^ At.Tj oo r
THÉORIQUE ET EXPERIMENTAL
SUR
AVEC UNE SÉRIE DEXPÉRIENCES
PAITES EN PKÉSENCE DES COMMISSAIEES DE LINSTITUT NATIONAE DE FBANCB ,
ET EN DIVEES AMPHITHÉATEES ANATOMIQUES DE LONDEES,
Professeur en 1Universiié de Bologne , de Plnstitut national de la
Rëpnblique italieune, des Sociélés Galvaniqueet Académique des sciences de Paris, des Sociétés de médecine de Paris et de Londres,nbsp;de 1Athénée des arts, des Académies de Bologne, de Turin,nbsp;Mantoue, etc.
Af'ec Plaiiches.
TOME SECOND.
liMPRIMERIE de FOURNIER FILS.
, JJ J ^ C EES TRÉKES ÏTHANESr , PEACE DU TRIBDNAT , N.o l354.
(. JOSEPH EUCCÜESINI, LIBRAIEE , A BOLOGNE.
ANXII.-M.DCCCIV.
-ocr page 8- -ocr page 9- -ocr page 10- -ocr page 11-INTRODUCTION.
Les Mémoires que je vais publier dans ce volume nenbsp;eontiennent que des éclaircis-sements et des développementsnbsp;de mon Essai sur Ie galvanisme :nbsp;ils peuvent en être considé-rés comme une suite nécessaire;nbsp;ils doiveiit en conséquence ctre
compris sous Ie même litre, comme formant une vérita-ble partie du mème ouvrage.nbsp;Plusieurs raisons mont déter-miné a les publier séparément :nbsp;la principale est que les failsnbsp;qu ils eontiennent me paraissentnbsp;encore susceptibles dun plus
2.
-ocr page 12-ij nbsp;nbsp;nbsp;l^iTKODUCTION.
haut degré de probabilité et dexactitude, avant de pouvoirnbsp;être admis dans un corps denbsp;doctrine. Jai jugé cependantnbsp;convenable dofïrir ces nouvel-les recherches aux meditationsnbsp;des savants, comme Ie mojennbsp;Ie plus assure de leur acquérirnbsp;la mesure de confiance quellesnbsp;doivent atteiadre pour consoli-der un jour cette nouvelle branche de la science.
Quil me soit maintenant permis de pareourir avee rapidité les principaux objets qui soninbsp;traités dans cette dernière parti e de mon Essai sur Ie galva-nisme. Javais déja fait plusieurs
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experiences a la mer ponreva-luer la vitesse avec laquelle Tin-lluenCC galvaniqne parcoiirt de grands espaces au travers de sesnbsp;éaux. Dernièrement jai tenténbsp;des experiences comparativesnbsp;sur la Seine et sur la Marne. Cesnbsp;observations rapprocbent denbsp;beaucoup les propriétés du gal -
Tanisme de celles de 1 électriClté
générale, et forment lobjet du premier Mémoire.
Quelqiies éclaircissenleiits sur la théorie des sécrétions animales mont occupé dans Ie second. Je ne prétends point map'nbsp;puyer des experiences de plu-sieurs physiologistes, ni même
-ocr page 14-iv introduction. des miennes sur Ie sjstême glan-dulaire , a 1aide du galvanisme ,nbsp;pour combattre les opinionsnbsp;déja établies sur les sécrétions;nbsp;je me bornerai a Texpositionnbsp;des faits. C est sur eux que jainbsp;élevé mon opinion particuliere ; il reste maintenant auxnbsp;phjsiciens et aux physiologis-tes a analyser mes conjectures ,nbsp;et a faire coiinaitre leur juge-ment.
Des vues philantbropiques m ont déterminé a faire unenbsp;suite dexpériences sur un cri-iriinel execute a Londres par Ienbsp;supplice de la corde ; je mynbsp;suis livré avec dautant plus de
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INTRODUCTION, courage, quelles navaient pasnbsp;encore été entreprises. Le troi-sième Mémoire en donnera lesnbsp;détails. Jai associé le galvanism©nbsp;a dautres stimulants pour ennbsp;évaluer lenergie respective etnbsp;simultanée ; les résultats lesnbsp;plus satisfaisants mont engagé anbsp;proposer lemploi de ces mojensnbsp;COiïibine.s dans le Cas d aspliy-
xie. Jose espérer que les mé-decins trouveront ici un agent des plus énergiques pour rap-peler les forces presque éteintesnbsp;de la vie. Quoique le galvanisinenbsp;soit un principe inhérent a lanbsp;machine animale , il est néan~nbsp;moins en notre pouvoir d aug-
-ocr page 16-yj nbsp;nbsp;nbsp;INTRODUCTION.
meoter et de rendre plus sensible son action par les noiiveaux procédés empriintés de la plij^nbsp;sique,
La torpille , le gymnotus elec-trique , le silurus, étudiés dans leurs Tapports avec le galva^nbsp;nisme, forment le sujet du qua-triènie Mémoire. Les animauxnbsp;doués au plus haiit degré dé-nergie ^ dune faculté qui peut-ètre ne leur est pas exclusive ,nbsp;présentent de véritables pilesnbsp;animales, formées des mains denbsp;la nature , et accompagnées denbsp;pbénomènès égaux a ceux denbsp;nos appareils galvaniques arti-bpiels. Ud tel objet sans doute
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était digne des recherclies de Galvani : aussi auait-il consacrénbsp;les derniers jours de sa vie anbsp;dingeuieuses expérienees , quinbsp;peut-être conduiront im journbsp;les plijsiologistes a resoudrenbsp;les plus grands problêmes denbsp;la vie animale. Je me félieitenbsp;de pouvoir faire connaitre icinbsp;ses travaux , et de les liec
a l etat actuel de nos connais-sances , pour en deduire en-suite des eonsequences générales.
Jai examiné, dans un autre Mémoire, le pouvoir conducteur de la flamme , les phéno-mènes des attractions électri-s
-ocr page 18-Vlij INTRODUCTION, ques, et les formes diversesnbsp;irnprimées aux corps par diffé-rentes électricités; et je finisnbsp;par moccuper de la construction dune nouvelle bouteille denbsp;Lejde. Cet opuscule , que Gal-yani n a pas jugé indigne de lat-tention du public, occupe unenbsp;place dans son dernier ouvragenbsp;quil fit imprimer en 1797. Jenbsp;Ie reproduis aujourdliui, aug-inenté dobservations sur lanbsp;flamme, faites a Oxfort avec Ienbsp;professeur Christopfie Pegg, etnbsp;dautres faites a Londres avecnbsp;M. Culthbertson.
Ceux qui connaissent This-' toire du galvanisme se rapel-
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leront sans doute de lepoque OÜ I on pretendait expliquer lesnbsp;contractions musculaires parnbsp;Taction exclusive d une éleetri-cite metallique. Cette espèce denbsp;revolution dans le sjstême denbsp;Galvani vint a ma connaissancenbsp;lorsquil me prodiguait ses soinsnbsp;dans une fievre adinamique,nbsp;du caractere le plus meurtrier.nbsp;Echappé par ses efforts a unenbsp;mort presque inevitable , jenbsp;moccupai dabord avec zèlenbsp;d un travail a Tappui d une doctrine dont je restais convaincunbsp;malgre les attaques quon luinbsp;avait portees. Jétais bien aisenbsp;de pouvoir ainsi rendre bom-
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mage a la vérilé, et de donner en même temps aGalvani un té-moignage public de ma reconnaissance. Jentrepris done etnbsp;publiai en 1794 des expérien-ces propres a démontrer quenbsp;I on obtenait des contractionsnbsp;musculaires avec un seul metal , et quon pouvait les repro-duire en faisant usage de deuxnbsp;métaux hétérogènes, dont lé-lectricité était préalablenientnbsp;mise en équilibre. Lon xerranbsp;la série de mes expérieneesnbsp;dans mon Mémoire , traduitnbsp;du latin avec beaucoup dexac-titude, et enricbi de plusieursnbsp;notes par M. Dessaix. Je dois
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consigner ici les obligations que jai a MM. Reynold etnbsp;Humboldt, pour avoir appuyénbsp;et agrandi mon travail parnbsp;une longue suite de faits cu-rieux , et d observations nou-velles.
Louvrage sera terminé par les experiences que jai faites anbsp;l Ecole veterinaire d Alfort avec
plusieurs membres de la So-ciété galvanique, dans l inten-tion de connaitre les effets du galvanisme sur de grandsnbsp;animaux. J y ajouterai encorenbsp;dautres mémoires et quelquesnbsp;lettres concernant la sciencenbsp;galvanique , que je tiens de
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SUR
Concernant Ie passage du galvanisms; « travers une partie de lOcéan et des rivières.
Les rapports iiitimes qui existent en-tre les effets du galvanisme et ceux de rélectricité générale exigeaient quonnbsp;examinat Tinfluence du galvanisme anbsp;travers une vaste étendue deau. Lesnbsp;expériences faites au lac de Genèvenbsp;par les célèbres frères de Luc, a laidenbsp;de rélectricité artificielle , et cellesnbsp;que des phjsiciens anglais ont essajées
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sur la Tamise, en faisant traverser a ce fluide un grand espace deau, montnbsp;engagé a tenter des expériences analogues , non sur des lacs ni sur des ri-vières , mais sur la mer même , ennbsp;comprenant ses eaux dans Iarc quinbsp;devait transporter le courant galva-nique.
De savants physiciens, auxquels je communiquai mon projet, voulurentnbsp;bien me faire part de leurs doutesa cetnbsp;égard ; savoir, que la vaste étenduénbsp;de la mer pourrait peut-être anéantirnbsp;le pouvoir conducteur, détourner sanbsp;force, OU empêcher son action.
Mon passage a Calais ma fourni une occasion favorable de répondre parnbsp;lexpérience a toutes ces objections.
M. Sept-Fontaines, très-distingué par ses connaissances en phy sique ,nbsp;voulut bien se joindre a moi et menbsp;prêter beaucoup de moyens pour exé-cuter mon projet. M. Chely, olBcier
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de santé, prépara tons les instruments relatifs aux expériences; et M. Debau-dre, ingénieur du port , disposa lanbsp;manceuvre nécessaire, afin darrangernbsp;de la manière la plus convenable lesnbsp;arcs galvaniques.
Pour combiner les circonstances les plus avantageuses au succes de len-treprise, il fallait avoir la nier tran-quille ; tout favorisa Fexpérience. Lenbsp;27 février le ciel fut aussi pur quontnbsp;pouvait le desirer ; les eaux étaient cal-mes , et présentaieiit un passage facile
aux bateaux qui traversaient dun cóté a lautre pour la correspondance desnbsp;opérations. Un vent léger souffla dunbsp;sud-ouest; la mer était pleine, sa tem-pérature a 8,6 degrés du tliermomètrenbsp;centigrade ; latmosphère a 9,7 degrés;nbsp;le baromètre a 771,5 miUimètres,
-ocr page 26-Disposition des appareils gahaniques.
Le Fort-Rouge et la jetée dOiiest mont présente deux points fixes très-propres a faire passer le courant gal-¦yanique a travers un grand et pro-fond intervalie de mer. Une colonnenbsp;galvanique de 8o plaques dargent etnbsp;de zinc fut placée au mousoir de lanbsp;jetée dOuest sur un tabouret isolé, etnbsp;les animaux qui devaient ressentir lanbsp;commotion étaient situés au Fort-Rouge ; la chaine galvanique était com-posée du tra jet de mer qui sépare lenbsp;Fort-Rouge de la jetée dOuest, et denbsp;trois fils darchal disposés de la ma-nière suivante.
Le premier fil partait de la base de la pile, et, porté par un isoloir,nbsp;tombait verticalement dans la mer,nbsp;a trois brasses environ de profon-deur.
Le second fi.1, également isolé , par-
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tait du sommet de la pile , et se pro* lougeait horizontalement a deux ounbsp;trois metres de hauteur au-dessus dunbsp;niveau de la mer, jusqua la plate-forme du Fort-Rouge.
Un troisièrae lil, toujours isolé, et placé a un angle de la. plate-forme ,nbsp;descendait perpendiculairement dansnbsp;la mer de la même manière que Ienbsp;premier.
E X P.
Les choses ainsi disposées , si line persomie, de la plate-forme, touchaitnbsp;1extrémité du second et du troisièmenbsp;fil , et complétait ainsi Ie eerde gal-vanique , elle ressentait alors une commotion ; si , au lieu des personnesnbsp;achevant la chaine galvanique, lonnbsp;substituait des animaux récemraentnbsp;tués, ils étaieut de même vivementnbsp;affectés. Nous en avons condu aussi-tot que la portion de feau de la mernbsp;2, 2
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(jui se trouvait entre la pile et Taui-mal frappé de factioii, faisait incon-testablement partie du eerde galva-iiique ; tel a été Ie corollaire naturel que nous avons cru pouvoir tirer denbsp;cette expérience. Liutervalle deaunbsp;é(ait denviron ciuquante mètres.
Nous avouerons avec ingénuité queu répétant les expérieuces nousnbsp;avons vu quilnétait pas essentiel,pournbsp;avoir la commotion , de tenir dansnbsp;les mains les deux conducteurs , ma isnbsp;quil suffisait de toucher Ie seul lil dar-chal qui répondait au sommet de lanbsp;pile. Cette anomalie apparente troublanbsp;dabord lerésultat de mes recherches;nbsp;aussi soupeonna-t-on que les commotions recues auparavant avaient éténbsp;tiansmises indépendamment de lanbsp;communication de la raer : il fal-lut done alors éloigner ces doutes parnbsp;des experiences nouvelles.
-ocr page 29-SUR LE GALVANISME.
I I.
E X P.
Jai essajé séparémeut dans la plate-forme faction des deux fils conducteurs ^ et jai apercu qu eil toüchant celui qui tombait a la mér, on navaitnbsp;jamais la commotion : alors jai prisnbsp;dans lautre main celui qui répou-dait au sommet de la pile j et *nbsp;ajant ainsi équilibré son action , jainbsp;ressenti la secousse: pveuve lin-fluence galvanique prenait son Courant de la base de la pile pour traverser 1eaii de la mer.
III. E X IR
M. Sept-Fontaines proposa dabaisser jusquau niveau de la mer Ie fil dar-chal qui, partant du sommet de lanbsp;pile, venait au Fort-Rouge. Lactioiinbsp;du galvanisme sarrêta a finstant, etnbsp;parut de nouveau en réublissant Ie
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conduclenr dans sa première position. Ainsi, inalgré Ténorme masse deaunbsp;qui séparait les deux conducteurs raé-talliques , malgré lagitation produitenbsp;paria marée , Ie galvanisme ne trouvanbsp;point dobstacies a s j propager, et anbsp;poursuivre sa direction.
Il est évident, daprès tous ces faits, que , quoique les experiences décritesnbsp;plus haut soient analogues a celles fai-tes autrefois avec la bouteille de Leydenbsp;sur les lacs et les rivières, elles sontnbsp;néanmoins nouvelles dans leur genre,nbsp;et quainsi elles pourront contribuernbsp;a mieux établir la correspondance quinbsp;existe entre les propriétés de Félectri-cité générale et celles du galvanisme;nbsp;jose même espérer que ces expérien-ces, poursuivies et variées avec soin,nbsp;pourront araener a des connaissancesnbsp;très-iutéressantes en physique.
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IV. E X P.
Aprèsles observations faites au Fort-Rouge , M. Sept-Fontaiues et moi alla-mes a la jetée dOuest pour essajer la force de la pile iudépeudarameut d^ lanbsp;mer: nous éprouvames uue actix)n plusnbsp;vive, doü nous jugeames que quoi-que Ie galvanisme traversat la mer, sounbsp;action sétaitnéanmoins affaiblie. Il estnbsp;a présumer qu'en propageant dans lanbsp;mer finfluence galvanique a des distances graduelleiiient augaieilteCS, OU
trouvera un point qui répondra au minimum de Taction , oü elle ne sera plu-s sensible : cette distance est encore anbsp;déterminer par de nouvelles observations. Tl reste de inême a constater avecnbsp;précision la difference de la propagation du galvanisme et de Télectriciténbsp;dans Teau salée et dans Teau douce *.
* A l'époqne de la découverte de rexpérieuce de Eeyde , MM. de Lue frèrcs iiiiaginèreDt de faire, utuj
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V. E X r.
Jai reconiiu que les bords de la mer, encore liumides du baissement de lanbsp;marée, traiisportent aisémeut lin-fluence galvanique a de très-graiides
belle experience aGenèvc , ienr patrie , en formant Ia plus grande partle dil circuit galvanitjue av'ec les conduits souterrains d 'seaux quiine machine hydrauliquenbsp;fait monter du Rhone jusqu'a la partie la plus élcvèe denbsp;!a viiie , a ia bantenr de 140 pieds; la elles atteigncntnbsp;on réservoir qui fournit 1eau aux fontaines publiquesjnbsp;nu hl darchal isolé se terminait a 1une des surfaces denbsp;la hüuteille de Lejde, tandis que 1autre surface étaitnbsp;mise en communication avec Ie fleuve; cétait auprésnbsp;de 1une des fontaines que se trouvait 1interruption dunbsp;circuit, et la on éproiivait la commotion en tenantnbsp;dune main 1extrémitè du hl darchal, et en plon-geaut lautre dans leau du bassin, üne experiencenbsp;analogue fut faitc ensuitè a Londres : la partie mé-tallique du circuit fut ctabiie sur toute la longueordunbsp;pont de Westminster, et la Tamise dans sa largeurnbsp;forrnait la partie aqueuse de ce circuit. Ces experiencesnbsp;ont èté répétées aussi a Paris.
-ocr page 33-SUR LE GALVANISME. n clislauces. Jai répétéplusieursfoismesnbsp;lentatives a eet égard, conjointemeutnbsp;avec M. Bastide , médecin a Calais; ilnbsp;me confessa avoir éprouvé de si fortesnbsp;secousses, quil seii ressentait encorénbsp;Ie jour suivant.
VI. EX P.
Jai rendu plus sensible faction du galvanisme dans fexpérience précé-dente par Ie procédé suivant. Gn filnbsp;métallique isolé communique d une
part au sommet dune pile, dont la base est plongéedans feau, tandis quenbsp;fautre extrémité, a la distance de centnbsp;pieds et raêraedavantage, aboutit dansnbsp;un vase de verre plein deau de la mernbsp;quune personne tient a la main. Dansnbsp;cetétat, si un ou plusieurs individusnbsp;ajantleurs chaussures légèreraent hu-mectées de feau du rivage, viennent anbsp;toucher dune main feau contenuedans
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Ie vase cle verre, ils ressentent une
forte seconsse.
Je me propose de mieux développer adleurs les circonstances et les modifications de cette expérience ; je menbsp;ixserve aussi alors dexposer les résul-tats de faction de fatraosphère galva-nique, en ne plongeant que la basenbsp;de la pile dans la nier, et en commu-niquant son action a des animauxnbsp;places a des distances variées. Jai ré-pété dernièrement une expériencenbsp;comparative a eet égard a la Sociéténbsp;galvanique , si zélée pour les progrèsnbsp;de cette branche des connaissancesnbsp;bumaines.
Je passe maintenant a quelques experiences comparatives faites dans feau pure. De retour de Galais, jennbsp;tentai quelques-unes sur la Seine, et jenbsp;vi.s qie ses eaux transmettaient lac-tion galvanique dune manière un pennbsp;différente de celle des eaux de la mer.
-ocr page 35-SUR LE GALVANISME. z3 Je métais proposé de déterminer avecnbsp;précision ces modifications , lorsquenbsp;étant allé a Alfort, je trouvai Focca-sion favorable de répéter mes expé-riences dans la Marne, entre Ie moulin.nbsp;de Cbarenton et Ie pont au-dessiis denbsp;la jonction de la Seine. Les eaux denbsp;la rivière étaient tranquilles, et per-mettaient de se livrer a toutes les ex-périences ; les instruments nécessairesnbsp;étaient soigneusement disposés; minbsp;batelet préparé favorisait loutes lesnbsp;maiicEuvres convenables. Cest dansnbsp;ces circonstances que Ie 2 de mai,nbsp;en présence de M. Cbabert, directeurnbsp;de FEcole vétérinaije dAlfort, et denbsp;MM. Godin frères, et dautres profes-seurset élèves du même établissement,nbsp;jentrepris les éxpériences suivantes.
VII. E X P.
Je placai sur un tabouret isoléa Fun des bords de la rivière nne pde com-
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posée de cent disqiies de zinc et de cuivre. Un conducteur parfait de lanbsp;base de la pile, et plongeait dans lanbsp;rivière, tandis quun fil darchal longnbsp;denviron cent mètres , sélevait dunbsp;sommet de la mêine pile , gt; et étaitnbsp;soutenu isolé dans son trajet. Alorsnbsp;un individu, sur un tabouret isolé,nbsp;saisissait dune main Textrémité de cenbsp;dernier conducteur, tandis que denbsp;lautre il formaitle eerde galvaniquenbsp;en tenant une baguette métalliquenbsp;quil plongeait dans la rivière : et aunbsp;nioment même ou Ie circuit galvaui-que était ainsi achevé , lindividunbsp;éprouvait une secousse très-marquée.
VIII. E X P.
.1 ai répété lexpérience précédeute en substituant au fil métallique unnbsp;lil de chanvre bumecté par une dissolution de muriate de soude, ou par
-ocr page 37-SUR LE GALVANISME. i5 1eau de la rivière : Iactioii du galva-üisrae a de mêine eu lieu dans ce cas ;nbsp;mais la rapidité du courant galvani-quesemblait un peu diminuée. Si Tonnbsp;ótait de la rivière la communicationnbsp;du conducteur qui allait a la base,nbsp;OU celle de lautre qui se portait aunbsp;sommet de la pile, les commotionsnbsp;galvaniques alors se refusaient cons-tamment; ce qui prouve que Ie courant galvanique était oblige* de traverser les eaux de la rivière avec unenbsp;très-grande rapidité.
ï X. EX P.
J'ai voulu tenter la contraction si-raultanée de la tête et du tronc dun cbien braque de la petite race, ré-cemmenttué , quoique ses parties fus-sent séparées entre ciles d'un are denbsp;prés de 200 mètres. A eet effet un conducteur isolé parfait du sommet de la
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pile, soutenu Ie long de la rivière par des supports de verre, et allait senbsp;terminer aux extrémités de lanimal;nbsp;de sorte quen baissant Ie fil, la moellenbsp;épinière découverte en trait en contact avec leau de la rivière. Un pareilnbsp;conducteur de métal, partant de lanbsp;base de la pile, était appliqué aux muscles cervicaux restés avec la tête dunbsp;chien ,dont lalangue étaitprolongée aunbsp;dehors. Lappareil ainsi disposé, duunbsp;cóté la langue et de Fautre la moellenbsp;épinière du tronc du chien furent ap-prochées de leau de la rivière : mal-gré la longueur du eerde que devaitnbsp;parcourir Ie courant galvanique, je visnbsp;des contractions simultaoées très-sen-sibles dans la tête et dans Ie tronc.
X. E X P.
Un fil de fer dun centimetre et demi dépaisseur, long de cent niètrcs ,
-ocr page 39-SUR LE GALVANISME. 17 souteiiu de distance en distance aunbsp;ttioyen disoloirs, a un mètre au-dessusnbsp;du niveau de la rivière, soutenait anbsp;une de ses extréinités une clef ordi-naiie de fer, et de lautre une gre-nouille préparée, dont les nerfs scia-tiques étaient enveloppés dune armature OU plaque détain. Dans iinstantnbsp;que la grenouille toucliait la surfacenbsp;de r 'eau par farmature des nerfs , unenbsp;partie de la clef étant de même immer-gée dans la Marne , on apercevait Ulienbsp;contraction bien sensible dans les muscles de la grenouille. Si fextrémité denbsp;la corde ne plongeait pas dans feau ^nbsp;et quon rait en contact avec la rivièrenbsp;farmature de la grenouille préparée ^nbsp;il nétait plus possible dobtenir desnbsp;contractions ; car alors la partie de lanbsp;rivière embrassée par 1étendue du filnbsp;ne formait plus une cliaine contigue , OU un eerde qui permettait au
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Courant galvanique de suivre sa mai-
che ordinaire.
XI. EX P.
Pour éloigner encore davantage dans lexpérience précédente Ie soup-con des stimulus mécatiiques, jai cora-blné difFérentes grenouilles , en sortenbsp;que la inoelle de la première étaitnbsp;unie par Ie mojen dun simple fil auxnbsp;muscles de la seconde; et la moellenbsp;épinière de celle-ci aux muscles de lanbsp;troisième, et ainsi de suite, lly avaifenbsp;dans cette expérience seuleinent deuxnbsp;argiatures, cest-a-dire, Fétaiii appÜ-qué ala moelle épiniere de la dernièrenbsp;grenouille, et Ie bout du fil métalliquenbsp;quij étant appliqué aux muscles denbsp;la première , soutenait verticaleraentnbsp;toutes les autres.- La communicationnbsp;ainsi élablie avee les deux armatures
-ocr page 41-SUR lp: GALVANISME. ig et les eaux de la rivière, toutes lesnbsp;grenouilles se contractèrent, quoiquenbsp;1iinpulsion mécanique neut lieu quenbsp;sur la première.
XII. E X P.
Jai enfin taclié de faire communi-quer les nerfs et les muscles dune grenouille par Ie moven dun fil denbsp;chanvre denviron trente metres denbsp;longueur, humecté dune forte dissolution de muriate dammoniac: il njnbsp;avait point de métal ni dans les nerfsnbsp;ni dans les muscles ni dans fare. Lesnbsp;contractions néannioins se sont malt ifestées en approchant simplementnbsp;Ie fil des nerfs et des muscles de ianbsp;grenouille. Par ce mojen jai forcénbsp;un fluide qui tient a Ieconomienbsp;animale a parcourir une distance don-Rée , et fa': pu apprécier la rapiditénbsp;fie sa marclie par uue méthode dilié-
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E S S A I
rente de celle emplojée jiisqua présent par les phjsiologistes-
De toutes ces expériences il résulte que legalvanismeparcourt, comme I é-lectricité, avec nnerapidité étonnautenbsp;de très-longs arcs conducteurs com-posés soit deseaux de rivlère, soit denbsp;celles de Ia mer, ou dautres substances analogues. Une telle rapidité doitnbsp;cependant varier selou la différentenbsp;force des appareils emplojés , et selounbsp;la facilité dont sont doués les corpsnbsp;qui doivent transporter Ie courant gal-vanique. Ces variétés sont très-difïici-les a être évaluces par les expériences.
Lestentatives du professeur Vassalli, publiées dernièremenlr a Turin ^ vien-neiit a lappui de mes observations. 11nbsp;a pris des cordons dor de deux millimetres ( une ligne ) dépaisseur ,nbsp;et de la longueur de quinze metresnbsp;( 46 pieds de Paris et il a mesuré,nbsp;par la sensation de léclair, Ie temps-
-ocr page 43-SUR LE GALVANISME. 21 einployé h les parcourir par Ie fluïdenbsp;galvanique , au raojen dune montrenbsp;a secondes fixes. Plusieurs essais ré-pétés lui persuadèrent, aiasi qua ceusnbsp;qui lassistèrent dans ses expériences ,nbsp;que Ie fluïde dune pile composée denbsp;35 couples de disques de zinc et denbsp;cuivre , entreinêlés de iS disques denbsp;drap trempés dans une solution denbsp;muriate daminoniaque ( dont il senbsp;sert ordinairement dans les experiences galvaiiiques ), avaifc la Vltessenbsp;de i5 mètres par seconde.
II a répété lexpérience dans son cabinet de physique , avec un cordon dor un peu plus gros, long de 64 mè-tres, isolé par des tubes de verre, ennbsp;se servant dune pile de 5o couples denbsp;disques des mêmes métaux. II a trouvénbsp;que Ie temps employé par Ie fluid©nbsp;galvanique a parcourir la longueur denbsp;64 mètres, nétait aucunement mesu-i'able par Ie moyen dune j^endule qui
2.
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faisait deux vibrations par seconde 1.
Vassalli a fait passer a travers de leau un courant galvanique dunenbsp;pile de 5o couples; il fit une trai-née sur une table de son cabinet,nbsp;longue de 12 mètres, en communication avec Ie pole positif, et il nennbsp;éprouva point , ou seulement denbsp;faibles secousses, a linstant mêmenbsp;quavec un cordon dor on touchaitnbsp;lextrémité négative de la pile. Cettenbsp;trainée aqueuse, mêlée è une solutionnbsp;de muriate dammoniaque, faisaitnbsp;éprouver une secousse plus vive dansnbsp;linstant du contact.
Ce pliénomène est en correspon-dance avec mes observations faites a la mer, dont les eaux augmentaient denbsp;beaucoup les effets de linflueuce gal-
Bióliothèque italienne, far MM. Giulio, Gio-liert, Vassalli-Eandi , et Rossi, ?ol. I, n.° 3 , Turin , an XI.
-ocr page 45-SUR LE GALVANISME. aS
Lon pourrait peut-être expliquer cette augmentation dénergie , ennbsp;supposant que Ie pole négatif de lanbsp;pile attire une plus forte quantité denbsp;galvanisme de la vaste étendue deaunbsp;avec laquelle il communique. De cettenbsp;manière Ton apercevrait la raison denbsp;faffaiblissement de linfluence galva-nique , lorsque la communication avecnbsp;la mer nexiste plus. Ainsi, commenbsp;dans une bouteille de Lejde, la quan-tité du fluide doiit elle est chargeenbsp;est en rapport avec Tétendue de lar-mature extérieure ; de même lanalo-gie promet de semblables résultatsnbsp;dans les appareilsgalvaniques. Jepensenbsp;quil serait utile dexaminer les variations quil pourrait y avoir dans unenbsp;bouteille de Lejde, ou dans un appareilnbsp;électrique quelconque , au cas oü leurnbsp;sjtême négatif serait mis en communication avec les eaux de la mer.
Je me propose de mieux développer
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les circoiistances et les modifications des tentatives faitessur eet objet, aussi-tótque je serai a même dexécuter dau-tres expériences comparatives: je me réserve aussi alors dexposer les résultatsnbsp;de Faction de 1atmosplière du galva-nisme, en plongeaiit seulement la basenbsp;de la pile dans ia mer, et commuu iquantnbsp;son action a des animaux placés a dif-férentes distances. Jai montré derniè-rement iin essai de ce genre a la Sociéténbsp;galvanique 1. Il reste a présent k con-SLilterlanature, en étendant ces recherches a la mer et aux rivieres , a de plusnbsp;grandes distances, afin de pouvoirnbsp;mieux établir les petites difFérencesnbsp;dépendantes de la diversité des milieux, traversés par Finfluence galvanique.
Poiu mieux comiaitre les espé'riences exposées dans ce Méiaoire, voye/, la plancbe \iri.
-ocr page 47-La théorie des sécrétions animales, qui avait donné naissance a un grandnbsp;nombre de questions phjsiologiques ,nbsp;semble avoir trouvé dans les expérien-ces faites récemment avec les appareilsnbsp;galvaniques , des lumières que jus-qua ce moment lon avait en vain ré-clamées de lanatomie, de la chimie etnbsp;de la médecine.
Lon savait depuis long-temps que la commotion électrique accélérait lanbsp;circulation du sang, et agissait dunenbsp;manière spéciale sur Ie sjstême musculaire ; mais lon en ignoraitlesphéno-mènes que Félectricité nous a présen-tésdepuis dansles organes sécréteurs,
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ainsi que dans les humeurs animales.
La pile galvanique nous ofFre une action très-puissante, principalementnbsp;sur Ie sjstême animal, et des efFetsnbsp;que lon aurait de la peine a obtenirnbsp;de la machine électriqiie ordinaire.
Quelques phjsiciens trouveront sur-prenant, et peut-être même un peu bizarre, de supposer que les diversesnbsp;liqueurs animales soient séparées dunbsp;sjstême glanduleux par une propriéténbsp;galvanique, existante soit dans les glan-des elles-mêmes, soit dans Ie sang qui lesnbsp;traverse, ou mieux encore dans les ramifications nerveuses dont elles sont gar-nies. Mais si Ton examine avec impar-tialité les expériences faites sür la machine animale au inojen de différentsnbsp;appareils galvaniques; si lonconsidèrenbsp;les conjecturestrès-ingénieuses propo-sées è. ce sujet par mon zélé collaborateur Ie docteur Benoit Mojon , dansnbsp;un Mémoire quil a lu a la Société gal-
-ocr page 49-SUR LE GALVANISME. 27 Vanique de Paris, Pon verra que cettenbsp;nouvelle hjpothèse mérite peut-êtrenbsp;quelque supériorité sur celles quontnbsp;proposées Vau-Helmont, Willis, Descartes , et nombre dautres phjsiolo-gistes.
M. Larcher Daubancourt ajant soumis plusieurs liquides animaux a Faction de la couronne a tasses, a ob-servé quils éprouvaient dilFérentes altérations. Lurine, par exemple, lais-sait précipiter de lurée et de la ma-tière calcaire ; la bile et Ie lait, de
Falbumine, etc. Jai aussi démontré a plusieurs Sociétés savantes de Paris etnbsp;de Londres que la pile métallique anbsp;la propriété de faire précipiter differents principes salins ou terreux denbsp;lurine, et que la bile est aussi altéréenbsp;par eet agent.
M. Larcher a observé de plus que les liquides quil avait soumis è Faction galyanique , ne sétaient pas
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putréfiés.Ce phénomène lui a fait soup-conner quon pourrait attribuer au galvanisme uue propriété antiputride;nbsp;mais, comme ce simple doute a éténbsp;convert! plusieurs fois en axióme phj-sico-médical, applicable aux maladiesnbsp;putrides; et comme cest, a mon avis,nbsp;sexposer a de grands dangers que denbsp;vouloir appliquer aux vivants linenbsp;théorie très-iucertaine encore dans Jenbsp;corps mort, je crois quil ne sera pasnbsp;hors de propos dinsérer dans ce Mé-moire une expérience faite a Paris parnbsp;Ie docteur B. Mojon, ajant pour but denbsp;décider cette question.
Ila formé une pile de loo disquesde zinc et de cuivre, en j mettant pournbsp;corps humide Ja partiecharnue des muscles du bas-ventre dun individu mortnbsp;depuis 28 heures. Il a mis ensuite ennbsp;communication les deux extrémités denbsp;cette pile avec un fil de laiton, pournbsp;former un courant conti nu el de gal-
-ocr page 51-SUR LE GALVANISME. 29 Vanisme, aune température de 28 de-grésau-dessus de zéro du tliermomètrenbsp;de Réaumur. Au bout de deux jours lanbsp;chair interposée eutre les disques mé-talliques de la pile navait subi au-cuiie altération, tandis quun morceaunbsp;de muscle du même cadavre, quil iia^^nbsp;vait pas soumis a Taction de la pile,nbsp;était déja devenu livide, et dégageaitnbsp;une forte odeur ammoniacale. Mais,nbsp;ce quil j a encore de remarqua-ble , cest que la chair qui faisaitnbsp;partie de la pile , et qui iTavaitpas emnbsp;core été altérée, commenca a éprou-ver la fermentation putride dès quellenbsp;fut soustraite de Taction galvanique.
Il paraitrait dabord que Ton pourrait conclure de cette expérience que Ienbsp;galvanisme empêche la putréfactionnbsp;des substances animales, en leur don-nant en même temps une dispositisnnbsp;a se putréfier beaucoup plus prorap-
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tement lorsquelles ne sont plus ex-pos.ées a son action. Cependant,si nous faisons attention a toutes les circons-taiices qui ont eu lieu dans cette ex-périence^ nous verrons, comme le ditnbsp;tres-bien le docteur B. Mojon, que cenbsp;nest pas au fluide de la pile que Ton.nbsp;doit attribuer une propriété anti-pu-tride , mais plutot a la grande alB-nité que les plaques métalliques, com-posant la pile, ont pour loxigène qui,nbsp;étant absorbé par les métaux, ne peutnbsp;se porter sur les substances animalesnbsp;pour j former du gazacide-carbonique,nbsp;de 1acide nitreux , de Ieau, et dautresnbsp;combinaisons qui ont toujours lieunbsp;dans la décomposition putride. Jes-pfere quon me passera cette petite digression , que je nai faite que pournbsp;montrer combien il est utile dassociernbsp;quelquefois des explications chimi-ques aux expériences phjsiques, afin
-ocr page 53-SUR LE GALVANISME. 5x de ne pas attribuer avec trop de fa-cilité a certains corps des propriétésnbsp;quils ne possèdent pas.
Si lon fait passer la commotion de la pile a travers les glandes parotides,nbsp;il en résulte une abondante sécrétionnbsp;salivaire, comme viennent de lobser-ver a Gènes les professeurs Brugnatellinbsp;et J. Mojon , sur la tête de deux bceufs.nbsp;Ces phjsiciens voulurentsassurer quenbsp;la salive obtenue ne dépendait pas
de la compression quexervaient les
muscles des joues sur les parotides, mais bien quelle était felfet dune action particulière du galvanisme sur cesnbsp;glandes mêmes; ils ont óté les muscles massétères , et les buccinateurs, etnbsp;ils ont appliqué les arcs conducteursnbsp;aux parotides mêmes, et a leurs conduits excréteurs. Peu de temps aprèsnbsp;cette application, lexcrétion de la salive sest manifestée en abondance. Jai
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aussi remarqiié plusieurs fbis un phé-nomène pareil dans mes expériences sur les décapités. On peut, de la mêmenbsp;manière que lon obtient la salive, senbsp;procurer de la bile, delurine, et daii-tres fluides, en soumettant a Tactionnbsp;de la Colonne métallique les viscèresnbsp;destines a les sécréter.
Jajouterai ici un pliénomène très-curieux concernant les sécrétions. Si Ton met les deux poles de la colonnenbsp;de Volta en contact avec les viscèresnbsp;dune grenouille, on voit blanchir leurnbsp;surface a Tendroit oü touche Ie polenbsp;de cuivre ; il jr a apparence de production dun mucus blanchatre. Quelquesnbsp;personnes ont pensé quil pouvaitêtrenbsp;produit par une espèce dexpressionnbsp;du tissu contractile des organes , ounbsp;par un mouvement intérieur, causénbsp;par Tagent galvanique ; dautres avecnbsp;moi ont soupconné quil pouvait j
-ocr page 55-SUR LE GALVANISME. avoir un changement chimique dansnbsp;Ie fluide qui lubrifie les surfaces sé-ïeuses et muqueuses.
Toutes ces observations niontrent évidemment que Ie galvanisme exercenbsp;Une action particulière sur les liquidesnbsp;animaux, et sur Ie sjstême glanduleux;nbsp;et cette action offre un champ vastenbsp;de recherches utiles au philosophenbsp;observateur des fonctions animales. Jenbsp;ne prétends pas aflSrmer que les sé-crétions se font purement par une action galvanique ; je me garderai aussinbsp;dadopter fopinion des phjsiciens quinbsp;ontconsidéré Ie corps humain coramenbsp;une bouteille de Leyde : mais on menbsp;permettra de supposer quil existe ennbsp;nous un fluide qui se transmet prin-
* Voyez Ie Journal du galvanisme , rédigé par M. NaucVie , ii.° iii.
Experiments on galvanism , by professor Aldim, described in tlie philosophical Magasiu of Alexandernbsp;Tilloch, January, i8o3.
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cipalettient des nerfs aux muscles ; de regarder, daprès cette supposition,nbsp;tous les êtres vivants comme autantnbsp;de piles animales, et de croire que cenbsp;fluide a sur tous nos liquides et surnbsp;les organes sécréteurs une action dontnbsp;les efFets nous sont encore inconnus.nbsp;On pourrait aller plus loin , et consi-dérer toutes nos glandes comme autant de réservoirs du galvanisme, qui,nbsp;accumulé dans une partie plus quenbsp;dans lautre, rendu plus ou moins li-bre, et modifié en différentes maniè-res, donneau sang qui parcourt la to-talitédu systême glanduleux, Ie mojennbsp;de subir tous les changements quilnbsp;éprouve par différentes sécrétions.
Les divers corps glanduleux du sjs-tême animal sont destinés a séparer des liqueurs particulières qui semblentnbsp;séloigner plus ou moins de la naturenbsp;du sang doü elles pioviennent, sui-vant que ces glandes sont pourvues
-ocr page 57-SUR LE GALVANISME. 35 lt;3un plus OU moins grand iiombre denbsp;ramifications nerveuses. Nous vojonsnbsp;en effet que Thumeur de la transpiration , qui difFère très-peu du serum dunbsp;sang, est séparée ou paries extrémi-tés capillaires des artères, ou par denbsp;très-petits points gland uleux et cuta-nés, qui ne sont pourvus que dunenbsp;très-légère ramification nerveuse, tan-dis que les viscères oü ces ramifications nerveuses sont en plus grandnbsp;ïiombre , séparent des humeurs d unenbsp;nature très-éloignée de celle du sang.nbsp;Nous en avons un exemple dans lestes-ticules, que les anatomistes regardentnbsp;avec raison comme lappareil sécré-teur Ie plus abondamment pourvu denbsp;nerfs : lhumeur quils séparent, dif-fère extrêmement du sang et des autresnbsp;liquides animaux, tant par sa quantiténbsp;que par ses propriétés.
Les glandes les plus simples, celles de la transpiration, et les plus compli-
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quées, celles de la génération, for^ ment les deux extremes dune échellenbsp;surlaquelle on pourrait graduer tontnbsp;Ie sjstême glanduleux: il serait très-important dexamiiier dans chaquenbsp;échelon la quantité des ramificationsnbsp;nervenses qui lui appartient, ainsi qiienbsp;la qualité et les propriétés des sécré-tions qui forraent Ie corps glanduleuxnbsp;qui la produisent. Mais si nous regar-dons tous les iierfs comme autant da-gents du galvanisme, il est certainnbsp;que les glandes, fournies dun plusnbsp;grand nombre de filaments nerveux ,nbsp;doivent être pourvues dune grandenbsp;dose de galvanisme, destinée a pro-duire dans Ie sang qui traverse cesnbsp;glandes diverses modifications , dontnbsp;lintensité doit être proportionnée anbsp;labondance de lagent galvanique-Pour mieux déveiopper cette hypo-tbèse, et pour lui donner plus de force,nbsp;il faudrait faire des applications trés-
-ocr page 59-SUR LE GALVANISME. Sy variées et très-iiombreuses de la pile,nbsp;OU de tout autre appareil galvanique ,nbsp;aux glandes, et aux huraeurs quellesnbsp;fournissent, et en examiner attentive-ment les résultats. Mes travaux actuelsnbsp;sur un genre dexpériences qui intéressent de plus pres Ie développement denbsp;nos eonnaissances sur la nature du gal-vanisme, ne me peimettentpas pour Ienbsp;présent de moccuper de ces recherches:nbsp;je me bornerai done ici k ramener lat-tention des pRysiciens sur un point si
important de la phjsiqiie animale.
¦4
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Sur des experiences galvanifjiies faitessiir tin suppliciè pendiiaLüudres, Ie 17 janvier i8o3é
Le spectacle de la mort a toiijours porté lefïroi dans le coeur de Thommenbsp;sensible; le pliilosophe néanmoins estnbsp;obligé détoüfFer ce sentiment péniblenbsp;dans le desir detre utile a ses sem-blables. Lhorreur redouble encore anbsp;laspect du cadavre dun coupable quenbsp;le glaive de la loi vient dimmoler ;nbsp;mais, malgré la pitié quinspire a lob-servateur ce lugubre tableau , lespoirnbsp;de reculer les born es do's connais-sances huraaines ranime son courage,nbsp;et fait taire la voix de la nature. Ennbsp;effet cest dans cette défection de toutenbsp;action vitale que le médecin peutnbsp;évaluer avec le plus davantage les
-ocr page 61-SUR LE GALVANISME. Sg ïi'iojens de suscitation propres a re-nouveler Ie jeu des forces, qui j loinnbsp;dêtre éteintés, ne seraient que sus-pendues ; cest également alors quilnbsp;peut descendre jusqu^aux plus secrè-tes opérations de forgahisatioii, etnbsp;quajant considéré lappareil destinénbsp;anx foiictioiis les plus importantes, ilnbsp;en concoit et développe toüt Ie méca-nisrae. Pénétré de firnportance de pa-reilles recherches, comme javais essajénbsp;en Italië 1Jnllueuce du galvanisme SUrnbsp;plusieurs décapités , jai cru quilnbsp;élait utile de léprouver aussi sur desnbsp;pendus.
Jai saisi avec dautant plus dem-pressement loccasion que ma présen-lée Ie Collége rojal des ciiirurgiens de Londres pour faire ces épreuves ,nbsp;quaucuue navait encore été tentéenbsp;jusqua ce jour.
Coiisidérant Ie pendu qui a été soumis a mes essais comme étant
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asphjxié, je me crus obligé de lui adrni-nistrer Ie traitement Ie plus conve-iiable a son état : aussi ai-je passé une heure et demie sans faire aucune incision sur son cadavre.
Les asphjxies étant très-fréquentes en Europe , soit parmi les hommesnbsp;qui parcoLirent habituellenient les rivieres et les mers, soit parmi les ou-vriers des mines, ou ceux qui se sontnbsp;imprudemment exposés a faction dunbsp;gaz acide carbonique, ou de tout autrenbsp;gaz délétère, jai pensé que la décou-verte dun nouveau mojen propre anbsp;rappeler les asphjxiés a la vie, seraitnbsp;du plus grand avantage pour fhuma-nité. Cest done vers ce but important que jai dirigé mes premières recherches.
Forster, pendu a Londres comme ineurtrier, dans Ie courant de janviernbsp;dernier, a été Ie sujet de mes expé-riences. 11 avait 26 ans; il était dune
-ocr page 63-SUR LE GALVANISME. 4i constitution robuste ; son corps, aprèsnbsp;1exécution , fut exposé pendant unenbsp;heure sur la place de Newgate , Ienbsp;thermomètre de Réaumur étant au-dessous de zéro.
Cette circonstance, qui devait geler Ie cadavre , et qui était propre a fairenbsp;perdre tout espoir de succès , mauraitnbsp;forcé de renoncer a toute expérience,nbsp;si je ne métais rappelé davoir autrefois obtenu a Bologne des résultatsnbsp;satisfaisants sur des décapités exposésnbsp;a une semblable tenipérature. Suivantnbsp;les lois de fAngleterre, Ie cadavre futnbsp;remis a M. Keate, président du college des chirurgiens de Londres, qui,nbsp;daprès lavis de cette honorable compagnie , aussi recommandable par sesnbsp;lumières que par son humanité, voulutnbsp;bien se prêter a mes recherches.
Trois cuves galvaniques furent raises en communication: jestime qu elles correspondaient a la force dune pde
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de Volta de cent-vingt paires de dis-ques de zinc et de cuivre. Cest k laide de eet appareil que jai entrepris lesnbsp;expériences dont je vais doiiner la description successive, et qni ont étéfaitesnbsp;en présence du président et des membres du Collége,
JÈEE experience.
Ajant appliqiié deux arcs conducteurs correspondants aux deux poles de lappareil galvanique^ lun a la bou-che, et lautre a une oreille , partiesnbsp;quon avait humectées auparavant avecnbsp;une dissolution de muriate de soude,nbsp;les joues et les muscles de la face senbsp;sont horriblement contractés, et lceilnbsp;gauche sest ouvert. Jai observé queiinbsp;administrant laction galvanique parnbsp;degrés, ces phénomènes avaient desnbsp;intensités relatives a la quantité denbsp;plaques employees dans rexpérience.
-ocr page 65-Les arcs métalliques placés aux deux oreilles , uii mouvement sest manifesté sup la tête ; Taction convulsivenbsp;sest propagée dans tous les musclesnbsp;du visage ; les paupières ont obéi anbsp;de fréquents clignottements , et lesnbsp;mouvements ont été éncore plus manifestos en raettant une extrémité denbsp;1arc en communication avec les na-rines , et lautre avec une des oreilles,
Les conducteurs appliqués a une des oreilles et au rectum, ont exciténbsp;des contractions assez fortes ; Factionnbsp;des muscles même éloignés des pointsnbsp;de contact des arcs conducteurs, a éténbsp;augmentéesensiblement, en sorte quilnbsp;senjblait j avoir une apparence denbsp;ïéanimation.
-ocr page 66-44
IV. EXP.
Cela fait, jai voulu essajerle poii-voir des stimulants chimiques, et, a cette fin, jai versé de lalkali volatilnbsp;dans les narines et dans la bouche;nbsp;mais je nai pu, avec rattentionla plusnbsp;scrupuleuse, découvrirlamoindre contraction , tandis que Ie stimulus gal-vanique en, a constamment déterminénbsp;de très-fortes.Lassociation de ces deuxnbsp;agents , Iammoniaque et Ie galva-nisme, fixa mes regards; leur administration simultanée augmenta lesnbsp;convulsions ; celles-ci se propagèrentnbsp;aux muscles du crane, de la face etnbsp;du cou jusquau deltoïde. Des tenta-tives réitérées de la même manière,nbsp;tonjours paria combinaison des deuxnbsp;stimulants, ont constamment doiinénbsp;lieu a des contractions qui surpassè-rent mon attente.
-ocr page 67-'4S
SUR LE GALVANISME.
V. E X P.
Jai ensuite établi une communication entre une oreille et Ie biceps brachial mis a nu par la dissection; il sest produit, au moment du contact, denbsp;violentes contractions dans tous lesnbsp;muscles du bras, et principalementnbsp;dans Ie biceps et Ie coraco-brachial.
V I. E X P.
Ajant fait une incision au poignet sur de petits filaments dérivés des nerfsnbsp;radiaux, et ajaiit mis larc en contactnbsp;avec eux, il se manifesta immédiate-ment une très-forte action des muscles de lavant-bras. Dans cette expé-rience, corame dans la précédeiite, lanbsp;seule humidité animale a suffi pournbsp;conduire Ie principe galvanique sansnbsp;1intervention de leau salée.
-ocr page 68-Les courts fléchisseurs et adduc-teurs du pouce furent découverts et soumis a Taction de 1appareil galva-nique : leur contraction alia jusquanbsp;fermer la main avec uu serrement as-sez considérable.
Les ejBfets du galvanisme, dans cette expérience, ont été compares avec ceuxnbsp;des stimulants mécaniques et chimi-ques; et, a eet égard, la pointe du scalpel fut appliquée aux fibres , et mêmenbsp;introduite dans la substance du bicepsnbsp;brachial, saus quil en résultat Ie plusnbsp;léger mouvement : il en fut de mêmenbsp;en faisant usage de Talkali volatil, etnbsp;de Tacide sulturique concentré; cenbsp;dernier a corrodé les muscles sansnbsp;mettre en jeu leur contractiiité.
-ocr page 69-47
SUR LE GALVANISME.
IX. E X P.
Ajant ouvert la poitrine et Ie péri* carde , Ie coeur restant dans sa situa^nbsp;tion naturelle, jai taclié vainementnbsp;dexciter la contraction de ses ventri^nbsp;cules : larc fut dabord appliqué a sanbsp;surface ^ ensuite dans sa substancenbsp;fibreuse, sur les colonnes charnues, lanbsp;cloison des ventricules , et enfin surnbsp;Ie trajet des nerfs et des artères coro-naires, sans quon put aperccvoir au-
X. E X P.
Dans cette expérience fare trans-porté sur Ie sinus droit, j produisit des contractions considérables, prin-cipalement dans Tappendice auricu-laire ; Toreillette gauche se contractanbsp;plus faiblement.
-ocr page 70-XI. EX P.
Les conducteurs furent appliques a. la moelle de lépine, et aux fibres char-Hues du biceps brachial, et ensuite aunbsp;gastrocnemien : il nj eut quune très-faible action dans les extrémités cor-respondantes.
XII. E X P.
Le nerf sciatique étant mis a dé-couvert entre le grand trochanter et la tubérosité de Iischium , et farenbsp;étant établi entre la moelle épinière,nbsp;et ce nerf dépouillé de son enveloppe,nbsp;nous navons pu observer, a notrenbsp;grand étonnement, aucune contraction dan.s les muscles, même en fai-.sant usage de leau salée; mais ensuite,nbsp;ajaut fait communiquer en difléren-tes maiiières un des conducteurs avecnbsp;ia membrane qui couvre le nerf
-ocr page 71-SUR LE GALVANISME. % sciatique, il sest manifesté au momentnbsp;nne très-forte action.
Quoique cette expérience ait été répétée sur des chiens , elle méritenbsp;xiéanmoins dêtre examinée avec denbsp;grands soius, pour mieux établir lanbsp;différence dans Ie pouvoir conducteurnbsp;des pai'ties animales. .
X I I I. E X P.
Ayant fait communiquer les arcs avec Ie nerf sciatique et Ie muscle gas-trocnemien, jai obtenii fort peu dac-tion; ensiiite du nerf sciatique au nerfnbsp;péronien les contractions des musclesnbsp;correspon dants parurent de même très-faibles. Jobserve que cette expériencenbsp;a été faite long-temps après la mort.
XIV. E X P.
Le nerf sciatique fut divisé vers Ie milieu de la cuisse; les arcs conducteurs
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furent appliqués au bideps fémoral et au gastrocnemien : en eet élat lesnbsp;deux muscles entrèrent a-la-fois dansnbsp;line contraction bien sensible.
Jobserve que les muscles ont continué a être excitables sept heines et demie après lexécution ; quoique pendant eet intervalle les cuves galvani-ques fussent fréquemment renouve-lées, néanmoins a lafin des experiencesnbsp;leur force était beaucoup affaiblie.nbsp;Je ne doute pas qua faide dim ap-pareil plus puissant , nous neus-sions observé les contractions muscu-laires plus long-temps. Au bout denbsp;quatre lieures ernplojées dans ces experiences , Taction dune seule cuvenbsp;ne se trouvait plus suffisante pournbsp;développer, ainsi quelle Ie faisait aunbsp;commencement , la contractilité desnbsp;muscles ; raais Texcitabilité graduelle-ment diminuée dans ceux-ci, exigeaitnbsp;un accroisseraent proportionné de la
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force stimulaute des cuves galvani-ques. Cette circonstance indique assez qiie Ton naurait pu exécuter la longue série dexpériences que jai annon-cées avec la méthode des simples armatures galvaniques. Mon opinion estnbsp;quen général les armatures inventéesnbsp;par Galvani sont purement passives ,nbsp;et quelles ne conduisent que Ie seulnbsp;fluide préexistant dans Ie sjstême animal ; tandis quWec les batteries galvaniques de Volta les muscles sont misnbsp;en action par linfluence du fluide quinbsp;se développe dans lappareil même. Denbsp;toutes ces expériences on peut établirnbsp;les corollaires suivants:
I. nbsp;nbsp;nbsp;Le galvanisme, considéré en lui-même, a un pouvoir très-considérablenbsp;sur les sjstêmes nerveux et musculaire, et il maitrise toute leconomienbsp;animale.
II. nbsp;nbsp;nbsp;Le pouvoir du galvanisme, re-gardé corame stimulant? est plus fort
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que tout autre remède de même genre^
111. Le galvanisme étant administré, soit k laide des cuves galvaniques ,nbsp;soit avec lappareil de la pile, les efFetsnbsp;quil produit, différent de ceux quenbsp;donnent les simples armatures métal-liques, emplojées par Galvani.
I V. Lorsque les surfaces des nerfs et des muscles sont fournies de gran-des armatures métalliques, linfluencenbsp;galvanique est transportéebieii plus aunbsp;loin, et agit avec tant de'force, quellenbsp;produit des contractions danspresquenbsp;tous les muscles du corps.
V. Linfiuence du galvanisme sur le coeur diffère de celle quil déploienbsp;sur les muscles dépendants de la vo-lonté, puisque, quand le coeur a cessénbsp;de répondre a faction galvanique, lesnbsp;muscles de la vie animale y restentnbsp;encore soumis pendant un temps plusnbsp;OU moins long. De même factionnbsp;du galvanisme sur les oreillettes com-
-ocr page 75-SUR LE GALVANISME. 53 parée a celle quil produit sur les ven-tricules du cceur, montre égalementnbsp;des difFérences remarquables dans sanbsp;durée.
VI. Le galvanisme ofFre des mojens très-puissants pour raniraer les forcesnbsp;de la vie dans les cas oü celles-ci, ennbsp;différentes circonstances, sont suspen-dues. Les remèdes adoptés communé-inentcontre lasphjxie, augmententennbsp;öctivité et en énergie lorsquils sontnbsp;combinés avec finfluence galvanique;nbsp;cette association enricbit la matiërenbsp;médicale, et promet des succes plusnbsp;complets et plus sürs que si on les fai-saitagir séparénient dans les asphjxies.
Tels sont eii abrégé les principaux résultats de mes expériences. Pournbsp;terminer de la manière la plus avan-tageuse a fart de guérir , je vais exposer les observations faites, daprèsnbsp;1 autopsie du cadavre, par M. Car-pue, professeur danatomié , aidé de
3. nbsp;nbsp;nbsp;S
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M.Hutchins, étudiant en médecine. Le craneouvert on natrouvéaucun épan-chement sanguin au cerveau ; maisnbsp;les différents vaisseaux qni parcourentnbsp;la surface de eet organe étaient pro-digieiisement dilatés par le sang quilsnbsp;contenaient en surabondance. Les ven-tricules ne renferniaient aucun sangnbsp;épanché ; les poumons, aftaissés surnbsp;eux-mêraes, étaient entièrement pri-vés dair; les inteslins semblaient for-tement injectés , et dans un état voi-sin de rinflammation. La vessie étaitnbsp;très-distendne, et pleine durine. Ennbsp;général finspection du cadavre an-noneait que la mort avait été iin-inédiatement produite par une vériia-ble suffocation.
II nest peut-être pas indiflPérent dob-server que pen de temps après lexé-cution du criminel, ses amis, voulant diminuer ses souffrances , emplojè-rent les mojens usités pour accélérer
-ocr page 77-SUR LE GALVANISME. 55 sa mort; cest-a-dire quils Ie tirèrentnbsp;par les pieds: ce dont au reste nousnbsp;n'avons dassurance que par des rapports assez vagues.
Cet exposé, tel que nous venons de lolFrir , laisse voir saus peine que iiosnbsp;expériences faites sur cependu, avaientnbsp;moins pour objet de raniraer Ie cada-Vre,que dacquérir des connaissancesnbsp;sur une question de pratique de la der-iiière importance; savoir, si Ie galva-nisme peut être emplojé comme auxi-liaire, et ensuite jusqua quel point ilnbsp;peut réclamer la priorité sur les autresnbsp;mojens destinés a rappeler a lexis-tenceun homme frappé dasphjxie.
Quand Ie jeu de nos organes a été détruit par la suspension des phéno-mènes respiratoires, Ie sang noir, aprèsnbsp;avoir demandé vainement aux pou-mons les altérations quil était accou-tumé dj subir, au lieu de maintenirnbsp;dans nos diverses parties les condi-
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tioiis cle ia vitalité , ne leur porie plus quuue influence inutile ou délétère.nbsp;Alors le mouvement sarrête par de-grésdans les différents appareils , et lanbsp;mort sempare successiveinent de toutenbsp;la machine, enveloppée dans un en-gourdisaement général; le cerveaunestnbsp;plus le siège ni de la perception ninbsp;de la volonté. Cest alors que sont im-périeusement exigés les stimulants lesnbsp;plus prompts et les plus énergiques.nbsp;Cest vers la respiration, source primitive des fonctions vitales, que lenbsp;médecin doit sur-tout diriger ses efforts ; 'il ne peut la réveiller quennbsp;excitant la contraction des musclesnbsp;respirateiirs : cest spécialement dansnbsp;cette vue que les stimulants de toutnbsp;genre doivent être imaginés; cestnbsp;ici enfin que le gal vanisme offrira lesnbsp;secuurs les plus efficaces, et viendranbsp;mieuxreiuplacer en quelque sorte lin-fluence du cerveau, rendu lui-même
-ocr page 79-SUR LE GALVANISME. 57 incapable de commander les contractions musculaires.
Je suis loin de combattre ici lem-ploi des remèdes déja connus et aux-quels jusqualors on a eu recours avec avantage ; jai voulu seulement recom-nianderlegalvanisme conime lemojennbsp;Ie plus puissant pour seconder et aug-menter Tefficacité de tons les autresnbsp;stimulants.
Lalkali volatil, comme je lai dé-montré plus haut, ne produit aucuu elFet toutes les fois quil est appliquénbsp;séparénient sur une partie quelcon-que ; mals lorsquon en fait usage con-jointement avec Ie galvanisme, Ie pQU'nbsp;voir de ce dernier sur Ie sjstême ner-veux et musculaire devient beaucoupnbsp;plus fort. II est possible que falkalinbsp;volatil, daprès son pouvoir conducteur, transporte avec plus de faciliténbsp;Ie galvanisme au cerveau, et quainsi
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SOIT, action soit plus puissante dans Ie cas oil les forces de la yitalité sontnbsp;suspendues. Avec tous ces mojensnbsp;il sera bon de faire concourir la méthode de porter lair atnaosphériquenbsp;dans les brónches pat- un procédénbsp;quelconque; mais encore ici est-il bonnbsp;dobserver que, pour mieux disposernbsp;les poumons k recevoir ce fluide , ilnbsp;serait très-convenable dexciter Taction musculaire par Ie ministère denbsp;lagent galyanique, et daider ainsinbsp;tout Ie sjstême de réconomie animalenbsp;a reprendre les fonctions de la vie.
Sous ce point de vue , les expérien-ces que je viens de décrire contribue-raient beaucoup a ravancenieut de la science et a lutilité publique.
Je ne saurais terminer ce piécis sans témoigner ma reconnaissance auxnbsp;membres du Collége des chirurgiens,nbsp;pour rintérêt 'quils ont pris a me^ '
-ocr page 81-SUR LE GALVANISME. 5g recherches. M. Keate, président du Collége , proposa de faire des expériencesnbsp;Comparatives sur desanimaux, afin denbsp;mieux développer les phénomènes denbsp;la vitalité : M. Blicke observa que dansnbsp;de pareilles occasions il serait utile denbsp;plonger Ie corps dans un bain deaunbsp;salée, afin que faction galvanique putnbsp;mieux se communiquer a toute la surface du corps ; Ie docteur Pearson parianbsp;de substituer Ie ga^ oxigène a fair at-mosphérique, pour être injecté dansnbsp;les poumons : toutes ces différentesnbsp;modifications dans la pratique aurontnbsp;leur utilité a mesure quon répéteranbsp;les expériences. Mjiintenant quil menbsp;soit permis dinviter les phjsiologis-tes a profiter de la sagesse des gou-vernements , qui destinent a des recherches de la plus grande importance pour Ie bien public la dépouillenbsp;des scélérats , violateurs des liens lesnbsp;plus sacrés de la nature :: la loi, en
-ocr page 82- -ocr page 83-SUR LE GALVANISME. 6i
Sur les organes des poissons électriques.
L A théorie du galvanisme et de lé-lectricité animale conduit naturelle-ment a examiner, sous un nouveau jour, les organes des poissons électri-lt;iues. Galvani lui-même futpénétré denbsp;liitilité de cette recherche. Quoiquenbsp;aflaibli par lage et par une maladienbsp;qui lui devint fatale, il se transportanbsp;vers les bords de la mer Adriatique,nbsp;oïi il fit sur la torpille plusieurs observations , dont quelques-unes furentnbsp;adressées publiquement en 1797 aunbsp;célèbre naturaliste Spallanzani; dau-tres sont consignées seulement dansnbsp;ses manuscrits , que sou neveu Camillenbsp;Galvani a bien voulume co'mmuniquernbsp;avant mon départ dItalie.
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Redi et Lorenzini avaient fait con» naitre les organes de la torpille; etnbsp;déja les travaux de Cavendish , Walsh,nbsp;Monro , déraontraient faction dunenbsp;véritable électricité animale. Outre lanbsp;description de la torpille, Hunter avaitnbsp;donné celle dun appareil électriquenbsp;semblable dans Ie gjranote engour-dissant. Mais tons ces grands observa-teurs, bornés aux pénibles détails denbsp;fanatomie, sétaient contentés de nousnbsp;développer isolément la structure denbsp;ces organes, sansy établir de rapprochements , et sans en déduire aucunenbsp;conséquence.
M. Geoffroj, professeur au Muséum national d'bistoire naturelle, na pasnbsp;seulement enrichi la science de la description dun nouveau poisson électrique quil a apporté de son vojage ennbsp;Egjpte; mais de plus il a comparénbsp;entre eux tous les organes électriquesnbsp;conn LIS , et il les a rapportés a une
-ocr page 85-SUR LE GALVANISME. 65 construction uniforme. Je profiterainbsp;des lumières fournies par ces hommesnbsp;iUustres, pour rédiger un Mémoire quinbsp;présentera les organes électriques con-sidérés pour la première fois dans leurnbsp;rapport avec Ie galvanisme, et serviranbsp;a développer la théorie de la pile animale que jai proposée dansmon ou-vrage. Pour raettre plus de précisionnbsp;ct de clarté, jadopterai la divisionnbsp;suivante.
ÈB.E
SECTION I.
Des organes électriqnes de la torpille.
On connait depuis long-temps la propriété singuliere qua la torpillenbsp;de se rendre redoutable en frappantnbsp;dun engourdissement subit tons lesnbsp;êtres aniraésquifapprochent. Galvani,nbsp;prés de la mer Adriatique , y examinanbsp;la forte électricité de plusieurs tor-piiles, excitées par Ie mojen de deuxnbsp;corps-dune organisation particulière ,nbsp;appelés organes électriques, lis suilt
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formés dune quantité de prismes lié-xagones, composés par un nombre in-fini de plans de la même figure: ils sont combi nés les uns avec les autresnbsp;dans un ordre si admirable etparunenbsp;reunion si parfaite, quon les croiraitnbsp;formés de plusieurs petits carreaux ma-giques , tous de la même figure et denbsp;la même grandeur, exactement superposés avec leurs angles et leurs cótésnbsp;correspondants. Telle élait la maiiièrenbsp;dont Galvani envisageait les organesnbsp;électriques , (pl. 8, fig. i.) conduit parnbsp;lanalogie de son hjpothèse delartificenbsp;dune bouteille de Lejde, quil crojaitnbsp;exister dans Ie sjstême nerveux et musculaire.
Geoffroj a fait voir que les organes électriques de la torpille consistentnbsp;dans un grand nombre de tubes apo-névrotiques, rangés parallèlement au-tour des branchies. Ces tubes, ou hé-xagones, ou pentagones, sont remplis
-ocr page 87-SUR LE GALVANISME. 65 dune substance que lanaljse chimi-que lui a fait reconnaitre pour de lal-bumine combinée avec de la gélatine.
Les observations du professeur Geof-froj portent a croire quil n j a au-cune autre différence entre les raies ordinaireset laraie torpille, sinon quenbsp;dans celle-ci les tubes sont très-courts,nbsp;verticaux, rapprocliés etparallèles; tan-dis que dans les autres raies ils sontnbsp;beaucoup plus longs, se courbent au-tour des principaux muscles des machines , et se séparent en plusieurs pa-quets formésde rajonsdivergents.Lonnbsp;voit par-la que ces organes ne varientnbsp;dans chaque espèce que par un arrangement différent des parties , et qu ilnbsp;faudrait supposer que toutes les raiesnbsp;ont plus ou moins les propriétés élec-triques de la torpille. Après avoir ob-servé que ce poissona la faculté dab-sorber au plus haut degré ie gaz oxi-gène de 1air atmosphérique , je me
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propose de rechercher quelle sera Taction de la raie ordinaire exposéealin-flence de Tair atmosphérique.
Dans les rkies ordinaire^ les tubes souvrent au-dehors de la peau parnbsp;des orifices qui leur sont propres jnbsp;et qui sont autant dorganes excré-toires de la matière gélatineuse ren-fermée dans leur intérieur ; dans lesnbsp;torpilles , au contraire , tous les tubesnbsp;sont complétement ferinés, non-seu-lement par la peau qui nest perfo-rée en aucun endroit, mais de plusnbsp;par des aponévroses qui sétendent surnbsp;toute la surface de Torgane électrique.nbsp;Lon voit que la matière gélatineuse iienbsp;pouvant alors se répandre au-dehorsnbsp;est obligee de saccuinuler dans cesnbsp;tubes, et daugmenter leur diamètrenbsp;par eet effort ; doïi provient sausnbsp;doufe Taction continue qui produitnbsp;Télectricité foudrojante de la torpille.
Lon pourra, par Ia voie de Texpé-
-ocr page 89-SUR LE GALVANISME. 67 i'ieace proposée ci-dessus , déterminernbsp;avec précision la difFérence du fluidenbsp;électrique excité par la diversité desnbsp;organes de la torpille et de la raie ordinaire, lon pourra demême ajouternbsp;Texactitude aux résultats, en faisantnbsp;usage des condensateurs et des électro-mètres les plus sensibles.
Galvani avait obseiSé quelesprisines poljgones des organes de la torpille re-cevaient beaucoup plus de nerfs que nenbsp;semblait lexiger leur structure : tousnbsp;les naturalistes ont reconnu dans cesnbsp;organes uii appareil aussi considérablenbsp;que celui de louïe ou de la vue. Lesnbsp;nerfs qui sj rendent sont si gros quenbsp;leur volume a paru a Hunter aussinbsp;extraordinaire que les phénomènesnbsp;auxquels ils donnent lieu, lis sépa-nouissent de même tout-a-coup dansnbsp;un mucus gélatineux; rién nentravenbsp;leur libre communication avec lesnbsp;Corps extérieurs , et ils jouent un tres-
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grand role dans les phénomènes élec-triques : Hunter les crojait destin és a. former, rassemhler et diriger le Jluidenbsp;nerveux. Linfluence des nerfs est asseznbsp;constatéepar les observations de Walsh,nbsp;Cavallo et Gebffroj, qui démontrentnbsp;quele concours de la volonté de Ia-nimal est indispensable pourdonnernbsp;la commotion. Clt;?s considérations ontnbsp;donné lieu a Galvani dexaminer sousnbsp;de nouveaux rapports rinfluence dunbsp;cerveau de la torpille sur Taction denbsp;ces organes électriques : ses recherchesnbsp;seront développées et détaillée.s dansnbsp;Tarticle suivant.
SECTION II.
De linfluence du cerveau de la torpille sur 1action de ses organes électriques.
La disposition singuliere des organes de la torpille les fit considérer i Galvani conime les conducteurs et le.s
-ocr page 91-SUR LÊ GALVANISME. 6^ condensateurs dunfluide élaboré dausnbsp;dautres lieux ; plusieurs liaturalistesnbsp;out regardé Ie cerveau cotnnie lorganènbsp;sécréteur. üne telle hjpöthèse, fruit dénbsp;fimagination, ne pouvait être admisenbsp;saus examen, etexigeait incessaalraenfenbsp;iappui de nouveaux faits et de nou-velles observations. Galvani se livranbsp;done a ce travail: en voioi les résultatSinbsp;i.° II prit une torpille, et lui coupanbsp;longitudinalement une portion de sounbsp;corps avec un de ses organes électri-ques,en laissant intacte dans sa situation naturelle la portion qüi conté-nait fautre réuni a la tête : cette der-nière partie du corps donna unè se-cousse, tand is que fautre Vj refusanbsp;constamment.
Après avoir coupé la tête de la torpille, fexplosion de félectricité anfnbsp;male cessa bientót dans les deux or~nbsp;gaues.
3.° Le eoeur de la torpille étant 2. 6
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arraclié, elle donna néanmoins dans les organes, des secousses électriquesnbsp;qui cessèrent aussitót après la sous-traction dn cerveau.
4° Pour dédiontrer la correspon-xdance de eet orgaue avec leflet des secousses électriques, il fit extraire ienbsp;cervéau dune torpille vivantc avecnbsp;des précautions telles , que la circulation du sang nen dut pas soufïrir Ienbsp;moindre déraugenient. Quoique dansnbsp;eet état Ie mouvement circulaire futnbsp;encore en pleine activité , Galvani nenbsp;put jamais obtenir aucune secoussenbsp;électrique.
S° En coupaut ou en compriinaut les gros cordons nerveux qui se dis-tribuent aux organes électriques , etnbsp;particulièrement ceux de la premièrenbsp;paire, il nobtint ni la secousse ordinaire ni la moindre impression électrique.
SUR LE GALVANISME. 71 aisé de concevoir que Ie sjstême desnbsp;iierfs, qui sert a Faction des organesnbsp;électriques, difiere de celui que lanbsp;nature emploie pour exciter les contractions musculaires. II est encorenbsp;démontré par-la que Ie cerveau con-tribue beaucoup a la formation dunenbsp;électricité animale proprement dite.nbsp;Or ii est difficile dimaginer que For-gane qui prépare cette électricité fou-drojante de la torpille , ne doit pasnbsp;aussi concourir au développement denbsp;Félectricité animale , dont a besoiiinbsp;Faction ordinaire du s^^stême musculo-iierveux. Eu général, il est de la plusnbsp;grande importance en pbjsiologie denbsp;lier les phénomènes du systême loco-moteur avec les fonctions cérébrales.
Plusieurs anatomistes out regardé ce Viscère comme un organe sécrétoirenbsp;des plus esseiitiels a la vie : Boerhaavenbsp;J placa Félaboration dun fluideéner-gique et démanations spiritueuses
-ocr page 94-73 auxquelles il donna Ie nom (Tesprilsnbsp;animaux. Sans doute lidée dune tellenbsp;sécrétion était digne du grand ana-toraiste de Lejde; raais son école,nbsp;trop complaisante, ajant admis sur parole les assertions de ce grand maitre ,nbsp;lhjpotlièse prit la place de la démonsrnbsp;tration. La voie de 1expérience fut né-gligée , et de longues anilées sécou-lèrent avant que lon possédat riennbsp;dexact ni de certain sur Ie róle dunbsp;cerveau dans Ie mécanisrae de la vie.nbsp;Enfin , il était réservé au génie denbsp;Galvaiii détablir, par des observationsnbsp;incontestables et rigoureuses , que Ienbsp;cerveau possédait la faculté de pré-parer une électricité parfaitement ennbsp;rapport avec les fonctions de lécono-inie animale. Il est h desirer que lonnbsp;étende ces considerations aux animauxnbsp;a sang chaud, et que lon cherche dansnbsp;cette nouvelle route des lumières nou-velles pour éciaircir Ie développement
-ocr page 95-SUR LE GALVANISME. 7^ du principe qui sert aux sensations etnbsp;aux contractions musculaires.
Eh quoi ! la sage nature qui em-ploie les ramifications nerveuses pour exciter la contraction musculaire , au-rait-elle done voulu que Ie cerveau ,nbsp;dépot central de la substance médul-laire dont elles sont composées, ne futnbsp;chargé daucune fonction a eet égard?nbsp;Nexpliquerait-oii pas ainsi pourquotnbsp;la Puissance éternelle a doueEhommenbsp;du cerveau Ie plus volumineux : 1hom-me qui devait avoir un fluide plusnbsp;abondant et plus épuré pour servir anbsp;une intelligence plus élevée, a desnbsp;raisonnements plus sublimes, qui Ienbsp;placent au-dessus de tous les êtresnbsp;animés ? Ce ne sont que de simplesnbsp;conjectures , peut-être prématurées ,nbsp;que les travaux des phjsiologistesnbsp;pourront seuls confirmer.
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SECTION III.
De IactioH de 1électricité animale de la torpille peur exciter ie mouvement du cosur , et des musclesnbsp;dantres animaux.
Quune grenouille préparée soit pla-cée, tantót sur Ie dos, tantót sur la tête, tantót sur Ie ventre dune torpille , elle est vivement contractée ; ellenbsp;produit Ie même efFet sur plusieursnbsp;grenouillespréparées, si elles touclieutnbsp;en difFérentes parties la surface de sonnbsp;corps, II est mêrae intéressant de voirnbsp;que quelques grenouilles posées surnbsp;une table humide, éloignée du coipsnbsp;de la torpille , soient néannioins con-tractées toutes les fois quelle déchargenbsp;sou électricité. Ces expériences démonsnbsp;trent évidernment que les grenouillesnbsp;sont susceptibles de se contracter aunbsp;plus petit degré délectricité, en sortenbsp;quelles nous indiquent la force élec-trique dune torpille, même lorsquelle
-ocr page 97-SUR LE GALYANISME. 7^ ne donne plus aucune secousse, etnbsp;quelle nest plus en él at de se rendrenbsp;manifeste par rélectromètre Ie plusnbsp;sensible.
Galvani ajant disposé sur Ie dos dune torpille Ie coeur et dautresnbsp;muscles dune grenouille^j déterminanbsp;en même temps lexplosion de lélectri-cité animale sur ces parties. Quandnbsp;fanimal était tranquille il nj avaitnbsp;point daction dans les muscles de lanbsp;grenouille; mais lorsquon produisaitnbsp;la décharge de la torpille, tous lesnbsp;muscles et Ie coeur même étaient vi-Ycmeut contractés; cependant il fautnbsp;remarquer que les muscles de la grenouille entrèrent en action a 1instantnbsp;même de la décharge de félecti-icité'nbsp;animale, et que Ie coeur nétait agiténbsp;que quelques moments après. Galvaninbsp;observa aussi que la force électrique denbsp;la torpille étant diminuée, elle con-servait néanmoins Ie pouvoir de faire
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contracter des morceaux musculaires de Ia grenouille , tandis quil ny avaifcnbsp;point daction sur Ie coeur. Ce phéno-mène conduit a établir un nouveaunbsp;point danalogie entre Félectricité animale de la torpille et Télectricité gé-!nbsp;nérale qui a été jusqua présent in-connue; car une faible étincelle, capa-.nbsp;ble dexciter les autres muscles , nex-^nbsp;cite point Ie cceur.
Galvani démoiitra , par une expé-rience très-ingénieuse , la propriété que nous venons dannoncer. Il disposa comme dans une séiae, les mus-^nbsp;des cruraux de plusieurs grenouilles»nbsp;en y interposant Ie coeur qui avaitnbsp;été détaché; en même temps il fit passer par cette série de parties mus-culaires un courant tréstfaible dé--lectricité : au moment du passage ilnbsp;vit aussitot tons les muscles se con-inbsp;trader , et Ie coeur peu de temps après,.nbsp;11 observa encore que lorsque la force
-ocr page 99-SUR LE GALVANISME. 77 de 1 electricité était diminuée, Ie coeurnbsp;seul restait immobile au milieu desnbsp;contractious des aijtres parties muscu-laires.
Ces observations démontrent, a moii avis , dune manière rigoureuse, quenbsp;Télectricité animale de la torpille, etnbsp;lélectricité générale, agissent de lanbsp;même fagon que Ie galvanisme sur Ienbsp;coeur ; elles nous fournissent uue nouvelle preuve de ce que nous avousnbsp;avancé dans notre dernier ouvrage ;nbsp;savoir, que eet organe est Ie premiernbsp;a se soustraire a son influence, tandisnbsp;que les autres muscles la ressententnbsp;encore assez long-teraps.
SECTION IV.
Dps organcs du gyiniiote engoïirdissaiit.
Après avoir ainsi décrit lorgani-sation et les phénomènes que la torpille présente aux anatomistes etnbsp;öux phjsiciens , je crois a propos
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dappeler encore leur attention sur deux autres espèces de poissons qui jouis-sent des mêmes propriétés que la tor-pille, quoique avec une organisationnbsp;différente au premier aspect: jentendsnbsp;parler du gymnote engourdissant, etnbsp;du silure trembleur.
Jean Hunter fut Ie premier qui donna une bonne description dunbsp;gymnote engourdissant. Ce poissonnbsp;appartient a lordre des apodcs : il anbsp;conséquemment Ie corps très-allongé,nbsp;et serpentiforme; sa queue forme lesnbsp;~ de sa longueur totale. La vessie na-tatoire, au lieu dêtre simplement ren-fermée dans la cavité abdominale ,nbsp;sétend dans fintérieur de la queue ,nbsp;et se prolonge jusqua son extrémité.nbsp;Cest au-dessus de cette vessie quenbsp;,1oa trouve dans Ie gymnote engourdissant un appareil très-singulier,nbsp;dont il n J a aucun vestige dans lesnbsp;autres espèces de ce genre, et qnil
-ocr page 101-SUR LE GALVANISME. 79 PSt impossible de ne pas recoiinaitrenbsp;pour son organe électrique.Ilestforménbsp;par la réunioii de plusieurs aponévro-ses qui sétendent dans Ie sens de lanbsp;longueur du poisson , comme autantnbsp;de couches horizontales , parallèles etnbsp;écartées les unes des autres dun millimetre. Elies sont coupées presque anbsp;angles droits par dautres lames ver-ticales de la même nature : de-la ré-sulte un réseau large et profond , com-posé dun grand noinbre de cellules rhoraboïdales doiit lintérieur estnbsp;rempli dune substance onctueuse etnbsp;comme gélatineuse.
Cet appareil animal est évidemment partagé en quatre organes électriques,nbsp;deux grands et deux petits. Les premiers sont logés au-dessous de la ves-sie natatoire et des muscles verté-braux ; les deux petits sont placés a lanbsp;i'égion la plus inférieure de ia queue.nbsp;Les lames horizontales, au lieu detre
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parallèles dans toute leur longueur, sont onduleuses par intervalles. Hunter en a compté 84 dans un grandnbsp;organe, et 14 dans un petit. Tout cetnbsp;appareil electrique est rnis en jeu parnbsp;un systeme de nerfs procédant de lanbsp;moelle épinière , et distribués avecnbsp;un mécaiiisme admirable. Les différents rameaux dun gros nerf, quonnbsp;trouve au-dessus de la colonne ver-tébrale de ce poisson, rampent da-bord a la surface de ces organes, etnbsp;linisseut par se répandre et sépanouirnbsp;dans leurs alvéoles.
Jai examiné,avec toute 1'attention dont je suis capable, les organes dunbsp;gy mnote engourdissant et de la tor-pille, dans le cabinet de Hunter; jétaisnbsp;accompagné de M. Heviside, un desnbsp;plus zélés conservateurs de ce dépotnbsp;précieux pour la science. Jai comparénbsp;ie dessein de mes planches ( pl. 8,nbsp;fig. 23.) avec les preparations origina-
-ocr page 103-SUR LE GALVANISME. 8i les : fai admiré leur exactitude, et lanbsp;perfection des injections est allée jus*nbsp;qua me faire npercevoir les plus pe-tites ramifications du sjstême vasculaire qui se répand sur les organesnbsp;électriques.
SECTION V.
Des organes clugilurev
Le silure trembleur a été décrit pour la première fois par M. Geoffroy, Lesnbsp;organes électriques de ce poisson, aunbsp;lieu de se trouver sur les cotés de lanbsp;tête, comme dans la raie, et au-des-sous de la queue, comme dans le g)Tn-note, sétendent tout autour du pois-son ( pi. 8, fig. 4 ). Placés immédia-tement au - dessous de la peau ils senbsp;composent de fibres aponévu'otiquesnbsp;et tendineuses très-serrées , qui sen-trelacent et forment un féseau dont ilnbsp;»est impossible dapercevoir les mailles
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a Iceil nu : les cellules de ce tissu sont égaleinent remplies dalbuminenbsp;et de gélatine. Une tres-forte aponé-vrose couvie tout fappai^eil, et Iem-pêche ainsi de cöiumuniquer avec lin-térieur. Les nerfs, qui coucourent anbsp;compléter lorgane électrique, sont denbsp;la huitième paire cérébrale : ils descendent en se rapprochant lun denbsp;lautre, a leur sortie du crane, vers Ienbsp;corps de la première vertèbre quilsnbsp;traversent. Ils sj introduisent dabordnbsp;par un orifice propre a chacun deux,nbsp;et ils en sortent ensuite du cóté opposénbsp;par une seule ouverture ; après sêtrenbsp;ainsi rencontrés, ils sécartent tout-a-coup , et se rendent sous cliacune desnbsp;lignes latérales ; ils sont alors logésnbsp;entre les muscles de labdomen , et la-ponévrose qui recouvre tout Ie sys-^nbsp;tême électrique; ils pénètrent dansnbsp;la peau par de grosses branches, etnbsp;finissent par sépanouir dans Ie réseau.
-ocr page 105-SüPi LE GALVANISME. 83 SECTION V r.
Examen eomparatifdes organes électriques.
On peut tirer plusieurs conséquen-ces de lexamen comparatifdes organes électriques des poissons que je viensnbsp;de décrire: i.° Que Ie lieu ou se logentnbsp;ces organes est indifférent, puisquüsnbsp;sont réunis sur les cótés de la têtenbsp;dans la torpille, sous la queue dansnbsp;Ie gymnote , et tout autour du corpsnbsp;dans Ie silure. 2 ° Quaiicune branchenbsp;du systême nerveux ne leur est spé-*nbsp;cialement affectée , puisque dans lanbsp;torpille ce sont les nerfs de la cin»nbsp;quième paire qui sj distribuent, dansnbsp;Ie gymnote ce sont les nerfs cérébraux,nbsp;et dans Ie silure ce sont ceux de ianbsp;huitième paire. 3.° Que la forme dej;nbsp;cellules est de rnême indifférente ,nbsp;puisquelle varie dans chaque espèee,nbsp;fous ces corollaires qui découlent de
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Tobservation anatomique, ontété déja présentés par Ie professeur GeofFroj^nbsp;Jen ajouterai quelques autres qu: sontnbsp;particulièrement en rapport avec lanbsp;théorie du gaivanisnie- 4* On peutnbsp;comparer ces organes électriques a denbsp;véritables piles animales composées denbsp;deux substances hétérogènes , tellesnbsp;que les nerf's et la pulpe albumino-gé-latineuse dun cóté, et les feuillets apo-névrotiques dé lautre. 5. 11 résultenbsp;des observations faites sur les poissonsnbsp;électriques , que la force de leur explosion est proportionnée, toutes chosesnbsp;égales, a la grandeur particuliere desnbsp;organes électriques. Le gjmnote donnenbsp;les commotions les plus considérablesnbsp;en raison de la grandeur de son organenbsp;électrique, qui, par Finspection anatomique, est a-peu-près égal au volume denbsp;Fanimal lui-même, étant fourni dunenbsp;épaisseur qui le double en volume»nbsp;Vient après le silure, qui donne ime
-ocr page 107-SUR LE GALVANISME 85 commotion plus forte que la torpille,nbsp;et Fon voit aussi que son organe, quoi-que plus mince que dans Ie gymnotus,nbsp;entourant tout Ie poisson, ofïre plusnbsp;lt;le surface que dans la torpille, ou ilnbsp;est borné dans un petit espace aux environs des branchies. 6.° Lon voit enfin que, dans les mêmes espèces denbsp;poissons , il suffit dun différent arrangement des mêmes parties, dune différente manière de contenir des substances animales, pour être en état, onnbsp;de donner une forte action électrique ,nbsp;OU de la refuser constamment. Nousnbsp;vojons de pareils phénomènes dansnbsp;les piles métalliques , oü un changement opéré, soit dans la dispositionnbsp;des plaques métalliques qui la com-posent, soit dans Ie corps humide quinbsp;agit sur elle, Fon peut a volonté exciter ou empêcher Faction du galva-ïiisme.
Daprès toutes ces considérations j
7
2.
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on voit Ianatomie, la phjsiologie et la phjsique saccorder pour établir eii-lt;tre ces divers organes lidentité la plusnbsp;compléte : voila done tous ces appa-reils disposés par la nature, raraenésnbsp;a un inême sjstêrne dorganisation , anbsp;line raême force counue, qui agit denbsp;la même manière, et produit les mêmesnbsp;effets, quoique soumis a des modifications variées par des mojens différents. Je ne doute pas quen augnien-tant nos connaissances dans la familienbsp;des poissons électriques, 1on ne par-vienne a étajer toujours davantagenbsp;lopinion dune véritable pilè animalenbsp;agissant dans leurs organes. Jose mêmenbsp;croire que lidée de cettte action nestnbsp;pas bornée a quelques poissons épars ,nbsp;inais quil faudra létendre un jour anbsp;tout Ie règne animal. Jobserve, avecnbsp;M. Geoffroj, que presque tous les ani-maux ont des nerfs qui vont se per-dre dans la peau: tous immédiatement
-ocr page 109-SUR LE GALVANISME. 8^ 8u-dessous delle, sont plus ou moinsnbsp;pourvus de tissu cellulaire ; tous ontnbsp;done eii quelque sorte les rudimentsnbsp;dun organe électrique.Dès-lors, si lonnbsp;imagine que des vaisseaux sécréteursnbsp;déposent de la matière album in o-géla-tineuse entre les petits feuillets dunbsp;tissu cellulaire qui unit la peau auxnbsp;muscles sous-Cutanés, on aura faci-lement une idéé de la manière dontnbsp;cette efFusion peut donner lieu a lanbsp;formation et a Iexistence dune vraienbsp;pile animale, non-seulement dans lesnbsp;poissons, mais encore dans tons lesnbsp;au tres animaux. Cette hjpothèse ,nbsp;quand des faits plus nombreux lau-ront confirmée , fera disparaitre Ienbsp;merveilleux de certaines observationsnbsp;dliommes doués de propriétés élec-triques, et qui ont fixé lattention * denbsp;plusieurs sociétés savantes.
*'Acta Academiae Petropolitanas, an. 1779-Vojez encore les Mémoires de lAcadémie des sciences^ 1777.
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Je suis néanmoins davis que les efFets de cette pile ne seront pas dunenbsp;intensité égale chez tous les individus:nbsp;des differences dans lorganisation etnbsp;larrangement des parties , dans Ienbsp;noinbre et les proportions de leursnbsp;principes , devant nécessairement ap-porter des modifications dans leurnbsp;manièredagir. Qui ne sait pas, en ef-fet, que toute sécrétion , que toutenbsp;fonction. quelconque, doit varier denbsp;plusieurs manières, non-seulementnbsp;dans des animaux de classes, dordres,nbsp;de genres et despèces différents ,nbsp;mais encore chez Ie même individunbsp;considéré a difFérentes époques? Etnbsp;pourquoi done la sécrétion électricjuenbsp;ferait-elle une exception a cette grandenbsp;loi de lëconoraie vivante ?
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Experiences sur Jélectricité animale , adressées en 1797 au célèbre professeur Lacépède ^ membre*nbsp;du Sénat conservateur, et de lIustitut nationalnbsp;de France.
Permettez-moi de vous présenter de nouveau mes observations sur lé-lectricité animale comme un hommagenbsp;qui vous est entièrement du, puis-quelles ont paru pour la première foisnbsp;sous vos auspices. Lestime alors mex-citait a vous les dédier, la reconnaissance aujourdhui mengage a en re-nouveler lofFrande. Ce sont vos leUnbsp;tres obligeantes qui mont introduitnbsp;a la Société royale de Londres; cestnbsp;a votre renommée y et a la haute con-sidération dont vous jouissez auprès denbsp;tous les savants , que je me crois rede-vable de Iaccueil flatteur et des égards
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dont mont honoré Ie chevalier président Banlis, et dautres membres de cette illustre Société,
Dans mes expériences publiques a rinstitut de Bologne , javais démon-tré en 1795, Finsurmontable résistancenbsp;quoppose la flamme au passage denbsp;lelectricité animale. Javais exposénbsp;dans deux Mémoires publiés en 1794,nbsp;que les bouteilles de Leyde, indépen-damment de leur forme ordinaire ,nbsp;peuvent en avoir dautres tout-a-faitnbsp;différentes, et qui offrent les mêmesnbsp;résultats. Enfin Ie desir de confirmernbsp;de plus en plus les vues phjsiologi-ques de mon oncle Galvani , me fitnbsp;souhaiter des éclaircissements ulté-rieurs sur les attractions électriques.nbsp;Ces idéés fugitives alors, et fixéesnbsp;maintenant par des expériences réi-térées, forment lobjet de ce Mémoire.
* Mes engagements et mon empressement a re-tüurner dan8| ina patrie ne m*ont pas permis de rêdi-u
-ocr page 113-SUR LE GALVANISME. 91 Puisse-t-il être un témoignage de lanbsp;satisfaction que jéprouverai toujoursnbsp;a me rappeler les gages nombreux quenbsp;jai recus de votre bienveillance.
La facilité avec laquelle lélectricité animale se communique par diversnbsp;corps conducteurs, comme je lavaisnbsp;plusieurs fois observé, minspira Ienbsp;desir de soumettre a des expériencesnbsp;la flamme , qui, aux jeux des phjsi-ciens, tientle premier rang dans cettenbsp;classe ; je me plaisais a appujer par
ger ce Mémoire dune nianière entièrement conforme a Iétat actuel de nos connaissances : cest pourquoinbsp;je nen donne ici que lextrait fait en 1798 parnbsp;M. Amoretti, et public dans les Opuscules de Milan ,nbsp;enricbi maintenant de quelques observations. Je me ré.nbsp;serve j dans une autre edition ^ dj insérer de nou vellesnbsp;notions touebant la chimie atmospbêrique, en pre.,nbsp;nant en considération les belles idéés de M. de Lucnbsp;sur ce sujet.
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ce rnojen, dune preuve nouvelle, Ia théorie de Galvani. Je pris done deuxnbsp;conducteurs qui, dun cóté communi-quant aux deux armatures appliquéesnbsp;aux nerfs et aux müscles dune gre-nouille préparée, étaient séparés versnbsp;lautre extrémité par un petit intervallenbsp;dune ligne tout au plus; eet espacenbsp;était rempli par une vive flamme ;nbsp;vöila done un are composé de diversnbsp;corps propres h transmettre Ie fluidenbsp;électrique , qui réunit les muscles etnbsp;les nerfs préparés selon la méthodenbsp;ordinaire de Galvani. Néanmoins, anbsp;mon grand étonnement, je ne pusnbsp;obtenir la plus légère contraction. Jenbsp;craignis dabord que la cause de eephé-nomène ne fut dans la flamme qui, parnbsp;safaculté conductrice, paraissaitdevoirnbsp;beaucoup influer sur Ie prompt excitement des contractions musculaires.
Lhabile artiste Malagrida varia mon expérience de plusieurs manières, en
-ocr page 115-SUR LE GALVANISME. gS remplissant lintervalle qui séparaitnbsp;les deux conducteurs dune flammenbsp;aoimée parun courant continuel dairnbsp;semblable a celui de la lampe dunnbsp;émailleur. Voila un courant |de feunbsp;brillant et aussi vif quil soit possible; cependant point de contractionsnbsp;musculaires. II en fut de raême ennbsp;usant de flammes variées par différentsnbsp;degrés dénergie, et alimentées de diverses substances.
Ces résultats parurent si étranges , quon mit en doute la déféreiice de lanbsp;flamme si vantée par les phjsiciens :nbsp;quelques-uns pensaient quelle agis-sait en vertu de sa forme en pointe ; onnbsp;alia même jusqua soupconner que Ienbsp;corps de la flagime était privé de lanbsp;déférence nécessaire pour transporternbsp;une faible électricité. Ce qui favori-sait cette dernière opinion, cest Ienbsp;raractère des parties hu ileuses et bi-tuniineuses qui alimentent la flamme ,
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et qui sont dune nature idio-électri-que. Tel est aussi Ie gaz oxigène qui nourrit la flamme , dont la substancenbsp;est subtile et dilatée, selon les observations microscopiques de votre collè-gue Lamark. Toutes ces raisons portent a attribuer Ie refus du passagenbsp;de lélectricité animale au défaut dunnbsp;degré convenable de déférence dans lanbsp;flamme.
Pour moi, loin de soupconner que la flamme fut privée de la déférencenbsp;nécessaire , je pensai au contraire quenbsp;lexcès de cette propriété était la causenbsp;du phénomène dont il sagit. Je veuxnbsp;bien que les particules qui nourrissentnbsp;la flamme soient ordinairement dunenbsp;nature idio-électrique; elles abandon-nent néanmoiiis cette propriété dansnbsp;la combustion, en vertu de laquellenbsp;elles deviennent déférentes. Lorsquenbsp;dans cette expérience jinterposais en-tre les deux conducteurs uu peu de
-ocr page 117-SUR LE GALVANISME. gS Verre fondu au chalumeau, les contractions paraissaient , fait qui dé-montre Ie pouvoir de 1état dignitioiinbsp;pour changer en déférents les corpsnbsp;idio-électriques, Voila cependant, dunnbsp;cóté, la forme en pointe de la flamme,nbsp;propre a dissiper Ie fluide électrique,nbsp;et de lautre la substance qui la compose , singulièrement propre a Ie transporter. Lextrême conductibilité de lanbsp;flamme peut done interrompre la li-bre transmission de félectricité animale , sans laquelle on attendrait ennbsp;vain les contractions musculaires :nbsp;quoiqiie je fusse porté a embrassernbsp;dabord celte opinion, je crus nécessaire de consulter fexpérience, quinbsp;décida entièrernent la question.
Je dois ici témoigner ma reconnaissance au célèbre professeur Moscati, qui minvita en 1796, a éprouver 1'é-lectricité de la flamme avec les élec-tromètres nouveliement inventés ; et
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eest h. ses conseils que je dois les ex-périences dont sétaie Fopinion que je viens davancer. Dans Félectromètre denbsp;Bennet, je determine un courant dunbsp;fluide électrique vers un conducteurnbsp;interrompu par Fintervalle dune li-giie que je puis remplir è. mon gré,nbsp;en j appliquant Ie corps de la flamme.nbsp;Le fluide passe alors librement, et Fé-lectroraètre ne me présente aucunenbsp;divergence; doü je conclus que lanbsp;flamme est un excellent conducteur.nbsp;De plus, sans placer la flamme dansnbsp;Fintervalle susdit, je Fécarte a la distance dun pouce, plus ou moins,nbsp;suivantr la quantité de fluide mis ennbsp;mouvement, et jobserveavecsurprisenbsp;que Félectromètre ne diverge point.nbsp;Jéloigne tout-a-fait la flamme, et lanbsp;divergence de Félectromètre reparait.nbsp;Cette seconde expérience, a mon avis,nbsp;vient a Fappui de la première ; car, sinbsp;a la distance dun pouce au mains, la
-ocr page 119-SUR LE GALVANISME. 97 flamrae peut dissiper Ie fluïde électri-que, combien ne Ie pourra-t-elle pasnbsp;mieux, si oa lapplique au conducteur lui-mênie ?
Enfin, en mettant en mouvement Ie fluïde électrique dans Télectromètrenbsp;de Bennet, japproclie tour-a-tour,nbsp;tantót Ie corps de la flamme a la distance dun pouce , tantót sa sommiténbsp;la plus aiguë , a la distance seulementnbsp;de quatre lignes, de trois , et de inoinsnbsp;encore : dans Ie premier cas, lélectro-mètre cesse de diverger, et dans Ie second il néprouve que pen ou pointnbsp;de changement. De tous ces faits, ilnbsp;mest permis de conclure, je crois,nbsp;que quoique japplique a la plus faiblenbsp;électricité la déférence de la flamme,nbsp;elle surpasse de beaucoup celle desnbsp;métaux et des autres eorps.
Fort de ces expériences, je revins avec plus de courage a lélectriciténbsp;animale , vers laquelle seulement je
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dirigeais mes recherches. A des eHets égaux répondent des causes égales quinbsp;opèrent par les mêmes lois. Voila lanbsp;flamme, qui dun cóté ra vit Ie mouvement a Télectromètre dans la machinenbsp;de Bennet, et de lautre, appliquée anbsp;lélectricité animale , elle en arrête Ienbsp;passage : dans Ie premier cas, pointnbsp;de mouvement dans les électromètres;nbsp;dans Tautre , point de contractionsnbsp;musculaires.Mais je dois rappeler avecnbsp;assurance que jai produit ce défautnbsp;de mouvement dans lélectromètre parnbsp;la flamme : pourquoi nargumente-rais'je pas de-la que Ie mouvementnbsp;musculaire est suspendu par une éma-iiation de lélectricité animale qui ,nbsp;fortement attirée par la flamnie, estnbsp;détournée , et ne peut achever sa circulation , sans laquelle les contractions musculaires ne sauraient avoirnbsp;lieu ?
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SUR LE GALVANISME.
§ II. Différentes constructions de la bou-teille de Leyde.
Je passe maintenant aux bouteilles de Lejde, qui, par les phénomènesnbsp;intéressants quelles présentent, mé-ritent les regards des phjsiciens. II menbsp;vint a lesprit déprouver différentsnbsp;tubes de verre de forme cjlindrique,nbsp;dont les uns étaient ouverts dun cóté,
les autres ferraés hermétiquement des deux bouts, dautres tout pleins deau,
et dautres enfin remplis seulement a deux tiers de leur hauteur. Je prendsnbsp;avec la main la partie inférieure denbsp;ces cjlindres , un peu au-dessous dunbsp;niveau du fluide ; jenvironne Ie cj-lindre dune armature métallique ,nbsp;que japproche du conducteur chargé.nbsp;Après un certain degré délectrisa-tion, je retire les tubes de verre chargés des deux électricités contraires,nbsp;qui se manifestent par de violentes
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secousses et de fortes explosions. VoiI4 pourtant une bouteille de Lejde dansnbsp;laquelle un corps idio-électrique sé-pare 1armature intérieure de lex-térieure , et oü se faitTexplosion, quoi-que la matière électrique ne se communique pas directement a larmaturenbsp;intérieure de leau enfermée herméti-quement , et que larc se porte auxnbsp;deux armatures extérieures, oü il senbsp;fait ordinairement dans les bouteillesnbsp;communément en usage. Vous trou-verez facilement cette forme de bouteille différente de celle qu adoptentnbsp;les physiciens, et vous sentirez parnbsp;cela même la nécessité de la réduirenbsp;aux principes généraux.
II me semble que, nonobstant les diverses formes de la bouteille denbsp;Lejde, Ie fluide électrique j observenbsp;la même manière dagir, et les loisnbsp;connues de lelectricité. Cependant,nbsp;en analjsant la structure du cjlindre
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SUR LE GALVANISME. de verre, que je viens de décrire, jenbsp;serais porté a voir en lui Iaction denbsp;deux bouteilles simples ordinaires ,nbsp;combinées et liées ensemble dans unenbsp;seule. Considérez lappareil du profes-seur Barletti, composé de deux bouteilles communes, unies ensemble, denbsp;manière que la première est suspenduenbsp;au conducteur chargé, et la secondenbsp;attacliée è son armature extérieure. Hnbsp;y a, dans ce cas , quatre armatures,nbsp;dont deux, savoir la première et lanbsp;dernière , sont externes et séparéesnbsp;entre elles de la superficie du verre;nbsp;les deux autres sont au milieu, etnbsp;communiquent ensemble , de manièrenbsp;quelles paraissent nen former quune.nbsp;Si vous usez de eet appareil, fexplo-sion aura cependant lieu , fare séta-blissant entre les deux armatures ex-ternes.
Ou découvre facileraent a présent les quatre mêmes armatures adaptéesnbsp;2. 8
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par un semblable artifice dans Ie tube de verre que nous avons déja décrrt.nbsp;La feuille de métal, appliquée extérieu-rement au-dessous du niveau de leau ,nbsp;vous offre une armature, et vous pou-vez en avoir ime autre dans la main,nbsp;appliquée a rextrémité du même niveau ; celles-ci sont les deux armatures extérieures. Leau intérieure présente les deux autres armatures inter-médiaires, qui doivent être cliargéesnbsp;par deux électricités difFérentes, a lanbsp;manière des deux armatures placéesnbsp;au milieu , dans lappareil de Barletti ,nbsp;et qui, malgré leur communieationnbsp;réciproque, sont fournies délectrici-tés difFérentes. En efFet la premièrenbsp;armature extérieure , appliquée aunbsp;conducteur électrique, ne peut se charger positiveraent sans que Feau intérieure ne soit électrisée négativementnbsp;a sa surFace; et même Feau renFer-mée dans Ie tube de verre ne peut
-ocr page 125-SUR LE GALVANISMË. lo3 se décharger de sa propre électricité^nbsp;sans la communiquer aux couches in-férieures deau qui se trouvent dans Ienbsp;même tube , et par la même raisoilnbsp;doivent séiectriser négativement. Onnbsp;a done dans Peau, que renferme Ienbsp;tube , les deux armatures intermédiai-i'es imprégnées par des électricitésnbsp;contraires : une partie de cette eaunbsp;étant en efïet négativement électrique^nbsp;et lautre positivement.
Enfin, suivant la loi connUe de la charge des verres , la partie inférieurenbsp;de Peau dans Ie tube ne peut deve-nir positivement électrique , sans quenbsp;la surface opposée, Correspondante anbsp;la main extérieure qui soutient Ienbsp;tube , lie devienne négativement élec-*nbsp;trique. Après une telle analjse de lanbsp;différente électricité des armaturesnbsp;qui constituent Ie tube de verre, dontnbsp;iious avons donné la description , ilnenbsp;semblera plus étrange si ? en faisant
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mi arc partant delamainnégativeinent électrique pour se rendre a Tarmaturenbsp;extérieure que nous avons démontrée,nbsp;remplie délectricité contraire et positive , on a TefFet de la décharge, et on sentnbsp;lasecousse de lexplosion électrique.
Ajant soupconné , dans Ie cours de mes experiences, que ce phénomènenbsp;dépendait, au moins en grande par-tie, de la ténuité des verres, jen clioi-sis de très-minces , et jobtins la décharge, menie sans armature métalli-que. Lexpérience nia constammentnbsp;et invariablcment donné ce résultat,nbsp;quoique répétée vingt fois dans desnbsp;lecons publiques de phjsique expéri-mentale, en présence de nombreux élè-ves : je me suis servi depetits cjlindresnbsp;de cinq a six pouces de longueur , surnbsp;un demi-pouce de diamètre, herméti-quenient ferniés et remplis deau ennbsp;totalité , OU seulement aux deux tiers.nbsp;On a done, par ce mojen, une bouteille
-ocr page 127-SUR LE GALVANISME. io5 de Lejde chargée délecLricité , dansnbsp;laquelleiln j a point de contact entrenbsp;les armatures extérieure et intérieure,nbsp;et qui donne néamiioius de fortes explosions.
On voit dans cette bouteille que lhumidité ou les particules hétérogè-nes de fair, ou de la surface du verre,nbsp;sufSsent a former une zóne qui faitnbsp;lofEce darmature, et ramasse 1élec-tricité positive pour séquilibrer en-suite avec larmature negative , a la-quelle est appliquée la main. En eflet,
si la personne qui tient Ie cjlindre se trouve isolée, la charge et lexplo-sion cessent davoir lieu,
Daprès eet apercu on expliquera saus peine ces secousses extraordinai-res dont sont fréquernment surprisnbsp;les phjsiciens en touchant les verrcsnbsp;dans leurs expériences. Plus dunenbsp;fois il mest arrivé, en observant Té-^lair que présentent les tubes de
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verre vides et électrisés , dans lesquels Ie mercure coule dun bout a lautre ,nbsp;detre ainsi frappé par une explosionnbsp;électrique , facile a rapporter au genrenbsp;de celles dont jai taché ci-dessus denbsp;donner lexplication. Ces expériencesnbsp;serviront aussi a éclairer la théorienbsp;des explosions électriques de la tor-pille, aussi-bien que dautres phéno-mènes relatifs a la tourmaline , que lesnbsp;phjsiciens nont pas encore assez biennbsp;développés.
§ 111, Phénomènes conceniant les attract tions électriques.
La considération des attractions électriques me fit sentir conibieil lesnbsp;expériences étaient nécessaires pournbsp;éclaircir ce point important. Voicinbsp;done mes tentatives , dans lespoirnbsp;dobtenir des résultats satisfaisants anbsp;eet égard. Ajant décrit quelques tra^.
-ocr page 129-* Quoique, dans les experiences ci-dessus, il aifc été nécessaire deraplojer Ie plateau résiueux ,nbsp;néannioins on peut se servir également ici du plateaunbsp;vitreus. Je voudrais ici que les pliysiciens fissentnbsp;plus généralement usage comme électropliore, denbsp;simples disques 011 lames de verre pour la faci-lité et la coinmodité. Tl ny a pas a craindre, commenbsp;on 1a suppose dans lélectrophore de verre, la fuga-cité et la rapidité du passage du fluide électrique. Jenbsp;me suis assure que dans une saison favorable, un dis-que de cristal qui avait environ sept pouces de dia-
inétre, restait chargé pendant plusieurs semaines, Quelquéloignés que soient les physiciens des gran-des villes et des comraodités quelles procuren t ,nbsp;ils peuvent se former de suite un appareil électrique ,nbsp;sils ont è leur disposition un plateau inétallique isolénbsp;tout pret. Ayant appliqué a un verre ordinaire ou anbsp;une assiette de faience un plateau de métal, 1on a unnbsp;électropliore assez capable de donner des étincellesnbsp;électriques. Jen ai aussi obtemi avec plusieiirs marbres polis , spécialement avec des laves du Vésuve.nbsp;TJe petits morceaux de cristal oHrent une élec-tricité trés-sensible ; un disque de cristal denviron
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sivement difFérentes substances pulvé-risées, empruntées des trois règnes de la nature. Le règue mineral menbsp;fournit les oxides détain et de plomb ;nbsp;le verre, Fantimoine, le cuivre jaune,nbsp;lacier et dautres raétaux réduits ennbsp;limaille ou en poudre. Parmi les vé-gétaux, je choisis la farine de bied ,nbsp;de maïs , dorge , et des cendres denbsp;diverses plantes ; enfin les matièresnbsp;animales me donnèrent les poudresnbsp;de cantarides, de mille-pieds , dos etnbsp;de coquilles doeuf. Quand on jetaitnbsp;ces poudres contre le plan résineux,nbsp;elles étaient toutes attirées, mais dansnbsp;un mode dattraction totalement différent au plus léger changement desnbsp;circonstances. Il fallut alors en venirnbsp;a fexamen des causes qui produisaient
de 2 1 polices cïe diamètre , ma donné une qiiantité de fluide électn'que siiffisante pour allumer plusieursnbsp;fois le gaz lijdrogèue dans Tappareil connu du pistolet électriqiie.
-ocr page 131-SUR LE GALVANISME. lo-y dans les expériences de telles variétés.nbsp;Cette recherche me donna loccasionnbsp;de modifier lopération, et den examiner les résultats, d après les troisnbsp;conibinaisons suivantes. i. Soumettrenbsp;la inênie poudre a Taction des deuxnbsp;électricités. 2.° Exposer diverses pou-dres a Tinfluence de la même électri-cité. 3.° Considérer enfin dilFérentesnbsp;poudres attirées dans Ie même tempsnbsp;par diverses électricités.
Je prends a eet efFet nne seule substance en poudre quelconque, par exemple , Toside rouge de plomb ; jenbsp;charge un plan résineux par Ie mqyennbsp;dune bouteille, en j marquant des traces délectricité positive ; la poudre denbsp;minium, répandue sur Ie plan, prendnbsp;une forme étoilée ; j j inscris de reelief dautres traces d electricité néga-tive , et la même poudre attirée parnbsp;Ie plan présente une série continuenbsp;de surfaces orbiculaires. En faisaut
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done des expériences sur les mêmes poudres prises Tune après lautre, onnbsp;trouve quelles se disposent indistinc-tenient en forme rameuse on circulaire, en raison des différentes électri-cités auxquelles elles sont appliqiiées.nbsp;Tout ce que nous venous de dire estnbsp;reiatif a la première combinaisou.
En faisant ensuite usage , dabord de la seule électricité positive, jenbsp;présente a lelectrophore deux différentes poudres mêlées ensemble anbsp;doses égales, telles que celles de minium et de soufre , et je vois Ie soufrenbsp;prendre une forme .étoilée, en se sé-parant du minium, qui, répandu avecnbsp;confusion sur Ie plan , ne présentenbsp;aucune forme régulière. Je charge denbsp;nouveau félectrophore de seule électricité négative, jj répands les deuxnbsp;mêmes poudres, et je vois alors aunbsp;contraire Ie minium sarranger en eerde , et Ie soufre demeurer irrégulière-
-ocr page 133-SUR LE GALVANISME. lïi nienC épars. Done Ie minium, quinbsp;dans la première expérience , étantnbsp;seul, se disposaifc indifFéremment ennbsp;forme étoilée ou circulaire , dans cettenbsp;seconde, étant uni a dautres substances, semble plus naturellement at-tiré par lélectricité négative que parnbsp;la positive.
Ajant inscrit sur Ie plan résineux les deux électricités , j répandsnbsp;deux poudres mêlées, de couleur as-sez différente, afin que leur sépara-tion soit plus sensible; jemploie, parnbsp;example , celles du cristal de rochenbsp;et du soufre. On est surpris de voirnbsp;comment ce nuage artificiel de pous-sière, au moment quil ressent faction électrique, se décompose , et en-voie ca et la les particules du cristalnbsp;et du soufre ; les deux substances sé-parées entre elles sarrangent aussi-tot, fune en forme globulaire, fau-tic en forme étoiJée. Une semblabie
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séparatioli a égaleraent eu lieu en trai-tant de la même manière un x^(élange de cuivre et de céruse, dantimoine etnbsp;de cuivre Jaune, de minium et de fa-rine de bied. La couleur opposée dausnbsp;les substances en limaille ou en poudrenbsp;est nécessaire et très-utile pour rendrenbsp;les pliénoipènes plus distincts.
Changeant lordre des expériences , il faiifc dabord répandre la poudre surnbsp;Ie plan résineux, et ensuite en appro-clier a différentes reprises, et en dif-lérents endroits , Ie conducteur dunenbsp;bouteille chargée positivenient : lanbsp;poudre sera repoussée, et, en se re-tirant, elle laissera des vestiges étoi-lés; seulement dans les points oü lesnbsp;traces de Telectricite positive soiit croi-sées avec celles de la négative, les pou-dres liacquièrent ni la forme étoiléenbsp;ni la globulaire, maïs une tout-a-faitnbsp;irrégulière. On observe également cenbsp;phénomène dans un plan de verre. II
-ocr page 135-SUR LE GALVANISME. ii3 faut ici remarquer que, comme élec-trophore, on peut substituer, et raêmenbsp;préférer en certains cas, un plateau denbsp;verre au plan résineux. Les phjsiciensnbsp;pourront, en examinant la différentenbsp;adhésion des poudres au verre et auxnbsp;résines , se procurer des faits propres anbsp;mieux connaitre les caractères des élec1nbsp;tricités opposées.
Lhuile électrisée présente plusieurs phénomènes qui confirment sa tendance a lexpansibilité. Si lonnbsp;verse tjuelques gouttes dliuile sur la surface dunenbsp;certaine masse deau simplement électrisée par unnbsp;conckicteur, on les voit se subdiviser presqiéa lin-fini, a tel point quelles deviennent si petites ,nbsp;quon a de la peine a les compter. La même chosenbsp;arrive si lon verse mie petite quantité dbulle sufnbsp;de 1eau renfermée dans nne bonteille de Lejdenbsp;qui soit cbargée; lhuile obéit simplement avec nnenbsp;pfoniptitude étonnante a lattractiou électrique. Jenbsp;prends un tube de verre ouvert des deux cótés , long
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lie 6 ponces environ , et de 3 ou 4 lignes de diamétre ; jen plouge 1un des bonts dans de lluiile commune , a,nbsp;la profondeur dun demi-poiice , et jen ferme faiitrenbsp;bout avec un doigt, afin que la pression de 1air sou-tienue 1lmile dans Ie tube. Dans eet état des clioses,nbsp;je présente Ie tube par 1estiémité oü il j a de Tliuilenbsp;4 un conducteur fortement électrisé , et je vois, a lanbsp;distance de quatre pouces et davanlage, liniile sé-lancer vers ie conducteur, en formant nne fontainenbsp;composée de trois petits jets qui séparpillent dunenbsp;manière presque imperceptible. Le même effet a lieunbsp;avec plus de force et a nne plus grande distance, sinbsp;je i'épète cette experience en substituant a fhuilenbsp;commune celle de térébenthine. Enfin ayant versé denbsp;riiuile sur de I'eau fortement clectrisée dans nne bou-teille de Lejde, je vis a Tinstant sélever nne ebullition accompagnée dun mouvement de la masse entièrenbsp;du liquide qui faisait erever les huiles contre les pa-rois du verre; et je ne pus rétablir le calme dans lanbsp;bouteille queu faisant 1équilibre eutre les armaturesnbsp;extérieure et intérieure. On avait dêja observe dunbsp;temps de Plinc, que , clans une tempète , on pou-vait, juscjii'a nn certain point, appaiser les Hotsnbsp;tumultueux autuiir dun yaisseaii, en jetant a la mef
-ocr page 137-SUR LE GALVANISME. ii5 Riètre sur un disque de résine , jenbsp;Ia circonscrivis dune trace dhuile ;nbsp;puis , a laide dune bouteille chargée,nbsp;je la reudis positivement électrique :nbsp;aussitót je vis llauile se répandre dansnbsp;tons les sens, et vibrer des rajons divergents , de facon a représenter as-sez bien un petit soleii. Alors je disposai sur Ie mêine plan résineux une autre armature , en tout pareille a la j^ré-cédente ; fy introduisis de nouveaunbsp;rélecti'icité positive, et jj vis se for
mic assez
grande (juaiitité dliiiile. M. Leyeld, pby-sicien , rappelle dans les Actes de Trévoux cette opinion des anciens quon avait laissé toinber dans lou-bli, et il exliorte les plijsiciens a entreprendre de nouvelles experiences sur ce sujet. Je les inviterainbsp;aussi a vouloir, en suivant les traces du profcsseurnbsp;Frisio, répéter et varier leurs expériences , afin denbsp;Confirmer un procédé aussi intéressant, et de justifierennbsp;même temps les sectateurs de Pliue , du reprocliecju onnbsp;Fur a fait, de vouloir reprcduire une coutuiue populaire , superstitieuse , et qui repose sur des fonde-iiicnts faux.
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mer de reelief uu petit soleil rayon-nant comme Ie premier. Ensuite je placai les armatures de sorte que lesnbsp;rayons dune armature a lautre nenbsp;pussent se toucher, malgré leur rapprochement. Alors ajant rendu né-gativement électrique une delles ,nbsp;jobservai que les irradiations des deuxnbsp;armatures, qui , auparavant noccu-paient quun certain espace, se pro-longeaient réciproquement de Tunenbsp;a lautre, et finissaient par former, ennbsp;se recontrant dans une ligne droite ounbsp;oblique , un seul rayon qui unissaitnbsp;les deux armatures.
Après avoir parlé des phénomènes de félectricité artificielle , je passe anbsp;ceux de félectricité naturelle. Je re-marque que la neige, a la manière desnbsp;poudres employees dans mes expé-riences, se dispose en petites étoilesnbsp;ou en globules , ou se condense en flo-cons irréguliers. Ainsi je pense que les
-ocr page 139-SUR LE GALVANISME. 117 étoiles sont dues a lélectricité positivenbsp;des nuages; que les petits globulesnbsp;sont dus a leur électricité négative; etnbsp;les flocons irréguliers a Taction réciproque de toutes les deux. On ne doit pasnbsp;être étonné si Ton donne beaucoupnbsp;dinfluence a lelectricité dans la formation de la neige; car si une électricité surabondante produit la grêlenbsp;pendant Tété, comnie Ie pensent beaucoup de phjsiciens , une faible électricité peut bien , dans un'e autre sai-son, former de la neige.
M. Beyer, pbysicien distingué de Paris, ma montré de pareils attractions produites a la surface de Télec-trophore par Télectricité atmosphéri-que.La méthode dexaminer Ie genre denbsp;Télectricité naturelle, agissant dans Tat-mosphère a Taide de différentes substances pulvérisées, indique, commenbsp;je Ie crois, dune manière assez exactenbsp;Ie changement de cette électricité. Des
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observations curieuses, que M. Bejer a bien voulu me communiquer anbsp;eet égard, me font espérer que Tonnbsp;parviendra, par ce mojen , a éclair-fir faction de félectricité naturellenbsp;dans la formation de plusieurs raé-téores. Lon ne négligera pas des ten-tatives presque analogues a celles-ci,nbsp;faitesparle professeur Chladni, en di-rigeant Ie frémisseinent dun archet denbsp;violon sur des carreaux de verre quilnbsp;avait saupoudrés de difïérentes substances pulvérulentes.
Je pense quil serait utile de recueil-lir félectricité atmosphérique pendant quil tombe de la neige , et de voirnbsp;quelle serait la figure que différentesnbsp;substances pulvérisées recevraieiit parnbsp;son action dirigée a la surface de 1é-lectrophore , et de la comparer avecnbsp;celle que ces mêmes substances pren-draient par faction de félectricité ar-tificielie, a un égal degré de tension.
-ocr page 141-SUR LE GALVANISME. 119 Ces expériences pourraient, a monavis,nbsp;développer les phénomèiies concer-nant les changements de lélectriciténbsp;dans ratmosphère et Tattraction différente des vapeurs.
Bartoliiii, Cassini, et dautres phj-siciens , avaient déja observé dans les petites étoiles de la neige six rajonsnbsp;placés régulièrement a un angle denbsp;60 degrés. Le professeur Beccaria anbsp;teuté dexpliquer cette tendance a lanbsp;forme hexagone, en supposant quelesnbsp;vapeurs dans les images étaient dispo-sées dans un plan a égale distancenbsp;entre elles; il démontre ensuite quenbsp;chaque vapeur , envisagée commenbsp;centre , étant aniniée dune électri-cité différente de celle des vapeursnbsp;qui fenvironnent, attire les plus voi-sines ; et que celles - ci en attirentnbsp;dautres a leur tour, jusqua ce quenbsp;^es petites étoiles hexagones soient for-raées.
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Pour moi, il me semble trouver dans Félectricité la propriété de don-iier la forme hexagoue aux corps surnbsp;lesquels elle peut agir , comme dansnbsp;la inatière de la neige. Voici les expé-riences qui me conduisent a cette lij-pothèse. Je commence par inscrire anbsp;la surface de félectropliore différentsnbsp;points électriques séparés les uns desnbsp;autres, et jj répands dessus les di'nbsp;verses substances pulvérisées. Job-serve de petites étoiles, qui, selon Ie*nbsp;nergie de la charge , sont quelquefoisnbsp;douées de 12, quelquefois de 18, etnbsp;quelquefois même de 24 rayons. Sinbsp;je communique félectricité a lélectro-phore par une pointe attachée aux armatures delabouteille de Lejde, les petites étoiles paraissent plus distinctes.
Je ne saurais pas trop définir si une propriété constante , ou Ie hasard,nbsp;ma fourni Ie plus souvent dans lesnbsp;étoiles un norabrede rayons qui avait
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SUR LE GALVANISME. pour multiplicateur Ie même nombrenbsp;C{ui expriine les rajons de la neige.nbsp;Ce que je puis assurer, cest quen di-minuaiit avec quelque industrie lanbsp;force de félectricité , je parvenais ünbsp;lafFaiblir a un tel point, qui me pré-sentait les petites étoiles forraées de sixnbsp;rajons , imitant assez bien la grandeur et la figure naturelles de la neige.
Jai répété les expériences exposées sur les corps liquides : je répands donenbsp;sur Ia surface de Félectropliore quelquesnbsp;gouttes séparées dhuile commune- jenbsp;place verticaleinent ime aiguille aunbsp;centre de chaque goutte, et en commu-niquant, par la méthode ordinaire ,nbsp;a leurs extrémités une très-faible décharge , je vois plusieurs fois les petites étoiles liquides de figure hexa-gone. II me semble, je lavoue , lesnbsp;apercevoir avecbeaucoup plus de Constance dans la méthode des poudres,nbsp;ci-dessus indiquée; mais je ne doute
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pas quen répétant difFéremmentrex-périence, on ne doive être amené aiix mêmes résultats, tant en faisant usagenbsp;des corps solides, que des liquides.
Je crois utile davertir ici des anomalies quon doit craindre, tant a cause de larésistance opposée même par les plusnbsp;petites irrégularités du plan résineux,nbsp;qua raison de la différente adhésionnbsp;des particules constituantes de Fhuilenbsp;même. II faudra diminuer de beaucoupnbsp;la force électrique , si, dans cette ex-périence, on fait usage de lbuile es-sentielle de térébenthine: elle disposenbsp;avec une -vicesse incrojable les fluidesnbsp;en forme de soleil rajonnant. Jai misnbsp;a la surface de lélectrophore , dansnbsp;une même ligne, et a distances éga-les , différentes aiguilles au centre denbsp;plusieurs gouttes de la même buile;nbsp;taudis que jappliquais lélectricité anbsp;la première aiguille, la seconde dis-posait aussi Ie fluide en forme étoilée.
-ocr page 145-SUR LE GALVANISME. laS en éprouvant seulement ractioii denbsp;latmosphère électrique.
Jobserve cependant que si Télectri-cité excitée par nos appareils, est capable dattirer les Qorps pulvérisés sous des figures détermiuées, il est a pré-sumer que ce même fiuide recueillinbsp;dans les nues, donne des formes analogues aux vapeurs glacées, et nousnbsp;les présente sous laspect de neige. Jenbsp;crois de plus que de la figure naêmenbsp;de la neige on peut tirer un argument nouveau en faveur de factionnbsp;électrique dans ce météore. En efietnbsp;fon voit que, pour obtenir è la surface de félectrophore de petites étoi-les hexagones, il nest besoin quenbsp;dune électricité bien faible. Lon voitnbsp;aussi que fatmosphère, pendant flii-ver, nest pas en général surchargéenbsp;délectricité comine dans dautres sai-sons, et a eet égard elle est plus anbsp;portée de former la neige. Je remarque
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encore que , comme Ie genre dé-lectricité de latmosphère , dans un temps donné , est toujours lè même ,nbsp;on ne voit jamais tomber difFérentesnbsp;espèces de neiges mêlées ensemble ;nbsp;elles tombent successivement les unesnbsp;après les autres, soit dans différentsnbsp;jours , OU en différeiites heures dunbsp;jour même. La faible quantité délec-tricité qui est nécessaire pour iraiternbsp;les petites étoiles liexagones artificiel-les, nous fournit avanttout un fait quinbsp;nous porte a admettre que félectriciténbsp;atmospbérique concourt puissammentnbsp;a la production de ce météore. Je croisnbsp;inaintenant utile de déduire des expé-riences déja rapportées les corollairesnbsp;suivants.
I. Premièrement linflux de lelectri-cité dans les sécrétions cliimiques est certain. On sait que Bergman séparait,nbsp;a 1aide de Fétincelle électrique, Vacidenbsp;aérien de lair atmospbérique, et que
-ocr page 147-SUR LE GALVANISME. izS d'autres chimistes ont obtenu des ré-sultats semblables sur dautres substances, en emplojant Ie même mojen.
II. nbsp;nbsp;nbsp;Lélectricité a beaucoup dacti-vité pour unir et séparer les particulesnbsp;des corps ; elle semble encore avoirnbsp;une faculté élective , mojennant la-quelle, parmi les corps déférents, ellenbsp;attire plus facilement les uns que lesnbsp;autres : doü lon pourrait former unenbsp;table de comparaison de la déférencenbsp;plus OU moins gaande des corps soumis aux expériences.
III. nbsp;nbsp;nbsp;Laction de lélectricité artificiellenbsp;produit dans les corps diverses formes,nbsp;OU rajonnantes, ou circulaires, ou ir-régulières. Pourquoi done félectriciténbsp;naturelle ne pourrait-elle pas décidernbsp;les mêmes effets ? Ce principe ajant,nbsp;comme nous lavons déja dit, beaucoup de part dans la formation de lanbsp;iieige, nous comprendrons commentnbsp;jl arrive quelle tombe quelquefois sous
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la forme de petites étoiles régulières gt; dautrefois en petites masses globu-leuses, et enfin sous la forme de flo-cons. Je présume, avec confiance, quenbsp;les phjsiciens pourront un jour déter-miner, daprès la forme dela neige tom-bée, Ie genre dëlectricité qui fa pro-duite dans les régionsdefatmosphère;nbsp;ils pourront encore, en mesurant avecnbsp;leurs électromètres 1état de latmos-plière pendant Thiver , sous Ie rapportnbsp;de lélectricitë , vérifij^r les conjecturesnbsp;que je leur propose.
IV. La loi fondamentale, daprès la-quelle les corps qui possèdent une électricité de même nature sont repousses , tandis que ceux qui sontnbsp;doués dune électricité différente sontnbsp;au contraire attirés , est très-connue.nbsp;Les phjsiciens navaient observé jus-qua présent cette loi queiitre les corpsnbsp;solides : nous pouvons a présent ennbsp;étendre fapplication aux liquides eux-
-ocr page 149-SUR LE GALVANISME. 127 Riêmes, sur lesquels persoune navaitnbsp;encore fait de tentative a eet egard. Ennbsp;effet nous avons observe que deuxnbsp;goüttes de liquide électrisées différem-ment, savancaient en rajonnant surnbsp;la surface de lélectrophore , jusqu a cenbsp;quelles vinssent a se rencontrer: faitnbsp;qui démontre une véritable attraction.
V. Ayant changé la structure de la bouteille de Leyde , et supprimé lesnbsp;armatures métalliques, Ie verre nenbsp;cesse pas de posséder les deux électri-cités opposées, et de produire une décharge : ce que prouvent les tubes denbsp;verre décrits plus haut, qui sont sus-ceptibles detre chargés par les deuxnbsp;électricités,quoique feau qui en con's-titue larmature intérieure soit sépa-rée de toute part de larmature extérieure, par lintermède du verre. Sinbsp;nous pouvons obtenir de tels résul-tats a laide de nos appareils; a plusnbsp;forte raison la nature, si riche en
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mojens, pourra-t-elle établir dans la machine animale, par un artifice sem-blable a celui de la bouteille de Lejde,nbsp;la circulation du fluide électrique,nbsp;propre a pioduire les mouvementsnbsp;musculaires.
Telles étaient mes conjectures, pu-bliées avant la découverte de la pile en 1797 ; 1on pourra entrevoir quenbsp;lappareil de Volta rentre parfaite-inent dans les vues alors proposées anbsp;eet égard ; quil ne fait que confirmernbsp;la théorie de Galv^ni et mes idéés surnbsp;ce sujet, comme on peut sen conyain-cre dans la Section xvii de mon Essai,nbsp;OU je développe la théorie et les prin-cipes de la pile animale.
Jai vuchezM. Culthbertson, artiste distingue de Londres, que lorsquon plagait une bougie allumée entre lextréinité de deux conducteurs, lun électrisé positivement, lautre néga-
-ocr page 151-SUR LE GALVANISME. 129 tivement, la boule de ce dernier était constam-ment plus chaude que celle du piémier; jainbsp;répété cette experience curieuse dans Ie cabinetnbsp;de physique de lEcole de Médecine de Paris^ Ienbsp;1.quot; messidor de Tan xi, en compagnie denbsp;M. Thillaye Ills , physicien, et de M. Berger ^nbsp;médecin de Genève. Nous placèrnes les boulesnbsp;des deux conducteurs k la distance de 42 milli-mètres du centre de la flamme , et nous mimes en action la machine électrique pendantnbsp;trois minutes ; au même moment, ayant touchénbsp;les boules des conducteurs avec les doigts,nbsp;nous éprouvAmes tous une sensation de cha-leur sensiblement plus forte du cóté négatif quenbsp;du cóté positif. Nous répétkmes alors lexpé-rience en placant lextrémité du conducteurnbsp;négatif un tiers plus loln du centre de lanbsp;flamme, que celle du conducteur positif, etnbsp;nous obtinmes toujours Ie même résultat. Nousnbsp;avons observe que la pointe de la flamme anbsp;toujours été un peu plus tournee du cóté négatif que du cóté positif. Cette expérience curieusenbsp;se rallie k celle de la carte, qui, placée dansnbsp;des circonstances semblables, et recevant lanbsp;décharge dune bouteille de Leyde, se trouvenbsp;*ouJours percée dans la direction du conducteur négatif. Jajouterai/ici que Ie professeurnbsp;IegS, et Ie docteur Bancroft, ont applique la
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flamme dans les nouveaux appareils galvaniques, faisant usage , tantót des animaux a sang froid ,nbsp;tantót de ceux k sang chaud, toujours avec Ienbsp;méme succes. Les experiences ont été faites knbsp;rUniversité dOxford , dans Ie courant de no-venibre iSoa, avec beaucoup dautres rappor-tées dans mon ouvrage.
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SUR LE GALVANISME.
Concernant linfiuence des niétaux sur 1électricité animale , lu a une séance publique de 1Académienbsp;de lInstitut des Sciences ii Bologne , et publicnbsp;en 1794.
traduit du LATIN PAR M. DESSAIX.
§ I. Si Ie commencement de rannèe qui vient de sécouler, fut une époquenbsp;brillante pour notre Académie, par lesnbsp;progrès successifs dont senrichit lanbsp;découverte de lélectricité animale,nbsp;nos espérances furent uii peu trou-blées par la violence dune controverse , capable, non-seulement dat-taquer telle ou telle partie de la théorie nouvelle, maïs encore den reuverser lédifice entier. En effet, si tou-tes les contractions musculaires sont
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des phénomènes dépendants de lélec-tzicité métallique , quel renversement dans les idéés que nous nous sommesnbsp;formées jusqua ce jour sur la naturenbsp;de cette électricité , que Ton avait cruenbsp;dabord inhérente a la seule organisation dés animaux !
Mes oreilles étaient frappées du bruit de ces débats , tandis quunenbsp;maladie des plus graves me retenaitnbsp;dans limpuissance dj prendre au-cune part. A peine échappé des portesnbsp;du tombeau par les soins et lhabi-leté de Galvani, je me hatai de lin-terroger sur Ie sort de son électriciténbsp;animale j et la reconnaissance gui-dant mon zèle, je lui ofFris de fairenbsp;tous mes efforts pour appujer unenbsp;théorie que javais adoptée avec unenbsp;conviction parfaite. II me parut satis-fait de mes dispositions, et dès quenbsp;jeus recouvré mes forces, je neus riennbsp;de plus sacré que de chercher , en
-ocr page 155-SUR LE GALVANISME. i35 opposant aux déclamations une massenbsp;dexpériences nouvelles , a restituernbsp;aux animaux cette électricité inhérente naturellement dans leur économie , et dont on les avait presquenbsp;entièrement dépouillés. Guidé par la-mour de la vérité, et souteiiu par lap-probatioii et les conseils de Galvaninbsp;lui-même, je vais , avec coufiance, vousnbsp;rendre compte de mes travaux, et lesnbsp;soumettre a vos reflexions.
§ II. A peine lélectricité animale avait-elle pris naissance, et déja Fon,nbsp;commencait a répaiidre sur elle Ienbsp;soup^on dun principe extérieur , efcnbsp;dont Faction était déterminée par Farenbsp;OU par les armatures. Galvani chercha,nbsp;comme nous Favons déja fait remar-quer ailleurs , a Fécarter par différentsnbsp;ttioyens. En se servant dun are isolé,nbsp;il évita que celui qui faisait Fexpé-*ience put rien communiquer de sonnbsp;électricité aux animaux qui en étaient
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lesuiet;ilpriva desgrenouilles de toute communication avecles corps environ-nants ; il ne les touclia point avec lesnbsp;doigts, nen approcha point Ie scalpel , mais emploja des instrumentsnbsp;de verre, et dautres substances idio-électriques, pour découvrir leurs muscles et leurs nerfs: et les contractionsnbsp;eurent lieu comme a lordinaire. Gal-vaiii poussa lattentioii plus loin, ilnbsp;alia iusqua vouloir soustraire son ex-périence a Taction de Tair ambiant.nbsp;En conséquence il mit dans un vasenbsp;plein dhuile et les grenouilles et Tarcnbsp;isolé, et en portant celui-ci des nerfsnbsp;sur les muscles, il obtint les mouve-ments musculaires les plus prompts.nbsp;Cette électricité animale, développéenbsp;dans uil milieu parfaitement idio-électrique, ne pouvait dépendre denbsp;Tatmosphère , dont elle était totale-ment séparée. Tandis que nous nousnbsp;occupions de ces premiers essais ,
-ocr page 157-SUR LE GALVANISME. Spallanzani vint a Bologne en retour-iiant a Pavie; il vit Galvani a la hate, luinbsp;fitbeaucoup de questions sur son nouveau sjstême, et finit par toucher quel-que chose du soup^on dune électri-cité provenant du dehors. Après avoirnbsp;assez disserté Ian et laütre sur eetnbsp;objet; « Je suis , dit Spallanzani, telle-nient frappé de votre expérience de lanbsp;grenouille plongée dans lhuile, quanbsp;mon avis rien na été jusquici trouvénbsp;de plus propre a repousser Ie doutenbsp;dune électricité extérieure. » Je rap-pelle avec plaisir cette approbation,nbsp;dun grand homme, dont Ie suffragenbsp;honore la théorie de lélectricité animale , et fait espérer que , si ellenbsp;peut un jour Ie voir se livrer avecnbsp;ardeur aux recherches quelle exige ,nbsp;elle trouvera dans la phjsiologie unnbsp;nouvel éclat a laide dun aussi bril-lant génie.
S UI. A ces expériences vinrent
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naturellement sajouter plusieurs ré-flexioiis : comment,.et pourquoi , si latmosphère était la cause des contractions , verrait-on , par la mêmenbsp;électricité qui étend son influence surnbsp;un animal, rendre électriques par dé-faut quelques-unes de ses parties, etnbsp;quelques autres par exces ? pourquoinbsp;rélectricité nafïluerait-elle pas égale-luent, quand on couvre lextrémiténbsp;dun are fort long dune enveloppenbsp;idio-électrique ? enfin pourquoi verrait-on toujours que Ie même arenbsp;tenu par Ie même homme , dans lanbsp;même atmosphere, attire tantót lélec-tricité la plus faible , capable a peinenbsp;dimprimer des mouvements atix cuis-ses de grenouilles les plus grêles, etnbsp;tantót une beaucoup plus abondante ,nbsp;qui produirait des contractions dansnbsp;les cuisses bien plus volumineusesnbsp;dun agneau ou dun veau? Enfin nousnbsp;avons pensé quil serait avantageux,
-ocr page 159-SUR LE GALVANISME. iSy pour les animaux, dêtre doués dunenbsp;électricité intérieure, propre a les ga-rantir des injures de Télectricité at-mosphérique surabondante. Sans cela ,nbsp;il serait a craindre que dans les ora-ges, les corps humains ne semparas-sent avec trop davidité de lélectriciténbsp;répandue autour deux, et nen fussentnbsp;quelque jour malheureusement con-sumés. Voila sur quoi je réfléchissaisnbsp;en moi-même , tout en cherchant anbsp;établir par de nouvelles preuves lexis-tence dune électricité résidente dansnbsp;les muscles des animaux.
§ IV. Quelque capables cependant que fussent ces observations de di-minuer, ou même de détruire entiè-rement Ie soupcon de finfluence denbsp;fair, beaucoup de personnescrojaientnbsp;encore avoir a se défier de faction desnbsp;tnétaux. On vojait saugmenter de journbsp;jour cette assertion déja si répan-.nbsp;contre lélectricité animale, que
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toutes les contractions iiedoiventleur origine qua ceile qui se trouve dansnbsp;les armatures, et non a aucune vertilnbsp;électrique résidant intrinséquementnbsp;dans les animaux. Cependant Carra-dori, dans des lettres, modéra la vi-vacité de ses déclamations, paria avecnbsp;plus de réserve de lélectricité animale, quil avait dabord dédaignée, etnbsp;alia jusqua mettre en avant, pour sanbsp;défense, plusieurs observations sa-vantes ; mais bientót Ie professeurnbsp;Volta , fameux par les expériences in-génieuses qui lui sont devenues si fa-milières , vint tout-a-coup élever lesnbsp;doutes les plus graves dans plusieursnbsp;lettres quil nous a dabord adressées ,nbsp;et quil a ensuite rendues publiquesnbsp;dans Ie Journal de phjsique de Pavie:nbsp;mais tonte la force de ces objectionsnbsp;ne consiste quen ce que Fon est tou-jours obligé, pour produire une contraction , de se servir de métaus
-ocr page 161-SUR LE GALVANISME. iSg hétérogènes , dont les uns attirent lé-lectricité , tandis, que les autres lanbsp;donnent, et que Ion nexcite de mou-veraenfs musculaires que lorsque lanbsp;double électricité des métaux se metnbsp;en équilibre.
§ V. Qui pouvait ne point se laisser séduire par une théorie si simple, et présentée sous des dehors aussi in-génieux? Cependant les expériences denbsp;Galvani, et celles que jai faiLes moi-même par Ia suite, mempêchèrentnbsp;entièrement dj adhérer. On voit ennbsp;effet, dans les premiers Mémoires denbsp;Galvani (corarae jen ai souvent acquis la preuve ), que les muscles et lesnbsp;nerfs de grenouille, plongés séparé-ment dans deux vases rempiis deau,nbsp;éprouvent constamment les contractions les moins équivoques a lappro-che dun are métallique. Voila donenbsp;Une contraction musculaire détermi-uée par un seul are et par uii seul
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raétal. Des grenouilles suffoquées dans Ie vide ou dans un air condensé, etnbsp;disséquées ensuite a la manière ordinaire , manifestent des contractionsnbsp;sans aucune armature , a la simplenbsp;communication des muscles et desnbsp;iierfs par un arc dargent; et ce nestnbsp;pas seulement des grenouilles lesnbsp;plus grandes et les plus fortes quonnbsp;obtient un pareil effet, mais les plusnbsp;petites et les plus faibles Ie décidentnbsp;également. Certes , il faut bien alorsnbsp;quil n j ait pas dégagement délec-tricité des diverses armatures métal-liques , puisque cest Ie même are quenbsp;Ton applique sur les muscles et sur lesnbsp;iierfs. Si lon veut, en examinant farenbsp;dans ses différentes parties, Ie soup-^onner dhétérogénéité, quelle raisonnbsp;y aurait-il de nen pas accuser denbsp;même tous les autres arcs , avecnbsp;lesquels on pourrait obtenir les mê-mes résultats ? et si, après en avoir
-ocr page 163-SUR LE GALVANISME. , 141 emplojé plusieurs, on en avait trouvénbsp;Un Ie moins hétérogène quil soit possible , certainement ce ne serait pasnbsp;dans rhétérogénéité de la matière mé-tallique, mais dans les diverses partiesnbsp;des animaux , quil faudrait clierchernbsp;Ie développement et Taction de Télec-tricité.
Au milieu de ces réflexions, Gal-vani vint annoncer a notre Académie quil avait reconnu des contractionsnbsp;dans des grenouilles nouvellementnbsp;disséquées, sans Ie secours de la ma-cliine pneuraatique , saus armaturesnbsp;daucune espèce , et par Ie simple at-touchementdun are homogene. Carra-dori obtint Ie même résultat dans Ienbsp;cours de ses opérations; il hésita da-bord a adrnettre ce fait, mais il finitnbsp;par Ie regarder bientóteorame constant et assuré. Quoique mes observations soient parfaitement daccord a veenbsp;celles de ces phjsiciens iliustres , jai
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trouvé en outre que Taction de la machine pneumatique , même sausnbsp;iaddition daucune armature, excitaitnbsp;dans les grenouilles une électriciténbsp;plus abondaiite.
§ VI. Cependant, afin que la suite de mes expériences vint toujours da-vantage a Tappui de la doctrine de Té-leclricité animale, et considérantla dif-ficulté de trouver des métaux solidesnbsp;quun chimiste scrupuleux put recon-naitre pour parfaitement homogènes,nbsp;jeus recours a un métal liquide,cest-a-dire au mercure, et je Ie fis auparavantnbsp;dépouiller, par tous les mqjens con-nus, des principes étrangers quil au-rait pu contenir. Pour que Ie métalnbsp;put remplir sürement les fonctionsnbsp;des armatures et de Fare qui les jointnbsp;ensemble , jai imaginé plusieurs ap-pareils, qui , quoique tendant tousnbsp;au même but, ont cependant chacunnbsp;besoin dune description particulière,
-ocr page 165-SUR LE GALVANISME. 145 a cause de leurs usages différents.nbsp;Deux vases de verre sont placés lunnbsp;au-dessus de lautre ( pl. io,fig 1 );nbsp;Ie supérieur, qui est rempli de luer-cure, recoit la moelle épinière dunenbsp;grenouille préparée a eet effet; Ie fondnbsp;en est percé duii trou, que lon ouvrenbsp;a volonté , et qui laisse couler Ie mer-cure , de manière a toucher dans quel-que point les muscles placés au dessous. Quand 011 établit cette communication , les muscles se contractent;nbsp;cependant fare est de raercure, lar-mature en est aussi; lélectricité estnbsp;la même dans tous les deux; done onnbsp;ne devrait attendee aucune action denbsp;lélectricité extérieure. Ainsi vous ob-servez une contraction dont on ne peutnbsp;en chercher la cause dans lélectri-cité des métaux. Mais Ie mercure, ennbsp;tombant, ne tirerait-il pas félectriciténbsp;des parois du verre contre lesquelsnbsp;il frappe , de même que la parüe
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supérieure dun baromètre brille tont* a-coup dune lumière électrique, lors-quon agite Ie iuercure par la plus légere oscillation ? Ceux qui craignentnbsp;eet eÖ'et de la part du verre nont quanbsp;employer des vases de bois , et ilsnbsp;reconnaitront aussitót combien leurnbsp;sonpeon était peu fondé.
§ VII. Dans lemploi de eet appareil, il faut être en garde contre plusieursnbsp;circonstances, qui pourraient faire accuser la machine tandis quon ne se-rait en droit de blamer que celui quinbsp;en dispose avec maladresse. II arrive ,nbsp;par exemple, que la moelle épinière,nbsp;a cause de sa légèreté, demeure a lanbsp;superficie du mercure , tandis quellenbsp;doit, au contraire, j être plongée. Onnbsp;se servira done dun are de verrenbsp;OU dun autre corps idio-électrique,nbsp;pour la presser de manière a en pro-duire rimmersion totale : sans cettenbsp;précaution, de facheuses anomalies
-ocr page 167-SUR LE GALVANISME. 145 viendront sopposer au succès de lex-périence. Pour les écarter encore plusnbsp;facilement, prenez un sjphon de verrenbsp;(pl. 1 o , fig. 2 ) a deux branches, dontnbsp;Tune soit plus large, et se replie su-périeurement au-dedans delle-mêmenbsp;en forme dentonnoir terminé inférieure ment par une ouverture quenbsp;lon puisse fermer a volonté. Verseznbsp;du mercure par la branche la plusnbsp;étroite du sjphon; il se portera dansnbsp;la plus large , mais il ne pourra par-venir jusqua fintérieiir de sa portionnbsp;conique, a moins que Ionnen óte Ienbsp;bouchon. Après avoir disposé les cho-ses de cette manière, placez dans lanbsp;branche la plus étroite la moelle épi-nière dune grenouille qui plonge dansnbsp;Ie mercure, et que ses muscles soientnbsp;repliés a la surface de la cavité conique , dans laquelle vous laisserez en-tierle mercure. Ce fluide, aussitót ennbsp;reprenant son équilibre, couvrira les
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muscles, et ilj aura contraction; car il se formera, de la moelle épiuièrenbsp;aux muscles, un arc de mercure pro-pre a les exciter promptement.
g VIII. Mais, pour arriver a Texpé-rience proposée de la manière la plus simple , voici Ie procédé facile quenbsp;jai mis en usage. Prenez un vase denbsp;verre rempli de mercure (pl, lo,nbsp;fig. 8.), sur lequelsurnagent les muscles dune grenouille préparée , et quenbsp;la moelle épinière soitsuspendue a unnbsp;fil de soie, a quelque distance de lanbsp;superficie du métal, de sorte quonnbsp;pu isse len approclier a volonté en lais-sant descendre Ie fil. Lorsque vousnbsp;produirez ce contact, il aura Unenbsp;contraction qui ne manquera jamais , si 1 on substitue au mercure unenbsp;plaque dor ou dargeiit ; ce métalnbsp;néanmoins semble un peu inférieur anbsp;Tor dans la propriété de conduire lé-lectricité animale. Ces phénomèue.s
-ocr page 169-SUR LE GALVANISME. 147 ont lieu, iion-seulement sur une gre-nouille entière, mais encore sur cellenbsp;quon a longitudinalement divisée ennbsp;deux portions égales, et qui, au moment oü elle atteint Ie mercure par lanbsp;méthode que nous venous de décrire,nbsp;se contracte avec véhémence. Quandnbsp;je soumis ces expériences a lexamennbsp;de Galvani, auquel je faisais part denbsp;tous mes travaux, il me témoigna dunbsp;regret de voir quelles navaient encore été entreprises que sur des gre-nouilles, et mengagea vivement k lesnbsp;recomraencer sur des animaux a sangnbsp;chaud. A linstant il lui fallut subirnbsp;la peine de cette plainte^ dictée parnbsp;lamitié; car, comme cegenre dexpé-rience exigeait toute ladresse du dis-séqueur, jeus recours a Galvani lui-même, comme sidailleurs lélectriciténbsp;animale, sollicitée par ses propres efforts, devait être moins difficile a senbsp;ïïiontrer. Ainsi je soutiens avec la
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main , dans une position verticale, la jambe disséquée dun poulet ou dunnbsp;agneaii, de manière que les muscles,nbsp;mis a découvert, communiquent avecnbsp;Ie mercure ; puis jélève Ie nerf crural,nbsp;qui nest garni daucune armature; etnbsp;Tabandonnant a lui-même, il touchenbsp;librement la superficie du métal; jenbsp;vois sopérer alors des tremblementsnbsp;et des contractions violentes danstoutenbsp;la jambe : Ie même effet ne manquenbsp;jamais davoir lieu, si je fais usage denbsp;lappareil décrit ci-dessus ( pL 10,nbsp;jfig. 2. } Voila les essais que jai tentésnbsp;sur des animaux a sang froid et a sangnbsp;chaud.
§ IX. Je nignorais pas, en les pu-bliant, que des phjsiciens attribue-raient les contractions obtenues a une action stimulante de mercure surnbsp;la moelle épinière , ou a une électri-cité communiquée par les corps en-vironnants, plutót qua lélectricité
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SUR LE GALVANISME. 149 propre des animaux.Cest pour celanbsp;que ]e proposerai volontiers a ceuxnbsp;qui partagent cette opinion, de sou-tenir verticalement avec la main lex-trémité des cuisses dune grenouille ,nbsp;et dene presser sur la surface du mer-cure que la seule moelle épinière; ilsnbsp;nauront jamais de contraction , tantnbsp;que les muscles ne toucheront pointnbsp;aussi ie mercure. Quils plongent encore, sils veulent, la moelle épinière,nbsp;dans de leau salée ou dans du vinaigre,nbsp;la contraction manquera très-souvent,nbsp;quoique soilicitée par une puissancenbsp;mécanique, etbien que lacide soit très-propre a faire les fonctions de stimulant On voit que, dans Ie sjphon dontnbsp;iious avons fait usage ailleurs ( pl. 10,nbsp;fig. 2. )} il nj a aucun effort, et lonnbsp;II j découvre que Ie léger mouvementnbsp;doscillation dont le'fluide a besoinnbsp;pour se remettre en équilibre. Enfinnbsp;nous avons observé que les deux vases
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étant remplis égalemeut de mercure , si Ton óte Ie bouchon , de majiièrenbsp;que Ie fluide en tombant ne frappenbsp;point les muscles, il sopère néanmoinsnbsp;tine contraction, ce qui doit être unenbsp;preuve nouvelle que Telfort mécani-que n j prend aucune part.
§ X. Mais quavais-je a craindre de ces excitateurs, ayant déja reconnu, parnbsp;lexpérience, que, dans bien des cas,nbsp;Telfort Ie plus violent sur les musclesnbsp;et les nerfs, ne produit aucune contraction? Jai fait des essais sur desnbsp;animaux morts, non pas dans Ie tempsnbsp;oü ils possédaient encore une irrita-bilité vive etbrillante, mais lorsque,nbsp;languissante, elle commencait a sé-teindre : les aiguilles, les acides, lesnbsp;stimulants les plus actifs, ne pouvaientnbsp;plus la ranimer; elle paraissait tout-a-fait détruite. Jai cependant vu dansnbsp;les animaux a sang chaud et a sangnbsp;froid, pourvu que Texpérience ne se
-ocr page 173-SUR LE GALVANISME. iSt fit pas aii-dela duii certain temps , jainbsp;vu, dis-je, rirritabilité, indépendantenbsp;de tout effort mécanique, obéir cons-tamment a la puissance de fare, etnbsp;les mouvements décidés uniquementnbsp;par la tendance du fluide animal anbsp;réquilibre. Quant aux grenouilles,nbsp;corame elles sont plus commodesnbsp;pour les expériences , je les ai soumisesnbsp;a un plus grand nombre de stimulants mécaniques : je plongeais dansnbsp;les acides la moelle épinière ou lesnbsp;nerfs,je les percais avec une aiguille,nbsp;je coupaisles nerfs, quelquefois mêinenbsp;je retirais du canal vertébral toute lanbsp;substance médullaire , et tout celanbsp;nopérait aucun mouvement. Ehbien!nbsp;ces mêraes nerfs, ces mêmes muscles,nbsp;qui avaient soutenu les attaques denbsp;stimulants si variés, se contractaientnbsp;subitement ^ fapproche de larc etnbsp;des plus petites armatures. Je me réserve détendre davantage ces détails
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lorsquune occasion plus convenable se présentera de comparer Ie pouvoirnbsp;des excitants hallériens avec les eflfetsnbsp;du galvanisme.
§ XI. Après avoir détruit toute action de la part des excitateurs , écartonsnbsp;maintenant Ie soupcon dune électri-cité extérieure. Prenez un cjlindre denbsp;verre qui se termiiie par un col, etnbsp;mettez-y mie grenouille disséquée anbsp;lordinaire avec nne petite quantiténbsp;de mercure ; inclinez Ie cylindre, ennbsp;sorte que Ie mercure en occupe lanbsp;partie inférieure, et présente auxnbsp;muscles une armature qui leur soitnbsp;très-appropriée; que lextrémité du colnbsp;du cjlindre soit fermée hermétique-ment a la lampe de lemailleur : il nenbsp;restera plus aucune communicationnbsp;entre la grenouille enfermée et fairnbsp;extérieur. Actuelleraènt si lon donnenbsp;au tube une position telle que Ie mercure touche en même temps Ie muscle
-ocr page 175-SUR LE GALVANISME. i53 et la moelle épiuière; larc ainsi forraé,nbsp;il j aura certainement contraction. Sinbsp;vous répétez la même expérience avecnbsp;Ie tube plongé dans lhuile, la contraction sera également déterminée;nbsp;mais il faut alors, avec un fil de soie,nbsp;détourner un peu Ie tube de verre denbsp;sa position, afin de pouvoir a volonténbsp;faire eouler Ie mercure, de manièrenbsp;quil soit établi un are entre les nertsnbsp;et les muscles.
§ XII. Il nest pas permis, dans ce cas, dattribuer les mouvements quenbsp;lon a obtenus è. larc ou aux armatures,nbsp;qui, étant formés de mercure seul ,nbsp;lie peuvent produire une double élec-tricité nécessaire pour exciter la contraction. Et quand même nous vou-drions, en forgeant les suppositionsnbsp;les plus absurdes, accorder au rner-cure seul une double électricité , onnbsp;ïie pourrait en attendre quune seulenbsp;contraction, et non pas toutes celles
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qui la SUivent. Car, lorsque les corps inorganiques se sont une fois déchar-gés de leur électricité naturelle , etnbsp;quils ne peuvent en puiser de nouvelle dans les corps qui les environ-nent, ils nont aucun moj^en de répa-rer la force quils ont perdue; maisnbsp;cette puissance créatrice , dont sontnbsp;privés les corps inerts, Ton ne sé-tonuera point de la trouver dans lesnbsp;parties animales, tant quelles restentnbsp;douées dun principe de vie. Dailleursnbsp;il n j a pas Ie plus léger doute a élevernbsp;sur la transmission dune électricité extérieure , soit du tube de verre qui re-coit Ie mercure, soit de Tatmosphèrenbsp;environnante, et séparée de la moellenbsp;épinièreparune triple barrière de corpsnbsp;idio-électriques ; savoir, fair, Ie verrenbsp;et rhuile. Jai vainement taclié de simplifier Ie procédé déja exposé ; jai ré-pété Texpérience précédente , en plon-geant une grenouille disséquée dans
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Hiuile, et en approchant des armatures un are isolé. Jai obtenu quel-quefois les contractions ; rnais jai toujours été forcé den revenir a manbsp;première méthode par dinévitablesnbsp;anomalies; entre aulres inconvénients,nbsp;il arrivait que lhuile , en adhérant anbsp;Fare et aux armatures, sopposait anbsp;uue communication immédiate entrenbsp;eux.
§ Xlir. En publiant ces détails , je prévojais sans peine que les partisansnbsp;de lélectricité provenante des métauxnbsp;me presseraient toujours vivement sur
ce que, soit en faisant usage darma-
»
tures pour obtenir des contractions, soit en les proscrivant, jemplojais toujours Fare, qui est lui-même une armature. Je ne nierai point sans doute quenbsp;les métaux naient, dans ces cas, facibténbsp;Ie développement de cette éiectriciténbsp;animale, que la nature si féconde,nbsp;peut dailleurs par dautres mojens
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reproduire avec une variété saus bornes; mais , au lieu de regarder lesnbsp;substances métalliques comme la causenbsp;des contractions dans les animaux, jenbsp;persisterai toujours a les envisager seu-lement comme une condition favorable a la manifestation de félectri-cité quils recèlent. Car, si vous aveznbsp;besoiu darmatures pour électriser lesnbsp;corps idio-électriques , vous nattri-buerezpas pour cela a fare ou aux armatures , la commotion produite par lanbsp;bouteille de Lejde. En elfet, Ie carreaunbsp;magique-électrique , ou Ia bouteille denbsp;Lejde, contiennent encore beaucoupnbsp;délectricité après que les armaturesnbsp;ont été déchargées. Electrisez une boii-teille de Lejde remplie deau, videz-la ensuite, et de rechef remplissez-lanbsp;dune eau qui ne soit pas électrisée:nbsp;au raojen de fare, vous mettrez ennbsp;communication les deux surfaces op-posées, vous ressentirezla commotion.
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SUR LE GALVANISME.
Cette expérience très-simple saccorde avec beaucoup dautres faites précé-demment par Wilson, Tibérius Ca-vallo, et plusieurs autres phjsiciens.nbsp;Les armatures servent done puissam-ment a attirer et a accumuler lélec-tricité dans les corps; mais ce ne sontnbsp;pas elles qui leur fournissent celle quinbsp;sj trouve rassemblée.
§ XIV. Si vous admettez dans lé-lectricité ordinaire , les raisonnements que nous venons dexposer, il ny anbsp;pas de motif pour les rejei^r dansnbsp;les pbénomènes de lelectricité animale; car nous vojons la contractionnbsp;dans les animaux, comme Iexplosionnbsp;dans le carreau magique, ou dans lanbsp;bouteille de Lejde. Cest pourquoi,nbsp;afin de démontrer que faction desnbsp;métaux était absolument nulle, onnbsp;a emplojé dabord les ressources denbsp;la phjsique, ensuite les simples forces de la nature ^ pour mettre en
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équilibre rélectriclté des deux armatures et celle de larc. Un homme isolé, tenant a la main un are métallique etnbsp;une grenouille disséquée, garnie dar-matures hétérogènes, était chargé dé-lectricité , avec tout ce qui lui ap-partenait. Voila un homme devenunbsp;électrique par exces , ainsi que la grenouille , les armatures et larc. Dansnbsp;cette expérience , tout ce quil j a denbsp;métallique ayant son électricité ennbsp;équilibre , ne peut produire de contraction ; done, si vous en observeznbsp;au simple attouchement de larc surnbsp;les armatures, on ne peut lattribuernbsp;a lelectricité extérieure, mais seule-ment a celle qui est dans la grenouille.nbsp;Or, les contractions disparaissent,nbsp;si vous ne touchez que Tune ou lautrenbsp;des armatures ; eiles reviennent aussi-tót si vous les faites communiquer aunbsp;moyen de larcrce qui démontre bieunbsp;la grande puissance de celui-ci pour
-ocr page 181-SUR LE GALVANISME. i5g faire sortir lélectricité qui existe dansnbsp;Ics corps. Ce ne serait pas être constantnbsp;dans ses principes que de clierchernbsp;dans lélectricité commuuiquée parnbsp;1iiomme isolé la cause des contractions observées ; car alors ce seraitnbsp;accorder a riiomme lélectricité animale , que lon refuse a la grenouille :nbsp;opinion absolument insoutenable sousnbsp;tous les rapports.Mais enfin, puisquilnbsp;sagissait dedétournerlesoupcon dunenbsp;électricité communiquée, il fallait quenbsp;les expériences fussent absolumentnbsp;exemptes de toute influence délectri-cité artificielle.
§ XV. Ainsi lon rappelle léquilibre dans les armatures, en les appliquantnbsp;Tune a lautre. Cette manière simplenbsp;dopérer est empruntée des physi-ciens , qui, lorsquils veulent rétablirnbsp;léquilibre, ont coutume dappliquernbsp;corps électrisés par excès a ceuxnbsp;Ie sont par défaut. Plongcz dans
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Jeau la tnoelle épiiiière duiie gre-nouille privée de toute espèce darma-ture, etétendez les muscles sur un plan idio-électrique :1e vase doitreprésenter,nbsp;en quelque sorte, un sjphon par lad-dition dun tube étroit, au mqyen du-quel il puisse recevoir la moelle épi-nière, non pas surnageant au fluïde,nbsp;maïs en étant recouverte entièrement.nbsp;Je fus satisfait de voir combien unenbsp;telle manière de procéder était con-venable a mes vues. Laissez flotternbsp;au-dessus de leau, maïs un peu loinnbsp;de la moelle épinière, une feuille dé-tain ; tou^hez, dune main légèrementnbsp;inouillée deau , les muscles , de lau-tre, la feuille detain avec un are dar-gent, vous aurez une contraction su-bite. La constance de ce pbénomènenbsp;me frappa telleraent, que je ne pusnbsp;mempêcher de raisonner ainsi: il so-père un mouvement musculaire lanbsp;oil la grenouille ne touche rien de
-ocr page 183-SUR LE GALVANISME. i6i lïiétallique; car tout ce qui est métalnbsp;est éloigué de la grenouilie ; et si cenbsp;métal avait par lui-mêrae une électri-cité différente , elle se mettrait ennbsp;équilibre. Je ne vois done rien dem-prunté au dehors, qui ait pu produirenbsp;la contraction dans la grenouilie; etnbsp;quoique les métaux viennent a se toucher en séquilibrant, et que ee contact soit immédiateraent suivi dunenbsp;contraction, on ne doit en concevoirnbsp;aucune crainte de communicationnbsp;dune électricité extérieure. Ceci estnbsp;victorieusement prouvé par les métaux eux-mêmes mis en équilibre avantnbsp;la contraction. Quune des mains lé-gèrenient mouillée touche les mus-cles,et que lautre ,tenant une piècenbsp;dor couverte en partie de la feuillenbsp;détain , la plonge dans leau , il y auranbsp;contraction rapide. Cependantlesdeuxnbsp;métaux étaient en équilibre avant elle;nbsp;ainsi ils ne peuvent réclamer aucune
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part dans la contraction, qui, par conséquent na dü avoir lieu quaunbsp;mojen dune électricité intérieure. Sinbsp;vous substituez a Teau commune denbsp;leau salée, du lait, du petit-lait ounbsp;du sang, la contraction se manifes-tera pareillement. 11 en sera de mêmenbsp;si vous emplojez un morceau dargent,nbsp;de fer ou de laiton couvert détain.nbsp;Létain cependant, avant la contraction , était en équilibre avec les autresnbsp;métaux, et lefFet nen a été nullementnbsp;troublé. 11 nestpas nécessaire non plusnbsp;de toucher les métaux avec la main ;nbsp;car, si quelquun approche de ses lè-vres OU de lextrémité de sa langue lanbsp;feuille détain , et quun fil dargehtnbsp;s etende depuis Tétain jusqu a lamoellenbsp;épinière, entièrement dépourvue dar-mature métallique, la contraction seranbsp;évidente toutes les fois que la mainnbsp;mouillée complétera larc en sappli-quant aux muscles.
-ocr page 185-SUR LE GALVANISME. i65 § XVI. Toutes nos recherches ontnbsp;été jusquici dirigées vers les mouve-ments miisculaires : quil nous soitnbsp;done maintenant permis de les porter quelques instants du cóté des sensations. Au moyen dune machine élec-trique ordinaire, chargez délectriciténbsp;un homme isolé , et quil approchenbsp;larc dargent de la pointe de sa lan-gue couverte avec la feuille détain:nbsp;cette augmentation de fluide électri-que rendra les armatures et larc élec-triques au même degré. On ne pourranbsp;done pas supposer que Tune des deuxnbsp;armatures soit positive et lautre né-gative, et lon ne devra sattendre anbsp;aucun passage délectricité, è, aucunenbsp;, saveur qui en soit lindice; cependantnbsp;alors même la langue a été frappéenbsp;dune saveur acide ; ce nest done ninbsp;larc, ni les armatures qui Tont pro-duite , mais lélectricité naturelle desnbsp;muscles et des nerfs. Ainsi la nécessité
-ocr page 186-dun arc interne, qui sannonce dans les phénomènes précédents : appuienbsp;laction dune électricité résidante; car,nbsp;pour frapper ie goüt par lelectriciténbsp;animale, il ne suffit pas dapprochernbsp;lextrémité de la langue de métaux différents ; mais il faut encore formernbsp;un arc vers les muscles de la langue,nbsp;OU vers dautres plus éloigués. Aprèsnbsp;avoir fait, pour la première fois, cesnbsp;expériences, fai eu la satisfaction dap-prendre que Volta 1 les avait conlirmées
Le profeSseur Volta, en minFormant par ses Lettres quil avait rèpétécle mes expériences, ajoute :nbsp;« La plus facile et la meilleure nianiére de faire cettenbsp;* experience, est do plonger cn grande partie unnbsp;« plat dargeut dans nn seait, ou nu vase de verrenbsp;«plein deau; de sapplicjuer ensuitc au bout de lanbsp;« langue une petite feuille d'etain , qui, par line ex-« trémité'sortant de la bouclie , se mettra en contactnbsp;« avec le bassin dargent, soit dnne manière imiué-« diate , soit au moyen dun troisième ractal qiielcon-« que ; alors il faudra plonger la main dans Ienu ,
-ocr page 187-SUR LE GALVANISME. i6S et enrichies de nouvelles observations;nbsp;car ce que javais obtenu dans leau, ilnbsp;la rencontré de plusieurs manièresnbsp;dans Ie charbon et dans les métaux.
§ XVII. Lexpérience suivante prou-vera, je crois , que les phénomènes rapportés plus liaut proviennent tousnbsp;de larc interne. Que dune main mouil-lée on approcbe de rextrémité de la
« même avec Ie mètal, si 1on veut sentir Ia savenr « aclde seclévelopper dune mniiiéregraduée et brusque-« ment puur en recevoirrirapression subite. Au défautnbsp;« clu plat dargent, une cuiller de même mètal a moitiènbsp;« clans leau, poiirra, si die est dune grandeur sulB-* santé , determiner Ie mèrae effet, a-peu-près dansnbsp;« une égale intenslté ; au contraire , un fil dargentnbsp;« employé de la même inanicTe, ne donnera naissancenbsp;« qua une saveur trèsdègère. Si Ie vase qui renfermenbsp;«leau est dargent, Ie plat et la cuiller sont égale-« ment superflus ,-ce vase lui-même étant alors Far-«mature la plus eonvenable du liquide5 il sufflranbsp;« dj plonger la main, et de inettre en contact Ienbsp;« vaisseau avec la feullle clétain appliquée a la langue^nbsp;¦« pour sentir une savour trés-vive. »
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langue un arc métallique oii un char-bon recouvert avec de l étaiii et non isolé, la sensation de la saveur acide ,nbsp;que lon ne pouvait auparavant obte-nir, se produira sur-le-champ. Ce-pendant la même expérience présentenbsp;des deux manières des armatures dif-férentes mises en contact, et ramenéesnbsp;a léqullibre ; pourquoi done Ie résul-tat de lexpérience nest-il pas Ie même?nbsp;car, lorsque lecharbon on les métauxnbsp;touchent la main humide, il se faitnbsp;une circulation rapide et continuéenbsp;des muscles éloignés aux nerfs de lanbsp;langue , qui, se trouvant interrom-pue par linterposition du corps idio-électriqiie, óte toute espêce de sensation de saveur. II reste done bien éta-bli que, pour exciter les sensations dunbsp;gout, il faut encore , outre lattouche-ment des armatures extérieures, unnbsp;are interne qui remette en équilibrenbsp;Télectricité animale. Carradori a justifié
-ocr page 189-SUR LE GALVANISME. 167 mes observations dune manière déci-dée *, lorsque, chercliant a exciter ennbsp;même temps dans deux hommes lanbsp;sensation du goüt, il a reconnu quil,nbsp;fallait absolument former entre euxnbsp;un are, soit par la jonction de leursnbsp;mains, soit en humectant Ie sol surnbsp;lequel ils élaient placés.
§ X V 111. Le célèbre Volta mavait invité, par ses lettres, a essajer dob-
* De la mêrae noaniére cjuen opérant sur deux grenouilles, dont les nerfs cruraux sont égalenieiitnbsp;découverts, mais dont uii senl est armé, Ia contraction sexcite dans tontes deux , qiiand on établit uunbsp;conducteur entre Tarniature de Tune et le nerf denbsp;1autre j de même jai observe que 1on peut fairenbsp;éprouver a deux personnes a-Ia-fois la saveur alkalinenbsp;et la saveur acide , quand on couvre la langue dunenbsp;feuille détain chez 1ane, et dune lame dor ou dar-gent chez 1autre, et (|ue 1on fait coramuniquer lesnbsp;armatures. Mais ii est nécessaire qne les deux personnes aient dêja entre clles quelque communication jnbsp;d suffit pour cela que le sol soit bumide , et leursnbsp;chaiissures mi pen mouillées.
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tenir des contractions sans employer absolunient au cun métal : il rne van-tait beaucoup Ie charbon dont il avaitnbsp;fait usage Ie premier , comme dunenbsp;armature excellente pour lélectriciténbsp;animale. Je neus done rien de plusnbsp;pressé que de répéter les procédésnbsp;divers exposés plus haut, ayant grandnbsp;soil! den écarter toute substance mé-tallique. J j fus encouragé par Ie pro-fesseur Laghi, qui, dans des vues din-térêt public, ayant présenté a notrenbsp;accadémie lanalyse du bois bitumnnbsp;neux du pays , voulut que ses procédésnbsp;chimiques fussent ouverts a mes recherches. II fut démontré constammentnbsp;que presque tous les charbons non fos-siles des végétaux fournissaient Ianbsp;plus excellente armature, et, lorsquenbsp;je men servais, je navais certainementnbsp;pas lieu den regretter de métalliques.nbsp;Cest pourquoi, dans lexpérience denbsp;Galvani, que lon appelle Ie carillon
-ocr page 191-SUR LE GALVANISME. '169 animal^ 011 a substitué avec avantagenbsp;une plaque de charbon a une dargeiit;nbsp;les arcs de métal ont aussi fait placenbsp;a ceux de charbon. Tous ces phéno-mènes ont été produits par Ie charbonnbsp;Tégétal ordinaire : au contraire , onnbsp;na pu les obtenir avec la houille denbsp;notre pajs ,ni avec celle dAngleterre.nbsp;Jai ernplojé les divers éléinents tirésnbsp;des cendres de notre claarbon fossile,nbsp;savoir, de Facétite de chaux, de lanbsp;terre silicée a demi-vitrifiée par Ie se-cpurs de la potasse enfin de la terrenbsp;argileuse : mais toutes ces substancesnbsp;nont produit quune armature abso-lument sans effet pour Félectriciténbsp;animale. Les cendres de notre charbonnbsp;fossile et de celui dAngleterre nontnbsp;pas réussi davantage.
§ X IX. Dans tous ces résultats je ne vois rien qui ne soit parfaitement dac-cord avec la théorie de félectricité générale ; car Ie bitume, naturellemen,t
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combiné dans Ie charbon devenu fos-sile , lui óte toute faculté de servir de conducteur a lélectricité animale. Lé-vènement a confirmé cette conjecture ; car jai emplojé , après les avoirnbsp;fait bruler , des charbons fossiles ,nbsp;tant de notre pajs que dAngleterre,nbsp;et ils ont présenté aussitót une armature dun excellent usage, paree quenbsp;faction du feu avait enlevé au charbon les principes idio-électriques quinbsp;arrêtaient aupatavant la circulation denbsp;félectricité animale. Au milieu de cesnbsp;opérations, il survint un phénomènenbsp;qui fit singulièrement éclater Ie carac-tère de félectricité; car ayaiit placénbsp;sous la moelle épinière des charbonsnbsp;fossiles brulés, et ajant formé unnbsp;are des muscles aux charbons , je visnbsp;la contraction se manifester constam-ment a certains points déterminés ,nbsp;tandis que toujours elle se refusaitnbsp;dans dautres : ce qui tenait a ce
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SUR LE GALVANISME. que, dans Ie mênie charbon, lactioiinbsp;du feu avait reiidu certaines partiesnbsp;propres a servir de conducteur , etnbsp;que dautres, chargées dun principenbsp;bitumineux plus abondant , étaientnbsp;restées dans leur premier état didio-électricité. Ainsi, quoiqueles charbonsnbsp;fossiles puissent devenir propres anbsp;faire des conducteurs, il sera toujoursnbsp;vrai que les charbons ordinaires doi-vent avoir la préférence. De-la na quitnbsp;lespoir de ramener toutes les contractions aux méthodes que jai rapportées,nbsp;en nemplojant que des armatures denbsp;charbon, et écartant toute espèce darcnbsp;métallique. Des grenouilles extrême-ment vigoureuses furent soumises anbsp;une nouvelle épreuve, et 1on choisitnbsp;a dessein dans un grand tas de charbon , celui qui parut Ie plus pro-pre a transmettre lélectricité ani-*iiale : on peut juger, tant par les observations intéressantes de Tibério,
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Cavallo, que par ce que nous avonseta-bli ci-dessus, quel soin il faut apporter acechoix. On couche done danslechar-bon les muscles dune grenouiile dissé«nbsp;quée ; et la moelle épinière ^ sans armature, est suspendue a un fil de soie,nbsp;de manière quen la baissant a vo-lonté elle touche Ie charbon. Lors-que lemplojais dans Texpérience desnbsp;grenouilles vigoureuses, la contraction était vive et rapide : ce que Gal-vani lui-même confirma ensuite par sesnbsp;observations. Ainsi voila une contraction produite sans Ie secours daucunnbsp;métal; comment done pourriez-vousnbsp;invoquer Ie pouvoir des métaux , ennbsp;ïie vous servant qiie de corps dunenbsp;nature très-differente ? Si la moellenbsp;épinière, ou les muscles seuls com-muniquent séparément avec Ie char-boii, la contraction manque absoln-ment; ce qui fait bien voir que, pournbsp;lobtenir, ii faut que fare et les arma-
-ocr page 195-SUR LE GAL VANISME. 17S tures soieut également forniés de ma-tières charbonneuses. Cette expériencenbsp;a mis Ie terme aux travaux que je mé-tais proposés ; il ne me reste done plusnbsp;qua rassembler en peu de mots toutnbsp;ce que lon peut déduire des faits quenbsp;j ai présentés en détail. '
§ XX. Dabord il est constant que i.^lemploi des métaux différentsnestnbsp;pas nécessaire pour opérer des contractions ; un seul sufEt a eet usage :nbsp;fargetit et Tor sur-tout sont a préférernbsp;pour exciter les aniraaux les plus ro-bustes.
2^. Sil reste quelque soupeon dbé-térogénéité sur les métaux solides, on lécartera facilement en se servant denbsp;mercure rectifié par les procédés chi-miques.
3.^ On j)roduit une contraction lorsque Tune des armatures et farenbsp;^'^nt de mercure , et que ce métalnbsp;coulant ne touche point les muscles:
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en conséqueuce on nest pas autorisé a recoiirir a Faction dun stimulant,nbsp;que beaucoup dexpériences ont démon trée nulle.
Quand Félectricitê externe des armatures et de Fare éqnilibré natu-rellenient, on par des procédés arti-ficiels, est incapable de déterminernbsp;aucun efïet, il se développe néanmoinsnbsp;une électricité animale qui commandenbsp;les contractions.
S° Enfin il parait quil ne peut res-ter aucun soupeon de Félectricité des métaux, quand les arcs et les armatures sont de charbon; car, puisque vousnbsp;nemplojez rien de métallique , vousnbsp;ne pouvez pas attribuer aux métauxnbsp;Ie développement de Félectricité animale.
Tels sont les travaux auxquels je me suis livré |)our confirmer Fexistencenbsp;dune électricité inhérente aux ani-maux, résultante de leur organisation.
-ocr page 197-SUR LE GALVANISME. lyS et eiitièrement indépendante de Iem-pire des métaux. Si je me suis rap-proché du but honorable que je mé-tais proposé, je croirai avoir biennbsp;mérité et de la science elle-même etnbsp;des hommes illustres qui la cultivent.
Mais, si Ie succès atrompé mon es-poir, on pardonnera aux efforts que jai dii tenter pour repousser les attaques dirigées contre une doctrine nouvelle , dont notre Académie a été Ienbsp;berceau , et dont ma familie a vu dansnbsp;son seinse former Ie premier germe.
De toutes les questions auxquelles Ie galva-nisme a donné naissance, aucune navait au-tant agité les savants, aucune navait élevé, 4 lépoque oü jécrivais Ie Mémoire précédent, denbsp;si vives et aussi longues discussions que cellenbsp;de savoir si les métaux homogènes , employésnbsp;comme armatures des nerfs et des muscles,nbsp;étaient susceptibles de déciderdes contractions.nbsp;Trop long-temps les assertions hypothétiques,nbsp;les Opinions vagues et particulières , sétaientnbsp;arrogéle droit de donner des solutions diyerses
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a eet important problème. Peut-être les experiences que jai consignees dans ce Mémoire, auront-elles contribué a établir la vérité surnbsp;des bases certaines. Voici comment Ie célèbrenbsp;Humboldt sexprime k eet egard, en maccor-dant au reste des éloges bien supérieurs ktousnbsp;mes travaux. Ce morceau pouvant intéreper lesnbsp;amis de la Science, je me determine a Ie trans-crire , malgré ce quil men coute pour rappor-ter des expressions très-flatteuses , que je menbsp;crois loin de mériter.
« Aldini, a Bologne, a ouvert une route plus K sóre : il a fait connaitre ses experiences avecnbsp;« Ie mercure ; et il a surpassé tous ceux quinbsp;« lavaient precede dans la méme carrière parnbsp;« la variété, par la délicatesse de ses expérien-
ces , et par la méthode ingénieuse quil a « adoptee. Mais ses résultats tendant è ren-« verser une théorie généralement reoue , et inbsp;« laquelle on était fortement attaché, il eut Ienbsp;K sort de tous les savants en pareil cas j on nianbsp;« les faits quil rapportait, on Faccusa derreur.
« Volta repondit aux experiences faites avec «Ie mercure, quil y a une grande différencenbsp;Cf entre la surface de ce métal et Fintérieur denbsp;« sa masse , paree que la surface soxide par Ienbsp;« contact de Fair atmosphérique ; quen consé-« quence, dans Fexpérience dAldini, Fare con-
-ocr page 199-SUR LE GALVANISME. 177 * ducteur nest homogène quen apparence, lesnbsp;« organes étant plongés a différentes profon-« deurs; que dailleurs Ie mercure produit iinnbsp;« choc dans ces essais , et que ce choc nétantnbsp;« pas Ie même aux deux extrémités de Fare, ilnbsp;« en résulte un développenient inégal deFélec-« tricité. Les antagonistes dAldini nopposentnbsp;K done aux phénomènes quil a décrits, que desnbsp;« refutations hypothétiques ; on pourrait leurnbsp;K répliquer de méme; mais comme il vaut beau-K coup mieux recourir aux experiences en phy-« sique , je me suis occupé de recherches pro-« pres 4 dissiper tous les doutes.
« Jai puriflé Ie mercure par tous les moyens « connus; une grande quantité fut versée dansnbsp;« trois vases de porcelaine, et comme Je comprisnbsp;« que, si je faisais plusieurs experiences avec lanbsp;« méme quantité de mercure , on objecteraitnbsp;« quil était sale par Ie contact des substancesnbsp;«animales, Je ne lis quune seule experiencenbsp;« avec Ie mercure de chacun des vases.
« Je préparai plusieurs cuisses de grenouilles,
de manière quune portion du nerf crural, « et un morceau de muscle de même longueurnbsp;« fussent pendants. Jassujettis horizontalementnbsp;quot; un tube de verre au-dessus dun vase conte- nant du mercure; Jeplacai autour de ce tubenbsp;« deux flls de sole, avec lesquels Je suspendisnbsp;tt la cuisse de manière k pouvoir faire descendre
-ocr page 200-« k volonté Ie nerf et Ie muscle. Japprochai « la cuisse k deux lignes du. vase, et jallongeainbsp;tc ensuite Ie lil assez pour que Ie nerf touchdtnbsp;« la superficie du métal. II ny eut point alorsnbsp;« de contractions; mais, dès que Ie muscle futnbsp;« mis en contact par lallongement du Hl de soie,nbsp;« tout Ie membre éprouva une secousse court vulsive.
« Le muscle et Ie nerf, dans cette experience, « ne touchaient le mercure quk sa superficie ;nbsp;K ils nétaient nullement plongés dans ce métal,nbsp;« et on avait eu soin deffectuer Iabaissementnbsp;« si doucement, quil était impossible de soup-« Conner quil y eut un choc , comme dans lex-« périence oh Aldini avait fait couler du mer-« cure a laide dun syphon. Ce qui est encorenbsp;rt plus décisif, cest quayant posé sur Ie mer-« cure deux morceaux de chair musculaire, a-« peu-près dune ligne et demie dépaisseur, dèsnbsp;« que le nerf et le muscle venaient a les toucher,
« la cuisse se contractait fortenient ; si au con-« traire on avait couvert le mercure de petits « morceaux de papier sec , il ne se manifestaitnbsp;« pas de mouvements galvaniques, lors mêmenbsp;« quon occasionnait un choc très-fort entrenbsp;« les parties animales et Ie métal. Humboldt;nbsp;Experiences sur Ie galvanisme , traduites parnbsp;Jadelot. Paris , 1799 , chap. Ill, pag. Sy.
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SUK LE GALVANISME.
Z)e quelques expériences sur Vélectricité animale, publiées d Bologne en .1794.
^I.^'^Le s notions que jai données dans inon dernier ouvrage, concernantnbsp;les efFets du galvanisme dans Ie videnbsp;et la célérité de sa propagation , peu-vent se lier avec les expériences faitesnbsp;autrefois : je crois par conséquent utilenbsp;de les rapporter ici comme un dé-veloppement ultérieur, propre a confirmer les idéés déja exposées a eetnbsp;égard. Le célèbre Moscati avait exa-niiné dans fair libre Télectricité denbsp;quelques animaux suffoqués aupa-ravant dans le vide; mais il navaitnbsp;P^s essajé Télectricité animale, eiinbsp;la faisant développer et mettre en
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équillbre dans Ie vide même. Cet examen exigeait des appareils adaptés a la nature des expériences.
§ 11. Je me suis servi, pour remplir ce but, dun vase de verre, garni anbsp;sa partie supérieure dune tige de mé-tal que Ton hausse ou baisse a volonténbsp;( pl. lo, fig. 6 ). Dans lintérieur du ré-cipient on attache a rextrémité denbsp;la tige et a angle droit, un lil demé-tal, dont un hout soutient une gre-nouille suspendue par ses muscles, etnbsp;lautre une petite chaine de métal unnbsp;peu plus longue que la grenouille : onnbsp;place sous lappareil une plaque dar-gent. Après avoir soutiré lair de lanbsp;cloche autant que possible, on baissenbsp;la tige de métal, en sorte que la chainenbsp;métallique, et ensuite Ia moelle épi-nière de la grenouille, garnie dunenbsp;armature détain , touchent largentnbsp;emploj'é a faire dans Ie vide fofficenbsp;dun are, Le développement de lélec-
-ocr page 203-SUR LE GALVANISME. i8i' tricité animale a toujours été Ie mêraenbsp;quó. lair libre; toutes les fois que Fon.nbsp;a formé un are, baissant la tige,nbsp;il j avait des contractions dans la gre-nouille.
Cette méthode a démontré facile-ment ce que peut une petite difFé-rence des contacts pour exciter des convulsions musculaires. Car , lorsnbsp;mêrae que la chaine et Fextrémité denbsp;la moelle épinière touchaienfc la plaquenbsp;dargent, si Fon dérangeait tant soitnbsp;peu Fare établi, en remuant la tige,nbsp;il sexcitait de nouvelles contractions.nbsp;Ce genre dappareils a été très-com-inode pour faire dans Ie vide les mê-ines experiences que Galvani avaitnbsp;npérées dans Fair libre.
§ III. Il était difficile de distinguer avec certitude si les contractionsnbsp;étaient plus vives dans Fair raréfié quenbsp;dans Fair libre: la différence de Félec-tricité respective était si petite, que
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Ton ne pouvaitpas distiiiguer tout de suite de quel coté elle était plus forte.nbsp;Jai done voulu éclaircir ce doute parnbsp;de nouvelles expériences. Jai coupénbsp;par Ie milieu une greuouille préparée,nbsp;et, au inojen de la machine dontjainbsp;donné la description , jen ai plongénbsp;une partie dans Ie vide. Au bout denbsp;quelque temps )e lai comparée avecnbsp;celle qui navait point été exposée anbsp;Iaction du vide, celle-ci produisait,nbsp;a rattoucliement de fare , des contractions plus fortes, tandis que lanbsp;première en donnait deplus faibles:nbsp;ce qui prouve évidemment une pertenbsp;delectricité occasionnée par Ie vide;nbsp;et comme les parties musculaires etnbsp;nerveuses soumises a 1expérience ap-partenaient a la même grenouille,nbsp;on voit bien que toute la differencenbsp;ne venait que de la seule action dunbsp;vide.
§ IV. II nj a personne qui ne sache
-ocr page 205-SUR LE GALVANISME. i83 C|ue Ie vide attire iin peu délectri-cité ; ainsi on ne doit pas être sur-pris sil j a queiqiie déperdition dansnbsp;lélectricité animale. Lanalogie de lé-lectricité commune me giiida a desnbsp;espériences comparatives. Je prisdeuxnbsp;bouteilles de Lejde , garnies de lanbsp;raême armature, et je les chargeainbsp;dune dose égale délectricité j Ilinenbsp;des deux bouteilles était dans lair li-bre, lautre sous Ie récipient de lanbsp;machine pneumatique. Ayant vidénbsp;lair, je sortis la bouteille, et je la dé-chargeai avec ini are de métal: ellenbsp;lie donna plus quune faible étincelle ,nbsp;tandis que lautre bouteille présentaitnbsp;encore une électricité très-forte. Jenbsp;chargeai de nouveau deux bouteillesnbsp;de I.eyde avec la même force , mar-quant Ie même degré a lélectromètre:nbsp;1une des deux, placée pendant unenbsp;deini-beure sous Ie récipient de la machine pneumatique, et retirée ensuite.
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ne donna quune étincelle faible et presque nulle, tandis que lautre bou-teille, placée hors de la machine ,nbsp;avait encore beaucoup délectricité. Sinbsp;la bouteille fut restée plus long-tempsnbsp;sous la machine , on y aurait vu lélec-tricité totalement éteinte, pendantnbsp;quelle se serait conservée dans cellenbsp;qui était au-dehors.
g V. Je nai rien négligé dans cette experience, pour marquer avec la plusnbsp;grande exactitude les variations pro-duites par Ie vide. ün grand récipientnbsp;couvrait la bouteille de Lejde placéenbsp;dans Ie milieu ; aquelque distance desnbsp;parois ce récipient de verre sadaptaitnbsp;exactement au plateau de la machinenbsp;pneuraatique, et ne laissait aucun passage a fair extérieur, saus interposernbsp;des cuirs mouillés , afin que lon nenbsp;put pas soupconner que la vapeur denbsp;leau sélevant dans Ie vide par la sous-traction de la pression de fair, ne fit
-ocr page 207-SUR LE GALVANISME. iS5 Ioffice dun are. Pour que rélectriciténbsp;ne se remit pas sur-le-champ en équi-libre, les conducteurs des bouteillesnbsp;flnissaieat en boules: sans cette pré-caution , Pélectricité se serait bientotnbsp;évanouie. Jai préféré cette forme pournbsp;augmenter la difficulté de lélectriciténbsp;a reprendre son équilibre , et imiternbsp;davantage ladhésion iutime de lélec-tricité animale aux animaux eux-inêmes.
§ VI. Après avoir bien constaté que Pélectricité animale se produit dansnbsp;Ie vide, jai recherché si cette électri-cité, excitée hors du vide, et conduitenbsp;dans Ie récipient pneumatique, pour-rait franchir une petite distance dansnbsp;Ie vide même. Que la tige de métal soitnbsp;a la plus petite distance du plateau denbsp;la machine pneumatique (pl. lo, fig. 7},'nbsp;plaeez au-dehors im membre de pouletnbsp;dagneau disséqué eomme a Pordi-riaire, et dont les muscles commu--
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niquent au mojen de la petite chaiue de njétal avec Ie plateau de la machine , et Ie nerf armé avec Ia tige mé-tallique par Ie mojen dun are isolé;nbsp;baissez la t'gf* après avoir fait sortienbsp;Fair , et approchez-Ia peu-a-peii dunbsp;plateau qui est au-dessous, sans ce-pendant (piils se touclient: vous nau-rez jamais de contractions; mais ilnbsp;seu manifestera aussitót, si Ton met Ianbsp;tige en contact réel avec Ie plateau.nbsp;Ainsi 1électricité animale ne peutnbsp;franchir Ie plus petit espace dans Ienbsp;vide, et cest en cela quelle prend Ienbsp;caractère de lélectricité artificielle,nbsp;qui ne peut pas circuler facilement ,nbsp;a moins quelle ne traverse inirnédia-tement dexceilents conducteurs; carnbsp;une très-petilequantité de vapeur élec-trique rassemblée dans une bouteillenbsp;de Lejde, ne peut pas passer a traversnbsp;des corps moins propres a la transporter. Cest ainsi qiie nous vojons
SUR LE GALVANISME. 187 t]iie Télectricité ordinaire passe pai-siblement au travers de leau , prise sé-parément; mais si elle doit traversernbsp;deux conducteurs raétalliques placésnbsp;a peu de distance, elle éprouve unenbsp;teüe diflSculté a passer dans leau, quenbsp;]e vase de verre, qui la contient, estnbsp;souvent hrisé. En effet, si une fortenbsp;étincelle électrique, en passant dunnbsp;conducteur de métal a lautre, rencontre de leau dans son passage, Telfort produit en cette occasion, est sinbsp;violent, quil se forme une vérita-ble explosion. Done, pour que Té-lectricité passe par divers corps dé-férents, il faut quelle soit en asseznbsp;grande quantité pour surmonter tousnbsp;les obstacles produits par les plus pe-tites variétés de la conductibilité desnbsp;substances quelle doit traverser; et parnbsp;conséquent on ne doit pas sétonner denbsp;ce quune faible électricité animale nenbsp;puisse franchir Ie moindre espace dans
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Ie vide. Suivons maintenant dautres phénomènes qui regardent la production de Télectricité animale dans lanbsp;machine pneumatique.
§ VII. Posez [pl. 10, fig. 9.) dans nn récipient de terre , et dans une position horizontale, une grenouille dis-séquée , garnie de deux armatures ;nbsp;alors, a 1aide dunetige, abaissez larcnbsp;de manière quil touche les armaturesnbsp;sans toucher la grenouille : jamais lanbsp;contraction ne manque de se manifester ; il nest pas même difficile dexci-ter dans Ie vide , avec quelque industrie, une espèce de carillon animal, Met-tez (pl. 10, fig. 5.) sousun récipient denbsp;verre une plaque de métal hoi-izon-tale, sur laquelle il j ait une lame qui,nbsp;mojennantlaction de la tige verticalenbsp;mobile , retienne une cuisse dune gre-nouille, ou la laisse tomber a volonté :nbsp;après avoir disposé ainsi Fappa-reil, placez une grenouille disséquée ,
-ocr page 211-SUR LE GALVANISME. 189 dont une cuisse soitlixée par la tige,nbsp;sur la plaque métaliique ; que lanbsp;moelle épinière , garnie dune armature détain, soit appujée sur la plaque dargent; tourne2»la tige métalli-que de maiiière que la cuisse de lanbsp;grenouille puisse descendre librement:nbsp;alors cette cuisse, abandonnée a elle-même, tombera sur Ie plateau, et ilnbsp;se formera un are, des nerfs aux muscles , qui produira des contractionsnbsp;musculaires , répétées en proportionnbsp;de la vitalité de la grenouille.
§ VIII. Jusqiiici ce ne sont que des grenouilles mortes qui out sou-tenu lactiön du vide ; considérons-lesnbsp;maintenant dans létat de vie. Jai placénbsp;( pl. 10, fig /j.) une feuille detain surnbsp;Ie dos dune grenouille attachée parnbsp;un fil de soie a une plaque dargent;nbsp;deux Ills métalliques de dilFérentesnbsp;longueurs, abaissant la tige dans lanbsp;cloche de verre, touchaient la plaque
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(1argent et Iannature détain: eet are établi, on a produit constamment desnbsp;contractions. Cepeiidant les grenouil-les respiraient avec peine, tout leurnbsp;corps éprouvai^des convulsions sem-blables a celles qui précédent la mort;nbsp;et tous cessymptóines disparurent lors-quelles furent remises danslairatmos-phérique. Lair raréfié et condensé anbsp;olïert presqiie les mêmes phénomènes;nbsp;car, ajant extrait lair au plus liautnbsp;degré de raréfaction, jai obtenu desnbsp;contractions extrémement fortes parnbsp;Ie simple attouchement dun are ho-mogène. De mêrae des grenouilles vi-vantes, après avoir soutenu pendantnbsp;une demi-heure ou une heure entièrenbsp;Iaction dun air condensé deux foisnbsp;plus que fair atmosphérique, ont dé-veloppé également urieélectricité très-vigoureuse par Ie simple attouchement dun are dargent appliqué auxnbsp;muscles et aux iierfs. Yoila Ie résuhat
-ocr page 213-SUR LE GALVANISME. 191 des expériences tentées dans Ie videnbsp;et dans Fair condensé.
§ IX. Tons les corps jusqua présent essajés dans la machine pneumaliquenbsp;ordinaire, avant de ressentir Tactioiinbsp;totale du vide, étaient soumis a unenbsp;pression qui diniinuait a mesure quenbsp;Fon augmentait la raréfaction dans lanbsp;cloche de verre. Cela ma fait imaginernbsp;un appareil dont je me sers pournbsp;soumettre tout dun coup , et commenbsp;dune seule impulsion , tous les corpsnbsp;soit solides, soit liquides, a Factionnbsp;du vide. La cloehe de verre, raise ennbsp;communication avec la pompe pneu-matique , est partagée par un plan horizontal en deux capacités égales, entrenbsp;lesquelles on établit la communication a Faide dune valvule : la partienbsp;supérieure est remplie deau , ou dunnbsp;fluide quelconque ; dans la partie inférieure est Fair atmosphérique, quenbsp;Ion pompe avec la machine pnenma-
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tique ordinaire. Les clioses ainsi dis-posées, si, après avoir raréflé lair au-tanl que possible, Ton ouvre la valvule intermédiaire entre les deux cavités, Ie fluide sécoule, et il estnbsp;exposé tout dun coup a Taction dunbsp;vide ; il en arrive de même a des corpsnbsp;solides plongés dans Teau a la partienbsp;supérieure de la cloche. Cet appa-reil ma été dun grand sccours pournbsp;donner plus de précision a la méthodenbsp;proposée, dexciter Télectricité animale dans Ie vide : mais , comme ilnbsp;peut encore servir en général a dau-tres objets concernant les recherchesnbsp;physiques , je crois devoir renvoyernbsp;mes lecteurs aux détails sur sa construction, publiés a Bologne en I794.
§ X. Enfin i ai exposé Télectricité animale a Taction des üuides aéri-formes. Voici en quoi consiste toutnbsp;Tappareil , avec lequel jessaie lesnbsp;dillérentes espèces dair. Je prends
-ocr page 215-SUR LE GALVANISME. 193 (pl. 10, fig. 3.) un vase de verre fermé parnbsp;en bas, et^dont lapartie supérieure fi-nit par un col que Ton peut fermer parnbsp;unevirole de cuivre garnie dune tigenbsp;mobile, comme dans fappareil dontnbsp;nous avons donné la description. Lenbsp;vase étant ouvert, on le remplit deau ,nbsp;OU, afin dobtenir un déplacementnbsp;plus facile, de mercure, et lon plongenbsp;son col renversé dans une euve dontnbsp;on se sert pour recueillir les fluidesnbsp;aériformes. Oa introduit ensuite dansnbsp;le vase, par la méthode de Priestlej ,nbsp;une espèce particuliere dair, de ma-nière quil ne touche pas a fextrémiténbsp;du col, mais quil reste au-dessus unenbsp;portion deau ou de mercure , qiünbsp;tombe au fond du vase, lorsquonnbsp;vient a le redresser. On ajuste alors aunbsp;col du vase la virolc de métal , et lenbsp;Conducteur auquel est adaptée la gce-Uouilie. Voila, au mojen de eet ap-pareil, la grenouille plongée a volonté
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dans Ie gaz acide carbonique , et dau-tres fluïdes aériformes, afin de pou-voir éprouver Taction constante de Té-lectricité animale dans chaque espèce dair. Toutes les fois que vous abais-sez avec la tige, la nioelle épinièrenbsp;de la grenouille , ainsi que Textré-mité du conducteur, vers la surfacenbsp;de Teau ou du mercure, vous aper-cevez les raouveraents musculairesnbsp;les plus violents. Jai tenté jusquanbsp;présent mes expériences sur Ie gaznbsp;acide carbonique , et sur Ie gaz hj-drogène, en me réservant de les répéter sur dautres üuides aériformes:nbsp;je passe maintenant aux expériencesnbsp;qui regardent la célérité de la propagation de 1électricité animale.
§ XI. De grandes questions ont été agitées parmi les phjsiologistes pournbsp;évaluer Ténergie dont est fourni Ienbsp;principe excitateur des contractionsnbsp;musculaires : leurs calculs,appujés sur
-ocr page 217-SUR LE GALVANISME. igS Uiie fausse doctrine , ont ainené a desnbsp;résultats peu satisfaisauts. Je nai pasnbsp;négligé de pvofiter des connaissancesnbsp;dont la physique sest enrichie denbsp;nos jours , pour entreprendre, par unenbsp;méthode differente , la même recherche, et jai employé de longs arcs mé-talliques, auxquels jai fait parcourirnbsp;lélectricité animale a volonté. Un longnbsp;escalier qui conduisait depuis Ie hautnbsp;de la maison jusquen bas, avec desnbsp;détours multipliés, moffrit une lamenbsp;de fer continue , très-propre a servirnbsp;de conducteur a félectricité. Je fis des-cendre du haut de lescalier un filnbsp;inétallique, ce qui forma aussitót unnbsp;are dont la longueur était decent cin-quante pieds. Après avoir ainsi disposénbsp;lappareil, je fis toucher des extrémitésnbsp;de ce long are les nerfs armés de la gre-ïiouille et les muscles. Aussitót 1éiec-tricité animale se porta avec tant denbsp;rspidité dun bout a lautre de 1arc ,
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que lon ne pnt distinguer Ie moment oü la grenouille touchait larc , davecnbsp;celui de sa contraction ; Ie même elFetnbsp;eiiL lieu , en prolongeant Ie fil de fernbsp;jusqua 25o pieds. Cependant,pour quenbsp;lon ne put pas attribuer un tel succèsnbsp;a Faction du conducteur raétallique, jenbsp;pris de longues cordes imbibées deaunbsp;salée,etlerésultatfuttoujourslemême.nbsp;Cette expérience a confirraé dune ma-nière décisive, Ie caractère de lélec-tricité commune dans les forces mus-culaires, et rectifie les idéés que beau-coup de phjsiologistes avaient aupa-ravant proposées a eet égard.
§ XII. Les principes de la théorie générale de félectricité nous promet-tent des résultats heureux de lexpé-rience que jai déja établie. Beccaria,nbsp;un des premiers observateurs de lanbsp;propagation de félectricité, a distin-gué une double excursion du fluidenbsp;électrique : Tune, lórsquelle ne fait
-ocr page 219-SUR LE GALVANISME. 197 qiie passer a travers des corps conducteurs; lautre, lorsque étant accu-mulée dans les corps idio-électriques,nbsp;elle est obligée de passer de Tarma-ture électrisée positivement a cellenbsp;qui Test négativement. Beccaria avaitnbsp;assigné a cette première espèce denbsp;transmission un espace de temps dé-terminé, mais aucun a la seconde. IInbsp;avait observéque Télectricitétransmisenbsp;a une distance de 5oo pieds dans unenbsp;minute-seconde, ilena fallu trois environ pour parcourirune corde de chan-vre de la même longueur, quon avaitnbsp;humectée deau. Au contraire , en dé-chargeant avec de longs conducteursnbsp;une bouteille de Lejde , il ne put jamais reconnaitre la plus petite fraction du temps emplojé dans cette excursion. Jalabert, Sigaud de la Fond,nbsp;et dautres physiciens, ont essajé lanbsp;célérité du fluïde électrique, non dansnbsp;un cabinet, mais en plein air, Ie long
2.
-ocr page 220-igS nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I
des bords deslacs et desgrandes riviè-res : leurs résultats ont été les mêmes. Monnier pla^a deux fils de fer parallè-les , de la longueur de H07 pieds,nbsp;dont les extrémités aboutissaient a unnbsp;homnae placé au milieu, qui les te-nait dans ses mains ; mais dans cettenbsp;situation , il éprouvait la commotionnbsp;au moment même oü il apercevaitnbsp;létincelle tirée de la bouteille , et nenbsp;distinguait pas même Ie moindre in-tervalle entre lexplosion et la se-cousse : ce que Ton aurait pu remar-quer, si Ie temps emplojé dans Ie passage , avait pu être évalué au quartnbsp;dune minute-seconde.
§ XIII. Je pense que, daprès la célé-rité avec laquelle se transporte lélec-tricité animale dans nos expériences , lon peut conjecturer de quelle manièrenbsp;elle agit dans Ie sjstême des nerfs etnbsp;des muscles; car sil n'y avait dans cenbsp;passage quun seul genre délectricité,
-ocr page 221-SUR LE GALVANISME. 199 il conviendrait dobserver qiie lélec-tricité animale, en circulantdes nerfsnbsp;aux muscles, par unfil de iSo pieds ,nbsp;devrait employer la moitié dune mi'nbsp;nute-seconde, puisque eet are est lanbsp;moitié de celui que Beccaria avait employé en pareil cas. Cependant on nenbsp;remarqua pas la demi-seconde, quenbsp;les observations de Beccaria exi-geaient, lorsquil y a Taction dunnbsp;seul genre délectricité ; ainsi Tonnbsp;peut conclure que la transmission denbsp;Télectricité animale ne doit pas êtrenbsp;rapportée a uneseule électricité, maisnbsp;a un double courant de deux électrici-tés opposées, mises en circulation avecnbsp;une très-grande rapidité.
Un tel raisonnement acquiert plus de force, et centre mieux dans les vuesnbsp;de la physiologic , en considérant Ienbsp;courant galvanique excité sans aucunnbsp;tï^ctal, et transmis Ie long dun fil denbsp;chanvre humecté dune dissolution de
-ocr page 222-200 nbsp;nbsp;nbsp;E S S A I, etc.
muriate de soude. Loii pourra con-suiter ces expériences, et les déve-loppements ultérieurs donnés a ces recherches, dans mon Mémoire con-cernant Ie passage du galvanisme anbsp;travers lOcéan et les grandes rivières.
PROFESSEUR DE PHYSIQUE A TURIN,
A M. A L D I N I ,
PROFESSEUR DE PHYSIQUE A BOEOGNE.
Turin , ce 17 Floreal an XI.
Le corn's des experiences publiques k JAthé-née, que jai commence depuis quinze jours, et qui continuera encore six semaines; le pergt;nbsp;fectionnement des instruments météorologi-ques, dont je moccupe pour obtenir un mé-téorographe qui doit marquer k chaque instant la direction et la force du vent, les variations du baromëtre, du thermomètre, denbsp;rbygromètre, de Iidiometre, de 1atmidomë-tre et de rélectromëtre, le tout par uneseulenbsp;horloge, qui sert aussi au public pour iéglernbsp;leurs montres ; et quelques occupations denbsp;1académie, neme permettent pas de donnernbsp;au galvanisme tout le temps que je voudrais,nbsp;et quil mérite bien, Cependant je men suis
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toujours occupé , et jai fait plusieurs experiences sur Ie corps des trois rëgnes de la nature , dont jai écrit les résultats, avec quel-ques düutes sur la nature du galvauisme et sur ses diverses combinaisons,ala Société Ita-lienne des Sciences; et, dans ce moment, jenbsp;fais des expériences sur faction du galvanismenbsp;sur la germination ,1a végétation , sur lesger-mes des animaux , et sur son action cliimiquenbsp;sur plusieurs corps , pour en déduire unenbsp;théorie satisfaisante des phénomènes que jainbsp;observes. Je dis de ceux que jai vus, car plusieurs faits que jai lus, et que je croyais vrais,nbsp;par [analogie entre 1électricité et Ie galvanisme , en les répétant avec toutes les precautions, ont cessé de me paraitre tels. Cestnbsp;ainsi que je me suis assuré quun médiocre galvanisme positif (tel que celui dunenbsp;pile dé 2.5 couples de disques de cnivre et denbsp;zinc, de la grandeur dune piece de 5 francS,nbsp;entremêlés de disques de laine mouillés dansnbsp;une sol ution de muriate damraoniac), bien loinnbsp;de favoriser la germination et la végétation,nbsp;tue les germes en leur donnant une teintenbsp;de café brülé ; tandis que Ie galvanisme né-gatif,de la même force, nempêche pas Ia ger-
-ocr page 227-SUR LE GALVANISME. aoS mination, ni la végétatlon , pas même lors-quii donne nne teinte analogue aux germes.nbsp;Est-ce au fluïde ? est-ce a quelques parliesnbsp;des corps , dont la pile est composée, appor-tées par Ie Huide galvanique, cjue Ton doitnbsp;altribuer son action sur les germes végétaux?nbsp;Mes collègues Giobert et Rossi ne doutentnbsp;point que Ie galvanisme napporte avec lui desnbsp;parties des corps dou il se développe, ou parnbsp;lesquelsil passe; Ie premier soupconnemêmenbsp;que la decomposition de leau na point lieunbsp;dans Ie tube; mais que les gaz et les oxidesnbsp;y sont apportés tout faits de la pile par Ienbsp;fluïde. Les experiences directes (dont je vousnbsp;écrirai les détails une autre fois ,) que jai fai-tes pour éclaircir cette question, mont faitnbsp;adopter lopinion contraire.
Je fis passer Ie fluide par deux tubes rem-plis de solution de muriate dammoniac plon-gés dans la même solution , contenue dans deux vases de cristal. Je fis usage de fils dornbsp;pur aux sommets des tubes , pour les fairenbsp;communiquer avec la pile,etdun fil de cuivrenbsp;pour Ia communication des deux vases. Le filnbsp;d'or qui communiquait avec Textrémité positive de la pile , na point clonné en jaune; le
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bout du fil de cuivre qui plongeait dans Ie même vase, a donné du gaz en quantité, etnbsp;il loxida en bleu ; Ie fil dor qui commxini-quait avec Textrémité negative de la pile,nbsp;donna du gaz en abondance, et il loxida ennbsp;noir ; Ie bout du fil de cuivre qui plongeaitnbsp;dans Ie même vase, ne donna point de gaz, etnbsp;il loxida en vert grisatre. Ajant pesé exac-tement les fils dor avant et après Vexpérience,nbsp;Ie fil dor qui communlquait avec lextré-niité positive , diminua dun quart de sonnbsp;poids ; lautre fil dor qui donna Ie gaz , nenbsp;diminua que dun huitième de son poids environ. Plusieurs autres experiences me don-nèrent des résultats analogues.
Rossi ma assure que Ie fluide galvanique prend difFérentes propriétés des animaux vi-vants et des cadavres par lesquels il passe.nbsp;Cette proposition acquiert aussi de Ia proba-bilité par mes experiences sur les corps orga-nisés, et sur Ia difference des divers liquidesnbsp;par rapport au fluide galvanique. Mais reve-nons a soa action sur les germes des végé-taux. Comme dans les expériences précéden-tes, javais toujours mis des disques de lainenbsp;mouillés dans une solution de muriate dam-
-ocr page 229-SUR LE GALVANISME. 307 rooniac entre les disques de cuivre et denbsp;zinc , jy ai substitué des disques de cartonnbsp;mouillés dans leau distillée, et jai obtenu lesnbsp;tnêmes résultats; cest-a-dire Ie galvanismenbsp;positif un peu fort tue les germes ; quand ilnbsp;nest sensible qua la langue, aux premièresnbsp;heures il accélère la germination, mais en-suite il 1empêche. Le galvanisme négatifnestnbsp;pas SI nuisible, et quelquefoisil parattmêmenbsp;lafavoriser. Les détails de ces experiences se-ront exposés dans un Mémoire que je me propose décrire sur ce sujet. Je vous observerainbsp;seulement ici que le galvanisme positif, tiiénbsp;dune pile formée de zinc, cuivre, et solution denbsp;muriate dammoniac, et porté par des fils dornbsp;pur sur du cotoii mouillé, et flottant sur Ieaunbsp;distillée, ma donné une odeur tres décidée denbsp;gaz nitreux, et le colon se trouva jauni presnbsp;du contact du fil dor conducteur. Une odeurnbsp;analogue, mais beaucoup plus faible è deve-nir incertaine, se faisait sentir sur le cotonnbsp;galvanisé négativement; le vase de compa-raison que je tiens toujours dans les mêmesnbsp;circonstances, hormis la galvanisation , pournbsp;determiner les elFets du fluide galvanique ,nbsp;n excitaitaucune odeur. Le mêmephénomène
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Se présenta dans la pile faite avec les cartons mouillés dans leau distillée , et que je faisais agir sur les germes du lepidium sati-i^um, mis au colon flottant sur leau distillée , mals jai eu la tache jaune du cóté né-gatif; tandis que du cóté positif il se fit unenbsp;tache dun centimetre environ dediamètre denbsp;couleur violette. Jai mis des germes (tou-jours des mêmes) sur les colons galvanisesnbsp;par Ia pile précédente. Ceux du vase positifnbsp;furent en peu de temps noircis, et se présenta la tache violette sur Ie colon, du cóténbsp;que Ie fil dor, de communication avec lau-trevase, plongeait dans leau. II parait done,nbsp;que la tache susdite est clue a la matièrenbsp;des germes transportée par Ie fluide galva-nique. Si ce fluide porte avec lui une portionnbsp;des corps par lesquels il passe, combien denbsp;précautions ne doit-on pas avoir dans sonnbsp;usage , combien davantages ne peut-on pasnbsp;en tirer ? Vous voyez combien de questionsnbsp;importantes a résoudre. Je ne doute point,nbsp;comme je lai déja dit ailleurs, que Ie gal-vanisme, bien étudié, ne jette beaucoupde lu-miëre sur la composition de plusieurs corps,nbsp;et particulièrement des seis. Je vous disais
SUR LE GALVANISME. 209 lt;jue mes experiences sur la deference de divers liquides appuientlopinion déja annoncéenbsp;de Rossi: voici un apercu de ces experiences.
Jai pris un tube de verre long de deux metres et dun centimetre de cliamètre; je lui ai arrange deux bouchons de liège, au centrenbsp;desquels passent deux fils dargent, qui res-tent environ trois centimetres dans Ie tube ,nbsp;et se replient dehors pour faire les communications ; jai rempli ce tube successivementnbsp;de différents liquides, et en faisant commu-niquer les extrémités du tube avec les extré-mités de Ia pile, je mesurais la deference desnbsp;liquides et Ia vitesse du fluide de la manièrenbsp;.que jai déterminé Ia vitesse du fluide parunnbsp;conducteur de 864 metres, dans Ie deuxiëmenbsp;n.°de]a Bibliothèque Italienne. Jemesurai lanbsp;force du fluide galvanique, soit en touchantnbsp;avec les deux index mouillés, 1exlrémité dunbsp;tube et la base de la pile, soit en touchant 1ex-trémité du tube avec 1index , et la base denbsp;Ia pile avec la langue , tandis que Ie sommetnbsp;positif de la pile communiquait avec Iautrenbsp;extrémité du tube par un cordonnet dor.nbsp;I^ans toutes ces experiences, javais la sensa-
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PIECES lion clans Iinstant que le cordonnet dornbsp;touchait an sommet de la pile. Et tons lesnbsp;résultats furent vérifiéspar le preparateur desnbsp;expérieoces physiques de 1Athénée, Hjacin-the Carepa, par le professeur Avocat Boyer,nbsp;ct par plusieurs aiitres person nes, en mesu-rant les degrés de force du fluide par lex-tension des sensations dans les doigts, et parnbsp;le goüt quon sent , ct par les éclairs quonnbsp;voit en touchant avec le bout de la langue,nbsp;quand Ie galvanisme nétait pas trop fort.nbsp;Jai obtenu les résultats suivants desdéchargesnbsp;successives de la même pile è travers 1urine,nbsp;5 de force^ goüt trés-acreéclair blanc; ènbsp;traverslelait, 4deforce, goütdoux, acidule,-éclair i'ouge ; a travers le vin , j degré denbsp;force, goüt acidule, éclair très-faible; a travers le vinaigre, 2 de force, goüt piquant,nbsp;éclair rouge ; a travers la bière , i de force,nbsp;goüt piquant, éclair blanchatre; cl traversnbsp;lesprit-de-vin , point de force, point déclair,nbsp;gout acidule tres-sensible ; a travers feaunbsp;distillée, de même que par lesprit-de-vin,nbsp;roais quelquefois on avait aussi une très-faiblenbsp;sensation déclair; a travers la solution de
-ocr page 233-SUR LE GALVANISME. au inuriate de soude, lo de force; dans cettenbsp;expérience et les suivantes, on ne pouva'tnbsp;pas souffrir la sensation è la langue; a travers la solution de muriate dammoniac,nbsp;i3 de force; k travers la solution de nitratenbsp;de potasse , 12 de force; è travers la solutionnbsp;de sulfate dalumine , la de force; k traversnbsp;1eau avec un sixiëme dacide nitrique, 12 denbsp;force; k travers 1eau, avec un sixiëme dacidenbsp;sulfurique, i3 de force; a travers une solution de nitrate de cuivre, i3 de force ; a travers Ie mélange dacide nitrique, dacide sulfurique, et deau, i3 de force.
Dans toutes ces expériences on avait une sensation très-différente dans les doigts , outre les degrés de force, selon les différentsnbsp;liquides par lesquelsle fluide passait; ainsi,nbsp;par exemple, la sensation que présenta Ienbsp;fluide en passant par 1acide sulfurique, étaitnbsp;aiguë ; celle quil donna en passant par Ienbsp;muriate dammoniac, par Ie nitrate de potasse, et par Ie mélange des deux acides,nbsp;était dun corps gros; en passant par Ie nitrate de cuivre , Ie fluide se fait sentir beau-coup plus piquant ; par Ie lait il paraissait
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acquérir line douceur , etc. Mais ce nestpas dans une lettre quon peut marquer tous lesnbsp;details et les consequences de ces résultats,nbsp;qui demandent un Memoire assez étendu ^nbsp;seulernent pour les indiquer.
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SUR LE GALVANISME.
Au PROFESSEUR ALDINI, PAR LE C«. SUE,
PROFESSEITR ET BIBLIOTHÉCAIRE DE dÉ C O 1 E DE MÉDECINE DE PARIS.
Paris, ce ija messidor an lï. Eitoten COLDÈGüE,
Je me fais un devoir et un veritable plaisir de satisfaire a 1empressement que vous ma-Vez témoigné de connaitre particulièrementnbsp;ce qua écrit et découvert sur Ie galvanismenbsp;Ie célèbre Bichat, que limplacable mort anbsp;précipité dans Ie tombeau au moment oünbsp;«es talents et sa gloire brillaient du plus grandnbsp;óclat, et a un ageoü bien des gens commen-cent a peine a balbutier les éléroents des scien-2.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iJ
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ces. Je nai pu, dans 1 eloge historique de ce savant médecin, que jai prononcé dans Tam-phithéatre de 1Ecole de médeeine *, en-Nnbsp;trer, sur ce que vous desirez, dans des détailsnbsp;que necomportait pas ce genre de composition,nbsp;Jen ai aussi dit quelque chose dans mon His-toirR du Gahanismc * * ; mais je nai pu par-ler alors des travaux galvaniques de Bichat,nbsp;postérieurs a la publication de mon ouvrage.nbsp;Ce que jajouterai ici sera Ie complément denbsp;sa doctrine, a laquelle sans doute il eüt donnénbsp;plus d'étendue, sil eüt vécu. Jai fait tousnbsp;mes efforts pour remplir vos desirs : je mes-time trop heureux davoir trouvé 1occasionnbsp;de faire quelque chose qui puisse vous êtrenbsp;agréable, et vous prouver mon sincere atta-chement et ma profonde estime.
Sue.
* Jai prononcé eet eloge Ie 14 germinal an xl , pour 1ou-verture de mon cours de BiWiograpIiie medicale. UueprcuYC bien frappante du grand intórét que prenaient les élèves aunbsp;récit des travaux et des vertus de Bichat, Vest raflluenccnbsp;avec laquelle ils se sont portés a 1amphithéatre de 1Ecole denbsp;incdecine pour entendre son eloge : afduenee qui fut lelie,nbsp;que Ie local, quoique très-vaste , a pu a peine contenir lanbsp;foule des auditeurs. Get eloge est insére dans Ie MaGASIXnbsp;EMYCLOrÉDiQUE, niessidor , an xi.
** Deuxvol.in-8,an XI, tome ii,pag. ai6225.
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SUR LE GALVANISME.
Sur les travaus galvaniques de Br CHAT, médecin de 1Hêtel-Dieu.
Les connaissances trës-étenduesde Bichat dans la physiologic, et dont il a donné desnbsp;preuves dans ses éciits, par les découvertesnbsp;quil y a consignees, maJgré 1envie qui anbsp;voulu les déprécier, ne pouvant les lui ravir,nbsp;ont dü nécessairement Ie porter k tourner sesnbsp;vues vers Ie galvanisme naissant, a étudier etnbsp;a approfondir un nouveau genre de phéno-mënes, qui, avant quon j eüt reconnu lesnbsp;grands efFets de lélectricité, ofFraient a Iavidenbsp;curiosité des savants un sujet dexamen dontnbsp;i!s espéraient tirer un parti avantageux pournbsp;les progrès de la physique, et niême de Tartnbsp;de guérir.
Jai déja donné dans YHistoire du Galua-nis me, que jai publiée lannée derniëre
Toine II 5 pag, ai6 j el suif.
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Ie détail des experiences de Bichat sur cette découverte. Un nouvel examen, avecquelquesnbsp;reflexions nouvelles, mont été demandésparnbsp;des personnes dont je respecte Ie savoir et Ienbsp;jugement. Je me suis fait avec plaisir unnbsp;devoir dobtempérer a leurs desirs, quoiquenbsp;persuadé que cette tache eüt pu être rem-plie avec plus de succes par tout autre phj-sicien.
Quand Bichat ent repritses experiences gal-vaniques, il savait que Ie sujet quil clierchait aéclaircir, avait déja été lobjet dune luttenbsp;entre les premiers phjsiciens de lEurope. IInbsp;savait que Volta , eet illustre savant, a qui lanbsp;physique devait déja beaucoup, avant la découverte du galvanisme, et qui depuis a acquis de nouveaux droits a la célébrité, tantnbsp;par ses ingénieux appareils, que par ses curieuses et constantes experiences, qui ont dé-terminé la nature de ce singulier agent; Bichatnbsp;savait, dis-je, que Volta avait annoncé que Ienbsp;cceur et tous les autres organes musculeuxnbsp;qui sont hors du domaine de la volonté, étaientnbsp;insensibles a 1action galvanique. Mezzini ,nbsp;Valli, Klein, PsaflP, Béhrends, avaient soutenunbsp;la même assertion, tandis que Grapengiesser,
-ocr page 239-SUR LE GALVANISME. 217 Ie célèbre Humboldt, et Fowler, prétendaientnbsp;avoir reconnu Iinfluence galvanique, Ie premier sur Ie mouvement péristaltique des in-testius; Ie second, sur Ie cceur des animauxnbsp;a sang rouge et a sang froid; et Ie troisième,nbsp;sur celui des animaux a sang rouge et chaud.
Cestdans son ouvrage intitule : Recherches phjsiologicjues sur la vie et la mort * , etnbsp;dans larticle X de Ia seconde partie, ou ilnbsp;traite de tinjluence tjue la mort du cerceaunbsp;exerce sur celle du coeur, que Bichat a consigne son travail sur Ie galvanisme. Après avoirnbsp;rapporté les expériences, aunombre decinq,nbsp;par lesquelles il croit avoir prouvé que cenbsp;nest point immédiatement que Ie coeur cessenbsp;dagir, lorsque les fonctions cérébrales sin-terrompent, «II est, dit-il , un autre genrenbsp;« dexpériences analogues a celles-ci, qui peu-« vent encore cclairer sur les rapports entrenbsp;« Ie coeur et Ie cerveau, ce sont celles du gal-« vanisme. Je nenégligerai point, ajoute-t-il,nbsp;« ce nouveau moyen de prouver que Ie pre-« mier de ces organes, Ie coeur, est toujoursnbsp;« indépendant du second, du cerveau. laitnbsp;* ces expériences avec une attention dautant
* Ia-8 , publié en 1an VIJI, pag. 3g3.
-ocr page 240-«plus scrupuleuse , cjpie plusieurs auteurs «tres-estimables out avoué, clans ces dernlersnbsp;« temps , une opinion contraire, et ont voulunbsp;« etablir que le coeur et les autres muscles denbsp;« la vie org'anique ne different point, sous lenbsp;« rapport de leur. susceptibilité pour Iin-« Alienee galvanique, des muscles divers de lanbsp;« vie animale. »
Bichat commence par exposer les observations que lui ont fournies ses expériences sulles animauxa sangrougeet froid. Apres avoir armé plusieurs fois, dans une grenouille ,nbsp;dune part son cerveau avec du plomb, et denbsp;Iautre, son coeur et ses muscles des membresnbsp;inférieurs avec une longue lame de zinc quinbsp;touchait au cerveau par son extrémité supérieure, et aux membres par son extrémiténbsp;inférieure, la communication étant établienbsp;avec de 1argent entre les armatures des muscles et celles clu cerveau, il en est constam-ment résulté des mouvements dans les membres , mais aucune accélération na paru sensible dans le coeur, loi-squil battait encore,nbsp;et aucun mouvement ne sest manifesté quandnbsp;il cessa detre en action. Selon Bichat, quelnbsp;que soit le muscle volontaire f|ue 1on arme
-ocr page 241-SUR LE GALVANISME. 219 en même temps que Ie coeur, afin de comparer les phénomènes quils éprouvent lors denbsp;Ia communication métallique, il y a toujoursnbsp;une difference tranchante.
Bichat a armé sur dautresgrenouilies, par unetige métallique commune, dune part, lanbsp;portion cervicale de la moelle épiniëre dansnbsp;la région supérieure du cou, afin detre au-dessous de lendrolt dou les nerfs qui vontnbsp;au sympathique et dela aucceur, tirent leurnbsp;origine; dautre part, Ie coeur, et un musclenbsp;volontaire quelconque. II a toujours observe,nbsp;en établissant Ia communication, un résultatnbsp;analogue a celui de 1expérience précédente.nbsp;Toujours il a apercu de violentes agitabcrsnbsp;dans les muscles volontaires, jointesaudéfautnbsp;de changement manifeste dans les mouve-ments du coeui.
11 a ensuite taché de mettrea découvert les nerfs qui vont au coeur des grenouilles: quel-ques filets grisatres, a peine sensibles, dontnbsp;au reste il na pu certifier positivement la nature, ont été armés dun métal, tandis quenbsp;Ie coeur reposait sur un autre. La communication établie par un troisiëme métal, na dé-terminé aucun effet sensible.
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Ces essais, déja en partie tentés par dautres phjsiciens avant Bichat, sont sans doute trës-convenables , au moins les deux premiers,nbsp;pour determiner positivement si Ie cerveaunbsp;influence directement Ie coeur, sur-tout si onnbsp;a soin de les répéter, comme a fait Bichat,nbsp;en armant successivement et tour-a-tour lanbsp;surface lant interne quexterne du cceur, etnbsp;sa substance même. On a vu qualors la disposition naturelle est conservée entre les diverses parties qui servent è unir Ie coeur aunbsp;cerveau.
Bichat parJe dhm autre mode dexpériences qui consiste, i.^a detacher Ie coeur de la poi-trine, 2.° a Ie mettre en contact avec deuxnbsp;métaux differents par deux points de sa surface, OU avec des portions de. chair arméesnbsp;de métaux, 3. a faire communiquer les armatures par un troisième métal. Cest alorsnbsp;Humboldt a vu des mouvements se manifester. Quoique Bichat dise que Ie plus souvent, en répetant exacteraent ces experiences ,nbsp;il na rien vu de sembJable; il convient ce-pendant avoir quelquefois distingue un petitnbsp;mouvement très-différent de celui qui animaitnbsp;Ie coeur, et qui paraissait tcnir a linfluence
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SUR LE GALVANISME. galvanlque. Mais, malgré 1autorité respectable dHumboldt, malgré celle non moinsrespectable dune foule dautres pbysiciens trës-estimables, qui ont reconnu dans leurs essaisnbsp;Tinfluence du galvanisme sur Ie coeur, lors-quil y est applique de la maniëre qui vientnbsp;dêtre décrite, Bichat parait encore douter denbsp;cette influence, et il est tenté de prendre Ienbsp;mouvement quil a apercudansce viscëre pournbsp;lefFet seul de lirritation mécanique des armatures. « Je suis loin, dit-il, de prétendrenbsp;lt; avoir mieux vu dans mes experiences quenbsp;« ceux qui se sont occupés avant moi du mêmenbsp;« objet: je dis et Je rapporte seulement ce quenbsp;«jai vu et observe. Au reste, ajoute-t-il, lesnbsp;« experiences ou les armatures ne portent pasnbsp;« d^un cóté sur une portion du S3'stême ner-« veux, et de 1autre sur les fibres charnues dunbsp;« coeur, ne me semblent pas trës-concluantesnbsp;« pour decider si Iinfluence que Ie cerveaunbsp;« exerce sur eet organe (sur Ie coeur } estnbsp;« directe. Quelle induction rigoureuse peut-on.nbsp;« tirer des mouvements prodnits par 1arma-« ture de deux portions charnues? »
II ne suffisait pas davoir fait des experiences sur des aniinaux a sang rouge et froid ;
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ii fallait aussi en faire sur les animaux a sang rouge et cliaud ; elles étaient dautant plusnbsp;nécessaires^ que le mode de contractilite desnbsp;premiers est, comma on sait, absolument différent de celui des derniers.
Bichat eut, dans Ihiver de 1an V 11, Iau-torisation pour faire differents essais sur les cadavres des guillotines, quon mit a sa disposition trente ou quarante minutes après lexé-cution.Chez quelques-uns, touteespëce de mo-tilité était éteinte ; chezdautres, on ranimaitnbsp;cette propriété plus ou moins aisément dansnbsp;tous les muscles par les agents ordinaires; etnbsp;elle se développait plus facilement parle gal-vanisme dans les muscles de la vle animale.nbsp;Mais, de quelque maniëre quil ait agi dansnbsp;ses expéi'iences^ il a toujours été impossiblenbsp;a Bichat de determiner le moindre mouvement, en armant soit la moelle épiniëre et lenbsp;cceur, soit eet organe et les nerfs quil recoitnbsp;des ganglions par le sympathique , ou dunbsp;cerveau par la paire-vague. Cela tenait il ,nbsp;demande lauteur , a fisolement oü étaientnbsp;depuis quelque temps les filets nerveux dunbsp;cceur davec le cerveau ? Mais alors pourquoi,nbsp;répond-il, les filets nerveux des muscles
-ocr page 245-SUR LE GALVANISME. saS volontaires, également isolés, seprêtaient-ilsnbsp;aux phénomënes galvaniques? Pour avoir plusnbsp;tréclaircissements a ce sujet, il a fait les experiences suivantes.
II a armé de deux métaux différents, sur des chiens et sur des coclions-dinde, dabordnbsp;Ie cerveau et Ie cmur, ensuite Ie tronc de Ianbsp;moelle épinière et Ie cceur, enfin Ie coeur etnbsp;Ie nerf de Ia paire-vague, duquel il recoitnbsp;plusieurs nerfs. Aucun résultat sensible nanbsp;été apparent; les deux armatures ajant éiénbsp;niises en communication, Bichat na pointnbsp;vu les mouvements se ranimer aprës avoirnbsp;cessé, ni saccélérer lorsquils continuaientnbsp;encore, II est essentiel dobserver ici que, dansnbsp;toutes les experiences, il ne faut établir lanbsp;communication que quelque temps aprësnbsp;que Iarmalure du cmur a été placée, afinnbsp;de ne point attribuer a leffet du galvanismenbsp;ce qui nest que 1elïët de Firritation métal-lique.
Les nerfs cardiaques de deux chiens ont été arrnés dans leurs filets, tant antérieursnbsp;postérieurs; une autre armature a éténbsp;placée sur Ie cceur a sa surface. La communication des armatures .a produit quelques
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mouvements, mais qui k peine étaient sen-
sibles.
Bichat dit avoir plusieurs fois lente inuti-lenient, et navoir po iéussir quune seule fois^ apres avoir détaché promptement lenbsp;coeur, avec le soin dy laisser quelques nerfsnbsp;isolés, a exciter des contractions en armantnbsp;ceux-ci dun metal , et en touchant Iarma-ture avec un autre metal, quoique Humboldtnbsp;ait ditque celalui a souvent réussi, Mais aussinbsp;Bichat ajoiite quil a presque constammentnbsp;réussi a produire des contractions sur les ani-maux a sang rouge et chaud^ aprës leur avoirnbsp;arraché le coeur, en le mettant en contactnbsp;par deux points differents avec des métaux, etnbsp;en établissant la communication : cest leseulnbsp;moyen quil croit capable de produire avecnbsp;efficacite et évidence les phénomènes galva-niques sur eet organe.
Quoiquil ait répété un trës-grand nombre de fois et avec les precautions les plus minutieu-ses, chacune des experiences galvaniques dontnbsp;il vient detre question; quoique la plupart nenbsp;soient pas daccord avec celles dautres phy-siciens qui ont donné des résultats differents,nbsp;il ne prétend pas pour cela jeter des doutes
-ocr page 247-SUR LE GALVANISME. szS sur Ia réalité de celles-ci, paree quon saitnbsp;combien sont variables les effets des experiences qui ont les forces vitales pour objet.nbsp;Au surplus , en admettant même les résul-tats differents des siens, cela nempêcbe pasnbsp;de reconnaitre que, sous Ie rapport de lex-citation galvanique , il j a une differencenbsp;énorme entre les muscles de la vie animalenbsp;et ceux de la vie organique *. Rien de plusnbsp;propre, selon lui, a reconnaitre cette difference dans les experiences sur Ie coeur et surnbsp;les intestins que darmer toujours avec Ienbsp;même métal , qui sert a larmature de cesnbsp;muscles, un de ceux de la vie animale , etnbsp;détablir ainsi un parallële entreux, « Dail-« leurs, dit Bichat, et cest par oü il terminenbsp;« ce premier apercu , en supposant que lesnbsp;« phénomènes galyaniques causent sur cesnbsp;« deuxespëces de muscles une égale influence,nbsp;« que prouverait ce fait ? Rien autre chose,nbsp;« sinon que ces phénomënes suivent , dansnbsp;« leur succession , des lois toutes opposéesnbsp;« a celles des phénomënes de 1irritation
* On sait que cette distinction des deux vies est doe a Bichat : distinction qnit déduit spccialeinent de la forme exterieure des organes.
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« ordinaire des nerfs et des muscles auxquels « ces nerfs correspondent. »
A la page 419 du même ouvrage ^le§ Re~ chei'ches sur la vie et la mort), Bichat nousnbsp;apprend quil a répété, par rapport a 1esto-mac, aux intestins, a la ve.ssie, a la matrice, etc.nbsp;les experiences galvaniques dont il vientnbsp;dexposer les résultats par rapport au coeur;nbsp;quil a armé dabord de deux metaux différents le cerveau en particulier, chacun desnbsp;viscëres dont il vient detre question , et quau-cune contraction na été sensible a Iinstant denbsp;la communication des deux armatures; chacunnbsp;de ces viscëres a ensuite été armé en mêmenbsp;temps que la portion de la moelle épiniëre pla-cée au-dessus deux. Enfin il a armé simultané -ment et les nerfs que quelques-uns recoiventnbsp;de ce prolongement médullaire, et les orga-nes eux-mêmes, en sorte que Testomac et lesnbsp;nerfs de la paire-vague, la vessie et les nerfsnbsp;quelle recoit des lombaires, ont été armésnbsp;ensemble. « Or, dans presque tous les cas, ditnbsp;« Bichat, la communication des deux arma-« tures na prodult aucun effet bien marqué:nbsp;« seulement dans le dernier, jai apercu deuxnbsp;« fois un petit resserrement sur Iestomac et
-ocr page 249-SUR LE GALVANISME. 227 « sur la vessie. » 11 produisait cependaut dansnbsp;ces diverses experiences, de violentes agitations dans les muscles de Ia vie animale, quilnbsp;armait toujours du même mélal que celuinbsp;dont il se servait pour les miiscles de la vienbsp;organique, afin davoir un lerme de compa--raison.
Dans tous les cas precedents, ce sont les diverses parties du sjstême nerveux cérébralnbsp;qui ont été armées en même temps que lesnbsp;muscles organiques. Bichat a voulu galvani-ser aussi les nerfs des ganglions avec les mê-tnes muscles. La poitrine dun cliien étantou-verte, on trouve sous Ia plèvre Ie grand sjm-pathique, quil est facile darmer dun métal.nbsp;Comme, suivant Iopinion commune, ce nerfnbsp;se distribue dans tont Je bas-ventre, on pou-vait espérer en armaut dun autre métal cha-cun des viscères qui sy trouvent contenus,nbsp;et en établissanl des communications; on pou-vait, dis-je, espérer dobtenir des contractions,nbsp;a-peu-prfes comme on en produit en armaiitnbsp;Ie faisceau des nerfs lombaires et les diversnbsp;muscles de la cuisse: cependaut aucun effêtnbsp;tl a été sensible.
D après les preuves en grand nomhre
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quaUègue Bichat, page 416 de son ouvrage, pour établir que « Ie grand sympathiquenbsp;« nexiste réellement pas, et que les commu-« nications nerveuses quon a prises pour lui,nbsp;« ne sont que des accessoires au systême desnbsp;tlt; ganglions, on concoit ce défaut deffet, pareenbsp;«lt; que les ganglions intermédiaires aux orga-« nes gastriques et au tronc nerveux de lanbsp;« poitrine , ont pu arrêter les phénomènesnbsp;« galvaniques.» Qua fait Bichat? il a mis anbsp;découvert les nerfs qui portent des ganglionsnbsp;pour aller directement a 1estomac , au rectum et k la vessie , et il a galvanise par cenbsp;mojen les divers organes : aucune contraction na paru en résulter. Quelquefois un petit resserrement sest fait apercevoir; mais ilnbsp;était bien faible en comparaison de ces vlo-lentes contractions quon remarque dans lesnbsp;muscles de la vie quil appelle animale, pourvunbsp;toutefois que, dans ces experiences, on aitnbsp;grande attention de bien distinguer ce quinbsp;appartient au contact mécanique des métaux,nbsp;davec ce qui est Teffet du galvanisme.
Laténuité des nerfs, des intestins, rend plus difficile sur eux 1expérience galvanique. Maisnbsp;comme ces nerfs forment un plexus très-sen-
-ocr page 251-SUR LE GALVANISME. 229 sible autour de lartère mésentérique qiii vanbsp;avec eux se distribiier dans Ie tissu des intes-tins, on peut,en mettantcette artèreè nu, etnbsp;en ientoiirant dun métal, tandis quun autrenbsp;est placé sur un point quelconque du tube in»nbsp;testinal, galvaniser égaleraentee tube. Céttenbsp;experience na pas produit plus deffêt, et au-cun résultat bien manilèsle na été obtenu.
Tous ces essais auraient été faits sur des animaux a sang rouge et chaud : Bichat en anbsp;tenté danaloguessur des animaux a sang rougenbsp;et froid. Le cerveau et les viscères musculeuxnbsp;dunegrenouille, les mêmes viscères et la portion cervicale de Ia moelle épinière, ont éténbsp;armés en même teraps de deux métaux divers. Uien de sensible na paru a Iinstant denbsp;leur communication^ et cependant les musclesnbsp;de la vie animale étaient ordinairement ennbsp;contraction, mêtne sans êire armés , et parnbsp;le seul contact dun métal sur 1armalure dunbsp;systême nerveux. On observera que ce nanbsp;pas été faule de multiplier les points de contact sur les viscères gastriques que le succès anbsp;tnanqué : car Bichat avait soin de passer unnbsp;fil de plomb, paree que tout le tube intestinal pouvait lui servir darmature-
3 nbsp;nbsp;nbsp;16
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Quant aux nerfs qui vont directement aux fibres cbarnues des organes gastriques , ilsnbsp;sont si ténus chez la grenouille, qnil est très-difficile de les armer. II est pourtant de faitnbsp;que Ie C. Jadelot a obtenu, dans une experience quil a faite, un resserrement lent desnbsp;parois de 1estomac, en agissant directementnbsp;sur les nerfs de ce viscère. Mais Bichat fait anbsp;Ce sujet la remarque juste, que certainementnbsp;ce resserrement, analogue sans doute k ceuxnbsp;quil a souvent observés dans dautres experiences , ne peut être mis en parallèle avec lesnbsp;elFets étonnants quon obtient dans les muscles volontaires, et quil sera toujours vrai denbsp;dire, que sous Ie rapport des phénomènes gal-vaniques, comme sous tous les autres , unenbsp;énorme difference existe entre les effets quenbsp;produisent les muscles de la vie animale, etnbsp;ceux que produit la vie organique.
On aurait pti objecter a Bichat quil fal-sait ses experiences avec de simples armatures ; mais plusieurs des physiciens qui avaient donné avant lui les mêmes observations, etnbsp;qui avaient eu de pareils résultats , avaientnbsp;fait leurs experiences de la mêrae raanicre.nbsp;Au surplus ajant eu occasion de faire dautres
-ocr page 253-SUR LE GALVANISME. a5i experiences semblablesavec la pile de Volta, ilnbsp;les a faites; et voici quelle a été cette occasion.
Dans un entretien particulier sur Ie galva-nisme entre Bichat et les CC. Burdin et Moreau, il futbeaucoup question des expériences du premier sur les résultats desquelles Ienbsp;C. Moreau éleva quelques doutes , éiantnbsp;porté è croire, daprès des vues difFérentes denbsp;celles de Bichat sur les lois fondamenlalesnbsp;de la vie, que les organes quil avait soumisnbsp;a ses expériences devaient répondre è leurnbsp;manière , sur-tout si, au mojen du nou-vel appareil de Volta, on rendait lirritationnbsp;plus énergique. Bichat nétait pas heureuse-ment susceptible de prevention, sur-tout ennbsp;fait dexpériences; et comme il ne cherchaitnbsp;que la vérité dans celles quil faisait, on na-vait pas de peine a Ie determiner è les répéter, lorsquon paraissait douter des résultatsnbsp;quelles lui avaient donnés, Cest ce qui ar-riva dans loccasion dont il sagit. II consentitnbsp;è faire avec ses deux amis de nouvelles expé-riences, et des femelles de cochon-dinde nu-biles en furent les victimes *. Ils employèrentnbsp;lieu de 1ancien appareil galvanique une
* Voyez 1Histoire natuheme DE LA TEMJtE, par J. L. Moreau, ia-8 , lome. 11, pag. jzB.
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colonne de Volta composée de 6o paires de disques, et munie de deuxrubansmétalliquesnbsp;c]iïe Ton pouvait aisément conduire sur lesnbsp;dilFérentes parties de Ianitnal , préparé denbsp;maniëre que tous les viscëres du ventre et denbsp;la poitrine, ainsi que plusieurs nerfs et muscles , fussent mis a découvert. Les experiencesnbsp;ne furent commencées que lorsque les mou-veraents orageux et 1 etat de convulsion quinbsp;devaient nécessairement résulter dune operation aussi cruelle, parurent un peu calmés.
Les ovaires furent dabord excites: quoique leffluve électrique fut trës-considérable , onnbsp;nobserva aucune contraction , aucune oscillation bien sensible dans 1organe; mais nosnbsp;jeunesexpérimentateursnen furent pasmoinsnbsp;portés a croire que fimpression quéprouvaitnbsp;Tanimal était trës-vive , paree qua chaquenbsp;décharge, les parties environnantes étaient agi-téesde spasmes et de convulsions; cequi fut encore plus évident par lexcitation des trompes.
Lutérus excite demeura également oislf et silencieux en apparence; mais lexcitation pro-fonde et intestine, dont il fut tourmenté, senbsp;propageant au loin, on vit, par une suite denbsp;cette communication, les parties contractilesnbsp;plus voisines de eet organe , et même les
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muscles des membres, éprouver de violentes contractions. II laut observer que toutes lesnbsp;parties sur lesquelles on opérait, étaient dé-pourvues dépiderme; dailleurs larc excita-teur dont on se servait, ayant assez de forcenbsp;pour produiz'e immédiatement de vives irrigt;nbsp;tations, on na pas remarqué de difference biennbsp;réelle lorsque les nerfs et les organes oü ilsnbsp;se distribuent ont été armés, et lorsque, né-gligeant cette precaution , on a seulementnbsp;attaqué forgane et fait passer dans son intérieur Ie jetélectrique, dont la colonne était lanbsp;source inépuisable.
Ce qui a frappé Ie plus nos jeunes méde-cinsdans teurs expériences, ce qui a sur-tout fixé leur attention, cest Ie phénomëne quinbsp;leur a été offert par les contractions vives etnbsp;par Ie spasme presque général qvii résultaientnbsp;de lexcitement de 1utérus , et qui se mon-traient avec toutes les apparences dun accèsnbsp;dh3'stérisie. Que serait-ce done, si on inter-rogeait ce viscère dans Iétat de gestation , ^nbsp;1époque oü sa partie fibreuse et contractilenbsp;®st plus développée ? nest-il pas probable^nbsp;q'jff donnerait des preuves non équivoquesnbsp;de resserrement et de contraction ? Cest ce
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que Ie C. Moreau se propose dexaminer in-cessamment avec Ie C. Dupuytren, chef des travaux anatomiques de IEcoIe de médecine,nbsp;en opérant sur une chienne ou femelle dunnbsp;autre quadrupëde. H y a apparence que lir-ritation galvanique provoquera un avorte-ment.
Les recherches des CC. Moreau, Burdin et Bichat, se sont portées sur dautres organes,nbsp;quils ont vus égalemént répondre , suivantnbsp;leur nature, aux excitations : ils ont vu, parnbsp;exemple, dans Ie cceur Iaccélération de sesnbsp;pulsations, dans les intestins celle du mouvement vermiculaire, et dans Ie tissu cellulairenbsp;lui-même quelques points du systême séreuxnbsp;frémirjSe froncer, et donner dessignes bleunbsp;marqués de crispation. Le C. Dupuytren anbsp;observe des phénomènes analogues dans lanbsp;vessie ; et en galvanisant eet organe , aprèsnbsp;avoir introduit dans sa cavité un tube de Verre,nbsp;et lié fortement Je canal de 1 urètre, il a vunbsp;lurine sélever dans ce tube k dilïërentes hauteurs, suivant force des contractions.
Ces nouvelles experiences ont prouvé que les organes compris dans la sphere dactiviténbsp;du systême nerveux, qui parait spécialement
-ocr page 257-SUR LE GALVANISME. 255 afTecté a la vie intérieure et nutritive , ne re*nbsp;fusent pas de répondre aux excitants gal va-niques; ce que niait Bichat;qua la vérité ils nenbsp;Se contractent pas tous, paree quil nest pasnbsp;de leur nature de manifester ainsi leur vie jnbsp;mais quils sont excités a leur manière, qifilsnbsp;éprouvent par Tirritation galvanique des impressions plus OU moins vives, et révèlent parnbsp;des phénomènes non equivoques, la secoussenbsp;que leur fait éprouver Ie contact électiiquenbsp;OU galvanique. Voilaen quoi consistent tousnbsp;les travaux de Bichat sur legalvanisme. Dau-tres travaux plus urgents, des cours multiplies,nbsp;un service régulier è lHótel-Dieu, qui était Ienbsp;théatre presque unique de toutes ses observations et expériences physiologiques, enfin sanbsp;mort prématurée,rontsans douteempêché denbsp;porter plus loin ses recherches sur cette par-tie de la science.*
* Lon voit dans ce rapport qne Bichat s^est borné a faire nsage de simples armatures , et deja il aurait substitué lanbsp;pile dans ses expériences, lorsque la mort Ie ravit a la science.nbsp;Je dois remarquer que les premiers essais , a 1aide de la pile surnbsp;Ie cadavre des supplicics, ont été tentés par mei en Italië : ce quenbsp;iavais déja annoncé dans raon Essai, sans avoir connaissance desnbsp;travaux de Bichat, dont mon collègue, Ie professeur Sue, a bieanbsp;voulu donner la notice. Je ne lui saurais trop témoigner m^nbsp;reconnaissance pour avoir éclairci ce point, el bcaucoup dau-_nbsp;ires , concernaut 1Hisloire duGalvanisme. (Note dAtDlsi.),
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Dii rapport des experiences galvaniqiies faites h IEcole vétérinaire dAlfort, en deux séan?es , dnnbsp;Ifloréal, et 8 prairial an x i.
Ij ES professeurs Gauditie ayant prévenu ïa Société Galvanique dont ils sont membres ,nbsp;que 1Ecole dAliort avait k sa disposition desnbsp;animaux, et notamment des cbevaux attaquésnbsp;delamorve^ surlesquels onpourrait faire desnbsp;experiences galvaniques, Ie président Nauchenbsp;convoqua a eet effet les membres a Alfort, j eud inbsp;l5 du présent. Une grande partie des membres de la société s j rendit a midi; tous lesnbsp;appareils étaient dresses^ et bientót M. Al-dini, conjointement avec les membres desnbsp;deux Commissions des experiences et des applications médicales réunies, et les professeursnbsp;de lEcole vétérinaire, procédèrent a la sérienbsp;des experiences dont je ne dois en ce momentnbsp;que vous soumettre 1histoire, dans Ie mêraenbsp;ordre oü elles ont étéfaites, enprésence dun
-ocr page 259-SUR LE GALVANISME. 237 grand nombre de savants, damateurs étran-gers, et des élèves de 1EcoIe.
EHE
E X P.
Cinq piles de Volta, fonctionnant énergi,. quement, denviron 1000 paires de disquesnbsp;de cuivre et de zinc; MM. Aldini, Paroisse,nbsp;Mojon, Gaudine , ont donné dabord lanbsp;commotion a un chien barbet, denviron dixnbsp;b douze pouces de hauteur, en placant larcnbsp;zinc dans loreille droite, et lautre dans lanbsp;gauche : lanimalapoussédes cris trës-aigusanbsp;la première commotion, et a laché involontai-rement ses urines. A la seconde commotion,nbsp;il a Jeté des cris aussi violents, a rendu desnbsp;matiëres fécales trës-liquides; la geule a parunbsp;teinte de sang, sans cependant quil sen soitnbsp;répandu une seule goutte; il na cesssé de criernbsp;et de faire des efforts pour se soustraire a cesnbsp;essais.
I I. E X P.
Ajant été déeapité, et Ia poitrine ouverte, Ie coeur sest contracté; mais Ie galvanismenbsp;rendait les pulsations plus fiëquentes et plus
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fortes. Cette action sur Je coeur, quoique bien prononcee, nétait pas k beaucoup pres comparable a celle qui sest produite sur tout lenbsp;sjstême musculaire soumis k la volonté.
III. EXP.
La tête étant rapprochée du tronc, les deux arcs places, lun k lanus, 1autre a loreillenbsp;droite, les contractions de tous les autres or-ganes musculaires étaient étonnantes : la pu-pille sest dilatée et resserrée, les machoiresnbsp;semblaient mues comme par une forte mastication ; le mouvement péristaltique des in-testins était augmenté; les poils de la tête senbsp;sont hérissés et rendus divergents, comme il ar-'nbsp;riverait par Taction dune machine électriquenbsp;ordinaire; une grenouillepréparée, présentéenbsp;sans armature au cou du chien que Ton avaitnbsp;cessé de galvaniser , est entree en contraction.
Une jument morveuse Jouissant aupara-vant dune santé et dune vigueur extraordinaire, étant abaltue , soa pouls donnait 6q
-ocr page 261-SUR LE GALVANISME. z3g pulsations par minute : cest dans cet étatnbsp;quelle aétégalvanisée. Les deux excitateursnbsp;placés dans les deux oreilles. Ia commotionnbsp;portée sur Ie cerveau a determine des contractions épouvantables de tous les muscles :nbsp;la respiration est devenue grande, fréquentenbsp;et brujante; lanimal faisait des efforts violents pour se relever a chaque commotion.nbsp;Le pouls est devenu singuliërement accéléré,nbsp;dur, par fois inteimlttent: par seconde deuxnbsp;pulsations, ou, ce qul estlamême cbose, 120nbsp;a isS par minute; ses paupiëres obéissaient knbsp;de fréquents et grands clignottements.
V. E X P.
Lun des conducteurs placé a lanus , la respiration a paru saccélérer et devenlr plusnbsp;pénible. Les contractions des muscles abdomi-nauxontétéexaltées;rarc placé a lanus étaitnbsp;fortement repoussé, sans cependant donnernbsp;lieu a lexpulsion dematiëres fécales. Lexcita-teur de loreille, porté dans une incision ounbsp;plaie pratiquée au cou, dans la direction denbsp;la jugulaire , Ianimal a été plus agité ; lenbsp;pouls, exploré par le professeur Chaumantel,
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conservait de rirrégularité, de Ia diireté, et
de Ia frequence.
La plus grande énergie du systême musculaire a eu Iieu en transportant les arcs, lun dans les nariues, lautre dans Ia plaie a len-coluure: alors la transpiration a été subitementnbsp;augmentée a la partie interne des cuisses ; Ienbsp;pouls était prodigieuseinent accéléré. La ju-ment a été tuée par linjection de Fair dansnbsp;Ia jugulaire. Le galvanisme a été réappliquénbsp;a 1anuset dans 1oreille droite: les machoiresnbsp;se sontsur-toutouvertes et resserrées, lespau-pières étaient dune mobilité extreme.
Des soubresauts faisaient sortir la langue, inais dautres mouvements contractiles Ia for-caient de rentrer; retenue avec une certainenbsp;force, 1efFort des puissances musculaires lanbsp;retirait dans la bouche a chaque attoucbementnbsp;galvanique. Lextrémité antérieure droite en-levée, on a remarqué que la section du nerfnbsp;a déterminé une contraction de cette extré-
-ocr page 263-SUR LE GALVANISME. 241 mité seulement. Le galvanismea aussi donnénbsp;lieu a de pareilles contractions.
VIII. EXP.
La tête a été séparée du corps et placée sur une table. Les conducteurs galvaniques intro-duits dans les narines et dans Ie trou occipital,nbsp;développaient des contractions horribles : lesnbsp;yeux avaient Ie hideux convulsif. M M. Mojon,nbsp;Bonnet, et plusieurs autres membres, ont vunbsp;très-distinctement la contraction de Ja pupille.nbsp;Les oreilles, abandonnées a elles-raêmes, senbsp;penchaient en arriëre, mais se redressaientnbsp;avec vitesse, et rendaient cette tête plus ef-frayante. Les muscles buccinateurs, pyrami-daux et releveui s des naseaux , donnaient knbsp;ces organes un aspect tel , une action si dé-véloppée, quil ne manquait que le bruit pournbsp;le hennisseraent.
IX. E X P.
La tête remise en contact, les mêmes plié-nomenes que ceux décrits lorsque l animal a
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été galvanisé avant detre décapité, se sont repiésentés. La tête éloignée du corps den-viron deux et même trois pieds, 1action gal-¦yanique sest également répandue sur la têtenbsp;et sur les autres parties , comme si elles né-taient pas séparées. La tête isolée sur unenbsp;table, et éloignée denviron quatrea cinq piedsnbsp;du reste de Tanimal, na plus joui daucunenbsp;espèce de contractilité; mais lépaule droitenbsp;mise acoté de la tête, etgalvanisant les deux,nbsp;rextrémité est entree en contraction, celles denbsp;la tête nont été que faiblement excitées. Unenbsp;grenouiiJe dépouillée a la manière accoutu-tnée , suspendue et touchant successivementnbsp;( sans aucune armature métallique ) è différents points de la tête du cheval, la grenouillenbsp;a donné des contractions
X. EXP.
Un conducteur placé i lanus, 1autre au cou , les muscles de 1encoluure et ceux desnbsp;extrémités postérieures étaient ceux qui con-servaient encore au plus liaut degré la pro-priété vitale, la contractilité. Le diaphragmenbsp;galvanisé obéissait a de fréquentes et petites
-ocr page 265-SUR LE GALVANISME. 343 oscillations contract!les. La moelle épinièrenbsp;de la jument raise è découvert, les deux exci-tateurs places,lunsur la moelle et Tautresurnbsp;les organes musculaires les plus correspon-dants, nulle action ne sest manifestée ; lesnbsp;armatures reportées, 1une sur les enveloppesnbsp;de la substance médullaire, et lautre plongéenbsp;dans Ie trou cervical, Ie systême musculairenbsp;na donné aucune contraction, en sorte quilnbsp;reste a determiner si Ie sjstême médullairenbsp;ne faisait pas en cette circonstance, les fonc-tions darc conducteur, sans transmettre parnbsp;les paires-nerveuses aucune irradiation galva-nique aux organes loco-moteurs.
Le galvanisme, dirigé sur la portion musgt;-culeuse du diaphragme et è Ia colonne cer-vicale , la contraction sopérait jusque dans les muscles pectoraux et intercostaux. Dirigénbsp;sur la portion tendineuse du diaphragme, onnbsp;ne remarquait aucun mouvement. Les intes-tins grêles ont joui fort long-temps de leurnbsp;ouvement péristaltique , MM. Chabert ,nbsp;Gaudine et Bonnet, nont jamais pu le pro-
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pager dans les gros intestins, même a 1aide du stimulus galvanique : il est vrai que cenbsp;paquet intestinal nétant plus inaintenu dansnbsp;ia capacité abdominale , éprouvait des ti-raillements en obéissant a son poids.
XII. EXP.
De tous les organes musculaires , Ie coeur est Ie seul qui soit complétement demeurénbsp;impassible aux violentes commotions galva-niques, lors même quil les recevait en lar-mant dun des arcs. Le vfntricule droit, percénbsp;avec lune des extrémités du conducteur mé-tallique, il en est sorti des bulles enveloppéesnbsp;dair, formant une mousse rosacée assez sem-blable è celle du savon qui aurait été dissous etnbsp;battu dans une eau colorée en rouge. Le coeurnbsp;était flasque, molasse , dilate,et ne contenaitnbsp;presque plus de sang. Ce phénomène a éténbsp;spécialement remarqué par MM. Chabeit,nbsp;Petit-Radel, Bonnet, Gaudine , Dubourg,nbsp;Graperon, etplusieurs auCres.
XIII. E X P.
Les membres qui dirigeaient les experiences, ont invité les élèves de lEcole vétérinaire a
-ocr page 267-SUR LE GALVANISMS. MS former une chaine galvanique, composee clenbsp;quarante a cincjuante individus se tenant parnbsp;les mains humectées avec une dissolution denbsp;muriate de soucle; Iexperience pa pu reussirnbsp;quavec la precaution de se placer sur la par-tie du sol privee dhumidite. Un fait qui mérite detre note, est celui dun élève * de Ie-cole vétérinaire , agé de a3 ans , dont lesnbsp;mains étaient moins calleuses que celles denbsp;ses camarades, el qui étaient presque insensible ^ la commotion et au courant galvani-ques des cinq piles , tandis que ses camaradesnbsp;les trouvaient insupportables et poignantes.
Je passe maintenant aux expériences faites
* Pénélré de Iimportance de ce fait, jai invité cet clève a se soustraire a la longue chaine galvanique, et a formci'nbsp;un arc lui-mcme avee ses mains aux pftics opposes de Cappa^nbsp;reil. Dans cet ctat, quoique les mains fussent bien mouil-lees , il ne'prouva que de très-faibles secousses , Undisnbsp;que les aulres ne pouvaient pas résister a la force et a lanbsp;violence du courant qui les frappait. II sera bon de suivrenbsp;avec bcaucoup dattcntiou des phénomènes analogues , et denbsp;les comparer avee ecus de la bouteille de Leyde. Lou saitnbsp;quil y a des individus qui ne ressentent point ou fort peunbsp;la commotion produite par une forte décharge électrique. Itnbsp;sera utile de voir si ces mèmes individus eprouvent les mé-uies tfi'els par 1action du galvanisme : ce qui donnerait unnbsp;argument de plus pour etablic les veritables rapporU quinbsp;existent entre le pouvoir de ces deux agents.
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a Alfort dans line autre séance, tenue Ie 8 prai1 rial. La commission des experiences et desnbsp;applications medicales avait chargé MM. Al-dini, Legallois et Bonnet, de tracer un plannbsp;qui fut présenté et disculé par la Société.nbsp;M. Aldini avait été charge de présider a lanbsp;direction et a Iexactitude des expériences quenbsp;1on se proposait de faire. Lappareil, cette fois^nbsp;élait compose de i6 piles denviron 2,820 plaque métalliques, sur lequel nombre il y avaitnbsp;24odisquesde quatreacinq pouces de diamè-tre, percés au centre : il fonctionna dabordnbsp;dune manière si énergique, que les person-nes cjui, comme le secrétaire Bonnet, en re-curent la commotion involontaire , le caracte-riserent a bon droit et sans peine dappareilnbsp;formidable. Le président de la Société, plu-sieurs membres, et beaucoup dautres savants,nbsp;se rendirent a la seance ou 1on procéda atjxnbsp;expériences suivantes 1.
Je mabstieiis ici dinserer une longue .série dexpériences concevnant, léconomie animale, .luxquclles la Société se propose de donner des developpements ullérieurs, et qui sc-rout publiecs par elle-mème; je me suis borne aux fails quinbsp;sent en correspondance avec ceux déja annoncés dans inonnbsp;ouvrage. Jappellc ici 1attention des physiciens sur les expériences faites dans 1iatenlion de verifier jusquk quel point
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SUR LE GALVANISME.
XIV. E X P.
Sur une jument alezan , de six ans, très-ir-ritable, très-vive, moiveuse depuis trois ans. Pouls , avant detre abtfttue, 45 pulsations ;nbsp;abattue, 55; galvanisée, 60. M, Chaumantel,nbsp;explorant Ie pouls a la queue, reent une commotion fatigante.
Lesarcsplacésdansroreilie et danslanarine droite, la première commotion a prodigieu-sement excite lanimal: de violentes contractions, des cris aigus et plaintifs, attestaientnbsp;de vives douleurs. La seconde commotion anbsp;rendu les secousses comme convulsives; mê-mes cris douloureux et pénibles ; une hémor-ragie nasale trës-abondante a fait cesser toutenbsp;galvanisation ; Ie sang était cbassé avec force.nbsp;MM. l.egallois, Charpentier-Saintot, Gau-dine, Cbabert, les Sénateurs Porcher,La-martillière, et autres, out remarqué que lanbsp;première effusion du sang a eu lieu par la
les aiiiiïiaux sont susceptibles de soulenir Ia force *du courant gaivaiiique, et quels sont les eflets dune pareille administration. II scmble , comme vient de lobserver Ie professenr Vas-salli 5 que ie galvanisrae et réJeclricite exerceiit une aelion,nbsp;diflérente sur Ic système nerveux et musculaire.
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narine ou nétait pas Iexcitateur. On pent re-procher a cet instrument sa forme aigue, et è celui qui le dirigeait, de 1aVoir introduitnbsp;trop profondement. H eut été bon de nadmi-nistrer la commotion quapres avoir placé lesnbsp;arcs sur des parties moins irritables de Fani-mal, attendu sa grande sensibilité.
La jument déliéesest brusqueinent relevee, elle a été conduite a Fécurie. Le trainde derrière obéissait mal a la volonté; on eüt ditnbsp;quun fardeau outre mesure, ou quun effortnbsp;considerable, avaientengourdi les organes loco-moteurs. Quant a 1hémorragie qui sest ma-nifestée, nous nous bornerons a rappeler quenbsp;la jument était morveuse des deux cbtés; quenbsp;conséquemment la membrane pituitaire étaitnbsp;malade,ulcérée, en partie détruite; que pro-bablement les membranes des nombreux vais-seaux sanguins qui la tapissent, dcvaient êtrenbsp;amincies et corrodées dans plusieurs points :nbsp;desorte quil serait difficile daffirmer si rettenbsp;hémorragie nauiait pas en beu tut ou tard ,nbsp;au moinrlre effort de Fanimal. Le Sénateurnbsp;Aboville a rappelé que les chevaux attaquésnbsp;de la morve étaient sujets a de fréquentesnbsp;hémorr.vgies pendant la troisième période de
-ocr page 271-SUR LE GALVANISME. ?49 ia mal-aclie; cjue Ia jument suumise a lexpé-Hence était a la quatrième période, et nennbsp;avait pas encore eu avant 1adniinistration denbsp;ce violent stimulant.
Dapiès lobservation et Ie rapport des pro-fesseurs dAlfort, Ihémorragie a Fourni du sang assezabondamment pendant deux heures : ellenbsp;sest renouyelée pendant la nuit et Ie lende-main de Texpérience, au point de débiliternbsp;beaxicoup Ia jument. La raarcbe de la mala-die a été accélérée, et, au bout de deux ounbsp;trois jours, les ulcères de la membrane nasalenbsp;ont paru faire des piogrès étonnants, et Ienbsp;pus prendre un earaclere ichoreux.
LelFet de la commotion galvanique peut être compare ou assimilé en quelque sortenbsp;a celui dun exercice violent, qui, en aug-mentant la circulation, poi te, dans Ie mêmenbsp;temps et avec plus dimpétuosité, une plusnbsp;grande quantité de sang a la tête, ainsi quenbsp;dans tout Ie reste du corps, et determine parnbsp;fois la rupture de certains vaisseaux frappésnbsp;de quelque vice dorganisation , ou amincisnbsp;par Ie voisinage et Ie contact de quelque or-'nbsp;gane en suppuration.
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Un cheval liongre, de i8 ans, hors de service , abandonné; après avoir été abatlu , Ie pouls donnait par minute 36 pulsations;nbsp;galvanise , 58. Les arcs introduits dans lanbsp;narine et Ioreille bien mouillées, les muscles nont pas a beaucoup prés été aussi ir-ritables cpie ceux de la jument; les Hécbisseursnbsp;Iemportaient sur les extenseurs; Ieau du muriate ammoniacal, quon avail versée dans lanbsp;narine , a été expulsée avec force a la cin-quieme commotion. Les jeux nont cessé dê-tre convulsifs ; la transpiration était abon-dante, tout le corps humide, la respirationnbsp;difficile et élevée.
Les narines et la bouche ajant été tampo-nees, Ianimal na été suffoqué qua la dix-hui-tibme minute. Une bougie allumée, présentée aux naseaux sans galvaniser, nul mouvementnbsp;oscillatoire de la fiamme ne sest manifesté ;nbsp;mais, galvanisé, la flamme de la bougie a été
-ocr page 273-SUR LE GALVANISME. zSi vivemeot agitée a chaque commotion. Lex-périence'ne paraissant pas encore concluante;nbsp;Ia trachée-artère a été disséquée, et une lamenbsp;circulaire antérieure des cartilages, de la lar-geur dun demi-pouce environ, étant enlevée.nbsp;Ia bougie a été éteinte a cbaque contact dunbsp;conducteur. La flamme était dirigée en dedans, et nétait cependant soufflée jusqua extinction qiie lorsquellesedirigeait en dehors;nbsp;en sorte que linspiration navait que peu dac-tion sur la flamme, et Texpiration, détermi-née par les secousses g-alvaniques, éteignaitnbsp;la bougie presque a cbaque attoucliement gal-vanique. M. Aldini proposa de substituer a lanbsp;bougie allumée un pendule compose dun fi!nbsp;soutenant un petit disque de papier; les oscil.nbsp;lations eurent lieu cornme dans les fentativesnbsp;faites avec la flamme. La trachée-artère , en-tièrement coupée de devant en arrière , anbsp;donné les mêmes résultats : ils autorisent anbsp;penser que Ie galvanisme, portant son actionnbsp;sur Ie diapbragme, augmente et diminiie lanbsp;capacité thorachique, puisque lair y entre etnbsp;en est chassé par linspiration et 1expiration.nbsp;I^e-la on peut présumer que Ie galvanismepeutnbsp;ctre de quelque secours dans les as{)liyxies..
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Les deux cavités thorachiques et abdomi-nales ouvertes , les muscles dorsaux et tris-planchniques armés, et successivement Ie dia-phragme et les nerfs, les contractions de tous ces muscles nont pas été douteuses ; mais sinbsp;les armatures étaient placées sur Ie nerf seu-lement , de manière a être trës-rapprochées,nbsp;OU presquen contact, Ie nerf étant éloignénbsp;des muscles, il ny avait pas de contraction.nbsp;Le nerf diaphragraatique isolé ou éloignénbsp;comme ci-dessus, a deux ou trois pouces denbsp;son insertion , soit qqe les deux excitateursnbsp;reposent sur lui , soit que lun soit placé surnbsp;le nerf et Fautre sur lediapliragme, des mou-vements de vibration, plutot que de fortesnbsp;contractions, ont eu constamment Ueu sansnbsp;une différence notable daction.
XVIII. E X P.
Le nerf phrénique fortement llé na pu ero-pêcher la communication ni les contractions diaphragmatiques: ce qui semble établir une
-ocr page 275-SUR LE GALVANISME. 253 dissimilitude entre Ie principe galvaniqueet Ienbsp;principe nerveux, puisque la ligatureempêchenbsp;la circulation du dernier, et noppose aucunnbsp;obstacle ^ celle de lautre
X I X. E X P.
Les deux chevaux décapités, les têtes ont été rapprochées : celle récemment séparée anbsp;donné un spectacle plus efFrayant et plus hi-deux que lautre : lesyeiix roulants clans leurnbsp;orbite ^ les oreilles se reclressant , les na-seaux se dllatant , les machoires sécartant ,nbsp;se serrant, et frappant , comme si 1animalnbsp;eüt eu encore ses fonctions diverses a rem-plir. Lautre tête ne partageait que faiblementnbsp;cette Influence, qui, dans des temps de barbaric et dignorance, eüt peut-être enfanténbsp;une foule de préjugés sinistres et funestes.
XX. E X P.
La tête distante du troncde plusieui's pieds,^ faction galvanique sest cgalement répancluenbsp;sur tout Ie systême musculaire , comme silnbsp;correspondait et appartenait toujours a un
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centre vivifiant et commun. La tête, éloignée autant que les localites le permettaient, etnbsp;enfin portee a 33 pas clu tronc , les mêmesnbsp;phénomènes ont eu egalement lieu. A quellenbsp;distance le galvanisme aurait-il cesse déten-dre sa puis.sance sur le tronc et la tête ? Lenbsp;professeur Aldini resta le jour suivant è Al-fort pour examiner ce point, en faisant ennbsp;grand cles experiences sur la propagation dunbsp;galvanisme dans les eaux de la Marne : 11 ennbsp;publiera sans doute les details.
Nous ne saurions terminer ce rapport sans rappeler ici le zele et lintérêt que M. Cha-bert, directeur de 1Ecole vétérinaire dAlfort,nbsp;et tons les Professeurs, out apporté a secondernbsp;les vues de la Société.
Les deux séances furent levées a trois heu-res pour se rendre a un banquet 1'raternel. Le savoir et les lumiëres dirigèrent les recherches expérimentales; mais Ja gaieté etnbsp;lesprit présidèrent au repas.
Ces deux réunions a-Ia-fois instructives et amicales font sentir de plus en plus la né-cessité détablir de fréquentes communications parmi les savants qui composent cctte
-ocr page 277-SUR LE GALVANISME. 255 Société. La science j trouvera son avantage,nbsp;et les membres leur délassement et leur satisfaction.
Paris, i5 germinal, an xi.
Les phenomènes dc la ligature des nerfs ont ële considered parGalvani et par moi, jusqiia 1époque de 1792 , conime unenbsp;des plus grandes dii'ficultés contreles principes de léleclricilénbsp;animale qui avaient été établis. Jai soutenu de fortes disputes a eet égard dans iamphitbéatre anatomique de TUni-versilc de Bologne, et Ton est convenu que quoique cette diffi-culté en apparence ait beaucoup de poids , elle ne peutnbsp;ïiéanmoins reuverser la théorie de Galvani. Jinvite en consequence ceux qui croient inexplicables les phéiiomènes de lanbsp;ligature 5 a vouloir bien..consultor ia théorie de la circulation dc Félectricité animale développée par Galvani méinenbsp;dans son dernier ouvrage adc:essé a Spallanzani, et aussi mesnbsp;notes sur ce point, jointes a sob premier Mémoire. (Note denbsp;l'anteur a Texp. XTIII, pag. 252. )
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DEM. FERRY,
srofmsseur de physique et de chimie,
ADRESSÉE
AÜ PROFESSEÜR ALDINI.
V
¦ Paris, ce 2g prairial an XI.
Vo u s mavez demande, monsieur, le precis de Iopiiiion que jai emise dans un discoursnbsp;que jai prononce dans une Société savantenbsp;de Paris, pendant que vous etiez en Angle-terre.sur cede question : Est-ilpermis, pournbsp;faire aoancer le galpanisme, et pour jeternbsp;un plus grand jour sur la vérltable théorienbsp;qiii doit le régir, de faire des expériencesnbsp;sur les membres des indioidus cjui ont mérité la mort por leurs forfaits , et tjue lanbsp;loi a frappés , et dj exciter des contractions et des mouoements conoulsifs ? lenbsp;voici.
-ocr page 279-SUR LE GALVANISME. aSy Jai avancé alors (et je Ie soutiendrai tou-]ours) , que , dans Ie doute ou 1on est que lanbsp;sensibilitésoit eteinte dans ces individus, tan-dis quils peuvent donnet encore des marquesnbsp;de vilaüté par Ie niojen du galvanisme , onnbsp;doit sabstenirde semblables experiences , quenbsp;jai représentées comme injustes et immo-rales , paree quelles peuvent prolonger Ienbsp;supplice de ces malheureux. « Rendons ce-« pendant justice , me suis-je écrié dans cenbsp;«discours, aux savants qui ont fait de pa-«reiiles recherches; ils ne se sont livrés a leurnbsp;«zèle que paree qiRils nont point fait lesnbsp;« reflexions que je viens de faire; et de cenbsp;« défaut de réflexions il est résulté des vé-«rités importantes qui resteront. Mais au-«jourdhui que je viens de proclaraer a eetnbsp;«égard Ia vérité, de nouveaux succes clansnbsp;«ce genre seraient des tbrts 'que lamournbsp;« des sciences ne saurait faire excuser. » Aunbsp;reste, jai offert a ceux qui veulent fairenbsp;avancer Ie galvanisme sous ce rapport, lanbsp;classe des quadrupèdes, dont 1organisation anbsp;tant de rapports avec la notre , comme pou-vant les faire parvenir a leurlntt.
Je pense quon ne répétera plus ce quon
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a déja dit, quen mélevant centre les experiences quon a faites, et centre celles quon voudrait faire encore sur les cadavresnbsp;des individus supplicies, je bands Jes operations anatomiejues dans lesquelles on taille etnbsp;on divise bien davantage Jes chairs ; ce quinbsp;doit , a-t-on dit, occasionner a 1individu denbsp;plusgrandes soufffances, selon uies principes.
Ceux qui out pretendu cela , nont point réfléchi quil y a une grande difference en-tre les cadavres sur lesquels 1on fait ordi-nairenaent Jes dissections anatomiques, etnbsp;ceux que 1on destine aux operations du gal-vanisme. Les premiers sont ceux de personnesnbsp;qui ont succombea des maladies clout la longueur ou la violence soutenue pendant c|uel-ques jours, a detruit presque toute leur vi-talite, et qui certainement se trouve éteintenbsp;après Ie délai legal de 2,4- beures. Les secondsnbsp;appartenaient a des hommes sont mortsnbsp;de Ia manière la plus violente; et cest pareenbsp;que la vitalité, bien loin detre éteinte ennbsp;eux ^ y est au contraire presque tout en-tière, quon en fait les sujets du galvanisme.nbsp;Ce que je dis des cadavres de ces individus,nbsp;fj//i peiHenc avoir encore de la sensihilité ,
-ocr page 281-SUR LE GALVANISME. aSg ne peut nullement sappliquer a ceux desnbsp;personnes qui sontmortes de malaclie.
En mopposant aux experiences que la cu-iiosité OU Ie desir davancer la science , vou-drait faire sur les cadavres des individus sup-pliciés, je nai point prétendu quil fut tou-jours illégitime den faire sur des individus c|ui sont dans un état de mort apparente.nbsp;Lorsquun homme a cessé subitement de vi-vre par asphjxie ou autrement, et quon anbsp;employe tous les mojens connus pour Ienbsp;rappeler a la vie , rien nempêche quon nenbsp;puisse mettre a nu quelques-uns de ses nerfsnbsp;et de ses muscles, et faire sur lui les opéra-tion galvaniques : que dis-je! la raison etnbsp;rhumanité Ie cotnmandeut. (Je mepermelsnbsp;de supprimer (juehjues lignes contenant desnbsp;expressions rrop flat/euses que je dois a Va-mitié de 1auteur.) *
Salut, amitié, et très-liaute consideration,
G. B. T. F E R K Y,
* Je Irouve asscz prudcntes les reflexions de 1aulcur sur ladminlstration dn galvanisme dans les cadavres des suppli-ciés ; inais je tiens toujours quil y a beaucoiip de points ennbsp;pfljsiologic aéclaireir, que 1on ne saiiralt trop decider sansnbsp;iaire usage du galvanisme en pareilles circonstances ; je croisnbsp;meme que ces essais pourront mellre en etat demplo^ er avecnbsp;beaucoup plus de succes les secours de eet agent dans lesnbsp;cas de mort apparente.
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Atlressée au professeur Aldini, par GaüDINE jeuue, professeur vétérinaire a Alfort.
Le i3 messiclor an xi, Ie maire dAlfort me fit appeler pour galvaniser un jeune Iiommenbsp;quon venait de retirer du courant de lanbsp;Marne, oü quatre clievaux quil conduisaitnbsp;a Iabreuvoir lavaient entrainé.
Les renseignements qui me fiurent donnés prouvaient que le malheureux jeune hommenbsp;navait été retire de leau quune demi - lieurenbsp;et même trois quarts dlieure après son immersion ; depuis une fieure on lui prodiguaitnbsp;en vain tous les secours de lart, les frictions ,nbsp;les fumigations, 1insufïlation, même on avaitnbsp;fait 1ouverture de plusieurs vaisseaux vei-neux.Descontusionsprofondes, des échimosesnbsp;étendues sur la tête, et dans les autres regionsnbsp;du corps,semblaient annoncer que leraalheu-reux était mort plutót des coups quii avait
-ocr page 283-SUR LE GALVANISME. 261 iquot;ecus des quatre chevaiix fixes les ims auxnbsp;Sutres, que des suites de Timmersion ; toutnbsp;annoacaitenfia quil ne restait plus despoir denbsp;Ie rappeler a Ia vie.
Je soumis a laction galvanique ce cadavre deux Iieures aprèssa submersion, plutót pournbsp;expérimenter, que dans lespoir de produirenbsp;un effet avantageux. üne pile composée denbsp;soixante paires de disques de zineet de cui-vre, fut disposée avec la precipitation que Ianbsp;füule et les circonstances d'un tel accident nenbsp;manquent pas d'occasionner : faible par Ienbsp;nombre de disques et par son mode darran-gement, elle fut placée sur un isoloir presnbsp;de la tête du cadavre étendu sur un mate-las; un conducteur métallique partant denbsp;la base de la pile, fut fixe sous Iaisselle gau-clie ; un autre fil placé dans la narine dunbsp;même cote , venait former fare k la partienbsp;supérieure de ia pile. A chaque attouchementnbsp;les muscles des paupieres, des levres, de lanbsp;face, éprouvèrent des contractions sensibles,nbsp;le bras gauche opéra des mouvements de retraction faciles a distinguer; cependant lenbsp;rcste du corps parut ne point partager cette
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action contractile; je changeai alors la disposition de Iappareil ; Je conducteur partant de la base de la pile, fut placé dans Ianus ,nbsp;et Iautre introcluit dans le lajynx : au premier attouchement tous les nmscles de lanbsp;face se contracterent, et deux jets dun liquidenbsp;écumeux sorti des naiines , me prouverentnbsp;que le diaplnagme avait participé a cettenbsp;action ; Ianus permit egalement la sortie deSnbsp;malières fécales contenues dans le rectum. Jenbsp;répétai cés attouchements, toujours accom-pagnes des memes pliénomènes; mais Iactionnbsp;decroissante de la pile , et linutilité de cesnbsp;essais pour ranimer un cadavre, me cleter-minèrent a ne paspousser plus loin cette ex-périence.
Appujé de 1opinion du professeur Aldini, ne mest-il pas permis dé croire que 1agentnbsp;galvanique serait le moyen le plus puissantnbsp;pour rendre a la vie les noyés retires de Ieaunbsp;a temps, et que les soins ordinaires ne peu-vent ranimer ? Ne peut-on pas le considerernbsp;dans ce cas comme le maximum des effortsnbsp;de Tart? Cette question est importante anbsp;résüudre; elle ne peut manquer de fixer
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OF SIR CHRISTOPHER PEGG,
PE.OFESSOK. OF ANATOMY,
Upon some esperiments of professor Aldini^ on galvanism lately repealed at the University ofnbsp;Oxford.
Oxford , 20 december 1802.
Sir,
Y have had the satisfaction of publickly exhibiting at my lectures the curious experiments on the effects of the galvanic fluid, which you were so good as to display, whennbsp;you honoured me with a visit in Oxford.
The effects were very striking when the metalic arc was conveyed thro the mediumnbsp;of the pile, which was made with eightynbsp;pieces of zinc, and as many of copper.
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The convulsions ot' the animal were very strong even when the head was removed adnbsp;short distance from the Body provided thenbsp;intervening surface of the table was moistendnbsp;with salt and vvater.
Y next tried your interesting experiments when the arc was wholely animal by introducing a finger of my left hand into the thecanbsp;vertebralis of a dog, and of a rabbit so as tonbsp;touch the spinal marow, and holding in mynbsp;right hand a frog prepared accordinly to yournbsp;own directions brought in contact with thenbsp;inside of the thorax of the animal so thatnbsp;the section of the spine of the frog wherenbsp;the nerves go off the lower extremities shouldnbsp;touch the side of the thorax, when the muscles of the thigh and leg of the frog werenbsp;sensibly convulsed. Care had previously beennbsp;taken to moisten my own hands, etc. with anbsp;strong solution of common salt.
We then tried to affect the heart of the animal both in and out of the body by meansnbsp;of the pile; and, i must confess it appearednbsp;obedient to the same power tbb in a verynbsp;slight degre, and we were all sensible ofnbsp;the movements of the heart and especialy of
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the right auricle, the instrument having been
brought in contact with the right ventricle.
Doctor Bancroft, M. Price and several of ray friends tried the effects of passing thenbsp;fluid thro flame : there was none producednbsp;when the flame was touched; but when anbsp;metallic instrument was passed thro thenbsp;flame so as to touch the spirit of wine ornbsp;the silver sjl^on in which it was burning andnbsp;which was placed at the top of the pile , thenbsp;shock was then as considerable as usual.
y have the honour to be with great respect.
Sir,
Your most obedient servant.
Christopher Pegg,
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PROPESSEUR DB LUNITERSITÉ DE BOLOGNE,
Au professeiir VA SS A L L [-E A N D [ de Turin.
Paris, 28 thermidor an xi.
Aotre lettre du 17 floréal an Xi, vientden-richir la théorie du galvanisme dexpériences fort intéressantes. Je fais mention dans mon on-vrage de la propriété que je vous coinmuni-quai avant de passer en France; savoir, que Ienbsp;galvanisme emporte avec lui des parties desnbsp;corps oü il se développe, ou par lesquelsnbsp;il passe : je suis bien aise dappiendre vosnbsp;belles découvertes faites sur ce sujet avec Ienbsp;célèbre chimiste Giobert. Je répète a présent avec du fil de platine, les essais coin-mencés en Italië, a l'aide de fils de cuivienbsp;argenté, et je ne doute pas que lusage denbsp;ce métal ne donne des résultats plus sa-lisfaisants ; car, si les oxides des métauxnbsp;employés dans la pile sent transportés h
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differents points de Fare de platine, 1on ne pourra pas attribuer i'i Faction du galvanismenbsp;sur la platine les oxides étrangers que Tonnbsp;trouve è sa surface.
Ce résultat acquiert encore plus dimpor-tance lorsque nous considérons la simple action du galvanisme animal ; car, si Ie galva-nisme,en passant dusystême des nerfs a celui des muscles, emporte avec lui des substances animales dans les differents organes oü il agit, Ton pouira un jour dévelojjper ,nbsp;en physiologic, bien des pliénomènes quinbsp;nont recu jusqua présent que des explications hypothétiques. J1 est encore a remar-querque Ie courant galvaniqne, qiii, au commencement , semble nopérer aucun changement sur les fluitles animaux, vient dy manifester sou action dune raanière étonnantenbsp;par son influence continuée et répétée pournbsp;mi temps donné. Ainsi une force galvanique,nbsp;quoique faible en apparence par elle-roême,nbsp;produit néanraoins de grands efFets, en rai-.son du temps quelle exerce son pouvoir surnbsp;les substances soumises a son action. Lon nenbsp;ne doit pas, a mon avis, comparer ces efFetsnbsp;a ceux dune .simple é!ectri.sation, et Eon ne
-ocr page 291-SUB LE GALVANISME. 269 pent pas même les produire avec Ie courantnbsp;(lune bouteille électrisée.
Quil me soit maintenant permis de vous informer, ainsi que vos collègues, dedifFérentssu-jetsconcernant létat actuel de la science du gal-vanisme ; je tacherai de choisir ceux qui pour-ront plusdirectement intéresse!vos recherches-Lappareil de M. Allizeau, dont particuliè-reraent vous me demandez la description, consiste en disques de cuivre et zinc soudésnbsp;ensemble , et sertis dans leur contour avecnbsp;un anneau plat de métal couvert dun vernis. A Ia partie supérieure de chaque couplenbsp;est mastiqué un anneau de faience ou denbsp;porcelaine, dont la cavité recoit du sel com-mun OU muriate de soude , quon na pasnbsp;réduit en poudre fine. Ce sel est huraecténbsp;de manière que Ieau remplisse enlièrementnbsp;les intervalles de ses cristaux. La cavité denbsp;1anneau est tellement remplie, que ia surface inférieuie de létage qui repose immé-diatement sur lui , qui par conséquent ré-pond au coté cuivre de eet étage, est, dansnbsp;tons ses points, en contact avec Je sel .solidenbsp;l'eau interposée, et que fair ninterromptnbsp;point ce contact, autant quil est possible.Le
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muriate tie somle et 1eau ayant peu daction sur le cuivre sans le concours de Pair, etnbsp;Ianneau de porcelaine bien dressé fermantnbsp;assez exactement Iacces de I-air environnant,nbsp;son action sur la surface des disques et Ioxi-dation qui en est 1 effel, sont reduits a très-peu de chose. II nen est pas de même lots-que rintermédiaire est forme deau pure ounbsp;dune dissolution liquide , ou de muriatenbsp;dammoniaque, ainsi que M. Allizeau sennbsp;est convaincu dans des tentatives antérieures.nbsp;II a egalement observé que le muriate denbsp;soude en poudre tres-fine ne reussissait pasnbsp;è cet égard autant que le sel qui est en cris-taux: cest dans cet état quest ordinairementnbsp;le sel de cuisine. Le reste de Iappareil nenbsp;différe point des appareils ordinaires.
Lescommissaires de Ilnstitut National ont mis en comparaison cet apparell avec unenbsp;pde ordinaire composee de quarante COUpIeSnbsp;semblables, et a-peu-pres de même diamètre.nbsp;Les efïets de Tune et de 1autre pile compares étaient sensibiement égaux, avec la difference que son action était beaucoup plusnbsp;durable, et que les plaques, en parite denbsp;eirconstances 5 étaient moius oxidccs que dans
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SUR LE GALVANISME. les appareils ordinaires. Ils ont observe Iac-tioQ de eet appareil josqua cinqiiante-troisnbsp;jours; mais, a Ja force quil avait aJors, il an-noncait assez quil aurait pu fonctionner encore davantage. Quand Iappai'eil commencenbsp;a safïaiblir , 1on peut faire reparaitre sonnbsp;énergie en 1liumectant avec de 1eau pure.nbsp;Vous trouverez dans cette construction beau-coup danalogie avec dautres appareils imagines par mol, et décritsdans mon ouvrage.nbsp;M. Allizeau faisant differents essais sur sanbsp;pile, apercut quil était possible dy mettrenbsp;jjlus de simplicité, et il fut conduit a proposer, sur les mêmes principes, un autre appareil composé de couples zinc et cuivre, fon-*nbsp;dus ensemble en forme de calottes concavesnbsp;du cüté supérieur , et convexes du cóté inférieur. On les remplit de sel solide humecténbsp;deau ; et ainsi disposés , 1on concoit quenbsp;Ie contact doit être aussi complet quonnbsp;peut Ie desirer, et que Fair extérieur na dac*nbsp;ces que sur les bords^ dans les points sensible-ment élevés au-dessus du niveau de 1impres-sion formée dans Ie sel par Ia partie convexenbsp;de Ia calotte supérieure a cliaque étage. Cettenbsp;pile comparée a 1autre, a sensiblement les
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mêmes avantages ; on en répare lhumidité avec encore plus de facilité, et sa construction est * beaucoup moins coüteuse.
Si les hornes dune lettre Ie permettaient, fe passerais volontiers a des détails intéressants , concernant Ja construction des appa-reils galvaniques. La conversation de beaucoup de savants nationaux et étrangers quenbsp;Ton rencontre dans de grandes villes, tellesnbsp;que Paris et Londres, ma fourni beaucoupnbsp;de lumières a eet égard ; jai admiré Ie superbe appareil de M. Pepys, qui a bien voulunbsp;meprêterson assistance dans les experiencesnbsp;faites a ramphithéatre anatomique de Tbo-¦pital Guy et St.-Thomas de Londres. Son appareil est compose de deux grandes cuvesnbsp;galvaniques tournant sur des pivots, et metnbsp;dune manière étonnante tous les métauxnbsp;en combustion. II y a un double entonnoirnbsp;trës-ingénieux pour remplir a-la-fois plusieursnbsp;cellulesdeces cuves. A cette occasion jai vunbsp;dans son laboratoire une pompe pneumatique
^ M. AUizeau a bien votiln me perniettre lt;le voiis donner ces notices originales , Lelies quelles sont iascrées dans Ieatha ixnbsp;du Rapport de Ia classe des Sciences physiques cl lualhchnaliqviesnbsp;de 1Institut national j du 8 messidor an XI.
-ocr page 295-SUR LE GALVANISME. 275 en ader, dune construction entièrement nouvelle , dont il rendra bientót compte lui-inême au public. Jai appris que Ton a cons-truit aussi de grands appareils galvaniquesnbsp;en Russie, et que lEmpereur, protecteur etnbsp;ami très-distingué des sciences et des arts, favo-rise particuliëreinent les progrès de cette dé-couverte. Jattends des détails sur plusieurs experiences faites par les pbysiciens du Nord,nbsp;lesquelles seront insérées dans mon Histoirenbsp;du Galvanisme.
Lon a dernièrement substitué k la dissolution du muriate de soude des draps trempés dans de la bile, et lon massure que 1action denbsp;la pile est très-forte. Je pense quen formantnbsp;plusieurs piles avec des draps imbibes de différents fluides animaux, lon pourrait, toutesnbsp;choses égales, juger de leur conductibilité, etnbsp;de Faction du galvanisme sur eux. Jai commence quelques essais dans ce genre avecnbsp;lappareil de couronne a tasses remplies denbsp;divers fluïdes animaux. M. Dumotiez ma observe quil est bon de préférer, dans la construction de la pile, les draps blancs a ceux denbsp;toute autre couleur ; il trouve que 1oxida-tion des plaques est moindre ; ce qui est uu
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avantage k considerer. M. Fortior ma montre tine méthode demboiter les plaques de zincnbsp;avec celles de cuivre , de manière qull nestnbsp;pas nécessaire de les souder ensemble, afinnbsp;d eviter 1oxidation des surfaces qui sont ennbsp;contact. Jai vu chez M. Robertson une pilenbsp;formée de pieces dargent, d'oxide noir et denbsp;manganëse, et chez M. Craperon un appa-reil ingénieux dont il se serf pour faire passer le courant galvanique a travers différents fluides animaux, sans que les arcs mé-talliques soient en contact avec eux.
Lon cultive encore avec beaucoup de zele le galvanisme en Amérique. M. Priestley *nbsp;jette de grands doutes sur la décompositionnbsp;de Ieau , et il croit avoir trouvé dans le gaUnbsp;vanisme des preuves pour appuyer son ini-mitié déja connue contre les fondements denbsp;la nouvelle cbiniie. Mais sa principale observation de Ihuile placee a la surface de 1eau,nbsp;qui empeche selon lui le développementnbsp;des fluidesaeriformes, nest pas encore asseznbsp;constatée: dailleurs,' les tentativesf'aites a cet
* Observations sur la colonne de Volta, par M. Prieslley. Annalen der physik von Gillicrt, an. 1802 ,
SUR LE GALVANISME. 275 égard a Berlin et en Allemagne, ou Ton soc-cupe du galvanisme avec Ie plus grand succes, prouvent Ie contraire.
Le due de Saxe Golha vient de faire cons-truire une grande pile composée de six cent couples de cuivre et de zinc. Le prince denbsp;Ia Tour-Taxis sest procuré uu appareil gal-vanique dune grande énergie, dans 1intentionnbsp;de soulager Iliumanite souffiante. II est dé-dié a Esculape, et en forme de temple , dontnbsp;six colonnes qui le soutiennent sont les pilesnbsp;mêmes. Cette grande balterie galvanique estnbsp;exposée dans un appartement de la residencenbsp;du prince, oü tous les savants nationaux etnbsp;étrangers ont un llbre accës pour faire desnbsp;essais , sous la direction de M. Winkler, raé-decin de la cour, et de M. Gérolt, profes-seur de chirurgie ; 1on tient un journal denbsp;toutes les expériences reniarquables, et desnbsp;phénomënes qui accompagnent Tadministra-tion du galvanisme.
M. Veber fait mention dun accident singulier qui mérite d'etre rapporté ici. Le prince devint sourd de 1oreille droite; il ynbsp;avail déja environ un mois quil était alfecténbsp;de cette maladie : foreille fut galyanisée, et,
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après une courte administration , elle fut en-tièrement rétablie. Ainsi ce Prince, ami de riiumanite, après avoir forme cette belle institution , dans Iintention de guerir les autres,nbsp;a joui le premier des fruits de sa philanthro-pie, et sest tiouvé recompense de sa noble entreprise.
Parmi les savants qui se sont distingues en Allemagne, Ion doit nommer M. Ritternbsp;pour Timportance et la multipbcité de scsnbsp;travaux : jespère que vous voudrez bien menbsp;permettre de vous en rendre compte, puis-quiis sont entièrement lies a vos recherches et aux miennes.
Suivant M. Ritter, Taction du pole positif de la pile dispose les metaux a se combinernbsp;avec Thydrogene. Si Ton arme le pole positifnbsp;dune feuille dor battue, et le négatif dunnbsp;morceau de charbon , lorsquon etablit la com*nbsp;inunication entre ces substances, la feuillenbsp;dor brule avec une lumiere éclatante, et lenbsp;charbon reste intact ; mais si Ton place lenbsp;charbon du cote positif, et Tor du cote négatif, cest le charbon qui brule , et Tor senbsp;fond. Le contact du pole négatif sur la sur-
* Veber, JoitrnAI- DU GalvAjSISMë, vol, I. Lalidsiiaul, iBois.
-ocr page 299-SUR LE GALVANISME. 277 face brillante du mercure laisse une tracenbsp;differente de celle que produit Ie pole posltif.
M. Ritter prétend aussi que tous les effeis de la pile sur Ie corps animal se rédiiisent knbsp;des expansions et a des contractions. Toutesnbsp;. les parties du corps humain prennent iin plusnbsp;grand volume au contact du pöle positif;nbsp;elies se resserrent par Ie contact du pole né-gatif: par exemple, Iaction du pöle positifnbsp;sur la languey produit, au bout de quelquesnbsp;minutes, une légere élévatlon ; au lieu quenbsp;Ie pöle ny produit quun petit enfoncement.nbsp;Si une même personne touche les deux polesnbsp;avec les deux mains mouillées, Ie pouls sac-croit dintensité dans Ia main qui est en contact av^ Ie pöle positif; il diminue de forcenbsp;dans fautre : Ie nombre de ses battemèntsnbsp;reste toujours Ie même. Lextension produitenbsp;de cette manlère dans les organes est suivienbsp;dune sensation de chaleur, et Ie resserrementnbsp;dune sensation de froid. Loeil en communication avec Ie pöle positif voit les objets rouges, plus grands et plus distincts; en contactnbsp;®vec Ie pöle négatif, il les voit bleus, plusnbsp;petits et plus confus. La langue recoit dunbsp;pöle positif Ie goüt aclde; du négatif Ie gout
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alkalin; les oreilles étant en contact avec le
premier, tons les sons semblent pliisbas; avec
le second ils semblent plus hauts. En general
les deux poles de la pile produisent des elfets
opposes.
Je ne pourrais pas parcourir dans une let; tre les nombreux travaux des pbjsiciens dAl-lemagnejdontjai recu dernierement a Parisnbsp;plus de vingt ouvrages ; je me propose dennbsp;developper les notions principales dans monnbsp;Histoire du Galyanisme. En attendant vousnbsp;pourrez consulter vous-meme ces notices pré-cieuses rassemblees dans les productions denbsp;Ritter, Veber , Augustin, Reinhold, publiéesnbsp;cette année a Berlin, Leipsick, Jena, etnbsp;Landshut; vous y trouverez toujours adoptenbsp;le nom de galyanisme. Je crois bien que Tonnbsp;ne pourra pas me reprocber de men êtrenbsp;constamment seryi dans mon Ouvrage , aunbsp;lieu d j substiiuer celui délectricité animale,nbsp;OU simplement délectricité. Sans entrer dansnbsp;les raisons qui pourraient appuyer la nomenclature adoptée, jobserverai quellene vientnbsp;pas des physiciens dItalie, mais quelle anbsp;été créée et conservée jusqua présent parnbsp;loutes les Académies de 1Europe , et que par
-ocr page 301-SUR LE GALVANISME. 379 conséquent 1on nest pas autorisé, sans desnbsp;arguments ultérieurs , k enlever a une dé-couverte Ie nom du génie qui ?a faite. Aunbsp;reste je ne tiens pas aux mots; quel quenbsp;soit 1expression que lon préfere, mon ou-Vrage, quant au fond, sera toujoursie niêmenbsp;aux yeux des vrais philosophes et de tous ceuxnbsp;qui se rappelleront avec Tullius : non vtr-horum opijictm, sed rerum inquisitorem,nbsp;deceits se philos ophum.
Jai lbonneur dc vous témoigner ,
' iEsticae et amitié^
A L D I N I.
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De quelques experiences galraniques sur Ie platine, ADREssÉ A S. E. LE Chevalier Nicolasnbsp;AzziARA , Ambassadeur dEspagne présnbsp;LA Répüblique francaise.
L A difEculté de substituer Ie platine aux différents métaux qui composent Ja pile, anbsp;été, a mon avis, jusqua présent iin obstaclenbsp;k la perfection de nos expériences galva-niques, perfection que lon aurait obtenue ennbsp;employant ce métal. V. E. a bien voulu,nbsp;dans cette circonstance , montrer lintérêtnbsp;quelle prend a tout ce qui regarde les pro-grès de la science, en me fournissant Ie platine nécessaire k de telles recherches. Jenbsp;mempresse en consequence de vous trans-mettre 1exposé des résultats obtenus avecnbsp;mes appareils , auxquels ^interposition dunnbsp;métal qui nest pas oxidable a dpnné beau-coup de précision. Le célèbre chimiste Vau-quelin ma ouvert son laboratoire, et manbsp;aidé de ses lumières. M. Gennetj, artiste
-ocr page 303-SUR LE GALVANISMS. aSi tres-habile en tont ce qui concerne Ie travail sur Ie platine, sest prêté avec beaucoupnbsp;de zcle a mes essais.
Nous avons commence par former différents alliages avec neuf parties de cuivre et une de platine; et, variant ensuitc par de-grés la proportion de ces métaux , nouS sommes parvenus a unir ensemble trois parties denbsp;cuivre avec une de platine : Ie bot de cesnbsp;différents alliages était dayoir un composénbsp;malleable, sans être sujet è soxider; mais,nbsp;malgré tous nos efforts, nous navons pu ob-tenir eet heureux résultat ; car quand il ynbsp;avait peu de platine dans lalliage, il étaitnbsp;très-oxidable, et lorsquil y en avait beaucoup , il nétait que trës-peu malléable , et nenbsp;pouvait être laminé sans se graisser et senbsp;fendre. M. Gennety croit quil faudrait multiplier et modifier les expériences , sok ennbsp;donnant une chaleur plus forte et plus long-temps continuée , soit en variant les proportions des substances métalliques , etnbsp;quainsi 1on arriverait a un alliage malléable, qui serait a-peu-près aussi difficile 4nbsp;soxider que Ie platine lui-même.
En attendant les résultats des essais que
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M. Gennetj exécutera sur eet objet, je iai engairé a me faire une pile de 5o plaquesnbsp;de platine pur, afin de Ie combiner a volonténbsp;avec differents métaux. Cest lappareil avecnbsp;lequel Ie professeur Vauquelin et moi nousnbsp;avons enirepris les expériences suivantes,
1°, Nous avons formé une pile de 5o couples de cHsques de platine et de zinc, avec les draps trempés dans une dissolution de muriate de soude ; faction du galvanisme a éténbsp;bien faible. Répétant 1expérience en mouil-lant les rondelles de drap dans lacide ni-trique étendu deau, les effèts ont été unnbsp;peu plus prononcés; ils étaient néanmoinsnbsp;peu énergiques en comparaison de Tactionnbsp;que Ton obtient du zinc combiné avec dunbsp;cuivre ou de Targent. Des observations montnbsp;appris quil était utile demplojer ce derniernbsp;acide dansles autres expériences, ce qui estnbsp;utile pour établir Ia parite des circonstances.
2°. Nous avons composé cette fois la pile de plaques de même diamètre,de platine etnbsp;dargent, avec Ie drap trempé comnie a Tordi-naire; Taction était très-faible,et elle ne deve-nait sensible que lorsque Ton approebait lanbsp;main découverte en quelque partie de son épi-
-ocr page 305-SUR LE GALVANISME. 283 clerme; les électromètres a condensations ,nbsp;qne nous avons employés pour essajer Faction de cette pile, ne montraient que de peti-tes variations.
S'*. Une pile composée de 5o plaques de platine et de cuivre, a donné une très-fortenbsp;secousse et une électricité bien sensible a laidenbsp;des condensateurs ; les effèts ont augmenténbsp;en faisant la combinaison avec des disquesnbsp;de platine et de fer-blanc.
4°. Pour eloigner, dans la composition de la pile, Ie platine et Ie zinc, nous lavonsnbsp;composée cette Fois de plaques de cuivre etnbsp;de fer-blaric, avec la même dissolution ordinaire : les effets ont été plus sensibles quenbsp;dans les combinaisons précédentes , non seu-lement a Pélectromètre è condensations ,nbsp;raais encore au systême animal approchénbsp;de 1appareil: il suffisait de 3o paires de cesnbsp;plaques pour avoir la secousse et un éclairnbsp;très-brillant.
Ces expériences mont conduit a entrer dans une discussion déja élevée par les physi-ciens , savoir, si les elFets de la pile doi-vent être considérés comrae un produit denbsp;combinaisons chimiques. Nos expériences
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semblent nous determiner a reconnaltre une forte influence des agents chimiques pournbsp;exciter le galvanisme , puisque 1on obtientnbsp;des eff'ets qui sont en proportion avec lesnbsp;différents procédés. Nous avons voulu réa-liser nos conjectures en répétant la secondenbsp;expérience avec une dissolution capable da-gir sur Iargent et le platine mèrae ; a cetnbsp;effet nous avons compose une pile avec cesnbsp;deux métaux, en y interposant des draps.nbsp;mouillés dacide nitro - muriatique étendunbsp;deau. Laction de cette pile a été beaucoupnbsp;plus forte que celle ou on avail fait usage denbsp;Iacide nitrique, qui attaquait seulement unnbsp;des métaux. Nous avons pu constater cenbsp;résultat par la divergence beaucoup plusnbsp;considerable des électromètres.
Ces expériences sont très-conformes aux essais que javais fails au College royal dEs-pagne a Bologne^ qui favorisa avec beaucoup dintérêt mes recherches, et me fa-cilita les moyens de faire en grand des essaisnbsp;sur 1influence de Ior dans le galvanisme.
5° Jai formé différentes piles k lo, a zo, et jusqua 5o paires de plaques dor et dar-gent, en y interposant la dissolution de mu-
-ocr page 307-SUR LE GALVANISME. aSS riate de soude : Ie galvanisme refusa cons-tamment son action. Jai répété lexpériencenbsp;avec Ie même nombre de plaques dor et denbsp;zinc^ et Ie galvanisme se manifesla sur-le-champ, quoiqu11 ny eüt que Toxidalion dunnbsp;seul métal; il est a présumer que lor employé dans Texpérience ne pouvait contractei-loxidation, paree que les plaques dor nétaientnbsp;pas de la monnaie moderne , mals des piecesnbsp;OU médailles anciennes, qui contenaient très-peu dalllage.
6. Jai renfermé dans des cloches de verrenbsp;difïërentes piles composées de plaques dornbsp;et dargent, et ensuite des piles dont lesnbsp;métauxétaientcombinésavec du zinc commenbsp;a 1ordinaire: il ne parut aucune altérationnbsp;dans lair de Tappareil, et la bougie intro-duite sous la cloche un ou deux jours aprësnbsp;ne séteignit point ;les résultats variërent dësnbsp;que Ton fit la combinaison de roretdelar-gent avec Ie zinc.
7. Jai substitué, clans les experiences pré-cédentes, a Ia dissolution de muriate desoude,nbsp;une autre qui pouvait agir sur un des métauxnbsp;qui composaient la pile. En consequence jainbsp;lorméune pile a plaques dor et dargent, en
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y interposant des draps mouillés avec 1acide nitrique étendu deau, qui ne décomposa pasnbsp;sur-Ie-champ les plaques de métal, mais fitnbsp;action sur elles. Dans eet état, la pile a 5onbsp;plaques dor et dargent donna une petitenbsp;commotion, qui était plus sensible lorsquil ynbsp;avait a la main une légere excoriation.
Ces experiences répétées dans la série en-tiëre des métaux, en faisant usage de plaques de même épaisseur et de même diamëtre, etnbsp;toutes autres circonstances dailleurs égales,nbsp;pourraient donner une table complete de lanbsp;différente conductibilité des métaux, et denbsp;leur différente aptitude a exciter linfluencenbsp;galvanique. Lon pourrait mettre toute lanbsp;précision possible dans cette nouvelle échellenbsp;en essaj^ant Télectricité des plaques a 1aidenbsp;des condensafeurs, et en examinant Ie plus ounbsp;Ie tnoins dabsorption dune quantité donnéenbsp;de gaz oxigène dans laquelle serail plongée lanbsp;pile; Ton examinera même sil pourrait êtrenbsp;utile dessaj'er la quantité de fluide aériformenbsp;qui seraitdéveloppée pendant un temps donnénbsp;dans lappareil connu de la décomposition denbsp;leau. En tout casgt; on trouvera indispensablenbsp;détendre les experiences galvaniques a la sé-
SUR LE GALVAN ISME. 287 rie entière des métaux , afin de compléternbsp;1échelle imparfaite que nous avons jusquanbsp;présent ; Ion pourrait même y comprendrenbsp;les alliages métalliques les plus connus, telsnbsp;que Ie métal des cloches, Ie cuivre jaune, etnbsp;Ie palladium de M. Cbenevlx *, et même dau-tres substances, telles que les sulfureset car-bures de fer , les charbons et les schistes.nbsp;Mais une telle série dexpériences faites avecnbsp;la précision et la ricbesse des moyens qui se-raient nécessaires, ne pourrait pas être ache-vée sans de grands secours ; il appartient'nbsp;aux Sociétés savantes de la faire exécuter ave©^nbsp;létendue quellé mérite.
Revenant au platine qui 'est lobjet spécial de ce rapport, je remarquerai avee M. Vau-quelin que , vu Ie haut prix de ce métal et lanbsp;difficulté de sen procurer , il serait bon denbsp;construire des plaques de différents métauxnbsp;doublées en platine. M. Pictet, auquel javaisnbsp;fait part de plusieurs tentatives consignées
* The effects of galranic electricity upon palladium were the same as upon gold and silver. No oxidizcment of the substance toot place, but oxygen gas Was emitted, during thenbsp;whole time it formed a part of the galvanic cerclc in action.nbsp; Enquiries concerning the nature of palladium ,nbsp;by Richard Chenevix. London , i8o3.
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dans mon Ouvrage, mengagea a une pareille recherche. Jai eu dabord recours a M. Gen-netj, qui ma montre ses essais en ce genre,nbsp;entrautres une capsule de cuivre doublée ennbsp;platine, dans laquelleM. Vauquelin avait for-tement échauffé des acides concentres , sansnbsp;quil y eut la moindre dissolution de cuivre.nbsp;Le célèbre Guyton - Morveau possede dansnbsp;son laboratoire, riche en objets de platine,nbsp;des cuillers doublees de ce métal : tout celanbsp;ma fait naitre 1espoir de former les plaquesnbsp;avec la méthode qtie je metais déja proposée.nbsp;En effèt M. Gennetj' est occupé actuellementnbsp;a me construire eet appareil, dont je profi-terai pour .suivre ces recherches en Italië.
Des conférences sur le platine, tenues avec dhabiles artistes, mont mis en état de fairenbsp;une nouvelle application de ce métal; et quoi-quelle ne concerne pas le galvanisme, il seranbsp;bon néanmoins de le rapporter ici. M. Le Noirnbsp;me montra un pendule a compensations, dunenbsp;forme ingénieuse , imagine par lui , et ennbsp;même temps un étalon du metre en platine;nbsp;ce qui nous conduisit a nous entretenir long-temps sur la dilatation du verre, è-peu-prèsnbsp;égale a celle du platine. Le pyromètre dont
-ocr page 311-SUR LE GALVANISME. 289 Ie professeur Gujton - Morveau a fait partnbsp;dernièrement a IInstitut national, vient a 1ap-pui de mes idéés a eet égard. Je me sitis donenbsp;livré k faire construire des thermomètres qninbsp;devaient servir a des expériences délicates,nbsp;aveclechelle en platine. Jetais dautant plusnbsp;porté a cette construction, que lon pourraitnbsp;éviterlinconvénient ordinaire, que les degrésnbsp;de dilatation du fluide dans les thermomètresnbsp;ne sont pas en correspondance avec 1échellenbsp;qui devrait les représenter. Jai vnil j a long-temps , dans Ie cabinet de Florence, eet inconvenient évité en gravant les degrés de 1échellenbsp;du thermomètre sur Ie tube raême du verre.nbsp;Mais, soit que Ton fasse cette gravure a 1aldenbsp;dune machine , soit quon lexécute par Ienbsp;mojen de 1acide fluorique, on ne peut jamaisnbsp;avoir des subdivisions aussi délicates et aussinbsp;apparentes que sur une plaque de platine ,nbsp;avec laquelle nous avons aussi lavantage denbsp;pouvoir plonger linstrument dans les acidesnbsp;les plus lorts sans Ie dissoudre.
M. Le Noir ajant approuvé cette idee, je me hatai de la faire exécuier par M. Gennety,nbsp;qui me dit avoir recu une pareille commission de la part de M. Proust, chimiste dis-
-ocr page 312-290 nbsp;nbsp;nbsp;PIECES
tingué qui honore IEspagne, et qui a, je crois, iiutention de présenter a V. E. un instrumentnbsp;plus exact que ceux qui se font ordinairement.nbsp;Jai été charmé de trouver mes projets con-formes a ceux de ce savant j et son autoriténbsp;mencourage è recommander le platine pournbsp;en faire usage dans la construction des ther-mometres, toutes les fois quon voudra con-naitre avec la plus grande precision les différents degrés de température.
Pourrevenir sur mon sujet, je rapporterai les résultats que jai obtenus avec M. Vau-quelin sur la conductibilité de quelques procédés chimiques a 1égard du galvanisme.nbsp;Nous avons soumis a son action 1éther sul-furique, qui a refusé constamment le passagenbsp;au courant de la pile; alors exposant sépa-rément k Faction du galvanisme falkool etnbsp;iacide sulfurique, les effëts furent presquenbsp;toujours les mêmes. Jai répété lexpériencenbsp;avec une solution dopium dans Falkool: quelques minutes après il 3? a eu une précipita-tion très-sensible de Fopium.
Dans cette occasion, nous avons essajré encore Fappareil fait par M. Dumotiez pour éprouver Faction du galvanisme dans diver-
-ocr page 313-SUR LE GALVANISME. agi ses espèces de gaz- La cloche a été remplienbsp;de gaz acide carbonique , soumis k linfliiencenbsp;galvanique dune pile de 5o plaques dargentnbsp;et de zinc. La pile , explorée chaque jour ,nbsp;montrait son action ¦ ce qul a eu lieu jjusquaunbsp;cinquième jour. Lexpérience a été faite a lanbsp;fin du mois de messidor dernier, lorsque Ienbsp;thermomètre marquait les plus hauls degrésnbsp;de chaleur. Ce résultat est conforme aux experiences faites par MM. Biot, F. Cuvier etnbsp;par moi, dans Ie vide, et dans plusieurs fluïdes aériforraes.
Nous avonsenfin essayé trois piles, dont la première était formée de quatre plaques denbsp;platine combinées avec autant de cuivre ; lanbsp;seconde, du même nombre de plaques de pla-tine et argent; la troisième, de platine et denbsp;fer-blanc. Ces piles ont été convenes par desnbsp;récipients de verre d'un pouce de diamètre etnbsp;8 de hauteur, en interceptant toute communication avec lair atmosphérique, et placantnbsp;eet appareil dans la cuve hjdro-pneumatique.nbsp;Dix-huit heures après jai examine les troisnbsp;piles, et jai observe quelles avaient toutesnbsp;absorbé une portion doxlgène de lair atmosphérique ; mais que labsorption dans celle
-ocr page 314-293 nbsp;nbsp;nbsp;PIECES
coinposée de platine et de cuivre était beau-coup plus considérable que dans les autres. 11 serail utile de suiyre ce genre dexpériencesnbsp;avec des piles plus énergiques , en variant lanbsp;combinaison des métaux qui les composent.nbsp;En attendant, quil me soit permis de fairenbsp;quelques reflexions générales sur les expé-riences déja exposées.
Si des seis de nature différente et des aci-des plus OU moins délayés sont capables daug-menter ou de diminuer faction dune pile composée de différents métaux, soit quil y aitnbsp;beaucoup dopposition entre eux , comme Ienbsp;zinc et 1argent, soit quil y en ait peu, commenbsp;entre Iargent et Ie platine; il semble quennbsp;pared cas les pbjsiciens, sans compter surnbsp;1hétérogénéité des métaux, doivent recourirnbsp;a des raenstrues différents qui agissent surnbsp;les plaques de la colonne. Ce genre de recherches 5 entièrement nouveau en soi - même ,nbsp;répandra beaucoup de lumières ?ur les effetsnbsp;galvaniques des métaux, lorsqiffun sel ou unnbsp;acide les met en action. Supposez, parexem-ple, quune pile de vingt paires de plaquesnbsp;dargent et de zinc, ayant pour corps humidenbsp;une dissolution de muriate de soude, donne
-ocr page 315-SUR LE GALVANISME. 293 dix clegrés délectricité , quun autre appa-reil dun nombre égal de plaques métalliquesnbsp;de la merrie nature et du même diamètre,nbsp;donne, avec lacide nitrique délajé, une in-tensité électrique égale a seize ; alors il seranbsp;évident que quoique les métaux soient les prln-cipaux agents de Ielectricite, néahraoins ellenbsp;est développée par Taction que les seis ou lesnbsp;acides exercent sur les substances métalliques.
II est également constant que de la plus OU moins grande oxidation des métaux , lesnbsp;effêts électriques sont augmentés ou dimi-nués, et quenliti ces eff'ets éprouveront dunbsp;changement en raison de ce que Toxidationnbsp;aura lieu dans les deux métaux , ou dans unnbsp;seulement. Nous avons vu en efFet que Ie muriate de soude, capable doxider Ie zinc seul,nbsp;nexcitait dans la pile sur laquelle il agissaitnbsp;que dix degrés daction, et que la pile hu-inectée avec Tacide nitrique propre a oxidernbsp;également Targent et Ie zinc, en fournissaitnbsp;seize, de manière que les six degrés de cettenbsp;plus grande intensité doiveni être attribuésnbsp;a Toxidation de Targent, laquelle na pointnbsp;eu lieu dans Ia pile humectée avec la dissolution de muriate de soude. II reste pourtantnbsp;2.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;20
-ocr page 316-294 nbsp;nbsp;nbsp;-PIECES
a examiner si Faction est pins durable dans cetie derniëre pile, (]ue danscelle qui estmon-téeavec le drap humecté par 1acide nitrique :nbsp;ajors la plus grande activite de celle-ci auraitnbsp;lieu pent-être aux depens de la duree du tempsnbsp;de son action. Quoicjuil en soit, il est certainnbsp;qne divers menstrues produisent une intensitenbsp;diflerente deffets; que Faction de ceux-ci nenbsp;doit point être considérée comme un simple ré-suitat dune propriété conductrice, mais biennbsp;com me une puissance oxidante; quenfin, cettenbsp;puissance oxidante changera le degré dactionnbsp;de la pile en raison de ce quelle agira ou surnbsp;un raétal ou sur tous ceux qui la composent.
Telle est la série des faits et des considé-rations que je vous pjrie dagréer comme un tribut public de mon respect particulier et denbsp;ma reconnaissance : veuillez bien en fairenbsp;part aux savants dEspagne, qui profiterontnbsp;sans doute dun métal précieux dont votrenbsp;Nation semble avoir la possession exclusive,nbsp;pour augmentei' ét enricbir nos connaissan-ces, et contribuer aux progrès de la science.
Jai lhonneur de tcmoigner A. V. E.
Ma plus haule estime et mon profond dévouemcnt, A L D I N r.
igS
SUR LE GALVANISME.
Jai regu, en termiijant eet ouvrage, plusieurs Notices que jaurais été bien aise de pouvoir in-sérer. Japprends que MM. Pagès et dHombresnbsp;ont récemment obtenu la guérison parfaitenbsp;dun idiotisme Ie plus complet è. laide du gal-vanisme : ce qui doit inspirer une nouvellenbsp;conüance pour la méthode que jai proposéenbsp;dans Ie traitement de la folie mélancolique.nbsp;M. Orsted ^ docteur en TUniversité de Copen-hague , me donne avis des travaux galvaniquesnbsp;qui occupeni les savants de ce pays, ainsi quenbsp;des nouveaux appareils inventés par lui-méme.nbsp;Le docteur Masuyer, professeur k Strasbourg,nbsp;maniionce , par salettre du 1.'^ thermidor annbsp;11, quelques experiences propres k développernbsp;les phénomènes de léconomie animale. II cróitnbsp;quil y a' peu de circonstances oh un fluidenbsp;mis en contact avec un liquide ne determinenbsp;un mouvement quelconque du Jfluide électri-que , OU un changement dans son équilibre ,nbsp;et que la plupart de toutes les saturations sontnbsp;également accOmpagnées délectro-motions ; ünbsp;est aussi porté a croire que laction hydrogé-nante et oxygénante, et peut-étre mémenbsp;lacidité et falkalinité de plusieurs substances.
-ocr page 318-296 PIECES SUR LE GALVAINISME. sont dues i uue puissance particulière de cenbsp;fluide. Le docteur Mongiardini et le professeurnbsp;Joseph Mojon sont actuellement occupes knbsp;Génes de Iadministration du galvanisme a dif-ferentes maladies ; ils recherchent aussi k cons-tater Iinfluenee de cet agént dans les végétaux.nbsp;Mes collègues Vassalli et Giobert de Turinnbsp;se sont livrés k de grgnds travaux sur la decomposition de Ieau , et sur d'autres pheno-mènes intéressants en physique et en chimie.nbsp;Le professeur Dumas , par sa lettre du 10nbsp;therraidor an n , me promet un Mémoire surnbsp;le galvanisme , considéré comme moyen auxi-liaire dans les expériences de physiologie, etnbsp;dans le traitement des maladies : ce Mémoirenbsp;sera accompagné dune lettre sur le galvanismenbsp;en general, et sur mes essais en particulier.nbsp;Si mes occupations actuelles, et la nécessiténbsp;de rentrer dans mes foyers , mempêchent denbsp;poursuivre ces recherches , et denrichir pournbsp;le présent cet ouvrage des travaux et des lu-inières quont bïen voulu me communiquer cesnbsp;illustres savants, je m engage néanmoins a sai-sir avec empressement une autre circonstancenbsp;den rendre compte au public.
FIN.
-ocr page 319-¦DES MATIÈKES CONTENUESDANSCE VOEUMB.
Introduction...................... j
MÉmOIRE I. Concernant Ie passage du galva-nisrae a travers une partie delOcéan et des
nvières......................... i
Mém. rr. Conjectures concernant laction du gal-
vanisnie sur les secretions nbsp;nbsp;nbsp;animales...... 2S
Mém. Ifl. Sur des experiences galvaniques fai-tes sur im siipplicié a Locdres, Ie 17 janvier i8o3....................... 38
Mem. tv. Sur les orgaues des poissons électri-
qnes rapportés a la théorie nbsp;nbsp;nbsp;dunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;galvanisme. 61
Mém. V. Experiences sur Iclectricite animale , adressées en 1797 célèbre professeur
Lacépéde , meinbre du Sénat-conservateur et de 1lustitut national de France.. . . . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;85
Mém. Vf. Concernant linfluence des niétaux sur rélectricité animale , lu a une séancenbsp;publicjue dans FAcadémie de Plustitut desnbsp;Sciences k Bologne, et public en 1794. i3i
-ocr page 320-\
298 TABLE DES MATIERES.
ExTRAiT de quelqiies experiences sur 1électri- pag.
cité animale , piibliées a Bologne en 1794. 179 Lettre du professeiir Vassalli ïi 1Auteur , sur
de nouvelles experiences faites a Turin. , nbsp;nbsp;nbsp;20S
Lettre du profcsseurSue a lAuteur, suivle de
THistoiredes travaux galvaniques de Bicliat. 313 Extrait du Rapport des experiences galvaniques faites a 1EcoIe vétérinaire dAIfort. . 236nbsp;Lettre du professeur Fcrrj , sm- des inconvé-nients a craiiidre dans lapplication du gal-
2S6
vanisme aiix suppiieiés..............
Lettre du professeur Gaudine jeune, sur 1ad-niinistration du galvanismedans Ie cas dun
60
no jé...........................
364
Lettre de Sir Gbristopher Pegg , sur les experiences dAldini faites Oxford......
Lettre delAutenr au professeur Vassalli de Turin, ct Notices concernant 1état actuel
du galvanismc........... ......... 267
Rapport de quelques experiences galvailiques faites sur une pile de platlne avec Ie professeur Vauqiielin, dans son laboratoire denbsp;ebimie, adressé a S. E. Ie Chevalier A'/.zara,nbsp;ambassadeurdEspagne.............. 381
J? I N ,n E E A TABLE.
-ocr page 321-ET ALPHABETIQUE
DES MATIÈRES.
Ahilgaarda. soumis la tdrpille aux procédés gal-vaniques, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;pag. 49
Agneau. Experiences faites sur la tête de eet animal a laide de lélectricité générale, dé-chargeant unebouteille dansle canal extérieurnbsp;de chaque oreille, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;106
'Almant: son rapport avec lélectricité, vol I. 338. Moyen daimanter une aiguille par Ienbsp;galvanisme.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SSg
Air expulsé par latrachée-artère du tronc dun 'chien, vol. 1.209.Róle que joue lairatmos-phérique sur les appareils galvaniques. agS.
_Experiences pour reconnaitre Taction de
la pile sur Tair atmosphérique. Ihid.Air expulsé de la poitrine dun cheval, vol. II.
Air atmosphérique. De ses principes absorbés
-ocr page 322-Alfon. Assistance des professeurs de cette école aux experiences faites sur Ieau de la Marnenbsp;même , vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i3
Allizeau a form^ une pile dune nouvelle construction, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;3i6
Analogie entre lélectricité et Ie gaivanisme, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3o
Animales. (Parties) Développement des contractions par leur contact immédiat, vol. I. s. Elles absorbent des principes de lairnbsp;atmosphérique.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3i
Anschel a employé Ie gaivanisme dans les affections rhumatismales, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;sSg
Appareils galvaniques propres a fonctionner sans aucun arrangement préliminaire, vol. I.nbsp;3i2. Dispositions des appareils galvaniques i Galais^ vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
Are animal qui excite la contraction sans 1in-tervention des métaux, vol. I. 137- R nest pas toujours nécessaire pour obtenir des contractions , vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i3 et 17
Armatures métalliques. Contractions produites par leur communication , vol. I. 2. Ellesnbsp;augmentent faction du gaivanisme. 3. nbsp;Elles ne sont pas toujours nécessaires. 8. nbsp;Lesarmatures homogènesproduisentles con-
-ocr page 323-DES MAT IE RES. Soi tractions musculaires , vol. II. Lesnbsp;experiences dHumboldt acet égardprouventnbsp;cette propriété.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ibid.
Asphyxie, ( Application du galvanisnie i 1 )
vol. I. 174__A ses différentes espèces. 206.
Experiences faites a ce sujet sur plusieurs animaux. 207. Application du galvanism®nbsp;sur des lapins suffoqués. 212. Soins que lonnbsp;doit avoir pour les asphyxies. 259. Le gal-vanisme est le plus prompt secours que Ionnbsp;puisse employer dans ces maladies. 285. Lesnbsp;remèdes adoptés -communément dans cettenbsp;maladiedeviennentplusefficaceslorsquilssontnbsp;combines avecle galvanisme^ vol. II. 53. Lenbsp;galvanisme peut réclamer la priorité surnbsp;tout autre remède contre lasphyxie. 56nbsp;Atmosphere galvanique. Elle peut servir a lexpli-cation de beaucoup de phénomènes, vol. I. i5nbsp;Attraction entre les nerfs et les muscles, vol. I.nbsp;i3. Le méme phénomène observe par Fontana et par les professeurs dOxford. 14 nbsp;Cette attraction prouve lexistence dune atmosphere galvanique. i5. Elle peut con-tribuer a expliquer quelques phénomènesnbsp;concernant les sensations. 16. Attractionnbsp;électrique sur les particules pulvériséesnbsp;dune méme substance , vol. IL rog. Attraction exercée sur diverses poudres par
-ocr page 324-5oz TABLE GENERALE
un seul genre d electricité, iio.' La méme sur différentes poudres j produite parnbsp;laction simultanée des deux électricités.nbsp;1 og. La méme ^ exercée sur des corps anbsp;létat liquide. ii3. La méme, très-fortenbsp;sur lhuile de térébenthine.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;114
Aveugles soumis a Tadministration du galva-nisme , vol. I. 196. Precautions quil faut prendre pour son application aux aveugles-
nes.
^97
Babyngthon propose dessayer laction du gal-vanisme surla resine, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;i8t
Bancroft, assiste aux experiences faites a Oxford, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14
Bennet : son électromètre, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;55
Berihollet doute que Ton puisse expliquer par les affinites ehimiques plusieurs phénomènes gal-vaniques , vol. I. 89. Sa Statique chimi-
335
que.
BertJiolo?i : ses applications électriques dans des cas daménorrliée, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;287
Bichat: ses experiences galvaniques sur les sup-plicies, faites a Iaide de simples armatures, vol. II. 216. ' Ses travaux sur le coeur. 220.nbsp; Experiences sur la vie différente de diversnbsp;organes. 229. Commencement de quelquesnbsp;experiences faites a Iaide de la pile. aSa
-ocr page 325-DES MAT IE RES. nbsp;nbsp;nbsp;3o5
Bichoff applique Ie galvanisnie dans Ia paralysie et plusieurs autres ma^dies, vol. I. aSg et24inbsp;sa nomination par lInstitut pour répéternbsp;et examiner plusieurs experiences galvani-ques , vol. I. 89. Ses experiences avec F.nbsp;Cuvier sur les fluides aériformes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3oo
Bceuf. Experiences galvaniques faites sur la tête dun boeuf sans métaux, vol. I. 4. Surnbsp;Ie tronc , et en combinant deux tétes par unnbsp;seul are dhumidité. 5. En faisant Fare denbsp;la moelle d'un veau et de celle dune gre-nouille, Ie tout isolé. 8. Tête soumise anbsp;1action dune pile de 100 disques. 99. Experiences faites sur la tête et sur la langue.
101. nbsp;nbsp;nbsp; Contraction simultanée dans lanbsp;tête du boeuf et la patte dune grenouille.
102. nbsp;nbsp;nbsp; Are établi entre les oreilles et lanbsp;moelle épinière. 104. Contraction dansnbsp;tont Ie corps , établissant larc entre les deuxnbsp;oreilles. Ihid. Sur deux tétes combinées ensemble par les deux sections. 109. La
. méme experience faite sur deux troncs. Ibid. Action de la pile sur Ie cerveau. 110. nbsp;Experience sur Ie coeur. m. Sur les meninges et sur la corticale du cerveau. iSy.Lanbsp;vigueur des boeufs anglais augmente les ef-fets du galvanisme. 181. Experiences faitesnbsp;par J. Mojon.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ibid.
-ocr page 326-Bonnet a observe la contraction dans Ia pu-pillejVol. 1. nbsp;nbsp;nbsp;i8i
Bouteille de Ley-de : elle a la faculté d'absorber desprincipes de lair atmosphérique^vol.1.3i.nbsp;La flamme empêcheson action. 41.Lors-quelle est chargée, elle augmente laction dunbsp;galvanisme. 5. Différentes constructions denbsp;cette bouteille , vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gg
Bouvier dit avoir dissous un calcul urinaire, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ago
Brown, Stimulants proposes par lui, vol. I. 65 Brugnatelli publie dans son Journal, en 1788 ,nbsp;une lettrede Voltasurlegalvanisme,vol. I. la.nbsp; Ses doutes sur Iexactitude des experiencesnbsp;faites sans metaux. aS. II a été témoin desnbsp;tentatives galvaniques faites sur les fous. aaS
Cahanis croit quaprès la décollation , il ny a plus de douleur, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;248
Cadavres. Experience faice sur des criminels dé-capités, vol. 1.16, 17,131 a i53.Experiences galvaniques faites sur des sujets morts na-turellement ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16. Experiences galvani
ques sur des individus succombes k différentes maladies , 170. Conclusions a ce sujet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;177
-ocr page 327-DES mat IER ES. 3o5 Calais. Experiences galvaniques faiteskla mer,nbsp;vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3
Carcel : ses machines pour ladministration du gal vanisme j vol. !nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3i8
Carillon électrico-animal, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;ai et 6o
Carpue, ses observations faites daprès lautop-sie cadavérique, vol. II. nbsp;nbsp;nbsp;53
Cataracte. Moyen galvanique a employer pour reconnaitre si elle peut étre opérée avec suc-cès, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;288
Cavallo. Condensateurs quil a fait exécuter k Londres, vol. I. 11. Hadémontré lanalo-gie quil y aentre les fluides électrique et ma-gnétique.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;538
Cerclegalvanique établi entre Ie sytême des nerfs et des muscles indépeadamment des métaux,nbsp;vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;83
Cerveau, (Forte action galvanique sur les lobes du ) vol. I. i3o. Autres effets.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;216
Cévade a obtenu, par Ie galvanisme^ des avan-tages dans les affections de louïe et de la yue, vol. I,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;240
Chaine animale augmente beaucoup Faction du galvanisme, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16 et \ j
Charbon végétal. Excellent conducteur du galva-nisme, vol. II. 168Charbonjossile. Celui de 1Angleterre ne conduit pas Ie galvanisme. i6g.nbsp;même reduitiletat decoaks,acquiert la
-ocr page 328-oo6 TABLE GENERALE pouvoii de Ie conduire. 171. Différentsnbsp;procédés chimiques du charbon essayés avecnbsp;Ie galvanisme.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;173
f*
CJieval. Fortes contractions des muscles du cheval : elles imitent Ia mastication ^ vol. 1.nbsp;116. Contractions de ceux de la téte. 117
Cliiens. Leurs muscles, principalement ceux de la téte , éprouvent des contractions remar-qiiables, vol. 1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii5
Cigale, Le galvanisme agit sur son organe de la voix, quelque temps après sa mort, vol. I. 119
Coeur. Expérierfces faites sur ce viscère, vol. I. 110.'Les expériences galvaniques démon-trent quil perd en très-peu de temps le pou-voir de se contracter. ii3 et i36. Expériences galvaniques faites k Turin, töo et 163,nbsp;et a Bologne, sur le coeur de plusieurs boeufs.nbsp;161. Différentes manières dessayer lin-lliience galvanique sur le coeur. 162.Experiences faites par M. Rossi sur eet organe.nbsp;164. Mèmes expériences faites par M. Nys-ten. 166. Opinion dè Halier suiTes motive-meu'fl du coeur. 168. Rapport fait b lAcadémie de Turin , concernant les 'expériencesnbsp;sur le coeur. 179. Manière dexciter sonnbsp;mouvement par Faction de Félectricité de lanbsp;torpille, vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;74
-ocr page 329-Cornilé galvanique de Turin : son origine ; services quil a rendus ii Ia science, vol. I. iSg. Description de quelques-imes de ses experiences.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;178
Condensateurs : augmentent laction du galva-nisme, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;11
Coulomb. Experiences a tenter avec sa balance électrique, vol. Lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;298
Crèigt;e : sa méthode pour distinguer laniortvraie de lapparente, vol. I. uSj. ¦ Piéfutation denbsp;cette méthode.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;258
Culthhertson construit une machine pour lad-ministration du galvanisme medical, vol. 1.202 Cuvier {Franc.): ses experiences avec Biot surnbsp;laction de Ia pile, dans les différents gaz.
Jdavj achangé les pMes du galvanisme par une
solution de sulfure de potasse, vol. I. 77,_
II a compose une pile sans métaux. 81 et 342 DelucJlrères. Experiences quils ont faites è Genève, vol. 11.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 et .2
Dents. Experiences pour connaitre par lélec-tricité la dent saints de celle affectée de ma-ladie, vol. I. 204- Le galvanisme prod uit les mémes effets.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ibid.
3o8 TABLE GENERALE Diaphragme. Experiences particnlières sur cenbsp;muscle, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i36
Dumotiez, Appareil fait par lui, vol. 1. nbsp;nbsp;nbsp;5o5
Eau salée conduit Ie galvknisme, vol 1. nbsp;nbsp;nbsp;116
Eclair galvanique ,yo\. nbsp;nbsp;nbsp;iga
EÏGctricitc* Galvani (jualifie Ie principe galva-nique du nom délectricité animale, vol. I. 3. Les animaux ont une électricité qui leurnbsp;est propre, 7. La simple transfusion denbsp;lélectricité ordinaire saugmente par Tactionnbsp;de la pile , 48- Si elle est concentrée dansnbsp;une bouteille de Leyde, elle augmente Tactionnbsp;du galvanisme , 5i. Elle a la plus grandenbsp;analogie avec Ie galvanisme. 68. Ses rapports avec Ie magnétisme. SSg. Experiencesnbsp;faites au lac de Genève,vol. II. 1. Lélec-tricité animale préserve des mauvais effets denbsp;Télectricité atmosphérique , iSy. ¦ EHe estnbsp;développée quancl les armatures employéesnbsp;sont mises en équilibre, i58. La mêmenbsp;chose arrive lorsque les armatures sont élec-trisces,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;169
EJu a calculé la vitesse aveclaquelle la lyftiphe parcourt les végétaux, vol. 1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sag
Experiences, sur des boeufs, vol. I. 4 gt; 5 et 8.
-ocr page 331-DES M A T I E R E S. Sog Sur un cheval. 6. Destinées k démontrernbsp;lapprochement des nerfs dune grenouille knbsp;la main. i3eti5.Faites è. Oxford. 14.Surnbsp;Ie cadavre dun décapité, 16 et 17. Qui dé-montrent que les contractions musculairesnbsp;dérivent de Faction du galvanistne. 18. ~nbsp;Destinées a obtenir les contractions sans mé-taux. 26. Pour démontrer que Fhétérogé-néité des métaux augmente les contractionsnbsp;musculaires. 28. Pour déterminer Factionnbsp;quont différentes substances sur Fair atmos-phérique. 3i k Pour voir les ef-fets de la flamme dans Ie galvanisme. 41. nbsp;Qui determinant Faction de plusieurs fluidesnbsp;sur Ie systéme de la pile. 44* Faites k Géuesnbsp;sur des torpilles. 47- Exécutées pour determiner Faction de la pile conjointeinenta cellenbsp;de la bouteille de Ley de. 5o.~Pour déinon-trer la célérité avec laquelle Ie galvanisme par-courtunespacedonné. 53. Pour confirmernbsp;la théorie de Fatmosphère électrique. Sg. nbsp;Pour voir les effets de Fopium sur Faction denbsp;la pile. 63. Sur plusieurs animaux k sangnbsp;chaud. 95. Sur des suppliciés. 121. Surnbsp;les meninges, Ie cerveau et Ie coeur. i53. nbsp;Sur Ie cadavre de Fhomme, dans Ie cas denbsp;mort naturelle. i3i. Sur les organes de lanbsp;vue et de 1ouïe. igztSur les asphyxies. 206.
3. nbsp;nbsp;nbsp;21
-ocr page 332-3io TABLE GENERALE Experiences sur les liquides animauï. a63.nbsp; Faites dans Ie vide et dans Fair condense.nbsp;295. Sur plusieurs fluides aériformes. 307.nbsp;Faites sur les végétaux. SaS. Sur des aiguilles aitnantées, SSq. Concernant Ie passage du galvanisrae dans leau, vol. II. ia34.nbsp; Sur les liquides animaux. 27. Sur unnbsp;supplicié. 38 k 60. ¦ Sur lélectricité ani- -male. 8g. Sur Ie pouvoir conducteur denbsp;la flamme. gi. Avec plusieurs bouteillesnbsp;de Leyde. 99. Concernant les attractionsnbsp;ëlectriques. 107. Faites avec de lhuilenbsp;électrisée.
F
Ferry croit quil nest pas permis de galvaniser Ie corps des suppliciés, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;253
Flamme {ha.) empêche Faction de la pile et des contractions musculaires. vol. I. 4^ j 4^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4^-
La méme détruit Faction de Félectromètre dans l'appareil de Bennet, vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gS
Fluide. Galvani regarde les contractions muscd-laires comme Feffet dun fluide, vol. I. i'. Lart Ie soumet k quelques expériences^ maisnbsp;il nest pas encore parvenu a imiter la nature. 10nbsp;Fluides aériformes. Experiences pour reconnai-tre les altérations quils recoive nt de Factionnbsp;delapile, vol. 1. 3o6,Influenceparticulière
-ocr page 333-DES MATIERES. 3ii de la pile sur Ie gaz acide carbonique , sur Ienbsp;gaz oxigène et hydrogène.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3o6
Folie inélancoiique. Administration du galva-nisme dans cette maladie, vol. I. ai5. Observations qui viennent a lappui de cette application. 317. Deux cures opérées par Ie galvanisme. 319.Precautions è prendre dansnbsp;cette administration.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aSt
lontana a observe lattraction dans les nerfs duue grenouille, vol. 1- i3.II a vuquun©nbsp;pie , arèi avoir été plongée dansleau, don-nait encore une action. II expliquenbsp;la raison pour laquelle souvent Ie galva-nisme nest sensible quaprès une sorte denbsp;repos.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;345
Forces vitales, (Reflexions sur Ie pouvoir du galvanisme sur les) vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;176
Fourcroy a compose une pile avec des plaques dun pied carré , vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yS
Galvani regarde Faction dun fluide particulier dans 1excitement des contractions muscu-laires. vol. I. 1. II qualifie ce lluide par Ienbsp;nom délectricité animale. 3. * H a mis ennbsp;evidence ce principe en employantj pour exciter les contractions miisculaires, des arcs et
-ocr page 334-II a imagine deuï
5iz TABLE GENERALE des armatures isolés. 7.nbsp;méthodesingénieuses pour obtenir les contractions sans Taction des corps extérieurs. 20.nbsp; Les contractions musculaires quil a ob-tenues par Tatinosphère électrique ordinaire,nbsp;sont conformes t\ celles que Ton produit avecnbsp;la.pile. 56. Les nouveaux fails concernantnbsp;le galvanismenontpasdétruitsonsystéme. 78.nbsp;-La théorie quil a proposée pouvait seclai'*nbsp;rer par celle de Volta, et ainsi réciproque-nrent. 80. Les principes établis sur la pilenbsp;métallique ne sont pas en opposition avec lesnbsp;siens. 83. ¦ II explique Taction de Télectri-cité animale, supposant dansles nerfs et dansnbsp;les muscles Tartifice dune bouteille denbsp;Leyde. 83. Les principes quil a avancésnbsp;ont conduit quelques physiologistes a croirenbsp;que la vie est un procédé continuel du galva-nisme. 241.Les armatures quilainventéesnbsp;sont purement passives dans les effets galva-niques , vol. II. 5i. H sest porte k la mernbsp;Adriatique pour faire des expériences sur lanbsp;torpille. 61. 11 a examine la force électrique de plusieurs torpilles. 63. Ses observations sur les organes électriques de ces pois-sons. 64. 11 a examine Tinfluence du cer-veau de la torpille sur Taction de ses organesnbsp;électriques. 68Expériences quil a faites a
-ocr page 335-DES M A T I E R E S. ce sujet. Sg. Ha determine Texplosion denbsp;lélectricité animale sur Ie coeur et les muscles de la grenouille. yS.Expériences quinbsp;confirment sa théorie.
Gnlvanique (Fluïde). Galvania qualifié ce principe du nom délectricicé animale, vol. E 3. -II est modifié par les forces vitales. 3. Ha beaucoup de ressemblance a Ihdectricité. 68nbsp;Sa difference avec Ie fluide électrique. 72.
Galvanisme, ainsi appelé poürrendre hommage èlauteur de cette découverte ,vol. I. 2.Sonnbsp;action est augmentée en raison de la forcenbsp;de la vitalité des corps qui Ie fournissent. 5nbsp;et 6. 11 est un fluide propre h la machinenbsp;animale, g. H se développe dans les ani-maux , indépendamment des métaux. 11. nbsp;II peut se développer par la seule applicationnbsp;des nerfs sur les muscles. 19. II passenbsp;dun lieu k lautre ayec une rapidité analoguenbsp;a. celle de lélectricité. 53.Son pouvoir surnbsp;les forces vitales. gS. Son application k lanbsp;médecine. 83. Difference entre son administration et celle de lélectricité ordinaire. 186.nbsp; Ses effets surloeil et louïe. i8g. Sonnbsp;application aux nojés et aux asphyxies , 206.nbsp; A la folie et autres maladies. 2i5. Precautions a prendre dans son application. 241.nbsp;¦ II ne doit pas étre confondu avec le Mes-
-ocr page 336-mérisme et Ie Parkinisme. 247. Son influence sur les fluides aniinaux. 260. Ses propriétés et ses effets sur lécononiie animale. 273. Son action sur différents fluides aériformes. 3oi. Ses rapports avec lesnbsp;règ nes vegetal et mineral. 322. Son passagenbsp;è travers la mer et les rivières, vol. II. i. nbsp;Le galvauisine entraine avec lui des particulesnbsp;des corps quil traverse. 332. Excite surnbsp;de« auimaux suffoqués daös le vide. 179. nbsp;Développé par différents appareils dans lenbsp;vide même, 180.Produit dans des recipientsnbsp;remplis dair condense et différents fluidesnbsp;aériformes. 192. Amelioration de ces appareils pour donner plus dexactitude auxnbsp;experiences, igi. Le galvanismene peut pasnbsp;franchir leplus petit espace dans Ie vide. i85.nbsp; Le méme excite dans le vide sur des ani-maux vivants.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;189
Gautheroc a observe que lon peut composer une pile sans métaux j vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;81
GepZ/ro/. Description dun nbsp;nbsp;nbsp;nouveau poisson
électrique, vol. II. 62. II a fait voir que les organes électriqiies de la torpille consistentnbsp;dans plusieurs tubes aponévrotiques. 64. nbsp;II a constate 1influence des nerfs pour determiner la commotion. 68.11 a le premier dé-crit le siLure trembleur,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;83
-ocr page 337-DES MATIERES. 3i5 Gimnote(Le) ovl gimnotus electricus, VoyezVois-sons électriques.
Girtanner: sa théorie sur les contractions , vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Zj
Giulio a fait plusieurs experiences sur des dér capités , vol. I. 98. II proposa de faire desnbsp;experiences sur Ie cerveau en trépanant Ienbsp;crAne. i58. 11 a assisté a toutes les expé-riences faites saus aucun métal.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iSg
Goüt. Experiences galvaniques relatives k ce sens , vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i65
Goutte sej-eine. Einploi dugalvanisme dans cette nialadie, vol. I. 200. Application proposéenbsp;par Grapengiesser, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;288
Grapengiesser a vu Ie mouvement des intestins saugmenter par Taction du galvanisme ,nbsp;vol. I. ii4- II a applique Taction galva-nique dans un cas dhernie scrotale. 334. nbsp;II dit que Ie galvanisme pourrait étre employénbsp;comme résolutïf. sSg. II na pas exagérénbsp;les effets médicamenteux dugalvanisme. 291nbsp;Grève croit que Ie galvanisme suflit pour dis-tinguer la mort vraie de la. mort apparente ,nbsp;vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^57
Guillotin pense quaprès la decollation , ü ny
a plus de douleur, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;248
-ocr page 338-3i6 TABLE GENERALE
Hales : ses calculs sur la transpiration des végé-tauxj vol. I. . nbsp;nbsp;nbsp;Sag
Hallé a éi,é nommépar lInstitut pour examiner plusieurs experiences galvaniques , vol. I. 89.nbsp;II a administré Ie galvanisme avec pru
dence.
291
Haller. Comparaison entre les stimulants proposes par lui, et Ie galvanisme, vol. I. 120. II croit a linsensibilité des meninges. i53. nbsp;Les experiences galvaniques ne contredisentnbsp;point sa doctrine. i58.Le galvanisme luinbsp;était inconnu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;169
Hernie scrotale. Observation particulière h. ce sujet, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;233
Homr/ie. Experiences galvaniques sur le cadavre humain, vol. I. 121.Hommes doués denbsp;propriétés électriques, vol. 11.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;87
Humboldt: ses experiences pour prouver lexis-tence dune atmosphère galvanique, Vol. I. i5. II a cherché k obtenir ses effets galvaniques par la seule application des nerfs sur lesnbsp;muscles. 19. II a excite des contractionsnbsp;avec du mercure. 28. - II ranime les forcesnbsp;musculaires avec lacide muriatique oxigéné.nbsp;37. II a administré le galvanisme dans les
-ocr page 339-DES MAT IE RES. Siy affections rhumatismales. aSg. Il a copnunbsp;des sujets chez qui Ie galvanisme ne produi-sait pas déclair dans les yeux. a88. II nanbsp;pas exagéré les effets médicamenteux du gal-vanisme.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;agi
Uumidité animale : conduit très-bien Ie galva-nisme , vol. ! nbsp;nbsp;nbsp;127
Hunter. Expériences faites dans son amphitheatre, vol. I. Hl, II a donné la description de la torpille, vol. II. 62. II est Ie premiernbsp;quitó' dëcrit Ie gymnote ehgourdissant. 78nbsp;//uzflrd.ObservationfaitesyrunchevaljVol.I.iiy
Insectes. Recherches sur les fibres irritables dc ces animaux par Ie galvanisme , vol. I. 119nbsp;Insdtut national. Experiences faites k lInstitutnbsp;de Bologne, vol. I. 26 et 56. Discussion soutenue 3ans deux séances de lInstitut national. 88, Rapport fait a lInstitut nationalnbsp;de France. 90 k 94. Extrait du mémenbsp;rapport. 114. Experiences communi-quées a lInstitut de Rologne. 252. Demonstration dun nouvel appareil fait a lIns-titutdeBologne. 340. Expériences faites de-yant les commissaires delInstitut de France.
-ocr page 340-3i8 TABLE GENERALE
Zi^i. Mémoirelu a Flnstitut de Bologne, vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i3i
Intestins. Experiences galvaniques avec iesquel-les on a produit de forts mouvements péris-taltiques, vol. I. 235. Lesmèmes, répétées sur les inlestins diin malade attaqué dhernie.nbsp;Ihid.Instructions que lon en peut tirer poufnbsp;. Ie traitement de cette maladie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ibid.
Keate, président du collége des anatomistes de Londres, a prété son assistance a de nou-velles experiences galvaniques , vol. II. 41- nbsp;II proposa de faire des experiences comparatives.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sg
Lacépède. Mémoire adressé k ce savant sur lé- ^ lectricité animale , vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;289
Laplace ; ses doutes pour donner to.ute exactitude aux experiences galvaniques, vol. I. 89
Magnétisme. Voyez aimant.
Marno, (Experienced faites Sur la) vol. II. i3 |usqu4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;24
Médecine. Galvani a appliqué Ie premier Ie
-ocr page 341-galvanisme i la médecine, vol. I. 5 et i85.
nbsp;nbsp;nbsp;Utilité du galvanisuie au soulagement denbsp;ihomme malade. i85. Le galvanisme estnbsp;utile dans les maladies de la vue et de louïe.nbsp;189. Dans les asphyxies. 206. Experiences faites k ce sujet par M. Rossi, 212. nbsp;Avantages obtenus par le galvanisme dans lanbsp;folie. 2i5. Grapengiesser la mis en usagenbsp;dans une hernie. 235. Mojon a guéri unenbsp;amménorrhée. 2.5'/- Ritter et Bichat Tontnbsp;administrë dans les paralysies. i3g. Rossi,nbsp;dans lhydrophobie. iSg. Gévade, dans les
affections de louïe et de la vue. 240--Mon-
giardini, dans plusieurs maladies dlfférentes. 241. Utilitedugalvanismedanslapoplexie.nbsp;253. Precaution a prendre dans ladminis-tration médicale du galvanisme. 248 et 287
Mémoires publiés en 1794 , vol. I. g. Insérés dans les Opuscules de Milan. 26.De la So-ciété médicale de Génes. 244. De M. Grève,nbsp;de Metallorum irriiamento. 2S/.De M. Mon-giardini, delY appUcazione del gahanismo alianbsp;medicina. 268. Mémoirelu h la Société aca-démique des sciences de Paris. 321. Du pro-fesseur Giulio sur les effets du galvanisme applique aux végétaux. 325. ¦ Concernant lenbsp;passage du galvanisme a travers leau, vol. II. i.
nbsp;nbsp;nbsp;Concernant laction du galvanisme sur les
-ocr page 342-Sao TABLE GENERALE secretions animales. 2,5.Lu ilaSociétégal-vanique par M. Mojon. 26. Sur des expé-riences galvaniques faites sur un pendu. 38.nbsp;Sur les organes des poissonsélectriques. 61.nbsp; De rAcadéniie des sciences. 87. Sur lé-lectricité animale, adresséaM. Lacépède. 89.nbsp; Concernant 1'inlluence desmétaux sur l e-lectricité animale.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i3i
iV/eni«^e5 (Les) etla substance corticale du cer-veau semblent ne pas obéir a Taction du gal-A^anisme : dautres experiences prouvent Ie contraire, vol. I. 1.40 a i44- Reflexions a cenbsp;sujet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i53
Mercwe. Trois méthodes pour exciter les contractions musculaires k Taide de ce métal, vol. II. 143.Les mémes procédés confirmésnbsp;par les experiences de M.,Humboldt. 176. nbsp;Les effets precedents ne pêuvent être at-tribués k Taction dun stimulant.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i5o
Mesmer: son opinion désapprouvée ét meprisée par les savants de la France, vol. I. 245nbsp;Métaux, lis ne sont pas toujours essentielle-ment nécessaires pour produire les contractions musculaires, vol. I. ij i6 et 28.Leurnbsp;hétérogénéité augmente les contractions musculaires, vol. I. 28. Les métaux homo-gènes produisent les contractions musculaires.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jbid.
-ocr page 343-DES M A T I E R E S. 5ai Moelle épinière ( Experiences sur la) de plu-sieurs animaux, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5
A/p/dn(5.).-ses experiences sur la torpiIle,vol. 1.47
nbsp;nbsp;nbsp;Experiences faites è Paris pour voir Ianbsp;contraction de Ia pupille. 181. II est Ie premier qui ait appliqué Ie galvanismedansie casnbsp;daménorrhée. aSy.Soin quil a eu pour em-pécher Ia precipitation des seis de lurine. 238.
nbsp;nbsp;nbsp;Ses nouveaux essais sur cette maladie. 23g.nbsp;Expériences sur les cadavres humains. 261.
nbsp;nbsp;nbsp;Ses conjectures sur la théorie des sécré-
nbsp;nbsp;nbsp;tions , vol. 11. 26. II a compose une pile
avec des substances animales. 28. Explication quil donne k la vertu anti-putride du galvanisme.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3o
Mojon (.) ; ses expériences sur la torpille. 39, 4°nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47'Sur les cadavres humains.
261. Ses expériences galvaniques sur la végétation. 328 et 329. 11 a aimanté desnbsp;aiguilles par Ie moyen du galvanisme. SSg.nbsp; Ses expériences sur la téte de deux boeufs,nbsp;vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3i
Mondini a fait des dissections anatomiques sur Ie cerveau avec beaucoup de soin , vol. I.nbsp;izS et i56. * II a été témoin des expériencesnbsp;faites sur Ie cceur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i6i
Mongiardini a cultivé avec zèle ladministra-lion médicale du galvanisme, vol. I. 241..
-ocr page 344-223 TABLE GENERALE
Son opinion a Iegard de son administration aux indivldus morts naturellement. 258. IInbsp;estime laccélération dupoulspar Taction dunbsp;galv'anisme,a cinq pulsations par minute. 281,nbsp;Montagues (Les) developpent, dans leur sein,nbsp;une grande quantite degalvanisme, vol. 1.335.
nbsp;nbsp;nbsp;Le méme principe y porte son action , et
produit beaucoup de phénomènes dans le rè-gne mineral. nbsp;nbsp;nbsp;535
Mort. Application du galranisme pour distin» guer la mort vraie de celle qui nest quappa-rente , vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aSy
Muscles involontatres , ( Contractions excitees dans les) vol. I. 114.Dans les intestins.iZ'/J.
nbsp;nbsp;nbsp;Dans Testomac.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ibid.
Weige : ses differentes figures, vol. II. 120. Explication donnee par le professeur Becca-riu. iig. Influence de Télectricité sur sanbsp;formation.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;123
Mer/s. Leurs armatures metalliques, vol. I. 2. Appliques sur les muscles, ils peuvent dé-velopper le galvanisme sans Tinterventionnbsp;dautres corps. 19. Leur contraction aprèsnbsp;la ligature, vol. I. 25. Les contractionsnbsp;cessent entièrement lorsque la ligature est
-ocr page 345-DES MATIERES. faite au point de l insertion des nerfs dansnbsp;les muscles.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;26
Nicholson. Résumé des dernières expériences faites k Londres par lauteur, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;341
Aojés. Reflexions sur les secours quon peut leur administrer, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;206 a 214
Ocean, (Expériences faites sur 1) vol. II, i jus-què. nbsp;nbsp;nbsp;12
OEil. Effet du galvanisme sur diverses parties de eet organe, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;181 ii 187
Ouïe. Action du galvanisme sur les organes de Ia vue, de l ouie , vol. I. 187. Plusieurs pro-fesseurs ont applique Ie galvanisme dans lesnbsp;alterations de ce sens^vol. I. 201.M. Culth-bertson a imaginé un instrument pour admi-nistrer Ie galvanisme dans les cas de surdité.
202.Ce mémeinstrumentmodifiéaParis.2o3 Oxford, (Expériences faites è PUniversité d)nbsp;vol. I. 343, vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i5o
Oxigène absorbé par la pile, vol. I. 5i a 41. Son effet sur la pile.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3oi
Parkinson : ses tracteurs métalliques nont au-cune action, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;246 a 247
-ocr page 346-324 TABLE GENERALE F ear son substitue le gaz oxigène a Iair at-mosphérique, vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5g
Pegg ( Christopher) a présenté ses expérien-ces faites a Oxford , vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;14
Pfajf a démontré la vitesse du courant galva-nique^ vol. I. II propose le galvanisme pour connaJtre la cataracte operable , denbsp;celle qui ne Test pas.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;288
Pile : elle absorbe des principes de Iair atmos-phérique , vol, J. 3i.La flamme empéche son action. 41.Un arc compose de différents fluides nempeche pas ses effets. 44- 'nbsp;Son action est augmentée par Iopium^le quinquina^ etc. 63. Pile percee au milieu. 69. nbsp;Hypothèse dune pile animale. 81. La pilenbsp;parait donner une irritabilite permanente auxnbsp;muscle# de la tête. 129. Piles de diffe-rentes constructions. 3ii. Avantages denbsp;la pile horizontale,ou cuve galvanique. 3i 1.nbsp;Les memes avantages obtenus par une pil®nbsp;verticale de construction nouvelle. Sia. -Autre appareil pour avoir les memes ef--fets. 3i3. Pile a tonneaux de verre, imagi-née par M. Hobb. 3i5.Pile composee denbsp;petites rondelles de faience , proposee parnbsp;M. Allizeau.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5i6
Pinel sest prêté avec zèle aux experiences gal-vaniques, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;^7^
-ocr page 347-DES MA TIE RES. §25 i^ittaro a imagine ua nouvel appareil pour Ianbsp;decomposition de leiu, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;32i
Pladne, Action dune pile composée de ce métal, vol. II. 280. ~ Sa cömbinaison avecnbsp;Ie cuivre. 281. Plaques dé ce mênie riiétalnbsp;oxidées par lacide nitro-muriatique. 284.nbsp;Plaques de cuivre doublées en platine. 1288.nbsp; Experiences faites au laboratoire du pró-fesseur Vauquelin.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ago
Poissons électriques. Effets de latorpille sur lat-mosphère, vol. I. 40. Manière dobtenir la secou^se de la torpille., 47. La torpille élecgt;nbsp;trisée naugmente par son action. 49. Tousnbsp;les .poissons électriques: présentent larrange-ment de véritables piles animales. 82. Observations sur la torpille, adressées k M. Spallanzani, vol. II. 61. Description des orga-, nes électriques de Ia torpille. 68. r-f-Influencenbsp;, ,du, cerveaif de la.t.orpille sur laction de sesnbsp;organes électriques.'68. ^Action, de Pélec-tricité animale de la torpille. 74. Description des organes du gymnote engourdissant.nbsp;^7. Des organes du silure. 81. Examennbsp;comparatif des organes électriques de cesnbsp;poissons.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;83
Portal: són ouvrage sur Ie traitement des as-phyxiés peut donner des lumières aux applications galvaniques, vol. I. nbsp;nbsp;nbsp;208
-ocr page 348-3a6
Ritter a appliqué Ie galvanisme dans plusieurs maladies, Yol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aSg
Romanesi a fait des tentatives sur laiguille ai-mentée , yol. I. nbsp;nbsp;nbsp;340
a fait plusieurs experiences sur des déca-. pités, vol. I. 98. 11 proposa de faire des ex' périences sur Ie cerveau en trépanant Ienbsp;ordne; 157. Ses experiences sur Ie cerveau.nbsp;i38ai5g. Surle coeur. 169. Sur des la-pins sttffoqués. 31a. II dit avoir guéri par Ienbsp;- galvanisme une hydrophobic.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;339^242
Sariff rehdu liquide et vermeil par Taction du galvanisme; vol. I. 137. ~ Action du galvanisme sur la partie fibreuse du sang. ^80nbsp;Soussüre sest servi des électromètres pour examiner Telectricité animale, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n
Seis : leur influence a produit des contractions , vol. 1. nbsp;nbsp;nbsp;27
Sept-Fontaines a présidé aux expériences fai-tes è. Galais, vol. II. 2. II a modifië les expériences en plusieurs manières. 7 et 9
-ocr page 349-DES MATIERES. 837 Sigaud de la Fond a applique lélectricité dansnbsp;les cas daménorrhée^ vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;237
Silure. Voyez Poissons électriques.
Sociétés scieruijiques. Rapport des experiences faites k Alfort, vol. I. 74.Question propo-sée par IAcademie des sciences deHarlem. 77.
nbsp;nbsp;nbsp;Experiences communiquées par M. Nistennbsp;k la Société des Observateurs de Thomme. 166.
nbsp;nbsp;nbsp;Rapport présenté a lAcadémie de Turin.nbsp;178. Mémoires de Ia Société médicale denbsp;Génes. 344. Mémoire lu par M. Mongiar-dini k la Société dEmulation de Génes. 258.
nbsp;nbsp;nbsp;Démonstration faite k la Société académi-
que des sciences de Paris. 322. Vues communiquées k la Société philanthropique de Londres. 345. Démonstration faite k la Société galvanique, vol. II. 34' Mémoire lunbsp;a la même Société par M. Mojon. 36. Collége royal des chirurgiens de Londres, qui anbsp;donné lieu k faire des expériences galvani-ques.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;39
Soemmering croit que la douleur existe encore après la décollation , vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;248
Stimulants de Haller, incapables dexciter encore des contractions sur les muscles des animauxnbsp;k sang chaud, qui sont contractés fortementnbsp;par Ie galvanisme , vol. I,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lao
-ocr page 350-328 TABLE GENERALE Sue : son opiilion sur la douleur après la decollation , vol. 1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;246
Sue Vainé. Notices sur les travaux galvaniques de Bichat, adressees a 1auteur , vol. II. 67
Torpille. Elle absorbe des principes de Iair at-mospherique, vol. I. Sg. Experiences faites a cet égard par J. Mojon. 40- Son actionnbsp;électrique est détruite si Ion interposenbsp;une flamme entre Iarc qui touche son dosnbsp;et son ventre. 4^* Experiences faitesnbsp;a Genes. 47* Abilgaard a soumis la torpille aux procédés galvaniques. 49- Travaux de Galvani sur ce poisson, vol. II, 63.nbsp; Description des organes électriques de cetnbsp;animal. 64. Influence du cerveau de la torpille sur ces mêmes organes. 68. De 1actionnbsp;de son électricité pour exciter les contractions du cceur, et des muscles dautres ani-maux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;74
Tourdes a observe la contraction dans la fibrine du sang, prqduite par le galvanisme, vol. I. 180nbsp;Tourmaline: plongee dans Ieau, donne des si-gnes électriques, vol. II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;44
-ocr page 351-V
ValU a cherché k dérelopperlegalvanismepar Ia seule application des nerfs sur les muscles,nbsp;vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;19
Van-Marum a démontré la vitesse du courant galvanique, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;54
Vassali a fait passer Ie courant galvanique par Ie corps dune grenouille, vol. I. 7S.II a faitnbsp;plusieurs experiences sur des décapités. 98,nbsp;11 a assisté aux expériences faites sans aucunnbsp;mé tal. 169. II a fait des expériences sur plusieurs fluides. 270. II a mesuré Ie tempsnbsp;quemployait Ie fluide galvanique i parcourirnbsp;un long espace, vol. II. 20. Lettre écrite anbsp;lauteur concernant de nouvelles expériencesnbsp;galvaniques , vol. 11.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2o3
T^auquelin. II a composé une pile avec des plaques dun pied carré, vol. I. yS.Expériences faites dans son laboratoire. 266. Dautresnbsp;faites sur Ie platine et sur les fluides aéri-formes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;290
Végétaux, (Vues générales sur les effetsdugal-vanisme sur les ) vol. I. 322. Giulio a fait des expériences k ce sujet. 324* Recherches de Mojon i ce méme sujet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3z8
Vers Inisanls: brillentdavantage par faction du galvanisme, vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;119
-ocr page 352-33o TABLE GENERALE, etc.
Vide, ( Divers effets du galvanisme dans le ) vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;agS
Volta a cherché a developperle galvanisme par la seule application des nerfs sur les muscles jnbsp;vol. I. 19. Son appareil è. tasses. 5o. Let-tre qui lui a été écrite par Van-Marum. 54. nbsp;Sa colonne. II a découvert lélectriciténbsp;métalllque. 84. II a démontré que Ioeil nenbsp;souffre pas Taction des arcs métalliques. 190nbsp;Wilson. Experiences faites dans son amphi-thedtre , vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;366
Woolaston. Appareil pour la decomposition de reau,vol. I.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3n et 3i9
Zanotti. Ses experiences sur la cigale et sur les vers luisants, vol. 1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii8
KIN DE LA table generale.
-ocr page 353- -ocr page 354- -ocr page 355- -ocr page 356- -ocr page 357- -ocr page 358- -ocr page 359- -ocr page 360- -ocr page 361-, Vvii.
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