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o V,

DISCOVRS

V N

GENTIL-HOMME

FRANCOIS AVEC

v,N cardinaliste;

Rcduit cn Sonnets amp; Epigrammes.

A paris,

Chez Clav^b B ovdeyille ,ruc des CarmesJ apLys FkurijOfant.

M. DC. XLVIIII.

\AVEC 2ERMIS Slow.

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OijlOGFE oy DISCOVKS d'vn Gentil'homme Frangois auec'vnCardinalifie.

Reduic en Sonnets amp; Epigramme®,

LE FRANCOIS.

My, toy qu’on eflime au rang des Fauoris Du fourbe Mazarin^quenefuis-tuta ruinc;nbsp;Comment demeurcs-tu aucc nous dans Paris

______! Sans craindrc les fureurs qui fuiuent Ia famine ?

Èft-ce que la fortune autrefois pour ton bicn EflTaya fi con coeur cftoic Italicn;

Mais qu’ellc ayant connu qu’en ton ccEur amp;ton amc I^our dcs bicns paflagcrs iamais m nc con^ois ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

de fimples dcfirs, ou qu’vne f mple flame,

Tc laiflc maintcnanc entrc les bons Franjois gt;.

Ze Cttrdiftalijie.

Amy , Pon f^iait bien la faueur Q^c m’a offert cettc DeefTe,

Mon ame languit de triftefle Au fouuenir de ce bon-heur,nbsp;le ne puis viurc fans depit;

Mon refus fait de peu d’addrefle t)onne a connoiftre la foiblcflenbsp;mon fens amp; de mon efpric,

A regret ie fejourne icyj

fuiuray par tout fans foiicy nbsp;nbsp;nbsp;,

^on Maiftre au peril dc ma vie;

Ie nc fuis cn peine du mal peut endurer ma Pacricnbsp;^iir i’ay Ic cceur tout Cardinal,

Ze Franfotf.

Ne t’accufe point d’imprudcnce,

, nc mets fur coy k tort;

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Pour moy ie plains ton cnauuais fort En vn cas de telle importante.

' Ie blame pourtant la foitifc Du Confeil de ces fcrupuleux,

Q^i one cfté fi rigoureux De c’auoir fair lafchcr la prife.

Si tu me crois, quoy que tu faffes,

Tu n’auras plus de telles graces;

G’eft vn Arreil qui t’efl fatal:

En vain tu veux fuiure ton Maiftre; Q^attends-tu de cc Cardinal,

Pms qü’a tous Francois il eft traiftre ?

Ze Cardinalijie.

Amy ie Ic confcflc,iln’cft pas equitable De feruir vn Tyran auec affedion,

Mais ie ne puis pas voir cc qui m’eft profitable Parmy les embarras de la confufion.

'S

Diuerfcs paffions troublent bcaucoup ma vic ; Souuent i’ay pour iamais vn defir finguliernbsp;(Comme Ie bon Frangois) d’obligcr ma Patrfe,nbsp;Mais ie medicc auflfi mon bien particulier.

Ie nc fuisipas fans eraintc, amp;: fans inquietudes: Si ic perds mon feruiee, ou feront mes eftudes,nbsp;Mes veilles, mes trauaux?feront-ilspour neant?

Si ie dois au pais, Ic eoeur jl’amour extréme, Ne dois-ic pas aufli ^bien fonger pour moy-mémenbsp;Ne voyant plus a moy que du vuido amp; du vent?

Le Franfois.

Amy 5 done fans perdrclc tems,

Dedans Toccurrencc opportune Pourfuis, fairs ce que tu pretcns,

Tentc encor vn coup Ia fortune Sans feruir (comme Italicn)

Ce tragique Comedien.-Quitte Paris, finon la France,

II tefl maintenant trop fatal,

Veu qii’il bannic ton cfperance En exilanc Ic Caidinai.

V ;-h nbsp;nbsp;nbsp;F I N,