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CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉE ,
CoNTENANT en outre, i° 1exposltlon de Tart de fabriquer les Verres de Lunettes et de Microscopes , les Miroirs de Télescopes , et plu-sieurs autres Instrumeus dÜptique , de Physique et dAstronomie;nbsp;la Description des Phénomènes de la Fantasmagorie, et des moyensnbsp;de les produire ; une Instruction sur Pusagc d'un Gadran Solairenbsp;horizontal el universel;
a» Dne Dissertation sur Ie Baromètre , Ie Thermomètre , les divers Instrumens dAréométrie , leur construction etleurs usages ;
3 Une Notice sur Ie monument public connu sous Ie noin de Tour de 1Horloge du Palais; un Dictionnaire analytique des termes denbsp;sciences employés dans Ie cours de 1ouvrage; ie Catalogue generalnbsp;des Instrumens qui se fabriquent et se vendent chez 1Auteur, avecnbsp;leurs prix , ainsi quune Table des matières ;
OuvRAGE en deux parties, de 8oo pages dimpression, enrichi de Planches et Gravures,
Dédié a s. m. le roi de westphalie ,
Par J. G. A. CHEVALLIER,
Inge'n.-Opticien de S. M., et Membre de plusieurs Academies.
Prix : 7 fr. -pour Paris, et 10 ïv. franc de port.
P« PARTIE.
PARIS-
C 12 Ckê iji ouSi
Chez
LAUTEUR , quai et Tour de THorloge du Palais , n» i, en face du Pont au Change et du Marché aux Flcurs ;nbsp;LE NORMANT , Impr.-Libr., rue de Seine, n» 8 , F. S. G.
1812.
éeufdéétv Ttvjuétifieoquot; ifiouotaS^e) cou^auctgt; ^uegt; ih j)uêüo 2ai^uej accozdeoquot; a» mecb faiêk(fynbsp;izavaux , jjomam m eu^a^eir cu eto zaééemêfeiynbsp;felt;b j)ztuclpaux éfétuenlt;ü : moto jtzemtev deooto'nbsp;eéu da fetO oj^zity a Votto Tïhajcitéj.
9xiijieun-iflt;(3 fixetr uto tuitaut éetb ze^azdtb auj tuidetu detO ioïui au^uétei joaty fe^lt;Jue^lt;(3 Sa ze(hoonbsp;ovec iaua da pfotza , dault;Cgt; setb CtattO , fetO duéh-tutmuto comaczéetü d fétuda eu d{aj jjzopa^atiotonbsp;detc, écteucetó.
3o S^otïej Vfl^a'jCitè ^
JOetzèi-fiHiuêfe, tzèi-o Séuéaut et tzèé~éoumié iezptieutyt
ingénieur-OpticUa de Volre Majesld.
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-ocr page 15-PRELIMINAIRE.
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En publiant la première edition du Conservateur de la V^ue , je me hasar-dai de faire rhommage de ce travail anbsp;S. M. Ie roi de Westphalie, qui daignanbsp;1accueillir avec bonté, et men témoi-gner sa satisfaction, en menvoyant unnbsp;gage de sa munilicence. Mon ouvragenbsp;parut sous ses augustes auspices, et futnbsp;accueilli du public avec indulgence. Desnbsp;encouragemens aussi honorables ne pou-vaient quexciter mon zèle^ et je me suisnbsp;appliqué a rendre cette seconde editionnbsp;plus digne de la protection du Monarquenbsp;et de Jattention du public.
Cette seconde edition du Conservateur de la V^ue est tellement aiigmentée, quenbsp;jai la confiance de croire quelle sera re-gardée comme un ouvrage presquuntie-
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rement neuf, par les personnes qui la compareront avec la première. Jai conserve de celle-ci tout ce qui ma parunbsp;avoir attiré 1attention du public, et jainbsp;ajouté ce qui a été ou lobjet de ses dé-sirs, OU celui des conseils de personnesnbsp;instruites et bienveillantes. Malgré lé-tendue que eet ouvrage a recue par 1effetnbsp;de toutes ces additions, je répéterai icinbsp;ce que je disais dans TAvant-propos denbsp;la première edition ;
« Ce nest ni pour les savans ni pour » les artistes que jai eu la pretention denbsp;» composer eet ouvrage; ils nattendaientnbsp;)) pas mon secours pour étudier les loisnbsp;» de 1optique dans les traités qui les éta'^nbsp;« blissent, ni pour mettre en pratique lesnbsp;n procédés industrieux par lesquels lanbsp;)) construction des instrumens doptiquenbsp;)) a été poussée au plus haut degré denbsp;)gt; perfection.
» Je nai eu dautre dessein que doffrir )) aux gens du monde ce qui pent les in-» téresser essentiellement dans tout ce
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5gt; qui tient a lusage, au soulagemeut et « a la conservation des yeuXv II m^a suffi,nbsp;» pour cela, de rassenibler les diversesnbsp;» explications que jai a donner chaquenbsp;« jour ati grand nombre de personnesnbsp;» qui daignent sadresser a moi^, et qui,nbsp;gt;gt; je 1espère, retrouveront avec plaisir cenbsp;qui les occupait, traité avec Ie degrénbsp;» plus OU moins grand dimportance quenbsp;» lui assigne Ie développement métlio-» dique et graduel dans lequel jai dunbsp;j) en présenter 1ensemble ».
Tel était mon plan en i8to, époque de la publication de ma première édi-tion. Je navais pas cru utile dentrernbsp;dans tous les détails de la fabrication desnbsp;instrumens doptique j je métais réduit anbsp;donner seulement ce qui pouvait assurernbsp;la confiance du public dans Ie choix etnbsp;dans lusage des cboses dont il a besoin.nbsp;« Je crois, disais-je alors, rendre unnbsp;» grand service au petit nombre de cons-» tructeurs habiles, dont les travaux nenbsp;» sont pas toujours appréciés a leur vé-
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gt;y ritable valeur. En effet, Ie vil prix au-» quel tant de marchands établissent nos » iiistrumens, ne séduira plus les per-)) sonnes qui se seront fait une idee exactenbsp;)) des soins, du travail et de Ia longuenbsp;)) pratique qui peuvent seuls en assurernbsp;» la»perfection.... Je ne puis trop Ie ré-)) péter, disais-je encore, ce nest pointnbsp;)) un traité quil me convenait de créer ,nbsp;» ma position, ma vie toute entière, con-)) sacrée aux soins de mon état et au ser-» vice du public, minterdisaient cettenbsp;» pretention, et me laissaient seulementnbsp;)) la faculté de mettre a 1usage de tous,nbsp;)) les résultats de mon expérience jour-» nalière ».
Je suis bien éloigné davoir renoncé a ces sentimens 5 je me plais, au contraire,nbsp;a les professer encore;, et si aujourdlmi,nbsp;cependant, mon ouvrage se présente sousnbsp;une forme nouvelle et bien plus volu-mineuse, cest que Ie public lui-mêrae anbsp;exigé davantage de moi. La bienveillancenbsp;avec laquelle il a recu mon travail, ma
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rendu , il est vrai, plus confiant en nies propres foices ; mais, en outre, il ma éténbsp;presque fait un reproclie d^être resté sinbsp;souvent en arrière des hornes de la science, en me renfermant dans un cadre tropnbsp;étroit.
On ma fait observer que plusieurs ingénieurs et opticiens avaient, avant moi, public des traités sur 1art de construirenbsp;les instrumens de physique et doptique,nbsp;mais que leurs traités sont déja bien anciens ^ que la science a, depuis, fait desnbsp;progrès, et introduit des pratiques nou-velles, et quil était nécessaire den ren-dre compte. Une des considérations quinbsp;mont Ie plus frappé, est celle-ci; Le goutnbsp;des sciences physiques, ma-t-on dit, senbsp;répand sur tous les points de lEmpire jnbsp;linstruction nest plus renfermée dans lanbsp;capitale et dans quelques grandes villes;nbsp;les campagnes sont habilées par des cul-tivateurs pour lesquels ragiiculture nestnbsp;plus un métier ; et cependant des traitésnbsp;dans lesquels les généralités de la science
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sont exposées avec profondeur, ne con-viennent pas au plus grand nombre ^ cest un manuel de Tart quil est essentiel denbsp;lui offrir. Les diverses manipulations denbsp;1optique, outre leur utilité directe, don-nent une occupation qui, loin dêtre pé-nible et fatigante, fournit un amusement 5nbsp;et de ceux que Ton se permet dans lesnbsp;nombreux loisirs dune vie passée a lanbsp;campagne, ou dans des villes peu bruyan-tes, en est-il beaucoup qui présentent desnbsp;résultats aussi éminemment utiles ?
Lastronome dont non-seulement lAn-gleterre, mals la science mème slionore, fierscheïl, engage musicien dans un régiment dHanovriens au service de lanbsp;Grande-Bretagne, ajoutait a sa paye parnbsp;Ie travail des verres de lunettes et desnbsp;miroirs de telescopes. La perfection denbsp;ses ouvrages lui fit acquérir des protec-teurs; il put bicntót cesser de nêtro quunnbsp;babile manipulateur ^ il étudia la sciencenbsp;même, et lo nom ^Herscliell durera au-tant que Tastronomie, antant que la pla-
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nète qui roule dans Tespace oii elle porte ce nom, et ly inscrit ponr jamais.
Jai done cru devoir déciire tous les procédés avec une exactitude minutiense,nbsp;et même ne pas négliger lexposition desnbsp;calculs les plus nécessaires, paree quilnbsp;serait possible que quelques personnesnbsp;voulussent pénétrer dans la théorie denbsp;1art. Jai consacré, en effet, plnsieursnbsp;pages aux calculs et a Findication de lanbsp;marclie des rayons lumineux, soit dansnbsp;la vision, soit dans les mlroirs et les ins-trumens. Jai fait graver plusieurs planches , afin de rendre Ie discours plus intelligible.
En mécartant ainsi de moii premier plan , jai cédé aux conseils que Fon manbsp;donnés, et jai satisfait au désir cp.ie plusieurs pei-sonnes mont témoigné de voirnbsp;inon ouvrage prendre une marche plusnbsp;étendue. Jai en peu daugmentatians anbsp;faire a la partie curative, et je me suisnbsp;renfernié dans les hornes que je métaisnbsp;posées; « II ny a rien de mirmtieux, di-
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viij nbsp;nbsp;nbsp;DISCOURS
)) sais-jè', rieii a négliger dans un organe V tel qué celui de la vue; les moindres er-» reurs deviennent funestes , et des con-)gt; seils hasardés aggravent souvent Ie malnbsp;» au lieu de Ie détruire. » Mon ouvragenbsp;ne dispensera point de demander aux.nbsp;geus de Tart les moyens curatifs, maisnbsp;il mettra a portee de connaitre linstantnbsp;oü il faut les demander, et surtout denbsp;prévenir de graves inconvéniens par denbsp;sages precautions.
Des la première edition, javals cher-ché a répondre a 1appel que Ie traducteur de louvrage de feu JML. Beer, viédecinnbsp;oculiste de F^ienne en Autriche, avaitnbsp;fait, ea manifestant Ie désir que quelquunnbsp;de ceux qui ont Ie plus doccasions doL-server les yeux dans tous leurs états, putnbsp;donner un petit manuel dune utiliténbsp;générale. Jai done ajouté dans celle-cinbsp;ce que Ie tems et 1expérience ont pu menbsp;faire connaitre. Je nai pas du craindrenbsp;de marcher quelquefois sur les tiaces de
ii
-ocr page 23-PRÉLIMINAIRE. nbsp;nbsp;nbsp;jX
M.. Béer^ dans tout ce que javais eu occasion de reconnaitre moi-même.
La partie anatomique, qui parait la plus éloignée de mes travaux ordinaires,nbsp;est due pi'esquen totalité a MM. Tenonnbsp;et De FTenzel^ soit par létude des mémoires quils out fait imprirner, soit parnbsp;la confiance avec laquelle Ie premier,nbsp;célèbre analomlste, et Ie second, 1un denbsp;nos premiers oculistes, mont adressé lesnbsp;personnes qui avaient bes in du secoursnbsp;de loptique, soit enlin par la bienveil-lance avec laquelle M. Tenon a biennbsp;voulu recevoir la communication de monnbsp;preiuier manuscidt, et me donner sesnbsp;conseils.
Après avoir passé en revue les diffé-* rentes branches de Foptique, et parti-culièrement les miroirs et les télescopes, articles fort importans, jai cru devoirnbsp;parler de quelques instrumens curieuxnbsp;de dioptrique, tels que la chambre noire,nbsp;la lanterne magique et la fantasmagorie ,
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qui noffre aujourdhui rien de surpre-iiant que la dextérité qui la met en jeu^ En dormant une description détaillée desnbsp;illusions quelle produit, je nai pas crunbsp;faire tort a personne, puisque les raystèresnbsp;de la fantasmagorie ne présentent riennbsp;de plus secret que Ie mécanisnie desnbsp;verres de la lanterne magique,
Jai parlé aussi de la cliambre elaire, instrument dont 1invention est due auxnbsp;opticiens anglais, et dont la constructionnbsp;est entièrement différente de celle de lanbsp;cliambre obscure, comme on pourra Ienbsp;voir par Fexplication détaillée que jennbsp;donne, et par la plancbe que jai consa-crée a eet article.
Jai cru nécessaire de faire entrer dans Ie corps de eet ouvrage- une instruction sur lusage des cadrans solaires bo-risontaux et universels que je construis,nbsp;et dy joindre une indication de la latitude des principales villes de 1Europenbsp;et de la France, ainsi quune notice surnbsp;la décl maison et linclinaison de la bousr
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sole. Au moyen de cette instruction, chacun pourra faire usage de ce cadran ,nbsp;et en verifier lexactitude.
Cest aussi pour répondre aux diffé-rentes questions qui me sont faites chaque jour sur la confection^ rexactitude etnbsp;les variations des instruinens de météorologie et daréométrie, que jai donnénbsp;une dissertation sur ces divers ofijets. Jenbsp;me suis particulièrement élendit sur Ienbsp;baromètre et Ie tlier mornet re, et je nainbsp;rien négligé pour rendre ces articles,nbsp;déja fort intéressans de leur nature, aussinbsp;complets quils pouvaient lêtre.
En parlant des instrumens daréométrie , jai donné au caféosnètre iin pen détendue , persuadé que mes lecfcursnbsp;verraient avec plaisir 1origine et l'his-toire du café, les révolutions qni s éle-vèrent a 1occasion de ce breuvage, ctnbsp;les difficultés quon éprouva dans Ic Levant, lorsquon voulut en introduirenbsp;Fusage. Pour la description de Finstru-ment et son emploi, jai du consulter lex-
-ocr page 26-xij nbsp;nbsp;nbsp;¦ DISCOURS
cellénte dissertation qua publiée M. Ca-det-de-Vaux, en 1807, et jai Ie soin dy renvoyer les lecteurs qui désirentnbsp;connaitre tons les détails que ce savantnbsp;a donnés sur les diverses preparationsnbsp;du café.
Quoique je me fusse impose Fobliga-tion de présenter les objets que je traitais dune manière claire, précise, facile etnbsp;dépouillée de 1obscurité scientilique, jenbsp;me suis vu forcé demployer quelquefoisnbsp;Ie langage des savans, et les mots con-sacrés par eux ; cest pour faciliter lin-telligence , cest pour en éclaircir tonsnbsp;les doutes, cest pour aider toutes lesnbsp;classes de lecteurs, que jai placé a lanbsp;suite de louvrage un diciionnaire analj-tique des termes de sciences qui y sontnbsp;employés , avec Ie secours duquel cliacunnbsp;pourra lever les difiicultés qui larrête-raient a la lecture du texte. Jai eu Ienbsp;soin aussi de faire entrer dans ce dic-tionnalre divers éclaircissemens que quel-ques parties traitées dans louvrage sem-
-ocr page 27-PRÉLIMINAIRE. nbsp;nbsp;nbsp;Xllj
biaient demander encore ^ et cest pour-quoi 1on y trouvera de nouveaux détails sur les microscopes, les telescopes, lesnbsp;miroirs , les lunettes et autres instru-mens doplique, de catroptique, de diop-trique, etc.
Enfin, après avoir fourni de mon mieux, mais non sans peine, une carrière -hérissée de difficultés, jai cru pou-voir me reposer un moment, en cédantnbsp;aux vceux de beaucoup de personnes,nbsp;qui mont demandé des renseignemensnbsp;et des détails historiques sur 1antiquenbsp;monument dans lequel je fais ma residence, et oil sont établis mes ateliers etnbsp;magasins. Je nai jamais eu Forgueilleusenbsp;prétention de passer pour historiën , etnbsp;chacun pouvait, ainsi que moi, faire desnbsp;recherches et en publier Ie résultat ^ jenbsp;crois done inutile de mappesantir da-vantage sur Fincoherence de eet article,nbsp;qui ne saurait provoquer la censure, etnbsp;quon ne doit regarder que comme unnbsp;délassement après de longs travaux.
-ocr page 28-xiv nbsp;nbsp;nbsp;DISCOURS
Je ne pais terminer sans offrir Ie tri-]gt;ut de ma reconnaissance aux reunions scientifiques auxquelles jai 1honneurnbsp;dappartenir, et qui mont offert, dans lesnbsp;conferences qui les rendent si utiles auxnbsp;progrès des connaissances, les encoura-gemeus et les avis dont mon zèle avaitnbsp;besoin : ce nétait pas seulement les lu-mières des confrères éclairés, mais lanbsp;douce intimité du plus grand nornbrenbsp;dentre eux qui me soutenaient, méclai-raient, me corrigeaient même souvent,nbsp;sans queux-mêmes sen apercussent, parnbsp;les nouvelles idees que leur entretiennbsp;faisait naltre , en fixant mon attentionnbsp;sur des points iraportans.
Je dois encore des remercimens aux rédacteurs des journaux qui ont si souvent accueilli mes productions, et annoncé dans leurs feuilles mes nouvellesnbsp;constructions, taut en optique quen météorologie, en même tems quils consa-craient les observations de ce dernier
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genre, que seiil, pendant si long-tems, jai publiées a Paris.
Mais, je Ie répète encore avec plus de crainte qua lépoqiie oü je publiai inanbsp;première edition , tant de secours offertsnbsp;par la bienveillance mauront-ils suffi pournbsp;parcourir sans trop de désavantage la car-
iière dans laquelle je suis entré , et ne dois-je pas redouler quun lecteur, plusnbsp;curieux de la forme que du fond , nenbsp;sattacbe a la manière dont jai rendu mesnbsp;idees, plutót quaux idees elles-mémes ?nbsp;et faut-il avouer que cette forme extérieurenbsp;ma si peu occupé, que lon trouveranbsp;dans Ie texte beaucoup de ces negligencesnbsp;que sait éviter tout auteur jaloux de cenbsp;tilre ?
Paissent ces fautes être les seules quon ait a reprocher a mon ouvrage! puissentnbsp;de nouveau , par leurs sages avis , lesnbsp;savans et les artistes maider a Ie rendrenbsp;de plus en plus digne de la conliancenbsp;dont Ie public mhonore, et a laquelle
-ocr page 30-xvj DISCOURS préliminaire. seule je dois lhonneur de fournir desnbsp;instrumens de ma fabrique a LL. MM,nbsp;11. et RR., aux personnages de FEtat,nbsp;et aux étrangers du plus haut rang!nbsp;puissent enfin mes efforts, mes intentions,nbsp;mon zële, justifier aux yeux de la critiquenbsp;mon entreprise , et ne pas la rendre in-digne du tiire honorable par lequel Sanbsp;Majesté Ie Roi de Westphalie a daignénbsp;étendre jusqua mes faibles services lanbsp;haute faveur quelle se plait a accordernbsp;dans ses Etats aux sciences et aux artsnbsp;utiles !
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pagp 1 i5
Chapitre Iquot;. Descnption de Voeil.
Chap. II. De la différence des vues.
22
28
48
Chap. III. Vues d^eclueuses.
Chap. IV. Maladies de Vceil.
Chap. V. Conservation de Voeil.
Chap. VI. Sur les premières lois de Toptique. Chap. VII. Choix el travail des verres.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lor
Chap. VIII. Desfoy ers des verres. nbsp;nbsp;nbsp;i'jo
Chap. IX. J)es verres de couleur. nbsp;nbsp;nbsp;ijG
Chap. X, Inconvénient des lunettes d^ectueuses.
i8fgt;
187'
192
19G
tioo
206
Chap. XI. des monocles et des binocles. Chap. XIL Montures des lunettes.nbsp;Chap. XIIL Des lunettes de spectacle.nbsp;Chap. XIV. D^s verres achromatiques.nbsp;Chap. XV. Des miroirs des anciens.nbsp;Chap. XVI. Des miroirs ardents.
-ocr page 34-vxüj nbsp;nbsp;nbsp;TABLE
Chap. nbsp;nbsp;nbsp;Des loupes, des microscopes, page 22®
Chap. nbsp;nbsp;nbsp;XVIII. Microscope solaire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;226
Chap. nbsp;nbsp;nbsp;XIX. Microscope de Dellebarre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;281
Chap. nbsp;nbsp;nbsp;XX. Des télescopes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;265
Chap. XXL De la chamhre noire.
Chap. XXII. Lanternemagique.
Chap. nbsp;nbsp;nbsp;XXIII. Fantasmagorie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;281
Chap. nbsp;nbsp;nbsp;XXIV. Chamhre claire.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3o3
Chap. XXV. Des cadrans solaires horison-
taux et unioersels. nbsp;nbsp;nbsp;31 o
Ifstruction sur les bésicles d la Franklin. SBg Lettke de M. Chamsem, docteur-médecin, dnbsp;M. Cherallier.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;34^
Extrait du Moniteur sur le moyen employé par Iauieur, pour régulariser lécartementnbsp;des verres.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;347
Instruction sur les bésicles d doubles verres, 349 IjEttre de Yauteur sur les verres d^ectueux. SSanbsp;Idem de M. Marie de St. - TJrsin, docteur-médecin, surïéchelle inventée par Yauteur denbsp;eet ouvrage^ pour mesurer la vision.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;355
Idem de M, Fabré, docteur-médecin , sur les lunettes d verre bleu.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;358
Xote surYouragan du a.3 aoul nbsp;nbsp;nbsp;1807.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;36o
-ocr page 35-DES CHAPITRES. nbsp;nbsp;nbsp;xix
IjETTre sur la météorologie. nbsp;nbsp;nbsp;p3g6 364
Note sur les orages. nbsp;nbsp;nbsp;368
Idem sur la cause des brouillards. nbsp;nbsp;nbsp;3^2
Rapport d la société grammaticale de Paris, sur la f®. édition de eet ouvrage.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;877
Eettre sur quelques propriétés de la glace. 381 Planches de la première partie.
Dictionnaire analytique de plusieurs mots scient^ques , contenant en outre des obser-servatiojis sur les instrumens de météorologie,nbsp;dtaréométrie , et un supplément d quelquesnbsp;parties doptique.
Chapitre I''®. Dissertation sur Ie baromètre.
Chap. II. Dissertation sur Ie thermomètre.
Chap. III. De thygromètre.
Chap. IV. Aréomètre.
Chap. V. Cqféomètre.
Chap. VI. Galactomètre.
Chap. VIL CEnomètre.
-ocr page 36-Kotice sur Ie monument public nommé Tour du Palais.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;page 657
Catalogue et Prix de ious les instramens qui sefahriquent et se vendent chez Vauteur, senbsp;trouveiit a la fin du tome II.
Table des matières cotitenues dans Vouvrage.
-ocr page 37-LE
DESCRIPTION DE LoEIL.
De tous nos sens, Ie plus utile , Ie plus étendu et Ie plus merveilleux est celui de la vue. Cestnbsp;lui qui procure a noire coeur les sensations lesnbsp;plus délicieuses , puisquil nous fait joiiir denbsp;Iaspect des personues qui nous sont cheres , etnbsp;quil nous console de leur absence par la pein-ture fidelie de leurs traits , du par la lecture desnbsp;caracteres, ou sont tracees les ^ives expressionsnbsp;de leur anntié. Dun autre cote, quelles jouis-sances noffee-t-il pas a notre esprit, lorsquilnbsp;nous rend témoinsdes tableaux magnifiques quenbsp;nous offre la nature j et sur-tout lorsque, nous
-ocr page 38-3 nbsp;nbsp;nbsp;ÏLE CONSERVATEUR
iransportant, pour ainsi dire, hors de nous-mêmes , il nous permet derrer libremenl dans les vastes champs de rimmensité ! Cest encorenbsp;par lui que nous pouvons juger des difiérensnbsp;rapports que tous les corps peuvent avoir entrenbsp;eux j tels que leurs grandeurs , leurs foimes ,nbsp;leurs couleurs, leurs distances etleurs situationsnbsp;respectives.
Cest a raison de tous ces divers avantages que, dans tous les tems et chez tous les peuples,nbsp;loeil a été rcmblême de ce quil y avail de plusnbsp;cher et de plus précieux. Cest aussi pour lesnbsp;augmenter que, depuis Newton, Ie premier in-venteur deslois de lOptique, jusqua nos jours,nbsp;un grand nombre de profonds Mathématiciens,nbsp;de Physiciens éclairés et dArtistes habiles senbsp;sont empresses , les uns délendre les hornes denbsp;la vision , les autres de remédier aux défautsnbsp;de sonorgane. Gestdece dender objetque nousnbsp;allons surtout nous occuper, et nous commen-cerons par la description de lceil.
Loeil estun globe de aB millimetres, ou n li-gnes (Aivirondediamètre. 11 est placé au dessous du front, dans une cavité osseuse , nominee or-lite , qui est garnie de graisse pour faciiiter etnbsp;adoucir les mouvemens que lui procurent ennbsp;tous sens six difiérens muscles , dout quatrenbsp;droits et deux obliques.
-ocr page 39-DE LA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;Z
Le premier des muscles droits, situé en dessus , est le muscle relevcur ou superbe : il fait remonter loeil, comme il arrive dans ces instans , oil lame est fortemeni exaltée par desnbsp;idees de grandeur et darrogance.
Le second, qui est lantagoniste du premier, est placé au dessous de loeil, et remplit lesnbsp;fonctions que désigne son nomdahaisseur ounbsp;d'humble, norn qui convient a rhumililé qui faitnbsp;liaisser les yeux.
Le tioisième , situé latéralemenl et du cóté du nez , se nomme adducteur, paree quil ramènenbsp;lceil vers le nez ; On lappelle aussi huueur ounbsp;liseur , parceque ce muscle produit eet efFet,nbsp;lorsquon boit ou quon lit.
Son antagoniste, le muscle ahducteur , est le plus gros des muscles de loeil : il est fixé anbsp;iangle extérieur ou canthus, et j retire lceil ,nbsp;toutes les fois que le mépris ou le dédain fontnbsp;regarder de cóté , ou , comme on dit, de travers. Cest cette raison qui a aussi fait dounernbsp;a ce muscle le nom de dèdaigneux.
Cest au mojen de faction successive de ces quatre muscles que loeil se meut en rond dansnbsp;son orbite , et que , lorsquils agissent tous lesnbsp;quatre a la fois , üs compriment et applaiissentnbsp;le globe de loeil; ce qui, comme on Ie verranbsp;plus bas , lui permet de voir de plus loin. Aussi
-ocr page 40-4 nbsp;nbsp;nbsp;tE conservateur
ne sentons-nous jaraais nos yeux plus forlement tendus, que lorsquenous nous efibrcons de dis-tinguer des objets qui nous échappent par leurnbsp;distance.
Lattache llxe des quatre muscles droits est au fond de 1orbite aulour du trou optique , parnbsp;lequel Ie nerf du même nom sort de rintérieurnbsp;de la tcte.
Les deux autres muscles sont appelés obliques OU trochléateurs, paree quils agissent diago-nalement et conime par des poulies de renvoi.
Le grand oblique est attaché , ainsi que les muscles drolls, au fond de lorblte : mais ilnbsp;passe dans un tendon en forme danneau , pournbsp;veuirembrasser la partie postérieure du globe denbsp;Toeil; et son action produit ce quon appelle lesnbsp;yeux doux.
Le petit oblique salslt aussl le globe de loeil par derrière j il sattache au bas de lorbite dunbsp;cótédu petit angle extérieur ou/7lt;r^i^ canthus, etilnbsp;y ramène loeil dans la colère ou liudignation.
II parait que les muscles obliques sont ceux dont la correspondance dun ceil a lautre estnbsp;la moins parfalte , pulsque cest de leur actionnbsp;inégale que provient le regard louche , auquelnbsp;sexercentbeaucoup trop denfans; mais, lorsquenbsp;ces muscles sont bien égaux et quils agissentnbsp;ensemble , ils portent enavant le globe de loeil
-ocr page 41-DE LA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;5
Ie rendent, plus convexe : ce qui lui perniet ele voir plus eonvenablemeni les objets qui sontnbsp;irop prés de lui j elfet oppose a celui que nousnbsp;avons indiqué dans les musi les droits.
A Textérieur , loeii est préserve par les deux paupières , dont la superieure , qui est aussi lanbsp;plus grande , souvre et se ferme a volonté dunbsp;liaut en bas.
Les deux paupières se rauaebent Vune a 1autre , en formant a lextérieur de la tete un petit angle nommé petit canthus , landis que Ie plusnbsp;grand angle , voisin du nez , porte Ie nom denbsp;grand canthus.
Deux pelils trous , places dans ce dernier angle , répondent a un merne canal lachr^ mal , conduisant au receptacle des larmesqui est placénbsp;Ie long du nez , de mème que leur source senbsp;trouve dans la glande lachrj male placée au petit
canthus.
La principale destination des larmes est de te-nir lextérieur de loeil dans une humidité con-veuable a tous ses divers mouvemens. Elies de-vienneut un sympióme de sensibiliié , soit dou-loureuse , soit agréable , paruueffet de lirriiabi-lité , qui rend nos yeux plus prompts que nos autres organes a saflecter de toutes nos sensations.
Les cils , qui garnissent les paupières » empê-
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chent les petites ordures et les pelits Insecles allés de sintroduire dans loeil; et cest a des nié-nagemens si nécessaires que semblent destinesnbsp;les mouvemens rapides des paupières,a Tapproclienbsp;du moindre objet qui pourrait affecter Iceil.
Au-dessus , comme premiers remparts , sé-lèvent les sourcils , dont Ie principal effet est darrêter les gouttes de sueur qui , dans ie fortnbsp;du travail ou de la marche , ruissèlenl avec tantnbsp;dabondance.
Les cils, les sourcils, les pauplères nétant que des accessoires de Ioeil , les individus , quinbsp;en soul privés par diverses causes, nen jouissentnbsp;pas inoins de Torgane de la vue. Le défaut denbsp;paupières est le plus grand , paree que loeil,nbsp;resté saus abri, dolt se racornir ou se dessé-eber plus rapidement. On a vu cependantnbsp;des personnes dormir habituellement les jeuxnbsp;ouverts.
Si nous passons a Texamen du globe lui-même, nous pouvons le faire considérer comme une espèce de coque , formée de trois tuniquesnbsp;OU membranes , qui sont lépanouissement dunbsp;nerf optique , et au centre desquelles seplacentnbsp;les différentes substances destinées a rassemblernbsp;les rayons de lumière , et a les transmettre aunbsp;nerf optique, dans lequel reside essentiellemeutnbsp;lorgane de la vue.
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La tunlque extéi'ieure , qui est la plus solide, Se nomme cornée elle sétend , en samincis-sant au point de devcnir trausparente,, au-devantnbsp;de 1oeil: la cornée opaque du fond de Ioeil est,nbsp;distinguée par Ie nom de sclérotique..
La cornée transparenle , qu'on peut comparer a un verre de raontre forme en avant une saillie qui appartient a une sphere de 17 a 18nbsp;milliiuètres ou a peu pres de 8 lignes de dia».nbsp;metre , et dont louverture est denviron 11 millimetres on prés de 5 lignes, .11 rcsulte de cettenbsp;saillie que les rayons de lumière sont recus surnbsp;uu plus grand nombre de points , et quentre lanbsp;cornée transparente et Ie reste de Vojil , il senbsp;Irouve plus de place pour lhumeur aqueuse quinbsp;cnbaigne iintcrleur.
Pour continuer la comparaison du verre de montre , on peut regarder comme Témail danbsp;cadran Ie blanc de loeil, nommé par les Anciensnbsp;albuginée , et qui est attaché aux paupiëres parnbsp;une membrane fort mince appelée conjonctiae.nbsp;Le blanc de roeil 1 ui-rnème appartient a la seconde enveloppe du globe , laquelle est garnic,nbsp;dans tout son intérieur , dune mucosité noi-raire destinée a prévenir réparpiliement desnbsp;rayons de lumière. Cest en raison de cette couleur noiratre , analogue a celle du raisin noir,nbsp;que ia partie anlérieure de cette membrane porte
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le nom d^upee ,taTidis quon a donné a la partie
posiérieure le nom de choroïde.
Luvée esi formée dune muliitude de fibres Irès-déliées , disposées du centre a la circoufé-rence , blanches a leurs extrémités , et coloréesnbsp;autour du centre avec uiie variété exprimée parnbsp;le nom dim. Dans quelques yeiix, liris estnbsp;bleu Ou roux; dans dautres , il varie du grisnbsp;verl au gris noir. La couleur rouge ne se trouvenbsp;que dans lesyeux des Albinos, que lon peut re-garder comme une dégradation de lespèce hu-inaine,et chez qui la vue est si faible que lenbsp;nioindre jour la blesse.
Au centre de liris est Ie trou nommé pupille OU pruneUe , par lequel entrenl dans lceil tousnbsp;les rayons de lumière.
La pruuelle est ordinairement circulaire dans 1homme , quoiquon en ait observe qui étaieutnbsp;ovales du haut en bas , ainsi que celle du chat.nbsp;Elle est susceptible de se resserrer ou de se di-later , suivant Ie plus ou le nioins de jour quinbsp;frappe loeil : sou plus petit état , dans les yeuxnbsp;ordinaires , est de 2 millimetres ou un peumoinsnbsp;dune ligne , et son plus grand écartemcnt estnbsp;de 5 millimetres ou un peu plus de 2 lignes.
On a remarqtié que la célériié des mouvemens de la prunelle étail en raison de la vigueur denbsp;lorgane , et que la promptitude , avec laquelle
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peut passer de son plus peiil rélrécissement ^ sa plus grande extension, étail plus niaiquéenbsp;dans lenfance que dans les ages plus avancés ,nbsp;dans les bruus que cbez les blonds, dans lesnbsp;tcinpéramens secs que dans les constitutionsnbsp;huniides.
^esi ordinaireinent par la llberté du jeu de la prunclle quon reconnait 1etal de santé de 1 oed ,nbsp;dont cependant 11 est imprudent d abuser, ennbsp;passant irop rapidenicnt de Iobscurlie ou dunnbsp;jour falble a une clarté éblouissante.
La pupille établit la communication enlreles deux cliambres de loell, que baigne rhumeurnbsp;aqucuse , en avant et en arrière de Tiris. Cettenbsp;bumeur- est salée , un pcu visqueuse et très-tfanspaiente. M. Tenon annonce nen avoirnbsp;trou-vé que ii centigrammes ou deux grains dansnbsp;nnoeilhumain, et Sga centigrammes ou 74 grainsnbsp;dans loeil dun jeune renard.
Au-dessouset vis-a-vis de lapupillesetrouve Ie ccisia//fn,espëce de lentille de la forme de cellesnbsp;des instrumens doptique , et quon a regaidéenbsp;long-tems comme une humeur en étal de gelee,nbsp;i'enfermée dans une membrane aussi transparentenbsp;tjuelle , el nommée Arachnoïde.
11 est a présent reconnu que Ie cristallin est une aggregation de petlies lames ou fibres très-minces, pesant a pen pres 21 centigrammes ou
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quatre grains , ajant 5 millimetres ou plus de 3 lignes dépaisseur, sur ii millimetres ou 4 a 5nbsp;lignes de diamèlre , et enveloppée dans une es-pècedebourseoude sac destine a retenircequonnbsp;appelle Vhmneur deMorgnani ,quihsii^ne touiesnbsp;les fibres du cristallin en plus ou moins grandenbsp;abondance , suivaiit lage et la constitution desnbsp;individus.
Le cristallin repose sur une masse dune autre substance, également transparente mais plus lé^nbsp;gère , quon appelle humeur vitree. Cest cettenbsp;humeur quioccupe a elle seule plus des ig ving-tièmes de la capacitédu globe de lcfillj et au travers de laquelle passent les rayons de lumière ,nbsp;pour sarrêter enfin sur la rétine,
On a donné ce nom a la membrane intérieure de loeil , paree quelle parait comme un réseaunbsp;blanchatre, compose des fibres les plus délicatesnbsp;du nerf optique. Elle est , si Ton peut sexpri-mer ainsije ridcau de la chambre obscure, surnbsp;lequel viennent se peindre lous les objets quinbsp;sonl en vue de la lentille,
Quelques-uns out cependant prétendu que la rétine nétait pas iorgane reel de Ia vue , et quenbsp;limpression des rayons luniineux traversait cenbsp;réseau, pour se porter jusquau feuillet intérieurnbsp;de la choroïde , qui a recu le nom de membranenbsp;de Rujsch, comme ayant été distinguée par eet
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^uatorniste Hollandais, si faraeux dans la preparation et rinjection des tissus animaux les plus déliés.
Ce quil importe seulenient de remarquer , ^ est que , comme pour les autres sens , lim-pression des objets , une fois arriyée aux fibres
plus déliées du nerf opiique, se iransmet par lui au centre commun des sensations , dont lanbsp;eerveau , auquel se rattachent tous les nerfs ,nbsp;puialt êlre Ie siége principal.
Les Métapbjsiciens argumenteront encore long-temps sur les relations , que les sens éta-filissent entre lêtre qui en est done, et les objetsnbsp;quijlui semblent les plus élrangers.
Le Physicien , dans toutes les parties quil ®tudie , rOpticien , dans la determination desnbsp;effets de la vue, nont aucun besoin de sarrêternbsp;sur les causes. Ils marcbent dun pas sur en nanbsp;prononcant que daprès lexpérience , dont lesnbsp;iusultats sont bien plus intéressans aux beSoinsnbsp;reels de Phomme, que toutes les idees systéma-tiques,qui ne peuvent rien ajouter a aucune denbsp;ses facultés.
Pour ne rien laisser a désirer sur la descrip-de lceil , nous allons passer a la descrip ïion de Vceil artiflciel , macbine très-propre anbsp;déntontrer comnient sopère la vision , puisquanbsp;1exception des humeurs , dont reflel est suppléé
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par un verre leiiliculaire , loeil ariificiel ressem-
ble a roeü^humainj tant par sa forme extérieure ,
lt;]ue par les parties intérieures qui lui som es-
sentielles. Voici la description aussi exacte que
détailiée quon en trouve dans la Physique du
Monde.
Pour construire loeil ariificiel, on prenddeux hemispheres concaves de bois ou de métal quinbsp;semboitent lun dans lauti'e , de manière a former un globe. Lun des deux hemispheres estnbsp;percé a son sommet dune ouverture circulaire ,nbsp;dun pouce environ de diamètre. A celte-ouver-ture , on adapte un verre lenticulaiie qui faitnbsp;Ioffice du cristallln1autre hemisphere a pa-reillement a son sommet une ouverture circulaire , mais beaucoup plus grande et denvironnbsp;2 pouces de diamètre , a laqueile répond unnbsp;tujau de méme longueur j ce tuyau en contientnbsp;un autre qui est mobile , et quon peut parnbsp;conséquent avaucer ou reculer a volonté. Cenbsp;dernier tuyau est fermé a Tune des extrémités,nbsp;celle qui est du coté du glQbe , par un dia-phragme de papier huilé,ou par une glace doucienbsp;seuleinent et nonpolie. Cestsurce diaphragmsnbsp;Kjue les rayons, qui partent des objets extérieurs,nbsp;viennent peindre limage de ces objets. Ces images sontbien termiuées ettrès-distinctes,lorsquenbsp;Ie diaphragme, qui représente la réline, est exac-
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DE LA VUE. tcment placé au foyer du verre Icnticulaire.
Cette machine , portee par un pied qui en i'endlusage très-commode, doit-êlre dirigée versnbsp;les objets, dont on veutvoir Iiniage peiute surnbsp;la gl ace doucie ou sur !e papier Imilé qni ennbsp;tientlieu. Lim ou lautre est placé a Touverturenbsp;mtéiieure du tuyau mobile. Eu regardant parnbsp;cetuyau, Ton appergoit 1image des objets quinbsp;sont places en facedu verre lenliculalre. Si celtenbsp;image ne paraii pas assez distincte, il faut ounbsp;retirer, ou enfoncer le tuyau mobile, jusquanbsp;ce que la representation soit parfaileinenl nclte;nbsp;ce qui arrive, coniine nous venons de le dire,nbsp;lorsque le diaphragme est a la distance precisenbsp;du foyer du verre lenliculalre, qui lall 1'officenbsp;du cristallin de Ioeil nature).
Lon voit done que la constructlou iugé-nieuse de ioeil arliliciel rapproche, autam qu il est possible , cet instrument ds Ioeil naturel.
Cepeudant, combicn cette machine est eloi-gnée de la perfection de notre organe de la vision ! Les propriétés , les usages de ce derniernbsp;sont inflniment supérieurs aux propriétés , auxnbsp;usages de ilnstrumenl de IArt,
La complication, dans la structure de noire ceil, nestpas une vaine accumulation de moyens,nbsp;Gardons-nous de penscr que le divin Archilectenbsp;de Tunivers pouvait sinipliller celte machine,
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en la laissant aussi uiile. Sa sagesse na rien omis j elle na ilen fait en vain^ tons les ressortsnbsp;onileurs aniagonistes; toutes les pieces de chaquenbsp;organisation out leurs objets et leurs fins.
Pour nous en assurer en considérant Iceil, il suffit dobserver que ce verre convexe qui ,nbsp;dans loeil arlificiel, remplace Ie crisiallin, parat t bien rassembler en un point tous les rayonsnbsp;cjul viennent dun point de Tobjet vers lequelnbsp;il est tourné , mais que cette reunion nestnbsp;exacte qnen apparence. En effet, on ne peutnbsp;pas dire quelle Ie soit parfaiteinent, puisquenbsp;la figure circulaire quon donne au verre,nbsp;quelque régulière quon puisse la rendre, estnbsp;loujoursalï'ectée dun défaut impossible a éviter,nbsp;défaut quon appelle aberration de sphéricité,nbsp;et qui consiste en ce que les rayons, qui tom-bent sur les extrémités de celte surface convexe,nbsp;ne se réunissent pas au même point que ceuxnbsp;qui tombem vers Ie milieu.
Cette difi'érence, presquinsensible dans les experiences, ou Ton considère limage tracéenbsp;sur les diaphragmes, produirail des eff'ets très-sensibles sur les objets percus par la vision. Lesnbsp;images de ces objets, tracées sur la rétine, se-raient inoins distinctes, rnoins bien terminées ,nbsp;nioins ncttes, a cause des dilï'érezites refractionsnbsp;des différens ravons : ceux-ci se l assembleraient
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plus OU nioins pres du cï'istallin : les objets se-iaieixt eniourcs diris. 11 est impossible de re-ntédier a eet inconvenient en nemplojant quun seul corps transparent^ et, pour en preservernbsp;seulement jusqua un certain point nos lunettes,nbsp;iious ayons cu I'ecours a deux verres qui pro-duisent deux différentes refractions. Mais , quenbsp;ce moyen est inférieur en efficacilé a ces difle-fenies bumeurs, renfermées dans Iorgane denbsp;^®il , et dour nous avons fait connaitre lanbsp;Mature.
De la difference des Vues.
Sans entrer encore dans Iexplication des fegles doptique , appliquees aux différentes es-pecesdevues, il suflit pour le moment de savoirnbsp;ffue le plus ou le moins de distance, a laquellenbsp;porte la faculté de voir, depend du plus ounbsp;du moins dapplatissement des yeux, quelquenbsp;l^ien conslitués quils puissent ctre.
Je dis de plus que , si Toeil est irop borabe ou trop applati, la vision ne peut être que con-
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fti.se. Eii efFet, lon saitquil doity avoir une cer-laine distance de la rétine a la prunelle , telle fjne les rayons , qui forment la peinture duanbsp;objet , viennent se réunir préciséraent au fondnbsp;de Tceil j done, si Tceil est trop bonibé , cettenbsp;distance est trop grande j la rétine est plus éloi-*nbsp;gnéequilne convient3 et, dans cecas, les rayons,nbsp;te réunissant entre Ie cristallin et la rétine , nenbsp;par viennent a celle-ci quaprès sêtre croisés, etnbsp;ne peuvent y former quune image confuse. Si,nbsp;au contraire , Tceil est trop applati, la rétine estnbsp;trop rapprochée du cristallin 3 et dès-lors lesnbsp;rayons, rcncontrant cette membrane avant quenbsp;détre réunis, ne produiseni encore quune imagenbsp;peu distincie.
On nomme myopes ou vues basses , celles qui, resultant dun oeil Irès-bombé, ne permet-tent de distinguer les objets, que lorsquils sontnbsp;très-près de lorgane.
Ce mol de myope vient du grec, el signifie proprement fenner les yeux , ou cligner, pareenbsp;que lhabitude de cligner est propre aux per-sonues qui ont la vue basse.
Au contraire, les yeux applatis, qui voient mieux de loin que de pres, sont désignés parnbsp;les noms de vues longues ou preshytes, pareenbsp;que ce dernier mot signifie en grec la vieiïlesse,nbsp;qui est 1age oü lceil ordinairement sapplatit.
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Jai déja dit que les vues myopes oupresbylcs, tenaient uniquement a la conformation de loeil,nbsp;non a la constitution, cest-a-dire, que ce nenbsp;Sout pas des maladies: Cestpourquoi il y auraitnbsp;de graves inconvéniens a forcer eet état.
Les myopes ont iavantage despérer, en ne troublant pas Ie cours naturel des choses, quenbsp;leursyeux, sapplatissant avec Ie tems, finirontnbsp;par obtenir une vue naturelle , a l age oii lesnbsp;Vues ordinaires deviennent presbyles. Mais ,nbsp;pour parvenir a eet état , il ne faudrait pas tel-lenient sabandonner a 1usage des lunettes concaves , que lon ne fit quaugmenter la myopie aunbsp;lieu de la corriger.
On a remarqué que cétait dans les conditions aisées de la société quil se trouvait Ie plus denbsp;Vuesbasses , et lon a justeraent attribué ce défautnbsp;a leffet dune education, dans Ie cours de la-quelle les yeux se portent habltuellement surnbsp;des objetsrapproebés. Dansles leconsdécrilure,nbsp;de dessin, demusique, de geographic, et autres ,nbsp;oil lon ne prend pas assez Ie soin dobllger lesnbsp;clèves a se tenir a une distance raisonnable denbsp;oe quils doivent étudler , lhabltude ne faitnbsp;^tiaugmenter. II nest même plus permis despérer quelle se corrige avec lage. Elle se portsnbsp;plus haut degré dans les Astronomes , lesnbsp;Naturallstes , les Graveurs et les Horlogers
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condamnés , pour ainsi dire, a un usage fofce de la vue et dune vue artificielle , puisquils sontnbsp;obliges de se servir continuellement de lentillesnbsp;a foyer très-court. Je ne citerai que Ie célèbrenbsp;LalandCy quonpouvait regarder comme un desnbsp;plus infatigables travailleurs , et qui est mortnbsp;octogénaire, sans que sa vue se soit allongée. Lenbsp;papier , sur lequel il lisait ou il écrivait, nétaitnbsp;pas a trois centimetres de son ceil et son écri-ture était si fine, que les vues ordinaires se fati-guaient a la lire.
Ce qui doit sur-toul sembler étonnant, cest quau lieu de prévenir eet abus de jeunesse, tontnbsp;tend au contraire a le propager. On sen fait unnbsp;jeu, un mérite , un agrément du bon ton. Cestnbsp;a qui, jeune homme ou jeune femme, porteranbsp;ces lunettes , dont autrefois on aurait rougi :nbsp;tant est forte lapuissance de la vogue, a laquellenbsp;on ne craint pas de sacrifier ses intéréts les plusnbsp;chers !
Que dire de ceux qui, pour éebapper au service militaire , tourmentent leurs yeux de la manière la plus cruelle; et, a force de lunettesnbsp;de plus en plus concaves, martyrisent tellementnbsp;le globe de leurs yeux, quils finissent par nenbsp;pouvoir absolument rien voir , sans les verresnbsp;du plus court foyer concave? je dis quils mar-tyriseut leurs yeux; car, ce qui, dans les lois
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de la nature, naltère nuliement Ia bonne cons-litution de lorgane , lui porte au contraire un prejudice très-grand , lorsquil est ainsi Ie pro-^nbsp;duit defforts continuels. Tous les nauscles denbsp;1ceil se fatiguent, soblitèrent, et ne se trouventnbsp;plus en rapport avec les humeurs deslinées a ennbsp;^ntretenir Ie jeu. Certes, Pami de 1humaniie doitnbsp;gémir de pareils exces.
Je ne sais si je dois marrêter a une observation qui serail peut-être encore plus affligeante ,nbsp;puisquelle sétendrait sur létat social en general , sans quil y elat de remèdes a y apporter ;nbsp;Ce qui la rangerail au nonibre de ces paradoxes ,nbsp;que Ie misanthrope se plait a chercher, pournbsp;étre en droit de blamer quelque chose de plusnbsp;dans ce que les autres admirent.
Cesi que la vue des hommes saffaiblit de ge-ïterations en générations , el, sur-tout depuis quelques années , avec une rapidité vraimentnbsp;effrayante , en raison des habitudes qui nousnbsp;éloignent de plus en plus de létat de nature.nbsp;Lceil semblait navoir été donné a Thomme ,nbsp;ainsi quaux animaux, que pour apercevoirnbsp;au loin, sur la surface de la terre, les lieux versnbsp;lesquels il voulait se diyiger ^ pour reconnaitrenbsp;^laportée de savoixles ^ersonuesquhl cherchait,nbsp;pour distinguer a la distance de sa main lesnbsp;objets quil avail besoin de saisir , enfin pour
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voir parfaitement, avant que de les porter a sa bouche , les alimens qui exigent quelques precautions, Aussi Tceil bien conslilué se prête-t-ilnbsp;naturellement et sans eö'ort a ces diverses opé-ratioiis, sans que les nerfs, qui doivent luinbsp;douner ces petites differences de courbure, ennbsp;souffrent, paree quun jeu continuel et toujoursnbsp;varié ne fait que les entretenir.
Mais, a ces besoins naturels , la Société en a ajouté dautres. Notre vue est devenue par lanbsp;lecture et Iecriture un instrument de notre intelligence. Lusage en semblait réservé chez nosnbsp;ayeux aux Savans de profession ; nos Peuplesnbsp;jnodernes lisaient et écrivaient peu. Mais nosnbsp;dernières générations ont placé eet exercicenbsp;de la vue danstoutes les relations. Linstruciion,nbsp;Ie commerce , ladministration , l amour lui-même et Ie gout romanesque^ tout se rapportonbsp;a récriture.
Les journauxenfin sontdevenus une lecture, que nos événemens poliliques et miliiaires ren-dent a la majeure partie des hommes dune né-cessité indispensable. Une multitude énormenbsp;de pamphlets, imprimés en caraetères mutilésnbsp;et sur Ie plus détesiable papier , et qui se re-produisent saus cesse, ajoutent chaque jour anbsp;la fatigue que lorgane a éprouvée la veilie.
Par un exces tout contraire , les editions de
-ocr page 57-DE LA VUE. luxe nouyelles ont adopté un blanc de papier ,nbsp;des caractères dontleslraitssonttellemenl dé-coiipés, que ce qui passe pour un chef-dceuYvenbsp;®st Ie plus funeste a Ia yue. Les belles editionsnbsp;Anciennes , dont Ia tradition sest conservéenbsp;dans lImprimerie Impériale, nemplojaientquenbsp;des papiers dun blanc mat, et des caractères,nbsp;dont les formes arrondies ne causaient point anbsp;loeil ce papillotagequi lui est dangereux.
En laissant done Ie misanthrope gémir de ce que , lisant et écrivanl trop, nousfaisons passernbsp;des pères aux enfans laltération progressive denbsp;iorgane de la vue , contentons-nous de déslrernbsp;qvie les lois , données a rimprlmerle par unnbsp;gouvernement qui a reconnu plus dun abus anbsp;y corriger , préviennent aussi les abus physiques qui intéressent de si pres rhumanité.
Les vues ordinaires lisent Ie caractère courant dirapression a dix ou douze pouces de distance.
Les myopes sont obliges dapprocher ce quils vculent lire, dautant plus pres de leursyeux, quenbsp;cenx-ci sont plus convexes.
Les presbytes, au contraire, éloignent lobjet en raison de leurs vues plus ou moins longues.
11 en résulte une vue indistincte pour ceux dont les deux yeux ne sont point égaux j et lesnbsp;exemples en sont tres-frequens.
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Tableau de Paris, et de plusieurs autres ouvrages philosophlques, ma permis de Ie citer ; de loeilnbsp;gauche, il ne se sert que dun verre convexenbsp;de ï6 pouces, tandis que pour loeil droit il anbsp;besoin dun verre de 7 pouces : au moyen de cesnbsp;verres , la portee de ses jeux redevient égale ,nbsp;et il lit a i3 pouces.
On sent bien que , pour ee qui tient aux grandes distances oii loeil peut atteindre , létatnbsp;de rathmospbère et la manière dont les objetsnbsp;sont éclairés apportent de giandes difïérences.nbsp;Cest sur-tout, dans une belle matinee dété ,nbsp;quandles vapeurs ne sesontpoint encore élevées,nbsp;OU, dans une belle journéedhiver. lorquunfroidnbsp;vif ne laisse flutter aucune vapeur, que la visionnbsp;éloignée a Ie plus détendue.
D^s Vues défectueuses.
Quoiqua la rigueur on put regarder comme maladie de Iceil toute imperfection de Torgane,nbsp;qui Ie défigure ou qui en altère les effets , jainbsp;cru devoir trailer a part celles qui , nexigeantnbsp;ni operation ni traitement de TOculiste , peu-
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Le plus comnaun de tous est Iinegalite de foi'ce dans les deux yeux ; car, sans lexemplenbsp;déja cité , oü le niyopisme se réunit au presby-tisme , il est très-ordlnaire davoir les yeux denbsp;portée inégale. Peu de personnes y font attention , par lhabitude quelles ont prise de laissernbsp;au meilleur la peine de regarder, en permettantnbsp;au plus faible de se reposer : ce défaut tientnbsp;essentiellement a une faiblesse dorgane , qui nenbsp;fait quaugmenter a mesure que Iceil, qui en estnbsp;attaqué, saccoutume a ne pas reraplir ses fonc-tions j et il est très-important de les lui rendrenbsp;®nlui donnantpeu-a-peudelalumière, aumoyeunbsp;des verres qui rétablissent pour lui une visionnbsp;égale a celle de lautre ceil.
On doit surtout éiudier cette inégalité des le moment oü. Ton prend des lunettes , et propor-tionner les foyers des deux verres a la porteenbsp;respective de cbaque ceil.
Cestalaniêncieinégahtó portee a 1exces qu on peut attribuer le plus grand nombre des vuesnbsp;louches, ainsi nominees dun vieux mot qui pa-mit avoir slgnifié borgne , de mèrae que le motnbsp;^trahisme expvime en grec des yeux contrefaits.
Eu effet, celui des yeux, que sa faiblesse rend tout-a-fait inutile, se porte au hasard sans se te-
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uil dans la direction de laulre , et cest ce dont il est facile de se convaincre en bouchant avecnbsp;la mainroeil Ie plus fort ; car, aussitót et pres-quinvolontaireinent, loeil égaré revient dans lanbsp;direction quil aurait du avoir, sil avait été eunbsp;jeu en niême temps que 1autre.
On a aussi attribué Ie strabisme a un léger déplacement de lun des cristallins qui ne senbsp;trouverait pas dans laxe de la vision , ainsinbsp;qua une irrégularité de conformation dans lanbsp;cornée.
II est certain que ces deux causes, dérangeant laxe de la vision , donneraient de la divergence aux deux. yeux : mais alors ces deux jeuxnbsp;verraient a la fois cliacun a sa manière , cenbsp;qui nest pas Ie cas Ie plus ordinaire des vuesnbsp;louches.
Les yeux louches les moins difformes sont ceux qui semblent se porter lun et lautre ennbsp;dedans. On a vu des Dames avoir de très-beauxnbsp;yeux qui se rapprochaient ainsi ; et, dans lan-cienne Cour, on donnait a ces yeux Ie nom dunenbsp;des families qui y tenaient Ie premier rang ; on,nbsp;les appelait Aesjeux d la Montmorency.
On ne saurait trop soccuper de ce défaut dès Tenfance j et, soit en fermant Toed Ie plus fonnbsp;pour obliger lautre a se fortifier par lexercicenbsp;soit en plagant une inouche de manière a contra
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riei la divergence de Ioeil faible , accoutumer pen a pen celui-ci a se rapprocher de Iautre.
On pent aussi employer des fomentations spiritueuses desprlt-de-vin camphre , de baunlcnbsp;de Fioravenii, de vapeurs de benjoin , den-Cens , etc. , pour donner de Ienergie aux muscles de Toeil faible ; mais surtout appliquer Ien-faut a des exercices qui provoquent ct neccs-suent presque Iusage des deux yeux : tels quenbsp;^cs jeux de volant , de billard et autres sembla-liles. Enfin, on doit de plus evltcr soigneuse-ment quil travaille sur des modëles places denbsp;cote , on que son lit soit frappé latéralemenlnbsp;par Ie Jour,
Le strabisme produit quelquefois Ieffet de rendrela vue vague et inccrtaine; il semble quenbsp;Dl lun ni Tautre oeil naient assez de force pournbsp;voir. Ce cas pourrait aexpliquer par un défautnbsp;de correspondance dans les deuxnerfs optiques,nbsp;qui Se trouveraieut dans limpossibilité dagirnbsp;ensemble, discordance que lon a supposéepou-voir etre telle que lon verrait double ; maisnbsp;on peut rêvoquer en doute ces prétenduesnbsp;Vues doubles j clles auraienl tout au plus lieunbsp;par moment, soit, lorsquon se ferait un jeu denbsp;loucher expres , soit lorsque quelque accidentnbsp;^pporterait rapidement un derangement a lunnbsp;des yeux. Bieutöt ia nature reprend ses droits j
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et, comme toutes nos sensations se coiTigentpar Vexercice des sens , on doit linir parrapporternbsp;au niême point les impressions qui seraientpor-lées sur des nerfs disparates. II existe cependantnbsp;un cas oil limpre.ssion est réellemeut double :nbsp;cest lorsqua Ja suite dune blessure il sest ou-vert, pour ainsi dire , une seconde pupille, parnbsp;iaquelJe les rayons visuels arrivent jusqua lanbsp;réline 5 et lon sent que ce cas ne peut êire ninbsp;prévu ni corrigé.
II est, au contraire, des vues qui ne saisissent que Ja moitié des objets, cest-a-dire, dans les-quelles une parlie de la rétine, soit Ie centre ,nbsp;soit un cóté, refuse de faire sesfonctions.Dansunnbsp;mol écrit, par exemple, deux lettres du milieunbsp;disparaissent, quoique les premières et les der-nières se peignent irès-facilement dans la pru-nelle. Les hémUopsies ou demi-vues sont unenbsp;goutte sereine imparfaite ou eommengante , ounbsp;quelquefois sont dues è des vices du cristallin.
Des causes analogues produisent les taches que Pon croit voir sur tous les objets , principa-lement Jorsque ces taches sont fixes j car , lors-quelles paraissent voler Gomme des mouchesnbsp;OU des fils d'araignées, ou sautüler comme desnbsp;éiiiiceiies, il faul les atlribuer a quelque dépé-rlssement partiel des bumeurs aqueuses qui rent-»nbsp;plisseni ioeil.
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Loisque la pupille a été offensée de manière a deveuir ovale , ou que la cornée a perdu de lanbsp;régularité de sa forme , loeil ainsi dérangé nenbsp;saisii plus les foi'uies régulières : ce qui est rondnbsp;paraii ovale ; les carrés sallongent , etc.
Lorsque quelquépancliement de sang a eu lieu dans les chambres de Iceil , ou que la jaunissenbsp;en a aliérélesliumeurs , Icsobjets se colorenlennbsp;rouge ou en jaune.
Des yeux , trcs-bien conformés dailleurs , niais trop faibles pour supporter la lumière ,nbsp;voient mieux dans Ie demi-jour et presque dansnbsp;robscurité, qua Tédat du soleil qailes rendlar-mojans. Cette sorte de vue, commc ceiie desnbsp;oiseaux de nuit, sappelle njctalopie.
Elle est porléo au plus baut degré dans les Al-l^inos , dont nous avons déja dit que la prunelle etait rouge comme celle des lapins blaucs.
La plupart des vices de Tocil, dont il est question dans ce cbapilre , ne sont point susceplibles detraitement régulier; cest a la prudence de lO-culiste dempêcher leurs progrèspar desraoyeusnbsp;doux et propoitionnés a létat de la personaenbsp;qui en souffre : car , comme ce sont des symp-tónies de faiblesse , il y aurait a craindrc , cnlesnbsp;Bégligeant, quon ne perdit totalenieat la vuc.
LOpticien n^ aucuu instrument qui puissey ^ppoi'Ler retnède3 st ce nest desluncitesacoque
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contre Ie strabisme. Je parlerai dans la suite de
ces sortes de lunettes, quon nomine vulgaire-
mentlouchcttes.
CHAPITRE IV.
Maladies de lceil.
CoMME ce nest point ici un traité medical, je ne parlerai des maladies de loeil que rclative-mcnt a rhistoire de eet organe , et anx circons-lances qui peuvent faire appeler 1 Opticien aunbsp;secours de TOculiste : encore ne Ie ferai-jeqnennbsp;avouant que je dois presque tout anx lumièresnbsp;dusaTantPatriarche des Anatoraistes, M.Tenon,nbsp;Membre de lInstitut, non settlement paree quenbsp;jen ai emprunté des excellens mémoires quil anbsp;publiés sur les maladies de loeil dont il a faitnbsp;une étude particuliere, mais encore par lex-tréme bienveillance avec laquelle il a daigné en-courager mon travail , et par les conseils ütilesnbsp;que je dois a sa battle expérience.
JJatrophie est ralFaiblissemeni total de lor-gane visuel; cette maladie est causée par Ie dé-faut du sue notirricier, ou par latrop graude dis-^
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^ipation des cspiits ; et eile est très-difficile a guérlr. Ou ne saurali y obvier par les remèdesnbsp;internes : il faut absolunient recourir a quel-*lne liqueur spécifiquc , qui, versée dans eet or-gaiie, répare inseusiblement rhumidilé quil anbsp;igt;erdue.
Joachim-George Elsaerus dit que cette mé-thode lui a parfailement réussi avec uu jeune ^omnie qui éiait naiurellement sec , et qui sé-tait attiré une atropine par lusage trop fréquentnbsp;des femmes , ainsi que par les stimulans dontnbsp;il sétait servi pour seconder sa passion ; car Ienbsp;globe de son ceil paraissait avoir diminué, et denbsp;plus il était affeclé dnne sécheresse accompa-guée dune rougeur douioureuse. Le docteurnbsp;s ^visa de se servir de rhumeur aqueuse dunenbsp;ïiécasse , quil versa dans Ioeil dumalade, en luinbsp;conseillant de ne vivre que de poulets cuits etnbsp;de chicoree blanche , et surtout de sabstenir denbsp;femmes , ainsi que de remèdes et dalirnens ca-pables dechauffer. Cette méthode eut tout lenbsp;Succes desire; ]a vue du malade se fortifia ennbsp;peu de terns , et ses yeux recouvrerent le suenbsp;liourricler quils avaient perdu.
ï^ous rentarquerons id , 1 quon peut ^ au lieu de 1huineur aqueuse de la becasse, em~nbsp;ployer celle des autres animaux a vue percantejnbsp;qnon doit apres la cure , pour nè pas se fati-
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guer tout-a-coiip la vue j faiie usage de con~
serges ou lunettes a verres verts.
La cataracte est Iinterception des rayons quij au lieu de se porter jusqua la rétine , se trou-vent arrêtés par lépaississement du cristalliiinbsp;lui-même ou des capsules qui Ie contiennent.
Lépaississeinent protüent dun engorgemcnl dans les vaisseaux des capsules ou du cristallin ynbsp;OU de la rigidité que ces parties acquièrent avecnbsp;lage , OU même souvent dune affection gout^nbsp;teuse. Quelquefois aussi Ie cristallin se trouvenbsp;amolll et fondu, de manière a ne formernbsp;quune masse désorganisée qui a les mêmes in-convéniens.
La plus grande partie desaveugles-nés doivent leur malheur a la cataracte.
Dans Ie reste de la vie , elle se forme petit a petit j la période la plus commune est de deuxnbsp;a trois ans : on en a observe qui avaient éténbsp;soixante ans a devenir completes dautres, quinbsp;sétaienl formées en un seul jour et même ennbsp;quelques minutes.
On reconnait a Textérieur les yeux affectés de cataractes, par la couleur que Ton apercoitnbsp;derrière la pupille. Cette couleur est dun blancnbsp;sale , tirant sur lambre ou Ie brun, et quelquefois marbrée , selon la nature de la cataracte.
Les causes de cette maladie de lceil sont trop
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DE LA yUE.
peucOnnuespoui quonpuisse chercherales pré-Venir, II parait néanmoins que les personnes , par état, ont les yeux sur un feu ardent,nbsp;®prouveut plus souvent Ie desséchement danbsp;t^ristallin, quil ne faut pas confondre avec lesnbsp;ophthalmies, dues au trop grand usage des bols-Sons fortes.
Des coups vlolens peuvent aussi attaquer Ie lt;insiallln , mais alors il est rare quil nj ait pasnbsp;dautres parties de loed endommagées de ma-Hière a ne pas laisser de remède.
Ce ieincde , lorsque Foeil est bien sain dail-leurs, est dextirper Ie crislallin, ou au moins de Ie déplacer pour Ie faire tomber dans Ienbsp;de loeil. Dans 1une comme dans lautre opé-^¦ation , il faut attendre que la calaracte soit ab-solunient formée ; et cest a lexpérience de lO-^nliste a déteiminer eet instant, pour que lopé-fation quil doit faire ait tout ie succes quil ennbsp;peut attendre.
La méthode dabaissement de la cataracte était Connue des anciens j mais elle a des inconvé-ïtiens. En effei, lorsque Ie cristallin a conservenbsp;'Juelquélaslicité, il ne cede pas araiguille dontnbsp;'^n Se sert pour Ie rabalsser. Dailleurs, devenantnbsp;''Orps étranger dans Ie bas de loeil, il peuty oc-'-asioaner des douleurs qui ne finissent quavecnbsp;vie. Enfin, on a vu des crlstallins venir re-
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prendre a-peu-près leur place , et obliger iOcu-
Jiste a récidiver lopéraliön.
Les modernes semblent, eii consequence, don-ner la preference a iexiirpaiion de la cataracte , ¦ qui parait avoir été piatiquée par Daviel pournbsp;la première fois vers lan 1740? operation lanbsp;plus honorable pour lOculisLe qui y réussitnbsp;complètement.
Si Ie succes est rare , c'est quil est bien rare aussi de trouver dans lage avancé, oü ordinaire-ment lopéralion dcvient necessaire , une organisation assez saine et assez robuste, pour quau-cun accident étranger a lopération ne vienne lanbsp;contrarie!.
On sent en effet, daprès la susceptibilité des parties de 1ceil, les grands ravages que peut oc-casionner Ie moindre vi- e dans Ie sang on dansnbsp;les humeurs. Wos grands Oculistes onl presquenbsp;tous une méthode et des instrumens , qui leufnbsp;sontpropres pour lopération dc la cataracte.
Lorsque Ie cristallin est enlevé ou dérangé de sa place, si loeil na pas perdu eninême temsnbsp;la totalité de Thumeur vitrée, et que dans Ienbsp;pansemeiit la pupille ne se soit pas referraée, ilnbsp;en résulte un ceil, auquel il ne manque que cenbsp;cristallin, destiné a rompre les rayons visuelsnbsp;pour les porter sur la réliiie, effet purement op*nbsp;tic|ue, et que les lunettes a cataractes suppléent,
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cn faisant en avant de lceil ce que Ie cristallia faisait dans Iinteneur. Nous reviendrons sue lesnbsp;Verresacataractes dans la description des diÜë-i'entes lunettes.
Lorsque loeil a tvop perdu de son Iiumeuu vitree, ii en résulte une vision beaucoup plus ira-parfaite; mais ilparait que, sil uj en a euquunonbsp;légere parlie découlée , elle se régénère deile-mème en peu de lems.
Quant a la fei'meture de la pupille , Toculiste peuty reniédier en rétablissanl Jouveriurepar unenbsp;incision de liris.
Puisque nous en sommes a la maladie de Toeil, quon appelle calaracte , et aux dilïérensnbsp;moyens de la gucrir^ nous croyons quilnbsp;est a propos den citer quelques exemples,nbsp;qui seront la peinture fidele des diverses sensations qu'éprouve Taveuglc-né , quand ses yeuxnbsp;recoivent pour la première ibis les rayons denbsp;la lumière. Nous nous bornerons a deuxnbsp;exemples, qui sufiiront pour reinplir notrenbsp;dessein.
Le premier est tire des Transactions philoso-phiques, ii* 402 , oil lon irouve ia guérison de ia cataracte , laite par Chesselden , en Ia per-sonne dun jeune homme de 15 ans : mais, com menbsp;les détails cn sonl trop difliis, nous nous permet-irons de le# abréger, loulefois sans rieu oublier
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de ce que ces mêmes détails peuvent avoir de
curieux et dintércssant.
Nous observerons dabord que ce jeune boinme, comme tous les aveugles-nés , nétaitnbsp;pas tellcment aveugle , quil ne püt dislinguernbsp;]e jour de la ii.iitj que même la plupart de cesnbsp;aveugles, a laide dune grande lumière, dislin-guent les trois couleurs suivanles ; Ie blanc , Ienbsp;noir et Ie rouge , mais quils ne peuvent pasnbsp;voir la figure des objets ; tel était Ie cas de cenbsp;jeune honime, qui dislinguait assez bieu lesnbsp;couleurs en plein jour : cependant lidée quilnbsp;en avail était si foible que, lorsquon lui eutnbsp;abaissé la cataracte , il ne put les reconnaitre. IInbsp;crut même que ce nétaient plus les mêmes couleurs quil avait connues auparavant sous leursnbsp;noms véritables.
II trouva que Ie rouge était la plus belle de loutes les couleurs^ et, parmi les autres, les plusnbsp;gaies lui parurent les plus agréables. La première fois quil vit Ie noir , il en fut effrajé ;nbsp;mais, en peu de tems, ii sy accoutuma ; cepen-dant, au bout de quelques mois, ayant vu parnbsp;basard un nègre, il fut saisi dhorreur a sonnbsp;aspect.
La première fois quil jouit de la vue, il seu fallut de beaucoup quil put porter aucun ju-gement sur les distances : il croyait que tous
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objets toucbaient ses yeux, ainsi que tout quil tutait toucbait sa peau: il pensait quonbsp;^es objets les plus agréables étaient les corpsnbsp;polis et réguliers, quoique dailleurs il ne putnbsp;former aucuu jugement sur leur figure , ni cle-viner la cause du plaisirquil trouvait a les voir.nbsp;11 ne connaissait aucune figure, el il ne pouvaitnbsp;pas distinguer un corps dun autre , quoiquilsnbsp;fussent diflërens de grandeur. Lorsquon lui ap-prenait quels étaient les objets dont Ie touchernbsp;lui avail auparavant indiqué la figure, il se flat-tail de pouYoir doréuavant les reconnailre ; ce-pendanl, comme il avail trop dobjets a appren-dre, il en oubliail, plusicurs; et, comme il Ienbsp;disait, il appril au commencement a connaitrc ,nbsp;®t il oubliait mille choses en un jour. Je nennbsp;donneraiquunexemple; comme ilavait souventnbsp;oublié la difïérence dun chat a un chien , unnbsp;jour ilnosa pas la demander: mais , en prenantnbsp;Ie cbat quil connaissait par Ie toucher, il Ienbsp;regaida fort attenlivement: ensuite, Ie laissantnbsp;aller , il dit: Je chat est ainsi fait j je Ie recon-naitai une autre fois. II étail fort surpris que lesnbsp;ohoses, qni lui avaieut paru les meilleures, nenbsp;parussent pas les plus belles a ses yeux ; et ilnbsp;sirnaginait que les personucs, quil avail trou-'^'ées les plus agréables au toucher , devaient luinbsp;paraiire les plus agréables a la vue. On sétait
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flatié quil connaitrait bienlót ce que représen-^ taient les peintures quon lui montrait. Cepen-daiit, ce ne fut que deux niois après quon luinbsp;eul abaisséla caiaracte a un oeil, quil découvritnbsp;quelles représentaientdes corps solides; Jusqua-lors il ne les avail considérées que corame desnbsp;plans diversementcolorés. Mais, revenu de soanbsp;erreur , il ne fut pas moins surpiis de voir quenbsp;ces peintures nétaient pas sensibles comme lesnbsp;choses quelles rcprésentaient; et il fut encorenbsp;plus étouné, lorsquil découvrit que les parties,nbsp;quij par Ie mélange delombre et de la lumicre,nbsp;lui paraissaient iondes et inégales, étaient ce-pendant au toucher aussi planes que les autres jnbsp;et il demanda quel sens Ie trompait, ou Ia vuenbsp;OU Ie toucher. Quand on lui montra Ie portraitnbsp;en miniature de son père, peint sur la montrenbsp;de sa mère, il dit quil reconnaissait bien li-mage de son père; mais il ne pouvait com-prendre comment une image si grande pouvaitnbsp;être renfermce dans un espace si petit; et il ditnbsp;que cela lui semblalt aussi impossible, que denbsp;faire entrer dans une pinle toute la liqueur con-lenue dans un tonneau.
Au commencement, il ne pouvait supporter quune foible lumière , et ce quil vojait luinbsp;paraissait exlrêmement grand; maïs, en voyantnbsp;des objets plus grands, il concut que les pre-
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miers étaient moindrcs j car il élail incapable dimaginer rieu au de-ia des limites de ce quilnbsp;vojait; il savait, disait-il, que la cbambre oiinbsp;il était ne faisait quuiie parlie de Ia raaison.;nbsp;et cependant il ne pou\'ait concevoir que touienbsp;la maison dut lui paraitre plus grande que lanbsp;cbambre. Avant quon lui eut abaissé Ia cata-racte , il avolt cru que la vuene lui procureraitnbsp;pas un avantage assez considerable pour entre-prendre celte operation, a lexception de la fa-culté quil auraitde lireetdécrire. Car il croyaitnbsp;quil naurait pas plus de plaisir a se prornenernbsp;dehors, que dans Ie jardin oii il pouvait !e fairenbsp;tout a son aise; et de plus il observait quétantnbsp;aveugle il avail la commodiié de pouvoir allernbsp;parlout pendant la nuit, ce que ne pouvaientnbsp;faire ceux qui jouissaient de Ia vue. Aprèsnbsp;1opération, il conserva long-tenis eet avantage,nbsp;et il navait aucun besoin de luniièie pour par-courlr la nuit tous les endroiis desa maison. 11nbsp;disaitque chaque objet nouveau ctait nu nouveaunbsp;plaisu pour lui et que ce plaisir était si grarrd ,nbsp;quil ne pouvait rexpiiiner; aussi ne pouvait-iinbsp;cacher sa reconnaissance envers sou opérateur.nbsp;Pendant long-tems il ne put Ie voir sans versernbsp;des larineS de joie , et sans lui donner millenbsp;marques de son affection. Lorsque CbesseldeHinbsp;ïnanquait de veniitin tems oir ce jeune bomme;.
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lattendait, celiii-ci en était si vivoment pénétre^, quil ne pouyaii sempcnher de sen plaindre.nbsp;Un au après sa gnérison, on Ie conduisit a lanbsp;Ville dEpsom , d'oii il découvrlt une vaste campagne, dont la vue lui fii tant de plaisir , quitnbsp;séeria quilvenait^ de conuailre une nouvelle ma-niére de voir.
Pen de temps après quon lui eut abaissé la c taracte de Tauire oeil, il dit que les objets luinbsp;parurent dabord fort grazids , mais non pasnbsp;aussi grandsquaprès la premièreopération. Ennbsp;rcgavdaut Ie même objel des deux ycRx , il luinbsp;parut double de ce quun oeil seul Ie lui repré-sentait, mais il ne lui parut pas rcpété.
Passous au second exeraple , qui est tiré de la gazette littéraire de TEurope, 21 mars 1764. IInbsp;sagit ici dun aveugle agé de vingl ans, quenbsp;M- Grant a opéré , et voici les circonstancesnbsp;qui suivirent sa guérison , circonstances a peu-près seinblables a celles que nous venous denbsp;rapporter. Quand, pour la première fois, lesnbsp;yeux du jeune bommefuvent Irappés des rayonsnbsp;de la Itnnière, il règna sur toute sa personnenbsp;rexpression dun ravissement indicible. Commenbsp;ropéraleur se tenait devant lui avec ses instru-mens a la main, Ie jeune homme lexamina cu-rieusement de la tèleaux pieds. Eosuite il sexa-*nbsp;minalui-même, et ilserablait comparer sa propre
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%ure avec celle quil voyait. Tout lui paraissaft semblable de part et dautre , excepté les mainsnbsp;paree quil prenaii les instrumens de 1opéraleurnbsp;pour des pariies de ses mains. II essaja de marcher, fit un pas , et parut efïrajé de ce qui len-Vironnait : il ne pouvait concilier les sensationsnbsp;que la vue lui faisait éprouver, avec celles quonbsp;^cs mêmes objets avaient fait naitre en lui par
moyen du toucher 5 el il iuifallut du tems pour disiinguer et reconnaitre les formes, 1'es couleursnbsp;et les distances.
Wou5 4crminerons ici les exemples j mais il est bon de remarquer une circonslance commune a lous les aveugles-nes quon yient dopérer:nbsp;cest que, nayant jamais euloccasiondemouvoirnbsp;leurs yeux, ils ne savent comment sy prendre jnbsp;ct que, dans les commencemens, ils ne peuventnbsp;aucunement les diriger vers un objet particulier.
Revenons a présent aux diverses sortes de maladies, dont loeil peut être attaqué.
La Goutte sereine ne présente a Textéineur aucun signe bien rnarquant. Loeil reste beau ,nbsp;très-briiiant et dans sou volume naturel j aucunenbsp;de ses parties ne parart altérée; les objets vontnbsp;Se peindre comme a rordinaite sur la rétine jnbsp;mais, comme cellc-ci est paralysée dans son tissunbsp;nerveux, ellc fte communique au nerf opiiqua.
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que des images confuses : elle nen communique mème plus aucune, lorsquele mal est a son plusnbsp;jbaut période.
Aussi lespersonnes atiaquées de goulte sereine soit sur un oeil, soit sur les deux yeux, peuventnbsp;fixer Ie soleil, et irouventunc sorte de jouissancenbsp;dans Ie jour éclatant, quifatiguerait un oeil nonnbsp;paraljsé.
LOpticien peut bien, tant que la maladie nest pas compléte j favoriser par des verresnbsp;lentrée dun plus grand nombre de rayons dansnbsp;loeii, pour que la rétine en puisse transmettrenbsp;quelques-uns au nerf optiquej mais, quandceitenbsp;rétine est une fois paralysée, lous les secours denbsp;loptique dcviennent inutiles.
Ceux mémes de locubste laissent souvent peu despoir. II ne peut employer que desnbsp;moyens curatifs Irès-incertains; a peine se peui-il flatter, en prenant la maladie dèslorigine,nbsp;den aiTêter les progrès , et de rendre lceil a sonnbsp;etat naturel, puisquil faudrait pour cela dé-truire Ie principe de paralysie qui attaque Ior-gane Ie plus déilcat, cc que la médecine na pnnbsp;encore faire diine manière sure, dans toutesnbsp;les autres paralysies qui affectent Ie corps hu-main; de sorte que , quand les traitemens aidésnbsp;par la nature ont éloigné Ie mal, il reste toujoursnbsp;lu crainte de Ie yoir renaitre, et la nécessité de
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sissujetiv a un régime diélélique, analogue a lt;^eluique cloivent suivreles personnes menacéesnbsp;pareille infimiilé sur Ie reste du corps.nbsp;Lapplicatlon de lélectiicité et du galvanismenbsp;^ eié sume de quelques cures, 11 est a désirernbsp;^üe de plus nombreuses expéidences fassentnbsp;ïDieux connaitre la meilleure maulère dem-ployer des agens , qui ont tant danalogie avecnbsp;Ie fluïde nerveux, et qui doivent par conséquentnbsp;y produire de si grands eflets.
On a conseillé dexiirperloeil affectéde goulte sereine, pour preserver iautre ceil; maison, nanbsp;jamais pensé a couper Ie bras öu la jambe pa-ï'alysée , pour preserver Iantrc : il ny auraltnbsp;ïout au plus que Ie cas, ouloeil totalementobli-tere meaacerait de se corronipre, quil con-'vieiidrait de recourir a une operation aussinbsp;douloureuse que difficile par tousles dangers quinbsp;suivent.
XOp/ifa/miCjOu Inflammation de Iceil, est due a 1eugorgenient des vaisseaux sanguins dansnbsp;Ics diüérentes parties du globe de Ioeil. Lors-qu elle est iniérieure , la vision est altérée , etnbsp;la cure est fort difficile.
Alextérieur, a moins quelle ne soil extreme ^ ®be ne trouble la vue quen ce quelle rend fortnbsp;douloureuse Iinipression dujour, et qucllegeaenbsp;ies mouvemens de ia pupille.
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Le plus ordinairement loplitalmie est acci-denlelle, et el!enexige'queles iraitemenssimples employés paria médecine, pour évacuerle sangnbsp;et en tempérer Iacrimonie. 11 ne faut cepen-dant pas perdre de lems a employer ces moyens,nbsp;paree que lophtalmie négligée pourraitattaquernbsp;Iceii duiie manière très-dangereuse.
Parmi les causes extérieures de Tophtalmie , on peut placer I clfet ttopvll des rayons de lumièrenbsp;sur loeil j il ne faut pourtant pas croire que ce soitnbsp;la seule cause de cette effrayarite ophtalmie, quinbsp;fil tant de ravages parmi les Européens, dansnbsp;les deserls de lEgypte et de lAfrlque. II paraitnbsp;que les sables biulans de ces contrées, emportésnbsp;par les vcnls et disséminés dans lair, veiiaient irri-ter l'oell et sy inslnuer dune manière très-funeste.
LOpticlcn prévient 1 eöét des rayons du soleil, par des verres verts saus foyer pour les vues ordi-naires, ou avec le foyer correspondaut aux vuesnbsp;qui se sont plus ou moins allongées : et, pournbsp;prémunir doeil contre les tourbillons de sables , ilnbsp;suffit daccompagiier les mèmes lunettes dunnbsp;taffetas , tpil les cinbrasse de tous cótés, et qui nenbsp;lalsse aucun passage ouvert aux corps étrangers.
Jenai rlen a dire, comme opticien, des aulres affections de lceil ^ telles que les Jistules iaerj-rnales, dans lesquelles prescjue toujours, a la suitenbsp;dautres maladies, les glandes ne jouissent plu*
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ressort nc'ccssa'we pour lelenir les lavmes : les
taies, les alhugos , les dragons, les extra-^(isions dhumeurs qui défigurentloeil, clqueTo-^uliste peut extlrper , surtout lorsquil est a crain-quelles ne sétendcntsur la totalitéde 1organe.
Les charbons ou anthrax, et les cancers, qui exigent les soinsles plus prompts, pour prévenirnbsp;la perte de loeil et lextirpatiou du globe.
Les chassies ou lippitudes, qui souvent ne ®Ont tjue des accidens ephémères dus a un engorgement , quo les glandes lacrymals s éprouventnbsp;par un coup dair, ou par une trop grande agitationnbsp;du sang, ou par daulres causes quil est difficile denbsp;pi'évolr.
Après avoir eu plusleurs occasions de paricr de 1 extirpation du globe deroeil, je dols parler aussinbsp;desj-ena: arlijiciels, destinés a réparer une dif-Idrrnltési desagrëable.
Soit done que Ie globe de 1 ceil alt éxé extirpé par une main habile , solt que quelqu'accldentnbsp;1ait fait sortir de son orbite, en Ie détachant desnbsp;Uiembranes qui Ie conlenaient, après que eet or-l^ite a été soigneusement dégagé de toule espèce
appendice , il reste une cavité propre a recevoic globe de méme forme ¦, 1'oculiste appclle alorsnbsp;® Sou secourS rémaillour, pour que ce globe ar-**ficiel soit incorruptible, et ne porie aucune Irrita-tton dans iespace cicatvsé quü doit occuper.
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Les anciens se contentaient dappÜquer, en dehors de la paupière , des yeux peiuls sur une peau très-mince etretenus parunc verge deferoudaciernbsp;qui fakait Ie tour de la tête.,
Ces sortps dyeux exterieurs avaient lincon-vénient très-'désagréable clêtre toujours fixes , et de ne presenter aucun jeu des paupières.
Les modernes se sont appliqués a les placer en dedans des paupières; et pour cela ilslesont cons-truils en émail. Lorsque foeil na éteque défigurënbsp;et privé de ses facultés, sans quil ail été besoinnbsp;de lextirper, Iemail est une espèce de calottenbsp;creuse en dedans et bombée a l extérieur.
Lorsque Iceii est totalement extirpé , cest un globe pareil a celui quil remplace , et ménagénbsp;de rnauière a ne pas gêner les giandes lacrymales.
I! est bon de ienlever tous les soirs, de baiguer la place avec des collyres , qui préviennent toutnbsp;séjour dhumeurs et de sérosités, et de laver lé-mail lui-méme pour quü ne conserve aucune irn-purelé.,
LArt de Iemailleur est dimiter parfaitement les couleurs de 1oeil qiu reste , et cest avecnbsp;plaisir que je cite ici mon confrère, de plusieursnbsp;sociélés savautes, M. Hazard lainé , demeurantnbsp;rue Sainle-Appolline , n. a , conime ayant portenbsp;au plus haut tlegré de perfection la fabricationnbsp;des yeux démail j quiimitent non-seulement leS-
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yeux humains dans létat natui'el, mais encore ceux de loute espèce danimaux, quil est sinbsp;intéressant de réiablir avec fidélitc , pour don-ïier aux animaux empaillés Ie dernier degrénbsp;vérlté. M. Hazard cxcelle encore a représenternbsp;ï-Outes les maladies ei difformitps cte.roeil, quinbsp;servent aux lecons anatomiques.
Nous crojMs faire plaisir a nos lecteurs, en leur mettant ici sous les yeux les princlpauxnbsp;avaniages de son art.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Lart de travailler les émaux a la lampe est , de tons ceux que je connaisse, un desnbsp;plus agréables et des plus amusans. 11 nexistenbsp;rlen quon ne pulsse exécuter en émail aunbsp;moyen du feu de Ia lampe, ei cela en très-peunbsp;de tems , et plus ou moins fabilement , selon quenbsp;iona une plusgrandeouunömoindrehabitude denbsp;manier les émaux , et une connaissance plus ounbsp;moins étendue de Tart de modeler.
Son bul principal, et son plus grand avan-tage, sont de réparer, ou plutót de rendre moins désagréables les ravages des maladies,nbsp;et les iristes sulles des accidens funestes ,nbsp;qui naflectem que trop souvent Ie plus délicat,nbsp;comme Ic plus admirable de nos organes, jonbsp;Veux dire , celui de la vue.
II est gcnéralement rcconnu que Témail est ia seule matière qui puisse imiler parlaitement
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1oeil humain j mais celte matière nest pas molns ingratepour celui qui la modèieau feu, que pournbsp;celui qui peint dessus; il faut a Tun et a lautrenbsp;des conualssaiices variées et reunies , qui nenbsp;supposentpas une instruction ordinaire j et ils re-gardent souvent, comme indigne de lesoccuper,nbsp;un él at manuel, dont la Ibrlune ne recompensenbsp;pastoujours les utiles el péniblcs travaux. Tellesnbsp;sont les diffcrentes causes du petit nombre dar-listes dans ces de ix genres dindustrie. Si nous ynbsp;en joignons dautres qui nappartiennent qua 1É-mailleur-Oculiste, Ie secret, parexemple, quilnbsp;a toujours fait de sou talent, Ie silence quexigentnbsp;de lui et que gardent toujours les personnes quinbsp;j ont rccours , par un sentiment damour-proprenbsp;bien pardoiinablepeut-être, quiles faitrougirdunenbsp;infirmité, suiTafjuelle se débilenl desplaisanleries,nbsp;toujours aussi cruelles quirréfléchies et dépJacées,nbsp;lon croira facilement que lon na jamais compténbsp;plus de trois Emailleurs-Oculistes contemporains.
Iltient h fort peu de circonstances, qui peuvent même se réunir, quun jour eet art, aussi difficile que les rapports dinterêt sont disséminés , nenbsp;se perde pour long-tems : mais revenons a notranbsp;sujet. S il est vrai que les yeux soient Ie niiroirnbsp;de 1ame , il 1est de même quils sont Ie plusnbsp;bel ornement de la figure huroaine^ aussi Ia
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ïuolndre irrégularité dans lun des jeux nuit-a !a beauté de la lête la plus réguüère.
absence totale dun seul devieut quelquefois infi rmilé, dont laspect affreux et repoussantnbsp;^étruirait Ie bonheur de l'être Ie plus fait pour ennbsp;Jauu', si 1art ne venait tout réparer de manlère anbsp;méprendre,
Na-t-on pas quelquefois, et pendant des années entières , connu des personnes munies dun oeil.nbsp;®ttifi.ciel, sans quon sen fut jamais douté , tantnbsp;imitation est parlaite par la couleur et lesnbsp;Uiouvernens de I'oeil ai'tificiel conformes en toutnbsp;a ceux de I'oeil sain, de eet oeil artificiel qui peutnbsp;ainsiréparerles suites terrlbles de Iaccldent Ie plusnbsp;funeste,
Ce sont tous ces motifs qui nous ont faitannoncer Hazard comme Ie premier artiste en ce genre:nbsp;d a SU conserve! parmi nous un art, dans lecpielnbsp;®ucun peuple de 1 Europe ne peut nous opposecnbsp;livaiix, 11 est dallleurs de mon devoir de signaler M. Hazard , comme lun de ceux qui ontnbsp;i'endu des services sans nombre a fhumanlténbsp;souffrante. J aj élë plus dune fois témoin que eetnbsp;^'tiste estimable a, sans retribution, adininistrénbsp;secours de son art a ceux qui se trouvaientnbsp;fortune. Je suis done pfirsuadé que mesnbsp;l^cteurs me sauront gré de Ie leur avoir fait con ;nbsp;^sitre, puisque je puis donner a quclques-uns
-ocr page 84-48 nbsp;nbsp;nbsp;LE CON S ER VATEUR
dentre eux des renseignemens poslllfs sur till
artiste dont la reputation est justenient mérliée.
Conservation de Voeil.
SiL est vrai quil soit souvent plus aisë de prë-Venirles maux, que dy remédier quand ils sont venus, on ne trouvera pas mauvais que je më-tende, même un peuminulieusementj sur les soinsnbsp;que demande loeil en éiat de parfaite sanlë.
Trop dc personnes viennent me consuller sur les inquietudes que leur donrie leur vue , et surnbsp;les moyens de conservation que loplique peutnbsp;leurofl'rir, pour que je ne sente pas Ic besoin.nbsp;de réunir des avis généraux , qui appartiennentnbsp;encore plus a la théorie de Ia vision, considéréenbsp;sous Ie rapport de 1optique, qua Ia consülulioilnbsp;anatomique et médicaie de loeü.
1®. Graduer Ie passage de la lumière aux ténèhres , et des cénèbres d la lumière.
La description de la pupille a fa't voir avec quelle promptitude elle se contracte ou se di-
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late , pour laisser toujours a peu-près la me me quantité de luraière sur Ia réiine j rnais cesnbsp;^ouvemens trop brusques Ia fatiguent ncces-sairement. On ne saurait done irop eberchernbsp;^ les éviter : Ie mieux quon puisse faire pournbsp;y parvenir, est de fuir lobscurité trop profonde
Ie*jour trop éclatant.
Pourquoi la nuit défendre aux moindres rayons de lumièredepénétrer jusqua nosyeux?nbsp;Des volets trop exactementfermés, des rideauxnbsp;iniperméables au jour, exposentroeil ase irouvernbsp;saisi par un contraste très-dangereux, a Iheurenbsp;oil lon ouvre ces volets ou ces rideaux , heurenbsp;qui dordinaire est celle du grand jour. Lanbsp;nature, plus sage, fait peu de nuits absolues :nbsp;quelque lueur permet loujours a loeil denbsp;distinguer les objets. Laurore vient peu anbsp;peu ramener Ie jour, et Ia clarté du soirnbsp;diminue de même par degrés, pour laisser Ienbsp;tems aux organes de se proportionner a cesnbsp;variations.
Pour démontrer encore mieux Ie danger de coueber dans des lieux trop hernictiqueinentnbsp;fermés a la lumière , on pourraitdire qne cestnbsp;Se priver de la libre circulation de laii- ,nbsp;nécessaire a la santé, etse plonger volonta rementnbsp;dans des cachots, que notre propre respirati n,nbsp;^népbitlse dune inaniere effrayante. Ge mé-
4
-ocr page 86-5o nbsp;nbsp;nbsp;1.ËCONSEÏIVATEUR
philisme est non seulement nuisible aux pou-nions , maïs encore a la contexture délicate de Icell , qui a besoindêtre lubréfié par un airpur.
Sans doute il est bon, pour reposer les yeux, que Ie jour ne les frappe pas directement ; maisnbsp;il est bon auss!, pour ne pas déranger leur direction , quece jour narrivepas de cóté. Lameil-leure disposition dune chambre a coucher seraitnbsp;celle oü les fenêtres de cette chambre ne se-raient, ni exposées aux rayons du soleil levant,nbsp;ni placées en face des yeux. Alors de simplesnbsp;rideaux verts préviendraient toule impressionnbsp;trop vive ; et , avec la precaution de tenir aunbsp;réveil quelqTies instans les yeux détournés, onnbsp;se préparerait au jour que doit donner lou-vertura des rideaux.
D'après ces réflexions , on dolt sentir tout lavanlage des lampes de nuit, qui entretiennentnbsp;constamment autour des yeux une légere clarté.
II nest done pas un simple objet de luxe, eet usage de vases dalbatre ou de porcelainenbsp;a denii-lransparente, dans losquels on placenbsp;les bougies de nuit. Elles ne répandent quunenbsp;lueur incertaine, qui ne force pas loell a en fairenbsp;un point fixe de direction; cependant, il fautnbsp;encore avoir soin de les poser de mamère a cenbsp;quelles ne frappent loell ni directement, ninbsp;par Ie rcüel des glacés.
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Proportïonner la durée du sommeïl au repos nécessaire aux jeux.
Les uns , par exces de travail ou de plaisir, ^habituent a de longues veilles, et croient quenbsp;force de 1age leur perniet de di puler aunbsp;soninieil des insians quils croiiaient ptrdusnbsp;dans Ie repos.
Les autres, par paresse ou par oisiveté, croient n avoir jnmais assez dormi.
Ces deux extj'émités sont presquégalement nuisibles a la vue.
Les longues veilles ne donnent pas Ie tems de reposer les organes , et de rêiablir la libronbsp;Circulation des humeurs qui en eutredennent Ienbsp;]eu; de la résultc par la suite, quelque forcenbsp;quon ait cru avoir dans les yeux , une fatigue,nbsp;ïine nullité , quil est impossible de corriger.
Le long sommeil laisse trop long-iems les Organes dans linactlon , et^en relache lellementnbsp;les ressorts , quau réveil les yeux sont rougesnbsp;et faibles. H arrive même souvent que 1excessive cbaleur du Ut occasionne une pes mteurnbsp;de têie qui prouve le derangement reel denbsp;^ Organisation. Comme jai déja parlé du besoiunbsp;quontles yeux dun air pur , je puis, a pi opognbsp;dusonnneil , recommander quuue ou deux foisnbsp;le jour, en hiver, comme en élé , on renouvelle
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]air des chambres a coucber, et quon Ie purge
de toutes Icsexbalaisons qui pourralent Ie cor-
rompre.
Cetie précaution regarde non-seulement les fleurs , qui ne répandent dans lobscurlté quenbsp;des vapeurs délélères , mais encore ces langesnbsp;sails par les enfans , et dont on laisse leurs ber-ceaux entourés , sans penser quon ne les faitnbsp;sécher quaux dépens de la pureté de laxr , quinbsp;se charge des emanations les plus dangereuses.nbsp;On peut en dire autant du coucber niême denbsp;ces enfans, et des amas de fumier et dim-ïuondices quelon soufïre sous ses fenctres.
3°. Ne pas s'exposer d des lumiéres trop vioes.
Comme la délicatesse de la rétine en fait Ie principal mérite, il est certain quilfaut craindrenbsp;lout éclat qui la fatigue.
Si lon regarde un seul instant Ie soleil , la rétine est tellemut irrilée que lon conservenbsp;pendantplusieurs minutes un disque rayonnant,nbsp;qui se pelnt comme une auréole sur tous lesnbsp;objets quon regarde, et que souvent lon conserve encore plus long-temps des tacbes jaund-tres qui troublent la vue.
Cestcequi rend si precieuxlusage, introduit depuis quelques années, des lampes a doublenbsp;courant dair.
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Aulieu de trois a quaire bougies ou cbandelles dispersees dans une salie, on se sert dunanbsp;seule meche, parcequon a trouve, quavec moinsnbsp;de dépense, elle briliait dun eclat plus flatteurnbsp;a lavue. Mais aussi toute la lumière est concen-tree en un seul point : dans lout le reste denbsp;1espace la clarte est plus ou moins dégradée ;nbsp;iobscurlté même règne plus ou moins dansnbsp;tous les points , oü le rabat-jour inlercepte lanbsp;direction de la lumière. Dès-lors loeil, en par-courant Ia salie , passé a chaque instant de lobs-cui'ilé a un plus grand jour , et surtout il est.nbsp;blessé quand il se porte sur la lainpc elle-mème.
Cest done tout au plus, dans des salons très-®levés , que ces lampes seraient bpnnes , en ayant le soin de les placer assez haut , pournbsp;quelesyeuxnelesrencontrent jamais. Encoie ennbsp;résulteroit'il des effets trop vifs sur les glacés ,nbsp;sur les meubles et sur les boiseries directementnbsp;exposés a la lumière j et, en general , une elarténbsp;irop vive pour des yeux , qui dinstans en ins-lanspeuvem passer dans deslieuxmoins éclairés,nbsp;dans des corridors et même a Textérieur, ou ilsnbsp;trouveront une nuit presque totale.
Dans les salles de spectacles, ce faisceau de lumières disposé pour Tagi ement de rorchestrenbsp;des premières loges tout au plus, aest quua,-
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brasier quont sans cesse devant les yeux les
personnes placées plus haul.
En vain a-t-on cherché a remédier a ces in-convénieuspar les gazes et les globes demi-trans-pareiis qui entouient ces larnpes. Si vous les at-lénuez au point dene pas jeter plus de lumière que les bougies, iliiexisteplus aucune économie,,nbsp;el alors il vaut autant en revenir a distribuernbsp;aulour de vous les points lumineux quI senbsp;corrigent muluellemenl, ne donnent nulle partnbsp;des ombres trop fortes, et imitent bien mieux Ienbsp;jour naturel qui se rcpand autour de nous ,nbsp;dune rnanière a peu-près égale.
11 est des ciats , ou cetie lumière très-écla-tante devient nécessaire j et douze a quinze ouvriers tiavaillent ainsi aulour dune simple chandelle , a laide de bocaux remplis-deau , qui fournissent a lentour deux unnbsp;foyer très-vif, sur lobjet quils ont entre lesnbsp;mains.
Cest un malheur de la société dont il faut gémir , pulsque ces ouvriers sont autant denbsp;viciimes qui sont réduites a sacrifier leur vue a.nbsp;lappat dun gain , dailleurs trop faible pournbsp;subvenir aux frais dune rnanière moins dange-reuse de séclairer.
Mais, dans les usages de la vie , proscrivons, autai.\t quil sera possible, ces calculs parcimo-
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nieuxdèsquilsattaqiientun organeprécieux, que uuJle fortune ne peut réparer..
Les chandelles ont aussi ieui inconvenient qui résulte de la flamaie vaclllante quellesnbsp;produisent, pour peu quelles ne soient pasnbsp;laoucliées exactement,
Mais je Ie répete , lessentiel pour ménager lavueestdenese reslreiudre jamais a un seullu-minaire ; ny en eüt-il que deux , les ombres,nbsp;se contrarient, et lceil nen trouve nulle partnbsp;dabso'ues. Je ne répcterai point quelles nenbsp;doivent pas frapper Ia vue j cest-a-dire, quilnbsp;faut les placer de cóté et rtn peu plus haut quenbsp;loeil, eu les élevaut a mesure quelles se con-»nbsp;sument.
Cest encore aux dangers duue lumière Irop vlve quil est bon de rapporter quelques precautions , propres a conserver la vue, celle parnbsp;exeinple de ne pas lire Ie dos tourné au jour,nbsp;paree qualors Ie blanc du papier se reflète tropnbsp;vivement dans les jcux. 11 en est de xnèmenbsp;pour les graveurs et les dessinateurs : ils aurontnbsp;Süin , autani quil sera en leur pouvoir, de nenbsp;pas se placer en face du jour , pour que lesnbsp;ïayons , ienvoyés sur leors cuivres ou sur leursnbsp;dessins , ne soient pas reporiés trop vivementnbsp;sur Toeil. Par la même raison , on doit éviternbsp;Ie jour qui vient deu bas,, comrae celui des
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cro's(?es qui descendent jusquau plancfaer.
Liisage adopté par les peiatres indlque la maiiière la plus avantageuse de recevolr la lu-mière. Cest laiéra'ement et par preference denbsp;lepaule gauche quelle doil venir ; alors, quelquenbsp;vi'e qielle soit, elle ne revient pas frappernbsp;1oeil dune mauière irritante.
Le grand éclat des brasiers et des fournaises , aufiuel sont exposés les Maréchaux , les Fon-deurs, les Verriers, les Cuisiniers, peut êire cor-rigé par une fréquente aspersion deau fiaichenbsp;sur les yeux. Sans celte precaution, il nest quenbsp;trop ordinaire de voir ces classes dhommes ex-posées de irès-bonne heure a la perie de la vue.
11 est dangereux aussi , pour peu quon ait la vue faible, de sexposcr au soleil, sans avoirnbsp;un l ord de chapeau assez large pour empèchernbsp;les rayons de frapper sur les yeux. Ces rebordsnbsp;doivent êtie doublés de vert. L)e même , dans lesnbsp;voyages oil Ton po nail èlre exposé a traversernbsp;de longs tapis de neige, ou des sables ardens ,nbsp;il est bon de se couvrir le haat du visage duunbsp;crêpe noir épais.
Il est mèrne certains états de foiblesse de loeil, quiobligenta éviler ce luxedarcbitecture ,nbsp;dameublcrnrus, deglaces, dargenterie , qui, cheznbsp;les personues opulentes, niuliiplientautour dellesnbsp;des reöeis si éclatans dans les dorures de leur*
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glacés, de leurs liabts, de leurs boiseries , dans les vernis diin blanc éclatani,dansles vases dontnbsp;leurs tables sont couvertes.
Et , si lon peut répondre au moraliste severe , qui legarde ces jouissances de 1orgueil commenbsp;auiant dinsultes a Ia misère du peuple, si Tonnbsp;peut , dis-je, lui répondre que e est dans cenbsp;luxe mênie que Ie pauvre trouve des moyensnbsp;dindustrie , on uaura malheuieusement rien anbsp;réjjondre a lami je ihumauité, qui envisage cesnbsp;mèmes jouissances sous Je rapport des gravesnbsp;inconvéuiens quelles apporteiit a la santé.
4- Tenir les jeux dans un état constant de propreté, et en exlirpertout corps étranger.
Les bumeurs, dont la nature a pourvu nos yeux, sont destinées a en entretenir Ie jeu libre,nbsp;et a seinparer des corps flottans dans lair, quinbsp;pourraienty pénélreretque retientleur viscosité.nbsp;On ne saurait apporter trop de soln a les de-barrasser de tout ce qui a pu sy attacher cenbsp;qu011 obiiendra en tenant loeil dans un ctat denbsp;puvelé nécessaire a ses fonclions.
Avant que de se couclier, il est done important de se laver les yeux, pour ne pas permeme ^ ces corps étrangersde séjourner sous les pau-pières. Lon doit employer pour cela Peau froidenbsp;la plus pure.
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Les eaux séléniteusesj quun trop longséjour peut avoir décomposées, seraient plus nuisibles-quutiles.
Leau tiède amollit roeil, et Ie rend rouge et larmoyant.
Leau de rivière ou de fontaine lui donne du ressort en. Ie neitoyant ; mais ce nest pas.nbsp;dans ces eeillères de verre ou de porcelaiuenbsp;quil faut en faire usage j en efiët, comme ellenbsp;y prend presquau même instant la temperaturenbsp;de loeil, elle perd cette fraiclieur qui est soanbsp;plus grand avantage.
TJne éponge nest pas moins dangereuse a loeil, tant par cette même raison que par Ienbsp;frottement quelle y occasionne , et par les sé-dimens quelle peut conserver.
Des linges mouillés, renouvellés si on Ie juge nécessaire, ou une simple aspersion avec lesnbsp;doigts au dessus dune cuvette , som la mellleurenbsp;manière de rafraichir et de nettoyer les yeux,
Le même soln doit être pris Ie matin en se levant j et dans la jourriée , lorsquon a eu lesnbsp;yeux exposés a la poussière , a. la sueur, ou anbsp;toute autre mal-propreté.
Mais dans tous les cas eet exercice doit être modéré , paree que Toeil ne doit pas être long-tems exposé a un froid trop sensible.
ïouie autre liqueur ne doit être employee,
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pour baigner les yeux , cjue daprès Tordormance ^un oculiste expériraenté; tarit on court ie-danger dattaquer, en voulant Ie soulager , unnbsp;si délicat. On peut inèrne dire que Janbsp;plus grande propriélé des eaux de plantin , denbsp;, eic. , est due a Peau quelles con-
^ionnent.
M.
Beer conseille cependant en voyage^ ^orsquela poussière enlevée par un ventbrulantnbsp;^ presque dessrché les yeux, deles baigner dansnbsp;mélange de 4 onces deau de rose, dun dragmenbsp;Be flegme de gomme arabique , et de i5 gouttesnbsp;Be litharge dor.
La même eau sera aussi tres-convenable aux
oardcurs et aux divers ouvriers en laine, dont
yeux sont exposés aces poussières animales
peuvent occasionner des inflammations et d
^utres accidens fort dangereux.
Lusage de la salive peut encore être regardé Ootume salutaire, a cause de son analogie avecnbsp;autres substances animales - etbeaucoup denbsp;Psi'sonnes se trouvent très-bien de passer Ienbsp;*^®igt, humecté de salive , sur les yeux dcs-l^Bils les ouvreni Ie matin.
Quant a tout corps étianger , autre que la poussière , qui sintroduii-ait dans les pau-.nbsp;pieies , il fayt 5^1 - tout éviter de suivre Ienbsp;premier mouvement, qui est de se frotter loeil;nbsp;edet, pour peu que ce corps eüt quelque
6o nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
aspérité , on risquerait deraiUer la cornée , et
quelquefois de blesser Ie globe même de Tceib
On peut commencer par soulever avec Ie doigt la paupière supérieure, en penchant Ianbsp;tète en avant, et en tenant Ioeii Ie plus fixe quenbsp;ldn peut. II en résuite un flux de larmes quinbsp;enlraine presque toujours Ie corps étranger, oanbsp;qui du moins Ie porie vers Ie grand canthus ,nbsp;dou lon peut lenlever avec Ie coin de sonnbsp;moucho'r.
Si ce moyen ne suffit pas, on passe légè-rement, et a plusieurs reprises , Ie doigt sur la paupière du dehors au dedans, pour forcernbsp;ainsi Ie corps a gagner la glande laciymale.
Enfin , si Ton estaide par quelquun , on peut, après avoir soulevé , comme je Iai dit dabord ,nbsp;la paupière le plus quil est possible , tournernbsp;Ioeil du cote du nez, et faire passer, entre lanbsp;paupière et le globe de Toeil, un petit pinceaanbsp;enduit de crème de lalt ou deau gonimee , ennbsp;allant du petit cantlms au grand.
Si cependant le corps étranger était uue parcelle de verre, de fer , ou dautre matièrenbsp;dure et tranchante , qui se fut deja fichee dansnbsp;la tunique de Ioeil , il vaudrait xnieux recon-rir a un oculisle ou a un chirurgien, que denbsp;risnuer en fatlguantroelldcle blesser reellenient-
11 faudrait encore y avoir recours, si Timptcs-*
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sion de la douleur était assez vive pour em-pêcher douvrir la paupiëre.
Lorsque la parcelle est de chaux vive , de vitriol, de poivre , même de tabac ou autrenbsp;substance corrosive, il faut enduire Ie pinceaunbsp;de beurre frais, même en attendant Ie secoursnbsp;de loculisle , pour prévenir lirritation qui ennbsp;pourrait résulter; dans ces cas les bains deaunbsp;ne feraient qua)outer au mal, en poitant lim-pression sur un plus grand nombre de points.
Enfin, est-on piqué a lceil par une guépe ou par tout autre insecte, il faut avant tont sas-surer si léguillon ne serail pas reslé dans Ia pi-qüre, et alors lenlever avec de petites pinces jnbsp;ensuite, sil y a de rinflammation, imbiber unnbsp;papier brouillard deau froide, ou Ton aura misnbsp;quelques grains de sel et quelques goutles denbsp;vinaigre.
5. Éviter dirriter lesyeux par lefrottement.
Le premier mouvement de beaücoup de per-sonnes a leur réveil est de se frotler les yeux j il est aise de sentir les mconvéniens de oeltenbsp;dépression l'orcée , lant a cause de lapplalisse-ment quelle doit a la longue occasionner aunbsp;globe de loeil, que paree quelle en altère lanbsp;sensibilité et quelle ne peut produire que denbsp;rirrilation.
-ocr page 98-62 nbsp;nbsp;nbsp;LECONSERVATEUR
Le plus petit cil , qui se trouveralt engage sous la paupière , suffil pour exciter de riuflani-mation.
On a vu des gens perdre la vue par suite de jeux, oü, en bouchanl les yeux avec une pres-sion ti'op forte, on les avait désorganisés; ainsi,nbsp;tandis que les opéraiions les plus importantes ,nbsp;des incisions ti cs-grandes, et même des amputations faites au globe de Iceil, nallèrent pas lanbsp;vue, on voit qu'une légere contusion , unenbsp;pression inégale la délruit , paree quelle derange tout es les proportions , sans lesquellesnbsp;radiïiirable mécanisme de la vision ne peut avoirnbsp;lieu.
6°,Craindre pourlesjeux les exces de tout genre.
Jai eu trop doccasions de faire sentir Iextreme délicatesse de 1oeil, pour quil paraisse élonnantnbsp;que , plus que toute autre partie du corps , ilnbsp;rncriie la citation de ce fameux adage , rien dffnbsp;trop. Jai déja parlé des exces de la veille et dunbsp;sornmeil 5 il est dautres exces que je naurai mêmenbsp;pasbesoin dindiquer, tant seraient efïrajantesnbsp;les suil es quils entrainent après eux : il menbsp;suilit de dire que cest surtout a Torgane denbsp;la vue quils sont funestes : mais peut-être , sinbsp;la morale ne suffit pas pour en preserver , sera-t-on du niüins arrèté par la crainte de perdre
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lt;3abord les charmes , ensuite lusage de ces denies yeux , qui ont ouvert la carrière desnbsp;plaisirs.
Les dangers des exces de table ne sont guère ^'toins connus. Picsque tous les buveurs etnbsp;grands mangeurs ont les yeux enflamniés
bordes de rouge ; ils finissent souvent par perdre. On attribue aux fréquentes ivressesnbsp;^oplum , que les Tures se procurent, Ie grandnbsp;ïiombre de cataractes auxquelles ils sont sujels.
Les digestions difficiles ont Ie grand inconvenient de faire refluer Ie saiig a la téte , surlout dans les tempéramens sanguins : les efforts quinbsp;sont la suite occasionneut souvent dans lesnbsp;yeux des éblouissemens et des nuages , quonnbsp;sauraii trop prévenir , puisquils peuventnbsp;^onduire a la perte totale de la vue, et quilnbsp;''3ut bien mieux ne pas chercher par des ef-^orts péuibles, a se procurer des evacuationsnbsp;la médecine indique tant de moyeus denbsp;^aciliter.
Lexei'cice du cheval, un verre deau fraiche ®pi'ès lerepas, lusage des eaux légèrement mi-^^rales , enfin les lavemens , deviennent sousnbsp;rapport des procédés optiques quil fallaitnbsp;rappeler , conime , dans plusieurs autiesnbsp;» iai fait seutir que les iraiiemens de Iceilnbsp;®iaient du ressort de la médecine ordinaire.
-ocr page 100-64 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
Je ne disJmuleiai pas non plus dantres exces , quoique dun genre plas noble : ceux da travail , et surlout du travail sedentaire du cabinet, oil, indépendainment de la tension con-tinuelle de lorgane de la vue, louie la machinenbsp;animale souffre de la privation du mouvementnbsp;qui lui est si nécessaire.
II nest pas jusqua la manlère de se vctir doiit ii ne faille parler; des habits trop jusles,nbsp;les corsets trop resserrés des femmes j les colsnbsp;et les cravattes des hommes , enlin ^ tout ce quinbsp;fait refluer Ie sang a la tête , est très-dangereuxnbsp;pour la vue.
lt;7°. Accoutumer de honne heure les enfans ck bien user de leurs jeux.
Cest sunout dans Fenfance que les moyens préservatifs sont essentiels. Lenfant, semblablenbsp;a une paté molle , ne demaiide qua prendrenbsp;des forces, et il est si aisé de lui en donner, dontnbsp;il puisse se louer tout Ie reste de sa vie.
II faut dabord, et des la naissance , placer Ie bei'ceau , comme je 1ai dit déja pour lesnbsp;lits , de manière que Ie jour ne Ie frappe pasnbsp;laléralement: il y a moins dinconvénient a cenbsp;quil frappe de face , paree quil donne par-Ianbsp;1habitude du regard direct et égal pour les deuxnbsp;yeux.
-ocr page 101-DE LA VüE. nbsp;nbsp;nbsp;6gt;
ï^vitei cependanl , au moyen de rideaux , Ie jour ne soit trop yif; car ü parait quenbsp;i organe souffre réellementde iimpression de lanbsp;^uiiiière , et que la plupart des cris des enfansnbsp;ïiouveaux-nés sont dus a Fiaiprudence, avecnbsp;^3quel!e on expose au grand jour leurs yeuxnbsp;Encore fermés.
Ne pas les passer trop fréquemment dune clianibre trop éclairée dans une chambre quinbsp;Jest peu ; et, si celle de la nière est tenuenbsp;quelques jours dans Fobscurité , prendre k peu-pres la niême precaution pour les autres cham-bres oil on les porte.
Des quils ontlesyeux, ourerts, prendre garde quils ne regardenl pas plus dun oeil que denbsp;bautre j ne placer, a gauche ou a droite du berceau , ni glace ^ ni aucun autre objet éclatantnbsp;qtii attire sans cesse leur vue.
A mesure quiis avancent en age, les habituer tt ne iegarder même leurs joujoux qua unenbsp;distance raisonnable. Ne point fatiguer tropnbsp;leurs yeux par des écritures , des dessins,nbsp;des broderies ou dautres travaux quil faillenbsp;^cgarder de trop pres. Proscrire absoluinentnbsp;-otite occupation ou la tête , rctombani sur ianbsp;poitrine , se trouve dans nne position aussinbsp;funeste a celle-ci q'ie nuisible ponr la vue ,nbsp;qni firilrait par devenir myope. Dormer a For-
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-ocr page 102-f)B nbsp;nbsp;nbsp;LE conseuvateur
gane les occasions de se développcr , ainsl qult;5 Ie tems de se fortifier , et dacquérir la porteenbsp;naturelle a nne vue ordinaire.
Indépendamment des autrcs avaniages que Ie corps retire des exercices gymnastiques ,nbsp;les ]eux de balie, de volant, de billard , don-nent a 1oeil une grande precision sans exigernbsp;de tension faligante : ils portent les regardsnbsp;au loinsans conlrainte; lescrime elle-mème etnbsp;iéquitalion tiennent la vue dans un exercicenbsp;continuel et salutaire.
Je Ie répète, de telles precautions produiront leur effet dans tont Ie ieste de la vie de lenfant,nbsp;dont lorgane bien constitué pourra plus long-lems se passer de lunettes , et des auires se--cours de TOpticien et de TOcullste.
Je ne puis quitter les yeux des enfans, sans parler^Jde la inaladie qui est pour eux la plusnbsp;critique, la petite vérole , a Ia suite delaquellenbsp;les yeux éprouvent tant daccldens.
Aussilót que la petite vérole commence a parailre, et sans attendee c|ue lespaupièressoieutnbsp;enllées , ledocteur Beer conseille de les bassiiiernbsp;plusieurs fois Ie jour avec une eau composcc
-ocr page 103-D E L A V U E. nbsp;nbsp;nbsp;67
de 4 onces deau de rose , dun dragme deau de gomme arabique, et de 5o gouttes de Lau-^nbsp;danitm deSjdenliam.
Du moment ou rcnflure se manifeste, et ou les bords des paupières commencent a suinler ,nbsp;on dolt les bassiuer continuellement , en ta-cliant de les tenir au moins entre-ouvertes pournbsp;continuer Iinjeclion , maiséviter quunjour tropnbsp;grand nirrite loeil.
Si cette operation ne suilisait pas pour déter-ger une humeur trop acre , ii faudrait , avec une seringue dun canon très-déiié , faire desnbsp;injections du petit canthus au grand, pour re-pousser rimmeur dans celul-ci, ou on lessuienbsp;övec un léger tampon de linge fin.
Si, la petite vérole tardant k paraitre , len-flure augmentait, et qvie les yeux fussent douloureux , il laudrait faire prendre ciiaque jour tin ou deux bains chauds, dune heure, et surtoutnbsp;procurer au malade un air libre , pur, ei dunenbsp;temperature un peu chaude , comme la plusnbsp;favorable au dégagemenl des paupières.
9'. Uasge modéré de la vuè.
Cest a tous les instans de la vie quon se ®crt de ses yeux ; c\ st done a tons le^ instansnbsp;4^'il faut savoir bien sea servir, et de utanière
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LE cONSERVATEUR
a ne pas se priver , par insouciance ou par présompiion, des services que Ton veut en reiirernbsp;jusqua la fin de ses jours.
On aura déja remarqué, par ce qui precede , beaucoup de ménagemens nécessaires: il en estnbsp;encore quelques-uns dimportans.
Le moment Ie plus favorable pour Ie travail des yeux est le matin , après le repos quils ontnbsp;pris pendant la nuit; bien entendu que ce nenbsp;doit pas êlre immédialement en sortant dunbsp;lit, mais après le court intervalle nécessairenbsp;pour ne pas les faire passer rapideinent denbsp;létat de repos a celui dun exercice trop at-tachant. Le passage se fera doucement, si lonnbsp;peut, en se mettant a une lènêtre , avoir de-vant soi un horizon assez étendu pour y pro-mener ses regards , et procurer a lorgane lenbsp;développement le plus avantageux, comrne lenbsp;plus naturel.
11 est dangereux de llvrer ses yeux a un travail trop attachant, en sortant du repas ounbsp;dun exercice qui a mis le sang en mouvement,nbsp;tels que sont non-seuienient ceux de Ia chasse ,'nbsp;de lescrime , de la course , dune marchenbsp;forcée, mais encore , pour les orateurs sacrésnbsp;OU profanes , une predication, une lecou pu-bliqufl OU un plaklojer dans lesquels iJs ontnbsp;déployé toute leur énergie. La tension soutenue
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de la vue , dans de telles circonstances , peut produire des épanchemens du sang , qui sestnbsp;pour ainsi dire Yolatiiisé , et attaquer la vuenbsp;jusqua Ia cécité.
Ces instans peuveut être mis a profit par une nature doccupations qui délassent et oc--»-'upent la vue saus lattacher; la revue et lar-fangement de papiers quil ne faut quentrevoir,nbsp;de livres , destampes , dobjets dhistoire naturelle , liennent les yeux ea activité sans con-irainte.
Je citerai encore de nouveau rexercice modéré du clieval, qui en même lems débarrassenbsp;les instestins, et porte naturellement les regardsnbsp;au loin.
II serait de méme trës-salutaire a la conser-¦''^ation des yeux de pouvoir suspendre par de seniblables relaches , si courts quils fussent, lesnbsp;tiavaux de longue haleine qui tiennent la vuenbsp;trop tendue , tels que les calculs , Ie dessin ,nbsp;les lectures dans des impressions ou des éeri-tures difKciles.
Pourquol ue pas varier aussi sa posilioii en travalilant ? Les pupilres a la Tronchin facili-tent cette variation ¦ altemativement assis etnbsp;deboul, 1homme de cabinet prévient les in-^oiivéniens dune trop longue séance : toutenbsp;^iiabitude de sou corps en est moina fatiguée
-ocr page 106--JO nbsp;nbsp;nbsp;LE C O N S E R V A T E U R
la poiiriue , la tele , les jeux surtout, changeant de situation , reliouvent dans chacune une nouvelle vigueur. Leurs humeurs ne sont pasnbsp;exposees a se reporter toujours vers la menienbsp;partie , et leur ieu en devient plus egal.
]Ny eut-il dans ce changement de position que le pen de minutes de relache quil donnenbsp;a Toeil ^ ce serait déja nn grand bien. Quel-ques pas dans la chambre , la possibüité denbsp;sapprocher dune fenêtre pour j rafraichir sesnbsp;yeux par un air pur, et, lors même quonnbsp;ne Fouvrirait pas a chaque fois , pour les ré-créer en les promenant sur un espace moinsnbsp;borné j ce sont poor la vue des avantages ,nbsp;qui rentrent dans Pécononiie généi-ale de nosnbsp;facultés. Elles gagnent toutes a être mises ennbsp;usage; Tabus senl est nuisible.
Exercer ses yeux en'diversifiani leur exercice, cest eniretenlr leur vigueur : mals , les forcernbsp;trop long-iems de suite a leur plus haut degrénbsp;de vision , e est les ruluer et les perdre.
Que dire , par exemple , de ces tours de force par lesquels on pretend lire au clair denbsp;la lune ? nest-ce pas braver la nature , qui nenbsp;jette sur la terre cette douce lueur que pournbsp;aimoncer a 1oell llieure oü il doit sc reposer ?nbsp;Quelle contraction cprouvent toutes les partiesnbsp;de Forgane , avant quo de rassemblcr une
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fiariutiié de rayons suffisante a une vision toujours iniparfaite et certainemenl inutile , quand elisnbsp;31aurait pas Ie grand inconvenient de procurernbsp;des éblouisscinens et des irritations !
Le mieux sans doute serait de ne point faire travailler ses yeux a Ia lumière, mais encoienbsp;fiiul-ii clioisirle travail qui les fatigue le inoins.
On a cru remarquer quen general lécriture ctait nioins fatigante que la lecture j non pasnbsp;cependant cette écriture soignée quiexige toutenbsp;raltention de récrivaiii de profession , mais lé-criture courante de lauteur qui compose , ounbsp;de lhomme dafiaires qui laisse aller sa plumenbsp;sur le papier, sans soccuper de la configurationnbsp;plus ou moius exacte des linéamens ; loeil estnbsp;alors bien moins tendu que dans une lecturenbsp;assidue , qui fait passer rapidement devant luinbsp;le papiiiotage fatigant, mèrne par sarégulai'ité,nbsp;de lignes alternaiivement noires et blanches.
Je ne rappellerai ici ce que jai dit de la typograpliie vicieuse, que pour faire seiitir com-bien , suilout Ic soir , clle esl préjudiciable a ianbsp;vue.
ll est pênible de penser au tort quou. se fait , aux regrets quon se prépare pour lanbsp;plus fuule et la plus inutile , je nose clire lanbsp;plus coupable des occupations ; en un mot ^nbsp;par ces longues veilles ou , a la clarié perfide
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et vacillante dun luminaire défectueux , on dévore des volumes de romans , de vers souvent mal imprimés , et pour lamour desquelsnbsp;on combat opiniatrement Ie sommeil , que lesnbsp;yeux appellent de tous leurs mojens.
Et cesontdes dames, de jeuiiespersonnes, qui sabandonnent avec lant dacharnemenl ü un sinbsp;dangereux usage de ces nièmes yeux , que desnbsp;intéréts blenchers devraient leur faireménager.nbsp;Elles oubüent que Ie charme , attaché a leursnbsp;inoindres regards , se fiétrira rapidement paries rongeurs , les inflammations qirelies provo-quent ainsi; et que quelques soirées dune ivressenbsp;solitaire leur enlèveronl tous leurs droits aux adorations, dont elles naurontconnuque Iillusion.
Puisque Je parle des Dames , j'ai encore , pour lintérèt de leurs yeux , un sacrifice anbsp;leur demander. Cest celui de ces volles flottansnbsp;sans cesse devant elles, sous lesquels je saisnbsp;bien qu'une adrolle coquetterie eberche aulantnbsp;a piquer la cui-iosité des adorateurs , quii senbsp;réserver la jouissance de tourner vers cux leursnbsp;regards ; mais la mobilité seule de ces voilesnbsp;esl funeste parle continuel Iremblottcment quilnbsp;donne au rayon visuel. Uien de plus irritant pournbsp;Ia prunelle, rien deplus contraire a ce calrne dontnbsp;roeilabesoin pour exercerses faculiés. On pour-raiten dire aulant du jeu perpétuel de réveulall
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larapidltéciudéveloppemenl,qui en fait la grace, faitpnsseren un instant sur la rétineles couleursnbsp;^es plus tranchanles, et ne lui présente quunnbsp;Spectre confus dont elie est éblouie , tout ennbsp;sefi'orcant en vain dj saisir quelques traits.
Cest encore une halaitude fort daiigereuse pour les jeux que de lire en voilure , et même.nbsp;en se promenant; la perpétuelle agitation dunbsp;livre qüe Ton tient a la main produit un trein-tloUement très-nuisible a la vue.
Jen rcviens aux considerations générales.
Le repos de loeil peut se trouver au spectacle , en éviiant le iiaut des salles , oü se portent les miasmes les plus funestes pour les yeux, etnbsp;les rayons non inoins dangcreux des lainpes. Lanbsp;vue des décorations, ie jeu des acteurs , lenbsp;vague acricn du tliéatre , et liliusion produitenbsp;par la perspective dun grand espace , ont pres-que les avautages de la pieine campagne. Unenbsp;aclivité modérée el la justesse de la vision sansnbsp;fatigue sont, connne je iai déja fait sentir , lesnbsp;avautages du billard.
Enfin , une deini-aclion de lorgane , éqni-valaiit pvesque au repos , se rencontre claus les jeux de dames , décbecs , de dominos , denbsp;cartes , dans lesquels on na plijsicjuement anbsp;craindre quunc Uop longue vciile , et le prolou-gtïnient dune position sedentaire.
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lo. De Ia faihlesse de la viie.
Tout ce qui tient a la faiblessc lt;le la vue est nécessairement en raison de la constitutionnbsp;piopre de chaque individu j rimportanl pournbsp;chacun est de saisir Ie moment de fatigue denbsp;1organe pour Ie laisser reposer.
Le premier effet de la fatigue est une con-tiaction dans tout lorbite. Au lieu de la braver, il faut sarrèter a linslant, et souvent peu denbsp;minutes j les paupières fermées par intei'vallesnbsp;remeitent Ioeii dans son élat naturel.
Si lon na pas écouté ce premier averlisse-ment, la cbaleur gagne les paupières ; elles sap-pesantissent, se ferment delles-mèmes ¦, les pvu-nelles perdent leur mouvement; si Ton porte ses yeuxanloin, des lannes les remplisscnt, la tctenbsp;éprouve un leger mal.
Quand ce mal estpoussc'a lexccs , les pau-picres devicnnent rouges par Fengorgemcut des vaisseaux sanguins; enfin des nuages obscurcls-setït ia vue; ct, si lon ne ferme a FinsUmt lesnbsp;paupières , ies étourdissemens sc font sentir : onnbsp;voit les objets se teindre des couleurs de Firis ,nbsp;sjmptóme de la confusion des rayons visuels ,nbsp;dont Ie dernier pciiode est de faire mouyoirnbsp;tous les objets autour dc sol, dc les renverser,^
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ïe les faire passer les nns sur les autres , et dc couvrir dune ombre insupportable.
Les premiers accidcns auraient pu ètre pic-'6nus iis peuvent encore sarrèter, comme jeTai , par une suspension de travaux, par cpielquesnbsp;P^s dans la cbambrc, et mieux encore au grandnbsp;) dans une promenade dont lIiorizon soitnbsp;étendu.
Les accidcns plus graves demandent des bains *^6 pieds a Peau liède, et légèrement cbargée denbsp;®6l et de vinaigre.
Quand lceil est revenu dans son état naturel, d faut profiler de iavcrlissement, et redoublernbsp;precautions ordinaires.
Quelquefois on en est quitte pour éprouver, bout de quelques.iours dun travail soutenu,nbsp;L nécessité de regardcr de plus pres. Ce symp-^onie inoins eïïrayant, ncn rond pas moinsnbsp;^ndispensables les soins conservateurs, et la rao-^ération qul peuvent en empècher ie retour.nbsp;On peut ajouter a Pcfficaclté de leau froide ,nbsp;bain de vapeurs on de rosée égalemcnt froide,nbsp;moyen dun instrument public par Ie doc-^®iir Beer , et que jai fait graver daprès lui ,nbsp;quelques légers ebangemens ( Fig. I. )-® i'eservoir contient un cylindre deau cnlourénbsp;dun mélange de glace ct dc sel ammoniacj etnbsp;^livenure dun robinet laisse éebapper, par un
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ajutoir percé de trous très-fins, un nuage d^eait lioide au-dessus duquel on présente les yeux.
Plus les jeux sont foibles , plas les rafrai-cliissemens doivenièlre employésfréquemment, mais a chaque fois par inomens très-courts.
II nest pas nécessaire de recommander aux yeux foibles déviter des clartés trop éblouis-santes : deux-mêmes ils cberchent robscurité,-ils sentoui'entdécxans j mais, cequii faut dire,nbsp;cest quils ont moins a craindre du grand journbsp;réparii dune inanière égale , que de leffel tropnbsp;actif dun point lumineux , eomme la flamraenbsp;du foyer , dune lampe , Ie reflet dune glacenbsp;OU dun corps métallique brülant..
Je tcrmiue ces soins préservatifs par layis suivant, que je donne au convalescent qui sortnbsp;dune maladie grave^ Ses yeux nc demandentnbsp;pas moins de méuagemens que ses jambes etnbsp;son estomac : ils ont a repvendre progressive-ment leurs fonclions , et ce serail une grandenbsp;imprudence que de les latiguer par ia lecture,nbsp;avant qu iis aient recouvré leur vigueur.
Nota. On trouvera dans la suiie lout ce qui concern^ les services et les inconvéniens , que les lunettes peuyent^nbsp;offrit' aux vues faihles.
-ocr page 113-Sur les premières lois de U Optique.
Jusqua présent on a puse passer a la rigueur la connaissance des lois de lOptique 5 maisnbsp;®lle est indispensable et très-utiie pour entendre Ce qui nous reste a dire 3 dun autre cóté,nbsp;t^ous ne prétendons pas doniier ici uu ouvragenbsp;eomplet sur cette science ; nous nous conten-teronsdonc den exposer les principes, qui nousnbsp;paraitront nécessaires pour rintelligencc dunbsp;teste de eet ouvraee.
o
^Optique est la science qui traite des lois de lumière et de la vision.
On appelle rayons les routes que suit la lu-tttlère.
Enfin lon appelle milieu Fespace que la lu-tiiière doit traverser.
Lavantage de cette science sur les autres est ^ttcile repose sur des laits avérés , qu on peutnbsp;*^édiiiie tous de 1expérlence suivante.
ï^ermez une cbambre assez exacteineiit pour ^ne la lumière ne puisse sy iotroduire que parnbsp;très-petit irouj -vous verrez lous les objels
7^ nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEüR
exterieurs, exposés a ee trou , se pelndre avec loutes leurs couleurs, mais un peu affaibliesnbsp;sur les murs de la chambre. Les peiiitures desnbsp;objets fixes , comme des arbres ou des maisons,nbsp;resteront fixes : celles des objets mobiles,nbsp;comme des hommes ou des voilures , paraitrontnbsp;en mouvement, 11 est vrai que tous ces objetsnbsp;paraitront dans une situation renversée , ce quinbsp;provient de ce que les rayons de lumière sefnbsp;croisent en passant par Ie petit trou. Si Ie soleilnbsp;donnesurce trou , on verra un rayon lumineuxnbsp;qui ira en ligne droite se terminer sur la mu-raille ou sur Ie plancber. Si lon met loeil sur cenbsp;rayon , on verra que loeil, Ie trou et Ie soleilnbsp;sont situés sur une même ligne droite. II en seranbsp;dc même des autres objets peints dans la chambre : enfin , les images des objets recus sur unnbsp;même plan seront dautant plus petites, que cc^nbsp;objets seront plus éloignés du trou. De-la onnbsp;peut conclure les faits suiyans :
1°. La lumière , dans un milieu libre , va toujours en ligne droite.
2°. Un point quelconquedunobjet lumineux peut ctre vu de tous les lieux auxquels une li'nbsp;gne droite tirée de ce point peut aboutir. Ennbsp;effet, dans la chambre obscure, la peinture duonbsp;objet mobile est toujours visible, tant que lobjetnbsp;rcste exjïosé au trou.
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S. Done uil point lumiiieux envoie de Ia lumière en tout sens j done aussi il est Ie eentranbsp;dune sphere de lumière qui sétend indéfini-ment de tons cótés.
4. Done , si Ton intercepte par un plan plu-sieurs de ces rajons de lumière Ie point lumi-iieux deviendia Ie sommet dune pjramide In-ï^^iiieuse, dont Ie corps sera formé par rassem-Hage de ces rajons , et dont la base sera Ie plan qui les arrête.
5°. Limage de la surface dun objet, qui se peint sur la muraille de la chambre obscure,nbsp;est aussi la base dune pjramide lumineusc, dontnbsp;Ie sommet est au iron de celte chambre. Lesnbsp;prolongemcns des rajons, qui forment cettenbsp;pjramide , en forment une autre semblable etnbsp;opposée , en se croisant dans Ie trou qui en estnbsp;Ie sommet, et la surface de lobjet en est lanbsp;base.
G. Enfin, les particules de la lumière sont exlrêmement fines; car les rajons, qui yienneutnbsp;de cbacun des points visibles de tons les objetsnbsp;exposés au trou de la chambre obscure, passentnbsp;par nne ouverture extrèmement petite, sausnbsp;s embarrasser sensiblcmciit ni se confondre.
On disimgue plusicurs sortes de rajons , Iels qne les rayons parallélcs , les rajons di-*ergens , et les rayons cowergens.
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Les rayons paralleles sont ceux qui, partant du soleil, des astres on de tout autre corps tres-éloigné, ne preseiitent point de difference sensible dans leur marclie.
Les rayons divergens sont ceux qui, partant dun mème point luraineux L, ( fig. 2 ), vontnbsp;toujours en seloignant les uns des autres.nbsp;Ainsi LA, La , La, La, sont ce quon appellenbsp;des rayons dipergens.
Au contraire, On appelle rayons conoergens ceux, par exemple, qui, rassembles par un verrenbsp;ardent, Vv. ( fig. 5 ), se rapprochent pour senbsp;concentrer en un point O.
Lorsque les rayons de lumlere rencontrent un obstacle, ilsregoiventune nouvelle direction,nbsp;soit quils le pénètrent, soit quils ne le pénè-trent pas.
Les obstacles, que la lumlere ne peut péné-trer, se nomment Corps opaques : au contraire ceux quelle traverse sappellent Corps trans-par ens. *
A la rencontre du corps opaque, il arrive au rayon de lumlere ce qui arrive a tout corpsnbsp;elastique, qui en rencontre un autre , cest detrenbsp;renvoye ou réjléchi , sous un angle egal a celuinbsp;quil formait en rencontrant Iobstacle j loi générale de la mccanique , qui sexprime en ces-
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Riots : Vangle d'incidence est égaV d Vangle de ^djlexion.
Aiusi, Ie rayon B O {fig- 4) estréfléclii en Ob , sous un angle bOd égal a BOD de mêmenbsp;ie rayon CO, qui tombait sous un angle plusnbsp;petit COD, se réfléchii sous Tangle plus pelitnbsp;f'Od : on volt enfin que Je rayon perpendiculaire AO se réfléchit sur lui-rnême selon OA.
Ces corps opaques sout brillans ou ternes , selon quils réfléchissent plus ou molns parfaite-inent les rayons de lumière.
Dans les corps irès-bi'illans , la reflexion est si parfaite que ce ne sont plus eux que nousnbsp;voyons , mais que ce sont les corps qui leurnbsp;envoient des rayons , aiusi, Ie métal très-polinbsp;des miroirs , Targent, Tacier, et sur-tout Ienbsp;niercure placé derrière nos glacés, dispaiais-sent, pour ainsi dire, et ne nous laissent voirnbsp;que les objets qui sy peignent.
Loeil {Jig. 5 ) qui regarde une glace ne voit que les images a, è,cdes corps A ,B , Cplacés sousnbsp;difFérens angles , et il les voit au-dela de Ianbsp;glace, dans la direction et a la distance quenbsp;cbacuii occupait seulemeul il voit, par exena-ple , a a droite de i, et c a gauche, tandis quenbsp;^était A qui était a gauche de B, et C qui étaitnbsp;^ droite ¦ et, comme ToeiJ est lui-même a anglenbsp;droit sur la glace, il se voit seul en face.
6
-ocr page 118-§2 nbsp;nbsp;nbsp;1,EC0NSERVATEüR
Si tons les corps avaient ainsi une reflexion p' rfaile , ils seraient autant de miroirs qui reri-dralent les formes , les couleurs et les appa-rences des corps eiivironnans, tandis que lanbsp;Téflexion imparfaite, ne nous renvojant que lanbsp;lueur qui éclaire les corps, nous lalsse voir ieursnbsp;propres formes, couleurs et apparences.
II en est de mcine de la transparence. Les corps absolument transparens naltèrent pas lanbsp;vue des objets qui sont au-dela : Ia glace quinbsp;recouvre Ie teint du miroir nen derange pas lesnbsp;apparences; une eau très-claire laisse voir lesnbsp;poissons , Ie sable qui est au fond.
Une transparence moins parfaite, telle que celle dune gaze, dune eau, dun verre même,nbsp;Icgèrement colorés, permet de reconnaitre aunbsp;travers touies les formes et les principales couleurs.
Enfin , une móindre transparence encore , dans livoire très-mince , dans Ie papier huilé ,nbsp;dans Ie verre dépoli, laisse seulement pénétrernbsp;une lueur incertaine et vague.
II est moins aisé de saisir dans ce cas la marcbe du rayon de lumlère qui traverse unnbsp;corps plus ou moins transparent; maïs plu-sieurs experiences prouvcnt jusqua iévidencenbsp;que ce rayon éprouve une deviation quonnbsp;noinme réjraclion.
-ocr page 119-D E L A V U E.
Une première observation, bieri facile a ré-peter, en donnera une première idéé. Mettez une table, au fond dune tymbale dargent,nbsp;piece dorj cherchez , en vous éloignant,nbsp;distance oii Ie bord de la tymbale vous ca-^liera la moitié de la piece j faites ensuite rem-pbr la tymbale deau, versez assez doucementnbsp;pour ne pas déranger la piece, et vous Taper-cevrez toute entière.
II est évident, puisque la pièce et Ia tymbale sont restées dans la même position , quil nenbsp;peut y avoir eu de changement que dans Ienbsp;ïayou qui apportait a Toeil Timage de la pièce;
rayon sest done dérangé ¦, il sesi brisé, ou pour se servir du terme consacré , il sest ré-
Jracté.
^ nbsp;nbsp;nbsp; 6 ) est la pièce au fond du vase : lors-
il est vide , Ie rayon qui part du bord P de pièce se porte au-dessus de Toeil en O ; mais ,nbsp;lorsquil y a de Teau jusquen S, Ie rayon senbsp;ï'elracte en passant de Teau dans Tair , et vientnbsp;ï'echercher 1oeil, qui croit volr Ie même bordnbsp;la pièce au point P.
Prenez de même nbsp;nbsp;nbsp;7 ) un bloc de yerv^
peu épals j dont toutes les faces soient bieu ^'sctangulaires; posez-le sur une page décriture,nbsp;ïiianière a ne couvrir que la moitié de chaquenbsp;ligne décriture; vous verrez les moitiés cou-
I
-ocr page 120-84 nbsp;nbsp;nbsp;LE conservateur
vertes par Ie verre sélever dans 1interligne des moitiés qui ne sont pas couvertes, et sélever anbsp;inesure quen vous éloignant vous les verreznbsp;plus obliquemenl.
Tout Ie monde sait quen plongeant dans Ieau un baton , il parait bnsé a la surface denbsp;leau cesi done a cette surface que sopère lanbsp;refraction de la lumièie.
En attendant que nous indiquions la loi générale que suit la réfraction, nous observerons que les refractions ne produisent pas deffetsnbsp;sensibles , lorsque la surface que traversent lesnbsp;rayons de iumière est plane, conime une glace ,nbsp;un carreau de vitre , la surlace dun canal, paree
qualors tous les rayons de Iumière léprouvarit au mêine degré , la configuration apparenienbsp;nest pas altérée.
Mais elles produisent dans loptique les cf-fets les plus merveilleux, en raison des cour-bmes quon donne aux verres, pour forcer les diffé reus rayons qui y arrivent a se réfracternbsp;plus OU moins, suivant quils rencontrent Ienbsp;verie plus ou moins loin de son axe.
Cest daprès toutce quon vient de dire^ cjuon a divisé tout ce qui regarde la vision et la lu-mière en Irois parties , qui sont loptique pro-prement dite, la catoptrique et la dioptrique.nbsp;L'optique proprement dite traite de la Iumière
IT E L A V U E. nbsp;nbsp;nbsp;öb
diiccie^ ia caloptrique consicière la lümrère ré» Héchie, et Ia diopuicjue a pour objet Ia lumicrenbsp;ï'efractée. A présent, continuons a examiner lesnbsp;que suivent les rayons de lumlèi e.
La loi la plus remarquable est que la force de L. lumière décroit en Kaison inverse du carrénbsp;distances.
Eu eliét , considérons un des cones de lu-» lïiiere qui ont leurs sommets aux dllïérens pointsnbsp;dun corps krmineux, au point A , par exemple,nbsp;(J^g- 8), el concevons un plan BHC qui coupenbsp;Ce cóne dans un sens, que nous snpposerons ,nbsp;pour plus grande simpliciié , perpendiculaire anbsp;iaxe. Sl nous faisons mouvoir ce plan parallèle-ïtieni a lui-mème, en allant du sommet vers lanbsp;^ase ,,il interceptera des cerclesDlE,f KG,,etc. ,nbsp;dont les surfaces iront en croissant dans un rap»nbsp;port donné. Pour determiner ce rapport, il lautnbsp;savoir :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que les surfaces des cercles sont
Gntre elles comme les carrés de leurs diamètres OU de leurs layons ^ 2quot;. que, dans les trianglesnbsp;semblables , les cólés bomologues sont pvopoi --tionnels j done , si AB est égal a B.D , DF , etc.,nbsp;on aura, a cause des paralièies BC, DE, FG, elc.,nbsp;les triangles semblables ABb , ADc, AFd, etc.,nbsp;^ni donueront Ab : bB ;: Ac, ; cD ; : Ad: dF, etc. ,nbsp;rspports qui, en les élevaut au carré, seront en.»nbsp;tous égauxmaisj dun autre cóté, les cercles
VI
-ocr page 122-86 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
BHC , DIE, FKG , etc. , sont entFüux comme les carrés de leurs rayans Bb ^ Dc ,nbsp;Fd , etc : ces mêmes cercles seront done aussinbsp;enlreux comme les carrés de Ab , Ac , Adnbsp;etc : done , si Ion prend sur laxe indéfininbsp;AO des parlies Ab , bc , cd, etc. , égales entrenbsp;elles et a lunité, on aura Ab, Ac, Ad , etc. ,nbsp;égales a I ,2,5, etc. , et leurs carrés égauxj anbsp;I, 4»9j etc., seront done BHC, DIE, FKG, etc.,nbsp;entre eux , comme i , 4? 9gt; etc. j done Ienbsp;plan interceptera des cercles dont les surfaces iront en croissant , comme les carrésnbsp;des hauteurs correspondantes de laxe ; donej^nbsp;puisque ce plan recoit toujours un même nom-bre de rayons, Tintensité delalumière, dansnbsp;tin espace donné pris sur ce plan , est en raisonnbsp;inverse du carré de la distance.
Supposons maintenant que Ie plan dont il sagit soit Ie cercle de Ia prunelle de Tceil , onnbsp;en concluera qua mesure que eet ceil séloignenbsp;du corps lumineux , la lumière quil en reyoitnbsp;doit saffaiblir dans Ie rapport inverse du carrénbsp;des distances.
Si Ton congoit done que Iceil, placé dabord a une certaine distance dun flambeau , sennbsp;écarté ensuite a ntie distance trois fois plusnbsp;grande, les rayons qui passaient par la prunelle,nbsp;dans Ie premier cas , se répaudront sur wï*nbsp;espace neuf fois plus grand , doii ü suit que D
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prunelle en recevra tiois fois moins ; done, si 1ou voulait que rimpressioii faite sur Ioeil futnbsp;ïonj^ours la mérae, il faudrait remplacer Ic pre-niier flambeau par un auUe duiit la lumierenbsp;fut neuf fois plus forte, eest-a- ire, repanclifcnbsp;sur un même espace ueuf fois plus de rayons.
Comme iiotre but nest pas de donner uu eours complet doplique , nous ne eiterons plus-qaune proposition qui a pour but de faire voirnbsp;la marehe des rayons de lumière dans la ebam-bre obscure ; void cette proposition.
Si dcs rayons qui partent dun point lumineux passent par le trou dune chambre obscure , elnbsp;sont recus sur uu plan parallèle a celui du trou,nbsp;ils formeront sur ee plan une figure semblable anbsp;Celle du trou , et dautant plus grande qu ellenbsp;sera plus éloignée du trou.
Car alors le point lumineux est le sommet dune pyramide de lumière, dont les faces sontnbsp;déterminées par les rayons qui rasent les cóté.snbsp;du trou , et dont la base est la surface du trounbsp;lui-même ; au-dela de ce trou , les rayons vontnbsp;encore en sécartanl de plus eri plus au dedansnbsp;de la chambre obscure; si done on les regoit surnbsp;tin plan parallèle a ee trou , on coupe alors lanbsp;pyramide ainsi prolongée par un plan parallèle a sa base, et par conséquent la figure lumi-tc-euse sera semblable a celle du trou ^ et dautant plus grande quelle en. sera plus éloignée.
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11 suit de la que , si Ton présente Ie plan obliquement au trou , la figure lumineuse doitnbsp;encore avoir autant de cótés que Ie trou , maisnbsp;quau lieu de lui ètre semblable, elle doit ètrenbsp;plus ounioins allongce.
INous avons vu que , dans la catoptrique, la loi des rayons réfléchis élait telie que Tangle denbsp;reflexion était égal a Tangle dincidence : voyonsnbsp;ce qui , dans la dioptrique , arrive aux rayonsnbsp;réfractés.
Or, dans ce cas, on a conclu de beaucoup dexpériences :
1°. Que tout rayon de lumière qui passe obliquement dun milieu dans un autre, de Tair,nbsp;parexemple, dans Teau on dans Ie veire, éprouvenbsp;nne refraction dautant plus forte , quil arrivenbsp;plus obliquement;
2®. Que, par celte refraction, il se rapprocbe de la perpendiculaire lorsquil passe dans unnbsp;milieu plus dense , et qu'au contraire , il sennbsp;éloigne lorsquil passe dans un milieu moinsnbsp;dense ;
5®. Qua obliquité égale , la réfraction est dautant plus considérable que Ie milieu est plusnbsp;dense.
4®. Enfin, que la réfraction du rayon qui passe delair dans Teau est de 3 a 4 a pen prés j et que
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ie rayon , qui passe de Fair dans Ie verre, subit wne refraction qui esi a peu pres de 2 a 5.
Cela posé , vojons dabord ce qui arrive aux iayons dusoleil qui sont recus par un verrenbsp;a surface sphérique convexe AVB {Jig. 9).
II est évident quil j aura un seul rayon principal SV, qui se confondra avec 1axe du verre CV , et qui continuera sa direction. Les autresnbsp;rayons, quou peut coiisidérer comnie parallèles,nbsp;puisquils parteut dune distance infinie, serontnbsp;obligés , en entrant dans Ie verre en v,v,v, etc.,nbsp;de se rapprocher des rayons sphériques Cv,nbsp;CvjCv, etc., dans Ie rapport de 2 a 5: ct, commenbsp;ces rayons sont daulant plus inclinés quilsnbsp;séloignent davantage du principal, il en résul-tera un changement plus considérable de direction pour les rayons les plus éloignés.
Une longue expérience, et les calculs des savans , out appris a ne point employer desnbsp;rayons trop éloignés du rayon principal, pareenbsp;que , les petits angles étant réellerneirt propor-tionnels entre eux , les refractions qui en ré-sultent sont égales, et permettent aux x*ayonsnbsp;lumineux de se réunir en un point quon nonnnenbsp;loyer.
En continuant done de nous occuper du verre qui donne des refractions dans Ie rapport denbsp;^ a 2 , nous concluerons que Ie foyer f, est
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placé j par rapport au centre de eourbure C,a une distance Cf, qui est les deux - tiers denbsp;Vfj OU Ie double de CV. Le foyer simple dunanbsp;surface sphérique convexe est done a troisnbsp;demi-diamètres de cette surface.
Si, a présent, nous supposons que le verre {Jig. lo ) soit formé de deux surfaces de nièmenbsp;convexité , il en résultera que les rayons quinbsp;lauront traversé éprouveront en sortant unenbsp;nouvelle réfraclion , pareilleraent dans le rapport de 3 a 2 , mais en sens inverse, puisquiJsnbsp;passent dun milieu plus dense dans un plusnbsp;rare.
Alors les rayons Sv, Sv, Sv, etc. , qui en traversant le verre prenaieni leurs directions \u,nbsp;vu, vu, etc. , sur le point f, se rapproche-ront en sortant pour se rejoindre en F , auxnbsp;deux tiers deVf ou au double de CV.
Cest-a-dire , que le foyer véritable dune len-tille convexe , est, a tres - peu de chose pres, le double de sou rayon de courhure je dis anbsp;très-peu de chose prés, paree quil faudrait lenirnbsp;compte de répaisseur de la lentille , qui nestnbsp;pas assez considerable pour y avoir égard.
Si nous faisons les mêmes raisonnemens sur les verres concaves , nous verrons (Jig. 11 )nbsp;que les rayons parallèles , en rencontrant lanbsp;surface dun pared verre, séloignent de laxe,
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en séparpillant comme sils étaient partis dun foyer f, placé aune distance Cf , égale aux deuxnbsp;tiers de Vf, c'esl-a-dire , au double de CV.
Et que,si lalentille a ses deux faces concaves (j%. 12 ), ils séloignent de nouveau en sortantnbsp;du ¦verre , comme sils avaient pour originenbsp;ie point F, silué aux deux tiers de Vf, cenbsp;^lui donne CF égal a CV; on peut done regar-der comme uue propriélé générale de toules lesnbsp;lentilles de verie régulières , cest-a-dire , dontnbsp;les deux surfaces onl la rnème courbure , davolrnbsp;leur foyer a une distance égale au diamètre denbsp;cette courbure.
11 faut seuleraent ne pas confondre la pro-priété des foyers dans lun et lautre cas.
Pour les lentilles convexes , cest Ie point oü quot;viennent effeclivement se réunir les rayons dunbsp;soleil, comme on Ie voit dans leffet des verresnbsp;srdensquiallument des corps combustiblesjcestnbsp;doncun foyer convergent. Pour les lentilles concaves, Ie foyer nest qiiun point imaginaire placénbsp;en avant de la lentille , el quil est important denbsp;connaiU'e, pour évaluer positlvenient lécarie-tttent que prennent les rayons de luraière quinbsp;traversent Ia lentille : cesl un foyer divergent.
Les mêmes régies par lesquelles se déter-tttinenl les foyers des lentilles régulières ,feront ^onnaitre dans Ie besoin les foyers des ien-
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tilles irrégulières , telles que plans concaves OU les plans convexes, cest-a-dire , dont uiienbsp;surface ést plane et lautre est ou concave ounbsp;convexe j les ménisques dont les surfaces sontnbsp;touies deux ou concaves ou convexes, inais denbsp;différentes coui'bures, etc., etc.
La théorie malhématiqua de la refraction sappliquerait dune mariière plus parfaite a desnbsp;courbures qui , au lieu detre sphériques, se-raient paraboliques , paree que la parabole estnbsp;une courbe dont Ie foyer est absolu , tandis quenbsp;nous avons vu que dans la sphere, il faut, pournbsp;avoir des foyers a peu pres exacts , nemployernbsp;que de petits arcs : mais , la difficulté , pournbsp;ne pas dire rimpossibilité, de donner aux verres.nbsp;dautres formes regulières que la spbérique , nanbsp;pas permis den employer dautres dans la construction des verres doptique.
Cest a lopticien qui les dispose a en tirer lo parti Ie plus avantageux, en prenant, suivanCnbsp;les circonstances , les grandeurs et les foyersnbsp;que donnent la lumière la plus vive ou lanbsp;refraction la plus forte.
Leffet Ie plus anciennement connu des len-tilles ou loupes parait avoir été de iéunir les rayons du soleil, pour allumer des corps combustibles.
Les effets des miroirs concaves sont connus
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lt;lepuis long-temps. On lit dans THisloiré qtie ce fut par leur moyen quArchimède mit Ie (ennbsp;aux vaisseaux de Marcellus, qulassiégeait Syracuse , sa patrie. Zonatas rapporte aussi quePro-clus incendia la Hotte des Byzantins. Nous ver-ions bientót ce quil faut en eroiref.
Laclion des rayons solaires est bien plus énergique que celle de tout corps enflammé ;nbsp;cependant, a laide de deux miroirs concavesnbsp;el dun charbon ardent , on peut obtenir desnbsp;résuliats satislaisans j en effet, supposons quunnbsp;corps enflammé soit situé en presence dun mi-roir concave : il enverra vers la surface de cenbsp;miroii' des rayons qui, après leur réllexion , senbsp;réuniront en un foyer commun : inais, outrenbsp;quils ont beaucoup moins dénergie que lesnbsp;rayons solaires , il résulte , de leur divergencenbsp;sensible, que ceux qui tombent très-prcs denbsp;laxe , sont beaucoup moins condenses dans unnbsp;espace donné , ce qui óte au foyer une grandenbsp;parlie de son activité, Mais on peut déte -miner leur incidence suivant des directionsnbsp;parallèles, en employant deux miroirs, dontnbsp;Ie diamèire soit denviron 15 pouces ou 4o centimetres , et dont telle soit la courbure , quenbsp;la distance entre Ie foyer et la surface réflécliis-sante soit aussi de pres de i5 pouces. Onnbsp;®lève ces miroirs verticalement, de nianière que
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leurs coiicavités se regardcnt , et on peut les eloigner lun de lautre de pres de 5o pieds ounbsp;lO a 11 metres. On place au foyer de iun uunbsp;charbon allumé , dont on eniretient lardeurnbsp;par un souffle blen égal, que lon dirige du cóténbsp;qui est situé vers Ie rniroir. Les rayons, quitom-bent sur ce rniroir , devenant parallèles aprèsnbsp;leurs reflexions , rencontrent sous ces mémesnbsp;directions la surface de lautre rniroir , oii unenbsp;seconde reflexion les fait coiicourir au foyer desnbsp;rayons parallèles , en sorte quils deviennentnbsp;assez aciif pour allurnerunmorceau damadoue,nbsp;OU des grains de poudre a canon quon présentenbsp;a ce foyer.
Si lon consulie Ie livre du P. Kircher, intitule : Ars magna lucis et ombree , liyre X , on verra, pages 884 ^ ^88 , i. que ce fut lui quinbsp;Ie premier imagina de substituer a un rniroirnbsp;concave plusieurs miroirs plans, lellement disposés , que les rayons du soleil réfléchis surnbsp;leur surface convergeassent vers un mème point.
Quil ne doute pas, daprès Zétzès , que Proclusne se soit servi de cemoyen pourmettrenbsp;Ie feu a la flotte Byzantine. S. Enfin, quilnbsp;rejette comrae une fable ce que les historiensnbsp;rapportent dArchimède * Car , dit - il , pournbsp;» quonpuisse, au moyen des miroirs concavesnbsp;«el paraboliques,enflammer uu objet quelcon-
DE LA V ü E. nbsp;nbsp;nbsp;gS
lt;ïue, il faul irois condiilous telleanenl né- cessaires, que, faute dune seule , on n'y peut ** pas parvenir. La première exige que Ie miroirnbsp;'' el Je corps combustible soient tous deux fixesnbsp;quot; el immobiles : la seconde veut que Ie miroirnbsp; et Ie corps combustible soient a une dis- tance ni trop grande , ni trop peiiie , maisnbsp; lelie que Ie foyer altcigne précisément ienbsp; corps combustible. La troisième enfin de-¦* mande que ia matière de ce corps soit propre
* nbsp;nbsp;nbsp;a Ja combustion. Or, je vais prouver quau-» cune de ces conditions na eu lieu dans iem-» brasement des vaisscaux rapporté par Po-
* nbsp;nbsp;nbsp;lybe . . . Ainsi, dequelquemanière^que nous
* nbsp;nbsp;nbsp;combinions ce fait, nous eu voyons évidenvnbsp; ment rimpossibliilé. »
Cependant ce fait na plus rien dimpossible , st lon suppose quArchiinède ait employé lesnbsp;actions combinées de plusicuis miroirs plans,nbsp;idee qui pouvait bien entrer dans la tète denbsp;eet homme célèbre par tant dinventions ingé-üieuses. P our moi , ce qui métonne dans Ienbsp;père K-ircher , cest quil nait pas pensé unnbsp;^Dstant quArchimède , au moyen des miroirsnbsp;plans , avoit pu produire ce que, selon lui,nbsp;3Vait produit Proclus , et ce quil avait pro-duit lui-même. Si Ton observe de plus quilnbsp;baccorde même pas enlièrement Thistoire de
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Procltis , OU sentira quii avait peul - ètre J'mlention secrèle de se faire passer pour Ie premier inventeur de la combinaison des miroirsnbsp;plans.
En efiet , voici ce quil dit a ce sujet: « soient cinq miroirs plans qui soient tellement disposés, que les rayons du soleil réfléchis denbsp;cliaqiie miroir se réunissent eu unmème pointnbsp;situé sur un mur j il est certain , et lexpc-» rience Ie prouye, que la lumière et la cha-» leur réflécbies et rasseinblées dans ce point,nbsp;» sont cinq fois plus grainles et plus intensesnbsp;« que la lumière et la chaleur quy enverraitnbsp;un seul miroir, et que cette chaleur est tellenbsp;» que la main pouriaita peine la supporter. Sinbsp;» done Ie pouvoir de cinq miroirs est si grand,nbsp;» que ne paurront pas cent on mille miroirsnbsp;» ainsi disposés ? Certes , la chaleur sera sinbsp;» active , quelle pourra bruler tout , et toutnbsp;réduire en cendies. ...»
Beaucoup de Géomèlres et de Physiciens ort entrepris depuis une foule dexpériences , quinbsp;avaient pour but Ie même objet: mais tout cenbsp;quon avait inventé de plus iugénieux jusquennbsp;inji'j, Ie cede au miroir poljgone execute lanbsp;même année au jardin des planies , daprèsnbsp;ridée quen avoit concue lillustre Buffon. Ennbsp;eflet, il fout avouer que, Ron seulement il
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Temporte sur lous les autrespar la grandeur des eflets ; niais quil leur est encore supérieur parnbsp;Ie génie qui règne dans sa construction. Cenbsp;miroir polygone était com posé de cent soixante-huit glacés étamées susceptibles de se mouvoirnbsp;en tout sens, de sorte que Ton était libre d«nbsp;les fixer a difïérens degrés dinclinaison. IInbsp;résultait de la quon pouvait donner a leurnbsp;ensemble une forme plus ou moins concave,nbsp;et porter Ie foyer a des distances plus ou moinsnbsp;grandrs. Ce miroir brulait Ie bois a 200 piedsnbsp;OU a pres de 65 metres ; il fondait les métauxnbsp;a 4Ö pieds ou a peu pres a 14 ou i5 metres;nbsp;et Buffbu était persuade que, si Ton raultipliaitnbsp;encore plus les glacés , on pourrait produirenbsp;ces elFets a une distance encore plus éloignée.
Aujonrdhui ce nest plus par lembrasement des corps combustibles que les verres convexesnbsp;som intéressans.
Depuis que, vers la fin du treizième siècle, on a remarqué les services que la refraction desnbsp;verres spbériques pouvait rendre a la vue, cestnbsp;principalement pour ce but quon a cherché a ennbsp;multiplier les applications,
Eu efft't, pquot;ur ne parler dabord que des verres convexes, il est évident, par Ia propriété quiJsnbsp;ent de rapprocher du foyer des rayons qui ny
«eraient pas dirigés , quils procureront a lo^il
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qui sen servira line qnantité de rayons dautant plus grande , quils auronl line sphéricité plusnbsp;considerable. 11 nesuflit pas cependant de réunirnbsp;beaucoup de rayons ; 11 faut encore qne cesnbsp;rayons arrivent a Toeil en lalsant un angle pro-prè a la vision dislincte.
Le méme objet vu de plus loin parail plus peilt , paree quil forme dans boeil un plus petitnbsp;angle , et eet angle peut diniiimer au pointnbsp;que lobjet ne soit plus visible. Cest le momentnbsp;de placer un verre convexe , qui recoive lesnbsp;rayons de Tobjet , pour les réfracter sous unnbsp;angle plus fort.
Par une raison inverse , leeil myope , con-damné a ne voir les objets que de fort pres , se soulage en se servant de verres concaves ,nbsp;paree que, dlminuant les angles, ils lui permet-tent de séloigner de ces objets.
Dans les instrumens composes , nous verrons Tassemblage deplusieurs verres servir a ajouternbsp;mutuellement a leurs forces , en recevant desnbsp;rayons deja réfraciés pour les réfracter encorenbsp;plus.
Loeil esllui-méme un assemblage de diverses pieces doptique , dont cc quon vient de direnbsp;peut donner une idéé suffisante.
aAa , nbsp;nbsp;nbsp;i5,) est la corricc transparentc ,
servant denveloppe a Thumeur aqueuse qui
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ttccüpe Ia chambre antérieure de loeil B , et qui, plus dense quelair, réfracte les rayons de ma-tiière a les réunir vers Touveriure I i de la pru-ïielle.
Les i'ayons, après avoir passé par cette ou-¦^erlure , tonibent sur Ie cristallin C, qui , étant tine lentllle encore plus dense, les réfracte da-vantage ; enfin, en quiltant Ie cristallin , ilsnbsp;arrlvent par une surface concave dans riiumeurnbsp;vitree, dont est remplie la chambre postérieurenbsp;t), oü ils éprouvent la dernière refraction pournbsp;Se porter en R sur la rétine.
Comme toutes les parties de loeil sont douées dune force musculaire, ils ont la faculté de va-iier leur forme sulvant Ie besoin.
A l'extérieurjla cornée peut, ensapplatissant, dormer une réfraclion moins considerable auxnbsp;i'ayons qui viennent de plus loin.
A l intérieur , Ie cristallin , plus ou moins tendu par les ligamens ciliaires I i, prend unenbsp;iorme plus ou moins convexe; et la contractionnbsp;Soit de luvêe E e, soit de la rétine elle-mémenbsp;f R r , permet a loeil de se prcter aux dilïérensnbsp;points de vne dont il a besoin : ces diftérencesnbsp;^Gpendant ne vont guère que du simple au
double.
La vue ordinaire Ut les mêraes caracières
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depuis emiröïi 8 pouces jusqua i6 , ou de 2 a 4 déeimètres j ce qai doniie pour lermenbsp;moyen ua pied ou 5 decimetres.
Le presbyte, qui ne peut lire a moins de i5 pouces OU 4 décim. , peul aussi lire a 3o policesnbsp;OU 8 décim. , et le mjope de 5 a 10 pouces, ounbsp;de 3 a 6 , cest'-a-dire de i3 et demi a 27 ceut ,nbsp;OU de 8 a i6 , suivani le plus ou le moius denbsp;portee naturelle de sa vue.
Cet exposé doit sulFtre pour faire semir la nécessiié de remédier aux vues trop allongées,nbsp;par des verres convexes , et aux vues tropnbsp;courles par des verres concaves , afin de ra-meiier , dans lun et dans lautre cas , soit ennbsp;plus , soit en moins , la divergence des rayonsnbsp;au degré convenable a chacun.
En ettét, puisque , dans Iceil applati du pres-byte, les rayons ne sont pas assez réfractés pour répondre au fond de la rétine , les verres convexes, en augmentant la convergence , donnentnbsp;de Ia netteté a la vision.
Demême , dans loeil convexe du myope, les rayons qui , trop réfractés , narrivent pas jus-quau fond de la rétine , sont corrigés par lenbsp;verre concave , dont 1efïèt est de dimiuuer ianbsp;convergence.
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DE LA VÜE,
CHAP IT RE VIE Choix et travail des Pierres,
Après avoir traité des propriétés des verres , Dous alloiis parler de la manière dont. il, fautnbsp;les choisir et les iravailler : mais , coninie nousnbsp;écrivons pour deux classes de lecleurs , savoir:nbsp;pour ceux qui» contens dun léger apercu ^ nenbsp;veulent queffleuier ce qui regarde chaque partie,nbsp;et pour ceux qui ^ soit par étai, solt par plaisir,nbsp;veulent sinsiruire a fond des procédés de 1art,nbsp;nous ne présenlerons dabord que les connais-sances absolumeut nécessaires au choix et aunbsp;travail des verres , et ensuile, revenant sur nosnbsp;pas , nous eulrerons dans quelques détails.
Daprès ce que nous avons déja dit relative-meni a Teflet queproduiscnt, sur les rayons de lumière , les coips quils traverseut, il est aisénbsp;de prouver liniportance de bleu choisir lesnbsp;Verres destines a réfracter ces rayons.
Eli efiét, Si, au lieu davoir a traverser une niasse de verre bien égale dans toutes ses parses, les rayons de lumière reiicoutrent, soit de snbsp;^iamens plus ou nioins vitrifies , soit des. huiles
3 03
LE GONSERVATEUR
dair restées dans Ie verre , et quon appelle points OU bouillons, il est évident que leur rouianbsp;sera dérangée a chaque variation de la substance j et dès-lors leffet total, que Ie verre doitnbsp;produhe par la reunion de tous les rayons , nenbsp;donnera plus quune image confuse.
Cest en raison de ces inconvéniens quil faut préférer les glacés coulees aus glacés soufllées jnbsp;celles-ci, parlanature mème de leur fabrication,nbsp;ont des ondulations a peu prés circulaires, denbsp;sorle que les morceaux quon en tire sont traversés par des filamens , dont la courbure, ré-pondaul au centre du grand raorceau , est bien.nbsp;loin de se rapporter au centre de chaque fragment.
Les glacés coulees ont aussi beaucoup moins de bouillons j mais les unes et les autres sontnbsp;rarement dun blanc parfait. Suivant que Ienbsp;mélange des malières vitrifiables a élé moinsnbsp;bien préparé , elles conservent une teinte, soitnbsp;de couleur deau, soit de jaune. Ce nest pasnbsp;quune légere teinte , pourvu quelle soit égale,nbsp;rtuise a la régularité de la rélraction. On en peutnbsp;même lircr parti en choisissant, pour les vuesnbsp;faibles et longues, les verres légèremcnt bleua-tres, qui tempèrent ce que la trop grande quan-,nbsp;tité de rayons réunis au foyer pourrait avoii:nbsp;de trop brillant a loeil.
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Les teiiues qui tirent sur Ie jaune réparenl, dans les verres concaves, Ie défaut de lumièrenbsp;q'ii provient de la divergence des rayons.
On sent bien que les Inconvénicns seralent encore plus grands , si Ton se servait de verrenbsp;ordinaire, mèrne de verre blanc. La substancenbsp;en est moins homogène , et souvent exposée ,nbsp;par un exces dalkali, a soutirer riiuniidité denbsp;1air. Enfin, les verres conirnuns sont plus su-jets a se rayer j ce qui est très-contraire a légalenbsp;reunion des rayons, et par conséquent a lanbsp;vision parfaite.
Après Ie choix des verres , vient leur fabrication, cest-a-dire , Ie moyen de leur donner Ie degré de courbure nécessaire a 1elFet quon ennbsp;attend.
Jai dit plus haut que la forme sphérique a été préférée a la forme parabolique, paree quil estnbsp;plus aisé de la rendre réguliere par des moyensnbsp;inécaniques j tout ce qui tient au mouvement denbsp;rotation sopère facilement a cause de la similitude de toutes les portions dune eirconférencenbsp;du eerde ou de la surface dune sphere.
Un bassin creusé en calotte sphérique, de quel-que grandeur quil soit, présente a tous ses points L mème qourbure.
Si done ce bassin est dime malière nssczdnre
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plt; UI que Ie frotlement du verre ne puïsse lal-térer, ce sera au contraire Ie verre qui, a force de bras, susera jusqaau point de prendre lanbsp;inême courbure.
On fait des bassins en fer battu ou corroyéj mais les meilleurs sont en cuivre, paree quétantnbsp;déja fondus dans iles moules réguliers, il ny anbsp;plus qua I s réparer au tour pour en óter lesnbsp;soufflures.
Les niorceaux de glace, destines a la fabrication des verres ,éiant dabord taillés Ie plus cir-culairement quonpeut, et adoucissurla pierre, sontensuitf' cimentés et mastiqués avec soin surnbsp;une molette , qui forrne une sorte de manchenbsp;poui la facilité de la main qui doit les travailler.
On commence a dégrossir les verres dans un bassin de fer de la même courbure que Ie foyernbsp;que 1on veut obtenir, et seulement avec du gresnbsp;qui avance plus vile Ie travail.
Mais , pour les terminer, il faut prendre Ie bassin de cuivre dans lequ'^l on donne ordinai-rement trois doucins progressifs j cest-a-dire ,nbsp;quon adoucit dabord Ie verre avec de Témeril unnbsp;peugros,el que,lorsque celte première poudrenbsp;ne mord plus, on ensubstitue une plus fine pournbsp;Ie second Doucin j et enfin, pour Ie troisième, lanbsp;plus menue que lon puisse se procurer.
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Quolqua la rigueur, lous les mouveraens lt;Iuon imprime au verre, dans la molelte, ap-partienneut a Ia même sphéricilé, on est cept n-dant plus sür de raiteitidre, avec moins de tempsnbsp;perdu et svec plus de régularilé, en suivant unenbsp;marqhe a peu pres constantAinsi, dans chaquenbsp;doucin, lon a son dabord de faire mouvoir Ienbsp;Verre bien daplomb et circulairement au Ibminbsp;du bassin, cnsulte par cercles iuc'inés, et ennbsp;sapprochr.nt de plus en plus de la circonférencenbsp;du bassin; et enfin par cercles encore plus inclines, demanière a faire sortir même une portion du verre hors du bassin.
Cette succession de mouvemens fait passer a peu pres en un quart-dheure, pour les verresnbsp;de lunettes ordinaires, louies les portions danbsp;verre sur toutes celles du bassin.
11 arrive quelquefois que Touvrier, pour avoir Irop use Tune des faces du verre, ne irouve plusnbsp;assez dépaisseur pour la courbure de Tautrenbsp;face. Ce nest que par beaucoup dhabilude quenbsp;sacquiert la précision des mouvemens; et ceslnbsp;la surtout ce qui augmente Ie prix de fabriquenbsp;dans les ateliers, ou Ton sattache plus a faire denbsp;^ons ouvrages qua en faire beaucoup.
Quand les verres ont été totalemenl adoucis, ds ont encore Ie poli a recevoir. Cette dernièrenbsp;Operation se fait a sec, et toujours dans un bassin
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de la courLure donnée, et gaiiii dun papier très-légèrement saupoudré de plerre-ponce etnbsp;de tripoli de Venise.
Pour les verres destines aux instriimens les plus précieux de loptique, ct dans la fabricationnbsp;desquels on nedoitpas épargner Ie temps, on nenbsp;donne presque dautre pression au verre que Ienbsp;poids dune moleite de plomb. II est aisé denbsp;sentir que , sice procédé est plus régulier , il estnbsp;aussi infiniment plus long, par la niuliipllciténbsp;des mouvcmens quil faut répéter ayant davoirnbsp;atteint toutes les irrégnlarités du verre.
Je ne parle pas ici des inojens grossiers dont se servent les fabricans de lunettes a la douzaine.
Les uns nont des bassins que de deux a trois courburesirrégulières ; et, en appuyant plus for-tement sur les bords de leurs verres que sur Ienbsp;milieu, lis arrlvent a varier la convexité , et a luinbsp;donner l'apparence du foyer quils annoncent.
Les autres ne se servent souvent que dune bande de fer , ou même de bois creusée dans Ienbsp;niilieu et recouvert dun drap ou dun feutrc,nbsp;saupoudré démeril; ilsy promèneni leurs verres,nbsp;en les reiournant sans cesse pour approcher denbsp;la courbure , quils ne peuvent jamais rendrenbsp;égale dans tous les sens.
II ne faul done pas sétooner si de leis verres.
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réuüissent souvent diverses courbures donl ies effets varient.
Tout ce que jai dit du dégrossi, du douci et du poli des verres convexes, sexécute de mèmenbsp;pour les verres concaves, mais non dans desnbsp;fcassins; on remplace ces bassins par des calottesnbsp;qui doivent èire faites avec la même régularité.
Dans ce cas, ia main de Touvrier a besoin detre encore plus exercée. En effet, si Ie verrenbsp;convexe est trop atleint, on peut encore ennbsp;former des verres dun plus petit diamètrcj mais ,nbsp;dans les verres concaves, Ie trou qui se ibrmenbsp;au milieu les met enlièrement hors de service.
Enfin , les faces plates des verres, quon vcut conserve! plans dun cóié, se travaillent de Ianbsp;mème manière sur des plaques bien dresséesnbsp;quon appel]e rondeaux.
Passous mainlenant aux détails que nous avons promis, en commencani par quelquesnbsp;observations génerales.
II existe beaucoup douvrages , oii lhabilelé de louvrier peul suppléer a la bonté des ins-trumens ; mais il nen est pas de mëme desnbsp;formes sur lesquelles se font les veires et lesnbsp;miroirs doptique; car jamais une forme inipar-^^ite , quelqualtention quon ait et quelque peinenbsp;H'ie lon se donnCj ne pourra faire prendre aunbsp;^Uoir une figure parfaite. Si lon veut done
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réussir, il faut commencer par faire la forme la
plus exacte quil sera possible.
On compte beaucoup. de maiilères de faire des formes : la plupart de eeux qnl, en ont parlénbsp;ont propose des machines dune execution difficile, d'une dépense considerable et dune réussite assez incerlaine. En effet, plus les moyensnbsp;quon emploie sont composes , et plus ils sé-carient aisément de la bn qu on se propose :nbsp;dailleurs, la moindre variation cause des dé-fauts souvent irrémédiables. Les moyens lesnbsp;plus simples sont done toujoursles ; los certains.
Cest sur ce principe quest fondée la manière suivanie de composer les formes propres aunbsp;travail des miroirs, manière aussi simple quenbsp;eertaine pour la réussite. Mais avant tout , Hnbsp;faul preparer des arcs de eerde semblabies a lanbsp;eonvexité des formes quon veut faire.
Par arc de eerde , on entend une portion de eerde semblable a la sphere dont on veut quenbsp;la forme fesse partie ; on pourrait cn faire denbsp;carton, mais il est plus a propos de les fairenbsp;avec une petite feuille de cuivre. Cesien appli-quant ces arcs aux formes, quon juge st ellesnbsp;sont OU trop convexes , ou trop concaves.
Lon se rappellèra dabord que les miroirs concaves réunissent les rayons de lumière aunbsp;quart du diamètre de la sphere , dbnt ils amp;nt
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pai'lie. Cela posé, sil sagit duii nliroir de 4 centimetres de foyer, il fera pariie dunenbsp;sphere de i6 centimetres de diamètre ou denbsp;d centimetres de rayon.
Pour former larc decercle, lorsque, comrae dans Ie cas présent, il fait partie dun eerdenbsp;d un as.sez petit diamètre, on prend un compasnbsp;garni dun ressort et dun quart de eerde. Aunbsp;nioyen dun écrou, on 1ouvre et on Ie fermenbsp;autant quil est nécessaire. Ensuite on pose unenbsp;pointe sur un point qul sert de centre^ et, avecnbsp;1autre pointe qui est tranchante , on décrit etnbsp;on coupe un are de eerde sur une feuille denbsp;cuivre mince attachée a une table dont la surface est unie j eet are se coupe exaetementnbsp;en repassant plusieurs fois la pointe sur la feuillenbsp;de cuivre , et en Iy appuyant un peu j par cenbsp;nioyen, lon aura deux arcs de eerde dunenbsp;sphere ('e i6 cemim. de diamètre, dontiun seranbsp;concave et lautre convexe.
Mais, si Pare de eerde fait partie dune sphere, dont Ie demi diamètre soit plus grand que lou-verture des compas ordinaires; si, par exemplc,nbsp;il fai ait partie dune sphere dun mètre denbsp;diamètre , on prendraii une régie dune longueur convenable ; on 1attacherait par un boutnbsp;avec un cloud rond , sur lequel elle tourneraitnbsp;comme autour dun centre : a lautre bout on
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attaclierait une pointe dacicr trauchante etéloi-gnée du centre dun demi-mètre de distance j et j décrivant avec eelte pointe un are de eerdenbsp;sur la feuille de culvre jusqua ce quelle soitnbsp;iranchée, lon aura encore deux arcs de eerde ,nbsp;lun concave et lautre convexe.
Nous allons maintenant passer au mojen de faire, des modèles pour les formes des miroirsnbsp;de. foyers différens 5 maïs , pour fixer les idees ,nbsp;nous en choisirons deux, Tun, que nous appel-lerons Ie Grand Miroir, de 24 centimetres denbsp;foyer et faisant partie dune sphere dun metrenbsp;de diamètre; lautre, que nous nommerons Ienbsp;Petit Miroir , de quatre centimetres de foyernbsp;el faisant partie dune sphere de i6 centimetresnbsp;de diamètre, dimensions que nous avons déjanbsp;adoptees dans les deux constructions des arcsnbsp;de cei'cles.
Voyons a présent Ie moyen de faire un mo-dèle pour la forme du grand Miroir.
II faut arrondir un morceau de glacé brute dun doigl dépaisseur , applani dun cóté , etnbsp;denviron 2 décimètres de diamètre. Pour arrondir une glace aussi épaisse , on la pose surnbsp;Ie bord dune pierre a lendroit ou lon veut lanbsp;casser , et lon abat ce qui excède avec un mar-leau. Ensuite on 1ajusle proprement en léquar-rissant avec des pinces. On attache ce morceau
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tie glace ,sur une pierre un peu plus grande ct de 3 a 5 centimetres dépaisseur , afin quenbsp;la pesanteur lui donne une stabilité sufïisantenbsp;pour Ie travail.
Si la glace nest pas applanie , il faut, pour la dresser , y meitre du gres passé par un tamisnbsp;et mouillé , et liiser avec un morceau de glacenbsp;plus petit, jusqua ce que les deux glacés senbsp;touclieni égaiement partout.
Alors on prend un morceau de glace arrondi de 8 centim. de diamètre,- on jette sur la grandenbsp;glace du gres tamisé ; on Ie mouille iégère-inent ; et, appuyanl glace centre glace , onnbsp;conduit celle de dessus , quon tient a la mainnbsp;par le moyen dune molette , qui est un morceau de bois rondj de 5 centimet. dépaisseur ,nbsp;et attaché avec du mastic j on la conduit, dis-je,nbsp;de manière qua chaque tour de main Ton dé-crive un cercle , qui passe par le centre de lanbsp;grande plaque de glace et qui aille finir auxnbsp;hords de cette même plaque , eest-a-dire, quenbsp;le milieu du petit morceau de glace doit passernbsp;parle milieu de la plaque de glace inférieure ,nbsp;*^t passer ensuite vers le bord de cette mêmenbsp;plaque, de sorte que tout le morceau de glacenbsp;supérieur ne déborde linférieur que denvironnbsp;demi-pouce.On le conduit ainsi, en avan^antnbsp;Insensiblement et le plus regulicrement c|uil estnbsp;possible, lout autour de la grande plaque de
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glacé afin quclle se creuse égalemeal ¦ il faul aussi avoir soin de tourner peu a peu sur lui-niênie Ie morceau de glace quon lient a lanbsp;main, aussi bien que la grande plaque de glacenbsp;sur laquelle on travaille el qui sert de bassin.
Lorsque la plaque inférieure commence a se creuser , on y présente de temps a autre larcnbsp;de eerde convexe , lon creuse jusqua cenbsp;quil sapplique également par-tout j et lon ob-tient ainsi un bassin qui fait parlie dune spherenbsp;dun metre de diamètre.
Cest dans ce bassin quil faut faire Ie modèle convexe pour la forme des miroirs; pour y par-venir, on prend un morceau de glace dunnbsp;centimetre dépaisseur et de 12 centimetres denbsp;diamètre : on larrondit avec les pinces, et toutnbsp;autour on forme un bizeau dans un bassin denbsp;fer, faisant partie dune sphère de aS centim.nbsp;de diamètre.
Si lon navaitpas ce bassin de fer, il faudrait arrondir Ie morceau de glace Ie plus proprementnbsp;qu on pourrait, et ensuite en adoucir Ie bordnbsp;surdugrès un peu lendre^ lorsque ce bord seranbsp;uni et rond, on Ie travaillera dans Ie bassin lorniénbsp;sur la grande plaque de glace, de la même ma-nlère qnon y a tiavaillé Ie premier morceaunbsp;de 8 centim dc diamètre , qui a servi a ie creuser. On examiuera de lenis en tems si Ie bassin
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est toujours conforme a larc de eerde,- sil ïdetait pas assezereux, il faudrait lecreuser avecnbsp;Ie verre de 8 centim.; si au contraire il étaitnbsp;trop creux , il faudrait continuer a y travaillernbsp;avec ie grand verre de racentim. , en faisantnbsp;des cercles plus grands et qui déborderontnbsp;davantage la grande plaque. Lon continue anbsp;travailler ce verre qui doit servir de modèle,nbsp;jusqua ce quil se trouve de la convexité quanbsp;lon desire , ce que lon reconuaitra, lorsquenbsp;larc de eerde concave s^pliquera parioutnbsp;exactemeni sur ie modèle.
Une fois parvenu a ce point, on adouclra Ie modèle , daboi'd avec du gres, ensuite avec denbsp;lémeril en poudre un peu mouillé on en re-niettra par plusieursfois, jusqua ce que les deuxnbsp;inorceaux de glace soientbien adoucis et se tou-chent également partout.
Cest ainsi quon pourra obtenirun modèle poui Ia forme du grand miroir 5 il sagit a présentnbsp;d.en faire un pour la forme du petit miroir.
Comme cette forme doit avoir une grande convexité, et quil faudrait employer beaucoupnbsp;de teras a creuser un verre de cette profondeur,nbsp;Void une autre manière.
On prenduu morceau de plomb de 7 centim. de diamètre, et épais de 2 centim.,- on larron-dit sur Ie tour en lui donnant 4 centim. de dia-
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metre. On y forme une convexilé semtlable a larc de cercle concave qui fait parlie dunenbsp;sphere de i6 centim. de diamètre , on lappli-que plusieurs fois , et , Ton continue de traquot;nbsp;vaüler , jusqua ce que larc de cercle touchenbsp;égalenient parlout.^
On prendensuite un autie morceau de plomb de 5 a 6 centim. de diamètre que 1on montenbsp;aussi sur Ie tour j on larrondit et Ton j ere usenbsp;une concavité semblable a larc de cercle convexe quon y applique plusieurs fois jusqua cenbsp;quenfin ils soient tout-a-fait conformes lun anbsp;Tautrej alors on prendia Ie premier morceaunbsp;de plomb 5 et, après lavoir attaché a une molettenbsp;avec du mastic , on Ie couvrira de gres fin etnbsp;mouillé , on lappliquera sur la forme concavenbsp;montée sur Ie tour, et on les travailiera iunnbsp;sur lautre. Dans cette operation , 1on tourneranbsp;insensiblement Ie plomb quon tient a la main,nbsp;en Ie conduisant vers Ie centre de la forme ,nbsp;et du centre verslacirconférence. On remettra dunbsp;gres a plusieurs fois, el lon continuera jusqua cenbsp;ce que les deux morceaux de plomb se touchentnbsp;égalenientpartout, etsoientbien adoucis; alors ilnbsp;faudraleslaver ,y meltre de rémerilmouillé etlesnbsp;rctravailler jusqua ce quils paraissent parfaitsnbsp;lun et laulre. Cest ainsi cpon parviendra a senbsp;procurer un modèle convexe pour la forme dunbsp;petit miroir.
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Si 1on avail uiie forme de cuivre concave foisantpavtie dune sphere de i6 centini. de dia-mèire et qui fut exacte, ii suffirait dy travaillernbsp;Un verre de 5 ou nicme de 4 centim. de dia-Uièire, et Ion aurait promptement Ie modèlenbsp;quon souhaite.
Si lon navait point de forme de cuivre pour y faire ses raodèles, et quon ne voulfit pointnbsp;perdre Ie tems nécessaire a les former daprèsnbsp;^es préceptes quon vient de donner, onnauraicnbsp;qua faire travailler par quclque ouvrier uunbsp;Verre de 12 centim. de diamètre et diin centim.nbsp;dépaisseur dans un bon bassin faisaut partlenbsp;dune sphere dun metre de diamètre, et unnbsp;^Gcond verre de 4 centim. de diamètre, dans unnbsp;bassin foisant partie dune sphere de 16 centim.nbsp;de diamètre. Lon aurait ainsi, saus peine etnbsp;sans embarras , les deux modcles necessairesnbsp;pour faire les deux formes de cuivre , destinéesnbsp;a la confection du grand et du petit miroirs.
Si lon ne voulait pas avoir la peine de fondre Ces formes, Ton naurait qua donner les modi esnbsp;a un bon fondeur en cuivre, a qui ioji recom-ïuanderait de nemplojer pour leur foute quenbsp;du Cuivre purge dellmaillede fer; rnais, commenbsp;iiotre but est de meitre Ic lecteur en état denbsp;tout faire iuiraème, nous allons donner dabord
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ia fagon de raouler les formes en sable et en-suite celle de fondre Ie cuivre.
Pour mouler les formes en sable, il faut avoir deux chassis de bois de raême grandeur, longsnbsp;de52 centim. et larges de 22 a27; chacunde cesnbsp;chassis consiste en quatre morceaux de bois em-boités carrément les uns dans les autres. Le cóténbsp;du bois intérieur au carré doit être un peunbsp;creusé pour retenir le sable j lun de ces chassisnbsp;porte sur un cóté trois chevilles qui sélèventnbsp;denviron 5 centim. au-dessusj Tune de cesnbsp;chevilles est au niilieu. dune des traverses denbsp;22 a 27 centim. , et les deux autres sont sur lesnbsp;deux traverses de Sa centim. de longueur j anbsp;lautre chassis sont trois trous qui correspondentnbsp;auxtrois chevilles, desorteque, si Ion appliquenbsp;les deux chassis Tun sur lautre, ils se irouventnbsp;parfaitement jointsj les deux traverses, oü Tonnbsp;na misnitrous nlchevilles, sontcreuséesdu cóténbsp;oü elles se touchent, de manière a former unenbsp;ouverture de 5 centim. de largeur s.ur 5 a 8 denbsp;long; cest par la que lon coule la maiière.
11 sagit a présent davoir du sable propre a la fonte. Celui dont se servent les fondeurs denbsp;Paris est un sable très-fin et de couleur jaune,nbsp;qui se tire de Fonienay aux Roses. Après lavoitnbsp;tamisé, on le mouille légèrement pour que 1*
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grains puissent sunir, on le remue et on le bat ^vec un morceau de bois fall en forme de palette.
Lorsque le sable est préparé, on prend une» planche un pen plus grande que le chassis j onnbsp;la pose sur une table j on y met le ch4ssis qui.nbsp;na point de chevilles , de manière que Ien-taille soit sur la planche on pose les modèles ,nbsp;en sorte que le coté qui doit servir soit ennbsp;dessus j et, prenant lenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cest-a-dire , un
petit sac detoilefine , plein de cliarbon pile , on en secouela poudre sur les modèles : ensuite , anbsp;Iaide dun soufflel, on entire légèrement ce quinbsp;ne sest point attaché; on couvre les modèlesnbsp;de sable, on 1entasse avec les mains, on le batnbsp;avec un maillet; et, lorsque le sable est biennbsp;dur et bien eutasse, on ritcle, avec un morceaunbsp;de lame dépée , tout le sable inegal ou qui dé-passe le chassis; on en prend de nouveau quonnbsp;repand egalement parlout; on pose dessus unenbsp;planche égale a la précédenle, el 1on enlève lenbsp;tout ensemble, en le retouriiani sens dessus dessous ; on ote alors la planche ou étaient posésnbsp;les modèles, et, avec la pointe dun couteau , onnbsp;Coupe un peu du sable qui est au bord desnbsp;utodèles , en faisant tout autour une espèce denbsp;petite gouttière , afin quils quittent le sablenbsp;^isénient etsansquil ségraine. Eusuite on jette
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de Ia pondre de charbon en secouant Ie ponsif, on enlève ie superflu avec un coup de soufïlet;nbsp;Ion pose dessus lauire chassis , dont Ton faitnbsp;entrer les chevilles dans les trous du premier;nbsp;lon jette de nouveau du sable sur les modèles ,nbsp;on lentasse , on Ie bat , on rade lexcédent etnbsp;ion répand encore du sable également. Celanbsp;fait , on pose une planche dessus ¦, on retournenbsp;les deux chassis en méme tems , on donne dessus quelques pelits coups de maillet pournbsp;ébranler les modèles, etpar-la leur faire quitternbsp;plus aisément Ie sable : lon sépare alors lesnbsp;chassis de 5 a 7 millimetres lun de lautre , onnbsp;donne encore quelques petits coups , et enfin,nbsp;on les sépare tout a fait. On examine avec attention Ie moule de dessus , ou doit être ini-primé Ie bon cóté des modèles; et, silsy irouvenbsp;q ielques endroits défeclueux qui se puissent ré-parer , on met un peu de sable dans ceux ounbsp;il manque, en mouillant légèrement la place.nbsp;Si Ie morceau de sable détacbé est un peu gros,nbsp;on mouille de mêrae icndroit ou il faut Ienbsp;placer ; on Ie remet; et rnêrne , sil Ie faut , onnbsp;passe une épingle a tiavers pour Ie retenir ;nbsp;ensuite on passe doueemeutce chassis sur lautre,nbsp;on j jette un pen de sable, on Ie bat, on radenbsp;Ie sable qui excède Ie bois , on en répand denbsp;nouveau , on pose une planefie dessus, et eafin^
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DE LA YUE.
comme la première fois , on sépare lès cliütósis 1un de Tautre.
Quand Ie moule a réussi, on forme un sillon sur Ie sable dun des chassis , depuis Ie creux danbsp;uioule jusqua fendroit oü Ie bois est entaillci.nbsp;Ce sillon sappelle Ie JET , paree que cest par-lanbsp;quon jette Ia matière dans Ie moule.
Lorsquil se trouve plusieurs raodèles dans Ie sable , on fait un jet principal duquel on tirenbsp;uutant dautres jets quil y a de pieces moulées jnbsp;Car chaque piece doit avoir son jet particulier.
11 faut prendre garde que le sable du jet ne segraine; pour cela, on passe les doigts dessusnbsp;en appuyant, afin de le resserrer.
Lon pourrait avoir des batons de la grosseur du doigi et qui seraient tournes. Enlesposant ennbsp;ïuême-tems que les modeles, on formerait, parnbsp;leur mojen , des jets propremenlmoulds.
II nous reste a donner les mojens de fondre le cuivre, ce qui exige Iart de construire desnbsp;fourneaux propres a cet usage.
Comme on employe dans cette fonle de mi-roirsdes maiières, dontlafumde est dangercuse, il est important de construire le fourueau ennbsp;plein air , comme dans un jardin ou sur la ter-Iasse dune maison.
Apres setre muni de briques acheminées, ou l^^Uun fondement carré de 22 a 27 ccntlm.dépals-
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seur, et dont chaque cóté ait de 54 a 65 cenliin. ^ ensuite on élève sui ce massif quatre murs denbsp;briques denviron i6 cenlim.dêpaisseur et de 4inbsp;de hauteuij en sorte quil se troiive au milieu unnbsp;espace vide de 2y centim. de largeur. On laissenbsp;au bas du fourneauune pclite Ouverture qui sertnbsp;a retirer les cendres et quon bouche avec unenbsp;brique. Au-dessus de cette ouverture on metnbsp;une grille de fer ; a lun des murs on fixe unnbsp;tuyaude tóle de i6a 18 millim. de diamètre,dontnbsp;les deux exlrémités seront recourbées , la plusnbsp;basse pour entrer dans Ie fsurneau , la plusnbsp;haute pour recevoir un soufQet double , enfinnbsp;lon couvre ce fourueau avec une brique carréenbsp;et épaisse de 5 a 5 centim.
II nous reste a fondre Ie cuivre, métal quI résiste long-tems a Iaclion du feu', et qui estnbsp;de plusieurs sortes. Lorsquil est naturel, 11 estnbsp;rouge j mais, lorsquil est mêlé avec une pierrenbsp;qui se nomme calarnite , d devient jaune etnbsp;se nomme ïaiton: ce cuivre est excellent pournbsp;faire des formes.
Quand on veut fondre Ie cuivre pour eet objet, on met au bord du fourneau un morceaunbsp;de brique de 54 millim. dépaisseur : on ynbsp;pose Ie creuset , dont Ie couvercle doit étre faitnbsp;de facon quon puisse aisément lóter avec desnbsp;pincesj onremplit Ie fourneau de charbon, quenbsp;lon range autour du creuset et même au-dessu$.
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en y nietlant des charbons allumés. On iaisse Ie fourneau ouvert pai en bas , afin que Iairnbsp;passe libremenl et aliume Ie cbarbon. Quandnbsp;ie creuset et Ie dedans du fourneau sont toutnbsp;fouges , on remet du cbarbon, on ferme ie fourneau par en bas , on en couvre ie haut, ennbsp;iaissant quelque ouverture , et lon faitjouer Ienbsp;soufflet; ensuile , avec une cuiller (ie Ier ounbsp;des pinces , on met dans Ie creuset Ie cuivre ,nbsp;coupé parmorceaux; on continue de mctlre dunbsp;cbarbon, on soufflé , et Ie cuivre se fond asseznbsp;promptement.
Si lon nietlalt Ie cuivre au feu en niênie tems que Ie creuset, ce niétal, ne séchauffuni que parnbsp;de gres, serail très-difficile a fondre , au lieu quenbsp;ie feu lesurprend et Ie fond aisément, iorsquonnbsp;ie mei dans un creuset tont rouge. Quoique Ienbsp;cuivre soit fondu, il faut Ie laisser quelque temsnbsp;cn fusion, remettre du cbarbon et souffler jus-^ua ce quil soit aussi liquide que de ieau,;nbsp;maïs suriout on doit bien prendre garde denbsp;laisser tomber dans Ie creuset quelqucs ebarbonsnbsp;bumides, ou quelques gouties deauj cara Tinstantnbsp;ie cuivre jaillirait avec impéluosité, et brulerailnbsp;^ont ce quil renconirerait.
Pendant que Ie cuivre fond , on fait allumer cbarbon par terre. On pose une pariie dunbsp;®oule dun cóié , et lautre partie de lautre
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cóté , dc sorle quelies se soutiennent miituel-lemenl par en haut, et quelles couvreni Ie feu qui les sèclie , les écliauffe et les niet en élatnbsp;de recevoir la matière quon dolt y coulcr j niais,nbsp;avant quedjjetter cette matière , i! faut avecunenbsp;patte de lleyre nétoyer les deux cósés du mouleetnbsp;Ie jet, de peur que quelques grains de sable detaches negatent louvrage. Ensuite illaut enfumernbsp;les deux parlies intérieures du nioule , en lesnbsp;passant sur Ia fnmée dun flambeau de résine,nbsp;afin que la matière eoule aisément partout. Onnbsp;rejoint ensuite ces deux parties j on les met entrenbsp;deux planches dans une presse que 1on serre; onnbsp;incline Ie moule sur Ie cóté dont on veut que Ienbsp;cuivre, en vertu de sa pesanteur, prenne exacte-mentla figure; on écume la matière; on prend Ienbsp;creuset avec les lenailles que lon fait chauffer denbsp;peur quil ne casse par Ie froid; on verse dansnbsp;Ie moule la quanlité de matière nécessaire pournbsp;lemplir, et on laisse rcfroidir.
Quand on retire les formes du moule , il faut prendre la plus grande , lattacher sur unenbsp;table et creuser dessus un verre arrondi de 8nbsp;centim. de dianiètre, qui servira dans la suite anbsp;finir la forme. Lorsque Ie verre estcreusé, ionnbsp;détache la forme ; et, avec du gres tamisé, on lanbsp;travaiile dans Ie grand bassin de verre de 3nbsp;décim. de dianiètre, de la mèine manière dont
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On a travaillé lemodèle. On continue a y mettre du gres et a la travailler, jusqua ce quelle pa-i'aisse suser également parlout ; alors on layenbsp;forme et Ie verre; et, prenant de rémeril , onnbsp;Recommence a travailler jusqua ce quil soitusé:nbsp;^lors on lóte avec une éponge, on la lave dansnbsp;Rilt vaisseau pleindeau, etlon réserve ceiie eaunbsp;ïgt;our en faire lusage que je diral dans la suite.
Qiiand la forme de cuivre parait également «iUeinte, on 1attache sur une pierre avec dunbsp;mastic , on y iravaille Ie verre de 8 cenlim. avecnbsp;de rémeril dont on change a plusieurs reprises ,nbsp;et a la dernière fois on continue avec Ie même ,nbsp;jusqua ce quelle soit bien adoucie. Cest alorsnbsp;lt;iue lon voit si la forme est parfaite ; car ellenbsp;dolt ètre également adoucie partout; et, en fi-ïiissani de travailler, la main ne dolt rlen seiitirnbsp;^uilarrête. Si lon sent au contraire quelquenbsp;Resistance en de certains endroits, et que lanbsp;forme ne paraisse pas également adoucie par-tout , il faut recommencer a travailler avec Ienbsp;grès , quand Ie défaut est considérable ; sinonnbsp;^Vec !e gros émeril , jusqua ce que Fon soitnbsp;parvenu au point de perfection quon désire.
cependant il ne se trouve quo 7^9 millim. des bords de la forme qui nesadoucisseni point,nbsp;pourra sen servir 3 car elle se perfectionncranbsp;travaiilant.
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A légard de Ja petite forme de cuivre, après^ y avoir attaclié une moJette de ii a i5 millini.nbsp;de haut, dom ii serait menie , si on Ie pouvait,nbsp;avantageux de se passer, on la travaillera dansnbsp;Ie bassin deplombouron atravaillé Ie modèle ,nbsp;et Ton conlinuera jusqua ce que la forme soitnbsp;bien unie, el quelle aii prisune figureexaclementnbsp;spbérique. Après avoir employé Ie gres, on lavenbsp;Ie bassin et laforme,et lon se sert démeril dontnbsp;on change a plusieurs reprises : enfinaladernièrenbsp;fols on sen sert jusqua ce que la forme soitnbsp;adoucie. Si elle Test également partout, cestnbsp;une preuve quelle est exacte , ce quise connaitranbsp;encore mieux au premier miroir quon fera des-sus ; mais, si elle nesl point encore arrlvée anbsp;cette perfection , Ton sera oblige de creuser unnbsp;petit verre de 54 millim. de diamètre que lon travaillera sur la forme , dabord avee Ie gres, en-suile avec Iémeril, jusqua ce quelle sadoueissenbsp;également.
Si lon est dans Ie dessein de faire un grand nonibre de miroirs, il sera a propos davoirnbsp;deux formes de cbaque sorte dont on perfec-tionnera une grande et une petite pour achevernbsp;les miroirs, et dont les deux autres serviront anbsp;les ébaucher. Mais, si lon veut ne faire quuitnbsp;peiltnombre de miroirs , il suffira dune grandenbsp;forme et dune petite. 11 serait encore néceS'
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quot;Saire davoir plusieurs fovmes , sl, au lieu de fondie les miroirs dans Ie sable , on. vouiait lesnbsp;fondre, comme je Ie dirai dansla suite, dans desnbsp;Daonles de cuivre.
Pour faire les modcles des miroirs , il faut prendre un eerde de bois ou de carton de 6nbsp;eentim. de diamèlre cl de i a 2 centim. denbsp;^lauteur , Ie poser sur Ia forme de 13 cmtim. ,nbsp;1arrèter fixément avec un lil de fer qui passenbsp;en se croisant par-dessus et par - dessous lanbsp;forme , Zaire fondre du plomb , et ie coaler aunbsp;milieu de ce eerde sur la forme dont il prendranbsp;la figure. On mettra ensuite ce morceau denbsp;plomb sur Ie tourpour raiTondlr,en ie réduisantnbsp;a 5 OU 6 centim. du diamèlre. Si la concavité estnbsp;inégale et a quelques défauts, on la creusera denbsp;ïiouveau,en la rendant coziforrae a fare de eerdenbsp;convexe qui fail partie dune sphere don metrenbsp;de diamèlre , et lon fera au milieu un trounbsp;de i3 mÜlim. d ouverture. Lorsque ce cóté seranbsp;aclievé , on Ie changera , et lontravaillera Taulrenbsp;cóté quou rendra plal. 11 faut renfler un peunbsp;Ie modèle vers Ie milieu de sou épaisseur quinbsp;dolt être de gmillim, , afin quen Ie moalant onnbsp;pnisse aisémenl Ie ietlrer du sable, li est bonnbsp;^ussi davoir deux modèles en plomb, pour quenbsp;moins, si en fondant une piece, eiie a quel-defaut, il sen trouve une de bonne.
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Pour faire Ie modèle du petit miroir^ il faut prendre un petit cercle de bois ou de carton ,nbsp;de 23 a 27 miliim, de dianiètre et de 18 denbsp;hauteur, Ie poser sur Ia petite fonne , Tarrèternbsp;avec un fil de hr , qui passe en se croisant pardessus et par-dessous Ia forme , faire fondre dunbsp;plomb , et Ie coulcr au milieu de ce cercle surnbsp;la forme dont il prendra la llgure.
Ensuite on Ie réduira sur Ie tour a iSmillIm. de diamètre, et on Ie creusera conformément anbsp;larc de cercle convexe qui fait partie dunenbsp;sphere de 16 centim. de diamètre. Lorsque cenbsp;cóté sera terminé , on en changera, et lon feranbsp;lautre cóté quon réduira k 14 miliim. de dia-mètre. Ce modèle aura 7 a 9 millimetresnbsp;dépaisseur,
Comme les pelits miroirs manquent plus aisément a la fonte que les grands , il sera bonnbsp;davoir trois petiis modèles pour deux grands.
Lorsque les grands et petits modèles seront achevés sur Ie tour , il faudra les travaillernbsp;chacun sur sa forme , dabord avec du gres , en-suite avec de Fémeril, jusqu a ce quils soieutnbsp;parfaitement adoucis,
Ces modèles se moulent dans Ie sable, coinnic on y moule les formes de cuivre. On les rangenbsp;dans un chassis sur une planche , eu mettaui^
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la surface concave aii-dessus. Afin queles niiroirs soieut pevcés , on faildespelitscjlindres de sablenbsp;On de teiTe grassc , quon pétrit et quon roulenbsp;Sur une table, Onleurdonne 27 millim. delon-.nbsp;gueursur iSdediamètrej on.Ies fait sécheralair,nbsp;etensuite au feu. etonlesmel dansles ouverturesnbsp;desmodèles; Ie bout qui excède sengage dans Ienbsp;sable dont on les couvre. On Ie bat avec un maillet , afin que la surface dumoule solt dure et unie.
Lorsque cette première partie du moule est finie , on pose sur Ie chassis , après y avoir éga-lement répandu un peu de sable , une planchenbsp;quon prend en même tems que celle de dessous,nbsp;et lon retourne Ie tout ensemble. On ótenbsp;la planche qui se trouve sur lautre cóté ¦, ounbsp;ooupe avec un couteau Ie sable autour des mcH-^èles jusqua 4 a 5 mülim. de profondeur , pournbsp;fiuils sen dégagent plus aiséraent, lorsquoanbsp;Voudra les en reliier, et lon secoue dessus un,nbsp;ïgt;onsif de charbon , afin que le.s deux partiesnbsp;du moule sepuissent sépaxer , sans que Ie sablenbsp;de lun saitache a celui de lautre. Alors on posenbsp;Ie second chassis , on 1émplii de sable , onnbsp;Ic bat, on en iépand de nouveau, on pose unenbsp;planche dessus, on retourne Ie tont, on donnenbsp;quelques coups de maillet, alm que les modèicsnbsp;sébranlent et quitient 1acileinent Ie sable, onnbsp;^épare l«s chassis el Ton óte les modèles, en
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LE CONSERVATEUR
prenaiit garde darracher les cjllndres cjul riennent dans Ie sable : enfin on forme Ie jet.
Sil se trouve quelque défaut dans Ie moule , surtoul du cóté de la surface concave des ini-roirs , il fant Ie réparer 3 si Ie défaut est considerable , on recommencera a mouler Ie cóté quinbsp;na pas réussi ; ensuite on laisse sécher a Fairnbsp;les deux parties du moule. Lorsque Fon est pretnbsp;a fondre, on les fait chauffer sur un feu dcnbsp;charbonj et, avantque de les joindre ensemble,nbsp;on les passe sur la fumée dun flambeau dcnbsp;résinc j on les rejoint, on les met enlre deuxnbsp;planches au milieu dune presse bien serrée ,nbsp;el alors ii ne roste plus qua j couler la matièronbsp;doDt on doimera bienlót Ia composition.
Corn me il ain ive très-souvent quil se détache queiques grains de sable, qui empêchent la surface des miroirs d'etre aussi unie qu'elle devraitnbsp;1ètre , on doit préférer les monies de cuivrenbsp;aux moules de sable. La maiière sy moule pro*nbsp;prement, et Fon évite Ie temps el la peine denbsp;faire des moules a chaque fonte.
On creuse sur Ie tour, dans un morceau dc bois , un enfoncement de 54 millim. de dia-mètre sur 9 de profondeur , de manièrcnbsp;que Ie diamètre du fond soit de 2 millnU'nbsp;plus petit que celui de 1enlrée. On reserve aunbsp;milieu un petit cylindre de 9 millim.
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lie i5 niiJlim. de diamètre parleliaut ^ et de i6 rail liin. vers sa basciondouiie 7 niilliai.nbsp;dépaisseui a toute la boite.
Sur Ie cóté de celle boilc , il faul coller une petite piece de bois de 27 millim. de longueur,nbsp;tie 18 millim. de largeur par Ie bout qui estnbsp;attaché a la boite , de 27 millim. de largeurnbsp;par Vautrebout, el de iSmillmi. dépaisseur. 11nbsp;laut de plus que cette piece soit enlaillée denbsp;nianière que Ie fond soit de 2 millim. plus étroit.
On donne ce modèle a un fondeur , afin davoir une piece de cuiyre qui lui soit sem-blable j on travaille ensuite sur Ie tour Ie dedans de la boite seulement , en conservant Ienbsp;fond de 2 millim. plus étroit que 1entrée , et Ienbsp;cylindre de 2 millim. plus étroit vers son ex-Iremiié que vers sa base , pour que la piecenbsp;quon j moulera en puisse aisément sortir. Onnbsp;adoucit avec une lime louverture qui doit fairenbsp;une sorte dentonnoir , et lon abat la parlie dunbsp;eerde qui empêcherait la fonte de couler dansnbsp;Ie moule.
Cette boite doit étre appliquée sur une forme semblable a celle sur laquelle on travaille lesnbsp;tuiroirs , de maniëre que les bords joignentnbsp;bien par-tout, et quen même temps Ie cjliudrenbsp;du milieu touche aussi sur Ia forme. Pour jnbsp;parvenir aisément, il faut Ie creuser un peu ver;
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le milieu et en sorte quil ne touche pas les l)ords , et travailler la baite sur la forme ayecnbsp;un peu d'éméril.
Lorsquon veui se servir de ce moule , on y mot, avecun pinceau,unecouche docre délayéenbsp;dans de Ieau j et, apres Iavoir fait chauffer , onnbsp;]e place dans une presse et 1on y coule la ma-tière ; on Iote dela presse lorsquil est refroidi ,nbsp;etlou retire la piece qui jestinoulee exactementnbsp;ayec le jet quon abat, apres avoir donne unnbsp;coup de lime a Iendroit oil Ton yeutle séparer.
On fera un moule de cuivre pour les petits miroirs de la même manière que pour lesnbsp;grands , excepté quil ny aura pas de cjlindrenbsp;au milieu , et on se servira dune petite formenbsp;semblablc a celle sur laquelle on trayaille lesnbsp;petits miroirs.
Jusqua present nous ayons donne la manière de laire les formes sur lesquelles on doit travailler les miroirs; nous allonsa present donnernbsp;la composition de la matière des miroirs, et lanbsp;manière de les fondre j de les travailler et denbsp;les polir.
Quelque peine et quelque soin quon prenne en faisant un rniroir de metal pour lui donnernbsp;une forme réguliere, et quelque temps quoonbsp;employe a le polir, si la composition de l^tnbsp;niaiiere nesl pas bonne , le succes ne ré-
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fiondra pas a Iesperaiice dont on sétak flatté. C^eue malièredoit êtredure , cassante commanbsp;verre , pleine et serrée , presque dénuée denbsp;pores a sa surface , enfin susceplifile dun polinbsp;plus vif que les miroirs de glace et qui se conserve sans se ternir. Or , voici une composition oil lexpérience nous a fait voir que tomesnbsp;ces qualliés se trouvent a la fois reunies.
Lon prend 20 onces ou 612 grammes du plus fill cuivre rouge quon nomme cuwre-rosette,nbsp;9 onces ou 275 gr. déiain dAngleterre du premier affinage mis en grenailles ; au défaut denbsp;eet étain , on prend de celui qui vient desnbsp;Indes , que lon nomme étain en petit chapeau^nbsp;cl 8 onces ou 245 gr. darsenic blanc.
Telle doit ctre la proportion des matières qui enlrent dans la composition des miroirs ,nbsp;ct quil faut suivre exactement dans les diversesnbsp;quantités dont on aura besoin.
Conime chaque miroir pèse environ une demi-livre Ou 245 gr. , on prendra autant de cuivre et détain qu'il en faudra pour que Ie poids denbsp;ces deux métaux pèse pres duue livre ou 489 anbsp;490 gt- 5 -ar Ja fonte leur fait éprouver unnbsp;déchet considerable ; quant au poids de Far-senic , il ne doit être compté pour rien 5 car ,nbsp;purifiant les matières , la plus grande partienbsp;Ce raétal sévapore en fumée.
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Lorsque tout est prét, on met Ie feu dans Ie fourneau oü Ton a lt;iavance posé Ie creuset ;nbsp;on Iéchauffe par degrés de peur quil ne casse ;nbsp;et, lorsquil est tout rouge , on y met Ie cuivrenbsp;quon a scié ou rompu en inorceaux^j on soufflenbsp;Ie feu jusqua ce quil soit fondu ; on óte lécumenbsp;avec une cuiller de fer que 1on a rougie aunbsp;feu on fait fondre Iétain , on Ie verse dansnbsp;Ie creuset avec Ie cuivre j on remue Ie mélange afin que les matières sincorporent ; alorsnbsp;on sépare larsenic en deux ou trois parties;nbsp;on les enveloppe dans autant de papiers^ et onnbsp;les jette séparément dans Ie creuset que Tonnbsp;couvre a cliaque fols environ 1espace de deuxnbsp;minutes; ensuite on óte Ie couvercle , et, lorsque la matière ne fume plus , on Iecume ,nbsp;on la remue avec la cuiller de fer rougie , onnbsp;la laisse au feu encore trois a quatre minutes,nbsp;alors on la retire, on Iecume , on la remue;nbsp;et, avant quelle commence a se refroidir , onnbsp;la cüule dans Ie nioule , quil faut incliner dunbsp;cóté de la forme , afin que la matière par sanbsp;pesanieur en prenne exaciement la figure.
11 faul laisser la matière se refroidir delle-même , et ne point remuer les moules lorsquella est encore liquide , nl les ouvrir avant qufisnbsp;soient refroidis, de peur que les miroirs, surprisnbsp;par laiv firold , ne se cassent ou ne se fendent-
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On doit bien prendre garde , comme jen aide] a averti , quil ne tombe rien de froid ou dhumide dans la fonie : car celle matière ,nbsp;sorlant du creuset avec violence , se répandrait*nbsp;de tons cólés j on doit aussi éviter la fumée denbsp;iarsenic ; il suffira de se meitre au-dessous du;nbsp;vent, pour ne pas être incommode de cetienbsp;vapeur pernicieuse.
Nous avnns fait observer que létain devait ètre en grenailles. Pour cela , il faut Ie fairenbsp;fondre; et, avant quil passe du blanc a dautresnbsp;Gouleurs , Ie jeter sur un ballet quon tiendranbsp;au-dessus dun vase plein deau. En passant anbsp;travers les brins de ce ballet, il se sépare ennbsp;petites parties qui tombent dans leau et for-*nbsp;ment de petits grains.
Avant de douner la manière de travaüler et de polir les miroirs , nous parlerons de lé-meril et de la potée détain qui sont indispen'nbsp;sables pour ce double usage.
Lorsquon se sert démeril ordinaire , il faut avoir soin , a cbaque ibis que lon en change ,nbsp;dessuyer les formes avec une éponge quonnbsp;lave et quon exprime dans de leau que lonnbsp;conserve , et dont voict lusage.
Versez celte eau dans un raisseau plus pro-Ibnd que large j remuez leau et la poudre qui «quot;t au fond ; laissez-la reposcr queiques mis-
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ïiutes , pour que les parlies les plus grossieren se préeipiienl j versez doucement Ie quart denbsp;cette eau dans un vaisseau semblable; remetteznbsp;de 1eau , remuez-la , laissez-la reposer , etnbsp;versez-en encore une partie ; contlnuez lanbsp;même manoeuvre , jusquii ce que , la poudrenbsp;eommeiieant a manquer, leau ne soit plus sinbsp;trouble. Ce qui se trouvera au fond de ce premier vaisseau , sera un émeril très-inégal quinbsp;ne sera propre qua ébauchervos ouvrages.
Remuez beau du second vaisseau ; lalssez-la reposer quelques momens versez-en un quartnbsp;dans un troisième vaisseau ; remeitez uii peunbsp;deau , remuez-Ia encore , iaissez-la reposer gt;nbsp;versez-en de même , et continuez ainsi tant quenbsp;leau paraitra trouble; ce qui restera dans Ie fondnbsp;du vaisseau sera un émeril de la première sorle ,nbsp;dun grain égal. Vous laisserez reposer eettenbsp;eau jusqua ce queUe séciaircisse ; vous la ver-serez en inclinant Ie vaisseau ; et , après avoirnbsp;fait sécber Ienieril que vous v trouverez , vousnbsp;en ferez de petlles masses.
Remuez leau qui sera dans Ie troisième vaisseau ; et , après 1avoir laissc reposer quelques momcus , versez-la dans un quairième vaisseau ;nbsp;remetlcz de nouvelle eau , remuez-la, Iaissez-lanbsp;reposer quelques instans ; versez-la encorenbsp;dans !e quatrième vaisseau ; ce qui restera dans
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fe trois lème vaisseau , sera un émeril de la seconde sorte, et beaucoup plus fin que Ie précédent. Lorsque Ieau sera éclaircie , vous la ver-serez , et vous ferez séclier Iemeril donl vous ferez encore de peiiies masses.
Le quatrièrne vaisseau comieadra nn émeril plus fin, dout vous laisserez éclaircir Peau, quenbsp;vous verserez; vous ferez sécher la poudre quinbsp;sera au fond ; vous en formerez aussi de petitesnbsp;masses , et vous aurez ainsi trois sortes dé-merils, de plus en plus fins, qui serviront, commenbsp;on va lenseigner, au travail des miroirs. ïellenbsp;est la manière dont on prépare rémeril dans Ianbsp;manufacture des glacés..
Passous a Ia potce détain. On appelle de ce iiom létain calcine au feu, et réduit en matièrenbsp;impalpable, Voici la manière de la faire.
Preuez une üvre ou 490 grammes du raeilleur étain dAn-fleterre ; metlez-Ie dans un creusetnbsp;que vous fermerez avec un couvercle de mêmenbsp;matière et que vous lutterez tout autoiir avecnbsp;de la lerre-glaise, oil vous mettrez de la bourre etnbsp;que vous pétrirez ; laissez sécher a iair voirenbsp;Creuset lutlé; ensuite vous le mettrez dans Icnbsp;fourneau dun potier de terre avec ses autresnbsp;oiivrages de poterie; et vous Pj laisserez jusquanbsp;que tous les vwsseaux soient cuits.^ Lorsqua,
-ocr page 172-i56 le conservateur lefourneausera refroidi, relirez Ie creusei; et, e»nbsp;louvrant, vousy trouverez votre étain calcine.
Alors mcttez votre potée en poudre dans unvaisseau plein deau, remuez-la , laissezda reposer quelqiies momen , afin que les parties,nbsp;grossières, en vertu de leur pesanteur, se pré-cipilent au fond. Versez Ie tiers ou la inoliié denbsp;cette eau dans un autre vaisscau : remelteznbsp;encore de leau , remuezda , laissez-la reposernbsp;quelques ziiomens^ versez-la encore de Ia menienbsp;manière , et conlinuez tant que leau paraitranbsp;chargée de matière. Ce qui restera dans cenbsp;premier vaisseau , sera une potée détain iné-gale, mais celle du second vaisseau sera très-fine et très-épurée. Alors laissez reposer Tcaunbsp;de ce deniicr vaisseau jusqua ce quelle soitnbsp;cclefircie , versez-la , et faites sécher la potée quenbsp;vous trouverez au fond.
Prenez ensuite de cette potée j mettez-Ia sur un grand morceau de glace , mouillez-la, et,nbsp;avec un autre morceau plus petit , broyez-Ianbsp;jusqua ce c[uelle soit dune grande douceur.nbsp;Eiilin laissez-Ia sécher sur la glace; mais preneznbsp;garde surlout que, dans Ie lieu ou vous Iex-poserez, Ie vent ny jette des saletés. Ainsi ilnbsp;serait bon de la metlre sécher au soleil dans une-chambre fermée , et de tendre uu linge au-^nbsp;¦¦fossus j pour recevoir ce qui pourrait torabec
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dii plancher; ou bien encore, on pourrait plus piomptement loblenir en la faisanl sécher aanbsp;leu , avec Fattenlion deinpécher les cendres denbsp;voler sur la potée. Quand elle sera ainsi prénbsp;paree, a^ous lóterez de dessus la glace , et vousnbsp;la serrerez dans une boite.
II est bon dobserver que , quand mêine on acbeterait la potée toute laite , il faudrait toii-jours la laver, la faire sécher et la brojer de lanbsp;nième manière.
JNous avons vu combien est essentielle la composiiion delamatièie des miroirs. La ré-gularité de leur figure , et la vivacité de leurnbsp;poli Ie sont encore davantage. Ainsi Ton nepeutnbsp;prendre trop de précautions pour leur donnernbsp;une figure parfaitement sphérique en les tra-vaillant, et surtout pour Ia leur conserver ennbsp;les polissant: en efïet, comme Ie poli use beau-coup , un miroir peut perdre au poli toute sanbsp;perfection , lors niême quou croil Ie perfeC'-tionner.
Pour donner aux miroirs une figure spliéri-que , prenez la forme de cuivre de 12 centimetres j avec du mastic , attachez-la sur un niorceau de bois rond, de 5 centim. de hauteur sur 8 centim. de diamètre qui tienne surnbsp;une plaiiche de 27 a 52 centim. unpeu lourde ,nbsp;öfin que la forme sent stable., Travaillcz da-
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bord votre miroir avec dii gros émeril et avec: la main sans molette. En eflet, comme lesnbsp;moleltes sont cause que les bords se travaillentnbsp;plus que le milieu, et dégénèrent par conséquent de la figure spherique , elles sont pré-judiciables a la perfection des miroirs j onnbsp;conduira done le miroir simplemeat avec lanbsp;main , comme nous Iavons déja enseigné ennbsp;parlant du travail des formes j eest-a-dire, ennbsp;decrivant des cercles , tels que le centre dunbsp;aniroirpasse parle centre de la forme et reviennenbsp;vers le bord de la mème forme, ensorte quele-miroir nexcede la forme que denviron 9 mil-lim.; et quen avancant par degres , Ton fassenbsp;le tour de la forme. De plus , dans cette operation , Ton aura soin de tourner sur eux-memesnbsp;et la forme et le miroir, afin que Iun et Iautrenbsp;se travaillent egalement et régulièrement par-tout.
On continuera avec le même émeril, jusqua ce que le miroir ait pris une forme réguliere.nbsp;Cependant, sil ne resiait plus que quelquesnbsp;pelits trous qui, par leur profondeur , auraientnbsp;de la peine a se corabler sans user un peu tropnbsp;du miroir, il vaudrait mieux les laisser quenbsp;daller plus loin ; car il est essentiel de savoirnbsp;que cette matière nest bonne que dans sa super-ficie. Des quon creuse trop avant, on decouvre
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peiits trous dabord imperceptibles, aiais lt;iui augmeiitent en grosseur a mesure quoanbsp;crcuse davrntage , et qui finiraientpar empêchernbsp;miroir de prendre un beau poli.nbsp;Lobservation quon vient de faire est de Ianbsp;plus grande importance. 11 en a couté bien dunbsp;^tavail et de la dépense , avant quon ait re-connu que la bonté de cette matière ne con-sisteque dans une superficietrès-mince, et que,nbsp;plus on avance au de-la , plus elle devient dé-fectueuse. Ce fui en vain quon chercha, parnbsp;une infinilé dexpéiiences , ce qui ne se pouvaitnbsp;trouver quen ménageanl cette superllcie, dontnbsp;on ne connaissait pas dabord lout Ie mérite ,nbsp;61 quon usait trop avant pour óler les inéga-^dés qui provenaient de la fonte.
Ces pores, qui iiiondent lintérieur de cette ïnatière, naissent de la grande rarefaction quellenbsp;épzouve a la fonte j car, lorsquonla coule dansnbsp;Ie nioule, cestla surface du miroir qui se durcitnbsp;Ja première. Tantque Ie dedans du miroir et dunbsp;je! est liquide., la matière sentasse: mais,commenbsp;Ie jet estplutói dur que Ie dedans du miroir, et quenbsp;Ie dehors du miroir est ce qui se durcit dabord,nbsp;® uiesure que Ia matière du miroir se refroidit,nbsp;6^1e se serre, el forme depetits vides, qui sagran-^1'ssent a proportion quon approche du milieu.nbsp;Lorsque Ie miroir , après avoir pris la figure
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de la forme , comniencera a sadoucir au mojeiï du gros émeril, vous Ie laverez ainsi que lanbsp;forme; et , prenanl un morceau démeril denbsp;la première_sorte , après Tavoir un peu mouiliénbsp;dun cóté , vous en frotlerez légèrement votrenbsp;forme, car il faut a chaque fois fort peu démeril;nbsp;et vous continuerez a travalller jusqua ce quenbsp;rémeril soit usé: aiors vous essuierez votre formenbsp;et votre miroir , et vous en remeltrez une seconde et une troisième fois, en employant environ une demi-heure a ce travail.
Vous prendrez ensuite de Témeril de la seconde soi^te , après avoir lavé Ie miroir el ia forme; vous en remeltrez une seconde fois, etnbsp;vous continuerez ainsi pendant une dernie-heurenbsp;a adoucir votre miroir.
Enfin vous prendiez de lémeril de la troisième sorle,sur lequel vouspasserczunverre qui aura lanbsp;figure de votre forme, et que vous réservereznbsp;pour eet usage , afin quilne sy Ironvo pis denbsp;grains capabies de rayer : von; laverez encorenbsp;une fois Ie miroir, s irtout rouverlnre du mibea;nbsp;ensuite vous Ie remeltrez précisément sur Ienbsp;inême endroit ou il étoit vous continuerez , ennbsp;jeltant de teras en lems quelques gouttes d'eau ,nbsp;a radouoir pendant un bon quari-dbcure, etvolienbsp;miroir sera enfin en état detre poli.
Nous ferons ici une remarq le esscutlelle
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c est que , plus un miroir est adouci, plus ii re-coit facilenienl Ie poü, et m«ins la figure est su-jette a se perclre.
11 ne faut done pas épargner Ie tems pour Ta-doucir. Car on serail une demi - journée a polir un miroir mal adouci , qui ne yaudranbsp;peut-ê:re rien , tandis que , sil est bien a:louci ,nbsp;d sera poli dans lespace dune demi-heure.
Passons maintenant a Ia manière de polir I3 miroir.
Quand on aura fini de C doucir, on Ie lavera dans Ieau en Ie fiottant avec de peiitcs brosses,nbsp;de peur quil ne roste de Iemeril qui pourraitnbsp;ie rayer, quand on Ie polirait.On nettoyera sui-tout l ouverture du mdieu , et on lavera aussi lanbsp;foinie de cuivre.
Aloi s on prendra une feuille de beau papier uni et bien net, mais Ie moins collé quil sera possible;nbsp;on choisira lendroit du papier qui, en Ie mirantnbsp;au grand jour, paraitra Ie plus égal el Ie pusnbsp;pro]ire ; on y coupera de biais une bandenbsp;de 16 centimetres de long sur 7 centim. [denbsp;large : je dis de biais, afin que toutes les raytsnbsp;du papier traversent obliquement Ia bande. Onnbsp;posera ce papier sur un morceau de glace; et ,nbsp;avec Ie dos dun canif, on cherchera les en-droits qui seront raboteux,et on les redressera avecnbsp;tranchant Ie plus légèrement quil sera possi-
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ble j lorsquon sentira quolques peiiies pierres * on li s ólera ayec grand soiu et sans déibin r Ienbsp;papier. Quand üparaitranetioyé, etqiie t posantnbsp;partout Ie dos du canif, on ne sentira lien quinbsp;résiste , on pr( ndra un peiit verre plat de 2 a 5nbsp;centim. de dianiètre , ori Ie posera sur Ie papiernbsp;éiendu sur Ie grand morceau de place et, en ap-pujarit ^ I on sentira fatüement tout ce quil ynbsp;aura a óter dans Ie papier.
Alors on prendra de lempois quon metira dans un linge fin; el, après 1cnavoir exprimé, onnbsp;en étendra un pen avec Ie doigt sur la bandenbsp;de papierjlon posera ce papier sur la forme, denbsp;manièrequ'unedesgrandes ra es qui Ie traversen tnbsp;se trouve sur Ie milieu. On passera Ie doigtnbsp;dessiis adn quil s'y atlache , et qu'il ne sinsinuenbsp;dessous auctine bulle dair. Si cela par hazardnbsp;arrivait, on leverait par un bout Ie papier jus-quau milieuj et, coulant Ie doigt par dessus Ienbsp;milieu vers Ie bord , onlappliqueraitde nouveau ;nbsp;ensuite , relevant de même lautre cólé jusquaunbsp;milieu, et y passant, Ie doigt de la mêmemanierenbsp;on Ie recollerait : Enfin lon arrêtera les deuxnbsp;bouts de papier sur Ie bois qui porie la forme.
II est bou après cela de passer doucement sur Ie papier collé Ie verre qui a servi a écrasernbsp;Témeril , après lavoir lavé et essuyé pour quilnbsp;soit uui. On Ie laisse , jusqua ce quil soit sec ,
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exposé a lalr dans un endroit oü il ny puisse i'ien tomber de uuisible. Alors on passe encorenbsp;dessus Ie dos du canif, et lon examine si riennbsp;ne résiste , de peur que quelque petit gres ,nbsp;teslé dans lempois , ne raye Ie miroir a travers Ie papier. Enfin lon prend un autre verrenbsp;de 5 a 6 centim. de diamètre , que lon doitnbsp;avoir creusé sur la forme avant que de faire Jenbsp;niiroir. 11 faut avoir soln de Ie repasser sur cettenbsp;forme avec un peu de giès sec et passé par unnbsp;tarnis lin , a 1avant-dernière fois quon met dunbsp;gros émeril , afin que Ie verre ait absolumentnbsp;la mêmeconcavitéque Ie miroir quon travaille ,nbsp;et en même tems que la forme puisse sadoucirnbsp;par Ie dernier gros émeril quon emploie etnbsp;par les sories sulvantes. On lavera ce verre quinbsp;doit être rude a peu-près comme une limenbsp;fine , on 1essuiera et on Ie passera plusieursnbsp;fois en long et en appuyant sur Ie papier, afinnbsp;duser toutes les inégalités qui sy trouveront etnbsp;de lui donner une figure semblableala forme surnbsp;laquelleyl est collé j onprendra gardesurtout denbsp;ne pas user plus Ie milieu du papier que les bords jnbsp;ensuite on passera dessus Ie dos du canif et ienbsp;verre qui est adouci, pour voir sil ne se trou-verait rien qui fut capable de rayer ; enfin ,nbsp;^nrepassera Ie verre rude une dernière fois.
Le papier étant ainsi apprêté , on prend une
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pincée de potée détaiii préparé'quot; comme on lA enseigné ; on Fétend également avec Ie doigt jnbsp;et, après avoir mis queli^ues gouUes dhuile do-live sur Ie verre adouei , on Ie passe sur lanbsp;Lande de papier , jusqua ce que la polée soitnbsp;également répandue sur toute la surface. Alorsnbsp;on pose dessuslemiroir, aprèsy avoir mis unpeunbsp;dhuile; et, saus se scrvir de molette , on Ie tientnbsp;avec les deux mains, on Ie pousse en avant eton Ienbsp;retire a soienappuyant, et surtout en ayantsoinnbsp;delelournerdeiiioment a autre, afinquil sepo-lisse également; et lon remet de ia potée saus hui-le; en effet, poureflacer les raies du miroir et luinbsp;donuer un poli vif, Ie papier et la potée doi-vent aussi sepolir el devenlr luisans , ce quem-pccherait lhulle si lon en remeltait. Quand Ienbsp;miroir a été Lien adouci , il est poli en nioiusnbsp;dune demi-heure. Lorsque loutes les raiesnbsp;sont efl'acées , et que Ie poli parait parloutnbsp;égal et dune grande vivacité , on lessuienbsp;avec un morceau de chamois. Sil resic quel-ques raies légèi es , on na plus, pour les fairenbsp;disparaitre, qua ifolter Ie miroir avec ce chamoisnbsp;en appuyant Ie doigt dessus^ et en Ie conduisantnbsp;également partout. Si les raies étaient un pennbsp;profondes , il vuadrait raieux les laisser que denbsp;galer la figure du miroir, en lefrotlant trop|long'nbsp;temps. Après l'avoir Lien essuyéavec un chamois
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bien propre , on prendra de lcsprit de yin on ^ou trempera du coton bion nétojé , afin quilnbsp;sy trouve rien qui puisse rajer Ie mirolr , 011nbsp;laéloyera jusqua ce quil neparaisse plus gras;
5 après lavoir esseye avec du colon , il se ti'Ouvera enfin achevé.
Pour Ie conserve! jusqua ce quon puisse Ie nietire en place , on Ie déposera dans une lassonbsp;de porcelaine ou de fayencc que Ton couvriranbsp;dun moi'ceau de glace j ayec cette precaution,nbsp;Hl la poussière ni la fuméene pourroot Ie gaier.
Pour xéussir aiséinent a polir un miroir , il laul que Ie papier ne soit ni trop gi as ni trop sec;nbsp;sil est trop gias, la potée détainne sy attachenbsp;pas suöisamment; sil est trop sec , Ie miroir nenbsp;prend pas un poli égal , pour peu quon aitnbsp;Hn pcu trop usé la première surfiice qui est irès-Hiince , et seule capable de recevoir un beaunbsp;pol, On remerque souvent dans les miroirs denbsp;petites places qui, vues sous un certain jour ,nbsp;paralssent les unes plus profbndes , les autresnbsp;plus élevées. Plusieurs niêmes sont dun polinbsp;plus vlf que les autres : de tels miroirs ne for-Hxent que des images confuses.
Ce défaut vlent vraisemblablement de ce que bon commence a découvrir des endroits quinbsp;sont remplis dune infinite de petils pores quinbsp;échappent a la vue , maïs qui dans ces endroits
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icndent la malière pi'is faciie a suser ati po!! et moiiis proprc a réfléchir vivenient la lumière.nbsp;Plus on aura usé de la première surface dunmi-roir, plus il se irouvera de c s places qui ne pren-ueut pas un poli yif ; on ne peut done prendrenbsp;trop de precautions pour conserver au papiernbsp;un degré de molesse suflisant pour quo Ie mi-roir se polisse promptement et que les partiesnbsp;oil soat les pores , el qui par ceU même sontnbsp;les plus tendres , ne senfoiicent pas plus qnenbsp;les autres. I! faut eiicore avoir soin de metirenbsp;sur Ie papier une quantité suflisante de potéenbsp;délain,-Ieniiroir en seraplulólpoü cl en recevianbsp;une surface plus parfalte.
Ledéfaut dont un vient de parler est presque imperceptible et très-difficile a découvrir : onnbsp;simaginerait plutót que Ie rairoir aurait perdunbsp;sa figure. Alors Ie seul parii a prendre est dóiernbsp;Ie papier , dadoucir une seconde fois Ie miroirnbsp;avec un peu démeril de Ia troisième sorte ,nbsp;écrasé et blen usé auparavant avec Ie verre , denbsp;coller un nouveau papier , et de Ie polir avecnbsp;les precautions quon vient de prescrire , pourvunbsp;toulefois quil nait pas été trop usé eu Ie ira-vaillant : car, si les places quineprennent pasunnbsp;poll si vif dominent et sont en grande quantile ,nbsp;il est inutile de Ie rccomniencer , il faut Ienbsp;refondre.
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Quant au petit miroir , après y avoir soudé ^ 1étain un morceau de cuivreépais de 4 ^ 5nbsp;rtidlim. qui servira pour Ie monter , il 1'aut Ienbsp;travailler et Ie poJir absolument de la mêmenbsp;tttanière.
Si nous nous sommes étendus un peu Ion-guement sur la facon decomposer les miroirs niétalliques , cest que Toubli de la moindrenbsp;circonstance dans cette parlie peut être très-préjudiciable. Nous serons beaücoup plus courtsnbsp;surlarticle des verresdifférens , dont nous allonSnbsp;nous occuper.
Voici la marcbe que nous suivfons : nous parlerons dabord de Tart de faire et de polirnbsp;les grands verres objectifs , ensuite de iravaillernbsp;polir les verres oculaires j enfin , de fairenbsp;les leniilles ; ce qui comprend tous les verresnbsp;t^ui ont rapport aux telescopes , aux lunettes
aux microscopes. Parlons d'abord des verres objectifs.
Enire les diverses méthodes que les dlfférèns Auteurs qui om écril sur cette matière don-ftent pour faire les formes , et iravailler leSnbsp;Verres , les uns exigent des machines aussi dis-pendieuses quedifficiles a construire ; les autresnbsp;prescrivent un travail aussi long quincertain.
méthode quon va exposer na aucuu de ces mconvéniens ; elb est aussi simple que sure,
-ocr page 184-»i48 quot;XE conservateur et en rnême temps d une exécutioa si promptenbsp;que Ie verre et ia forme se travaillent en mêmenbsp;temps. Mais , comma la bonté dun verre ob-jectif depend non-seulement du travail, maisnbsp;encore de la matière , il faut commencer parnbsp;connaiüe , pour être en étai de les éviter ,nbsp;tons les défauts qui peuvent se rencoutrernbsp;dans cette matière 3 car il est rare de irouvernbsp;«n morceau de glacé qui en soit lout-a-faitnbsp;exempt , surtout sil est un pen grand. On ynbsp;trouve en abondance des points , des larmes ,nbsp;des Jilets, Nous avons vu une glace plate desnbsp;deux cótés, qui, comme un verre objectifynbsp;ïéunissait les rayons de lumière a une fortnbsp;grande distance. Cétait une larme qui sy trou-vait, cest-a-dire , une partie de matière plusnbsp;dure que celle qui renvironnait , et quiavaitnbsp;line figure convexe , a peu-près comme Ie cris-tallin de loeil au milieu de riiumeur aqueuse.
Les points se forment lorsque [la matière, qui est toute rouge en sortant dri foUrneau ,nbsp;est exposée a lair froid3 sa siiperficie se re-froidit la première, se resserre et se durcitnbsp;pendant que Ie milieu est liquide ; comme cettenbsp;matière inlérieure occupe plus de place lors-quellc est raréfiée , que lorsquelle est re-froitlie, elle lalsse des petits vides remplisnbsp;seulement duue matière très-subtile , et quinbsp;forment ce quon nomme des points.
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Lorsque la glace a etc soufflée et aplatie en~ ï'wite , les points sont longs , au lieu quils sontnbsp;ronds lorsque la glace a été coulee. Les grandes'nbsp;glacés sont coulees sur des tables , et cette sorts*nbsp;glace est la meilleure pour les verres.
Les larmes qui se trouveni dans la glacé étant plus dures que Ie reste , elles détournent les.nbsp;rayons; et souvent,lorsqueleurfigureest convexenbsp;elles les rassemblent en de certains points. Lesnbsp;biets , qui sont aussi dune matière plus dure quenbsp;Ie reste , sont également dangereux.
II exists encore un défaut, qui consists en ce que souvent une plaque de, glace est composéenbsp;be plusieurs tables ; il provient de ce que,nbsp;les ouvriers ,, lorsque la glace est un peu,nbsp;grande , prenncnt de la matière a plusieurs reprises pour la composer.
Pour éviter tous ces défauts dans un morceau. be glace void la manière qui nous a paru la.nbsp;meilleuve et Ia plus facile. 11 faut. avoir un.nbsp;miroir concave dun foyer un peu long , poser.nbsp;sur ce miroir la glace quon veut éprouver ,nbsp;tenir une lumière a la main, dans un lieu obscur,.nbsp;et se reculer en regardant la lumière dans Ienbsp;ïniroic , jusqua ce que.tout Ie miroir.et la glacenbsp;qfo est. dessuS soient tellemeut éclairés , quilsnbsp;paraissent tont en feu ; alors on reconuaitranbsp;tous les, défauts de Ia glace i op. j verra fad^
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lement les larmes , les points , les filets , les fibres, les tables j il sera done alsé de pi'endre,nbsp;dans une plaque de glace un peu grande , len-droit qui sera Ie meilleur. Pour Ie couper , onnbsp;fera un trait dessus avec une pointe de diamant; et , en donnant quelques petits coups,nbsp;les morceaux se séparcront,
Vojons mainlenant la manièi e de donner au verre objectif et a la forme une figure spliériqne.
Après avoir choisi un morceau de glace dune grandeur convenable, vous larrondirez avec lesnbsp;pineesj ensuite, vous en userez les bords dans unnbsp;bassin de fer un peu cieux pour quils soientnbsp;bien lerminés , vous preiulrez une plaquenbsp;de glace des plus épaisses , et au moinsnbsp;dun tiers plus grande que Ie verre que vousnbsp;voulez travailler ; par cxemple, si Ie verre doitnbsp;avoir io8 millimetres de diamèire , la plaquenbsp;qui doit servir de bassin, en aura 162 denbsp;diamètre. Vous la fixerez sur un modèle denbsp;bois avec du mastic ; vous creuserez cette plaque', ct un verre plus petit que robjectii' quenbsp;vous voulez travailler, avec dugrès sec; de sorlenbsp;quen appüquanl un are de cercie dont Ie rayonnbsp;soit de la longuêur du foyer du verre que vousnbsp;vüulez faire, vous trouviez quil touche egalenientnbsp;pariout. Prenant alors la glace que vous aureznbsp;eboisie pour faire robjectit', vous la Iravaillerez
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f^ans ce bassin , daborcl lavec du gres, ensuite Iacloucirez j enfinvous la frottcroz sans grèsnbsp;coniie Ie bassin, afin de la rendre luisante,nbsp;pourquelcs rayons de lumièrepuissent passer anbsp;dravers el qne 1on reconnaisse un pen les objetsjnbsp;car alors, en y ajoulant un verre dun foyer connu,nbsp;ct les exposant an. soleil, vous am ez un nouveaunbsp;foyer nioindre que celui du verre deja connu,nbsp;Si vous vous appercevez quil est plus long ounbsp;plus court que vous Ie désirez , vous continuereznbsp;creuser ou rcdrrsser Ie bassin jus(jua ce quenbsp;Vous ayez aticint a pcu pres Ie point que vousnbsp;demandez. II vaut inieux que Ie foyer soit tropnbsp;long, paree quen travaillant Ie second cóté , Icnbsp;i^assin se creusera encore , et par conséquentnbsp;io foyer se raccourcira. C'est dans ce bassin/nbsp;*laevouslravaillerez voti e objectif, dabord aveenbsp;grès sec , mais sans employer les moietiesnbsp;, usant plus les bords que le milieu , Jeraientnbsp;l-crdre au verre la figure spbérique j ensuite avecnbsp;du gros émeril mouilbé, jusqua ce que les trousnbsp;du grès soient effaces. Mals suriout ayez soinnbsp;en travaillant , soit au giès , soit a 1émcril,,nbsp;de remarquer le cóté du verre qui se irouveranbsp;io plus épais; et cest a quoi vous parviendreznbsp;falt;ilenient en mesurant iépaisscur des bordsnbsp;coire les pointes dun. compas courbe : car ,nbsp;^près avoir pils au juslc lépaisseur dun cóté , a,
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4 on 5 millim. de diitance du bord , il est aisé , en présentant cette même ouveiture a, dantresnbsp;cÓJes, de relnarquer si cest a Ia même distance du bord que les pointes du compas sar-rètent. Si les pointe - peuvent embrasser Tépais-scur du verre jusqua 6 Ou -y miilim: de distancenbsp;du bord , cesl une marque que ce cóté est plusnbsp;miüce que celui par oii vous avez commence; alorsnbsp;il faudra, en travaillant, appujer un peu plusnbsp;surle cóté plus épais. Si au contraire les pointesnbsp;ne peuvent embrasser Ie verre qua i ou 5 mil-lim. du bord, ce sera un indice que ce cóténbsp;sera plus épais cpie Ie cóté oppose, et il faudranbsp;appuyer dessus davnntage. On eontinuera denbsp;la s rle eet examen, jusqua ce que les pointesnbsp;du compas sarrêtenl partout a uiie égale distancenbsp;du bord; ce qui prouvera que Ie verre est par-toul dégale épaisseur. Saus cela, quelque exactnbsp;que soit Ie travail de votre verre , et quelquenbsp;parfaite queii soit la niaticre, 'i! ne pourra pasnbsp;réussir, sil est dinégale épaisseur, et si sa plusnbsp;grande convexiténestpas précisémentau milieu.
11 faudra observer pour les verres la même maiiière quon a déja prescrite pour les mireirs;nbsp;cest-a-dire, qail faudra conduire Ie verre denbsp;manière epe son centre décrive des cercles quinbsp;passent tons vers b s bords et ensnite vers Ienbsp;centre du bassin , en ayont soin davancer in-
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sensiblement tout nntour , de touvner Ie verre peu a peu sur lui-mème , et de changer de lemsnbsp;tems Ie cóté de la forme quon a devani soi,nbsp;cjue Ie verre soit partoui également iravailié.nbsp;Aprcs Ie gros émeril, vous prendrez des iroisnbsp;Quires sorles démeril dont nous avons parié;nbsp;^ous travaillerez avecla première sone une iieurenbsp;de lems, et une demi-beure avec chacune desnbsp;deux autres. Chaque Ibis que vous changereznbsp;de sorte , vous lavcrez bien Ie verre et la forme;nbsp;Gnsuite vous remeltrez quatre ou cinq fois dunbsp;nouvel émeril , après avoir cssuyé avec unenbsp;éponge celui qui est usé. A la dcrnlère lols ounbsp;vous raeltrez du troisième émeril , ii l'audra tra-quot;vailler un quart-dheure avec Ie rnème j ensultenbsp;enlever Ie verre, Ie bien laver, Ie poser sur Ienbsp;niême endroit oü il était de peur de rencontrer,nbsp;Ie posant ailleurs, quclques grains démerjinbsp;lt;^apables de Ie rayer- óter avec Ie doigt Témerilnbsp;qui se trouve aütour de la lorme , jusqua sjnbsp;millim. de distance du bord, et continuer Ie travail en jetant de tems a autre quelques goultesnbsp;deau sur la forme , pour que Iemeril restenbsp;foujours humide. Plus vous einploierez de
foms a ce dernier travail, et nüeux voire verre
®^ta poli. S il sy trouve encore tiop démeril , vous pourrez en dier 5 lorsquun peu démeril ,nbsp;pris sur la forme et mis sur un morceau de glace,
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sera sec, vous paraitra blanc et réduit en unlt;? poudre impalpable , vous cesseiez dadouciivnbsp;Afin de pouvoir óter votre verre sans Ie rayer,nbsp;vous mouillerez un pen plus la fornie j enfinnbsp;vous la laverez aussi bien que Ie verre , qui senbsp;trouvera en etat dêlre poli.
Kous finirons cel article par cette observation importante : si, en iravaülant et en adoucissantunnbsp;verre objecllf, on lui fait dcciire rle tropgrandsnbsp;cercles et quil déborde trop sur la forme , il nenbsp;se polit pas égalcment par-tout, mais seulementnbsp;vers Ie milieu ¦ si , au contraire , on lui fait dc-crire de trop pelits cercles et quil ne débordenbsp;point assez sur la forme , il commence a senbsp;polir seulement vers les bords. Le rapport dunbsp;diamètre dun verre au diamètre du bassin étantnbsp;de 3 a 5 , le verre doit déborder un peu moinsnbsp;que du tiers de son diamètre. Voyons a présentnbsp;comment on fiolit les verres objeetifs.
Vous prendrez une bande de beau papier r mais le moins colié qu11 sera possible j et ^ aprèsnbsp;lavoir néioyé comme on a piescrit de le filrenbsp;a Ianicle des miroirs, vous le collerez sur lanbsp;forme , et vous le laisserez sécher a 1air dans^nbsp;un lieu ou il ne tombe pas de poussière j en-suiievous prendrez un morceau de verre arron-di, de 4t a 54 millim. de diamè.'re , vousnbsp;fuserez avec du gres sur un morceau de glace
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platte , jusqu a ce quil devienne Irès-nide; vous 1^ déborderez dans un bassin un pen creux avecnbsp;li gres sec , afin que Ie bord devienne rude anbsp;tour j et , après 1avoir lavé et essuyé , vonsnbsp;1® passerez a plusieurs reprises sur Ie papier , etnbsp;Ses bords 1useront également par-tout. Lorsquenbsp;papier sera blen uni , vous prendrez du tripoli de Venise ie plus léger et Ie plus doux qu ilnbsp;Sera possible de trouver; vous ratisserez légere-^lent celte picrre , et vous en repandrez lanbsp;pOudre sur volre papier ; si Ie tripoli est biennbsp;tloux , en passant la pierre sur Ie papier el!enbsp;seréduira enpoudre; vous étendrezcettepoudrenbsp;®tir la forme avec unmorceau de papier j et, aprèsnbsp;^voir soufflé celle qui ne se sera point attacbée aunbsp;papier, vous conduirez dessus, et en long, votrenbsp;''^erre, en appuyant dabord légèrcnienl et ensuilenbsp;®vec force ; vous remettrez du tripoli par 4 a 5nbsp;lots 5 el, après une heure ou deux tout au plus ,nbsp;¦Votre verre sera poli j mais a la dernière foisnbsp;'^ous Ie travaillerez au moins une demi-heurenbsp;övec Ie même tripoli.
Nous observeroris ici que Ie tripoli de Venise est espèce de craie de couleur jaunatre ; on ennbsp;trouve cbez les gros épjciers et les lapidaires. Cenbsp;tripoli donue une vivacitéadmirableauxverres; la
potee détain polil aussi passablemenl j mais eile f st inférieure au tripoli pour les verres. Pour Ie
-ocr page 192-rendre plus doiix, on Ie met en poudre , on Ie broje sur une glace avec ufje autre plus petite gt;nbsp;en Je mouillant un peu, et ensuite on Ie remctnbsp;en masse.
Si votre objectif est large et niince , 11 pourrait plier en appuyant dessus ^ alors il faut atlacheinbsp;sur ce verre un autre verre un peu épais avecnbsp;du mastic, compose de poix noire fondue sufnbsp;Ie feu , et nièlée ayec de la cendi-e passée pafnbsp;un tamis ; mais, afin de separer plus aisémentnbsp;ces deux verres lun delautre , colkz sur votrenbsp;objectif un morceau de papier ^ et , après qudnbsp;sera sec ^ chauffez votre verre , de peur quIlnbsp;ne casse , élendez-y du maslic prescjue liquide»nbsp;et appbquez-y votre aulre verrelorsquil faudranbsp;les séparer , vous ferez chauffer doucement leSnbsp;deux verres , jusqua ce que Ie mastic cleviennenbsp;nn peu liquide , vous les séparerez - et, avec uOnbsp;couteau chauffé au feu , vous enleverez 1®nbsp;inastic qui sera sur Ie papier; ensuite vous met'nbsp;trez Ie verre dansleau, el Ie papier se décollera-aisément.
11 sagit a piésent de Iravailler Ie verre paf son autre cóté; ayant tout, il faut sassurer sdnbsp;est dégale épaisseur tout autour des bords inbsp;pour cela , présenlez au soleil Ie cóté plat dunbsp;verre, et metlez un carton entre ce verre et 1®nbsp;soleil, de rnaiiière que ses rayons tombent suf
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1b verre et soient réfléchis sur Ie carton : car ee ''^Prre les réfléchira a la 6® partie da diamètre denbsp;sphere dont il hdt partie , comme un miroirnbsp;Concave les réfléchirait au quart du diamètrenbsp;sa sphere; èloignez ou rapprochez Ie cartonnbsp;J^sqna ce quil soit au fojer. Si Ie verre est dé-gale épaisseur tout autour , vous verrez peiiitenbsp;lt;Jessus limage du solell, au milieu dun grandnbsp;eerde beaucoup moins écialré : cette image estnbsp;formée par Ie fond du verre déja travaillé , et Ienbsp;grand eerde luminenx est formé par Ie cóté platnbsp;de ce même verre. Si au contraire Tlmage dunbsp;soleil est plus pres dun cóté , cest une marquénbsp;que Ie verre nest pas dune égale épaisseur.nbsp;¦^iors il faut remarquer Ie cóté ou limage dunbsp;soleil est plus volslae du bord du eerde écialré jnbsp;si cest du cóté gauche , cest aussidu cóté gauchenbsp;que Ie verre est trop épais ; pour vous en con-Yaincre , tous navez qua porter Ie doigt sur Ienbsp;¦Verre , et Fombre paraitra du même cóté sur Ienbsp;eerde lumineux; par cemoyeu vous connaitrcznbsp;precisément sur Ie verre Teudrolt Ie plus épais,nbsp;et vous aurez soin de ly marquer.
Vous coUerez, sur Ie cóté travaillé de votre '^erre , un morceau de papier; et, lorsquil seranbsp;, Yous marquerez ayee de Fcncre Fendroitnbsp;qui Sera Ie plus épais. Ensuite vous iravaillercznbsp;ie second cóté sur la forme du verre , de la
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niême manière que vous avez travaillé Ie premier j YOus appuierez un peu plus sur Ie cóte Ie plus épais, et vous examinerez, avec un compasnbsp;recourbé , sil ne devient pas plus miuce quenbsp;Ie cólé oppose. Lorsque les bords serout dunenbsp;égale épaisseur, vous lournerez de tnomens anbsp;autres Ie verre dans votre main , en iravaillantnbsp;toutautourde la forme ; vous la changerez aussinbsp;de tems en tems de cóté.Enfin, vous adoucireznbsp;votre verre avec les mêmes precautions quonnbsp;a prescrites pour Tautre cóté. Ensuite vousnbsp;collerez un papier bien nétoyé dans Ie bassin,nbsp;vous lunirez partout avec Ie petit verre , etnbsp;vous polirez votre objectif avec Ie tripoli.
Si votre verre est un peu mince relativement a sa grandeur, de peur quil ne plie , vouSnbsp;attacherez dessus un morceau de glace , pournbsp;faire Ie second cóté. Lorsque vous voudreznbsp;faire des verres de lo a i5 metres de foyer ,nbsp;il sera inutile de creuser Ia grande plaque avecnbsp;nu autre verre ; il suffira de travailler dabordnbsp;dessus avec votre verre objectif; la plaque senbsp;creusera sulïisammenl delle-méme en travail-lant. Vous donnerez au verre objectif 27 a 5/fnbsp;millimetres de plus quil nen faudra pour sonnbsp;ouverture.
Si vous voulez avoir des objeciifs dun foyer déterminé , vous prendrez un bassin de glace
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OU vous aurez fait un verre dun foyer qui vous oonviendra ¦ vous larrondirez exactemenl, etnbsp;vous y ferez un biseau dans un bassin de fer.nbsp;Vous Ie flonnerez a un foiideur pour fondrenbsp;*3n cuivre un bassin semblable a ce modèle.nbsp;En y iravaillant long-temps un morceau denbsp;Verre , il se perfeclionnera. Vous donnereznbsp;a vos bassins un tiers de diamètre de plusnbsp;quaux verres objeclifs , ou Ie double tout aunbsp;plus. Si vous voulez un objectif de 26 décim.nbsp;de fojer, il faut lui donner 54 a 'j5 inillim.nbsp;de diamètre , et a votre bassin environ g5 anbsp;108 millim. Si ce sont des verres de 65 anbsp;97 centini. de foyer, comme cest un diamètrenbsp;de 27 a 4o millim. qui leur convlent, il seranbsp;lion de donner Ie double , cest-a-dire 54 ou 81nbsp;®tilllm. au bassin. Les modèles se feront aussinbsp;avec un morceau de glace , et ensuiie on fondranbsp;en cuivre des bassins semblables.
Si les grands verres objectifs se travaillent en mème tems que leurs formes , il nen estnbsp;pas de même des verres oculaires et deslentilles.nbsp;Comme leuis formes sont beaucoup plus sujet-les a changer , elles doivent élre dune matièrenbsp;dure et qui puisse conserver sa figure ; il fautnbsp;done commencer par donner la iacon de lesnbsp;faire.
Eour faire ces formes , on prend un mor-
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ceau de plomb fondu , de la grandeur dont on veut faire Ie modèlej on Farronditet on Ie rondnbsp;plat des deux cótés , en lui laissant suffisam-ment dépaisseur pour la concavité de Ia forme j on attache ce morceau de plomb surnbsp;Ie tour; et , après avoir fait uii are de eerde dont Ie demi-diamètre soit semblable aunbsp;foyer des verres quon veut faire , on creusenbsp;Ie plomb jusqna ce que eet are sy appliquenbsp;égalenient partouf. Sil sagit de petites formesnbsp;de 27 a 40 millimetres , il faut leur donnernbsp;presque une demi - sphere : si elles sont plusnbsp;grandes , un tiers ou un quart de spherenbsp;sulïïra. II faut ensuite tourner un morceau denbsp;plomb convexe , semblable a la forme , en ynbsp;appliquant un are de eerde concave ; après quenbsp;ce plomb sera tourné, on 1atlachera a une mo-lette , ou Ie couvrira de gres mouillé , et ounbsp;Ie présentera au bassin monté sur son mandrin;nbsp;on fera mouvoir Ie tour , on conduira Ie plombnbsp;attaché a la molette , comme si Fon faisaitnbsp;un verre 3 et , en pen de tems , Fon auranbsp;une forme concave et une forme convexe , quinbsp;serviront de modèles pour en fondre de sem-blables en enivre. On pourrait encore , pournbsp;faire ces modèles , au lieu de plomb , se serviinbsp;de quelque pierre tendre , de craie , par exem-ple. Lorsquon aura les deux pieces en cuivre ,
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niontera Ia forme concave sur Ie tour et la fornie convexe sur une molette, et on les tra-vaillera dabord avec du gres, ensuile avec denbsp;1 énieril, de la même manière que les modèles ,nbsp;jusqua ce que les surfaces soient bien uniesnbsp;ct sadoucissentégalement , et lonaura deux for-*i^£!S en cuivre , Tune pour faire les verres con-Vexes, et 1auire pour faire les verres concaves.
11 faudraconstruire, daprès ces principes, des lgt;assins qui fassent partie de spheres dont lesnbsp;diamèires soient proportionnés aux foyers desnbsp;Verres quon veut avoir. Si Ton veut en avoirnbsp;de différens foyers, il faut avoir des bassins quinbsp;fassent partie de spheres de 27 , 4i , 54 , 81 ,nbsp;Ï08, 162 j 217 milllni. de diamètre. Lorsquounbsp;trouye pas un bassin propre a faire un verrenbsp;du foyer quon souhaite, on choisit deux bassins dlfïerens , et lon y trayaille chaque cóténbsp;du verre, ahn davoir un foyer approchaut d®nbsp;Celui quon veut.
Si lon connait exactement Ie diamètre de chacun des bassins, la regie de trois qui suitnbsp;dounerale foyer du verre quon y veut travalller:nbsp;la somme des deux diamètres des bassins est,nbsp;^ 1un des diamètres , comme lautre est a unnbsp;^'tatrième terme, qui sera Ie foyer cherché; parnbsp;cxeniple , si Ie diamètre de la sphere dont unnbsp;lgt;assinfait partie est de i5 millim. et demi, el s
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Ie diamèirede Ia sphere dont lautre tassin fait partie est de 27 millirn., Ia somme des deuXnbsp;diamètres sera de 40Rt demi; alors, on feranbsp;Cette proporlion : 40 1^2 ; i5 1/2 : : 27 oUnbsp;81 : 27 : : 27 est au fojer quon clierche : alorsnbsp;multipliant les deux mojens 27 et 27 lun parnbsp;lautre , et divisant leur produit 729 par lex-trême connu 81 , on aura pour quotient g, quinbsp;sera Ie nombre de millirn. du foyer du verre.
Pour les microscopes , on fera des bassins de gt;7,9, II millirn. de diamètre , en les tournantnbsp;sur un morceau de cuivre et sans se servir denbsp;modèle. Lorsque les bassins nauront que 2 a 4nbsp;millimetres de diamètre , on les fera en enfon-cant avec un coup de marteau , sur uiienbsp;plaquede cuivre assez épaisse, un morceau da-cier j auquel on aura donné par un bout unftnbsp;figure sphérique. Ce morceau dacier aura 54 ^nbsp;81 millirn. de longueur, et au milieu il ynbsp;aura une virole. Le bout, de figure sphérique,nbsp;sera posé sur le creux de la forme quon veutnbsp;achever; lauire bout, terminé en pointe, entreranbsp;dans un morceau de Ier creusé , que lon tien-dra dune main en appuyant, pendant que lautrenbsp;main, munie dunarchet,fera tourner la virole,nbsp;et en même tems le morceau dacier qui lanbsp;porte; lon inetlra de rémeril a plusieurs fois,nbsp;et lon continuera de travailler jusqua ce que lanbsp;forme soit finie. De toutes ces formes,il ne faudra
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^uen avoir deux qui soient semblables; encore ïien faudra-t-il quuue qui soit réguIièremeiiCnbsp;travailléej l'autre servlra a ébaucher les verresnbsp;sonir de la fonte. Si ces formes, propies anbsp;ébaucher 1ouvrage, étaient du métal dont onnbsp;fait les cloches , elles résisteraient da vantage.nbsp;Ce métal est compose de cinq parties de cuivronbsp;^lliées a une partie détain.
Quand on'jveul travailler les verres oculalres faut choisir un morceau de glace qui ait unenbsp;^paisseurconvenable au verre quon veut faii'e,nbsp;et oil, sil est possible , il ne se trouve ni pointsnbsp;tii aulres défauts on lui donne un diamètrenbsp;suffisant^onlaUaclie surxmemolelte très-basse,nbsp;, si lon peut sen passer , cela nen sera quenbsp;plus avantageux : ensuite on Ie travaillera dans Ienbsp;f^assin a ébaucher. Afin daller plus vlte, on pour-ia avoir un tuyau de fer blanc de la grosseur denbsp;la molette , quon y fera entrer par un bout anbsp;lautre bout sera attaché un morceau de boisnbsp;terrniné par une pointe de fer j on fera entrernbsp;uette pointe dans un bout deluyau, dont Ie fondnbsp;sera aussi lerminé par une pointe quon tiendranbsp;dune main, tandis que, de lautre on fera tour-ïter avec un archet Ie tuY^ui, et par conséquent lanbsp;Violette qui sy trouve attachéej ou mettra parnbsp;pWeursfoisdu gres nouveau dans Ie bassin, ec
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Alors, après lavoir óté du tuyau , on Ie tra-vaillerai a la main , dans Ie bassin qui est régulier, avec du gres tamisé, jusquace quil aitnbsp;pris la forme du bassin j on lavera ie verre ,nbsp;et avec Ie doigt on ótera Ie gros gres qui seranbsp;sur Ie bord, et 1on conlinuera a Tadoucir avecnbsp;Ie raême gres, jusqua ce que tous les trousnbsp;du gres soient efiacés. On lavera encore Ie verre,nbsp;pour óter tout ce qui pourrait Ie rayer, et onnbsp;1achevera avec Ie même gres usé , jusqua cenbsp;quil soit réduit en poudre impalpable : maisnbsp;surtout il ne faut pas épargner Ie tems a Ie biennbsp;adoucir 3 car il en sera plutót poli et par conséquent meilleur. Lorsque Ie verre sera très-pelit , on pourra Ie faire a larchet 3 mais il nenbsp;sera pas si parfait qua la main.
Le défaut de tous les oculaires communs est de nêtre pas polis dans leurs bassins ; on lesnbsp;polk sur un morceau de feutre avec de la potéenbsp;rouge, OU sur un morceau de buffle avec de lanbsp;potée détainmouülée 3 or, comment un tel verrenbsp;pourraii-il être bon? 11 faudrait que toutes seSnbsp;parties se polissent en même tems et cgalement,nbsp;au lieu quon les politlesunes après les autres,nbsp;quelles portent iuégalement sur le polissoir, etnbsp;que par conséquent elJes ne peuvent formernbsp;quuue figure irréguliere.
Lorsquon veut avoir un bon oculaire, il faut
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prendre un morceau de papier bien nétojé , Ie ^écouper demanière quenle présentant dans tenbsp;i^assin il Ie couvre enlièrement, et quen méngt;enbsp;^^nis les bords du papier déeoupé ne sélè-¦vent point les uns sur les autres , mais quils senbsp;joignent seulement. On collera ce papier dansnbsp;Ie bassin j el, lorsquil sera sec , on prendra unnbsp;Verre travaillé avec du gros gres dans ce mêmenbsp;liassin , on usera Ie papier avec ce verre rudenbsp;afin que sa surface soit égale : ensuite on Ie cou-Vrira de tripoli; on meltra Ie bassin sur Ie tour nbsp;et, y appliquant avec la main Ie verre attachénbsp;Sur sa molette , en peu de teras il sera poli-,nbsp;il aura conserve la régularité de sa forme.
Si lon voulait Ie polir sans se servir du tour, 1on collerait dans Ie bassin une bande de pa-pier déeoupé des deux cótés, quon rendraitnbsp;bien égale aumoyen dun verre brutCj et,aprèsnbsp;y avoir mis du tripoli, lon polirait Ie verre ennbsp;Ie conduisant en long sur la bande de papier.
Lorsquon aura travaillé Ie premier coié dn verre, , ou mettra ce verre entre les doigts etnbsp;Ie pouce de Ja main gauche , de manière quenbsp;la molette pose par 1autre bout dans Ie creuxnbsp;*le la main 5 on donnera un petit coup de mailletnbsp;sur la molette prés du verre ^ et il se détachera.nbsp;Eusuite OU Tarrêtera par lautre cóté sur lanbsp;^oleue,£t on Ic iravaillera de la même manière,.
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Telle esl la mélhode quil faul suivre pour tra-
vailler et polir les oculaires en conservant leur
figure.
Si lon veut agir dune manière très-expédi-tive , on naura qua mettre , dans un bassin un peu plus grand que celui oü Ton aura tra-vaillé Ie verre, un niorceau de feutre de chapeau , couvei t de'polée rouge ou de potée de-tain mouillée , et Ie tenir arrèté dune main ,nbsp;landis que de 1autre on j polira Ie verre, en ap-puyant fortement et en Ie faisant circuJer surnbsp;lui-même : cela suffiia pour avoir, en peu denbsp;tems , un verre bien poli.
Lorsqnil sagit de pelites lentilles , il faut pétrir un peu de papier , y imprimer la figurenbsp;de la lentille ¦, et, lorsquil sera sec , y meltrenbsp;du tripoli, et y polir la lentille a la main onnbsp;mème a larchet.
Lorsquelles seront très-peiites, on en impri-mera la figure dans un morceau de carton , et on les polira avecdu tripoli , ou bien dansunnbsp;morceau|de bois blanc avec de la potée dciainnbsp;mouillée.
Nous finirons Tai ticle sur les verres oculaire» par uue observation importante. Cest que , sinbsp;Ton veut que ces sortes de verres ne se colorentnbsp;pas , il ne faut leur donner douverture quenviron la douzième pariic de la sphere a laquell®
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lis appartiennent. Ainsi, comme les bords ne peuvent pas servir , leur diamètre sera en-''iron la neuvième partie de cette même sphere.nbsp;I^assoiis maintenant a la mauière de travaillernbsp;les verres concaves.
En donnant la manière de faire les formes Concaves , nous avons donné celle de faire lesnbsp;Ibrnies convexes. II faut encore avoir trois anbsp;quatre boules de fer de différens diamètres ,nbsp;Comme de i5 , 27 et /^i millim. , au traversnbsp;desquelles passera une tige de fer, oü seranbsp;attachée une virole. Cetie tige de fer sera ter-minée en pointe par les deux bouts , el tour-nera dans deux petits irous falts a deux supports de fer attachés a une table ou a unnbsp;Dtur : ensuite on mouilJe Tune de ces boulesnbsp;de fer, on la couvre de gres , et, la faisantnbsp;fourner avec larchet au mojen de la virole ,nbsp;On y présente Ie verre quon veut creuser, attaché a une molette. Lorsqu11 est suffisammentnbsp;creusé, onie travaille avec Ie gres sur la formenbsp;convexe quon a choisie , de la même manièrenbsp;quon Ie fait pour Ie verre oculaire. Lorsquilnbsp;est blen adouci, après avoir lavé Ic verre et lanbsp;forme , on y cole une petite bande de papiernbsp;nétoyé que Ion couvre de tripoli , et on ynbsp;polit Ie verre , en Ie conduisant en long, com-me On a vu que se pollssaient les grands verres.
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On pourrait encore, au liou de papier, coller sur la lorme un morceau détoffe de laine très-fioe, Ou un morceau de toile un peu élimée,nbsp;et. y polir Ie veire avec de la polée délain ounbsp;de la polée rouge , telle c[ue celle quon em-ploie dans les manufactures des glacés j maïsnbsp;on dolt préférer Ie papier, ensuite Ie tripoli.
Je lermineiai ce chapiire en donnant Ie inoyen de faire très-promptement des lentillesnbsp;de microscopes dun demi, dun et mème denbsp;deu-x millimetres de foyer. Pour y parvenir ,nbsp;il faut rompre de la glace en petites parties ,nbsp;mouiller la pointe dune aiguille , et en en-lever un petit morceau , que lon approchenbsp;peu a peu de la flamme dune lampe : cetienbsp;flamme , quoii soufflé avec un chalumeau denbsp;culvre rccourbé, sanime jusqua fondre lanbsp;glacé, qulprend dans lemerae instantune figurenbsp;spliérique. 11 se trouve de ces lentilles qui sontnbsp;excel lentes.
II faut enfermer ces lentilles entre deux plaques de plomb très-minces , percées avec une cpingle , en mettant vis-a-vis les trous les en-droils les plus parfaits de la lentille.
Tout ce que nous venons de dire sur lar.t de fondre, douclr et polir les miroirs de telescopes,nbsp;nest que pour les amateurs qui veulent con-feciionuer eux-mémes ces sortes d instrumens*
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Jose epérer que les artistes ne me sauront mauvais gré de donner des conseils a cesnbsp;amateurs estimables , qui, maitres de leur temsnbsp;duiie fortune considerable , emploienl celle-a les élablir eux-mêmes , et profitent denbsp;ceiui-la pour perfeclionner les instrumens , etnbsp;donner a ceux qui les font dexcellens conseils.nbsp;On sait que Ie savant Rochon, membre de lIns-titut , a rendu des services importans auxnbsp;sciences , aux savans , et surtout aux opticiens.nbsp;Cest a laide de sa haute experience quil a in-Venté et perfectionné un grand nombre dins-trumens : nous parlerons dans la suite des plusnbsp;iinportans.
En parlant de la manière de polir les miroirs de telescopes , nous avons indiqué pour eetnbsp;usage du papier très-fin ; niais ce nest pas lanbsp;1 unique facon quon puisse employer. Nousnbsp;polissons aussi sur de la soie , fixée sur la foi'ine,nbsp;® 1 aide dune très-légère couebe de térébenlhi-ne , cn nous servant de potee détain mouiliée ;nbsp;nous eniployons aussi de la polx très-fine , surnbsp;laquelle nous polissons avec la potée dont onnbsp;¦vient de parler.
Ce nest que pour lamusement de ces meines ^niateurs que nous avons donné la manière sinbsp;P^Oftipte de fabriquer les lentilles , en les fon-a la bougie : car, sil sagissait dinsirii-
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mens soignés , ces sortes de lentilles ne pour-raicnt leur convenir. 11 est vrai que, dans nos ateliers, nous fabriquons a la fois plusieurs denbsp;nos oculaires et de nos lentilles; mais il nousnbsp;arrive aussi den raettre quelques-uns au rebut ,nbsp;paree que Ie mastic qui sert a les fixer sé-ebauffe quelquefois dune manlère inégale.
CHAPITRE VIII.
Des foyers des verres.
Le foyer des verres, dont les deux faces ont la mêmeconvexilG, se trouve, comme on la ditnbsp;précédemment, au-dela du centre de courbure,nbsp;et a une distance égale au diamètre de cetienbsp;courbure.
Plus ce foyer est éloigné , moins les rayons sont deranges de leur parallélisnie ; a mesurenbsp;quil se rapproche , les rayons différent davan-tage de ce parallélisme , et il en résulte, dansnbsp;les verres convexes , des images de plus enjplusnbsp;grossies; et, dans les veries concaves, des imagesnbsp;de plus en plus diminuées.
On se rendra bien aisément compte de ce pbénomène, enfaisant attention que la grandeurnbsp;apparenie dun objet se juge , toules ebosesnbsp;égules dailleurs , par Tangle que forment lesnbsp;rayons visuels qui partent des deux extréiniiés.
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Solent par exeniple en face de roeil O, (A- 14). un flacon 1'^ de 2 décimèires de haut,
^ Une distance dun itictre , im homine H de 16 a une distance de 8 metres , et un arbrenbsp;A de ï20 décim. a une distance de 60 metres ,nbsp;est évident que ces objets, qui sont dans lanbsp;^ieection des cótés dun menie angle, se eouvri-^ont exactement, et auroiil par conséquent Ianbsp;^uênie hauteur apparente. Gene sera que Thabi-^'ide et la comparaison des objets envlronnansnbsp;^üi feront juger de leurs grandeurs rcellcs.
Done toules les fois quun verre doptique ï'ï^bactera les rayons, il fera parailre les objetsnbsp;plus grands en proportion du plus grand écar-teniem de ces rayons. Le verre convexe Vv ,nbsp;i5), au lieu de la grandeur Hh de Phommenbsp;placé en H , présentera la grandeur H h pro-poruorinée a la plus grande convergence desnbsp;ïayons O R , O r ; et, comme nous avonsnbsp;1 liabitude de juger de la distance dun hommenbsp;paria grandeur réelle que nous luiconnaissons,nbsp;nous croirons que, puisquil nous parait plusnbsp;S^and , c'est est rapproché de nous a lanbsp;distance OK, oiia la vue simple il aurait ceilenbsp;grandeur apparente K k.
Cet exemple peut suflire pour donner une idée de tous les effets des verres de lunettes ,nbsp;soit conunegrossissant, soit comme rapprocliantnbsp;objets, tant dans les loupes et les luneite«
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simples , que dans les lunettes coinposties ds
plusieurs verres et dans les microscopes.
Leflet inverse, produit par les verres concaves^ fait paraiire les objets plus petils, et par consé*nbsp;quent plus éloignés.
Mais , dans lun et lautre cas , il se produit un autre phénomènej cest que , lobjet nétancnbsp;toujours éclairé que par la menie quanlité damp;nbsp;lumière , lapparence ne peut en être augmentéenbsp;sans quil y ail moins de lumière sur cbaquenbsp;partie aussi les objcls paraissenl-ils moinsnbsp;brillans quaprès la vue simple dans les verresnbsp;convexes , et plus brillans. dans les verres concaves.
Ccst-laun des grands obstacles auperfection-nement des lunettes composées , puisque , sanamp; parler de la perte de lumière quéprouventnbsp;nécessairement les rayons en traversant plusieursnbsp;veiTes, il suffit damplifier , cest-a-dire, daug-raenter 12 a i5 fois lapparence diin objet pournbsp;Ie rendre i2fois 12 fois, ou 15 fois i5 fois moinSnbsp;brillant- sans cela il ny aurait pas de bornes anbsp;la combinaison des verres , et on pourrait ennbsp;preparer qui, grossissant 40,000 fois , feraientnbsp;dislinguer des êtres de la grandeur dun hoiaimsnbsp;dans la lune, si en mème tems on ne rendaitnbsp;lobjet 40,000 fois 40,000 OU 1600 millions danbsp;fois plus obscur.
11 laui cependant convenirque la degradation
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de la lumière nest pas aussi considerable que semblerait lannoncer ce calcul, paree que , lesnbsp;'erres étant plus grands que Iceil, ils rassem-une plus grande quanlité de rayons lu-ïtiineux j de plus, celte déperdilion est daulantnbsp;*iioindre que Ie veiu-e est plus pur, ce qui est
principal avantage des verres en flint -glass en caillou de Brésil.
Revenons-en au simple efïet de Tagrandisse-^ent des angles par les verres convexes.
Les moins convexes des verres quon emploie comnie lunettes, sontde 80,pouces ou 217 cen-dni. de foyer ce sont celles quon dolt appelernbsp;Premières conserves , et qui sont destinées anbsp;Lorriger la très-petite déperdilion de facuUésnbsp;que 1oeil éprouve.
^iennent ensuite les verres de 72 ^ 60,48, 36, 6t So pouces Ou 1949 , 1624 5 1^99 » 97^ etnbsp;812 miliini. de foyers , qui portent encore Ienbsp;norn de conserves , paree que leur effét gros-sissant est peu sensible , et quon les emploienbsp;plutót conime moyen conservaieur que commenbsp;secours necessaire. Les personnes qui sen serventnbsp;pourraient, k la rigueur, sen passer, et lire ounbsp;®crire, surtout a un jour ordinaire, sans une tropnbsp;grande fatigue.
Lest a 24 pOuces ou 65 centim. de foyer qu on peul déterminer le'premier degré des lu-^eties proprement diles , quoique , pour flatter
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LE conservateur
iiii resie damour-propre , on les regarde encore comme des conserves.
Au-dessus de ce fojer, cesl a-peu-près de 3 pouces en 3 pouces , on de 54 en 54 millim. ,nbsp;quon dispose les lunettes, qui sont aiors de 24»nbsp;22 , 20 , 18, 16, 14 et 12 pouces , ou de 65o ,nbsp;596,542 , 487 , 455 5 879 et 525 millim.
Mais ensuite, cest de pouce en pouce, de-puis II jusqua 6 , ou de 27 en 27 millim. , depuis 298 jusqu a 162; enfin de demi-poucenbsp;en demi-poucc , jusqua 4 et mème 3 pouces etnbsp;demi , ou de i3 en i5 millim, , jusqua 108 etnbsp;mème g5 ; ce qui forme en tout 21 a 22 forcesnbsp;de verres usuels , sans parler de ceux qui sontnbsp;destines aux yeux opérés de cataractes , et dontnbsp;lesquot; foyers sont encore plus courts.
Dans les lunettes concaves, on gradue de même les verres j on doune 80 pouces ou 217nbsp;centim. aux vues a peine aitaquées de myopie,nbsp;qui, par lusage même de ces lunettes, autantnbsp;que par Ie pi ogrbs de lage , se rélabllssenl dansnbsp;lctat naturel de la vision.
Les foyers plus courts se proporllonnent a lctat de loeil, et ii faut remarquer qud nen estnbsp;pas des vues courtes comme des vues longues :nbsp;pour celles-ci, a moins de phénomènes asseznbsp;rares j les foyers out bcsoin detre diminués a
DE LA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;175
uiesure que 1on avance en age, landis que , dans les vues courtes, lage demande des foyersnbsp;plus en plus longs, ce qui depend , commenbsp;1® 1ai déja fait pressentir , de rapplalissementnbsp;®^quel loeil est sujet pendant loute la duréenbsp;la vie.
ïndépendamment de la longueur du foyer , est encore essentiel, pour la vision parfaite,nbsp;dobse rver la distance a laquelleles lunettes sontnbsp;placées en avant desyeux; celte distance variantnbsp;deg a 17 millimetres, ou denviron 4^8 lignes,nbsp;On fait en même lems varier le grossissementnbsp;de la lunette. Dailleurs, places trop pres denbsp;^ ^il, les verres ne lui servent plus que parnbsp;points qui environnenl le centre , eilous lesnbsp;^^yons , qui frappent sur le tour du verre ^ ounbsp;sontperdus, ou ne donnentque des penombresnbsp;ïtial formées.
Uien nest plus aisé , au milieu dun magasin bien assort! y que de cboisir le foyer le plusnbsp;convenable. II esl plus difficile de faire par ecritnbsp;la. demande des verres dont on a besoin : tousnbsp;les individus ne sont point accoutumes a meltrenbsp;^ne assez grande piécision dans leurs observa-dons pour eclairer ropticien.nbsp;d)ti pourra cependant annoncer a quellenbsp;istauce de Ioeil il laut reculer le papier,nbsp;Potir lire le plus facilement possible, soit avecles
-ocr page 212-LE CONSERVATEUR yeux , soit avec des lunettes , pourvu quoflnbsp;puisse compter surlevéiliable loyei- de celles-ci.
Ces données suffiront au moins pour un premier choix approximatif j et il ne faudrait pluS quindiquer si les lunettes envoyées obligentnbsp;a lire de trop loin ou de trop pres , pour niettrenbsp;lopticien a portee denchoisir dexactes.
II sera bon , dans ces indications, de designer Ie livre sur lequel on se sera essayé a lire , ennbsp;prenant de preference des ouvrages connus ,nbsp;tels que TEncyclopédie, Ie Voltaire de Beaumarchais, etc. j et, a défaut dinstrumens biennbsp;dlvisés pour évaluer Iintervalle , envoyer unnbsp;bout de lil, dont on se sera servi pour determiner la distance de loeil au livre.
Enfin, pour compléter lopération , il faudra la répéter ensuite isolément sur chacun desnbsp;yeux, dont nous avons vu que très-souvent lanbsp;force est ioégale.
CHAPITRE IX.
Je ne parle plus ici slmplement des verres dont la fabrication a légèrement teint la substance j il sagii des verres iéellement colorés ennbsp;Yert j en bleu et en jaune.
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ïja couleur , quelle quelle soit , üe cliauge tien a 1effet optique , quant a la grandeur desnbsp;^.ogles, et par conséquent au choix du lojerjnbsp;ne peut étre considérée que conime un.nbsp;CQrrectif, dont peuvent avoir besoin des yeuxnbsp;sensibles a la clarté du jour.
Ainsi, avecune vue bien proportionnée, dans laquelle la refraction sopère régulièremcnt, etnbsp;pnr conséquent il aurait du danger anbsp;contrarie! par lusage des foyers plus ou moinsnbsp;courts, il peut étre bon de se servir de verresnbsp;plans de couleur.
On voit mêine , par une prétention ridicule ^ suivre la mode , des personnes .sarmer denbsp;loneties planes en verres blancs : cestun grandnbsp;l, puisque , quelque parfaits que soieutcesnbsp;quot;'^crres , ils ne peuvent étre sans quelques-unesnbsp;ces imperfections qui contrarient les rayonsnbsp;visuels, et qui par cela seul fatigueut lorgane :nbsp;cette folie doit étre blaiiiée ; tandis quon peutnbsp;conseillei' aux vues trop irritables des verresnbsp;blancs colorés, qui interceptent la trop grandenbsp;quanllté de rayons dont Iceil serait offensé.
Le choix de la couleur est a-peu-piès facul-j le jaune est le moins employé , paree il semble pluiót produire des elfets rayoii-, que lempcrer la lumière.
Le bleu pale est une couleur plus favorable j
lU
-ocr page 214-5-78 nbsp;nbsp;nbsp;IE CoN S Eïl VATEUS.
eest celle que Ie reflei clun beau del, la clai'të gileiicieuse de la lune, donnent a tout lhorizonnbsp;dans labsence du soleil. Les yeux qui sen ser-venlsont , pourainsi dire , ral'raii bis, el éprou-vent irès-peu de contrastc lorsquiis quitlent lanbsp;lunette ainsi colorée.
Mals cesl surtout Ie vet l qui, par sa nature , serable ie plus ami de la vue : cesl la couleurnbsp;dont la nature eatière se pare dans ses beauxnbsp;jours, et sur laquelle loeil se repose avec pinsnbsp;de piaisir j aussi les lunettes verles sont-dlesnbsp;les plus employees : elles sont mêine nécessaires, comme nous 1avons dit , dans lesnbsp;voyages , au milieu de sables ardens ou duuenbsp;neige éclaiauie.
Cest pour faire jouir de ces tempérarnens salutaires aux yeux de différenies forces , quenbsp;Ton dispose des lunettes de différens foyers ,nbsp;avec les verres de couleur ¦ mais , commenbsp;beaucoup de personnes nen éprouvent Ie besoinnbsp;que dans un jour trop vif, il est plus ordinairenbsp;dempioyer des lunettes en verre blanc du foyernbsp;qui leur convient, el dy adapter , pour accessoires , les verres colorés, ainsi que nous Ienbsp;verrons dans nn des cliapitres suivans.
Le choix des leintes variant a Iinfinl, il est de la prudence de loplicien dcn faire fairenbsp;lessai aux personnes qui veulent scn servir,
-ocr page 215-ï) E L A V U E. nbsp;nbsp;nbsp;ï 9
manière a ne donnsr a cbacune que Ie juste lt;iegrc de ti-aiisparence qui lui coavient.
CH API THE X.
ïnconvéniens des lunettes défectueuses.
Je ne puis ici que récapituler a-pcu-près ce qui est disséminé dans les précédens chapitres jnbsp;mais il ma seinblé essentiel de Ie faire , pournbsp;eloigner les reproches trop fiéquens que Tonnbsp;fait en general aux opticiens , sans penser quilnbsp;serail juste de ne les adresser qu'aux raarchandsnbsp;de lunettes qui usurpent ce noin.
La personne qui a placé sa confiance en des liommes vrainienl instruits dans 1optique , nanbsp;pas besoin davis , puisquelle ne recoit que djtónbsp;lunettes bien proporiionnées a létat de sesnbsp;yeux. Mais, comme ces véritables opticiens nenbsp;se irouvent malheureusement pas en beaucoupnbsp;dendroits ^ que , mème dans les plus grandesnbsp;villes , ils soul bien moins nombreux que lesnbsp;fabi'icans a la grosse j que dailleurs , il fautnbsp;Ie dire , Ie prix de leurs lunettes , proper-*tonné aux soius quils j apportent, en éloigne
-ocr page 216-iSo heaucoup dacqucreurs j Oii iie sauraii tfop senbsp;reiidre compte des priacipaux iacouvcuiens quenbsp;peuvent présenter les lunettes communes.
[O Irréaularité de courburc : doü résultent des rélraciions imparfaites , irès-faligantes, ctnbsp;même très-nuisibles a la vue , noii-seulemeutnbsp;en ce quelles portent les rajons paitis dunbsp;même ohjet sur dilTérens points de la réline ,nbsp;et par conséquent produiseut des images confuses , mais encore paree que , sil élalt possiblenbsp;que 1oeii sc faconnat a cetle vision imparfaite ,nbsp;il souflrirait toutes les fois que, voulant regardernbsp;sans lunettes, il recevrait des rayons réguliers.nbsp;Dailleurs , Ie moindre dérangement du verrenbsp;dans sa inonlure reporlerait aussltót dun pointnbsp;a lautre toute Iirrégularité, laiulisque, dans Jenbsp;verre absoiument sphérique , ce dérangementnbsp;est absolument indifférent , pulsque toutes lesnbsp;courbures sont pareilles.
Lirrégulariié de courburc tlent souvent), dans les verres convexes, a ce c[ue leur plus grandenbsp;convexllé ucsi pas exactement au centre j ilnbsp;lienl encore a ce que Tune et lautre de scsnbsp;faces nont pas la même convexiié : inconvé-nient qui deviendr dt encore plus grand , si cesnbsp;deux convcxltés , fussent-ellcs égales, uavaientnbsp;pas leurs deux sommets dans Ie même axe.
2° InégaUté des foyers. Je ne parie que des
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jeux égaiix , qui par conséquent ont besDlu de refractions semblables ; ce qnl ne peut senbsp;trouvQi dans des verres donnés au hasard , etnbsp;dont quelquefois les foyers différent de plu si eursnbsp;pouces , tout en poriant Ie mème numero. Lu-sage de ces lunettes finirait par rendre cffecd-vement dissembiablcs des yeux qui ne Ie seraicntnbsp;P^s-,
Cest sur-lout lorsquun des verres de lo-. nettes a besoiu detre rempiacé , quil est essen-licl de Ie faire dans un magasin assorii de tonsnbsp;les lojers réguliers , et de bien observer lanbsp;portee de celui que lon substitue a lancien.
Daprès ce rpie nous avons dit, cette égaülé de foyer se reconnailra , en recevant les rayonsnbsp;du süleilel sur Ie verre que lon a conserve etnbsp;sur celui que lon veul assortir. Le point lumi-xteux des rayons du soleil réunis doit ètre exac-^nbsp;tcraent ala même distance pour lun coinme poucnbsp;1autre..
Un opticien , qui connait soit art , na besQin que duii fragment de lancien verre , pournbsp;éyaluer le foyer du verre reinplacant.j el ,,silnbsp;sapercoit que la conrbure est irréguliere , ilnbsp;conseille a la persoime de. reprendre deux verresnbsp;réguliers plutöt que de sen, lenir lt;a celui quinbsp;lui veste , avec la ceriitude davoir toujou.rsnbsp;des lunettes dqfecluqus.es..
-ocr page 218-i83 nbsp;nbsp;nbsp;tE CON.SERVATBUR
3 Inégalité dc ieinte. II en esl absolument de même que pour linégalité des 'oyers. Lenbsp;plus petit fragment du verre a remplacer saffitnbsp;pour connaitre la teinte que présentait lanciennbsp;¦verre; et Ton sent combien il est essenliel quenbsp;des images destinées a ne présenter quune seulenbsp;impression aux nerls optiques, ne leur arriventnbsp;pas par des transparences diifércotes 1une denbsp;Fautre.
4quot; Disproportion du foyer. Tout foyer , mat ehoisi par rapport ii la vue, la fatigue beaucoupnbsp;plus quil ne lui sert ¦ on ne saurait apporternbsp;irop dattention a saisir ce qui convient a 1ceiLnbsp;Souvent on se presse trop de prendre des lunettes:nbsp;iai éloigné beaucoup de personnes de cettenbsp;precipitation , en leur faisant remarquer quavecnbsp;les plus faibles conserves , elles ne pourraientnbsp;lire quen approchant outre mesure le papiernbsp;de leurs yeux.
Cest par un exces contraire que dautres iuttent long-tems contre les premiers atfaiblis-semens de 1organe, et, plulót que de prendrenbsp;des lunettes, causent aux muscles de Fceil unenbsp;contraction dautant plus facheuse , que jainbsp;plus dune fois reconnu IimpossibiJité de trouvernbsp;ensuite des lunettes qui pussent rétablir la visionnbsp;distraite.
En rnême-tems , comme je conseillerai de ne
DE LA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;ï8Si
pas Balarjcer a prendre , a chaqne portee de fojer que lage amène , celui qui eonvient Ienbsp;ïïiieux, iengagerai ane pointse hater de changernbsp;de foyer, avant que lon nen sente Ie veritablenbsp;besoin : alors il sera prudent dy arriverprogres-siveraent ^ en ne se servant, dans les commen-cemens , du foyer ie plus fort que Ie soir , ounbsp;pour des ouvrages qui exigent Ia plus grandenbsp;tension de loeil.
Jen reviendrai toujours a donner , pour mesure de ces besoins de loeil , la distance de 12 a i5 pouces, ou de Sa a 41 ceniim., a laqucllenbsp;on doit lire habituellement. Les lunettes sontnbsp;trop faibles , si on a besoin de séloigner a 16,nbsp;i8 ou 20 pouces OU 4^ , 4g ou 54 centim. : ellesnbsp;sont trop fortes, si elles obligent de sopprochcrnbsp;a 8 OU 10 pouces ou a 22 ou 27 centimetres.
S°Faux écartement des verres. Laxe de chaque verre devant correspondre a laxe dc loeil , ilnbsp;®st essentiel den proportionner récariement anbsp;celui des-deux yeux, qui nesl pas exaciemenl Ienbsp;menie dans tousles individusjsans quoilesdeuxnbsp;axes des yeuxconlracteraieiit un rapprocliemenfcnbsp;OU un écartement qui les feraient loueber.
Impej^ection même des verres , so\X. par les filamens etles bouillons dont ils peuvent êtrenbsp;templis, soit par les mauvaises teinles dont ilsnbsp;penvent êire coloréssoit par Ie défaut de vitri-
-ocr page 220-r84 nbsp;nbsp;nbsp;I-E CONSERVATEUR
fïcation qui les rend trop siisceptibles de recevoir rhuinidiié de 1air : imperfeciions qui toutesnbsp;sont trop contraires aux efFets de la réfraetion,nbsp;pour les ncgUger sans les plus graves incon-véniensi.
Lespluslégèrosde ces imperfections sufliraient pour fatiguer loeil. Combien ne doit-on donenbsp;pas sétonner quavec tant de motifs de ménagernbsp;un organe a la fois si important et si dclicat,nbsp;il y ait si pen de personnes qui y fassent attention ! Le modique intérèt dun prix un peu plusnbsp;bas livre les yeux a la reunion de ces imperfections, sans pensetquensuite les plus grandesnbsp;dépenses ne pourront rétablir ce quils aurontnbsp;perdu.
Sans doute Toplicien , jaloux de remplir ses devoirs , est oblige de tenir ses prix de fabriquenbsp;plus élevés; il sesertde substances plus choisies,nbsp;douvriers.plus exercésj il exige deux un travailnbsp;plus soigné , plus long^ il leur fait recommencernbsp;ce qui na pas atieint la perfection nécessaire ;nbsp;il a des ateliers plus chers , des avances plusnbsp;considerables, des magasins plus assorlis , etnbsp;par conséquent des rentrees plus longues. IInbsp;lui est done impossible dabaissèr son prix anbsp;celui tin journalier , qui débile a mesure quilnbsp;fabiique , et qui ne rebuie nl ne perfectionaiQnbsp;iaiuais rien.
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Si , dans les arts de luxe , on regarde si peu ^ la dépense des objets absolument de fantaisie,nbsp;pourquol balancerait-on a apprécier ce quenbsp;¦valeut des travaux qui tiennent de si pres auxnbsp;premières jouissances , et dont on a un sinbsp;grand inlérêt a chercher la perfection? Cette perfection nest ni idéale ni douleusej elle est positive. Les objets de comparaisoa sont a cote j et,nbsp;indépendamment de la reputation de 1opticiennbsp;auquel on sadresse , on pent devant lui-memenbsp;reconnaitre, calculer, le coinpas a!amain,lexac-^nbsp;litude de ses instrumens. Celait pour ramenernbsp;1attention publique sur Timportance de cesnbsp;précaulions conservatrices de la vue , que je (is.nbsp;msérer dans les journaux , en 1807 , unenbsp;leitre qui sc iruuvera a la suite de cet ouvrage,nbsp;dont elle annoncait des-lors le projet.
CHAPITRE XL Des Monocles et des Binocles,
On donne les noms de monocles ei de binocles ces lunettes a un ou deux verres , qui senbsp;tiennent a la main, et quon approche de Ioeilnbsp;au i^aoment de sen serv'r.
-ocr page 222-ï86 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
Tout ceque nous avons dit sur la fabrication ^ Ie fojer et Ie choix des verres, sapplique a cesnbsp;instrumens, qui sont preféres par les personnesnbsp;dont la vue na besoin que detre aidée momen-tanément.
Ilfaut evilerde senservirhabiluellementpour lire OU pour écrire; car , comme nous avonsnbsp;vu la nécessité de placer Ie centre des verresnbsp;en face des jeux , il est évident que Ie seulnbsp;baltement du poulx suffisant pour déranger Ienbsp;placement, loeil ne recoit qjue des rayons va-eillans et correspondans a différens points dunbsp;verre: ce qui Ie fatigue duue maniëre irès-dé-sagréable. II serait done a souhaiter que lesnbsp;Horlogers et les Graveurs , qui se servent denbsp;loupes , quon peut regarder comme de tres-forts monocles, fixassent ces loupes a leurs fronts,,nbsp;au lieu dy venir appliquer leur oeil, saus cirenbsp;surs de conserver constamment Ie mème axenbsp;de vision.
De mème les personnes qui, repugnant a lusage des lunettes , se servent dun Irès-lai-genbsp;verre convexe pour lire , ont a craindre lesnbsp;refractions inégales , qua chaque mouvementnbsp;de Tune ou de lautre de leurs mains, produisentnbsp;les différens points du verre^
IXous lavons déjn trop répóté, lorgane de la \ue est Ie plus délicat de lous; son importauc®.
delavue. nbsp;nbsp;nbsp;187
doit faire néglJger aucun des ménagemens il a besoin.
Ces monocles et ces binocles se garnissent de ^ci'ies concaves ou convexes, suivant les vuesnbsp;^'^xquelies ils sont destines , et se inonient ennbsp;ecaille , en nacre, en argent ou en or, soit anbsp;simple pivot, soit a ressort, soit a repoussoir.nbsp;Les monocles peuvent aussi être disposés pournbsp;^l^re portés en bague ou en collier.
CHAPITRE XIL Montures des Lunettes.
Les lunettes simples , dites lunettes d nez, ïüontées en cuir, en écaille , en argent ou ennbsp;or, ne sont plus guère en usage que pour lesnbsp;personnes qui en avaient contracté lhabitudenbsp;»vant 1inveniion des nouvelles montures.
Elles ont Ie désagrémenl de gêner la respiration , de marquer Ie nez, de s'en échapper ^Isément, et sur-tout de ne pas se placer aussinbsp;^onsiamment quil Ie faudrait pour la vraie distance du foyer.
.¦);i
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LE GONSERVATEUR
chères j mais rhumidité ou la séciiercsse löS détériore, et souvent laisse tombe» Ie verre ;nbsp;dailleurs , étant sujettes a se cambrer, elles de*nbsp;iangcnt laxe de vision. On avait daborcl iro^^'nbsp;giné de suspendre les lunettes a une branche,nbsp;qui se passait sous les cheveux du front; rnais cesnbsp;lunettes dérangeaieiu les anciennes coëffures, etnbsp;ellesne seraientplus applicables aux nouvelles-
Les premières lunettes a branches ont étc faltes a branches simples ; cest cc que loRnbsp;appelle lunettes a tempes : elles ne servent- phisnbsp;guères quaux dames, dont les au tres monturesnbsp;dérangeraient Ta coëlfure: on a reconnu quellei^nbsp;serraient trop les tempes.
Cest ce qui a fait étabbr des lunettes en écaiH®' a branches fourchues, garnies de velours , quinbsp;par leur légèrcté et leur élaslicité nout aucuonbsp;de ces inconvéniens. Seulement leur prixnbsp;leur fragilité ne les meUent pas a la portee denbsp;lout Ie monde.
Les lunettes qui sont actuellëmenl Ie ph^ en usage, sont les lunettes a doubles branches gt;nbsp;soit a charnières , soit a pivot, soit a coulisse 'nbsp;on en fait egalement en acier , en ecaille, ennbsp;argent ou en or; les pivots pei'ineiient a hnbsp;double branche dnse replier derrière les oreilL®nbsp;et pour les hommes de ne point gener sous I®nbsp;chapeau.
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Cesi a ces lunettes a brandies , soit simples , ®^it composées, que lon adapte des doublesnbsp;''firres plans de couleur au mojen de char-, pour ne sen servir que dans lesmomensnbsp;^^6 grand jour j jen ai fait graver deux inodèlesnbsp;jai Ie premier établis a Paris.
I^ans celles de la figure i8 , les verres de couleur se repiient sur les deux tempes dansnbsp;'-elles de la figure ig, ils remontent en formenbsp;garde-vue; position qui les rend utiles , lors-^ue léclat dun trop grand jour vient dasseznbsp;liaut pour permettre de regarder en face.
On voitdans cette dernière figure la forme ovale des verres , plus agréableencequils se dessinentnbsp;®ur la configuration même des yeux. Leur effetnbsp;^st absolument égal a celui des verres ronds ,nbsp;dans lesquels loeil ne recoit pas les rayons quinbsp;^rappein trop haut ou trop bas j mais aussi ilnbsp;faut beaucoup plus de soiu pour les monter ,nbsp;paisque , si lovale nest pas bien proportionnénbsp;a la distance que doivent conserver les deuxnbsp;Centres , et nest pas a une hauteur convenablenbsp;par rapport a loeil, la vision ne se trouve plus
exacte.
Les lunettes de la figure 20, dites besides d la ontle mérite de réunir deux segmensnbsp;de verres de foyers diflerens. Je puis les donnernbsp;eomme de mol, puisque je uai jamais eu eutre
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les mains celles dont se servait ccü illusti'6 physicien : elles ont été annoncees dans la Gazette de Santé de juin 1806 ¦ et, pour conservei'nbsp;la date de cette fabrication , je joindrai a lanbsp;fin de eet ouvrage Tarticle tout entier, quoiqudnbsp;contienne a nion égard des éloges ti'op flatteurs.
Au inoyeu de ces lunettes, on peut, par Ie
Ie
et, par
ecru'e
foyer Ie plus court, lire et
foyer Ie plus long, regarder au loin.
La monture en X permet de les retourner du haut en bas au besoin, ce qui serait un incon-véuientdans les lunettes , dont les verres doirentnbsp;correspondre a la dilïérenteforce desdeuxyeux.
Aussi cette monture en X ne doit êlre employee que par les personnes qui ont les deuX yeux égaux , et qui trouvent plus commode denbsp;placer leurs lunettes, sans avoir a penser au hautnbsp;OU au bas de la monture.
On peut cependant se servlr de monture en X en en variant un peu la forme, lorsquenbsp;lécartement des yeux ne permet pas de placernbsp;les verres de manière a ce que les deux rondsnbsp;des lunettes reposent sur les deux cótés du nez;nbsp;alors la traverse se proportionne a la hauteurnbsp;du nez oii il convient de placer les lunettes gt;nbsp;pour que les centres répondent a celui des yeux.
Cest pour ne pas rester inci riain sur cet
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«cavtemem , que jai invenlé deux inslrumens propres a remplir Ie même objet.
Les lunettes {ji^. 21 ) ont, au centre de la ftioniure , un éerou qui permet aux deux verresnbsp;de prendre Tecaiiement convenable. Je les faisnbsp;passer aux personnes absentes , pour queJles menbsp;renvoieiit au point quelles déterminent elles-ïiiênies, et sur lequel jétablis les lunettes quellesnbsp;ïtte demandent.
Le binocle ( Jig. 22) me sert dans mon ma-gasln pour une indication pareille; il porte au bas dune des branches une espèce de cadran ,nbsp;Sur les degrés duquel vienl se reposer le bas denbsp;1autre branche; ce qui determine récartementnbsp;que je dois donner aux lunettes. Lannonce, quinbsp;a élé insérée dans le Moniteur en 1806, senbsp;ietrouve aussi a la fin de louvrage.
J'y joindrai celle des lunettes a double foyer, qui se trouve dans la Gazette de Santé du moisnbsp;davril 1807.
Jai eu principalement pour bul, en construi-sant ces lunettes ( fig. 28 ), de mettre cbacun u portee détudler la difference de foyer de sesnbsp;deux yeux.
Ces lunettes étant composées de deux verres, ^¦peu-près comme les lunettes de spectacle, onnbsp;peut, en les allongeant plus ou moins, cbercbernbsp;soLniême Ie point de la vision la plus claire.
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Je n'ai cependaiu jamais dü les regaider comm® un instrument usuel , puisque les vues ordinai-res , 'une fois Ie foyer determine ^ trouvent aisé-nicnt des veiTes simples qui produisent Ie mêmenbsp;eflet. Elles seraient done seulement appiicables,nbsp;au moyen des verres concaves, aux vues exces-sivemenl myopes , qui, par la combinaison desnbsp;verres, pourrontvoir les objets a une distance etnbsp;dans une grandeur convenables.
CHAPITRE XIII.
Des Lunettes de Spectacles.
Les lunettes, dites de spectacles, sont dun usage trop journalier pour ne pas èlre regardéesnbsp;comine Ie complément des lunettes ordinaires^nbsp;je ne puis done me dispenser den parler avantnbsp;que de donner la description des lunettes de longue vue, et des telescopes ou des autres instru-mens doptique qui nintéressent essentiellementnbsp;ni la conservation de la vue, ni les secours dontnbsp;elle a besoin dans son exercice habituel.
Je dis que les lunettes de spectacles sont Ie complément des lunettes ordinaires , paree
-ocr page 229-'fp'elles sont destinées a voir, dans lintérieur dune salie , ou a des distances très-bornées , lesnbsp;fdjjets qiii échapperaient a une vue faible.Leursnbsp;effets sont produits par deux verreSj lun convexenbsp;et large, nonnné objectxf, sur lequel vlennehtnbsp;tomber les rayons envoyés par les objets; lautrenbsp;concave et plus petit, nommc oculaire, quinbsp;transmel ces rayons a loeil sous Tangle qui luinbsp;convient.
On atti ibue au hasard Tinvention des lunettes dapproche. Jacques Métius ou Metzu, de la villenbsp;dAlkmaër en Hollande , suivant les uns j et, sui-vant dautres, quelques années auparavant, eunbsp;1609, Zacharie Jdnsen ou Jean Lippersheim'nbsp;de Middelbourg , soccupait a fabriquer des mi-coirs et des verres ardensj les verres imparfaitsnbsp;ctaient jetés de cóié; ses enfans sen amusaient;nbsp;ct, lout en jouant, se récrièrent un jour surnbsp;Teöèt que Ie hasard leur offrit. Lopticien répétanbsp;Tobservation , il étudia cetie combinaison desnbsp;verres, enles adaptant a des tuyaux qui lui per-niettaient de les éloiguer ou de les rapprocher anbsp;volonté : de-la vint la construction des lunettes,nbsp;dont on peut se rendre conipie en se rappelantnbsp;ïes résultats déja cormus de la refraction desnbsp;^ttyons.
Pour ne nous occuper que des lunettes da spectacle, supposons quun verre convexe A B,
j5
-ocr page 230-L E CONS E R V' A T EUR (Fig. iG.) dc deus pouces üu 54 uiiliim. denbsp;foyer, recoive les rayons envoyes par une flèclienbsp;MN, il est évident que ces rayons, après avoirnbsp;traversé Ie verre, se resserreront les uns sur lesnbsp;autres , en formant des angles plus grands,nbsp;comme dans les livnelles simples , et en se ci oi-sant en O, a peu-près a ia distance du foyer desnbsp;rayons parallèles.
Avaut ce point, les images que lceil recevrait lui présenleraient desapparenccsdautant plusgran-desquelles sapprocheraicnt plus du foyer; maisnbsp;elles seraient confuses , en raison du croise-inent des rayons partis des diÜcrens points denbsp;Tobjet : on remedie a ce croisement, et lonnbsp;donne aux rayons Ie parallélisme dont lis outnbsp;besoin pour se peindre nelternent dans 1oeil,nbsp;en adaptanl , iiu pen avant Ie foyer, un verrenbsp;CD , double concave , dun foyer tres court. Ennbsp;efïél, la propriélé du verre concave étant dé-caricrles rayons, si on place, parexemple, unnbsp;verre dc lö lignes ou 4i nnllim. de foyer, idnbsp;lignes en avaut du point oii tons les autres rayonsnbsp;devaient se réunir , il en résulic nécessairementnbsp;que ia convergence de ces rayons cesse, ci quilsnbsp;prennent une marebe parallcle, sans rieii allércrnbsp;de la grandeur de Tangle sous lequel i!s ve-naient frapper Toeil.
Le verre convexe de Tobjectif de ces lunettes est ordinairement très-large, paree quon cher-
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'che sur-tout a donner Ie plus possible de lumière et a embrasser beaucoup dobjets : mais, commenbsp;les rayons qui frappent sur Ie bord dun verrenbsp;duiie certaiiie éteudue éprouveut des refractions prismatiques , Ie defaut des lunettes ordi-naires est de former des iris, cest-a-dire, de donner aux bords des objets les couleurs de larc-en-ciel. Cet accidentse diminue , enplacantdansnbsp;riniérieur un diaphragme, ou espèce danneau,nbsp;qui ne laisse parvenir a loculaire que les rayonsnbsp;les plus régulièrement réfractés. La lunette, ilnbsp;est vrai, perd un peu de son brillant, mais lesnbsp;objets en sontplus nets.
]Nous verrons, dans Ie chapitre suivant,les moyens darriver a des verres achromatiques,nbsp;Ou sans couleur ; mais, même en se servant denbsp;ces verres achromatiques , il est impossible denbsp;donner une grande portee a une lunette a deuxnbsp;verres , lun convexe el lautie concave; Ie pou-voir amplifiant nétant en effet que dans Ie seulnbsp;verre convexe, on ne pourrait en augmenternbsp;Teftel quen forcant les rayons a devenir si con-vergens, que , pour leur rendre ensuite Ie para-lélisme nécessaire a la vision distincte , il fau-drait un ocuiaire dun foyer cxcessivement court,nbsp;et par conséquent dun diamctre si petit, quilnbsp;De transmettrait a loeil que la quantité de lu-Dtière nécessaire pour distinguer ces objets.
-ocr page 232-jgG nbsp;nbsp;nbsp;IE 'CÖNSERV ATÉU ft
Qtioique les efïets de la lunette de spectacle ne soieiit pas sujels a de grandes variations, iinbsp;est cependant nécessaire de pouvoir en propor-tionnerle jeu, tant au plus ou au moins de distance des objets, qua la portee de la vue des dibnbsp;férentes personnes qui peuvent sen servir; cestnbsp;pour cela quelles ont au moins un tirage, ctnbsp;quelc{uefois quatre ou cinq, et même sept, quinbsp;permettent décarier ou de rapprocher Tun denbsp;lautre Toculaire et robjeclif.
Ce nombre de tirages est par lui-mêrae indifférent j plus il y en a, plus la lunette peut êlre plate'et moins embarrassante danslapoelie: maisnbsp;aussi plus Ia confection en est difficile, pournbsp;éviter Ie vacillement et Ie derangement desnbsp;centres des verres.
Des Verres achromatiques.
Je viens de dire , en parlant des lunettes de spectacles, que les objectifs dune certaine élen-due avaient linconvénient de présenter les cou-leurs de liris ou de larc-en-ciel autour des objets^
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ecla vient dune propriélé de la lumière , qui est de se decomposer eu ce quon appelle les septnbsp;couleurs duprismey loules les fois quelle ren-^nbsp;contre oLliquement une surface refrangible.nbsp;Tant que FoblLquité est peu considerable , la dé~nbsp;composition , ou , si je puis me servir de cenbsp;terme , réparpillement des rayons nest pas sensible 3 mais, dès que lobliquité est fórie, Ie rayonnbsp;sécarte tellemenl, quil y a neuf degrés de difference entre ie rayon rouge , qui est Ie moinsnbsp;réfrangible , et Ie rayon violet qui 1est Ie plusnbsp;de sorte que ces deux couieurs dominent, la première sur un bord de chaque image , et la der,nbsp;nière sur Ie bord opposé.
Depuis Newton, cette propriélé de Ia lumièra a désespéré tous les opticiens, en les empêcliantnbsp;demployer des verres dune aussi grande éten-due quils en avaient besoin , pour conslruirenbsp;des instrumens optiques dune grande force.
Ce fut Euler qui, en 1747 » aborda la ques tion sous sa véritable face j il concutlidée de senbsp;servir précisément de celte difference de réfian^nbsp;gibilite des rayons de lumière, pour les forcernbsp;a se réunir après sêtie éparpillés.,
Bientót Ie célèbre Dollond, après avoir observe avec soin quelles étaieni les natures de ''^ei ves qui donnaientles réfractions les plus dis-semblables, parvint a combiner, de la manièra
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la plus heureuse, dans des lentilles composées de plusieurs- verres , les refractions que chacunnbsp;deux produisait en raison de sa courbure, etnbsp;celles qui résultalent du plus ou du moins denbsp;densité.
Le verre commun, ainsi que Ie crown-glass , espèce de verre dAngleterre un peu coloré denbsp;vert, donne une refraction moyenne denvlroanbsp;3 a 3 , OU plus exactement de 3o a 3i.
Le Flint-glass (i), ou verre de rocbe, en produit une de 5 a 8.
( I ) Ce verre ou cristal dAngleterre na encore élé fabriqué que par les Anglais ; il y a inême lieu de douter quils aientnbsp;conservé les procédés exacts de la fabrication de ce cristal ,nbsp;puisque, méme chez eux, on nen trouve plus de morceauxnbsp;dune certaine étendiie ; ce qui en augmente dautant plus Ienbsp;prix, quils cherchent a faire entendre que la miniêre du sablenbsp;employé 'a la vitrification du Flint-glass était perdue.
Plusieui-s essais ont été tentés en France depuis quelques années. LInslitut a déja approuvé] un cristal qui paraitraitnbsp;snême preferable au Flint-glass , et a la fabrication dnquel ilnbsp;ne manque plus que des capitalistes pour enlevér encorenbsp;cette branche importante de commerce a nos éternels rivaux.
M. Dartigues, savant chimiste et propriétaire dune nianu-faclure considérable , fabriqué, depuis la première edition de eet ouvrage , du Flint - glass supérieur a celui des Anglais.nbsp;M., de Fougerais , membre du Corps - législatif, en faitnbsp;également fabriquer, dont jai construit dexcellentes lu-settea..
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Ed étudlaiit ensuite ce qui résultait de celts différente foice refractive, par rapport a iépaigt;nbsp;pillement des 7 couleurs qui composent Ie rayon,nbsp;de lumière , on a reconnu que Ie maximum dsnbsp;difference du rayon rouge au rayon violet était ,nbsp;dans Ie verre commun , de 57 minutes et demie ^nbsp;et dans Ie Flingt^glass, de Sa minutes etgt;demi©.
Au nioyen de ces observations, lopticien ajuste lun sur Taulre, et sans inlervalle, uB ;nbsp;verre de chacune des subtances; a-fextérieur, ilnbsp;place Ie verre Ie moins rêfringent, et lui donnenbsp;plus de eonvexité en dehors quen dedans; a lin.^nbsp;térieur , il place Ie verre Ie plus rêfringent, concave du cóté qui sadapte au premier verre, efe.nbsp;a peu-près plan sur son autre face.^
Voyez (figure 17 ) les deux verres séparés en A et B, et réunis pour ne former quun seulnbsp;objectif C.
Dans eet objectif, Ie foyer dè la eonvexité extérieure se trouvant plus court que Ie foyer denbsp;la concavité, dans Ie rapport néce-ssaire pournbsp;tirer parti de la plus grande force refractive diinbsp;Flint-glass , les rayons en sortent sans conservernbsp;de couleuis étrangères a celles des objets; ce:nbsp;quexprime Ie mot achromatiqiie.
LOpticien peut done donner plus de champ a ses lunettes sans craindre les iris, et des-lórsnbsp;^assembler assez de rayons pour que les images.
-ocr page 236-200 nbsp;nbsp;nbsp;I^E CO N SER V ate UK.
en grossissant ne perdent pas leur clartéau poinC de cesser detre visibles.
Aussi la perfection des lunettes achiomaliques est telle, quavec un foyer de 5 pieds el demi ounbsp;de ii4 ceutim. on peut atteindre Ie grossisse-ment de i5o, quexigerail une lunette simple denbsp;6o pieds ou de ig metres et demi.
Des Miroirs des Anciens.
Wous venons de parcourir les difierens objets, que nous avons crus nécessaires pour Tutilité etnbsp;rinstruGtion de ceux de nos lecieurs qui atta-ehentune juste importance a la conservation denbsp;leur vue j mais, en faveur de ceux qui veulentnbsp;approfondir Ja matière qui nous occupe, nousnbsp;aliens passer en revue plusieurs articles impoivnbsp;tans 5 que jusquici nous navons pu trailer aussinbsp;longuement quils Ie méritaient.
Comme, dans ce qui reste a dire, nous au-rons quelquefois besoiu de rapporter les experiences , les principes et les raisonnemens des divers savans qui se sont occupés des diffé-rentes branches de loptique, nous averiissons
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»E LA TUE. 20 ï
dquot;i
avance que , pour ne pas hérlsser noire ouvrage de citations , nous les supprlineronsnbsp;toutes,
11 est naturel de commencer ici par ce quon a de plus certain sur lantiquité des miroirs.
Les premiers miroirs artificiels furent de mé-tal ; Cicérou en altribue Iinvention au premier Esculapcj mais , daprès Ie verset 8 du chapitrenbsp;38 de TExodcjles miroirs seraientduneantiqui-té encore plus constatée; car ii y est dit quenbsp;Moïse, ajaut fait fondre les inii'oirs des femmes,nbsp;quiservaient a 1enlrée du tabernacle, en fit cons-truire un bassin dairain muni de sa base.
Lairain ne fut pas Ie seul métal dont on lit les miroirs j on y employa aussi létain et Ie fernbsp;brunijlonen fabriqua depuis qui étaient uunbsp;mélange dairain et détain. Ceux quon fit anbsp;Brindes passèrent long-tems pour les meilleursnbsp;de cetie dernière espèce j mais on donna en-suite la preference aux miroirs dargent, dontnbsp;Praxiièle, contemporain du grand Pompée, futnbsp;linYcnteuv.
Plusieurspoètesj et mcme de graves juriscon-sultes,, s accordent a donner aux miroirs une place importante dans la toilette des femmes.nbsp;Cependant il fallait que, du tems dHomère ,nbsp;ds nen fussent pas une piece bien disdnguée ,nbsp;Piisquil neu parle pas dans sa description do
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la toilette de Junon, oü il a pris plaisir a rassem-bler tout ce qui contriljuait a la partn-e la plus recherchée.
Le luxe ne négligea'pas dembellir les nii-roirs : il y prodigua 1or , rargenl, les pierreries, eten fit par-la des bijoux dun grand prix.nbsp;Sénèque dit quon en voyait dont la valeur sur-passait la dot que le Sénat avait assignee des deniers publics a la fille de Cn. Scipion , dot qui.nbsp;montait a iiooo as , ce quirevient, selon lé-¦valualion la plus commune» a 55o francs denbsp;notre nionnaie.
On ornait de mirolrs les murs des apparte mens » on en incrusiait les plats OU les bassinsnbsp;dans lesquels on servait les viandes sur la fable jnbsp;on en revêtait les tasses et les gobeleis,quinbsp;niultipliaient ainsi Tunage des convives, et quenbsp;Pline appelait un peuple dimages.
Quant a leur forme, il parait qu^elle étaitronde Ou ovale. En 1647 gt; découvrit a Nimèguesnbsp;un tombeau ou se trouva un miroir dacier onnbsp;de fer pur, de forme orbiculaire , dont le dia-mèire élait de 5 pouces remains. Le revers en,nbsp;était concave, et couvert de leuilles dargeatnbsp;avee quelques ornemens.
Le métal fut long-tems la seule matière employee pour les miroirs. II est pourtant incontestable que ie verre fut connu des tems les
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p^us reculés; Ie hasard Ie fit découvrir envirou wille ans avaat iEre chrétienne. Pline ditnbsp;que des marchands de nitre , qui Iraversaient Ianbsp;Phénicie , sétant arrêtés sur les bords du fleuvenbsp;Bélus pour j faire cuire leurs viandes,, mirent ^nbsp;Su défaut de pierres, des morceaux de nitre pournbsp;soutenir leurs vases, et que ce nitie , mèlé aveenbsp;Ie sable, ajant élé embrasé par Ie feu, se fonditnbsp;et forma une liqueur transparente et claire quinbsp;se figea , ei donna la première idéé du verre.
11 est dautant plus étonnant que les anciens naieni pas connu 1art de rendre les verres pro~nbsp;pres a la représentalion des objets, en appli-quaut létain derrière les glacés , que les progrèsnbsp;dela découvertedu verrefure nt chez eux poussésnbsp;lort loin. Quels beaux ouvra ges ne fit-on pas avecnbsp;ï^ette matière ! Quelle magnificence quecelle dunbsp;tbéètre de M. Scaurus, dont Ie second étagenbsp;était enticremerit incrusté de verre ! Quoi denbsp;plus superbe, selon Ie récit de St.-Clement dA-lexaudrie ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ggs colonnes de verre dune
grandeur et dune grosseur extraordinaires, qui ornaient Ie temple de lIsle dAradus !
11 nest pas moins surprenanl que les anciens, ^pii connaissaient 1usage du crisial, plus proprenbsp;^ttcore que Ie verre a être employé dans la fabri--cation des miroirs, ne sen soient pas sorvis pournbsp;«et objet..
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On Ignore Ie tems oii les anciens commen-cèrent a faire des miroirs de verre j lon sail seulement que ce fut des verreries de Sidonnbsp;que sortirent les premiers miroirs de celte mallere. On j iravaillait très-bien Ie verre ^ el lonnbsp;en faisait de fort beaux ouvrages , quon polis-sait au tour, et quon ornait de figures et dorne-nernens en plat et en relief, comme on auraitnbsp;pu Ie faire sur des vases dor ou dargent.
Les anciens avaient encore connu une sorte de miroir, qui êtait dun verre appelé parnbsp;Pllne verre ohsidien du nom d! Obsidius , quinbsp;lavait découvert en Ethiopië; mais on ne peutnbsp;lui donner quimproprement Ie nom de verre ;nbsp;la matière quon y emplojait était noire commenbsp;Ie jais, et ne rendait que des images très-im-parfaites.
II ne faut pas confondre les miroirs des anciens avec la pierre spéculaire, Cette pierre était dune nature toute dilférente ^ et semployaitnbsp;aun tout autre usage. On ne lui donnait le nonanbsp;de spéculaire qua cause de sa transparence.nbsp;Cetail une sorte de pierre blanche et transpa-rente qui se coupait par feuilles, mals qui nenbsp;résistait pas au feu : ce qui doit la distinguer danbsp;talc, qui a bien la blancheur et la transparence ^nbsp;mais qui resiste a un feu violent.
On doit Iapporter au tems de Seneque Tori-
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giiie et lusage des pierres spéculaires 3 il en rend tin lémoignage formel. Les Remains sen ser-Vaient pour garnir leurs fenêires , comme nousnbsp;y einployons Ie verre, et sur-tout dans les sallesnbsp;a manger pendant lhiver, afin de se garantienbsp;des pluies et des orages de cette saison. Ils sennbsp;servaient aussi pour les liiières des dames ,nbsp;t'omine nous raettons des glacés a nos carrosses ;nbsp;UI pour les ruches , afin dy pouvoir considerernbsp;1ingénieux travail des abeilles. En un mot,nbsp;lusage des pierres spéculaires était si general ,nbsp;que beaucoiip douvriers navaient pas dautrtinbsp;profession que celle de lestailler el de les metirenbsp;un place.
Les anciens connaissaient encore une autre pierre appeiée Pheugite , et qui ne Ie cédaitnbsp;pas en transparence a la pierre spéculaire ; onnbsp;la tirait de la Cappadocej elle était blanche, etnbsp;nvait la dureté du marbre. Lusage en commen-ca du tems de Piéron, qui sen servit pour cons-iruire Ie temple de la Fortune, reufermé dansnbsp;enceinte immense de ce riche palais, quil ap-pela la Maison dorée. Ces pierres répandaientnbsp;tine lumière éclatante, et telle, selon les terraesnbsp;dePline,que Ie jour y était plutót renferménbsp;'ininiroduit.
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CH A PITRE XVI. Des Miroirs ardens.
Les miroirs ardens soni le premier objel dont nous allons nous occuper. On a vu déjanbsp;queplusieurssavans en avaienl révoquéen doutenbsp;les effets surprenans : pour pen quon y réflé-chisse, il paraitra singulier que les hommes , sinbsp;avides du merveilleux quils Tadmettent souvent conti-e toute apparence et loute possibilite,nbsp;se prêtent si difEcilement aux laits historiquesnbsp;les micux constates, lorsquils ne rentrent pasnbsp;dans la sphere très-bornée de leurs connais-sances. Tel a été le sort des miroirs ardens ,nbsp;dont Archimède se servit pour bruler la flottenbsp;des Romains. Ce fait, rapporie par plusleurs his-toriens, cru sans interruption pendant quinzenbsp;ou seize siecles, a été ensuite non seulementnbsp;conteste, mats même traité netlement de fablenbsp;parTillustre Descartes ^ et depuis par les physi-ciens du siècle dernier j et il faut avouer, qua-vec les principes ordinaires de la dioptrique ,nbsp;Descartes et ces phjsiciens éiaient excusablesde
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^6 pas trouver possibles les miroirs dAr-chimède.
II nexistait quune manière de prouver ce fait, nié (si long-tems par dillustres savans:nbsp;lt;^éiait de construire 'des miroirs capables denbsp;pi'oduire Ie memo effet que celui dArchimède ;nbsp;et cest en quoi Buflbn a parfailement réussi.nbsp;'fachons de donner une légere idéé de la róulenbsp;par laquelle il est arrivé a cette découverte.
II élait déja bien reconnn , que les miroirs ardeiis ordieaires étaient insuffisans pour brü-ler a de très-grandes distances. Pour produirenbsp;au tel effet, ii faudrait leur donner une grandeur immense, et il serait extrêmement diffi-^de , pour ne pas dire impossible, de leur donder exactement la courbure presquinsensiblenbsp;quils devraient avoir ; mais de plus, il y avaitnbsp;encore une autre raison qui les aurait rendusnbsp;aompiettement inutiles, quand on aurait punbsp;les iravailler avec autant dexactitude que denbsp;precision.
On regarde ordinairement comme pbysique-nient parallèles , les rayons qui tombenl du so-ïeil sur un miroir ardent.
11 sen faut cependant de beaucoup que ce pa-rallélisme existe dans la nature j il faudrait, pour
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rayons, lombant sur le disque dun miroir, tiè fcraient qnun angle insensible, et pourraientnbsp;ètre regardés commeparallèles : maislediamèlrenbsp;du soleil occupe dans le ciel un espaee a peu-pres dun demi-degré j les rayons, qui partent denbsp;ses deux exUémités, tombent done sur le miroirnbsp;avec une inclinaison dun demi-dëgré; par comnbsp;sequent, au lieu de se rasscmbler au mêmenbsp;point après avoir été réfléchis , ils iront en sé-cartant dun angle pared,- et cest une des raisons pour lesquelies le foyer dun miroir un peunbsp;grand nest pas un point physique , mais a tou-jours une certaine éiendue. Tant que le foyernbsp;du miroir nest qua une médiocre distance ,nbsp;eet écartement des rayons est moindre que lanbsp;convergence que leur donne le miroir; et , lenbsp;foyer étant par conséquent beaucoup moindrenbsp;que sa surface, les rayons y sont assez rassem-blés pour bruler; mais, si lon augmentait lanbsp;longueur du foyer, alors lécartement desnbsp;rayons devenant plus sensible, la force du foyernbsp;diminuerait; de sortc que, si on le supposaitnbsp;placé a one telle distance que lediamètre du miroir ne fut vu de ce point que sous un angle dunnbsp;demi-dégré, la convergence donnée aux rayonsnbsp;par le miroir étant égale a la divergence causéenbsp;par la largeur du diamètre du soleil , le foyer nenbsp;ferait pas plus d effet que si les rayons yavaientnbsp;«té renvoyés par un miroir plan.
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Cest encore par la mêmc raison que Tlmage soleil , renvoyée parune glaceplane, el qui,nbsp;^ecue a une petite distance, est de même figurenbsp;que la glace, devient en seloignant de moins ennbsp;ïuoins semblable a cette glace, el finit par êtrenbsp;parfaiiemrnt ronde , quelque figure quonnbsp;tlonne au miroir. Ch aque point physiquenbsp;du miroir renvoie une image entière du soleil ,nbsp;fit tous ces disques forment Iimage lumineuse :nbsp;comme ils nont tous quun dlametre de 52 minutes, les derniers, ceux qui sont réfléchis parnbsp;les extrémilés de la glace, ne debordent les autresnbsp;que de peu de chose, lorsque Iimage est recuenbsp;de pres; mais, a mesure quon seloigne , ce peunbsp;Jiugmente et parvient au point dabsorber abso-lument loute la figure de la glace. II arrive anbsp;Ces rayons réfléchis ce qui arrive aux rayonsnbsp;directs du soleil, admis par un trou dune figurenbsp;quelconque , dans une chambre obscure nbsp;tani quon les recoit a une distance moindrenbsp;que celle a laqueile le trou paraitrait sous unnbsp;angle égal au dlametre du soleil, ils repre-sentent la figure de celle ouverture plus ou moinsnbsp;disiincie, selon quils en sont regus plus ounbsp;''^oins presj mais , passé cette distance , ils nenbsp;^cprésentent plus que la figure du soleil.
Touie cette théorie fait voir evidemment que des miroirs spbériques et dune seule pièce
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nont jamais pu produire Teffct qu on auribue a ceux dont se servit Archimède j et, commenbsp;probablement ce grand mathématicien avail faitnbsp;toutes les reflexions nécessaires sur une entre-prise de cette nature, il est a croire quil avaitnbsp;employé une autre méthode, et quil sétaitnbsp;servi de miroirs plans j cest aussi Ie parti quanbsp;pris M. de Bufïon.
Le premier pas a faire dans cette recherche, était de sassurer de ce que les miroirs de glacenbsp;étamée faisaient perdre de force a la lumièrenbsp;en la réfléchissant; nous disons, les miroirs denbsp;glace étamée, paree que les expériences ont faitnbsp;voir quils réfléchissent plus puissammerit la lumière que les miroirs de métal les mieux faits etnbsp;les plus polis. Pour examiner done leur elïet,nbsp;M. de Buffon fit tomber dans un endroit obs-cur un trait de la lumière directe du solellj il recutnbsp;ensuite le mème trait sur une glace, et le portanbsp;a 4 oti5 pieds, ou a i5 ou lödécim. On concoitnbsp;aisément que la lumière avait été alfaiblie parnbsp;cette reflexion et , en elfet , il fallut la lumière réfléchie par deux miroirs , pour égalernbsp;la vivacité de la lumière directe. La reflexion nenbsp;fait done perdre , a la lumière du soleil, quen-viron la rnoitié de sa force; et cette même lu-mière réfléchie peut, suivant les expériences,nbsp;étre transportée a des distances très-grandes ^
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DE LA V U E.
comme de deux ou trois cents pieds , ou de 65 niètres a gj metres et demi, et nen perdze quunenbsp;très-petite partie.
Des expériences a peu-près semblables fu-rent faites sur Ia lumière des bougies ; M. de Buffon , sétanl placé dans un lieu obscur, y fitnbsp;entrer la lumière dune bougie allumée dansnbsp;une charnbre voisine; et, tenant un livre a lanbsp;main, il fit approcher la bougie jusqua cenbsp;lt;jue la lumière fut suffisante, pour bieu distin^nbsp;guer les caractères du livre; et la distance de cenbsp;livre a la bougie se trouva de 24 pieds ou jSnbsp;décimètres. II essaya ensuite de lire Ie mèmenbsp;livre avec la lumière de la niême bougie réflé-chie par une glace, et 11 fallut la rapprochernbsp;lusqua qulnze pieds ou 49 décimètres. La dl-minuilou de la lumière dune bougie par lanbsp;t'éflexion est done dans Ie rapport inverse denbsp;ces nombres j et la lumière directe de deux bougies doit éclairer a peu-près autant que la lu-inière réfléchie de cinq.
La difficulté que pouvait causer Tlncertitude de la force de la lumière réfléchie a de très-grandes distances, étant écartée, il y en avaitnbsp;encore une autre plus grande, qui sélevait contre
possibilité du miroir dArchimède. Le miroir ordent de lAcadémie avait un foyer denvirounbsp;quaire lignes ou i centimetre, et un diamètre
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de trois pieds ou 98 centimetres ; pour en cons-truire un qui brulat également a 240 pieds OU pres de 78 metres, il aurait done failunbsp;meltre Ie mèrne rapport entre les diamètres dunbsp;foyer et du miroir; or, iJ est démontré que Ienbsp;diamètre du foyer ne peut, a cette distance,nbsp;être moindre que deux pieds ou 65 centim. :nbsp;si done on cherche Ie diamètre du miroir,nbsp;suivanl les regies ordiuaires, on Ie trouveranbsp;de 216 pieds ou de pres de 70 metres, grandeurnbsp;énorme, qui rend Ie miroir impossible, etnbsp;Descartes bien excusable dc 1avoir jugé tel.
II est vrai que Ie miroir de TAcadémie bru-lait assez vivement pour fondre Tor j mais , rc-duil , par des zones de papier qui en couvraient uneparlie, a la seule grandeur nécessaire pournbsp;euflamraer du bois sec, il avail encore 5 poucesnbsp;ou 13 centimetres et demi de diamètre; ce quinbsp;donne pour Ie miroir qui enflammerait Ie boisnbsp;a 240 pieds ou pres de 78 niètres , un diamètrenbsp;de 3o pieds ou de 9 metres trois-quarts, moiusnbsp;grand a la vérilé que Ie premier, mais qui nenbsp;rend guère la construction du miroir plus pra-ticable.
II est certain qu en estimant la chaleur ma-ihématiquement, les raisonuemens que nous venons de rappor ter sont sans replique. Lesnbsp;foyers de rnêrne longueur doivent avoir uiiu
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DE LA V U E. force proporlionnelle aux diamctrcs des miroirs;
a égale intcnsilé de lumière, un petit foyer doit brüler autant quun grand; et réciproque-nient un grand foyer ne doit pas brüler plusnbsp;quun très-petit, qui aura un même rapport avecnbsp;Ie dianiètre de son miroir : mais la clialeur a-t-elle été assujettie réellement aux lois quil anbsp;plu aux géomclres de luiimposer? et les efletsnbsp;quelle produit doivenf-ils être toujours dac-eord avec Ie calcul qui résulte de ces principes?nbsp;cest ce que nous ne poinrions assurer sans té-mcrité. On na quc tiop dexemples dans la physique du peu de succes du calcul mathéma-tique, mal a propos employé, oü Ion nau-ïait du consulter que Iexperience et 1obser-vation.
Céiait en elfet leseul pariiqui resiat a prendre uM. de Buffon , et lexpérience décida nettementnbsp;contre Ie calcul; un verre ai'dent de 32 poucesnbsp;87 centim. de diamctre a son foyer de 8nbsp;lignes OU 18 millim. de largeur a la distance denbsp;6 pieds OU igS centim., et ce foyer fond Ie cuivrenbsp;en nioins dune minute. Suivant Ie calcul diop-Irique , un verre de Sa lignes ou 87 centim. denbsp;diamèlre , dont Je foyer sera de deux tiers denbsp;lignes ou i millim. et demi , a la distance denbsp;® pouces ou 162 millim. , devrait fondre ennbsp;ïiième tems Ie cuivre danslétendue de son foyer:
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or, cest ce qui nest jamais ariivéj a peine ce petit foyer pourrait-il lui communiquer une médiocre chaleur.
Pour peu quon y veuille fai e attention , il sera aisé de trouverla raison de cette difference jnbsp;la chaleur se communique de proche en proche,nbsp;et Ia pciile quantité de matière échauffée parnbsp;un petit foyer, a bientót transmis la sienne auxnbsp;parties qui lenvironnent ; un foyer dune lignenbsp;OU de 2 miliim., quon fera lomber surle milieunbsp;dun écu , partagera sa chaleur a toutes les parties de eet écu qui nen sera que tres-peunbsp;échauffé, au lieu que , si lon fait tomber dessusnbsp;uu foyer dune égale intensité, mais plus grandnbsp;et qui le couvre entièremenl, non seulementnbsp;i! ny aura point de chaleur perdue, mais le pointnbsp;du ndlieu , profitant de celle des autres , seranbsp;bieniót disjjosé a se fondre.
Ces expériences ayant done appris a M. de Buffon que le miroir quil se proposait de fairenbsp;consiiuire , pouvail nêtre pas aussi grand quenbsp;le calcul semblait lexiger, il résolut den tenternbsp;lexécutiun, et le fit construire lel , a peu prés,nbsp;que nous allons le décrire.
11 était composé de i68 glacés étamées , cha-cune de 6 pouces sur 8, ou de 162 miliim. sur 217 , èloignées dtnviron 4lignes ou 9 miliim. ,nbsp;et poriées sur üne monture qui pouvait se
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wiouvolren tout sens: chacune des glacés avail sa m -lUure a part, qui lui permeltail aussi unnbsp;ïiiouvement en tout sens, indépendant de celuinbsp;des autres et de celui de loute Ia machine. Aunbsp;ïttojen de cemouvement, onpouvaitfaire lombernbsp;sur Ie même point les i68 images , et brüler anbsp;plusieurs distances. II y avail entre chaque glacenbsp;un iniervalle de quatre lignes ou 9 millim ,nbsp;fjui servait non seulement a laisser de la liberténbsp;a Ce mouvement, mais encore a donner a celuinbsp;qui opcrait Ie moyen de voir lendroit ou ilnbsp;conduisaii les images.
11 faut environ une demi-beure pour faire coïncider les images au méme point alors ienbsp;niiroir est monté poui cette distante, et lusagenbsp;®n est aussi prompt que celui des autres miroirs;nbsp;m us il a sur eux Tavaniage de brüler en baut,nbsp;bas, et horizontalement. Si on veut porter Ienbsp;foyer a une autre distance, il ny a qua répéternbsp;la même opéralion, et une autre demi-beurenbsp;suffit pour cela.
Il J a uu grand choix a faire dans les glacés donl on se sen: on doit rejeter toules celles quinbsp;ne donneni pas une image ronde et bien ter-niineej elles neferaientque troubler racti(3n desnbsp;¦tuires i malheuieusemunt celles-ci font Ie plusnbsp;grand nombre; et les j68 glacés du miroir denbsp;de Bufïou ont été choisies entre plus de
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5oo. Voici présentement le résukat des expé-iiences.
TJne planche de hètre goudronnce a été allu-mée a 66 pieds de distance ou pres de 2i metres et denii^ avec 40 glacés seulement, et quoiquenbsp;le miroir , qui nétait pas encore monté surnbsp;son pted, fut dans une situation peu avanta-geuse.
Avec gS glacés on a mis le feu a une planche goudronnée et souflrée, placée a 126 pieds ounbsp;pres de 41 metres de distance.
On a produit une légere inflammation sur une planche couverte de laine hachee, mise a i58nbsp;pieds ou pres de 45 metres de distance , en em-plojani 112 glacés, et quoique le soleil ne futnbsp;pas bicn net.
Le soleil étant fort pale et couvert de vapeurs, on a fait fumer, avec i54 glacés, une planchenbsp;goudronnée, a i5o pieds ou 48 metres trols-quarts de distance , et il y a tout lieu de penser quelle se serait enflammée, si le soleil na-vait pas disparu.
Par unsoleil encore plus faible,ona enflatnmé en une minute et demie , a la même distance,nbsp;et avec le même nombre de glacés, des copeauxnbsp;de sapin souffrés et mêlés de charbon.
Le soleil étant plus net, on atiès-promp-temenl embrasé a lamême distance une planche
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ie sapia goudronnée , avec 128 glacés scu!e-, et Ie feu a pris dans toute léiendue du fi'jer, qui avait environ 16 pouces ou ^5 cen-tinièlres de diaraètre a cette distance ; on a en-suile porté Ie feu a Ia menie distance , sur unenbsp;planche de liêlre goudronnée en partie ,et cou-¦'erte de laiiie hachee en quclques endroits; Tin-ii-'inimation a commence par les endroits de lanbsp;planche qui étaient découverts; on avail employénbsp;1.48 glacés, et Ie feu élait si violent, qull afallunbsp;plonger la planche dans Peau pour Péteindre.
Enfin Ie foyer ayant cté racourci iusqua Ia distance de 20 pleds ou G metres et demi, avecnbsp;ï 3 glacés on a enflammé des matlères aisémentnbsp;combustibles; avec 21 on a mis Ie feu a unenbsp;planche de hètre qui avail déja élé brülée ennbsp;P Utie; avec 45 , on a fondu un flacon détalnnbsp;^tii pcsalt 6 llvres ou pres de 5 kilogrammes ;nbsp;^vec 117 , on a fondu des morccaux dargentnbsp;minces, et rougi une plaque de tole ; et 11 y anbsp;lieu de croue que, si on employait toutes lesnbsp;glacés du miioir, on fondralt les métaux anbsp;5o pieds OU tG metres et un quart aussi aisémentnbsp;flu a 20 OU 6 metres et demi ; et, coranie Ienbsp;%er du miroir est a cette distance de 6 a 7nbsp;pouces OU de 16 a iq centim., on pourra faire,nbsp;Son moyen , des épreuves en grand sur lesnbsp;atetaux, ce quil nétait pas possible de faire avec
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les mil'oirs orJinaires, donl Ie foyer est cent fois
plus peilt.
Les experiences qiie nous venons de rappor-ter, ont été fakes par un soleil de printems et très-faible : si done on a pu dans ceite clrcons-tance bruler a i5o pieds ou 48 mèues 3 quarts ,nbsp;il y a tout lieu de troire que, par un soleilnbsp;d'été bien net, 011 biülerait a 200 pieds ou présnbsp;de 65 metres , et quavec trois miroirs sembla-bles, on porterait Ie feu a 400 pieds ou présnbsp;de 130 métres , et peut-clre plus loin.
II ne faut cependant pas siniat^iner quon puisse brider par ce rnojcii a lelie distancenbsp;Quon Ie voiidra ; tout a des bornes dans la nature. Pour bruler seulement a une deml-lieue ,nbsp;il faudruit un miroir deux mille fois plus grandnbsp;qne celui quon a employé : on sent assez quilnbsp;serail ridicule den entreprendre Texéculion;nbsp;anssi M. de Bulïbn crut-il quon ne pourraitnbsp;guére porter Ie foyer dun miroir de cette es-péce au-dela de 8 a goo pieds ou de 260 métresnbsp;a 2g2 métres et demi, tout au plus.
Cette découverle a procure plusieurs avaniages a la physique et aux arts. Indépendamment de la-vantage quonteu les nouveaux miroirs de brulernbsp;en bas, au lieu que les miroirs ordinaires portent toujours la pointe du cóne brulant enhaut,nbsp;ce qui rend Topération de soutenir les matiéres
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quon veut y exposer tres-di/Ecile , ils onl eti-LOre celui de donner tel dégré de chaleur quon si Ton recoit, sur un miroir concave dunnbsp;ji d carré de surface, la reflexion de i54nbsp;places , la chaleur du foyer sera douze fois plusnbsp;pl ande que celle quil produirait naturellement;nbsp;Oil sent assez combien eet énorme d( gré de feu,nbsp;jusqualors inconnu, a du procurer davantagesnbsp;ilans de cerlaines occasions.
En faisant lomber les images Tune après lautre sur un iheimomètre, ou sur une machine de dilatation , Ton aura Ie rapport des expansions de la liqueur, ou de Tallongement denbsp;la verge, avec des quantiles égales de lu-niière successivemeut ajoutées, et on conn ai tranbsp;matières , dont les effets approchentle plusnbsp;^ ètre proportionnels a ces quantités, et qui ,nbsp;par conséquent, d ivent êlre employées parnbsp;préférence a la mesure des augmentations denbsp;chaleur.
Enfin, on saura par ce moyen, au juste et Kvec précision, combien de fois 11 faut la cha-leur du soleil pour brüler, fondre ou calcinernbsp;oci'taines matières, ce que Ton navalt pu esti-Her jusqualors que dune manière très-vague, etnbsp;^ On pourra connaitre exactemeut Ie rapport denbsp;*^os feux avec celui du soleil.
^ous ne croyons pas pouvoir mieux finir eet
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article sur les verres ardens , que par ce passage dAristopliane qui en prouve 1ancienneté.
« Jai troiivé, dit un vieillard , dans la première scène du second acte desNuÉES, nne picrre qui paiera mes dettes sans bourse délier.nbsp;Quand on me présentera raon obligation, je pla-ceral cette pieire au soleil sur mon billet, etnbsp;jeii fondrai la cire ». Or, tout Ie monde sailnbsp;que , dans ce tems , on écrivait sur une écorcenbsp;darbre en luite dune couclie de cire.
Des Loupes, des Microscopes simples, et de leiirs ejfets meroeilhux.
O::^ appelle Loupes hotaniques ,ce\\esc]a\ «er-vent pour iétude des plantes : elles sont cons-truites de diflerentes manières.
Les plus simples nont quun verre spliérique. jNous avons des hiloupes montées en cornenbsp;ouenécaille, et garnies de porte-verres en ornbsp;OU en argent. Lun des verres sert a connaitrenbsp;les plantes et les fleurs, dont la grandeur estnbsp;assez espacée pour distinguer tous les phéno-mënes utiles a la science; et lautre sert a de-
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voller aux yeux les parties de ces fleurs et de ces plaiiies , qui par leur extréme ténuiténbsp;cchapperaient a Ia vue la plus subtile.
Les triloupes rcunissent irois lentilles, tou-tes plus fortes les unes que les autres. On peut les employer isolément, et en augmenter Ienbsp;pouvoir amplifiant par la reunion de deux etnbsp;tnême de trois lentilles. Elles sont ordinaire-inent destinées a voir de très-petlls objets.
Nous avons encore des loupes pour lhorlo-gerie; ces loupes sont de divers foyers, nont quun verre aclapté a un eerde divoire, etnbsp;peuvent se placer sur 1éiabli des artistes. Nousnbsp;'Cii avons aussi qui ont la forme dentonnolr ,nbsp;afin de pouvoir occuper la cavité qui entourenbsp;1oell. Comme les lentilles de ces loupes grossis-sentbeaucoup, les horlogers trouvent plus com-niode de les placer ainsij et ils ont en celanbsp;dautant plus de raison, quils ne sen serventnbsp;¦que momentanémeut. Cependant nous avonsnbsp;des porie-loupes en cuivre, oii lon peut fixernbsp;la loupe, et faire varier Ie mécanisme sur tousnbsp;les points.
Pden uest plus fatigant pour lorgane visuel ^ que de se servir de ces sortes de loupes; et cependant il est souvent indispensable dy avoirnbsp;iecours, a cause des petiies pieces done la té-wulié échapperait a loeil, et que les horlogers
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sont obliges de revoir avec Ia plus grande attention.
Les 5j7c»?/plt;jne sont pas moins indispensables pour les Controleurs a la marqué dor et dargent,nbsp;pour les aider a reconnaitre jusqua Ia moindrenbsp;trace des empreintes du poingon.
Les personnes qui ne yeulent pas faire usage de lunettes , se servent de loupes j mais nou snbsp;sommes loin dapprouver eet usage : car loeil,nbsp;qui ne serait jamais exercé , se fatiguerait autantnbsp;que celui qui sexercerait toujours , vu que lanbsp;force opiique doit se repoiter loute entière dansnbsp;loeille plus exercé. Cest de lusage cité ci-dessusnbsp;que provient assez souvent létonnante inégr-lité de la portee des deux yeux. Passous auxnbsp;microscopes.
Les plus petits microscopes nont quune len-tllle : Ie verre est fixé sur un tube de verre, et par louverture on peut placer les objets. Cesnbsp;sortes de microscopes sont suffisantes, pour don-uer aux jeunes gens une idee dinstrumens plusnbsp;compliqués.
11 existe aussi des petits microscopes a une , deux et même trois lentilles, pourserviralétudenbsp;de lhistoire naturelle ; toutes ces lentilles senbsp;trouveni adaptées sur un manche débène ounbsp;divoire ; il se trouve a cbacune un miroir ennbsp;métal; et, dans Ie haut, une pince en acier pournbsp;fixer les objets.
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Avanl que de parler des microscopes très-composés , Iels que Ie microscope solaire oi Ie microscope de Dellebarre, nous allons parler desnbsp;«flets merveiüeux des loupes el des microscopes.nbsp;C'est a euxque Ion doit lavantage de connaitrenbsp;a fond la structu' e dune infinite de corps, dont lanbsp;petiiesse défierait l'ceil fi* plus subtil et Ie plusnbsp;exercé. Cest par la reunion des lentilles et desnbsp;loupes quon a distingue une foule surprenantenbsp;danimaux vivans , dans diverses liqueurs, etnbsp;même dans des corps oii lon naurait jamais soup-9onné leur existence. Quel nombre prodigieuxnbsp;dexpériences na-t-on pas faiies , et ne fera-t-onnbsp;pas encore, quand on a voulu, quand on voudranbsp;«xaminer les parlies constilutivesdes plantes, desnbsp;fleurs et des fruits , des pierres, des minéraux etnbsp;des métaux? Ce qui nous avait paru Ie plus mépri-Sable, nous pénètre dadmiration, dès quon Ienbsp;voii a la loupe, et surtout au microscope. Unenbsp;petite moisissure semble un jardin couvert denbsp;plantes -. des grains de sable presque imper-ceptibles ont 1apparence de rochers: les petitesnbsp;pointes dacier, que Ie choc du briquet tire desnbsp;Veilles dun caillou, paraissent de petites ballesnbsp;de plomb rondes en dehors et creuses en dedans :nbsp;1^ poussière quoflre un bois vermoulu semblenbsp;peuplée dune infiuité danimalcules vivans.nbsp;11 en est de raême du froraage, lorsque la
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sécheiesse Ie fait toniber eii poudre ; presque toutes les plaiites eii se pounissant donnentnbsp;naissance a diflérenles families dinsecles , doiitnbsp;Ie microscope seul a dévoilé lexislence.nbsp;sauge , par example , lorsquoniia pas prissoinnbsp;de la Javer, doiine une boisson dangereuse. Onnbsp;areniarqué que celle malignité provenait dunenbsp;multitude de petils animaux qui vlvent desnbsp;feuilles de cette plante , qui y dcposent leurSnbsp;CEufs , et qui se couvrent dune loile semblablenbsp;a celle des aralgnées, mais insensible a !a yuc.nbsp;Un ciron , qui iie parait a la Yue simple (|U®nbsp;comme un point , se montre , a la faveur dunbsp;microscope, lout couvert de polls et presquenbsp;semblable a uii ours ; une puce y a les jambesnbsp;toutes ^eluts et ci mme ainiées de pointes ^ etnbsp;ressemble en quelque sorle a une écrevisse. Sinbsp;1on examine la queue de certains petits poissonsnbsp;un peu transparens , on voit circuler leur sangnbsp;qui va et revitnt des artères dans les veines. Sinbsp;lon prend une goutte deau, oü Ton ait bulnbsp;Iremper un jour ou deux du loin ou dauireSnbsp;hei bes sèche§,ony apercoit un nornbre sur-prtnant de peiiies anguilles qui nageut dansnbsp;celle eau , comme on en voit aussi nager dansnbsp;Ie vlnaigre. Si lon met du poivre xioir ainfuseinbsp;une nuit dans de ieau , on j eut Ie lendemain nbsp;remarquer des animalcules, dont on distinguelcsnbsp;pieds, la queue , la lète et mcme les yeux.
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ï)e quelle admivation ne doit-onpas être frappé^ lorsquon aper^oit dislinctement cette multitudenbsp;infinie dêtres nouveaux, qul si long-tems ontnbsp;échappé aux y eux les plus pergans? et, si Ton pen senbsp;combien doivent étre petites les diverses partiesnbsp;de leurs corps; combien sont délicats les os , lesnbsp;tierfs, les veines, les arières qui les composent;nbsp;combien sont tenues les pellicules et les liqueui^snbsp;de leurs yeux ; quelle doit être Torganisationnbsp;de leurs muscles , de leur cerveau et de leurnbsp;coeurj de quelle fluiditédoivent jouir leur sang,nbsp;et surtout les esprits animaüx qui impriment Ienbsp;mouvement a ces petites machines, qui pourranbsp;sempêcher de reconnaitre la sagesse et lanbsp;puissance infinies, qui éclatent avec tant de magnificence jusques dans la creation et la conservation de ces faibles animaux , dont la contemplation force lesprit humain a reconnaitrenbsp;combien sont bornées sa science et ses lumières,nbsp;lorsquilvoittoute sa pénêtration échouercontrenbsp;ces insectes, dont les ressorts secrets lui sont etnbsp;lui seront loujours incompréhensibles?
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LE CONSERVATEUR
Du Microscope solaire.
Le microscope solaire ( fig. 34 ) inventé vers 1740» P^r Leberkuyn , de lAcadémienbsp;royale de Berlin. II sajusle au volet dunenbsp;chambre dont toutes les fenêtres sont exacle-menl fermées a la lumlère.
La plaque de cuivre A se fixe au volet par les deux petites vis qui , comme on le voitnbsp;en a , sengagent dans deux écrous b , noyésnbsp;dans le volet.
BB est uR eerde de cuivre , tournant dans lépaisseur de la plaque , et poriant en dehorsnbsp;une glacé , ou miroir de métal C, destiné anbsp;recevöir les rayons du soleil.
Gest au moyen dun pignon D , qui sen-grène a la circonférence du eerde , quon le fait tourner , et avec lui le miroir , de nianièrenbsp;a renvoyer toujours les rayons du soleil dansnbsp;les directions du microscope.
Une vis de rappel , placée en E , fait de même varier Iindinaison du miroir pour lenbsp;même objet.
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P, est Ie corps du microscope portaiit a i^exirémité extérieure une leniille dune fortenbsp;convexité , deslinée a recevoir la plus grandenbsp;^unn iié possible de rayons solaires , et a Ianbsp;léfracier dans rintérieur du tuyau F.
Un autre tuyau G , qui glisse dans Iintérieur de F , porie a son extrémité 1 les diversesnbsp;ieniilles dont on a besoin de proporlionner Ianbsp;force au degré de grossissement que Ion veutnbsp;Se procurer.
11 y a ordinaiiement six de ces leniilles , dont cbacune est ajuslée dans une sorie de chatounbsp;a vis H.
Les objets que lon veut observer se placent par la rainure pratiquée en C , de raanicre anbsp;iecevoir Ie cóne de lumière envoyé par la len-tdle extérieure, el a se troiiver au foyer de lanbsp;leniille placée en I j et, pour satisfaire au changement des lenliPes , lengrenage, que fait mou-voir Ie pignon , fait varier a volonté lextré-ntite I du microscope.
De même , en faisant glisser Ie tuyau G , dans Ie tuyau F , on a la facilité dapprochernbsp;Ou de reculer les objets placés en C, suivantnbsp;quon a besoin de leur donner une lumière plusnbsp;moins vive 5 car on sent que, si , par exengt;nbsp;P^e , on voulait examiner un insecte viyant, etnbsp;, pour avoir la plus grande lumière possi-
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Lie , on Ie mit précisément au foyer de Ia Jeri-lille extérieure , il serait a lmstant brulé; tandis que, si eest un morceau dune substance peunbsp;transparenie et peu combustible ^ on peut lex-poser a cette forte lumière , pour en distinguernbsp;mieux les parties.
II fautvarier les porte-objets suivant la nature des objets que l'on veut observer.
K est un porte-objets en iyoire dont chaque rond est foiiné de deux plaques de talc fortnbsp;minces entre lesquelles ou place, soit les pattesnbsp;de moiiches , soit les petits insectes morts , lesnbsp;écbantillons de bois très-minces , etc. etc. , quinbsp;y restent a demeure.
Quelques-uns de ces porte-objets ne sont assujettis quavec un anneau de cuivre formantnbsp;iessort , pour placer a volonté , entre les deuxnbsp;plaques, de nouveaux objets.
Le povte-objet L est en cuivre ; les plaques sont en verre concave, pour laisser entre deuxnbsp;la place dun insecle vivant, ou dune liqueurnbsp;dont on veut observer la cristallisation ou lenbsp;dessèchement.
Dautres porte-objets M sont des cylindres de verre , dans lesquels on fait entrer, soit unenbsp;palle de grenouille vivante , soit une nageoirenbsp;de poisson, soit des vers ou insectes un pet»nbsp;longs.
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est une petite pince poui saisirles objets.
O est une lentille a main , destinée a aider iccil de robservateur pour chercber ou preparer les objets.
Enfin, P est une petite boite pour serrer des ronds de talc ^ ou des verres de re change.
Le talc a sur Ie yerre Favantage detre en lames beaucoup plus minces ^ et par conséquent de raoins nuire au passage des rayonsnbsp;de lumière.
11 est aisé de concevoir que la lumière , arri-yant avec force par la lentille extérieure, jette une très-grande clarié sur les objets plqcés en C;nbsp;et que , ce point C éiant au foyer de la lentillenbsp;I , celle-ci réfracte les rayons qui en yiennentnbsp;en un grand cóne de lumière qui ya se pcindrenbsp;Sur la rnuraille ou la toile , ayec dautant plusnbsp;de détails que le foyer est plus fort , et que lanbsp;toile est plus élolgnée.
De celte manière une puce se peinl de la grosseur dun mouton , des poussières de pa-pillon ressemblent a des fleurs doeillets. Lesnbsp;yeines qui se trouvenl dans la queue dun lézardnbsp;olFrent Fimage d une giande carte géographiquenbsp;dont elles forment les riyières , et oü lon distingue parfaitement la circulation du sang,nbsp;ll eu est dtt microscope solaire comme d«s
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auties instiumens doptique ; la théorie ne don- ne pas de hornes a ses eflets ; (t Ie grosslsse-ment pourrait en étre porté a Texlreme , silnbsp;régnalt assez de perfection dans toutcs ses parties , pour proportionner la lumière au gros-sissement.
Cette perfeclioH lient, ainsi que dansla cham-bre obscure , au niiroir extérieur, dont la moindre inégalité nuit a légale repartition denbsp;la lumière. 11 est très-difficile détablir des mi-roirs parfaitement plans , tant a lextcrieur quenbsp;sur la face qui re^oit Ie tain ; et cependant, pournbsp;peu que ces deux faces ne solen t pas exacteinentnbsp;parallèles , la reflexion de la lumière cessenbsp;detre parfaite ; ce qui ferait préférer les miroirsnbsp;de métal, sils n'exigeaient trop de précautionsnbsp;contre les effcts de lair auquel leur destinationnbsp;les expose.
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DE LA VUE.
CHAPITRE XIX.
Du Microscope de DeHebarre. (i)
LauteüR appelle ce microscope universel, paree quil la rendu propre a observer , ennbsp;tout temps el de toules fagons , quelque objetnbsp;que ce soit , transparent ou opaque ; et cestnbsp;avec daulant plus de raison qu il a pu ie nom-nier ainsi, que, pour Ie présenter alAcadémienbsp;royale des sciences , il lui a donné , lors denbsp;sou séjour a Paris , loute la perfection dontnbsp;ii Ia cru susceptible; perfection quil a obtenuenbsp;parleschangernens et les additions considerablesnbsp;quil y a fails , et qui en onl beaucoup perfec-
(i) La France pouvant tléfier par eet instrument toutesles fa-Lrications anglaises , je crois pouvoir réimprimer ici Iinstruc-tion qne jai puhliée sous les yeux de lauteur , au moment oü je veiiois de travailler au rapport, qui lui fit déceraer,nbsp;par lAthénée des arts , une couronne et une médaille.
M. Dellebari'C est mort en 1808.
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lionnéla conslruciion et les effets. Aussi, surle rapport avantageux cjuen firent les commis-saires noiiimes pour rexaminer , IAcademienbsp;]ui accorda son approbation. Co rapport, quinbsp;esl aussi elendu que circonstancié , se trouvenbsp;inséré on entier dans le journalEncjclopédiquenbsp;des mois daout et de septembre de Ianneenbsp;1777 , dans lequel au surplus on verra le mé-moire quil lut sur la difference de la construe-^nbsp;lion et des effets de cet instrument , lorsque,nbsp;le 3o avril précédent, il le presenta a IAca-démie.
Ce microscope ( fig. 25 ) se place tout entier dans sa boite , composée de trois parlies dontnbsp;le pied fait la premiere j la deuxieme consistenbsp;dans une longue tige carree , qui porte lesnbsp;deux miroirs de glace, adosses Fun contre Fau-tre , et renfermés dans un même eerde lanbsp;loupe servant a réunir la lumiere sur Fobjet ;nbsp;et, au-dessus de celte loupe , une table ou pla-line oil se pose Fobjet ¦, la troisieme partie ,nbsp;qui est ce quon appelle proprement le co'rpsnbsp;du microscope , comprend tous les tuyauxnbsp;lous les verres oculajres vissés et assemblesnbsp;Fun dans Faulre , et portés par un eerde fixenbsp;a une autre tige carrée,
Comme la construction et les usages de ce microscope différent entièrement de ceux des
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microscopes connus , et que It s divers el prin-cipaux effets , qui lui soiit piopres et parlicu-liers , dependent de Ia variation des positions , des distances et des combinaisons des verres ,nbsp;tuyaux et miroirs qui y sont rendus mobiles ,nbsp;et non fixes et arrêtés a la même place, comuienbsp;dans les microscopes quon a faits ci-clevant, ilnbsp;est absolumeni nécessaire dentrer ici dans Ienbsp;détail, 1° des difTérentes pieces du microscope ,nbsp;des divers mouvemens quon peut leur donner ,nbsp;et des lettres et numéros qui servent a les fairenbsp;connaitre j 2° de ses divers usages ou des dif-férentes manières de sen servir pour opérer lesnbsp;difiërens degrés dagrandissement, de clarté ,nbsp;de distinction et de champ ou air visible , dontnbsp;eet instrument est susceptible , tant pour lesnbsp;objets transparens ou diapbanes , que pour lesnbsp;objets opaques.
Lauteur commence par la partie essentielle de Iinstrumeut , ccst-a-dire ^ par la descriptionnbsp;du corps du microscope : cette partie est com-posee de cinq tuyaux , de cinq verres oculairesnbsp;et de cinq leniilles objectives.
Le premier de ces tuyaux , qui recoit tous les autres, est marqué de la lettre A. Ce mémenbsp;luyau porte a sa partie iuléiieure un petit boutnbsp;tuyau étroit, qui est garni extérieurementnbsp;fit iotérieurement dun pas de vis : rimérieur
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est destine a recevoir Ie porle-lenlillc ob'CC-tive j et sur 1extérieur se visSe Ie miroir concave dargentN, doni on fait usage pour éclairer les objets opaques.
Dans ce premier tuyau se place un second lujau B , lequel, par en bas , porte Ie verrenbsp;intermédiaire , cest-a-dire , celui que Ton placenbsp;entre la leniille objective et les oculaires quinbsp;sont Ie plus pres de loeil.
Dans ce second tuyau , on en place un troi-sième marqué C lequel, par en haut, porte les oculaires , qui , sans y comprendre linter-médiaire , sont au nombre de quatre. Chacunnbsp;de ces verres , selon les diverses combinaisonsnbsp;([ue lon vent faire , peut alternativement senbsp;visser aux tuyaux B et C , et par la deveuir intermédiaire OU oculaire proprement dit. Cesnbsp;cinqverres sont montés chacun dans une virole ,nbsp;portant une vis et un écrou du inêine pas ,nbsp;moyennant quoi lou peut les employer , ounbsp;tous ensemble , ou séparément et combinesnbsp;de diflérentes facons.
II y a un quatrième tuyau qui sei t, en certains cas et en certaincs combinaisons de ces verres, aalongerle corps du microscope, c ést-a-dire , a augmenter la distance entre la lentillenbsp;objective et les oculaires j ce tuyau , qui portenbsp;laleltreD, sc place dans riniérieur, et, lors-
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que les tuyaux se trouvent rassemblés les uns dans les auires, enlre dans A et recoit B.
Le cinquième Inyau est marqué de la letlre Ej ce tuyaii se visse au tuyauC, au-dessous ounbsp;bien au-dessus des viroles des oculaires : dansnbsp;le premier cas, il sert a augmenter la distancenbsp;des oculaires aux verres intermédiaires, et,nbsp;dans le sccoml, a augmenter celle de Toculairanbsp;a Toeil de lobservateur.
Les viroles qui portent les verres oculaires sont aussi au nombre de cinq,- elles soiit toutesnbsp;marquees dun numéro, qui fait connaitre lanbsp;force des verres quelics renferment : par conséquent, la virole n° i. renferme le verre quinbsp;grossit le plus , et ainsi des autres. Les verresnbsp;contenus dans ces cinq viroles, et que lon peutnbsp;combiner de quantité de facons diflérentes,nbsp;sont tous de dilFérentes manières et de différensnbsp;foyers.
Immédiatement au-dessus de la virole supérieure, cest-a-dire de celle qui est le plus pres de loeil, se visse la visière F, composée de deuxnbsp;pieces qui entrent a vis Tune dans lautre, etnbsp;qui, en se vissant et se dévissant, peuvent sa-longer ou se racourcir , pour mettre ainsi loeilnbsp;iusie au foyer antérieur des verres ocul dies,nbsp;selon que lexigent les dilférenies bauleurs dunbsp;Microscope.
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Enfin il a cinq Icnlilles objectives qui se vissent alternativernent, selon la grandeur denbsp;l objet Cfue Ton veut examiner, dans Ie petitnbsp;bout du tujau A. Ces lentilles se reconnaisseotnbsp;a leur ouverture. Celle qui grossit Ie plus a lanbsp;plus petite, et est marquee n° i; et la moinsnbsp;forte, dont louverture est la plus grande , portenbsp;Ie n'^ 5.
Le corps entier du microscope est retenu par un cei-cle, fixé a une li^e carrée G , qui glissenbsp;dans une botte de cuivre H, Iaquelle|sadapte iinbsp;Textremite supérieure de la grande tige de lins-trument ¦ ce qui doune au corps du microscopenbsp;un mouvemeni darrière en avant et davant ennbsp;arrière; et la botte, tournaut elle - mèrne surnbsp;un pivot, donue au microscope un mouvement de droile a gauche et de gauche a droite jnbsp;de sorte qnau moyen de ce doable mouvement, on peut lui faire parcourir tousles pointsnbsp;de Ia plaline qui porte les objets ; ces dlt; ux mou-vernens, loi'squon veut arrêter et fixer la len-tille sur un objet, sarrêtent par autant de visnbsp;au-dessous de la tige carrée : tout contre lenbsp;eerde qui lient les tuyaux, estunboutou g, dontnbsp;la tête est fort alongée, et qui donne beaucoupnbsp;de facilité , pour imprimer aux tuyaux lesnbsp;deux mouvemens dont on vient de parler.
La seconde partie du microscope consiste
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dans une longue tige carrée T , a laquelle sont ^daptées loutes les autres pieces de Tinstruinent.nbsp;Cetie tige, qui se fixe par une vis au pied dunbsp;microscope, est en deux endroits p, p, briséenbsp;et a charnière , pour pouvoir , 1° lincliner denbsp;manière a obsei'ver commodément assis; 3® amener Ie corps du microscope dans une situationnbsp;borisontale , afin dy observer les objets parnbsp;nne lumière directe et non réflécbie.
Vers Ie haut de cette tige estplacée la platine P, destinée a porter les objets qui sj posentnbsp;sur un verre plan. Cette platine peut se meitrenbsp;a la distance convenable de la lentille objective,nbsp;par un mouvement de crémaillère très-doux,nbsp;et cela, au moyen dun large bouton b, qui senbsp;irouve a gauche fixe a la boite de cuivre quinbsp;tient la platine, et qui porte un pignon engrenénbsp;dans un rateau, le long duquel la platine montenbsp;et descend facilement a mesure que Ton ennbsp;tourne et detourne le bouton, et reste a toutenbsp;distance pour mettre ainsi Iobjet juste a son-point. A cette platine, en dessus eten dessous,nbsp;sont adaptés des ressorts qui servent a ynbsp;arrêter toutes les pieces qnelon veut, commenbsp;des tubes , des lames de cuivre ou divolre, etc.nbsp;A.Usurplus, cette piece porte a la droite un pe-canon refendu, dans lequel glisse une pe-.nbsp;dte branche dacier, qui, a luu de ses bouts,
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porte mie pointe et une plnce destinées a saisir les objets vivants, et les auties objets opaques;nbsp;et, a lautre, un petit anneau dans lequel on as-sujettit un portc-objet au mojen dune vis : cenbsp;petit canon, quon fixe par un écrou au dessous,nbsp;toume comme sur un pivot. Ainsi ces piecesnbsp;peuvent se mouvoir a droite et a gauche, ennbsp;avantet en arrière; et elles ont précisément lesnbsp;mêmes mouvemens que Ie corps du microscope; elles servent principalement quand lins-trument est tourné directement au jour, ou incline pour sen servir assis. A la gauche de lanbsp;plaline est une petite ouverture , qui a une portee pour y recevoir un carton noir ou blanc ,nbsp;sur lequel on peut mettre queique objet que cenbsp;soit; 1on sen sert principalement lorsque Tonnbsp;veut examiner, avec une lentille de long foyer,nbsp;les objets dont les couleurs sont tendres et chan-geanteSj et qui sont éclairés seulementpar la lu-mière du jour, et sans aucune reflexion des mi-roirs inférieursi Enfin, dans la grande ouverture de la platine , se met un verre plan sur lequel se pose lobjet ; ce veiTe est a jour dansnbsp;loute son étendue pour les objets iransparens ,nbsp;et porte une tache noire au blanche, si 1on sennbsp;sert pour les opaques.'
Au-dessous de cette platine, vers Ie pied du microscope, est un demi-cercle Kfixé a une boiie
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tJe cuivre qui glissc dans la tige carrée du pied, et peul sy fixer a lel point que Ton veut; (Cnbsp;demi-cercle porte sur ses deux faces deux m -roirs de glac , Turi plan M, lautre concave,nbsp;qui onl Ie mouvement horisontal, et Ie doublenbsp;ïMouvement oblique auiérieur et lateral, servantnbsp;u réfléchir la lumière vers lobjet : ces miroirsnbsp;peuveal èlre places a difierentes distances denbsp;lobjet, suivanl les dilférens dégrés dintensilénbsp;de lumière dom on a besoin.
Entre 1 ¦ miroir et la platine , est placée uno loupe'OU verre convexe marqué VI, et destinenbsp;a rassembler sur lobjet les rayons de la lumière,nbsp;et surtoul de celle d' la chandelle. Cette loupe,nbsp;qui est pareillement fixée a une boite de cuivrenbsp;glissant dans la grande tige, a les deux mouve-^ens, Ie veriical et Iliorisontal, pour quoiinbsp;puisse lavancer, 1éloigner ou la supprimer aunbsp;besoin. Le tout est porie sur un pied de cuivrenbsp;L, et cesl la Iroisième parlie du'microscope ,nbsp;lel quil est arrange dans sa boite. Ce pied, quinbsp;est compose de trois consoles assemblees dansnbsp;Une base . revolt dans son embase la grande tigenbsp;du microscope quiy lourne dans toute direction ,
et sy fixe par une vis lorsquon veut se servir de 1 instrument. Une des consoles se tourne en de-vant, quand le corps du microscope est vertical,nbsp;et en arrière, lorsquil est horisontal ou incline.
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Outre Ie miroir concave dargent N, quï y comme OU la dit ci-dessus, seit a éclairer lesnbsp;objets opaques , et se visse au bas du tujau A anbsp;différentes hauteurs, selon les différens foyersnbsp;des lenlilles quon veut employer, on se sertnbsp;encore des diapbragmes de cuivre noirci a diffé-rentes ouvertures, dont Jes uns se mettent surnbsp;les rniroirs de glace inférieurs, et les autres surnbsp;Ja loupe pour enmodérerla trop grandelumière,nbsp;sur tout lorsquon se sert de fortes lentilles ^nbsp;OU quon observe des objets fort transparens ,nbsp;avec quelque lenlille que ce soit.
11 y a aussi une petite lame de cuivre arron-die par les deux bouts , noircie dun cóté, et polie de lautre ; cette piece, lorsquon observenbsp;des objets saisis paria pince ou par la pointe,nbsp;sert a intercepter les rayons du miroir den bas ^nbsp;pour que lobjet ne soit éclairé que par Ia reflexion du miroir concave dargent j elle senbsp;place directenient sous lobjet, et se fixe a l'unnbsp;des ressorts de la plaline.
Enfin deux boites, qui souvrentet seferment a coulisse i, contiennent quarante objets transparens ou opaques, arranges entre deux verresnbsp;concaves et très-minces, dans un petit anneaunbsp;dos OU divoire , sur Ie revers duquei est marqué Ie nom de lobjet. Ces objets, tirés des troisnbsp;règnes de la nature, et pour la plupart difiérens
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de ceux que lon fournit ayec les aulres microscopes , doivent paraitre dautant plus curieux et iniéressans, que, depuis vingt-cinq ans et plusnbsp;que lon observe, on a toujours tenu note denbsp;tout ce qu on a trouvé qui put sappliquer Ienbsp;plusutilement au microscope. Dailleursoncroitnbsp;ne rien dire de trop a ce sujet, en assurani quenbsp;lon sest acquis, par une experience de tautnbsp;dannees, plus de dextérité pour la preparationnbsp;de ces objets, que par les moyens quemployentnbsp;ceux qui les préparent ordinalrement. Indépen-damment des quaranteporte-objets qui sönt four-nis ave linstrument, les Amateurs trouvent desnbsp;colleciionSj grandes, moyennes et pelites dinsec-tes et parties dinsectes développées et anatomi-sées, dailes et détuis dailes de mouches, sca-rabées, etc., de poils danimaux, deplumes etnbsp;de plumasseaux doiseaux, décailles de pois-sons, de poussières de fleurs, de papillens, sca-rabées et autres insectes, de plantes marines etnbsp;terresires , de tranches horisontales de bois etnbsp;de plantes, de dissolutions de sel, etc. , Ienbsp;lout préparé pour êire observé partie transparente , partie opaque.
On passe maintenant a 1usage particulier du microscope, OU bien aux diflérentes manièresnbsp;de sen servir. Lhabitude ou lon a élé jusquanbsp;présent de se servir de microscopes, dont la
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manoeuvre élait toute différente, pourrait faire croire quil y anrait plus de difïiculté dans lu-snge de celui-ci, par rapport aux diflérentes positions de ses verres , tuyaux et miroirs qui ,nbsp;conime on Ia fait observer, sont fixes dans lesnbsp;auires instramens de ce genre 3 mais I on a dau-lant moins sujet de sen plaindre, que cest denbsp;ces variations mémes que résultent beaucoup denbsp;propriétcs et davantages que les autres microscopes nont point 3 et que , cetle petite difficulténbsp;une fois surmontée, lobscrvateur trouvera avecnbsp;eet instrument toutes les facilités et toutesnbsp;les commodités imaginables, solt pour salsirnbsp;promptement sou objet et Ie racttre au point denbsp;distinction, soit pour 1éclairer convenablement,nbsp;soit ponr Ie faii-e successivement passer par tousnbsp;les degrés d agrandissement, de clarté, de distinction, et dextension qull juge a propos 3nbsp;mais pour cela il faut bien lire et reiire ce quinbsp;precede et ce qui suit.
Pour bien se servir de ce microscope , il faut savoir, i Ie monter et Ie disposer pnur qucl-que combinalson et quelque objet que ce soit 3nbsp;2quot; arranger ou combiner les verres ou lentillesnbsp;du microscope, relativement a 1eflet quon veutnbsp;fiire produire a eet instrument 3 5° donner lanbsp;lurnière conveuable a la nature de lobjet transparent OU opaque que lon vcul examiner 3
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4 amener Ie corps du microscope sur lobjet ou Ia partie de lobjet quon se propose dobserver jnbsp;5° mettre eet objet au foyer de la lenlille objective : cest-a-dlre , juste au point oü lon Ienbsp;voit distinctement.
On entrera bientót dans Ie détail de chacuu de ces points , et surtout des trois premiers.nbsp;Ceux qui ne veulent point se donner Ia peinenbsp;de lire tout ce qui tient a lusage particulier denbsp;linstrument, peuvent dabord sen servir très-avantageusement en sj prenant de la manièrenbsp;suivanle :
USAGES ET COMBINAISONS GÉNÉRALES , DU MICROSCOPE.
1° Pour les ohjets transparens vus de Jour.
Ajant retire de la boite la partie qui com-prend les tuyaux , il en faut dabord óter Ie lujau OU alonge D , mettre en A en sa placenbsp;Ie luyau B , gariii , par en bas , de la virolenbsp;n 5, quil y faut très-peu eufoucer j puls, ayantnbsp;sorti Ie tuyau B , autant que faire se pent, etnbsp;Ie tuyau C , auquel sont vissées les quatre viro-les ntarquées l, H, Hl , IV , il en faut óter etnbsp;meitre de cóté les deux supérieures avec Ienbsp;tayau E, qui est au-dessus j et, sur les deuxnbsp;viroles nos III et IV , qui restenl au tuyau C
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placer la visière F autant dévissée quelle peut lêtre ; après quoi, ayant placé daus Ie petit canon dn tuyau A la lentille correspondante a lanbsp;grandeur de lobjet que 1on veut observer, parnbsp;exemple , les lenlilles nos 4 ou 5 pour les plusnbsp;grands objets , et les lentillesnos 2 ou i pournbsp;les pluspetits , Ie corps du microscope se trou-vera arrange poury observer toutes sortes dob-Jets transparens et opaques.
Celaétant fait, el la grande tige étant fixée au moyen dune vis au pied du microscope, la tablenbsp;OU platine oii se pose Ie miroir inférieur étantnbsp;abaissée ou mise dans une situation horisontale,nbsp;de même que la loupe quil faut toujours pliernbsp;de cólé , a moins que ce ne soit pour voirnbsp;a la chandelle les objets transparens , il fautnbsp;placer au bout de la grande tige la piece quinbsp;porte les tuyaux j et, ayant mis dans la grandenbsp;ouverture de la platine Ie verre plan dom Ienbsp;centre na point de tache, et sur ce verre robjet,nbsp;il faut amener Ie miroir concave inférieur environ vers Ie milieu de la longueur de la tige,nbsp;Ie tourner et lincliner de manière que lesnbsp;rayons quil réfléchit portent sur l objet, et quenbsp;lon Ie voie bien éclairé. Après cela il faut amener la lentille directement dessus, au moyen desnbsp;divers mouvemens de droite et de gauche , da-vant et darrière quon a donnés a la pièce des
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tuyaux ¦ enfin tourner ou délourner ua large boulon qui se trouve a gauche fixe a la boitenbsp;carrée qui tient la platine, jusqua ce que Tonnbsp;voie distinctement son objet.
Si Tobjet ne se trouve point éclairé comme on le souhaite , il faut alors porter les deuxnbsp;mains au cercle du miroir 5 et, par les mouve-meus horisontaux et obliques dont il csl susceptible, le diriger de fagou quil soit bien éclairé.nbsp;Si la lumiere parait trop forte , il faut mettrenbsp;sur le miroir un des diaphragnies de cuivrenbsp;noirci , dont Iouverture reponde au degré denbsp;distinction que 1on veut donner a son objet.
Diverses variations de cette comhinaison.
Avec cette comhinaison , toujours en se servant de la même lenlille objective , on peut grossir successiyement Iobjet ainsi quon lenbsp;juge a propos , et cela des trois manieres sui-vantes :
1° Par les distances que Ton met enlre Focu-laire intermédiaire , vissé au bas du luyau B , et la lenlille objective : cela se fait en remeltantnbsp;en A 1alonge D , et le tujau B dans eette niêmenbsp;alonge f puis en sortant successivement D denbsp;A et B de D. Les divers alongemens que cettenbsp;öianoeuvre donne au corps du microscope ,
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donnent aussl a lobjet diflerens degrés dagran-dissement ; mais , a proportion que la distance augmente entre Ie verre intermédiaire et lanbsp;lenlille , a proportion aussi celle des verresdenbsp;loeil a lintermédiaire , doit diminuer j ainsinbsp;il faul enfoncer C en B , a proportion que Ionnbsp;sort D de A et B de D : mais on ny doit guèrenbsp;enfoncer les virolesvissées a ce tujau, pour quenbsp;Ie verre intermédiaire ne tombe point dans Ienbsp;foyer des verres supérieurs, et ne vienne pointnbsp;ainsi former sur lobjet une espèce de voile quinbsp;nuirait beaucoup a sa netteté. Quand Ie microscope est tout-a-fait alongé , la vislère F doitnbsp;être autant racourcie quil est possible , pareenbsp;que , plus grande est la distance des oculairesnbsp;a la lenlille , moins grande doit ctre celle denbsp;loeil au verre supérieur. En général il faut vissernbsp;OU dévisser la piece F , jusqua ce que Ie champnbsp;du microscope se découvre entièrement.
II faut encore observer que , plus Ie microscope salonge , plus lusage des diaphragmes sur Ie miroir concave inférieur est indispensable , a cause de la déperdition de lumière causéenbsp;par eet alongement : louverture du diaphragmenbsp;doit être dautant plus petite que les tuyaux sontnbsp;plus alongés , ou que lobjet est plus transparent.
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examine toule la distinction nécessaire, il fau-draii, ou baisser Ie miroir concave jusquau bas de la tige , ou se servir du miroir plan qui luinbsp;est adossée , en posant aussi sur lun et lautrenbsp;des diaphragmes , si Ie cas lexige.
Le second moyen dagrandissement se fait par la simple soustraction du verre intermédiaire vissé au bas du tuyau B quon laissera ennbsp;D , en laissant D en A , corarae ci-dessus.
Dans ce cas, les diaphragmes sont encore plus nécessaires que dans le précédent et, commenbsp;loeil doit être plus éloigné du verre supérieur ,nbsp;il en faut óter la visière F toute entière, etnbsp;en sa place y visser le tuyau Ej parcette operation , lobjet se Irouvera gross! pour le moinsnbsp;du double.
La troisième manière de grossir par les ocu-laires , toujours avec les mêmes verres , la niême leniille objective el le tuyau D , cest de vissernbsp;en C , au-dessus des deux autres , la virolenbsp;quon a ótée de B ; cette manoeuvre doubleranbsp;encore la grandeur de lobjet et le champ dunbsp;microscope. Comme dans cette combinaisonnbsp;1oeil doit être plus pres des verres que dans lesnbsp;combinaisons précédentes , il faut dévisser lanbsp;partie den haut de la visière F, et la metire iui-ïïiédiatement sur la virole supérieure; il fautnbsp;^^ssi mettre sur Ie miroir inférieur le diaphragm®
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a plus petite ouverture , et ne point trop forcer, cest-a-dire, ne sortir Ie tuyau D de A, B de C ,nbsp;et C de B, quautant que lobjel paraitra distinctnbsp;efbien terminé.
Si, sans se servir du luyau D , Ton voulait tout dun coup tripler la grandeur de son objet,nbsp;il suffirait de changer la position intermédiaire,nbsp;cest-a-dire, de lóter de B, et de la vissernbsp;en C , au-dessus des deux autres viroles qui ynbsp;som , mettant dessus la partie den haut de lanbsp;visière F, et sur Ie miroir inférieur Ie diaphrag-me a plus grande ou plus petite ouverture ,nbsp;selon que Fobjet serait plus ou nioins transparent.
2° Pour les objets transparens pus d la chandelle.
11 faut observer tout ce qui a été dit cl-dessus , a ia réserve quil faut aniener, au centre du miroir inférieur et de la plaiine , la loupe dunbsp;n VI, quon place aussi pres de la plaiine quilnbsp;est possible si 1on emploie Ie miroir concave ,nbsp;et environ a un pouce et demi si 1on se sertnbsp;du plan , observant de chercher , en baussantnbsp;ou baissanl la loupe et les miroirs inférieurs Ienbsp;long de la lige , Ie degré de clarié que lon jugenbsp;Ie plus convenable. Si la lumière réfractée parnbsp;la loupe est trop forte, comme pour les objetsnbsp;transparens, sui tout lorsquon les observe avec
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de fortes lentilles , il faut aussi mettre sur cette Joupe un diaphragme , dont rouvei lure seranbsp;plus OU moins grande , selon que lobjet auranbsp;plus OU moins de transparence.
Lo rsquon observe a la chandelle avec de Idrtes lentilles , cest-a-dire , avec les lentillesnbsp;1 et 2 , il vaut souvent inieux plojer lanbsp;loupe de cólé , et abaisser Ie miroir concavenbsp;jusquau pied du microscope. La luniière quilnbsp;donne alors est bien plus douce et bien plusnbsp;convenable pour ces sortes de lentilles , dontnbsp;1ouverture est beaucoup plus petite j et, si ceitenbsp;lumière se trouvait encore trop forte, on la mo-dérerait par des diaphragmes de la manière en-seignée ci-dessus.
La chandelle doit être placée de fagon que la flamme soit a la hauteur de la platine , elnbsp;ouelie en soit a quatre ou cinq pouccs de dis-tance ¦ mais, pour les objets opaques , elle ennbsp;doit être aussi pres quon Ie peut faire saus senbsp;brüler.
5° Pour los objets transparens , vus partie transparente , partie opaque : par exemple ,nbsp;pour voir Ia prunelle et leblunc des jeux desnbsp;puces , etc.
ï^oux' cela , laissant a la platine Ie verre plan ^ui est tout a jour, eflobjet au centre de cenbsp;verre , il faut, avec la lentille nquot; 3 , visser Ie
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Hliroir concave dargent jusqua la moitié dupeli^ canon du luyau A , et meUre D en A , el B ennbsp;D , tout-a-fait enfoncés lun dans 1aulre j Cnbsp;presquentièrement hors de B , et la visière Fnbsp;dévissée a moitié; puis il Taut amener Ie miroirnbsp;plan a deux ou trois pouces de distance , sinbsp;cest de jour que se fait lobservation, ou Ienbsp;miroir concave a la mêrae distance , si cest anbsp;Ia chandelle.
11 faut remarqner que Ia loupe ne sert jamais pour ces sortes dohjets, de même que pour lesnbsp;objets opaques, puisquelle intercepteraii la plusnbsp;grande parlie des rayons qiii doivent lombersurnbsp;Ie miroir concave dargent : on ne sen sertnbsp;même point pour les objets transparens a lanbsp;Itimière du jour j car Ie redoublement de lumièrenbsp;quelle leur donnerait nuiraii beaucoup a lanbsp;netlelé et a la distinction de ces objets. Daasnbsp;ces trois cas on la lourne de cólé par Ie moyennbsp;de sa cliarnière dont Ie mouvemen t est horisoniab
4° Pour les objets opaques vus de jour.
II faut mettre, dans louverture de la platine, Ie verre qui porie unetache noire ou blanche , etnbsp;lobjei sur lune de ces taches les couleursnbsp;claires sur Ie noir , et les couleurs plus foncéesnbsp;sur Ie blanc ¦, puis visser Ie miroir concavenbsp;dargent au bout du petit canon du tuyau A,nbsp;ccst la lenlille n°. 4 que lon emploie ; si cest
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Celle n. 5 , Ie -visser a moitié , et pour celle 1 , toul-a-fait. Après cela il faul amener ienbsp;ïïiiroir plan a deux pouces environ de laplatiue.nbsp;Enfln, la lentille éiant ramence droit sur lobjet,nbsp;On en clierclie Ie lójer et Ie point, comme il anbsp;oté dit ci-dessus.
Si ce sont des objets monvans que Ion veut examiner, on les fixtra sous Ie corps du micro -cope par uneplnce ouunepointe, qui se placentnbsp;lans Ie petit canon refendu de la platlne, ennbsp;ayanisoin de placer juste sous lobjet, an moyennbsp;dun des ressorts de la platine , un des bouts denbsp;la petite lame de cuivreIe cólé poli pour lesnbsp;objeis de couleur obscure, el Ie noir pour ceuxnbsp;lont les couleurs sont plus claires. Si, en placenbsp;des vlroles, n» 4 ct 5 , qui sont vissées aunbsp;^ayan C , dans la combinaison générale , on metnbsp;la seule vlrole i surmonlée du tuyau E et de lanbsp;'visière F, on aura les objets opaques bien plusnbsp;olairs , mais un peu moins agrandis.
5o Pour les objets opaques vus a Iq chandclle.
II faut pratiquer tout cequi a cté dit ci-dessus , oxcepté que la cbandelle doit étre placée bemi-ooup plus pres de la platine que pour les ohietsnbsp;^ansparens, et quil faut toujours pour les f bjetsnbsp;opaques , lorsquon les observe a la clumdelle,nbsp;servir du miroir concave inférieur , quilnbsp;laut amener a denxpouccs environ de la platine.
-ocr page 288-LE CONSERVATEUR Commeon ne peut pas forcer aulant pourlesnbsp;objets opaques,quiexigentbien plus de lumièrenbsp;que les transparens, si Ionveut grossirplus , ennbsp;se servant de la même lentille objective j desnbsp;trois manieres de grossir par les oculaires quenbsp;jai indiquées ci-dessus, il ne convient demployernbsp;que la premiere j cest-a-dire que, pour Iobser-vation de ces sortes dobjets , ilfaut toujours qu enbsp;Iintermediaire reste au tuyau B.
6° Pour les objets, soit transparens, soit opaques, vus directement au jour , sans la réJlexioV'nbsp;des mirvirs inférieurs.
Il faut dabord ramener la lentille au centi® de la platine, el fixer la piece des tuyaux painbsp;Je moyen des deux vis qui en arrêtent lesnbsp;mouvemens 3 puls , apres avoir ploye la char-nière qui se trouve vers le milieu de la longueurnbsp;de la tige , de facon quelle donue au corps dunbsp;microscope une inclinaison denvlron ciU'nbsp;quante degres , et tourne une des consoles dunbsp;pied en at rière , on appliquera 1objet ou 1^nbsp;porle-objet sous la lentille , au moyen de 1*nbsp;pirice , de la pointe ou du petit anneau de cuivr®nbsp;quon fera aller et venir le long de la platine ,nbsp;a droite et a gauche , en avant et en arrièr®nbsp;comrae le corps du microscope, pour saisirnbsp;ce naoycn Iobjet ou la partie de iobjet qti®
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lorv a envie dobserver , et que lon mettra a son foyer. 11 faut avoir soin, quand on ploienbsp;charniëre, que la boite qui porte la loupenbsp;sy trouve point engagécj et pour cela ii fautnbsp;1abaisser avec celle du rairoir inférieur vers Ienbsp;pied du microscope.
Cette position du microscope est des plus svantageuses, i. pour robservation de quantiténbsp;dobjets , et surtout des plus transparens, quisenbsp;Oiontrent bien plus dislinclement, lorsquils sontnbsp;eclairés par une lumiëre directe , que quandnbsp;ds Ie sont par la reflexion des miroirs.
2°. Elle donne la plus grande facilité pour tirer Ie dessin de lobjet qu'on observe ^ etnbsp;pour en tracer sur-le-champ les contours , etnbsp;P^r conséquent la grandeur apparente : pournbsp;^®la, il faut sy prendre de la manière suivante :
II faut pl acer Ie microscope , de manière que ^ visière F ou les oculaires se trouvcnl jusienbsp;^ !a bauteur des yeux de 1observaleur , qui ennbsp;sera plus a son aise sil se tient debout ¦, en-stiite, regardant de loeil droit a travers lesnbsp;^^rres , en fermant Ie gauche a 1ordinaire , onnbsp;Ouvrira insensiblement ce dernier, qui , sausnbsp;déranger 1impulsion causée au premier, per-Wtettra a la main droite , qui reste libre, denbsp;tracer les contours de lobjet. Si liraage nenbsp;voyait pas assez sur Ia gauche, il faudrait ly
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amener par nn léger mouvement de la pince , OU de la pointe, ou du porte-objet.
Cette manoeuvre est dabord très-difficile pour ceux qui ne sont point accoutumés a voir, pafnbsp;les microscopes , lobjei des deux yeux a lanbsp;fois ; cest pourquoi il laudra sy exercer pendant quelque tems ; et, lorsquon j sera parvenu, lon en relirera de plus eet avautage considerable , quon potirra aiséntent, quand leSnbsp;tnvaux serum places verticalement , me^urer lanbsp;grandeur apparente de son objet, en Ie comparant avec une régie bien placée sur la platinenbsp;du microscope.
'j* Four se servir du microseope étant assis.
11 ne faut pour cela quarrêter et fixer la piece des luyaux, et assujettir lobjet au moyen denbsp;la pince, etc., comme dans lopéralion précé-denie, ou bien placer Ie porte-objet dans la petite ouverture de la platine ; cela étant fait, etnbsp;une des consoles du pied étant tournee en ar-ricre, on ploiera la cliarnière qui est au bas denbsp;la grande tige, pour dormer a Iinstrumentnbsp;rinclinaison correspondante a la hauteur ou Tonnbsp;se irouve assis.
Si cette inelinaison était trop grande, et que
le iniroir inferieur ne put, par le mouvement oblique anterieur, renvoyer sur Iobjet la quan-ité de lumière suilisanie , on le lera aisement a
-ocr page 291-1aide du mouvement oblique laléial ou de lt;^óté , que , dans cette vue, Tauteur a aussi doublé a ce miroir ou au demi-cercle auquel il estnbsp;^dapté.
Pour cela il faul amener la loupe au centre la platine; et, comme sou foyer est trop-faible pour quelle puisse rassembler assez denbsp;Layons sur lobjet pour léclairer convena-blement, on en doublera la force, en placantnbsp;Sur cette loupe un des verres quoii aura denbsp;i'este, (les 11® II, III et IV sontles meilleurs),nbsp;1on approchera Ie porle-loupe , alnsi garninbsp;lt;ie ses deux verres,aussi pres de la platinequilnbsp;se pourra faire , et Ie miroir concave inférieur anbsp;la distance denviron deux pouces; après quoinbsp;I on recevra directement sur ce miroir liraagenbsp;lu lune , et Ton aura soiii de la suivrenbsp;dans sa marche par Ie mouvement horisonlal dunbsp;demi-cercle auquel est fixé Ie cadre du eerdenbsp;du miroir 5 et lon aura ainsl son objet éclalrénbsp;dune lumicre tres-donee et très-belle.
Lon peut aussi , par cette manoeuvre, lors-lt;luaprès Ie coucher du soleil la lumière sotn-lgt;re du crépuscule oblige de serrer les auties ftiicroscopes, se servii encore assez avantageuse-uitent de celui-ci, qui rassernble aussi bien
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plus facilementle peu qui existe alors de lumière.
9° Pour observer au microscope les objets dont les couleurs sont tcndres et changeant es.
11 existe des objets,comme les ailes demouches, de cousins, etc. ,lespoussièresde papillons, etc.,nbsp;dont les couleurs, qui sont des plus brillantesnbsp;lorsquon les observe a travers les verres saosnbsp;aucurie reflexion des miroirs, saltèrent et dis-paraissent presquentièrement, lorsquils sontnbsp;éclairés par quelque miroir que ce soit. II fau-dra mettre ces sortes d objets sur un petit carton noir OU blaric, quon placera dans la petitenbsp;ouverture de la platine, et quon inclinera denbsp;manière que Ie jour extérieur donne facilenientnbsp;dessus: cela fait, et Ie miroir inférieur étantnbsp;mis du'CÓté opposé, au mojen du mouvementnbsp;borisontal de son tiemi-cercle, on ameiiera Ienbsp;corps du microscope sur lobjet, quon nob-servera quavec une des lentilles n°® III, IV et V,nbsp;paree que les deux autres , par leur trop grandenbsp;proxiniité de lobjet, intercepteraient presquenbsp;toute la lumière extérieure; enfin, pour donner a
eet objet ragrandissement convenable, on einquot; ploiera la première des trois variations qni ontnbsp;lt; té indiquées ci-dessus a rarlicle de ia cotnbiquot;nbsp;liaison générale.
En voila assez pour mettre au fait de la mani'
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pulation exlérieure de ce microscope , et pour guider la plupart des observateurs dans les operations principales j niais, pour ceux qui veulentnbsp;tirer de cel instrument lout Ie parti possible,nbsp;cesi-a-dire, pour les observations les plus dé-bcaies, qui dependent des diverses positions etnbsp;combinaisons des oculaires, et des diüërens em-plois que lon peut faire des miroirs pour don-iier a lobjet quon examine, el lagrandissementnbsp;et la modification de lumière qui lui sont lesnbsp;plus convenables, je vais entrer dans un plusnbsp;grand détail , et indiquer en premier lieu lesnbsp;diflérentes combinaisons dece microscope, avecnbsp;1efFet qui leur est propre et la manière de lesnbsp;former; en second lieu, faire voir comment ilnbsp;faut manager la lumière réfléchie par les miroirs , pour donner a son objet la distinctionnbsp;et la neiteté requises. Je donnerai enfin quel-ques remarques concernant lobservation desnbsp;diverses espèces dobjets , et la manière de lesnbsp;appliquer au microscope.
Usage du microscope Delleharre, perfeetionné en 1796.
Ce microscope, dom la multiplicité des com-biuaisons, par un continuel déplacement de tuyaux, de verres, de lentilles, rendait lu-Sïige très-difficile et trés - erabarassant; vient
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detre simplifié par son auteur, qui, a plus de quarante combinaisons difïérentes dont il étaitnbsp;susceptible, en a substitué quatre avec lesquellesnbsp;il opère toutes les varialions progressives denbsp;champ', de clarté , et dagraudissement de sounbsp;ancien sjslèmej en outre , il a réussi , par unenbsp;nouvelle disposition de verres, a en doubler Ianbsp;clarté ,1e cbamp étantporté main tenant airente-six pouces , et la faculté ampliative a quinze-cents millions de fois en cube.
Ce microscope est maintenant composé de cinq lentilles, de cinq oculaires, dont l'inier-médiaire est fixé pres de la lenlille , dans un petit tuyau a vis qui na que trois llgnes de jeu :nbsp;quatre autres sont renfermées en trois viroles ,nbsp;dont la supérieure, raarquée i , porte Ie verre Ienbsp;plus fort, cest-a-dire, celui qui grossit Ie plus ;nbsp;la virole suivante, marquée 2 , en renferme unnbsp;autre plusfaible; et celle au-dessus des deux premières, qui est double et contient deux verresnbsp;quil ne faut jamais déplacer, est marquée dunbsp;n° 3. Avec ces trois viroles se forment lesnbsp;quatre combinaisons dont jai parlé ci-dessus ;nbsp;Ia première avec la virole 3 seule , en ótant etnbsp;meltant de cóté les viroles i et 2 ; la seconde,nbsp;en vissant la virole 2 sur la virole 5; la troi-sième, en vissant immédialement sur la virolenbsp;celle qui porte Ie n i, aprcs en avoir óté prca-
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iablementla virole 2; et la quairième, en met-tant les viroles i et 2 en place de la virole 3, quon met alors de cóté.
Usage de la première cumbinaison.
Cette combinaison, formée par la seule virole 3 , sert principalement pour les objets opaques et pour tontes sories dobjets, avec lanbsp;leniille ü° i, et aussi avec la Icntille n° 2. Quandnbsp;on donne aux luyaux un alongement considerable , outre la visière composée de deux pieces,nbsp;il faut visser immédiatement sur la virole 5 lanbsp;moitié du tuyau dalonge, qui est égalementnbsp;compose de deux pieces, dont on met alors lanbsp;seconde de cóté.
Usage de la seconde combinaison.
Cetie combinaison , formée par les viroles 3 «1 2 , en mettant dessus seulement la partie dennbsp;baut de la visière, est la plus ordinaire et cellenbsp;dont on se sert Ie plus souvent avec toutes sor-tes dobjets transparens, et toutes les lentilles ,nbsp;meme celle du nquot; i. Si lon ne donne au tuyaunbsp;que peu ou point dalongement, cette combinaison , qui offre beaucoup de clarté, donne aussinbsp;ün très-grand champ.
Usage de la troisième combinaison formée par les viroles x et quot;S.
Tout ce que jal dit ci-dessus, au sujet de Ia
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LE CONSERVATEUR
combinaison précédenle , a lieu dans celle-ci , exceplé quelle grossit plus et quelle donne unnbsp;champ encore plus étendu. Sur la virole il nenbsp;faut mettre que la pariie supérieure de la vi-sière, pour ne point trop éloigner lceil dunbsp;foyer antérieur des verres dont cette combinaison est composée.
Usage de la quatrième combinaison, composée
des viroles i et 2 , mises en place de la virole 3.
Lusage de cette quatrième combinaison est Ie même que celui de la première j toute la difFé-renceestque celle-ci, quoique procurant un peunbsp;moins de clarté , grossit plus , et donne un plusnbsp;grand champ que 1autre. II faut de même,nbsp;dans celle-ci, ajouter a la yislère la moitié dunbsp;tuyau dalonge E.
A ces quatre combinaisons, on pourrait en ajouter une cinquième composée de tous lesnbsp;verres, cest-a-dire, des trois viroles, saus au-cune visière , mais cette combinaison , qui grossit plus , ne donne pas un beaucoup plus grandnbsp;champ , et procure moins de clarté que les pré-cédentes. Au surplus, on ne pourrait guère sennbsp;servir convenablement quavec les lentilles 4nbsp;et 5 j car eile oöiirait trop dobscurité avec lesnbsp;trois autres.
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DE LA VUE.
Usage des Miroirs inférieurs.
Le miroir concave de glace sen pour lous les objels transparens, vus soit de jour, soit a lanbsp;chandelle, et pour les objets opaques vus aussinbsp;a la chandelle. Pour ces deriiiers objets, il faut,nbsp;auiant quil est possible, rapprocher le miroirnbsp;de la plaiine et de la chandelle, dont la flammenbsp;doit êire environ a la hauteur de cette platine.nbsp;Pour les objets vus de jour, on se sert du mi-ioir plan adossé au précédent ; on sen sertnbsp;aussi pour les objets fort transparens, commenbsp;le sont, par exeinple dans les liqueurs, les animalcules dinfusion, quune luniière trop con-centrée empécherail dappercevoir dislincte-ment.
Usage des Diaphragmes.
Lusage de ces pieces est très-important; on ne peul sen passer avec les lentilles fortes, etnbsp;lorsquc 1on observe des objels dune tiès-grande transparence; ils portent différentes ouvertures , pour óter plus ou raoins de rayons lu-mineux, selon que lobjet est plus ou moiusnbsp;tiansparcnt. Si les grands ne suffisent pas, il ynbsp;a deux autres plus petits que lon ajuste aunbsp;grand, dont rouverlure est plus petite.
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Ces petits diapliragmes sont prlncipalement destines a être mis sur la loupe, qui est placéenbsp;enlre les miroirs inférieurs et la platine quinbsp;porte lobjet tu a la chandelle seuleraent.
Ces diaphragmes, grands et petits, servent a donner plus de distinction alobjet, en suppri-manl les rayons collatéraux, pour néclairer eetnbsp;objet que par des rayons directs.
Usage de la Loupe.
On ne se sert jamais de la loupe , ni avec les objets Opaques, paree quelle inlercepteraitnbsp;les rayons qui, du miroir inférieur, doiventnbsp;porter sur Ie mirolr dargent supérieur, ni denbsp;jour, avec quelque objet que ce soit, transparent OU opaque : on ne sen sert done que pournbsp;lesobjets transparens, vus a la chandelle avec lesnbsp;seules lentilles 3,4 et 5; car, pour les lentillesnbsp;I et 2 , ii faul abaisser Ie miroir concave inferieur jusquau bas de la tige. On pourrait ce-pendant, avec ces deux lentilles , se servir de lanbsp;loupe j mais pour cela il faudrait mettre sur Ienbsp;grand diapliragrae a petite ouverture Ie petit etnbsp;Ie plus ouvert, sur la loupe Ie petit diaphragmenbsp;dont Touvertureestla plus petite, et rapprochernbsp;Ie miroir concave inférieur a demi-distance denbsp;la platine, et du pied du microscope.
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DE LA VUE.
Usage du miroir dargent.
Ce miroir, comme je lai déja dit, sert pour les objets opaques ; on Ie visse sur Ie pelit canon du tujau extérieur, a différenies distances^nbsp;selon que la leniille que lon employe esl dunnbsp;foyer plus long ou plus court. Avec la lentillenbsp;n° 5, il faut employer une petite alonge qui senbsp;visse sur Ie petit canon cl-dessus, el au bas denbsp;laquelie se visse Ie miroir dargent.
Ce miroir ne semploic guère quavec les len-idles 2, 5 et 4, avec lesquelles il est spécialement combine; il semploie aussi pour observer lesnbsp;objets tout a Ia fois comme iransparens etnbsp;comme opaques, mais seulement avec les len-tilles 2,3 et 4; pour cela on se sert dun verrenbsp;plan qui ne porte point de tache , pour que lob-jet soit en même lems cclairé par en haut et parnbsp;en basj et alors, au même instant oii lon voitnbsp;1intérieur de 1objet, 011 appercoit aussi lesnbsp;trails extérieurs répandus sur la surface : parnbsp;cxemple, dans les puces , on voit non-seulementnbsp;les intesiins, mais encore la configuration desnbsp;yeux, Ie blauc , liris et la prunelle , etc.
On ne se sen presque jamais de diapbragmes, quand on observe les objets opaques, pour les-quels on na jamais irop de lumlère; cest pour-quoij pour robservaiion de ces objets, il faut
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loujours, autanl quon Ie peut, approclier de la plaline Ie miroir inférieur, soit plan , soit concave.
Joubliais de dire qu'avec les objets opaques, il faut se servir du verre plan, qui porie unenbsp;tache noire dun cóté et blanche de lauire , ennbsp;mettant sur la noire les objels de couleur clalre,nbsp;et ceux de couleur obscure et foncée sur la blanche j a moins quen supprimant ce verre plan ,nbsp;onne se serve de la petite palette polie dunnbsp;cóté, et noircie de lautre, que lon fixe au centre de la platine , au mo_yen d un de ses ressortsnbsp;dacier, Celte palette est spécialement destinéenbsp;a êlre mise au-dessous de la pince , adaptée surnbsp;la plaline a un petit canon mobile en tous sens.nbsp;Cette pince sert a observer plus commodémentnbsp;les objets opaques, vivans et autres.
Je dois encore ajouter ici que , pour voir les objets opaques encore' plus clairs, mais moinsnbsp;grossis et dans un champ moins étendu, il fautnbsp;se servir de Ia virole i toute seule, en supprimant les deux autres j mais pour lors il fautnbsp;mettre au-dessus Ie tujau dalonge D tout en-tier, surmonté de la visière égalenient toute en-lière. Cela peut être aussi très-utile quand onnbsp;veut donner, avec la lenlille n» i , Ie plus grandnbsp;alongemient aux trois tuyaux; mais ce nest quenbsp;pour les objets iransparens.
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Si 1on voulait grossir les obiets observes a un point extraordinaire , et produire un effet beau-lt;^oup au-dessus de celui quon peut obtenirnbsp;par les quatre combinaisons précédentes , avecnbsp;Soelqualongenient de tujau que ce soit, il fau-drait dévisser Ie cul de lampe qui est au bas dunbsp;tuyau extérieur, en óter Ie verre intermédiaire;nbsp;Oösuite , avec la première ou la quatrièrae com-^gt;inaison et la lentille n i, donner progressive-Kient aux tuyaux un plus grand alongement ,nbsp;jusqua ce que Pobjet devienne trop obscur ounbsp;trop peu distinct; mais il ne faut employer quenbsp;très-rarement ce moyen qui produit nécessaire-ttaent trop dobscurité , et Ie réserver pour lesnbsp;objets dont la transparence est extréme.
CH A PIT RE XX. Des Telescopes.
Le mot de télescope, formé de deux mots grecs , qui signifient volr de loin , sapplique ennbsp;gónéral a tout instrument doptiquc , formé denbsp;difiérens verres ou lentilles ajusiés dans un tube,nbsp;et propres a découvrir des objets très-éloignés.
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Linvention du telescope est une des plu® belies et des plus utiles, dont nos derniers sièclesnbsp;puissenl se vanier j car cest par son moyennbsp;que les merveilles du ciel nous ont élé décou-vertes , et que lastronomie sest élevée a unnbsp;degré de perfeclion dont les siècles anlérieursnbsp;nont pu seuleinent se faire une idee.
Des savans on t avancé que les anciens Egypquot; tiens en avaient connu lusage j mais cette assertion a paru mal foiidée. Dautres en allribuentnbsp;ladccouverle a Jean-Baptiste Porta, noble na-politain, et se fondent sur un passage de sesnbsp;écrits. Mais Ie savant Kepler, nomnié par lEra-pereur Rodolphe pour examiner ce passage ,nbsp;déclara quil étail absolument inlntelllgible.
Plu.'ieurs érudits attrlbueui avecplusde ralsoo Pinvenlion du telescope a Zacharie Jansen ,nbsp;comme nous lavons déjarapporté. Quoi quil ennbsp;soit, Ie hasard seul opéra cette découvertej cenbsp;qui est dautant plus surprenant que lusage desnbsp;verres concaves et convexes était déja connu,nbsp;et que les principes doptique , sur lesquels repose la construction des télescopes, sont ren-fermés dans Euclide. II paraitralt done au premier coup-doeil, que ce serail faute de réflexion,nbsp;si les hommes out été privés si long-tenis deSnbsp;avantages de ce précieux instrument. Cependant,nbsp;si lon consider e cpion ne connaissait pas encor®
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les lois de la réfraclion, on sélonnera moins de dev oirceltedécouverte au pur hazard, et ounbsp;Sera moins surpris el faché den iguorer Ie veritable auteur.
Galilee, Kepler , Descartes , Gregory, Huj-ghens , Newtonetc. ont contribue successi-vement a porter letélescope an point de perfection Ouil estmoiuéaujourdhui.Keplerlepremier perfectionna la construction originaire de cetnbsp;instrument , en proposant de subsliluer unnbsp;oculaire convexe a un oculaire concave , et cestnbsp;ce quon a nomme le telescope astronnmique.
On compte plusieurs sorles de telescopes qui se distinguent par la forme de leurs verres,nbsp;ct qui recoivent leurs noms de leurs différensnbsp;usages. Tels sont enlrautres le premier teles-t^ope , ou le telescope Hollandais ; celui denbsp;Galilee , qui nen difïère que par sa longueur ;nbsp;le lélescope celeste ou astronomique ¦\e telescopenbsp;terrestre^Xe. telescopenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; enfin letélescope
catoptrique ou par reflexion. Ce dernier surlout est bicn important , pttlsque , sil est bien tra-Vadlé, et que son miroir ait seulement six piedsnbsp;Ou ig decimetres et demi de foyer, il produiranbsp;le même eflét , quune lunette de 120 a i5o piedsnbsp;Ou de pres de 5g a 48 metres irois-quarts denbsp;longueur. On attribue en general Iinventionnbsp;telescope catoptrique a lülustre Newton j
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«paree quil lt;'ri 6t un Jepremier deiiviron six pou-ces OU i6 centimetres de longueur ; mais, trois ansavant, Gregory avait donne la descriptionnbsp;dun insti'umenl de cette espèce. Cassegrainnbsp;avail eu en France et dans Ie mème tems unenbsp;idee semblable el i! est certain , par un passage de Ia caioptriqiie du pcie Aicrienne pu-bliée quinze ans avani , que e est a ee savantnbsp;quappnrtient ie premi r mérite de cette invention. Qiioi quil en soit,Ie lecteur nous saura bonnbsp;gré de lui donner les proportions du telescopenbsp;catoptrique de six pieds ou 19 décim. et demi ,nbsp;dont nous venons de parler.
IVous avons dit que , sil est blen travaillé , ü vaudra une lunette de 120 a i5o pieds ou denbsp;prés de Sg a 48 metres irois-quarts de longueur ; car eest de la régularité de sa figurenbsp;et de la vivacité de son poli , que dépendranbsp;Touverture quil pourra soulïrir j et cest denbsp;cette ouverture qua son tour dépendra la forcenbsp;ampliative de la lentille.
Lorsquori a un miroir dun certain foyer, et quon sait combien il souffre douverture , ilnbsp;sera facile de savoir louverlure dun autre miroirnbsp;qui aurait un plus grand foyer. Car les ouvertures des deux miroirs sont entrelles commenbsp;les cubes des racines carrées des longueuiSnbsp;de leursfoyers; el leurs forces ampliatives sont
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entrelles comme leurs ouvertures. Gepend m , dans la pratique , cesl lexpérienee qui doitnbsp;régler Touverlure j car , inieux Ic miroir seranbsp;poli , en conservant toulelois sa ligure, et plusnbsp;grande sera Touverture quon pourra lui donner.nbsp;Unmiroir de six pieds ou ig decimetres et deminbsp;de foyer, sil est bon , souffrira aisémeut uiienbsp;ouverture de six et peut-êlre de 7 et demi/a 8nbsp;pouces Ou de 16 a 22 centim. de diarnèlre. Onnbsp;¦voit done que , pour faire ce miroir, il faudranbsp;une forme convexe dun pied ou de 525 millim.nbsp;de diarnèlre , faisant partie dune .spbère de 24nbsp;pieds ou 78 decimetres de diarnèlre.
quot;Voyoiis a présent quelles seraient Ia forme ®t la dimension du petit miroir j il faudra da-lgt;ord quil soit plan et de figure ovale , et eusuitenbsp;tjue son giand diamètre ait 18 lignes ou 41nbsp;ïiillimètres , et Ie petit 14 lignes ou 82 milli-Otètres j enfin Ie tuyau aura six pieds et deminbsp;211 centimetres de longueur 5 Ie petil verrenbsp;Oculaire aura 4 lignes ou g millimetres de foyer:nbsp;dun cóié il sera plan - convexe ou plutótnbsp;t^onyexe, et on Ie iravaillera dans un bassin fai-sani partie dune sphere de 5 lignes ou 7 mil-^iniètres de diamètre de lautre cóié i! seranbsp;Concave , et on Ie travaillera sur une formenbsp;convexe , qui fera partie dune sphere de sixnbsp;pouces ou 162 millimetres de diamètre.
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Comme une lunette grossit autaat de fois lt;jue Ie fojcr de soa oculaire est conlenu dansnbsp;la longueur du foyer de son objeclif 5 commenbsp;de plus Ie grand miroir de notre télescopenbsp;ju oduit ielfet dun verre objeclif j comme enfinnbsp;Ie foyer du grand miroir est de six pieds ounbsp;milbmèlres , el loculaire de qualre lignesnbsp;OU 9 millimetres , il sensuit que la lunettenbsp;grossira ou rapprochera les objets autant de foiSnbsp;que quatre lignes soat contenues dans six pieds,nbsp;OU qne 9 millimetres Ie sont dans 1949 millim-orlesquotiens sontdepart et d'aulre 2163 donenbsp;notre télescope grossira 216 fois les objets. Onnbsp;verrait de la même manière que , si la lenliH^nbsp;navait que irois lignes ou 6 millimetres troiS-quarts de foyer, la force ampliative du télescope serail 288, nombre de fois que Irois lignesnbsp;sont contenues dans 8Ö4 lignes, ou que 6 trois-quarts Ie sont dans 1949-
Passous a [)résent aux effets du télescope gt; qui ne sont pas moins étonnans que ceux dnnbsp;microscope, mais qui sont dun genre biennbsp;oppose : car , si la verlu du microscope nouSnbsp;a dévoilé la nature , les formes et méme lexis-lence dêtres infiniment petits , celle du télescope nous a révélé lexislcnce , les formes etnbsp;nature de ces corps infiniment grands, que leurnbsp;distance immense de la tei-rc ne nous avail p^^
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même permis de soupconner. Maisla plus grande ^tiliié et Ie plus grand usage des telescopes ontnbsp;denousindiquer les vraies dimensions et lesnbsp;distances respectives des corps , qui composentnbsp;öotre sjstcnic planetaire. Cest ce dont on seranbsp;Convaincu a la lecture du i-esie de ce cliapitre.
Lorsqua laide du telescope on regarde la lune, elle parait Irès-rapprochée. On y voit ,nbsp;pendant qiielle est dans son croissant, de grandsnbsp;ï'Ochers cscarpcs, dont lombre sétend fort loinnbsp;Sur sa surface , et se raccourcit a proportionnbsp;que Ie solell sy élève. Ony voil beaucoup den-droils qui paraissent creusés en forme de bassinsnbsp;dont lesbords sont éle vés j et au milieu de cliacunnbsp;deux parait une montagne. Pendant que 1astrenbsp;croit, lun de ces bords couvre tout Ie fond dunbsp;lgt;assin de son ombre qui sétend jusque surnbsp;i autre bord , dont une parlie seulement estnbsp;^clairée. Le pied de la montagne est aussi dansnbsp;^ ombre, tandis quele sommet est dans la lu-mière. On y distingue aussi des taches , quenbsp;1on a prises pour des mers : mais ce sentimentnbsp;^st peu londé ; car , dans cette hypothese , ilnbsp;devrait sen élever des vapeurs doii provien-draient des nuages qui|couvriraieiit tantót unenbsp;partie, tantót une autre de la lune j ce qui nenbsp;saccorde point avec ce quon y a remarqué.
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Si Ton observe Ie soleil, en se servant d'uR pelit verre de couleur noire, 1on y remarqusnbsp;des taches plus nombreuses dans de certainsnbsp;terns que dans dauti-es, qui paraissent se mouvoirnbsp;dorieni en Occident, el faire en vingt-sept joursnbsp;nne révolution entière. Ces tach es, qui ne gardentnbsp;aucune figure particuliere , sonl souvent en-lourées dune espèce de fumée; et plusieurs nenbsp;paraissent que des sorles de nuages. On diraitnbsp;quelles flottent sur la surface du soleil, comnienbsp;Fccume flotte sur Ie métal foiidu. Enfin , anbsp;Tendroit oii Ie feu du soleil a coiisuaié quelquenbsp;lache, on voit briller une lumière plus vive etnbsp;plus éclatante que dans tout Ie reste de sanbsp;surface. Cest aiiisi que , lorsquon a jeté danSnbsp;Ie feu quelque matière combustible, aussitótnbsp;quelle j esl consumée, il parait beaucoup plusnbsp;clair et plus vif.
Les autres planètes, Saturne , Jupiter,Mars» Yénus, Mercure, etc., sont plus difficiles anbsp;observer, paree quon les confond aisémentnbsp;avec les étoiles fixes. La couleur de Saturne estnbsp;dun blanc pale celle de Jupiter est éclatante;nbsp;Mars est dune couleur rougeatre,' Vénus a unenbsp;couleur brillanle , et celle de Mercure estnbsp;faible, etc.
Les telescopes nous ont démontré que Mercur® et Yénus changeaient de phases comme la lune»
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nousont découvert dans Ie disquedeMarsdes aches , qui nous ont appris quil lournait surnbsp;son axe dans lespace a peu-près de aS heures.
Jupiter parail aussi grand que la lune peut Ie paraitre a la vue simple : on ie voit accora-pagné de ses satellites, qui, séclipsant toutes lesnbsp;fois quils passent dans son ombre, ont servinbsp;par ces différentes eclipses a rectifier les erreursnbsp;que les anciens géographes avaient commisesnbsp;dans Ie calcul des longitudes des difTérens lieuxnbsp;de la terre. Au mojen dun telescope de troisnbsp;a quatre pieds ou de 976 a 1299 millim. de longueur, on découvre plusieurs bandes, soit claires,nbsp;soit obscures, qui traversent Ie disque de Jupiternbsp;dorient en Occident : on y voit aussi des tachesnbsp;claires dans les bandes obscures , et des tachesnbsp;obscures dans les bandes claires : cest a laidenbsp;de ces taches quon a remarqué,que cette planètenbsp;tournait sur son axe en moins de dix heures.
Saturne vu au lélescope ofTre un spectacle encore plus surprenant j il parait eniouré dunnbsp;anneau qui a deux anses , et dont les phasesnbsp;varient insensiblement. Lorsque cette planètenbsp;parcourt les signes du Sagittair e et des Gómeaux,nbsp;oes anses approcheut de la figure elliplique;nbsp;lorsquelle est dans les signes du Capricorne ,nbsp;tCancer, du Taureau et du Scorpion, lesnbsp;*öses Eont coKime arrondies j se irouve-t-elle
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dans les signes du Verseau , du Lion, du Beller et de la Balance , les anses semblent rondes etnbsp;un peu séparées de son corps j enfin, lorsquonnbsp;lobserve dans Ie signe des Poissons , ou dansnbsp;celui de la Vierge , elle est ronde , et sonnbsp;anneau a dispara. 11 suffit, pour observer cesnbsp;divers phénomènes, dun telescope de seizenbsp;pouces OU 435 millimetres; si lon se servait dunnbsp;telescope de qualre pieds ou 1299 millimetres,nbsp;ion découvrirail cinq pelites planèles ou satellites qui accompagnent et environnenl leurnbsp;planète principale.
Veut-on voir en un mot combien Ie télescop* nous a donné davantage sur les anciens? ennbsp;voici un exemple eutie plusieurs autres. Les anciens complaienl environ deux mille étoileSnbsp;fixes; les moderues en comptent aujourdbuinbsp;pres du double dans la seule constellation d0-rion. De quelle admiration nest-on pas saisi anbsp;1aspect de ce prodigieux nombre de corps lu-mineux,dont chacun est un soleil comme 1®nbsp;nólre ! cest surlout dans ces espaces, qui a 1®nbsp;vue simple paraissent dune couleur blanchatre,nbsp;et quon nomine la vlt;'ie laciée, quon découvrenbsp;une si grande quantité détoiles , que leur nom-bre étonne a la tois et la vue et limagination.
jNous pourrions nous étendre encore long-lems sur les avantages et les usages du téies-
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Cope ; niais les hornes de eet ouvrage ne nous Ie permeltent pas, et dailleurs nous croyons ennbsp;avoir assez dit pour satisfaire Ie lecteur Ie plusnbsp;avide dinstruction sur celtepartie.
CHAPITRE XXI. jDe la Chambre noire.
II ne nous reste plus, pour terminer eet ouvrage , qua parler de quelques instrumens cu-rieux de dioptrique, tels que la ehambre noire, la lanterne magique et la Fantasmagorie.
La chambre noire est une ehambre fermée avee soin de toutes parts, et dans laquelle lesnbsp;rayons partis des objets extérieurs, et re^us anbsp;travers un verre eonvexe, les vont représenternbsp;distinciement, et avee leurs couleurs naturelles,nbsp;Sur uue surface blanche au foyer du verre.nbsp;Outre ces expériences quon peut faire dans unenbsp;chambre bien fermée, on fait des chambresnbsp;noires ou machines portatives, dans lesquellesnbsp;au moyen dun verre on recoit limage des ob-jets extérieurs.
La première invention de la chambre noire est attribuée a Jean-Baptiste Porta ; elle sert a
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beaucoup dusages difïérensj elle jette de grandes lumiëres sur la nature de la vision , ellenbsp;fournil un spectacle fort amusant, en ce quellenbsp;présente des images parfaitement semblablesnbsp;aux objets, et quelle en imite toutes les cou-leurs, etmême tous les mouvemens , ce quau-cune autre sorte de representation ne peut faire.nbsp;De plus, par Ie moyen de eet instrument, toutenbsp;personne, sans même savoir Ie dessin, pourranbsp;néanmoins dessiner les objets avec une extrémenbsp;justesse; et cellesquisaurontdessineroupeindrenbsp;pourront se perfectionner dans Tart du dessinnbsp;OU de la peinture.
Voici deux maniëres de construire les deuX espëces de chambre obscure. Si lon veut ennbsp;faire une oü les objets extérieurs soient repré-sentés distinctement, et avec leurs couleurs na'nbsp;turelles, soit en sens inverse, soit dans leur veritable situation :
1° Lon bouchera tous les jours dune chambre , donuant des vues sur un certain nombre dobjets variés ; et on laissera seulement une petite ouverture a lune des fenétres.
a» On adaptera a cette ouverture un verre lenliculaire, plan convexe, ou convexe desnbsp;deux cótés, qui forme une portion de la surfacenbsp;dune assez grande sphere. 3° lon tendra a unenbsp;distance qui sera déterminée par lexpérience
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ïïiême, Tin papier blanc, ou une étoffe blanche, a moiijs que la muraille ïie soit blanche elle-ïïiêmej etlon verra surlepapier, oulétofte, ounbsp;la muraille, les objets peints en sens inverse.nbsp;4° Si on veut les voir représenter dans leur situation naturelle , on naura qua placer un verrenbsp;lenticulaire entre Ie centre et Ie foyer du premier verre, ou recevoir les images des objetsnbsp;sur un iniroir plan incline a lhorlson sousnbsp;nn angle de cinquante degrés, ou enfermernbsp;deux verres lenticulaires, au lieu dun seul,nbsp;dans un tuyau de lunette. Si louverture est très-petite, les objets pourront se peindre, sansnbsp;quil soit inéme besoin de verres lenticulaires.nbsp;Pour que les images des objets soient bien dis-tmctes, ilfaut que Ie soleil donne sur ces objets :nbsp;On les verra beaucoup mieux encore , si lon anbsp;soin de se leuir un quart-dheure avant dansnbsp;lobscurité. II laut aussi avoir grand soin quiinbsp;nentre de la lumière par aucune fente, et quenbsp;la muraille ne soit pas trop éclairée.
On fait des chambres obscures portatives , qui sont des espèces de boites carrées dont unenbsp;des faces latérales porte un tuyau garni de sanbsp;leniille. Les images qui se font a 1inlérieur sontnbsp;iecues par un miroir plan incline , qui les réflé-ohii vers Ie haut de la boite, oü elles devien-neut visibles sur un verre, dont la surface ex-
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térieure est dépolie et qui sert de couvercle a la boite. Ces images sont droites poui un specta-teur qui a Ie visage lournc vers les objets. On anbsp;varié de différentes manières Ia constructionnbsp;de eet instrument. On lexécute aussi en formenbsp;de petite cabane pjramidale , dont la par-tie supérieure porte Ie tujau avec sa lentille ,nbsp;qui dans ce cas a une position horisontale. Lenbsp;miroir est disposé en dessus et toujours dansnbsp;unepositioninclinée, qui,pour être la plus avan-tageuse quil est possible, doit former avec lho-rison un angle de cinquante degrés. Cestnbsp;le miroir qui re^oit les rayons partis iramédia-tement des objets, au lieu que, dans la cons'nbsp;truction précédente, les rayons vont de la lentille au miroir. Les images se peignent sur un'nbsp;papier blanc, placé horisontalement au fondnbsp;de la chambre obscure : on les voit par uncnbsp;large ouverture, faite a 1une des faces laté-rales, que 1on garnit ordinairement de deuXnbsp;petits rideaux, pour que lobservateur, ayant Ianbsp;tête couverte, puisse lavancer un peu dans 1^nbsp;chambre obscure, sans y laisser passer de lu-mière. Si lon pratique dans la njéme partie unenbsp;seconde ouverture, de manière a y introduirenbsp;le bras droit , on pourra se servir de lanbsp;chambre obscure pour dessiner un paysage ounbsp;unédifice, en conduisant un crayon sur leS
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les trails de limage que Ton aura devant les yeux.
CHAPITRE XXII. De la Lanterne Magique.
La lanterne magique est une machine qui a la propriélé de faire paraitre en grand , sur unenbsp;muraille, ou une toile blanche et avec des cou-leurs bien transparentes , des figures peintesnbsp;en petit sur des lames de verre minces. Geilenbsp;machine a été invenlée par Ie P. Kii'cher; etnbsp;loute la théorie est fondée sur cette proposition bien simple : si on place un objet au-delanbsp;du foj?er dune lentille^ liraage de eet objet senbsp;portera delaulre cóté de la lentiile, et sa grandeur sera a celle de lobjet, en proportion ae sanbsp;distance relativement a la lentiile, et oe celle denbsp;lobjet a cette même lentiile.
La lanterne magique consiste dans une caisse de bois ou de fer-blanc , vers Ie fond de laqueUenbsp;®st une larape ou une grosse cbandelle allumée.nbsp;L''s rayons que lance la flamme sont recus parnbsp;toe lentillle qui les rassemble et les fait toraber
* iS
-ocr page 316-28o le conservateur plus denses sur un verre plan el mince oü Tonnbsp;a peinl diverses figures. Ainsi Tefiet de cettenbsp;première lentille se borne a bien éclairer leSnbsp;figures, qui doivent ctre dans une situation reü'nbsp;Versée. Queiquefois on substitue a la lentillenbsp;un miroir concave, situé derrière la lumiëre gt;nbsp;et, dans cerlaiues constructions, on combinenbsp;ensemble les effets de la lentille et du miroir.nbsp;En avant du verre plan est une seconde lentille a travers laquelle se croisent les rayonsnbsp;lumlneux envojés par les différens points dunenbsp;même figure, en même tems que la refractionnbsp;determine ces rayons a sortir paraüèles. lis passent ensulte par une ouverture circulaire, faitenbsp;aun carton situé convenablement, et tombentnbsp;sur une troisième lentille que Ton peut élolgnernbsp;OU rapprocher k volonté de la seconde, au moyennbsp;dun luyau mobile a rextcémité duquel cettenbsp;lentille est fixée.
Les rayons qui ont traversé cette même lentille produlseni, sur une muraille ou sur une toile blanche, siluée a 1opposée, une copie ennbsp;grand des figures tracées sur le verre plan ; e*nbsp;il est facile de voir que cette copie représentenbsp;les objets droits, en consequence de ce que lesnbsp;rayons lumlneux se croisent dans Ia secondenbsp;lentille. Deux cirConstances contribuent a ren-dre plus vives les couleurs qui solFrent aux yeux
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des spectalears : savoir, Ia force de la lumière a iaquelle est exposé Ie verre plan, et Ie eerdenbsp;lunilneux que les rayons emergens vont formernbsp;vers la muraille.
CHAPITRE XXIII. De la Fantasmagorie.
De toutes les illusions enfantées par 1optique, la plus séduisanle et Ia plus merveilleuse estnbsp;sans doute la fantasmagorie : mais a qui en de-vons-nous la découverte?
Les uns prétendent que nous en sommes re-devables aux Egyptians; les autres disent que cest aux Grecs. Nous nentreprendrons pas denbsp;résoudre cette question darchéologie, et nousnbsp;nous bornerons a citer quelques auteurs qui ennbsp;parlent. Cardan , par exemple, dans son llvrenbsp;( de Suhtilitate ) dit, quil y avait a Memphisnbsp;des prêtres iuiliés aux mystères de la Déessenbsp;Isis, qui, par des moyens surnaturels, jetaientnbsp;dans Ie trouble et lépouvante les nouveauxnbsp;élus. Pour y parvenir, ils leur faisaieni subirnbsp;diverses épreuves j elles consistaient ordinaire-*ftent a leur faire parcourir, les yeux baadés ,
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11!)' certaine distance on les soumettalt a des jeuncs : daatres fois , on leur faisait apparaitre ,nbsp;tians un souterrain, des fameuses pyramides,nbsp;les simulacres de différentes personnes, sous lesnbsp;formes les plus eflrajantes.
Strabon rapporte que de son terns, on fabri-quait des instrumens particuliers, qui, suivant leur conslruction dilïérente , produisaient tan-tót des images infiniment petites, tantót desnbsp;images considérablement amplifiées.
LeP. Kircher dit que Ton peut non-seulement, au moyen de niiroirs concaves el couvexes ,nbsp;rélléchir les rayons sonores , mais faire aussinbsp;paraitre des fantómes, ou toute autre sorte denbsp;spectres, capables dépouvanter les esprits fai-bles et crédules. II raconte même quun malhé-rnalicien empioya celte méthode pour faire voirnbsp;a Rodolphe II, empereur dAllemagne, tous lesnbsp;empereurs romains, depuis Jules César jusquanbsp;Maurice, et cela dune manière si vraie , quenbsp;lous ceux qui étaient présens ne doutèrent pointnbsp;quil neüt fait usage de la magie. Le P. Kirchernbsp;assure tenir ce fait dun témoin oculaire. {Artisnbsp;j}]aip^t(£ lib. II, p. 128). 11 va encore plus loin;nbsp;il avance quavec la machine quil décrit, on peutnbsp;ubtenir les mêmes phénomènes que produisaient les Anciens ; car , ajoute-t-ü , ds con-naissaient les verres. La preuve qud en donne
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csi tirée de lusage quils avaieut de déposer, dans des urnes sépulcrales de verre , les ossemensnbsp;des personnes de distinction. Mais son témoi-gnage se irouve en contradiction avec lusagenbsp;des Anciens , qui avaient lhabitude de conser-Ver les corps sous la forme de momies : car ilnbsp;existaii a Rome el a Naples des catacombes creu-sées dans Ie sol, qui avaient la propriélé de ren-dre les chairs presque inaltérables.
Le niême auteur, au sujet de la lumière, dit, page 36 de son ouvrage : « La lumière est unenbsp;emanation du soleil, elle subit difFérentes modifications , selon les différens corps j car ellenbsp;peut êlre réfrangée ou réfléchie; el dans ces deuxnbsp;Cas on en obtient des efFets miraculeux. »
Jean-Baptiste Porta pretend avoir obtenu des resultats non moins merveilleux, en adaptaiit,nbsp;a un volet de fenelre dune chambre parfaite-ment close , un miroir convexe , qui répétait ,nbsp;dans Iinterieur de cette chambre , les objetsnbsp;extérieurs qui passaient devant le verre j il assure même que Ton observe' les divers mouve-niens des personnes et des animaux , mais quenbsp;les images paraissent renversees.
Nous aurions encore a citev une infinite dau-tres auteurs , a la vériié moins connus et moins accrcdites que ceux dont nous venons de parler,nbsp;mais qui tous ne pourraient que nous confir-
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mer, que les Egyptiens , les Grecs et les Ro-mains employèrent les illusions fantasmagon-ques pour faire croire aux miracles. Ces peoples reconnurent piesque universellement les augUquot;nbsp;res , les auspices, la magie, les enchantemens,nbsp;les evocations , la puissance des influences pla-nétaires , les operations de lalcliimie , les diflé-rens genres de divinations, par les serpens , parnbsp;les oiseaux,par les batons, etc. Ils eurent pournbsp;toutes CCS puérilités le respect le plus religieux,nbsp;taut quils ne furent point édairés par le flambeau des sciences j et, sans remonter sihaut, lesnbsp;peuples modernes nont-ils pas cru aux sorciersnbsp;et aux revenans ? Cest le plus bel effet de lanbsp;science , que davoir éclairé les hommes , ennbsp;combattant la superstition qui préfère ses er-reurs a la divinité même.
Cest un des grands avantages de notre siècle, que la multitude dhommes édairés et instruitsnbsp;qui le peuplent. Cette raison épurée et appro-fondie, que la plupart dentreux ont su répao-dre dans leurs écrits , a contribuéj beaucoup anbsp;dessiller les yeux des nations quavaient fasciuésnbsp;limposture et Tignorance.
Le P. Klrker, comme nous 1avons vu plus haut, est un des auteurs qui ont traité de la fau-
tasmagorle, mals il est !oiu dcn ctre rinventeur. Le rédt quil en fait est aussi pen exact, quenbsp;les mojens quil indique sont peu suffisaus.nbsp;lis out cependant suffi a Philidor, graces a sonnbsp;intelligence, pour en faire renaitie les illusions:nbsp;iappareil lugubre dont il entourait les specta-teurs , Iimporiance quil j mettait, ne contri-bualent pas peu a augmenter la magie de li!lu-sion , eta derouter le physicien scrutateursur lesnbsp;Dioyens bien simples qui! employait pour opener ces prestiges. Ce fut un double talent, quenbsp;Pbilidor eut a un si haut degre', quii garda sounbsp;secret assez long-tems pour jouir dune fortunenbsp;considerable.
Le hasard souvent nous fait irouvcr ce que Ie-tude nous refuse. Des amateurs découvrirent son secret, et en firentpart a un physicien qui pre-tendit Iavolr comm avant Ilnventeur, et lul In-tenta un proces dont il sortit valnqueur, por-tant dune main sa lanterne magique, et denbsp;1autre, Iautorisation spéciale de faire voir auxnbsp;vivansles ombres de leurs semblables.
Le nom da physicien dont je viens de parler est Robert-son; il a corrige , et consldérable-Dient augmenle le secret dont il restait maitre.nbsp;11 est impossible de mieux operer la fantasmagorie , cl de produire des elFets plus merveil-leux : tout amateur éclairé se plait a lui ren-
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dre celte justice. Cesi lui qui Ie premier a niis en spectacle ce genre damusement, de manièrenbsp;a faire honueur a son discernement et a sonnbsp;instruction j bi avant lour-a-iour les morls et leSnbsp;élémens, eet Intrépide physicien a excité la curio-siléetrentliousiasme des amateurs de la capitüle,nbsp;et dune grande partie de ceux de lEurope.
M. Charles, célèbre professeur de physique et admiré de tous les savans, a bieu voulu donnernbsp;a Roberl-son Ie moyen de transmettre lesnbsp;corps opaques sur la toile; aussi la-t-ii applique dune facon tout-a-fait ingénieuse, canbsp;imaginant son tombeau, ses bustes, etc. Cestnbsp;reffet Ie moins connu de la fantasmagorie, Ienbsp;plus surprenant et Ie plus difficile a exécuter :nbsp;Robeit-son ny laissait rien a desiier. Son talentnbsp;ne se bornait pas a la settle fantasmagorie ; dé-monstrateur de physique txpérimentale, il sa-vait charmer les yeux et les oreilles par une infinite de.Npéricnces scientifiques. Cest chea luinbsp;quont été faiies publiqiiement celles du galya-nisme, a 1époque de la découverte de ce flaide.nbsp;Mais Robert-son, en quittant la capitale, nousnbsp;aurail-il done privés de son intéressant spectacle? Non : M. Ie Breton, artiste aussi modestenbsp;quinstruit, a succédé a eet habile physiciennbsp;dune manière non moins brillante. Sa fantasmagorie vaut au moins celle de son prédéces-
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seur j son cabinet ne Ie cede en rien a celui de Hobert-son; et ses experiences, touies choisies ,nbsp;prouvent Iinstructiou de eet artiste éclairé.nbsp;Les illusions optiques ne sont regardées quenbsp;comme accessoires a ses séances, et nen sontnbsp;pas nioins brillantes. La beauté de ses verres etnbsp;1exactitude du dessin, qui ne doivent pas sur-prendre ceux qui sauront quil en est lauteur ,nbsp;sont sans contredit au-dessus de celles de Ro-bert-son. Je rae plais a rendre justice aux talensnbsp;de M. Ie Breton; et les personnes qui Ie con-naissentapplaudiront, sans doute avec empres-senient, a léloge véridique que je viens dennbsp;faire.
Nous crojons en avoir dit assez sur 1lnstoire de la fantasmagorie : nous allons a présent ennbsp;décrire les efléts et les moyens de les pro-duire. Pour rintelligence de nos lecteurs, nousnbsp;ïes diviserons en trois parties; nous nomme-ions la première , corps transparens ou fan-^nbsp;tascope-, la seconde, corps opaques oamégas-'nbsp;cope-, la troisième, corps éclairés ou fanstasma-gorie par réjlexion : nous finirons par les ombres blanches ou vulgairement la danse des sor-^iers, etpar la fantasmagorie au moyen de lanbsp;fumée.
La fantasmagorie ne soulfre point de médio-ciité;si lon veul done bien la faire, on doit
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dabord se procurer des appareils pai'faiiement bien confectiönnés : cest de leur justesse et denbsp;leur precision quen depend Ia perfection j cenbsp;qui est encore tres - essentiel et très-difficile ,nbsp;cest lhabitude de la faire mouvoir. Un amateurnbsp;qui connait bien la partie peut parvenir, avecnbsp;beaucoup dexercice , a la pratiquer fort bien.nbsp;Tout se borne a éviler Ie bruit, a ne sécarternbsp;jamais du foyer, a masquer tous ses moyens, etnbsp;sur-tout a tacher que leur roideur ne fasse pointnbsp;naitre dans lesprit du spectateur lidée de lanbsp;lanterne magique : car cette seule idee détruiraitnbsp;une grande partie de lillusion.
Corps transparens ou Jantascope.
Ayez une boite carrée de 22 pouces on 5g^ millim. montée sur un charriot a roulettes etnbsp;garnie dedrap. Armez Ie haut de la boite de tólenbsp;ou de fer blanc; donnez a cette partie la forme co-nique , en ayant soin de laisser une cheminée»nbsp;pour raréfier lair atmosphérique et éviter lanbsp;chaleur : ménagez une porfe, pour avoir la faci-lité dy introduire les objets nécessaires; appbquot;nbsp;quez , sur Ie centre dun des cótés de la boite,nbsp;lappareil dune lanterne magique : procurez-vous enfin des verres dun diamètre beaucoupnbsp;plus grand et dun foyer un pen court, que
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vous pourrez même rendre achromatiques , pour leur donner plus de pureté.
Si vous avez des Iris ou trop de clarté , met-tez des diaphragmes dans votre appareil: pour rapprocher loculaire de lobjectif, einplojez Ienbsp;mécanisme de la crteiaillère, ou bien , ce quinbsp;vaut mieux encore , une double boite carrée parnbsp;Ie haut, a frottement doux, que vous ferez mou-voir pai Ie moyen dune maiiivelle a poulies denbsp;renvoi ce qui vous piocurera l'avantage dévi_nbsp;ter Ie saut que fail toujours faire un peu la cré-ttiaillère j passez dans Ie porte-objet de eet appareil des sujets peints , dont les fonds soientnbsp;öoircis j mettez dans voire bolle un quinquet ré,nbsp;flecteurparabolique; dirigez Ie foyer delalumièrenbsp;sur votre sujet, faites agir votre manivelle, recu-lez Ou avancez votre charrlot,en ayantbien soinnbsp;dêire au foyer j agrandissez ou diminuez a vo-lonié votre sujet, transmettez-le sur une loilenbsp;transparente el enduite dune composition , etnbsp;vous obiiendrez reCFet du f antuscope.
Vous pouvez encore, si vous voulez mieux diriger votre charriot, en faire entrerles rouesnbsp;dans des coulisses j mais nn amateur intelligentnbsp;peut éviter eet embarras , en falsanl mouvoirnbsp;charriot avec adresse. II faut la plus grandenbsp;obscurité possible dans Ie lieu ou lon fait lanbsp;fantasmagorie 5 ü serait même nécessaire quil
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fut tendu de iioir j aulrtment la reflexion des rayons lurnineux sur le mur, eii eclairaut lenbsp;spectateur, lui laisserait apercevoir le transparent 3 ce quil importe dé\iter,
Philidor nemployalt pas de charriot pour supporter son appareil; il avail adapte a unenbsp;lanterne ordinaire une sangle quil allachait au-tour delui; eusuite,soit en ayaucanl el retrogra-d nt allernativenient , soit en repoussant ou al-longeaut ses tuyaux avec la main, il suppleait ,nbsp;dune maaière iugénieuse , au charriot et a lanbsp;créinaillère j rnais aussises fanlomes subiisaient-ils un mouvement doscillalion désagréable.Lim-rnobdité des objets doit être rigoureusemeutnbsp;observée.
11 est trés bon dannoncer par une inscription la figure quo Ton va faire voir, afin déviter de lanbsp;nommerahaute voix, ce qui détruirait lillusionnbsp;el le silence. En general, les sujets mouvans sontnbsp;les meilleurs; les metamorphoses, les doublesnbsp;sujets qui vieniient et sen retournent, sont très-agréables. Les figures , plus eflrayantes les unesnbsp;que les autres, doivent èire préférées a des figures airnables. En effet, quel est le motif denbsp;la fantasmagorie ? cest celui de produire la terreur j pourquoi done sécarter de son veritablenbsp;but et de Iintenlion primitive?
Pour ajouler a Iillusion, il est avantageux daccompagner la marche des fanlomes dutie
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Wiusique douce et lugubre, comme Test celle de rHarmonica , ou des sons eflrajans du Tamtam : ces eöets contrastés servent a augmenternbsp;1impression que jette naturellement dans notrenbsp;ame, la vue des objets efïrajans.
On nomme fantóme courant un masque transparent que londirige a son gré ca et la; derrière ce masque est adapté une lanterne sourdenbsp;qui a laide dune ficelle réclalra a volonié. Lesnbsp;uns représentent des tètes de morts, les autre snbsp;des diables, et daulres sujets, etc. etc.
Corps opaques ou stereoscope.
Si nous avons prescrit, en parlant des corps transparens, de se servir dune boite carrée denbsp;2a poucesou SgS millim., cest que nous avonsnbsp;voulu éviter la mullipliclté des appareils. Cettenbsp;capacité étant suffisante pour faire agir les corpsnbsp;opaques, il est inflnimenlplus commode de na-voir quun Instrument pour produire deux efïèts.nbsp;Comme nous en sommes au plus beau, au moinsnbsp;connu, etauplus difficile de tousabienexécuter,nbsp;nous allons faire en sorte detre clairs dans notrenbsp;description. Lappareil qui sert pour Ie fantas-cope sótant a volonté, vous en subtituerez un.nbsp;^utre, tel que nous allons lindiquer : enchèssez,nbsp;dans un tujau de fer blanc noirci, une leniillenbsp;dn plus grand diaraètre possible et dun foyernbsp;irès-court; garnissez lautre extrêmiié du tuyau
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dun diaphragme de carton, dont Ie diamètre soit calculé sur Ie foyer du verre ; posez, dansnbsp;rintérieur, et au milieu de votre boite, Ie buste ounbsp;sujetquevousvoulez faire paraitre, en ayantsoin,nbsp;comnie dans Ie faniascope, de Ie renverser.nbsp;éclaiiez ce buste avec votre quinquet a miroirnbsp;parabolique; maisposez-le dansundes angles denbsp;votre boiie, du coté de votre appareil: clierchez,nbsp;en avancant ou reculant votre charriot, votrenbsp;foyer, dont vous vous assurerez en voyant surnbsp;votre transparent Ie buste se peindre pur et net.nbsp;Si nialgré cette manoeuvre il était encore un peunbsp;troubl e, approchez-Ie ou Ie reculez plus ou moiusnbsp;de la li mille. Dès-lors vous obtieudrez Felfet Ienbsp;plus satisfaisant, en voyant sur votre toile non-seulementle buste en relief, tel quil est, mais encore avec des proportions considérablement am-plifiées. Si, au lieu de suspendre votre buste dansnbsp;rintérieur de votre boite par un porte-sujet, vouSnbsp;Ie teneza lamain, alorsvous pourrez Ie faire agirnbsp;dans tous les seus possibles; mais il faut avoirnbsp;Ie soin de vous garnir la main dun gant de soienbsp;noire, car autrement on ia verrait tenir Ie buste.
Vous pouvez, indépendamment des cprps opaques, faire voir des sujetsmouvans, découpésnbsp;sur carton ou sur cuivre , tel que Ie fameuxnbsp;tombeau de Robert-son , quun squeleite ouvrenbsp;et que la foudre abime. Pour que Iamateurnbsp;puisse se faire une idéé exacte de cette scène «
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ilous lengageons a la voir chez M. Lebrelon ; cest Ja plus imposanle et la plus effrajaute de Janbsp;fantasmagorie.
Quelques constructeurs de ces machines emploient, outre Tappareil de la crémaillère,nbsp;deux lentilles pour augmenter leurs effets; maisnbsp;cest pour remédier a la petitesse du diamèlrenbsp;de leurs verres, eii multiplier Ie champ et ennbsp;raccourcir Ie foyer : il est infiniment preferable de se servir dune seuleet grosse lentille.
A la naissance de cette découverte, on éclairait Ie sujet avec une très-grande quantité de quin-quets-, que Ton répartissait également de chaquenbsp;cóté de la boite mais cette méthode ne valaitnbsp;rien du tout; dabord, paree que la trop grandenbsp;chaleur étouffait et que la trop grande clarténbsp;éblouissait lopérateur qui élait oblige de passernbsp;une partie de son corps dansla boite, beaucoupnbsp;plus grande alors que celle dont nous nous ser-vons actuellement , ensuite, paree quil ne fautnbsp;éclairerle sujet que dunseul cóté ,pour que sonnbsp;ombre soit bien projetée, et quil est bien essen-liel de combiner les effets de la perspective avecnbsp;ceux de la peinture, pour en obtenir de grandsnbsp;dans loptique.
Cependant, lon navait pas encore liré tout Ie parti possible du stereoscope j on a donenbsp;essayé, mais infructueusement, den augmenternbsp;les effets ¦, Ie miroir concave pourrait y jouer uu
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grand role : qnelques personnes en ont essayé Tapplication, sans en obtenlr des résultais satis-faisans. Des recherches inflnies nont pas éténbsp;plus heureusesj maïs ce nest pas un motif pournbsp;décourager lobservateur. Pour Ie portèr a sonnbsp;plushautdegré de perfection,]! faudrait trouver,nbsp;comme on Ie fait avec la lanterne, Ie mojen denbsp;diminuer et daugmenter a linfini, tant en petitnbsp;quen grand , la grosseur du sujet. Quels avan-tages ne retireralt-on pas dun pareil moyen ?nbsp;dabord lon aurait celui d'imprimer a volontsnbsp;aux figures tous les mouvemens imaginables jnbsp;ensuite celui de corrigerla platitude el la séche-resse de celles que fait paraitre Ie fantascope;nbsp;car i! nest pas du tout naturel de voir desnbsp;figures avancer et reculer sans remuer les jambes.nbsp;A quoi se borne aujourdhui notre talent? anbsp;faire mouvoir les bras et les yeux , et a lesnbsp;entourer dun nuage qui sert de prétexte et denbsp;voile a leur immobilité : encore est - ce unnbsp;rafinement qui nest applicable qua des sujetsnbsp;privilégies.
11 est étonnant que les phjsiciens naient pas eu lidée dimiter, par lapplication du fantas-cope et du stereoscope , une tempête sur merjnbsp;Ie spectacle mécanique de M. Pierre aurait dunbsp;leur en faire jnaitre la pensee ; eet effet, biennbsp;calculé , aurait lavantage doflrir un spectaclenbsp;a la fols imposant , neut et merveilleux.
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DE LA VUE.
Explication des appareils nécessaires pourpro-duire Ie bruit du tonnerre , de la pluie , de la gréle , etc.
On cmploie diflcrens mojens mécaniqucs pour iniiter, autant quil est possible,]e bruit nia-icslueux du tonnerre , les éclats de lafoudre , lesnbsp;sillonnemens des éclairs, Ie vent , la gréle etnbsp;la pluie. INous allons décrire par ordre les diversnbsp;procédés dont on sest servi jusqua présent.
Pour imiter léclair, vous adaptercz , daus Ie porte-objet dunelanteme ordinaire , une bandenbsp;de verre entourée dune garniture de bois, surnbsp;laquelle sont peinls différens nuages plus ounbsp;moins clairs et quelques sillons jetés au basard.nbsp;Vous interceptez la lumière en passant sur Ienbsp;premier corps de votre tuyau un carton quenbsp;Vous tenez dune main , etque vousfailes mouvoirnbsp;avec plus ou moins de vitesse , tandis que denbsp;1autre vous tenez votre verre que vous dé-placez progressivement. Alors les rayons quinbsp;séchapjient se peignent sur votre toile , pa-raissent et disparalssent alternativement , et senbsp;rapprocbent de la nature autant quil est possible, en imitantla scintillation et Ie sillonnementnbsp;de réclair,
11 existe quatre manières de produire Ie bruit du tonnerre : La première , et la plusnbsp;ancicnne, est de prendre plusieurs rouleaux de
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bols, monies sur un mcme fut, que 1on traine
avec vitesse sur un planclier isolé.
Pour Ia seconde, on se sert dune caisse debois, denviron 4 pieds ou i3 décim. carrés , dans la-quelle est une roue dentce que lon fait mouvoirnbsp;borisontalement au moyen dune manivelle.nbsp;Cetle méthode , employée dans un endroit spa-cieux,est ordinairement suivle d un grand succes.
La iroisième consiste a preudre une planche de cuivre que lon suspend au plancher, et quenbsp;lon fait vibrer avec la main plus ou moins fort,nbsp;pour imitcr Ie rapprochement et léloignementnbsp;du tonnerre. Nous indiquons ce moyen commenbsp;Ie meilleur, et comme celui qui produit Teffetlenbsp;plus naini'cl; on peul employer aussi une planche de tóle , mals elle ne vaut pas a beaucoupnbsp;pres celle de cuivre.
Pour la qualrième , enfin, on se sert dun chassis de six pieds ou 19 décim. et demi denbsp;haul sur quatre pieds ou i5 décim. de large ,nbsp;garni de parchemin trcs-fort ou de peau dAne.nbsp;11 sera bon disoler ce chassis au moyen de plu-sieurs cordes, de manière quil soit dans unenbsp;situation horlsonlale. Si lon frappe sur 1unnbsp;des angles avec les poings , garnis dun tamponnbsp;ou de ^nts.-.d-ümies , Ion imitera passable-ment bien Ie bruit du tonnerre. Mais il con-vientdajouter que ce moyen, quoiqueassez bon,
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esi extrêmement difEclle, et quil faut beaucoup dexercice pour en tirer parti.
Pour iniiter les édats de la foudre , Ton se sert de petites planches qui portent 12 poucesnbsp;Ou 3 décim. un quart de long sur 6 pouces ounbsp;1 décim. cinq huitièmes de large, plus oumoins,nbsp;et dans Ie centre desquellesest passée une cordenbsp;qui les réunit toules j on aura soin de laisser, en-Ire chaqueplanche, la distance de six pouces ounbsp;162 millim. , cequi sera très-facile en faisant unnbsp;lioeud a ia corde a mesure que Ton y introduira unenbsp;planche; on en emploiera plus ou moins selonnbsp;la hauteur du plafond et léloignement des spec-tateurs. On concoit aisément que,lorsquon vientnbsp;a lacher lappareil maintenu au plancher par lanbsp;eorde passée dans une poulie , Ie choc des planches qui se heurtent les unes contre les autresnbsp;pioduit un déchirement qui doit imiter beaucoupnbsp;Celui du lonnerre. On peut perfectionner eetnbsp;appareil en intercallant, entre chacune de cesnbsp;petites planches, une planche de cuivre de mêmenbsp;proportion : alors on évite la sécheresse dunbsp;bruit que donne toujours Ie bois , et lefFet de-vient infiniment plus -naturel.
La pluie simite aussi de plusieurs manières 5 première consiste a prendre des feuilles denbsp;clinquant, que Ton divise également sur unenbsp;corde tendue et attachée transversalement a lanbsp;nauraille j en agitant la corde on fait vibrer les
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feuiües , dont 1p bniil approclie assez bicn de celui dè la pluie. Tja sec onde est demplojernbsp;nn cjlindre de parcbemin , renfermé dans unenbsp;boile au liaut de laquelle fora suspendu au plafond un entonnoir de bois , rempli de petitnbsp;plomb que Ton fera tomber sur Ie cjlindre j o»nbsp;angnientera oulon diminnera Ie bruit a volonté,nbsp;en lirant plus ou naoins la coulisse adaptée aunbsp;bas de Tentonnoir, qui servira darrêt a la chüienbsp;du plomb : Ton imitera la grêle par Ie mênienbsp;mojen , mais en se servant de plomb beaucoupnbsp;plus giOS,eten exbaussanldavantage Tentonnoir-
I/appareil, dont les amateurs font usage de-puis long tems , est Irop connu pour quil soit necessaire den donner une explication particuliere j il nous suffira de dire quil consiste dansnbsp;nneboite de 6 a 7 pieds ou 19 décim. et deminbsp;a 22 trois-quarts de long sur 5 a 6 pouces ounbsp;i55 a 162 millini. de large , oil Ton a clouédesnbsp;bandes de fer-blanc inégalement posées , et oünbsp;lon a introduit du plomb ou des pois secs.nbsp;Pour faire agir cette boite , il faut Ia tourner etnbsp;relourner perpétuellement , ce qui exige beaucoup de force et dadresse 5 mais Ie plus grandnbsp;inconvenient est de ne pouvoir en diminuer ounbsp;en augmenler Ie bruit progressivement.
On produit celui du vent en se servant duu chassis de bols,de 4 pieds ou i3 décim. carrés,nbsp;sur iequel ou enlace un morceau de taffetas de
-ocr page 335-manière qu11 soitéloigné du chassis a la distanca de deux pouces ou 64 millim. on Ie lientforie-lïientdune main, et Ton passe légèrement sur Ienbsp;taffetas lautre main , que préalablemeut on a eunbsp;soin de gainir dun gaut bien ciré : Ton oblientnbsp;par ce moyen un bruit a-peu-près sembiable anbsp;celui du siffiement du vent. ll existe encorenbsp;difïérentes manière de liraiter j mals , commenbsp;dies sont moins bonnes que celle-ci, nousnbsp;Crojons inutile den parler.
Corps éclairés , ou Fantasmagorie par réjlexion.
II nest pas damateur qui nait entendu parler de la Fdle naturelle. En vain cette chaste per-sonne a-t-elle voulu conserver son honneur ;nbsp;sa defense a été vaine,et ses ravisseurs victorieuxnbsp;1 ont prostituee inhumainement a des merce-tiaires, qui Tont sanspudeur oberte aux regardsnbsp;du public. Mais , péuéti'ée dun veritable re-pentir , elle sétait séque^rée du monde. Unnbsp;fantasmagoriste, M. Olivier, a, par bienséance,nbsp;tnetamorphosé ccite fille en un jeune garconnbsp;M. son fils , et nous nous ressouveuons de la-Vüir vu a son spectacle , couvert dun drapnbsp;blanc ou dun habit de squelette , lever les brasnbsp;^ers Ie ciel , faire Ia révérence et senvoler com-un ange. Pour dormer a cette scène plusnbsp;de charme et plus dintérct , on la baptisa du
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litre pompeux de Tombeau de Paul et Virgi-nie. Kous demandons 1indulgence du lecteur pour cette petite digression : et, pour prix denbsp;cette grace, nous allons lui indiquer les moyensnbsp;dom on se sert, pour faire croire au publicnbsp;quun corps vivant est un corps mécanique.
Placez au fond de votre theatre, tendu de noir , une decoration quelconque peinte ennbsp;blanc^ éclairez-la faiblement de cóté, au moyennbsp;dune lanterne , a laquelle vous ajoutez unnbsp;verre bleu; ayez soin de Ia masquer par un double chassis ; faites placer derrière votre décor unnbsp;habile personnage vêtu de blanc, que vous fereznbsp;paraitreprogressivementen 1éclairantpar degrésnbsp;très-faiblement, et que vous ferez mimer selon sonnbsp;role pour en augmenter les efifets; ensuite, pournbsp;illuminer davantage votre scène, faiies-y brilleinbsp;des éclairs , en vous servant de lycopodium etnbsp;de résine , récelés dans lappareil si connu ,nbsp;dont on fait usage dans les spectacles. Surtoutnbsp;ayez soin, pour masquer la lumière, de garnirnbsp;la petite capsule, qui contient lalcoolou lespritnbsp;de vin, dun pavilion, de métal. II est aussi très-essentiel que Ie souffleur soit masqué par unnbsp;chassis. En outre , il convient dobserver que,nbsp;plus est grand léloignement, et plus lillusionnbsp;est parfaite. Voila tout Ie secret de cette lill®nbsp;naturelle dont on a tant fait mystère : maintC'
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Hant quelle a passé par taut de mains , nous avons cm pouvoir en parler sans conipromet-tre son honneur.
Ombres blanches , ou Danse des Sorciers.
Le hasard seul a donne naissance a cette nouvelle illusion. On en avail dabord attribué la decouverte a M. Robert-son , mais il en a lui-même trouvé le secret dans un ouvrage tres-ancieii, intitule Traité de phjsique occulte ; ilnbsp;sest très-ingénieuseraent servi du peu quen ditnbsp;Iauteur sur la multiplication des lumieres ,nbsp;pour obtenir les effets de la multiplicationnbsp;des ombres. Quelques personnes out 1ait, surnbsp;cette decouverte, des conies tellement incroya-bles et ridicules,, quil est tres-inutile den parser. Contentons-nous done de citer les procédésnbsp;que Ton emploie.
Servez-vous dune caisse de ro a 12 piedsou de 32 et demi a 5g décim. de long sur 5 ou 4 piedsnbsp;ou 9 trois-quarts a ï5 décim. de large , main-tenue sur une table a une hauteur calculée surnbsp;celle de votre rideau : collez a Iun des boutsnbsp;de votre boite un carton que vous diviserez ennbsp;4 , 6 ou 8 parlies égales , après avoir eu soinnbsp;d avauce de dessiner et decouper a jour desnbsp;figures grotesques ; masquez loutes vos décou-pures par un morceau de drap uoir, que vousnbsp;pJacerez sur chacune dellé séparément et que
5o2 le conservateur Tous pouvezóter a volontéet a mesure quevousnbsp;voulez les faire paraitre j introduisez ensuite gt;nbsp;dans lautre bout de la caisse, une tringle ounbsp;regie de bois , garnie de bobèches eu fer-blancnbsp;et de petiles bougies que vous tenez a la main ,nbsp;que vous avancez ou reculez et que vousnbsp;faites raouvoir horisontalement. Si vous na-vez quune bougie dallumée et quune seulenbsp;figure découverle , vous naurez point de multi-plicaiion j mais , si vous allumez deux bougies , vous eu aurez deux; si vous en allumeznbsp;irois , vous eu obtiendrez 3 , et ainsi de suite.
11 est clair daprès cela que , si vous décou-vrez toutes les figures et allumez toutes vos bougies , vous aurez une irès-grande quantité de figures, et que vous leur donnei'ez tousles mou-vemeus possibles ; vous les agrandirez ou di-minuerez a volonté, paree quelles suivront denbsp;mêmelemouvementquevous donnereza vos lu-mières. La grandeur convenable des figures dé-coupées est deöa 7 pouces loude 16 a igcentini.nbsp;on peut même, si lon veut,les peindre a nu surnbsp;verre; mais on nobtientpas autant de clarlé. Ounbsp;peul aussi se servir, au lieu de caisse , dun chassisnbsp;de la même grandeur que celle du local ;alors onnbsp;introduit les bougies allumées dans une petitenbsp;boite a coulisses , que ion ouvre progressive-luani a mesure que lou veut les multiplier; com.nbsp;me on tient cetie boite a la main, on lui douiie
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a sou g(é tous les mouvemeus convenabks. Ceite méihode est très-bonne dans uu vaste local.
Pourquoi uavons-nous pas vu jusqua présent des figures mouvautes ? il est dautant plus étou-üant que les persounes qui soccupent de cenbsp;genre de recreation iiy aientpas encore songé,nbsp;que rien uest plus facile et ne produit des efï'etsnbsp;plus plaisans.
Fantasmagorie sur la famée.
Gujot, dans ses Récréations physiques , in-dique Ie mojende la fumée pour faire paraitre un fantome sur uu piëdestal placé sur unenbsp;table. Son idee est excellente, et son ingénieuxnbsp;procédé, que nous avons reclitié, produit Teftetnbsp;Ie plus magique. Nous navons rien a changernbsp;dans ce quil en dit, si ce nest quau lieu de senbsp;servir dencens pour produire ia fumée , il fautnbsp;eniplojer la liqueur fumante de Libauius , quenbsp;ies chimistes modernes nommeut muriate dé-tain Jumant.
Selon nous, leffet de la fantasmagorie est infi-niment plus cm-ieux, lorsquau lieu dune toile Ou dun autre transparent quelconque,on se sert denbsp;la fumée j alors les images se fixent sur cette va-peur qui, en vcrtu de sou mouvement ascen-sionnel, leur communique un mouvement con-tinuel.
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Que 1on ne croye pas que jaie voulu mettrs de 1 Importance dans cette description de la fantasmagorie ; iai taché detre Ie plus clair quilnbsp;ma élé possible j aussi ai-je élagué les dissertations physiques , les explications scientifi-ques , les comparaisonsgéométriques, caloptri-ques, etc. etc., que les savans admirent , maisnbsp;qui ne peuvent être lues et comprises , quenbsp;par ces mêmes savans.
Jai cru devoir mabstenir dexpressions inim telligibles pour un amateur qui voudrait employer mes procédés , javoue de bonne foi que,nbsp;comme sectateur de ces agréables illusions, jau-rais eu la délicatesse de ne point les divulguer gt;nbsp;si uiie foule de prétendus physiciens ne les avai*^nbsp;pas, avant moi, dévoilées au public. Alors,ne crai-gnant plus les reproches de différentes per-sonnes que jestime, jai composé ce petit article sur riiistoire de la fantasmagorie; les explications déiaillées des moyens que jen donne,nbsp;et quont suivis des succes mille fois répétés,nbsp;seront sans doute utiles et agréables a plus duunbsp;amateur ; tel a été du moiiis mou but, et tel estnbsp;encore mon seul désir.
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DE LA VUE.
Cliavibre claire.
Cet instjument, dont nous devons Ia con-naissance aux Opticiens anglais, est dune construction entièrement diflërente de celle de Ia Cliambra obscure. Voyez Fig. i''®, PI. 9.
A, est une boite en bois, garnie dun cou-vercle qui se rabat en totalité , el forme alors Ie pied de Iinsirument. Cette boite porte intcrieu-remenl 20 centimetres 8 millimèties de Jongnbsp;( 7 pouces 8 ligncs), sur 91 millimetres ( 5 p.nbsp;4 lignes ) de large.
Dans Ie coin B est fixée , avec qualre vis, une plaque de cuivrc de 3 millimetres dépaissearnbsp;(environ i 1. 1/2.). Au centre de cette plaque ,nbsp;longue de 57 millimetres ( 16 lignes) et largenbsp;de 22, seJève une tige cari'ée de même méialnbsp;C, ayanl i decimetre et 88 centimetres de hautnbsp;( 7 pouces ), et sur chacune de ses faces, 9 mil,nbsp;liinèlres ( 4 ligncs ) Cette tige se piie dans lanbsp;1*'ite de B en Dj mais lorsquon veut employernbsp;1 instrumentj on !a meidans une situation verticale , au moyen dune charnicre dans laquelle
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elle joue, et qui est pratiquée daas un tenon E,
fixé au centre de la plaque.
Le long de cette lige, glisse a volonté, dans loute la longueur, une douille de métal de g3nbsp;millimetres (3 p.4l-) F : dans Iinlerieur denbsp;cette douille, et dans toute sa longueur, on placenbsp;une lame de même métal, un peu bombée ennbsp;are, en sorte qu elle forme un ressort qul exercenbsp;sa pression contre la tige, et tient la douille a lanbsp;hauteur désirée. G, G, sont les deux extrémi-tés de cette lame, cest tout ce que lon en peutnbsp;apercevolr. Elle est mise sur le cólé de Ia tigenbsp;qui touche le fond de la holte, quand la lige estnbsp;couchée. Cette lame a i millimetre dépaisseur jnbsp;elle est lerminée, en haut et en bas, par deuxnbsp;petits crans qui, en appuyant sur lépaisseur denbsp;la douille, la forcent a suivre, sans sortir denbsp;Tintérieur, tous les mouvemens de celle-ci.
Sur la douille , et du cóté oppose a celui o« est placé la lame a ressort, est un bras H j il senbsp;replie vers le hatrt de Ia tige, au moyen dunenbsp;chainiëre I. Pour se seryir de eet instrument,nbsp;on déploie ce bras, qui se trouve alors dansnbsp;une situation horisontale, et faire un anglenbsp;droit avec la tige. Son extrémité est force surnbsp;une longueur de i5 millimetres ( 7 lign-)»nbsp;Ion introduit, dans cette espèce de canon, Enbsp;lige de rarmature du prisme. Elle a 16 milh'
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mèlres de long (plus de 7 lignes)j elle j est retenue en place, au moyen de la vis K. Aunbsp;point de rencontre de celle-ci avec la tige dansnbsp;lintérieur du canon , on a creusé sur la tigenbsp;une gorge dun millimetre de profondeiir : cestnbsp;la que la pointe de la vis appuie, en sorte quenbsp;quoiquelle empèche la tige de sortir de place ,nbsp;elle ne la privé cependant pas dun mouvementnbsp;circulaire, ce qui permet de donner au prismenbsp;Ie mouvement convenable, et de lourner commenbsp;sur un axe,
Le prisme L est un morceau de crystal a quatre faces, dont deux sont placées a anglenbsp;droit, landis que les deux autres formeut en-trelles un angle très-obtus. Les deux premièresnbsp;ont 27 millimetres ( 1 pouce ) de large , surnbsp;ba millimetres ( aS lign. ) de long. Les deuxnbsp;autres ont , sur la même longueur , seulementnbsp;20 millimetres (9 lign. ) de largeur 5 ainsi ,nbsp;les deux grandes faces font entrelles un anglenbsp;droit, figure 2 A B , et les deux autres un anglenbsp;obtus C : aucunes delles ne se trouvent en facenbsp;Tune de lautre, cest-a-dire , être parallèles :nbsp;cette figure est done mi trapézoïde.
Notre manière de décrii-e est sans doute bien longue , mais nous décrivons pour ceux quinbsp;ïiont pas lusage babituel des termes de géomé-
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trie , el nous déHnibsons loutes les condiiions du mol a employer.
En mesures anciennes les deux faces AB ont lalignes, les deux 1accsD y lignes, et de Tanglenbsp;A a C il y a 11 lignes, et dc E E i/j. lit^nes.
On place ce prisme de facon que Tune des grandes surfaces, celle B, soit horisontale et parnbsp;conséquent vue de plan par Tobservateur. La seconde se trouve faire face aux objets que Tonnbsp;considère. Cest surelleque son lances les rayonsnbsp;lumineux qui parteut des corps.
La face A est recouverte en parlie par une petite lame de cuivre M.
E!le est dessinée , figure 5 , de grandeur naturelle. I est un irou dans lequel on place une petite vis qui entre dans Tarmature en N. 2 estnbsp;un trou denviron 4 millimetres ( une fortenbsp;ligne) de diamètre ; ccst la que Tobservateurnbsp;place Toeil, tous les objets situés en face dunbsp;prisme se pr.'sentrnl a ses regards dessincs ennbsp;miniature et sans aucunes franges ou iris.
La plaque M est retenue dans une position fixe el dc biais par la vis qui est a son extrë-milc au trou i , cest par la quelle pénètrenbsp;dans Tarmature en JN. Lautre extrémifé 5 estnbsp;retenue dans une petite bride de métal falte ennbsp;équerre, et altachce avèc deux vrs 5ur Tar-*nbsp;mature. Cette lame porte sur la face supérieure»
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La vis du trou i est a 21 millimetres ue Tangle droit, et Ic centre du trou a 23 millimetres desnbsp;liords du prisme. Lextrémité 5 abonlit a 6 mil-limèires ( bgn. 1/^2 ) de ce mème bord.
Au bord delarmature qui es! enlièrement en cuivrc , cl sur deux angles O , dont on ne voltnbsp;ici qi un seul , c« st-a-dire sur la face opposf^cnbsp;aux objets, est attaché un étrier Q dans Icqucinbsp;sont places deux cercles garnis dun pas de vis,nbsp;Tun, etcest celui qui peut au moven dunecbar-uière se relcver veis la face antcrieure et synbsp;plaquer tout-a-fait , cclui-la, dis-je, est garninbsp;dun verre concave R : lautre se relève hori-sonialcincnt cd-dessous du prisme et pjorlc urinbsp;Verre convexe S. lis forment eutr'eux un anglenbsp;droit. Cesl de la combinaison de leurs foyersnbsp;^ue résuhe la giande clarlé des objets, et cenbsp;Sacond corrige Ie trop de raecourci quc Itsob-jets prendraieut avec Ie seul verre concave ;nbsp;les ceixlos qui porlenl les verres ont 58 milli-metres douvcrturc ( 17 lignes 1/2 ).
La prollt;,udcur de la botte est iiitcrleurement de 34 uiillimcires. Oti place en D un petit blocnbsp;qui y est attaché pour soutenir lvxtrémité denbsp;U tige quand on la couche.
La longueur du brasjcompris lacharnière est de 61 millimetres (2 pouces 5 lig.) : et lorsquenbsp;1ïipparcil est niouté , il a en tont un décimcir®nbsp;^9 millimetres (4 p. 4 Iignes)dclongueur.
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CHAPITRE XXV.
Des Cadrans solaires horisontaux et universels.
Le cadran porlaiif, que jai constrult et dont je doime la description dans ce chapitre , a pournbsp;objet de meltre a la portee de tons, un instrument qui paraissait rclégué dans les Traités denbsp;Gnomonique , et il mest permis de croire quenbsp;j'aurai fait une chose utile, si jai pu aller au-de\ant des deux prineipales difficultés qui senbsp;rencontrent dans lusage des cadrans solaires ^nbsp;quels bien divisés quon les suppose. Cette division élant Touvrage du constructeur, je nenbsp;crains pas de garantir les cadrans qui sortirontnbsp;de chez moi , mais il resle a ceux qui les ac-quièrent , a les placer dans la directiounbsp;même du méridien ; 2 a les établir dans unnbsp;parfait niveau. La boussole , et la suspensionnbsp;appelée de Cardan, mont offert des moyensnbsp;dapprocher de la vérité autantqu11 est possible.
1°. La Boussole.
Tout le monde connah la veriu de laiguillc aimaniée j on sait que librcment suspendue ,
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elle obéit a la force magnétiqne , dont la propriélé est de se dirlger vers Ie nord ; jenbsp;dis vers Ie nord, et non pas au nord absolument,nbsp;paree que cest avee dassez grandes variationsnbsp;que celte direction a lieu.
Les premiers navigaienrs qui employèrent vers 125o laiguille aimantée , se contentaient de eetnbsp;a-peu-près; ilsse trouvaient trop heureux davoirnbsp;enfin un moyen de reconnaitre leur direction ,nbsp;lorsque Ie ciel couvert ne laisse aucune espècenbsp;dindication.
On nolnme comme inventeur Ie napolitain Flavio de Gioia , quoiquela fleurde lysadoptéenbsp;dans toutes les boussoles pour la designationnbsp;du nord , puisse faire ernire les boussoles do-rigine fran^aise (i). On peut lexpliquer en di-sant que ce serait des constructeurs frangais quinbsp;les premiers auraient mis dans Ie commercenbsp;tin instrument demandant plus de soins clnbsp;dhübileié que nen avaient, a cette époque , lesnbsp;artistes des autrespays. Les Angiaisne manejuentnbsp;pas de réclamcr cette invention , que dautresnbsp;veulent attribueraux Chinois.
Le point nord étanl a peu-près connu , il est bien aise de tracer autour dé laiguille
(0 LExcellente dissertatian de M. Azuni , publiée i] y * ewviron deux ans , ne peut trop être consultée a ce sujet.
-ocr page 348-5i2 le conservateur un cadran qui ait i6 ou Sa divisions, pour rc-pondre aux vents qui sont et lespoir etnbsp;leffroi des navigateurs ; alors suivant quenbsp;laiguille sc porte sur unc de ces divisions ,nbsp;OU reeonnait de combien de rhumbs lenbsp;vaisseau séloigne de la dircciion du nord aunbsp;Slid , et par suite Ic pilote est sur de pouvoirnbsp;diriger sa manoeuvre , el maintenir le b^timentnbsp;dans sa route.
On ne tarda pas cependani a sapercevoir que la direction au nord nélail pas precise; ceuxnbsp;qui les premiers voulureni i-econnaltre la difference, reslimèrent a5 degres du eerde total;nbsp;cest-a-dire environ a la moitié duii Si , el ilsnbsp;en conclurent que ceitc différence ou décli-naison devait reporter de Ia même quantiténbsp;vers lesl , loutcs les csliraes ou observationsnbsp;des directions du vaisseau.
Degrandeserreurs sont venues ensuite obligei* les marins el les pbysiciens a étudier avec plusnbsp;de soin les déclinaisons de la boussole ; etnbsp;enfin , sans pouvoir encore les raraencr a desnbsp;principes certains, on est parvenu a multipliernbsp;les observations , dou il résulte ;
1° Que la dcclinaison nest pas la nicme dans tons les points du globe : quil *1 desnbsp;lieux oil elle se porte vers l est , au lieunbsp;detre comme chez nous a louest , tandis quil
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y en a oïi elle est aLsolumenl mille. Je mc bome dans ce cliapiire a donncr les déelinaisonsnbsp;des villes dEnropc oii on les a obscrvées, pareenbsp;4(ie mon instrument ncst pas destine a desnbsp;voyages de longs cours j mais si jen coniniisaisnbsp;«Juidussent èire employés , ceuxqui voudraientnbsp;seu servir auraient soin de sassurer des oliser-valions deja faites yioiir les parages oir ils senbsp;Irouveraient , sinon ils nemploieraienl lanbsp;boussole qnaprcs avoir eu occasion dévaluernbsp;la dédinaison par une obserralion du soldi ,nbsp;On des étoiles passant au niéridien.
a^Quecenesl pas seulement dansles difiércns pays quelle change , mais que cela arrive dunenbsp;annéea lauire. A Paris, en i58o, la dédinaisonnbsp;ótait de 11'^ 1/2 a Pest; en 1666 elle était nulle,nbsp;cest-a-dire que Taiguille marqnait Ie veritablenbsp;Hord ; de 1720 a 1724 ? était de i5 degrésnbsp;a 1ouest ; en z8o2 de 25® 5' a Porient , etnbsp;pile est, a pen de chose prés , restce la mème.nbsp;On av.iit cru un instant qnellc aliait de Pestnbsp;a Pouest duTie manicre réguliere, pour ensuitenbsp;en revenir par une sorle de balanceinent pério-dique ¦ maisilfaui convenirque les instrumensnbsp;Jnème avee lesqnels on a voulu faire ces experiences nont pas permis dy donnet tontenbsp;Pexaclitude qucHes requerraient , et il fautnbsp;aUendrc davaulage du zèle et de la sagacilé
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qui , dans ce moment préparenl de nouvelles
séries d obseivations.
Cependant, ces differences annuelles nem-pcclient pas de se servir des aiguilles aimaniées avec assez dexactilude pour se procurer Theure.
On ne doit done point être éionné, que tout en recommandant comme très-essentielle unenbsp;grande attention a placer Iinstrument sur lanbsp;déclinaison de Taiguille aimantée , je ne menbsp;sois pas attaché a tracer comme dans les bous-soles ordinaires , celte ligne de déclinaison.nbsp;Jai mieux aimé la remplacer par un petit cur-seur OH index mobile , que chacim peut fixernbsp;a la déclinaison reconnue pour Ie lieu oii ilnbsp;se trouve ou pour 1année. 11 na besoin detrenbsp;cbangé que quand on a conslaté quil y availnbsp;une variation.
Avant de terminer eet article, je crois essen-ticl de rappeler une autre propriété de raiguillc aimantée j dont quelques personnes auraient punbsp;entendre parler, mals qui ninflue en riennbsp;sur lusage des cadrans , cest Iinclinaison ;nbsp;celle-ci est variable aussl, mais comme ellenbsp;nagit que de bas en haut, elle ne dérange pasnbsp;la direction de la ligne mcrldienne; cest toutnbsp;au plus au constructeur a sen occuper, pournbsp;rendre plus lourd Ie cóté sud de son aiguille,
-ocr page 351-DELAVUE. nbsp;nbsp;nbsp;3»5
quelle ne touche pas Ie fond de riustrument du cólé noidj car cette iiicllnaison va a Parisnbsp;jusqua ']2°.
3°. Suspension de Cardan.
On a conserve a cette suspension Ie nom dun physicieu qiii a lalsséaux sciences duiiles etnbsp;iniportans résullats parrai beaucoup de vainesnbsp;recherches sur les sciences occultcs, la divina-liou, lalchyitiie, doiit il éiait tellement épris ,nbsp;quil se donna Ia mort a n5 ans, en i5']6, pournbsp;ne pas démeniir son horoscope.
Cardan avail destine cette suspension a une lanipe que Ton pouvait rouler, comme unenbsp;houle, devant soi avec le pled, sans que Ihuilenbsp;se renversat. On sent, en effet, que suspendautnbsp;1une dans Iautre des spheres parfaltement ennbsp;equllibre sur des axes a angles droits, tandisnbsp;que la sphere interleure sera chargee dun poldsnbsp;considerable dans un point de sa circonference,nbsp;les spheres exterieures rouleront, sans que cellenbsp;du centre perde son équilibre. On peut réduirenbsp;ces spheres aux grands cercles qui portent lesnbsp;axes : ainsi, on parvient a malntetnr un plan ennbsp;cquilibre, en le meitant un peu en-dessous dunbsp;centre de ces cercles , lors méme que les cerclesnbsp;seraient remplaces par des carrés fixes sur lesnbsp;ntemes pivots j tel est le principe quon a adapte
-ocr page 352-5i6 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERTATEUR
dune manicre utile a la boussole ou cüiiipas de nier, !1 eüt clé saus cola impossible dobser-ver au milieu du roulis et du langage, qui fontnbsp;varicr les vaisseaux de bas-bord a stribord , onnbsp;de lavanl a Tarnère. Javais bien moins dobsta-c!cs a prévenir, puisque ce ncsl quc de lébran-Icment dmie lable tout au plus, quc je devaisnbsp;garantir moii cadran : jai dooc pu me flatter denbsp;réu.ssir dune manière bcaucoiip plus promptenbsp;qtie par des -vis de rappel et Tobservation duunbsp;niveau a air , a obtenir un niveau absolu.
II fuut cependant observer que si Ie plan suf Icqucl doit êlre pose Iinstrument clait tropnbsp;incline a lhorizon, il dépasseraii Ie jeu donnenbsp;a ma construction , qui suppose un plan a pennbsp;pres horizontal, comme il est toiijours facilenbsp;de sen procurer un par quelque support. Je Ienbsp;répète, jai du aller au-devani des dilllcultés,nbsp;mais seulement des difficultcs quune precaution ordinaire ne suflit pas pour prévenir.
Mon cadran najanl quiin bul usucl pour les besoinS de la sociclé, il serail absurde de vou-loir, dans tine construction aussi poriaiive?nbsp;cliercher lexactilude aslronomique , dont nanbsp;besoin ni Ie père de familie dansla regie de sanbsp;maison , ni Ie vojageur dans la distribution denbsp;son repos et de sa marebe, ni Ie ciiadin dansnbsp;Ie tumulte de la yiUe.
-ocr page 353-DELAVUE. nbsp;nbsp;nbsp;3t7
II ny a rccllernenl qtian point, ou, poui mieux dircj quune lignc fixe dans la marchenbsp;jOurnalière de lombre produite par Ie soleil ;nbsp;cest la méridienne, test-a~dire, Ja llgne dunbsp;milieu du jour, qui, pour chaque lieu, est lanbsp;mènie clu commencement de Iannce a la lin ,nbsp;paree què la rotation de la terre a lieu sur sonnbsp;axe, un jour comme uu autre,
Cette méridienne se prolonge indélioiment en-dessus et en dessous de rinstniment, et estnbsp;atleinie parlombre du style plus ou moins haut,nbsp;suivant Ja saison , paree que , de Iliiver a Ietc,nbsp;Ie soleil varie de 4G degrés environ , ou duunbsp;derni-quart de eerde a-peu-près sur Thorizon. Jainbsp;done du proporiiouner lahautcur dubec doiscaunbsp;ïüi marqué Ilieiire, de manière quedclliiver anbsp;^éié, il ne quittat pas Ie champ de rinstrument.
Maisvoulaiit aussi quilpuisseserviradautres lleux plus éioignés ou plus rapprochés du polenbsp;lerresire, il a fallu que ce bee put sabaisser ounbsp;sélever proportionnellernent, et alors lui don-tier difléreiis champs, pour éyiler que jamaisnbsp;^es onibrcs ne se portassent trop loin.
Je me suis done borné a quatre champs prin-^ipaux pour les regions les plus a portee de depuis Ie 41®. degré de latitude ou déloi-guement de léquateur , jusquau 53®. 1/2 , dest-
-ocr page 354-5i8 nbsp;nbsp;nbsp;LECONSERVATEUR
u-dire, depuis les Pjrénces jusques au Nord dc la Hollandc. Linstruction établit Ie rapport denbsp;chacun de ces champs avec Ia hauteur du bec.
Celle-ci est dautant plus imporlanle a bien évaluer , que la moindre erreur rendrait fau-tives les heures du reste dc la journéej car,nbsp;?linsique je lai dit, cest la méridienrie seule quinbsp;lie varie jamais j aussi cst-ce toujours au pointnbsp;de midi quil laut verifier les irisirumeus doidnbsp;on se sert.
Le public nayant plus a Paris, ui Tancieti nicridien du Palais-Royal , ni celui quon availnbsp;armé duii canon dans le nouveau jardin, mnbsp;incme celui du Jardin imperial des Plantes , etnbsp;iiéiant pas accouiumé a aller observer ceux denbsp;rObservatoire ou de 1église Saint-Sulpice , dnbsp;serail a desirer que le Gouvernement voulüt ennbsp;faire construiie sur quelques-unes des foutainesnbsp;dont il embellit la Capitale.
On peut juger de Iempressement avec lequel ou se 1 assemblerait autour deux par celui qn®nbsp;lon met a venir atteudre chaque jour, lex-plosion du canon que jai placé sur ma fenêtre.
Ces sortes de méridiens sont irès-commodes dans les campagnes, oir a nne assez grandenbsp;distance, ils averlissent de lheure , quelcjuenbsp;faible que soit a midi le rayon solaire. La lenliH®nbsp;qui met le feu au canon est ramenéc tous 1®*
DE L A V UE. nbsp;nbsp;nbsp;5 ig
tjnatre a cinq jours a la hauteur convenabJe , daprès la division que je suis oblige de varier ,nbsp;suivant la latitude du lieu pour lequel on menbsp;detnande ces cadrans.
Je ferai dabord remarquer que la surface du cadran horisontal est parlagée en quatre cerclesnbsp;tracés pour quatre hauteurs différentes du pó'e.
Le premier, qui est Ie plus éloigné du centre , et forme le pourtour de la plate-forme, est tracénbsp;pour le Sa®, degré j le seconJ , marqué en chif-fres romains, est tracé pour le 49®- degré; lenbsp;troisième est tracé pour le 45®. degré; et le qua-trième, qui se trouvc au centre de linstrument,nbsp;est tracé pour le 4'®- degré.
Les tables iraprimées a la suite de cette instruction, désignent les principales villes situées dans ces différentes bandes de tcrre, et indiquentnbsp;leur latitude, quil est nécessaire de connaitre,nbsp;afin de pouvoir clever le style du cadran denbsp;raanière a former, avec le plan horizontal, unnbsp;angle correspondant a la latitude du lieu ou lonnbsp;cherche l'heure ; ceci se fait facilement lorsqua-près avoir relevé le style qui était couché surnbsp;le cadran, on en clève la partie mobile qui lientnbsp;Sous le bec de loiseau , jusqua ce que ce bec senbsp;trouve sur la division qui correspond au nom-bre de degrcs indiqués pour la latitude du lieu;nbsp;par exemple, si lon cherchait l'heure a Paris,
-ocr page 356-520 nbsp;nbsp;nbsp;LECONSERVATEUR
on voit, dans les tables , que cetle \iile est souS Ie 48^- degré 5o minutes; alors oii clcverail Ienbsp;style jusqua ce que Ie bec de loiseau coi ves-pondil a 48'dcgiés 5o iii'nutes, ce qui est très-près de 49 dcgrcs, chaque degré conleaant 60nbsp;minutes.
On poscra ensuiie cel instrument sur un plan bien horizontal, paree que sil avail quelquin'nbsp;clinaisou, cela occasionnerait des erreurs denbsp;queiques minutes, pioportionuelles a Iinclinai'nbsp;son du plan. La houssole, li\ée sur Ie fond denbsp;Iinsti ument, doit étre dabord tournee du cóienbsp;doii vieiit Ie soleil, ensuite il faut rorientcr»nbsp;daprès la déclinaison de laiguille ainiantée?nbsp;pour ie lieu oii on se trouve : il est dauiantnbsp;plus essentiel de faire attention a ceite disposi'nbsp;lion, que si on dirigeait seulemenl sur la lignenbsp;qui marque Ie riord, on ferait actuellemeut anbsp;Paris une erreur denviron cinq quarts dheure gt;nbsp;et on est susceptible de la faire plus ou moin^nbsp;grande , suivam Ie lieu oii lon se trouve.
On observera, a cel égard, que loutes les ins-iruciions doiinées jusqua présent pour lusage de ces cadrans solaires, nc parleut que legére-ment, et quelquefois point du lout, de lobliga-tiou oil lon est de tenir conipte de la declinai'nbsp;sou de raiguille aimanlée; ce.'t cependant Icnbsp;point Ie plus essentiei a cousidérer dans lusage
-ocr page 357-DELAVUE. nbsp;nbsp;nbsp;5a I
quon veut faire de ces espèces de cadrans. Le silence de ces instructions vient de la diffic 1 énbsp;quil y avail dindiquer un nioyen sur pour tenirnbsp;conipte dune variation extxêmement irréguliere ; variation dont les savans, malgré unenbsp;quaniité prodigieuse dobservations, nont punbsp;encore determiner la marche.
Quoiquon puisse étudier ces variations dans les Tables de la connaissance des teins, et dansnbsp;plusieurs Journaux des savans francais ou étran'nbsp;geis, je donne a la suite des Tables de latitude,nbsp;Une notice sur la déclinaison de laiguille aiinan*nbsp;lée dans quelques villes, oü elle a été observéenbsp;dans les années 1785, 1785, 1786, 1787 , 1788,nbsp;t a Paris, en 1799, 1800, 1802 et i8o5. Maisnbsp;conime il existe une très-grande quantité denbsp;vdles oil Ton na point fait dobservations , ounbsp;-sd j en a été fait, quelles ne sont pas connues,nbsp;cnsorte quon aurait alors de la peine a se dé-terminer sur le point de direction a donner,nbsp;voici un nioyen simple de fixer a eet égard lesnbsp;incertitudes cest de vérifier sur un cadran solaire fixe, horizontal ou vertical, sil en existenbsp;dans le lieu oii 1on veut faire usage dunbsp;uiien, OU niême dans létendue dun quart denbsp;degré aux environs, a quel degré de déclinaison a Test ou a 1ouest, correspond laiguill©nbsp;aima.ntée, lorsque vous tournez votie cadran,
21
-ocr page 358-522 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
de manière que Ie style marque midi au même moment que Ie cadran solaiie fixe qai vous sertnbsp;de vérificateur. Quoiquil soit plus convenablenbsp;de fai e cette verification a llieure de midi,nbsp;paree que cest sur elle quon regie toutes lesnbsp;autres, on peut cependant la faire sur toutenbsp;tre; si on a trouve que laiguille aimantéenbsp;sécartail du nord a Test ou a louest, de i8 ounbsp;20 degrés, on en prend note , pour avoir soinnbsp;ensuite de la faire toujours .se placer de mêmenbsp;quand on veui trouver Iheure avec cet instrument. Mais comme la declinaison esl très-variable, cette espece de verification deyraitnbsp;se faire une fois tous les ans ; dailleurs ,nbsp;puisquelle est très-facile, on peut la répéternbsp;aussi souvent quon en trouvera Ioccasion.
Je crois devoir observer ensuite que , pour ne pas déranger la direction naturelle de laiguille aimantée, il ne faut point faire usage denbsp;cet instrument sur des fenêtres qui auraient desnbsp;balcons en f r, ou sur daulres endroits tropnbsp;pres de ce métal, paree que I on commettrailnbsp;des erreurs. 11 est nécessaire aussi de recevoifnbsp;directement sur le style les rayons du soleil,nbsp;sans les la sser traverser les vitres et les glacesjnbsp;elles font éprouver toujours une refraction auXnbsp;rayons du soleil.
Jaloux de procurer aux personnes qui m ho-
-ocr page 359-DE LA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;325
norent de leur confiance, des instrumens surs et commodes, jai imagine de construire de ceSnbsp;cadrans solaire-; portatds, suspendus dans unenbsp;boite, a la manière des boussoles marines. Ilsnbsp;se placeut toujours cleux-mêmes horizonlale-menlj pourvu que Ie plan sur lequel on lesnbsp;pose ne soit pas trop iudiné. Jai fait les aiguilles de boussole plus grandes qualordinaire,nbsp;pour que les variations de leur déclinaison fus-sent plus sensibles , et jai mis des alidadesnbsp;OU aiguilles indicatives , quon arrête sur lesnbsp;diverses décllnaisons que la boussole peut prendre dans les pa_ys ou lon en veut laire usage.nbsp;Cela donne beaucoup de facililé pour obtenirnbsp;Theure juste , pnisquil suffit, dans Ie momentnbsp;oil lon vériliera eet instrument avec un cadrannbsp;solaire fixe , damener lalidade ou aiguille surnbsp;la division de la boussole coïncidant avec Ienbsp;trait tiré sur 1aiguille aimantée , dans lins-tant oil 1heure marquee sur eet instrument estnbsp;la mème que celle indiquée par Ie c.idran solaire fixe. On laisse lalidade ou aiguille a lanbsp;même place , pour indlquer que laiguille ai-mantée doit être dirigée sur ce point. On nenbsp;change plus la position de ces alidades ou indi-cateurs , que lorsquon chang de pays, ounbsp;cliaque ibis quils ne se trouvent plus daccordnbsp;avec les cadrans solalres fixes.
-ocr page 360-324 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEÜR
]Nayant point trouvé que dans leur construction ancienne les quatre rangs dheures qui y sont tracés soient combines de manière anbsp;servir également pour un même nombre denbsp;degrés et de minutes , ce qui expose parnbsp;conséquent a faire erreur de quelques minutes ,nbsp;je les ai tracé dans mon nouvel instrumentnbsp;de facon que depuis Ie premier jusquau dernier, ils fornientune suite réguliere, convenablenbsp;chacune a un même nombre de degrés et denbsp;minutes.
Le premier, tracé pour Ie cinquante-deuxième dégi'é , peut servir depuis le cinquante troi-sième trente minutes jusquau cinquantièmenbsp;degré trente minutes.
Le deuxième ^ tracé pour le quarante-neu-¦vième degré, peut servir depuis le cinquantième trente minutes jusquau quarante-seplième degrénbsp;trente minutes.
Le troisième, tracé pour le quarante-sixième degré, sert, depuis le quarante-septième trentenbsp;miuutesjusquau quarante-quatrième degré trentenbsp;minutes.
Le quatrieme, tracé pour le quarante-troisième degré , sert depuis le quarante-quatrième trentenbsp;minutes jusquau quarante-unième degre trentenbsp;minutes.
-ocr page 361-ü E LA V U E, nbsp;nbsp;nbsp;325
Dans ces nouveaux cadrans, 1aiguille de boussole, beaucoup plus grande, occupe tout Ienbsp;dessous j Tombre du style , surtout depuis dixnbsp;heuies jusqua deux heures se porte sur Ie cólénbsp;nord de eet instrument, je nai done pas pu fairenbsp;dautre ouverture pour apercevoir la directionnbsp;de Taiguille aimantée, qne du cóté ou seraientnbsp;les heures de nuit j cela fait que Ie eóté denbsp;Taiguille que Ton apercoit est Ie cóté indi-quant Ie sud ou midi ; maïs lopérationnbsp;de la verification se peut faire avec autant denbsp;certitude sur ce cóté que sur Tautre , pareenbsp;quil est bien certain , que Iaiguille se trou-Tant juste sur la ligne du sud , elle mar-quera exaclement Ie nord a son cóié opposé,nbsp;et la déclinaison quelle pourra prendre du nordnbsp;a louest par son cóté nord, se marquera surnbsp;Ie cóté sud , en même nombre de degrés dunbsp;sud a Test. Si , par exemple, laiguille parnbsp;son cóté nord décline de vingt-deux degrés anbsp;louest, elle déclinera du cóté sud de vingt-deuxnbsp;degrés a Test j ce qui, pour la direction dunbsp;cadran solaire , reyient absolument au mêmenbsp;que si on avail observe lautre cóté de Taiguille.
Toutes les precautions que jindiqueici seront sans doute inutiles aux sayans et aux marins ,nbsp;altendu quils sont parfaitement insiruits de lanbsp;¦variation de la décliaais on de laiguille aimantée,,
-ocr page 362-326 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
quayant souvent loccasion de determiner d.es méridiennes , ils sont plus a portee (^uenbsp;dautres de verifier eet instrument; mais jainbsp;pensé devoir méiendre un peu sur lindicationnbsp;dun moyen simplequi donnea bien dautresper-sonnes la faculté de faire usage de ce cadrannbsp;et den reconnaiire elles-mêmes lexaciitude etnbsp;Tutilité,
-ocr page 363-DE LA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;527
TABLE DES LATITUDES
A LUSAGE Dü PREMIER C A D R A N.
Celui-ci, tracé pour Ie cinquante-lroisième degré, Ie plus éioigné du centre de Iinstrument, et peulnbsp;servir a trouver les heures pour tous les pajs sltuésnbsp;entre Ie cinquante-troisième degré trente minutes ,nbsp;et cinquante degrés irénie minutes , en élevant Ienbsp;style au degré de la latitude du lieu oii on est. Voy.nbsp;Jïg. i, planche g.
|
Min. |
Sec. |
VILLES. |
Dcg. |
Min. |
See |
|
47 |
* « |
Greenwich . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
28 |
4o |
|
56 |
t8 |
Hanover . |
. 52 |
22 |
18 |
|
21 |
56 |
Corke. . . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
53 |
54 |
|
i3 |
22 |
La Haye . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
, 52 |
3 |
5 |
|
42 |
17 |
LEcluse. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
t8 |
35 |
|
3i |
3o |
Leipsick . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
20 |
16 |
|
43 |
3i |
Leyde. . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 52 |
8 |
40 |
|
6 |
3o |
Liége .... |
39 |
» | |
|
12 |
40 |
Lille . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5ó |
P |
5o |
|
5o |
59 |
Londres . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
3i | |
|
57 |
32 |
Loiivain . |
. 5o |
53 |
26 |
|
18 |
26 |
Magdebourg. . |
. 52 |
i3 |
» |
|
i5 |
fgt; |
Malines . |
- 5r |
I |
5o |
|
55 |
2l |
Maëstrich |
. 5o |
5i |
7 |
|
49 |
43 |
Montaigu. . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5o |
58 |
50 |
|
7 |
4? |
Munster . |
. 5t |
54 |
u |
|
2 |
12 |
Nieuport. . |
. 5ï |
1 |
4t |
|
2 |
54 |
Orenbourg . |
. 5i |
46 |
5 |
|
21 |
II |
Osnabruck . |
. 52 |
lÖ |
14 |
|
2 |
I I |
Ostende . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
i3 |
5? |
|
22 |
8 |
Oxt'ort . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5t |
45 |
40 |
|
4 |
25 |
Porstinouth . |
. 5o |
4z |
5 |
|
3 |
21 |
Roterdam |
. 5t |
5o |
58 |
|
32 |
n |
Ruremonde . |
. 5t |
I I |
48 |
|
59 |
10 |
Saiiu-Omer. . |
. 5o |
44 |
46 |
La table suivante indique la latitude des priuci-pales villes comprises dans celte bande de terre. Villes.
Aix- la-Chapelle Allost. . .
Amsterdam Aavers .
Ath , .
Vertin. .
Boulogne.
®ieslaw .
Bruges .
i'u.ïelles Calais. .
Cantorhéri Cap-Clarenbsp;Cologne .
Courtrai. tlou vres .nbsp;öixmade.
quot;fesde. .
J^ublin. .
Dunkerque . . -
Diirnes Gand.nbsp;Gottingennbsp;wavelines
Dfancfort-sur lOder Sa
. 5i . 5inbsp;. 5inbsp;. 5o
|
328 |
LE |
CONSERVATEUR | |||||
|
VILLES. |
Deg. |
Min. |
Sec. |
VILLES. |
Deg. |
Mi». | |
|
Tongres . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5o |
4? |
7 |
Venloo . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 5i |
22 |
17 |
|
J ournal . nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, |
. 5o |
20 |
Wirlemberg. . |
. 5i |
43 |
lO | |
|
Utreclit . |
. 52 |
5 |
3o |
Yorck. . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 53 |
4? |
4» |
|
Varsovie. nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
. 52 |
*4 |
Ypres. . nbsp;nbsp;nbsp;. . |
. 5o |
5i |
lO | |
TABLE DES LATITUDES
Ce Cadran, tracé pour le quarante-neuvieme de~ gré, est marqué en chifi'res romains et peut servifnbsp;pour tous les pays situés entre cinquante degrésnbsp;treiite minutes , et quarante-sept degrés trente mi'nbsp;mxtes en metlanl le style au degré de latitude du lieönbsp;oü on se trouve.
La table suivante indique la latitude des principa' les villes situées dans ceite bande de terre.
|
VILLES. Abbeville. . |
Deg. 5o |
Min. 7 |
Sec. 4 |
VI LLES. Cbalons-sur-Marne |
Deg. 48 48 |
Min. 57 |
Se»' n | ||
|
Agria. . nbsp;nbsp;nbsp;. |
47 |
55 |
54 |
Chartres .... |
26 |
54 26 | |||
|
Alencon . nbsp;nbsp;nbsp;. |
48 |
28 |
» |
Cherbourg . nbsp;nbsp;nbsp;. |
49 |
38 | |||
|
Amiens . |
49 |
55 |
43 |
Colmar . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
48 |
11 |
» | ||
|
Arras. nbsp;nbsp;nbsp;. . |
5o |
17 |
37 |
Constance . nbsp;nbsp;nbsp;. , |
4? |
43 |
p | ||
|
Augsbourg . |
48 |
21 |
4' |
Coutances . |
49 |
2 |
5o | ||
|
Auxerre . nbsp;nbsp;nbsp;. |
47 |
47 |
54 |
Cracovie.... |
5o |
10 |
p | ||
|
Avrancbes . |
48 |
4' |
18 |
Crerasmunster . nbsp;nbsp;nbsp;. |
5o |
10 |
p | ||
|
Bale . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
47 |
53 |
34 |
Dieppe . . nbsp;nbsp;nbsp;. . |
49 |
55 |
17 | ||
|
Barfleur . nbsp;nbsp;nbsp;. |
49 |
40 |
2 [ |
Dol en Bretagne. . |
48 |
33 |
9 | ||
|
Rayeux . nbsp;nbsp;nbsp;. |
49 |
16 |
3o |
Douai. .... |
DO |
20 |
p | ||
|
Beauvais. nbsp;nbsp;nbsp;. |
49 |
26 |
2 |
Evreux .... |
49 |
I |
jo | ||
|
Blois . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. |
47 |
35 |
20 |
Fecamp .... |
49 |
45 | |||
|
Brest . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; |
48 |
22 |
42 |
Franci'ort-sur-le-Mein 5o |
7 |
'I | |||
|
Brissac. . nbsp;nbsp;nbsp;. |
48 |
4 |
» |
Granville. . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; |
48 |
5o |
16 i4 | ||
|
Bude . |
47 |
44 |
Havre-de-Grace. |
49 |
29 | ||||
|
Caen . |
49 |
11 |
10 |
Hidelberg |
49 |
24 |
DO lt;z | ||
|
Cambrai. |
5o |
10 |
37 |
Honfleur .... |
49 |
25 |
ID P' / | ||
|
Cap-Lézard. |
49 |
57 |
3o |
Ingolstat. . nbsp;nbsp;nbsp;. |
48 |
45 |
54 | ||
DE LA VUE; VILLES. Kaminieck .nbsp;La Flèchenbsp;Landau .nbsp;Langres .nbsp;Land S-Endnbsp;Laon . Laval. . Lénian. .nbsp;Lisieux .nbsp;Luxembourg.nbsp;ï'Ianheim.nbsp;^laubeugenbsp;^layence.nbsp;¦^leaux. .nbsp;lllelz . Mons . Montbelliardnbsp;Munich .nbsp;Namur. .nbsp;Nancy. ,nbsp;Noyon. .nbsp;Nuremberff r\i nbsp;nbsp;nbsp;® *Jlniufz . Orleans . Laris . .nbsp;Léronne . .nbsp;?MlPpeville.nbsp;Lhilisbourg .nbsp;Lort-Louis .nbsp;Lort-Lorientnbsp;Lrague. .nbsp;Lresbourg V I L 1, E .S. Quimper. . Ratisbonne . Reims. . Rennes . Rouen . Saint-Brieux.nbsp;Saint-Diez. .nbsp;Saint-Malo .nbsp;St.-Michel (leMont)nbsp;Saint-Pol-de-Léonnbsp;Saint-Quentinnbsp;Salztbourg .nbsp;Schwezingennbsp;Seez .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. Sédan . nbsp;nbsp;nbsp;. Senüs. . , Sens . Spire . Soissons . Strasbourg . Toul . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. Treguier. Trèves. . nbsp;nbsp;nbsp;. Troyes. . Tyrnaw . . Valenciennesnbsp;Vannes . .nbsp;Verdun . .nbsp;Versailles. . Vienne (Autriche] Vurtzbonrg . Zarizin (Russie) Degr. Min. Sec. 4^ 4° 5o 4? ^7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» 50 nbsp;nbsp;nbsp;3nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;40 49 33 54 48 nbsp;nbsp;nbsp;4 quot;nbsp;49 37 38 49 nbsp;nbsp;nbsp;29nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;18 50 nbsp;nbsp;nbsp;20nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» 49 54 » 49 nbsp;nbsp;nbsp;7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 50 nbsp;nbsp;nbsp;27 10 47 nbsp;nbsp;nbsp;38nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» 48 nbsp;nbsp;nbsp;2nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» 49 26 55 49 5o »nbsp;iy 54nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;10 49 nbsp;nbsp;nbsp;55nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;. 50 nbsp;nbsp;nbsp;II 19 49 nbsp;nbsp;nbsp;7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; 47 42 47 |
Sag Deg. Min. Sec. 47 58 29 17 27 39nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3 38 14 4i 24 So 5i 12 28 11 56nbsp;18 5rnbsp;22nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;52 34 56 4° 32nbsp;46 54 25 nbsp;nbsp;nbsp;» 39 26 ,9 24nbsp;48 21nbsp;12 36nbsp;46 6nbsp;42nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;20 |
TABLE DES LATITUDES
CeCadran, tracé pour le quarante-cinquieme de-gré, peul servir pour tous les pays situes entre le quaranle - septieme trente minutes, et quarante-qualre degres trente minutes, en plagant le style anbsp;la hauteur du degré du lieu ou Ton e t.
La table suivanïe indique la latitude degt; princip les villes comprises dans cette bande de terre.
|
V IDLE S. |
Deg, |
Min. |
Sec. |
V I LL E S. |
Eeg, |
Miu. |
Sec- | ||
|
Angers . nbsp;nbsp;nbsp;. |
4? |
28 |
8 |
Embrum . |
. . |
44 |
34 |
jf | |
|
Angouléme . |
. . 45 |
39 |
3 |
Ferrare . |
44 |
54 |
9 | ||
|
Annecv . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. . 45 |
5o |
» |
Gap . |
, |
44 |
53 |
37 | |
|
Astracan. . |
. . 4Ö |
21 |
i2 |
(Tcnève . |
46 |
12 |
17 | ||
|
Aiirillac . |
44 |
58 |
J» |
Oratz , |
47 |
4 |
18 | ||
|
Aulun. . |
. . 46 |
56 |
48 |
Ixrenoble. |
4s |
11 |
4^ | ||
|
Belgrade. |
. . 45 |
7 |
» |
Quebec . |
. . |
46 |
4? |
.30 | |
|
Bellej. . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. '. 45 |
45 |
29 |
La Rochelle |
' |
46 |
9 |
53 | |
|
Resancon. . |
. . 4.7 |
14 |
12 |
Lausanne. |
46 |
3i |
5 | ||
|
Bologne . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. . 44 |
39 |
36 |
Le Croisic |
47 |
7 |
43 | ||
|
Bordeaux. . |
. . 44 |
5o |
4 |
Le Puy. . |
45 |
2 |
4' | ||
|
Boiirg en tSreSse. . 4Ö |
12 |
3o |
Limoges . |
, , |
45 |
49 |
44 | ||
|
Eourges . |
47 |
4 |
59 |
Lyon . |
, , |
45 |
45 |
5a | |
|
Bnxen ('1'yro |
1). . 46 |
43 |
u |
Jjoujsbourg |
( Atnéri | ||||
|
Broiiage . |
. . 45 |
52 |
3 |
que ) . |
45 |
53 |
40 | ||
|
Cahors. . |
. 44 |
26 |
49 |
Lijcon. . |
49 |
27 |
4 | ||
|
Cap - Raze |
(Terre- |
Macon |
. . |
46 |
18 |
?7 | |||
|
IVeuve). . |
. . 46 |
4o |
)) |
Mantoue . |
45 |
9 |
16 | ||
|
Chaions-sur- |
Saone. 40 |
46 |
5o |
Mende. . |
44 |
3i |
2 | ||
|
Cliainbérï^. . |
. . 45 |
3i |
« |
Milan. |
45 |
V |
57 | ||
|
Clermont (en Auver- |
Modene . |
44 |
H |
» | |||||
|
gne). . nbsp;nbsp;nbsp;. |
. . 45 |
46 |
45 |
Moulins . |
46 |
4o |
a | ||
|
Crénione. . |
. . 45 |
7 |
43 |
Nantes. . |
47 |
i3 |
6 | ||
|
Die. . nbsp;nbsp;nbsp;. . |
. . 44 |
45 |
3r |
Nevers. , |
, , |
46 |
59 |
gt;7 | |
|
Dijon . |
. . 4? |
quot;9 |
22 |
Oléron. . |
|
46 |
2 |
5i | |
|
Dole ( Franehe-Com- |
Padoue . |
. . |
45 |
q3 | |||||
|
té). . . |
. . 47 |
II |
it |
Paimboeuf |
nbsp;nbsp;nbsp;3 |
47 |
'7 | ||
|
D E |
; L |
A VU E. |
53i | |||
|
Deg. |
Min. |
Sec, |
\ ! L L E S. |
Min. |
Sec. | |
|
44 |
44 |
5o |
Sarlat. |
.. 44 |
55 |
20 |
|
45 |
10 |
Sp |
Sautnur . |
. 47 |
4 |
)) |
|
45 |
1 I |
8 |
Seva.slopole(Cir |
iinée )44 |
4^ |
bo |
|
4.6 |
^4 |
5o |
Tours. |
- 4.7 |
23 |
44 |
|
44 |
5 |
Trévoux , nbsp;nbsp;nbsp;, |
. . 45 |
55 |
j) | |
|
4-gt; |
47 |
» |
Tullcs. . nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, |
. . 45 |
16 |
5 |
|
45 |
5ti |
lO |
Turin. |
. . 45 |
4 |
i4 |
|
4? |
H |
28 |
Valence . nbsp;nbsp;nbsp; |
44 |
55 |
59 |
|
46 |
23 |
i8 |
Veuise |
. . 45 |
27 |
2 |
|
45 |
I |
' 55 |
Véronne . |
. . 45 |
26 |
26 |
|
4? |
44 |
46 |
Vienne (Dauphi |
né).. 45 |
5i |
55 |
|
46 |
49 |
» |
, Zurich. . nbsp;nbsp;nbsp;. 1 |
47 |
22 |
a |
|
E : |
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L A ïIT U DES | |||
|
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A T R I È M E |
C A D R |
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^'ILKS.
]j®*liers . )j?''enne .
Sm nbsp;nbsp;nbsp;.
^.van.
sgt;-CIau(le
8l«t-Flour
S nbsp;nbsp;nbsp;
Cadran , qui forme Tintérieur de 1 instrument , tracé j Our Ie quarante-unième degré , et peutnbsp;^^*'vir pouF lous les pays situés eutre quarante-qua-6 degrés trente minutes et quarante-un degrés.
La table suivante indique la latitude des priiicl-villes situées dans cette bande de lerre.
|
J-quot;- - (Corse) ^cóne A ^fles. |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Es.
8lt;le,
ire
-ocr page 368-|
LK CONSERVATEUK | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
DE LA VUE.
DES
^iserp ations failes sur la déclinaison de t ^irnantée, dans divers pays et en di^érensnbsp;En 1783.
'Gilles.
^ Öuss0lJ(jj.f. . .
En 1785.
^ Copenhague . .
En 1786.
^ ^atisbonne. .
^tockolm . . .
En 17S7.
A ^'lUzbourg . nbsp;nbsp;nbsp;.
¦^^sgue ....
En 1788.
^ Bude.....
Beissember» . .
18 3o
55
Y I L L E S.
A Bonn A Rome .
A Berlin .
A Manheim A Midelbourgnbsp;A Saltzbourg.nbsp;A Augsbourg.nbsp;A Strasbourg.nbsp;A Insprucknbsp;A Dresde .
A Paris.
En J799 nbsp;nbsp;nbsp;.
En i8oo . En 1802nbsp;Enjuin i8o5
^aiguille
terns.
Peg, Min,
18 55
18 36 j8 26nbsp;20 45nbsp;22nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
25 3o
Malgre Ietendue des tables ci-dessus, que toutes les instructions semblables nont pointnbsp;encore données aussi completes, elles sont encorenbsp;loin de contenir les noms de tons les endroitsnbsp;On Ton peui avoir besoin den faire usage, etnbsp;lgt;eaucoup des personnes pourraient être em-lgt;arrassées dans Iusage du Cadran portatlf, sinbsp;®lles lie vojaient point sur ces tables la designation de la latitude du lieu ou elles se trou-vent, paree que cela peut jeter de Iincerli-
354 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUK
tilde sur la hauteur quil faut donuer au style? mais on doit liabord être persuade quon n®nbsp;ferait pas derreur bien sensible puur lusagenbsp;ordinaire, en négiigeant , non-seulementnbsp;secondes , mais mème quelques minutes. Ce*nbsp;deux divisions nont éié portées dans les table*nbsp;ci-dessus que pour rmiliié particuliere de qucl'nbsp;ques pi rsonnes qui aiment a avoir des déia'®*nbsp;exacts , paree quelles nen negligent alorsnbsp;des quantités counues. Quoique 1aris sOitnbsp;exactement par Ie quarante - huitième degt'*^nbsp;cinquanle minutes quaiorze secondes, ilnbsp;porté dans quelques tables publiées avaut celJlt;*'nbsp;ci, et désigné mème sous Ie quaranie-ueuvi^t^^nbsp;degré, il se trouve done un peu plus denbsp;minutes de difference. Mais les divisionsnbsp;existent sous Ie b^c de l. iseau, marquant ch'i'nbsp;cune un degré, sont trop pelites pour cpo^nbsp;puisse , a loeil, tenir compie dune mirnue q'^*nbsp;en est la soixanlième partie; on ne peut guè''®nbsp;estiiner a loell Ie placement du bec de Tuiseaitnbsp;que par demi, par quart ou tiers de degi'lt;^ ?nbsp;cesl ce qui fait que dans la petite table de lati'nbsp;tude, placée sur. Ie couvercle de mes nouveauténbsp;insirumens, je rne suis permis de designer 1 *nbsp;fractions de degréspar lexpression des fraction*nbsp;ordmaires.
Bien convaincu du pi u dimportance qnc
romission de quelques minutes peut apporter dans lusage ordinaire du Cadran, on sen-tira sans doute quil est naturel de ineltrenbsp;Ie style a la hauteur de la latitude counue lanbsp;plus voisiue et ayant ensuite , comnie on lanbsp;recommandé au commencement de cette instruction , vérifié linstrument sur un Cadrannbsp;solaire fixe, pour y determiner la position denbsp;raigullle almantée , on sera sur davoir lhqurenbsp;avec une assez grande precision.
11 pourrait encore arriver que la ville la plus voisine ne se trouvat pas inscrite surnbsp;des tables, alors un savant ou un marin se pro-curera facllcment la latitude du lieu au moyennbsp;dun sextant; mals il y aura bien des person-nes qui nont point la facilité de laire usagenbsp;de eet instrument, il leur sera done plus faciienbsp;destimer leur latitude par comparaison avecnbsp;quelquautre ville portee sarles tables ci-dessusnbsp;1« plus pres du lieu dontelles désirentconnailrenbsp;la latitude : il suffit de savoir que la longueurnbsp;dun degfé de latitude est regardée comme con-tenant aSdieues de France , par conséquent, Ienbsp;demi degré équiyaut a 12 lieues et demi, et Ienbsp;quart du^degré (ou i5 minutes), a six lieuesnbsp;Un quart; si, p u' exemple, on se trouvenbsp;Cu ligne directe 12 lieues au nord dune desnbsp;villes comprises dans les tables, ou aura un
-ocr page 372-536 LE CONSERVATEUR demi degré de latitude de plusj si au contrairenbsp;cette niênie distance se trouve en ligne directenbsp;vers Ie midi, ce sera alors un demi degré denbsp;moinsj si les distances dont il est question, aunbsp;lieu dêtre directement vers Ie nord ou vers Ienbsp;midi, se trouvaient directement vers TOiientnbsp;OU rOccident, on doit se regarder comme ayantnbsp;la même latitude que cette ville ; dans Ie cas oünbsp;on aurait une direction inclinée a ces quatrenbsp;points principaux, il faudrait alors faire une diminution dans lévaluation de ces distances ennbsp;raison de robllqulté quon pourrait reconnaitrenbsp;au mojen de la direction de ces quatre pointsnbsp;cardinaux iudiqués par la boussole dont Ie Ca-dran solaire est garni.
Quoique par ce moyen il soit difficile de faire une erreur de plus dun quart de degi é, il parai-trait peut-être plus commode de se procurernbsp;une petite carte particuliere du pays oii onnbsp;peut être dans la nécessilé de faire usage de eetnbsp;instrument alors on y verrait de suite au simple coup-doeil, la latitude du lieu quon habite.nbsp;Eu efïet , toutes les cartes sont divisées parnbsp;des lignes courbes, dont les unes tracces denbsp;gauche a droite dans une diiection horizontale, marquent les degrés de latitude ordinai-rement de cinq en cinq, avec des subdivisionsnbsp;sur la bordure qui en distinguent les différenles
-ocr page 373-D E LA VÜE. nbsp;nbsp;nbsp;557
parties, soit par cinquième, soit par demi et par quart de degrés : il sufïit alors de reeon-naitre dans ces cartes, sur laquelle de ces liguesnbsp;peul se trouTer placé Ie pays dont on vent lanbsp;latitude. Dans Ie cas oü il ne serait pas exacie-ment sur une des ligues tracées en travels de lanbsp;carte, vous prenez avec un compas la distancenbsp;quil y a de ce pays a la ligne la plus pres , et anbsp;partir de cette même ligne sur la bordure , vousnbsp;voyez a quelle division du degré correspondnbsp;lautre pointe du compas, et cela vous indiquenbsp;Ie degré et la fraction de degré oii se trouve cenbsp;pays.
Pour rendre ce que je dis plus sensible par un exemple, je suppose que la carte consultée nanbsp;les degrés de latitude marqués que de cinq ennbsp;cinq, et que chaque degré est divisé en deuxnbsp;parties , cela donnera sur la bordure pour distance dune ligne désignée par chiffre a celle quinbsp;lui est supérieure, dix divisions ; je suppose quenbsp;la ligne la plus procbe de 1endroit que je cbarchenbsp;est Ie 45® degré de latitude, Touverlure du coni-pas que jai prise de cette ligne au lieu cherché ,nbsp;fait qiiune pointe de compas mise a la bordurenbsp;snr la ligne du 45= degré , lauire pointe vientnbsp;correspondre a la troisième division au-dessus ;nbsp;il sen suit que cliaque division répondant a unnbsp;demi-degré , lendroit cherché se trouve èire a
22
-ocr page 374-538 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
un degré et demi au-dessus de la latitude de 4^ degrés, ce qui donne pour la position cherchéenbsp;46 degrés 5o minutes.
Les autres lignes qui partagent la surface des cartes de geographic, et qui vont du haut ennbsp;bas, sont les méridiens qui ne sont point nécessaires dans celte circonstance pour la determination de la latitude que lon cherche.
-ocr page 375-559
DE LA VUE.
Gazette de Santé du h Juin 1806.
Instruction sur les besides ala Franklin, réu-nissant Ic double mérite de faire voir de loin et lire de prés-, construites par J. G.nbsp;ChèP'Alier , ingéniear-opticien.
o miros oculos, anima! lampades,
Et quadam proprid nota loquaces,
OÜRQUOI, loisquenlrainés par une noble Emulation, tous les ministres de cbaque partienbsp;de Tart de guérir sélancent dun commun essornbsp;pour arriver vers la perfection, Voculisme seul,nbsp;reste-l-il autant en arrière sous Ie rapport medical ? Si lon en excepte la manoeuvre opéi a-toire, dans laquelle il faut avouer que quel-ques ariistes , en très-petit nombre , excellentnbsp;aujourdhui , les ressources de eet art sont bor-nées a quelques recettes routinières , a quelqiiesnbsp;collyres iimocens. Lincurie est poussée en cenbsp;genre a un tel point, quun oculiste ne saui-aitnbsp;discerner, en observant les yeux dun presbytenbsp;DU dun myope, Ic numéro des verres propres anbsp;la vue de cliacun denx. 11 nexiste même pasnbsp;de signes determines par Tart, pour reconnaitrenbsp;avec certitude, de combien de dfgrés sont éloi-
-ocr page 376-S/fO nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
gnés ]es points visuels de denx jeux appartenanS au même individu, et quel niojen il faut employer pour les ramener graduellement a la mêmenbsp;portêe , et les fortifier ainsilun par lautre.
Voici Ie résultat de deux ans dexpériences relatives a eet objet : il exisle en general unenbsp;difference sensible entre Ie point doptique desnbsp;deux yeux de chaque individu , Ou myope, ounbsp;presbyte. Cette difference est quelquefois de 6,nbsp;8, lO degrés et plus dintervalle , dans les nu-méros des verres convenables a chaque ceil;nbsp;mais clle est si peu sensible , quand lon ny faitnbsp;pas reflexion , que tel liomme sera bien surprisnbsp;dapprendre que jusquici il ne sest habituel-lement servi que dun oeil pour voir de loin ,nbsp;et que de Iautre pour voir de piès j car, par unnbsp;mécanisme très-étrange, et dont on ne se rendnbsp;compte que paree que lépreuve quon en fait ennbsp;amène lexplicatlon , loeil qui voit Ie plus loinnbsp;volt mal de pres, et réciproquement, paree quenbsp;les rayons lumineux se rasserablent pour 1ceilnbsp;presbyte irop applati, et séparpillent pour Icednbsp;myope et trop sphérique.
Or , voici Ie problême a résoudre, et je Ie propose a la fois , et aux oculistes et aux opticiens , faire coïncider les deux points visuelsnbsp;des deux yeux , en employant successivementnbsp;un verre dun degré moindre , et un verre dunnbsp;degré plus élevé, pour parvenir par une dégra-
-ocr page 377-DE tA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;341
dation insensible et lente,, a rapprocher Ie plus pres possible du centre comraun les deux pointsnbsp;divergens de chacun des deux minislres de lor-gane, comme on ramène a la même opinionnbsp;deux avis dissidcns.
Lefïet des verres concaves est de rapprocher desyeux mjopes les objèts éloignés j mais silsnbsp;sont utiles pour voir de loin, ils ne peuventnbsp;servir a lire de piès. Les verres coiirexes ontnbsp;un efifet tout oppose; de la un moyen toutnbsp;simple et dom linltiaiive est due au docteuPnbsp;Frantlin , a qui 1on pourrait dérober celte dé-couverte sans nuire a sa gioire mais dont onnbsp;doit réclamer lattache du nom, paree quilnbsp;ennoblit une invention simple et pourtant in-génieuse et réfléchie. Elle conslste a mettre ennbsp;contact deux segmens de verre, dont un concave au dégré convenable a tel myope, et occupant la partie supérieure du cerele de Ia lunette ; lautre placé plus bas et approprié a unenbsp;vue ordinaire; bien entendu qu il faut établir,nbsp;entre les deux verres concaves, la différence quinbsp;existe entre la porlée de chacun des deux yeux.
En attendant que les oculistes aient tracé une échelle optique, applicable aux difïérensnbsp;cas que nous venous dindiquer somraairement,nbsp;M. Ghevallier, Ingénieur-Opticien, membre denbsp;1Aihénée des Arts, vient de soccuper de cenbsp;travail intéressant. Ses succès doivent Iencou-*
-ocr page 378-34^ nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
rager; et les personnes a vue myope ou presbyte , lui devront aulant de reconnaissance ^ que les amateurs de la météorologie lui en. ontnbsp;tiéja voué. Onne trou\re chez aucun artiste desnbsp;instrumens mieux confeclionnés que chez lui;nbsp;et nous croyons être plus utiles au public qu anbsp;lui, en disant quil demeure a Paris , Tour denbsp;lHorloge, n° i, vis-a-Yis du pont au Changenbsp;el du marché aux Fleurs.
Journal du Commerce, lo aout 1806.
JLettre écrite de Strasbourg par M. Chamseru^ Docteur-médecin de la faculté de Paris, dnbsp;M. VIngénieur Cheuallier.
Jai lu avec bien de Tintérêt, mon cher col-, lègue, votre article inséré dans Ie journal dunbsp;Commerce, dn x4 Juin, (m z85).
Ce que vous appelez \ Oculisme,ou la science oculaire, vous semble ayec raison de toutes lesnbsp;parties de Tart de guérir, la plus arricrée. Cestnbsp;quil ny a jamais eu rien a ohtenir du communnbsp;des oculistes. Sil parait de tems en tems desnbsp;nouveautés utiles, on les doit a des hommes quinbsp;possèdent runiversalilé des connaissances médi-cales. Le célèbre Louis a insisté sur cette vériié ,nbsp;en parlant de Toeuliste dans lancic nne Encyclo-.nbsp;pédie : ije leur demandez done rien, mon cher-
DE DA VUE. nbsp;nbsp;nbsp;O4O
collèeue, sur Ie choix raisonné des secours in-ternes et externes applicables aux yeux, el dont Ie discernement exige Ia connaissance expéri-meniale de toutes les autres branches de Tartnbsp;de guérir;, nauendez rlen OU presque rien deuxnbsp;siu Ianaiomie de 1ceil, encore moins sur Top-tique mécanique.
Vous savez mleux que personne combieu , dans celte partie de 1hjgiène ophtalmiquenbsp;dont les Anciens ont été absolument dépour-vus, on est redevable aux modernes. Mais.nbsp;cest a quelques, médecins, a, des phjsiciens ,nbsp;aux géomètres , et a plusieurs habiles mecaniciens que toutes !es découvertes en ce genrenbsp;apparliennent. Permettez-moi cependant dex-cuser lincurie que vous reprochez aux oculistes,nbsp;pour ue pas discerner Ie nquot; des verres propres anbsp;la vue dun presbyte ou duii myope ^ et ne pasnbsp;reconnaitre de combien de degrés sont éloi-gnés les points visuels des deux yeux du mêmenbsp;individu, ui par quel moyen on peut lesnbsp;ramener a Ia même portée et les accordernbsp;lun a Taulre.
bur la première question , jobserve que Ie besoin de lunettes ou de besides j pour une.nbsp;vue soit longue soit.cauite, oblige chacun anbsp;faire par lui-même lessai du foyer qui lui con-vient. Cette recherche est un tatonnement indispensable, dont Ie. résuliat sulRt et donne lagt;
-ocr page 380-S44 nbsp;nbsp;nbsp;LE CONSERVATEUR
distance des points visuels, dès quon a trouvé pour chaque oeil Ie n°, a laide duquel on distingue Tobjet avec nelleté dans sa grandeurnbsp;naturelle. En répétant de tels essais sur beau-coup de personneSjOn découvre des auomalies etnbsp;dos cas dexception assez nombreux, qui pro-cèdent de la complication dun sens émoussénbsp;par la faible.sse relative de lorgane immédiatnbsp;de la vue. Quclques presbyles , et sur-tout desnbsp;myopes, ne tirdit alors aucun secoursdes conserves , paree que ce qui peut être utile pournbsp;ajouter aux milieux refringens, ne peul riennbsp;changer a lhabitude , a la débililé nerveuse.
La deuxième question, mon cher collègue , est Ie probléme que vous venez de résoudre parnbsp;votre instruction sur les besides a la Franklin^nbsp;Les oculistes profiteront de rexpedient quenbsp;vous leur olï'rez mais ils ne vous traceront pointnbsp;réchclle optique que vous leur demandez.nbsp;Ccst avous-meme a la fixer (i), par la justesse etnbsp;les applications répétées de vos appercus, etnbsp;par les occasions de plus en plus fréqueiites quenbsp;vous aurez de diversifier vos observations. Si lesnbsp;miennes peuvent vous être agréables, je vaisnbsp;vous en proposer quelques-unes.
ïquot; Jadopte avec vous la difïérence dun oeil a Iautre pour la portee de la vue. En supposant
(i) EUe vit1 t delalre. Vojez 1arlicle Oesiometbê,
{Note de lauteur
-ocr page 381-DE LA V U Egt; nbsp;nbsp;nbsp;545
Ips organes assez salns, et assez bien constitués, tin cell se irouve nijope, et 1autre presbyte; cclui-ci a besoin dun verre convexe, et celui-la dunnbsp;verre concave. La difference peut encore consis-ter dans Ie degré de vue courte ou longue ,nbsp;plus marqué dun cóté que de iautre , en ad-metiant 1état naturel Ie plus ordinaire, celui ounbsp;les deux yeux ont une même sorte de vue. Jenbsp;consens que la difl'érence solt quelquefois denbsp;6,8, 10 degrés et plus; maïs je lai plus souventnbsp;constatée de i, a , 3,4 et 5 pouces ou de 27,54,nbsp;81 , 108 , et i3i niillim. au plus : je supposenbsp;que nous convenions ici dune même mesure dunbsp;degré , soit par pouce,, soit par centimetre.
Je me citerai pour exemple : jai cinquante-buit ans; ma vue a toujours été longue; mes yeux , long-tems de la même portée, ont éténbsp;égaux en bonté. Je me suis par hazard appercu ,nbsp;depuis qne vous mavez donné ^1 y a trois ans,nbsp;des vcrres du no. 14 ou i3 et demi , que monnbsp;ceil gauche avait pu safïbiblir en apparence; ilnbsp;nen est rien en réalité ; eet ceil, devenu plusnbsp;presbyte que Ie droit , a besoin .aujourdhui dunbsp;uuinerog ou 10 , tandis que jen suis au iio. nnbsp;pour 1oeil drolt. Je suis persuadé que, réduitanbsp;des besides au même numéro 11 , je ne lis et jenbsp;nécris que de loeil drolt. Je vais têcher de suppleer Ici, auprès de quelque bon opticien, a ce
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que je ne puis faire avec vous dans Télolgnement
oil me tient la vie militaire.
2'5 Quant aux verres ml-parlie , cest une eombinaison que vous Gontinuerez sans doute-de varier, suivant Ie besoin de se servir desnbsp;luèmes disques de monocles, on de binocles ,nbsp;en deux moiiiés de verre a surface diöérentenbsp;pour promener a volonté les regards dans lho-i'izon, Ou les bomer a la portee de la main.nbsp;Le cas Ie plus commun entre les myopes et lesnbsp;presbjtes nest peut-ètre pas facile a determiner;nbsp;il peut j en avoir autant des uns que des autres^nbsp;et beaucoup de ceux qui se sont habituellementnbsp;servis, sans le savoir, dunceilpour voir de loin ,nbsp;et de Vautre pour voir de prés. Daprès vosnbsp;propres observations , pour mélanger vos:nbsp;moitiés refriugentes , je conclus et je me con-j firme quil y a trois sortes de vue native, et quenbsp;la troisième est la vue moyenne, ou mésopie,nbsp;qui tient soit dun seul ceilj soit de tous les.nbsp;deux, de la vue longue pour voir les ob-jets de pres a une distance raisonnable, et qui ^nbsp;comme la myopie, nembrasse quun tres-courtnbsp;horizon.
Agréez, je vous prie, mon cher collègue, Tas-surance de ma parfaite consideration.
Signé , CHAMSERU , Doet. Médecin.
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DE LA V U E.
Moniteur , 18 Septembre 1806.
M. Chevallier, Ingénieur Opticien , Membre de lAthénée des Arts , vlent dadapler aux besides un nouveau mécanisme,dont les personnesnbsp;habltuées a leur usage apprécieront toute Futilité.
Cette invention , aussi simple quingénieuse , permet décarter ou de rapprocber a volonténbsp;les deux ceicles conlenant les verres , et denbsp;ramener ainsi chaque point visuel a son veritable centre, quelle que soit la dimension de lanbsp;tête du presbjte ou dumyope; Fecartement oulenbsp;rapprochement des verres nuit bien plus quonnbsp;ne pense a Forgane, qui doit se trouver placénbsp;précisément vis-a-vis du centre du verre, pournbsp;obtenir la plus grande convergence ou divergence possible des rayons et il ne faut souventnbsp;pas attribuer a une autre cause , qua la faussenbsp;direction des verres jelativement a chaque ceil,nbsp;la fatiguo quils eprouvent de Fusage de lunettes,nbsp;telle quclles cessent detre approprlées a la vuonbsp;a laquelle dies convenaient et quil devlentnécessaire de changer de n tons les trois a quatre mois,nbsp;nécessilé vrainient alaiinante pour ceux quinbsp;savent quil arrive enfin un nquot; au-dela duquel ilnbsp;hexiste plus de vei'res propies a éclalrer la vue.
Cette invention a encore un mérite non ïitoins précieux j cest quavec le n® du verre
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en usage , M. lIngénieur Chevalller 'peut, en 1absence du porteur de lunettes, lui en choisir ynbsp;avec la ceriitude quelles lui conviendront denbsp;niême que si Ie choix avait été fait par lacheteurnbsp;en personne , et avec une telle sureté , que cesnbsp;cspèces de lunettes peuvent, aumoyen de leurnbsp;petit mécanisme, s'adapterala tcte dun enfantnbsp;de doiize ans, comme au front dun homme denbsp;soixante.
II continue la fabrication de ses besides a la Franklin , dontchaque verre estdivisé en deuxnbsp;segmens qui portent chacunun numéro différent ynbsp;loin que cette division gêne en rien la vue ,nbsp;et en laissantau contraire Ia liberté de distinguernbsp;tl ès-bien de loin les objets en élevant les yeux,nbsp;et de voir clalrement a sespieds en les abaissant.nbsp;Enfin il vient détablir des besides dont unnbsp;verre est a tel point doptique, et lautre verrenbsp;a lel autre j avanlage précieux pour ceux dontnbsp;les yeux ont une portée différente ( et cest Ienbsp;plus grand nombre) , et qui a Ie grand méritenbsp;dexercer également Ia force des deux yeux,nbsp;au lieu que Iinaction habituelle de lun deuxnbsp;fiüirait par Ie parallser.
-ocr page 385-Gazette de Santé , Avrll 1807.
Nouvelles besides d double verre.
Nous avons déja signalé, dans eet te gazette , ie zèle deiingénieur-opticien Chevallier, auquelnbsp;nous devons les notices décadaires de nos observations raétéorologiques ; et il parait quil anbsp;voulu répondre a lappel que nous avons faitnbsp;aux opticiens dans Ie 11°. 70, page 565 , ennbsp;ajoutant encore a la perfection des besides quenbsp;nous anongames dans eet article. Celles quilnbsp;présente aujourdhui joignent au mérite de dé-terminer Ie point doptique propre a cliacun.nbsp;des deux yeux , el qui diffère beaucoup nonnbsp;.seulement dindividu a individu, mais doeil anbsp;ceil dans lamême personne, celui derapprochernbsp;incomparablement plus que les besides ordi-naires lobjet du spectateur, par laddition dunnbsp;second verre. Cette difference de portee des deuxnbsp;y«ux na pas éié assez indiquée jusquicij etnbsp;nous croyons être dautant plus utiles en la si-gnalant, que nous pensons fermement quon peutnbsp;ramener les yeux, surtout légèreinent disparates,nbsp;a un meme foyer visuel, a un autre point doptique semblable par 1usage habltuel et graduel-lement rapporté de verres appropxiés. Ceitenbsp;difference de portee visuelle des deux yeux est,
-ocr page 386-55o Leconservateur a quelques variétés pres, la même chez IcSnbsp;indlvidus , et en sens inverse de la force denbsp;celui des deuxyeux qui est doué de Ia moiudrenbsp;etendue de perception. On peut 1exposer par Ienbsp;procédé suivant , et nous supposons les deuxnbsp;yeux myopes : mais Iexpérience sappliqueraitnbsp;également aux presbytes. J\ous nominerons Anbsp;et B les deux yeux. A est loeil Ie moins fort jnbsp;B a une force de vision plus lointaiuej or, silnbsp;faut un verre concave de 12 degiés a B , pournbsp;lui dönnerlaplus grande portee devue possible,nbsp;(la force des verres est ici en iaison inverse, etnbsp;Ie n I est rullimatuni des veries concaves ) ,nbsp;il faudra un verre de 6 degrés a A pour se mettrenbsp;a égalité de portée avec B. Mais,si 1on ne donnenbsp;point de verre aB, ou si on larme seulement d'unnbsp;verx'e plan , Ie n». 12 donnera a A la portéenbsp;visuelle qua ordinairement B a Foeil nu, et Tonnbsp;fera ainsi coïncideren proportion égale les deuxnbsp;rayons visuels des deux yeux; si, retournantnbsp;au contraire les besides , on oppose Ie n». 12 anbsp;A, il jouira dune plus grande étendue visuelle jnbsp;mais Ie nerf optique de B , connne paralysé parnbsp;la convergence excessive du verre trop concave , non seulement verra moins que A , maïsnbsp;ne rapportera point du tout Ie sentiment de lanbsp;vision, surtoul de prés. Appliquons cette theorienbsp;a linvention moderne de ringénleur-opttcien
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ChevalHer ; son appareil consiste eli deux cylindres très-courts, très-légcrs, et fixes devaritnbsp;les yeux par deux branches de métal qui embras-sent la tête. Ces deux tubes sont garnis de deuxnbsp;verres dont lantérieur esi convexe, laulre po -térieur est concave , dont les foyers sont ennbsp;relation et tellement coinbinés que cbaque tubenbsp;ojfifre a chaque oeil un moyen proportioiménbsp;a sa portee doptique particuliere. Enfin , cesCnbsp;la lorgnette de spectacle réduite a un bien pusnbsp;petit volume, portative sans quon soit oblige denbsp;la tenir^ et tellement forte de la reunion des deuxnbsp;verres, que, dans Ie plus vaste horison commenbsp;dans la salie de spectacle la plus immense , Ienbsp;myope Ie plus faible pourrait défier loeil Ie plusnbsp;percant. Mais avec la même bonne foi qui nousnbsp;a engages a rendre justice an zele de Iinventeurnbsp;et an mérite de Iinvention, nous devons avouernbsp;que la perfection même de Iinstrument excitenbsp;une telle contention des nerfs optiques dont itnbsp;decuple Ienergie, que son usage doit nepas êtrenbsp;habituel et neremplacer que celui des lorgnettesnbsp;de spectacle. Ces besides ne peuvent ctre porteesnbsp;dans les rues , paree que leur effet, apportantnbsp;pour ainsi dire Iobjet sous Iceil même , faitnbsp;disparaitre les distances, et ferait courir lenbsp;fisque de 1astrologue, qui tombe dans un puitsnbsp;fin mesurant les astres. Nous pensons done que
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si M. ringénieur Clievallier peut douuer a ces instrumens plus de légèreté en remplacant, parnbsp;cxemple,Ie méialparlecaille, sil peut dépouillernbsp;ses verres des aureoles irisées qui les eutoureiit,nbsp;ce qui est du au rapprochement des deux foyers,nbsp;il rendra un service signalé a la cohorte nom-breuse des porteurs d jeux mjopes et de lunettes et il aura acquis de nouveaux droits a lanbsp;reconnaissance publique.
Extrait DU Journal de Paris , décembre iSor
Tout le monde sait, monsieur le rédacteur, que les lunettes ne suppleent a 1 imperfection denbsp;lavue , quautanl quelies soni choisies en raisonnbsp;de Ioeil auquel elles sont destinées. Cependantnbsp;jai souvent remarqué que, non seulement ceuxnbsp;qui se servent de lunettes , mais encore ceuxnbsp;qui en fabriquent, croient tirer a peu pres lenbsp;même parti des verres eommuns que des verresnbsp;fins. Le bon marcbé est pour lant de personnesnbsp;la raison dominante, quil ne faudrait pas sennbsp;étoimer , sil nen resultait des inconveniensnbsp;majeurs j el certes Ia'il est un organe assez dé-lical ct assez précieux , pour ne pas le sacrifiernbsp;a un exces de parcimonie.
Ce nest pas seulement paree que Ls lunettes communes sont dun verre plus ou moins terne ,
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ïaileux ou parsemé de bouillons, quelles fatiguent loeil par une espèce de brouillard : cest pareenbsp;quelles nont pas exactement re^u la forme len-ticulaire nécessaire a la réunionde tousles rayons
de lumière.
En efïet les verres fins sont passés avec Ie plus grand soin dans des bassins sphériques ,nbsp;qui leur donnent en tous sens Ia même cour-bure , et chaque bassin est destine a des verresnbsp;dun foyer différent; tandis que Ie bon marchénbsp;des verres communs ne leur laisse donnernbsp;quune sorte débauche iinparfaite dans un creuxnbsp;quelconque , et Ie marchand numérote ensuite,nbsp;eonime il Ie peut, les verres qui se trouventnbsp;approcher de lel ou tel foyer. Mais , comme cenbsp;nest souvent que dans un sens quils ont lanbsp;courbure correspondante a leur numéro quenbsp;dans dautres arcs ils appartiennent a un autrenbsp;foyer ; que plusieurs même de leurs pointsnbsp;ïiontpas été altelnts au vif pres du creux quen-fin ils ne recoivent jamais Ie dernier poli quennbsp;étant froités sur une surface quelconque., iinbsp;est évident quils ne peuvent porter a loeil quenbsp;des rayons divergens ; dès-lors ils ne peuventnbsp;frapper que sous des angles inégaux les difïérentesnbsp;parties de la rétine, que la nature a disposéesnbsp;dans une forme sphérique très-régulière , et Ienbsp;nerf optique est oblige de se contracter partiel-
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-ocr page 390-554 nbsp;nbsp;nbsp;CONSERVATEUR
lenient, ou plulót de nagir que dans cenx de
ses points qui répondent a rimperfeclion du
verre.
Je ne crois pas,Monsieur Ie Rédacteur, avoir a métendre sur des inconvéniens dautant plusnbsp;graves quil sagitdu plus délicatdenos organes;nbsp;jespère publier avant peu un traité sur Ie choixnbsp;et la jabrication des lunettes ordinaires et denbsp;spectacle, dont la perfecliou na cessé doccu-per tous nies soins et touie ma surveillancenbsp;et vous croirez sans doute servir lintérêtle plusnbsp;cher au plus grand nonibre des hommes , ennbsp;les prémunissant contre des dangers sur les-quels ils nauraient pas assez réfléchi.
Vous avez déja bien voulu annoncer la nouvelle disposition que jai donnée a mon magasin, pour êlre a porlée de recevoir Ie public dunenbsp;manière dlgne de laconfiance dont il mhonore,nbsp;et de limportance des constructions et desnbsp;expériences que je puis a présent offrir au*nbsp;amateurs. Je crois pouvoir vous demander uUnbsp;nouveau témoignage dintérêt, dansun momeutnbsp;oil les magasins se multiplient pour les présentsnbsp;annuels , tout en prenaiit chez mol les objetsnbsp;doptique , ou de météorologie , qui sontnbsp;des offrandes utiles, il pourra paraitre agréabl®nbsp;de répéter soi-nièniedes expériences dephjsiqu^i
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DE LA VUE.
et de jouir de la vue dune collection aussi riche que variée dinstrumens en tont genre.
Jai rhonneur de vous saluer.
Signé. Lingén. CHEVALLIER, Menibre de la Société Académique des Sciencesnbsp;de Paris.
Ex TR-dl T de la Gazette deSanté, 11 juUL 1811.
o p T I Q u E.
Nous avons eu occasion de rendre déja plu-sieurs fois justice au zèlede Ilngenieur-opticien Chevallier, et Ton ne peut trop louerses effortsnbsp;pour inscrire son nom parnii ceux des citpyensnbsp;utiles a la société. Déja, dans Ie No gt;70 du 11nbsp;juin 1806 , nous nous étions plaint quil nexis-t^t pas de signes déterminés par Tart , pournbsp;reeonnaitre avec certitude de comhien de degrésnbsp;sont éloignés les points visuels des deux jeuxnbsp;dun niême individu , et quon ne put assignernbsp;avec précision Ie numéro propre a la vue dunnbsp;presbyte ou dun myope. ÜNous terminioiLS notrenbsp;article , en invitam les opticiens a construirenbsp;une écbelle optique applicable aux dilïérentesnbsp;portées de vue.
-ocr page 392-356 LE conservateur M. ringénieur Chevallier, vienl de résoudrenbsp;ce probléme dune manière très-ingénieuse. Sonnbsp;mécanisme irès-simple , coasiste en deux trin-gles parallèles et graduées , de 20 pouces denbsp;longueur sur 5 a 6 décartuinent. Cet appareil anbsp;pour base en ce moment ün pied de grapho-mètre ; mais il sera dans peu supporté par unenbsp;colonne qui pourra se bausser ou se baisser anbsp;volonté a la hauteur de loeil de Thomme assisnbsp;OU debout. Entre les deux bandes parallèles denbsp;cet appareil et a leur extrémilé antérieure estnbsp;fixée une paire de besides a verres plans re-couverts cbacun dun disque de métal quonnbsp;pput ouvrir ou fermer, selon quon veut fairenbsp;usage des deux yeux ou dun seul. En face denbsp;ces verres et a lautre extrémité est un rapporteur quon promène librement en avant et ennbsp;arrière , au mojen de cordons de soie qui rou-lent dans de petites poulies ; la fonction de cenbsp;rapporteur est dapporter a Ioeil une feuille im-primée, que celui qui veut faire lessai de la portee de ses jeux, approche ou éloigne a volonté,nbsp;jusqua ce quil ait trouvé Ie point juste de sanbsp;Yue , au mojeu des petits cordons dont nousnbsp;avons parlé. Son point visuel une fois trouvé,nbsp;lon substitue aux verres plans des verres concaves OU convexes selon Ie cas , el non seule-ment lon obtient ainsi la mesvrre exacte de son
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point de vue , mais on peut découvrir encore la difference du point doptique de ses deuxnbsp;yeux , et demander par exemple, pour son ceilnbsp;gauche nijope un n°. 7 et pour son ceil droitnbsp;presbjte un n°. 3, de manière a obtenir lanbsp;concordance de ses deux points visuels en un*nbsp;seul j avantage qui paraitra inappreciable pournbsp;une foule de personnes, si 1on réfléchit que lesnbsp;irois quarts des ecrivains et des ouvriers ne senbsp;serveni sans le savoir , que de Iun de leurs yeuxnbsp;quils fatiguent, tandis que Iusage simultané desnbsp;deux , les ménagerait Iun et Iautre. Ce quenbsp;nous disons au resie de linégalité presque in-connue de la portee des deux yeux, nest ignorenbsp;que paree quon ny a pas réfléchi^ et il sufBtpournbsp;sen convaincre de fermer un des deux yeux etnbsp;de reconnaitre a la portee duquel on a contractenbsp;1 habitude décrire , de lire et de travailler.
Linstrument de M. lingénleur Chevallier, que fappellerai opticomeire a done le double avantagenbsp;1°. de sassurer de la juste portee de sa vue ,nbsp;et par conséquent de pouvoir choisir de bonnesnbsp;lunettes ; a», de corriger par le choix des deuxnbsp;Verres adaptés chacun a la différente refractionnbsp;du rayon visuel opérée par chaque ceil , la vi-cieuse habitude de ne se servir que dun seulnbsp;pour vaquer a ses travaux. Get instrument a éténbsp;présenté a lAthénée des Arts, le 34 iSii ,
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lauteur se fait un devoir den faire la demonstration tons les jours en sa demeure , quai et Tour de lhorloge du palais , vis-a-vis Ie pontnbsp;au change et Ie marché aux fleurs.
Signé M. DE Saint-Ursin.
LETT RE écrite par M. Fabré , Docteuret Médecin de la faculté de Paris, d M. VIngénieur Chevallier.
M. B... , porteur de cette leitre j mayant témoigné Ie desir davoir des Besides semblablesnbsp;aux miennes , jai 1honneur de vous Tadressernbsp;et de Ie iecommander a votre obligeance.
Ce M. a fait usage, jusqu a ce jour, de verres verts , faute den connaitre de plus avantageux:nbsp;mais depuis quil aétabliune comparaison entrenbsp;ces verres et ceux coloriés en bleu , il a cru ,nbsp;eiavec raison, devoir donnerla preference a cesnbsp;derniers, paree quainsi que jai eu lhonneur denbsp;vous Ie faire remarquer , ils sont les seulsnbsp;lo. qui ne changent point les couleurs; 2°. quinbsp;répnndent une teinte douce et naturelle sur tous
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ies corps dont lceil est destine a recevoir Ti-mage j 5°. qui donnent a la lumière arlificieile , 1apparence de la lumière du soleil; 4°- enfinnbsp;que leur utilité est indiquée par lanalogie etnbsp;confirmee par lexpérience.
Les rayons lumineux nous sont transmis a travers une atmosphere azurée, ce milieu diminuenbsp;leur inlensité et modifieleur action sur laiéiine.
Pourquoi done , lorsque ces rayons , soit directs , soit réflé.;his , ont encore trop de yiva-clté, pourquoi, dls-je, ne pas les mettre en harmonie avec létat de lceil qui doitles recevoir,nbsp;en suppléant a ce qui manque a la nuance denbsp;la couleur atmosphérique , et en opposant,nbsp;daprès Ie procédé de la nature, aux rayons denbsp;la lumière, un milieu diaphane de couleur dazur,nbsp;plus OU moins prononcé, selonle degré dirri-tabiliié de lorgane visuel ?
Mais joublie que M. B... , a moins besoin de raisonnement que de besides, et ma mission,nbsp;est de vous prier de vouloir bien lui en fairenbsp;preparer dun beau verre bleu tel que vous ennbsp;avez fabriquó pour moi. Si, comme jenen doutenbsp;pas , il vous en resle encore, yeuillez avoir lanbsp;complaisance de preparer avec ce verre, pournbsp;1usage de ce M., des besides coni'ormes auxnbsp;miennes, et il vous en aura, jen suis. sur,nbsp;autant dobligation que je me plais a vous en
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avoir pour les soins que vous avez apportés a
la confection et auperfectionnement de ce verre.
EX.TRAIT diune note adressée en aoüt 1807, au rédacteur da Journal de VEmpire^ et dnbsp;celui des Petites Affiches.
Parmi les renseignemens qui mont été adres-sés, en réponse a lappel que je faisais sur la fin du mois dernier, aux observateurs météorolo-giques defrance, je ne puis me dispenser de distin-guer ceux que M. Tarbé c^eó'en.Sjma fait passernbsp;sur lorage du 25 aoüt.
Comme ces détails sont signés et formelle-ment garantis par lIngénieur desponts-et-chaus-sées, M. Rose, il est impossible de les révoquer en doute.
Lorage a commence a Sens, un peu après le coucher du soleil : sa duree a été denvironnbsp;quinze minutes, en se dirigeant du nord-ouestnbsp;au sud-est, et principalement sur neuf ou dixnbsp;villages quune grêle terrible a ravages.
Je ne marrêterai pas au tableau aflVeux des vignes hachees, des jardins dévastés, des vitresnbsp;cassées, du gibier et des volailles tués, pareenbsp;que ce sont des elïets malbeureusement tropnbsp;counus. Je conserverai seulement une ob-
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servation faite par M. Rose : cest que dans les lieux, oules arbres ont été Ie plus mulilés ,nbsp;les grêlons étaient anguleux et traiichans, ail-leurs ils étaient ronds, et ne faisaient quécra-ser : partout ils étaient dune grosseur entrenbsp;ioeuf de pigeon et celui de poule; onentrouvaitnbsp;encore dénormes dans laprès-midi du lende-main.
M. Rose ne parle pas de tonnerre, quoique cette soirée fut celle ou nous avons vu a Paris ,nbsp;Ie ciel se déchirer en éclats , et oü les aversesnbsp;étaient si fortes , quelles ont empêché de lirernbsp;Ie feu dartifice de la place de la Concorde.
Quant a la gréle, les gens qui arriraient a Paris Ie leudemain, annongaient que loragonbsp;sétait porté vers la Brie, et qua trois lieuesnbsp;on parlait de grêlons gros comme des noix :nbsp;cest bien la , pour la direction et pour lheure ,nbsp;Ie commencement de lorage de Sens.
Passant ensuite aux eflets du vent rapportos par M. Rose, je ne puis comme lui les comparernbsp;quaux ouragans destructeurs qui ravagcnt lesnbsp;Antilles.
On a vu une voiture de légumes , la' femme qui la montait, et Ie cheval enlevcs a deuxnbsp;metres de hauteur, jetés a 20 metres de cóténbsp;et la femme éerasée sous la voiture.
Lon a encore vu au milieu dune file de 18
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charriots comlois, chargés de tonnes de froma-ges, i4 être enlevés avec charge et cheval, et je-tés a i6 OU 20 metres, suivant que Ie permet-taient les arbres de la route , et même quelques tonnes du poids de 3oo a 35o kilogrames , (6 anbsp;700 livres), lancées a 5o metres plus loin, ennbsp;tout plus de aStoises.
Lon a vu enfin de tres gros peupliers tordus OU plutót tortillés, jusquau plus haut de lanbsp;cime, et couches a terre comme de faibles osiersnbsp;sans ètre rompus.
Les j ournaux nous avaient annoncé pareillem ent dans lorage du 3ï juillet, que les arbres dAmsterdam avaient été déracinés, et que 1état-ma-jor de Winter avait été ren versé, sur les bordsnbsp;du Texel tandis que sur la route de Melun , lanbsp;voiture de madame de La Lalande subissaitnbsp;presquele méme sort. Paris en a été quitte pouinbsp;un coup de tonnerre Ie matin, et une trombenbsp;de poussière très-forte.
Dans lorage du 26 aout, les éclats fou-drojants, qui out commence Porage , au moins a Paris, ont du produire une immense absorpquot;nbsp;tion dair, pour former ces torrens deau et denbsp;grèle : et, comme cette absorption a eu beunbsp;dans la partie supérieure de latmosphère, c etaitnbsp;de bas en haut que Ie courant de remplacementnbsp;séiablissait avec la plus extréme rapidité^ rapiquot;
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dité qui fait la principale force des courans ^ et qui fait céder Ie corps Ie plus lourd a leur impulsion répétée.
Le journal des savans de 1680, parle dun coup de vent, qui enleva , auprès de Varsovie ,nbsp;la grosse tour dune église et la transporta avecnbsp;sa cloche sur un édifice fort éloigné. Si dansnbsp;ces exemples, le vent parait développer tantnbsp;daction, cest sur-tout lorsquil agit en tour-billon, de manière a saisir a la fois tous lesnbsp;points de la surface des corps par des plans inclines de bas en haut : elfet que Ton pourraitnbsp;comparer a celui de la vis dans son écrou. Aussinbsp;saii-on quelle terreur les irorabes inspirent auxnbsp;navigateurs.
Les observateurs ont apprécié de 55 a 40 metres (no a laS pieds) par seconde la plusnbsp;grande vilesse du vent j mais ont-ils soumis auxnbsp;calculs desouragants aussi difficilesa saisir? Ennbsp;effet, la théorie des vents est peu connue; cela tientnbsp;autanl a la difficulté de les observer qua la multitude des causes, qui influent sur un milieu ,nbsp;que le moindre obstacle derange, que la plusnbsp;légere cause altère, et qui éprouve de si loin lesnbsp;variations les plus insensibles.
Enire les troplques on voit de 1est a Iouest, pendant six mois de I'anneej, et de I'ouest anbsp;1est pendant les six autres mois, se succéder des
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vents régies qui ne paraissent êlre autre chose que Ie reflux de lair supérieur, constammentnbsp;iiilaté par Taction continue du soleii, et dontnbsp;Je reflux vers Ie pole se combine avec la rotation journalière de la terre.
II faut attribuer aux mêmes causes, les vents qui accompagnent souvent Ie couchernbsp;du soIeil.
Je désire, messieurs les Rédacteurs, que ces réfléxions vous paraissent propres a intéressernbsp;Ie public, et engagent dautres observateurs a aug-menter la masse des faits, dont jespère présenter a la fin de Tannée un tableau général.
Recevez Tassurance des sentimens distingués avec lesquels jai Thonneur detre.
Signé, Tlngén. CnErALLlER, Membre de la Société Académique des Sciences de Paris.
EXTRAIT dune lettre écrite Ie 3 aoüt 1807, au Rédacteur du Journal de Paris, et in-séré Ie 4-
Les journaux, M. Ie Rédacteur, nont cessé pendant Ie mois qui vienl de finir, de présenternbsp;des faits plus ou moins importans a Thistoire denbsp;Télectricilé naturelle. Sans parler de Torage quinbsp;a foudrojé Ie magasin apoudrc de Luxembourg,
ui de celui qui, Ie 11 juillet, a frappé irois églises dans les environs de Vitré, ii suflit denbsp;recueillir les observations du i5 juillet, pournbsp;se former une idee de létendue quun inèmenbsp;orage peut embrasser.
On cite, a Paris, six endroits frappés de la foudre, savoir, dans les rues de la Tixeranderie ,nbsp;Sainte-Croix, Sainte-Placide, de lOursine, a lanbsp;barrière du Maine, et au Petit Mont-Rougejnbsp;mais on ne parle que dun enfant renversé,nbsp;dune cheminée percée, de trois bouteilles cas-sées et de deux arbres renversés. Pres de Beauvais, une église découverte, et Ie mouton de lanbsp;cloche brisé : pres de Noyon, un manouvriernbsp;tué : a Luxembourg, deux orages dans la niênienbsp;journée; et a cinq heures du soir, six maisonsnbsp;incendiées dans un village situé pres de Trojes,nbsp;une voiture de foin en feu et Ie conducteur tué.nbsp;A Dijon , on ne nous parle pas positivement denbsp;la foudre; on aitribue seulement la mort denbsp;deux femmes a lexcessive chaleur, que Forage anbsp;fait cesser. A Grenoble, on ne nous fait con-nailre de même que la tres-grande chaleur, quinbsp;a porlé le thermometre a 29 degrés, tandis quenbsp;le mien , a Paris , nétait qua 22.
Je désire que ce rapprochement puisse engager messieurs les Journalistes des dépariemens a marquer exactement les jours et les heures oil
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arrivent ces grands phénoraènes de Tatmos-phère , qui agissent souvent, comme on Ie voit, dans une distance de 20 a 22 myriamètres (nbsp;a 5o lieues ), distance que nous trouverions pro-babJement plus grande encore, si les observations nous en parvenaient.
La comparaison des heures seryirait a determiner dans quel sens et avec quelle rapidité a pu se transporter Ie principal foyer électrique ;nbsp;en reconnaissant, toutefois, que si la même disposition se trouve en diflérens points de lat-mosphère, elle peut occasionner autant dora-ges indépendans les uns des autres, quil senbsp;forme de grandes masses de nuages électriques.
II est dailleurs a croire que quelques-uns des incendies, celui de ia voiture de foin , par exeni-ple, peut être produit par Iinflammation dunbsp;gaz qui se trouvait en emanation a la surfacenbsp;menie de la terre, sur Ie passage de la foudre.nbsp;On sait, en effet, quelle ne brule pas tons lesnbsp;corps quelle atteint, quoiquil aii été souventnbsp;question dhommes réduits en cendre , sans quanbsp;Texierieur rien paraisse changer, jusquau moment oh on les touche. Les bons observateursnbsp;nont jamais vu, dans Ie coup de foudre quinbsp;frappe lorganisation animale , que la rupturenbsp;intérieure de tout Ie tissu cellulaire, doii resul-tait une très-grande disposition a une putréfac-
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tion rapide. 11 nest done plus étonnant si , au bout de huil a dix heures, on saisit une per-sonne foudrojée, que Ie bras sen sépare. Lonnbsp;a vu aussi des exe.mples de gens frappés du toii-nerre, et qui nen sont pas morts, paree quenbsp;piobablement la detonation ne se sera pasnbsp;faite assez violemment, ounaura pas été dirigéenbsp;sur les parties nobles.
Je finis par une nouvelle reflexion sur les paratonnerres, qui na peut-être pas été asseznbsp;bien présentée par les autres eonstrueteurs, maisnbsp;quil mest permis de rappeler a moi , pournbsp;qui la pose des paratonnerres nest quune opé-ration ordinaire, parmi toutes eelles que la physique , la gnomonique et laréométrie me mettentnbsp;a portée de faire chaque jour. Les paratonnerresnbsp;ne sont pas sculement utiles aux édifices surnbsp;lesquels on les place, ou a ceux qui les avoi-sinent, cest a toute une contrée que souventnbsp;sétend leur bienfait, puisque la prodigieuse ra-pidité avec laquelle une pointe soutire Ie fluïdenbsp;électrique peut dépouiller, en quelques secondes,^nbsp;loute la masse, qui auraitporté son ravage surnbsp;plusieurs lieues détendue. Cette rapidilé de lé-lectricité ne peut se comparer qua celle de lanbsp;lumlère, et il y a tout lieu de croire que loeilnbsp;lie voit jamais léclair qui Ie foudroye : on peutnbsp;lïiême dire quil existe peu de cas oü nous aper-
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cevrions lexplosion de Ia première masse inflammable qui, par cinq a six communications, parviendrait jusqua nous.
Si vous croyez, monsieur le rédacteur, que cet expose puisse être uue nouvelle preuve denbsp;mon zele a seconder le desir que vous aveznbsp;dinleresser vos lecieurs, je mestiuierai heureuxnbsp;de vous avoir donne ce témoignage de ma consideration.
Signé 5 CHEVALLIER, ingénieur, Membre de la Sociéié Acadé-mique des Sciences de Paris.
EXTRAIT dune note adressée aux rédaC' tears du Journal de Paris le Juillet tSoj ,nbsp;par rIngénieur Cheuallier.
Comme le dernier orage a conduit cbez moi plusieurs personnes curieuses de recueillir desnbsp;renseignemens sur ses efiets, jai remarqué quenbsp;la plupart étaient peu au fait des causes . aUnbsp;inoins de celles quadmeltent aujourdhui leSnbsp;meilleurs physiciens. Ce n est pas une théorienbsp;complete quil faut aux gens du monde , maisnbsp;des idéés exactes et générales quon ne sauraitnbsp;trop seflbrcer de répandre. Les journaux rem-plissent leurs plus belles fonctions, sR se char-
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geant de ces sortes dlnslructions somraalres , lorsque la circonstance en fait senlir Ie besoin.nbsp;Le fluide électrique élant doué comme tous lesnbsp;auli'es , de la facullé de se metlre en équilibre ,nbsp;il cherche a se répandre loutes les fois quil senbsp;trouve accumulé dans un nuage on même dansnbsp;une couche atmosphérique , soit qu il j ait élénbsp;porté du sein de la terre , par des emanationsnbsp;vaporeusesj soit que le frotlement des vents surnbsp;la surface du globe laitproduit, soit enfin quilnbsp;solt du au froitement de lair lui-même, pressénbsp;entre des nuages de vitesse inégale.
Pour se répandre, il faut quil trouve a sa portee des corps moins chargés déleciricité : sinbsp;cest de nuage a nuage , el par le simple effetnbsp;cleclrique, le passage se fait par communication,nbsp;OU tout aupluspar une scintillation instantanée.nbsp;Mais si, en passant de nuage a nuage du plusnbsp;chargé a celui qui 1est le moius, elle traverse unenbsp;couche de ga?,oxigène (air pur ) elle brille duunbsp;plus grand éclai , ct enflamme toute la massenbsp;saas bruit : voild les éclairs de chaleur.
Si au contraire , entre les deux nuages se trouve un mélange de gaz oxigène ( air pur )nbsp;et de gaz hjdrogène (air inflammable) , 1in-flammalion tia lieu quen produisaut une fortenbsp;déioualloa, en méme lems qail se forme unenbsp;masse deau proporlionnée aux quantités de gaz
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mises en combustion j lors done quon se rend compte de Ténonne volume des gaz nécessairesnbsp;pour fournir par leur combustion , les torrensnbsp;deau OU de grêle que produit souvent un orage ,nbsp;on nestplus étonné de Ia violence des explosionsnbsp;qui les ont accompagnés. On en distingueranbsp;leséclats précipilés, du prolongement des echos.nbsp;En effet, ce qui nesl quécho se répète en safi'ai-blissant peu a peu comme pour se perdre dansnbsp;réloignement, tandis que les éclats de la foudrenbsp;répondent bien a linégalité des sill ons quonnbsp;voit dans Ie ciel et qui produisent évidem-ment Iinflammation , lexplosion successive desnbsp;masses incgales, ou plus ou moins combinéesnbsp;des deux espèces de gaz.
La plupart des coups de tonnerre se passent de nuage a nuage ; mais iorsquils sont tropnbsp;chargés délectricité , ou que les émanationsnbsp;terrestres rappiochent la communication a Ianbsp;surface du globe , léleciriciié vlent en derniernbsp;but se porter sur la teire j cest ce quon appellenbsp;la foudre qui tombe.
On sent qualors les éclats doivent pai'aitre plus secs, plus déchirans , si 1on peut employernbsp;celte expression , paree quils parvieniieut anbsp;notre oreille sans avoir traversé une si grandenbsp;couche datmosphère. En airivant a la terre,nbsp;réiectricité saisit de preference les corps qui la
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conduisent ie mleux, tels que les métaux , eii' suite les maiières animales , enlin a leur défautnbsp;les végétales. Les grands arbres nont la preference que paree quils se trouvent les plusnbsp;voisins de la nuée 5 car il nest pas douteux quenbsp;rélectricilé ne se portal plutót sur Ie haul dunnbsp;clocher OU sur la barre dun paratonnerreélevé.nbsp;Comine celle-ci est disposce en pointe, ellenbsp;a Tavantage bien grand de soutirer Ie fluidenbsp;électrique , méme avant quil fasse explosion.nbsp;Le torrent de matière fulgurante se précipiienbsp;par le conducteur, et se perd dans la terre sansnbsp;fracas , sil nj a pas eu de lacune a ce conducteur.
Lodeur propre de rélectricilé a quelque rapport avec lodeur de Tail, et cest aussi cellsnbsp;que la foudre laisse sur sa trace quelque-fois on sent en même temps lodeur plus ounbsp;nioins soufïrée des emanations aérifonnes quinbsp;se som enflammées.
11 reste a rendre corapte de Iinlervalle de tems qui se trouve entre léclalr et le coup. Onnbsp;sait que ia rapidité de la lumière peut a peinenbsp;sestimer. Elle parait êtrede53,ooo myriamètresnbsp;( 78,000 lieues) par seconde, tandis que le sonnbsp;ne parcourt que 349 metres. (179 toises), Onnbsp;peut done dire que nous voyons Iéclair a lins-tant même oü létincelle a eu lieuj mais que
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Ie son se fait entendre autant de tiers de seconde a peu-près quil y a de fois 100 metresnbsp;( 5o loises) entre Ie nuage et notre oreille.
Je désire , Messieurs , que ce rapide exposé vous paraisse propre a niériler uiie place dansnbsp;votre journal, et je vous prie de recevoir las-surance des sentimens dislingués avec lesquelsnbsp;jai lhonneur detre , votre tres - humble etnbsp;trcs-obéissant serviieur,
Signé, 1ing. CHEVALIER , memhre de la Sociélé Académique des Sciences de Paris.
Les brouillards qui ont marqué cetle année lapproche de lhiver, nonl pas été aussinbsp;considerables que ceux observes dans quel-ques autres années. II y en a eu cependantnbsp;assez pour me faire adresser par plusieurs ama-leurs des observations rnétéorologiques, diverseSnbsp;questions. Comme elles ne sont pas résoluesnbsp;dans les ouvragesles plus répandus, que mèmenbsp;elles ne Ie sont pas hypothétiquement pac lesnbsp;savans qui en ont fait lobjel de leurs études ,nbsp;jene puis queprésenter moi-même des apercusnbsp;qui faciliteront lintelligence de ces phéno-lucnes : je moccuperai dabot'd de ce qui tieiit
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Ie plus essentiellement a mes occupations ordi-naires , Iobservation du baromètre.
Une des choses qui étonnent Ie plus dans les brouillards , cest de voir Ie baromètre pres-quindifférent a une alteration de Tatmosphèrenbsp;en apparence aussi grande.
Les experiences barométriqiies, que M. Deluc falsait sur les bautes montagnes , ue lui ontnbsp;offert aucune difference entre les instans oiinbsp;il était dans un air pur, et ceux ou il se trouvaitnbsp;englouti dans les nuages , qui sont de vcritablesnbsp;brouillards.
Cela sexplique assez bien par la loi même de léquilibre qui fiit flotler Ie nuage et qui tientnbsp;Ie brouillard suspendu précisémeni a la hauteur oil se rencontre la couche dair de mêmenbsp;pesanteur Sfécilique j car on sail dune part,nbsp;que les couches dair les plus basses, se trou-vant pressées par les superieures , sont lesnbsp;plus pesantes ; de lautre , que Ia piemièrenbsp;loi du baromètre est dobéir a la pressionnbsp;quexerce sur lui la gravitation de la colonnenbsp;dair dans touie sa hauteur, de sorte c[ue si celtenbsp;colonne ne se trouve mélangée que dun fluidenbsp;du uième poids que Ia couche dair correspon-dante, il nen pent résulicr aucune variationnbsp;dans les eflets barométriepes.
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II peut être moins aisé dexpüquer la forma-malion des brouillards quaiid on considère Ia nnillitude dinflueiK es auxquelles est soumis unnbsp;milieu aussi lacile a altérer que latmosphère.nbsp;Lélectricité, riiumldilé, Ie calorique, Ie magnétisme, rahéralion des corps celestes, lanbsp;dissolution cliimique des parties teriestres, etnbsp;dautres causes dont les premiers et les plusnbsp;sensibles elTets, produisent dans Fair des dilatations, des condensations, des absorptions ,nbsp;des courans en tout sens, et Ie pénètrent denbsp;substances très-différentes , sans quil soit possible dassurer que les mênies circonstances senbsp;zetrouvenl jamais pour reproduire ces mêmesnbsp;phénomènes, iii que les plus légers cbange-mens dans les causes namèuent des differencesnbsp;très-essenlielles dans les résullats.
M. Deluc, qui a consacré une vie laborieuse aux rct berches les plus délicates et les plus sa-vantes sur tont ce qui tient a la constructionnbsp;atmosphcrique , ne propose lui-même quen hesitant les explications des principales modifications de Fatmosphèrej celle quil donne desnbsp;brouillards doit paraitre satisfaisante.
11 est de fait que chez nous les brouillards les plus considerables, ont lieu a Feutrée de Fhiver ,nbsp;au moment oix Fatmosphcre commence a éprou-
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DE LA VUE.
ver les rigueurs du froid, taiidis que la terre n a pas encore perdu de sa chaleur interne.
Vers les zónes glaciales, oü i! faut heaucoup plus de tems pour mettie la temperature inté-rieure de la terre en équilibrejavecTatmosplière,nbsp;ces bntuillards, ces brumes ont une plus grandenbsp;étendue.
En élé mcme, dans les soirees fraiches au coucher du soleil, on voit sélever des marais ,nbsp;des prairies, des ruisseaux, quelquefois mènienbsp;des rivièi'es , de parcils brouiliards.
Dans tous ces cas, ce sont évidemment des evaporations, qui, émanant du sol , se trouventnbsp;saisies par Ie froid de lair el forment de petitsnbsp;globules, qui clierchent a passer a travers desnbsp;molecules de lair, sans se confondre avec elles.nbsp;Cest ce mélange de globules de difl'érentes natures qui altère la transparence de ratmosplière :nbsp;comme on voit un mixte qui ne se dissout pasnbsp;tout entier altérer la transparence de leau.
Ces globules en sélevant comme de petits ballons a travers les couches dair, se maintieii-nent a la hauteur qui répond a leur poids.
Tout enselevant, ils se dilatent et finissent par crever dès quils arrivent a Ia com he dairnbsp;qui nexerce plus sur eux la même pression. « Denbsp;* sorte, dit M. Deluc , que ces brouiliards qui
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» paraissent perraanens, ne sont quune succes-» sion de petits ballons, (^ui se replacent lou-» jours a la même hauteur tant que Ie sol, ou » Ie marais, fournissent de nouvelles émana-» tions. »
Au surplus, cette formation ne peut être ni générale, ni très-durable , puisquelle dépendnbsp;dune proportion assez exacte entre Ie poids denbsp;Tair et celui des molécules qui sexhalent, etnbsp;qui, si lévaporation les rendait tout de suitenbsp;trop légères, séleveraient avec trop de rapidité,nbsp;OU exerceraient trop promptement leur actionnbsp;pour altérer la transparence de lalr.
Les brouillards se trouvenl aussi retenus na-lurellement dans une coucbe peu ëpaisse de Tatmosphère, puisquils ne peuvenl être que desnbsp;globules a peu pres pareils, qui se réunissentnbsp;dans une même couche, et quaussitót quilsnbsp;Tont dépassce, ils cessent dexister sous formenbsp;visible.
On pouvait dailleurs supposer que, quelqup ressemblance qu il y ait entre les brouillards etnbsp;les nuages, les molécules des premiers sont plusnbsp;pesanles, en raison des particules plus maté-i'ielles quelles entrainent, et qui causeut cettenbsp;acreté , cette odeur désagréable quon remarquenbsp;dans les brouillards épaisj tandis que les molecules spéciliquement plus légères que produitnbsp;la seule humiditc du sol, de même que cellek
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qui se dégagent des interslices mêmes de lair, se dilatent assez pour se balancer dans les plusnbsp;hautes regions de latmosphère, et y former cesnbsp;amas volumineux que nous appelons nuages.
Du haut des Alpes, on voit, au-dessoüs de $oi, la partie supérieure des nuages dans la fluctuation conlinuelle de ces grandes masses quinbsp;viennent y crever ou retomber sur les massesnbsp;voisines, pour être remplacées saus ccsse parnbsp;celles qui sélèvent de dessous.
On a souveut observe des brouillards qui ne s'élèvent pas a hauteur dliomme, et dont lanbsp;partie supérieure présente de méme ces ondu-laiions qui résultent du remplacement continuclnbsp;de leurs molécules.
Signé, ringénieur CHEVALLIER, Membre de la Société Acadé-mique des Sciences de Paris.
RAPPORT présenté a la Société Grammaticale de Paris, sur V Ouarage de M. VIngénieur
LECONSERVATEUR DE LA VUE, lu d la séance du \o jamier 1811 ,nbsp;par M. Perrier.
Messieurs,
Vous mavez chargé de vous faire un rapport sur un Ouvrage présenté a la Société par M. Chevallier, Ingénieur-Opticicu de S. M. Ie
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Roi de Westphalie, membre de Ia sociétc libre des Sciences, et par conséquent noire confrèrenbsp;dadoption. Cet ouvrage, intitule Le Conser-vateur de la iue, na pas été fait, dit son modeste auteur, pour les savans ou pour les artistes, mais pour les gens du monde. M. Chh-vallier declare quil a puisé chez les grandsnbsp;maitres, dans la parlie quil traite, tels que lesnbsp;moyens infaillibles de conseryer la vue , parnbsp;Béér; de lOptique, par Schmith et par Caille ;nbsp;les Traités de Physique des Gravesande , Nol-let et Brisson; il paie égalenient un tribut denbsp;reconnaissance a MM. Lenoir, Cbamscru , Bor-dier-Marcet, Marie Saint-XJrsin et autres.
Jai pensé que cet ouvrage pouvaii se consi-dérer sous deux aspects; lun est relatif aux sciences profondes; lautre a Tart de fabriquernbsp;les instrumens : ces deux parlies sy entraidentnbsp;mutuellement; on y trouve une descriptionnbsp;intéressante de la conformation de loeil; desnbsp;Piotices sayantes sur les vues myopes ou basses :nbsp;on peut ainsi reconnaitre combicn les mots,nbsp;dans leur signification, séloignent quelquefoisnbsp;de leur origine, puisque myope, en grec, si-gnifiait bouchées , et qua la letlre, une vuenbsp;myope serail nulle. Ce nest que par métaphorenbsp;que myope sest appliqué a une vue basse. Onnbsp;y parle aussi des vues presbyles ou de vieiilards,nbsp;des vues défectueuses, de la nyctalopie; cnsuite
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M. Chevallier indique les maladies des yeux, Ie inoyen de sen preserver et celui de les guérir.nbsp;II fait remarquer que Ie sommeil ivop prolongénbsp;est aussi dangereux a la vue que linsomnie elle-même. II ue veut pas que lon sexpose subite-ment a une lumière trop vive^ il prescrit 1usagenbsp;de c hapeaux a larges bords, ganiis dune doublure verte j et a iimilatioa du prince de lanbsp;médecine, il defend Iexcès en tout.
Cette parlie de louvrage, que jappclle de Science profonde, est tei minèe par une théorienbsp;des rayons de lumière el de leur piOgression.
M. Chevallier passe ensuiie a la fabrication des instrumens, et il parle du perfectioune-nienl des verres employés pour augmenter , di-minuer ou conserver la force de la vue; ilnbsp;doime a ses correspondans un moyen méca-nique de leur faire connaitre, a laide dun fil,nbsp;1espèce el la capacité des verres dont ils au-raient besoin; il vanie aussi ieniploi des verresnbsp;de couleur; il reconimande surloul ceux denbsp;couleur verte (1) qui semble êtreamiedelavue,nbsp;puisque cest la couleur dont ia nature se parenbsp;dans ses beaux jours, et sur laquelle lceil senbsp;iepose avec Ie plus de plaisir.
11 prouve ensuite cjue les montures quil a üdaptées a nos lunettes nc soni pas leffet du ca-
(i) Jai , depuis la première ëdiüon, préféré, daprès lex-périence, les verres bleus. Vojez page 358.
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price OU de la mode, mais Ie résultal du calculj
visant a Tutilité.
11 en esl, telles que celles sous la figure j6, qul sont a double branches et a double cbar-nières. Les vert es de couleurs y font la fonctionnbsp;de garde-vues, lorsque léclat dun trop grandnbsp;jour vicnt dassez bant pour que celui qui ennbsp;fait usage puisse regarder en face. Je declarenbsp;que, depuis quatre ans que jen ai cboisies denbsp;cetle forme, jcn ai reconnu lavantage et mêmenbsp;la nécessiié.
Lauteur soccupe aussi des verres achroma-tiqucsjdes microscopes, des telescopes, etc. Cet ouvrage est eurichi de plusieurs planchesnbsp;qui en facilitent la lecture et rintelligeiice : onnbsp;y reconnait toutes les espèces de verres quenbsp;M. Chevallier fournit.
Ainsi, soit que nous considérions cet ouvrage commc Ie résultat des veilles dun savant. notrenbsp;confrère; soit, ce qui est encore plus précieux^nbsp;que nous apprécions Ie bien quil peut en résul-ter pour Thumaniie, il mérite dêtre distingue.
Je conclus a son dépot dans vos archives , a sa mention dans votre procès-verbal, et a ce quenbsp;lauteur en soit particulièrement rcmercie parnbsp;Ic bureau de la Société.
Signé, PERRIER, Bapporteur.
Ces conclusions ont étéadoptées hrunanimiie-
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DE LA VÜE.
22 jamier i8io.
Messieurs ,
Les phéaonièaes les plus ordluaires ramc-nent toujours latlention du public , et après avoir presque désespéré de voir eet hlver de lanbsp;glace , dont tout Ie monde sent Ia nécessité ,nbsp;pour prévenir une vegetation trop préraalurée,nbsp;a peine en voit-on quelle devient un objet denbsp;curiosité.
Saus doute Ie frold que nous avons éprouvé est loin dapprocher de nos grands hivers , biennbsp;plus encore de ceux des pays du nord; il nynbsp;a eu en etïet , depuis Ie i5 janvier que la glacénbsp;a commence , quun maximum de froid de gnbsp;degres de glace.
ïl ny a pas dapparence que Ie froid soit excessif, aumoinspour la durée. 11 faut en etïetnbsp;de belles journées et un ciel pur pour que lanbsp;glace conserve et augmente son intensilé : or,nbsp;a la lin de janvier, Ie soleil est déja remonte surnbsp;Ihorison de six degrés; il y parait Ie matin etnbsp;il y reste Ie soir une demi-heure de plus j ilfau-drait done un concours daulres circonstances
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LE CONSERVATEUR
assez rares pour que même la rivlère prit en totalité. Cest ordinairement a 6 ou 7 degrés denbsp;fioid quelle commence a charier j mais ce nestnbsp;qua 10 dun froid soutenu quelle prend.
Je dis dun froid soutenu , paree quil faut, comme a toutes les productions de Ia nature ,nbsp;une période marquee a la glace pour se biennbsp;former. Des froids interrompus ne produisentnbsp;que des glacons remplis de buJles dair , ounbsp;plutót des agrégations de divers glacons quinbsp;nadhèrent eutre eux que par quelques faces.nbsp;Les experiences par lesquelles MM. de Reaumur et de Mairan ont éludié les effets de lanbsp;congellation , ont démontré quil fallait unenbsp;continuité de froid pour arrlver a ces massesnbsp;gelees uniformément dans tout leur intérieur ,nbsp;telles que sonl les glacés des mers du Nord,nbsp;oil 1on en a vu de plusieurs centaines de toisesnbsp;dépaisseur ; il est évident que des glacés aussinbsp;concentrées ontbeaucoup plus de tenacité. M-de Mairan a éprouvé un cjlindre de glace dunnbsp;pouce dediamètre qui na été rompu que par unnbsp;poids de dix livres.
Cette force est bien plus grande lorsque la glace est soutenue dans lous ses points par lanbsp;riviere ou paria mer , puisqualors elle devientnbsp;pour ainsi dire, un iadeau flottant par sa légè-reté naturelle : aussi a-i-on observe quune n-
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DE LA VUE.
vlère gelee 'de onze pouees seulement pouvait porter un carrosse, et il ne faut guères que deuxnbsp;doigts de glace pour porter un honime : encorenbsp;voyons-nous souvent a nioins dépaisseur , lanbsp;jeunesse se risquer sur des bassins ou de petitesnbsp;rivieres qui ne présenient pas de danger reelnbsp;en cas de rupture de la glace.
Sans parler de lexpétlilion que nos troupes firent dans nos dernières guerres avec la Hol-lande , oii nous primes pour ainsi dire dassautnbsp;la flotle. On se rappelle quen i658 , ce futnbsp;sur la mer Baltique elle-mème , dans un trajetnbsp;de cinq a six lieues , que Ie roi de Suède, Char-les-Guillaurae, fit passer de Fionie en Zélandenbsp;louie sonarmée,la cavalerie et son artillerie (i).
11 est encore un fait aiissi connu que ceux-la, qui fera juger de la force de la glace : cest lanbsp;fameuse construction élevée a Pétersbourg pendant 1hivcr de 1740. On lui donna Ie nom denbsp;Palais de glace , en raison des ornemens etnbsp;de 1élégante architecture donl on se plut a len-nchir. La Newa avait fourni des glacons de deuxnbsp;a trois pieds dépaisseur que lon tailla , quenbsp;1on sculpta et que lon placa comme si ceussentnbsp;eté des bloes de marbre. Lédifice avait cin-quante-deux pieds et demi de long , seize et
(i) Presque tous les hivers les vojageurs traversent Ie golfe *le Bothnie aux iles dAlantl.
-ocr page 420-demi de large et vingi de hauieur : Ie comLle lui-même était de glace , et ancune piece denbsp;charpente ne fut employee a la construction.nbsp;Ou fit encore plus, on fa^onna autour et onnbsp;creusa six canons du calibre de six livres , etnbsp;deux mortiers a bombe de menie calibre j lesnbsp;atiïïts , les roues même étaient de glace. Onnbsp;ixe -voulut cependaril les cliarger que dun qiiar-teron de poudre , el lépreuve en fut faite et ré-pétée tant avec des boulets détoupe que desnbsp;boulets de fonie, devant touie la cour, sansnbsp;que les pieces éclatassent.
INous nclevousguères dans nos climals des monumens de neige ; mais nous en avoiisnbsp;vu subsisler encore au milieu de Paris qiielqucSnbsp;jours après Ie degel , tant Ie rapprochementnbsp;la concentration des parties leur donne denbsp;force.
Si vous croyez , messieurs , que ces rap' prochemens de faits , tant connus quils soient,nbsp;puissentintéresserquelqucs-uns de vos lecteufS»nbsp;je me féliciterai davoir concouru au soin qn®
vousprenezpour varierliniérêt devotie Journal-
Ilccevez , messieurs , les assurances de ma parfaite con.sidération.
Signé CUEVALLIER, ingén. opticien de S. M. !e Roi de Westphalie , etc.»
Tour de ihoiioge du Palais.
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DE tA VUE.
Ajes Additions considerables que fai faites a cette seconde Edition, se sont tellement multiplie'es par la nature même des tnaüères, que je me suis vu force, a cause denbsp;la grosseur quun seul volume auroit eu, den former deuxnbsp;parties. Je placerai k la fin de la première les planchesnbsp;relatives au discours, et qui y sont nécessaires pour Iin-telligence du texte. Les autres seront mises a la fin de lanbsp;seconde partie. Jai cependant toujours fait suivre la mêmenbsp;pagination, paree quil seroit possible que quelqnes per-sonnes préférassent, en faisant relier Iouvrage, de reunirnbsp;les deux parties en un seul volume. On trouvera dans lanbsp;Seconde , le Dictionnaire analytique et la Dissertation surnbsp;meteorologie, laréome'trie, etc.
FIN DK tA premiere PARTIES
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