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H/
ET
DES QUESTIONS QUI, DANS LÉÏAT PRÉSENT DE LA SCIENCE ET DU COMMERCE, SY RATTACHENT AVEC LE PLUS DACTUALITÉ,
PAR
Piiarmacioii Pt fabricant de sulfate de quinine a Graviilc (Havre), membre de 1ancienne Soeiélé Pelletier, Delondre et Lcvaillant;
ET PAK
Professcur dhygiènc a la Kaculté de médecine de Paris , membre de 1Aeadémic imperiale de médecinc, ' Pharmacien en chef de lHótel-Dieu, etc.
11 en a éLé de tnéme jusqna nos jours de lous les quiiujuinus; chacun a lom ui sa dénoniiimtion parliculièt e, et a la suite de lant de discussionsnbsp;sur la rlassificuiion botanique nes espètes et sur leur ellicacite', il est nenbsp;n:ie confusion que lanalyf'e seule, a notre avis, peul faire cesser en prc-setitanl les ecorct-s sous Ie nom de leur provenance et avec leur valeiirnbsp;« n alcaloïdes. Daprè.s cetle munière de voii', nousavons eu poiir Iml denbsp;faire pliilól im traité pratique quun onvragc de science.
itveo 23 planches.
BIBLIOTilCA
wRi). ri»f . «w
GERMER BAILLIÈRE, LIBR AIRE-ÉDITEUR ,
17, RUE DE LÉCOLE-DE-MÉDECINE.
MADRID,
CH. BAILLY-BAIEEIÈRE.
LONDRES,
H. BAIELIÈRE, 219, BEGENT-STKEET.
NEW-YORK, CH. BAIELIÈRE.
1854.
-ocr page 10- -ocr page 11-Nous croyons que, pour ceux qui onl consacre une partie de leur vie a quelque étude spéciale, cest un devoir décrire le résultat de leurs observations, afin dou-vrir la voie aux plus jeunes, qui feront mieux ensuite. En conséquence, nous avonsnbsp;mis en commun notre expérience et le résultat de nos recherches, avec Iespoir denbsp;rectifier ce que nous avons trouvé dinexact dans les ouvrages qui ont précédé lenbsp;nótre. Dautres viendront après nous, qui nous rectifieront nous-mêmes, et cestnbsp;avec cette pensée de progrès successifs que nous nous sommes mis a Iceuvre.
-ocr page 12- -ocr page 13-OU
APERgU HISTORIQUE DES QUINQUINAS.
Malgré ce qui a été écrit jusqua ce jour, lhistoire des quinquinas nous paraissail tres obscure, et tout en rendant justice aux savants qui sen sont occupés, et surtoutnbsp;a M. Weddell, qui nous a fourni tant de précieux documents sur lhistoire généralenbsp;des quinquinas, et en particulier sur ceux de la Bolivie et du sud du Pérou, nousnbsp;avons cru utile, en profitant de leurs lumières, de chercher a compléter ce quilsnbsp;nont pas assez bien expliqué, et de trailer de nouveau les points sur lesquels ils ontnbsp;sans doute été mal renseignés.
Nous devons de sincères remerciments a M. Ie docteur Lemercier, sous-bibliothé-caire du Muséum, pour la complaisance avec laquelle il nous a mis a même de consulter par ordre les principaux auteurs anciens qui ont parlé du quinquina.
Nous navons pas jugé nécessaire, dans nos citations, de remonter plus haut que Tannée 1792, paree que cest a cette époque que la Quinologie de Ruiz a jeté quelquenbsp;jour sur lhistoire de cette précieuse écorce,dont les vertus étaient déja bien con-statées depuis un siècle et demi, mais dont lorigine était encore assez incertaine,
-ocr page 14-u nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE,
malgré Ie remarquable ouvrage de Torti, Be febribus, public a Venise en 1732, et celui de Wahl,'a Eop®nhaguie eai 1790, traduiten ;afl^lai?par Lanüoert, Londres, 1797.
Dans Ie prologue 1de sa f^uinologie, Ruiz s«xprime ainsi: ?« Avec Ie secours des notes communiquées a Linné par notre illustre botaniste et naturaliste, don Josefnbsp;Celestino Mutis, a loccasion de ses nombreuses recherches dans Ie royaume denbsp;Santa-Fé pendant prés de trente ans, nous devons espérer dexcellentes observations
sur Ie véritable arbre de quinquina et lhistoire de quelques variétés.......Jai eu en
ma possession un manuscrit authentique du docteur Mutis qui comprend, entre autres choses, i«i résumé des vertas des quinjipiinas :oran^'^, rouge, jaune et blanc. OueMesnbsp;lumières ne devous-nous pas nous promettreide la.pubbcation de la Qumologienbsp;si savant médecin et botaniste (1)1 »
Dans les Annales dhistoire naturelle de Madrid, 1800, on trouve Ie passage sui-vant au sujet du mémoire que Zea y a inséré, et dans lequel, en rendant compte des travaux de Mutis, dont il avait été Télève et Ie collaborateur, il annonce la supério-rité des quinquinas de la Nouvelle-Grenade sur ceux découverts et décrits par Ruiz.
«........La Quinologie de Bogota a toujours été loeuvre de prédilection de Mutis; il
dit quil a employé trente-sept ans de sa vie a faire des observations sur cette science (2). »
Elle est divisée en deux parties : la première, botanique, dans laquelle il donne la description, accompagnée de superbes dessins, de sept espèces de quinquina avecnbsp;dilFérentes variétés. La seconde partie est entièrement médicale; il démontre quenbsp;jusqualors Vemploi du quinquina a été ahandonné aux charlatans et prescrit aunbsp;hasard.
Nous attachons une grande importance a ces citations et a celles qui vont suivre, pour prouver que la collection des quatre espèces annoncées par Ruiz en 1792 étaitnbsp;arrivée a sept en 1800, et paree que Ie passage que nous venons de,transcrirei Con-firmeirattentiontque Mutis portait a con stater Ges vertus particuMèresi de xhaquenbsp;espèce nouvelle.
(1) nbsp;nbsp;nbsp;Quinologia, ó tratado del cirbol de la 5'Mina, por don Hipolito Ruiz. Madrid. 1792....... Con elauxilie
de lamp;s noticias coniunicadas a Linneo por nuestro insigne bolSnico y naturalisla don Josef Celestino*MmO's. cuyas esmeradas y dilatadas tareas, en el reino de SantaFe,gt; por espaciode cerca treinta anos, debemos prome-ternos excelentes observaciones sobre cl verdadero arbol de la quina y la historia dealgunas especies..«.. Ha
llegado a mis manos cier.ta instruccion manuscrita del mencionado doctor Mutis.....Comprende laciiada iasiruc-
cion, entre otras causas, un resümen de las virtudes, de las especies de quinas, anaranjada, roja, amarilla, y
Uanca..... jQue luces no podemos prometernos de la publicacion de la quinologia desabio-'médiea y
botanistd I»
(2) nbsp;nbsp;nbsp;Anales de historia^notural. Madrid, 1800.La quinologia de Bogota ha sida-siempre la'obritanbsp;predilecta de Mutis,,y en Ja que dice baber erapleado treinta y siete anos de observaciones, contiene dos partes,nbsp;la primera botanica, en que da las descripciones, y soberbias estampas de siete especies de cinchona, con unasnbsp;cuantas variedades..... La segunda parte es toda médica, en ella manifiesta que la aplicacionde la quina ha sidanbsp;basta eLdia, empfrica y aventnrrfda,»
-ocr page 15-APERQÜ HISTOP.IQÜE DES OUINQDINAS. nbsp;nbsp;nbsp;5
Remarquons dès a présent que Ruiz et Pavon, dans Ie Supplément a la Quinologie (Madrid, 1801), ont plutót dirigé leurs attaques contre Télève , mais ils ne peuventnbsp;sempêcher de rendre justice au maitre, comme Ruiz lavait fait en 1792 ;
«......Dautres personnes qui ont été a Santa-Fé sont daccord sur limportance
de la collection du docteur Mutis; mais elles ajoutent quil serait malheureux que ce botaniste ne publiat pas lui-même son ouvrage, paree que, en passant par dautresnbsp;mains, on peut craindre de voir répéter la confusion que Zea a faite des quatre quinasnbsp;de son maitre avec ceux de Loxa et du Pérou (1). »
Quelque déplorable que soit laigreur avec laquelle chacun des savants de ces deux expéditions a voulu justifier la prééminence de ses découvertes, nous sommes forcésnbsp;de les suivre dans leur querelle, afin de ramener la question a son véritable pointnbsp;de vue.
Ruiz et Pavon, chefs de lexpédition scientifique du Pérou, ne connaissaient que les quinquinas de Loxa et ceux des forêts de Huanuco, au nord de Lima, paree quilsnbsp;nétaient pas sortis de cette partie du nouveau monde5 et Zea, lélève et Ie collaborateur de Mutis, chef de lexpédition de la Nouvelle-Grenade, qui écrivait sur lesnbsp;documents de son maitre, ne connaissait pas les quinquinas du Pérou. Ce conflit estnbsp;vraiment regrettable, puisque, par la comparaison des feuilles et des écorces, ilsnbsp;auraient évité uri pareil malentendu sous Ie rapport botanique et médical, et quilsnbsp;auraient éclairé la science au lieu dy répandre lobscurité par leur division. Quantnbsp;a lefficacité des écorces, 1analyse prouve aujourdhui que Mutis et Zea avaientnbsp;raison de prétendre que les quinquinas de la Nouvelle-Grenade lemportaient surnbsp;ceux qui avaient été préférés dans lorigine, et qui provenaient des forêts de Loxa.
Zea dit dans son mémoire : a II existe septespèces véritables, découvertes par Mutis, avec beaucoup dautres variétés qui sont officinales (2).
Ruiz et Pavon répondent: « Nous sommes forcés, pour la défense de notre oeuvre, de réfuter les allégations de M. Zea, et pour Ie bien de lhumanité nous nous trou-vons dans lobligation de prévenir Ie public que les quinquinas de Santa-Fé sontnbsp;des espèces bien dilFérentes de celles de Loxa et du Pérou, reconnues comme
excellentes et supérieures dans lemploi médical..... Le premier quinquina de la
Quinologie est reconnu par tons les cascarilleros de Loxa qui exploitèrent la province de Huanuco comme lespèce supérieure et la plus estimée dans le commerce et en médecine..... II nous parait également impossible que lAmérique
(1) nbsp;nbsp;nbsp;« Convienen otras personas, que han estado en Santa Fe, en que es grande la coleccion del doctor Mutis,nbsp;peró anaden que sera lastima, que este botanico no publique el mismo su obra, porque, en otras manos, es denbsp;temer se repita la confusion que ha hecho el senor Zea de las cuatro quinas de su maestro con las de Loxa, ynbsp;demas peruvianas.»
(2) nbsp;nbsp;nbsp;lt;1.....Siete son las especies descubiertas por el senor Mutis, con raas cuantas variedades de las ofici-
mles, etc., etc. »
-ocr page 16-6 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIB.
seplentrionale puisse produire des quinquinas de bonne qualité, comme ceux du
Pérou (1).»
Les raisons avancées par Ruiz et Pavon pour justifier la préférence k donner aui quinquinas de Loxa et de Huanuco sur ceux de la Nouvelle-Grenade reposent surnbsp;lexpérience de cent soixante ans; et précisément ce sont les mêmes quinquinas quenbsp;Ton exclut aujourdhui, non pas seulement paree quils sont moins riches en alca-loïdes, mais paree quils sont en grande partie d base de cinchonine.
MM. de Humboldt et Bonpland, qui ont successive ment parcouru les forêts de Loxa et de Quito, ont pu seuls établir la comparaison et rendre justice a chaque dé-couverte, et nous verrons plus tard avec quel enthousiasme M. de Humboldt sexprimenbsp;dans larticle Mütis de la Biographie universelle des frères Michaud, 1821.
Yoici la conclusion de Ruiz et Pavon : « En définitive, il est indispensable de réunir tous les matériaux des quinquinas de Santa-Fé et de Loxa, pour que, de leurnbsp;examen comparatif, on puisse établir un classement complet et une distinction exactenbsp;de toutes les espèces que lon trouve dans Ie commerce, et que lon procédé avecnbsp;connaissance de cause aux expériences et observations médicales, afin de placer lesnbsp;espèces par ordre, selon leurs vertus et lefficacité que Ton trouve dans chacunenbsp;delles (2). »
A plus de cinquante ans de distance, nous avons agi sous la même inspiration, et nous nous étonnons que Ruiz et Pavon naient pas réalisé cette bonne penseenbsp;dépreuves comparatives.
Outre la certitude que nous avons acquise de la valeur thérapeutique de chaque écorce, gréce aux immortels travaux de Pelletier et Caventou, il nous a été permisnbsp;détudier les feuilles des quinquinas de la Nouvelle-Grenade recueillies dans diversesnbsp;parties des montagnes, et qui ne nous paraissent pas différer des feuilles que nousnbsp;avons vues dans les forêts de Santa-Ana, et de celles qui proviennent de notre première expedition en Bolivie.
Cette collection, composée de trente spécimens, qui nous a été donnée par don Rafael Duque üribe de Bogota, est jointe aux échantillons de toutes les écorces de
(1) « .....Nos es forzoso, en defensa de nuestra obra, de rebatir las itnpugnaciones del senor Zea, y por el bien
de la humanidad, eslamos obligados a manifiestar al publico, que las quinas de Sanla Fe son especies muy
diversas de las de Loxa, y demas peruvianas, admitidas como finas, y superiores en el uso médico.....La primera
qnina de laQuinologia es reputada por los cascarilleros de Loxa que pasaron a Huanuco, por la especie superior,
y de raas estimacion en el coniercio, y en la medicina..... Tampoco nos parece imposible que pueden criarse en
la América setentrional, las exquisitas peruvianas.»
(2) » Finalmente : es indispensable hacer una reunion de todos los materiales de las quinas de Santa Fe, de lasnbsp;de Loxa, y de las deraas peruvianas, para quede su examen comparalivo, resulta y se establezca un conocimientonbsp;completo, y distincion exacta de todas las especies que giran en el coraercio; y se proceda con conocimiento denbsp;causa a los experimentos y observaciones raédicas, a fin de colocar por órden las especies, segun las virtudes ynbsp;eficacia, que se descubren en cada una.»
-ocr page 17-APERgU HISTORIQUE DES OUINQEINAS. nbsp;nbsp;nbsp;7
quinquina que nous avons décrites, et que nous avons reunies pour les offrir au Muséum dhistoire naturelle.
Après avoir public, en 1816, ses Recherches chimiques et pharmaceutiques sur le quinquina^ Laubert compléta ce beau travail par un nouvel article plus étendu dansnbsp;le Dictionnaire des sciences médicales, en 1820, ou se trouve consignée Iopinion denbsp;tons les auteurs qui ont parlé du quinquina et quil a consultés. Cest dans ces savantsnbsp;articles que nous choisissons une grande partie des renseignements qui vont suivre.
Nous ne résistons pas a copier textuellement les premières lignes de son mé-moire. 1820.
« Ce médicament, le plus précieux de tous ceux que possède Iart de guérir, est » une des plus grandes conquêtes faites par Thomme sur Iempire végétal. Les trésorsnbsp;» que le Pérou renferme, et que les Espagnols couraient y arracher du sein de lanbsp;» terre, ne peuvent être comparés, sous le rapport de Tutilité, avec lécorce denbsp;» Iarbre a quinquina, quils y recueillirent aussi et quils dédaignèrent ou ignorèrent
» longtemps.....II nest point dépithète quil ne justifie, lorsquil est manié par des
» mains habiles et quon en fait un usage éclairé. On peut trouver h Iopium, a lipé-» cacuanha, au séné, au muse, etc., des succédanés dans notre pays. Nous nen con-» naissons point encore qui puisse remplacer la propriété la plus remarquable du » quinquina, qui puisse, comme lui, arracher des bras de la mort Ihomme dévorénbsp;» par une fièvre pernicieuse, qui montre plus puissamment les ressources et Ihabi-» leté de Iart de guérir, et qui le venge mieux de ses injustes détracteurs. »
Tous les auteurs qui se sont occupés de Ihistoire des quinquinas jusqua nos jours, et même Walckenaër, dans sa Vie de La Fontaine, a Ioccasion du poëme sur le quinquina, ont répété avec plus ou moins de détails ce qui a été dit par Ruiz sur Ioriginenbsp;de la découverte des quinquinas. Nous préférons la version originale de ce savant:
« II est probable que les Indiens de la province de Loxa connurent les vertus du » quinquina et lemployèrent contre les fièvres intermittentes bien des années avantnbsp;» la conquête du Pérou par les Espagnols. Pendant mon séjour au Pérou, jai en-» tendu souvent des personnes dignes de foi raconter par tradition que dans lannéenbsp;» 1636 un Indien de la province de Loxa fit connaitre la vertu du quinquina au cor-» régidor, qui souffrait de fièvres intermittentes. Le corrégidor, désireux de guérir,
» demanda de ces écorces a lIndien et la manière de les employer, qui était de les )) faire infuser dans leau; il suivit les instructions de lIndien, se débarrassa en peunbsp;» de jours de la fièvre, et en continuant lusage de ce médicament il finit par re-)) couvrer tout a fait la santé. Les mêmes personnes mont assuré que, dans lannéenbsp;» 1638,1e corrégidor ayant apprisque la vice-reine souffrait aussi dune fièvre tierce,
» écrivit au vice-roi, le comle de Cinchon, et lui envoya des écorces de quinquina,
» en lui annongant leur admirable vertu. II ajoutait quil ne mettait pas en doute » que la vice-reine ne fut débarrassée promptement de ses accès de fièvre. Le vice-
-ocr page 18-8 nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.
» roi, persuadé que personne mieux que Ie carrégidor ne pourrait administrer Ie » remède, Ie Ot venir a Lima et voulut quil en fit lui-même lépreuve sur les fiévreuxnbsp;» de riiópital avant de Ie donner a la yice-reine. Le corrégidor expérimenta en pré-» sence des médecins, et en pen de jours tous les malades qui a\ aient suivi le trai-» tement furent guéris de la fièvre. Après tant dépreuves évidentes, la comtesse pritnbsp;» de cette écorce; en pen de jours les accès disparurent, et elle recouvra compléte-» ment la santé, quelle avait perdue depuis six mois. »
La comtesse de Cinchon, en reconnaissance de ce bienfait^fit distribuer gratuite-ment ce remède, qui conserva longtemps le nom ({q poudre de la Comtesse, ensuite il prit celui de poudre des Jésuites, paree que cétait a eux que la vice-reine en avaitnbsp;confié une certaine provision avant de quitter Lima, en 1640, pour quils en répan-dissent lusage. Cest pour immortaliser le nom de la comtesse de Cinchon que Linné,nbsp;dans sa classification botanique, a appelé Cascarüla Cinchona larbce qui fournitnbsp;cette précieuse écorce.
Le nombre des auteurs qui ont écrit sur larbre qui produit le quinquina est con-sidérable, mais quelques uns seulement, tels que La Condamine en 1737, Joseph de Jussieu en 1739, Santesteban en 1755, Mutis de 1760 a 1800, Renquifo en 1772,nbsp;Ruiz en 1790, Zea en 1800, Pavon en 1801, Tafalla de 1802 a 1808, de Humboldtnbsp;et Bonpland en 1807, Bergen en 1822, Weddell en 1847, ont vu cette plante dansnbsp;lAmérique méridionale. Les autres auteurs nen ont examiné que les échan-tillons secs.
M. de Humboldt est sans contredit un des auteurs qui ont le mieux fait connaitre rhistoire de ces arbres dans les deux mémoires quil a publiés sur les forêts de quinquina (1). Ce savant a vécu pendant quatre ans dans les contrées de lAinérique dunbsp;sud oü les quinquinas sont indigènes. Bles avus au nord de léquateur, entre Hondanbsp;et Santa-Fé de Bogota, au sud de la ligne équinoxiale, dans la province de Loxa,nbsp;dans celle de Jaën, de Bracamoros, etc., etc., et pendant le temps quil a séjournénbsp;avec Mutis, ce naturaliste a mis a sa disposition toutes ses collections botaniques.nbsp;Beaucoup de détails sur le même sujet lui ont été communiqués a Guayaquil, port denbsp;Quito, par M. Tafalla, et a Loxa par don Vicente Olmedo, inspecteur royal desnbsp;forêts de quinquina, et en Espagne par les éditeurs de la Flore du Pérou, etc., etc.
Le quinquina le plus renommé par ses propriétés fébrifuges a été connu en 1638, sous le nom de Quinquina dUritusinga. Mutis et Zea ont cru que leur quinquinanbsp;orangé, C. lancifolia, était identique avec celui dUritusinga, tandis que Ruiz etnbsp;Pavon Tont cru synonyme de leur C. nitida. La discussion qui sest élevée entre cesnbsp;botanistes a duré longtemps, mais aucun deux na pu décider la question, commenbsp;Tont fait depuis MM. de Humboldt et Bonpland, qui ont prouvé que le quinquina
(!) Nous citons ce que dit Laiibcrt; mais nous navons pas besoin de rappeler le bel ouvrage de M. Weddell, Histoire naturelle des quinquinas, doiit nous aurons loccasion de parler plus dune fois.
-ocr page 19-APER^IU IlISTORIQUE DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;9
dÜritusinga, auquel ils ont donné Ie nom de C. Condaminea, nest ni Ie quinquina orangé de Mutis, ni aucune des espèces décrites par Ruiz et Pavon, mais une espècenbsp;particulière qui était réservée pour la familie royale, a Madrid.
Cest dans cette espèce de quinquina que Laubert a trouvé la cristallisation que Gomez avail désignée sous Ie nom de Cinchonin, et que Pelletier et Caventou outnbsp;reconnue comme alcali organique, quils ont combiné avec lacide sulfurique pournbsp;en obtenir Ie sulfate de cinchonine. Tel a été Ie premier pas vers lautre alcali organique, quinine, et qui a donné une si grande valeur au quinquina calisaya, dont ilnbsp;était extrait.
En 1789, il a été parlé pour la première fois de ce quinquina calisaya; Vitet, mé-decin de Lyon, fit connaitre limportance de cette écorce sous Ie rapport de la thé-rapeutique. En 1816, Laubert faisait cette remarque curieuse : « On estime beau-coup Ie quinquina calisaya en Espagne, et des médecins trés habiles mont assuré a Madrid que Ie mélange dune partie de cette écorce avec trois ou quatre de Loxa estnbsp;dune grande efficacité dans les fièvres ataxiques. » Ainsi, a cette époque, on avaitnbsp;déja constaté dans la pratique les bons résultats du mélange des quinquinas a basenbsp;de quinine avec ceux a base de cinchonine. En 1820, Laubert disait aussi : « Lenbsp;quinquina jaune, trés connu sous le nom de calisaya, est maintenant le plus employé dans la pharmacie; on vend trois livres de celui-ci centre une livre de gris. »nbsp;Le prix seul explique cette différence dans le débit,car le premier cofite trois francs,nbsp;tandis que Iautre en vaut douze. Pour Iemploi, il est a regretter quon se servenbsp;moins du quinquina gris, car il est certainement plus efjicace lorsquil sagit de trailernbsp;des fèvres intermittentes graves. Depuis la découverte du sulfate de quinine, cest lenbsp;quinquina calisaya qui est monté successivement a trois ou quatre fois la valeur dunbsp;quinquina deLoxa, qui napresque plus demploi.
La première description assez compléte de Iarbre de quinquina est due a La Con-damine; son travail fut imprimé dans les Mémoires de 1Académie en 1738. Joseph de Jussieu visita aussi les environs de Loxa en 1739.
On ne soupgonnait pas, a lépoque ou La Condamine décrivit le quinquina dUri-tusinga, quon aurait découvert plus tard cet arbre au nord de Iequateur. Le premier indice de son existence est du a don Miguel de Santesteban, en 1755, dans les environs de Popayan.
M. de Humboldt, qui a lu sa relation autographe, pense que la découverte de Santesteban resta ignorée dans les papiers de la vice-royauté (1). Cependant, il ennbsp;communiqua les échantillons a Mutis, auquel il était réservé, dit M. de Humboldt,nbsp;de faire connaitre les trésors botaniques de la Nouvelle-Grenade, et de donner a lanbsp;découverte des quinquinas de cette partie de VAmérique toute limporlance quelleméritait,
(1) Sans dome cette découverte se rapporte au quinquina Pitayo.
-ocr page 20-10 nbsp;nbsp;nbsp;yüINOLOGlE.
Mutis arriva en Amériqne en 1760; il signala ses premières découvertes quelques années après.
Don Francisco Renquifo sest aussi distingué par les cinchonas quil découvrit en 1776 prés de Huanuco, et qui furent décrits en 1801 par Ruiz et Pavon.
Tandis que Ruiz et Pavon soccupaient a décrire les espèces péruviennes, Mutis, secondé principalement par Zea, travaillail a la description de cinchonas qui crois-sent de Fautre cóté de la ligne équinoxiale, dans la Nouvelle-Grenade, aux environsnbsp;de Santa-Fé de Bogota.
Linné avait donné Ie nom di officinalis au cinchona décrit par La Condamine; il désigna depuis sous Ie même nom lespèce de laquelle provenait un nouvel échan-tillon quil venait de recevoir de Mutis. Vahl a désigné cette espèce sous Ie nom denbsp;macrocarpa, mais il a reconnu depuis quelle était Ie C. ovalifolia de Mutis, ou Ienbsp;C.pubescens. Ainsi, depuis 1767, on a donné Ie nom A'officinalis, ou C. Condaminea,nbsp;au C. macrocarpa, au C. pubescens, et Ruiz, dans sa Qidnologie, a donné Ie mêmenbsp;nom au C. nitida de la Flore du Pérou.
II en a été de même jusqua nos jours de tous les quinquinas; chacun a fourni sa dénomination particulière, et a la suite de tant de discussions sur la classificationnbsp;botanique des espèces et sur leur efficacité, il est né une confusion que lanalysenbsp;seule, a noire avis, peut faire cesser en présentant les écorces sous Ie nom de leurnbsp;provenance et avec leur valeur en alcaloïdes. Daprès cette manière de voir, nousnbsp;avons eu pour but de faire plutót un traité pratique quun ouvrage de science.
Jusquen 1820, Ie quinquina de Loxa et lorangé de Mutis élaient les deux espèces les plus estimées, malgré la découverte du calisaya, qui nétait pas encore trés ré-pandu, et dont la valeur ne fut bien reconnue que par la fabrication du sulfate denbsp;quinine; mais Ie premier était préféré au second par les praticiens espagnols lesnbsp;plus éclairés, malgré lautorité de Mutis.
La découverte des cinchonas de la Nouvelle-Grenade et du Pérou fit naitre sur les qualités médicamenteuses de ces écorces des oi^inions moins fondées sur la valeurnbsp;médicale que sur les intéréts des négociants.
« Les maisons de commerce en Espagne, qui depuis un demi-siècle possédaient Ie monopole du quinquina de Loxa, cherchèrent, dit M. de Humboldt, a faire dépré-cier celui de la Nouvelle-Grenade; elles trouvèrent des botanistes complaisants qui,nbsp;en élevant les variétés au rang despèces, prouvèrent que les quinquinas du Pérounbsp;étaient spécifiquement différents de ceux qui croissent autour de Santa-Fé. Lorsquenbsp;Ie commerce de léeorce des quinquinas de Huamalies et de Huanuco, vantés parnbsp;Ortego, Ruiz et Pavon et Tafalla, tomba entre les mains de ceux quifaisaient lan-cien commerce avec Ie quinquina de Loxa, ces nouvelles écorces du Pérou trouvèrent une entrée plus facile en Europe que ceux de Santa-Fé; mais ces dernièrs,nbsp;que les Anglais et les Américains du nord pouvaient se procurer plus facilement a
-ocr page 21-APERGÜ HISTOP.rQUE DES QUINQUINAS. it
Carthagène, obtinrent une grande renommee en Angleterre, en Allemagne et en Italië. Linfluence de la ruse mercantile alia même jusquau point quon brula a Cadix,nbsp;par ordre du roi, une grande quantite du meilleur quinquina orangé récolté parnbsp;Mutis aux frais du roi, tandis quil régnait dans tous les hópitaux militaires espa-gnols la plus grande disette de ce produit précieux de lAmérique méridionale. Unenbsp;partie de ce quinquina destine aux flammes fut secrètement achetée a Cadix par desnbsp;marchands anglais, et vendue a Londres a des prix tres élevés. »
Ce nest pas nous qui venons de parler, cest Laubert, qui invoque Ie témoignage de M. de Humboldt. Mais qui aurait pensé qua plus de trente ans de distancenbsp;pareils faits se seraient renouvelés sous dautres formes, et auraient eu chez nousnbsp;les mêmes résultats pour les quinquinas de la Nouvelle-Grenade, qne lon voulaitnbsp;proscrire sous linfluence dune circulaire étrangère, si nous neussions appelé anbsp;notre aide la connaissance de leur richesse en alcaloïdes?
Nous avons lu avec tant dintérêt, dans la, JSiographie universelle des frères Michaud, 1821, larticle Mutis, signé de Humboldt, que nous ne pouvons nous refuser aunbsp;plaisir den extraire quelques passages :
cc Don Josef Celestino Mutis est né a Cadix en 1732; Linné lappelait : Phitolo-» gorum americanorum princeps; et ailleurs : Nomen immortale quod nulla cetas » unquam delebit. Cest a lui que lon doit la découverte des quinquinas dans desnbsp;» contrées oü lon en ignorait lexistence; linfluence bienfaisante quil a exercée surnbsp;» la civilisation et Ie progrès des lumières, dans les colonies espagnoles, lui assi-» gne un rang distingué parmi les hommes qui ont illustré Ie nouveau monde. IInbsp;» a travaillé sans relache pendant quarante ans. » En 1801, MM. de Humboldt etnbsp;Bonpland séjournèrent a Santa-Fé de Bogota, et jouirent de la noble hospitalité denbsp;Mutis, qui leur montra toutes ses collections et ses dessins; et il continua jusquanbsp;sa mort (2 septembre 1808) a accumuler des matériaux pour son travail, sans pou-voir sarrêter a un projet fixe sur le mode de publication quil devait adopter.
Au milieu des guerres de 1indépendance, survenues peu après sa mort, les élèves qui lentouraient et les dépositaires de ses manuscrits ont péri, et la plus grandenbsp;partie de ses écrits ont été perdus, ainsi que le fruit de ses infatigables travaux.
II n a été célèbre en Europe que par les communications quil a faites dans sa correspondance a Linné, qui appréciait la grandeur de ce génie dans les termes quenbsp;nous venons de rappeler.
Nous regardons encore comme important de transcrire quelques fragments de larticle nécrologique publié par Caldas dans le Semanario de la Nueva Granada, etnbsp;qui a pour épigraphe : Finis vitw ejus nobis luctuosus, patriw tristis, extraneis etiam,nbsp;ignotisque non sine curd [uit (Tacitus, Vit. Agric.).
cc Le 2 septembre mourut dans cette capitale le docteur Mutis. Quelle perte pour » les sciences, pour la patrie et pour la vertu!.... Ce grand homme naquit a Cadix
-ocr page 22-12 nbsp;nbsp;nbsp;OUINOLOGIE.
» de parents honorés et vertueux.....En 1760, il débarqua a Carthagène.....A peine
» parvenu sur les cótes de la Nouvelle-Grenade, il commenfa a recueillir et a décrire
» ses plantes bien-aimées..... II établit alors sa correspondance avec Timmortel
» Linné et dautres savants de lEurope; il leur envoya des collections et des dessins
» qui lui méritèrent les éloges les plus flatteurs.....JVous pouvons assurer quaucun
» arbres précieux dans la montagne de Tena, a six lieues de cette capitale (1).....
» Lenvie et la rivalité peuvent abuser Ie public sur Ie véritable auteur de cette im-» portante découverte; mais nous, qui avons eu Ie bonheur de voir les preuves irré-» cusables a lappui de ce fait et de lapprendre de Mutis lui-même, nous ne pouvons » nous lasser dadmirer la résignation et la modestie de eet honime vertueux. Lenbsp;» temps est venu pour sa familie déclairer le public et de fournir les preuves victo-» rieuses de sa découverte, pour imposer silence a ses ennemis. Le respect que nousnbsp;» devions a notre chef, lordre quil nous avait donné de nous taire, nous a faitnbsp;» garder un silence forcé et douloureux. Mais, dans un écrit que nous préparons,nbsp;» nous confondrons les envieux de sa gloire , et les rivaux du nom de Mutis se repen-
» tiront plus dune fois de leurs injures envers ce savant paisible et chrétien.....A
» peine se fut-il assuré de la légitimité de lespèce de quinquina quil avait découverte, » quil soccupa den chercher dautres; il ne sarrêta pas la : les vertus de chaquenbsp;» espèce attirèrent son attention; il en fit lapplication comme médecin, etc. (2) »
(1) nbsp;nbsp;nbsp;Nous pensons que cette première découverte doit sappüqiier au quinquina orange, qui daprès Ia geogra
phic des planteséquinoxiales de MM. de Humboldt et Bonpland, se trouve a la liniite supérieure des quinquinas, 2900 metres au-dessus du niveau de la mer (la limite inférieure est de 700 metres). Nous avions dabord pensénbsp;quil avait rencontré son quinquina rouge a la même latitude, qui est celle des forêts de Quito, oü lon trouve lenbsp;([uinquina rouge plus anciennement connu, et qui présente taut danalogie avec celui de Minis, nou seulementnbsp;par sa couleur, mais paries alcaloïdes quil renferine, puisquen outre de la quinine et de la cinchonine, on ytrouvenbsp;en aussi grande abondance la cristallisation pariiculière ditenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mais depuis pen de icinps, nous avons acquis
la certitude que cest dans la région la plus basse que so trouvent les forêts de quinquina rouge dans Ia Nouvelle-Grenade.
(2) « El dia 2 setiembre (1808) murió en esla capital, el doctor .lose Gelestino Mutis; ; qué perdida para las cieu-
cias, para Ia patria, y para Ia virtud!.....Este hombre grande nació en Cadiz el 6 de abril de 1732, de unos padres
honrados y virtuosos.....En 1760 desembarcó en Cartagena..... Apénas pisó las costas de la Nueva Granada, co-
menzó a colectar y a describir sus amadas plantas.....Entonces, estableció su correspondencia con el inmortal
Linneo, y con oiros sabios de la Europa; entonces remitió colecciones y disenos que le merecieron los elogios mas
lisonjeros.....Podemos afirmar que ningun mortal ha conocido mejor el género cinchona. En 1772 descubrió
una de cstas plantas preciosas, en el monte de Tena, a seis leguas de esta capital (Santa Fe de Bogota)..... La
envidia, la rivaüdad podrati fascinar a los incautos, y al publico sobreel verdadero autor de este importante des-cubriiniento, pero su familia, los que hemos lenido la dicha de oirle y de ver las pruebas irrefragables en que se apoya la verdad de este echo, no podemos dejar de admirar la inodestia y el sufrimienlo de este hombre virtuoso.nbsp;Pero ha licgado el tiempo de que su familia desengane al publico, de que presente las pruebas victoriosas de su ha-llazgo, que responda a las injurias, y haga callar a sus eneraigos. El respeto que debiamos a nuestro director, elnbsp;preceptoque tcm'amos de callar, nos ha mantenido en uu silencio forzado y doloroso. En un escrito que prepa -
-ocr page 23-APERgU HISTORIOÜE DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;13
Dans les écrits inédits de Caldas, léditeur de Ia nouvelle edition du Semanarto de la Nueva Granada a cru devoir publier une supplique secrete que Caldas adressaitnbsp;au secrétaire de la vice-royauté, chargé des affaires de lexpédition botanique denbsp;Santa-Fé de Bogota, dont Mutis avait été Ie chef et avait attaché Caldas a cettenbsp;expédition depuis 1802. Cette supplique a été retrouvée dans les papiers de la vice-royauté , et nétait certainement pas destinée a voir Ie jour, car elle est datée dunbsp;30 septembre 1808; elle a done été adressée vingt-huit jours après la mort de Mutis,nbsp;et par conséquent a été écrite presque en même temps que larticle nécrologique!
II est pénible de sarrêter, même quelques instants, aux éloges que Caldas se pro-digue aux dépens de Mutis et aux injures quil adresse en secret a la mémoire du chef dont il vantait puhliquement la modestie et la science, en promettant de confondrenbsp;souspeu les envieux de cette grande dme.
Bornons-nous a copier la triste conclusion de cette lettre.
«......Je termine ma relation déja trop longue.....et je demande en même temps
» a être chargé de la conservation et de la continuation des travaux de lobservatoire » astronomique, d la condition dappointements modérés, mais cependant suffisantspournbsp;» vivre (1)! »
En résumé, Mutis na eupour détracteur après sa mort, comme nous venons de lexpliquer, que Caldas, son élève, dans Ie but dobtenir de la vice-royauté la remisenbsp;des manuscrits de ce savant, une place et de largent! Son nom nen restera pasnbsp;moins impérissable pour la découverte de ses quinquinas, comme les noms de Pelletier et Caventou sont impérissables pour la découverte du sulfate de quinine.
Dans ces derniers temps, a loccasion dune mauvaise écorce alaquelle on avait voulu donner Ie nom de quinquina nova, et qui se trouve dans la collection dunbsp;Muséum OU quelque autre, sous Ie nom de quinquina rouge de Mutis, en prétendantnbsp;quelle avait été rapportée par M. de Humboldt, on a voulu attribuer cette bévue anbsp;Mutis, tandis quil était plus simple et plus vrai de reconnaitre que cette écorce avaitnbsp;été mal choisie ou mal étiquetée.
En effet, a qui peut-on faire accroire que celui qui était appelé par Buiz tan sabio médico, et dont il annongait avoir connu confidentiellement les observations dans Ienbsp;traitement des fièvres pour chaque espèce de quinquina, se serait abusé pendant plusnbsp;de trente ans sur les propriétés dune écorce inerte, quand il avait a sa disposition
ramos se desenganaron los envidiosos de su gloria, ylos rivales del nombre de Mutis se arrepentiraii mas de uiia vez
de haber lanzado tantas injurias contra este sabio paciTico y cristiaiio.....Apénas se aseguró de lalegitimidad de la
especiequehabiahallado, comenzó a solicitarotras. Noparóaqui, las virtudes decada una Ie llamaron toda su aten-cion. Como médico losaplicó, y nos ba dejado los mas preciosos descubrimientos para restablccer nuestra salud.»
(l)«Senor secretario del Vireinato, y juez comisionado para los asuntos de la expedicion botanica de Santa Fe.
..... Yo concluyo mi relato ya deinasiado largo.....Yo me ofrezco, al mismo tiempo, a mantener el decoro y los
trabajos del observatorio astronóraico, con un moderado pen regular sueldo para mi subsistancia.
« Santa Fe, setiembre 30 de 1808. Francisco José de Caldas.»
-ocr page 24-14 nbsp;nbsp;nbsp;QUINOLOGIE.
une espèce bien earactérisée, qui croissait au miliea des autres, et dont il avait suivi Faction bienfaisante dans certaines fièvres ?On a vu aussi que Caldas disait:nbsp;les vertus de chaque espèce attirèrent toute son attention,, et il en fit Vapplication commenbsp;médecin.
II y a trois ans environ, un négociant de Bogota a commis la même erreur, qui lui a coüté cher : il avait expédié a MM. Bergès et Binos, du Havre, prés de quatrenbsp;cents surons de cette fausse écorcequi ont été abandonnés a la douane et brdlésnbsp;publiquement, Depuis, ee même négociant a reconnu sa méprise; il a exploité plu-sieurs centaines de surons du vrai quinquina rouge de Mutis, et sur les échantillonsnbsp;il est convenu quil sétait étrangement trompé dans les forêts en prenant Fun pournbsp;Fautre, et il a rendu justice a Fexactitude de nos observations. Toutefois, nous nenbsp;Favons pas encourage dans cette nouvelle exploitatiou, puisque cest dans cettenbsp;espèce que se rencontre la plus grande proportion de la cristallisation appelée qui-nidine, et contre laquelle on a crié anathème, comme centre la cmc^omne, sans plusnbsp;de motifs, a notre avis.
MM. Quesnel frères et G'®, du Havre, ont re^u aussi, comme quinquina supérieur, une forte partie décorces a peu prés semblables, récoltées dans les forêts de lanbsp;République argentine et embarquées a Buenos-Aires; ces écorces ont été égalementnbsp;brülées publiquement. Nous devons a Fobligeauce de MM. Quesnel les échantillonsnbsp;que nous joignons aux précédents dans la collection que nous avons offerte a lanbsp;Faculté de médecine.
Un autre lot de Fintérieur du Brésil, venu par Bio-Janeiro a Fadresse de M. Léon Lecomte et C®, ne servira de même qua compléter la collection do ces faussesnbsp;écorces utiles a connaitre, pour qua Favenir on ne puisse plus les confoudre avecnbsp;les vrais quinquinas.
Aujourdhui, on connait le quinquina tout le long de la chalne des Andes,.sur une étendue de plus de sept cents lieues, depuis la Paz et Chuquisaca (Bolivie), jusquauxnbsp;montagnes de Sainte-Marthe et Mérida (Nouvelle-Grenade). Pour le classement desnbsp;dessins de nos écorces, nous avons suivi la Carte si nettement tracée par M. Weddell a la fin de son Histoire naturelle des quinquinas, quil nous a autorisé a joindrenbsp;a nos dessins, et nous y ajouterons en outre la Géographie des plantes équinoxialesnbsp;de MM. de Humboldt et Bonpland.
Ruiz se plaignait amèrement, en 1792, du peu de soins que les cascarilleros ap-portaient a Fexploitation de Farbre; M. de Jussieu, dans son savant rapport sur \Histoire des quinquinas de M. Weddell, appuie aussi les observations contenues dansnbsp;ce bel ouvrage a Foccasion de la perte de la plus grande partie des écorces. Mainte-nant, que toutes les républiques de FAmérique du sud nont plus qua faire un sagenbsp;emploi de Findépendance quelles ont si chèrement acquise, nous ne doutons pas quenbsp;les gouvernements de Bolivie, du Pérou, de FÉquateur et de la Nouvelle-Grenade
-ocr page 25-APERgU HISTORIQUE DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;15
ne portent touté leur attention sur la conservation de la plus utile richesse de ces beaux pays, en régularisant les coupes des forêts par des lois répressives.
Ruiz a dit encore avec raison que la coca, eet arbuste si précieux qui formait autrefois des forêts impénétrables, a fini par être cultivée avec grand soin, et que la culture en a augmenté Ie produit et la qualité (1). Pourquoi ne prendrait-on pas lesnbsp;mêmes soins de larbre de quinquina, pour Ie conserver aux générations futures, aunbsp;lieu de labandonner a Iinsouciance des Indiens, qui Ie détruisent dannée en annéenbsp;par ;la raanière dont-üs rexploitent ?
On a aussi pensé souvent a acclimater Ie cinchona dans dautres pays; malheureu-sement, cela ne nous parait pas possible, car la nature du sol des forêts qui se trou-vent Ie long de la chaine des Andes ne peut se rencontrer ailleurs, tandis quil serait facile de conduire lexploitation de manière a ne pas en perdre une si grande quan-tité, et a en faciliter la reproduction.
(1) Vdir les details historiques sur la coca dans Ie xxix' chapitre du Voyage dans Ie nord de la Bolivie, par M. Weddell, 1853.
-ocr page 26-ÉPISODE DU VOYAGE DE M. A. DELONDRE DANS LES MEES Dü SDD.
Avant de nous occuper de la description des diyerses écorces de quinquina que nous avons pu réunir, quil soit permis a M. A. Delondre de jeter un coup doeilnbsp;rétrospectif sur les causes qui ont déterminé son voyage dans les mers du sud,nbsp;puisque ce voyage se rattache aussi a lhistoire des quinquinas.
« Daprès les tristes résultats que javais obtenus de mon expédition de 1828 dans les forêts de la Bolivie, je restais toujours convaincu que jen aurais tiré meilleurnbsp;parti si javais pu la conduire en personne, et pendant prés de vingt ans je nai cessénbsp;de sourire a ce projet.
» Après que Ie gouvernement de Bolivie eut affermé lexploitation des forêts de la république (1), je compris que notre industrie allait subir Ie joug du monopole de Ianbsp;Bolivie, et je résolus de nous en affranchir, soit en nous intéressant directement auinbsp;chances de la Compagnie, soit en cherchant dans les forêts du nouveau mondenbsp;dautres quinquinas qui nous missent en mesure de lutter contre toutes les concurrences rivales, et de conserver a lexploitation de Ia découverte de mon ancien aminbsp;et associé Pelletier, et de M. Caventou, toute la supériorité qui semblait devoir nousnbsp;échapper. Mon second associé, M. Levaillant, qui avait été mon élève et mavaitnbsp;bien dépassé sous tous les rapports, avait seul Ie secret de mon plan. Je fisnbsp;disposer en conséquence un malériel immense, afin dêtre en mesure de retirer ennbsp;Amérique les extraits des écorces des quinquinas dont Ie produit, trop faible ennbsp;alcaloïdes, ne permettait pas lexpédition en nature, et nepouvait,par conséquent,nbsp;suppléer aux quinquinas de première qualité, et je membarquai a Bordeaux Ienbsp;3 octobre 1846.
» A peine entrés dans Ie golfe, nous ffimes assaillis par un coup de vent qui nous
(t) Dans Ie xill' cbapitre du Voyage dans Ie nord de la Bolivie, M. Weddell a donné des détails bien exacts et dun grand intérêt sur lhistoire du commerce du quinquina en Bolivie, et sur les diverses compagnies qui se sontnbsp;formées pour son exploitation.
-ocr page 27-ÉPISODE DU VOYAGE DE M. A. DELONDRE DANS LES MERS DU SÜD. nbsp;nbsp;nbsp;17
forga a retócher prés de la Rochelle, ou nous altendimes vingt jours les vents favo-rables pour reprendre la mer.
» La traversée neut rien de remarquable que les événements ordinaires de navigation, qui ont été si souvent décrits par des plumes plus habiles et plus exercées que la mienne.
« Nous reldchémes a Rio-Janeiro, ou un peu de repos me fit oublier les fatigues passées, et me permit de reprendre les forces nécessaires pour supporter les secoussesnbsp;du cap Horn, et atteindre Valparaiso Ie 5 février 184-7.
» A mon arrivée a Valparaiso, je rencontrai M. Pinto, chef de la compagnie boli-' vienne, et j echouai dans toutes les propositions que je lui fis pour assurer nos appro-visionnements réguliers. Je lengageai en vain a attendre les nouveaux pouvoirs quenbsp;je devais recevoir de France; M. Pinto préféra les offres qui lui furent faites par unenbsp;maison des États-ünis, et cest a New-York que furent dirigés tous les quinquinasnbsp;du monopole pendant plusieurs années.
» A la suite de ce contre-temps, je regus la triste nouvelle de la mort de M, Levail-lant; ce malheur si imprévu me mit dans un embarras extréme, car, pour conduire a bonne fin mon entreprise, son appui et ses conseils métaient indispensables.
» II me fallut néanmoins surmonter mon chagrin et mon inquiétude, et moccuper de ma fabrique que je parvins a organiser avec des peines infinies. Ensuite je menbsp;décidai a réaliser mes premiers projets dexcursion dans les forêts du Pérou.
» A cette époque, fin davril 1847, M, Vinueza de Cuzco vint me trouver et me pré-senta, tant en son nom quen celui de Santo-Domingo, son associé, des échantillons dun assez bon quinquina, a la recherche duquel jallais partir, et il prit Iengage-ment de me livrer a Valparaiso cent surons par mois, a partir de la fin de mai sui-vant. Get approvisionnement et ceux que je venais de recevoir de Lima semblaientnbsp;assurer mes opérations régulières, tant pour ma fabrique a Valparaiso que pour lesnbsp;expéditions en nature que je devais faire en France.
» Mais après avoir attendu avec patience jusqua la fin de juin, sans avoir regu de nouvelles de Vinueza et de Santo-Domingo, je me décidai a ne pas perdre plus denbsp;temps et a aller juger par moi-même de l'état de Iexploitation dans les forêts.
» Je m embarquai le 1*'juillet, et je gagnai le petit port dIslay le 6. A peine débar-qué, je louai des mules et un guide pour traverser le désert, et jarrivai le lendemain soir a Aréquipa.
» Pour faire connaitre les premières difficultés de cette excursion, il me sufiira de transcrire un passage du récit de lexpédition de M. de Castelnau, qui avait traversénbsp;le même désert quelques mois auparavant :
«Il est difficile de donner au lecteur une idéé de lextréme aridité de la cote du » Pérou; elle ne peut être comparée quaux grands déserts dAfrique : on ny ren-» centre aucune trace de végétation, et le regard nest arrêté que par des monticules
3
-ocr page 28-18 nbsp;nbsp;nbsp;OÜINOLOGIE.
» de sables nouveaux, auxquels on a donné Ie nom de medanos. Ces buttes sont » dues a Taction des vents constants du sud qui règnent dans cette région, et cestnbsp;» a cette origine quil faut attribuer la forme de croissants quelles affectent presquenbsp;»toutes. Ce nest quavec des guides expérimentés que Ton peut sengager dansnbsp;» ces déserts; car lorsque des tempêtes agitent ces masses arénacées, il se forme desnbsp;» trombes de sable de 30 a 40mètres de haut, qui engloutiraient Ie voyageur peu aunbsp;» fait de leur marche habituelle. Les medanos, dont nous venons de parler, atteignentnbsp;» habituellement une élévation de 6 a 8 mètres; on assure que, lorsquils sontpous-» sés par un vent violent, ils parcourent la plaine avec une grande rapidité. Rien,nbsp;» du reste, de plus incertain que la formation de ces collines de sable. La régionnbsp;» qui en était entièrement couverte la veille peut fort bien, Ie lendemain, ne présenternbsp;» quune plaine parfaitement unie. Le manque deau forme la principale difficulténbsp;» que rencontre le voyageur.
» Pendant la guerre de Tindépendance, des régiments entiers se sontégarés et ont » trouvé une mort affreuse au milieu de ces dunes de sable.....
» La route de poste que nous parcourions était indiquée par une bordure de » pierres, dont on Tavait garnie de chaque cóté. Après une course dune quinzainenbsp;» de lieues, rendue trés fatigante par Tardeur du soleil, nous atteignimes un tamho,nbsp;» OU sorte de petite auberge, construite en planches au milieu du désert. Un vieuxnbsp;» soldat francais était a la tête de eet établissement, qui avait été construit dans lenbsp;» but doffrir un abri aux voyageurs, obligés, peu de mois auparavant, de faire unenbsp;» trentaine de lieues dans la journée. Mais le principal bénéfice de notre entrepre-» nant compatriote consistait dans la vente de Teau quil envoyait chercher a quatrenbsp;» OU cinq lieues de distance, et quil revendait a 30 centimes le verre. En songeantnbsp;» au plaisir que nous éprouvdmes a nous désaltérer dans eet endroit, je ne puisnbsp;» regretter les 20 francs que nous dépensdmes pour Teau qui fut nécessaire pournbsp;» nous et pour nos animaux.....»
» Je regus la plus cordiale hospitalité et les soins les plus empressés de M. Brail-lard, associé et directeur de la maison Viollier et Cquot;. Grace a ses bons conseils, je disposai mon voyage dans les forêts de la province de Cuzco, afin de voir si jenbsp;pouvais compter sur le quinquina de Santo-Domingo, ou si je devais me livrer moi-même a cette exploitation.
» Après deux jours dun repos indispensable, je quittai Aréquipa et le volcan au pied duquel cette ville est batie, pour entrer dans la cordillère et arriver le onzièraenbsp;jour au Cuzco, après des fatigues inouïes et des privations de toute espèce (1).
» Aussitüt dans Tancienne capitale des Incas, je courus chez Santo-Domingo, et
(1) Au retour, et après notre séparation, M. Weddell a gravi le volcan dAréquipa en octobre 18A7. La relation curieuse de cette excursion est insérée dans le 3' volume de lexpédition de M. de Castelnau.
i'
-ocr page 29-ÉPISODE DU VOYAGE DE M. A. DELONDRE DANS LES MERS DU SÜD. nbsp;nbsp;nbsp;19
jappris par son commis, que depuis trente jours Vinueza était parti pour Ia forêt avec bon nombre douvriers^, mais quon nen avait pas regu de nouvelles, et quilnbsp;était a craindre quil neut été massacré avec tout son monde par les Indiens quinbsp;habitaient Ie voisinage] de ces forêts. Dautre part, que Santo-Domingo était a unenbsp;de ces mines dargent qui lui donnait beaucoup de soucis, et que son retour devaitnbsp;avoir lieu dans quelques jours. La première nouvelle me fut confirmée par un Francais, nommé Romanville, dont Ie souvenir me sera toujours cher, et qui m apprit ennbsp;même temps que, si Vinueza était perdu, il ne fallait pas compter sur Santo-Domingonbsp;pour mes approvisionnements en quinquina, paree que lexploitation de sa minenbsp;dargent et dautres fdcheuses entreprises lavaient miné.
n Le bon Romanville moffrait en même temps lhospitalité et son concours pour réaliser mes projets dexploitation dans les forêts. Ma décision fut bientot prise; jenbsp;priai le commis de Santo-Domingo de me procurer des mules et un guide pour allernbsp;trouver ce dernier a la mine et savoir au juste ce que je devais attendee, avant denbsp;prendre des arrangements avec Romanville. Le commis préféra partir lui-meme, ennbsp;mavouant que les affaires de son patron étaient trés embrouillées, et que ma visitenbsp;inattendue augmenterait son chagrin. Deux jours après, il me rapporta la nouvellenbsp;du suicide de Santo-Domingo qui, depuis prés dun mois, écrivait chaque soir avantnbsp;de se coucher ses sinistres réflexions de la journée, les causes de sa funeste réso-lution, et avait assigné a lavance le jour ou illa mettrait a exécution.
» Dans la communication qui ma été faite du journal de Santo-Domingo, je croyais lire ces attachantes pages de VAntiquaire de Walter Scott; seulement ici ilnbsp;ny avait rien de romanesque, cétait une affreuse réalité.
» Un chevalier dindustrie, compatriote de Santo-Domingo, connaissant lespiit aventureux de celui-ci, et les ressources dont il pouvait disposer par ses amis, vintnbsp;le trouver pour lentrainer dans lacquisition dune mine dargent, abandonnée, disait-il, depuis longtemps, mais dune richesse incroyable, qui lui avait couté unenbsp;somme importante, mais quil ne pouvait exploiter, faute de moyens sulïisants.nbsp;Santo-Domingo sempressa daller a cette mine, oü il trouva un contre-maitre habile, qui fit des expériences et donna pour résultat un magnifique lingot d argent.nbsp;Santo-Domingo emprunta a ses amis, fit toutes les avances demandées, se procuranbsp;une grande quantité de vif-argent, enfin ne négligea aucune dépense pour préparernbsp;lexploitation, et sinstalla même a la mine pour surveiller les travaux.
» Mais au bout de quelques jours, il put se convaincre quil était dupe d aventu-riers, et que le contre-maitre, chargé de la fusion du mineral, n était que le complice de lautre coquin.
» Ce fut alors que Santo-Domingo consigna dans son journal la resolution qu il avait prise de tuer les deux fripons dont il avait été la victime, et de se tuer ensuite,nbsp;si dans un délai de trente jours les résultats de lexploitation ne couvraient pas les
-ocr page 30-QUINOLOGIE.
frais courants. Ses pistolets étaient auprès de lui jour et nuit, et il ne se couchait quaprès avoir écrit ses reflexions et bu une bouteille deau-de-vie, sans doute pournbsp;sétourdir et oublier un instant ses chagrins.
» Le nouveau Dousterwivel se méfia de la taciturnité de Santo-Domingo et des precautions sinistres quil lui voyait prendre, et après vingt jours il disparut, sansnbsp;quon ait jamais depuis retrouvé ses traces, en emportant tout 1argent quil avaitnbsp;arraché a Santo-Domingo. Mais le complice, qui était force de diriger les ouvriersnbsp;dans Fexploitation du mineral, fut moins avisé, ou peut-être mieux surveillé par sanbsp;pauvre dupe, qui, deux jours après, fit seller ses mules, sliabilla comme pourse meltrenbsp;en route, fit appeler le contre-maitre et lui demanda le compte de ses opéralions; ce-lui-ci pritles livres avec hésitation, sassit en faisant semblant de les feuilleter. Santo-Domingo se tenait debout derrière lui, et armant son pistolet, dirigeait le canon au-dessus de la tête du contre-maitre pour lui bruler la cervelle, lorsque ce dernier senbsp;retourna subitement, la direction du canon fut changée, et la balie neffleura quenbsp;son épaule. Douó dune grande force, il se leva, se saisit de Santo-Domingo, et lenbsp;poussa dans une pièce voisine dont il ferma la porte en appelant da secours; lesnbsp;ouvriers narrivèrent que pour entendre une seconde détonation: cétait le malheu-reux Santo-Domingo qui venait de mettre fin a ses angoisses.
» La fatigue du voyage, toutes ces tristes nouvelles, maccablèrent, comme on le pense bien, et il mavait été impossible de prendre le repos dont javais tant besoin.nbsp;Romanville mamena chez lui, et le lendemain un érysipèle me couvrit toute la figurenbsp;et me donnait le délire. La medication énergique du docteur Nateri, les soins em-pressés de Romanville et de son excellente et gracieuse femme, me rétablirent com-plétement en six jours, et le huitième je pouvais monter a mule, pour réaliser enfinnbsp;dans les montagnes de Santa-Ana 1excursion dont javais arrêté les préparatifsnbsp;pendant que jétais au lit,
!l,::
» Ce fut au milieu dune de nos conférences que je vis arriver dans ma chambre M. le docteur Weddell, qui avait fait partie de lexpédition de M. de Castelnau,nbsp;et sétait séparé de lui prés des frontières du Paraguay, pour se livrer seul ennbsp;Bolivie a la recherche des quinquinas. Ma surprise fut grande, et la sienne ne futnbsp;pas raoindre, quand nous apprimes réciproquement que le but de notre voyage étaitnbsp;le même.
» Je me tins sur la réserve pendant les deux premiers jours; mais il prit patience, avec fespoir, comme il me lécrivait plus tard, que je lui pardonnerais de sétre rencontré avec moi dans le même projet, ne fut-ce qua cause de ce que cette rencontrenbsp;présentait dextraordinaire, pour ne pas dire dunique.
'I 1]
» Nous convinmes done de faire le voyage avec MM. Garmendia et Galdos, qui sétaienl chargés de 1exploitation des forêts pour mon compte, et dont les expédi-tions devaient se faire par Romanville, qui voulait aussi partager nos fatigues.
ÉPISODE DU VOYAGE DE M. *A. DELONDKE DANS LES MERS DU SUD. nbsp;nbsp;nbsp;21
» Nous nous mimes en route Ie 7 aoüt, et après deux jours nous quittames les vallées pour passer a travers les neiges de la Cordillère, que lon ma dit etre a unenbsp;élévation de plus de 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Nous avonsnbsp;eu un temps alFreux, et une route plus affreuse encore, avant de gagner la doucenbsp;température qui nous permit de nous séclier et de nous réchauffer dans une bellenbsp;forêt tropicale. Dès ce moment jusquau 12, ce ne fut plus quune charmante promenade pour arriver a Etcharate, propriété dun des amis de Romanville. Le lende-main, nous partimes pour la forêt pres de Cocabambilla, et la nous primes pournbsp;guide un Indien qui nous frayait un chemin en abattant les branches darbres et lesnbsp;lianes qui gênaient notre passage.
» Après une course des plus fatigantes, a travers mille obstacles et exposés a une pluie fine qui eut bientót traversé nos vêtements, nous entendimes le retentissementnbsp;des coups de hache de lIndien qui était arrivé au haut de la montagne bien avantnbsp;nous, car nous étions exténués.
» Mais les coups de hache, qui étaient le signal de notre conquête, nous rendirent les forces comme par enchantement, et nous fumes bientót auprès de ce magnifiquenbsp;et grand arbre que je voyais pour la première fois, et qui était depuis longtempsnbsp;Ie sujet de mes rêves. Je restai en extase devant ses belles écorccs argentées, sesnbsp;larges feuilles dun vert chatoyant, et ses fleurs dun parfum si doux, qui rappellentnbsp;un peu celles du lilas.
» Larbre nest pas tombé tout de suite, il est resté comme suspendu au milieu des lianes et des arbres de toute espèce dont il était entouré, et quil a fallu abattre anbsp;une certaine distance pour que notre conquête si désirée put sétendre sur la terrcnbsp;et nous permettre de ladmirer a notre aise, de couper des écorces du tronc et desnbsp;branches, et de mdcher les feuilles, les fleurs et les fruits, pour y chercher a des de-grés différents lamertume des écorces.
» En descendant de la montagne, je ne pus mempêcher de déplorer lindifFérence avec laquelle lIndien portalt ses coups de hache a une certaine élévation du sol,nbsp;pour navoir pas la peine de se courber. II en est de même dans toutes les forêts denbsp;lAmérique du Sud; ils abandonnent aussi le tronc a la naissance des branches, etnbsp;Ion peut calculer que, généralement, on ne récolte pas la moitié des écorces quenbsp;chaque arbre pourrait produire.
» Romanville navait pu nous suivre, a son grand regret, car déja il ressentait les premières atteintes de cette funeste maladie qui devait lenlever quinze jours plus tard.
» Après quelques jours de nouvelles courses dans les forêts voisines, et après avoir arrêté mes conditions et le choix des quinquinas a exploiter, nous nous occu-pdmes de notre retour, et notre gaieté ne se serait pas démentie un seul instant,nbsp;malgré les légers accidents dune si longue route, presque toujours sur les bordsnbsp;des precipices, si nous neussions pas remarqué laltération croissante des traits de
-ocr page 32-22 QDINOLOGIE.
llomanville, si bon, si affeclueux, etqui surmontait ses souffiances pour se mettre a Tunisson avec nous.
w Le 23, aussitót notre retour au Cuzco, nous pensames, M. Weddell et moi, a reprendre la route dAréquipa, et nous montèmes sur nos mules le 29, accompagnésnbsp;dune nombreuse escorte de caballeros, qui nous conduisirent a trois lieues. Peunbsp;dinstants après, nous nous arrêtames dans la charmante habitation de M. Nadal, lunnbsp;des hommes les plus recommandables de Cuzco, qui nous avait fait préparer un excellent déjeuner.
» Nous étions le 7 septembre a Aréquipa, ou je donnai a M. Braillard les détails nécessaires a mes opérations futures, non sans le remercier des rapports alfectueuxnbsp;quil avait établis entre nous, et que je ne saurais oublier, et je retournai k Islay,nbsp;pour membarquer et revenir a Valparaiso.
» Le mois suivant, je recevais la nouvelle de la mort de Romanville : encore un chagrin a ajouter tant dautres.
» Javais aussi de Paris des avis qui me faisaient pressentir de graves difficultés a ioccasion de mes envois de quinquina. Je mempressai de retirer les extraits desnbsp;écorces les plus inférieures, et après avoir réuni les quinquinas de meilleure qualité,nbsp;je membarquai de nouveau au milieu de mars 1848, avec mes approvisionnements,nbsp;qui représenlaientune valeur considérable, pour arriver, après une pénible traversée,nbsp;devant le Havre, le 23 juin, oü mattendaient de si tristes nouvelles.
» Aujourdhui, prés de ma soixante-quatrième année, me voilé de nouveau sur Ia brèche pour défendre lindustrie, a laquelle jai consacré toutes mes facultés etnbsp;toutes mes ressources, et técher de rendre utile ma vieille expérience. Heureux si jenbsp;puis y parvenir! »
-ocr page 33-DESCRIPTION DES ODINOBINAS EN SÜIVANT LA CHAINE DES ANDES,
DEPUIS LA BOLIVIE JUSQUA LA NOUVELLE-GRENADE.
Quinquina ealisaya plat, sanis «piderme (1) (Bolivie). Planclie f.
Ce quinquina se trouve dans les forêts de la république de Bolivie, doü il vienl en surons du poids de 70 a 75 kilogrammes, Ie plus souvent par Ie port dArica,nbsp;quelquefois par celui de Cobija.
Cest une erreur de dire que, dans ces ports, on mélange les quinquinas, ils arri-vent comme ils ont été récoltés dans les forêts, oü ön les exploite avec plus ou moins de discernement. Après la dessiccation, on les emballe dans des cuirs frais qui, ennbsp;séchant, se resserrent de manière a ne plus être ouverts sans que loeil Ie moinsnbsp;clairvoyant sen aperQoive. Dailleurs, il ny a pas de négociant chargé de recevoirnbsp;OU dexpédier les quinquinas qui voulêt soccuper dune semblable fraude.
Lécorce du quinquina calisaya est dun jaune fauve a la surface interne, la texture est parfaitement uniforme et serrée; la surface externe est plus brune, irreguliere,nbsp;marquée de sillons longitudinaux et de crêtes saillantes. Ce quinquina développe, ennbsp;Ie mêchant, une amertume franche peu styptique et sans astriction. La fracturenbsp;transversale est purement fibreuse, a fibres courtes, et se détachant au moindrenbsp;effort.
Les écorces sont de 3 a 9 millimètres dépaisseur; on en retire assez régulièrement, dans lensemble des surons, 30 a 32 grammes de sulfate de quinine, et 6 a 8 grammesnbsp;de sulfate de cinchonine par kilogramme.
1 gramme de ce sulfate de quinine, précipité par 5 grammes de tannin, donne 3 grammes 47 centigrammes de bitannate de quinine sec et friable, ainsi que la déja
(l) Eirt, sur, Scp/jia, peau. M. 'Weddell préfère périderme (icfpi, autour) pour désigner, dit-il, cette parlie de lécorce qui, ayant perdu sa vitalité, persisie a la surface des couches intérieures, et leur sert d enveloppe pro-tectrice, et ces couches, derme. Le denne est lécorce moins son périderme.
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indiqué M. Ossian Henry, en 1825, tome XXI du Journal de pharmacie, dans son mémoire De laciion du tannin sur les bases salifiables organiques, et apphcations quinbsp;en dêrivent. Par linfusion de noix de galle, Ie précipité sec résiniforme est double.
Ces résultats répondent sufïisamment, il nous semble, a la proposition faite demployer Ie tannate de preference au sulfate de quinine, en basant surtout sa supério-rité sur sonpeu damertuwe, puisque, a part bien dautres inconvénients, cetle pré-paration, a Vétat sec, ne contient pas 1 gramme sur 3 par Ie tannin, et 1 gramme sur 7 par linfusion de noix de galle, Que sera-ce done si on ladministre a létatnbsp;de poudre blanche, quand il nest séché qua lair libre?
Lentreprise que lun de nous (A. D.) tenta en 1828 pour lexploitation des quinquinas dans les forêts de Bolivie fut loin de répondre a son attente. II en retira cependant les premiers et seuls échantillons qui aient paru jusque-la, des écorces,nbsp;feuilles, fleurs et fruits du quinquina calisaya, et des sues obtenus par incision, etnbsp;des écorces des racines du même arbre. Ces échantillons ont serxi et servent encorenbsp;de types du vrai calisaya, Ie plus riche en alcaloïdes.
En 1835, après sêtre assuré pendant longtemps, dans sa fabrication, de la .valeur des quinquinas de la même provenance, il offrait ces échantillons a la Société denbsp;pharmacie, pour les cours de lÉcole, et il en fit Ie sujet dune note publiée dans Ienbsp;tome XXI du Journal de pharmacie, page 505 et suivantes, en y ajoutant les analysesnbsp;qnil avait faites avec M. Ossian Henry, doü il résulte :
1quot; Que les feuilles et les fruits du quinquina ne contiennent pas les alcaloïdes trouvés dans les écorces du tronc et des branches;
2® Que les écorces des racines les contiennent dans une moindre proportion ;
3® Enfin, que les sues obtenus par incision sont formés des mêmes principes que les exlraits des écorces par 1eau.
M. Weddell apprécie de la manière suivante la valeur de ces échantillons, page 36 de son Hisloire des quinquinas. « Dans ces derniers temps, M. A. Delondre re^ut de lanbsp;Bolivie les échantillons des écorces, des feuilles, des fleurs et des fruits de diversnbsp;urbres, quil avait raison de croire être ceux qui fournissent lécorce en question. »
A cette époque, la connaissance des quinquinas était si peu répandue, que Berzelius, malgré son immense savoir, avait été trompé par des renseignements inexacts. Dans son Traité de chimie, édition de 1831, tome V, page 126, il assimile Ie quinquina de Cuzco au quinquina calisaya; dans Ie tome VI, page 221, il donne a lécorcenbsp;du Porllandia hexandra, Ie nom de quina Carthagène, en disant quon avait essayénbsp;conlre les fièvres intermittentes les seis provenant de ces écorces, mais quecesessaisnbsp;navaient donné aucun résultat favorable.
M. Weddell place Yhexandra au nombre des pseudo-quinas, comme venant du Brésil, des montagnes de Parahybuna, province de Rio-Janeiro.
A 1occasion de la distinction a établir entre la description scientifique et la con-
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naissance matérielle des écorces, il est utile de citer une opération gigantesque qui na eu et naura jamais saus doute sa pareille.
En 1837, les propriétaires de quinquina, de la Bolivie, du Pérou et du Chili, réunirent toutes leurs provisions a celles de don Francisco de los Héros, Ie plusnbsp;éminent dentre eux, sous Ie rapport de la fortune, des connaissances spéciales, etnbsp;surtout du caractère loyal, et Ie laissèrent libre de faire un contrat avec la Sociéténbsp;Pelletier, Delondre et Levaillant, pour la livraison de douze mille surons de quinquina.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Cet achat fut conclu avec la condition dun rendement de 31 grammes 25 centigrammes sulfate de quinine par kilogramme de quinquina. MM. Pelletier et Levaillant, que M. Delondre a successivement perdus, et dont il a eu tant de fois Toccasion de regretter la mort, lui confièrent Ie soin de constater la qualité de cette énormenbsp;provision, répartie chez MM. Ant. Gibbs et C'®, a Londres; de Santa-Coloma et C'®,nbsp;a Bordeaux, et Ch. Latham et C'®, au Havre.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
II est a remarquer quil ny eut pas la moindre difïiculté a Toccasion des légères differences qui se rencontrèrent, et qui portaient principalement sur les quinquinasnbsp;roulés avec épiderme, et pour lesquelles des réfactions proportionnelles furentnbsp;accordées par M. de los Héros.
Assurément, daprès les ouvrages qui ont traité du quinquina, on aurait pu signaler sur une si grande quantité des variétés alinfini, Boliviana, Amarilla, Ana-ranjada, Josephiana, Condaminea, etc., etc., et se méprendre aux écorces roulées,nbsp;quon appelait encore quinquina gris, et qui provenaient des branches des arbresnbsp;dont Ie tronc avait fourni les écorces plates. Mais, en se guidant simplement sur lesnbsp;échantillons déposés a lécole de pharmacie, comme spécimens des écorces les plusnbsp;riches en alcaloïdes, on sest borné a reconnaitre si lensemble des surons produiraitnbsp;la quantité de sulfate de quinine pur stipulée dans Ie marché, et cest ce qui a éténbsp;réalisé ensuite dans nos fabriques, et même avec un léger excédant.
Quinquina calisaya roulc, avec éitÊderine (Boüvie). Planclie I.
Épiderme assez épais, rugueux, inégal, marqué de distance en distance de scis-sures annulaires, et dans lespace intermédiaire, de crevasses transversales et longi-tudinales plus on moins rapprochées, souvent anastomosées, dun blanc argenté, mat OU grisétre. Face interne purement fibreuse, dunjaune fauve variable; texturenbsp;unie; fracture transversale assez nette; la couche extérieure plus brune, largementnbsp;résineuse, a fibres peu saillantes en dedans. Saveur franchement amère, plus styp-tique que celle du calysaya plat. Ces écorces proviennent, comme nous venonsnbsp;de Ie dire, des branches de Farbre dont Ie tronc fournit les écorces plates. On ennbsp;retire moins dalcaloïde que du précédent; et, suivant la grosseur de Fensemble des
k
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écorces, Ie rendement varie de 15 a 20 grammes sulfate de quinine, 10 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.
Quinquina caraliaya plat, saus épidemie, et ronlé, avec épidernie (Pérou).
Planelie II.
Cette écorce arrive de la province de Carabaya, par Aréquipa, aux ports dIslay et quelquefois dArica. Lépaisseur est de 2 a 3 millimètres dans lensemble des surons,nbsp;qui sont, comme ceux de Bolivie, de 72 a 75 kilogrammes. La surface interne estnbsp;dune texture assez unie, couleur jaune brun, et souvent contournée et fendillée parnbsp;la dessiccation, a cause de son peu dépaisseur; la'surface externe, au lieu de sillonsnbsp;longitudinaux, est souvent reconvene de petites preeminences qui sont formées parnbsp;ladhérence de Fépiderme qui a élé enlevé, et quelquefois crevassée en travers.nbsp;Fracture transversale nette, a fibres fines en dedans, avec une couche résineuse aunbsp;dehors. Saveur amère lente a se développer, sans astriction. II en vient quelquefoisnbsp;en écorces trés minces et qui produisent a peine 12 grammes sulfate de quinine;nbsp;mais en prenant pour base lépaisseur que nous venons dindiquer, on en retire 15 anbsp;18 grammes sulfate de quinine, et 4 a 5 grammes sulfate de cinchonine.
Quinquina rouge de Cuzfo (Pérou). Plsinclie IBI.
Ce quinquina sexploite dans les forêts de Santa-Anna, province de Cuzco, et arrive par Aréquipa aux ports dIslay et quelquefois dArica, en surons de 72 a 75 kilogrammes.
On lit dans YHistoire naturelle des quinquinas de M. Weddell, p. 43.
clt; Jai visité les forêts ou croit Ie Cinchona scrobiculata (1), en compagnie de » AI. A. Delondre, et cest en souvenir des services quil a maintes fois rendus a lanbsp;» science quinologique, que je voulais lui dédier une des espèces que nous avionsnbsp;» examinées ensemble; mais jai découvert que mon C. Delondriana ne pouvait êtrenbsp;» séparé spécifiquement du C. scrobiculata, auquel je lai rattaché en consequencenbsp;» comme simple variété [B. Delondriana). »
Cest 1une des écorces que AI. Weddell sest plu a décrire avec Ie plus de soin et dexactitude, et ou il excelle comme chaque fois quil rend compte de ce quil a vunbsp;et observé: il nous semble difficile, non pas de faire mieux, mais de faire aussi biennbsp;que lui dans la partie botanique; nous navons done qua Ie copier presque tex-tuellement:
« Écorce plate, de lépaisseur de 5a 10 millimètres. Surface inférieure dun rouge
(1) MM. de Humboldt et Bonpland ont rencontré Ie quinquina scrobiculé dansla province de Jaëo, oü, disent-ils, il forme dimmeiises forêts; daprès eux, ses caractères spécifiques coincident avec ceux du C. Condaminea. On peut done Ie considérer comme une de ses variétés.
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ö obscur, lisse avec quelques impressions transversales linéaires, plus ou moins » irrégulières, et offrant enfin par points, mais plus rarement, une exfoliation de lanbsp;» tunique cellulaire, aussi nette que dans Ie quinquina calisaya, avec les sillons di-» gitaux confluents a fond fibreux, et les crêtes qui les séparent; surface intérieurenbsp;» unie, a grain fin et droit, dune belle couleur rouge orange plus ou moins claire.nbsp;» Fracture transversale plus ou moins subéreuse ou fongueuseen dehors, selon lé-» paisseur de la couche cellulaire, et participant, en cette partie, de la couleur de Ianbsp;» face interne de Técorce, trés fibreuse en dedans, a fibres longues et pliantes, asseznbsp;» fréquemment filandreuse, et dune couleur plus claire que la couche cellulaire;nbsp;» fracture longitudinale manquant, comme la fracture transversale, duniformiténbsp;» dans la couleur générale, présentant a sa surface de nombreuses esquilles a pointsnbsp;» chatoyants moins marqués que dans Ie quinquina calisaya, et a rayons médullai-» res plus nombreux et plus visibles. Saveur amère assez forte, et se développantnbsp;» promptement a la mastication; stypticité trés notable, mais moins développée quenbsp;» dans lécorce roulée.»
Nous ne parlons que pour mémoire de cette écorce roulée, car elle nexiste pas dans Ie commerce et ne vaudrait les frais de transport que dans Ie cas de disette desnbsp;écorces plus riches. Ce que M. D... a fait exploiter dans les forêts comme échantillonnbsp;produit 6 a 8 grammes sulfate de cinchonine, tandis que lécorce plate provenantnbsp;du tronc, dont nous venons de parler, rend régulièrement 4 grammes sulfate de quinine et 12 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme. Cependant il nous anbsp;paru indispensable de représenter cette écorce dans les planches, autant par prévi-sion davenir qua cause de sa ressemblance avec Ie calisaya roulé.
Qitiiiquiiia liuaniico plat, saus epiderme (Pérosi). Platiclae IV.
Ce quinquina se récolte dans les forêts de Huanuco, au nord de Lima, et arrive au port de Callao en surons de 70 k 75 kilogrammes. Aucune espète ne ressemble da-vantage, a première vue, au quinquina de Bolivie, et pendant longtemps ceux quinbsp;Font exploité ont prétendu Ie vendre comme vrai calisaya. C est, sans doute, cettenbsp;espèce que Ruiz et Pavon ont classée sous Ie nom de C. nihda, et a laquelle ils at-Iribuaient une grande supériorité. La surface est dun jaune fauve, uniforme, a sillonsnbsp;longitudinaux moins prononcés que sur les écorces de calisaya. La texture de lanbsp;surface interne nest pas aussi serrée que celle de ce dernier. La fracture transversalenbsp;est dun jaune plus rouge; les fibres sont courtes, mais ne se détachent pas facile-ment. En Ie mêchant, 1amertume se développe promptement; la saveur est legere-ment piquante, sans astriction; 1épaisseur des écorces est de 6 a 10 millimetres. Cenbsp;quinquina, malgré sa belle apparence, ne produit que 6 grammes de sulfate denbsp;quinine, et 12 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme.
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Q«iini|uina Jaune pale liiianuco (Péroii). Plauelie SV.
Notre collaborateur D... areguquelques surons de ce quinquina pendant son séjour a Valparaiso, et il ena retiré 6 grammes sulfate de quinine et 10 grammes sulfate denbsp;cinchonine par kilogramme; il en a conserve, ainsi que pour les précédents échantil-lons, rétiquette qui y avait été attachée dans les forêts au moment de lexploitation.nbsp;Lépaisseur de cette écorce est de 4 a 10 millimètres. La surface externe est dun jaunenbsp;pale avee quelques crêtes saillantes et quelques sillons longitudinaux peu marqués ;nbsp;la surface interne est dun jaune plus pale encore. La texture est unie et serrée; la cas-sure est a fibres courtes. Lamertume est prompte a se développer, un peu styptique,nbsp;avec un goüt légèrement aromatique.
Nous avons, en outre, ajouté a la collection de la Faculté de médecine de Paris quelques autres échantillons des mêmes forêts, qui différent peu quant aux produits etnbsp;a la nature des écorces.
^uisiqMÊiia liïianiico roulé, avcc épidemie (Péroii). Plasiclie V.
kilogramme.
Ce quinquina provient des branches de 1arbre dont Ie tronc fournit les écorces plates que nous venous dedécrire; il en est venu pendant quelque tempsunegrandenbsp;quantité dans Ie commerce. On Ie connaissait sous Ie nom de quinquina de Lima;nbsp;il a joui dune préférence marquée, A léchantillon destiné a la Faculté de médecinenbsp;nous laissons 1étiquette mise par celui qui nous 1a envoyé des forêts de Huanuco :nbsp;Cascarilla encanutada con onbes, de las ramas, nombrado pala de qallinazo, que anti-guamente fue muy apetecida{\). Cette écorce diffère trés peu en apparence des grossesnbsp;écorces du calisaya roulé. Toutefois 1épiderme est moins épais, mais également nigueuxnbsp;et crevassé dans tous les sens, dun blanc sombre; la face interne est unie a fibresnbsp;fines, jaune tirant sur Ie rouge. La cassure est fibreuse a lintérieur et résineuse anbsp;lextérieur. Saveur amère, styptique, facile a se développer; astriction faible. Ce quinquina produit 2 grammes sulfate de quinine, et 8 a 10 grammes sulfate de cinchonine par
Qiiiiiqiiiita da«» ( Pérmi). PlancEie VrI.
Ce quinquina se trouve dans les forêts de Iaën, a peu de distance de Loxa. Les écorces roulées provenant des branches ont de 3 a 9 millimètres de diamètre. Cenbsp;quinquina est remarquable par Ie ton généralement blanchatre de son épiderme :
(l) Quinquina roulé avec épiderme, provenant des branches, appeié de vautcur, qui fut autrefois Ie plus recherché.
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cest cette apparence qui lui a fait donner les noms de quinquina cendre, quinquina ten, pdle, quinquina couleur de frêne. Lépiderme est fin, uni,lisse, adherent auderme.nbsp;La couleur intérieure de ces écorces est jaune orange clair dans les petites; elle de-vient jaune orangé rouge dans les écorces plus volumineuses. Les gros tuyaux sonCnbsp;quelquefois brisés; les débris forment des fragments qui sont presque aplatis. Lanbsp;cassure est fibreuse, a fibres longues et flexibles, dune texture peu serrée; sa saveurnbsp;est amère, prononcée surtout a la langue, sans astriction. Ce quinquina arrive en su-rons de 10 a 50 kilogrammes, sans mélange dautres écorces.
En 1839, lun de nous, M. Bouchardat, analysa Ie quinquina Jaën, et il en retira un alcali auquel il reconnut toutes les propriétés assignées a Yaricine par Pelletier etnbsp;Corriol. {Journal des connaissances médicales, 1839, t. Vil, p. 84.)
Postérieurement a cette publication, M. Manzini avait cru trouver dans cette écorcc un nouvel alcaloïde, quil nommait cinchomtine; inais un chimiste allemand, sansnbsp;connaitre Ie travail antérieur de M. Bouchardat, constata que la cinchovatine denbsp;M. Manzini était identique avec iaricine.
M. A. Delondre, de son cóté, en soumettant Ie quinquina Jaën a un travail en grand en fabrique, en a extrait 4 grammes de sulfate de cinchonine et 10 grammesnbsp;de sulfate de quinine, ne dilférant en rien de celui du quinquina calisaya, parfaite-ment soluble dans la proportion dalcool et dammoniaque indiquée par MM. Bussynbsp;et Guibourt, et admise aujourdhui pour constater la pureté du sulfate de quinine.
Ces résultats contradictoires réclament un examen attentif auquel nous espérons pouvoir nous livrer bientót.
Laricine subit-elle des modifications dans Ie travail de la fabrication en grand adopté par M. Delondre? Est-ce quelque autre circonstance inappréciée jusquicinbsp;qui nous a conduit a des résultats différents? Quoi quil en soit, on ne saurait tropnbsp;insister sur cette importante consideration (1).
OassBiquiiitA ifotoge vif (Équateiir). B^laaicBie '¥IM,
On trouve ce quinquina dans les forêts de la province de Quito; il arrive au port de Guayaquil en surons ou en caisses de 50 a 60 kilogrammes. Pendant longteraps,nbsp;il a été prcféré en médecine, et ce nétait pas sans motif, car il est un des plus richesnbsp;en alcaloïdes. Les écorces plates sont épaisses de 5 a 12 millimètres; Fépiderme estnbsp;quelquefois trés épais, fendillé en tous sens, tantót dun blanc argenté se détachant
(1) Nous avons dit combien nous regrcuious quo, pour les belles qualités des autres parties de IAmerique, ou se contcnlal décorcer Ie troiic et que lon perdit les écorces des branches; ici cest tout Ie contraire, et nousnbsp;nous dcraandons pourquoi, dans Iexploitation de cette espcce et de deux autres que nous allons décrire, on nenbsp;renonce pas a cette routine qui consiste a choisir les branches les plus fines pour négliger celles du tronc quinbsp;devraient être trés riches, daprès la proportion dalcaloïdes que nous trouvons dans ces petites écorces, et quinbsp;seraient dun si grand produit pour les gouvernements du lérou et de lÉquateur.
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facilement, et tantót dune nature fongueuse. Dautres écorces ont un épiderme si adhérent, qu'il forme pour ainsi dire corps avec le derme; il est sans fissures, couvert de points rugueux proéminents,dun rouge brunfonce. La surface interne est dunnbsp;rouge brun qui devient un peu rose a la cassure. La texture est unie, a fibres courtesnbsp;et fines, se detachant facilement et penetrant dans la peau, en y causant de la dé-mangeaison comme celles du calisaya de Bolivie. II existe au-dessous de f épidermenbsp;un cercle resineux trés épais. Lamertume se développe facilement, et est légèrementnbsp;styptique. Ce quinquina contient de 20 a 25 grammes sulfate de quinine, et 10 anbsp;12 grammes sulfate de cinchonine. On peut retirer du sulfate de quinine une notablenbsp;portion de la cristallisation appelee quinidine.
Quinquina rouge pMe (Équateur). Plauclie 'VIII.
Ce quinquina provient, ainsi que le précédent, de la province de Quito, et semble, comme dans le calisaya, être fourni par les branches de farbre dont le tronc donnenbsp;les grosses écorces plates. II est généralement en écorces roulées, ou demi-roulées,nbsp;defépaisseur de 3 a 5 millimètres; f épiderme qui le recouvre est comme celui desnbsp;écorces plates, tantót argenté avec fissures, et tantót adhérent au derme avecnbsp;les mêmes rugosités dun brun foncé. La surface interne est lisse, dun rouge pale, anbsp;fibres unies, trés courtes et trés serrées. La cassure est nette et résineuse a lexté-rieur. Lamertume est franche et pénétrante, mais plus styptique que celle des écorces plates. On en retire 15 a 18 grammes sulfate de quinine, qui contient aussi de lanbsp;quinidine, et 5 a 6 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.
Quinquina gris lin de I.oxa (Êquateiir). Plancïie IX.
II arrive en surons de 50 a 60 kilogrammes par le port de Guayaquil, et quelque-fois par celui de Payta: on le trouve dans les forêts de la province de Loxa. Les écorces sont roulées dun diamètre de 3 a 6 millimètres. Lépiderme est dun gris sombre, ce qui a fait appeler ce quinquina par les Indiens, cascarilla negrilla. II est presquenbsp;toujours chargé de lichens trés variés. Lépiderme est fendillé dans tous les sens parnbsp;des fissures trés rapprochées ; la cassure est légèrement résineuse a 1extérieur, etnbsp;fibreuse a fibres fines a lintérieur. La texture est unie et peu serrée, amère, astrin-gente et aromatique. Nous en avons retiré 2 grammes sulfate de quinine et 10 grammesnbsp;sulfate de cinchonine par kilogramme.
Quinquina gris fin Condaniinea (Équateur). Planclie IX.
Ce que nous disions sur Iexploitation des écorces du quinquina de Jaën sapplique également a celui-ci, qui est en petites écorces roulées trés fines, dun diamètre de
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3 millimètres, et souvent au-dessous, et qui était moins estimé quand il dépassait 6 millimètres. Lépiderme est dun gris argenté, fendillé dans tous les sens avec fissures trés rapprochées, assez régulières, rarement avec lichens, comme il sen trouvenbsp;sur Ie précédent. La cassure est nette et résineuse a lextérieur, a fibres fines et ser-rées, se rapprochant beaucoup des petites écorces du quinquina calisaya roulé. La-mertume se développe facilement, est franche et peu styptique. Le produit est denbsp;8 grammes sulfate de quinine et de 6 grammes sulfate de cinchonine. Nous ne pou-vons douter, daprès ce résultat, de la richesse des écorces du tronc qui approche-raient certainement de celles du calisaya. Cette espèce a été connue dans le commerce,nbsp;depuis la découverte, sous le nom de quinquina gris fin de Lima, paree que cétaitnbsp;par Lima quelle était expédiée a la cour dEspagne, qui sen était réservé lexploi-tation et la faisait surveiller avec grand soin; cest aussi pour cette raison quon lanbsp;nommait regia. Cest le quinquina que Laubert nomme Condaminea, daprès MM. denbsp;Humboldt et Bonpland; pour rendre hommage a lillustre savant qui lavait décou-vert, il nous semble naturel de luiconservercenom. Laubert le regardait avec quelquenbsp;raison comme préférable a tous ceux connus jusque-la, en raison des soins quonnbsp;apportait a son choix, et de ses vertus fébrifuges constantes. On le trouve dans lin-térieur de la province de Loxa; il arrive par leport de Guayaquil, en surons et quel-quefois en caisses de 40 a 50 kilogrammes. Dans le mémoire que M. Ossian Henrynbsp;a lu, en son nom et en celui de M. Delondre, a lAcadémie impériale de médecine,nbsp;le 16 novembre 1852, ils ont insisté sur la nécessité de ne repousser aucune espècenbsp;de quinquina, a loccasion de la défaveur que lon voulait jeter sur ceux qui nousnbsp;arrivent de la Nouvelle-Grenade, et sur les alcaloïdes quon en retire. On a cherchénbsp;aussi a proscrire, il y a quelque temps, les quinquinas gris de la matière médicale,nbsp;et il est utile de méditer a ce sujet les judicieuses observations de M. Soubeiran,
page 302 du Journal de pharmacie, octobre 1852..... : « Ce nest pas paree quil y a
» de mauvais quinquinas gris dans le commerce, puisquon y trouve tout autant de » mauvais quinquinas jannes, et que, pour les uns comme pour les autres, il sagit denbsp;» bien choisir. Reste done la richesse en alcaloïde, qui est toute a lavanta'ge dunbsp;» quinquina jaune, si lon veut employer les écorces comme fébrifuge, mais dont lanbsp;» nécessité est loin dêtre prouvée, quand le quinquina est donné a petites dosesnbsp;» comme tonique, Quand on ne se laisse pas dominer par une idéé précongue, quonnbsp;» examine avec sang-froid, et surtout que lon a manié comparativement lune et lau-» tre écorce, on trouve que ce quinquina gris, tant honni, a bien quelques qualitésnbsp;» que lon ne trouve pas au même degré dans son antagoniste, le quinquina jaune :nbsp;» il est moins amer, mais il est aromatique; mais il a une saveur plutdt astringentenbsp;» quamère; mais il rend aleau plus de parties solubles; et a ces divers titres, il peutnbsp;» revendiquer sa part davantages. Je ne sache pas que, paree quil fait la base denbsp;» préparations officinales, les médecins aient pour cela cessé de prescrire ces prépa-
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» rations et de sen bien trouver, et lon serait fort embarrassé, je crois, de citer des » experiences qui témoignent de son infériorité, quand il ne sagit pas dune actionnbsp;» antipériodique franche. Cessons done de Ie proscrire; Ie quinquina jaune et Ienbsp;» quinquina gris sont des écorces bonnes toutes deux, bien qua des titres diffé-» rents. »
Quinquina jaune lt;le CSuayaquil (Équateur). PlaneSae X.
Les écorces de ce quinquina sont roulées sur elles-mêmes et trés longues; leur couleur a quelque rapport axec celle de la cannelle de Chine. La surface externe estnbsp;a sillons longitudinaux assez rapprochés et peu profonds, avec des traces dun épidemie blanc trés raince; la surface interne est plus brune, a texture unie et trésnbsp;serrée. La cassure est résineuse a lextérieur, et a fibres courtes a lintérieur. Lé-paisseur est de 3 a 4 millimètres. Lamertume est piquante et sans astriction. On eiinbsp;retire 30 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme, et 3 a 4 grammes sulfatenbsp;de quinine. On sera sans doute trop heureux de Ie retrouver un jour a venir, lorsquenbsp;les autres espèces seront épuisées, et que Ton sera revenu a lemploi de la cinchonine ; mais aujourdhui on nen fait aucun cas, et il nen est arrivé a notre connais-sance quune trés petite quantité en Europe.
QVmQlSmAS DE ILA HOnirEl.I.E-GIIEMADE.
Ainsi que nous Iavons expliqué en commengant notre ouvrage, nous devons la découverte de tous les quinquinas de cette partie de lAmérique du Sud a Mutts,nbsp;médecin espagnol. Maintenant quils sont lobjet dun commerce si important et quenbsp;leur valeur est bien constatée, nous ne pensons pas quil soit utile de faire ressortirnbsp;de nouveau Ie service immense que Mutis a rendu a la science et a la médecine, etnbsp;combien est erroné tout ce qui a été dit contre ce célèbre naturaliste, et contre lesnbsp;quinquinas quil a découverts et dont il a constaté lefficacité pendant tant dannécs,nbsp;aussi bien que contre les alcaloïdes quils renferment. Cependant il est bon de rap-peler aux négociants qui exploitent les forêts, quils ne doivent prendre aucun soucinbsp;de la préférence exclusive que lon semblait vouloir accorder aux quinquinas de lanbsp;Eolivie, et quils trouveront un facile placement des expéditions quils dirigeront surnbsp;nos ports. II nous reste aussi un voeu a former : eest que Ie gouvernement, dans sanbsp;sagesse, nous affranchisse des droits a payer, lorsque nous sommes obligés dallernbsp;nous approvisionner en Angleterre, et quil y a disette chez nous, comme cela estnbsp;arrivé dernièrement. Nous ne craindrons pas alors quune concurrence loyale séta-blisse entre les produits étrangers et les nótres, en les laissant entrer aux mênies
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droits auxquels nous sommes fimposés chez eux; bientót on reconnaitra que les prohibitions et les droits élevés ne sont quune prime dencouragement a lanbsp;fraude (1).
Qiainquina ealitsaj^a de $anta-F« de Bogata (iVoitvelle-Greiiade). Planche XI.
Cest une récente conquête des forêts de la Nouvelle-Grenade et dont les premiers essais doivent encourager ceux qui lexploitent. Ce quinquina est en écorces trés mennes; répaisseur dépasse rarement 4 millimètres, la longueur de 2 a 5 centimètres.nbsp;La surface externe est presque lisse,avec peu dapparence dépiderme, couleur jaunenbsp;uniforme, tirant un peu sur Ie rouge; la surface interne se rapproche de celle dunbsp;calisaj a de Bolivie. La texture est peu serrée; la cassure, légèrement résineuse anbsp;lextérieur, présente des fibres courtes qui se détachent facilement sous Ie doigt.nbsp;Lamertume est franche, se développe facilement et sans astriction, avec une saveurnbsp;légèrement aromatique. Sans doute, on Ie récolte dans la province de Popayan; carnbsp;il nen arrive de temps a autre que quelques surons mélangés avec de grandes quan-tités de Pitayo. Nous lui conservons Ie nom que les expéditeurs lui ont donné. Nous
(1) La circulairedun fabricant étranger contenait Ie passage suivant: «Le prix du cinchona calisaya de Bolivie, » si élevé amp; cause du inonopole de lexportation, a donné lieu a des importations de cinchonas tirés dautres dis-» tricts, et dont la qualité diffère grandement de celle du calisaya, en tont quits contiennent principalcmentnbsp;» de la quinidine. Les prix plus bas de ces écorces les ont rapidement niises en usage dans beaucoup de fabriquesnbsp;» de quinine, sans quou eüt égard h leurs principes constitutifs différents; et, par la, une grande quantité denbsp;» quinine, contenant de la quinidine, sintroduit dans le niarché et produit une dépréciation non méritée dansnbsp;» le prix de la quinine. gt;
II ny avait pas 'a sy méprendre ; le but évident de celte circulaire était de déprécier les produitsde nosfabriques et de donner une valeur croissante au quinquina du monopole de la Bolivie, et au sulfate de quinine que lauteurnbsp;en retirait. Gette circulaire a été publiée en Angleterre comme en Alleraagne, et on Ia répandue avec profusionnbsp;en France, particulièrement dans nos départeineuts du Haut et du Bas-Rhin.
Dans le mémoire que M. Ossian Henry a lu a lAcadémie impériale de médecine, a loccasion de lapprobation irréfléchie qui avait été donnée au contenu de cette circulaire, nous disions ; « Ceux qui prétendent quil fautnbsp;» attribuer une préféreiice exclusive au quinquina calisaya ne pensent pas que cest injustement priver tout a lanbsp;» fois iiotre navigation, notre industrie, et Tart médical, de la ressource précieuse de tous les quinquinas desnbsp;« autres parlies de lAmérique du Sud. »
Or, depuis cette époque, le prix du quinquina calisaya sest élevé de 50 pour 100. Les négociants de la Nouvelle-Grenade, effrayés de la guerre que lon faisait en France a leurs écorces, ont dirigé leurs envois sur lAngleterre; pendant prés dune année, nos navires ont manqué de frets avantageux, et nos voisins, qui avaientnbsp;fait chorus avec nos ennemis de lintérieur, ont profité comme dhabitude du conflit quils avaient favorisé, et senbsp;sont approvisionnés a bon marché.
Voici le passage dune lettre que IVI. Delondre a recue de don Rafaël duque Uribe de Bogota :..... «Si jai
» fait diriger plusieurs inilliers de surons de quinquina sur le marché de Londres, ce na été que forcé par la » guerre acharnée quelon faisait en France au quinquina de la Nouvelle-Grenade, quandau contraire, è Londres,nbsp;» tout en ayant lair de repousser cette marchandise, daccord avec ce qui se passait en France, elle métait toujoursnbsp;» achelée a bon prix, et sans donner léveil sur ce qui se passait. Jespère que dorénavant, etc..... »
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sa nbsp;nbsp;nbsp;QÜINOLOGIE.
regrettons que ceux qui lexploilent ne prennent pas plus de soin de conserver les écorces intactes : car, brisées et presque en poussière comme elles arrivent jusquanbsp;présent, lacheteur ne peut sassurer de la qualilé que par lanalyse; ou bien les pro-priétaires devraient prendre Ie soin dapposer un cachet sur les surons pour garantirnbsp;lexactitude de son origine. Ce quinquina mérite bien Ie nom de calismja, puisquenbsp;son produit est, comme celui de Bolivie, de 30 a 32 grammes sulfate de quinine, etnbsp;3 OU 4 grammes de cinchonine par kilogramme.
^iiiitfliiina jausie oraiigé roulé (9^0Ilvellegt;Gre¦lalle). Plaiiclie XI.
Nous avons rencontré ce quinquina en surons du même poids que les autres, de 50 a 55 kilogrammes, mélangé au milieu dautres surons du quinquina orangé ennbsp;grosses écorces. Cest une des variétés annoncées par Mutis, en outre des sept espècesnbsp;quil avait découvertes , et nous devons dire, en passant, que cest surtout dans cettenbsp;espèce que Ton rencontre encore dautres variétés, mais qui toiites se rapprochentnbsp;des deux que nous décrivons. Les écorces sont longues, minces, roulées sur elles-mêmes comme de la cannelle Cejlan, dont elles ont la couleur. Les plus fortes attei-gnent 4 millimètres; mais il y en a beaucoupqui nont que 1 millimètre dépaisseur.nbsp;La surface externe est lisse, avec quelques traces dun épiderme blanc, mince, jaunenbsp;un peu rouge; la surface interne est dun jaune plus clair. La cassure est fibreuse ennbsp;dedans et résineuse en dehors. Lamertume est franche et se développe facilementnbsp;sans astriction. Ce quinquina produit 18 grammes sulfate de quinine, et 4 a 5 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.
Quinf|uini» pitayo (XoMveïJt-iSpetaade). Plaasclae SEl.
On 1exploite dans les forêts de Pitayo, province de Popayan; il arrive principale-ment par Ie port de Buenaventura, sur la cóte du Pacifique, paree que les frais de transport sont moindres que par Sainte-Marthe et Carthagène. Nous avons regu unnbsp;des premiers échantillons dece quinquina en 1830; lanalyse en futfaite parM. Os-sian Henry, qui constata sa richesse en quinine et en cinchonine. A loccasion dunbsp;nouvel alcaloïde que M. Peretti, de Milan, avait cru renconlrer, en 1839, dans cenbsp;quinquina, et auquel il donnait Ie nom de pitayne, M. Guibourt a prouvé que lonnbsp;devait placer cette écorce au norabre des plus riches et des plus fébrifuges; maisnbsp;quelle ne contenait pas dautre alcaloïde que la quinine et la cinchonine. Les écorcesnbsp;varient en épaisseur de 2 a 15 miilimètres, et en longueur de 3 a 15 centimètres,nbsp;celles de moindre dimension sont souvent contournées par la dessiccation. II est trésnbsp;facheux que lors de lexploitation on prenne si peu de soins, comme pour Ie précédent, de conserver ces écorces sans les briser; car au milieu des petits morceaux et
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DESCRIPTION DES QUINQUINAS. nbsp;nbsp;nbsp;35
souvent de la poussière qui forment plus de la moitié des surons, il est difficile de reconnaitre sil ny a pas mélange décorces inférieures, soit par fraude, soit par ignonbsp;rance. La surface interne, rouge pèle, est dune texture trés serrée,quelquefois lisse,dau-tres fois avecdes sillons longitudinaux trés profonds; la surface externe est rugueuse,nbsp;fendillée irrégulièrement, recouverte dun épidemie adhérent fortement au derme,nbsp;auquel sont atlacliées des exfoliations blanches ou grises. La fracture transversalenbsp;est rouge brun a fibres fines, se détachant difficilement et présentant sous fépidermenbsp;une couche résineuse trés marquée. Saveur amère, un peu styptique, et legerementnbsp;piquante; lente a se développer, mais trés persistante. Ce quinquina fournit 20 anbsp;25 grammes sulfate de quinine, et 10 a 12 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.
Qiiiaxjuina lt;L'at*tlaagèii« ligsaesix (IVosivelle-Greiiade). Mandie X.I11.
Nous laissons subsister Ie nom sous lequel celte espèce de quinquina a toujours été connue dans Ie commerce; cest celle que nous avons Ie plus anciennement trai-tée dans nos fabriques, et qui a eu pendant longtemps nos préférences, et avec raison,nbsp;puisquelle produit 20 grammes sulfate de quinine par kilogramme, sans traces denbsp;cinchonine. Les écorces se distinguent des autres espèces a la cassure, qui présentenbsp;de longues fibres extrêmement flexibles. La surface externe conserve presque toujours son épiderme, qui est trés mince et fortement adhérent, d un jaune rougeatre,nbsp;avec quelques taches blanches j la couleur interne est dun jaune fauve qui appro-che de celle du calisaya de Bolivie. La texture est unie, mais laisse apercevoir lesnbsp;longues fibres dont elle est formée. Lamertume se développe facilement, nest nulle-ment styptique, et persiste pendant longtemps.
jsiiine «raugé «Be Miiiis ( Mouvelle-Grenaile). PBaiidie
A la surface interne, cette écorce est dun jaune orange un peu rouge; lépaisseur est de 2 a 8 millimètres dans 1ensemblc des surons; la texture est uniforme commenbsp;dans Ie quinquina calisaya de Bolivie, mais moins serrée et a fibres plus longues etnbsp;flexibles. La surface extérieure est presque lisse, et dun jaune plus rouge qua lin-térieur, quoique assez uniforme, quelquefois fendillée transversalement avec des traces blanchatres de fépiderme trés mihce qui y est resté. Fracture transversale li-gneuse en dedans et subéreuse en dehors. Amertume franche, approchant de cellenbsp;du calisaya, peu styptique, persistante et légèrement aromatique. Ce quinquina produit 15 a 16 grammes sulfate de quinine, et 8 a 10 grammes sulfate de cinchoninenbsp;par kilogramme.
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Nous avons dit, a Ia description de chaque espèce, que, par kilogramme décorces:
Le quinquina calisaya de^Bolivie produisait 32 grammes de sulfate de quinine, 8 grammes de sulfate de cinchonine. Le jaune orangé de la Nouvelle-Grenade . 16nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Le rouge de Cuzco............ Zi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;12nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Après avoir répété les mêmes operations pendant plusieurs mois, nous avons obtenu de cette quantité de mélange un produit constant de 108 kilogrammesnbsp;sulfate de quinine et 20 kilogrammes sulfate de cinchonine. Le sulfate denbsp;quinine qui en provient est parfaitement soluble dans 8 parties déther et 2 parties dammoniaque, et il est impossible dy trouver de traces de cinchonine j ilnbsp;résulte done quil faut admettre, comme Laubert lavait déja fait pressentir, quenbsp;beaucoup de quinquinas ont certaines propriétés qui se prêtent un mutuel appui etnbsp;que Ton doit se garder den rejeter aucun, comme la fort bien dit M. Soubeiran,nbsp;puisquen les réunissant dans une poudération aussi exacte que possible, en raisonnbsp;de leurs principes connus, ils se complètent, ou se modifient, ou sopposent a desnbsp;altérations du sulfate de quinine, qui ne sont que trop réelles et encore peu défmies.nbsp;Cest ici que Ton ne saurait trop faire ressortir de nouveau les services que la decou-verte de Pelletier et Caventou a rendus a la science médicale en la débarrassant denbsp;tant dincertitudes. Avant leurs beaux travaux, le médecin ordonnait le quinquinanbsp;en nature, dont FelFicacité variait non seulement a chaque espèce, mais encore anbsp;chaque écorce; maintenant, ce nest plus dans Fensemble de quelques surons denbsp;même sorte, mais despèces bien distinctes, que nous pouvons extraire les prineipesnbsp;dout on retire le sulfate de quinine le plus pur, en isolant même Ia cinchonine quinbsp;surabonde.
rouge «Ie Mutis (Moui^eSSe-ÏSeeursEle). ¦ fBauelie XV.
Les écorces de ce quinquina sont épaisses de 2 a 15 millimètres dans Fensemble des surons. La face interne est dun rouge brun; la texture est trés serrée avec quelques sillons longitudinaux, trés profonds dans les grosses éeorees. Lexterieur estnbsp;dun rouge plus clair, uni et spongieux, couvert par places dun épiderme tres léger,nbsp;trés adhérent, avec des traces dun blanc terne, et, dans quelques endroits, decroutes
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qui se détachent facilement et laissent des excavations profondes. La fracture transversale est légèrement rosée, a fibres longues et flexibles a 1intérieur et subéreuse a lextérieur. Lamertume se développe facilement et persiste sans astriction, mais sausnbsp;Ie goüt aromatique particulier au jaune orangé et a ses variétés. La surface internenbsp;des jeunes écorces, roulées ou non, est dune couleur rouge un peu plus claire; lanbsp;texture est plus unie a lintérieur, tandis qua lextérieur elle est plus raboteuse..nbsp;Cest de tous les quinquinas de la Nouvelle-Grenade celui qui est arrivé Ie plus ra-rement et dont nous avons Ie moins encouragé lexploitation, comme nous lavonsnbsp;dit plus haut. On en retire 12 a 14 grammes sulfate de quinine, et 6 a 7 grammesnbsp;sulfate de cinchonine. Du sulfate de quinine quil produit, on obtient la cristallisationnbsp;a laquelle MM. Henry et Delondre ont donné en 1833 Ie nom de quinidine, quilsnbsp;pensaient être un état particulier dhydratation, qui dans ces derniers temps a éténbsp;Iobjet de tant de controverses, et qui a formé le sujet du beau mémoire que M. Pasteurnbsp;a lu lAcadémie des sciences en juillet 1853. Les alcaloïdes qui se rencontrent dansnbsp;ee quinquina, ainsi que sa couleur, le rapprochent singulièrement du quinquina rougenbsp;de Quito, comme nous Iavons fait remarquer a Iarticle Quina rouge vif.
Quinquina jaune de lïlutis (BIoscvelle-Gi'enade). Plaiicke SVf.
Ce quinquina présente au premier aspect les caractères du quinquina jaune orangé, mais la couleur interne est dun jaune ocreux, la texture moins unie, avecnbsp;des sillons longitudinaux assez profonds a la surface interne, surtout dans les grossesnbsp;écorces. La surface externe est plus ou moins ridée, dun jaune plus terne, avec desnbsp;traces blanchiitres dépiderme, et par places des croutes qui senlevent facilement etnbsp;forment des excavations plus ou moins profondes. Les fibres intérieures, comme dansnbsp;les précédents, sont longues et flexibles. La saveur est amère, légèrement acide, etnbsp;plus styptique que celle du jaune orangé. Le produit est de 12 a 14 grammes sulfatenbsp;de quinine, et de 5 a 6 grammes sulfate de cinchonine. On retire aussi du sulfate denbsp;quinine une portion de quinidine.
Quinquina Cnrtliagène rose ( NIouvelle-Grenade ). Planclie XVIÏ.
Nous navons eu a notre disposition que quelques surons de ce quinquina, nous nen avions jamais vu de semblable; nous savons quil provient des forêts de Ocana,nbsp;prés la riviere de la Madeleine. Pourle distinguer des autres, nous ne pouvons quenbsp;lui conserver le nom et la description sous lesquels notre jeune ami Ossian Henrynbsp;fils 1a désigné en publiant 1analyse que nous lui en avions confiée, et qui, daprèsnbsp;le mémoire inséré dans le Journal de pharmacie de décembre 1853, donnenbsp;18 grammes sulfate de quinine, et 4 grammes sulfate de cinchonine par kilogramme.
-ocr page 48-38 nbsp;nbsp;nbsp;OUrN'OLOGIE.
Ce quinquina est encore une richesse de la Nouvelle-Grenade et compléte les sept espèces bien caractérisées qui forment Ie nombre des découvertes de Mutis annoncéesnbsp;par Zéa. Les autres variétés, comme nous lavons déja dit, appartiennent au quinquina orangé et sont assez nombreuses. Lépaisseur des écorces plates du quinquinanbsp;rosé varie de 2 a 6 millimètres. Lamertume se développe facilement et sans astric-tion. La surface externe, dun rose foncé, est marquée de sillons longitudinaux asseznbsp;profonds, avec quelques aspérités transversales qui portent lempreinte delépidermenbsp;enlevé- la surface interne est un peu plus claire, tirant sur Ie jaune. La cassurenbsp;transversale est nette, a fibres moyennes, dune couleur rose, formant une tenturenbsp;unie sans être serrée et peu résineuse a lextérieur.
Quinquina inaracailio (IVonvelIe-Grenade). Planclie XVIII.
Ce quinquina a pris son nom du port oü il arrive de lintérieur, et ne contienl presque que de la cinchonine. Lécorce, en formes de petits copeaux, varie en longueur de2 a4 centimètres; en épaisseur, de 1 a 3 millimètres. Quelquefois la texturenbsp;est trés serrée et dune cassure résineuse; dautres fois les fibres sont molles et senbsp;détachent facilement. La surface externe est tantót recouverte dun épidemie trésnbsp;mince avec des marqués blanches, et tantót il nen reste pas traces, et Fon apergoitnbsp;des sillons longitudinaux irréguliers, mais trés rapprochés. Saveuramère, désagréable,nbsp;lente a se développer et ne persistant pas, sans astriction. On i-elire de ces écorcesnbsp;10 a 12 grammes sulfate de cinchonine, et 2 a 3 grammes sulfate de quinine.
QUINQUINAS DE QUALITE INFERIEURE.
Nous allons nous occuper de six espèces qui méritent notre attention comme les précédentes, non pas a cause de leur utilité, mais pour démontrer quil faut les éloi-gner de la consommation, et pour engager ceux qui exploitent les forêts a ne pas lesnbsp;confondre avec les bonnes espèces.
Quinquina jaune de Cuzco (Pcrou). Planche XIX.
Nous Favons rencontré dans les forêts de Santa-Ana, dans notre excursion avec M. Weddell, et nous navons pas hésité a Ie reconnaitre comme étant Fespèce denbsp;laquelle Pelletier et M. Coriol avaient extrait Falcaloïde quils avaientnommé aricine,nbsp;du port dArica, oü Fon avait embarqué ce quinquina, qui arrive aussi par Ie portnbsp;dIslay en suroiis de 70 a 75 kilogrammes. Cest celui auquel M. Weddell a attribuénbsp;la dénomination botanique de pubescens. Ce quinquina et son produit ne peuventnbsp;être considérés que comme objets du curiosité, puisque Fon en retire avec beaucoup
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de peine 60 centigrammes par kilogramme daiguilles soyeuses dune couleur dorée assez éclatante, solubles dans 8 parties déther et 2 parties dammoniaque, commenbsp;Ie sulfate de quinine Ie plus pur. Lacide nitrique concentre conserve a cette cristal-lisation et a son précipité la même couleur dorée trés éclatante; après de nouvellesnbsp;purifications on obtient les aiguilles avec Ie même éclat sojeux, mais la couleur jaunenbsp;disparait successivement. Ce quinquina est jaune couleur de rouille a la surfacenbsp;externe, un peu moins foncé a la surface interne. La cassure est nette, dune texturenbsp;serrée a fibres courtes. Lamertume est lente a se développer et dun gout de moisinbsp;désagréable et styptique (1),
Quinquina brun de Cuzco ( Pcrou ). Planclie XIX.
Cette espèce, qui se trouve également dans les forêts de Cuzco, est presque tou-jours mélangée sans discernement avec Ie précédent. La surface externe est unie, dun bran sombre; la face interne est un peu moins foncée. La cassure est nette, anbsp;fibres fines extrêmement serrées, résineuse sous un épiderme trés mince auquel sontnbsp;adhérentes des pellicules dun blanc verddtre. Lamertume est trés faible et se déve-loppe difficilement; styptique et dun goêt désagréable. Nous avons retiré de cettenbsp;écorce, après plus dune opération, a peine 30 centigrammes sulfate de quinine parnbsp;kilogramme.
Quinquina gris roulc (Éfjuateup). Planclie XX.
Quelques surons de ce quinquina sont arrivés avec des quinquinas rouges et des quinquinas jaunes de Quito, par Guayaquil. Ce sont des écorces roulées avec unnbsp;épiderme trés rugueux, trés adhérent au derme, fendillé dans tous les sens, avecnbsp;crêtes saillantes. La cassure est nette et grenue; en coupant cette écorce, on diraitnbsp;dun bois sec et résineux, susceptible de recevoir Ie poli. La surface interne est lisse,nbsp;unie, couleur brune. Lamertume est lente a se développer, piquante, styptique.nbsp;Lépaisseur est de 5 a 8 millimètres. Nous en avons retiré 60 centigrammes sulfatenbsp;de quinine par kilogramme.
(i) üaprès les caractèrcs incliqués par Berzelius, lacide niirique concenlré devrait decomposer Ja base, et Ie mélange prendre une couleur verte Irès intense. Kn rappclant nos souvenirs de plus de vingt ans, nous pensonsnbsp;que Ie quinquina dans lequel Pelletier a trouvé laricinc provenait de la Bolivie. Nous en avons exaniiné desnbsp;échanlillons au Musée dhistoire naturelle, et nous avons jugé avec M. Weddell, par la comparaison, que cétaitnbsp;bien Ie même C. pubescens que celui des forêts de Santa-Ana.
41) QUINOLOCxIE.
Quinquina des iles de liagos (cote d'Afrique). Planelie AA.
Nous avions depuis longtemps entendu parler dune espèce de quinquina avec lequel on guérissait les fièvres sur la cóte dAfrique, et dont les vertus dépassaient,nbsp;disait-on, celles des quinquinas de lAmérique. Nous devons a la complaisance denbsp;MM. Kestner et Ménard du Havre, outre les détails sur la provenance, une caissenbsp;quils avaient regue pour échantillon et qui nous a permis den faire lanalyse surnbsp;60 kilogrammes. Mais cette analyse, assez coüteuse, a été loin de répondre a lanbsp;renommée de cette écorce, car nous navons obtenu, après beaucoup de travail, quenbsp;60 centigrammes sulfate de cinchonine par kilogramme. Ces écorces sont trés largesnbsp;et trés longues; elles proviennent dun arbre qui croit dans les iles de Lagos (cotenbsp;dAfrique). Lépiderme ressemble un peu a celui de lécorce du marronnier, lorsquenbsp;Ton en a gratté les aspérités; il est trés adhérent au derme, avec sillons longitudinauxnbsp;espaces et se détachant facilement en longues fibres filandreuses. La couleur extérieure est jaune terne. La surface interne est plus claire, et la cassure développe denbsp;longues fibres trés larges couleur citron, se détachant dilficilement. Lamertume senbsp;développe assez promptement, sans astriction, mais laisse un gout désagréable quinbsp;persiste longtemps.
Quinquina rouge pale ( Aouvelle-Siirenade). Plauclie XAI.
Avec les quelques surons de quinquina rosé de laNouvelle-Grenade dont nous avons parlé, il y en avait un autre contenant trois échantillons provenant également de lanbsp;province de Ocana. Ces trois échantillons ont été analysés et décrits, comme Ie rosé,nbsp;par M. Ossian Henry fils, dans Ie même mémoire. Le premier de ces échantillons, dontnbsp;nous nous occupons en ce moment, est en écorces épaisses de 3 a 4 millimètres,nbsp;couvertes avec un épiderme gris sombre assez épais, se rapprochant de celui dunbsp;quinquina gris de Huanuco, avec fissures longitudinales et transversales espacées.nbsp;La surface interne est brune; la texture est fine; la cassure est a fibres courtes quinbsp;se détaclient facilement, avec un eerde résineux sous lépiderme. Lamertume estnbsp;stjptique et désagréable, trés lente a se développer. Ces écorces ont donné 18 centigrammes sulfate de quinine, et 2 centigrammes sulfate de cinchonine par kilogramme.
Quiuquiua blane (]Vout'elle-Ciiesss«de). Planche AAII.
Gest le second échantillon dont nous venons de parler, et dans lequel M. Ossian Henry fils a trouvé 6 centigrammes sulfate de quinine et 12 centigrammes sulfate denbsp;cinchonine par kilogramme. Les écorces sont plates, trés larges, sans épiderme; lanbsp;texture est fine et serrée. Cette écorce croque sous la dent, se coupe comme du bois
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trés dur, et est susceptible de recevoir Ie poli. Lamertume est trés lente a se déve-lopper et est désagréable, mais sans astriction. Les surfaces internes et externes sont dun blanc obscur. La cassure ressemble a celle du bois de frêne.
FAUX QUINQUINAS.
Après avoir décrit les quinquinas de bonne, de moyenne et de basse qualité, il nous a semblé trés important de faire connaitre les fausses écorces qui ont été offertesnbsp;et qui pourraient lêtre encore comme de vrais quinquinas. Nous commen^ons parnbsp;Ie troisième échantillon qui a été envoyé de la province dOcana avec ceux de mêmenbsp;provenance dont nous venons de parler.
Kcorces rouges (jVouvelle-Grenade). Planelie XXI.
Dans Ie mémoire de M.Ossian Henry fils, il annonce ne pas avoir trouvé de traces dalcaloïde dans cette écorce en gros cylindres, dun rouge brun a la surface externe,nbsp;avec quelques traces dexfoliations blanches. La surface interne est plus foncée etnbsp;présente a la cassure des fibres longues rouge pale; en mdchant ces écorces, onnbsp;éprouve une grande stypticité, mais sans amertume.
Petites écorces rouges (llrésil). Plaiiclie XXll.
Ces écorces nous ont été données par MM. Léon Lecomte et C', du Havre, qui les avaient regues de Rio-Janeiro comme provenant darbres qui croissent sur les bordsnbsp;de lAmazone. Elles sont en petits morceaux contournés par la dessiccation. La surfacenbsp;externe est sans épiderme et lisse, dun rouge brun; la surface interne est un peunbsp;moins foncée. La texture est fine et serrée; en les mdchant, on forme une espèce denbsp;pdte styptique et sans amertume.
Petites écorces blanches (Brésil). Plancbe XXII.
Ces écorces proviennent de la même source que les précédentes, elles ont lappa-rence de langusture. En les mdchant, nous avons senti une saveur sucrée qui sest dissipée pour faire place a une légère amertume. Ces écorces sont en petits morceauxnbsp;de 2 a 3 centimètres de longueur et 3 a 4 millimètres dépaisseur. La surface externenbsp;est unie et sans épiderme, dun blanc légèrement rosé; la surface interne est plusnbsp;blanche. La cassure fait voir une texture sans fibres et comme granulée.
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Éeorees rouge* saus éplderme (JHouvelle-Grenade). Planelie
Cest a cette écorce que Ton a doniié, nous ne savons pourquoi, Ie nom de quina nova, et que Ton supposait être une des découvertes de Mutis, ainsi que nous 1avonsnbsp;expliqué, et dont prés de 400 surons out été brulés publiquement. Ces écorces sausnbsp;épiderme sont dun rouge lie de vin a la surface externe, quelquefois avec fissuresnbsp;transversales, dautres fois sans fissures. La surface interne est assez unie et laissenbsp;apercevoir les fibres dun rouge moins foncé. La cassure ressemble un peu a celle dunbsp;bois de merisier. En sciant ou en coupant les écorces, la texture trés serrée prendnbsp;Ie poli. En les mUchant, on ressent une astriction désagréable, mais pas damer-tume.
Écorce* rouge* avec épiderme (républii|ue Argentine). Planelie AAI MB.
Ainsi que nous 1avons dit, nous devons ces écorces a lobligeance de MM. Quesnel frères, qui en avaient regu de Buenos-Ayres une assez forte partie, quils ont égale-ment fait brüler publiquement. Lépaisseur de ces écorces est de 6 a 12 millimètres;nbsp;lépiderme est rugueux, fendillé dans tous les sens. La surface interne est dun blancnbsp;sombre. La cassure présente une couche successive de feuilles rose pale qui se distingue parfaitement après avoir scié ou coupé les écorces. En les mdchant, on nenbsp;sent pas damertume, mais un gout aromatique assez agréable et sans astriction.
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Nous navons pas la prétention davoir décrit toutes les espèces de quinquinas, nous avons parlé de celles qui sont Ie plus connues, et qui ont passé sous nos yeuxnbsp;depuis plus de trente ans, nous réservant,
Pour peu que Dieu nous prête vie !
de compléter notre travail au fur et a mesure des échantillons qui nous parvien-dront.
Nous espérons avoir démontré que lalcaloïde qui forme en grande partie de base des quinquinas préférés pendant un siècle et demi est la cinchonine, quenbsp;lun de nous, M. Delondre, isole avec soin maintenant de la quinine; mais onnbsp;comprendra sans peine que lemploi général que lon fait aujourdhui des quinquinas riches a la fois en quinine et en cinchonine rend tres désirable la recherchenbsp;dun moyen pratique qui, en respectant les habitudes prises, permette dutiliser Ianbsp;cinchonine. Cest en effet Ie seul rnoyen elTicace de maintenir la quinine a un prixnbsp;modéré.
Tous les essais qui ont été faits a notre sollicitation et aux frais deM. A. Delondre, depuis plus dun an, par M. Ie docteur Hudellet a Bourg-en-Bresse (Ain), tant anbsp;Fhópital que dans sa clientèle en Dombes, ou les fièvres paludéennes sont endé-miques, ainsi que par M. Ie docteur Beauregard dans Ie canton de lEure, prés Ienbsp;Havre, ont prouvé quil ny avait pas un seul cas oü Ie sulfate de cinchonine naitnbsp;eu la même efficacité que Ie sulfate de quinine. Ces messieurs doivent publiernbsp;chacun leurs observations comparatives, qui sont dun grand intérêt, et nous nin-sisterons pas davantage sur les résultats quils nous ont communiqués.
II en est de même pour les observations qui ont été recueillies par M. Ie docteur Wahu, chef de lhópital civil et militaire de Cherchell (Algérie), et dont Ie mémoire vient detre publié dans son Annuaire de médecine et de chirurgie pratiques
-ocr page 54-lik nbsp;nbsp;nbsp;DÉDUCÏIONS PRATIQUES.
póur 1854. M. Bouchardat a par-devers lui des fails nombreux quil publiera pour arriver a la solution de cette question importante. M. Briquet, dont lautorité estnbsp;si grande pour tout ce qui se rapporto a la physiologie et a la thérapeutique desnbsp;alcalis fébrifuges, estime la cinchonine a sa juste xaleur.
II est de toule évidence quil ny a pas de succédanés ou de composés dont on recompense, on autorise et lon encourage les essais incertains, et qui cohlent souventnbsp;fort cher, qui puissent être comparés a lefficacité certaine de la cinchonine.
Que les médecins emploient Ie sulfate de cinchonine concurremment avec Ie sulfate de quinine, il ny a certes rien de plus désirable; mais on sait combien il estnbsp;difficile de rompre des habitudes prises, surtout lorsquelles reposent sur des observations excellentes et qui sont irréprochables, envisagées sous un certain pointnbsp;de vue.
II faut arriver, selon nous, a faire employer tout a la fois la quinine et la cinchonine en respectant les habitudes prises, et pour cela deux moyens principaux nous semblent indispensables : 1° Adopter faction physiologique du sulfate denbsp;quinine comme unité; fixer le rapport qui existe entre cette unite et les prépa-rations de cinchonine, pour ramener les preparations complexes a lunité qui-nique, en faisant varier daprès 1analyse les proportions des matières employees.nbsp;2 Reformer daprès ces principes quelques unes des préparations de quinquina dunbsp;Codex.
II est un extrait spécial que f un de nous, M. Delondre, prépare depuis huit années, quil a fait expérimenter sur une grande échelle, et qui peut conduire facilement anbsp;atteindre le but que nous venons dindiquer.
On a donné a eet extrait le nom de quinium, que nous adopterons volontiers.
JjuthK
Le quinium sobtient par la lixiviation jusqua épuisement, au moyen de falcool a 36 degrés, dun mélange de 3 parties de quin|we'broyé' avec 1 partie de chauxnbsp;éteinte, et par distillation de falcool jusqua siccité.
Dans sa pratique ordinaire, M. Delondre, afin de réunir les principes des quinquinas contenant des alcaloïdes en différentes proportions, a toujours soin de faire un ensemble de 2 parties de quinquina calisaya de Bolivie, ou de calisaya de Santa-Fé OU de Pitayo, de 2 parties des quinquinas jannes de Carthagène, et de 1 partienbsp;des quinquinas du Pérou et de lÉquateur, ces derniers fournissant une plus grandenbsp;proportion de cinchonine.
Mais nous allons montrer, en insistant sur les avantages de cette préparation, comment on peut employer a peu prés indifféremment tous les autres quinquinas,nbsp;en suivant les analyses que nous avons exécutées.
Le quinium renferme, outre la quinine et la cinchonine, tous les principes du quinquina solubles dans falcool, dont f association aux alcalis fébrifuges a éténbsp;reconnue utile par une longue expérience, et qui faisait regretter dans certains cas
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DEDUCTIONS PRATIQUES. nbsp;nbsp;nbsp;/,5
Iemploi du quinquina en nature. Le résidu ne renferme, pour ainsi dire, que du ligneux, du rouge cinchonique insoluble, des resines insolubles et des sels (1).
Lintervention de la chaux dans la préparation du quinium a deux avantages : le premier, de concentrer davantage les alcalis fébrifuges; le second, de permettre lenbsp;dosage immédiat et facile de la quinine et de la cinchonine quil contient, en suivantnbsp;les procédés connus de séparation de ces deux alcaloïdes.
On pourra ainsi non seulement connaitre rigoureusement la composition des préparations quon emploie, mais encore en xérifier exactement la teneur réelle.nbsp;Cest ainsi que la grande découverte de Pelletier et Caventou servira au perfection-nement des préparations pharmaceutiques.
Nous allons citer deux exemples qui vont faire comprendre facilement comment on peut exécuter la réforme que nous venons dindiquer.
Du quinium étant obtenu, sa teneur en quinine et en cinchonine étant rigoureusement établie , admettons le résultat des observations physiologiques et thérapeu-tiques de M. Briquet et de M. Bouchardat, qui ont établi que la puissance fébrifuge du sulfate de cinchonine était dun quart plus faible que celle du sulfate de quinine,nbsp;mais le représentait complétement; rien alors nest plus facile que de préparer desnbsp;granules qui contiendront chacun léquivalent fébrifuge de 1 décigramme de sulfatenbsp;de quinine, et un vin fébrifuge qui contiendra de la quinine ou de la cinchoninenbsp;représentant léquivalent fébrifuge de 2 millièmes de quinine.
Précision dans les résultats, produit facile a doser, a vérifier et a administrer, voila les avantages qui sont réunis a ceux de lutilisation de toute la cinchonine quenbsp;pourraient fournir les quinquinas des forêts de la Nouvelle-Grenade, du Pérou etnbsp;de lÉquateur, comme ceux de la Bolivie.
Avant de terminer, nous ne saurions nous élever avec trop de force contre les déclamations inconsidérées ou intéressées qui ont jeté une défaveur momentanée surnbsp;les quinquinas de la Nouvelle-Grenade et des autres parties de lAmérique méridionale, car nous avons retiré de la plupart de ces quinquinas du sulfate aussi pur quenbsp;de celui de la Bolivie.
On a pu sassurer, en outre, que la quinidine qui a servi de prétexte a ces déclamations ne se trouve unie en plus grande proportion a la quinine que dans les quinquinas qui arrivent rarement dans le commerce.
(1) Le quinium, préparé comme nous venons de lindiquer, contient rcgiilièremcnt un minimum de 30 pour lüO dalcaloïdes. Les quinquinas de mauvaise qualité fournissent presque autant de résines; mais cesnbsp;extrails résineux ne renferment que de faibles proportions dalcaloïdes.
-ocr page 56- -ocr page 57-Introduction............................................. I
Première partie. Aperiju historique des quinquinas. . ..................... 3
BOUTIE.
Planclie I. Quinquina calisaya plat, sans épiderme...................... 23
FÉBOU.
nbsp;nbsp;nbsp;IV. huanucoplat, sans épiderme....................... 27
IV. nbsp;nbsp;nbsp; jaune pale........................... 28
nbsp;nbsp;nbsp;VI, de Jaen.................................- 28
ÉQVATEUR.
nbsp;nbsp;nbsp;IX.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gris fin Condaminea........ 30
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PeuJ'eu'p/oo'i -ens iteeompii -pnees M tunere ¦ ZupitmJesc -
c/teresse e/e /na' el/itpi-oanmi/i'nbsp;,/i'Sfnut,/elt;r //nbsp;rene/e/il le/enJt-/'JC/ectrici/r //vsnbsp;sen^b/e'.
P/ès ,/es I'ou -e/tes i/tss ïBleans e/fe passe siyu-ve/if'Ju posilif^nbsp;itit nJpti/ff'
A/umt/itnce t/e pr/e*
P/its e/e Cu/Ua c Pafitrae/es e/esZanuis,nbsp;JesFrebis, ,/e-((_ gt;nbsp;Baa^s et t/eetPnbsp;('/tenres.
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Jgt;'air /rti/e Je/ean Je Aetqe eon ftent ^nbsp;o, 28/, J'Oati/cnc
.Wetyeperpel- sona.. I'Equiileur el lie 3^ lul-bor. a 3^. lal australiL*
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l\is lie ¦vanalto/uf Jes 80'.'^ Keitjepe/'peluJlenbsp;sold les 2of lain, bor-a4Óoo quot;Jido'i-T/nunAJnbsp;ellc y Jesce/ul en Atpe/'nbsp;A 38oo 8^
/e Co/ulor ,los A/uliS. lt;/tieA/ties ttiotteAes lt;vgt;_nbsp;c 7 Jims' vo/l/t/, ant. la/nnbsp;les dtrs. peiil-etre e/e -t',\gt;- t/i ees/t, i//on,t ^nbsp;p,ir As eoi//',r/io' as -0/71 Jans
/)es /tyot/nes Jes Oita-//tieo, t/esA/pae,t e/i Ad/it/es tiottJyt\7tsetX-(Jtie/i/ttes Oitt'S.(o/i -Jor. Fatteons ( ap/'tt/n/l-tj/ts /J//S Jepoissonsnbsp;Ja/is /es lacs
de of a 20f d'empcra(iu'enbsp;luovenne
(Vmv.) .
iibonJance Je yre/e./ne/nei/iubnbsp;t/uefois Je mat
I 0 nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^0
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asnt.)
(frcle Iresabon ,/ante-Ertnnenbsp;//¦eque/tle' eunbsp;pen eleoeegt;.
/a (/uantitiL? ilhyilroyenc'nbsp;eontenae Ja/ntnbsp;/Alt' almospAe-ri/ue eshnom-Jrc ileJeiu' mtl-Aetnes-OnnePnbsp;troupe pas plusnbsp;J'AyJroy'ene anbsp;tooo'Ueieoali-on qu ail ntnuunbsp;Jeld tner *
Keiqe pe/peluJle sous, /es 35 f Je laliluJe .nbsp;a 0800 f iSoo-y Jenbsp;Inatlcur .
Kefije pt7petne//ed sous les 4of Je A/I ¦nbsp;ft oioo^ ftSootJ J,nbsp;luatle/tr.
Des Zd/tia t/ere/ititX oit/trayes d At pe/Ue 'nbsp;ote/Je/iltJe Ja (/tunbo ¦nbsp;ritx.OfrpetitOt/rs anbsp;front blt/ne OtanJd gt;
(er/s Ze petitZion. Quel qut's iWt/rt JZus ,/epu -/i\r pene/rd/ts
de 12^5 a 3of Temperaiure
o
movenne 21.2
Ore/e asscx.i'ii re.lte/soaoenlnbsp;branxemv,
do 18,5 a38f4 Temperaturenbsp;movene 25,3nbsp;( 2of 2 R.jnbsp;Ifts Je ifre/enbsp;Z.eo'able sou -oent a 82 f
. Zau'itl/nos -plu'rique con -liento, zjo. J o cxyt/enc, o,/$/¦nbsp;JAxote eletiPi 'nbsp;ton o,oo3 JAt'4-Je au'lfontque.nbsp;Le niitd'inxutnnbsp;Je ses oar tall-ons ne/*aratl-p,ts ereeJer nnnbsp;axJlie/ne Jo.x'x/nbsp;ifcnc
Nciye pe/petaelle sous, les45f Jelaliltt,/,' bor.nbsp;A 35oO-quot;^8z82nbsp;A/iil- Py/'ctiees a 244,8'.nbsp;Ex O'uissc a 2 700nbsp;stu' les io/tes isoles ;nbsp;a i53of''o'iliiei//iednbsp;Jes Monlaytieo- Je -p,ifse 3/oo- Elie/io-nthte pen co/istti/u^nbsp;Jtuis A's Zo/tes -part -ables.
(Jot/s /'E/t/afet//' ott potllottiber Je la'nbsp;tuiqea 4/00 -^2100*1nbsp;,le /attle/tr -^Iti Jfcu'n/iu' SO//S fe-tq f Je lalittt,le ell*L. nbsp;to/nbe /itsqn a j$oonbsp;Je /iMtleur.
Keiqe perpeltte//e sous les -gt;8 fJe AiM/tJe bor.
Zfver/'d tna/*urUp ¦ Ee -its Iiyri/ut - (rr,tnJs Cer/s ¦ PalameJe,/ At -¦ AAo/iJanee,'nbsp;Je Cd/nv'Js et,/e/Zon-ye/t/'s ¦ Jieatteoup Jenbsp;pour. //{J.ffimi.j
P, /ih- i W/i /u nt
nua'tt'^ Titf-tr -Ui.-' i:,-yassa Pe//spar,A//s ¦ Qtte/ques a'f/iyesAAy//-ates-Evu/aa/ fOrto/usJ_nbsp;I oluAer eoceni - Pas t/e.nbsp;Eo,t,pas Jet 'rocotlJeEcuu-ivitp ,/lt;( 'la,/i/es(Putpe/ifiiy
oin,/,\lt; 8,pa/ou eZAlou-iU,.,.Ji!,fnar (FeAs ,med J Iiyretioir-Lion fPA'tvn nbsp;eoA'i/Oaeia ti/p/Aa/a E/ -resse/tJ-.Fournal/er.iere-ateo-ii'-Ar/n,iJi/leA/teae -A/tes.Craa .. inipe/is Boa.nbsp;( icvJJe Z,/au7xt/n El,i ¦nbsp;trr aoefj- AA'St/aitonbsp;f Oestr (Zianan )
Jaati Je nur a la sur/aee ptvsnbsp;Je I'Et/aalearnbsp;Aors ties eearanjnbsp;a28f/n,iis,i lanbsp;/ro/onJear Jetnbsp;400^'/a mer eslnbsp;ajfo I.aTem/'.nbsp;Jelutterfeurt/unbsp;Olobeparaft seihinbsp;CEi/aal- tie 22(3.
/Ki/d /ïn/eriettt' Ju CloAe Je aoupe/les lt;.lt;¦ -/eees Je Ee/'/nestes pnnbsp;tvn/enl /es p/inA's sounbsp;Aer/at/ies
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Z.a na/uteJesIl.'cAo'/*-u at/e//,,/,//,/,*/ | inJsp,-/iJtrate J,\' Jt/r,/, -/ugt; ./ Aiti/a.A'«'/ [nbsp;./ /lautt ia . A/a/s en aeeo/uu/eraa//a a - jnbsp;nepetti,-/art/e Ja Otal,-,,'// Jeeotarep/,- jnbsp;Ja/is e/hii/ue/yuat /'or,/re ,/e,///,//;Anbsp;si/ion Jes roeAes, /'tn, l/n./tse// et/a Jt - jnbsp;reet/on ,/e/ea/'s eoa^Ais ,f/ttete ,/ liV/nt - ¦nbsp;neesp,ir an syste/ne J, /oree,''/,u/uanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
/ler.O/t/eion/unt /a J(Wisle J. eerlat -ties /ots Aua/es seAy/t /es/ae/les se/er,7/t As i/f/JerenterC /,gt;r/n,itufas ,/a ,/es.ea-,'nbsp;/u'peaa Je /a /tier
/.es Riyions ep/alortaAsp/rsen/,/it a /a/ots /es et/nos /es/Ja-' e/eeeis lt;¦/ /esnbsp;p/a/ns /es p/as i'/ent/aes Ja iJiJc ,/e/'aanbsp;o a /f 40 ' el nit/lep,irt ,tj/ea/s sta la *nbsp;Le/re. A s rnoataaaes eaee,/,-/if la /laafetanbsp;Je óCóic'Zear ,J,//',',¦//*,tt/ f'ers lespelesnbsp;nestct-pi/iiAait/uts //es eoastJe/iiAle'.e,//
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Je bor. en ,t tro/ae ,les (t/aes ,le 4-,yof et/nf/ne ,A 58oof,/'eA e,/t/,gt;n-
/.es //antes ./aa/oria/es aaeoa/raa e', celles eontenaes eat/ e Ai pen/e or/ett/alenbsp;i/esel/tjes tt/es ay/os Ja EresJ .sur 'o,nbsp;/t,7/i's ih /iUty, /I ontp,/s ,i -a.»'*./nbsp;Aaateur aa-.lessus ,lan/p,a// Je (iKva/t
Poates A'S /,gt;r/n,///ons ,p/e /on ,/ Ji'eou-rer/es sar /¦ res/e ,/// nbsp;nbsp;nbsp;f/t'/trent
reatue,»' sot/s /'/',///,tte//r- /.ear .inei,/i /tele/'t'A/t/re, ,//n .lt;lt; ntani/este Jaas lotnbsp;Jre lie /ear sape/pos/Uoa .-a p,ir,i/7 en ye ¦nbsp;n,'/a/At nu/ne qi/e Jane /e-' /Mgt;/t, s te/n -perees ¦ /.esy/ a/afes, pn se/-petif Je Aas,nbsp;till (ntciss, ,ai fi/c/ate,,ia -^e/aste /nteaee gt;nbsp;el aa 8,'Ad/c /'rt/n,///- /es Ay/m-tf/onssenbsp;ro/t/Aares. ,/e/fU',/, ,//es,,te//a ,AOpp-lt;;nbsp;et trots tieEoe/tes e,/te,t/ree.,gt;//r,'/// lt;/e,i. nbsp;ere/nples /rapp,tnts //Jent/te ,/enbsp;sfr/tetare ,/ai/è,/ne ,/,/ns /es/u/rt/es lesnbsp;plus e/o/,/nees ,/a iJobe. Z,//or/n,/t/,ainbsp;pro/'/e//uit(,/ae ,/es Eusa/tes.,/es.iaa/yJa-liü,A'S,Jes /loe/ies ,imp/uAo/i/ues ,U i/e,nbsp;/tup/tpres a Aase Jo/gt;st,Aen/ienbsp;erre/gt;er/ee fPt'r/s/etafse /rottee sparsenbsp;sitr /a /uutte ere/i Jes.I/i,/es, eo/n/ne e//enbsp;/'esl stu' ce//e Jes /tau/cs e/ta/nes Je /Eit -
Ptt/7tu /esp/ie/to/t/cnes yeoAyytp/ea qui soal/gt;arn,a/te/s ,/aa- /ieqions epia-Ao/'ta/es Jn /i,a/reaa iontinenb, on Jo//,,nbsp;ei/ersa/'toat /'epaA'sett/' ,/es eoaeAes etnbsp;At qra/h/e /,ttt/e//r a /,tpte//e on i/eeoa-ore /esyot'/naltonsposterieures au Out-nf/e. Eti Piiu ope le Erantle neslpastiHinbsp;iterlpiir J'iitt/ref Jloe/ies Jepi/ts 3300'quot;nbsp;d4/00 fJuj:.//i Jes on ne /e po/fpas a//-tlessus t/e35oo'-Zes Fi/nes /esp/tts e/e -oe'es Ju 8lobeson/ JanP,yrp/ii/rc,,/tn,('.nbsp;/eqtte/lilmp/iJ'o/e dAon,/e,,p/test(/epottr ¦nbsp;pttJeiAiarz e/ ,pte ,/t/e/ques Jfaie/ aAyts -/esreqatJe/i/e,yai/ttep/otlait, ,/a/t/ri\X 'nbsp;e,y/a/iie ,i/l,re par /e^'ett ¦Pt*/e,//UYtte.Deonbsp;/ornui/ions lie 0/\S se//xy/n'e/ita Eu,m -e,tre/iea ,i pSoofJ.e iyi,/rAo/i ,/e /err, se.nbsp;i/ee,'///'/'*p/fS Je E//,t/u/eo d 4400 f Jenbsp;Aaa/i'ar. /es p/aines i/e Eoyo/u.,/ i/oF.nbsp;et ¦iooo'I^ sent e,yi/pertes Je Ores. ,/eJ*ter-res ealea/res seeoTiJatres,Je Ox/psc ej Je.nbsp;O'e/yent/ne .Ees ioqta//espe'Z'J/ees senbsp;tronoe/itiiua'.hides auJessus Je4ioofnbsp;(en Europe on ne /es a pas vu^'an-t/essitenbsp;Je 35^gt;t7 f)
Le Sol Ju Jloi/aunie ,/e Quito contienr ft '2500'quot; Je /ututeii/' Je/ttn'/nes osse^nbsp;mens ,/'E/ep/iants ,/ont /fspeee pa/'an^nbsp;t/e/ruJe.
Eesfrres Je (t/e/iea o/it t88ofJ'ep,iiS' sear; une /ormatfon Je Qi/t/rz ,t / 'Ouistnbsp;t/elauam,ire,i en ,t -2400 -'quot;
I.,i iorjille/e Jes.i//i,lesprese/ile p/tts Je ,'o Jo/id/is en/Za/nes lAy/itqtte/nbsp;,ptes uns sent e/ofqnes,/e/,/ /ner ,/e*nbsp;3y-,t 40 /tenes ntattnes et ,/ont /e,L.gt;nbsp;pAo' e/eee's e/ /es p/us /en/,gt;r, lt;f' p,trnbsp;/es (Lt/ies ne oomtssenfpas ,/e /ave.inbsp;eati/,tnl,s. t/ta/s Jes Pier/ csponees.,/,snbsp;ebstJ/ennes, Jes I\gt;/p/iL/res et Jes E,/-s,t//t s Si 'ot t/tes ,et sarCou/ ,/e /Eatt etnbsp;,','//e/erre ,ar/u/ ee, ,A//is Ailt;fue//e ,',lt;-tnbsp;si'iioent enre/,'/pe nnpotssonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(Ic
Piiiieiodus Cvclopujuj
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Alexandre de HuMiaDT et Aime Bonpland.
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