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INTRODUCTION A L’ETUDE COMPARATIVE

LANGHES INDO-EHROPÉENNES

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DU MEME AUTEUR

Recherches sur l’cmploi du génilif-accusatif en vieux slave, 1897, Paris (Bouillon;; Champion, successeur).

De indo-europaea radice *men- clt; mente agilare », 1897, Paris (Bouillon;.

Champion, snccosscur).

Études sur l’étymologie ct Ie vocabulaire du vieux slave, i'^^parlie, 1902; 2“partie, igoS, Paris (Bouillon; Champion, successeur).

Esquisse d'une grammaire comparée de l'arménien classique, igoS, Vrienne (A.utriche), chez les P. P. Mehhitharistes.

De quelques innovations de la déclinaison latine, IQ06, Paris (Klincksieck).

Los dialectes indo-europécns, 1908, Paris (Champion); 2' edition, en preparation.

Armenisches Elementarbuch, 1918, Heidelberg (Winter).

Apergu d'une histoire de la langue grecque, 1918, 2® edition, 1921, Paris-(Hachette).

Grammaire du vieux perse, igiS, Paris (Guilmoto; Challamel).

Caractères génêraux des langues germoniques, 1917 ; 2® edition, en preparation . Paris (Hachette).

Les langues dans VEurope nouvelle, 1918, Paris (Payot).

Linguistique historique et linguistique générale, 1921, Paris (Champion).

Grammaire de la langue polonaise, 1922, Paris (Champion).

CaAR-rRES. - IMPttlMERlK DÜRAND, B U E FUIBERT.

RIJKSUNIVERSITEIT UTRECHT

0534 0546

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A. MEILLET

PROFESSEU» AU COLLÉGE DE FRAWCE DIRECTEUR d’ÉTÜDES A l’ÉCOLE DES HAUTES ETUDES

INTRODUCTION A L’ETUDE COMPARATIVE

DES

LANGÜES INDO-EUROPÉENNES

GINQUIÈME ÉDITION REVXJE, GORRIGÉE ET AUGMENTÉE

LIBRAIRIE HACHETTE

79, BOULEVARD SAIMT-GERMAIN, PARIS

1922
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A MON MAITRE

FERDINAND DE SAUSSÜRE

A L-OCCASIOK

DES VINGT-CINQ ANS ÉCOULÉS DEPUIS LA PUBLICATION DU MÉMOIRE SVR LE SYSTÈME PHIMITIF DES VOYELLESnbsp;DANS LES LANGUES INDO-ÉUROFÉENNESnbsp;(1878-1903)

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AVANT-PROPOS

Ce livre a un objet tres limité: celui d’indiquer brlèvement les concordances qu’ón observe entre les diverses langues Indo-euro-péennes et les conclusions qu’on en peut tirer.

II n’estpas destine aux personnes qui saventla grammaire com-parée des langues indo-européennes : elles n’y trouveraient ni une idéé nouvelle ni un fait nouveau. II présente seulement un apergunbsp;de la structure de l’indo-européen, telle que la grammaire com-parée l’a révélée.

La connaissance du Sanskrit est utile pour avoir une vue mdme superficielle du sujet, et ceux qui voudralent pousser un peu avantnbsp;ces études ne sauraient s’en dispenser non plus que de celle du grec;nbsp;maiselle n’est pas nécessaire pour lire Ie présent ouvrage,et, biennbsp;qu’on ait du naturellement citer des fails empruntés aux diverses langues de la familie, on s’estnfforcé de rendre l’exposé intelligible anbsp;tout lecteur qui a étudié Ie grec.

Une esquisse de la grammaire comparée des langues indo-européennes n’est pas un traité de lingulstique générale : les principes généraux de la lingulstique n’ont done été indiqués que dans lanbsp;mesure oü il a paru indispensable de Ie faire. Les lecteurs curieuxnbsp;de lingulstique générale voudront bien se reporter aux ouvragesnbsp;signalés dans la bibliographie, et notamment au Cours de F. denbsp;Saussure et au Langage de M. J. Vend ryes.

Ge qui forme Fobjet du présent exposé, ce sont uniquement les traits partlculiers et caractéristiques d’une familie de languesnbsp;définie, la familie indo-européenne. Mais on n’a pas cherché anbsp;suivre Ie développement de tellé ou telle langue du groupe; c’est

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VIII AVANT-PROPOS

affaire aux grammaires comparées de l’indo-iranien, du grec, du germanique, etc. d’exposer cette histoire ; ce livre ne porte quenbsp;sur les concordances entre les diverses langues de la familie.

Ge n’est pas nonplusunegrammairedel’indo-europeen : l’indo-européen est inconnu, et les concordances sont la seule réalité qu’ait a étudier Ie comparatists. La grammaire comparée n’a pasnbsp;pour but de reconstruire I’indo-europeen, mais, grace a la determination des elements communs indiqués par les concordances,nbsp;de mettre en evidence ce qui, dans chacun des idiomes histori-quement attestés, est la continuation d’une forme ancienne de lanbsp;langue, et ce qui est du a un développement propre et original.nbsp;Elle se propose moins encore d’expliquerl’indo-européen : aucunenbsp;méthode connue ne permet de faire, pour expliquer l’indo-euro-péen, autre chose que des suppositions invérifiahles.

Toutesles hypotheses relatives a Information du système movpho-logique indo-européen ont done été omises, et il n’a pas semblé utile de mentionner même celles qui passent pour Ie moins dou-teuses: a qui a Ie souci de la certitude et d’une rigueur scienti-fique, ce qui importe avant tout en pareille matière, c’est de savoirnbsp;beaucoup ignorer.

On s’est abstenu de meier aux problèmes précis et aux solutions certaines de la linguistique les questions obscures relatives a lanbsp;race, a la religion, aux usages des peuples de langue indo-euro-peenne : ces matières ne peuvent être traitées avec succès par lesnbsp;mêmes méthodes que la grammaire comparée ou par des méthodesnbsp;analogues.

L’intérêt d’une matière ainsi réduite risque de paraitre mince a beaucoup de lecteurs ; il est pourtant trés grand. En effet nulnbsp;phénomène social n’est plus universel ni plus essentiel que Ie lan-gage, nulle manifestation de l’esprit humaln n’en traduit plusnbsp;complètement nl d’une manière plus délicate et plus variée toutenbsp;l’activité ; Ie sociologue et Ie psychologue ont done besoin d’avoirnbsp;sur la linguistique des notions précises ; et la familie des languesnbsp;indo-européennes, detoutes lamieux étudiée et d’ailleurs la plusnbsp;importante, est celle qui peut leur fournlr les témoignages les plusnbsp;utiles. Or, on ne saurait, d’une manière quelconque, en tirer parti

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AYANT-PROrOS IX

sans faire un depart exact entre ce qui appartient k toutes les lan-gues de la familie et ce qui provient d’innovations propres a cha-cune. Le grammairien qui étudie une langue indo-européenne, s’il ne connait pas la grammaire comparée, doit se résigner a lanbsp;pure et simple constatation des fails, sans en jamais tenter l’expli-cation ; car autrement il s’expose a expliquer a l’intérieur d’unenbsp;langue, et par des particular!tés propres a celle-ci, des fails anté-rieurs a cette langue et qui reconnaissent de tout autres causes.nbsp;Un helléniste par exemple peut noter la coexistence de èim « ilnbsp;est » et de gisi « ils sont », mais il n’a pas le moyen de rendrenbsp;compte du rapport de ces deux formes ; il peut apercevoir l’alter-nance de sv, cv et a dans tsvö, tóvci;, -rx-rs;, mais il n’en sauraitnbsp;donner aucune interpretation. On le voit, le grammairien n’a lenbsp;droit d’ignorer la grammaire comparée qu’autant qu’il est capablenbsp;de s’arrêter a la simple observation des fails bruts et de ne jamaisnbsp;essayer de les comprendre.

Les exposés élémentaires qui permeltent de s’initier a la grammaire comparée répondent done a un besoin urgent. V. Henry a donné satisfaction a ce besoin du public francais pour les languesnbsp;les plus communément étudiées par ses Précis de grammaire comparée du grec et du latm, d’une part, de l’anglais et de l’allemand,nbsp;de 1’autre. Onoffre ici uneesquisse d’ensemble qui permet d’em-brasserd’un coup d’ceil tout legroupe indo-européen, sans s’arrêternbsp;particulièrement sur 1’une des langues qui le composent.

Comme pour toute autre langue, les dilférentes parties du système linguistique indo-europén forment un ensemble oü tout se tientnbsp;et dont il importe avant tout de comprendre le rigoureux enchai-nement. Un livre de grammaire comparée n’est pas fait pour êtrenbsp;consulté al’occasion comme une grammaire descriptive, mais pournbsp;être lu d’unbout a l’autre, et il est impossible de tirer profit de lanbsp;lecture d’un fragment isolé. Demander a la grammaire comparéenbsp;l’explication d’une diiïiculté de détail d’une langue donnée avantnbsp;de savoir exactement en quoi la structure d’ensemble de cettenbsp;langue diffère de celle de l’indo-européen, c’est déja n’avoir pasnbsp;compris. Chacun des traits de l’indo-europeen a done été ana-

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AVANT-PROPOS

lysé ici avec toute la precision qu’on a pu y mettre, mais il n’a son sens que dans 1’ensemble dont il fait partie.

Outre cette nécessité d’embrasser un grand groupe de faits, la grammaire comparée présente uneautre dilEculté toute technique:nbsp;dans les formes considérées, on ne doit jamais envisager que Ienbsp;point en discussion, en faisant abstraction de toutes les autresnbsp;questions, toujours trés multiples, qui peuvent se poser a proposnbsp;de ces mèmes formes. Si par example Ie grec XeiTuw, Ie lituanien tëkünbsp;« je laisse », Ie latin linquö sont cites au point de vue de la gutturale finale de la racine, il ne faut fixer l’attention que sur la cor-respondance de grec ¦k, lituanien k, latin qu, en oubliant provi--soirement la difference de formation, et par suite de vocalisme,nbsp;des présents grec et lituanien d’une part, latin de l’autre. Lesnbsp;personnes qui posscdent la grammaire comparée sont celles qui,nbsp;dans un cas de ce genre, peuvent se représenter rapidement toutnbsp;Ie détail de ces formes et de leurs variations depuis la période indo-européenne ; les débutants ou les personnes qui veulent se bomernbsp;aux éléments doivent concentrer leur attention sur la partie dunbsp;mot qui est étudiée, en négligeant Ie reste : ceci est surtout vrainbsp;d’un ouvrage général comme celui-ci ou il étalt impossible donbsp;justifier dans Ie détail les rapprochements cités et d’expliquer lesnbsp;menues particularités propres a telle ou telle langue.

La tache d’exposer des faits aussi complexes et aussi délicats n’aurait pas été aussi réalisable si les maitres dont fauteur dunbsp;présent livre a relt;;u les logons ne 1’avaient dés longtemps faci-litée: Michel Bréal qui, par ses livres et par son brillant ensoi-gnement au Collége de France, a su imposer la grammaire comparée au public frangais et a toujours soutenu depuis l’attentionnbsp;qu’il a si heureusement éveillée ; leregretté AbelBergaigne et sonnbsp;éminent successeur, Victor Henry, qui ontinstituél’enseignementnbsp;de la grammaire comparée a 1’Universilé de Paris; Ferdinandnbsp;dc Saussure enfin de qui 1’on s’est surtout elforcé de s’assimilernbsp;et de reproduire la doctrine précise etsystématique et la méthodenbsp;rigoureuse: les personnes qui ont eu Ie bonheur d’entendre lesnbsp;legons de F. de Saussure ou qui ont médité ses trop rarosnbsp;publications apercevront aisément tout ce que ce livre lui doit. On

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AVANT-PROPOS nbsp;nbsp;nbsp;XI

a use sans scrupule du riche répertoire de faits bien controles et bienclassés etd’idéesjudicieusesqu’est IeGrundrissde^MM. Brug-mann et Delbrück. Si Ie présent livre est capable derendre quel-ques services, c’est surtouta ces savants que Ie mérite en est du.

Au cours de 1’exposé il n’a été intercalé aucune indication biblio-graphique; les questions controversées ont été autant que possible évitées, et 1’on s’est efforcé de s’en tenir aux résultats dont tout Ie monde doit convenir. En appendice sont ajoutés un brefnbsp;bistoriqne de la grammaire comparée, indispensable pour com-prendre comment cette science s’est constituée, etune série d’indi-cations sur les ouvrages a consulter. En outre, un index renverranbsp;aux définitionsde termes techniquesdonnées au cours de 1’ouvrage.

Lacinquième édition a profité des progrès réalisés depuis quel-quesannées paria linguistique générale et paria grammaire comparée. La théorie générale des langues a pu être serrée de plus pres, 1’indo-européen a pu être déterminé de manière plus précise etnbsp;prendre quelque chose de plus réel. Des erreurs de détail ontnbsp;pu être corrigées. Quelques faits nouveaux ont pu s’ajouter.

On s’est aussi efforcé d’améliorer la rédaction, de la rendre plus claire et plus exacte.

Les regrettés V. Henry, R. Gauthiot, et MM. P. Boyer, M. Grammont et J. Vendryes ont conseillé l’auteur lors de la première édition.

Plusieurs des corrections apportées au texte depuis la seconde edition sont dues a des suggestions du regretté Gauthiot et denbsp;M. J. Vendryes, d’autres aux traducteurs du livre en allemand,nbsp;en russe et en polonais, MM. Printz, Kudriavskij et Michalski,nbsp;OU a des lecteurs obligeants.

Enfin MM. Jules Bloch et J. Vendryes ont bien voulu revoir Ie texte de cette nouvelle édition qui leur doit des améliorationsnbsp;sensibles.

Janvier 1932.

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ABREVIATIONS

Dans les travaux relatifs a la grammaire comparée, oü des mots appartenant k des langues diverses se trouvent cóte k cóte,nbsp;on est convenu de faire précéder chaque mot cité d’une abrévia-tion indiquantla langue a laquelle il appartient; ces abréviationsnbsp;s’interprètent aisément et n’arrêteront sans doute jamais Ie lec-

teur; les

principales sont :

alb.

albanais.

got.

gotique.

all.

allemand.

gr-

grec.

angl.

anglais.

h. a.

bant allemand.

arm.

arménien.

hom.

homérique.

att.

attique.

i.-e.

indo-européen.

balt.

baltique.

ion.

ionien.

béot.

béotien.

iran.

iranien.

bret.

breton.

irl.

irlandais.

eelt.

celtique.

isl.

islandais.

class.

classique.

lat.

latin.

dial.

dialectal.

lesb.

lesbien.

dor.

dorien.

lit.

lituanien.

éol.

éolien.

ombr.

ombrien.

fr.

frangais.

osq.

osque.

gall.

gallois.

pers.

perse.

g^th.

gathique.

pol.

polonais.

germ.

germanique.

prakr.

prakrit.

pruss.

prussien.

tch.

tchèque.

sax.

saxon.

tokli.

tokharien.

skr.

Sanskrit.

véd.

védique.

sl.

slave.

zd

zend (langue de 1’Avesta).

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XIV ABREVIATIONS

Un V. placé devant une abréviation signifie vieux; airisi V. sl. signifie vieux slave, v. pruss. vieux, prussien, etc.;nbsp;m. signifie moyen, mod. moderne.

II est inutile d’expliquer en détail des abréviations telles que nom. pour nominatif, aor. pour aoriste, etc.

L’abréviation cf. (confer') signifie « comparez ».

Les chants des poèmes homériques sont désignés par des lettres, majuscules pour l’Iliade, A, B, F, A, etc., minusculesnbsp;pour rOdyssée, «, g, y, S, etc.

L’astérique indique toujours une forme restituée pour la clarté de l’exposition, mais non attestée, une forme indo-européenne,nbsp;par exemple, une forme préhellénique (ou hellénique commune,nbsp;c’est-a-dire remontant a l’époque préhistorique de la communauténbsp;hellénique), etc.

Un petit trait placé avant ou après une forme indique que cette forme n’est pas citée au complet, ainsl skr. syat « qu’ilnbsp;soit » est un mot complet, mais on écrira s- poür la racine, -ya-pour Ie suffixe et -t pour la désinence de ce mot.

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TRANSCRIPTIONS

Suivant I’usage ordinaire en linguistique, ies langues autres que le grec qui n’emploient pas 1’alphabet latin sont citécs nonnbsp;dans leur alphabet original, mais dans des transcriptions.

La difficulte essentielle de la question des notations graphiques provient de ce qu’un phoneme est chose trop complexe pournbsp;qu’un signe unique en puisse exprimer la valeur exacte. Parnbsp;exemple le t latin indique une occlusive dentale sourde, et le dnbsp;latin une occlusive dentale sonore, et 1’on peut convenir de n’em-ployer t ei d qu’en ce sens ; mais le contact de la pointe de lanbsp;langue et du palais qui caracterise t et d peut se produire en des.nbsp;points différents depuis les dents jusqu’a la courhure du palais ;nbsp;on peut convenir de designer par t et'd les dentales dont I’occlu-sion est réalisée plus ou moins pres des alveoles et par les lettresnbsp;pourvues d’un signe diacritique t el d les dentales prononcees ennbsp;^rrière, mais ceci même ne delinit le point d’articulation que parnbsp;a peu pres grossier. La voyelle qu’introduit le t peut com-Oiencer immédiatement après 1’explosion ou en ètre séparée'parnbsp;souffle plus ou moins prolonge: la difference sera indiquee,nbsp;‘ï'ais toujours sans précision, par t et th ou par t eit \ Les lettresnbsp;^0 notent jamais directementle degré d’intensité de 1’articulation.

En ce qui concerne les langues anciennes auxquelles la gram-’^sire comparée a surtout affaire, la question se pose d’une *'^nnière particulière. En effet la-prononciation n’en est pas con-*^Oe avec la même précision que celle d’une langue vivante, et, sinbsp;veut se tenir aux faits sans y meier d’intcrprétation, la

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XVI TRAXSCniPTIOXS

transcription doit pnrement et simplement calqucr I’alphabet original, sans rien aj outer k ce qu’enseigne celui-ci et sans en riennbsp;oter, c’est-a-dire ètre une simple translittération : les transcriptionsnbsp;données ici sont pour la plupart conformes a ce principe ; elles nenbsp;renferment qu’un minimum d’interprétatlon et permetlent parnbsp;suite de retrouver aisément la graphic orlginale.

Mais les transcriptions n’ont pas été faites suivant un systeme arrêté et de la même manière pour toutes les langues, et ilnbsp;resulte de la les plus facheuses et les plus singulieres incoherences : dans la transcription du slave et de I’armenien, le c estnbsp;employe pour transcrire une consonne mi-occlusive non chuin-.nbsp;tante, celle par exemple du mot russe car « roi » qu’on transcritnbsp;blen en francais par tsar, et c est la chuintante correspondante,nbsp;c’est-a-dire le cde I’italien ci, lech de I’anglaiscM^f; au contraire,nbsp;dans la transcription du Sanskrit, c transcrit un phoneme iden-tique non au slave c, mais au slave c. La lettre y sert presquenbsp;partout a noter Vi consonne, mais, dans la transcription du slave,nbsp;elle note une voyelle particulière, sorte d’f postpalatal et, dansnbsp;I’orthographe du lltuanlen, elle note la voyelle i long. Et ainsi denbsp;beaucoup d’autres cas.

Enfin les linguistes ne sont pas encore parvenus a se mettre d’accord; et, pour une seule et même langue, il existe des sys-tèmes de transcription différents dans le detail. On a adopte icinbsp;ceux qui sont employés dans les meilleurs manuels de chaquenbsp;langue et qui sont usuels en France. Une entente internationalenbsp;au moins sur les translitterations des divers alphabets en carac-teres latins serait chose urgente, et, semble-t-il, facile.

SA.XSK.KIT

L’alphabet Sanskrit est syllabique, mais les voyelles y sont indiquees d’une manière precise, si bien qu’il se transcrit sansnbsp;difficulté avec les caracteres latins. Le système employe ici estnbsp;en principe celui qu’a recommandé le IX' Congrès des Orienta-llstes (a Geneve) etquia été adopté généralement; 11 n’endiffère

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xvtt

tRANScaiPtioirs

que par des particularités d’importance secondaire (en partie signalées entre parenthèses) :

Voyelles brèves : a, i, u, r (f), l.

Voyelles longues ; a, I, ü, f.

Anciennes diphtongues a premier élément bref : e, o (pro-noncés è, ö, toujours longs).

Diphtongues a premier élément long : ai, au (c’est-é-dire ai, au).

Sonantes consonnes: y, v, r, l (ce sorit les consonnes qui répondent respecliYement aux voyelles i, u, r, |; toutefols v n’estnbsp;plus u consonne, mais labio-denlal, comme Ie v francais); Ienbsp;védique a aussi l (cacuminale).

SOURDKS SOUBDES 80N0RES SONOBES NASALBS

ASPIRÉES

ASPI RÉES

Occlusives :

Labiales

p nbsp;nbsp;nbsp;ph

b

bh

m

Dentales

t nbsp;nbsp;nbsp;ih

d

dh

n

Cacuminales (ou cérébrales)

t nbsp;nbsp;nbsp;th

d

dh

V

Gutlurales

k nbsp;nbsp;nbsp;kb

g

gh

n

Mi-occlusives :

Palatales.

(prononcées chuintanles ; c, ch,

c nbsp;nbsp;nbsp;ch

h 1^)-

i

ih

n

ïrois siiïlanles s’articulent a pen prés aux mèmes points que les occlusives dentales, cacuminales et palatales : r, ƒ et f(lranscritnbsp;par / dans les propositions du Congres des Orientalistes); x et rnbsp;sont des chuintanles, telles que s.

Le h Sanskrit n’est pas un soullle sourd, mais une articulation sonore du larynx. Le h au contraire est un soullle sourd; c’estnbsp;toujours par h que sont représentées les silllantes a la pause :nbsp;toute sifflante finale sera done indiquée par h dans les mots citésnbsp;isolément.

On désigne par tn une émission nasale qui se produit sans point d’articulation propre dans la bouche et sans doute dans lanbsp;position arliculatoire de la voyelle précédente.

Meillït. nbsp;nbsp;nbsp;j

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XVIII

TBAïSSCRlPTIONS

LANGUE DE L AVESTA ET VIEUX PERSE

L’écriture du texte de l’Avesta est alphabétique : 1’ancien alphabet pehlvi, qui n’est qu’une forme de l’alphabet araméen, ennbsp;constitue Ie fond, mals, outre leur forme ancienne, la plupart desnbsp;caractères y sont aussi représentés par des formes modifiées quinbsp;servent a noter, avectoutes sortes de nuances, les unes les voyelles,nbsp;qui dans l’alphabet pehlvi et dans la graphieoriginale de l’Avesta,nbsp;n’étaient pas notées d’ordinaire, les autres divers détails de l’arti-culation des consonnes; il est impossible de determiner avecnbsp;precision quelles articulations indiquent certains des signes.

Les signes des voyelles sont a, a, i, l, u, ü, e, e, o, ö (la difference entre e et ê, o etö n’est pas une difference de quantité) ;nbsp;a, a (sortes A’e muets) ; a {a nasal) ; a (sorte de diphtongue aonbsp;a premier élément long).

Le systeme des consonnes est le suivant ;

OCCbUSIVBS

SOURUE8


SPIRANTKS

SOXORRS


OCCLUSIVES

SONORKS


SPJRANTES

SOURDES


rn

n

«

Labiales. Den tales.nbsp;Gutturales.

A quo! il faut ajoutcr ; le t, sorte de t employé seulemenl a la fm des syllabes devant des consonnes et surtout a la fin des mots ;nbsp;les mi-occlusives chuintantes c et les nasalisations postpa-latale et prepalatale n', et les sifflantes et chuintantes ;

Sifffantes.

Chuintantes-.

(avec plusieurs notations)

I’aspiration h, ecrite avec plusieurs caractères dont on ne connait pas la valeur précise, et les sonantes : y, v, r.

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TB.V:iSCRlPTIO;(S XIX

Le vieux perse, écril en caraclères cunéiformes, a a peu prés Ie même système phonétique, mais on n’y trouve pas de notation des spirantes sonores w, S, y ; les seules timbres vocaliquesnbsp;distingués sont a, i, u ; la quantité des voyelles n’est pas indiquéenbsp;la plupart du temps. Le système grapliique employé ne permetnbsp;pas de distinguer entre vart, vrat et v]'t par exemple, et lesnbsp;transcriptions usuelles comportent une forte part d’interprétation.

SLAVE

Le vieux slave est écrit au moyen de deux alphabets : 1’un, le glagolitlque, tiré d'une minuscule, est encore employé parnbsp;quelques Dalmates catlioliques; l’autre, le cyrillique, tiré de lanbsp;capitale grecque, est demeuré en usage chez tous les peuplesnbsp;appartenant a l’église oriëntale qui parlent une langue slave. Lesnbsp;deux alphabets comprennent des signes nouveaux créés pournbsp;noter les phonemes inconnus au grec.

Les voyelles (sans quantité déterrninable) sont :

Série dure : a, o, u, y, ü, g.

Série molle : è, e, i, i, t, e.

g el e. désignent des voyelles nasales qu'on prononce a pcu prés comme on et in en frangais dans pont, vin (au lieu de g, qu’onnbsp;préfère maintenant avec raison, on employait jusqu’ici g) ; ü et inbsp;sont des voyelles tres réduites, de timbre mal déterminé, et nonnbsp;pas u et i brefs ; y est une sorte de i postpalatal; la position denbsp;la langue est presque celle du u, mais les levies ont la positionnbsp;de f; le è est un e tres ouvert. Les deux séries de voyelles senbsp;répondent exactement; devant les voyelles de la série dure, lesnbsp;consonnes se prononcent durcs, devant celles de la série molle,nbsp;®lles se prononcent molles, c’est-a-dire avec une mouillure : le tnbsp;de to n’est pas le même que \e i de te ; l de lo est l « vélaire » (/),nbsp;^ de le est / palatale ; devant les voyelles de la série dure onnbsp;Irouve h et g, devant celles de la série molle c, (aussi devant d)

c, dl (i), etc.

Le système consonantique est ;

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\x TlUNSCRIPTlOxN'S

Occlusives nbsp;nbsp;nbsp;labiales

— nbsp;nbsp;nbsp;dentales

— nbsp;nbsp;nbsp;gutturalesnbsp;Mi-occlusives sifflantes

— nbsp;nbsp;nbsp;cliuintantes


P

t

k

c

c


m

n

»

»

»


Les sifflantes et cliuintantes sont:

Sifflantes.

Chuintantes.

II y a deux spirantes, la gutturale sourde, transcrite plus ordi-nairement par ch, et ici par ,v (signe preferable a tous égards), et la sonore v (bilabiale ou déja labio-dentale ?). II y a de plus deuxnbsp;liquides r et /. Le yod joue un grand role dans la langue, malsnbsp;n’avait pas de notation propre dans I’alphabet, paree qu’il nenbsp;s’isolait pas de la consonne précédente et de la voyelle suivante ;nbsp;il est indiqué de manieres compliquees, differentes suivant lesnbsp;alphabets, en combinaison avec ce qui precede ou ce qui suit;nbsp;dans la transcription, on I’indique par j, pour simplifier, quellesnbsp;que soient les notations complexes des orlglnaux : e’est une inler-prétation, non une translitteration.

LITUANIEN

Le lituanien s’ecrit en caracteres latins ; suivant 1’ancienne orthographe qu’on trouveia dans la plupart des livres de linguis-tique, ^ y note, comrne en polonais, la chuintante sonore, etnbsp;(ou la lettre double allemande (3) la chuintante sourde s; c:^ lanbsp;mi-occlusive c. Les voyelles é et o sont longues et fermées ; y estnbsp;i long; ü est une sorte de diphtongue prononcée uo; ë est ;nbsp;e et a sont d’anciennes voyelles nasales qui ont perdu leur nasa-lité dans le lituanien occidental, forme sous laquelle le lituanien

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THANSCRIPTIOXS XXI

est cité ici en principe. — Le lituanien littéraire actuel a une notation plus simple : s et c, au lieu d’ancien s'^ et ; è au lieu de è ; K et uo au lieu de è et ü. On acceptera ici pour s et c cette ortho-graphe moderne, qui est claire et commode. On conservera i, ènbsp;et ü a cause de la notation de l’accent et de l’intonation.

Les voyelles et diphtongues lituaniennes sont souvent sur-niontées de signes qui indiquent 1’accentUation : une voyelle simple accentuée breve regoit un accent grave, soit a ; une voyellenbsp;longue simple accentuée regoit l’accent aigu si elle a des le débutnbsp;le maximum de hauteur et d’intensité et qu’ensuite la hauteur etnbsp;1’intensité décroissent, soit par exemple ó ; elle regoit le signe~,nbsp;soit par exemple ö, si elle a deux sommets d’intensité Fun aunbsp;commencement et Fautre a la fin, et un sommet de hauteur a lanbsp;Fin. II en est de mème dans les diphtongues : on a ainsidii et aü,nbsp;ó-n (avec a demi-long en lituanien occidental) et an, ir (avec inbsp;bref en lituanien occidental) et if, etc.

ARMENIES

L’alphabet de Farménien classique a toutes les lettres de Falpha-bet grec, avec de nombreuses additions. Le système consonantique, tioté avec une remarquable précision, est le suivant :

SOUROES nbsp;nbsp;nbsp;SOUHDEnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SONORESnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;NASALES

ASPIRLE

Occlusives


ph

th

kh


labiales dentalesnbsp;gutturalesnbsp;sifllantesnbsp;chuin tantes


P

t

k

c

c


m

n

»

»

»


^i-occlusives


II y faut joindre les sifllantes sourde s et sonore et les chuin-b'intes sourde s et sonore de plus la spirante gutturale sourde x, V sans doute labio-dental, et un w qui était certainement plusnbsp;pres de u consonne, y qui est i consonne, / et ^ (ce dernier étaitnbsp;''elaire), r (dentale) et f (r plus roulée) et Faspiration h. —

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xxu TRASSCBIPTIOXS

Les vojelles sont a, e, i, o ] de plus u est écrit ow, d’après Ie grec OU ; ce signe double est transcrit ici par u. La voyelle è, quinbsp;représente une anclenne diphtongue, n’existe qu’en syllabenbsp;accentuée; a (sorte d’g muet) qu’en syllabe inaccentuée. Lesnbsp;voyelles arménietines n’ont pas de distinction de quantité ; lanbsp;difference entre £ et è n’est pas une difference de durée, mais denbsp;timbre, è étant plus ferme; la transcription r serait done meil-leure, mais elle est inusitée.

GERJIAJUQUE

Lc gotique est écrit avec un alphabet derive de l’alphabet grec ; les signes employés ici pour Ie transcrire n’appellent presque pasnbsp;d’observations. Les voyelles £ et o sont longues et fermées. Lenbsp;caractère f désigne la spirante dentale sourde(t^ anglais sourd) ;nbsp;le w (qu’on transcrit aussi par v) est u consonne, tres voisin parnbsp;conséquent du w anglais ; ƒ est i consonne ; enfin le groupe hwnbsp;transcrit un caractère unique de l’alphabet original, et q désignenbsp;un phoneme complexe analogue au qu latin. Le groupe ei note inbsp;long ; ai et au notent des diphtongues ai, au et aussi, dans cer-taines conditions déterminées, £ et o brefs ouverts.

Dans l’islandais, un accent mis sur une voyelle marque la quantité longue et non pas l’accentuation ; a est done a long.nbsp;Les lettres barrées ê et cf indiquent en principe les spirantesnbsp;sonores labiale et dentale; toutefois d est écrit aussi pour lanbsp;sourde en vieil anglais.

Le ^ du vieux haut allemand note en partie une mi-occlusive sourde, comparable au c slave.

IRLANDAIS

L’alphabet des plus anciens manuscrits irlandais n’est qu’une forme de l’alphabet latin, et la transcription ne présente aucunenbsp;dlfficulté ; th indlque la spirante dentale sourde notée en germa-nique par ^ ; ch la spirante gutturale sourde (ch de l’allemand).

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rRA.?!SCRIPTIOïlS xxni

Entre voyelles, h, d, g notent en général les spirantes sonores b, 'i; en revanche une sourde intervocalique comme Ie t de cre-hw «je crois » note 1’occlusive'sonore d ; on prononcera kredhn-Ea valeur des voyelles est difficile a préciser ; la prononciationnbsp;''arie suivant leur position dans Ie mot.

ITALIQÜE

Le latin a élé repi’oduit tel quel, sans aucune part d’interpréta-***^ii, par suite sans distinction de i et j, m et z;; dans beaucoup d’onvrages, i voyelle et i consonne sont également notes par i,nbsp;^®ndis que u voyelle est note par u, et u consonne par v ; cettenbsp;'difference n’est pas justifiable; 11 faut conserver la graphie ori-^'iiale OU faire la distinction de la voyelle et de la consonne dansnbsp;d®* deux cas également, — La quantité longue a été marquéenbsp;les voyelles.

Ees mots osques et orabriens ont été transcrits en lettres ita-j'ffues s’ils sont empruntés a des inscriptions écrites en caractères '*bns, en romaln espacé s’ils sont empruntés a des inscriptionsnbsp;®^fites dans les alphabets locaux (qui tous remontent au grec,nbsp;/^'ectement ou indirectement). Dans les alphabets locaux osques,nbsp;u notent e et o.

TOKHABIEN

^ Ees textes dits « tokhariens » récemment trouvés en Asle sont écrits au moyen d’un alphabet indien, la hrdhmt.nbsp;ffuelques mots cités ici des deux dialectes A et B sont trans-. suivant les mêmes procédés que pour le sanskrit. La voyellenbsp;®®*gneune voyelle réduite.

j^J''^’irle détail de la prononciation et de la graphie des diverses ö'^es, on se reportera aux grammaires et aux manuels de

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/ ■quot; nbsp;

,.v ■ f ,


^ I

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introduction a L’ÉTUDE comparative

LANGUES INDO-EÜROPÉENNES

GHAPITRE PREMIER MÉTHODE

I.A NOTION DE LANGUES INDO-EUROPEENNES

Le Sanskrit, le perse, le grec, le latin, Tirlandais, le gotique, vieux slave, le lituanien, l’arménien présenten! dans leurnbsp;§rammaire et leur vocabulaire des concordances frappantes;nbsp;1 hébreu, l’araméen, le babylonien, Tarabe, l’éthiopien coincidentnbsp;naême entre eux, mais non avec les langues précédentes; denbsp;même encore les Cafres, les habitants du bassin du Zambèzenbsp;de la plus grande partie du bassin du Congo ont dans leursnbsp;Parlers de nombreux traits communs qui ne se retrouvent ninbsp;l’un ni dans l’autre des deux premiers groupes. Ces con-®ordances et ces differences obligent a poser trois families denbsp;®ngues : l’indo-européen, le sémitique, le banton. Des faitsnbsp;Analogues permettent de determiner plusieurs autres familiesnbsp;'rtguistiques. L’objet de la grammaire comparée d’un groupenbsp;langues est 1’étude des concordances que ces langues pré-^®iitent entre elles.

^®tte étude est possible dans les trois cas indiqués et dans ^ombre d’autres. L’observation des ressemblances du Sanskrit,nbsp;^ orec, etc. conduit èi des conclusions précises. II n’en va pasnbsp;rneme de toutes les coincidences analogues que présenten!nbsp;®ux populatiQjjg; par example, en dépit des ressemblances quenbsp;V. Meiilet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I

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2 nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MÉTHODE

l’on constate entre les religions des Hindous, des Iraniens, des Grecs, des Germains, etc., on n’a pu constituer un corps denbsp;doctrines de religion comparée de ces divers peuples. Maisnbsp;les conditions générales d’existence des langues donnent aunbsp;linguisle des facilités que n’ont pas les historiens des mceurs etnbsp;des religions. Du reste, tous les groupes de langues ne se prê-tent pas également a la grammaire comparée; l’indo-européen,nbsp;Ie sémitique et Ie bantou présentent trois cas particulièrementnbsp;favorables.

Bien qu’ils ne soient pas propres aux langues indo-euro-péennes, il importe de poser dès l’abord quelques principes; il sera aisé ensuite de définir ce qu’on entend par une langue indo-européenne.

I. — Principes.

I. Garactère de singuearité des faits linguistiqües. — Entre les idéés et les mots considérés a un moment quelconque dunbsp;développement des langues il n’y a aucun lien nécessaire: a quinbsp;ne Fa pas appris, rien ne peut indiquer que fr. cheval, all. pferd,nbsp;angl. horse, russ. lósad', gr. mod. aXoyo, pers. asp désignent unnbsp;même animal. Rien dans 1’opposition des formes de fr. cheval etnbsp;chevaux ne marque par soi-même l’unité et la pluralité, riennbsp;dans l’opposition de fr. cheval et jument ne marque la différencenbsp;du male et de la femelle. Même pour les mots expressifs, la formenbsp;ne peut être prévue a priori: fr. siffer diffère beaucoup de all.nbsp;pfeifen ou de russe svistêt' par example. De la vient qu’un textenbsp;écrit en une langue inconnue est indécbiffrable sans traduction :nbsp;si l’on a pu lire les inscriptions de Darius, c’est que Ie vieuxnbsp;perse dans lequel elles sont écrites est la forme ancienne dunbsp;persan, qu’il diffère assez peu de la langue de l’Avesta dont deSnbsp;traductions livrent la clé, et enfin qu’il est étroitement apparenténbsp;au Sanskrit; au contraire, en l’absence d’lnscriptions bilingueSnbsp;instructives, on n’entrevoit dans les restes de 1’étrusque autre cboscnbsp;que ce qui est indiqué par divers détails extérieurs, et, malgr®

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PRINCIPES GENERAUX

nombre des inscriptions et 1’étendue du texte découvert sur ^es bandelettes d’Agram, la langue étrusque reste en grandenbsp;Partie incomprise.

fo


en

Des lors Ie système phonétique, les procédés particuliers de flexion, les types spéciaux de groupement syntaxique, Ie voca-Waire qui caractérisent un idionie ne peuvent se reproduirenbsp;lorsqu’ils ont été transformés on qu’ils ont disparu. Les moyeitsnbsp;fl’expression n’ont avec les idees qu’une relation de faiij non unenbsp;felation de nature et de nicessitè ; rien ne saurait les rappeler anbsp;^’existence lorsqu’ils ne sont plus. Ils n’existent done qu’unefois;nbsp;fls sont singuliers; car, même indéfmiment répétés, un mot,unenbsp;Tme grammaticale, un tour de phrase sont toujours les mêmes

principe.

Si done deux langues présentent dans leurs formes gramma-l^cales, leur syntaxe et leur vocabulaire un ensemble de concor-fl^Hces de détail définies, c’est que ces deux langues n’en font en '’^alité qu’une: les ressemblances de 1’italien et de, 1’espagnolnbsp;P*'oviennent de ce que ces deux idiomes sont tous deux des formesnbsp;^odernes du latin; Ie frangais, qui leur ressemble déja moins,nbsp;y pourtant aussi du latm moderne, maïs plus modifié. Ainsi lesnbsp;^^rgences peuvent être plus ou moins grandes, mais toutnbsp;®ttseinble de coincidences précises dans la structure gramma-licale de deux langues suppose qu’elles sont des formes prises parnbsp;même langue parlée a date antérieure.

aire anglais et du vocabulaire persan montre qu’on n’en peut lel]nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;simples ressemblances de structure générale,

qne celles qui existent entre Ie turc et Ie finnois, ou entre ^ ^fl'nois et Ie dahoméen, par exemple ne prouvent rien. Maisnbsp;^faits de détail isolés ne prouvent pas davantage.

2 nbsp;nbsp;nbsp;® résulte la definition de la parenté de deux langues : deux

^^iues sont dites parentes quand elks résultent l'-une et Vaiitre de

^ Ï1 arrive parfois que deux langues expriment indépendamment ^ 'neme idéé par un même mot; ainsi en anglais et en persannbsp;•neme groupe d’articulations bad signifie « mauvais », sansnbsp;Ie mot persan ait rien a faire avec Ie mot anglais; maisnbsp;un pur « jeu de la nature ». L’examen d’ensemble du voca-

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4 METHODE

dmx èvolutions differentes d’une même langue parlée antérieurement. L’ensemble des langues parentes forme ce que Ton appelle unenbsp;familie de langues. Ainsi Ie frangais et Ie persan sont parentsnbsp;paree que tons deux sont des formes de l’indo-européen ; ilsnbsp;font partie de la familie dite indo-européenne. En ce sens, lanbsp;notion de parente de langues est chose absolue et ne comportenbsp;p'as de degrés.

Mais, a l’intérieur d’une même familie, une langue qui est devenue différente de la forme ancienne peut se différencier a sonnbsp;tour en plusieurs langues: ainsi du fait de la dissolution denbsp;l’empire remain, Ie latin de Rome qui est une forme de Findo-européen s’est différencié en italien, espagnol, provengal, frangais, roumain, etc. ; il s’est créé par la une familie romane quinbsp;fait partie de la familie indo-européenne, et dont les membresnbsp;sont plus étroitement apparentés entre eux qu’ils ne Ie sont avecnbsp;les autres langues indo-européennes : ceci signifie que les languesnbsp;de la familie romane, étant toutes du latin transformé, ont commence k diverger en un temps oü divers groupes indo-européensnbsp;étaient devenus distincts les uns des autres. Gette seconde definition n’est qu’une consequence de la première.

Enfin quand une langue évolue sur un domaine continu, des innovations et des conservations identiques ou semblables ontnbsp;lieu en des regions plus ou moins étendues ; ainsi se produisentnbsp;les dialectes. Les parlers qui sont employés en des régions voi-sines les unes des autres et qui se sont développés en des conditions analogues présenten! des particularités communes. II ynbsp;aura lieu de revenir sur ces faits qui ont de grandes conséquences;nbsp;ils sont d’une espèce différente de ceux qu’exprime Ie terme denbsp;paren té de langues. Les ressemblances particulières que l’on peutnbsp;constater entre Ie frangais et Ie provengal par example ne tiennentnbsp;pas a ce que, a un moment quelconque de l’époque impériale, ilnbsp;aurait été parlé en Gaule une forme spéciale du latin vulgairenbsp;représenté par les autres langues romanes ; mais, sur Ie territoir®nbsp;frangais et sur celui du provengal, les conservations et les innovations ont été, dès l’époque romaine, en partie pareilles, sinonnbsp;identiques. — En pratique, il est souvent impossible de discernef

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C05TIJÏUITE LTNCnSTlQUE nbsp;nbsp;nbsp;Ö

ces ressemblances dialectales de ce qui est du a Ia parente proprement dite des langues, c’est-a-dire a l’unité du point denbsp;'iépart.

On n’a réussi jusqu’ici a construire une grammaire com-paree que dans les cas oü il y a eu sürement une langue commune initiale, ainsi Ie latin pour les langues romanes. Faute depouvoirnbsp;poser un « gallo-roman commun » ou un « frangais commun »,nbsp;cn eprouve un grand embarras pour faire une théorie comparativenbsp;lies parlers gallo-romans ou des parlers frangais.

2. CovTiNüiTÉ LiNGuisTiQüE. — Au point de vue de 1’indi-la langue est un système complexe d’associations incon-^eientes de mouvements et de sensations, au moyeii desquelles il peut parler et comprendre les paroles émises par d’autres indi-^idus. Ce système est propre a chaque homme et ne se retrouvenbsp;cxactement identique chez aucun autre; mais il n’a une valeurnbsp;jln autant que les membres du groupe social auquel appartientnbsp;individu en présentent de sensiblement pareils; sinon celui-ci nenbsp;^crait pas compris et ne comprendrait pas autrui. La languenbsp;^ existe done que dans les centres nerveux, moteurs et sensitifs,nbsp;c chaque individu •' mais les mêmes associations s’imposent anbsp;lous les membres d’un groupe avec plus de rigueur qu’aucunenbsp;^ntre « institution » ; cbacun évite toute déviation du typenbsp;Horrnal et se sent choqué de toute déviation qu’il apergoit cheznbsp;nutres. Immanente aux individus, la langue s’impose d’autrenbsp;P^i'*' a eux ; et c’est par la qu’elle est une réalité, non pas

'^culeinent physiologique et psychique, mais aussi, etavant tout, sociale,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•

^ Ce système d’associations ne se transmet pas directement individu a individu; comme on l’a dit, Ie langage n’est pasnbsp;oeuvre, un è'pyjv, c’est une activité, une èvepysta. Lorsqu’ilnbsp;®Pprend a parler, chaque enfant doit se constituer a lui-même unnbsp;y^tenie d’associations de mouvements et de sensations pared anbsp;^ Ues personnes qui 1’entourent; il ne regoit pas des autres-procédés d’articulation : il parvient a articuler comme euxnbsp;i'cs des tótonnements qui durent des années; il ne regoit pas

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METHODE

des paradigmes grammaticaux : il recrée chaque forme sur Ie modèle de celles qu’on emploie autour de lui, et c’est pour avoirnbsp;longtempsentendu dire; nous mangeons, vous mangey; nous jetons,nbsp;vous jetes;^ que l’enfant saura dire au besoin vous leves^ s’il anbsp;entendu nous levons ; et ainsi pour toutes les formes. Mais malgrénbsp;l’effort intense et constant qu’il fait pour se conformer a ce qu’ilnbsp;entend, l’enfant, qui doit refaire Ie système entier des associations,nbsp;n’arrive pas a reproduire d’une manière complete la languc desnbsp;membres du groupe dont il fait partie : certains détails depronon-ciation ont échappé a son oreille, certaines particularités de lanbsp;flexion a son attention, et surtout les systèmes qu’il s’est consti-tués ne recouvrent qu’en partie ceux des adultes ; a chaque foisnbsp;qu’un enfant apprend a parler, il s’introduit done des innovations.

Si ces innovations sont des accidents individuels, elles dispa-raissent avec la mort de la personne chez qui elles se sont pro-duites; les particularités qui en résultent provoquent la raillerie et non l’imitation. Mais il y a des innovations qui ont desnbsp;causes profondes et qui tendent a apparaitre chez tous les enfantsnbsp;qui apprennent a parler dans une même localité, durant unnbsp;certain laps de temps. A partir d’un moment donne, tous lesnbsp;enfants qui apprennent a parler au même endroit ont telle ounbsp;telle articulation différente de celle de leurs ainés, ignorent mêmenbsp;rarticulation ancienne; par example, dans la France du Nord,nbsp;les enfants ont été, a partir d’un certain moment, different pournbsp;chaque localité, incapables de prononcer / mouillee et y ontnbsp;substitue ley qui en tient aujourd’hui la place dans les parlersnbsp;frangais. De même, a partir d’une certaine date, les jeunesnbsp;enfants présentent telle ou telle nouveauté dans la flexion ; ainsinbsp;le nombre duel s’est conserve en Attique jusqu’a la fin du v“ siècle,nbsp;mais, vers 4io av. J.-G., il commence a être négligé dans lesnbsp;inscriptions ; et en effet les auteurs nés de 44o a 42 0 qui, commenbsp;Platon et Xénophon, écrivent le dialecte attique, I’emploientnbsp;encore, mais sans constance absolue; puis 11 cessed’etre employenbsp;au nominatif-acGusatif tandis que, sous 1’influence de Baow, ilnbsp;subsiste au génitif; Démosthène (383-322) dit By’èSoXoi', maisnbsp;Suoïv oSofoiv ; enfin il disparait même au génitif et, a partir de

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CONTINÜITÉ LINGÜISTIQUE nbsp;nbsp;nbsp;7

Sag

) ne se rencontre plus sur les inscriptions attiques. Les chan-genients de ce genre, étant communs a tous les enfants depuis un certain moment, se transmettent aux generations nouvelles :nbsp;lis s accumulent done, et, suivant la rapidité avec laquelle ils ontnbsp;lieu, transforment la langue au bout d’un temps plus ou moinsnbsp;long. Dans certaines langues, a certains moments, les innovationsnbsp;®e precipitant tandis que, ailleurs, Ie même parler se conservenbsp;longtemps presque intact.

Dans tous les cas il y a continuité: les changements qui ont lieu spontanément et qui ne résultent pas de l’imitation denbsp;guelque parler étranger ne proviennent pas d’un désir d’innover;nbsp;lis se produisent au contraire malgré l’effort fait par l’enfantnbsp;pour reproduire exactement la langue des' adultes, et a aucunnbsp;instant ils ne sont si grands ni si nombreux que les generationsnbsp;dont les représentants vivent simultanément perdent Ie sentimentnbsp;lie parler une même langue.

de 1

dim

Il’autre part, 1’usage qui est fait de la langue contribue a la liansformer. A chaque fois qu’une expression est employee, ellenbsp;ilovient moins surprenante pour celui qui l’entend et plus aisée anbsp;i'oproduire pour celui qui 1’émet; c’est l’effet classique de l’habi-*'iiile. La valeur expressive des mots s’atténue par l’emploi, leurnbsp;lofce diminue; et ils tendentase grouper ensemble. Pour main-tenir la force expressive dont on a besoin, on est done conduit anbsp;reuouveler les termes; c’est alnsi que les mots qui expriment Ienbsp;^nperlatif, comme trés, fort, extrêmement, etc., tendent a sortir

usage au fur et a mesure que leur force, grande au début, iinue. Des mots, d’abord autonomes, se réduisent par l’usagenbsp;H otreplus que des elements grammaticaux: en latin, habeonbsp;®i^nit foute sa valeur dans habeo aliquid factummais, par l’efietnbsp;® In repetition, fai de fr. fai fait a perdu progressivement toutenbsp;^iilonomie; aujourd’hui, trois termes autrefois indépendantsnbsp;^'So, habeo et factuni) qui ont abouti a fr. fai fait ne constituentnbsp;® qu une forme grammaticale équivalente a lat. feci et qui n’anbsp;valeur expressive. Les mots qui deviennent ainsi desnbsp;ents grammaticaux, des accessoires de la phrase, se pronon-d une manière particuliere, souvent abrégée, et Ie traitement

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8 METHODE

phonétique difl'ère de celui des mots principaux; ainsi Ie démon-stratif latin illam groupé avec un nom suivant aboutit a l’article frangais la, tandis que Ie traitement de la forme autonome, toutnbsp;différent, est elle, qui sert de pronom, et qui, a son tour, a prisnbsp;Ie róle d’un élément grammatical.

Tel est Ie type de l’évolution linguistique spontanée. II résulte de la succession naturelle des générations, de l’emploi qui estnbsp;fait du langage et de l’identité de tendances et d’aptitudes quenbsp;présentent les membres d’une suite de générations pendant unenbsp;période de temps donnée. Bien qu’ils se produisent indépendam-ment dans chacun des parlers d’une région, on doit s’attendre anbsp;ce que les changements de ce type aient lieu, a des dates diffé-rentes, mais voisines, et avec de légères variantes, dans toutes lesnbsp;localités occupées par une population sensiblement homogenenbsp;parlant la mème langue et placée dans des conditions semblables;nbsp;ainsi l mouillée est devenue y dans toute la France du Nord ; Ienbsp;duel a disparu des avant la période historique dans 1’éolien etnbsp;l’ionien d’Asie Mineure et dans Ie dorien de Crete, et au iv® sièclenbsp;av. J.-G. en attique, en dorien de Laconie, en béotien, en del-phique, c’est-a-dire dans les parlers de la Grèce continentale. Lesnbsp;conditions — en général inconnues — des changements, pournbsp;autant qu’elles ne sont pas propres a une localité, agissent surnbsp;des domaines étendus.

A cóté de ces changements, réalisés d’une manière propre dans chaque parler, même quand ils en dépassent de beaucoup lesnbsp;limites, il en est d’autres variés d’aspect, mais qui tous se ramè-nent a un même phénomène: Vemprunt a d’autres langues. Ennbsp;effet, aussitót que les membres d’un groupe social sont en rapportsnbsp;commerciaux, politiques, religieux, intellectuels avec les membres d’autres groupes, et que certains hommes acquièrent lanbsp;connaissance d’une langue étrangère, apparait la possibilité d’in-troduire dans Ie parler indigene des éléments nouveaux. Si lanbsp;langue en question est essentiellement différente du parler local,nbsp;on ne lui pourra prendre que des mots isolés ; Ie grec a pris auxnbsp;Phéniciens quelques termes commerciaux comme Ie nom de la

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CO^TOUITE LINGUISTIQÜE

toile d’emballage, aiv.v.oq, clel’or, ypüaóc, d’un vêtement, leyiTwv,

®tc. ; (Je

même Ie francais a emprunté des mots anglais : quel l'i en soit Ie nombre, ces emprunts ne changent rien a la structure d’un idiome. II n’en est pas de même s’il s’agit d’une languenbsp;3ssez proche du parler indigene pour que l’on sente l’identiténbsp;toncière des deux : Ie parler de Paris étant seul employé dans lesnbsp;relations entre les populations de langue fraiiQaise, tous les autresnbsp;Parlers francais empruntent de plus en plus des elements parisiens,nbsp;uon seulement de vocabulaire, mais aussi de prononciation et denbsp;flexion; s’il a constaté par exemple que toi, moi, roi, prononcésnbsp;rnwé, rwé dans son dialecte sont, en francais normal (aunbsp;|dnd parisien), twa, niwa, rwa, un paysan qui pourra n’avoirnbsp;J^uiais entendu prononcer Ie mot loi saura substituer naturelle-^ent luja a la forme de son parler Iwé; des substitutions de cenbsp;fl®nre aboutissent.a un résultat qui peut être pared a celui de chan-Senients du type normal, et, une fois qu’elles sont opérées, ilnbsp;fl®vient souvent impossible de les en distinguer ; elles n’en sontnbsp;moins différentes ; car dans Ie second cas il s’agit d’empruntsnbsp;Un autre parler. Sous 1’une et l’autre formes, l’emprunt n’estnbsp;P®® un phénomène rare et accidentel; c’est un fait fréquent, ou,nbsp;puur mieux dire, constant, et dont les recherches récentesnbsp;^^ontrent de plus en plus l’importance. Car chacune des grandesnbsp;unlles linguistiques (germanique, slave, hellénique, etc.) résultenbsp;® ^ extension d’une langue commune a un groupe d’hommesnbsp;plus Ou moins considérable. On n’a pas Ie moyen de déterminernbsp;flu®fle a été la part de l’emprunt dans les faits étudiés ici quinbsp;s sont antérieurs a la période historique. Mais il n’est jamaisnbsp;e de supposer qu’un parler donné résulte de la transmissionnbsp;l^ugage de génération en génération et des changements quinbsp;produisent du fait de l’usage et de la transmission ; partoutnbsp;^ parlers dominants sont imités et les sujets se préoccupentnbsp;reproduire Ie langage d’autres sujets — habitant une autrenbsp;^ ite OU ayant une situation sociale plus relevée — qui passentnbsp;wieux dire. Si ce souci de reproduire des parlers domi-® u existait pas, la langue se différencierait a l’infini et nenbsp;r^it plus servir de moyen de communication entre des

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10 METHODE

groupes d’hommes étendus. En fait, tous les parlers atlestés proviennent d’une série de generalisations et de différenciationsnbsp;successives.

Un troisième type de transformation a lieu enfin lorsqu’une population change de langue. Quand des circonstances politiquesnbsp;amènent une population a apprendre la langue de vainqueurs,nbsp;de colons étrangers ou, comme 11 arrive aussi, de sujets plusnbsp;civilises, les adultes qui la composent ne parviennent pas anbsp;s’assimiler exactement la langue nouvelle; les enfants qui ap-prennent a parler une fois que la langue nouvelle a pénétrénbsp;réussissent mieux ; car ils 1’apprennent comme une langue ina-ternelle; ils tendent alors a reprodulre non Ie parler défectueuxnbsp;de leurs compatriotes adultes, mais Ie parler correct des étrangers, et ils y réussissent souvent dans une large mesure : c’estnbsp;ainsi c[u’un enfant né en France d’un Francais et d’une étran-gère et élevé panni des enfants franfjais ne reproduit guère lesnbsp;défauts du parler de sa mère. Néannioins il subsiste des particu-larités ; et même, si une population apprend une langue profon-dément différente de la sienne, elle pourra ne jamais s’assimilernbsp;certains traits essentiels : les esclaves nègres qui se sont mis anbsp;parler frangais ou espagnol n’ont pu acquérir ni une prononcia-tion exacte ni 1’emploi correct des formes grammaticales, ennbsp;partie par suite du caractère trés différent de leur idiome origi-nel, en partie surtout paree que ayant une situation sociale irré-médiablement inférieure, ils n’ont pas senti Ie besoin de parlernbsp;aussi bien que leurs maitres ; les patois créoles ont gardé desnbsp;caractères de langues africaines. Au contraire, lors des nom-breuses substitutions de langues qui ont eu beu au cours denbsp;l’histoire et qui ont beu actuellement encore, les populationsnbsp;européennes se sont montrées capables d’acquérir assez exactement la langue les unes des aulres. Rien ne permet de croirenbsp;que les particularités qui caractérisent les langues romanes datentnbsp;pour la plupart du moment oü Ie latin a pénétré dans Ie pays oünbsp;on les parle. 11 ne faut pas exagérer l’importance de ce type denbsp;changements. Mais aussi c’est sans doute par la qu’on peut

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REGULARITE DU DEVELOPPEMENT I t

®xpliquer certaines transformations étendues du système articu-Oire telles que les mutations consonantiques du germanique OU de l’arménien; ce n’est pas un hasard que Ie système desnbsp;Occlusives de Farménien soit identique a celui du géorgien ounbsp;seul entre toutes les anciennes langues indo-européennes, Ienbsp;Sanskrit ait des dentales cacuminales, dites cérébrales, commenbsp;langues dravidiennes dont il occupe en parlie la place. — Aunbsp;surplus, dès que la substitution de langue est accomplie, onnbsp;centre dans Ie cas du changement par développement continu;nbsp;seuleinent Ie caractère propre de la population qui a accepté unenbsp;®utre langue provoque des alterations relativement rapides etnbsp;Uunabreuses, qui pcuvent ne se manifester que longtemps aprèsnbsp;o changement de langue. — Pour apprécier Fimportance de cenbsp;^cteur, il suffit de constater que toutes les regions qui ont unenbsp;‘stoire un peu ancienne ont a date historique change de languenbsp;®u naoins une fois, et souvent deux ou trois fois. Et, d’autrenbsp;les langues changent d’autant moins que la population quinbsp;s parle est plus stable ; Fextrême unite des langues polynésiennesnbsp;j o^plique par Funilé de race des habitants de la Polynésie ; surnbsp;o domaine indo-européen, la Lituanie oü la population semblenbsp;j, ®voir guère été renouvelée depuis longtemps a un parler dontnbsp;^•’chaïsine est remarquable. Au contraire, Firanien, langue denbsp;'^onquérants qui se sont répandus sur un vaste domaine, a changenbsp;j ® et relativement tres tót. Et les parlers iraniens sont, dèsnbsp;o débiu de Fère chrétienne, a un niveau linguistique comparable anbsp;o®lui qu’ont atteint les langues romanes unedizainede siècles après.

^ 3. Dj. régulauité du dévecoppemëxt des langues. — ®lude du développement des langues n’est possible que pareenbsp;|loe les conservations de Félat ancien et les innovations présententnbsp;régularité.

du son et de Farliculation : c’est la part de la de 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres sont liées au sens exprimé; c’est la part

^^^rphologie (la grammaire) et du vocabulaire.

y a deux sortes de conservations et d’innovations. Les unes gy }nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;matérie! sonore qui sert a Fexpression linguistique,

Phon,

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12 METHODE

Les regies suivant lesquelles ont lieu les conservations et les innovations relatives k la prononciation ont été nominees « loisnbsp;phonétiques ». Si une articulation est conservée dans un mot,nbsp;elle est conservée également dans tous les mots de la mèmenbsp;langue oü elle se présente dans les mêmes conditions : ainsi ƒnbsp;initiale latine est conservée en francais dans fiel {fel), four (fur-nutn) et dans tous les mots comparables; elle devient h en espa-gnol dans hiel, homo, etc. Au moment oii l’innovation apparait,nbsp;il arrive parfois qu’elle se manifeste d’abord dans quelques motsnbsp;seulement; mais comme elle porte sur Ie procédé d’articulationnbsp;et non sur tel ou tel mot, elle ne manque bientót en aucun cas,nbsp;et, pour les longues périodes qu’étudie la grammaire comparée,nbsp;ce flottement des premières générations oü se manifeste I’inno-vation est indiscernable. II y a eu un temps oü les anciens p, t,nbsp;k de l’indo-européen sont devenus en germanique ph, th, kh,nbsp;c’est-a-dire p, t, k séparés de la voyelle suivante par l’émissionnbsp;d’un souffle; dans ces occlusives suivies de souffle, l’occlusionnbsp;est faible ; elle a été supprimée, et Ie germanique a eu f, fgt;, x {xnbsp;servant a noter ici la spirante gutturale, c’est-a-dire un phonemenbsp;de même sorte que Ie ch de l’allemand moderne) : il y a donenbsp;eu des générations germaniques pour lesquelles p, t, k étaientnbsp;impronongables, et en effet p, t, k, initiaux ou intervocaliques denbsp;l’indo-européen ne sont jamais représentés en gotique par p, t,nbsp;k, mais toujours par f, fgt;, h (ou respectivement par h, d, y dansnbsp;des conditions déterminées). Tel est Ie principe de la constancenbsp;des lois phonétiques, qu’on nomme plus exactement régularité desnbsp;correspondances phonétiques-

S’il n’intervenait aucune autre action, on pourrait, avec la simple connaissance des correspondances régulières, déduire d’unnbsp;état donné d’une langue son état a un moment ultérieur. Maisnbsp;tel n’est pas Ie cas. Le détail des actions particulières qui, sansnbsp;contrarier Ie jeu des « lois phonétiques », en masquent la con-stance, serait infini; il convient seulement de signaler ici quel-ques points importants.

Tout d’abord, les formules des correspondances phonétiques ne s’appliquent, par défmition, qu’a des articulations exactement

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REGULARITE DU DEVELOPPEMEXT l3

comparables les unes aux autres. Les mots qui ont une pronon-oiation particulière échappent done en partie i leur action. Ainsl los mots enfantins, comme papa, maman, etc., sont a part. Lesnbsp;termes de politesse ou d’appel sont sujets k des abregements quinbsp;les rendent méconnaissables : wcyö n’est pas un traitement pho-nétique régulier de mon sieur; il en est de meme de tous lesnbsp;mots qu’il suffit d’indiquer pour qu’on les comprenne et qu’onnbsp;prend pas dès lors la peine d’articuler complètement : v. h. a.nbsp;(all. heuie) n’est pas un traitement normal de hiu tagu « cenbsp;jour ». D’une manière générale, un mème élément phonétiquenbsp;eet' plus bref dans un mot long que dans un mot court (1A denbsp;Patisserie est plus bref que celui de pdte), dans un mot accessoirenbsp;•Ie la phrase que dans un mot principal; Ie traitement risque dèsnbsp;lors d’etre différent. Certaines articulations, notamment celle denbsp;L sont sujettes a être anticipées, comme dans Ie fr. trésor représentant lat. thesaurum, ou transposées, comme dans gr. mod.

de 'Tuxpóc, sans qu’on puisse toujours ramener a des formules générales ces altérations qui tiennent a la structure parti-^nlière et aux conditions spéciales d’emploi des mots oü elles se fencontrent. D’autres articulations enfin se continuent trop long-lemps, ainsi l’abaissement du voile du palais de \'n de all. genugnbsp;est maintenu, si bien que Ie mot arrive a sonner dialectalementnbsp;S^nung^ etc. Une innovation phonétique résulte la plupart dunbsp;femps de la coincidence de plusieurs actions distinctes etnbsp;mdépendantes ; il arrive que les actions, étant complexes,nbsp;soient particulières k un mot et ne se laissent pas formuler ennbsp;* lois ».

En second lieu, des associations de formes introduisent des ehangements; ainsi, en attique oü s initiale est représentée parnbsp;'^n esprit rude, c’est *£lai (issu denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui devrait.répondre k

santi, got. sind « ils sont » ; en fait on trouve l’esprit doux, d’après sip.1, sï, etc. C’est ce que l’on appelle les change-'gt;nents par analogie. Ainsi Ie sens intervient et rompt la régulariténbsp;•In traitement proprement phonétique; il y a interférence de lanbsp;morphologie ou du vocabulaire avec la phonétique.

Enfin certaines dérogations sont dues k des emprunts. Ainsi,

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i4 METHODE

a Rome, un ancien ou devient ü et un ancien *dh après u devient b entre voyelles : a lit. raüdas, got. raufs, v. irl. rüadnbsp;« rouge », etc. répondrait done *rübus; mais dans d’autres parlersnbsp;latins OU est représenté par ö, par exemple a Préneste : au moinsnbsp;par son ö, röbus n’est pas un mot romain ; dans certains parlers latins, *dh est représenté par /entre voyelles : de la rüfus',nbsp;Ie mot romain attendu *rubus n’est pas attesté directement, maisnbsp;il subsiste dans les derives rübigö (a cólé de röbïgö) et rübidus.nbsp;Quand les circonstances historirjues déterminent beaucoup d’em-prunts de ce genre, la pbonélique d’une langue fmit par offrir unnbsp;aspect incoherent : c’est Ic cas du latin ou, parmi les languesnbsp;modernes, de l’anglais. Les empruiits a la langue écrite sontnbsp;dans la période historique une autre cause de trouble; ainsi Ienbsp;tVangais a pris au latin écrit une quantité de mots : par exemplenbsp;frdgilem a naturellement abouti amp; frêle, mais plus tard on a prisnbsp;au latin écrit Ie même mot en en faisant fragile; cette cause denbsp;trouble, grave a 1’époque moderne, n’existe pas pour les périodesnbsp;préhistoriques considérées par la grammaire comparée.

Plus on examine les choses de prés, et plus on voit que presque chaque mot a son histoire propre. Mais les changements qui,nbsp;comme la mutation consonantique du germanique ou de l’ar-ménien, portent sur l’ensemble du système articulatoire ne s’ennbsp;laissent pas moins reconnaitre et définir.

Rien dans tout cela ne va contre Ie principe de la constanee des « lois phonétiques », c’est-a-dire des changements qui Intéressent l’articulation indépendamment du sens : ce principe exigenbsp;seulement que, lorsque dans l’apprentissage de la langue par lesnbsp;generations nouvelles, un procédé articulatoire se maintient ounbsp;se transforme, Ie maintien ou la transformation ait lieu dans tonsnbsp;les cas OU cette articulation est employée de la même manière,nbsp;et non pas isolément dans tel ou lel mot. Or, comme 1’expé-rience Ie montre, les choses se passent ainsi quand on considèrenbsp;non pas Ie résidtat, mais Yacte. Les effets d’une « lol » peuventnbsp;ètre entièrement détruits au bout d’un certain temps par desnbsp;changements propres a certains mots, par des actions analo-giques, par des emprunts ; la « loi » ne perd pour cela rien de

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REGÜLARITE DU DEVELOPPEMENT 1 5

sa réalité, car toute cette réalité est transitoire et consiste en la manière dont pendant une période déterminée les sujets ontnbsp;fixé leur articulation; mais la « loi » pourra échapper au lin-Suiste 5 il y a ainsi des « lois phonétiques » incoanues et quinbsp;xesteront inconnues, même dans des langues bien étuu 'es, pournbsp;Peu qu’on n’ait pas une série continue de documents.

Toutefois, il est rare qu’on puisse observer l’acte d’oü résulte 1® changement phonétique ; on constate qu’un e francais repondnbsp;a un a latin accentué (pamp;ler '¦ père, amütum '¦ ciime, etc.), qu un onbsp;grec initial répond a un bh Sanskrit, a un b germanique ou armé-(gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. bhdrami, got. baira, arm. berem) et rien de

plns. Ce qu’on appelle d’ordinaire « loi phonetique » est seule-'^cnt la formule d’une corr^spondunce réguliere, soit entre deux Icrnaes successives, soit entre deux dialectes d’une méme langue.nbsp;1^1 cette correspondance résulte la plupart du temps non d unnbsp;unique, mais d'actes multiples et complexes, qui ont de-^andé un temps plus ou moins long pour s’accomplir. II estnbsp;Bcnéralement impossible de discerner ce qui provient de chan-Bettients spontanés et ce qui provient d’emprunts.

He qui est vrai de la phonétique 1’est aussi de la morphologie , de même que les mouvements articulatoires doivent être com-hlnés a nouveau toutes les fois qu’on émet un mot, de mêmenbsp;lotites les formes grammaticales, tous les groupements syn-laxiques sont créés inconsciemment a nouveau pour cbaquenbsp;phrase prononcée suivant les habitudes fixees lors de 1 apprentisnbsp;®®8^e du langage. Lorsque les habitudes changent, toutes lesnbsp;fermes qui n’existent qu’en vertu de 1’existence generale du typenbsp;changent done nécessairement : quand, par exemple, en francais,nbsp;a dit, d’après tu aimes, il aime(t), a la C' personne/’aiOTr aunbsp;hen de l’ancien faim (représentant Ie lat. amo), tous les verbosnbsp;dc la même conjugaison ont rcQu aussi e a la iquot;® personne :nbsp;^extension de r a la i™ personne est une loi fnorphologique amsinbsp;ï'igoureuse que n’importe quelle « loi phonétique ». Les innova-hons morphologiques ne sont ni plus capricieuses ni moins régu-heres que les changements phonétiques. Et les formules quel on

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t6 METHODE

possède n’expriment anssi que des correspondances, non les actes eux-mêmcs d’oü résultent les innovations.

Toutefois il y a une différence entre les « lois phonétiques » et les « lois morphologiques » : quand une articulation est trans-formée, elle tend a 1’être dans tous les cas ou elle apparait, et lesnbsp;générations nouvelles deviennent incapables d’en réaliser la pro-nonciation antérieure; par example aucune / mouillée ne subsistenbsp;dans les parlers deFIle-de-France après Ie passage de 17 mouilléenbsp;a y ; au contraire quand un type morphologique est transformé,nbsp;il en peut subsister certaines formes qui sont fixées dans lanbsp;mémoire. Ainsi l’indo-européen avait un type verbal de présentsnbsp;caractérisé par 1’addition directe des désinences a la racine etnbsp;l’alternance d’un vocalisme pourvu de e au singulier et sans t aunbsp;pluriel dans cette racine; par exemple gr. si-jj.i, pluriel ï-;j.£v, etnbsp;skr. i-mi « je vais » (ancien *di-mt), pluriel i-mah « nousnbsp;allons » ; cette série, autrefois importante, a été éliminée denbsp;1’usage dans loutes les langues indc-européennes ; mais des formesnbsp;du verbe « être » ont subslsté jusqu’aujourd’hui paree que la fré-quence de leur emploi les avait fixées dans la mémoire, et c’estnbsp;ainsi que Ie latin a encore gs-t: s-unt, d’ou Ie fr. il est: ils sont;nbsp;de même l’allemand a er ist: sie sind. Le type a disparu long-temps avant la première fixation du latin ou de l’allemand parnbsp;1’écriture, mais 1’une de ses formes demeure.

L’une des utilités les plus évidentes de la grammaire comparée est de faire comprendre par une norme ancienne des formes ano-males de l’époque historique. Le type est, simt, qui est excep-tionnel en latin, est un débris d’un type qui était normal enindo-européen. Grace a la grammaire comparée, on apergoit, au coursnbsp;du développcment d’unc même langiie, des normes successives.

Le fait que les « lois » phonétiques et morphologiques s’appli-quent a tous les mots oii figurent les éléments visés dans leur formule est naturel; le fait qu’elles s’appliquent a tous les enfantsnbsp;d’une même génération est moins attendu, quoiqu’au fond peunbsp;surprenant: il exprime en effet ceci que les mêmes causes pro-duisent les mêmes effets sur tous les enfants qui apprennent unenbsp;même langue dans les mêmes conditions. La circonstance, au

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REGULA.RITE DU DEVELOPPEMENT nbsp;nbsp;nbsp;l'J

premier abord frappante, que tons les enfants d’une même loca-présentent d’une manière indépendante les mêmes innovations Ie même temps n’est qu’une consequence d’un fait remar-•ïuable : tous les enfants placés dans les mêmes conditionsnbsp;^Pprennent la même langue de la même manière (sauf anomalienbsp;‘ndividuelle). En effet :

r ” S’il est vrai que les elements de la langue n’ont avec les idees h ^’^Primer aucun lien nécessaire, du moins ils sont lies entreeux parnbsp;|*rie infinite d’associations, et chaque langue forme un systèmedontnbsp;^ ^ parties sont étroitement unies les unes aux autres. La phonétiqucnbsp;'r slave fournit de ce principe une bonne illustration. Le slavenbsp;^°öimun possédait deux séries de voyelles, les unes dures, précé-®®s de consonnes dures; a, o, u, y, ü, les autres molles, précédées denbsp;'-OHsonngg molles: ë,e,i, ï; les langues qui, comme le russe et lenbsp;Polonais, ont conserve la distinction des deux séries ont aussinbsp;^onservé la distinction de y (sorte de i prononcé vers la partienbsp;Postérieure du palais), et de i et la distinction des voyelles ü et ï,nbsp;®oos la forme de o et e en russe, e (dur) et ie en polonais: lenbsp;osse a done syn « fils » et silo, « force » ; den' «jour » (de *dmï)nbsp;j sommeil» (de sünÜ) ; mais les langues slaves qui, commenbsp;®orbe, ont perdu la distinction des deux séries ont confondu ynbsp;^ L u et j; \'i (Je serbe sin est le même que celui de sila; le inbsp;® dinï est représenté par a tout comme le ü de sünti: serbe dannbsp;San ; la distinction de y et de i, de «et de i n’était done qu’unnbsp;(Ju système et n’a pas persisté une fois le systèmenbsp;danbsp;nbsp;nbsp;nbsp;naturel que ce changement se soit produit

® tous les parlers serbes et que des changements analogues OU lieu dans les autres langues slaves méridionales et mêmenbsp;phnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Toute altération grave d’une partie du système

Uetique ou grammatical d’une langue a des conséquences qu^^ reste; en germanique, ce n’est pas une série d’occlusivesnbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;transformée, ce sont toutes les séries, et il n’y a la rien

^labl ' ^'®^™ónien par exemple olfre des innovations sem-os, leg occlusives sourdes indo-européennes p, t, k, y sont jg ''®®ontées par des aspirées *ph (d’ou h'), th, kh qui présententnbsp;premier degré de l’altération supposée en germanique, et lesnbsp;Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1

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i8 METHODE

sonores i.-e. b, d, g par des sourdes faibles p, t, k, comme en germanique. De même, certains dialectes bantous ont pournbsp;p, t, k du héréro et du souahéli par exemple, ph, th, kh, ainsi Ienbsp;kondé ; d’autres ont déja ƒ, r (notation d’une vibrante sourde denbsp;ces dialectes), x (spirante gutturale sourde), ainsi Ie póli; enfinnbsp;Ie douala a des sonores a Ia place de sourdes, par exemplenbsp;I y répond a t du héréro, r du péli, de même que Ie haut allemandnbsp;d est issu du ^ germanique (th anglais sourd) ; par exemple Ienbsp;nom de nombre « trois » est héréro -tatu, kondé -thathu, pélinbsp;-rarQ, douala -IüIq. Ge qui change dans les cas de ce genre, cenbsp;n’est pas une articulation isolée, c’est la manière d’articuler.

2° Les combinaisons d’articulations par lesquelles, dans une langue donnée, sont réalisés les phonèraes sont chose particulierenbsp;k cette langue; mais les mouvements éléinentaires qui figurentnbsp;dans ces combinaisons sont determines et limités par des conditions générales anatomiques, physiologiques et psychiques ; il estnbsp;done possible de fixer de quelle manière peut évoluer une articulation dans un cas donné. Soit par exemple Ie phoneme s, quinbsp;suppose une élévation de la langue pres des dents, avec écoule-mentd’air constant, et qui est constitué par un sifllement : si lanbsp;langue est relevée d’une manière insulFisante, il devient un simplenbsp;souffle, c’est-è-dire h, Ie bruit du frottement de Fair entre lanbsp;langue et les dents disparaissant; si la langue est relevée avecnbsp;excès, s sera remplacé par ^ (Ie th anglais) ou même par l’oc-elusive t; enfin, si l’on ajoute des vibrations glottales è j et sinbsp;Ton affaiblit en conséquence 1’intensité du souffle, on aboutitnbsp;a la sonore : en y ajoutant Ie passage a i en diverses conditions,nbsp;on a les variations possibles d’un phonème Sj quelles que soientnbsp;les particular!tés d’articulation. Soit encore un groupe tel quenbsp;anana ou anania oü un même mouvement articulatoire, l’abais-sement du voile du palais, est exécuté deux fois : si, comme ilnbsp;arrive, l’un des deux mouvements est omis, ce sera en principe 1®nbsp;premier; Ie phonème oü ligurait Ie mouvement supprimé subdnbsp;des altérations qui Ie rendent pronongable et lui permettent denbsp;figurer dans Ie système de la langue: anana ou anama devienneolnbsp;alors alana, alama ou arana, arania. — Les possibilités de cham

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DEFINITION DE L INDO-EÜROPEEN nbsp;nbsp;nbsp;IQ

gements de formes grammaticales ne se laissent pas formuler lt;1 one manière aussi simple et aussi générale que celles des chan-gements phonétiques, paree qu’elles ne dependent pas directementnbsp;conditions anatomlques et physiologiques, mais, dans chaquenbsp;donné, elles ne sont pas moins limitées.

de

^ En somme les possibilites de changement sont definies par système propre de chaque langue et par les conditions géné-j'ales anatomiques, physiologiques et psychiques du langagenbsp;’iniain ; quand un même ensemble de conditions vient a provo-tl'ier des innovations, il produit des effets ou identiques ou pareilsnbsp;’^ns aux autres chez des indivldus de même origine qui parlentnbsp;'^*1® même langue, et les membres d’un même groupe socialnbsp;*^cndent a présenter indépendamment les mêmes conservations

ctat ancien et les mêmes innovations.

11. — Application des principes a la definition de 1’indo-européen.

Oiuns

prises

^rniénien, Ie grec, Ie germanique, Ie celtique, 1’italique (latin).

Definition de la. notion de langues indo-europêennes. — 3ines langues qui commencent a apparaitre dans 1’histoirenbsp;1000 av. J.-C., depuis l’Hindoustan a l’Est jusqu’aux rivesnbsp;. ^ ^ ^llantique a l’Ouest, et depuis la Scandinavië au Nord,nbsp;a la Méditerranée au Sud, présentent tant de traits com-qu’ellcs se dénoncent comme étant les formes diversesnbsp;par un même idiome, parlé anlérieurement; celles quinbsp;*^®présentées encore aujourd’hui par un au moins de leursnbsp;®ctes sont: l’indo-iranien, Ie baltique, Ie slave, 1’albanais,

convenu d’appeler indo-euro^

o

(les Allemands disent indnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eet idiome inconnu. On appellera dom langue

^ieu nbsp;nbsp;nbsp;langue qui, a un moment quelconque, en un

PHs nbsp;nbsp;nbsp;^ WW degré d’altération quelconque, est une forme

^ nbsp;nbsp;nbsp;idiome, et qui continue ainsi, par une tradition ininter-

^ ^^^ge de Vindo-europien. .

® définition estpurement historique ; elle n’implique aucun

indo-

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20 METHODE

caractère commun aux diverses langues, mais seulement lefaitque, a un moment du passé, ces langues ont été une seule et mêmenbsp;langue. II n’y a done aucun trait auquel on paisse reconnaitrenbsp;en tout cas une langue indo-européenne. Par exemple I’indo-europeen distinguait trois genres ; mais cerlaines langues, commenbsp;les langues romanes, les langues scandinaves et le letto-lituanien,nbsp;n’en ont plus que deux ; d’autres, comme I’armenienet le persan,nbsp;ignorent toute distinction de genres.

Pour etablir qu’une langue est indo-européenne, il faut et il suffit qu’on y montre un certain nombre de particularités denbsp;détail propres a l’indo-européen et qui par suite seraient inexpli-cables si cette langue n’était pas une forme de l’indo-européen.nbsp;Les coincidences de formes grammaticales particulières sont pro-bantes; les coincidences de vocabulaire ne le sont au contrairenbsp;presque pas. En elfet, on n’emprunte pas a une langue étrangèrenbsp;nettement distincteune forme grammaticale ou une prononciationnbsp;isolée ; on ne peut emprunter que 1’ensemble des systèmes mor-phologique et articulatoire, et e’est ce qui s’appelle changer denbsp;langue; mais on emprunte souvent un mot isolé, ou un groupenbsp;de mots appartenant a un certain ordre de choses ; les empruntsnbsp;de mots ont lieu indépendamment les uns des autres et peuventnbsp;d’ailleurs se faire en nombre illimité. De ce que le finnois ren-ferme beaucoup de mots indo-européens il ne suit done pas qu’ilnbsp;soit indo-européen, car ces mots sont empruntés a I’indo-iranien,nbsp;au baltique, au germanique et au slave; de ce que le persan ren-ferme une foule de mots sémitiques, il ne suit pas qu’il ne soit pasnbsp;indo-européen, car tous ces mots sont empruntés a I’arabe. Ennbsp;revanche, si différent de l’indo-européen que soit I’aspect d’unenbsp;langue, il ne résulte pas de la que cette langue ne soit pas indo-européenne : avec le temps, les langues indo-européennes ont denbsp;moins en moins de traits commons, mais, aussi longtemps qu’ellesnbsp;subsisteront et si fort qu’elles se transforment, ces langues nenbsp;pourront perdre leur qualité de langues indo-européennes, carnbsp;cette qualité ne tient qu’a un fait historique.

Les ressemblances générales de structure morphologique ne prouvent a peu prés rien ; car les types possibles sont au fond

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DEFINITION DE L INDO-EUROPEEN 21

Peu varies. Ce qui prouve, ce sont les faits de détail particuliers, excluent une concordance de hasard. II n’y a pas de raisonnbsp;soi pour que le cas sujet soit caractérisé par une desinence-j.nbsp;6 fait qu’une langue a un nominatif singulier a -s final donnenbsp;d autant plus lieu de croire que cette langue est indo-europeennenbsp;dans la plupart des langues, le cas sujet se confond avec lanbsp;forme même du nom et n’a aucune desinence.

Si 1’on ne possedait pas le latin et si les dialectes italiques ®taient représentés seulement par le frangais qui n’a plus 1’aspectnbsp;general d’une langue indo-europeenne, il ne serait pas pour celanbsp;^ttipossible de demontrer que le frangais est indo-europeen. Lanbsp;^edleure preuve serait fournie paria flexion du present du verbenbsp;quot; otre » : 1’opposition de (i7) est : (ils) sont (prononces il e : ilnbsp;|Ori plutót zj repond encore a celle de skr. dsti « il est » ;nbsp;^^nii « ils sQjjj-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gQ(._nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(jg Y_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; les pro-

^onis personnels moi, toi, soi, 'nous, vous, qui rappellent si exac-f®ment skr. mam, tvam, svaydm, nah, vah et v. si. me, te, se, vy, completent la demonstration, que plusieurs details de lanbsp;xion Verbale viendraient acliever. On voit ici combien lesnbsp;_afls de la morphologie peuvent être durables: des patois fran-dont le vocabulaire est presque tout emprunté au frangaisnbsp;*^ornial et ou les mots ont été presque entièrement conformés anbsp;type francais normal, conservent encore, en partie au moins,nbsp;morphologie propre. Mais le frangais ne présente déja plusnbsp;floe peu de traces pareilles, et il ne faudrait plus beaucoup denbsp;^ogements pour en éliminer les derniers restes. La qualité indo-’^ropéenne du frangais n’en subsisterait pas moins puisqu’ellenbsp;prime seulement le fait d’une tradition ininterrompue depuisnbsp;mdo-européen jusqu’aujourd’hui, mais elle ne comporterait plusnbsp;® preuve directe.

eu P®rit done qu’il y ait dans le monde des langues indo-la d nbsp;nbsp;nbsp;meconnues. Mais e’est peu probable : ainsi, malgré

, . ® recente ofi il est attesté et malgré la gravile des alterations 1 albanais a été facilement reconnu pour indo-européen.nbsp;ant'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;flrie l’indo-européen soit une forme d’une langue

i®ure représentée par telle ou telle autre langue subsistant

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22 METHODE

aujourd’hui ou attestée par de vieux textes, et c’est même vrai-semblable ; on a déja signalé entre l’indo-européen et Ie finno-ougrien ou Ie sémitique des concordances curieuses ; mais aussi longtemps qu’on n’aura pas relevé entre la grammaire indo-européenne et celle d’un autre groupe des coincidences plus nettesnbsp;et plus nombreuses, cette communauté d’origine demeure indé-montrée. Si 1’on arrive un jour a établir une série probante denbsp;concordances entre l’indo-européen et tel ou tel autre groupe, ilnbsp;n’y aura d’ailleurs rien de changé au système; seulement unenbsp;nouvelle grammaire comparée, sans doute relativement maigre,nbsp;se superposera a celle des langues indo-européennes, comme lanbsp;grammaire comparée des langues indo-européennes se superposenbsp;a la grammaire comparée plus riche et plus détaillée des languesnbsp;néo-latines par exemple ; on remontera d’un degré de plus dansnbsp;Ie passé, mais la méthode restera la même.

II n’avait été rencontré jusqu’ici que des langues indo-européennes remontant a un original commun sensiblement un. Mais on peut se représenter que l’lndo-européen commun ait été 1’unnbsp;des dialectes d’un groupe étendu dont les autres dialectesnbsp;auraient disparu. Des textes notes en écriture cunéiforme trouvésnbsp;a Boghazköi, en Cappadoce, et qui datent du xv® siècle av. J.-C.nbsp;environ, offrent une langue, dite a tort hittite, qui, a en jugernbsp;par l’état actuel du déchiffrement, ressernble trop a l’indo-européen pour en être séparée, et en diffère trop pour se laisser consi-dérer comme un développement de la langue représentée parnbsp;l’indo-iranien, Ie grec, etc. II se pose ici un problème nouveau,nbsp;dont les prochaines années apporteront peubètre la solution.

2. La « RESTITUTION » DE l’indo-eurovéen. — La parenté de plusieurs langues une fois établie, il reste a determiner Ie dévc-loppement de chacune depuis Ie moment oii toutes étaient sensiblement identiques jusqu’a une date donnée.

Si la forme ancienne est attestée, ce qui est Ie cas du roman, Ie problème semble au premier abord relativement simple ; onnbsp;determine les correspondances entre la forme ancienne et lesnbsp;formes postérieures et 1’on s’aide de tous les renseignements bis-

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RESTITUTION DE l’iNDO-EÜROPÉEN nbsp;nbsp;nbsp;23

toi’iques pour suivre du plus pres possible les transformations la langue dans les divers lieux, aux divers moments. — Si lanbsp;forme ancienne n’est pas connue, ce qui est Ie cas des vieillesnbsp;langues indo-européennes, on n’a d’autre ressource que de determiner les correspondances qu’on peut constater entre les formesnbsp;lias diverses langues. Au cas oü les langues ont tres fortementnbsp;ilivergé et oü les correspondances sont rares et en partie incer-^ines, on nepeut guère faire plus que de constater la parente.

our les langues indo-européennes, les circonstances sont heureu-®6ment plus favorables ; ces langues présenten! en effet des concordances nombreuses et précises; deux d’entre elles, l’indo-iranien et Ie grec, sont attestées a date assez ancienne et sous une rme assez archaïque pour que l’on puisse entrevoir ce qu’a dünbsp;clio 1 indo-européen. Le système de toutes les coincidences pré-®6ntees par les langues indo-européennes permet ainsi une étudenbsp;méthodique et détaillée.

fln exemple tiré des langues romanes donnera une idéé du procédé employé. Soient les mots :

italien

pera

tela

vero

pelo

espagnol

pera

tela

vero

pelo

sicilien

pira

tila

vim

pilu

vieux francais

peire

teile

veir

peil

(fr. mod.

poire

toile

voirc

poil)


^1 connu par la comparaison des grammaires que ces langues ®°iit parentes, on a ici quatre mots de la langue commune, ennbsp;ospece, du « la tin vulgaire » ou « roman commun »; la voyellenbsp;quot;iccentuée étant la mème dans les quatre, on peut poser qu’on anbsp;ce a Une voyelle de cette langue, voyelle qu’on définira par

correspondances:

it.

On

: esp. e = sic. i — v. fr. ei (fr. mod, ot).

Pourra convenir de désigner par e fermé le phoneme défini Ont correspondance. Mais certains dialectes de Sardaignenbsp;^me part, pira, pilu, et de l’autre, veru; comme la diffé-cotre i et e ne s’explique pas par Pinfluence des articulations

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2.4 METHODE

voisines, elle dolt être ancienne, et l’on est amené a poser deux correspondances distinctes :

- V. fr. ei ¦ V. fr. ei

sarde i = ii. r = esp. r = sic. i-. sarde r = it. e=esp. rr^sic. i:

On distingue ainsi deux sortes dV ferme du latin vulgaire. Si Ie latin n’était pas connu, on ne pourrait aller plus loin, et lanbsp;grammaire comparée des langues néo-latines n’autorise aucunenbsp;autre conclusion. Le hasard qui a conserve Ie latin justifie cettenbsp;conclusion en la précisant : le premier e ferme represents un inbsp;bref du latin ancien : pira,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le second est un ancien r long:

uêrum, tèla.

La grammaire comparée des langues indo-européennes est dans la situation oü serait la grammaire comparée des languesnbsp;romanes si le latin n’était pas connu : la seule réalité a laquellenbsp;die ait affaire, ce sont les correspondances entre les langues attestées.nbsp;Les correspondances supposent une réalité commune ; mais denbsp;cette réalité on ne peut se faire une idéé que par des hypotheses,nbsp;et par des hypothèses invérifiables : la correspondance seule estnbsp;done objet de science. On ne peut restituer par la comparaisonnbsp;une langue disparue: la comparaison des langues romanes nenbsp;donnerait du latin parlé au rv'siècle ap. J.-C. ni une idéé exacte,nbsp;ni une idéé compléte ; il n’y a pas de raison de croire que lanbsp;comparaison des langues indo-européennes soit plus instructive.nbsp;On ne restitue pas réellement 1’indo-européen.

Ceci posé, il est permis, pour abréger le langage, de désigner par un signe chaque correspondance définie. Soit par exemple:

skr. mddhu « miel » et « hydromel » = gr. péOu, cf. v. isl. migdr (v. h. a. meto')

skr. adhat « il a posé » = arm. ed, cf. gr. sOïjxs, got. (ga-)-de-ips « action »

il résulte de la une correspondance :

(i) skr. dh — gr. 9 = arm. d = germ, d (got. d, v. h. a. t) Soit maintenant:

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RESTITUTION DE L INDO-EÜROPEEN 25

«je porte », arm. berem, got. haira, gr. ^opw ^bhah (( nuage » = gr. vétpc?, cf. v. sax. «gja/

résulte de la une correspondance :

skr. bh = gv. 9 = arm. b = germ. b.

pourra convenir de designer la première par dh, la seconde bh, puisque sans doute il s’agit d’occluslves sonores, 1’unenbsp;tale, I’autre labiale, suivies ou accompagnées d’une certainenbsp;®fticulation glottale; mais les correspondances sont les seuls failsnbsp;Positifs^ et les « restitutions » ne sont que les signes par lesquelsnbsp;°tt expriine en abrégé les correspondances.

^ La régularité des correspondances que fait attendre le principe ® la Constance des « lois phonetiques » est souvent troublée ennbsp;®Pparence. A part les anomalies dues a 1’analogie, a I’emprunt,nbsp;y a deux grandes causes d’irrégularités apparentes:nbsp;t Deux phonemes anciennement distincts se confondentnbsp;°tivent; on a vu comment t et é du la tin aboutissent dans lanbsp;part des langues romanes k un même résultat; a un seul pho-fé ^’une langue, d’autres repondent par deux phonèmes dif-®tits ; ainsi en iranien, en baltique et en slave, en celtique, lenbsp;tteme d qui répond au système:

skr. dh = gr. G = arm. d=germ. d

pond aussi au système:

skr. d = gr. 2= arm. f = germ, t

V. si. darü « don » répond a gr. Swpov, comme ^ ^edu « miel, hydromel » a gr. [asGu.nbsp;la ^ phonème peut avoir deux traitements distincts suivantnbsp;tialT^^^'^” ‘jn’il occupe ; en latin par example, c’est ƒ qui, a I’ini-le ’nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a skr. bh = gr. 9, mais entre voyelles on a ^; de la

^ontraste de ferö et de nebula.

Sou nbsp;nbsp;nbsp;de ce second principe oblige a des combinaisons

quot;lie ^ nbsp;nbsp;nbsp;delicates. Ainsi quand on rapproche got. WwJflw

®) skr. bandhdh « lien », bdndhuh « parent », gr. revGepc?

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20 nbsp;nbsp;nbsp;MÉTHODE

« beau-père du cóté maternel » (littéralement « allié »), on est lente de poser une correspondance :

(4) nbsp;nbsp;nbsp;skr. 4 = germ. 4 = gr. x

qui supposerait un phoneme particulier *b^; car elle est différente de celles qu’on observe par ailleurs ;

(1) nbsp;nbsp;nbsp;skr. 44 = germ. 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;= gr. 9

(2) nbsp;nbsp;nbsp;— b = - pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;= — P

(3) nbsp;nbsp;nbsp;/(resp.è):

Mais, si 1’on se souvient que, en Sanskrit et en grec, une aspirée en dissimile une autre (Ie fait est antérieur aux plus anciensnbsp;textes), on voit que skr. bandhah, bandhuh peuvent représentefnbsp;de plus anciens *bhandhdh, *bhdndhuh, et que gr. xevOepós peutnbsp;représenter un plus ancien *i}gt;£v6spi? ; et comme, en dehors des casnbsp;oü il y a deux aspirées dans Ie mot, il n’y a pas de correspondancenbsp;skr. 4= germ. 4 = gr. x, il n’y a lieu de poser ici aucun phoneme indo-européen distinct.

Compte tenu des traitements particuliers a chaque langue, uU phoneme indo-européen est délini par un systèrae régulier denbsp;correspondances. Le nombre de ces systèmes indique Ie nombrenbsp;minimum de phonemes indo-européens distincts; l’indo-euro-peen en a pu distinguer d’autres, mais la grammaire comparéenbsp;n’a aucun moyen de les determiner et n’a d’ailleurs pas intérèt anbsp;le faire, puisque son objet n’est pas la chimérique restitutionnbsp;d’une langue disparue, mais 1’examen méthodique des coincidences entre les langues attestées.

En morphologie on procédé de la même manière. Ainsi désinence de 3' personne sing, primaire active du présent athé-matique est skr. -li, gr. --et (dialect, -jt), v. russe -tï, v. lit. 4i)nbsp;eelt. *-ti, lat.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;si l’on est une fois convenu de désignet

par le phonème défini par la correspondance skr. t = gr-r = balto-slave t, etc., et par *i le phonème défini par la corres-pondance skr. i = gr. t=v. russe i = lit. etc., on peut dim que la désinence en question est i.-e. *-ti: skr. ds-ti « il est »gt;nbsp;gr. èVtt, V. russe jes-tï, v. lit. es-ti, got. is-t^ lat. es-t; rexempl®

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RESTITUTION DE L INDO-EUROPEEN nbsp;nbsp;nbsp;27

*1^1 vient d’être cite permettrait de mème de définir un thème Verbal {nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

^ nbsp;nbsp;nbsp;est en même temps une racine) i.-e. *es-.

lèl nbsp;nbsp;nbsp;coincidences résultent de developpements paral-

dans plusieurs langues et des lors ne prouvent pas pour *ndo-europeen; ainsi la i™ personne sing, primaire active dunbsp;Pi'^sent du verbe « porter » est: skr. bhdrami, serbe bèrêm, arm.nbsp;et Ton serait tenté de conclure de la que, dans les verbesnbsp;‘ ® Ihematiques (les verbes grecs en -w), cette personne étaitnbsp;®ractérisée par une désinence *-mi; mais ceci est contredit par lenbsp;P® gathique bara, gr. ospo), lat. few, got. baira ; et en effet onnbsp;^ instate que est une addition récente dans toutes les formes;nbsp;p, T'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n’a pas *-mi, et blrêm n’apparalt qu’au cours de

et 1 nbsp;nbsp;nbsp;serbe ; le vieil irlandais a do-biur, qui suppose *bherö,

p ^ nbsp;nbsp;nbsp;V. irl. berim, souvent citée, est au moins incertaine;

bereni ne prouve rien pour diverses raisons dont le détail trop long a donner ; enfin le type gathique bard suffit anbsp;•¦er que skr. bhdrdmi ne représente pas la forme indo-ira-'innbsp;nbsp;nbsp;nbsp;done utiliser une correspondance qu’après

du nbsp;nbsp;nbsp;serrée. Des formes anomales et isolées, comme est

Uiais

.JA.A AAAAA ^AAAVAAA VA AA AA AJA.AAA.AA. AAA AAAA.A A. AA A AAAAAAAAA.

^ 'quot;^ut que représentant du type, et le rapprochement de dor. ^P-Vki avec skr. bhdranti « ils portent » ne prouve pas spéciale-qu’^*^ ^ ®**®tence d’une forme i.-e. *bhéronti; il ne peut servirnbsp;du ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d’une manière générale, la structure des verbes

j,„ 'quot;^P® de gr. (pipw, skr. bhdrdmi. Les formes doivent être p °®uees, non pas une a une, mais système a système.

®ur Se former une idéé juste de l’indo-européen, il importe restituer » autant qu’il est possible des mots particuliers denbsp;proc^d^'^ ®®us bien défmis, et 1’on y réussit souvent. Mais lenbsp;^ypenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;comparaison met surtout en évidence des

de p nbsp;nbsp;nbsp;de formation, ce qui entraine un caractère abstrait

eu nbsp;nbsp;nbsp;même ou 1’on parvient a poser des mots indo-

^puens, c’estle système qui doit ressortir avant tout.

^®'^ulté grave résulte ainsi de ia méthode même. Une une langue historiqiiement attestée ne peut passer pour

et ist du gotique, peuvent être rapprochées une a une ; une forme qui fait partie d’un système ne doit être utilisée

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28 METHODE

surenient ancienne que si elle n’est pas susceptible d’avoir été faite en vertu du système general de la langue oü elle est attestée-Ainsi lat. est: sunt et got. ist : sind sont sürement anciens pareenbsp;que Ie procédé par lequel ces formes sont obtenues est étrangernbsp;au latin et au gotique. Mais la comparaison de gr. ayw et de lat-agö ne prouve que pour 1’ensemble du type de ces premièresnbsp;personnes, paree que ces deux formes sont conform es au para-digme général du grec et du latin. Par suite, on ne peut restituernbsp;un mot indo-européen ou une forme indo-européenne avecnbsp;certitude que dans la mesure oü la formation de ce mot, la structure de cette forme sont devenues anomales. C’est surtout avecnbsp;des anomalies de 1’époque hlstorique qu’on restitue la regie denbsp;1’époque indo-européenne. Les formes régulières de l’indo-euro-péen ne survivent encore a 1’état de normes, a l’époque histo-rique, que dans un petit nombre de cas. La « restitution » denbsp;rindo-européen doit permettre d’expliquer les systènaes attestésnbsp;ü date historique; mais chacun de ces systèmes est une créationnbsp;nouvelle, et Pon serait loin de la vérité indo-européenne ennbsp;cherchant simplement a dégager de ce système les parties communes ; il faut se représenter Ie développement entre l’indo-européen commun et chaque langue.

L’ensemble des correspondances phonétiques, morphologiques et syntaxiques permet cependant de prendre une idéé généralenbsp;de l’élément commun des langues indo-européennes; quant aUnbsp;détail, soit de l’indo-européen, soit du développement de l’indo-européen entre la période d’unité et les formes historiquementnbsp;attestées de chaque langue, il échappe nécessairement dans un®nbsp;large mesure.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•

Du reste, une notable partie des faits indo-européens doH échapper paree que les seules langues connues k date anciennenbsp;et sous une forme archaïquè sont un dialecte oriental, Tindo-iranien, et un dialecte central, Ie grec. Les langues de l’Ouestnbsp;sont connues a des dates plus tardives, et sous une forme plusnbsp;altérée. La comparaison de 1’indo-iranien et du grec ne révèle paSnbsp;tout de rindo-européen. Par exemple on a pu croire longtempsnbsp;que la désinence en -r a valeur passive était une propriété de

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RESTITUTION DE L INDO-EUROPEES 39

RESTITUTION DE L INDO-EUROPEES 39

I’italo-c


¦celtique; la découverte du « tokharien » en a montré Ie ^aractere indo-européen. Le fait que I’on n’a pas de formes trésnbsp;^ï'chaïques des dialectes occidentaux entraine une grande imper-'on dans la connaissance de l’indo-européen.

plus,rindo-européen n’est connu que par les formes qu’ont Portées sur des domaines de plus en plus étendus des groupesnbsp;^onquérants. G’est une langue de chefs et d’organisateurs imposéenbsp;P®*quot; le prestige d’une aristocratie. La part familière ou vulgairenbsp;® la langue ne s’est conservée que dans une faible mesure.

somme, ce que fournit la méthode de la grammaire com-Paree n’est jamais une restitution de l’indo-européen, tel qu’il a ® Parlé: c'est un systéme défini de correspondances entre des languesnbsp;^^oriquement attestées. Tout ce qui est exposé dans Ie présentnbsp;*^*^vrage, sous quelque forme que ce soit, doit être entendu ennbsp;^ aens, même dans les passages oü, pour abréger, l’indo-euro-paen est posé comme connu.

j ous le bénéfice de cette réserve, la grammaire comparée est . a forme qu’affecte la grammaire historique pour les parties dunbsp;aioppement linguistique qui ne peuvent être suivies k 1’aide

a documents.

Toute grammaire historique est du reste avant tout compa-^®hve, car, même pour les langues les mieux connues, il s’en de beaucoup que le détail de l’évolution de chaque parlernbsp;attesté par des textes, et l’on ne peut utiliser les diversesnbsp;attestées, surtout dans les parlers locaux, que par lesnbsp;procédés comparatifs. Même la linguistique romane recourt a lanbsp;l^^thode comparative qui seule permet d’apprécier la valeur etnbsp;j,. ^'unification des formes des vieux textes. En effet, commenbsp;'®nropéen, le « latin vulgaire » sur lequel reposent lesnbsp;ftUes romanes n’est determinable que par l’examen des corres-divnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nntre les formes postérieures ; les textes latins des

époques fournissent des précisions et des controles; mais ®®nlement par la comparaison des parlers romans qu’onnbsp;des ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;systéme et utiliser les données des manuscrits et

maïs

inscriptions et les témoignages des grammairiens. La con-nce du latin apporte aux romanistes des commodités ;

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3o MÉTHODE

c’est la comparaison seule qui donne une base de démonstration-A la 3' personne du pluriel du perfectum, Ie latin écrit offr® dlxère, dlxérunt et dlxèrunt; seule, la comparaison de forme®nbsp;romanes telles que v. fr. distrent enseigne quelle était la formenbsp;romane commune. II peut y avoir une grammaire historiquenbsp;d’une langue écrite; pour des langues parlées, il n’y a qu’unenbsp;grammaire comparée.

Toutefois, ce qui fait roriginalité et la difGculté de Ia gram-maire comparée générale des langues indo-européennes, c’est qu’elle ne dispose d’ancun moyen autre que la comparaison.

Les définitions qui viennent d’etre données éliminent dès 1’abord deux conceptions erronées et contraires a 1’esprit de lanbsp;méthode;

iquot; On a longtemps cru que l’indo-européen était une langue primitive : on entendait par la que la grammaire comparée per-mettait d’entrevoir une période « organique » oü la langue senbsp;serait constituée et ou sa forme se serait établie. Mais l’indo-europeen n’est pas par rapport au sanskrit, au grec, etc. aulrcnbsp;chose que ce qu’est Ie latin par rapport a l’italien, au francais,nbsp;etc. ; la seule difference est qu’on ne possède aucun témoignage,nbsp;ni direct ni indirect (par voie comparative), qui enseigne rien surnbsp;Ie préindo-européen. Assurément les populations qui parlaientnbsp;l’indo-européen devaient être a un niveau de civilisation analoguenbsp;a celui des nègres de l’Afrique ou des Indiens de l’Amérique dunbsp;Nórd : mais les langues des nègres et des Indiens n’ont rien denbsp;« primitif » ni d’ « organique » ; chacun de leurs parlers a unenbsp;forme arrêtée, et Ie système grammatical — dont les types sontnbsp;du reste trés varies — en est souvent délicat et complexe. Lanbsp;grammaire comparée des langues indo-européennes ne fournit pasnbsp;la moindre lumière sur les commencements du langage. L’indo-européen n’est sans doute pas plus ancien et, en tout cas, pasnbsp;plus « primitif » que l’égyptien des pyramides et Ie vieux baby-lonien (accadien).

2“ Sans avoir 1’illusion que la grammaire comparée puisse rien révéler sur la manière dont s’est constituée une langue, ou

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RESTITUTION DE l’iNDO-EUROPÉEN nbsp;nbsp;nbsp;31

souvent de donner des formes indo-européennes des expli-•^^tions historiques. Par exemple on s’est demandé si les dési-^®nces personnelles des verbes ne sont pas d’anciens pronoms ^uflixes OU si les alternances vocaliques telles que celle de

ne seraient pas dues a certains changements phonétiques. ^ 'S) pour vraisemblables qu’elles soient en partie, les explicationsnbsp;genre n’en échappent pas moins a toute démonstration. Ennbsp;On ne peut expliquer historiquement une forme que par unenbsp;j plus ancienne; or, ce qui manque ici, ce sont précisémentnbsp;formes plus anciennes : non seulement elles ne sont pas attes-) maïs on ne peut les « restituer » par aucune comparaison :nbsp;aura Ie moyen d’expliquer historiquement l’indo-européennbsp;dans la mesure oü 1’on en aura démontré la parente avecnbsp;^litres families de langues et oü l’on pourra poser ainsi desnbsp;ystèmes de correspondences, et, par ce moyen, prendre unenbsp;lo^® période préindo-européenne. Ge que 1’on sait du déve-Ppement des langues montre que les faits sont trop complexesnbsp;g^p*^ laisser deviner ; il serai t puéril d’expliquer Ie francaisnbsp;•j ne connaissait ni les au tres langues romanes, ni Ie latin ;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 est pas moins d’expliquer l’indo-européen, et c’est plus

rae, puisqu’on ne possède pas l’indo-européen mème, mais ^'ilement des systèmes de correspondences qui en donnent indi-®*^leinent une idéé. Les hypotheses qui ont été faites pour expli-'1'^^r Ie détail de la flexion indo-européenne seront done passéesnbsp;^'^us silence.

n envisagera ici qu’une chose : celles des concordances les diverses langues indo-européennes qui supposent d’an-qui ^®rmes communes ; c’est l’ensemble de ces concordancesnbsp;^onstitue ce que l’on appelle l’indo-européen.

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CHAPITRE II

LES LANGUES INDO-EUROPÉENNES

Dans chacune des divisions du groupe social oü elle est parlée, une même langue présente certaines particularités de prononcia'nbsp;tion, de grammaire et de vocabulaire. Ge fait ést universal; oHnbsp;doit done considérer comme certain a priori que, même au temp®nbsp;oü 1’indo-européen ne formait a proprement parler qu’une languenbsp;et oü ceux qui l’employaient n’étaient pas encore disperses, lesnbsp;parlers indo-européens offraient entre eux des differences.

Quand on observe Ie développement des idiomes historique' ment attestés, on reconnait que la plupart de ces particularitésnbsp;ne sont pas propres è une seule localité, mais se retrouvent dansnbsp;plusieurs groupes d’hommes voisins les uns des au tres. Pa*quot;nbsp;exemple la prononciation e de Va accentué latin (chanter répon'nbsp;dant a cantdre') se retrouve dans tous les parlers du Nord de lanbsp;France; de même la prononciation v An p latin entre voyellesnbsp;OU phonemes de caractère semi-vocalique (chêvre répondant énbsp;cciprd). Mais chacune de ces particularités a ses limites propres Inbsp;par exemple Va latin accentué est représenté par e dans des par-Iers oü Ie p latin entre voyelles ou éléments vocaliques est repré'nbsp;senté non par v comme dans Ie Nord de la France, mais par inbsp;comme dans Ie Midi : tel parler situé a la limite des parlers sep'nbsp;tentrionaux et méridionaux de la France a, dans Ie mot lat-cdpra, e comme Ie frangais chêvre et b comme Ie provengal cabrtt;nbsp;et dit iyeè. On dresse ainsi des cartes de France oü est marqué®nbsp;la limite propre de chacune des innovations de prononciatioO»nbsp;de grammaire ou de vocabulaire qui s’élant produites au cour®

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DIALECTES nbsp;nbsp;nbsp;33

la^ ^ nbsp;nbsp;nbsp;de la langue latine sur Ie territoire frangais, y ont

leur trace. Les particularités des parlers indo-européens de même chacune leurs limites géographiques, et l’on ennbsp;^6connait aujourd’hui encore des indices : ainsi les gutturalesnbsp;autrement dans les parlers d’oü sont sortisnbsp;danbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1’arménien, 1’albanais, Ie baltique et Ie slave que

p nbsp;nbsp;nbsp;d’ou sont sortis Ie grec, Ie germanique, Ie celtique,

°®co-oinbrien et Ie latin; après r et k, la consonne s est repré-les nbsp;nbsp;nbsp;'iido-iranien, en baltique, en slave autrement que dans

autres langues ; les types de verbes tels que gr. -cstvoj et de slav^*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr. tóvo^ jouent en indo-iranien, en baltique, en

idi ^ nbsp;nbsp;nbsp;grand róle, un trés petit dans les autres

de véd. hhaye. « je crains », hhimah « redoutable », yente « ils craignent », persan blm « crainte », v. sl. bojgnbsp;‘ je crains » lit. bijaüs « ie crains », baimé « crainte », v.nbsp;fair • ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» (v- h. a. bibèn « trembler » n’a rien a

Ual’^ j d’autres n’existent qu’en germanique, celtique et ainsi lat. uastus, irl. fas « vide », v. h. a. wmsii

quot;^vüst».

et ’ ^®^ucoup de mots sont communs au baltique, au slave ¦ ^ ^ ^ndo-iranien et ne se retrouvent pas ailleurs, jaar exemple

Jyi ,.

des

^wactères communs : on appelle dialede un ensemble de desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;identiques les uns aux autres, présentent

rdinaire un certain nombre de parlers locaux présentent

Purlers

‘onien

ne forme pas pour cela une unite, et, en fait, Ie j^^j^^.*^^^^^°^isndifrérait de celui d’Argos, de celui de Gortyne, etc.

^ectes n’ont pas de limites définies, puisque chacune de pnrticularités a son extension propre; on ne saurait dire oünbsp;dialectes frangais du Nord et ou finissent les dia-

communes et un air général de ressemblance ion;„ ^ sujets parlants. On oppose ainsi en grec Ie dialectenbsp;dialecte dorien, au dialecte éolien, etc.; mais Ie dorien

Ip ,. ^gfemps qu’il n’intervient pas d’accidents historiques,

^ lt;fialectps nbsp;nbsp;nbsp;.1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;______ _i________ 1.

Jeurs

'^ntutQ,

^^^tes ru ^ * 1* nbsp;nbsp;nbsp;*

Uignj. T ®^*dionaux; certains groupes gallo-romans sont franche-

^nues ¦ nbsp;nbsp;nbsp;d’autres franchement du Midi, mais il y a des

intermédiaires. Seuls des accidents historiques déterminent

Meillet. nbsp;nbsp;nbsp;3

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34 LES LANGUES IADO-EUROPÉEA’NES

Ia creation de frontières nettes : Ie langage de Paris tend 4 se répandre sur toute la France ; il vient ainsi a la rencontre denbsp;forme du toscan sur laquelle repose 1’italien littéraire et qui tendnbsp;4 se répandre sur toute 1’Italie : il y a dès lors contact de deu*nbsp;dialectes autrefois séparés, et la limite peut être tracée avec pr^'nbsp;cision, tandis que, entre Ie parisien et Ie toscan, les parlefSnbsp;locaux présentent des transitions souvent insensibles.

Les anciens peuples de langue indo-européenne n’écrivaieP^ pas, surtout les choses religieuses, et, même après que Ie contadnbsp;s’était établi avec des peuples qui écrivaient, ils ont évité l’usag®nbsp;de l’écriture : les druides, par exemple, n’écrivaient pas; 1®®nbsp;premières inscriptions de l’Inde sont dues a un souverain boud'nbsp;dhiste, et ce sont les religions a prosélytisme, Ie christianisUi®nbsp;et Ie bouddbisme, qui ont fait écrire la plupart des langues indo'nbsp;européennes.

Les dialectes indo-européens n’ont done été fixés par l’écrituï® qu’a des dates oü depuis longtemps les groupes de population*nbsp;qui les parlaient s’étaient séparés, oü chacun des dialectes avadnbsp;subi dans son développement isolé des changements profond*nbsp;inconnus a tous les autres, oü les idiomes ainsi constituc*nbsp;s’étaient étendus par emprunt a de nouveaux groupes d’homfflO*’nbsp;oü, en un mot, il s’était constitué, avec des éléments d’origi**®nbsp;indo-européenne, des langues communes de type nouveau.nbsp;distinction ne présente ainsi aucune difliculté, et Ie nombre de*nbsp;groupes indo-européens conserves ne prète nulle part a contest^'nbsp;tion. Outre Ie « tokharien», dont on a récemment trouvéen A**®nbsp;centrale quelques textes, ce sont: 1’indo-iranien, l’arménien,nbsp;baltique et Ie slave, l’albanais, Ie grec, Ie germanique, Titaliq'’®nbsp;(latin et osco-ombrien) et Ie celtique.

Trois groupes seulement sont connus par des documents sui''*® antérieurs a 1’ère chrétienne ; 1’indo-iranien, Ie grec et l’italici'^®'nbsp;Tous les autres ne sont attestés qu’a partir du momentnbsp;l’apostolat chrétien ou bouddhique y a fixé la langue par écrdgt;nbsp;c’est-a-dire a une date de plusieurs siècles plus basse que cell®®nbsp;des premiers textes des groupes précédents, et après que 1nbsp;fluence des civilisations hellénique et romaine s’est exercée.

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INDO-IHANIEN 35

Quelle que solt l’époque d’oü datent les plus anciens lextes, , '^ue des langues indo-européennes présente un système pho-^®tiqueet morphologique différent du système indo-européennbsp;^urtunun. Ainsi l’indo-iranien a confondu dans Ie seul timbre anbsp;® trois timbres vocaliques a, e. o de 1’indo-européen ; Ie ger-J^^nique et 1’arménlen ont une mutation complete des occlusives;nbsp;j a transformé ou éliminé s et y, deux des phonemes lesnbsp;uuportants de 1’indo-européen. Chacun des groupes est donenbsp;^^ctérisé par des innovations étendu es et systématiques.

'^ur comparer les langues indo-européennes entre elles et les ^Wploygj, ^ restituer » 1’indo-européen commun, Ie fait quenbsp;® langues sont attestées k des dates diverses et a des degrés denbsp;® °Ppement différents crée une dlöiculté. Entre la date desnbsp;te {nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;textes védiques ou iraniens et celle des plus anciens

lituaniens, il y a quelque deux mille ans de différence. *udo-iranien est connu sous une forme archaïque, relativementnbsp;^u type indo-européen, tandis que Ie germanique appa-ph 1^ nioment oü Ie système phonétique et Ie système mor-^Eique avaient entièrement changé. Quand on rapproche unnbsp;d’un fait lituaijien ou d’un fait germanique, il fautnbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;penser è la date respective des fails et a la difiérence des

^ternes linguistiques.

I.

Indo-iranien.

|q^^^*^*^®'i*'anien comprend deux groujses distincts, celui de ^^mbnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;riran. Ges deux groupes présentent un grand

^e p nbsp;nbsp;nbsp;particularités communes et ne different pas plus l’un

Les ^'**^*^® nbsp;nbsp;nbsp;1® haut allemand du bas allemand par exemple.

Ie j^L^'^lations qui les parlaient se désignaient également par

même de l’Iran représente encore ^ fonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ancien : c’est Ie génitif pluriel aryanam qui

Un nbsp;nbsp;nbsp;èran du moyen persan, prononcé ensuite Iran.

antj,g°^ P^®pre correspondant a celui-ci ne se trouve dans aucun ^lecte indo-européen; seuls les dialectes indo-iraniem

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36

LES LANGUES TNDO-EüROPÉENNES

portent done légitimement Ie nom de aryens, et en effet en Alle-magne on désigne correctement par arisch ce qui est appelé ici indo-iranien. Le mot aryen a été évité dans ce livre pour parer anbsp;toute ambiguïté.

I. L’indo-iranien dans l’Inde. — Les plus anciens textes datables ne remontent pas au dela du milieu du iii* siècle av.nbsp;J.-C. ; ce sont les inscriptions du grand souverain bouddhistenbsp;Agoka. Ges inscriptions, qui se trouvent dans les regions les plusnbsp;diverses de 1’Inde et jusqu’en plein Dekhan, présentent desnbsp;rédactions locales qui différent sensiblement suivant les régions,nbsp;mais qui ont ce trait commun de n’être pas en Sanskrit et denbsp;représenter une forme plus récente de la langue : le plus anciennbsp;texte daté de l’Inde n’est pas du vieil indien, c’est du moyennbsp;indien.

On possède des textes non datables, mais qui, par leur langue et par leur contenu, se dénoncent comme antérieurs aux inscrip'nbsp;tions d’Agoka ; ce sont les textes védiques; en premier lieu,nbsp;grande collection des hymnes récités dans les sacrifices par 1’unnbsp;des prêtres, le hotar : ces hymnes, composés en strophes, ontnbsp;formé d’abord plusieurs recueils différents avant d’etre réuni®nbsp;dans le recueil qui est connu sous le nom de Rgveda (Véda deSnbsp;chants); c’est de tous les textes de 1’Inde celui qui a la langu®nbsp;la plus archaïque; mais la forme qu’il présente, pleine de fof'nbsp;mules toutes faites, suppose un développement littéraire antérieufnbsp;et une tradition fixée. Les autres recueils d’hymnes, sans êtr®nbsp;moins anciens au point de vue du fond, ont un aspect moin®nbsp;archaïque au point de vue linguistique; c’est le cas du plus im'nbsp;portant d’entre eux, l’Atharvaveda. Les textes en prose dn*nbsp;brdhmanas oü est exposée la théorie de la religion védique pr®'nbsp;sentent un aspect du Sanskrit plus récent encore. La langue de*nbsp;brahmanas se rapproche de celle dont le grammairien Panini *nbsp;donné les regies et qui, avec de menus cbangements, est devenn®nbsp;celle des grandes épopées, le Mahabhdrata et le Ramayand,nbsp;enfin celle de la littérature artificielle de Pinde ; la littératuf*nbsp;classique, tout entière postérieure au iiP siècle av. J.-C., date

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XNDO-IRAIIIEN nbsp;nbsp;nbsp;87

du

temps Oil l’étage sfinskrit était dépassé dans Ie langage parlé Ie peuple ; ainsi la langue dans laquelle elle est rédigée devaitnbsp;®^istence a une tradition littéraire et grammaticale et ne fournitnbsp;un témoignage linguistique direct et immédiat; les linguistesnbsp;servent done du Sanskrit classique que la oü par hasardnbsp;données védiques font défaut ou dans les Cas oü Ie Sanskritnbsp;^sique réfléchit un type dialectal distinct du védique.

® veda a été compose dans Ie Nord-Ouest de 1’lnde, nom-pg ‘lans Ie Pendjab et la région immédiatement voisine a j ® ¦ Au moins les parties anciennes de ce texte offrent un dia-to *^®l^tivement pur reposant sur des parlers du Nord-Ouest,nbsp;etant déja une langue littéraire fixée et qui porte la tracenbsp;•nfluences dialectales diverses. Les particularités des textesplusnbsp;s proviennent, en partie, de différences dialectales, en par-’ ‘léveloppement linguistique au cours des siècles. Lenbsp;classique n’est qu’un compromis traditionnel et réglénbsp;les grammairiens entre la langue védique et les langues par-surtout a l’Est du domaine du « védique » le plusnbsp;desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aucun texte Sanskrit, on n’a le moyen de définir

Le

‘fférences dialectales exactes.

’^^‘^yen indien est représenté par les inscriptions les plus dh'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;depuis Agoka, par le pali, langue religieuse du boud-

jg du Sud, et par ies textes prakrits ; les prakrits sont des les^*^^* lüléraires employées par certains écrivains, notammentnbsp;dramatiques qui mettent dans la bouebe de leurs per-®cnd^p^* le sanskrit, soit tel ou tel prakrit, suivant leurnbsp;'’Isibl ®°ciale. La langue des plus anciennes inscriptions anbsp;lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;un caractère local, mais sans rigueur; d’autre part

portent pour la plupart des noms locaux, comme “ langue du Maharastra », faurasent « langue dunbsp;tude ^ ^^^f'dsena », etc. Quoi qu’on puisse penser de 1’exacti-locale^'^^^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;textes reproduisent telle ou telle langue

langy* nbsp;nbsp;nbsp;® y trouve presque rien qui ne s’explique par la

idéé d^ ^®^^ue. Les documents du moyen indien donnent une de gy ^®''cloppement de la langue, mais ils ne^ermettent pasnbsp;poser qu’il y ait jamais eu dans Pinde a date ancienne un

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38 LES LANGUES IKDO-EUEOPEENJiES

dialede qui ait différé de celui que représente Ie védique autre-ment que par des détails d’importance secondaire.

Tous les dialectes indo-iraniens employés actuellement dans 1’Inde, de 1’Himalaya a Ceylan (Ie singhalais est un dialedenbsp;indo-iranien), semblent provenir de l’extension progressive anbsp;travers la péninsule de dialectes dont Ie représentant Ie plusnbsp;ancien est Ie texte du jRgveda et qui étaient parlés dans Ie Pendjabnbsp;par les Aryas qui s’y sont établis, ou de dialectes trés voisins-Aujourd’hui encore les dialectes indo-iraniens ne couvrentnbsp;pas rinde entière, et des langues non indo-européennes sontnbsp;parlées, surtout dans les régions les plus éloignées du Pendjab,nbsp;a savoir la cóte oriëntale d’une part et tout Ie sud du Dekhan denbsp;1’autre.

2. L’lNpo-iRANiEN DANS l’Iran. — Ici on rencontre dés Ie début deux langues écrites distinctes, mais assez semblables Fun®nbsp;a 1’autre :

a. Le vuux perse des inscriptions de Darius (rol de 52 2 486 av. J.-C.) et de ses successeurs, qui est la langue de la Per-sis, est écrit en une écriture cunéiforme trés simple ; les inscrip'nbsp;tions de Darius sont les plus anciens textes datés de grandenbsp;étendue qu’on ait d’une langue indo-européenne. De la cbute denbsp;1’empire achéménide a la fondation de 1’empire sassanide, 1®nbsp;langue de la Persis cesse d’etre employee officiellement. EU®nbsp;reparait sous une forme plus récente et beaucoup moins archaïqn®nbsp;dans les inscriptions pehlvies des rois sassanides ; la plus anciennenbsp;qu’on possède est du fondateur même de la dynastie sassanide,nbsp;Artaxsatr i Pdpakan, c’est-a-dire Ardachir (226-241 ap. J.-C.)inbsp;il subsiste de plus une littérature mazdéenne dans le pehlvi qu*nbsp;s’est fixé durant le développement nationaliste qui a immédiate'nbsp;ment précédé l’avènement de la dynastie sassanide ; et on a de-couvert récemment dans 1’Asie centrale des débris de texteSnbsp;manichéens en un peblvi un peu différent, mais sans doutenbsp;a une date un peu moins ancienne, dont la graphic est plquot;®nbsp;simple et plus claire que celle du pehlvi des Mazdéens. Lepersa®nbsp;littéraire apparait lorsque, après la conquête arabe, il s’élève de®

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INDO-IRANIEN nbsp;nbsp;nbsp;Sq

y^asties musulraanes nationales, au ix.' siècle ap. J.-G.; il y a depuis cette date des changements de détail, mais aucunenbsp;siormation de cette langue qui a toujours été celle de la Persenbsp;et qui semble ne reposer que sur ua petit groupe denbsp;P^ders locaux du Sud-Ouest de Tiran.

• Un autre dialecte improprement nommé zend est conservé Ie vieux texte religieux du mazdéisme, VAvesta; TAvesta,nbsp;^^^1 ü ne subsiste qu’une petite partie, n’a été compilé et fixénbsp;manière définitive qu’a Tépoque des Sassanides; on nenbsp;°iinait ni les dates auxquelles les diverses parties ont pu êtrenbsp;frites^ ni Ie pays des auteurs. Le texte cpmprend deux partiesnbsp;j ^•’ctes : d’une part les gdtha, presque toutes en strophes ana-^°oUes aux strophes védiques, et dont Tarchaïsme ne le cède pasnbsp;du .^gveda même, de 1’autre tout le reste du livre, écritnbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;partie, sinon en totalité, en une langue qui n’était pas

ngue usuelle des auteurs, mais un idioine savant, comparable éc uiérovingien ou carolingien. La langue a d’abord éténbsp;® dans Talphabet araméen tres pauvre qu’est encore Talpha-; puis elle a été transcrite, d’après une prononciationnbsp;tranbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tres fautive, dans Talphabet décrit ci-dessus; cette

^inscription a seule été conservée, et elle donne a beaucoup ^^^gards une idéé inexacte de la langue des auteurs anciens denbsp;innbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pehlvi du Nord-Ouest dont on a une idee par les

i'vesti


. Plions en « chaldéo-pehlvi » des rois sassanides et par une des textes en pehlvi manichéen repose sur des parlersnbsp;Pirthes » dont le type n’est pas éloigné de celui de la langue

ique.


^ndépendamment de ces deux lansues écrites anciennes, on

connait i nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;°

fnod nbsp;nbsp;nbsp;moins partiellement un grand nomhre de parlers

employés depuis les vallées du Pamir jusqu’au Kurdi-Q depuis le Baloutchistan et TAfghanistan jusqu’a la mer lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parlers permettent de combler en quelque mesure

'^'ines que laissent subsister Tobscurité et la brièveté des les ^i^tes. Parmi les parlers modernes, Tossète, parlé dansnbsp;gi,^^°*'*'ignes du Caucase, est peut-être un reste de Tandennbsp;P® seyihique^ tout a fait distinct des types perse et avestique

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4o nbsp;nbsp;nbsp;LES LANGUES INDO-EUROPÉENNES

signalés ci-dessus, et dont on n’entrevoit la forme ancienne qu’^ travers quelques noms propres de personnes de la regionnbsp;Pont-Euxin; il est apparenté a la langue des anciens lextes sog'nbsp;diens, récemment trouvés au Turkestan chinois, qui représentaitnbsp;une autre partie du groupe scythique et au yagnobi actuellemeotnbsp;parlé a l’Est de Samarkand ; les premiers textes sogdlens connu®nbsp;remontent au commencement du premier siècle de Tére chré'nbsp;tienne. Les parlers du Pamir forment un autre groupe distinct'nbsp;L’afghan est intermédiaire entre ces parlers et ceux du Sud-Ouestnbsp;auxquels appartlennent Ie vieux perse et Ie zend. En outre, oHnbsp;signale, parmi les textes trouvés en Asie centrale, de nombreiiJ^nbsp;ouvrages écrits en un dialecte iranien oriental de la région mén'nbsp;dionale. Pour étudier Tiranien, Ie caractère fragmentaire et 1*nbsp;brièveté des anciens textes obligent a recourir dans une larg®nbsp;mesure aux textes d’époque moyenne, pehlvis ou sogdiens, et auJ^nbsp;parlers modernes.

L’indo-iranien est de tous les dialectes celui dont les plu* anciens textes ont Ie moins profondément altéré l’aspect généralnbsp;de la morphologic indo-européenne; c’est Ie seul qui permett®nbsp;d’entrevoir Ie róle ancien des racines ; ie seul qui ait conservenbsp;date historique la distinction des buit cas de la déclinaison indo'nbsp;européenne ; etc. C’est pourquoi la grammaire comparée de^nbsp;langues indo-européennes ne s’est constituée que Ie jour oii l’of*nbsp;a rapproché 'l’indo-iranien du grec, du latin et du germaniquC)nbsp;et, sans une sérieuse connaissance des anciens textes de l’indo'nbsp;iranien, il est impossible de poursuivre sur eet ordre de queS'nbsp;tions aucune recherche personnelle ou même d’arriver a possédetnbsp;sur Ie sujet autre chose que des notions générales.

Mais, comme les conquérants de langue indo-iranienne sc sont étendus sur des territoires trés vastes et ont fourni leutnbsp;langue a des populations nombreuses, les parlers de l’Inde et dcnbsp;riran ont commence tres tót a se transformer, et dès avant 1®nbsp;début de l’ère chrétienne, ils étaient a un stade de développementnbsp;pareil a celui que les parlers romans ou germaniques ont atteiu^nbsp;dix siècles plus tard.

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4i

GREC

II. — Le grec.

^ la date ou conimencent la tradition littéraire et la tradition c’est-a-dire du vii' an v' siècle av. J.-C., chacunenbsp;jjjjj,, grecques a son parler propre ; mais ces parlers nenbsp;pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pas assez les uns des autres pour empecher de sentir

gro'^*^^ ^°^^amentale de la langue : un Hellene devait pouvoir en hell'^-^ comprendre en un point quelconque du doniainenbsp;®niqne La repartition des groupes dialectaux est la suivante :nbsp;lonien-attique. — a. L’ionien était employe : dans la Dode-ceu ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mineure : Herodote y distingue quatre dialectes,

^ de Milet, d’Ephese, de Samos et de Chios, que les textes Unenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;connus ne permettent pas de caracteriser, — dans

P8rtie des Cyclades : Paros, Thasos, Naxos, Ceos, — dans I^ubée^ et en outre dans de nombreuses colonies, jusqu’ennbsp;y les inscriptions indiquent peu de particularités propres anbsp;par'^dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cites. Le dialecte ionien a été écrit dès le vii' siècle

dès 1 nbsp;nbsp;nbsp;tels que Archiloque de Paros et Callinos d’Éphèse,

par des prosateurs, notamment Herodote (environ 484-^ond*' nbsp;nbsp;nbsp;Comme Plonie a été la première partie du

Ig nbsp;nbsp;nbsp;a développer une forte civilisation, elle présente, dès

et nbsp;nbsp;nbsp;tradition, une langue commune qui seule estécrite

dissimule la plupart des particularités locales, est*^ ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;est a beaucoup d’égards proche de I’ionien; il

av nbsp;nbsp;nbsp;P®r de nombreuses inscriptions depuis le viP siècle

}g^ nbsp;nbsp;nbsp;par une riche littérature en vers et en prose dont

monuments attestent encore une influence ionienne.

1^ forme attique que le grec est cité ici suivant 1’usage; ijjaj^i'!'^^ du reste le seul parler grec qu’on connaisse d’unenbsp;20 ®®^®iWement compléte.

bien nbsp;nbsp;nbsp;Cypriote. — Les inscriptions dialectales de Cypre,

dy nbsp;nbsp;nbsp;remontent pas pour la plupart au dela du iv' et

difïéreJ'-C., sont écrites dans un alphabet syllabique '^lérêt^ ^ alphabet grec ordinaire et présentent par 14 unnbsp;®p6cial. L’arcadien a quelques traits communs avec I’io-

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42 LES LAT^GEES INDO-EEROPEENNES

nien. Le pamphylien, dont on a quelques inscriptions, appartien^ au même groupe que l’arcadien et le Cypriote.

3quot; Parlers du Nord-Est (Béotie, Thessalie, Lesbos et villes éoliennes d’A-sie Mineure). — Les poètes lesbiens, Alcéeet SaphOjnbsp;qui écrivaient a la fin du vii® siècle av. J.-C. et au commence'nbsp;ment du vi*’, ont employé le parler de leur ile natale, Lesbos ¦nbsp;c’est le dialecte littéraire éolien. Corinne a écrit en béotien aHnbsp;v' siècle av. J.-G. Le thessalien etle béotien sont surtout conmJSnbsp;par des inscriptions; les inscriptions béotiennes sont remarquable®nbsp;par Ie soin avec lequel Ia prononciation locale y est notée ^nbsp;chaque époque.

4quot; Groupe occidental. — Les parlers doriens différent notable' ment entre eux; l’absence d’un dialecte littéraire constitué d®nbsp;bonne heure a permis a chaque cité de noter la manière locale-Appartiennent au dorien : la Laconic et les colonies laconienneS;nbsp;Tarente et Héraclée — la Messénie — Argos — Gorinthe et seSnbsp;colonies, Gorcyre et Syracuse — Mégare et ses colonies — 1®nbsp;Grète dont chaque localité a ses particularités propres — les ile*nbsp;doriennes : Egine, Gos, etc. Le dorien est surtout connu par de*nbsp;inscriptions dont les principales sont la loi de Gortyne (en Grète)nbsp;et les tables d’Héraclée. Les textes littéraires, peu nombreux, ina^nbsp;conservés, ne donnent qu’une idéé trouble du dialecte. Lalanga®nbsp;de la lyrique chorale est artificielle. II y a eu en Sicile et enltaU®nbsp;une langue commune dorienne dont les fragments d’Epichartne)nbsp;quelques idylles de Théocrite et la prose d’Archimède donneidnbsp;une idéé.

Des parlers du Nord-Ouest (Épirè, Étolie, Locride, PhO' cide, etc.) on n’a que des inscriptions; les mieux connus soa*nbsp;celui de Delphes dont on suit l’histoire depuis le v' siècle a'-J.-G. De VéUen, qui appartient au même groupe, on n’a aussi qa®nbsp;des inscriptions, surtout d’Olympie. Ges parlers se distinguea*'nbsp;peu du dorien.

Les poèmes homériques, l’Iliade et l’Odyssée, dont les parti®* essentielles sont antérieures au reste de la littérature grecqua»nbsp;sont rédigés en une langue littéraire qui a au premier aboi'nbsp;l’aspect général de l’ionien, mais dont le fonds ancien est éoliea

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ITALO-CEr,TIQUE 43

ITALO-CEr,TIQUE 43

- langue homérique ne représente Ie parler cVaucun lieu ni «’aucun moment défmi; elle a conserve par tradition beaucoupnbsp;® vieilles formes eoliennes.

Les parlers locaux n’ont pas subsisté ; des Ie iv' siècle av. -r 1

lan

, il

ae constitue sur la base de I’attique avec une influence

J.-G.

®®nsible, surtout dans le vocabulaire, une langue com-qui élimine progressivement les particularites div 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v-oi'iTi hellenistique que reposent les

parlers du grec moderne.

pen ancien est la seule langue indo-europeenne connue a la même date que jrindo-iranien ; la morphologienbsp;aubnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y est moins bien conservee, mais le vocalisme y a

aiicr**^^ a'aas une forme plus claire; et la connaissance du grec aoin ' surtout d’Homere, n’est pas moins indispensable aunbsp;Paratiste que celle de I’indo-iranien.

III. — Dialectes italo-celtiques.

Trf


%ue^* ^^®arenls entre eux, au premier aspect, les dialectes ita-

dp ., aeltiques semblent cependant avoir passé par une période uevelo


Ppement commun altestee par des particularites singula génitif en -I des themes en -o-, les formes du passif et


^*ares du dé


g^trg^P^^aut, des subjonctifs en -a et en -s- indépendants des verbaux, comme uenam en regard de ueniö et de


etc.


1° Dialectes italiques.

irjjjji groupe de langues indo-européennes autres que l’indo-^'auiie nbsp;nbsp;nbsp;attesté antérieurement a l’ère chré-

sojj|. aelui des dialectes dits italiques. Les langues d’Italie 'lUe 1 ^'otées avec des alphabets d’origine grecque. L’étrus-^ u aucune raison de rattacher a l’indo-européen, n’ennbsp;Ou g j P^^b®) non plus que divers parlers indo-européens dontnbsp;® inscriptions courles et d’interprélation hypothétique :

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44 LES LANGUES INDO-EEROPEENNES

Ie vénète, Ie messapien, par exemple, n’ont rien de commüi' avec ces dialectes, qui ferment deux groupes ; Ie latin et l’oscO'nbsp;ombrien :

iquot; Le latin, représenté par Ie parler de Rome et des environs de la vllle, n’est réellement un peu connu qu’a partir de la second®nbsp;moitié du m® siècleav. J.-C. ; les textes plus anciens, non datés,nbsp;ont peu d’importance; on sait peu de chose des parlers rurauXinbsp;qui, a en juger par les anciennes inscriptions de Préneste, diff®'nbsp;raient notablement de celui de Rome. La langue de la bonn®nbsp;société romaine, toute nourrie de l’influence grecque, est devenu®nbsp;une langue de civilisation, rigoureusement fixée dès avantla fin d®nbsp;l’époque républicaine. Le type en est encore archaïque comnn®nbsp;celui de l’indo-iranien et du grec; mais le développement en e®*'nbsp;relativement avancé; le système plionétique et le système mo®'nbsp;phologique offrent beaucoup de traits nouveaux.

Par l’effet de la conquête romaine, ce latin cultivé est devenn la langue de toute la partie occidentale de l’empire remain ebnbsp;quand Pempire s’est dissous, il s’est développé d’une manier®nbsp;indépendante dans chaque localité; avec la constitution des noU'nbsp;velles nations europénnes, il s’est établi ainsiune série delangu®*nbsp;indépendantes les unes des autres qui représentent autant d®nbsp;formes du latin : l’italien, l’espagnol, leportugais, le francais, 1®nbsp;provengal, le roumain, etc. Depuis le xvr® siècle, la colonisationnbsp;européenne a donné a ces formes récentes du latin une extensionnbsp;nouvelle : le portugais est la langue du Brésil, l’espagnol celle dnnbsp;reste de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale jusqu’au^nbsp;États-Unis au Nord, le frangais est parlé au Canada, en Algen®nbsp;et sur un grand nombre de points d’Amérique, d’Afrique ®^nbsp;d’Asie. Grace a ces extensions successives, la langue de Rofli®nbsp;s’est répandue sur presque toutes les regions du monde.

2“ De Tosco-ombrien, il ne reste que des débris ; a. L’ombrien n’est guère connu que paries tables eugubin®*’nbsp;rituel de sacrifice, non daté, antérieur a 1’ère chrétienne, gravé ®nnbsp;partie avec un alphabet spécial, en partie avec Talphabet latin’

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ITALO-CELTIQUE 45

1’osque on n’a aussi 'que des inscriptions trouvées dans i,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en Lucanie, en Campanie (notamment a Pompéi,

Capoue), et au Nord jusque dans Ie Samnium.

osque et Tombrien different profondément du la tin, tout en iiiant avec lui beaucoup d’innovations communes; ils senbsp;entreeux dans une large mesure. Les divers parlersnbsp;*1168 ont tous cédé la place au latin au commencement de l’ère

'^hrétienne.

jj *'^Pprocbe souvent Ie latin du grec, mais au point de vue ^guistiqug^ Ie latin n’est pas particulièrement proche du grec,nbsp;surnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mesure oü il est une langue de civilisation, calquée

® grec. Et, s’il est un groupe de dialectes que sa préhistoire

lieu de rapprocher de ceux de l’Italie, ce sont les dialectes celtiques

2® Dialectes celtiques.

Les parlers celtiques sont connus en partie d’une manière ^Plete, en partie a une date tardive. On distingue trois groupes:

la r S^rilois, que des expeditions militaires ont répandu sur 3ule et 1’Italie du Nord et jusqu’en Asie Mineure, a été éli-® Partout dès les premiers siècles de l’ère chrétienne; il n’ennbsp;textnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lexte étendu ; les noms propres conservés dans les

grecs et latins permettent cependant d’avoir quelque idéé *^onTnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dont l’aspect est archaïque; les inscriptions,

la principale est Ie calendrier trouvé a Goligny (dans Ie de l’Ain), sont trop rares et trop obscures pournbsp;pénètre la morphologic et la syntaxe.

j ® brittonique, langue de la Grande-Bretagne, a été refoulé *'®lat'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n’est plus représenté que sous trois formes

récentes, représentant un stade de développement °gue a celui des langues romanes :

depuis Ie xi® siècle; trés vivace;

es


Lttér nbsp;nbsp;nbsp;dans Ie pays de Galles, attesté par des textes

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46 LES LANGUES INDO-EUROPEENNES

b. nbsp;nbsp;nbsp;Le cornique, en Cornouaille, connu par un glossairenbsp;xm' siècle el quelques textes a partir du xvquot;; mort depuisnbsp;xviu' siècle;

c. nbsp;nbsp;nbsp;Le breton connu par quelques gloses dès le viiiquot; siècle,nbsp;des textes littéraires depuis le xiv', encore parlé dans les partie*nbsp;rurales de l’Armorique frangaise. Le breton n’est pas un rest®nbsp;du gaulois; c’est la langue d’émigrants venus de Grande'nbsp;Bretagne, surtout au moment de la conquête saxonne.

3quot; Le gaélique, attesté depuis le iy' siècle ap. J.-G. envirof par des inscriptions dites ogamiques, brèves et qui apprenneplnbsp;peu de choses, puis par de nombreuses gloses irlandaises dèsnbsp;vii' siècle après J.-G. et ensuite par une littérature abondante e**nbsp;Irlande ; parlé aujourd’hui encore dans une partie de l’Irlandenbsp;de l’Écosse et dans Pile de Man. L’irlandais est la seule langü®nbsp;celtique qui, sous ses formes les plus anciennes, ait conserv®nbsp;une flexion riche et archaïque. Mais les plus anciens textes étaieU*nbsp;de simples gloses ne resultant pas d’une veritable fixation litte'nbsp;raire ; ils ont du reste été notes a un moment oü la lang®^®nbsp;se transformait rapidement, et oü 1’état ancien s’altérait. Ils son^nbsp;difliciles a utiliser.

IV. — Dialectes germaniques.

Les dialectes germaniques offrent des innovations commune® trés graves : une mutation totale de la prononciation des occlu'nbsp;sives, une flexion spéciale des adjectifs, une structure caracte'nbsp;ristique des verbes. Ils forment trois groupes:

iquot; Le gotique, représenté par les resles de la traduction de Bible qu’a faite l’évêque Wulfila, au iv' siècle ap. J.-G., ave®nbsp;un alphabet soigneusement adapté a la phonétique de la lang^gt;®nbsp;et suivantun système arrêté ; quelques chartes écrites au vi® sièd®nbsp;en Italië sont rédigées a peu pres dans la même langue.nbsp;xviquot; siècle, il y avait encore en Grimée une population parlef*^

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GERMANIQÜE 47

rél^ nbsp;nbsp;nbsp;sans doute gotique dont Ie Hollandals Busbeck a

leure.


® quelques mots ; ailleurs Ie gotique est mort de bonne

2^ T

^ UiC germanique septentrional, représenté tont d’abord par ® brèves inscriptions runiques, dont les plus anciennes nenbsp;®niontent pas au dela du iii' siècle ap. J.-G. II comprend plu-®‘®urs dialectes;

L islandais : les plus anciens manuscrits datent de la fm du ®iecle : c’est la langue conservée dans ces manuscrits qu’onnbsp;'^PPelle vieil islandais et qui est citée d’ordinaire en grammairenbsp;®®parée comme Ie représentant du germanique septentrionalnbsp;Qorrois.

di^ norvégien, tres proche de 1’islandais, qui n’en est qu’un et attesté a peu pres a la même date.

Le suédois.

Le danois.

30 T

u,e germanique occidental, moins un que le germanique P^fintrional. On y distingue :

des nbsp;nbsp;nbsp;allemand, qui n’a lui-même aucune unite ; cbacun

^ ^ textes représente un parler différent; du vm' siècle on n’a ? que des gloses ; la littérature commence au ix' siècle: lenbsp;ailenaand proprement dit comprend le bavarois et l’aléma-dicf^' dernier représenté notamment paria régie des Béné-de squot; • Saint-Gall (ix“ siècle) et les oeuvres de Notker, moinenbsp;Cq aint-Gall (x* siècle) ; le franconien est, sous ses diversesnbsp;langue de Trèves, Cologne, Fulda, Würzburg, Bam-1’alf' ^'^y^nce. Francfort, Worms, Spire. Comme l’irlandais,nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;® noté sans système bien arrêté, et il y a autant

Htt’ ‘la langues et de notations que de textes. — L’allemand raire moderne s’est fixé dans des villes de Saxe colonisées aunbsp;fy “8® at repose essentiellement sur des parlers de type

Le bas

anconien.

allemand a pour texte le plus ancien le poème du eomposé vers 83o et conserve dans des manuscrits du

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48 LES LANGüES INDO-EUROPÉENïfES

IX'' et du i' siècles; on désigne sous ce nom la langue de ce poèmc et de quelques autres de date postérieure. La seule langue ofB'nbsp;cielle qui représente aujourd’hui Ie bas allemand est Ie néerlandaisnbsp;OU flamand; mais dans toute la plaine allemande a l’est denbsp;region du Rhin les parlers locaux sont du bas allemand. Lenbsp;néerlandais a été transporté dans l’Afrique du Sud par les anciensnbsp;colons européens, les Boers.

c. Le frison et Ie vieil anglais. La langue des Angles et des Saxons est devenue celle de la plus grande partie de la Grandc'nbsp;Bretagne ; elle est attestée, avec des formes dialectales sensible'nbsp;ment diverses, depuis le ix® siècle, et l’on désigne particuliere'nbsp;ment sous le nom de vieil anglais ou anglo-saxon la languenbsp;d’Aelfred le Grand et d’Aelfric. Les notations et le détail de 1®nbsp;langue varient d’un texte a l’autre. L’anglais est devenu a datenbsp;récente l’idiome de l’Amérique au nord du Mexique, de l’AuS'nbsp;tralie et de beaucoup de régions plus ou moins étendues dans 1®nbsp;monde entier.

V. — Baltique et slave.

II y a ici deux langues distinctes ; le baltique et le slave; l®® nombreuses ressemblances qu’elles présentent entre elles tienneutnbsp;au parallélisme de leur développement autant et plus qu’a un®nbsp;séparation tardive des deux groupes ; car on y rencontre deSnbsp;innovations pareilles plutót qu’identiques. La déclinaison, coU'nbsp;servatrice, est semblable dansles deux groupes, leverbe, novateuf)nbsp;tres différent. Et en effet, ce qui donne au baltique et au slaV^nbsp;leur aspect si curieusement archaïque, c’est, d’une part, lenbsp;que les changements phonétiques n’y ont guère altéré la structuf®nbsp;générale des mots, — moins qu’en grec ancien par exemplenbsp;et, d’autre part, que la flexion nominale y est demeurée trés rich®nbsp;et que, avec presque autant de cas distincts que l’indo-européeflinbsp;la phrase a conservé le type ancien.

et

I. Baltique. — A. Vieux prussien, aujourd’hui mort,

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BALTIQUE ET SEAYE nbsp;nbsp;nbsp;49

seulement par un vocabulaire du xv' siècle contenant 1’pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par une traduction de trois petits catéchismes et de

^cheiridion de Luther (cette dernière datée de i56i).

Letto-lituanien, comprenant deux groupes de dialectes


encore


aujourd’hui parlés :


Le lituanien ; Ie plus ancien texte est seulement de i547 P- J.-C.; les principales differences qu’on observe entre lesnbsp;diverses regions de la Lituanie apparaissent dès lesnbsp;es des xyje gj xvii® siècles et, sauf la perte de quelquesnbsp;Xv enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^a langue actuelle ne diffère que peu de celle du

®iec]e. Le lituanien est remarquable par son aspect d’anti-européenne; on y trouve encore au xvi“ siècle et


^üité indo-^

i ®'^jonrd’hui des formes qui recouvrent exactement des , '^^^es védiqr

gr. ï,,

I nbsp;nbsp;nbsp;'

div nbsp;nbsp;nbsp;uluos. Toutefois, en raison de la date tres tar-


jues OU homériques, par exemple èsti « il est » = skr. OU gyvas « vivant » (y est la notation de i long)


ant nbsp;nbsp;nbsp;connu, le lituanien a un système grammatical

‘ine le système indo-européen; le verbe, en particulier, a une foute nouvelle. Le vieux prussien n’a pas un caractèrenbsp;que, mais il n’est connu que trop imparfaitement,


«^rncturg

archaï,


et


^’ord^*^ ®°ris la forme du lituanien littéraire occidental qu’on cite


faire le baltique en grammaire comparée.


Le letti


e est connu vers la même date, mais sous un aspect ré que le lituanien.


So

Ig ^a forme moderne sous laquelle on les cite ordinairement, Unnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;éf Ié lette, demeurés jusqu’en plein xix' siècle des

ffiles^^ paysans, ne donnent pas moins d’enseignements par ]'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gotique, connus tant de siècles auparavant:

gt; fri peut entrevoir le singulier archaïsme de ces langues.


Slave.

Dili nbsp;nbsp;nbsp;au delè du ix'siècle ap. J.-G., le slave présente

r'ésieurs fl;.,! nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rquot;

^ ^ maiectes qui se repartissent en trois groupes :

orieut méridional. — a. Macédonien et bulgare. Les apótres

de nbsp;nbsp;nbsp;Slaves, Gyrille et Méthode, originaires de la région

f •‘Jf e, et leurs disciples ont traduit au ix® siècle dans leur

Meillet, nbsp;nbsp;nbsp;4


Dès les premiers textes, dont le plus ancien ne


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5o LES LANGDES INDO-EUROPÉENNES

dialecte natal, maïs pour des Slaves de Moravie, 1’Évangile d’autres textes nécessaires au culte et a l’enseignement du chris'nbsp;tianisme ; c’est la langue de ces textes conserves dans quelqu®®nbsp;manuscrits non datés des x'-xi® siècles qu’on appelle vieux sla^®nbsp;et qui représente d’ordinaire Ie slave en grammaire comparée!nbsp;on ne doit pas oublier que cette langue a de nombreuses particü'nbsp;larités dialectales, et il serait erroné de considérer les autre®nbsp;dialectes comme en étant issus ; mais c’est Ie dialecte slavenbsp;plus ancien et Ie plus archaïque qui soit attesté ; il est encore tre®nbsp;voisin du slave commun, et, au moment oü il a été fixénbsp;écrit il était sans doute aisément compris sur tout Ie domaine de®nbsp;parlers slaves. La langue des vieux traducteurs est restée pendao^nbsp;Ie moyen age la langue religieuse et savante de tous les Slave®nbsp;appartenant a l’église d’Orient ; mais elle a pris un aspect spéci®^nbsp;dans chacun des pays oü on l’a employee, si bien qu’il y a n*'nbsp;slavon de Bulgarie, de Serbie et de Russie; par suite aucun do^t'nbsp;ment ancien de ces pays ne peut passer pour représenter exacte'nbsp;ment Ie parler local: la tradition du vieux slave domine toujorr^^nbsp;plus OU moins les écrivains et les scribes. Aujourd’hui encot®nbsp;l’orthographe russe présente des anomalies dues a I’influence d**nbsp;vieux slave. Les parlers de Macedoine et de Bulgarie ont bea^'nbsp;coup divergé les uns des autres; ils sont actuellement les langn®^nbsp;slaves le plus altérées. — Le bulgare littéraire actuel reposenbsp;des parlers différents des parlers macedoniens.

b. Serbo-croate (anciens royaumes de Serbie et de Mofll®quot; négro, anciennes Dalmatie, Bosnië et Croatie ; la plupart de®nbsp;parlers serbo-croates font maintenant partie du royau»’®nbsp;yougoslave).

Slovene! ; a part quelques pages isolées des monuments

e.

Freising, attesté seulement depuis le xv® siècle; les parlers venes (dans le sud de I’ancienne Autriche et un peu en ItaÜ®)nbsp;sont assez différents les uns des autres.

1

B. Husse. — On y distingue le petit russe ou ruthene et grand russe, tres différents I’un de I’autre ; a part le blanc rus®®’nbsp;a I’Ouest, les parlers du grand russe sont restés tres pareilsnbsp;uns aux autres. Le grand russe n’est devenu qu’a date récente

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BALTIQüE ET SLAVE 5l

la


de la plupart des regions oü on Ie parle : Moscou date

de nbsp;nbsp;nbsp;et Nijni-Novgorod a été fondé en 1220 au milieu

j^^^^P'^l^dons mordves (done finno-ougriennes) ; 1’extension du

® aux populations fmnoises du bassin de la Volga se poursuit ncore


est


niaintenant; d’autre part, les limites du russe du cóté de


l’O nbsp;nbsp;nbsp;cesse : en Sibérie il a atteint les bords de

^®cifique, et en même temps il se répand sur Ie versant ^ u Gaucase et en Transcaspie.

^ • Groupe occidental. — a. Tchèque (et slovaque).

• Sorabe de Lusace, parlé seulement par quelques dizaines Jöilliers d’individus.

^°labe, sur Ie cours inférieur de 1’Elbe, dans Ie Hanovre;. *exte ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cours du xvni' siècle ; représenté par divers


d intérieurs a la disparition.


*iot;


Polonais (et divers parlers, trés différents du polonais, irrunent Ie slovince et Ie kachoub).


populations qui parlent ces langues sont ou étaient avant g|,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*’®ne catholiques romaines; par suite les textes tchèques


Héforr


du moyen age qu’on possède sont écrits en caractères dia[ P^®sentent sur les textes de même époque des autres


da nbsp;nbsp;nbsp;slaves 1’avantage d’avoir en général échappé a l’influence

écyj nbsp;nbsp;nbsp;slave et d’être une notation sincere de la langue des

^*ns et des scribes. Mais ils sont en général tardifs.


les dialectes baltiques, les dialectes slaves ont été pi’’ li civilisation médlterranéenne ; ils ont con-ils aspect archaïque, malgré la date relativement basse oirnbsp;’’’estnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et, au moins au point de vue de l’accent qui

^ atip^^* nbsp;nbsp;nbsp;vieux textes, on est constamment amené

da nbsp;nbsp;nbsp;formes raodernes russes, serbes et bulgares. Seule,

®ommun.


^Uve nbsp;nbsp;nbsp;comparaison des divers dialectes permet d’utiliser Ie


VI. — Albanais.


L’alb

inais n’est connu qu’a dater du xvri” siècle, et sous des


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52 LES LAWGUES INDO-EUROPÉENNES

formes extrêmement altérées : la plus grande partie du vocabulaire se compose de mots empruntés au latin, au grec, au turc, au slave, a 1’italien.

Vil. — Arménien.

L’arménien est attesté par une traduction des textes sacrés et par toute une littérature dont la date traditionnelle est Ie v® sièclenbsp;ap. J.-C. ; seule cette langue écrite est connue a date ancienne;nbsp;et les dialectes modernes, qui ne difl'èrent pas assez les uns deSnbsp;autres pour empêcher entièrement les Arméniens de s’entendrenbsp;entre eux, ne supposent pas 1’existence de dialectes nettemeU^nbsp;distincts a la date oü commence la littérature. — On a peU'nbsp;dant longtemps rattaché a tort I’arménien au groupe indo-iranieUinbsp;mais l’arménien a efnprunté de nombreux mots aux pariet*nbsp;parthes de l’iranien.

Les sept groupes qui viennent d’etre énumérés sont represented a la fois par des textes littéraires ou épigraphiques plus ou moiit®nbsp;anciens et par des parlers actuellement vivants. Les trouvaill®®nbsp;faites en Asie centrale ont ré velé Fexistence, avant Ie x® sièe^®nbsp;ap. J.-C., de parlers indo-européens jusqu’ici inconnus, d**®nbsp;« tokhariens n, dont peu de textes sont encore interprétés et doö*nbsp;il serait prématuré de vouloir définir la place, mais qui n’app®*^quot;nbsp;tiennent pas au groupe indo-iranien et qui constituent un group®nbsp;autonome ; les textes conservés de cette langue offrent de't’^nbsp;dialectes dits A et B ; Ie dialecte B était parlé a Koutchanbsp;vii® siècle ap. J.-G.

Des noms propres et quelques inscriptions, d’interprétati®” douteuse, donnent une idéé, tres vague, des dialectes illyricf*'nbsp;notamment du vénète et du messapien (en Calabre). Le peunbsp;1’on sait du phrygien ne permet pas d’affirmer ou de niernbsp;Tarménien soit, comme le disent les anciens, une forme dunbsp;• gien; les rapports du thrace et du phrygien, aussi indiqués Pnbsp;les anciens, ne sont pas mieux reconnaissables avec les do®’'

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EXTENSION DE l’iNDO-EUROPÉEN nbsp;nbsp;nbsp;53

^ents dont on dispose. On n’arrive pas a determiner si Ie macé-'^nien, dont on a des mots isolés, mais pas une ligne de texte est OU non un dialecte hellénique; s’il est vraiment hellé-®^ique, il est en tout cas tres aberrant. Les noms propres et lesnbsp;BIOSes que Pon connait ne suffisent pas a rendre certain que Ienbsp;^ 8'ire soit ou ne soit pas indo-européen. On soupQonnait depuisnbsp;°ögtemps, et la découverte imprévue des textes « tokhariens »nbsp;^ confirmé que nombre de langues indo-européennes ont disparunbsp;®9ns laisser de traces.

Ce qu’on a réussi a déchiffrer des inscriptions lyciennes montre ^Ue Ie lycien est loin du type indo-européen; les autres languesnbsp;^sie Mineure, notamment celle des Lydiens et celle des Cariens,nbsp;®ontpas mieux connues; elles semblent apparentées au lycien.

Le trait Ie plus saillant de Thistoire des langues indo-euro-P®ennes est leur extension croissante; la pénétration de 1’indo-'*'^nien dans Pinde est en grande partie un fait historique; elle Poursuit actuellement; encore au v® siècle av. J.-G., il y avaitnbsp;Crete des populations de langue non hellénique, qu’on appellenbsp;Etéocrétois,' et Pon en possède des inscriptions, dont Ie sensnbsp;inconnu; c’est seulement Ie latin qui a éliminé Pibère de lanbsp;^®*iinsule ibérique, et Ie basque est jusqu’aujourd’hui un témoinnbsp;^Sractère non indo-européen des langues parlées autrefois dansnbsp;^6tte partie de PEurope; enfin Pextension des langues romanesnbsp;^®Pagnol, portugais et frangais), de Panglais et du russe date desnbsp;^®rniers siècles; sur certains points, elle commence seulementnbsp;^®Puis quelques années. La mème ou Pindo-européen a reculénbsp;^^''^ant des langues non indo-européennes, il n’a en général pasnbsp;j ^P^ru : en Asie Mineure, Ie turc n’a éliminé ni Ie kurde (dia-iranien), ni Ie grec, ni Parménien ; et Pimmigration juivenbsp;introduit Pespagnol.

a do


¦angue d’une nation qui avait Ie sens de Porganisation et de

öiination, Pindo-européen s’est impose au loin.

aiiri

Hcun témoignage historique n’indique comment Pindo-p^^°P®nn s’est répandu sur PEurope presque entière et sur une m de l’Asie oü on Ie rencontre dès Ie seuil de Pépoque histo-

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54 LES LANGHES INDO-EUBOPEENNES

rique; les peuples de langues indo-européennes n’ont en effet appris récriture que des peuples de langue sémitlque, et a unenbsp;date oü ceux-ci écrivaient déja depuis de longs siècles. Ils appa'nbsp;raissent pour la première fois peut-être sur une inscription égyp'nbsp;tiennè du xiii'’ siècle av. J.-C. qui relaterait des incursions denbsp;pirates achéens, mais la chose est douteuse; un texte trouvé ennbsp;Cappadoce atteste 1’existence dans une region voisine, au xi^*nbsp;siècle av. J.-G., d’une population qui adorait des divinités indo'nbsp;iraniennes, Indra, Mitra, etc. ; des noms de nombre nettementnbsp;de forme indienne se lisent dans d’autres textes trouvés en Gap'nbsp;padoce et remontant a la date indiquée ; et l’on a de nombreuSnbsp;noms propres qui conflrment cette donnée ; les Perses sou*nbsp;mentionnés parmi les peuples contre lesquels a combattu Ie roinbsp;d’Assyrie Salmanassar III en gSS av. J.-G.

Mais, si aucun texte ne permet de suivre de pres les événe' ments au cours desquels les dialectes indo-européens ont couvef*'nbsp;1’Europe et en partie 1’Asie, il y a lieu de supposer que cett®nbsp;extension s’est opérée comme celles qu’on observe historiqu®'nbsp;ment : par conquête, par infiltration lente, par colonisation eH'nbsp;trainant élimination de la langue des vaincus au profit de ceU®nbsp;des conquérants et des colons; on ne saurait naturellement dir®nbsp;dans chaque cas particulier quelles ont été les parts respective®nbsp;de la colonisation d’une part, de 1’absorption des vaincus d®nbsp;l’autre. De plus un peuple resultant d’un mélange de colons e*nbsp;d’indigènes parlant autrefois des langues distinctes et parvenu ®nbsp;l’unité de langue peut devenir a son tour conquérant et coloU*'nbsp;sateur : ainsi Ie peuple anglais, autrefois de langue celtique et q®^'nbsp;a rcQu Ie germanique des envahisseurs Angles, Saxons et Jute®-La langue, qui dépend d’événements historiques, est done ind®'nbsp;pendante de la race, qui est chose physique; la definition d®®nbsp;langues indo-européennes est précise, mais toute historique ; ®^*^nbsp;implique seulement qu’il a existé durant un certain temps d^®nbsp;populations parlant une mème langue qui avaient une unite d®nbsp;civilisation. La définition d’une « race indo-européenne » p®”®®nbsp;rait ètre obtenue si l’on reconnaissait que certaines populatio*®^nbsp;sont issues de parents ayaht les mêmes particularités anatomiq®®®®’

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EXTENSION DE L INDO-EUROPEEN 55

si a un moment donné ces populations présentaient des ca-^'^cteres anatomiques et physiologiques particuliers; mais il n’y ^ ^ucune raison de croire que les limites des langues indo-euro-P^ennes et d’une race ainsi établie coïncideraient; en fait les po-P'^lations de langue indo-europeenne ont depuis longtemps desnbsp;®®pects différents, et ne possedent aucun caractere physiquenbsp;ptnmun qui les distingue des populations parlant d’autresnbsp;“^gues. On a moins encore le moyen de démontrer que les po-P'llations de langues indo-européennes soient issues d’ancêtresnbsp;^onamuns. On evitera done absolument de parler de races dans cenbsp;''re consacré aux lanmes.

^ Li Unite des faits de civilisation qu’etudie I’archeologie pre-'storique n’emporte pas non plus unite de langue; et, en I’etat ^rtuel des connaissances, il est presque toujours impossible denbsp;''elier les doctrines des archeologues celles des linguistes.

Au surplus, on ne salt ni ou, ni quand, ni par qui a été parlé 'diome qui a abouti aux langues historiquement attestees etnbsp;on est convenu d’appeler l’indo-européen. On a cru long-'quot;ps, sans raison serieuse, que e’etait en Asie; il a paru plusnbsp;^raisemblable ensuite que Findo-europeen a été parlé en Europe,nbsp;pas dans la région méditerranéenne ni a 1’Occident, maisnbsp;les régions du Nord-Est. On recommence maintenant anbsp;j^'Pposer une origine asiatique ; peut-être s’agit il de la région oiinbsp;^ frontière entre FEurope et FAsie est arbitrairement tracée. Onnbsp;. '''erne pensé récemment a FOuest de FEurope. Cette question,nbsp;^'I'Sressante pour Fhistorien, est au fond indifïérente au linguistenbsp;ig ®aurait être résolue par Fexamen de données linguistiques:nbsp;linguiste n’a en effet qu’a interpréter les systèmes de cor-Pondances qu’on peut constater entre les diverses langues ; or,nbsp;1 indo-européen ait été parlé en Europe ou en Asie, ceci nenbsp;^^®nge rien a ces systèmes qui sont la seule réalité saisissable etnbsp;suite le seul objet de la grammaire comparée des languesnbsp;o-européennes.

ri peut, par convention, qualifier de tribus indo-européennes §roupes d’hommes qui parlaient Fidiome « indo-européen »nbsp;Pposé par ces correspondances. Mais, pour une période histo-

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56 LES LANGDES INDO-EUROPEENNES

rique quelconque, ancienne ou moderne, on ne saurait parler que de peuples de langue indo-europécnne; l’expression peupl^^nbsp;indo-européens (ou improprement aryens) est dénuée de sens-Beaucoup — sans don Ie la plupart — des hommes qui actuelle'nbsp;ment parlent une langue indo-européenne descendent de parentsnbsp;qui, a la date oü se parlait 1’indo-européen, avaient une autrenbsp;langue, et l’on ignore quels sont parmi ces hommes ceux qui ontnbsp;parmi leurs ascendants une proportion plus ou moins fortenbsp;ói Indo-européens, et ceux qui sont de purs allogènes. Les expressions de peuples sémitiques, finno-ougriens, etc. sont égalementnbsp;dénuées de sens, comme aussi celle de peuples latins; il y a deSnbsp;langues néo-latines, il n’y a pas de peuples néo-latins ; 11 y a deSnbsp;langues indo-européennes, il n’y a pas de peuples indo-européens-

En l’absence de tout document écrit, on n’a aucun moyen de définir, a quelques siècles prés, la date de séparation des dialecteSnbsp;indo-européens. Mais on ne voit pas pourquoi cette date serait ante-rieure par exemple a celle des plus anciens textes écrits de 1®nbsp;Bahylonie et de l’Égypte; Ie cours du troisième millénaire av-J.-C. peut être admis comme une date plausible : l’indo-eurO'nbsp;péen est la iorme ancienne des langues indo-européennes; ce n’est;nbsp;a aucun degré, on l’a vu, une langue primitive.

De même que Ie frangais est une forme prise par Ie latin, qu® Ie latin est une forme prise par 1’indo-européen au cours du de'nbsp;veloppement historique, l’indo-européen est la forme prisenbsp;une langue parlée antérieurement. Pour 1’expliquer, il faudradnbsp;découvrir d’autres langues apparentées et qui seraient a l’indo'nbsp;européen ce que Ie grec et Ie Sanskrit sont au latin par exempl®'nbsp;si, comme Ie croient certains linguistes, l’indo-européen, Ie sénH'nbsp;tique, Ie caucasique du Sud avec les langues méditerranéenn®®nbsp;du lycien au basque, et Ie linno-ougrien sont issus d’un mêio®nbsp;idiome, il pourrait se constituer une nouvelle grammaire coil*'nbsp;paree pour une période antérieure (cf. p. 22). Mais la preu'''^®nbsp;rigoureuse n’a pas été faite jusqu’a présent, et l’indo-européen e®*nbsp;Ie dernier terme qu’atteigne maintenant sur ce domaine une bl*'nbsp;guistique historique qui exige des démonstrations exactes.

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GHAPITRE in PHONÉTIQUE

PHONEMES.

I. — Les

système phonétique de l’indo-européen comporte trois Oftes de « phonèmes » : i® les consonnes proprement ditesnbsp;^^Qiprenant deux espèces différentes au point de vue du modenbsp;Articulation ; les occlusives et les sifflantes : 2“ les vovelles; 3“nbsp;Aonantes.

I. Occlusives et sifflantes.

Occlusives.

aussi nommées muettes ou momentanées — ®Aractérisées par un arrêt du passage de l’air en un point

occlusives

sont

^'^®lconque de la bouche; au moment oü a lieu 1’occlusion, p ^Aission de l’air s’arrête, c’est Yimplosion ; au moment oü cessenbsp;remission de l’air reprend brusquement, c’est Yexplo-

Si 1

ra pression exercée par la langue sur Ie palais ou par les P°ur réaliser 1’occlusion est intense, les occlusives sontnbsp;ainsi p, t, k en frangais ; si la pression est faible, ellesnbsp;®on douces, ainsi h, d, g en frangais. Si, a un moment quel-depuis l’implosion jusqu’a l’explosion (comprise), l’oc-®st accompagnée de vibrations glottales, la consonne estnbsp;ainsi fr. b, d, g, accompagnés de vibrations dès Ie com-

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58 PHONETIQUE

mencement de I’implosion, ou arm. b, d, g, pourvus de vibrations seulement au moment de I’explosion dans certains dialectes; s’il n’y a pas de vibrations glottaleSj'l’occlusive est sourde, ainsinbsp;fr. p, t, k. Les sonores sont toujours donees et les fortes toujoursnbsp;sourdes, mais I’inverse n’est pas vrai; les Alsaciens par examplenbsp;ont des donees qui ne sont pas sonores. Si remission d’air continue apres I’explosion, sans vibrations glottales, avant quenbsp;voyelle commence, 1’occlusive est dite aspirée; une occlusivenbsp;aspiree ést ordinairement douce.

Si 1’occlusion est produite par le rapprochement des levres, on a des lahiales; si elle Test par le contact du bord de la languenbsp;et du palais, des dentales; si enfin elle Test par le contact denbsp;la surface de la langue et du palais, iamp;s, gutturales- Les occlusionsnbsp;peuvent avoir lieu en divers points du palais : les dentales sontnbsp;produites a hauteur des alveoles, au-dessus des alveoles ou pin®nbsp;loin encore en arrière ; le frangais a ainsi des dentales propre-ment dites, 1’anglais des cacuminales (dites cérébrales); de mêmngt;nbsp;suivant que le dos de la langue touche la partie anterieure, me-diane ou postérieure du palais, on distingue des prépalatales;nbsp;des mediopalatales et des postpalatales (ordinairement nomméesnbsp;vélaires, paree que le contact se produit au niveau du voile dnnbsp;palais) ; il n’y a pas de limites precises d’une série a I’autre. Pntnbsp;suite de la brusque courbure de la partie antérieure du palaiS»nbsp;il est malaisé de realiser dans cette region une occlusion corn'nbsp;plète par contact de la surface de la langue : les prépalatales n®nbsp;comportent que difficilement une occlusion psrfaite, elles s®nbsp;mouillent, ce qu’on indique par un accent après la lettre (ainsi ^nbsp;pour k prépalatal mouillé), et tendent enfin a devenir des ro^'nbsp;occlusives, telles que si. c ou c-

Les occlusives sont la partie la plus complete et la plus devc' loppée du systeme phonétique de 1’indo-européen. Au point d®nbsp;vue de l’intensité, de la sonorite et de I’aspiration, on y distingt®nbsp;trols séries princlpales : les sourdes, les sonores, les sonores dit®®nbsp;aspirées, et, en outre, une série moins importante de sourde®nbsp;aspirees, peut-etre fortes. A I’egard du point d’articulation, d ^nbsp;a aussi quatre séries : labiales, dentales, prépalatales, vélaires.

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OCCLUSIVES 59

A. Sourdes simples.

Abstraction faite des altérations particulières a certaines situa-les sourdes non aspirees sont définies par ce tableau de '^oi'respondances :

SER,

ZD

V. SL,

LIJ.

ARM.

GR.

LAT.

IRL.

GOT.

P

P

P

P

h(wf

7:

P.

))

j(hf

t

t

t

t

th

T

t

t

^(df

f

s

s

s

s

y.

c

c

Hgf

k(c)^

m

k(c,cy

k

kh

lt;^y

qu

amp;

hw(wf

es :

Not

. skr. c, zd c, si. c devant les représentants de la voyelle « et de la sonante i (voyelle on consonne) ; si. c devant ënbsp;i) issu de i.-e. *oi, *ai.

arm. h a 1’initiale, w (v) entre voyelles.

o

• devant s, -i] dans la plupart des parlers.

Le gaulois et le brittonique repondent par p an indo-J^ropeen^ qui est encore note par un q distinct de c dans I’al-abet ogamique du vieil irlandais.

Les sonores germaniques, entre voyelles on sonantes, ^band la syllabe précédente, initiale du mot, n’était pas toni-(il s’agit ici du ton indo-européen, non de 1’accent germa-; en dehors du cas des consonnes intérieures après lanbsp;abe initiale, les faits sont compliqués, en partie obscurs. Les

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6o PHONETIQUE

sonores b, d, g du germanique étaient spirantes entre voyelles-Le hw gotique est une consonne une^ notée par un signe spécial.

Exemples des diverses occlusives sourdes :

skr. patih « maitre, époux », lit. pat(i)s « lui-même », gr-iréi'.i; « époux », lat.pohV, got. -fai{gt;s dans (bruf-^fafs « fiancé »• skr. prd- « avant », v. sl. pro, gr. irpo, lat. pro-, got. fra-,nbsp;irl. ro (le *p est entièrement amui en celtique).

skr. dpi « aussi », zd aipi, gr. im « a cóté, en plus », arm-ew « aussi, et ».

*t ;

skr. tanuh « mince », v. sl. tinükü, lat. tenuis, v. isl. ^unnf (all.) « dünn » ; gr. -cavaó;, irl. tan(a)e.

%:

skr. pdvah « gloire », gr. y.Ki(F)oq, v. irl. clü « gloire », lat-cluor « nbsp;nbsp;nbsp;» (glose); zd sravah- « parole », v. sl. slow « p®'

role » ; skr. frutdh « entendu », gr. -/.X’jió?, lat. (in-')clitus ; v-h. a. hlüt « haut (en parlant de la voix) ».

*k'^:

vcd. kptóti « il fait », lit. kuriü « je batis », gall, peri « faire ” et prydydd « poète », irl. creth « poésie ».

lit. lëkü « je lai.sse », gr. Xsittw « je laisse », got. leihwa «J® prête » ; skr. rindkti « il laisse » (avec un inlixe nasal -«fl-))nbsp;lat. linquö\ arm. elikh « il a laissé B = gr. IXtus (% d’aprè^nbsp;IXiTcov, etc.).

skr. cdyate « il punit v, gr. Tetax! « payer » (thess. Tretaat) gt; zd kaëna « punition », gr. xoivr; « rangon, prix du sang», v. sl-cèna « prix ».

A en juger par l’accord de l’indo-iranien, du baltique, dit slave, de l’albanais, du grec, du latin et du celtique, les pbit'nbsp;nèmes de cette série étaient des occlusives sourdes non aspirées gt;nbsp;l’arménien en a fait des sourdes aspirées, le germanique des spi'nbsp;rantes f, p, h (ancien x), hw (ancien x'^), issues sans dout®nbsp;d’anciennes sourdes aspirées faibles.

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OCCLUSIVES 6l

B. Sonores.

Tableau des correspondances :

I--E.

SK.H.

ZD

V. SL.

LIT.

ahm.

GB.

LAT.

IBL.

GOT.

*b

b

b

b

b

P

b

b

P

*d

d

d

d

d

t

S

d

d

t

*

^1

i

1

i

C

Ï

s

g

k

V

g(j)'

g(i)

g(ïA)'

g

k

u(gu)

b

Notes :

la

skr. ƒ, zdj, si. ^ devant les represen tan ts de i.-e. *1 et de ®onante i, voyelle ou consonne.

gr. S devant s. ou r,, dans la plupart des parlers.

Exemples des diverses occlusives sonores ;

*b:

Le b est relativement rare; il ne figure dans aucun suffixe iQiportant ni dans aucune désinence; il semble secondaire dansnbsp;parlie des mots ou on le rencontre, ainsi skr. pihami « jenbsp;j », v. irl. ihim «je bois », lat. bibo (avec b initial par assimi-3tion) a Fair d’une forme a redoublement en regard de skr. pahinbsp;quot; l^ois gr. Y. si. piti « boire », lat. pöculum « coupe »,nbsp;*b indo-européen y résulte sans doute d’une alteration;nbsp;^^®utres mots sont imitatifs, ainsi gr. ^dtpSapo?, lat. balbus, etc. ;nbsp;^^utres sont limités a peu de langues et ont Fair d’emprunts

*'®cents.

:

ddmah « maison », v. si. domu, gr. Sópio?, lat. domus. ®ccusatif skr. pddam « pied », gr. nóSa, lat. pedem, got. fotu,nbsp;otn.

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62 PHONETIQUE

skr. jiinah « race », arm. cin « naissance », gr. y'vo;, lat-genus; skr. jantuh « race », zd T^antus « tribu » ; got. huni« race, familie ».

skr. gayah « état demaison », zA. gayö « vie », serbe^d/ « pros-périté » ; skr. jlvdh « vivant », zd j(ï)vö, lit. gyvas, v. si. lat.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;osq. bivus « uiui » (nomin. plur.), v. irl. got-

qius; cf. gr. ^ioq « vie », arm. ham « je vis ».

Cette série représente des sonores ; l’arménien en a fait deS sourdes douces, et Ie germanique, qui pousse en général Ie changement un degré plus loin que l’arménien, des sourdes fortes.

C. Sonores dit es aspirées. Tableau des correspondances:

I.'E.

SKR.

ZD

V. SL.

LIT,

ARM.

GR.

LAT.

IRL.

GOT.

*bh

bh

b

b

b

b

f(by

b

bquot;

*dh

dh

d

d

d

d

6

f(dr

d

d^

h

i

i(i)

X

h

g

ft

gh(h)'

iW

g

g(])'

?(97

f(uf

g

0)\

Notes :

1. nbsp;nbsp;nbsp;skr. h, zd j, sl. arm. j devant les représentants de i.-^'nbsp;*i et de la sonante voyelle on consonne.

2. nbsp;nbsp;nbsp;gr. 0 devant e ou yj, comme plus haut x et S.

3. nbsp;nbsp;nbsp;lat. b, d, u (consonne) entre voyelles.

4. nbsp;nbsp;nbsp;En position intervocalique, b^ d, g notent les spirantes b,nbsp;d, Y, non des occlusives ; Ie *g'''’h est alors représenté par w.

Exemples des diverses sonores aspirées :

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OCCLUSIVES


63


*hh :

®kr. hharami « je porte », zd barami, arm. hcrem, gr. sepw, lat. got. baira, v. irl. -biur, v. si. berg-ndbhah « nuage », gr. véfpoc, v. si. nebo « del » ; gr.nbsp;lat. nebula, v. sax. nebal « nuage ».

*dh :

®kr. dhtimah « fumee », lat. ffmus, lit. dümai, v. si. dymü', sans doute aussi gr. « souffle vital, courage ».nbsp;gih ;

*kr. vdhati J il va en char », zd va^aiti, v. si. veretü, lit. vtXa, uehit; got. (^a-)wigan « mettre en mouvement » ; gr. oyoqnbsp;* diar » = v. si. vo:(u.

i'^'h :


fra


®kr. fidnti « il frappe », ghndnti « ils frappent », zd jainti « il Ppe » ; gr. Osivu, Ixsavov, oóvo; ; arm. gan « coup « ; lat.nbsp;'V')fen~(dó) ; irl. gonim «je blesse ».

snae^aiti « il neige » (avec ^ issu dey entre voyelles), snaizvs « neige », lit. snlgas, v. si. snégü ; gr. (accusr)nbsp;?* = lat. niuem (nomin. nix').

sono

j^'^Pl®® sont devenues sourdes ; en Sanskrit, elles sont représen-^ ® par des sonores suivies d’une résonance glottale sonore, % ^’amp;oee par h, qui en est même venue a répondre a elle seule anbsp;) et aussi a *g'^h devant un ancien *i et devant *i. En grecnbsp;® houve les sourdes aspirées 9, 0, y, et en italique les spirantesnbsp;eles *f ^anciennement bilabiale),nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*x, qui, en latin de

P' nbsp;nbsp;nbsp;abouti h. f, f, h a Finitiale. Les sonores aspirées de

Par nbsp;nbsp;nbsp;se distinguaient des sonores simples, sans doute

®Xa t*^^ ^^ficulation glottale qu’on n’apas Ie moyen de déterminer

^ ^ans les deux séries précédentes, Ie seul examen du tableau correspondances révélait la nature du phoneme indo-européen.nbsp;en est pas de même ici. II s’agit de sonores ; car, en iranien,nbsp;baltique, albanais, celtique (sauf un reste de distinctionnbsp;la vélaire), les sonores dites aspirées sont confondues avecnbsp;® sonores simples ; en arménien et en germanique, les anciennesnbsp;aspirées sont sonores, tandis que les anciennes sonores

einent.

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64 PHOMETIQUE

D. Sour des aspirées.

Aux trois grandes classes précédentes qui offrent au total douze groupes de correspondances distinctes définissant autant de pho-nèmes indo-européens, s’ajoute une quatrième categorie d’impor-tance moindre, celle des sourdes aspirées. Le Sanskrit a ph, th,nbsp;kh, a quoi repondent en zend /'^ 0, x, en arménien ph, th (ennbsp;partie confondu avec le représentant de i.-e. *i), x, et en grec ®nbsp;(identique au représentant de i.-e. '^bh et *g'^h'), t (identique aiinbsp;représentant de i.-e. *t), ^ (identique au représentant de i.-e-*giV), en slave p, t (identiques aux représentants de i.-e. *p, *i)inbsp;sans doute x (ce qui est contesté). Dans les autres langues, i.-®*nbsp;*ph, *th, *kh ainsi définis semblent se confondre avec i.-e. *p)nbsp;*t, *k. Les exemples sont peu nombreux et ne se présentent paSnbsp;en toutes conditions; on trouve des sourdes aspirées notamment •

iquot; dans des mots imitatifs :

skr. kakhati (mot de lexiques) « il rit » (par dissimilation d’aspiree au lieu de I’ancien *khakhat{), gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(de

arm. xaxankh « rire bruyant », v. si. xoxotü (même sens), v. h. a-huoh « raillerie », lat. cachinnus (ch est une orthographe hell®' nisante).

skr. phut-karah « action de soullier, de sillier », arm. phuk^ « souffle », gr. ®aaa « souffle », lit. pUsti « soullier ».

2® après s :

skr. skhalami « je fais un faux pas », arm. sxalini (même sens) j cf. peut-etre lat. scelus.

3“ en alternance avec une sonore aspirée a la fin de certain®® racines (v. ch. iv).

4° dans quelques mots isolés :

skr. prthukah « petit d’un animal », arm. orth « veau » (av®® th issu de i.-e. *th; après r, le th, issu de i.-e. *t, devient arn®-d), gr. TcópTt; « veau ».

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OCCLUSIVES 65

Remarques sur les gutturales.

^ Chacune des langues indo-europénnes a deux séries depho-®6ines issus de gutturales, on I’a vu; les deux correspondances P^'iHcipales peuvent se résumer dans les formules :

( 1° lat. c — skr. q : i.-e. *ki')

I 2° lat. ^M = skr. : i.-e.

La première série de correspondances définit des prépalatales Sigt; *gih, qui sont représentées par des « gutturales » ennbsp;itallque, celtique et germanique, c’est-a-dire dans Ie groupenbsp;^^cidental, ainsi gr. v, lat. c, g, h, etc., et par des mi-^^clusives, des silllantes ou des chuintantes en indo-iranien,nbsp;baltique, arménien, et albanais c’est-a-dire dans Ie groupenbsp;®*’ienlal, ainsi arm. s, c, j. Dans Ie premier groupe de langues,nbsp;^ Cent » se dit gr. (l.-)/.aTÓv, lat. centum, irl. cêt, got. hund, et,nbsp;^ns Ie second groupe, skr. faidm,idsat3m,y. sl. süto, lit. siihtas.

, La seconde série de correspondances définit des pos'tpalatales ¦ C- k^,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*gquot;’h, accompagnées d’une emission labio-vélaire qui

faisait

parlie intégrante- Dans Ie groupe occidental, ces cones conserven! leur aspect ancien, ainsi en latin et en germa-

®onn, Ui,


: lat. quis, got. hwas; la oü l’articulation labiale se trans

en occlusive, il y a passage aux labiales, ainsi en ^®co-oinbrien, osque^ü « qui », et en grec, xorepoq « lequel desnbsp;” ) en celtique Ie passage a la labiale est pancellique pournbsp;g^*°^cce simple, mais ne s’est produit pour la sourde qu’ennbsp;Cis et en brittonique : en regard de lit. keturi « quatre », lat.nbsp;^ ^or, Ie vieux gallois a petguar, Ie gaulois petor-, conservénbsp;di^^ ^ enaprunt latin petor-ritum « char a quatre roues » ; cesnbsp;ont ainsi restitué un p, alors que Ie p indo- européennbsp;Con ^^^Leru en celtique commun ; au contraire Ie gaélique anbsp;av ^ (attesté dans les inscriptions ogamiques) et en a fait cnbsp;^ la date des plus anciens textes llttéraires : v. irl. cethirnbsp;'iC'atre ». Dgms Ie groupe oriental, on a de simples gutturales,nbsp;A-. MhilLET.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5

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66

PHONETIQUE

devenues mi-occlusives devant i.-e. *1 ou *i (voyelle ou con-sonne) dans une partie des dialectes : skr. hah « qui », quid); zd cis « qui » ; v. si. kü-to « qui », cl-to « quoi », lit. tó-tnbsp;« qui », arm. khan « que ». — Les postpalatales labio-velairesnbsp;sont des phonemes uns et non pas des groupes de consonnes Jnbsp;est tout autre chose que *hiW: le *kiVj, atteste par skr. fV,nbsp;lit. sv, dans skr. dfvah « cheval », lit. a'sva « jument », estnbsp;représenté en grec par icu dans '(-¦c.ac,, et non par un simple ifnbsp;comme le *]i^ denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cf. lat. sequor et lit. sekii « je suis ».

Les langues indo-européennes ne s’opposent pas ici une a une, mais groupe a groupe, et 1’cn est amené a tracer une ligne dunbsp;traitement phonétique des gutturales, ligne qui separe un groupenbsp;occidental (lat. centum) d’un groupe oriental (zd satim) a cenbsp;point de vue. Cette double coincidence n’implique pas que leSnbsp;memes dialectes coincident a d’autres égards (v. chap. ix).

La place de la langue de certains textes trouves en Asie centrale, le « tokharien », est indéterminée : les deux series de gutturale®nbsp;y sont également rendues par k, ainsi dans kant « cent », d’un®nbsp;part, et de l’autre, dans le participe kakJau, traduisant skr-nivfttah « tourné », done a rapprocher du groupe de v. sl.

« roue », crét. TeXoizai, hom. iT£pt-xXó;j-evoc.

11. Outre les deux correspondances qui déünissent, 1’une le* prépalatales, l’autre les postpalatales labio-vélaires, il en exist®nbsp;une troisième : a un f Sanskrit ne répond jamais un qu latin,nbsp;mais on peut avoir :

lat. c = skr. k(c)

OU, d’une manière plus générale :

lat. c—gall. c = germ. h — gr. y.

= skr. k(c') = s\. h(c) — \ït. k = arm. kh-

On a souvent conclu de la que l’indo-européen avait une sén® de médio-palatales intermédiaire entre les deux séries établies ci'nbsp;dessus. Mais dans aucune langue indo-européenne ces trois typ®®nbsp;ne coexistent. D’autrepart le type de correspondence lat. r = skr-

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SIFFLANTES nbsp;nbsp;nbsp;67

^ ^Pparait surtout dans certaines conditions particulières, notam-lïient :

ji^ nbsp;nbsp;nbsp;r: skr. kravih « viande crue », v. sl. krüvt « sang »,

¦ kraüjas « sang », en regard de gr. %pé(F')xq « viande lat.

*’ nbsp;nbsp;nbsp;n’est pas

•Levant a : lat. cacümen, skr. kaküpo. sommet » ;

®P*'es r : Ut. skiriü « je sépare », en regard de v. h. a. sceran ^^couper^ tondre » et de gr. y.s(pü) « je tonds » (pour l’alternancenbsp;• k-, V. Ie chap, iv);

racines, surtout après u : skr. rócate « il brille », ^ ^(iocah- « lumière », lit. laühas « qui a une tache blanche »,nbsp;lucl « lumière » ; en regard de gr. T.eux.óg, lat. lücère, got.nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« lumière » ; il y a souvent, dans legroupe oriental, alter-

^6 entre les représentants de i.-e. *ki et ceux de i.-e.

rügant- « brillant », arm. loys « lumière » a cóté des


skr.


*hoti


® rités.


öa

suspects de résulter de situations particulières, et il peut ^'^nciens *ki, gi, gjj traités d’une manière spéciale parnbsp;,® *^6 leur position. Dès lors, l’existence d’une série intermé-de gutturales indo-européennes ne saurait passer pournbsp;et, sans perdre de vue la correspondance lat. c = skr.


^ ans la plupart de ces cas, les k, g, gh du groupe oriental sont


yj qui n’est pas rare, on se tiendra aux quatre séries d’occlusives définies ;

^^biales : skr. p = lat. p dentales : skr. t — lat. tnbsp;P^'épalatales ; skr. g (et k, c) = lat. cnbsp;P'^stpalatales labio-vélaires : skr. k(c) — \amp;t. qu-


Sifllantes.


Si

Cq ’ indo-européen, Ie système des occlusives est riche et ^^’d^riui des consonnes continues formées par rétrécisse-d^ passage de 1’air, des fricatives, est au contraire pauvre. II


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68 PHONETIQUE

ne cornprend, k proprement parler, qu’un phoneme, la sifflante S, dont 1’emploi est d’ailleurs frequent. Le traitement de i.-e. *s estnbsp;une des parties les plus compliquées de la phonétiquc indo'nbsp;européenne, paree que I’influence des articulations voisinesyjouenbsp;un grand role.

A Finitiale, les correspondances sont : ^ en Sanskrit, slave, baltique, germanique, gaulois et gaelique, italique, h en iranien,nbsp;armenien, grec, brittonique ; le passage a h résulte d’une prO'nbsp;nonciation faible et apparait dans les langues on I’articulation desnbsp;occlusives est relativeinent peu ferme; le traitement albanai*nbsp;n’est pas clair ;

skr. sdnab K vieux », lit. senas, got., sinista « le plus vieux V. irl. sen, gaul. seno-, lat. senex, mais zd hand, arm. hin, gr. s'A;nbsp;(dans hi-t] -/.at vea), bret. hen.

L’articulation de la sifflante s est conservee en certaines posi' tions dans toutes les langues, notamment entre e et t :

skr. vaste « il se vet », id vaste, gr. Filt;ss3.lt;.; lat. uestis, arm-(^-')gest a vêtement ».

L’une des particularitcs du traitement de s se retrouve soii^ une forme presque identique dans des dialectes contigus les uH®nbsp;aux autres et sollicite 1’attention par le fait qu’elle indique ain®'nbsp;des parentes dialectales. Après k, r, i, u, en indo-iranien, Farb'nbsp;culation de s se transforme en celle des ebuintantes ; skr. s,nbsp;s ; par exemple le futur en -sya- de la racine indo-iranienne vdi'nbsp;« parler » est : skr. vakfyhmi « je parlerai », gath. vaxsydiF^^^^nbsp;la spirante x rempla(;ant régulièrement k devant v); le local*nbsp;pluriel en -su des thèmes pitf- « père », dvi- « brebis »,

skf' • e**

« fils » est skr. pitfsu, dvisu, sünüyu. Dans les memes condition®’ on trouve, au lieu de s des autres langues, des ebuintantes da**^nbsp;certains mots baltiques ; ainsi, en regard de gr. -spaoixzi « je

dessèche », v. angl. ^yrst, v. h. a. durst « soil », on a tfsyati « il a soif », lit. tirstas « pateux, a demi desséché » !nbsp;slave, X a pris la place de I’ancienne chuintante : I’aoriste en

etlt;*'

le

de rehp « je dis » est rëxü (de *rek-xu); les locatifs de thèmeS

-Ï- et en -Ü- sont -l-xü = ?lt;kr.-ï-yu, -ü-xü~skr. -u-fU', Mais, si le slave a x devant voyelle dans tous les cas o**

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SIFFLANTES nbsp;nbsp;nbsp;69

Sanskrit a ƒ et Tiranien s, le baltique a souvent 5 après i, u (sans on puisse poser une régie), par example la « pnce » est ennbsp;^nanien Uusa en regard de v. si. blüxa, et, en arménien, onnbsp;n trace de la prononciation s après /e, le traitement de 1’in-''Ocalique est *h, d’ou zéro, et non s, après i et u, ainsi a lat.

i On lerv

Esprit » répondent zd mananhö, gr. [aeveo?, [aevgu? ; au génitif-'^l^latif Y. sP nbsp;nbsp;nbsp;« du ciel » répond gr. véiso;, vésou; ; au skr.

« de la race » répondent gr. péveo;, pévoo; el lat. gmt-etc. II n’y a pas lieu de donner ici le détail infini des faits les diverses langues.

us « bru » (de *nu'ïj^s, *nusus)., v. angl. snoru (de *snusa) et _ • snufci, v. sl. snüxa, Tarménien répond par «m (de ^nuhos),nbsp;(de *niihohyó), tout comme gr. vjó?. En somme, lanbsp;’^mtante apparait en indo-iranien, en slave, en baltique et unnbsp;en arménien, c’est-a-dire dans les langues du groupe orientalnbsp;offrent un même traitement des gutturales.nbsp;tntre voyelles, 5 est tres sujette a des alterations : dans lesnbsp;langues oü 5 initiale a déja anciennement donné h, ellenbsp;^''•ent h, qui subsiste en iranien, et tombe en arménien et ennbsp;^ ^ ! elle devlent sonore en italique, et le ainsi produit devientnbsp;latin, etc., par exemple au génitif-ablatif skr. manasah « de

ell ^ ®*^’^ore de r, le 7^, n’a pas en indo-européen d’existence par 'Qieme; elle n’est autre chose que la forme prise par lanbsp;oe ^ dans certaines conditions. Soit par exemple la racinenbsp;avg 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr- 5^2? « siège », got. sitan « être assis », etc. ;

Po ^ nbsp;nbsp;nbsp;^^oalisme au degré zéro, elle est *sd-, d’oü, par assimila-

lait^ sourde s a la sonore suivante, *'^d-; 1’indo-iranien la ^illnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;souvent du préverbe *m- qui n’a subsisté par

ap^*^*^* lu’en arménien ; skr. ni-fïdati « il s’assied », persan « s’asseoir », arm. n-stim « je m’assieds » ; le grecnbsp;*ni- par -/.ara- (par exemple y.aO-i(w); mais *ni- étaitnbsp;ob j,^’^*^°péen, comme le prouve le substantif i.-e. *ni-xdo- « Üeunbsp;assis, établi » : *nixdos donne indo-iranien *ni^dasnbsp;1’Ij^^ ®^riintante sous Finfluence de i précédent), d’oü, dansnbsp;’ nijdas, ntddh (véd. nildh); en arménien nist, avec la

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70 nbsp;nbsp;nbsp;PHONÉTIQUE

sifflante conservée après i, Ie d devenant t sulvant la regie géne' rale et étant par suite change en s ; ailleurs Ie mot s’est fix®nbsp;au sens de « nid » : lat. nidus (de *ni:(dos), v. irl. nett (tt notantnbsp;d occlusif entre voyelles), v. h. a. mst; Ie lit. l'i^das « nid » ®nbsp;subi une alteration de 1’initiale, mais a conserve Ie :(d intérieur’nbsp;— La forme sonore de 5 est aussi employée devant les sonore®nbsp;aspirées : v. sl. mü^da (de *mizdd) « salaire », got. mi:(do,nbsp;ml^dsm, véd. mllhdm « prix (du combat) » (de *mi^dhdni);nbsp;grec, la sonore aspirée étant représentée par une sourde, Ie e®''nbsp;devenu a : [AtaBo?.

La sifflante s est done Ie seule fricative autonome qu’on soi^ en droit de tenir pour indo-européenne; toutefois tandis quenbsp;grec anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« droit » et Ie vieil irlandais dess en regard de skr-

ddkfinah « droit », rA danna-, v. sl. desna « main droite », 1®*' dexter, got. taihswa, on observe une autre correspondance daU®nbsp;quelques mots, par exemple dans gr. apz-vo? « ours », v. irl.nbsp;en regard de skr. fksah, zd arAö, lat. ursus (d’un plus anci®**nbsp;*orcsos') ; il semble difficile d’expliquer ce contraste sans pose*^nbsp;des fricatives différentes dans les deux cas. La série sonof®nbsp;aspirée fournit un traitement pared, ainsi : gr. ^'Omv,nbsp;irl. dü(sLCc. don'), skr. kfdh (loc. ksdmi) «terre». Ge détail,nbsp;portance minime en lui-même, montre qu’on ne peut fixer av®^nbsp;précision Ie nombre des phonèmes employés par rindo-européei*'

2. Voyelles prophement dites.

el

Les deux voyelles essentielles de l’indo-européen sont brèves *e et *0 ; leur importance en morphologie ressortiranbsp;alternances exposées au chapitre iv; leur frequence révèlenbsp;reste a elle seule 1’étendue du róle qu’elles jouent. Elles sonbsp;définies par les correspondances suivantes :

i.-e. *e : gr. e, ital. e, eelt. e, germ, e (==got. i, occidental scandinave e ou i suivant des regies compliquées), balt. e, ®1‘nbsp;arm. e, alb. e, indo-iranien a.

i.-e. *0 : gr. o, ital. o, eelt. o, arm. o, germ, a, balt. a, sl‘ ’ alb. a, indo-iran. a.

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71

VOTELLES

Exemples :

lit.

^ • str. sdcate « il suit » — gr. Iitexai (avec ti d’après lirojxai), « je suis », lat. sequitur, v. irl. -sechetar « ils suivent ».nbsp;o : lat. rota, v. irl. roth, v. h. a. rad (de germ. *ra^an), lit.nbsp;‘^tas « roue », skr. rdthah « char », zd raOö.

Ito; « branche » (de i.-e. *ó'^dos'), arm. o^t^.got. asts.

, Ee seul idiome oü ë et ö ne soient plus distincts est l’indo-^*'anien ; mais l’existence antérieure de la distinction y est attestée P®’’ Ie fait que i.-e. *k'^o y a donné skr. ka, zd ka, et i.-e. *k'^enbsp;^ ca, zd ca :

*'^dical

^«doubL

^Er. katarah « lequel des deux », zd katarö, en regard de gr. got. hwafar, lit. katras, v. sl. kotoryji et koteryjt;nbsp;ca, zd ca « et », en regard de gr. xe, lat. que.nbsp;parfait oü la voyelle du redoublement est e et la voyelle denbsp;lacine o au singulier, type gr. [zéizova, SéSopza, etc., l’indo-*en a done une opposition de la gutturale pure devant Va

J ei avalé », jaghdna (de *jhaghand) « j’ai frappé ».

*e et *0, l’indo-européen avait une troisième voyelle ''eve, pjag rare, et qui ne joue pas de róle dans les alternancesnbsp;Ptoyées en morphologie, a savoir *a, défini par les correspon-

représentant o et de la gutturale mouillée devant Va du ement représentant e ; véd. cakara « j’ai fait », jagdra

etices:

celt. a, germ, a, lit. a, sl. 0, arm. a, alb. a.

. p- a, ital.

^'^o-iran. a,

'®~dire distinct de *0 seulement en grec, en italique, en . *4^16 et en arménien (il faut aiouter le tokharien) : la confu-

®10n dp * nbsp;nbsp;nbsp;. 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;• n 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•

le * . nbsp;nbsp;nbsp;® ®’‘ *ae 0 dans une grande partie des langues indique que

a mdo-européen était tres ouvert.

Exemples :

« je conduis », zAagami, arm. acem, gr. ayw, lat. sk^ 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(subjonctif) « agant » ; v. isl. aha « conduire » ;

\g ¦ ^o.tdh « papa », gr. xaxa, lat. tata, moy. bret. tat « père » ; latnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;langage enfantin a une autre forme dans gr. axxa,

nourricier », got. atta « père », v. sl. * pare » (avec un suffixe de dérivation); cf. skr. atta « maman ».

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PHONBTIQÜE

En ce qui concerne les brèves, Ie vocalisme peut done être résumé par Ie tableau suivant de correspondances :

I.-E.

GR.

UAL.

CELT.

ARM.

GERM.

LIT.

SL.

INDO-IRAN.

c

e

e

e

e(i)

e

e

a

C

0

0

0

a'

a

0

a

*a

a

a

a

a

a

a

0

a

La voyelle *a, telle qu’elle vient d’etre définie, n’est pas toU' jours aisée a distinguer de deux autres phonemes indo-européens •nbsp;*3 et *'«.

i” Dans beaucoup de mots, skr. i, zd i répondenta gr. a, lal-a, eelt. a, germ, a (en syllabe initiale), arm. a, lit. a, v. sl. o'i on désigne par Ie pbonème indo-européen que suppose eelt®nbsp;correspondance; example :

skr. pitü (( père », zd pifa^ en regard de gr. nbsp;nbsp;nbsp;lat. paUf^

V. irl. a/h'r, got. fadar, arm. hayr.

En gree ce pbonème peut être aussi représenté par e ou o soüS 1’influence d’un r; ou d’un co avec lequel il est en alternanee régi^'nbsp;lière; de la trois cas :

(jTatés = skr. sthitdh, ef. dor.

0£TÓc = skr. hitah (altéré de *dhitdH), ef. dor.

SoTÓ; = lat. dcitus, cf. Siocojju.

Cette particularité met en relief Ie trait caraetéristique de i '®’ qui autorise a distinguer ce pbonème de la voyelle *a, bi®!*nbsp;qu’il ne soit distinct de a qu’en indo-iranien : *3 est en alt®®'nbsp;nance régulière avec *a, *ë, *ö, tandis que *a est isolé, commenbsp;Ie verra dans la théorie des alternances (chap, iv) ; la mèmenbsp;il s’agit d’un mot non attesté en indo-iranien, 1’alternance av®®nbsp;une voyelle longue indique done en principe qu’on est en p®®nbsp;sence de *3, ainsi dans lat. sdtus « semé », moyen breton

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VOTELLES nbsp;nbsp;nbsp;73

* ®enaence », en regard de lat. sê-men, sê-ul, lit. ski « semer ». VUand On n’a ni la forme indo-iranienne ni une alternance voca-il est impossible de déterminer si Ton est en presence denbsp;® Ou (Jg *g jjijjgj dans Ie nom du « sel » arm. al, sr. aXc, lat.

tnl' nbsp;nbsp;nbsp;¦'O*'

(pluriel), V. irl. salann, got. salt, v. sl. soil.

En seconde syllabe non finale de mot, i.-e. *3 tombe en ira-slave, baltique, arménien et germanique ; ainsi a skr. ^ita « fille gr. 0uYi-:v;p (avec une correspondance inexpli-de skr. h et de gr. y), tokbarien B tkacer répondent : gatb.nbsp;^Pdd (disByllabique), persan duxt, v. sl. düsti, lit. dtikté, arm.nbsp;^istr^ got. dauhtar. Dans la syllabe finale du mot, 3 subsiste :

a. anut (de *anud') « canard », oü m représente *3, en regard ^ anas. Après les sonantes y, w, r, l, m, n, la chute de *3nbsp;consequence en baltique, en slave, et peut-être mêmenbsp;Sofmanique, une intonation particulière de la diphtongue quenbsp;*’oiait dès lors devant une consonne suivante la sonante avec lanbsp;. jetle précédente : a une diphtongue sanskrite an répond unenbsp;^^quot;’^''°ogue lituanienne montante et a double sommet (douce)nbsp;®kr. mdntrah « formule de prière », lit. (pa-ynenklas « mo-, ent » ; au contraire, a un groupe tel que skr. ani issu denbsp;^eul répond une diphtongue lituanienne descendante a unnbsp;souimet (rude), én ; ainsi, avec m : skr. vdniiti n il vomit »,

ui'a (( vomir », lat. uontitus : lit. vémti « vomir », ou, pour ^ lit '

fails ®'bnit

• o-ntis « canard » en face de lat. anas. Le slave présente des

cS'tpsv « tarière », ^topvr; « courtisane », en face de hom. rJ.pa-

parallèles a ceux du lituanien. Après y, le sanskrit repré-^ par a en première et en dernière syllabe du mot et par aiileurs. Le grec n’admet pas le représentant de anbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;syllabe a vocalisme o, d’oü TÓpjj.oi; « trou », en regard

, .

deg •'f ¦'^ondu », etc. L’élément est done sujet a s’amuir en ^'^irconstances div erses.

psr nbsp;nbsp;nbsp;'voyelle, *3 n’est conservé dans aucune langue : la 3®

(de

s- nbsp;nbsp;nbsp;on trouve seulement skr. jdn-ah « race », gr. vév-

’ gen-us.

«u *^0 pluriel de skr. vdmi-ti est vam-dnti« ils vomissent » ; ®Sard de skr. jani-ta, « parens », gr. vevé-twp, lat. geni-tor

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y4 nbsp;nbsp;nbsp;PHONÉTIQUE

2quot; A cóté de *9, quelques correspondances engagent peut-être a reconnaitre une voyelle réduite désignée ici par qui alterne'nbsp;rait avec ë, ö, et qui est représentée en latin et en arméniennbsp;par a, en grec par i, en germanique par u.

arm. tasn « dix », v. h. a. ^wein-:(ug « vingt », en regard de gr. 8Éxa, lat. decent, etc.

lat; quattuor, sl. nbsp;nbsp;nbsp;(supposé par tch. ctyri « quatre », etc.)»

hom. maijpsq, en regard deatt. tétTttxpsq, skr. catvarah, lit. hetuTh V. sl. cetyre, etc.

Les Yoyelles de timbres e, o, a existent aussi avec la quantit® longue et sont attestées avec cette quantité par les correspondance^nbsp;suivantes :

l.-E.

GR.

LAT.

CELT.

ARM.

GERM.

LIT.

V. SL.

INDO-IRAN.

è

Her

i

è

é

é

d

0)

ö

a(üf

u

ö

ü,o

a

d

a

a

d

d

a

ö

0

a

d

Notes. — i” gr. a dans tous les dialectss aiitres que Tioniei^' attique, oü il est représenté par -q (encore distinct de 1’ancieflnbsp;a Naxos au vii® siècle av. J.*-€.).

2quot; j et fl en syllabe intense, ^ et ü en syllabe inaccentuée.

Exemples :

*ê:

skr. md (negation prohibitive), gr. (panhellénique) ar*’®’

mi;

lat. sèmen, v. sl. sème « semence », lit. slmenys « semerice V. h. a. sdmo (avec a représentant normalement germ, e);nbsp;[mana-\sefs « humanité », littéralement « semence d’hommes gt;”nbsp;V. irl. sïl « semence ».

X nbsp;nbsp;nbsp;t

skr. ddnam « don », lat. dönum, gall, dawn (aw represent*

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VOTELLES 75

ö., lui-même issu de ö en syllabe intense) — v. sl. darü quot; 'ion », gr, Süpov, arm. turkh —lit. düti « donner ».

mdtcL « mère », dor. lAaxvjp, arm. mayr, lat. mater, v. irl. ^athir V. jsl. móder, v. sl. mati, lit. móté cc femme ».

^ ^es voyelles longues manifestent souvent une tendance a se fOier : ê et ö sont des voyelles plus fermées que ë et ö dans lesnbsp;^ *octes italiques ; en celtique, è devient ï; en gotique, e et o,nbsp;®st-a-dire è et ö, sont tres fermés ; en lituanien, ë et o (è et 0)nbsp;®°ot aussi fermés; en arménien, i.-e. et *0 sont représentés par inbsp;p,^’ I’v), d’abord ouvert, du grec ancien est devenu i dès avantnbsp;epoque byzantine. Ailleurs les voyelles longues sont traitéesnbsp;i’^ï'allèlernent aux brèves correspondantes et peuvent mêrae devenirnbsp;® ouvertes : *è, *ö, *a aboutissent a d en indo-iranien.

*-'6 fait que Ie timbre ë a été connu de l’indo-iranlen est attesté Ie traitement des gutturales; les gutturales pures sont em-^ j®es devant *a : skr. kamp;sate cc il tousse », cf. lit. hósiu cc jenbsp;((nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'io'^sot *d : accus. skr. gdm

en

® °'iranien, en slave, en baltique, en germanique, d et 5 ont un j ^0 traitement, mais 1’un des deux groupes du baltique, Ienbsp;g^^t*^°'iitoanien, représente souvent certains *0 par ü alors que *anbsp;bonjours représenté par lit. o, lette a, comme les autres *ö.nbsp;® traitement ü de certains en letto-lituanien a conduit inbsp;Oer a l’indo-européen deux sortes de ; mais l’hypothèsenbsp;p^^*^°tive en debors du letto-lituanien aucun appui, et il n’estnbsp;^ialnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d’entrevoir un moyen d’expliquer k l’intérieur du

est nbsp;nbsp;nbsp;différence du letto-lituan. ü et de lit. o, lette a : lit. o

est nbsp;nbsp;nbsp;'ioos la partie radicale des mots toutes les fois qu’il

^ nbsp;nbsp;nbsp;alternance avec un é: stégiu cc je couvre » : stógas cc toit » ;

Oiiè^^ iorme isolée, ainsi dans düti cc donner », dans les pre-eenté^* P^^sonnes en ü de verbes comme *l'ékü cc je laisse » (repré-P^r lëkü), en face de gr. AsiTto), et dans d’autres formes

^ oeuf » — dor. gwv ; mais la mouillure se trouve dans 1’ancien janth cc femme », cf. got. qens lt;c femme ». Les languesnbsp;tendent a confondre ö et a sont les mêmes que celles quinbsp;l'^'iiondent ö et d ; toutefois, 1’albanais distingue entre ö et o ;

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76 nbsp;nbsp;nbsp;PHONÉTIQUE

grammaticales. On n’a done aucun droit de poser deux sortes de ö en indo-européen.

En lituanien, les anciennes longues sont représentées en syllabe intérieure par des longues rudes (d’intonation descendante, a uOnbsp;seul sommet) e, ó, ü\ a la finale, outre ces longues rudes (alte'nbsp;rees secondairement en è, h, ti), il y a des longues douces (d’iii'nbsp;tonation montante, a deux sommets) é, ö, ü ; or, on constate quejnbsp;dans la syllabe finale du mot, aux longues rudes lituaniennes 1®nbsp;grec répond par des longues qui sont oxytonées, si elles ont 1®nbsp;ton, et aux longues douces par des longues périspomènes (ei'nbsp;tant qu’elles sont toniques). Ce contraste est surtout net dansl®*nbsp;thèmes féminins èn *-a-:

nom. smff.

*-fl: Ut. *(nierg-')ó, d’oü {rnerg-)a, gr.

gén. sing. *-as ¦. lit. (merg-')ds, gr. (l/,ep-)a;.

Divers faits de quelques autres langues, dont Ie détail ne saurai* être reproduit ici, notamment des faits germaniques, montrefl^nbsp;que l’opposition d’intonation de lit. *-ó (-d) et -d, de gr. -a etnbsp;remonte a l’indo-européen ; Ie plus remarquable de ces faitsnbsp;que les longues de l’indo-iranien qui répondent, dans la syllab®nbsp;finale du mot, a des longues douces du lituanien et périspomèn®®nbsp;du grec, comptent parfois pour deux syllabes dans les ver®nbsp;védiques et avestiques : ceci rappelle l’intonation lituanienne ®nbsp;double sommet et Ie périspomène grec ; ces longues sembl®!’^nbsp;d’ailleurs être issues, en partie, de contractions indo-eur®*'nbsp;péennes; ainsi l’intonation du génitif lit. -5s, gr. -5c, en face d*nbsp;nominatif lit. *-ó, gr. -a, s’expliquerait par Ie fait quenbsp;repose sur i.-e. *-as qui représenterait *-a- du thème plusnbsp;désinence du génitif, et non -a- plus la forme *-s de ceU^nbsp;désinence (cf. p. 255).

3. Les soxantes.

variees

On comprend sous Ie nom de sonantes 1’ensemble des foriO que prennent, suivant leur position, les phonemes y, *

•M

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SONANTES nbsp;nbsp;nbsp;77

Les sonantes occupent une situation intermédiaire entre les '^°yelles et les consonnes.

^-'Omme les consonnes, les sonantes y, w, r, ni, n, intro-isent les voyelles proprement dites e, o, a ou des sonantes

Gomme les voyelles, les sonantes comportent essentiellement la prononciation normale a voix haute une resonance glot-modifiée par Ie résonateur que constituent les organes de lanbsp;°’^che et du nez, et excluent toute occlusion compléte; w et mnbsp;prononcent avec occlusion de la bouche (dentale ou labiale),nbsp;avec un abaissement du voile du palais qui permet unenbsp;®^ission continue de 1’air par Ie nez ; cette occlusion buccale estnbsp;^ ®dleurs la plus faible de toutes, plus faible même que celle denbsp;j de pour l, la pointe de la langue touche Ie palais, maisnbsp;bords sont abaissés (ou au moins l’un des bords) de manièrenbsp;^'^6 1 emission de l’air ne soit pas interrompue; r des anciennesnbsp;®*^gues indo-européennes est caractérisé par une vibration de lanbsp;b°inte de la langue, sans arrêt durable de l’émission ; enfin y etnbsp;®ont les formes consonantiques de i et u qui sont les plusnbsp;*''ïiées de toutes les voyelles, mais des voyelles.

du

j^yelles, telles que i, etc., et peuvent servir a marquer les ^^ites des syllabes : ce sont des phonemes caractérisés par unnbsp;®rrenaent plus grand du passage de l’air que celui employénbsp;yr les voyelles proprement dites, È, o, 3, et comportant parnbsp;une articulation plus marquée.

^ * résulte de la que les sonantes peuvent jouer Ie double role ré ^°^®Les et de consonnes suivant qu’on met en evidence leurnbsp;et leur continuité ou Ie mouvement articulatoirenbsp;fermeture. Le parti que l’indo-européen a tiré de cettenbsp;icularité constitue l’un des traits les plus oriffinaux de sa

‘que.

II


ï^^ionétiq

, y n quatre traitements dilTérents des sonantes suivant la (Jj .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ces quatre traitements indiquent autant de fonctions

des sonantes en indo-européen : 1“ Consonne: a l’ini-® du mot, devant voyelle ou devant sonante; entre deux

) et aussi entre consonne proprement dite et voyelle. —

econd élément de dipbtongue ; entre voyelle et consonne

'^yelles

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yS nbsp;nbsp;nbsp;PHONÉTIQUE

(proprement dite ou sonante consonne). — 3quot; Voyelle devaO* une autre voyelle. — 4“ Voyelle : a l’initiale devant consonne?nbsp;OU entre deux consonnes. — La racine *phu- « flotter, naviguer»nbsp;fournit des exemples des quatre emplois de w :

w consonne : skr. plamp;vate « il flotte », v. sl. plovetü,

tu second élément de diphtongue : skr. plofyati (de indo' iran. *plausyatï) « ilflottera », gr. TjAcuaojxa’., v. sl. pluxü « Jnbsp;navigué » (cf. gr. ix'Aeuaa).

w voyelle devant voyelle, noté ici quot;zü : skr. parfait puplu'^^ « il a flotté » (de *pupl'^tuai).

4“ u/voyelle, c’est-a-dire: u: skr. plutüh.

A ces quatre traitements il convient d’ajouter Ie cas importaD* de: sonante suivie de *d, qui olfre des complications.

a. — Sonantes consonnes.

Tableau des correspondances:

I.-E.

SKR.

ZD

ARM.

SL.

LIT.

GR.

LAT.

IRL.

GOT.

y

y

y

?

;

;

i

«

*w

V

V

g, V

V

V

F

u

r

ƒ

w

V

r

r

r

r

r

r

r,l

r

1

1

1

X

1

1

1

n

n

n

n

n

V

n

n

n

m

m

m

m

m

m

m

m

Note:

I. A l’initiale du mot, i.-e. *r est précédé en grec et en arin^' nien d’une voyelle prothétique breve, a, £ ou o.

Les nasales m, n sont conservées partout. — De même ans®^ r et /; l’indo-iranien tend a confondre r et I ¦, Ie dialede

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SONANTES 79

SONANTES 79

lei

*and:

9uel repose Ie fonds ancien de la langue du ^gveda ignorait l,

que des parlers orientaux de Pinde (la magadhi) ont géné-*'9lisé I et présentent lüja au lieu de rdjd « roi » ; mais certains P®*'lers avaient gardé en position initiale et intervocalique lanbsp;'^linction de r et / consonnes, comme on Ie voit par quelquesnbsp;^^ots du Sanskrit classique.

j Les deux sonantes les plus vocaliques, y et tu, sont celles dont ^ lorme consonantique a subi Ie plus d’altérations.

Stic:


_ ^ 1’initiale, *y a subsisté en indo-iranien, en slave, en litua-en germanique, en italique, en brittonique; la tendance ^Ugmenter l’étendue du mouvement articulatoire de fermeturenbsp;^Pparait que postérieurement aux plus anciennes périodesnbsp;'^^'^Hues de la langue, par exemple dans Ie passage du vieux persenbsp;p6rsan, ou du latin au roman: lat. iacet est devenu fr. git; ennbsp;Ie est devenu sourd et la fermeture du passage de Pair estnbsp;®^enue moindre; aussi y est représenté par h (noté H sur les

hennes inscriptions, ' chez les Alexandrins), qui a dispara dès les premiers textes dans certains dialectes et qtie lanbsp;^ conservé nulle part; Ie y initial est tombé de la

XOIVY)

Irlandais. A Pintérieur du mot, entre vovelles, v est serv^ - -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J ’

en

mème manière con-

Le\

CrI 1

j de sa double articulation : le dos de la langue rapproché

® en indo-iranien, slave, baltique, germanique, mais s’amuit ^ ^rnaénien, grec, latin, irlandais. Le grec ignore Ie phonèmenbsp;dn yQ^ Palphabet sémitique les Grecs ont fait la notationnbsp;® ^oyelle i.

^ a une histoire plus complexe encore que celle de *y a

Partie postérieure du palais, et les deux lèvres rapprochées ^ ® de Pautre et arrondies. La tendance a substituer a la sonantenbsp;jjj^i _®pirante labio-dentale v est ancienne: déja pour les gram-

iin

iPê:

*’iens de Pinde, le v sanskrit est une labio-dentale et non plus - M latin est devenu v dans les langues romanes; denbsp;pj,J'^®^®germ. *w en allemand; en baltique et en slave actuels onnbsp;*^°Hce V. La ou le rapprochement de la langue et du palais a éténbsp;U) est devenu puis g: ainsi a Pinitiale en armé-n, ^ brittonique ; la oü c’est le rapprochement des lèvres,nbsp;devenu h a Pinitiale, ainsi en persan dans certaines condi-

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8o PHONETIQUE

tions. En grec, Ie F qui représente i.-e. *zv a une articulation tres faible; entre voyelles, il a disparu dans presque tons lo®nbsp;dialectes avant la date des plus anciennes inscriptions ; a 1’ini'nbsp;tiale, il n’a cessé d’etre émis que vers Ie v‘= et Ie iv'= siècles aV'nbsp;J.-G., sauf en ionien-attique oü il n’existe plus dès les pin*nbsp;anciens textes; dans certains parlers, notamment en laconien,nbsp;n’est sans doute jamais tombé. — Presque partout on entrevoi*nbsp;encore Ie temps oü -y et w étaient de pures sonantes; ainsinbsp;persan représente w initial de l’iranien commun, tan tót par ggt;nbsp;tantót par b, ce qui suppose que Ie vieux perse avait encorenbsp;sonante w et non un v labio-dental, et en efl'et w s’est mainteiinnbsp;dans nombre de parlers iraniens; en celtique, Ie w initial e**nbsp;représente par ƒ en iidandais, par gw en brittonique : Ie celtiqn®nbsp;commun avait done encore w.

Exemples :

skr. yakrt « foie » (génit. yakndh), lat. iecur (iecinoris), 1^*'' jeknos (pluriel); zd yakard, gr. (^71x1:3;).

skr. yuvafdh « jeune », got. juggs (c.-a-d. jutïgs^, gall.

V. irl. öac, lat. iuuencus, ombr. iuenga « génisse ».

*-ye- dans les verbes dénominatifs ; skr. (prtana)ydti “ ’ combat », v. sl. (Igka)jetü « il trompe », lit. (lankó)ju «je plie”’nbsp;gr. (tip-ijw « j’honore ».

skr. mddhyah u qui est au milieu », gaul. Medio-(ldnUfgt;^)’ « (oü Pon trouve « milieu » et « plaine ») », lat. medius (avec )nbsp;représenté par i voyelle après consonne) et osq. mefiai' dat.nbsp;sing., got. midja (féminin); la consonne précédente est altéi'®^nbsp;par ley dans; hom. [aso-cjo?, [ascjo; (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i ^rm-

« milieu »; v. sl. me\da « limite », russe me\d, polon. serbe mêda (prononcer mèg'd).nbsp;w:

skr. vig-, zd vls~ « Tillage », v. sl. vist « uicus », alb.

« lieux » ; gr. FoV/.oq « maison », lat. ulcus, got. weihs « bourg skr. vïrdh « homme », zd vlrö, lit. vyras; lat. uir, irl-gall, gwr, got. wair.

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SONANTES 8i

sravati « il coule », gr. nbsp;nbsp;nbsp;lit. srava « écoulement

V ® ®ang) ))^ dor. ^hoF(x (k Gorcyre), att. pon^.

*r:

de

i.-e. *r initial, suivant la régie du grec), v. sl. ridrü (de lat. ruber (avec b représentant b issu de ^ après «), lit.

rudhirdh « rouge », gr. èpuOpóc (avec prothese vocalique

*1:

got. rau^s, V. irl. niad-

§ƒ• Xtiyja, « jelèche », lat. lingö, v. irl. ligim, got. (bi-yaigon echer Ut. lë^iü «je lèche », v. sl. arm. li:(em, véd.

et skr. classique lehmi (zd *n et *ni.

®kr. nama « nom », v. p. et zd ndrna, lat. nömen; got. namo, 3vsij.a.

Hemarque. — Dans quelques cas, Ie grec répond par un et par un h (note '), a uny des autres langues, ainsi:

. Cuysv, en regard de skr. yugdm « joug », lat. iugum, got. ^ gt; tchèque jho (de *jtgó);

S''- CwsTÓi;, en regard de zd ydstö, lit. jüstas « ceint d’une ture V. sl. (^po-)jasü « ceinture ».nbsp;j ^e traitement ^ n’apparait qu’a 1’initiale du mot, et aucunenbsp;^^^gue ne confirme la distinction suggérée par Ie grec; on estnbsp;tio^^ en presence d’une innovation hellénique dont les condi-ïie se laissent pas determiner avec certitude.

Sonantes dans les diphtongues.

b.

‘iiphtongue est une emission vocalique continue dont Ie mjj„*'^®^cement et la fin sont articulés d’une manière nettementnbsp;tionbsp;nbsp;nbsp;nbsp;partie médiane est constituée par la transi-

fo ^ 1’une des deux articulations k l’autre. L’indo-européen ^’ün ^ diphtongues avec ses voyelles *e, *o, *a, suivies denbsp;U 'ï'^^lconque de ses sonantes ; la voyelle, c’est-a dire la partienbsp;onverte de 1’articulation, est au commencement, et lanbsp;qui est la partie la plus fermée, a la fin.

‘^i'eserve souvent Ie nom de diphtongues aux groupes formes Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6

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Sa PHONETIQÜE

par *e., *o, *a, avec les sonantes *y et *vj, mais il n’y a pas d® difference de nature entre ces groupes et ceux qui sont formasnbsp;a-vec les autres sonantes : *r, % *m, *n. Le parallélisme deSnbsp;diphtongues formées avec les six sonantes est clair en lituaniennbsp;les diphtongues telles quenr,an, am sont susceptibles des deuJ^nbsp;intonations, douce et rude, comme ai et au, soit :

ai

dl


ai

ai


am

dm

au

du


ar

dr


an

dn


Dans lit. an le passage continu de la voyelle a i la nasale n manifeste par ceci quelafin de Va est nasale, et, dans les pariet®nbsp;orientaux du lituanien oü 1’ancien ^ {a nasal) est représenté p®’^nbsp;u, an est représenté par unVa de an était done, du moins e®nbsp;partie, nasal. En grec, une diphtongue ev est susceptible d’êtr®nbsp;périspomène comme une dipbtongue st par exemple ; ce quinbsp;montre, c’est que les deux groupes jouent le même róle dans 1®nbsp;cas d’addition d’un mot enclitique: il se développe un ton secoH'nbsp;daire dans IvGa xe comme dans sTxa xs.

Les sonantes employées comme seconds éléments de dip^' tongues ont des traitements spéciaux et devraient en bonP®nbsp;méthode être notées par des signes particuliers. Conforméme®|nbsp;aux usages de l’alphabet grec et latin, elles seront désignées i®'nbsp;par i, u, r, l,n, m', ces notations présentent une inconséquenc® 'nbsp;les sonantes y et w j sont désignées par leur forme vocalique, 1®*nbsp;autres par leur forme consonantique; pour être conséquent,nbsp;faudrait écrire : ey, ew, er, el, en, em, ou ei, eu, ef, el, ei}, etfi-

Les diphtongues indo-européennes sont définies par les corre®' pondances suivantes (1’élément vocalique initial a en principenbsp;même traitement qu’a l’état isolé : i.-e. *e, *o, *a sont égalemen''nbsp;représentés tous les trois par indo-iran. n; l.-e. *o et *a par lil- ^nbsp;et sont confondus dans slave o; etc.) :

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SONANTES 83

No


eti

er

*el

en

ern

ot

Ou

Or

ol

On

otn

ai

au

ar

al

Ufi

am

skr.

ZD

V. PERSE.

V. SL.

LIT.

ABM.

GR.

LAT.

IBL.

V. ET. A.

aè, öi

ai

i

é'\ei

(?)

£t

f

ë, ia

i

0^

ao, 3u

au

ju

iaü'

oy

tf'

ö, üa

eo, iu

ar

ar

ar

rB

ef

er®

er

er

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ar'^

ar

ar

lè^

el

el

iK

ul

el

el

an

an

a(n)

e

en

hl

£V

en

(en)

in

dm

om

am

e

em

im

SIX

em

(em)

im

aè, öi

ai

è(if

?,at

è

Cl

if

oe

ai, ei, ë

0^

ao, Ou

au

u

oy

0, üa

au, OU, ö

ar

ar

ar

ra^

af

or^

op

or

or

ar

ar'

ar

ar

Ia°

al

ol

OA

ul

ol

al

an

an

a(n)

P

an

un

ov

on

(on)

an

atii

om

am

P

am

um

OIJ.

um

(om)

am

aè, öi

ai

ë(i)^

f,ai

ay

ai

ae

ae

ai, ei, è

0*

ao, Ou

au

u

au

aw

a-J

au

ö, üa

au, OU, ö

ar

ar

ar

ra^

ar

ar^

ap

ar

ar

ar

ar^

ar

ar

la“

al

al

aX

al

al

al

an

an

a(n)

P

an

an

av

an

an

an

ani

Otn

atn

p

am

am

am

am

aiu


'otes ¦

• Sk

^ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;longues issues d’anciennes diphtongues

au conservées en vieux perse; Ie fait qu’elles


eté


®ntdes diphtongues est reconnaissable en Sanskrit même par les grammairiens indigènes. — Les diphtongues


Vu


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84 PHONÉTIQUE

indo-européennes en */ sont représentées par des diphtongu®* sanskrites en r.

2° Les conditions de la différence des traitements ë d’une eij ai de I’autre, en letlo-lituanien ne sont pas complètement col*'nbsp;nues. Le vieux prussien conserve exactement lesdiphtongues-

3quot; Les diphtongues ei, oi, ou sont encore notées sur les anciennes inscriptions latines et n’ont pas été entièrernent réduil®*nbsp;k ï, ü, ü avant la fin du in' siècle av. J.-C. — L’osque a exa®'nbsp;tement conservé les diphtongues, ainsi 3' p. plur. deicafisnbsp;regard de lat. dicant; dat. plur. nesimois en regard de lat. pro^^'nbsp;mis (même sens).

4“ SI. -i représente i.-e. *-(n, *-ai k la fin du mot dans certai*** cas ; la régie ne se laisse pas clairement déterminer.

5“ Le passage de er, el, or, ol a rè, lë, ra, la n’est pas sla'^^ commun : le russe répond a v. sl. ra, la par oro, oio et lenbsp;nais par ro, lo] k v. sl. issu de *er, le russe répond pafnbsp;le polonais par rs;e, rs^o', è v. sl. issu de *el, le russe rép^'^j,nbsp;par oio, le polonais par le ou lo. H y a des traitements spécia'*’^ ‘nbsp;1’initiale.

6quot; Arm. er, of, af en certains cas, surtout devant n.

Exemples de quelques diphtongues :

*ei.

gr. sTat « il ira », skr. éti « il va », v. perse aitiy, zd lat. it (de *it, *eit\i\, cf. w), v. lit. eiti « il va ».

V. pruss. deiws « Dieu », lit. devas « Dieu » (mais deivê « tóme », de *deme), lat. deus (de *deios, *deiuos) pluriel dluhnbsp;deivai « diuae », v. h. a. Zïo et v. isl. Tjr (de germ.nbsp;irl. dia, skr. defudh « dieu », zd daèvö « démon ».

au

•efd

¦éfh

lat. augmen « accroissement », lit. augmü génitif aug^^\


« croissance », skr. ojmd génit. ojmdnah « force » ; lat. got. aukan « croitre » ; gr. ai^dtvo).

thdh

on

Y, sL pptï « chemin », arm. hun « passage », skr. pén.

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SONA?)TES 85

SONA?)TES 85

(avec t issu de th après w) « chemin » ; lat. pons « pont »,


et

®ans doute gr. ttóvto; « mer ». otn :

'*’*’iépar les cótés d’une poutre », v. isl. kambr « peigne » (all.

S'quot;- nbsp;nbsp;nbsp;« dent », v. si. « dent », lit. ^ambas « angle

rgt;D,. „AtAr. ____________ .. nbsp;nbsp;nbsp;.. ;..Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. —:— .. /-ii

skr. jdmbhah « dent ».

*er :

utrtö « je tourne », skr. vdrte « je me tourne », got. « devenir », lit. versli « tourner » ; v. si. vreteno (russenbsp;firtas et gall, gwerthyd « fuseau ».

Or ;

lit. vartyti « tourner », v. si. vratiti (russe vorotit', polon. got. fra-wardjap, « gater » (cf., pour le sens, lat. per-skr. vartdyati « il fait tourner ».

:

S*quot;- aXipv;, lit. alga « salaire », skr. arghdh « prix, valeur », le ary « prix » ; exemple incertain, paree que gr. ak peut

¦r sur i.-e. % et lit. al, indo-iran. ar suri.-e. *ol.

^pres une voyelle et devant une consonne, une sonante ne peut principe avoir d’autre forme que celle de second élément denbsp;^Phtongue : ainsi, en face denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« je brise », l’éolien a

^oriste ebpi-fq et non *kFp3iyr„ un adjectif aüpr,)CTo; et non ^ ¦^PiiXTo;(hom. atppr,/.To; est refait sur p-i^yvipii); le parfait moyennbsp;ydjati « il sacrifie » n’est pas *ya-yj-e, mais yejé, e’est-

0

®étie „ -

qni est surtout claire en indo-iranien, et, dans une moindre en grec :

gt;ose:

«a

y^-ij-ai.

Hire les correspondances précitées, il en existe une seconde

skr.

ai

au

an

dm

dr

zd

ai

ail

an

ant

dr

(

(C

YiV

(.(

¦np

gr.

lt; at

«

av

((

ap

( nbsp;nbsp;nbsp;(i)t

lt;(

(1)V

((

wp

^Hiit les diphtongues a premier élément long, soit i.-e.

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86 PHONKTIQUE

86 PHONKTIQUE

eu.

m, *em, *cr (et *e/), etc. Rien n’indique pour ces diphtong^®* la duree de voyelle longue plus sonante, c’est-a-dire trois teinp*gt;nbsp;alors que les diphtongues a premier élément bref auraientnbsp;deux temps seulement; dans les vers védiques et grecs ancien*’nbsp;une diphtongue a premier élément long compte pour deux tecnp*nbsp;comme une longue ou une diphtongue a premier élément bref’nbsp;or, d’autre part, pour que le premier élément d’une diphtong*^®nbsp;semble long, il suffit qu’il soit plus long que la voyelle ne I’®®*nbsp;dans le premier type, et que la sonante soit relativement brèv®nbsp;la différence entre *ei et *ei peut done avoir consisté simpleimnbsp;en ceci que, dans *ei, I’e était plus long et Vi plus bref que n®nbsp;1’étaient respectivement e et i dans *ei. Ce qui rend probable qn'nbsp;en était ainsi, e’est que la sonante des diphtongues a premi®*^nbsp;élément long s’est souvent amuie soit au cours de l’histoirenbsp;diverses langues, soit déjé en indo-européen Ainsi la diphtong®’^nbsp;*-öi, encore notée en grec ancien, du datif zd whrkai, gr.

(écrit Xéxw), lit. vilkui (avec -ui représentant *-öi, tandis que issu de -ai, représente *-ot) s’est progressivement réduite a ®''nbsp;grec oü la prononciation de 1’ancien -tu'. est générale au moigt;*®nbsp;dès le ii® siècle av. J.-G.

)))

ve®

¦6*


* * •ru, (i)u,

Les diphtongues a premier élément long tendent a se tr®^® former en diphtongues a premier élément bref devant consoU®®nbsp;suivante du même mot; ainsi a la finale *-öis de l’instrumen^®nbsp;pluriel attestée par skr. vfkaih, zd vdhrkais, le grec répondnbsp;-siq, le lituanien par -ais, le latin par -is (issu de -eis, ancieU*^®nbsp;ment *-ois): gr. Xu/otg, lit. vilkais, lat. lupïs (cf. osq. ncsif^^^nbsp;« proximis »). Le grec répond a skr. dyciuh « ciel», gduh « boeufnbsp;nduh « bateau » par Zeóg, Poü;, vaO;, avec eu, ou, au, et non®’nbsp;*aj; si l’ionien a vy)Ü;, c’est que la longue des auW'

cas, acc. sing. *v3é/'a, génlt. Sa/óg, etc., y a été introduit® P' analogie; et en effet Zeug et goug dont la flexion n’avalt de voy®


longue qu’au nominatif (et a l’accusatif) singulier ont conserve OU dans tous les dialectes. Les diphtongues a premier élén®®’’

dit

or®

'n:a'c-/)p, ax,[/.(i)V, Y)[/.epav.

qui représentent les diphtongues a premier élément long, ®®*®'

long ne subsistent done universellement qu’a la finale, ainsi Dans Pinde, les diphtongues ai e*'

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SOSANTES nbsp;nbsp;nbsp;87

d’ ¦

*®tinctesen Sanskrit, se confondent avecles autres dans les prakrits. ^es l’époque indo-européenne, 1’élément sonantique relative-^ent bref des diphtongues a premier élément long a disparunbsp;^ certains cas ; par example, I’accusatif pluriel des themes ennbsp;avail, du moins dans certaines positions, *-d-s issu d’unnbsp;®acien *~d-ns: skr. -ah, lit. -hs (d’un baltique ancien *-ós) ; Ie grecnbsp;*'cintroduit la nasale (d’après les autres déclinaisons) et abrègenbsp;conséquence la voyelle i, d’oünbsp;nbsp;nbsp;nbsp;conservé en crétois par

^^®^ple, et c’est ainsi que I’accusatif pluriel de xïp.a, ion. att. “¦'^•'1, est *Tr[j,5v;, d’oü ion. att. xïpia?, lesb. xtgjc.?. De même i etnbsp;^ aont tombés dans les accusatifs indo-européens des themesnbsp;« ciel, jour »,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« boeuf », *rêi- « richesse » : skr.

S’^ötn

y^m, gdm et hom. Zyjv, dor. (Bwv, lat. rem, c’est-a-dire *dyêm.

rèm, de *dyèuni, *gquot;'öum, *rèim, pré-indo-européens.

ch;


Sntti

lt;iaus

'iiie

, indo-européen, Ie point d’articulation de la sonante nasale indépendant de celui de la consonne suivante: Ie lituaniennbsp;devant t, par example dans simtas « cent », remitnbsp;®Ppuyer », Ie gotique devant^, ainsi dans ga-qtim^s « arrivée »,nbsp;‘Levant s, ainsi dans ams « épaule ». Si done on trouve, pournbsp;ancienne m, une n devant dentale, c’est par suite d’unenbsp;^^^ovation : ainsi devant t dans lat. centum et devant d dans got.nbsp;ƒ„ £)g même il est possible que la nasale gutturalenbsp;®'’9nt une occlusive gutturale provienne d’une innovation denbsp;®'l*ie dialede, bien qu’elle soit assez générale : skr. anhahnbsp;*^*'ochet », gr. oyy.oq ; lat. quïnque (avec j issu de e devant nasalenbsp;•^rale tandis que e subsiste devant n dentale, par exemplenbsp;‘^entum) ; Ie Sanskrit a une nasale palatale devant palatale etnbsp;nasale gutturale devant gutturale : skr. pdnea « cinq » etnbsp;« groupe de cinq ».

II


Sonantes voyelles devant voyelle.


arrive souvent qu’un groupe phonétique constitué par ’^’^ante suivie d’une voyelle forme deux syllabes ; alors la sonantenbsp;^ ^cprésentée dans toutes les langues indo-europeennes par une

1.. nbsp;nbsp;nbsp;^


une


''°yell,


® brève suivie du phonème qui représente la sonante con-


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88 PHONETIQÜE

sonne intervocalique. On peut designer cesgroupes, parexetnp*® devant la voyelle e, de la manière suivante :

*’’ye, *'gt;we, *’gt;re, *He, ?“me.

Mais comme, en fait, *quot;y et *quot;ii/ se comportent toujours de que *i et *u voyelles suivies de *y et *w, on écrit dans ces de'^’^nbsp;cas :

*iye, *uwe.

vé^'

Exemples ; *iy :

gr. 13 tos « are » (Ie y intervocalique tombe en grec), j(i)yi « corde d’arc » (écrit jyh, mais encore dissyllabiquenbsp;plusieurs passages du ^gveda), lit. gijet « fil de trame ».

uw :

véd. d(ii)vdv, d(u)vd « deux » (orthographies dvWv, dvd, dissyllabiques dans les vers), zd d(u)va (dissyllabique), boO'*'nbsp;Süö), att. 5Ó0, lat. duo, v. sl. düva.

skr. génit. bhruvdh « du sourcil », gr. i^puos de V. sl. accusatif brüvt, lit. accus. brüvi.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(VettóJ

Le traitement des autres sonantes voyelles devant voyelle résumé dans le tableau suivant :

I.-B.

Samp;R.

ZD

GR.

L\T.

IRI,.

GOT.

UT.

*Of.

ir, ur^

ar

ar

«P

ar

ar

aur’'

ir, ur^

ir, ur (il, ul)

ar

al

aX

al

al

ul

il, ul

?

?

an

av

an, in^

an

un

in, un

?

?

am

aii.

ani, ini'

am

um

irn, um

Ir, Af

ll,

ln,J^ Itn, A”‘

Notes :

Les timbres i et u en sanskrit sont en grande partie dét®*^ minés par les consonnes précédentes.

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SONAT«TES nbsp;nbsp;nbsp;89

^ Les timbres i et u en baltique et en slave apparaissent dans ® conditions encore inconnues pour la plupart.

Lat. in, im devant un i de la syllabe suivante, par ®^einple dans sine de*s’’ni, cf. v. iv\..sain (eelt. *sani) « séparé-•*'ent ».

^ Got. aur, paree que germ, u devient au (notant o ouvert) c^ant r en gotique; ur subsiste dans les autres dialectes ger-ll'aniques (u passant a o dans les conditions oü Ie changement anbsp;dans ces dialectes).

Exemples :

\ .

^ purah « avant )), _zd parö, gr. Tuajso? ; v. h. a. furisto . prince » ; irl. ar « devant », gaul. Are-morica (region pres denbsp;® mer).

.

(( jeter », lit. guUti « être couché » (pour Ie sens iacëre «jeter » et iacère « être couché »).

n

®L minéti « penser », lit. rninki, got. munan « penser », v. ^l^'.'^^oinethar « il pense » (d’oh. -moinethar'), gr. [j,avï;vai « êtrenbsp;». — Lg traitement an du latin apparait dans la racinenbsp;cnyme *men~ « rester » ; manere, de *m°nè-.nbsp;ni :

^ nbsp;nbsp;nbsp;dans ouê-a[jLct « aucuns », got. sums « quelqu’un » ;

a. sumar « été », arm. amarn ; v. irl. sam.


Sonantes voyelles.

^cées entre deux consonnes ou a 1’initiale devant une con-

d.

Pi,

1

sonantes servent de voyelles. Les sonantes voyelles *^cfinies par les correspondences suivantes :

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9° PHO?(ETIQUE

9° PHO?(ETIQUE

t.-E.

SKB.

ZD

GR.

V. 8L.

LIT.

GOT.

ARM.

LAT.

IRL.

*i

i

i

ï

i

i

i

i

i

u

u

Ü

Ü

u

u

u

u

u

r

dro

pa, ap‘

if, ur^

aur'’

ar

or

ri

r

W

Xa, aX‘

It, lü'

il, uP

ul

al

ul

li

^V'

a

a

a

e(üf

in, ufd

tin

an

en

(v. note’)

1

a

a

7.

e(üf

ini, und

um

am

em

(v. note’)

--


Notes.

iquot; Les conditions dans lesquelles Ie grec a pa ou ap, Xa on ne sont pas exactement déterminées.

2“ Les conditions dans lesquelles Ie vieux slave a It on (c’est-a-dire I voyelle ou i voyelle), etc., le lituanien il onnbsp;etc., sont inconnues.

3“ Le traitement de *n et en irlandais est trop pour être résumé dans le tableau.

4“ Got. aur représente germ. *tir.

Exemples :

*i :

skr. di(- « direction, région », lat. die- dans dicis causa) owTf) « droit, justice » ; lat. dictus (ital. delta), skr.

« nlontré » ; v. angl. tigen « montré ».

4:

u :

skr. gén. fiinah « du chien », zd suno (aussi écrit sürtó)! ^ vt'jvs?, V. irl. con (de celt. *kunos), lit. sun(e)s.

de”


skr. pjcchdli « il demande », zd pwsaiti, arm. harci “ J interrogé », lat. poscö (de *porcscö) ; v. h. et. forsca « demai^'nbsp;(avec or de germ. *ur); lit. pifsti « flaneer ».

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SONANTES 91

SONANTES 91

y.paBtr/ (et /.apoiV/) « coeur », lat. coi', cordis, v. sl.


V. iri. cride- nbsp;nbsp;nbsp;~ ^aArb(jJclt;d.) — haArt(^otj.

*l ;

®kr. vfkah « loup », zd vahrkö (avec notation par h d’une pararite due sans doute au Ion), lit. vilkas, y. sl. vUkü, got. yr (avec unefdue a une influence particuliere).

V- ¦

d(-jnatah) « inconnu », gr. «(-vvwto!;), lat. ignötus, j ®®*''a-dire iMötus, de *in(-gnötos), v. irl. in{-gnad), got.nbsp;arm- an{-camivth).

:

gr. (é-)y.aT5v, lit. simtas, v. sl. ^ ° (avec un traitement ü contesté a tort), got. hund (de *hum-lat. centum, gall, cant, v. irl. cët.

1 nbsp;nbsp;nbsp;^ lö voit, *i et *u sont, au point de vue indo-européen, seu-

^^®Qimeil » (de *süpnü') sont a skr. svdpnah « sommeil », v. isl. quot; sommeil », ce que skr. pfcchciti « il demande », etc. sont

• nbsp;nbsp;nbsp;prdfnah « question », lat. precês, got. fraihna « j’inter-

* nbsp;nbsp;nbsp;) skr. distdh « montré », etc. sont a gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« jai mon-

les formes vocaliques des sonantes *y et *w, exactement *ïgt; *1, *W-, *^5 sont les formes vocaliques des sonantesnbsp;*w, *n : skr. suptdh « endormi », gr. u-vo?, v. sl. sünü

yin

^ skr

“) lat. dlcö (de deicö') et ce que skr. baddhdh « lié », got. « lié » sont a skr. bdndhuh « allié », got. binda «jenbsp;lit. behdras « associé ».

®s sonantes voyelles *i, *u, *f, *1, *rp. sont brèves au point l^rèv^^ l^do-européen : Ie sanskrit les représente toutes par des

(ou ,

b u, r, f,a,a', Ie grec également, sauf *f et *l dont il fait

ua^paas est, chez Homère, un tandis que Ie locatif pluriel véd. pitfsu lt;gt; chez les pères »nbsp;q hois brèves suivant 1’usage indo-européen; Ie traitementnbsp;pfejnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(P^r exemple dans suto) présente aussi une breve ;

Partout ailleurs qu’en indo-iranien, i.-e. *f, *{, *i}, *ni *^®Présentés par une voyelle suivie de r, 1, tn, n et deve-Mnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même des diphtongues, comme gr. ap, aX, ont pris

de longues; mais Ie r sanskrit et les traitements indo-

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92 PHONETIQUE

iranien, hellénique et 1’un des traitements slaves de et *0 indiquent que cette quantité longue résulte d’un développementnbsp;postérieur a l’époque de 1’upité indo-européenne.

On s’est souvent demandé si les brèves i.-e. étaient de pures sonantes vocalisées comme i et u, ou si ces arti'nbsp;culations comprenaient une voyelle extrêmement breve precede®nbsp;OU suivie de r, l, m, n consonnes ou seconds elements de dipl^'nbsp;tongues. Cette question n’a qu’une importance secondaire, catnbsp;Tessentiel n’est pas de déterminer si *r, *1, *n se sont pr®'nbsp;nonces de telle ou telle manière, mais quels en sont les représeO'nbsp;tants dans les diverses langues et quelle en est la place dansnbsp;structure de Findo-européen. — L’existence d’un élément voca'nbsp;lique trés bref, indépendant de la sonante, ne pourrait ètre solgt;'nbsp;dement établie que par des coincidences de timbre des représeH'nbsp;tants de cette voyelle dans les diverses langues; Ie fait Ie pl^**nbsp;remarquable a eet égard est Ie double traitement baltique ifnbsp;ufj auquel répondent les deux traitements slaves communs

d®s

confondus dans v. sl. rü^ mais distincts dans russe er et lt;^gt; et qui ont entrainé des formes différentes des gutturales en sla''®nbsp;commun ; ainsi on trouve d’une part v. sl. crünü (denbsp;« noir », vmsecërnyj, v. pruss. kirsnan, lit. kirsna (nom propt®nbsp;de rivière, la « Noire »), cf. skr. krfpdh « noir », mais del’autt®nbsp;V. sl. krüma « poupe » (de *kürmd), russe kormd, et, a ce d®*nbsp;nier mot Ie grec répond peut-êtrepar xpuij.va, upuiJ.vr, « poup®nbsp;avec un traitement pu de *r qui rappelle Ie sl. *ür, et qui diÖ^^^nbsp;du traitement ordinaire pa. Les fails de ce genre sont trop isol®®nbsp;pour qu’il soit possible de faire une théorie compléte.

Le fait essentiel est celui-ci : *i, *u, nbsp;nbsp;nbsp;*rri, *1} sont

cléments parallèles les uns aux autres et jouent dans la laO^ un seul et même róle, róle vocalique.

e. — Sonantes devant *3.

Dans les groupes de la forme : voyelle sonante -f- *3 -fquot; sonne, soit *emt- par exemple, la sonante consonne et *3 ont 1®nbsp;traitement normal, et il ne se pose aucune question, c’est le typnbsp;skr. janitd, gr. yevéxcop, lat. genitor

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SONANTES nbsp;nbsp;nbsp;93

dans urie langue a chute de 3 intérieur (iranien, arménien, baltique, germanique, v. p. 78), zd Bantus de ^g^en^tu-,nbsp;kind « enfant » de *g^en3tó-.

^ans les groupes de la forme : consonne (ou initiale du mot) ^^sonante j-q-consonne, il est difficile de determiner Ie trai-^®®ient. La sonante sera désignée ici par y, w, r, l, m, n, sansnbsp;*1'^® cette graphie implique aucune hypothese sur son caractèrenbsp;^®®alique ou consonantique.

I*onr y Qi nbsp;nbsp;nbsp;il y a une forme hien établie : *i et ;

'élites les langues concordent:

krltdh « acheté », irl. crithid « emax ». tüyah « fort », lit. iülas « plus d’un, maint », v. pruss.nbsp;« beaucoup » ; gr. t6Xy) « enflure ».

, ^ais Ie grec connait, a cóté du traitement t, ü représentant -e.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jgg formes telles que la, ua, qui semblent représenter

skr. kritdh « acheté ».

quot;^our *r, *l on a en Sanskrit Ir ou ür (r représentant k la

*iy3, *uw9, par exemple dans Tcp(aa0ai « acheter », en face

gt;' et cf. p. 83 et suiv.), et pour skr. 2 devant dentale,

’ traitement de nbsp;nbsp;nbsp;en sanskrit est mal connu. On a été

‘«itdei.

'^^duitamsi a poser i.-e. *f, % *tp., *n parallèlement k *l et *ü. ^ans un certain nombre d’exemples, Ie grec répond par apa,nbsp;«iza, ava, c’est-a-dire que tout se passe comme sil’onpar-

¦e. *°r3, *°h, nbsp;nbsp;nbsp;Mais a cóté de ce traitement, on

est

houve un autre : pa, Xa (et peut-être, en certains cas, pw, lAa, va, souvent ambigu paree qu’on ne saurait dire s’il nenbsp;pas de i.-e. *ra, *la, *ma, *na (v. chap, iv), et dont parnbsp;on est tenté de douter ; toutefois, a priori, ce traitement

^^raisemblable; car, a cóté de l’indo-européen a du con-


‘«nal

; or, Ie grec ne présente guère pa que dans des cas oü

ogie justifie une forme nouvelle de ce type, créée en grec

ftlê:

‘ifte.

a des formes du type ara, ala, etc., qui correspon-(le nbsp;nbsp;nbsp;a de mêmean, ali, etc.

souvent avec syncope latine de la voyelle intérieure). A gt; On a eelt. ra, lat. ra, et eelt. la, lat. la, etc., qui répondent

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PHONÉTIQUE

4 gr. pa, 7.x, etc. II semble done que les deux traitements grec* se retrouvent en celtique et en italique.

Quant aux langues oü 3 intérieur tombe (v. p. et suiv )’ les deux traitements distingués par Ie grec, 1’italique et Ie cel'nbsp;tique se confondent entre eux, et de plus se confondent avec 1®nbsp;traitement ordinaire de *1, *ii, *m ; toutefois Ie baltique et 1®nbsp;slave distinguent par l’intonation *f et *f :

: lit. if OU uf serbe f (sous Faccent).

*f : — tr ovl ür — f nbsp;nbsp;nbsp;—

et de mème pour toutes les séries. L’indo-iranien distingue aU*®' *1} et *1}, d’oü :

*1} : lit. in ou un serbe ê ando-iran. a.

: — In OU ün — è ou ü — nbsp;nbsp;nbsp;a.

On entend ici par *f, *J*rn *i}, Fensemble de ces traitemeflt® complexes de *r, *1, *ni, *n~{-p.

Les exemples suivants donnent une idéé des faits : f ¦

skr. girndh « avalé », lit. glrtas « ivre » et gürkli (accusatiO « gosier », v. sl. grülo (serbe gfló) « gosier » ; gr. gapaGpsv (1‘^nbsp;de iPpwv représente i.-e. *o).

V. sl. (sü-)trütü « usé, frotté », serbe ifti « frotter, user », Tpavi^; « pénétrant » (Fexemple parait sur); v. irl.

« tarière ».

skr. sphürjati « il éclate, il se montre, il fait du bruit », asapa^éo), lit. spürgas « bouton, pousse », lat. spargö (de *sp‘^nbsp;ragö ?).

, nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- i

skr. dlrghdh « long », zd dar^yö (dissyllabique), v. sl. d’w

(serbe düg) ; lit. ilgas (sans d initial).

gr. 'jtaXap.r,, lat. palma (de *palama7'), v. irl. lam « main

V. angl. folni (de germ. *fulnia) « plat de la main ».

skr. pürndh « plein », v. sl. plünü (serbe pun), lit.

got. fulls (de germ. *fulnaf), v. irl. lan.

•)'

skr. jatdh « né », zd rialö, lat. (g)naHis, gaul. (Citdf*' gnatus', got. (guma-)kunds « mtlle » (litt. « né bomme »)•

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SONANTES 95

yhta « femme du frère du mati », lat. ianitricês-* • (pa-)itntas « connu », got. kun^s.

|5.' nbsp;nbsp;nbsp;« (la) mort », a cóté de 6vv]tÓi; (dor. ÖvaTÓ?).

(«-)Sa'f(.aT0?, a cóté de SiJ.r,TÓ? (dor. Sp.a'tó;).


lit


hrnsras « couleur alezan brülé ».


forme comme gr. va dans i:é6va[x£v, k cóté de xlOvigaa, par analogie; cf. Isxapsv, a cóté de loTvjy.a. De mêmenbsp;¦ i^auis, qui présente ra issu de *r3, repose sur un féminin


s^m-

U):


analogique d’une forme telle que *plth3wï (skr. prthivt, «laiaQ. Les cas de ce genre sont rares.


‘^orrespondances notées par *f, *1, nbsp;nbsp;nbsp;*m, n’existent pas

des combinaisons *r~^3, nbsp;nbsp;nbsp;etc. On n’en saurait


^’itant de et *«. En effet ces sonantes longues alternent avec *i et *u brefs :

^kt “ '

if| ¦ quot;^ïroh « homme », zd vlrö, lit. vyras, mais lat. uir, v.

(de *wïros'), got. wair (de *wira:(). gj, ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« maintenant », gr. v3v, v. sl. nynë, mais skr. nü,

lat. nu(^diüs'), v. irl. nu, v. sl.


nu.


Da


mots, 1’emploi de *i ou *i, de ou était sans Ifts ^ ^^^^rminé par des raisons de rythme; par exemple, dansnbsp;k redoublement, 1’? du redoublement est long devantnbsp;l^rève dans skr. ririsat « il a nui » et bref devant syLnbsp;®8ue dans skr. didïpat « il a brillé » ; en gr. 1’u du nom du


long dans Ie nominatif monosyllabique, bref en cer-


dg ® • Ttup, xïjps?. Ces longues résultent d’ailleurs en partie eg ^^j^®l®PPements indépendants propres i chaque langue; onnbsp;preuve par ceci que, en Sanskrit, Ie i représentant i.-e.nbsp;^“'ivent long; or, eet i est purement indo-iranien.

^®Ocun cas, ces*f et ne sont autre chose que des sonantes ®) ainsi Ie ü de *nü est w dans Ie mot de même familienbsp;’^^Vah « nouveau », gr. vl(E)3;, lat. nouos, v. sl. novü.


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9lt;gt; PHOUETIQUE

Remarque sur les sonantes.

Les conditions dans lesquelles apparaissent les diverses formes des sonantes ne pourront ètre étudiées qu’a propos de la syllabenbsp;et, au chapitre iv, éi propos des alternances vocaliques. Ce jeUnbsp;des tormes variées des sonantes est 1’un des traits caractéristiquesnbsp;de Findo-européen; aucune langue attestée ne l’a conserve aunbsp;complet; Ie sanskrit même, qui l’a Ie mieux gardé, en a déjinbsp;perdu quelque chose; l’aspect archaïque du lituanien est dü ennbsp;parlie é la conservation du système des sonantes, dont, seul denbsp;toutes les langues indo-européennes vivantes, eet idiome donnenbsp;aujourd’hui encore une idee approchée.

II. — La syllabe.

Une suite de phonemes comprend une série de divisions naturelles qu’on appelle syllabes ; les voyelles (voyelles proprement dites OU sonantes voyelles) représententles tenues, etles consonnesnbsp;(consonnes proprement dites ou sonantes consonnes) les mouve-ments de passage ; les voyelles ont pour élément essentiel, dan®nbsp;Ie parler normal a haute voix, la vibration glottale modifiéenbsp;Ie résonateur buccal et nasal, les consonnes Ie mouvement artien-latoire d’ouverture et de fermeture; il y a done des tenues d®nbsp;sons, les voyelles, séparées par des mouvements articulatoire®nbsp;d’ouverture et de fermeture, les consonnes. Soit par exemple un®nbsp;série schématique de phonèmes telle que :

atesoyonugiuiitpe.

Les tenues sont a, e, o, o, u, i, n, e; les consonnes qui sépareu^ ces tenues sont t, s, y, ii, g, iv,p\ dans les unes la fermeture e®*nbsp;totale, ainsi dans /, g, p, dans les aulres elle est partielle, ain®*nbsp;dans s, y, n, w, dans les unes il y a des vibrations glottale*’nbsp;ainsi y, n, g, ugt;, dans les autres il n’y en a pas, ainsi s,nbsp;mais, ce qui est commun toutes les voyelles, c’est qu’elnbsp;sont essentiellement des tenues, et cequi est commun k toutesnbsp;consonnes, c’est qu’elles comportentun mouvement defermet’

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LA SYLLABE nbsp;nbsp;nbsp;97

d’un mouvement d’ouverture; et un même élément est ''^^yelle OU consonne, i ou y, u ou w, ito\i n, suivant que, d’aprèsnbsp;position dans Ie groupe, il sert de tenue ou d’articulation denbsp;^otureet d’ouverture ; Ie point d’articulation, la qualité sonorenbsp;*^®stent les mêmes, mais ce qui est mis en évidence est dans unnbsp;la tenue, dans l’autre Ie mouvement articulatoire.nbsp;j L,a voyelle appartient'tout entière a la syllabe dont elle formenbsp;® centre; au contraire la consonne est souvent partagée entrenbsp;deux syllabes qu’elle limite ; sapartie de fermeture ou, autre-dient dit, ^implosion (en généralisant la valeur du terme défininbsp;*'* dessus p. 57) termine une syllabe, et Ie moment d’ouverturenbsp;en commence une autre; dans la prononciationnbsp;j ®deaise d’un groupe tel que epe, la fermeture des lèvres terminenbsp;Première syllabe, qui comprend aussi la durée de l’occlusion,nbsp;1 Ouverture des lèvres commence la seconde syllabe. La mêmenbsp;^ oition s’applique aux consonnes sonores: dans ebe, il n’y a pasnbsp;dioment de silence, d’arrêt du son, puisque les vibrations

dfrèt de 1’émission du soufflé qui marque la limite des deux 68. Quand il s’agit de sifllantes, comme s, ou de sonantes.

^ ottales continuent, mais il y a, lors de la fermeture des lèvres, dn ar,

«yllab

V ---- o nbsp;nbsp;nbsp;7nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;----- ----------7

drrêté

d^die nbsp;nbsp;nbsp;p 11^ de continues en un mot, Ie souffle n’est

®di6nt du passage de Fair, un temps de fermeture relative et un ^ddvement de réouverture: la définition de la limite de la syllabenbsp;dpplique done ici aussi ; et, en un sens étendu, on peut encore

Oulle part, mais il y a un mouvement tendant au rétrécis-

pari,

^ Of ^'implosion et ó.'explosion. Dans le cas de h, qui est un p^^P^d souffle et ne comporte ni fermeture ni rétrécissement dunbsp;jj, dfle de l’air en aucun point, il n’y a pas a proprement parlernbsp;et de fermeture, mais seulement arrêt (ou absence)nbsp;glottales de la voyelle : c’est ce qui fait sans doutenbsp;il P^onème est souvent peu durable et que, entre voyelles,nbsp;'iirri ffónéral k être éliminé : ehe tend a devenir ê; rien n’in-'6 du reste 1’existence de h en indo-européen.

®*'taines langues n’admettent pas d’autre forme syllabique que ^P6 simple constitué par une série de voyelles séparées lesnbsp;’ '^os autres chacune par une consonne. Tel n’est pas le cas denbsp;Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7

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98 PHONETIQUE

I’indo-europeen. L’élément consonantique peut y être complexe • outre la forme simple decrite ci-dessus, il peut se composer d®nbsp;deux occlusives, par exemple kt, pt ; de sifflante el occlusive;nbsp;ainsi st,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; d’occlusive et sifflante, ainsi ts', d’occlusive (o’*

sifflante) et sonante consonne, ainsi ty, sn. La graphic ne dod naturellement pas faire illusion sur la nature des elements q**'nbsp;composent ces groupes: le k et \e I d’un groupe ekte ne peuveD*nbsp;être identiques au k de eke et au t de ete: le ^ de ekte a une impl®'nbsp;sion pareille a celle de eke, mais I’explosion se fait dans la plupa®^nbsp;des langues pendant I’implosion de t et n’est accompagnee d’aü'nbsp;cune emission d’air; et I’implosion de t ayant lieu pendant I’o®'nbsp;elusion de k n’est pas immédiatement précédée d’un arrêt d®nbsp;remission d’air; il y a done dans ekte deux articulations cons^'nbsp;nantiques distinctes, mais toutes deux différentes k quelqU®*nbsp;égards de celles de ^ et de t intervocaliques, bien qu’appartena®'nbsp;aux memes types consonantiques.

Que l’élément consonantique soit simple ou complexe, étaf* donnée une série de phonèmes, la syllabe est la tranche cotnpf^^^nbsp;entre deux termes extrêmes des mouvements d'ouverture et de fermetut^'

Geci posé, il est possible de définir les notions de syllabe long“‘ et de syllabe brève, telles que la comparaison de la prosodienbsp;Sanskrit et du grec, et aussi, dans une moindre mesure, d®*nbsp;autres langues, permet de les fixer.

Est brève toute syllabe dont l’élément vocalique est une bfè'^ (voyelle ou sonante) suivie ou non d’une consonne simple, a'^*'nbsp;la première syllabe de kkx. sdcate « il suit », gr. Ins-ra'., lat.nbsp;tur (ou qu note une articulation une), lit. sekü « je suis »,nbsp;saihwa « je vois » (hw notant une articulation une) ; de skr.

« nóus allons », gr. ’{[j.sv; de skr. p^thiih « large » (th est consonne simple); etc.

Une syllabe est longue en deux cas :

iquot; Quel que soit l’élément consonantique suivant, quand élément vocalique est une voyelle longue, une sonante longu® ^nbsp;une diphtongue, ainsi la première syllabe de skr. bhrata « frèt® ,nbsp;gr. ifpatwp, \a,t. frater, v.irl. brathir, got. hrofar, lit. broter(-'^^*^\nbsp;de skr. ptitih « pourri », lat. j^ütidus, v. h. a. fül « pourri ’’i'quot;

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I.A SYLLABE nbsp;nbsp;nbsp;99

¦quot;uOd) «jg fgjg pourrir », lit. püti « pourrir » ; de gr. fciSoc, skr.

« je sais », got. ivait; de skr. pdnca, gr. ¦resvre, lit. penki (éin. penkios).

2“ Quelle que soit la quantité de l’élément vocalique, quand clément consonantique qui suit celui-ci est un groupe de con-®onnes : ainsi la première syllabe de skr. saptd, gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat.

; de skr. pitré « a un père », hom. ixaxpwv a des pères » ; ® skr. vaste « il se vêt », gr. (/¦)ilt;jTai, lat. uestis; etc.nbsp;k élément consonantique, simple ou complexe, qui précède lanbsp;d’une syllabe ne contribue en rien a déterminerla quan-^ ® de la syllabe : la première syllabe de axéw^, rpéfw, a-cpiifonbsp;pas moins une brève que celle de I9Ü ou de v4lt;pc; ;nbsp;j de la quantité part du commencement de la voyelle. Maïsnbsp;^ cléments ex-, xp-, exp- font position pour la syllabe dont lanbsp;|®quot;e est finale d’un mot précédent. Hom. x£ y.paxo? estun dactyle.nbsp;quantité longue de la première syllabe de groupes comme

^ste s’explique; dans este, toute la durée de la sifllante fait ! dlnbsp;) dnbsp;la

epig

de la première syllabe qui ne se termine qu’avec 1’explosion gt; dans les groupes de deux occlusives, par example dans

Ig ' première syllabe comprend, outre la durée de la voyelle, Ignbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nécessaire pour articuler la labiale et sans doute aussi

Periode d’occlusion de la dentale.

Une explication que fournit la phonélique du Sanskrit; ^eriptlons des grammairiens de 1’Inde montrent en effetnbsp;de u,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;putrdh « fils » se pronongait piittrdh, ou du moins

eti

cas d’un groupe comme etre ou peile est plus embarrassant; ^^k’’®tnière syllabe se termine ici avec 1’occlusion du t commenbsp;gyjl et en effet, dans les groupes de ce genre, la premièrenbsp;qUe ^ brève en altique ou en latin ; mais en prosodie védi-, cotnuag en prosodie homérique, elle est longue, et cecinbsp;i^ande

de

*i^un


ftianière 1 Prakr


a donner 1’impression d’un t géminé ; de lè vient que, OU les groupes de consonnes se simpliflent, skr. putrd-gTounbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par putta-, et non pAv puta-; de même en grec, Ie

quot; nbsp;nbsp;nbsp;attesté par skr. dfvah « cheval », lit. ah'd

4 nbsp;nbsp;nbsp;aboutit non a -v-, comme Ie denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mais

‘’tiïoc, OU -y.y,-; syr. ix/o?; *-dhy- devenu -öy- aboutit

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lOO PHONÊTIQUË

en grec commun ü -o-j- et non ^ -u-, et ce -jj est encore coH' serve dans certains dialectes et partiellement chez Homère : hom-de *iz£83'oi;, cf. skr. madhyah « qui est au milieu ». Si 1®nbsp;groupe consonne plus sonante consonne sufEt a determiner 1®nbsp;quantité longue de la syllabe que termine la consonne en indo'nbsp;europeen, c’est que son premier élément est plus long qu’un®nbsp;consonne intervocalique ; il ne suit pas de la que cetté consonD®nbsp;géminée soit aussi longue qu’une consonne géminée intervocab'nbsp;que et doive avoir Ie même traitement ; Ie t de *etre est trait®nbsp;autrement que Ie tt de *ette.

II résulte de ce fait une conséquence : si une racine se termi®® par une consonne et qu’il lui soit ajouté un suflixe commengaO*nbsp;par la même consonne snivie de sonante, tout se passe comin®nbsp;si Ie suflixe commengait par la sonante : au point de vue denbsp;phonétique indo-européenne, *pet-tro- (avec sufTixe *-tro-) n’®®^nbsp;pas. distinct de *pet-ro- (avec suflixe *-ro-): dans les deux casnbsp;prononciation est *peHro-. Si la racine est terininée par u®®nbsp;sonore et que Ie suflixe commence par une sourde, la différefl®®nbsp;apparait : *med~ro reste *medro (prononcé *meddrd), mais *0^'nbsp;tro- devient *me‘-tro-, qui se confond avec *métro-, et c’est ai®*‘nbsp;que, en regard de lat. modus « mesure » et de got.

V. angl. metan « mesurer », Ie grec d’époque homérique a prononcé [xé^xpov, dont Ia première syllabe est longue dans la poés^®nbsp;épique.

Sur Ie groupe voyelle longue plus consontie plus sonante co® sonne, soit Ie type être, la prosodie n’enseigne rien, car skr. atï^

atra, hom. sxps et-gxpe ont même valeur en métrique ; mais on supposer a priori que, après voyelle longue, la consonne était sin®P‘nbsp;et non géminée. II semble d’allleurs que certaines sonantesnbsp;moins aient eu dans ce cas, non la forme consonantique, m®*®nbsp;forme de sonante voyelle devant voyelle ; Ie védique a d’ordi®®'quot;^nbsp;consonne plusy consonne après voyelle breve, so\i dtya ; mais®®'^nbsp;sonne plus iy après voyelle longue, diphtongue ou voyelle

d®'‘

consonne : dtiya, artiya, astiya; ainsi, des lao cas oü la désin®** ^ skr. -bhyah de datif-ablatif pluriel a dans Ie .Rgveda lanbsp;ciation -hhiyah, dissyllabique, deux seulement ont une si®’P

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LA SYLLABE lOI

^'^yelle breve avant Ie bh] tous les autres iy sont après syllabe ^'^ngue, comme par exemple dans tébh(i)yah « a ceux-ci » ; Ie ynbsp;toujours consonne dans str. saiyah, zd haidyö « vrai », voyellenbsp;'^ans véd. mdrt(i')ydh, v. perse martiya « homme » ; tel était sansnbsp;*ioute l’état indo-européen, a en juger par Ie contraste de skr.nbsp;^ddhyah « qui est au milieu », hom. piaco;, ou skr. pddyahnbsp;* pédestre », gr. xeCs?, avec *y consonne, et de skr. vef({)yamnbsp;quot; «laison », gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avec *iy. Quant aux sonantes autres

les faits sont peu clairs.

^avi

tgt;ns ))^ Fisti « vous savez », et v. sl. veste « vous savez ». De l'te pour les sonores, le zd da^di « donne » repose sur *ded-dhi,nbsp;®nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/quot;wö' « sache » sur *iuid~dhi ] le skr. dein « donne »

^Ppose aussi *da^dbi, forme attestée par le zend da:{di; cette forme que le sanskrit n’a pas échappé a l’altération et quenbsp;de traces de l’élémcnt spirant dans le cas de -tt- tient anbsp;•^novation hindoue.

En dehors de 1’emploi dans les groupes du type consonne plus ^öfiante tels que *ty ou *tr, il semble que l’indo-européen a tendunbsp;^ óliminer les consonnes gémioées. Le groupe *ss tend a se sim-PElier la ou il était amené par des circonstances morphologiques:nbsp;''^tisi la 2' pers. prés. sing, de la racine *es- est *ési (skr. dsi, zdnbsp;att. ei), et *.essi, qu’on trouve aussi (hom. et dor. èaat, arm.nbsp;lat. ess dans la prosodie des plus anciens auteurs), peut s’ex-l^^^uer par analogie. La oü il résulte de la rencontre d’une den-terminant un élément morphologique avec le t initial d’unnbsp;^®^ond élément morphologique, le groupe -ti- n’est pas conservénbsp;quel entre voyelles a l’état isolé: en iranien, en baltique, ennbsp;et en grec, il donne -st-] en latin, celtique et germanique,nbsp;le Sanskrit a -tt-, mais comme *-tst- y aboutit aussi a -tt-,nbsp;^he consonne géminée n’y représente pas 1’etat indo-europeen,nbsp;a en juger par toutes les autres langues, comportait unenbsp;^ ^ration de l’occlusive t. Ainsi de la racine *sed- et du suffixenbsp;done de *set-to-, on a skr. sattdh « assis », zd hastö, lat.nbsp;] de *wid- et de *~to-, on a zd -vistö- « connu », gr.nbsp;r. irl, -jess, v. h. a. (^gi)uiisso; cf. aussi gr. /quot;(opsv « nous

'hê:

et

«U

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102 PHONETIQ0E

L’altération des groupes nbsp;nbsp;nbsp;*-ddh- est d’autant plus remar-

quable qu’elle n’a pas lieu dans les cas oü la gemination a uti® valeur expressive, et notamment dans les termes propres au laü'nbsp;gage enfantin, dans les hypocoristiques, ainsi gr. xx-zx, lat, attü)nbsp;got. atta « papa », gr. ti'tOy/ « nounou », gr. Naoïxo) hypocoris'nbsp;tique de NtxsxïXeta. La gemination expressive est fréquente ennbsp;indo-européen ; elle était sans doute courante surtout dans la langn®nbsp;familière sur laquelle la comparaison enseigne peu de chose;nbsp;elfet la langue indo-européenne a été portée par une aristocratienbsp;dominante (v. chap, ix), et c’est la langue noble qui s’est prO'nbsp;pagée. II ne manque cependant pas d’exemples tels que skr.

« maman », gr. ’Axxw, lat. Acca (Larentia) ; gr. axux «papa»! v. h. a. Sicco hypocoristique de Sigbert; gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«je risani^

éclats » ; gr. yuvvti; « être efféminé » (cf. Yn'ci/) j delph.

« femme en couches » ; lat. lippus (cf. gr. Xi-oc, etc.) ; v. h. lecchön « lécher » (cf. grec Xsi^w, Xe^xvo;) ; gr. exy.ov, en facenbsp;oxwxa, lat. ociilus, et Ie k de arm. akn suppose aussi une ancienn®nbsp;géminée, etc. Gette gemination n’est pas rare dans des nomquot;nbsp;d’animaux tels que lat. udcca (cf. skr. vasci) ; v. isl. bokkr, i*’^'nbsp;bocc « bouc » ; etc..

Les groupes de consonnes sont soumis aux régies suivaiite*'

i“ Chaque phoneme conserve Ie point d’articulation qui lui propre, ainsi k reste une gutturale devant t: lat. dictus.

lU'^'

2° Une consonne proprement dite (occlusive ou sifïlante) sourde ou sonore devant consonne proprement dite, suivant ïnbsp;celle-ci est sourde ou sonore. De la racine *yeug- de lat.nbsp;iuguni, l’adjectif formé avec sufExe *-to- est: skr. yuhlcih « join*'”’nbsp;zd yuxtö, gr,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. iunctus, lit. jünktas ; l’aoriste en '¦*

est; skr. dyuksi « j’ai attaché », gr. iCsu^x, lat. iunxt. L’imp®''^ til' en *-dhi de *gs- est zd ;^di « sois », gr. i'sOt (sur:^^ v. p. 69)'

ij

3” Devant les sonantes consonnes, les occlusives sourdes gardent au contraire leur qualité de sourdes comme ell^®nbsp;feraient devant une voyelle. Examples:

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LK SYLLABE nbsp;nbsp;nbsp;I o3

tdsya « de celul-ci », gath. tahyct, hom. -oTo (de *xcA^o); -oy (de *-ohyó).

caivArah « quatre », lat. qualiuor; lit. ketvirtas, v. sl. eet-« quatrième » ;

aftnd « pierre », gr. axj^wv « enclume » ; cf. lit. akmü quot; pierre » ;

gr.

svdpnah « sommeil », zdOTa/ho^ lit. sdpnas, v. isl. smfn,

U^vog;


fvafrüh « mere du mari » (avec s initiale devenue q par ^Illation au q intérieur), lat. socrus ;

®^r. pdtram « vase », lat. pöculum (de *pötlom').

Ie groupe complexe *-ptm- a cependant « abouti » a ^-bdrn-*^ebdmo- « septième», attesté par v. sl. sedmü,gT. IjSSoizo?, ^®gard de skr. saptd, gr. éitxa, lat. septem, c’est qu’il s’estnbsp;sp'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;indo-européen des sonorisations dans des circonstances

^ quot;^lales; Ie grec a -yS- dans oySocc, en face de q-atw, done entre ^pi^ ulgintl, trlgintd en face de dor. Fv/.av., att.

j a vu ci-dessus, p. 6i, Ie Z' de skr. pthami « je

) Gtc,

(o ^ groupes du type : sonore aspirée plus consonne sourde risive OU s'), aboutissent en indo-iranien, non pas au groupe :nbsp;® plus sourde, attendu d’après la régie générale, mais a unnbsp;iftd ' ®°^®re plus sonore aspirée ; ainsi de *dfbh-, avec suffixenbsp;°'iranien *-ta- (i.-e. *-to-), skr. drbdhamp;h « attaché », zdnbsp;*bhudh-, avec Ie même suffixenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. biiddhdh

®on,

» ; etc. L’existence en indo-européen d’un groupe a ®®pirée est rendue certaine par gr. (v. p. 70) et skr.nbsp;riquot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;k?anii (mee skr. issu de*^^f;), en regard

gr . nbsp;nbsp;nbsp;^ *gih initial zd :(amp; « terre », (loc.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de *^amï),

iat- humus. Mais, d’une manière générale, Ie traite-il ^^^o-iranien n’est pas représenté dans les autres dialectes; ir-^J^¦ P°®sible que ceci résulte d’innovations analogiques : ennbsp;P®r rnenae, dés 1’Avesta récent, ce traitement est éliminénbsp;la 3c * ^'^fions analogiques ; ainsi de indo-iran. *augh- « dire »nbsp;P^rsonne moyenne d’aoriste qui encore dans les gathas est

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io4 PHOMiTIQUE

aogdda « il a dit » (c’est-a-dire aogda), est dans l’Avesta récent aoxta, d’après toutes les troisièmes personnes secondairesnbsp;moyennes en -to. Quoi qu’il en soit, les autres langues ne pré-sentent pas un exemple sur du traitement du groupe tel qu’ünbsp;apparait en indo-iranien ; Ie grec par exemple a constammentnbsp;sixTo?, msTÓc, etc. en regard denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ESiQsiAat, etc.

Lorsque deux sonantes sont en contact, la question se pose d® savoir quelle est la forme employée pour chacune. II y a cinq casnbsp;a distinguer ;

i“ Entre deux consonnes après syllabe breve ou dans la syl' labe initiale du mot : la première sonante est consonne, i®nbsp;seconde voyelle : ainsi skr. srutdh « coulé », gr. putóc; sk®’nbsp;gvdbhih « par les chiens » (de *kgwi}hhis) et non *(umbhih; g^'nbsp;(ppacji (de *bhritst) chez Pindare et en vieil attique, etc. ; lit-ketviftas « quatrième », v. sl. cetvrüiü représentant *k”etwrtoi‘nbsp;Le traitement phonétique de *-wr- entre consonnes est d’ailleur®nbsp;Ie renversement *-ru-, tel qu’il est attesté par zd ca^ru- (dan®nbsp;calt;iru-ratus « qui a quatre maitres »), gr. -rpu- (de *TCTpu-), 1®^'nbsp;quadru- (ainsi quadru-pes, avec un d secondaire; cf. ci-dessuS;nbsp;p. io3), gaul. petru- (ainsi Peiru-corii a cóté de Tricorit)',nbsp;c’est plutót *calruthah que *catvrthah que remplace la forme aU®'nbsp;logique skr. catiirthah « quatrième » (d’après 1’accusatifnbsp;« quatre ») ; ce renversement reste conforme a la régie ennbsp;que la sonante voyelle suit la sonante consonne. — Après sy^nbsp;labe longue, les exemples clairs manquent.

De la regie il résulte qu’il n’existait pas en indo-européen diphtongue constituée par sonante voyelle plus sonante secoPnbsp;élément de diphtongue ; quand done, dans un mot de date ind®nbsp;européenne, le germanique a iir ou le lituanien ir, ur, devant co‘*

sonne, il ne s’agit jamais d’anciens


*u r, mais toujo


d’anciens . II y a exception a ce principe dans les présents

nasale infixée (v. p. i8o) qui présentent des diphtongues telles in, un, rn : skr. ri-n-canti « ils laissent », a cóté de rindhUnbsp;laisse », lat. U-n-quö, v. pruss. (^po-)li-n-ka « il reste », ou skr.nbsp;n~tdn « tournant » (participe présent de kpydtti « il tourn®

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LA STTLLABE io5

2quot; Entre consonne précédée de syllabe brève et voyelle : la première sonante est voyelle, la seconde consonne : skr. fünahnbsp;e dn chien », gr. -/.uvo?; skr. (accus.) catürah « quatre », lit.nbsp;trromin.) heturl (Ie gr. Td-txaps?, xdxxapa? est analogique ; cf. dor.nbsp;r^xopsj et ion. xdaaspsg); skr. divdh « du ciel », gr. A'.Fóq ; zdnbsp;K'^nió « de l’hiver », gr. -xiizos, skr. himdh « hiver ». Done skr.nbsp;P^^^{i)yah « paternel », gr. ixatpio?, lat. patrius sont embarras-®9nts : on attend i.-e. *p3tfyos; on est en presence d’une alté-^^tion due a 1’analogie. D’une manière générale, 1’applicationnbsp;^ ® la régie est limitée par beaucoup d’actions analogiques, ainsinbsp;Sanskrit a Qufruve « il a été entendu «, et non *(nffve, sousnbsp;influence de gugrdva « j’ai entendu », gugrüyüt « qu’il en-*®nde ))^ etc. Mais Ie lituanien oppose tvirtas « solide », denbsp;a turki « avoir » (littéralement « tenir »), de *turè-; denbsp;^^ine skr. cahrvan « ayant fait » a pour génitif cakrügah.

Après voyelle, devant consonne ou a la fin du mot : la première sonante est consonne, la seconde voyelle; ainsi skr.

(( neuf », lat. nouem, gr. èvv£(/’)3c, de *néwi}, ou skr. nava-; “ 90 », de *newi}tis, v. pruss. newints « neuvième », got. (de *newunda-') « neuvième ».

Entre deux voyelles ; la première sonante est second élé-^’^^rit de diphtongue et l’autre est consonne ; ainsi v. perse aiva 'rn », cypr. o'.Foq « seul » et v. lat. oinos (d’oü ünus^ « un »,nbsp;ains, v. pruss. ainan (accus.), gr. olrq « as » ; lit. dervdnbsp;^ ^cus. defva) « bois de sapin », v. sl. drévo (russe dérevd), gall.

« chêne »,hom. (génit.) Boupó? (dissimulant SopEóc).

y a une place a part, et certains des groupes oü il figure ne


sont

eivye

(*1® *neuyos)^ Ie sanskrit répond par ndvyah « nouveau », dtinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*'gt;^Fyoq)^ Ie gaulois par Novio- (Novio-

« nouvelle citadelle »), etc.

pas conforrnes a la régie générale; ainsi un groupe tel que sla ^ ^ second élément de diphtongue ety consonne en iranien,nbsp;lituanien, gotique, mais w el y tous deux consonnes ennbsp;(, ^rit, grec, italique, celtique; par exemple a lit. naüjasnbsp;.^euveau » (avec au au lieu de iau par dissimilation), got.

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io6 PHONETIQUE

5” A I’initiale : il n’y a pas de régie générale. Ainsi y n’est consonne devant aucune autre sonante, mais w, r, I, m, n peu-vent être consonnes devant y; w peut être consonne devant y,nbsp;r, I, ainsi gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mais est toujours voyelle devant n et

w ; etc. Les exemples sont rares et manquent même entièrement pour la plupart des groupes.

III.

Le mot et la phrase.

Accentuation.

Le mot n’admet pas, comme la syllabe, une définition pho-nétique; en effet la notion de mot n’est pas phonétique, mais morphologique et syntaxique. On peut déterminer avec rigueurnbsp;oü commence el oü finit un mot morphologique indo-européen;nbsp;mais la limite du mot phonétique peut être différente. Soit lenbsp;vers d’Homère ;

A 8a e’ijopówv Tptówv xe tzoKu xai vyja? Kyjx'.ü'i.

Tpuojv et te y sont deux mots indépendants, le premier fléchi, 1® second invariable, jouant dans la phrase un róle indépendant,nbsp;et ils ont chacun leur signification propre ; mais au regard de 1®nbsp;phonétique Tpwwv xs ne forme qu’un mot: le mot xs, autonom®nbsp;par le sens et par 1’emploi dans la phrase, est atone et lié dansnbsp;la prononciation au mot précédent; c’est ce que l’on nomme unnbsp;mot enclitique. Dans les inscriptions perses achéménides, oü il ynbsp;a une marque de séparation entre les mots, le diviseur n’est p®®nbsp;marqué entre un mot et l’enclitique suivant.

Néanmoins, grace a la structure morphologique de 1’indo' européen, le nombre des mots de chaque phrase se laisse dét®®'nbsp;miner. En francais il est difficile de dire combien il y a de mot®nbsp;dans il est venu a Rome, car il est venu n’est en un certain seO®nbsp;qu’une forme une exprimant une certaine idéé, et pourtant onnbsp;peut dire il n'est pas venu ou il y est venu ou il n'y est pas encogt;'^nbsp;venu, et les trois éléments de il est venu sont alors séparés dans 1®

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LE MOT nbsp;nbsp;nbsp;107

même de la phrase, comme ils Ie sont par l’écriture: au ®°iitraire, dans Ie latin mnit Romam, représentant exactement icinbsp;type indo-européen, la forme grammaticale ne permet aucunnbsp;oute sur Ie nombre des mots.

Aussi Ie mot indo-européen est-il en général limité d’une ma-^lere precise même au point de vue phonétique : il est lerminé un phoneme qui a une prononciation particulière a cettenbsp;position, et il ne comporte qu’une seule syllabe tonique.

Pin de mot. — Le caractère particulier de la fin de mot est ^ttesté dès 1’abord par la métrique : dans les vers de plus de buitnbsp;syllabes, le védique, l’avestique et le grec ancien ont d’ordinairènbsp;^Oe coupe, qui consiste en une fin de mot obligée, a une placenbsp;onie; de même ausssi le saturnien latin; la coupe des versnbsp;^^bqngg diffère essentiellement de la césure de l’alexandrin clas-®ique frangais, laquelle comporte une certaine suspension de sens.

On

Piosion

. Pos occlusives finales sont traitées autrement que les occlusives 'ttérieures. Pour le Sanskrit, les définitions des grammairiensnbsp;tf^ontrent qu’elles étaient bornées a Félément implosif et qu’ellesnbsp;P^raissaient « écrasées » (pïdita-); elles sont sourdes ou sonoresnbsp;^tnvant qu’elles sont suivies d’une sourde ou d’une sonore (con-sonante ou voyelle), tandis que, sauf devant occlusivenbsp;j^’^^t'e, les occlusives de l’intérieur du mot conservent leur qua-^ Propre ; le Sanskrit oppose done -at la-, -ad da-, -ad ra-, -adnbsp;* ia finale a -aïna-, -ata-, etc. qui sont licites a l’intérieur dunbsp;^^t. Ejj grec, en slave, en baltique, en germanique, en celtique,nbsp;^oménien, les occlusives finales ainsi réduites a la simple im-®ion ne sont plus représentées : a skr. dbharat « il portalt »nbsp;gree répond par (et Parménien par eber'), a skr. iat

genre le latin a

® sifllante finale est traitée d’une mauière parallèle aux occlu-En Sanskrit, a la fin d’un mot qui n’est pas uni dans la

-cl, ainsi isiud, v. lat. fëced; le -t des troisièmes per-^ comme ueMt (d’oü fèrlt par analogie) provient de ce que ch ‘l’anciennes finales en *-eti (cf. skr. vdhati « il va ennbsp;V. russe veietf) dont le *-i final est tombé en latin.

SlVi

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io8 PHONETIQUE

prononciation a un mot suivant, il n’y a pas a proprement parler de -5, raais un simple souffle qu’on désigne par -h; etnbsp;tandis que, a Tintérieur, s reste sourde devant les voyelles et lesnbsp;sonantes (indo-iran. *-asa, *-asya-, *-asna-, *-asra-, etc.), a lanbsp;fin -s est sonore en indo-iranien devant toute sonore, voyelle,nbsp;sonante ou consonne, et ce *-;( final, absolument difierent denbsp;Intcrieur, comme *-s finale est différente de *-s- intérieure, subitnbsp;divers changements et provoque diverses altérations ; *-a:{ devantnbsp;consonne donne skr. -o ¦ dfvo « cheval » ; Ie pali a généralisé Ienbsp;-o correspondant, et Ie nbminatif ordinaire du même type efet ennbsp;-o : pali asso ; la chuintante finale qui, après *i et *ii, représentenbsp;i.-e. *~s est en indo-iranien devant sonore ; ainsi Ie correspon-dant de gr. oj3- au premier terme des composes (avec traite-ment de la finale et non de l’intérieur) est devant toute sonorenbsp;zd du^-, skr. dur- (avec r représentant ^ final) : zd du^-ita-« mal » (« ou 1’on va mal »), skr. dur-itd- ; zd du^-vacah- « qninbsp;a une mauvaise parole », skr. dur-vacas-; etc. En slave, *-5finalenbsp;disparait en principe, mais s’est conservée après consonne dansnbsp;quelques prepositions et préverbes monosyllabiques unis dans lanbsp;prononciation au mot suivant, comme vüs-, vü\- (de *ups, *ub^inbsp;et la repartition de r et répond exactement a la repartitionnbsp;indo-iranienne : vüs-xoditi « monter », mais vüx_-iti « monter »•nbsp;Le latin a généralisé la sourde -s, mais avec une prononciationnbsp;affaiblie: dans les plus anciens textes, la sifflante n’est parfois pasnbsp;écrite, et les poètes de 1’époque républicaine ont pu n’en pa®nbsp;tenir compte au point de vue prosodique; Ennius écrivait coU'nbsp;ramment des vers comme celui-ci :

postqmm lutnina sis oculis bonus Ancu(s) reliquit.

En germanique, la sonore finale, usuelle devant les sonores, ^ été généralisée au moins dialectalement; elle est conservée ennbsp;islandais sous la forme ~r et aussi dans les dialectes occidentauX;nbsp;dans les monosyllabes, par exemple v. h. a. hwer « qui », ef-skr. kdhj et en gotique devant les enclitiques a initiale sonore •nbsp;hiua^-ei. Sans examiner le détail, on voit que le traitementnbsp;-s finale difl'ère du traitement de *-s- intérieure.

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LE TON nbsp;nbsp;nbsp;109

^ la fin du mot, les nasales ont aussi un traitement a part: grec ne connait que -v, ainsl 'fewov en regard de lat. equom,nbsp;^fvam « cheval » ; Ie vieux prussien et 1’irlandais n’ontnbsp;qygnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jjgg [g^g^gs comme 1’arménien, Ie slave, Ie

garrnanique, oü la nasale finale est tombée, on trouve, en cer-l^ines positions particulières, des traces de -n, et non pas de -m.

^ 'Ht du latin est un signe de nasalisation plutót qu’une labiale ^®sale, car -tn finale n’empèche pas l’élision ; anim-adue^'tcre denbsp;^^^utn-aduertere ; de même, en sanskrit la nasale finale n’est, knbsp;^'itérieur de la phrase, qu’un prolongement nasal de la voyellenbsp;h|'®cédente, Vanusvara-, et non un phonème ayant un pointnbsp;Articulation propre.

^ ^près voyelle longue les sonantes finales étaient même sujettes ^ disparaitre en indo-europeen ; Ie sanskrit a mata « mère », Ienbsp;^^tianien mótt, en regard de dor. jxatïip, lat. mater; de mêmenbsp;j ó.Qina « pierre » et lit. ahnii, mais gr. dV.ixwv, cf. Ie typenbsp;®^rn homo, horninis; Ie *-w final de véd. d(u)vAv « deux » senbsp;fetrouve dans v. irl. dau, en face de véd. d(u)va, hom. Suw, v.


Ie


düvi


a.


Enfin, la voyelle de syllabe finale du mot est sujette a v,... allongements ; par exemple Ie védique a hatd et haf anbsp;^ ^rappg2 ,) . ig preposition (et préverbe) i.-e. *pro a aussi unenbsp;'^riïie *prö, par exemple véd. pra- et prd-, sl. pro- et pra-, lat.

et prg^ gr. wpa et TCfa)-(::£paa!). Le grec a en général une ^^^^tité fixe a eet te place; mals en védique la quantité flotte anbsp;finale dans beaucoup de formes entre la longue et la breve,nbsp;ceci semble indo-européen. Le vocatif lit. vilkè « ó loup »,nbsp;At 1’e repose sur une ancienne longue, s’oppose a l’é final denbsp;gr. kóxe, lat. lupe, v. sl. vlïce.

eut concourt done a établir que la fin de mot était marquée


cer-


fo:


prö-


en

*tiot


indo-européen par des particularités de prononciation. Le AVait ainsi son individualité phonétique dans la phrase.


, AA. — Dans ce groupe d’articulations, terminé par des pho-


ketti:

Aéti,


Aes prononcés d’une manière particuliere, qu’est un mot pho-l’une des syllabes peut ètre prononcée plus haute ou


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1 lO PHOSÉTIQüE

phis intense que les autres. L’acuité particulière d’une syllabe sera appelée ici ton, et la syllabe la plus aiguë du mot la syllabenbsp;foniqiie; la ou il y aura lieu de marquer l’opposition avec Ie ton,nbsp;Ie nom générique Sl accent sera réservé a l’intensité, et par suitenbsp;la syllabe intense sera dite alors accentuée', Ie mot atone s’apph-quera a 1’absence de ton, et Ie mot maccentué a l’absence A'in'nbsp;tensité. Le ton et l’accent coincident souvent.

Chaque syllabe du mot porte dans les textes védiques un signe qui, d’après les indications des grammairiens, marque la hauteui 'nbsp;a laquelle doit se prononcer 1’élément vocalique de cette syllabe;nbsp;sauf un certain nombre de petits mots, particules ou pronomS;nbsp;qui sont toujours atones, tout mot védique a, ou du moinsnbsp;peut avoir, en certaines conditions, le ton sur l’une de ses syl'nbsp;labes qui est dite udatta- « élevée » ; ainsi bharati « il porte »nbsp;peut suivant les cas être atone ou tonique,et, quand il est tonique»nbsp;a le ton sur bha : bharati. De même chaque mot grec (exceptionnbsp;faite d’un petit nombre d’atones) a une syllabe oxytonée, pro-noncée plus haut que les autres, a un intervalle d’une quint®nbsp;d’après Denys d’Halicarnasse. Or, on observe aisément que Dnbsp;syllabe oxytonée du grec répond a Vudatta- védique; par exempl®)nbsp;pour les themes neutres en *-es-, la syllabe radicale a le ton dans:nbsp;skr. ndbhah « nuage », gr. ; skr. sddah « siège », gr-eSo?; etc. ; au contraire le suffixe a le ton dans le féminin skr-U{ah « aurore », hom. -riw; ; parmi les themes en *-o-, lesabstraitsnbsp;ont le ton sur la racine, les adjectifs et noms d’agents sur le *-0'nbsp;final du thème, ainsi gr. -uosj-o? « coupure » et -zo;;.!? « coupantnbsp;skr. vdrah « choix » et varah « prétendant »; gr.

« navigation » et skr. plavah « bateau ». Le ton indo-européeö défini par cette correspondence du védique et du grec anciel*nbsp;fait partie intégrante du mot, et les désaccords que présentent ®nbsp;eet égard les deux langues appellent chacun une explicationnbsp;comme toute autre divergence.

De même que 1’accent du grec moderne occupe en principe place du ton grec ancien, l’accent du lituanien, du russe,nbsp;serbe, etc. occupe encore la place du ton que possédaient le bal'nbsp;tique commun et le slave commun. Ainsi russe nébo, serbe

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LE TON III

LE TON III

^hah

» sont accentues i la même place ou gr. vioo? et skr. na-ont le ton. Malgre de trés nombreuses innovations qu’on a silleurs en partie réussi a classer, I’accent de certains dia-ctes baltiques et slaves represente done le ton indo-européen.nbsp;^ accent coincide du reste avec une trés notable elevation de lanbsp;^oix qui^ gjj sgrije par exemple, n’est pas moins importante que

intensité.

Enfin si le ton indo-européen ne s’est pas maintenu dans les *ectes germaniques, du moins sa persistance en germaniquenbsp;^^Oimun est attestée par un de ses trés rares effets phonétiques :nbsp;Landis qu’une sifllante ou spirante sourde y devie^t sonore ennbsp;*’®gle générale entre deux elements sonantiques (voyelles propre-'^^nt dites ou sonantes), la sourde est conservée après le ton, aunbsp;'^oins après le ton frappant la syllabe initiale du mot (loi de Ver-De Ié deux traitements germaniques des anciennes sourdes,nbsp;sxemple pour i.-e. *k :

V. h. a. swehur « beau-pere », en regard de ; skr. fvdfurah, russe svekor ;

V. h. a. swigar « belle-mère », en regard de : skr. fvagruh, raamp;st svekróv'

pour t :

V. angl. wori^t «je deviens », wearj^ « je suis devenu a, mais wurdon « nous sommes devenus a, worden « devenu a, en regard de ;nbsp;skr. vartate « il se tourne a, vavdrta « je me suisnbsp;tourné a, mais vavrtmd « nous nous sommesnbsp;tournés a, vfttdh « tourné a ;

pour

got. amsa- nbsp;nbsp;nbsp;« epaule a, cf. skr. driisa-.

— mini:(a- nbsp;nbsp;nbsp;« viande a, cf. — mamsd-

comparaison du vedique, du grec, des dialectes slaves et germanique commun il résulte que le ton indo-°Poen a trois caractérisliques essentielles :

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PHONETIQüE

Iquot; Chaque motpossède un seul ton. Si, dans les mots longS) il a existe un ton secondaire, on n’en saurait rien dire : aucunnbsp;fait surement atteste par plusieurs langues n’en indique I’existence.

2° Le ton peut occuper dans le mot une place quelconque • les exemples cites ci-dessus suffisent a illustrer ce principe. L®nbsp;limitation ’du ton aux dernieres syllabes du mot, telle qu’ell®nbsp;apparait en grec, est une innovation hellénique; ni le vediqucinbsp;ni le baltique, ni le slave, ni le gerraanique n’ont rien de pared •nbsp;levediqueale participe enbharamdnah « portant»en faced®nbsp;gr. (pspigsvs? et, au féminin, bhdramaiid en face de gr. fspigsv»!’nbsp;Les différences d’intonation du type èy.jpa : hy,updc (v. p. 76)3011^nbsp;misesen évidence par le ton, mais en sont independantes ; on sadnbsp;par le lituanien qu’elles existent la même ou le ton ne les fadnbsp;pas ressortir.

3“ Le ton n’a exerce sur les voyelles des anciennes langu®* indo-européennes, et en particulier sur les voyelles du védique, d**nbsp;ï— grec ancien, du slave commun, du baltique commun, du germ»'nbsp;nique commun, aucune action comparable a l’action exercée p®’nbsp;l’accent sur les voyelles des dialectes néo-latins, celtiques, gerin®'nbsp;niques, russes, etc. G’est que l’accent de ces dialectes compofl®nbsp;surtout une forte intensité jointe d’ordinaire a un allongemeöbnbsp;tandis que le ton indo-européen consistait en une élévation denbsp;voix, sans intensité appreciable et surtout sans aucune prolong®'nbsp;tion de durée de lavoyelle.

Rythme. — Le ton des mots n’a aucune influence sur

le

rythme de la phrase indo-europénne. Ni en indo-iranien, ni grec commun, ni en slave commun, ni en baltique comnai^”'nbsp;ni en germanique, done dans aucune des langues oü 1’on ennbsp;state la persistence, il ne provoque ces changements du timbr®nbsp;de la quantité des voyelles qui résultent ordinairement denbsp;presence de l’intensité. II ne sert jamais de temps fort du

comme l’accent du frangais, de l’allemand, du russe, etc.; ü ®


est tenu aucun compte dans la métrique védique ou dans du grec ancien. Quant aux multiples actions du ton sur les voynbsp;qu’on admet souvent, il n’est pas certain que ces actions

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LE RTTHME 113

Piisent qu’un élément d’intensité était joint i 1’élément de hau-et en second lieu, elles font partie de ces phénomènes pré-indo-européens dont l’examen est exclu du présent ouvrage par

^^finition.

les

revanche, toute syllabe de 1’indo-européen ayant, d’après ' principes posés ci-dessus, une quantité brève ou longue fixenbsp;V en une certaine mesure, a la finale), les oppositions quan-^bves étaient tres sensibles a l’oreille et constantes : c’est donenbsp;®®iilenient sur Ie retour régulier de syllabes brèves et de syllabesnbsp;^gnes ^ des places déterminées, joint a certaines observancesnbsp;stives a la fin de mot, que repose la métrique du védique et dunbsp;ancien; en d’au tres termes, lerythme de Vindo-europeen étaitnbsp;^^^ythnie purement quantitatif, non un rythme d’intensité.

la

rythme quantitatif est chose souple et délicate. Une longue ® pas la durée exacte de deux brèves la oü l’on a pu mesurer lesnbsp;'Oppositions. Un i OU un u durent, par nature, moins qu’un e ounbsp;a ot surtout qu’un a ; un 2’ ou un u longs ne durent done pasnbsp;ant qu’un a long. Une syllabe longue « par position » pouvaitnbsp;^r une durée assez différente de celle d’une syllabe longuenbsp;^^ar nature ». La valeur longue ou brève d’une syllabe dépendnbsp;pj^^®®finient des sujets parlants; un l long, même s’il ne dure pasnbsp;^ ® lo’un a bref, passe pour long, par Ie fait qu’il s’oppose anbsp;* bref. Ge qui importe, ce n’est pas la durée absolue, c’estnbsp;(j, Pposition des brèves et des longues, toutes choses étant égalesnbsp;En grec, les oppositions sont plus rigides qu’elles nenbsp;jj^.fo^^^ötl’avoir été en indo-européeh ; 1’état homérique, quoiquenbsp;lixé, offre encore une liberté qui n’apparait plus par

les dialectes sans exception, aucun róle défini, abstrac-

gt;nd ^ ^ ^ pas trace que l’intensité ait joué dans la phonétique de t ^'^o^^Pdamre, telle qu’elle apparait dans la période ancienne

® naturellement des différences de force déterminées par

Proi

®svr d’insister sur tel ou tel mot, différences accidentelles, ® a Une phrase donnée émise a un moment donné, et quinbsp;icjnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;® faire avec Ie système de la langue, seul en question

^utensité initiale que l’on observe en germanique et en Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8

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ii4 PHONÉTtQUE

irlandals (mais non en brittonique) provient d’innovations de c®* langues oü elle a provoqué une multitude d’altérations de toutesnbsp;sortes.

Les syllabes du mot indo-européen ne se groupaient done pa* autour d’un sommet d’intensité comme en allemand, en anglais?nbsp;en russe, ou comme les notes d’un motif musical execute sur uanbsp;piano; elles variaient de hauteur et de durée, comme les note*nbsp;d’un motif exécuté sur l’orgue.

Conclusion.

Le système phonétique qui vient d’être décrit a des traits ori' ginaux ; la richesse de son système d’occlusives prononcées ave®nbsp;fermeté comme en francais, le manque de spirantes, la fréqueo®®nbsp;de s. Ia monotonie d’un vocalisme sans nuances borné en pn^'nbsp;cipe aux timbres lt;? et o et parfois a, le jeu complexe de s®®nbsp;sonantes et du a, la variété de structure de ses syllabes a quantd®nbsp;toujours déterminée, la limitation précise des mots les unsnbsp;rapport aux autres, le grand róle des différences de hauteur,nbsp;caractère quantitatif du rythme. L’aspect phonétique de l’ind®'nbsp;européen était tout autre que celui de 1’un quelconque des repr^'nbsp;sentants actuels de la familie.

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CIIAPIÏRE I\


PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE


I. — Analyse du mot.


est ^xprimer ce qu’exprime Ie frangals par « Ie donateur ^ ^enu », Ie grec a ó Swrwp ¦^XOs; pour « les donateurs sontnbsp;j ® gt; il a 01 So«ops; ^X0ov ; pour « la maison du donateur »,nbsp;^ ^(üTspjg olxo^, et pour « la maison des donateurs », ó -cwvnbsp;pounbsp;nbsp;nbsp;nbsp;donateur », tov SwTopx oioov, et

^ nbsp;nbsp;nbsp;* j’ai vu les donateurs », ooi»? Swtopx? etSov ; pour « je

® au donateur » tw Sokopi SCSoipii, et pour « je donne aux 5jxot? Stóropot S!Sw;j.i. Dans tous ces cas, Ie nombrenbsp;quinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pluriel et Ie róle dans la phrase du mot « donateur »

j, ®ont exprimés en frangais (l’orthographe mise a part) par ®ent^' ’nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;preposition et par la place respective des mots

Ten /^‘^^Tiés en grec par les lormes du nom Bwtwp : Ie grec ®®nte a eet égard, avec fidélité, l’état indo-européen que Ie


^®présenterait également bien.


él,


,^’iand


on examine ces formes de Swxwp, on y reconnait un


'ï, '^onamun Swtop- ou Swxwp- etun élément variable : zéro, -eg, -xg, -wv, -ci. L’élément variable, qui sert a mar-TTombre, Ie róle dans Ja phrase (et aussi, pour les noms.


'I:


Ie

S’fitiri


Vqj^ ® naasculin-féminin ou neutre ; pour les verbes, la aijjgj fretrouve dans un nombre indéfini d’autres noms,nbsp;év)o ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« animal »,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ev;p-óg, Gï;p-t; 6^p-es, Övjp-ag,

PréJI’ nbsp;nbsp;nbsp;on l’appelle la desinence \ la partie du mot qui

® désinence et a laquelle est attaché Ie sens se nomme Ie


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ii6 PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

thème. Le thème peut être irréductible, comme dans O-^p ; allleurs, il est analysable, ce qui est le cas de Sw-cup : en elfet Su- s®nbsp;retrouve, joint a l’idée de « donner », dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Swau, ISwica e*

dans Swpov, oei;, SwttvY), et -top- (-twp-) dans une série de noms d’agents, comme axxwp « conducteur » en regard de ayw « j®nbsp;conduis », ÖyjpaTwp o. chasseur » en regard de O-z^pau « J®nbsp;chasse », etc. Le thème SwTip- se compose done de deux élé'nbsp;ments, l’un Soi-qui indique l’idée générale de « donner », 1’autr®nbsp;-Top- auquel est due la valeur du mot comme nom d’agent : 1®nbsp;premier est la racim, l’autre le suffixe.

Le mot indo-européen comprend ainsi trois parties : la racitt^’ le suffixe et la desinence, dont chacune a un róle distinct :nbsp;racine indique le sens général du mot, le suffixe en précise I®nbsp;valeur, et la désinence en marque (concurremment avec les altef'nbsp;aances vocaliques et la place du ton) le róle dans la phrase.

De ces trois parties aucune n’existe a l’état isolé, en dehors d® l’unité du mot : la désinence -o? de SoWopo; n’est pas un pe^dnbsp;mot qui s’ajoute au thème Swtsp- et qui en puisse être sép®’’®nbsp;comme la preposition de en francais dans : la maison de ce richenbsp;généreux donateur; le thème Sw-uop- n’existe pas davantage isol®'nbsp;ment : au singulier, le nominatif SwToip et le vocatif Sw-copnbsp;pas de désinence, il est vrai, mais, ce qui caractérise cesnbsp;cas, c’est précisément l’absence de désinence, par contrastenbsp;les au tres cas qui ont telle ou telle désinence ; la désinence ®®^nbsp;zéro; considérés dans l’ensemble de la flexion, Scó-cup et Bcs-ipnbsp;sont pas des thèmes nus, ce sont des formes a désinencenbsp;Enfin il n’y a pas de racine nue: il y a seulement des thèP^®*nbsp;qui sont caractérisés par l’absence de suffixe, ou autrement ditp®^nbsp;le suffixe zéro : tel est le cas de 6170-. Le nominatif 6^p estnbsp;forme a suffixe et a désinence zéro.

De ce que les trois parties du mot indo-européen forment unité et ne sont pas séparables autrement que par analyse sci®®,nbsp;tifique, il ne résulte pas qu’elles n’aient pas été, dans un p®®

plus ou moins lointain, trois mots indépendants les uns


autres. La ressemblance de la désinence *-mi des premières sonnes du singulier du type athématique a l’actif, gr. eigo

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ANALÏSE DU MOT nbsp;nbsp;nbsp;I I 7

V. %\.jesmi « je suis », avec Ie pronom personnel de première P®rsonne du singulier gr. ii.s, skr. mam, v. sl. me « moi » (anbsp;®ccusatif) a suggéré l’idée que la desinence *~mi serait un anciennbsp;P^'onom. Mais comme cette desinence est a peuprès la seuledontnbsp;ï'essemblance avec un pronom soit frappante, la coincidencenbsp;P®ut etre fortuite. Et puisque, en tout cas, 1’hypothèse échappenbsp;^ ''verification, elle est négligeable. — On peut imaginer aussinbsp;tel élément morphologique a été détaché d’un type de radi-dont il faisait originairement partie intégrante, par examplenbsp;1*16 Ie (jg themes d’aoristes passifs grecs comme axpafïjvai ennbsp;^®gard de cipésw ou d’infinitifs latins comme manère en regardnbsp;, Sf- iJ.évw (gsgévïjy.a) aurait été emprunté a une série de motsnbsp;aurait appartenu a la racine ; mais cette hypothese, plausiblenbsp;elle-même, n’est pas davantage susceptible de vérification etnbsp;par suite également négligée ici.

du nbsp;nbsp;nbsp;ignore

'^ot indo-européen, l’ai

la fagon dont s’est constituée l’unité analyse en racine, suffixe et désinencenbsp;^ pas pour cela un procédé arbitraire dont on ne se serviraifnbsp;d’éclaircir et de faciliter Fétude. Elle n’enseigne rien surnbsp;^ j^rigines et sur Ie développement de la flexion indo-européenne,nbsp;est Ie seul moyen a Paide duquel on puisse 1’exposer.nbsp;^ examine fr. aimer, faime, nous aimons, vous aimez^, j’ai-I .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;®tc., et rouler, je roule, nous roulons, vous roule^, je rou-

mais les élé-

i\i a ‘ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;frangais de radical isolé aim- ou roul-,

'^nts


® désinence isolée -er, -e, -ons, -e^, -ais, etc. ;

atni-^ roul- d’une part, -er, -e, etc., de 1’autre, sont ceux aiffnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les uns auxnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres suivant Ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sens è exprimer,

associé nbsp;nbsp;nbsp;a l’idée d’ «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aimer », -ons a Pidée de « moi et

de p ”gt; nbsp;nbsp;nbsp;airn-, roul-, etc. d’une part, -on:{, e:^, etc.

autre sont reels en tant nbsp;nbsp;nbsp;qu’éléments denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;substitution. De

dQj^t?’ nbsp;nbsp;nbsp;’’acine,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ie suffixe etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la désinence denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1’indo-européen,

tej, ® est d’ailleurs différent de celui des radicaux et des lUenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du francjais, n’ont pas a être envisagés autrement

des éléments de substitution : par exemple -5 et -ts se

'pii

ant 1’un è Paulre dans gr. è'^epe-? et èfcps-rs suivant 'veut dire « tu portais » ou « vous portiez » ; mais, ainsi

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ii8 PHINCIPES DE LA MOBPHOLOGIE

congus, ils sont des réalités. II appartient aux psychologues de determiner comment s’opèrent les substitutions dans l’esprit desnbsp;sujets parlants; la tache du grammairien est de reconnaitre ceSnbsp;éléments, de les classer et d’en suivre les transformations. L®nbsp;linguiste a affaire a la langue d’une manière objective, sans avoirnbsp;pour cela le droit d’oublier jamais que les éléments de substitution qu’il isole represen tent des procés psychiques complexes.

Ainsi les éléments morphologiques en lesquels on analyse motindo-europeenne sont pas des abstractions des grammairiens:nbsp;ce sont les symboles au moyen desquels s’expriment les systeinesnbsp;d’associations commons aux divers membres d’une même coin-munaute linguistique. Un paradigme est la traduction gramina'nbsp;ticale d’un ensemble de faits psychiques qui se retrouvent sensi'nbsp;blement identiques dans un groupe d’hommes.

Sans doute la racint n’est pas une simple abstraction. Laplupa'’^ des racines avaient des formes nominales et verbales a sulfur®nbsp;zéro, qui tendent a s’eliminer au cours du développement de*nbsp;divers dialectes, mais qui étaient un élément essenliel de l’indu'nbsp;européen commun ; la racine était done par elle-mème un thèiu®nbsp;utilisable, c’est-a-dire une réalité concrète. Tel est le cas denbsp;dans skr. dd-mi « je mange » ou de *ivekquot;'- dans lat. uöx.

Néanmoins la racine sera entendue ici comme un élément corr®' latif du suffixe et de la désinence, et non comme un éléioef*'nbsp;« primitif » dont les mots seraient derives par composition etnbsp;derivation : une manière historique d’envisagerla racine n’aur®’^nbsp;aucun sens, puisque de la préhistoire de Tindo-europécnnbsp;ignore tout. Ainsi un mot appartient a une racine, c’est-a-dir®nbsp;qu’il fait partie d’un ensemble de mots ayant en communnbsp;groupe de phonemes auquel est associé un certain sens génér^*’nbsp;mais il n’est pas iiré, il ne sort pas d’une racine.

Tous les mots n’appartiennent pas a des racines ; beaucoup thèmes nominaux ne comportent pas l’analyse en racine et S'’nbsp;fixe, même dans les cas oü Pélément final a la forme d’un su֒’^*^nbsp;connu : ainsi, bien que le mot skr. anah « voiture de charg®nbsp;lat. onus ait la forme d’un thème en *-es-, c’est-a-dire d’unnbsp;nominal assez fréquent en indo-européen, on n’y discerne auc’’'’®

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ANALYSE DU MOT nbsp;nbsp;nbsp;I IQ

j'^cine connue. II arrive souvent qu’un nom soit isolé et ne se aisse rapprocher d’aucun autre thème nominal ou verbal.

^ Le thème — analysable ou non en racine et suffixe — et la *^®sinence sont les elements essentiels de la morphologic indo-®'iropéenne. La comparaison des formes frangaises aimons, rou-etc., indiquée ci-dessus, donne une première idee généralenbsp;® leur nature, mais n’en fait pas même soupgonner I’importancenbsp;plus qu’elle n’indique le caractere propre de leuremplol. Ennbsp;®n9ais, en effet, ce sont des pronoms non autonomes, maisnbsp;®^core séparables, qui indiquent les personnes et les nombres;

’^’^e manière générale, chaque mot francais est entouré de Petits mots, plus ou moins indépendants et toujours séparables,nbsp;expriment la plupart des rapports grammaticaux. Au con-^^aire l’indo-européen marqué tous ces rapports dans le mot lui-^eine k l’aide de ces éléments et de certains autres procédés; lanbsp;J^^leur du motindo-européen est done complexe. Soit par exemplenbsp;Bé^aTo « il a regu », la racine y exprime Pidée denbsp;recevoir », — le suffixe -aa-, la notion de 1’aoriste, — la dési-''^ence --5^ le fait qu’il s’agit d’une troisième personne, d’un sin-^’^ller, d’un moyen, d’un passé, etc.; l’absence de suffixe aprèsnbsp;lïiontre qu’on n’est pas en présence d’un subjonclif ou d’unnbsp;Platif, mais d’un indicatif; SéSaxo indique a lui seul tout cela,nbsp;grec représente exactement ici l’état indo-européen.nbsp;j P-Q somme, le thème est le mot en tant qu’il désigne une notion;

J r . nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;XI.

desinences et par des variations du vocalisme du thème et de la de du ton. On n’est done pas surpris de constater que le thèmenbsp;de mot dans la phrase sans être pourvu d’une désinence:nbsp;^ /dl les noms, le vocatif singulier, toujours, et le nominatif (casnbsp;Jdv. dans une large partie des cas, et, parmiles verbes, l’impéralifnbsp;^ guller (c’est-a-dire la forme du commandement, la principalenbsp;tormes verbales) sont constitués par le thème seul. Au pre-rólnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;composes, le thème nu figure et joue a lui seul le

jus^ nbsp;nbsp;nbsp;(v. chap. vi). Certains noms sont dénués de flexion

ld a l’époque historique ; les noms de nombre de « cinq » a

^“le du mot dans la phrase, en même temps que certaines ^lêgories de nombre, de genre, de temps, etc. sont indiquées par

Plai

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120 PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

« dix », les pronoms personnels. Tout isolés qu’ils soient dan® une langue dont la structure est dominee par la flexion, ces faitsnbsp;suffisent a montrer que Ie thème représente la forme pré-indo-européenne du mot lui-même.

En indo-européen, beaucoup de themes se composaient de Is racine seule ; on entrevoit done un état ancien oü chaque racinenbsp;pouvait servir de thème, sans être pourvue d’un sufflxe. II resultsnbsp;de la que chaque racine a été un mot, de valeur a la fois nomi'nbsp;nale et verbale, a peu pres comme love en anglais.

Ces observations permettent de deviner, derrière Ie typ® flexionnel indo-européen, si 'singulier, un état antérieur, de typ®nbsp;plus banal, ou les mots étaient in variables ou peu variables. O®nbsp;comprend ainsi pourquoi il est malaisé de trouver entre l’indo'nbsp;europeen et d’autres groupes linguistiques des concordances mof'nbsp;phologiques, pourquoi, par suite, aucune demonstration rigoU'nbsp;reuse d’une parente de 1’indo-européen avec un autre groupe n’a p^*nbsp;être donnée jusqu’a présent.

L’ordre des trois elements : racine, suffixe, desinence est fix® • la racine est au commencement du mot, la désinence a Ia fin, ®*'nbsp;Ie ou les suffixes dans la partie médiane.

L’indo-européen n’a pas de prefixes : Ie seul qu’on pourra'* alléguer est 1’augment : skr. a-hharat, « il portalt », gr.nbsp;arm. e-her « il a porté » ; mais l’augment ne faisait pas parti®nbsp;intégrante de la forme verbale, on Ie verra (p. 2o5). A eet égard»nbsp;l’indo-européen se distingue profondément d’autres langues ®nbsp;flexion riche, comme Ie sémitique et Ie géorgien, qui font graodnbsp;usage de la préfixation.

Quant a l’infixation, on la rencontre dans un seul type, cel'J* des verhes a nasale : la racine *leikquot;'-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« laisser, êtrelaissé r»

par exemple, a un thème de présent ^li-ne-k”-, nbsp;nbsp;nbsp;attest®

par skr. riij,dkti « il laissc », rincanti « ils laissent », lat. v. pruss. (po-')lïnka « il reste ».

Le mot indo-européen est done délimité au point de vue phologique par sa racine d’une part, par sa désinence de l’autr®’

Abstraction faite des composés, un mot ne comprend qu’u**®

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A!«AL'ÏSE DU MOT I2I

'^cine et qu’une desinence ; si une forme russe telle que poidëfnte quot; allons toi et moi », d’ailleurs exceptionnelle en russe même,nbsp;®®nible comprendre pour Ie sujet parlant deux désinences : -m-*^6 première personne et -te de seconde, c’est une innovation d’unnbsp;'quot;^ractère étrange et imprévu.

^ Mais un même mot peut avoir un nombre indéfmi de sulTixes.

themes *swep-no-, *swop-no-, *sup-no-, attestés par skr. ^‘^ópnah « sommeil », lat. sommis, gr. jwog, v. sl. sünü, sontnbsp;1'rés, avec un sufExe secondaire *-iyo-, d’autres themes attestésnbsp;P®*quot; skr. svdpn(^i)yam « rêve », lat. somnium, gr. (èv-)gt;jxv'.ïv,nbsp;^ sünïje (Ie type indo-européen était sans doute '^swóp-no- [etnbsp;^'^‘^p-no- ?] : *süp-n-iyo-, v. ci-dessous, p. 288). A la racine i.-e.nbsp;feugt;3- ((nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;„ appartient skr. tdvi-^-t « force », avec deux

de

^'iffixes, d’ou, avec un troisième, tdvi-s-l-van « pourvu de », et, avec un quatrième, tdvi-f-l-vat-tara-h « plus pourvunbsp;force » ; de même en grec y.ap-t-e « grace », yapi-Z’EVT-pourvu de grace », avec deux suffixes, d’oü, avecun troisième,nbsp;« plus pourvu de grêce ». Chaque suffixe s’ajoutenbsp;Ihème, comme un premier suffixe a la racine ou comme unenbsp;®*inence au thème.

Outre l’addition des elements morphologiques, l’indo-européen de deux caractéristiques grammaticales : Ia place du tonnbsp;alternances vocaliques.

Va • llmltée par aucune régie phonétique, la place du ton *^it suivant les mots et les formes grammaticales et par suitenbsp;q, utuait un moyen de caractériser chaque mot et chaque forme.

*^ut d’abord Ie ton peut manquer bcaucoup de mots sont ^J^ctérisés

par Ie ton zéro, par l’atonie: ainsi des particules skr. ca « et », gr. xs, lat. que, ou, dans certains cas, desnbsp;(Y g*’ '^®uime skr. asti, gr. icxi, etc. Le vers suivant du ^gvedanbsp;7), qui comprend onze syllabes réparties entre quatrenbsp;gt; ^ a qu’un seul ton :

prdfastim nah kr'uuta rudriydsah pour nous célébrité, ó Rudriyas ». Ailleurs, la place du

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132 PRINCIPES DE LA MOBPHOLOGIE

ton varle suivant Ie sens, ainsi dans gr. tó;ac; « la coupe ” oppose a togs? « coupant » (cf. p. iio), ou suivant la formenbsp;grammaticale, ainsi dans Ie nominatif pluriel gr. itóSs? « pieds »gt;nbsp;skr. padah, oppose au génitif singulier gr. TtoSó?, skr. padamp;hnbsp;« du pied », dans russe Ijüdi « les gens » (nominatif), opposenbsp;au génitif ljudéj « des gens ». Un mot indo-européen n’est donenbsp;défini que lorsqu’on connait la place occupée par Ie ton dansnbsp;chacune des formes de sa flexion.

Les alternances appellentune discussion spéciale.

11.

Alternances.

A. Alternances vocaliques — Les alternances vocaliques son* les seules qu’emploie normalement la morphologie indo-eurO'nbsp;péenne.

G’est par les langues sémitiques qu’on voit Ie mieux quel rol® peuvent jouer dans une grammaire ces sortes d’alternances. Un®nbsp;racine arabe n’est caractérisée que par ses consonnes ; quant ao*nbsp;voyelles, chaque consonne de chaque racine peut être suivienbsp;a, d, i, i, ü, ü OU zéro, soit en tout sept formes, et chacune lt;1®nbsp;ces sept formes serta caractériser la fonction grammaticale. Sodnbsp;la racine arabe q t l «. tuer », son parfait actif est qatala, s®’*'nbsp;imparfait actif ya-qtulu, son parfait passif qutila, son imparfadnbsp;passif yu-qtalu, son parfait actif de troisième espèce qdtdl^’nbsp;l’imparfait correspondantnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ie parfait passifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1’id*'

parfait yu-qdtalu, l’infinitif du premier type qatlun, Ie particip® qatilun, etc. Dans les noms, au singulier, Ie nominatif est car»®^nbsp;térisé par -un, 1’accusatif par -an, Ie génitif par-m et, au plu®'®^'nbsp;Ie nominatif pax-üna, raccusatif-génitif par -wa.Les voyelle®nbsp;servent qu’a la formation des mots et a la flexion, et la signifi®^nbsp;tion de la racine est altachée seulement aux consonnes.

L’indo-européen emploie ses voyelles de la même mani®*^' Ce ne sont jamais les voyelles qui caractérisent une racine ounbsp;sufTixe, ce sont seulement les consonnes et les sonantes; et c®nbsp;uniquement Ie type de formation qui est indiqué par Ie vocalistd®

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ALTEHNANCES nbsp;nbsp;nbsp;123

sxemple, le vocalisme e de la racine indique le présent dans ^^quot;cojAai « je vole », le vocalisme zéro I’aoriste dans I-xcÓ[j,y)v,nbsp;le vocalisme o I’iteratif dans TcotdtoiAai; le vocalisme è de l’élé-prédésinentiel sert a caractériser le nominatif singulier dansnbsp;le vocalisme ë le nominatif pluriel dans TOxipe?, le voca-®riie zéro le génitif pluriel dans ujtxpwv ; etc.

Les phonemes qui constituent la partie fixe et significative des ®‘i^ents morphologiques sont les consonnes, les sonantes et lenbsp;r oneme *3; les phonèmes vocaliques employés dans les alter-^®nces (avec valeur purement grammaticale) sont *e et *0 et,nbsp;^niant des series speckles, les 'voyelles longues *a, *e, *0nbsp;^ ®rnant avec *3). La voyelle *a ne figure pas dans les alter-’^^ïtces qu’emploie la morphologie.

type normal des alternances se resume dans la formule ®^‘vante :

Tout élément morphologique comprend une voyelle qui appa-


kit


®ous 1’une des formes :

c (ou ê) nbsp;nbsp;nbsp;0 (ou Ö)

Les degrés è et ö ètant bornés a quelques cas (presque tous dans

Ln du.......


zero


mot), la formule essentielle est :

e nbsp;nbsp;nbsp;onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zéro.


Par

®xeinple en grec :

aott).

’*'^aX'0jji.3c nbsp;nbsp;nbsp;7cóX-o$nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;£-irX-o|xr)v

a'/'w (de *v/~ü) nbsp;nbsp;nbsp;oy-o^ « TSelui qui tient » ï-sy-s')

i.-e. *segih-)

O,

^o'ïimera ici les éléments morphologiques d’après leur

'^tgt;yelle réduite *“ (définie ci-dessus, p. 74) n’est qu’un des gj, du degré zéro, ainsi danslat. patere, gr. w'xvrjpt, en face de

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124 PHIPiCIPES DE LA. MÜIIPHOLOGIE

La presence de sonantes complique l’aspect des alternances Yocallques, sansles changer au fond. Dans Ie cas des diphtongues,nbsp;les alternances ont l’aspect sulvant (en représentant la sonante dunbsp;degré zéro par sa forme vocalique) ;

ei

ot

l

eu

OU

u

er

or

r

el

ol

]

en

on

V'

cm

om

Exemples :

Ki-KClO-ac £7cé-X!6-p.£V foed-us fid-èsnbsp;hius hus-umnbsp;Ss-Sopx-a: è'-SjSüz-svnbsp;talp-d tilp-tinbsp;xé-TOVÖ-x l-::a:0~svnbsp;kams-aü kims-ti

gr. xeiO-afAac « je crois » lat. fld-ö « j’ai confiance »nbsp;got. kius-an « éprouver »nbsp;gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« je vois »

lit. ielp-ü «j’ai de Ia place pour » gr. tc£v6-5i; « douleur »nbsp;lit. kems-ü « je bourre »

OU, en utilisant des rapprochements entre plusieurs langues : lit ef{~ilo.s « éta- gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« testicule »

Ion » arm. (jnt)orj-i « (iJi.óv)opx‘? * nbsp;nbsp;nbsp;ti^Iu ”

Dans Ie cas de sonante consonne plus voyelle, on a ;

we

re

WO

-ro

etc., par exemple :

V. isl. suefn « sommeil » arm. khun (de *swopnos') gr. 'jVviï lat.


precès « prière »

I V. isl. fregna

« demandeP »


procus

« prétendant » V. sl. prositinbsp;« demander »


poscö

(de *porcscó) skr. pfcchddnbsp;« il demand® ”


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ALTERNANCES T2U

Quand 1’élément morphologique se termine par la sonante, ^®lle-ci est sujette a apparaitre sous ses diverses formes ;

¦/c(f)-a nbsp;nbsp;nbsp;xé—xu-TOti

¦/,sij-[Aoc nbsp;nbsp;nbsp;skr. ju-hv-e « il a été sacrifié »

OU

gr.

~sv-tüv « tendon » (avec n con-sonne)

ión-tram « fil » (avec n secondnbsp;élément de diph-tongue)


TJV-O?

ta-tan-tha « tu as tendu »


Ta-To;


skr.

ta-tn-e « 11 a été tendu »nbsp;gr. vav-aó;

« mlnce ».


difference entre Vm-, qu’on trouve dans gr. x[i.x, '^sm-, on trouve dans gr. [Ai'a ou dans Ie composé ;a-uvu^, et *sm-,nbsp;on trouve dans gr. a-Tca?, a-rcXóo;, n’est pas une dlfférencenbsp;degré vocallque; 11 n’y a lel que trois formes phonéliques dunbsp;bre zéro. SI Ie sanskrit a ju-hv-e « 11 a été sacrifié mals gu-^ entendu », c’est que la dlfférence de structurenbsp;'^itlale de la raclne provoqualt des conditions phonétlquesnbsp;^rentes dans les deux cas.

^eux

^onantes consécutives ; 11 n’y a done pas de raclne Indo-

^ même élément morphologique ne peut pas renfermer après l’e

- •l/pj y A* A* J nbsp;nbsp;nbsp;VAV./AAV'

*'®Péenne de la forme *teul- ou *leirp-, etc., mals *tleu-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*t!ou-

possible. Dans *tlu-, les deux sonantes sont en contact, acci-

P9s de V

^^löllement, paree que Ie vocalisme est au degré zéro. Iln’exlste raclne *dheurgb-, mals 11 y a une raclne *dhreugh- :

-driogan « tromper » nbsp;nbsp;nbsp;v. isl. draugr « fantóme »

skr. dróghah « offense » V. sax. drugun « lis ont trompé »nbsp;skr. dnlhyati « 11 nuit ».

done on rencontre v. lat. {com-^moinis (lat. communis), got.

Si,

nn T'/3Tipr\nrrp v laf i/'/ifw-vm/iffjf lt;¦ i lar rnvn'tnii'H't q \ ...

O'-

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126 PRINCIPES DE LA MOHPHOLOGIE

(^ga-)tnains « commun », lit. mamas « échange », v. sl. min^ « changement, contrat », on peut affirmer a priori que la racinenbsp;est icinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;non 1moin-, et qu’il y a un suffixe commenejant p®1quot;

n : et en effet skr. mciye « j’échange » lette miju indiquent une raclne

Les degrés longs è et ö, sans être fréquents (sauf a la fin de mot) dans les racines oü ils alternent avec ê et ö et zéro, se ren'nbsp;contrent; ainsi:

*sêd-

lit. séd-mi « je suis assis » got. set-un « ils se sont assis ”nbsp;*sód-

V. sl. saditi « planter »


*sed-

gr. 'éS-o? « siège » got. sita « je suis assis »nbsp;*sod~

got. sat « il s’est assis »


En tenant cpmpte de tous les degrés et des diverses foTToe^ des sonantes, on peut done trouver pour un même élément mof'nbsp;phologique les aspects suivants :

De la racine 1kileu- « entendre » ;

e : 1kjeu- : got. hliuma « ouïe », zd sraoman- « ouïe ». *1

1

kilew- : gr. v.'ké(^F)oq, skr. (rdvah « gloire x. l: 1ktlëu~ : skr. (a^fraufit « il a entendu ».

*kjëw- : sans exemple sur dans cette racine. o : 1kilou- ; skr. gugrotha « tu as entendu ».

*kilow- : skr. grdvah « résonnant, ouïe ». ó : 1kjöu- : sans exemple sur dans cette racine.

*kjöw- : V. sl. slava « gloire », lit. r’/oi/é (même sens). zéro :1kju- : skr. grutdh « entendu », gr. xXutc;, lat. -clitus-*kjuw : skr. fugruve « j’ai été entendu ».

De 1sem- « un, même » :

e : 1sem- (1em diphtongue) : gr. hq (st.;), ev, got. simle « autr®' fois ».

*sem- (m consonne) : lat. seniel (?) o : 1som~ (^om diphtongue) : v. sl. sp-(sédü) « voisin »,nbsp;sam-(sdd-) « assemblée ».

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ALTERNAJïCES

*

som- (m consonne) ; gr. 6s*Ó!;, got. sama « même », irl. som », arm. omn « quelqu’un », skr. samdh « même ».nbsp;° '• sOm- : V. sl. samü « même », zd hama- « même ».nbsp;zero ;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. gf arm. mi « un ».

; gr. a-(ita^), skr. sa-(kft') « une fois », s°m~ : gr. apia et -olim- (oiS-ajAs- » pas un »), got. sumsnbsp;(indéfini), quelqu’un » ; v. irl. samail « ressemblance » (etnbsp;doute lat. similis), arm. ham--

® -ter- des noms de parente :

® ¦ *-ter- (er diphtongue) : gr. iiaTep, skr. pitar (vocatif).

. -ter- (r consonne) : gr. ¦^taréps?, skr. pitdrah « pères » '^'‘ominatif plur.).

® • -tèr- (èr diphtongue) : gr. warVip.

° ¦ -tor- (or diphtongue) : gr. aTtarop.

‘gt;mbre,


-tor- (r consonne) ; gr. aTtarops?, skr. (tvAt-')pitarah « qui pour père » (Yd Sanskrit atteste indirectement un ancien

ö-

'• -tör- (ör diphtongue) : gr. axatwp.

Zero ; nbsp;nbsp;nbsp;. gj.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. pitffu (locatif pluriel).

*-tr- : gr. irarpiLv (gén. plur.), skr. pitré (dat. sing.).

formule générale :

He

ë(é) ö(ö) zéro

*^Slt pas a rendre compte de tous les types d’alternances *^'^°'6uropéens. Soit en effet 1’opposition de skr. ;

bi-bhar-mi « je porte » bhr-tdh « porté »,

^ Hii saurait séparer les oppositions parallèles de skr. :

On

'ó ^ nbsp;nbsp;nbsp;(cf- gr. '(-0if;-ixi) « je pose », (d)hi-tcih (cï. gr. 0s-

« posé » ;

quot;-aTa-jxt « je me tiens », skr. sthi-tdh « se tenant » (cf.

« nbsp;nbsp;nbsp;(cf. gr. Si-Su-jjn) « je donne », di-tih (cf. gr. Sóai;

de donner ».

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laS PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

A 1’t du Sanskrit lelatin répond par d dsins fdc-t-us, std-tid, dd' tus. Soit encore l’opposition de gr. ;

9ép-iJ.x nbsp;nbsp;nbsp;®op-piÓ9

on n’en saurait séparer gr. :

(a;va)6Ti-[i.x

Done a cóté du type général d’allernances vocaliques :

zero

I. e{e) o(ö) il y a trois autres types :

II. nbsp;nbsp;nbsp;e

III. nbsp;nbsp;nbsp;ö

IV. nbsp;nbsp;nbsp;d

OU, du moins, deux si 1’on admet que, dans Ie type III, Ie typ® ê manque par hasard, comme il est probable.

On peut illustrer ces types par des exemples tels que les sui'

vants :

gr-

^Ï5yp,a

p(oyiJ.ói;

^ay-TSva'.

II. j

l’-’O-lAl

(a(s-)é-(i)'y.a

è-TÓC

(

lat.

sê-men

got. sai-so « il a semé »

lat. sd-tus

III.

lat.

dö-num

dd-tus

IV.

dor.

Le fait d’appartenir au type général d’alternances, i, o,

OU a l’un des types a voyelle longue essentielle (avec degré s) • ö, a; a, 3; ó, 3, caractérise le sens d’un élément morphologic'*^nbsp;au même titre que le fait d’avoir telle ou telle consonne ou s®*nbsp;nante; une racine *ugt;rêg- *wr^g- (telle que celle du gr.nbsp;est différente d’une racine *wreg-, *wfg- ; c’est seulement aiquot;*nbsp;térieur de chacun des quatre types que l’alternance a une val®quot;*^nbsp;grammaticale.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

Quand une sonante précède la voyelle longue, le a du degl® zéro se combine en principe avec elle de la manière indicquot;®*^nbsp;p. 92 et suiv. : ainsi le degré zéro du suffixe de l’optatif skr. '

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RACINES DISSYLLABIQtES 129

ö*'- 'tv;-, lat. -iè- est skr. -ï-, lat. -i~, v. sl. -i-, etc. ; et l’on ®*plique de même l’alternance de :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;//- ¦

va/, nbsp;nbsp;nbsp;.

dragh-ma « longueur » nbsp;nbsp;nbsp;dirgh-dh « long »

draj-ö nbsp;nbsp;nbsp;daryy-ö

V. sl. dlïg-ü (serbe dug)

ö une racine la forme gr. (F)pat.’^'»ai ne serail done pas PWtique.

^^öevant voyelle, tombe suivant la régie générale; de la la ^ pers. plur. skr. dd-d-ati « ils donnent », v. sl. da-d-etü « ilsnbsp;^ iineront », et, sans doute par analogie de cette forme, skr.nbsp;^'d-tndh « nous donnons », en regard de gr. 5(-5o-iasv (att. Si-Só-est analogique).

L alternance :

les longues et *lt;5 ont une autre signification que dans Ie type 'V) ö(ö), zéro, est parallèle a Talternance ;

01

ei

^ ®*eniple; et alors qu’il n’existe aucune racine de la forme

fÊ-* *¦

Par

Parg

j to-^ t- ¦ nbsp;nbsp;nbsp;; etc,, une série de racines se terminent

, OU par ó seulement ou par a seulement, ainsi gr. 0v;-(0w),

' 2) ¦— OW-, — oa-, soa-, etc.

élé^^^ uotable partie des racines indo-européennes comprend un es/^^^ de plus ; la consonne ou la sonante qui termine la racinenbsp;d’une longue *a, ou *ó, alternant avec *3; alors, ennbsp;Ulo '^ '^ue régie générale d’après laquelle un même élémentnbsp;pj.^'^l'ologique ne renferme pas deux ejo simultanément, si lanbsp;partie est au degré e ou o, la seconde partie est au de'grénbsp;et ^ ®®t-a-dire a ici la forme *3 (qui tombe devant voyelle),nbsp;lei 1 ^ ®6oonde partie est au degré e (ou 0) c’est-a-dire si elle anbsp;lorrne ou *d, la première est au degré zéro. Les ra-Port* oette forme sont dites dissyllabiques paree qu’elles com-Sojj/^ deux éléments alternants ; inais la plupart deleurs formesnbsp;fait monosyllabiques. Une racine dont les consonnesnbsp;Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9

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[3o PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIË

sont p et ^ et qui admet une voyelle de seconde syllabe *é, alternant avec *ö et *'i, peut se présenter sous les aspects sulvants :

DEVAST CONSOSNE


DEVAST VOTELLE


*ptt2- {*pêP- nbsp;nbsp;nbsp;[?])nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*pët-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(*pèt-)

*pdt3- Cpót3- nbsp;nbsp;nbsp;[?])nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*pöt-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cpöt-)

*ptè-

*ptö-

*pt3- nbsp;nbsp;nbsp;*pt~

*p°t3- nbsp;nbsp;nbsp;*p°t-

Cette racine est en elfet attestée au sens de « tomber ». e/zéro ; *pet3- ; *7i£X£-oiLai, d’oü xso-éoizat, •!ieao5;j,at « je 100'nbsp;berai ».

*pet- : lat. petö. zéro/e ; *ptë- dans hom.nbsp;zérojö : *ptö- ; gr. ss-Tctw-xa, Tciw-oig.nbsp;zéro/zéro : *p°t3- : sans doute dans skr. pati-tdh « tombé »)nbsp;i.-e *° est bien représenté en sanskrit par a (cf. gr.

*pt-; gr. Tvi-xx-d) « je tombe ».

La nasale infixée du type verbal skr. rindkti « il laisse », linquö est intercalée immédiatement avant la voyelle finalenbsp;racine, d’oü un thème gr. ¦siixva- (de *p°tnd~'), indirecteni®'nbsp;représenté par Ie verbe en -oj irixvo) « je tombe ».

En grec, il y a une racine voisine a -a- final, celle de lAZ! « je vole », dor. è-uxa-v, £-'ixx«-(jc(5v ; mais, hors du greC) .nbsp;n’y a que des formes monosyllabiques, skr. *pat-, ainsinbsp;« il vole », comme gr. xax-o[j.ai, ê-icx-óiJ.-r,v.

La longue finale n’est par hasard pas attestée dans la raci”® e/zéro : *pleth3- : skr. prathi-mcin- « largeur ».

*pleth- : skr. prdth-ah « largeur », zd fraO-ö. o/zéro : *ploth3- : v. sl. ploskü (de *ploth3skos) « large,

Af'

zéro/zéro ; *plth3- : pfthi-vi « terre » (litt. « la large »)lt; IlXaxawi (de VAaxa/yxi), celto-lat. Litavia, gall. Llydazv “nbsp;morique », v. gall, lita-n «large ».

*ploth- : lit. plat-üs « large ».

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RACINKS DTSSYLI.ABIQliES nbsp;nbsp;nbsp;I 31

Pith- : skr. pflh-üh « large » et gr. xActTu?.

pl°th3- : arm. layn « large », lit. splis-ti « s’étendre ».

Les racines dissyllabiques les plus nombreuses sont celles qui une sonante avant leur longue finale; elles présentent unnbsp;^®pect complexe par suite des formes diverses que' prend lanbsp;^^Hante et des combinaisons oü elle entre avec 13. Quelquesnbsp;^’^emples feront apparaitre cette variété :

Lacine 1pel3-, 1plè- « emplir, être plein » ;

^/zéro : 1pelg- ; skr. pdri-mo-n- « abondance » (avec l au lieu

“'¦¦yp-ss).

pd- : got. fil-u « beaucoup », v. irl. tl-o/zéro : ^pol- : gr. roX-ü?, v. a^ngl. feal-a.

*ero/e : 1plè-: hom. è'-TtXrjTo, skr. d-pra-t «il a empli», lal. plè-arm. U « plein ».

^'-ero/è : 1plö- : véd. pa-pra « il a empli ».

: 1pl- : skr. pür-ndh « plein », v. sl. plü-nü (serbe '0) lit. pil -nas, V. irl. la-n, got, ful-ls (de 1fnl-nasi).

P^~ '¦ skr. pi-pr-ati «ils emplissent » (d’ou pi-par-ti «il em-par analogie des racines monosyllabiques).

P°l- : skr. pur-uh « abondant ».

Pl' ¦ dans Ie verbe a nasale infixée skr. ppiAti « il emialit », ®1^aante a la forme breve puisqu’elle est séparée de 13 par lanbsp;La racine ne perd d’ailleurs son 3 qu’en apparence; carnbsp;compris dans la voyelle longue qui suit l’infixe nasal, et denbsp;dans les autres cas analogues cités plus bas.

’ViWè- « engendrer, naitre » :


ah «


race » (gén. jdnasah).


1

1gien9- : skr. jani-ta, gr. ysvi-Tup, ysve-T-i^pj 1^1- gini-

S\e-n- : gr. ysVc;, lat. gen-us, arm. cin « naissance », skr.

• 1giOn- : gr. yi-yov-a (plur. ys-ya-p.£v, d’après Ie type ((nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. jajdna « j’ai enfanté » ; yóv-op, skr jdnah

® 1 (gén. jdnasya').

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i32 PRINCIPÊS DE LA MORPHOLOGIË

zéro/è : *ginè- : gr. nbsp;nbsp;nbsp;et peut-être skr.jna-tih « parent »•

zéro/ö : *ginö : gr. yvw-tós, « frère », lette ^no-ts « gendre got. kno-^s « race ».

zéro/zéro ; *gii}- : skr. jd-tdh « né », zd :(a-tö^ lat. {g)na-tus, et sans doute got. kunds.

*gin- : gr. nbsp;nbsp;nbsp;lat. gi-gn-ö, %\s.j-ajn-é «je suis »¦

¦ got- samU'kuns (de *kuna^') « ó(;.s-yv!c; ».

La racine *g^en9-, ^gifië- « connaitre » ne se distingue de 1^ précédente que par Ie sens; mais les formes verbales sont eOnbsp;grande partie empruntées au type *ginö- et ne se confondent pa®nbsp;avec les précédentes; les formes homonymes ont été évitéesnbsp;dans chaque langue :

ejzéTO : *gien9- ¦ lit. ^én-klas « signe ». o/zéro ; *gion3- : got. han-n « il sait ».nbsp;ö: gT. ysytova «je fais connaitre », v. h. a. kumi « brave »,nbsp;isL kcmn « habile ».

zérojê : *g\nè : v. h. a. knd-an : « connaitre » (v. h. a. ii r®' présente germ. *ê) ; sans doute skr. jhd-tum « connaitre ».

zéro/ö : *ginö-: gr. nbsp;nbsp;nbsp;yi-y'm-cv.td, lat. (g)nd-scö, v. sl.

ti « connaitre » ; v. ’^ex^e xmcL-samp;tiy « qu’il reconnaisse ».

zéro/zéro : *gi}~ : lat. (g)nd-rus, et sans doute lit. (pay^titdA^ « connu », got. kun-^s-

*g°n- : lit. ^in-óti « connaitre», arm. can-awth « connu”'

Racine *g'^er^-(^g'”rd-ï) « avaler, engloutir » : c/zéro : *g'^erlt;i- : arcadien ïapj-Opsv (de *S=p£-0p3v) « gouffre gt;'gt;nbsp;lit. gér-ti « boire ».

e/zéro ; *g^er- : arm. gén. ker~oy « nourriture ». ö/zéro : *g'quot;ër- : lit. gèr-é « il a bu ».nbsp;o/zéro :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: gr. (3sp-óc, « gourmand », skr. gar-Ah «

son », lat. Mör-dra, (carni~')uorus.

zéro/zéro : nbsp;nbsp;nbsp;gir-ifAh « avalé », lit, glr-tas « i''®®

(Ie pptü- de gr. sgpuv représente gquot;'rö-).

*g^°rd- : gr. gapa-Opov.

*g'quot;°r- : skr. gir-Ati « il avale », v. sl. ^ïr-etü « il avale »•

: sbr. gpjati « il avale » (verbe a infixe nasal).

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RACISES DISSYLLABIQUES nbsp;nbsp;nbsp;l33

Racine *ten-, *trè- « frotter, user en frottant » :

^/zéro ; *ter3- : gr. TÉps-tpov, lat. tere-bra.

*ter- : lat. ter-ö.

o/zéro : *tor3~ : gr. xjp-iJ.o; « trou », v. isl. 'par-mr, v. h. a. « intestin ».

*ior- : gr. xop-ó? « pergant ». zero/e :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: gr. xp-g-xi?, v. h. a. dra-jan « tornare ».

zéro/ö ; *trö- : gr. xi-xpw-r/.w.

^ Zero/zéro ; *tf- : gr. xpa-v-rj; « pergant », v. sl. trüti (serbe ^^^0 « frotter ».

*t°r3- : V. irl. tara-thar « tarière ». t°r- : V. sl. tïr-g « je frotte ».

^ nbsp;nbsp;nbsp;; gr. xp-igu, lat. tr-itus-

Racine *pew3- « purifier » ;

^/zéro ; *pew3- : skr. pavi-tram « ce qui sert a purifier ».

pew- ; skr. pdv-atc « il purifie ». a/zéro : *pêw- : skr. d-pav-i^uh « ils ont purifié ».

®/zéro : *pöi4/- : skr. pav-dyati « il purifie », m. h. a. vaewen-zero/zéro ; *pü- : skr. pil-tdh « purifié », lat. pü-rus. puw- : skr. pu-puv-uh « ils ont purifié ».nbsp;pu-, dans Ie verbe a infixe nasal skr. puhdti « il purifie ».

^^cine *g''''ey3, *g'^yè- « vivre » ;

^/zéro : *g'«gy-- fiom. 3é-op.a'. « je vivrai ».

Serbe

^^zéro ; '^g'^oy-: skr. gdy-ah « état de maison », zd gay-ö « vie », ió] « paix ».

zero/g. *gylt;y^.- gr_ « je vivrai », iA]yd-lus « vie ». *aro/ö ; *g'''lt;iyö-; gr. |3tw-va!.

zér

'at.

O'zéro : *g'^l- : skr. ji-vdh « vivant», v. sl. lit. gy-vas^

' ^i'Uos. g'^iy- : gr.

racines dissyllabiques se terminent ^ar leur voyelle longue avec a: il y a des racines du type ^é-, il n y en

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i34 PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

a pas du lype *petik-: *ptèk- ou *pel3s-: *ptës-. Les exemples qu’on pourrait alléguer contre ce principe sont en général limités a unenbsp;seule langue et peu clairs.

Etant donné que *a, *ê, *ö ont la même valeur que voyelle plus sonante, on doil s’attendre a rencontrer des racines terminécsnbsp;par voyelle plus sonante ; en fait on trouve des racines de lanbsp;forme : *petu- : *pteu-, par exemple celle du gr. .FeXu-tpsv « enveloppe », lat. uolu-ö « je tourne arm. gelu-m « je lords », elnbsp;du verbe a intixe nasal correspondant skr. vpióti « il couvre »gt;nbsp;c’est-a-dire indo-iran. *vf-na-uti. L’élément *-eu- a Ie caractèrenbsp;d’un élargissement (cf. p. i44 et suiv.).

Outre la complication de leurs formes, les racines dissylla' biques présentent cette difficulté que l’usage de leurs degrés voca-liques a voyelle longue finale Iels que *ginê- ou *g{nö- dans la *nbsp;morphologie indo europécnne n’est pas encore determine d'unenbsp;manière precise. Ge degré fournit notamment des aoristes tel®nbsp;que s'yvw, è5i(ü, ItXy) (dor. l-Cka, etc.), des parfaits comme véd-papra, paprau « il a empli », hom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;véTXa|A£v, etc. ; 6*

les cas a vocalisme r et o de noms racines au deuxième terme d® composes tels que gr.

Les alternances qui viennent d’etre décrites n’expliquent pa® tous les cas qu’on peut rencontrer, mais elles sont les seules qu*nbsp;aient un róle défini dans la morphologie indo-européenne. On u®nbsp;saurait par exemple rendre compte ainsi de gr.nbsp;ter », skr. an-amga « il a atteint », irl. ro-anaic « il a attaintnbsp;V. si. nesg «je porte », lit. nes-ü «je porte », etc., ou du rest®nbsp;ne figuren t que les formes *enh-, *nek-, *nok-^ c’est-a-dire Ie j®*^nbsp;de e, o, zéro, avec des complications spéciales; il est impossiblenbsp;d’entrer ici dans Ie détail de ces fails qui est infini. Quelq*'®”nbsp;oppositions comme celle de gr. è'-epcev (glosé par isigYjusv), Ie*quot;'nbsp;terreöeldamp; skr. trdsati « il tremble », gr. rpso) trouveront 1®quot;^nbsp;explication dans la théorie des racines ; de même que l’on a e**nbsp;principe *gien3- et *ggnê-, on a ici *Urs- et *tres-, avec un seul ^nbsp;actuellement présent (cf. p. 129).

Une racinc k deux voyelles toutes deux au degré plein, conaui® gr. y.ïXijö-, xoXo'jO- dSns -/.éXsuQo;, i-xsXsuOo;, est chose exc®P

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VOTELLE A i35

^lonnelle et limitée a une seule langue, contraire a l’usage indo-®uropéen: skr. an-aniga peut être ancien, gr. èvyjvEYjxat a peu de chances de l’être, et l’on sait que èv^vs)'a est une creation réaliséenbsp;par Ie grec a 1’époque historiqüe.

En tenant compte de I’equlvalence morphologique de % *ö de *e plus sonante, établie p. 128 et suiv., on peut poser ennbsp;Pi'incipe que toute racine ou tout suEFixe comprend au moinsnbsp;voyelle alternante de la forme : e (ou è), o (ou ö), zéro.

La voyelle *a n’apparait guère que dans certaines conditions ^paciales, de même qu’elle ne figure pas dans les alternancesnbsp;P- 123) :

Dans Ie langage enfantin, comme:

, gi'. «TTa (c papa », lat. atta^ got. atta, v. sl. ot-tcï « père», aite «père nourricier » ; skr. tata « papa », gr. rara, lat.nbsp;^ata, bret. tdd.

dans des mots expressifs comme : hakhati, gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. cachinnö, etc.

Dans des mots isolés et, par la même, suspects d’etre des

^'’^Pnints (en partie de date indo-européenne), comme :

faba^ V. sl. bobü « fève », v. pruss. babo.

^ barbaQe premier b, au lieu de f, par assimilation), v. h. a.

lit. har:(da, v. sl. brada « barbe ».

. far, farina ; got. barixeins « d’orge » ; v. s\.brasïrw « nour-‘¦iture »;

^^Aucun de ces trois mots n’a de correspondant en indo-iranien, ^rttiénien, ni en grec ; on rencontre pourtant a dans quelquesnbsp;*^ples attestés en indo-iranien, ainsi :

®Lr. hamsah « sorte d’oiseau aquatique », lit. « oie », v.

^ gans, lat. anser (forme rurale au lieu de *hanser), gr. génit.

¦ (de *y_av(3-ic).

'^^e *-a^ et non une nasale voyelle.

doute dans quelques désinences, notamment celle de P^rsonne active du parfait au singulier *-a'. gr. Foïoa, skr.nbsp;je suis », got. wait; cf. v. irl. cechan « j’ai chanté », qui

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i36 PRINCIPES DE LA MOBPHOLOGIE

4° A l’initiale de certains mots : soit isolément, comme dans :

gr. séypó?, lat. ager, got. akrs, skr. djrah « champ, campagne »

soit en regard de formes sans a, par exemple: gr. aaT'^p, aatpov et arm. astl « astre » ; zd star- « étoile »)nbsp;véd. stf-bhih « par les etoiles », v. h. a. sterna « étoile «, et lat-Stella.

gr. « feu », skr, édhah « hois a brMer », lat. aestds,

£rr.

‘Oapó? « clair », skr. idhmdh « hois a bruler ».

got. arms « bras v. si. ramo « épaule » (dont I’intonation suppose i.-e *ardmo^ : skr. ïrméth « bras », v. pruss. irn^^nbsp;« bras », avec *f, initial.

gr. ayxw, lat. ango, augustus, got. aggwus « étroit », v. sb gXükü, arm. anjuk, skr. anihuh: v. si. (v)e^ « je lie » (qui suppose

Ge type d’alternances *a: zéro, propre a I’initiale, se rencontre concurremment avec le type normal *e, *o, zéro.

lat. augeo, got. aukan « croitre », lit. augu « je crois », skr-6jah « force »: skr. ugrah « fort » ; gr. a(F)É?(j) « je crois » : skf-vavamp;kfa « il a cru », got. wahsjan « croitre » ; gr. ocj^w, lib aukstas « grand » : skr. tck^ant- « croissant » ; c’est-a-dir®nbsp;*weg-(weh-'), *wog-(*ufoks-), *ug-(*uks-') : *aweg-, *awog-, *aug'nbsp;(^aweks-, etc.).

Lat. aures, irl. au, ö « oreille », tarent. xrx (de *x'jsxrjc, ef-a«v0a • sTSo? svwxco'j 'irxp’ ’AX/.j/av;, Hesych.), en face de la form® a degré zéro de v. si. us'i « les deux oreilles », arm.

« oreille », et de la forme a a- de gr. ojzxa (de Xjaaxa), et a de dor. fó(f)axa.

L’alternance de V: zéro qui figure a I’initiale sans avoir róle morphologique ne se retrouve pas k l’intérieur du mot: i®nbsp;rapprochement de skr. ydjati « il sacrifie », istdh « sacrifié »nbsp;de gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« j’ai un respect religieux pour », qui supposera’^

un *a alternant avec zéro, est borné a deux langues, ce qui lui ota ® priori toute certitude, et d’ailleurs il est peu satisfaisant pour 1®nbsp;sens et n’est pas recommandé par une concordance de formes.

X

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ALTERNANCES CONSONANTIQUES nbsp;nbsp;nbsp;187

Alternasges gonsonantiques. — Les alternances conso-'^®ntiques n’ont pas de róle morphologique ; maïs des variations forme des sonantes et des consonnes apparaissent dans lesnbsp;^^cines, les suffixes et les desinences.


Alternances des sonantes.

Sanskrit védique, la finale du nominatif-accusatif duel ^^sculin a trois formes qui, dans les parties les plus anciennesnbsp;-^gveda, se répartissent ainsi; -au a la fin de la phrase ou dunbsp;-av devant voyelle initiale d’un mot suivant, -a devant con-®°iine ou sonante initiale d’un mot suivant, soit : uhhhv agvaunbsp;quot; deux chevaux », ubhiï, devdu « les deux clieux a, ubhAnbsp;« les deux faucons », ubha yamdu « les deux jumeaux ».nbsp;e alternance'est ancienne au moins dans les noms de nombre;

’ effet a véd. -a répondent zd -a, v. sl. -a, lit. -u (de *-7z),

¦ 'w, lat. (dans anibö), 1’autre forme -au,


pond,


-av a ses corres-


^nts dans v. irl. ddu, v. isl. tuau « deux », en face de véd.

et de même, si gr. o-/.vw et lat. . sont identiques a véd. astd « huit », c’est a véd. astdunbsp;que répond got. ahtau, et Ie latin a trace de *w dans Ie


Wt'öj hom. o'jü), V. sl. düva;


°ctö


^érivé

B’,


octduos.


autres diphlongues, finales de mots, a premier élément long ^®otent la même alternance de longue plus sonante: longuenbsp;Le thème en -i- indo-iranien *sakhai- « compagnon » anbsp;. ^ oominatif skr. sakhd, zd hdxa ; en grec les nominatifs


’• (écrit Ayjvw) et A-^tw du thème A-^toi- (vocat. A'/jts::) oöt coexister. — En regard de gr. ix^TYjp, lat. mater, arm.nbsp;« mère », le sanskrit a mati etle lituanien móU.; en regard


‘(Ü!

^etnbi,


L O • xutüv, le Sanskrit a eva, le lituanien sü\ le latin fléchit Wnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;olo- L’élément sónantique par lequel se terminent

it^^j^^PP*'Ongues (ou plutót certaines diphtongues) a premier élé-^ finales de mots était done sujét a manquer. lojj ®onante second élément de diphtongue a premier élémentnbsp;aussi sujette a manquer devant sonante ou consonnenbsp;(de *2^^ ’^ot; les nominatifs skr. dyduh « ciel, jour », gr. Zeü;

et skr. gamp;uh « boeuf », gr. go0lt;; (de *P(üa?) sont


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138 PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

Rccompagnés d’accusatifs skr. dyamp;m, hom. Zr;v, lat. diem et skr-gdm, dor. güv. Le thème *rêi-, attesté par Ie nominatif pluriel skr. rdy-ah « richesses », a un accusatif singulier skr. rdfH’nbsp;lat. rem (cf. p. 86 et suiv.). — La desinence d’accusatif plurielnbsp;qui est *-ns après voyelle breve, ainsi dans le démonstratif crét-Tï-/;, got. ^a-ns, V. pruss. sta-ns « ceux-ci », est seulementnbsp;dans les themes en -a-: skr. -ah, lit. -as (de *-05); de même 1®nbsp;Sanskrit a mdh « lune, mois » et le slave mès-ecl (même sens) cOnbsp;face de lat. mensis et de gr. (génit. lesb.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;supposapl

*p.ï;vtroc); le Sanskrit a mah « chair » en face de skr. mdriisd»^ « chair », v. sl. mes o, got. minis.

Quelques racines ont une alternance de 3y, êi, öi : è, ó, ^ ainsi :

skr. dhdy-ati « il telle », v. sl. doj-g « je tette », got. daddj^quot;^ « téter », avec degré zéro *-3y-, car, avant ou après y, en syllab®nbsp;initiale, i. -e. *3 est représenté par a en indo-iranien.nbsp;skr. dhé-nd « vache »¦nbsp;skr. dhdy-ase « pour téter », v. h. a. td-an-skr. dhd-rüh « télant », gr. 0y;-X'j; « femelle », lat.

« téter », Ut. (^pirm')dilê « primipare » (se dit d’une vache). skr. dhi-tah « tété », lat. fï-lius.

Ou encore :

V. sl. poj-p «je fais boire ».

skr. pay-dyati « il fait boire ».

skr. pd-ti « il boit », pd-tram « coupe a boire », lat. pö-culd^'^’ Ut. pü-ta « buverie », éol. irw-Ö'. « bois ».

skr. pi-tdh « bu », v. sl. pi-ti « boire », gr. xï-0i « bois »•

L’abscnce de la sonante dans *dhë-, *pö- s’explique par la bré''**^ relative de l’élément sonantique dans une diphtongue a preii’*^'’nbsp;élément long (cf. p. 85 et suiv.).

A l’initiale, le groupe consonne plus sonante consonne alt®®’' avec la consonne simple, sans sonante:

skr. locatif ivé « en toi », gr. dat. loc. acï (de *-:Fci): skr.

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ALTERNANCES CONSONANTIQUES nbsp;nbsp;nbsp;1 Sg

atone te, v. sl. ti; accusatif skr. tvüm, tvd « toi », gr. os V ® i/’e) : V. sl. te (cf. tvoji « ton »), v. h. a. dih.

gr. (( gix gall, chwech (de *sweks), zd. xswaÈ (de : sex, got. saihs (de *seks), skr. sat. (de *saks).

syütdh « cousu », lit. siütas « cousu », v. sl. siti (de*sjytt) coudre » : skr. sütrani- « fil », lat. siUus.

prdii « centre », gr. ::psTi, xpo;, v. sl. proti-vü « contre » : perse patiy, dor. gr. ¦kov., %o;, lit. pas (de *pats').

Sot. hrïkan « briser », hrukans « brisé », lal. franco, fragilis ^ e bhr‘‘g-'), frègï: skr. bhdjati « il partage », bhandhti « il brise »,nbsp;hekanem « je brise » (et gr. (pavstv « manger » .gt;•).nbsp;skr. prathimdn- « largeur », lit. platüs « large », gr. uXa-xXaT'J;, (ü)[Ao-)7cXd':Yj, v. sl. pieste « épaule » : zd pa%ana-®lendu », gr. xsTavvügt « j’étends », lat. patere « être étendu »,nbsp;petys « épaule ».

'at.

« gosier », v. b. a. querechela (même sens), lit. garguliüju des^ entendre un bruit du gosier », et « dans gr. ydyypatva ;nbsp;. ïïiots a redoublement, / a passé a des simples: arm. hlaneni

k-nfin dans les racines qui ont un redoublement intensif (com-P’^ï'lant répétition de la sonante radicale), on rencontre des alter-lat nbsp;nbsp;nbsp;sonantes r, l, n : ainsi a cóté de IV de gr. è'gpwv,

uorare, lit. gérti (cf. ci-dessus, p. iSa), il y a / dans \amp;t. gur-

ePul (( il a avalé », v. h. a. chela « gosier », v. irl. altnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dévore », lat. gula, gr. y.a-^Xési y.axa-xtvïi Hes. Ces

proviennent de dissimilations ; par exemple un type *g^er-g'^er-e- est devenu *g'^er-g'^el-e-, et *g'^er-gr-e-'oitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*g^'en-gr-e- : r second élément de diphtongue a, on Ie

W- w nbsp;nbsp;nbsp;dans lat. vulgaire *cinque (fr. cinq'), soit

d’ou généralisation de g au lieu de g'” '^^•'tains cas. Les alternances de r et l sont nombreuses, et

ijjj.’ autre traitement que r consonne, et Ie passage a n semble pour ce plionème un relèvement trés incomplet dunbsp;gel^ palais; Ie traitement de la consonne iniliale dans irl.nbsp;ajjg h. a. chela, gr. ydYypaiva indique que la gutturale étaitnbsp;Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et qu’il s’est produit une dissimilation comparable

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i4o PnilSClPES DE EA MORPHOLOGIE

on en rencontre la même oü Ie redoublement intensif ne s’est pas conserve, ainsi en regard de skr. (i-gir-dh « froid », v. isl-héla (de *he-hl-an) « geler », on a lit. sarnd « givre », arm-safn « Ie froid », v. isl. hiarn « neige solidifiée », et d’autre partnbsp;lit. salna, v. sl. slana « givre ».

2® Alternances des consonnes.

Une initiale *s plus consonne (ou sonante) alterne souvent avec une consonne (ou sonante) ; ainsi:

*sp-, *p-skr. spdg- « espion », zdspasyeiti « il voit », lat. speciógt; V. h. a. spehön « observer »: skr. pdcyati « il voit ».

*5t-, *t- : got, stauta « je heurte » : skr. tuddti « il heurte 'h lat. tundö.

*sk-, *k-: V. h. a. skeran « tondre », v. sl. skora « peau»; lat. scortum: gr. y.zipu) « je tonds », v. sl. hora « écorce », lat'nbsp;corium.

*sm-, *w-: V. h. a. smel:(an « fondre » : v. angl.

« fondre », v. h. a. mal:( « malt », gr. ij.éXSw.

*szo-^ *zv-: gr. ‘Fé^, gall, chwech « six » ; arm. vee « six »; et, avec la forme a vocalisme zéro, v. pruss. uschts « sixième »¦

En tenant compte de Talternance : *s- déja constate® p. iSg, il apparait une alternance; *sweks (gr. Té;), *seks (1®*'nbsp;sex^, *weks (arm. vecy, dans un cas de ce genre, la forme com'nbsp;plète peut par hasard ne pas être attestée ; on aper^oit ainsinbsp;moyen de rapprocher gr. ekzw «je tire » (avec esprit rude, magt;®nbsp;sans F initial), lat. sulcus « sillon » (de *solhos) de lit. velkü,nbsp;sl. vlèkg «je traine » en supposant un ancien *sw- initial.

On a vu, p. io3, Talternance dutype^Otiv ; -/aiAai, lat. L’exemple n’est pas isolé; on retrouve, entre autres, gr.nbsp;face de lat. herl.

A la fm des racines, les occlusives sonores aspirées alterne^ parfois avec des sourdes aspirées :

*gquot;'h : *kh: gr. ovjS, ovu^zo;, lat. unguis^ v. irl. ingen « ongl® lit. nagas « ongle », v. sl. nogüti « ongle » ; skr. nakhdh, per®®^nbsp;naxun « ongle ».

*dh: *th : skr. ddha: dtha « et, alors ».

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ALTERSANCES CONSONARTIQUES nbsp;nbsp;nbsp;1 4 I

: *ph: skr. nSbhih « nombril, moyeu de roue », v. pruss. ^^his (( nombril », lat. umbilicus, irl. imbliu: zd nafó, pers. nafnbsp;Nombril » ; Ie 9 de gr. ojj.saXós et Ie b de v. h. a. nabob peuventnbsp;^^poser soit sur *bh, soit sur *ph.

y a aussi quelques cas d’alternances de sonores aspirées et ®onores simples, ainsi *dh et *d dans skr. budhndh v fond », gr.nbsp;st\ec dh, et v. angl. botoni « fond », avec *d. Dans unenbsp;de cas, skr. h répond a un *g des autres langues :

ahdni, zd azom « moi (nominatif) » : gr. iyw, lat. ego, ?ot.

mahdm « grand » (acc. sg.): arm. mee, gr. ij.iyx^, got. Sibils^ lat. magnus, magis.

hdnuh « menton » ; arm. enawt, gr. yavu;, lat. genuïnus ^ got. kinnus^\^iM^l)

duhitd, g4th. dugida (a\QCgd issu de*ght, ce qui atteste la sonore aspirée est indo-iranienne) ; gr. OuyaTYjp.nbsp;öans Ie nom du « cceur », 1’indo-iranien a une sonore aspirée:nbsp;^ hfd- et zd ^rod~, skr. hfdayam et zd gdrdhaèm, pers. dtï (de

^'^ide


en regard de la sourde simple des autres langues ; arm. ' sl. srüdice. Ut. sirdïs, gr. xotpst'a el z-^p, lat. cor, v. irl.

got. hairto.

sonore simple alterne parfois avec sourde, notamment d


line

avec

t ;

SïziB- « dizaine » .¦ skr. dagdt-, v. sl. deset-. Ut. dèsimt.

®1- tvrüdü « ferme » : Ut. tvirtas.

^ pibati « il boit », v. irl. ibid, lat. bibit, thème de présent ^^*'®doüblement de la racinenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vue ci-dessus, p. i38 (sur

^ P- 61, et cf. p. io3).

La nasale finale. — En tin de mot, on observe souvent

entre des formes terminées par une voyelle simple de cette alternance est Ie -v éphelcystique de 1’ionien-

Plus

®Uiq^ , nbsp;nbsp;nbsp;M. ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

oans des cas tels que : l'pspe, ; scrti, Itov ; tïos'!, xosCv ; dg j.' pirj^i’.v; etc. La comparaison présente souvent Ie casnbsp;fnies les unes terminées par une voyelle, les autres par

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I 42 PRINCIPES DE LA MOHPHOLOGIE

Yoyelle suivie de nasale, sans aucune difference de sens. Alnsi aU datif instrumental duel l’iranien a -bya, et Ie Sanskrit -bhydni^

3' personne sg. active secondaire du duel, Ie Sanskrit a -tdw et grec -TÖiv, tandis que Ie slave a -tó ; a la personne de pluri®*nbsp;active, l’indo-iranien a -ma, et Ie grec -jxsv. Dans les cas de e®nbsp;genre, la nasale finale n’est pas organique.

III. — De la forme des elements morphologiques.

Les regies du vocalisme déterminent déja Ia forme des racin®* et des suffixes indo-européens. De plus chacun de ces élément*nbsp;présente des particularités.

^ I. Forme des racines.

a. II n’y a pas de racine qui commence et finisse par occlusive sonore non aspirée : *hheudh-, *gquot;'endh- etnbsp;existent dans gr. Ksaösij.ai (de *lt;p£yöj[;.a!, cf. skr. bódhati *nbsp;observe » de *bhaudhati, got. -biudan),nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(de *g'^'itdhds)’

fsiSoiAai ; mais une forme telle que skr. gddati « il dit » exemple n’a pas hors du sanskrit de correspondant certain.

3- Une racine qui commence par une occlusive sonore aspi®®^ ne finit pas par une sourde, ou inversement : *bheudh- et *bhcf^,nbsp;existent, mais non *bheut- ou *teubh-. Toutefois, une racinenbsp;commence par n plus consonne sourde peut finir par une son®*^®nbsp;aspirée, ainsi : skr. stighnute « il monte », v. sl. stigng « j’ir®'nbsp;gr. aTst'xw, got. stdga « je monte », v. irl. tlagu «jevais »•

y. Une racine ne se termine ni par deux sonantes ni par consonnes proprement dites non susceptibles d’être séparées P^''nbsp;une voyelle alternante (v. p. i42).

II®


Aucune racine monosyllabique ne se termine par la voj®*

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PORMK DES RACINES nbsp;nbsp;nbsp;143

Proprement dite t, o, zéro ; une racine peut être de la forme *ei-, ten-^ *pek'”-^ etc., non de la forme *'e-, *te-, *pt-, etc. Si, commenbsp;Ie fait parfois, on tient pour une partie de certaines racines Ienbsp;^ des formes dites thématiques telles que skr. vdh-a-ii « il conduitnbsp;char pluriel vcih-a-nti, v. sl. vex_-e-tü, pluriel ve^ptü (c’est-®'dire *ve:(-o-nti), lat. ueh-i-t, ueh-u-nt (cf. gr. osp-s-re, 9£p-s-;A£vnbsp;Pour la flexion), la régie subsiste, car il est vrai qu’aucunenbsp;^9cine verbale n’a la forme *1-, *tè,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etc. : on ajoutera sim-

P ®nient qu’il y a des racines dissyllabiques terminées par e, o, ^®ro. Dureste, quelle qu’alt été la nature de la voyelle thématiquenbsp;pré-indo-européen, cette voyelle apparait dans des racines oünbsp;® ne saurait passer pour radicale, ainsi dans *^,£«3-, *gnê- :nbsp;^ *'• jénate « il engendre », gr. eysveio; gr. yiyverat, lat. gignit',nbsp;ö*'- yóvoq, skr. jdnah', etc.* Cet emploi du type thématique est, ilnbsp;cst Vrai, exceptionnel; mais les racines a présent et aoriste thé-l’^^^dques comme celles de Xemw, è'XtTïov, admettent courammentnbsp;parfait, qui est une forme athématique, gr. AeXoixa, XéXstppai,nbsp;j. ’ ^^''ersement, des racines qui fournissent un présent athéma-'ÏUe fournissent un aoriste a redoublement thématique, ainsi skr.nbsp;^hndn « tuant », hom. r.s.s'is.X't, en face de skr. hdnti «il frappe ».

^aste done probable que Ia voyelle thématique sert d’élément de ^’’^ation. Le cas des racines en *è: V : *a *ó : *d, comme

7(0. nbsp;nbsp;nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f

diff'^'' nbsp;nbsp;nbsp;’ f3TY);Ai (dor. taTagi): raxapiev,' Si'Swjju : Si'5o[A£v, est

®rent de celui des racines thématiques, on 1’a vu p. 129. a nombre des types possibles de racines monosyllabiques estnbsp;lots assez réduit ;

^^p-ah « chaleur » ; *ten-. gr. tsv-uv, lat. ten-êre', *legh-

' . el 7 ^

• ‘Ct-ah « être couché

'h'oc.

^ Gonsonne (ou sonante) plus e (r étant le symbole de 1’alter-® o, zéro) plus consonne (ou sonante) : *tep- : lat. Up-or,

got. lig-an « être couché », gr.


gr.


l^onsonne (ou sonante) plus e plus sonante plus consonne ;


skr. tarp-dyati « il rassasie, il satisfait ».


(on ^°^®oone (ou sonante) plus sonante plus t plus consonne xp£r,(de*xp4y-3;).


5 nbsp;nbsp;nbsp;\nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Xnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

* nbsp;nbsp;nbsp;« uertit » ; skr. trdy-ah


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i44 PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

4“ Gonsonne (ou sonante) plus sonante plus e plus sonante pl*^® consonne: skr. tvef-dh « agité, violent » (de *twois-ós'), gr.

A l’initiale, chacune des consonnes peut être remplacée dan® ces formules par *s plus occlusive ou occlusive plus s (ou Ie phO'nbsp;néme indiqué p. 70).

skr. tdks-a « charpentier », gr. -rdy.t-wv-got. -skiub-an « déplacer », v. sl. skub-g « j’arrache », skub-rüs « rapide ».

Dans chacun des types, la consonne initiale peut manquef'

ainsi: *

'es- : skr. ds-ti « il est », gr. ïj-xi, lat. es-t (cf. type 1).

*eus- : skr. óf-ati « il brüle », gr. su-oi (de nbsp;nbsp;nbsp;plus ancie*'

*eus-ö), lat. ür-ó (cf. type 2).

Dans tous les cas, les longues *d, *è, *d en alternance avec ^ peuvent être substituées k e plus sonante, suivant Ie prindp®nbsp;posé p. 127.

En tant qu’elle s’oppose au sulBxe et a la desinence, la racio® forme une unité, mais, considérée en elle-même, elle se laiss^nbsp;souvent analyser.

Ainsi gr. /ÉXit-ü), Fé-foXz-x, Fs.KT:-ig supposent une racio® *welp-; mais Ie rapprochement de lit. vil-iü « j’espère »,

« espérance » permet d’isoler un élément *wel- « espérer » d’une manière plus générale, « désirer » : lat. uelle, got.

V. sl. velèti « ordonner », etc. ; dans la racine *wel-p-, on di*' tinguera done une racine plus simple *wel- et un élargisseW®'’^nbsp;*-p-; la même racine simple apparait avec un autre élargissem®*’nbsp;*d- dans gr. FéXo-og.'M, hom. èféko-wp. On n’a proprementnbsp;droit de parler d’élargissement que la oü la racine « élargi® *nbsp;fournit a la fois des thèmes verbaux et des thèmes nominau’^^'nbsp;autrement, il peut ne s’agir que de sulTixes verbaux ou de si'nbsp;fixes nomlnaux. Mais il est impossible de faire un départ exac^'

Certains élargissements se rencontrent dans des séries de veri^®^ de sens voisins, ainsi -t- dans :

1quot; lat. plec-t-ö, (am-)plec-t-or, v. h. a. fleh-t-an « tressef y. sl. pletg « je tresse » ; cf. gr. irAéx-co, lat. (du-)plex;

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FORME DES RACi:VES nbsp;nbsp;nbsp;145

^ got. fal-p-an « plier », gr. (S(-)!caA-T-sj, (3t-)itXaquot;!o? ; cf, dans lat. (du-')pl-us, gr. (8i-)tcgt;v-óslt;; ;nbsp;lat. pec-t-ö pec-t-en ; gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;xtsi? (^pkten-); cf. gr.

arm. « toison » (de ?); lat. nec-t-ö‘,

(ga-)tvi-d-a (avec prétérit (ga-)wa-t), v. h. a. wi-t-u

quot; jelie ».

qne nbsp;nbsp;nbsp;rcnferme un élargissement *-ek-, avec alternances :

ombr. (tu-)plak « double » (de *pl‘‘k-). d- des exemples cités ci-dessus est done au degré zéro.

L élargissement peut avoir e aussi bien que la racine ; mais la do n’admet qu’un seul e actuellement présent (cf. p. 129).

(«tt,

^ans les exemples i, 3 et 4, le groupe final h révèle la pre-®®tice d’un élargissement; car une racine ne se termine pas par occlusives non plus que par deux, sonantes.nbsp;ï’oisque l’élargissement est un élément morphologique, il doitnbsp;*'®Qtrer dans les regies générales du vocalisme et présenter lanbsp;^'^yelle alternante e, o, zéro. Et en effet, si Ton compare les racinesnbsp;et *pelt- et qu’on isole la partie commune *pel-, *pl-, on

ce que montrent les élargissements de *ter- « trembler » 'Osté par skr. taralah « agité, tremblant ») :

1, nbsp;nbsp;nbsp;: skr. tfprdh « agité », lat. trepidus, v. si. trepetu « trem-

* dt ».

krs~ . gj. nbsp;nbsp;nbsp;chez Hesychius, lat. terreo.

tlp/^^'^' ¦ ifdsati « il tremble », gr. Tpsw, horn. Tp-^pwv epi-ds du pigeon (de *trsrön ou *tr’'sröii).

„ nbsp;nbsp;nbsp;: gr. (o:-)Tpey.’^s, zd twsaiti « il tremble », lit. irisü

'te ».

tremble

tr,

'e?n- ; ''^nis-

De

gr. TpÉp.w, ¦zpiii.oq, lat. tremö, lit. /nmi » je tremble ». (ou *trens-?') : v. si. Imp « je tremble ».

brie

diême, a cóté de *preki- attesté par lat. precis, procus, got. « demander », v. b. a. fragln, v. si. prositi (mêmenbsp;P On trouve lit. perm a je demande », v. h. a. fergön

P^ri^. ’ .

' ’ oiais nulle part on ne rencontre *perekc-

ombr. persclu « precatione », qui semblent supposer ais mnbsp;Meihet.

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lts PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIË

Les racines indiquant des bruits et ayant une valeur expressii'® se présentent avec les élargissements les plus varies, ainsi *kr-lat. coruos, cornlx, gr. y.ópci^, xopwvyj, skr. karavah « corneill® *nbsp;(mot de lexiques), etc., fréquent dans des mots qui indique®*nbsp;des bruits tels que :

V. sl. krakati« croasser », lat. cröciö, v. isl. hrókr « corneill®” et gr. y.pa^ü), y.sxpaYi, y.pw^w;

V, sl. kricati (i crier », hom. xpfy.e — et gr. y.pt^w, xs/piyst^? ’ V. isl. hrika « craquer » ;

skr. krófati « il crie », lit. kraukiü «je croasse », v. sl.

« corbeau », et gr. xpauyij, got. hrukjan « croasser » ;

lit. krankiü «je croasse » ;

lat. cnpö ;

etdemème Ie synonyme trés fréquent aussi, dans gr. xXw'»quot;’’ V. sl. kliknpH « crier », etc.

r

La racine indo-européenne n’est done pas un élément ductible et fixe; mais il est impossible de donner une théo^^nbsp;compléte de ses variations; on rencontre tous les cas intern^®nbsp;diaires comprls entre les deux types extremes suivants ;

a. Elargissement d’une racine au moyen d’une sorte de fixe, ainsi élargissement par *-s- de *kjeu- « entendre »

sl' Ce®

skr. fru-}-tih « obéissance », zd srao-s-ö « obéissance slu-x-ü « audition », sly-s-ati « entendre », v. h. a. h!o'^

gef‘’

« écouter a, v. sax. hlu-s-t « ouïe », gall, clu-s-t lt;( oreille »¦ élargissements rappellent les suffixes ; dans ce cas particulier'nbsp;n’en saurait séparer la caractéristique -s- des désidératifs qmnbsp;examinee au cbapitre du verbe; la valeur désidérative est s®”nbsp;sible dans skr. prusHh « obéissance », par exemple.

(3. Simple communauté d’initiale dans des mots de sens sins; ainsi *st-, *t- dans une série de mots signifiant « appr^^^nbsp;sur, heurter » :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.r

lat. tundo et sUideö, got. stautan « heurter », skr. tudad heurte ».

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REDOUBLKJIENT


i47


i6z~Wf et cijTca^s'. (glosé par ppevtS, nbsp;nbsp;nbsp;wöïï); lat.

^^^père, stuprum;

tunjati « il heurte », v. li. a. stoc « Mton », lit. tü:{giu quot;J® claque », gr. a-6^w ;

gr. nbsp;nbsp;nbsp;arm. stipem « je presse » ;

S*quot;- lt;iTép.6(a, V. h. a. stampfOn « frapper » (la terre du pied); stigqan « heurter », lit. sténgtis « résister ;

^ 9utres encore.

L élargissement *-eu- est particulièrement fréquent et impor-• Ainsi, en face d’une racine *ser- altestée par véd. sarat, « il ^ coulé » et dontla forme radicale est purement aoris-on a obtenu un présent indo-européen par addition denbsp;^ ' *^ans skr. srdvati « il coule », gr. piu), et dans irl. sruairn,nbsp;. straimr « courant », irl. sruth « fleuve », etc. Le grec a


peut


gt; spvij;;.-, en face de hom. wp-co et deèpp/ó (de *or-sma'). 11 *dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;‘ï'^e forme non élargie ne soit pas altestée ; ainsi

eu~ de skr. drdvati « il court » avec élargissement èi en

55,® par *dr-em- (véd. dandramyale « il court », gr. £Bp5tp.5v, ¦'-^psp-z)

L’élar


et par nbsp;nbsp;nbsp;(véd. drdhi « cours », gr. sSpav).


syllabi


'gissement par *-u- peut même s’ajouter a une racine dis-


r’ique ; on n’en trouve alors que la forme a degré zéro. G’est

^®i fiiiQ D-_ _ *


que r,


on a'^-zu' dans skr. jivati « ilvit », v. sl. ^ivg « je vis », g^ljnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et dans skr. jivdh « vivant », v. sl. \ivü, lit. gyvas,

foce nbsp;nbsp;nbsp;lel- ^ï'dos, OU dans skr. jüjyüsati « il désire vivre », en

« vie », V. sl. \iti « vivre », arm. ham «je vis », Y»,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ ïSttav. En face de vs'pwv et de Y^pac, le grec a vpaup (ion.

1’ave^j’ ®®ni® q^e le Sanskrit a jürvati «il se consume » et


lat.


Ces


‘qrie :^aurva « vieillesse ».


4’ét quot; elargissements sont une cause d’imprécision en manière


^yfoologie^ car il est également impossible et de les négliger ^ foire une théorie exacte et compléte.

tliii quot;'^Ploi


j^OUBLEMENT.


La seule modification des racinesqui aitun


Le nbsp;nbsp;nbsp;en morphologie est le rcdoublement.

et ^®'lcublement ne consiste pas dans la reproduction pure P ® de la racine; c’est un procédé de formation qui com-


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i48 PMSCIPES DE tA MORPHOLOGIE

porte des formes définies, au nombre de deux, Ie redoublement intensif et Ie redoublement normal ; dans les deux, la racine n’estnbsp;répétée que partiellement.

3c. Redoublement intensif. — Le redoublement Ie plus compleb et celui qui a le sens le plus fort, est celui qui caractérise Is*nbsp;verbes dits intensifs et qui se rencontre aussi dans quelques norns-II comprend; iquot; la consonne ou sonante initiale de la racine 1nbsp;2® une voyelle; 3“ la sonante qui suit la voyelle de la racinenbsp;ou il en existe une. La consonne finale n’est pas répétée : un®nbsp;racine *ter- et une racine *terp~ seront done redoublées denbsp;même manière, *tor-tor-, *tor-torp-. Ce type n’est largeroen^nbsp;représenté qu’en indo-iranien, mais les autres langues en ont d®®nbsp;traces.

skr. jó-huv-dnah « appelant », zd 2pio-:(ao-mi « j’appelle » i skr. vamp;r-var(f)-ti « il tourne », 3' plur. vdr-vrt-ati;nbsp;skr. dé-di?-te « il montre », zd daê-dóis-t « il a montré ».

Le timbre de la voyelle de ce redoublement est difficile ^ déterminer; le grec a c dans T:op®upio, piopixupu et x dansnbsp;(pai'vo), YxpyxipM, etc.; l’o slave de v. sl. gldgoljg (sl. comm’^^nbsp;*golgoljg) « je parle » ou de russe toro-tór-it' — ich..

« bavarder » (sl. commun *tortorïti) peut représenter on tt’ l’arm. cicalim « je ris » suppose *gioigi''l-, avec voyelle o (o^nbsp;dans le redoublement, dont le vocalisme a la forme de diphtong'*^nbsp;en -i- attestée par ailleurs ; la voyelle du redoublement tend so*’nbsp;vent a reproduire celle de la racine.

Redoublement normal. — Le redoublement ordinaire se cot^ pose de la consonne (ou sonante) initiale de la racine suivie d

élément vocalique (voyelle proprement dite ou sonante voye L’élément vocalique est d’ordinaire *i ou *e :

.eW'

i, notamment dans des présents comrae : skr. pi-ptlf' iplis », hom. rd-zlrrli-i; gnbsp;e : au parfait : gr. pté-piova, lat. me-minï, véd.

« j’emplis », hom. ¦ref-TcXij-p.i; gr. yt-yvoizai, lat. gi-gnö;

(3' pers. duel moyen) « ils ont pensé » ; lat. ce-cinï, v. irl. ^ a j’ai chanté » ; skr. ja-ghana « j’ai frappé », moyen ja-gbtt^gt; ® (nbsp;Tti-fata'., v. irl. (rojge-gon « j’ai tué » ; et au présentnbsp;aussi de prétérit) : skr. dd-dhami « je pose », lit. de-dtf v. sl-

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HEDOUBLEMENT lig

et, avec valeur de prétérit, v. sax. deda « j’ai fait » ; ie grec seul a présenter i pour ce verbe: Ti'-O-fjp.t. II y a d’ailleurs sou-'^ent hesitation entre e et i; Ie védique a si-sakti « il snit » aunbsp;®^^gulier et sa-gcati « ils suivent » au pluriel, et cette dernièrenbsp;°rme rappelle l’aoriste grec k-cTtésQxi « suivre ».

P^o-gegoïi^se ; l’indo-iranien même, oü Ie redoublement par i et u racines a sonantes i et u est de regie, présente skr. ba-bhüva

^ Les racines qui comprennent les sonantes i et u sont sujettes ^ présenter i et u dans Ie redoublement du parfait en indo-iraniennbsp;en italo-celtique ; Ie grec a e dans les parfaits XD.otira, itsxuarat,nbsp;Ie Sanskrit a i dans ri-réca « il a laissé » et w dans bu-bódhanbsp;quot; 'I a observé » ; Ie latin a scicidi, mais sescidl; il a tu-tudl ennbsp;’^^gard de skr. tu-tudé « j’ai heurté », mais il a aussi pe-pugerö anbsp;de pu-pugerö ; Ie vieil irlandais a cüalae « il a entendu » (cf.nbsp;gall. cigleu), de *küklowe, mais -roigu « il a choisi », de

*les

«il

^ Enfin, en sanskrit, les racines commengant par v ou y suivi ® ont souvent pour tout redoublement la forme vocalique denbsp;^ donante u, i', ainsi skr. u-vAca « il a dit », plur. ücüh (denbsp;ucuh) a cóté de véd. va-vaca « il a dit ». Ceci ne peut guèfenbsp;pour une innovation indienne, bien qu’aucune autre lansue

11 n(r„ nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;unbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o

•lie Ce procédé.

Lans tous les types de redoublement, quand la racine a une

®st devenu ».

complexe, cette initiale tend a se simplifier.

*^»tiale

O» .

commence par consonne plus sonante, la consonne ^ figure dans Ie redoublement:

(, , nbsp;nbsp;nbsp;¦ fu-frtva « il a entendu », m. gall, cigleu, gr. -/.é-xkijSt

gQj/ racine commence par une sifllante suivie d’occlusive, Ie et Ie latin redoublent au parfait Ie groupe tout entier ;nbsp;^kai-skai}’ « il a séparé » et de même lat. sci-cidt (avecnbsp;^fi'ie de s intérieur, comme dans steti).

Slffl,

skr

1 Sanskrit ne redouble que l’occlusive, les autres langues que

d’accord avec

« je me tiens », mals gr.

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i5o I’RIJICIPES DE LA MOBl’HOLOGIE

zd hi-stami (différent du Sanskrit), lat. si-stó, v. irl. si-ssiurftme tiens » ;

skr, ta-sthima « nous nous sommes tenus », mais gr. l-at*' lAïv ; au perfectum Ie latin a ste-ti, d’après ce qui vient d’être dit-

Dans les racines commengant par une voyelle, Ie redouble-ment intensif conserve sa clarté, mais se substitue parfois au re-doublement normal, ainsi 1’aoriste gr. «p-apeïv « ajuster », arm-ar-ari « j’ai fait », ou hom. «X-:«az£ « il a écarté », qui font partie du groupe, important en indo-européen, des aoristes thé-matiques a redoublement; Ie redoublement normal k i ou e s®nbsp;réduit a son élément vocalique; ainsi i dans skr. iy-arti « il nci®tnbsp;en mouvement », en regard du présent intensif dl-arti « il *®nbsp;met en mouvement », et e, qui se contracte avec la voyell®nbsp;initiale du mot, par exemple, dans Ie parfait skr. dsa « d ®nbsp;été », hom. « il était ». Le type gr. oo-G)3a, crc-wica ave®nbsp;repetition d’une occlusive terminant la racine parait se retrouve®nbsp;en arménien.

Le redoublement indo-européen est un procédé grammatic®' employé soit pour renforcer le sens, soit pour marquer la rép®'nbsp;tition ou la durée de 1’action, soit enfin pour en indiquer l’achèv®'nbsp;ment complet.

2. Forme des suffixes.

Ghaque suffixe s’ajoute a une racine ou a un thème dont 1® vocalisme est déterminé par la regie de formation du type; a'®®'nbsp;le suffixe des noms d’agents *-ter~ se joint a la racine au degr® ^ ’nbsp;skr. nian-td « celui qui pense », gr. Mfv-xwp, ou, dans les racin®®nbsp;dissyllabiques, a la racine a vocalisme e de Ia première syllab® •nbsp;skr. jani-td « celui qui engendre », gr. yevs-TOp, ysvs-xéjp)nbsp;geni-tor', au contraire le suffixe *-to- de skr. ma-tdh « pens® ^nbsp;got, niunds et de skr. jd-tdh « né », lat. nA-tus s’ajoute a ^nbsp;racine au degré zéro (a double degré zéro dans les racines dis®r^nbsp;labiques). Mais le thème étant une fois posé, le seul éléb*®*nbsp;dont le vocalisme ait des alternances significatives pour la fle**®*^

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FOHME DES SUFFIXES nbsp;nbsp;nbsp;l5l

Félément prédésinentiel, c’est-a-dire celui qui precede imnié-*^iateinent la desinence ; il n’iinporte d’ailleurs nullement que eet clément soit un suffixe comme dans Ie cas de ycvitwp, ou lanbsp;^^cine comme dans 1:06^; Ia oü il y a un sufExe, I’élément pré-pBixal est posé pour toute la flexion nominale ou verbale. Ainsinbsp;^ Sanskrit a : nominatif singulier jani-tü, acc. jani-thr-am,nbsp;jani-tcir-i, dat. jani-tr-é; Ie grec a : nom. vsvs-rwp, acc. ysvï-avec variation de la prédésinentielle et fixité de la pré-stiSixale; de même il y a alternance è, ë, zéro devant les dési-^®Qces zéro, -x, -05 dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r^y,zip-x, TOTp-ó?, mais t:x- reste

^^nstant. — Les noms qui, comme véd. dSr-ti « bois » génit.

Prin,


ont une variation du vocalisme de la présufllxale pré-^®^tent aussi des variations des suffixes, en I’espèce addition d’un ^*^®xe *~en- (au degré zéro), et par suite ne contredisent pas Ie

cipe.


ath,


^6s themes nominaux ou verbaux sont dits thématiques ou

®nratiques suivant qu’ils se terminent par la voyelle e alter-


A nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;---- J-----------

^ avec o, OU par une consonne ou sonante; les tbèmes ter-“^'rgt;és par une voyelle longue *0, *e, *ö occupent une situation a ¦ Done 9£p£-, pepo- de gr. ^sps-xe, ipépo-ijisv est thématique,nbsp;^ontraire ^sp-de hom. ^ép-rs est athématique ; ^ópo-c est thé-^^Ue, mais cojp est athématique. Les langues indo-euro-^nes tendent a substituer des formes tbématiques a de plusnbsp;)®^nes formes athématiques. Mais il est rare qu’une même

®®Pèce

au

^ati

ait eu, dèsl’époque indo-européenne, des tbèmes de même thématiques et athématiques; Ie cas de *bher-, pour lequelnbsp;^ ® présent thématique skr. hhdrati « il porte », gr. oepst,nbsp;^°rtnnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arm. berê, mais aussi les

Port^* ^^tiématiques véd. bharti « il porte », gath. harilü, « qu’il 'b hom. (p£p-£, lat.yèrt, est exceptionnel.

^istinction des types thématique et athématique est essen-® ^ plusieurs égards :

Pla nbsp;nbsp;nbsp;les formes athématiques, Ie ton se Iransporte a des

diiïérentes au cours de Ia flexion; ainsi il est sur l’initiale dans skr. é-mi « je vais » et sur la désinence dans skr.

nous allons » ; dans les formes thématiques Ie ton a une


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i52 PRINCIPES DE EA MORPHOEOGIE

place invariable et n’est jamais sur la désinence, a moins qu® celle-ci ne fasse corps avec la voyelle thématique : skr. bhdratntnbsp;« je porte », hhdramah « nous portons », ou tudAmi « je heurte gt;hnbsp;tudhmah « nous heurtons ».

Dans les formes athématiques, la désinence reste presqu® toujours bien isolée du thème; dans les formes thématiques, ü ƒnbsp;a souvent des contractions, ainsi Ie datif singulier de Tathénia'nbsp;tique skr. pitcir- « père » est pitr-é, mais Ie datif du nom tb®'nbsp;matique indo-iranien *wfhi- « loup » est en zend vihrkai, cf. Hbnbsp;vilkui, gr. Xyxw, ou il est impossible de faire Ie depart entre 1®nbsp;thcme et la désinence.

V. Les formes athématiques ont des finales en partie distinctes des thématiques; ainsi en regard de la désinence primairenbsp;de la iquot; personne sing, active de Tathématique *es~ : skr.nbsp;v. sl. jesml, gr. elfzi, Ie présent thématique ^bherejo- a unnbsp;final; gath. bara « je porte », gr. (fépo), lad. ferö, got. haira,

De ceci résulte que Ie type thématique a en grande partie de® mots a finales caractéristiques, mais non des thèmes et des dés*'nbsp;nences : dans des formes comme l’ablatif lat. lupod ou la *nbsp;pers. sg. gr. «plpw, il ne saurait être question d’une analysenbsp;thème et désinence. L’existence de ces finales non analysables ®nbsp;été de grande conséquence pour Ie développement ultérieur d®*nbsp;langues indo-européennes.

Les suffixes sont dits primaires ou secondaires suivant qn'*^® s’ajoutent a la racine ou a un thème employé dans la langue *nbsp;suffixe *-es- du thème skr. frdv-as « gloire » = gr.nbsp;est primaire paree qu’il s’ajoute a la racine *kjeu-, au contrad®nbsp;Ie suffixe i.-e. *-vejo- de skr. fravas-(t)ya- « digne de gloire »nbsp;secondaire paree qu’il s’ajoute au thème *ktlewes-. II est inesse**'nbsp;tiel que ce thème soit composé d’une racine et d’un ou plusie**'^®nbsp;suffixes, comme dans l’exemple cité, ou qu’il soit une simp^®nbsp;racine : skr. pdd-ya- « pédestre » et gr. r:e'Có-(*r,sh-yi-') o'ntnbsp;suffixe secondaire ajouté au thhme*ped-, *pod-, de skr.nbsp;gr. Tioóq, lat. pês. Par suite Ie départ est souvent impossh*^®nbsp;entre les thèmes primaires, rattachés immédiatement a la racii*®’nbsp;et les thèmes secondaires, tirés d’autres thèmes existant daps

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FORME DES DÉSISESCES nbsp;nbsp;nbsp;l53

Car, pour qu’un thème secondaire, comme skr. pddyah, derive d’un thème a suffixe zéro, puisse passer pournbsp;primaire, il sufïit que Ie nom dont il est tiré sorte de 1’usage;

l’élimination de ces thèmes-racines est Ie cas ordinaire, romme on Ie verra, p. 219.

3. Forme des desinences.

On observe des alternances vocaliques proprement dites dans ^^rtaines desinences, notamment celle du génitif singulier : *-esnbsp;vat. Y jj(. Y. sl. -r), *-os (gr. -o?, lat. dial, -us), -s (lit.

skr. -h^ got. -s, ainsi dans Ie type lit. sünaüs, skr. sünóh, got. ^^naus « du fils », OU lat. manüs, etc.). L’alternance ejo appa-dans la désinence de i^personne plur., ainsi dor. -[jisg.-lat.nbsp;(de -mos).

klais des oppositions comme celles des desinences de 3' pers. sing. .

Active 'ti.

primaire *-ti : skr. -ti, gr. -v., lat. -t, v. russe -ti, v.

n. -ti

active secondaire *-t : skr. -t, lat. -d, gr. zéro, v. sl. zéro, ®rnyenne primaire *-tai : skr. -te, gr. -lai, got. -da,

®*nyenne secondaire *-fe/o : skr. -ta, gr. -xo, lat. -tu-(r), ®^0'Ombr. -te-r.

He


rcntrent pas dans les formules du vocalisme indo-européen.

^^®st curieux du moins que la désinence secondaire moyenne

f 1 alternance eto, et que la désinence secondaire active soit la ‘Ormp lt; ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

quot; a Oegre zero correspondante.


'len,


O' '11

Hnleurs, a la différence des racines et des suffixes, les dési-


port^^* admettent les formes les plus variées ; elles peuvent com-Ifis présence d’une voyelle avec alternances, comme dans OU sans alternances, comme la désinence du nomi-

? 1 nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;___ __ nbsp;nbsp;nbsp;___________


gt;Wen.,


pluriel *-es (skr. -ah, gr. -sc, v. lit. -es), ou se composer


act '^®Ht d’une voyelle comme la désinence de 3' pers. sing, parfait : gr. -e = skr. -a] mals il peut également n’y


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I54 PRINCIPES DE I.A MORPHOLOGIE

avoir pas de voyelle proprement dite, comme dans la desinence du nominatif singulier skr. -h, gr. -q, lat. -s, lit. -s, ou dansnbsp;celle du locatif singulier skr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr. -i. La désinence peut

s’étendre sur deux syllabes, comme celle de 3® plur. act. *-entt (skr. s-dnti « ils sont », dor. èv-n, de *h-vni, got. s-ind)',nbsp;première de ces deux syllabes comporte Ie jeu complet des alter-nances (voir cliap. v). Ailleurs, la désinence est zéro, commenbsp;dans des vocatifs tels que na-cep, Xuv.e, ou des impératifs tels que

®ïps.

La liberté de forme des désinences présente avec la rigueur des regies relatives aux racines un contraste frappant.

Remarques générales sur les élémenls morpbologiques.

iquot; Les trois éléments : racine, sufExe et désinence, sont net' tement distincts les uns des au tres; deux d’entre eux ont dau®nbsp;chaque forme grammaticale un vocalisme défini, et 1’un des troi*nbsp;reQoit — OU peut recevoir a 1’occasion — Ie ton dont la place ^nbsp;toujours une valeur significative : ces particularités se congoiveO*'nbsp;dans une langue qui n’avait pas d’accent d’intensité, ou du moiu*nbsp;ou l’intensité n’était qu’accessoire, et dont Ie rythme était quaU'nbsp;titatif et la prononciation unie ; elles seraient impossibles dans uunbsp;idiome oü chaque mot aurait un fort accent d’intensité qui md'nbsp;trait en évidence 1’une des syllabes et lui subordonnerait 1®®nbsp;autres. II y a done accord entre la description phonétiqr*®nbsp;donnée p. io6 et suiv. et la structure morphologiqiïe de l’indu'nbsp;européen.

2quot; Alors que la racine sémitique a en principe trois voyelles ® alternances, la racine indo-européenne en a au plus deux;nbsp;encore, dans les racines dissyllabiques, l’une des deux voye^^®*nbsp;est-elle nécessairement au degré zéro. La racine et les alternaUC®®nbsp;de son vocalisme ont done dans Ie mot indo-européen unenbsp;moindre que dans Ie mot sémitique; la prélixation obscurcir»*^nbsp;par suite la racine indo-européenne, tandis qu’elle ne saurait eiU'nbsp;pêcher Ie sujet parlant de percevoir nettement la racine sémitiq^® ’nbsp;de la l’emploi de la préfixation en sémitique et l’absence de

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ESPÈCES DE MOTS nbsp;nbsp;nbsp;l55

P^’Océdé ea indo-européen. D’autre part, Tiado-européen, ayant dans sa racine moins de ressources d’expression que Ie sémitique,nbsp;*'®court dans une plus large mesure aux suffixes et aux dési-^®nces.

On ne remarque pas assez a quel point tout se tient dans la structure d’une langue.


IV.


Des


DIVERSES ESPECES DE MOTS.


^ indo-européen a deux flexions distinctes : celle des noms et des verbes. Nulle part la distinction des noms et des verbesnbsp;aussi nette qu’elle Test en indo-européen. Le détail des diffénbsp;^®^ces entre les flexions nominale et verbale ressortira de I’exposenbsp;® chacune. Les faits généraux sont les suivants :

La flexion nominale et la flexion verbale ont une categorie ^°'ïiniunej le nombre ; toutes deux ont les trois nombres : singu-pluriel et duel. L’emploi du singulier et celui du plurielnbsp;®ppellent pas d’observations. Quant au duel, a en juger par


* indo *ltti,


iranien, les anciens textes des dialectes slaves et le vieil il était de rigueur toutes les fois qu’il s’agissait notoire-


^ent de


gt;s

On


V.


deux personnes ou de deux choses : sans doute véd. si. vltka, V. att. Auxd) ne signifient pas a eux seuls « deuxnbsp;car le duel n’exprime pas le nombre par lui-même, et


dg PO’at employer ces formes sans les faire précéder du nom , ^otnbre « deux » que si les interlocuteurs savent déja qu’ilnbsp;®git de


deux loups » ; mais dans ce cas, et naturellement


e OÜ le nom de nombre « deux » est exprime, on ne ren-

. nbsp;nbsp;nbsp;/»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*.1

les


Oj, pas d’autres formes que celles du duel; par suite ^^Sanes pairs sont nommes au duel, ainsi « les yeux » : skr.nbsp;si. oci, horn. Sajs. Le nombre duel est encore attestenbsp;nom et pour le verbe dans les anciens dialectes indo-


l.'^öiens,


Iq on grec ancien (surtout en attique), en vieux slave, en


Oi,


il survit dans les plus anciennes formes du germa-


les


pour le verbe et le pronorn personnel, en vieil irlandais


noms.


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i56 PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

La flexion verbale indique les personnes, celle qui parle, celle * qui l’on parle, celle dont on parle : lat. dtcö, dicis, dicit.

La flexion nominale indique Ie cas, c’est-a-dire que les nom® ont des formes différentes suivant Ie róle qu’ils jouent ; il y ®nbsp;une forme pour Ie sujet ; Ie nominatif; une pour Ie complémentnbsp;direct: Vaccusatif (cette distinction du nominatif et de l’accusatifnbsp;n’existant que pour Ie genre animé); une pour Ie' tout dont oonbsp;prend une partie : Ie génitif; une pour Ie nom indiquant Ienbsp;OU Ie temps oü une chose se fait: Ie locatif, ou d’oü elle vieiit •nbsp;l’ablatif; Ie datif indique a qui ou a quoi Faction est destinéc, etnbsp;Vinstrumental avec qui ou avec quoi elle est accomplie ; Ie vocatijnbsp;désignela personne qui est interpellée. II y a ainsi huit cas.

Les verbes sont done en indo-européen les mots dont la flexion indique la personne, les noms les mots dont la flexion indiqn®nbsp;plus ou moins complètement Ie cas, definition toute formelle etnbsp;qui, on Ie verra, s’applique —¦ et encore d’une manière incom'nbsp;plète — a un moment transitoire du développement de l’indo'nbsp;européen. L’emploi et Ia valeur de ces deux espèces de mots n®nbsp;se laissent pas résumer en une définition, et ressortiront de®nbsp;usages qui seront analysés dans les chapitres suivants. On p®'^*nbsp;dire seulement iel que Ie verbe indique un proces, et Ie nott’nbsp;une notion (Ie nomdésigne un être, un objet, une qualité, etc-)'

Certaines formes nominales apparliennent a des thèmes ver' baux : ce sont les participes; elles présentent Ie sens propre d®nbsp;ces thèmes, mais rentrent dans la définition générale des nonr®'nbsp;Les participes ne sauraient tenir dans la phrase la place d’o''nbsp;verbe a forme personnelle : la séparation d’avec Ie verbe est dof*'nbsp;justifiée même au point de vue de la structure générale d®nbsp;phrase.

Outre les cas, les noms distinguent par la flexion Ie animé et \e genre inanimé.

Le genre inanimé est dit neutre; il est caractérisé par certai® désinences, par un certain vocalisme de la prédésinentiell® t-peut-être aussi parfois par une certaine place du ton); ainsi If*'

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ESPEGES DE MOTS i57

(iliu-d se distingue de aliii-s par la desinence, gr. nbsp;nbsp;nbsp;se

^ïstingue de •/jSiwv par Ie vocalisme de la prédésinentielle, etc. ® sens propre du neutre se volt dans les démonstratifs commenbsp;id « ceci », OU les adjectifs pris substantivement, commenbsp;aliud « autre chose » : Ie neutre sert pour les choses et nenbsp;‘^®signe (jgg personnes qu’autant qu’elles ne sont pas envisagéesnbsp;'^Ottirne personnes, ainsl lat. mancipium « esclave »; il est aussinbsp;^’ïiployé dans les diminutifs, ainsi gr. avSpiov, diminutif de av^p,nbsp;gaitein « chevreau », diminutif de gaits « chèvre », v. pruss.nbsp;^osistian « chevreau », a cóté de wosee « chèvre ».

Le genre animé comprend deux sous-genres : Ie masculin et Ie La distinction du masculin et du féminin n’étant pasnbsp;®’fprimée par la flexion, n’est pas homogène avec celle du neutre :

les types de suhstantifs admettent indiflféremment les deux genres masculin et féminin ; ainsi les mots -jcar^p et p.-^TT,p n’ontnbsp;dans leur forme qui fasse reconnaitre dans l’un un masculin,nbsp;1’autre un féminin: ita-v^p est reconnu pour masculin a cenbsp;il est précédé de ó, p.-óvTjp pour féminin a ce qu’il est precedenbsp;y ‘V Dans les adjectifs, le féminin est caractérisé par un suffixe,nbsp;au thème masculin skr. sdna- « ancien », lit. sena-^ gr. Ivs-'^Ppose un thème féminin skr. sdna-, lit. seno-, gr. eva- : unnbsp;^^bstantif masculin est celui qui demande la forme masculine dunbsp;enie de l’adjectif qui s’y rapporte, un substantif féminin celuinbsp;'l'ii demande la forme feminine du thème de l’adjectif. La dis-du masculin et du féminin appartient done d’une part k lanbsp;, ®orie de la formation des themes nominaux d’adjectifs, de l’autrenbsp;^ syntaxe, tandis que le neutre relève de la déclinaison, toutnbsp;^onaportant aussi l’accord de l’adjectif et du substantif.

'eoB-6; indique a la fois le génitif et le singulier, -uv de ’^oS'tüv a la fois le génitif et le pluriel; -i dans skr. pad-i

trait caractérlstique de l’indo-européen est que les caté-grammaticales n’y ont pas chacune une expression propre j ^^^lée ; il n’y a pas comme en turc, une marque du pluriel, anbsp;^fl’^elle s’ajouteralt la naarque ducas (et du genre) pour les noms,nbsp;1® personne et des autres categories pour les verbes: ainsi -cc

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t58 PRINCIPES DE LA AIORPIIOLOGIE

« dans Ie pied » est la marqué du locatif et du singulier, -su dan* skr. pat-sü « dans les pieds » la marqué a la fois du locatifnbsp;du pluriel, etc. De même pour les verbes, -ti de dor.nbsp;(=ion.-att. -5'. de xtGrjai) indique a la fois qu’il s’agit d’un sin'nbsp;gulier, d’une 3® personne, d’un actif (non d’un moyen) et d’unnbsp;présent (non d’un imparfait). La valeur d’une forme flécbisnbsp;indo-européenne est done multiple, et ce n’est quepar abstractionnbsp;qu’on peut l’analyser; il n’y a de marque générale ni du noUinbsp;OU du verbe, ni du singulier, du pluriel ou du duel, ni du nonH'nbsp;natif, de l’accusatif, etc., mais seulement des marques du nonai'nbsp;natif singulier masculin-féminin, du nominatif-accusatif-vocal'^nbsp;singulier neutre, du génitif pluriel, etc., et encore ces marqué®nbsp;different suivant que Ie thème est thématique, athématique, etc-

Ainsi Ie mot indo-européen est un objet tres complexe : 1®^ éléments qui servent ci 1’expression du sens et ceux qui serveU^nbsp;a 1’expression de la forme grammaticale y sont intimement uoi®nbsp;et, par Ie jeu des allernances vocaliques et des variations ef®nbsp;place du ton, s’étendent sur toute la longueur du mot ;nbsp;même temps les éléments grammaticaux expriment a la foisnbsp;sieurs categories; dans véd. daru « bois », gén. -abl. sg. drüi}^^’nbsp;ce qui exprime Ie sens de « bois » et ce qui exprime les cat®'nbsp;gories de nombre (singulier), genre (neutre) et cas (nominatif'nbsp;vocatif-accusatif et génitif-ablatif) se trouve réparti sur tout®nbsp;l’étendue de ces deux formes; tout y sert a la fois a indiquer f®nbsp;sens de « bois » et chacune des categories. L’indo-européen offr®nbsp;ainsi Ie cas Ie plus complet de ce type linguistique ou l’expressiot'nbsp;du sens du mot et celle des categories grammaticales, se pénètreU^nbsp;mutuellement ou même sont simultanées, type qu’on nononu®nbsp;Jïexionnel.

Toutefois, a travers Ie type indo-européen, si complètein®®*' flexionnel, on entrevoit encore un type tout autre, a foriu®®nbsp;peu OU pas fléchies, et dont les premiers termes de composés, f®*nbsp;formes de nominatif-accusatif neutre, les vocatifs de genre aniui®’nbsp;une part des nominatifs de genre animé, les pronoms personnel®»nbsp;les noms de nombre de « cinq » a « dix » sont des rest®*nbsp;(v. p. 119 et suiv.).

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ESPECES DE MOTS iSg

De plus, en dehors des verbes et des noms, qui constituent deux grandes classes de mots fléchis, 1’indo-européen a desnbsp;™ots mvariables, dont beaucoup semblent être des formes fixéesnbsp;isolées de mots anciennement fléchis, mais dont une part aussinbsp;compose de formes qui n’ont sans doute jamais eu de flexion.

Des adverbes, indiquant diverses circonstances de lieu, de ^®rops, etc,

Tcspa-t, ion. att. -sp'jas, arm. heru, m. h. a. vert’, v. irl. (pnn-')urid « ab anno priore » ; skr. parut « 1’an dernier »nbsp;(locatif a désinence -i dans les premières langues, a désinencenbsp;*ero en sanskrit, d’un composé *per-ut~ « l’autre année », cf. skr.nbsp;P^irah « éloigné, de la-bas » et gr. Féx-olt;; « année »).

skr. afifi en face, devant », gr. «vtc, lat. ante, localif en -i ’^'*1 thème *ant- dont Ie gr. a'r.x présente l’accusatif.

conserve dans zd « oü » mais généralement élargi par élément de formation; véd k(iï)v-a « oü », — skr. kü-hanbsp;plus ancien *kü-dha'), gath. ku-da, v. sl. kü-de, ombr.nbsp;P^^'fe (et lat. ubi) « oü? » — lit, ku-f, arm. u-r « oü? ».

Les adverbes de cette sorte sont nombreux dans chaque mais peu se retrouvent identiques dans plusieurs etnbsp;P®uvent être attribués a Tindo-européen.

hes prépositions et préverbes, comme : prd, v, sl. pro, lit. pra-, got. fra-, v. irl. ro, lat. pro-,nbsp;(il y a aussi une forme a ö ; v. sl. pra- (en composition),nbsp;pro, gr. Tcpw-, etc.).

ce^*? cours du développement des langues indo-européennes, aiunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tendance a se grouper soit avec Ie nom,

^ Sc- ~pb ob\j.m OU ’IXióG; iipó, et on les appelle alors préposi-OU avec Ie verbe, ainsi gr. icpotpépw, et on les appelle alors ilsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;’ mais, en indo-européen, ils étaient des mots distincts;

i[ nbsp;nbsp;nbsp;groupaient intimement ni avec un nom ni avec un verbe;

'=eUe

apposition (v. chap, vu); les anciens dialectes indo-ira-ger^** langue homérique etl’ionien, Ie baltique, Ie celtique, Ie ^Snique et aussi Ie latin ont conservé de nombreux restes denbsp;indépendance, ainsi 7:pi Sé ;v.’-^x£ ösa chez Homère, A 208,

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i6o PRINCIPES DE LA MOHPIIOLOGIE

OU sub uos placo en ancien latln, k cóté de supplico uos. Les trois places possibles de icpo;: isolé, apposé a un nom, apposé a unnbsp;verbe, se voient dans ces vers d’Homère :

E 632 Tov xal TXt)usX£p.o; itpsTspog xpo? p.i36«v e(f)encsv « a celni-ci Tlepolemos Ie premier dit une parole »

E 274 nbsp;nbsp;nbsp;amp;lt;; 01 TOiauxa Ttpo? i'AXrjXooq ayópsuov

« ainsi ils disaient de telles choses les uns aux aulres »

E 276 ¦ Tcv Ttpóxepo; zpolt;yé(f)et7:e Auxaovo; nbsp;nbsp;nbsp;uto?.

« a celui-ci Ie brillant fils de Lycaon dit Ie premier »

Par un développement qui s’est produit de manière parallel*^ et isolément dans toutes les langues indo-européennes, ces root®nbsp;d’abord indépendants, et tout au plus apposés, ont été rattache®nbsp;soit a un nom, soit 4 un verbe ; Ie type de construction du ver®nbsp;E 682 a ainsi été éliminé tandis que les deux autres subsistaiefitnbsp;en s’isolant l’un de l’autre.

Les prepositions et préverbes, comme les adverbes, sont moins en partie des formes fixées de noms plus anciennemeo*'nbsp;déclinés.

3° Des particuUs comme skr. ca, gr. lat. que « et » skr. ncï, v. sl. ne, lat. ne(jqué) « nepas ».

Les particules ne sont pas des formes fléchies ; elles seroP*' étudiées ici a la suite des noms, dont leur emploi les rapprocb®-

D’une manière générale, 1’indo-européen ne distingue lt;1'*® deux grandes classes de mots: les noms et les verbes- Les roo^®nbsp;invariables servent parfois a unir des elements juxtaposés daP®nbsp;la phrase, comme skr. va « ou », lat. uesouvent, ils apporte*’*'nbsp;a un mot voisin un renforcement en ajoutant une nuancenbsp;sentiment ou une précision de sens ; mais ils ne servent jaoa®’*nbsp;a caractériser des formes grammaticales ou a exprimer des rapnbsp;ports syntaxiques et ne font a la flexion aucune concurrence-

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CHAPITRE V LE VERBE

A. Généralités.

Pour se faire du système verbal indo-européen uneidée exacte, ’ l^aut d’abord oublier la conjugaison, telle qu’elle apparait ennbsp;en germanique, en baltique, en slave, en arménien, en grecnbsp;^tioderne, etc. ; seules les formations homériques et védiques ounbsp;^^estiques ont conserve ou laissent entrevoir les traits essentielsnbsp;® Ce système.

En latin par exemple, un même thème fournit d’une part Ie ®me du présent aviO, amas et celui du « parfait » amaul denbsp;: il y a une conjugaison de amare dont toutes les formesnbsp;coiïimandent les unes les autres ; étant donné amat, on peutnbsp;¦¦crminer, sauf anomalie, les autres formes du verbe.

, En indo-européen, au contraire, chacun des themes verbaux indépendant de tous les autres. A la racinenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« laisser,

» paf exemple se rattachent les thèmes suivanls attestés par ®ccord de deux lang ues au moins :

En thème paroxyton, a vocalisme e de Ia racine, indiquant P^'ocès qui se développe, *léik''''e- : gr. Xefestv, Xsraw, lit.nbsp;quot; je laisse » (avec déplacement de 1’accent), got. Jeihvjanbsp;quot; jc prête ».

^ En thème oxyton, a vocalisme zéro de la racine, indiquant . Pi'ocès pur et simple ou parvenant a son terme, *lik^é-: gr.

IXtu£ =arm. elikh « il a laissé » =rskr. class, aricat « il

'é », V. h. a. liwi « tu as pré té ». A. Meillet.

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i62 LÊ VEnBË

3quot; Un thème a nasale infixée, encore athématique en indo-iranien : skr. rindkti « il laisse », rincdnti « ils laissent », devenu thématique dans lat. lin^uö et v. pruss. Q)o)linka « il reste » ; cenbsp;thème semble indiquer Ie commencement du proces.

4“ Un parfait indiquant Ie procés accompli: gr. bsXircx, skr. riréca « j’ai laissé » ; cf. got. laihw.

5quot; Un thème de causatif a vocalisme radical o et suffixe *-éye' (ou *hik^-cye- (*lo-ikquot;^t-') : skr. recdyati « il fait laisser w ; cf-V. isl. leigia « louer » et lit. ]aikyti'lt;.lt;. tenir » c’est-a-dire « fairenbsp;rester ».

Aucune de ces formes ne suppose 1’existence des autres, et a cóté d’elles il a pu et même du en exister plusieurs qui ont dis'nbsp;paru OU qui se sont maintenues dans une seule langue, commanbsp;par example celle que représente skr. ricydte « il est laissé »,nbsp;les désidératifs représentés par skr. reksyate « il laissera » et pafnbsp;gr. hst'iu, formes régulières qui ne démontrent pas l’existencenbsp;d’un mot indo-européen particulier, et supposent seulemef^nbsp;l’existence d’un type de formation.

Les formes verbales secondaires, tirées de mots existant dan® la langue et non pas rattachées directement a des racines, n’m’^nbsp;done qu’un seul thème; ainsi Ie verbe dénominatif (c’est-a-dmanbsp;derive d’un nom) skr. namas-yd-ti « il adore » n’a que Ie tbèm®nbsp;de présent, et la conjugaison compléte que présente un dénom*'nbsp;natif comme gr. tïiJ.aw, aor. èxigrica, parf. xïxi;xr)xa, etc., est un®nbsp;innovation hellénique. Par suite, la formation de thèmes autr®®nbsp;que celui du présent dans les verbes dénominatifs résulte de dév®'nbsp;loppements indépendants des diverses langues, et en effetnbsp;forme de ces thèmes diffère de 1’une a l’autre; lat.nbsp;plantaui; got. salbo « j’oins », salboda « j’ai oint » ; lit. pdsaW‘

« je raconte », pdsakojau « j’ai raconté » ; v. sl. délajg « je fais délaxü «j'ai fait»; arm. yiisani«j’espère », yiisacay «j’ai espér® ” ’nbsp;irl. marbaim «je tue », ro marbus « j’ai tué » ; etc.

Les thèmes indo-européens dits temporels n’expriment P®* proprement Ie temps ; un thème de présent grec indique Ienbsp;qui dure, un thème d’aoriste, Ie procés sans consideration de dur®®’nbsp;un thème de parfait, Ie procés accompli; et, a eet égard, 1®

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THEMES VERBAüX l63

THEMES VERBAüX l63

^sprésente en gros l’état indo-européen. Dans la mesure oü Ie Ifinips est exprimé, c’est par la flexion et, dlalectalement, parnbsp;' augment: Ie thème de gr. Xsi'itu et de lgt;.£t::ov est Ie même ; mais


indique Ie présent, et IXemsv Ie passé. La valeur des themes quot; temporels » indo-européens est done semblable a celle desnbsp;* aspects » slaves, non a celle des « temps » latins.

Enfin une racine indo-européenne n’est par elle-même ni transitive ni intransitive, et les themes verbaux qui s’y rattachent admettent les deux valeurs: gr. signifie « je tiens, j’ai »,nbsp;t'aais aussi « je me tiens » dans •/.axwi syui « je suis mal » ; fipunbsp;signifie « je porte », mais Siafipio « je suis différent » (littérale-*tient « je me porte différemment »), et de même lat. ferö etnbsp;; lat. norte id signifie « tourne ceci », mais wrte hdcnbsp;quot; tourne-toi de ce cóté » ; lit. Jé'kü signifie «je laisse », maisnbsp;«je reste » (« je suis laissé hors »); skr. vcihati peut senbsp;'¦faduire également par lat. uehit (aliquid) et par uehitur ; got.nbsp;par « vêtir (quelqu’un) » et « se vètir ».

B. F


ORMATIOX ET VALEUR DES THEMES VERBAUX.

i” Themes dits temporels.

_*^as; (jgg thémes de présents, les uns se rattachent a des les autres sont dérivés de noras ou d’autres thémesnbsp;Mais, si la plupart des types de formation ne fournissent

^ Les types du présent-aoriste, qui indiquent un procés, sont j, ^at's. Les désinences, les formations de participes, Ie jeu du voca-*Jhe sont les mêmes dans tous ; ils différent seulement en partienbsp;^|'i^®nt que Ie type est thématiqueou athématique. Entre Ie présentnbsp;aoriste, la différence n’est pas dans la nature du théme ; onnbsp;présent un théme qui admet a la fois les désinences pri-et secondaires, aoriste un théme qui admet seulement lesnbsp;^'^ences secondaires (v. ci-dessous 1’étude des désinences).nbsp;themes d’aoristes se rattachent tous directement a des

Pas


aoristes, en revanche, les formations qui fournissent des

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164 LE VERBÉ

aoristes, a I’exception d’une seule, fournissent aussi des presents. L’aoriste est tres souvent une formation radicale sans aucun suffixe.

Une racine donnée ne comporte pas tons les types de formation, mais elle en présente presque toujours plusieurs.

I. Thèmes de présents et d’aoristes a suffixe zéro. — Ainsi qu’on doit I’attendre, ces thèmes notent, sans aucune nuancenbsp;spéciale, le procés indiqué par la racine. La valeur de présent onnbsp;d’aoriste apparait dans des conditions differentes suivant que lanbsp;racine est monosyllabique ou dissyllabique et qu’elle fournit unnbsp;type thématique ou athematique.

a. Type athéfnatique. — Le type athematique n’est representc dans la plupart des langues que par peu de verbes, et le®nbsp;exemples en sont d’autant plus nombreux dans une langue qu®nbsp;celle-ci a un aspect plus ancien; ainsi le vedique en a plus qu®nbsp;le grec, et le lituanien, si archaïque a plusieurs égards, en a rela-tivement beaucoup, surtout dans les vieux textes (des xvi' elnbsp;XVII' siècles).

Le cas des racines monosyllabiques et celui des racines dissylla' biques différent beaucoup par le sens et par la forme.

a. Racines monosyllabiques. — Si la racine indique un procés q‘*‘ dure, on obtient un thème de présent qui admet è 1’indicatif anbsp;fois les desinences primaires (type grec en -gt) et les désinence*nbsp;secondaires (types grecs en -v ou -a) : ainsi gr. ©r,gi,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Si

racine indique un procés pur et simple, sans durée, le thèc^® n’admet d’ordinaire que les desinences secondaires a 1’indicatif inbsp;c’est un aoriste ; tel est le cas de skr. astham = gr. « jenbsp;suis mis debout, je me suis arrêté ». Quand le thème a sufB^®nbsp;zéro a la valeur d’aoriste, on obtient le présent en recourant hnbsp;autre formation, notamment k la racine avec redoublement, aic®‘nbsp;skr. dddhami « je pose », gr. ©{Qijgt, etc., en regard de skf-ddham «j’ai posé », gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arm. ed a il a posé ».

II arrive que le présent et l’aoriste qui rendent un mème sci’* appartiennent a des racines différentes, 1’une durative, Tauh®nbsp;exprimant Faction pure et simple: ainsi la racine durative denbsp;Mmi a je mange », horn. ISgsvai et de arm. utem ne fournit lt;1^®

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THEMES VERBACX nbsp;nbsp;nbsp;l65

*ies presents ; I’aoriste correspondant est exprime par des racines Riverses: en Sanskrit par a-ghah «il a mangé », en grec par e-ipays,nbsp;®D arménien par e-ker. La racine *es- « exister » fournissait unnbsp;présent (et un parfait), mais pas d’aoriste, et c’est ce qui faitnbsp;^rie Ton a recouru dans une large mesure a *hhew3- ; skr. cihhiitnbsp;quot; d a été », V. si. by ttbystü, lat. fuit, etc. La racine *et- « aller »nbsp;fournissait pas d’aoriste, ni sans doute de parfait, d’ou ennbsp;8''ec i^Xöïv et horn. slXriko'jQx en face de sljv.t, en slave Hdü « étantnbsp;®llé » en face de jidg (ancien jïdg') «je vais, j’irai ».

Exemples de racines duratives fournissant des présents :

*/- : skr. émi « je vais », itndh « nous allons », ydnti « ils », dyam « j’allais » ; gr. slj/t, ïg.vr, lit. eimi « je vais »;nbsp;iSj it, mms, itis.

*es-, *s- : skr. dsti « il est », smcih » nous sommes », sdnti quot; 'Is sont », dsam «j’étais » ; gr. eqj,'. (lesb. eixpii), ïsv., eh'. (denbsp;attesté en dorien; ancien */;ïvc’) ; v. lit. esti, v. sl. jesmï (plur.nbsp;^Ptü « ilsquot; sont »); lat. est, sunt; got. ist, sind-

*id-, *öd-: skr. ddmi « je mange », lat. ést (ê attesté par des *'®inoignages de grammairiens), lit. édmi « je mange », êst(i) « ilnbsp;^ange » ; v. sl. jamt, jastü ; traces isolées dans rinfmitif hom.nbsp;et l’ancien subjonctif, qui a pris valeur de futur, lo-o-iAat,nbsp;iS-óvT- c( dent » ; arm. iitem suppose *öd-mi.

*bher- : véd. hhdrti « il porte », lat. fert, hom. ©fpte ; Ie type ^^'éiuatlque est plus ordinaire : gr. lyspo), etc.

bici-: skr. (éte « il est couché », zd saëte— gr. xeirsu.

; skr. vaste « il se vêt », zd vaste = gv. Féotci'..

Exemples de racines fournissant des aoristes:

^tha-, *sth3- : skr. dsthdt « il s’est tenu », moyen asthila; gr. (dor. eara).

dhè-, *dh3- ; skr. ddhat « il a posé », moyen ddhita ; arm. ed

a posé » ; gr. sOep.ev, iOexo.

dö-, *d3-: skr. adat « il a donné », moyen ddiia ; arm. rt « il ^ quot;lonné » ; gr. eSoixsv, 'éhoxo.

: skr. dg an « il est venu » (i’® pers- dgamam), ekn «il est venu », v. angl. cyme (subjonctif preterit, anciennbsp;’^Ptatif d’athématlque *gquot;''’m-i-t')

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i66 LE VEBBE

*g'^'a-: skr. dgdt « il est venu », gr. s;3r, (dor. ; cf.- Ie présent véd. jigdti, dor.

*kileu--, *kilü-: véd. dfrot, « il a entendu », frudhi « entends », gath. sraotcL « entende?,», hom. x7vu0t.

*pj(i)-, *pl- : skr. dpat « il a bu », att. tïO'., lesb. -kw, uSjQ'. ; Izwv résulte d’un passage secondaire au type thématique.

Toutefois cette valeur aoristique est établie seulement pour l’indo-iranien, Tarménien et Ie grec. En germanique et en latin,nbsp;les mêmes thèmes fournissent des présents indiquant un procesnbsp;dont Ie terme est envisage. Le latin a ainsi dó, ddmus en face denbsp;véd. addt « il a donné », gr. ISsj^.sv, etc. Le vieux haut allemandnbsp;a tót (tuot, tuat) « il pose », en face de véd. ddhat « il a posé »,nbsp;gr. löeiJisv, et le latin a (con-)dit. Le latin a de mème tcol-l « ünbsp;veut » en face de véd. d-vf-ta « il a cboisi ».

0. Racines dissyllabiques- — Le présent est caractérisé par le vocalisme é degré e ou o du premier élément (au moins auxnbsp;formes qui ont le vocalisme plein), degré zéro du second, tandisnbsp;que l’aoriste a le degré zéro du premier élément, et le degré èjö ounbsp;a du second alternant a vee zéro. Le grec offre, a eet égard, desnbsp;exemples earaetéristiques, dont le plus remarquable est le présentnbsp;itéxa-ixai oppose a raoriste è-xxi-jzïjv (xw- est attesté par lanbsp;forme aetive, hom. •/.xxa-x:ó-quot;'lt;iv, s^-s-x-yj).

Exemples de présents:

*reloud3~, *rud3-: véd. rodi-ti « il gémit », rndi-mah « nous gémissons », rud-anti « ils gémissent » ; lit. rdud-mi « j®nbsp;pleure ».

Le greea plusieurs exemples de ee genre, notamment y.psgx-gx'-» etle védique en a de plus clairs eneore, tels que brdvl-ti (zd mraoid)nbsp;((il parle », S'plur. hruv-dnti, moy. hrü-té, ou vdmi-ti« il vomitnbsp;3' plur. vam-anti.

Exemples d’aorisles;

*plé-, *p-J: véd. a-pra-t « il a empli », impér. tgt;ar-dht « emplis » ; hom. xXï^-to.

Les exemples sont nets, surtout en grec. Homère a ain®* pX^xe, etc., et avec vocalisme zéro, 3* plur-^aXov, partic. paXwv, sur quoi ont étéfaits iquot; sg. ^aXov,

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THEMES VERBAUX nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;167

®tc. Le vocalisme a le timbre dans è^luyv, en face de é suppose par le derivenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(^w, i^9jg) servant de present. On a demême

‘Y'^wv, dont I’o se retrouve dans le derive lat. (g)nö-scöj v. perse ¦'^Wüsatiy « qu’il reconnaisse ».

li y a trace de beaucoup de présents athématiques indo-euro-peens. Ainsi véd. vdfnii «je veux », ufmcisi « nous voulons », vas3mï, usmahl n’a pas de correspondant hors de 1’indo-^ranien ; mais I’adjectif gr. Fb-zm'i « volontiers », qui a le tonnbsp;^ la même place que llt;0v « allant », est le participe d’unnbsp;présent, non conservé, qui correspondrait a véd. vdfnii- Un pré-®6nt correspondant a skr. ksé-ti « il habite », zd saëiti n’est con-servé en grec que dans le compose horn. i-j-y.Ti'jj.cVo?, et parnbsp;^dleurs gr. v,r!^w remplace I’ancien présent athématique. Au pré-®ent athématique ancien sont souvent substitués d’autres types,nbsp;'’firiables suivant les langues •. en regard de véd. rihmi « jenbsp;^eche», Ie grec a le présent thématique A£''x“, le baltique et Ienbsp;®lave Ia forme a suIFixe *-yc/o- : v. sl. lit. U^iü, le latinnbsp;forme a infixe nasal lingo, le gotique un itératif en -d-,nbsp;i^^-)laigon, etc.

Pour I’aoriste, le type athématique est moins aisé a metlre en ^''Idence. Mais, par example, le caractère athématique de véd.nbsp;^‘^o.rfam « j’ai vu », adargma, adrgma « nous avons vu », donnenbsp;lieu de croire que gr. ISpaxov a passé secondairement au typenbsp;^^‘étnatique en partant de la 3' plur. ISpaxov et du participe Spaxwv.

Le type radical athématique était l’une des formes principales 'll! vcrbe indo-européen.

Typt thématique. — Ce type est largement représenté a ®Poque historique, et souvent des themes appartenant au typenbsp;^lliéniatique y sont entrés au cours du développement. Ainsi skr.nbsp;rodajni

Pré:


« je pleure », lat. rüdö et v. h. a. riu^XF « je pleure » sont jg formes a vocalisme e du présent athématique corres-P^ödant a véd. roditi « il gémit », et skr. class, riidati, lat. rüdönbsp;® formes a vocalisme zéro : lat. rüdunt répond a la 3' plur. véd.nbsp;^^^danti « ils gémissent » en face de roditi- Le germanique anbsp;®*^ené au type thématique presquetous ses verbes forts. Quelquesnbsp;^ents attestés dans plusieurs langues, comme ^sneig’^hejo-, zd

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168 LE TEBBE

sm^aiti « il neige », lit. stiega, gr. vsiyet, v. lat. nluit, v. h. a. sniuuit, sont surement anciens.

Le type thematique a deux formes: racine tonique avec voca-lisme e, et voyelle thematique tonique avec racine au degré zéro, et ces deux formes ont des valeurs différentes: lorsqu’une mêmenbsp;racine a les deux, le thème paroxyton sert parfois de présent, lenbsp;thème oxyton d’aoriste; ainsi;

skr. bódhati « il tient son attention dirigée sur », hom. itsuOs' (TÖx'. (présent) « comprendre, saisir », v. sl. hljudp « j’observenbsp;got. -biuda « j’ordonne » ; gr. i:u9é-s0ai (aoriste).

Les contrastes du type gr. Xetuwv, Xiuuv ou hom. TtcjQirfx'-) ituOéaOai ne se rencontrent un peu fréquemment qu’en grec ;nbsp;mais, on l’a vu p. i6i,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et iXtTiiv ont l’un et l’autre des

correspondents. 11 arrive souvent qu’une racine offre seulement le présent thématique, ainsi skr. vabati «il mène en char », pam-phyliennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. uehö, v. h. a. wi^u, lit. veipu, v. sl. vexg, o'i

seulement l’aoriste, ainsi véd. dvidat (viddf) «il a trouvé », arm. egit-

Le ton est conserve sur la voyelle thématique dans quelques impératifs grecs comme (/)’.8é, XaSé, etc. — L'opposition dunbsp;présent gr. SépxeaOai « voir » a l’aoriste Spaxsïv est une innovation ;nbsp;car la forme athématique skr. ddargam « j’ai vu » joue le rolenbsp;d’aoriste en face du présent pdgyati « il voit ».

Les présents (formes a désinences primaires et secondaires concurremment) que fournit le type oxyton marquent le ternienbsp;de l’action (aspect determine du russe). Ainsi skr. tdrati « il estnbsp;en train de passer » a a cóté de lui tirdti qui est la seule formenbsp;employée avec le préverbe pra : prdtirati « il traverse ». Skr.nbsp;girdti R il avale » et v. sl. T^lretü (même sens) indiquent unnbsp;procés qui n’éveille pas l’idée d’une durée. Skr. digdti signih®nbsp;» il indique » (cf., avec même place du ton, v. norvég.

« montrer »), en regard de lat. dïcö (de deico) « je dis », got-teihan r montrer ». Skr. jugate r il trouve plaisir a » a un imparfait dont la valeur est aoristique dans le ^gveda, II, 37?nbsp;4, tandis que gr. ysiiejOa’. et got. kiasan sont des présents sign»'nbsp;fiant « éprouver, choisir ». On comprend ainsi comment le typ®nbsp;oxyton a pu être affecté a l’aoriste en grec et parfois ailleurs.

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THEMES VERBAUX 169

THEMES VERBAUX 169

la

Quelques themes ont dans certaines Jangues le vocalisme 0 de racine, ainsi : got. mala, lit. maUi a je mouds »; mais il y anbsp;''ocalisme e dans irl. melim « je mouds » (et dans le derivenbsp;''• si. nieljp), et le vocalisme zero dans gall, malaf, arm. malemnbsp;quot; J^^l'roie » ; I’ode lat. mold'peut représenter e ou 0. Les presentsnbsp;amatiques de ce genre remplacent des presents athematiquesnbsp;gt;Qdo-européens a vocalisme 0 : *meU- estune racine dissyllabique,nbsp;un présent thématique n’est pas normal; les alternances voca-lues indiquentun présent athématique *melo-, *mob-, *nL°h-. Denbsp;^artie les présents thématiques a voyelle radicale longue remplacen tnbsp;^anciens athématiques; lit. Mgu « je cours » el sl. *bégQ (pol.nbsp;supposent *bhêg'^-: v. lit. bègmi; le grec anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avec ë.

® sl. padp « je tomberai » suppose *pöd-mi-

_ Themes de présents et d’aoristes a redoublement et a suffixe — Ges themes se distinguent des précédents par la présencenbsp;® la forme normale du redoublement (v. p. i48); ils servent denbsp;l^^asents et, souvent aussi, dans le type thématique, d’aoristes.

. Type athématique. — II fournit des présents grecs et indo-^lens D oü la racine sans suffixe donne 1’aoriste athématique.

Ti6ï;]At, xiGepiev, en regard de I0£[;.£-^ (cf. p. i64).

‘ype

^lest conservé en grec et en indo-iranien dans plusieurs racines ^^''ainées par voyelle longue, telles que skr. dddhami « je pose »,nbsp;fQnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. dadami «je donne », gr. S’Suia’, avec trace d’une

analogue dans v. lit. düsti « il donne » (^dö-d-tf), v. sl. a il donnera » ; skr. jigami « je vais », hom. (cf.nbsp;desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L’indo-iranien conserve de plus

-fc -

• sekquot;'-^ véd. pl. sa-cc-ati « ils suivent ».

'^ypi thématique. — La racine a le vocalisme zéro :

^d-fc-ati (présent) « il suit » en regard de sdcate « il suit», sknbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(aoriste) en regard du présent IxeoOai.

en ^^'la-ghn-an «tuant» (participe présent), gr. nbsp;nbsp;nbsp;(aoriste)

du présent athématique représenté par véd. hdnti clt; il ’ indirectement, par les dérivés gr. Orivw, lat. -fen-dö.

genre pour d’autres types de racines, ainsi véd. zd hishaxti, remplagant *hi-sax-ti (racine

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170 LK VERBE

gr. ¦lat. gi-gn-ö, en regard de l’aoriste de forme anomale gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et des présents skr. janati « il engendre

V. lat. genunt «ils engendrent ». Le grec a de même xi'y.xti) (de en face de l’aoïiste anomal ste'/.sv.

La oü il coexiste avec un autre présent, ce présent ne s’en distingue que par une nuance : il sert a montrer qu’on enxdsag®nbsp;la fin du procés, ainsi gr. (de *si-gghö') a cóté de lyjo, cf. skr.nbsp;sahate « il acquiert », et de l’aoriste oyii') ; ou gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a cóte

de [xsvü) « je reste ». En qualité d’aoristes, ces thèmes a redoU' blement ont souvent une valeur factitive : cf. gr. Xxyü'i « obtenirnbsp;en partage » etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« faire obtenir en partage » ; skr-

asifvapat signifie « il a endormi » et répond, avec la valeur aoriS' llque, au présent causatif svdpayaii « il endort ». La valeur dunbsp;redoublernent est parfois peu sensible, ainsi dans skr. dvocatnbsp;a dit », thèmecf. hom. 'i(J')v.T^t(Ae*é-we-tik'^-e-t)-

3” Parfait. — Le parfait se rattache toujours directement ® une racine. Et, sauf exception (celle de la racine *ei- « aller »gt;nbsp;par exemple), toules les racines en possèdent un.

C’est un’ type atiiématique caractérisé : iquot; par certaines des*j nences spéciales, qui sont la seule caractéristique essenlielle (*'^ ^nbsp;la I™ pers. sing., etc.), et par Ie sufSxe de son participc actd'nbsp;2quot; par le vocalisme o de la racine aux personnes qui ont aunbsp;sent ie vocalisme prédésinentiel e ou o dans le type athématiqu® ’nbsp;3quot; dans une partie des cas, par le redoublernent (v. ci-dessU®?nbsp;p. i48). L’indo-iranien fournit le plus d’exemples de ces ihèm®®nbsp;et les plus nets, mais le vocalisme est plus clair en grec :

TOtOopiX'.

èk£éaoi/.«t

p-é'ioq

•xévOoi;

(f)p4YvüiJ.i

xéicoi.6at

hom. e'ikiikouQx hom. ij,£jj.ovanbsp;TcsTcovOanbsp;EfOopa:nbsp;Téxpoipa

Ippwya

v.éyc^x

¦xéxi6p.ïv att. èAf,yu0[j.£v

p.S[JLa|A£V

hom. ixETcaOué/] (participe) e^Oapjxainbsp;T£9paij.p.ainbsp;»

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THEMES VERBAUX

tales

Le vocalisme radical o est confirme par I’opposition des palaat des gutturales dans les formes indo-iraniennes : skr. '-^nara « j’ai fait », jagama « je suis venu », jaghdna « j’ainbsp;. ®Ppé » j par I’irlandais on (ro)gegon a j’ai frappé » répond a skr.nbsp;^'^Shana et ou (g-o)reraig u il a tendu » suppose *reroge ; par le ger-quot;^aniqyg enfin ofj ü gubsiste quelques formes a redoublement denbsp;Baines a voyelle longue ayant au preterit le vbealisme ö ;

lailot « j’ai laisse » saiso « j’ai seme »

sot. leta «je laisse » : saia « je seme » :

et

''erb,

les prétérito-présents et les preterits ordinaires des anciens

primaires indo-européens, tout eti n’ayant pas le redouble-quot;^t, ont conserve le vocalisme Oj ainsi en gotique :

^ ' pers. sing, man « je pense », plur. munum.

(¦ida a j’attends » : baif « j’aiattendu », bidmn (cf., au moins la forme, hom. -iiroiOst,

« je commande » : -bauf « j’ai commande », -budum. ^nda « je lie » ; band « j’ai lie », bundum.nbsp;y avait des I’indo-europeen des parfaits sans redoublementnbsp;le principal est:

^* i® nbsp;nbsp;nbsp;¦gt; ‘^éda, pers. plur. vidmci;

at

fg • quot;^aeda; got. wait, witnm] v. si. vèdé « je sais » (ancienne a désinence moyenne) ; v. pruss. iMissd « tu sais », wai-

« nous Savons ».


Par ^ nbsp;nbsp;nbsp;^ constitué son perfectum et le germanique son preterit

ted tnélange d’anciennes formes de parfaits, en partie sans j,^.^^igt;lement, et d’aoristes indo européens; v. b. a. liwi « tu asnbsp;” en face de hom. Xixe; ; got. hitun « ils ont mordu »nbsp;af( ^^*^0 la 3® personne du pluriel actif de I’aoriste athematiquenbsp;P^g^^Par véd. bhét « il a fendu », participe bhidant-, etc.; I’in-formes a pu contiibuer k la perte du redoublementnbsp;«ji^. formes a vocalisme o de parfaits, comme v. h. a. Uhnbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etc., got. bait « j’ai mordu » ;

le vocalisme r de lat. frègt,. v. h. a. brdhhun « ils ont * ®st peut-etre celui d’anciens aoristes athematiques com-

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1~2 LE VERBE

parables pour la forme a lat. êst, êstis, lit. ést(t) « ilmange »,etc-Mais Ie germanique a aussi hérité de formes indo-européennes de parfait sans redoublement. L’fl (issu de i.-e. *ö) des preteritsnbsp;irlandais tels que tdich (qni glose confugii), de *töke, en regard denbsp;techim « je cours », rappelle, malgré Ie manque de redoublement,nbsp;les 3®* personnes indo-iraniennes a d (i.-e. *6) prédésinentielnbsp;comme skr. cakdra « il a fait ». Les participes passés actifs dnnbsp;slave et du baltique ont Ie sufSxe du participe parfait, mais n’ontnbsp;pas de redoublement; v. sl. -mïrü (fém. -mlrüsi), lit. mïres (fém-mirust) « étant mort », cf. skr. mani^van (fém. mamrüfi)- L®®nbsp;formes sans redoublement des dialectes autres que Ie grecnbsp;1’indo-iranien représentent un type indo-européen, qui avait san®nbsp;doute une grande extension dans certains dialectes. Le sanskrdnbsp;même a quelques formes sans redoublement comme le particip®nbsp;sdhvün a cóté de sasdha « il a conquis ».

Comme le vocalisme -o- des formes a vocalisme plein retrouve en partie au présent et que le redoublement n’est p®*nbsp;constant, ce sont seulement les désinences qui caractérisentnbsp;parfait indo-européen : c’est par la désinence -a que se marqt®nbsp;le caractère de parfait de gr. Fóïha ; c’est uniquement par la di^quot;nbsp;férence des désinences que se distinguent les 3®’ personnes pi®^'nbsp;véd. sofcati « ils suivent » et sagcuh « ils ont suivi ».

Le parfait indique un proces actuellement accompli, réali®®' gr. ei'wSx signifie « j’ai pris et j’ai encore 1’habitude »,nbsp;fifrdya « je reste appuyé », etc. L’exemple suivant, emprunt®-liomère, montre la valeur précise de ces themes:

B 27a i) TJOTOi, T) B'f; piupi’ ’OSjo-aeli; saOXa

^sukai; 1:' è^apy_iüv ayafy'xq nbsp;nbsp;nbsp;xs y.op'jojwv

vüv xio£ ixé'/’ apiuxov èv ’ApYSii'.o-’.v epe^sv,

0^ xov AwSïjxyJpa (F')sKeG6ó'Ac') ïay ’ «yspawv.

loni'

Le poète oppose l’ensemble des belles actions qu’Ulysse a acco ^ plies [(/’)£(F)opY£| et par lesquelles sa renommée s’estnbsp;une chose particuliere qu’il vient de faire (Ipc^sv) : lenbsp;indique ici ce qui est acquis. Le parfait grec est accomp®o

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THiüVIES VERBA.L'1 173

'in passé : ’xi^rqv.t « il est mort », è'tsBvVjy.st « vl était mort », Ie védique a quelques a plus-que-parfaits » analogues.nbsp;Lorsque l’expression du temps a prls plus d’importance aunbsp;*^ours du développement des langues indo-européennnes, Ie parfaitnbsp;® foumi a la fois des présents et des prétérits : lat. tutudï sert anbsp;*^_’^primer Ie passé, mais meminl est un présent; got. hand « il a

est un prétérit, mais man « je pense » est un présent.


^^ftout la forme de parfait sans redoublement citée plus haut, gr. skr. véda, got. wait, etc., signifie simplement «je sais »,nbsp;est-a-dire « j’ai acquis et je possède la connaissance ».

Intensif. — Le présent intensif, constitué par la racine **^'^nie du redoublement intensif et le suffixe zéro, n’est conservénbsp;en indo-iranien, d’ordinaire sous forme athématique:nbsp;skr. dedis-te « il monlre », 3' plur. dèdig-aU « ils montrent »,nbsp;daèdóis-t « il a montré »,

^^ï'ement sous forme thématique:

^•^naêni^aiti«il nettoie » (?) en regard de skr. nenik-te «il se lave ». 1’on ne possédait en dehors de l’indo-iranien quelquesnbsp;^^emples de ces thèmes élargis par le suffixe secondairenbsp;^ ' P- 182), comme v. sl. glagoljg « je parle », gr. TrojS^upw,nbsp;^”‘?-lt;poci'vu)j etc. on pourrait contester le caractère indo-européennbsp;^ l'ype. En Sanskrit même, les intensifs, fréquents en védique,nbsp;'^'eunent beaucoup plus rares dans les textes postérieurs.

, valeur de l’intensif ressort de la formation ; il indique la petition OU I’énergie de l’action : les participes d’intensifsnbsp;actlf rérih-at et moyen rérih-dnah signifient « léchant knbsp;sieurs reprises », tandis que réhmi veut dire « je lèche » ;nbsp;^ ^dnikran(t')-ti insiste sur l’intensité du bruit qu’indlquenbsp;« il crie, il mugit ». La valeur propre de l’intensif n’estnbsp;sensible qu’autant que la forme non intensive a subsisté :

« je rappelle, je célèbre », qui est isolé, n’a ^ intensif dans le sens. Sur les aoristes gr. ipap-EÏM « arran-*) arm. arar « il a fait », cf. p. i6g.

5“

Thèmes k voyelle longue finale. — A la fin d’un thème

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174 nbsp;nbsp;nbsp;LE VERBË

verbal, les voyelles *a, *amp;, *0 sont ambiguës. Souvent elles la longue finale d’une racine dissyllabique, ainsi dans dor.

« j’ai supporté » en regard de nbsp;nbsp;nbsp;xaXa; ; hom. 7:XifjT5,

aprat « il a empli », en regard de skr. par^dh— Yii.

« plein » ; gr. nbsp;nbsp;nbsp;shr. jha-iah « connu » en regard de ht'

-énklas « signe » (voir p. 78 et iSa). D’autres fois, *ê/ó et ^ sont des suffixes, ce qu’on reconnait a l’un des caractór®®nbsp;suivants : 1“ les éléments en *~è-j-ö- ou *-a- ont une vale'^’^nbsp;significative définie. — 2° La racine 4 laquelle ils s’attacb®^^nbsp;n’est pas dissyllabique. — 3quot; Une même racine a des formesnbsp;*~d- et en *'ê/ö-; comrae *d n’alterne pas avec ^èjo, 1’unenbsp;deux formes au moins renferme un suffixe. Ainsi.de la racilt;’®nbsp;monosyllabique *men- « avoir dans 1’esprit » il existe a la foisnbsp;thème *nfnê-, indiquant 1’élat, attesté par v. sl. niïnéit « penser”’nbsp;lit. minhi, got. munai^ « il pense » (et peut-être par gr. ij-avrSv*'-)’ ^nbsp;un thèmenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«rappeler » dans l’optatlf skr. mMaydt « coniir^®

moret » et dans les dérivés dor. [i.va-o;;.at, [j,é[j.vaiaai. De la raci’’® homonyme *men- « rester » il existe *m'’në- dans lat. manérenbsp;gr. !X£|xivï)ra) et une forme en-a- dans lat. mnam «je reste »nbsp;*möna- o\i.*mènd-T). De la racine dissyllabique *bhew3- « croitr*^’nbsp;devenir », il y a, d’une part, gr. «puvjvat, v. sl. « il étad ’nbsp;(thème exprimant 1’état) et, d’autre part, lit. büvo « il était ”gt;nbsp;lat. -ba- dans Ie type amdbas. II y a done lieu de poser des squot;nbsp;fixes *-ë/ö- et *-a-.

%. Type en *-è/ü-. — Bien représenté en slave, en baltilt;3'^®’ en germanique, en latin et en grec, ce type manque ennbsp;iranien. Au grec il fournit les aoristes a vocalisme radicalnbsp;portant Ie ton sur v) ; att.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y.Xa'Krjvai, y-Xaitsi; : y.hé-xr-’'' ’

au slave, Ie thème d’aoriste et d’infinitif correspondent d’or^

naire a un thème de présent en -i-: mln-è-ti « penser »;

é-xu « j'ai pense » ; min-i-iü « il pense » ; bïd-é-H « être éveill® ” , btd-i-tü « il était éveillé » (de *büd-é-ti, *hüd-i-tü) ; stnrüd'^'^''^nbsp;« puer » : smrüd-i-tü « il pue » ; etc. ; au lituanien, de m®®'’,nbsp;les thèmes d’infinitif correspondent aux présents en -i- qui i*'^!nbsp;quent 1’état, ainsi srnird-ê-H « puer » ; smird-i « il pue »)nbsp;aussi a d’autres, ainsi lit. tek-é-ti « courir » : têk-a « il coufl ”

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THEMES VERBAUX 175

germanlque et en latin, ou 1’oppositlon du présent et de ^ aoriste ne s’est pas maintenue et ou les denominatifsnbsp;'ü-ye/o- ont les formes en -e~, -a-, comme senes, fugas, le suffixenbsp;'Ê- a donne des présents : lat. tacëre, v. h. a. dagê-n (de germ.nbsp;i’dyé-'). Ces thèmes indiquent un état, et leur valeur propre estnbsp;'léfinie par 1’opposition de lat. iacëre « jeter » et iacêre « êtrenbsp;amp;*|pnt », lit. gultis « se coucher » et guUti « être couché ». Parnbsp;^’iite la plupart sont intransitifs, mais ceci n’est pas essentiel, et,nbsp;exemple, le thème *wid-ê- est transitif dans lat.- uidère, got.nbsp;« il observe », gr. /to-r;- (du futurnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et dans v. sl.

'^^dè-ti « voir » (avec *êi radical, par suite d’une contamination le thème a sulFixe zéro *weid-, conservé dans vi^di « vois »);nbsp;même le v. h. a. hahè-m « je tiens, j’ai » s’oppose a got.nbsp;« je leve » (cf. lat. cap-id), Ut. turé-ti « avoir » k tvér-tinbsp;* prendre », lat. habë-re « avoir » a v. irl. gaibim « je prends »,nbsp;le gj.gc même anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« j’aurai » è cóté de ïyM «j’ai », aor.

Le suffixe exlste sans douteaussi sous la forme -ö-, ainsi

gr. '/’aXwvai, en face de '/’aXt'c'xoij.a

da;

les

fo,

Type en *d-. — Les thèmes en *-d- sont moins clairs que Précédents et ne sont conserves presque nulle part sous leurnbsp;ancienne. Le slave en présente de bons exemples, mais unnbsp;P®ri ambigus paree que sl. a peut représenter i.-e. *d et ; onnbsp;peut décider si v. sl. jimamt, polon. mam « j’ai » (sl. comm.nbsp;reposent sur *”m-a- ou sur *'’mö- en regard du verbenbsp;®^Primant Taction pure et simple yVmp (thème *°me-') «je prends »nbsp;duratif jemljg « je prends » (thème *eniye-'), cf. lat. emönbsp;^ 1 ®chète » (ex-imö « j’enlève ») et ombr. emantur « accipian-G’est sans doute le thème en *-d- qui fournit au slave lenbsp;d’infinitif et d’aoriste de ses duratifs : pjsa-ti « écrire »nbsp;*pik,-a.-ï) en regard du présent pwp « j’écris » (thèmenbsp;^ ^i-yefo-') : dans ce cas comme dans le précédent, la racine a lenbsp;Usme zéro ; en latin, on a de même parO (^parare') de *p°ra-de pariö (parerè), de p^r-ye/o-. Le suffixe *-d- se trouwenbsp;®ïïlent dans les itératifs ordinaires a voyelle radicale longuenbsp;prenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'gdètati « presser » en regard de gnetg « je

*) métati «jeter » ; le lette a aussi mëtd-t « jeter » et le

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176 I-E VERBE

latin céla-re en regard de (oc-)culö (de *kelö), de v. h. a.

« cacher » et de v. irl. ceJim « je cache ». La valeur durati’'^® jointe a l’expression de 1’état se retrouve dans lat. (pc-')cupare,nbsp;capere ; (ac-^cubare, cf. (ac-^cuntberc, etc., et dans arm. kea-mnbsp;vis » (thème i.-e.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oü Ie vocalisme est au degré

comme dans v. si. pïsati. On arrive ainsi h une sorte de valeu^ réfléchie, par exemple dans lat. lauare « se laver » en regardnbsp;lauere « laver », ou dans v. irl. scar aim (de *skquot;ra-quot;) « jenbsp;sépare » en regard de lit. sMriü « je sépare ». Le vocalisme o d®nbsp;V. h. a. manö-n « avertir » et de lit. (t-Jmanaü «je comprend®’'’nbsp;(i-ynano « il comprend » est sans doute emprunté au typenbsp;*-eyejo- de ÏBLÏinmoneö, cf. lit. (i-)manyti « comprendre » ; l’ari'^'nbsp;(t-)manam « je comprends » a le vocalisme zéro et suppose pe*^^'nbsp;être *m”na-.

Le type en -a- fournit au baltique et a l’italique un type prétérits (comparable pour la forme au preterit en -ê-, tvpe r*'nbsp;èixav/)v) en -ödans lat. eram, eras et en -ba- dans monèbam,nbsp;osq. fufans « ils étaient », lit. büvo « il était », liko « il a laiss®nbsp;etc., et a l’italo-celtique un thème de subjonctif indépenda'’|nbsp;du présent correspondent, ainsi lat. adiienat, tulat, en reg®‘nbsp;de ueniö, tollö, v. irl. -bia « qu’il frappe » en regard de be0^'’'nbsp;«je frappe », etc.

6“ Suffixe *-yr/o-: *-i- (*-ï-)- — Le baltique et le slave ont série de présents athématiques indiquant l’état, qui sontnbsp;térisés en lituanien par -i- (bref), en slave par -i- (long,nbsp;d’intonation douce) ;

lil. rnin-i- nbsp;nbsp;nbsp;v. sl. mïn-i-tü « il pense »

smird-i- nbsp;nbsp;nbsp;smrüd-i-tü « il pue »

» nbsp;nbsp;nbsp;bld-i-tü « il est éveillé »

eiï*'

^6


En latin et en germanique, ces présents sont presque tons*' placés par les formes en *-è- qui répondent aux tbèmes tels ^nbsp;lit. budhi, V. sl. Udèti « être éveillé » ; toutefois le latin en ^nbsp;trace dans les dérivés en *-ske- comme (re-)mim-scor,nbsp;fninï-scor. Le grec et l’indo-iranien n’ont que la forme théio

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THEMES VERBAüX nbsp;nbsp;nbsp;177

; Ie sens et Ie vocalisme radical zéro de gr. ^aipw, 9aïvojj,ai (aor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;®av?j-va’.,), bien distincts du sens et du vocalisme

Sïfpo), Teéiw, etc., dénoncent une formation parente de celles du ^^Itique et du slave ; en Sanskrit, les passifs en -ya- n’en sau-^^ient ètre séparés : budh-ya-te « 11 est ^veillé » rappelle évidem-^^ent V. sl. Hdi-tü (de hüdi-tü) ; de même skr. pil-ya-ti « ilnbsp;Pue » est formé comme lit. smïrdi, v. sl. smrüditü « il pue » ;

Vocalisme zéro et Ie sens concordent exactement. Enfin il ^^ut citer les passifs arméniens teis que berim « je suis porté »,nbsp;^vec -j- comme Ie baltique et Ie slave, en regard de berem « jenbsp;P^rte ». Sur la place du ton il y a incertitude; Ie Sanskrit anbsp;^’ordinaire Ie ton sur Ie suffixe, mais parfois aussi sur la racine,nbsp;9insi mücyate a cóté de mucydte « il est laissé », et en lituaniennbsp;trouve türis « ayant » a cóté de regls « voyant ».

7“ Causatifs et itératifs en *-éye- : -ï- (-Ï-). — Les présents Pfirnaires indo-iraniens en -aya-, portant en Sanskrit Ie ton surnbsp;I® premier a du suffixe -dya-, ont en tout cas Ie vocalisme indo-**'9aien a de la racine devant sonante plus consonne, ainsi skr.nbsp;'^‘’¦ndyati « il fait tourner » ; ils ont devant une seule consonnenbsp;sonante finale de racine Ie vocalisme indo-iranien a, surtoutnbsp;*^ans l0g racines monosyllabiques ; véd. süd-aya-ti « il faitnbsp;^®seoir », et Ie vocalisme d, notamment dans les racines dissylla-^^Ues ; skr. prath-dya-ti « il étend ».

^6 grec répond par Ie type (popéw « je porte constamment » (en ^®gard de ?ipw), 906=10 « je fais peur » en regard de 9É6op.ai «j’ainbsp;», Ie latin par moneO « je fais penser, j’avertis », noceö « jenbsp;^*s du mal a » (cf. nex « meurtre »), spondeö (cf. gr. cntévBw).nbsp;_at\s ces formes grecques et latines, Ie suffixe est *-éyelo-, thema-comme en Sanskrit, et Ie vocalisme radical est ö.nbsp;slave Ie vocalisme radical est aussi ö, mais Ie suffixe, athé-^^bque^ a la forme -i- (i long, d’intonation douce) sauf k lanbsp;personne du singulier: v. sl. vrati-tü « il fait tourner » ennbsp;®Sard (Je skr. vartdya-ti; budi-tü « il éveille » en regard de skr.nbsp;^^^dya-ti^ etc. : mais la i'® personne du singulier est vraHg,nbsp;\dp (dLe*vort-jp, *bud-jg). Le latin a aussi sópl-s « tu endors »nbsp;A. Meillet.

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178 nbsp;nbsp;nbsp;LE VEKBE

en regard de skr. svapdya-si, mais i™ pers. söpiö] de même go^-(^fra-ywardüf « il fait périr » (a cóté de [fra-]wair^if « il périt»)’ mais 1™ pers. (Jra-')wardja; c’est Ie suffixe qui porie Ie lot*-

Le vocalisme radical ö des causatifs comme skr. svamp;pdyati * fait dormir » et lat. sdpjt se retrouve aussi en slave, par exempt®nbsp;dans (ji2[-')bavitü « il sauvera quelqu’un » (il fera en sorlenbsp;quelqu’un soit hors) en regard de skr. bhêvayati «il fait être »gt;nbsp;en germanique la oü le présent non causatif a le vocalisW^^nbsp;(germ, a) ; v. h. a.. fuorm (germ, ^örjan) « conduire » en f^®®nbsp;de far an « aller ».

Les formes de l’irlandais, guidim « je prie » (cf. hom. guirim « je chauffe », etc., peuvent s’expliquer soit par *-ryg'nbsp;par*-!-.

Abstraction faite des differences de détail relatives a la forn^® thématique ou athématique du sulExe et au vocalisme bref ou loOr»nbsp;ö OU ö, de la racine, ce type est clair; les exemples en sontnbsp;hreux, ainsi ;

gr. (f)oyém « je fais aller en char », got. {ga-)wagja « je ni®^ en mouvement », v. sl. vo^iü « il va en char » (itératif).

skr. lobhdyati « il éveille le désir », got. {us-)laubjan « mettre ».

te)

8quot; Aoiiste sigmatique. — L’aoriste sigmatique présente P^'^ sieurs particularités singulières :

La caractéristique est *-5-, sans voyelle. L’s d’un aoriste


que hom. ky.zptcax n’appartient pas au « sulFixe » ; il estlesec®^ élément de la racine dissyllabique, aussi attestó par Pintonati®’’nbsp;de la syllabe radicale de lit. sérti « nourrir » (voir ei- dess«»

P- 73). nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,

ite®

de


p. La racine est au degré è a Pactif: skr. dvak?am « j’ai en char » (3quot; pers. sing, avat), v. sl. vèsü, lat. iiëxl; aunbsp;le vocalisme est e comme dans véd. manisi «j’ai pensé », ou^®*^’nbsp;comme dans skr. adikn « j’aimontré ». La racine est done trai

ici non comme présufïlxale, et par suite invariable au couf® la flexion, mais comme prédésinentielle, et par suite sujel*®nbsp;alternances. Ce trait est a rapprocher du fait que la caracté®^®

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THEMES VERBA-UX nbsp;nbsp;nbsp;1 Q

tique ne comportant pas de voyelle, n’est pas un veritable ®ulBxe. — II est impossible de determiner si £i dans gr. I3=i;a,nbsp;dans gr. I'rspil^x, etc. représentent *êi, *êr, on *ei, *er, etc.,nbsp;en pareille position *ei, *èr, etc. et *ei, er, etc. aboutissentnbsp;®8alement a gr. st, ep. Soit par analogie de ces formes, soit parnbsp;®^tension du vocalisme du moyen et du subjonctif actif, le grecnbsp;^ ^ pas trace de I’ancien vocalisme ê a I’aoriste en -s-.

'!¦ Quoique la flexion soit athématique, le ton reste invariable-sur la racine, dans la forme sans augment; ainsi ladésinence *'^oyenne ne porte pas le ton dans ved. vdnisi « j’ai gagné », nonnbsp;P^us que Je guflixe du participe dans ved. dahsat« ayantbrulé »;nbsp;place du ton dans gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c£Ï:ai.

Les aoristes de denominatifs, comme gr. nbsp;nbsp;nbsp;v. si. dèlaxü

* J si fait » et v. irl. ro charus « j’ai aimé », résultent de déve-°Ppements independents en grec, en slave et en celtique ; la PLonétique suöit a l’indiquer, car ni le u inlervocalique de gr.

Lne forme en *-is- de I’aoriste est altestée par d’assez nom-

et de v. irl. ro charus, ni le .v après a de v. sl. dèlaxü ne ®'^nt conformes aux lois phonétiques dutraitement de i.-e. *s dansnbsp;diverses langues.

examples Sanskrits Iels que cibhdrisam « j’ai porté », par xsnsvisd « que je satisfasse » (subjonctif} et par le -is- dunbsp;¦'P® lat. èg-is-ti, èg-is-tis, èg-ër-imt.

9° Formes en *-se-, *-sye-. — Le futur indo-iranien en *-sya-, ^’'l®sté par skr. vak-syA-mi, gath. vax-syü « je parlerai », est anbsp;Pprocher du futur lituanien : Uk-siu « ie laisserai », et aussi du

Siifp nbsp;nbsp;nbsp;onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j

^xe*-se/o- de gr. y.dów «je laisserai », lat. dixó, etc.; l’alter-Ce de *-syelo- et *-se(o- n’est pas plus surprenante que celle des ^®*iaences de génitif *- syo et *-so dans gath. ca-hyd « de qui » etnbsp;ce-so « de quoi », v. h. a. hwe-s « de qui ». Gette corres-futnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;présente d’une manière particuliere. D’une part le

est une rareté dans les plus anciens textes indo-iraniens: le tout en tier n’a qu’une quinzaine d’exemples de formesnbsp;®®iinelles du futur (le participe est un peu moins rare), et lanbsp;® du futur ne devient fréquente que dans les textes Sanskrits

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i8o LK VERBE

postérieurs; de même Ie slave n’en a qu’un exemple, Ie particip® bysesteje « ce qui doit ètre ». D’autre part Ie futur lituanlen nenbsp;répond pas exactement au futur indo-iranien: la flexion est ennbsp;-si- OU en -s- suivant les dialectes ; par exemple la t™ personnenbsp;du pluriel est liksime ou Uksme, différente du type skr. vak-^yS’quot;nbsp;mah « nous parlerons ». La place du ton attestée par gr. Aséis'V,nbsp;ne s’accorde pas avec celle qu’indique Ie skr.

« il parlera », mals avec celle du partlcipe lit. Dhses « devant laisser ».

Au latin et h l’irlandais, la formation en*-jg/o- fournit des sub' jonctifs, type lat. faxit, v. irl. têis (de *steik-se-t) « qu’ilaille»-En irlandais, ces themes en -se- accompagnés de redoublementnbsp;fournissent un futur; ainsi en face de v. irl. guidim « je prie »gt;nbsp;on a Ie subjonctif -gess « que je prie » et Ie futur -gigius «nbsp;prierai ».

A cóté de *-selo-, il existe, surtout après sonante finale de raclne; une formation en *-dsejo-'. skr. kar-i^yd-ti « il fera », gr. ij.=v-£W-

De même que Ie futur grec des verbes a raclne terminée p^^ V, p, [j,, X- est en -sw (ancien *-3sö), Ie désidératif Sanskrit a ponrnbsp;suflixe i.-e. *-selo- après consonne, et i.-e. *-'3selo- après sonante;nbsp;face de rlrihati « il desire laisser », on a ainsi ctklryati « il désir®nbsp;faire », oü -ir^- représente *r *^s (la racine est monosyllabi'nbsp;que, comme Ie montre krtdh « fait v); Ie lituanlen a de mèm®nbsp;kldusia « il interroge » (il veut entendre) de *Uow-3s-, en regai’^nbsp;de klaüso « il entend » de *klou-s-.

Toutes ces formes en *-s- ou en *-0s- semblent avoir en indo-européen la valeur désidérative. Les futurs indo-iranie^S)nbsp;grecs, baltiques, etc. ne sontpas d’anciens futurs, mais d’ancieo*nbsp;présents désidératifs.

lo” Thèmes h nasale infixée. — Les themes a nasale InfiJ^®® ne sont nettement conserves qu’en indo-iranien; tout se p*®®^nbsp;comme si un élément *-ne-j-n- était infixé avant Ie dernier èl®'nbsp;ment phonétique de la racine; la racine a Ie vocalisme zéronbsp;comme dans les formes athématiques, l’élément *-m- suivi del^nbsp;finale de la racine constitne la prédésinentielle et présente fall®^'

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THEMES YERBAHX nbsp;nbsp;nbsp;l8l

nance e: zéro dans les memes conditions qne dans les autres formes athémaliques. Ainsi;

rac. *yeug- : skr. yu-nd-k-ti « il joint », 3® plur. yu-n-j-cinti. rac. *bheid- : skr. bhi-nd-t-ti « il fend », 3“ plur. bhi-n-d-dntinbsp;(an face d’un aoriste atbematique dbhet « il a fendu »).

rac. *leikquot;’- : skr. ri-nd-k-ti « il laisse », zd iri-na-x-ti,plur. skr. ri-n-c-dnti (en face d’un aoriste tliématique, gr. eXtite, arm.nbsp;^Ukh^ V. p. i6i et suiv.).

Comme toutes les formes comparables, ces themes ne sont oonservés nulle part ailleurs sous leur aspect atbematique; dansnbsp;^6 développement même des langues de I’lnde ils sont devenusnbsp;Ifiématiques de trés bonne heure, et le pali a par exemple bhin-« il fend » ; dqa en vedique, on n’a plus que le tliématiquenbsp;'^'‘¦nddti « il trouve », tandis que 1’Avesta conserA-e encore le typenbsp;atbematique ancien vlnasti « il trouve », 3“ plur. vindmti. Lanbsp;nouvelle forme tliématique est seule attestée en latin : iungö (cf.nbsp;'L jimgiu, aA'ec suffixe *-ye-^, findd, linquö, etc., et en baltique :nbsp;'¦ pruss. (^po-)ltn]ia « il reste ». Il est du reste probable que lenbsp;ypo thématique de skr. sincdti, zd hincaiti « il verse », en facenbsp;'fa 1’aoriste skr. asicat « il a versé », est ancien dans quelquesnbsp;Racines.

Soit maintenant une racine dissyllabique terminée par u, telle Ine *zoelu- (lat. uolud, etc., cf. p. i34 et 1^7), le theme k nasalenbsp;*iol-ne-u- : skr. vn,iómi « je couvre, j’enveloppe » ; de *steru-,nbsp;(got. strauja « je repands »), *str-ne-u , *str-n-u- : skr.nbsp;^^ÏVómi a j’étends », strnumdh « nous étendons », gr.

A '’6c 5 an lieu de eu par suite d’une action analogique), axipvj-j de *(p)reu- (gr. ipouw), *r-ne-u-(^or~ne-u-') : skr. r-r}ó-mi « je njets en mouvement », gr. spvOp,'.. Par suite d’actions analo-f'^'lnes,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*-nu- est apparu de bonne heure comme un

j'ffixe, et le grec s’en est servi comme d’un substitut de 1’an-^|6iine forme atbematique a infixe, ainsi nbsp;nbsp;nbsp;en regard de

yundkti, lat. iunm.

J oit encore une racine dissyllabique terminée par voyelle °’'8oe alternant avec par exemple *menih-, *im}tha- attestée

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iSa LE VERBE

par skr. mdnthi-ta « celui qui agite », matha-ydti « il agite ») mathi-tdh « agité », v. sl. metg «je trouble »; on attendnbsp;ne-3-, *mnth-n-'S-, et en effet la première personne du pluriel estnbsp;skr. math-ni-mdh « nous agitons » (avec ï au lieu de i pour re-présenter *3) ; quant a *m^th-ne-9-, tout se passe comme si *e9 senbsp;contractait en d, et Ton a skr. mathncimi; on a vu (p. gS que *y9,nbsp;*zi’9 sont représentés par *i, *ii; au point de vue morphologique,nbsp;joue Ie même róle que voyelle plus sonante (cf. ci-dessusnbsp;p. 128 et suiv.). De même, de *peh- (v. p. i3i), on a *plnd';nbsp;*pln3- : skr. ppidti « 11 emplit », prnimdh « nous emplissons » gt;nbsp;de *pew9-, *pund- (v. p. i33), *pum- : skr. punamp;mi « je purifie »)nbsp;punvmdh « nous puriüons » ; en grec, dor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sajj.va;/.£; en

regard de hom. èSocij.xTja, dor. èo;j.aOï;v ; nbsp;nbsp;nbsp;(Tispvap.'.), 'i?'

va;j.£v, en regard de è-épa-aa, •Erapai/.w ; en vieux haut allemand? ginöm « je baille » en face de lat. hid-re, lit. pó-ti « ètre béant »•nbsp;— Comme *-neu-, Ie *-nd- ainsi produit s’est parfois étendu ^nbsp;des racines non dissyllabiques dans telle ou telle langue, et denbsp;*bhendh- par exemple Ie Sanskrit a formé badhnSti « il lienbsp;forme nouvelle, qui ne se retrouve même pas en iranien.

11” SuEQxe*-yr/ö-. — Le sulBxe nbsp;nbsp;nbsp;a eu une grande fortune •'

c’est celui qui fournit la plupart des présents en usage dans le® langues historiquement attestées.

II sert a former la plupart des présents tirés de themes noiui' naux, et ces présents sont les seules formes de dénominatifs qu’adnbsp;eucs rindo-européen, ainsi:

de themes en *-i'- : de skr. dpas- « oeuvre », apas-yd-ti « il®®*quot; actif » ; do gr. liXtc- « fin », tsXsio) «j’achève » (denbsp;de got. rtqis « ténèbres », riqi'^ja « je m’obscurcis » ;

de themes en *-n- : de skr. vf^an- « male », vffan-yd-ti “ est en rut » ; de gr. *xenxvi- (té/.twv « charpentier »),nbsp;de *5vo(;.cv- (ïvip-a), èvop.aivw; de got. namin- (namo) « nomnbsp;namnja « je nomme » ;

de themes en -i- : de skr. jani- « femme », janï-yd-ti “ cherche femme », cf. v. sl. jpnitü se « il se marie » ; de gr.nbsp;iropn’-u ;

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THEMES VERBAUX i83

de themes en ^-ejo-: de skr. vasnd- « prix de vente », skr. '^‘^^na-yd-ti « il trafique », cf. gr. wvs; etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; de *sem-

quot; ¦'^leux » (skr. sdnah, lit. Senas'), lit. senè-ju « je vieillis », lat. ^^ne-ö; gr. oiq'/.sw de o-^Xo?; lit. dagfiju «je moissonne » de ddgasnbsp;quot; öioisson » ;

de themes en *-a- : de skr. pftand- « combat », prtand-yd-ti '' d combat » ; de gr. tÏ[ji.3c-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; de lit. (pd-)sako- « recit »,

)P^~)sako-ju «je raconte » ; de v. si. kotora- « combat », koiora-quot; je combats ».

fixe *

^’ensemble forme par la voyelle finale du theme et par le suf-yejo- a été souvent traité comme un suffixe et a servi a de ^'oiivelles formations ; ainsi, en latin, on a operctrl derive de opera ;

d’après le rapport de opus et operarl, on a tire uolnerare de ^jnus, etc. En grec, des formes telles que t7:’::s’j(i) de iirTirsjc anbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ont donné naissance a un type en -sjw qui s’est

®®Ucoup répandu; on a, par example, Oepaxsuw, de Oépaii (a de Qap dtxwv), etc. Les innovations de ce genre sont nom-eases.

^ Le suffixe *-yejo- fournit aussi des présents dérivés de verbes, déverbatifs; ainsi des dérivés:

hés

intensifs, comme skr. dedif-yd-te « il montre » de dédis-te;

_ ® Souvent la forme primaire n’est pas conservée, comme dans


Véd,

Hiü:

coska-yd-te « il protege » ; en grec et en slave, la forme du suffixe secondaire est la seule attestée; v. si. glagol-jgnbsp;parle », gr. xonpuao'u (de *x;t3'jy.-yw), xap.saivu (de

^6 thèmes i infixe nasal, comme lit. jimg-iu « j’attache » en de skr. yundkti, lat. iungo ; att. v.kvno, y.At'vvw (c’est-a-direnbsp;de *klind-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cf. v. sax. hlinön « s’appuyer » ;

(cf.

I

hour

^ ® themes a voyelle longue finale, comme gr. nbsp;nbsp;nbsp;de *mna-

ci-dessus, p. 175 et suiv.) et les itératifs slaves du type da-jg ((jg presse ».

VUand *-yejo- suit immédiatement la racine, il n’y a pas lieu '^cla de considérer le theme comme primaire : un presentnbsp;sfir. pdg-ya-ti « il voit », lat. spec-iO peut être un déno-du theme a suffixe zéro *speki- « celui qui regarde », par

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184 nbsp;nbsp;nbsp;LE VERBE

exemple dans lat. au-spex « qui regarde les oiseaux » ; un present tel que v. si. vë-jg « je souffle », got. wai~a (même sens) peut être un déverbatif du thème a suffixe zéro ^wë-, attesté parnbsp;skr. va-ti « il souffle », grecnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr. öetvw est un dérivé de

la forme athématique conservée par skr. hdnti — zd jainti « frappe, », dont Ie participe Osvwv, pris pour un aoriste et surnbsp;lequel on a fait un subjonctif, un impératif et un infinitlf, est unnbsp;debris. Et l’on peut interpréter de même tous les verbes comnienbsp;gr. Tiivu, ayiCii), v. sl. lit. « je lèche », etc. (v. ci-

dessus p. 167); cette formation est particulièrement fréquente en

grec, en baltique et en slave.

Ainsi que Ie montrent les exemples cités, *-yejo- n’a aucune valeur sémantique propre : il sert simplement a la dérivation.

En indo-iranien, en grec, en arménien, en slave, en baltique; Ie suffixe est constamment thématique. En latin, en celtique et ennbsp;germanique, il a des formes athématiques a cóté des formes the'nbsp;matiques, ainsi, d’une part lat. capió, capiunt, got. hafja « j®nbsp;leve », hafjand', mais d’autre part lat. capï-s, capï-t, capi-ntu^)nbsp;capï-iis; sagl-s, sagi-t (de sdgi~t), sdgl-mus, sdgï-tis ', got. hafji'^nbsp;« tu lèves » (au lieu de *hafi-s; la forme ancienne est conservesnbsp;en germanique occidental : v. h. a. hevis, v. sax. hefis)., etc-rnbsp;sokeis « tu cherches ». Le vieil irlandais a -gaib « il prend » (^®nbsp;*-gahtt'), gaib « prends » (de *gabi; cf., pour la finale, lat. cap^tnbsp;de *capï), et -lêici « il laisse » (de *-lècït), lêic « laisse »nbsp;*lêcl, cf. Ie type lat. sctgi) ; il présente done des formes pareill®®nbsp;a celles du germanique et de l’italique. A cóté des présents ePnbsp;*-a-yelo- et en *-t-yelo-, il y a en latin, en germanique, en bal'nbsp;tique, et même en grec dans des parlers éoliens, des formes ennbsp;-a-, -ê-, telles que lat. smes, fugas; got. karom « nous non®nbsp;occupons » ; Ut. jicstoine « nous ceignons » ; lesb. -ïsyvap.xvu.

Les dénominatifs Sanskrits ont d’ordinaire Ie ton sur le sulB’^®’ ainsi dans les exemples cités prtanaydii « il combat », etc., mai®nbsp;parfois aussi sur la présuffixale ou a une autre place du tbèm®nbsp;nominal: mantrdyate « il dit une prière » (un nidntra-); c’est e®nbsp;qu’on retrouve ailleurs : russe igrd-ju «jejoue », de igrd', 1^^'nbsp;pdsako-ju de pdsaka ; gr. TtiJ,dt-a)v, (participe) de Tïp.ó i n

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THEMES VEHBAÜX i85

®ur la presuffixale qu’est le ton dans les verbes on *-ye- suit itQmédiatement la racine: skr. pcif-ya-ti « il voit », russenbsp;(theme si. *U:(-je-') « il leche », lit. saiik-ias « criant » (parti-cipe), gr. Têfvïiv, Tsivwv, got. hafja « je léve ».

Ï2® Sufiixe *-skelo-. — La forme de ce sufGxe est fixee par la ^orrespondance ; i’’quot; pers. sing. act. gr. -jy.w =lat.v. h.

-sku; le Sanskrit a -ccha- et le zend -sa-, par exemple skr. Sacchati, zd jasaiti « il va » en regard de gr. gicjxo); skr. icchati,nbsp;isaiti « il desire » en regard de v. h. a. eiscön « demander »,nbsp;°Ribr. eiscurent « poposcerint » ; skr. -cch- = zd -5- est le traite-’tient phonétique normal de indo-iranien *-sk- devant i.-e. *£ ; lenbsp;k de ce groupe est un k oriental (v. p. 65 et suiv.) et non k^,nbsp;en slave, c’est jiskg « je cherche » qui repond a skr. icchaminbsp;quot; je desire » ; skr. icchati a sa gutturale traitée comme celle denbsp;si. jistetü « il cherche » (de *ji5Cetu), et icchanti « ils désirent »,nbsp;-anti represente un ancien *-onti, doit I’alteration de sa gut-^tirale é I’analogie de icchati.

Le sufiixe nbsp;nbsp;nbsp;est secondaire : ainsi en grec yTipi-T/.ugt; «je

'’leillis » de nbsp;nbsp;nbsp;p.ïOü-ijzu « j’enivre » de [j,éOy ; les présents

fa


‘^®rivés de themes en *-i- (cf. ci-dessus, p. i84), tels que eüpi-aXt-(7/.ip.a! a cóté de themes en *-è- comme sipr,-(cyw), ou en comme aXw-vai, etc. ; en latin hia-sce-re de hiart, nibès-ce-renbsp;ntbêre, (ob-^dormï-sce-re de dormï-re, etc.; en iranien le thèmenbsp;'tri-sa « s’éveiller », derive d’un thème en *-i-, de même quenbsp;ïijpiV/.w, etc.; zd taf-saüi « il s’échauffe » derive du thème anbsp;quot;dfixe zéro altesté par leparticipemoyen skr. tap-anah « s’échauf-

tut


», tandis que le lat. tepë-scere est dórivé de tepêre. Un thème


est

®fivé du thème k sufiixe zéro attesté par skr. dgan, arm. ekn « il

celui de skr. gdcchati « il va », zd jasaiti, gr. gaa-zo) dr ¦

quot;'^enu » (v. p. i65); et, si Ton ne rencontre pas le thème a zéro d’oü est derive skr. prcchdti « il demande », zdnbsp;^ ^^aiii^ lat. poscö (de *porcscÓ), arm. haixi « j’ai demandé » (avecnbsp;^ *'^présentant v h. a. forscön « rechercher », c’est sansnbsp;°'ite par basard.

^our le sens, *-ske/o- a dans la formation secondaire a peu prés

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i86 LE VERBE

Ie même róle que l’infixe nasal dans la formation primaire; ü indique Ie commencement de Taction. Quelques racines pré-sententconcurreramentune forme en*-jfe/o- etune forme a infixe;nbsp;ainsi en regard de la forme a infixe de skr. jmAti « il connalt »)nbsp;got. kunnan « connaitre », Ie latin a (^g)nö~scO et Ie grecnbsp;iTKw (et plus ordinairement Yr/vur/.w) tires du tlième d’aoristenbsp;*gnö- attesté par gr. yvCi-va'.; Ie vieux perse oppose même adatiAnbsp;« il connaissait » a xsnasdtiy « qu’il reconnaisse ». En regard denbsp;la forme a infixe de gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« il se met en mouvement »,

Ie zend a susaiti (de iran. *cyu-sa-') du thème d’aoriste a suffixe zéro *kyeu-, attesté par véd. cydv-anah « qui se meut » et parnbsp;hom. Ie JUTS (de *e-kyu-to); cf. skr. cydvate « il se meut » etnbsp;gr. jiuio.

i3® SulBxe *-ne/o-. — Ge suffixe sert a tirer des présents in-choatifs de themes radicaux, notamment de themes d’aoristes. H existe sous la forme *-nejo- surtout en arménien, slave et gernaa-nique, et isolément ailleurs ; arm. dmm «je pose » (de *dinem)nbsp;fait sur Ie thème d’aoriste di- = skr. dha- (v. p. i65); v. sl. stan?nbsp;« je me dresserai », de xtó' = skr. stha-, dor. jta- (v. p. i64)inbsp;got. fraihna « j’interroge » (cf. ci-dessus skr. prcchdti, etc.), gr-Ttivd), lit. aunü «je m’habille », etc. Une forme*-°nr/o- a la mênaenbsp;fonction en baltique, en arménien et en grec : lit. hüdinu « j’®'nbsp;veille » ; arm. Ikhanem « je laisse », fait sur Ie thème d’aoristenbsp;*likhe- = gr. k'.xe- (la forme a suffixe tient ici la place de TaO'nbsp;cienne forme a infixe : skr. rindkti « il laisse », lat. linquó)nbsp;akoavtó, fait sur aXaitv. Le grec joint ce suffixe a la forme **nbsp;infixe: d’oii Truvöavo'i.ai, en face de lit. bundiï « je m’éveille »•nbsp;Quelques présents en *-ne/o- résultenl du passage de piésents ennbsp;*-na- au type thématique, par ex. gr. ¦/.xjww, k cóté de ¦/J.’j.x'fr)nbsp;¦/.[j.TjTi;; (y.;i,aT6c) et de véd. (amnïye « tu prends de Ia peine ». Le®nbsp;types en *-we/o- et en *-°nejo~ qu’on rencontre dans diverses langue®nbsp;résultent d’innovations compliquées et ne représentent pas direC'nbsp;•temen t un état indo-européen.

14“ De quelques autres formations. — Outre les trols suffix®®

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THEMES VERBAUX nbsp;nbsp;nbsp;iSj

¦®6condaires precedents, il parait y en avoir eu plusieurs autres dont 1’extension et la valeur ne peuvent plus être déterminées.nbsp;¦^insi le grec a trace Ae*-dhelo- dans le -bs.jo- de dor. horn. sa-Öoj,nbsp;'I'Ji remplace un ancien présent athématique, cf. skr. ctd-nii « jenbsp;®tiange » (v. p. 165);nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cf. s-izXrr'co et skr. dprat « ü a

®«ipli » ; ayi-Qü), cf. layov ; ¦srsXiOw « je m’approche » de i:i-etc. ; et ce même *-dhelo- parait se retrouver dans got. walda je doraine », v. si. vladg (de *voldg) (même sens), lit. véldu, ennbsp;*’egard de v. irl. jiaith « souveraineté » et de lat. uolö, twit, etc.nbsp;~~ Le *-k- de att. Serjua (plur. SOsi^jv), \at. fe-c-i (en face de skr.nbsp;^dhat« il a posé ») et de ^-/,-a (£T;ji.£v, présent a redoublement t'-r,-i*quot;-)) lat. iê-c-l est aussi un suffixe secondaire, mais athematique.nbsp;On pourrait multiplier les exemples de ce genre.

2quot; Themes modaux.

Il y a des formes speciales pour trois modes :

h'indicatif, caractérisé par Tabsence de toute addition au ®iQe « temporel » tel qu’il vient d’être décrit.

. Le subjonctif, caractérisé par Faddition de la voyelle théma-*1'ie *-g_ au thème « temporel ».

^ Voptatif, caractérisé par Faddition d’un suffixe secondaire : *-j- aux formes athématiques et, dans le type thématique,nbsp;suffixe *-i- formant diphtongue avec la voyelle précédente

gr.

^ ^ inipératif n’étant caractérisé par aucune forme particulière thème ne saurait être mis sur la même ligne que les troisnbsp;ainsi définis.

Indicatif. — L’indicatif sert a indiquer qu’un procés a lieu ^ ^ pas lieu, ainsi chez Homère:

^78 nbsp;nbsp;nbsp;£1 y.apTspi? la-o'i, Gsi? itsu aot vs y’ 2Swy.£V

* si tu es fort, c’est que c’est un dieu qui te Fa donne ».

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i88 LE VEKBE

2quot; Subjonclif. — La formation du subjonctif est transparente dans Ie type athématique :

indicatif présent, skr. as-ti « il est », lat. es-t '¦ subjonclif, véd-as-a-ti, ds-a-t~zó.anhaiti, anbat « qu’il soit », v. lat. esedQ)? lat. er-i-t « il sera » (l’ancien subjonctif ne subsiste en latin qu’ennbsp;qualité de futur).

aoriste sigmatique: subjonctif, véd. néf-a-ii, néf-a-t « qu’il coO' duise » (avec Ie degré vocalique e comme au moyen, et non 1®nbsp;degré ê de l’indicatif skr. dnai^am «j’ai conduit »), hom.

[J.cV, Tsij-a-TS.

parfait: subjonctif, skr. tatdn-ati, tatdn-a-t « qu’il tende », hom-i:£7:3i0-5-;x£v. Le vocalisme présulïixal est e, ainsi véd. véd-d'^ lt;( qu’il sache », hom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feiS-s-zs en regard de (f):ïS-x i

le vocalisme o de hom. 7:£xii65ij.£v est emprunté a xsxitGx. Le ton est sur l’élément présuffixal.

Les futurs attiques ico;Ax’ et xi'o;j.at sont les subjonctif* des formes athématiques attestées encore par l’infinitif hom-IS'jisvai et l’impératif aoriste att. -ïOn

Dans le type thcmatique, tout se passe comme si la caractén*' tique *-e-, *-o- se comblnait avec la voyelle finale du thème, ce qn'nbsp;dohnait *-ö-, ainsi gr. cpépo)-iJ.s'^, oipri-:i, véd. bhard-t^'nbsp;bhdra-t « qu’il porte », lat. ferè-s « tu porteras » (subjonctifnbsp;ancien servant de futur) ; le vocalisme présuffixal et la place dnnbsp;ton sont les mèmes c[u’a l’indicatif.

Le subjonctif indique un proces qu’on compte voir se ren' liser, soit qu’on le veuille, ainsi véd. agnhn stavdni « je veux louefnbsp;Agni (le feu) », fpidvad vdcdmsi me « qu’il entende mes parolesnbsp;et chez Homère:

u 296 nbsp;nbsp;nbsp;aXX’ ays (''f)^'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qséaiv

soit qu’on 1’attende simplement, ainsi véd. vifvdh pftand « tu vas être victorieux dans lous les combats », hom. Z 4Ó9nbsp;xo-cï Tt; (f)ï!x(;cri « et quelqu’un va dire » ou e 465nbsp;Tl'xaOw ; « hélas, que va-t-il m’arriver? ».

3“ Optalif. — Dans les formes athématiques, l’optatif

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THEMES VERBAUX nbsp;nbsp;nbsp;189

^aractérlsé par le suffixe *-ye- : *-y3- (c’est-a-dire *-y- devant ''oyelle, *-z- devant consonne); Télément présuffixal a le voca-^isine zéro ; le ton est, suivant les cas, sur le suffixe *-yi- on surnbsp;^a desinence:

theme : skr. s-ya-t, s-(i)yA-t « qu’ilsolt », s-y-tih, s-(i)y-uh * qu’ils soient r ; lat. s-ii-s « tlX SOlS )) ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TIOXIS

aoyons » (d’oii stm, sis par analogie). Le grec a pris le voca-^isiiie radical de

theme *dedd-, *didö- : skr. dad-ya-t « qu’il donne », moyen Aad-j-td « qu’il donne » : v. si. dad-i-mü « donnons » (du themenbsp;d(5d[3]-) j gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;St5o-T-[;.£V.

theme de parfait *wewort-, *wewft-: skr. vavrt-yA-t « qu’il ’^oule », moyen vavrt-l-td ; de même v. h. a. i™ pers. plur. wurt-^'tnes « devenons » (de germ. *wurd-i- dont le d suppose unenbsp;Pt'ésuffixale atone).

Dans les formes thématiques, 1’optatif est caractérisé par *-i-^oriUant diphtongue avec la voyelle thématique qui a le timbre ; suivant la régie générale du type thématique, le vocalismenbsp;la place du ton propres au thème ne variant pas ;

« il

^ theme *bhéro-: skr. bhcire-t « qu’il porte », gr, ospi'., got. V. si. beri (2® pers. plur. heré-te « portez »), cf. lit. te nesë

peut porter ».

thème *widó-: skr. vidé-t « qu’il trouve », gr. (/¦)i'Bo’.. L’optatif a deux valeurs sémantiques distinctes :

Il indique une chose possible, par contraste avec I’indicatif indique une réalité. Ainsi skr. kdmdyeta « il peut désirer »nbsp;Cette phrase védique : kamdyeta ramp;ja samrAd bhdvitum « unnbsp;peut désirer devenir roi suprème » ou gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans ce

h^ssage homérique :

3o3 Ennbsp;556

^(spjAaStsv \ix6b xeipi TuSeiSïji;, [AÉya (^F^lpyc'i 0 oi Stjo -a’ avSps pépctïv

u ce sens, I’optatif sert a indiquer une condition, ainsi chez

'ttnère;

pêia 9cós y’IÖiXwv y.ai a(j.£ho3xq rji^^p oi'Se-riTïro'j? SupTicratTO.

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IQO LE VERBE

« un dieu qui Ie voudrait pourrait aisément donner de meillenrs chevaux que ceux-ci », et dans cette phrase védique^yat pacey'U^nbsp;kravyadam kiiryuh « s’ils faisaient cuire (de la \iande), ils Ie (J®nbsp;feu) rendraient carnivore ».

2“ L’optatif indique une chose souhaitée, ainsi chez Homère: 298 alt-ixa TcövaiVjV « puissé-je mourir a 1’instant! » et véd. vif^nbsp;ca h^atraya ca samddam kuryani « entre Ie people et la noblessenbsp;puissé-je créer une inimitié! » De la l’emploi de l’optatif dansnbsp;les prescriptions : véd. ddvipatï agntyalam « que les (deux) maitr®®nbsp;de maispn (c’est-a-dire Ie maitre et Ia maitresse) mangent ».

La traduction frangaise par « puissé-je » montre comment 1® seconde valeur peut sortir de la première.

Les nuances de sens exprimées par l’indicatif, Ie suhjonctif l’optatif sont done respectivement celles des procés ; positivemenlnbsp;aöirmé ^ attendu — simplement possible.

C. Flexiox des verbes.

Trois procédés sont employés concurremment; désinenceS) alternances vocaliques, place du ton.

a. Désinences.

Le système des désinences verbales comprend : iquot; Deux séries completes de formes, dites les unes actives etnbsp;autres moyennes^ qui caractérisent les deux voix active etnbsp;actif dor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(ion. att. xiO-gat) et moyen Ti6e-Ta'..

Ces deux séries n’existent clairement qu’en indo-iranien, grec ancien, et en quelque mesure en gotique. De plus le lati»nbsp;et le vieil irlandais en ont trace dans l’opposition de l’actif etnbsp;déponent (et aussi dans le passif latin).

2° Dans les deux séries active et moyenne, deux séries dit®® VvLmprimaire, l’autre secondaire, ainsi en grec au moyen, prim®*^®

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FLEXION VEBBALE I9I.

¦‘öï-xai, secondaire èxiOs-xs; il y a de plus des desinences propres ® 1’indicatif du parfait aclif et une flexion propre a Vimpératif.

3quot; Dans chacune de ces séries, il y a une forme propre pour chequenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a chaque

Une desinence est done définie quand on a marqué si elle est: 1quot; active ou moyenne; 2quot; primaire ou secondaire (ou d’indicatifnbsp;parfait ou d’impératif); 3“ de i'®, 2® ou 3® personne; 4“ denbsp;Sombre singulier, pluriel ou duel; ainsi la desinence -xai de gr.

V. est une desinence de 3® personne — du singulier


Moyenne — primaire. De plus les desinences (ou les finales) de ^’indicatif présent-aoriste différent en partie suivant qu’il s’agit dunbsp;'¦ype thématique ou du type athématique.

iquot; Désinences actives.

«. Désinences primaires.

Singulier. — i®® personne. Dans les atliématiques, *-nii: skr.

« je suis », v. s\. jes-mt, gr. eiijit, arm. em, alb. jam^ got. (et lat. suni). — C’est a cette désinence que les présents athé-’^atiques doivent Ie nom, commode et justifié, de verbes en *-mi:nbsp;^ypes gr. SiSwjj.'., xiÖYj.y.t, o£t-/.vi3[j.t, S3!;j.vy;|a!, etc.

Dans les thématiques, la i®® personne correspondante a une ^^Cale en *-0: gr. oépw, lat./erö, got. baira, v. irl. (do-')biur (denbsp;'beril) ; lat. uehó, lit. vetpï (de*veié) ; gath.p^mü «jedemande m,nbsp;poscó; l’addition de -mi est une innovation réalisée séparé-gjj Sanskrit et dans une partie de 1’iranien, d’oü skr.nbsp;^‘iratni « je porte », vdhami « je vais en char », pjecheiminbsp;Je demande » ; Ie slave a une forme k nasale finale ajoutée,nbsp;¦ berg « je prends ».nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

personne : *-si; skr. é-^i « tu vas », att. v. (de ’^ei-st) ; dor. èj-tji « tu es », v. lat. es-(5), arm. es (de *essi).nbsp;bhetra-si « tu portes », got. bairi-s, lat. legi-s ne repré-^®ötent sans doute pas l’état indo-européen pour Ie type théma-; la finale était plutót *-U qu’attestent pit. nesi (de *nefe)

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192 LK VEBBE

« tu portes », gr. yspsi-; (avec ~s surajouté d’après les formes a désinence secondaire), v. Irl. (do-')bir. Pas plus que dans Ianbsp;i™ personne, gr. os'pw, etc., on ne peut marquer dans cetlenbsp;forme thématique Ie point de separation enlre Ie thème et lanbsp;désinence.

3® personne: *-ti: skr. as-ti « il est », gr. la--:, v. rnssejes-ih V. lit. es-ti, V. irl. is (de *es-ti), got. is-t, lat. es-t.

skr. vciha-ti « il va en char », v. russe ve7^e-ti, got. nbsp;nbsp;nbsp;lat-

uehi-t, peut-être v. irl. berid (de *bereti?) s’accordent a indiquer que, a la 3quot; personne du singulier primaire, la désinence seraitnbsp;la mème dans Ie type thématique et dans Ie type athématique ;nbsp;mais Ie gr. oipv. et Ie lit. vê\^a « il conduit en char » coromenbsp;•aussi V. irl. (do-)beir (de *-berei) supposent une finale quinbsp;doit représenter 1’état ancien pour Ie type thématique ; aux troisnbsp;personnes actives primal res du singulier, Ie type thématiqu®nbsp;aurait done eu des finales distinctes de celles du type athématique-

Pluriel. — 3'personne : nbsp;nbsp;nbsp;dans les formes athéma-

tiques sans redoublement: skr. sant-i « ils sont », dor. èvvt (a'J lieu denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ion.-att. elm, omhr. s-etit, got. s-ind et lat. 5-HWh

V. sl. s-gtü (v. russe sutï).

*-nti dans les formes athématiques prédésinentielles longues OU a redoublement: véd. tdks~ati « ilscharpentent » ; v. sl.

« ils mangent » ; skr. ddd-ati « ils donnent » (i.-e. *déd-^tt)j V. sl. dad-etü (v. russe dad-jati) « ils donneront », dor.

(i.-e. *did^?itt), et dans les formes thématiques: skr. bhdra-fi^^ « ils portent », dor. ^épo-ni (att. (plpouj'.), got. baira-nd, l®*'quot;nbsp;uehu-nt (v. lat. tremonti), v. sl. ve^ptü (v. russe veguti).

Désinences secondaires.

Les désinences nettes, thématiques ou athématiques, des troi^ personnes du singulier et de la 3“ du pluriel ne different des desi'nbsp;nences primaires correspondantes du type athématique que p'


-ar


1’absence de Singulier,

chaque langue : skr. dbhara-m « je portals », gr. $®spe-v;


1 personne *-m ou *-n suivant la phonétiqu^


de

sl'


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FLEXION VERBALE nbsp;nbsp;nbsp;igS

Plt;^dü «je suis tombé » (lt;\e*pödo-n'); skr. astha-m « je me suis mis *^ebout », gr. £(7t-/;-v ; skr. sycl-m « que je sois », lat. siè-m, gr.

; gr. iTcia-a, Y. sl. nës-ïi « j’ai porté » (avec représen-tant*-^r).

2' personne ; *-s : skr. cihhara-h « tu portais », gr. ifspe-c ;

sl. pade « lu es tombé » (cle *pöde-s); skr. cisthd-h « tu t’es mis 'Jebout » ; gr. lïTr,-; ; skr. syü-h « que tu sois », lat. sië-s, gr.nbsp;^ got. witei-s « que tu saches ».

3®. personne; -t : skr. dbhara-t « il portalt », gr. ifsps (les ^^ccluslves finales tombent en grec); v. sl. pade « il est tombé »nbsp;*pade-t)', skr. dstha-t « il s’est mis debout », gr. ïarrp, skr.nbsp;^yd-t « qu’il soit », v. lat. sië-d, gr. zir^.

Pluriel. — 3® personne : *-ent, *-ont et *-nt (dans les condl-Pons OU la desinence primaire est *-enti, *-onti ou : skr. ês-^'^(de*dsant) « ils étaient » ; gr. ojpotsv ; hom. -Ij’sv «ils allalent» ; stdnhat « ils se sont mis debout » (aorisle en -r-), v.nbsp;vèse « ils ont conduit » — skr. ctbhara-n (de *ahhara-nt),nbsp;e^spo-v ; V. sl. padg « ils sont tombés » (de *pOdo-nt) ; lanbsp;P^'^sence du -t final est indiquée par des fails de phonétique syn-![''ct)qne du védique, par Ie traitement slave, et par gr. -sv de

-IV de

V- dans hom. oip.sv, dor. èvviv, etc.

Pa distinction des déslnences primalres et secondaires estmoins autres formes.

Pour la !'¦“ personne dupluriol, I’indofiranien distingue : pri-^aire véd. -masi = '/A -main, skr. -mah, et secondaire véd. , zd -ma; partout ailleurs il y a confusion ; en grec,

'orien, -i;.iv (uvcc -v inorganique, v. p. i4i el suiv.) dans les '.'quot;''es dialectes ; en latin, -mus ; en slave, des formes varices '

'¦ant Ie dialede, loutcs d’origine plus ou moins amhiguë : -niü vieux slave), -mo, -me, -my; en lituanien -ma; etc.nbsp;itanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;duel, il y a un certain accord del’indo^

^ et du gotique : primaire skr. -vah, 'id -vahi, got. bidjas ^®Us (deux) prions », et secondaire : skr. -vamp;, zd -va; Ie goti-A. Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i3

afiti saj

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194 nbsp;nbsp;nbsp;LE YERBE

que a magu « nous (deux) pouvons », sitaiwa « que nous (deux)' soyons assis » ; le vieux slave a -vè partout, le lituanien -va-

Pour la 2® personne du pluriel, I’indo-iranien a une distinction qui consiste seulement dans le contraste de th et de ^ : primairnnbsp;skr. -tha = g4th. -6a^ secondaire skr. -ta = gath. ~ta. Gommenbsp;et t sont confondus partout ailleurs, on ne saurait rien recon-naitre : gr. -xe, v. si. -te, etc. sont a la fois primaires et secon-daires, et Ton ne peut dire si gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v. si. herete repondent a

skr. bharatha (primaire) ou a itórató (secondaire). Le latin a -Usgt; avec un -s final dont I’armenien a peut-être aussi trace.

Pour les 2® et 3® personnes du duel, on constate de fortes divergences ; le Sanskrit distingue 2® pers. -thah,-tab;nbsp;maires, de 2® -tarn,- tarn secondaires ; la grec 2® -xsv primair®nbsp;et secondaire, mais 3® -xov primaire, dor. -xav (att. -xr;v) secoU'nbsp;daire ; le gotique et le lituanien n’ont que la 2® personne ; got.nbsp;et lit. -ta, a la fois primaires et secondaires ; le vieux slave anbsp;2® -ta, primaire et secondaire, 3® -te et -ta, sans distinction d®nbsp;valeur (-te a été éliminé a la 2® personne paree qu’il se confondadnbsp;avec le pluriel) ; il y a done une forme specialement secondair®nbsp;de 3® personne du duel *-ta, avec ou sans nasale finale (v. p. i4r) ’nbsp;celte forme a été transportée par analogie la 2® personn®)nbsp;sporadiquement en grec, regulièrement en lituani^et en slave-

v. Desinences particulières au parfait.

*-o e*


Singulier. — i®® personne : *-a : skr. vdd-a « je sais », FoXo-x, got. wait; v. irl. ceeban dans forroichan « j’al enseign® ”nbsp;suppose un primitif terminé par une voyelle finale *-a ou *-exclut a la fois *-e et *-y..

2® personne ; skr. -tha : vét-tha « tu sais : got. -t (traiteHi®''^*' régulier seulement dans certains cas speciaux) ; wais-t; gr- -0^ ’nbsp;Pow-Oa ; cf. le-;- delat. mdis-t-i. Le 0 du grec suppose plutoti-'nbsp;*dh en regard du *th indique par les autres langues.

3® personne: *-e : skr. véd-a « il salt »,gr. nbsp;nbsp;nbsp;got.

le V. irl. cechain « il a chanté » suppose une voyelle finale palatale, telle que -e.

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FLEXION TEBBALE nbsp;nbsp;nbsp;IqB

Plurlel. — L’indo-lranien a des desinences differenles de celles 'iu présent, a la 2® personne : skr. vid-a « vous savez » (en regardnbsp;gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et a la 3®: skr. -tth (-ur), cf. gath. -ws, zd -ar9,

vid-tih « ils savent ».

2quot; Désinenccs moyennes.

Desinences primaires et de parfait.

Les désinences des trois personnes du singulier et de la 3' per-®onne du pluriel se distinguent des désinences actives correspon-‘^^ntes par la presence de ’^-ai la oü celles-ci ont ~i.

Singulier. — i” personne : gr. -[axi (thématique et athéma-Lque): gr. nbsp;nbsp;nbsp;dont on rapproche v. pruss. asmai

'' suis », lit. es-mï (de *es-me) ; mais les formes baltiques prouvent pen, paree que la forme active du type athémaiiquenbsp;® ®st pas attestée ; or, la desinence est simplement *~ai en indo-^*'önien : skr. hruv-é « je dis » ; la finale thématique est aussinbsp;ainsi skr. bhdre « je porte », et de mêrne v. isl. heite « jenbsp;öppelle ». Ceci conduit h supposer que Ie grec serail du anbsp;innovation analogique d’après l’actif. Au parfait, il y a -ainbsp;P^^tout ; skr. tutud-é « j’aiheurté », lat. tutud-l, v. i\.vèd-è « jenbsp;)) (unique en slave).

personne : *-sai: skr. -se, gr. -crxi, fit. -si (de -se), got. -:(a; dhat-sé «tu poses », gr. -iOï-xxi; skr. bhdra-se « tu portes »,nbsp;?2pï-a’., got. baira-^a « tu es porté ».

_ personne: -ai, dans une partie du type athématique, véd. « il est couché », duh-l « il trait », comme aussi au parfait,nbsp;tuiud-é « il a heurté » ; *-tai : skr. (é-te « il est couché »,nbsp;8'.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j skr. bhcira te « il porte », gr. cipe-soci, got. baira-da.

efiés

Lluriel. — 3® personne : *-ntai : skr. fay-ate « ils sont cou-hom. y.é-aTxc; skr. bhdra-nU « ils portent », gr. espo-got. baira-nda.

^ ' personne : Ie gr. -gsöa de ¦/.=E-p,c6x, ^epó-psOa est a la fois

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igG I.E YERBE

primaire et secondaire; 1’indo-iranien oppose la desinence pri' maire *-madhai (skr. -mahe, par exemple dans dad-mahe « nonsnbsp;donnons », zd -maide) a la désinence secondaire *-madhi (sk*quot;’nbsp;-inahi, gath. -maidi), de {.-e. *-medh3, ce qui peut être une innovation de ce dialecte. Les formes déponenles lat. loqiimiurnbsp;V. irl. lahrirnmir, -/nirnmmnr « nous parlons » ont étéfaites apresnbsp;l’époque indo-européenne sur les formes actives correspondantes-

2* personne : la désinence primaire est en indo-iranien *-dhiuat ¦ skr. -dthve, gath. -duyê; la désinence secondaire *-dhwam: skr--dhvam, gath. -düm, zd-Zu/Pm(avec nasale finale sans doute inor-ganique, v. p. 141) ; legrec a -crOe, a la fois primaire et secondaire-Le lat. /ogwimmi est une forme nominale ; v. irl. labrithe,-labraidnbsp;« vous parlez » sont identiques aux formes actives. Les dialectesnbsp;occidentaux, germanique, celtique, ilalique, ne présentent donenbsp;aucune forme propre a la i''“ et a la 2® personnes du pluriel pournbsp;le moyen.

Duel. — L’indo-iranien et le grec ont des formes divergenleSj influencées a la fois par les desinences du duel actif et du pluridnbsp;moyen.

g. Désinences secondaires.

Plusieurs désinences secondaires ont *-0 alternant avec *-c la on les désinences primaires du moyen ont *-ai.

Singulier. — i™ personne. Le grec et Pindo-iranien divergent, comme pour la désinence primaire correspondanle. Le grec *nbsp;dor. -;z5v, ion. att. -[xrft: dor. iOf-jzav, syspó-izx/, ion. att.nbsp;èispd-'j.rjv, avec un sans doute ajouté par analogie. L’indo-iranien a-i : skr. d-kri « j’ai fait », gath. aoj-l «j’aiparlé » inbsp;-i forme diphtongue avec la voyelle thématique précédente •nbsp;*(ct)bhara-i ¦ skr. dbhare « je portals », zd haire, ce qui seml'^®nbsp;indicjuer un i.-e. *-i; mais k l’optatlf la désinence est -üj ce c(n‘nbsp;est en indo-iranien la forme normale de i.-e. après y '¦ ®kf'nbsp;hhdrey-a, zd baray-a « je pourrais porter ». On se demandenbsp;suite si le attesté par l’indo-iranien n’alternerait pas avec I®nbsp;~a- attesté par gr. -(|a)-5-(v).

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FLEXIOK VERBALE 197

2' personne: gr. --o dans htOe-jo, lOs-o, nbsp;nbsp;nbsp;etc.; indo-

(Jans Iq gubjonctif gath. danha « que tu donnes » (de '^d-sa), zd baraë-sa « tu pourrais porter » ; lat. -re (de *-sè) dansnbsp;^^que-re, cf. hom, hc^-o. — Le Sanskrit a generalise une désinencenbsp;'ihah^ qui rappelle le deponent v. irl. no labrither « tu paries».

coexistence de deux desinences différentes dans les parlers 'ï^do-iraniens, d’une part, italo-celtiques, de l’autre, est a noter.

te


3quot; personne: *-ê/o dans des formes telles que véd. dduh-a « il '^•’Oyait », ei *-lejo : skr. ddi-ta « il a donné », gr. ïSs-xo; skr.nbsp;^bhaj-a-ta « il portalt », gr. 讣ps--o; lat. sequi-tu-r; osq. sakara-

r « sacratur », ombr. her-te-r « il veut ».


Pluriel. — 3“ personne ; *-ento, *-onto, *-ntelo : véd. skr. tsata quot;dsétaient assis », hom. zi-xio ; skr. dbhara-nta « ils portaient»,nbsp;ïoïpo-vTo ; lat. sequo-ntu-r, cf. hom. lz2v:o, osq. kara-nte-rnbsp;se nourrissent ».

Irnpératif (actif et moyen).

Pes caractérisliques d’impératif s’ajoutent au thème de l’indi-'^^df; au point de vue morphologique, 1’impératif ne constitue done un mode comparable a l’optalif et au suhjonclif qui ont desnbsp;_ ®iïies propres; il exprime un commandement ferme et participenbsp;^'iisi au sens affirmatif de Tindicatif auquel il appartient pour lanbsp;‘orttie.

La 2“ personne du singulier a 1’actif est caractcrisce paria ®sinence zéro :nbsp;j.^^ype athematique : thème *ei-: gr. cc sors », lat. ï (ex-f),

^^ïnu tv

¦ ^i~k « va » (avec une particule, -hi, -k); thème *strneu-: skr. « étends », gr. iripvD.

^ ‘ype thémalique : skr. bhdra « porte», gr. esps, arm. ber, got.

V. irl. skr-. nbsp;nbsp;nbsp;conduis », gr. ays, lat. age, arm. ac.

% athématiques peuvent aussi recevoir une caractéristique . ^ qui s’ajoute a une forme a vocalisme zéro: thème Vi- : skr.nbsp;* (de *i-dhi) « va », zd i-li, gr, i'Ot — thème *es- : zd :(^dinbsp;))j gf._ iv_g, — thème *weid-: skr. vid-dhi « sache », gr.

6:.

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igS nbsp;nbsp;nbsp;LE VERBE

Une autre caractérlstique d’impératif est ; skr. -tat, v. If'*'--töd (lat. class, -tö), gr. -tw ; en Sanskrit et en latin, elle sert a la fois pour la 2® et la 3® personnes ; en grec, seulement pour lanbsp;troisième, maïs élargie par -c, aussi pour la seconde dans certains parlers, ainsi èkösTto;- IkOs a Salamine d’après Hesychius ;nbsp;skr. bhara-tat (i porte, qu’il porte », gr. ospi-Tw; skr. vdhn-tdtnbsp;« va en char, qu’il aille en char », lat. uehi-tö ; skr.

« sache, qu’il sache » ; lat. es-tö « sois, qu’il soit ». Cettecaracte-ristique i.-e. nbsp;nbsp;nbsp;qui s’ajoute a la forme a desinence réro sans

avoir de valeur personnelle, est suspecte d’être un mot isolé, prO' hablement l’ablatif du démonstratif i.-e. *to-; quot;^-dhi pourrait êlrenbsp;une ancienne particule ; alors la seule véritable caractéristique denbsp;l’impératif serait la désinence zéro qui s’est maintenue a la 2® per'nbsp;sonne du singulier actif, mals qui, a en juger par l’emploinbsp;\veghe-, dans la forme pourvue de *töt, ne se rapportait propr®'nbsp;ment a aucune personne, et qui ne se serait fixée a la 2® personnenbsp;que par suite de la frequence particuliere de eet emploi. Certainsnbsp;indices donnent même lieu de croire que, en grec préhisto-rique,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a servi pour Ie pluriel comme pour Ie singulier. On

entrevolt done un type ancien oü *hhere, qui était Ie thème nu» aurait été l’impératif general, valant pour tous les cas, que fai*nbsp;attendre la structure de la forme.

A Ia 2® personne plur. active, Ie commandement s’exprime p^r Ia forme de la 2® personne secondaire : skr. bhcira-ta « porteznbsp;gr. (pips-Tz, lat. fer-U.

Diverses langues indo-européennesont au singulier moyen et an pluriel et au duel actifs et moyens des desinences spéciales a l’ina'nbsp;pérallf, mais qui different d’une langue a 1’autre.

Desinences en *-r-.

Le Sanskrit a une désinence de 3® personne du pluriel a 1 ’actif -uh ( ur devant voyelle), au moyen -rg, -ire ; le zend répond pnjnbsp;-ara et -ara a l’actif, -re au moyen ; skr. ds-üb « ils ont été »gt;nbsp;dnh-arsskr. eikit-üh « ils s’aperqolvent », zd ciköif-are^nbsp;fé-re, zd söi-re « ils sont couchés »; le -uh Sanskrit peut ètre soi*-*-r, soit *rs, avec un traitement spécial a la fin de snot; ü

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FLEXION VERBALE nbsp;nbsp;nbsp;I gg

‘örnployé au parfait, mais aussi a Fimparfait, a 1’aoriste et a 1’op-*-®tif, ainsi sy-iih « qu’ils soient ». On rapprochera les 3”® per-sonnes du pluriel latines telles que dixêre et « tokhariennes B » lt;^omme wenare « ils out dit ».

En brittonique, les formes en -ir, -ar, -er ont une valeur iTOpersonnelle, la personne étant indiquée par un pronom régime:nbsp;cornique en tas anef ym gylwyr « on m’appelle père du ciel »,nbsp;^^gt;^eton armoricain neni gueler « on ne me verra pas », ou con-sacrer « on te consacre ». — En vieil irlandais, les formes corres-Pondantes ont la valeur des 3'* personnes passives : berir « il estnbsp;porie » ; il a par suite été forme une 3' personne du pluriel, ainsinbsp;hrtir « ils sont portés » ; et, mème au singulier, -r est parfoisnbsp;‘'Jouté a une forme pourvue de desinence, ainsi gaibthi-r « il estnbsp;ohanté » (cf. gaibim « je chante »); Ie deponent seul atiré de lanbsp;flexion contenant -r (ou respectivement -r-(-voyelle, denbsp;litnbre i ou o) a la plupart des personnes. — En italique, Ie sub-Jonctlf ombrien/rrar « on portera» et l’indicatif présent ornbriennbsp;« on va » attestent 1’existence d’un impersonnel; en latin,nbsp;'r n’apparait plus qu’ajouté a des formes déja pourvues denbsp;desinences, a la 3® personne neki-tu-r, en regard de la 3® pers.

secondaire moyenne véd. vdha-ta, et de même au pluriel ^^hu-ntii-r et aussi a d’autres personnes : uehor et uehimur ; cettenbsp;flexion en -r tient la place des anciennes desinences moyennes:

deponents lat. sequitur etv. irl. sechithir répondent au tbème '^onstamment suivi de desinences moyennes de gr. eTterX et de

¦cl nbsp;nbsp;nbsp;?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

sdcate « il suit ».

Le « tokharien » a aussi des desinences en -r dont la valeur ®erable nettement médio-passive ; -r y est, comme en latin, ajouténbsp;désinences, par exemple tokh. B kal-ir « il s’arrête ».

Il est possible que *-r ait caractérisé un impersonnel indo-^'iropéen ; la 3® personne du singulier en -r a encore souvent la '^aleur impersonnelle en latin : ïtur « on va ». — La disparitionnbsp;fl® la forme en *-r dans la plupart des dialectes s’expliquerait par

earactère anomal de eet impersonnel qui est isolé dans la **aorpbologie indo-européenne et qui n’a subsisté presque nullenbsp;fl^ft avec sa valeur ancienne.

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200 IE VERRE,

b. Vocalisme de Télément prédésinentlel.

a. Type thérnatique- — La voyelle qui termine Ie thème a l’al' ternance de timbres e : o', cette alternance est conservée devantnbsp;les desinences primaires actives dans les paradigmes suivants ; onnbsp;notera que les formes altérées a eet égard y sont supprimées, et,nbsp;d’autre part, que gr. n’a aucun rapport étymologique avecnbsp;got. -iviga, lat. tiehö :

dor.

GBEC

GOTiqvE

LATIS

VIEUX SUAVE

iylt;t)

-wiga

uehö

vegp

-wigis

uehis

vej^esi

ey jS t

'-luigip

tiehit

ve^etü

e)joij.£v

-wigarn

))

»

r/£T£

-wigip

»

vcT^ete

iyyv-i

-wigand

uehunt

veggtü

lyyr.Z')

»

»

ve^ta

lytxi'!

»

»

ve^eta

De même devant les desinences secondaires actives ;

VIEUX SLAVE

S®£pCV

loepï

£;p£pS[X£V

Ipipsvs

eospcv

£sép£TOV

èoepérry

padü « je suis tombé » (-m de

pade (-g de

pade (-e de *-ei)

padomü

padete

padg (-p de *-ont)

padeta

padeta

Le sermon de Cambrai, ie plus ancien texte littéraire irlaH' dais, a encore o a la 3® pers. plur. tuthegot « (qui) vont ».

De même au moyen : gr. cipcp.at, espsat, ospevat,

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FLEXION VERBALE nbsp;nbsp;nbsp;201

9-Pï59ï, ospovta:'., et kozp6[j.T,'), k(fipso, ipéps-ns, è^Epóp-iOx, liyspsaOï, ^épo'J¦;o. Done la voyelle thématique a Ie timbre o a la i'® per-®onne du singulier et aux iquot; et 3* du pluriel, Ie timbre e auxnbsp;et 3® personnes du singulier, a la 2® du pluriel, aux 2® et 3®nbsp;duel.

(3. Type athémaüqm. — L’élément prédésinentiel a Ie voca-^'siue e OU o (au parfait, o régulièrement) aux trois personnes du ®iitgulier actif primaire ou secondaire et dans certains impératifsnbsp;^ desinence zéro, Ie vocalisme zéro dans les autres formes. Ainsinbsp;l'our la flexion primaire active :

impératif

e-mi «je vais »

é-yi

tl (de *ei~si)

é-ti

sJ.-s'. (de el-ti)

i-mcih

i-p.ïv

i-thd

IT2

y-anti

i-thcih

V

t-T5V

i-tdh

rf

l-TCV

ygt;

el

i-hi

1-8'.

Ou, de même, dans Ie typeen-wfl- de skr. ppjami « j’emplis »,. Sa|j,vap.i, gr. Sip.vyjjxt :

SRB.

DOR.

ATT,

sing, -nü-mi

-nü-si

-va-;

-na-ti

-va-quot;'

-vr^-cT'.

plur. -nï-mah

-va-[ae;

-va-;j.ev

-nï-thd

-va-xe

-va-'s

-n-anti

. -va-vxt

-vait

duel. -nl-thah

»

-va-'cv

-nl-tdh

))

-va-TOv

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202 nbsp;nbsp;nbsp;LE YERBE

Ou, au parfait saus redoublement;

SKR.

GR.

GOT.

sing, véd-a « je sais »

Fcio~oi

wait

vét- tha

/’oïc-Oa

wais-t

véd~a

EoiB-ï

wait

plur. vid-md

J’tS-jj.ïv

wit-am

vid-d

Eic-ts

wit-u^

vid-üh

(^Ficsy.dC)

wit-un

dans les parfaits a redoublement, hom.

laip.iv-a,


Aux i''® et 2” personnes du pluriel a desinences secondaireS; 1’indo-iranien et Ie grec ont souvent Ie vocalisme e. la ou,nbsp;d’après la régie, on attend Ie vocalisme sans c. ainsi skr.

« il est venu », dor. 185, 3* pers. plur. skr. ag-iih « ils sont venus » (avec vocalisme zéro), mais skr. agatna « nous somnaeSnbsp;venus », hom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; skr. dhar « il a fait » et dkr-an « ils onl

fait », mais i^plur. dkar-ma, 2' plur. dkar-ta ; skr. sya~t « soit » et sy-üh « qu’ils soient », mals plur. sya-ma, 2* plur-syi-ta. Et, au présent, en face de skr. s-thd « vous êtes » ; gr. sj-rS)nbsp;V. sl. jes-te, lat. es~tis, en regard de v. si. s-gtü, lat. s-unt.

Au présent Ie vocalisme prédésinentiel ö n’est pas conserve clairement; on Ie suppose d’après des formes passées au typ®nbsp;tliématique, comme got. mala, lit. malu (v. p. i6g). A l’aoriste)nbsp;Ie grec a des formes claires, ainsi en face de D?;v; lyvo),nbsp;face de v. h. a. knaan (v. p. i32).

Certains themes a sufFixe zéro ont de plus trace d’une alter' nance è : ë] ainsi véd. tas-ti « il construit », 3® plur. tdkf-ati «nbsp;construisent» (attesté une seule fois) ; lat. ès-t (d’après un téuioi'nbsp;gnage de grammairien) : ed-unt; 1’une des formes du thème teU^nbsp;alors a se généraliser : Ie Sanskrit a dt-ti « il mange » d’aprèsnbsp;anti « ils mangent», et Ie russe êdjdt (v. sl. ëd-etü) «ils mangent»nbsp;d’après êst « il mange ». II y a *od- dans gr. io-ivT- et *ëdnbsp;dans arm. utem « je mange ».

Certains aoristes de racines dissyllahiques ont generalise 1* forme a sonante longue, ainsi skr. dhhiit « il a été » =gr-

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FLEXION VERBALE 2o3

Devant les desinences moyennes, Télément prédésinentiel a •^’ordinaire Ie vocalisme sans e, ainsi, dans Ie type de skr. pp^ami,nbsp;Sr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:

SKR.

GR.

—

—

Primaire.

Sing.

-n-é

-nl-sé

-va-jat

-nl-té

-va-xa'

Plur.

-ni-mahe

-va-[;,£0a

-n-até

“va-vx7t

Secondaire.

Sing. 3“ pers.

-nï-td

~'n-xo

^’opposition des vocalismes est nette en Sanskrit :

primaire

hrdvï-ti « il parle »

brü-té

juhó-ti «¦ il fait libation »

jubu-té

yundh-ti « il unit »

yunh-té

agnó-ti « il alteint »

agnu-té

parfait

cikét- a « il a apergu »

cikit-é

secondaire

agno-t « il a atteint »

hgnu-ta

dkar-(f) « il faisait »

dkr-ta

brüyü-t « il pourrait dire »

bruvl-td

La même opposition se voit en grec dans ;

Ti'9£-(i.a’.

TlOpa’p.-]i.agt;.

£'ciO£-[i.y;v


Ti'0y;-[jw

TiTpOO-a

£t{0vquot;;-V

primaire

parfait

secondaire


Loutefois certains themes radicaux simples qui n’admettent que desinences moyennes avaient Ie vocalisme prédésinentiel e :

gr. 7,£l-Tal /quot;Éd-Tat

véd. gay-e « il est couché » vds-te « il se vet »nbsp;ds-te « il est assis »

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2o4 LE VERBE

et de même gr. -A^i\xx\i.yx, gxi^-.xx, etc., zd staota « il a loué », etc., etc.

c. Place du ton.

Toute forme verbale pouvait, suivant la position et Ie rólo dans la phrase, être tonique ou atone; eet état est conserve ennbsp;védique, et Ie recul constant du ton en grec s’explique par la.

Dans les formes toniques du type thématique, Ie ton frappe 1’une des syllabes du thème, la même dans toute la flexion denbsp;cheque thème, ainsi skr. bhdra-ii « il porte », bhdra-nti « dsnbsp;portent », mais srjd-ti « il émet », srja-nti « ils émettent ».

Au contraire, dans les formes toniques du type athématiqne, Ie ton peut frapper Ie thème ou la desinence, et sa place varienbsp;au cours de la flexion. A en juger par la plupart des formesnbsp;sanskrites et germaniques, la prédésinentielle était tonique auxnbsp;trois personnes du singulier actif, et la desinence aux autresnbsp;nombres de 1’actif :

skr. é-mi « je vais » véd-a n je sais »nbsp;yundk-ti « il unit »nbsp;jagrdhh-a « j’ai saisi »


imdh « nous allons » vid-md « nous savons »nbsp;yunj-dnti « ils unissent »nbsp;jagrbh~md « nous avons saisi »


De même v. h. a. ^ëh (de germ. *taih') « j’ai montré », en regard de skr. didég-a, et v. h. a. :{ig-un « ils ont montré », ennbsp;regard de skr. didig-üh, supposent *dóik,-a : *dikrn't.

Dans les présents védiques a redoublement, Ie ton se place tantót sur Ie redoublement et tantót sur la desinence : skr. bibhaf'nbsp;mi « je porte », bibhr-mdh « nous portons » ; dddha-mi « j®nbsp;pose », dadh-mdh « nous posons », dddh-ati « ils posent )».

Dans les formes personnelles de la flexion verbale grecque autres que quelques impératifs, la place du ton, fixée par unenbsp;régie générale, n’a plus de valeur significative; mais les formesnbsp;nominales, parlicipes et infinitifs, conservent la trace de l’aU'nbsp;cienne place ; i-ióv « allant » s’accorde avec skr. i-mdh « nous

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FLEXION VERBALE 200

allons », T’0£t^ avec skr. dadh-nidh, etc. Si done, a I’aoriste ®igmatique vedique, le ton rcste invariablement sur le theme,nbsp;moyen vdin-s-i « j’ai gagné », et si en grec les participesnbsp;infinitifs correspondants ont le ton sur l’élément radicalnbsp;T£{-7ac), on pent conclure qu’a I’aoriste sigmatiquenbsp;ton ne passait pas sur la désinence en indo-cnropéen (voir

P- 179)-

En ce qui concerne les desinences moyennes, ellcs ont en general le ton en vedique, ainsi yunhté « il unit », jagrhhi, a j’ainbsp;®aisi » ; toutefois le type ved. fdye^, (éte a le ton sur la syllabe ini-bale, comme le participe gr. •/.st'jji.evi;, tandis que la place du tonnbsp;participe gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;garantlt I’antiquite du parfait skr.

Joghrbhi, oxyton. Dans le type des présents a redoublement, gr. “-JaOai, c’.ii;j.5vo; concordent avec skr. ddde « je donne v, etnbsp;'^tontrent que, an présent du moins, les mouvements du tonnbsp;^vaient lieu — comme dans le nom — non entre prédésinen-belle et désinence, mais entre initiale du mot et désinence.

d. Augment.

L’augment consisle en un élément *e- qui peut être placé decant celles des formes de l’indicatif qui ont les desinences secon-^^ires. II n’apparait que dans un groupe de dialectes : indo-banien, arménien et grec ; les au tres langues l’ignorent; c’était en indo-européen un fait dialectal.

En védique il a le ton nbsp;nbsp;nbsp;dans lesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;formes toniques :

'''ed. d-bharat « il portalt nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arm.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e-ber « il a porté »nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr.

ddhat « il a posé » nbsp;nbsp;nbsp;e-d « il a posé »

a-ricat « il a laissé nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e-likh « il a laissénbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» l-K'.r.z

^ Eevant les sonantes, il admet la forme ê, ainsi dans véd. ^''^ÏVak « il a tourné », hom. v;-(E)£t?ei; « lu savais », ou dans ¦nbsp;^sd. aima « nous allions ». Quand le thème com-*^^®nce par une voyelle proprement dite, l’augment se contraclenbsp;^''^c celle-ci dès l’époque indo-européenne :

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2o6 LE VERBE

thème *es- : skr. ah « il était », dor. thème *dgie- : skr. ajat « il conduisait », dor. ays att.nbsp;arm. ac « il a conduit ».

L’augment ne fait pas partie du verbe ; dans la langue home-rique et dans la langue védique, l’emploi en est facultatif, et 1’on trouve, avec Ie même sens, des formes comme hom. eysps et pépSjnbsp;véd. dbharat et hhdrat « il portalt » ; les plus anciennes inscriptions Cypriotes offrent peut-ètre des prétérits sans augment commenbsp;^e/'a « j’ai versé » ; en arménien, l’augment est employé seule-ment dans celles des formes de l’aoriste qul, sans cetle additioDjnbsp;seraient monosyllabiques : e-ber « il a porté » s’oppose a bet'-inbsp;« j’ai porté » ; chez Homère, en védique et dans les prakrits, lanbsp;presence ou l’absence de l’augment est aussi en rapport avecnbsp;l’étendue du mot : on lit toujours hom. jamais *sye.

En grec, la régie suivant laquelle Ie ton ne peut pas reculerau dela d’un premier préverbe (-Kap-év-Oc; et non *zap-£v-0cc) s’ap-plique a l’augment, et l’on trouve (¦riy.p-i-’jyo') et nonnbsp;èv-ïjcjav et non *è'v-r,!7av. A eet égard, l’augment est done traité ennbsp;grec comme un préverbe, c’est-a-dire comme un mot ancienne-ment indépendant. II ne faisait pas partie intégrante de la forrnenbsp;verbale a l’époque indo-européenne. Et en effet l’indo-européennbsp;ignore la préfixation.

e. Signification des formes de la flexion verbale.

Chacune des distinctions reconnues dans la morphologic a sa valeur sémantique propre.

Nombre. — Le Sanskrit, l’avestique, Ie gotique, Ie norrois runique, le vieux slave, le lituanien et certains dialectes grecsnbsp;anciens (principalement le vieil attique) ont conservé la distinctionnbsp;des trois nombres indo-européens : singulier, pluriel et duel-

La forme verbale se suffit a ellc-même : :plp£'.; ne s’adresse qn ^ une personne, ospevs a un nombre de personnes indéterminé,nbsp;p£t£V a deux ; aucun pronorn n’est nécessaire.

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FLEXION VERBALE nbsp;nbsp;nbsp;20J

2quot; Personm. — De même que Ie nombre, la forme indo-euro-Peenne indique la personne sans I’addition d’un pronom. La oü pronom figure dans la phrase, il a la valeur d’un mot in dependant ; lat. amas at esurio signifie « tu fais l’amour, mais j’ainbsp;», et tu amas ai ego esurio, « toi, tu aimes, mais moi, j’ainbsp;». Gr. jaX^n'^s! sans « sujet » signifie « quelqu’un joue denbsp;trompette », « on joue de la trompette ».

Au point de vue d’un moderne, un « impersonnel » tel que U£'. « il pleut » signifie que « de la pluie tombe », mals Ienbsp;®ens ancien est autre : alors que chaque phénomène naturel étaitnbsp;*enu pour Ie résultat de l’activité d’un être analogue k un êtrenbsp;^ïiimé, u£( signifiait « Ie dieu, Ie génie pleut » ; en fait, Homèrenbsp;pas öst, mais seulement deux fois M 25 = ^457 ;

us o ócpoc Zeóg.

Le latin a loue tonante, etc. L’expression védique vAto vati « Ie '^önt vente » est plus caractéristique encore. Ge ne sont done pasnbsp;impersonnels qui expriment les phénomènes naturels, maisnbsp;troisièmes personnes dont Ie « sujet », qui est un être plusnbsp;rnoins vaguement couqu, n’est pas indiqué avec précision. —nbsp;Les vrais impersonnels indo-européens étaient ceux dont lesnbsp;^oriues en -r- étudiées p. 198 et suiv. font entrevoir 1’existence.

Voix active et moyenne. — Les désinences moyennes indi-^'lent que Ie sujet est intéressé d’une manière personnelle au ï'^ocès, tandis que les désinences actives n’expriment pas cettenbsp;'^'^ance ; skr. vaste, gr. (f)éaxxt « il se vêt »; gr. 6yw veut direnbsp;quot; Je fais un sacrifice », Q6o;jxi « je fais un sacrifice pour obtenirnbsp;*l'^elque chose » ; Ie prêtre qui fait un sacrifice pour autrui ditnbsp;yajami « je fais un sacrifice »; Fhomme qui prend part,nbsp;Ie prêtre, é un sacrifice fait a son profit dit véd. yaje « jenbsp;Un sacrifice (pour moi) » ; gr. ayei, skr. d/ati signifient « ilnbsp;xyixxi, djate « il conduit pour lui, ouavec lui », ainsinbsp;Homère:

A 19 auTt; B’ ’Apveé/jv 'EXévï;v MevfXac; «yctTC

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2o8 LE VERBE

En grec, a « je lave » s’oppose XcjsTat tic les mains » et de même véd. pant civa nenikte « il se lave Ie®nbsp;mains ». L’actif skr. gdcchati « il va » s’oppose au moyen scui^nbsp;gacchate « il se rencontre avec... ». Le moyen n’est pas ui^nbsp;réfléchi, mais il exprime souvent des sens voisins de celui dunbsp;réfléchi. La nuance de sens qui sépare le moyen de l’aclif, nettenbsp;dans des exemples comme les précédents, devient parfoi®nbsp;iuyante, et il est curieux par exemple que les formes qui servantnbsp;de futur aient eu normalement en grec commun des desinencesnbsp;moyennes, ainsi ïao\i.7.i: dij.i, ïootxai: ècOiw, ¦Eswogai: -itirr/M, etc-

Le verbe indo-européen présente le proces essentiellement en tant qu’il est l’oeuvre d’un agent, et il ne comporte guère unenbsp;formation a valeur passive. Mais des formes employées absolu-ment comme gr. oépii) etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;signiliaient a la fois «je porte»

et « je me porte », comme on l’a vu p. i63; alors la forrne moyenne ispju.aq grüce a sa signification particuliere, se prêtaitnbsp;bien a l’expression du passif, et c’est un usage qui n’est pas rarenbsp;en grec, surtoul au parfait qui, de par son sens, admet le passifnbsp;mieux que le présent-aoriste ; les formes a désinences moyennesnbsp;fournissent aussi le passif du gotique ; nasjada « il est sauvé » inbsp;ce róle de passif est moins fréquent en indo-iranien.

Par suite de leur sens, certains themes verbaux ont reQU exclusivement ou presqueexclusivement les désinences moyennes,nbsp;ainsi que skr. sacate « il suit », zd hacaite, gr. ï^jrat, lat. sequiHO’’nbsp;V. irl. -sechelhar (type deponent du latin et du vieil irlandai®,nbsp;combiné avec les désinences en -r). Avec un même sens, ifnbsp;arrive du reste que le présent et I’aoriste aient seulement la désJ'nbsp;nence moyenne, et le parfait les désinences actives, ainsi ge-¦'iYVop.a'., èysvjp.riV, mais ysyova. Et même la répartilion des desinences actives et moyennes peut varier a l’intérieur d’un mêni®nbsp;thème : Homère ne connait que les désinences actives du pr®'nbsp;sent ; mais, au prétérit, ©a-o est beaucoup plus courantnbsp;que 9^, et n'en diffère pas pour le sens.

4quot; Vahur des désinences primaires et secondaires et de ment.

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FLEXION VERBALE nbsp;nbsp;nbsp;300

L’opposition de valeur des desinences primaires et secondaires Se laisse pas raraener a une formule simple.

II n’y a lieu de tenir compte ici que de I’indicatif du present-^oriste; le parfait indicatif a ses desinences actives propres; Voptatif ^ 3 que les desinences secondaires: skr. sycLt « qu’il soit », gr. eCi);nbsp;subjonctif, le grec n’a que les desinences primaires, ainsi fspw,nbsp;et I’indo-iranien présente a la fois les désinences pri-*ïiaires et les désinences secondaires, ved. dsati et dsat, zd anhaitinbsp;^^a.fihat « qu’il soit «, sans difference de sens appreciable.

A I’indicatif, les désinences primaires indiquent un proces qui ^ lieu au moment ou 1’on parle, soit qu’il se produise actuelle-^ent, gr. (pépu « je suis en train de porter », soit qu’il vaillenbsp;^ Une manière générale, comme lat. homo mortalis est- Une formenbsp;^ desinence primaire peut être employée en sanskrit avec purünbsp;'' Uuparavant » et chez Homère avec irapo? pour noter unenbsp;'^lïose vraie depuis un certain temps et qui n’a pas cessé de l’être,nbsp;^insi;

A 264 aXX’ opasa 7rÓAsp.6vS’ oTop itapo; sö^i

l^es désinences secondaires indiquent souvent le passé: véd. hom. pspst signifient « il porte «; véd. bhdrat, bom.nbsp;‘'pè signifient « il portalt » ; hom. Wrce « il a laissé », etc., etnbsp;Qiême hom. (7)s(/')';/,vï)v en face de (F)i{Fy.%xo'i. Toutefois,nbsp;gg n’est pas le seul emploi des désinences secondaires,nbsp;expression du passé est ambiguë; elle peut être précisée parnbsp;.^'^gttient, mais seulement dans un groupe de dialectes contigus:

arménien et grec : la oü les désinences secondaires accompagnées de l’augment, la forme n’exprime que lenbsp;• uinsi skr. dhharat » il portalt », gr. lyspe, arm. eher « il a


sa', eivai.


ih


te »


tjjv ¦ quot; i £/c.7:e, arm. elihh « il a laissé ». Quand un meme j. ^*Ue admet a la fois les désinences primaires et secondaires, lesnbsp;^'’Uies a désinences primaires constituent le présent proprementnbsp;j ®tr. hhdrati « il porte », gr. (pépsi, et les formes a désinencesnbsp;^Uudaires, précédées ou non de l’augment, l’imparfait ; skr.nbsp;Wat V il portalt», gr. (Ijasps. En slave, ou 1 augment


®^ist(


® pas, il ne subsiste plus que quelques formes d’indicatif


A.. Meillet.

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210 LE VERBE

oü un tlième de présent a désinences secondaires exprime 1® passé, et elles servent d’aoristes ; ainsi v. sl. pade « il est tombe »nbsp;(avec -e de *-e-t) en regard de padetü « il tombera » et les 3“ e*nbsp;3quot; personnes telles que rece « il a dit » en regard de recetü «nbsp;dit ». C’est done au moyen des désinences secondaires et, acces'nbsp;soirement, dans un groupe de dialectes, de l’augment que l’indo'nbsp;européen exprime l’qpposition du présent et du passé.

En védique, les formes d’indicatif a désinences secondair®* sans augment adniettent aussi un sens a peu prés identiqne ^nbsp;celui du subjonctif: hhcirat « qu’il porie », surtout avec la nég*'nbsp;tion prohibitive nia: mh bharah « ne porte pas », mamp;

« qu’il ne porte »; et de même en iranien, dans les gathas d® l’Avesta ; c’est eet emploi que l’on appelle Vinjonctif; il n’est p**nbsp;attesté de manière sure hors de l’indo-iranien. L’usage des dési'nbsp;nences secondaires dans les formes de l’indicatif qui servent *nbsp;exprimer un désir ou une defense Concorde avec l’usage fait lt;1®nbsp;ces mèmes désinences a l’optatif et, dans une partie des cas,nbsp;subjonctif.

Remarque sur la valeur des themes de présents et d’aoriste*-— Une même racins fournit Ie plus souvent a I’indodranien, grec, é l’arménien et au slave un ou plusieurs présents et aorist®*’nbsp;qui ont chacun unlhème différent; ainsi en grecnbsp;Ij.ivetv etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ysyfcrOjct; ayEiv,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;’

,rfagt;'

ypiaen, ypaijfat; Ssixvavai, ; tiOévoc, Osivai ; etc. ; envedi*!’^® rmakti « il laisse », Araik « il a laissé » (avec augment^) ’nbsp;dddhati « il pose », adhett « il a posé », etc. ; en arméniennbsp;« je fais », arari «j’ai fait » ; luanam « je lave » (cf. gr.nbsp;lat. laud), luaci «j’ai lavé »; en slave, stang «je me lèverainbsp;staxü « je me suis levé », etc. Mais, ce qui caractérise l’aori**^nbsp;au point de vue morphologique, ce n’est pas la forme du then®®’nbsp;car, sauf les formations en -s-, tous les types de themes empï®Jnbsp;èi l’aoriste se retrouvent au présent; ainsi qu’on l’a vu p-et suiv., un thème d’aorisie se definit morpbologiquement unnbsp;qui, a l’indicatif, présente seulement les désinences secondaires-

les langues qui, comme Ie slave el l’arménien, ont un imp*

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FLEXION VERBALE 21 I

FLEXION VERBALE 21 I

'^ouv

^^ractérisé par un sufExe particulier, le même theme peut servir P^rfois de présent avec les désinences primaires et d’aoriste avecnbsp;désinences secondaires : arm. here (de *hhm-tt) signifie « ilnbsp;P®*'te et I’ancien imparfait e-her (de *e-bhere-t') « il a porte » ;nbsp;® présent v. si. padetü signifie « il tombera » (le présent d’unnbsp;'®rbe perfectif slave se traduit par un futur), et I’aoriste padenbsp;V ïicien imparfait) « il est tombé ». Un theme de présent indo-®^ropéen sera done défini: un theme qui, a Tindicatif, admet lesnbsp;^sinences primaires et secondaires. Le parfait, qui a des desinencesnbsp;^Péciaies, n’est pas un présent; au contraire un Ihème a infixenbsp;comme celui de skr. vrnóti « il couvre », un causatif, telnbsp;skr. vdrayati « il fait couvrir », sont des présents, pareenbsp;peut dire, avec les désinences secondaires: dvrnot « il

•rait », dvarayat « il faisait couvrir ».

quot;Pons les types de themes ne sont pas susceptibles de fournir des ^*^*'istes; il n’existe d’aoristes que dans les types radicaux commenbsp;Osïvat, k'Tisfv,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans le type en -s- et dans les types

-a- et -ê-, comme p-av^-vai. Le type a infixe nasal, le type en ^ les types derives en *-yejo-, *~skelo-, *-nejo-, les causatifs ennbsp;^yr/o- fournissent exclusivement des présents. Par rapport aunbsp;®®ent, Paoriste est d’ordinaire une forme plus légere, ainsi les


hréi

kréi


®ents gr. nbsp;nbsp;nbsp;etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en face de Paoriste suOscrOczt.

themes de présent fournissent: i” un indicatif, compre-

* un présent proprement dit, un imparfait et un impératif —

subjonctif — 3quot; un optatif. Ainsi en grec 'kv.tm (as'tïs'.;),

j. nbsp;nbsp;nbsp;Xstue — 'i.tir.ii) (/.sré-fje) — Xskoip.i, soit cinq séries de

p„.. nbsp;nbsp;nbsp;Les themes d’aoriste fournissent de même: i“ un indi-

'-atif

^'^’^P^uuant Paoriste proprement dit et Pimpératif — 2'’ un y,.^''°''utif — 3» un optatif: gr. skresv, Xfes — Xittw Qdrrrfi) —nbsp;séries de formes. De même en védique ; pré-^ ’ ^udicatif: présent proprement dit frnóti « il entend »,nbsp;dfpjoi « il entendait », impératif Qrnudhl « entends » ;nbsp;euj.'^^^utif grndvat « qu’il entende » ; optatif fpiuyqt « il pourraitnbsp;((® 1 — aoriste agrot « 11 a entendu », impératif grudhinbsp;»j subjonctif gravat « qu’11 entende » ; optatif grüyatnbsp;Pur ö) « il pourrait entendre ».

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212 LE VERBE

Les themes de présent et d’aoriste n’indiquent pas des tegt;np^ différents : un imparfait D.sixov qui appartient au thème du présent n’est pas moins un passé qu’un aoriste IXi-ov ; et un sub-jonctif aoriste V.tm n’en est pas plus un que Ie subjonctif présentnbsp;XsiTcw. Le mot présent, qui est traditionnel, ne doit pas induir®nbsp;en erreur : on distinguera toujours le système du présent, qui com-prend diverses formes, parmi lesquelles un prétérit tel quenbsp;et un subjonctif tel que 'KdrM(\tiTa^lt;C) appliqué surtout a Favenir»nbsp;et le présent proprement dit Xsixia (Xsksic), qui seul exprime ui'nbsp;fait actuel et auquel le système doit son nom.

En grec, le thème de présent indique un procés considéré dans son développement, dans sa durée; le thème d’aoriste, Ie procesnbsp;pur et simple: l’un peut être symbolisé par une ligne, 1’autrenbsp;par un point. Soit la phrase suivante de Xénophon (Heil-1, 3); k\j.ayo'no ]xiyp'. oi ’ASrjvaïo'. axïiïXeusav, le sens est; «nbsp;ont combattu (action envisagée dans son développement et s®nbsp;durée, d’oü l’imparfait) jusqu’au départ des Athéniens » (le fai^nbsp;pur et simple du départ est envisagé: d’oü l’emploi de l’aoriste)'nbsp;Tous les emplois du présent et de l’aoriste se ramènent é ce®nbsp;notions générales; ainsi d'p^s'.v signifie « être chef » (d’une m®'nbsp;nière durable), ap?ai signiüe, entre autres choses, « prendrenbsp;commandement » (fait pur et simple). On exprime souvent anbsp;l’aoriste une chose qui a duré, mais qu’on envisage dans sonnbsp;ensemble sans songer expressément a la durée, ainsi cheznbsp;dote, II, iSy; f; quot;A^wts? dxajiwv xoXfwv lx'; xXeÏjvcvnbsp;v.zi'jIvTt u'r.icyB « Azotos a résisté(fait envisagé dans son ensembl®)nbsp;plus longtemps que toutes les autres villes ». L’aoriste peut mêm®nbsp;indlquer un fait général, pourvu qu’on ne considère pas I’actmt^nbsp;indiquée dans son développement, mais seulement en tant ‘I't®nbsp;fait, d’ailleurs susceptible de se répéter indéfiniment (aoristenbsp;mlque): Théognis, 829 ;

VM nbsp;nbsp;nbsp;eSlijuXo? EtXsv Ta^'uv dvopa Siwxwv

« un homme lent, mais adroit, prend un homme rapide


11


poursuit ». En arménien, le présent indique un procés développe sans terme défini (done considéré dans son develoP


S6


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FLEXION VERBALE 2i3

Pfitnent), 1’aoriste, le procés en tant qu’il aboutit a un terme ^efini; la valeur de I’aoriste arménien est senslblement différentenbsp;Celle de I’aoriste grec et reproduit peut-être mieux l’état indo-^^ropéen. Malheureusement, la nuance de sens qui separe lenbsp;Present de I’aoriste n’est pas claireen indo-iranien, et la structurenbsp;slave ne se prête pas non plus a une délinition nette de celtenbsp;*^uance. Si 1’on est sur que le présent indique le procés qui senbsp;^éveloppe, on ne saurait determiner avec precision la valeur denbsp;soriste: proces aboutissant a un terme défini ou procés pur etnbsp;®iöiple. Quoi qu’il en soit, I’opposition du present et de I’aoristenbsp;Sans doute celle des partlcularites des verbes indo-europeensnbsp;a eu pour le développement ultérieur de la flexion verbale lesnbsp;‘Consequences les plus importantes.

skr.

Préi

«D,

'‘ai,


^^sata (3® personne plur.), un ca.us3.lU vartdyati, un aoriste (a ^ ®Ur causative) avïvrtat, un désidératif (atlesté au participe

^ n’a été tenu compte ici que des formes attestées par I’accord moins deux langues, et un grand nombre de traits des for-^®tions verbales ont été omis. Néanmoins ces indicationsnbsp;oonent une idéé de ce qu’a été la complexité du verbe indo-^^^opéen, avec la multiplicité de ses tbèmes et la richesse de sanbsp;^oxion : c’est par centaines que se comptent les formes possiblesnbsp;Une mème racine dans la langue védique ou la langue homé-si Pon fléchit tous les tbèmes a tous les nombres, a toutesnbsp;personnes, a toutes les voix et avec toutes les sortes de dési-; primaires, secondaires ou d’impératif. Ainsi la racinenbsp;vart- « tourner » fournit dans le .^gveda ; un présent vartaienbsp;tourne » (et concurremment, par exception, la forme athé-ll'^'-ique vcirti, de *varttt), un présent a redoublement vavarti, unnbsp;®ont intensif vavarti, un parfait vavdrta, un aoriste sigmatique

^fluente, les divers modes, les diverses personnes, en partie des ®®'nences primaires et secondaires, etc., soit environ 4o formesnbsp;la oü l’actif et le moyen existent concurremment), c’est-

chaq ue thème admettant, d’une manière plus ou moins

d,

(on Nir

ƒ 6 pour tous les tbèmes un total de plusieurs centaines de •Cs possibles, a quoi il faut ajouter les parliclpes rattacbés a

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2i4 LE VERBE

cliacun, avec toutes leurs formes casuelles et l’expression du genre-Cette complexité immense, dont toutes les langues conservent encore au moins des traces, a été simplifiée au cours de 1’histoirenbsp;de chacun des dlalectes et n’apparait plus clairement qrtenbsp;dans les formes anciennes des langues de Flnde, de 1’Iran et denbsp;la Grèce.

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GHAPIÏRE VI LE NOM

L’indo-euïopéen avail Irois variétés de noms distlnctes et pour ^6 Sens et pour la forme:

A. nbsp;nbsp;nbsp;Les substantifs et adjectifs.

B. nbsp;nbsp;nbsp;Les démonstratifs, interrogatifs et mots assimilés.

C. nbsp;nbsp;nbsp;Les pronoms personnels (dont la forme est tout a fait a

part).

Outre Ie nombre, qui appartient a toutes les formes fléchies, ^es trois sortes de mots tendent a exprimer la distinction desnbsp;genres « animé » et « inanimé » et la distinction des cas.

A. Substantifs et adjectifs.

Les adjectifs n’ont pas de flexion différente de celle des substan-

; Ie seul trait qui les caractérise est la distinction des trois

êenres; fls ont a cóté du thème de masculin-neutre un thème f ’nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•

^ois du masculin et du neutre aux trois cas oü ces flexions distinctes, tandis que les substantifs n’ont d’ordinaire quenbsp;des deux, au moins au singulier. L’emploi de la forme de

^^‘inin derive, et Ie thème de masculin-neutre admet la flexion a

1'

j., nbsp;nbsp;nbsp;quot; auquel il se rapporte; mais, comme les formations de

***inin et la flexion du masculin et du neutre que présenlent les ^%ctifs n’ont rien qui soit propre a ceux-ci, il n’y a pas Leunbsp;^ttstituer pour eux des divisions spéclales, et ils seront étudiesicinbsp;les substantifs.

^^un des trois genres d’un adjectif est determine par Ie sub-®'antif ^ttiiniT

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2i6 LE NOM

a. Formation des themes.

Les themes primaires nominaux se rattachent a la raclne au même titre que les thèmes primaires verbaux; aussi leur rólenbsp;est-il a peu pres pared a celui des noms verbaux dansles langu®*'nbsp;plus modernes. Par exemple en Sanskrit un nom d’agent en -Wapent se construireavecl’accusatifcommele verbe correspondant:nbsp;data vdsu « il est Ie donneur de bien » ; Ie lat. dator est égale-ment primaire, quoique influence par Ie vocalisme du verbenbsp;dare; sur Ie modèle de quot;ces noms primaires ont été formes desnbsp;noms verbaux comme pugnator de pugnare, etc.: la formation denbsp;noms verbaux de cette sorte est un des traits caractéristiques denbsp;presque toutes les langues indo-européennes historiquement con-nues; ainsi au lieu du nom primaire ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;attesté par skr-

ril^tih « faveur, satisfaction », got. (ga-')kusts « épreuve », q^^ serait *Y!ja--ï'.;, Ie grec anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;derive denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; ces noms verbau^^

ont d’ailleurs hérité des propriétés des thèmes primaires.

Le nombre des types de formations nominales est grand. L® seule racine *men- « penser », qui n’offre, il est vrai, aucune foriuenbsp;radicale sans sufflxe, présente les thèmes suivants attestés p^'quot;nbsp;l’accord d’au moins deux langues:

*mén-es- : skr. mdnah (génit. mdnasah) « pensee », zd manó, S’ ’ p.£vo? (gén. i).é'gt;soc).

*nién-men-'. skr. mdnnia (génit. mdnmanah') v pensee, prière»? V. irl. menme « esprit » ; cf. lette mïma « énigme ».

*mPn-ei~'. skr. milnih « personnage inspire », got. nmns plur. munins) « pensée ».

*men-ter-'. skr. niantd « celui qui pense », gr. Mfv-cup; 1®^' mentor, commenlor.

*mén-tro-, *nièn-tlo- : skr. mdntrah « formule religieuse ») ^ mq-^rö (même sens), lit. (pa-^menklas « monument ».

*mn-tó- ¦ skr. matdh « pensé », zd matö, lit. mihtas, munds, lat. (coni-^mentus, peut-être gr. (aiTs-)p.aT:ó?.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

*nin-tei- : skr. niatih, mdtih « pensée », lat. mens, ® ’ (pa-yneti « souvenir », lit. (at-ynintls (même sens),nbsp;(ga-)munds (même sens).

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THEMES NOMINAüX 217

G’est sans doute par hasard que le thème *mén-teu- de skr. ^nantuh « acte de penser » n’est pas attesté dans deux langues.

Toutefois il importe de constater que la langue courante ne forme pas librement des termes nouxeaux. Les thèmes employésnbsp;sont d’ordinaire déja dans l’usage, et il est assez rare qu’un sujetnbsp;parlant ait occasion d’en former un qu’il n’ait pas encore entendu ;nbsp;seuls les mots les moins usuels sont analysés et ramenés menta-fornent a leurs cléments constitutifs. La formation de thèmesnbsp;Douveaux n’a guère lieu que lorsqu’il s’introdult des notions nou-''^elles, des techniques inconnues(et elle est alors le fait de languesnbsp;®péciales), on lorsqu’on doit remplacer un mot frappé de quelquenbsp;interdiction, ou enfin, notamment dansla langue religieuse, lors-fiu’on veut s’exprimer avec intensité. II s’agit done de circon-^lances définies.

Il suffira de donner un apergu des principaux types de formation, a litre d’exemples.

1“ Thèmes a suffixe zéro; type athématique. — L’élément Pfedésinentiel soumis aux alternances vocaliques de la flexion estnbsp;racine, et il en résulte que ces mots se présenten! parfois sousnbsp;aspects différents dans les diverses langues :

*ped- « pied » : skr. pat, nom. plur. padah, gén. abl. sing. Padah ; gr. dor. tmc, tcoSe?, tïïoó; (prédésinentielle s dans Tad-y®rbe lesb. « après » et le composenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de

« sandale »); arm. otn (nominatif-accusalif, issu de ^ccusatif), nom. plur. otkh ; lat. pis, pedis, pedis ; got. fotus faitnbsp;l’acc. sing, fotu, pourvu lui-même de l’a du nominatif.nbsp;Jexion indo-européenne ; nom. sing. *pots, nom. plur. *pód-es,nbsp;^®ii. sing. *ped-é/o-s.

gen. o~c;, acc. ckk.

Ujckquot;'- « parole » : skr. vak, zd vaxs (Instr. vaca); lat. uöx; hom. 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»

sl.

‘^eïk,- « clan, village » : skr. acc. sing. vtfa77i, v. pers. vits-, ’t- vist; Ie gr. /o?z.x-5e signifie « a la maison » (avec mouve-; lit. vcs(jpais') « seigneur » (littéralement « chef de clan »),nbsp;Pruss. wais^-pattiri) « maitresse ».

« roi » : skr. rdj- (nom. sing, rat) ; lat. rlx, rlgis;

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2i8 LE HOM

V. irl. rl^ rlg] gaul. -rïg- par exemple dans Dumno-rix, c’est-a-diresans doute « roi du monde ».

*sneigh'''- «neige»: gr. acc. sing, 'r.sx (Hésiode); lat. nix^ niueni-*leuli- « luiiiière » ; skr. ruk-, dat. sing, ruc-é] lat. lüx, lücis-gr. y.rtp, arm. sirt, v. pruss. sïrm « coeur », lat. cor, cordis ; V. lit. génit. plur. sirdti.

skr. hshh « terre », acc. sing. kfAm, loc. sing, kpcimi, gén-jrmh (de indo-iranien *g\hmas'); gr. )/9wv, yfió'tai.; zd :^d, gén-sing, gsmö nbsp;nbsp;nbsp;monosyllabique), loc. sing. :(pmi (^:(ami, dis-

syllabique), cf. gr. y7.\i.x- Sur l’alternance gr. y^- (= skr. k{-): (=:zd ;(-) V. ci-dessus, p. io3.

skr. gduh « boeuf, vache », acc. sing, güm, loc. sing. gdvi\ gr. go3;,acc. sing. dor. jSwv, dat. loc. sing. ^o{Fy. \ lat. (emprunténbsp;a un dialecte rural non latin, sans doute sabin) bös, bouis; v. irbnbsp;bö', y. sax. ; arm. km « vache ».

skr. ntüh « souris », nom. plur. müfah; gr. jj,3r, [zus;; lal-müs, nulris', v. h. a. niüs; v. sl. myü (ancien accusatif). Aucunc alternance vocalique n’est attestée dans ce mot, pas plus q^enbsp;dans Ie suivant; eet emploi du seul degré zéro est fréquent dan®nbsp;Ie cas des sonantes longues.

skr. bhrnh « sourcil », gén. bhruvdfp', gr. iopü;, ocpói;; v. sb brüvï (ancien accusatif sing.).

gr. 6/]p (éol. 9^p), Oïjpói;; lit. acc. sing, ^vêri; cf. la forffi® thématique lat./ëw.

Les themes a suffixe zéro sont fréquents en indo-iranien ; grec en présente encore nombre d’exemples, commenbsp;mbiv.óq « craintif » etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rr-xr-óq (issus d’une ancienne flexioi*

•ïk'cay.ó^) en regard de nbsp;nbsp;nbsp;'/.XtaTti? « voleur »gt;

et

regard de Y'rixxu); V.é, XiSóc « ce qui goutte, source » en regar*^ de Xd.oM ; OU, isolés de tout verbe, yït'KÓq ; y.ïi;, y.’.óc; etc. 0'^nbsp;en trouve surtout au deuxième terme des composés, ainsi gr- yF?'nbsp;viti, yip-'r.6cq, en face de viTo)^ futur vi'iiw, cf. skr. nir-nij- « ocn^nbsp;ment »;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(avec un accusatif kxzi-xxYx chez Hérodote

ailleurs) « qui est sur Ie point d’accoucher », en face de ’ lat. tubi-cen, en face de canö; au-spex « qui examine les oiseaux ”gt;nbsp;en face de speciö, cf. skr. spdf- « qui voit » ; etc. Souvent

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THEMES KOMINAUX nbsp;nbsp;nbsp;2 I (J

thème indo-européen a suffixe zéro n’est attesté qu’indirectement par la presence de themes a suffixes secondaires, ainsi un thèmenbsp;i--e. *meus- « mouche » est suppose par les derives ; lat. mus-ca ;nbsp;Id. mtts-l, gr. [J^uu (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v. si. müs-ica (de *mus-l-kd};

niun (de *mus-no-) ; v. si. muxa (de *fnous~a) ; par exemple le V. si. muxa « mouche » est tire denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;comme v. %\.juxa

« ragout de viande, soupe » d’une forme a vocalisme o du theme a suffixe zéro attesté par lat. iüs, skr. yüh « ragout, sauce denbsp;Plande », et dont on a aussi les dérivés lit. jüs-è « soupe », v.nbsp;pruss. jus-e.

Les themes a suffixe zéro du type athématique sont d’autant mieux représentés dans une langue que celle-ci est attestée sousnbsp;dne forme plus ancienne, et ils disparaissent rapidement aPépo-*lue historique. Its existaient sans doute normalement pres desnbsp;I’acines qui fournissaient un présent radical athématique. Ilsnbsp;Occupaient parmi les formations nominales de Pindo-européennbsp;^’une des places les plus importantes.

2. Themes caractérisés par la voyelle thématique. — Ge type de differe du précédent que par la presence de la voyelle théma-Lque a la suite de la racine ; cette voyelle change d’ailleurs toutnbsp;^’aspect de la formation, car elle entraine fixité du vocalisme denbsp;racine et dela place du ton dans la flexion.

Le cas le plus important est celui des thèmes a vocalisme y^dical 0 et ton sur la racine, indiquant Paction; fréquents ennbsp;ffido-iranien, en slave, en baltique et en grec, ces noms sont peunbsp;*'®présentés dans les dialectes occidentaux: germanique, italique,nbsp;dfiUique. Ils apparaissent, comme on Pattend, surtout en face denbsp;présents radicaux thématiques. Examples :

si. snégü « neige » (gér. russe snéga), lit. snigas, got. ^quot;daivjs, en facede lit. smga « il neige », etc. (cf. *sneig'’'''h- dansnbsp;''d autre groupe dialectal, p. 2x8).

zd

*d toko « courant », v. si. tohu « courant » (génilif sing, russe cf. v. si. tekg il « court ». lit. tèka, irl- techid « il fuit »,

tacaiii « il court ».

*^’est le type de gr. oipz, oipw; Aiyo?, ksyw; ~Aó(I^5r,

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220 LE NOM

'!CAï(/')()) ; cTor/oc, iTTsi'^ü) ; etc. Assez souvent, il sert a nommer des objets, ainsi skr. jdmbhah « dent », v. sl. ^gbü (génitif russenbsp;XÜba), lit. {amhas « angle de deux poutres », gr. fiij.:pog, v. h. a.nbsp;iamb « peigne », en regard de skr. jambhate, v. sl. x^betü «nbsp;déchire », ou v. sl. w:(ü « voiture » (génit. russe vóxd), gr-{F^byoc, en regard de v. sl. ve:(p « je conduis en voiture ».

Les mèmes thèmes, avec Ie ton sur la voyelle thématique, indi-quent l’agent de Faction, Ie résultat de Faction, et ont souvent Ie caractère d’adjectifs : gr. toij.ó; « coupant », a cóté de -ié;;.:;nbsp;« coupure », cf.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« roue », k cóté de 'pbypi

« course », cf. nbsp;nbsp;nbsp;; kcraó; « reste », cf. XstVu ; g-zokó; « guct-

teur, surveillant », cóté de cy.=i:Top.ai; ó\v.ólt;; « ce qui est tiré, trace », cf. IXy.w; skr. vardh « prétendent », a cóté de vdrahnbsp;« choix » ; fokdh « brillant », a cóté de fókah « éclat » ; skr. gha-ndh « massue », a cóté de gr. oovo^ « meurtre », russe gortnbsp;(génit. gónd) « cbasse », etc. (cf. ci-dessus, p. rio). Lelat. proms « prétendant » (cf. prices') repose sur un tbème indo-européennbsp;oxyton de cette forme; mais Ie latin n’en laisse rien entrevoir-La place du ton sur la fin du mot semble d’ailleurs caractériscrnbsp;d’une manière générale la valeur adjective, concrete, par oppo'nbsp;sition aux abstraits qui ont Ie ton sur la racine, c’est-a-dire surlamp;nbsp;commencement du mot.

Les thèmes qui ont Ie ton sur la voyelle thématique admettent Ie vocalisme ö, ainsi : gr. cup:; « monceau », a cóté denbsp;(cf. pour ö Ie féminin lit. tvord « clóture » ; la racine *tiver^'nbsp;signlfie « saisir, embrasser »); u/s;, skr. ctmdh, arm. (h)uii^nbsp;« cru » (a cóté de irl. om, avec ö); v. sl. riagü « nu » (russenbsp;nomln. féminin naga), lit. nagas; got. Jro^s (dsiX. frodaninid)nbsp;« sage », a cóté defrafjan « com prendre » ; skr. nayiih « coU'nbsp;ducteur », a cóté de ndyah « conduite » ; bhardh « fardeau », ®nbsp;cóté de bhdrah « action de porter », gr. ipópiq « tribut ».

Des thèmes a vocalisme radical zéro se rencontrent notamrneiil au second terme des composés, comme gr. vss-yvi-; « nouveaU'nbsp;né » ; i.-e. *ni^-dó (skr. nlddh, arm. nist « lieu ou Fon eslnbsp;établi », lat. nidus, v. h. a. nest) de la racine *sed- « être assis’j'

Beaucqpp de mots thématiques ne rentrent dans aucune catc

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THEMES NOMINAüX 221

gorie définie, ainsi skr. vfkah « loup », zd whrkö, v. si. vlikü (génit. sing, russe vólkd), lit. vilhas- II y a une petite categorienbsp;d’adjectifs a vocalisme radical e; le plus remarquable est skr.nbsp;^anah « vieux », lit. sinas, v. irl. sen, arm. hin, gr. Ivo? ; le gr.

a cote de aoutosv « point blanc du bois du sapin » et a ce même vocalisme. II y a aussi des neutres a vocalisme radical e comme gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v. h. a. were, o dans arm. gore

« oeuvre » (cf. gr. dr^iJM'jpyó^ de *5ap.io-/opYO?)) dans got. ‘^aurk sont dus a des influences particulieres. Mals on observe lenbsp;^'ocalisme radical zero dans I’adjectif skr. dlrghcth « long », v. si.nbsp;^lügü, etc. et dans le substantif neutre skr. yugcini « joug », gr.nbsp;Cuyov, lat. iugum, got. juk. II y a une breve, de timbre inconnu,nbsp;dans skr. (aphdh « sabot (de cheval) » et zd safi, une longuenbsp;dans V. isl. hofr et v. h. a. huof (mamp;m.6 sens).

Souvent les noms thématiques semblent dérivés de noms athé-tïiatiques, ainsi skr. paddni « pas, trace », zd patsm « trace », 'Kéèo't « sol », V. isl./et « pas», arm. het « trace de pas », denbsp;ped- a pied » ; skr. himcih « hiver », lat. blnms (de *bi-himos')nbsp;quot; de deux ans », de *gj)men-, attesté par lat. hienis, zd ^ydnbsp;(génit. yiniö) « hiver»; gr. Ttispi-, iriapó?, skr. pïvardh « gras»,nbsp;cóté de gr. iGïap ; skr. udrdh, zd udrö « sorte d’animal aqua-^''lue », gr. uSpo;, V. isl. otr « loutre », a cóté de gr. O’Swp,nbsp;h. a. wayjar « eau » ; etc. Les langues orientales ont desnbsp;'dérivés de noms de nombre employés notamment avec les nomsnbsp;l’^i n’ont pas de singulier (type latin ; bina castra) : skr. trayAh,nbsp;sl. troji, lit. trejl «trois », aussi collectifs neutres v. sl. troje,nbsp;^Usse tróje « groupe de trois »; v. sl. cetvori « quatre », russenbsp;‘-^vero « groupe de quatre », skr. catvardm « place quadrangu-». Dans ces dérivés, le vocalisme présulExal et la place dunbsp;sont mal définis : les désaccords entre les langues sont fré-^'lents. — L’indo-iranien a largement développé les dérivés denbsp;genre a vocalisme long (qu’on nomme en sanskrit vrddhi) denbsp;®iément initial du mot: skr. mdnasdh » qui a rapport a l’esprit »nbsp;indnah « esprit », saindhavamp;h « qui a rapport a 1’Indus », denbsp;^^^dhuh « fleuve, Indus ». En dehors de l’indo-iranien, 1’allon-^^lïient de 1’élément initial est peu attesté ; néanmoins il y en a,

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222 LE NOM

des exemples, notamment en grec (type hom. -^vopér, en face de avv^p), en baltique et en slave.

3° Sufiixe *-es-. — Le sulExe *-es- fournit des noms prlmalres abstraits, de genre neutre, a vocalisnie e de la racine, ton surnbsp;1’élément présulBxal :

*kileu- : skr. grcivah « gloire » (génit. sing, gravasah), gr. y./i-(/')sc ; zd sravah- « mot », v. sl. slovo « parole » (avec o issu de e devant w), russe slóvo-

*gien3- : skr. janah « race », gr. yavo;, lat. genus.

Et de même, la oü la racine est moins nette :

skr. ncibhah « nuée », gr. v. sl. nebo « ciel », russe

skr. rafah « espace sombre », gr. £p£5o^, got. riqis «ténèbres arm. erek « soir » (passé aux themes en -o-).

Le vocalisme zéro d’un mot comme gr. Oapjo:, Gpic;:^ est du a rinfluence de l’adjectif Gpacru? et Gpacjvo?, et le no“m proprenbsp;éolien ’lu^^o-Gépjri; conserve le vocalismer ancien; le vocalisme o denbsp;hom. o“/£a, cysaoïv est du anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et Hesychius atteste la forme

attendue, è'yccrif.v, dans une glose ; l’o de lat. pondus (cf. le verbe pendó) provient de *pondo-, conservé dans Whlamp;iiïpondöetc.

A cóté des abstraits neutres ayant le ton sur la racine, il y avail des adjectifs ayant le ton sur le suffixe, ce qui rappelle lenbsp;contraste denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« coupure » et -cop.s? « coupant » (p. 220)1

ainsi skr. apAh cc actif » a cóté de apah cc oeuvre », gr. ézjs'bi; cc menteur » a cóté de '{isuosc; le type apparait surtout en composition, OU l’adjectif en *-es- s’oppose a un adjectif non compose, d’autre formation, ainsi:

skr. ce'tah « éclat »

prdthah cc largeur »

gr. zM-cog (d’après

zd drdjö cc longueur »

citrah cc éclatant » prthüh cc large »

dar^yö lt;c long »

acetcih a qui n’a pa®^ d’éclat »nbsp;saprathah cc pourvünbsp;de largeur »nbsp;i-kaT-fji;

\anu-dra']d « qui a 1® longueur du genou »


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THEMES K0MI:NAIJX

Quand la notion designee par le theme en *-es- est congue comme agissant, le mot est du genre « animé » (masculin ounbsp;féminin) ; alors le sufllxe est tonique et a, an nominatif et a quel-•lues autres formes, le vocalisme de timbre o :

skr. usAJp « aurore », hom. att. mq (de *ausos)', cf. le dérivé lat. aurora; en tant que phénomène naturel, 1’ « aurore »nbsp;®st animée et divinisee.

gr. acc. zIm de *al(F)Qhx ; loc. xl{F)iq et o'.i(/')£! (de xiFthi) quot; toujours ».

gr. aisti;, cf. I’adjectif av-aiSv^; et le verbe derive alhio\xxi, ^ütur bom. a’.Sitjjojj.ai.

lat. angor (et angus-tus), en regard du neutre skr. dmhahj zd 9^0 « angoisse » et de lit. ank-s-tas « étroit ».

Les formes de genre « animé » et de genre « inanimé » (neutre) ont pu exister concurremment, suivant la conception,nbsp;®insi qu’en témoignent lat. decus et decor, tenus et tenor.

4® Suffixe *-eu-. — Avec *-eu- sont formes de nombreux ad-l^ctifs, ayant le ton sur le suffixe; le vocalisme radical ordinaire ®st zéro, ainsi:

skr. gur-tih « lourd », gr. ^ap-y-c, got. kaur-u-scf. lat. Srauis (de *gquot;'rs-w-is ; v. p. gS).

skr. trp-u-h « assoiffe », got. 'paursus « sec » (avec j d’apres forme verbale -pairsan le ancien, représenté par r, est con-^'^rvé dans V. isl. furr, v. h. a. diirri).nbsp;gr. paö-bc, en regard de ^i'/Ooq.

Le vocalisme radical est o dans d’autres cas, ainsi : gr. r.oX-j-:, v. angl. feal-a « beaucoup », en regard de skr.nbsp;P^r-ü-}p « abondant », et du vocalisme e imprevu de got. fil-unbsp;* Leaucoup », v. irl. il.

le

Les substantifs en *-eu- ne forment une categorie une ni pour sens ni pour la forme (plusieurs appartiennent du reste a desnbsp;'^ncines qui ne sont pas connues par ailleurs) :

skr. paguh (masc.) et pAfu (neutre) « troupeau », got. faihu quot; possession, argent », la,i. pecus et pecu.

®^^r. hanuh « machoire » (sur è initial, v. p. i4i), gr. ysva?,.

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224 LE NOM

got. Idmus, V. irl. gin (génit. gmo), lat. genu-(tnus) « de Ia tna-choire ».

skr. hetüh « apparition, signe », avec vocalisme o de la racine et ton sur Ie sufïixe, comme got. haidus « manière ».

V. sl. domü gén. domu « maison », lat. domus gén. domus sont suspects de devoir leur vocalisme a *dónw- (skr. ddmahnbsp;« maison », gr. Soi^oc), aveclequel ils sont contaminés.

Le sufïixe *-eu~ semble secondaire dans une partie de ses em-plois; ainsi skr. manyüh « colère » = zd mainyus « esprit » a l’air d’un dérivé du thème *m°nei- attesté par got. muns « pensee » ; les mots grecs en du type oopeé;, ocp9}(F)ii (att. 95-péioc) sont en principe des derives de noms thématiques, cf. gr-oópoc.

5quot; Suffixe *-yo- (*-iyo). — Le sufïixe *-yo- (*-iyo~), secondaire, fournit des adjectifs et des abstraits derives de noms.

*gquot;'ow- « bceuf » : skr. gdv-ya-h « de boeuf », zd gao-yu-, arm. kog-i « beurre » ; gr. (ivv£a-)5itO(: (de *-^:f-yo-g).

La voyelle qui termine un thème de forme tbématique n’est pas conservée devant ce sufïixe :

skr. svcipn-(t)ya-m « songe » de svdpna-h « sommeil », lat. somn-iu-m de somnu-s, v. sl. sün-ïje « songe » de sünü « som-meil », gr. (èv-)ü-viov de {Ittvo-c.

skr. dfv-iya-h « de cheval » de dpva-h « cheval », gr. de 17:7:5-9.

Le sufïixe *-yo- (*-iyo-) a continué de fournir des mots a l’indo-iranien, au grec, au slave, au latin, etc., ainsi gr. -cikciog (*7sas®' y:-:) de ¦C£gt;v09, 6sX/.-4p-iï-v de Ssk-z-^p, etc.

La oü il semble fournir des tbèmes primaires, comme gr. jïüY' 1,0-9 « haïssable », v. sl. lü^ï « menteur » (lü^-je-'), il s’agitnbsp;réalité de dérivés de tbèmes a suffixe zéro *stug-, *lugh-,nbsp;peuvent par hasard n’ètre pas attestcs. Du reste a-u; existe peuknbsp;être, et est suppose par a'cóyo9, a7uyvÓ9, 0’7uy£pÓ9.

Le suffixe *-yo- C~iyo-') marque l’opposition entre plusieur® personnes ou plusieurs choses, tandis que *-ero-, *-tero- marquet'*'nbsp;une opposition de deux, ainsi:

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THEMES NOMINAUX 225

*al~yo- « autre » dans gr. aXXo;, lat. alius, got. aljis, v. irl. {yX*an-yo- dans skr. anyah « autre », zd anyo), en regard denbsp;got. an^ar, lit. an-tra~s « autre » (en parlant de deux), « Tunnbsp;(des deux) » et de lat. alter, fait sur alius.

Le gr. nbsp;nbsp;nbsp;et le lat. dex-ier ont done tous deux des suf-

fixes marquant opposition, mais axec une nuance de sens origi-*iairement différente dans les deux cas. — Dans skr. ndv-ya-h nouveau », lit. naü-ja-s, got. niu-ji-s, gaul. nov-io-, le suffixe *-yo-a marquer la « nouveauté » en I’opposant a tout ce qui n’estnbsp;I'^ns neuf; 11 y a en regard un suffixe en -er- dans gr. vsxpóc, lat.nbsp;^ouer-ca, arm. nor « nouveau ».

6” Suffixe *-en- — Gomme le précédent, le suffixe *-en- est ^oondaire ; ainsl dans got. gtima génit. gumins_« homme », lat.nbsp;^^0, hominis, dérivé du thème *gj]eni- de zd :(ym- « terre », gr.

fo

lit. ^m-è « terre », lat. hum-u-s : 1’homme est I’etre ^ lerrestre » par opposition aux dieux « célestes » ; dans skr.nbsp;« roi » (nom. sing. rajA, génit. rajhah) dérivé de raj-lat . rex. Toute la déclinaison faible du germanique renfermenbsp;®nfflxe secondaire, ainsi v. h. a. Q]eri-\ogo génit. {heri-\ogennbsp;' (d’armée) », en regard de lat. due- (nom. dux'). Gontracténbsp;la voyelle finale d’une forme thématique, le suffixe donnenbsp;voyelle longue dans axpaêwv génit. a-rpaêtavo?, de c-cpxSói;,nbsp;zd mq-Udn- « celui qui dit la parole sainte » dérivé de niMra-

^liule sainte », etc. (type qui s’est du reste étendu hors de

^intltes anciennes)

Qnelques mots isolés, sans doute dérivés d’anciens thèmes a zéro, ont ce même suffixe, ainsi ;

amp;kr.

skr.


tdh-an- « charpenüer », zd tas-an-, gr. tsht-ov-. uks-dn- « taureau », got. auhs-in-.

zd,


5^^ -^'S-an- (( male », hom. xpa-£v-, fpa-sv-, arm. afn « bélier


‘ars ge »nbsp;skr.


yüv-an- « jeune », zd y(ti)v-an, lat. iuu-en-(is).


Suffi


ixe *-no~. — Un emploi secondaire est attesté par des


A.. Meillet.


i5


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326 nbsp;nbsp;nbsp;LE NOM

formations comme lat. aènus (1ayes-no-s') de aes, ebur-nu-s de chur-, gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(^aXyes-vo-g} de ócO^yog; csXfjVï;, dor. asAavai

lesb. asXavva (^o-sXaj-va) « lune » (littéralement « pourvue d’e-dat ») de ciXxq, etc. ; un exemple indo-européen est :

zd raoxs-na « brlllant », v. pruss. laux-nos « astres », la^-lüna Qosna kVrènesiè)^ v. irl. lilan, v. sl. Irma lt;i lune », c’est' ^t-dire un thème 1louks-no- ; gr. 7.óyyoq représente 1luks-no-s; dansnbsp;les deux formes, on a affaire a un derive d’un thème 1leuk-es-,nbsp;est attesté par zd raocah- « lumière ».

Souvent aussi Ie sufExe 1-no-, portant Ie ton, s’ajoute a 1® forme sans e de la racine et fournit des adjectifs synonymes de®nbsp;adjectifs en 1-to- du type skr. gru-ta-h « entendu », gr.nbsp;lat. (in-')cli-ttis, qui seront étudiés p. sSo, ainsi :

skr. pür-iid-h « plein »; v. sl. plü-nü, lit. pïl-na-s, got.

(de 1fid-na-QP), v. irl. lan ; cf. lat. plè-nu-s, avec un autre voca' lisme (v. p. i3i).

Ce type est fréquent en Sanskrit : tlr-nd-h « traversé », na-h cc fendu », etc.

Le mème suffixe ajouté k la racine (ou plutót a un thèm® ® suffixe zéro) portant le ton et avec des degrés vocaliquesnbsp;définis, mais notamment avec le vocalisme fournit des nonJ®nbsp;d’action :

*swóp-no-, dans lit. sap-na-s, arm. khun, skr. svdp-na-h « soö® meil », lat. som—nus (les deux derniers pouvant aussi represent®1^

*sup-no-, dans gr. üiï-v-o;, v. sl. sü-nü, v. irl. süan, gaU- , cc sommeil », s’explique peut-être par l’influence d’un der1nbsp;*supniyo- (v. p. 22/1 et 288).

skr. dd-na-tn cc don », lat. dö-nu-m. skr. stha-na-m « lieu de repos », lit. stó-na-s « situation »•

*szcép-no, comme v. isl. suef-n cc sommeil »); le vocalisme *nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ytt

Ou, avec 1-na


er-


1

kquot;quot;ot-nd : zd kaè-na « vengeance », v. sl. cè-na « prix »? 0

Tvoi-vr^.

Le vocalisme o de la racine est normal dans le type grec : !X'K-q, cf. ;^ï(7)-u); Fópy-mo-'l, cf. (F)ipyo'r, etc.

Le suffixe d’adjectif admet aussi la forme 1-mo- dans got-

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THEMES KOMIKAUX 327

« cache » a cote de filha « je cache » et dans le type des par-hcipes slaves tels que v. si. vUc~énü « tire » a cote de vUkg «je », lit. velkii, et la forme *-ono- dans le type des participesnbsp;amp;ermaniques tels que got. bit-an-s « mordu » a cóté de beita « jenbsp;'^ords » (cf. skr. hhin-na-h cite ci-dessus), v. h. a. (g{)wort-annbsp;quot; devenu ». — La forme *-ono- a aussi fourni des substantifs surlenbsp;'•ype desquels repose I’infinitif germanique ; got. itan « manger »,nbsp;skr. dda-nam; le grec anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ainsi fjSovij, en regard de

8quot; Suffixe *-mo-. — Avec le sullixe *-mo- sont formes des ^djectifs secondaires, comme gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« ou Ton peut passer »,

(cf. £'iï(/')Ó!;), lit. drty-ma-s « proche », skr. ruk-mci-h quot; trillant » (du theme a suffixe zero ^leiik- : lat. lilx, skr. ruc-y,nbsp;dans quelques-uns, comme gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arm. jer-m « chaud »

(et zd gan-ma- « chaud », lat. for-mu-s, irl. gorm « bleu », vocalisme 0 de la racine), le theme primaire d’ou est dérivénbsp;^djectif en *-ino- n’est par hasard pas atteste. — Comme *-yo-,nbsp;suffixe marque une opposition en'tre plus de deux objets, ainsinbsp;*t. plr-ma-s « premier », got. frunia^ lat. primus (cf. prior ennbsp;^^dant de deux), gr. irpoixo;.

En outre, le même suffixe fournit des substantifs, les uns nette-^ent secondaires, comme ;

dru-md-h « arbre », gr, Spa-ij.dt « foret » ; cf. skr. ddni, drunah « arbre », et gr. Sópa, SpDc,nbsp;auires difficiles a analyser précisément, comme :

®Er. dhii-md-h « fumée », lit. du-mai (au pluriel), v. si. dy-niü ' ^'nnée », lat. fü-nm-s (et sans doute gr. Oüp.ó;).

skr. ir-ma-h « bras », zd ar^-ma-, got. ar-m-s, v. sl. ramo ^ ®pE*ule » (de *oromo, ^ en juger par l’intonation de serbe ramó),

' Ptuss. irmo « bras ».

ffisi

quot;^Oi


• isL halnir « paille », lat. culmus, lette salms, v. sl. slama, soloma, serbe slama (Ie suffixe slave est ici *-ma-), avec


^alisme o du premier élément de la racine dissyllabique, soit


ïfi V

'Cal zéro (v. p. 287), qui s’est étendu ii zxgt;ap,C(;, tandis c^ue *quot;01 slave a regu le vocalisme du masculin.


'”‘0- et le dérivé a suffixe -d- gr. -/.aXaur, avec un vocalisme


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228 LE NOM

Enfin, un type d’abstraits en *-snio-, sans doute a vocalisrne présuffixal o et ton sur *~smo-, est attesté par les mots lituaniensnbsp;tels que lank-sma-s « action de plier », cf. lenkiü «je plie », valk'nbsp;sma-s « action de tirer », cf. velkü «je tire », et grecs, tels qu6nbsp;7ïXo);;j.6; (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cf.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; a;;^’.a|j.ós (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;af-

cX'Zm ; oX;j.:? « mortier » de *ol-smo-s, en face de «Xïm ; etc. Le suffixe est plus rare sous la forme *-ma- ; mais on l’observe dansnbsp;quelques cas, comme gr. avsjj-o;, lat. animus, anima, en regardnbsp;de skr. aniti « il soufflé », anilah « vent », got. anan « souffler »gt;nbsp;V. irl. anal et gall, anadl « respiration ».

9quot; Suffixe *-er. — Ce suffixe n’était sans doute plus productie dès une date ancienne. II fournit:

a. Des noms de parente non analysables, comme : skr. svcisa « soeur » (thème svdsar-), zd xvanhar-, arm. kho}'^nbsp;(de *swesör, donnant *khehur, kheur, d’ofi khoyr), lit. sestl (géa-sesers), lat. soror, v. irl. siur, got. swistar.

skr. deva « frère du mari » (thème devür-'), gr. Bavjp, arm-taygr, lit. dëverïs, v. sl. dèverl.

g. Des nominatifs-accusatifs neutres singuliers de noms dont Ie reste de la flexion a Ie suffixe -en- :

skr. fidhar « sein », génit. üdhnah; gr. cjdxp, cüOaxoc ; lat. likaf'i V. h. a. utar.

Les derives de ces mots ont aussi *-r-, ainsi : gr. izX(F)xp (k cóté de Txtwv, skr. piva « gras ») : 7rt(/’)ïp°^’nbsp;skr. pïvarah « gras », et féminin : gr. Td(F)v.p%, akv. pivarï-

~f. Des adverbes indiquant opposition de deux choses : skr. up-dr-i « au-dessus », gr. ÜTc-ep, et lat. stip-er, en regni’^nbsp;de skr. upamdh « supérieur », et lat. summus. II est remarqual’|®nbsp;que ces formes pourvues de suffixes marquant opposition sigt'’^'nbsp;fient « sur », tandis que les formes simples, skr. üpa, gr-et lat. suk, signifient « sous » (mais non pas v. h. a. zt/ « sur ”gt;

V. sl. vüs-, marquant mouvement de bas en hant).

zd ao-air-i « en bas », got. undar « sous », en regard de sk''quot; adhamdh, lat. (d’origine dialectale) infimus.

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THEMES NOMISA.DX nbsp;nbsp;nbsp;2 2t)

t)e la sont dérivés des adjectifs en *-ero-, *-ro- marquant opposition de deux objets (cf. *~tero-, p- 233) ; gr- jTc-spo-; « pilon », et lat. sup-eru-s-skr. adh-ara-h « inférieur », lat. (dialectal) inf-eru-s.

On a vu, p. 225, gr. viapo?, etc.

h

*}{'''oit-ró-, et skr. cit-rah « brillant » ; le vocalisme zéro est le fréquent : skr. gurdh « fort », zd^M-rö-, gr. (de-)y.ij-po-5 ; cf.nbsp;gdv-ah « force ».

10quot; Suffixe *-ro-. — Le suffixe *-ro- (ou *-ero-') sert a former *^68 adjectifs synonymes de ceux en *-eu-j ainsi gr. -/.px-c-ó-g et y.pxz-« fort » ; il est souvent secondaire, ainsi dans gr. Xiyu-pi-?,nbsp;9«5s-p6-s, etc. ; mais il s’attache aussl h des racines d’unemanierenbsp;^Uiinédiate, et alors le vocalisme radical est o ou zéro : got. bait-‘1 •« amer » (littéralement « mordant »), de *bhoid-ró-s, et v.nbsp;' hittar « amer » de *hhid-ró-s', v. h. a. heitar « brillant »,

y *1'* Suffixe *-lo-. — Le suffixe *-lo- ne fait guère qu’élargir le J'^et dont il est dérivé dans skr. bahu-la-h « abondant », gr. Tia^yu-de skr. bahüh, gr. ¦jra/uj;; skr. ndbhï-la-m « nombril », gr.

lat. umbi-l-(ïcus), v. h. a. naholo, etc. Un mot tel que sit-l-s « siege » (cf. lat. sella, laconien èXXa) peut être tenunbsp;Pjiiir dérivé d’un thème a suffixe zéro *sed-, cf. véd. accus. sing.

dat. sdd-e « pour s’asseoir » et le composé la.tin (prae-)ses, ''®itHe gr. óp.aXó; sort de ó;j.d;, et lat. similis, irl. samail « res-®'*iklance » de *sem.- « un, pareil » (gr. sTg, Iv).

suffixe *-lo- a fourni desnoms d’agents comme lat. bib-iilus, » j^'ULus, trem-ulus, d’oü les participes slaves et arméniens ennbsp;«nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sk neslü {jesmi) « j’ai porté » et arm. gereal {ent)

tie nbsp;nbsp;nbsp;rinfinitif arménien, gerei « prendre » ; le tokha-

^ aussi beaucoup développé les participes en -1-.

Hun il a donné des diminutifs: lat. agel-lu-s de ager ; porcu-parSè-l-{is), v. h. a. farheli « petit pore ».

y 1

Suffixe *-et- {*-ed-). — Le suffixe *-et- a surtout pour role des thèmes, trés souvent des themes a suffixe zéro, dans

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23o LE NOM

skr. stil-t- « louange », zd stü-t- « celui qui loue »; skr. dt- « courant » ; gr. Orj-r- ; skr. (bhara-) bhf-t- « porteur d®nbsp;fardeau » ; gr. (a-)YV(ó--- ; pu d’autres thèmes: skr. da(d-i'nbsp;« dizaiiie », v. sl. dese-t-, lit. desim-t~, ou, avec -d-, gr. Sï/.a-S'inbsp;gr. |3apu--c-aT- (^apütr;?) en regard de skr. guruta « lourdeur » jnbsp;skr. sarvdt-a-t-, zd haurva-t-a-t- « intégrité », gr,

{b'K6vr^q), derive d’un thème *solwo-ta-, etc., etc. Le -t- est un élément de formation a peu pres dénué de sens propre : skf’nbsp;ydkr-t- « foie » a -t en face de zd yctkar^ (même sens);nbsp;thème neutre en *-n- a repu en grec une dentale, qui est peut-être partie de la forme de nominatif-accusatif singulier, ainsi gf-ovsjjiaTS? (d’après *èvo[j.aT), en face de gr. oviij.aivw, et de 1®^'nbsp;mmen, etc. Le gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et le got. hliftus « voleur » sont deu'^

élargissements différents d’un thème *klep-t-, lui-même élargi d® *klep-, qu’atteste gr. -/.Xilyh.

II est difficile d’analyser :

lat. noc-t-(nox, nocHs)', gr. rjz, 'w/.-k; got. nahfs « nuit ») V. lit. génit. plur. nakt-ti.

skr. ndp-at « petit-fils » ; lat. nepos, nepöiis; v. lit. nepoti^ i V. irl. niac génit. niath « neveu ».

i3. Suffixe *-to- (*-do-). — Le suffixe nbsp;nbsp;nbsp;portant le toH)

s’ajoute k la racine au degré zéro pour former des adjectifs:

skr. fru-td-h- « entendu », zd srutO, gr. y./ej-có;, lat. (jn') clitus, V. h. a. Hlot-(hari), nom propre (« dont l’arméenbsp;célèbre », arm. lu « connu ».

skr. syü-td-h « cousu », Ut. siü-ta-s, v. sl. si-tü (de *sjy'^^^’ lat. sü-tu-s.

Ge type est représenté par un nombre indéfini d’exe'ï’

P^es. ^ nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. la

Le même sufUxe donne des dérivés de noms, indiquaffi possession de telle ou telle chose; lat. sceles-tu-s, denbsp;harba-tu~s, de harha, cf. v. sl. brada-iü « barbu », denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_

lit. bar:(dó-ta-s « barbu », de barxdèi', gr. nbsp;nbsp;nbsp;de

lit. halnü-ta-s « qui a des collines », de kdlnas « colline » j S (tin-')qeni-^-s « non marié », etc.

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THEMES KOMINAHX aSr

Ges deux emplois sont identiques a ceux de *-no- (v. p. aaS) ; par exemple lat. fisstis (de i.-e. *bhit-to-s) se comporte commenbsp;skr. hhinndh, et lat. sceleshis comme gr. aAYstvóc.

11 y a aussi des substantifs en *-to- a vocalisme radical o et ton sur la racine; gr. oip-xc-lt;; « fardeau », a cóté de oepw ;nbsp;'lóa-xo-c « retour », a cóté de vsoiv.xi (thème *mse-^ ;

« couche », a cóté de xst-ixai; v. pruss. dalp-ta-n, v. si. dla-to « ciseau » ; v. pruss. pan-to « entrave » (féminin), v. si. pg-tonbsp;(serbepilto), a cóté de v. si. peti, etc. Quelques-uns out d’autresnbsp;¦vocalismes, ainsi gr. -/.ip.a-Tc-; et v. sax. morth « meurtre » ; cesnbsp;derniers noms peuvent d’ailleurs répondre é des noms en *-tha-de I’indo-iranien, du type skr. uk-thd-m, zd ux-l3-ni « parole »,nbsp;Les substantifs en *-to- (ou *-tho-) sont paralleles, pour le sens

pour la forme, au type *sivóp-no-, cité p. 226. — L’emploi secondaire existe aussi pour les substantifs: v. si. ^ivo-tii « vie »,nbsp;P'c-Ti-;; au féminin: lit. gyva-ta «vie», lat. tiï-ta (denbsp;uiuo-ta), gr.

Une forme *-eto- est attestee par divers mots, comme gr. kp-K-=ró-v; gaul. nem-eto-n, v. irl. nem-ed « sanctuaire »; et *-oio par §ot. naq-a^-s « nu ».

Parallèlement a 1’alternance -t-: -d- de skr. dagdt-: gr. ScxaS-, On observe une alternance de *-to- et *-do-, ainsi lit. tvir-ta-snbsp;« ferme » et v. si. tvrü-dü (même sens); got. naq-af-s « nu »,nbsp;otlat. mldus (de *nogquot;'-‘IJos) ; le -do- de lat. for-da se retrouvenbsp;dans le dérivé v. si. bré\da (de *bher9-d-ya') « pleine, grosse »nbsp;^e latin a loute une série : calidiis, horridus, etc.

i4. SulTixe —Le suffixe *-fo- est la forme thematique *^0 *-ek-: skr. marya-kd-h « petit homme » est a rapprocher denbsp;iJ-stpx;; V. si. novakii de gr. vs(/)a; ; skr. dnta-ka-h « quinbsp;ost a la fin » est dérivé de dntah « fin » , v. si. jino-kü, got. aina-lat. üni-cu-s, de i.-e. *oino- « seul » ; v. si. kratü-künbsp;quot; court » (russe korotkó « brièvement »), d’un thème *kortii-,• cf.nbsp;karliis «, amer », et skr. katuh « piquant (au gout » [mot prisnbsp;le Sanskrit au prakrit et représentant *krtühj) avec le dérivénbsp;^^t.u-ka-h (même sens); gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ouoi-y.6-lt;; etc., s’analysent

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LE NOM

d’eux-mêmes ; on notera en particulier *-sko- dans gr. xaiSi-ï'/s-ïr got. ^iudi-sk-s « payen » etc.

15. Suffixes *-yes- (^-ïyes-) et *-istho-. — Ce sont les suffixes primaires qui servant a la formation des comparatifs et super-latifs ; la racine a le vocalisme e et le ton : skr. vds-yas-, zdnbsp;van'h-yah- « meilleur » ; att. accus. hXzi’Qai (-w de -o*, anciennbsp;*-os^), V. si. gorjisï (c pire » ; skr. svad-lyas- « plus doux », att.nbsp;accus. -/jS-td); -iör- de lat. suau-ior, sen-ior, etc. peut représenternbsp;*-yös- OU *-ïyOs-. Le germanique a le suffixe *-yes- sous la formenbsp;sans Cy suivie d’un suffixe secondaire : got. hard-i:(-an-« plus dur », comparable pour la forme au thème ionien yjS-t-cv- inbsp;l’opposition attique du type en *-lyos- de l’accus. sing. etnbsp;du nom. plur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et du type en *-is-on- des autres cas, gén-

sing. ‘h,Uo')sq, etc. ('avec ï d’après nbsp;nbsp;nbsp;ifitouc) représente sanamp;

doute 1’état indo-européen.

Le vocalisme et la place du ton ressortent des exemples :

vdr-iyas- « plus large » ddv-iyas- « plus éloigné »nbsp;téj-lyas- « plus aigu »nbsp;ndv-yas- « plus neuf »nbsp;na^d-yah- « plus proche »

ion. xpiO-awv (de ^xpcx-ywv).


skr. ur-ti- « large » dü-rd~ « éloigné »nbsp;tig-nia- « aigu »nbsp;ndv-a~ « neuf »nbsp;zd asndt « de prés »nbsp;(de *i}xd-na-)nbsp;gr. hXlyoq

xpaTUi;, xpaxepó?


Ces mots ne sont pas dérivés des adjectifs correspondants» mais se rattachent immédiatement aux racines; ce ne sont p®®nbsp;des comparatifs, mais des sortes d’Intensifs; véd. ydj-ljd^'nbsp;signilie « qui sacrifie particulièrement bien ». On trouve ^nnbsp;védique aussi bien vdslyah « ce qui est trés large » quenbsp;vdrlyah « tres large relativement au large », c’est-a-dire « cenbsp;est plus large que le large ».

Ces intensifs avaient sans doute d’abord le caractère de substan-tils plus que d’adjèctifs: sans doute, en indo-européen orientaL tant en indo-iranien qu’en slave, ils ont une formation de fémi'

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THEMES NOMINADX 23J

^in, ainsi skr. varlyasl en face de varlyan ; raals le grec et 1’italo-celtique conservent un état ancien oü il n’y avail pas de thème Propre au féminin : gr. et lat. suauior sont féminins aussinbsp;^ien que masculins. Or, on le verra p. 244, la formation d’unnbsp;féminin est ce qui caractérise 1’adjectif indo-européen.

Le sufïixe de superlatif *-istho- est dérivé de -yes- par addition ^6 *~tho- ; skr. svM-i^tha-h « le plus doux », gr. v^S-ia-co-?, v. h. a.nbsp;^Uo^-isto. — La difference de vocalisme radical entre gr. /ptcjwvnbsp;le dérivé -/.pat'.s-co; peut être ancienne (v. p. 288).

16. Suffixe *-tero-, *-toro-, *-tro~. — Le suffixe secondaire *-tero-'^arque une opposition de deux objets, ainsi:

thème */equot;'ö- ; skr. ka-tard-h « lequel des deux », gr. Tró-Tepo-c, amp;ot. hwa-far, v. sl. ko-teryjl, ko-toryjl, lit. ka-trd-s, lat. u-ter.nbsp;gr. a'xspo; (et avec une alteration d’après eI; et h, Itepo?), got.nbsp;skr. dntarah, lit. antras, probablement v. sl. vütorünbsp;quot; autre (en parlant de deux), second », tandis que le mot pournbsp;quot; autre » (en parlant de plus de deux) est gr. aXXog, got. aljis,nbsp;alius (oppose a alter), v. p. 226. — skr. anydh —v. ü.jinü.nbsp;akr. dn-tara-h « intérieur », gr. Iv-xspo-v, lat. interior (avecnbsp;^‘fdition de -ior, qui est devenu la caractéristique de tous lesnbsp;'^ornparatifs en latin), k cóté de skr. antdr « 4 l’intérleur »,nbsp;inter.

La valeur ancienne du suffixe est conservée par exemple ^ans ces mots d’une inscription éléenne: jaxte èpsevaixspav ;j.aquot;Enbsp;^'I^'UTEpav « ni m41e ni femelle » ; gr. ipéu-xEpo-g ne signifie pasnbsp;'' plus montagneux », mais « de la montagne », par oppositionnbsp;^ quot; de la plaine » ; le skr. agva-tard-h « mulet » désigne unenbsp;®'^rte d’animal, analogue au cheval, et qui s’oppose au cheval;nbsp;a lat. mdter-tera « sosur de la mère » une personne proche denbsp;a Jïière et qu’on oppose 4 celle-cl; etc. Grace 4 ce sens, *-fóro-devenu suffixe secondaire de comparatif en grec, wiro-xepo-g denbsp;et en indo-iranien, skr. amd-tara-h « plus cru » de amdhnbsp;» • en irlandais, il marque 1’égalité; le sens ancien n’étaitnbsp;® plus cru », mais « cru » par comparaison avec autre chose;nbsp;viuxc Ki'affX (A 272).

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^34 LE NOM

Le suffixe *-tero- se compose de deux suffixes : nbsp;nbsp;nbsp;et *-ero'

(cf. p. 229) ; un suffixe correspondant qui marque oppositiou de pfusieurs objets a pour premier élément *-t(p)-, comme celui-C9nbsp;et pour second élément *-mo- (cf. p. 227) :

skr. ka-tama-h « lequel (de plusieurs) », lat. qüo-tumu-s. skr. cin-tama-h « qui est a l’intérieur », lat. in-timu-s-Le lat. ul-timu-s signifie ainsi le « dernier » (de tous), etnbsp;finitimu-s « qui est tout au bout ».

17. Suffixe *-ter- (et nbsp;nbsp;nbsp;— Le suffixe des noms d’agent sc

présente en grec — presque uniqiiement hors de l’ionien-attiqu® — sous deux formes; -Tip- (nom. - Twp, gén. -'quot;ipjc) et -T^p'nbsp;{nom. -r'qp, gén. -Tv'poi), au féminin -mpa (de *-\zp-yci) ; enlatinnbsp;sous la forme -tör-, fémin. -tr-i-c- ; en slave, au contraire, souSnbsp;la forme -ul- (élargie par -je- aux cas du singulier) ; r de indo'nbsp;iranien -tar- (skr. nom. -ta, acc. -tctrani, dat. -tr-è) peut repr®'nbsp;senter soit i.-e. *r, soit i.-e. */. La racine avait le vocalisme i'inbsp;dans les racines dissyllabiques, c’est la première partie du voca-lisme, qui est au degré e ; la place du ton est incertaine et variadnbsp;sans doute au cours de la flexion :

skr. jani-ta « celui qui engendre », gr. ysvs-T^p (YcVc'yJpsp)’ 7£Vc-TU)p (YEvsTopoï), lat. geni-lor.

skr. bóddha « qui observe », gr. *w£gt;jjTr;p (dans V. sl. hljustelji « observateur ».

L’opposition du vocalisme radical plein et du vocalisme sans ^ dans hom. Bwiwp, ^wtwp, è-i-S-qriiip et Bovi^p, l3oTr,p et ^ari^pnbsp;pas fortuite, car on retrouve un contraste pareil entre X£ipwvnbsp;X'.jri^v, dtcTpix et aiTp.^v.

18. Suffixes *-tro- C-tlo-) et *-dhro-, *-dhlo-. — Les deu’^ formes *-tro- etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;désignant 1’instrument de Faction, soi^^

Hl


: est le mème, le ton est sur la racine ; ainsi skr. gró-t^^'

attestées et apparaissent comme les formes thématiques suffixes precedents: skr. man-tra-h, zd mg.-^rö « formulenbsp;gieuse, prière », et lit. (^pa-)men-klas « monument » ne peuv® ^nbsp;être séparés de skr. manta (thème man-tar-') ; le vocalisme radi^®

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THEMES KOMIJfAUX 235

« Oreille », a coté de (ró-td « celui qui entend » (thème fró-tar-'); Ie grec n’a que-xpo-; As'/.-xpo-v, vte-xpo-v, etc. ; Ie slave a tracenbsp;de -tro- dans vë-trü « vent » ; Ie lituanien a i.-e.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;repré-

senté phonétiquement par -Ma- : x_én-kla-s « signe » (racine dis-syllabique, v. ci-dessus p. iSa) ; Ie latina les deux formes, ainsi 1'ös-tru-m et pö-culu-ni (cf. skr. pd-tra-m « vase a boire »); denbsp;niême l’irlandais : crïa-thar « crible », et- cê-tal « chant » (denbsp;et Ie germanique: got. smair-^r « graisse » et v. h. a.nbsp;sta-dal « grange » (de germ. *sta-^la-'). On congoit dès lorsnbsp;que, pour un même mot, on rencontre les deux formes du suffixe,nbsp;ainsi:

gr. apc-xpo-v, ir\. arathar « charme »,arm. arawr(de*ard-iro-') « charrue », lat. arci-tru-m, mais lit. dr-kla-s « charrue ».

Un autre suffixe, synonyme et parallèle, *-dhro-, *-dhlo-, est représenté par des mots comme lat. crl-bru-m et sta-bulu-m (ennbsp;regard de irl. crïathar « crible » et de v. h. a. stadaï), etc.; gr.nbsp;YïVi-OXi-v, quot;/u-xAs-v, (de *y_üQ as-v, par dissimilation), etc. ; tchèquenbsp;I'd-dlo (v. si. raid) « charrue », en face de gr. apo-xpov, etc.

19. Suffixe nbsp;nbsp;nbsp;— Le suffixe sert a former des noms

•i’action, k vocalisme zéro de la racine ; la place du ton variait Sans doute au cours dc la flexion ;

skr. gd-ti-h et ga-ti-h « venue », got. {ga)qum-^-s, gr. ga-ui-i;; peut-être lit. (pri-)gimtis « qualité innée » (cf. lit. ghh-ti « naitre »,nbsp;^Ütéralement « venir » ?).

skr. bhr-lih « action de porter », got. (^ga-haur-^-s) « naissance » We *l)}}2'-tei-), v. h. a. {gi-)bur-t « naissance » (de *bhr-téi-), v.nbsp;*rl. bri-th (infinitif) « porter ».

En italique, ce suffixe n’est plus représenté que par des mots rsolés et d’aspect altéré, tels que mens en regard de skr. mdtih,nbsp;^atih « pensee » : dans 1’usage ordinaire, c’est une forme elargienbsp;-On- qui est employee, ainsi lat. mentio, mentiOnis ; (con-)nbsp;en regard de skr. gamp;tih, gatih ; etc. ; de même en iriandaisnbsp;an arménien.

Ee même suffixe est souvent secondaire, ainsi dans skr. Po-dk-ti-h^ v. si. petl « groupe de cinq » ; lat. sémen-ti-s', v. si.

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236 LE WOM

gZps-ti, V. h. a. angus-t « angoisse », en face de themes en *-j-, shr. dmhah et lat. angor, angus-(tus).

20. nbsp;nbsp;nbsp;Suffixe *-teu-. — Le suffixe *-teu- donne aussi des nomsnbsp;d’action, mais oül’idée de 1’acteest plus en évidence ; skr. gdn-tu-h indique « 1’acte de marcher », plutót que la « venue » ; denbsp;la vient que ce sont les mots ainsi formés qui ont fourni le supinnbsp;en latin: it cubitum, en lituanien: éiks vdlgytu « va manger », ennbsp;slave: ceso ji^idete vidètü « qu’êtes-vous allés voir? », et en Sanskritnbsp;des infinitifs en -tum (identiques pour la forme aux supins precedents), -toh (génitif-ablatif), -tave (datif), -tavai. A en jugernbsp;par l’indo-iranien, le vocalisme radical est e (ou o), et le ton estnbsp;sur la racine. Mais quelques mots isolés ont le vocalisme zéro:

'lApdsu-s « gué », p3r3-tu-s « pont » (les deux formes repré-sentent *prtus)^ lat. por-tu-s, v. h. a. fur-t (germ. *fur-du- de pr-tü-), gaul. Ritu-(magus), nom de lieu (aujourd’hui Radepont)nbsp;qui signifie « (champ du) gué»,v. hretonnï^ glosant lat. uadutn,nbsp;V. iri. -rith « gué ».

lat. gus-tii-s, got. kus-tu-s « essai ».

21. nbsp;nbsp;nbsp;Suffixe *-men-. — Le suffixe *-men- sert è former desnbsp;noms d’action neutres ou masculins; les neutres sont fréquents;nbsp;ils ont le vocalisme e de la racine (et le degré e du premier élément des racines dissyllabiques) et le ton sur 1’élément prédési-nentiel. Ainsi;

skr. bhdr-ma « action de porter », gr. ipsp-ji.a; ou, avec une forme dissyllabique de la racine, skr. bhdri-man- « action denbsp;porter », v. sl. brëtne (russe berémja, serbe brème) « fardeau »•

La forme masculine a souvent le même vocalisme et la même place du ton, ainsi, a cóté de skr. tdrma « extrémité du piliernbsp;de sacrifice », gr. xlg-ga, lat. ter-men, on a gr. -tsp-p.wv, lat. ter-mö',nbsp;k cóté de lat. hinten (de *leuksmn), on a v. sax. lio-mo (d®nbsp;*lioh-md) « rayon de lumière », etc. Mais le vocalisme zéro de lanbsp;racine et le ton sur le suffixe se trouvent aussi dans: gr.nbsp;k cóté de asTiza;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; 6-(r^v. Le même suffixe donne égal®'

ment des noms d’agent, comme gr. fS-iAwv « qui sait», skr-

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THEMES NOMINAUX nbsp;nbsp;nbsp;287

dhar-mA « qui tient » ; le skr. brdhim (neutre) signifie « priere » brahma (masculin) « prêtre, brahmane ».

Les noms de ce type semblent avoir été souvent élargis par le suflixe secondaire ainsi skr. (ró-ma-ta-m « réputation »,nbsp;V. h. a. (]j)liu-mun-t, en regard de zd sraoman- « ouie », got.nbsp;kliuma; en la tin, ce fait est frequent: augmen et augmentum, etc.,nbsp;d’ou le type en -mentum de monumentum, etc.

De même que Ton a *-smo- a cóté de *-mo-, on trouve *-snun~ 3 cóté de *-OT£W- : gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« ecriture » (a Argos) de *ypxs-

quot;p.x, V. si. cisme « nombre » en face de cUg « je compte », lat. Itlnien de *leuk~smi}, etc.

22. Sufilxe nbsp;nbsp;nbsp;— Le suffixe secondaireestattesté

par 1’accord de indo-iran. *-zuant- et de gr. nbsp;nbsp;nbsp;: skr. putrd-

, zd pu^ra-vant- « qui a un fils », gr. yxp[-(F')vr~ « qui a de la grace ».

Remarques générales. — I. L’énumération précédente ne *^omprend que des suffixes simples ou qui fonctionnent commenbsp;tels : un suffixe *-wen- n’y figure pas, paree qu’il peut être couqunbsp;^oiïime un suffixe -u- (forme k vocalisme zéro) élargi par -m-,nbsp;ainsi: gr. ov-F-i'i, en regard de lat. ae-iio-m, got. ai-w-s « duree,nbsp;aternité » et de skr. hyu-^- « durée ». Mais certains des suffixesnbsp;Hi’elle comprend et qui apparaissent comme simples résultentnbsp;aans doute de 1’accumulation de suffixes secondaires; e’estnbsp;*iotamment le cas du dernier suffixe indiqué,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(*-iu-en-i-?).

Et les accumulations de suffixes ont joué de bonne heure un S^'and role; ainsi un groupe *-i-ko-, féminin ^-i-ka- se rencontrenbsp;f la fois en Sanskrit et en slave dans le dérivé diminutif du motnbsp;« souris » et « muscle du bras » : skr. müs-ïka « souris »,nbsp;sl. mys-lca « bras »,pol. myska « souris »,russe myska « ais-aella »; le latin a de même son suffixe complexe de diminutifnbsp;J-'ulus dans le dérivé du même mot müsculus, é cóté de müs. Lesnbsp;de ce genre sont innombrables.

lE Dans les formations secondaires, l’élément qui précède

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238 LE NOM

immédiatement Ie suffixe secondaire a, en regie générale, Ie Yocalisme zéro, ainsi :

i.-e. nbsp;nbsp;nbsp;et non *-yes-, dans *-is-tho-, skr. -is-tha-, gr. -ii-

Tj-, got. -is-ta-, V. ci'dessus p. 233.

i.-e. *-u-, et non *-eu-, dans skr. guru-td « lourdeur », gr.

i.-e. *-i-, et non dans skr. avi-kd « brebis », v. sl. ovï-ca-i.-e. *-?¦-, et non *-er-, dans skr. pltr-iyah « paternel », gr. Tidtxp-iop, lat. patr-üis.

Dans les ihèmes tirés d’un mot qui renferme déja un suffixe, non seulement 1’élément présulfixal nouveau, mais aussi l’élémentnbsp;radical précédent, tendent a avoir Ie vocalisme zéro : si lesnbsp;exemples sont rares, ceci tient a ce que l’analogie en a éliminé lanbsp;plupart, et a ce qu’ont seuls subsisté ceux que des circonstancesnbsp;particulières ont préserves, ainsi ;

de *k'^etwer- (skr. catvar-ah « quatre », dor. xjxips;, etc.); *'k”tiir~yo-, zd (a-^xtüinm « pour Ia quatrième fois », tüiryönbsp;« quatrième », skr. turiyah « quatrième », ou *k'^trto- dans gr.nbsp;xap-'/;;zópwv « quart », latin de Préneste Quorta.

de *dei-wo- « dieu » (skr. devdh,\amp;^.deus, etc.) : skr. div-yd-h « divin », gr. STiq (de *o'./'-ji-;) ; lat. dïus (de *diu-io-s), soit i.-e-*diw-yo--

Les verbes dénominatifs ontdü présenter aussi cette parlicula-rité, témoin att. gA’xxw « je coupe Ie miel » (de *mlit-yo) dérive de 'j.ïX'.T-.

III. Le redoublement joue dans les formations nominales un róle moindre que dans les formations verbales, et il n’y a pa®nbsp;une valeur aussi nettement définie :

redoublement intensif, par exemple dans skr. kar-kar-i-h (sov\^ d’instrument de musique), v. sl. kla-kolü, r. kólo-kol « cloche »nbsp;(de *fo/-fo/o-),lIt. nom. plur. kan-kl-és (sorte d’instrument anbsp;cordes), kankalas « clochette » ; ou skr. kar-ka-tah (forme pra.'nbsp;krite d’un ancien *kar-ki'-ta-h) « écrevisse », lat. cancer QhèrdSnbsp;*kan-kró-, de *kar-kro-, cf. p. iSg).

redoublement ordinaire, avec *e ou *i, comme dans skr. cdk'

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THEMES NOMINAUX nbsp;nbsp;nbsp;289

^cim, zd ca-xr3m « roue », v. angl. hweohhol, hweowol, hwéoï « roue » (de *hwe-hla-, *hwe-wla-, anciens *^'V k^lo- et *kquot;'e-gr. y.uvXcq (de *k'^e-k'^lo-s), lit. ka-klas « cou » (qui peutnbsp;•quot;eprésenter un plus ancien lit. *ke-klas'), a cote de la forme sansnbsp;redoublement v. si. kolo, v. pruss. kelan, v. isl. huel « roue » ;nbsp;ou lat. fe-bcr « castor », lit. hi-hrus, cornique be-ftr, skr. ha-^hrüh « brun », a cote du redoublement avec *i dans lat. fi-bernbsp;* castor », gaul. Bi-br-(ax), v. si. bï-brü, v. h. a. bi-bar.

Les exemples montrent que le redoublement a une valeur Expressive dans ces formations.

Participes. — Outre les thèmes nominaux precedents, pri-*iiaires et secondaires, I’indo-europeen aA'ait des thèmes nominaux de thèmes verbaux, ou participes. Des adjectifs comme gr. /.Xu-ou aTuYquot;'''“S “E sont pas des participes indo-europeens pareenbsp;fu’ils ne sont pas derives de thèmes verbaux; e’est seulementnbsp;lors du developpement des diverses langues que des themes pré-®6ntant ces suffixes ont été incorporés au verbe, ainsi amatus ennbsp;tiffin ou dëlanü « fait », délalü en vieux slave.

Toutefois les causatifs sont accompagnés d’adjectifs en *-to-ffui presentent un *-i- appartenant au theme verbal:

darfdyati « il fait voir » ^Et. {ga-yarhjan « distinguer »nbsp;moneö

laikaü « je tiens »

darfi-t'd-h « montre » (^ga-)tarhi-^-s « mal fame »nbsp;moni-tu-s

laiky-ta-s « tenu »,

de V


e’est è ces formes que se rattachent les infinitifs comme lit. ^aikyti « tenir », v. si. biiditi « éveiller », oulegr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;è cote

'Aopiio).


Les participes indo-europeens proprement dits sont les suivants :

. 1“ Participes actifs de présents et d’aoristesen — Quand ajoute aux themes athématiques sans redoublement, le suffixenbsp;*-cnt-, *-ont-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ainsi skr. s-dn « étant », nom. plur.

^'^nt-ahj gén. sing, s-ai-dh, en face de skr. ds-ti « il est », ‘^nti « its sont » ; v. si. s-y « étant » (de *s-ont-s') en face de

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24o LE NOM

jes-tü « il est », s-ptü « lis sont » ; gr. wv (au lieu de *(ov); lat. (prae-^s-ens, etc.; quand il s’ajoute aux thèmes athématiques anbsp;redoublement (et a celui d’aoriste en -5-), il a la forme *-nt- ^nbsp;tous les cas : skr. nom. sing, ddd-at (de *ded~r}t-s) « donnant »gt;nbsp;grec Tiöei'? (de *0i0£ -vTc); dans les deux cas, l’élément qui precede Ie suffixe du participe a Ie vocalisme zéro. — Quant auxnbsp;thèmes thématiques, Ie type skr. hhdran «portant », nom. plur.nbsp;bhdrant-ah, génit. sing, hharat-ah ; gr. ^épwv, pépov-ïs;, ^spsv-Tog; lat. uehens, uehentis; lit. vei;as, v. sl. ve^y (nom. pl.ve:(gste)nbsp;« conduisant en char » admet deux interpretations : *bhérelo~nt,nbsp;^wégjiejo-nt- ou ^hhér-ejont-, *wégJ}-elont-, suivant qu’on con-sidère Télément ejo comme la voyelle thématique des thèmesnbsp;*bhire-, *wégihe-, ou comme la voyelle du sufTixe. — Quoi qu’ünbsp;en soit, ce suffixe s’ajoute a tous les thèmes de présents et d’ao-ristes; ainsi gr. -cctvu, tïivwv xd'io'noc o:zp.vYiij.i, Sa[Avagnbsp;eXceov, /.iTctóv AtzóvTog; Xïèiw, Aeitiwv keitl'ovtsg ; è'Teua, xdsiinbsp;TeiaavcGc ; etc.

2quot; Particlpes aetifs de parfaits en *-wes- {*-zuet-'). — Le suf-fixe a deux formes qui sans doute alternaient au cours de la flexion j Tune, *-wes-, est attestée par skr. nom. sing, -vdn, nom. plur.nbsp;-vims-ah (avec intercalation proprement sanskrite d’une nasale),nbsp;gén. sing, -ü^-ah, féminin nom. sing, -tif-t; gr. neutrenbsp;fém. -uïa (de *-uj-ya); v. sl. fémin. -üs-i, Ut. fémin. -usi', l’autrenbsp;forme, *-ivet-, est attestée par skr. instrumental -vdd-bhih, loc.nbsp;plur. -vat-su ; gr. génit. -/'ói-og. L’élément présuffixal a souventnbsp;le vocalisme zéro; ainsi:

skr. ririk van « ayant laissé », Ut. fémin. Uk-us~i; skr. nianii’-vcln « étant mort », fémin. mamr-iifl, Ut. fémin.nbsp;mïr-us-i, v. sl. féminin -mir-üs-i.nbsp;gr. [jie[A*-(/')(óg, S£S(f)i-(/')(4g, etc.

Mais l’opposition de gr. /’eiSwc, ^tS-uïa (en regard de skr. vid' van « sachant », fémin. vid-ü^i) montre que le masculin a eu ennbsp;indo-européen le vocalisme e de la présuffixale, et le féminin 1®nbsp;vocalisme sans e : cette difference s’explique par le fait que 1®nbsp;féminin renferme un suffixe secondaire ajouté au thème du maS'

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THEMES HOMINAUX nbsp;nbsp;nbsp;24 I

lt;^ulin, et Ton rentre ainsi dans le cas general signalé p. 238; le '^ocalisme e. de la presuffixale se retrouve dans got. iveitwo^snbsp;« temoin », ancien particlpe parfait répondant ^ gr. /quot;ei-Sw?. Lenbsp;grec a encore hom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etc. et avec extension

grecque du vocalismeo^ hom. •tis'ksvOw?, iceTcaö’jiïj.

3quot; Particlpes moyens du présent-aoriste et du parfait. — Dans type thématique, le grec a (9£ps-);Acvo-(;, le Sanskrit (bhara-)nbsp;’’^aija-h « portant », le zend (yazp-ymna- « sacrifiant m, le latinnbsp;iyirtu-)mnus (seulement des traces isolees), le vieux prussiennbsp;^o-klausi-)mana-s « entendu », et le tokharien B weskemanenbsp;quot; disant », de sorte que Ton a des vocalismes varies d’un mêmenbsp;^ulTixe, avec e, avec o, avec vocalisme zéro, avec longue. Le *-Tno-^'1 type V. si. ve-zo-mü « conduit en char », lit. veza-tna-s estnbsp;différent; on s’est demandé si *-nio- n’y serait pas une réductionnbsp;de *-mno- faite déja en indo-européen. — Dans le type athéma-dque, le Sanskrit a -ana- au présent duh-anci-h « trayant » commenbsp;parfait bubudh-and-h « s’étant éveillé »; le grec a -jj.svo-,nbsp;'^Omme dans le type thématique : Tt9£-[j,£V5-lt;;, y.ei'-izevs-c, et denbsp;au parfait : ¦Ksiyjy-'fifvoc, etc.

Les participes conserventtoute la valeur sémantique des themes ^erbaux dont ils sont tirés, et ils ont, de plus, on le voit, la dis-ditction de présent-aoriste et de parfait et des voix active etnbsp;f^'^yenne; la place du ton est la même que dans les formes ver-^les personnelles correspondantes, et dans le type athematique,nbsp;même que celle des formes a ton sur la fm du mot, ainsi gr.nbsp;etc.

tère

ch,

don a quelque autre mot.

^ ^^finitifs. — Les racines présentent, h cóté des themes verbaux, themes nominaux qui ne sont pas dérivés de ceux-ci, matsnbsp;) taisant partie du même groupe de mots, ont des sens voi-A. Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i6

^ ^’importance des participes en indo-européen résulte du carac-

appositionnel de la construction qui sera mis en évidenco au J^^pitre VII: le participe est une forme qui s’emploie en appo-

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2^2 LE NOM

sins; ces themes nominaux ont done la valeur qu’ont prise par ha suite les noms dcrivés des thèmes Yerbaux et peuvent jouer 1®nbsp;mèine róle que jouent ailleurs des substantifs verbaux ou desnbsp;infinitifs ; ainsi un datif véd. dj-e « pour la conduite » du thèm®nbsp;a sulRxe zéro skr. aj- équivaut au frangais « pour conduirenbsp;et Ie lat. agï y peut répondre exactement pour la forme; Ie datihnbsp;d’un thème skr. vid-nidn- « connalssance », soit vid-mdn-^gt;nbsp;signifie naturellement « pour savoir » ; un infinitif commenbsp;semble dès lors représenter Ie locatif ^ desinence zéro de thèm®®nbsp;en *-men- comme véd. dhdr-man « dans Ie fait de tenir,nbsp;tenant », etc.

En revanche rien ne prouve que l’indo-européen ait possédé d® véritables infinitifs, c’est-k-dire des formes nominales, fléchiesoi*nbsp;non, rattachées aux formes verbales, bien moins encore des forme*nbsp;nominales tirées de thèmes verbaux, comme on a gr.

X'-xstv, XetUetv, XsXswïvai, lat. Unquereel liquisse, esse et/wVrr-h®* formes de l’indo-iranien en *-dhyai, par example véd. vdha-dhj^^

« conduire en char » du thème vdha- de vdhati « il conduit ®® char », rappellent Ie type des infinitifs moyens du grecnbsp;tout en en étant bien dlfférentes. — Dans Ie lat. ferl-bani,nbsp;ham, monê~bó', jalbo-da « j’ai oint », salbo-dedum « nous avo®®nbsp;oint » ; V. sl. vedé-axü «je conduisals », etc., Ie premier memh*’®nbsp;serait une sorte d’infinitif, de type inconnu par ailleurs, etnbsp;second une forme verbale personnelle accessoire signifianta ètr®

OU « faire ».

Sur l’origine des formations différentes d’une langue a 1’autr®^ on ne peut faire que des hypothèses incertaines. Sans doute»

type gr.

;ire‘

peut s’expliquer par un locatif de thèmes en

élargi par -en-, soit *bher-es-en, et Ie védique offre en ® quelques locatifs en -s-an-i, qui servent de noms d’action ; ®|nbsp;finale de lat. es-se, uelle, dïcere, dïxisse peut être celle d'^*nbsp;locatif de thème en *-es-; mais ce n’est pas chose démontrah^®nbsp;Et 1’on ignore ce que peut être Ie -m du type gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;’

En somme, Findo-européen ne semble pas avoir eu d’infinit’ toutes les langues n’ont pas un veritable infinitif, et la

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LE FEMEMiN 24s

y en a, les formes ne concordent pas même dans les langues les plus voisines. Gette absence d’infinitifs s’explique par Ie carac-^ere de Tindo-européen, ob il n’y a pas de formes exprimantnbsp;1’idée générale du mot, comme un infinitif francais peut servlr anbsp;euoncer un verbe, et oü il y a seulement des formes fléchiesnbsp;•liverses exprimant des nuances diverses.

de

et

La formation du féminin et les suffixes *-d-, *-ya-. — Mème lUand ils désignent des êtres sexués, les substantifs indo-^uropéens n’ont pas la marqué du masculin ou du féminin ; lesnbsp;*'ems de parente tels que lat. pater et frater, mater et soror n’ont,nbsp;dans leur thème, soit dans leur flexion, rien qui les carac-*'6rise comme masculins ou comme féminins. Les thèmes en*-£/o-il est vrai, Ie plus souvent masculins ou neutres ; mais Ienbsp;Srec et Ie latin en ont de féminins, ainsiles noms d’arbres commenbsp;ipYjysq (dor. (payi;), lat. fagiis (Ie mot germanique correspondent est devenu thème en -a- comme Ie suppose Ie v. h. a.nbsp;^^ohha)', et l’arménien en a euaussi, comme Ie montre mm, génit.nbsp;^Uoy « bru », en regard de gr. vuig (féminin). II y a done eu desnbsp;f’ehstantifs thèmes en -e/o- indo-européens de genre féminin ; maisnbsp;de ont été éliminés presque partout; ainsi i.-e. *snusó- « bru » estnbsp;dnvenu thème en-a- dans skr. snufd, v. sl. snüxa, v. angl. snoru,nbsp;populaire 7iora, et thème en -u- dans lat. nurus (sous l’influencenbsp;^ocrus). Un nom tel que gr. apxTo? désigne a la fois 1’ « ours »nbsp;« ourse », et tel était l’état indo-européen; aussi Ie fémininnbsp;du latin est-il formé autrement que Ie féminin skr. rkn de

^hah. Le gr. feot; désigne a la fois Ie « cheval » et la « jument»,

toutes concordantes qu’elles soient, les désignations de la ‘®nt, skr. cifva, Ut. asvd(de *esva), lat. equa, sont descréationsnbsp;y dépendantes du sanskrit, du lltuanien et du latin. Les substan-thèmes en *-a- et *-ya- sont pour la plupart féminins ; mais cesnbsp;^ ^es suffixes servent a former des noms, le plus souvent com-. désignant des êtres males et qui sont par suite masculins,nbsp;l^t. agricol-a, v. sl. sluga « serviteur », (vojefvod-a « con-d’armée » (cf. le type arm. snker « compagnon», instr.nbsp;littéralement « qui mange a vee » ?), gr.

I

intn,

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2 44 LE NOM

(nomiii. nbsp;nbsp;nbsp;ou v. sl. bal-lji (acc. bal4jg) « médecin »gt;

skr. ratU- (nomin. rathih) « conducteur de char », etc.

Même les substantifs thèmes en -ejo- ou en -a- n’ont done pa® par eux-mêmes de distinction des genres masculin et féminin;nbsp;Ie genre masculin ou féminin d’un substantif indo-européen ne senbsp;reconnait qu’a la forme de 1’adjectif qui se rapporte ou peut senbsp;rapporter a ce substantif (cf. ci-dessus, p. 215).

Les adjectifs caractérisent Ie féminin par les suffixes, essentiel-lement secondaires, *-d- et *-yd~ : 1’existence de deux thèmes, l’un pour Ie masculin, 1’autre pour Ie féminin, est l’unique trait denbsp;forme qui distingue l’adjectif du substantif ;

iquot; *-d- (vocalisme zéro *-3-). — G’est au moyen de qü® sont formés les féminins d’adjectifs du type thématique : a skr-sdna-, gr. hc-, lit. sena- « vieux » répond un féminin skr. sanA')nbsp;gr. svit-, lit. smo-; i skr. gruta-, gr. -/.X-j-ïó-, lat. -dito-, uHnbsp;féminin skr. fruta-, gr. y.Xuxa-, lat. -ditd-; etc.

*-yd- (^-iya): avec vocalisme zéro, *-i-(*-iy3-'). — Le suflfi’^^® *-yd- est en usage pour les adjectifs du type athématique. La dif'nbsp;férence denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et *-iyd- semble avoir tenu en indo-europée^^

uniquement è la quantité de 1’élément précédent; gr. irhipi-, \iFep-yx, et rroz'/ix-, de ^itsxv-'.ya-, représentent sans doutenbsp;ancien : le nominatif de l’un devrait être *i:i£pï (avec -ï denbsp;et celui de 1’autre uÓTv.a (avec -ix de *-iy3'), mais le grec a géne'nbsp;ralisé Vd du type zixvta et a un nominatif xisipa en regard de véd-pivart; inversement l’indo-iranien a généralisé -t, et le nominatifnbsp;qui correspond a gr. eóxvix est skr. pdtn-ï « maitresse »;nbsp;généralisations semblables ont eu lieu dans les autres langues-Devant *-yd-, l’élément terminal du thème de masculin-neutrenbsp;a d’ordinaire au féminin le vocalisme zéro, mais aussi parfois nnnbsp;autre vocalisme ;

thème des participes tels que *bhéront- : fémin. *bhéront-)A'' skr. bhdrant-yd-, gr. *9=povx-ya- (nomin. att. ipipouax, dor.nbsp;piacx, lesb. ^fpotaa), v. sl. bergsta- (de *bergt-ja-), de même L*quot;'

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LE FEMIISIS 24£)

*ve^ant-jö- (nomin. veiant-l) « conduisant en voiture » et got. frijond-jo- (nomm. frijond-t) « amie ».

skr. thème masc. yilvan- « jeune », fémln. nomin. yün~ï, cf. iün-ï-(^-x).

skr. thème masc. svaddv- : nom. fémin. svadv-i; mals gr. ¦f'fisXx (de *'Fó'2iF-voi; avec extension du vocalisme de Ta-etc.).

Le féminin était sans doute d’abord dérivé du radical indé-Pendamment du masculin correspondant; on n’a aucune raison 'le croire qu’il ait été perdu un *w dans des formes telles que gr.nbsp;’'skka- (icoWri) regard de ttsX’j;, got. kaurjo- « lourde » ennbsp;'‘egard de Itaurus « lourd », lit. placo- (de *platjo-) en regard denbsp;piatüs « large », etc. Le féminin skr. pamp;likni « grise » est indé-Pendant de palitah « gris », et Vn du féminin skr. pdtnl, gr.nbsp;’‘ó'v'.a, V. lit. -paint ne se retrouve pas dans skr. pdtih « maitre »,nbsp;V. lit. palis. Les thèmes en *-rln-, qui n’ont -r- qu’aunbsp;quot;erninatif-accusatif singulier neutre (gr. Tciap par exemple) etnbsp;'leut tout le masculin repose sur Ia forme en -n- ainsi gr. 7:iiva,nbsp;''ed. pivanam a Taccusatif singulier) doivent a la forme en -r-féminin gr. ms’.pa, véd. pivari. Le féminin a done dü êtrenbsp;I'saucoup plus indépendant du masculin qu’il ne semble a ennbsp;l'^ger par l’état qu’offrent a date historique les langues indo-^''i'opéennes attestées.

Les suffixes *-a- et *-yd-, qui servent a former le féminin des ^'Ijectifs, fournissent aussi des derives de substantifs.

Le *-a-, on a ainsi beaucoup de noms féminins parallèles aux *^^sculins du type thématiqué, ainsi gr. ¦üï.sy.r, a cóté de %gt;.i-avec un contraste de la place du ton entre le thème masculinnbsp;thème féminin; et de même ojXsv : lüX-é,; vsüpov : vEupi;nbsp;, svddanani « goüt » : gr. r^orq; le type gr. (Spsv-tv^ en regardnbsp;®nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etc. La flexion des thèmes en *-a- comportaitd’ailleurs,

®’hvi


lïioins pour une partie des mots, variation de la place du ton

®nt les cas, comme on le verra dans la flexion. Le type de

lit. rankd et y. sl. rgka « main », Le même suflixe fournit de nom-

^'-'¦''-¦('se retrouve dans lal. torn. Ut. rankd et v. sl. rnka « main », • staiga « chemin », etc. —

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246 LE NOM

breux dérivés de themes de substantifs du type athématique, ainsi gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en regard de hom. ^yap, '/.pr0-4 en regard de y.p‘

(ancien *-/.pI0), lit. vasar-a « printemps » cf. gr. Féxp et v. sh vesn-a « printemps », a cóté de skr. vasan(^-tab) « printemps »jnbsp;lat. ör-üj cf. ös; etc. — Et c’est encore ce suffixe que présente Ienbsp;nominatif-accusatif singulier neutre du collectif qui tient lieu denbsp;nominatif-accusatif plUriel neutre, véd. yugê «jougs », got. /ubüi/nbsp;gr. Dj'/a, lat. mga, etc. (v. p. 253). Le même suffixe avec 1^nbsp;même valeur collective apparait dans gr. ©patpa (ion. ^p-^Tpij))nbsp;qui en raison du sens, est du genre animé (féminin, paree que 1®nbsp;suffixe'-a- fournit des féminins plutót que des masculins).

Le suffixe nbsp;nbsp;nbsp;dans les substantifs, fournit des féminins ®

des noms d’agents (cas oü la formation d’un féminin de sub' stantif est appelée par le sens, et a été réalisée d’après le model®nbsp;des adjectifs) :

skr. thème masc, janitdr-, janitar- : fémin. nomin. jdnitr-ïj cf. lat. genitor, gemtrï{-x) ; gr. yevsrrip, ysvéTwp : yevizsipx.

skr. thème masc. tcik^an- « charpentier » : fémin. nom-taksiyi, gr. TÉy.Twv ; ¦cé'/.Taiva; skr. thème masc. ramp;jan- « roi » ' fémin. nomin. rhjnl « reine », cf. irl. ngain(Ae *rêg°n-l-^.

11 y a des formations féminines comme véd. devi (gén.-abl-dev(i')yah') « déesse » et lit. ddvè (ancien *deivyd) « fantóme » face des masculins véd. devah « dieu », lit. divasou skr.

lt;( louve » (gén. vrk(_i)yah), lit. vlliié^ v. isl. ylgr, en face d® masculin skr. vfkah « loup », lit. vilkas : mais ce sont sa®®nbsp;doute des formations secondaires, et relativement récentes : ®^nbsp;face de deus, le latin a une autre forme, sürement récente, dea-On notera un collectif, de genre animé, gr. (ppaxpia, v. sl.nbsp;trïja « les frères », dont la formation est comparable a celle d®®nbsp;collectifs tels que v. sl. kamenïje « pierres », listvije « feuille® ’’’nbsp;etc., etc.

' 1 Le suffixe *-yd- sert a élargir des thèmes, ainsi dans v. ® ’

^emlja « terre », lit. ^èniê (ancien \emjo), en face de gr. skr. hüh, zd « terre » (sur ce thème, voir p. 218). II est pr*^^nbsp;bable que les substantifs tels que gr. tfó'Cx (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bt.'t*^'

« connaissance », v. sl. lü^a (de *lüg-ja') « mensonge »,

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LE FÉMININ nbsp;nbsp;nbsp;2.47

des derives de themes a suffixe zéro, tels que gr. attesté dans ^yYa-Ss. Véd. tdvi^-i, zd tivis-i « force », est un derive de indo-iran. tavis- « force », qui semble attesté une fois dans une gathanbsp;de l’Avesta. Le type gr. aAr,0£ia est manifestement derive.

Dès l’époque indo-européenne, il semble que *-yd- ait été fléchi de deux manières, avec alternancenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;comme

dans skr. bharant-l- génit. hharant-yd-h, ou, sans alternance, lt;^onstamment avec le vocalisme zéro, soit *-l- ; ainsi le fémininnbsp;de skr. napdt « petit-fils » est skr. napti-h génit. napt(i)y-ah, cf.

nept-i-s ; c’est ce second type, avec s au nominatif, qui a été généralisé en latin la 011 le sufïixe secondaire -k- n’a pas été ajouténbsp;Comme dans genetrï-x, iünï-x, et ainsi lat. suduis qui répond anbsp;svddvi, sert a la fois pour le masculin et le féminin ; ferensnbsp;de *ferentis (comme mens de *mentis'), répond a skr. hharantl,nbsp;^lais est a la fois masculin et féminin, etc. ; par ce procédé certains adjectifs et tous les participes latins en sont venus a perdre

distinction du masculin et du féminin.

A cóté du féminin normal en *-yd- du type skr. tdti-ü-h * mince » (littéralement « tendu »), féminin tdnvi, cf. lat. tenuis,nbsp;d a pu y en avoir un autre caractérisé par *-d- (dont la forme anbsp;Vocalisme zéro est -3-) soitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d’oü *-ü-; le vocalisme zéro a

®té généralisé dans toute la flexion comme dans le type skr. ‘^aptih^ et ainsi l’on a skr. tdnfi-h « corps », génit. tan(u)v-ah.nbsp;^’est de cette manière qu’est formé le féminin remarquable dunbsp;®aot skr. fvdfurah (de *sva(urdh) « père du mari », zd xvasurO,nbsp;dom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lit. sèsurds, lat. socer : skr. fvafrüh « mère

du mari », V. sl. svekry, lat. socrus, v. h. a. swigar, c’est-a-dire |quot;6- *szuekra- de *swekrw3-, avec w après r en regard de -ur- dansnbsp;c masculin; de même, *g'quot;fnü- (de *gquot;’r3-nw-3-'), attesté par v.nbsp;d- \rüny, got. -qdirnus « pierre a moudre », est un dérivé ennbsp;: -a- du thème attesté par skr. gravdn-, v. irl. brO, gall,nbsp;(même sens); la métathèse de iv est analogue aux faitsnbsp;^'SUalés p. io4. On entrevoit ici une série de faits complexes.

L’adjectif a soit le thème de masculin (et neutre), soit le thème de féminin, suivant que le substantif auquel il se rapporte appelle

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248 LE gt;'0M

l’un OU l’autre. Le substantif appelle la forme dite pour cett^ raison du « masculin » de Fadjectif lorsqu’il désigne expressémentnbsp;un mèle, et la forme dite du « féminin » de Fadjectif lorsqu’ilnbsp;désigne une femelle (ou un objet assimilé, comme un arbre, ounbsp;la « terre » qui regoit la pluie,' par opposition au « ciel « qu^nbsp;Fémet, etc.), quelle que soit la forme du substantif; en dehorsnbsp;de ce cas, et surtout pour les abstraits et noms d’action, il estnbsp;difficile de poser aucun principe, et Fusage seul decide en indo-européen comme dans chacune des langues de la familie. Lesnbsp;substantifs en -ejo- sont le plus souvent masculins, et les substan-tifs thèmes en -ü- le plus souvent féminins, ce qui Concorde avecnbsp;les formes de Fadjectif. Le genre féminin du type en -ti- de skr.nbsp;matih a pensee », lat. mens, et le genre masculin du type en *-tU'nbsp;de lat. ductus ne se rattachent a aucun autre fait connu. Lesnbsp;noms de « masculin » et de « féminin » ne conviennent donenbsp;qu’a une partie des emplois des formes dites de « genre » ; et, lanbsp;catégorie du « genre » ne répond souvent a aucun sens défini jnbsp;elle sert du moins a la structure de la phrase ou elle indique anbsp;quel substantif se rapporte un adjectif donné.

Composition. — Deux thèmes nominaux peuvent par leur réunion former un thème composé. Sauf dans le troisième desnbsp;cas énumérés ci-dessous, les thèmes verbaux n’entrent pas eUnbsp;composition.

Seul, le deuxième terme du composé, qui est nécessairemeut un substantif ou un adjectif (et jamais un verbe, un démonstratifnbsp;OU un pronom personnel), est fléchi.

Le premier terme du composé est un thème sans désinence» et c’est ce qui définit le composé ; un composé indo-européeunbsp;est un groupe de deux mots don tie premier est un simple them®nbsp;et dont le second seul est fléchi; Félément qui termine le pr^'nbsp;mier terme a le vocalisme zéro dans les thèmes de type athéma-tique qui ont une sonante, c’est-a-dlre un élément susceptihl®nbsp;de se vocaliser :

skr. tri-pcid-, gr. Tpt-i:o5', lat. tri-ped-, v. angl. ^ri-féte « a trois pieds » ; de même lit. tri-hójis « a trois pieds », etc.

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COMPOSITION nbsp;nbsp;nbsp;249'-

gr. nbsp;nbsp;nbsp;(*Tao'j-/'s':;£tj-) ; skr. svadu-raüh- « qui a des

dons agreables ».

*sip- dans skr. sa-kft « une fois », gr. a-zXou?, lat. simplex, *sm-, devant voyelle, dans gr. p.-C)vu^.

(en regard de *ne, atteste par skr. nd « ne... pas », v. sL. ne, lat. ne\que\., etc.), dans skr. d-jndtah, gr. a-y'^wto-;, lat. ignö-his (c’est-k-dire ifinOtus de *en-gnötos'), got. un-hun}s, arm. an-lt;^anawth « inconnu ». Devant voyelle, *°n-, ainsi gr. av-uvup,oc,nbsp;®rin. an-anun « qul n’a pas de nom ».

skr.' nf-han- « tuant les hommes », v. att. avSpa-®óvslt;;.

*dus- dans gr. Suc-pev/,?, skr. dur-manah et gdth. du^-manah-, dus-j?ianah- « qui a un mauvais esprit ».

En 1’absence d’une sonante, *e subsiste dans les themes en *-es-, ainsi gr. (E)ss£5-j3óXo?, zd vacas-tastis « texte » (litteralementnbsp;* construction de paroles »).

En thème thématique a au premier terme d’un compose le ^ccalisme *-o- : gr. ra7tó-Sap,Glt;;; v. si. dobro-dëfi « qui fait lenbsp;^icn » ; lit. gera-déjis (même sens) ; got. guda-faurhts « qui a lanbsp;'^rainte de Dieu » ; gaul. OuwSG-iiayo?, nom propre, signifiantnbsp;quot; champ blanc ». Le cas ou le second mot commence par unenbsp;''^yelle fait difficulté.

Quand le premier terme est un adjectif, le suffixede I’adjectif, '1'iel qu’il soit, peut être remplacé par -i-, ainsi gr. )tüSuvstpanbsp;^ cdté de -/.ySpic, zd lar3:(i-caxra- « aux roues élevées » a cóté denbsp;« élevé », cf. skr. brhimt-, v. irl. Brigit (nom propre,nbsp;la « haute »). On rapprochera de ce fait 1’indépendancenbsp;*'®spective des formes du masculin et du féminin (v. ci-dcssus p. 245); les suffixes secondaires des adjectifs varient denbsp;ia forme du masculin 4 celle du féminin ou k celle du premiernbsp;de compose, de même qu’ils varient d’une langue a 1’autre;nbsp;i'®*' exemple, c’est en arménien un thème en -u-, barjr (gén..nbsp;^^ju) « haut » qui répond au thème en *-ent- de l’indo'iranien,nbsp;bfhdnt- et du celtique, v. irl. Brigit.nbsp;second terme des composés, un vocalisme o s’oppose a unnbsp;^^calisujg e du mot isolé. II subsiste de ce fait plusieurs traces,,

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•200 LE ROM

ainsi en latin extorris, meditullimn en face de terra, tellus; en grec, 9’ja(^ooi; en face de ; 1’opposition de gr. éy)fBGii).o)poc, li]).(x)poc,nbsp;etc., et de got. mers « célèbre » est renaarquable (cf. les faitsnbsp;cites p. 264). Pour la théorie de la composition, il importe denbsp;noter que Ie même vocalisme apparait dans des juxtaposes; Ienbsp;grec oppose cü-Ttw a dor. uri-Ko/.a, et, plus curieusemment encore,nbsp;Ie latin oppose nölim (de *ne-ivol-, cf. y. angl. nelle « ne veuillenbsp;pas ») a uelim.

Tl est douteux que Ie premier terme ait jamais été un mot fléchi, notamment un locatif, en indo-européen, comme il 1’estnbsp;par exemple dans gr. riuXos-yEv^? « né 4 Pylos » ou dans skr.nbsp;agré-gah « qui marche a la tête » ; ces composés dits « syntaxiques »nbsp;sont des formes nouvelles et représentent des groupes de motsnbsp;qui se sont fixes.

Les valeurs sémantiques des composés sont diverses ;

1° La valeur grammaticale propre du second terme est con-scrvée, Ie rapport des deux termes pouvant être quelconque : apposition dans gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« devin-médecin », skr. raja-

rsih « prêtre-roi » ; adjectif et substantif : gr. «-/.piTik!,?, skr-adhara-hanüh (( machoire inférieure » ; complément et substantif-gr. Tt^crp-aSiXpo;, skr. matr-svasa « sceur de la mère » ; c’est de ce dernier cas que relève Ie type fréquent des composés dontnbsp;second terme est un thème a suffixe zéro, portant Ie ton, atbe'nbsp;matique, comme dans gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. iüdex (*yous-dikr)y

*medv-èd- (nomin. v. sl. niedvèdï) « ours », littéralement « maü' geur de miel », ce qui est Ie sens de skr. madh(u)v-dd-, ou the'nbsp;matique, comme dans gr. Ó7iks-®ópo;, lat. armi-ger, russe vodo'nbsp;« porteur d’eau », skr. kunibha-hardh « faiseur de vases » '1nbsp;les themes qui figurent au second terme de ces composés ne sofllnbsp;souvent pas attestés en dehors de la composition, et plusieursnbsp;ont pu ne jamais exister isolément. Ges composés indiquentnbsp;agent; il n’y a pas de composé dont Ie second terme soit ’i®nbsp;substantif abstrait conservant sa valeur d’abstrait. Les noiï*®nbsp;d’agents ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ne figurent pas au second terme des coiW'

posés; ils y sont remplacés par des thèmes en *-(e)t-; Ie skrit par exemple oppose karta « faiseur » (thème kartar-) ^

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COMPOSITION 201

pathi-hf-t « faiseur de chemin » ; le latin oppose factor (refait sur la forme faciö) a sacer-dos (gén. sacerdolls'), on -do-t- représentenbsp;-dhö-t-, de la racine *-dhê- (de faciö, feci), cf. sacrificium; lenbsp;grec a élargi *(-e)t- au moyen de *-a-, d’oü le contraste de gw-~wp, et de uuiSwr/)?, s’j^óxr,:, par exemple.

2“ Le compose a la valeur d’un adjectif indiquant que le second terme est tel ou tel homme, ou telle ou telle chose : gr. paOü-« qui a un sein profond », lat. magn-animus « qui a unenbsp;grande lime », skr. hiranya-kefah « qui a une chevelure d’or »,nbsp;¦v. sl. crüno-vlasü « qui a des cheveux noirs » ; gr.nbsp;akr. dur-manah « qui a un mauvais esprit », etc. Ce sont lesnbsp;composes dits possessifs. Le ton est le plus souvent sur le premiernbsp;ferme, et ceci permet parfois de marquer la difference des composes possessifs et des autres : gr. T.oX'j-xpoT,o;; est un composenbsp;possessif, mais rav-Tpóirop signifie « qui tourne tout » ; skr. raja-putrdh signifie « fils de roi » mais rdja-putrah « dont le fils estnbsp;i'oi, qui a pour fils un rol » est un composé possessif. Le secondnbsp;ferme du composé possessif garde au fond sa valeur de substantifnbsp;par suite ne prend pas la marqué du féminin : skr. su-mdnahnbsp;quot; bienveillant », gr. sj-gsvr,? servent a la fois pour le masculinnbsp;féminin, de même gr. poSo-SaxTuX:;, cf. Artaxerxès longue-^ain.

3“ Un troisième type renferme des mots dont le premier terme ^ le caractère d’un thème verbal; ainsi gr. ap^f-y.ay.Gi; « qui com-•ïience le mal, auteur du mal », cf. apytn, avec voyelle *e lanbsp;du premier terme,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« qui fuit la guerre », cf.

T'Jysiv, avec voyelle *o a la fin du premier terme ; v. sl. vè-glasü quot; celui qui sait » (littéralement « connaissant la voix »), de vëd-(tbème de védé «je sais ») et glasü « voix »; en indo-iranien,nbsp;1® premier terme est d’ordlnaire remplacé par un thème de par-^icipe : skr. viddd-vasuh « qui trouve le bien », zd fradat-gaêQönbsp;quot; qui fait prospérer le monde ». Le déterminant suit done lenbsp;quot;léterminé dans les composés oü intervient un thème verbal,nbsp;^®udis qu’11 le précède dans les composés de deux termes nomi-; cette place du déterminant après le verbe, mals avant lenbsp;se retrouve dans plusieurs langues ou les relations gram-

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LE ?(0M

maticales ne sont indiquées dans la phrase que par l’ordre des mots, comme c’est Ie cas dans un simple groupe de noms pournbsp;les composes indo-européens.

Des suffixes secondaires peuvent être ajoutés a la fin des thèmes de composes, comme a la fin de tons les autres, ainsi *-yo- dansnbsp;gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cc qui vaut neuf boeufs ».

Moins encore que des thèmes obtenus a l’aide de suffixes (v. p. 217), des composés nouveaux ne sont librement formésnbsp;par la langue courante. En grec, par example, la compositionnbsp;est surtout Ie fait de la langue religieuse, des langues techniques,nbsp;des langues littéraires, notamment de la langue épique et de Ianbsp;lyrique chorale. En vieux slave, presque tous les composés connusnbsp;sont savants et servant è traduire des composés grecs; et unnbsp;composé de la langue ordinaire comme medvëdt, cité p. 25o,doitnbsp;l’usage courant qui en est fait a quelque ancienne interdiction denbsp;prononcer Ie nom propre de Tours: c’était un artifice employénbsp;pour éviter Ie mot propre défendu. Mais dans les langues spé-dales, et surtout dans la langue religieuse, la composition a jouénbsp;un role capital; telle est Torigine du fait que les composés sontnbsp;d’autant plus fréquents dans les textes littéraires que ceux-cinbsp;appartlennent a un genre plus artificiel. Cette observation nenbsp;s’applique pas aux composés dont Ie premier terme est *11-, *stii-gt;nbsp;et quelques autres composés usuels de ce genre.

La grande importance de la composition en indo-européen ressort de ce que les noms propres solennels d’hommes étaientnbsp;ordinairement des composés tels que gr. 'iTCTte-s^-lcwv skr. AfVO'nbsp;medhah (qui a [fait] Ie sacrifice du cheval), gaul. Epo-pennus (têtenbsp;de cheval), v. angl. Eö-mcer (célèbre par ses chevaux), v. persenbsp;Aspa-canah- (qui désire des chevaux). Dans Tusage familier cesnbsp;composés étaient sans doute remplacés par des formes hrèves (onnbsp;hypocoristiques) qui les accompagnent parfois, formes telles quenbsp;gr. 'Iiïda;, quot;It.tcuc, quot;IxtoXXo;, etc. Ges formations expressives anbsp;consonnes géminées ont sans doute eu, d’une manière générale»nbsp;une grande importance dans les formes familières et populaire®nbsp;de Tindo-européen qui sont mal connues (v. p. 102).

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FLEXION 253

b. Flexion.

La flexion des substantifs et adjectifs se présente sous trois aspects suivant que le theme se termine: iquot; par consonne ounbsp;sonante; 2quot; par *-a- (*-e-); 3quot; par *-e/o-.

Le genre neutre est caractérisé par la flexion; mais la forme ast la même que celle du masculin-féminin a tous les cas autresnbsp;que le nominatif, le vocatif et I’accusatif. Pour ces trois cas, il n’ynbsp;a a chaque nombre qu’une seule forme neutre, ainsi en védiquenbsp;yugdm «joug » et yugd, en grec nom.-voc.-acc. sing,nbsp;pluriel ; en latin itigum et iuga, etc.

La forme qui tient lieu de nominatif-vocatif-accusatif pluriel aeutre est celle d’un ancien collectif neutre theme en -d- (-?-);nbsp;^a flexion d’un neutre au pluriel se compose de ce collectif ennbsp;'d- au nominatif-vocatif-accusatif singulier, etde formes pareillesnbsp;a celles du masculin-féminin pluriel pour les autres cas; de lanbsp;''lent que, en indo-européen, le verbe qui avail un sujet au plurielnbsp;deutre se mettait au singulier ; la régie subsiste en grec (ti

dans les gathas de I’Avesta et dans quelques examples '’edlques; en baltique, elle a eu pour consequence que la per-^orine du pluriel des verbes a disparu : la forme de singulier ennbsp;Usage avec le collectif neutre a été généralisée. Ge collectifnbsp;'löutre est du reste indépendant du singulier neutre : un nom quinbsp;^ au singulier la forme neutre du nominatif-accusatif n’a pasnbsp;autre pluriel que ce collectif; mais un nom dont le nominatifnbsp;I’accusatif singuliers sont masculins féminins peut être accom-Pagné d’un collectif neutre ; ainsi le latin a en face de locus, nonnbsp;^^uleinent loei, locos, mais aussi loca; 1’attique a en face denbsp;A llt;xfois 5T5!6;A0i', axaGiLSj; etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la langue homérique

prés de p.Tjpó;, le masculln ix'/jpol, irrjpouc, et le collectif y.fipx ; ^usse a pour pluriel de górod « ville » le neutre gorodet; etc.nbsp;y a pas lieu de s’étonner que le thème neutre en -d- de véd.nbsp;« jougs » et de gr. ait seulement le nominatif-accu-^atif singulier qui sert de collectif : beaucoup de themes neutresnbsp;que le nominatif-accusatif, ainsi gr. (thème en -r-)

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254 LE NOM

en face du thème en -n- qui fournit Ie reste de la flexion, etc., ou véd. hürdi « coeur » (thème en -j-) en face dunbsp;thème a suffixe zéro qui fournit Ie génitif-ablatif hrd-dh, etc.

I. — Thèmes terminés par sonante ou consonne.

On notera que font partie de ce type les thèmes en *-yd- ou *-yê et *-iuü- oü Ie vocalisme zéro du sufBxe a été généralisenbsp;(v. p. 247), ainsi skr. naptth « petite fille » et fvafrüh « mère dunbsp;mari », v. sl. svekry, lat. socrus, etc.

L’ahlatif se confond ici, pour la forme, au singulier avec l® génitif; au pluriel, l’ahlatif a la même forme que Ie datif dansnbsp;tous les types de déclinaison.

a. Désinences.

Singulier.

Nominatif (masculin, féminin). — La désinence est *-5 pour les thèmes terminés par une consonne ou par les sonantes i etnbsp;et pour tous les thèmes monosyllabiques :

zd vax-s « parole » (et skr. vak, de *vaki), lat. uöx (uöc-s)-gath. ^ivdvQ-s « tel que toi » {-as- de -ants'), gr. ttrcaï (-a? de *-avT-(;), lat. Jerens- {-ens de *-ent-s), lit. ve{as- {-g.-snbsp;*-ants), V. pruss. smünents « homme ».

ski. dhi~h, zd a^i-s « serpent », gr. 001-5; üt- avis « moU' ton », lat. oui-s', norrois runique-yarff-R, got. gast-s « hótenbsp;lat. hosti-s.

skr. bahü-h, zd bd7yi-s « bras », gr. ¦7:rjyy-g ; got. stmu-s « fd® lit. sünüs (même sens) ; lat. manu-s.nbsp;skr. nabti-h « petite fille », lat. neptis.nbsp;skr. fvagrü-h « mère du mari », lat. socrus ; gr. èopj-o.nbsp;skr. dydu-h « del », gr. Z£Ó5.

zd :(yd (de \yds, thème *^yam-) « hiver », lat. hieni-s.

La désinence est zéro dans les thèmes polysyllabiques en *1' en n, et la sonante manque alors dans une partie des langues :nbsp;skr. f(u)vÓ, (ihème f(u)van-) « chien », zd spa, lit. (géud-

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FLEXION 200-

suns'), gr. y.jtüv (avec -v final), de memo lat. homo (sans -n finale), amp;ot. auhsa « boeuf » génit. auhsins.

skr. mdtA (theme OTfltór-) « mere », lit. w/ótó « femme », et gr. |xy5ty;p, lat. mater, v. irl. mathir, arm. mayr, etc.

Vocatif (masculin, féminin). — Desinence zéro :

skr. ahe, zd a{e « serpent », gr. csi; lit. avc « mouton ».

Accusatif (masculin, féminin). — Desinence *-m en indo-ira-nien et italique, *-n dans les autres langues ; avec les sonantes ’'’oyelles *i et *u, la nasale forme diphtongue ; ailleurs elle estnbsp;¦'^oyelle :

skr. hahii-m « bras », gr. nbsp;nbsp;nbsp;; loX. fnlctu-m', v. pruss.

sunu-n « fils ».

skr. ahi-m « serpent », zd a\l-m, gr. ocpt-v ; v. pruss. ndkti-n * nuit » ; lat. angtie-m (en admettant que *-lm final donne -emnbsp;la tin).

gr. yIpsvT-a, lat. ferent-em] v. pruss. smiment-in « homme ». Nominatif-accusatif-vocatif neutre. — Desinence zéro :nbsp;skr. mMhu « miel, hydromel », gr. p.éO-j, v. pruss. meddonbsp;quot; miel »; lat. genu, skr. jdnu « genou », gr. ycvj.nbsp;skr. ndma « nom », lat. nomen, v. irl. ainm~n.

Génitif-ablatif. — Desinence *-es, *-os, *-s: la forme pourvue 'ie voyelle (e ou o) apparait en principe après prédésinentielle anbsp;^ocalisme zéro, la forme sans voyelle après prédésinentiellenbsp;pourvue de voyelle:

®kr. fil-n-ah « du chien », zó. sü-n-ö, v. lit. su-n-es (moderne gr. -/.'j-v-s;, V. irl. con (de *ku-no-s); lat. pat-r-is (denbsp;P^t-r-es'), et aussi lat. dialectal -us (de *-05).

lat.

®kr. sün-ó-h « du fils », zóhun-ao-s, lit. sün-aü-s, got. sun-au-s',

mantis (^-ü-s de *-ou-s), osq. castrous.

öatif. — Désinence sans doute *-ei: indo-iranien *-ai (skr. ^ j zd -e, et -aê- devant les enclitiques), v. si. -i (représentant unenbsp;^^Pbtongue), lat. -I (ancien -ei), osq. -ei:

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256

LE NOM

skr. sündv-e « pour Ie fils », y. sl. synov-i', skr. pitr-é « pour lepere », lat. patr-i, v. lat. recei « regi », osq. patere!.

Le grec a -i, par example nbsp;nbsp;nbsp;et ce.,*-! se retrouve en ger-

manique ; il est plus plausjiile-ti’y ^oir une forme a degré zéro de la desinence du dfiïiT que la desinence du locatif généralisée.

Instrumental. — Les desinences divergent d’une langue a 1’autre; on a peul-être *-l dans skr. pitr-h, a quoi répondnbsp;1’ablatif-instrumental lat. patr-e.

Locatif. — Desinence alternant avec desinence zéro: véd. mdrdhdn-i et mürdhdn « sur la tête », gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(-st de *-es-i) e*'

a\(F^iq « toujours » ; le grec a aussi conserve la désinence zéro dans l’adverbe a!(F)iv « toujours », mals n’emploie dans la décU'nbsp;naison normale que -t, identique a la désinence du daiif (la form®nbsp;tient aussi la place de l’instrumenlal indo-européen), ainsi Tcoqxiv-iinbsp;l’irlandais a, au « datif » des themes en -tyen- cf. lat. -tiön- telsnbsp;que toimtiu «.pensee », a la fois toimtin (de *'yeni) et toimte (donbsp;*-yen ?) ; le « datif » irlandais sert de datif, de locatif, d’ablatif etnbsp;d’instrumental; got. gumin « (dans) 1’homme » peut aussi ètreunnbsp;ancien datif a désinence *-i et un ancien instrumental a désinencenbsp;*-e et sert également d’ablatif; lev. sl. kamen-e « (dansla)pierre »nbsp;a la désinence zéro, suivie sans doule d’une postposition e. Eunbsp;latin, la forme qui conserve un type spécial de locatif a -1 •nbsp;Karthagin-ï; la forme du type homin-e, employée seulement avecnbsp;préposition, a une valeur ambiguë : ablatif, instrumental etnbsp;locatif; 11 est peu probable que ce soit un ancien locatif, cf. 1®*nbsp;ablatifs lupd(d), togd(d) employés de la même manière.

Pluriel.

Nominatif et vocatlf (masculins-féminins). — Désinence dlstincte de celle du génitif singulier par le fait qu’elle ne pi’O'nbsp;sente aucune trace d’alternance vocalique:

skr. sündv-ah « fds », v. sl. synov-e (toutes les consonnes finales sont tombées en slave), got., sunjus (de *suneu’-es)jnbsp;bai^av-ö, dor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l v. lit. moter-es « femmes », skr.

ah « mères » ; v. irl. mathir (de *mater-es).

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;287

Accusatif (masculin, féminin) : Desinence *-ns, avec -n- second élément de diphtongue après *-i- et *-u-, ailleurs :

crétois ui'j-v? « (les) fils », got. stmu-ns « (les) fils ».

got. gasti-ns « holes », v. pruss. ausi-ns « oreilles ».

skr. fi'm-ah « chiens », gr. y.uv-a?, v. irl. con-a, lat. homin-es {'ês de représentant*-^5), v. pruss. smünent-ins «hommes ».

Nominatif-vocatif-accusatif neutre. — La place du nominatif-^ocatif-accusatif pluriel neutre est tenue par le nominatif-vocalif-^ccusatif neutre singulier d’un derive en -a-, a valeur collective p. 253). La finale a done a la fois le vocalisme zéro et lanbsp;'^ésinence zéro dans :

skr. sAnt-i « étant », gr. jvt-a, lat. silent-a.

Gomme partout, *3 se combine avec une sonante précédente ^’iand il y a lieu ; de la ;

*tn : ved. tri « trois », v. s\. tri, lit. trji- dans try-lika quot; treize », lat. tri dans trl-ginta « trois dizaines », v. irl. tri, ennbsp;*^®8ard de *tny-9 : gr. rpu, lat. tria.

Yéd. nüma « noms » (avec d final issu de i.-e. e’est-a-

Les formes a desinence zéro comme zd mand « esprits » (-0 de ^^do-iranien *-ds) s’expliquent par des faits de phonétique de lanbsp;LLrase: i.-e. *3 tombant devant voyelle, *-os-9 se reduisait a *-ösnbsp;'^^'’ant voyelle Initiale d’un mot sulvant.

La finale *-d, attestée par v. si. jimen-a « noms » et par got. ^^ni-na « noms », hairton-a « coeurs », est la forme a vocalismenbsp;^ ‘i'l rnême nominatif; *-d se retrouve dans I’anclen theme athé-^atique de lat. trl-gint-d « trois dizaines ».

j Génitif. — Désinence *-tm ou ^-dn, suivant le traitement de ^ ®asale finale:

®Lr. gtifi-dm « des chiens », zd sfm-^m, gr. yuv-wv, v. lit. mn-u. ^ grec a -wv, périspomène, et le lituanien -ü, d’intonationnbsp;/^tice; Y^d. -dm, gath. comptent souvent en vers pour deux

forme a 0 href de la même desinence est attestée par le A, Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;17

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258 LE NOM

type ombr. fratrom, par le type v. irl. con n « des chlens » et par le type slave slovesü « des paroles », cf. gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L©

lat. canum est ambigu.

Locatif. — Une desinence *-su est atlestee pour les dialectes orientaux: indo-iranien, slave et baltique ; le grec a -a qui n’anbsp;pas de correspondant ailleurs.

skr. tri-^u « dans trois », v. sL tn-xü, v. lit. tri-su ) gr. xpi-ui.

Comme *-u se retrouve ailleurs, notamment dans I’adverbe *k''''u « ou » (v. p. 159), et que *-i sert a caractériser le locatifnbsp;singulier (v. p. 266) concurremment avec une désinence zéro,nbsp;on est conduit a penser que *-u et *-i seraient des particuleSnbsp;postposees plutot que des desinences comparables a celles donbsp;génitif singulier ou pluriel ou du datif singulier.

Datif-ablatif et instrumental. — Désinencesen *-bh- et en elles seront étudiées p. 259 et suiv.

Duel.

Nominatif-vocatif-accusatif (masculin, féminin). — Le grec ^ -£, ainsi dansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le védique -n (alternant avec -aii),

dans pitar-a « (deux) peres » ; le vieil-irlandais athir s’expHq'^® par un ancien *pdtert. il semble done que la désinence ait ét®nbsp;i.-e. *-l; I’alternance quantitative de *-e/c serait parallèle a cell®nbsp;qu’on observe par exemple dans la désinence secondaire active d®nbsp;. i^personne du pluriel véd. -ma el -ma.

Les themes en *~i- et en *-u- ont des finales particulières ®^ *-ü oü il est impossible de retrouver la désinence *-e précédent®?nbsp;mais qui rappellent des formes thématiques a désinence zefO?nbsp;telles que véd. vfka « (deux) loups », v. sl. vlika, gr. aü/u)-

skr. dht « (deux) serpents », v. sl. nosti «(deux) nuit® lit. nakt'i (même sens) de *nakty, v. irl. faith « (deux) poètesnbsp;de *wdtï.

skr. sünÜ « (deux) fils », v. sl. syny, lit. sünu (de *sün^'

Désinence ¦

Nominatif-vocatif-accusatif neutre.

skt'

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;aSg

janas-i « (deux) races », naman-t « (deux) noms », v. si. sloves-i « (deux) paroles », jimen-i « (deux) noms » ; zd (yï-)sait-t « (deux)nbsp;dizaines », lat. (iiï-')gint-t', le motgrec isole, dor., béot.(/’t-)y.ax“t,nbsp;(£r-)y.c!7-i, est seul a indiquer bref.

Génitiblocatif. — Skr. -oh repond a v. si. -u : skr. janas-oh quot; de (deux) races », v. si. slaves-u « de (deux) paroles »,.

Datif-ablatif(?)-instrumental. — Desinences en *-bh- et *-m-.

Remarques sur les desinences en *-bh- et en *-m-.

Les desinences en *-bh- et en *-m- n’ont ni la forme ni la ''^aleur rigoureusement définies de celles qui viennent d’etre enu-ïïtérées. Dans le texte homérique, le seul document grec: oil, anbsp;part une trace en béotien, on puisse les observer, elles sontnbsp;^¦eprésentees par la seule desinence -ft(v), qui sertia la fois pournbsp;^6 singulier et le pluriel, 230ur le datif, I’ablatif, I’instrumental etnbsp;la locatif. D’autre part, il est rare que deux formes de ces desinences se recouvrent exactement d’un dialecte al’autrej de ger-naanique, le baltique et le slave ont-w-li ou I’indo-iranien,nbsp;l’arménien, le grec, I’italique et le celtique ont des représentantsnbsp;de *-bh-, et, cette difference mise h part, les formes ne sontnbsp;®ncore pas identiques.

Les dialectes divergent d’une manière ossentlelle,: les methodes de la grammaire comparée ne permettent done pas de poser désnbsp;Ini'mes indo-europeennes et de déterminer la suite desi.transfor-*nations que présente chaque langue.

Seuls, les dialectes orientaux emploient ces formes avec des ^aleurs casuelles bien définies :

Instrumental singulier : arm. -b (-zy apres voyelle), alnsi hars-^fn-b « par la fiancee », srti-w « par le coeur » (ce -b, -w peut ’'^pondre k gr. -yr.) ; -mi, v. si. -mt: lit. sünu-mt, v. si. synü-minbsp;quot; Par le fils ».

Instrumental pluriel: skr. -bhih, v. perse 7A -bis: skr. ^^nü-bhih « par les fils », zd baxu-bls. « par les bras- » ; arm. -Mbnbsp;apres voyelle): harsam-bkh « par les fiancees », srti-ivkh

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aGo LE NOM

« par les coeurs », c’est-a-dire la même forme qu’au singulier avec Ie -kh qui marque Ie pluriel; lit. -mis, v. sl. -mi dans lit-sünu-nüs, v. sl. synü-mi « par les fils » ; ces deux formes sup-posent *-mls, qui rappelle zd -bis (cf. Ie pronom lat. nO-bls')-

Dalif pluriel; skr. -bhyah, zd -byö : skr. sünil-bhyah « pour les Ills », zd ba^u-byö « pour les bras » (les formes indo-iraniennesnbsp;servent aussi pour l’ablatif) ; sl. -mü (de*-??io5 ?) : synü-niü « pournbsp;les fits », Y. lit. -tnus : sünu-mus « pour les fils ».

Datif-instrumental duel: skr. -bhyani (pour -m, v. p. iki), zd -bya et v. p. -biya (avec un -5 final qui représente un indo-iraniennbsp;*-a), V. sl. -ma : skr. sünü-bhydni, v. sl. synü-ma « pour (deuxnbsp;fils) », zd a\i-bya « pour (deux) serpents » ; l.e lituanien n’a qusnbsp;-m : datifwafet-m « pour (deux) nuits », instr. nakti-m.

Dans les dialectes occidentaux, les formes approximativement correspondantes n’ont pas de valeur casuelle bien precise. Geci estnbsp;particulièrement sensible en grec, oü -9i(v) a la valeur d’unenbsp;forme d’ablatif, de locatif, de datif et d’instrumental, a la foi®nbsp;pour Ie singulier et Ie pluriel. Les desinences en *-bh- ou en *-»t'nbsp;de l’italique, de l’irlandais et du germanique ne servent que pournbsp;Ie pluriel (11 n’y a de traces conservées du duel qu’en irlandais)inbsp;mais chacune a aussi la valeur de ces quatre cas, ce qui a con'nbsp;tribué a entrainer des confusions de cas au singulier : Ie vleilnbsp;osque a -ƒ s, et Ie latin -bus, qui représentent *-bhos (cf. skr--bhyah), servent par Ie datif, 1’abiatif, i’instrumental et Ie locatifnbsp;pluriel; l’irlandais a -'b (issu de *-bhis, cf. skr. -bhih), ainsinbsp;ihib « pour, de, avec, chez les poètes » ; Ie germanique a unenbsp;forme *-m^, dont la voyelle n’est pas attestée : v. isl. fri-mr, go’quot;'nbsp;^ri-m « par, de, avec, chez trois ». Les desinences en *-hh- et ennbsp;*-m- ont ainsi en quelque sorte, au moins dans les dialectes occi'nbsp;dentaux, Ie caractère de formes adverbiales, plutót que de forrnesnbsp;casuelles semblables aux au tres.

Ges types de caractère semi-adverblal ne sont pas isoiés eti indo-européen.

On observe, par exemple, une forme en *-tos, qui équivaut ® unablatif, dans Ie type assez courantensanskrit: muiha-tahnbsp;la bouche », cf. lat. fundi-tus, gr. èv-tó;, èz-xic.

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FLEXION 261

Le grec a toute une série en -öt (a valeur locative) et -Gsv (a valeur ablative), soit bom. oipaviGi, ojpavo'Gjv. C’est sans doute anbsp;ce type que se rattachela formation adverbiale attestée par skr.nbsp;hiha « ou », etc. (v. p. 169) et par skr. iha « ici » (de idha) etnbsp;iat. ihi^ et des adverbes comme si. nadii « sur », en face de nanbsp;(cf. gr. «va, i'vw-öiV, avw-Oa), etc.

Les formations de ce genre paraissent avoir été nombreuses et variees en indo-europeen.

Vocalisme de 1’élément prédésinentiel.

®*at indo-européen bien conservé a eet égard : on en rencontre ®®ulement des traces. Les alternances vocaliques de l’élémentnbsp;fl*'6désinentiel dans la flexion nominale du type athématiquenbsp;done mal connues. Les faits suivants en font dumoins entre-1’importance.

öans certains cas spéciaux l’élément prédésinentiel n’a pas

Le vocalisme de Télément prédésinentiel caracterisait les formes casuelles an même titre que les desinences, et le grec le montrenbsp;encore dans une flexion comme celle de irarv^p, xarsp, -jja-ip-a ;nbsp;¦'^XTp-óg, xaTpa-ffi — azdfTwp ; aizxxop-x. Mais il est impossible denbsp;'iéterminercomplètement quelétaitl’état ancien, paree quetous lesnbsp;^énioignages se trouvent obscurcis. Le grec a conservé le timbrenbsp;des voyelles indo-européennes, mais il a beaucoup simplitié lanbsp;flexion nominale, et, de même que le nombre des formes casuellesnbsp;distinctes s’y est réduit de buit k cinq, les alternances vocaliquesnbsp;y ont été réduites a deux ou trois au maximum dans cbaquenbsp;flexion. En indo-ii’anien, les timbres des voyelles *e et *0 ont éténbsp;^enfondus dans l’unique timbre a; il subsiste, il est vral, unenbsp;J^'ace de la différence : tout se passe dans Ia déclinaison comme sinbsp;J-'Ê. en syllabe ouverte était représenté par indo-iran. *a, etnbsp;*e par indo-iran. *d ; mais, si ce traltementde*o laisseentre-'oir le lóle des alternances de timbre, il a obscurci d’autant celuinbsp;alternances quantitatlves. Les autres langues sont connues a datenbsp;basse et sous des formes trop altérées pour qu’on y trouve

lalt,


®rnances vocaliques. Ainsi :

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262 IE NOM

1“'Les participes des thèmes athématiques a redoublement (cf. p. 169) : skr. nom. dddat « donnant » (de *de-d-nt-s), génit.nbsp;dadat-^ahgr.'StBsu; (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oiSó-vt-g?.

2“ Les thèmes oü un ? a été combine avec une sonante précé-dente en une « sonante longue » (cf. ci-dessus p. 2 r8).

skr. (vagrüh « mère du mari » acc. sing, fvagruv^cim gén. sing, gvagrüv-ah.

V. sl. svekry « mère du mari » nbsp;nbsp;nbsp;3cc. sing, svekrüv-l

gén. sing, svekrüv-e. gr. c(ppü-;

gén. sing.

gr- /-t?

acc. sing. nad(t)y-an^ acc. sing, gir-atn

gén. sing. y.'.(y)-ig. skr. nadi-h « rivière .»

gén. sing. nad(t)y-ah. skr. gih « chant »

gén. sing, gir-dh.

3quot;'Des noms dérivés en *-ön~ (cf. p. 226), comme gr. ï-:?»' 6(óv, axpaSwvo?, lat. Catö, Catönis, cf. v. sl. gra^dan-e « citoyens »•nbsp;En principe, Vélémeat prédésinentiel des thèmes terminés p^rnbsp;consonne ou par sonante a des alternances vocaliques, et l’on ren-contre tous les types possibles, c’est-a-dire ;

zero.

L’alternance de timbre, ê: d, n’était pas commune k tous 1®® mots; par exemple, parmi les thèmes en -n-, il en est dont 1®nbsp;nominatif pluriel a *-en-eSj Ie locatif *-en-t et 1’instrumentanbsp;*-n-bhi(s'), tandis qu’il en est d’autres dont Ie nominatif pluriel anbsp;*-on-es, en regard du locatif singulier *-en-i et de l’instrumeotanbsp;g[nTieï*-'^-bhi(s) ; c’est Ie contraste de :

NOM, SING.

NOM. PLUR.

LOC. SING.

I.NSTR. ’

skr. vffd « mèle »

vff-an-ah

vff-aii-i

dfmd « pierre »

dgm-dn-ah

dfm-ah-i

dgni-d

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FLEXIO:» 263

¦^uquel Ie grec répond par :

»pa-r;v


ocpu-tv-i

iVvp-ov-t (remplapant i.-e. *akment)


apa-iv-et;


^vec extension du timbre o a toute Ia flexion dans Ie type «xp-wv. D’autres langnes n’ont gardé Ie timbre o qu’au nominatif singuliernbsp;¦et ont généralisé e par ailleurs :

Ut. akm-ü « pierre •» nom. ^lux. akm-en-(è)s \oc. akniren^{yjê) si. kam^ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;kam-en-enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;kam-en~e.

L’état ancien transparait mieux en germanique :

got. auhs-a « boeuf » nom. plur. auhs-an-s dat.-loc. sing, auhs-tn (gén. plur. auhs-n-e)

en arménien :

NOM. SING.

NOM. PLUR.

DA.T,-LOG. SINQ.

ISSTR. SING.

anj-n « personne »

anj-in{-kh)

anj-in

anj-am-b

^ars-n « fiancee »

hars-un-ikV)

hars-~in

hars-am-b

(2 et u devant n peuvent représenter

l.-e. *e et *0).

L’alternance de 1 et de d tenait une grande place.; on

la retrouve

P3r exemple dans les thèmes en *-r-,

ainsi :

NOM. SING.

NOM. PLUR.

LOC. SING.

INSTR. PLUR.

svds-d « soeur .»

svas-ar-ah

svds-ar-i

svds-r-bhih

ses-ü —

(sls-er-s')

ses-er-(^yjè)

»

face du thème sans

alternance ejo

mat^a « mère »

mat-dr-ah

mat-dr-i

ntdt-f-bhih

mót-é «tfemme »

mót-er-(e)s

mot-er-{yjé)

»

Le latin a main tenu l’opposition dans soror et mater, mais en ^lendant l’ö du nominatif a toute la flexion de soror. — L’oppo-*dion de ë et ö n’est conservée dans la déclinaison athématique

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264 LE NOM

grecque que par les neutres en *-es- :

génit. vi(p-s(/;)-ï? neb-es-e.

gr. nbsp;nbsp;nbsp;« nuee »

V. sl. ne-bo « ciel »

En regard d’un simple qui a Ie vocalisme prédésinentiel e a 1’accusatif singulier et au nominatif pluriel masculins-féminins,nbsp;les composes ont souvent o (cf. p. 260), ainsi gr. Tia-r^p, Tzxiépic-aTraxwp, aizi-zopzc (avec o généralisé dans toute la flexion) ; (fpii'i,nbsp;9péva: xffpm, aspsva (avec s généralisé dans toute la flexion sui-vant l’usagegrec); skr. pit-ar-ah « pères » : tvat-pit-ar-ah « quinbsp;t’ont pour père », avec un a qui indique indirectement unnbsp;ancien o ; 1’arménien a entre autres Ie con traste suivant de anjnnbsp;« personne » et du composé ini-anjn « moine » (littéralementnbsp;« personne seule »);

\oc.sg.anj-in nom. plur. nbsp;nbsp;nbsp;anj-am-h-

mi-anj-in nbsp;nbsp;nbsp;nii-anj-un-(kh')nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mi-anj-anh-

Les cas oü la voyelle prédésinentielle avail Ie timbre o étaient au singulier Ie nominatif, I’accusatif (et peut-être Ie vocatif ?) donbsp;masculin-féminin, au pluriel Ie nominatif masculln-féminin etnbsp;neutre, au duel Ie nominatlf-vocatif-accusatif masculin-féminin.

Pour expliquer les rapprochements d’une langue avec une autre, il faut tenir compte des alternances; ainsi Ia flexion dunbsp;thème i.-e. *ped- « pied » est: nom. sing. skr. pAt, dor. ixwPynbsp;c’est-a-dire i.-e. *pöt-s ; nom. plur. skr. pad-ah, gr. ¦tïsS-c?, arm-ot-(kh'), c’est-a-dire i.-e. *pód-es] génitif sing. skr. pad-dh, laf-ped-is, c’est-a-dire i.-e. quot;^ped-élós ; Ie timbre e est généralisé par 1®nbsp;latin, d’oü pês, pedem, pedês, etc. ; Ie timbre o par Ie grec, d’ounbsp;r.i'jz, ¦TïsSa, iroBi?, etc., et ausslpar 1’arménien; Ie germanique anbsp;étendu 4 tous les cas l’ö du nominatif, ainsi a l’accusatif singulier, got. fotu (de *pöd-y) et pluriel got. fotuns (de *pöd-'i}s) ®urnbsp;lesquels a été refait Ie reste de la flexion du mot, et notammeutnbsp;un nom. fotus, si bien que la forme origlnale y a disparu. Par c®*'nbsp;cxemple, qui est celui d’un des mots les mieux conservés,nbsp;voit combien Ie vocalisme de 1’élément prédésinentiel est troubl®nbsp;dansles diverseslangues.

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FLEXION 2 55

Devant toute désinence commenfant par consonne (y compris les sonantes consonms), l’élément prédésinentiel a le vocalisme ^éro,nbsp;pour autant que le suffixe présente une sonante qui puisse senbsp;vocaliser:

V. att. nbsp;nbsp;nbsp;(aussi chez Pindare), avec « représentant *n, en

regard de tpprjv, fpsv-s?.

gr. •Kxipx-ai en regard de nx-CTip, zxT:ipx; skr. pitf-su.

loc. plur. skr. sUm't-su « chez les fils », v. si. synü-xü.

Instr. plur. skvsünü-bhilp « par les fils », v. si. synü-mi', cl. got. sunu-m.

instr. sing. arm. hars-am-b parlafiancée » (-am-b de*-'^-hh{).

Le vocalisme de l’élément pi-édésinentiel dans les nominatifs Singuliers a désinence *-s est conforme a cette regie :

skr. sünü-h « fils », lit. sünü-s, got. sunu-s en regard du nomi-natif pluriel skr. sündv-ah, etc.

skr. svadil-h « doux », gr, en regard du nominatifpluriel svadciv-ah, gr. riSsr; (de *‘fxUF-tq).

skr. dhi-Ip, gr. 591-9 en regard du nom. plur. cthay-ah, gr. csct? (de *09£)'-£9); v. si. pgtï, nom. plur. pgtij-e (avec -y-e représentant sans doute *-ey-es).

Font exception : d’une part, les nominatifs monosyllabiques 'ini ont une voyelle longue, comme skr. dyau-h « ciel », gr.

: skr. gdu-h « boeuf », gr. nbsp;nbsp;nbsp;zd « terre », de

(nominatif du theme iranien *:(am-) ; de 1’autre ceux des thèmes *~nt- qui ont la voyelle de l’élément prédésinentiel au nomi-^®fif, comme skr. byhdn (de *bi'h-ant-s) « haut », gr. oSoup (denbsp;-covT-ij^j lit. vetpas (de i.-e. *wegihont-s') « conduisanfune voi-etc.

_ Ceux des nominatifs masculins-féminins qui ont la désinence ^^*’0 sont caractérisés par la voyelle longue de l’élément prédési-^®ntiel; ainsi qu’on 1’a vu p. iSy, une sonante finale peut alorsnbsp;^nnquer ;

matcl « mere » (nom. plur. matdr-ah), lit. mótè (nom. v.Iit. moter-es'), gr. p-r.-rip, irr,r£p-£9.

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266 LE KOM

gr. ïwTup, $(ÓTOp*si;.

skr. z'ffd « male » (nom. plur, vlsan-ah), gr. apurjv, aps-sv-e;-skr. ciQnia « pierre » ; gr. nbsp;nbsp;nbsp;«y.p.ov-e;; lit. akmü.

skr. durmanah « quia un mauvais esprit » (nom. plur. dut' mams-ah); gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^SuaiJievït? (-£t; de *-£^-£c).

hom. acc. r,ioi (de*aus~os-i}).

Les thèmes monosyllabiques admettent a la fois la désinence *-5 et la voyelle longue prédésinentielle; une sonante peut alorsnbsp;manquer :

dor. TioK, 'jïóS-ï?; lat. pês, ped-em;

véd. k^ah « terre », nom. plur. k^clmah, locat. sg. k?dmi',

lt;(0. (de ^^ds), locat. ¦xpmi (de \amï) ; skr. dyaüh, locat. sg. dydvi « ciel ».

L’accusatif et Ie vocatif singuliers, Ie nominatif-vocatif pluriel et Ie nominatif-vocatif-accusatif duel masculins-féminins ont unnbsp;même vocalisme : bref ou *o bref suivant les thèmes ;

ACC. SING. nbsp;nbsp;nbsp;VOC. 81NG.

NOM. PLUR.

NOM. ACC. DUEL

fgr-

l^r^rép-z

[a»iT£p

[a-»JT£p-£?

}XTtzip-e

1 véd.

matdr-am nbsp;nbsp;nbsp;mdtar

matdr-ah

mdtdr~d

j Ut.

móter-i

»

móter-(e)s

móter-[{]

( V. sl.

mater-l

»

mater-\i\

mater-[t\

gr.

axarop-a

«'JtdcTOp

¦xT:x-op-s.q

a7:aT0p-£

¦et de même :

véd.

»

süno « fils ))

sündv-ah

»

lit.

»

sünaü

D

))

V. sl.

»

symi

synov-e

)}

gr-

»

ygt;

r.kyzF-t

•ou, pour

les thèmes en *-i- :

skr.

»

dhe « serpent »

dhay-ah

»

lit.

))

nahtë « nuit »

»

»

V. sl.

»

pgti « chemin »

pptlj~e

»

gr-

»

»

o?£(y)ïï

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;267

Mais ici a 1’accusatif singulier, au lieu des formes a vocalisme a lt;le l’élément prédésinentiel, onslrouve, d’après les nominatifs ennbsp;~us et en des formes a vocalisme zéro; alnsi a 1’accusatif dèsnbsp;l’indo-européen: skr. sünü~m, lit. sünti (v. pruss. sunu-n), v. sl.nbsp;¦synü, dor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. dhi-in, lit. ndkti (y. pruss. nakti-n),

V. sl. pgti, gr. lyt-v ; au vocatif singulier, dor. nbsp;nbsp;nbsp;oyi; au

nominatif-vocatif-accusatif duel, dès l’indo-européen, skr. sünti, 'f- sl. syny, lit. sünu (Ae*sün-a) ;.-skr. ahl, lit. nakti {de *naktf),nbsp;quot;V. sl. pgti.

C’est aussi a l’influence du nominatif singulier qu’est due la longue déja indo-européenne, mals anomale, de 1’accusatif skr.nbsp;gam « boeuf », dor. jSwv, i.-e. *g'^'0m, anciennement *g'^ou-m,nbsp;d’après Ie nominatif *g'“öu-s (skr. gduV), et de skr. dyamp;m n ciel»,nbsp;hom. Zvjv(x), lat. diem, i.-e. *dyèin, anciennementnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d’après

Ie nominatif *dyèu-s {skr. dyau-h), v. p’. 87. Si la longue était nncienne, 1’aspect de 1’accusatif serait autre, comme Ie montrentnbsp;les formes de *nau- « bateau », dont est commun a toute Ianbsp;flexion du thème; l’accusatif singulier est ici : skr. namp;v-am, gr.nbsp;(hom. v^a, ion. v=a).

Le nominatif-vocatif-accusatif neutre singulier a d’ordinaire Ie ''ocalisme zéro de l’élément prédésinentiel (la désinence étantnbsp;^éro) ; ainsi:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^

skr. madhu « miel, hydromel », gr. ij.éG'j, v. pruss. meddo quot; naiel » (avec o représentant ü), skr. svadü « doux », gr. -q^u.

ehr. nama « nom » (avec a représentant *n), gr. cvo[j.x, lat. ^öfnen.

skr. ydkrt « foie », gr. ryxp, lat. iecur.

^^is on trouve aussi, sans qu’on puisse déterminer dans quelles ^•^nditions, le degré long: gr. j'Swp, si'/.ixtop a cóté de xéy.p.xp. —nbsp;® vocalisme n’est o ou e que la oii le suffixe n’a pas de sonantenbsp;fl*^l puisse se vocaliser :

®kr. mdn-ah « esprit » nbsp;nbsp;nbsp;gr. (zsv-g;

®kr. durman-ah « qui a mauvais esprit » gr. 5alt;7[;,sv-éc,

^erne dans ce cas, le vocalisme zéro de l’élément prédési-

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268 LK HOM

nentiel apparait parfois après une racine dissyllabique dont Ie fournit la voyelle nécessaire a la prononciation:

skr. kravt-h. « chair crue » nbsp;nbsp;nbsp;gr. ¦/,p;(/')a-?

OU aussi après u : skr. ayu-h « durée » (cf. Ie local, gr. v.F-éc)-

Le collectif servant de nominatif-accusatif pluriel neutre a souvent Ie degré long devant la finale -a ou zéro, ainsi :

skr. ghrtdvant-i « pourvus de ghrta (beurre fondu) », zd mï^da-¦van « pourvus de salaire » (avec -an représentant indo-iran. *-ant)', dans gr. (•:pia-)7.ivx-a et arm. (ere-^sun « trois dizaines »,nbsp;le second élément est un pluriel neutre ; ici le grec et 1’arméniennbsp;ne distinguent pas de *ö.

skr. catvar-i « quatre », got. fidwor.

skr. narndn-i, .'/A ndm^n (-g.n de iran. *-an) « noms », got-hairton-a « coeurs ».

zd mand (-n de iran. *-ds) « esprits », v. angl. (northumbrien) calfur « veaux » (avec -urde*-ör, ancien *-ö5n).

Ailleurs, il y a le vocalisme zéro;

véd. tri, V. sl. tri, lat. trt-^gintü), etc. (avec i.-e. *-ï, c’est-a-dire *-y-d), et gr. xpia, lat. tria (avec

véd. niddhü (avec i.-e. *-ü, c’est-a-dire *-w-d) ; lat. genU'd (avec *-uw-d).

véd. namd « noms » (avec i.-e. c’est-a-dire

Le locatif singulier a un vocalisme prédésinentiel caractériS' tique : voyelle breve e, ainsi dans skr. netdr-i « chez le conduC'nbsp;teur » avec a représentant *e, en regard de l’accusatif netAr-dtit^nbsp;qui a un n supposant un ancien *o, et du datif netr-é a vocalisio®nbsp;prédésinentiel zéro; de même le locatif véd. dydv-i « au del »?nbsp;identique a lat. lou-e (de *dyew-i}, s’oppose au génitif a voca'nbsp;lisme prédésinentiel zéro véd. div-dh, cf. gr. A'f-i;. Ge voca'nbsp;lisme est conserve dans les deux locatifs grecs a désinencenbsp;devenus adverbes: a!(/')iv, qui rappelle le type skr. dhan “nbsp;jour », etnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(en regard de r.w, c’est-a-dire *AFo\h\y)i

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;269

avec désinencs *-z, a’(F)£': (-ei de -£[^]-i). — D’aulres locatifs singuliers, a desinence zero, ont un vocalisme long, ainsi skr. Vasau, zd vanhau « dansle bien », avec un ancien *-0u (ou*-eu?),nbsp;qui alterne, suivant ce qui a été exposé p. et sulv., avec lenbsp; atteste par I’adverbe v. si. doma « a la maison » (du thèmenbsp;an *-u- *dom-eu-); ved. gira, zd gam « dans la montagne » (dunbsp;theme indo-iranien *gquot;rai-) dont le *-d final Indo-iranien repré-sente un ancien *-ê ou *-ö, alternant a^ec *-ei 011 *-ói', zd ayi}nnbsp;« de jour » (avec *-an de *-an, ancien *-ên ou *-ön) ; peut-ètrenbsp;I’adverbe gr. vyy.twp, etc. G’est sur un vocalisme long que paraitnbsp;feposer la longue du type hellénique en *-i- de bom. xdXy;f., att.nbsp;“^dXv), OÜ la desinence *-i de datifetde locatif a cté ajoutée suivant

usage grec.

Les cas restants ont tous une desinence ¦commenlt;;ant par une ^oyelle OU une sonante voyelle, et qui n’est jamais la désinencenbsp;^•ero ; genilif-ablatif singulier; *-es, -os, -s; datif singulier: *ei,nbsp;b génitif pluriel *-om, *-ön, accusatif pluriel masculin-femininnbsp;'^s, génitif duel *-ou(s), nominatif-vocatif-accusatif duel neutrenbsp;'h Ges cas offrent deux types de vocalisme prédésinentiel dis-fincts suivant les mots :

I ^ Vocalisme e, et aussi, au moins au génltif-ablatif dans les *^émes en *-i- et *-u-, vocalisme 0, de 1’élément prédésinentiel.

G’est le vocalisme en usage pour les themes en *-men-, ainsi fians véd. hrdh-man- « prière » (neutre) et brah-tndn- « prètre »nbsp;(^asculin): génit. sing, brdh-man-ah, brah-man-ah ; dat. sing.nbsp;^^dh-mau-e, brah-indn-e; acc. plur. masc. hrah-mdn-aJp \ génit.nbsp;brdh-tnaip-am, brah-mdn-ani; génit. duel brah-indii-oh, brah-. nominatif duel neutre brah-mari-l. De même en slave, lenbsp;Centre brëme « fardeau », génit. sing, brè-men-e, dat. sing, bré-gén. plur. brè-men-ü, gén. duel bré-men-u, nom. duelnbsp;De même encore en grec, 'aoi-'p.é'i-o:,

rr-

ou, avec extension de To de I’accusatlf singulier 'tu nominatif pluriel,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(r-r,-;^5v-ai, cti^-izcv-oj

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270 LE NOM

G’est aussi Ie vocalisme de la plupart des thèmes en *-u- et en *-i-, ainsi;

génitif-ablatif singulier; skr. sünó-h « du fils », lit. sünaü-s, sl. synu, got. sunau-s (avec timbre o de la voyelle prédésinen-tielle); cf. gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;avec la forme *-os de la désinence

généralisée en grec.

datif singulier : skr. sündv-e, v. sl. synov-i (avec o Issu de ( devant v).

génitif pluriel : v. sl. synov-ü, got. siiniw-e, cf. gr. vauv-s'

(F)m.

génitif duel: v. sl. symu~ii, cfr. gr. 'i'Auy.É(/')-ïw.

OU pour les thèmes en -i-:

génitif-ablatif singulier : skr. mdte-h « de la pensée », got-anstai-s « de la faveur » (avec vocalisme prédésinentiel o).

génitif pluriel; zd Oray-g,m « de trois », v. sl. trï-fï (sans doute de *trey^ön)j etc.

Seul, l’accusatif pluriel des thèmes en *-i- et *-u- fait excep' tion, avec sa forme *-u-ns, *-i-ns : crétois u:y-v;, got. sunü-n^nbsp;« fils » ; got. gasti-ns « hótes », v. pruss. ausi-ns « oreilles ».

2® Vocalisme zéro de l’élément prédésinentiel.

G’est Ie vocalisme normal dans les thèmes en *-w- autres ceux en *-men-, ainsi:

génit. abl. sing. skr. gü-n-ah « du chien », gr. y.u-v-iï, Ut. sU' n-(e)s, V. irl. con (de *hi-n-os).nbsp;dat. sing. skr. gü-n-e, v. irl. coin.

acc. plur. skr. gü-n-ah, gr. nbsp;nbsp;nbsp;Ut. Hi-nAs, v. \v\. co-n-a.

gén. plur. skr. gü-n-ani, gr. /.a-v-Civ, lit. su-n-u, v. irl. co-n n--gén. duel skr. gü-n-oh, gv. y.u-v-otv.

Ge vocalisme, assez bien conservé en védique, est rare p^’' ailleurs; néanmoins Ie grec en a trace par exemple dans la flexioi'nbsp;du génit. sing. Fixp-'t-óq « agneau » (nom. sing. att.nbsp;latin dans car-n-is (nom. sing, card; cf. ombr. har-n-e, ablatif,nbsp;face du nom. karu « part »), Ie gotique dans des formes corni’®®nbsp;génit. . auhs-n-e « des boeufs » (gén. sing, auhsin), etc.nbsp;Pour les thèmes en *-u-, outre Ie génitif-ablatif skr.

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;271

« du ciel », gr. nbsp;nbsp;nbsp;1’indo-lraiilen, oü Ie type skr. sünüh,.

sünóh est normal, a plusieurs bons exemples, notamment celui de; génit.-abl. slng. véd. paf-v-ah, zdpas-v-ö « du troupeau » ;nbsp;dat. sing. véd. pa(-v-é; ace. plur: véd. pag-v-Ah^ zA. pas-v-ö \ gén.nbsp;plur. zd pas-v-^m. Pour les themes en oü skr. matih, nuitehnbsp;est normal, on peut citer génit.-abl. véd. dv-y-ah « du mouten », gr. c’ti; (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; du resle, c’est Ie type toXw; en face-

de uoXti, qui est normal dans presque tous les parlers grecs.

De même pour les themes en nbsp;nbsp;nbsp;ainsi en sanskrit, en

regard de acc. sing, brhdnt-am « haut », on a : gén.-abl. sing. bfhat-dh (avec -at- denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dat. sing, bfhat-ê, acc. plur. b^hat-ah,

gén. plur. brhat-dm, nom. -acc. duel neutre brhat-i. En regard de 1’acc. sing, ddnt-ani « dent », Ie sanskrit a génit. abl. sing, dat-«üj etc. : Ie vocalisme de 1’accusatif singulier skr. ddnt-am, con-servé dans gr. iSóv-r-a et lit. dant-i, a été étendu aux autres casnbsp;du grec et du lltuanien, d’oü génit. plur. gr. öSgvt-wv, lit.nbsp;dant-ü; en revanche l’accus. sing. got. tun^u a regu Ie vocalisme du génitif, tandis que v. sax. tand garde celui de l’accu-®atif ; en de lat. densnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dent-: gén. plur. v. lat; dentmn) et

è du V. irl. dèt peuvent représenter *en, mais reposent plutót sur 1} généralisé comme l’indique gall. dant. — Le vocalisine zéro denbsp;1’élément prédésinentiel au nominatif-accusatif duel neutre estnbsp;conservé dans une forme isolée;

zd (vl-')sait-i, beot. (E£-)-/.«t-i, bret. ugent, arm. (kh-)san * deux dizaines », etc.

dont le vocalisme nbsp;nbsp;nbsp;s’oppose a celui du pluriel gr. (tpta-)

bret. nbsp;nbsp;nbsp;arm. (ere-)sun « trois dizaines ».

Les noms de parenté en *-r- ont aussi aux cas indiqués le '^ocalisme prédésinentiel zéro, ainsi au génitif gr. Karp-ó?, lat.nbsp;Po-tr-is^ arm. hawr (avec -wr représentant *-tr- suivi de voyelle).

noms d’agents paraissent avoir eu a ces mêmes cas une ^*^76116, a en juger par gr. Swrop-o?, etc. (avec o au lieu de enbsp;^•icien).

Lonformément a la régie énoneée p. 261 et suiv., la voyelle

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273 LE NOM

de 1’élément prédésinentiel est normalemeat la seule sujette a variation dans la flexion. Ceux des thèmes dont la flexion com-porie une variation du vocalisme présuffixal ont en même tempsnbsp;variation de suflixe et sont de tous points anomaux.

Cette variation de suffixe n’a guère lieu que dans des noms neutres, entre Ie nominalif-accusatif et les autres cas; cecinbsp;s’explique aisément; seul en effet, Ie nominatif-acciisatif singulier a une forme spéciale au genre neutre ; il s’isole ainsi dunbsp;reste de la flexion: la forme qui sert de nominatif-accusatifnbsp;pluriel neutre est Ie nominatif-accusatif singulier neutre d'unnbsp;thème en -a-, a valeur collective, dérivé de celui des autres cas,nbsp;et dont Ie reste de la flexion n’existe pas.

a.

Neutres.

-en- •

iquot; Thèmes en *-eu- et en *-es- avec addition d’un suffixe '

skr. daru « bois », génit.-abl. sing. ¦ drii-n-ah; gr. dip'j, gén. Sóp(f)-2-Tcc, les anciens thèmes neutres en -n- étant représentésnbsp;en grec par des thèmes ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Soit: *dör-, *dor-, *der- (lit-

dervd « bois de sapin »), *dr- ; l’addition du suffixe *-m- entraine Ie vocalisme zéro de Télément présuffixal, suivant Ie principenbsp;indiqué p. 288 ; Ie vocalisme radical zéro de véd. drü-n-ah « dunbsp;bois » est Ie même que celui de hom. Spu-jj.a « forêt » et de skr-dru-md-h « arbre » en regard de gr. Sjpj et de véd. dtru, ounbsp;que celui du collectif a suffixe *-d (*-3-) : gr. Spu; (de *drezv-^-)gt;nbsp;cf. Ie pluriel neutre v. sl. drüv-a- « arbres » en face de drtvonbsp;« arbre » (de *dervo, cf. lit. dervci). Le gr. oóp(/’)aTop a regu 1®nbsp;vocalisme de oópu.

véd. jinu « genou », duel nom. acc. jdnu-n-ï, gén. jdnu-n' oh ; jhu- dans le composé jnu-bamp;dh- « qui presse les genoux » jnbsp;gr. YÓvu, 'i!j'i{F')-x-(xop) ; yvj- dans le composé yvi-'e-s:; et dansnbsp;Yvu;; ywv- sans doute dans le dérivé -j-wvia « coin »; lat. genugt;nbsp;avec e.

véd. clyu « durée », local, sing. Ayu-n-i', gr. alT-év (locatif devenu adverbe, v. p. 256) ; zddat. sing. « pour la durée »»nbsp;instr. yav-a.

skr. (ir-ah « tête », gén. fïr-y-n-dh, local. (lr-f-dif-i.

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;273

gr. oji;, V. si. uxo « Oreille » — génit. got. aus-in-s, hom. cl;-a-(xic). Un duel neutre du theme k suffixe zéro est attesté parnbsp;zd m'-J « les deux oreilles », v. si. us-i^ lit. aus-l^ et c’est sansnbsp;doute sur de pareils duels qu’ont été fails le singulier lit. aus-isnbsp;« Oreille » et le plur. lat. aur-ès. Le vocalisme a done les alter-nances; *ow5-^ *aus- (ce dernier avec *a prothétique, cf.nbsp;p. i36).

2® Themes en *-er- et *-en- alternant:

Type fréquent:

gr. nbsp;nbsp;nbsp;r^T:-y.-(xoc) « foie », zd yakar^, avec *é; skr. yak-r-t,

génit. yak-n-ah, pehlvi jakar, lit. jek-n-(ps); lat. iecur, iecinoris (au lieu de *iec-in-is'), avec ë dans l’élément présuffixal.

hom. ei3(p (e’est-a-dire « sang », avec e; véd. asrk, génit. ^s-n-dh', lat. (dialectal)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;asser] lette\asinsarm. ariwn,

avec *a initial.

gr. u5-wp, u5-a-(xo(;) « eau », skr. (ud-akd-ni), gén.-abl. ud-n-

; avec vocalisme zéro de l’élément présuffixal; ombr. utur, ^bl. une; v. angl. wxter, et v. h. a. wa^^-ar, got. génit. wat-avec un vocalisme radical 0 qui se retrouve dans v. si. vodanbsp;quot; eau » ; le slave a aussi ê dans le dérivé v. si. vedro « vase »nbsp;(primitivement a eau), et de mème le v. isl. vdtr (avec dnbsp;Représentant *e) « mouillé » ; arm. get (de *wedos') signifienbsp;quot; fleuve ».

gr. Téxp « printemps », lit. vas-ar-(a)skr. vas-an-(tdh), v.

ves-n-(a), tons avec vocalisme c; un vocalisme ë apparait dans tier, V. isl. vdr (avec chute indo-européenne de entrenbsp;^egt;yelle longue et V).

Dans ces noms, *-er- et *-en- sont sans doute des suffixes ^econdaires ajoutés a un theme a suffixe zéro, souvent nonnbsp;®hesté; par example de *alh-, attesté par le datif gr. a?,xi, on anbsp;avec suffixe *-er- (et aXxrj, avec suffixe *-«-).

L’alternance de *-r- et *-n- peut se cumuler avec les précé-^®^tes, et ainsi l’arménien a un nominatif-accusatif cunr ^ genou )) de *giön-u-r, dont r alterne avec la nasale de gr. yóv-'*'(to^) et de véd. duel jdnu-n-i« (deux) genoux ». L’arménien a

i8

A. Meillet.

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27^ LE riOM

Tnême des adjectlfs comme canr « lourd », avec r (issu d’un neutre en *-ur) au nominalif, un génitil’ canu (génitif normal denbsp;ihème en -m-), sans *r ni *n, et un nominatif plurlel canu-n-{kh}rnbsp;nvec *-n-.

Les suffixes *-el- et *-en- alternent dans:

véd. s{^u)v-ar « soleil » (et Ie derive sfir-ya-h) — gr.

(de 'a/’-iX-r.oc), got. sau-il, lit. sdu-l-(é), lat. söl, v. irl. süi^ (signifiant « oeil »), v. sl. slü-n-lce — gatli. xvdng (lire *huvwg,nbsp;de *su'W-an-s)^ got. su-n-{no).

,3. Masculins-féminins.

Les examples sont rares ; *-er- et *-en- semblent al temer dans ¦' gr. «'/.g-wv,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«enclume», lit. ahn-ti «pierre», génil-

akm-eh-s, skr. agma « pierre », génit. sing, agm-an-ah, — v. kamy, génit. kani-en~e, — v. isl. ham-ar-r « marleau ». Le®nbsp;alternances radicales sont complexes; *köni- (v. sl. kamy'),

(v. isl. hamarr), *ahn- (avec prothese *a: skr. cigma, gr. lit. akmii) ; on notera de plus l’opposition des gutturales, skr- (gt;nbsp;mais lit. et sl. k.

Le comparatif primaire en *-yes- recevait un snffixe secoO' daire aux cas oblnjnes. att. acc. sing. (de ^'faSroa,nbsp;zlchx), génit. sing. rfito'K: (de *'Fdb.hz'ioz, avec ï d’après r,^togt;)rnbsp;l’indo-iranien et le latin ont généralisé la forme sans suffig®nbsp;secondaire, d’oü génit. sing. skr. svüdtyasah, lat. suauióris'inbsp;germanique et la plupart des dialectes grecs, la forme a suffig®nbsp;secondaire d’oü acc. sing. got. hardi-gan- « plus dur », ion.

(avec I brei). La syllabe présuffixale ne conserve pas d’alternanc® vocalique.

lat.

Un suffixe zéro alternait avec un snffixe *-ei- dans : véd. pdntha-h, zd panta « chemin » (*-d-s de i.-e. *-ës ounbsp;issu de *-êi-s ou *-öi-s?), instr. plur. véd. pathi-bhih : gé»d-'nbsp;abl. sing, (du thème a suffixe zéro) véd. path-ah, zd palt;l-

vocalisme radical de véd. pdnthah répondent ; v. sl. pgti, pons (gén. plur. pontümi) et aussi arm. hun « passage » inbsp;vocalisme radical de véd. pathi-bhih et path-ah répond v. piai-*'nbsp;pintis « chemin » ; cf. aussi le dérivé grec théraalique r.i'-sz-


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FLEIION 270

Y- Place du ton.

Les senles langues qui fournissent des témoignages sur les ''variations de place du ton au cours de la flexion d’un mêmenbsp;tlièrae nominal sont Ie xédique, Ie grec, Ie lituanien et ceux desnbsp;dialectes slaves qui n’ont pas un accent a place fixe, principalentent Ie russe et Ie serbe. Le témoignage grec est obscurci parnbsp;régie qui limite la place du ton relativement a la fi.n du mot,nbsp;le témoignage du lituanien et des dialectes slaves, par desnbsp;innovations nombreuses propres a ces langues. En grec, l’an-nienne mobilité du ton est tres simplifiée comme toute lanbsp;^exion nominale. Le védique même est loin de représenter l’étatnbsp;Ancien. On est done moins renseigné encore sur les mouvementsnbsp;ton que sur les alternances vocaliques de l’élément prédési-üeiitlel.

Le cas le plus clair est celui des themes monosyllabiques ; ®nit le thème *ped- « pied » ;

Sing.

Nom.

pamp;t

(dl

Acc.

pad-am

TTÓS-a

Gén. abl.

pad-dh

'ïv0B“0^

Loc.

pad-i

’7CoS“l.

Plur.

Nom.

pAd-ah

r N

7rc0“c^

Acc.

pad-dh

TtsS-x;

Gén.

pad-üni

Loc.

pat-sü

hom. X

Duel.

Nom. acc.

pad-a

Gén.

pad-óh

7:o5-cÏv

j, .^accord du védique et du grec sur la place du ton est par-a la seule exception de Paccusatif pluriel ou le désaccordse

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LE NOM

276

laisse facilement expllquer, qu’il résulte d’une innovation grecque OU indienne ; l’accord de véd. pad-t et de gr. r.oi-i ne prouve pas que Ie locatif avait originairement Ie ton sur la finale, carnbsp;d’autres locatifs ont Ie ton sur 1’élément prédésinentiel, ainsinbsp;véd. hcim-i « sur terre ». Le lituanien fournit une légere confirmation des faits védiques et helléniques par son opposition d’unnbsp;accusatif singulier tel que {ds-i « oie » et d’un génitif pluriel telnbsp;quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en face de gr. (de *yivc:-a), yyjvtov (de *yava-(óv)-

La mobilité du ton définie par Fexeraple des themes mono-syllabiques admet deux interpretations : mobilité entre l’élément prédésinentiel et la désinence, ou mobilité entre l’élément radicalnbsp;et la désinence, comme dans le présent des verbes (v. p. 2o4)-Un détail indique que le traitement de 1’exemple cité ne résultenbsp;pas d’un traitement spécial aux thèmes monosyllabiques :nbsp;régie grecque et la régie védique ne concordent pas exactementnbsp;entre elles. En grec, ce qui détermine l’emploi du déplacementnbsp;du ton, c’est le caractère monosyllabique du thème dans Ic®nbsp;formes a ton déplacé : y.'jv-ói; s’oppose ainsi k y.jwv, jj-yj-p-i; ^nbsp;p.rjTVjp. En védique, la variation n’a lieu que si le thème est toutnbsp;entier monosyllabique : le génitif-ablatif gün-ah a le ton sur gü'nbsp;paree que le nominatif védique g(u')vi est dissyllabique. Si le gr-¦Kclóc, et le véd. padah concordent, c’est que les deux régies senbsp;trouvent coïncider en 1’espèce. La régie grecque et la règl®nbsp;védique sont done deux restes d’une régie plus étendue. L’exa-men des thèmes qui comprennent constamment deux syllabe®nbsp;devrait permettre de décider la question. Mais lei commencentnbsp;les difficultés.

Une mobilité entre l’élément prédésinentiel et certaines desi' nences est attestée dans une catégorie de mots védiques, par ex- •

Nom. masc.

Acc. masc. Gén.-abl.

Dat.

Nom. acc.neutre

hfh-an « haut» nbsp;nbsp;nbsp;hhf-dnt~ahnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;b^h-dnt-d

brh-dnt-am nbsp;nbsp;nbsp;brh-at-dhnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—

bfh-at-dh nbsp;nbsp;nbsp;bfh-at-aninbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bfh-ató-b

brh-at-é nbsp;nbsp;nbsp;brh-dd-bhyah bfh-Ad-bhyd'^^

brh-at nbsp;nbsp;nbsp;brh~ant-inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bfh-at-i

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;277

Mals, a eet égard, les thèmes védiques en -nt- et -nc- sont isolés. Les autres langues n’ont rien de pared, sauf Ie mot anomal gr.nbsp;Yavï^, ace. slng, yuvaw-a, génit. sing, yuvatx-ó?. Car on ne sauraitnbsp;mvoquer ici les cas tels que lïXTép-a, xaTp-wv, oü Ie vocalismenbsp;exclut Ie maintien du ton a une même plaee.

Les_ dialectes baltiques et slaves ont au contraire, une mobilité de Taccent (qui représente Ie ton indo-européen) entre l’initialenbsp;et la finale d’une partie des noms, ainsi en lituanien dans lesnbsp;exemples suivants de thèmes en -i-, -u-, -r- et -n-:

Singulier.

Noin.


akmü « pierre »

dhnen-i

akmens

akmens

dkmenis

akmeniü

dkmeniu


sirdls « coeur » sïrdi


mótê « femme) móter-i .nbsp;motefs

móters

móteris

moteriü

móteri


sünüs « fils »

sünu

sünaüs

sünüs

sünus

sünü

sünu


^Cc.

sir dis Lluriel.nbsp;sirdysnbsp;sir disnbsp;sirdjyü


Noiu. A.CC

G,


Wel.

ürdi


même en russe : nom. plur. hósti « os », gén. hostéj, dat. en serbe cakavien : nom. plur. hósti « os », instr.nbsp;^iccimi] etc. ; en russe plur. nom. nót'osti « nouvelles », gén.nbsp;^ovostéj. Au singulier, on notera l’accord de russe désjat' « di-», gén. desjaü et de lit. dësimtis « dizaine », gén. desimies.

L y a done contraste entre l’état védique et l’état baltique et ®lave. Le grec n’enseigne presque rien, paree que le ton y estnbsp;||evenu immobile dans les thèmes polysyllabiques. Toutefoisnbsp;^°Ppositlon de 0'jyi-:ï;p (sans doute de *6jyaf/;p), 6uyaTpó; con-le caraclère ancien du type baltique et slave. En védiquenbsp;*^®iHe, le féminin du nom de nombre « quatre » est au nomi'nbsp;et a l’accusatif catasrah, k l’instrumental catasfbhih; cf. lesnbsp;^'’nies lituaniennes masculines acc. kèturis « quatre », instr. ke-^^^iais. On notera aussi véd. püman « homme », acc. sg. pü-gén. sg. pumsah. D’autre part, on s’expliquerait par la

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278 nbsp;nbsp;nbsp;LE NOM

mobilité du ton entre Tinitiale et la finale du mot beaucoup d’he-sitations dans la place du ton. Ainsi les themes en nbsp;nbsp;nbsp;qui en

grec ont Ie ton sur la racine, type nbsp;nbsp;nbsp;ont Ie ton a deux places

différentes en védigue: Ie védique a tout a la fois matih et ma-tih « pensee » ; une ancienne mobilité du ton rendrait compte de ces faits, par exemple une flexion xéd. acc. sing, mdtim, gen-matéh, comparable a lit. acc. nakti « nuit », gén. naktës ou a lit-dtminti« souvenir », gén. atmintes. On expliquerait de même Ienbsp;contraste de gr. 7:^70? et de skr. bahüh « bras », de gr.nbsp;et de skr. paragüh « hache », par une flexion comme celle denbsp;lit. acc. sünu « fils », gén. sünaüs.

Dans un grand nombre de noms védiques, grecs, slaves et baltiques la place du ton est fixe, et tel devait êlre aussi Ie casnbsp;dans une partie des noms indo-européens : c'est alors Félémentnbsp;présuffixal qui porte Ie plus souvent Ie ton, ainsi skr. acc. sing-rüg-ant-am « brillant », gén. rüf-at-ah.

Le vocatif est a part. En védique il est atone en principe! quand il est au commencement de la phrase, 11 a un ton, maisnbsp;sur la première syllabe; ainsi pitar « père », dühitar « fille »nbsp;regard des nominatifs singuliers pita, duhita. Le grec présentenbsp;encore de nombreux restes de cetfe place du ton sur 1’initiale •nbsp;TjdtTsp : uax'óp; ’’ArSklo') : ’AuiXXwv; etc. La regie s’applique dnnbsp;reste a toutes les sortes de themes, ainsi gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: Ssaiii-xo; i

aBïXoe : aoeX^sg; etc. Le petit russe oppose de même le vocatd sdshv au nomina tif sestra.

II. — Themes terminés par *-d- (ou

La plupart de ces thèmes sont féminins, et l’on a vu, p. 2^^’ que *-d- était 1’une des caractéristiques des adjectifs fémininS-Un nominatif-accusatif neutre en *-a (-d) a valeur collectWn»nbsp;en face duquel il n’existe aucune autre forme casuelle en -d'nbsp;(-3-), sert de nominatif-vocatif-accusatif pluriel aux noms neutras-

X. Desinences.

Le type en -a- est athématique, et les desinences sont cell®®

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FLEXION nbsp;nbsp;nbsp;279

du type précédent; mais quand elles commencent par une voyelle, elles se contractent avec la voyelle finale du theme.

Le nominatif singulier a la désinence zéro, de sorte que la finale est : skr. -a, v. si. -a, lit. -a (issu de -0 d’intonationnbsp;rude; ainsi merga « jeune fille », de *mergo), dor. -a (avec oxy-ton quand le ton est sur la finale ; ainsi dor. TOtva), got. -a. —nbsp;Le final des masculins grecs tels quenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;provient d’une

innovation hellénique, cf. lat. scriba (toutefois le latin a tendu a développer la même action analogique que le grec, a en jugernbsp;par V. lat. paricidas, hosticapas').

L’accusatif singulier est : skr. -d-m, v. si. -p, dor. -a-v (-a-v dans la forme tonique).

Le génitif-ablatif singulier est ; skr. -dh (par exemple dans bfhatycih « haute »), lit. -05 (avec 0 d’intonation douce : -os'),nbsp;dor. -at; (périspomène quand la finale porte le ton ; -as), got.nbsp;'0S, lat. -as (par exemple dans paterfamilias); I’intonation doucenbsp;provient sans doute’d’une contraction indo-européenne de *-d-es.

Le datif singulier est : skr. -ai (par exemple dans brhatydi), 'ai (d’intonation douce : -aï), dor. -xi, écrit -a (périspomènenbsp;fiuand il porte le ton : -S), got. -ai; ici aussl, il y a eu sansnbsp;doute contraction de *-d-ei en *-di.

Le nominatif pluriel est: skr. -ah, lit. -os (avec 0 Intoné doux), 8ot. -os, osq. -as : sans doute contraction de *-d-es.

L’accusatif pluriel est ; skr. -ah, zd -d (de *-ds), lit. -as (de '0S avec 0 intoné rude) ; 1’absence de n de la désinence *-ns a élénbsp;®*pliquée, p. 87.

Au génitif pluriel, il a du y avoir une contraction de *-d-dm (ou *-d-dn), attestée par lit. -il, got. -0; mais la plupart desnbsp;^^ngues ont des formes nouvelles : skr. -dnam, ou, d’apres lanbsp;^exion des démonstratifs, hom. thess. béot. -aojv (de *-ahm),nbsp;att. -wv, dor. -Sv, lat. -drum et ombr. -arum (de *-asöm),nbsp;«tc.

Au nominatif-vocatif-accusatif duel : skr. -e, zd -e (c’est-a-^Lre indo-iran. *-ni), lit. -i (issu de -e intoné rude, -ë, représen-^^*rt i,_e. *-ai rude), v. si. -è, la désinence *-i semble identique a ^®Le du nominatif-vocatif-accusatif duel neutre.

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aSo LE NOM

i. Vocalisme.

Les themes dont Ie suffixe est *-d- présentent peu d’alter-nances dans Ie vocalisme prédésinentlel. Au nominatif-accusatif singulier neutre, la forme a desinence et vocalisme zéro *-? anbsp;èté affectée a l’expression du nominatif pluriel neutre, concur-remment avec *-a^ ainsi qu’on 1’a vu p. 357, et ne sert pas dansnbsp;la flexion des themes en -d-. La breve finale des vocatifs hom-vüiA®a et V. sl. sestro « ó sceur » doit représenter *-3 ; Va final denbsp;skr. amba « maman » ne prouve pas qu’il s’agisse de i.-e. *-a,nbsp;car ce vocatif Sanskrit est un terme du langage enfantin, dontnbsp;V-a final est arapprocher de celui de gr. raxa, etc. Le suffixe anbsp;la forme *-d-, c’est-a-dire le degré e, même devant les desinence»nbsp;a initiale consonantique, ainsi au datif, skr. dgvd-bhyah « pournbsp;les juments », lat. equd-bus ; v. sl. rgka-mic « pour les mains »,nbsp;lit. ranko-ms (même sens). — En revanche le nominatif duel anbsp;le vocalisme prédésinentlel zéro : i.-e. *-d-i (i.-e. *3 donne indo-iran. a devant i).

Les thèmes en *-yd- ont le degré vocalique zéro de l’élément prédésinentlel au nominatif:

skr. brhat-i « haute » ; Ut. vóyint-i (-i de *-y) « menant eu voiture , ^ot. frijond-i « amie »; gr. tistvij:, yipauja:.

gr. iz’jra (de *\i.'jh-ya) en regard de lit. must (plus ancie» *musjó) « mouche ».

L’indo-iranien a le vocalisme prédésinentlel zéro de ces thème* devant les désinences a initiale consonantiqne : skr. locat. plur*nbsp;brhat-i-{u, dat. abl. plur. brhat-i-bhyah.

béot-


Le vocalisme présuffixal ne varie que dans le mot signifia^t « femme » : nomin. sing. v. pruss. genna, v. sl. \en-a, v. irf-ben, arm. hin, de i.-e. *g''^en-d', génit. véd. gnds- (jgt;dtih) v. irl'nbsp;mnd, de i.-e. *gquot;’n-ds; or, ce mot comportait variation de suf*

fixe: Ia flexion grecque est att. yuvr,, yjvatxa, yuvaiy.sC)

Pava, acc. plur. |3av?/-za; (de (iavaTzaj), yjv^ et Jiava reposaP*quot; surnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; la flexion arménienne est kin (de *g'''end), nom. pl^'^'

kanayikh), de *g'^°ndi- (cf. gr. yuvaUzs;). Le germanique a

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FLEXIO?» aSt

thème en *-t-, got. qens « épouse », en regard de véd. -jani- et Ie thème en *-a- avec élarglssement -n- : got. qino « femme »,nbsp;génit, qinons (vocalisme radical *gquot;’en-') a cóté de v. isl. hmanbsp;(vocalisme radicalnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Le Sanskrit a Ie thème en -i- janih

« femme » (-janih en second terme de composes). On ne saurait, dans ces conditions, restituer un prototype indo-européen ; maisnbsp;c’est la variation de suffixe qui rend compte de l’alternance *g^en-,.nbsp;*g'^ên^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;OUnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(cf. p. 287 et suiv.).

T-

Place du ton.

Dans une partie des noms de ce type, le ton changeait de place au cours de la flexion. C’est ce qu’attestent le haltique etlenbsp;slave; ainsi lit. galvet « tête », russe^o/om, serhe cakavien^/nmnbsp;(le désaccord d’intonation radicale résulte d’une innovationnbsp;slave) ;

SERBE CAK.

Nom. sing.

galvet

golovd

glavet

Acc. sing.

gdlvq

gólovu

gldvu

Gén. sing.

galvös

golovy

glavt

Nom. plur.

gdlvos

gólovy

glctvi

Instr. plur.

galvomts

golovdmi

glavètmi

Les thèmes en *-a-

n’ont rien

de pareil en

grec; pour ceux


*~ya~, on a ; [xia, [xi'av, mais p.tac, p.ia; ion. ayuia, ayuiav, mais ayui^; TtXaTata, xkaTaiav, mais icXaTatij?, TcXaTavr^, en regardnbsp;«ie lit. dishi « claire », accus. sg. diskiq, mals gén. sg. aiskios.

III. — Type thématlque en -e/o-.

Le ton a une place invariable au cours de la flexion (cf. p. i5i suiv.). Le vocatif est h part: le grec même conserve i'SsX^s ennbsp;^*ce de aSsX®:^ (cf. p. 278). —La voyelle thématique a tantótnbsp;timbre o, tantót le timbre e suivant les cas. — Les desinences,,nbsp;partie différentes de celles des types precedents, ne se laissentnbsp;L®s toutes isoler de la voyelle thématique.

I^ans les adjectifs, le thème en -ejo- caractérise Ie masculin et

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•282 LE NOM

Ie neutre, maïs on a yu, p. 243, qu’11 y a aussi des substantlfs fémlnins de cette forme.

Singulier.


Nominatif masculin-féminin : -o-s : skr. vfk-a-h « loup », zd vahrkö (devant ca « et » : vshrkas-ca « et Ie loup »), lit. vilk-a-s,nbsp;gr. Xóv.-o-c, lat. lup-u-s (cf. v. lat. sakros), got. wulfs (de *u)ulf-V. irl. beo « vivant ».

Vocatif masculin-féminin : *-e : skr. vfk-a, zd vohrk-a, v. si-vltc-e, gr. Xaz.-c, lat. hip-e. Le Ut. vilkè parait avoir un ancien *-ë-Accusatif masculin-féminin ; *-om, *-on : skr. vfk-a-m, zd vohrk-o-m, lit. vilka (avec -a de -a-n; cl. pruss. deiw-an « dien » ennbsp;face de lit. dhi^, gr. /.óx-s-v, lat. lup-u-m ; demème v. irl./gr «'nbsp;« homme » en face de lat. uir-u-m et de v, irl. beo n- « vivant »•nbsp;Nominatif-accusatif neutre : *-o-ni, *-o-n : skr. yug-d-filt;'nbsp;« joug », gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. iug-u-m, got. juk\ de mème zd

xsa^r-^-m « souveraineté », v. pruss. labha-n « le Uien », v. irl-dliged n- « dette ». — Cette finale ne diffère peut-étre de I® désinence zéro du type athématique que par l’addition de 1®nbsp;nasale inorganique (v. p. i4t et suiv.).

Génitif (distinct de l’ablatif). — La forme indo-iranienne : skr. -a-sya, gath. -a-hya, concorde avec la forme grecque, hom--oto, ion. att. -su (contraction de-33), dor. -w (aussi contraction)?nbsp;et la forme arménienne -oy, soit skr. vfk-a-sya, hom. Vsix'Sinbsp;ion.-att. Ayy.s'j, dor. Aay.w, arm. gailoy. Le germanique a : go^--i-Sj v. h. a. -e-s, soit got. wulf-is, v. ti. a. wolf-es, ce qui reposenbsp;sur *-eso. — Le latin et le celtique ont une forme a -I final, san®nbsp;la voyelle thématique, lat. uir-ï, v. irl. ogamique maqi « dnnbsp;fils », gaul. Segoniar-i (génitif de Segomaros), v. irl. fir (suppO'nbsp;sant *wirt) « de I’homme »; cf. le cas en -I des themes sanskrd*nbsp;cn -a- en combinaison avec des verbes, ainsi ved. mithuni karot’’nbsp;« il apparie » de mithund- « apparié » ; cette forme en -i trou' enbsp;dans le tour lat. multi faciö un parallele exact. Le slave et 1®nbsp;baltique ont perdu I’ancienne forme de génitif et, par analogi®nbsp;du type athématique, emploient la forme d’ablatif qui, dans c®nbsp;type, sert a la fois de génitif et d’ablatif.

Ablatif : véd. ~Ö'ty zA. -at (tous deux avec a comptant souvenl

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FLEXION 283

pour deux syllabes), v. lat. -od (lat. class, -o), lit. -o (d’intona-tion douce), y. si. -a (lit. -o et si. -a serYantaussi pour le génitlf) : skr. vfkat, zd lahrkdt, v. lat. lupod, lit. vi'lko, v. si. vltka. — Lanbsp;possession d’une finale d’ablatif singulier distincte de celle dunbsp;génitif est Tune des caractéristiques du type thématique. Le faitnbsp;pourrait être du a la fixation d’une postposition -if(-f) indiquantnbsp;le point de depart, cf. lat. dè.

Instrumental : *-ë, et sans doute aussi *-0: xéd. vfkd (seule-ment dans quelques mots arcbaïques), zd vihrka, lit. vilkü, (avec de *-m) ; le timbre *-ê est indiqué par les adverbes la tins du typenbsp;ccrte qui semblent issus d’anciens instrumentaux, et par l’ad-verbe (ancien instrumental) skr. pagccl, v. perse pasd, zd pascdnbsp;« après » en face de 1’adverbe (ancien ablatif) zdpaskat « après » ;nbsp;1’opposition de r et de ^ dans l’Avesta suppose i.-e. *-è dans unnbsp;cas et i.-e. *-ot dans l’autre (v. p. 71). Demême, dansla flexionnbsp;des démonstratifs, on rencontre got. hwe « comment », dor.

— Ailleurs il y a une forme a désinence en -bh- ou -m- (v. p. 269 et suiv.) : c’est celle que représentent arm. get-o-vnbsp;« par le fleuve » et v. sl. vltk-o-mi « par le loup » ; et alors lanbsp;Yoyelle thématique peut être ainsi dans la forme adverbiale arm.nbsp;het-e-w « après », a cóté de het-o-v « par la trace ».

Locatif: *-ei et *-oi : skr. vrk-e, zd vshrk-e, v. sl. vTic-è; Ut. adverbe nam-e « a la maison » ; adverbes gr. ciV.-ot et dv.-v.; lat.nbsp;dom-l. — La désinence *-i forme avec la voyelle thématique unenbsp;diphtongue d’intonation douce : lit. namê, gr. iaO^-gt (de la pro-'''ient l’accentuation gr. o’i/.oi, en regard du nominatif plurielnbsp;“’¦'/-Gi, cf. Oco! « dieux »).

Datif: *-oi : zd vshrk-di, gr. nbsp;nbsp;nbsp;(écrit /rjv.-iii), Oe-w, lit.

-^ilk -ui (avec-«f d’intonatlon douce), v. lat. dial. Numasioi, lat. hip-ö (3enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;— La désinence du datif est contractée avec la

^'^yelle thématique.

Pluriel.

Nominatif-vocatif masculin-féminin *-öx : skr. vfk-ah, zd quot;^^h-k-d (-d de *-ds; forme vieillie et peu usitée), got. wulf-os;nbsp;^tubr. Ikuvinus « habitants d’Iguvium », osq. Niivlanüs

liabitants de Nole » ; v. irl. fir-u k hommes » (-« de *-ös), ser-

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284 LE KOM

vant seulement de vocatif. La desinence du nomlnatif pluriel a été contractée avec la voyelle thématique. — La finale *-oï du nomi-natif pluriel des démonstratifs s’est substituée dans beaucoup denbsp;langues a cette forme : gr. Xiy.-si, v. sl. vUc-i, lat. lup-i(-ï de-ocnbsp;du latin ancien, représentant Le germanique a Ie type got.nbsp;blind~ai « aveugles » dans les adjectifs seulement; c’est en effetnbsp;par les adjectifs que la flexion des démonstratifs a été transportéenbsp;dans celle des substantifs. Le caractère récent de la substitutionnbsp;ressort du maintien en irlandais de *u'irös, représenté par firn,nbsp;comme vocatif, et de la création de *wiroi (devenu fir), commenbsp;nominatif; en osco-ombrien, la finale *-ös s’est maintenue, et anbsp;été étendue aux démonstratifs. Par suite, le germanique etl’indo-iranien sont seuls a conserver ici la distinction entre la forme dcsnbsp;substantifs et celle des démonstratifs.

Accusatif masculin-féminin *-ö-ns dans skr. vfkan « loups » (vfkdnif-ca « et les loups »), lit. vilküs', v. irl.firu « hommes »;nbsp;on ne peut rien affirmer sur la quantité anclenne de l’o dans lat-uirös, crétois cSeX-s-vi; (att. Kéy.sitq, lesb. Xu/ii;), got. ivulf-a-ns',nbsp;v. pruss. deiw-a-ns « dieux », a.vm. get-s « Qeuves » (-x de *-d-ns)-

Nominatif-vocatif-accusatif neutre. — La finale nbsp;nbsp;nbsp;est

celle du nominatif singulier d’un collectlfen*-ü (cf. p. 253) ; véd-yug-d « jougs », got. juh-a, v. sl. jig-a', et de même zd xsa^r-d « dominations » ; et gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ngd. L’indo-iranien oppose 1®

type thématique en *-a, véd. yuga, au type athématique en '¦ namdni « noms » ; mais cette opposition ne se retrouve dansnbsp;aucun autre dialede. II y a deux preuves du caractère particuliernbsp;de la finale *-d (*-a) ; i“ Le déplacement du ton attesté p ar le slavenbsp;et qui serait contraire a une regie du type thématique : russenbsp;sing, stddo « troupeau », pluriel stadd ; pistnó « écriturenbsp;riel pis'ma ; ces deux oppositions recouvrent celles de gr. lt;pOX5'' •nbsp;lt;p'jX-(^; vsupov : v£'jpa, et celles de skr. bhratram « confrérie » : ë*'nbsp;9paTpa; skr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« pluie » : hom. èspcrr,. — 2quot; Le pluriel

en *-a (*-a) se rencontre en face de singuliers masculins : gr. p.vjpa (avec le déplacement caractéristique du ton) ; lat. locüS)nbsp;loca; russe róg (génlt. rógd) « corne », pluriel rogd (avec le dépl3'nbsp;cement d’accent). — La valeur de collectif est parfois sensible

V

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DEJIONSTRATIFS 385

encore a 1’époque historlque, ainsi dans le pluriel hom. y.jy.Xa « roues » du masculln v.jxkoq « cercle », dont le pluriel ordinairenbsp;esty.u'/.As;; a y.jy.Xx répond véd. cahrcl « roues » sur lequel a éténbsp;refait un singulier neutre cakrdm « roue ». Le serbe oppose denbsp;même le singulier kölo « roue » au pluriel neutre (collectif) Mianbsp;« voiture ».

¦ Génitif: *-om, *-Dn : gr. aüzcov (et ösuv); lit. vilkü; et v. sl. 'vlïhl; V. irl. fern-', ombr. pihaclo « piaculorum » ; v. lat. detm.

Instrumental : *-öis : véd. vfhaih. zd v^hrkais, lit. vilkals, ¦V. sl. vlïky, lat. lupls', et sans doute aussi gr. Aj-z.st? (GsiTs).

Locatif : *-oisu, en indo-iranien et en slave : skr. vfke^u, zd '^^hrkaêsu, v'. sl. vllcéxü', cf. hom., lesb., ion. /óy.owi.

Datif-ablatif; cas en *-hh- ou en *-m-: skr. vfkehhyah, v. sl. vll-komü, etc. On ne saurait restituer une forme commune.

Duel.

Nominatif-vocatif-accusatif masculin-féminin : finale *-ö: gr.

V. sl. vlïka, lit. vilkü, véd. vfka, zd v^hrka (-« de *-{i). L’alternance véd. vfkav, vfka est peut-êlre analogique de cellenbsp;dn nom de nombre véd. dfu^vau : d(u)va, « deux » qui est sure-*ftent indo européenne.

Nominatif-vocatif-accusatif néutre : skr. yugé, v. sl. jid^ë quot; (deux) jougs » ; zd xsa%r-e « (deux) dominations » ; la dési-*ience est la même que dans le type athématique.

Génitif-locatif. Le v. sl. vlïku « de (deux) loups » représente forme ancienne, cf. irl. fer « de (deux) hommes » et arcadiennbsp;l^'SJouv « au milieu (de deux objets) » ; le skr. vfkayoh a la formenbsp;démonstratifs.

Datif-ablatif. Gas en -bh- ou -m-, pour lequel il est impossible restituer un prototype ; skr. vfkahhyam, zd vihrkaèïbya, v.nbsp;vltkoma.

IV. — Démonstratifs, indéfinis, interrogatifs, etc.

(Gas particuliers du type thématique et du type en -a-f)

Les démonstratifs, indéfinis, interrogatifs et quelques adjectifs ^®similés avaient en indo-européen une flexion spéciale, alaquelle

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286 LE NOM

on donne souvent Ie nom de Hexion pronominale ; ce terme est rnal choisi: les plus importants des pronoms, les plus spécifi-quement pronoms, les pronoms personnels, n’avaient que pennbsp;OU pas de flexion, et les démonstratifs, indélinis, etc., sont tan-tót adjectifs, tantót pronoms. Le terme « flexion des démonstra-tifs » est moins impropre.

Pour le féminin, ces mots sont des themes en *-a-, et, pour le masculin et le neutre, des themes en *-a/o-; mals les desinencesnbsp;sont en partie dlfférentes de celles des suhstantifs et adjectifsnbsp;appartenant a ces types. De plus — et c’est la un caractère origi'nbsp;nal qui se retrouve dans le pronom personnel —- cette flexionnbsp;comporte parfois deux themes distincts, l’un qui sert pour lenbsp;nominatif singulier masculin ou féminin, l’autre pourle reste desnbsp;formes, y compris le nominatif-accusatif singulier neutre.

a. ïhèmes.

Les principaux mots ainsi fléchis sont les suivants : iquot; Un démonstratif renvoyant a une personne, a une chosenbsp;précédemment nommées ou déja connues :

Nominatif singulier. nbsp;nbsp;nbsp;Thèmes des autres formes.

MASCULIN

FKMININ

MASCULIN-NEUTRE

FÉMININ

skr.

sd

sd

ia-

ta-

dor.

b

'a (att. T,)

TI-

Ta-

got.

sa

so

i^a-

fo-

Le baltique et le slave ont étendu au nominatif masculin et féminin les thèmes : lit. masc. ta-, fém. to-] v. sl. masc., neutrenbsp;to-, fém. ta-.

La valeur un peu vague et faible de ce démonstratif se voit dans ce vers homérique :

A 43 w; loxt’ nbsp;nbsp;nbsp;to3 o’ ï'/Xxte. 'PoXèsg 'Az6a}m'/

on conQoit qu’il soit devenu un simple article en grec (postérieU' rement a Félat llnguistique représenté par Homère) et en germ®'

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DEMONSTBATIFS 287

nique (dialectalement; eet état n’existepas encore dans Ie gotique de Wulfila).

2” Démonstratifs indiquant l’objet rapproché. —¦ Dans les langues autres que Findo-iranien, l’objet rapproché de la per-sonnequi parle est indiqué par *11^- sans qu’il soit facile de posernbsp;Ie thème indo-européen : formes fléchies dans lit. ns, génit. éid;nbsp;v. sl. si, génit. sego', arm. ays signifiant lat. lt;c bic » et sa signi-fiant «is » (pourl’objet Ie plus rapproché); got. acc. masc. hin-(a),nbsp;neutre hit-{d), dat. himma ; seulement des adverbes dans lat. ci-tranbsp;« de ce cóté » ; v. irl. (même sens). Le sens précis de *ki~ estnbsp;défini par le fait que c’est le démonstratif qui, uni au motnbsp;« jour », donne le sens de « aujourd’hui » ; y. sl. dïnï-sl, lit.nbsp;kh-dèn, got. himma daga, v. sax. hin-dag, v. h. a. hiiitu (formenbsp;mutilée de hiu tagu), arm. ays-aivr, att. róiAspov, ion.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(de

*hy-ameron).

Le démonstratif indiquant l’objet rapproché a en indo-iranien 'ine forme compliquée : skr. nom. masc. ay-dm, fém. iy-dm etnbsp;9ussi, du même thème, par exception, neutre id-dm (cf. lat. fd) ;nbsp;1’accusatif masculin sanskrit est im-dni et le neutre zend ini-at;nbsp;te génitif et la plupart des cas sont fournis par un thème a- ; skr.nbsp;^~sya, zd ain'he (de *a-sya) ; et c’est aussi eet a- qui a la forme dunbsp;*'hème dans le composé skr. a-dyd « aujourd’hui ». Le latinnbsp;^épond par un anaphorique : is, id, et emn, earn, etc.; de mêmenbsp;t® germanique : got. is, it-a, génit. is, etc. ; le thème e- est clairnbsp;^ans le datif ombr. esmei « huic ». — Enfin le latin a un démon-^Ifatif dont l’élément radical ne peut être rapproché d’aucunnbsp;^^dical des autres langues, mais dont la flexion est analogue anbsp;Celle du précédent, avec i au nominatif et o aux autres cas : nom.

acc. hun-c, neutre hocc, hoe (de *hod-cei), thème ho- dans le ’^'^'ociposé ho-dië « aujourd’hui ».

Démonstratifs indiquant l’objet éloigné.

Dn rencontre trois caractéristiques principales ; *w, *n, *1.

La caractéristique *w est oriëntale : nom. sing. masc. fém. asdu, zd hdu, v. perse hauv ; acc. sing. skr. am-üm, gén.nbsp;'^'dsya; l’iranien a un thème ava- dont 1’équivalent se retrouvenbsp;V. sl. OVÜ..., ovü... « 1’un..., 1’autre... » (dans les langues

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288 LE NOM

slaves modernes 6ü ils se rencontrent, les représentants ds ovü désignent plu tót l’objet rapproché).

La caractéristique *n figure dans v. sl. onü, lit. an(a)s, arm. ayn « ille », na « is » (pour l’objet éloigné), sans doute aussinbsp;dans V. h. a. jenêr « celui-la » et gr. h-q « surlendemain ». —nbsp;C’est de ce démonstratif que sont derives les mots suivantsnbsp;signifiant « autre (en parlant de deux) » : skr. dn-tara-hnbsp;« différent de », lit. an-tra-s « second ». got. an^ar « autrenbsp;(en parlant de deux), second », gr. a-repo-c (altéré en attiquenbsp;en l-xspo;, mais maintenu néanmoins dans la forme contractenbsp;att. OaTspsv).

La caractéristique *l apparait notamment dans v. lat. ollus, lat. ille et ul-trd « au dela» (opposé a ci-tra) ; dans irl. t~all « ultra »»nbsp;an-all, etc. ; dans sl. *ol-nl « l’année dernière » c’est-a-direnbsp;« l’autre année » (v. sl. lani, pol. loni, etc.). De la sont tirés lesnbsp;mots suivants signifiant « autre (en parlant de plus de deux) » ^nbsp;gr. aXXs?, lat. alius, irl. aile, got. aljis, arm. ayl.

4quot; Anaphorique et relatif.

Le thème de skr. ya-, y.dya-, v. sl. je- (quand il est suivi dela particule ^e: nom. ji^e, gén. jego^e, etc.), gr. 'c- sert de pronoionbsp;relatif; il fournit le nominatif aussi bien que les autres cas. •— D®nbsp;plus il a en slave la valeur d’anaphorique, c’est-a-dire qu’il sertnbsp;a renvoyer 4 une personne ou a une chose connue on précédeni'nbsp;ment indiquée, et c’est cette valeur seulement que présente 1®nbsp;lituanien. Comme anaphorique, il est enclitique et peut alorsnbsp;s’ajouter aux adjectifs pour indiquer que le nom auquel il s®nbsp;rapporte est déterminé: v. sl. dobrü-jï (écrit dobry-ji') « lebon..•nbsp;dobra-ja « la bonne... », dobro-je (neutre) « lebien » ; de mém®nbsp;en lituanien, masc. gerhs-is « le bon... », fém. geró-ji; le thèm®nbsp;nvestique ya-, mis en principe au même cas que le nom auqu®!nbsp;il se rapporte, et par suite démonstratif et non relatif, sert a unirnbsp;un nom a un autre nom ou a un adjectif, ainsi a l’accusatifnbsp;stardmyim tistrim « 1’étoile Tistriya ».

5quot; Indéfini et interrogatif.

Deux themes, tous deux caractérisés par *^*-, ont le doubl® róle d’indéfini et d’interrogatif:

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DEMONSTRATIFS 289

*^quot;’0- (féminin : skr. ]^a- (nom. kah), zd ca- (génit. gèth. ca-hya), ka- (neutreka-t), v. sl. ce- (génit. ce-so « de quoi? »),nbsp;ko- (dat. ko-mu « i qui ? »)gt; üt. ka-, gr. -ce- (génit. lio, tïö), ¦e;-(dans les adverbes comme tkO), lat. quo- (neutre quo-d), got.nbsp;é'Wfl- (nom. hwas « qui? »).

: skr. cit (ancien neutre, devenu adverbe), .zd ci-s 'lt; qui? », V. sl. cï-to « quoi? », lat. qui-s, gr. tv-c.

II n’apparait aucune répartition des deux themes dans la flexion : *k'''ei- (masculin-neutre et féminin) fournissait un nomi-ttatlf singulier masculin-féminin et un nominatif-accusatif singulier neutre: zd cis, cit, gr. ti';, xt, lat. quis, quid, v. sl. cl,nbsp;(seulement neutre), mais v. lat. quo-i (lat. class, qul)^ etnbsp;®kr. l:dh « qui », v. sl. kü-(to'), lit. kas, got. hwas, et Ie fémininnbsp;^orrespondant skr. ka, lit. kh, got. hwo, lat. quae (de*qua-i') nenbsp;®ont pas moins anciens; *kquot;'e-, *k'”o-, se trouve notamment aunbsp;génltif gath. ca-hya « de qui? », gr. xf-o (xcD), v. sl. ce-so « denbsp;^Uoip », comme on vient de Ie voir.

les

Les formes toniques sont interrogalives, ainsi gr. xi'c ; tormes atones, a l’intérieur de la phrase, indéfinies, ainsi gr.

Comme on l’a vu par les examples cités de skr. an-yd-h, lat. ‘^^-iu-s, etc., ces themes admettent des suffixes secondaires, etnbsp;6st ainsi que Ie Sanskrit a t-yd- a cóté de td-, i-tara- « autre »nbsp;^ cóté de ay-dtn, i-d-dm, cf. lat. i-teru-m ; etc. De ces mots, lesnbsp;ont entièrement la flexion des démonstratifs: c’est Ie cas dunbsp;^ot « autre» (par rapport a plusieurs) : skr. an-yd-h u autre »,nbsp;^^'yd-t, lat. al-iu-s, al-iu-d, gr. ukXoc, akXs, etc. ; d’autres ontnbsp;ÏUelques formes de cette flexion, c’est Ie cas de « autre » (denbsp;5®Ux) ; lat. alter, alteru-m (avec la flexion nominale), gén. alter-et dat. alterï (flexion de démonstratif), et en général de tousnbsp;qui sont formés avec Ie suffixe *-tero-.

I^’autres mots, notamment ceux signifiant « un » et « tout », quot; ^utier », empruntent aussi des formes a la flexion des démon-^^^etifs : tel est Ie cas pour skr. ékah « un », zd aêvö, v. sl. jedinü,nbsp;mi, lat. ünus; skr. vtgvah et sdrvah « tout », zd vlspO, v. sl.nbsp;lat. tötus.

19

A. Meillet.

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290 LE NOM

b. Flexion.

Les formes sont en partie identiques a celles des substantifs et adjectifs en -ejo- pour Ie masculin-neutre, en -d- pour Ie fémlnintnbsp;en partie différentes.

Masculin et neutre.

Singulier.

Nominatif masculin. — La particularité caractéristique d® l’existence d’un thème particulier a ce cas, type skr. sa —gr.nbsp;a été signalée p. 286 ; ce thème n’a pas Ia desinence *-s, particu-larité qui se retrouve dans skr. ay-atn et dans v. lat. quo-inbsp;qui), et dans lat. hi-c, ille^ iste, peut-être dans i-pse en face de «¦tnbsp;(cf. 1’accusatif v. lat. eum-pse). — Quand Ie thème regoit un®nbsp;désinence, c’est *-5: skr. yd-h « qui », gr. o-q ; Ie nominatifnbsp;correspondant du lituanien pour ce même thème est -is dan®nbsp;gerds-is « Ie bon ygt;,jls « il », comme celui des autres thème®nbsp;en *-yo-.

Accusatif masculin. — La désinence est la même que celle de® substantifs; skr. td-m, gr. tó-v, got. fan-(a)^ etc.

Nominatif-accusatif neutre *-t: skr. td~t, zd ta-t, gr. xs chute de la dentale finale, normale a la fin du mot, comme aU®®'nbsp;en baltique et en slave) ; v. pruss. sta, v. sl. to, got., }at-anbsp;t représentant d, qui est la forme de la dentale finale dunbsp;devant voyeile commengant Ie mot suivant, en 1’espèce la pa^ti'nbsp;cule représentée par -a), lat. (ts-)tu-d. — Gette désinence ®®nbsp;retrouve dans Ie mot « autre » (relativement a plusieurs)nbsp;appartient a la familie des démonstratifs en / ou m (v. p. 287nbsp;suiv.): skr. anyd-t, zd anya-t', lat. aliud, gr. d'XXo, maisnbsp;pas dans les mots signifiant « un » et « entier » : lat.nbsp;tötu-m, skr. éka-m « un », vigva-m « tout », sdrva-m » tout S’’quot;

Génitif. — Les formes divergent d’une langue a l’autre : ® tdsya, hom. tiïo (att. xot), dor. xu), got. ^-is, v. h. a.nbsp;comme dans Ie type thématique ; Ie timbre e de la voyeile thé^nbsp;tique est attesté par la correspondance : gath. ca-hyd « deq^i^

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DEMOSSTRATIFS nbsp;nbsp;nbsp;291

V. sl. ce-so « de quoi? », hom. -ié~s (att. toj), v. h. a. hwe-s. Les formes de génitif, togo en slave, nor- « de celui-la » en armé-nien, eiius en latin, sont particulières a chacune de ces langues,nbsp;et toutes d’origine obscure.

Ablatif (distinct du génitif, comme dans Ie type thématique des substantifs): skr. tit (devenu adverbe), zd at (devenunbsp;adverbe'), lit. to, v. lat. isiöd, lat. isiö.

Datif *-smöi(?) : skr. ta-sniai, zd aêta-hmai) cf. v. pruss. ste-^Mu et got. i^a-rimia (avec -mm- de *-sm-') ; arm. or-um « aqui? » (avec *-um de * o-smöiï); ombr. esnui « huic » ; v. sl. to-mu (sansnbsp;trace de *s).

Locatif *-smi (?) : skr. ta-smïn, zd aUa-hnii, arm. or-um « dans W^uel » (^-uni de *o-smi^') : ombr. esme', v. sl. to-mt (sans trace

de *s').

Instrumental: rA ta', adverbe dans gr. et dor. got. (adverbe), v. pruss. ste « d’autant ».

Pluriel.

Nominatif masculin *-i : skr. (de indo-iran. nbsp;nbsp;nbsp;hom. .

V. sl. ti, lit. ii (-ë de balt. *-ai: v. pruss. stat), lat. istl. L’indo-iranien et Ie germaniquo révèlent I’opposition du nomi-ttatif en des substantifs (skr. agvah « chevaux », got. dagosnbsp;“ jours ») et du nominatif en 'quot;-oi des démonstratifs (skr. té, got.nbsp;^«0; les autres langues ont generalise l’un des deux types,nbsp;^iosi Ie latin a equl comme istl, mais Tosque a pus « qui » commenbsp;^hvlanus « habitants de Nole ». — Le nominatif pluriel mas-Cülin en *-oi des démonstratifs a été étendu aux adjectifs en litu-^tiien et en germanique, et a tons les noms en -o- dans la plupartnbsp;des langues.

^ccusatif masculin, comme dans les substantifs : skr. tan, ^^'étois (att. touc), got. fa-ns, V. pruss. sta-ns.

^ominatif-accusatif neutre, comme dans les substantifs; véd. sl. ta, et d’autre part gr. ra (avec a bref), lat. ista.

l^énitif *-isöm, *-isön : skr. té?am, zd aêtaesq.m, v. pruss. stèi-V. sl. téxü (de *to-ison)', cf. got. et lat. istörum.

Localif *-isu en indo-iranien et en slave : skr. téfu, zd aètaèsu,

¦ téxü ; cf. hom., ion. rcTsi.

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292 LE N05I

Datlf-ablatif: skr. tébhyah, ?Aaêibyö, v. lat. hïbiis', v. sl. tèini’h V. lit. tennis, V. pruss. stei-mans, got. ^aimQ).

Instrumental: véd. tébhih, vA aêibis, y. sl. tènii, goi. ipaimQ)j l’opposition avec la forme des substantifs est claire en védiquenbsp;eten vieux slave; il va de soi que la distinction du datif-ablatifnbsp;et de l’instrumental est faite seulement en indo-iranien, en slavenbsp;ct en baltique.

L’o du thème est suivi de i au génitif, au locatif, au dalif' ablatif et ^ l’instrumental du pluriel, comme Ie montrent lesnbsp;formes citées. — Le duel ne présente pas de formes différentesnbsp;de celles des substantifs.

Le mouvement du ton indiqué par le génitif skr. asyd, eo regard de dsya et de tdsya, par le datif asnidi, en regard de dstndinbsp;et de idsmdi, etc., déroge a la regie de 1’immobilité du ton dansnbsp;le type thématique. A véd. asmdi, avec le ton sur la finale»nbsp;répondent les formes slaves (russe tomiS) et germaniques; gof-^anima denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;supposant *to-smé; au contraire att. sup'

pose *tó-syo, car *to-syó aurait donné *to'j ; le v. pruss. stêiso^^ avait l’accent sur 1’élément radical.

Féminin.

Au féminin, les formes propres aux démonstratifs sont raojns nombreuses et moins netles. On trouve :

Singulier.

Génitif-ablalif *-e-syas, *-e-sds: skr. td-syah, zd aêtanhd, pruss. ste-ssias', got. ^i-:(os.

Datif: *-e-sya-i, *-e-sai: skr. id-syai, 7A ain'h-ai (de *a-sydd’ V. pruss. ste-ssiei; got.

On remarquedans ces deux formes: le thème */e-;rélément*'-^}'' alternant avec *-5-, comme dans la desinence de génitif mascub^'nbsp;neutre '*-syo : *-so (cf. p. 282) ; les finales *-ds et*-di, identique®nbsp;celles des substantifs en *-d-, comme au masculin le *-öi denbsp;est identique a la finale *-öi du datif thématique. La place dunbsp;sur la finale que suppose got. fi^ps,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n’est pas celle

skr. tdsyah,tdsyai, mais concorde avec celle de skr. asyah, dsy^^'^

L’instrumental skr. tayd, zd aêtaya rappelle l’instrumenl® V. sl. tojg.

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PRONOJIS PERSOJJNELS nbsp;nbsp;nbsp;298

Plurlel.

Génitif; *-a~söm, *-a-sön : skr. th-sam (et asAiii), zcl anham (de *a-sdin), hom. -xi-io'i (alt. -óov, dor. tSv), lat. istd-rmn, oscf.

« earum ». Gette finale a été élendue aux substantifs en grcc et en italique, ainsi ombr. pracatarum « saeplarum ».

Devant les desinences en -bh- et -m Ie slave et Ie gevmaniqne on t -i- comine au masculin : got. faim, v. sl. dat. témn, instr. tèini.

s PERSONEELS.

C. Pronomi

Les formes de pronoms personnels diöorent trop d’une langue i 1’autre pour qu’on puisse reslituer l’état indo-europécn. Malsnbsp;on y reconnait quelques parlicularités ;

iquot; D’une part, Ie singulier, et, de l’autre, Ie pluriel (et Ie duel) d’ 'une seule et mcme personne sont notes par des motsnbsp;distincts : lat. ego et nös, tii et uös. C’est qu’en effet Ie pluriel a icinbsp;Hn sens spécial : ms signific « moi et d’aulres », et non plu-sieurs « moi ».

2quot; Le norainatif a, au moins a la première personne, un thème différent de celui des autres cas : lat. ego el niê, got. weis et unsnbsp;'' nous )i, etc. On a vu un fait pareil dans les démonstralifs.

3quot; Aucune difference de genre n’est exprimée, ce qui Concorde ^'ec l’absence de distinction directe du masculin et du fémininnbsp;‘ïans les substantifs; lat. s’adressc égalernent a un homme et

Une femme.

4“ La oü il y a une flexion, elle est differente et do celle des ^nbstanlifs et de celle des démonstralifs, et il semble que les pro-^^ortis personnels en indo-européen aient comporté seulement desnbsp;^oi'mes non fléchics.

5“ Plusieurs cas présentent des formes toniques et des formes ^'•ones distinctes les unes des autres.

La série des pronoms personnels comprend des pronoms de * ' et de 2' personnes aux trois nombres, et un réfiéchi qui sertnbsp;Pour tons les nombres et toutes les personnes. II n’y a pas denbsp;Pfonom personnel do 3” personne.

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294 LE NOM

On n’examine ici que les formes dont Ie caractère indo-euro-péen est attesté par la correspondance approximative d’au moins deux langues.

Singulier.

Nominatif. — pers. : gr. eyw, lat. ego (o abrégé de ö), got-ik, arm. es (de *ec), lit. ès (dr); Homère a èywv devant voyelle et Ivcó devant consonne; Ie (ou *fl?) initial suppose par v. si.nbsp;a:{ü, v. russe ja^ü est isolé, ainsi que l’aspirée de skr. aham, cf-zd a:(0m, v. perse adam (v. p. i4i)-

2® pers. : gr. vj (et gó), lat. UI, v. irl. tü, got. fu, v. isl. et v. angl. fü, V. h. a. dü, lit. tü, v. pruss. tou, v. sl. ty, et véd-t(ii)v~dm, zd t(u)vom, tüm (avec une particule indo-iranienne *«»!)•nbsp;II n’y a pas de forme atone en Sanskrit, grec et latin, pareenbsp;que, dans ces langues, Ie nominatif du pronom personnel était,nbsp;la oü il figurait, un mot isolé^ a sens plein : lat. ego uenio « c’estnbsp;moi qui viens m. Mais certaines formes, qui sont généralementnbsp;postposées au verbe (oü a «n autre mot) dans plusieurs langues,nbsp;indiquent Texistence d’un emploi enclitique : *tu, avec u bref,nbsp;dans gath. (la notation ü ne prouve pas qu’il s’agisseici d’unenbsp;ancienne longue), v. pruss. tu, v. isl. du (avec d sonore), '''•nbsp;angl. fu, V. b. a. du (-t après s dans des formes telles que bis-i)tnbsp;arm. du (avec un traitement d du t initial, comparable a d denbsp;isl. du, et dü a ce que Ie pronom est traité comme un motnbsp;accessoire inaccentué) pour la 2® personne; Ie germanique e*nbsp;Tarménien indiquent aussi un emploi atone de la i''*’ personnelnbsp;Ie vieil irlandals possède aussi des pronoms postposés — d’ori'nbsp;gine obscure — pour toutes les personnes.

Les autres cas ont pour radical *em-, *m-, a la première pet' sonne, *teui-, * tiv- et *t~ (cf. p. r38 et suiv.) a la seconde.

Les formes de ces radicaux ont été adaptées, modifiées ou éiargies pour servir a l’expression des divers cas; mais il n’y ®nbsp;pas une flexion comparable a celle des substantifs et des adjectifs-Accusatif. — Gr. è[j.£, as (de xFt attesté chez Hesychius,nbsp;comme crétois), atone [j-s, ae ; Ie *eni- initial de gr. èfrsnbsp;retrouve dans arm. is (de *im-s) et Ie *twe dans arm. khe-^; dan®

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PHONOMS PERSONNELS 295

got. mik, V. h. a. mih et dans v. h. a. dih, on a *me, *te, suivis d’une particule -k correspondant a gr. ys, cf. sijidys, asye; *me et *tenbsp;expliquent aussi les formes enclitiques v. irl. -m, -t. En indo-iranien, skr. ma^ tva, zd md, %wd sont atones; dans les formesnbsp;toniques, skr. niam, ivAm, zd mam, %ivg.m la nasale finale est unenbsp;particule (comme dans les nominatifs véd. ah-dm, t{ii')v-dm')nbsp;plutot que la desinence de 1’accusatif; si. me, te pose la même question. Dans V. lat. mêd, tëd, la dentale finale ne peut être qu’unenbsp;particule, comme -om dans ombr. tiom « te », osq. siom « se ».

Génitif tonique (distinct de 1’ablatif): *mene « de moi » dans zd mana (et skr. mama avec m interieure au lieu de n), v. si.nbsp;niene, lit. manè, et *tewe « de toi » dans skr. tdva, zd tava, v. si.nbsp;iehe (altéré de d’apres le datif tehe), lit. tavè ; une forme *emenbsp;« de moi » est supposée par arm. im et gr. èijiïTo, e'Jiso, Ipounbsp;plus une finale *~yo de génitif ajoutée en grec d’apres lenbsp;type ¦xcXo); *twe, *two « de toi » par arm, kho, gr. aeto, aéo (ooö).

Un datif tonique a été obtenu au moyen d’élargissements: skr. ^dhy-a(jn) « a moi», lat. mihl, ombr. mehe, de *megihi, et arm.nbsp;^nj, de *emgihi', skr. tdbhy-a(m) «a toi» (aveew d’apres les autresnbsp;cas, au lieudea), gath. taibya, v. si. tebë, v. pruss. tebbei, lat, tibi,nbsp;^wibr. tefe.

Datif atone: *moi, *toi : skr. me, te; zd mé, tê', v. si. mi, ti; gr. [j.51, bom. ^01(61 att. coi); ces datifs servent aussi de génitifsnbsp;atones en no mb re de cas ; le dorien a des formes toniquesnbsp;'d'), /‘tv de datif, et le lituanien des formes atones mi, ti, si.

Un ablatif, toujours tonique, est obtenu en ajoutant la même 'ientale qui figure dans le type skr. vfkat, v. lat. lupOd (v. p. 288 etnbsp;®tiiv.), véd. mat, tvcif, zd. mat, Qwat; lat. mê(d), të(d).

ï*our le locatif, toujours tonique, il a été fait ; skr. mi, tvé; S'quot;- [ji.ïtnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ao'. (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;est identique au datif.

Instrumental. — II n’y a pas de correspondances exactes: le maya rappeller, sl. münojg, et le skr. tvctyd, v. sl. tobojg',nbsp;’bais on n’en saurait tirer de conclusion.

Uluriel.

^ominatif. — i'

personne. II y a deux correspondances :

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agö LE SOM

skr. vay-am, zd vaëni (dissyllabique, fausse vocalisation de ^aysni) got. wets, v. h. a. wir, et d’autre part lit. nies, v. pruss.nbsp;mes, V. sl. my (avec y d’après vy- « vous »), arm. melth, lesb.nbsp;(de *\i}si\mes d’après 1’accusatif).

2® personne *yüs, dans : zd yüs (enclitique), yü{-3m, skr. yüy-am (avecy intérieur au lieu de r attendu, d’après z/öy-im «nous»), lit. jüs, V. pruss. ious, got. jus', lesb. '6[j.[j.e(;, denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d’après

« nous » et l’accusatif jjjiijis « vous ».

Autres cas. — Les radicaux sont *nd(sj-, nbsp;nbsp;nbsp;pour la pre

mière personne, *wo(s)- *u(s)- pour la seconde. Le génitif-datif-accusatif atone est le radical mème: skr. nah, vah, zd nö, vó, V. sl. ny, vy ; d’autres degrés vocaliques se frouvent dans 1’accusatif tonique latin uOs, nös, gath. nd, vd; et dans le gotique uns,nbsp;uns-is (de *i}s « nous »). Une particule *-sme s’ajoute en grec etnbsp;en indo-iranien a la forme tonique, au degré vocalique zéro,nbsp;d’oü *nsme, *usme, attestépar lesb. , 'jizij.ó, dor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'üjzf ;

des caractéristiques d’accusatif pluriel ont été ajoutées dans att.

et dans skr. asman, yuyman (avecy initial d’après le nominatif), et c’est sur la forme de 1’accusatif qu’ont été refaitsnbsp;tous les autres cas toniques en grec et en sanskrit, ainsi gr. génit-'D[ji(7)v. Dans la flexion du slave : génit. nasü, vasü; dat.nbsp;namü, vamü; instr. nami, vami, et dans lat. nöbts, uöbis, onnbsp;constate 1’absence de 1’*^ que présente l’accusatif.

Le vieil irlandais offre des formes a s- initial : sni « nous»r si (cf. gall, chwi) « vous » qui semblent supposer *snês, *swês',nbsp;elles représentant des formes d’accusatifs-génitifs-datifs, et rap'nbsp;pellent l’accusatif got. i:(wis « vous » et peut-être le duelnbsp;gr. a-oo).

Duels.

Nominatif. — personne : v. sl. vê, lit. vé-(du), gatb. véd. vdm (c’est-a-dire *vd-ani), v. angl. wi-if) (*-t est un restenbsp;d’une forme du ncm de nombre « deux »).

2® personne : véd. yuv-dm, lit. jü-(d.u), v. angl. gi-Q) (avec t d’après la première personne).

Pour 1’accusatif-génitif-datif atone (et aussi sans doute toniqu® dès l’indo-européen) on trouve ; skr. nau « nous (deux) », gatb-

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PROJJOMS PERSONNELS 297

na, V. si. na, gr. vw (accusatifet nominatil} ; skr. vam « vous (deux) », galh. va, v. sl. va.

Réfléchi.

Le thème de réfléchi *sm-, *sw- (*r-) est parallèle au thème *tew-, *tzv- (*^-) du pronom de 2® personne au singulier et se comportenbsp;de même; il n’y a naturellement pas de nominatif.

Accusatif: v. sl. se ; v. pruss. sien ; hom. '(/^i (atone '[7']e) et k(f)é ; got. si-(k) ; lit . save.

Génitlf-tonique; v. sl. selgt;e (altéré de *sevè), lit. savé; hom. sTs, OU (de *'A-Ayo).

Datif tonique : v. sl. sehè, v. pruss. sebbei, lat. sibï, osq. sifei' cf. gr. ^^{(v).

Génitif-datif atone *soi ; prékrit se, zd (et après i, u, r), hom. ot (et '[/^]ot), v. sl. si.

Le lat. sê(d) représente un ablatif, le gr. nbsp;nbsp;nbsp;(cf. skr. svay~

am « pour soi-même, de soi-même »), un locatif (et datif?), 6t le V. sl. sobojg, un instrumental.

Le sens de ce thème est « propre è une personne », el il s’ap-plique en indo-européen a tous les nomhres et h toutes les per-sonnes, ainsi que l’adjectif possessif qui en est tiré : skr. svdJp, Kn)vah, gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;conservé en indo-

iranien, en slave, en haltique et même en grec homérique. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples ; le génitif de possessif lit.nbsp;^dvo se traduit par « de moi » dans ; ets tal sdvo tévui pasakjsiunbsp;quot; je dirai ceci a mon (propre) père » ; le possessif v. sl. svoji senbsp;^•quot;aduit par « de tol » dans : jidi vü domü svojï « va dans lanbsp;(propre) maison » ; v. sl. rece kü sehè « il s’est dit a lui-même »

rëïg bü sebë « ils se sont dit a eux-mêmes » sont également possibles.

^^omère, gt; 27 nbsp;nbsp;nbsp;ojtci syw ye

ouva[u.0!'. yXoRepwrapov okXo (/')'.oea9xi *^0 X^)^; se traduit par « ma propre ».

4o2 nbsp;nbsp;nbsp;5(ó[u.aut

(l^)oÏ3i se traduit par « tes propres ».

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298 LE NOM

(3 206 nbsp;nbsp;nbsp;h(F')f/.x «pstïj? èpiSaivojjicV

XF)y)q se traduit par « notre propre » ; Ie réfléchi a été éliminé par une partie des copistes dans ces divers passages (voir lesnbsp;variantes des editions).

Un mot signifiant « propre a une personne » ne se rapporte pasnécessairement au sujet de la phrase, comme dansles exemplesnbsp;precedents, mais peut aussi figurer dans des types de phrasesnbsp;comme ceux-ci:

lat. nbsp;nbsp;nbsp;eum suos pater... ah amica abduxit.

(eum et suos «.son propre » sont rapprochés.) lat.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eos in ciuitates quemque suas dimisit.

Homère, 11 753 ï-q p.iv oiXsaev aXy.Y]

« c’est sa propre force qui l’a perdu ».

véd. nbsp;nbsp;nbsp;¦ nahi svdm clyuf cikité jdnesu

« non, la durée de leur propre vie n’est pas connue aux hommes »• Les formes atones, qui ne constituent pas un mot phonétiquenbsp;isolé dans la phrase, ont par la même un sens plus efface, et onnbsp;les considère souvent comme appartenant ^ un tout autre groupsnbsp;de mots, mais la valeur de « propre a une personne » s’y laissenbsp;entrevoir; hom. '(f^)s et XF)o'. sont, il est vrai, des pronom®nbsp;anaphoriquès, mais s’emploient seulement si Ie mot auquel d®nbsp;renvoient est tout voisin :

A 820 xW' oye TxXGjSióv t£ /.ai E'jp'j5aT‘^v '!:pzci(F')v.T:s.'h Tw X^)oi. ixx'i X'qp'jY.e...

A 824 nbsp;nbsp;nbsp;£1 SÉ xe iJiij SwYjaiv, lyw M y.ev «'jto? IXuiv.at

É)^0(i)v (ï'jv TtXïóvssaf TÓ nbsp;nbsp;nbsp;y.ai ^lyiov eutat.

Le sens caractéristique du thème *sew-, *sw- (*^-) se retrouve dans ses dérivés, ainsi dans skr. svadhA « particularité »,nbsp;(X')é0os « mceurs (particulières a un groupe d’hommes) », gol’

sidus « mceurs », v. sl. svatü « proche » (« homme de son propr®


groupe »), gr. hixXpcq (de *set-')) nbsp;nbsp;nbsp;« ami », lat. sêd- “ ®

part », gr. '/'ey.a?, '/quot;Éy-auToc, lat. sodalis (avec sod- de *szvedh-)f got. sibja « familie », skr. sabhd « assemhlée de village », etc.

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EMPLOI DES FORMES 299

D. Emploi de la flexion nominale.

L’emploi de Ia categorie du nombre, qui est commune au verbe et au nom, a été indiqué ci-dessus p. i55. Le nom aunbsp;pluriel (ou au collectif neutre qui tient la place du nominatif-accusatif pluriel) indique tout ce qui est congu comme formantnbsp;une pluralité ; par suite le pluriel désigne souvent un objet uniquenbsp;compose de plusieurs parties, ainsi gr. «Xe? « du sel » en regardnbsp;de aXg « sel » (matière) et « mer », — 'Apia « de la viande », denbsp;même lat. carnês, — bom. « du grain », véd. yavah (maisnbsp;aussi yavah), — hom. oy^a cc char », v. sl. kola, lat. bïgae,nbsp;(juadrïgae (même sens). Et ceci s’applique la même ou il s’agitnbsp;d’un objet compose de deux parties principales, comme cc unenbsp;porte » ; véd. dürah, v. sl.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dürys, arm. durkh, gr. Gjpai

(et TïyXjct), lat. forês; de même ; gr. ptvsgetlit. nasral cc gorge » (les narines), v. sl. usta (pluriel neutre) cc bouche » en regard denbsp;skr. ósthah cc lèvre », etc. On congoit dès lors que certains motsnbsp;soient employés seulement au pluriel; ainsi des noms de villes,nbsp;eomme gr. ’AGïjvai, YWaviaai, ou d’objets complexes comme lat.nbsp;o-ntae, véd. atah (cf. arm. \dr-\and cc montants et encadrementnbsp;^ie porte »).

Quant au genre, 1’opposition du neutre d’une part, du masculin-^éniinin de l’autre, est la seule exprimée par la déclinaison, et Seulement au nominatif, a l’accusatif et au vocatif(v. p. 253).

® derive lat. iugulus) ; des abstraits, comme gr. yevoc, sYv.jdnah », lat. genus ou véd. svdpn(i)yam ccsonge », lat. somnium.

Pour les adjectifs non accompagnés de substantifs, le neutre ^®signe les cc choses » par opposition aux cc personnes » : aliudnbsp;^®ut dire cc autre chose » par opposition a alius, alia quidesignentnbsp;autre personne (homme ou femme suivant le genre). Lanbsp;^^leur du neutre est moins claire dans les substantifs, par le faitnbsp;‘I’l ils n’ont qu’un seul genre. Ont souvent — mais non exclusi-'^lïient — le genre neutre ; les noms d’objets comme skr.nbsp;cc joug », gr. ^uyóv, lat. iugum, v. sl. jigo, goï. juk (k cóténbsp;traces du masculin: gr. Cuyó?, et peut-être aussi skr. yugah,QX

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3oo LE NOM

gr. (iv-)üT:r.sv, v. sl. sünïje; des diminutifs commc gr. avSpvJv de ivf|p, V. pruss. wosisiian « cbevreau » de wosee « chèvre »,nbsp;got. gaitein « chevreau » de gaits « chèvre ».

Pour comprendre la valeur des genres animé et inaniuié, il faut se reporter a des conceptions différentes de celles des modernes.nbsp;En indo-européen, tout ce qui se meut, tout ce qui agit est susceptible d’etre considéré comme «animé». IIarrivemême qu’unenbsp;notion donnée comporle deux noms, l’un « animé», l’autre «ina-nimé ». Par exemple, il y a pour Ie « feu » un nom neutre, gr. r,tpnbsp;(::ypic), ombr. pir (abl. pure), arm. hur, v. h. a. fiur, qui désignenbsp;Ie « feu » comme un objet, et un nom « animé » (masculin),nbsp;skr. agnlh, v. sl. ognï, lat. ignis, qui désigne « Ie feu », conQUnbsp;comme un ètre agissant; en védique agnth est une personnaliténbsp;divine. De même véd. udakani (gén. udnah) « eau», apparentéanbsp;gr. ü3cop, 'jBa-::;, ombr. utur (abl. une), désigne 1’ « eau », conguenbsp;comme un objet, par opposition au nom de genre animé (féminin)nbsp;apah « les eaux », employé pour designer les eaux divinisées.nbsp;Les noms d’organes actifs sont animés, ainsi Ie « pled » (mas-cul.), gr. Kjuc, lat. pes, etc. ou la « main » (souvent fémi-nine, paree qu\lle est réceptive), avec des formes assez différentes,nbsp;gr. ydp, lat. maniis,etc., tandis que les organes intérieurs, commenbsp;Ie « foie », skr. ydkrt, gr. -^rrap, lat. iecur, ont des noms neutres.nbsp;Les noms d’arbres sont de genre animé (féminin, paree qu’ils pro-duisentdes fruits), tandis que les noms de fruits sont neutres : Dnbsp;grec oppose ainsi Ie féminin ü-ioq au neutre óctuwv, et de même 1®nbsp;latin pirus a pirum. En se reportant a une mentalité de demi'nbsp;civilise, on arrive presque toujours a s’expliquer Ie genre, anit»^nbsp;OU inanimé, attribué a un nom donné. On congoit par exempl®nbsp;pourquoi les noms qui indiquent Faction, Facte sont de genrenbsp;animé, ainsi gr. csvip, pspi, ifittr, lat. gemitus, etc. Les nom®nbsp;d’instruments en *-tro-, *-tlo- (v. p. 234) sont généralementnbsp;neutres; mais les noms qui désignent des forces actives sont denbsp;genre animé, ainsi la « formule religleuse », Ie mantrah védique, onnbsp;Ie « vent », v. sl. vètrü.

Les deux sous-genres du genre animé, Ie masculin et Ie fémi' nln, ont un trait commun : au singulier et au pluriel, Ie nonH'

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EMPLOI DES FORMES 3oi

natlf etl’accusatlf ont des formes distinctes. Le nominatlf singulier «animé», masculinou féminin, peut, commele nominatif-accusatifnbsp;singulier neutre, avoir pour forme le thème sans aücune desinence ; mais il peut aussi être caractérisé par une desinence.nbsp;L’accusatif singulier et 1’accusatif pluriel ont chacun une desinence qui est la méme dans tous les noms de genre animé.nbsp;L’importance de la distinction ressort des démonstratifs oü, parnbsp;exemple, le nominatif singulier skr. sA, sa s’oppose si fortementnbsp;a l’accusatif tam, tAm (v. p. 286), et du pronom personnel oünbsp;lat. ego s’oppose a mé, et même til a tè'(y. p. 294)-

Et, en effet, la distinction du nominatif et de l’accusatif est capi tale pour les noms d’êtres animés, d’importance médiocre pournbsp;les noms dechoses : il faut que, de manière ou d’antre, lalangue,nbsp;niarque 'si Paul frappe Pierre ou si Pierre frappe Paul; mais lenbsp;sens sulEt a indiquer que Paul a eu un songe ou a mis le joug ; ilnbsp;n’y a pas ambiguïté, même si rien n’indique le complémentnbsp;direct.

II est remarquable que l’accusatif soit le cas dont l’expression est le plus uniforme : tous les accusatifs singuliers de genre animénbsp;Ont une même désinence; les accusatifs pluriels n’ont aussi qu’unenbsp;seule déslnence pour tous les types.

L’ldentité de forme du nominatif et de l’accusatif dans toutle genre neutre, et, même pour le genre « animé » (masculin-femlnln), au duel montre que le groupe du nominatif-accusatifnbsp;s’oppose aux autres cas. II est du reste frappant que, souvent, lenbsp;Nominatif-accusatif neutre ait appartenu a un thème autre quenbsp;ies autres cas, type skr. yahrt, yaknah et gr;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v^::a-cc

(y- p. 272 et suiv.).

Les cinq cas autres que le nominatif, le vocatif et l’accusalif l^Ofment autant de groupes distincts ; le fait que quelques-uns ontnbsp;formes communes n’entraine pas confusion. Ainsi l’ablalif estnbsp;•distinct du génitif, d’abord paree qu’il a une forme propre aunbsp;^iNgulier dans le type thématique (tant dans les substantifs quenbsp;^Nns les démonstratifs), mais aussi paree que le cas avec lequelnbsp;a des formes communes au singulier, le génitif, n’est pas le

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3o2 LE NOM

même que celui avec lequel il se confond au pluriel, au moins en indo-iranien et en italo celtique, Ie datif.

Le caractère tout particulier du nominatif, de 1’accusatif et du vocatif suffit a montrer que les distinctions de cas ne sont pasnbsp;homogènes. Même les cinq autres cas ne sauraient être mis surnbsp;un même plan. Le génitif et le datif ont, au singulier, des desinences pourvues d’alternances vocaliques normales et bien éta-blies; la désinence de génitif pluriel est aussi nette. Ces deux casnbsp;servent surtout a indiquer des rapports grammaticaux. Ennbsp;revanche, les cas qui expriment proprement des relations locales,nbsp;le locatif, l’ablatif, et aussi Finstrumental, ont des formes ennbsp;grande partie troubles et peu définies.

La valeur des cas ne peut être exprimée par des formules abstraites; elle se définit surtout par les types de phrases dansnbsp;lesquels on emploie tel ou tel cas. Ces valeurs sont souvent complexes, et les mêmes cas figurent dans des groupements qu’il estnbsp;dilTicile de ramener a une formule unique, si vague qu’on la fasse.

En lisant les exemples ci-dessous, on notera que 1’indo-iranien est le seul dialecte qui, du moins dans ses plus anciens textes,nbsp;présente au complet les huit cas indo-européens ; partout ailleursnbsp;des confusions plus ou moins étendues en ont obscurci la valeurnbsp;ancienne. Le génitif et l’ablatif ne sont jamais distincts en slavenbsp;eten baltique, non plus qu’en grec. De plus, le grec n’ajamaisnbsp;qu’une forme pour le datif, le locatif et Finstrumental.

C’est sous le benefice de ces réserves générales que sont presentees les observations suivantes sur chaque cas.

a. Cas distingués seulement dans le genre animé.

Nominatif.

Le nominatif indique de quoi il est question dans la phrase, le « sujet » et aussi, dans la phrase nominale, le prédicat : l^l'nbsp;pater bonus est — pater uocat.

Vocatif.

Le vocatif désigne la personne a laquelle on s’adresse; n’existe done en principe que dans le genre « animé ». Quand

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EMPLOI DES FORMES 3o3

on s’adresse a deux personnes, la seconde est désignée au nomi-natif en védlque : vüyav IndraQca « ó Vayu et Indra! )),etHomère a un exemple analogue :

r 276 nbsp;nbsp;nbsp;Zeu uaTsp, ’'12y)Q£'( jxeSswv y.uBtoxs piYioxs,

YjéXwq 0’ oi; Tcavx’ èoopa? xai ¦Ttdvx’ èzayoueti;.

Accusatif.

L’accusatif sert a determiner Ie sens d’un verbe. Un même verbe indo-européen se traduit de, manière différente, suivantnbsp;qu’il a OU non un complément a l’accusatif; soit gr. l'/w « jenbsp;tiens, je me tiens » ; sans accusatif, Ie sens est « je me tiens » :nbsp;oOto)^ lyia « je suis ainsi » ; avec accusatif, « je tiens » :

« j’ai quelque chose » ; de même véd. dparo dart se traduit par « l’autre a crevé », mais, avec complément, pilro dart « il a crevénbsp;les citadelles ». On trouve aussi, avec un sens un peu différent,nbsp;[i-a-yrri byiyo'no « ils ont combattu un combat » ; cSgv sAOeirevatnbsp;« faire un voyage » (littéralement « aller en route »), et skr.nbsp;pdntham eti « il va en route ». La distinction d’un accusatif « denbsp;1’objet intérieur » et « de 1’objet extérieur « est factice ; dans 1’unnbsp;comme dans l’autre, on a affaire a une déterminatlon du sens dunbsp;Verbe, et il est impossible de marquer la limite des deux emplois ;nbsp;ainsi dans ce vers d’Homère :

A 108 éaGXov o’ ouT£ xt eu (/')£Ï7re;: (F)iT.oi; oüxe xéXecja?.

Les verbes qui admettent plusieurs determinations peuvent les présenter simultanément, ainsi lat. rogare aliquem, rogare aliquidnbsp;at rogare aliquid aliquem ; de même chez Homère :

^ 17 nbsp;nbsp;nbsp;0’jp.ov aiïr/jpa

^ 544 nbsp;nbsp;nbsp;h(F)s.v.ct viV/)?

Tvjv jj-w èyw 'dy-T/doi

at en védique : ainsi dans Ie .^gveda :

20, 3 tvaya vaydm aryd djim jayema

quot; par toi, c’est nous qui allons vaincre les ennemis dans Ie combat » (littéralement « vaincre les ennemis la bataille »). Le gr.

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3o4 LE NOM

(3aA).a) montre, dans les exemples homériques suivants, la variété des emplois suivant les complements :

A 722 è'avi Bi rii irs-caiJio? nbsp;nbsp;nbsp;si; aXa PaXXwv

« sejetant ».

A 627 nbsp;nbsp;nbsp;Tjv Bz ©sac... jSaXs Bo'jpi

« l’a frappé ».

•TtsTi 51 CY.fiTztpo't yMfi

g 80

lt;( a jeté Ie baton ».

E 794 zZpz Sè t:v '(s...

'éX%oq ava'|ü-/ivTa, ts jAtv (SaXs IlavSapo? tu

« dont l’avait frappé » (double accusatlf).

Comme complément d’un verbe indiquant un mouvement, l’accusatif marque Ie terme de ce mouvement: lat. eo Rotmmnbsp;chez Homère :

A 817

y.'n’jrj 5 ïupavov f/.e

Le sens est alors précisé d’ordinaire par un préverbe, mot originairement independent (v. p. ibg et suiv.), mais qui a éténbsp;rapprocbé du verbe de manière 4 former avec lui un mot un,nbsp;ainsi :

A 497 nbsp;nbsp;nbsp;B’a'iiBr, [Asyav eipavov O'jXujAitóv xe

OU par une préposition rapprochée du nom :

A 169 nbsp;nbsp;nbsp;vjv 5’ eip.i

E 289 nbsp;nbsp;nbsp;apjAaxa •rcof/.iXa |3avxe;.

Le complément direct sert 4 indiquer l’extension dans une phrase comme celle-ci ; Hérodote, VI, 119, Béxx -/.at BiTiV.osis'Jinbsp;axaSious a.t!:éyo'ni. L’accusatif homérique B 292 eva p-ïjva iaIvW'nbsp;n’est pas différent de iae'vo) 11 «j’attends quelque chose » ou denbsp;p,£V(d xtva « j’attends quelqu’un ». Par des extensions secon-daires on est arrivé 4 dire en latin quindecim pedes latus ou e»

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EMPLOI DES FORMES 3o5

grec, Thucydide, IV, ii8, 7 al nbsp;nbsp;nbsp;svtauTov ïjovTai. — Et

même l’accusatif dit « de relation » que Ie grec a tant développé n’est peut-être qu’un cas particulier de l’emploi ordinaire ; ainsinbsp;dans cetle phrase de Platon Rép. 453 b S'.acpïpsi yavo «vopo? xïjvnbsp;füaw, l’accusatif xtjV est de même espèce que óSiv dans 6Scvnbsp;£X0Ép.=vai; Ie sens est « a une difference de nature ».

Les divers emplois de l’accusatif se ramènent en dernière analyse a celui de complément d’un verbe. Dans Ie tour gr. xwXwite:; S’cvop.’-^o-av, skr. M nimasi (néma asi) « quel est ton nom? »,nbsp;V. perse ka(n')bu]iya ncinia « un nommé Cambyse », Ie motnbsp;« nom » est un nominatif apposé.

De plus l’accusatif se rencontre souvent auprès d’un préverbe-préposition sans indication de mouvement, ainsi Hérodote VII, i3i Ttspt Ilispi'-^v SiïxptSs ïjpipa;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; lat. acciisare aliquem ad

populum, ob earn causam;arm. ijer kolmn ê « il est de votre cóté » ; skr. prdti var am « conformément au voeu » ; etc.

b. Gas distingués dans les deux genres, animé et inanimé. Génitif.

Le génitif a deux emplois distincts ; c’est Ie cas qui indique Ie fout dont on prend une partie, et c’est celui auquel se met lenbsp;complément d’un substantif.

a. Génitif partitif.

Le principal emploi du génitif indo-européen était sans doute '^’indiquer le tout dont on prend une partie; le génitif ainsinbsp;cttiployé sert alors de complément a un mot quelconque, nomnbsp;Ou verbe : lat. unus eorum, fortissimus uirorum, ubicunque terra-^'Utn^ gr. xplg '^(rspaq et skr. dvir dhnah « deux foislejour » ;nbsp;S^Cec, chez Homère :

761

vjy.xóq, got. nahts, skr. hapah « de nuit » (c’est-a-dire « a luoment de la nuit »), lit. duk man dünos « donne-moi dunbsp;P^in » (l’accusatif signifierait « le pain »), — hom. xupwvnbsp;A. Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;20

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3o6 nbsp;nbsp;nbsp;LE NOM

a’.v’jjjivGU;; « prenant des fromages » — ou :

X i4o i3(f)x-:jc t:saa’ èiïiOïïaa, yxpi!lcij.élt;rri

« ayant présenté beaucoup de mets, donnant de ce qu’eUe avait» : Ie contraste de l’accusatif et du génitif partitif est net ici-Génitif partitif avec « boire, manger » :

i 102 nbsp;nbsp;nbsp;Xti)xóïs ooiyM-j

cf. skr. apiim agnati « il consomme de l’eau » ; avec « emplir » ^ gr. vaj; ¦T^\r^pz\)'^ avBpwv, véd. sómasya jatharam pfiiati « il emplifnbsp;son ventre de soma », lat. aquae plenus; avec « dominer » ;

A 38 nbsp;nbsp;nbsp;TsvcSoió VS (f’)ava!ja£ic;

lat potiri rerum ; v. h. a. lualtan himiles « régner sur Ie del »• Avec Ie verbe « entendre », en grec et en védique, Ie bruit en-tendu est indiqué a l’accusatif :

A 455 nbsp;nbsp;nbsp;SouTOV sv oupsGiv s'y.Xus TOqjifiV

gr. Tsv Xóyov axoijeiv, véd. vacant gpioH « il entend une parole mais la source du bruit au génitif ;

A 357 nbsp;nbsp;nbsp;TOJ S’ IxXus TOTVia \i.rprip

« sa mère l’a entendu », de même vij? sih-xiyyai; ay.süstv « efl' tendre la trompette » et véd. devdsya griioti « il entend Ie dieu gt;’•nbsp;— L’emploi du génitif partitif avec un verbe s’oppose done ®nbsp;celui de l’accusatif.

b. Génitif adnominal. nbsp;nbsp;nbsp;,

Tout complément d’un substantif se met au génitif, quel soit Ie lien logique des deux noms ; lat. metus hostium signifi®’nbsp;suivant Ie contexte : « la crainte qu’éprouvent les ennemis »

« la crainte qu’inspirent les ennemis » ; on peut dire Marei dO' mus, Marei pater, Marei uxor. Marei filius, gr. ypafi;

ava5!ü)v ztXyoc, etc.; deux génitifs exprimant des relation® différentes peuvent être juxtaposés : vi;v vg3 Kiyrpsq vwvnbsp;apyfyt « Ie commandement sur les vaisseaux qu’avait Lachès »

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EMPLOI DES FORMES nbsp;nbsp;nbsp;60']

Ie génitif exprime simplement qu’un nom determine un sub-stantif, et il est inutile — autant qu’impraticable — d’essayer de passer en revue toutes les nuances de sens que Ie génitif permetnbsp;de rendre. — Le génitif marque d’ailleurs une dépendance dunbsp;même genre dans les phrases nominales, et de même que le latinnbsp;a Marei domus, il a aussi ea domus Marei est; la construction dunbsp;génitif est done parallèle de tous points a celle de l’adjectif; etnbsp;telle langue emploie un adjectif (ce qui était peut-être ordinairenbsp;en indo-européen), la oü une autre emploie le génitif, ainsi lat.nbsp;domus Petri se traduit par v. sl. domü Pelrovü, et Homère, con-servant un usage éolien, a des tours tels que Ilsavtisv ulóv,nbsp;'lIpr/.XT,£(r,, rq' ’AyapiEixvovÉviv; l’arménien dit Noyean tapannbsp;« l’arche de Noé » avec un adjectif en -ean. Le génitif peut servirnbsp;de prédicat avec son sens, ainsi chez Homère :

Datif.

Le datif indique a qui ou a quoi une chose est destinée. Dans hom. ;

E nbsp;nbsp;nbsp;Aè avaj'/wv

dans lat. Romanis de muro manus tendebant ou dans véd. prd quot;^knave... etu mdnma « que la prière s’en aille pour Vishnu », lenbsp;datif ne marque pas le terme du mouvement, comme le ferait unnbsp;^ccusatif, mais la personne (ou l’objet) en vue de qui (ou denbsp;l^oi) le mouvement est fait. L’exemple typique est lat. alicuinbsp;‘^^iquid dare ou hom. E Sgö sSté p.iv... sSuvyjaiv iSuxsv. Tous lesnbsp;^ö'plois se ramènent aisément a ce sens général; le datif avec lesnbsp;yfii'bes signifiant « entendre » fait bien ressortir le sens; le datifnbsp;^ï^dique alors la personne qu’on écoute pour lui obéir :

^ 335 nbsp;nbsp;nbsp;y.aï T£ x'K'Jtq (o t’ è03Ar,aOa

V. -VII, 68, 8 utd frutani faydve hüydmcina

quot; et vous (deux) avez écouté Cayuj étant invoqués » ; v. lat. ^^ictii auscultare ; arm. nma hem « je l’écoute (je lui obéis) ».

Ee datif n’est d’ordinaire déterminé par aucune préposition ;

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3o8 LE NOM

on trouve cependant avec Ie datif v. sl. kü, skr. kam, ce dernier postposé (et ïè. a,y. sl. po, arm. ost).

Instrumental.

L’instrumental Indique avec qui ou avec quoi l’action est falte (d’oü Ie sens de : par qui, par quoi) : véd. devó devébhir a gamatnbsp;« que Ie dieu vienne avec les dieux », et plus souvent, en cenbsp;sens concret, avec preposition, ainsi slave sü tobojp « avec toi » ;nbsp;de même véd. tU süryo jyótisa devd eti « Ie dieu soleil monte avecnbsp;éclat », OU V. sl. bë clovèkü necistomï duxomï « 11 y avait unnbsp;homme avec un esprit impur » ; lit. akiml dklas « aveugle d’unnbsp;ceil » ; véd. somma jathdram prnati « il emplit son ventre denbsp;soma », V. sl. jisplünise se straxoml « ils ont été emplis de terreur » ; véd. adanti ddksinena hdstena « on mange avec la mainnbsp;droite » ; antdriksena patati « il vole par les airs » ; v. sl. süxoditwnbsp;pgtlml temt « il descend par ce chemin » ; v. sl. tfirni dïnhninbsp;sü:(udati « balir en trois jours » ; etc.

Ablatif.

L’ablatif indique Ie point de départ : question unde. Au sens propre il est presque toujours déterminé par un préverbe (pre'nbsp;position) : véd. d gahi divó rocanad ddhi « viens de l’espacenbsp;lumineux du ciel », lat. ex Ulo loco uenit, mais aussi Röma uenitgt;nbsp;sans préposition. Au sens figuré, il n’y a souvent pas de pfS'nbsp;verbe, ainsi véd. tdsmad gandh chidyate « la foule se sépare denbsp;lui » ; de même avec les verbes signifiant « craindre » véd’nbsp;indrad bhayate « il craint Indra », v. sl. boga bojitü se « il crainlnbsp;Dieu », et avec les comparatifs : ghftat svadtyah « plus doux q'J®nbsp;Ie ghrta (beurre fondu) », littéralement « particulièrement doux ”nbsp;en partant du ghrta (comme mesurc), zd akat asyö « plus naa^nbsp;que Ie mal », lat. nielle suauius, gr. [j.éXiTo? IjSiov, got.nbsp;imma « plus grand que lui » (oü Ie « datif » tient la place d’ni*nbsp;ancien ablatif), v. irl. ni diliu nech limni alaiüu « 1’un ne m’®®^nbsp;pas plus cher que l’autre », etc. Quand l’ablatif indique «nbsp;qu’oü s’étend une action », c’est aussi qu’on compte h partir d'*nbsp;point indiqué : skr. éti giribhya a samudramp;t « il va des montag*'®^

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MOTS INVARIA.BLES 3o9

a l’océan » ; on trouve de même prés de v. sl do, lit. ikl, « jus-qu’é », gr. nbsp;nbsp;nbsp;Ie génitif-ablatlf, représentant un ablatif indo-

européen.

Locatif.

Le locatif indique oü se fait une action : question ubi de la rnanière la plus générale. Ainsi skr. dndhau signifie « dans lenbsp;üeuve, sur le fleuve, prés du fleuve » suivant Ie contexte; skr.nbsp;devésu signifie « cbez les dieux, parmi les dieux » ; skr. usdsinbsp;« a l’aurore », v. sl. tornt case « en ce temps » ; de même lat.nbsp;Römae, doml, 1’adverbe gr. ov/m, etc. Le locatif est souvent dé-terminé k l’époque historique par des préverbes ou prépositions ;nbsp;inais cbez Homère, le datif grec, qui, pour la forme, est en notable partie un ancien locatif, est encore employé librement :

II 4o3

T.h'sc, nbsp;nbsp;nbsp;irp) T'’oupeCTt TSKirovsi

è^£Tap.ov.

r 45

oux iaxi Pi'yj fpeaiv.

0 34

vux.'cl 3’ óp.Wi; Tckeiew.

E. Mots invariabi.es.

Adverhes. — Les formes de mots fléchis sont sujettes a se fixer certains emplois particuliers, et alors elles échappent auxnbsp;*'egles générales de la morphologie de la langue dont elles fontnbsp;b^rtie. Elles peuvent subsister après que le type qu’elles repré-®6ntent a dispara, ainsi les instrumentaux du type lat. certè etnbsp;locatifs du type gr. oiV.oi, oizet. Ou, si le type général subsiste,nbsp;®lles admettent des traitements particuliers; ainsi final denbsp;modi), ablatif de modus, a conservé sa quantité longue, tandisnbsp;^*^6 l’ö final de 1’adverbe modö s’est abrégé (pour des raisons biennbsp;'^^terminées, dans un mot accessoire, de forme iambique), d’oünbsp;^°dö. D’autres fois, l’adverbe a exactement une forme de lanbsp;_®Oinaison, mais le thème qu’il présente ne subsiste plusnbsp;^^lleurs, ainsinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;renferme l’accusatif d’un thème qui

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3io LE NOM

n’est pas autrement représenté en grec historique. Chaque langue a fixé ainsi des adverbes au cours de son développement propre.

Tres peu de formes adverbiales sont communes i plusleurs langues de la familie ; 1’une des plus remarquables est Ie localif

skr. hyah hier », pelilvi (pers.


r. yOÉ;, lat. hert (hester-


nus'), got. gistra-, v. h. a. gestaron, ir\. -dè, gall, doe, alb. dj^ (sur Ie traitement phonétique dans gr. yhiz et gall, doe, v. p. 70nbsp;et p. io3).

Les adverbes qui remontent a l’indo-européen et n’ont pas de forme casuelle délinie sont rares. Les principaux ont déja étenbsp;signalés ci-dessus.

Préverbes. — Des fails analogues aux fixations de formes casuelles qu’on observe dans Lhistoire particuliere du grec, dunbsp;latin, etc., se sont produits en indo-europeen. Beaucoup desnbsp;préverbes se laissont reconnailre pour des formes casuelles, dontnbsp;la plupart appartiennent ^ des types connus ; ainsi ;

Theme *per3- « devant » :

locatlf (a désinence *-i 011 zéro, vocal isme *-e de l’élément préde' slnentiel) : skr. pari, zd pairi, gr. Tcfpi, lat. per, got. fair. Id-per, V. si. prè- (russe peré-);

génitif-ablatlf (a vocalisme prédésinentiel zéro) : skr. purdh,

parö, gr. Trap:; (avec place anomale du ton) ;

un cas en -5 (instrumental ?), dont on retrouve l’équivalent dau®

plusieurs autres préverbes ; skr. pra, vAfra, gr. rrpo, lat. pró (®*'

pro-), lit. pra- (et pro), v. si. pro (et pra-) ;

quelques autres formes, obscures ; gr. rrapa et napat; skr. puró gt;

got. faur ; arm. af; lat. prae.

et

Theme *ep- « a cóté » :

locatif; skr. dpi, gr. Im, arm. ew (ce dernier signlliant “ aussi », sens que présente a peu pres skr. dpi) ;nbsp;génitif ablatif ; peut-être *pos, dans skr. paf-cd, lit. pas-kui,nbsp;pos-t, pone (de *pos-ne); et peut-être aussi avec prothèsenbsp;désinence : gr. SA, lat. abs ;

cas en *-d : v. sl. po (et pa-), lit. pa, po, lat. po- (dans po-sitP'^ et, avec prothèse *a-, skr. dpa, zd apa, gr. arro ; cf. lat. ab.

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MOTS INVARIAÜLES 3l t

Thème *en- « intérieur » ;

locatif: gr. Ivi, iv (et, avec un -c qui se retrouve dans beauooup d’adverbes grecs, biq, d’oü è; devant consonne, si? devantnbsp;voyelle), lat. in, got. in.

Aucun autre cas de *en- n’est attesté clairement; Ie préverbe *ni- qui indique mouvement de haut en bas a un sens trop divergent pour être cite ici avec certitude; il est fréquent en indo-iranien; Ie mot *ni-:(do-, étudié p. 69 et 220, en atteste 1’existencenbsp;en indo-européen, et en effet Ie slave et Ie germanique en ont desnbsp;composés et des dérivés : l’adjectif v. sl. nicl (ainsi pade niet « ilnbsp;est tombé la face ebntre terre »), en regard de l’ablatif véd.nbsp;nlcat « d’en bas », et les adverbes v. sl. ni^ü « en bas » et v. h.nbsp;a. nidar « en bas ».

Au groupe de gr. Ivi « dans », etc., se rattachent des dérivés : arm. ner-, notamment dans ner-khin « intérieur » skr. antóhnbsp;antdr (antari), lat. inter, avec une forme athématique du suffixenbsp;*'tero- (v. p. 233), et, avec une prothese *a- qui se retrouvenbsp;dans V. pruss. an et v. sl. p-, ombr. ander et v. sl. gtri « a 1’in-térieur » ; au groupe de skr. ni- semble se rattacher, é cause dunbsp;sens, gr. è'vsps; « inférieur » et arm. i ner-khoy « au-dessous »,

Théme *et- « au dela » : locatif: skr. dti, gr. Irt, lat. et, got. :nbsp;génitif-ablatif ; peut-être v. sl. oiü, avec prothese *a-;nbsp;cas en *-o : lit. orient, ata-, comparable, pour la forme a gr.nbsp;«~o, et V. sl. ot-, lit. at-, formé comme lat. ab.

Les formes en *-ë du type gr. 7:00 et iizo, irpw- rappellent ^’instrumental indo-iranien en -d, et sans doute l’ablatif-instru-*'^ental latin en e (type ped-è) ; leur -5 alterne avec e dans hom.

et

en regard de v. sl. do, lit. da-, v. angl. (v. h. a. :(uo); et iss formes sans finale caractéristique, comme lat. ab en face denbsp;ctTzo, lat. (s')ub en regard de skr. tlpa « sous », gr. ür.o, ou v.nbsp;u (indiquant séparation) en regard de indo-iran. hva (indi-'l'iant mouvement de haut en bas), peuvent représenter Ie degrénbsp;''cgt;calique zéro de cette désinence, qui serail ainsi *-i, zéro.

*-os, *-s.

par suite parallèle a celle de génitif-ablatif *-es.

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3ia LE NOM

Dans skr. üt « en dehors de », zd us- (de ^uts), got. üt-, us-,-V. sl. vy- (de *üf), on pourrait trouver u~, apparenté a sl. u, avec un élément dental apparenté Si lat. dè, v. irl. dl, et la finale quinbsp;caractérise 1’ablatif véd. vfkat, v. lat. lupöd(y. p. 282 et suiv.),nbsp;en skr. mdt « de moi » (v. p. 296).

Quant a gr. « du dedans de », lat. ex, et v. sl. ji^ jis. Ut. is, OU a hom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;skr. prdti « contre », ou v. perse patiy, dor.

uoTi (même sens), il n’y a rien a en dire.

Une finale -s s’ajoute souvent aux préverbes-prépositions sans en modifier Ie sens. L’ancien iranien, par exemple, offre patis anbsp;cóté de pati. Le grec a ii[jyiq a cóté de Le gotique a us- anbsp;cóté de ut- (sans doute üt-). La différenciation de èvc (att. elq,nbsp;hom. kq) et de Iv en grec est secondaire, et ne se trouve mêmenbsp;pas dans tous les dialectes grecs.

Lorsque les préverbes se sont soudés aux verbes au cours de l’histoire des diverses langues, les formes munies de préverbesnbsp;ont tendu, dans certaines de ces langues, a désigner, comme lesnbsp;formes de l’aoriste arménien, le procés en tant qu’il parvientnbsp;a un terme défini; c’est ce que l’on observe notamment avecnbsp;les verbes munis des préverbes pa- en lituanien, ga- en go-tique, cum- en latin. En slave, oü Ie développement est plu®nbsp;avancé et oü il a été institué un système complet a eet égard,nbsp;tout thème verbal non essentiellement duratif prend une valeurnbsp;significative a peu prés identique a celle d’un thème d’aoristenbsp;grec quand les formes correspondentes sans préverbe ont Dnbsp;valeur de themes de présent, par exemple, v. sl. moliti se traduitnbsp;gr. Tpossu'/eaGai et v. sl. pomoliti se, gr. irpoasu^asOai. Les forinesnbsp;sans préverbe (et toutes celles qui ont la même valeur sémaU'nbsp;tique) sont dites alors imperfectives; les formes k préverbe (s*'nbsp;toutes celles qui, commev. sl. dati « Soüvai», got.giban « oijva'-lat. dare, ont, même sans préverbe, une valeur pareille) sontdite®nbsp;perfectives. Le grec ancien, 1’arménien et l’indo-iranien ne pr®'nbsp;sentent pas systématiquement cette action des préverbes sur le sens-

Particules.


Les particules ne sont jamais identifiables a


deS


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MOTS ISVARIABLES 3i5

formes casuelles connues. Elles ont l’air de themes sans desinences. Ge sont souvent des sonanles isolées ou précédées d’une prothese *a, ainsi:

*ü : skr. ü, lit. (ba-)u, got. u, et gr. aS, got. au-k «car », lat. au-t;

: gr. dtp, apx] lit. ir « et » ; prakr. ira.

D’ordinaire c’est une consonne suivie de la voyelle l/ö; une par-ticule composée d’une sonante peuts’y ajouter, et alors la voyelle précédente peut s’élider. Exemples;

skr. ca « et », iran. ca, gr. -s, lat. que, got. -h dans nih « et... ne... pas », cf. lat. ne~que] cette particule, qui signifie « et »,nbsp;n’était peut-être pas différente originairement d’une autre particule de forme identique appartenant a la familie de 1’indéfini etnbsp;mterrogatif ; skr. ca dans Mfca « quelqu’un », lat. quis-que,nbsp;arm. o-kh « quelqu’un », gr. xs dans beaucoup de phrases homé-riques. Avec addition d’une seconde particule, lat. qu-oni', lat.nbsp;qu-arn, arm. kh-an « que » ; lit. -k-i. En védique cana est fréquentnbsp;dans les phrases négatives, ainsi net hap cana « personne » ; ennbsp;germanique, on trouve dans les phrases négatives une particulenbsp;comparable: got. -hun, v. isl. -ge, v. suéd. -ghin, v. angl. -gen, ainsinbsp;got. ni hwashun kann « personne ne sait ».

*wê « ou » : skr. va, zd va, gr. (E)£ dans hom. nbsp;nbsp;nbsp;« ou »,

lat. ue, tokharien B (koutchéen) wa-i.

skr. gha, et ha, v. sl. go (dans ne-go « comme ») et ^e, gr. 'Ös, dans si-ös, xi'-Oe; avec addition d’autres particules, lit. -g-i

et

g~u.

La négation de l’indicatif: skr. na, v. sl. ne, lat. ne(^-scio), que, got. niQi) « et... ne... pas », etc.; avec une autre parti-'^ule *ne-i: zd naè(^cis), v. sl. ni(^lmto) « personne », lit. netnbsp;quot; ni lat. m. La négation prohibitive est *mé dans un groupenbsp;de langues : skr. ma, zd ma, gr. p,-!;, arm. mi (Ie latin a ne), etnbsp;Cette forme de la négation a été généralisée en tokharien B, ma.

De la négation *ne il faut distinguer *ne « comme » ; skr. na, ®ti avec *ei, lit. néi « comme », et aussi gath. (]zas-)na « qui? »,nbsp;diessalien (xó-) v£, lat. (sicci-)ne, v. sl. no « mais » ; avec additionnbsp;d eutres particules, lat. n-um et n-am, v. sl. n-ü, etc.

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3i4 LE NOM

gr. -AS, lat. (hoc-)ce, got. (^sa-)h « celui-ci », lit.

'« (viens) ici ».

gr. fe, got. -k, dans (tni-)k « moi », (au-)k « car ». lat. Qiuip-^pe « car », lit. (kdï-')p « comment » ; avec additionnbsp;d’une seconde particule, gr. ite-p ; lat. (^quis)-p-i-am.

russe é{~tot) « celui-ci », osq. e(^-tantó), ombr. e(-tantu) ¦« tanta », skr. a(^-sati) « celui-la », gr. l(-A$tvoc).

Les particules de ce genre sont nombreuses; plusieurs se rat-tachentades thèmes de démonstratifs, d’indéfinis, etc. ; d’autres sont isolées. Un grand nombre sont atones. L’importance de cesnbsp;particules était grande en indo-européen: on ne conhait pasnbsp;d’autre moyen indo-européen d’exprimer « et »,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« ou », la

negation, etc., que les petits mots indiqués ici.

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CHAPITRE VII LA PHRASE

Au point de vue linguistique, et abstraction faite de tonte consideration de logique ou de psychologie, la phrase peut être définie: un ensemble d’articulations liées hntre elles par des rapports grammaticaux et qui, ne dependant grammaticalementnbsp;d’aucun autre ensemble, se suffisent a elles-mêmes.

Le nombre et la nature des éléments qui constituent eet ensemble peuvent varier d’une manière indéfinie: un simplenbsp;vocatif tel que lat. Aule, employé pour appeler quelqu’un, ouunnbsp;verbe tel que lat. mnit, employé pour annoncer que la personnenbsp;attendue « vient », suffisent a constituer une phrase dans lenbsp;type linguistique indo-européen, et d’autre part il n’y a pasnbsp;de maximum au nomhre des éléments que la phrase peut com-prendre.

I. La phrase simple. iquot; Généralités.

Une phrase indo-européenne se compose d’un nombre variable d’éléments impénétrables, autonomes, significatifspar eux-mêmes,nbsp;•Ju’on appelle mots.

Les mots sont définis, au point de vue phonétique, par le traite-'^ent spécial de la fin de mot (v. p. 107 et suiv.) et, au point de quot;''Ue morphologique, par les regies de constitution des formesnbsp;grammaticales. Ils sont impénétrables, en ce sens qu’ils n’ad-

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3i6 LA runASE

mettent d’inserllon d’aucune sorte ni aucun déplacement de leurs éléments composants. Qu’on compare Ie gr. XsXoraa? et Ie fr. tunbsp;as laissé. Le mot frangais est un, car aucun des trois éléments,nbsp;que par tradition on écrit séparément, n’y a de sens propre ninbsp;d’existence séparée, et, en particulier, tu n’existe pas isolémentnbsp;et indépendamment d’une forme verbale; mais on peut inter-vertir l’ordre de tu et de as pour exprimer l’interrogation as-tunbsp;laissé} on peut intercaler divers éléments entre tu et as, entre asnbsp;et tu, soit: tu l’as laissé, tu ne l’as pas laissé, tu as déja laissé, tunbsp;ne Vaspas encore laissé, ne l’as-tu pas laissé} etc. Rien de pareilnbsp;en grec: Ia forme XéAoraa,; demeure identique dans toules lesnbsp;phrases oü elle figure et n’admet ni insertion d’éléments étran-gers ni interversion de ses éléments.

Outre le sens exprimé par le thème, la flexion marque le role joué par chaque mot dans la phrase; le mot est done autonome et suffit par lui-même a indiquer son sens et son role dansnbsp;le discours.

2“ Phrases nominales et phrases verbales.

La morphologie indo-européenne fait apparaitre une distinction profonde entre deux séries de formes, les unes nominales et les autres verbales. Si le prédicat, qui est Félément essentiel denbsp;la phrase, est un nom, la phrase est dite nominale; si le prédicatnbsp;est un verbe, ou du moins un verbe aulre que le verbe « être » ounbsp;copule, elle est dite verbale.

La phrase nominale sert a affirmer qu’une qualité, une manière d’etre appartient a quelque chose. Ainsi, chez Homère :

A 80 nbsp;nbsp;nbsp;yapnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« car le roi est le plus fort ».

174 Tcap’ sp.otys 7.x. oiAoi « auprès de moi il y en a d’autres encore ».

en vieux perse, mana pita Vistaspa, « mon père est Vistaspa » ! en védique, V., II, i, 2 tdva... hotram « a toiest é la qualit®nbsp;de hotar » ; en latin, haec admirahilia, etc. Des phrases de c®

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PHRASES PSOMNALES ET PHRASES VERBALES 3i7

genre ne comprennent aucune idee verbale, et aucun verbe n’y figurait sans doute en indo-europeen li on iln’y avait a exprimernbsp;ni mode, ni personne, ni temps, c’est-a-dire la on un verbenbsp;éventuel serail a la 3' personne du présent de Findicatif. Mais,nbsp;comme le mode, la personne et le temps n’ont pas normalementnbsp;d’autre expression que la flexion verbale, il a fallu partoutnbsp;ailleurs introduire un verbe dépourvu de sens propre et qui sertnbsp;simplement a porter la flexion en vuq d’exprimer ces diversesnbsp;notions ; par example, on lit en vieux perse : tyaiy paruvamnbsp;xsaya^iya aha « ceux-ci étaient rois avant » avec « étaient »nbsp;exprime par aha, a cote de adam navama « moi, je suis le neu-vième », ob la i™ personne étant exprimée par le pronom adamnbsp;« moi », le verbe « être » a la 1’'° personne ne figure pas pareenbsp;qu’il était superflu ; chez Homere, on a de même iarco pournbsp;exprimer I’imperatif:

A i44

dg Ss Tt? xpyyg avfjp ^0'jXr/ggt;6pcg £jt(o.

Bien loin que le verbe « être » soit le verbe par excellence, comme on 1’a longtemps cru, il ne figurait en indo-europeen quenbsp;par suite de 1’importance qu’y a prise le type verbal d’une manièrenbsp;générale, importance qui a déterminé I’emploi obligatoire d’unenbsp;forme verbale dans certains cas définis.

La phrase nominale comprend généralement deux membres nominaux. La copule ne sert, la ou elle figure, qu’a marquer lenbsp;lien des deux membres ; elle tend parfois, comme en latin, a êtrenbsp;accessoire du prédlcat qu’elle suit immédiatement et surnbsp;lequel elle est appuyée, ainsi Aulus bonus est. Celui des membresnbsp;'ie la phrase nominale qui énonce 4 quoi appartient la qualitenbsp;^ïidiquée, le « sujet », peut être remplacé par le verbe « être »nbsp;^ont la flexion indique de quelle personne il est question, parnbsp;^Semple chez Aristophane, Ach. 691, ta^upoi; el. La phrase nominale se compose parfois d’un seul membre, ainsi un adjectifnbsp;^oname lat. mirum « c’est étonnant ».

Quant a la phrase verbale, elle sert 4 exprimer des proces, n^mme : « il mange », « il dort », « il vieillit », « il est mort »,

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3i; LA PHRASE

etc. Son seul élément essentiel et constant est Ie verbe; en effet Ie verbe indo-européen comprend l’indication de la personne etnbsp;du nombre, et se suffit: lat. tienio, uenis, tienimus, etc. peuventnbsp;constituer chacun une phrase entière.

De même aussi les verbes dont Ie sujet était une personnalité divine plus ou moins définie, comme skr. varsati, gr. 'h'. « ilnbsp;pleut » (cf. ci-dessus, p. 207) : c’est peut-être l’origine de lanbsp;plupart des verbes « impersonnels » qui, dans les langues indo-européennes, n’ont pas de sujet exprimé.

Le verbe peut être determine par des noms a divers cas : lat. donum fero, tihi placet, Tusculo proficiscor, Romae maneo, ounbsp;par des adverbes : lat. heri ueni, ou enfin par des préverbes qui,nbsp;comme on l’a vu (p. lög et suiv.), servent a la fois a determiner le verbe et le nom complément du verbe et qui ont éténbsp;rapprochés tantót du verbe et tantót du nom, prenant en cenbsp;dernier cas le róle de prépositions. Toutes ces determinationsnbsp;pouvaient s’accumuler en une seule et même phrase; par example,nbsp;chez Homère:

A 369

o’ Ikov ’Arpsi'S'f] Xpuar,(Sa

OÜ il y a un preverbe et deux complements.

Les déterminations ne sont pas « régies » par le verbe. Les pré-verbes sont des mots autonomes qui peuvent être juxtaposes ® un verbe et a un nom, mais qui peuvent aussi s’en trouvernbsp;distants d’une manière quelconque et dans des proportions quel'nbsp;conques. Le cas auquel sont mis les complements ne depend pa*nbsp;du verbe, mais seulement du sens i exprimer. Soit le verbe gr-'/AÜO), qui signifie toujours et partout «j’entends » ; il pourranbsp;être employé absolument (avec une appositionquot;), ainsi Esch-rnbsp;Prom., 868 :

•/.X'jstv a'toDMi; [LaXXov •?)

« passer pour faible plutot que pour scélérat » ; ou avec 1’accU' satif indiquant la chose entendue : sV.ausv ajSijv (Horn.), ou avecnbsp;le génitif indiquant de quoi Ton entend le bruit: =y.Xuov xjtoo, 0^nbsp;avec le datif indiquant celui au profit de qui on ecoute:

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PHRASES NOMINALES ET PHRASES VERBALES 319

lAGi iv.X’ji'/ (Théognis), V. p. 3o6 et suiv. ; l’emploi de l’accusatif, du génltif OU du datif dans ces phrases ne depend pas plus du.nbsp;verbe que I’emploi de l’instrumental (non distingue du datif en grec)nbsp;dans o^xui y.Aüu « j’entends avec mes orellles », ou celui du locatifnbsp;(devenu ad verbe en grec) dans ov/.o'. nXuw «j ’entends a la maison ».nbsp;Les préverbes n’exèrcent également aucune action sur Ie casnbsp;auquel sont mis les noms ; ils précisent seulement Ie sens; ainsinbsp;~pc(; dans les exemples cites page 160. Ghaque mot a la formenbsp;que demands Ie sens k exprimer, non une forme commandée parnbsp;un autre mot de la phrase; 11 n’y avait pas en indo-européen denbsp;« rection » d’un mot par un autre, comme il y en a en latin parnbsp;exemple, et 1’autonomie du mot est ce qui commands la structurenbsp;de la phrase indo-européenne.

Une phrase nominale et une phrase verbale peuvent être juxta-posées et combinées en une phrase k la fois nominale et verbale, qui a ainsi comme un double prédlcat; ainsi lat. uictor uictorumnbsp;duet, véd. vfpa frifvipe « tu es appelé un mamp;le », gr. xóXa%icnbsp;«xoiioyaiv « ils sont appelés flatteurs », etc., ou gr. 7rpï)vv;;,nbsp;sl. pade niet « il est tombé contre terre », lat. praeceps cadit, etc.nbsp;Les appositions de ce genre peuvent être moins liées au verbe,nbsp;'^omme dans;

Öom. k 43

n’indlquer qu’une circonstance accessoire, ainsi:

Kom. k dad nbsp;nbsp;nbsp;s6r, Sxïtx « 11 est allé hier a un

festin ».

G’est dans des phrases de ce genre a la fois nominales et verbales que Ie verbe *es-, dont la valeur propre est d’affirmer l’exis-^auce, a pu prendre Ie róle de copule qui a été décrit ci-dessus.

La phrase nominale peut aussi se combiner avec la phrase ''erbale d’une autre manière, quand l’un de ses composants estnbsp;complément, ainsi lat. creat aliquem consulem, gr. tov MrjSovnbsp;èXöóvTx « nous savons que Ie Méde est venu », skr. hatdninbsp;'^drdnt vidma « nous savons que Vrtra est tué »,

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320 LA PHRASE

II ressort de ces faits que Vapposition est Ie procédé qul carac-térise d’une manière essentielle la syntaxe indo-européenne.

L’adjectif ne formait pas un groupe avec Ie substantif qu’il qualifiait; il lui était simplement apposé; ainsi dans Platon,nbsp;Cratyh 4i4 d; ttSv av Travxi' xi? cvojj.a 'Apayfrax!. 7i:poaap;j.ia£i£V, ¦nbsp;l’ordre des mots sufTit a montrer que les adjectifs sont apposésnbsp;aux mots qu’ils qualilient, ou groupés avec eux. Le caractèrenbsp;appositionnel de la construction de l’adjectif ressort mieux encorenbsp;d’une phrase de Ménandre, Epitrep. 9

y.piXYjV xiiixou xiva

?r,xo3p.£V wcv

« Nous cherchons pour ceci un arbitre qui soit sans parti pris »• Hérodote écrit II, 17 N£ÏAoc [rsayjv AiyuTtxov !:^!L£t.

On congoit des lors comment il se 1'ait que les préverbes-pré-positions ne sont liés ni au nom ni au verbe (p. iBg et suiv.).

II y a ainsi une grande variété de types de phrases: phrase nominale pure ou accompagnée du verbe « être », phrase verbalenbsp;pure OU accompagnée de compléments divers, phrase a la foi®nbsp;nominale et verbale, l’élément nominal étant apposé soit aUnbsp;verbe, soit 4 un complément.

Comme chacun des élémenls de la phrase a son indépendance» un groupe nominal au singulier peut être juxtaposé a un verb®nbsp;au pluriel se rapportant a un ensemble d’individus, ainsi che*nbsp;Homère :

I 656 nbsp;nbsp;nbsp;ot oè ’Eéy.xlt;jxoq iXwv Bé7:xc

(jxEi'xavxs? T:xpx vJJag taav T^aAtv.

le

Quand on veut insister sur la personne ou qu’on doit intrO' duire une personne que le verbe ne suffit pas, k indiquer ounbsp;chose qui a besoin d’etre nommée, la phrase comprend, outrenbsp;prédicat, un second groupe, apposé au verbe et a ces déterin^nbsp;nations, celui du « sujet » : ainsi chez Homère :

A 180 nbsp;nbsp;nbsp;(té6£v 5’ èyw cüx

A 178 nbsp;nbsp;nbsp;Oei? uou aol xóy’ eSuzEV.

A 817 nbsp;nbsp;nbsp;y.vi'aï) o’ oipavbv tys.

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PHRASES WOMINAtES ET VERBALES 32 J

Un pronom tel que gr. èyw a en indo-europeen la valeur d’un mot isole, d’une apposition, fr. moi, ct non celle d’un simplenbsp;accessoire du verbe, comme fr. je.

Chacun des noms qui figurent a un titre quelconque dans une phrase nominale ou verbale peut, comme le verbe, être precise par diverses determinations ; ainsi, pour prendre desnbsp;exemples chez Homère, par un nom au génitif ;

A 9 nbsp;nbsp;nbsp;Aio; utsc

par un adjectif ou par un demonstratif ;

Sto? ’A^tX'Xsu;

tov XpticrjV

par un nom en apposition (ce nouveau nom pouvant lui-même être determine par un autre nom et par un adjectif) :

A 7 nbsp;nbsp;nbsp;’ATpsiSv]^ v£ (/')iva§ avSpwv

par un nom de nombre :

A 3o9 nbsp;nbsp;nbsp;aps'x? Ixpivev eeixocnv

Les adjectifs admettent également des determinations :

A 2i5 nbsp;nbsp;nbsp;TtóSa? (l)xu? ’A)jtA)veÓ5

A 122 nbsp;nbsp;nbsp;(juXov.'ceavwxaxe i:a')Twv

A 107 nbsp;nbsp;nbsp;9iXa 9p£!7i'

A 114 nbsp;nbsp;nbsp;oi '(/')ï9ïv £5x1 yspe(u)'/

ol Sspac oüSï piuv^v.

Ges diverses determinations peuvent s’accumuler autour d’un ’'^ême mot, et chacun des mots de la phrase en pent être accom-b'^gné, si bien que la complexite d’une phrase indo-europeennenbsp;^ a aucune limite :

XSÏ51 S’ avsaxy;

r,pw; ’AxpetSvj; sip'jxpsi'wv ’AYap.dp.v«v

^ loi

a);vjp,evoj. A. Meillet.

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322 LA PHRASE

A 3i5 nbsp;nbsp;nbsp;{F)ip^o'/ S’ ’AttóXXwvi Tekr,éaaaq IxasTSiASaf?

Taupwv TjS’ adfSi't ¦rcapa 6ïv’ aXo? axpuY^'row.

A 481 nbsp;nbsp;nbsp;«IA91 SI xujAa

(JTSi’pr] ixopcpSpeov (/.eyaX’ 'i3,yt v»;Sc lO'jar^q.

Enfin chacun des elements de la phrase pent ètre multiple; d pent y avoir deux ou plusieurs « sujets », deux ou plusieurs complements de chaque espece, deux ou plusieurs adjectifs (lat. lup'nbsp;piter optumus maxumtis): on peut alors unir les deux elementsnbsp;jouant le même role par des particules atones signifiant « et »,nbsp;« ou », « comme », etc.

Le mot signifiant « et » est skr. ca, gr. xe, lat. que (cf. p. 3x3); il s’ajoute, soit au premier mot de chacun des groupes qu’ilnbsp;unit, soit au premier mot de chaque groupe, a I’exception dunbsp;premier :

A 70 nbsp;nbsp;nbsp;(/')£{oY] xdt x’ èóvxa xa x’ èxaóixeva Tips x’ èóvxa

0 49 nbsp;nbsp;nbsp;£V0 ’ iTiTsu; l'sxï^ae •üxxryp avSpwv xï OcCiv X£

A 4 nbsp;nbsp;nbsp;aixoup Sè 'xsSjje •/.Svsssiv

c!(i)vois£ x£ xiaa'.

A 156 nbsp;nbsp;nbsp;p.dX« itsXXa p.£xa^u

oup£d x£ oquot;/.!Ó£vxx SaXaTsd x£ (F')r^yris.ai;a..

lat. «e;

Le mot signifiant « ou » est skr. va, gr. -(F)z s’emploie comme « et » :

lat. dei hominesue ou deiue hominesue.

1{. V., I, 108, 7 brahnidiii rajani va « chez le hrahmane chez le roi ».

V., I, 6, 10 itó va satim imahe

divó va pirthivad ddhi tndram mahó va rdjasah

« nous nous adressons (imahe) k Indra envue d’une faveur (xiïh'x») OU bien d’ici, ou bien du ciel terrestre, ou bien du vaste espace »•nbsp;On voit combien est variee la phrase indo-europeenne. La lecnbsp;ture d’une page d’un texte vedique ou grec ancien affermira cettenbsp;impression.

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ACCORD 323

3quot; Accord.

Chacun des mots de la phrase ayant son autonomie, le lien entre ces mots est marqué par certaines concordances de forme.

Dans la phrase verbale, la concordance entre le verbe et le nom apposé qu’on nomme sujet n’exisle que pour une seule categorie, celle du nombre, puisque c’est la seule qui soit commune au nom et au verbe, et que le verbe indo-européen n’a pasnbsp;de genre; et cette concordance ne resulte pas de ce que Tun desnbsp;elements serait régi par 1’autre, de ce que par exemple le nomnbsp;appose déterminerait le nombre du verbe, mais simplement de cenbsp;que la notion d’unité, de dualite ou de pluralite considérée estnbsp;la même pour le nom et pour le verbe. Si on lit chez Homere -w...nbsp;X'lazTiZTiV, cl... usvovTo, 0... TTpsa-seiXc, ce n’est pas que tu, cl, 6nbsp;déterminent le duel, le pluriel, le singulier, mais on a xw et av-UTTjxrjv paree qu’il s’agit de deux personnes, ol et iiévcvro pareenbsp;qu’il s’agit de plusieurs, o et zpcaisiTxc paree qu’il s’agit d’une.nbsp;On emploie le duel s’il s’agit de deux personnes nommees sépa-i'ément, par exemple pour le duel en védique :

V., IV. 5i, II tdd dyaüf ca dhattdmpi-lhivi ca divi

« que le del et la deesse teire posent (dhattini) ceci ».

S’i! s’agit de deux ou plusieurs choses, le singulier est possible :

Z 828 nbsp;nbsp;nbsp;miii xs TtxóXsgói; x$

(/')aaxu TÓS’ aixptSISvjc.

De mème aussi quand il s’agit d’une collection d’objets designee par le collectif neutre qui tient la place de nominatif plu-*¦161 neutre (cf. p. 253), d’ou la regie xi Cwa xpsyst.

II n’y a proprement accord qu’entre deux noms, soit dans le de la pbrase nominale ou nominale et verbale k la fois, soitnbsp;^ans le cas d’un nom servant a en determiner un autre en qualité

apposition ou d’épithète.

Dans la phrase nominale, il y a ou 11 n’y a pas accord suivant

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324 LA phrase

Ie sens 4 exprimer. L’accord en nombre, cas et genre est de régie dans une phrase telle que :

r 56

aXXa (AdcXa Tpwsg 5£'.OY]p.ovS(;

« mais les Troyens sont trés cralntifs ». L’accord en cas est essentiel dans le type lat. aliquem facio heredem. En revanche, ilnbsp;n’y a aucun accord si le nom indiquant la chose affirmée doitnbsp;être a un cas autre que le cas oil est 1’autre nom :

A 63 nbsp;nbsp;nbsp;ovap iv. Aw; èj-rtv

V. I, 4, 6 syamp;mid tndrasya garmaiti « soyons sous la protection d’Indra. »

et il peut y avoir accord seulement en cas dans une phrase telle que :

r 178 ouTÓ; y’ ’ATpsiSr);, eipuxpsiwv ’AYaixeixvwv,

ap,oÓT£p5V, i3«!7!.gt;^3Ó; x’ nbsp;nbsp;nbsp;'/.paxepó; x’ ai/p,r,x'rjC-

» ... Agamemnon est les deux, roi et ... »

Dans I’apposition, I’accord en cas est nécessaire, mais le genre et le nombre peuvent differer, ainsi dans ce vers :

Soph., CEd. d Col. 473 Kpax-^pi; siaiv, «vSps; eu^etpo; Xo/vr;.

Seul, I’adjectif épithète Concorde necessairement en nombre, en cas et en genre avcc le nom qu’il détermine. On a vu, p. 243nbsp;et suiv., que c’est même I’adjectif seulement, ou les demonstra-tifs, qui déterminent si un mot est masculin-neutre ou feminln-Un mot qui ne serait jamais accompagne d’un adjectif et auquelnbsp;ne renverrait jamais aucun demonstratif n’aurait aucune marquenbsp;de la distinction des genres masculin-neutre ou féminin. Ici I’ac-cord est de régie absolue, et c’est I’accord qui indique quel noiunbsp;determine un adjectif donné, ainsi :

r 200 nbsp;nbsp;nbsp;i:oXaiJH()xi; ’OSuaaeuc,

0; xpdipr, nbsp;nbsp;nbsp;xpavav;; usp èotiar;;,

(E)£iB(i); xavxïwuc xs SiXou; v.r. iATjOsa WAvd.

Il y a ici le nomina tif masculin singulier ¦xtsXtip.yjxtc qui se rap'

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OIIDRE DES MOTS 325

porte a ’OSuaisac et AiSw? a olt;; (qui renvoie a ’OSuocjsuc), les génitifs féminins singuliers ïo'!}Tqc et ¦/.px'gt;xric qui se rapportent anbsp;’Ibiv.Tic, et Ie nominatif-accusatif pluriel neutre vjy.vi qui se rap-porte a

Qu’elles soient, suivant Ie cas, partielles ou totales, ces concordances sont Ie principal mode d’articulation des membres de la phrase indo-européenne.

4quot; Ordre des mots et emploi du ton.

Les rapports entre les diverses parties de la phrase étaient suf-fisamment indiqués par la flexion et par l’accord; l’ordre des mots ne servait done pas a indiquer ces rapports comme il Ie faitnbsp;dans la plupart des langues modernes de 1’Europe; les motsnbsp;étaient places de manière a attirer l’attention sur les parties de lanbsp;phrase essentielles pour Ie sens. Ainsi l’ordre des mots avait unenbsp;valeur expressive, et non syntaxique ; il relevait de la rhétorique,nbsp;non de la grammaire. Ceci n’exclut naturellement pas 1’existencenbsp;d’ordres habituels dans certains tours : dans les phrases exacte-itient comparables d’une même langue, l’ordre des mots usuelnbsp;est a peu prés constant; mais ce ne sont pas ces ordres quinbsp;expriment Ie róle grammatical, et l’on peut toujours recourir anbsp;nn autre ordre.

Aucun mot n’avait dans la phrase indo-européenne une place définie et constante. La plupart des langues indo-européermes ontnbsp;tendu a fixer plus ou moins l’ordre des mots, et la prose san-®krite par exeraple offre presque un ordre fixe. Mais eet ordrenbsp;'^arie d’une langue a l’autre, et presque partout il subsiste desnbsp;tfaces importantes de la liberté ancienne. Le verbe se trouvenor-ttialement a la fin de la phrase dans la prose sanskrite ancienne

normalement au début en vieil irlandais ; mais il peut occuper tontes les places en grec, en la tin, en vieux slave ou en anciennbsp;^•’ttiénien par exemple, et aussi dans les plus anciens textes indo-'’’aniens.

C’est le grec qui garde le mieux l’usage indo-européen de

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326 I,A PHRASE

mettre d’abord le mot principal. On en pent citer des exemples a I’infini: ainsi chez Homère :

A 200

èyw xa’jTouaa to oov [zévoc

le verbe -^XOcv est en tête de la phrase, paree que Athéne insiste sur sa venue; dans la phrase suivante, c’est le préverbe qui est ennbsp;tête :

A 208 nbsp;nbsp;nbsp;TCpo oé [A öïi XsaxwXavc; '’Hpy;

Athene interdit alors a Achille de tirer 1’épée :

A 210 nbsp;nbsp;nbsp;IXx£0 xsipi

et le complément nbsp;nbsp;nbsp;est mis en évidence; puis elle dit que

c’est « ceci » qui doit être accompli ;

A 212

tb 0£ xal tsteXsap-ivov ïotai

c’est done le « sujet » ti qui est le premier mot.

Des mots unis par le sens peuvent être séparés; ainsi chez Platon ;

Phédon, 178 c ixsytotwv ayaOuv -/jiaTv ai'tió; èativ

oü les mots essentiels [j,=yi'at(üv ayaöwv sont mis en tête, précédant fjSAÏv qui est important pour le sens, tandis que les mots nécessaires pour la structure de la phrase, mals dénués de valeurnbsp;expressive, ai'ttó; Itt'.v restent a la fin ; et, plus nettement encore :

ib., i84 b lAÏa 5-1] Xsïtstai tw f|iA£téplt;;gt; vó'AM óSo!;

oü 1’adjectif |Aia, sur lequel dolt être attirée 1’attention, est sépare de son substantif o3s; par tout le reste de la phrase : la disjonc-tion est un moyen d’expression, et souvent un moyen puissant-Mals sauf les cas de ce genre, les mots qui se déterminent les unsnbsp;les autres sont d’habitude rapprochés.

Lorsque piusieurs mots Torment ainsi un groupe, le déterm*' nant se place ordinairement avant le determine ; lat. irès honi^''nbsp;nés, gr. ayaOb; avi^p, skr. devanam dik « region des dieux », etc-En renversant eet ordre, qui est le plus habituel, on attire Patton-

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ROLE DU TOr» 327

tlon sur Ie determinant, ainsi lat. homines tres signiiie « des hommes au nombre de trois » plutót que « trois hommes ».nbsp;Tout renversement de l’ordre habituel dans un type de phrasenbsp;donné est expressif.

Aussitót après Ie premier mot de la phrase flgurent d’abord les particules et les indéfinis atones ou toniques, puis les pro-noms personnels enclitiques; ces mots accessoires s’intercalentnbsp;même entre les mots principaux Ie plus naturellement unis parnbsp;Ie sens ; ainsi chez Homère :

A io4 OTas Ss nbsp;nbsp;nbsp;TTjpinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(T)ï(y,tY)v

A 106 nbsp;nbsp;nbsp;5'j -uw TtoTé jro; zh y,pT,Y’Joy

A i5o wö; Ti; TO'. TTpóippwv (F)sxeaiv TTsïOriTat 'KyvM'i;

(les groupes de sens sont ’A-^atwv ti; « 1’un des Achéens » et (T)i-TTSTiv SOI « a tes paroles »).

La plupart des mots de la phrase pouvaient être soit toniques, soit atones suivant les circonstances. On a cité, p. 121, un versnbsp;védique oü Ie premier mot seul porte un ton, tous Ls autresnbsp;étant atones.

La question de savoir quand Ie mot est tonique et quand il est atone se pose surtout pour Ie verbe : si Ie verbe est placé en têtenbsp;de la phrase, il est tonique en general; a I’interieur, il est géné-ralement atone en Sanskrit (sauf un certain nombre de restrictions qu’il n’y a pas lieu d’examiner ici, paree que les régiesnbsp;'édiques relatives a 1’emploi du ton dans Ie verbe ne se retrouventnbsp;hans aucune autre langue) ; ce contraste est conservé par Ie grecnbsp;hans un cas ; Ijti ayant Ie sens de « il y a » et commengant lanbsp;phrase est tonique : Itro servant de copule est atone et, suivantnbsp;usage qui semble ancien, figure assez ordinairement après Ienbsp;Prédicat (ou après Ie premier terme tonique du prédicat si celui-cinbsp;complexe). D’ailleurs la place fixe du ton dans la plupart desnbsp;i^ormes verbales personnelles du grec s’explique par la frequencenbsp;he Tatonie dans ces formes en indo-européen ; mals la place dunbsp;n’est plus en grec 1’une des caractéristiques des formes ver-^^les personnelles.

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328 LA PHRASE

Lorsque deux mols unis au point de vue du sens ctaicnt juxtaposes dans la phrase, I’un des deux pouvait avoir le ton, etl’autre être atone. Ceci est particulierement clair pour le preverbe et lenbsp;verbe : en vedique, si un verbe bharati est tonique, un preverbenbsp;qui le precede iminediatement est atone : pra bharati; si le verbenbsp;est atone, un preverbe précédent est tonique : pró, bharati. Ennbsp;grec, le préverbe déterminant un verbe est toujours atone, qu’ilnbsp;precede immédiatement le verbe ou qu’il en soit séparé ; si dansnbsp;un cas tel que ajp-zpos?, un préverbe a le ton, c’est qu’il regoitnbsp;un ton d’enclise, comme le montre ai:ó8o5 (et non *a::oos?); il ynbsp;a done désaccord entre le grec et le védique. S’il précède un nomnbsp;et joue le role de « preposition », le préverbe est toujours atonenbsp;en grec, et forme groupe avec le nom suivant: ano zsxaiAsa (lenbsp;baryton marquant absence d’élévation de la voix), en regard denbsp;•EOxaiAOu azo qui présente la forme tonique octco ; en slave, il arrivenbsp;souvent que, au contraire, ce soit la preposition qui soit accen-tuée et le nom qui soit inaccentué : russe na bereg « sur le bordnbsp;pó morju « sur mer » ; quelques rares formes fixées, comme hi'nbsp;7iavT£ et iiTripixapcv, montrent que pared usage n’a pas été étrangernbsp;au grec a une date ancienne.

Quand il s’agit de deux noms, les exemples conserves sont moins nombreux et moins clairs. Skr. dvó-daga, gr.

« douze », litléralement « deux-dix », n’ont chacun qu’un seui ton, sur le premier des deux mots juxtaposes; tel est aussi 1®nbsp;cas pour gr. Nsaitsfa;, -/.uvousupa, etc. ; le védique a a la fois jciS'nbsp;patih, « chef de familie », avec les deux mots toniques, etnbsp;patih, avec le premier mot tonique seulement. Tel démonstratifnbsp;qui est souvent tonique, ainsi le génitif skr. asya, ou le relatifnbsp;slave ji-{\è), est enclitique et atone s’il est simplement anapbo'nbsp;rique : génitif skr. asya, v. si. ji, par example dans v. si. vidH^^’nbsp;a « il le volt ».

Le principe a done une valeur universelle. Les exemples moH' trent que le ton n’a pas pour effet d’attirer particulièremenlnbsp;I’attention sur le mot qu’il frappe: le fait essential est qu’il y ^nbsp;pour 1’ensemble du groupe une seule élévation de la voix, et nonnbsp;pas deux.

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ROLE DU TON Sag

L’enclise consiste en ce qu’un mot est prononce groupe avec ce qui precede de maniere qu’il n’y ait qu’une seule fin demot. Lesnbsp;enclitiques sont atones; mais tons les mots atones ne sont pasnbsp;enclitiques; les verbes atones du Sanskrit ne se groiipent pasnbsp;d’une manière intime avec le mot précédent, et, en grec, I’atonenbsp;peut même commencer la phrase : les préverbes grecs, qui sontnbsp;toujours atones, sauf la ouils regoivent un ton d’enclise commenbsp;dans aTioSo;, ne s’appuient sur aucun mot précédent on suivant,nbsp;et ils commencent au besoin la phrase, même s’ils ne sont pasnbsp;joints au verbe ; le mot atone cDCax servant de conjonction peutnbsp;aussi commencer la phrase. L’indo-européen ne possédait qu’unnbsp;nombre restraint d’enclitiques, tous monosyllabiques ou tout aunbsp;plus dissyllabiques; par example la particule skr. ca, zd ca, gr.nbsp;TE, lat. que, got. -h; findéfini gr. ti?, lat. quis (dans né quis,nbsp;quis, etc.), etc.; les pronoms tels que skr. me, gr. jzoi, lit.nbsp;tni, etc. Rien n’indique l’existence de proclitiques, c’est-a-direnbsp;de mots accessoires atones groupés avec un mot suivant, de tellenbsp;sorte que le proclitique n’ait pas proprement de fin de mot pho-nétique. Sauf le cas particulier de l’enclise, les mots atonesnbsp;gardaient done leur autonomie phonétique ; quant a l’autonomienbsp;ftiorphologique et syntaxique, même les enclitiques la possèdent.

La liberté grammaticale de 1’ordre des mots principaux, la disposition des particules, des indéfmis et des pronoms atonesnbsp;3près le premier mot de la phrase, et 1’emploi des formes atonesnbsp;Ou toniques pour indiquer l’union plus ou moins étroite des motsnbsp;groupés ensemble sont parmi les traits les plus caractéristiques dcnbsp;l’indo-européen. Ils résultent de la structure morphologique denbsp;langue et de la nature du ton, qui diffère essentiellement denbsp;1 accent d’intensité des langues modernes de l’Europe ; aussilótnbsp;^Ue cette structure morphologique et la nature du ton ontnbsp;ohangé, ces caractères se sont effacés, et l’on peut presquonbsp;o^csurer la fidélité d’une langue au type indo-européen par cenbsp;Welle conserve des traits indiqués ici. Les langues romanes ounbsp;Sofnianiques modernes, avec leur ordre demots fixe, n’ont preside plus rien d’indo-européen dans la construction générale de

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33o LA PHRASE

la phrase; les langues baltiques et slaves, au contraire, avec une déclinaison riche en cas el, par suite, avec un ordre des motsnbsp;relativement libre, avec des mots accessoires encore places aprèsnbsp;Ie premier mot de la phrase, avec des alternances de formes accen-tuées et inaccentiiées, sont celles qui ont gardé Ie plus de sur-vivances du type de phrase indo-européen.

5quot; Phrases negatives et interrögatives.

Rien n’indique que les phrases interrögatives et les phrases negatives aient été soumises a des régies particulières.

La phrase négative n’est marquee par rien autre que par la negation *Me(skr. nd, v. sl. ne, etc.) ; lat. m-scio, lit. ds nègeriu-« je ne bois pas » ; skr. :

.g.V., i,8i,5 nd tvdvdn indra kdg can a nd jató nd janisyatenbsp;((. pas un pared a toi, ó Indra,

'n’est né, ne naitra »,

OU par *tHè dans les prohibitions en grec, armcnien et indo-iranien; en grec et en arménien avec l’impératif: gr. ij.rj (péps, arm. «Wnbsp;berer « ne porte pas », en Sanskrit, avec Ie subjonctif ou Ie®nbsp;formes dites d’injonctif: ma bharah.

II n’y a pas de particule interrogative. La phrase interrogative est caractérisée simplement par la manière générale de prononccr,nbsp;par exemple :

E 872 Zsa -xzep, oh nbsp;nbsp;nbsp;ópwv xaSe v.xpzspx (F)épyx ;

Aucun témoignage n’indique quelle particularité de pronofl' ciation marquait l’interrogation.

Lc thème de l’interrogatif (gr. zU, lat. quïs^ etc.) ne se diS' tingue en rien de celui de l’indéfmi. Le gr. xi'q amp;5r, ; représeid®nbsp;une expression qui a l’origine signifiait sans doule seulerneO*nbsp;« quelqu’un est venu ? » Mais il s’est établi cette distinctionnbsp;l’interrogatif grec est tonique (gr. n';, jamais barytoné) et

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UISION DE PLDSIEURS PHRASES 33l

défini, atone (gr. toujours atone), si bien que, la oü figure Ie thème de l’indéfini-interrogatif sous sa forme tonique, 1’inter-rogation a une marque propre. Le lat. quis n’a valeur d’indéfininbsp;que la oü il est atone et groupé avec un autre mot, par exemplenbsp;nè quis. Au contraire skr. kah reste tonique même dans le sensnbsp;indéfini.

II. Union de plusieurs phrases.

II n’y a trace d’aucune particule indo-européenne servant, suivant Ie terme technique, a coordonner deux phrases. Dans unnbsp;grand nombre de cas, dans Ia plupart sans doute, dans tousnbsp;peut-être, les phrases étaient simplement juxtaposées, commenbsp;^lles le sont dans le umi, uidi, uici de Gésar, ou dans ces deuxnbsp;^ers d’Homère ;

^ io6 nbsp;nbsp;nbsp;xaxwv, cii xu xoté jj-oi tonbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eliztq,

ais! Toi T« y.xy.’ èoTi oiXa nbsp;nbsp;nbsp;(AavT£uea9ai.

Les particules qui, dans les dialectes historiquement attestés, üiarquent le'passage d’une phrase a l’autre avaient, plus ancien-^ernent, pour róle d’attirer l’attention sur un mot particulier;nbsp;^ais, comme ce mot était placé en tête de Ia phrase, d’après cenbsp;*1*11 vient d’etre vu (p. 326), et immédiatement suivi de la parti-celle-ci a semblé marquer le passage d’une phrase a unenbsp;^^tre. Ainsi Ss servait ü insister sur un mot, et cette valeur estnbsp;*'®connaissable dans le démonstratif o-Si, vj-Ss, oudans une phrasenbsp;''Online la suivante :

l5 nbsp;nbsp;nbsp;XtoosTo xavTa^ ’A)jaioyo,

Sè [laAsoTa Suw, •/.oaji-^^TOps Xalt;öv

^ais, dès 1’époque homérique, ce même Sé, a 1’état de mot auto-'^Orue, non enclitique, a en grec pour róle essentiel d’opposer phrase a une autre. Le gr. -yi dans vaf^i sert seulementnbsp;^ 'nsister sur ol, vx(, et de même le correspondant skr. hi de

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332 LA PHRASE

cette particule dans nahi « non pas » ; maïs skr. hi (toujour* tonique) signifie d’ordinaire « car ».

Toutefois il est au moins possible que 1’emploi de skr. ca,

-e, lat. que, got. -h, ou de lat. ue, skr. -va, pourunir des phrase*» remonte a 1’indo-européen. II n’y a pas une difference absolu®nbsp;entre l’union de plusieurs mots ou groupes de mots a l’intérieurnbsp;d’une phrase et l’union de deux phrases différentes ; deux phras®*nbsp;distinctes peuvent en effet avoir des mots communs; ainsi ch®^nbsp;Homère :

A io8 è(j9Xov 5’ CUTS ti' xw (/')£tu£^ (F)é7:oq oJiv’ èreXeaa»?-

D’autre part l’union de deux mots peut être en même temps cd*® de deux phrases ; ainsi :

A 37 nbsp;nbsp;nbsp;XpóaY)v apLwöéSvjy.a;

KiXXav T£ ^a6^ï)v Tóvéostó xe (/’)avaa5£i;-

de

II n’y a pas lieu d’insister sur ces fails qui ne présentent pas particularités caractéristiques.

Une question plus grave est celle de savoir dans quelle mesr^''^ Ia subordination est de date indo-européenne.

Beaucoup de choses qui s’expriment ailleurs a 1’aide de subor^ données pouvaient être indiquées en indo-européen, a l’intéri


de la phrase même, par diverses formes nominales. Et en e


icuf

ffeb


.6*


d’une part, chacun des themes verbaux avait, a cóté des forir*' personnelles, un adjectif, qu’on nomme participe : ce parinbsp;est une forme nominale, mais il admet les mêmes compléme^**nbsp;que les formes personnelles du thème verbal auquel il appartief*^ ’nbsp;d’autre part, les racines auxquelles se rattachent les verbes ucquot;nbsp;dénominatifs fournissent en même temps des noms, et ces no’’*nbsp;ont, de par leur nature, une valeur voisine de celle des verb®*


ticip®


enfin, ces mêmes noms entrent en composition. Grace a ces circonstances, il était inutile de recourir a des subordonnées


troi*


nombre de cas ou la plupart des langues indo-européeP’’®^ modernes, et notamment Ie francais, en présenteraient. Que*vnbsp;exemples Ie montreront.


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UNION DE PLUSIEURS PHRASES nbsp;nbsp;nbsp;333

L’importance du participe dans les plus anciens textes des ‘^^gues indo-europeennes est immense. En effet le participe,nbsp;pöime tout adjectif, peut s’apposer k un membre quelconque denbsp;^ phrase ; au « sujet » :

'^4 nbsp;nbsp;nbsp;Ss y.a-:’ OuAuiAXoto y.ap-^vwv yusuivs; y.^/p

1 _ , . ün complément du verbe (qui n’est pas necessairement

®^Prime):

^ 56 nbsp;nbsp;nbsp;y-ijSsro vitp Aavawv oti pa öv^ayovia; opa-co

quot; paree qu’elle voyait qu’ils mouraient » ; au complement d’un JiOin :

^ 46 I'/.Xav^av ?’ ap’ owTs't sx’ (o;Aa)V yMspsvoto, auToti y.ivïjOÉvTo;.

peut être le second élément d’une phrase nominale combinée la phrase verbale, comme dans skr. slayan manyate « il croltnbsp;il est caché », et v. si. iajese tmnitü « il croitqu’il se cache ».nbsp;•'ace a la liberté de I’ordre des mots, le participe se prète aunbsp;d’une action: skr. ((^ai. Brah., I, 8, i, i) tdsyavanénija-(e’est-a-dire tdsya avaninijanasyd) mdtsyah parn a pede «tan-qu’il se lavait, un poisson lui est venu dans les mains », litte-j^iernent: «de celui-ci se lavant un poisson aux mains est venu ».nbsp;prete aussi a marquer des contrastes ; ainsi en védique :

viii, 14, 8

üd ga djad dngirohhya avis krnvdn güha satih

quot;ila

^ nbsp;nbsp;nbsp;- fait sortirles vaches pour les Angiras, en mettant en évi-

y ‘^®Ii6s-ci qui étaient cachées », littéralement : « dehors les lt;!i)nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ conduit pour les Angiras, en évidence faisant (celles-

gt;l0:

His

pnmaires, aucune

^ cachette étant ». II faudrait multiplier les exemples pour ^'iiier une idee de tout ce que les participes permeltent d’expri-et de I’extreme variété de leurs emplois. L’importance desnbsp;^cipes résulte de ce qu’ils servent a I’apposition, qui est lenbsp;°^édé syntaxique fondamental de l’indo-européen. Quant auxnbsp;langue n’a conserve un emploi libre des

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334 LA PHRASE

noms a suffixe zéro et des aulres noms immédiatement rattachés a des racines. Toutefois les textes védiques laissent encore entre-voir quelque chose de eet usage. Soit par exemple :

65, 3

VIII,

tvd girbhir maham urmn huvé gam iva bhójasenbsp;indra sómasya pitdye

c’est-a-dire, littéralement, et en conservant I’ordre general des mots :

par mes chants, loi, grand, large,

je t’appelle cornme une vachepoiir la jouissance,

Indra, en vue de boire Ie soma.

Gette phrase renferrae trois noms verbaux primaires : glrbUh instrumental pluriel de glr « chant », cf. jdrate, grmti« il chante»nbsp;il loue », lit. giriü « je loue » ; bhójase, datif de hhójas- « jouis'nbsp;sance », cf. Ie verbe a nasale bhiinkté « il jouit » ; pitdye, datif 3enbsp;pïtdy- « action de boire », cf. gr. Tctvw « je bois ». Pour deuxnbsp;moins de ces noms, on emploierait en frangais une subordonnéejnbsp;et l’on pourrait traduire : « Par mes chants, toi qui es grand»nbsp;large, je t’appelle comme [on appelle] une vache afin qu’eH®nbsp;mange, ó Indra, afin que tu bolves Ie soma ». Le vieil irlanda'®nbsp;offre des faits analogues, d’une manière nn peu moins libre. L’ind^'nbsp;iranien et l’irlandais sont les seuls de tous les dialectes ind^jnbsp;européens qui présentent encore a date historique un pared emp*^‘nbsp;des noms primaires.

de

Partout ailleurs, quelques-unes de ces formes ont été pour chaque verbe. En general elles ont été rattachées a lanbsp;jugaison et ont fourni des infmitifs (voir p. 24i et suiv.)-germanique occidental et surtout enarménien, I’infinitif se décH*’®’nbsp;bien qu’il appartienne par sa formation a I’un des themes verbal”'’nbsp;celui du présent ; par exemple le présent arm. Ikhaneninbsp;laisse » (aoriste Ikhi « j’ai laissé ») est accompagné d’un infi”[*j.^nbsp;Ikhanel « laisser », qui est une forme normale de nominad^nbsp;accusatif-locatif de theme en -o-; le génitif-datif-ablatif estnbsp;neloy et I’instrumental Ikhanelov, comme dans tous les noms

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UNION »E PLIJSIEtlRS PHRASES 335

naême type, et avec les mêmes emplois. En slave, -ti, par exemple dans pi-ti « Loire », peut être un ancien datif, et en lituanien,nbsp;'tï, par exemple dans gifr-H « Loire », un ancien locatif; maisnbsp;ces formes ne sont pas senties comme des cas d’un suLstantif, etnbsp;elles ont un emploi a part. Les seules langues oii chaque themenbsp;Verbal a son infmitif comme il avait en indo-européeïi son parti-cipe, ctou, comme dans le participe, I’infinitif moyen se distinguenbsp;de I’actif, sont le grec et le la tin. Mais les formes latines differentnbsp;profondément des formes grecques : il n’y a evidemment rien denbsp;commun entre gr. aysaOxi et lat. agi par exemple. En grec, ounbsp;I’infinitif a prls une extréme importance, les formations différentnbsp;d’un dialecte a 1’autre, d’un parler a I’autre ; on voit par la que,nbsp;encore en grec commun, la formation de I’infinitif n’était pasnbsp;fixee. L’inlinitif, dont la forme provlent dans chaque langue d’unnbsp;développement récent, postérieur a 1’époque du grec commun, denbsp;^’italique commun, etc., joue en une certaine mesure le róle desnbsp;'tnciens noms primaires, mais d’une manière moins libre, et avecnbsp;tin caractère plus ou moins verbal suivant les langues.

Enfin quelques exemples homériques sufflront a indiquer com-tiient les composes dispensent dans certains cas d’employer des Plirases relatives:

^ 231 nbsp;nbsp;nbsp;S-^ilAoSopo? pasiXió?

quot; Un roi qui dévore son peuple » ;

^ 247 nbsp;nbsp;nbsp;Néaxiop

^ittéralement « Nestor qui a de douces paroles », c’est-a-dire quot; Nestor qui parle Lien ». De même is0ïaip.6pc:xo; « qui détruitnbsp;hommes », etc. Ici encore, le fait que les noms indo-euro-l'^öns primaires sbnt étroitement associés aux verbes tirés desnbsp;^®nies racines a rendu facile 1’emploi des formes nominales avecnbsp;'tiie valeur presque complètement verbale.

j Un démonstratif placé en tête de la phrase suffit é en marquer ® lien avec une phrase précédente ; le démonstratif *to- joue sou-®ttt ce róle; alnsi chez Homère :

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336 LA PHRASE

A 247 nbsp;nbsp;nbsp;xotai 31 Nda-CMp

'(/’)t;Su(/’)£Xï;; avópouae, Xiyu? IIuXi'wv X0Ö x,al «7:0 YXwaaT]? [aeX'.to?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;péev aiSig'

3’ 7]St) 8i5o p.dv ysveai [xspÓTCwv «vöpwitwv è^OtaO’...

Le démonstratif ainsi employé a pu par la suite prendre la valeur d’un relatif; c’est ce qul est arrivé en allemand pour lenbsp;démonstratif der, qui, dans I’usage ancien, était encore un simplenbsp;démonstratif.

Toutefols l’indo-européen n’a pas ignoré les phrases relatives proprement dites. En effet, au relatif indo-iranien skr. yah,nbsp;ydi, zdyo, ya, yat, le grec répond par oq, % 0, et le vieux slave,nbsp;par ji-\e, ja-^e, je-^e; ja- subsiste dans les adverbes lituaniensjnbsp;toutes les langues indo-européennes font dès les plus anciensnbsp;textes un usage régulier de la phrase relative. Le relatif apparadnbsp;tantot avec un démonstratif corrélatlf dans la phrase principale •

.§gveda, III, 53, 21 yó no dvéfty ddharah sdh padi?ta « celui qui (yó) nous halt, qu’il (lab) tombe en bas ».

Yasna (gatha), xxxiv, i3 tim advan^m.....ydmmöimraos

« ce (tm) chemin que (ywz) tu m’as dit ».

Horn. E 319 oiS ’ uio; Kaïïavïjoi; rKrfiexo auvOiatxwv

xim, a? è'^dxeXXe ayaOoq Atopi'^SY);.

A 218 nbsp;nbsp;nbsp;3? xe 0£o^ £7ti7ï£{9rjTai, [AaXa xë xXóov aixo3-

tantot sans aucun corrélatif;

V., X, i4, 10

littéralement:


dtha pitf'n suviddtrdfi upehi yaména yé sadhaniMam mddanti


de


?enl


« et va vers les peres qui partag beaux dons,

. veS

qui s’enivrent dans leur festin ^ Yama. »


A 161

¦/.at ir, iJiOt ydpa; auxo; alt;paipYio'£o-9at d-KstAeig, w dxi ixoXXa iió-j'ïjxa.

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ÜIVION DE PLÜSÏEÜBS PHRASES nbsp;nbsp;nbsp;887

La phrase relative se place a volonté avant ou après 1’antécé-dent, et Ie relatif peut être ou ne pas ètre immédiatement voisin du mot auquel il se rapporte; simples applications du principenbsp;de la liberté de l’ordre des mots.

Les relatives sont les seules subordonnées qu’on ait des raisons de fait de tenir pour indo-eui opéennes. Les autres types de subordonnées, et notamment les phrases conditionnelles, ont desnbsp;formes différentes dans chacun des dialectes. 11 est permis denbsp;penser que Ie groupement des phrases était, Ie cas échéant, indi-qué surtout par Ia manière de prononcer, comme il 1’est dans Ienbsp;groupe fr. II vient; jt Ie chasse.

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CHAPITRE VIII SUR LE VOCABULAIRE

effe^


Quand on rencontre dans plusieurs langues — parentes ou non — des mots qui se ressemblent de pres et par la forme et parnbsp;Ie sens, on doit tout d’abord se demander s’il n’y a pas empruntnbsp;de toutes ces langues a Tune d’entre elles; ainsi pour « la ran-gon, Ie chatiment, la peine », on trouve : gr. uc.vg, lat. poena,nbsp;V. irl. pian, gall, poen, v. h. a. pina (all. pein), v. angl. pinnbsp;(angl. pim, pahi). II ne s’agit pas ici d’un mot indo-européennbsp;conservé indépendamment par chacune de ces langues; un ƒ) dunbsp;celtique n’est jamais un p indo-européen, non plus qu’un p dunbsp;germanique ; les mots irlandais, gallois, allemand, vieil anglaisnbsp;ont été empruntés au latin, et Ie mot latin lui-même au grec,nbsp;dor. '::2iva. En effet Ie sens premier du mot est Ie prix payé ennbsp;compensation d’un dommage causé a une familie, par exemp'®nbsp;pour Ie meurtre d’un de ses membres; Ie mot indo-européewnbsp;*k''^oinü, qui expriraait cette notion, est représenté par zd kaêna-,nbsp;gr. irctva- et v. sl. céna (v. p. 226 ; cf. Ie derive lit. kain^nbsp;a valeur, prix ») ; il appartient a la mème racine que le verbenbsp;gr. •riv(/)tü « je paye, j’expie », fut. -rsi'crw, dont le •: initial n’esl-pas un ancien mais un ancien *k'^, ainsi que I’indique la form®nbsp;thessaliennenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de 1’aoriste dans un dialecte qui represent®

1’initiale du mot *k''' par z, mème devant e; et en

gr. azS-TKj'.i (avec -ai- issu de nbsp;nbsp;nbsp;repond exactenient a sf’’quot;

Apa-citih « représailles » ; cf. aussi zd cida « expiation » ; mot indo-européen était directement représenté en latin, ^nbsp;aurait la forme *quoina, d’oü *cma.

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GEINERALITES 339

Une fois éliminés les mots dont la ressemblance s’explique par des emprunts, il en reste un grand nombre qui, compte tenunbsp;des cbangements de prononciation définis par les « lois phoné-tiques », se laissent identifier les uns aux autres, comme zdnbsp;kaêna, v. sl. céna, gr.

De ces concordances, une part provient sans doute de ce que les mots correspondents existaient déjïv en indo-européen com-iiiun, mais d’autres peuvent s’expllquer par 1’extension plus ounbsp;ftioins tardive de certains mots sur tout ou partie du domainenbsp;'ndo-européen. II n’est pas douteux que véd. t(u)v-am, v.nbsp;®1- ty, lat. tü, etc. supposent un i.-e. *tü « toi », exactementnbsp;'^ommefr. tu, itai. tu, esp. tu, supposent lat. tü. En revanche diversnbsp;laits archéologiques et philologiques ne permeltent pas de douternbsp;'lue gr. y.ivvasi; (pour la première fois, chez Hérodote, IV, 74)nbsp;v. isl. hanpr, v. h. a. hanaf « chanvre », bien que présentantnbsp;des correspondances phonéliques correctes, n’aient été empruntésnbsp;^''dépendamment par Ie grec, d’une part, par Ie germanique, denbsp;^ autre, a une langue du Sud-Est de l’Europe.

et

Les deux cas, celui de l’identilé originelle et celui de l’exten-^^on postérieure a Ia division dialectale (c’est-a-dire de l’emprunt), ^'ant au fond absolument différents ; mais il est impossible lanbsp;ï'l'ipart du temps de faire Ie depart de ce qui appartient h. l’un etnbsp;^ 1’autre. On est done réduit a entendre par mots indo-euro-i'éens les mots communs a plusieurs dialcctes indo-européens, anbsp;condition qu’ils présentent tous les traiternents phonétiques etnbsp;^'Orphologiques caractéristiques des dialecles auxquels ils appar-|'®nnent, et que des témoignages historiques n’en attestent pasnbsp;j caractère récent. Toutefois, il importe de ne jamais 1’oublier,nbsp;® ierrne de mots indo-européens recouvre deux clioses liétérogènesnbsp;hui ne restent confondues que par suite de 1’absence d’unnbsp;'^^'^tère donnant Ie moyen de les dislinguer; et la part desnbsp;^^prunts préhistoriques d’un dialede indo-européen a un autrenbsp;de plusieurs dialectes indo-européens a des langues d’autresnbsp;^'^Ules est certainement immense.

^uuf en ce qui concerne certains mots semi-grammaticaux, ^^^nie Ie verbe « étre », les pronoms, les dérnonstratifs, les

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34o

VOCABULAIBE

préverbes, on n’a jamais Ie droit d’affirmer a priori qu’un mot donné a été transmis de generation en generation depuis l’époquenbsp;indo-européenne jusqu’a la forme attestée dans un parler donné.

II y a au moinsun cas particulier qui doitêtre envisage a part: c’est celui des mots qui, entre toules les langues Indo-euro-péennes, ne se trouvenl que dans les plus voisines les unes desnbsp;autres; certains mots ne se rencontrent qu’en indo-iranien et ennbsp;balto-slave, d’autres que dans les langues d’Europe (et en armé-nien), a l’exclusion de I’indo-iranien, d’autres ne sont que slaves,nbsp;baltiques, germaniques, celtiques et italiques. On verra ci-deS'nbsp;sous des exemples de ces divers cas : de pareils rapprochements,nbsp;on ne peut conclure qu’a l’existence du mot dans certains dialectesnbsp;indo européens (ou a 1’emprunt par un groupe de dialectes), etnbsp;non dans l’ensemble du domaine. L’aire occupée par chaquernotnbsp;est Tune des données essentielles de l’étymologie, et l’on doitnbsp;toujours, en étudiant un mot, se demander quelle place il occupenbsp;sur la carte ; ia géograpbie du vocabulaire indo-européen estnbsp;malbeureusement sommaire et imprecise : mais on n’a pas pom’nbsp;cela Ie droit de la négliger.

Les rapprochements qui ne s’étendent pas k plus de dens dialectes sont peu surs, sauf raisons particulières; car la resseiW'nbsp;blance de deux mots exprimant Ie même sens dans deux langu®®nbsp;différentes peut être due a une rencontre fortuite ; c’est ainsi q^®nbsp;l’anglais bad « mauvais » n’est pas apparenté, même de loin, ave'^nbsp;Ie persan bad signifiant aussi « mauvais » ; mais ce seraitnbsp;hasard singulier si bad signifiait « mauvais » dans une troisièii*®nbsp;langue sans un rapport avec l’anglais ou Ie persan. La co meiden'^®nbsp;de trois langues non contiguës suffit done pratiquement 4 garao^'®nbsp;Ie caractère « indo-européen » d’un mot, au sens indiqué ci-dess*i®'nbsp;Un rapprochement, même limité a deux dialectes, peut pas®®'^nbsp;pour sur dans certains cas particuliers ; ainsi Ie gr. tMd'i et Ienbsp;piva « gras » n’ont pas de correspondants en dehors du grec etnbsp;l’indo-iranien ; mais la formation caractéristique du féminin»nbsp;rdv.^x, skr. pivarl, jointe a l’identité de sens, de flexion, de ^nbsp;du ton, exclut Ie doute. De même Ie v. perse rcidiy et Ie

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GENEliALITES 341

radi « a cause de » ne se trouvent pas dans une troisième langue, mais sont employés d’une manière identique, et font partie d’unenbsp;série de termes particuliers au slave et a I’iranien.

Sauf raisons spéciales, est doiiteux tout rapprochement de mots qui ne porte que sur deux dialectes : si même la concordance phonétique, morphologique et sémantique de gr.nbsp;aCetat « il a un respect religieux pour » et de skr. ydjati « ilnbsp;sacrifie » etait parfaite — ce qui n’est pas, car gr. h- peutnbsp;répondre a autre chose que skr. y-, skr. a a autre chose que gr.nbsp;«, I’alternance vocalique est suspecte (v. p. i36), la formationnbsp;des deux verbes n’est pas la même, les sens ne concordent pas,nbsp;etc. —, le rapprochement ne saurait etre tenu pour certain,nbsp;Oiais tout au plus pour possible ; en fait, il y a lieu de l’écarter.

Enfin, il n’est pas vrai, même sous le bénéfice des réserves précédenles, que la somme des rapprochements entre les diversnbsp;dialectes indo-européens donne du vocabulaire des tribus denbsp;langue indo-européenne ime idéé exacte, ou même approximative.

Sauf trois, l’indo-iranien, le grec et l’italique, tous les dialectes •ndo-europeens sont attestés seulement plusieurs siècles aprèsnbsp;désus-Christ, et par des littératures romanisées ou hellénisées, etnbsp;'^hristianisées; du « tokharien » récemment découvert, on n’anbsp;lue des textes dus a des populations bouddhistes, et bien postc-deurs a l’époque chrétienne; les langues italiques elles-mèmesnbsp;^’apparaissent qu’après avoir subi l’influence hellénique ; ellesnbsp;notées par des alphabets d’origine grecque: l’exemple dunbsp;poena qui s’est étendu sur toute l’Europe occidentale, etnbsp;I'll lui-même est un emprunt au grec, montre qu’il y a eu désnbsp;^ antiquité un vocabulaire « europeen » dont 1’extension coincidenbsp;^^ec celle de la civilisation gréco-romaine.

Le Sanskrit, l’iranien, le grec, le latin présenten!, dés les pre-*’^lers monuments, des formes littéraires : aucun dialecte indo-^’Jï'opéen ne donne une idee de ce qu’a pu être, au point de vue du ^'^cabulaire, la langue de populations demi-civilisées. La questionnbsp;genre est obscurcie par le fait que les langues indo-européennesnbsp;connues a des dates ou les conceptions que reflètent les diffé-*^®Oces de genre grammatical (v. p. 3oo) étaient ou devenues

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342 VOCABULAIRE

troubles, comme dans Ie monde védique et plus encore dans Ie monde grec antique, ou entièrement abolies, comme dans lesnbsp;langues connues a 1’époque chrétlenne seulement. A plus fortenbsp;raison la valeur d’un vocabulaire qui rellétait les conceptions desnbsp;demi-civilisés du monde indo-européen commun est-elle mal dis-cernable dans des vocabulaires de langues littéraires qui traduisentnbsp;des civilisations avancées. — Dansune certaine mesure, c’est seulement Ie vocabulaire de l’aristocratie qui s’est conserve et 1’onnbsp;n’a presque rien des mots populaires.

Le procédé même par lequel on détermine Ie caractère indo-européen d’un mot exclut dès 1’abord la connaissance de ce qui dans le vocabulaire était concret et précis, de ce qui servait a lanbsp;vie de tous les jours: les seuls termes qui aient subsisté dansnbsp;plusieurs dialectes différents sont les racines qui indiquaient desnbsp;actions banales et universelles ; « goüter », « porter », « aller »gt;nbsp;« connaitre », « lier », etc., et les noms des notions les plusnbsp;générales ; le « père », 1’ « oeil », le « boeuf », etc., en un motnbsp;ce qui était employé dans tous les parlers du domaine indo-euro-péen, et non ce qui était propre al’un ou a 1’autre d’entre eux-De plus, pour rapprocher les mots des diverses langues, oUnbsp;doit considérer ce qu’ils ont de commun, et par suite élimio®^nbsp;les nuances de sens dues a 1’évolution propre de cbaque dialecte •nbsp;il ne reste plus alors qu’une abstraction qui fournit le moyennbsp;juslifier le rapprochement, mals non pas le sens premier du mot-A parcourir un dictionnaire étymologique, on a l’illusion quenbsp;langue indo-européenne aurait procédé par mots -et par raciu®*nbsp;d’une valeur abslraite et générale, alors qu’on doit au contraU’®nbsp;se représenter chaque parler indo-européen a l’image d’un parl®*^nbsp;lituanien, pauvre en termes généraux et plein de termes prêci*nbsp;indiquant les actions particulières el les détails desobjets famih®*^*'nbsp;Enfin les termes techniques different pour la plupart d uu®nbsp;langue a 1’anlre paree que, entre l’époque indo-européenne etnbsp;moment ou chaque dialecte est allcsté, la civilisation a subinbsp;transformations profondes et que les mots de ee genre ontnbsp;a plusieurs reprises avec les techniques elles-mêmes. L’étudenbsp;mots ne va pas sans une étude précise des choses, et les rech®

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GENEHALITES 343

ches sur Ie vocabulaire s’accompagnent des figures nécessaires dans les dernières publications.

Ce qui représente, pour Ie lingulste d’aujourd’hui, Ie vocabulaire indo-européen n’est qu’un petit noyau de termes généraux, précieux a cause des conclusions qu’il permet de tirer en pboné-tique et en morphologic, mais Impropre a donner une idéé denbsp;ce qu’était en réalité Ie lexique d’un parler indo-européen. Dunbsp;reste Ie vocabulaire de chacune des langues indo-européènnesnbsp;diffère profondcment de celui d’une autre langue quelconque denbsp;la familie, et ce n’est qu’une minorité des mots de chaque idiomenbsp;qui a une bonne étymologie indo-européenne.

Les étymologistes raisonnent souvent comme si tous les mots des langues attestées qui ne sout pas notoirement empruntés anbsp;des idiomes connus devaient être d’origine indo-européenne, etnbsp;ils utilisent pour fournir une étymologie indo-européenne denbsp;chaque mot d’une des langues de la familie toutes les ressourcesnbsp;de leur ingéniosité : c’est oublier que, entre la période indo-européenne et les plus anciens textes de chaque dialecte, il s’estnbsp;écoulé bien des centaines d’années, durant lesquelles il a pu êtrenbsp;fait un nombre illimité d’emprunls a des langues aujourd’buinbsp;'Uconnues. Organisatrice et dominatrice, l’aristocratie indo-européenne a trouvé souvent, dans l’Europe occidentale et sur-lout dans Ie bassin méditerranéen, des populations pourvuesnbsp;d’une culture matérielle plus avancée que la sienne. De mèmenbsp;que les envahissèurs germains ont pris beaucoup de mots denbsp;civilisation au latin, les conquérants indo-européens en ont prisnbsp;^tix peuples sur lesquels ils ont étendu leur empire. Or, les languesnbsp;de ces peuples ne sont pas connues. On n’a done aucun moyen denbsp;determiner ce que Ie grec et Ie latin doivent de mots aux languesnbsp;de la brillante civilisation égéenne qu’ont révélée les fouüles desnbsp;dernières années. Le gr. Eoivoi;, Ie lat. titnum et l’ombr. vinu,nbsp;^®rm. gini « vin » représentent sans doute autant d’emprunts a

langue d’un peuple méditerranéen qui cultivait la vigne avant ^^rrivée des populations de langue indo-européenne.

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On jugera de tout ceci par un examen rapide des principaux cments du vocabulaire indo-européen.

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344 VOCABULAIRE

i“ Racines.

Peu de racines indo-européennes désignent des actions techniques, et Ie sens de ces racines est vague en partie.

La racine de véd. tafti « il fabrique » parait s’être appliquée 4 la confection de loutes sortes d’objets, et ce sens trés generalnbsp;est conserve dans Ie gr. -iy-tr,. Véd. tdfti, tdksati et zd tasat ontnbsp;Ie sens general de « fabriquer », mals désignent surtout ce quinbsp;se fabrique avec la hache ; skr. taksd, zd tasa, gr. téztwv sont desnbsp;noms du « charpentier », v. h. a. dehsala et irl. tal, de lanbsp;« haclie », et v. sl. tesati et lit. tasyti signifient « travailler avecnbsp;la bache ». On pourrait être tenté de croire ce sens Ie seul ancien si Ie lat. texere n’indiquait une autre industrie : Ie tissage,nbsp;et si m. h. a. dehsen ne signifiait « briser (Ie chanvre) ». Le zdnbsp;tast3m « écuelle », dont on rapproche lat. testa « objet en terre,nbsp;vase, etc. », ne prouve pas que cette racine ait servi 4 indiquernbsp;le modelage de la terre ; car ces mots ont pu désigner d’abordnbsp;des vases en osier tressé enduit de terre séchée, et 1’on rappro-chera le sens de lat. texere.

Le sens de « donner une forme a la terre » appartient a la racine de got. digan, lat. fingere; mais il peut s’agir, ou de fa'nbsp;briquer de la poterie : lat. figulus « potier », got. daigs, v. h-a. teig « paté » ; ou d’entasser de la terre pour élever des murs '¦nbsp;skr. deU « rempart », zd dae^ayciti « il amasse », iran. ancieonbsp;*pari-dai2^a- « enclos » que le Grecs ont emprunté sous la fortn®nbsp;¦jjapaSctao;, et les Arméniens sous la forme partég^ « jardin »)nbsp;perse dida « forteresse », arm. dé:( « monceau », gr. -zsXyo^.’nbsp;ToXysi;, osq. fefhüss « muros f», v. irl. conutuing (de *con~^^^'nbsp;ding) « il batit ».

Une racine *snè- « filer » est attestée par lat. nère, gr. aor. IvvY), vf;;j.a « fil », irl. ¦snïtn « action de filer », snathe «nbsp;peut-être aussi par skr. snava « lien », v. b. a. smwr « ben » ’nbsp;mais V. h. a. najan signifie « coudre ».

La racine de v. h. a. weban « tisser » a son sens précis grec,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cn iranien, zd ubdaéna- « tissu », persan bafad

tisse », et aussi en tokharien ; mais véd. unap signifie simplePi®

cfl

« il attachait », et Ie sens de « tisser » n’apparait nettemelit

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RACINES 345

Sanskrit que dans (firna-)vabhih « araignée », littéralement « qul tisse (de la laine) ».

La notion de « coudre » est nettement indiquce par : skr. syiltdh « cousu », sivyati « il coud », lit. siüti « coudre », v. si.nbsp;siti, got. siujan, lat. suere] lat. silbula (de *stidhla') et v. si. Hlonbsp;(pol. s^ydio) « alène » ; v. h. a. siula « alene ».

La racine qui signilie « vêtir, se vetir » d’une manière générale se présente sous forme simple dans lat. ind~uö, ex-uö, ombr. an-ouihimn « induitor », lit. aüti « se chausser » et avèti « êtrenbsp;chaussé », v. si. ob-uti « mettre (une chaussure) », arm. aga-nim « je m’habille », awd « soulier », zd aobmn « soulier », et,nbsp;sous forme élargie *wes-, dans skr. vaste « il s’habille », bom.

lat. aestis^ arm. :(-gest « vêtement », tokharien B wastsi « vêtement », got. wasjan « vêtir, se vêtir ».

« Conduire un char, aller en char » est exprimé par skr. vci-hati, zd vaxftiti, v. si. ve\g, lit. ve{ii, lat. uehö', le « char », par V. si. VOXÜ, gr. c^oc, V. h. a. wagan, irl. fen; le chemin ounbsp;passent les chars, par got. wigs, v. h. a. weg; le verbe germa-nique signilie « mettre en mouvement » ainsi got. ga-wigan.nbsp;D’autre part skr. yamp;ti, v. si. jadg, lit. jóju indiquent l’idéo denbsp;« aller dans un véhicule [char ou bateau] » ; et en regard denbsp;Cette racine qui est seulement indo-iranienne et balto-slave, unnbsp;oiot occidental pour l’idée de « aller dans un véhicule » estnbsp;^tlesté par v. h. a. ritan, v. angl. ridan, v. isl. rida, irl. ria-daini, et par gaul. rida « char ,

« Ramer » se dit : v. isl. róa, lit. Irti; « rameur » : skr. ari-tcir-, gr. ipizr/g; « rame » : lat. rimus, v. h. a. ruodar.

Les langues de I’Europe ont pour « labourer » une même racine ®ltestée par v. si. orjg « je laboure », lit. ariu, got. arja, irl.

lat. arö, gr. apsto, et Tarménien, même a arawr « char-^Ue»=rlat. aratrum. Mais I’indo-iranien ignore ce mot, sans '^outc paree que les tribus qui parlaient des langues indo-ira-^^leniies 1’ont perdu a la suite d’une période transitoire de vienbsp;['crnade. Pour « moudre » avec la pierre a broyer (skr. grAvan-,nbsp;bro, gall, breuan, lit. gtrnos, v. si. früny, arm. erkan), lanbsp;^acine *mek- de gr. [zakr,, lat. molö(y. p. 169) est inconnue a

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346 \0CABULA1RE

Findo-iranien ; mais en face de gr. arm. alam «je mouds », Fhindi a dta, Ie sogdien VS (lire arQ) « moulin » et Ie persan ardnbsp;« farine » ; une racine indo-européenne signlfiant « moudre »nbsp;est done attestée en indo-iranien. Du reste, il y a une racinenbsp;indo-européenne ^peis- qui signifie « piler (dans un mortier) » ;nbsp;skr. pindfti « il pile », piftah « pile, écrasé pistdm « farine » ;nbsp;lat. pinsö, pistor « celui qui écrase », pilum « pilon », pila « mortier » ; gr. uTwsw ; lit. paisyti « óter la balie de Forge » ; v. sl.nbsp;plxati « Xa-ATil^eiv », pïsenica « blé ».

Le verbe qui signifie « forger » ; v. sl. kovg, lit. hduju, v. h-a. houwan, et avec un élargissement, lat. cüdö, est comme plu-sieurs autres mots « de civilisation », inconnu au grec, a Far-ménien et a Findo-iranien, et limité aux dialcctes septentrionaux et occidentaux de Findo-européen.

Le nom de Finstrument qui sert a forer des trous, gr. rÉpe-Tpov, lat. terehra, v. irl. tarathar est emprunté a une racine *ter3' *trè- « user en frottant » : gr. Tstpw, lat. krö, v. sl. ürg, etc.

Skr. krlndmi (ancien krinanii), v. russe krinu, v. irl. creninh gall, prynaf attestentun présent a inlixe nasal signifiant«j’achète »jnbsp;d’une racine dont skr. kraydh « achat », tokh. B karyor « achat gt;’nbsp;et Faoriste gr. xptajöai « acheter » fournissent d’autres formes-Mais il ne suit pas de la, que les notions de « vendre » et« d’ache'nbsp;ter » étaient nettement opposées; car les mèmes langues n®nbsp;présentent pas toutes pour « vendre » un terme commun.

La racine *peikc signiliait sans doute « faire des marqués »j moyen d’incisions, et aussi au moyen de taches de couleur; ell®nbsp;a fourni : skr. pimfdti « il orne, il arrange », v. persenbsp;« écrire », v. sl. pisg « j’écris », tokh. B pinham « il écrit »nbsp;skt. pégah ai zd paêsö « forme, couleur », lit. paisinii « lachernbsp;suie », V. h. a. fëh, v. angl. fdh, got. filufaihs « de coule'^’®nbsp;variées », synonymes de gr. irotviXo; et de v. sl. pistrü (tand*®nbsp;que gr. rj.v.pó^ signifie « amer », littéralement « mordant, counbsp;pant », comme got. baitrs, all. bitter').

« Traire » est exprimé dans la plupart des langues d’Europ par une mème racine; lat. miilgeö, m. irl. hligim (denbsp;« je trais », v. h. a. milchu, lit. mélxu (meZ(- sans doute

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RACINES 347

*mèlg-'), V. si. nilï:(p, alb. miel', gr. ajj.ïXYu (avec prothèse). En revanche, 1’indo-iranien a une racine propre d’aspect archaïque :nbsp;véd. duhé « il trait » (au moyen), pevsan dOxtan « traire ».

Skr. andkti « il oint » (3“ plur. anjdntt) est apparenté a lat. ungnö, ombr. umtu « unguito », et sans doute a arm. awcamlnbsp;« oindre » ; skr. tjyam « graissede sacrifice », v. pruss. anktannbsp;« beurre », v. li. a. ancho, v. irl. imb, lat. ungucn, unguentum,nbsp;ombr. urnen.

Le fait de « passer la nuit dans un abri » est indiqué par la racine de gr. tajw, auXt; « gite »,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« cour » (endroit oü les

bestiaux gitent la nuit), arm. aganim « je passe la nuit », awth « endroit oü 1’on passe la nuit ». On a de 14 un élargissementnbsp;*ames- (hom. aeax), *vjes- « demeurer » dans skr. vasati « ilnbsp;demeure », got. zi/isan « demeurer, être », arm. goy « il existe »,nbsp;irl. foss « demeure, repos ». Le rapport de *au- a *awes-, *wes-est le même que celui de *au-, *u- « vêtir » a ^wes-, cf. ci-dessus, p. 345.

Les renseignements que fournirait nn examen des racines de 1’indo-européen a qui voudrait tenter de determiner par la lesnbsp;conditions d’existence des populations qui parlaient cette languenbsp;sont, on le voit, fuyants et imprécis. La plupart des racinesnbsp;it’enseignent du reste rien, sinon que la langue distinguaitnbsp;« vivre » et « mourir », « boire » et « manger », « dormir »nbsp;ct « veiller », lécher » et « mordre », « prendre » et « laiss.er »,nbsp;« A'oir » et « entendre », « aller » et « courir », « frapper » etnbsp;quot; conduire », etc.

Cnpendant quelques racines présentent des séries de dévelop-Pernents de sens remontant a Findo-européen. Un des cas curieux ^ eet égard est celui de *hheudh-; le sens premier, tout concret, estnbsp;®ans doute celui de « veiller », qui est conservé dansles dialectesnbsp;’^cientaux ; skr. hudhydte « il est éveillé, il s’éveille », v. sl. Uditünbsp;quot; il veille » (infin. hidètï), lit. budki « veiller » ; skr. bodhdyalinbsp;'' il éveille », v. sl. buditü « il éveille » (infin. buditi)', v. sl.nbsp;^üngti « s’éveiller », lit. bundü « je m’éveille » ; lit. biidrüsnbsp;®'gnifie « éveillé ». Mais le v. sl. büdrü « vif », traduisant Tcpc-a pris un sens déja plus éloigné du sens premier; le

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3/i8 VOCABULAIRE

présent thématique skr. hódhati signifie « il est en éveil, il fait attention, il remarque », comme les correspondants v. sl. bljudgnbsp;«j’observe, je garde » (avec l mouillée développée normalementnbsp;entre labiale et Ie ƒ de ju représentant i.-e. *eu) et hom.

0o[A3!i « je m’enquiers », aor. gr. è'::uQótj.Y;v de même Ie zd baoBah- signifie « conscience » ; l’irl. buide a développé Ie sensnbsp;particulier de « reconnaissance » (conscience d’un bienfaitj.nbsp;Du sens de « j’observe » on passe a celui de «je sens », ainsinbsp;Ie zd baoZsntö, Yast XIX, 69, et, en particulier, « je sens unenbsp;odeur » ; d’oü zd baoilis « odeur » : Yast XVII, 6, hiibaoiliinbsp;badiaite mncLnini « une bonne odeur embaume la malson ».nbsp;D’un autre cóté, avec valeur factitive, on a Ie sens de « donncrnbsp;1’éveil, attircr 1’attention », d’ou « présenter, offrir, inviter »nbsp;dans V. isl. hioda, v. h. a. biotan, et, avec préverbe, got. anU'nbsp;hiiidan, v. h. a. gi-biotan, « ordonner », got. faur-biudan « défen-dre » (all. ver-bieten); c’est de la même valeur factitive que vientnbsp;Ie sens « répritnander, punir » de Ut. baud^iü, baüsti.

Le sens Ie plus concret, et sans doute Ie plus ancien, de D racine *g^eus- subsiste dans gr. ysuo|j.x! « je goute » et lat. gustus-Mais en indo iranien, le sens est « prendre avec plaisir, aimernbsp;ainsi skr. jusdte « il prend volontiers, il aime », v. perse dnW'nbsp;star- « ami », et de même en albanais oü desa signifie « j’ai'nbsp;mais ». D’autre part c’est le sens de « choisir » qui s’est déve-loppé dans v. irl. do-roi-gu « il a choisi » et dans got. kiusaJtrnbsp;causatif hausjan « examiner, choisir », mais anciennemen*nbsp;« gouter », sens conservé dans le mot slave emprunté vü-kustdnbsp;« gouter », tandis que le verbe franijals choisir, aussi emprunl®nbsp;au germanique, reproduit le nouveau sens.

Le sens des racines ne peut être défini que par des formuD® vagues; mais chacune d’elles tenait des emplois fixes et tou*nbsp;particuliers. Par exemple *prekr signifie « demander, interroger»nbsp;prier », de Ia skr. prcchdti, v. sl. prositi, lit. prasyti, got.nbsp;nan, v. h. a. fragên, lal. poscö, arm. harcanem, tous verbesnbsp;fiant « demander, interroger » d’une manière générale : mais ^nbsp;y avail un emploi spécial ; « demander une femme », attes|®nbsp;par lat. procus, Ut. pifsti « demander en mariage », serbe

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NOMS DE PARENTE 349

(même sens), arm. harsn « fiancee, bru » ; et il y avail aussi un emploi juridique et religieux, attesté par lat. precès, skr. pratnbsp;« proces ». — La racine *wedh- signifie « conduire » dans zdnbsp;vaiayeiti « il conduit », v. sl. vedg, lit. vedïi, \v\. fédim, mais ennbsp;particulier « conduire la fiancée a la maison » (lat. uxoremnbsp;ducerè), d’oü skr. vadhüh « bru », vdhate (issu de *vadhate, anbsp;distinguer de vdhate « uehitur ») « 11 épouse », zd vaZayeiti « ilnbsp;épouse », lit. vedü « j’épouse », gall, dy-weddio « se marier ».

•— La racine gr. nbsp;nbsp;nbsp;lat.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ferö, etc. signifie « porter », et trés

souvent « porter » au sens de « être grosse », ainsi zd bar^ftri « femme enceinte », gr. 90ps; « enceinte », éol. 'éotpovr èzuTijevnbsp;chez Hesychius, v. sl. brë^da « grosse, enceinte », lal. forda',nbsp;got. gabairan, v. isl. bera « enfanter » (all. gebaren). — La racine qui indique l’écoulement d’un liquide en général dans skr.nbsp;sunóti « 11 fait sortlr un liquide par presslon », lit. sula « sèvenbsp;(de bouleau) », v. h. a. sou « sève » servait dès l’indo-européennbsp;a exprimer l’idée de pluie, comme on Ie voit par la coincidencenbsp;de gr. üsi avec tokharien B suivain « il pleut », siuese « pluie ».nbsp;— Pour avoir une idee exacte de la valeur d’une racine indo-curopéenne, il faut connaitre ces emplois particuliers, de mêmenbsp;qu’on ne connait vraiment un mot d’une langue que si l’on saitnbsp;dans quelles phrases il figure d’ordinaire.

Mots isolés.

Moins intéressants que les racines au point de vue de Ia structure générale de la langue, les mots isolés donnent des notions plus précises. Si on les utilise avec la réserve qui convient, on

peut tirer quelques indications sur 1’état social et sur la civilisation des hommes qui parlaient l’indo-européen.

A.. Ter mes de parente.

Il y a une série de termes de parenté è sens bien déterminé, P^rfois étendu dans certains dialectes, et dont beaucoup appar-t*ennent h un type en *-er- :

père : skr. pitdr-, gr. ¦rearóp, lat. pater, v. iri. athir, got. fadar, ^•quot;Ui. hayr, tokh. A pacar et B patar.

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35o

vocabulaire

mere : skr. matamp;r-,Y. s\. mater-, gr. dor. gaTïjp, lat. mater, V. irl. mathir, v. isl. móder, arm. mayr, tokh. A macar etnbsp;B matar.

frère ; skr. bhrïïtar-, v. sl. hratrü (et bratÜ), gr. fpaTV]p (membre d’une opiêTpia), lat. frater, v. irl. hrathir, got.nbsp;brofar, arm. etbayr, tokh. A pracar et B procer.

soeur : skr. svasar-, lit. seser-, v. sl. sestra, lat. soror, v. irl. siur, got. swistar, arm. khoyr.

fils : skr. sünüh, v. sl. synü, lit. sünüs, got. sünus (all. sohn) ; cf. gr. uiu?, uil.;, tokh. B soya et A se; inconnu a 1’italo-celtique,nbsp;ainsi que Ie siiivant.

fdle : skr. duhitdr-, gr. nbsp;nbsp;nbsp;v. sl. düster-, lit. dukter-,

arm. dustr, got. dauhtar, tokh. A ckacar et B tkacer.

femme du fils : gr. 'rjóq, arm. nu (génit. nuoy) ; passé aux themes en -a- dans : skr. snufd, v. sl. snüxa, v. angl. snorii, lat-vulgaire nora ; aux themes en -u-, dans lat. nurus.

père du mari : skr. fvüfurah, zd xvasurö, lit. sësuras, hom-'(f)=y.'jpóc, lat. socer, alb. vjehir, v. h. a. swehur ; de la est dérivé, avec vrddhi (voir p. 221), v. h. a. swagur « beau-frère », formenbsp;comme skr. fvafurah « qui appartient au beau-père ».

mère du mari: skr. (vagrüh, v. sl. svekry, lat. socrus, v. h- a-swigar-,el gr. '(/¦)c-A'jpa, arm. skesur; got. swaihro, gall, cbwegf-frère du mari; skr. devdr-, v, sl. déverl, lit. diverts, gr. Bxóf’ lat. leuir, arm. taygr,et avec Ie représentant d’un ancien d’ori-gine obscure, v. angl. tdcor, v. h. a. ^eihhur.

sffiur du mari; gr. nbsp;nbsp;nbsp;lat. glös, russe :(ólva et serbe

supposant sl. *gfilüva (et arm. taï).

femme du frère du mari: skr. ytitar-, v. sl. jetry, lit. jentcf'/ hom. £!v.ztéps; (et Ie datif èv^Tpi sur une inscription de bassenbsp;époque en Asie Mineure), lat. ianitrlcês (et arm. ner').

veuve : nbsp;nbsp;nbsp;.vidhdva, zd vi’èava, v. sl. vüdova (de vidovd)j

V. pruss. widdewil, got. widuwo, irl. fedb, lat. uidua', inconnU au grec et a l’arménien.

Tous les degrés de parenté immediate dans la famill® rhomme sont done désignés par des termes précis dont lesnbsp;cipaux apparliennont è un memo type, celui des themes cn-f'-

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NOMS DE PARENTE 35i

mot qui désigne Ie « mari» est Ie mêmequi signifiait « maitre » (de la maison):

skr. patih, zd paitü, gr. -itsa!;, lit. dial, patis, cf. got. (brü^-)-fa^s « fiancé » ; un féminin de ce mot désigne la femme en tant que maitresse de la maison ; skr. pdini, v. lit. pat7ii (cf. gr.nbsp;¦üórvia).

Pour la familie de la femme, tout est vague et incertain; les sens divergent d’une langue a l’autre, et les formes varient : Ienbsp;gr. T^evBapég, qui désigne souvent Ie « père de la femme », appar-tient é la racine de got. hindan « lier », et signifie par suitenbsp;« allié », comme lit. bendras, dontle sens actuel est «associé »,nbsp;p. ba(n)daka (persan bandd) « serviteur » et skr. bhndhuhnbsp;« parent du cóté de la femme » (cognaius au sens Ie plus général) ;nbsp;^ussi 7:£v9£pó; désigne-t-il en général tout parent par alliance,nbsp;Hotamment le « gendre » et le « mari de la soeur ». Le « gendre «nbsp;s’appelle: skr. jamatar-, zd ^aniamp;tar-, — v. si. lit. {éntas,nbsp;lat. genta (mot de glossaire), alb. Itnlzr, — lat. gener, — gr.nbsp;Ya;j.6p:5 (aussi « beau-père » et « beau-frère «), formes semblablesnbsp;^ais non reductibles a un original commun.

II n’y a pas de termes précis pour la parenté non immediate. Lat. auos signifie « grand-pere » (paternel ou maternel) ; lat.nbsp;^uonculus « oncle » ; gall, ewythr « oncle », v. li. a. öheimnbsp;quot; frère de la mere », got. awo « grand’mère », v. pruss. awis etnbsp;si. ujt « frère dela mère », arm. haw « grand-pere ». L’indo-'^anien ndpat- désigne le descendant et, en particulier, le « petit-Lls » ; lat. nepos, neptis le « petit-fils », la « petite fille »; irl,nbsp;necht « fils, fille de la soeur » ; v. h. a. nevo le « neveu » ;nbsp;lit. nepotis le « petit-fils », le « neveu »; serbe nk'dh le « filsnbsp;la soeur » ; etc.

Tout ceci indique un état social ou la femme en trait dans la ^Hiille du mari, mais ou le mari n’avait pas avec la familie de sanbsp;®ftime une parenté définie. II s’agit de ces « grandes families » anbsp;L^fenté masculine, telles qu’on les observe encore chez les Serbesnbsp;^y^di'uga) et chez les Arméniens.

La maison forme un groupe social commandé par un « chef de *''^ftison » ; skr. pdtir dm ou ddmpatih, gr. oeaizivriq (de *denis-

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302 VOCABULAIRE

pot-a- « chef de la maison »), lat. dominus. Un terme plus com-préhensif est celui de « groupe de maisons, tribu » que présentent, avec diverses nuances de sens, skr. vif, zd vis-, v. perse vi^-,nbsp;V. sl. vïst, got. lueihs, lat. ulciis; gr. /'oas; (ou aussi la formenbsp;atliématique For/.- dans Foiy.x-cs) a Ie sens de « maison », a l’ori-gine 'a « grande maison », comprenant des constructions multiples oü logent les divers membres de la « grande familie », etnbsp;c’est pour cela que FoXy.cz, désigne aussi l’ensemble des plusnbsp;proches parents; Ie nom de « chef de village », skr. vif-pdti^,nbsp;zd vïs-pailis, a pris en ballique Ie même sens general que celuinbsp;de « chef de maison », SeasoTv;;, en grec, et l’on a lit. vespaisnbsp;« maitre, seigneur », v. pruss. waispaitin « maitresse ». —Lenbsp;« roi » a un nom attesté seulement en Sanskrit : raj-, rüjan-, etnbsp;dans les dialectes les plus occidentaux; lat. rêx, eelt. rïg- (le molnbsp;germanique attesté par got. reiks « chef », etc. est emprunté aunbsp;celtique). — II y a un mot désignant tout un peuple qui est attesténbsp;seulement dans les dialectes de l’Ouest, jusqu’en baltique, maisnbsp;qui ne se Irouve ni en slave, ni en indo-iranien, ni en arménien,nbsp;ni en grec : v. pruss. tauto « pays », lette tauta « peuple », got-piuda (d’oü i^iudans « roi », forrné comme lat. dominus, tribünus)tnbsp;V. irl. tüath « peuple », osq. touto et ombr. tota « cité ».

II n’y a pas de terme désignant Ia « ville » : skr. püh (génit-purdh), lit. pilt. signifient «lieu fortifié », etle mot grec correS' pondant iióXi; (avec un suffixe secondaire) avait d’abord ce sensnbsp;qui transparait clairement dans «zpiiisAii;.

B. Noms d’animaux et de plantes.

Des noms d’animaux, les uns s’appliquent a des animau^t domestiques, tels que Ie mouton ou le boeuf, d’autres a des ani'nbsp;maux sauvagps; dans quelques cas, on ne saurait faire le dépa*'^nbsp;entre les uns ecles autres. On se bornera aune énumération d®*nbsp;noms les mieux attestés (le male et la femelle n’ont pas de noin®nbsp;indo-européens distincts) ;

troupeau ; skr. pdfu, pdfuh, lat. pecu, peciis, v. h. a. p}M \ troupeaux étaient un article de commerce, et ceci explique le se’^”nbsp;d’argent, richesse, pris par got. faihu et par le dérivé lat. pecdf^’‘’’

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PLA-NTES ET ANIMAUX 353

ainsi que I’emprunt a un parler occidental qu’atteste le k de v. lit. pekuSj V. pruss. pecku « troupeau ».

bceuf et vache: skr. gamp;uh, zd gaus, arm. kov (vache), lette guws (vache), gr. |3oüs, lat. bos (mot de paysan samnite, et nonnbsp;pas proprement latin), irl. bo, v. h. a. chuo (vache), v. si. govedo.nbsp;Lenomdu « taureau », gr. Taüpo;, [at. taurus, v. pruss. tauris,nbsp;V. si. turü, ne se trouve pas partout, et notamment pas en indo-iranien; skr. ukfdn-, zd uxsan-, got. auhsa, v. h- a. ohso, gall.nbsp;ych est sans doute une ancienne épithète (celui qui accroit, quinbsp;fait croitre ?). Le « jeune bceuf », la « genisse » sont désignésnbsp;par gr. iropi?, v. h. a. farro (masc.), m. h. a. verse (féminin), etnbsp;skr. pjthukah, arm. orth, gr. zóptt?, zópxa^.

mouton et brebis : skr. dvih, lit. avis, gr. ot;, lat. ouis, irl. oi, V. h. a. ouwi ; v. si. (yvtnü « bélier », ovica « brebis » (= skr.nbsp;‘^vika'). L’ « agneau » a deux noms, I’un skr. üranah, pehlvi var-arm. garn, gr. /quot;apijv, /’apvo?, et I’autre v. si. agnlct, gr.nbsp;ïp.vó?, lat. agnus, irl. uan. La « laine » a un nom bien atteste ;nbsp;si. vluna (serbe vünd), lit. vilnos (pluriel), got. wulla, lat.nbsp;skr. tirna', irl. olann, ^a\t.gwlan', avec élargissement *-es-,nbsp;krjvo?, dor. kavoi;, lat. lanerum, lanestris, et uellus ; avecnbsp;'Men- arm. gettnn « toison ».

cheval et jument : skr. Afvah, zdaspö,\. perse asa, \. angl. ^oh, lat. equos, irl. ech, gaulois epo-, gr. tzxo;; les féminins skr.nbsp;^a, lit. asva, lat. eqm «jument » résultent de developpemenlsnbsp;•iidépendants de chaque dlalecte(v. p. 243).

bouc et chèvre ; skr. ajah « bouc », a/a « chevre » ; lit.

* bouc », oskd « chèvre » ; un terme different, mais voisin, est ^ffesté par gr. arm. aye « chèvre », zdi^-aêna- « de peau » (éty-•bologiquement « de peau de chèvre », cf. skr. ajinam « peau »,nbsp;regard de ajdh, et v. sl. as(ino « cuir » en regard de lit. oi-ys).nbsp;hüga-, V. h. a. boe, v. isl. bokkr, irl. boee désignent le « bouc »nbsp;(ttiais arm. bue 1’ « agneau »). Les dialectes occidentaux ont desnbsp;**^ots particuliers : lat. eaper, gall, eaer-, v. isl. hafr — lat. hae-got. gaits « chèvre ». II n’y a done pas pour le « bouc » et

^ « chèvre » l’unité de dénomination observée pour les animaux Précédents.

A. MmLLST. nbsp;nbsp;nbsp;23


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354 VOCABULAIRE

pore, sanglier ; lat. süs, gr. S;, v. h. a. sü, swln, gall, hweh, V. sl. svinlja, zd hü-, skr. sükardh (sanglier) ; etun mot désignantnbsp;exclusivement Ie « porc domestique », mais seulement europeennbsp;du Nord et de 1’Ouest, non attesté en indo-iranien, en arméniennbsp;et en grec : lat. poreus, irl. ore, v. h. a. farah, lit. parsas, v. sl.nbsp;prase.

chien et chienne ; véd. f{u)va (génit. (irnaH), zd spa (génit. sünö), lit. (gén. suns'), gr. v.juiv (gén. zavoc), irl. eu (gén. eon); got.nbsp;founds ; lat. cams a une forme peu claire.

loup : skr. vfkah, zd whrkö, v. sl. vlikü, lit. vilkas, got. wulfs (et gr. Xuz-o?, lat. lupus); un féminin désignant la « louve » a éténbsp;créé dans chaque langue isolément; skr. russenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lit.

vilkè et viïktni, v. isl. ylgr (de nbsp;nbsp;nbsp;ancien *ivlkis) ; gr.

Auxatva ; lat. lupa.

ours : skr. fk^ah, zd arssö, gr. acpy.soc, lat. tirstis, v. irl. art, arm. ar).

souris : skr. müh, v. sl. niysï, gr. piag, alb. mt, lat. müs, V. h. a. müs; arm. mukn.

cerf (et biche) ; v. sl. jdenï, lit. élnis, arm. eln, gr. eXafO?; kWóq, gall, elain (féminin « biebe ») ; l’irl. elit (féminin) signifi®nbsp;« chevreuil ». — V. h. a. elaho « élan », lat. alces (plur.). Sansnbsp;doute par suite de 1’usage des demi-civilisés qui consiste a éviternbsp;de nommer par son nom la béte cbassée, Ie « cerf » est souventnbsp;désigné par l’épithète de « cornu » (eXacpoq zepaij, Homère,nbsp;r 3 4); de 14 lat. cerms, v. h. a. hirug] Ie vieux prussien a 1®nbsp;nom ragingis « cerf », c’est-a dire « cornu », derive de rdg^^nbsp;« corne ».

oiseau: skr. véh, zd vay-, lat. auis, arm. haw, gr. oïwvó?.

aigle ; v. sl. orïlü, lit. arêlis, got. ara, gall, eryr ; Ie gr. signifie « oiseau » d’une manière générale.

grive : lit. stra^das, russe dro:(d {d initial par assimilation)» V. isl. ^rgstr, lat. turdus.

goue : gr. nbsp;nbsp;nbsp;brittonique garan (et gallo.-lat. tri-garüf^’^^

« aux trois grues »), v. angl. cran, v. b. a. chranuh, lit.

V. sl. ^eravt, lat. grüs, arm. krunk.

oie ; gr. yip), yrpbc, (dor. •'idy, x^bq), lit. i^sis, v. sl.

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PLANTES ET ANIMAÜX 355

V. h. a. gans, lat. ansér (mot rural, avec chute de h initiale) ; Ie skr. hanisah signifie « flamant, cygne ygt;, et 1’irl. gêis « cygne ».

canard: lat. anas (anitis^, v. h. a. anut, lit. antis, v. sl. pty, et gr. vYjaca, dor. vaasa ; cf. skr. atih « sorte d’oiseau aquatique ».

poisson; il y a un mot occidental ; lat. piscis, irl. lasc, got. fisks; au centre du domaine indo-européen, un autre mot, gr.

arm. jukn, lit. [uvis ; enfin sl. ryba et skr. matsyah, persan mahl sontisolés. Le noms particuliers de poissons sont pour lanbsp;plupart spéciaux a chaque langue; tres peu ont une étymologie,nbsp;et 1’extension des mots qui semblent attestés est faible, alors quenbsp;deux noms d’oiseaux sürement anciens se rapportent a des oiseauxnbsp;aquatiques, et que 1’on a aussi dans skr. udrdh, zd udró, v. sl.nbsp;vydra, lit. üdra, v. h. a. ottar un dérivé du nom de 1’ « eau »,nbsp;désignant un animal aquatique, d’ordinaire la « loutre » (maisnbsp;gr. 3Spo?, uSpöi « serpent d’eau »), et dans y. sl. Uhrü, bobrü, lit.nbsp;hebrus, v. h. a. bibar, gaul. bibro-, bebro-(ds.s\.s des noms propres),nbsp;lat. fiber, feber un dérivé de 1’adjectif « brun » (lit. bkras') signi-fiant « castor » (ou un animal analogue dans skr. babhrüh et zdnbsp;hawris).

serpent: skr. ahih, zd a^is, gr. opn;, arm. i^ (de *èg'^hi~); lat. (inguis, irl. (esc-)ung (anguille), lit. angls, polon. wal^ (représentant ; et got. nadrs, irl. nathir, lat. natrix.

mouche: v. sl. muxa (et müsica « moucheron »), lit. musl^ gr. i^iuTa, lat. musea, arm. mun (v. p. 219).

frelon : v. sl. srüsenl (serbe snljêri), lit. 'sirsü (génit. «Vim) et Hr’slys (accus. strslt), lat. erdbró (de *crasrö), gall, creyryn.

guêpe: lit. vapset, v. sl. osa (altéré de *vosa), v. h. a. wafsa, ^^t. uespa (de *wopsa), v. bret. guohi.nbsp;abeille : le mot i.-e. *médhu signifie a la fois « miel» et « bois-fermentée faite avec le miel, hydromel » (et parfois ensuite,nbsp;^ans les pays ou la vigne a été introduite, « vin ») dans les dia-^®ctes orientaux: skr. mddhu, zd ma^u, v. sl. medü, lit. medüs,nbsp;^idüs; le sens de « hydromel » (ou « vin ») a seul subsisté dansnbsp;autres langues : gr. p,é0u, v. h. a. meto, irl. mid. Un autrenbsp;*ttot, d’extension moindre, désigne proprement le « miel » : gr.nbsp;p-éXi-co? (avec le dérivé, de forme trés ancienne [v. p. 288],

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356 VOCABULAIRE

att. gX’XTü)), got. nbsp;nbsp;nbsp;lat, mei, irl. mil, arm. metr. Vn nom

*bhei-, de 1’ « abeille » se trouve avec divers suffixes secondaires dans ; v. angl. béo, v. h. a. bint, lit. bit'is, v. pruss. bitte, irl.nbsp;bech, V. sl. btcela; on a souvent « mouche a miel », mol sansnbsp;doute formé pour les cas oü Ie nom propre de l’abeille ne devaitnbsp;pas être prononcé, durant la récolte du miel : c’est ce que signi-fient gr. |j.éX'.at;a, alb. mial'tse, arm. melu. II n’y a pas de nomnbsp;de la « ruche », paree quel’on se bornait assuréraent a recueillirnbsp;Ie miel des abeilles dans des arbres creux, et qu’il n’existait pasnbsp;de ruches artificielles.

ver: skr. kfmih, persan Hm, fit. Hmu, irl. cruim, gall, pryf, et lat. uermis, v. b. a. wurm, gr. póixo;.

A peu d’exceptions prés, ces noms sont, comme les noms de parenté, irréductibles a des racines verbales.

Les noms de végétaux ont moins souvent une étymologie que les noms d’animaux, et, la même oü ils sont indo-européens, ilsnbsp;se rencontrent d’ordinaire dans un nombre mnindre de dialectes.nbsp;II est curieux que la « forêt » n’ait pas de nom qui puisse êtrenbsp;sürement tenu pour indo-européen. Les mots conserves sont ceuxnbsp;qui désignent desobjets dont on tire parti journellement ; il y ^nbsp;done un nom pour ;

bois (matière) ; skr. daru « bois », ddrvih « cuiller » ; gr-Sópu « bois, bois de lance, lance », SévSpov « arbre » (avec redoU' blement intensif, v. p. iSg et suiv. et p. i48). Spa? « chêne » inbsp;V. sl. drèvo « bois, arbre » (pluriel collectif drüvd); fit. derDi^nbsp;« bois de sapin », gaul. dervo-, bret. derv « chêne » ; got.

« arbre » ; v. irl. daur « chêne »; etc.

Quelques arbres ont un nom ancien, généralement férnim*' (v. p. 3oó) ; entre autres :

hêtre : lat. fagus, isl. bók, v. h. a. buohha; Ie gr.

(dor. ficys?), féminin en -o- comme Ie mot latin correspondanb désigne une sorle de chêne.

bouleau : skr. bhürjah, fit. herbas et v. sl. brè:{a (r. berexp)' T h. a. birihha, v. isl. bigrk; Ie mot indo-européen était un

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PLANTES ET ANIMAUX 357

nin en -o- (v. p. 243) qui n’est directement attesté nulle part, paree qu’il a été remplacé par un masculin en -0-, en Sanskrit etnbsp;en lituanien, et par un féminin en -a-, en germanique et en slave;nbsp;cf. lat. fraxinus et farms « frêne ».

saule : zd vaeitis (pers. hèd)^ v. pruss. witwan, gr. fizid, v. h. a. wida : on réalité, il s’agit de la branche flexible qui pentnbsp;être utilisée de toutes sortes de manieres, et e’est ce sens denbsp;« branche flexible » qui apparait dans skr. vetasah « bambou »,nbsp;V. si. véivf vètvije, lit. vytis, irl. fêith « lien, corde », etc; lenbsp;naot appartient a la racine skr. vdyati « il tresse, il entrelace, ilnbsp;tisse », lit. veju « je tourne » (une corde), lat. iiiêre, uttis, etc.nbsp;Un nom propre du « saule » se retrouve dans lat. salix, v. irl.nbsp;sail (génit. sailech), v. h. a. salaha.

chêne : v. h. a. forha « picea », lat. qmreus (de *perk'^us, comme qulnqm denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et v. h. a. eih, v. angl. ac, cf. lat.

aescuhis (?), gr. a'YOvwi « sorte de chêne » (?). Il y a un nom indo-europeen commun pour « gland », *gquot;ek-, connu par lesnbsp;dérivés, lat. glans, gr. ga7.av;c, lit. gilé, v. si. j^elpdl, arm. kalin.

racine *sê- «

On a des noms de céréales, ce qui s’accorde avec I’exis fence d’une racine signifiant « labourer » (cf. p. 345) et d’autresnbsp;Hermes relatifs a ragriculture : skr. yavah, -id yavö désigne lesnbsp;'^éréales, et surtout l’orge; de même, lit. javaï désigne « lesnbsp;amp;fains », Fhom. une sorte de graines, irl. eorna, 1’ « orge » ;nbsp;« orge » a d’ailleurs son nom propre dans gr. y.pï, ypïGv^, v. h.nbsp;gersta, lat. hordeum, arm. gari (formes malaisées a ramenernbsp;^Un type commun). Les mots de ce genre ont changé de sensnbsp;^'livant les cultures ; par exemple gr. T:üpjt et lit. pilrai désignentnbsp;« froment », mais v. sl. pyro traduit eXjpa, zéyy^poc. II ynbsp;^''¦lit done des céréales cultivées ; mais la linguistique ne permetnbsp;Pjts de décider lesquelles. Le mot pour la « paille » est skr. pa-^quot;aalp, v. sf. pléva, v. pruss. pelwo, lit. pelai, lat. paka. Le nomnbsp;^ « grain » (v. sl ^rüno, v. pruss. syrne, gdt. Izaurn, v. irl.nbsp;lat. granuntf n’est attesté que dans les langues qui possèdent

» (v. sl. sëti, lit. shi, got. saian ; v. irl. sll

semer

*bé;


®ernence », lat. semen) et n’existe ni en irido-iranien, ni en ar-

rtien, ni en grec. Ges langues sont aussi les seules ou se trouve


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358 VOCABULAIRE

Ie nom de la « pomme » et du « pommier » sans doute em-prunté a une langue non indo-européenne de l’Europe ; v. sl. ablüko « pomme », lit. óbülas « pomme », obelïs « pommier »,nbsp;V. h. a. apful « pomme », v. irl. aball « pomme » ; Ahella en Cam-panie (pays de langue osque) est la « ville des pommes », carnbsp;Virgile la qualifie de malifera ; Ie nom de la « pomme », proprenbsp;aux dialectes septentrionaux et occidentaux, a été remplacé ennbsp;Italië par un nom qui se retrouveun dorien, p.aXov (d’oü lat. malum)^ emprunté a une langue inconnue; ce mot désignait unenbsp;pomme cultivée; ici se manifeste la substitution de la civilisationnbsp;méditerranéenne et hellénique a celle de l’Europe du Nord quinbsp;était originairement celle des Latins et des Osco-Ombriens.

Le « sel », qui est surtout nécessaire pour la nourriture végé-tale, a un nom ; lat. sal {salis'), ombr. salu « salem », irl. sa-lann, got. salt, v. pruss. sal, lette sals, arm. al et altkh, gv. akq, tokharien B salyi; ce nom ne se retrouve pas en indo-iranien,nbsp;langue oü manque aussi la racine indo-européenne qui signifienbsp;« labourer » (v. p. 345).

L’imprécision du sens et le petit nombre des noms de vége-taux attestés contrastent avec la valeur précise et l’abondance des termes qui désignent des animaux; on est tenté de conclure denbsp;laqué la « chair » des animaux sauvages ou domestiques (skr-mamsani, v. sl. meso, arm. mis, got. minis, tokharien B misd)nbsp;formait la plus grande part de ralimentation de I’aristocratienbsp;indo-européenne, avec le lait (dont les noms ont des forniesnbsp;divergentes, quoiqu’en partie au moins apparentées les unes auSnbsp;autres) ; lat. nis, skr. yüh, lit. jüsè, v. sl. juxa désignent un®nbsp;préparation de la viande avec une sauce. Le mot skr. sarp^^lnbsp;« beurre », alb. g'alpe, v. angl. sêalf, v. h. a. salba, gr.

IXatcv, jTsap Hes. (cf. iatcvj « bouteille a huile ») désignait indo-européen une sorte de « beurre » ; et zd raoyiPm, p®*'®'nbsp;röyan « beurre », est inséparable de m. h. a. roum « crèm® *nbsp;(all. railin'), v. angl. réani, v. isl. rióme-

les

G. Noms relatifs a la religion.

Si l’on met a part les astres, comme le soleil, la lune, ou

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RELIGION 359

phénomènes naturels, comme l’aurore, Ie tonnerre, Ie feu, etc., qui, sous leur nom ordinaire, sont tenus pour divins dansnbsp;1’Inde et la Grèce antiques, pas un nom de dieu n’est indo-européen commun : véd. Indrah n’a pas de correspondent ennbsp;dehors de l’indo-iranien, gr. ’A-ó^^awv n’en a pas en dehors dunbsp;grec. Quelques rapprochements au premier abord spécieux,nbsp;comme celui de véd. Gandharvdh, zd Gandar^wö et de gr. Kév-Taupo?, OU de véd. Saranyüh et de gr. ’Eptvó?, ne s’étendent pasnbsp;au dela de deux langues, ce qui suffit a en rendre la preuve fragile, et d’ailleurs pe résistent pas a une critique phonétiquenbsp;exacte ; ainsi, pour Gandharvah et Kévtajpi; : 1“ la place du tonnbsp;diffère ; 2” indo-iran. g ne répond pas a gr. y,; 3quot; Ie premier anbsp;de Gandharvdh peut représenter a ou o, mais non e, car autre-ment on aurait a l’initiale j, et non g ; 4quot; skr. dh ne répond pasnbsp;a gr. T ; 5quot; skr. -arvah ne répond pas a gr. -aupo; ; si done il y anbsp;lieu de rapprocher Ie mythe des Gandharvas de celui des Cen-taures, ce qui n’est pas évident, il n’est du moins pas légitimenbsp;de rapprocher les noms. — Aucun mot commun a plusieursnbsp;langues ne désigne ni Ie sacrifice, ni aucun rite.

Mais Ie nom de « dieu » est conserve dans plusieurs langues : skr. devdh (zd daêvo « démon »), Ut. devas, v. pruss. deiwannbsp;(accusat.), v. isl. tivar « dieux », gaul. dèvo-, v. irl. dia, lat.nbsp;deus (gén. dlui), osq. deivai « diuae » ; de la est dérivé un ad-jectif: skr. divydh « divin », gr. STo; (denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. dius, irl.

dèa. Or, ce mot ne saurait être séparé du nom du jour, du ciel lumineux, souvent divinise : skr. dyduh « ciel, jour », gr. Z=uc,nbsp;A'./’ój, lat. luppiter (—ombr. lupater, gr. Zs'ü Traisp « ó cielnbsp;père » ; Ie « père ciel », véd. pita, dyduh, s’oppose a la « merenbsp;terre », véd. mdtamp; prthivi, par exemple Rgveda, I, 8g,’4), lat.nbsp;louis (génit.) et ii/è5 «jour», osq. génit. lüvei's, dat. Diüvef,nbsp;I'ivei, V. h. a. Zïo, arm. Hw « jour ». Les hommes sont moreels et terrestres, les dieux sont immortels et celestes; cette opposition s’exprime dans Ie nom des « hommes » qu’on appellenbsp;*^9ntót « mortels » ; skr. mdrtah « mortel, homme », gr.

(glosé par i'vGpw-oc, fh-q-ói chez Hesychius) et hofn. (3p;-V. perse martiya « homme », arm. mard « homme », tantót

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36o VOCABULAIRE

« terrestres » (imyöóvioi, Homère, 0 479) • 4r/OTö^ got.guma, irl. duine, lit. {nwgüs (cf. lit. j^mi « terre », etc., v. p. ai8) ;nbsp;ces expressions se sont si bien répandues que l’ancien nom denbsp;1’ « homme » (skr. tnanuh et mcinü^ah, v. sl.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;got. manna

[gén. mans]) a étééliminé dans la plupart des langues. Les dieux sont riches et distributeurs de richessesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;èawv) ; de lÈ» Ie

nom propre du dieu védique Bhdgah (littéralement « Ie parta-geur » OU « Ie bien partagé, Ie riche ») et Ie nom commun v. perse baga « dieu », v. sl. bogü « dieu » (cf. v. sl. ti-bogünbsp;« pauvre », bogatü « riche »); l’accord de l’iranien et du slavenbsp;ne semble pas fortuit; car d’autres termes relatifs a la religionnbsp;sont commons a ces deux langues, notamment zd spsntö = v. sl.nbsp;svetü, lit. sventas « saint » et zd sravö = v. sl. slovo « parole »nbsp;(tandis que skr. frdvah et gr. yXé{F)oq signifient « gloire »,nbsp;comme v. sl. slava, lit. slave), et, dans ces deux cas au moins,nbsp;1’hypothèse d’un emprunt du slave a l’iranien, qu’on peut envi-sagerpoursl. bogü, est exclue.

L’indo-iranien et Titalo-celtique offrent ici de nombreuses concordances de vocabulaire dont la plus remarquable est cellenbsp;de véd. frad dadhati« il croit », fraddhd « foi », lat. crêdö (perf.nbsp;crèdidi), v. irl. cretim (prononcer kredim) « je crois ». 11 estnbsp;frappant que lat. lèx (Jêgis) trouve un correspondant exact dansnbsp;véd. rdj-dn-i « suivant la régie », zd ra^-an, et v. lat. ious (laf.nbsp;class, ills) dans véd. 3#, zd ydüi-. (mot religieux obscur). Dés lorsnbsp;, rien ne s’oppose au rapprochement eritre skr. brahman- « prètrenbsp;(indou) « et Xoflamen (romain); mais toute affirmation serait arbitraire. En tont cas Ie nom de prètre véd. prdbbarta (thème prab-hartar-) et zd frabarata (littéralement « l’apporteur ») trouve dansnbsp;Ie nom dii prètre ombr. arsfertur un parallèle curieux. La persi-stance de vieux termes de la langue religieuse et juridique eonbsp;indo-iranien et en italo-celtique tient sans.doute a ce que desnbsp;colléges de prêtres formant des groupes définis ont subsisté sufnbsp;ces deux domaines, et sur ceux-la seulement.

Nulle part les vocabulaires des langues indo-européennes ne divergent plus que pour les termes relatifs a, la religion, sa**®nbsp;doute paree que chaque tribu avait ses cultes propres ; nulle pa'quot;*

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OBJETS DIVERS 36l

on ne rencontre moins de rapprochements certains ; et, par suite, la linguistique indo-européenne ne saurait apporter a la mythologie comparée que peu de témoignages solides.

D. Du nom de quelques ohjets.

Les noms d’ohjets sont sujets a changer. Aussitót que Ie commerce OU Limitation des voisins introduit une forme neuve ou un perfectionnement, de nouveaux noms soit étrangers soit indi-gènes s’introduisent et remplacent les anciens; avec Ie temps,nbsp;les noms d’objets analogues et servant aux mêmes usages senbsp;trouvent ainsi différer dans des langues assez pareilles parnbsp;ailleurs. C’est ce qui explique, notamment, que les noms de lanbsp;poterie different tant d’une langue a l’autre ; tout au plus peut -onnbsp;öoter la communauté de 1’élément radical dans skr. cartihnbsp;« vase », V. isl. huerr, « écuelle », irl. coire et gall, pair « vase »,

sl. cara « tasse ». G’est ce qui explique aussi qu’aucun nom connu de vètement ne remonte a l’indo-européen commun, hiennbsp;qu’il y ait des racines signifiant « vêtir », celle de lat. ind-iiö,nbsp;^x-uo, OU celle de hom. (/’)=a-ca'., skr. vaste « il se vêt », parnbsp;®xemple.

La « hache » était connue; néanmoins les noms différent Presque d’une langue a l’autre. La racine de véd. tA^ti « ilnbsp;^abrique, il charpente » a fourni v. sl. tesla, v. h. a. dehsala, v.nbsp;‘d. tal; la racine de lat. secö, v. sl. sèl^ « je coupe » a fourni lat.nbsp;^^üris et v. sl. sekyra ; Ie got. aqi^i rappelle gr. et lat. ascia,nbsp;^Uoique les trois formes se laissent difficilement ramener a unnbsp;Original commun; Ie skr. svddhitih ressemble de loin a lit. ve~nbsp;V. pruss. wedigo; Ie rapprochement Ie plus frappant estnbsp;^dui de skr. parafüh et de gr. tA'kvmc, mais ce mot, d’aspect slnbsp;indo-européen, semble un emprunt trés ancien ; on rapprochenbsp;effet assyrien pilakku « hache ». Aucun des noms de lanbsp;'' hache » ne se trouve dans plus de deux ou trois langues.

Le nom de la « roue » dans les dlalectes occiderilaux : lat. ^ota, V. irl. rolh, v. h. a. rad, lit. rdtas, n’est connu ni du slave,nbsp;de l’arménien, ni du grec; et, en indo-iranien, le motnbsp;^“frespondant, skr. rdthah, zd ra^O, signifie « char » ; les deux

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362 VOCABULAIRE

sens se rattachent indépendamment l’un de l’autre a celui d’une racine *reth- « courir » : v. irl. rethim « je cours », lit. ritünbsp;lt;( je roule ». Skr. cakram, zd caxra-, angl. hweohl, gr. -/.ü-%Koq, et, avec la forme non redoublée, v. pruss. kelan, v. isl.nbsp;huel (de plus v. sl. kolo avec un vocalisme altéré d’après unenbsp;forme masculine) désignaient un objet rond et qui roule — Ienbsp;gr. v.üv.'kc: signifie encore « eerde » — et ont été affectés a nom-mer la « roue » (Ie nominatif-accusatif pluriel neutre v. sl. kolanbsp;signifie « char ») ; la racine est celle de skr. edraii » il circule »,nbsp;cf. hom. 7C£pi/'rXc[x£vwv et x£pt'C£XAOij,£vuv Ivtau'fiiv « avec Ie retournbsp;des années », ap.tylxoAo? « serviteur » (litt. « qui circule autour » ;nbsp;cf. v. lat. an-culare « servir » et lat. ancilla), gr. xiXs; « axe »nbsp;et lat. colus « quenouille ». Le gr. ipoybq et l’irl. droch « roue »nbsp;sont de même apparentés a gr. Tpl/w « je cours », fut. Bpiqo-[Lai. Les noms de la « roue » sont done assez divergents. Aunbsp;contraire 1’ « èssieu » est partout désigné au mojen du thèmenbsp;*aks- élargi par divers suffixes secondaires ; skr. dksah; gr. a^wv,nbsp;V. h. a. ahsa] v. isl. gxoll] v. sl. osl, lit. aüs, gall, echel (denbsp;*aksi-la), lat. axis. Un même nom sert pour le « nombril » etnbsp;pour le « moyeu » de la roue : skr. nAbhih (et ndbhyani),nbsp;pruss. nabis, v. h. a. naba (a cóté de nabalo « nombril »). L»nbsp;racine *wegih- « aller en char » a été signalée p. 345.

Le « bateau » se dit skr. nAuh (acc. ndvam), pers. nav perse ndviyd « flottille »), arm. naw, gr, va3? (acc. hom.nbsp;ion. 'da), lat. nduis (d’après l’acc. nane?n), irl. nau, v. isl. nór-La « poupe » a aussi un nom : v. sl. krüma, gr. xpj[xvr,. Lanbsp;racine qui exprime la notion de « ramer, rameur, rame » a étenbsp;signalée p. 345.

Un nom de métal est attesté dans trois langues éloignées U® unes des autres, l’indo-iranien, le germanique et le latin : skr-dyah, zd ayö « bronze(?), fer », got. ai^, v. h. a. èr, v. isl.nbsp;lat. aes « bronze » ; on ne saurait dire si c’était le nom tL'nbsp;« cuivre » ou déja du « bronze ». Ge mot, indo-européen ounbsp;moins répandu au moment oü les langues indo-européenu®®nbsp;étaient encore en contact, est absent des autres langues de 1®nbsp;familie, qui ont des termes nouveaux, variables d’une langu® ^

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OBJETS DIVERS 363

l’autre. II faut citer de plus : skr. lohdh « cuivre, fer », persan röi « cuivre », v. sl. ruda « métal », et v. isl. raudi, lat. raudusnbsp;« minerai ».

Les métaux précieux ont des noms dont la forme diffère sensi-blement dans les diverses langues, mais dont la parenté n’est pas douteuse. Pour 1’ « or », dont l’archéologie a montré quenbsp;1’utilisation est aussi ou plus ancienne que celle du cuivre, got.nbsp;gul^ (v. h. a. gold), lette ^elts et v. sl. ^lato (russe xp^oto, pol.nbsp;^loto) ont même racine avec trois degrés vocaliques différents :nbsp;zéro, g et o; skr. hiratiyam = zd ^aranim a un autre suffixe etnbsp;même racine; mais Ie gr. /pacri; est emprunté peut-être au phé-nicien ; lat. aurum, v. pruss. ausin (et lit. duksas), tokh. A wasnbsp;ne sontpas clairs. — Pour 1’ « argent », dont l’utilisation anciennenbsp;est aussi attestée, mais moins fréquemment, skr. rajatdm et zdnbsp;W:(atdm différent par Ie vocalisme radical; lat. argentum, irl.nbsp;ar gat, cornique argant, d’une part, et arm. arcath, de l’autre,nbsp;ont un même vocalisme de la racine attestée en indo-iranien, etnbsp;des suffixes qui ne concordent pas exactement; Ie suffixe de gr.nbsp;otpY'Jpsc est plus différent encore ; Ie germanique, Ie baltique et Ienbsp;slave ont pour 1’ « argent » de tout autres mots, parents entrenbsp;eux, mais sans doute par suite de trés anciens emprunts a on nenbsp;sait quelle langue.

Ghacunde ces noms, du « cuivre », de 1’ « or », et de 1’ « argent », se trouve dans plusieurs langues indo-européennes ; mais chacun manque dans la plupart des groupes ; et rien ne prouvenbsp;que les objets désignés par ces mots aient tenu une grande placenbsp;dés la période indo-européenne commune. L’époque « indo-suropéenne » coincide sans doute avec la fin de la période denbsp;la pierre polie et Ie commencement de la période du cuivre ounbsp;'ll! bronze dans la region — non exactement déterminée — ou senbsp;parlait Tindo-européen commun ; ce serait done au cours dunbsp;troisième millénaire av. J.-G., environ, qu’aurait eu lieu la sé-paration des tribus de langues indo-européennes.

Le « fer » était surement inconnu ; les noms différent d’une langue a l’autre; il n’y a pas de mot indo-iranien, en partie, ilnbsp;est vrai, paree que skr. dyah et zd ayö, qui sont 1’ancien nom du

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364

VOCABULAIRE

« cuivre » ou du « bronze », ont été affectés au « fer » ; Ie lat. ferrum, Ie gr. mS-f}poq sont isolés; s’il y a un même mot en ger-manique : got. eisarn, v. isl. Isarn, v. h. a. ïsarn, et en celtlque ;nbsp;V. irl. iarn, gall, haiarn, c’est que Ie développement de l’usagenbsp;du fer a eu lieu a un moment oü les populations de langues cel-tique et germanique avaient une même civilisation : Ie slave etnbsp;Ie baltique ont, sans doute pour une raison analogue, un mot anbsp;peu pres identique : v. sl. ^elëxp, Ut. gele^ls, v. pruss. gelso (Ienbsp;rapprochement avec gr. -/aX-zó; « bronze » est en l’air). Le carac-tère récent des noms du « fer » concorde avec ce que fait attendrenbsp;1’archéologie.

E. Parties du corps.

Plusieurs des noms de parties du corps sont de ceux qui présentent des variations de suffixes a I’interieur de la flexion,nbsp;ce qui entraine des alternances vocaliques de la présuffixale;nbsp;on a vu ci-dessus, p. 272 et suiv., les noms du « genou », denbsp;1’ « oreille », du « foie », du « sang » .

Tl y a parmi ces noms un grand nombre de themes a suffixe zéro. Le nom du « pied » a été signalé p. 217, et celui dunbsp;« coeur » p. 218 (cf. p. i4i); mais souvent ces themes asuffixenbsp;zéro ont été élargis au moyen de divers suffixes secondaires ;nbsp;ainsi Pon a skr. hfdayam, zd ^^srs^aéni a cóté de skr. hfd-,nbsp;gath. '^drdd-, persan dil « coeur » ; -/.apBia, hom. v.paS’Yi et v.irl.nbsp;cride a cóté de y.-7jp et de lat. ror(nom. acc. plur. cordd), v. pruss.nbsp;seyr, slran ; ht. sirdïs, v. sl. srüdt-ce, arm. sirt (instrumentalnbsp;srti-iv) ont généralisé Pclarglssement par le suffixe *-ei- que presente le nom.-acc. skr. hamp;rdi du tlième hrd-; le germanique anbsp;¦généralisé un suffixenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ainsi got. hairto (gén. hairtins). Le

procédé général d’élargissement dont le principe a été signalé ci-dessus p. 219 a eu pour consequence que les noms des parties du corps différent beaucoup d’une langue a 1’autre la même oü 1®nbsp;nom est au fond identique ; en voici quelques exemples :

hom. ocfZc « yeux » (nom.-acc. duel neutre) et tlux (acc-masc. sing.), v. sl. oa (nom. acc. duel)—lit. aki « yeux »gt; arm. acik « yeux » ; ce nom est le thème a suffixe zéro d’ui'®

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PARTIES DU CORPS 365

racine attestée aussi par des formes verbales : gr. ojrwua, skr. ihate « il regarde ». Sur le duel lit. aki, on a fait par analogie un singulier ak7S. Un élargissement par *-es- fournit le singulier slave ; oio (gén. ocese) « ceil », et le duel skr. dks-i — 'idnbsp;as-i; un élargissement de ce theme par *-ei- au nominatif-accu-satif singulier, par *-en- aux autres cas, fournit les autres formesnbsp;sanskrites ; dkfi, gén. ak?iidh ; le latin a oc-ulus, le,; beotiennbsp;oy.TakXoi;, le tokharien B egane. — Un dérivé de composé avecnbsp;forme thématique ou suffixe *-a- se trouve dans : skr. dntkani,nbsp;gr. t'KOTi-q (et svwxta), v. irl. enech^ gall, enep « face » et dans skr.nbsp;prdtikam, gr. Tcpótjwitov (même sens).

zd us-i (nom.-acc. duel neutre) « oreille », v. si. us-i= lit. ausl (sur lequel a été fait le singulier ausis; le lat. auris a éténbsp;sans doute obtenu par un procédé analogue) : élargissement ennbsp;*-£5-dans gr. ouc, v. si. uxo (gén. usese), v. irl. au, ö (gén. aue) ;nbsp;élargissement en *-en- dans got. auso (gén. ausins) et bom.

O'jxTOi;.

lat. ÓS (gén. öris'), irl. d « bouche », skr. asdh = zd dfihö « de la boucbe » (gén. sing.) ; élargissement en *-««- dans skr. asndhnbsp;(génit.), par *-iyo- dans le nominatif skr. as{t)yam. — Le gr. wanbsp;« bord (d’un vetement) » lat. = Ora « bord (de 1’eau) » est unnbsp;dérivé en *-a-; le lit. ustas usta « bouche (d’un cours d’eau) »nbsp;est un dérivé en *-ta-.

hom. %xp « tète » ; la forme a élargissement *-es- est trés répandue et regoit elle-même des élarglssements; on a ainsi: skr.nbsp;(irah (gén. gir-s-n-dh), zd sarö, lat. cerebrum (*kier3-s-ro-m), att.nbsp;dor. xapavovnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr. -zopcY) « tempe » (^kiOrd-s-a),

h. a. hüni (*kier3-s-n-iyo-m).

skr. bhrüh (gén. bhruvdh) « sourcil », v. sl. brüvl (de acc. bhruw-i^yy. angh brü ; ou avec une voyelle initiale : gr. oppOgnbsp;(gén. c®pij[/'|o?), serbe bbrva (passé aux themes slaves en -a-^;

a un dérivé en *-d-, avec vocalisme radical è dans v. h. a. ^^awa, eelt. brlva- « pont », et un dérivé en *-et- dans zd brvat-,nbsp;'tl. hrüad (gén. duel), irl. abrait (nom. plur.).

skr. nasd = zd nadha (nom.-acc. duel) « nez » (gén. duel skr. 'tasdb), V. perse naharn (acc. sing,), lat. naris, lit. nósis (passé

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366 VOCABULAIRE

aux themes en v. h. a. nasa, v. angl. nosu; forme théma-tique dans v. si. nosu, v. lat. namp;ssus (forme expressive k s gémi-née). — Le vocalisme radical n’est pas clair.

skr. damp;ntam (acc. sing.), datdh (gén. sing.) « dent », lat. dens dentum (gén. plur. chez Varron), lit. dantu (gén. plur.) dantisnbsp;(passé aux themes en *-«-), got. tunfu, tunfuns (acc. sing, etnbsp;plur., (^ofi nom. sg. tunfus). v. h. a. :(and, v. irl. dèf, le grec anbsp;une forme a voyelle initiale : oSou? (oBóvioc).

zd ast- « os »; avec élargissements *-ei- et *-en- : skr. dsthi (nom.-acc.),nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(gén.) ; élargissement : lat. os(ossisde

*osth-s-es); élargissement *-eu-: arm. oskr (de*osth-w-er ?), cf. lat. ossua] élargissement *-eyo- : gr. iaxéov.

gr. ov’j; (ovu5(0(;) « ongle » ; lat. unguis] v. irl. ingen] v.h. a. nagal; lit. nagas; v. si. nogüft; skr. nakhah et nakhdm (v. p. i4o) ;nbsp;aucune forme n’en recouvre exactement une autre.

. II peut arriver que le thème k suffixe zéro ne soit pas directe-raent attesté et qu’on en possède seulement des dérivés ; ainsi le thème*S/- dans; skr. dratnih « coude » et « aune », zd ar^^na-« coude » frdrMnis « aune », v. pruss. woltis « avant-bras »nbsp;et ivoaltis « aune » — gr. wkévv), lat. ulna (avec syncope d’unenbsp;voyelle breve entre I et w), v. irl. uile (gén. uilen'), gall, elin,nbsp;got. aleina, v. h». a. elina —lit. alkünè.« coude », ulektis « aunenbsp;V. si. lakütif gr. df'Xa^ « avant-bras » (glose) et oXéxpavov,nbsp;i’oXëxpavov « coude », lat. lacertus. — Un autre exemple seraitnbsp;fourni par: gr. /opS^ « intestin » (de *gihoro-da, avec suffixenbsp;secondaire *-da-), lit. ^drna « intestin )),v. isl. gprn (plur. gar-nar), alb. :^orz] lat. haru-{spex) ] skr. bird « veine ».

Quelques noms ont un air de ressemblance, iBais différent trop pour qu’on puisse poser un original commun. Les noms de la « langue » ont en commun un élément intérieurnbsp;*-gihwa- *-gihü- : skr. jihvA] lat. dingua, lingua] got. tuggo^nbsp;V. irl. tenge] v. si. jespykü, v. pruss. insuwis ; zd higvd- et higd'jnbsp;lit. lë^üvis arm. legu (ces deux derniers influencés par *leigJ^'nbsp;a lécher »). Le nom de la « rate » est : skr. pUha, lat. li^^gt;nbsp;zd spwga, V. si. slëgena, irl. selg, lit. blugnts, arm. phaycal^’nbsp;gr. cs'k'kfyt (cf. cTzkaygyai).

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PARTIES DU CORPS 367

Certaines parties du corps ont des noms divers suivant les dialectes : ainsi pour la « main », I’indo-iranien a un mot skr.nbsp;hdstah, zd :{astó, v. perse dasta, qui rappelle de loin lit. pa-fastisnbsp;« aisselle » (ce qui est sous le bras) et gr. ayoaTÓ; a plat de lanbsp;main » ; en baltique et en slave, le terme est emprunté a unenbsp;racine signifiant « prendre » (lit. renM « je ramasse »): v. si.nbsp;rpka, lit. rankd ; la racine *giher- de skr. hdrati « il prend », lit.nbsp;{eriii « je rassemble », a de même fourni gr. ytlpi arm. (nom.nbsp;plur. jefkh, gén. plur. jefag), alb. don, lat. {h)ir ; un themenbsp;*m°n-, *mn- se trouve, avec divers elargissements, dans lat.nbsp;manus, ombr. manuve (locat.), osq. manins, v. b. a. munt; lanbsp;plupart des noms de la « main » sont féminins tandis que celui dunbsp;« pied » est masculin.

II y a des themes dissyllabiques, de forme normale, bien con-servés dans plusieurs langues, ainsi :

skr. ctmsah « épaule », arm. us, gr. wjaos, ombr. onse (locatif), lat. (h')umerus ; on notera la difference entre I’a Sanskrit et 1’wnbsp;grec, et aussi la forme trisyllabique du latin.

skr. gróiiih = zd sraoniS « hanche », lit. slaunis, v. isl. hlaunr, lat. clünis, gall, dun (le gr. y.Xóvti; diverge).

gr. T:£o;=:skr. pasalp; lat. penis de *'pesnis, m. h. a. visel. gr. %x\6i\nq, lat. palma, v. irl. Idm a main », v. angl. /olmnbsp;« paume de la main », v. h. a. folma; et en indo-iranien, avecnbsp;des suffixes en -n- : skr. panih « main », zd pwna- « creux dénbsp;la main » ; le même suffixe se retrouve dans le mot propre aunbsp;lialtique et au slave: v. si. dlani (v. russ. dolont, pol. dton'') etlit.nbsp;^élna « paume de la main ». Les formes sont, en notable partie,nbsp;irréductibles k un original commun.

skr. kdkfah = 2d kasö « aisselle » ; lat. coxa « hanche » =v. irl. coss « pied », v. h. a. hahsa « articulation du genou (chez lenbsp;^heval) », m. h. a. hehse; le mot a dff designer en général unenbsp;Articulation.

gr. oppo? « derrière », v. h. a. ars, arm. or.

Nonibre de mots sont limités a trois langues contigues, ou a 'löux langues seulement, ainsi ; got. mun^s « bouche », gall.

« machoire », lat. nwntum — gr. jToiza, idstamawm (acc.

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368 VOCABULAIRE

sing.) « bouche » — arm. heran « Louche », lit. hurnci — skr. ófthah « lèvre », zd ao^a et aostra « lèvres », v. sl. usta (nom.-accus. plur. neutre) «bouche » etustïna « lèvre «,v. pruss. austanbsp;et austin « bouche » — lat. labium, v. angl. lippa « lèvre » — etc.

F. Adjectifs.

II y a d’assez nombreux adjectifs dont Ie caractère indo-euro-péen est sur ; la plupart indiquent des notions trés générales, telles que « neuf » ou « ancien », «jeune » ou « vieux », et n’enseignentnbsp;rien sur la civilisation.

On remarquera des noms de couleurs assez précis :

« rouge » : lat. ruber, gr. èpuöps;, v. sl. rüdrü (ridru), skr. rudhirdh, tokh. B ratrem ; et lit. raüdas, serbe rüd, got. rau^s,nbsp;irl. rüad, lat. dial, rüfus, röbus.

« jaune » et « vert » ; les formes sont assez embrouillées paree que I’on ne peut faire Ie départ des initiales *g^h et *g'^h qui senbsp;sont emmêlées; on notera par exemple skr. hdrih, hdritahnbsp;«jaune », zd :(airitO « jaune », v. sl. :(elenü et lit. galias « vert »?nbsp;V. sl. \lUü et lit. geïtas « jaune », v. h. a. gelo « jaune », lat.nbsp;flams et fuluos. Au groupe se rattachent Ie nom de la « verdure »;nbsp;V. sl. s^etije, lat. (h)olus, gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;etc. et celui de la « bile » ¦

gr. ^óXoc, V. h. A.galla, v. sl. xlicï,A'\ine part, et lat. v. sl-^lïct, de l’autre. Les mots appartenant è ce groupe sont nombreux et multiformes-

« gris, p^le » : skr. palitdh « gris » (fém. pdliknï), persan pH' « gris » (v. iranien *parya-), gr. xsXtic, r.oXiiq, arm. al0nbsp;« vagues » et « cheveux blancs », lat. palleö. Onaun même suf'nbsp;fixe *-welo- dans v. sl. plavü « blanc », lit. palvas « jaune pale gt;hnbsp;V. h. a. falo « pale » ; ce suffixe, qu’on a déja vu dans lat. fulMS,nbsp;flauos et dans v. h. a. gelo, est fréquent dans les adjectifs q*^‘nbsp;désignent des couleurs ; cf. par exemple skr. gyavcih « sombrenbsp;V. sl. sivü « gris »

Les adjectifs désignant des infirmités ont en général une faibl^ extension, et la forme qu’ils présentent est souvent d’un typ®nbsp;aberrant en indo-européen. Ainsi l’adjectif lat. caecus « aveugle’^’nbsp;Y. irl. caech et got. haihs «borgne » a un a dans 1’élément radic^*

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NOMS DE NOMBRE nbsp;nbsp;nbsp;SGq

et ne se trouve pas en dehors des trois langues occidentales indi-quées ; Ie sens ne concorde même pas exactement dans les trois langues.

II y a un adjectlf « grand », de forme archaïque, avec sa flexion véd. acc. sg. mahü-m. (v. p. i4i), nom. ace. sg. n. mhhi,nbsp;gén.-abl. sg. mah-ah{d. gdthique; gr. ixéyx-;, pisya-v,

V. isk migk; arm. mee (instr. sg. meca-w) ; cette flexion d’un thème *mega-, *meg3-, meg- (devant voyelle) a du ètre remplacéenbsp;en tout OU en partie par des dérivés, parmi lesquels on remarquenbsp;got. mikils et les formes telles que g.s.'fi'eoi qui complètent ennbsp;grec la flexion de pAyai;. Le latin a Ie dérivé magnus.

II n’y a pas, pour « petit », un motaussi archaïque; skr. alpah « petit » rappelle lit. alpti « s’alfaiblir »; mais ce n’est pas unnbsp;vieux mot signifiant « petit » comme jxlya?, etc. signifie « grand » ;nbsp;le mot n’était pas de la langue noble ; il ne se trouve pas dansnbsp;le Rgveda, et 1’ l qu’il présente montre qu’il n’appartenait pasnbsp;aux parlers du Nord-Ouest de l’Inde, qui n’avaient pas conserve lanbsp;distinction de r et de /.

G. Noms de nombre.

Le système de numeration normal de l’indo-européen est decimal; il y a d’abord dix noms distincts les uns des autres pour les dix premiers nombres; on compte ensuite par dizaines, etc.,nbsp;en remplissant les intervalles par les unités comme dans fr. dix-^ept, vingt-huit, etc.; enfin il y a un nom pour « cent ». — Lesnbsp;ordinaux sont dérivés des cardinaux par addition de suffixesnbsp;eecondaires, avec certaines variations vocaliques (vqir p. 288).

Les noms des unités forment trois groupes ; a. « Un » ;

L’adjectif indo-européen *sem- est conservé par gr. h, ®vec le féminin ; tokh. B ^eme ; arm. m/(sans doute fait sur lenbsp;leminin), et figure ailleurs dans les composés tels que skr. sa-^ft « une fois », lat. sim-plex, cf. gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a-zXóolt;;, etc. II est

invent remplacé par un dérivé d’un mot *oi-^ qui, comme on le ''^oit par hom.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;originairement « seul » ; v. perse

A.. Meillet. nbsp;nbsp;nbsp;a 4

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VOCABULAIRE

aiva,zd aèvö, oulat. ünus(damp;oinos), v. irl. óen, got. ains,y. pruss. aman (ace.), gr. oïvï)(nom del’ « as » au jeu de dés). —L’ordinalnbsp;estun derive de Ia racine de gr. rdp'., r^ipee, Tcpc, etc., c’est-a-direnbsp;un mot signifiant « ce qui est avant » : skr. pürv(i')yah, v. si.nbsp;vyji, tokh. h parwe «d’abord»? — gr. irptotc; — Mt. pinnas — lat.nbsp;primus — skr. prathamdh — etc. — i’our « premier », par rapport a un autre objet seulement, c’est un derive en *-tero-, *-tro-qui est en usage ; gr. Trpi-cp;;, zd fratarö « prior », et, avec unnbsp;vocalisme sans doute plus conforme au type indo-européen,nbsp;V. h. a fordaro.

b. « Deux », « trois » et « quatre » :

Ces trois noms sont fléchis, d’après Ie témoignage de l’indo-iranien, de 1’arménien, du baltique, du slave, du celtique et du grec. Ils ont des formes particulières pour chacun des genres, etnbsp;ont par suite Ie caractère d’adjectifs.

Deux ; masc. véd. d(ii)va, d(u)vdu, zd d{u)va, v. sl. düva, hom. Suw (gr. oüj), arm. erbu, lat. duo, v. irl. dau, dd] fémininnbsp;skr. d(u)vé, zd duyè, v. sl. d(t)vé, lit. dvt, laf. duae, v. irl. di',nbsp;neutre skr. d(u)vé, v. sl. d(i)vé. La forme employée en composition est *dwi- (avec *w, et non ^'uw) : skr. dvi-pat, gr. Si-uiu?)nbsp;lat. bi-pês, V. angl. twi-féte, cf. lit. dvi-kójis « a deux pieds »,nbsp;arm erkeam « de deux ans » (p‘e: ki-am). « Deux fois » se dit skr.nbsp;dvth, zd bis (avec b- de *dw-, comme en latin), gr. otc, lat. bis.nbsp;— II y a de plus un mot signifiant « les deux » qui est fléchinbsp;comme *duwö(u); l’initiale varie suivant les langues : skr. ubhdu,nbsp;ubhé, gath. fém, ubê', v. sl. oba, obé, lit. abü, abl; gr. aiioiw, lat-ambo, tokh. A anipi; got. bai. — La forme collective est ; skr.nbsp;dvaya-, ubhaya-, gr. Soioï (de *dwoiyos, done avec y géminé),nbsp;sl. düvoji, oboji, lit. dveji, abejl, et lat. bint (cf. lit. dvynü «nbsp;meaux »), v. isl. tuennr, got. tweihnai. — Pour l’ordinal, onnbsp;recourt a la forme du mot « aulre » a suffixe *-tero-, *-tro- ¦nbsp;an^ar, lit. ahtras, v. sl vütorü (v. p. 233), ou lat. alter, on?nbsp;secondairement, a un derive du cardinal; skr. dvitiyah « secondnbsp;zd bit(t)yO, ou a d’autres mots.

Trois : masc. skr. trdyah, gr. -cpeT;, v. sl. trïje, arm- erekh)

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NOMS DE NOMBRE nbsp;nbsp;nbsp;3^ I

lat. trés, got. (accus.) frins, v. Irl. tri, tokh. A tri, B traiy, etc.; neutre véd. tri, v. sl. tri, gr. xpia, lat. tria] Ie féminin anciennbsp;n’est conserve qu’en indo-iranien et en celtique : skr. tisrdh, zdnbsp;iisarö, v. irl. teoir, m. gall. teir. La forme collective est; skr.nbsp;trayd-, v. sl. troji, Yii. treji et lat. trïnl, ternï, v. '\i\. frennr. —nbsp;« Trois fois » se dit : skr. trih, lA^ris, gr. xpis;. — ïA ^rit(t)yd,nbsp;gr. Tp'xoc, tokh. A trit, B triU, arm. erir présentent Vi dunbsp;Cardinal; mais il y a aussi des ordinaux oü manque eet i ;nbsp;skr. trtiyah, v. pruss. tirtis, avec *ti~, et Ut. trêcias, v. sl.nbsp;tretijl avec^tre-; les formes des autres langues sont plus ou moinsnbsp;ambiguës.

Quatre : masc. skr. catvürah, accus. catürah ; dor. xirspe;, att. -¦y-.xoLotc, béot. TrsTTap;^; v. sl. cctyre. \ arm. corkh; v. irl. cethir,nbsp;gaï\. pedwar ; lat. quattuor (devenu invariable ; pour a, v. p. 74) ;nbsp;tem. skr. cdtasrah, id catanrc,\. ivX. cetheora, gaW. pedairtokh.nbsp;A (twar, B (twar, ftwer. La forme collective est; skr. catvardmnbsp;« place quadrangulaire », v. sl. Mvori, Ut. hetveri, et lat. qua-ternl. — « Quatre fois » se dit skr. catiih, zd cMrus, lat. quater.nbsp;— L’ordinal a des formes assez divergentes ; Ie vocalisme zéronbsp;était anciennement celui de la première syllabe (v. p. 288) : skr.nbsp;turiyah, zd tüiryö (cf. zd a-xtüirlm « pour la quatrième fois »),nbsp;gr. xapTO' dans x%^xr^-\i.óoK'^ « quart », lat. de Préneste Quart anbsp;(lat. quartus d’après quattuor^ ; l’e a été rétabli presque partout:nbsp;skr. caturthdh, gr. xéxapTo;, v. sl. cetvriUü, Ut. ketviftas.

c. De « cinq » a « dix » :

De « cinq », qui représente Ie nombre des doigts d’unemain, a « dix », qui représente Ie nombre des doigts des deux mains,nbsp;d y a une nouvelle série de mots, non déclinés (ce qui rappellenbsp;les premiers termes de composés) et dépourvus de genre; l’ordinal est en *-e/o- ou en *-thelo- :

5 : skr. pdnea, arm. hing (cf. hnge-tasan « i5 »), gr. %hgt;x^, lat. quïnque, v. irl. cöic, got. fimf, tokh. A panel, B pis, pig. —¦nbsp;Ordinal ; gr. itsiAUTo?, lat. quïntus, v. h. a. fimfto. Ut. penktas,nbsp;sl. petü, tokh. A pant, B pifikce; Ie vocalisme zéro de v. h. a.nbsp;hnfto (chez Notker) représente l’état indo-européen, troublé ail-

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372 VOCABULAIRE

leurs par l’influence du cardinal (cf. ci-dessus p. 871 Ia forme de « quatrième »).

6 nbsp;nbsp;nbsp;: skr. sdt, zd xsvas, arm. vee, gr. (1^, lat. sex, v. sax.nbsp;sehs, V. irl. së, gall, chwech, tokh. A. sok. — Ordinal : skr.nbsp;sasihah, gr. sxxo?, lat. sextus, v. h. a. sehto, lit. sèstas, v. pruss.nbsp;uschts (avec un vocalisme présulExal zéro ancien), v. sl. sestü. —nbsp;Sur 1’initiale, *sw-, *s-, *w-, v. p. i/io.

7 nbsp;nbsp;nbsp;: véd. sapid, arm. ewlhn, gr. kxsd, lat. septem, v. irl. sechtn-,nbsp;tokh. A spat. — Ordinal : skr. saptamdh, lat. septimus. Ut. sekmasnbsp;et avec sonore, v. sl. sedmü, gr. ïSoc\gt;.oq.

8 nbsp;nbsp;nbsp;: véd. astd,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(avec issu denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arm. uih, gr. oy.xo),'

lat. octö, got. ahtau, v. irl. ocht n-, tokh. A okat, B okt. — Ordinal : gr. lySoo?, lat. octauos (les autres formes sont analo-giques).

9 nbsp;nbsp;nbsp;; skr, nava^ arm. inn^ gr,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lat. nouem, got. niurif

V. irl. nöi n-, tokh. A et B hil. — Ordinal: lat. nönus, skr. nava-mdh (avec -m- analogique) et gr. *£v/'axj(; (hom. shxxoc, att. ?va-xo;), got. niunda, v. pruss. neivints.

10 nbsp;nbsp;nbsp;: skr. ddfa, arm. tasn, gr. Sfxa, lat. decent, got. taihun, v.nbsp;irl. deich n-- — Ordinal : skr. dafamdh, lat. decimus, et gr. Siy.a-¦zzq, got. taihunda, lit. desimtas, v. sl. desetü.

Ces six noms sont remplacés en slave par des abstraits : les cinq premiers sont en -i- (themes féminins en -i-) : petï « groupenbsp;de cinq » (cf. skr. panktlh « groupe de cinq »), sesti « Ie groupenbsp;de six », etc. ; pour dix, c’est un thème masculin en -t- ¦nbsp;deset- (nomin. plur. desete). Le thème en -t-de « dix » seretrouvenbsp;en baltique, a la difference des cas precedents : lit. desinit-, cf-le thème grec en -d- : 5eza$- (nom. osy.aj).

De « dix » a « vingt », on a dans la plupart des langues deS juxtaposes de chacune des unites et de « dix » : gr. Ivcrza, Sw'

Les dizaines.

Les dizaines sont exprimées par des derives du mot « dix gt;’ precedes du nom de chacune des unites ; ces derives, qui solgt;lnbsp;de genre neutre, ont le sufTixe *-t- (cf. Ut. desinit-, etc.) d

¦i

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MOMS DE NOMBRE 373

forme a vocalisme zéro de la première syllabe ; de la provient une forme a initiale compliquée ^dk^nit-, *dkiOmt-, qui s’est rc-duite a *kitnt-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; par suite de cette reduction la combinai-

son a cessé d’etre comprise. En gernianique., en baltique et en slave, une forme complete du nom de la « dizaine », de genrenbsp;masculin, a été rétablie : « trente » est v. sl. tri deseti « troisnbsp;dizaines » (mais cf. cetyre desete « quatre dizaines »), lit. trysnbsp;dèsinitys, got. ^rins tiguns (accus.), v. h. a. drïxgug. En armé-nien, en grec et en latin, l’initiale réduite a subsisté, mais lanbsp;forme de norninatif-accusatif neulre a été généralisée, et, sousnbsp;1’influence du caractère non fléchi des noms de nombre précé-dents, sert pour tous les cas : « vingt » est done un anciennbsp;norninatif-accusatif duel : arm. khsan (de *gisan), dor. béot. Fi-z.a-i, lat. mgintl, bret. ngent, zd vlsaiti, lokh. 15 ikam (cf. p. abgnbsp;et 271); les dizaines suivantes sont des nonnnatifs-accusatifsnbsp;pluriels (c’est-a-dire des collectifs, v. p. ;!53) ; ainsi « 3o » :nbsp;arm. eresun, gr. Tpia/.ov:a, lat. trigintd, bret. fregont (cf. p. 267nbsp;et p. 271). L’indo iranien et 1’irlandais emploient des formesnbsp;dérivées, fléchies au singulier ; ainsi pour 3o ; v. irl. tri- chanbsp;(suivi du génitif), zd (irisat- (nom. Orisas), skr. triingdi-. Nullenbsp;part une flexion casuelle du duel *wï-ki^iti « 20 » ou du plurielnbsp;*trï-kièmi3 « 3o », etc, n’apparait a l’époque hlstoriqiie.

Dans i.-e. *ïvï-kimtï « 20 », *wi est unc forme signifiant « deux », qui n’est pas attgstée ailleurs ; peut-être résulte-t-ellenbsp;de *dw]- par dissimilation. On notera la longue de i.-e. *penk''^ê-dans ; skr. pahed-gat- « 00 », zdpaned-sat-, gr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arm.

yisun (de *}jingisun) « 5o ».

Les dizaines a partir de 60 sont exprimées en indo-iranien par des abstraits, ainsi skr. gagtih (ïdentiq\ie, pour la forme, a v.nbsp;sl. sestl « groupe de six »), zd xsvastii' « 60 », skr. navatih, zdnbsp;navaiiis « 90 ». En grec, a partir de 70, les noms de dizaines

Ie latin a de

¦ ¦ ¦¦ 7

nöndgintd (et Septuaginta?'). A 70 commence en germa-^ique un type particulier ; got. sibuntehund « 70 m, ahtautehimd quot; 80 », niuntehund « go », v. sax. antsibunta « 70 », antahtödanbsp;* 80 », nigonda « go ». Dans les anciens dialectes germaniques,

^ont tirés des ordinaux : kSStij.'qv.c'r.x, o'pz-qvx-nx.;

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374 VOCABULAIRE

Ie représentant du mot indo-européen signifiant « cent » a pris la valeur de 120, si bien que 100 est note par des precisionsnbsp;spéciales indiquant qu’il s’agit du 100 decimal. Gomme desnbsp;traces plus nettes encore de système vigesimal se retrouvent dansnbsp;Ie domaine celtique, on est amené a se demander si ceci n’est pasnbsp;du a une survivance d’un usage pré-indo-européen.

« Cent » est exprimé par un derive de *dékitii, de genre neutre, a suffixe régulièrement fléchi : *{d')kirp.tó- : skr. fatdni, zdnbsp;saPm, V. sl. süto(y. p. 90, 91), lit. simias (passé au masculin parnbsp;suite de la disparition du neutre en lituanien) ; Ie lat. centum estnbsp;1’ancien nominatif-accusatif singulier devenu forme invariable,nbsp;comme uigintï, trlginta, etc. ; de même gr. £-/.xtïv (littéralementnbsp;« une centaine »), got. hund, gall, cant, tokh. A hant, B kante.

Pour « mille » il n’y a pas de nom de nombre indo-européen proprement dit : Ie rapport de skr. sahdsram, zd ha^annm et denbsp;dor.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lesb. yi'kkio'., att. yfAici n’est pas clair ; celui de got.

^usundi, V. h. a. düsunt et de v. sl. tyspsta, v. pruss. tüsimtons, lit. tükstantis est plus obscur encore. Le skr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parait être

appareftté'A nbsp;nbsp;nbsp;flt; force », tout comme got. ipusundi, etc. Ie

sont a skr. tavah « fort », lit. tiUas « plus d’un, maint », v. sl. tüma « foule, myriade », etc. ; en tokharien, le nom pour « mille,nbsp;A waits, B yaltse est manifestement apparenté a des mots quinbsp;signifient « grand » et qui sont de la familie de v. sl. vetijinbsp;« grand » ; done « mille » est le « grand nombre ».

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GHAPITRE IX

SUR LE DÉVELOPPEMENÏ DES DIALECTES INDO-EUROPÉENS

Les diverses langues du groupe indo-européen reposent sur un idiome défini dont on vient de voir les principales caractéristiques.nbsp;Une langue aussi une que celle qui est supposée par les concordances observées entre les langues attestées suppose qu’il a existé,nbsp;durant une période de temps étendue, une nation qui présentait unenbsp;unité. Des nations diverses peuvent conserver une même langue;nbsp;maïs il faut pour créer une unité linguistique une nation quinbsp;sente son unité. Rien n’autorise a parler d’une « race indo-euro-péenne », mais il y a eu nécessairement — on ne sait ni en quelnbsp;lieu ni en quel temps exactement — une « nation indo-euro-péenne ».

Cette nation était assez étendue pour comporter des differences dialectales sensibles dès la période d’unité; l’unité n’en étaitnbsp;done pas rigoureuse.

Et en effet, si 1’on juge de l’état politique du monde indo-européen commun par l’état des populations indienne, ira-nienne, hellénique, italique, celtique, germanique, baltique on slave, au début de leur période historique, on doit adraettrenbsp;que les populations dont 1’indo-européen commun était l’idiome,nbsp;tont en sentant fortement leur unité, tout en étant capables de senbsp;fédérer et d’agir ensemble a l’occasion, ne formaient pas unnbsp;groupe politique un, n’admettaient pas un ebef unique, et nenbsp;comportaient aucune unité politique permanente. C’est l’auto-nomie des cites grecques et non l’unité de Feinpire achéménide

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876 DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

qui donne une Idéé de la situation politique du monde indo-européen ancien.

Mais 1’autonomie des cites grecques n’empêche pas 1’unité de 1’hellénisme ; l’unité hellénique n’a été a aucun moment unenbsp;unite politique; c’est une unite de civilisation. II en est de mêmenbsp;de l’ancienne unite indo-européenne. Les populations de languenbsp;indo-européenne étaient sans doute conduites par une aristocratie qui avait un grand sens politique, et qui a été capablenbsp;d’imposer peu a peu a presque toute 1’Europe et a une largenbsp;part de l’Asie sa langue avec son organisation sociale a la foisnbsp;ferme et souple.

Les accroissements successifs du domaine occupé par les langues indo-européennes n’ont pas permis a l’unité de la nation,nbsp;et par suite a celle de la langue, de se maintenir. II s’est alorsnbsp;constitué de nouvelles langues communes : l’indo-iranien, Ienbsp;grec, Ie slave, Ie baltique, Ie germanique, l’italo-celtique, etc.nbsp;Chacune de ces langues communes suppose, a son tour, l’existencenbsp;d’une nation qui, comme la « nation indo-européenne », a eunbsp;durant un certain temps Ie sentiment de son unité. II y a donenbsp;eu des nations : indo-iranienne, grecque, germanique, italo-celtique, etc. Chacune de ces nations, après s’ètre donné unenbsp;langue commune qui était une forme nouvelle prise par 1’indo-européen, s’est brisée a son tour en plusieurs nations distinctes,nbsp;et celles-ci a leur tour encore ont eu des langues nationales,nbsp;formes nouvelles prises par l’indo-iranien, Ie grec, Ie germa-nique, l’italo-celtique, etc.

La linguistique ne permet de rien préciser sur Ie degré d’unité des nations successives qu’elle conduit ainsi a supposer; mais ellenbsp;oblige a reconnaitre que cette unité a été assez puissante pournbsp;determiner dans chacune la generalisation d’un parler commun-Or, partout oü l’on observe ainsi l’extension d’une langue commune, il y a eu une unité de civilisation, comme celle du mondenbsp;hellénique ou du monde arabe.

La grammaire comparée des langues indo-européennes fait done entrevoir l’existence de nations défmies ; la nation « indo-européenne » d’abord, puis les nations « indo-iranienne »gt;

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ISOGLOSSES 377

« grecque. », « germanique », etc. qui sont k la base des diverses langues communes, et ainsi de suite.

Le nombre des nations qu’indiquent les langues indo-euro-péennes actuellement connues n’enseigne rien sur le nombre des nations qui ont pu exister en réalité. La conquete celtiqu'e s’estnbsp;etendue sur une partie importante de I’Europe occidentale et anbsp;poussé jusqu’en Asie-Mineure ; or, le gaulois est depuis long-temps sort! d’usage, et c’est a peine si Ton en a quelques restesnbsp;médiocres. Telle nation a pu perdre son autonomie après unenbsp;période de prospérité et sa langue disparaitre sans laisser denbsp;traces. Avant les récentes découvertes faltes en Asie centrale,nbsp;personne ne soupQonnait l’existence de la langue autonome, etnbsp;par suite de la nation, dont les textes dits « tokbariens » ontnbsp;révélé l’existence. Et, d’autre part, rien ne prouve qu’avant lesnbsp;nations dont les langues conservées établissent l’existence, il n’ynbsp;ait pas eu sur une partie au moins des domaines de langue indo-européennc une ou plusieurs nations, de langue également indo-européenne, dont 1’idiome aura été remplacé par celui de con-quérants nouveaux. On voit, a date bis tori que, le latin se substi-tuer a 1’osco-ombrien, au grec, au messapien, au gaulois, aunbsp;vénète, etc., dans la plus grande partie de l’Italie, ou le doriennbsp;remplacer des parlers de type ionien ou arcado-cypriote dans lenbsp;Péloponnèse, en Grète et dans les Cyclades du Sud, puis la y.ovtt,nbsp;ionienne-attique remplacer a son tour le dorien. Des faits de cenbsp;genre ont eu lieu a toutes les époques. Les nations de languenbsp;indo-européenne dont la grammaire comparée permet d’entre-voir l’existence ne sonl assurément qu’une partie de celles qui senbsp;Sont constituées.

Les systernes de correspondances dont l’ensemble constitue ' indo-européen ne présentent pas toujours un traitcment quinbsp;®'oit exclusivement propre a cbacune des langues attestées ; dansnbsp;grand nombre de cas, une série de langues offrent des traite-

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378 DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

ments concordants qui s’opposent a ceux des autres langues; et, comme ces traitements apparaissent en général dans desnbsp;langues qui a l’époque historique sont contiguës ou disposées denbsp;telle sorte que les dialectes d’oü elles sont issues aient eu chancenbsp;d’etre .contigus avant la dispersion, on est amené a reporter unenbsp;partie des divergences a l’époque de l’unité indo-européenne.

Et en effet, quand une langue est parlée sur un domaine étendu, il exisle entre les diverses localités des differences dialectales. Onnbsp;constate en général que ces différences se groupent par régionsnbsp;contiguës, et que, par suite, on peut tracer des lignes d’iso-glosses. On a signalé ci-dessus, p. Sa, la ligne d’isoglosse de lanbsp;prononciation e et de la prononciation a de Va la tin accentué ennbsp;Gaule et celle des traitements b ou de lat. p entre élémentsnbsp;sonantiques; chacune des lignes d’isoglosses est indépendante denbsp;toutes les autres (v. p. Sa et suivantes). Les systèmes de cor-respondances entre les langues indo-européennes permettent donenbsp;d’entrevoir l’cxistence de lignes d’isoglosses a l’intérieur denbsp;l’indo-européen.

La plus nette de ces lignes est celle du traitement des guttu-rales, oii 1’on observe deux groupes : l’un celui du type centum (occidental : liellénique, italique, cellique, germanique), l’autrenbsp;Ie groupe du type sat^m (oriental : indo-iranien, slave, baltique,nbsp;arménien, albanais); v. p. 65 et suiv.

Une autre ligne, trés nette aussi, est fournie par Ie traitement de ’’‘‘ö : l’indo-iranien, Ie slave, Ie baltique, 1’albanaiset Ie germani'nbsp;que confondent *a et en un même traitement a (Ie slave o étaiitnbsp;sans doute une altéralion d’un a ancien), tandis que l’arménien,nbsp;Ie grec, l’italique et Ie celtique distinguent d de ö; v. p. 71-

La géminée *-tt- issue de la rencontre de deux éléments mor-pbologiques distincts est représentée par ss en italique, celtiqu® et germanique, par st en grec, baltique, slave, iranien (et tt d®nbsp;*tst en Sanskrit); v. p. loi et suiv.

A l’intérieur du mot, entre consonnes, *3 se maintient efl Sanskrit d’une part, en grec, italique, celtique de l’autre, et aiissinbsp;en tokharien, mais tombe en iranien, slave, baltique, arméniet'nbsp;et germanique; v. p. 73.

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ISOGLOSSES 379

Après u, r et k, la sifflante s tend a devenir chuintante en indo-iranien, en slave, en baltique (et en quelque mesure ennbsp;armenien) ; s subsiste ailleurs; v. p. 68 et suiv.

L’augment existe en indo-iranien, en armenien et en grec ; it est inconnu de toutes les autres langues; v. p. 2o5.

Le slave, le baltique, le germanique ont a certains cas, no-tamment au datif-ablatif pluriel, des cas en -m-, en regard des formes en -bh- des autres langues. Ces desinences en -bh- et ennbsp;~m- n’existent guère que sous une seule forme (différente d’unenbsp;langue a rautre)en grec, italique, celtique et germanique ; elles senbsp;présentent sous des formes diverses suivant les cas et les nombresnbsp;en indo-iranien, en baltique et en slave; v. p. 269 et suiv.

Indépendamment des emprunts propres a des langues conti-gues, comme le nom de la « pomme » cite p. 358, certaines particularités de vocabulaire sont dialectales, ainsi la negationnbsp;prohibitive *mê (p. 3i3) ou les formes du nom de la « neige »,nbsp;athématique dans hom. visa, lat. nix, niuem (et en celtique),nbsp;thematiques dans v. si. smgii, lit. snigas, got. snaiws-

Les exemples de cc genre pourraient être multiplies; ceux qui viennent d’etre cites, et qui sont parmi les plus clairs,nbsp;illustrent a la fois I’existence d’isoglosses a I’interieur de I’indo-europeen, et I’independance de chacune des lignes par rapportnbsp;aux autres : il n’y a pas deux des lignes citees qui coincident denbsp;tout point. L’indo-europeen ne formait done pas une unite par-faite. Les groupements conserves par les langues geographique-rnent les plus voisines repondent a la disposition ancienne ; en cenbsp;qui concerne les langues citées, il y a eu extension, mais nonnbsp;dislocation ; la question de la place du « tokharien » demeurenbsp;réservée. Et les langues indo-europeennes ne representent pas lenbsp;parler d’une localite unique comme les langues romanes, quinbsp;toutes sont la transformation du parlor de la ville de Romenbsp;étendu a sa banlieue, a I’ltalie et a I’empire ; les langues indo-europeennes sont la transformation des parlers déja différenciésnbsp;d’une region ay ant une certaine etendue.

D’autre part, il n’y a pas lieu de croire que I’extension des langues indo-europeennes sur Faire qu’elles occupent ait eu lieu

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38o DÉVELOPPEMENT DES DIALECTES

par suite d’une separation brusque et unique. Certains groupes ont pu se séparer de l’ensemble des populations de langue indo-européenne, et se scinder ensuite en deux groupes distincts. Gesnbsp;périodes de développement commun se traduisent par des parti-cularités de détail plus ou moins nombreuses. Le Sanskrit etnbsp;l’iranien se rcssemblent tellemenl dans le détail qu’on est obligénbsp;de poser une période indo-iraniennc dont la durée a dü être asseznbsp;grande. Quelques détails caractéristiques, comme le génitif dunbsp;type lat. uirl, v. irl. ogamique maqi « du üls » obligenl a posernbsp;une période italo-celtique dont la durée a été sans doute moin-dre, OU bien oü 1’union n’a pas été aussi complete. Dans cesnbsp;deux groupes sont venus se fondre des hommes de régions unnbsp;peu diverses ; et certaines des lignes d’isoglosses indiquéesnbsp;passent entre le Sanskrit et l’iranien, entre le celtique et l’ita-lique. L’existence d’un groupe italo-celtique n’exclut done pasnbsp;absolument rbypotbèsc que )e grec et l’italique représenteraientnbsp;le parler de populations voisines Tune de l’autre lors de l’uniténbsp;indo-curopcenne, ce qui expliquerait certaines ressemblancesnbsp;ciirieuses entre le grec et l’italique.

II

Quand des événements dont on ignore tout ont eu brisé l’unité indo-européenne, et que cbacun des groupes a eu sonnbsp;développement indépendant, des innovations parallèles ont ce-pendant continué d’avoir lieu. Sans doute, le détail des change-ments diffère d’un idiome a l’atitre. Mais les changements senbsp;sont, dans une large mesure, opérés en un raême sens, si biennbsp;que, après de longs siècles d’isolement, les langues de la familDnbsp;indo-européenne se trouvent avoir modilié d’une manière souvent pareille le type de la période d’unité. Les ressemblances denbsp;structure générale qu’on observe entre les langues indo-euro-péennes acluellement parlées proviennent d’innovations parallelednbsp;et indépendanles bien plutót que de la conservation du typ®nbsp;indo-curopéen. Sauf accident, ces ressemblances sont purenient

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PARAILELISME DU DEVEUOPPEMENT 38l

générales et ne vont pas jusqu’i l’identité matérielle des moyens d’expression. Ainsi beaucoup de langues indo-européennes senbsp;sont créé un passé composé d’un partlcipe et d’un auxillaire;nbsp;mais Ie type frangais fai porté n’a rien de commun, que Ie procédé général de l’union d’un terme nominal et d’un auxiliaire,nbsp;avec Ie type polonais nosil-em (même sens).

Les causes de ce parallélisme se laissent en partie délerminer.

Malgré de légères différences attestées par les lignes d’iso-glosses qu’on a signalées, les parlers indo-européens avaient une même structure. En tant que Ie développement procédé de cettenbsp;unité originelle, il doit done être pared dans les diverses langues.nbsp;Et les idiomes qui, comme Ie baltique et Ie slave, sont issus denbsp;parlers indo-européens sensiblement identiques et que ne cou-pait aucune ligne d’isoglosses, sont aussi ceux qui offrent Ie plusnbsp;remarquable parallélisme dans leurs développements ultérieurs.

2quot; Les principes du développement du langage sont partout les mèmes ; partout notamment les changements morpbologiquesnbsp;sont dominés par la tendance a donner k une function uniquenbsp;une marque unique, a caractériser partout d’une même manièrenbsp;Ie singulier ou Ie pluriel, la i™, la 2® et la 3® personnes, etc. IInbsp;y a done partout une tendance a éliminer les formations variéesnbsp;et complexes qui entrainent trop de diversité dans les moyensnbsp;d’expression. Ce principe commande tout Ie développement de lanbsp;morphologie et de la syntaxe.

3® A des dates diverses, les populations de langue indo-euro-péenne ont changé les moyens matériels et Ie degré de leur civilisation. Or, il semble que certains faits linguistiques soient en rapport défini avec un certain niveau de civilisation. Ainsi,nbsp;Ie nombre duel qui subsiste d’une manière assez tenace cheznbsp;les peuples de civilisation peu avancée, ne résisle guère aunbsp;progrès de la civilisation. En grec, par exemple, il disparaitnbsp;des dialectes d’Asie Mineure plus tót que de ceux de la Grècenbsp;continentale ; et seules aujourd’bui en Europe, quelquesnbsp;populations rurales lituaniennes, Slovenes, etc., dont l’état denbsp;civilisation est relativement arriéré, présentent encore Ie duel.nbsp;Le duel a disparu de même en sémitique et en finno-ougrien au

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382 DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

fur et a mesure des progrès de la civilisation. On n’a pu encore constater qu’un petit nombre de faits de ce genre; mais il estnbsp;probable qu’un examen attentif en révèlerait beaucoup d’autres,nbsp;et de trés importants.

4“ Les groupes d’hommes, qui, par conquête ou par colonisation, ont transporté l’indo-européen dans des regions nouvelles ont du, comme il arrive généralement, se composer de membresnbsp;de clans divers, habitant des localités distinctes, et ayant parnbsp;suite des parlers un peu différents. Une pareille situation lin-guistique entraine 1’élimination des menues particularités locales,nbsp;et a pour conséquence des normalisations étendues. La languenbsp;d’un groupe de ce genre realise vite la régularité grammaticale,nbsp;en éliminant dans une large mesure les formes différentes du typenbsp;normal qui ne sont conservées que par la mémoire, a savoir lesnbsp;formes dites « fortes », qui constituent de petites séries, et lesnbsp;formes anomales, qui sont isolées.. La langue d’un peuple migra-leur et conquérant comme celui des Gots présente ainsi Ie maximum d’innovations analogiques, et par suite, en vertu du principenbsp;posé ci-dessus, sous 2°, Ie maximum de régularité grammaticale :nbsp;Ie gotique est, pour ainsi dire, du germanique schématisé, denbsp;même que l’arabe est, en quelque sorte, du sémitique schématisé. Des régularisations analogues, amenant a leur terme lesnbsp;tendances linguistiques de l’indo-européen, ont du avoir lieu dunbsp;fait de la séparation de chacun des groupes qui ont porté l’indo-européen sur presque toute 1’Europe et dans une partie de l’Asie.

5quot; Les régions oü la langue de chacun des groupes de langues indo-européennes s’est imposée n’ont pas nécessairement perdunbsp;pour cela leur population ancienne ; beaucoup d’individus ontnbsp;done changé de langue ; ils ont naturellement eu peine a acquérirnbsp;un usage exact des particularités les plus originales et les plusnbsp;subtiles de l’indo-européen; et, des anciens moyens d’expression,nbsp;on a tendu a ne laisser subsister que ceux qui étaient les plu®nbsp;conformes aux procédés ordinaires du langage. L’extension d’unenbsp;langue a un grand nombre d’individus nouveaux en banalise leSnbsp;formes; les langues dont l’aspect est Ie plus singulier sont celle®nbsp;des plus petits groupes sociaux. Les traits les plus originaux de

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PARALLELISME DU DEVELOPPEMENT 383

1’indo-européen se sont ainsi éliminés progressivement. Par exernple, Ie cas sujet avait en indo-européen une forme propre,nbsp;Ie nominatif, au lieu d’etre, comme dans la plupart des languesnbsp;humaines, la forme même du nom a laquelle s’ajoutent éventuel-lement les caractéristiques des autres cas ; cette particularité tendnbsp;a disparaitre, et, la même oü la flexion nominale s’est largemenlnbsp;maintenue, comme en arménien moderne, la forme du sujet tendnbsp;a devenir la forme fondamentale du mot et, pour ainsi dire, Ienbsp;motlui-même; a ce point de vue, comme a beaucoup d’autres,nbsp;Ie lituanien et la plupart des dialectes slaves gardent un aspectnbsp;curieusement archaïque ; mais presque partout ailleurs Ie nominatif singulier a cessé d’avoir des caractéristiques propres. Dèsnbsp;lors Ie vocatif, qui avait dès l’indo-européen la forme ibndamen-tale du nom et qui se confondait avec Ie thème, cesse d’avoirnbsp;une forme distincte. La singAilarité que constitualenl un nominatif a caractéristiques propres et un vocatif distinct du cas sujetnbsp;disparait done progressivement au cours du développement desnbsp;diverses langues indo-européennes, en grande partie paree quenbsp;ces particularités constituent en morpliologie générale des anomalies.

On ignore pendant combien de temps ces diverses causes ont agi. Mais il a fallu des siècles pour réaliser l’extension des langues indo-européennes sur Ie domaine qu’elles occupent au débutnbsp;de l’époque bistorique, quand elles commencent a être attcstées,nbsp;c’est-a-dire vers Ie vin” siècle avant Jésus-Christ. Quel qu’en aitnbsp;été Ie nombre, ces siècles ont du être pour les langues indo-européennes une période de transformations rapides. Au momentnbsp;oü elles apparaissent, ces langues sont bien distinctes les unesnbsp;des autres, et toutes trés éloignées déja du type indo-européennbsp;eommun. Elles présenten! presque toutes ü des degrés divers lesnbsp;itiêmes altérations. Toutefois les deux langues atlestées a la datenbsp;plus ancienne, Ie grec et l’indo-iranien, n’avaient pas encorenbsp;•¦éalisé tous ces changements a la date oü ont été rédigés les plusnbsp;Anciens textes et n’en présenten! qu’une partie dès leur périodenbsp;Archaïque; c’est ce qui fait que ces langues ont, en grammairenbsp;coinparée, une importance particulière.

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384 DEVELOPPEMENr DES DULECTES

III

A l’égard de la prononciation, on constate trols changements essentiels :

iquot; Les fmales tendent a s’altérer. Les occlusives finales ne sont maintenues qu’en indo-iranien et en italique : skr. dbharat « ilnbsp;portait », zd bar at (même sens), v. lat. fèced « il a fait », maisnbsp;gr. I(psps, V. sl. pade «' il est tombé ». La quantité de la voyellenbsp;de la syllabe finale tend a se réduire, et Ie timbre a s’altérer; Ienbsp;latin par exemple a profondément altéré presque toutes les voyellesnbsp;de syllabes finales : -us répond a gr. -og, -dm a gr. -av, etc. L’ar-ménien ancien ne conserve en général rien de la consonne finalenbsp;du mot et de la voyelle qui précède :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;répond a skr. dbharat,

gr. leeps, et ed « il a posé », a skr. ddhat. Gomme la syllabe finale du mot est celle qui renferrae la désinence caractéristiquenbsp;des formes grammaticales, ces altérations ont eu pour la mor-phologie les plus graves conséquences.

2° Le système des sonantes était ce qu’il y avait dans la pho-nétique indo-européenne de plus original et de plus compliqué. Or, Ie jeu de la triple valeur : vocalique, consonantique et second élément de diphtongue, de chacune des sonantes ne subsistenbsp;nulle part entièrement au début de la période historique. Lesnbsp;diphtongues tendent 4 se simplifier et fournissent des voyellesnbsp;unes; les diphtongues *ei et *eu, *oi et *ou, devenues *ai et *aunbsp;en indo-iranien et conservées sous cette forme en vieux perse,nbsp;sont déja e eX o (longs) en Sanskrit; seuls les textes latins lesnbsp;plus archaïques présentent des diphtongues comme ei et ou ¦nbsp;Plaute disait déja l et ü. Tandis que les voyelles i et u sont mise»nbsp;en parallèle avec les autres voyelles a, e, o, les sonantes voyellesnbsp;*Tgt; *L *’’}gt; perdent leur caractère de voyelles simples et brèves ¦'

et *1 n’ont plus, 4 date historique, ce caractère qu’en sanskrd (sous la forme f) ; *y- et *ni ne Font plus nulle part, et figurentnbsp;en indo-iranien et en grec sous la forme a ; en germanique psfnbsp;exemple, *f, *1, *ii, *rp., sont représentés par des diphtongues

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CHANGEMENT DE LA PRONONCIATION 385

ul, un, um; de même en latin par or, ul, en, em; etc. Enfin les formes consonantiques des sonantes deviennent de plus en plusnbsp;de vraies consonnes non vocalisables, ainsi quand Ie *w (u con-sonne) devient la spirante labio-dentale v, comme en roman, ennbsp;allemand, en slave, en Sanskrit, on un g {gw) ou un b (a 1’initialenbsp;du mot), comme en brittonlque, en arménien, en persan (dans certains cas), etc. Tons ces changements ont abouti de bonne heurenbsp;a miner Ie système des sonantes, et, par la, a obscurcir les alter-nances vocaliques. Du jour oü *e et *o ont cessé d’être clairsnbsp;dans les diphtongues *ei, *eu, *oi, *ou, les alternances vocaliquesnbsp;étaient entamées ; elles l’étaient plus encore quand *i, *u, *f, *1,nbsp;*tii, *^, cessant d’être parallèles, n’étaient plus des formes recon-naissables du degré vocalique zéro. La ruine du système desnbsp;sonantes entrainait done l’altération et la reduction des alternances vocaliques, c’est-a-dire d’un des procédés essentiels de lanbsp;morphologie indo-européenne.

3“ Le ton, qui était une simple elevation de la voix, disparait soit après avoir exercé une action, comme en germanique, soitnbsp;sans laisser de traces, comme en celtique, ou se charge d’élé-ments d’intensité, comme en baltique ou en slave ; dans le premier cas, un élément de la morphologie est éliminé; dans lenbsp;second, il est transformé. D’autre part, le rythme cesse d’etrenbsp;purément quantitatif; la quantité elle-même s’altère, ou disparait tout a fait, comme en grec (dès le ii' siècle av. J.-G.), ennbsp;latin (au cours de l’époque impériale), ou en arménien. Lesnbsp;groupes tels que tr changent de quantité : skr. pitré, hom. -xxpinbsp;ont une première syllabe longue ; mais att. T^a-cpi', lat. patri, etc.nbsp;Ont une première syllabe brève, le lat. equos a une première syllabe brève comme sequor, tandis que le Sanskrit oppose la syllabe longue initiale de dfvah « cheval » a la brève de sdcate « ilnbsp;suit » (cf. pi 66). Le letto-lituanien et le persan, qui sont anbsp;peu prés seuls a avoir conservé jusqu’a présent les oppositionsnbsp;de voyelles longues et brèves a l’intérieur du mot, les ont beau-coup atténuées ou tout a fait perdues a la finale. La structure dunbsp;mot change ainsi; l’égalité des diverses parties n’existe plus, unnbsp;sommet d’intensité tend a se créer, et il en résulte des modifica-A. Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a 5

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386 DEVELOPPEMENT DES DIA^LECTES

tlons profondes qul, du reste, ne commencent guère d’apparaitre avant l’époque de 1’ère chrétienne. En latin une prononciationnbsp;particuliere de la syllabe initiale a bouleversé Teconomie générale du mot indo-européen. Le germanique a eu un accent d’in-tensité initial qui a agi plus tard et qul a persisté. La perte dunbsp;rytbme quantitatlf, le développemenl d’un accent d’intensité nenbsp;laissaient rien subsister de la structure générale de la morpho-logie indo-européenne, comme on 1’a vu p. i54.

jvü), etc.

Le système phonique a done fortement changé partout, et ces modifications ont eu pour conséquence de disloquer lenbsp;système morpbologique et syntaxique. D’autres changements,nbsp;moins généraux que les précédents, ont agi dans le mème sens ;nbsp;par exemple l’élimination absolue de *y qu’on constate en grec anbsp;détruit 1’unité de type du présent en *-yelo- et abouti a la constitution de types multiples du présent (et de verbes, en général) :nbsp;types en -aw, -ew, -ow, -aw,

Toutes les langues présentent des faits analogues : les changements phonétiques sulBsaient a rendre nécessaire une transformation radicale de la morphologie.

IV

Même indépendamment de la pbonétique, le système raorpho-logique tendait a se transformer.

Le type morpbologique indo-européen était d’une extréme singularité, et peu clair.

Le mot n’y apparaissait qu’en combinaison avec des cléments flexionnels : le francais a un mot « pied » ; I’indo-européennbsp;n’avait qu’un nominatif sg. *pots, un accusatif sg. *pódfii, unnbsp;génitif-ablatif sg. *pedéjos, un nominatif plur. *pódes, etc. Lenbsp;mot signifiant « pied » ne ressortait pas clairement. Du moins,nbsp;dans le système morpbologique indo-européen, le thème se lais-sait reconnaitre, surtout dans le type athématique. Mais, au furnbsp;et a mesure que les altérations phonétiques et les innovationsnbsp;grammaticales ont soudé le thème et la flexion, il y a eu de

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INNOVATIONS MORPHOLOGIQUES nbsp;nbsp;nbsp;887

moins en moins de mots reconnaissables : le latin n’a, pour in-diquer le « loup », ni un mot ni un theme isolable; il n’a qu’un ensemble de formes : lupus, lupe, lupum, lupi, lupo, lupös,nbsp;lupörum, lupis. Rien n’est moins clair qu’un pared procédé.

Toutes les langues indo-europeennes ont done tendu, plus ou moins fortement, plus ou moins tót, a simplifier et même a éli-miner la flexion et a operer avec des mots aussi peu variablesnbsp;que possible, et finalement invariables. Le systeme flexionnelnbsp;indo-européen apparait ainsi comme une réussite provisoire entrenbsp;le type pré-indo-européen sans flexion ou a flexion peu déve-loppée, qui se laisse entrevoir (v. p. i ig et suiv. etp. i58), et lesnbsp;systèmes modernes dénués de flexion ou a flexion tres réduite,nbsp;comme ceux du persan, de I’anglais, du frangais, etc.

II suit de la une modification radicale et du détail des formes et de tout le type morphologique et syntaxique.

Mais si la direction générale des changements est partout la même, les modifications n’ont pu avoir lieu que peu a peu. Lanbsp;morphologie est 1’élément le plus stable de la langue. Lesystèmenbsp;ne pent changer que par des accommodations successives. Parnbsp;exemple, le grec a éliminé I’optatif et le parfait indo-européens.nbsp;Mais, avant d’eliminer I’optatif, il en a modifié beaucoup denbsp;détails. Avant d’éliminer le parfait, il en a largement étendunbsp;1’emploi et développé les formes, donnant par exemple des parfaits a des verbes derives qui n’en comportaient pas en indo-européen. La ligne suivie par l’évolution est done sinueuse etnbsp;les fails trés complexes.

Les traits par lesquels la tendance générale se manifeste par-lout sont les suivants.

Le type de formation au moyen des racines cesse d’etre employé, et, sauf dans les périodes anciennes des dialectes indo-itaniens, n’apparait plus dans les langues attestées. Ainsi, pour Ifi verbe, au lieu des themes verbaux multiples et indépendantsnbsp;flu’a conservés 1’indo-iranien et dont la langue homérique etnbsp;*iiême I’attique laissent encore entrevoir quelque chose, il tendnbsp;partout a se constituer des conjugaisons comprenant seulementnbsp;‘ieux thèmes dont les rapports mutuels sont plus ou moins dé-

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388 DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

finis. En grec, la substitution de la conjugaison a deux themes a la variété ancienne des themes rattachés indépendamment a lanbsp;racine a eu lieu en pleine période historique : de la racine i.-e.nbsp;*men- « resler », Ie grec ancien avait deux présents : jj.évw et |;.(-[Avw, un futur iasvsw (att. i^.svw), un aoriste Ipieivx, un parfait (j.£-soit cinq thèmes distincts ; Ie grec moderne n’a plusquenbsp;deux thèmes, celui de pévw et celui de I[A£;va, et, comme Ie rapport de [A£voj et de ïp.iiva n’est pas clair pour Ie sujet parlant, ilnbsp;a été refait sur Ijj.stva un présent [i,£;vw. En latin, l’institution denbsp;la conjugaison a deux thèmes est antérieure aux plus anciensnbsp;documents : de la même racine, on a, d’une part, un thèmenbsp;d’ « infectum » maneö, auquel appartiennent, outre Ie présentnbsp;proprement dit, l’impératif manè, Ie suhjonctif nianeam, l’impar-fait manèbam, Ie suhjonctif irnparfait jmnërem, Ie futur manëbö,nbsp;rinfmltif manère, Ie participe rnanens; d’autre part, un thème denbsp;« perfectum », auquel appartiennent Ie présent du perfectumnbsp;inansi, Ie suhjonctifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leplus-que-parfait manseram, Ie sub-

jonctif plus-que-parfait mansissem, Ie futur antérieur manserö, Fin-finitif fiiansisse; Ie supin mansurii et ce qui s’y rattache constituent un groupe de formes nominales souvent rapproché du perfectum,nbsp;mais parfois indépendant; et encore, il faut ajouter que maneönbsp;est un verbe anomal puisque la forme du « perfectum » ne senbsp;déduit pas iminédiatement de celle de 1’ « infectum » ; dans tousnbsp;les verbes réguliers tels que aniare, audtre, etc., la forme denbsp;F « infectum » suffit a faire prévoir celle du « perfectum ». Cenbsp;qui est vrai du grec et du latin Fest aussi plus ou moins desnbsp;autres langues, et tout exposé bien fait de la conjugaison desnbsp;langues indo-européennes a partir d’un certain moment, variablenbsp;pour chacune, met en évidence ce système, caractéristique, denbsp;la conjugaison a deux thèmes; Ie slave, Ie baltique, Farméniennbsp;en fournissent des exernples excellents, mais qui n’ajouteraieiitnbsp;rien a la netteté des cas grecs et latins.

La conjugaison une Ibis constituée, d’abord complexe coiume en grec ancien, puis plus simple et réduite progressivementnbsp;deux thèmes, les noms cessent de se ratlacher directement auXnbsp;racines : ils s’isolent, comme Ie lat. mens qui n’a plus rien ü fai*quot;®

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INNOVATIONS MORPIIOLOGIQUES 389

avec monere ni avec reminiscor, comminiscor, on bien ils sont tires de certaines formes de la conjugaison : I’indo-européea avait denbsp;la racine *gieus- « gouter » ua abslrait ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;al teste par skr.

jiiftih « satisfaction », got. (^ga-)kiists « examen » ; le grec n’a plus que veDji; qui est refait sur yswij.at. Inversement, le latin anbsp;conserve un abstrait en *-ieu- de la même racine, gustus, cf. got.nbsp;kustiis, mais il a perdu le verbe ancien et emploie un dénomi-natifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et de même le v. b. a. kostön, ou le v. angl. costian.

Ces deux cas, celui de gr. 'fzümc et celui de lat. gusidre indiquent les deux possibilités : persistance du verbe d’ou se tirent desnbsp;noms, ou persistance du nom d’oü se tirent des verbes ; ce quinbsp;ne subsiste pas, c’est la racine indo-européenne, avec ses formations a la fois verbales et nominales ; a eet égard encore, lesnbsp;exemples grecs et latins représentent ce qui s’est passé sur toutnbsp;le domaine indo-européen.

La notion de thème, encore applicable aux formes anciennes de l’indo-iranien, cesse de l’être partout ailleurs. En effet, lesnbsp;desinences s’unissent a l’élément final de certains themes du typenbsp;athématique pour former des groupes finaux oü l’on ne recon-nait plus ni le thème, ni la désinence. comme il était arrivénbsp;pour le type thématique des l’époque indo-européenne (v. p.nbsp;102). Soit par exemple la désinence -o-i du datif-locatif-instru-mental plurlel grec; elle s’unit a -57- des tbèmes en -=7-, d’oünbsp;des formes commenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; comme -s- intervocalique tombe en

grec (gén. sing, véieo?, dat. nbsp;nbsp;nbsp;nom-acc. plur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gén.

plur. ve tfiiov'), on a vu dans -3771 une finale caractéristique de cas, et ce -£77; a été emprunté par toutes sortes de tbèmes dansnbsp;les parlers éoliens et grecs du Nord-Ouest, d’oü des formes commenbsp;béot. -/3!ptT-£77'., a:vSp-ï77i, vf/,wv:-;77i,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lesb. Mfl£y.e8óv£77!,

~oA!-£7at, etc. ; en grec du Nord-Ouest, le -01; du thème théma-tiqiie Xóysti; a ensuite été emprunté et substitué en grande partie a 'c77;, et l’on a; «vSpotc, ó'n-oi;, @o-o'.;, type ancien en éléen, etnbsp;qui s’est répandu dans la -/.svrr, étolienne et achéenne du iii® sièclenbsp;av. J -C. Ailleurs, Vi des thèmes en -2- a été généralisé,nbsp;d’oü : hornin-i-bus, gener-i-bus, ou en slave kamen-l-mü « auxnbsp;pierres », sloves-ï-mü « aux paroles », etc. Dans tous les cas de

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Sgo DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

ce genre, il se crée une désinence a initiale vocalique compre-nant un fragment d’un thème devenu méconnaissable et une désinence ; l’effet de cette innovation est qu’elle permet d’éviter la rencontre d’une consonne initiale de désinence avec une con-sonne finale de thème ; mais l’innovation n’a pu se produire quenbsp;si la notion de thème était obscurcie. Au point de vue latin, onnbsp;ne peut plus parler de thèmes en -i-, en -u-, etc. ; dans unenbsp;flexion comme celle -de sendtus, sendtuni, senatüs, la langue n’iso-lait plus un thème et une désinence ; dans une flexion commenbsp;celle de att. wóXt;, rSktutz., moins encore, et ainsi de tous lesnbsp;cas.

II y avalt en indo-européen deux sortes de thèmes fléchis de manières différentes ; Ie type thématique (en '/o ) cf Ie type athé-matlque. Le type thématique et aussi Ie type nominal en -a-, senbsp;terminant par une voyelle, se sont maintenus parlout en fondant,nbsp;en partie dès l’époque indo-européenne, la voyelle finale dunbsp;thème et la désinence en une finale une, non analysée par lenbsp;sujet parlant. Quant au type athématique, il a d’abord perdunbsp;toute unité ; les thèmes nominaux en -i~ et en -m- ontété rappro-chés des thèmes en -o- et en -a-; les autres ont tendu a s’éli-miner; ceux qui se sont maintenus le plus aisément sont lesnbsp;thèmes en -n- et en -r-, grace au caractère spécial de ces so-nantes. Dans le verbe, Ic type athématique (type dit en *-minbsp;d’après la forme de la i™ personne du singulier du présent actif,nbsp;p. ex. gr. TtOr/ij.'.) s’élimine plus complètement encore que dans lenbsp;nom ; une langue aussi anciennement connue que le grec n’ennbsp;a déja plus guère que les types ou le thème se termine par unenbsp;voyelle :nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(ion.-attnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et Sslxvü-ij.’.; les langues

connues a date plus récente n’en ont que des traces isolées, dont la plus durable aété le verbe « être » : skr. dsmi, stgi, v. sX.jesnü,nbsp;got. im, etc. L’unité de flexion a ainsi tendu a se réaliser.

Des divers types athématiques, celui dont la disparition a cominencé le plus tót et a été le plus compléte a été celui des thèmesnbsp;nominaux ou verhaux a sufhxe zéro dont gr. sigt fournit le mo-dèle pour le verbe, et gr. xjó.;, 7:c3i; pour le nom. Les uns ontnbsp;été simplement éliminés ; les autres ont été transportés par ana-

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INNOVATIONS MORPHOLOGIQUES 891

logie dans des categories de formes qui sont issues de types indo-européens a suffixe ; ainsi le theme *ped- {pod-, pod-') estnbsp;passé en gotique au type en u : fotus, d’après Yu des accusalifsnbsp;sg. Jotu et plur. fotuns, qui provient d’une nasale voyelle en finnbsp;de mot; d’autres enfin ont été élargis au moyen de suffixesnbsp;divers ; ainsi un mot *sem- « été, année w, attesté en zend (génit.nbsp;haniö, instr. hamd) est représenté par un thème en -a- en San

am « annee »

skrit, sdma, et en arménien.

thème en -o- en celtique, irl. sam, gall, hdf, par un thème neutre en -r- (alternant avec -«-) en germanique, v. h. a. suniar, et ennbsp;arménien (avec un élargissernent), amafn « été ». La même oünbsp;ils subsistent, ces mots s’isolent de la racine a laquelle ils appar-tenaient, ainsi le thème skr. dif- signifie « region » et se séparenbsp;de la racine dif- « montrer » ; le correspondant latin n’existenbsp;que dans la locution toute faite dicis caussa (011 gratia) ; le grecnbsp;a dans SiVo un élargissernent au moyen du suffixe *-d-, avec unnbsp;sens technique tres éloigné de celui de W.y.-rj'g'.. G’est au secondnbsp;terme des composés que I’element radical s’est Ic mieux main-tenu, dans le type lat. au-spex ; mais la même, il n’est bientótnbsp;qu’une survivance, et la racine tend a n’êlre plus que par exception un thème a elle seule. La perte du sentiment de la racine etnbsp;rélimination des themes a suffixe zéro ont marché de pair, et cesnbsp;deux changements se sont facilités l’un Taulre.

Chacune des parties du mot indo-europcen avait un degré d’al-ternance vocalique qui caractérisait la forme ; le jeu délicat des alternances, trouble au point de vue phonétique par Faltérationnbsp;des sonantes et des voyelles, obscurci au point de vue morpholo-gique par la perte du sentiment des racines et des thèmes, senbsp;reduit pen a pen et perd une grande parlie de sa valeur grammaticale. Ainsi, en grec, dès avant les textes les plus anciens, 1’al-ternance des timbres e el o dans la flexion a disparu, et tandisnbsp;que le lituanien oppose encore un nominatif akniu « pierre »nbsp;(avec ö) a un génïliï akmehs (avec e), le grec n’a plus que-ay.iAwv,nbsp;aV.;z;v3;, réglant ainsi le génitif d’après le nominatifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l’ac-

cusatif ccY.iio'ts, etc. Certaines langues, comme le slave ou le bal-tique, ont conservé des alternances dans quelques cas determines.

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392 DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

Maïs aucrine des langues indo-européennes attestées, même a la date la plus ancienne, n’a conserve Ie type ancien oü chacun desnbsp;trois elements du mot : racine, sufïixe et désinence, avait dansnbsp;chaque forme grammaticale un vocalisme caractéristique. Parnbsp;la même, les trois éléments perdaient de leur autonomie.

Quant aux déplacements du ton suivant la forme, beaucoup de langues n’en ont plus trace dès les plus anciens textes ; et cellesnbsp;qui en conservent quelque chose les ont restreints d’une manièrenbsp;considérable ; Ie Sanskrit n’admet guère d’autre mouvement quenbsp;celui entre la désinence et la syllabe prédésinentielle; Ie grec anbsp;limité les monvements du ton par rapport a la fin du mot; Ienbsp;baltique et Ie slave conservaient peut-être plus de mouvements anbsp;date ancienne; mais ils sont connus a une époque relativementnbsp;basse et laissent seulement entrevoir Ie jeu ancien du ton. On nenbsp;peut done plus que soupgonner Ie róle des mouvements du tonnbsp;en indo-européen. Gette elimination a contribué aussi a enlevernbsp;de leur autonomie aux éléments morphologiques, dont chacunnbsp;pouvait en indo-européen être relevé par Ie ton au cours de lanbsp;flexion d’un même mot.

Tous ces changements aboutissent a transformer en une masse non analysable les trois éléments ancienneraent distincts du motnbsp;indo-européen dont Tunité comportait des articulations sensibles.nbsp;Soit un mot indo-européen tel que Ie nominatif *plnos ; Ie skr.nbsp;pür-ria-h « plein » donne encore une idéé de son articulation,nbsp;paree qu’il existe aussi : piparti « il emplit », ppitti, etc. Maisnbsp;les mots isolés got. fulls, v. sl. plünü, v. irl. lan « plein », ap-paraissent comme des unités qui ne s’analysent pas ; et, au lieunbsp;que Ie verbe signifiant « emplir » en soit indépendant, les verbesnbsp;got. fulljan (all. fallen), v. sl. plüniti, v. irl. (com-)alnür ennbsp;sont des derives.

Simultanément, la flexion riche et complexe de 1’indo-euro-péen a tendu a se simplifier. Les catégories de 1’indo-européen n’avaient pas chacune leur marque isolée des autres (v. p. 119) ;nbsp;par suite l’existence du raoyen double Ie nombre des dési-nences verbales ; l’existence du duel ajoute trois désinences

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INMOVATIONS MORI'HOLOGIQUES nbsp;nbsp;nbsp;SqS

primaires et secondairès, actives et moyennes, du présent-aoriste et du parfait k celles du singulier et du pluriel. La multipliciténbsp;des categories grammaticales de l’indo-européen avait done pournbsp;conséquence un nombre excessif de formes distinctes.

Ge nombre a été progressivement restreint dans les diverses langues par la suppression de certaines categories.

On a déja note Télimination universelle du duel coïncidant avec les progrès de la civilisation.

Dans Ie verbe, les desinences moyennes ne sont conservées au complet que par les deux langues attestées a la date la plus an-cienne ; Ie grec et l’indo-iranien, dont ni l’un ni 1’autre ne conserve d’ailleurs Ie passif en -r attesté par 1’italo-celtique et Ienbsp;« tokharien » ; on les voit disparaitre au cours de 1’histoire denbsp;ces langues. En italique et en celtique, elles se sont combinéesnbsp;avec les desinences en -r, ce qui a fourni Ie déponent; mais,nbsp;comme ces formes déponentes ne coexistent pas dans un mêmenbsp;verbe avec les formations actives, elles étaient superflues et ontnbsp;été éliminées ; les langues roinanes et Ie moyen irlandais les ontnbsp;perdues. Le gotique a encore une partie des desinences moyennesnbsp;réduites a la seule valeur passive ; les langues germaniques con-nues a date plus récente ont perdu même ce debris.

L’optatif et le subjonctif sont conserves dans les formes anciennes du grec et de Tindo-iranien, mais les deux modes se réduisent a un seul au cours du développement de ces langues.nbsp;Quoique connu a date relativement ancienne, l’italique n’a qu’unnbsp;seul mode distinct de l’indicatif, et ce mode a en grande partienbsp;Une origine independante et du subjonctif et même de l’optatifnbsp;attestés par l’accord du grec et de l’indo-iranien ; de même lenbsp;Celtique et le germanlque. Plus avancé encore, le slave n’a plusnbsp;que l’indicatif et n’a ni subjonctif ni optatif.

Le parfait, qui était une formation athématique nettement radicale caractcrisée par des desinences propres et par unnbsp;tbème spécial souvent pourvii d’un redoublement, a firn parnbsp;rlisparaitre partout, solt qu’il ait été éliminé simplement commenbsp;^lans les dialectes indo-iraniens moyens et en arménien, soitnbsp;qu’il subsiste seulement au participe actif, comme en slave

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394 DEVBLOPPEMENT des dialectes

et en baltique, ou moyen, comme en grec moderne, ^oit qu’il se soit fondu avec l’aoriste, comme en latin, en irlandais et en ger-manique. En grec et en indo-iranien, 1’élimination a eu lieu anbsp;une date historique; ailleurs, elle est antcrieure aux premiersnbsp;documents.

La déclinaison offrait un aspect incoherent (v. p. Soa). Certains cas, comme Ie nominatif, Ie datif, n’ont qu’une valeur grammaticale ; d’autres, comme Ie locatif, l’ablatif, l’instrumen-tal, ont au contraire une signification concrete; d’autres enfinnbsp;sont a la fois grammaticaux et concrets ; 1’accusatif, qui est a lanbsp;fois Ie cas du complément direct et un latif; Ie génitif, qui estnbsp;Ie cas du complément du nom et un partitif. De plus, chaquenbsp;cas était exprimé par des formes trés diverses. II y a cu denbsp;grandes simplifications. Gertaines langues tendent a éliminernbsp;les cas a valeur concrete, ainsi Ie grec qui n’a plus ni locatif, ninbsp;ablatif, ni instrumental distincts. D’autres, au contraire, commenbsp;l’arménien, gardent distincts les cas concrets : locatif, ablatif etnbsp;instrumental, niais tendent a confondre les cas grammaticaux :nbsp;l’arménien confond en grande partie Ie nominatif avec l’accu-satif, Ie génitif avec Ie datif et confond Ie nominatif avec Ie vo-catif. Les aulres langues présentent des types de simplificationnbsp;intermédiaires entre ces deux types extremes. Les dialectes ita-liques ont assez bien conserve les cas a, valeur locale: 1’osque anbsp;encore Ie locatif el l’ablatif. Le germanique au contraire ne conserve bien que les cas grammaticaux. Les langues Indo-euro-péennes ne sont du reste jamais parvenues a supprimer 1’emploinbsp;des mêmes formes pour les cas concrets et les cas grammati-caux, et l’accnsatif a toujours gardé sa double fonction.

Seule l’addition des prepositions a permis d’exprimer précisé-ment les nuances concretes, ainsi dans lat. eo in urbem, sum urbe, uenio ex urbe. Par suite, l’usage a tendu a s’établir denbsp;rnettre une preposition partout ou il y a un sens concret 4nbsp;exprimer. Dans une langue comme le grec oii le nombre de casnbsp;s’est rédiiit, la preposition était Indispensable ; ce n’est que h'nbsp;qui avertit que oï/.w a la valeur « locative » dans h ciV.w, cenbsp;n’est que si; qui indlque que olxov a la valeur « lative » dans i-i

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INNOVATIONS MORPHOLOGIQUES 395

oTy.cv, et ce n’est que qui indique que o’lxou a la valeur « ablative » dans oi'/.M. Mais, même dans une langue comme le slave, on des cas non ambigus a valeur concrete ont subsisté,nbsp;I’emploi des prépositions est devenu constant la ou le sens estnbsp;concret, et les formes, pourtant bien definies, du locatif slavenbsp;sont accompagnees de prépositions. En latin, la forme communenbsp;d’ablatif-instrumental-locatif sans preposition indique les sensnbsp;un peu vagues d’instrument, de maniere; elle n’a un sens concretnbsp;qu’avec ex, ab pour indiquer le point de depart, avec in pournbsp;indiquer ou Ton est, avec cum pour indiquer 1’accompagnement.

D’autre part, il y a toujours eu des désinences qui servaient a plusieurs cas, par exemple la désinence en *-« (^-os, *-s) dunbsp;genitif-ablatif singulier athématique, et ceci a servi de point denbsp;depart a la confusion totale du génitif et de I’ablatif en grec, ennbsp;baltique et en slave; les cas a -bh- et a -m- (v. p. aSg et suiv.)nbsp;qui ont eu aii début un caractere adverbial ont facilite et sansnbsp;doute meme provoque des confusions des formes casuelles, sur-tout en italique, en celtique et en germanique.

La simplification de la flexion, qui est commune a toutes les langues indo-européennes, s’est poursuivie dans les languesnbsp;modernes : toute declinaison a disparu dans un grand nombrenbsp;de langues, notamment en persan et dans les principales languesnbsp;romanes. La flexion verbale elle-même, qui se maintient en unenbsp;certaine mesure en iranien moderne et dans les langues romanes,nbsp;est reduite a peu de chose en anglais, ou le genre n’existe pasnbsp;non plus a proprement parler, et ou les mots sont ainsi presquenbsp;invariables. Les plus évoluées des langues indo-européennes ennbsp;sont venues a différer presque autant du type de I’indo-europeennbsp;commun que celui-ci diffère des types polynésien ou soudanais.

Les transformations du type morphologique s’accompagnent de transformations paralleles de la phrase.

La phrase indo-europeenne se composait de mots autonomes,

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,396 DEVELOPPEMEKT DES DIALECTES

dont chacun suffisait a exprimer un sens complet et la fonction remplie. Quand, par la suite, les noms ont, de plus, perdu lanbsp;déclinaison, les mots perdent leur autonomie, la fonction desnbsp;noms dans la phrase est indiquée par deux procédés nouveaux,nbsp;tous deux inconnus a 1’indo-européen :

1“ Un ordre de mots a valeur grammaticale. En francais ou en anglais, la place du nom suffit en général a en indiquernbsp;la fonction : Ic père aime h fils indique par Fordre ce que Ie latinnbsp;indiquait par la flexion : pater filiim arnat, filiuni pater amat,nbsp;amat filium pater, etc., et l’ordre est la seule marque de la difference de valeur grammaticale, si bien que, en renversant l’ordrenbsp;et en disant : Ie fils aime Ie père, on renverse Ie sens.

2“ Des mots accessoires. Le francais indique par de ce que Ie latin indique par les diverses formes de flexion : patris domus « lanbsp;raaison du père », iiiri domus « la maison de 1’homme », mu-lierum domus « la maison des femmes », etc. La personne estnbsp;exprimée par des petits mots : je, tu, il {elk), nous, vous, ilsnbsp;{elles) ; en frangais au moins, ces petits mots n’existent plus d’unenbsp;fagon indépendante et ne se rencontrent qu’avec le verbe : dansnbsp;j’aime on je finis, le frangais est done bien pres d’avoir restituénbsp;une flexion, mais une flexion a prélixes au lieu de la flexion suf-fixale indo-européenne.

Ainsi les mots accessoires joints a d’aulres mots perdent leur autonomie et leur signification propre et deviennent des outilsnbsp;grammaticaux ; de bonne heure, les préverbes, independents ennbsp;indo-européen, ont été joints soit a un nom soit a un verbe ; ilsnbsp;deviennent des sortes de préfixes, chose nouvelle en indo-euro-péen : on peut dire en grec classique avSp't aévsjttv ou ouv «vSptnbsp;èc7T;v, mais jjv n’existe plus isolément; on peut dire en latinnbsp;agmine coeunt ou cum agmine eo, mais cumne s’emploie pas seul.nbsp;Et ainsi de toutes les langues, une fois passée la période ar-chaïque.

La structure de la phrase a done changé. Le changement a été plus OU moins complet suivant que la flexion a été plus ou moinsnbsp;simplifiée ; mais partout il a eu lieu dans le mème sens, et anbsp;abouti non seulement a accroitre la fixité de l’ordre des mots,

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MOTS NOUVEAUX nbsp;nbsp;nbsp;897

mais aussi a lui donner une valeur grammaticale, et a créer des mots accessoires, prepositions, conjonctions, auxiliaires verbaux,nbsp;dont la fonction est de marquer Ie róle des autres mots dans lanbsp;phrase.

Du type flexionnel singulier de 1’indo-européen, la langue a passé a un type banal oü les noms lendent a êlre invariables.

VI

Le vocabulaire varie profondément d’une langue indo-euro-péenne a l’autre, comme on l’a note p. 343, et le nombre des mots indo-européens qui se sont conservés dans toutes les languesnbsp;de la familie ou, du moins, dans la plupart d’entre elles estnbsp;petit. Ghaque langue a beaucoup de termes qui n’ont de correspondent dans aucune autre ; grace a la multiplicité des languesnbsp;indo-européennes et a la variété de leurs vocabulaires, et parnbsp;suite du fait que le nombre des oombinaisons admises par lesnbsp;pbonèmes dans un type de langue donné n’est pas immense, onnbsp;trouve souvent pour ces termes dans une langue ou dans unenbsp;autre quelques rapprochements étymologiques défendables a lanbsp;rigueur; mais c’est bien peu de chose qu’une étymologie quinbsp;n’est pas évidente.

On ignore a quelles langues I’indo-européen s’est substitué dans les pays oü il s’est répandu, et l’on ignore aussi quelles languesnbsp;parlaient les populations dont les civilisations ont agi sur cellesnbsp;des peoples de langue indo-européenne. Quand un mot d’unenbsp;langue donnée n’a pas de correspondant exact dans une autrenbsp;langue de la familie, on n’a pas le droit de chercher a tout prixnbsp;Une étymologie indo-europcenne ; chaque vocabulaire compreudnbsp;nécessairement des emprunts a des langues qu’on ne connaitnbsp;pas, el qui n’ont peut-ètre laissé aucune trace; c’est une desnbsp;erreurs les plus graves — et les plus fréquemment commises —nbsp;que de croire que tout mot Sanskrit, grec, germanique, etc., quinbsp;n’est pas emprunté a une langue connue, soit indo-européen ;nbsp;personne ne pose explicitement ce principe absurde; mais,

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398 DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

chercher, domme on Ie fait souvent, une explication indo-euro-péenne de tous les mots de chaque langue de la familie, c’est raisonner comme si on 1’admettait.

En faisant ces tentatives, on s’autorise parfois de ce qu’un mot a l’aspect indo-européen ; mais rien n’est plus trompeur; lesnbsp;mots étrangei's empruntés par voie orale sont presque immédia-tement ramenés au type général de la langue, et ne se distinguentnbsp;guère des anciens mots par leur aspect général : rien n’avertitnbsp;qu’un mot frangais, comme rail, est un emprunt anglais de datenbsp;récente (abstraction faite bien entendu de la pronunciation pédante rèl). Rien dans la forme n’indique que gr. iceUva ou SCiJia,nbsp;que lat. fames ou sitis, que got. hührus, v. h. a. hungar s faim »,nbsp;que V. sl. alükati et lit. cilkti « avoir faim » ne soient pas desnbsp;mots indo-européens; mais, comme tous ces mots sont isolés, ilnbsp;est arbitraire de chercher une origine indo-européenne k chacun.

Les seules correspondences sdres sont celles qui permettent de poser des mots indo-européens définis, et qui ne se limitentnbsp;pas a une vague communauté de racine. Les correspondances denbsp;ce type sont rares; pour tout Ie détail du vocabulaire, chaquenbsp;langue a ses, termes propres, et l’on ne saurait se flatter de com-prendre un texte d’une langue indo-européenne inconnue, indé-pendante des groupes établis (germanique, slave, indo-ira-nien, etc.), a l’aide du vocabulaire des autres. Sans les équivalentsnbsp;Sanskrits, totaux oupartiels, qu’on enpossède, lestextes « tokha-riens » nöuvellement découverts en Asie centrale seraient de-meurés inintelligibles en dépit du caractère nettement indo-européen de la langue.

VII

La différenciation des parlers indo-européens avait commence au temps de 1’unité de la nation indo-européenne, et la sépara-tion a rendu plus profondes les differences dialectales anciennesnbsp;de date indo-européenne. Ainsi l’indication du prétérit par lesnbsp;seules désinences n’était pas assez nette : par suite, dans les

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LANGUES COMMUNES nbsp;nbsp;nbsp;Sqq

parlers oü il n’y avait pas d’augment, c’est-a-dire dans tout Ie groupe du Nord-Ouest, du slave a l’italo-celtique, Ie prétérit anbsp;du être caractérisé par des formes particulières du thème, et cecinbsp;d’assez bonne heure. Cette particularité, qui remonte a une difference dialectale indo-européenne, explique par exemple nombrenbsp;de differences de structure entre Ie grec et Ie latin.

Puis, a 1’intérieur de chacun des grands groupes nationaux qui se sont constitués avant Ie début de l’époque historique desnbsp;peuples de langue indo-européenne, il y a eu de nouvelles divergences qui ont abouti a Ia formation de dialectes dans cesnbsp;groupes mêmes. Et les événements historiques, en constituantnbsp;des groupes étendus de langue plus ou moins sensiblemenl une,nbsp;comme en grec l’ionien, Ie dorien, etc., ont créé, dans chaquenbsp;grand groupe, des groupes distincts et séparés de tous les autres.

On désigne sous Ie nom de grec commun, de slave commun, de germanique commun, etc., l’ensemble des particular!tés réaliseesnbsp;avant l’époque historique, qui sont propres a tous les dialectesnbsp;grecs, slaves, germaniques, etc., c’est-a-dire a chacun des groupesnbsp;nationaux en son entier et qui proviennent des particularités fixéesnbsp;a l’époque de vie nationale commune des populations qui em-ploient les parlers grecs, slaves, germaniques, etc. ; Ie grecnbsp;commun est done k I’ionien, au dorien, a l’éolien, etc., ce quenbsp;1’indo-européen est au grec, au slave, au germanique, au cel-tique, etc.

Mais tout fait qui se trouve dans l’ensemble des dialectes d’une langue commune ne remonte pas nécessairement a la périodenbsp;d’unité. Par exemple, un fait grec commun n’est pas nécessaire-öient antérieur a toute division dialectale du grec; ainsi Ie passage de *k'^ a % s’observe dans tous les parlers grecs ; néanmoinsnbsp;d est postérieur a l’altératión de *k'^ devant e au commencementnbsp;du mot, qui a lieu en ionien et en dorien, mais non en éolien :nbsp;la *k'^ initial du nom de nombre « quatre » aboutit done a rnbsp;dans att. TiT-capsc, mais a 7: dans béot. TTsr-aps;- U faut toujoursnbsp;tenir compte de la possibilité de développements parallèles et in-dépendants. Ce que les naturalistes appellant des faits de conversance est fréquent en linguistique.

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4oo DEVELOPPEMENT DES DIALECTES

YIII

Ghacune des langues communes auxquelles a abouti a date ancienne l’indo-européen offre des traits tout particuliers.

La confusion des timbres de e et o donne au vocalisnae indo-iranien un aspect propre ; il en est résulté la perte des alter-nances vocaliques portant sur Ie timbre, et une large extension des alternances portant sur la quantité. Gomme la flexion gar-dait un grand róle, les formes ont été souvent élargies et sontnbsp;ainsi devenues plus claires : Ie génitif en -andm- des thèmesnbsp;en -a- et en-ü-, l’addition de -mi dans les i''®' personnes théma-tiques telles que skr. bhardmi (au lieu de *bhdra') sont des innovations caractéristiques.

En grec, l’aüaiblissement général de la prononciation des con-sonnes, quia entrainédès avantl’époque historique une alteration profonde des y et iv, et, par suite de l’amuissement de cesnbsp;consonnes entre voyelles, de nombreux hiatus, a transforménbsp;l’aspect des mots indo-européens. La morpliologie a été beaucoupnbsp;simplifiée : dès les plus anciens textes, les cas a valeur concrète,nbsp;locatif, ablatif, instrumental, n’ont plus d’expression propre. Lenbsp;verbe, tout en gardant beaucoup de vieilles formes, a été organisénbsp;en une conjugaison de formes définies a thèmes multiples.

Toutes les occlusives indo-européennes ont subi en germa-nique une mutation, si bien que l’aspect d’un mot germanique diffère fortement de celui des mots des autres langues. Le verbenbsp;a été organisé en une conjugaison k deux thèmes opposant lenbsp;présent au passé. II a été constitué une flexion spéciale de l’ad-jectif.

En somme, chacune des langues communes issues de l’indo-européen se reconnait, au premier abord, a des traits originatix-Longtemps avant l’époque historique, 1’unité indo-européenne était remplacée par des unités multiples, différentes entre elles,nbsp;et qu’il est aisé de caractériser.

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CONCLUSION

Aux dates ou des textes ecrits font connaitre les divers groupes dlalectaux indo-européens conserves, chacun d’eux apparaitnbsp;distinct de tons les autres et caractérisé par des innovations pro-pres aussi importantes que nombreuses. Les langues même lenbsp;plus anciennement attestees ont done un aspect déja trés différentnbsp;de 1’indo-européen. Dès le début de la tradition, chaque dialectenbsp;forme un système original dont l’indo-européen a fourni les élé-ments, mais qui est essentiellement autre que le système indo-européen.

On est encore trop peu fixé sur les conditions générales dans lesquelles les langues se transforment pour qu’il soitlicite de riennbsp;alFirmer sur les conditions des innovations propres i chaquenbsp;groupe dialectal indo-européen. Mais ce qu’on sait conduit inbsp;penser que certains traits au moins résultent du mélange de populations de langue indo-européenne avec des populations parmant d’autres langues. Si, par example, k date préhistorique, lenbsp;grec a réduit a cinq les huit cas de la décllnaison indo-européenne,nbsp;^üpprimant toute forme propre aux cas a valeur concrète : ablatif,nbsp;locatif, instrumental, et ne gardant que les cas grammaticaux:nbsp;itominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif, si ni Homère ninbsp;^Ucun dialecte ne présente un sixième cas, on sera tenté d’attri-^Uer cette remarquable Innovation k une influence particulierenbsp;la population a laquelle se sont mêlés les colons de languenbsp;ifldo-européenne établis sur le sol hellénique; car la oü elle anbsp;A. Mbillkt.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aö

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402 CONCLUSION

rencontré des conditions plus favorables a sa persistance, la dé-clinaison s’est mieux maintenue, et l’arménien, le lituanien et le slave ont aujourd'iiui encore une riche declinaison ; les cas 4nbsp;valeur concrète surtout s’y sont bien maintenus : le lituanien, lenbsp;polonais, le petit russe et aussi rarménien oriental modernenbsp;distinguent sept des buit cas indo-europeens, Tarménien orientalnbsp;emploie couramment encore aujourd’hui I’ablatif, le locatif etnbsp;I’instrumental que le grec ignore dès le debut de la périodenbsp;historique.

Mais partoul ou ils se sont établis, les dialectes indo-euro-peens ont éliminé des langues parlées auparavant, si bien que le plus souvent on ne salt rien des idlornes non indo-européensnbsp;dont ils ont pris la place. Et la on il a subsiste, dans le voisinagenbsp;des dialectes indo-européens, des langues sans doute apparenteesnbsp;aux idiomes des anciens occupants du pays, on n’a pas encorenbsp;étudié I’ensemble des faits, et 1’on n’a guere fait plus que signalernbsp;certaines ressemblances, principalcment entre le Sanskrit et lesnbsp;langues dravidiennes de I’lnde, entre l’arménien et les languesnbsp;du Gaucase (cf. ci-dessus, p. n). — D’ailleurs le changementnbsp;de langue n’est ni la seule ni peul-etre la principale des causesnbsp;qui déterminent les innovations linguistiques : la différence desnbsp;habitats, des conditions matérielles d’existence, de l’étendue desnbsp;groupes sociaux, des institutions a sans doute largement contri-bué a provoquer des développements divergents d’un seul etnbsp;même idiome; pour ne citer qu’un exemple, on congoit quenbsp;I’apprentissage du langage par les enfants, et par suite l’évolu-tion. de la langue qui en est la conséquence, ait lieu de manièrenbsp;différente dans un petit groupe social, tel qu’une cité grecquenbsp;antique, ou les membres du même groupe se marient unique-ment entre eux, ou dans un groupe tres étendu, tel que I’empirenbsp;roinain, ou les femmes peuvent ètre d’origines diverses, ou enfmnbsp;dans des populations praliquant des usages matrimoniaux com-pliqués, comme celles de I’Australie. — En l’état actuel desnbsp;connaissances, on ne peul done que décrire les innovations pro-pres a chaque dialecte indo-européen, sans prétendre a en deternbsp;miner les causes d’une manière précise et détaillée.

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CONCI-USION 4o3

II

Si Ie caractère original de chacune des langues dénonce en quelque mesure l’influence des populations de langues diversesnbsp;auxquelles les dialectes indo-européens sont venus s’imposer, ennbsp;revanche l’unité d’origine se manifeste, on l’a vu au chapitre ix,nbsp;par Ie parallélisme de leur evolution. Dans Ie détail, chacunenbsp;des langues indo-européennes a son histoire propre, et, commenbsp;on doit l’attendre, toutes les particularités de phonétique, denbsp;morphologie, de vocabulaire deviennent plus différentes de Tunenbsp;a l’autre au fur et a mesure qu’on s’éloigne de l’ancienne périodenbsp;d’unité. Mais, dans l’ensemble, Ie développement a été parallèle,nbsp;et par suite les langues modernes, dont Ie matériel grammaticalnbsp;est propre a chacune, ont beaucoup plus de traits généraux ennbsp;commun que ne Ie ferait présumer Tindépendance de leurs déve-loppements respectifs.

Seule, la grammaire comparée des langues indo-européennes rend possible l’étude de ces développements indépendants et pa-rallèles. La determination de la langue commune dont les langues indo-européennes représentent des formes postérieures n’anbsp;pas pour but de satisfaire la vaine curiosité de ceux qui vou-draient connaitre l’aspect de celte langue : cette détermination,nbsp;qui ne saurait d’ailleurs être obtenue, n’est pas 1’objet de lanbsp;grammaire comparée, ce n’est pour elle qu’un moyen.

L’histoire des langues indo-européennes forme ainsi un vaste ensemble ; la grammaire comparée de tout Ie groupe permet denbsp;décrire, en quelque mesure, et parfois avec une certaine precision, les changements intervenus entre la période d’unité et lesnbsp;plus anciens documents de chaque langue ; d’autre part, grAce anbsp;1’examen des textes de toutes les dates et de toutes les regions etnbsp;3 la comparaison des parlers vivants, on peut suivre jusqu’au-iourd’hui Ie développement des grands groupes qui se sontnbsp;constitués a une époque préhistorique. Une grande partie dunbsp;Iravail reste a faire; néanmoins les principaux traits de cette

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4o4 CONCLUSION

histoire sont dégagés partout, et sur quelques points Ie détail commence a être précisé. Si Ie groupe indo-européen est Ie plusnbsp;important du monde, c’est aussi celui dont Ie développement estnbsp;Ie moins mal connu et qui laisse Ie mieux entrevoir dès mainte-nant les lois générales du développement des langues.

G’est en effet pour expliquer les faits particuliers observables a date historique qu’a été constituée la grammaire comparée : ilnbsp;est, ils sont est en frangais une flexion inexplicable ; est, sunt n’estnbsp;pas plus explicable en latin, mais il s’y trouve déja quelques formesnbsp;analogues perdues aujourd’liui, comme fert, ferunt; ce n’estnbsp;qu’en indo-européen que la flexion verbale maintenant repré-sentée par le seul il est, ils sont a été normale : c’est done ennbsp;indo-européen seulement que ce verbe frangais s’explique, ennbsp;prenant I’aspect d’une formation normale. Tel est le premiernbsp;service rendu par la grammaire comparée ; elle rend immédiate-ment compte des formes qui remontent a l’époque indo-euro-péenne.

Quant aux formes qui se sont constituées entre la période indo-européenne et le début de la période bistorique de chaquenbsp;langue, comme l’aoriste grec en -Orjv, le perfectum latin ennbsp;-ui, etc., elles demeurent souvent inexpliquées, paree qu’elles senbsp;sont créées dans des sys ternes grammaticaux intermédiairesnbsp;entre le système indo-européen et les systèmes historiquementnbsp;attestés ; ces systèmes étant inconnus, toute explication de ce quinbsp;a pu s’y créer est en l’air : quand on essaie d’interpréter l’aoristenbsp;grec en -9y)v ou le perfectum latin en -ui, on est en dehors desnbsp;conditions normales d’application des méthodes de la grammairenbsp;comparée. Le róle essentiel de la grammaire comparée, c’estnbsp;d’expliquer dans les langues ce qu’elles ont conservé d’ancien, etnbsp;notamment les formes « fortes » et les formes anomales et denbsp;donner une idéé des matériaux avec lesquels se sont baties lesnbsp;langues historiquement attestées.

De plus, par cela mème que pour trouver 1’explication des faits linguistiques on en a du autant que possible suivre rainU'nbsp;tieusement l’histoire depuis la période d’unité ancienne jusqu’au-jourd’hui, il a été réuni un recueil immense d’observations sur

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CONCLUSION 4o5

le developpement des langues. La variété d’aspect des langues de la familie dans les différents temps et les différents lieux éstnbsp;infinie. A. cote de I’histoire proprement dite des divers idiomesnbsp;0Ü il n’y a, comme dans toute histoire, qu’une succession denbsp;faits particuliers, il se forme, a I’aide de ces données, une théorienbsp;générale des conditions dans lesquelles evoluent les langues,nbsp;c’est-a-dire que Vhistoire du groupe indo-européen, maintenantnbsp;connue en ses grandes lignes, fournit quelques-unes des meil-leures observations qu’elle puisse utiliser è la science du langagenbsp;qui commence enfin a se constituer ; a son tour, cette science,nbsp;en déterminant les lois générales du langage, permettra de rem-placer I’empirisme actuel des explications par des doctrinesnbsp;coherentes et systématiques. Les faits qu’on vient de passer ennbsp;revue apparaitront alors sous un aspect nouveau; mais les resul-tats acquis des inaintenant par la grammaire comparée sontnbsp;dans leur ensemble certains ; la science nouvelle qui se cree lesnbsp;éclairera et les fera entrer dans des ensembles nouveaux, elle nenbsp;les ébranlera pas.

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APPENDICES

I. - ApËRgu DU DÉVELOPPEMENT DE LA GHAMMAIRE COMPAREE.

La grammaire cotnparée a été créée au début du xix' siècle par des savants allemands et danois.

Les Grecs ont été en rapports étroits avec une fonle de peuples étrangers dont la langue avait avec la leur les ressemblances lesnbsp;plus frappantes ; ils n’y ont prêté aucune attention, on, s’ils ontnbsp;remarqué des coincidences, ils n’y ont vu que de pures curiositésnbsp;et n’ont tiré de ces observations isolées aucune doctrine. La pertenbsp;qui résultc de la est immense et irreparable ; les Grecs auraientnbsp;pu observer et fixer des langues qui ont disparu plus tard sansnbsp;laisser de traces ou qui se sont gravement altcrces par la suite ;nbsp;si l’on avait des notions précises sur les dialeclcs itaniens, phry-giens, arméniens, thraces, illyriens, italiqiies, celtiques du ni®nbsp;OU du IV® siècle a van t J.-G., tels que des interprètes helléniquesnbsp;n’ont pu manquer de les.connaitre, la grammaire comparée desnbsp;langues indo-curopéennes serait tout au tremen t exacte et complete qu’elle ne 1’est et ne pourra 1’être jamais. Mais les Grecsnbsp;n’ont pas eu 1’idée que tous ces idiomes barbares étaient desnbsp;formes d’une même langue tres proebe de la leur ; ils n’ontnbsp;jamais imagine que Ie seul moyen de rendre compte des particu-larités de leur propre langage était de Ie rapprocher des parlersnbsp;varies que leurs colons et leurs mariris rencontraient de tousnbsp;cótés. La seule langue qu’ils aient étudiée est celle de leur nation, et ils y ont assez bien réussi a beaucoup d’égards : quand

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4o8 APPENDICES

ils ont eu a l’écrire, ils ont su ne pas emprunter tel quel [’alphabet syllablque sémitique et, en notant les voyelles, créer 1’écri-ture alphabétique qui, seule, convient aux langues indo-euro-péennes ; pour apprécier comme il faut Ie service qu’ils ont ainsi rendu, il suffit de songer a ce que répandent d’obscurité sur lesnbsp;textes iraniens lecriture araméenne pour Ie peblvi, 1’écriturenbsp;arabe pour Ie persan. Les philosophes grecs ont exactementnbsp;reconnu les categories de la grammaire de leur langue ; les gram-mairiens ont décrit les particularités dialectales des textes lltté-raires: Mais ils ne sont pas allés au dela de la constatation desnbsp;faits, et de leurs tentatives d’explication, purement a priori, riennbsp;n’a subsisté; car ils n’ont jamais vu comment on peut rendrenbsp;compte d’un fait linguistique.

Les Hindous n’ont sans doute guère eu 1’occasion d’étudier de prés d’autre langue indo-européenne que l’iranien, lequel étaitnbsp;un dialede trés semblable au leur a tous égards, et, a 1’époquenbsp;d’Alexandre et du royaume de Bactriane, Ie grec : ils n’en ontnbsp;rien tiré. En revanche, ils ont observe leur propre idiome avecnbsp;une precision admirable ; des détails infiniment menus de l’arti-culation n’ont pas échappé a l’attention de leurs grammairiens ;nbsp;ils ont reconnu tous les traits essentiels de leur morphologie, sinbsp;bien que, a beaucoup d’égards, la grammaire comparée a sim-plement applique a I’indo-europecn les observations qu’ils avaientnbsp;SU faire sur Ie sanskrit. Comme les Grecs enfin, ils ont dès Ienbsp;début adapté au caractère de leur langue 1’alphabet qu’ils em-pruntaient, et ont note avec soin les voyelles.

Aux Hindous comme aux Grecs, il a manqué la notion du développement bistorique. Au xvn' et au xviii' siècles, cettenbsp;notion était encore aussi complètement ignorée qu’au tempsnbsp;d’Aristote ou de 1’Hindou‘Panini; pour rendre compte d’un faitnbsp;linguistique on ne recourait pas a 1’observation des faits anté-rieurs, mais a des conceptions a priori; la théorie de la phrasenbsp;était une application de la théorie des propositions et des juge-ments, la grammaire générale une partie de la logique formelle :nbsp;la grammaire de Port-Royal et la grammaire de Condillac ennbsp;fournissent d’illustres exemples.

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DÉVELOPPEMBNT DE LA GRAMMAIRE COMPARÉE

Au début du xix' siècle, une idee nouvelle apparait de toutes parts et dans tous les domaines; on cesse de prendre des conceptions logiques pour des explications; l’observation et l’étudenbsp;abstraite des phénomènes mécaniques, physiques et chimiques,nbsp;déja instituées par les Grecs et reprises avec une activité nouvelle depuis Ie xv® siècle, donnaient des résultats chaque annéenbsp;plus précis et plus nombreux, et permettaient de prévoir d’unenbsp;manière toujours plus sure, d’utiliser d’une manière toujoursnbsp;plus complete l’action des forces naturelles. Les faits que pré-sentent les êtres organises et les sociétés restaient obscurs, pareenbsp;qu’on prétendait les étudier en leur appliquant des idéés a priori;nbsp;on a compris alors qu’il fallait les observer en eux-memes, commenbsp;on fait pour les faits physiques ou chimiques.

Mais les phénomènes que présentent les êtres vivants et sur-tout les sociétés sont complexes; ils ne se laissent pas, pour la plupart, ramener a des formules abstraites comme un fait denbsp;physique. Quand on observe une institution sociale, on apergoitnbsp;aisément qu’elle est le produit d’une série d’actions successives ;nbsp;on ne peut done I’expliquer sans en suivre le développement. Getnbsp;examen méthodique des antécédents historiques est ce que lenbsp;siècle dernier a apporté de plus original et de plus neuf. En mé-canique, en physique, en chimie, on a tiré des méthodes d’Ar-chimède, de Galilée, de Newton une inlinité de résultats nou-veaux, mais la méthode même était déja parvenuea sa perfection,nbsp;et il n’y a eu qu’a l’appliquer avec une précision sans cessenbsp;accrue a tous les objets qu’elle permet d’étudier. La méthode denbsp;1’explication historique a été au contraire une création du xix®nbsp;siècle (et déja, en quelque mesure, de la fin du xviii'). L’écorcenbsp;terrestre, les êtres organisés, les sociétés et leurs institutionsnbsp;sont apparus comme les produits de développements historiquesnbsp;dont le détail ne pouvait jamais être deviné a priori, et dont onnbsp;De pouvait rendre compte qu’en observant et en determinantnbsp;9ussi exactement que le permettent les données la successionnbsp;des faits particuliers par lesquels ils se sont réalisés. Et c’est seu-lement a 1’aide des observations ainsi réunies qu’on commencenbsp;^ poser les theories générales relatives au développement des êtres

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organises et des sociétés. On est même arrivé a reconnaitre que les corps inorganiques ont eux aussi une histoire.

La grammaire comparée n’est qu’une partie du grand ensemble des recherches méthodiques que Ie xix* siècle a instituées sur Ie développement historique des faits naturels et sociaux.

Elle s’est constituée lorsqu’on s’est mis a rapprocher systéma-tiquement Ie Sanskrit du grec, du latin et du germanique. Aussi-tót que les relations régulières établies entre l’Inde et 1’Europe ont donné a quelques Européens l’occasion d’étudier Ie Sanskrit, onnbsp;en a reconnu la parente avec les langues européennes ; Ie fait estnbsp;indiqué par Ie jésuite frangais Coeurdoux dans une note adresséenbsp;en 1767 a l’Académie des inscriptions, par 1’Anglais Williamnbsp;Jones dans un discours a la Société de Calcutta en 1786, par Ienbsp;jésuite alletnand Paulin de Saint-Barthélemy vers Ie même temps.nbsp;Enfin l’attention a été attirée en Europe sur l’importance dunbsp;Sanskrit au point de vue linguistique par Ie livre fameux denbsp;Fr. Schlegel, Ueber die Sprache und die Weisheit der Indiër (Heidelberg, 1808).

La connaissance du Sanskrit a été décisive a deux points de vue pour la constitution de la grammaire comparée. Toutd’abord,nbsp;Ie Sanskrit a conservé une morphologic archaïque et un systèmenbsp;consonantique qui seuls permettent de se faire une idéé un peunbsp;nette de ce qu’a pu êtrc 1’indo-européen et sans lesquels unenbsp;foule de traits essentiels de cette langue seraient toiijours restésnbsp;inconnus ou mal connus. En second lieu, les grammairiens denbsp;1’Tnde avaient analysé avec une précision extreme jusqu’auxnbsp;détails les plus menus de la phonétique et de la grammaire denbsp;eet idiome si archaïque ; dès Ie début du xix® siècle, les gram-maires de Golebrooke, de Wilkins (1808), de Garey, de Forster,nbsp;la liste des racines de Wilkins (1815), la publication de 1’Ama-rakoga et autres lexiques, provoquée par Golebrooke (Calcutta,nbsp;1807), mettaient a la disposition des savants européens les prin-cipaux résultats du travail des grammairiens hindous; dans lanbsp;mesure tres large oü Ie Sanskrit représente la phonétique et lanbsp;morphologic indo-européennes, on avait déja la une analysenbsp;grammaticale de l’indo europeen, indépendante des théories

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DEVELOPPEMENT EE EA GRAMMAIHE COMPAREE

grecques, qui suffisait a renouveler les notions linguistiques et qni reposait sur l’observation des fails.

C’est Franz Bopp, né a Mayence en 1791, qui a Ie premier lire des rapprochementsMu Sanskrit avec les langues de 1’Europenbsp;un ensemble de doctrines. Après un séjour a Paris, qui étaitnbsp;alors Ie principal centre d’études orientales, et ou il avail apprisnbsp;Ie Sanskrit en grande partie seul et avec des moyens trés insuffi-sants (Ie dictionnaire de Wilson n’a paru qu’en 1819), Boppnbsp;publie en 1816, a Francfort-sur-le-Main, son premier ouvrage :nbsp;Ueher das Conjiigationssystem der Sanskritsprache, in Vergleichtingnbsp;mit jenemder grkchischen, lateinischen, persischen und germanischennbsp;Sprache, nebst Episoden des Ramajan und Mahahharat in genauennbsp;metrischen Ueberset^ungen aus dem Originaltexte und einigennbsp;Abschnitten aus den Veda’s (S”, xxxxvi-Sia p.). La grammairenbsp;comparée était créée. « Nous devons, disait Bopp, apprendre anbsp;connaitre avant tout Ie système de conjugaison du vieil indien,nbsp;parcourir en les comparant les conjugaisons du grec, du latin,nbsp;du germanique et du persan ; ainsi nous en apercevrons l’iden-tité, en mème temps nous reconnaitrons la destruction progressive et graduelle de 1’organisme linguistique simple et nousnbsp;observerons la tendance a Ie remplacer par des groupementsnbsp;mécaniques, d’oü a résulté une apparence d’organisme nouveau,nbsp;lorsqu’on n’a plus reconnu les éléments de ces groupes ». Dèsnbsp;ce premier ouvrage, l’objet essentiel des recherches de Bopp estnbsp;fixé ; il rapproche les formes grammaticales des diverses languesnbsp;indo-européennes, en se servant particulièrement du Sanskrit,nbsp;et sa justesse de coup d’oeil a eet égard est admirable; mais lesnbsp;rapprochements ne sont pour lui qu’un moyen, et ce qu’il senbsp;propose avant tout, c’est d’expliquer les formes en en détermi-nant l’aspect Ie plus ancien, Ie moins mutilé, Ie plus primitilnbsp;qu’il est possible. Déja dans ce livre, Bopp explique Ie futur ennbsp;~sya- du Sanskrit par Taddition du verbe « être », skr. as-, a lanbsp;racine verbale : c’est Ie premier essai de ces explications parnbsp;agglutination qui devaient tenir tant de place dans 1’oeuvre ulté-rieure de Bopp ; 1’analyse imaginaire, mais alors usuelle, dunbsp;Verbe en copule et prédicat lui faisait d’ailleurs paraitre naturelle

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une division de skr. tap-sya-ti « il briilera » en « il sera brülanl». La comparaison des langues atlestées donne a ses yeux un moyennbsp;de remonter a un état primitif oü les formes grammaticales senbsp;laissent expliquer direclement et ou il est possible de les analyser ; en ce sens, Bopp est encore un homme du xviiiquot; siècle;nbsp;il pretend remonter au commencement même des choses dontnbsp;les progrès de la science cféée par lui ont fait comprendre a sesnbsp;successeurs qu’on pouvait seulement connaitre Ie développementnbsp;historique. La determination de l’identité fondamentale desnbsp;langues indo-européennes n’est done pas pour lui la fm de lanbsp;grammaire comparée, et il ne voit dans les changements qui senbsp;sont produits depuis l’époque d’unité qu’une déchéance progressive. Bopp a trouvé la grammaire comparée en cherchant anbsp;expliquer 1’indo-européen, a peu pres comme Christophe Colombnbsp;a découvert 1’Amérique en eberebant la route des Indes.

Appelé a rUniversité de Berlin en 1821 sur la recommanda-tion de Guillaume de Humboldt, Bopp poursuit dès lors régu-lièrement ses recherches. II en expose les premiers résultats dans une série de six mémoires, présentés de 182/i a i833 k l’Aca-démie de Berlin, qui portent en commun Ie titre bien caracté-ristique de Analyse comparative du Sanskrit et des langues congé-nères. Dès ce temps la publication de grammaires lituaniennes etnbsp;Ie développement de la pbilologie slave lui donnent Ie moyennbsp;de joindre Ie balto-slave au Sanskrit, au grec, au latin et au ger-manique ¦, Ie déchiffrement du zend par les méthodes rigoureusesnbsp;d’Eugène Burnouf permettait au même moment de remplacer Ienbsp;persan par une langue iranienne beaucoup plus archaïque, cellenbsp;de l’Avesta. En i833 parait la première livraison dela grammairenbsp;comparée du Sanskrit, du zend, du grec, du latin, du lituanien,nbsp;du gotique et de l’allemand, qui ne devait être terminée qu’ennbsp;1849; Ie vieux slave figure sur Ie titre a partir du second volume ; Ie debut de la préface de ce livre (cité ici d’après la bellenbsp;traduction de Bréal) donnera des vues de l’auteur l’idée la plusnbsp;precise ; « Je me propose de donner dans eet ouvrage unenbsp;description de l’organisme des différentes langues qui sont nom-mées sur Ie titre, de comparer entre eux les faits de même nature,

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DEVELOPPEMENT DE EA. GRAMMAIRE COMPABEE

d’étudier les lois physiques et mécaniques qui régissent ces idiomes et de rechercher l’origlne des formes qui expriment lesnbsp;rapports grammaticaux. II n’y a que Ie mystère des racines ou,nbsp;en d’autres termes, la cause pour laquelle telle conception primitive est marquee par tel son et non par tel autre, que nous nousnbsp;abstiendrons de pénétrer... A la réserve de ce seul point, nousnbsp;chercherons a observer le langage en quelque sorte dans son eclo-sion et dans son développement... La signification primitive etnbsp;par conséquent I’origine des formes grammaticales se révèlentnbsp;la plupart du temps d’elles-mêmes, aussitót qu’on étend le eerdenbsp;de ses recherches et qu’on rapproche les unes des autres lesnbsp;langues Issues de la même familie, qui, malgré une séparationnbsp;datant de plusieurs milliers d’années, portent encore la marquenbsp;irrécusable de leur descendance commune. »

Bopp a créé ainsi de toutes pieces la grammaire comparée des langues indo-européennes ; il a vu Ia plupart des rapprochements qu’on peut faire entre les formes grammaticales des diverses langues et, a ce point de vue, n’a plus laissé qu’é glaner anbsp;ses successeurs ; aucune des langues de la familie n’a échappé anbsp;son attention; il fait figurer l’arménien dans le titre de la seconde edition de la grammaire comparée (iSBy-iSfii); il anbsp;publié sur le vieux prussien et sur l’albanais des mémoires par-ticuliers ; il n’a pas négligé le celtique même. — Toutefois sinbsp;pénétrante qu’ait été son intuition, si large qu’ait été le champnbsp;de ses recherches, il laissait beaucoup k faire. II a eu le méritenbsp;de se tenir aux faits positifs en évitant les généralités vagues ; etnbsp;par la il a renouvelé l’étude des langues; mais, faute d’idéesnbsp;générales, il n’a pas pris nettement conscience de sa méthode, etnbsp;il lui est arrivé d’attribuer a la familie indo-européenne les languesnbsp;malayo-polynésiennes et les langues caucasiques du Sud qui n’ynbsp;appartiennent pas. II s’est attaché presque exclusivement a lanbsp;morphologic — qui est en effet 1’élément le plus stable de lanbsp;langue — et, dans la morphologie, a 1’analyse de la flexion ;nbsp;mais il a négligé l’étude de revolution phonétique et les regiesnbsp;qui y président; il n’a examine ni 1’emploi des formes, ni lanbsp;structure de la phrase. Après Bopp, il restait a suivre le déve-

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loppement de chaque langue dans Ie détail, a constituer la pho-nétique, la théorie de l’emploi des formes et de la phrase, a poser des regies rigoureuses, et surtout a éliminer les spécula-tions vaines sur les origines, ou Bopp poursuit des idéés anciennes bien plus qu’il n’est un initiateur.

Ge grand travail a commencé du vivant mème du maitre, et dès Ie moment oü onl été publiés ses premiers travaux.

En mème temps que Bopp, et d’une manière indépendante, Ie Danois Bask avait reconnu la parenté des langues germaniquesnbsp;avecle grec, Ie latin et Ie balto-slave, et exposé cette doctrine dansnbsp;une étude, intitulée Recherches sur Ie vieux norrois {Undersögelse omnbsp;det gamle Nordiske), qui était achevée dès i8i4) mais qui a parunbsp;seulement en r8i8, a Copenhague, et dontla seconde partie a éténbsp;traduite et a paru en allemand dans les Vergleichungstafeln dernbsp;europciischen Stammsprachen de Vater, sous Ie titre de : üeher dienbsp;thrakiscke Sprachclasse (Halle, 1822). Rask a vis-a-vis de Bopp lanbsp;grave infériorité de ne pas faire intervenir Ie Sanskrit; mais ilnbsp;démontre 1’identité originelle des langues qu’il rapproche, sans senbsp;laisser aller a de vaines tentatives d’explication des formes primitives ; il est satisfait quand il a pu constater que « chaque terminaisonnbsp;de la langue islandaise semble se retrouver plus ou moins claire-ment en grec et en latin », et, a ce point de vue, son livre estnbsp;plus scientifique, plus rigoureux, plus moderne que ceux de Bopp.

Tandis que Bopp a toute sa vie négligé les idéés générales pour s’attacher a la détermination des détails précis, Guillaumenbsp;de Humboldt au contraire n’a guère exposé dans ses publicationsnbsp;que des idéés générales ; mais outre Taction personnelle qu’il anbsp;eue en favorisant de sa puissante influence Ie développement denbsp;la grammaire comparée, il a contribué a diriger les recherches ,'nbsp;partant de l’idée que la langue est une activité, une èvépYeia, etnbsp;non un spyov, il voyait dans Tidiome de chaque population lanbsp;manifestation caractéristique de son activité intellectuelle, et ilnbsp;estimait par suite que toute langue devait être étudiée pour elle-même. Les faits que ces observations ont mis en évidence n’ontnbsp;pas permis de déterminer les caractères propres de Tactivité psy-chique de chaque peuple, comme 1’espérail G. de Humboldt;

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DÉVELOPPEMENT DE LA GRAMMAIRE COMPARÉE

mals Pexamen des choses telles qu’elles sont et des particularités propres de chaque idiome a about! a la creation d’une sciencenbsp;rigoureuse et precise.

Gomme il était naturel puisque la transformation de la lin-guistique était faite par des savants de langue germanique, c’est Ie groupe des langues germaniques qui a été Ie premier étudiénbsp;suivant les nouvelles méthodes. Déja en i8ii, Ie Danois Rasknbsp;écrit dans la preface de sa grammaire islandaise : « Une gram-maire n’a pas a ordonner comment on dolt former les mots, maisnbsp;a décrire comment ils sont formés et comment ils changent »,nbsp;et, en rendant compte de ce livre en 1812, Jacob Grimm (né ennbsp;1795, mort en i863) écrivait ; « ïoute Individualité doit êtrenbsp;tenue pour sacrée, même dans Ie langage ; ii est a souhaiter quenbsp;chaque dialecte, fut-ce Ie plus petit, Ie plus méprisé, soit aban-donné a lui-même, que toute violence lui soit épargnée, car il anbsp;certainement ses supériorités cachées sur les plus grands et lesnbsp;plus es times. » Suivant ce principe il fallait s’attacher a décrirenbsp;Ie plus précisément possible chacune des formes du germanique,nbsp;et surtout les formes les plus anciennes oü, conformément auxnbsp;idéés de ce temps — Grimm est un romantique, — on s’atten-dait a trouver l’esprit national dans sa pureté, la langue dans sanbsp;perfection native. La grammaire allemande de Grimm, dont Ienbsp;premier volume a paru en 18 [g (quatorze ans avant Ie premiernbsp;volume de la grammaire comparée de Bopp), a été la premièrenbsp;description de tout un groupe de dialectes depuis les formes lesnbsp;plus anciennes qui soient attestées, et a par la servi de modèle auxnbsp;études qu’on a faites ensuite des autres groupes de dialectes at-testés par des documents anciens ; les détails les plus délicats ynbsp;sont relevés avec Ie soin ou, pour mieux dire, avec la plété d’unnbsp;dévot; mais Ie jeu subtil et infiniment complexe d’actions et denbsp;reactions par lesquelles s’expliquent les faits linguistiques n’estnbsp;pas encore mis en lumière ; c’est un recueil d’observations plutótnbsp;que d’explications. Les lois de la lautverschiebung, en vertu des-quelles tout Ie syslème consonantique a été pour ainsi direnbsp;transposé d’un degré, germ, ƒ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h répondant a gr. tc, t, a ou

lat. p, t, k-, germ, p, t, k k gr. g, 3, y, lat. b, d, g; ht all.

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4i6 APPENDICES

d a got. etc., sont reconnues et exposees en x8i8 par Rask, en 1822 par J. Grimm lui-même; elles donnent le premier exemplenbsp;et le premier modele des « lois phonétiques » sur la connaissancenbsp;desquelles repose au fond la linguistique historique moderne;nbsp;elles out été le fruit de 1’observation précise des dialectes et denbsp;la recherche des traits origlnaux qui caractérisent chaque langue.

Pott (1802-1887), de onze ans plus jeune que Bopp, a profite des travaux de ses devanciers, mais il s’est choisi dès 1’abordnbsp;son domaine propre, I’etymologie, et il y a travaille d’une ma-nière indépendante, en y apportant une merveilleuse erudition,nbsp;qui n’était du reste pas bornée aux langues indo-européennes. Lanbsp;première edition de ses Etymologische Forschungen est de i833 pournbsp;le premier volume, de i836 pour le second, contemporaine parnbsp;consequent de la première edition de la grammaire de Bopp.nbsp;Sans régies précises de correspondances entre les langues rap-prochées, I’etymologie n’est qu’un jeu d’esprit et ne comportenbsp;pas de démonstrations; Pott I’a vu, et dès i833, il écrit cesnbsp;phrases décisives : « la lettre est un guide plus sur dans le laby-rinthe de I’etymologie que la signification, souvent sujette auxnbsp;sauts les plus hardis » et : « I’exposition qu’a faite Grimm desnbsp;transformations phonétiques dans les langues germaniques a plusnbsp;de valeur a elle seule que plusieurs philosophies du langage ».nbsp;Pott a créé a la fois l’étymologie et la phonetique comparée desnbsp;langues indo-européennes; et, ce qui montre les progres de lanbsp;méthode linguistique en peu d’années, son oeuvre renferme déjinbsp;relativement moins de parties caduques que celle de Bopp.

En même temps que la grammaire comparée était créée, plusieurs philologies se constituaient: celles du Sanskrit, de I’iranien ancien, du germanique, du slave, etc. ; elles ont profité desnbsp;nouvelles méthodes linguistiques et ont contribué chacune pournbsp;leur part au rapide progrès de la nouvelle discipline. L’interpre-tation de PA vesta, créée par Burnouf avec une sureté de méthodenbsp;OÜ la force du bon sens touche au génie, et le déchiffrement desnbsp;inscriptions en vieux perse permettaient de compléter et de préciser le temoignage du Sanskrit sur Pindo-iranien, c’est-è-direnbsp;celui des dialectes qui éclaire le plus Pindo-européen.

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DÉVELOPPEMEIVT DE LA CRAMMAIRE COMPARÉE nbsp;nbsp;nbsp;4l7

La phllologie classique s’est montrée longtemps plus rebelle : on n’en dolt pas être surpris ; aujourd’hui encore, beaucoup denbsp;philologues classiques ignorent la grammaire comparée ou, lors-qu’ils essaient de l’apprendre, en pénètrent médiocrement lanbsp;méthode. Lorsque la grammaire comparée s’est fondée, la philo-logie classique était déja en plein renouvellement; après Wolfnbsp;(1769-1824) qui avait commencé a étudier la philologie pournbsp;elle-même et s’était inscrit a l’Université comme studiosusphilolo-giae, des hommes tels que G. Hermann (1772-1848), chef denbsp;l’école proprementphilologique, etA. Boeckh (1786-1867), véri-table fondateur de l’école « archéologique » et initiateur desnbsp;grands recueils d’inscriptions, ne se sont pas intéressés a la grammaire comparée OU mème lui ontété hos tiles : il leur était péniblenbsp;de voirdes nouveaux venus prononcer sur des questions de grammaire grecque ou latine, 4 l’aide de langues mal connues et aunbsp;nom de méthodes impossibles a contróler pour un helléniste ounbsp;un latiniste et d’ailleurs encore peu définies ; les comparatistesnbsp;inspiraient d’autant moins de confiance que leurs connaissancesnbsp;en philologie classique manquaient souvent de precision (Boppnbsp;était un médiocre latiniste) et qu’ils négligeaient la syntaxe, sinbsp;essentielle aux yeux d’un philologue. Gette mauvaise humeur,nbsp;bien explicable, n’empêche pas que les travaux de ces savants etnbsp;de lenrs disciples n’aient beaucoup profité a la grammaire comparée. Buttmann a pu ignorer toujours que l’a dorien représentenbsp;l’état panhellénique et 1’y) ionien une altération récente dans Ienbsp;contraste entre dor. la-caiAi et ion. att.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;! mais sa gram

maire grecque (1quot;“ édit. 1819 — 2® édit. i83o) a été trés utile aux comparatistes, de même que les travaux de Lobeck, disciplenbsp;de G. Hermann, etla réédition du Thesaurus grec d’Henri Estiennenbsp;par la maison Didot de Paris (de t83i a 1866) sous Ia directionnbsp;de Hase et avec la collaboration de quelques'autres savants alle-rnands. Pour n’avoir pas été inspirés par les méthodes de lanbsp;grammaire comparée, ces ouvrages qui apportaient de richesnbsp;collections de faits exacts n’en ont pas moins largement contribuénbsp;a en déterminer les progrès.

En 1862 a été fondée la Zeitschrift fiir vergleichende Sprach-

A. Meili.et. nbsp;nbsp;nbsp;2-

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AtPESmCES

forschung par Adalbert Kuhn, dont 1’activité personnelle a eu pour principal objet la mythologie comparée : quand on en par-court Ie premier volume, on est frappé de tout ce que les principes ont encore dellottant et d’incertain ce moment. Une nouvelle génération de linguistes allait les préciser et les fixer, et lesnbsp;volumes suivants de eet important périodiqué révèlent un progrèsnbsp;continu de la méthode linguistique.

A. Schleicher (1821-1868) est animé d’un tout autre esprit que Bopp. Bopp était un philologue qui rapprochait les unes desnbsp;autres les formes grammaticales des anciennes langues indo-européennes; Schleicher, pénétré des méthodes des sciencesnbsp;naturelles, a été en quelque sorte un naturaliste qui a systéma-tisé les faits acquis et s’est attaché a poser des lois générales. Dèsnbsp;ses débuts, il s’applique a la phonétique, et, dans ses Sprachver-gleichende Untersuchungen (x8/i8), il essaie de déterminer lesnbsp;régies d’évolution des groupes qui comprennent un y ; il veutnbsp;poser des lois valables universellement, et non pas propres a tellenbsp;OU telle langue, tentative alors prématurée, mais qui devait ètrenbsp;reprise un jour.

II ne se borne pas aux langues anciennes : un séjour dans la Lituanie prussienne lui donne Ie moyen d’étudier la plus ar-chaïque de toutes les langues indo-européennes actuellementnbsp;parlées, Ie lituanien, et, en i856, il publie a Prague sa gram-maire lituanienne, qui est aujourd’hui encore la description lanbsp;mieux ordonnée de cette langue. La phonétique est ici étudiéenbsp;pour elle-même, au même titre que la formation des mots et lanbsp;flexion; Ie chapitre qui lui est consacré a 79 pages contre 85nbsp;accordées a la flexion ; et comme elle repose sur une observationnbsp;directe de la langue parlée, et non sur 1’examen des vieux textes,nbsp;elle porte, innovation décisive, sur Varticulation et les change-ments d’articulation, non sur les lettres et les correspondencesnbsp;de lettres d’une langue a 1’autre. Une syntaxe détaillée complétenbsp;cette grammaire, vraiment admirable, qui a fait prendre au lituanien la place qui lui revient dans la comparaison des languesnbsp;indo-européennes. L’année suivante, en 1867, Schleicher publie

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DÉVEtOPPËMENT DE EA GRAMMAIHÈ COMPARiïE nbsp;nbsp;nbsp;4 IQ

les matériaux sur lesqiiels reposait la grammaire, son précieux recueil de contes, de chansons, d’énigmes et de proverbes litua-niens, acccompagné d’un glossaire ; aux langues littéraires étu-diées jusqu’alors se joignait enfin une vraie langue populaire. Etnbsp;par Ie sujet, et par la manière dont il est traité, Ie Handhuch dernbsp;litauischen Sprache marque dans Ie développement de la gram-maire comparée une date.

Du fait que Ie développement linguistique était tenu par Schleicher pour soumis a des régies fixes et constantes, résultaitnbsp;la possibilité de remonter des langues historiquement attestées anbsp;une forme plus ancienne, la forme commune supposée par lesnbsp;concordances qü’on y observe ; Schleicher a été Ie premier anbsp;tenter de restituer l’indo-européen et d’en suivre Ie développement sur chaque domaine ; c’est l’objet du Compendium der ver-gleichenden grammatik der indogermanischen sprachen. Kurxer abrissnbsp;einer laut-und fornienlehre der indogermanischen ursprache, des alt-indischen, alteranischen, altgriechischen, altitalischen, altkeltischen,nbsp;altslavjischen, litauischen uud altdeutschen. La 1’'“ édition a parunbsp;en i86r — l’année même oü a été terminée la 2' édition de lanbsp;grammaire de Bopp — et l’ouvrage répondait si bien a unnbsp;besoin urgent que, en moins de i5 ans, il en a été publié troisnbsp;autres éditions. La phonétique occupe tout un tiers de l’ouvrage;nbsp;les explications de formes indo-européennes, qui étaient pournbsp;llopp I’essentiel, figurent encore, mais ne jouent plus qu’un rólenbsp;secondaire. Bopp et Pott avaient fait les rapprochements etnbsp;institué la comparaison : Schleicher a posé la langue commune,nbsp;en a déterrainé les traits essentiels et 1’évolution ; il a eu Ie tortnbsp;de voir dans cette évolution une pure decadence, il n’a pas sunbsp;ètre toujóurs fidéle au principe de la régularité qu’il admettaitnbsp;d’une manière générale, mais la méthode qu’il a créée a été désnbsp;lors celle de tous les linguistes et a dominé Ie développementnbsp;ultérieur de la science.

Peu d’années après Ik publication du Compendium, en 1868, Pick offrait au public la première édition de son dictionnairenbsp;étymologique de la langue indo-européenne. Chacun des rapprochements indiqués y était déja défini par un prototype indo-

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europeen : la notion de 1’indo-européen avait done pris corps d’une manière définitive, et pour ainsi dire matériellement. Getnbsp;ouvrage a eu depuis trois autres editions (le iquot;'' volume de la 4*,nbsp;dü Fick lui-meme, est daté de 1890), que I’auteur a tenuesnbsp;au courant avec une singulière jeunesse d’esprit.

Gependant, le materiel de faits sur lequel repose la grammaire comparee s’élargissait, se complétait et se précisait sur tous lesnbsp;domaines.

G’est du Sanskrit classique que Ton s’etait servi dans les premiers temps de la grammaire comparee ; les publications san-skrites de Bopp (grammaire, glossaire, textes) portent unique-ment sur la langue classique, etde même celles de W. Schlegel, Lassen, Burnouf. En i848, Benfey publie son édition du Sania-veda, avec traduction et glossaire; en 1849, Müller commence son édition du l^gveda ; en f85i-63, Aufrecht donne unenbsp;nouvelle édition plus manlable du même texte; en 1849-59, lenbsp;Qatapathabrdhwana est édité par les soins de A. Weber; ennbsp;i856, VAtharvaveda, par Roth et Whitney : vers i86o, lesnbsp;principaux textes védiques étaient publiés. La grammaire compléte de Benfey (i852) tient compte de la langue védique.nbsp;Enfin le monumental diclionnaire de Saint-Pétersbourg, parnbsp;Böhtlingk et Roth, embrasse tout le vocabulaire Sanskrit depuisnbsp;les plus anciens textes védiques. — L’Avesta était édité a la mêmenbsp;époque par Westergaard (i852) et par Spiegel (i853-i858), etnbsp;en 1864 Justi donnait dans son Manuel de la langue zende unnbsp;recueil complet de tous les mots et de toutes les formes grammaticales- de I’Avesta. — D’autre part, le déchiffrement des inscriptions achéménides a été achevé vers i85o. — Dés lors tous lesnbsp;plus anciens documents de l’indo-iranien étaient é la dispositionnbsp;des linguistes; on pouvait utiliser les hymnes du ^gveda pournbsp;1’Inde et, pour la Perse, la reproduction immédiate de longsnbsp;morceaux émanés de la chancellerie même de Darius et de sesnbsp;successeurs, ainsi que les gathas de 1’Avesta ; et ces textes d’unenbsp;authenticité certaine présentent les formes grammaticales les plusnbsp;variées et les plus archaïques. II suffisait de tirer parti de ces ma-tériaux pour renouveler presque toutes les questions.

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DEVELOPPEMENT DE LA GRAMMAIRE COMPAREE

La philologie classique avait ignore la grammaire comparée ; niais 1’étude des dialectes, a laquelle l’impulsion était donnée parnbsp;Ie beau livre d’Ahrens De graecae linguae dialectis (1839-184 3)nbsp;et qu’imposait la découverte de nombreuses inscriptions dialec-tales, mettait en évidence les inconvénients de ce parti pris : lesnbsp;formes que présentent les divers parlers ne s’expliquent pas lesnbsp;lines par les autres, tandis qu’on en rend compte aisément ennbsp;remontant au grec commun et a I’indo-européen. G’est Georgnbsp;Curtins (1820-1885) qui a eu Ie mérite de faire connaitre lanbsp;grammaire comparée aux philologues classiques et d’introduirenbsp;en linguistique les résultats que les hellénistes avaient obtenus.nbsp;Ses Grund^üge der griechischen Etymologie (1858-1862) ont été Ienbsp;premier bon dictionnaire étymologique d’une langue ancienne :nbsp;les rapprochements y sont mieux contrólés, les fails pliilolo-giques plus complèternent indiqués que dans Ie Griechisches Wur-Zellexihon, déja précieux, de Benfey (paru en 1839-1842).nbsp;G. Gurtius n’a apporté aucune idéé générale essentiellement nouvelle ; mais par ses connaissances philologiques et par son effortnbsp;pour expliquer le détail de la langue grecque au moyen de lanbsp;grammaire comparée, il a contribué aux progres de la sciencenbsp;d’une manière éminente et a accompli une oeuvre qui était nécessaire : le succes de son dictionnaire étymologique grec, qui anbsp;eu cinq editions (la dernière en 1879), et la fécondité de sonnbsp;enseignement attestent le róle qu’il a joué.

Pour le latin, Corssen a fait, avec moins de talent, ce que Gurtius a fait pour le grec. La Grammatica celtica de Zms?,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;

rééditée en 1871 par Ebel) a fondé la linguistique celtique. Enfin les publications de Schleicher et surtout de Miklosich fontnbsp;connaitre le vieux slave ; le Lexicon palaeoslovenico-graeco-latinumnbsp;de Miklosich a paru en 1862-1865. D’autre part les belles recherches de M. Thomsen sur les mots germaniques empruntésnbsp;par le finnois montraient ce que Ton peut lirer des empruntsnbsp;pour éclairer l’histoire des langues (1870).

De tous cótés, on le voit, les fails précis afiluaient, et surtout, au lieu d’envisager des formes relativement récentes des langues,nbsp;on remontait aux plus anciens documents de chacune.

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422 APPENDICES

Deux traits principaux résument tout ce developpement de la grammaire comparée : la constitution de la notion de I’indo-europeen par Schleicher, et un large accroissement du nombre,nbsp;de la précision et de l’antiquité des faits considérés.

G’est seulemeiit a la fin de cette période que la grammaire comparée des langues indo-européennes, jusque-la cultivée parnbsp;les seuls savants allemands (et par quelques Danois tels quenbsp;Rask, M. Thomsen), a commencé de se repandre hors de 1’Alle-magne. De 1866 a 1872, Michel Breal traduit en frangais lanbsp;grammaire de Bopp, en la faisant précéder d’introductions lumi-neuses; et c’est aussi en 1866 que se constitue définitivement lanbsp;Sociéto de linguistique de Paris; en 1876, Breal publie unenbsp;edition, une traduction et une étude complete des tables eugubines.

Au moment OÜ la grammaire comparée se répandait ainsi, allait s’ouvrir une nouvelle période de son développement.

Par Ie fait qu’on étudiait toute la succession des textes depuis les plus anciens jusqu’aux parlers modernes et qu’il se consti-tuait des grammaires comparees des langues neo-latines (Diez,nbsp;G. Paris, M. Schuchardt), des langues slaves (Miklosich), desnbsp;langues germaniques, etc., se perdait peu a peu 1’idée quel’expli-cation des formes primitives serait I’objet essentiel des recherchesnbsp;linguistiquos, et Ton s’attachait avant tout a suivre revolution denbsp;chaque langue. L’etude, poussée toujours plus avant, des languesnbsp;modernes, sous toutes leurs formes, permettait de se faire unenbsp;idee plus juste du développement linguistique, et I’indo-europeennbsp;allait apparaitre comme une langue relativement ancienne, nonnbsp;comme une langue primitive. D’autre part, l«s procédés de demonstration qu’on emploie pour établir des faits positifs relativement a 1’histoire des langues ne sauraient servir a prouvernbsp;1’exactitude des analyses de formes indo-européennes, et, au furnbsp;et a mesure que ces procédés devenaient plus rigoureux, on pou-vait moins se dissimuler l’impossibilité de fournir une preuve ennbsp;matière d’explication des formes grammaticales de l’époque indo-européenne. Après 1876, ces explications ne tiennent plus denbsp;place dans les publications nouvelles: la scission entre les con-

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DEVELOPPEMENT DE LA GRAMMAIRE COMPAREE

ceptions du xyiii' siècle et celles de la grammaire comparée était definitive. La grammaire comparée des langues indo-européennesnbsp;n’a plus pour objet une prétendue période organique, une périodenbsp;de formation dont on ne sait rien ; elle poursuit simplement dansnbsp;un passé un peu plus reculé les recherches des romanistes, desnbsp;germanistes, des celtistes, des slavistes, des iranistes, etc., ennbsp;obtenant des résultats de même ordre et par les mêmes méthodes.

D’autre part, l’étude précise des formes prises par une même langue a chaque moment en chaque region montrait que lesnbsp;changements ne se produisent pas d’une manière sporadique etnbsp;arbitraire, mais qu’ils sont soumis a des regies.

Les progrès de la grammaire comparée faisaient apparaitre des ¦ regies de correspondances fixes la oü une vue superficielle nenbsp;montre qu’anomalie. Des i863, dans Ie volume XII de Ia Zeit-schrift de Kuhn, Ie mathématicien Grassmann avail exposé comment s’explique 1’anomalie apparente de la correspondance skr.nbsp;b, gr. t:, got. b dans un cas tel que skr. hódhate « il observe »,nbsp;hom. izeódexM « il se renseigne », got. -biudan « ordonner » ;nbsp;cette explication a élé reproduite ci-dessus p. aS et suiv.

Les occlusives sourdes p, t, k de Tindo-européen sont repré-sentées en germanique entre sonores (voyelles ou sonantes pro-prement dites) tantot par f, h, tantót par t, d, y (got. b, d, g); on s’est longtemps borné a constater ce double traitement;nbsp;en 1877, dans Ie volume XXIII de la Zeitschrift de Kuhn, Ienbsp;Danois K. Verner démontre que la spirante sourde est conservéenbsp;si la tranche vocalique précédente répond a une tranche toniquenbsp;sanskrite (ou grecque), qu’elle devient sonore si cette tranchenbsp;est atone ; a skr. bhrAtd « frère », gr. fpóc':lt;i)p, Ie gotique répondnbsp;par bro^ar « frère », tandis qu’il a fadar « père » en regard denbsp;skr. pita, gr. %ixvqp.

Cette découverte qui, en même temps qu’elle établissait la persistance du ton indo-européen en germanique commun, ren-dait compte de plusieurs séries de faits de la grammaire germanique, apportait une confirmation éclatante a la doctrine quenbsp;Leskien avait formulée l’année précédente dans son livre sur la

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424 API’ENDICES

déclinaison en balto-slave (Leipzig, 1876) ; « Dans la recherche, je suis parti du principe que la forme qui nous est transmiss d’unnbsp;cas ne repose jamais sur une exception aux lois phonétiques sui-vies par ailleurs... Admettre des deviations arhitraires, fortuites,nbsp;impossibles a coordonner, c’est dire au fond que I’objet de lanbsp;recherche, la langue, est inaccessible a la science. » Le principenbsp;était dans I’air; il était en effet le terme dernier des tendances denbsp;Schleicher et de Gurtius ; Scherer I’avait déja indiqué en 1875 ;nbsp;Osthoff et Brugmann lui donnaient la forme la plus rigoureusenbsp;dans la preface du premier volume de leurs Morphologische Unter-suchungen (1878) : « Tout changement phonétique, en tant qu’ilnbsp;procédé mécaniquement, s’accomplit suivant des lois sans exceptions, c’est-a-dire que la direction du changement phonétique estnbsp;toujours la même chez tous les membres d’une même commu-naute linguistique, sauf le cas de separation dialectale, et quenbsp;tous les mots dans lesquels figure le son soumis au changementnbsp;sont attaints sans exception. » Ce principe a provoque desnbsp;I’abord de vives discussions, et la valeur theorique n’en pourranbsp;être entièrement déterminée que le jour ou la nature exacte etnbsp;les causes des changements phonétiques auront été reconnues.nbsp;Mais il était en gros conforme aux faits observés dans le déve-loppement des langues modernes (romanes, germaniques,nbsp;slaves, etc.) et notamment des parlers locaux, des patois, vrainbsp;dans 1’ensemble et tres propre a servir de regie de méthode : ilnbsp;a dominé toutes les recherches faites depuis, et même ceux desnbsp;linguistes qui, comme M. Schuchardt, font des réserves sur sanbsp;portée théorique l’appliquent en pratique; les travaux ou il n’ennbsp;est pas Gonstamment tenu compte sont négligeables.

L’attention que les linguistes s’étaient mis a accorder aux procédés physiologiques de 1’articulation, et dont les Grund:^ügenbsp;der Phonetik de M. Sievers (i''® édit. 1876), étaient un brillantnbsp;témoignage, conduisait d’ailleurs a traiter la phonétique avec unenbsp;rigueur jusqu’alors inconnue.

Le principe de la constance des lois phonétiques a renouvelé toutes les conceptions sur le système phonétique de l’indo-euro-péen.

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DEVELOPPEMEST DE LA GRAMMAIRE COMPAREE /j35

Après Bopp, Schleicher .avail admis que l’indo-européen avail Irois voyelles : a, i, u, comme Ie sémilique (a en juger parnbsp;l’arabe). Dès i864, Curlius remarquait que, dans cerlains motsnbsp;Iels que lat. decent, gr. Séxa, v. sax. tehan, etc., toutes lesnbsp;langues d’Europe s’accordent a présenter e en regard de Va denbsp;skr. délf a ; mais on se bornait a conclure de la que les languesnbsp;d’Europe avaient a un moment donné formé une unite, en unnbsp;temps oü l’indo-iranien s’étaitdéja isolé. Dans son grand ouvragenbsp;sur Ie vocalisme, paru en 1871-1875, Joh. Schmidt (1843-1901),nbsp;Ie principal disciple direct de Schleicher, n’avait élucidé que desnbsp;questions de détail. Vers 1874, on sent de tous cótés l’impossi-bilité d’admettre qu’un phoneme unique se seinde en plusieursnbsp;autres, dans une même situation, sans causes définies. De 1874nbsp;a 1876, Amelung et, en 1876, K. Brugmann (1849-1919) re-connaissent que la distinction de e, o, et a, telle qu’elle apparaitnbsp;en grec e, o, a, en italique e, o, a, en celtique e, o, fl, et, avecnbsp;confusion de o et de a, en germanique et en balto-slave, repré-sente 1’état indo-européen; l’indo-iranien avail d’ailleurs, d’aprèsnbsp;Brugmann, une trace de l’existence de i.-e. *0 en ceci que c’estnbsp;a et non d qui répond, dans nombre de formes grammaticales,nbsp;a gr. o, lat. o, etc. ; par malheur cette doctrine était incer-taine, et Ie caractère purement phonétique de eet d indo-iraniennbsp;ne parait pas admissible. G’est une autre observation qui a fourninbsp;la preuve décisive du fait que la distinction de ^ et de o estnbsp;indo-européenne : a 4, ^ du lituanien, Ie Sanskrit répond tantótnbsp;par k, g, gh, tantot par c, j, h, et l’iranien tantót par h, g,nbsp;tantót par c, on s’apergolt de toutes parts vers 1877 que skr.nbsp;k, zd k apparaissent devant un a' indo-iranien qui répond a anbsp;OU o des autres langues, et skr. c, zd c devant un a indo-iranien qui répond a un c des autres langues; ainsi skr. canbsp;« et » = gr. T£, lat. que, mais kcih « qui ? » = lit. kets ; l’obser-vation est puhliée pour la première fois par M. Colli tz et parnbsp;F. de Saussure, enseignée par J. Schmidt, Tegnér (en Suède),nbsp;Verner et M. V. Thomsen (en Danemark). Du coup, Ie vocalisme du grec et de l’osque se révélait comme Ie représentantnbsp;fidéle du vocalisme indo-européen, et il devenait nécessaire de

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426 APPENDICES

faire toujours reposer la grammaire comparée sur la comparaison de toutes les langues; I’indo-Iranien perdait son importancenbsp;prépondérante; en même temps, comme la seule grande parti-cularité commune a toutes les langues d’Europe et étrangère anbsp;1’indo-iranien se trouvait ainsi conforme a I’etat indo-europeen,nbsp;il n’y avait plus lieu d’admettre une période d’unité européennenbsp;postérieure a la séparation de l’indo-iranien. Toutes les spécula-tions sur Ie caractère primitif des trois voyelles fondamentales a,nbsp;i, u étaient écartées. Enfin Ie principe de la constance des loisnbsp;phonétiques était confirmé : a ne s’est pas scindé arbitrairementnbsp;en a, e, o dans les langues d’Europe ; Ie double traitement k etnbsp;c de 4 en indo-iranien a ses conditions définies; des lors on anbsp;lenu pour invraisemblable a priori tout scindement arbitraire.

Le consonantisme indo-européen se compliquait en même temps. Schleicber n’attribuait a l’indo-européen qu’une seulenbsp;série de gutturales. Mais un éminent linguiste italien (mort ennbsp;1907), Ascoli, a reconnu deux séries de correspondances dis-tinctes :

skr. k{c) — lit. k = lat. qu — gr. r. (t)

Fick, M. L. Havet et J. Schmidt ont ainené a la pleine clarté l’idée que l’indo-européen avait deux séries de gutturales et quenbsp;ces deux séries sont des phonemes distincts tout autant que lesnbsp;labiales et les dentales. Gomme ces phonèmes ont des traitementsnbsp;différents en indo-iranien, en baltique, en slave, en arménien etnbsp;en albanais d’une part, en grec, en latin, en celtique et en ger-manique de l’autre, on a pu entrevoir ainsi une distinction dia-lectale a 1’intérieur de l’indo-européen.

Des 1876, Brugmann a montré que des phonèmes indo-euro-péens définis par les correspondances : skr. a, gr. «, lat. en, got. un, lit. in, et skr. a, gr. a, lat. em, got. urn, lit. im,nbsp;ont joué dans les éléments morphologiques qui comprennent nnbsp;et m le même róle que joue skr. r dans les éléments qui com-prennent r; en d’autres termes il y a eu et *rfi, c’est-a-direnbsp;n et m voyelles, en regard de m et 1» consonnes. Gette consta-

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DEVELOPPEMEJtT DE LA GRAMMAIRE COMPAREE

tation a largement contribué au progrès des notions sur Ie voca-lisme indo-européen, en établissant combien 1’a du sanskrit et l’a du grec renferment d’éléments hétérogènes. Et surtout elle anbsp;permis de définir la notion des sonantes et de poser la théorienbsp;d’ensemble du vocalisme indo-européen.

Q’a été l’oeuvre de Ferdinand de Saussure (mort en igiS) ; son Mémoire sur Ie système primitif des voyelles dans les languesnbsp;indo-européennes, paru en 1878, a tiré toutes les conclusions desnbsp;découvertes des dernières années et posé d’une manière definitivenbsp;la théorie du vocalisme indo-européen. Les voyelles les plus fer-mées *i et *u cessaient d’être considérées comme des voyellesnbsp;et devenaient simplement les formes vocaliques do *y et *w,

exactement comme *r de V. *l *¦

formes vocaliques m, quot;n : l’indo-européen n’a proprement qu’une seulenbsp;voyelle qui apparait avec les timbres e et o ou qui manque.nbsp;Chaque élément morphologique a un vocalisme du degré e, dunbsp;degré o ou du degré sans voyelle; 1’imporlance de ces alter-nances vocaliques dans la morphologie indo-européenne était désnbsp;lors mise en pleine lumière. De l’observation des alternancesnbsp;résultait une théorie complete d’un phoneme jusque-la négligé ;nbsp;au degré sans e des adjectifs comme skr. frufaft — gr. xauio;nbsp;OU skr.tatdh — gT.-cx-ó: (de *tf}tós), des racines *kjeu- « entendre » et *ten- « tendre », répond dans la racine *stha- « senbsp;tenir », la voyelle skr. i = gr. a = lat. d de skr. sthitdh — gr.nbsp;aTxsóq ~ lat. status. Le degré sans e des racines a voyelle longuenbsp;est done un phonème que définit la correspondance skr. l — gr. lt;xnbsp;(resp. £, o) = lat. a; etc. Or, ce phonème, qu’on a désigné icinbsp;par a l’exemple de Brugmann, apparait en seconde syllabenbsp;de certaines racines comme skr. jani' ~ gr. yevs- « engendrer » :nbsp;il y a done des racines dissyllabiques; le vieux dogme du mono-syllabisme des racines indo-européennes était ruiné. En se com-binant avec une sonante précédente, le phonème *3 donne desnbsp;sonantes voyelles dites longues (sur la nature phonétique des-quelles F. de Saussure n’insistait pas et n’avait pas a insisler,nbsp;car elle n’intéresse pas le système) ; ü est M-j- s : shr. pütdhnbsp;« purifié » apparait a cóté de pdvitum « purifier », tandis que

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428 APPEXmCE

Ton a frutah « entendu » k cote de frotuni « entendre » (skr. o représentant a «); on peut done appeler *9, f les groupesnbsp;r ? : le Sanskrit a jd-tah « né » = lat. ndtus en regardnbsp;de jdni-tum « naitre », mais hd-tdh « tué » en regard de hdn-tum « tuer ». F. de Saussure etablissait ainsi le systeme completnbsp;du role joué par 3 en indo-européen.

Ses vues recevaient 4 ce même moment une intéressante confirmation d’une découverte originale faite par un savant russe, Fortunatov : le grammairien lituanien Kurschat avait reconnunbsp;que les voyelles longues et les diphtongues du lituanien sontnbsp;susceptibles de deux intonations; Fortunatov a constaté que lesnbsp;diphtongues ir, il, in, im ont 1’une ou 1’autre, suivant qu’ellesnbsp;répondent a skr. r, a ou a skr. tr (fir), a (lesquels représentantnbsp;précisément les sonantes longues de F. de Saussure) : lit. miftasnbsp;I'opond a skr. mftdh « mort » mais e’est g'lrtas « ivre » qui senbsp;trouve en face de skr. girridh « avalé » (avec un autre suffixe).nbsp;La réalité des sonantes longues était done établie par une autrenbsp;voie que celle suivie par F. de Saussure.

En même temps qu’il resumait et précisait toutes les décou-vertes antérieures sur le vocalisme, le Mémoire apportait, par une innovation capitale et décisive, un systeme cohérent quinbsp;embrassait tous les faits, mettait a leur véritable place les faitsnbsp;connus et en révélait une foule de nouveaux. Dès lors il n’étaitnbsp;pas permis d’ignorer jamais, et a propos d’aucune question, quenbsp;chaque langue forme un système oü tout se tient, et a un plannbsp;general d’une merveilleuse rigueur. Les travaux publiés depuisnbsp;sur le vocalisme, notamment par Hiibschmann et M. Ilirt, ontnbsp;précisé beaucoup de détails, mais n’ont pu que confirmer dansnbsp;]’ensemble la doctrine posee par'F. de Saussure.

Le principe de la Constance des lois phonétiques n’a pas été fécond seulement pour la phonetique même et pour la théorienbsp;du vocalisme, dont les alternances dominent la morphologicnbsp;indo-europeenne; il a déterminé a deux points de vue un progresnbsp;décisifi

Tout d’abord, il a obligé les linguistes a tenir compte de I’importance de I’analogie. Sans doute on reconnaissait d’une

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DEVEI-OPPEME^’T DE I.A GRAMM,URE COMPAREE

manière générale que 1’innovatlon analogique joue un certain role; mais, aussi longtemps que l’on admettait la possibilité denbsp;changements phonétiques sporadiques, il n’existait aucun moyennbsp;de determiner ce qui lui était dü; du jour oü l’on a su définirnbsp;quelle forme était attendue phonétiquement, il a fallu expliquernbsp;Ie reste, et Ton a vu que la plus grande partie de ce reste prove-nait d’influences analogiques. Si un ancien k est représenté ennbsp;Sanskrit par k devant a issu de *0 et devient c devant a issu denbsp;*e, on devrait avoir skr. sacate « il suit » en face de gr. eTts-rat,nbsp;mais *sakante en face de gr. iTisv-cat, lat. sequontur ; or, on a skr.nbsp;sdcante par c, ce c est du a l’analogie de sdcate ; inversement Ie r.nbsp;grec de sTOxat est dü a l’analogie de e-EOjaat, sEsvxai, etc. Ainsi,nbsp;la grande découverte relative au ^ et au c du Sanskrit imposaitnbsp;1’emploi de l’analogie dans une mesure étendue. En 1880,nbsp;M. Paul, dans la première edition de ses Principien der Sprach-geschichte, expose une théorie psychologique de l’analogie;nbsp;Osthoff (mort en 1909) et Brugmann ont donné des exemplesnbsp;d’innovations dues a l’analogie dans leurs Morphologische Unter-smhungen (1878 et suiv.; voir aussi Ie livre d’Osthoff sur Ienbsp;parfait, daté de i884), et V. Henry (mort en 1907) a, dès i883,nbsp;exposé Faction de ce facteur dans son Étude sur l’analogie ennbsp;général et sur les formations analogiques de la langue grecque.

L’analogie ne rend pas compte de tout ce qui est en contradiction avec les lois phonétiques. Beaucoup de difficultés s’expli-quent par ceci qu’il ne s’agit pas de formes indigenes, mais de formes empruntées a une langue voisine ou a un autre « dialede »nbsp;OU même k des textes littéraires. Or, chaque parler local, chaquenbsp;dialede a son développement autonome; et 1’extension d’un faitnbsp;donné n’enseigne rien sur l’extension d’un autre fait, commenbsp;l’avait montré Joh. Schmidt {Die Verwandtschaftsverhdltnisse dernbsp;indogernianischen Sprachen, 1871) et comme Ie voyaient les roma-nistes (M. Schuchardt, P. Meyer, M. Gilliéron, etc.). Le principenbsp;de la « Constance des lois phonétiques » obligeait done a analysernbsp;avec soin toutes les influences historiques dont chaque langue anbsp;conserve les traces. On a vu ainsi par exemple quele latin estpleinnbsp;de mots grecs, le germanique de mots latins, etc. Le resultat le

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/(3o APPENDICES

plus brillant de cette série d’observations est du a Hübs-chmann (mort en 1908) : en faisant Ie depart des mots empruntés i l’iranien, ce savant a montré, dans Ie volume XXIII de lanbsp;Zeitschrift de Kuhn (celui qui contient aussi Partiele de Verner,nbsp;cf. ci-dessus, p. 420), que l’arménien renfermalt un élément original irréductible a 1’indo-iranien et par suite formait un groupenbsp;é part; il a pu dés lors poser les bases de la grammaire com-parée de Tarménien.

L’application des idéés relatives a la Constance des lois plioné-tiques, au système vocalique, a l’analogie, aux dialectes et aux emprunts, et les découvertes qui en avaient été la conséquencenbsp;obligeaient a reprendre entièrement la grammaire comparée denbsp;chaque langue et a en reviser tons les détails. Outre les savantsnbsp;dont Ie nom a déja été indiqué, il convient de rappeler les nomsnbsp;de MM. Mahlow pour 1’indo-européen, Bartholomae pour l’indo-iranien, J. Wackernagel, Solmsen (mort en 1911), W. Schulzenbsp;pour Ie grec, W. Stokes (mort en 1909), Windisch (morlnbsp;en 1918), Thurneysen, Zimmer (mort en tgio) pour Ie celtique,nbsp;Paul, Kluge, Sievers, Noeren, Axel Koek pour Ie germanique,nbsp;Bezzenberger pour Ie baltique, Baudouin de Courtenay pour Ienbsp;slave, et d’autres encore. Le moment n’est pas venu de marquernbsp;ce qui revient k chaque linguiste dans les découvertes qui ontnbsp;été faites alors, bien moins encore d’apprécier le róle de ceuxnbsp;qui sont arrivés immédiatement après, comme MM. Kretschmer,nbsp;Meringer, Streitberg, Hirt, Johansson, UPjanov, Pedersen,nbsp;etc.; les mérites de Leskien pour le balto-slave ou de M. L. Havetnbsp;pour le latin, par exemple, n’ont pu ètre mis dans le relief con-venable en une esquisse aussi breve et dont 1’unique objet est denbsp;marquer les moments essentiels du développement de la grammaire comparée.

De 1875 a 1880, la transformation a été compléte : une 4* edition du Compendium de Schleicher paraissait encore utile ennbsp;187/1 ; en 1880, une réédition des ouvrages de Bopp et de Schleicher n’aurait plus eu qu’un intérêt historique. La grammairenbsp;grecque de Gustav Meyer, en 1880, est le premier manuel ounbsp;les nouvelles doctrines sont résumées. En 1886 commence a

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43 I

DÉVELOPPEMENT DE IA GRAMMAIRE COMPABÉE

paraitre Ie grand Grundriss de Brugmann qui résumé et compléte Ie travail des dix années précédentes ; grace aux recherches de G. Meyer et de H; Hübschmann, l’alhanais et l’arméniennbsp;occupaient pour la première fois la place exacte qui leur revientnbsp;dans un manuel de grammaire comparée des langues indo-européennes. Dans Ie Grundriss, Brugmann n’a traité que lanbsp;phonélique et la inorphologie; mais une partie nouvelle quinbsp;manque encore chez Bopp et chez Schleicher était devenue nécessaire; on sentait I’importance des questions de semantiquenbsp;sur lesquelles Bréal en particulier attirait Fattention ; M. B. Del-brück, qui avait posé, dans plusieurs publications, les bases denbsp;la syntaxe comparée, et qui avait commence des 1871 de fairenbsp;paraitre un rebueil intitule Syntaktische Forschungm, a écrit pournbsp;le Grundriss de Brugmann une syntaxe, devenue indispensable :nbsp;le dernier volume de cette syntaxe comparée est daté de 1900. IInbsp;y a tout un domaine de la grammaire comparée, celui de 1’em-ploi des formes et de la théorie de la phrase oü M, B. Delbrücknbsp;a été un initiateur et ou il est demeuré longtemps presque lenbsp;seul travailleur. Les questions de sens ont ainsi pris enfin la placenbsp;qui leur revient; en même temps Bréal analysait avec finessenbsp;des changements de signification de formes grammaticales etnbsp;surtout de mots dans une série de notes ét dans son Essai denbsp;sémantiqm (1897).

II n’y a pas lieu d’examiner ici le travail fait depiiis 1880; dans le détail, une infinite de résultats précieux ont été obtenus, no-tamment par Joh. Schmidt, et il a paru des manuels excellentsnbsp;sur divers domaines ; mais ni les savants qui ont pris part auxnbsp;débuts du grand mouvement de 1876 ni ceux qui se sont joints anbsp;eux depuis n’ont introduit de principes nouveaux, et, dans l’en-semble, on a surtout tiré les conclusions des principes déja posésnbsp;On distingue en Allemagne deux directions principales. Anbsp;Leipzig, sous l’influence. de Gurtius d’abord, de Brugmannnbsp;ensuite, il s’est constitué une tendance a faire de la linguistiquenbsp;pure, en prenant les faits philologiques pour acquis, et a composer des exposés systématiques de chaque question; c’est a

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432 APPENDICES

Leipzig que les principes de la renovation de 1871-1880 ont été formulés expressément; c’est de l’école de Leipzig que sont sortisnbsp;la plupart des manuels et des dictionnaires ; la revue Indogerma-nische Forschungen, dirigée par MM. Brugmann et Streitberg, ennbsp;est l’organe. A Berlin, sous l’influence de Bopp, puis de Joli.nbsp;Schmidt, et maintenant de M. W. Schulze, on rencontre unnbsp;souci plus vif d’examiner directement les fails philologiques etnbsp;un scrupule a formuler des systèmes d’ensemhle. D’autres lin-guistes, dont MM. Pick et Bezzenberger sont les prlncipauxnbsp;représentants, se distinguent par une manière indépendante, etnbsp;parfois moins rigide, de trailer les fails. La Zeitschrift de Kuhn,nbsp;dirigée maintenant par MM. A. Bezzenberger, E. Kuhn etnbsp;W. Schulze, et la revue Glotta, récemment fondée parnbsp;M. Kretschmer et par Skutsch, représentant les tendances opposéesnbsp;a celle de Leipzig. Ces diverses tendances se complètent heureu-sement les unes les autres. En dehors de 1’Allemagne, on nenbsp;peut guère citer que deux écoles hien caractérisées ; une écolenbsp;russe, qui a subi l’influence de M. Baudouin de Courtenay etnbsp;surtout de Fortunatov, et une école fran^aise, fondée par Bréal,nbsp;et qui a regu sa marque propre des dix ans d’enseignement denbsp;F. de Saussure a l’École des hautes études (1881-1891); lesnbsp;Mémoires de la Société de linguistique de Paris sont l’organe denbsp;l’école frangaise. On ne constate du reste entre ces diversesnbsp;écoles aucune différence essentielle de principes et de méthodes.

Les principes que Pon applique a 1’étude historique des langues indo-européennes sont ceux qu’on applique également, et avec Ienbsp;même succes, a l’étude des autres families de langues, et en particulier a la grammaire comparée des langues sémitigues, desnbsp;langues finno-ougriennes, des langues indonésiennes, des languesnbsp;bantou (et des langues africaines en général), etc.

En un sens au moins, il semble qu’on soit parvenu a un terme impossible a dépasser : il n’y a pas de langue, actuellement con-nue, attestée a date ancienne ou récente, qui puisse être ajoutéenbsp;au groupe indo-européen ; rien non plus ne fait prévoir la dé-couverte de texles plus anciens des dialectes déja connus; les

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msVELOPPEMENT DE LA GRAMMAIRE COMPARER

inscriptions grecques, indiennes, etc., qu’on découvre de temps a autre trouvent naturellement leur place dans les séries établiesnbsp;et n’apportent que des nouveautés de détail; les nouveaux textesnbsp;pehlvis manichéens, les textes sogdiens et iraniens orientauxnbsp;qu’ont apportés les expéditions en Asie centrale (v. ci-dessus p. 4o),nbsp;élargissent et précisent la notion qu’on avait de 1’iranien sans lanbsp;transformer. Même la trouvaille récente et si imprévue des textesnbsp;d’Asie centrale qui ont révélé un nouveau groupe indo-européen,nbsp;celui du « tokharien », dont aucune forme n’est plus vivante dunbsp;reste, ne semble pas devoir ajouter autre chose que des détailsnbsp;OU des confirmations — tres précieux les uns et les autres — auxnbsp;théories générales qu’on a déja établies. Seule, une trouvaillenbsp;d’espèce inattendue, et qui fournirait des données sensiblementnbsp;plus anciennes que celles offertes par les anciens textes védlquesnbsp;iraniens ou grecs, pourrait renouveler 1’idée qu’on se fait denbsp;l’indo-européen. Le pseudo-hittite déchiffré par M. Hrozny n’anbsp;encore rien apporté de décisif.

En attendant qu’on réussisse a rapprocher de l’indo-européen quelque autre groupe de langues (le cbamito-sémitique ou lenbsp;finno-ougrien par exehiple) et a rendre compte ainsi de l’étatnbsp;indo-européen, ou que la linguistique générale fournisse desnbsp;points de vue nouveaux, on ne pourra que préciser le détail desnbsp;résultats acquis; et ceci seul suppose encore un trés long travail, surtout en ce qui touche le vocabulaire dont l’étude, unpeunbsp;négligée de iSyB a 1900, est maintenant reprise avec activité;nbsp;car ii n’est guère de question qui puisse passer pour traitée com-plètement.

Mais, si les limites et la structure de l’indo-européen sont fixées en l’état actuel des documents connus, on commence seu-lement a suivre le développement de chaque dialecte dans toiUenbsp;son étendue, a déterminer le détail des influences historiques, anbsp;ramener les faits a leurs principes et a en déterminer les causes.

Par cela même que l’hisloire des idiomes indo-européens n’apparait plus comme une décadence, et que l’importance desnbsp;innovations propres 4 chaque langue se révèle égale ou supérieure a celle des pertes, il ne suflit plus de décrire le systèmenbsp;A. Meillet.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;38

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434 appendices

indo-européen et de montrer ce que sont devenus sur chaque domaine les éléments de ce système : chacune des langues présente a cliacun des moments de son histoire un système originalnbsp;qu’il est nécessaire de décrire et donl il faut expliquer la formation dans son ensemble. II appartient a la grammaire comparéenbsp;de montrer par quelles voies Ie système indo-européen s’estnbsp;transformé sur chaque domaine en un système nouveau ; et l’onnbsp;ne peut prendre une idéé de Foriginalité de ces systèmes qu’ennbsp;en suivant l’évolution depuis Ie début de l’époque historique, ennbsp;observant dans les parlers actuels les particularités subtiles denbsp;la langue vivante et en éclairant par la les obscurités des faitsnbsp;qu’attestent les textes écrits du passé. Sans parler des languesnbsp;connues seulement a date récente, comme 1’albanais, ou lesnbsp;observations personnelles de G. Meyer, et, ensuite, de M. Pedersen ont seules permis d’esquisser une histoire, il faut surtoutnbsp;citer ici les beaux travaux de F. de Saussure sur Ie lituanien ;nbsp;ainsi, dans son article du volume IV des Indogermanische For-schungeh, F. de Saussure a montré, par un exemple, tout cenbsp;qu’il faut de critique avant d’affirmer une interprétation d’unenbsp;forme d’un vieux texte; par ses recherches sur l’intonation litua-nienne, il a étahli tout a la fois la nécessité d’observer les parlersnbsp;actuels et rimpossibilité ou l’on est de rien expliquer sans posernbsp;une doctrine qui embrasse tous les faits.

Avec Ie temps, les langues indó-européennes en sont venues a se ressembler de moins en moins ; ceci tient en partie a 1’indé-pendance de leurs développements mais aussi a la différence desnbsp;influences historiques auxquelles elles ont été soumises. Et, d’unnbsp;autre cóté, comme plusieurs d’entre elles ont subi des influencesnbsp;communes, celles-ci présentent des ressemblances qui ne s’expli-quent pas par Tiinité du point de départ : depuis l’entrée desnbsp;langues indo-européennes dans la civilisation méditerranéenne,nbsp;et surtout depuis l’extension du christianisme et de la civilisationnbsp;gréco-latine, toutes les langues de l’Europe ont une grande quan-tité de traits communs dans Ie vocabulaire el dans Ie sens desnbsp;mots : de la vient qu’il est plus facile d’apprendre une languenbsp;européenne occidentale moderne qu’une langue ancienne ou une

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DEVELOPPIÏMEJIT DE LA GBAMMAIHE COMPABEE

langue oriëntale. On démêle peu a peu les actions et réactions multiples et complexes qui sont dues aux événements historiques ;nbsp;et 1’on voit de mieux en mieux combien on est loin de la réaliténbsp;quand on cherche a expliquer les faits d’un parler donné dansnbsp;l’hypothèse simpliste que ce parler résulterait de la transmissionnbsp;ininterrompue de la langue indo-européenne k travers la série desnbsp;generations jusqu’a Tépoque historique. L’établissement denbsp;réseaux serrés de faits locaux dans les atlas linguistiques, efsur-tout 1’Atlas linguistique des par Iers frangais de MM. Gilliéron etnbsp;Edmont, a montré que l’influence de certains parlers centraux,nbsp;et surtout des langues communes, est immense ; l’autonomie desnbsp;développements locaux ne peut plus être supposée a priori, et Ienbsp;róle de 1’emprunt apparait beau coup plus grand qu’on ne senbsp;l’imaginait. II faut déterminer exactement les conditions dansnbsp;lesquelles s’est transmis chaque mot, chaque forme.

Les changements phonétiques ou morphologiques qu’on trouve dans une langue ne sont jamais que des faits particuliers, biennbsp;qu’ils aient lieu chez un nombre indéfini de personnes. Mais onnbsp;a observe maintenant un grand nombre de ces faits particuliers,nbsp;au cours de l’histoire déja longue des divers idiomes depuisnbsp;l’indo-européen jusqu’a 1’époque moderne; a cóté de la gram-maire comparée des langues indo-européennes, il s’en est consti-tué d’autres pour Ie sémitique, Ie finno-ougrien, l’indonésien (et,nbsp;d’une manière plus générale, Ie malayo-polynésien), Ie berbère,nbsp;Ie bantou, etc. On dispose ainsi d’une vaste collection de faits,nbsp;et 1’on peut étuclier les conditions générales de l’évolution dunbsp;langage ; Ie livre, si neuf, de M. Grammontsur la Dissimilationnbsp;consonantique dans les langues indo-européennes et dans les languesnbsp;romanes (iSqb), suivi depuis d’études nombreuses sur la méta-thèse par Ie même auteur, a été un premier essai dans cettenbsp;direction. En 1891, dans ses Modifications phonétiques du langagenbsp;étudiées dans Ie patois d^une familie de Cellefrouin, M. Rousselotnbsp;avait exposé, d’après des observations précises, comment se pro-duisent certaines innovations phonétiques. Grace a la connais-sance de plus en plus certaine de la physiologie des mouvementsnbsp;articulatoires, gr4ce a l’exactitude que permettent d’alteindre les

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436 APPENDICES

procédés de la phonétique expérimentale (Rosapelly, Pipping, Ilousselot, etc.), une interprétation rigoureuse des fails histo-riques devient possible. Le système nerveux, sa structure et sesnbsp;fonctions serévèlent; la psychologie perd son caractère abstraitnbsp;et s’atlache a établir des fails positifs, et Wundt en a appliquénbsp;les résultatsé la linguistique ; on entrevoit ainsi la possibilité denbsp;ne plus recourir a des fails d’association psychique sans principenbsp;défmi, et pour se tirer d’embarras, dans les cas désespérés, commenbsp;on l’a fait trop longtemps ; le moment n’est sans doute plusnbsp;éloigné oü l’on appliquera aussi en cette matière des regies définies.

Enfin les conditions d’existence et de développement des sociétés sont 1’objet de recherches méthodiques et commencentnbsp;a être déterminées; or, le langage, qui est un fait social d’unenbsp;manière éminente, ne saurait être compris que si Ton tientnbsp;compte de ce caractère. La definition même de la « lol phonétique », on l’a vu, ne se concjoit que si l’on admet des innovations communes a tout un groupe social. Les changements denbsp;sens résultent pour la plupart du passage de mots employés parnbsp;un groupe d’individus a un autre groupe.

Partie, au commencement du xix' siècle, de la grammaire générale, la linguistique revient a poser des principes généraux, qui seuls peuvent en effet être objets de science. La linguistiquenbsp;scientifique s’est assez longtemps identifiée avec la linguistiquenbsp;historique ; l’histoire des langues est suffisamment faite mainte-nant pour rendre nécessaire a nouveau la recherche des principes. Mais, au lieu que la grammaire générale ancienne repo-sait sur la logique et qu’on s’efforQait d’expliquer a priori lesnbsp;fails primitifs d’une période organique imaginaire, la linguistiquenbsp;actuelle, reposant sur l’examen des fails du passé et du présent,nbsp;chefche a déterminer non pas comment le langage s’est formé,nbsp;comment les formes grammaticales se sont pour la première foisnbsp;conslltuées, mais seulement dans quelles conditions, suivantnbsp;quelles lois, les unes locallsées dans 1’espace et dans le temps,nbsp;les autres constantes et universellement valables, les fails obscrvésnbsp;coexistent et se succèdenl.

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INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQÜES 437

II. — Indications bibliographiqües.

En indiquant ici les principaux ouvrages auxquels Ie lecteur pourra recourir pour compléter et verifier les notions enseignéesnbsp;ci-dessous, on a omis a dessein les publications antérieures aunbsp;dernier quart du xix” siècle, qui toutes n’ont plus aujourd’huinbsp;qu’un intérêt historique, comme les livres de vulgarisation denbsp;Max Müller, et naturellement aussi les travaux nouveaux dontnbsp;les auteurs n’appllquent pas une méthode correcte. II était impossible d’entrer dans Ie détail, et seuls les livres généraux lesnbsp;plus récents, surtout ceux qui ont paru depuis 1890 environ, ontnbsp;été signalés. Les noms de savants tels que Fortunatov, Osthoff,nbsp;Zimmer, Solmsen, Zupitza, M. Bloomfield, ne figureront donenbsp;pas ici, simplement paree qu’ils n’ont pas compose de manuelsnbsp;ni dlrigé de revues.

Les livres cites contiennent des indications bibliographiqües plus OU moins abondantes; a l’aide de celles-ci il sera aisé denbsp;retrouver les travaux auxquels on doit recourir pour chaquenbsp;question. Les ouvrages en langue frangaise ont été mentionnésnbsp;plus largement que les autres, paree qu’ils seront plus accessiblesnbsp;a plusieurs lecteurs ; mais la connaissance de l’allemand est nécessaire a qui veut étudier sérieusement la grammaire comparée.

iquot; Généralités.

W. D. Whitney, Language and the Study af Language, New-York, 1867 et Lhe Life and Growth of Language, New-York, 1875.

If. Paul, Prin^ipien der Sprachgeschkhte, 5'edit., Halle, 1920 (resumant les idéés qui ont dominé le mouvement linguistiquenbsp;dans le dernier quart du xix*' siècle).

Wegener, Uniersuchungen über die Grundfragen des Sprachle-hens, Halle, i885.

F. DE Saussure, Cours de linguistique nbsp;nbsp;nbsp;Lausanne et

Paris, 1916 (ouvrage postbume, rédigé paries élèves du maitre

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438 APPENDICES

d’après des notes de cours, incomplet, mais plein de vues pro-fondes, et qu’il faut méditer d’un bout a I’autre).

E Sapih, Language, New-York, igai (clair, judicieux, tient compte de langues diverses, surtout américaines).

J. Vendhyes, Le langage. Paris, 1921 (clair, complet, large-ment informé).

Jespeusen, Language, Londres, 1922 (riche de faits et de discussions personnelles).

Les petits volumes de A. Grégoire, Petit traité de linguistique, Liège, igiS, et de J. Marouzeau, La linguistique. Paris, 1921,nbsp;sont tout élémentaires. Le livre de Leonard Bloomfield, Annbsp;Introduction to the Study of Language, New-York, 1914, est aussinbsp;assez sommaire.

G. VON DER Gabelentz, Die Sprachwissenschaft, 2' édit., Leipzig, 1901.

J. VAN Ginneken, Principes de linguistique psychologique, Paris, 1907 (remarquable par la precision des vues de I’auteur a lafoisnbsp;sur la psychologie et sur la linguistique).

Ch. A. Sechehaye, Programme et méthodes de la linguistique théorique, Paris, 1908.

Wundt, Volkerpsychologie, i'”' volume (en deux tomes). Die Sprache, Leipzig, igoo (2® edit, remaniée, 1904; 3® edit.,nbsp;1911-1912); avec la critique de M. Delbrück., Grundfragen dernbsp;Sprachforschung..., Strasbourg, 1901, et la réponse de Wundt,nbsp;Sprachgeschichte und Sprachpsychologie, Leipzig, 1901 ; voir aussinbsp;VAnnie sociologique de Durkheim, 5® année (Paris, 1902), p. hgSnbsp;et suiv., et les annees suivantes; Sütterlin, Das Wesen dernbsp;sprachlichen Gebilde, Heidelberg, 1902, et Jan von Rozwadowsei,nbsp;Wortbildung und Wortbedeutung, Heidelberg, 1904.

R. Lenz, La oraciony sus partes, Madrid, 1920 (avec des vues intéressantes).

A. Meillet^ Linguistique historique et linguistique générale, Paris, 1921.

Hugo ScHucHARDT- Brevkr. Ein Vademehum der allgemeinen Sprachiuissenschaft.YiaWe, 1922 (cboix fait par M. Spitzerdes prin-cipales idéés générales émises par le grand linguiste autrichien).

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INDICATIONS BIBUOGRAPHIQUES 439

F. N. Finck, Die Sprachstamnie des Erdkreises et Die Haupt-typen des Sprachbaus, Leipzig, 1909 et 1910 (deux petits volumes, pleins de choses).

0. Dittrich, Die Problemeder Sprachpsychologie, Leipzig, 1914-

Rousselot, Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d’une familie de Cellefrotdn^ Paris, 1893 (important pour l’étude des évolutions phonétiques).

Jespehsen Progress in language, Londres, 1894 (s'edit. 1909), et Sprogets Logik, Gopenhague, iqiS.

J, Baudouin de Courtenay, Versuch einer Theorie phonetischer Alternationen, Strasbourg, 1896.

V. nbsp;nbsp;nbsp;Henry, Antinomies linguistiques, Paris, 1896 (excellentenbsp;réfutation dequelques graves erreurs trop repandues).

M. Bréal, Essai de simantique, 3' édit., Paris, 1904.

TNyrop, Das Lehen der Wörter (traduction Vogt), Leipzig, 1903, et Grammaire historique de la langiie fran^aise, tome IVnbsp;(exposé complet de la sémantique, avec exemples pris au fran-Qais).

Wechssuer, Giebt es LaiUgeset:(e ?, Halle, 1900, extrait de la Festgabe fur H. Sucbier (le meilleur exposé des questions qui senbsp;posent a propos des lois phonétiques ; avec bibliographie).

H. Oertel, Lectures on the study of language, New-York et Londres, 1901 (superficiel et souvent contestable).

W. nbsp;nbsp;nbsp;MEYER-LiJBRE, EinfUhrung in das Studium der roniani-schen Sprachwissenschaft, Heidelberg, 2' édit., 1909 (bonnes notions générales a propos des faits romans).

Bauly, Traité dc stylistique frangaise, Heidelberg et Paris, igog, et Le langage et la vie, Genève, igiS (trés personnel; mlse ennbsp;évidence du role du sentiment).

Mélanges linguistiques offerts a M. A. Meillet par Barbelenet, Dottin, Gauthiot, Grammont, Laronde, Niedermann, Vew-DRYES, Paris, 1902 (recueil d’articles dont plusieurs touchent anbsp;des questions générales).

A. Dauzat, Essai de methodologie Unguistique dans le domaine des langues et des patois romans, Paris, 1906 (clair, peu personnel;nbsp;les mêmes idéés sont reprises sous une forme plus simple et avec

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44o APPENDICES

d’autres indications dans La vie du langage, du même auteur, Paris, igioet La philosophic du langage^ Paris, 1912).

Sweet, History of Language, 1901 (vulgarisation).

Porzezin'ski, Einleilung in die Sprachwissenschaft (traduite du russe par Boehme), 1910, Leipzig (surtout sur la linguistiquenbsp;historique).

Elise Richter, IVie wir sprechen, sechs volkstümliche Vor-trage, Leipzig, 1912 (petit volume substantiel, de la collection Aus Natur-und Geisteswelt)-

Gillieron, Mongin et Roques, Etudes de géographie linguistique, Paris, igi2 ; cf. sur la géographie linguistique G. Huber, Sprachgeographie, dans Bulletin de dialectologie romane, I (1909)nbsp;et aussi a part, et Jabbrg, Sprachgeographie, Aarau, 1908 et lanbsp;discussion chez Terracher, Les aires morphologiques dans les purlers populaires du Nord-Ouest de I’Angoumois, Paris, igi/j (livrenbsp;capital). Les ouvrages de M. Giulieron, notamment Généalogienbsp;des mots qui désignent I’aheille, Paris, 1918, et Études de géographie linguistique, Pathologie et thérapeutique verbales, Paris, igiS-1921, portent uniquement sur des parlers frangais, mais ont unenbsp;grande importance pour la méthode. Le petit livre de M. Dauzat,nbsp;La géographie linguistique, Paris, 1922, oriente hien sur I’ensemhlenbsp;de la question.

Sur la phonétique, les livres les plus propres a donner une idéé des diverses tendances sont:

E. SiEVERs, Grundgiige der Phonetik, 5' édit., Leipzig, 1901.

P. Passt, Etude sur les changements phonétiques. Paris, 1890 et Petite phonétique comparée des principales langues européennes,nbsp;Leipsick, 1906.

Sweet, A primer of phonetics, 3' édit., Oxford, 1906.

0. Jespersen, Lehrbuch der Phonetik, Leipzig, 2' édit., igiS (abrégé allemand d’un ouvrage plus étendu en danois) et Phone-tische Grundfragen, Leipzig, 1904; Elementarbuch der Phonetik,nbsp;Leipzig, 1912,

Rousselot, Principes de phonétique expirimentale, Paris, 1897-1908 (l’exposé des expériences personnelles de 1’auteur y Rent une grande place). — M. Rousselot public depuis 1911, avec

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INMCATIOJiS BIBLIOGRAPHIQUES 44i

M. Pernot, une Revue de phonétique, dont Ie quatrième volume est encore inachevé.

E. Wheeleb Scripture, The elements of experimental phonetics, New-York et Londres, 1902 (résumé des connaissances que doltnbsp;avoir un linguiste en physique, anatomie et physiologic).

H. Gützmanm, Physiologic der Stimme und Sprache, Braunschweig, 1909 (précis et rigoureux).

L. nbsp;nbsp;nbsp;Roudet, ÉUments de phonétique générale, Paris, 1910nbsp;(bonnes définitions).

Poirot, Phonetik, Leipzig, 1911 (fait partie du Handbuch der physiologischen Methodik; description précise et rigoureuse desnbsp;procédés de la phonétique expérimentale).

M. nbsp;nbsp;nbsp;Grammoxt, Traité pratique de pronmciation frangaise,nbsp;2® édition. Paris, 1920 (important pour les idéés générales qu’ilnbsp;contient).

Pascgncelli-Calzia, Einführung in die angewandte Phonetik, Berlin, 1914 (introduction sommaire, mais claire, a la phonétique, avec indications sur les appareils de phonétique).

Pour la bibliographie de la phonétique, v. la revue Vox, di-rigée par MM. Gutzmann et Panconcelli-Galzia, Berlin, igiS et suiv.

2quot; Grammaire comparée générale des langues indo-euro-péennes.

II n’y a qu’un seul exposé qui résumé Pétat actuel des connaissances pour 1’ensemble de la grammaire comparée des langues indo-européennes :

K. Brugmaiïn und B. Delbhück, Grundriss der vergleichenden Grammatik der indogermaniscken Sprachen, Strasbourg, iquot; volume, Einleitung und Lautlehre, 2'édit., 1897; 2' volume con-sacré a la morphologie, 1888-1892 (2' édition transformée et tresnbsp;auginentée en cours de publication; 1“'' volume 1907; 2' volume, I™ partie [formation des mots], 1906; 2' partie [décli-naison et emploi des formes nominales], 1909-1911, parnbsp;Brugmann, 3' partie (Ie verbe), iquot; fascicule, igiS, 2* fascicule, 1916), — 3', 4quot; et 5® tomes consacrés a la syntaxe, 1898-

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442 APPENDICES

1900, par M. Delbriick (les 3' et 4*’ sont en grande partie rem-places par des parties du volume II, dues a Brugmann, dans la 2' édition).

K. Brugmann, Kur:(e vergleichende Grammatik der indogerma-nischen Sprachen, reposant sur le grand ouvrage précédent, mais beaucoup plus courte, et oii sont étudiées en détail seulement lesnbsp;langues les plus connues : Sanskrit, grec, latin, germanique etnbsp;slave, Strasbourg, 1902-1904- Traduction frangaise, sous lenbsp;titre d'Abrégé de grammaire comparée, traduit par J. Blocb,nbsp;A. Cuny et A. Ernout, sous la direction de A. Meillet et B. Gau-thiot, Paris, igob.

Ges ouvrages renferment une multitude infinie de doctrines correctes et de renseignements bien contrólés.

Les ouvrages élémentaires a employer sont :

V. Henry, Fricis de grammaire comparée du grec et du latin, 6“ édit. (reproduisant la 5® de 1894 presque sans changement),nbsp;Paris, 1908 (précis de grammaire comparée générale appliquéenbsp;au grec et au latin, le seul bon manuel de grammaire comparéenbsp;générale qui existait en langue frangaise avant la traduction denbsp;VAhrégé de Brugmann).

Meringer, Indogermanische Sprachwissenschaft, Leipzig, collection Göschen, 3' édit., igoS (tres bref, vulgarisation).

Giles, A short manual of comparative philology for classical students, 2'’édit.,Londres, 1901; traduction allemande, Leipzig, 1896.

Riemann et Goelzeh, Grammaire comparée du grec et du latin, 2 volumes, Paris, 1897-1901 (simple grammaire parallele dunbsp;grec et du latin; les notions de grammaire comparée sont denbsp;seconde main et souvent erronées).

Kretschmer, Article Sprache, dans Einleitung in die AUer-tumsivissenschaft de Gercke et Norden, I (excellent apergu de 1’histoire des langues grecque et latine).

Jos. Schrijnen, Inleiding tot de studie der vergelijkende indogermanische taalwetenschap, Leide, igoB (peu personnel, mais tres bien informe ; bibliographie abondante). Edition allemande:nbsp;Einführung in das Studium der indogermanischen Sprachwissenschaft,nbsp;par Fischer, Heidelberg, 1921.

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I»\mCAT10NS BIBLIOGRAPUIQUES 443

II n’existe qu’un dictionnaire étymologique de 1’ensemble des langues indo-européennes :

A. nbsp;nbsp;nbsp;Fick, Vergleichendcs Wörterbuch der indogermanischen Spra-chen, iquot; vol., 4' édit., Goettingue, 1890 (livre précieux et original, mais trop succinct et d’une disposition incommode; doitnbsp;ètre utilisé avec critique; car il renferme nombre de fautes dansnbsp;les mots cites, et 1’auteur n’avait pas toujours en phonétique unenbsp;rigueur sufEsante).

II faut citer aussi :

O. nbsp;nbsp;nbsp;Schrader, Reallexikon der indogermanischen AUertumshmde,nbsp;Strasbourg, 1901 (résumé commode de ce que l’on sait sur lesnbsp;noms d’animaux, d’objets, d’institutions, etc. ; pas toujours sur,nbsp;soit au point de vue linguistique, soit au point de vue archéolo-gique); 2' édition en cours de publication, Berlin, 1917 etsuiv.

Pour se préparer a comprendre la graramaire comparée, on pourra consulter :

B. nbsp;nbsp;nbsp;Delbrück., Einleitungin das Studium der indogermanischennbsp;Sprachen, 5quot; édit., Leipzig, 1908 (intéressant pour Fhistoirc denbsp;la grammaire comparée).

Fr. Bechteb, Die Hauptprohleme der indogermanischen Lnui-lehre seit Schleicher, Goettingue, 1892 (mème observation que pour Ie précédent).

S. Reinach, L’origine des Aryens, Paris, 1892.

II. d’Arbois de Jubainvilbe, Les premiers habitants de VEurope, 2' édit. en 2 volumes. Paris, 1889-1894.

P. nbsp;nbsp;nbsp;Kretschmer, Einleitung in die Geschichte der griechischennbsp;Sprache, Goettingue, 1896 (discussion intéressante de nombreusesnbsp;questions générales dans la première parlie du livre).

V. Thomsen, Sprogvidenskabens historie, Copenhague, 1902 (exposé de toute l’histoire de la linguistique, fait avec la largeurnbsp;de vues et la sureté qui caractérisent 1’auteur).

Ratzel, GeographischePrilfungder Thatsachenüber den Ursprung der Völker Europas (Berichte der sdchsischen Gesellschaft der Wissenschaften, phil.-hist. Cl, année 1900, p. 25 et suiv.).

M. Much, Die Heimat der Indogermanen im Lichte der urge-schichtlichen Forschung, 2' édit., Berlin, 1904.

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444 APPENDICES

E. DE Michelis, L’origine degli Indo~europei, Turin, igoS.

H. Hinr, Die Indogermanen, ihre Verbreitung, ihre Ur heimat und ihre Kultur, Starsbourg, igoö-igoy (facile a lire, intéressantnbsp;et bien informé).

Schrader, Sprachvergleichung und Urgeschkhte, 3' edit. (livre tres riche de faits). Jena, i9o6-igo7.

0. Schrader, IkLeipzig, igi i (petit volume de la collection Wissenschaft und Bildung).

S. Feist, Europa im Lichte der Vorgeschichte, Berlin, igio (bref, mals clair, judlcieux et au courant). — Kultur, Ausbrei-tung und Herkunft der Indogermanen, Berlin, igiS (le derniernbsp;grand exposé de la question). — Indogermamn und Germanen,nbsp;Halle, 1914, 2'édition (brochure qui donne l’état définitif desnbsp;vues de l’auteur).

k. Garnot. Les Indo-Européens. Préhistoire des langues, des mceurs et des croyances de l’Europe. Bruxelles, 1921 (peu originalnbsp;et médiocrcment sur).

Sur la langue des textes pseudo-hittites de Boghazköi déchif-frés par M. Hrozny, voir M. Bloomfield, The hittite language, Journal of the Afnerican Oriental Society, XLI (1921), p. igö etnbsp;suiv., et Debrunner, Die Sprache der Hettiter, Berne, 1921.

11 convient de citer enfin quelques ouvrages relatifs a des questionsparticulières, mais quitouchenta beaucoupde questionsnbsp;générales :

Ferdinand de Saussure, Memoir e sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes, Leipzig, 1879 ; reproduction, Paris, 1887 (exposé des principes fondamentaux dunbsp;vocalisme indo-européen; ouvrage capital et essentiel a méditernbsp;malgré sa date déja ancienne). Une réimpression du Mémoire etnbsp;de toutes les publications de F. de Saussure vient de paraitrenbsp;a Genève, 1922, sous letltre de : Bccuell des publications sclen-lifiques de F. de Saussure.

H. Hübschmann, Das indogtrmanische Vocalsystem, Strasbourg, i885.

Joh. Schmidt, Die Pluralbildungen der indogermanischen Neutra, Weimar, 1889 (personnel et plein de choses).

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INDICATIONS BIBLIOGBAPHIQUES 445

H. Hirt, Der indogermanische Ak:(ent, Strasbourg, iSgB (des hypotlièses inutiles et indemontrables et des erreurs, mais clair,nbsp;plein d’idées, de rapprochements neufs et d’intéressantes suggestions, et avec des idees générales tres justes sur Ie développe-ment liuguistique).

H. Hirt, Der indogermanische Ablaut, Strasbourg, 1900 (mêmes observations). — Ge livre est maintenant remplacé parnbsp;un nouveau, riche et substanliel, Der indogermanische Fokalismus,nbsp;Heidelberg, 1921 ; second volume d’une Indogermanische Gram-matik, dont Ie premier n’a pas encore paru.

J. Wackernagel, Vorlesungen über Syntax mit besonderer Be-rücksichtigung von Griechisch, Lateinisch und Deutsch. Erste Reihe. Rale, 1920 (personnel, pénétrant, largeinent informé).

M. Grammont, La dissimilation consonantique dans les langues indo-européennes et dans les langues romanes, Dijon, i895(ouvragenbsp;fondamental pour la linguistique générale).

Dottin, Les desinences verbales en r en sanskrit, en italique et en celtique, Rennes, 1896.

Audouin, De la déclinaison dans les langues indo-européennes, Paris, 1898.

A. Mbillet, Les dialectes indo-européens. Paris, 1908 (nouveau tirage sous presse); forme Ie premier volume d’une Collectionnbsp;linguistique éditée par la maison Champion avec Ie concoursnbsp;de la Société de Imguistique de Paris.

R. Gauthiot, La fin de mot en indo-européén. Paris, 1918 (important pour la phonétique générale et pour la théorie denbsp;l’indo-européen).

Pour 1’histoire du développement de la graramaire comparée, voir la Geschichte der indogermanischen Sprachwissenschaft, dirigéenbsp;parW. Streitberg (Strasbourg; maintenant Berlin, 1916 etnbsp;suiv.); parus, Ie grec par Thumb, Ie latin par Walde, Ie celtique par Thurneysen, Ie slave et Ie baltique par Brück.ner, l’alba-nais pat' Joke.

Plusieurs périodiques allemands sont spécialement consacrés 4 la grammaire comparée des langues indo-européennes :

Zeitschrift fiir vergleichende Sprachforschung aufdem Gebieie der

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446 APPENDICES

indogermmischenSprachm, 1862 et suiv., d’abordBerlin, etensuite Gütersloh, fondée par Ad. Kuhn (d’oü Ie nom de Journal de Kuhn,nbsp;Kuhns Zeit schrift, en abrégé K. Z ), puis dirigée par E. Kuhnnbsp;et par Joh. Schmidt, et ensuite par E. Kuhn et M. W. Schulze.

Beilrdge:{ur Kunde der indogermanischen Sprachen, Gcettingue, 1877 et suiv., fondés par M. Ad. Bezzenberger (d’oü Ie nomnbsp;de Besp^enbergeZs Beitrdge, en abrégé B. B.), puis dirigés parnbsp;MM. Bezzenberger et Prellwitz, ont paru jusqu’au volume XXX,nbsp;puis se sont fondus avec la précédente publication ; les deuxnbsp;revues, dirigées par MM. A. Bezzenberger et W. Schulze,nbsp;paraissent maintenant a Gcettingue, sous Ie titre et avec la numé-rotation de la première (if. Z.); vol. L en cours de publication.

Indogermanische Forschungen (en abrégé I. F.), Zeitschrift fiir indogermanische Sprach- und Altertumskunde, fondée et dirigéenbsp;par MM. K. Brugmann et W. Streitberg, Strasbourg (maintenantnbsp;Berlin), 1892 et suiv. ; Ie volume XXXIX achevé en 1921.

Glotta, Zeitschrift für griechische und lateinische Sprache, ioniée et dirigée par MM. Kretschmer et Skutsch en 1907, a Gcettingue ;nbsp;vol. XII en cours de publication; depuis la mort de Skutsch,nbsp;M. Kroll dirige la partie latine.

Wörter und Sachen, revue dirigée par MM. Meringer, Meyer-Lübke, Mikkola, R. Much et Murko, Heidelberg, igog et suiv. ; vol. VII achevé (revue consacrée a la foisal’étude de la maison, dunbsp;mobilier, des outils, etc., et des mots qui désignent ces objets).

Ces importants périodiques renferment parfois des articles en anglais et en francais. La plupart des articles francais sur lanbsp;grammaire comparée paraissent dans les ;

Mémoires de la Société de linguistique de Paris (dont Ie secrétaire a été longtemps Bréal), Paris, 1868 et suiv. (en abrégé M. S.nbsp;L.y, Ie volume XXII est en cours de publication (Ie Bulletin denbsp;la Société renferme chaque année de nombreux comptes rendusnbsp;depuis 1907, et maintenant aussi des articles originaux).

Quelques travaux en anglais paraissent dans: The American Journal of Philology, Baltimore, 1880 et suiv. ; et dans Classicalnbsp;philology, Chicago, 1906 et suiv.

La revue italienne Rivista indo-greco-italica. Naples, depuis

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INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES a:

1917, dirigéeparM. Ribezzo, a denombreuxarticles linguistiques.

La bibliographic annuelle des publications relatives a la gram-maire comparée se trouve de 1892 a 1907 dans :

Anxe-igcrfur indogermanisch Sprach-und Altertumshmde, édilé par M. Streitberg, supplément (non vendu a part) aux Indoger-manische Forschungen, citées ci-dessus (indication compléte denbsp;tons les travaux parus chaque année sur toutes les anciennesnbsp;langues indo-européennes ; abrégé en I. F. Ans^^P);

et maintenant dans VIndogermanisches Jahrhuch édité au nom de VIndogermanische Gesellschaft, d’abord par A. Thumb etnbsp;M. W. Streitberg, maintenant par MM. W. Streitberg etnbsp;A. Walde. Le i^volume, daté de i9i4,donne la bibliographie denbsp;1912, avec des notices sur des questions nouvelles. Ce recueilnbsp;indispensable paraita Berlin, chez l’éditeur Walter de Gruyter. Lenbsp;septième volume, avec la bibliographie de 1917, a paru.

OrientalischeBibliographie, maintenantrédigéepar M. L. Scher-mann; Berlin, 1888 et suiv. (seulement les travaux relatifs a la grammaire comparée générale et aux groupes indo-iranien etnbsp;arménien ; toujours au courant).

Les revues de comptes rendus, notamment la Revue critique en France, le Litterarisches Zenlralblatt et la Deutsche Literaturgei-tung en Allemagne, annoncent et discutent en général les prin-cipaux ouvrages de grammaire comparée peu après leur publication. On ne négligera pas les comptes rendus trés personnels denbsp;M. Grammont dans la Revue des langues romanes, de Montpellier.

3quot; Grammaire comparée de chacune des langues.

On n’a indiqué ici que les publications relatives d’une manière spéciale a la grammaire comparée. Les grammaires purementnbsp;descriptives, comme l’adiiiirable grammaire sanskrite de Whitney, OU le livre, si utile, du même auteur sur les racines san-skrites, ou encore la grande grammaire des prakrits de M. Pis-chel (dans le Grundriss der indo-arischen Philologie qui doit fournirnbsp;un tableau d’ensemble de toute la philologie indienne) ou 1’ou-vrage de M. Franke sur le moyen indien {Pali und Sanskrit,nbsp;Strasbourg, 1902), n’y figureront done pas.

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448 APPENDICES

A. Indo-iranien.

a. nbsp;nbsp;nbsp;Sanskrit.

J. Wackernagel, Altindische Granmatih, I. Lauilehre, 1896 — II, I Einleitung gur Wortlehre. NotninalkomposUion, igon;nbsp;Goettingue (livre excellent, avec une bibliographic détaillée denbsp;chaque question ; la fin de la morphologie n’a malheureusementnbsp;pas encore paru).

Thumb, Handbuch desSanskrit, l,Grammatik, Heidelberg, igoS.

Uhlenbece, Kurz^efasstes etymologisches WörUrhuch der altin-dischen Spracht, Amsterdam, 1898 (recommandable ; tres bref et sans indications bibliographiques). — De VEtymologisches Wor-terbuch de E. et J. Lbumann, il n’a paru que les premières lettresnbsp;(Leipzig, 1907).

A. A. Macdonell, Fedic Grammar, Strasbourg, 1910 (peu personnel; beaucoup de fails).

Sur le développement des langues de ITnde, voir :

Jules Bloch, La formation de la langue marathe, 1914-1920 ; livre fondamental, qui resume tout le travail antérieur et posenbsp;les bases de la théorie du développement des langues aryennesnbsp;de ITnde.

b. nbsp;nbsp;nbsp;Iranien.

Grundriss der iranischen Philologie, dirigé par MM. Geiger et E. Kuhn, Strasbourg, 1“'' volume, 1895-1901 (ce premier volume fournlt un exposé complet du développement des dialectesnbsp;iraniens depuis l’indo-européen jusqu’aujourd’hui; M. Bartho-lomae y a développé avec une rare compétence la grammairenbsp;comparée de firanien. Mais les découvertes importantes failes ennbsp;Asie Centrale, et en particulier la découverte de textes mani-chéens en deux dialectes pehlvis, de textes sogdiens et de textesnbsp;iraniens orientaux, et aussi la révision des inscriptions perses etnbsp;les recherches sur l’Avesta ont renouvelé la linguistique iranienne .nbsp;et rendent une nouvelle édition trés desirable).

Bartholomae, Altiranisches Wörterbuch, Strasbourg, 1904 (dictionnaire complet des anciens dialectes iraniens, avec indication sommaire de l’étymologie ; destiné 4 ètre le fondement denbsp;loutes les recherches pendant longtemps ; pour le perse, on tien-

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IfimCATIONS BtBI.IOGRAPHlQUES

dra com p te des nouvelles editions revues sur les originaux); compléte par un Beiheft au volume XIX, des Indogermanischenbsp;Forschungen, Zum altiranischen Wörterbuch, Strasbourg, 1906.nbsp;A. Meillet, Grammaire du vieux perse, Paii'is, 1915.

Horn, Grundrissder neupersischen Etymologie, Strasbourg, 1898, avec la critique de Hubschmann, Persische Studiën, Strasbourg,nbsp;1895, oü l’on trouvera de plus une excellente histoirc phonétiquenbsp;du persan.

Une gramntaire sogdienne de Gauthiot paraitra prochainement.

B. Grec.

G. nbsp;nbsp;nbsp;Mever, Griechische Grammatik, 3' édit., Leipzig, 1896nbsp;(phonétique et morphologie seulement; vieillie, mais des collections de faits toujours précieuses).

K. Brugmann, Griechische Grammatik, !p édit. revue par A. Thumb, Munich, igiS; fait partie du Handbuch der klassis-chen Altertumswissenschaft de 1. von Müller (cette 4' edition.nbsp;Ires augmentee par rapport a la seconde, est Ie meilleur exposé,nbsp;méthodique et complet, qu’on ait de la grammaire comparéenbsp;d’une langue indo-européenne).

H. nbsp;nbsp;nbsp;Hirt, Griechische Laut-und Formenlehre, Heidelberg, 1902nbsp;(clair et intéressant, souvent discutable ; la 2® edition, de 1912,nbsp;est un livre nouveau, trés amélioré).

J. Wright, Comparative Grammar of the Greek Language, Oxford, 1912 (court et clair; mais pas personnel; les dialectesnbsp;y sont négligés; théories souvent vieillies).

Hoffmann, Geschichte der griechischen Sprache, I, Berlin et Leipzig (collection Göschen), 1911, 2® édit. 1916 (court, maisnbsp;précis, savoureux, instructif).

A. Meiluet, Aperfu d’une histoire de la langue grecque, Paris, 1913 ; 2® édition, 1921.

Kühner, Ausführliche Grammatik der griechischen Sprache, 3® édit., Hanovre, U® partie, revue par Blass, 2 voL, 1890-1892nbsp;(bonne description dela morphologie grecque, mals les notions denbsp;grammaire comparée sont dénuées de valeur) ; 2® partie, revue parnbsp;Gerth, I®'vol., 1898, 2®, 1904 (synlaxe, nullementcomparative).

A. Meii-let. nbsp;nbsp;nbsp;2g

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45o APPENDICES

R. Wagner, Griechische Grammatih, dans Grund^üge der klassischen Philologie, II, Stuttgart, 1908 (beaucoup de faits etnbsp;d’indlcations).

Hoffmann, Die griechischen Dialekte, Goetttingue, 3 volumes parus, 1891-1898.

A. Thumb, Handbuch der griechischen Dialede, Heidelberg, 1909 (riche de faits précis ; excellente bibliographie).

G. D. Buck, Introduction to the Study of the Greek Dialects, Boston, 1910 (clair et tres bien disposé).

Fr. Bechtel, Die griechischen Dialekte, iquot;' volume (éolien et arcado-cypriote), Berlin, 1921 (précis et au courant, intéressantnbsp;pour le vocabulaire, grammaire comparée réduite au minimum).

A. Thumb, Die griechische Sprache im Zeitalter des Hellenismus, Strasbourg, 1901.

G. CuRTius, Grund:(uge der griechischen Etymologie, 5' édit., Leipzig, 1879 (vieillis, mais encore utiles).

Prellwitz, Etymologisches Worterbuch der griechischen Sprache, 2* édit., Goettingue, 1906 (commode, mais a employer avecnbsp;quelque critique ; la 2' édition est notablement améliorée).

E. nbsp;nbsp;nbsp;Boisacq, Dictionnaire étytnologique de la langue grecque,nbsp;Paris et Heidelberg, 1907-1916; beaucoup de faits et richenbsp;bibliographie.

Leo Meter, Handbuch der griechischen Etymologie, Leipzig, 4 volumes, 1901 et suiv. (représente 1’état de la science étymologiquenbsp;il y a trente ans).

F. nbsp;nbsp;nbsp;Muller, Jzm, Grieksch Woordenboek, Groningue et Lanbsp;Haye [1920] (court, mais riche et précis, avec de bonnes indications étymologiques).

Passow-Grönert, Worterbuch der griechischen Sprache, nouvelle édition (avec des indications étymologiques de M. Fraenkel),nbsp;Gottingen, 1912 et suiv. (3 fascicules parus en juin 1914)-

J. Vendryes, Traité d’accentuation grecque, Paris, 1904 (bon livre élémentaire, avec des indications sommaires de grammairenbsp;comparée).

A. Debrunner, Griechische Wortbildungslehre, Heidelberg, 1917 (correct, mai s trop court).

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INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES 45l

Cunt, Le nomhre duel en grec, Paris, 1906 (bon exeniple de monographie a la fois comparative et historique).

V. Magnien, Le futur grec, Paris, 1912 (même observation que pour le précédent).

G. Italique.

a. Latin.

F. Stolz, Historische Grammatik der lateinischen Sprache, I, Einleitung, Lautlehre, Stammhildungslehre, Leipzig, 1894. Lanbsp;suite de cette Historische Grammatik est confiée a divers savants ;nbsp;volume 111, I, non comparatif, paru en igo3.

F. Stolz et Schmalz, Lateinische Grammatik, 4‘ edit., Munich, 1910 ; fait partie du Handhuch de I. von Miiller (les livres de Stolz renferment d’abondantes bibliographies et beaucoupnbsp;de materiaux ; la syntaxe du Handbuch, rédigée par M. Schmalz,nbsp;n’est pas comparative).

Stolz, Geschichte der lateinischen Sprache, Berlin et Leipzig, igii, 2' edit. 1922 (collection Göschen ; bon petit exposé denbsp;I’histoire extérieure du latin).

Lindsay, The latin language, Oxford, 1894; en traduction allemande (revue, corrigee et augmenlée). Die lateinische Sprache,nbsp;traduit parNohl, Leipzig, 1897 (tres bonne exposition, faite sur-tout au point de vue latin, sans syntaxe).

F. Sommer, Handhuch der lateinischen Laut- und Formenlehre, 2“ édition (tres corrigée, améliorée et augmentée; avec un volume de Kritische Erlduterungen'), Heidelberg, igi4 (clair etnbsp;précis, bien au courant et en même temps personnel ; sansnbsp;syntaxe).

Kühner, Ausführliche Grammatik der lateinischen Sprache. I, Elementar-Formen-und Wortlehre, neubearbeilet von F. Holz-weissig (n’a été réellement révisé ni au point de vue philologiquenbsp;ni au point de vue linguistique; ouvrage inutilisable).

M. Niëdermann, Précis de phonétique historique du latin. Paris, 1906 (simple, clair et sur); a été traduit en allemand (2' édit.,nbsp;1911), en anglais et en riisse sous une forme plus compléte etnbsp;corrigée.

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452 APPENDICES

A. Ernoüt, Morphologie historique du latin, Paris, 1914 (feit au point de vue du latin, mais avec explication compléte desnbsp;formes). Ge livre existe aussi en edition allemande (Heidelberg).nbsp;— Un utile complement est fourni par le Rectieil de textes latinsnbsp;archaïqtm, Paris, 191C), du même auteur (avec commentaire).

A. Walde, Lateinisches etymologisches Wörterhuch, 2' edit., Heidelberg, 1910 (riche de faits et de renvois ; au courant; excellent).

Thesaurus linguae latinae, Leipzig, 1900 et suiv. (en cours de publication; dictionnaire monumental de la langue latine, avecnbsp;des indications précises et rigoureuses, mais un peu sommaires,nbsp;de M. Thurneysen sur I’etymologie).

L. Jon, Le présent et ses derives dans la conjugaison latine, Paris, 1893.

J. Vendryes, Recherches sur I’histoire et les effets de Tintensité initiale en latin, Paris, 1902 (traite une question particulière,nbsp;mais qui domine I’histoire du latin).

A. Meillet, De quelques innovations de la déclinaison latine, Paris, 1906.

A. Ernout, Les éléments dialectaux du vocabulaire latin, Paris, 1909 (montre les origines complexes du vocabulaire latin).

C. JuHET, Dominance et resistance dans la phonétique latine, Heidelberg, 1913 (fortement pensé). Les mêmes questions etnbsp;tout I’ensemble de la phonétique latine sont traités dans lenbsp;livre solidement composé du même auteur : Manuel de phonétiquenbsp;latine, Paris, 1921.

L. Havet, Manuel de critique verbale appliquée aux textes latins. Paris, 1911 (nombreuses observations sur la langue; régiesnbsp;de méthode importantes).

b. Osco-ombrien.

R. von Planta, Grammatik der oskisch-umbrischen Dialekte, 2 volumes, Strasbourg, 1892-1897 (livre fundamental).

R. S. Conway, The italic dialects, 2 voL, Cambridge, 1897 (compléte utilement I’ouvrage précédent a plusieurs égards).

C. D. Ruck, A grammar of Oscan and Umbrian, Boston, 1904 (existe aussi en édition allemande abrégée, Heidelberg,nbsp;1906) [livre trés commode et clair].

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1^DICAT^0^(S niBLlOGKAPHIQüES 453

D. Cellique.

II. Pedersen, Vergleichende Grammatik der keltischen Sprachen, vol. I (phonétique), 1908-1909, et vol. II (morphologic), 1911-1918, Gopttingue (tres personnel et tres riche de faits et d’idées).nbsp;— Une Grammaire du vieil irlandais (non comparative) denbsp;M. Vendryes a paru a Paris en 1908. M. Pokorny a publié unnbsp;manuel plus bref : A concise old Irish grammar and reader, Halle,

1914.

1’hurneysen, Handbuch des Altirischen, Heidelberg, igog (fon-damental).

J. Morris Jones, A Welsh grammar, Oxford, 1918 (precieux pour Phistoire du gallois ; pas toujours sur).

VV. Stokes und A. Bezzenrerger, Wortschatg der keltischen Einheit, Urkeltischer Sprachschate^, Goettingue, 1894 ; forme lanbsp;seconde partie de la 4“ edition du Vergleichendes Worterbuch denbsp;M. Pick, signale ci-dessus (livre essentiel, mais a utiliser avecnbsp;critique).

Macbain, An etymological glossary of the gaelic language, Inverness, i8g6. — 2' édit., 1911 (pas améliorée et pleiue de fautes grossières).

V. Henry, Ixxique étymologique des termes les plus usuels du breton moderne, Rennes, 1900.

G. Dottin, Manuel pour servir d 1’étude de l’antiquité celtique, 2“ edition Paris, 1915.

G. Dottin, La langue gauloise, Paris, 1920.

La Revue celtique, de Paris, annonce et apprécie, par les soins de MM. Loth et Vendryes, les ouvrages relatifs a la linguistiquenbsp;celtique et public des articles; on trouvera aussi des articles denbsp;linguistique celtique dans les Annales de Bretagne, de Rennes, lanbsp;Zeitschrift für celtische Philologie, et dans Ériu, de Dublin.

E. Germanique.

Grundriss der gertnanischen Philologie, dirigé par M. H. Paul, 1®''volume, 2® édition, Strasbourg, 1897, une remarquablenbsp;Forgeschichte der altgermanischen Dialekte de M. Klüge et unenbsp;étude de chacun des dialectes germaniques par MM. Kluge,

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454 APPENDICES

Noreen, Behaghel, te Winkel, Siebs. Une 3' edition parait depuis 19 n, en volumes séparés; ont déja paru la description du gotiquenbsp;par M. Kluge, Thistoire de 1’allemand par M. Behaghel, la prehis-toire du germanique par M. Kluge, le scandinave par M. Noreen.

Noreen, Abriss der urgermanischen Lautlehre, Strasbourg, 1894 (tres personnel).

Streitberg, Urgermanische Grammatik (2' edit, en preparation, et qui ne parait malheureusement pas), Heidelberg (clalr, précis et syslematique).

F. Dieter, Laut-und Formenkhre der altgernianischen Dialekte, Leipzig, 1900.

V. Henry, Précis de grantmaire comparée de I’anglais et de 1’allemand, 2'edition, Paris, 1907.

Loewe, Germanische Sprachwissenschaft, Berlin et Leipzig, 3' edit., igi8 (petit volume tres bref, collection Göschen).

A. Meillet, Car act ér es généraux des langues germaniques, Paris, 1917 (2* edition sous presse).

IL Hirt, Geschichte der deutschen Sprache, Munich, 1919 (avec des observations interessantes sur Findo-europeen et le germanique coramun).

Uheenbeck, Kurs^gefasstes etymologisches Wdrterbuch der goti-schen Sprache, é® edit., Amsterdam, 1900 (commode et exact). Une 3® edition, par M. Lidén, est en preparation a Heidelberg.

S. Feist, Etymologisches Wdrterbuch der gotischen Sprache, Halle, 2* edition en cours de publication (riche et commode).

H. Falk u. A. Torp, Wortschat:^ der germanischen Sprach-einheit, Goettingue, 1909 (forme le 3® volume de la 4* edition de VEtymologisches Worterbuch de M. Fick) [a consulter avec critique].

Fr. Kluge, Etymologisches Worterbuch der deutschen Sprache, 9® edit., Berlin, 1921 (livre excellent).

Franck, Etymologisch woordenboek der nederlandsche taal, 2® edit, par N. van Wijk, La Haye, 1910 et suiv. (nouvelle éditionnbsp;entièrement mise au point; trés bon).

Jahresbericht über die Erscheinungen auf dem Geblete der germanischen Philologie, Leipzig, 1880 et suiv. (compte rendu annuel tres bien fait).

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ISDICATIOSS BIBLIOGBAPHIQUES 455

II convient de signaler ici les deux excellentes collections de grammaires des anciens dialectes germaniques, l’une dirigée parnbsp;M. Braune (chez 1’éditeur Niemeyer, a Halle) et I’autre parnbsp;M. Streitberg (chez l’éditeur Winter, a Heidelberg), bien que lanbsp;comparaison y tienne en general peu de place.

Les divers périodiques de philologie germanique contiennent des articles de grammaire comparée du germanique, principale-ment les Beitrcige ^ur Geschichte der deutschen Sprache und Litte-ratur, fondés a Halle en 187/* par MM. Paul et Braune et actuel-lement dirigés par M. Sievers (cites en abrégé PBB. ou PBSB.').

F. Baltique.

Bernemr, Die preussische Sprache, Téxle, Grammatik, etymolo-gisches Wörterbuch, Strasbourg, 1896.

R. ÏRAUTMA^N, Die altpreussischen Denkmaler, Goettingue, 1909-1910 (publication et étude completes et précises).

WiEDEMAivN, Handbuch der litauischen Sprache, Strasbourg, 1897 (médiocre, ne dispense jamais de recourir a la Litauischenbsp;Grammatik de Schleicher, Prague, i856, et a la Grammatik dernbsp;littauischen Sprache ó.enbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ilalle, 1876).

k.hESKimyLitauischei Lesebuch mit Grammatik und Wörterbuch, Heidelberg, 1919 (la phonétique seule est un peu comparative).

A. Lesriex, Der Ablaut der Wurgelsilben im Littauischen, ex trait du volume IX des Abhandlungen der philologisch-histori-schen Classe der kon. sachsischen Academie der Wissenschaften ; etnbsp;Die Bildung der Nomina im Littauischen, extrait du volume XIInbsp;du mèrne recueil (deux ouvrages excellents, avec beaucoup d’in-dications bibliographiques).

Harold H. Bexber, A Lithuanian etymological index, Princeton, 1021 (simple index des étymologies figurant dans les dictionnaires).

II. Gauthiot, Le parler de Buividxe, Paris, 1908 (bon exemple d’étude sur un parler lituanien, avec d’importantes observations générales).

G. Slave.

A. Leskien,

Handbuch der altbulgarischen Sprache, 5* édit.,

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456 APPENDICES

Weimar (reproduite maintenant a Heidelberg), 1910 (livre fon-damental du maitre de la linguistique slave, mais surtout des-criptif ; la 5' edition reproduit, avec des cliangements assez notables, la seconde de 1886).

A. Leskien, Grammatik der altbulgarischen (altkirchenslavischen) Sprache, Heidelberg, 1909 (bref, mais tres precis ; plus compa-ratif que le précédent) ; premier volume paru d’une collectionnbsp;de manuels de linguistique slave.

VoNDRAK, Vergleichende slavische Grammatik, Goettingue, I, 1906 et II, 1908 (au courant, mais avec une méthode linguistique trop peu sure). La grande et tres utile Altkirchenslavischenbsp;Grammatik, du même auteur (2' édit., Berlin, 1912) est peunbsp;comparative.

Mikkola, Urslavische Grammatik, iquot;'' fascicule (vocalisme et accentuation), Heidelberg, 1918.

PoRZEziNSKij, Sravnitel'iiaja grammatika slavjanskix jaz^km, I®'' fascicule, Moscou, 1914 (exposé sommaire des vues del’écolenbsp;de Fortunatov).

Kui/bakin, Drevne-cerkovno-slovjanskij jax^yk, 3' édit., Kharkov, 1917 (précis commode du vieux slave dans ses rapports avec lenbsp;slave commun).

0. Hujer, Slovanskd deklinace jmenna {Rot^pravyde 1’Académie de Prague, 3'cl. nquot; 33), Prague, 1910 (au courant).

Fortunatov, Lekcii po fomtikê Staroslavianskago ia:{yka, Pétrograd, 1921 (cours imprimé après la mort de 1’auteur).

Miklosich, Etymologisches Wörterbucb der slapischen Sprachen, Vienne, 1886 (fait surtout au point de vue slave; vieilli, va êtrenbsp;remplacé par le suivant).

E. Berneker, Slavisches etymologisches Wörterhuch, Heidelberg; en cours de publication, 1908 et suiv. (rigoureux, au courant etnbsp;bien informé).

O. Broch, Slavische Phonetik, Heidelberg, 19ii (excellent); édition allemande de Pouvrage qui a paru aussi en russe dansnbsp;VEnciklopedija slavjanskojfilologij, en cours de publication 4 Pétrograd, sous la direction de M. Jagic'.

Roc:(nik slawistyc:(ny {Revue slavistique), publiée par J. Los',

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IJfDICATlONS BIBLIOGRAPHIQUES

K. Nitsch, J. Rozwadowski, Cracovie, 1908 et suiv. (excellent; mémoires orlginaux, comptes rendus détaillés des principalsnbsp;publications el bibliographie annuelle complete, avec bons résumés de tout ce qui parait sur la linguistique slave).

Ges ouvrages sont a compléter au moyen des publications relatives a chacune des langues slaves. Par exemple on a mainte-nant pour Ie polonais un bon ouvragc d’ensemble édité par 1’Académie de Cracovie (en 1915) : Je:(yk polski i jego historya (volumes II et III de VEncyklopedya polska), dont les articles sont 1’oeuvrenbsp;de MM. Baudouin de Courtenay, Benni, Brückner, Krynski,nbsp;Los', Nitsch, Rozwadowski, Ulaszyn.

Des comptes rendus des principaux travaux de linguistique slave et des articles orlginaux paraissent, notamment dans 1’^r-chiv für Slavische Philologie, dirigé par M. Jagic' (publicationnbsp;suspendue depuis), dans les Listy filologické et Ie Casopis pro mo-derni pilologii, de Prague, dans les I^yê-stija otdêlenja russkago ja-\yka i slovesnosti imp. akad. nauk, de Pétrograd et dans Ie Ju^-mslovenski filolog, de Belgrade, dirigé par M. A. Belie'. La Revuenbsp;des études slaves, dont Ie premier volume a paru a Paris, en 1921,nbsp;fait une large place a la linguistique.

H. Albanais.

G. Meyer, Etyniologisches Wörterbuch der albanesischen Sprache, Strasbourg, 1891 (avec bibliographie étendue).

G. Meyer, Albanesische Studiën, lil. Lautlehre der indo-germanischen Bestandtheile des Albanesischen, Vienne, 1892 (exlrait des Sitzungsberiebte de 1’Académie de Vienne, phil.-hist- CL, vol. 125). h'Albanesische Grammatïk du même auteurnbsp;n’est pas comparative, non plus que YAlbanesische Grammatiknbsp;de Pekmezi (Vienne, 1908). II manque un ouvrage d’ensemble fournlssant l’état actuel de la grammaire comparée denbsp;1’albanais.

Le bref exposé de M. Joke, Albanisch, dans la Geschichte der indogermanischen Sprachmissenschaft de M. Streitberg, II, 3nbsp;(signalé ci-dessus p. 445) donne une idéé de l’état actuel desnbsp;études sur l’albanais.

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458 APPEgt;D1CES

I. nbsp;nbsp;nbsp;Arménlen.

H. Hübschmann, Armenische Grammatik. I. Theil, Armenische Etymologie, Leipzig, 1896 (excellent modèle de dictionnaire éty-mologique ; l’auteur est mort par malheur avant d’avoir écrit lanbsp;suite de la grammaire).

A. Meillbt, Esquisse d’une grammaire comparée de Varménien classiqtie, Yienne (Autriche), igoS (sommaire). Le Altarme-nisches Elementarbuch (Heidelberg, 1913) n’est pas comparatif.

Pour l’état actuel de la linguistique arménienne, voir les travaux parus depuis 1908, notamment, les articles de M. Pedersen, K. Z., xxxvi-xxxix, le livre de M. Lidén, Armenischenbsp;Studiën (Göteborg, 1906), Partiele de M. Grammont, Mém. Soc.nbsp;ling, XX, p. 2i3 et suiv.

La Revue des études arméniennes, Paris, 1920 et suiv., signale tout ce qui intéresse la linguistique arménienne et publie desnbsp;articles de linguistique.

J. nbsp;nbsp;nbsp;Tokharien.

SiEG und Sieghxg, Tocharish. Sitspingsherichte der kon- preus-sischen Akademie der Wissenschaften, Berlin, 1908 (p. 915-934) [broebure qui a posé les éléments essentiels du problème].

E. Smith, Tocharisch, Christiania, 1911 (premature; pas de faits nouveaux).

S. Lévi et A. Meillet, Etude des documents tokhariens de la mission Pelliot, Journal asiatique, 1911 et suiv. (observations denbsp;détail) et Mémoires de la Société de linguistique de Paris, XVII-XVIII.

A. Meillet, Le tokharien, dans Indogermanisches Jahrbuch, I (1914), p. I et suiv.

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INDEX DES TERMES DÉFINIS

Ablatif, 3o8.

Accent, accentne, no.

Accessoires (mots), 7.

Accord, SaS.

Accusatif, 3o3.

Actif, I go, 207.

Adjectif, 2i4, 368.

Adverbes, ibg, 3o9,

Agriculture (noms relatifs a 1’), 345,

357.

Albanais, 5i.

Allemand (haut et bas), 47. Alternanccs vocaliques, 122.nbsp;Analogie, i3.

Anaphorique, 288, 298.

Anglo-saxon (vieil anglais), 48. Animaux (noms d’), 352.

Animé (genre), 167.

Aoriste, i63, i64, 210.

Apposition, 320.

Arbres (noms d’), 356.

Arménien, 52.

Aryen, 35.

Aspirces, 58.

Athcmatique, i5l.

Atone, no. xVugment, 2o5, 210.

Avesta, 89.

Baltique, 48.

Breton, 46.

Breves (voyelles), 70.

Breve (syllabe), g8.

Brittonique, 45.

Cas (de la decllnaison), i56, 3oi. Causatif, 177.

Geltique, 45.

Changement de langue, 10.

Collectif neutre, 253.

Gommun (grec commun, slave com-mun, etc.), 5.

Communes (langues), 9.

Comparatifs, 282, 233.

Composes, composition, 248, 335. Conjugaison, 161, 887.

Consonnes, 96.

Gontinuite, 5.

Coordination, 331.

Correspondance, 12.

Cornique, 46.

Datif, 807.

Degres vocaliques (e, 0, zéro, etc.), 123.

Demonstralifs, 285.

Denominatifs, 162, 182.

Dentales, 58.

Desinence, n5, i53.

Déverbatifs, i83 Dialectcs, 4, 33,

Diphtongues, 81.

Dissimilations indo-europcennes i3g. Dissyllabiques (racines), 129.

Dorien, 4a.

Douce (intonation), 76.

Douces, 56.

Duel, i55.

Duratif,

Elargisscmcnts, i44-Bmprunts, 8, i3.

Enclitiques, 829.

Enfantin (langage), r3, 102.

Eolien, 4a. nbsp;nbsp;nbsp;,

Evolution linguistique, 8.

Explosion, 57, 97.

Expressifs (mots), loa.


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46o

INDEX. DES TERMES DEFINIS

Familie de langues, 4-Féminin, 167, a43.

Fin de mot, 107.

Flexionnel (type), i58.

F'orme des racines, 1^2.

Fortes, 56.

Fricatives, 67.

Frison, 48.

Futur, 179.

Gaéliqtte, 46.

Gallois, 45.

G4thJi de l’Avesta, Sg.

Gaulois, 45.

Gemination expressive, 102. Géminées, loi.

Gcnitif, 3o5.

Genre, i56.

Germanique, 46.

Gotique, 46.

Grammaire comparéo, i, 29.

Grec, 4i-

Groupe de mots, 826.

Groupes de consonnes, 102. Gutturales, 58, 65.

Imparfait, 212. impératif, 197.

Impersonnel,

Implosion, 87, 97.

Inaccentué, no.

Inanimé (genre), 167.

Indéfini, 288.

Indicatif, 187.

Indo-européen, ig, 55. Indo-européens (mots).nbsp;Indo-iranien, 35.

InRnitif, 241.

In8xation, 120, 180.

Injonctif, 210.

Instrumental, 3o8.

Intensif, i48, 178.

Interrogatif, 288.

Interrogation, 33o.

Intonation (rude ou douce), 76, 94. Intransitif, i63.nbsp;lonien, 4i.

Iranien, 38.

Iranien oriental, 4o.

Irlandais, 46.

Islandais, 47.

Isoglosse, 878.

Italo-celtique, 43.

Itcratif, 177.

Labiales, 58.

Labio-vélaires, 65.

Latin 44-Lette, 49-Lituanien, 49.

Locatif, 809.

Lois phonétiques, 12.

Longue (syllabe), 98.

Longue (voyelle), 74.

Masculin, 167.

Monosyllabiqucs (racines), i42.

Mot, 106, ii5, 3i5.

Moyen, 190, 207.

Muettes, 56.

Nasale Hnale, i4i.

Nation, 53, 875.

Negation, 33o.

Neutro, 167.

Nom, i55.

Nombre, i55.

Nominale (phrase), 316.

Nominalif, 3o2.

Nominaux (themes), 216.

Noms de nombre, 869.

Noms primaires, 334-

Noms propres de personnes, 282.

Occidental (gernianique), 47. Occlusives, 56.

Orabrien, 44.

Optatif, 187.

Ordre des mots, 3a5.

Osque, 45.

Ossète, Sg.

Palatales ou gutturales (prépalatales, médiopalatales et postpalatales), 58.nbsp;Pili, 87.

Paren té de langues, 4-Parente (noms de), 349.

Parfait, 170, 191.

Participe, i56, 289, 882.

Particules, 160, 3t2.

Parties du corps, 364.

Passé, 209, 211.

Passif, 208.

Pehlvi, 89.

Personne, i56, 207.

Phonemes, 67,


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46l

INDEX DES TERMES DÉFINIS

Phrase, 3i4.

Place du ton, lai.

Plus-que-parfait, 178.

Possessit's (composes), aSi. Possihilités de changement, i8.nbsp;Postpalatales, 58.

PrSkrits, 87.

Prcdésinentiel, i5i, 272. Prépalatales, 58.

Propositions, i5g.

Présent, i63, i64, 210. Présent-aorlste, i64.

Présuffixal, i5i, 272.

Préverhes, lög, 3io.

Priraaires (désinences), igo, 208. Primaires (suffixes), i52.nbsp;Pronominale (flexion), 286.

Pronoms personnels, 2g3.

Race, 54-

Racine, 116, i54, 344-Réalité sociale du langage, 5. Redoublement, i47, i6g, 17Ö, 173.nbsp;Réflëchi (pronom), 2g7.

Régularite du développement, ii. Relatif, 288, 336.

Relatives (phrases), 336.

Religion (noms relatifs k la), 358. Restitution, 22.

Rgveda, 36.

Rude (intonation), 76.

Rythme, 112.

Sanskrit, 36.

Scythique, 4o.

Secondaires (désinences), igo, 208. Secondaires (suffixes), i54, 287.nbsp;Sifflantes, 67.

Sigmatique (aoriste), 178. Singularite des faits linguistiques, 2.

Slave, 4g.

Sogdien, 4o.

Sonantes, 76.

Sonantes longues, g3.

Sonantes voyelles, 87.

Sonores, 67, 61.

Sonores aspirées, 58, 62.

Sourdes, 57.

Sourdes aspirées, 58, 64.

Sourdes simples, 5g.

Subjonctif, 187.

Subordonnées (phrases), 332. Suhstantif, 2i5.

Substitution, 117.

Suffixe, 116, i5o, i54.

Superlatifs, 233, 234.

Syllabe, g6.

Systeme phonétique de 1'indo-euro-

péen, ii4.

Teraporels (themes), i63. Thematique, i5i.

Theme, 116, iig.

Tokharien, 52.

Ton, tonique, no, 827.

Transitif, i63.

Vedique, 36.

Vélairos, 58, 65.

Verbale (phrase), 3i6.

Verbe, i55.

Vieux perse, 38.

Vieux prussien, 48-Vieux slave, 4g.

Vocatif, So 2.

Voix, 207.

Voyelles, 70. g6.

Vrddhi, 221.

Zend, 3g.

Zéro (degré voealique), 128.

Zero (suffixe zéro, desinence zero), 116, 217.


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ERRATA

P. 5o, 1. 8 du bas, lire ; Slovene.

P. Sa, 1. i4, après : 1’iranien, ajouter : durant les siècles qui ont immédiatemcntnbsp;pvécódc et suivi Ie debut del’ère chretienne.

P. 53, après la ligne g, ajouter ; Surle pseudo-hittite, voir p. aa.

P. 11 a, après la ligne a/i, ajouter : La place de 1’élévalion principale de la voix estnbsp;Ie seul élément de hauteur que la compa-raison révèle clairement. Mais il va de solnbsp;que, au cours du mot, la voix monlait etnbsp;ilescendait suivant des régies multiples dontnbsp;ces fails ne suffisent pas a laisser mémenbsp;devlner la complexité. Les témoignagos desnbsp;phonéticiens anciens de l’Inde donnent,nbsp;pour Ie védique, quelque idee de ces variations de hauteur autour du ton principal.nbsp;P. ia5, 1. 4, lire : ju-hv-e.

P. 127, 1. I du bas, fermer la parenthese après : « donner ».

P. i3i, l. I, lire ; JiLar-u;.

P. i34, 1. 2 du bas, lire racinc.

P. i53, 1. i4 et sulv. ; cf. 1’addition Indiquóe ci-dessous a la p. 191.

P. 166, 1. 7 et suiv. Voir 1’addition h la p. igi.

P. 166, 1. I du bas, lire ; paLtév.

P. igi, après lal. 12, ajouter: L’ensei-gnement donné d’ordinaire, et reproduit ici, sur Ie róle respectif des désinences pri-maires et secondaires, actives et moyennesnbsp;repose sur Ie témoignage concordant dunbsp;grecetde 1’indo-iranien. Mais d’autres fails,nbsp;que laissent entrevoir 1’italo-celtique et Ienbsp;gormanique et dont Ie grec méme a trace,nbsp;donnent lieu de croire que 1’état de ciioscsnbsp;alnsi décrit serail puroment dialectal. Onnbsp;verra ci-dessous, p. 208, que la forme 5nbsp;desinence secondaire moyenne hom. ootronbsp;sert normalement de prétérit en regard dunbsp;présent è. desinence primaire tpr|(n. Ce témoignage, joint 5 celui du type lat. tutadênbsp;qui répond a un type moyen skr. tutade sansnbsp;avoir aucune valeur moyenne, et è celui denbsp;V. sl. vêdê «je sais» (cité ci-dossousp. igS),nbsp;montre quo les désinences moyennes n’ontnbsp;pas toujours la valeur définie, normale ennbsp;grec et en indo-iranien. Et d’autre part, lesnbsp;soulos desinences moyennes qui subsislentnbsp;en italique sont de type secondaire : Ie latinnbsp;a fa-tu-r, en face de hom. oxxo. Les formesnbsp;gotiques du type bairaza, bairada, citéesnbsp;p. 195, supposent d’anciens *-sö, -tü, donenbsp;des formes de type secondaire. Les desinences secondaires servaient done, dans lonbsp;groupe Occidental de 1’indo-ouropéen, a ex-primerlo présent; Ie lat damns qui, pour lanbsp;forme, répond au type hom. Sdpsv et Ic v.nbsp;h. a. tnotqui,pour la forme, répond au typenbsp;yèd.dhdt « ilaposé » (v. p. 166), sont desnbsp;presents, non des aoristes. Dès lors, Ienbsp;fait que les désinences secondaires activesnbsp;*-s, *-t. etc. sont en allernance normalenbsp;avec les désinences moyennes *-selo, *-le/o,nbsp;etc. devient significatif. L’*-i du type actifnbsp;primaire *-si, *-ti et la diphtonguedu typenbsp;rnoyen gr. -cat, xai, qui n’entrenl pasnbsp;dans Ie type normal des alternances, sontnbsp;sans doute des additions secondaires k desnbsp;désinences qui, originairement, et encorenbsp;en partie dans les parlers occidentaux, nenbsp;comportaient pas la distinction en prl-maires et secondaires.

P. 19.5, pour les formes got. bairaza. bairada, hairanda et par lat. tutudï, v. sl. vèdL voir 1’addition a la p. 191.

P. 197, 1. 9, lire : trayait, au lieu de croyait.

P. 201,1. i4 du bas, lire iiov.

P. 2i3, 1. 9 du bas, lire vdrimrli, au ‘ Keu de vdoarti.

P. 233, 1. 8, lire : ion. xpEcewv, au lieu de gr. zptcctov.

P. 243, 1. 8 du bas, lire : asm.

P. 9.53, 1. 7 du bas, lire : a la fois.

P. 267, 1. 6, lire : palï.

P. 976,1. 5 du bas, lire : brh-dnt-ah.

P. 981, 1. 9 du bas, lire : aiskios.

P. 281,1. 10 du bas, lire ; nXaxaiï).

P. 352, 1. i3 du bas, lire lit. pills.


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TABLE DES MATIERES

Avant-propos................

Abréviatlons................

Transcriptions................

GHAPITRE I. Méthode. La notion db dangues iNDO^Érmo

PÉENNES.............

I. Principes généraux........

II. Application des principes généraux k lanbsp;definition de rindo*européen. .

GHAPITRE II. Les langues indo-européennes......

GHAPITRE III. Phonétiqdk............

I. Les phonemes..........

I. Occlusives et sifflantes......

3. Voyellos proprement dites.

3. Les sonantes.........

II. La syllabe...........

III. nbsp;nbsp;nbsp;Le mot et la phrase. Accentuation.. . .

GHAPITRE IV. Principes de la morphologie......

I. Généralités...........

11. Alternances...........

ill. De la forme des elements morphologiques.

IV. nbsp;nbsp;nbsp;Des diverses espèces de mots.....

GHAPITRE V. Le verre.............

A. nbsp;nbsp;nbsp;Généralités...........

B. nbsp;nbsp;nbsp;Formation et valeur des themes verbaux..

C. nbsp;nbsp;nbsp;Flexion des verbes.........

GHAPITRE VI. Le nom.

P8g0€.

Yll

t

2

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32

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57

57

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76

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ii5

ii5

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i5S

i6i

i6i

i63

190

21Ó

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464 nbsp;nbsp;nbsp;TABLE DES MATIERE^

A. nbsp;nbsp;nbsp;Substantifs et adjectifs........aiS

a. nbsp;nbsp;nbsp;Formation des themes....... ai6

b. nbsp;nbsp;nbsp;Flexion...........a53

B. nbsp;nbsp;nbsp;Démonstratifs, indéfinis,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;interrogatifs.. . ' . aSS

a. nbsp;nbsp;nbsp;Themes...........a86

b. nbsp;nbsp;nbsp;Flexion...........ayo

G. Pronoms personnels.........agS

D. nbsp;nbsp;nbsp;Emploi de la flexion......... agg

E. nbsp;nbsp;nbsp;Mots invariables..........3og

CHAPITRE VII. La phrase..............3i5

I. La phrase simple..........3i5

11. Union de plnsieurs phrases.......33i

CHAPITRE VIII. SuR le vocabulaire..........338

CHAPITRE IX. SuR le dévei.oppement des dialegtes indo-eu-

ROPÉENS..............375

Conclusion. .......... 4oi

Appendices. . nbsp;nbsp;nbsp; 407

I. ApERCO DU DÉVELOPPEMENT DE LA GRAMMAIRE COMPARER.. 4o7

II. Indications bibliographiques..........437

Index des termes définis.............469

Errata...................46a

CHARTRES. — IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT.

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