience: nous en avonsnbsp;déja parlé (§. 91. note c) amp; nous en parlerons encorenbsp;ci-après dans la note è du §. 199. Si 1on ne sarrête
qu
auX
-ocr page 389-fi eek nétoit pas,fi les Corps éleamp;iques, fem-blables en ceci aux magnétiques, en comniu-niquant la force a dautres Corps, ne perdoient ïien de la leur, tout ce que nous venons de dire auroit lieu a plus forte raifon, amp; d feroitnbsp;évident que les Corps qui nont actuelkffletttnbsp;aucune force, nen ont jamais eii. Or, M.nbsp;A E p I N tr s foutient ( ^) que les Corps élec-triques, en communiquantTEleélricité a dautres Coips, ne perdent rien de leur force (c),nbsp;II eft néceffaire dexaminer ce point.
Ex dabord, ft cette propofition ci etoit générale, un Corps électrique, qui comrnbsp;munique fa force a un autre, nc perd rieri
55 de
quaux Faits il y a doac une grande disparitq dans gt; cp cas la entre rÉledlriciié amp; le Magnétisme. Pour 1ex-pliquer, on employe encore une .1'econde iuppofition,nbsp;non moins gratuite que celle dont nous venons de par-ler, non moins contraire aux faits ( §. 93. note i) fa-wir que le Fiuide magnetique fe meut dans le Fer avecnbsp;une extréme difficulté; 8c beaucoup plus difficilementnbsp;,que le Fluidc eleftriqne ne fe meut dans les meilJeursnbsp;coercitifs: mais cette difference, fi elle exifte, eft eflen-ti*JIe §. 96. note e. N. d. T. ]
(é) Sermo de Amlogia Vc. on Uagazin de Hambourg. T. XXII. p, 2J1. [ p. 17 8c notes / 8c w de Ioriginal, ]
(c) [Voyez le §. 82. de la diflertation de M.
SJEIGLEHKER. N. d. .T. ]
-ocr page 390-348 I- MÉ MO IRE. P. I. 6*. VII. C/5. I,
55 de la lïenne il faiidroit aiisfi que celle-ci fut vraie j ,, un Corps éleélrique, qui perd de fanbsp;,, force en touchant un autre Corps, ne com- munzque rien de lii force a celui -ci. Maisnbsp;cette propoiltion, qui eft intinieincnt liée a Ianbsp;doO-rine deM. AEPiNus,nie pai'oit contraire a toutes les Expériences.
Ex PE R.. LXXXIV- Jéleftrife un tube de métal ifolé: les fils de rEleftromètre fcnbsp;dreffent, amp; cette Électricité fe conferve pendant quelque tems: japproche de ce tube unnbsp;autre tube ifolé : celui - ci devient éleétrique gt;nbsp;je leloigne: TEledtiicite du premier fe trou-ve alfoibiie (d).
Jo T E riiolement du Coitduéteur de la machine ; toute la force perit fur Ie champ : poui'-quoi? Ou paree que Ie Fluide pailè dans Ic Corps anéieófriqus fur lequel on place Ie Con-duéleui'j OU paree que létat du Fluide, quinbsp;fait proprement la force, eft détruit, amp; rc-duit a iéquilibre. Si ia premiere alternative a
lieu.
(d) La méine chofe a lieu, fi on prend un tube de Verre frotté: quoique ce foit un Corps coercitif, fonnbsp;Eleflricité safFoiblit li on y applique un Corps Conducteur. M. AEMNüs convient lui-inêtnc, [Temaminanbsp;14-] qiiun Corps coercitif éleftrifé. perd fubitemeP^nbsp;toute fa force fi on lentoure de Coudufteurs. N. d. T-J
-ocr page 391-349
lieu, Ie Corps Condufteur re^oit lans doute Texces du Fluïde éledtrique, Se donneroit desnbsp;marqués dEleftricité sil etoit ifolc (^)j fi lanbsp;feconde alternative a lieu, Ie Fluide eft reduitnbsp;a réquilibre par une caufe extérieure: celanbsp;xevient au même: la force pcrit, quoique lanbsp;quantitc de Fluide refte la même: mais, il nenbsp;sagit pas ici de la quantité de Fluide: ceft de.
1ef-
(e) [Cela eft evident; qnon place prés du Conducteur de la machine, éledtrifé cn plus, «n Condufteur A ifolé, mais hors de la diftance cxplolive; amp; ptès de celui-ci un fecond Conuiifteur ausfi ifolé, B: Ie. Conducteur A deviendra r.égatif,amp; comnluniquant fon Fluide aunbsp;Condniteur B, celui-ci deviendra pofitif. Mais, filenbsp;Conduifteur de Ia Machine cede dagir, foit tout duanbsp;coup, foit peu a peu, Ie Fluide réfiue du ConduCleur Bnbsp;dans Ie Condufteur A, effet que Milord mahon' nom-rne c/ioc en retour, ou Cou^ retournant, objet par lequel ilnbsp;a fait des expériences trés-intéreflantes: {Principes dÉ-UaricUé 5. aoy. feqq,). II y a done perte de force dansnbsp;Ie Coips communiquant dès que la communication denbsp;forces fe feit par une communication evidente de Fluide : amp; cela a Keu également pour des Corps coercitifs;nbsp;cat, lorsqu on elcélrife un Conduéleur ifolé , cn tenant anbsp;deux ou trois pouces de dhlance un tube de Verrenbsp;frotté, il ne faut pas que ce tube foit trop chargé, denbsp;peur que Ie Condudteur nen foutire une étincclle. V.nbsp;C AVAIL o Traité ctÉleür. P, III. Chap. V, Exp. y, a la
§. i88. Cest poürtant daprès 1Expês quc - aepinus a foirnc cettepi*ö«nbsp;pofition. Voici cclle quil allcgué. Fig.nbsp;17. {a).
(a) M. HEMMER penfe que M. aepinvS a parfai-tcilient prouvé fa Thefe par cette expérience, quc,,jai 5,dit-il combattue fans fUccès: il juge daüleurs quil:nbsp;j,,paroit clairement par tout ce que javance fur ce fujetnbsp;a, que je nai pas compris partout Ie fens de M. aepi-,, Nus, fondé uniqueihent fur la doélrine de la fpliêrcnbsp;5jdadivité. Cette réflexion ma engage a revoir toutcnbsp;cette matière avec foin; ^ Ie réfültat de ce noüvel examen a été, que je me fuis trompé a quelques egards;nbsp;fmrah damp; diftinguer eiitre la commullicatioh des forcesnbsp;par Contaöi, amp; celle par pöfition dans la fphcre dadlivi-té je nmrais pas du, placer cette expérience dans Cetnbsp;article; ou il ne sagit que du premier cas, pendantnbsp;quelle appartieht au fecond. Cette confufion , que j'm-rais iu enter , iria induit dans quelques autres erreurs quenbsp;jindiqüerai töüt-a-lheurei Jajouterai feulement icinbsp;qu'il me paroit remarqüable que M. aepinus ria pasnbsp;inferé cette Expérience dans fes Tentamind, comme il lanbsp;faitdetoutes les autres effentielles qui fe trouvent dans Ienbsp;Discours: amp; que la propofition mêhie dont il sagit ne f®nbsp;ïrouve pas expriméc dnnc fagon li tranchante dans 1®!nbsp;Xt»tumna que dans Ie Viscohfsi N. d. T; j
-ocr page 393-351
Remarqiies gênéralcsl
de feuilles dEtain AB, amp; fuspendue par un fil de Ibye F A. Qvdon fuspeude a fon extré-mité la petite Bouteille de Lcide LH, gcnbsp;quon applique au coté AB, Ie Fil Kg pournbsp;fervir dEleftromètre. Si Ton éledtrife eetnbsp;appareil, Ic fil Kg' sélevera, il formera unnbsp;angle K^B, qui iiidiquera la grandeur de lanbsp;force recue. Quon fuspende auprès de cet-te planche unc autre planche CD, entière-ment femblable, mais. quon puifle retirer aunbsp;moyen du fil de foye TL. Quon la retirenbsp;pendant quon électrifc la premiere, amp; qu'ennbsp;fiiite OU len rapproche lentement. Sur Ienbsp;champ Ie fil A K defcend un peuj mais fi lonnbsp;retire CD, Ie fil A K remontera a la premie-.re hauteur. M. a e p i n u s en conclut, quenbsp;la Lame A B na perdu aucune force; il dit,nbsp;que C D eft en attendant dé venue éleétrique^inbsp;6c quelle a perdue toute fon éleélricité dèsnbsp;quelle eft revenue a fa premiere hauteur.nbsp;Developpons cette Experience.
SupposoNs que Ie fuccès de 1expériencc foit toujours tel quon vient de Ie décrire : ilnbsp;senfiüvra, 1°. que la force que la Lame ABnbsp;communique a C D eft tres - petite, fi tant eft:nbsp;quelle en a communiqué, car AK defcendnbsp;tréS'peu; aquot;. que fi la Lame C D eft devenuenbsp;eieftrique, elle a acquife une force oppofce a
cclle
-ocr page 394-T. mÉmoihe. P. I. óquot;. VII, Ci. I.
celie de A B (b), cav elle attiroit Ie Fli : 3°. que la feconde Larac a perdu force quel-Ic avoir acquife. Mais, fi elle de Ui force, ii faiit quelle fe décharge de fon Fluïdenbsp;hir quelque autre Corps, ou que ce Fluïde fenbsp;reiuette en équilibre, II cft difficile dadmet-tre cette dernlère alternative: car li ce Fiuidenbsp;eft remis en équilibre,pourquoi celui de la premiere Lame ne sy remettrolt -11 pas de mc-me, 6c fa force ne sévanoulrolt-elle pas? Lanbsp;même ralfon dolt avoir llcu pour les deux
La-
(b) [Sa panic antérieure feule Ie feroit devenue : car , felon la Doeftrine de M. af.pinus Ie Fluïde eft poiiflenbsp;de Ja partie antCrieure dans la poftérieiire, dans laquellenbsp;il saccumule; la partie antérieure eft dönc feule negative, nbsp;la poftérieure cft pofttive : amp; Ie fil Kleiftromètriquenbsp;neft attire que par 1excès daftion de la premiere de cesnbsp;parties fur la feconde; mais fi la Lame C D cft pcUnbsp;épailTe, ou mince, comme dans notré expérience 85,nbsp;ces deux parties, la pofttive amp; la negative, agiiTent anbsp;trés peu pres a la même diftanCe, amp; Conféquemmentnbsp;avec la même force; ce qui rend leur aéiion nulle.com-ine M. AEPiNus 1avoue lui - même, en expliquantnbsp;{^Tentmn. §. 60.) un fait analogue. S'il eft done vratnbsp;que Ia Lame CD ait acquis ik confervé les deux Fllee-tricités, conlme cela fe dolt felon les Piincipes établis ,l£nbsp;Fil nauroit pas du êtreattiré: ceft une difliculténbsp;que je prends la liberté de propofer contre cette Expé-tience. N. d. T.j
-ocr page 395-353
Lames (f). Mais, fi C D fe décharge.dc fon Fluide, ii sen décharge ou dans 1Air, ounbsp;dans quelquc autre Corps: quoiquil en foit,nbsp;la force de cette Lame sévanouit.
§ 189. Maïs, ne pourroit-on pas cxpli-quer cette experience en difant, quon ne fau-roic dcNduirede la'dépresfion du Fil que la feconde Lame acquieit, en sa^rochant denbsp;la premiere, une force oppofée a celle-cijnbsp;puisque ceft un Corps Conduéleur («)} qui'nbsp;attire par conféquent Ie fil: car on fait quenbsp;les Corps Conduéteurs attirent les fils du Con-
ducgt;
(c) [J'ai eu tort de dire que Ia mêine caafc a lieu pour les deux Lames. La Bouteille KG rend 1éiatnbsp;éleftrique de ia Lame A B plus durable; puisque lesnbsp;Botiteillcs de Leide reftent chargécs plus longtems quuunbsp;fimple Condufteur, furcout quand elles font ifoléesnbsp;comme celle-gi left. Selon les Principes dc M. akpi-KU.S Ie Fluide C D fe remet en équilibre de lui-même,nbsp;p-rr la répulfion quexerce Ic Fluide aceumulé dans lanbsp;furface poftdrieure, amp; a caufe de la facilité avec laqucLnbsp;Ie cc Fluide fe mcut dans la Lame. N. d. T. ]
(/ï'i [Cette raifon ne vaut rien; car les Corps Con-diiAcui's natdrer.t qu.uitant quils font devenus ckderu ques par leur funple pofnion pres d'un Corps éleftrifc.nbsp;V. d-defl'us note a du §. 14c, Ifexplication que je doii*nbsp;ne d.m'; ce §. nc naroit pas favislaifaiue ii to«snbsp;IS- d. T. j
ï. MÉMOIRE. P. I. S. VIÏ. ÓL't.-
duftcur de la machine: que ceft a canfe- de' xette attraótion que Ie fil Eleftrométrique K^-defcend: que Tautre Lame C D en defcen-nbsp;dant dans ratmosphere éleftrique, offre quel-quss fignes dEleftricite, mais qu il fe dechar--ge du-Flu-ide quil a acquk, iion dans lAh-,'nbsp;mais'dans la premiere Lame; que ceft de lènbsp;que eett® premiere Lame AB ne paroit fouf-frir aucune 'diminution de forcepui«quel-le recpit dérechef ce quellc avoit eommuni-quée.
J-A-i; repeté cette experience de la fagon ,{ui-vante, amp; Ie fuccès en a été trés - différent.
Ex PER. LXXXV. Jai employé des Lames de cuivre circulaires, que jai fuspendues-Comme M. aRpinus Ic préfcrit. Jai trou-vé que la' Larne A B fouffroir vuic diriiirittion de forces,, car Ie fil defcendoit: que la Lamenbsp;C Igt; confervoit en quelque facon la force aq-quife: Ie fil qui y eft joint étoit attiré par un'nbsp;tube de Verre frotté : amp; que les PhénomèneS'nbsp;ctoient les mêmes que la petite Bouteille L Hnbsp;fiutemployée, ou non
MaiS'
(è) [ En^ revoyant les notes originales de ces Expé-' riences j'y trouve marqué que les Phénomènes étoient ^nbsp;pril les mêmes: lis différoient en grandeur. De plus,'nbsp;fi dans cctte expétience on approche la Lame G D
féï
-ocr page 397-Remarqiiei générales. nbsp;nbsp;nbsp;J55'
Maïs, quoiquil én foit de cette Expériènquot; ^:e, il efi: für qüen beaircoup dautrcs occa-fi-ons les Corps éleörrifés, touchés par desnbsp;Conducteursperdent leur force: en tïFet ort*nbsp;employe Fifolcmcnt pour prévenir cette perre.
§. 19b. CoNCLTjoxs dece que nous a-' vons dit, qUil ya une difference réeue entrenbsp;les Loix^ felon Icsauelles la fotce éleétrique fcnbsp;communitme, amp; celles aui ont licu dans la
x-' nbsp;nbsp;nbsp;4.
communication de la force magnétique. Voi-di une courte recapitulation de mes raifohs.
1°. L a force magnétique fe trouve naturel-lement dans lAimant, fans quil foit néceffiire' d« 1exciter, au contraire de ce qui a lieu dans'
prés dé A B, pour qucllé en puilt: foutirer du Fluïde, par quelquè inégalité, queique angle, ou par la proximité même, elle deviéndva pofitive.' Cda peutnbsp;cilement arrivev dans ces expériences; peut-être cela a-^'nbsp;t-il'eu lieu, car je retrouveencore dam Jjaes notes,nbsp;que Ia Lame CD, devenue éleétriqueamp; toucliant en^nbsp;fuite la Lame A'B, nen a pas tiré détincellé, commenbsp;il arrive , fi clle la, touche iuïmcdiatement, amp; tryant quenbsp;d'etre devenue éleétrique : auSli ayois-'je aputé danslanbsp;ïlt;tote de cette experience, par reflexion, peut - on donenbsp;dire que C D ait acquis une force oppofee a cellé'nbsp;i'B'?' R d. T.j
' ' I-^
-ocr page 398-les Corps éleftriques. M. cigna propofe lui-raéme cette difFérence {a)-a°. Li L E c T RI c IT £ 6c IAimant difFé-renc, en ce que rAimant conferve fa forcenbsp;tres-longtems ( ^): 8c qu un Corps éleclriqucnbsp;ne conferve pas d beaucoup près ausfi long-terns fon Élcftricité.
3°. IE s différent en ce que IAiniant, en communiquant fa force -a dautres Corps, nenbsp;perd rien de la fienne propre: au lieu que lanbsp;force éleétrique sévanouit dans les Corpsnbsp;idioéleftriques éleétrifés, lorsquils font touchés par des Corps Conduftcurs, ou quilsnbsp;leur commimiquent la force élccirique''(c).
Quo T-
(4) Miscel. Xciurin. 1. c. §. 5.
(^) [ V. Ie §. 69. de la DilTertation dc M. stejg-iehner. Ce Phyficien neft pas en tout du méme fentiment. Nous avons parlé ci-deffus (§. 93. note b)nbsp;de k caufe interne daiFoibliflemcnt que M. aepinusnbsp;admet. N. d. T. ]
(c) [11 faut diftmguer k pofition dans la fphêre dac-tivité, du Contaél (v. mus a du §. 187. amp; du §. 188.^. Ce point eft decide pour Ie dernier cas; mais, quant au.nbsp;premier javoue' que , jaifl'ant la tome explication theo-ricnie , je )!e troiive pas encore dexpériences affez d£ci-fives pour établir/«jr experience feule , qu'un Coips nenbsp;P'-'vd jainais rien dc fa force éleéliique , quand il excite ,
inêinc en difiance, cette force dans dautres Corps: nbsp;nbsp;nbsp;.
fe-
-ocr page 399-D I Commün'catiéi ies Fj ces ^ans Po'es, 357
Quoique ces difFérences me p roiflent en conllit'aei' certainement une giraide dans lesnbsp;cauf^-, dans la natüi* ^ des i' luides , dans k ma-nière dont ceux - ci agifTent, il lew cependantnbsp;ütil? dcxaminci' foigneafement les autres Phé*nbsp;nomènes.
C H A P I T R E IL
3e let Communication des Forces éhBriques Ö* magnétiques fans avoir égard aux Poles.
§. 191. Qua ND on communique la force magnétique au Fer, (Fig. 18.) il efl: néces-faire de mouvoir toujours lAimant du menienbsp;fens. Car fi Pon porte rAiraant de A en B,nbsp;il sengendre de la force: celle-ci augraen-te, fi ron conduit lAimant plufienrs fois dunbsp;même fens, jusqua ce que Ie barreau foit enfinnbsp;fcroit trés - difficile de faire la^deffiis des experiences p«r-faitement exadtes, parcequil feroit difficile de diftingucrnbsp;fi la diminution de forces quon pourroit obferver pro-,nbsp;vient uniquement de la communication, ou uniquementnbsp;de ce que tout Corps éleörifé perd peu a peu fa force nbsp;OU des deux effets a la fois. N. d. T.j
35^ I MEfiioiRt;. P.1. S.YVL. Ch. Yl,
fill latui'é. Mais fa force saffoiblit fi lon coiir duit en.uite TAiniant de B en A. elle fe dé-tmit enfin, 6c il en nait une contraire. Lanbsp;raifon de ce Phénomcne faute trop facilementnbsp;aux yeux pour quil fo.it neceflaire de sy ar-róter.
IL en eft bien autrement de la communication des forces éledfnques: un frottement quel-conque futfit pour ies exciter, cpmme M. au us s c H E N B Ro E K {a) la remarqué aveenbsp;raiion, 6c comme toutes les experiences Ienbsp;prouvent {b).
(a) Intrad, ad Phil. Katar. §. 996.
{h) M. HEMMER remarque, quil ne fuit nullement de ces deux Faits quü y a xinc grande disparitc dans lanbsp;inanière dont ips Fluides éleétrique amp; magnétique agis-fei)t; ,,car, dit-il, dans Ie frottement magnétique onnbsp;employe un Corps, favoir lAimant, dans kquel'l'é-,,quilibre du Fluïde eft acluellement troublé; maïs dansnbsp;a,le frottement éleftrique les deux Corps font dans leurnbsp;,, état naturel. Dans Ie premier cas, Ie Fluide exiftantnbsp;,, dans Ie Fcr fera pouffé vers une extremitépar les for-j,ces attraétives amp; répulfives; mais dans Ie'dernier, lanbsp;i^jCohélion des Fluides avec les particules du Corps eftnbsp;,, vaincuc par Ie tremblement, amp; Ie Fluide paffe' dunnbsp;,, Corps dans lautrc. II ncft done pas étonnant quitnbsp;5, faut diriger Ic frottement vers Ie méme fens dans Ienbsp;'i, premier cas, amp; non dans Ie feeond. Qui ne voii pasnbsp;sja préfent.quc la difference allèguée par 1Auteur n«
-ocr page 401-55 Confifte que dans la disparité des mantpulatiom v des mo~
nbsp;nbsp;nbsp;5yew employe!. Les mêines manipulations, les memes 'nbsp;moyens' fourn.iffeBt parfaiteraent les mêmes effeis.quot;'-Ceft ce que M. HEMMEa tkhe de prouver par ccquot;^'
nbsp;nbsp;nbsp;lieu dans la communication des forces fans contaift ;nbsp;nous examinerons ce point dans le §. 200. 11 ajoute enfin. -Quon'prenne une barre de Fer dur, qui ait éténbsp;,, pofée quelquc part verticalcment pendant quelque
terns ¦. on troiive que 1extrémité fupéricure ell im po-le auftral, Iinferieurc un pole boreal. Quon renverfe ,,la barre: les poles ne feront pas changds: mais quonnbsp;5,lui donne un coup avec les doigts vers quelque fensnbsp;59 quon veuille; lextrémité fupérieure deviendra un polenbsp;auftral, Finferieure un boreal; on a detaché par Icnbsp;9, Coup le Fluide magnétique que IAimant terreftre nqnbsp;,,pouvoit vaincre cntierement par fa rcpulfion, toutnbsp;,, comine nous Iavons dit ei-deffus pour le Fluide élcc-5,trique; dérechef, mêmes effets en employant mêmesnbsp;,,(;aufes, pour autant que ceux-ci reftent fcmblables.
Cette reflexion paroit au premier abord trés - fatisfai-fante, dc elle mérite un examen plus approfondi. Re-, marquons dabord quil ny a pas de diiFér,ence dans lesnbsp;manipulations; car ilsagit de patt 8c dautre cfun Corpsnbsp;frottant amp; dun Corps frotte: la disparité defl'ets nenbsp;peut done provenir que de cells des moyens: cell c?nbsp;qu il s agit de discuter.
nbsp;nbsp;nbsp;Dans Faimamation il y a un Corps frottant, dans le-quel le Fluide eft déja hors dequilibre, 8c ua Corpsnbsp;frotte dans lequel il sagit de dctruire Iequilibre du Fluide. Je mé fers des expresiions de 41. aepin us, pareenbsp;quil eft queftion de fon fyftème.
Dans lÉlcélrifation il y a un Corps frotté dans lequel ^ sagic de troubler I'equilibre du Fluide : ainft ce moyen
eft cgal: il y a de plus im Corps frottant. Celui-d. peut être ou un Coiidufteur non ifolé, ou un Conducteur ifolé, OU un cocreitif. Le premier cas nexifte pasnbsp;pour iAimant: car k Fer quon pourroit employer com-me frottoir devient tout de fuitc magndtique par fa li-tuation feule.
Si k frottoir eft un ConduSeur non ifolé, il reparc fur le champ la perte du Fluids quil pourroit fournirjnbsp;ou rejette celai quil pourroit recevoir, puisquil com-rnunique avec tout le Globe; il eft done toujours dansnbsp;im état non cleéiriqtie, amp; e'eft pour un pared Corps qtienbsp;la reflexion de M. h e m m is it peut uniqiiement avoir lieu.
2°. Si Toh fe fert dun CondiuTteur ifolé, ce frottoir eft furement dans un état différent de IAimant quand onnbsp;commence lopération. Mais fuppofons qud ait paffenbsp;une fois fur le Corps; que ce Corps foit devenu pofitif:nbsp;le frottoir fera done négatif: amp; il ne fera plus dans fonnbsp;état naturel quand on recoramencera a le palier fur knbsp;Corps: il eft done femblable a IAimant, qiii nert Ai-mant, que paree que fon Fkiide neft plus dans 1 équi-libre naturel. On employe dpne , cn recoininencant, unnbsp;froittoir négatif, quon applique a un Corps pofmf; 8cnbsp;ce moyeU' eft femblable a celui quon employe en appli-quaiit le pole auftral duti Aimant p. ex. fur le pole boreal du Fer déja frotté: 8c ncanmoins les effets fontnbsp;trés - différens, ft on paffe ces frottoirs magnétique 8cnbsp;eleffrique Cn fens contraire: voila done des moyens fem-Wables, 8c dcs effets différens.
Si Ion dit que le frottoir éleflrique devient encore plus négatif. en repaffant furie Corps quil elcftrife,nbsp;C. a. d. quil fournit derechef du Fltiidc au Corps frotté , amp; que eeft a caufe de cela que tout fe paffe commie la premiere fois: la disparity doffers proviendra denbsp;ce que le frottoir éleélrique fournit du Fluide au Corps
Sfot-
-ocr page 403-M AI il y a plus {c)-, on obferve encore line autre Lot dans la production des forcesnbsp;magnetiques: ceil que ies barreaux aimantes,
ainli
frotté, ce que ne fait pas le frottoir magnetique: mais, comme ce frottoir eiearique ne contient qtiune quantiténbsp;déterminée de Fluide , il fe trouvera épuifé a la fin:' ilnbsp;ne pourra plus en fournir: 8c fi on le repaffc alors, ilnbsp;na^ira qtic par fon attraftion 8c fa répuilion j il feranbsp;femblahle au frottoir magnetique, amp; les eiFets feroncnbsp;diiTcrens.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
Le mdine raifonnement a lieu fi le frottoir eft tin. Corps coercitif: fi ce neft pourtant qualor's la directionnbsp;du frottement neft pas indifférente, p'jisqualors le frottoir peut devenif pofitif on ^légatif, felon quil paffe felon la longueur óu h largeur du Corps frotté, comme
M. nbsp;nbsp;nbsp;BERGMAM ia prouve (AIok. de IArad. de Suede, To-
me XX'Vf p. 387.). Mats dans chaque expéience le frottoir peut égaleraent palier amp; repafler, ce qui na pasnbsp;lieu .pour ie frottoir magnetique. ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Remarquons enfin, que la fupppfition que IAimant ne fouvnit pas de Fluide au Fef, eft gratuite: que cellenbsp;quii nagit que par attraaion amp; repulfion ne left pas 'nbsp;moms: qnelles font enfin Iune 8c Tatitre , dans les con-féquences qtii en réfultenr. contraires aiix Fails. M. a e-pi-NUS, sil eft permis de le dire, n'a fait que glifler furnbsp;cc fujet dans Ies §§. zt8. a 19. d» fes Tentamina. Nousnbsp;y reviendrons daas les notes « dcs §§. 199 6c loo
N. nbsp;nbsp;nbsp;d. T. ]
ainfi que Ics Aimans naturels, ont une plus grande force dans les Poles, que cette force ynbsp;diminue peu a peu, jusqua ee quelle foit nulrnbsp;le dans le centre magnétique. Or, le contrairnbsp;l-e a Leu dans les Tubes frottés, amp; dans Icnbsp;Condudteur de la machine éleftrique; la forcenbsp;Y eft partout la rnêrne,
Cette difference me paroit tres - grande. Peutrêtre obje£tera-t-on cependant que celanbsp;provient de ee quil y a toujours dans un bar-jeau magnétique deux fortes de Magnétismes:nbsp;quelles doivent par confécjüent, en vertu denbsp;Lot de continuité ^ décroitre, amp; palTer parnbsp;zéro^ avant que Iinverfion des forces puifienbsp;avoir lieu , mais qtie les Corps éleftriques dontnbsp;nous parlons, nont quune efpèce dElec-tricité, Sc quainfi. la menie railbn na pas lieu»nbsp;ISIous parlerons ci-apres de cette objeftionnbsp;(§. 195. feqq.). Mais, fl elle eft jufte, ilnbsp;sen fuit quen employant des moyens fern-blab lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;on ne produit quun9 efpèce
dÉlcc-
(d) [11 femble que rÉleftricité nc devroit pas etrc partout de meme force dans un Corps coercirif éleélrifdnbsp;par un frottoir ifolé, ou coercitif: car, reprenant les rai-fonnemens de la note a, fuppofons le frottoir parvenu aanbsp;point quil ne fournit plus de Fluide,fi on 1applique annbsp;foint B 18.), pour le conduire vers A; comnieifat-
tamp;Q
-ocr page 405-la Communication des Forces fans Poles. 363
¦dEkamp;icité, maïs deux efpèces de Magnétisme.
§. 19a. Enfin, on fait quek force ma-gnétique ne fe communique pas ayec la même ïacilitc a toutes fortes de barreaux. Si Ie bar-reau eft trop long il nacquiert guères de force:nbsp;jl peut a peine être foutenn par lAimant,nbsp;pendant quune maffe de Fer de même poids,nbsp;mais plus courte, fera facilement foutenue, 6cnbsp;que eet Aimant peut même foutenir un poidsnbsp;plus grand. Dn fait enfin que Ie Fer, qui ellnbsp;plus épais, quoique de même Ipngueur, ac-quierc plus de force, jusqua ce que lépaiffeuFnbsp;foit parvenue a un certain terme au de la du-»nbsp;quel la force acquife diminue: en un mot il ynbsp;.a un maximum dépaiffeur, qui acquiert les
plus
fire Ie Fluide, celui - 91 doit couler dc B . vers A, fe trouver en A en plus grande quantitc quen B, amp; coti-féquemment la force doit augmentcr de B en A: Ienbsp;contraire aura lieu cn paffant Ie frottoir de A en B. Cenbsp;fecond, frottement détruira done une patde du premier,nbsp;comme cela a lieu pour F Aimant: mais, Feifct ne fau,nbsp;roit ccre abfolument Ie même, paree q-aÜ ne sengen-.nbsp;dre iei quune forte dÉlettricité. Comme Ie Fluide nenbsp;fe rae-at pas fort diflicileraent dans les Corps coercitifs nbsp;cette difficulté ne fauroit empêcher linégak condeiifa-iiqa êp iluide. N. d. T. ]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ . v
-ocr page 406-564 !' mÉmoire. P.I. 6. VII. C/5. li.
¦pips grandes forces. On pourroit même employer une mafle fi grande queile nacquerroit aucune force, comme M- üe la hirenbsp;s'cTi eit afiiiré («}.'
C E qui a lieu pour 1 Electricite eft fort différent : Sc dabord il a été prouvé par les ex-périences de M. kollet queleFer, dont la maile efi: ia plus grande, qiioiquil ait lanbsp;Tnême furface, acqiiieit Ie plus de force élec-trique (è): quun parallélepipède de Fer denbsp;quatre-vingt iivres acquiert mieux la forcenbsp;que de legers tubes (^r). II ell prouvé ausfinbsp;qua malïésnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ic Conduéteur qui a Ie plus
de furface acquiert la plus grande force. II eft fur enfin, qu'un Conduéteur extrcmémentnbsp;long eft excellent ((^), ausfi bon du moinsnbsp;quun plus court; deforte que TEleétricite peutnbsp;être transiuife en un moment a quelques mil-
liers
(a) Mem. de l'A-cai. 1691. p. 146. [ v. ausfi Mus-sCHmiBx.OEK Intrad, ad P/til. Natur. §. 996. N°. 6. 8ï DU TOUR Memoirc fur lAmant, dans Ie cinquième Tome des pieces qui ont remporte les Prix de PAcadémie.nbsp;N. d. T. ]
(O Rcc/tcrc/ies fur les Phenom, Ek5ir. p. 2,83.
(c) Mesn. de LAcad. 1746, p. 20.
O) SiGAuD DE LA FOND Traite dÉkelrkité. p. 7J-
-ocr page 407-De la Communication des Forces fans Poles, 365
liers de pieds, ce qui na pas licii pour le magnétisme (e).
§. 193. To us CCS Plrénomènes me patois-^ fent diamétralement oppoles aux Loix qui ontnbsp;lieu pour la communication dcs forces ma-gnetiques: ils indiqueiit que le Fluide magné-tique agit très-différcmment du Fluïde élec-tr-ique, foit que celui-ci entte en plus . grandenbsp;abondance dans les Corps, foit que nous fup-polions quil cn cll plus facilement requ, amp;nbsp;en plus grand-e quantité. 11 me femble en rc-fulter, que Ic Fluïde eleétriquc a dautres relations avee les Corps fur ksquels il agit, quenbsp;Ic Fluide magnétique a%'ec le Fer amp; TAiraant.
(f) [Les belles experiences de M. volta prouvent fens replique qae Ia force des Condafteiirs eft non feu-lement comme les furfaces, mais de plus quelle devientnbsp;dautant plus confidérable i furfaces dgales, 'que les Con-dufteurs font plus longs. La longueur augtnente éton-nsmment leur force; de forte quun Condudleur forirténbsp;de douz.e batons de bols cilindriques, arrondis a leurs ex-tiémités, amp; argenfos, faifant une longueur de 96 piedsnbsp;fui 6 1. de diatnetre produit une t raie commotion, é-quiv-aleiUe a celle dun .Carreau de Verre arme dè quatrenbsp;poucss darmure cn quarré; v. Journal de Phjf. Avrilnbsp;1779. Tornt XIU. p. lóo- feqq- Ce Fait eft trés-différent dc cc qiii a lieu pour la communication des forcesnbsp;magnériq.iies. M d. T. ]
-ocr page 408-ggö I- M É M o I R E. P. I. S. VII- Cfy. Il]^
e H A P I T R E III.
jie la Comfnunication des Fofces éleU-riques ^ Tiza^yiéti^acs eti ayatst é^avct atix Poles^
S. 1^4. O'i^ fait que lAirnant contienS d'éux parties dont les forces font oppofécs:nbsp;qiion nomme ces parties Polei, que les Poles'nbsp;de même nom fe repoulTent v que ceux de dé-nomination contraire sattirent. Lorsque fiousnbsp;difons que l-Aintant a deüx Poles ^ eek figni-*nbsp;fie done quil a des forces oppofées, dontlunanbsp;sétend (lorsquil ny a que deux Poles) dunenbsp;èxtrémité jusquau centre magnctique : amp; Iku-fre du centre magnétique a la fecondc extré-mité: enfin que qiiand 1Ai mant communiqué'nbsp;fa force aü Fer ,¦ il lui communique au moins'nbsp;deux Poles.
IL faudroit done, pour quil y eut une ana-' logic parfiiite entre rÉleélricité amp; Ie Magnc-'nbsp;tisme, que les Corps éleétrifés euffent ausfi flenbsp;p'areils Polés, ou des fofccs oppofées; quils les'nbsp;eulTent toujours: ou que, fi elles manqüentnbsp;quelquefois, ou fouvént, , elles manqualTentnbsp;aush quelquefois ou fouvent dans les Corps roa-^
gné-
-ocr page 409-JDe la Commamc. des' Fdfces ayèc des Pólei. 367
giiétiques. II faudroit de plus, que les Pole? élcctriqües ftiflent produits, changés, amp; dé-'t-ruits, par les mêmes moyens que les Poles-Riagnétiques. Discutons ces difFérens articles»
I. Q ir E s T r o n.
ya-t-il toujours des Poles rtiagnétiqued ou éleSlriques ?
i- 195. C-ETTÈ Queftïon rbvient, com* me il fuit dc ce que nous venons de dire , a ce-^nbsp;ei: les Gorps magnétiqües ont-iis toujours au»nbsp;moins deux forces, c. a. d. ont-ils au moinsnbsp;deux parties dont les forces font oppofées?nbsp;Commengons par lAimant.
Il eft certain, amp;: M. aepinus Tavoue lui-même (a) ^ quon na jamais trouvé dAi-mans a un feul Pole^ c. a. di qui ne pofle-dent quun feul genre de forces,- Sa quon nennbsp;a jamais produit artificiellement. H y a plus,,nbsp;fi nous refléchiflons a ce qui fe paffe dans lanbsp;communication des forces, ainli qua léquili-
brc
(lt;?) Sermo amp;C. GU MagaxJm de Hamhourg. T. XXII. p'. 2J9. 24Ó. .[p. 17. de roi'iginal] Tentamim novae Tkeerioei}.
1. 9j108.
-ocr page 410-bre, quil y a toujoiirs entvc la force boreale amp; Iauftrale, il fcra tres - probable, amp; jofe direnbsp;cerrain, quon ne pouri'a jamais produire denbsp;pareils Aimans. Ceft cm point fur lequel jenbsp;nai pas Ie moindre doute (^).
M. A E p I.N IJ s. a fait. quelqiies experiences fur cette matière, qiii meritent toute notre attention, quoiquelle; nayent réellcment eu au-cun fuccès. II feta bon den propofer quel-quune de celles que jai repctées.
ExpÉr. LXXXVI. Soit un barreau de Fer bien aimanté AB (Fig. 19.) dont Icnbsp;centre magnétique foit en C. Quon appro-che du Pole boréal B Ie Pok boreal N dunnbsp;Aimant N S ; alors comme lon fait, la forcenbsp;B saffoiblit, mais Ie centre magnétique C cftnbsp;en même temps poufle en avant, Sc sappro-che davantage de A, amp; dautant plus quonbsp;lilLimant eft plus pres du barreau, jusqua cenbsp;quil foit cn contadt.
Or, ilcft arrivé une feule fois a M. a e-piNus, en employant un Aimant dunc tresgrande force, amp; un barreau de Fer de deux polices, qucn approchant 1Aimant a la di-
iban-
(i) [ Voyet fur cette queftion Ie §. 57. du Mémoiic de-M. ste.iüLehnkr. N. d. T. ]
-ocr page 411-De la Communie, des Forres avec des Poles. 3Ö9
ftance dun pouce, 011 ne remarquoit plus de centre magnétiqué, 6c paf conféquent (ccnbsp;font les paroles de 1Auteur) Ie barreau ABnbsp;navoit quun feul genre de forces. Exanli-nons cette Expérience (r)lt;
§. 196. Il éftclair 1°. que Ie barreau A B neft pas dans un état naturel , rnais dans uilnbsp;état force i ce qui paroit par cela feul, quennbsp;otant lAimant N S, les forces changent fur Icnbsp;champ, 8c c^ue Ie centte iiiagnétique reparoit.nbsp;a. Que Ie Pole N tache de prOduire en B unnbsp;Pole auftral: Ie boréal qui y étoit, efl donenbsp;affoibli; plus il devient foible plus la diftancenbsp;A B eft grande 8c A C petite. Mais A C nenbsp;fauroit devenir nulle, que la force B rte foitnbsp;ïiulle ausfi, OU ^du moins trés-petite. Lotsnbsp;done que Ie centre C tombe eii A, 8c quonnbsp;ne lobferve pas, cela indique que la force Bnbsp;cft nulle, c. a. d. que Ie Pöle B eft réellc-ment détmit, amp; que cette partie eft prète anbsp;recevoir la force auftralc. Lts irregularitésnbsp;quil y a dans les courbes de limaille repanduc
fur
(c) [Cette Expérience cft décrite dans Ie §. 189. des '^ntaniina. 11 faut ausfi confulter celles du §. 187. fujnbsp;la propuifioi, centre niagiiétique. N. ,d. T.]nbsp;tome I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A a
-ocr page 412-370
I. MÉ MOIRE. P. I. 5'. VII. Ch. III.
fur une glace qui couvre le bai'reau, prouvent fuffiamp;mment que la force que ce barreau poffé-de alors elt cxtrèmément petite. Mais, lors;-que la force eft diminuée en B par Iaftion dcnbsp;IAimantNS, celle de A eft ausfi diminuée,nbsp;doit ausil être changee (lt;*).' C eft la, ce menbsp;femble,la caufe,pourquoi en approchant IAi-mant davantage, 6t même jusquau contaft,nbsp;le centre magnétique ne reparoit pas: car alorsnbsp;la force eft encore diminuée davantage en A.nbsp;Si Ton employoit du Fer pur, e. a. d. nonnbsp;aimanté, il nacquerroit que deux poles parnbsp;rattouchement de TAimant N S.
V o I c I done a quoi tout me paroit fe redui-rcj i. quil eft trcs-incertain que le barreau A B nacquiert dans ce cas quim feul genrenbsp;deforces: que Iexpcrience indique ieulcment,nbsp;que la force' que ce barreau pofledoit eft dé-truite, afin quune force oppofée y .foit produi-te. z°. Que qiiand mêrae il feroit fur que lenbsp;barreau nacquiert ici quun feul genre de forces, quil devient tout entier ou boréal, ounbsp;auftral, cela ne fe feroit quaccidentellement i
(4) 4] Il fe pourroit ausfi , amp; ce, cas même eft alTe? ordinaire, que le Pole A ne fait que safFoiblir, fans f*nbsp;changer, amp; quil y nait un troifième Pole, mais trésnbsp;foible , entre A amp; B. N. d. T. ]
-ocr page 413-6c que ce barreau revient par fa propte force a fon premier état dès quil eft Hbre, ce qui in-dique que les forces primitives font feulementnbsp;'opprimées amp; non entièrement détruites {b).
IL eft done prouvé, ce me femble, que lAimant, ou diiFer aimanté , pofledc au moinsnbsp;deux poles ; que jusquici on na trouvé aucuilnbsp;Ainiant a un feul Pole, ni aimanté Ie Fer denbsp;fagon quil nacquit quune feule force magné-tique i amp; par coiiféqucnt, que dès qu'il y a
du
{b) jjLes experiences de M. aepinus prouvetit ceci directement, puisque les Poles reparoiflent, 8c que Ienbsp;centre magnétique change de place, fc rapprochant denbsp;B , dès quon a oté rAimant N S. II arrive ausli quonnbsp;a trouvé les Poles invertis, ou quil seii forme un troi-fième: ce qui fait voir la vénté des raifons allèguées.nbsp;Au refte, sil éioit vrai, comme M. aepinus Ie croit nbsp;que Ie Fil de Fer eft devenu entièrement négatif, ilnbsp;sen fuivroit, quil eft erroné que Ie Fer conferve /o«-jmrs la même quantité de Fhiide magnétique ; cc quinbsp;néanmoins eft une des bates du fyftème de M. aepinus: il sen fuivroÜ encore, que Ie Fluïde, qui seftnbsp;écoulé de cc barreau, s'eft disfipé dans 1Air: il feroitnbsp;aonc encore erroné quil ny a jamais dautres Corps quenbsp;les Corps fernigineux qui contiennent du Fluide magnc-tique : que Ie Fluide éprouve trop de difficulté a fe mon-voir dans ces derniers Corps pour en pouvoir fortir: cenbsp;qui font cependant des Principes efléntiels du fyllèmsnbsp;Atpinien. quot;N- d. T. ]
37i I- mÉmoire. P. I. S. VII. Ch. III.
du Magnétisme, il y a ausfi au moins deux forces contraires.
§. 197. Si nous confidérons a préfent IE* karicité , nous trouverons des Phénomènesnbsp;très-diffcrens.' Car, quoiqu'il y ait des cas,nbsp;comme celui de la Bouteille de Leide, amp;nbsp;quelques autres, dont nous parlerons ci-aprèsnbsp;(§. aoo.), dans lesquels un Corps éleétrifénbsp;pofféde réellement a la fois les deux efpècesnbsp;dEleétricité, comme lAimant pofféde deuxnbsp;Poles, cependant, de laveu même de M.nbsp;AEPiNus, dans un très-grand nombrc dau-tres cas, Sc même ordinairement, les Corpsnbsp;électriques ne poffédent quune efpcce dE-leétricité; ils font, ou cnticremcnt pofitifs,nbsp;OU entièrement négatifsj un tube de Verrenbsp;poli p. ex. frotté eft entièrement politif: unnbsp;tube de Verre dont on a oté Ie poli eft entiê-remeiit négatif (§. 107.); un globe de Verrenbsp;eft entièrement pofttif: un globe de refine eftnbsp;entièrement négatif. Ces Phénomènes, quinbsp;ont lieu la plupart du terns, font done entièrement oppofés a ceux qui, dans les mêmesnbsp;circonftances, out lieu pour TAimant, nonnbsp;feulement fouvent, mais toujours; ceci nc fe-ra-t-il done pas une différence, Sc mêmenbsp;unè trés - grande différence ?
§. 198-
-ocr page 415-De la Communie, des Forces avec des Poles. 3-73
§. 198. Je fais bien que M. aepinus trouve la raifon pourquoi il ny a pas dAi-mans a un feul Pole, en diliint {u) quun pa-reil Magnétisme, quand il exifteroit pour unnbsp;moment, ne fauroit durer longtems, par ccnbsp;quil y a une caufe intérieure qui empêcbcnbsp;1entree 6c Iccoulement libres du Fluidc ma-gnétique: amp; il cherche cette caufe dans lex-trême difficuité que Ie Fluide éprouve dansnbsp;les pores du Fer amp; de TAimant ih'). Mais^nbsp;cette raifon préfuppofe toutes les hypothèfesnbsp;que ce Phyficien employe pour expliquer lesnbsp;Phénomenes de 1Aimant, comroe p. ex. quenbsp;la force dun des poles confifte dans un excesnbsp;amp; celle de 1autre dans un défaut de Fluidcnbsp;magnétique; que ce Fluide fe meut très-diFnbsp;figilement dans Ie Fer ^ dans PAimaut,
plu
(«) Tentam'ma. §. 95.
(^) [ II me femble ai| contraire que cette caufe de-vroit rendre eet état parfaitement durable, sil avoit cx-ifté un feul moment. Suppofons quun Aimant foit cn-tièrement négatif: il reftera tel, puisquil n'y peut entrer aucun Fluide extérieur: car il ny en a pas felon ce fy-ftème dans dautres Corps que dans Ie Fer: amp; fi on ap-proche dc eet Ajmant uq barreau de Fer, Ic Fluide nynbsp;entrera pas, a caufe dc la grande difficuité quil épron-ve a fortir de 1Aimant dans lequel il exifte, ^
(inuer dans Ie Fer même, N. d. T. ]
374
I. MEMO IRE. P. 1. S. VII. Ch. III.
plufieurs autres que notre Plan ne nous permet pas'dexaminer, ou dont nous avons déja par-le ci - defTus.
M. AEPiNUs penfe encore, quil fe pro-duit toujours , weme duns I Elsctricité, deux fortes deforces, favoir, lorsquon tonfiderenbsp;les deux Corps agilfans comme nen fairantnbsp;quun feul (f), c. a. d. fideux Corps idioé-ledtriques, ou, ce qui revient au même, unnbsp;idioéledtrique, amp; un Condudteur, mais ifolc ,nbsp;font pris pour un feul Corps: car, lorsqucnbsp;deux Corps idioeleclriques font frottés Funnbsp;contre 1autre, Fun devient pofitif, Fautrenbsp;iiégatif: cela eft vraij mais en ce cas ils ncnbsp;donnent aucun figne dEledtricité ausii long-terns quils font joints, comme Fexpérienccnbsp;me 1a appris, 6c que M. aepinus luirnbsp;même Favoue des experiences quil allegucnbsp;pour prouver fa Thèfe (d), Mais, le contraire a lieu dans le Magnétisme: car, un bar-reau, qui poflede les deux for«5es, agit da-bord, 8c fortement.
Cette comparaifon ne me paroit done
pas
(c) Smno it Amhpa 8cc. 1. c. p. 2.48. [ p. ly. de Id* tiginal, note b'. amp; Tentamina 15. feqq. v, ausfi le ?nbsp;78. de la Differtation de M; steigiehner. N. d. T.]nbsp;(i) Tmamma amp;C. p. 63. 66.
-ocr page 417-De la Communie, des Forces ayec des Pales. 375 ¦
pasjufte: amp; concluons de ce que nous avons dit, quil y a réellement unc graiide differencenbsp;entre TEledtricité amp; Ie Magnétisme, même a-cet égard, quonne trouve jamais dans Ie Magnétisme des Corps individus qui nont qtiiinenbsp;feule efpèce de force gt; au lieu que dans lElec-tricité la pluspart des Corps nen poffédentnbsp;que dune feule efpèce: difference qui prouvenbsp;que Ie Fluide magnétique agit felon des Loixnbsp;très-différentes de celles que fuit Ie Fluide é-leétrique.
II. De la Jltuation £5? de la produStim des Poles.
§. 199. Ëx A MI NO NS acfuellement de quelle mam ere les Poles font produits dansnbsp;lAimant, comment on peut exciter dans lesnbsp;Corps éleétriques deux fortes dÉleétricité,nbsp;felon quellcs Loix cela fe fait, afin quon fa-che sil y a du moins quelque Analogie a eetnbsp;égard.
On peut exciter la force magnétique par trois moyens: par la pofition dans la fphèrenbsp;daétivité, par Ie contaél, par Ie frottement:nbsp;a ce moyen il faut ajouter pour lÉleétriciténbsp;la chaleur, dont je parlerai féparement. (§.nbsp;ao8.). .
Aa 4 nbsp;nbsp;nbsp;em-
-ocr page 418-employe, void la Loi qui a conftamment lieu pour IAimant ; ceft que pour Ic contad, ,ounbsp;la pofition dans la fphère dadtivité, il nait dansnbsp;Textrémité la plus, proche de IAimant,' un pole oppofé a eelui de I'Aimantj 6f quil ennbsp;nait un qui eft femblable a celui-ci dans Iex-trémité oppofée. JVlais, employant le frot-tement, la chole fe pafle dans un ordre diffé^nbsp;rent. II y nait dans lextrémité ou Ton commence le frottement, un pole fernblable a celui dont on fe fert, 6c un pole oppofé darisnbsp;lextrémité ou Ton finit. M. brugmans {a)nbsp;a tres-bien démontré que cette Loi eft unenbsp;eonféquence de la premiere. Mais ces Phé-nomenes font ft connus, quil eft inutile de synbsp;arrêter plus longtems (b) : ainft je vais palletnbsp;R rEleétricité.
I. Des
(a) iTetttam'ma de ma.'eriamagnética. p. 6z. feqq. N d. T. } i^b) [Je regarde la premiere Loi comme primoxdiak,nbsp;amp; il mpft irnposlible de I'cxpliqucr. Je fais bien qu'ilnbsp;«eft pas 4Auteur qui nc Texplique au moyen de Ihy-pothèfc qu'il adoptc: mais toutes ces hypothèles me pa-roifl'ent abfolument précaires, amp; infuffifantes. Cettenbsp;premiere loi pofée, il neft befoin .daucune hypothèfenbsp;pour expliquer la feconde: je crois en avoir détaillé toutes les circonftances dans mes Teniamirui Theoriae matketnu-ficai de Phaenomtnis Magneticis, Majs il fera bon de faire
ypir que toutes circoniftanqes font abfolument contraires
aus
-ocr page 419-lux hypothèfes de M. aepinus , qui na expliqué cette Loi quen gros. Void fon explication {Tentam. §. xi8,nbsp;119.). En appliquant (J/^. 13Onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;point D, il y
Bait en D un pole oppofé; mais en faifant pafl'er cc Pole A fur les points F, H, G , lorsquon Ie conduit de D ennbsp;E, il donne fuccesfivement a ces points un Magnétismenbsp;contraire, amp; il ote en attendant au point D celui qu ilnbsp;lui avoit donné au commencement: mais Ie point E,nbsp;qui elt touché Ie dernier, confei ve lè Magnétisme que Ienbsp;point A lui ¦ donne. En appliquant done Ie pole pofitifnbsp;A en D, il répouffe Ie Fluide vers F: D devient néga-tif: en savan^ant v F, A repouffe Ie Fluide , qui sé-;nbsp;coule amp; saccumule en D amp; en Fï ; parvenu en F il dé^nbsp;truit fon premier efFet Sc rend D pofitif. Tout cela arrive dans toute la longueur du Barreau, excepté en E,nbsp;point que Ie pole touche Ie dernier, amp; qui conferve parnbsp;conféquent Ie Magnétisme négatif. Voila quaft mot inbsp;mot lExplication de M. aepinus, de laquelle il eft ai-fc de déduire ces trois confcquences. i®. Que k Fliii-de, qui avoit été chaffé de D, y eft repoufté dès quanbsp;lAimant eft parvenu a un point différent de D: donenbsp;D elt tout de fuite, ou fimplement affoibli, ouinverti,nbsp;felon que la quantité de l'luidc que lAimant, placé aunbsp;fecond point F, refoule vers D, eft plas grande ou plusnbsp;petite que celle qui en avoit été expulféc, lorsque l'Ai-mant étoit placé en D. II sen fuit ^°. que Ie Pok Enbsp;augmente toujours en force , (car k Fluide y eft pous,nbsp;fé de plus en plus) a mefure que lAimant sen appro-the davamqge: St 3^. que les points F, H, G, E, nenbsp;deviennent négatifs, que quand PAiraant y eft appliqiié jnbsp;voila les conféquences qui découlent de cette explication , voici les Faits tels que je crois les avoir démontres dans 1ouvrage cité,
, nbsp;nbsp;nbsp;ï®. La
1°. La Force communiqué en D croit ordinairement (1. c. §. 36.) avant que de décroitre, jusqu a ce qucnbsp;lAimant foit parvenu a un certain point F, que je nomine foint ctihninant du Pok D. La diftance F D a quel-quefois été dun fixième amp; plus, de tout Ie barreaiinbsp;DE; ce neft que loi sque 1Aimant a palTé Ie point F,nbsp;que la force communiquée au point D par Ie contaö, di-minue. Mais il ne paroit pas néceliaire que eet accrois-fement ait toujours lieu (1. c, §. 71.). Ce Fait eft contraire a ia premiere conféquence.
2®. -Le Foie E naugmente que jusqua ce que lAir mant foit parvenu a un certain point H, que je nommenbsp;feint cultnmant du Pek E: or D H na jamais excedé dansnbsp;mes Experiences la moitié de D E, ni éte plus petit quimnbsp;vingttèaie de DE: dès que 1Aimant a paffe ce pointnbsp;H, la force en FI décroit: ce qui eft contraire a la fc-conde conféquence.
3®. La force en E devient negative, de pofitive quel-Ic étoit, dès que 1Aimant a paffe un certain point G , que M. BRUGMAN s nomme fecend point if indifference ,nbsp;(car il en eft un pared, au dela de F pour le pole D );nbsp;D G na jamais été plus grand dans mes experiences quc
6
deux tiers de D E, ni plus petit que ^ de D E: amfi E devenoit négatif, quoique 1Aimant en fut encore é-loigne de ou de ^ de toutc la longueur de D E: cc
qui eft contraire a la troifièrae conféquence.
Telle eft 1oppofition quil y a entte lExpérience amp; I'ex-plicatioquot;. Je pafte dautres objedions quon pourroit fii-r re conxrc ceLe-ci. N. d. T. ]
-ocr page 421-la. Communie, des Forces avec des Poles. 379 ¦
i. D.es Forces communiquées par une Atrm-fphhe éledtrique.
§. aoD. M. AEPINUS {a) a fait fur cc fujet de belles expériences qui paroiffent très-analogucs aux Phcnoracnes dcLAiMANT:nbsp;cn voici une de ce genre {h).nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Quon ilble un prisme de métal: quon approche de Tune des extrémités un Corpsnbsp;éleftrifé pofitivement: cette extrémité de-viendra négativement éledtrique : Tautre Ienbsp;deviendra pofitivement: comme il paroit parnbsp;rEleftromètre de M. canton. Cette experience avoit déja été faite par M- franklin (c), 6c elle cll réellement fembkble anbsp;ce qui ie pafle dans TAimant. Car, lÉledtri-cité produit ici une Elcftricité contraire,comme Ie Magnétisme produit un Magnétianc op-pofé (i).
a. Des
(a) Sermo 8cc. 1. c. p. 246. [ p. i6. 17. de Voriginal] Xentamma p. 1x7. 128.
(i) Voyei ausfi Ie §. ^7. duMemoire de M. stkig» lEHNER. N. d. T. ]
(c) Plitlof. Jrans. Vol. XLIX. p. 300. [ Mais les Expériences de Milord mahon me paroilfent a tons égards les plus exaéles, les plus décifives, les plus inftruftives nbsp;Bous en dirons un mot dans la Note fuivante. N. d. T ]nbsp;(d) (Les mêmes manipulations, les mèmes mo-
yens
-ocr page 422-%. aoi. Sr nous pafTons au contaft, nous trouverons des Phénoroènes tres - différens,
com,'
5» yens, dit M. he mm er, fonrnilTent conflamment les ,, marnes efFets, pour autant quc la propriété du Fluidcnbsp;,, éledtrique de paffer dun Corps dans un autrc , Ie per-,,mct: pofez un petit barreau de Fer mol dans k voi-,,, ünage du Pok dun Aimant; il devient fur Ie champnbsp;,,un veritable Aimant; approchez dun barreau de mé-,,tal ifolé un Tube fortement éledlrifé , il deviendrafurnbsp;,,le champ un Aimant éledlrique, qui a fes Poles, unnbsp;, pofitif, un négatif; mais ce ne font que des Aimansnbsp;9, paffagers; mais quon employe dans k premier casnbsp;5,un barreau dacier amp; dans Ie fecond une BouteiUe denbsp;,,Leidc; 1Aimant de Fer, 6c 1Aimant éleftrique fc-,,ront devenus lun 8c lautre conftans: mais commentnbsp;,,ces Aimans font-ils produits dans ce cas? par I'at-5,tra(frion amp; Ia répulfion; pareils moyens, pareils ef-s,fets. Lc Fait prouve que dans ces deux cas les Poles exiftent de la même manière géRérale; mais il fautnbsp;de plus pour une Analogie complette que les mêmcsnbsp;Loix ayent lieii. Soit (Fig. X4.) A k pok pofuif, Bnbsp;Ie négatif, C Ie centre: Ie Fluide fera en C dans fo»nbsp;êtat naturel; il fcra accumulé en CA, rarefié en CB:nbsp;mais il faut pour que 1Analogie foit complette que lanbsp;quantité de Fluide augmente de C en A, diminue denbsp;C en B, pour les deux cas, felon les mêmes Loix: or
dQ
-ocr page 423-de M. aepinüs pour 1Aimant eft contraire aux t'aits.
M. AEPINÜS fuppofe i'. que la quantité de Fluidc refte la même après laimantation : done 1 excès en A Cnbsp;eft égal a la diminution en C B ; il fuppofe que lanbsp;force eft proportionelle ^ la quantité de matière accu-mulée OU épuifée. (v. ci-deffus §. 51. note a: §.nbsp;note lgt;: §. qi. note c). Cela pofé, que k quantiténbsp;naturelle de Fluïde dans chaqüc irandie D, E, F, amp;C*nbsp;foit q : qUe Ie point B , au lieu de contenir la quantité q ,
contienne q ^ ; foit » Ie nombre de tranches ou par-
ticules contenus en CB: jai démontré dans mes Ten-iantina §. 51. 5a, amp; dans mes Utcherches fur Us Aiguilles aimantées §. 32. 33., que la force des particules croicnbsp;cornme les diftances du centre C; la force, ou, ce quinbsp;revient dans ce fyfiême au même, la quantité de Fluidc
en C eft q: en B, elle eft q nbsp;nbsp;nbsp;done pour
toutes les particules gt; 2 nbsp;nbsp;nbsp;(^q
' »¦» -f- I. ^ nbsp;nbsp;nbsp;faifant » infini par rapport ^lu-
2. a
nité done on fe fert,) na nbsp;nbsp;nbsp;: mais, nq étoit la
^ xa
quantité naturelle de Fluide dans C B; done ^ eft la quantité epuifée.
Soit la force de A, ou Ia quantité de Fluide en A j 4-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: Ie nombre des particules de C A = won aura;
(dans k
fup-
-ocr page 424-fuppofition de rn infini) mq nbsp;nbsp;nbsp;Mais w^ eft la
'2 b
qaantité naturelle de Fluïde dans A C: done 1excès eft : mals comme , par liypothèle, 1'excès eft égal au,
; nbsp;nbsp;nbsp;: amp; par conféquent » :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;~
deiaut: on aura, j-r:
1,: i.: c. a. d. les Forces des Poles en raifon inverfc
k a
des diltances au centre magnêtique: mais cette confé-quence immédiate eft contraire aux Faits: car jai dé* montré {Recherches %. 33.) que Ces forces font en raifonnbsp;inverfe doublée dé ees diftances. Le fyftème de M.nbsp;AEPiNus eft done infcutenable a eet égard :.il fautnbsp;done rejetter Ianfe ou 1autre des hypotlrèfes fur lequelnbsp;ce calcul eft fondé, ou routes .les deux.
Si done ce fyftème eft vrai pour lEleétricité, il eft clair que les Loix de la communication des forces fontnbsp;très-différentes pour le Magnétisme.
On na pas, que je fachc, fait dexpériences éleélri-ques pour decider Cc point, mais, celles de Miloril m a-HON {Principes dh ÉlcHrictté §. 149. feqq. ) me font Croi-re que la loi de 1augmentation des forces neft pas mê-me comme les diftances au centre. Ce Pbyficien celè-bre , ayant pofé (Fig. 25.) un Conduéteur ifolé AB de 40 pouces, dans 1Atmosphere (mais hors de la diftancenbsp;explofive) du Conducteur pofitif C de la Machine, ilnbsp;% obfervé a, quefte' diftance du point A étoit le centrenbsp;éleCtrique D, c. a. d., le point D , auquel la boulettenbsp;éleétrométrique G neft ni attirée ni repouffée, tandisnbsp;quelle eft repouffée en A (car elle eft negative) §c attirée en H. Milord mahon a fait fes Expériences ennbsp;approchant A de C a diverfes diftances, de 48 poucesnbsp;jusqua 4 pouces. Or, pour le cas de A C =: 48 pou-lt;£S il a trouvé ADquot; AB; amp; pour le cas de AC
4
-ocr page 425-comme M. aepinus Tavoue lui-même {a). Car, fi un prisme métallique touche quelquenbsp;Corps élearile il acquiert la même force'élcc-trique que ce Corps poffede, amp; de plus, ilnbsp;nacquiert quune feuie Eleclricité dans toutenbsp;fa longueur: Phénomène entièrenicnt oppofénbsp;ace qui a lieu pour rAimant {b).
M.
A B. Ainli felon la loi de la rai- '
4 pouces, AD:
12
fon inverfe des diftances, la force de A auroit été dans Ie premier cas , amp; dans Ie fecond 12 fois plus grande que celle de B : maïs felon la Loi de lAimant, ellcnbsp;auroit été dans Ie premier cas liiiit fois, 8c dans Ie fecond cent - quarante - quatre fois plus grande que la force de B, ce quii neft pas posfible dadmettre. II feroitnbsp;a defirer quon fit des expériences exaétes fut ce fujet.nbsp;Je conjeélurerois daprès'les Expériences de Milord ma-hon, que la raifon inverfe des forces eft tout au phisnbsp;cclk des racines des diftances. Mais comme ce neftnbsp;quune conjeéture, je nc métendraj pas la-deffus.nbsp;N. d. T. ]
(a) sermo 8cc. 1. c. p, 246. [ p. 16. 17.de loriginal. ]
(^) [ M. HE MM ER fait fci une remarque très-jufte. ,, Ceci, dit - il, eft connu pour lAimant, mais neftnbsp;,,vrai pour IKledtricite quau cas que ce foit un Con-j,duéteur qui touche Ie Corps éleéfrifé: 8c alors la cau-,,fc des differences eft, que Ic Fluide éleélrique paffenbsp;,, dun Corps dans un autre, 8c non Ic niagnétlquc.nbsp;,,Mais, fx lonprend un cas dans lequel cc paffagc nait
,,que
-ocr page 426-§§4 I- mImöirè. P. I. S. VII. Ch. Iir.
M. A E p IN u s juge, h la Veritc, que cet^ te difference dépend de cirdonftances étrangè-res (c) : mais qviand nous admettrions ce fenri-ment, la différencc nen feroit pas moitïs Unbsp;tnême: Car ce Phyficicn adopte le fyfteme denbsp;M. franklin, amp; par conféqucnt dl ad'nbsp;met quen approchant (Fig. ao.) le PolcN,nbsp;celui-ci repouffe par fon exces de Fluide lenbsp;Fluide de lextrémité A: quainfi ce Fluidenbsp;paffe de A en B j quil eft diminué en A au-dcffous de fa quantité naturelle, amp; quil synbsp;forme un pole négatif, oppofé au Pole N.nbsp;Les chofes fe palTeroient ainfl, ft le Corpsnbsp;A B etoit un coercit if parfait, ft par conféquentnbsp;il ne puifoit rien du Fluide contenu dans N,
,,qu: peu ou point lieu, IeiFet fera tout comme pour jjlAimant; c. a. d. que la panic du Corps non eleftri-,,fe mile en contaö acquerra une force oppofée a cellcnbsp;,, du Corps éleiffrifé: ce cas a lieu dans rÉleftrophofenbsp;t, de M. voLTAf le gateau de refine frotte avec uJienbsp;,,peau eft éleétriquc négativeinent: la partie inférieurenbsp;,,du chapeau (ou du plateau) quon applique Ieft po-,, litiveinent, fa fuperieurc Ieft ftégativement. M.nbsp;Kemmer cue lap. 103. du 4e. Volume des Memoires denbsp;1Académie de Manheim, oü il a prouvé ce point. Cette remarqiie elf fi jufte quil ny a rien a repondrenbsp;quant aux Faits, N. d. T. ]
(r) itrmo Scc. p. 2ÓI, [ p. 21. de 1original. ]
-ocr page 427-tie la Communie, des Forces avèc dés'Poles, jés
amp; elles ont lieit ausfi quand ie Pole N eft éloi-gné. Mais, en appliquant Textréiriité cê Pol» qui ne reprinie pas parfaitefnènt Ie Fluïde, ellé foütire Ie Flüide dü Pole N. Volknbsp;poufquöi Cette extrérüité devient pöfitivè, amp;nbsp;tout Ie prisme Ie devient ausfi. M. ae pinos trouve done la raifon de ce PfiériomeiVenbsp;dans 1imparfaite idioeleftrichd des Corps élec-triques.
§. loa. Maïs , on peut objefter bien des ebofes a ce raifonnement.
iquot;. Si Ie Corps B A eft un coercitif im-parfait, 6c fi ceft a caufc de cela qüe Iextre-mité A foutive Ie Fluïde [dü Pole N j , 11 dolt ausfi, par la même caüfe, Ie retenlr Im-parfaitement; il fortifa done avéc la iftême fa-eilité amp; dans Ie même temps quil eft entrénbsp;Ie Corps A B perdra done dabord fon cx-'nbsp;eès, de Fluïde j 11 fera reduit dans fofi état naturel, 6c route k force feta détruke^ ce quinbsp;eft contraire a rexpérience.
a.' S UI VA NT la même h'ypothèfe , Ie Corps NS perdra une partie de fon Fluïde^nbsp;celle que rextrémité A foutirej Ie CorpS Nnbsp;perdra doiic par cette communication quelqüe'nbsp;ebofe de fa forcej or, M. aepinus fou-tient (§. 187.) que les Corps éledrifés, qu^nbsp;'ï'O M E I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Bbnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Gom-»-
-ocr page 428-lt;385 I. MÉ MO I RE. p. I. S. VII. Ch. III.
communiquent la force a dautres, ne perdent rienxleleur force propre {a).
3°. SupposoNS qne tout fe pafle fuivant le raifonnement en qucftion. Alors, le Fluïde qui exifbe naturcllcment en A eft repouftenbsp;vers B [par la force du Pole N] , par confé-quent il diminue en A, 6c A devient négatif.'nbsp;Suppofons que la quantité qui manque foit q:nbsp;qiiil y entre a préfent en A une paitie dunbsp;Fluïde contenu en N : que cette quantité foitnbsp;p : le pole A ne deviendra pofitif quau cas quenbsp;p ^ q' il ny aura aucune force produite ftnbsp;p:=iq: clle fera négative ü p \ q. Il fau-droit done avant tout démontrer, amp; non ajfu-mer que p eft toujours dans ce cas plus grandnbsp;que q^ c. a. d. que Iattraction de la matièrenbsp;du Corps en A eft plus grande que la répul-fion du Fluide contenu dans AB: or eeft cenbsp;que M. AEPiNus na pas fliit, amp; parcon-féquent fon explication eft purement hypo-thstique {h). Il tache cependant de la con-i
fir-(a) Ceci neft pas entièrement exadt; car M. aepi-Nus néublit cette propofition que pour le cas oil la coramunication des forces fe fait par le contadl. N. d. T. ]nbsp;(igt;) [ Ce raifonnement me paroit moins applicable aunbsp;As oil le contadt du Corps a eledtiler amp; du Corps élec-
irfc
-ocr page 429-tgt;e la Communie, des Fo'rcei avet des Poles. 38^
firmer par cette raifon, que fi Ton place uij petit morcéau de Verre entre les deux Corps ^nbsp;lelFet eft Ie même quil left quahd on placenbsp;Ie Corps N C a üne plüs grande diftance:nbsp;or, on fait que Ie Verre empêche Ie paflagenbsp;du Fluide électrique. Maisj alors Ie Phéno-mène levient a celui - ci, que Ie Coiq^s élec-trique eft diftant du Corps quil faut éleftri-fér (c).
§. aoi*. Maïs, ajjumom tous ces raifon-hemens: la contradidtion quil y a entre ce Phénomène amp; les Phénomènes magnétiqitesnbsp;fubfiftera dans fon entier: car alofs, ce Phénomène électrique eft tel quon 1obferve^nbsp;parceque Ie Corps a éledfcrifer foutire Ie Fluide du Corps électrifê, tandis que Ie Corps au-quel il faut communiquer la force magnéti-
que
trique fe fait dabord, qua celui oü Ie Corps a éicélrifer aüroit dabovd été pófé hors de la diftance eXpIofire diinbsp;Corps éleftrique, 8c viendroif enfuite a tirer' une etiii-Celk; car daiis ce cas, il seft réellemcnt fait dabördnbsp;Hn épiiifemeiit en A, une condenfation en B; amp; il faü-dröit proüver que la quantité p que A foutire par rétin-telle eft plus grande que q: car fans cela A refteröit ertnbsp;partie épüifé, amp; la répulfion du pole N cmpêcheroit Ienbsp;Fluide accuniulé eh B de rèfluer vers A. N. d. T. ]
^f) [C. a. d. hors delai diftance éxplofivc, N. d, 'F.j
388 I. MiMoiRE, P. I. S. VII. Ch. III.
«
que ne reqoit pas de pareil Fluide de IAi-* mant {a). Les Corps électriques attirent donenbsp;ici le Fluide éledtrique avec nne plus grandenbsp;force que le Fer nattire le Fluide magnéti-que j amp; la caufe de cette non-attrci£lion du Plui-de magnétique ell: que le Fer en eft un plusnbsp;parfait coercitif: que ce Fluide fe meut tres-difficilement par le Fer, quoiquon fiche dail-leurs que le Fer regoit ou perd en un momentnbsp;la force magnétique, amp; par confequent quenbsp;le Fluide quil contient naturellenient eft tresnbsp;promptement diminué dans une partie, 8c ac-cumulé dans Iautre: ce qui ne lauroit avoirnbsp;lieu, fans que le Fluide fe meuve dans cenbsp;Fer. Or, ce mouvement inftantané, ou dunbsp;moins tres-prompt, ne fauroit fubllfter avecnbsp;la propriété detre tin coercitif parfait, detrenbsp;tres-difficilement permeable {h}.
La
(a) [Ceft, comnie nous Iavons déja dit plufieurs fois, une fuppolition purement gratuite, qui fournit me- ¦nbsp;me des conféquenccs contraires aux faits: v. note d dunbsp;§. zoo. Pour que la loi des forces repondit aux Phe-
nomenes, il faudroit que-j-* = : c. a. d. que fi IEvacuation de C B etoit Pexcès en A C fut
^ a nbsp;nbsp;nbsp;Ï nb
Sc confequemment que la quantile de Fluide fut variar ble- N. d. T.]
Dc la Communie, des Forces av-tc des Poles. 389
' L A dilFérence que ce Phénomène indiqiie entre les Loix dc rEleftricité amp; celles dunbsp;Magnétisme me paroit done fubllfter dans fonnbsp;entier.
3. De la Communication par frottement.
§. 0,03. Nous avons déja dit (§. 191.) quelles différences il y a a eet égard. II fautnbsp;pour exeiter Ie Magnétisme un certain frotte-ment. Tont frottement eft indifférent pournbsp;rÉleélricité. Pour exeiter Ie Magnétisme, ilnbsp;faut, en faifant abftraflrion du Magnétisme denbsp;la Terre, Ie frottement dun Corps déja ai-manté: au lieu que Ie frottement de deuxnbsp;Corps non èleétriques excite dans 1un amp; dansnbsp;lautre une force quaucun des deux navoit.nbsp;Ce fecond Phénomène me paroit indiquer unenbsp;trés-grande différence : car, sil eft certain,nbsp;comme il left, que la force neft pas excitécnbsp;dans ces Corps frottés parcequil y entre unnbsp;Fluide étranger, mais feulement paree que Icnbsp;Fluide, qui y exiftoit, y acquiert une certai-nc fituation, il sen fuit que Ie frottement a-git bien plus puilfammeiu fur Ie Fluide élec-trique que fur Ie magnétique, puisque ceiui-ci, fi nous faifons abftraétion du Magnétismenbsp;terreftre, neft pas excité par Ie feul frotte-2^3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ment,
-ocr page 432-mant, mais requleit, pour être mis en action, un Corps déja rnagnétique (^).
§. ao3^. Mats, quelquc grande quc me paroifle cette difference, conliderons a pré-fent la chofc dune autre fagon j amp; faildns uni-quement attention aux Poles, a la manierenbsp;dent ils font produitsj Sc voyons, sil y a anbsp;cet egard quelque reffemblance ou quelqucnbsp;difference entre TEleclricite dc le Magnétisme.
{a') [On (lira peut - être que cela vient de ce que le Per attire plus fortement le Fluide rnagnétique, que lesnbsp;Corps coercitifs nattirent le Fluide éleétrique ; mais,nbsp;nous avons vu ci-delTus ( §. 134- note a ) quil faut né-cefTairement fuppofer que le Fluide rnagnétique exercenbsp;une repulfion plus forte, amp; au moins dans la même rai-fon. Dailleurs, nous avons vu ausli (§. 191. note b)nbsp;que, de Iaveu même de M. hemmer, un petit trem-.nbsp;blement peut mettre le Flpidc rnagnétique en mouvement, vaincre fa cohéfion avec les parties du Fer; lenbsp;fröttement devroit done faire le même effet: 8c 1Ai-mant frottant devroit ausfi bien communiquer fon plui-de au Fer frotté , qaun frottoir éleétrique le fait aunbsp;Corps quil éleétrife. Ce tremblement même ne devroit-il pas, même dans- ce cas, tendre a étabür Iequilibre dunbsp;Fluide dans IAimant frottant, puisquil met le Fluide cpnbsp;mouvement, amp; par confequent diminuer fa force, Cfnbsp;qui na pas lieu. N, d. T. ]
-ocr page 433-De la Communie, des Forces avec des Poles.. 391
IL eft des Phénomènes qui paroiflent pre-fentcr une reflemblance, en ce quils produi^ iènt dans Ie mêrae Corps une Éleftncité po-fitive, amp; une Eleftricité négative: il en eftnbsp;dautres, qüi paroiflent indiquer une difference en ce quils rendent les Corps entière-*nbsp;ment pofitifs, ou entièrement négacifs.
V o I c I un des Phénomènes du premier genre.
Ex PÉ R. LXXXVII. Quon prenne im morceau de Verre rond, affez petit pour Ienbsp;couvrir des doigts; quon Ie frotte : une de fesnbsp;furfaces fera ¦ politive, rautre négative («).
M. MusscHENBROEK rappoi'te une Experience que je nai pas repetée {b).
Suspended une croix de papier a un fil; ayez un tube, intérieurement a moitiénbsp;rempli de fable chaud, 6c qui séleétrife par ienbsp;moyen de ce fable. La croix eft bien-tót re-pouffëe : clle fe tounie, 6c sapproche de queKnbsp;quautre endroit du tube qui lattire.
Cet-v
(ii) Aepinus Senw amp;c. p. 146. [p. 14. de Torigi-nal. II eft clair quil faut tenir Ie doigt fur Ia. furface. inférieure pendant quon frotfe Ia 1'upérieure: Ie doigtnbsp;re9oit Ie Fluide expulfé de la furface inférieure. N. d,
(il) iTiirod. ad Phil. Katur. §. 99.6. p. 343, N®3.
Bb 4
-ocr page 434-59^ i. memoir®. P. I. .S', yil. Ch. Ill;
Cette expérience fait voir, que la .croix acquiert des éledtricités oppofées:nbsp;que les differentes parties du tube nont pas lanbsp;méme forte dElectricite. Mais, M. mustnbsp;SCHENBROEK rernarquc avec raifon,nbsp;dans IAimant les poles font fitués aux extrémi-tés, amp; quici lÉleftricité agit fur les cotésnbsp;non oppofés du tube. Du refte, M. M.
DU FAY (f) FRANKLIN Sc WILKE (i)
out fait de tres-belles expérienccs fur les Phér nonienes que fournilTent des tubes frottés amp;nbsp;remplis de différentes matières.
§. aoq. LexpÉrie NCE fuivantefe rapporto aux Phénomcnes dans lesquels les Corps acquierent a la vérité des Eleólricités diiféren-tes, mais ou chaque Corps nen acquiert quu-jnbsp;ne feulc (^j).
Exp.
(f) [Af«w. de I'Acad. 1734. p. 356. N. d. T. ]
{d) Dans fes Notes fur la tradudion allemande des Zettres de M. franklin p. 173. §. 55. [Les experiences de M. FRANKLIN fe trouvent dans le §. 33. de fanbsp;quatrième lettre : ou §. 71. 72. p. 212. du Tome premier de la tradudlion frangojfe. M. cigna a fait dex-cellentes réflexions fur ce fujet §. S9-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fa belle dis-
fertation dc Navis Experimemis Eleólricis inferée dans les Mscel. 'Taxrinem. Tome III. p. 63. N. d. T. ]
£11
-ocr page 435-Exp. LXXXVIII- Quon prenne deux Umes de glace de miroir , qui ayent char-cune quatre pouces quarrées de liirface ; quonnbsp;les attache a des manches de Verre, amp; quonnbsp;les frotte Tune fur lautre: elles deviendrontnbsp;toutes deux électriques, mals elles auront desnbsp;Éleftricités contraires: lune fera pofitive,nbsp;lautre négative, ce qui eft oppofé a cc qqinbsp;a lieu pour TAimant (^),
L A
[ II neft pas néceffaire que les deux lames foyent des Corps idioéleélriques quekonques, car cela eft égai: ilnbsp;fuffit quune des deux Ie foit ; lautre peut dfre de Mé-tal. Mais il eft i remarquer que, felon M. Herbertnbsp;(Theor. Elelir. Cap. 4. Prop. 6.) fi les deux Corps idioé-ledlriquis font de même'matière , abfolument femblablesnbsp;pour Ie degré de chaleur, Ie poli, enfin en tout fens,nbsp;même pour la manière dont ils ^prouvent Ie frotte-ment, il n'y nait aucune Plleélricité. N. d. T. ]
{t) [La difference eft dautant plus grande, que, li pn aimante un barreau de Fer, compofé de deux pieces , parfaitement jointes, ces deux pièces agiront, tantnbsp;qu elles font unies, comme fi elles ne faifoient quunnbsp;feul Aimant: mais fi on les fepare, la piece qui étoitnbsp;entierement négative p. ex., ou auftrale , dans la joncrnbsp;tion , acquerra fur Ie champ deux poles; un pofuif,nbsp;(boréal^ a 1extrémitc qui joignoit; lautre extrémiténbsp;reftera négative, mais fera plus fqiblc; M. aepinus anbsp;fait dexcellentes Recherches fur ce fujet. Tentam. §. 10:5,nbsp;feqq. N. d. T. ]
Bb 5
-ocr page 436-¦59^
I. mÉmoire. P. I. S. VII. C//. III.
La difference a lieu encore, quand mê-me on confidcreroit les deux Corps comme nen faifant quun feul, amp; qu oh voudroitnbsp;les comparer ainfi a un Amiant, donenbsp;une furface eft pofttive amp; Iautre négative:nbsp;car ces lames nexercent, comme les Elec-tromètres le prouvent, aucüne force éleélri-que tant qnelles reftent appliquées Tune anbsp;Iautre; au contraire de ce qui a lieu pournbsp;IAimant.
D E pareils Phénomènes ont lieu avee des* iTibans de foye, comme il paroit par ce quenbsp;nous avons dit fur k cohefion éledtriquenbsp;(§. 135. feqq.). II ont encore lieu 11 Tonnbsp;verfe du fouffre fondu dans un vafe ifolé :nbsp;tant que le fouffre refte joint au vafe, on ncnbsp;sappergoit daucun figne dElelt;5tricité : mais ,nbsp;fi on ks fépare, on trouve que le fouffre eftnbsp;pofitif, amp; le vafe négatif (c). Qn voit faci
le) Aepinus Sen»} 1. c. p. 243. [ p. 14. note/ amp; Tentam. Theor. §. 59. M. hemmeb. dit que jai eu tortnbsp;davancer que le fouffre acqiiiert toujours une Élfétriciténbsp;pofitive, puisqiiil devient négatif quand on le coulenbsp;dans un vafe de Verre: ce fait eft tres-vrai. On peutnbsp;voir tin extrait des belles expériences de M. wiikenbsp;dans L'Hifioire de I'ÉleHricité du Dr. Priestley P. !nbsp;fO'iod. X. Sedt. III. a la fin, amp; dans le Traité d'Éic'
tri-
-ocr page 437-cilement que ceft i ces Experiences qiiil fauE rapporterles Ekclrophores pcrpétuels {d).
tmité^ie M. CAVAtio P. I. Ch. 4gt; Ion trouvg des. experiences femblablcs fur Ie chocolat. Mais qnilnbsp;jne foit pcnnis de remarqiier que je nai pas dit que cenbsp;fait « toujnrs lieu: pai cite FExpcrience de M. aepi-Nus dans kquelle 1eiFet eft tel que je lai dit. Je nainbsp;pté cette experience que comme un excmple. N. d. T. Jnbsp;(i) [ Cette indication de FÉleftrophore m'a para pou-voir fuffire a la rigueur; mais M. steiglehner 4nbsp;beaucoup mieux fait; les Phénomèncs de rÉledrophorenbsp;lui ont parit trop intérelTans pour ne pas être expofésnbsp;en- detail; if la fait avec beaucoup de précifion dans les
§. 71-78. de fon Mémoire.
M. HEMMES, a entendu la comparaifon que je fals des Éledrophores a ces Expérkms, comme sil sagiffoitnbsp;uniqiiement de Fexpérience du fouffre coulé dans unnbsp;vafe ifolé : il remarque ,, que cela eft erroné ; quon faitnbsp;5,les Experiences avec jÉledrophorc fans oterle gateaunbsp;5 5 de fon basfm ; quil faut, foit longtems, foit peu avaninbsp;,,que de les faire, frotter Ie gateau; que Ie chapeaunbsp;,,ou Ie plateau de métal en eft une partie eftentielle,nbsp;j, tous points qui nont pas lieu dans lexpérience dunbsp;,, fouffre fondu. Ces diftimftions font très-vraies: amp;nbsp;je fuis mortifié de ne mctre pas exprimé de fagonnbsp;gu on ne put pas fe meprendre fur Ie vrai fens de mesnbsp;expreslions; jai compare 1Éledropliore non a c»tc Ex~nbsp;férience, mais a ces Expériences, c. a. d. a toutes celles denbsp;ceux, qui ont eed de commun que les Corps appliquesnbsp;liin fur lautre acquierent des Éledricites comraires, amp;nbsp;gtii, comme Ie titre du §. 1indique, ne font alleguces
(lue
-ocr page 438-§ 105. 1l y a done a eet egard une difference, amp; line tres-grande difference, en-tre iEleétricitc 8c Ie Magnétisme. Nous en remarquerons enèorc une autre, fi nous confi-dérons la fituation des Poles. Dans Ie Magnétisme on obferve conftamment cette Loi,nbsp;que les Poles font lïtués aux extrémités desnbsp;barreaux, èi que la force de ceux-ci sétendnbsp;felon leur Jongueur. Mais, Ie contraire a lieunbsp;pour les Corps éleétriques. Une furface de-vient réellement pofitive, lautre négative,nbsp;de fa§on que la moitié de lépailleur appar-tienne a rÉledtrické pofitive, 8c lautre moitié
que pour prouver ce point , Icquel a lieu ausfi dans lR-leClrophore, ce qui eft Ie fcul point cflentiel qui puifle faire comparer VÉleilrophore a rAimant. Du refte je He menbsp;ferois pas trompé , fi javois compare les Eleélropliores avecnbsp;la feule experience du foufFrefondu,puisque M. volta,nbsp;rinventeur des Eleftrophores, avoue lui - même, quenbsp;M. M. AEPiNüs amp;WILKE ont fourniun exemple dunnbsp;vrai Eieélrophore dans leur belle expérience du foufFrenbsp;fondu dans un vafe de metal, dans lequel, dit - il, ilsnbsp;obfervérent des fignes dÉledfricité, tant dans Ie vafe,nbsp;que dans Ie foufFre toiites les fois qu'ils féparoient cesnbsp;deux pieces Tune de lautre, amp; même au bout de quel-ques femaines, ou de quelques mois. V. la lettre denbsp;M. volta a M. klinkosch, ProfelTeur a Prague,im-primée en allemand dans les Memoires de IAcademie dsnbsp;Bohème, Tome III. p. 104, N. d, T.]
De la Communie, des Forces avec des Poles. 397
tié a la négative. Cette force sétend done felon répaifleur.
Donc dans lÉleétncité, même dans Ie cas oü un Corps devient en partie pofitif 6cnbsp;en partie négatif, toute une furface devientnbsp;pofitive, oil négative, 6c Iautre devient ennbsp;entier négative ou pofitive: au lieu que dansnbsp;le Magnétisme la furface même quon frottcnbsp;devient en partie pofitive , 6c en partie négative. Les Loix de la communication des forces font donc entierement dilFerentes {a).
III. Du Changement £5? de Vlnverfion des Poles.
§. ao6. Aussi longtems quon frotte le Fer du même fens, les Poles quil a une foisnbsp;acquis, reftent les memes apres chaque operation : ils font a la vérité plus forts ou plusnbsp;foibles, mais ils occupent la même place: le_nbsp;boréal ne devient pas auftral, ni Iauftral boreal.
I L. ny a quune feule manière de changer' 6c de renverfer les Poles dun Aimant foit na-
tu-
(«) [On verra ^i-deffous §. 164. quels artifices il favit employer pour que les Poles puiffent être dispofésnbsp;felon U largeur du Fer quon frotte. N. d. T.J
-ocr page 440-I- MÉ MOIRE. P.l. 6'. Vli. Ill,
tiirel, foit artificiel i ceft lorsquoii pkce un Aimant, ou froid^ ou ific'andefcent, dansnbsp;line fituation cdntraire entre les Poles oppo-fés dAimans extrèmément forts, ou quonnbsp;Taimante par la double touche, de forte qudnbsp;les Poles doivent fe former dans uh fens cori-n-aire. Celf par ces moyens que b o y l e (a)nbsp;amp; HARTsoEKEK (^) önt déja changé lesnbsp;Poles des Aimans; amp; que M. K night, 6cnbsp;Ceux qui Iont imité (f), Iont fait enfirtnbsp;avec le plus grand fucces.
I L ny a pas crautrcs manieres que celles-la: en tout autre cas le Fer, foit/roitl,- foit chaud, frotté du même fens, conferve fesnbsp;Poles a la méme place, foit quon le frottenbsp;ax'ec un Aimant vigoureux, foit quon en employe un plus foible, oU un plus epais, ounbsp;un plus mince: foit que ce Fer foit poli, ou
non:
(a) T)e Mechanica Magneih frodu£lion«, Tomo 3® Ope-fum p- 130.
(i) Principes de Phyfique i Chap. 51. §.
(f) [Phil. Tram. nbsp;nbsp;nbsp;474. Vél. XLIII. p. j6q.
N®. 484. Vol. XLIV. p. 657. amp; le Traité des Aimans mifiéiels du Dr; micheli., traduit en Frangois par lenbsp;P. R E v[o IR E * amp; augmenté dune excellente preface inbsp;^ans laquelle ou trouve un précis hiilorique de ce qui *nbsp;été tait fur cette maticre. M. d, T. ]
-ocr page 441-non: mais combien ce quon obferve dans rÉledricité ne diffère-t-il pas de tout ce-ci! {d).
§. ao7. Un tube de Verre poli amp; frotté acquiert TEle^tricitc pofitive j mais sil eftnbsp;mat, amp; quon le frotte, il en acquiert une
ne-
{d) M. hem MER remarque fur ce fujet, ,,que ce ,, que le poli, la chaleur, répailTciir des Corps, cir-;5 conftanCeS dans lesquelles je crois trouver une fouvcenbsp;j, fi abondante dc disparités , opèrcnt dans lÉIeétricité,nbsp;,, ils 1opcrent ausfl, routes chofes daillcurs égales , furnbsp;jjlAimant: ces circonftances, dit-il, effedluent quenbsp;,, Tadhéfion des particules du Fluidc eft plus ou moinsnbsp;sj vaincue par le frottement; amp; la Théorie , fondée furnbsp;gt;gt; lExpérience, nous a déji mis au point ds pouvoirnbsp;jjdire davance quel fera celui des deux Corps frottésnbsp;5» dans 1une ou 1autre des trois circonflances indiquées ,nbsp;3»qui acquerra rÉledricité pofitive ou négative. Cettenbsp;remarque ne diminue pas, cc me femble , le, moins dunbsp;monde la disparité: ces circonflances font quun Corps,nbsp;devient pofltif au lieu de devenir négatif, amp; recipro-quement; C. a. d. quelles lui donnent la faculté de sé-puifer de Fluide au lieu d,en re^evoir: aptitude quellesnbsp;ne donnent pas au Fer, ou a lAimant, quoiquellesnbsp;duflent ausli contribuer a diminuer Tadhéfion d« Fluidcnbsp;inagnétique i ces Corps; v. ci-deflus §. 203. note 4nbsp;191. note b, N. d. T.J
-ocr page 442-400 i. M É M o ï RE. PA. S. VII. Ci. Ili.
négative {a): cependant un carréaü de Verre mat, armé, devient pofitif par fa fürface fu-périeure, 6c négatif par linférieure {h)^ ctnbsp;qui paroit tres - fingulier. De plus, fi ponnbsp;frotte un tube de Verre mat , avec un morceaunbsp;de Drap enduit de cire, il acquieit une Élec-tricité pofitivé.
Ces circonftances, qui agiffent fi puiflam-ment fur lEleélricitê, iiagilTent pas Ie moins
dit
{a) Can ton Phil. Tranf. Vol. XLVIII. p. 781. [M. HE MM ER range parmi les errcurs qui fe trouvent dansnbsp;eette feftion, ce que jedisici, quun tube de Verre polinbsp;devient toajours pofitif par Ie frottement: je nai pas dienbsp;quil Ic devient toujours-, je nai fait quallèguer un ex-cmple: je fais bien quil devient négatif quand on I0nbsp;frotte avee une peau de chat, amp; felon M. cavallonbsp;{^Traité dEUH. P. I. Ch. 3.) e elt Ie feul Corps qui rendenbsp;Ie Verre poli négatif: felon M. Herbert il faiidroit ynbsp;ajoutcr encore les criftaux {TJmria Gh. 4. Pr. 6. ); maisnbsp;ce Phyficien remarque que Ie Verre lui a préfenté desnbsp;effets variables. Enfin M. wiike foutient que tous lesnbsp;frottoirs quelconques rendent Ie Verre poli pofitif: amp; ünbsp;en conclut que eeft de tous les Corps celui qui attire Icnbsp;plus puiffamment ie Fluide éleélrique (V. prxestlexnbsp;Hifi. de lElecir. P. I. Period. X. SeH. 3. a la fin) ; II a ce.*nbsp;pendant trouvé depuis que la peau dun chat vivant faitnbsp;exception a cette regie, amp; quelle differe a eet égard dönbsp;la peau dun Chat mort. N. d. T. ]
(è) WiLKE Mei». del4cnd. de Snede iTome XX. p. de la trad, allemande.
-ocr page 443-t)t la GommüHic. des Pörces as^ec des Pólis. 401
du monde fur TAimant. Les Loix felon les-ijuélles les deux Fluïdes agiflent font done très* différentes.
a®. La Chalear.
§. io8. M. BERGMANïfa fait ün três-grand nombre dExpériences fur cefujet: jeii allèguerai qüelqües lines, hiais je ne les ai pasnbsp;fepétées («).
F R o T T E z felon fa largeuf ün rüban de foye rouge avec un autre ruban femblable: Ienbsp;ruban frottant devient pofitifj Ié frotté né-gatif.
Si lon chauffe Ie ruban frottant, cdlui-ei devient èlcclrique négativeinent, amp; 1autfe po-fitivement.
L A feule chaleur change done rordte des Poles dans les mêmes rubans, qüqique Ie fröt-tement fe fafle de la même manière, amp; ellenbsp;rend ces rubans propres a recevöir TEleiStrici-té negative {b).
Dë»
(«) Mem. de l'Acad. de Snede, Tomé XXV. p- 34^-la trad. allem. VoyeZ ausli fur ce fujet, jEtOBRSiSJA. Sj^ecim. Phyf. de Calorie influxu in Elediricitatem.
(i) [On peut confulter fur ce fujet les Experiences
'ÏQME I. nbsp;nbsp;nbsp;Cq
-ocr page 444-4oa
I. mÉmoire. P. I. i?. VII. Ch.\\\.
Des Phénomènes contraires ont lieu pour Ie Verre. Quon frotte une Lame de Verrenbsp;parallélepipède perpendiculairement fur unenbsp;autre; la Lame frottée devieiidra pofitive, lanbsp;frottmte negative, au contraire de ce qui anbsp;lieu pour des rubans. Qu on chauffe la La-nre frottante: elle deviendra politive, amp; lanbsp;frottée négative. La chaleur ne produit ce-pendant pas toujdurs Ie même effet: car, finbsp;une des Lames eft deux fois plus épaifle quenbsp;lautre , elle deviendra toujours pofttive,nbsp;quelle foit la Lame frottante ou la frottée, amp;nbsp;la chaleur l^e trouble pus lexpérience.
L A Chaleur influe done conlidérablement fur la fituation des Poles, ou fur la nature desnbsp;Éleétricitcs produites par Ie frottement; amp; elle'ninflue pas de la même manière fur tons lesnbsp;Corps. -Mais, elle na aucune influence furnbsp;Ie Magnétisme.
§. aop. Je rappoite a laétion de la chaleur les Phénomènes de la Tourmaline. M. A p p IN u s compare perpétuelleraent cettenbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pier-
--- nbsp;nbsp;nbsp;¦ ---7---
de M. HERBERT, Theor'm Phaen. F.kPir. Cap. IV. Prop. (5. E'iles ne font pas tout es, daccord avec celles de M.nbsp;E E R G M A N N , mals cllés ncn confirment pas moins c*nbsp;dont il efl; queflion dans eet article. N. d. T. ]
-ocr page 445-De la Communie, dés ForceÈ avec des Poles. -405
,pierre a TAimant (^) , Scceftde fes Phénoquot; mènes qüil déduit une grande partie de lA-nalogie quil étabiit cntre rAimant SclÉlec-iiicité.'
Qu.and ori frotte une Tourmaline,' elk Tréfentc les mêmes Phénomènes que ie Vei re,nbsp;amp;; devient touce entiêre pofitive : mais, qüaildnbsp;on Ia chauffe,- un cotc devient pofitivement-éledlrique amp; lautre négativement.- Lorsqüel-de fe refroidif, Ie coté qui étoit devcnu pbfitifnbsp;par la chaleui'i devient négatifi amp; celui qüinbsp;ctoit négatif devient pofitif.
V o IL A ce quil y a a obfefyer dans la Tourmaline par rapport a la rnatiere que nous trai-tons: a quoi il faut pourtant ajouter, quil y a dans cette Pierre deux èndroits , dans lesquelsnbsp;rattfaftion eft plus forte que dans dautres , amp;nbsp;quon nomme par cette raifoii Poles.
Maïs, je Ie demande ^ quy a-t-il de com-mün entre ces Phénomènes amp; lAimant?
Rien y fi non que la Tournialine'a par fois ^eux Eleétrieités, deux Poles, comme rAi-'
mant
(-».) Sermo Sec. I. c. p. 141. [p'. ii. tic roriginalj. j» lt;ie polTède paï de Tourmaline affez grande pour pouvównbsp;ïépdter ces Experiences.
404 I- mÉmoire. P.I. S. VII. C^. 111.
mant en a deux. Voila la feule reffemblance, mais que de differences ! (^).
1°. La I m a n t eft toujours dans un état contraire , la Tourmaline;feulement quelquefois.
aquot;. L E Fer acquiert par Ie frottement deux Magnétismes oppofési la Tourmaline feule^nbsp;ment une efpèce dEleftricifé.
3°. La cbaleur ou Ie i'Froid ninflucnt pas fur la fituation des Poles magnétiques; ils de~nbsp;terminent au contraire la nature 6c la fituationnbsp;des Poles dans la Tourmaline.
4quot;. L A Chaleur affoiblit les Poles de lAi-mant: il excite celles de la Tourmaline.
5°. Les endroits polaires de la Tourmaline
{h) M. BRUCMANS a fait deux expéricnccs qni ffié-
ritent dêtre rapportces ici, ainfi que la condiifion qin} ïire de la feconde: elles fe troravent dans fon Ma^netls-nm §. 32. p. 101.
j,Toutes les Tourmalines, dit-il, que j.ai exami-,,nées,font attirécs par 1Aimant. Le fuccin cft ausfi j,attiré: mais une efpèce left plus que lautre: fi on Icnbsp;.j frotte, avant que de le pofer fur le Mercure, Tattraa-,,tion en eft beaucoup augmontée, la force éledrique fenbsp;,,joignant alors a la magnétique; mais il nacquiert cc-,, pendant pas de poles, comme il arriverort ccrtainc-,,ment, fi cette augmentation dattraéüon étok un efFctnbsp;,,de Ia feule vertu magnétique: « unt preitvt dcnbsp;^»la dift'érente nature de ces Forces. N. d. T. ]
-ocr page 447-De la Communie, des Forces avee des Poles. 405
ne ne peuvent pas changer de fituation (f) au contraire de ce qui a lieu pour les poles desnbsp;Aimans naturels, comme nous venons de Ie dire (§. aó6.)-
Or tous ces Phénomènes indiquent que 1Eleétricité agit dans la Tourmaline felonnbsp;dautres Loix que Ic Fluide magnctiquc nagitnbsp;fur IAimant.
IV- Des Poles Confe'eutifs.
§. aio. Ajoutons encore un Pheno-mène que M. aepinus («)a parfaitement bien traité , amp; qui paroit analogue a ce qui anbsp;lieu pour IAimant.
Q u A N D on aimante un barreau de F er par le feul contaft dun Aimant, ilfe forme quel-quefois, non deux poles, comme de coutu-me, mais trois, quatre , ou un plus grandnbsp;nombre, comme M. M. taylor (^),
MUS-
(c) MussCHENeroek Introj. ad Phil. Natar. §. 997. WILKE Mm. it I-dead, de Suede. Tome XXIV. p. 63.
(a) Tentamina p- I9S nbsp;nbsp;nbsp;amp;c. I C. p. zjp,
[p. 21. de roriginal. ]
(i) Phil. Tranfi N**. 3^^. Vcl, XXXI. p, 304. fegq N.d. T.]
4o6 ï- mé MO ire. P. I. S- VII. Ch. III.
MtJSscHENBROEK (f), amp; clautres Tont prouvé par beaucoup dexpériences., On nom-me ces poles Poles Cqnfécutifs ou Points Confé-cutifSf parceque les poles boréaux amp; auftrauxnbsp;fe fuivent alternaüvement- Qr, M. aepi-Nus a trouvé quelque chofe de femblablcnbsp;pour rEledricité.
Quon place fur une Table un tube de Verre de faqon quil en déborde une,partie:nbsp;quon approche de cette partie un tube élec-trifé, amp; quon en frotte quclquefóis lextré-mité de lautre tube. On trouvera alors quu-ne partie de celui-ci eft devenue polltive: unenbsp;autre négative; la fuivante pofitive j de fortenbsp;quil y aura trois poles.
Mats, il ny a pas ici de reflemblancc parfaite avec 1Ainiant: car, ce Phénomènenbsp;na lieu que pour les Corps idioéleftriques, Sc
(c) [Difert. de Mapiete p. 114. feqq. Jai traité cette jnatière en détail dans mes 'Becherches fur les Aiguil. aimait-ties P. I. §. iio 131. y. ausfi fur cc fiijet Ie §. 26.nbsp;fcqq. de la differtation de M. steiglehner. N. d, T.]
Con-
-ocr page 449-De la Communie, des Forces avec les Poles. 40*^ Conclufion.
§. UI. Nous avonS exaéteraent examine les Loix felon lesquelles les forces éle6triqucsnbsp;amp; magnétiques font produites. Nous avon»nbsp;vu quelles font ordinairement différentes,nbsp;fouvent oppofées, quoiquil paroiffe y avoirnbsp;quelquefois de la reflemblance. II ny a donenbsp;pas moins de dilférence a eet égard entrenbsp;les Phénomènes éleftriques amp; magnétiques,nbsp;qucntre les autres que nous avons examinesnbsp;qi -delTus.
Cc
408 I- MÉ MOIRE. P. I. S. VIII,
EXAMEN DES differences QU! QUELQUES PHYSICIENS ONT ETArnbsp;BLIES ENTRE lAïMANT ETnbsp;LÉ LECTRICITÉ.
§. aia. Dans la comparaifon que eous avons faites jusquici entre lEleclricité 6c Ienbsp;Magnétisme, nous avons principalement fail;nbsp;attention aux Loix felon lesquelles ces deuxnbsp;genres de forces agiflentj ^ nous avons prou-vé, ménie en admettant différentes hypothecnbsp;fes, quelles font différentes. Mais, dautresnbsp;Ecrivains, 6c furtout M. musschent-BROEK, ont propofé quelques autres dispa»nbsp;rités: nous aliens en faire Ténumération, 8cnbsp;examiner fi elles font ausfi grandes que les Au»-teurs dont nous venons de pariet le penfent {a),
I. L9
(a) [M. HEMMKa penfe que toutes les differences dont il eft queftion da»s cette Sedlion, proviennent de ccnbsp;que le Fluide éledtrique paffe dun Corps dans un autre«nbsp;amp; »on le teagnétiquci N, d, T.j
-ocr page 451-Hes différenccs entre VEleSIr. ö* VJimant. 409
I. Le Sifflement^ Ie Souffle.
§. ai3. M. CIGNA (^ï) établit lui-mê-me cette diflférence entre lAimanc 6c rEle,c-tricité, que le Fluide éledfcrique produït uti fifflement en paflant dun Corps dans un au-*nbsp;ti-e; 6c que les Cors clectrifés excitent un certain fouffle; ce qui na pas lieu pour les Corpsnbsp;ipagnétiques. Ce fouffle, ce fiffiemcnt-, indi-quent, que le Fluide éleétrique fort des Corpsnbsp;avec une grande force, 6c fous forme fenfi-ble, au contraire de cc que fait le Fluide ma-gnétique. II faut done en conclure, ou quenbsp;le Fluide magnétique elf bcaucoup plus fubtilnbsp;que rélectrique, ou quil fe meut avec beau-Goup moins de violence, ou que ce Fluide finbsp;fubtil ne fe meut pas, mais quil refte en repos.nbsp;$i nous prenons ce dernier parti il faudra, ounbsp;foutenir avec M. aepinus (^), que lenbsp;Fluide magnétique nexifte pas hors du Fernbsp;¦$c de rAimant, quil ny a aucune atmosphere de Fluide qui entoure le Fer, ni lAimant,nbsp;6c par conféquent que ce Fluide agit par desnbsp;attradtions 6c des répulfions proprement ditesj
quoi-
(«) Misceli. Taurm. 1. c, §. 41.
(h) Tmtam. T],wm §. a74.-§. 177, -p n
410
I. m^moire. P. I. S. VIII.
quoique ce foit pour éviter celles - ci quon imagine ordinairement les Fluides: ou, il fau-dra pcnfer avec M. brugmans {c)^ quenbsp;le Fluide magnétique fe trouve en repos horsnbsp;du Fer 8c de rAimant. Suivant ce derniernbsp;fentiment, ce Fluide nagit que gar fa preslionnbsp;ou fon éledlricité, au lieu que le Fluide élec-triqiie agit par impulfion, avec une force vi-ve. Le Fluide magnétique auroit done,nbsp;quand même il ne foutiendroit pas de plusnbsp;grands poids que le Fluide éleétrique, 8c quoique plus fuhtil que ce Fluide, une force denbsp;preslion: 8c il exerceroit une preslion plusnbsp;grande, ou il auroit une plus forte élafticiténbsp;que le Fluide éleétrique gt; tandis que celui-ci,nbsp;fi on ote le plus foible obllacle, comme 1Aii'nbsp;p- ex. (§. 178. note a) setend par fon elafti-cité , ce que ne fait pas le Fluide magnétique.nbsp;Mais combien ne faudra-t-il pas augmenternbsp;cette force élallique, fi nous faifons attentionnbsp;a k grande diflférence quil y a entre les poidsnbsp;fputenus par FAimant ou par les Corps élec-trifés {dyi:
§. aiq.
(e) [Tmtam. de Mat. Magn.-pxo^. II , 14, l8. N.d. T.J («lt;) [V. ci-delTus note a du §. 134. N. d. T.]
-ocr page 453-pe% difféfiences entire VÈleStr. 13 l'JipaJtt, 41 ?
§. 114. Il fuit de ce que rrous venons de dire, que Ie lifflement 6c Ie fouiBe quGu- re-»nbsp;marqué dans Ie Fluide ékdtrique, 6c non dansnbsp;Ie magnétique, indiquent 1°. que Ie Fluidenbsp;magnétique eft plus fubtil que léleftrique.nbsp;ü°. OU que Ie Fluide magnétique eft en reposnbsp;pendant 'que réleébrique fe meut, ou quil fenbsp;meut avec une vitefle beaucoup plus petite:nbsp;6c par conféquent 3*. que ce Fluide eft plusnbsp;pefant que Ie Fluide éleftrique, ou quil a unenbsp;plus grande elafticité. Différences qui eq indiquent une grande entre les natures de cesnbsp;Fluides, 6c même entre les Loix felon les-»nbsp;quelles ils agiflent.
|I. rOdeur,
§. ai5. M. MusscHENBROEK cher^
qhe encore une différence, en ce que lAi-mant na aucunc' odeur, comme en, ont les Corps éleétrifés. Le Fluide nagit done pasnbsp;fur lorgane de lodorat, au contraire de cenbsp;que fait le Fluide éleéfcrique, dont la fingu-lière odeur eft connue de tout le fhondc. Jenbsp;ne doute pas que cette odeur ne foi't propre anbsp;ce Fluide: mais, quand on fuppoferoit quilnbsp;ne faut lattribuer quaux particules des Corpsnbsp;que ce Fluide entraine 6c potte avec foi, il
sen
-ocr page 454-4ia I- MEMOIR.E. P. I. S. VIII.
sen fuivroit néanmoins que Ie Fluide élpétri-que a la force demporter quelques paiticulesj force que Ie Fluide magnétique n'a pas, 8cnbsp;cela même indiqueroic une difference entrcnbsp;les Loix felon lesquelles ces Fluides agifTent.,
III. La Lumiere.
%. 216. M. MUSSCHENBROEK établit aicore cette différence, que Ie Fluide éieftri-que eft lumineux, êc que Ie Fluide magnétique ne left pas.
II. y a dércchef a eet égard une grande différence entre ces deux Fluides j elle fem-ble même être dautant plus grande quil eftnbsp;au moins très-vraifemblable par des Experiences faites tout récemment , que Ie Fluide elec-trique eft un vrai feu, puisquon revivifie parnbsp;fon moyen les chaux métalliques en métal,nbsp;tout comme au moyen du Phlogiftique ordinaire (a): or nous ne trouvons rien dans lAi-
mant
(a) [En écrivant eed javois en vue les Experiences de M. Ic Comte de nttir, inférées dans \t Journal dtnbsp;Pkyfique pour Jout 1774. T. IV. p. 146. p. 318. 319.nbsp;Mais les experiences de M. M. irisson amp; cadet,nbsp;qui fe trouvent dans les Memoires de lAcadémie poutnbsp;t77j. p. 243. m'obligent a changer de fentiment, pu'*'
qu'cb
-ocr page 455-Dei differences entre VEk^r. ö* t Ainants.
mant qui donne Ie moindre figne de lumière. Je fais bien quun Anonyme franqois a propofénbsp;Ie Feu comme la caufe du magnétisme j maisnbsp;dune facon, a ee quil me fcmble^ abfolu-ment imaginaire {h'). On ne fauroit nief,nbsp;j;, dit-il, que Ie Feu ne foit la eaufe de lat- traétion éleörriquej pourquoi ne Ie feroit-ilnbsp; pas ausfi de lattraébion magnétique? Oanbsp; na pas encore vu Ie Fer donner des étincel- les quand on en approche un Aimant, maisnbsp; qui oferoit aflarer quon ne Ie veri'a jamais?nbsp;Je ne fais fi je ne ferois pas aflez hardi pour ce-1*. Dailleurs, quand même on admettroicnbsp;cette hypothèfe, il sen fuivroit ccpcndant,nbsp;que la matièrc élcéliique sélance delle-mêmenbsp;en lumière, en feu, au lieu que la magnéti-que ne Ie fera que par de nouveaux , mo-yens (f). 11 y a done une grande differencenbsp;entre les deux Fluides,
IV. Des
quelles prouvent quen employant toutes les précautions posfibles, ü ne fe fait pas de pareille reduélion desnbsp;chaux métalliques par Ie coup foudroyant. Ces Experiences font ft dctaillées, fi variées, quelles portent leurnbsp;démonftration avec elles: elles font vöir de plus en quoinbsp;Terreur des autres a confifté. N. d. T. ]
¦ (O Ijttre au. R. P. J.', Journal des Savans 1753. P- ^^6, £dit. dAmfterdaiti.
(f) [CcHX quon a employés jusquici ont été fani
effet.
-ocr page 456-§. 417. M. mussgHbnbroèk propb^ fe encore cette difference, que les changemeas
gt;gt; ess
-ocr page 457-de tems, qiii influent fur les Phénomènes élec-» triques, nj^giflent pas de même fur les Ma»nbsp;gnétiques: qüe TÉleftricité eft foit alFoiblienbsp;par riiumidité, amp; que Ie Magqétisme ne lefl:nbsp;pas: que TElectricité périt par Ie frottementnbsp;de lhuile amp;c.
Ces. difFérences ne me paroilTent pas ausfi grandes que les précédentes. i. Tous lesnbsp;Corps, qui changent la force élearique fansnbsp;agir fur la force magnétique, iiidiquent feule-
,, exciter, felon mon opinion, la fortie abondante du ,, Fluidc magnétique, ou fon entree dans mes barrsauit,nbsp;,,je nai jamais pu y obfervcr Ie moindre atóme de lu-,,mière.''
M. Ie Comte de la cepède même, trouve a cèc égard une difference entre les deux Fluides: void com-me il sexprime fur ce fujet ( Effai fur lEleflf. T. 11. p.nbsp;41-) r? fi Ie Fluide magnétique peut jamais éclairer, ;ilnbsp;,,devra, ce me femble, être alors encore plus accumulénbsp;,,que]e Fluidc éleftrique ne left lorsquil rémplace lanbsp;jjUimière. Ne devons nous pas daprès cela Ie regardecnbsp;,, corame compofé de particulcs plus divifées encore quenbsp;,, celles qui forment Ie Fluide électrique, puisquil nenbsp;,, peut faire les toiiéfions de la lumière quen étant plusnbsp;,, accumulé que'Ie Fluide cleélrique na befoin de Fêtrenbsp;,, pour la repréfenter.; amp; par conféquent, puisquil.ati-,,roit befoin detre très-accurnulé pour produire les ef-j, fets que fait naitre Ie Fluide éleftrique , lors mêm*'
quil eft a pqne ramaffé ? N. d. T, j
-ocr page 458-4t($ ï- MÉMÖIliE. PA. S. VIIÏ.
ïnent, que plufieurs Corps agilTent fur lElec* tricité, amp;quil ny a qüe Ie Fer feul qui agitnbsp;fur 1Ainiant. Ils appartieniient done auxnbsp;Corps dont nous avons parlé dans la Tecondenbsp;Seftion, §. 8. feqqj
a°. Il ell certain que Ihumiditd affóiblit la force magnétique^ Cefl: ce qui pafoit parnbsp;les obfervations des plus anciens Philófophcs,nbsp;qui penfoient même que lAil lintdut privoitnbsp;lAimant de fes forces: mais, M. hanów (a)nbsp;a prouvé que cela dépend de lhumidité.
3°. Il eft prouvé par les' Expéricnces de
M. M. LE ROI 6c BLONDEAU amp; pal'IcS
miennes propres que les forces des bar-reaüx aimantés font fujettes a des changemens continued, fans quon fache jusqua préfent anbsp;quelle caufe il les faut attribuer principalement.nbsp;II ell füv que les forces des Aimans font affoi-bliesparla chaleur. (§. 98.).
Il fuit de tout deci, que ces différences, établics par M. M u s s c h e n b r o e k , nenbsp;font pas ausli grandes quelles Ie 'paroilToieutnbsp;dabord.
V. rp-
(a) EiioMterie Merkm.rdigkei en , p. 354. (i) [V. note o du 94. N. d, T. ]
-ocr page 459-Des differences entre PEh5lr. £s? VAimênt, 41^ V. VEleSlricité de VAimant.
§. ai8. Voici enfin la dernièrc difFéren-ce que M. musschenbroek trouve entre lAimant amp; lÉledricité: ceft que lAi-mant peut devenir éleörique, amp; quun Corps éle£trique ne fauroit devenir magnétique. Ennbsp;effet les experiences ont prouvé que les Ai-mans, mêrae ceux qui portent des poids,nbsp;peuvent être éleótrifés, amp; quils préfententnbsp;alors tous les Phénomènes ordinaires de lE-ledtricité. lAimant reqoit done une nouvelle force, quoique Ie Fluide magnétique continue de produire fur lui les effets ordinaires^nbsp;II reqoit done un nouveau Fluide, indepen-dant du Fluide magnétique j ou celui - ci revolt de nouvelles modifications, par lesquel-les il peut produire des effets éleétriques, linbsp;tant eft que les Fluides éleétrique Sc magnétique foyent Ie même, mais différemment mo-difié. Au contraire, les Corps éleétriques,nbsp;a moins quils ne foyent de Fer, ne peuventnbsp;produire aucun effet magnétique.
II en refulte done 1°. quau moins ces deux Fluides, Ie magnétique amp; réleélrique, agis-fent felon des Loix différentes. a. Quenbsp;leurs actions ou modifications nc font pas ve-TOjfE I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dd.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ci-
-ocr page 460- -ocr page 461-Obfervations générales Conchfion. 410
OBSERVATIONS GENiRALES ET CONCLUSION.
§. iig. Il pafoit fuffifamment prouvc par toutce que nous avons dit jusquici, que lesnbsp;Loix, felon lesquellés les Fluïdes éleótriqucnbsp;amp; magnétiquc agiflent, font totalement dif-férentes, èC mêmc, fi nous faifons attentionnbsp;a plufieurs Phénomènes que nous avons citésnbsp;cn dernier lieu, je ne craindrai pas de con-clure, que ces Phénomènes font totalementnbsp;différens.
Nous avons examiné les principaux Phénomènes de lattraétiön 5c de la répulllon, nous navons rien dit de la force dircétricc 6cnbsp;inclinatoire j 6c en effet lon fait que la forcenbsp;direétrice neft quun effet de la force attraélri-ce de la Terre: mais il y a plus, M. aepi-Nus (^J:) a lalt une Experience élégante qui
prou-
(«) Senno amp;c. 1. C. p. lól. [V. ausli §. 87. 89. 91, du Memoire c!e M. s r eic t khne r. J'ai ent qy'jj
1 nbsp;nbsp;nbsp;ro'it
4ao I. mÉmoire. P. \-'S. IX.
pTouve que des Corps éledtriques, préfentés a dautres Corps, fe dispofent dune certainenbsp;fagon.
V o I c I cette Expérience. Que la Bou-teille de Leide foit garnie a fa furface extérieure dun fil de métal , dabord horifontal, amp; enfuite plié perpendiculairement. Quonnbsp;pveiiiie un petit carreau éleólrique , garni anbsp;chaque fiirfacc dun court fil de métal. Quonnbsp;éleétrife ce carreau, Sc quon Ie fuspende anbsp;un fil de foye. Si on approche ce carreau denbsp;la Bouteille, il prendra différentes fituations,nbsp;felon quon lapproclie de telle ou telle parlienbsp;de la Bouteille, amp; ces fituations feront afleznbsp;femblabies a celles que prend une x'l.iguillcnbsp;magnétique, quon fait mouvoir autour dunnbsp;Aimant: II y a done une force direétricc pournbsp;lEleélricité {b).
lao.
Toit ütile dajouter une figure. A E F C D {Tig. 27.) eft la Bouteille; PA Ie crochet, chargé pofitivement: C N B Icnbsp;Fil, appliqiié a la doublure extérieure, amp; par confëquent,nbsp;négatif, i^eft Ie petit carreau éleftrique, «lont 1armiirerr-amp; Ie fil qui y eft applique font pofitifs; amp; la furface OU Tannure «r amp; Ie fil c» font negatifs, N. d. T.jnbsp;{h) [La raifon en eft palpable: la Tige PA de Ianbsp;bouteille attire Ie fil négatif »c p. ex. du carreau;nbsp;mais celui-Cl eft repoufle par Ie fil négatif NB de 1*
Bouteille, par conféquent, felon les différentes diftan-
ces.
-ocr page 463-Obfervations générales ^ Condufton., 4at
§. aao. Au reftc jai f:ulcment confideré les Analogies que foumiflent les Phénomè-nes, amp; non celles qnoii pourroit déduire desnbsp;différentes hypothèfcs. M. aepinus a em*nbsp;ployé Ie fyftèrae de M. franklin, tantnbsp;pour rEledtrické que pour Ie Magnétisme.-D autres Phyficiens en admettent dautres, pournbsp;Tune amp;C pour Tautre de ces forces. Je vais*nbsp;en dire un mot.
M. BRUG MA NS penfe, quil y a deux fortes de Fluide magnétique, un auftral, unnbsp;boreal j quils font confondus dans Ie Fer; amp;nbsp;que laétion daimanter confiftc a féparer cesnbsp;deux Fluides 1un de lautre {a).
Beaucoup dExpériences prouvent quil y .a deux fortes dEleétricité. M. wiL'nbsp;KE {h) amp; M. BERGMANN {c) penfent
quel-ces, ces deux forces coiitraires agiront plus ou moins obliquement, amp; obligeront Ie carreau a prendre difFé-rentcs fituations, tout comme en prendroit une Aiguillenbsp;magnétique c n autour de Ia quellc on feroit mouvoir unnbsp;Airaant, comme on fait tournet ici la Bouteille autournbsp;du carreau, fuspendu au fil de foye N. d. T. ]
(4) \_TMtam. de Mater. Magn. prop. ir. p. 79. feqq. N. d. T. ]
(.b') Mem. de 1'A(a;l. de Sue de, Tome XXVIII, p,
(f) Phil. Trans, Vol, LIV. p. 84.
quelles proviennent de deux Fluides éleétri-ques difFérens, amp; non comnie, Ie croit M. FRANKLIN, dc lexcès OU du défaut dunnbsp;feul amp; même Fluïde. M. wilke appliquenbsp;la même Théorie a 1 Aimant, §c pcnle,nbsp;comme M. brugmans, quil y a deux-Fluides magnétiques. II en conclut, quil ynbsp;a de la reflemblance entre les manicres dontnbsp;les forces éleêtriques amp; magnétiques fe com-muniquent.
Maïs, déja longtems avant M. M.
BRUGMANS amp; WILKE, M. EELES a-
voit trouvé des Théories pareilles tant pour rÉletStricité que pour Ie Magnétisme: il avoirnbsp;taché de les confirmer par des Expériencesnbsp;très-ingénieufes. II envoya des Ie commencement de 1756, ce qtiil avoit écrit fiir cet-te matière , a la fociété Royale de Londres:nbsp;mais ¦ il eft arrivé par malheur que cette piecenbsp;na paru quen 1771. {d). Je nai pas parlénbsp;de ces hypothèfcs, ni dautres femblables, par-ceque jai cru que les Phénomênes nous fuf-Elbient.
§. aai. Je penfe done, que lEleétricité
amp;
(«^) PhtUfopbied F.ffms, p, 47. feqq.
-ocr page 465-Obfervations générales éj Poncïujtm.
êc Ie Magnétisme font deux genres deforccs,-qui different totalement 1une de 1autre, 8c qui nont r^n de commun que cecij qucllesnbsp;attirent, amp; quelles répoiuTent totites deux desnbsp;Corps différens. Voici l«s raifons de mon fen-timent: en les expofant je fais une courtc recapitulation de tout ce que jai dit ci-deffus.
1°. Parceqiue Ie Fer eft Ie feul Corps' fur lequel TAimant agit, 8c que lEkélriciténbsp;agitiurun grand nombre de Corps. (§. 8.-§. i6.)
a°. Parceque la pulvérilittion, les fels, la vitrification nempêchent pas que Ie Fer ncnbsp;foit attiré par lAimant 5 au lieu quils modi-fient beaucoup les Corps éleélriques. (§. i6.-5. 41.)
3°. PARCEduiL ny a aucun Corps qui foit un vrai Condudeur du Fluide magnéti-que, au lieu quil y en a beaucoup qui Ie fontnbsp;du Fluide éleélrique. (§ 46. §. 68.)
4°. PARCEQ.UE, quand mêmc on fuppo-feroit que Ie Fer eft un Conduéteur du Fluide magnétique, il ne Ie conduiroit pas felon lesnbsp;mêmes Loix, felon lesquelles les Corps 'clec-triques conduifent Ie Fluide éleétrique, foitnbsp;que nous confidérions les caufes qui changentnbsp;laébion dun Conduétcur (§. yx. S- 79.)nbsp;foit que nous confidérions les effets de cette ac«
tion ($. 69 7a. § 79 -^ § 89.).
5°. Pa R c E ql ui l ny a dans le Magne-? tismc aucun Corps qui foit veritablcment lem-blabie auX'^Corps idioéledtriqucs. (§. 89.'
§. 100.).
6°. Pa R c E Q,ui I- iiy ^ aucun Phéno-. ipène du Magnétisme quon puifle comparernbsp;avec la Bouteille de Lcidej foit quon confirnbsp;4ère la grandeur de la force, ou la charge,nbsp;amp; la décharge (§. 105. §. laq.), fok quonnbsp;condère la fphère daétivité. (§. laq-g. 130*.)
7°. Parceque les Phénomènes de lat-traétion amp; de la répulfion font entiérement différens j foit que nous confidénons la grandeur' de lattraétion (§. 131.§. iqa.) ,foit quenbsp;nous fasfions attention a fa conftance (§,nbsp;Ï46. § 147-)) aux diftances aux quelles el-le agit (§. 14a. ¦ §. 146. ) , foit enfin a la ré-pulflon, dans laquelle il y a ccci de commun ,nbsp;que la répulfion peut être changée en attractnbsp;¦tion. (§. 147. §. 15a.)
8°. PARCEQ.UE le Magnétisme néprou-'Ve pas le moindre changement dans le Vuide, (§ i55- § 169.) au lieu que les Corpsnbsp;cleétriques y font changés, au moins accidentnbsp;tellement. (§. 169. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r8i.)
9°. PARC EauE les Loix, felon lesquelles les forces éleéiriques amp; magnétiques fe com-ftuniquent, font totalement différentes, foic
oa
qii
-ocr page 467-Obfervsitlons générales £5? Conclufton,
quon confidère la conftance de la force ma-giiétique (§, iB'i. '§ 187.) OU fa préfence fans avoir été excitéo p^i k frottementi foitnbsp;quon fafle attention a la manière dont Ie Fernbsp;Sc les Corps éleftriques doivent être frottesnbsp;pour acquerir la force foit magnétique, foitnbsp;élcdtrique (§. 191 §, I94-) 5 ou k pertenbsp;des forces, qui eft nulle dans lAimant, amp; quinbsp;sobferve dansTEleftricite (§. i87.r-§-190. )inbsp;foit enfin quon reflechifle a la manière dontnbsp;les poles, ou les forces contraires éleftriquesnbsp;Sc magnétiques fopt produites (§. 196. ¦nbsp;§.¦2.04.), placées (§. 205.) amp; changées (§.nbsp;ao6. §. 219.)3 Phénpinènes qui font tousnbsp;tres - différens.
10®, Pa Rc E QUE Ie Fluide éleètrique pos-^ fède quelques proprietés quon nobferve pasnbsp;dans Ie Fluide magnétique, comme lOdeurnbsp;(§r 4I5-)» Luraiere ( §. 216.) 3 ou qui synbsp;trouvent dans un degré infiniment moindre,nbsp;comme Ie fouffle Sc Ie fifflement. (§. 213,nbsp;§. '2.14.).
11°. Enfin, paree que lAimant peut être modifié par lÉleétricité amp; non celle-cinbsp;par lAimant (§. ai8.). Nous avoirs explknbsp;qué toutes ces différences au long dans Icnbsp;cours de ce Méraoire.
4'Zlt;5 I- MÉM® T RE. P. I. S. IX.
§. l'i'i. Je penfc done, quoique Ic con-fentement presque iinanime des Phyficiens ies plus éclairés me foit conti'ftire, que je ne fou-tiens pas lans raifon, ou du moins fans quel-q e apparence de raifon, que Ie Magnétismenbsp;amp; lÉicélricité font dèux genres de forces to-taienient différentes, qui nont presque riennbsp;de commun, amp; enrre lesquelles on ne fauroitnbsp;guères établir quelque Analogie vraiment ain-fi nommée.
Maïs, quoiquon ne puilTe faire aucunc coraparaifon entre ces Forces par rapport auxnbsp;effets quils produifent, aux proprietés quilsnbsp;pofledent, il ne sen fuit cependant pas quenbsp;TEledtricité ne change pas la grandeur desnbsp;Phénomènes magnétiques, c. a. d. quelle nanbsp;pas quelque influence fur Ie Magnétisme,nbsp;Nous tacherons dexaminer dans la fecondcnbsp;Partie sil y a a eet égard quelque Analogienbsp;entre Ie Magnétisme amp; rÉledricité.
Fin de la premiere Partie.
S E C © N-
-ocr page 469-4'i7
DE LINFLUENCE DE LÉLEC-TRICITÉ SUR LE MAGNÉTISME.
introduction.
§. aag. 3^a I déjadit que les Corps élec-triques, eil tant que tels, ne peuvent devenir magnétiques (§. aiS.)» que rAimant aunbsp;contraire devient éleftrique, amp; quil nen ex-erce pas moins les effets magnétiques, de forte quil poffède alors les deux forces a la fois.nbsp;Lors que nous parlons de Iinfluence de cesnbsp;deux forces, ce fera done principalement denbsp;Tinfluence de IEleftricite fur Ie Magnétismenbsp;quil faudra parlcr.
C E qui doit fur tout nous occuper dans 1examen de la Queftion, fi la force éleétri-que influe fur la magnétique, ceft, fi les ef-fets que 1Aimant produit aftuellement, ounbsp;quil a coutume de produire, font changes,nbsp;OU pour leur grandeur, ou pour leur nature,nbsp;lorsquon communique lEledricité a lAi-
mant,
-ocr page 470-mant, ou quon place celui-ci dans Iatmos-phere électnque. Ceft, fi je ne me trom-pe, le fens de la Queftion le plus fimple, 6c Ic plus étendu, 6c ceft dans ce fens que je ta-cherai de la refoudre- Pour le faire avec or-dre je diviferai en cinq Chapitres ce que jai anbsp;dire fur ce fujet. Jexaminerai i°. fi iAi-mant devient éleétrique, jusquou, 6c sil a-git fur la force éleélrique; je parlerai a°. ^enbsp;Iinfluence de lEleétricité fur les attraftionsnbsp;6c fur les repulfions magnetiques: 3°. de fonnbsp;iiifluence fur la force direélrice: 4°. de fonnbsp;influence fur Iinclinaifon; enfin 5. de fo*nbsp;influence fur la communication des forces.
CHAPITRE I.
§. Avant que de rechcrcher fi les forces magnétiqucs font augmentées ou dimi-nuées par lÉleétricité, il sagira dexaminer,nbsp;fi IAiraant peut recevoir la force électrique.nbsp;On trouvera certainement étrange que je pa-roiflc rcvoquer ce point en doute, puisque jai
déjadit (§. iiS.) que IAimant peut devenir
elec-
-ocr page 471-éleftrique. Mais, il y a qüelques expérien-ces qui pourroient nous en faire douter.
M. G RAY a trouvé quun Aimant armé, portant un clou, amp; éleclrifé, produifoit anbsp;peu pres les mêmes effets que dautres Corpsnbsp;éleótriques (a). lAbbé nollet a éiec-trifé un Aimant naturel amp; un Aimant artifl-ciel pendant dix heures de fuite, amp; ces Ai'nbsp;mans ont fourni fans interruption des écou-lemens éleftriques, amp; dautres fignes dElec-tricité (^). M. BLONDEAü a fouvent é-lectrifé des barreaux dacier bien aimantésjnbsp;pourquoi done douterons nous de ce Fait?nbsp;Les experiences deiVI. winkler Sc quel-ques autres nous y portent.
§. 11$. M. WINKLER dit (a) quMl na pu communiquer aucune force éledtrique anbsp;un morceau de Fer, qui avoit fervi longtemsnbsp;darmure a un Aimant naturel j quil nennbsp;avoit pu tircr aucune étincelle. Dans cettenbsp;experience on tenoit lAimant contre Ie Globe
OU
(a) P/ü!. Jranfr5l. N°. 417. Art. 5, Vol. XXXVII. ? 3i-
(^) Puchepches fur les Phénomèms lledriqucs, p. 338. Mams da l Acad. 1747. p. 3I.
(a) EsSAi/«r ïÉltêlricité. §. 85.
-ocr page 472-430
ou le Plateau de la Machine. Mais, du Fer aimanté doiinoit des étincelles a Tordinaire (é),nbsp;Jai fouvent rcpété cette expérience, rnais ellenbsp;eft contraire a la précédente amp; a celles quenbsp;M. BEONDEAU a fouvent fakes il y a peunbsp;dannées. Ce Phyficien a trouvé que Iaciernbsp;bien aimanté eft peu propre a tirer Ietincellcnbsp;éleétrique. II a promis de traiter ce fujet plusnbsp;en détail dans le fecond Volume des Memoires de r Académie de Marine : mais cet ouvra-ge na pas encore paru que je fache. De plus,nbsp;M. WILSON (c) seft fervi avec le plusnbsp;grand fucces de barreaux aimantés en guife denbsp;Conduéteurs, ou de tiges de la Bouteille denbsp;Lside. Enfin M. winkler (d) a trouvé , quun tres-petit Aimant nacquiert pas lanbsp;vertu éleébnque, fi on rapproche dun gl^cnbsp;ou dun Verre éleéfrifé i mais que le même,nbsp;foit nud, foit armé, ainfi quune armure ap-prochée du Conducteur de la machine, ac-quierent une telle force, que les étincelles quinbsp;en fortentj allument fur le champ les huiles es-fentielles.
§ aas*.
(b) nbsp;nbsp;nbsp;Ibid. §. 86.
(c) nbsp;nbsp;nbsp;Treatife af Eleélrichy p. up. fe'q.nbsp;Essai fur ÏEUélnóti. §. 87. 88.
Ée VÈleUricitê des Corps magnétiques. 431
S. '2.2.5*. nbsp;nbsp;nbsp;combien ces Expéi'ien*
C£s font contvadiöioires i mais les contradictions ne finiflent pas encore: car nous en trou-vons de pareilles en paffant dss Machines élec-triques aux Corps qui paroilTent doués dunc Eleftricité naturelle, jeveux dire aux Torpü-les 6c a Vjlnguille de Cayenne, quon fait ac-tuellement avec certitude ctre des Corps élec-triques , qui fournilTent même létincelle {a),nbsp;Ces poiflbns produifent, lorsquon les touche ,nbsp;une commotion lemblable a celle de la Bou-teille de Leide. Or, M. ba jon [V) a trou-vé quil ne fcntoit aucmte commotion en pré-,nbsp;lèntant a rAnguille de Cayenne un barreau denbsp;Fer bien aimante, au lieu quil 1éprouvoit ennbsp;la touchant immédiatement après avec une la-Bie dargent. Phénomène qui me paroit très-fingulier, puisque M. sGRAVESANDE anbsp;prouvé par fes expériences (lt;¦) quon éprouve
prin-
(a) [ Celt ce qui a cté proiivé cn détail pat les bel-ks expériences de M. walsb quon trouve dans lesP/5(-bf. Tranfail. Vol. LXIII. p. 4Ó1. Vol. LXIV. p. 46,-. Jeitritai dt V^f- Tf^fne IV. p. 205. Mem. de lAcad, de Bru-stelles, Tom Hf ? )¦ lHifioire. lEicpérience de rÉ,lec^nbsp;tricité met Ie fccau a toutes les autrcs.nbsp;i.i') Journ. de P/iyf Janv. 1774. p. 5*.nbsp;fc) ASl» Helretka, Tem 11» p. 33.
-ocr page 474-principalement Ie choc de lAnguille en Ia {ou-chant avec du Fer ou de; lAeief gt; amp; quil luit de celles de M. williamson (d)^ quenbsp;la commotion de lAnguille eft parfaitementnbsp;transmife par un barreau de Fer de douzenbsp;pieds. La Force magnctiquCj Ie feul Fluïdenbsp;magnétiqüe, changeroit ^ il done fi fortementnbsp;-Ie Fer a eet égard? Voila bien des contra-diétions, amp; des contradiftions bien grandes:nbsp;quen faudra-t-il penfer?
§. aa5**. Pour cé qui eft des expérien-ces ds M. WINKLER, il eft clair, en les fuppofant même au-deflus de tout doute,nbsp;quelles indiquent feulement, que'Ie Fer ai-manté reqoit Ie Fluide immédiatement dunbsp;Verre avec beaucoup plus de difficulté que dunbsp;Conduéieur de la Machinej ce qui, quel-quétrange quil put paroitre , nindiqueroitnbsp;cependant, felon les Expériences de M.nbsp;WINKLER lui -méme, aucune aftion particuliere entre lAimaiit 6c rÉlectricité , puis-que ce Phyficien a trouvé la même chofe pournbsp;la Viande, qui acquiert a peine rÉleclvicité
lors-
(d) Memoires de la Société de Haarlem. Tome XVII. Paf~ tie II. p. 103.
-ocr page 475-lorsquori la {5réfente au Vei'rè même: rrtais nne tres-forte, fi on rapproch'e du Conduc-*nbsp;téur. Ces experiences, confidérées de cettenbsp;facon, coruttie il Ie faut, ne noüs règafdcntnbsp;done pas dans k matière préi'ente.
¦ MAiSj il sen fiiut de beaucoup qüé Jkc* quiesce enrièrement a ces expcricncts dènbsp;M- WINKLER 5 car, je rie nlétonne pasnbsp;quil ait pu arrivd' que laile dune afmure aitnbsp;acquis difixcilement IElcdricite par communication, pareeque ces ailes font ordinairementnbsp;couvertes de rouillCj amp; què leFer roUille ac-quiert IEledcricitd plus difocilement que le Fcfnbsp;poli. *Quand 1armure neft pas rouülée, ellenbsp;acquiert IEleftficite atisfi bien que tout autrènbsp;Fer , comrae lexpérience me Ia appris 5 Sc onnbsp;auroit facilement pu ptevoif quil en doit êttenbsp;ainfi, puisque les armures féparées de 1Ai-mant Out a peine qtielques force magnetique,nbsp;êc quil ell certain que le Fer eft un des meil-foui-s Conducleursi ausfi M. nóllët a-t-il totijours employé pour Conducteurs desnbsp;barreaux de Fer lolide.
Cette Experience de M. aV inkle R ne pl'ouve done ricn J amp; il eft fur par cellesnbsp;de M. NOLLET, Sc dautres Fhyficicns, gcnbsp;par les mienues pi'optes, que i Aimartt peut
acquerir lac force eleCtrique.
^ TOME I. nbsp;nbsp;nbsp;E«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;§
§ 126- Maïs, que penferons nous de H contradiftion qui fc trouve entre les expéricffl'»nbsp;ces de M. M. winkler 6c wils ohnbsp;6c celles de M. blondeau? Les premiers affirrnent que Ie Fer aimante efttrès-bonnbsp;pour tirer des étincellcs, 6c Ie dernier fou-tient quil ny eft guères propre.
Javoue que javois dabord beaucoup de penchant a croire, quil sétoit rencontré,nbsp;dans Ie tems que M. blondeau a fait fesnbsp;expériences, quclque circonftance qui avoicnbsp;aflfoiblic lÉleétricité fans que ce Phyficien sennbsp;fut apperqu, 6c quainli il auroit pü attribuernbsp;eet affoiblifTement a la kme même dont il fenbsp;fervoi?. Mais cette conjecture eft détruite par-ceque cet habile Profefleur dit: quil e» ejtnbsp;ctïtain, 6c quil traitera cette matière plus ennbsp;détail par la fuite. Javoue done ne pas favoirnbsp;ce quil faut penfer fur ce fujet. En attendant jai fouvent médité la-delTus: je me fuisnbsp;dit que cet effet dépendoit, ou du Fer mê-ïiie, ou du, Fer aimanté, 6c jai confulté lex-périence.
Expbr. I. Jai pris un barreau de Fer pur, ou du moins qui nc pofledoit quunenbsp;force extrèmément petite gt; 6c un autre barreajinbsp;qui en pofledoit beaucoup. Ces deux bar-seaux étoient par fakement égaux, amp; égale-
-ocr page 477-Jje l' EleBricYté des Corps magnêtiques. 435^
hient durS. Jai trouvé qüils tiroicntdu Con» dudieur dss étincelles également grandest 8cnbsp;fans aucune difféfence queiconque, lorsquilsnbsp;ëtoient places i la mtrrie diltahce.
Ex; p É R. II. Jai pris ürl excitateul' ordi-ftairc de laiton. Jai tiré Ietincelle, amp; jal troiivé quelque difference': ce qui tieft pa*nbsp;ëtonnant, puisqüe rexckatevir étoit garni du-ne boule, amp; n'avok pas dungles corrime Ienbsp;barreau rriagnérique j amp; quc Ie cuivre ett uiinbsp;tneilleur Condiidtcur quc Ie Fer, comrae M.nbsp;1gt;Rtesti.EY la trouvé.
Expkr. III. Ja'i enfuite chargé la Boil-teille de Leide, amp; jai placé IEledlometre de manière quil déchat'geolt la Bouteille aprèsnbsp;trcnte revolutions du plateau.
E X p É R. IV. Jai dérechef chargé la Bouteille: jai placé Ie barfeau de Fer fur lElec-tromètre amp; -k k mênle diftance: la Bouteille fe déchargeoit après quarante revolutions dunbsp;plateau; ce qui neli pas étonnant a caufe desnbsp;raifons dounées ^i-deflus.
Ex PER. V. Jai pris Ie barreau aimantés Ijue jai place for rEleétrofnètrc, dela mêmcnbsp;ïiiauière 6c a la meme diftance. La Bouteillenbsp;-Cc déchargeoit après quarante rekolutioni du
430 I. MÉ MO I RE. P. II. C^. I.
ces Experiences, je conclurois volontiers fans héfiter, que le Per aimanté eft ausfi propre anbsp;river rccincelle que le Ferpuf- II vaudra ce-pendant mieux attendre les experiences ultc-lieures de Mr blondeau, avant que dcnbsp;prononcev avec trop dc hardiefle.
§. 127. Pas so NS enfin aux Experiences que nous avons dit avoir été faites fur IAn-guille cledlrique. Cette experience eft,je crois,nbsp;unique: mais flippofons quelle foit générale.nbsp;II sen fuivroit, que le Per aimanté diminucnbsp;Pi force éleclriquc de IAnguille, fie il femblcnbsp;en effet quil y ait quelque aétion particulierenbsp;entre ce poiflbn amp; IAimant. Les obfervatioiasnbsp;de M. SCHILLING (^a) paroiflent prou-ver cette opinion. Ce favant Medecin a trou-vé 1. que les Torpillcs, placées dans le voi-finage de IAimant, en font attirées, amp; y re-ftent enfin appliquéesj mais que la force denbsp;IAimant doit être proportionnée a la grandeur de la Torpille. a®. Que les Torpilles fenbsp;détachent avec peine de IAimant, quellesnbsp;font alors languiffantes, Sc quon les peut ma-
nief
(«) G. W. SCHILLING, Viatriie de Morbo in pene ignett, Jaws:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Trajj ad R/ienam,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
-ocr page 479-JDe rEleSiricité des Corps mügnitiques. Apspp
nier fans aucune incommodité. 3®. Que, lors-^ que la Torpille seft dctachée de TAiniant,nbsp;celui-ci paroit couvert de particules de Fcr,nbsp;tout comme lorsquon Ie plonge dans de lanbsp;limaille. 4. Que la Torpille qui languit re-couvre fes forces, quand on mêle de la liniail-le de Fer a leau dans laquelle elle iiage. Tout;nbsp;ceci indique réellement que la Torpille con-*.nbsp;tient du Fer, qui eft attiré par lAimant:nbsp;quelle saffoiblit alors: maisilne senfuitpas,nbsp;quoique la commotion de la Torpille foit réel-Icment électrique, que rÉlcftricité nefl pasnbsp;conduite par ie Fer aimantc, ou quelle eftnbsp;afFoiblie par Ie Magnétisme. Nous penfonsnbsp;done, quon ne fauroit tirer cette conclufionnbsp;des Experiences de M. M. bajon 6^nbsp;schilling: mais nous penfons en mêmcnbsp;tems, quil ell fort probable, en vertu dè cesnbsp;Experiences, quil y a entre la Torpille Scnbsp;lAimant une alïinité particuliere, qui neflrnbsp;pas encore fuffifamment comnue ( ^.
§. aaS.
(i) [ Jai,rapporté les Expériences de M.scHimNs exaftement comme elks fe trouvent dans fon ouvrage,nbsp;je ne doutois pas de leut certitude: cependant il seftnbsp;trouvé que ces mêmes expériences, rcpetées en Europenbsp;par éhabiles Phyficiens, nont pas eu Ie mêrae fuccès
qtie»e
q.ncntre les roaias de M- schiii-ing. C eft aux foia? de M. HAHN, ceièbre lrofcfl'eur de Mededne a Leide^'nbsp;^uon eft redévable des éclairciffeiTiens acquis fur Cettenbsp;matière. Cet habile'Medecin amp; Phyficien avoit déj-a cn-trevu dans les experiences de M. schiccing des cir-Conftances, Qiti Ie faifoient douter, non des faits, maisnbsp;des conféquenees. déd'.lires de ces faits, amp; qui lenga-geoient a penfer que les Phénomènes obfervés par M.nbsp;SCHILLING fiir IWiiguilIe de Suriname, (car ceft a cenbsp;Poiflbn feu! quil faiit relireindre ici la denomination générale de Torpillc)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;être dus aux effets
lt;iu Poiflbn irrité, enfuite a fon epuifetnent naturel; au iable magtiétique que les fleuves de PAmértque cliaricnr,nbsp;amp; dont la peau gluante de 1Anguille pouroit être abon-damment' couverte , ' amp; qui de fait fe trouvoit enfuitenbsp;adhérer i PAimant ; enfin a la reftauration des forces denbsp;PAnguille, par Ie 'teras, par Ie repos ,pcut-étre par Pu-fage de lalirniillé. Telles étoient les conjedtures liien naturelles du favant Profefleiir; amp; peur-être sy feroit-ünbsp;term, fi fes doutes amp; fa cöriofité navoient été reveil-J'ées par'unc lettre de M. schilling qui lui marquoit 9nbsp;que les Expérienees fur Ie Magnétisme de PAnguille font'nbsp;coiiftantcs, 8c qu'il cfpéroit den dédutre dés chofes utiles. .nbsp;Vóyei fi'ir tout ceci la favante Préface que M. hakn anbsp;mife a la Tetc du Livre de M. schilling , intitule dinbsp;CQmmentationet ^ Leidiie 1778. 8'. M. HAh'n invifa lesnbsp;Eavaris' a faire des Expérienees fur ce fujet, furtout dansnbsp;rin teras oü Pon parloit beaucoup 'de guerifoiis magné-iiques; rcmède auquel M. hahn ne croit pas, quoiqu'i'l
-ocr page 481-nacne vcuiUe pas entièrement nier Iinfiucnce de la force Riagnétique univerfelle fur Ie Corps tiumain. Cette invitation engagea M. ingenhousz, qui fe trouvoit anbsp;Londres, a faire les experiences néceffaires fur lAnguillcnbsp;éleörique qui ctoit alors dans cette Ville, amp; il saffocianbsp;pour ce£ elFet M. beërenbroek, Dodleur en Mede-cine. II fit a M. hahn dans fa leltre du iz de, Juinnbsp;1778. Ie rapport fuivant de fes Experiences, ,,.Etantnbsp;,,pourvus de forts barreaux inagnétiques amp; de BoulTo-,,Ies, nous avons repeté les Experiences de M. sentt-LiNC avec toute 1attcntion posfible, mais nous na-
,, vans en auciin fuccès.
LAiguille aimantée ne
fut aucunement agitde a f entour du Vafe dans lequel ,,fe trouvoit Ie Poiiion, ni dans ce vafe, pas méme a,nbsp;j, la diftance dun ponce de TAnguille, Celle-ci étoitnbsp;,, ausfi infenfible a un fort barreau airaanté qua uncnbsp;9, lame de métal quekonque; eile iicn étoit nuUementnbsp;59 agitée, mais fe comportoit comme avec dauircs mé-jjtaux. Elle perdoit fi peu de fa force éleétrique quandnbsp;on pla^oit deux ou trois forts Aimans au deflbus del-j,le, quelie donnoit de fortes commotions 4 ceux quLnbsp; tenoient les deux mains dans leau au-deflus de ces La-
,, mes. - Je nai pas negligé de parlcr fur ce fujet;
,, a M. WAI-SH, qui a tout mis en oeuvre pour exa- miner fans préjugé les pretentions de M. schil-: il ma prié de vous afl'urer de la haute confi. ,5deration quil a pour vous, amp; de vous imrquer avec,.nbsp;t, certitude pleinière en fon nom, que Ie prétendu ma-
44P.
,, gnetisrae de I'AnguUle tremhUnte na pas la moindve ,, VraifemblaDce.quot; Void les réfiexions que M. hahn a-faites fur cette kttre. ,, Le temoigHage de M. ingen-,,Housz, joint i cekii de IiSIiiftre M. walsh Sc dunbsp;si Dr. EEEiiENEROEK, 116 laiffc gueres de donte quenbsp;,,M. SCHILLING' iiait été trompé dans fes expériencesnbsp;5, par quelque ciiconftance: peut-être par le fable ma-nbsp;ssgnetiqoe, dans leqiicl les Anguilles fe vantrent,nbsp;ssdont leur peau peut quelquefois etfC' couverte, ainfi;nbsp;5, que je Iai- conjedure dans ma Preface du traité de,-5, i.* tïfre. II eonviendra cependant dattendre les éclair-:nbsp;siciliëmens ultérieurs de M. schilling a Paramaribo,nbsp;,, avaht que de .pqrter un jugement décilif fur tout' cc-vnbsp;ssd. Jai cru devoir faire'une mention ,détailiée deeds Expériences pour prevenir les erreurr dans les.nbsp;quelles eelles que jai alleguces'dans le Texte pourroien(nbsp;induiref Tout eet article eft tiré dun Journal HoUanéis.nbsp;intitulé Genees- en- Natuurkundig Jaarboeken. Tome I. Parr,.nbsp;II. p. 142.
¦ Les Expériences de M. ingenhous.z viennent detre coniirmées par celles que lAbbé spalanz ani a fai-, tes fur les Torpillee de la Mer-Méditerranée , amp; dontnbsp;il a coniigné les réfultats dans une lettre 'inprimée dansnbsp;les opuscolt fcelti. Vol. VI. partie 2. Voici Ia tradudioi»nbsp;de ce qui concerne les ohfervations du celèbre Abbé furnbsp;le iVIagnctisme'de la Torpille; je la.dois aux foins obli-.nbsp;geans de M. senebier, qui men a fait part. :
,,Je me tms'ftrvi, dit le celèbre Naturalifte, duH ji-^imant, qui portoit cinq livres Sc demie, 8c dun
,, autre
-ocr page 483-a, autre qui portoit tteize livres: j-employois Ic premier si pour une Torpille da poids de vingt-trois onces, amp; lenbsp;,,fecond pour une Torpille du poids de cinquante deuxnbsp;,, onces. Je ne puis exprtmer en combien de maniercsnbsp;,,jai tenté amp; repeté les Experiences, foit en appro-'nbsp;,, chant trés-prés IAimant des Torpilles pageant furnbsp;sslEau, ou hors de IEau, oil en les tenant fuspenducsnbsp;,, en IAir par de petites cordes avec les Aimans, denbsp;,,manicre que les Torpilles étoient ausli proches quilnbsp;5,etoit posfible des Aimans, amp; quelles devoient fe tou-cher dabord sil y avoir eu la moindre attradlion;nbsp;,, foit en mettant les Torpilles en contadl immédiat avecnbsp;j,]es Aimans; foit en obfervant de placer les Aimansnbsp;j,vers les parties du poilTon, ou la fecouffe communi--,,quéc eft la plus forte [fav. vers le milieu dudos];
foit en faifant ces Experiences fur les Torpilles les ,,plus vives, comme fur celles qui languiftbient, Sc quinbsp;,, alloient mourir ; inais je puis dire avec la plus grandenbsp;,,candeur, que je ne me fuis jamais apper^n non feu-5, lement que les Torpilles fuffent attirées par rAimant,nbsp;5,mais même je n'ai jamais vu quelles sen approcha»-,,fent en aucune manicre ,, ni quelles donnaffent lenbsp;5, moindre figne qui annongat quelles fuffent ou agitéesnbsp;,,ou remuées par la préfence de IAimant: I'attouche-5, ment de IAimant fur fa Torpille ny produifoit pasnbsp;,,plus deffet que celui d'un mofeeau de bois, amp; il nenbsp;,, falloic pas pins de force pour enlcver IAimant quenbsp;eelle qui ctoit necelTairc pour vaincre la réliftance pto-
dui-
44^^ Ir MÉ MO IR E. P. II. Ck. I,
lés aux éleöriques, diminueroient la force de i^eux-c}. Je ne connois dautres Experiencesnbsp;fur ce fujet que celles de M. wiNkler (lt;?),nbsp;lesquelles fe reduifent a ceci: quun Aimantnbsp;ifolé, placé prés du plateau ou du globe de la
Ma-j, duite par fon poids. Quoique jexaminaffe les Tor-srpilles touchées par 1Aimant, foit a loeil nud, foit jjavec des verres, je nai pas reraarqué la plus petitenbsp; parcelle de Fer: doü il rcfiike que mes experiencesnbsp;,, contredifent celles du trés - eélèbre Medecin dUtrechtnbsp;,,[M. schilling]. Dois-iedonc les nier, en leanbsp;,,faifant regarder comme louvrage de limagination, ounbsp;,, comme de pures vifions} je nirai pas li loin : jenbsp;,,prieiai plutot ce .favant Hollandois de me permettre lanbsp;},fuspenfion de ma croyance pour fes expérienccs, jus-,,qua ce quellcs foyqnt miles Uors de doute par quelquönbsp;jjPhilofophe impartial.
Ces experiences de M. spalan zani , jointes a celles des Phyiicicns de Londres dont nous avons parlé, fontnbsp;bien propres, ce me femble, a fixer les idéés fur ce fujet. Je remarquerai encore, a l'occafion de lepaifemencnbsp;que M. SCHILLING a obfcrvé dans les Torpilles quinbsp;avoient éprouvé lacfion de lAimant, que M. spalan-ï A NI a trouvé, que eet Animal perd pen a pen la fa-culté de communiquer ia fecou'ffe, ï force den fairenbsp;part; que lorsque Ie poiflbn eft tiré de leau, amp; quilnbsp;eft fur Ie point de mourir, on ne fent pas de coupsnbsp;furs amp; détachés, mais une fuite de trés - petits coups: ijnbsp;a compté trois - cent - feize fecoulfes en fept minutes.
¦ Toutes les fecoulfes fmilTent un peu avantfa vie. N. d. T.j
i») Kjj'at fur l'Éleótricité. §. 89.
-ocr page 485-PBleUrkité dies Corps magnit'iquts. 44.^
Machine, diminue rÉle£ti-icit6, tant pendant quon tourne Ie plateau, que quelque peu danbsp;tems aprcs. La premiere fois ce Phyficien anbsp;éleftrifé Ie même jour (a ce quil femble)nbsp;dabord fans avoir approché lAimant, enfui-,nbsp;te immédiatement après lavoir approché j Scnbsp;il a trouvé alors ^un affoibliffcrnent de force»nbsp;éleétriques fenfible. Lautre fois il a daboi#nbsp;pxamiité k force -du globe quil trouva trés-grande: ce ne fut que Ie lendemain quil ea.nbsp;approcha un Aimant, amp; il trouva que lÈlec-tricité étoit alors beaucoup plus foible. Im-médiateraent après il employa un autre globenbsp;amp; il en trouva FÉledtricité forte. Enfin Icnbsp;Verre qui ferobioit affoibli par Fadtion de FAi-_nbsp;mant, avoit recotivré fa force au bout de queknbsp;ques jours.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^
§. aap. Jav o u n que ces Expériences mé« fitent beaucoup dattention ; quil y a dunnbsp;coté des raifons qui ppurroient faire naitrenbsp;quelques doutesj mais que de lautre, lhabi-. .nbsp;lite reconnue de leur Auteur, Sc quelquesnbsp;circonftances mêmes de ces Expériences cmpê-chent détablir avec certitude, que eet affoi-bliflement neftpas du a 1aétion de F Aimant,nbsp;jnais a des circonftairces étrangèrcs, qui fe ren-^ontrent toujouis dans les Expériences éledri-
ques. Ce qui me feroit douter, ceft eet afFoi-bliffement quon dit avoir lieu encore quclquc terns après que lExpérience eft achevée. Car,nbsp;lEleftricité excitée dans Ie Verre depend,nbsp;OU dun Fluide, qui refide natureilement dansnbsp;Ie Verre, ou dun Fluide qui vient de dehors:nbsp;fi la premiere alternative a lieu, il faudra étagt;nbsp;l^ir que IAimant diminue la quantité naturelle du Fluide, amp; que celle-ci revient enfuitenbsp;dans le Verre, qui recouvre fes premieres forces: mais, dou vient-ii? Si ceft le fecondnbsp;cas qui a lieu, IAimant devroit acquerir Scnbsp;xecevoir la quantité de Fluide qui entreroit fansnbsp;cela dans le Verre, Sc Ten detoumer: mais ennbsp;ce cas ne devroit-il pas ctre rendu fort éleélri-que lui-même : Sc doii viendroit alors cet af-foibliflement qui refle après lexpérience ? Enrnbsp;fill il ces experiences font au - deffus de toutnbsp;doute, comment fe pourroit-il que lAbbénbsp;NOLLET neut trouve aucun affoiblilTementnbsp;dÉleclricité après avoir éleélrifé des Aimansnbsp;pendant dix heures? Je ne puis done quenbsp;teller en doute, Sc je pencherois a croire quilnbsp;s'cfl mélé ici quclques circonftances étrangè-res. M. WINKLER lui - merric ajoute avecnbsp;tine modeftie digne diyi vrai Philofophe:nbsp;J-, Jai rapporté ce que jai vu: mais je nexi-j5 ge pas quon en tire des conclufions géné-»
-ocr page 487-§. 230. Cest ainll queje raifonnois. Jc nai cependant pas negligé les ExpérienceS-:nbsp;je les ai fouvent repetées de la manière lui-vante.
ExpÉr. VI- Jai placé rEleéirromètrc i-une telle diftance du Conduóleur, quen nemployant aucun Aimant, il nen fortit pasnbsp;détincelles continues, mais feulement avec interruption , de forte quon pouvoit compter Icnbsp;nombre dctincelles quifortoient du Conducteur pendant un certain nombre de revolutions du plateau.
ExpÉr. VII. J ai enfuite fuspendu a ua fil de foye 6c trés-prés du plateau une laifienbsp;dacier pur, non aimanté, amp; que je favoisnbsp;ctre parfaitement ifolé. Jai dérechcf compténbsp;Ie nombre des étincelles: amp; je lai trouvcnbsp;quelquefois ausll grand, quelquefois plus petitnbsp;que dans Ie cas précédent: ordinau-ement plusnbsp;petit.
ExpÉr. VIII. Enfin jai fijspendu de la même manière un barreau bien aimanté,nbsp;jen ai agi de même; je nai trouvc aucuncnbsp;difference dans la vivacité des étincelles.
i- MÉ MOIRÉ. P. 11. CL 1.
-anais leur riombre a quelquefois été plus grand amp; quelquefois plus petit quc dans Tcxpérien-te précédente. Cetre inégalité me paroit dé-pcndre de ce quil sécliappe toujours un peünbsp;lt;ie Fluid*, tantat plus, tantot moins^ felorinbsp;h. diveffe pölition des angles.
§. 13i. Ces Experiences auroient pü tc: mais il ma feroblé quc je devois procé-der encore dunc autre rnanière: jai done faitnbsp;les Experiences fuivantes.
Ex PÉR. IX. Jai établi au moyeri dune chaine une Comnlunication entre la Bouteille,nbsp;Ie Condufteufj amp; lEleflrromètre. Jai comp-té combien de revolutions du plateau il fal-loit pour décharger la Bouteille, lElectromê-tre étaiit a une certaine diftance du Conducteur. Et Gomme je favöis que ce nombre neftnbsp;pas toujours Icmêmej jai repeté rExpérien-Ce trois óu quatre fóis.
ExpÉr. X. Jai enfuite repeté 1Expé-tience j rnais avee cette difference que javois fuspendü prés du Conduéteur uni Èarreau dcnbsp;Fer bien ainianté. Le nombre des revolution?nbsp;(du plateau néceffaifes pour décharger la Bouteille, a du être'ausfï grand, amp; quelquefoi?nbsp;igt;lus grand que dans TExpériencé précédente.
Èixp^Ri XI.- Jai ernployé ertfukc unbare
Se l'Eleamp;rkité des Corps ntagnéti^aes~i 447
rcau fortemcnt aimanté. Le nombre de fe* volutiöüs a dü être quelquefois ausll grand,nbsp;quelquefois plus petit, quelquefois plus grandnbsp;que dans lExpériencc précédente. Et mêmcnbsp;cn repetant plufieurs fois ces deux Experiences alternativement, jai trouvé de grandes differences dans ces nombres.
IL paroit done que IAimant na aucune influence pour augmenter ou pour dirainucrnbsp;rÉlectricité: 8c, fi Ton joint mes Experiences a celles de M. nol let, Sc quon faitnbsp;cn meme tems attention a ce que nous avonsnbsp;dit de celles de M. w i n k l e r , on trouve-ra, a ce que je penfe, que celles -ci doiventnbsp;leur origine, non a laftion de TAimant,nbsp;mais a quelques circonllances étrangcres.
J E conclus done de tout ceci, amp; ce mc fcmble avec raifon, quil eft au moins probablenbsp;que le Magnétisme na aucune influence furnbsp;rÉleétricité. {a).
(*) [M. hsmmer appiouve cette Gondufion. N. d. T. ]
-ocr page 490-145 I. MÉ MO IRE. P. II. Ch. Ill
C H A P I T R E IL jye VAttraSlion.
Igl. On den\ande ü IEledfcricite aug** tnente ou diminue les forces attraamp;ices desnbsp;Aimans ?
Les Phydcieils ont fait peu dExpérienCeS Ilir ce fujet, amp; celles qüe je cönnois font dia-métralement oppofces les tines aüx autreS. Oilnbsp;examine ordinairement la force de lAttraftioflinbsp;de trois manières. i°. Par Ie poids quurt Ai-mant porte: a. par Iadtion de lAimant liirnbsp;une Aiguille de Bouffole: 3°. enfin par Ienbsp;nombre dofcillations que fait une Aiguille dé-tournée de fon Méridien fous un certain angle. Jexaminerai ces trois manières.
I. Dn Poids q^u'un Aimant foutient.
§. as3. Je ne connois dautres Expérien-ces fur cette matière que celles de M. M.
NOELET, WILSON 6C BLONDEAU.
M. NOLLET (.lt;?) a éleètrifé pendant dis
heu-
(«) TSccherches fur Us Vhén, ÉUHr. p. 337. Mm. 1747. p. 32.
-ocr page 491-44«J
De l'TittraSiien.
ïieures de fliire deux Ainians, Tiin naturel j lautre artificiel: Ie premier portoit quatre li-vres fix oncesj dix gros: lautre dix onces Scnbsp;dix fept gros. II a trouvé que les forces ctoientnbsp;les mêmes, après que eeS Aimans avoicnt éténbsp;cledtrifésj quauparavant: doü il a conclu,nbsp;Sc ajuftc titrc, que les forces des Aimans nenbsp;font rii augmentées ni diminuées par les écou-lemens éleclriques qüon dirige fur eux: M,nbsp;WILSON {h) a tro'uvé la même chofe en ap-pliquant pendant vingt minutes au Conducenbsp;teur des Aimans: amp; même en faifant palTernbsp;plufieurs commotions a travers ces Aimans,nbsp;Qui fe refuferoic a ces Experiences ? Confi-dérons celles de M. blondeau.
C E Phyficien a trouvé Ie 19 Juillet 1773 {c) quun i^imant en forrae de Fer a chcval, por-^nbsp;tant 4 livres amp; 11 gros, portoit ctant éledt'ri*nbsp;fc quatre livres Sc dcmie, Sc aa gros y oü quCi-lattraStion étoit augmcntée dune demi-livre.
L E 15 du mèmc raois un Aimant artificiel . compofé de plufieurs lames, portoit cinq livres Sc neuf ou dix onces: ékclrifé foiblementnbsp;gt;1 portoit deux livres deux onces de plus.
§ -^34^
(l/) [Treatife of Eleóirkity. p. 220. N. cl. T.] (c) Mem. de lAead. 4t Marine. Jofne I. p. 434,
§. 134. On voit combien ces Experiences font contiuires aux précédentes. Javoue qnrnbsp;Pexces que M. blonbeatj a trouve dansnbsp;la force des Aimans éleftrifés eft ft grand,'nbsp;quil rend ces experiences peu croyables: amp;-dies me paroiflent dautant plus doutcufes, quènbsp;ée Phyficien ajoute avoir fait dautres eflais,nbsp;ïïiais fans fucces, pareeque ces Experiences-font trcs-difficiles. Jen fuis fur pour Iavoirnbsp;cprouvé moi-mcme. Mais, quand routes lesnbsp;Expériencés de M. buondeau saccorde-foient parfaitement, ¦amp; prefenteroient le mé-me rdftiltat pour les Aimans éleftrifés, on nennbsp;pourroit pas legitimement conclure que li\i-Riant éledhilé foutient un plus grand poids:nbsp;trar*il leur manque une circonftance effentielle :nbsp;IVI. BLONDE Au aui'oit du faire voir non'nbsp;Ifeulemenr que 1Ainaant cledtrifé foutient unnbsp;plus grand poids, mais encore quil perd cecnbsp;execs quand on ceffe deleftrifcr: or eeft unquot;nbsp;point que ce Phyficien a paffe fous filence.nbsp;Car, fi TAimant ne laiffe pas tomber le poidsnbsp;cn queftion, apres que rÉledtricité a ceffé,nbsp;cet exces ne dependra pas de FEledtricite mc-me: a moins quon ne voulut fourenir quenbsp;l-Aimant a acquis' par cette Eledlrricite une-augmentation de force qui continue, quoiqurnbsp;le Fluide éledlrique fqui le eaufoit] fe fc«e
reti-*
-ocr page 493-45*
De TJttration.
fCtiré : affcitloh qui neft , ce me femblc, ap-piiyée fiir aucune preuve. Je penfe done ppuf dii faiCons, qué les Experiences de M. blonde Au né prouvent rien.
'2-35- On dira peut-être fi Ie fuccès dff ces Experiences eft certain, amp; sil ne dependnbsp;pas de lÉleöiricité, quelle daufe lui asfignera-t-bn done? Je'penfe quil depend de plu-(Teufs circonftances.
1°. Quand on a fuspendu un grand poidsa iMimant, il tombe fouvent, amp; Ie nouveacnbsp;pbids quon y peut fuspendrc n'eft pas toujoursnbsp;Ié même y il eft quélquefois plus grand 3 fbu-vÊ'nt, éc méme d'ordinaire plus petit, Sc ilnbsp;diminue beaücoup sil tombe fouvent. Or jai'nbsp;trouvé dans Ie cours des Expérienccs que jainbsp;faites fur cc fujet pendant deux ans, que cesnbsp;differences montent quelquefbis a June demi-liv.rc, a unê livfe, 6c même a une livre 6c (ie-mie.
a'*- D È s que Ie poids eft attaché a IAi-maitt, les. forces de celui-ci aügnientent, dc forte quil peut Ibütehiir peu aprês un poidsnbsp;bfeaucóüp plus grand 3 ce qui arrive furtout i.nbsp;fi*rón füSpend Ie poids paV parties, quoiquil fcnbsp;paffe quelque -tenas entre les différentes partiesnbsp;quon ajoute fuccesfivement. 2.. Si Ic plu#.
F f a nbsp;nbsp;nbsp;grand
-ocr page 494-45a. I. mÉmoire. P. II. Ch. II.
grand poids quon peut fuspendre a rAimanc a été auparavant beaucoup diminué de la ma-ïiicre que je viens dindiquer; enfin, lAimantnbsp;accroit en force par la cautume (a) ^ commenbsp;Tious Tavon? déja dit dans la premiere partisnbsp;de cc Mémoire, Se6t. VI. Chap. I. (§. 161.nbsp;note c).
Telles font, ce me femble, les caulès de raugmentation que M. blondeau anbsp;trouvee. Linconftancc méme de cette augmentation prouve quelle ne depend pas denbsp;rÉleftricité entant que telle. Au refte M.nbsp;BLONDEAU dit avoir inventé un autre in-flrument pour pouvoir faire ces Expériencesnbsp;avec plus dexaótitimde; mais eet inftrument.nbsp;neft pas encore décrit que je fache.
§. 2.36. Ces Expériences lont, a cc quil me femble, extrèmément difficiles. Jai faitnbsp;quelques efiais: 1°. lur lattraétion en con-taéf: a°. fiir Fattradtion a quelqüe diftance,.nbsp;Je me fuis fervi pour eet effet dun appareilnbsp;femblable a celui de la foixante-fixième Expé-rience, de la premiere partie de ce Mémoire
(«) Voyez entre autres ka zin Defer, iks Coxram gatoquit. p. 33. 34.
-ocr page 495-45S
(§. 133.) mais plus parfait, amp; plus mobile. Jai employe, au lieu dune Aiguille de cuivrenbsp;Unc latte de bois très-lcgère [fuspendue. denbsp;champ] a Tune des extrémités de laquelle eftnbsp;attaché urv fil ordiriaire, ou, viti fil de laitonnbsp;tres - ruitice, au quel on fuspend le Corps quilnbsp;sagit dexaminer. A Iautre extrémité il y anbsp;un cheveu, qui pafte fur un cilindre de Verre, amp; auquel ou fuspeud le contrepoLds né-celliiire pour réquilibre. Le tout eft renfer-mé dans ime bofte de bois couverte duuqnbsp;glace: cette boite eft fqrmée de tous cotes: ilnbsp;ny a que deux fentes douveites, par les^nbsp;quclles pafient le fil de laiton. Sc le cheveu,nbsp;En voila afTez de mon appareil.
ExpÉ R. XII. Jai fuspendu au fil. de laiton une boule de Fer. Jai placé au coté ê? en contafl: im barreau aimauté ifolé. Jai examine quel poids il fivlloit pour detacher la boule de IAimant, amp; jai repété cet examen deuxnbsp;ou trois fois. Jai joint au batreau ifolé unenbsp;chaine de cuivre pour y conduire ILleftricite:nbsp;jai éleÖrrifc, amp; je nai trouvé aucune difference. Laccroiftement amp; Iaffbibliftement, quinbsp;paroiftbient quelquefbis avoir lieu ,,tomboientnbsp;entre les limites des poids qui avoient été né-eeffiires pour arracher Ianneau du baiTeautnbsp;^ ^ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nen
-ocr page 496-4,54 I- mzmoire. P. IL Ck. II.
not! éleftrifé^ eii faifant rexperience a divcr^ ¦fes reprifes.^
§* 137. Lappareil drtiit je me fuis (eryi pour les Expériences faites a line cerrainenbsp;diftance eli le rnême 5 mais albrs jc plage -ciurenbsp;le barreau aifflanté amp; la bouk une lame denbsp;Vérre) pour que les écoulémens éleftj-iquesnbsp;nc paryiennent pas a la boule: car, co.mmènbsp;cèlle-ci eft tres-mobile, elk feroit mife ennbsp;mouvement par ces écoukmens, ce qui trou-bkrqit k fticces de Texperience; ft la bouknbsp;h'étóit pas ifolce il y auroit attradlion; ft elknbsp;'1étoir, répulfion: dans le premier cas, Iat-tradtion magnétique paroitroit augmentée, amp;nbsp;dat)S Iautr'e diminuee, quoique cette augmentation amp; cette diminution ne dcvroicnt pasnbsp;Ctre attvibuees a une augmentation ou a unenbsp;diminution de forces magnétiquesj ausft mar-rive-til dinterpofer non feukment une lamenbsp;de Verre i mais den employer deux ou trois.
Ex PER. XIII. Jai fouvent fait des Experiences felon la méthode que je viens de dé-crire 6c jai trouvé qua la mêmediftance, il faut le même contrepoids, que IAimant foit^nbsp;éleétrifc ou non, 6c même lorsque je déchar-^eois une Bouteille de Leide a travers tin bar-
reatt
-ocr page 497-45S
Tie VAttraSiion.
fcau aimanté. Dc plus quoique k mpindr? augmentation dc force fut enétat de faire aprnbsp;procher k boule de VAimant, elle ne sen .eilnbsp;dependant jamais approchee pendant quonnbsp;cleflrrifoit cet Airaanc.
. J E conclurois done, quil ny a a cet égard }iucune induence de lÉlcétricitc fur le Magnétisme: au moins cek efl-il tres - vraifera-bkble (iz).
§. agS. Passons a laétion de 1Aimant fur les Aiguilles. On fait quon peut examiner la force dun Aimant au moyen de Tanglenbsp;fous lequel il détourne une Aiguille du Méri-
(a) [M. HEMMER admet que IattraAipn de IAi-feant neft pas augmentée par lÉleAricité , mais il pen-fc que, fi nous poavions faire dés expériences alTez dé. iicates, nous trouverions toujom, en éleétrifant forte-ment, une diminution de la force attraélricc dans IAirnbsp;inant: ,»car, dit-il, comme IEleamp;icitd dilate lesnbsp;J» Corps, Iattradion de leurt parties entrellcs amp; con-féquemment-Tadhéfion du Huide magnétique a cesnbsp;»gt; parties, feront aftoiblies: ce Fluide fe dilatera donenbsp;M davaniagc vers la panic épuiféc de 1Aimant, réqui.nbsp;jAibre en fera moins trouble, amp; par confequent I'Ai- mant deviendra plus foible.quot; N. d. T, J
^^6 I. MÉ MOIRE. P. II. Ci. II.
dien , 6c que cette force eft dautant plus grande que cet angle eft plus grand: enfinnbsp;que cette force eft comme la Tangente dcnbsp;1angle de déyiation loi'sque IAitnant eft place dans IEquateur roagnétique (a).
Je ne connois pas dExpériences fakes a des-fein de prouver que cet angle de déviation eft change quand on électiifé le barreau aiman-?nbsp;tc dont on fe fert. M. blondeau (^)nbsp;rappoite une feule obfervation, faite pendantnbsp;un violent tonnerre, favoir que 1Aiguille,nbsp;qiii marquoit quatre degrés, a été détournéenbsp;pendant Torage jusqua 6 d. Le Tonnerrenbsp;avoit déja commencé a une heure: a 4 heurei
1Aiguille etoit a 5- d. 8c le lendemain matin
¦ nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.4 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' '
^ 4^ d. Mais cette obfervation depend-elle
Cn entier duné auirmentation de forces dans ; . . . ^......
IAimant? ou bien dun changement dans la fttuation de rA.iguille même?, Ceft ce quenbsp;M. BLONDEAU nindique,pas. Or ce dernier cas aura pu arriver dautant plus facile-ment, que ce Phyficien tient fon aiguille dansnbsp;fon cabinet: or, fi on nemploye pas beaucoup
dc
(^a) Mem. de I'Aead. de Marine T. I. p. 42?.
(A) Voyci ct-deiTus me a du §. 51. N. d. T. ]
-ocr page 499-437
Be VAttreMion'.
dc précautions, les raoindres tremblemens qui fe font dans la chambre influent fur 1Aiguillenbsp;Sc changent fa fituation, comme je pourrois Ienbsp;dcmontrer par une longue fuite dexperiences.
Jai fait dailleurs quelques Experiences direftes.
ExrÉR. XIV. Jai préfenté un barreau aimanté ifolé i lAiguille: jai placé un car-reau dc Verre entre TAimant Sc 1Aiguille :nbsp;jai éledrifé lAimant. 1Aiguille na pas étënbsp;détournée Ie moins du monde dc fa fituatión.'
Ex PÉR. XV. Jai enfuite attaché une fe-condc chaine au méme barreau, afin de pou-voir décharger ia Bouteille a travers y je 1 ai déchargée a diverfes reprifes, Sc je nai pqnbsp;'mappercevoir d'aucun changement.
I l me femble done quon doir dérechef conclure que IEleclricite ninflue pas a eetnbsp;égard fur lAimant,
III. Du Nomhre d'Ofcillatims.
§. 2.39. On fait quune Aiguille aimantée, détournée de fon Méridkn, fait quelquesnbsp;ofcillations, qui font dautant plus nombreufesnbsp;que 1Aiguille a plus de force : il sagit donenbsp;^exan^iner fi TEkétricité influe fur Ie Ma-tnbsp;gnétisme a eet égard. M. blonijeau anbsp;F f 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fait
-ocr page 500-458 I. MEMO IRE, F. i|. Ch. II.
fait plufieurs expérki^es fur ce fujet j nous aliens les examiner.
On peut fuspendre une Ai^dle de deux fa^ons: ou a Tordinairej ou au moyen duncnbsp;fuspenfion magnétique. Je traiterai de Tuncnbsp;amp; de Iautre.
M- BLONDEAu na pas fait dexperiences avec des Aiguilles fuspendues de la premiere manière, cc qui me pai'oit cependant néceflaire, puisque oette fuspenfion eft fimple,nbsp;amp;quelle ne depend que dun feul élément.
Ex PER. XVI. Jai fuspendu une lame ai-jnantce. Jai attache a la pointe de 1appareil dont je me fers pour la fuspenfion (a) un filnbsp;jdor trés-mince [de la capetille],, auquel jainbsp;communiqué lElcétricité, amp; qui ne troublenbsp;'pas les ofcillations de 1Aiguille. Jai éleélri-fé amp; j ai trouvé que 1Aiguille j detournecnbsp;fous le même angle, faifoit le même nombrenbsp;dofcillations quauparavant. Je continuois dé-leöirifer ausfi longtems que 1Aiguille fe mou-voit.
. §. aqo. Mais M. blondeau seft
fer-
(4) [Cette fuspenfion eft celleque j'ai décrite dans mes l^ckcrches fur legt; Aii:iilUs aimantées. Part. f. 311* kqq-P- HI . N. d. T. J
-ocr page 501-De r^ttraSllon,
^èrvi iivia autie appareil^ dont. nous, avpns déja parlé, Part. I. SeSl. VI. Cb. I. (§.nbsp;158.')/ir a'employé une Aiguille , gaïnie [ai^nbsp;licu dune cliappe]] dune boule de Fer, quinbsp;adhere au barrcau magnétitjuc 6c y peut adrnbsp;hérer avec fi peu de force,quelle ait cepen^nbsp;dant un mouvement dofcillation. 11 cft pfou-vc en general que Ie nonibre de^s ofcijlatipnsnbsp;cft toujours dautant plus petit que la force dunbsp;fuspenteur eft plus grande par rapport aq poidsnbsp;de lAiguille. Si done Ie nombre dofcilk7nbsp;tions diminue, il femble quon en peut con-clure que 1Aiguille adhmx plus fortement aunbsp;fuspenfeur, amp; conféquerament que la force denbsp;celui-ci eft augmentée; or voici ce que M-BLONDEAu a trouvé : que (^a) 1Aiguille éleclrifée a toujours donné un plus petitnbsp;nombre dofcillations qiiavant detre éleclrifée : que Ie peu dexceptiops quil a obfervéesnbsp;font évidemment dues a des caufes étrangères ynbsp;au mouvement de lAir, a celui qui pei^nbsp;avoir été communiqué a 1Eleélromètre amp;cjnbsp;II a mcrae trouvé {b) que. lintenfité magné-tique a été fenftblement 6c conftamment augment
(«) Mem. de lAcad. de Marine. Toine I, p, 4518. ) Itid. p. 430. a la fin.
-ocr page 502-` I. MEMOIR E. P. II. CA. m
'^mentée quelque tenis après que rEkftrieitl avok déja ceflee. II cite enfin fept cxpériencefnbsp;pour prouver fa Thcfe.
l. IAiguille a fait douze ofcillations: en fuite cleótrifée 7i enfuke TEledtricité ayantnbsp;a peu prés cellce lo. après avoir entièreracncnbsp;cefTée la.
a®. rAiguillc a feit 14 ofcilfetions: pafla-blement éledriféc 9.
3°. rAiguille a fait 16 ofcillations: palTa-blemenc éleètrifée 13: plus fortcment 9.
4®. rAiguillc a fait 17 ofcillatioirs: pafla-bleraent éleètrifée 14, 13, 14.
5°. rAiguillc a feit 8 ofcillations: palTa' blenient cleclrifée 5, 4, 4.
,.6®. r Aiguille a fait 4 ofcillations. pafla-blement éleflrrifée 3 j 3 » nbsp;nbsp;nbsp;: peu aprcs lÉ'
i nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
leétricité ceffant,
7°. rAiguille a fait 7 ofcillations: paiTa^ ^lemcnt éledvifée 6, 5j 4j 3: rÉleékriciténbsp;ceffant 3, 45 5-
Enfin M. BLONDEAtr (d) a feit dc
fem-
(e) [Et après quon èut defcendu Ie tout du Plateau on a eu trois fois, 5^ ofcillations. N- d. T.]
(.d) ihid. p. 4z6.
-ocr page 503-461
Ds rAttraüion.
fembkbles obfervations quand lAir ménagoit de Forage, ou quil en faifoit réellement: Ienbsp;nombrc dolcillations diminue (e) ainü quGnbsp;lorsque F Air devient plus clraud.
§. aqi. Nous avons déja exatniné la lus-* penfion de JVl. blonöeau dans la premie-*nbsp;rePartie de ce Mémoire, amp; nous avons prouvénbsp;quil a cc défaut, que F Aiguille adhere dau-taut plus fortement au fuspenfeur qu^ellc y anbsp;déja adhere plus longtcms. Mars en cleétri-»nbsp;fant Fappareil, le Fluidc elcftriquc paffe dunbsp;fuspenfeur dans FAiguille, amp; il peur facile-*nbsp;ment paffer de FAiguillc dans FAir par les an-*nbsp;gles de FAiguillc; II fc produit done e'ntrc 1«nbsp;fuspenfeur 6c FAiguillc une attradion, quinbsp;depend dc lÉledricité: car il neft pas né-»nbsp;ceflaire que le Fluids cledlique foutienne icinbsp;tout le poids de FAiguillc, il fliffit quil Ibu-tienne Fexces du poids, qui exprime la forcenbsp;actraccrice de FAiraanr, furie poids propredenbsp;FAiguillc. Il me paroit en refuker que nouJnbsp;avons ici un effet compofe, qui depend d*'
dif*
(O [C. a. d. pendant fexplofion delOrage: car pex^ dant fa fornration le nombre des ofallatioi^ awgraeatpnbsp;jitttot quil HU dimiMue. d. T-}
-ocr page 504-462,' I- mëmoire. P. II. Ch. II.
dïffércns élemens peu connus, 8c non im ef-fet fimplc comme ille faudroit. Je najoutc-raiquot; rich de plus, renvoyant a ce que j-ai dit fur ce fujet dans la premiere paftie dc cc Me-moire .(§. 159 1Ó5.). Void pouitantnbsp;deiix Experiences que jai fouvent repctées.
Ex PER. XVII. Jai fuspendu une Aiguille felon la methode de M. b l o n d e a u , je Iai éledlrifée, de forte quil en fortitnbsp;d'abondans écoulemens éleftriques, dont onnbsp;{eiitoit le fouffle lorsquon en approchoit Icnbsp;doigt a une diftance de trois pouces. Elle fenbsp;mettoit delle-même en mouvement, cómmenbsp;une Aiguille de cuivre a coutume de le faire,nbsp;amp; conféquemment elle faifoit un plus grandnbsp;n'ombr'e dofcillatioris.
Ex PER. XVIII. Jc nai pas ifolé le fus-pénfeur, mais je Iai dispofe de facOn que le Fkiide élecenque devoit pafler par lui avancnbsp;que de fe disperfer. IAiguille na pas fait plusnbsp;dbfcillations que quand elle ned pas éledrifée.
Ces effets font entiercment oppofes a ceux qiie M. Btogt;fDEAu a obferves, mais con-formes a ceux dont nous venous de parler. Ennbsp;confidérant done ceux - ci, amp; reflechiiiant en-même terns fur ce que nous avons dit, quenbsp;celles de M. BEONDEAU font trop com-
pO'
-ocr page 505-Tgt;e l» Direéion de V jfiguBle aimantée. 46^
pofées, je iie puis pas ne pas en conclure, que TEleftricité ninflue pas a eet egard fur Icnbsp;Magnétisme.
De la Dire^lion de 1'Aiguille aimantée.
§. a4agt; Presque tons les Phyficiens di-' fent que rEleétricité influe fur la Direélionnbsp;Ou la Déclinaifon de 1Aiguille, amp; ils tirent-leurs raifons de deux genres de Phénoraènes,nbsp;favoir, de ce qui fe paffe en temps dorage,-6u même quand lAir ménacc dorage, amp; denbsp;«e qui ajieu a 1approche de lAurore boreale; car plulleurs Phyficiens regardent ce Mé-séore comme un Phénoinène élcétrique ausfrnbsp;certainement que fi la chofe étoit invincible-ment démontree : mals, quoique je penfe dif-féremmentnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jc fuppoferai actuellement
que
(quot;) [Jentrcrai dans tout Ie détail nécellaire fur cc fojet, dans mon Traité dAurore boreale, quc je comptenbsp;publier, amp; dont jai fait imprimer Ic Profpeélus ennbsp;1779. ff fe ti'W--veAans.lé'y5»nwfnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fw. 1780.'
T.
-ocr page 506-464 i- MÉ MO I RE. P. II. /^. IIÏ;
qiie 1Aui'ore boreale eft un Phcnomène clecquot; trique. PafTons au développemenc des obfer*nbsp;Various.
M. öAAun (è ) a fouvent 'obfervé a Pe-tersbourg un certain balancement dans 1Aiguille, un mouvement ofcillatoire de dix iui-iiutes, quc Ce Phyficien croit depehdre de rÉleCtricité de l'Air, amp; même tcllement^nbsp;quii i-egarde TAigtiille coriime uh Élcamp;o-tnètre de 1Atmosphere, quoiquil nallègucnbsp;aucune raifon pottrquoi il prend ces agitationsnbsp;pónr uil efiht de Tjilcftricité;
L E Reverend Pere e o t x e , Cet excellent Métcoroiogille, dont jeftime infiniment lhabilité (r), a trouvé que les Variations denbsp;r Aiguille font plus grandes dans les mois ounbsp;la; Tonnerres font les plus fréquens, ou lesnbsp;jours qui precedent ou fuivent leS jourS dc
Ton-
T. XV. amp; dans k Joum. des Savons, Nov. 1779. Ed. ó.'lmfterdam. DifFérentes maladies mont empcchées da-chever eet ouvrage, diiqticl je moccupe avec beaucoupnbsp;de foifi. N. d. T.
(è j Novi Comment. Petróp. Tomus VII. p, 407. [Jai foü' vent obfervé eet etfet, roêmc dans les mouvemens ]e.snbsp;plus reguliers de lAiguille. N. d. T. ]
(c) Dans les obfervations Météorologiques qui] pif-blie tous les mois dans Ie Journal des Savans. Ohfervatioff de Mal Aoftt 1773. de Juin de Mat ijlSi
-ocr page 507-tgt;é la ïiWeSHort de Pjfgmïle aïmMtêi. 465
*Fonnerre, oü ceux même auxquels il tonne, ll avoue pourtant quil lui ell arrivé de ne paSnbsp;Voir de variations en tems de Tonnerre: ilnbsp;même pafTé des mois que TAigUille seftnbsp;a peine müej cxcepté les jours dont nous ve*nbsp;norts de paflcr (^/). ll a ausli quelquefois öbfer-vé des agitations de 1Aiguille en tems dAu-tore boreale. Voici comme ce Phydcien sex-,nbsp;prime au fujet de ces irrégularités (e): Quel- ques Phyficiens perrlcnt que ces variationsnbsp;j. dependent de rÉledtricité de la glace quinbsp;,5 couvfe les boufToles: riiais, foit quelles dé-pendent de TElectricité de lAir, ou denbsp;,5 celle du Verre, il neil ell: pas moins certainnbsp;que les efFets dü Magnétisme amp; de PElcc**nbsp; tricité fe repondent.^ Enfin il eft des Phy-ciehs qui ajoutent i tout ce qui précède com-me un nouvel atgument, les mouVemens très-irréguliers quon obferve quelquefois dans 1Aiguille lorsque lAurore boreale paroit, amp; quenbsp;M. WIDE BURG () regardc comme des
cf-
(^) Öbfervations de Juin 1774.
(«) Journal dis Savans, Juitlet 1775. Oifertatiom de Jm-vier 1775,
() Beobaclmngen md ^sthmajfungen über die fr. Jena. 8'^. 1771.
^6(5 I. MÉMOIRE. Pi II. Ch. HI.
effete de ce Méïéore: agitations. que jai très« fouvent obftrvées moi -même {g)-
§. a43. VoiLA done une aflez grande, quantité dobfervations, que jai verifiées lanbsp;plupart par mes propres experiences; jétablis.nbsp;done :
1°. Quil arrive quclquefois que les Ai* ^uill^s airpantées font agitees tnéme irrégu-.nbsp;Ijèreraenr, quand il tonne, ou que 1Air mé-qace de Voraga, ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
a. Qur dans les mois qu ,11 tonne ordi-jiairement le-plus fouvent, 1Aiguille eprou-ye les pips grandcs variations. Mais, il faut pbferver, que ces mois font des mols dété: Scnbsp;jjuainfi cc Phénomène indique feulement^nbsp;que eeft daPS; Iqs memes mois quo les variornbsp;.tions dc 1 Aiguille font-les plus giandcs , Sc Icsnbsp;Tonnerres les plus fréquens.
3.
(^) [II eft finguHer quil y ait des Phyficiens, qui nient les obfervations que dautres difent avoir faites furnbsp;Tagitation de 1Aiguille pendant rAurore^bqreale, Sequinbsp;rejettent ce Phértomène. M. steigiehner eft dnnbsp;nombre v. §. 154. de fon Méinoire. 11 eft importantnbsp;qu'on {bit defabufé fur ce point. Ceft ce quimengage anbsp;ajouter a ce Recueil une Diffenation fur ce fujet, a lanbsp;quelle on pouira récourir pour les détails uitérieurs,nbsp;N. d. T.]
-ocr page 509-De la Direction de VAiguille aimantêe. 46quot;^
3°. JÉtablis enfin, que lAiguille ai-mantée eft fouvent, mais non toujours ^ irré-gt;-gulièrement agitée, quand lAurore boréalc paroit, OU quand elle va paroitre, ou mêmenbsp;après quelle a pam. Mais, que concluronsnbsp;nous de tout ceci ?
- SupposoNS que la petite irrégulatité de quelques minutes, car je ne fache pas quonnbsp;en ait vu de plus grandes, quon obferve quel*nbsp;quefois quand il tonne, dépende de TEledri-cité, de foite que lAir devienne éle£trique.jnbsp;ou que ce foit la glace qui couvre la boufible,nbsp;quen conclurons nous? On fait que lElec-tricité met en mouvement les Corps qui fontnbsp;facilement mobiles j or lAiguille aimantêe eftnbsp;de ce genre: quy a-t-il done détonnantnbsp;quelle foit agitée par lEleélricité? Une Aiguille de cuivre, ou quelquautre que ce fut,nbsp;feroit agitée de même. Or, il eft évident quenbsp;lÉleétricité sétant communiquée a la glace,nbsp;lAiguille aimantêe peut facilement fe mou-Voir amp; acquérir un mouvement irrégulier: cenbsp;qui a éte confirmé par plufieurs experiences;nbsp;jen citcrai quelques unes.
on
§ '2.44. U N Anonyme anglois a obferve 1746, que la glace dune boüflble ayant
cté frottée dabord par hazard, enfuite a des-iein ((«), rAiguille a été agitée irrégulière-' ment, 6c neft revenue a fa fituation ordinairenbsp;quau bout de deux minutes, lovsque toutenbsp;lEleétricité fut disfipée. Cet Auteur penfenbsp;quun femblable effet peut avoii'lieu fans frot-tement: car que Ie Verre peut acquérir lElec-tricité par les feules agitations de lAir, com-me Ie Tonnerre öcc., 6c confcquemment qucnbsp;VAiguille. paut sagiter irrégulièrement. Ce-la eft dautantplus vraifemblable que M. h a-L E s a obfervé que les Vitres de quelques fe-nêtrcs, ont été éleétrifées par la déchargenbsp;dun canon [b).
(a) Phil. Tranfaciions. 480. Art. Vl. p. 142.
(i) M. HEMMER dit que les Experiences de M.her*-kërt ont prouvé que jai admis fans fondement , qüe les Corps peuverit devenir életftriqnes pat Ie frottementnbsp;de 1Ait; il cite, la p. ziz. du Traité Theor'm Phaenormn,nbsp;Ekclrk. Cette citation prouve qnil sagit dune Edition différente de celle que jai Sc qui eft de 1772. nsaisnbsp;il me femble que M. hoereert avoue dans eelle-cinbsp;lt;P- 120.) qne Ie frottement de lAir rend les Corps élec-triques. Au refte je nai aucune raifon de doiiter denbsp;lobfervation de M. hales , qui fe trouve a Ia p. 680,nbsp;du Vol. XLVI,, des TranfaSliens Philofephiques; on, a olgt;-'nbsp;fervé, dit-il, que Ie Canon du Pare de St. Jamei éieernbsp;trife les earreaux des fenetres de la Treforerie.,
De la DireStion de l'Aigtiille aimantêe. 469
M. wiKSTROM (f) a obfervé en, 1751. quune Aiguille, renfevmée dans une boite,nbsp;avoit été trouvée detournéc de la lltuationnbsp;après, quelle eüt cté cxpofée quelquc tems aunbsp;ibleil. Lobfervateur toucha cnfuite la glacenbsp;du doigt, amp; il trouva, que 1Aiguille en fui-voit les mouvemens. .Le Verre sctant refi'oi-di, r Aiguille a dércchef acquis fa lituationnbsp;ordinaire. M. wikstrom penfc avec rai'nbsp;fon que cette irrégularité a dépendu de lÉlec-tricité, parccque TAiguille acquéroit unnbsp;mouvement femblable quand on frottoit Icnbsp;Verre, ou quon placoit un Corps élcótriquenbsp;pres de la boite. Quoique dans cette obfer-vation 1Aiguille ait acquis delle-mêmc unnbsp;mouvement irrégulier, amp; quil ny foit faitnbsp;mention daucun frottement préalabk, je ncnbsp;doute pas que celui - ci nait cu lieu: car com-bien ny a^t-il pas pu avoir, amp; ny a-t-il pasnbsp;eu vraifemblablement de caufes capables denbsp;produire ce frottement, comme p. ex. le feulnbsp;mouvement de lAir? Jai même fait quel-ques Expériences fur cc fujet.
ExpÉr. XIX. Jai pris une Aiguille ex-trémément mobile: je lai couveite dune glade
(c) Mem. de I'Acad. de S;ude. Tome XX. p. 157. dc a:ad. allemande.
470
I. MÉMOIRE. P. II. Ch. Ill,
cc très-chaude: elle na acquis aucun mou^ vement: mais , en frottant le Verre mêraenbsp;très-legèrement, elle seft dabord mue irre-?nbsp;gulierement.
L A premiere par-tie de cette Experience ¦femble indiquer que le frottement eft abfolu-pient nécelTairc.
Ex PER. XX. Jai lubftituc a 1Aiguille aimantée une Aiguille de laiton: jai fait lesnbsp;mêmes opérations: Ieffet a été le même.
Ex PER. XXI. Jai employe des pousfie-res fort legères au lieu de 1Aiguille de cuivre ; elles out été attirées 6c répouflées.
.Ces Expériences ft on les confidère par rapport a lÉleétricité, préfentent nombre denbsp;chofes remarquables, que M. aepinus anbsp;très-bieq developpées (lt;/),
§. 145, II fuit done de ce que je viens de dire, quelAiguille peut acquérir par lE-^nbsp;leélricité uu inouvement irrégulier, mais quenbsp;cc mouvement nindique auciin rapport entrenbsp;rÉleélricité 6c le Magnétisme, puisque lesnbsp;Phénomènes font les mêmes, quand on employe une Aiguille de laiton: nous aurons oe-palion de revenir la-defTus dans un moment.
Maïs,
(a) Cirnment. Petr. Tomns VII.
-ocr page 513-Igt;e Id Direction 'de VAigtiille etmmtéê. 471-^
Maïs, quoique nous concédions que ces. irrégularités, qui font petites^ rates, amp; mo-mentanées, peuvent dcpsndre de IEledlrici-té, je ne nie pas moins que ces deux Phéno-mènes, lun, que les variations de 1Aiguillenbsp;font les plus grandes en été, Taucre que 1Aiguille eft quclquefois irrégulièrement agitéc.nbsp;pendant quelque tems, comrae ausfi lorsquenbsp;lAurore boreale paroit, dépendent de lÉlec--tricité de 1Atmosphere, ou de toute autre'nbsp;communiquée a la glace de la bouffole. Voi-ci les raifons de mon fontiment.
Si les variations de 1Aiguille, qui font plus grandes, ou plus irrégulieres, dépendoient de;nbsp;rÉledtricité de 1Atmosphere, elles feroienonbsp;dautant plus grandes que rÉledtricité de lAiitnbsp;cft plus forte, amp; dautant moindi-e que cellc^'nbsp;ci cft plus petite: or, un de mes amis a exa-inbsp;miné fréquemment rÉleéti-icité au mois danbsp;Mai, au moyen dun Cerf-volant éleélrique^nbsp;il m'a communiqué fes obfervations que jainbsp;comparées a celles que je faifois dans Ie memonbsp;tems fur la déclinaifoh: 6c, jai-tröuvé,' qltónbsp;les'jours, auxquels lÉleftricité de lAir étoitnbsp;la plus forte, nétoient pas ceux-auxquels Icnbsp;mouvement de lAiguille a été Ie plus grand ;nbsp;un jour p. ex. rÈleétricité de TAir étoit ex^nbsp;cesfivement grande, amp; Ie lendemain ï peu-Gg 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pres
-ocr page 514-47'2^ ï- mÉmöire. P. II. Ch. III,
pres nulle ; la variation de 1Aiguille étoit ce-pendant la même les deux jours, Ie premier réguliere, Ie fecond par-ci par-la irreguliere.nbsp;Je lais de plus, quon a fait depuis peu, ail-leurs, des obfervations correspondantes fembla'»nbsp;bles, qui ont fait voii', que CC na pas étcnbsp;aux jours oü lÉledricité étoit la plus foite,nbsp;que les mouvemens de 1Aiguille out été lesnbsp;plus grands {a). Voila ma premiere raifon,nbsp;qui me paroit folide, Sc a laquclle je nc voist-pas quon puiffc riem objefter,
§. a46. Pailleurs, fi ces grandes Sc irrégulieres agitations dependent de rÉleétri'*nbsp;cité atmosphérique, eelle t ei devroit produi-re fes eifets ordinaires, entre lesquels fe trou-vc certainement celui - ci, quune Aiguille donbsp;laiton doit être agitée comme une Aiguillq
magnétique: jai done placé a coté de ma bous-^le ordinaire une autre boite, contenant une Aiguille (jde laitonj extrèmément mobile;nbsp;elle étoit placée de faqon que je pouvois ob-»nbsp;ferver les deux Aiguilles a la fais: je nai trou'
(4) [On trouvera Ie détail de ces obfervations dans U difl'ertation que jai promife dans la note a dunbsp;Ï43- N. d. T, 3
-ocr page 515-De la Direllim de l'Aiguille aimantêe. 4~3
vé aucun changement dans celle de cuivre: elle ne sécaitoit pas Ie moins du monde de finbsp;ütuation dans Ie tems quune agitation irréguliere faifoit parcourir a 1Aiguille aimantêe, unnbsp;degré, daux, trois, amp; même quatre degrésnbsp;cn un moment, ce qui a cu lieu pluficui'S fois,nbsp;Cette agitation irréguliere ne dépend douQnbsp;pas de lElectricité.
§. a47. Maïs, fuppofons quune pareillq Aiguille de laiton fe meuve, êc conféquem-ment qiie eet effet de 1Aiguille magnétiqtienbsp;dépende de lEleétricité, sen fuivroit-il quenbsp;rÉléélricité a une influence particulièi'e furnbsp;rAiguille? Cela indiquei'oit feulement, quenbsp;rAiguille, Corps trés-mobile, eft mife ennbsp;mouvement, ce qui eft cpnnu dailleurs.nbsp;Pour que cette conclufion en put être legitj-mement déduke il faudroit démontrer, quenbsp;rAiguille magnétique fe meut dans ces cas,nbsp;OU felon dautres loix quune Aiguille non-magnétique, ou plus fortement, ce que per-fonne na fait jusquici: amp; je ne vois pas comment on Ie pourroit faire, puisque la force di-reétrice univerfelle, dont il faut tenir comp-te, agit fur 1Aiguille magnétique, amp; non futnbsp;celle de laiton: amp; quil eft connu daillcursnbsp;que rÉlcclricité nagit pas de h même maniè-lt;
rc
re fur tout les Corps de matière ou de figure difFérentes.
Quil nous foit done permis de conclur.c de tout ce que nous venons de dire, quil nynbsp;a pas dobfervations qui demontrent que IE-ledricité a quelque influence fur les Phéno-inénes de la direction des Aiguilles aimantées,nbsp;OU de leur déclinaifon, 6c de leurs variations,nbsp;puisque toutes les Experiences, alléguées pournbsp;prouver ce fentiment, font équivoques. Etnbsp;même, fi Ton refléchit fur celles que jai fai-tes avec des Aignilles de laiton, on ttouvera,nbsp;je penfe, quil ny a réellement aucune influence fur ce point (a), Mais, je dois re-marquer au fujet de ces Experiences que .jcnbsp;les ai faites pour la premiere fois Ie 3 dAvrilnbsp;177a, mais que jai vu depuis, quen vue dcnbsp;refoudre la queftion dont il sagit , AI.nbsp;WINKLER avoit déja propofé des Expé^nbsp;riences femblables dans lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eruditorum
pour lAnaée lydS. p. 34. Je penfe
(4) [M. HEMMER jugeqxie jai fait voir qu'il eft très-Traifemblable, pour ne pas dire certain, que les agitations de 1Aiguille ne dépendent pas jde lÉledlriciié de IAif.nbsp;ïi approuve également les raifonnemens du Chapitrenbsp;fidvaat. N. d. T.]
-ocr page 517-Tie VInclimifm. nbsp;nbsp;nbsp;475
fe done quon en doit attvibuer tout le mérite a cet excellent Phyficicn, amp; que je ny puisnbsp;prét^ndre aucune part.
CHAPITRE IV:
De r IncUmifon.
%. 148. J E ne fache pas que Ics Phyliciens ayent examine jusquici 11 IEledtricitc influenbsp;fur rinclinaifon de 1Aiguille magnetique. Jenbsp;ne connois queme feule Experience faite parnbsp;M. COM us (^), 6c quil nomme une Txpé-*nbsp;Hence extraordinaire. Void a quoi elle fe rC'nbsp;duit.
IL a pofe une Aiguille bien fuspendue fin*
Un carreaii éleétrique, quil a éleélrifé; Ic carreau étoit chargé : rAiguille a monte dénbsp;fix degr-és: après la décharge elle eft revenuenbsp;a fa lltuation: dans le Vuide elle ne montoitnbsp;que de quatre degrés. 1°. Si Ton préfente cet-tc Aiguille a quelque atmosphere élcétrique,nbsp;Iiuclinaifon néprouve aucun changeinent.
Or
(a)JoHrn. de P/iyf. Fevr. ins- P- 75- Mm p.
-ocr page 518-»»
gt;9
Or que déduit M. co mus de cettc Experience'? Cette Expérience, dit-il, prouvc que Ie Fluidc ambiant nc fait pas Ie mcmanbsp;effet fur lAiguille pendant quon éleélrifenbsp;cellc-ci, quauparavant, Sc que la presfioanbsp; de ce Fluïde eft différente, ou que lAi- guille perd quelque chofe de fon poids.nbsp;,5 Cette Expérience extraordinaire peut four- nir de nouvelles idéés fur la caufe du Ma- gnétisme. La caufe qui éleve 1Aiguillenbsp; dInclinaifon paroit dépendre du Fluidcnbsp; igné, conftitué dans un mouvement vibra- toire, puisque lExpérience fuccède dansnbsp; Ie Vuide.
§. a49. Ja I fait quclques expériences par lesquelles il. eft prouvé que leffet en queftion,nbsp;(avoir lélévation de 1Aiguille, ne prouvc en
aucune fagon rinflucnce de rÉleamp;icité fur Ie Magnétisme.
ExpÉr. XXII. Jai pris mon Aiguille, avant de lavoir aimantéc: je lai placée furnbsp;Ie eerde fur lequel elle indique les degrés, 6cnbsp;enfliite jai placé eet appareil (lir un carreaunbsp;éleftrique. Jai cledtrifé Ie carreau, de faconnbsp;que la chaine conduétrice ne touchat pas lanbsp;machine dinclinaifon j 1Aiguille a d'abordnbsp;cté élevée de quelques degrés.
EX'
-ocr page 519-4?7
De VInclinaifofi.
Ex PÉR. XXIII. Jai enfuite ainlanté lAiguille: Jai repeté lexpérience: Ie fuccèsnbsp;en a été Ie même.
Ex PÉR. XXIV. Jai pris une Aiguille de laiton, égale a la précédente: je lai faitnbsp;incliner, au moyen dun petit contrepoids:nbsp;lefFet a été Ie méme.
Cet effet ne dépend done pas de Tin--flueilce de rÉleélricité fur Ie Magnétisme.
Ex PÉR. XXV. Jai repeté lexpérience avec lAiguille aimantée de fagon que la chai-nc conductrice touchat la colonne qui portenbsp;lAiguille. En éleétrifant cet appareil, lAi-guille na pas été élevée, maïs eilc cft defcen-due , jusqua ce quelle touchat k colonne {a).
Ex PÉR. XXVI. Le fuccès a été Ie mê-me avec lAiguille de laiton.
' nbsp;nbsp;nbsp;J B
* {a) [M. SCHAEFFER 3 pkcé fut Ic chapeau dun É-leftrophore, iifie Aiguille dlnclinaifon, fuspendue dans wn eerde de cuivre pofé fiif im Pied; ayant éledrifé.nbsp;1 EleiSrophore comme de coutunie amp; élevé Ic Chapeau ,nbsp;M. Schaeffer a cru obferver cjue lAiguilIe defcen-doit fenlibletnent; mais il na pu rien déterininer das-fcz exaft; peut-être, dit-il, a caufe de rimperfedhon denbsp;Ja Machine: v. Sefchreibmg da btftendigen Èlsèirkltatts-iraegtrs, p. 38. N. d. T.]
-ocr page 520-478 I. MÉ MO I RE. P. Hi C/^. V.
J E ne vois done dan' tou^'es ces Fxpérien-fcs que les efFets éleétriques ordinail'es, pro-duits par Iattradtion éieétrique; rien que le anouvement, que des Corps extr mément mobiles ont coutume de recevoir quand on lesnbsp;óiectrifp.
IL neft done nullemeftt prouve quil y a .dp Iinfluence-entre IEkdlricitd amp; le Magnétisme, eu égard a rinclinaifon de 1Aiguille.
C H A P I T R È V.
I)e 1a Communication des Forces.
- §. 2,50. II. y a beaucoup dobfei-vationS qui ont appris lt;jue la force magnétiqUe a Cte
communiquee au Fer par rÉledricité aitifi-qielle.: ou que celle que le. Fer pofledait a été affoiblie amp; renvcrfée: enfin que la foudre,nbsp;cette puiflante Eleétricité naturelle, a produitnbsp;les memes Phénomèncs. On demande done finbsp;ces Phenomenes indiquent quelque influencenbsp;dé rEleétricité fur le Magnétisme, ou non?nbsp;. Mais il fera utile de faire quelques remarques,nbsp;avant que de palTer aux Experiences mcmes.
1°. Quelque fentiment que pous em-
bras-
-ocr page 521-brasfions au fujet dc la force magnctique,-quelle dépende dun Fluide, ou dune force attraftrice inliérente, proprement dite, cel^nbsp;revient au même : il eft certain quil faut uncnbsp;certaine dispofition, une certaine fituatiorrnbsp;des particules du Fer {a)' amp; que la forcenbsp;quun barreau pofTède, peut être affoiblie,nbsp;changée, renverfée, sil arrive feulement uqnbsp;changement dans la fituation des particules dqnbsp;Fer, OU fi Fon excite dans celles-ci unfortnbsp;tremblement. Jen appelle aux Expériencej
(lt;») [M. HEMMER juge que mon opinion, quil faut une certaine fituation des particules du Fer pour la forcenbsp;magnétique, eft fans fondement, amp; quil y auroit beau-coup dc chofes a objeder contre cc fentiinent. Jai iri-Jiqué les faits fur lesquels je me fonde; mais je nc ds-ïermine rien fur la nature même de cette fituation; jenbsp;nadmets pas , comme Tont fait quelqucs Phyficiens cq-lèbres, des valvules mobiles dans Ie Fer, qui permet-tent au Fluide magnétique un mouvement de fyftole Scnbsp;de diaftole: mais puisque Ia percusflon aiigmente' ounbsp;détruit b force magnétique, amp; quelle afFeéle iramédia-tement la fituation des particules, il faut bien que cclle-finbsp;contribue en quelque cliofc a la force magnétique, qcnbsp;fut-ce, comme Ie penfe M. hemmee, qua rendre Ienbsp;mouvement du Fluide magnétique plus facile quand elks séloignent 1une de 1autre, amp; plus difficile quanqnbsp;ellcs fe rapprocUent. N. d. T. ]'
-ocr page 522-par Icsquelles il eft prouvé que la force qiie Ié Fer acqüiert de foi même, qnand il efl: placénbsp;dan^ Ie Méridien magnétique, eft aiigmentécnbsp;fi lon frappe ce Fer a coups de itiartcau,nbsp;même que les poles pduvent être rendus fixeSnbsp;pat ce nioyen .¦ J en appelle dux Experiencesnbsp;par lesquelles il eft prouvé que ia force du Fernbsp;déja 'un peu aimanté eft affoiblie, amp; mêmenbsp;détmite^ fi Ton frappe ce Fer. Ör il eft égalnbsp;dans' ces Expériences que la p'ercusfion fe fas-fe du Sud aü Nord,- cm du Nord au Sud,nbsp;pourvü que la fttuation du Fer refte Ie même,nbsp;aquot;. On fait que. Ie Fer regoit dautantnbsp;mieux ces forces, quil coincide davantagenbsp;avec Ie Méridien magnétique, êc furtout finbsp;on Ie fougit, amp; quon Ie laiffe refroidir.nbsp;Ceft ainfi que les écailles qui fe détachent dunbsp;Fer quand on Ie forge , devienncnt magneti*
ques, amp; fe trouvent couchées a terre dans la direétion du Méridien.
§. '2,51. pAiSöNs ausfi quelques téfleXioris fiir la manièrc dont Ie Fluide éleétriqüe agit,nbsp;amp; pafle a travers les Corps, non lorsquilnbsp;pafte lentemeiit amp; tranqüillement j mais lors*nbsp;quil y paffe comme Ie coup foudroyant, c.nbsp;a. d. lorsquil fait paffer la commotion a travers de ces Corps. Ce Fluide agite ccrtainlt;?*
ment
-ocr page 523-De la Cemmunkation des 'Force's. 4^1
ment alors les particules de. ces Corps, les fait tremblotter, les, frappe. Ceft ce ,qui paroitnbsp;par les Expériences qui prouvent 1°. que 1é-tincelle foudroyante pcrce les Corps 5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.'i.
quelle les fondj amp; même de . telle forte què des fils tres - minces font changes en fcories,nbsp;amp; brifés par une forte étiriceüe..., Or., da.nsnbsp;ces Expériences, Ie Fluide éleétrique entrenbsp;par un bout 6c fort |)ar Tautre, comme plu-fieurs obfervations.Sc Expériences Ie prouvent,nbsp;Ce Cl pofé, il eft clair, quon peut, silnbsp;ny a aucune influence particuliere de 1Elec-tricité fur Ic Magnétisme,. amp; sil ne feut aucune dispofltion particuliere, 8c jusqu ici in-connue, dans les particules du Fer, pour former telle OU telle polarité, quon peut dis je,nbsp;en ce cas comparer laélion du Fluide éleétri-que avec Ie choc que tout autre Corps donnenbsp;a un barreau de Fer aimanté; amp; de feit M.nbsp;FRANKLIN (lt;?)., qui a fait un fi grandnbsp;nombre dExpériences. fur la communicationnbsp;du Magnétisme par rÉkétricité, penfe quqnbsp;ce Magnétisme eit uniquement produit par Ié
choc
'il''
, (') Uttre a M. barbbu ift louBG, dans ks oe% tres de FR AN Ktm Tome I. p.. 277.
T O M fi ï. nbsp;nbsp;nbsp;h
-ocr page 524-ï. mImoire. P. II. Ch. V
M. AE
choG entant que tel, fentiment que TiNus a ausfi embralTé (^).
§. a5a. SupposoNs done que k coup foudroyant, ou la foudre, ce qui revient icinbsp;au même, frappe fortement des lames placéesnbsp;¦dans Ie Méridicii magnétique, quen arrivera-t-il? Ces lames fortement frappées acquer-ront dautant plus de Magnétisme, que leurnbsp;maffe fera plus propre a Ie recevoir, que knbsp;coup aura été plus fort, 8c furtout fi ces lamesnbsp;font mifes en fulion. Or, on fait que la Fou-¦dre 8c que rÉkctricité produifent de pareilsnbsp;¦effets. Quant a la Foudre, il y en a plufieursnbsp;¦cxemples dans les Tranfaêlions Philofophiques:nbsp;Je nen citerai quun qui arriva en Juilletnbsp;¦de lannée 1731. II y avoit beaucoup denbsp;rcouteaux , daiguilles, amp; dautres ferraillericsnbsp;¦placées dans unc caiffe : cette caiffe fe trou-
(è) Tentamma novae Tlteoriae §. 370. 7». [ M.
MEK. eft du'mcmc fentiment. II penfe daiücurs quil ny a pas dt raifon dadmettrc que l Éleélricité, entantnbsp;que telle, contribue a la communication ou a la dé-ftrucflion de k vertu magnctiqwe , puisquune -commo-Hon éleftrique violente, foit naturelle, foit artificiellc,nbsp;peut également aimanter un barreau de Fcr, amp; affoi-blir, OU détruirc la force dun Aiinant. N. d. T. j
-ocr page 525-dans un coin dé la chambre 3 amp; y faifoit ün angle a peu pres de 45 degrés avec Ié Me-ridien magnétique. La Foudre fuivit la direc-tioil de ce Méridien: la cailTe fut rompue,nbsp;ies fcirailleries furent 'difpeifées par la chambre } OU les troiiva en partie fonduéS, en par-tie airaantées 3 6c 3 ce quil faut bien remar*nbsp;tjuer3 elles étoient routes jettées dans la fitua-tiön du Méridien niagnétique. II ny a donenbsp;dans Cé cas rien qui narrive également dansnbsp;les ËKpériences quon fait avec du Fer incan-defcent 3 quoa laifle refroidir dans k fituationnbsp;du Méridien magnétique^
a53. De même3 puisquhl eft prouvé que la force magnétique peut être affoiblicnbsp;par Ie choc, ón vok facilement comment ellénbsp;a pu lêtre par les chocs éledtiques. Geft cenbsp;que la fovxdre opère furtout luf les AiguilleSnbsp;aimantées: car 3 cellés-ci font rhobiles: quennbsp;arrivera -1 - il done, fi la direétion de la foudre ne coincide pas avec Ie Méridien magnétique? La foudre tournera 1Aiguille dans fanbsp;direction 3 la frappera, amp; lui comrauniqueranbsp;k force magnétique. Si done rextrémité bo-réale de 1Aiguille fe trouve dans la partie au*nbsp;ftraiedu -Méridien 3 1Aiguille acquerra dansnbsp;Cfiïte exïrciaitc un Pole aullral, amp; un Pole
H b Of nbsp;nbsp;nbsp;b**
-ocr page 526-484 I- M É MO IRE. /*. II. Ch. Y,
boreal dans celle qui étoit auftrale: la polarité fe trouvera done changeej ou, fi cette forcenbsp;ne fuffit pas, celle que 1Aiguille poffédoit fe-ra extrèmément affoiblie, on même fe trouvera exaólcment détruite, amp; 1Aiguille ne pofle-dera plus aucun Magnétisme: elle fera para-lytiq^iiCj comme sexpriment les Marins; Lesnbsp;JExemples de ces Pliénomènes font trop con-nus pour quil foit néceflaire de sy arrêter:nbsp;inais il fuit de la, que la force des Aiguillesnbsp;fera dautant plus facilement changée ou ren-verfée quelle fe trouvera plus foible : amp; ceftnbsp;furement la caufe de ce qua obfervé Ie Capi-taine may, que des Aiguilles, qui étoientnbsp;des lames du Dr.' knight bien aimantécs,nbsp;nont fouffert aucun changement dun coup dcnbsp;Foudre, qui.tomba fur Ie vaiffeau, amp; quinbsp;changed, afFoiblit, ou renveria toutes Ics au-
tres Aiguilles plus foibles qui fe trouvoient dans ce Navire {a).
§. a54. ÏL y a plus, ceft non feulemcnt Ie Fer frappé de la Foudre, mais ce font en*nbsp;core les pierres qui contiennent des partiesnbsp;fernigineufes Sc ochreufes, touchées par la
Fou-
(«) Mm. dt la SocUté dt Haarlem t '^rrm XII. p. jppi
-ocr page 527-De la Communication des Forces. 485
Foudre, qui acquierent la force magnétiqiic. Le. R. p. B E c c A R I A (lt;ï) cclèbre Phyfi-cien .dItalie, a recemment fait la deflus desnbsp;obfervations qui ont prouvé , que des Briques,nbsp;frappées de la foudte , font devenues magnéti-ques, quelles ont mêmc acquis des Poles, fé-:nbsp;Ion la Loi qu, exigeoit leur Situation par rapnbsp;port aux Poles Terreftres. Mais je ne voisnbsp;rien dans ces Phénonlènes qui prouve, plusnbsp;que ceux dont nous venons de parler, une vé-ritable influence de rÉleftricité fur le Mag--nétisme: amp; jen fuis dautant plus perfuadénbsp;que B o Y L E a produit un Phénomènc fem-.nbsp;blable au moyen du Feu ordinaire. II a rou-gi une Brique 6c la fait réfroidir dam le Mé'-ridien magnétique. Elle pofledoit, après Ifc.nbsp;refroidifleraent, la vertu magnétique. Le mê^nbsp;me célèbre Phyficien a fait utie femblable ex-
périence avec de POclire dAngleterre
2.55-{a) Jmrné l P/iyfique, Mai iTTi. Tome IX. p. 38t.
[ Ce neft que dans les briques les plus dures que le P. BECCARIA a obfervé ce Magnétisme, il pcnfe quil eanbsp;eft des Corps ferrugineux comine du Fer: que les plusnbsp;durs acquierent a la véritc 'le Magnétisme plus diföcile-mcnt, mais quils k confervcnt mieux. N. d. T.]nbsp;ii) De Meclionka Mamethmi ^rodiiilione Expcr. XII,
Dans
Hh 3
-ocr page 528-§¦ 'ï'SS- Si on nobfervoit: rien de plus dans les Phénomènes, qui prouvent que la forcanbsp;magnétique eft coqirnuniquée au Fer, amp; au}^nbsp;Corps Ferrugineux par lElettricité ou parnbsp;Foudj'ej OU que celle que les Corps poflc?nbsp;4oient a été affoiblie 5c renverfée, on neqnbsp;pourroit certainement rien conclure qui.indi?nbsp;quat la moindre influence de rÉledtricitd-fur Ie Magnétisme: mais il efl: dautres circon?nbsp;ftances qui méritent dêtre examinées avecnbsp;plus de foin: jentends la fituation des Poles.
Je paflemi les Experiences de M. wn.-! SON (^ï) fousfilence, parcequil eft fnr quenbsp;ce Phylicien a employé des harreaux tropnbsp;grands par rapport a rÉlectrické dont il a faitnbsp;Ufagc: je n? difai rien de eelles de M.
FRANK'»
pans Ie traité di Q^ialitatum ongine. Tome III. p. 153 , de l'Edition latine des oeuvres. [ Un HoUandois celèbre,nbsp;M. RE A El, plus connu comme Gouverneur des Indesnbsp;amp; Magiftrat de la Ville dAmfterdam, que comme Phyr-ficien, avoit déja remarquc que les hriques dures, amp;nbsp;celles qui fe fondent ^ un feu trop violent, saimantcntnbsp;quand p.u les paffe fur lAimant, ou même quand ellesnbsp;font fimplement placées pendant Ipngtems felon leurnbsp;longueur dans Ie Méridien. V. fon traité fur FAimant,nbsp;(obfsrvatien aa^ ile» h/lagmtjken) publiq après fa jnoit eqnbsp;16Ji. N. d. T.]
(«) Treatf/e of Kkftriciiy. p. 119.
De la. Communication des Forces. 4^.
sranklin (^), parcequc eet homme il-luftre avoue lui-même quil fe pourroit, a cau-fe du peu de tems quil a pu y donner, quel-les ne fuflent pas entièrement exadtes: nbsp;nbsp;nbsp;jc
ne parlerai que des découvertes de M. M. Oalibard Sc wilke.
§. l$6. M. dalibard a trouvé que rextrémité, par laquelle Ie Fluide, entre, de-vient un pole boréal amp;; lautre un pole auftral,nbsp;amp; ccla de quelque manière que rAiguille foitnbsp;placée. Suppofons p. ex. quelle foit dans Icnbsp;Méridien magnétique, amp; quon joigne a lex-trémité boréale la chaine qui eft au crochetnbsp;de la Bouteille, amp; a rextrémité auftrale lanbsp;chaine qui appartient a la furface extérieurenbsp;de la Bouteille: rextrémité boréale deyiendranbsp;un pole boréal, 6c Taullrale un pole auftral.
Si au contraire la chaine, qui appartient au crochet, avoit eu communication avec Ienbsp;bout auftral, êc lautre avec Ie bout boréal, Ienbsp;bout auftral auroit acquis un pole boréal, 6c,
Ic
{h) Uttres fur l'ÉleBricitê, tradnHïon (ft M. daiibard. [Tomé II. p. 134148. Laveu dc M. frankunnbsp;sy tiouve p. 145. amp; les reraarques fur les Espériencernbsp;de M. wnsoN p. 135. Ie refte contient les cxpénenc5$nbsp;de M. daiieard. N. d. T. ]
]e boreal un pole aiiflral, ce qui eft Iinvetfe de ce qui auroit eu lieu par la fituation feulc,nbsp;même qiiand on frappe la lame de Fer a coups'nbsp;de rharteau. II eut été a foubaiter que M.nbsp;Igt; A LI B A R D eut decrit cette experience plusnbsp;exaélement, qu il eut marqué sil a pris routes les précautions posfibles, quil eut placénbsp;ausft 1Aiguille dans IEquareur magnétiquè,nbsp;fituation dans laquelle la force liiagtiétique ter--r^ftre nagit pas, Sc quil eut examiné ft Ief-fbt eft invariablemcnt le méme; il eut été anbsp;fouhaiter enfin , quil eut examiné ce qui anbsp;lieu en appliquant k chaine non aux extrémi-'nbsp;rés, mais au milieu de 1Aiguille, Sc fi 1Aiguille acquerroit plufieurs poles- en ce cas.
§. a57. Or on verra facilement, ou quc ces Experiences nont pas été p-arfaitement CX-
suctes, ou que Ieffet en eft variable, ft on fait attention aux Experiences de M. wilke ia).nbsp;Pour abreger, j-appellerai avec ce Phyficiennbsp;Chaim pofitivenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui .communique au cro
chet de la Bouteille, Sc Chaim négative eelle qui communique avec la furface extérieure.'
(a) Mtm. ie'^'Acai. de Sieede, Tome XXVIII. p. 3^?* i^eqq. de la Trad, allemande. ' ' '
-ocr page 531-De la Communication des Forces. 489
Or M. WILKE a trouvé, que la fituation ies poles eft différente, felon que le Fer quonnbsp;employe eft placé dans le Méridien magnéti-que OU non : felon que fa fituation y eft plusnbsp;ouraoins exaéte, Sc que cette variété deffetsnbsp;dépend de la force que ks baiTcaux acquier-rent par cette fituation feule, amp; qui eft aidécnbsp;ÓU troublée, ou vaincue par la force élecfri-que. Mais ', comme ccs Expérlences la nap-partiennent pas ft. direélemént a notre but, jcnbsp;dirai feulement, que M. wilke a trouvc,nbsp;que la force éleUrt'que produit par elle-mêmeynbsp;£5? enfant que telle ^ la force magnetique £5?nbsp;une polarité confante. II déduit cette Propoquot;nbsp;fition des Experiences fuivantes.
i. En plaqant 1Aiguille dans la direétion de rAiguille dInclinaifon j amp; en faifant pas-fer rÉleétricite par cette Aiguille, Iextrdmi-
té inférieüre acquicrt un pole boreal, la fiipé' rieure un auftral, comme il arriveroit par lanbsp;feule fituation, amp; cela de quelque manièrenbsp;quon place la chaine: mais cette force eftnbsp;plus grande fi la chaine pofitive touche IeX'nbsp;trémité fupérieure, amp; la négative 1inférieu-re. Done la chaine négative a une certaincnbsp;relation avee le pole boreal, la pofitive avecnbsp;Iauftral.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
5,quot;. Les Aiguilles qui font perpendiculai-
49^ I. MEMO IRK. P. II. Ch. V-
res a la direélion dInclinaifoiVj C- a. d. qtii font dans le véritable Equateur nugnétique,nbsp;acquierent raremcnt, 5c foiblernent la forcenbsp;magnétique. par TÉledtricité: cependant denbsp;petites Aiguilles qui Iont acquife, ont acquisnbsp;iin pole boréal a Textrémité qui tóuchoit lanbsp;chaine négntive, un auftral a eelle a laquellenbsp;la chaine politive étoit attachée. Voila donenbsp;encore une relation entre le pole boréal 6c lanbsp;chaine negative, 6c Iauftral 6c la chaine po'^nbsp;fitive.
3°. SI les Aiguilles font placécs horizonta-lement dans IEquateur magnétique, elies ac-quierent une polarité foible, mais conlfante: le pole boréal fe trouve la ou eft la chainenbsp;négative, Iauftral la ou eft la politive.
^ 4®. Enfin, lion pofe les Aiguilles hori-^ontaleqient dans le Méridien magnétique , el-les acquierent toujours un pole boréal dans 1extréraité qui regarde le Nord, li celle-cinbsp;tpuche la chaine negative; mais, li elle tou-che la politive, il arrive quelquefois a de peti-^nbsp;tes Aiguilles, que le pole auftral fe trouve anbsp;lextrémité boréale.. Voila done dérechef lanbsp;même relation entre la chaine politive 6c lenbsp;pole auftral, entre la négative 6c le pole boreal.
§. asS.
-ocr page 533-15s. E N refléchifïant fur ces Expérien» «CS de. M. wiLKE, je ne puis pas ne paStnbsp;établi? qui\ y a une ceitaine relation enue 1%nbsp;chaine negative 6c k pole boréal: entre lanbsp;politive 6c Ie pole auftral, Mais, on ignorenbsp;parlaitemei-u: quelle eft cettc relation, §C M»nbsp;wiLKE lui-même avoue quelle lui eft in*,nbsp;cpnnue. Pour la connoitrei, il faudroit favoir,nbsp;1°. En quoi confifte Ie Magnétisme: fi ceftnbsp;dans un Fluide, 6c en ce cas fi ce Fluide eftnbsp;ftmple oir double, comment ü fe meut, com*,nbsp;ment il eft conftitué.
I i, faudroit favoir en quoi confifte lE-leékricité; car quoique ks Éleétricités politive 8t negative foyent aétuellcment adroifes: par tous les phyliciens, ceux-ci fe partagentnbsp;cependant entre deux fentimens tres - diffé-rens: M m^s regardent f Electricité pofitivenbsp;comme un exces de Fluïde, amp; la negative:nbsp;comme un defaut du même Fluide: dautres,nbsp;comme M, M- wilxe, cigna, sym-niES., bergman conftdèrent les Eleétri-cites politive 6c negative comme deux efpècesnbsp;différentes 6c oppofées; comme deux Fluïdes diftinéts; or, ausli longteins que ces questions ne font pas décidées on ne fauroit direnbsp;quelle eft cette relation.
WIL-
-ocr page 534-WIL K E a obtenus dans fes experiences font conftans, univerfels, amp; hors de tout doute, ilnbsp;faui certainement établir, que la chaine po-fitive produit, toutes chofes dailleurs égaies,nbsp;un pole auftral, amp; ia negative un pole boreal:nbsp;amp; conféquemment, fi nous faifons attention Xnbsp;la definition que nous avons donnee qi - delTusnbsp;de rinfluence, favoir quelle a lieu, fi les ef-fets que lAimant produit aóluellement, ounbsp;quil a coutume de produire, font changes,nbsp;foit pour leur nature, foit pour leur grandeur,nbsp;lorsquon communique l-iiledlricité a TAi-mant, il faudra certainement établir, que lÉ-leétricité influe a eet égard fur Ie Magnétisme, puisque rÉleélricité fait, que les polesnbsp;font produits dans un ordre inverfe de celui,nbsp;dans lequel ils auroient été produits fans ellcjnbsp;OU, quils font produits dans des caS OU ils
§. a59. Quoiq,ue je feuflè que les Ex-périences de M. dalibard font contrai-res a celle de M. wilke, je penfois ce-pendant de cette manière, avant que jeuflè pu faire moi-même des Expériences fur ce fu-jet: car, quoique la Machine éieétrique dontnbsp;je mc fers foit excellente en elle-même, elicnbsp;neft cependant pas alTcz forte pour que je pus-
ïê tenter de repeter les expériences de M. WI L K E. Mais dans la fuite roccafion mennbsp;a cté founiie par un Seigneur de la naiffance lanbsp;plus iiluilrej 8c dun rang tres-diliingué, quinbsp;cukive la Phyfique, 8c qui pofféde de grandesnbsp;connoilTances dans cette fcience comme dansnbsp;plufieurs autres: qui occupe enfin par fon génienbsp;une des premieres places parmi les meilleursnbsp;Phyfieiens, que nous félicitons de pofledernbsp;un pareil Mecène («). Nous avons employénbsp;uné Machine garnie de deux plateaux de dix-huit pouces de diamètre j en outre deux batteries j felon la Méthode de M. priest-
LE Yi
(a) [Jcparle de S. E. Ie Prince de gallitzin, Ena voyé de S. M. 1Impératrice de Rusfie auprès des Étatsnbsp;Généraux des Provinces Unies; Membre des Académies
de Petersbourg amp; de Bruxelles , DireCteur dc la Sociétc de Haarlem. Je ne faurois affez reconnoitre les bontésnbsp;dont ce Seigneur mhonore, amp; je me fais un devoir dcnbsp;lui en tcmoigner ici publiqiiement ma gratitude. Lesnbsp;Expériences, dont il eft queftion, ont été faites par Iénbsp;Princè de gallitzin, par mon frerc S. P. vannbsp;swinden, amp; par moi. Nous y avons employé plu-Reurs feances. Lami que nous avons confultc par lettres eft feu M. bent AN de Senève, refidant alors a Ianbsp;Haye; une mort prématurée nous a enlcvé eet excellent homme, dont on ne fauroit trop déplorer Ia perte*nbsp;ïi. d. T.]
-ocr page 536-ï. E Y 5 chacune de foixante - quatre bouteilfes: enfin encoi'e une autre batterie plus petite dtfnbsp;quatre boutcilles, mais dune force ctonnantc ,nbsp;6c au naoyen de laquelle on fond facilementnbsp;un fil darchal. NouS avons fait ufage de tou*»nbsp;tes les precautions nécelTaires dans ce genr«nbsp;dcxpérieiic'ês. Le feigneur dónt je viens denbsp;{)arler, 6c mon Frcte ont fait ces Expérien*nbsp;ces avec rnoi: 6c noiis avons confiilté fur quel*nbsp;ques unes déntrelles ^ un de nos amis, M.nbsp;D**} Phyficien diftingué. Voici un abrégénbsp;de nos experiences, dans lesquelks nous nousnbsp;fbmmes fervi de morceaux de refforts dcnbsp;montre.
Ex p É R. XXVI. Le i8 de Juillet Ca77lt;5j ttoiis avons déchargé a travers notre lame. j°.nbsp;tjne batterie de foixante - quatre Bouteilles inbsp;enfuice une antre de cent * vingt - huit BoU'nbsp;teilles; nous avons repeté ces Experiences plusnbsp;dune fois, 6c nous aVons trouvé:
1°. Que notre lame navoit acquis aucun Magnétisme.
0°. Que la force dune Aiguille déja ai* mantée étoit affoiblie.
§. 7,60. En reflêchlflant fllr eet effet inat* tendu, la grande force de la batterie nous anbsp;fait naitre quelques doutes; car, peut*être
que
-ocr page 537-t^e h CommunieAtion des Forces. 495
^ue cette force, au lieu de pénétrer la lame, na fait que glifler par deffus: je me rappelloisnbsp;dailleurs que M. wilke («) lui-mêmenbsp;avoit trouvé que les explofions peuvent êtrenbsp;trop forte*, amp;: Ie Phyficien dont jai parlénbsp;nous communiqua Ie mêffle doute* NouSnbsp;avons done repeté fans delai nos Experiences jnbsp;«n employantla petite batterie, dont jai faitnbsp;mention.
E X pB R. XXVII. Nous avons place dans Ie Méridicn magnétique une lame non aiman-tée, tellc que nouS en avons toujours emplo-yée dans nos cxpériences. La chaine pofitivenbsp;touchoit lextrémité boréale, c. a. d. cellenbsp;qui etoit tournée vers Ie Nord: la négativenbsp;touchoit iextrémité auftrale. Nous avons dé«nbsp;chai'o-é la batterie fix fois de fuite; leffet a été
O
douteux.
ExpÉR- XXVIII. Dans cette experience la chaine négative touchoit lextrémité boréale 5 la pofitive lauftrale: nous avons dé* chargé la batterie fois; les deux extrémitésnbsp;ont acquis un pole auftral: Ie boréal étoit aunbsp;milieu.
Ex PÉR. XXIX. Nous avons dispofé les
cho-
lil I nbsp;nbsp;nbsp;.1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..................... . nbsp;nbsp;nbsp;1.1 »¦¦¦¦¦»¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.lt;¦ ¦¦ii.M
(«) L. c. p. 311.
-ocr page 538-chofes tout comrae dans IExpirience précé» dente. La chaine negative touchoit le polenbsp;boréal , la pofitive Iauftral. Lextrémité bo-réale eft devenu un pole auftral tres - diftindt:nbsp;Iautre un pole boreal, ausfi trés - diftindt.
C E s Experiences font done oppofées a celles de M. wir.KE, la dernière eft tres-conformc a cellc de M. dalibard. Je luis done adtuellement en doute, amp; jaurois dunbsp;penchant a. penfer que Ieffet de ces experiences eft different felon la difference de beau-coup de circonftances, quon ne coniioit pasnbsp;encore comme il faut.
§. 161. (a) Il y a done une grande op-pofition entre les expdriences de M. franklin, celles de M. öa l i b a R d , celles de M. WILKE, amp; celles que jai faitCS moi-
mcme avec le Prince de g a l l i t 2, i n, Ot quoique M. beccaria eut fait depuisnbsp;longtems des expdriences fur cc fujet, je do isnbsp;avouer a regret, que je nai pas encore pu
me
(a) [Get article qui sétend jusquau §. 165. a été compofé après que 1Académie cut prononcé fon Juge-ment: jc I'ai envoyé a munich le 13 dAvril 1778.»nbsp;amp; il a été imprimé dans I'original en forme denbsp;JN. d: T.']
-ocr page 539-He la Communication dit Fórcèf. 4,^
me procurer ccs oüvrages. Mais, apres avoir envoyé ma diflertation a Munich jai trdu-vé dans lin Journal anglois (^) un extrait dunbsp;Traité deÜ' Elittricisma artificlale^ quon vé-noit de traduire, amp; jai vu quon avoit inferénbsp;dans cet extrait les Experiences de ce Phyfi-cicn fur le fujet dont il sagit. Je vais donenbsp;traduire det article, afin quon voye dérechéfinbsp;combien font grarvdès les différences qtii fenbsp;trouvent entre ces Expériences amp; celles dolltnbsp;nous avons parle ci-delTus.
1°. Apres que 1Auteur eut plaéé une dc fes Aiguilles dans le Méridien magnétique,nbsp;de forte que lextrémité que nous nommerortsnbsp;N regardat le Nord, il déchargea a traversnbsp;die deux grandcs Bouteilles, de faqon que lenbsp;Fiuide entrat par lextrémité boréalc 6c forticnbsp;¦par 1auftrale. Cette Aiguille pkcée fur fon
llile, fe tourna vers le N ord par fbn extrémi-té boreale.
aquot;. Laiguille ayatit été placee com-me dans TExpérience précédenten mais la décharge ay ant été faitc en fens contraire, c. a.
d.
AimthlyIRtvkv', Vol. Lt'II. p. 3Ó1. Nfytmb. 1777, La tradudiion de cet article finit au §. 264. [ Les Ex-périences dont il sagit ici fe trotiv-eht 5. 733, 7^^^'nbsp;2^1. de Ionvrage da P. bscc.^rïa, N» i T. J
^98 I. mImoire. P. II. Ch. V./
jduSudau Nord, la pointe fe tourna en^ jBore vers le Nord.
3°. amp; 4°. M. B E c c A R i.A a tourné 1Aii* .guille, c. a. d. il a placé fon extrémhé bo-jdak. vers Ic Sudj 2c il a trouvé que Iexplo-.fion transmife, a travers 1Aiguille a changé lesnbsp;-poles Ï ¦ dc facon que lextrémité boreale knbsp;tournoit versie Sud: amp; de plus, que le mêrnbsp;me; efFet a lieu foit quon faffe paffer le Fluidcnbsp;ékétrique du Nord au Sud, ou du Sud aunbsp;Nord.
§. '%6^. nbsp;nbsp;nbsp;plaqant rAiguille dans une
fituation yertieale, M. beccaria a trouvé que Ikxplofion, entrant pr la partie ill-périeure, a fait .tourner Textrénaité inférieure de rAiguille, vers le Nord.
aquot;. L a mêmc direébion a eu lieu, en fai-
fant entrer le Fluids par lextrémité inférieure.
3. amp; 4quot;. En renveifaatdAiguille, amp; fai-fant paffer 1explofion a travers elle, fa direction fut trouvée changée, foit que le Fluïde entrat pr la partie fupérieure, foit quil en-trat par rinférieure.
11. femble fiiivre de ces Expériences, qutf la direétion, donnée aux Aiguilles par la ma-tière éieélrique, na pas dépendu du courant
que
-ocr page 541-De la Communication des FercêL 49^
sue cette inatièfe a fuivi'en entrant dans lAi* guille, mais de la pofition de celle-ci, lors^nbsp;quelle a recu Ie coup j de forte que Textréf-niité qui a regardé Ie Nord, ou Ie centre denbsp;la Terre j lorsqüe 1Aiguille a été frappée, fcnbsp;tourne toujours enfuite vers Ie Nord, quellcnbsp;quait été la direétion de la matiére élcétrirnbsp;que qui paffe par 1Aiguille.
§. 16^. Lts dïets ont été trés - fitiguliers amp; inattcndus dans les Expériences fuivantes,nbsp;mais on peut les expliquer par Ie même priufnbsp;tipe.
M. BEccARiA a placé IAiguille hori^ zontalement, mais perpendiculairement au Mé-ridien magnétique, c. a. d. de rEfl a louell.nbsp;1'. En faifant paffer Ie coup faudroyant parnbsp;rAiguille, de facon quil entire par rextrémi-
té tournee vers TEft, amp; pla'^ant enfuite TAi-'' guille fur un ftile, 1Auteur a reraarqué aveenbsp;étonnement, que 1Aiguille avoir acquis unenbsp;polaritc trés - finguliére, li tant eft quon puis-ie rappeller ainfi; car iquot;. elle fe tourna versnbsp;lEft amp; rOueff: ffextrémite qui regardoit lEftnbsp;pendant quon faifoit paffer Ie coup foudro-yant, fe tournoit aétuelleraent vers Ie mémenbsp;Rhumb, a*. Le niême eftet a eu lieu en foifanc
I i 'i
-ocr page 542-(500 I.MEMOIRÉ. P. II. C/!.V
erltrer Ie coup foudroyant par rektrémité occidentale de rAiguille, la pofition reliant la même que dans Iexpdrience prccédente. 3quot;. 4°.nbsp;Mais, lorsque 1Auteur renverfoit 1Aiguille,nbsp;en lui faifant décrire un demi cercle, amp; fai-fbit palTer Ie coup foudroyant a travers, lanbsp;diredlion de I'Aiguille a été changéc dans lesnbsp;deux directions contraires, de forte que lex-tréraité qui fe tournoit auparavant vers lEft,nbsp;ft tournoit aéluellement vers TOueft.
Je fuis oblige davouer, dit M. bec- CARIA, que jai employé beaucoup de tems avant que davoir découvert ce myllè-,, re, quoique fa raifon foit celle - la même,nbsp; pour la découverte Sc la confirmation de lanbsp; quelle jai dabord été. conduit a faire cettenbsp;5, experience, favoir létincelle qui palle par
IAiguille. Qviand celle-ci eft placee a 5, angles droits avec Ie Mcridien magnétique,nbsp; Ie coup a donné la direéllon boreale a cettenbsp; partie qui regardoit Ic Nord, amp; raufiralenbsp; a celle qui regardoit Ie Sud. En autres ter-¦mes, lexplofion, transmife felon quelque direction que cefoit, Sc quoiqtte lAiguiile fas-fc un angle droit avec Ie Mcridien magnétique, fait que ces parties la fe tournent vers Ienbsp;Nord, qui ont appartenu a la partie boreale
3e la Communication des Forces. 501
^elAiguille, ou qui ont été tournees vers Ie Nord dans Ie temps que TAiguillc'a éfe tou-ehée par Ie coup fpudroyanc,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
%¦ '2,64. On voit facilement xornbien ces Experiences font oppofées a Cclles que nousnbsp;avons rappoitces ci^delTus. Si elles avoientnbsp;toujours lieu, ce qui neft pascomme ii fuicnbsp;de ce que nous avons dit, il feroit für que Icnbsp;oup éleftrique agit dans la plupart des casnbsp;feulement comme un coup quelconque. IInbsp;faudroit en excepter Ie cas dans Icqucl 1Aiguilrnbsp;Ie eft placée dans IEquateur magnétique,nbsp;puisque dans cette fituation elle nacquiert pasnbsp;de force par im coup ordinaire, au contrairenbsp;de ce qui a lieu ici. Mais, en fuppofant lExrnbsp;périence du P. be cc aria vraie dans tousnbsp;les cas, ce qui neft pas, la force-magnctiquenbsp;sy eommuniqueroit felon une ioi bïen fingu-
licre. Car 1Aiguille fe^dirige alors de faqon que Ie coté «1^ fe tourne vers Ie Nordj 6c Icnbsp;-coté sm vers Ie Sud. (Fig. ai.)- Or, celanbsp;ne fe peut a moins que la partie nh nc foit boreale, Sc la partie sm aullrale, c. a. d. a,nbsp;Bioins que les poles ne foyent places felon lanbsp;largeur de la lame, amp; non, comme de cou-tüme, felon fa longueur, Or je métonne,nbsp;que Ie coup foudroyant, qui vraiiqmblable-
Ii
ment
-ocr page 544-5oa I. MÉ MOIRE. P. II. Ch. V.
ment nagit pas tiniformement dans toutes le^ parties, ait pu produire eet effet, puisque cenbsp;nefl: que très-difficilement, amp; en employan^nbsp;beaucoup de précautions, quont peut Ie pro-duirr j^au moyen dAimans^, comme 1anbsp;prouvé M.- BRUG MANS (fl), qui Ie prernbsp;mier a découvert cette methode; car, il faut,nbsp;pour y réusfii-, que les deux cótés nh, sm dtnbsp;la lame foyent frottés en même tems par desnbsp;barreaux magriétiques,; dé piême forces, Scnbsp;prefles également. Si Pon couvre dune gk?nbsp;ce une lame aimantée de cette manière, 6cnbsp;quon y repande de la limaille, celle-ci ncnbsp;skrrange pas en courbes, comme de coutu-megt; mais-elle sétend, comme il Ie faut peurnbsp;de vrais poles, Ie long des lignes nb ^ s m ennbsp;lignes perpendiculaires a celle - ci, amp; fe cour-be en ns Sc b m. NI. b R u g M A N S n*a pasnbsp;examine M direction des lames aimantées denbsp;cette manière; nuis la chofe eft évidente, iinbsp;toute la partie nb eft boreale, ^ sm auftra-Ie. On volt en attendant par tout ceci, com?nbsp;bien les Expérienceg'fm' 1^ polarité produite
. p'^r
(4) Tmiam. de Mat. Magn. p. 138. Planche III. Fig. 4. [ Jat'fruqu'il Tcroit «tile dajoiiter ici. 1;^ figure.nbsp;N. d. Ti:l
-ocr page 545-Dc'la Communication des Forces. 503
par lEleólricité, font jusquici incertaines, Sc pen propres a nous permettre den tirer dosnbsp;conciufións qui ne laiffent aucun doute.
Conclujion de la Seconde Parties
§. 16%. Si nous raffemblons tout ce que nous avons dit de Ilnfluence de rÉlectricité
vn~.
fur le Magnétisme, U paroitra que cette fluenae. efl nulle par -rappovt a lattraétion, ala.nbsp;diredtion, a Iinclinaifon, amp; feut-être (^?)nbsp;ausfi pour la communication des forces: quenbsp;les expériences dc M. wilke peuvent a lanbsp;verite faire dourer fi rÉlcdtricité polltive nanbsp;pas avec le pole auftral amp; la négative avec lenbsp;pole boréal, quelque relation particuliere, jus-snbsp;quici peu connuej mais quil eft dautres Ex-»nbsp;périences coiitraires a celles-la,
(«) [En compofant ce Memoire je ne connoiffois pas les Experiences du P. eeccahia: je ferois adluel^nbsp;lement tenté doter le pmt-éire, amp; de concRire. affirma-fiyenient que^linflaence eil nulle a tous égards, N. d, Tft
.504 I. MEMO I RE. P. II. Ch. V.
CONCLUSION GENERALE
P E S
§. a66. Si nous refléchiffons fur tout ce qui a etc dit dans la premiere Partie de IA-nalogie entre rElecfcricité 8c le Magnétisme,nbsp;8c dans la feconde, de ITnfluence de la premiere dc ces forces fur la derniere, on trou-vera, cc me femble, que ces deux genres de For -ces font totalement différens gt; quils dépendentnbsp;de caufes différentes :¦ qu'ih agijfent felon desnbsp;loix différentes amp;C quiamp; n'cnt auciine influencenbsp;Vune fur Vautre, li ce neft peut - être entantnbsp;que rÉleétrické pofitive tache de produire uunbsp;pole auftral, 8c la négative un pole boréal,nbsp;quoique cette influence-la paroifle même tr'es~nbsp;douteufe (j? incertaine. Ceft done a cela menbsp;femble, 8c a cela feul, 8c tout au plus a cela,nbsp;8c encore tout au plus avec quelque probabiliténbsp;peut-être incertaine, que femble fe reduirenbsp;cette grande Analogie que plufleurs Phyliciensnbsp;out étabiie enu'e iElectricité 8c le Magnétis-
. me
-ocr page 547-SOS
Conchfion Générak.
tic (a), Du moins tel eft mon femiment, quoique je faehe quil eft contraire a lopinionnbsp;presque générale des Phyficiens: maïs, jainbsp;expofé mes raifons, 6c jai taché de les con*nbsp;firmer par des experiences. Je foumets volon*nbsp;tiers tout ce que jai dit au jugement équitablènbsp;de rAcadémie. Jai regret davoir été obli-gé de mecarter du fentiment de plufieurs ex-cellens Phyficiens, que jeftimc tous infini-ment. Cette diflFérence dopinions nc diminiienbsp;cependant pas Ie moins du monde la profondenbsp;admiration 8c leftime fincère que je dois a leuifnbsp;merite 8c a leur reputation; mais nétant con-vaincu, ni par leurs argumens, ni par leursnbsp;cxpériences, jai expofé cc qui ma paru sap-procher davantage de la Verité: foit que je,nbsp;mcnfois inftruit par Ie raifonnement, ou quenbsp;cait été par lexpérience. Car, 1'Homme^ Unbsp;Mlniflre l' Interprète de la Nature ^ne fait ^nbsp;ne fait que ce qu'il a obferyé de l'ordre de la Na~
turi
(«) [M. HEM MER tetmine fes remarques fur cc Memoire en difant, que Ie leéteur verra fadlement da-prés ces remarques que ma couclufion générale n'cft pasnbsp;entièrement jufte. Jai taché de repondre aux ebferva-tions de eet illuflre Phyficien, 8c de faire voir que feenbsp;objections ne diminuent pas la force des preuves effen-tielles fur lesquelles cette conclufion eff fcrndéc. Ccftnbsp;au Lefliïsr i jager j'ai réusli. N. d. T. J
V
-ocr page 548-gO(5 I. MÉM o IRE. P. 11. Ck. V.
ture pat texpirience ou par Ie raifomiement: ^ il ne peut ^ ni ne fait rien au dela.
a r achevé louvrage-que javois coramen* ¦cc, amp; jai rcpondu comme je lai pu a la pre«nbsp;micre parrie dc la Quefcion propofée par lillu-ilre Académie: y a-^t-il une Analogie véritablenbsp;phyfitpue entre la force êküriqüe Ici forctnbsp;magnétique ? mais comme j^ai nié cette Analogie, je crois que la iblution de la feconde pai'-tie ne me regards pas: car 1Académie ne de-jnandc qj.ielle efi la maniere dont les forces élec^nbsp;trique iA magnétique agiJJ'ent fut les Animaux ^nbsp;quau cas quon cut prouvé quil y a de 1Analogie entrelles. Je prolongerois done inuti-lement mon travail fi jexpofois mes raifonsnbsp;furcefujet {h). II vaut mieux finir. Heureuxnbsp;jl mon travail ne déplait pas a. mes illuftresnbsp;Juges, amp; sils ne Ie trouvent pas entierementnbsp;dépourvu dutilité! car je penfe que ceft anbsp;Ctre utile que cpnfilt^ la plus grande gloire,nbsp;amp; cell la Ie but que je me fuis propofc dansnbsp;tous mes travaux: putsque, a moins que ccnbsp;que nous faifons ne foit utile, la gloire qui cnnbsp;refulte eil infenfée.
{h) [On troiivera de quoi fe fatisfaire fur ce fujet dans la feconde partie de Fcxcellente Differtation de M-STEiGLEHN EK. gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; dans Celle de M. hübnek.,
M. d. T. ]
Fin du premier Mérnolre.
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