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H/


OÜINOLOOIE

DES QUINQUINAS

ET

DES QUESTIONS QUI, DANS L’ÉÏAT PRÉSENT DE LA SCIENCE ET DU COMMERCE, S’Y RATTACHENT AVEC LE PLUS D’ACTUALITÉ,

PAR

ra. A. DELONDRE,

Piiarmacioii Pt fabricant de sulfate de quinine a Graviilc (Havre), membre de 1’ancienne Soeiélé Pelletier, Delondre et Lcvaillant;

ET PAK

M. L BOlCHilRDAT,

Professcur d’hygiènc a la Kaculté de médecine de Paris , membre de 1’Aeadémic imperiale de médecinc, ' Pharmacien en chef de l’Hótel-Dieu, etc.

11 en a éLé de tnéme jusqn’a nos jours de lous les quiiujuinus; chacun a lom ui sa dénoniiimtion parliculièt e, et a la suite de lant de discussionsnbsp;sur la rlassificuiion botanique nes espètes et sur leur ellicacite', il est nenbsp;n:ie confusion que l’analyf'e seule, a notre avis, peul faire cesser en prc-setitanl les ecorct-s sous Ie nom de leur provenance et avec leur valeiirnbsp;« n alcaloïdes. D’aprè.s cetle munière de voii', nousavons eu poiir Iml denbsp;faire pliilól im traité pratique qu’un onvragc de science.

itveo 23 planches.


BIBLIOTilCA

CQNV. WtlCREHS

wRi). ri»f . «‘w

PARIS,

GERMER BAILLIÈRE, LIBR AIRE-ÉDITEUR ,

17, RUE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE.

MADRID,

CH. BAILLY-BAIEEIÈRE.

LONDRES,

H. BAIELIÈRE, 219, BEGENT-STKEET.

NEW-YORK, CH. BAIELIÈRE.

1854.

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INTRODUCTION.

Nous croyons que, pour ceux qui onl consacre une partie de leur vie a quelque étude spéciale, c’est un devoir d’écrire le résultat de leurs observations, afin d’ou-vrir la voie aux plus jeunes, qui feront mieux ensuite. En conséquence, nous avonsnbsp;mis en commun notre expérience et le résultat de nos recherches, avec I’espoir denbsp;rectifier ce que nous avons trouvé d’inexact dans les ouvrages qui ont précédé lenbsp;nótre. D’autres viendront après nous, qui nous rectifieront nous-mêmes, et c’estnbsp;avec cette pensée de progrès successifs que nous nous sommes mis a I’ceuvre.

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QÜINOLOGIE

OU

DES QUINQUINAS.

PREMIÈRE PARTIE.

APER’gU HISTORIQUE DES QUINQUINAS.

Malgré ce qui a été écrit jusqu’a ce jour, l’histoire des quinquinas nous paraissail tres obscure, et tout en rendant justice aux savants qui s’en sont occupés, et surtoutnbsp;a M. Weddell, qui nous a fourni tant de précieux documents sur l’histoire généralenbsp;des quinquinas, et en particulier sur ceux de la Bolivie et du sud du Pérou, nousnbsp;avons cru utile, en profitant de leurs lumières, de chercher a compléter ce qu’ilsnbsp;n’ont pas assez bien expliqué, et de trailer de nouveau les points sur lesquels ils ontnbsp;sans doute été mal renseignés.

Nous devons de sincères remerciments a M. Ie docteur Lemercier, sous-bibliothé-caire du Muséum, pour la complaisance avec laquelle il nous a mis a même de consulter par ordre les principaux auteurs anciens qui ont parlé du quinquina.

Nous n’avons pas jugé nécessaire, dans nos citations, de remonter plus haut que Tannée 1792, paree que c’est a cette époque que la Quinologie de Ruiz a jeté quelquenbsp;jour sur l’histoire de cette précieuse écorce,dont les vertus étaient déja bien con-statées depuis un siècle et demi, mais dont l’origine était encore assez incertaine,

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u nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE,

malgré Ie remarquable ouvrage de Torti, Be febribus, public a Venise en 1732, et celui de Wahl,'a Eop®nhaguie eai 1790, traduiten ;afl^lai?par Lanüoert, Londres, 1797.

Dans Ie prologue 1de sa f^uinologie, Ruiz s’«xprime ainsi: ?« Avec Ie secours des notes communiquées a Linné par notre illustre botaniste et naturaliste, don Josefnbsp;Celestino Mutis, a l’occasion de ses nombreuses recherches dans Ie royaume denbsp;Santa-Fé pendant prés de trente ans, nous devons espérer d’excellentes observations

sur Ie véritable arbre de quinquina et l’histoire de quelques variétés.......J’ai eu en

ma possession un manuscrit authentique du docteur Mutis qui comprend, entre autres choses, i«i résumé des vertas des quinjipiinas :oran^'^, rouge, jaune et blanc. OueMesnbsp;lumières ne devous-nous pas nous promettreide la.pubbcation de la Qumologienbsp;si savant médecin et botaniste (1)1 »

Dans les Annales d’histoire naturelle de Madrid, 1800, on trouve Ie passage sui-vant au sujet du mémoire que Zea y a inséré, et dans lequel, en rendant compte des travaux de Mutis, dont il avait été Télève et Ie collaborateur, il annonce la supério-rité des quinquinas de la Nouvelle-Grenade sur ceux découverts et décrits par Ruiz.

«........La Quinologie de Bogota a toujours été l’oeuvre de prédilection de Mutis; il

dit qu’il a employé trente-sept ans de sa vie a faire des observations sur cette science (2). »

Elle est divisée en deux parties : la première, botanique, dans laquelle il donne la description, accompagnée de superbes dessins, de sept espèces de quinquina avecnbsp;dilFérentes variétés. La seconde partie est entièrement médicale; il démontre quenbsp;jusqu’alors Vemploi du quinquina a été ahandonné aux charlatans et prescrit aunbsp;hasard.

Nous attachons une grande importance a ces citations et a celles qui vont suivre, pour prouver que la collection des quatre espèces annoncées par Ruiz en 1792 étaitnbsp;arrivée a sept en 1800, et paree que Ie passage que nous venons de,transcrirei Con-firmeirattentiontque Mutis portait a con stater Ges vertus particuMèresi de xhaquenbsp;espèce nouvelle.

(1) nbsp;nbsp;nbsp;Quinologia, ó tratado del cirbol de la 5'Mina, por don Hipolito Ruiz. Madrid. 1792.—...... Con elauxilie

de lamp;s noticias coniunicadas a Linneo por nuestro insigne bolSnico y naturalisla don Josef Celestino*MmO's. cuyas esmeradas y dilatadas tareas, en el reino de Santa’Fe,gt; por espaciode cerca treinta anos, debemos prome-ternos excelentes observaciones sobre cl verdadero arbol de la quina y la historia dealgunas especies..«.. Ha

llegado a mis manos cier.ta instruccion manuscrita del mencionado doctor Mutis.....Comprende laciiada iasiruc-

cion, entre otras causas, un resümen de las virtudes, de las especies de quinas, anaranjada, roja, amarilla, y

Uanca..... jQue luces no podemos prometernos de la publicacion de la quinologia desabio-'médiea y

botanistd I»

(2) nbsp;nbsp;nbsp;Anales de historia^notural. Madrid, 1800.—La quinologia de Bogota ha sida-siempre la'obritanbsp;predilecta de Mutis,,y en Ja que dice baber erapleado treinta y siete anos de observaciones, contiene dos partes,nbsp;la primera botanica, en que da las descripciones, y soberbias estampas de siete especies de cinchona, con unasnbsp;cuantas variedades..... La segunda parte es toda médica, en ella manifiesta que la aplicacion’de la quina ha sidanbsp;•basta eLdia, empfrica y aventnrrfda,»

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APERQÜ HISTOP.IQÜE DES OUINQDINAS. nbsp;nbsp;nbsp;5

Remarquons dès a présent que Ruiz et Pavon, dans Ie Supplément a la Quinologie (Madrid, 1801), ont plutót dirigé leurs attaques contre Télève , mais ils ne peuventnbsp;s’empêcher de rendre justice au maitre, comme Ruiz l’avait fait en 1792 ;

«......D’autres personnes qui ont été a Santa-Fé sont d’accord sur l’importance

de la collection du docteur Mutis; mais elles ajoutent qu’il serait malheureux que ce botaniste ne publiat pas lui-même son ouvrage, paree que, en passant par d’autresnbsp;mains, on peut craindre de voir répéter la confusion que Zea a faite des quatre quinasnbsp;de son maitre avec ceux de Loxa et du Pérou (1). »

Quelque déplorable que soit l’aigreur avec laquelle chacun des savants de ces deux expéditions a voulu justifier la prééminence de ses découvertes, nous sommes forcésnbsp;de les suivre dans leur querelle, afin de ramener la question a son véritable pointnbsp;de vue.

Ruiz et Pavon, chefs de l’expédition scientifique du Pérou, ne connaissaient que les quinquinas de Loxa et ceux des forêts de Huanuco, au nord de Lima, paree qu’ilsnbsp;n’étaient pas sortis de cette partie du nouveau monde5 et Zea, l’élève et Ie collaborateur de Mutis, chef de l’expédition de la Nouvelle-Grenade, qui écrivait sur lesnbsp;documents de son maitre, ne connaissait pas les quinquinas du Pérou. Ce conflit estnbsp;vraiment regrettable, puisque, par la comparaison des feuilles et des écorces, ilsnbsp;auraient évité uri pareil malentendu sous Ie rapport botanique et médical, et qu’ilsnbsp;auraient éclairé la science au lieu d’y répandre l’obscurité par leur division. Quantnbsp;a l’efficacité des écorces, 1’analyse prouve aujourd’hui que Mutis et Zea avaientnbsp;raison de prétendre que les quinquinas de la Nouvelle-Grenade l’emportaient surnbsp;ceux qui avaient été préférés dans l’origine, et qui provenaient des forêts de Loxa.

Zea dit dans son mémoire : a II existe septespèces véritables, découvertes par Mutis, avec beaucoup d’autres variétés qui sont officinales (2).

Ruiz et Pavon répondent: « Nous sommes forcés, pour la défense de notre oeuvre, de réfuter les allégations de M. Zea, et pour Ie bien de l’humanité nous nous trou-vons dans l’obligation de prévenir Ie public que les quinquinas de Santa-Fé sontnbsp;des espèces bien dilFérentes de celles de Loxa et du Pérou, reconnues comme

excellentes et supérieures dans l’emploi médical..... Le premier quinquina de la

Quinologie est reconnu par tons les cascarilleros de Loxa qui exploitèrent la province de Huanuco comme l’espèce supérieure et la plus estimée dans le commerce et en médecine..... II nous parait également impossible que l’Amérique

(1) nbsp;nbsp;nbsp;« Convienen otras personas, que han estado en Santa Fe, en que es grande la coleccion del doctor Mutis,nbsp;peró anaden que sera lastima, que este botanico no publique el mismo su obra, porque, en otras manos, es denbsp;temer se repita la confusion que ha hecho el senor Zea de las cuatro quinas de su maestro con las de Loxa, ynbsp;demas peruvianas.»

(2) nbsp;nbsp;nbsp;lt;1.....Siete son las especies descubiertas por el senor Mutis, con raas cuantas variedades de las ofici-

mles, etc., etc. »

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6 nbsp;nbsp;nbsp;•nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIB.

seplentrionale puisse produire des quinquinas de bonne qualité, comme ceux du

Pérou (1).»

Les raisons avancées par Ruiz et Pavon pour justifier la préférence k donner aui quinquinas de Loxa et de Huanuco sur ceux de la Nouvelle-Grenade reposent surnbsp;l’expérience de cent soixante ans; et précisément ce sont les mêmes quinquinas quenbsp;Ton exclut aujourd’hui, non pas seulement paree qu’ils sont moins riches en alca-loïdes, mais paree qu’ils sont en grande partie d base de cinchonine.

MM. de Humboldt et Bonpland, qui ont successive ment parcouru les forêts de Loxa et de Quito, ont pu seuls établir la comparaison et rendre justice a chaque dé-couverte, et nous verrons plus tard avec quel enthousiasme M. de Humboldt s’exprimenbsp;dans l’article Mütis de la Biographie universelle des frères Michaud, 1821.

Yoici la conclusion de Ruiz et Pavon : « En définitive, il est indispensable de réunir tous les matériaux des quinquinas de Santa-Fé et de Loxa, pour que, de leurnbsp;examen comparatif, on puisse établir un classement complet et une distinction exactenbsp;de toutes les espèces que l’on trouve dans Ie commerce, et que l’on procédé avecnbsp;connaissance de cause aux expériences et observations médicales, afin de placer lesnbsp;espèces par ordre, selon leurs vertus et l’efficacité que Ton trouve dans chacunenbsp;d’elles (2). »

A plus de cinquante ans de distance, nous avons agi sous la même inspiration, et nous nous étonnons que Ruiz et Pavon n’aient pas réalisé cette bonne penseenbsp;d’épreuves comparatives.

Outre la certitude que nous avons acquise de la valeur thérapeutique de chaque écorce, gréce aux immortels travaux de Pelletier et Caventou, il nous a été permisnbsp;d’étudier les feuilles des quinquinas de la Nouvelle-Grenade recueillies dans diversesnbsp;parties des montagnes, et qui ne nous paraissent pas différer des feuilles que nousnbsp;avons vues dans les forêts de Santa-Ana, et de celles qui proviennent de notre première expedition en Bolivie.

Cette collection, composée de trente spécimens, qui nous a été donnée par don Rafael Duque üribe de Bogota, est jointe aux échantillons de toutes les écorces de

(1) « .....Nos es forzoso, en defensa de nuestra obra, de rebatir las itnpugnaciones del senor Zea, y por el bien

de la humanidad, eslamos obligados a manifiestar al publico, que las quinas de Sanla Fe son especies muy

diversas de las de Loxa, y demas peruvianas, admitidas como finas, y superiores en el uso médico.....La primera

qnina de laQuinologia es reputada por los cascarilleros de Loxa que pasaron a Huanuco, por la especie superior,

y de raas estimacion en el coniercio, y en la medicina..... Tampoco nos parece imposible que pueden criarse en

la América setentrional, las exquisitas peruvianas.»

(2) » Finalmente : es indispensable hacer una reunion de todos los materiales de las quinas de Santa Fe, de lasnbsp;de Loxa, y de las deraas peruvianas, para quede su examen comparalivo, resulta y se establezca un conocimientonbsp;completo, y distincion exacta de todas las especies que giran en el coraercio; y se proceda con conocimiento denbsp;causa a los experimentos y observaciones raédicas, a fin de colocar por órden las especies, segun las virtudes ynbsp;eficacia, que se descubren en cada una.»

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APERgU HISTORIQUE DES OUINQEINAS. nbsp;nbsp;nbsp;7

quinquina que nous avons décrites, et que nous avons reunies pour les offrir au Muséum d’histoire naturelle.

Après avoir public, en 1816, ses Recherches chimiques et pharmaceutiques sur le quinquina^ Laubert compléta ce beau travail par un nouvel article plus étendu dansnbsp;le Dictionnaire des sciences médicales, en 1820, ou se trouve consignée I’opinion denbsp;tons les auteurs qui ont parlé du quinquina et qu’il a consultés. C’est dans ces savantsnbsp;articles que nous choisissons une grande partie des renseignements qui vont suivre.

Nous ne résistons pas a copier textuellement les premières lignes de son mé-moire. 1820.

« Ce médicament, le plus précieux de tous ceux que possède I’art de guérir, est » une des plus grandes conquêtes faites par Thomme sur I’empire végétal. Les trésorsnbsp;» que le Pérou renferme, et que les Espagnols couraient y arracher du sein de lanbsp;» terre, ne peuvent être comparés, sous le rapport de Tutilité, avec l’écorce denbsp;» I’arbre a quinquina, qu’ils y recueillirent aussi et qu’ils dédaignèrent ou ignorèrent

» longtemps.....II n’est point d’épithète qu’il ne justifie, lorsqu’il est manié par des

» mains habiles et qu’on en fait un usage éclairé. On peut trouver h I’opium, a l’ipé-» cacuanha, au séné, au muse, etc., des succédanés dans notre pays. Nous n’en con-» naissons point encore qui puisse remplacer la propriété la plus remarquable du » quinquina, qui puisse, comme lui, arracher des bras de la mort I’homme dévorénbsp;» par une fièvre pernicieuse, qui montre plus puissamment les ressources et I’habi-» leté de I’art de guérir, et qui le venge mieux de ses injustes détracteurs. »

Tous les auteurs qui se sont occupés de I’histoire des quinquinas jusqu’a nos jours, et même Walckenaër, dans sa Vie de La Fontaine, a I’occasion du poëme sur le quinquina, ont répété avec plus ou moins de détails ce qui a été dit par Ruiz sur I’originenbsp;de la découverte des quinquinas. Nous préférons la version originale de ce savant:

« II est probable que les Indiens de la province de Loxa connurent les vertus du » quinquina et l’employèrent contre les fièvres intermittentes bien des années avantnbsp;» la conquête du Pérou par les Espagnols. Pendant mon séjour au Pérou, j’ai en-» tendu souvent des personnes dignes de foi raconter par tradition que dans l’annéenbsp;» 1636 un Indien de la province de Loxa fit connaitre la vertu du quinquina au cor-» régidor, qui souffrait de fièvres intermittentes. Le corrégidor, désireux de guérir,

» demanda de ces écorces a l’Indien et la manière de les employer, qui était de les )) faire infuser dans l’eau; il suivit les instructions de l’Indien, se débarrassa en peunbsp;» de jours de la fièvre, et en continuant l’usage de ce médicament il finit par re-)) couvrer tout a fait la santé. Les mêmes personnes m’ont assuré que, dans l’annéenbsp;» 1638,1e corrégidor ayant apprisque la vice-reine souffrait aussi d’une fièvre tierce,

» écrivit au vice-roi, le comle de Cinchon, et lui envoya des écorces de quinquina,

» en lui annongant leur admirable vertu. II ajoutait qu’il ne mettait pas en doute » que la vice-reine ne fut débarrassée promptement de ses accès de fièvre. Le vice-

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8 nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.

» roi, persuadé que personne mieux que Ie carrégidor ne pourrait administrer Ie » remède, Ie Ot venir a Lima et voulut qu’il en fit lui-même l’épreuve sur les fiévreuxnbsp;» de riiópital avant de Ie donner a la yice-reine. Le corrégidor expérimenta en pré-» sence des médecins, et en pen de jours tous les malades qui a\ aient suivi le trai-» tement furent guéris de la fièvre. Après tant d’épreuves évidentes, la comtesse pritnbsp;» de cette écorce; en pen de jours les accès disparurent, et elle recouvra compléte-» ment la santé, qu’elle avait perdue depuis six mois. »

La comtesse de Cinchon, en reconnaissance de ce bienfait^fit distribuer gratuite-ment ce remède, qui conserva longtemps le nom ({q poudre de la Comtesse, ensuite il prit celui de poudre des Jésuites, paree que c’était a eux que la vice-reine en avaitnbsp;confié une certaine provision avant de quitter Lima, en 1640, pour qu’ils en répan-dissent l’usage. C’est pour immortaliser le nom de la comtesse de Cinchon que Linné,nbsp;dans sa classification botanique, a appelé Cascarüla Cinchona l’arbce qui fournitnbsp;cette précieuse écorce.

Le nombre des auteurs qui ont écrit sur l’arbre qui produit le quinquina est con-sidérable, mais quelques uns seulement, tels que La Condamine en 1737, Joseph de Jussieu en 1739, Santesteban en 1755, Mutis de 1760 a 1800, Renquifo en 1772,nbsp;Ruiz en 1790, Zea en 1800, Pavon en 1801, Tafalla de 1802 a 1808, de Humboldtnbsp;et Bonpland en 1807, Bergen en 1822, Weddell en 1847, ont vu cette plante dansnbsp;l’Amérique méridionale. Les autres auteurs n’en ont examiné que les échan-tillons secs.

M. de Humboldt est sans contredit un des auteurs qui ont le mieux fait connaitre rhistoire de ces arbres dans les deux mémoires qu’il a publiés sur les forêts de quinquina (1). Ce savant a vécu pendant quatre ans dans les contrées de l’Ainérique dunbsp;sud oü les quinquinas sont indigènes. Bles avus au nord de l’équateur, entre Hondanbsp;et Santa-Fé de Bogota, au sud de la ligne équinoxiale, dans la province de Loxa,nbsp;dans celle de Jaën, de Bracamoros, etc., etc., et pendant le temps qu’il a séjournénbsp;avec Mutis, ce naturaliste a mis a sa disposition toutes ses collections botaniques.nbsp;Beaucoup de détails sur le même sujet lui ont été communiqués a Guayaquil, port denbsp;Quito, par M. Tafalla, et a Loxa par don Vicente Olmedo, inspecteur royal desnbsp;forêts de quinquina, et en Espagne par les éditeurs de la Flore du Pérou, etc., etc.

Le quinquina le plus renommé par ses propriétés fébrifuges a été connu en 1638, sous le nom de Quinquina d’Uritusinga. Mutis et Zea ont cru que leur quinquinanbsp;orangé, C. lancifolia, était identique avec celui d’Uritusinga, tandis que Ruiz etnbsp;Pavon Tont cru synonyme de leur C. nitida. La discussion qui s’est élevée entre cesnbsp;botanistes a duré longtemps, mais aucun d’eux n’a pu décider la question, commenbsp;Tont fait depuis MM. de Humboldt et Bonpland, qui ont prouvé que le quinquina

(!) Nous citons ce que dit Laiibcrt; mais nous n’avons pas besoin de rappeler le bel ouvrage de M. Weddell, Histoire naturelle des quinquinas, doiit nous aurons l’occasion de parler plus d’une fois.

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APER^IU IlISTORIQUE DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;9

d’Üritusinga, auquel ils ont donné Ie nom de C. Condaminea, n’est ni Ie quinquina orangé de Mutis, ni aucune des espèces décrites par Ruiz et Pavon, mais une espècenbsp;particulière qui était réservée pour la familie royale, a Madrid.

C’est dans cette espèce de quinquina que Laubert a trouvé la cristallisation que Gomez avail désignée sous Ie nom de Cinchonin, et que Pelletier et Caventou outnbsp;reconnue comme alcali organique, qu’ils ont combiné avec l’acide sulfurique pournbsp;en obtenir Ie sulfate de cinchonine. Tel a été Ie premier pas vers l’autre alcali organique, quinine, et qui a donné une si grande valeur au quinquina calisaya, dont ilnbsp;était extrait.

En 1789, il a été parlé pour la première fois de ce quinquina calisaya; Vitet, mé-decin de Lyon, fit connaitre l’importance de cette écorce sous Ie rapport de la thé-rapeutique. En 1816, Laubert faisait cette remarque curieuse : « On estime beau-coup Ie quinquina calisaya en Espagne, et des médecins trés habiles m’ont assuré a Madrid que Ie mélange d’une partie de cette écorce avec trois ou quatre de Loxa estnbsp;d’une grande efficacité dans les fièvres ataxiques. » Ainsi, a cette époque, on avaitnbsp;déja constaté dans la pratique les bons résultats du mélange des quinquinas a basenbsp;de quinine avec ceux a base de cinchonine. En 1820, Laubert disait aussi : « Lenbsp;quinquina jaune, trés connu sous le nom de calisaya, est maintenant le plus employé dans la pharmacie; on vend trois livres de celui-ci centre une livre de gris. »nbsp;Le prix seul explique cette différence dans le débit,car le premier cofite trois francs,nbsp;tandis que I’autre en vaut douze. Pour I’emploi, il est a regretter qu’on se servenbsp;moins du quinquina gris, car il est certainement plus efjicace lorsqu’il s’agit de trailernbsp;des fèvres intermittentes graves. Depuis la découverte du sulfate de quinine, c’est lenbsp;quinquina calisaya qui est monté successivement a trois ou quatre fois la valeur dunbsp;quinquina deLoxa, qui n’apresque plus d’emploi.

La première description assez compléte de I’arbre de quinquina est due a La Con-damine; son travail fut imprimé dans les Mémoires de 1’Académie en 1738. Joseph de Jussieu visita aussi les environs de Loxa en 1739.

On ne soupgonnait pas, a l’époque ou La Condamine décrivit le quinquina d’Uri-tusinga, qu’on aurait découvert plus tard cet arbre au nord de I’equateur. Le premier indice de son existence est du a don Miguel de Santesteban, en 1755, dans les environs de Popayan.

M. de Humboldt, qui a lu sa relation autographe, pense que la découverte de Santesteban resta ignorée dans les papiers de la vice-royauté (1). Cependant, il ennbsp;communiqua les échantillons a Mutis, auquel il était réservé, dit M. de Humboldt,nbsp;de faire connaitre les trésors botaniques de la Nouvelle-Grenade, et de donner a lanbsp;découverte des quinquinas de cette partie de VAmérique toute l’imporlance qu’elleméritait,

(1) Sans dome cette découverte se rapporte au quinquina Pitayo.

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10 nbsp;nbsp;nbsp;yüINOLOGlE.

Mutis arriva en Amériqne en 1760; il signala ses premières découvertes quelques années après.

Don Francisco Renquifo s’est aussi distingué par les cinchonas qu’il découvrit en 1776 prés de Huanuco, et qui furent décrits en 1801 par Ruiz et Pavon.

Tandis que Ruiz et Pavon s’occupaient a décrire les espèces péruviennes, Mutis, secondé principalement par Zea, travaillail a la description de cinchonas qui crois-sent de Fautre cóté de la ligne équinoxiale, dans la Nouvelle-Grenade, aux environsnbsp;de Santa-Fé de Bogota.

Linné avait donné Ie nom di officinalis au cinchona décrit par La Condamine; il désigna depuis sous Ie même nom l’espèce de laquelle provenait un nouvel échan-tillon qu’il venait de recevoir de Mutis. Vahl a désigné cette espèce sous Ie nom denbsp;macrocarpa, mais il a reconnu depuis qu’elle était Ie C. ovalifolia de Mutis, ou Ienbsp;C.pubescens. Ainsi, depuis 1767, on a donné Ie nom A'officinalis, ou C. Condaminea,nbsp;au C. macrocarpa, au C. pubescens, et Ruiz, dans sa Qidnologie, a donné Ie mêmenbsp;nom au C. nitida de la Flore du Pérou.

II en a été de même jusqu’a nos jours de tous les quinquinas; chacun a fourni sa dénomination particulière, et a la suite de tant de discussions sur la classificationnbsp;botanique des espèces et sur leur efficacité, il est né une confusion que l’analysenbsp;seule, a noire avis, peut faire cesser en présentant les écorces sous Ie nom de leurnbsp;provenance et avec leur valeur en alcaloïdes. D’après cette manière de voir, nousnbsp;avons eu pour but de ‘faire plutót un traité pratique qu’un ouvrage de science.

Jusqu’en 1820, Ie quinquina de Loxa et l’orangé de Mutis élaient les deux espèces les plus estimées, malgré la découverte du calisaya, qui n’était pas encore trés ré-pandu, et dont la valeur ne fut bien reconnue que par la fabrication du sulfate denbsp;quinine; mais Ie premier était préféré au second par les praticiens espagnols lesnbsp;plus éclairés, malgré l’autorité de Mutis.

La découverte des cinchonas de la Nouvelle-Grenade et du Pérou fit naitre sur les qualités médicamenteuses de ces écorces des oi^inions moins fondées sur la valeurnbsp;médicale que sur les intéréts des négociants.

« Les maisons de commerce en Espagne, qui depuis un demi-siècle possédaient Ie monopole du quinquina de Loxa, cherchèrent, dit M. de Humboldt, a faire dépré-cier celui de la Nouvelle-Grenade; elles trouvèrent des botanistes complaisants qui,nbsp;en élevant les variétés au rang d’espèces, prouvèrent que les quinquinas du Pérounbsp;étaient spécifiquement différents de ceux qui croissent autour de Santa-Fé. Lorsquenbsp;Ie commerce de l’éeorce des quinquinas de Huamalies et de Huanuco, vantés parnbsp;Ortego, Ruiz et Pavon et Tafalla, tomba entre les mains de ceux quifaisaient l’an-cien commerce avec Ie quinquina de Loxa, ces nouvelles écorces du Pérou trouvèrent une entrée plus facile en Europe que ceux de Santa-Fé; mais ces dernièrs,nbsp;que les Anglais et les Américains du nord pouvaient se procurer plus facilement a

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APERGÜ HISTOP.rQUE DES QUINQUINAS. it

Carthagène, obtinrent une grande renommee en Angleterre, en Allemagne et en Italië. L’influence de la ruse mercantile alia même jusqu’au point qu’on brula a Cadix,nbsp;par ordre du roi, une grande quantite du meilleur quinquina orangé récolté parnbsp;Mutis aux frais du roi, tandis qu’il régnait dans tous les hópitaux militaires espa-gnols la plus grande disette de ce produit précieux de l’Amérique méridionale. Unenbsp;partie de ce quinquina destine aux flammes fut secrètement achetée a Cadix par desnbsp;marchands anglais, et vendue a Londres a des prix tres élevés. »

Ce n’est pas nous qui venons de parler, c’est Laubert, qui invoque Ie témoignage de M. de Humboldt. Mais qui aurait pensé qu’a plus de trente ans de distancenbsp;pareils faits se seraient renouvelés sous d’autres formes, et auraient eu chez nousnbsp;les mêmes résultats pour les quinquinas de la Nouvelle-Grenade, qne l’on voulaitnbsp;proscrire sous l’influence d’une circulaire étrangère, si nous n’eussions appelé anbsp;notre aide la connaissance de leur richesse en alcaloïdes?

Nous avons lu avec tant d’intérêt, dans la, JSiographie universelle des frères Michaud, 1821, l’article Mutis, signé de Humboldt, que nous ne pouvons nous refuser aunbsp;plaisir d’en extraire quelques passages :

cc Don Josef Celestino Mutis est né a Cadix en 1732; Linné l’appelait : Phitolo-» gorum americanorum princeps; et ailleurs : Nomen immortale quod nulla cetas » unquam delebit. C’est a lui que l’on doit la découverte des quinquinas dans desnbsp;» contrées oü l’on en ignorait l’existence; l’influence bienfaisante qu’il a exercée surnbsp;» la civilisation et Ie progrès des lumières, dans les colonies espagnoles, lui assi-» gne un rang distingué parmi les hommes qui ont illustré Ie nouveau monde. IInbsp;» a travaillé sans relache pendant quarante ans. » En 1801, MM. de Humboldt etnbsp;Bonpland séjournèrent a Santa-Fé de Bogota, et jouirent de la noble hospitalité denbsp;Mutis, qui leur montra toutes ses collections et ses dessins; et il continua jusqu’anbsp;sa mort (2 septembre 1808) a accumuler des matériaux pour son travail, sans pou-voir s’arrêter a un projet fixe sur le mode de publication qu’il devait adopter.

Au milieu des guerres de 1’indépendance, survenues peu après sa mort, les élèves qui l’entouraient et les dépositaires de ses manuscrits ont péri, et la plus grandenbsp;partie de ses écrits ont été perdus, ainsi que le fruit de ses infatigables travaux.

II n a été célèbre en Europe que par les communications qu’il a faites dans sa correspondance a Linné, qui appréciait la grandeur de ce génie dans les termes quenbsp;nous venons de rappeler.

Nous regardons encore comme important de transcrire quelques fragments de l’article nécrologique publié par Caldas dans le Semanario de la Nueva Granada, etnbsp;qui a pour épigraphe : Finis vitw ejus nobis luctuosus, patriw tristis, extraneis etiam,nbsp;ignotisque non sine curd [uit (Tacitus, Vit. Agric.).

cc Le 2 septembre mourut dans cette capitale le docteur Mutis. Quelle perte pour » les sciences, pour la patrie et pour la vertu!.... Ce grand homme naquit a Cadix

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12 nbsp;nbsp;nbsp;OUINOLOGIE.

» de parents honorés et vertueux.....En 1760, il débarqua a Carthagène.....A peine

» parvenu sur les cótes de la Nouvelle-Grenade, il commenfa a recueillir et a décrire

» ses plantes bien-aimées..... II établit alors sa correspondance avec Timmortel

» Linné et d’autres savants de l’Europe; il leur envoya des collections et des dessins

» qui lui méritèrent les éloges les plus flatteurs.....JVous pouvons assurer qu’aucun

» mortel ne connaissait mieux Ie genre quinquina. En 1772, il découvrit un de ces

» arbres précieux dans la montagne de Tena, a six lieues de cette capitale (1).....

» L’envie et la rivalité peuvent abuser Ie public sur Ie véritable auteur de cette im-» portante découverte; mais nous, qui avons eu Ie bonheur de voir les preuves irré-» cusables a l’appui de ce fait et de l’apprendre de Mutis lui-même, nous ne pouvons » nous lasser d’admirer la résignation et la modestie de eet honime vertueux. Lenbsp;» temps est venu pour sa familie d’éclairer le public et de fournir les preuves victo-» rieuses de sa découverte, pour imposer silence a ses ennemis. Le respect que nousnbsp;» devions a notre chef, l’ordre qu’il nous avait donné de nous taire, nous a faitnbsp;» garder un silence forcé et douloureux. Mais, dans un écrit que nous préparons,nbsp;» nous confondrons les envieux de sa gloire ,• et les rivaux du nom de Mutis se repen-

» tiront plus d’une fois de leurs injures envers ce savant paisible et chrétien.....A

» peine se fut-il assuré de la légitimité de l’espèce de quinquina qu’il avait découverte, » qu’il s’occupa d’en chercher d’autres; il ne s’arrêta pas la : les vertus de chaquenbsp;» espèce attirèrent son attention; il en fit l’application comme médecin, etc. (2) »

(1) nbsp;nbsp;nbsp;Nous pensons que cette première découverte doit s’appüqiier au quinquina orange, qui d’après Ia geogra

phic des planteséquinoxiales de MM. de Humboldt et Bonpland, se trouve a la liniite supérieure des quinquinas, 2900 metres au-dessus du niveau de la mer (la limite inférieure est de 700 metres). Nous avions d’abord pensénbsp;qu’il avait rencontré son quinquina rouge a la même latitude, qui est celle des forêts de Quito, oü l’on trouve lenbsp;([uinquina rouge plus anciennement connu, et qui présente taut d’analogie avec celui de Minis, nou seulementnbsp;par sa couleur, mais paries alcaloïdes qu’il renferine, puisqu’en outre de la quinine et de la cinchonine, on ytrouvenbsp;en aussi grande abondance la cristallisation pariiculière ditenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mais depuis pen de icinps, nous avons acquis

la certitude que c’est dans la région la plus basse que so trouvent les forêts de quinquina rouge dans Ia Nouvelle-Grenade.

(2) « El dia 2 setiembre (1808) murió en esla capital, el doctor .lose Gelestino Mutis; ; qué perdida para las cieu-

cias, para Ia patria, y para Ia virtud!.....Este hombre grande nació en Cadiz el 6 de abril de 1732, de unos padres

honrados y virtuosos.....En 1760 desembarcó en Cartagena..... Apénas pisó las costas de la Nueva Granada, co-

menzó a colectar y a describir sus amadas plantas.....Entonces, estableció su correspondencia con el inmortal

Linneo, y con oiros sabios de la Europa; entonces remitió colecciones y disenos que le merecieron los elogios mas

lisonjeros.....Podemos afirmar que ningun mortal ha conocido mejor el género cinchona. En 1772 descubrió

una de cstas plantas preciosas, en el monte de Tena, a seis leguas de esta capital (Santa Fe de Bogota)..... La

envidia, la rivaüdad podrati fascinar a los incautos, y al publico sobreel verdadero autor de este importante des-cubriiniento, pero su familia, los que hemos lenido la dicha de oirle y de ver las pruebas irrefragables en que se apoya la verdad de este echo, no podemos dejar de admirar la inodestia y el sufrimienlo de este hombre virtuoso.nbsp;Pero ha licgado el tiempo de que su familia desengane al publico, de que presente las pruebas victoriosas de su ha-llazgo, que responda a las injurias, y haga callar a sus eneraigos. El respeto que debiamos a nuestro director, elnbsp;preceptoque tcm'amos de callar, nos ha mantenido en uu silencio forzado y doloroso. En un escrito que prepa -

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APERgU HISTORIOÜE DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;13

Dans les écrits inédits de Caldas, l’éditeur de Ia nouvelle edition du Semanarto de la Nueva Granada a cru devoir publier une supplique secrete que Caldas adressaitnbsp;au secrétaire de la vice-royauté, chargé des affaires de l’expédition botanique denbsp;Santa-Fé de Bogota, dont Mutis avait été Ie chef et avait attaché Caldas a cettenbsp;expédition depuis 1802. Cette supplique a été retrouvée dans les papiers de la vice-royauté , et n’était certainement pas destinée a voir Ie jour, car elle est datée dunbsp;30 septembre 1808; elle a done été adressée vingt-huit jours après la mort de Mutis,nbsp;et par conséquent a été écrite presque en même temps que l’article nécrologique!

II est pénible de s’arrêter, même quelques instants, aux éloges que Caldas se pro-digue aux dépens de Mutis et aux injures qu’il adresse en secret a la mémoire du chef dont il vantait puhliquement la modestie et la science, en promettant de confondrenbsp;souspeu les envieux de cette grande dme.

Bornons-nous a copier la triste conclusion de cette lettre.

«......Je termine ma relation déja trop longue.....et je demande en même temps

» a être chargé de la conservation et de la continuation des travaux de l’observatoire » astronomique, d la condition d’appointements modérés, mais cependant suffisantspournbsp;» vivre (1)! »

En résumé, Mutis n’a eupour détracteur après sa mort, comme nous venons de l’expliquer, que Caldas, son élève, dans Ie but d’obtenir de la vice-royauté la remisenbsp;des manuscrits de ce savant, une place et de l’argent! Son nom n’en restera pasnbsp;moins impérissable pour la découverte de ses quinquinas, comme les noms de Pelletier et Caventou sont impérissables pour la découverte du sulfate de quinine.

Dans ces derniers temps, a l’occasion d’une mauvaise écorce alaquelle on avait voulu donner Ie nom de quinquina nova, et qui se trouve dans la collection dunbsp;Muséum OU quelque autre, sous Ie nom de quinquina rouge de Mutis, en prétendantnbsp;qu’elle avait été rapportée par M. de Humboldt, on a voulu attribuer cette bévue anbsp;Mutis, tandis qu’il était plus simple et plus vrai de reconnaitre que cette écorce avaitnbsp;été mal choisie ou mal étiquetée.

En effet, a qui peut-on faire accroire que celui qui était appelé par Buiz tan sabio médico, et dont il annongait avoir connu confidentiellement les observations dans Ienbsp;traitement des fièvres pour chaque espèce de quinquina, se serait abusé pendant plusnbsp;de trente ans sur les propriétés d’une écorce inerte, quand il avait a sa disposition

ramos se desenganaron los envidiosos de su gloria, ylos rivales del nombre de Mutis se arrepentiraii mas de uiia vez

de haber lanzado tantas injurias contra este sabio paciTico y cristiaiio.....Apénas se aseguró de lalegitimidad de la

especiequehabiahallado, comenzó a solicitarotras. Noparóaqui, las virtudes decada una Ie llamaron toda su aten-cion. Como médico losaplicó, y nos ba dejado los mas preciosos descubrimientos para restablccer nuestra salud.»

(l)«Senor secretario del Vireinato, y juez comisionado para los asuntos de la expedicion botanica de Santa Fe.

..... Yo concluyo mi relato ya deinasiado largo.....Yo me ofrezco, al mismo tiempo, a mantener el decoro y los

trabajos del observatorio astronóraico, con un moderado pen regular sueldo para mi subsistancia.

« Santa Fe, setiembre 30 de 1808.— Francisco José de Caldas.»

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14 nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.

une espèce bien earactérisée, qui croissait au miliea des autres, et dont il avait suivi Faction bienfaisante dans certaines fièvres ?On a vu aussi que Caldas disait:nbsp;les vertus de chaque espèce attirèrent toute son attention,, et il en fit Vapplication commenbsp;médecin.

II y a trois ans environ, un négociant de Bogota a commis la même erreur, qui lui a coüté cher : il avait expédié a MM. Bergès et Binos, du Havre, prés de quatrenbsp;cents surons de cette fausse écorcequi ont été abandonnés a la douane et brdlésnbsp;publiquement, Depuis, ee même négociant a reconnu sa méprise; il a exploité plu-sieurs centaines de surons du vrai quinquina rouge de Mutis, et sur les échantillonsnbsp;il est convenu qu’il s’était étrangement trompé dans les forêts en prenant Fun pournbsp;Fautre, et il a rendu justice a Fexactitude de nos observations. Toutefois, nous nenbsp;Favons pas encourage dans cette nouvelle exploitatiou, puisque c’est dans cettenbsp;espèce que se rencontre la plus grande proportion de la cristallisation appelée qui-nidine, et contre laquelle on a crié anathème, comme centre la cmc^om’ne, sans plusnbsp;de motifs, a notre avis.

MM. Quesnel frères et G'®, du Havre, ont re^u aussi, comme quinquina supérieur, une forte partie d’écorces a peu prés semblables, récoltées dans les forêts de lanbsp;République argentine et embarquées a Buenos-Aires; ces écorces ont été égalementnbsp;brülées publiquement. Nous devons a Fobligeauce de MM. Quesnel les échantillonsnbsp;que nous joignons aux précédents dans la collection que nous avons offerte a lanbsp;Faculté de médecine.

Un autre lot de Fintérieur du Brésil, venu par Bio-Janeiro a Fadresse de M. Léon Lecomte et C‘®, ne servira de même qua compléter la collection do ces faussesnbsp;écorces utiles a connaitre, pour qu’a Favenir on ne puisse plus les confoudre avecnbsp;les vrais quinquinas.

Aujourd’hui, on connait le quinquina tout le long de la chalne des Andes,.sur une étendue de plus de sept cents lieues, depuis la Paz et Chuquisaca (Bolivie), jusqu’auxnbsp;montagnes de Sainte-Marthe et Mérida (Nouvelle-Grenade). Pour le classement desnbsp;dessins de nos écorces, nous avons suivi la Carte si nettement tracée par M. Weddell a la fin de son Histoire naturelle des quinquinas, qu’il nous a autorisé a joindrenbsp;a nos dessins, et nous y ajouterons en outre la Géographie des plantes équinoxialesnbsp;de MM. de Humboldt et Bonpland.

Ruiz se plaignait amèrement, en 1792, du peu de soins que les cascarilleros ap-portaient a Fexploitation de Farbre; M. de Jussieu, dans son savant rapport sur \Histoire des quinquinas de M. Weddell, appuie aussi les observations contenues dansnbsp;ce bel ouvrage a Foccasion de la perte de la plus grande partie des écorces. Mainte-nant, que toutes les républiques de FAmérique du sud n’ont plus qu’a faire un sagenbsp;emploi de Findépendance qu’elles ont si chèrement acquise, nous ne doutons pas quenbsp;les gouvernements de Bolivie, du Pérou, de FÉquateur et de la Nouvelle-Grenade

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APERgU HISTORIQUE DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;15

ne portent touté leur attention sur la conservation de la plus utile richesse de ces beaux pays, en régularisant les coupes des forêts par des lois répressives.

Ruiz a dit encore avec raison que la coca, eet arbuste si précieux qui formait autrefois des forêts impénétrables, a fini par être cultivée avec grand soin, et que la culture en a augmenté Ie produit et la qualité (1). Pourquoi ne prendrait-on pas lesnbsp;mêmes soins de l’arbre de quinquina, pour Ie conserver aux générations futures, aunbsp;lieu de l’abandonner a I’insouciance des Indiens, qui Ie détruisent d’année en annéenbsp;par ;la raanière dont-üs rexploitent ?

On a aussi pensé souvent a acclimater Ie cinchona dans d’autres pays; malheureu-sement, cela ne nous parait pas possible, car la nature du sol des forêts qui se trou-vent Ie long de la chaine des Andes ne peut se rencontrer ailleurs, tandis qu’il serait facile de conduire l’exploitation de manière a ne pas en perdre une si grande quan-tité, et a en faciliter la reproduction.

(1) Vdir les details historiques sur la coca dans Ie xxix' chapitre du Voyage dans Ie nord de la Bolivie, par M. Weddell, 1853.

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DEUXIÈME PARTIE.

ÉPISODE DU VOYAGE DE M. A. DELONDRE DANS LES MEES Dü SDD.

Avant de nous occuper de la description des diyerses écorces de quinquina que nous avons pu réunir, qu’il soit permis a M. A. Delondre de jeter un coup d’oeilnbsp;rétrospectif sur les causes qui ont déterminé son voyage dans les mers du sud,nbsp;puisque ce voyage se rattache aussi a l’histoire des quinquinas.

« D’après les tristes résultats que j’avais obtenus de mon expédition de 1828 dans les forêts de la Bolivie, je restais toujours convaincu que j’en aurais tiré meilleurnbsp;parti si j’avais pu la conduire en personne, et pendant prés de vingt ans je n’ai cessénbsp;de sourire a ce projet.

» Après que Ie gouvernement de Bolivie eut affermé l’exploitation des forêts de la république (1), je compris que notre industrie allait subir Ie joug du monopole de Ianbsp;Bolivie, et je résolus de nous en affranchir, soit en nous intéressant directement auinbsp;chances de la Compagnie, soit en cherchant dans les forêts du nouveau mondenbsp;d’autres quinquinas qui nous missent en mesure de lutter contre toutes les concurrences rivales, et de conserver a l’exploitation de Ia découverte de mon ancien aminbsp;et associé Pelletier, et de M. Caventou, toute la supériorité qui semblait devoir nousnbsp;échapper. Mon second associé, M. Levaillant, qui avait été mon élève et m’avaitnbsp;bien dépassé sous tous les rapports, avait seul Ie secret de mon plan. Je fisnbsp;disposer en conséquence un malériel immense, afin d’être en mesure de retirer ennbsp;Amérique les extraits des écorces des quinquinas dont Ie produit, trop faible ennbsp;alcaloïdes, ne permettait pas l’expédition en nature, et nepouvait,par conséquent,nbsp;suppléer aux quinquinas de première qualité, et je m’embarquai a Bordeaux Ienbsp;3 octobre 1846.

» A peine entrés dans Ie golfe, nous ffimes assaillis par un coup de vent qui nous

(t) Dans Ie xill' cbapitre du Voyage dans Ie nord de la Bolivie, M. Weddell a donné des détails bien exacts et d’un grand intérêt sur l’histoire du commerce du quinquina en Bolivie, et sur les diverses compagnies qui se sontnbsp;formées pour son exploitation.

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ÉPISODE DU VOYAGE DE M. A. DELONDRE DANS LES MERS DU SÜD. nbsp;nbsp;nbsp;17

forga a retócher prés de la Rochelle, ou nous altendimes vingt jours les vents favo-rables pour reprendre la mer.

» La traversée n’eut rien de remarquable que les événements ordinaires de navigation, qui ont été si souvent décrits par des plumes plus habiles et plus exercées que la mienne.

« Nous reldchémes a Rio-Janeiro, ou un peu de repos me fit oublier les fatigues passées, et me permit de reprendre les forces nécessaires pour supporter les secoussesnbsp;du cap Horn, et atteindre Valparaiso Ie 5 février 184-7.

» A mon arrivée a Valparaiso, je rencontrai M. Pinto, chef de la compagnie boli-' vienne, et j echouai dans toutes les propositions que je lui fis pour assurer nos appro-visionnements réguliers. Je l’engageai en vain a attendre les nouveaux pouvoirs quenbsp;je devais recevoir de France; M. Pinto préféra les offres qui lui furent faites par unenbsp;maison des États-ünis, et c’est a New-York que furent dirigés tous les quinquinasnbsp;du monopole pendant plusieurs années.

» A la suite de ce contre-temps, je regus la triste nouvelle de la mort de M, Levail-lant; ce malheur si imprévu me mit dans un embarras extréme, car, pour conduire a bonne fin mon entreprise, son appui et ses conseils m’étaient indispensables.

» II me fallut néanmoins surmonter mon chagrin et mon inquiétude, et m’occuper de ma fabrique que je parvins a organiser avec des peines infinies. Ensuite je menbsp;décidai a réaliser mes premiers projets d’excursion dans les forêts du Pérou.

» A cette époque, fin d’avril 1847, M, Vinueza de Cuzco vint me trouver et me pré-senta, tant en son nom qu’en celui de Santo-Domingo, son associé, des échantillons d’un assez bon quinquina, a la recherche duquel j’allais partir, et il prit I’engage-ment de me livrer a Valparaiso cent surons par mois, a partir de la fin de mai sui-vant. Get approvisionnement et ceux que je venais de recevoir de Lima semblaientnbsp;assurer mes opérations régulières, tant pour ma fabrique a Valparaiso que pour lesnbsp;expéditions en nature que je devais faire en France.

» Mais après avoir attendu avec patience jusqu’a la fin de juin, sans avoir regu de nouvelles de Vinueza et de Santo-Domingo, je me décidai a ne pas perdre plus denbsp;temps et a aller juger par moi-même de l'état de I’exploitation dans les forêts.

» Je m embarquai le 1*”'juillet, et je gagnai le petit port d’Islay le 6. A peine débar-qué, je louai des mules et un guide pour traverser le désert, et j’arrivai le lendemain soir a Aréquipa.

» Pour faire connaitre les premières difficultés de cette excursion, il me sufiira de transcrire un passage du récit de l’expédition de M. de Castelnau, qui avait traversénbsp;le même désert quelques mois auparavant :

«Il est difficile de donner au lecteur une idéé de l’extréme aridité de la cote du » Pérou; elle ne peut être comparée qu’aux grands déserts d’Afrique : on n’y ren-» centre aucune trace de végétation, et le regard nest arrêté que par des monticules

3

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18 nbsp;nbsp;nbsp;OÜINOLOGIE.

» de sables nouveaux, auxquels on a donné Ie nom de medanos. Ces buttes sont » dues a Taction des vents constants du sud qui règnent dans cette région, et c’estnbsp;» a cette origine qu’il faut attribuer la forme de croissants qu’elles affectent presquenbsp;»toutes. Ce n’est qu’avec des guides expérimentés que Ton peut s’engager dansnbsp;» ces déserts; car lorsque des tempêtes agitent ces masses arénacées, il se forme desnbsp;» trombes de sable de 30 a 40mètres de haut, qui engloutiraient Ie voyageur peu aunbsp;» fait de leur marche habituelle. Les medanos, dont nous venons de parler, atteignentnbsp;» habituellement une élévation de 6 a 8 mètres; on assure que, lorsqu’ils sontpous-» sés par un vent violent, ils parcourent la plaine avec une grande rapidité. Rien,nbsp;» du reste, de plus incertain que la formation de ces collines de sable. La régionnbsp;» qui en était entièrement couverte la veille peut fort bien, Ie lendemain, ne présenternbsp;» qu’une plaine parfaitement unie. Le manque d’eau forme la principale difficulténbsp;» que rencontre le voyageur.

» Pendant la guerre de Tindépendance, des régiments entiers se sontégarés et ont » trouvé une mort affreuse au milieu de ces dunes de sable.....

» La route de poste que nous parcourions était indiquée par une bordure de » pierres, dont on Tavait garnie de chaque cóté. Après une course d’une quinzainenbsp;» de lieues, rendue trés fatigante par Tardeur du soleil, nous atteignimes un tamho,nbsp;» OU sorte de petite auberge, construite en planches au milieu du désert. Un vieuxnbsp;» soldat francais était a la tête de eet établissement, qui avait été construit dans lenbsp;» but d’offrir un abri aux voyageurs, obligés, peu de mois auparavant, de faire unenbsp;» trentaine de lieues dans la journée. Mais le principal bénéfice de notre entrepre-» nant compatriote consistait dans la vente de Teau qu’il envoyait chercher a quatrenbsp;» OU cinq lieues de distance, et qu’il revendait a 30 centimes le verre. En songeantnbsp;» au plaisir que nous éprouvdmes a nous désaltérer dans eet endroit, je ne puisnbsp;» regretter les 20 francs que nous dépensdmes pour Teau qui fut nécessaire pournbsp;» nous et pour nos animaux.....»

» Je regus la plus cordiale hospitalité et les soins les plus empressés de M. Brail-lard, associé et directeur de la maison Viollier et C‘quot;. Grace a ses bons conseils, je disposai mon voyage dans les forêts de la province de Cuzco, afin de voir si jenbsp;pouvais compter sur le quinquina de Santo-Domingo, ou si je devais me livrer moi-même a cette exploitation.

» Après deux jours d’un repos indispensable, je quittai Aréquipa et le volcan au pied duquel cette ville est batie, pour entrer dans la cordillère et arriver le onzièraenbsp;jour au Cuzco, après des fatigues inouïes et des privations de toute espèce (1).

» Aussitüt dans Tancienne capitale des Incas, je courus chez Santo-Domingo, et

(1) Au retour, et après notre séparation, M. Weddell a gravi le volcan d’Aréquipa en octobre 18A7. La relation curieuse de cette excursion est insérée dans le 3' volume de l’expédition de M. de Castelnau.

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ÉPISODE DU VOYAGE DE M. A. DELONDRE DANS LES MERS DU SÜD. nbsp;nbsp;nbsp;19

j’appris par son commis, que depuis trente jours Vinueza était parti pour Ia forêt avec bon nombre d’ouvriers^, mais qu’on n’en avait pas regu de nouvelles, et qu’ilnbsp;était a craindre qu’il n’eut été massacré avec tout son monde par les Indiens quinbsp;habitaient Ie voisinage] de ces forêts. D’autre part, que Santo-Domingo était a unenbsp;de ces mines d’argent qui lui donnait beaucoup de soucis, et que son retour devaitnbsp;avoir lieu dans quelques jours. La première nouvelle me fut confirmée par un Francais, nommé Romanville, dont Ie souvenir me sera toujours cher, et qui m apprit ennbsp;même temps que, si Vinueza était perdu, il ne fallait pas compter sur Santo-Domingonbsp;pour mes approvisionnements en quinquina, paree que l’exploitation de sa minenbsp;d’argent et d’autres fdcheuses entreprises l’avaient miné.

n Le bon Romanville m’offrait en même temps l’hospitalité et son concours pour réaliser mes projets d’exploitation dans les forêts. Ma décision fut bientot prise; jenbsp;priai le commis de Santo-Domingo de me procurer des mules et un guide pour allernbsp;trouver ce dernier a la mine et savoir au juste ce que je devais attendee, avant denbsp;prendre des arrangements avec Romanville. Le commis préféra partir lui-meme, ennbsp;m’avouant que les affaires de son patron étaient trés embrouillées, et que ma visitenbsp;inattendue augmenterait son chagrin. Deux jours après, il me rapporta la nouvellenbsp;du suicide de Santo-Domingo qui, depuis prés d’un mois, écrivait chaque soir avantnbsp;de se coucher ses sinistres réflexions de la journée, les causes de sa funeste réso-lution, et avait assigné a l’avance le jour ou illa mettrait a exécution.

» Dans la communication qui m’a été faite du journal de Santo-Domingo, je croyais lire ces attachantes pages de VAntiquaire de Walter Scott; seulement ici ilnbsp;n’y avait rien de romanesque, c’était une affreuse réalité.

» Un chevalier d’industrie, compatriote de Santo-Domingo, connaissant lespiit aventureux de celui-ci, et les ressources dont il pouvait disposer par ses amis, vintnbsp;le trouver pour l’entrainer dans l’acquisition d’une mine d’argent, abandonnée, disait-il, depuis longtemps, mais d’une richesse incroyable, qui lui avait couté unenbsp;somme importante, mais qu’il ne pouvait exploiter, faute de moyens sulïisants.nbsp;Santo-Domingo s’empressa d’aller a cette mine, oü il trouva un contre-maitre habile, qui fit des expériences et donna pour résultat un magnifique lingot d argent.nbsp;Santo-Domingo emprunta a ses amis, fit toutes les avances demandées, se procuranbsp;une grande quantité de vif-argent, enfin ne négligea aucune dépense pour préparernbsp;l’exploitation, et s’installa même a la mine pour surveiller les travaux.

» Mais au bout de quelques jours, il put se convaincre qu’il était dupe d aventu-riers, et que le contre-maitre, chargé de la fusion du mineral, n était que le complice de l’autre coquin.

» Ce fut alors que Santo-Domingo consigna dans son journal la resolution qu il avait prise de tuer les deux fripons dont il avait été la victime, et de se tuer ensuite,nbsp;si dans un délai de trente jours les résultats de l’exploitation ne couvraient pas les

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QUINOLOGIE.

frais courants. Ses pistolets étaient auprès de lui jour et nuit, et il ne se couchait qu’après avoir écrit ses reflexions et bu une bouteille d’eau-de-vie, sans doute pournbsp;s’étourdir et oublier un instant ses chagrins.

» Le nouveau Dousterwivel se méfia de la taciturnité de Santo-Domingo et des precautions sinistres qu’il lui voyait prendre, et après vingt jours il disparut, sansnbsp;qu’on ait jamais depuis retrouvé ses traces, en emportant tout 1’argent qu’il avaitnbsp;arraché a Santo-Domingo. Mais le complice, qui était force de diriger les ouvriersnbsp;dans Fexploitation du mineral, fut moins avisé, ou peut-être mieux surveillé par sanbsp;pauvre dupe, qui, deux jours après, fit seller ses mules, s’liabilla comme pourse meltrenbsp;en route, fit appeler le contre-maitre et lui demanda le compte de ses opéralions; ce-lui-ci pritles livres avec hésitation, s’assit en faisant semblant de les feuilleter. Santo-Domingo se tenait debout derrière lui, et armant son pistolet, dirigeait le canon au-dessus de la tête du contre-maitre pour lui bruler la cervelle, lorsque ce dernier senbsp;retourna subitement, la direction du canon fut changée, et la balie n’effleura quenbsp;son épaule. Douó d’une grande force, il se leva, se saisit de Santo-Domingo, et lenbsp;poussa dans une pièce voisine dont il ferma la porte en appelant da secours; lesnbsp;ouvriers n’arrivèrent que pour entendre une seconde détonation: c’était le malheu-reux Santo-Domingo qui venait de mettre fin a ses angoisses.

» La fatigue du voyage, toutes ces tristes nouvelles, m’accablèrent, comme on le pense bien, et il m’avait été impossible de prendre le repos dont j’avais tant besoin.nbsp;Romanville m’amena chez lui, et le lendemain un érysipèle me couvrit toute la figurenbsp;et me donnait le délire. La medication énergique du docteur Nateri, les soins em-pressés de Romanville et de son excellente et gracieuse femme, me rétablirent com-plétement en six jours, et le huitième je pouvais monter a mule, pour réaliser enfinnbsp;dans les montagnes de Santa-Ana 1’excursion dont j’avais arrêté les préparatifsnbsp;pendant que j’étais au lit,

!l,::

» Ce fut au milieu d’une de nos conférences que je vis arriver dans ma chambre M. le docteur Weddell, qui avait fait partie de l’expédition de M. de Castelnau,nbsp;et s’était séparé de lui prés des frontières du Paraguay, pour se livrer seul ennbsp;Bolivie a la recherche des quinquinas. Ma surprise fut grande, et la sienne ne futnbsp;pas raoindre, quand nous apprimes réciproquement que le but de notre voyage étaitnbsp;le même.

» Je me tins sur la réserve pendant les deux premiers jours; mais il prit patience, avec fespoir, comme il me l’écrivait plus tard, que je lui pardonnerais de s’étre rencontré avec moi dans le même projet, ne fut-ce qu’a cause de ce que cette rencontrenbsp;présentait d’extraordinaire, pour ne pas dire d’unique.

'I ’1]

» Nous convinmes done de faire le voyage avec MM. Garmendia et Galdos, qui s’étaienl chargés de 1’exploitation des forêts pour mon compte, et dont les expédi-tions devaient se faire par Romanville, qui voulait aussi partager nos fatigues.


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ÉPISODE DU VOYAGE DE M. *A. DELONDKE DANS LES MERS DU SUD. nbsp;nbsp;nbsp;21

» Nous nous mimes en route Ie 7 aoüt, et après deux jours nous quittames les vallées pour passer a travers les neiges de la Cordillère, que l’on m’a dit etre a unenbsp;élévation de plus de 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Nous avonsnbsp;eu un temps alFreux, et une route plus affreuse encore, avant de gagner la doucenbsp;température qui nous permit de nous séclier et de nous réchauffer dans une bellenbsp;forêt tropicale. Dès ce moment jusqu’au 12, ce ne fut plus qu’une charmante promenade pour arriver a Etcharate, propriété d’un des amis de Romanville. Le lende-main, nous partimes pour la forêt pres de Cocabambilla, et la nous primes pournbsp;guide un Indien qui nous frayait un chemin en abattant les branches d’arbres et lesnbsp;lianes qui gênaient notre passage.

» Après une course des plus fatigantes, a travers mille obstacles et exposés a une pluie fine qui eut bientót traversé nos vêtements, nous entendimes le retentissementnbsp;des coups de hache de l’Indien qui était arrivé au haut de la montagne bien avantnbsp;nous, car nous étions exténués.

» Mais les coups de hache, qui étaient le signal de notre conquête, nous rendirent les forces comme par enchantement, et nous fumes bientót auprès de ce magnifiquenbsp;et grand arbre que je voyais pour la première fois, et qui était depuis longtempsnbsp;Ie sujet de mes rêves. Je restai en extase devant ses belles écorccs argentées, sesnbsp;larges feuilles d’un vert chatoyant, et ses fleurs d’un parfum si doux, qui rappellentnbsp;un peu celles du lilas.

» L’arbre n’est pas tombé tout de suite, il est resté comme suspendu au milieu des lianes et des arbres de toute espèce dont il était entouré, et qu’il a fallu abattre anbsp;une certaine distance pour que notre conquête si désirée put s’étendre sur la terrcnbsp;et nous permettre de l’admirer a notre aise, de couper des écorces du tronc et desnbsp;branches, et de mdcher les feuilles, les fleurs et les fruits, pour y chercher a des de-grés différents l’amertume des écorces.

» En descendant de la montagne, je ne pus m’empêcher de déplorer l’indifFérence avec laquelle l’Indien portalt ses coups de hache a une certaine élévation du sol,nbsp;pour n’avoir pas la peine de se courber. II en est de même dans toutes les forêts denbsp;lAmérique du Sud; ils abandonnent aussi le tronc a la naissance des branches, etnbsp;Ion peut calculer que, généralement, on ne récolte pas la moitié des écorces quenbsp;chaque arbre pourrait produire.

» Romanville n’avait pu nous suivre, a son grand regret, car déja il ressentait les premières atteintes de cette funeste maladie qui devait l’enlever quinze jours plus tard.

» Après quelques jours de nouvelles courses dans les forêts voisines, et après avoir arrêté mes conditions et le choix des quinquinas a exploiter, nous nous occu-pdmes de notre retour, et notre gaieté ne se serait pas démentie un seul instant,nbsp;malgré les légers accidents d’une si longue route, presque toujours sur les bordsnbsp;des precipices, si nous n’eussions pas remarqué l’altération croissante des traits de

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22 QDINOLOGIE.

llomanville, si bon, si affeclueux, etqui surmontait ses souffiances pour se mettre a Tunisson avec nous.

w Le 23, aussitót notre retour au Cuzco, nous pensames, M. Weddell et moi, a reprendre la route d’Aréquipa, et nous montèmes sur nos mules le 29, accompagnésnbsp;d’une nombreuse escorte de caballeros, qui nous conduisirent a trois lieues. Peunbsp;d’instants après, nous nous arrêtames dans la charmante habitation de M. Nadal, l’unnbsp;des hommes les plus recommandables de Cuzco, qui nous avait fait préparer un excellent déjeuner.

» Nous étions le 7 septembre a Aréquipa, ou je donnai a M. Braillard les détails nécessaires a mes opérations futures, non sans le remercier des rapports alfectueuxnbsp;qu’il avait établis entre nous, et que je ne saurais oublier, et je retournai k Islay,nbsp;pour m’embarquer et revenir a Valparaiso.

» Le mois suivant, je recevais la nouvelle de la mort de Romanville : encore un chagrin a ajouter tant d’autres.

» J’avais aussi de Paris des avis qui me faisaient pressentir de graves difficultés a i’occasion de mes envois de quinquina. Je m’empressai de retirer les extraits desnbsp;écorces les plus inférieures, et après avoir réuni les quinquinas de meilleure qualité,nbsp;je m’embarquai de nouveau au milieu de mars 1848, avec mes approvisionnements,nbsp;qui représenlaientune valeur considérable, pour arriver, après une pénible traversée,nbsp;devant le Havre, le 23 juin, oü m’attendaient de si tristes nouvelles.

» Aujourd’hui, prés de ma soixante-quatrième année, me voilé de nouveau sur Ia brèche pour défendre l’industrie, a laquelle j’ai consacré toutes mes facultés etnbsp;toutes mes ressources, et técher de rendre utile ma vieille expérience. Heureux si jenbsp;puis y parvenir! »

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TROISIÈME PARTIE.

DESCRIPTION DES ODINOBINAS EN SÜIVANT LA CHAINE DES ANDES,

DEPUIS LA BOLIVIE JUSQU’A LA NOUVELLE-GRENADE.

Quinquina ealisaya plat, sanis «piderme (1) (Bolivie). — Planclie f.

Ce quinquina se trouve dans les forêts de la république de Bolivie, d’oü il vienl en surons du poids de 70 a 75 kilogrammes, Ie plus souvent par Ie port d’Arica,nbsp;quelquefois par celui de Cobija.

C’est une erreur de dire que, dans ces ports, on mélange les quinquinas, ils arri-vent comme ils ont été récoltés dans les forêts, oü ön les exploite avec plus ou moins de discernement. Après la dessiccation, on les emballe dans des cuirs frais qui, ennbsp;séchant, se resserrent de manière a ne plus être ouverts sans que l’oeil Ie moinsnbsp;clairvoyant s’en aperQoive. D’ailleurs, il n’y a pas de négociant chargé de recevoirnbsp;OU d’expédier les quinquinas qui voulêt s’occuper d’une semblable fraude.

L’écorce du quinquina calisaya est d’un jaune fauve a la surface interne, la texture est parfaitement uniforme et serrée; la surface externe est plus brune, irreguliere,nbsp;marquée de sillons longitudinaux et de crêtes saillantes. Ce quinquina développe, ennbsp;Ie mêchant, une amertume franche peu styptique et sans astriction. La fracturenbsp;transversale est purement fibreuse, a fibres courtes, et se détachant au moindrenbsp;effort.

Les écorces sont de 3 a 9 millimètres d’épaisseur; on en retire assez régulièrement, dans l’ensemble des surons, 30 a 32 grammes de sulfate de quinine, et 6 a 8 grammesnbsp;de sulfate de cinchonine par kilogramme.

1 gramme de ce sulfate de quinine, précipité par 5 grammes de tannin, donne 3 grammes 47 centigrammes de bitannate de quinine sec et friable, ainsi que l’a déja

(l) Eirt, sur, Scp/jia, peau. M. 'Weddell préfère périderme (icfpi, autour) pour désigner, dit-il, cette parlie de l’écorce qui, ayant perdu sa vitalité, persisie a la surface des couches intérieures, et leur sert d enveloppe pro-tectrice, et ces couches, derme. Le denne est l’écorce moins son périderme.

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n nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.

indiqué M. Ossian Henry, en 1825, tome XXI du Journal de pharmacie, dans son mémoire De l’aciion du tannin sur les bases salifiables organiques, et apphcations quinbsp;en dêrivent. Par l’infusion de noix de galle, Ie précipité sec résiniforme est double.

Ces résultats répondent sufïisamment, il nous semble, a la proposition faite d’employer Ie tannate de preference au sulfate de quinine, en basant surtout sa supério-rité sur sonpeu d’amertuwe, puisque, a part bien d’autres inconvénients, cetle pré-paration, a Vétat sec, ne contient pas 1 gramme sur 3 par Ie tannin, et 1 gramme sur 7 par l’infusion de noix de galle, Que sera-ce done si on l’administre a l’étatnbsp;de poudre blanche, quand il n’est séché qu’a l’air libre?

L’entreprise que l’un de nous (A. D.) tenta en 1828 pour l’exploitation des quinquinas dans les forêts de Bolivie fut loin de répondre a son attente. II en retira cependant les premiers et seuls échantillons qui aient paru jusque-la, des écorces,nbsp;feuilles, fleurs et fruits du quinquina calisaya, et des sues obtenus par incision, etnbsp;des écorces des racines du même arbre. Ces échantillons ont serxi et servent encorenbsp;de types du vrai calisaya, Ie plus riche en alcaloïdes.

En 1835, après s’être assuré pendant longtemps, dans sa fabrication, de la .valeur des quinquinas de la même provenance, il offrait ces échantillons a la Société denbsp;pharmacie, pour les cours de l’École, et il en fit Ie sujet d’une note publiée dans Ienbsp;tome XXI du Journal de pharmacie, page 505 et suivantes, en y ajoutant les analysesnbsp;qn’il avait faites avec M. Ossian Henry, d’oü il résulte :

1quot; Que les feuilles et les fruits du quinquina ne contiennent pas les alcaloïdes trouvés dans les écorces du tronc et des branches;

2® Que les écorces des racines les contiennent dans une moindre proportion ;

3® Enfin, que les sues obtenus par incision sont formés des mêmes principes que les exlraits des écorces par 1’eau.

M. Weddell apprécie de la manière suivante la valeur de ces échantillons, page 36 de son Hisloire des quinquinas. « Dans ces derniers temps, M. A. Delondre re^ut de lanbsp;Bolivie les échantillons des écorces, des feuilles, des fleurs et des fruits de diversnbsp;urbres, qu’il avait raison de croire être ceux qui fournissent l’écorce en question. »

A cette époque, la connaissance des quinquinas était si peu répandue, que Berzelius, malgré son immense savoir, avait été trompé par des renseignements inexacts. Dans son Traité de chimie, édition de 1831, tome V, page 126, il assimile Ie quinquina de Cuzco au quinquina calisaya; dans Ie tome VI, page 221, il donne a l’écorcenbsp;du Porllandia hexandra, Ie nom de quina Carthagène, en disant qu’on avait essayénbsp;conlre les fièvres intermittentes les seis provenant de ces écorces, mais quecesessaisnbsp;n’avaient donné aucun résultat favorable.

M. Weddell place Yhexandra au nombre des pseudo-quinas, comme venant du Brésil, des montagnes de Parahybuna, province de Rio-Janeiro.

A 1’occasion de la distinction a établir entre la description scientifique et la con-

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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. 25

naissance matérielle des écorces, il est utile de citer une opération gigantesque qui n’a eu et n’aura jamais saus doute sa pareille.

En 1837, les propriétaires de quinquina, de la Bolivie, du Pérou et du Chili, réunirent toutes leurs provisions a celles de don Francisco de los Héros, Ie plusnbsp;éminent d’entre eux, sous Ie rapport de la fortune, des connaissances spéciales, etnbsp;surtout du caractère loyal, et Ie laissèrent libre de faire un contrat avec la Sociéténbsp;Pelletier, Delondre et Levaillant, pour la livraison de douze mille surons de quinquina.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*

Cet achat fut conclu avec la condition d’un rendement de 31 grammes 25 centigrammes sulfate de quinine par kilogramme de quinquina. MM. Pelletier et Levaillant, que M. Delondre a successivement perdus, et dont il a eu tant de fois Toccasion de regretter la mort, lui confièrent Ie soin de constater la qualité de cette énormenbsp;provision, répartie chez MM. Ant. Gibbs et C'®, a Londres; de Santa-Coloma et C'®,nbsp;a Bordeaux, et Ch. Latham et C'®, au Havre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*

II est a remarquer qu’il n’y eut pas la moindre difïiculté a Toccasion des légères differences qui se rencontrèrent, et qui portaient principalement sur les quinquinasnbsp;roulés avec épiderme, et pour lesquelles des réfactions proportionnelles furentnbsp;accordées par M. de los Héros.

Assurément, d’après les ouvrages qui ont traité du quinquina, on aurait pu signaler sur une si grande quantité des variétés al’infini, Boliviana, Amarilla, Ana-ranjada, Josephiana, Condaminea, etc., etc., et se méprendre aux écorces roulées,nbsp;qu’on appelait encore quinquina gris, et qui provenaient des branches des arbresnbsp;dont Ie tronc avait fourni les écorces plates. Mais, en se guidant simplement sur lesnbsp;échantillons déposés a l’école de pharmacie, comme spécimens des écorces les plusnbsp;riches en alcaloïdes, on s’est borné a reconnaitre si l’ensemble des surons produiraitnbsp;la quantité de sulfate de quinine pur stipulée dans Ie marché, et c’est ce qui a éténbsp;réalisé ensuite dans nos fabriques, et même avec un léger excédant.

Quinquina calisaya roulc, avec éitÊderine (Boüvie). — Planclie I.

Épiderme assez épais, rugueux, inégal, marqué de distance en distance de scis-sures annulaires, et dans l’espace intermédiaire, de crevasses transversales et longi-tudinales plus on moins rapprochées, souvent anastomosées, d’un blanc argenté, mat OU grisétre. Face interne purement fibreuse, d’unjaune fauve variable; texturenbsp;unie; fracture transversale assez nette; la couche extérieure plus brune, largementnbsp;résineuse, a fibres peu saillantes en dedans. Saveur franchement amère, plus styp-tique que celle du calysaya plat. Ces écorces proviennent, comme nous venonsnbsp;de Ie dire, des branches de Farbre dont Ie tronc fournit les écorces plates. On ennbsp;retire moins d’alcaloïde que du précédent; et, suivant la grosseur de Fensemble des

k

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et de 8 a

26 nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.

écorces, Ie rendement varie de 15 a 20 grammes sulfate de quinine, 10 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.

Quinquina caraliaya plat, saus épidemie, et ronlé, avec épidernie (Pérou). —

Planelie II.

Cette écorce arrive de la province de Carabaya, par Aréquipa, aux ports d’Islay et quelquefois d’Arica. L’épaisseur est de 2 a 3 millimètres dans l’ensemble des surons,nbsp;qui sont, comme ceux de Bolivie, de 72 a 75 kilogrammes. La surface interne estnbsp;d’une texture assez unie, couleur jaune brun, et souvent contournée et fendillée parnbsp;la dessiccation, a cause de son peu d’épaisseur; la'surface externe, au lieu de sillonsnbsp;longitudinaux, est souvent reconvene de petites preeminences qui sont formées parnbsp;l’adhérence de Fépiderme qui a élé enlevé, et quelquefois crevassée en travers.nbsp;Fracture transversale nette, a fibres fines en dedans, avec une couche résineuse aunbsp;dehors. Saveur amère lente a se développer, sans astriction. II en vient quelquefoisnbsp;en écorces trés minces et qui produisent a peine 12 grammes sulfate de quinine;nbsp;mais en prenant pour base l’épaisseur que nous venons d’indiquer, on en retire 15 anbsp;18 grammes sulfate de quinine, et 4 a 5 grammes sulfate de cinchonine.

Quinquina rouge de Cuzfo (Pérou). — Plsinclie IBI.

Ce quinquina s’exploite dans les forêts de Santa-Anna, province de Cuzco, et arrive par Aréquipa aux ports d’Islay et quelquefois d’Arica, en surons de 72 a 75 kilogrammes.

On lit dans YHistoire naturelle des quinquinas de M. Weddell, p. 43.

clt; J’ai visité les forêts ou croit Ie Cinchona scrobiculata (1), en compagnie de » AI. A. Delondre, et c’est en souvenir des services qu’il a maintes fois rendus a lanbsp;» science quinologique, que je voulais lui dédier une des espèces que nous avionsnbsp;» examinées ensemble; mais j’ai découvert que mon C. Delondriana ne pouvait êtrenbsp;» séparé spécifiquement du C. scrobiculata, auquel je l’ai rattaché en consequencenbsp;» comme simple variété [B. Delondriana). »

C’est 1’une des écorces que AI. Weddell s’est plu a décrire avec Ie plus de soin et d’exactitude, et ou il excelle comme chaque fois qu’il rend compte de ce qu’il a vunbsp;et observé: il nous semble difficile, non pas de faire mieux, mais de faire aussi biennbsp;que lui dans la partie botanique; nous n’avons done qu’a Ie copier presque tex-tuellement:

« Écorce plate, de l’épaisseur de 5a 10 millimètres. Surface inférieure d’un rouge

(1) MM. de Humboldt et Bonpland ont rencontré Ie quinquina scrobiculé dansla province de Jaëo, oü, disent-ils, il forme d’immeiises forêts; d’après eux, ses caractères spécifiques coincident avec ceux du C. Condaminea. On peut done Ie considérer comme une de ses variétés.

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DESCRfPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;27

ö obscur, lisse avec quelques impressions transversales linéaires, plus ou moins » irrégulières, et offrant enfin par points, mais plus rarement, une exfoliation de lanbsp;» tunique cellulaire, aussi nette que dans Ie quinquina calisaya, avec les sillons di-» gitaux confluents a fond fibreux, et les crêtes qui les séparent; surface intérieurenbsp;» unie, a grain fin et droit, d’une belle couleur rouge orange plus ou moins claire.nbsp;» Fracture transversale plus ou moins subéreuse ou fongueuseen dehors, selon l’é-» paisseur de la couche cellulaire, et participant, en cette partie, de la couleur de Ianbsp;» face interne de Técorce, trés fibreuse en dedans, a fibres longues et pliantes, asseznbsp;» fréquemment filandreuse, et d’une couleur plus claire que la couche cellulaire;nbsp;» fracture longitudinale manquant, comme la fracture transversale, d’uniformiténbsp;» dans la couleur générale, présentant a sa surface de nombreuses esquilles a pointsnbsp;» chatoyants moins marqués que dans Ie quinquina calisaya, et a rayons médullai-» res plus nombreux et plus visibles. Saveur amère assez forte, et se développantnbsp;» promptement a la mastication; stypticité trés notable, mais moins développée quenbsp;» dans l’écorce roulée.»

Nous ne parlons que pour mémoire de cette écorce roulée, car elle n’existe pas dans Ie commerce et ne vaudrait les frais de transport que dans Ie cas de disette desnbsp;écorces plus riches. Ce que M. D... a fait exploiter dans les forêts comme échantillonnbsp;produit 6 a 8 grammes sulfate de cinchonine, tandis que l’écorce plate provenantnbsp;du tronc, dont nous venons de parler, rend régulièrement 4 grammes sulfate de quinine et 12 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme. Cependant il nous anbsp;paru indispensable de représenter cette écorce dans les planches, autant par prévi-sion d’avenir qu’a cause de sa ressemblance avec Ie calisaya roulé.

Qitiiiquiiia liuaniico plat, saus epiderme (Pérosi). — Platiclae IV.

Ce quinquina se récolte dans les forêts de Huanuco, au nord de Lima, et arrive au port de Callao en surons de 70 k 75 kilogrammes. Aucune espète ne ressemble da-vantage, a première vue, au quinquina de Bolivie, et pendant longtemps ceux quinbsp;Font exploité ont prétendu Ie vendre comme vrai calisaya. C est, sans doute, cettenbsp;espèce que Ruiz et Pavon ont classée sous Ie nom de C. nihda, et a laquelle ils at-Iribuaient une grande supériorité. La surface est d’un jaune fauve, uniforme, a sillonsnbsp;longitudinaux moins prononcés que sur les écorces de calisaya. La texture de lanbsp;surface interne n’est pas aussi serrée que celle de ce dernier. La fracture transversalenbsp;est d’un jaune plus rouge; les fibres sont courtes, mais ne se détachent pas facile-ment. En Ie mêchant, 1’amertume se développe promptement; la saveur est legere-ment piquante, sans astriction; 1’épaisseur des écorces est de 6 a 10 millimetres. Cenbsp;quinquina, malgré sa belle apparence, ne produit que 6 grammes de sulfate denbsp;quinine, et 12 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme.

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28 OUINOLOGIE.

Q«iini|uina Jaune pale liiianuco (Péroii). — Plauelie SV.

Notre collaborateur D... areguquelques surons de ce quinquina pendant son séjour a Valparaiso, et il ena retiré 6 grammes sulfate de quinine et 10 grammes sulfate denbsp;cinchonine par kilogramme; il en a conserve, ainsi que pour les précédents échantil-lons, rétiquette qui y avait été attachée dans les forêts au moment de l’exploitation.nbsp;L’épaisseur de cette écorce est de 4 a 10 millimètres. La surface externe est d’un jaunenbsp;pale avee quelques crêtes saillantes et quelques sillons longitudinaux peu marqués ;nbsp;la surface interne est d’un jaune plus pale encore. La texture est unie et serrée; la cas-sure est a fibres courtes. L’amertume est prompte a se développer, un peu styptique,nbsp;avec un goüt légèrement aromatique.

Nous avons, en outre, ajouté a la collection de la Faculté de médecine de Paris quelques autres échantillons des mêmes forêts, qui différent peu quant aux produits etnbsp;a la nature des écorces.

^uisiqMÊiia liïianiico roulé, avcc épidemie (Péroii). — Plasiclie V.

kilogramme.

Ce quinquina provient des branches de 1’arbre dont Ie tronc fournit les écorces plates que nous venous dedécrire; il en est venu pendant quelque tempsunegrandenbsp;quantité dans Ie commerce. On Ie connaissait sous Ie nom de quinquina de Lima;nbsp;il a joui d’une préférence marquée, A l’échantillon destiné a la Faculté de médecinenbsp;nous laissons 1’étiquette mise par celui qui nous 1’a envoyé des forêts de Huanuco :nbsp;Cascarilla encanutada con onbes, de las ramas, nombrado pala de qallinazo, que anti-guamente fue muy apetecida{\). Cette écorce diffère trés peu en apparence des grossesnbsp;écorces du calisaya roulé. Toutefois 1’épiderme est moins épais, mais également nigueuxnbsp;et crevassé dans tous les sens, d’un blanc sombre; la face interne est unie a fibresnbsp;fines, jaune tirant sur Ie rouge. La cassure est fibreuse a l’intérieur et résineuse anbsp;l’extérieur. Saveur amère, styptique, facile a se développer; astriction faible. Ce quinquina produit 2 grammes sulfate de quinine, et 8 a 10 grammes sulfate de cinchonine par

Qiiiiiqiiiita da«» ( Pérmi). — PlancEie VrI.

Ce quinquina se trouve dans les forêts de Iaën, a peu de distance de Loxa. Les écorces roulées provenant des branches ont de 3 a 9 millimètres de diamètre. Cenbsp;quinquina est remarquable par Ie ton généralement blanchatre de son épiderme :

(l) Quinquina roulé avec épiderme, provenant des branches, appeié de vautcur, qui fut autrefois Ie plus recherché.

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DESCRIPTION DES OUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;29

c’est cette apparence qui lui a fait donner les noms de quinquina cendre, quinquina ten, pdle, quinquina couleur de frêne. L’épiderme est fin, uni,lisse, adherent auderme.nbsp;La couleur intérieure de ces écorces est jaune orange clair dans les petites; elle de-vient jaune orangé rouge dans les écorces plus volumineuses. Les gros tuyaux sonCnbsp;quelquefois brisés; les débris forment des fragments qui sont presque aplatis. Lanbsp;cassure est fibreuse, a fibres longues et flexibles, d’une texture peu serrée; sa saveurnbsp;est amère, prononcée surtout a la langue, sans astriction. Ce quinquina arrive en su-rons de 10 a 50 kilogrammes, sans mélange d’autres écorces.

En 1839, l’un de nous, M. Bouchardat, analysa Ie quinquina Jaën, et il en retira un alcali auquel il reconnut toutes les propriétés assignées a Yaricine par Pelletier etnbsp;Corriol. {Journal des connaissances médicales, 1839, t. Vil, p. 84.)

Postérieurement a cette publication, M. Manzini avait cru trouver dans cette écorcc un nouvel alcaloïde, qu’il nommait cinchomtine; inais un chimiste allemand, sansnbsp;connaitre Ie travail antérieur de M. Bouchardat, constata que la cinchovatine denbsp;M. Manzini était identique avec i’aricine.

M. A. Delondre, de son cóté, en soumettant Ie quinquina Jaën a un travail en grand en fabrique, en a extrait 4 grammes de sulfate de cinchonine et 10 grammesnbsp;de sulfate de quinine, ne dilférant en rien de celui du quinquina calisaya, parfaite-ment soluble dans la proportion d’alcool et d’ammoniaque indiquée par MM. Bussynbsp;et Guibourt, et admise aujourd’hui pour constater la pureté du sulfate de quinine.

Ces résultats contradictoires réclament un examen attentif auquel nous espérons pouvoir nous livrer bientót.

L’aricine subit-elle des modifications dans Ie travail de la fabrication en grand adopté par M. Delondre? Est-ce quelque autre circonstance inappréciée jusqu’icinbsp;qui nous a conduit a des résultats différents? Quoi qu’il en soit, on ne saurait tropnbsp;insister sur cette importante consideration (1).

OassBiquiiitA ifotoge vif (Équateiir). — B^laaicBie '¥IM,

On trouve ce quinquina dans les forêts de la province de Quito; il arrive au port de Guayaquil en surons ou en caisses de 50 a 60 kilogrammes. Pendant longteraps,nbsp;il a été prcféré en médecine, et ce n’était pas sans motif, car il est un des plus richesnbsp;en alcaloïdes. Les écorces plates sont épaisses de 5 a 12 millimètres; Fépiderme estnbsp;quelquefois trés épais, fendillé en tous sens, tantót d’un blanc argenté se détachant

(1) Nous avons dit combien nous regrcuious quo, pour les belles qualités des autres parties de I’Amerique, ou se contcnlal d’écorcer Ie troiic et que l’on perdit les écorces des branches; ici c’est tout Ie contraire, et nousnbsp;nous dcraandons pourquoi, dans I’exploitation de cette espcce et de deux autres que nous allons décrire, on nenbsp;renonce pas a cette routine qui consiste a choisir les branches les plus fines pour négliger celles du tronc quinbsp;devraient être trés riches, d’après la proportion d’alcaloïdes que nous trouvons dans ces petites écorces, et quinbsp;seraient d’un si grand produit pour les gouvernements du l’érou et de l’Équateur.

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30 nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGrE.

facilement, et tantót d’une nature fongueuse. D’autres écorces ont un épiderme si adhérent, qu'il forme pour ainsi dire corps avec le derme; il est sans fissures, couvert de points rugueux proéminents,d’un rouge brunfonce. La surface interne est d’unnbsp;rouge brun qui devient un peu rose a la cassure. La texture est unie, a fibres courtesnbsp;et fines, se detachant facilement et penetrant dans la peau, en y causant de la dé-mangeaison comme celles du calisaya de Bolivie. II existe au-dessous de f épidermenbsp;un cercle resineux trés épais. L’amertume se développe facilement, et est légèrementnbsp;styptique. Ce quinquina contient de 20 a 25 grammes sulfate de quinine, et 10 anbsp;12 grammes sulfate de cinchonine. On peut retirer du sulfate de quinine une notablenbsp;portion de la cristallisation appelee quinidine.

Quinquina rouge pMe (Équateur). — Plauclie 'VIII.

Ce quinquina provient, ainsi que le précédent, de la province de Quito, et semble, comme dans le calisaya, être fourni par les branches de farbre dont le tronc donnenbsp;les grosses écorces plates. II est généralement en écorces roulées, ou demi-roulées,nbsp;defépaisseur de 3 a 5 millimètres; f épiderme qui le recouvre est comme celui desnbsp;écorces plates, tantót argenté avec fissures, et tantót adhérent au derme avecnbsp;les mêmes rugosités d’un brun foncé. La surface interne est lisse, d’un rouge pale, anbsp;fibres unies, trés courtes et trés serrées. La cassure est nette et résineuse a l’exté-rieur. L’amertume est franche et pénétrante, mais plus styptique que celle des écorces plates. On en retire 15 a 18 grammes sulfate de quinine, qui contient aussi de lanbsp;quinidine, et 5 a 6 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.

Quinquina gris lin de I.oxa (Êquateiir). — Plancïie IX.

II arrive en surons de 50 a 60 kilogrammes par le port de Guayaquil, et quelque-fois par celui de Payta: on le trouve dans les forêts de la province de Loxa. Les écorces sont roulées d’un diamètre de 3 a 6 millimètres. L’épiderme est d’un gris sombre, ce qui a fait appeler ce quinquina par les Indiens, cascarilla negrilla. II est presquenbsp;toujours chargé de lichens trés variés. L’épiderme est fendillé dans tous les sens parnbsp;des fissures trés rapprochées ; la cassure est légèrement résineuse a 1’extérieur, etnbsp;fibreuse a fibres fines a l’intérieur. La texture est unie et peu serrée, amère, astrin-gente et aromatique. Nous en avons retiré 2 grammes sulfate de quinine et 10 grammesnbsp;sulfate de cinchonine par kilogramme.

Quinquina gris fin Condaniinea (Équateur). — Planclie IX.

Ce que nous disions sur I’exploitation des écorces du quinquina de Jaën s’applique également a celui-ci, qui est en petites écorces roulées trés fines, d’un diamètre de

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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. 31

3 millimètres, et souvent au-dessous, et qui était moins estimé quand il dépassait 6 millimètres. L’épiderme est d’un gris argenté, fendillé dans tous les sens avec fissures trés rapprochées, assez régulières, rarement avec lichens, comme il s’en trouvenbsp;sur Ie précédent. La cassure est nette et résineuse a l’extérieur, a fibres fines et ser-rées, se rapprochant beaucoup des petites écorces du quinquina calisaya roulé. L’a-mertume se développe facilement, est franche et peu styptique. Le produit est denbsp;8 grammes sulfate de quinine et de 6 grammes sulfate de cinchonine. Nous ne pou-vons douter, d’après ce résultat, de la richesse des écorces du tronc qui approche-raient certainement de celles du calisaya. Cette espèce a été connue dans le commerce,nbsp;depuis la découverte, sous le nom de quinquina gris fin de Lima, paree que c’étaitnbsp;par Lima qu’elle était expédiée a la cour d’Espagne, qui s’en était réservé l’exploi-tation et la faisait surveiller avec grand soin; c’est aussi pour cette raison qu’on lanbsp;nommait regia. C’est le quinquina que Laubert nomme Condaminea, d’après MM. denbsp;Humboldt et Bonpland; pour rendre hommage a l’illustre savant qui l’avait décou-vert, il nous semble naturel de luiconservercenom. Laubert le regardait avec quelquenbsp;raison comme préférable a tous ceux connus jusque-la, en raison des soins qu’onnbsp;apportait a son choix, et de ses vertus fébrifuges constantes. On le trouve dans l’in-térieur de la province de Loxa; il arrive par leport de Guayaquil, en surons et quel-quefois en caisses de 40 a 50 kilogrammes. Dans le mémoire que M. Ossian Henrynbsp;a lu, en son nom et en celui de M. Delondre, a l’Académie impériale de médecine,nbsp;le 16 novembre 1852, ils ont insisté sur la nécessité de ne repousser aucune espècenbsp;de quinquina, a l’occasion de la défaveur que l’on voulait jeter sur ceux qui nousnbsp;arrivent de la Nouvelle-Grenade, et sur les alcaloïdes qu’on en retire. On a cherchénbsp;aussi a proscrire, il y a quelque temps, les quinquinas gris de la matière médicale,nbsp;et il est utile de méditer a ce sujet les judicieuses observations de M. Soubeiran,

page 302 du Journal de pharmacie, octobre 1852..... : « Ce n’est pas paree qu’il y a

» de mauvais quinquinas gris dans le commerce, puisqu’on y trouve tout autant de » mauvais quinquinas jannes, et que, pour les uns comme pour les autres, il s’agit denbsp;» bien choisir. Reste done la richesse en alcaloïde, qui est toute a l’avanta'ge dunbsp;» quinquina jaune, si l’on veut employer les écorces comme fébrifuge, mais dont lanbsp;» nécessité est loin d’être prouvée, quand le quinquina est donné a petites dosesnbsp;» comme tonique, Quand on ne se laisse pas dominer par une idéé précongue, qu’onnbsp;» examine avec sang-froid, et surtout que l’on a manié comparativement l’une et l’au-» tre écorce, on trouve que ce quinquina gris, tant honni, a bien quelques qualitésnbsp;» que l’on ne trouve pas au même degré dans son antagoniste, le quinquina jaune :nbsp;» il est moins amer, mais il est aromatique; mais il a une saveur plutdt astringentenbsp;» qu’amère; mais il rend al’eau plus de parties solubles; et a ces divers titres, il peutnbsp;» revendiquer sa part d’avantages. Je ne sache pas que, paree qu’il fait la base denbsp;» préparations officinales, les médecins aient pour cela cessé de prescrire ces prépa-

j.


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32 nbsp;nbsp;nbsp;OUINOLOGIE.

» rations et de s’en bien trouver, et l’on serait fort embarrassé, je crois, de citer des » experiences qui témoignent de son infériorité, quand il ne s’agit pas d’une actionnbsp;» antipériodique franche. Cessons done de Ie proscrire; Ie quinquina jaune et Ienbsp;» quinquina gris sont des écorces bonnes toutes deux, bien qu’a des titres diffé-» rents. »

Quinquina jaune lt;le CSuayaquil (Équateur). — PlaneSae X.

Les écorces de ce quinquina sont roulées sur elles-mêmes et trés longues; leur couleur a quelque rapport axec celle de la cannelle de Chine. La surface externe estnbsp;a sillons longitudinaux assez rapprochés et peu profonds, avec des traces d’un épidemie blanc trés raince; la surface interne est plus brune, a texture unie et trésnbsp;serrée. La cassure est résineuse a l’extérieur, et a fibres courtes a l’intérieur. L’é-paisseur est de 3 a 4 millimètres. L’amertume est piquante et sans astriction. On eiinbsp;retire 30 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme, et 3 a 4 grammes sulfatenbsp;de quinine. On sera sans doute trop heureux de Ie retrouver un jour a venir, lorsquenbsp;les autres espèces seront épuisées, et que Ton sera revenu a l’emploi de la cinchonine ; mais aujourd’hui on n’en fait aucun cas, et il n’en est arrivé a notre connais-sance qu’une trés petite quantité en Europe.

QVmQlSmAS DE ILA HOnirEl.I.E-GIIEMADE.

Ainsi que nous I’avons expliqué en commengant notre ouvrage, nous devons la découverte de tous les quinquinas de cette partie de l’Amérique du Sud a Mutts,nbsp;médecin espagnol. Maintenant qu’ils sont l’objet d’un commerce si important et quenbsp;leur valeur est bien constatée, nous ne pensons pas qu’il soit utile de faire ressortirnbsp;de nouveau Ie service immense que Mutis a rendu a la science et a la médecine, etnbsp;combien est erroné tout ce qui a été dit contre ce célèbre naturaliste, et contre lesnbsp;quinquinas qu’il a découverts et dont il a constaté l’efficacité pendant tant d’annécs,nbsp;aussi bien que contre les alcaloïdes qu’ils renferment. Cependant il est bon de rap-peler aux négociants qui exploitent les forêts, qu’ils ne doivent prendre aucun soucinbsp;de la préférence exclusive que l’on semblait vouloir accorder aux quinquinas de lanbsp;Eolivie, et qu’ils trouveront un facile placement des expéditions qu’ils dirigeront surnbsp;nos ports. II nous reste aussi un voeu a former : e’est que Ie gouvernement, dans sanbsp;sagesse, nous affranchisse des droits a payer, lorsque nous sommes obligés d’allernbsp;nous approvisionner en Angleterre, et qu’il y a disette chez nous, comme cela estnbsp;arrivé dernièrement. Nous ne craindrons pas alors qu’une concurrence loyale s’éta-blisse entre les produits étrangers et les nótres, en les laissant entrer aux mênies

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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;33

droits auxquels nous sommes fimposés chez eux; bientót on reconnaitra que les prohibitions et les droits élevés ne sont qu’une prime d’encouragement a lanbsp;fraude (1).

Qiainquina ealitsaj^a de $anta-F« de Bogata (iVoitvelle-Greiiade). — Planche XI.

C’est une récente conquête des forêts de la Nouvelle-Grenade et dont les premiers essais doivent encourager ceux qui l’exploitent. Ce quinquina est en écorces trés mennes; répaisseur dépasse rarement 4 millimètres, la longueur de 2 a 5 centimètres.nbsp;La surface externe est presque lisse,avec peu d’apparence d’épiderme, couleur jaunenbsp;uniforme, tirant un peu sur Ie rouge; la surface interne se rapproche de celle dunbsp;calisaj a de Bolivie. La texture est peu serrée; la cassure, légèrement résineuse anbsp;l’extérieur, présente des fibres courtes qui se détachent facilement sous Ie doigt.nbsp;L’amertume est franche, se développe facilement et sans astriction, avec une saveurnbsp;légèrement aromatique. Sans doute, on Ie récolte dans la province de Popayan; carnbsp;il n’en arrive de temps a autre que quelques surons mélangés avec de grandes quan-tités de Pitayo. Nous lui conservons Ie nom que les expéditeurs lui ont donné. Nous

(1) La circulaired’un fabricant étranger contenait Ie passage suivant: «Le prix du cinchona calisaya de Bolivie, » si élevé amp; cause du inonopole de l’exportation, a donné lieu a des importations de cinchonas tirés d’autres dis-» tricts, et dont la qualité diffère grandement de celle du calisaya, en tont quits contiennent principalcmentnbsp;» de la quinidine. Les prix plus bas de ces écorces les ont rapidement niises en usage dans beaucoup de fabriquesnbsp;» de quinine, sans qu’ou eüt égard h leurs principes constitutifs différents; et, par la, une grande quantité denbsp;» quinine, contenant de la quinidine, s’introduit dans le niarché et produit une dépréciation non méritée dansnbsp;» le prix de la quinine. •gt;

II n’y avait pas 'a s’y méprendre ; le but évident de celte circulaire était de déprécier les produitsde nosfabriques et de donner une valeur croissante au quinquina du monopole de la Bolivie, et au sulfate de quinine que l’auteurnbsp;en retirait. Gette circulaire a été publiée en Angleterre comme en Alleraagne, et on I’a répandue avec profusionnbsp;en France, particulièrement dans nos départeineuts du Haut et du Bas-Rhin.

Dans le mémoire que M. Ossian Henry a lu a l’Académie impériale de médecine, a l’occasion de l’approbation irréfléchie qui avait été donnée au contenu de cette circulaire, nous disions ; « Ceux qui prétendent qu’il fautnbsp;» attribuer une préféreiice exclusive au quinquina calisaya ne pensent pas que c’est injustement priver tout a lanbsp;» fois iiotre navigation, notre industrie, et Tart médical, de la ressource précieuse de tous les quinquinas desnbsp;« autres parlies de l’Amérique du Sud. »

Or, depuis cette époque, le prix du quinquina calisaya s’est élevé de 50 pour 100. Les négociants de la Nouvelle-Grenade, effrayés de la guerre que l’on faisait en France a leurs écorces, ont dirigé leurs envois sur l’Angleterre; pendant prés d’une année, nos navires ont manqué de frets avantageux, et nos voisins, qui avaientnbsp;fait chorus avec nos ennemis de l’intérieur, ont profité comme d’habitude du conflit qu’ils avaient favorisé, et senbsp;sont approvisionnés a bon marché.

Voici le passage d’une lettre que IVI. Delondre a recue de don Rafaël duque Uribe de Bogota :..... «Si j’ai

» fait diriger plusieurs inilliers de surons de quinquina sur le marché de Londres, ce n’a été que forcé par la » guerre acharnée quel’on faisait en France au quinquina de la Nouvelle-Grenade, quandau contraire, è Londres,nbsp;» tout en ayant l’air de repousser cette marchandise, d’accord avec ce qui se passait en France, elle m’était toujoursnbsp;» achelée a bon prix, et sans donner l’éveil sur ce qui se passait. J’espère que dorénavant, etc..... »

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« t

sa nbsp;nbsp;nbsp;QÜINOLOGIE.

regrettons que ceux qui l’exploilent ne prennent pas plus de soin de conserver les écorces intactes : car, brisées et presque en poussière comme elles arrivent jusqu’anbsp;présent, l’acheteur ne peut s’assurer de la qualilé que par l’analyse; ou bien les pro-priétaires devraient prendre Ie soin d’apposer un cachet sur les surons pour garantirnbsp;l’exactitude de son origine. Ce quinquina mérite bien Ie nom de calismja, puisquenbsp;son produit est, comme celui de Bolivie, de 30 a 32 grammes sulfate de quinine, etnbsp;3 OU 4 grammes de cinchonine par kilogramme.

^iiiitfliiina jausie oraiigé roulé (9^0Ilvellegt;•Gre¦lalle).— Plaiiclie XI.

Nous avons rencontré ce quinquina en surons du même poids que les autres, de 50 a 55 kilogrammes, mélangé au milieu d’autres surons du quinquina orangé ennbsp;grosses écorces. C’est une des variétés annoncées par Mutis, en outre des sept espècesnbsp;qu’il avait découvertes •, et nous devons dire, en passant, que c’est surtout dans cettenbsp;espèce que Ton rencontre encore d’autres variétés, mais qui toiites se rapprochentnbsp;des deux que nous décrivons. Les écorces sont longues, minces, roulées sur elles-mêmes comme de la cannelle Cejlan, dont elles ont la couleur. Les plus fortes attei-gnent 4 millimètres; mais il y en a beaucoupqui n’ont que 1 millimètre d’épaisseur.nbsp;La surface externe est lisse, avec quelques traces d’un épiderme blanc, mince, jaunenbsp;un peu rouge; la surface interne est d’un jaune plus clair. La cassure est fibreuse ennbsp;dedans et résineuse en dehors. L’amertume est franche et se développe facilementnbsp;sans astriction. Ce quinquina produit 18 grammes sulfate de quinine, et 4 a 5 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.

Quinf|uini» pitayo (XoMveïJt-iSpetaade). — Plaasclae SEl.

On 1’exploite dans les forêts de Pitayo, province de Popayan; il arrive principale-ment par Ie port de Buenaventura, sur la cóte du Pacifique, paree que les frais de transport sont moindres que par Sainte-Marthe et Carthagène. Nous avons regu unnbsp;des premiers échantillons dece quinquina en 1830; l’analyse en futfaite parM. Os-sian Henry, qui constata sa richesse en quinine et en cinchonine. A l’occasion dunbsp;nouvel alcaloïde que M. Peretti, de Milan, avait cru renconlrer, en 1839, dans cenbsp;quinquina, et auquel il donnait Ie nom de pitayne, M. Guibourt a prouvé que l’onnbsp;devait placer cette écorce au norabre des plus riches et des plus fébrifuges; maisnbsp;qu’elle ne contenait pas d’autre alcaloïde que la quinine et la cinchonine. Les écorcesnbsp;varient en épaisseur de 2 a 15 miilimètres, et en longueur de 3 a 15 centimètres,—nbsp;celles de moindre dimension sont souvent contournées par la dessiccation. II est trésnbsp;facheux que lors de l’exploitation on prenne si peu de soins, comme pour Ie précédent, de conserver ces écorces sans les briser; car au milieu des petits morceaux et

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9 nbsp;nbsp;nbsp;P

DESCRIPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;35

souvent de la poussière qui forment plus de la moitié des surons, il est difficile de reconnaitre s’il n’y a pas mélange d’écorces inférieures, soit par fraude, soit par ignonbsp;rance. La surface interne, rouge pèle, est d’une texture trés serrée,quelquefois lisse,d’au-tres fois avecdes sillons longitudinaux trés profonds; la surface externe est rugueuse,nbsp;fendillée irrégulièrement, recouverte d’un épidemie adhérent fortement au derme,nbsp;auquel sont atlacliées des exfoliations blanches ou grises. La fracture transversalenbsp;est rouge brun a fibres fines, se détachant difficilement et présentant sous fépidermenbsp;une couche résineuse trés marquée. Saveur amère, un peu styptique, et legerementnbsp;piquante; lente a se développer, mais trés persistante. Ce quinquina fournit 20 anbsp;25 grammes sulfate de quinine, et 10 a 12 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.

Qiiiaxjuina lt;L'at*tlaagèii« ligsaesix (IVosivelle-Greiiade). — Mandie X.I11.

Nous laissons subsister Ie nom sous lequel celte espèce de quinquina a toujours été connue dans Ie commerce; c’est celle que nous avons Ie plus anciennement trai-tée dans nos fabriques, et qui a eu pendant longtemps nos préférences, et avec raison,nbsp;puisqu’elle produit 20 grammes sulfate de quinine par kilogramme, sans traces denbsp;cinchonine. Les écorces se distinguent des autres espèces a la cassure, qui présentenbsp;de longues fibres extrêmement flexibles. La surface externe conserve presque toujours son épiderme, qui est trés mince et fortement adhérent, d un jaune rougeatre,nbsp;avec quelques taches blanches j la couleur interne est d’un jaune fauve qui appro-che de celle du calisaya de Bolivie. La texture est unie, mais laisse apercevoir lesnbsp;longues fibres dont elle est formée. L’amertume se développe facilement, n’est nulle-ment styptique, et persiste pendant longtemps.

jsiiine «raugé «Be Miiiis ( Mouvelle-Grenaile). — PBaiidie

A la surface interne, cette écorce est d’un jaune orange un peu rouge; l’épaisseur est de 2 a 8 millimètres dans 1’ensemblc des surons; la texture est uniforme commenbsp;dans Ie quinquina calisaya de Bolivie, mais moins serrée et a fibres plus longues etnbsp;flexibles. La surface extérieure est presque lisse, et d’un jaune plus rouge qu’a l’in-térieur, quoique assez uniforme, quelquefois fendillée transversalement avec des traces blanchatres de fépiderme trés mihce qui y est resté. Fracture transversale li-gneuse en dedans et subéreuse en dehors. Amertume franche, approchant de cellenbsp;du calisaya, peu styptique, persistante et légèrement aromatique. Ce quinquina produit 15 a 16 grammes sulfate de quinine, et 8 a 10 grammes sulfate de cinchoninenbsp;par kilogramme.

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•’O nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.

Nous avons dit, a Ia description de chaque espèce, que, par kilogramme d’écorces:

Le quinquina calisaya de^Bolivie produisait 32 grammes de sulfate de quinine, 8 grammes de sulfate de cinchonine. Le jaune orangé de la Nouvelle-Grenade . 16nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—

Le rouge de Cuzco............ Zi nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;12nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—

Après avoir répété les mêmes operations pendant plusieurs mois, nous avons obtenu de cette quantité de mélange un produit constant de 108 kilogrammesnbsp;sulfate de quinine et 20 kilogrammes sulfate de cinchonine. Le sulfate denbsp;quinine qui en provient est parfaitement soluble dans 8 parties d’éther et 2 parties d’ammoniaque, et il est impossible d’y trouver de traces de cinchonine j ilnbsp;résulte done qu’il faut admettre, comme Laubert l’avait déja fait pressentir, quenbsp;beaucoup de quinquinas ont certaines propriétés qui se prêtent un mutuel appui etnbsp;que Ton doit se garder d’en rejeter aucun, comme l’a fort bien dit M. Soubeiran,nbsp;puisqu’en les réunissant dans une poudération aussi exacte que possible, en raisonnbsp;de leurs principes connus, ils se complètent, ou se modifient, ou s’opposent a desnbsp;altérations du sulfate de quinine, qui ne sont que trop réelles et encore peu défmies.nbsp;C’est ici que Ton ne saurait trop faire ressortir de nouveau les services que la decou-verte de Pelletier et Caventou a rendus a la science médicale en la débarrassant denbsp;tant d’incertitudes. Avant leurs beaux travaux, le médecin ordonnait le quinquinanbsp;en nature, dont FelFicacité variait non seulement a chaque espèce, mais encore anbsp;chaque écorce; maintenant, ce n’est plus dans Fensemble de quelques surons denbsp;même sorte, mais d’espèces bien distinctes, que nous pouvons extraire les prineipesnbsp;dout on retire le sulfate de quinine le plus pur, en isolant même Ia cinchonine quinbsp;surabonde.

rouge «Ie Mutis (Moui^eSSe-ÏSeeursEle). ¦— fBauelie XV.

Les écorces de ce quinquina sont épaisses de 2 a 15 millimètres dans Fensemble des surons. La face interne est d’un rouge brun; la texture est trés serrée avec quelques sillons longitudinaux, trés profonds dans les grosses éeorees. L’exterieur estnbsp;d’un rouge plus clair, uni et spongieux, couvert par places d’un épiderme tres léger,nbsp;trés adhérent, avec des traces d’un blanc terne, et, dans quelques endroits, decroutes

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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;37

qui se détachent facilement et laissent des excavations profondes. La fracture transversale est légèrement rosée, a fibres longues et flexibles a 1’intérieur et subéreuse a l’extérieur. L’amertume se développe facilement et persiste sans astriction, mais sausnbsp;Ie goüt aromatique particulier au jaune orangé et a ses variétés. La surface internenbsp;des jeunes écorces, roulées ou non, est d’une couleur rouge un peu plus claire; lanbsp;texture est plus unie a l’intérieur, tandis qu’a l’extérieur elle est plus raboteuse..nbsp;C’est de tous les quinquinas de la Nouvelle-Grenade celui qui est arrivé Ie plus ra-rement et dont nous avons Ie moins encouragé l’exploitation, comme nous l’avonsnbsp;dit plus haut. On en retire 12 a 14 grammes sulfate de quinine, et 6 a 7 grammesnbsp;sulfate de cinchonine. Du sulfate de quinine qu’il produit, on obtient la cristallisationnbsp;a laquelle MM. Henry et Delondre ont donné en 1833 Ie nom de quinidine, qu’ilsnbsp;pensaient être un état particulier d’hydratation, qui dans ces derniers temps a éténbsp;I’objet de tant de controverses, et qui a formé le sujet du beau mémoire que M. Pasteurnbsp;a lu l’Académie des sciences en juillet 1853. Les alcaloïdes qui se rencontrent dansnbsp;ee quinquina, ainsi que sa couleur, le rapprochent singulièrement du quinquina rougenbsp;de Quito, comme nous I’avons fait remarquer a I’article Quina rouge vif.

Quinquina jaune de lïlutis (BIoscvelle-Gi'enade). — Plaiicke SVf.

Ce quinquina présente au premier aspect les caractères du quinquina jaune orangé, mais la couleur interne est d’un jaune ocreux, la texture moins unie, avecnbsp;des sillons longitudinaux assez profonds a la surface interne, surtout dans les grossesnbsp;écorces. La surface externe est plus ou moins ridée, d’un jaune plus terne, avec desnbsp;traces blanchiitres d’épiderme, et par places des croutes qui s’enlevent facilement etnbsp;forment des excavations plus ou moins profondes. Les fibres intérieures, comme dansnbsp;les précédents, sont longues et flexibles. La saveur est amère, légèrement acide, etnbsp;plus styptique que celle du jaune orangé. Le produit est de 12 a 14 grammes sulfatenbsp;de quinine, et de 5 a 6 grammes sulfate de cinchonine. On retire aussi du sulfate denbsp;quinine une portion de quinidine.

Quinquina Cnrtliagène rose ( NIouvelle-Grenade ). — Planclie XVIÏ.

Nous n’avons eu a notre disposition que quelques surons de ce quinquina, nous n’en avions jamais vu de semblable; nous savons qu’il provient des forêts de Ocana,nbsp;prés la riviere de la Madeleine. Pourle distinguer des autres, nous ne pouvons quenbsp;lui conserver le nom et la description sous lesquels notre jeune ami Ossian Henrynbsp;fils 1’a désigné en publiant 1’analyse que nous lui en avions confiée, et qui, d’aprèsnbsp;le mémoire inséré dans le Journal de pharmacie de décembre 1853, donnenbsp;18 grammes sulfate de quinine, et 4 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.

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38 nbsp;nbsp;nbsp;OUrN'OLOGIE.

Ce quinquina est encore une richesse de la Nouvelle-Grenade et compléte les sept espèces bien caractérisées qui forment Ie nombre des découvertes de Mutis annoncéesnbsp;par Zéa. Les autres variétés, comme nous l’avons déja dit, appartiennent au quinquina orangé et sont assez nombreuses. L’épaisseur des écorces plates du quinquinanbsp;rosé varie de 2 a 6 millimètres. L’amertume se développe facilement et sans astric-tion. La surface externe, d’un rose foncé, est marquée de sillons longitudinaux asseznbsp;profonds, avec quelques aspérités transversales qui portent l’empreinte del’épidermenbsp;enlevé- la surface interne est un peu plus claire, tirant sur Ie jaune. La cassurenbsp;transversale est nette, a fibres moyennes, dune couleur rose, formant une tenturenbsp;unie sans être serrée et peu résineuse a l’extérieur.

Quinquina inaraca’ilio (IVonvelIe-Grenade). — Planclie XVIII.

Ce quinquina a pris son nom du port oü il arrive de l’intérieur, et ne contienl presque que de la cinchonine. L’écorce, en formes de petits copeaux, varie en longueur de2 a4 centimètres; en épaisseur, de 1 a 3 millimètres. Quelquefois la texturenbsp;est trés serrée et d’une cassure résineuse; d’autres fois les fibres sont molles et senbsp;détachent facilement. La surface externe est tantót recouverte d’un épidemie trésnbsp;mince avec des marqués blanches, et tantót il n’en reste pas traces, et Fon apergoitnbsp;des sillons longitudinaux irréguliers, mais trés rapprochés. Saveuramère, désagréable,nbsp;lente a se développer et ne persistant pas, sans astriction. On i-elire de ces écorcesnbsp;10 a 12 grammes sulfate de cinchonine, et 2 a 3 grammes sulfate de quinine.

QUINQUINAS DE QUALITE INFERIEURE.

Nous allons nous occuper de six espèces qui méritent notre attention comme les précédentes, non pas a cause de leur utilité, mais pour démontrer qu’il faut les éloi-gner de la consommation, et pour engager ceux qui exploitent les forêts a ne pas lesnbsp;confondre avec les bonnes espèces.

Quinquina jaune de Cuzco (Pcrou). — Planche XIX.

Nous Favons rencontré dans les forêts de Santa-Ana, dans notre excursion avec M. Weddell, et nous n’avons pas hésité a Ie reconnaitre comme étant Fespèce denbsp;laquelle Pelletier et M. Coriol avaient extrait Falcaloïde qu’ils avaientnommé aricine,nbsp;du port d’Arica, oü Fon avait embarqué ce quinquina, qui arrive aussi par Ie portnbsp;d’Islay en suroiis de 70 a 75 kilogrammes. C’est celui auquel M. Weddell a attribuénbsp;la dénomination botanique de pubescens. Ce quinquina et son produit ne peuventnbsp;être considérés que comme objets du curiosité, puisque Fon en retire avec beaucoup

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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;39

de peine 60 centigrammes par kilogramme d’aiguilles soyeuses d’une couleur dorée assez éclatante, solubles dans 8 parties d’éther et 2 parties d’ammoniaque, commenbsp;Ie sulfate de quinine Ie plus pur. L’acide nitrique concentre conserve a cette cristal-lisation et a son précipité la même couleur dorée trés éclatante; après de nouvellesnbsp;purifications on obtient les aiguilles avec Ie même éclat sojeux, mais la couleur jaunenbsp;disparait successivement. Ce quinquina est jaune couleur de rouille a la surfacenbsp;externe, un peu moins foncé a la surface interne. La cassure est nette, d’une texturenbsp;serrée a fibres courtes. L’amertume est lente a se développer et d’un gout de moisinbsp;désagréable et styptique (1),

Quinquina brun de Cuzco ( Pcrou ). — Planclie XIX.

Cette espèce, qui se trouve également dans les forêts de Cuzco, est presque tou-jours mélangée sans discernement avec Ie précédent. La surface externe est unie, d’un bran sombre; la face interne est un peu moins foncée. La cassure est nette, anbsp;fibres fines extrêmement serrées, résineuse sous un épiderme trés mince auquel sontnbsp;adhérentes des pellicules d’un blanc verddtre. L’amertume est trés faible et se déve-loppe difficilement; styptique et d’un goêt désagréable. Nous avons retiré de cettenbsp;écorce, après plus d’une opération, a peine 30 centigrammes sulfate de quinine parnbsp;kilogramme.

Quinquina gris roulc (Éfjuateup). — Planclie XX.

Quelques surons de ce quinquina sont arrivés avec des quinquinas rouges et des quinquinas jaunes de Quito, par Guayaquil. Ce sont des écorces roulées avec unnbsp;épiderme trés rugueux, trés adhérent au derme, fendillé dans tous les sens, avecnbsp;crêtes saillantes. La cassure est nette et grenue; en coupant cette écorce, on diraitnbsp;d’un bois sec et résineux, susceptible de recevoir Ie poli. La surface interne est lisse,nbsp;unie, couleur brune. L’amertume est lente a se développer, piquante, styptique.nbsp;L’épaisseur est de 5 a 8 millimètres. Nous en avons retiré 60 centigrammes sulfatenbsp;de quinine par kilogramme.

(i) ü’après les caractèrcs incliqués par Berzelius, l’acide niirique concenlré devrait decomposer Ja base, et Ie mélange prendre une couleur verte Irès intense. Kn rappclant nos souvenirs de plus de vingt ans, nous pensonsnbsp;que Ie quinquina dans lequel Pelletier a trouvé l’aricinc provenait de la Bolivie. Nous en avons exaniiné desnbsp;échanlillons au Musée d’histoire naturelle, et nous avons jugé avec M. Weddell, par la comparaison, que c’étaitnbsp;bien Ie même C. pubescens que celui des forêts de Santa-Ana.

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41) QUINOLOCxIE.

Quinquina des iles de liagos (cote d'Afrique). — Planelie AA.

Nous avions depuis longtemps entendu parler d’une espèce de quinquina avec lequel on guérissait les fièvres sur la cóte d’Afrique, et dont les vertus dépassaient,nbsp;disait-on, celles des quinquinas de l’Amérique. Nous devons a la complaisance denbsp;MM. Kestner et Ménard du Havre, outre les détails sur la provenance, une caissenbsp;qu’ils avaient regue pour échantillon et qui nous a permis d’en faire l’analyse surnbsp;60 kilogrammes. Mais cette analyse, assez coüteuse, a été loin de répondre a lanbsp;renommée de cette écorce, car nous n’avons obtenu, après beaucoup de travail, quenbsp;60 centigrammes sulfate de cinchonine par kilogramme. Ces écorces sont trés largesnbsp;et trés longues; elles proviennent d’un arbre qui croit dans les iles de Lagos (cotenbsp;d’Afrique). L’épiderme ressemble un peu a celui de l’écorce du marronnier, lorsquenbsp;Ton en a gratté les aspérités; il est trés adhérent au derme, avec sillons longitudinauxnbsp;espaces et se détachant facilement en longues fibres filandreuses. La couleur extérieure est jaune terne. La surface interne est plus claire, et la cassure développe denbsp;longues fibres trés larges couleur citron, se détachant dilficilement. L’amertume senbsp;développe assez promptement, sans astriction, mais laisse un gout désagréable quinbsp;persiste longtemps.

Quinquina rouge pale ( Aouvelle-Siirenade). — Plauclie XAI.

Avec les quelques surons de quinquina rosé de laNouvelle-Grenade dont nous avons parlé, il y en avait un autre contenant trois échantillons provenant également de lanbsp;province de Ocana. Ces trois échantillons ont été analysés et décrits, comme Ie rosé,nbsp;par M. Ossian Henry fils, dans Ie même mémoire. Le premier de ces échantillons, dontnbsp;nous nous occupons en ce moment, est en écorces épaisses de 3 a 4 millimètres,nbsp;couvertes avec un épiderme gris sombre assez épais, se rapprochant de celui dunbsp;quinquina gris de Huanuco, avec fissures longitudinales et transversales espacées.nbsp;La surface interne est brune; la texture est fine; la cassure est a fibres courtes quinbsp;se détaclient facilement, avec un eerde résineux sous l’épiderme. L’amertume estnbsp;stjptique et désagréable, trés lente a se développer. Ces écorces ont donné 18 centigrammes sulfate de quinine, et 2 centigrammes sulfate de cinchonine par kilogramme.

Quiuquiua blane (]Vout'elle-Cii‘esss«de). — Planche AAII.

G’est le second échantillon dont nous venons de parler, et dans lequel M. Ossian Henry fils a trouvé 6 centigrammes sulfate de quinine et 12 centigrammes sulfate denbsp;cinchonine par kilogramme. Les écorces sont plates, trés larges, sans épiderme; lanbsp;texture est fine et serrée. Cette écorce croque sous la dent, se coupe comme du bois

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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;Al

trés dur, et est susceptible de recevoir Ie poli. L’amertume est trés lente a se déve-lopper et est désagréable, mais sans astriction. Les surfaces internes et externes sont d’un blanc obscur. La cassure ressemble a celle du bois de frêne.

FAUX QUINQUINAS.

Après avoir décrit les quinquinas de bonne, de moyenne et de basse qualité, il nous a semblé trés important de faire connaitre les fausses écorces qui ont été offertesnbsp;et qui pourraient l’être encore comme de vrais quinquinas. Nous commen^ons parnbsp;Ie troisième échantillon qui a été envoyé de la province d’Ocana avec ceux de mêmenbsp;provenance dont nous venons de parler.

Kcorces rouges (jVouvelle-Grenade). —Planelie XXI.

Dans Ie mémoire de M.Ossian Henry fils, il annonce ne pas avoir trouvé de traces d’alcaloïde dans cette écorce en gros cylindres, d’un rouge brun a la surface externe,nbsp;avec quelques traces d’exfoliations blanches. La surface interne est plus foncée etnbsp;présente a la cassure des fibres longues rouge pale; en mdchant ces écorces, onnbsp;éprouve une grande stypticité, mais sans amertume.

Petites écorces rouges (llrésil). — Plaiiclie XXll.

Ces écorces nous ont été données par MM. Léon Lecomte et C', du Havre, qui les avaient regues de Rio-Janeiro comme provenant d’arbres qui croissent sur les bordsnbsp;de l’Amazone. Elles sont en petits morceaux contournés par la dessiccation. La surfacenbsp;externe est sans épiderme et lisse, d’un rouge brun; la surface interne est un peunbsp;moins foncée. La texture est fine et serrée; en les mdchant, on forme une espèce denbsp;pdte styptique et sans amertume.

Petites écorces blanches (Brésil). — Plancbe XXII.

Ces écorces proviennent de la même source que les précédentes, elles ont l’appa-rence de l’angusture. En les mdchant, nous avons senti une saveur sucrée qui s’est dissipée pour faire place a une légère amertume. Ces écorces sont en petits morceauxnbsp;de 2 a 3 centimètres de longueur et 3 a 4 millimètres d’épaisseur. La surface externenbsp;est unie et sans épiderme, d’un blanc légèrement rosé; la surface interne est plusnbsp;blanche. La cassure fait voir une texture sans fibres et comme granulée.

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QUINOLOGIE.

Éeorees rouge* saus éplderme (JHouvelle-Grenade). — Planelie

C’est a cette écorce que Ton a doniié, nous ne savons pourquoi, Ie nom de quina nova, et que Ton supposait être une des découvertes de Mutis, ainsi que nous 1’avonsnbsp;expliqué, et dont prés de 400 surons out été brulés publiquement. Ces écorces sausnbsp;épiderme sont d’un rouge lie de vin a la surface externe, quelquefois avec fissuresnbsp;transversales, d’autres fois sans fissures. La surface interne est assez unie et laissenbsp;apercevoir les fibres d’un rouge moins foncé. La cassure ressemble un peu a celle dunbsp;bois de merisier. En sciant ou en coupant les écorces, la texture trés serrée prendnbsp;Ie poli. En les mUchant, on ressent une astriction désagréable, mais pas d’amer-tume.

Écorce* rouge* avec épiderme (républii|ue Argentine). — Planelie AAI MB.

Ainsi que nous 1’avons dit, nous devons ces écorces a l’obligeance de MM. Quesnel frères, qui en avaient regu de Buenos-Ayres une assez forte partie, qu’ils ont égale-ment fait brüler publiquement. L’épaisseur de ces écorces est de 6 a 12 millimètres;nbsp;l’épiderme est rugueux, fendillé dans tous les sens. La surface interne est d’un blancnbsp;sombre. La cassure présente une couche successive de feuilles rose pale qui se distingue parfaitement après avoir scié ou coupé les écorces. En les mdchant, on nenbsp;sent pas d’amertume, mais un gout aromatique assez agréable et sans astriction.

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QUATRIÈME PARTIE.

DÉDUCTIONS PRATIOGES.

Nous n’avons pas la prétention d’avoir décrit toutes les espèces de quinquinas, nous avons parlé de celles qui sont Ie plus connues, et qui ont passé sous nos yeuxnbsp;depuis plus de trente ans, nous réservant,

Pour peu que Dieu nous prête vie !

de compléter notre travail au fur et a mesure des échantillons qui nous parvien-dront.

Nous espérons avoir démontré que l’alcaloïde qui forme en grande partie de base des quinquinas préférés pendant un siècle et demi est la cinchonine, quenbsp;l’un de nous, M. Delondre, isole avec soin maintenant de la quinine; mais onnbsp;comprendra sans peine que l’emploi général que l’on fait aujourd’hui des quinquinas riches a la fois en quinine et en cinchonine rend tres désirable la recherchenbsp;d’un moyen pratique qui, en respectant les habitudes prises, permette d’utiliser Ianbsp;cinchonine. C’est en effet Ie seul rnoyen elTicace de maintenir la quinine a un prixnbsp;modéré.

Tous les essais qui ont été faits a notre sollicitation et aux frais deM. A. Delondre, depuis plus d’un an, par M. Ie docteur Hudellet a Bourg-en-Bresse (Ain), tant anbsp;Fhópital que dans sa clientèle en Dombes, ou les fièvres paludéennes sont endé-miques, ainsi que par M. Ie docteur Beauregard dans Ie canton de l’Eure, prés Ienbsp;Havre, ont prouvé qu’il n’y avait pas un seul cas oü Ie sulfate de cinchonine n’aitnbsp;eu la même efficacité que Ie sulfate de quinine. Ces messieurs doivent publiernbsp;chacun leurs observations comparatives, qui sont d’un grand intérêt, et nous n’in-sisterons pas davantage sur les résultats qu’ils nous ont communiqués.

II en est de même pour les observations qui ont été recueillies par M. Ie docteur Wahu, chef de l’hópital civil et militaire de Cherchell (Algérie), et dont Ie mémoire vient d’etre publié dans son Annuaire de médecine et de chirurgie pratiques

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lik nbsp;nbsp;nbsp;DÉDUCÏIONS PRATIQUES.

póur 1854. M. Bouchardat a par-devers lui des fails nombreux qu’il publiera pour arriver a la solution de cette question importante. M. Briquet, dont l’autorité estnbsp;si grande pour tout ce qui se rapporto a la physiologie et a la thérapeutique desnbsp;alcalis fébrifuges, estime la cinchonine a sa juste xaleur.

II est de toule évidence qu’il n’y a pas de succédanés ou de composés dont on recompense, on autorise et l’on encourage les essais incertains, et qui cohlent souventnbsp;fort cher, qui puissent être comparés a l’efficacité certaine de la cinchonine.

Que les médecins emploient Ie sulfate de cinchonine concurremment avec Ie sulfate de quinine, il n’y a certes rien de plus désirable; mais on sait combien il estnbsp;difficile de rompre des habitudes prises, surtout lorsqu’elles reposent sur des observations excellentes et qui sont irréprochables, envisagées sous un certain pointnbsp;de vue.

II faut arriver, selon nous, a faire employer tout a la fois la quinine et la cinchonine en respectant les habitudes prises, et pour cela deux moyens principaux nous semblent indispensables : 1° Adopter faction physiologique du sulfate denbsp;quinine comme unité; fixer le rapport qui existe entre cette unite et les prépa-rations de cinchonine, pour ramener les preparations complexes a l’unité qui-nique, en faisant varier d’après 1’analyse les proportions des matières employees.nbsp;2“ Reformer d’après ces principes quelques unes des préparations de quinquina dunbsp;Codex.

II est un extrait spécial que f un de nous, M. Delondre, prépare depuis huit années, qu’il a fait expérimenter sur une grande échelle, et qui peut conduire facilement anbsp;atteindre le but que nous venons d’indiquer.

On a donné a eet extrait le nom de quinium, que nous adopterons volontiers.

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Le quinium s’obtient par la lixiviation jusqu’a épuisement, au moyen de falcool a 36 degrés, d’un mélange de 3 parties de quin|we'broyé' avec 1 partie de chauxnbsp;éteinte, et par distillation de falcool jusqu’a siccité.

Dans sa pratique ordinaire, M. Delondre, afin de réunir les principes des quinquinas contenant des alcaloïdes en différentes proportions, a toujours soin de faire un ensemble de 2 parties de quinquina calisaya de Bolivie, ou de calisaya de Santa-Fé OU de Pitayo, de 2 parties des quinquinas jannes de Carthagène, et de 1 partienbsp;des quinquinas du Pérou et de l’Équateur, ces derniers fournissant une plus grandenbsp;proportion de cinchonine.

Mais nous allons montrer, en insistant sur les avantages de cette préparation, comment on peut employer a peu prés indifféremment tous les autres quinquinas,nbsp;en suivant les analyses que nous avons exécutées.

Le quinium renferme, outre la quinine et la cinchonine, tous les principes du quinquina solubles dans falcool, dont f association aux alcalis fébrifuges a éténbsp;reconnue utile par une longue expérience, et qui faisait regretter dans certains cas

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DEDUCTIONS PRATIQUES. nbsp;nbsp;nbsp;/,5

I’emploi du quinquina en nature. Le résidu ne renferme, pour ainsi dire, que du ligneux, du rouge cinchonique insoluble, des resines insolubles et des sels (1).

L’intervention de la chaux dans la préparation du quinium a deux avantages : le premier, de concentrer davantage les alcalis fébrifuges; le second, de permettre lenbsp;dosage immédiat et facile de la quinine et de la cinchonine qu’il contient, en suivantnbsp;les procédés connus de séparation de ces deux alcaloïdes.

On pourra ainsi non seulement connaitre rigoureusement la composition des préparations qu’on emploie, mais encore en xérifier exactement la teneur réelle.nbsp;C’est ainsi que la grande découverte de Pelletier et Caventou servira au perfection-nement des préparations pharmaceutiques.

Nous allons citer deux exemples qui vont faire comprendre facilement comment on peut exécuter la réforme que nous venons d’indiquer.

Du quinium étant obtenu, sa teneur en quinine et en cinchonine étant rigoureusement établie , admettons le résultat des observations physiologiques et thérapeu-tiques de M. Briquet et de M. Bouchardat, qui ont établi que la puissance fébrifuge du sulfate de cinchonine était d’un quart plus faible que celle du sulfate de quinine,nbsp;mais le représentait complétement; rien alors n’est plus facile que de préparer desnbsp;granules qui contiendront chacun l’équivalent fébrifuge de 1 décigramme de sulfatenbsp;de quinine, et un vin fébrifuge qui contiendra de la quinine ou de la cinchoninenbsp;représentant l’équivalent fébrifuge de 2 millièmes de quinine.

Précision dans les résultats, produit facile a doser, a vérifier et a administrer, voila les avantages qui sont réunis a ceux de l’utilisation de toute la cinchonine quenbsp;pourraient fournir les quinquinas des forêts de la Nouvelle-Grenade, du Pérou etnbsp;de l’Équateur, comme ceux de la Bolivie.

Avant de terminer, nous ne saurions nous élever avec trop de force contre les déclamations inconsidérées ou intéressées qui ont jeté une défaveur momentanée surnbsp;les quinquinas de la Nouvelle-Grenade et des autres parties de l’Amérique méridionale, car nous avons retiré de la plupart de ces quinquinas du sulfate aussi pur quenbsp;de celui de la Bolivie.

On a pu s’assurer, en outre, que la quinidine qui a servi de prétexte a ces déclamations ne se trouve unie en plus grande proportion a la quinine que dans les quinquinas qui arrivent rarement dans le commerce.

(1) Le quinium, préparé comme nous venons de l’indiquer, contient rcgiilièremcnt un minimum de 30 pour lüO d’alcaloïdes. Les quinquinas de mauvaise qualité fournissent presque autant de résines; mais cesnbsp;extrails résineux ne renferment que de faibles proportions d’alcaloïdes.

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TABLE DES MATIÉRES.

Introduction............................................. I

Première partie. — Aperiju historique des quinquinas. . ..................... 3

Dedxième partie. — Épisode du voyage de M. Delondre dans les mers du Sud (1846 a 1848). ... 16 Troisième partie. — Description des quinquinas en suivant la chaine des Andes.......... 23

BOUTIE.

Planclie I. Quinquina calisaya plat, sans épiderme...................... 23

— nbsp;nbsp;nbsp;I. —nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;roulé, avec épiderme...................... 25

FÉBOU.

— nbsp;nbsp;nbsp;II.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Quinquinanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;carabaya avec et sans épiderme..................... 26

— nbsp;nbsp;nbsp;III.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rouge de Cuzco, avecnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;et sans épiderme............ 26

— nbsp;nbsp;nbsp;IV. — huanucoplat, sans épiderme....................... 27

IV. — nbsp;nbsp;nbsp;— jaune pale........................... 28

— nbsp;nbsp;nbsp;V.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;roulé, avec épiderme..................... 28

— nbsp;nbsp;nbsp;VI, — de Jaen.................................- 28

ÉQVATEUR.

— nbsp;nbsp;nbsp;VII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Quinquinanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rouge vif............................... 29

— nbsp;nbsp;nbsp;VIII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rouge pale................................ 30

— nbsp;nbsp;nbsp;IX.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gris fin de Loxa............................. 30

— nbsp;nbsp;nbsp;IX.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gris fin Condaminea........ 30

— nbsp;nbsp;nbsp;X.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jaune de Guayaquil........................... 32

MOUVXI.LE-GBE9JADE.

— nbsp;nbsp;nbsp;XI.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Quinquinanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;calisaya de Santa-Fé de Bogota..................... 33

— nbsp;nbsp;nbsp;XI.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jaune orangé, roulé........................... 34

— nbsp;nbsp;nbsp;XII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pitayo.................................. 34

_ nbsp;nbsp;nbsp;XIII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Garthagène ligneux................... 35

_ nbsp;nbsp;nbsp;XIV.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jaune orangé de Mutis.......................... 35

_ nbsp;nbsp;nbsp;XV.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rouge de Mutis............................. 36

_ nbsp;nbsp;nbsp;XVI.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jaune de Mutis.............................. 37

_ nbsp;nbsp;nbsp;XVII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Garthagène rosé............................. 37

_ nbsp;nbsp;nbsp;XVIII.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;—nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Maracaibo................................ 38

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QUINQUINA JAUNE 0BAN(7E ROULE

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4a5Gram id de Cinchonine. par Kilogramme.


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QUINQUINA CARTHAGENE .LIGNEUX

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QUINQUINA CARTMAGENE LIÜNEUX

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(NOTJVELLTl GRENADE).



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QUINCIUINA MARACAYBO.

(NOUVELLE GRENAUE)


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QUALITE INFERIEURE ROUGE PAlE

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FAUX QUINQUINA ilOUGF BRUN

(NOUVELLE GRENADE)

QUALITE INIvF.RIFUr^E ROUGE PALE

(NOUVELLE GRENADE)



Ne coTitieiit pas d'Alcaloide

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i8 Centigrarmnes Sulfate de (Quinine.

2, Centi^Qammes jd de Cinchonine, par Kilogramme.

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FAUX QUINQUINA (BRÉSIL) -






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N**l ^uyuiar N*t.

i\e conüenneni pas (l'Alcalotde


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FAUX QUINQUINA (DRÉSIL)



6 CenLi^ram. Sulfate de (5_uin'me. la Centigram. id de Cinchonine.


par Kilogramme.


ne conLiennenl pas d'Alcaloide,


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HAUTEURS

JfESUREES

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Beaiicoup i/e Plienonieucsnbsp;Imnineux .


PeuJ'eu'p/oo'i -ens iteeompii -pnees M tunere ¦ ZupitmJesc -

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P/ès ,/es I'ou -e/tes i/tss ïBleans e/fe passe siyu-ve/if'Ju posilif^nbsp;itit nJpti/ff'

A/umt/itnce t/e pr/e*’


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l\is lie ¦vanalto/uf Jes 80'.'^ Keitjepe/'peluJlenbsp;sold les 2of lain, bor-a4Óoo quot;Jido'i-T/nunAJnbsp;ellc y Jesce/ul en Atpe/'nbsp;A 38oo 8^


/e Co/ulor ,los A/uliS. lt;/tieA/ties ttiotteAes lt;vgt;_nbsp;c 7 Jims' vo/l/t/, ant. la/nnbsp;les dtrs. peiil-etre e/e -t',\gt;- t/i ees/t, i//on,t ^nbsp;p,ir As eoi//',r/io' as -0/71 Jans


/)es /tyot/nes Jes Oita-//tieo, t/esA/pae,t e/i Ad/it/es tiottJyt\7tsetX-(Jtie/i/ttes Oitt'S.(o/i -Jor. Fatteons ( ap/'tt/n/l-tj/ts /J//S Jepoissonsnbsp;Ja/is /es lacs •


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(frcle Iresabon ,/ante-Ertnnenbsp;//¦eque/tle' eunbsp;pen eleoeegt;.


/a (/uantitiL? ilhyilroyenc'nbsp;eontenae Ja/ntnbsp;/Alt' almospAe-ri/ue eshnom-Jrc ileJeiu' mtl-Aetnes-OnnePnbsp;troupe pas plusnbsp;J'AyJroy'ene anbsp;’tooo'Ueieoali-on qu ail ntnuunbsp;Jeld tner *


Keiqe pe/peluJle sous, /es 35 f Je laliluJe .nbsp;a 0800 f iSoo-y Jenbsp;Inatlcur .


Kefije pt7petne//ed sous les 4of Je A/I ¦nbsp;ft oioo’’^ ftSootJ J,nbsp;luatle/tr.


Des Zd/tia t/ere/ititX • oit/trayes d At pe/Ue 'nbsp;ote/Je/iltJe Ja (/tunbo ¦nbsp;ritx.O‘frpetitOt/rs anbsp;front blt/ne OtanJd gt;

(er/s • Ze petitZion. Quel • qut's iWt/rt JZus ,/epu -/i\r pene/rd/ts


de 12^5 a 3of Temperaiure

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movenne 21.2

Ore/e asscx.i'ii re.lte/soaoenlnbsp;branxemv,


do 18,5 a38f4 Temperaturenbsp;movene 25,3nbsp;( 2of 2 R.jnbsp;Ifts Je ifre/enbsp;Z.eo'able sou -oent a 82 f


. Zau'itl/nos -plu'rique con -liento, zjo. J o cxyt/enc, o,/$/¦nbsp;JAxote eletiPi '•nbsp;ton o,oo3 JAt'4-Je au'lfontque.nbsp;Le niitd'inxutnnbsp;Je ses oar tall-ons ne/*aratl-p,ts ereeJer nnnbsp;axJlie/ne Jo.x'x/nbsp;ifcnc •


Nciye pe/petaelle sous, les45f Jelaliltt,/,' bor.nbsp;A 35oO-quot;^8‘z82nbsp;A/iil- Py/'ctiees a 244,8'.nbsp;Ex O'uissc a 2 700nbsp;stu' les io/tes isoles ;nbsp;a •i53of''o'iliiei//iednbsp;Jes Monlaytieo- Je -p,ifse 3/oo-”‘ Elie/io-nthte pen co/istti/u^nbsp;Jtuis A's Zo/tes -part -ables.


(Jot/s /'E/t/afet//' ott potllottiber Je la'nbsp;tu’iqea 4/00 ’-’^2100*1nbsp;,le /attle/tr -^Iti Jfcu'n/iu' SO//S fe-tq f Je lalittt,le ell*L. ’nbsp;to/nbe /itsqn a j$oonbsp;Je /iMtleur.


Keiqe perpeltte//e sous les -gt;8 fJe AiM/tJe bor.


Zfver/'d tna/*urUp ¦ Ee -its Iiyri/ut - (rr,tnJs Cer/s ¦ PalameJe,/ At -¦ AAo/iJanee,'nbsp;Je Cd/nv'Js et,/e/Zon-ye/t/'s ¦ Jieatteoup Jenbsp;pour. //{•J.ffimi.j


P, /ih- i W/i /u nt

nu’a'tt'^ Titf-tr -Ui.-' i:,-yassa P’e//spar,A//s ¦ Qtte/ques a'f/iyesAAy//-ates-Evu/aa/ fOrto/usJ_nbsp;I oluAer eoceni - Pas t/e.nbsp;Eo,t,pas Jet 'rocotlJeEcuu-ivitp ,/lt;’( 'la,/i/es(Putpe/ifiiy


oin,/,\lt; 8,pa/ou eZAlou-iU,.,.Ji!,fnar (FeAs ,med J Iiyretioir-Lion fPA'tvn •nbsp;eoA'i/Oaeia ti/p/Aa/a E/ -resse/tJ-.Fournal/er.iere-ateo-ii'-Ar/n,iJi/leA/’teae -•A/tes.Craa .. inipe/is Boa.nbsp;( icvJJe Z,/au7xt/n El,i ¦nbsp;trr aoefj- AA'St/aitonbsp;f Oestr (Zianan )


Jaati Je nu’r a la sur/aee ptvsnbsp;Je I'Et/aalearnbsp;Aors ties eearanjnbsp;a28f/n,iis,i lanbsp;/•ro/onJear Jetnbsp;400^'/a mer eslnbsp;ajfo I.aTem/'.nbsp;Jelutterfeurt/unbsp;Olobeparaft seihinbsp;CEi/aal- tie 22(3.


/Ki/d /ïn/eriettt' Ju C’loAe Je aoupe/les lt;’.lt;¦ -/•eees Je Ee/'/nestes pnnbsp;tvn/enl /es p/inA's sounbsp;Aer/at/ies


Eau boudlame

fi 8c’ e

((•e-u!)

A,r


Eau li't'iulkiUe

•' ^4-’7

/ill,- (‘—.fiS.


Eau hv'iullanle .r S8fnbsp;(,-e 5J{)

Ear. t*!” 4/4-


lüaubouillante

lt;/ pi,3

(737 oR)

Ear- 0/ 838-


EaulnnidJauh' b P4f3nbsp;(jsr 4.H)nbsp;Ear. of ooS-


Eauhoiullaiue


(77^ 7 J


Eau bouillante looffSoE)nbsp;Ear- of '82 •


Z.a na/uteJesIl.'cAo'/*-u at/e//,,/,//,/,*/ | inJsp,-/iJtrate J,\' Jt/r,•/, -/ugt;• ./• Aiti/a.A'«'/ [nbsp;./• /lautt ia . A/a/s en aeeo/uu/eraa//a a - jnbsp;nepetti,-/‘art/e Ja Otal,-,,'// Jeeota’rep/,- jnbsp;Ja/is e/hii/ue/yuat /'or,/re ,/e,••///•,//;’Anbsp;si/ion Jes roeAes, /'tn, l/n./tse// et/a Jt - jnbsp;reet/on ,/e/ea/'s eoa^Ais ,f/ttete ,/ liV/nt - ¦nbsp;neesp,ir an syste/ne J, /oree,''/‘,u/uanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j

/ler.O/t/eion/unt /a J(Wisle J.’ eerlat -ties /ots Aua/es seAy/t /es/ae/les se/er,7/t As i/f/JerenterC /,gt;r/n,itufas ,/a ,/es.ea-,'nbsp;/u'peaa Je /a /tier •

/.es Riyions ep/alortaAsp/rsen/,/it a /a/ots /es et/nos /es/Ja-' e/eeeis lt;¦/ /esnbsp;p/a/ns /es p/as i'/ent/aes Ja iJiJ’c ,/e/'aanbsp;o a /f 40 ' el nit/lep,irt ,tj/ea/s sta la *nbsp;Le/re. A s rnoataaaes eaee,/,-/if la /laafetanbsp;Je óCóic'Zear ,J’,//•',',¦//*,tt/ f'ers lespelesnbsp;nestct-pi/iiAait/uts //es eoastJe/iiAle'.e,//

sous As .i,/‘ Av 4Ó f, / nbsp;nbsp;nbsp;00 Je Ai/i/a-

Je bor. en ,t tro/ae ,les (t/aes ,le 4-,yof et/nf/ne ,A 58oof,/'eA e,/t/,gt;n-

/.es //antes ./aa/oria/es aaeoa/raa e', celles eontenaes eat/ e Ai pen/e or/ett/alenbsp;i/esel/tjes tt/es ay/os Ja EresJ .sur 'o,nbsp;/t,7/i's ih /iUty, /I ontp,/s ,i -’a.»'*./’nbsp;Aaateur aa-.lessus ,lan/p,a// Je (‘iKva/t

Poates A'S /,gt;r/n,///ons ,p/e /on ,/ Ji'eou-rer/es sar /¦ res/e ,/// nbsp;nbsp;nbsp;f/t'/trent

reatue,»' sot/s /'/',///,tte//r- /.ear .inei,’/i /tele/'t'A/t/re, ,//n .lt;•lt;• ntani/este Jaas lotnbsp;Jre lie /ear sape/pos/Uoa .-a p,ir,i/7 en ye ¦nbsp;n,'/a/At nu’/ne qi/e Jane /e-' /Mgt;/t, s te/n -perees ¦ /.esy/ a/afes, pn se/-petif Je Aas,nbsp;till (ntciss, ,ai •fi/c/ate,,ia -^e/aste /nteaee gt;nbsp;el aa 8,'Ad/c /'rt/n,///- /es Ay/m-tf/onssenbsp;ro/t/Aares. ,/e/fU',/, ,//es,,te//a ,A‘Opp-lt;;‘nbsp;et trots tieEoe/tes e,/te,t/ree.,gt;//r,'/// lt;/e,i. ’nbsp;ere/nples /rapp,tnts //Jent/te ,/enbsp;sfr/tetare ,/ai/è,/ne ,/,/ns /es/u/rt/es lesnbsp;plus e/o/,/nees ,/a iJobe. Z,//or/n,/t/,ainbsp;pro/'/e//uit(,/ae ,/es Eusa/tes.,/es.iaa/yJa-liü,A'S,Jes /loe/ies ,imp/uAo/i/ues ,U i/e,nbsp;/tup/tpres a Aase Jo/gt;st,Aen/ienbsp;erre/gt;er/ee fPt'r/s/etafse /rottee sparsenbsp;sitr /a /uutte ere/i Jes.I/i,/es, eo/n/ne e//enbsp;/'esl stu' ce//e Jes /tau/cs e/ta/nes Je /Eit -

Ptt/7tu /esp/ie/to/t/cnes yeoAyytp/ea ’ qui soal/gt;arn,a/te/s ,/aa- /ieqions epia-Ao/'ta/es Jn /i,a/reaa iontinenb, on Jo//,,nbsp;ei/ersa/'toat /'epaA'sett/' ,/es eoaeAes etnbsp;At qra/h/e /,ttt/e//r a /,tpte//e on i/eeoa-ore /esyot'/naltonsposterieures au Out-nf/e. Eti Piiu ope le Erantle neslpastiHinbsp;iterlpiir J'iitt/ref Jloe/ies Jepi/ts 3300'quot;nbsp;d4/00 fJuj:.//i Jes on ne /e po/fpas a//-tlessus t/e35oo'-’‘Zes Fi/nes /esp/tts e/e -oe'es Ju 8lobeson/ JanP,yrp/ii/rc,,/tn,('.nbsp;/eqtte/lilmp/iJ'o/e dAon,/e,,p/test(/epottr ¦nbsp;pttJeiAiarz e/ ,pte ,/t/e/ques Jfaie/ aAyts -/esreqatJe/i/e,yai/ttep/otlait, ,/a/t/ri\X 'nbsp;e,y/a/iie ,i/l,’re par /e^'ett ¦Pt*/e,//UYtte.Deonbsp;/ornui/ions lie 0/\‘S se//xy/n'e/ita Eu,m -e,tre/iea ,i pSoofJ.e iyi,/rAo/i ,/e /err,’ se.nbsp;i/ee,'///'/'*’p/f’S Je E//,t/u/eo d 4400 f Jenbsp;Aaa/i'ar. /es p/aines i/e Eoyo/u.,/ i/oF.nbsp;et ¦iooo'I^ sent e,yi/pertes Je Ores. ,/eJ*ter-res ealea/res seeoTiJatres,Je Ox/psc ej Je.nbsp;O'e/yent/ne .Ees ioqta//esp’e'Z'J/ees senbsp;tronoe/itiiua'.hides auJessus Je4ioofnbsp;(en Europe on ne /es a pas vu^'an-t/essitenbsp;Je 35^gt;t7 f)

Le Sol Ju Jloi/aunie ,/e Quito contienr ft '2500'quot; Je /ututeii/' Je/ttn'/nes osse^nbsp;mens ,/'E/ep/iants ,/ont /fspeee pa/'an^nbsp;t/e/ruJe.

Eesfrres Je (t/e/iea o/it t88ofJ'ep,iiS' sear; une /ormatfon Je Qi/t/rz ,t / 'Ouistnbsp;t/elauam,ire,i en ,t -2400 -'quot;

I.,i iorjille/e Jes.i//i,lesprese/ile p/tts Je ,'o Jo/id/is en/Za/nes lAy/itqtte/nbsp;,ptes uns sent e/ofqnes,/e/,/ /ner ,/e*nbsp;3y-,t 40 /tenes ntattnes et ,/ont /e,L.gt;nbsp;pAo' e/eee's e/ /es p/us /en/,gt;r, lt;f' p,trnbsp;/es (Lt/ies ne oomtssenfpas ,/e /ave.inbsp;eati/,tnl,s. t/ta/s Jes Pier/ csponees.,/,snbsp;ebstJ/ennes, Jes I\gt;/p/iL/res et Jes E,/-s,t//t s Si 'ot t/tes ,et sarCou/ ,/e /Eatt etnbsp;,','//e/erre ,ar/u/ ee, ,A//is Ailt;fue//e ,',lt;-tnbsp;si'iioent enre/,'/pe nnpotssonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(Ic

Piiiieiodus Cvclopujuj


pi 04


o,yo4'


0,8 022


0,8-8-


0,8040.


*,84-8.


d, 83o


gt;,812$.





















i/Y'rYY,-YYi'YVYJ (fyY'/Y'Jk.



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YJYY /(foopSo/pSY^e y/ /0o3.


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Alexandre de HuMiaDT et Aime Bonpland.

E.u^mss8et-/-etli,y^gt;(17-jHSc-IIiifgt;itgt;o/ilY,iltVsi/ie^\i,- Si-//onl’i’7'7^,’7-lO//,!/ nbsp;nbsp;nbsp;t’/z/HoS,j!gt;,7r, A/ Z,¦///:gt;^,77-/l,.,777/’/i’, 77/7/gt;/'7/77,'


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