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SO V p P E

FRONDEE

M.

XLIX.

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o V P P

FRONDEE

IE cliantc vn conrbat de Lapitbc ,

Vn rcnuerfcment deMsrmittc,

Aurrcment vn chariiiaris,

Ceft encor micux die a Paris,

Chiiftofletce honneurdcscarriufcs,

Tres humble fcruante des Mufes,

Et garee du mugucc Scarron ,

Sers moy dc botte depcron.

Pour domptcr ma fombre nature, lay bcfoindetelle; chaufluie.

Si tu veuxmc rendre gaillard, ViensioüeraColin maillard,

Oubien comme aulieur CuldciattCj Efpanouisla mienneratte.

Met mon Efprit tout dc trailers.

Si cell fait cr,i( her dés vers,

Dvüata veitu m’enuironne,

Mon humeur cndeuicntboufFonnc,

Grand gnenippealong; ehapperon,

Mc prendsrupour ton beau Scarron,

De m e V en j r pa I Ic r de fl 1 ni m c,

Vous vous crompiz !a belle Darnc,

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Tkcz vosgucnillcs d’icy,

Si vous ne chacciiillcz quainfi,

Fay bieii autre chofe en lateftc,

Ccfb vn Engin qui fait tempefic. Machine a letter gros cailloux,

Corde qu on prend par Ics deux bouts Q^i broair,qui claque amp; quigronde,nbsp;C’eft a mon aduis vne frondc,

O le dangerclixarmcment,

Qui bhfl'e icnc f9ay commenr, Depuisque ceftc arme eft cn v ogr,nbsp;Le Bourgeois dcuenu tout rogue,nbsp;Monte deftus fon quant a moy,

Veat frapper fans dire pourquoy,

Cela n eft guere raifonnable,

Mais qu’ifericz vousccft vn diable,

II vautmicuxfe tirer dela,

Qiie de rire auec ces gens la,

Lerqiicls depuis la frondcrie, N’entcndent plus de railleric,

1 Is iurent plus que par la morr,

Quand ils difentgarc Beau-forr,

A luybien fou qui fecompare,

Gerze Ton t’auoic biendit gare.

Et e’eftoic tout dire cela,

PUIS

Mai heurcLix qui ft troUuala, Pourreccuoic grands coups d*aftiettcs.nbsp;Poury voir tomber force miettes,nbsp;Parmy poulcts trop en bon point,

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Puis qii’iU'nc Fcji iain:.ü'üicnc pojn%

Les flancons.pla^s, verres, boutcilles^ Dc Tauter firenc des merueilles.

Non Tans danger dc fecafïèr, Maisenfalioit par la paficr,nbsp;Oubienma Toy parlafeneftre.

La Bcau fort fiebien du bifeftre,

Et tel que la Motthe Audancour,

En dcuintprefquea demyfoiird, BrilTaCjde Fontrailiee amp; Fiefquc,

Senmirentcncolerc prefque,

D'autre part Monjfieur de Candal,

Sans craindre de donnerfcandal,

Du nioins comme on nousleraconte. Sc gaigna la brettc Ians honte,

SaincS: Maigrin,Vigneujl Maniean, M'Siftres de bataille ou de camp,nbsp;Souftindrenc tousaucc grand rrdne^

La bacterie decuifine,

Et la maint braue marmitcon,

Sc fauna du coup de bafton,

Id

Laiflant fon maiftre a I’cfcarmouchc, Fuyant les morccaux a la bouchc,

Que Ic compagnon auoit pris,

Dc ceteffroyable debris,

Du Frct0y,IcficurBoutcuiIIc,

Seigneur fort braue,amp; tres-habile, N’cftoient point laccntmed’errip^'wnt,

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11 n y manquoic qiie le deffanr,

Qui dans vnc Ci belle affaire,

N’cufl: pas demeurcfans rien faire, Car Ics mainj lliy demangcoient bicii,nbsp;Pojr vnfuicc moindreqaericnbsp;Ses coups d cfpce amp; d^’eftocadenbsp;Auroient bien vaiu lafrondadc,nbsp;Pourtant la fronde dcpuis peu,

Trent en guerre Ic premier lieu,

Toute nation querelleiifc,

A prefentsappcllefrondeufc,

Et nos Heros font vanitc,

Dc dire a la pofterito, -Leurshauts fairs deChcualcrie,

A layde de la frondcric,

Et tous ceux qui s’cn moequeront, Coucher fans fbuper sen iront,

Ce chaftiment feroitinique,

S’il n*cftoicde la LoySalyque,

Qui veut qu'on en paffe par la,

Gerzé vous f9auiez bien cela,

Vous auez fait la planche aux autres,

Ic parlc dc vous amp; desvoftres,

On Vous paffa maiftre au meftier,

Et cela n eft que duiour d'‘hycr, ‘

La couftumc eft affez nouuellc,

Mais qu im potte,elle eft bonne amp; belle. On cn ietta Ics derniersbancs.

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Pc-it cftiG aflez malgre vos dents,

O Dieu /atrifte dcltinéc, nbsp;nbsp;nbsp;,

Qu’appellez • voiis nappe cntraifnée, Auec la viandc qui Ia (uic,

Ceft r icn de pres quand tout ejfl: eufr, C’cftdircaux dents faites retraite,

C eft monftrer belle table nette,

G cft dire ferrez vos couteaux.

Et pardonnez aux bons mcrccaux, C*cfl: a 1'appctit faire baye,

G’cft nc manger point cc qu on payc, Ceft vn trait d’hcliogabal,nbsp;Cclas’appelle traiter mal,nbsp;Vousdontle courage fe pieque,

De faire a^ion hcroïquc,

Lagloirc vous anime en vain,

Sumt dedefïendre(bn pain.

Et montrer queribon ribainc, llfaut lepaiflre labedaine.

Dame qu’on nef^autoit frauder, Auparauantquedc fronder,

Mais il fallut quitter fa place, bcncdicite fut grace,

Au grand dcfplaifir de meflfiGurs,

C^i maudirent fort les frondeuis. Voyant Ia faiifTe répanduë,

Et ia fricaffée perdue,

Dont d’vn fi bcauchariuaiis,

B'ii

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Chicns amp; chats ne furentmaris,

On fit deux ou trois coups de ftondc Qui rcfiouyrcnc tout le monde,nbsp;Puis pourncmanquerau deuoir,nbsp;Chafcun fe donna ie bon foir,

F I N.

(7Cy^ i^i,