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PARIS

METAMORPHOSE'

EN VN

PARADIS

AV RETOVR DE LA PMX.

EN VE%S SrKLESQ,FES.

A PARIS,

CHciClavde Morlot, ruëdekBucheric,aux vieillcs Eftuues.

M. DC. XL IX.

jiVBC fEzuission.

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tram forme ena/n'faradis.

QV’ELLE rare metamorphofc

Quemaintcnantie vous propofe^ UevoiVlaVilledeParisnbsp;Eftre changée en Paradis.

Cc n cft pas doncques de merueille^

DecequeVonnousbauloreillc,

Quc quelquc fois par vn malhenr Onmctfina route douleur,nbsp;Oqucietrouup les adagesnbsp;Des ces illuftres perfonnagesnbsp;Eftre faits auecque raifon,

Es difcnt qu aprcs la prifon

La iibertcparoift prusbcllCy

Etque la pluye renouuelle La durce d’vn temps loyeuxnbsp;EtUcftat d’vn air gratlcuxjnbsp;Amft Ton void aprcs lagucrrcnbsp;Finir les maux qut font fur tcrr®gt;nbsp;Etrcnouueller vne paixnbsp;Qui detientles coeurs occupez.

A la recherche des dclices, Etquiparfesdoux artificesnbsp;Contraint les hommes les plus fiers ^nbsp;Etlesplusrudes eftafiersnbsp;De quitter Ie fardeaux des armcsnbsp;Et de fc lafiTer par fescharmcs

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Vaincreparfon affcaioii Et non pas par IcfFufion,

Du fang quc fauanturc abhorrc Quand on cn teint Ie fein de florc,nbsp;Sanslapaixlcfieclceft de fcr,

Vn grand Royaume eft vn enfer, L’Eftat d'vne grandeur enorme,nbsp;Tient de la paix fa belle forme.

La guerre n’eft qu vn fieau de Dieu, Dont il fe fen en ce bas lieu,

Afin de chaftier les hommes Qjii parmy Ie fieclc oü nous fommesnbsp;CherilTent du vice fhorreurnbsp;Et qui croupilTent dans fherreur,

A delfcin de fuiure Ia voye D’vne infame 6c maudite ioycnbsp;Ces hommes ou pluftoft ces fouxnbsp;Sontlacaufcquele courrouxnbsp;Delabontécoutc ceicftc,

Nous fait fentirvn mal funeftc.

Et que Ia guerre en nos pays Dont nous eftions bien esbays.

Par fes defaftreufes femoufles Chageoit les chofes les plus douccsnbsp;En des fujets plains de rigueurnbsp;Et defpoüülé de fa vigueur,

NoOre ioye quidefolée Panchoic au fond d’vn manfolee.

Si

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Si la guerre cd mere de del La paix cft la fille du ciel;

Son afpcd plus doux que TAurore Nous rauit lors qu’il nous honorcnbsp;t)esdoux charmes de fa beauté.

Son oeil par fa viuadté Penetre lesplusrudes ames

n ont point reffcnty les flammeA Bienquefeueresdu brandennbsp;Dece renomméCupidonnbsp;Auiourd’huylc champ de viétoirenbsp;Eftletrophée de fagloire,nbsp;Lebon-heurmarche a foncofté,:nbsp;^elesarmes ont achepténbsp;La feliciié fouueraine,

Tcmporclle enla race humaine Lft vn des fruids qu elle produknbsp;C’cft la paix qui porte amp; conduitnbsp;Les hommes dans vne alliance^nbsp;Et dans vne refioüiffance,nbsp;Quinclailfe pas en apres,

Des defplaifirs entre-coupez, C’cft la paix qui rend cede villenbsp;La plus belle amp; ia plus vtilcnbsp;Qui foitdans tout eet V niucrs,nbsp;Etquifaitquaucc bras ouuerts.nbsp;Dn luy vient rendrè des loüanges,nbsp;Lgt;cs Nations les phis edranges.

B

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s

Haquc cc n’eft pas fans raifon Qu’en ccfte agreablc faifon,

NOUS voyons les fleurs printannicres Lcfquellcs demeurcntentieres,nbsp;Pour fe changer en pcu de tempsnbsp;En des fruids douxamp; rauiflfants,nbsp;Ccneftpas fansraifon encore,

Si nous voyons la belle Florc, Plcines des plantes dont l’odeur,nbsp;Efgale en bonté la grandeur,

Des arbres qui aousfont attendrc Qii’en A utome ils nous doiucnt ren-Et debiterles grands trefors, (dre,nbsp;QuHls ont mis amp; produit dehors.

La paix oblige la Nature Den’auoir point aucun murmuriCnbsp;Ny d’auaricc encore moins,

Mais quelle doit auecque foins Nous cftalcT amp; fans contrainte,nbsp;Tous les fruits dont elle cft enceinte,nbsp;L’efclac de Ia paix force l’air,

A paroiftre fcrain amp;clair Et de n auoir point de nuages,nbsp;Quinouscaufentdegrands orages,nbsp;L’exalaifon amp; la vapeur,

Qui font fur ce beau champ d’aiur, De peur d’efleuervnc guerrenbsp;Neferuirontplus auxonnere.


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Dc matlcrc pour ie former ‘'-Encore moins pour en armer Ee careau Tefclair ia foudrCjnbsp;Cefte Deeffe a fait refoudre,

Le Cicl de faire que Paris Fuif dansla terre vn Paradis.

Et par cefte raifon ie preuue

OulapaixregneDieu fetreuue.

¦c.

Or eft-il que dans ce fe jour, Maintenant lapaixa laCourinbsp;lt;^i fait que l’ Artifan s'exerce,nbsp;Etle Marchand dans fon commercnbsp;Done il eft vray comme ie dits,nbsp;Que Paris eft vn Paradis.

Pour la preuue de maMajeures Elleeft de lafainac Elcriture,

Ma Mincure eft de la raifon Confirmee par la falfon.

Ainfiie deineurc inuiblc,

P ar mon illation fenfiblc.

Et comme dans ie Paradis, Seshabitans ont les creditsnbsp;De reluirc comme les Aftres,

^ans apprehendcr les defaftres. Demcfmc noftreParlementnbsp;Nous fert d’vn ïuu;re firmament,nbsp;OunosSenateursfont de flames,nbsp;^üi par lacandeur de Icurs.amcsnbsp;^arroiffen;comme des Sqleils

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Doux clair-voyants amp; fans parcils. Les Payens ont logé les manes,

Dans vn ciel des Heros prophanes. Et Paris loge dans fon feinnbsp;Veritablcmcnt vneflein (fagesnbsp;Des grands guerriers des hommesnbsp;Des Heros des grands Perfonnages»nbsp;Que s’ils parroifTcnt immoreelsnbsp;Le coeur/efpritlcs ont fairs reis,nbsp;Dans ceftecfpace defiréenbsp;^ Ie veux dire dans Tempiréenbsp;Paroiffentdes diuinsefprits,;

De mefme dans nöftre Paris,

Ony crouue des diuins hommes,

De route la terre onnous fommes Si d ans le Paradis cncornbsp;On void regner Ie fieclc dor,nbsp;Lebien,le bon heur ,ralegrcfrc»nbsp;Dedans Paris a cc iourd’huy ynbsp;Le pcuple y viura fans ennuy.

Et contant comme au premier asge Sans crainte d’aucun efclauagc,nbsp;iTtralIegreire amp; Icbon-heur,

La vertu Ie bien amp; Thonneur,

Le font viurc dans la crcancc,

D’cftre bien-heureux dans Ia France^ Done bkna propos ic redits j

Que Paris eft vn Paradis.

quot; nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;FIN,