Dit boek hoort bij de Collectie Van Buchell
Huybert van Buchell (1513-1599)
K
Meer informatie over de collectie is beschikbaar op: http://repertorium.library.uu.nl/node/2732
Wegens onderzoek aan deze collectie is bij deze boeken ook de volledige buitenkant gescand. De hierna volgende scans zijn innbsp;volgorde waarop ze getoond worden:
de rug van het boek
de kopsnede
de frontsnede
de staartsnede
het achterplat
This book is part of the Van Buchell Collection
Huybert van Buchell (1513-1599)
More information on this collection is available at: http://repertorium.librarv.uu.nl/node/2732
Due to research concerning this collection the outside of these books has been scanned in full. The following scans are, in order ofnbsp;appearance:
the spine
the head edge
the fore edge
the bottom edge
the back board
Alt;öw««fl-rtiwi»o«bflfi?n«a.
ùftà
UCtH aïHnbsp;tnt#
^^IwWfflWôcpwiflM
fÙutMi.
^/r
Histori» Gentium
Octovo n®, 835.
_________________'. ______ lt;
s. oct.
835 nbsp;nbsp;,
l
-ocr page 9- -ocr page 10- -ocr page 11- -ocr page 12-HISTOIRE
DE LESTAT de France, tant denbsp;la Républiquenbsp;que de la Religion:
Sous le Regne de François II.
M. D. I XXVr.
-ocr page 14- -ocr page 15-AduertifTement au Lecleur. ?«ree que 1autheur dc cefte hiftoire ny
X a ipis fon nom , Si dautant aufsi quil cgt; ftoitde la religion, amp; recite tellcmét les chonbsp;üs auenues quauec cela il y interpofe fon iunbsp;gement : il pourroit cftre fufped à quelquesnbsp;yns cóme sil auoit pluftoft.fuyui quelque ficnbsp;ne pafsió que la vérité. A cefte caufe iay pé-fe quil efeoit requis den rendre quelque rainbsp;fon, à fin quvnc fi memorable hiftoire foitnbsp;recueillie, corne pour certain elle le merite.nbsp;Ainfi donc, quant au premier de ces deuxnbsp;points,encores que Dieu ait défia retiré àfoynbsp;ccluy quia trauaillé àccft uurc, de fortenbsp;que fa perfonne na plus à craindre aucun penbsp;ril du cofté des homes, toutes fois pour la manbsp;lice des téps,il a femblé bon de le taire; iointnbsp;que cela ne fait rien à la fubftance de fon hi-ftoire,pour la rédre faufiè ou veritable.Quatnbsp;à ce quil y aioufte fon iugcment,i} a enfuyuinbsp;en cela lexemple des meilleurs hiftoriês tâtnbsp;Grecs que Latins:côme font entre autres Ponbsp;lybe GrccjCorneliusTacitus Latin,amp;Phili^nbsp;pes de Cômines entre nos François. Caranbsp;Vray dire,lc fruiét de lhiftoire ne gift pas aunbsp;fimple récit dc ce q seft dit ou faif.mais à biénbsp;falloir côfidcrer les caufes amp; les iflues de cenbsp;qui y cft recité pour en faire fon proufit, ap-prenât par les fautes dautruy , amp; fe façonnâtnbsp;par lexemple des chofes bien amp; vertueufe-tnent entrcprifes amp; cxecutees,enquoy celaynbsp;qui eferit lhiftoire nous peutpiihcîpalemét
-ocr page 16-aider,poiirueii que Ia raifon iointc â la vérité gouuerne fon entendement vuidc de tou-labeur air cfté tel, encores quil charge gran demét quelques vns amp; defeharge les autres,nbsp;il fe peut aiferaentjuger, en ce que hors misnbsp;quelques fecrcts quil a eu bon amp; certainnbsp;moyen de defcouurir, ayant cognu les plusnbsp;grands des deux coftez5amp; vie dvne merueilnbsp;Icufe diligence, il na quafi rien eferit ici quinbsp;ne fe puillc verifier par plufieurs ades amp; cf-crits publiez, dont chafeun a peu auoir co-gnoiflànce, amp; que les effeds qui font enfuy-uis au regne de Charles neufiefmc, fur toutnbsp;en la premiere guerre çiuile, nayêt par tropnbsp;vérifié,nefiant pour certain icelle guerrenbsp;tduenue par autres que par ceux quivoulansnbsp;renouer les malheureux dclîcings que Dieunbsp;leur auoit miraculeufement rompus »font finalement tôbez en la folTc quils preparoyétnbsp;aux autres. Au furplus, quant aux apofiillesnbsp;adiouftccs en marge, elles ne font de lau-thenr, mais de quelque autre qui a pcnle founbsp;lager en cela le ledeur» pour tant plusnbsp;ailcment recueillir le fluid denbsp;celle hiftoire,en quoy toute liberté cft lailTce
à chafeun.
Hiftoire
HISTOIRE
DE LESTAT DE FRANCE, TANT DEnbsp;EA REPVBLIQVE QVE DEnbsp;la Religion:
SOVS LE REGNE D E François 11.
Vrrcccquordinairemcntlafindes veftat ie
Rois cft 1C commencement des re-* niuemés des Royaumes,la mort dunbsp;tout inopinée du Roy Henry deuxicfmc, amp;c Heuxiefmenbsp;leftat auquel il lailîà fon Royaume, ne pou-uoit faillir de faire ouuerture aux grandes amp;nbsp;plus eftrages calamitez depuis furuenues le»nbsp;vnes fur les autres,amp;lcfquclles côtinuans ennbsp;cor auiourdhuy, deuiennent peu a peu irre-mediables.La vraye caufe sen trouuera auxnbsp;diiîôlutions extremes des grands amp; petits:nbsp;lefquelles commencèrent à fe desborder c-ftant le Roy François premier paruenu à lanbsp;courône, ieunc Prince plein de fon vouloir,nbsp;amp; gouucrné par vnc trefmauuaifc femmenbsp;Loyfe de Sauoyc,amp; confeillépar vn fien Chânbsp;cclicr feuAnthoinc du Pratjlvn des plu»nbsp;pernicieux hommes qui furent oneques : amp;nbsp;deflors euflent couuert amp;noy c tout leftat donbsp;France, ncuft efte que lambition de lEmpenbsp;reur Charles cinquicfmc du nom, ne permit
A J.
-ocr page 18-Hiftoire de France,
à cc Roy ( Prince de foti naturel non moins ^enereux que volùptiieilxjdevaejuer du toutnbsp;a fes plaifirs amp; dclices. A iuy fucceda Henrynbsp;dcuxiefme fon fils, Prince de doux elprir,nbsp;mais de fort petit fens, amp; du tout propre à fenbsp;laifièr menerenleflè. Sous lequel,lambitiônbsp;amp;rauarice de ceux qui le polîèdoient remplirent de fang lAlemaigne amp; lItalie, miréfnbsp;en vente amp; comme au plus oftrant les Loixnbsp;amp; toute iufticc, efpuiferent les bourfesdesnbsp;poures amp; des riches, par infinies exadlions,nbsp;dót infinies calamitez senfuyuiret. Ce Roynbsp;fut chaftié de ces deportemés. Preniieremécnbsp;par la paix non moins dommageable quenbsp;honteufe pour la France, quelque couuertu-re quon prinft des mariages de fesfuramp;nbsp;fille :amp; finalement en fa propre perfonne,nbsp;quand eftant mortellemét naurc dvncfclatnbsp;de lance qui le frappa dans lil, le derniernbsp;iourdeluin ij 5 9, comme il couroiten licenbsp;contre le Conte de Montgommery, duquelnbsp;coup il mourut le dixiefme du mois fuyuat:nbsp;la comedie de fes grands appareils fut tournbsp;nee en vnc tfefpiteufcTragedic,qui en a depuis engendré tant dautres, que nous nennbsp;pointons encores voir la fin. Mais fur tour,nbsp;deu X crimes par trop horribles,amp; toutesfoisnbsp;VAthcif- contraires lvn à lautre ( afauoir Iatheifmcnbsp;me amp; la magie,dont lvn nie toute diuinitCjlaunbsp;le diable au lieu de Dicu)palïerérdefnbsp;France. Jorj bic-auät en laFrace,principalemct entre
ceux
-ocr page 19-Sous François IL 7 eux qui faifoyent leur compte,quen perfe-cutant trefafprenicnr les Lucheriés quils apnbsp;pelloyent pour lots,ils feroyent deux coupsnbsp;dvue pierre, couurant leur impiété, amp; sa-grandiflant des confifeations. Et ce qui ag-graua en ce faiôt lire de Dieu, fut que la co-gnoiflânee des bonnes lettres (moyen fiugunbsp;lier ordonné de Dieu pour apprendre à le conbsp;f;noiftre deücmcnt, amp; par confequent pournbsp;a conferuation du genre humainjayant ellenbsp;ramenée en Erâce par le Roy François, plusnbsp;anobly par cela que pour autre chofeadue-nue de Ion temps , fe tourna aux cfprits malins amp; curieux en occafion de toute mef-chanceré,ce qui seft trouuè principalementnbsp;en certains grands efprits,adônez àlaPoe- rottesïrînbsp;fie Françoilc, qui lors vindrent à lourdre cônbsp;mc'par troupes: les eferits dcfquels ords amp; fa initruraétsnbsp;les, amp; remplis de blafphemes , font dautant d'ipîcté.nbsp;plus deteftables, quils font emmiellez denbsp;tous àllechcmens qui peuuent faire glifler,nbsp;non feulement en toute vilaine amp; puante lunbsp;briciré,mais aufsi en toute horrible impiété,nbsp;tous ceux qui les ont entre mais. Dieu dôc-ques ayât frappé ce chef en premier lieu , lequel toutesfois eftoitpeut eftre (hors mife lanbsp;qualité de Roy)des moins coulpables de cesnbsp;fautes,il faloit aufsi que les membresfuf-fent chaftiez: ce que le Seigneur commençanbsp;bien toil à faire par eux mcfmes: amp; dure encor à prefent ce chaftiment, tant font les vns
4-
-ocr page 20-Ä Hiftoire de France,
»charnez furies autres, à lamine ineuitaElc de tout le corps» fi Dieu ny pouruoit luymefnbsp;me bien toft- A cela fe trou lièrent les chofesnbsp;du tout diipofccs par le decez inopiné denbsp;Hcnry,Iequel ayant finalcmét appcrccu lamnbsp;bition amp; auaricc infatiable de ceux de Gui-fe, qui luy auoycntfait rompre les treues finbsp;folennellement iurecs,dont cftoyent enfiiy-uies tant de penes irreparables, auoit entièrement refoîu,apres auoir acheue ces maria-gcs,amp; renuoyc les eftrangers, de les decbaf-fer arriéré de foy,comme vncpeftedefonnbsp;royaume. Mais Dieu sen vouloit encoresnbsp;feruir comme dinftrumcnsdefavcngeacc,nbsp;ronmant entièrement cefte deliberation amp;nbsp;plufieurs autres, par cefte mort entreuenue.nbsp;Dautrepart, quant à la Nobleflc, vnc bonnenbsp;Nobleflc. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, r r r
partie ne demadoit qu a le repoler en la mai fon,aprcs tant de trauaux, ne fc fouciat beaunbsp;coup du public : lautre partie eftoit diuifecnbsp;fiar faôtions ,'chafcun .regardant à fouftenirnbsp;c parti de ceux, de la grandeur dcfquels ilsnbsp;cftimoyent que leur aduancement depen-doit. Les officiers de Cour faifoyent de mefnbsp;mC)amp; fe tenoyent prefts' pour fuyurc le ventnbsp;Dekiufti qui fouffleroit. C^antàrcftatdeiufticc,amp;nbsp;nommecment des Parlements, tout y cftantnbsp;vénal iufques à la confcienccjhors mis quel-^tjue petit nombre de gens de bien,à qui il c-ftoità grand peine loifiblcde foufpirer,amp;nbsp;qui fe trouuoyent encores eftonnez de la tyrannie
-ocr page 21-Sous François II.
rannic cxcrccc cn la prcccdcnte Mercuriale, le rcftc y ayant efté fourre par les menées amp;nbsp;prattiques des gouueincurs du feuRoy,cliafnbsp;cun deux regardoit à forti fier deconfeil amp;nbsp;tous autres moyens ceux defqucls ils eftoyctnbsp;les crcaturesjnc craignant rien plus vne maunbsp;uaife confcicnce quvn iufte gouuerncment.nbsp;^^antaux Ecclcfiaftiques, les plus grands Caftiqut*.nbsp;brufleurs leur eftoyent les pilliers de la foy.nbsp;Le furplusjqui eft le tiers eftat qu'on appelle,nbsp;eftoit tellement matté qu'il nauoit ne Icnti-ment ne mouucment.Tous ceux-ci eftoyentnbsp;attendans,comme pourcs efclaues,entre lesnbsp;mains de qui ils tombcroyent,tantpour lanbsp;ieunefl'e du Roy, nayât encor attaint dixfeptnbsp;ans,amp; qui ne promettoit rien de foy à l'aduenbsp;nir,quc poureftre du tout abolie lauthoriténbsp;des eftats, qui fur tout en telles occurrencesnbsp;auoycnt accouftume de pouruoir aux affai-res.Or y auoit-il deux bandes principales ennbsp;la Cour, lvnc de ceux quon appclloit Con-ncftabliftcs, l'autre de ceux de Guife. Carnbsp;quant aux Princes du fang, aufqiiels il attounbsp;choit principalement de rcftablir lordre accouftume , ils eftoyent fi lafches quils na-uoyent efgard ni au public ni à leur particu- pnbsp;lier.La Roync mcre,Italiennc,Florentinc,amp; moyen, unbsp;de la race de Mcdicis,amp; qui plus eft aySt de-puis vingtdeux ans eu tout loifir de confide- eft emp».nbsp;rcr les humeurs amp; façôs de routes ces ges, rcnbsp;gardoit ce ieu, amp; feeur fi bié empoigner I'qc Royaume
-ocr page 22-10 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hiftoirc lt;le France,nbsp;cafion J quelle gaigna finalement kpartie/nbsp;paries moyens que ie diray. Quant à Annenbsp;de Montmorency Conneftable,encores que
11 ny eiïfl: homme au monde, à qui elle fuftnbsp;tant rcdeuable, comme à celuy lequel feulnbsp;proprement auoit moyenne fon mariage, amp;nbsp;depuis empefehé que , fous prétexté de fanbsp;fterilité, elle ne full répudiée, fi dcfiroitellcnbsp;quil fuft reculé, facharit quil eftoit ce quilnbsp;eftoit, afauoir premier officier de là Couronnbsp;ne, homme entendu plus quhomme de cenbsp;monde es afaires du Royaume, amp; tellementnbsp;hautain, que iamais ilne lafouffriroitmori*nbsp;ter iufques ou elle pretertdoit. Elle eftoitnbsp;aufsi aduertie quincontinent apres la bief-feure du Roy ,11 auoit enuoyé vers Henrynbsp;de Roiirbon Roy de Nauarre, comme premierprince du fang,pour le folliciter de venir en Cour, tenir le degré qui Itiy apparte-noir, durât le bas aage du Roy, faifant en cela vn adte dvnvray François,amp; dhommenbsp;de bien, combien quil foit vray fcmblablenbsp;quil auoit aufsi efgard à fon particulier. Lenbsp;moyen de le chaflèr, gdbit à fe rendre afteznbsp;forte, pour luy faire peur, amp;puis à fe hafternbsp;de fe mettre la premiere en poifefsion. Pournbsp;ce faire ,confiderant que ceftoit vnechofenbsp;nouuellc en France, que de voir vne Roynenbsp;vefue,amp;fur tout eftrangere, entreprendre lenbsp;principal gouuernement du Royaume denbsp;Ion aucftbrité priuée,cn quoy elle pourroit a*
uoir
-ocr page 23-Sous François IT. ii uoîr de grands empefchcmens jfi elle auoitnbsp;en tcftc routes ccs deux bandes, elle refolutnbsp;premièrement den mettre lvne de fon coïté jaflauoir ceux lt;ic Guife, quelle safleuroitnbsp;de manier à fon appétit, tomme ceux qui luynbsp;feroyent né moins rcdeuables que fi elle lesnbsp;auoit refufcitez du tombeau, les auançantnbsp;fi haut alors quils faifoyent leur compte denbsp;ftre du tout abbâtus. Dauârage,elle iugeoitnbsp;fagement quà toutes auantures, sil adue-noit mefcôtentcment ou trouble aucun poutnbsp;cela quelle entreprenoit, la coulpc ïeroitnbsp;toufiours pluftoft rciettée fur eux que fur elle. Et fi les cognoifloir finalement fi audacieux,fur tout en la necefsité ou ils eftoyentrenbsp;duids,quil ny auoit rien quils nentreptinfnbsp;fent àfon adueu. Ainfi quelle lauoit refolu,nbsp;aufsi luy fut-il aifé de mettre le tout en exc-cution,ayant le R oy fon fils à leur deuotion,nbsp;marié à la Roync dEfeoflé, niepcc de ceuxnbsp;de Guife, sappcllans haut amp; clair les onclesnbsp;du Roy. Et pour couurir le reculement dunbsp;Conncftable, elle printvne couleur fort pronbsp;pre, afauoir quil auoit diÄ quelque tempsnbsp;au parauant au R oy, comme en fc raillant,nbsp;quil sesbahiflbit quil nauoit enfant qui luynbsp;rcfemblaft aucunement,hors mis fa fille ba-ftardcauouée, amp; mariee au Marefchal denbsp;Montmorccy, fils aifné dudid Connefiablctnbsp;ce quelle faifoit femblant de prendre fort ànbsp;«ur, comme sil leuft voulu taxer de mau-
-ocr page 24-¦Ï2. Hiftoire de France,
uais gouucrncmét de fa perfonne.ElIc naui £a. auisi moins dcxrrcmët à doner ordre quenbsp;le mariage de madame Marguerite furnbsp;du Roy aucc le Duc de Sauoye, nonobftancnbsp;le miferable eftat ou leRoy cftoitjfe parachcnbsp;uaft,afin quil ne rcftaft aucune occafion denbsp;trouble par dehors qui luydonnaftempef-chcment au dedans. Et fut fait ce mariagenbsp;dans la chapelle des tournellesj fans folenninbsp;té aucune. Dauantagc, pour mieux encoresnbsp;saflèurer de tous les potentats dItalie, il nenbsp;fur oublié de promettre de faire tout ce quinbsp;fcroitpofsible pour lextermination des hérétiques. Etquantau Roy deNauarre,fansnbsp;lequel il neftoità prefumer que les autresnbsp;Princes du fang entreprinllènt rien, outre cenbsp;quelle amp;ceuxdeGuife cognoiflbyent tropnbsp;fon naturel pour le craindre, elle auoitprat-tiquétellementfesplusfaHoris,amp; fur toutnbsp;dEicars amp; lEuefque de Mande,quc rien nenbsp;fe pouuoit baftir en fon confeil, dont elle nenbsp;fùft adueitie mieux amp;dcuât que luymefme.nbsp;lepremler Ces chofes ainfi proiettèes amp; drcflêesnbsp;' aHcqueinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inftant(comme tout cf^rit ambi
I* Royne ticux cft entcntif à toutes occafions, amp; Dieu mere cft fc faifoit dcflors vnc entree à fes iuftes iueenbsp;»wntec,amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I S
J» Monar mcnsjdont nous ne voyons encores la fin) le Henry neut pluftoft la bouche clofc,nbsp;?«nduc' que François Duc de Guife,amp; Charles Cardinal de Lorraine fon frere, seftans faifis denbsp;la perfonnç du Roy, amp; de Mefsieurs fes frè
res.
-ocr page 25-Sous François T I. 15 res,Ies menerenrau Lonure gt; fe laiflàns au (sinbsp;aifèment conduire les deux Roynes , en de-laiflànt à la garde du corps les Princes dunbsp;fang,les Conneftable Marcfchaux amp; Adminbsp;ral de France, auec plufieurs cheualiers denbsp;lordre amp; grands Seigneurs, qui neftoyencnbsp;de leur retenue. Là ils delibcrcrent dcflorsnbsp;de façonner le Roy à leur mode,fans permetnbsp;tre quaucun approchaft de fa perfonne, amp;nbsp;encores moins luy parlait, linon en laprefennbsp;ce de lvn deux, auec fi bonne garde quilsnbsp;ne le perdoyent de veüe. Et à fin de donnernbsp;couleur à ce nouucau changement amp; manienbsp;ment dafaires quils vouloycnt introduire,nbsp;comme fi leur intention eltoit de remettrenbsp;toutes chofes en bon cftat,ils rappellcrent le refti.nbsp;foudainement le Chancelier Oliuier (hom-me réputé de trefgrande preudhommie, amp; caufu de anbsp;à bonnes enfcignes,fi elle cuit duré iufquesnbsp;à la fin ) qui auoit cité chafsé à loccafion denbsp;Diane de Poitiers. Carilsfauoyent quil e-ftoit grandement fouhaité des gens de biennbsp;en celte charge, amp; que sils cltoyenr motifsnbsp;de fon retour, il feroit dautant plus obligé ànbsp;ployer lefehine fous eux, Sc à. leur complaire en recognoilîàncc de ce bien fait: en quoynbsp;ils ne furent trompez.
Oliuier arriué, comme fi ce fuit pour luy ceux * de ' gratifier,Diane fut chalï'ce, amp; luy fit on ren- Guifepoutnbsp;dre les clefs des cabinets du Roy, enfeinblc ?quot;nbsp;fes precieufes bagues, qui furet mifes en auf venjeaace
-ocr page 26-14 Hiftoire de France.
de h Roy- bonnc main, afauoir de lanouuelle Roy-«le merecó nc amp; du Cardinal fon oncle. Outre plus, la Xiii Roync mere lauoit rellemét à contre cur,nbsp;Valenti- quelle luy vouloir bien faire pis,amp; la ruiner
amp; defpouillcr du tout de fes grands threfors amp;c richelîesjcomme à laverité iamais femmenbsp;en France de fon mefticr nen auoit tat amafnbsp;le. Des fon ieune aage elle racheta de fonnbsp;pucelage la vie du Sieur de Sainôt Valliernbsp;Ion pere,amp; depuis par vn malheur fatal de lanbsp;France ,eftant en lAutonne de fon aage,a-uoitpoflèdc le Roy Henry, tellement que denbsp;grande Scnefchalle, elle deuint Ducheflè denbsp;Valcntinois de nom, amp; Royne quant à lau-thorité,au grad deshonneur du Roy Henrynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; dommage de la France. Car elle auoit fuc
cé le fing amp; les mouelles du peuple, ruiné vné infinité de maifons par confifeations, amp;nbsp;touteS^autres voyesieu du Roy les efeus ànbsp;monceaux, vendu les offices amp; benefices,nbsp;exigé amp; attrapé par ci amp; parla vue infiniténbsp;de biens: amp; ce par le moyen amp;induftric denbsp;tous les plus mefehans gamemens du monde , que pour ce elle entretenoit à fon ferui-cc,amp; lefquels elle recompenfoït abondam-mét des plus beaux eftats amp; offices du Royaume,fuft de indicature,des finances ou autres. Toutesfois Oliuier ne feruoit que denbsp;couleur. Car la vraye caufe du courroux denbsp;la Roync eftoit leftrange traittement quelle auoit receu delle amp; à fon occafion, luy
ayant
-ocr page 27-Sous François IL 15 ayant comme defrobé fon mari par lefpacenbsp;de tout fon regne^au veu amp; au fceii de tous.
Si faut-il remarquer en ceft endroit des chofes fort cftranges : car en premier lieu lanbsp;Roync mere quelque iufte octafion quellenbsp;euftdcmoftrer leffeft de fa colere fur cellenbsp;vilaine; amp; par ce moyen acquérir iufte louanbsp;ge amp; reputation, monftra que lambitiô fur-môtoit la ialoufie en vn efprit tel que le fien,nbsp;amp; pourtant aima mieux fe contenter de mediocre vengeance pour ne perdre le moyennbsp;de la maifon de Guife feul efcalier par lequel elle montoit, que pourfuyure fes vengeances iufques au bout. Dautre codé ceuxnbsp;de Glufe,encores quelle leur euft ferui denbsp;pôt amp; de corps amp; delprit, aimas mieux eftrenbsp;ingrats que perdre le vray moyé de leur grânbsp;deur,cfpcrâs aufsi deffacer tout le pafsé cn-uers le peuple en fe gouuernant ainfi, côde-fcendirentailement àla voloté de la Roync.nbsp;l.a duchelfç de fon collé, corne putain rufeenbsp;sil en full one, fccut bien fe feruir du moyénbsp;quelle seftoir préparée de longue main,nbsp;afauoir du Duc dAumale lvn des frétés denbsp;Guife amp; fon gendre ; auquel elle remonftranbsp;que combien quil full oncle du R oy, li dice que de long temps il ne pourroit auoir denbsp;luy foixanre amp; dix, ou quatre vingt mille li-ures de rente, quelle luy gardoit, amp; qui nenbsp;luy pouuoyent fuir apres fa mort. Conlîde-rez dauantage (difoit-elle) que le Cardinal
-ocr page 28-Hiftoircdc France,
amp; Duc de Giiife voz frètes font de nature tant taquine amp; auare quils ne vous auan-ccront iamais : amp; prendront pluftoft tout pour eux, comme vou s auez veu par cxpericnbsp;ce, quils ont fait, iufques a contredire auxnbsp;dons que le feu Roy vous fai loir. Ce quayatnbsp;goufté le Duc dAumale, il fit ailèment quenbsp;la Royne fe contenta de la traiter plus doucement,moyennant certain efehange du chanbsp;fteau de Chenonceau fur la riuicrc du Chernbsp;Îgt;res Amboyfe,quelle auoit eu du Roy,a ce-uy de Chaumont fur Loyre, que ladite Dame luy achepta.
Bertrand garde des féaux, fait de la fur icâ Ber main de celle grande Sencfchalle,fut defer-wand gar- ré du tout.Et dautant quil auoit pris de nonnbsp;féaux amp; ueaii le chapeau de Cardinal, on saida denbsp;Cardinal, celle occafion pour lenuoyer fini r fes iourinbsp;à Rommexe quil ne peut empefeher, quelque remonftrance quil fill faire de fon aagsnbsp;amp; de les lêruiccs,non feulcmct au Roy,maisnbsp;à la maifon de Guife, de laquelle il selloitnbsp;toufiours rendu clclaue: ce quil offroitcon- ;nbsp;tinucr le relie de fes iours,semployant mef- vnbsp;mes auprocez de du Bourgfcomme cy apres quot;
«le Die« au Cardinal.
Quant àdAuanlon conlêillicrdupritiè
r« de la Du confeil,combien quil full de la mefinc faélu ^a'knrt' f«t-il dc U tctcnuc ,tant à fin quon nenbsp;«oh. peuft dire le cofeil du feu Roy auoir efte du
tout
Sous François II.
«Rangé» que pour le cognoiftre homme propre a tout cela à quoy quils le voudroyent employer. Tputesfois cefte continuation e-ftoit interprétée en diucrfes fortes par lésnbsp;plus clair-voyans J veu mefme que dAuaurnbsp;fon auoit defcouuçrt au Pape leur fccrctdunbsp;voyage dItalie, amp; empefehé par ce moyennbsp;leurs dcflcins.Mais tous venoyét à ce poiaôlinbsp;ôc couroitle bruit commun, quils fauoyentnbsp;tat dafaires lesvns des autres, quil neftoitnbsp;encore temps propre à ceux de Guife dclenbsp;çhafler du tout.Bien luy ofterent ils, la fiip^r^nbsp;intendance des Itnances. Et dauantage co-Çnoiflàns plufieurs perfonnages tât, propresnbsp;a remuer mefnage, que difficilemcnr .ils ennbsp;eulTent peu drellêr de femblables, ils Les en-tretenoyent amp; les employoyét aux plus difficiles charges. , ,tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Le Mareichal Saind André venu de bas lug'mfnt lieUjSc demeuré fis appuy.dcpuis la Inorr dû .nbsp;Roy , cftât de fa part en grade deftreffcjpour refchainbsp;auoir frappé de tous coftez, amp;ne seftre régç quot;*nbsp;qu^demy auecceux de GaiCe, lors quilsnbsp;ftoyent les plus forts, employa tous moyensnbsp;à les pratiquer ;amp; ce dautant plus diligemment, quil craignoit que .fon credit perdû,nbsp;il ne luy fallut defgorgér la ;plus part de foi-Xante ou quatre vingt mille liures de rente,nbsp;quil auoit tirces de pkifieurs perfonnes, parnbsp;moyens exquis amp; fous la fâueut de fou mai-ftre,fans en auoir comme riwpayé; ôc nom-
B
-ocr page 30-i8 Hiftoirc de France,
mérncnc des biens de ceux de la religion, fur lefquels il scftoit car plus volontiers rué,nbsp;quil les cognoiflôit eflongncz de pouuoirnbsp;pourfuiure leurs droifts. Il craignoic aufsinbsp;deftrc pourfuiuy dautres grâds domines denbsp;deniers par luy empruntez ; amp; lefqiielles onnbsp;nauoit iufques à lors oie repeter, à caufe denbsp;fa faneur, il fit donc rcmonftrer à ceux denbsp;Guilê, les grandes terres quil pofledoit,amp;nbsp;quilnauoit quvne feule fille laquelle silnbsp;leur plaifoit donnera lvn des puifnez dunbsp;Duc de Guife, il leur en bailleroir dcllors lanbsp;poflèfsion,en mariage faifant,amp; nen rerien-droit que lvfufriiiâ:,lequel dureroit peu,parnbsp;ce quilsen alloir mourant. Que sil furue-noit autres en'ans , ils feroyent pourueus ennbsp;benefices. Ces offres eftoyent faites,moyennant quil fuft maintenu par eux en fes eftarsnbsp;amp; dignitez : leur promettant en ce faifant v-fèr de fi bon mefôage, quauec leur aide , ilnbsp;sacquitteroitaifement de les plus liquidesnbsp;dcbtesjamp;fupprimeroit les autres. Ce qui futnbsp;accepte par eux, amp; partant fut il rappelé amp;nbsp;remis cómme deuant.
Ily avnecouftumecn Frâce,que les Rois eftatis paruenus à la couronne, les coursnbsp;fouùeraines deputét des plus apparenî den-»nbsp;tte eux, pour aller gratifier le nouueladite-rtementt amp; lors ils entendent à bouche àqninbsp;ils fedeurontadrefier puis apres pour les a-faircs. Suiuantccftecouftume lesparlcméts
-ocr page 31-Sous François IL 15 ayans enuoyé ceux quils iugeoycnrdeuoirnbsp;cftre les plus agréables au Roy, il leur fit entendre que fes deux Oncles, le Cardinal denbsp;Lorraine amp;le Duc deGuife,auoyéc la chargenbsp;entière de tout:amp; cómand^ que lon sadreP-faft dorefnauât à eux en tout ce qui concer-noitfon feruice,amp; du Royaume;amp; qiiô leurnbsp;obeift comme à luy-mefmes. Cela entendunbsp;par le Conneftable, qui auoit receu ce mef-honneur du feu Roy Henry, il fut efmcu
tie double pafsion, lvne de voir fes ennemis
gemét, de luy di-ie auquel ils aiioyéteu au-parauat toute adreflè. En quoy apparut plus clair que le jour, le peu de fermeté qui eft ennbsp;la faueur de c'our:veu que celle authorité,quinbsp;femble aucunefois pouuoir faire tremblernbsp;amp; ciel amp; terre, eft louuçnt changée en vnnbsp;moment. Toutesfois ce vieil routier ac-couftumé de long temps à diiierfcs muta- bki prenSnbsp;rions, sy porta fi diferettement, qu on sap- drel'çoquot;-perceuoit peu de fon mefeontentement, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;°
trouua moyen dauoir honneur en ce qui Hôneç. luy eftoit brafle pour fon deshonneur. Carnbsp;voyat quô luy preparoit quelque chofe pire.
-ocr page 32-ZQ Hiftoire de France,
enairó huit iour s apres la mort de Henry,ayant difné de grâd marin, amp; appelé tous fespa tes amp; gentils-homes en alTez grand nôbre,ilnbsp;alla au Louure, fous couleur de vouloir rendre le cachet du Roy, pour furprédre le Roynbsp;au difner,amp; fentir fa conception naturelle amp;nbsp;naifue,auant quil euft efté autremét inftruit.nbsp;Mais ceux de Guife aduertis de fa venue,parnbsp;gens.quils auoyenr ordinairemét aux guets,nbsp;tant pour ouir fes propos, que pour remarquer ceux qui sadreîfcroyent à luy,luy furent au deuant par derriere, en forte quil futnbsp;fmftré de fon intention. Entré qu'il fut en lanbsp;falleià lilfuedu difner du Roy, il vfa de lanbsp;mefmepriuaucc, dontilfouloitvfer àu.cclcnbsp;pere en propos amp;deuis familiers. Adonc ledit feigneur, enuironne des deux freres, a-yaut eu le lignai du Cardinal, fe leuant de (anbsp;chaire, print le Conneftable par la ibain, amp;Cnbsp;le mena en fa chambre, fuiui tant de ceux denbsp;Guife, que des enfans amp; neueux du Conneftable: lequel ayant pris la parole luy dit,nbsp;quapres auoir pourueu a ce qui eftoit requisnbsp;pour les obfeques du feu Roy fon bon feigneur amp; maiftre, il nauoit voulu faillir denbsp;luy venir faire la reucrence, amp; en luy rendâtnbsp;le cachet quil auoit pieu audit feu Roy luynbsp;bailler, parmefmc moyen luy prefenter fesnbsp;enfans amp; neueux, à ce quil pleuft à fa maic-fté les confermer en leurs eftats amp; charges,nbsp;defquelles ils sacquitteroyent aufsi fidelement
-ocr page 33-Sous François IL lï Went, comme ils auoycnt fait par le paflè; amp;nbsp;quât à luy. fur ce mot, le Roy larrcfta courtenbsp;amp; luy dit quil accordoit fa demande,principalement enuers lAdmiral de Ghaftillon,nbsp;duquel il efperoit fe fcruir.Et quant au refte,nbsp;fachant le bon dcuoir,amp; les grands fetuices,nbsp;quil auoit faits ait feu Roy fon pere, amp; lanbsp;unguliere amitié que luy porroit ledit fei-gneur, il le confermoit aufsi en fes eftats, amp;nbsp;Vouloir quil iouift de fes pcnlîons fa vie durant. Mais dautant qiiil defiroit foulager fanbsp;^ieillcife , laquelle ne pourroit à lauenirnbsp;porter les peines amp; trauaux de fa fuite, il a-Uçit parti en deux les principales charges denbsp;fon royaume. Et ne cognoiflànr jperfonnesnbsp;tant capables ne fi expérimentées a la côdui-tc amp; maniement de fes afaircs , que fts onclesé Cardinal amp; le Duc de Guife, amp;quilnbsp;ny auoit gens aufqilels il le deuft tant fier,nbsp;ne qui euflent plus de foin de la conferua-tion de fon eftat amp; grandeur,il auoit baillé ànbsp;lvn la charge des finances amp; celles deftat:nbsp;de à lautre le commandement fur ce qui c5-çernoit le faid de la guerre, pour fur le toutnbsp;aduifer amp; ordonner comme ils verroyente-ftre bon. Au tcfte,il le retenoitpres fa per-fonne, amp; de fon confçil, le priant lcn feruirnbsp;aufsi fidèlement quil auoit toufiours fait fesnbsp;predeceflèurs. Ques^ilfetrouuoit laflé,ounbsp;filai difpofe à fa fuite, il pourroit aller sef-batre chez luy, amp; quand gt;1 voudroir retour-
B j.-
-ocr page 34-12- Hiftoire de France,
nev il fcroit tonflours le bien venu- Le Con-neflablelc rcftiercia treshumblcmcnt dec« 3uil luy äUöit pieu non feulemét luy accoter fes requeftes (î libéralement, mais aufsinbsp;auoir tel foin de fon vieil aagcpoiir le def-charger des pefantes amp;difficilcs chargcsgt;qucnbsp;le feu Roy fort perc luy auoit tômifcsr Aufsinbsp;cftoy-iè vcnu,(difôit-il)de fait exprès vers vonbsp;ftre maiefté, pour là fupplicr qu'ayant efgardnbsp;à mon indifpqfition elle men voulut entie-ment defeharger, amp; me pcrtrte'ftrc de me retirer en mamâifon,pour finir le refie de mesnbsp;iours en repos, prier Dieu pour mon fei-gneur amp; mai fire; cófiderc que mes playes amp;nbsp;vieux iours font mal conuenables auec lesnbsp;ieunes ans de vofire maiefte poiir porter lenbsp;trauail des voyages quelle fera çà amp; là. Etnbsp;quant à ce quil plait à vofire maiefié me re-tenirde fonconicil, ielafupplie aufsi mennbsp;exeufer, dautant que deux chofes ne le menbsp;peuucnt permettre. Lvne, deftre fournis ànbsp;ceux aufquels iay toufiours commandé : amp;nbsp;lautre, quefiat plein de iours amp;^uafi radotant (ce dit-on) mon confcil lûy poiuTOit denbsp;peu ou rie feruir. le ne dy pas que sil fiirue-noitafairc ou mxprefcnce futrequife, icnynbsp;employe vie amp; biçs auec celle de mes cn-fans, y eftât doiiblcmét obligé corne à monnbsp;Roy amp; naturel feigneur. Ce fait, il alla voirnbsp;la Royuc merc,à laquelle il tint femblablesnbsp;propos quau R oy. Mais fa refponce fiirtou-te autre,
-ocr page 35-SousFrànçois II. 15 te autre,comme lon Hit,quil ne sattendoit/nbsp;Car elle luy reprocha le propos mention-'nbsp;né cy dcfliis, adiouftant que fi elle faifoit fonnbsp;deiioir, elle luy feroit trencher la telle, pournbsp;s'eftre tânt oublié de toucher à lhonneurnbsp;delle amp; de fes enfans. Mais quelle auoit ennbsp;fi grande rccommâdation,ce que le feu Roynbsp;fon Seigneur amp; mary auoit aimé, que pournbsp;lamour de luy, elle oublicroit volôiiers fonnbsp;iniure particuliere; laflcurantau relie de lenbsp;maihtenir,amp;'quclle ne fouffriroit aucun tortnbsp;luy dire faid. Au furplus, fon aduis clloir,nbsp;quil ne mefprifaft les conditions que le Roynbsp;luy auoit propofccs , attendu quon rte lenbsp;vouloitalhiiettir.dcftre ordinairement à lànbsp;cour ; mais pourroit quand bon luy femblc-rnbsp;toit aller amp; venir. Le Cóncllablc né demeura muet,maintenant laceufation dire faufl'c;nbsp;la fuppliant au furplus de ne prdlcr tellcmctnbsp;les oreilles aux mefdifans,qucllc nen refer-uaft vne pour onir laccule: ayant plulloft cf-gard amp; fouucnancc de fes fideles fcruiccsnbsp;faits à elle, amp; au royaume , quà fes ennemis, qui ne cerchoyént que fa vie pour feSnbsp;biens, lefquels touresfois ne feroyent fi ai-fez àluyöfter quils penfoyent, tant il se-ftimoit homme de bien. Ainfi donc,lc Con-ndlable ( apres auoir touresfois , quelquesnbsp;iours apres , conduit fon maillre au tombeau) fc retira en fa maifon : mais auectelle fuite , que celle du Roy fembloit petite
B 4-
-ocr page 36-x4 Hiftoirc'de France, auprès de ceftc-cy, dequoy ceux de Guife conbsp;ceurcnt^grande ialoufie, ce neanrmoins celanbsp;les garda pour lors de rien entreprendre connbsp;tre ccluy quils fauoyerit auoir acquis tantnbsp;damis durât fa profperiréj que mal ailetncntnbsp;pourroyent-ils en auoir le defliisj linon aucc
le temps.
Honncfte Quant aux Princes du lang, apres que du ' Sboutc^'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;au-
les Princes tant dcbon vifage que ceux de Guife penfe-«lufing- cent eftre propre,tât pour les emmieller,que pour en acquérir quelque bonne réputationnbsp;du peuple, ils ne furent non plus fouftértsnbsp;pres fa perfonne. Car la Royne ni ceux denbsp;- Guife ne voulansBuoirtels cópagnorts.rrounbsp;uerent moyen de les enuoyer au loin, fousnbsp;couleur de quelques honorables charges.Lenbsp;Prince de Condé fut cnuoyè en Flandre»nbsp;pour la confirmation de la paix, Sc pour entretenir amitié amp; alliance auecle RoydE-fpagne. Et combien quil eut peu de moyennbsp;de defpendre apres fi longues guerres, finbsp;luy fallut-il entrer en nouuelle defpcncefenbsp;Ion fa grandeur, lâns eftre aidé du Roy quenbsp;de mille efeus. Apres luy le Prince de la Ronbsp;ehe fur Yon y fiit enuoyé porter lordre dunbsp;Roy:-amp; à fon retour ordonné aucc le Cardinal de Bourbon pour conduire la fur dunbsp;Roy enElpagne. Brief ils efearterent fi biennbsp;çà Âf là les autres Princes amp; Seigneurs iquenbsp;ils demeurerét maiftres tout féuïs.Ccla faitii
fut
Sous François 11. iç fur gî/c à Ia R oync amp; à fes inftrumcnts de vcnbsp;niràboutdiideniciirant. Carqiüraux Par- P»rnbsp;leméts, leur ancienne fplendeur eftoit delîanbsp;efuanouye peu à peu, depuis que les offices d« paiie-deiudicatureauoycnt cfté rendues vénales.nbsp;amp; quil ne fut plus queftion de procéder parnbsp;cleôtion,ny dappeller les iuges des prouin-ces, amp;lcs fameux aduocats reput ez amp; co-gnus amateurs de la republique.au lieu def-lt;iuels on y auoit fourré ceux qui apportoyctnbsp;le plus dargent,ou les folliciteurs tics cour-tifans, Sgt;c les aduocats fauoris des grands,nbsp;qui en auoyent fait leurs iuges. Ainii efteit-il défia aduenu quaucc cesvermines,les en-fans des plus grands vfuriers, auaricieux amp;nbsp;exaéteurs, auoyent rempli le nombre, amp; cornbsp;rôpu tout droit diuin amp; numain, védu par lenbsp;menu ce quils auoyent acheté en gros,ou eunbsp;pour recôpenfê,déclaré les fecrets de la cournbsp;contre leur ferment, amp; en fomme tellementnbsp;villcnc la iuftice, quelle fc dcuoitpluftoftnbsp;appeler vnecauerne de larrons, que lornernbsp;de ceft excellent amp; précieux nom de iuftice.nbsp;Pourtant fut-il aile à ceux de Guife de tenger ces courts à leur deuotion , tena s les v nsnbsp;en bride, amp; templillans les autres de trefgrînbsp;des efperaccs. Et de vray cefte toile aùoit c-fté par eux tramée des le viuantdc Henry,nbsp;en difpofantdctous eftats à Icurplaifir, denbsp;forte quil ny Aûoit coing du Royaume quinbsp;ne full farci de Ictirÿ gens. Quant au confcil
-ocr page 38-Hiftoirc dç France,
des afaires, de tout teps on ny a appelle que Confeilpri quon à voulu, finalement quant aunbsp;né »ppo- côfcil pviuc.aptcs seftre aflèurez du chef quinbsp;le cftle Chancelier, la Royne mere de là partnbsp;Cardinal ne scn donna grand peine, amp; voulue toute!nbsp;de Tour- fois nomméemcnt que le Cardinal de Tournbsp;non y fu'ft rappeiéi, duquel elle auoit telle o-pinion,quil luy fembloit les afaires ne pou-,nbsp;uoirmal aller quad il sen mefleroit. Ce quenbsp;ceux de Guife toutesfois eufient volontiersnbsp;cmpel'ché . Mais quand ils fe remirent déliant les veux lancienne inimitié de luy amp;nbsp;du Connefiable, en forte quils eftoyent incompatibles,amp; le cognoiflàns ennemémor-tel de ceux de la religio, aufquels ils delibe-royent faire la guerre , ils trouucrent bonnbsp;quil fuft incontinent reuoqué de Romme,nbsp;ou il auoit efl é comme relegiic,cn telle fortenbsp;toutesfois quils luy firent cognoiftre , quenbsp;ceftoit par leur moyen, afin quil leur de-meuraft plus obligé , St que fous fa couuer-ture leurs menées fuflènt mieux condui
tes.
Change. Ayaiis otdonnc du confeil du Rov,amp; rèft'* r pourucu de gens defquels ils fe fila waifon oyent, ils fe mirent aufsi à drefler les eftatsnbsp;du Roy. de fa maifon(charge appartenante au grjndnbsp;maiftre. )Et afin dy colloquer leurs domeftinbsp;ques, ils ofterent partie des officiers du feunbsp;Roy, qui de tout teps eftoyent continuez denbsp;pere en fils,amp; les caftèrent fous ombre de bônbsp;nicf-
-ocr page 39-Sous François II. xy mtfnagc : comme aufsiils renuoyercnt partie des autres cn leurs maifons aucc deminbsp;gages pour penlion, combie que Ieftat nou-iicau des officiers domeftiques quils erta-bliflôyétcxcedaftde beaucoup lautre nom-brcjtantily eutde nouueaux pourueus.Brefnbsp;ilny demeura vn fculConneftablifte horsnbsp;nils ceux qui à la premiere prouifion se-ftoyent allez renger amp; offrir à leur feruicc.nbsp;I-cs prouincesdu royaume, amp; les villes denbsp;frontière , furent aufsi garnies des leurs, amp;nbsp;ceux qui ne leur fembloyenr propres, defti-tuez fut mandé à tous Gouuerneurs amp;nbsp;chefs de guerrc,amp; des villes,dobeir au Ducnbsp;de Guife comme au Roy mefme. Les finances pareillement furent maniées par les coînmif«nbsp;plus fauoris du Cardinal,amp; furent auertisanxlanós.nbsp;tous les parlemcns quil auoit la fuperinten-dance fur la politique. Somme, la fouuerai-nc authorirè tomba es mains de ces deuxnbsp;perfonnages pour difpofer de toutes chofesnbsp;à leur plaifir : la Roync mere toutesfois te- îxaftionnbsp;nant toufioiirs la bride, à laquelle furentmiidcmînbsp;donnez les deniers prouenans de la confit-marions des offices amp; priuileges des villes ploy«e.
communautez, ce qui ne fut routesfois fans que ceux de Guife eufsent part aunbsp;butin ; combien que telles fommes ne fenbsp;deulîcnt exiger de droit, finon le royaumenbsp;efeheant cn ligne collaterale. Mais pour
-ocr page 40-2.8 Hiftoire de France,
adoucir vn peu cefte exadió, les efcus quofî auoitpayeï du temps du Roy Henry, pournbsp;cftre réduits es coffres de Diane, furent châ-gezenliures.
CCS chofes fe brafîcreht amp; executerent cri enpiiiiir. partie à Paris, en partie à Sainâ: Germain erlnbsp;remucV h pat vn accident furucnu au Cardinal,nbsp;côurifon lequel fbrraritvn grand matin de lamaifonnbsp;appctit. jç belle Romaine, courtifane renommeenbsp;du temps de Henry, logee en la coufture ddnbsp;Sainde Catherine , auoit failli deftre malnbsp;traite par certains ruffians , qui ccrchentnbsp;volontiers les chappes cheutes a lentour denbsp;telles proycs. Dequoy cftonnee fa faiiiclcrc,nbsp;fe perfùadant Sc donnant à entendre,que lesnbsp;hérétiques luy drefîoyent des embufehes,nbsp;traîna la cour à Sainét Germain, amp; fut caufenbsp;que laRoynemere,ne voulant qüoy quilnbsp;en full, abandonner le R oy fon fils tant foitnbsp;rompit la couftume auparauanr inuio-
rompue fable, qui porroit que les R oynes, aduenant p.u hnbsp;nbsp;nbsp;Jè decez de leurs maris,ne departoyent de la
intrquot;' chambre de quarante lours, ne voyoyent clarté de Soleil ny de Lune , que leur marynbsp;ne furenterré.Toftapres,eftansdcfparris lesnbsp;Bonn« ellranacrs, il fur fait edit defendat tout portnbsp;ordonna- ».nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- a.
C« fuHe darmes, Sc fpecialement les piftoles amp; ba-i°(î '^1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grandes peines, rcuoquant
»Tu ,°msis les permifsiôs particulières amp; prece-mal obfer- dcntcs,otrroyees à qui que ce fuft,sil nauoit nouuclle confirmation du Roy,de forte que
ceux-
Sous François 11.
ceux de Guife amp; les leurs demeurèrent fculs armcz.Dauanrageayansàfufpcâs les habitnbsp;lemens quicouroyétalors »comme les manteaux longs, amp; les chaufles larges (amp; de faitnbsp;aufsi eftoyét ils par trop cxcefsifs^ car le mateau alloitiufques fous le gras de la iainbe,nbsp;amp; fans manches, ôc les hauts de thaulltsnbsp;ftoyet dvne aulne amp; demie de large,ou cinqnbsp;quartiers) ils mirent en fait au confeilpriucnbsp;den défendre lvfage, dautant que là def-foiis fe pouuoyent aifément cachet des ar-mes.Et difoit-on que le Cardinal auoir ceftenbsp;matière dautant plus à cpr, quvn Nccro-manticn luy auoit pronoftiqué à Rome,quilnbsp;feroictuç dvn ballon à feu par lenuie quonnbsp;luy porterort,amp; pour les ennemis quil feroitnbsp;en France, eftantcllciic au plus haut degrénbsp;dhonneux. Ce qui le tenoit en gehenne amp;nbsp;luy caufoit grandes inquietudes (vray falai-rede ceux qui vont auxdeuins) lors niefmesnbsp;que tout ployoit fous luy.
Parmi tant dafaires, le Cardinal des le irCirdi-comencement, pour tenir promelfe aux Duc Dalbe lt;Sc Duc de Sauoye, auec lefquels la »t,-!« ly-ruinc de ceux.de la religion eftoit iuree : amp; 'mpi'Xn- ¦nbsp;pour sappuyer fur le bras fpirituel,fe deli-nmiét desnbsp;beradepourfuiurc txclînftâmenrlcs prifon-
û nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t / 1 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cour,
niersjamp;tous autres notez pour icrairdç laRc dont il o-ligion. Et de fait des le 14-de Iuiner(quatrc iours feulemét apres la mort H^e Héry) la co- \nbsp;mifsiondcs iugez deleguez pour le procès ¦/
-ocr page 42-50 Hiftoiie de France,
des cinq confeillers de parlemét mis prifon-nicrs par le cômândement dudit Roy Héry, fut reconfermee par lettres parentes du Roy.nbsp;Ënvenudefquellèsils furent contraints ref-pôdre,amp; daueât quêtre tous Fumee ne plai-Anthoine foit aucunemct au Cardinal, amp; moins enco-Marefchal fainâ: André, pour ne leurnbsp;menton- auoir(côme on difoit)aiitrefoisvoulu prefternbsp;fa confciencc, il fut fi bien recômandé quonnbsp;lalla carelfèr apres du Bourg. Les articlesnbsp;du procureur general eftovent: Sil auoit pasnbsp;mangé chair aux'ioùrs défendus: Sil auoitnbsp;pas marié vne chambrière de fa femme a-uecvnpreftrc: Retiré en famaifon vne femme bannie par arreft, amp; pour caufe de la religion,amp;¦ eftè aux ailemblees des hérétiques':nbsp;ce quil defnia comme fanfïement controu-ué: amp; Ce plaignit aigrement dauoir pour iu-gc le Prefidenr fainft André , fon enneminbsp;mortel,accufateur,denôciareuramp;foiliciteur,nbsp;amp; qui eftoit luy-mefmcs aceufè dinfiniesnbsp;mefchâcetez amp; fau(Jetez côtenues en fes eaunbsp;fes de rccufatiô,lefqneJles il oiftoirprouuer.nbsp;Impua^ce lehan Bertrand Cardinal , amp; peu deuantnbsp;dcBertfSd ^ardc dcs féaux, pour gratifier au Cardinalnbsp;perfonna- de Lorraine, amp;rellayer par ce remede de rô-pre fon voyage de Rome, fit toute diligencenbsp;de iuger lappel interietté par du Bourg (vi-uât encor lamp;Roy Hêty)de la fèntence de lE-iiefque de Paris qui lauoit déclaré hereti-que.Et côbicn quon luy euft rcmonftré quil
ne
-ocr page 43-Sous François II. 31 »e le pouBoit faire, attédu quil auoit preß-1nbsp;aux iugcmens precedens, ß ne laifla ilnbsp;de pafler ouere amp; confermer cefte fenren-Ce, alléguant pour defence que lors quil iu-geoit amp; prefiefoit, ceftoit en qualité de gar-dedes feau x, Sc chef de la iuftice de France:nbsp;mais quadonç il le condamnoit comme Ar-cheuefque de Sens. De laquelle fentencc dunbsp;Bourg appclladerechef, corne dabus. Or fenbsp;faifoit-i! de mcrueilleufes mences pour lopnbsp;primer ,amp; entre autres chofes, cômandemetnbsp;auoit ia elle fait à fes deux freresCqui cftoyétnbsp;en la ville pour follicitcr pour luy)de la vui-der dedas trois iours fur peine de lindignation du Roy,lt;Sf deftre priuez de leurs eftats»nbsp;afin que tout fecôurs humain iuy fuft ofte.
Efiant donc du Bourg ainfi remené de la Baftille en la côciergerie du palais; le pre- Bourj.nbsp;mier prcfidenrÄt ceux de la grand chambrenbsp;voulurent iuger lappel comme dabus. Maisnbsp;il prefenta contre eux ,amp; mcfmc contre lenbsp;Prelîdèt nommé le Maiftre,des canfes de rc-eufation, contenaris blafmcs trefdeshonne-ftes amp; dignes de mille gibets.rcquerât en ounbsp;tre,confeilluy eftre adminiftré. Le Cardinalnbsp;aduerty de cela i afin de faire promptemencnbsp;iuger lappel,amp;.'cfuanouir les caufis de recü-fatién , meriâ au parlement le Chanceliernbsp;Oliuicr, amp;plufielirs maillres des requeftes,nbsp;choifis à fadeuotion. Du Bourg mande u4nbsp;seft onna de ceft appareil, ains perfiaant rc-
-ocr page 44-31 Hiftoire de France,
monftra au Cardinal quil sesbalufïoit com me luy,qui eftoit fon ennemi mortel, partie,nbsp;accufareiir,amp; principal folliciteur, fe ragcoicnbsp;ainii an nombre de fes iuges. Surquoy, luynbsp;blemillant sexcufa, Iafleurat quil eftoit fonnbsp;meilleur ami. Touresfois,puis quil auoitnbsp;telle opinion de luy,il sen deportoit volon-taircment.Fi.nalement, fes caufes de recufa-tion furent, par arreft prononcé par Olimer,nbsp;declarces admifsiblcs, amp; ordonné quil au-roit confeiljce qui luy auoit efté auparauantnbsp;defnié ,de forte que le Cardinal fe trouuanbsp;tout confus.Laduocat Marillac luy fitt bail-lé,lequel mir toure peine de le faire defdi-re,luy alléguant que fans cela ilnepourroitnbsp;euite'r la mort,cc que nayant peu faire, il Ramena à cefte necefsité quil le laifleroit pIainbsp;dçr fans linterrompre, puis il diroit apres cenbsp;que bon luy fembleroit. Eftans donc venusnbsp;deuant les iHges,laduocarreinonftra le merite de la caufe,la maniéré de lemprifonne-menr no iamais pratiquée, amp; encores moinsnbsp;la faço de procéder de Bertrand, qui nauoitnbsp;eu aucune honte ne yergongne de ioucrnbsp;deux perfonnages ou crois, en prefidant Sc,nbsp;afsiftantaux trois iugemens precedents.En-quoy non feulement apparoilïoycnt les eau*nbsp;fes dabus trefeuidentcs,mais aufsi la nullité des fentences amp; arrcft,cn forte quil faloitnbsp;neccftàirement recommécer tout le proces,nbsp;caller amp; anuller toutes ces procedures, veu
-ocr page 45-Sous François IL
que nulle formàliré de iiiftiec ny auoir elle gardée. Mgis au lieu de concliirrc en fon appelai acquielça, recourant à la mifericordsnbsp;du Roy ,amp; de la CounConfeflânt fa partie a-uoir grieuemét oftencc Dieu, ôc fainde mere Eglife,irrité le Roy,amp; seftre inonftrc in-»nbsp;obedient à fon Euefque, auquel amp; à la fain-fte Eglife Romaincjil deliroit eftre réconcilie Surquoy du Bourg qui eftoit prclcnt,!*?'nbsp;voulant oppofer, Marillac fit ligne aux Preß-,nbsp;dens, deiirans kiy fan tier la vie par ce mo.yé,.nbsp;iefquels aulieudeluy donner audience, amp;nbsp;falloir sil auQuoit fon aduocat, le renuoyc-rent incontinent en fa prifon. Mais pendantnbsp;quils auifoycn: de députer deux dentreuxnbsp;f'our faire entendre fa conuerfion au R oy,Si:nbsp;uy deinâder fagrace,voici arriuer vn bulle-tin eferir amp;¦ ligné de du Bourg, par lequel ilnbsp;cî^auouoit les conclufions de Ion aduocat, lnbsp;perliftant qnfes caufes dappel, amp; en fa con-refsion de foY faite deuant le Roy, laquelle,.,nbsp;il eftoit preft de confermer par leffufiondcnbsp;fon fing en la mort.comme eftant, difoit-il,nbsp;fondée fur la pure parole de Dieu , lequel ilnbsp;fupplioit treshuniblement luy pardonner,nbsp;tant de nauoir interrompu fon aduocat, come aufsi dauoir efté induit par la feintifenbsp;daucuns à vouloir interpreter amp; coulourernbsp;celle ficnne confcfsion de foy, fur quoy ilsnbsp;auoyét arraché quelque chofe de fes mains:nbsp;mais quapres auoitpenle à la vérité, il trou-»
-ocr page 46-54 Hiftoirc de France,
«oitauoir efte grandement feduir, ce qui le faifoitreueniramp; demeurer ferme en fes prenbsp;jniers propos. Cela vcü par la courdls en ad-uertirent le Roy, qui leur manda de le iugernbsp;incontinent. Par ainfi y eut arreft de bié mgénbsp;ßcmal appelle. Sô recours fut à lappel deuâtnbsp;le Primat de Lyô. De la senfuyuit des bruitsnbsp;quot;que du Bourg seftoir defdit,qui reiiouif-foyét: les vns amp; fafchoyér les autres, Mais ce-quot;çi venu àfes aureilles il sen exeufa grandement,par vne epiftre quil adrelïoit à fes frères amp;mcbres de lEglife de Paris,leur rendâtnbsp;railbn de fon fait:amp; les priant de ne sen fcâ-dalizer,car il efperoit,Dieu aidât,de demeurer ferme iufques à la fin. Et quant à ce quilnbsp;rccouroit ainfi aux iugemés des fuppofts dunbsp;Pape , il difoit, que ce neftoit aucunementnbsp;pour approuuer leur Eglife, ny aiifsi pournbsp;prolonger fa vie par fubterfuges : mais pournbsp;auoir par ce moyen dautant plus dopportunbsp;nité de faire cognoiftre fa religion, de profiter en plufieurs lieux, autant quil pourroit:nbsp;amp; à fin dofter toute occafion de penfer qu'ilnbsp;fe precipitaft, amp; quil fuft caufe de fa mortnbsp;deuanrîe temps, sil ôublioitquelque cliofcnbsp;qui peuft feruir à fi iufti fication.Car quant ànbsp;luy il fe fentoitfi bien fortifie par La grace denbsp;Dieu, que lheure de fa mort luy eftoitebofenbsp;fouhairable , laquelle il arrendoitauee toutenbsp;ioye. Cependant il sefcouloit beaucoup denbsp;temps, qui caufoit au Cardinal, amp; aux en-
-ocr page 47-Sous François II. 55 nemis de du Bourg vu fort grand cnniiy amp;nbsp;defpit : car ils nauoyenc rien plus recommandé-
Voila leftat auquel efVoyent réduits çêux Artifice de de la religion, par celle pourfuite violente,nbsp;acompagncc dinfinies captures quon fai- cntietenitnbsp;foit par tous les endroits du Royaume : denbsp;force que leur condition cftoit cinpirce par febie ecu*nbsp;la mort de Henry,pluftoft quamendec.Leurnbsp;recours fut premièrement de prier Dieu, amp;nbsp;en fécond lieu denuoyer deuers le Princenbsp;de Coude,la dame de Roye fa belle mcre,amp;nbsp;lAdmirai,non ennemis de la religion,amp; quinbsp;tlloy eut lors à la cour àVilliers Colle-Rets,nbsp;fiour les fupplicr dauoir pitié deux,prendrenbsp;eur caufe en main, amp; tant faire entiers lanbsp;Royne mere, quils fulTent ouïs en leurs lu-ftifications, enquoy ils auoyent cfperantc,nbsp;par ce quelle leur auoit fait au parauantnbsp;quelque dcmonllration de bonne volonté,
promis, viuant Henry , la faire cognoiftrc fl elle en auoit le moyen. Ces perfonnages,nbsp;combien quils neufient lors grande autho-rité , promirent ton tes fois de semployer félon leur pouuoir, pour tant faire quils fuf-fent ouïs. Toutes fois leur auis eftoit quilsnbsp;cfcriuifiènt à ladite Dame, ce qui fut fai^l. met«.nbsp;La lettre portoit, que viuant le feu Roy Hcnnbsp;ry,amp; de long temps,ilsauoyent beaucoup -cfpcré de fa douceur amp; bénignité, en fortenbsp;quoutre les prières qui fc faifoyent ordi-
C a.
-ocr page 48-3^ Hiftoire de France, nairemcnt pour Ia profpcritc Hu Roy , ilsnbsp;jrioyent Dieu particulièrement quil luynbsp;ileuft la'fortifier tellemét en fon efpritjquelnbsp;e peuft feruir dvne fécondé Efther. Maisnbsp;que prefcntcmét, puis quelle eftoit mere denbsp;Roy,qui luy remettoit du tout fes afaires, ilsnbsp;auoyentconceii meilleure efperanccjamp;sad-drefloyentà elle, pour la fupplier treshum-blement les faire iouir des fruits de leur attente, amp; ne permettre ccnouucau regne e-ftre fouillé du fang innocent,lequel auoit tacnbsp;cric dcua.nt Dieu,quon seftoit bien peu ap-fierccuoir fon ire auoir efté embraffce : pournbsp;aqiiclle efteindre il ny auoit autre movennbsp;que de donner rclafche aux pourcs affligez,nbsp;amp; les efeouter en leurs iuftificatios. En quoynbsp;faifant, Dieu prendroit le foin de fes enfansnbsp;amp;¦ delle,amp; augmenteroit leur regne en toute profperité. Cefte dame qui dvn codé fenbsp;voyoit le chemin ouuert pour eftablir Connbsp;authorité de plus en plus, tantpource quonnbsp;saddreflbit à elle, que pour le moyen quonnbsp;luy dônoit de fauoir tous les fecrets de ceuxnbsp;de la religio,fuftpour les ruiner par eux-mefnbsp;mes,ou pour les auoir à fr deuotio en vn be-foin,vfa dvne merueilleufe rufe en ccd en-droit.Car feignant en premier lieu, (commenbsp;elle a roufiours fait) quelle eftoit irritée denbsp;ce que la mort de fon feufeigneur amp; marinbsp;luy eftoit ramentue de telle façon,Helas, ditnbsp;elle,dequoy eft-ce quon me mcnace?Car cônbsp;ment
-ocr page 49-Sous François II. 57 ment pourroit Dieu me faite pis qu'il a fait,nbsp;mayât ofté ce que ie prifois amp;aimois le plus?nbsp;ToutelFois peu apres, comme aucunementnbsp;rappaifce,elle leur donna plus »ratieufe ref-ponce,promettant au Prince, àla belle merenbsp;diceluy,amp; à r AdmiraUde faire cefler laper- *nbsp;fccution,pourueu quon ne saflcmblaft, amp;nbsp;que chacun vefeuft fccrcrremenr,amp;ifans fcâ-dale. Cequilefmciitacelaj.cc furent certaines lereres amp; rcmonftrances â elle en-nbsp;uoyces le i.(,. dAoù^par vn gentil-homme / r anbsp;qui auoit ferui la feu Royne de NaHarre,qùi nbsp;fe fouf-feriuit Villcmàdon, auquel ladiclc'nbsp;Dameauoitautrcsfoispriuément cofeté de,nbsp;fes afàircs,amp; mcfmcs des ppints de la reli- 'nbsp;giô.En CCS lettres il luy ramenreuoit cornmenbsp;du temps de fa fterilité il nauoit tenu à ceux Royne menbsp;là mefmes defquels maintenant ellc'saflcü-roit,quelle ne fiift répudiée, amp;quc lors elle ucé.nbsp;auoit eu fon recours a Dicujifant amp; gouftâtnbsp;fa parole amp; châtâtaucc gtâd plaifir les nfeail,nbsp;nies traduits en rime Frâçoifc,cntre lelqu'elsnbsp;elle auoit choifi corne pour foy le 141, encore quil ne fuft de latraduftiofi de Marot,'nbsp;Commençant aihlî; '
Vers FEterneldesoppréflèz lepere le Hièn irayduy rtionftrahtlimpropel'c' 'nbsp;QueTon me fiit,amp; lùy feray prierenbsp;A haute voix,quil nc iette en arrière
¦ Mes piteux cris,car en luy feul iefpere. ènuiron lequel temps, Dieu luy auoit donnée
G J
-ocr page 50-5s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hiftoire de France,
fon fils aifnc que pluficurs autres enfans a-uoyentfuyui. Il vouloit aufsi quil luy fou-uint comme le Cardinal aiioic mis en vfage au lieu des PfcaumeS,ccrtaIns vers lafeifs amp;nbsp;impudiques dHorace amp; autres poctes infames , depuis lequel cliâgcmc.nt tant de malheurs luy eftoycnr aucuns les.yns fur les autres. Et lcxhortoit finalemcntjfi elle ne vouloit tomber du tout en ruine auec lcftat dunbsp;Royaume , à fe deftaire de tels monftrcsnbsp;dhommes, amp; nendurer que ceux qui nc-ftoyent de lamailôn, SC nauoyent aucunenbsp;Îiart en lhcritagCjOCCupalTcnt par dol amp; vio-ence la puidance du Roy amp; delle, amp;quenbsp;fous ombre du nom du Roy «Se delle ils sacnbsp;cageadent amp; meurtrident les enfans legitimes peuples du Royaume,rcculans amp;mctnbsp;tans fous les pieds les Princes du fang, maisnbsp;quau contraire elle fid: que tout allaft felonnbsp;leleclió de Dieu, que les princes du fang,nbsp;qui eftoyent leurs meilleurs amp; plus fidelesnbsp;feruiteurs, luy fudent en honneur. Finalement quelle aduifaft de conduire fes enfansnbsp;en la voyc du bon Roy lofias. Voila,di-ie,lanbsp;lettre dc_yillcmadon qui efmeur grandement la Royne mere à penfer à fes afaircs,nbsp;coniedurant que les. Princes du (àng ne-ftoyent ainfi mis enauant,quils nefidèntnbsp;iouerceicu aux autres, ce qui pourroit rendre la partie foiteou elle ne gagncroit rien,nbsp;fi clic tenoit trop roide dvn cofté. Etpourtatnbsp;deli-
-ocr page 51-Sous François IL
délibérant fous main dentretenir en quelque opinion de foy,tant les i-'rinccs que ceux de la religion,amp; sadreflant pourceft effeftànbsp;Madame de Mompenfier quelle fanoit cftrcnbsp;aucunement delcur party,amp;:qui cftoit au re-fte de fes plus priuees amies : elle fit femblarnbsp;de fe plaindre de ce gouuerncmcnt quellenbsp;appeloit tyrannique , comme eftant tranf-porté aux efttangers,fe plaignant du recule-mcntdu Conncilable, amp;dumefpris auquelnbsp;elle fe voyoit.Promit aucc le temps toute fall eur à ces poures gens : bref, elle fiten fortenbsp;quils la penfoyent tenir à leur deuorion,nbsp;dont nous verrons les contraires effefts cynbsp;apres, le vien maintenant aux autres tfairesnbsp;de leftar.
CeuxdeGuifc, non contens encores de de fe voir fi haut efleuex sils nauoyent du toutquot;J(-j./nbsp;terrafle ceux qui leur pouuoyent faire tefte, pourrera-saduifcrenr,pour y paruenir, dvn moyé qui boürS'fcnbsp;pourroir mefmcs les faire trouuer fort foi* acquérir i*nbsp;gneux du public, amp; par confequent tendrenbsp;leur gouucrncment agréable au commun, mu»,nbsp;faifans lettres de reuocation de toutes aliénations faites tant à vie quà temps,fuft pournbsp;rccopenfe de fcruices ou autrement,excepténbsp;les venditions dont les deniers auoyent e-fté employez aux grands amp;vrgcns afairesnbsp;du Roy, fans aucun defguifcment, amp; lap-panage amp; vfuftuiâ: des duchciTcs de Sa-iioye amp; de Fcrrarc, filles de France , amp; le
?
-ocr page 52-40 Hiftoire de France, dorde la feu Royne Iconor, duquelloiiif-foit Marie infante de Portugal. Le reftenbsp;reuni au domaine amp; receptes ordinaires dudit Sieur^Chofe qu defpleut grandement ànbsp;beaucoup de Princes , grands Seigneurs amp;nbsp;perfonnes notables qui fe vovoyent 'riiPrcznbsp;de leurs biéfaits. Voire amp;¦ dautant pus quenbsp;ces Gouuerneuis amp; leurs fauoris auoyér relies lettres de declaration quils vouloyent.
Nauarr/' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;Y iint,commc Ic Conneftablc
trompé fentât approcher la mort de Henry,auoitcn-méfir°r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nauarre -, pour incontinent
trahi des Sacheminer à la Cour, afin de fc faiïir de fiens, amp; bonne heure du gouuernement du Royau-'de focn- *^^^5 auant que ceux de Guife sen fuficnrdunbsp;ntmis. tout cniparcz. Mais ce Prince peu delireuxnbsp;dhonneurs amp;¦ de maniemens dafaires, nennbsp;fut autrement cfmcu. 11 fe fouucnoit aufsinbsp;que le Conneftablc auoit eu fort peu def-gard à luy au traité de la paix dernière, 8cnbsp;pourrât nofoit encores fe fier en luy, amp; crai-gnoirquece meflâge fuftpiuftoft pour fonder Ibn inrention, que pour bien quil luynbsp;vouluft. Parquoy ilne fc hafta aucunement,nbsp;amp; dôna loifir aux autres de siniinucr en fonnbsp;lieu.. Mais fe fenrantcontinuellement ref-ueilléparlon frère le Prince de Condé, cc-luy de la roche fur Yon, amp; autres grâds Sei*nbsp;gneurs, il y entendit de plus près , ioinr quônbsp;remonftroitla confequence qui sen pour-roircnfuiiirc à eux amp; leur pofterité , outre lenbsp;mau-
-ocr page 53-Sous François IL 41 mauiiais ex épie quil laiflcroir pour laucnir,nbsp;amp; le reproche quil auroit à iamais dauoirnbsp;laide le gouuernemenr du Royaume aux c-ftfangers, lauaricc amp; anibirion defquels c-ftoit tellement cogniie, quils ne fe conten-teroyent de telle authoritc au Royaume,nbsp;puis que le ciel amp; la terre gt; neftoyent fu^fi-fans à les faouler. A quoy on adiouftoit quenbsp;ce remuement de toutes chofes, amp; principa-Icment des gouuerneurs des prouinces amp;nbsp;villes de frôtierc (côlidcrce lindifpolitiô dunbsp;Roy,amp;quils manioyét les finaccs à leur gré,nbsp;rangeovent la iuftice à leur deuotion , amp; cô-niandovér feuls aux forces) prefageoit quelque plus trifte changement.
Ayant donc communiqué ceft afairc à seTgt;,;wurï ceux defon confei (les principaux defquelsnbsp;cftoyét larnac , lEuefque de Mande,baftaidnbsp;dii feu Chancelier du Prat, maiftre des re-queftes de la maifon du Roy , amp; chef duditnbsp;confeil, Defeats fon chambellan »principalnbsp;fauorit, amp; auquel il deceloit tous fes afairesnbsp;amp; fecrets (ccommc aufsi ce dEfears faifoicnbsp;les mcflages damv) amp; Bouchart aufsi maiftre des requeftes du Roy amp; Chancelier dudit Sieur) eux vovans vnc chofe de laqucllanbsp;il ne leur pouuoir que bien aduenir fi ellenbsp;fortoitfon effe(ft(cómeon les afteuroit silsnbsp;fe haftoycnr auant que les autres enflent loi-fir de prendre pied amp; terre ferme au manie-,nbsp;ment des afaircs)luy donnèrent confeil denbsp;sache-
-ocr page 54-HiftoiredcFrance^ sacheminer à la court le plus diligemmeflCnbsp;quil feroir pofsible:amp; damener le plus grâdnbsp;nombre de gentils-hommes quil pourroitgt;nbsp;afin que sil y aiioit quelque reliftancejcom-me e lie cfloit à craindre du codé du Duc denbsp;.Guifc, homme de curamp; ha/ardeux, ilsnbsp;fepeufienr aider de fcs Galbons 3attendantnbsp;que plus grand renfort luy vinft, sil en e-ftoit befoirt. Mais la chofc ne futpluftoftnbsp;conclue, que ceux deGuifeneiifuflcnrad-uerrispar Dclcars ,qui vouloir auoir deuxnbsp;cordes en fon arc,amp; aiioit touliouts fiiir menbsp;ftier amp;marchandife du fècret de fon mai-ftre. Cela les fit eftonner du commencement, amp; fe tenir fur leurs gardes: faifansnbsp;faire vn edit atiec plus eftroittes defencesnbsp;que iamais , de porter armes amp; piftoles , furnbsp;peine de la vie. Et au lieu qu'ils sefioyentnbsp;rendus difficiles, amp; de nul accès , quand ilsnbsp;virent quils auoyent afaire dhommes,ilsnbsp;commencèrent à cart fier amp;appeller les gésnbsp;de feruicc , amp; à leur promettre de grandsnbsp;biens pour tenir leur parti. Ils ne faillirentnbsp;aufsi denuoyer fecretrement vers Defeatsnbsp;óc Mande , pour les prier de deftournernbsp;leur maifire cle fon entreprife. Pour ce faire lvn auoir promefiè deftre Confeiller aunbsp;priué confeil,amp; dentrer aux afaires: lautre deftre cheualief de lordre aueccinquatenbsp;homes darmes, outre plufieurs autres gradsnbsp;biens qui Jcilr eftoyenr promis. Lcfquelsnbsp;cftats
-ocr page 55-r
Sous François II. 45 eftats ils pourroyent accepter (difoyent ceuxnbsp;de Guife) faas que leur maiftre sén doutaft.nbsp;Dautant que celloit lacouftume en Fran-* ce,dauan;ef pres des Rois, les fauorits desnbsp;Princes, amp; que ledit feigaeur leur maiftrenbsp;péfcroitpar ce moyen eftre grandemer gratifié de voir en honneur f.s deux fpeciauxnbsp;feruiteurs.
Defeat's donc amp; Mande, qui eftoyent ré- Artifices \nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/**nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* \ 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour de-
gez a ces promciics? venans a ix cour auec {tourner leur maiftre, lequel auoit à fa fuite nombre l'Roy denbsp;de gentils-hommes dédire , petit à petit cô- d^foquot;da,nbsp;mencerent à mettre de leau en fou vin, amp; uoit.nbsp;fans le fccu de larnac, luy mirent en auant,nbsp;quil fefaloitmcurcmcnt Sc C^gcmcntcon-duire envn afairc de fi grande confequen-ce: amp; ce dautant plus que les faits de feunbsp;monfieurde Bourbon, luy eftoyent amp; dc-uoyent eftre comme vn clair miroir. Da-uantagc, ils luy ramenteuoyent quil auoitnbsp;à perdre, amp; que fes ennemis ne cerchoyentnbsp;que nouuelle occafion de kiy courir fus;nbsp;comme, en femblablc le Roy dEfpagncnbsp;lefpioitde fipres ,quc sil luy aduenoit denbsp;rien entreprendre par force ( fur tout ynbsp;eftant entremeflé le fait de la religion)nbsp;il fc pouuoit afieurer deftre aifément de-ftruit fans efperancc de rcfourcc à luy nynbsp;aux fiens , Icfquels auoyent les reins tropnbsp;foibles pour entreprendre ;tellc chofe. Anbsp;«cfte.occafion, doneques Iciiraduis eftoit.
-ocr page 56-44 Hifloirc Je France, quepluftoftil cafcliaft ci.moir par douceurnbsp;la faneur quil pourvoit, que de rié hazardernbsp;par trop haut entreprendre. Et quil deuoitnbsp;eftre tellement clos amp; fermé en cela, que cc-pendâr nul ne feeuft fa conception, entretenant ceux de la religion en telle efperancenbsp;que quelque fois il leur aidaft amp;¦ parlait pournbsp;eux, en ce qui ne liiy pourroit porter nutfan-cc, leur baillant entre deux vertes vne meure, afin que s^il efioir preiïc, il (e peuftpreua-loir de leur fecours , fi on le recercnoitdenbsp;trop pres. Mais quil falloir fur tout quil gardait de Ce laifièr aller à quelque autre remô-Itrancc tant bien coulourèe fuit elle, amp; quoynbsp;quon luy feeuft amenerau côtrairc. Car, di-foyent-ils, Sire, ceit la maniéré de faire denbsp;ceux qui fctrouuent offen fez, decercherparnbsp;tous moyens la vengeance,amp; fe munir denbsp;gr-ïdes amp; liaifes remonitrances,perfuafiues,'nbsp;amp; pleines daffeôtions, pour parlicnir à leursnbsp;delîeings. Tönt ainfi quel ceux qui veulentnbsp;esbrartler amp; mettre bas vn roclicryfont pro-'nbsp;infion iVpreparenrtoureHes maéhines ne-'nbsp;cefiâires. Voila comme ce Prince,aiïtrcmentnbsp;peu efchàu fe ,fut entièrement refroidy.'Eftâtnbsp;donc ârriué à Poiétièrs, il monitroit aubir lenbsp;meilleur courage du mode, qui fit que beaucoup de grands Seigneur^ amp; Princes luy allèrent àu déliant, amp; entre autres le Prince denbsp;la Roche fur Yon.
Les miniftres aufsides principalts villes ?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du
-ocr page 57-Sous François II. 45 du Royaume, Ócfpecialcmcntde Paris, Or- R'mon-leans amp;Tours,lc vindrentrrouuer, lefquclsnbsp;il receut beniguement, amp; entendit leurs re- , aunbsp;monftrances tant en seneral qucn particu-Jier. Le lomniaire d icclles eftoit que Dieunbsp;ne lauoitpas feulement deliuré de la mainnbsp;defes ennemis pourfon bien amp;¦ pro fit particulier, mais auî'si lauoit miraculeufementnbsp;conferué par faprouidence, pour maintenirnbsp;amp; défendre la vraye amp;pure religion,accable e par les ennemis de v eritc : amp; pour efla-blir en Frace le vray amp;: pur feruice de Dieu,nbsp;a quoy il deuoit çntcndre,puis que de droiâ:nbsp;il auoit efté appelé au gouucrnement dunbsp;royaume, pendant la minorité du Roy. Anbsp;celle occafion,amp; puis quil apparoifibir ma-nifellement que Dieu lauoit choifi «Se efleunbsp;pour reparer les ruines de fou Eglifc , ilsnbsp;nauoyent peu moins faire pour le deuoirnbsp;de leurs charges, que daller deuers fa ma-icftéjluy remonftrcr cc grand amp; meftimabjenbsp;benefice de Dieu, afin qucn vraye reco-gnoiflànce diceluy, il quittaft: entièrementnbsp;lidolâtrie amp; faux feruice qui regnoir encornbsp;en fa maifon; amp; quau lieu diceluy il cflablitnbsp;la vraye religion amp; pieté, laquelle il ne deuoit plus tenir cachée , puis que Dieu luynbsp;auoit baillé h bon amp; afieuré tefmoignagenbsp;de fon afsiftance : comme aufsi il leâeuoitnbsp;entièrement repofer fur la prouidencc diceluy, pour nelire abandonné de luy en fi
-ocr page 58-46 Hiftoire de France,
fainétc entreprife. Ils difoyent dauantage» que tous les fideles Chreftiens de France,nbsp;quiauoyent embrafse la reformation delEnbsp;uangile,auoyent les yeux fichez fur luy,amp;nbsp;sattendoyent par fon moyé dobtenir quelques bonnes treues, amp; relafche de loppref»nbsp;non continuelle par eux foufferte depuis 40.nbsp;ans.Et quau lieu que toute defcce amp; audié-ce leur auoit efté iufques alors defniee, il lesnbsp;feroit ouir en leurs iuftifications. Parquoynbsp;ils le fupplioyét, ne les fruftrer dvne fi bonne amp; faindle efpcrancc, ains les faire iouirnbsp;du fruiôl dicelle. Autrement il fe pouuoitnbsp;afleurer dencourir lire de Dieu, lequel nenbsp;len lailïcroit longuement impuni. Car toutnbsp;ainfi quil lauoitpreferué miraculeufementnbsp;pour lemployer à vnc fi excellente charge,nbsp;aufsi le fauroit-il bien trouuer pour le mettre en exemple de fon iufteiugemêt,sil meC-prifoitamp;defdaignoit vn fi grand bien.
BeliCj pîo-mcflcs du Roy denbsp;TMauarre.
Il donna fur cela bonne efperance, les allèurant quil na!loit à la cour pour autrenbsp;chofe, que pour pouruoir au fait de la religion amp;cftablir le pur feruice de Dieu. Carnbsp;autrement il cftoir fi peu curieux dhonneurs amp; conuoireux de maniemens da-faires, que le feiour en fon pays, amp; la fim-ple conduite de fes fuicts luy cftoitplusde-leâ'able. Bref, il les afleuroit de leur fairenbsp;obtenir ce quils demandoyent, amp; y employer tout fon credit amp; faneur fans riennbsp;defgui-
-ocr page 59-Sous François IL
defguifer. Que sil nabandonnoit fi rofi la ' incfle,ilprioitdeftre fiipporré:pource quennbsp;cefaifântil nauroitplus de moyen de riennbsp;faire pour eux 5 comme défia il eltoir beaucoup foupçonné amp;fcandaiife par les ennemis. Ils répliquèrent, que sil vouloir auoir
fon afsiftance, fans en doutcrpourplus longuement temporifer.
Eftant approché de la cour, il enuoya /bn Bra«adlt; quot; Marefchal des logis amp; fourriers à Sainéhnbsp;Germain en Lave, preparerfes logis, qui fe Roy denbsp;monftrerent allez fafcheux, dautant quonnbsp;ne leur bailloit chambres auchaftcau , felon la grandeur de leur maiftre,amp; au village encor moins de quartier pour fa fui- ¦¦nbsp;te. Mais pource (comme dit à efté) quenbsp;- ceux de Guife fe tenoyét afTcurez quii nen-treprendroit rien de nouueau , iis tindrentnbsp;peu de conte des remonftrances de fonnbsp;Marefchal , ains le renuoyerent auec pa-roles hautaines , voire iufques à ellre ditnbsp;par le Duc de Guife , quil luy coufteroitnbsp;la vie amp; de dix mille hommes auec , auantnbsp;quon luy oftaft le lieu amp; le logis que lenbsp;Roy luy auoir baille pres faperfonne. Et ain-fi ne craignirent ceux de Guife de faire co-gnoiftre leurauthorité, auec le meipris dunbsp;Nauarrois,en forte que fes gés furét côtrainsnbsp;de retournerai» deuat de luy fans auoir logis.
-ocr page 60-48 Hiftoire deFrancCj cc quayant entendu il fitdemonftration dqnbsp;quelque mefcontentemcnt,niais pour cela ilnbsp;nen fut autre chofe.
1 CS Roys de France ontceftecouftumc en leur grâdcur, que voulans carefTer quelques Princes ou Seigneurs leurs fanons,fa-chans lheure quils doyuentarriuer, ils leurnbsp;vont au deuant par courtoifie, feignans allernbsp;à la chaHc amp; les rencontrer daucnturc. cenbsp;qui eft cftimé pour lvn des plus grands hoirnbsp;neurs amp; faneurs . Car à la v'eue de tous , lenbsp;Roy retournant les entretient de propos a-miables. Les Daines font aufsi le plu^ fou-lient le pareil. Mais rien de tout ceci ne futnbsp;fait au Roy de Nauarre, quelque efperanccnbsp;quon luy en euft donee. Âins le Roy fut menbsp;né par le Duc de Guifc à la chaflè par chemins tout contraires. Et ainlî leNauarroisarnbsp;riua au chafteau fans que nul luy fuft au déliant de tous les courtifans , ou il trouiia fonnbsp;logis tant peu prepare que fes coffres eftoyétnbsp;en pleine court, fans quon feeuft ou les ranger hors du chemin des paflans.
. Defeendu de chenal il alla droit en lacha-brcdela Royne mere ou effoit le Cardinal de LorrainCjlequelil ne scfmeutny auançanbsp;dvn feul pas pour luy aller au deuant. Au conbsp;traire,il fouffrir quil le vint ccrcher amp; caref-fer apres auoir fait la reuerencc à ladite Da-mc:cncorcs le receut-il affez eftrangcment,nbsp;dequoy piufieurs scfmerucilloycnt, dautâünbsp;quils
-ocr page 61-Sous François II. 4^ quils nattédoyét rié moins, que ce Prince fenbsp;vouluft ainliaSaiflèr, mefme au temps quilnbsp;femMoit deuoir commander à tous. 11 eut lenbsp;mefme recueil à la venue du Roy. Car luynbsp;ayant efté au deuant iufques à lentree dunbsp;chafteau, amp; fait lareucrence, ceux de Guifenbsp;tindrent ii bonne mine,que nul ne sauança:nbsp;mais ce fur à luy de les aller embraflcr : cenbsp;queftatremarqucjchacun en parloir diuer-fement:amp; fur tour,ccla defplcut aux gentils -hommes de fa fuite, cuidans que ce fiift faute de cur, à loccalion dequoy la plulpartnbsp;fe retira à Parisxar aufsi nauoyent-ils pointnbsp;de logis à la cour. Les autres eftimerentee-cy auoir efté fait par le Roy de Nauarre, felon la couftume des courtifans, qui reculernbsp;^our mieux fauter, amp; rient couftumieremétnbsp;a ceux quils voudroyent auoir baife rnorts:nbsp;amp; que ceftoir pour mieux pouruoiràfcs a-faires,amp; les conduire doucemcnt,amp;par grade prudence. Et pource que fes gens luy allèrent ramenteuoir, quil ny auoir point encore de chambre au chafteau pour luy, amp;nbsp;quon ne fauoit où retirer fes hardes, le Ma-refehal fiinél André, là prefent, luy offrit lanbsp;fienne. Ce quil accepta, contre lcPperanccnbsp;de lautre.
Le lendemain il sartendoit quon len- Mauuaife uoycroir quérir pour fe trouucr au confcil^p^'^^j^nbsp;des afairesmeatmoins il en futdeceu, amp;en- Nauane.nbsp;cor moins enuoya Ion voir quil faifoit, Par-
D
-ocr page 62-5© Hiftoire Je France,'
quoy larnac amp; autres feigneurs des liens, prindrtnt de là occafion de lefguillonner,nbsp;dautant quon luy bailloit matière de fenbsp;plaindre en toutes fortes : mais il les rem étroit de iour à autre, les paiflânt dclperancc:nbsp;Et encor q»jils luy remonftradênt qua lenfourner fe font les pains cornus, que fes ad-uerfaires fe fortifioyent amp; senorgueiilif-foyent de fa longueur, que fon authorité ennbsp;diminuoit entiers tous les eftrâgers qui voy-yent telles indignitez , amp; quautrementnbsp;il luy euftefté meilleur de demeurer en fesnbsp;pays, ou eftant loin on leuft toufiours redoute: Iladuouoit bien toutes ces chofes,nbsp;leur promettant faire mertieilles: mais ilsnbsp;natioyent les talons pltiftoft tournez, quenbsp;bautrecôfcil nelarreftafttoutcoui*r,en fortenbsp;que venant deuant ceux de Guife, il leurfai-foit dautant plus de careflès amp; courtoilies,nbsp;quils fe monftroyent rudes amp; difficiles ennbsp;fon endroit.
de «urie inale met au bout de trois ou quatre fours, ' le Roy le retira à part, Sc luy tint les mefmesnbsp;ou fcmblablcs propos quau Conneftable,nbsp;pour le regard du maniement de fes afaires,nbsp;Icfquelles il auoit enticremét remifes en fesnbsp;oncles le Cardinal amp; Duc de Guife fon frère : en forte que qui luy voudroit complaire,nbsp;il faloit leur obéir en tout amp; partout, cômenbsp;à luy-mefmc.'Etquantà luy,il entédoit quilnbsp;euft les mefmes penfions amp; eftats quil auoitnbsp;Mu vi-
-ocr page 63-Sous François II. 51 du viuat du feu Roy fon pere,Ie priant de synbsp;porter,comme il auoit touiiours faicl,«amp; quenbsp;quand il viédroit à. la cour, il feroit toufioursnbsp;le bienvenu.
Le Roy de Nauarre ne luy fit autre refpoce, finon quil feroit bien aife de voir fes afairosnbsp;toufiours conduites par bon confeil, le remerciant de la bonne volonté quil luy por-toir. Aufsi nauoit-il en fon royaume vn plusnbsp;affeéhionné amp; fidele parent que luy, amp; quilnbsp;feroit toufiours cot^noiftre par effedt 'e défitnbsp;quil auoit de luy faire feruice. Ayant déclarénbsp;ces propos aux gentils-hommes qui le fui-uoyent, chacun iugea quil nentreprendroitnbsp;rie, puis quil auoit laifle efcouler rat de belles occafions. Parquoy vôyâs le mauuais vi-fage quô faifoit aux vus, amp; les menaces faites aux autres, plufieurs grands feigneurs fenbsp;retirerent,enrre lefquels Iarnac,hommc fortnbsp;aduife,eftant du nombre des menacez,trou-ua moyc de fe racointer auec ceux de Guile,nbsp;qui ne sy monftrerét difficiles,en forte quabandonnât ce premier parti,il feruit à lautre.nbsp;Ce qui ftitcrouué ertrage, artédu quil ertoitnbsp;retenu amp; aduoüé pour parét de la maifon denbsp;Vendofme-.mais il sexeufoit fur ce quil ne-ftoitaflèuré dertre maintenu par le Nauar-rois : qui fe voyant de iour à autre mef-prilc de fes aduerfaires,amp;abâdonné des fiés,nbsp;faifoit tout ce quil pouuoit pour les retenirnbsp;amp; contenter, alléguant, que ce nertoit fautenbsp;D a
-ocr page 64-5x Hiftoire de France,
de bonne volonté,mais que Ia cour luy cftoit contraire: amp; quil nauoittrouuc aucun quinbsp;vouluft prendre fon party, parquoy il atten-doit la venue dti Conneftable,amp; de lAdmi-ral. Mais quand ces feigneurs eurent enté-du comme il stftoit porté mollement auxnbsp;moindres chofes, craignant quil fift le mef-me aux plus grandes amp; principales, ils nenbsp;sauancerent daller à la cour.
DefTeings Ayant donc feiourné quelques iours, il print congé du Roy pour aller à SainûDe-îJauarre. nis,faire le dueil du feu Roy,felon leur cou-ftume. Lequel accompli par quelques ioursnbsp;en grande folennité,appareil amp; def^enfe fu-perflue, il print la route de Paris , la ou aeô-pagné de fon freie le Prince de Condé amp; denbsp;peu de gésjil alloit fecrettement par les mai-fons,fonder la volonté,amp; prendre laduis denbsp;ceux des prefidens Sc Confeillers quil co-gnoilToit fes plus affedtionnez, pour fauoirnbsp;comme il fe deuroit conduire, tant à demâ-der le lieu qui luy appartenoit en la cour,quenbsp;à faire aiïémbler les eftats, felon lanciennenbsp;couftume.Mais il trouua lesvns froidsamp;malnbsp;difpofcz, les autres du tout contraires, amp; lesnbsp;autres pleins dexeufes, fur la crainte quilsnbsp;auoycnt de la violence de ceux de Guife : ßnbsp;que le peu de chaleur qui luy eftoit refté futnbsp;incontinent efteint, en forte quil fc propo-fade toutlaiflèr. Tourcsfois il ne peutma-niçr fés afaircs li fecrettement, que ceuxnbsp;ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Guife
-ocr page 65-Sous François II. 55
de Guife ncn fulT'ent adueitis, cnfemble de cefte derniere refokition, dont leur orgueilnbsp;senfla dauantage ,^cfpcrans,ce coup rompugt;nbsp;que tout leur iroit à fouhait,puisque ce Prince nauoitpeu tien obtenir de ce parlement,nbsp;lequel ils auoyent tant gourmande, quilsnbsp;doutoyét de fa bonne volonté, amp; craignoyétnbsp;quil ne cerchaft occafion de reUanche : partant , afin que leur authorité fuft du tout cô-fermec, felon leur aduis, amp; que rien ne dc-failliftpour ccftafaire,ils arrefterent incontinent de facrer le Roy , dautant quafleuratnbsp;fon c flat en la pre fence de tous,iufqucs aunbsp;premier prince du fang , quils auoyent ainfi uancé patnbsp;ailcment dompté , ccRoit afl'eurer leur au-thorite. Le facre donc fut fait aucc toutes lesnbsp;anciennes ceremonies, par le Cardinal denbsp;Lorraine Archeuefquede Reims , en lapre-fencc du Roy de Nauarre,amp; de tous autres,nbsp;' defquels on fe feruoit comme de perfonna-
ges à iouér vne farce : mais ccftoit à bon ef- Rufe de u cient quon fe iouoit du Conncftable,à len- Roy««nbsp;droit duquel la Royne mere fut fi impuden- eonzinu-te, quelle fe feruit mcfmcs de deux de fes fe du clt;gt;nbsp;nepueux, afauoir du Cardinal de Chaftillô,
amp; de lAdmirai, pour luy perfuader de refi- gner, en gnerfoncftatde grand Maiftre au Duc de
Guife, auquel toutesfois lannee precedente gr»d Maile Roy Henry lauoit rudement refule, quad *'« apres les nopces du Roy lors Dauphin,auccnbsp;fa niepee Royne dEfeoeç, il auoit bien cfté
P 3-
-ocr page 66-4 Hiftoirc de France,
fi oiirrecuidé de demander cert ertatJoiK ombre quen ces nopccs il auoit ferai defnbsp;grand Mairtrejcrtant le Conncftablc amp; grâdnbsp;Maifîie.Jorsprifonnier entre les mains ditnbsp;Roy dEfpagneidemandeà la vérité par tropnbsp;ind 'gne amp; pleine dimpudence. Mais à cenbsp;coup il trouua qui hftcemertàge pour luy:nbsp;ponrcCîdifoir la R oyne, que ctrt cftar ell aufnbsp;li bien inutile au Connertable, amp; que ce (eranbsp;vn moyen de faire ces Seigrîcurs bons amis»nbsp;ioincl quon baillera pour rccompenfe à Ionnbsp;fils aifnéjvnertatdc Marefchal de France:nbsp;qui ftic lamorce qui fit rcceuoir certc com-mifsion aux deux dcflûfdits . Le Connertable qui fauoir deuanr tous ces icunes courri-fans ce que cela valoir, trouua certe procédanbsp;re mauuaife au commencement, mais finalement fe laifiantialler à ceft efehange auquel famaifon neperdoitrien, refigna biennbsp;lertardc grand Mairtre entre les mains dunbsp;Rov.mais purement amp; fimplcment, Sc nonnbsp;enfaueur dudit de Gnife , déclarant alleznbsp;quil ne cedoit en rien à fon aduerfaire, ainsnbsp;quil obeirtoir à fon Roy auecrecompenlcnbsp;treshonorable,fe monftrant trop plus généreux en pcu,quvn plus grand que luy na-iioit fait en beaucoup. Et fccut dabondantnbsp;fi bien pouraoir à fes afaircs, que fans fc fiernbsp;à vne expeftatiue de Cour, fon fils aifncnbsp;tout enfemblc fut poiuucu deftat de Marefchal
-ocr page 67-Sous François IL 55 fchal, extraordinairement eftabli, auec fiip-prefsion du premier eftat de Marefchal quinbsp;vaqu croit.
LAmiral nepueu dudit Conncftable allât au facre du Roy quil trouua àMôtrucik maifon aufsi loyalement apartenant au Ducnbsp;de Guife que plufieurs autres,auoit cuidc c-ftre furpris par vnc eftrangerufe diceluy denbsp;Guife, Icql pour le mettre en mauuais mef-duc denbsp;fiage auec le Prince de Condé, qui auoit ef- Guiftpoutnbsp;poufe fa niepee Lconor de Roye,la perle des f,on'en-princcfl'es de noPre temps, luy fit entendre, «e le Prianbsp;comme sil ncuft encore oublié leur ancié-ne amitié,que le Prince auoit pourchafsc de mini, ef-le dcfpouiller du gouuernement de Picar-die;ce que nayant creu lAmiral, amp; mefmc sageiTe »-depuis ayant cognu cftre faux, par ce que lenbsp;Prince mefmes luy en did, il délibéra de fcnbsp;deffaire dccegouuernemct, preuoyantqucnbsp;ledit de Guife pretendoit, nayant'peu par-uenir à fon premier deflein, à luy faire rccc-uoirvne honte, ne luy faifant fournir ce quinbsp;cftoit requis pour les foirifications de la frÔnbsp;tiere de Picardie-.afin que le Roy vifirantfesnbsp;places, en prinft occafiôde lcn démettre a-«ec quelque note de deshonneur. Voilanbsp;pourquov »voulant aufsi gratifier le Princenbsp;de Condé duquel il cftoit fi proche allié, ilnbsp;refolut dc-^tn deffaire. Ce quayant faitnbsp;entendre au Roy amp; pareillement à la Roync
D 4*
-ocr page 68-$6- Hiftoire de France,
fa mere, dautant J difoit-il, que fon autre charge dAmiral e ft oit plus que fuffifantcnbsp;pour loccuperduy remonfttant aufsi combien ce gouucrnement feroit bien feant aunbsp;Prince deCondé,comme originaire du pais,nbsp;de fl. long temps gouuernc par fes predecef-feursxelafuttrouué bien fort eftrange,atté-du que les autres courtifans tout au contraire , auoycnt acouftumé de demander eftatnbsp;fureftat. Etde fait laRoync mere luy port oitnbsp;aflcóbonjpour le cognoiftre homme rond,nbsp;pour sen feruir fans craindre aucunementnbsp;quil entreprinft rien par ambition,dont ellenbsp;le cognoifloit eftre du tout vuide, ioint quenbsp;elle eftoit contente aufsi dauoir toufioursnbsp;deux cordes en fon arc,amp;de tenir bridee launbsp;thorite quelle donnoit à ceux de Gmfe. Ilnbsp;fut donc à la fin prins äu mot quant à la rc-fignation de fon eftat, mais non quant à ennbsp;pouruoirle Prince , quelque pourfuite quenbsp;luy m fines en fift: car le Marefchal de Rrif-fac en fut acheté par ceux de Guife, au fouftenbsp;nemét defquels dés cefte heure là il fe dédia.
Ce qui preft'oit le plus ceux de Guife c-ftoit que nonobftant leurs menaces dvn collé, amp; leurs pratiques de lautre, ils ne pou-uoyent empefeher, quon necommençaft à ïsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;coutrc cux toutouucrtement,tcf-
(.ctits moin vn eferir en rime, qui fut ferne entre Van'dl *fe conttc Charles de LorraineCardinal,nbsp;taiCent. deque iay bis voulu inferer mot à mot,dau-tanc
-ocr page 69-Sous François ÏI. 57
tant quil ma femblé allez bien bafti.
Ami ne tvoiiue pas eftrangc. Si en allant au pont au change.nbsp;Pour efcusjducas amp; falus.nbsp;On te paye dvn Carolus.
Car lon peut voir lheur de ce regne Ou fi bonne police regne,nbsp;Qiie tel quon eftimoit le plusnbsp;Eft fubict à vn Carolus.
On voit Mathématiciens,
Les plus doôtcs Muficiens,
Menefttiers amp; fonneurs de Luths,
Se donner à vn Carolus.
Dhonneurs les plus ambitieux,
Ou de biens auaricieux,
Les plus auides amp; goulus. Sont gorgez par vn Carolus.
Ceux qui ont és régnés pafiez. Force grands threfors amaiîez.nbsp;Afin que lon nengi;onde plus,l ea'..i.'pi.iTt-z:7nbsp;Les laiflênt à vn Carolus.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Tel au rang des plus grâds Seigneurs Departoit faneurs amp; honneurs.nbsp;Qui eft en fa maifon reclus.nbsp;Pour nauoir pas vn Carolus.
Le riche à force de ducas, Ne fera pas fi bien fon casnbsp;Que feront les plus trupclus,nbsp;Silsonrpoureuxvn Carolus.
Leftranger ou le domeftique,
Fugitifpour quelque pratique^
-ocr page 70-5? HiAoire de France,
Recouure honneurs amp; biens rolkis. Sil peur chenil- dvn Carolus.
Si vous voulez^fans oifelcurs. Des oyfeaux de toutes couleursnbsp;Prendrebien mieux quanec la glus.nbsp;Il ne vous fautqnvn Carolus.
Les inuenreitrs de tous malheurs. Les larrons amp; plus grands voleurs.nbsp;Et les gens les plus difTolus,nbsp;Sont maintenus dvn Carolus.
Ne penfez pas aller en cour, Pour faire aux grands Seigneurs la court:nbsp;Carde faneurs ferez exclus.nbsp;Si vous nauez vn Carolus.
Pour au Roy demander office. Quelque eftat,ou bien benefice.nbsp;Il ny a rien qui ferne plusnbsp;Quauoir en main le Carolus.
Tous contraéls,accords amp; traitez. Quelques fermens quon ait pre liez.nbsp;Sont facilement refolus.nbsp;Ayant en main le Carolus.
La loy,Ic droit,amp; lordonnance De Dieu,nont lieu en nofire France:nbsp;Car mcfme les ar refis concluds.nbsp;Sont refeindez dvn Carolus.
Brcf,amy,pour le faire court, le taflèure quau temps qui courr.nbsp;Trois As ne font point tant au Flus,nbsp;Que fait en France vn Carolus.
Tels eferits firent penfer à la Roy ne mere amp;à
-ocr page 71-Sous François IT. S9
à ceux de Guife quil faloit sacquérir des faneurs par tout,qui fut caufe que toutdvncnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;wa*
Volée on fit dixhuit cheualiers de lordre, amp; nbsp;nbsp;nbsp;1« v.
la plus part dapparence,lî on fait comparai-fon diccuxauecla canaille,quiy adepuis e-fté rçceue indiiferemment: 8c toutesfois dos lors commença ce diôton gt; que lecolicrdcnbsp;fordre ( ladis rcfmoignagc de cheualcricnbsp;bié elprouuee 8c fans reproche } cftoit deuc-nuvn coller à toutes bcflcs:fc riant lal-lo-rentine de tout le rcfpeét de lancienne no-blefle Françoyfc quelle deftaifoit parclle-mcfmes.Wais ce qui les tourmentoit le plus,nbsp;ceftoit ce nom des trois eftats , la vrayenbsp;bride de li tyrannie , defquels eftats il fcnbsp;parloir fort. Pour y remctjier de bonnenbsp;heure, ils donnoyent à entendre au Roy,nbsp;que quiconques parloir de conuoqiier lesnbsp;eftats,eftoit fon ennemi mortel, amp; coul-pable de lefe Maieftc . Car donnant ce-fte ouucrturc , fon peuple voudroir baillernbsp;la loy à celuy duquel ils la doyuent prendre,nbsp;amp; feroitfon confeil tellement change, quenbsp;on le tiendroit à iamais c«mme fous lanbsp;verge-.tellement quil ne luy refteroitriennbsp;îivn Roy finon le tilrre feulement. Bref,nbsp;que cela feroit faire iniurc à fa prudence de luy vouloir bailler tuteurs 8c curateurs, veu quil auoir défia aflez daage amp;nbsp;dexperiencc pour gouuerner 8c foyamp;fonnbsp;peuple i amp; cognoiftre fi ceux de fon confeil
-ocr page 72-6o Hiftoirô de France, feporreroycnt bien amp; droitement. Partartrnbsp;il ne le deuoit «'lucunement fouff'rir, no plusnbsp;que les pratiques amp; menées que les Princesnbsp;faiîoyctpour aiuncer ceft afaire : enquoy ilsnbsp;eftoyenrfouftenus amp; follicirez des hereti-quesjpour lefpcrancc quils changeroyenC'nbsp;la religion de lEglifc R omaine , amp; de fes penbsp;res,à la mode des nouueaux Chreftiés. Maisnbsp;sil les vouloir croire quils auoyent bien lenbsp;moyen de chaflicr leur témérité, '^i^ant à lanbsp;R oyne,el!e crtoit en mefrne ou plus grandenbsp;peine, prelùppofant que li les loix du Roy aunbsp;me auoyct lieu,e!le feroir beduite à telle rai-ion que dauoir iîmplemét la. garde des per-fonnes de fes enfans pupilles, fans manimétnbsp;dvn ieul denier qui nepaflâftpar lauisdunbsp;confeibramafsé de tous les coins du Royaume,Ôr lequel ne la refpcfteroit aucunement:nbsp;mais luy tiendroit la bride li courte que côdinbsp;tfon ne luy pourroit auenir plus contraire ànbsp;fon authorité amp; grandeur, laquelle ceux denbsp;Guife promettoyér bien maintenir, li elle lesnbsp;portoit aufsi de fa part es charges q le Roynbsp;leur auoit baillées, ce quelle leur promit e-T ftroittemér. Et de fai£l, outre les menees fe-hercdicai- crettes tendantes a ce,quc n force eftoitqucnbsp;re ds Janbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aflèmbicc fe lift,comme il y fallut venir
d'France, 1^ fin,ce fuft tout au rcbouts de lintention appelle a de ceux qui la demandoyent : car au mefrnenbsp;d^e laTyrâ- quclie faifoit bô viiage aux Princes , amp;nbsp;me. entvccenoitccux de la religiôde bones cfpe-ranccs
-ocr page 73-Sous Francois II. lt;$i rances, die en efcriuit à bon cfcient an Roynbsp;dEfpagne fon gendre ; fe plaignant du R oynbsp;deNauarre amp; des princesjcomme la voulas,nbsp;par Ic moyen defdits cftats,reduire à la condition dvnechambricre,amp; troubler les a-faires du royaume,quelle difoit eftte autrement bien difpofees. Cela fut caufe, que ledit Sieur Roy dEfpagne ,pour rompre denbsp;bonne heure tels deflèins, efcriuit vne lettrenbsp;au Roy fôn frere (qui fut leuë en plein con-feil,amp;au nez du Roy de Nauarre) par laquelnbsp;le illuy mandoit auoir entendu,quaucunsnbsp;mutins amp; rebelles sefforçoyét delmouuoirnbsp;des troubles, pour changer le gouucrnemétnbsp;du royaume, qui auoit efté fi fagement efta-blijdc bon nombre de confcillers, par le feunbsp;Roy Henry fon bon frere amp;beaupcre, amp;nbsp;comme fi le Roy fon beau frere neftoit ca-Îiable de luy-mefme ladminiftrer, amp; en bailnbsp;er la charge à ceux que bon luy lembleroir,nbsp;fans y interpofer autre confentement, ne re-ceuoir loy de fes fuiets; ce quil ne deuoitnbsp;aucunementfoufffir. Que de fi part, il cm-ployeroit volôtiers toutes fes forces à maintenir lauthoritc diceluy amp; de fes miniftres;nbsp;voire luy coufteroir fa vie, amp; à quarante milnbsp;hommes, quil auoit tous prefts, h aucun c-ftoit H hardi dattenter au contraire. Car ilnbsp;luy portoit relie aft'eótion , difoit-il, quil fcnbsp;declaroit tuteur amp; protedeur de luv amp; denbsp;fon royaume,comme aufsi de fes afaires,lcf-
-ocr page 74-61. Hdloire de France,
quelles il nauoit en moindre recommandation que les ficnes propres. Surcela,le Roy Te Roy de de Nauarrc,coinbicn que dailleurs il eu ft ianbsp;auftTftJe conclu de ne rien entreprendre , amp;c quilnbsp;i fon dr- fuft certainement aduerci que celle meneenbsp;quTSnnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;expres pour le tenir en crainte,
artiucc. amp; que le Roy dElpagne auoit allez de bc-fongnetaillee en la guerre dAfrique, quil alloit entreprendre, fut tellement intimide,nbsp;que pour viure amp; auoir paix, il alloit recer-chant ceux de Guife, leur faifanr la cour (linbsp;ainfi faut dire) plus que iamaisxomme aufsinbsp;de leur part,ilsfauoyent bien tenir leur gra-uité,faignans fe foncier peu de ce Prince,lequel fenrant le Roy Philippes auoir faitnbsp;voile en Elpagne , amp; craignant quil cn-treprift quelque chofe fur fes pays , ccr-choit toutes occalîons de sen retour nenbsp;en Bearn : ce que fach an s ceux de la religion , ils le fominerent de promefle auantnbsp;fon partement : mais il ne dit ni fit riennbsp;pour eux.
VEmpe- Quant à cepaixement du RoydEfpa-îcs'sfib' 8*1® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Seftât trouué v idloricux
fils le Roy partant dexploits, amp;parvne paixfiauan-^nV^dequot;'^ fur la France, il fe propofa de tenter ftniit la fortune contre le Turc, amp;deflàycr deften-coUch r h bomes dc la domination es partiesnbsp;mer. -'1^ lAfrique. Pourquoy faire, ayant leuénbsp;vne forte amp;puiflànrearmee, de leflite denbsp;fes vieilles bandes , Sc tire à foy quelquesnbsp;vieux
-ocr page 75-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^
vieux foldats François , fous Iefperance de les faire riches , il les enuoya par lanbsp;voye de lItalie sembarquer à Gennes,a-fin daller droit en Afrique , amp; luy de lanbsp;part fe mit fur lOcean , tant pour eftrenbsp;pluftoft en Elpagne , afin de ponruoir aunbsp;refte de fes afaires , que pour ne fe vouloirnbsp;fier au François 5 en demandant paflàge patnbsp;le royaume. Eftant donc embarqué , auecnbsp;grand nombre de nauires , amp; toutes lesnbsp;Îgt;Ius pretieufes bagues amp; ioyaux , quenbsp;c feu Empereur Charles cinquiefme Coanbsp;pere auoit peu acquérir en toute lAlc-tnagne amp; lItalie » durant fon regne Sinbsp;magnificence gt; auec les riches tapilîèricsnbsp;amp; ornements , qui auoyent elle faites ànbsp;grands frais amp; defpens , es pays de Flandres : ainfi quil arriuoit au port de fainôfcnbsp;laques en Galice , il selleua vne tourmente fi grande, que de tout ce magnifique equippage ,amaflc de fi longue main,nbsp;amp; auccques tant de trauaux, rien narriuanbsp;àfauueté: ainsfutla mer heritiere de tousnbsp;ces riches threfors,à la veue des Efpagnols^,nbsp;qui en mençyentvn merveilleux dueil. Etnbsp;quant à luy, cefie tourmente lefpargna finbsp;peu, quà peine peut-il mettre vn pied dansnbsp;vne barque ,quc le nauirc, dedans lequelnbsp;il efloit , nenfonçeaft au profond de lanbsp;mer, tant eftoit grande la fureur dicclle,
-ocr page 76-^4 Hiftoire de France,
amp; des vents. Somme le danger duquel il ftoit forty, luy fit oublier vnc telle peite,di-fantrout haut,quil cognoiflôit, que DieU lanbsp;Hoir refcrué à cefte feule fin dexterminer lesnbsp;Luthériens: amp;¦ croyoit que sil neuft eu ceftenbsp;refolutio amp; entière fermeté , que Dieu lcuftnbsp;fait périr auccfcs hardes. Ceux de la religionbsp;au contraire, prenoyentccla à leur aduanta-ge,amp;difoycnt,que tout ainfi que Dieu a-uoit chaftié le Roy Henry, encor quil pro-cedaft cotre eux par ignorance, amp; à lappetitnbsp;de certains cardinaux ; aufsi ce prince auoitnbsp;eu ceft aduertiftèment pour fe conuertir ànbsp;Dieu : finon, quil fe pouuoit aflèurcr, quenbsp;ceftoitvn commencement de douleurs ,amp;nbsp;que Dieu le fauroit bien trouuer, pour luynbsp;faire derechef fentir la pefanteur de fonnbsp;bras. Voila quelle fur fon arriuceenEfpa-gne,prefagedelaruine qui luy vinrtoft a-pres en la guerre dAfrique.
Dieu p.nrle H a ci dtuaut efté fait mention des pour-auï'fourds lihes quon faifoit contre ceux de la reli-quicneni- giô,amp;comme lonncdouoit aucunerclaf-pirent. chcau confcillcrdu Bourg,ayant intcriettc appel deuant le Primat de Lyon ,qui lors e-ftoitlc Cardinal de Tournon. Orpourvui-der ceft appel,amp; afin que les iuges delegueznbsp;dudit Cardinal primat y peuftcnt plus commodément vaquer, il fut remené en la ba-ftille.Toutesfois les diligences du Cardinalnbsp;de Lorraine ne peurenttât faire, que ceft a-fairc
-ocr page 77-Sous François IL 65 faire ne prill plus log traid quil ne vouloir,nbsp;dautâtque fur ces entre faites,ainfi quonnbsp;cftoit apres à recouurcr les inandats,furuintnbsp;le temps de vacatiôs qui empcfcha que leurnbsp;fentcncene peuteftre côfermee par la cour;nbsp;Celle pourfuite précipitée fut caufe quenbsp;ceux de la religion de leur Eglife de Paris efnbsp;criuirent derechef à la Royne mere, que furnbsp;fon alTcurancc de faire celler la perfecution, je.nbsp;ils seftoyent de leur part contenus felon fonnbsp;delir,amp;: auoyent faid leurs allem blees fi petinbsp;tes que lon ne sen elloit comme point ap-perceu, de peur quà celle occalîon elle nenbsp;f»ftimportunée par leurs ennemis,de leurnbsp;courir fus de nouucauzmaisquils ne sappernbsp;ceuoyent aucunemét de leffeôl de celle pro-tneflè , ains fentoyent leur condition ellrenbsp;plus miferable que par le pafsé , amp; fcmbloitnbsp;vciies les grades pourfuites cotre du Bourg,nbsp;quon nen demandait que la peau, commenbsp;aufsi ils auoyent entendu de bonne part fesnbsp;ennemis sen ellre vantez.Quoy aliénant elnbsp;le fe poiuioit alîêurer, que Dieu ne laillèroitnbsp;vue telle iniquité impunie, veu quelle co-gnoilToit linnocéce dicckiy;amp;quç tout ain-u que Dieu auoit comméce à chaflier le feunbsp;Roy,elle pouuoit penfer fon bras ellre enconbsp;res leué pour paracheuer fa vengeance fur elnbsp;le amp; fes enfans, amp; feroit le tcfmoignage denbsp;fon iugemenr,lî manifeke, quil ne pourroitnbsp;aucunemét ellre defguife ne difsimulc. Q^c
-ocr page 78-6 Hiftoii e de France,
la procedure contre du Bourg,fe trouuoit de toutes perfonnes fi eftrangc,que fi on atten-toit plus outre contre luy amp; les autres Chre-ftiens» il y aiiroit grâd danger de troubles amp;nbsp;cfmotions , amp; que les hommes, preflèz parnbsp;trop grande violence, ne refièmblaflènt auxnbsp;eaux dvneftangjla chauflèe duquel rompue, les eaux napportoyent, par leur impe-tuofité, que ruine amp; dommage aux terresnbsp;voifines. Non que celaauinftpar ceux quinbsp;défions leur miniftere auoyét embrafsç la renbsp;formation de lEuangile (car elle deuoit attendre deux toute obeiflànce ) mais pourccnbsp;quil y en auoit dautres en plus grand nombre cent fois, qui cognoilîâns fimplemcntnbsp;les abus du Pape amp; ne seftans encores ren-gczàla difcipline Ecelefiaftiquc ,nc pour-royent foufFrir la perfccution ; dequoy ils a-iioyent bien voulu lauertir, afin quauenantnbsp;quelque mcfchefelle ne penfaft iceluy procéder deux.
Il Royne La Roync mere,trouuant ccfte lettre fort mere (lef. alpi'c amp;dûrc, rclpoudit aufsidurement, ennbsp;propres termes : Et bien, on me menace,nbsp;cuidant me faire peur, mais ils nen fontpa.snbsp;encor ou ils pcnfent.T outesfois,eftâtpour-chafsee amp; continuellement follicitecparlenbsp;Prince de Condé, la dame de Roye amp;1A-miral, amp; faignant de ceder à leurs perfua-fions, difoit nentendre rien en celle dodri-ne, amp; que ce qui lauoitparauantefmcuc ànbsp;leur defircr bic, cftok pluftoft vne pitié amp;
-ocr page 79-\ Sous François It.
fjafsion naturelle qui accópagne volontiers csfemmes, que pourcftre aiitremé inftrui-tcamp;informée (j leur doctrine eftoit vrayenbsp;ou fàulfc.Car quad elle confideroit ces panures gens cftre ainfi cruellement meurtris,nbsp;bruflcz amp; tourniétez,nô pour larreci, vole-rie ou brigadagçimais fîmplcmct pour mainnbsp;tenir leurs opiniohSjÂr pour icelles aller à lanbsp;mortcôme au;cpQpces j elle eftoit cfnieuc ànbsp;croire quil y auoit quelque chofe qui outrenbsp;pafibit la raifon naturelle. A cefte occafionnbsp;elle defiroit de communiquer priuénienr a-uec quelquvn de leurs tniniftres ; ce qui e-ftok venu par autre occafion . Le fait eft tel*nbsp;lAmiral la voyant fouuentesfois en grandènbsp;;detrelïè( ce fcmbloit)par la mort du Roy Hénbsp;ry fon maiy:cutre autres proposai l'admoncnbsp;ftoit dauoir recours à lapricrc,amp; fc confolcrnbsp;en la parole de Dieu , ou elle trouucroitv-pc ferme confolation, fans sainufer à la do-étrine des movncs amp; dodeurs de lEglifcnbsp;Romaine, qui pluftoft par leurs fophifteriesnbsp;amenoyét les cófciéces en vn defefpoir quanbsp;vne vraye confolatiô.Que pour rcceuqir celte confolatiô, il eftoit neceftaire de corn munbsp;niquer auec quelquvn des miniftres de 1 E-glife reformec.Etque fi elle Ictrouuoit bô ,ilnbsp;safteuroit de luy en faire venir vn de lEgii-fe de Paris,qui la contenreroit; amp; que fa Manbsp;iefté en auroit autre amp; meilleure opiniô quenbsp;auparauanr.Cc que la Royne mere faignatit
-ocr page 80-'fi'è HiftoiredeFrahce^ lie tróïmer bó,elle Ie pria'lé vouloir faire vè-nir, 1afleuranc qiiil nelqy.ftroitfait aucünnbsp;hial ni defplaifir: de faié^à vôir lescöritfcrräti-ces dé la Royné , irferiiBfoifiju'fclle 'eitft fii^-guliere affeóió à 'céftè 'cofei'ccfc. Pôuf-à Cjnbynbsp;paruénir Ion fe',Ketuit'd^là'dàfÉe'dé Rôÿé,nbsp;tpii fir én ibfté qu^Vn'iiiihiftre de lE^Iife dfenbsp;Paris sacHémina à Vn pfetit village jprésdfcnbsp;Rélnis pehdanfl'é fa'c'ré'iÆîVR.ôynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ïï.
îon'fil's. il feibif/Â'i^âïVit'iôiVtVnVrei'i tftténdât Fdppómihite ae pôùlic/?féô'tifoér'aVlét',',Iànbsp;Royneiqni'y cftÓJtÏórs, filyuant éc qui' èfi Sj-noit efté arrefté.Cé lt;jù'i fût én^^eféhé d'roéçknbsp;fioh que ce iôufélléfut vififèè par pltyfîéUtjsnbsp;Cardinaux âutfés féigncùïs éftahj;.yyôï|snbsp;àù'facre. Au moyen deqüôy de miniftVcnbsp;retourna à Parisjfans pó'nuóïf riennbsp;daurant que l'a'dite Ôahie ne vcSiilur éiltè âp-Sérc'éùé vouloir èo'nferèr auec leshiinifttànbsp;e laReligîbjhi leur pôrtér'fàùéÜhEt d'cïldÂ
âuoyént cohceué dé eefte Prihcefle ; latj^Üéllfe leur fit beaucoup démaiux, en lafcbahtlabfinbsp;de aux pérfêcutiôsdnconrihét'a^r'es éfrhèiTdsnbsp;cotre euxjâihfiquil s'enfuit.
ip,ancié;. Régnant encores Henryjvn orfeUre dé ficscaloni nommé dt Rufianges, âpôftat de ce-«:ua«tc7. fte Rcligiô,amp; demis de fächarg'c de furueilnbsp;contre les ]nnr. nnnr anoir elVé rbôùti'é en larreci'n désnbsp;. ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. .k
Sous François II. 6^ peler Deinochaies,depute inquifiteurde lanbsp;foy par le Cardinal, amp; auoit mefmes baillénbsp;par e fer it les noms amp; furnoms de tous lesnbsp;plus riches amp; apparés de la dite Eglife, mefmes de tous les miniftres amp; anciens, pournbsp;lefperance de paniciper au butin. Cede en-treprife fut retardee , par la mort interuenuenbsp;de ce Prince. Ce que le Cardinal voulantnbsp;remettre fus, il fut dautant plus efmeuàcenbsp;faire, quil entendit que relies alîemblees fcnbsp;faifoyent par routes les prouinces du royaume en plus grande hardiellè que deuant.nbsp;Car outre ce quil tlloitextrememét acharné contre eux, il penfa celle licence eflre au-naefpris de luy Sc de fon freie. Partant ayantnbsp;pris argument fur la promelîe faire à lEfpa-*nbsp;gnol au traité de la paix, il ne voulut plusnbsp;tarder à fe venger de fes prétendus outrages. Aquoy aulsi lefguillônoitle defirda-querir renommee,amp; de pofleder entieremétnbsp;les Ecclelîalliques, qui luy eftoyentdu toutnbsp;necelTaires, afin daplanir le chemin aux en-treprifes proiettees de longue main par luynbsp;amp; fon frerc.Or fc propofoit-il de venir aifé-mentàchef de celle entreprife contre ceuXnbsp;de la religion qui elloyent à Paris, à taufenbsp;delentierc ubeifïance que luy rendoit nonnbsp;feulement le parlement amp; la iuflice ordinal^nbsp;rc, mais aufs iront le corps-de la ville en general amp; en particulier. Etsattendoitque lànbsp;grandeur de cell exploit «endroit toute lanbsp;Ej.
-ocr page 82-70 Hi ftoire de France,
France en telle crainte, que lon ne fonge-' roit a faire aucune rciîftance ailleurs, quandnbsp;ils viendroyent à palier outre, apres auoirnbsp;ainfi marte ceux de Paris. Cela fut caufenbsp;quon publia des edits tous nouueauxplusnbsp;rigoureux que iamais , lefquels on rafrai-chifioitfouucnt, contenans defences de faire aucunes ademblces, amp; de sy trouuer, ànbsp;peine defire enuoye an feu fans autre formenbsp;de proces . PromelTes aufsi cftoyent faitesnbsp;aux delateurs,de la moitié des confifeations,nbsp;aiiec autres grands falairesxommandemcntnbsp;aux commiflàires des quartiers de Parisjnbsp;deftre diligcns à receuoir les accufations,amp;:nbsp;faifir ceux qui feroyent déferez ; amp; de recer-chcr les maifons de iour à autre, amp; faire rapport de leur diligence.Etafin de ne rien laif-fer arriéré pour les vacations dn parlementnbsp;(ainfi quil a elle dit)puifiance fut donnéenbsp;par lettres patentes au Lieutenant criminelnbsp;du Chafielet, de iuger fans appel ceux quinbsp;feroyent amenez deuâr luy , amp; à certains autres confeillers, que lon fauoit cftre capitaux ennemis de cefte doélrine , expreflé-ment choifis Ôc efleus parle Cardinal,quinbsp;acompagnoit les lettres dudit feigneurdesnbsp;fiennes trefaffcélucufes , portans menacesnbsp;ftux defiiillans, amp; promell'es de grands biensnbsp;à ceux qui y employeroyent leur induftrie Scnbsp;diligence, toutes chofes ccfiàntes.
Les Curez amp; Vicaires des parroifies de-noncovent
-ocr page 83-Sous François IL yt l^onçoyent cxcomunimens contre tous ceuxnbsp;qui cognoiftroyent aucuns Luthériens amp;nbsp;UC les defercroyent : exhortoyent le peuplenbsp;par toute forte de perfuafions de ne sy cf-pargner jdcauoir lil chacun fur fon voi-iin: propofoyent impunité aux accu fat curs,nbsp;fi leur aceufation neftoit bonne amp; receua*nbsp;ble, Bref on ccrchoit tous moyens pofsi-blcs pour defcouurir ces hérétiques gt; iuf*nbsp;ques à adioufterde grades promefi'cs à ceuxnbsp;qui sy monftreroyent vaillans. Lentre-prife de R ufiänges ayant longuement traîné pour la mortde Henry ainfi interuenue,nbsp;il ne fccut fe porter fi finement quil ne hiftnbsp;defcouuert en pratiquant de laidcjamp;fc vantant des grandes promefles à luy faites. Carnbsp;ne pouuantrien faire feuhil fit tant que dattirer à foy deux compagnons , afauoir vnnbsp;Claude Dauidgt;aufsi orfcure,frere dvnjhuif-fier de parlement, amp; vn certain George Renard tailleur dhabillemens. Lvn deuxnbsp;deuoitfcruirdaccufatcHr,amp;: les autres denbsp;tefmoins, puis quautrement on ne pouuoitnbsp;attrapper ces hérétiques pour leur faire procès.Ce Renard auoitefte prcucnti de ce crime durant la grande perfecution faite lan-ncc des Placards, il y auoir cnuirô vingthuicnbsp;ou trente ans , par le baillif Morin, amp; c-ftant mené au fupplicc, auoit tant fait quilnbsp;fauna fa vie , pour auoir promis dacculêrnbsp;fes compagnons : ce quil fit, amp; mit des plus
-ocr page 84-Hiftoire Je France,
grands de Paris en peine. Depuis seftanrre-toncilié à iaflèmblee fccrette dudit lieu, il cognut tous les principaux. Mais quand lanbsp;perfccution retourna, craignant eftre puninbsp;corne relaps,pour derechef cuiter la mort, ilnbsp;fe retira aux fufdits Prefidenr S. André amp;nbsp;DeniQcharcs par le moyen diceluy de Ruf-fanges. Aces trois furentaioinrs deux autres tefmoins , le fait defquels vaainii.
Il y auoit àlaporte S.Vidor vn peintre, ievn guiternier qui introduirent chafeun vnnbsp;f e« apprentif cïdites aflcmblees. Auint quelque
temps apres, que ne pouuans auoir argent
deux pour leur apprentiflage, amp; les ayas bat tus pour leurs fautes , ils les chaflèrent : de-quoy les meres defpitees, fachans la maniéré de viurc de leurs maiftres, les menèrentnbsp;tonfellêr amp; auoir abfolution. Les preflresnbsp;ayants feeu leur feertt, en aduertirentfainétnbsp;Aridré amp; Dcmoch.ires, qui les retindrent,nbsp;fans permettre quaucun parlaft à eux, amp; lesnbsp;feeurent fl bien emmieller amp; traitter de tounbsp;tes fortes de viandes, voire iufques à les en-yurer de ces bons vins théologaux, que noftnbsp;. feulement ils tirèrent deux tout ce quils fa-uoyent, mais aufsi les attirèrent tellement ànbsp;leurcordelle,quils promirent dediretoutnbsp;ce quon voudroit. Si quà leur delation plu-fieurs perfonnes, voire mefmcs des famillesnbsp;enticres,furcnt prifes en vniour,amp; parlenbsp;moyen des vus amp; des autres toutes lesal-
femblec*
Sous François TL 73 femblees dc la ville, amp; les maifons on ellesnbsp;fe faifoyencjfiirenc defcoiinerces.
Et dautant quil y auoit pliifieurs captures à faire , outre ce que les iuges de chafte-ler,amp; les commiflàires departirét tous les fer gens par bandes amp; cantonsnl fut aufsi mandé de la cour aux Maiftrcs du guet, amp; aux acnbsp;chers de la ville de leur afsifter, fuft de iournbsp;ou de nuiôf, lefquels'auec tous les bedeauxnbsp;des iurifdiftions eccleliaftiques amp; fubaltcr-nes faifoyent afi'ez grad nombre. Du cômennbsp;cernent,afin de neffaroucherperfonne,ils hnbsp;tent femblant de recercher quelquesvoleursnbsp;larrons, amp; furent quelques iours raudansnbsp;Çà amp; là, fans toutesfois entrer en aucune mainbsp;fon fufpedte de la religion,ny mefmes appronbsp;cher du faubourg S. Germain des prez, quinbsp;cftoitfur tous autres recommandé,pourcenbsp;quon leftimoit vne petite Geneuc, commenbsp;ils en parloyenr entreux. Ceux de la religionbsp;seftans ainfi rafTeurez, tout en vn coup cenbsp;faubourg fur afl'ailii,amp; commença Ion en lanbsp;rue dçs Marets pres le pré aux Clercs, cheznbsp;vn nôme le Vifeonte, qui retiroircouftumienbsp;remet les allans amp; venans de la religion, amp;nbsp;principalement ceuxqui venoyér dc Geneucnbsp;ÄrdAUemagnex-n la maifon duquel aufsi fenbsp;faifoyent fouuent de grandes aficmblees. Etnbsp;afin de le furpréclre mâgeant de la chair auxnbsp;iours défendus,-comme il en auoit la repura-tiô.ils dreilèrét leurs embufthespar vniour
-ocr page 86-74 HiHoire de France,
de vêdredy chez les accufateursjamp;nóniémét chez vn clerc du greffe criminel,nôinéFretfe,nbsp;cautamp;rusé en ces matières, sil en fut on-ques. Aufsi eftoit-il drefle de la main du fcUnbsp;Prefidcnr Lizet,en forte que quand on nenbsp;pouuoit tirertefmognage amp;c5fefsion fuffi-fante desaccufez de ce crime', on mcttoitccnbsp;fin Frété aux cachots auec eux, leqiiel fauoitnbsp;fl bien contrefaire lEuangelifte , que le plusnbsp;febril amp; aduife tomboitenfes filets, amp; parnbsp;ce moyen on en auoir fait mourir beaucoup.nbsp;Frété donc alléché de la defpouille de fesnbsp;voifins,pour les auoir de long temps remarquez, retira chez foy quarante ou cinquantenbsp;{ergens en fa part, qui y eftoyent entrez à lanbsp;file. Et fur les onze heures cftât arriué Thomas Bragelonne,furnommé le Camus, Co-feiller au Chaffelct fie le nommeainfiàlanbsp;difference de fon frcre lieutenant particulier) auec deux ou trois commiffàircs desnbsp;plus cnuenimez contre celle doélrinc ; lanbsp;maifon du Vifconte fut inconrinét enuiron-nee,amp; rudement affàillie. Mais comblé quenbsp;de quinze ou feizeperfonnes qui eftoyent inbsp;table, il ny en euft que quatre qui fiflènt te-fte (caries autres fe fauuercntpar deffus lesnbsp;murailles amp; à trailers champs) fi firent-ilsnbsp;vne telle refiftcnce, seftimans aflaillis parnbsp;brigands amp; voleurs , que tous ces fergentsnbsp;furent mis en route , amp; les plus hardis finbsp;viuemét bicflèz, quon penfoit quil en deuft
-ocr page 87-Sous Francois II. 7$ mourir vne douzaine pour le moins : ce quinbsp;leur vint cotre ei'perâce. Car ils faifoyctleurnbsp;conte de prédre,piller amp; emprifonner, amp;: nonbsp;dellre^battus.En ce conHidt Bragelóne amp; fesnbsp;cómiiraires turéten grâd dâger deftre tuez:nbsp;amp; neuft efté ce Vilconte, ceftoit fait deux.nbsp;Le malheur tomba fur les blefî'ez , qui neurent part au butin : ains ouurirent feulementnbsp;lepallâge à leurs côpagnons qui leurvindréfnbsp;fur le foir pour renfort.Ccpcndat les combatnbsp;tansfdu nombre defquels eftoyenr deux freies gentilshómes dÂniou, appeliez Soucelnbsp;les)eurcnt loifirde fe fauuer,amp; les antres denbsp;la religion des maifons prochaines curer aufnbsp;fl temps de fe retirer, quittans leurs majfonsnbsp;à la merci des iuges fergens, qui y trouue-tét richclTes dor amp; dargét mônoyé;principanbsp;lernet chez ce Vifeonte, ou ces hoftes auoyétnbsp;laifsé leur argent en garde. Et par ainli furetnbsp;menezprifonnicrs,la femme diceluy,fes penbsp;tis cnfans,amp; fon pcrejhomme vieil amp; caduc:nbsp;en portât deuat eux,comme en triomphe, vnnbsp;chappô lardé, amp; de la chair crue qui eftoit aunbsp;gardemâger: car de cuite, il ne sy en rrouuanbsp;point.Ccla eftoit pour les rendre dauantagenbsp;odieux au peuple. Aufsi receurent le pere amp;nbsp;la belle fille tel mal rraitemét, quils moururent en la prifon,en grâd pouretc S.'lâgucnr.nbsp;Ils prindrét aufsi prifonnier vn perfonnagenbsp;qui auoit efté baillifdc S.Agnan,en vnemainbsp;fon prochaine, ou logeoit vn gentilhommenbsp;nommé la Fredoniere, qui auoit aufsi quitte
-ocr page 88-Hiftoireile France, la place,amp; y eniioyoit cell aduocatpour em-pefcher Ie faccagemcnt de fes meubles:maisnbsp;comme ilconrefloitparrrop au gié des fer-gens amp; commilïàires» il fur foupçonné , Si ànbsp;finllant fouillé, amp;trouué faify de certainsnbsp;memoires de grande confequence, conte-nans des remondraces au Roy amp; à fes cdars,nbsp;tant pour lareligion que pour lellar politique-.qui futcaufe quon le garda eflroirte-met, Si le chargea Ion de crime dé lefe Maie (le. Bourdin procureur general du Roy, a-yant veu ces menaoires, les cnuoya au Cardinal , amp; dit depuis en compagnie priuee,nbsp;quils edoyent diuinementbien faits, amp; quenbsp;ces fols là auoyent de merueilleufement bones raifons,toutcsfois mal appliquées,d^quenbsp;ceftoit dommage quils ncmployoyct leursnbsp;efprits ailleurs quà ces refueries côtcntieu-fes de la religion.
Ayant Bragelonne amp; les cômiflaircs trou-ué au iournal du Vifconte, que certains deniers quils auoyent prins, appartcnoyét aux gétilshommes du Roy de Nauarre,amp;autrcsnbsp;gens de nom,ils fc perfuaderent que ceux-lànbsp;ne lailïèroyentperdre leur bien legcrcmcnr,nbsp;amp; quayant ofé le defendre en plein iour, ilsnbsp;pourroyent retourner lanuiôl,amp;leur donner vnc charge plus afpre. Parquoy ne vou-lans quitter ce butin,ils firent venirà leur fe-cours plus de quatre ou cinq cens hommesnbsp;de pied amp; de chenal tous armez à blanc, quinbsp;firent
-ocr page 89-Sousfirin^ois fî. nbsp;nbsp;nbsp;77
¦fiVefitt|üartfe(Ml cinq ioürs 8f nnióts, p^h'dit qiV'öti vutdnit laïnaifon -des abfens,nbsp;^lts ftt-bfiWht4gt;ó*telt;ic cfe^vinside proüi-fion du Vifeötite.ijuils fcbattoyéht ehcrcnbsp;¥«i-nïëftne'3 -, ètt fètte quil y'ent vn tufcnbsp;¦dVh coiipde^iftnlè. ¦
Gbs iiiigc^s dt piJlaïds'rötit ënifemble j ne fewahs pluVdcïéfiftàWcc, eftendirettt leursnbsp;^iiifririres'paf'tbus Idséttdroirs déljivitlcjànbsp;bû |)fttéillèrHyrtt lêsfofptds aÜ6ytrtt aban-¦d^'n'c'SeUlk'hiaifor/s. Mais leurs meublesnbsp;ïtiTèrtefi bitn'termnez par ces officiers de iu-ftile,qHe 'cèftbVrà'qui fe reprócheroit auoirnbsp;Sbâcittï iotfr Wïibuk butinfe ,comme'à vraynbsp;^ltV;,;les cbiiVs ctéV tués eftoyent tellebientnbsp;a'écîi'^iPtu'bîés à'vtndre, que durant lesnbsp;l^iWs déPatiSpôUrbrainte de la^uerre,ninbsp;^ri àhtfe temps gt; ih ne fdtenr onques àrelnbsp;Wi'aïché'. Deqtföy-rie voulurent perdre leurnbsp;paft leÿcorifeiHets cfe'chaftelet,afauoir Ro-ian'd Potiflem'ye,laques R'apoucl, Guy Ap-pôlîo, Guillaume Velforts ,Nièolas lAn-^loisîScles ComrhiflkiTes,leih Martin,Guilnbsp;lâume du Chemin, leâ Dhionneau, laquesnbsp;¦deSehs amp; Ttiftah'Cofsian.Bref,on nepou-'lioit il'lerpir Paris fans palier à trauers gensnbsp;dé pied Ä: de cheual armez à blancquitra-calîoyenrçà amp; là,mcnans prifonniers hom-Vnes amp; femtnés',petits enfans;amp; gens de tounbsp;tës qualitez. Lés rues aufsi eftoyenr fi pleinbsp;ries de charrettes chargees de mcublcsquó
-ocr page 90-78 Hiftoire de France^,
ne ponuoit paflèt, les maifons eftans abandonnées comme au pillage amp; faccagementj en forte quon euft penfé eltre en vne villenbsp;prife par droit de guerre, fi que les panuresnbsp;deuenoyct riches,amp; les riches pauurcs. Carnbsp;auecles fergens altérez fc inciloyentvn tasnbsp;de gamemens quirauageoyent lereftc desnbsp;fergens, comme glanncnrs. Mais ce qui Crnbsp;Hoirie plus à déplorer J ceftoit de voir.Jesnbsp;pauures petits enfansqui demeurpyent furnbsp;le carreau, crians à la faim auee gemifie-nicns incroyables, amp;alloyent parles ruesnbsp;mendians, fans quaucun ofaft les retirer, finbsp;non quil vouluft tomber au naefmc danger,nbsp;aufsi en faifoit-on moins de, ponte que dçnbsp;chiens,tant celle doûrine eftoit odieufe auxnbsp;Parifiens: pour lefquels dauantage aigrirnbsp;amp;: acharner,ily auoit gens par tous Tes coinsnbsp;des ruesfie ne fay de qui enuoyez} amp; refleninbsp;blans à pauures prcllres ou moynes croftezsnbsp;qui difoyent à ce paume peuple credule,quenbsp;CCS hérétiques safiembloyent pour mangernbsp;les petits enfans, amp; pour paillardcr de nuiôtnbsp;à chandelles efteintes , apres auoir mangénbsp;le cochon aulieudvn agneau Pafch31,^amp;nbsp;commis enfemblevneinfinité dinceftes amp;nbsp;ordures infames: ce qui eftoit reccu commenbsp;oracle. Bref, ce feptiacle dura long temps,nbsp;en forte que ces maniérés de gens auoycntnbsp;fait comme vne habitude ordinaire daller de iouramp; de nuitft faccager maifons,aunbsp;fccu
-ocr page 91-Sous François H. 7^ fceu dii parlement, lequel cc pédant fermoitnbsp;les yeux.
Laclamenr de ces affligez paruenue à Ia cour, la Royne mere enuoya fauoir quenbsp;ceftoit, à laquelle on renuoya certains eß-crits en time Françoife, trouuez chez Ie Vi-fconte, faifans mention de la mort aduenuenbsp;au Roy Henry par le iufte iugemcnt denbsp;Dieu,efquels aufsi ladite Dame eftoit taxée de trop déférer au Cardinal. Et afinnbsp;que tout le corps de ceux de la religion firftnbsp;trouué coulpable non quelque particulier , amp;' quon rendift leur doólrine tant plusnbsp;odieufe entiers icelle Dame , on adiouftanbsp;dabondant certaines informations fiiitesnbsp;dtefices par linduftric du PrefidentSainótnbsp;André amp; Demochares, fous la depofitionnbsp;de ces deux ieunes enfans, dont il à efté cynbsp;dcflîis fait mention , quils tenoyent fousnbsp;leurs ailes: contenantes entre autres chofes,nbsp;qucR la place Maubert en la maifon dvnnbsp;aduocat nommé Trouillas , seftoyent faites pliifieurs afiemblees de Luthériens; entre lefquclles, le ieudi deuant Pafques,nbsp;(quon appelle abfolut)y en auoit efté faite vue de grand nombre dhomes, femmes,nbsp;amp; filles, enuiron la minuid, là ou apres a-uoir prefehé, fait leur Sabarh, mangé vnnbsp;cochon au lieu de Lngneau Paichal , amp; lanbsp;lampe,qui leur efclairoir,efteinre, chafeun
-ocr page 92-8o Hifloire de France, saccoupla auec fa chafcune, amp; quentre autres femmes ils recognurent celle dudit ad-Hocatamp;deux lîennes belles amp;ieunes filles,nbsp;lvne defquellcs seftant rencontrée auec vnnbsp;deux , il la cognut par deux ou trois foisnbsp;pour fa part. Ces chofes ainfi dextrement a-gencees amp;c enuoyees au Cardinal auec lesnbsp;deux refmoins , namenderenr Ja caufè denbsp;Soucelles,qui efioit à lacourpourfuyuant lanbsp;reftitution de fes hardes , chenaux amp; argentnbsp;pris chez le Vifeonte: car encor quà la prière amp; inftancc duRoy de Nauarreje Pvoy luynbsp;euft quitté «Se remis les meurtres quil pen-foit auoir faits,en ce conflid: on trouua nou-uelle occalion de le charger de ces libellesnbsp;diffamatoires, dautant quil fe melloir vnnbsp;peu de Poefie ; parquoy au nez du Nauar-rois , Soucelles efiant entré en la falle dunbsp;Roy, amp; remarqué par le Cardinal, fut parnbsp;fon commandement pris prifonnicr, amp; en-uoyc auec grandes amp; feures gardes au boisnbsp;de Vincennes, la ou il trouua le ieune Côtenbsp;dAran Efeoffois , pour lenuie que luy por-toyenteeux de Guife , à caufe de leuafiô dunbsp;Conte dAran fon aifnè, amp; de la guerre dE-feofie dont cy apres fera parlé: amp; Coi (fart,nbsp;bailhf de S. Agnan, ayat efté trouué faifi desnbsp;fudites remontrances . Et furent ces deux,nbsp;afauoir Soucelles 8c Coiffart, dautant plusnbsp;recommandez que Ion penfoit quils auoyétnbsp;voulu mettre le Roy de Nauarreen befon-
-ocr page 93-Sous François IL 8i gne pour remuer mefnagc, amp; que lon efpc-roit defcouurir plufieurs fecrets par eux.
Le Cardinal de fa part ne lai lia dormk les informations. Car ayant au poing le facnbsp;ou elles eftoyent, amp; à fa queue les deux en-fans , il alla trouuer la Royne mere , amp; auecnbsp;exclamations incroyables , luy defchiflfradenbsp;point en point le côtenu dicelle, noubliantnbsp;rien pour rendre ceux de la religion les plusnbsp;maudites amp;abominables creatures, qui euf-fent efté dés la création du monde. Mefmesnbsp;afin de ne rien lailfer en arriéré, elles furentnbsp;par luy enrichies de toutes les pollutionsnbsp;defqnelles fe fouillèrent jadis les anciensnbsp;hérétiques pfalliens,Gnoftiques,Euchytes,nbsp;Mellàliens, Borborites, Origeniftes, amp; autres que Satan aautresfois fufeitez. pour ob-fcurcir la lumière de lEuangile, quand ellenbsp;fut du cômencement prefchec en cachettes,nbsp;a caufé de la perfecution que leur faifoyentnbsp;les Empereurs pavens amp; idolâtres. Et à cenbsp;que fespreuues ne peufl'ent eftre calóniees,nbsp;amp; afin quon cognuft tant mieux lenormi-té du fait,le Cardinal prefentoit les tefmoinsnbsp;qui les auoyent veues, amp; qui auoyent vefeunbsp;de mefme, comme il difoit:ces informationsnbsp;ayans efté enuoyees par ces gens de bien denbsp;iuges,aufquels le Roy en auoit donné com-mifsion,defquelles(difoit-il) vous deuez e-ftre armee amp; munie, pour préuenir ceux quinbsp;V ous parleront en la faneur de ces mon lires
-ocr page 94-8x, Hiftoire de France, infameSjmafTeurâr Madame, que leurs def-guifemens fous ombre de religion,ne pourront iamaisrrouuer place envoftre endroit. nbsp;Et que par côfequét au lieu de trouuer mau-uaife la procedure faite cotre eux,vous iuge-rez Cjuils ont efté trop gratieufemêt trairez.
La Royne ayant entédu le dire du Cardinal,amp; veu les tefmoins, qui par leur filéce amp; vifage afleuré fembloyent le confermer, futnbsp;merucilleufemcntaigrie amp;eftonnec: lointnbsp;quon y mefioit des chofes qui touchoyeiitnbsp;fon authoritc,enfcmblc lhôneur du feu Roynbsp;fon mary. Mais le pis fut, que le chanceliernbsp;Oliuier fe chargea volontairement de voirnbsp;CCS informations. Et pour complaire à ceuxnbsp;de Guife, en fit luy-mefmes le rapport aunbsp;Roy,amp; à fon confeil, dans le parc de Villersnbsp;cofte-Rets, auec des contenances amp; proposnbsp;qui demonftroyent quil auoit cefte matièrenbsp;grandement affeélec. Ce queplufieursgcsnbsp;de bien trouuerent fort cftrange , attendunbsp;quil fauoit trop mieux comme les chofes e-ftoyent pafiecs, pour auoir luy-mefines blaf-mé amp;¦ detefte telles calomnies .Parquoy def-lors on eftimaque la Frace auroit beaucoupnbsp;à fouffrir,puis que le chef de la iuftice, amp; ce-luy de lintégrité duquel on attendoit beaucoup, eftoit fi manifeftementrengé à la de-uotio de ceux de Guife, luy di-ie,qui sefloitnbsp;du temps des Rois precedens oppoie à la tyrannie amp; opprefsion de iuftice, fans aucunenbsp;crainte.
y
-ocr page 95-Sous François II. 83 crainte. La Royne doc mâda aux Parifics denbsp;cótinucrlcs pourfuitescómenceesdufques ànbsp;ce q ces mefchas fuiTent du tout defracinez;nbsp;en quoy elle fut piôptcment feruie. Les pournbsp;fuites donc furent redoublées , en forte quenbsp;tous ceux quô pouuoit cognoiftre amp;apprehcnbsp;der,furér,ou rnis en prifôjou executez àmorr.nbsp;Dauâtageda Rovne ayâr trouué à part quelnbsp;ques ficnes damoyfcllcs,qui fruorifoyêt ceuxnbsp;de la religio, leur déclara le rapport à elle faitnbsp;de ces infbrmatiôs,aufquelles elle difoit aiounbsp;fter telle foy, q fi elle fauoit pour tout certainnbsp;quelles en fufl'cnt , elle les feroit mourir,nbsp;quelque amitiéou faucurquelle leur portait.nbsp;Les plus familières amp;aduifees detre elles,in-lilterét tât cotre elle, que de la faire côdefeennbsp;dre à ouir ces enfâs, dót il luy frit fort aife denbsp;cognoiftre lencloueure,car eftans viuementnbsp;enquis des poinéts ,cfquels on ne les auoitnbsp;point recordez, il apparoifloit manifcfternctnbsp;quils auoyentelle apoftez amp; pratiquez; cenbsp;quaufsi ils côfcfïercnt tacitemét à lvne delles , q feignoit trouuer bone leur procedure. ,nbsp;Ce nonobflât LiRoyne ne fit ceflèrlapour-fuite,tât pour recomandar fachafteté enuersnbsp;le pcuplcjque pour la crainte de defplairc aunbsp;CardinaUqui auoit celte matière grâdcmentnbsp;affeôtee. Et dautât quil y auoit eu de la refi-ftâce à S. Germain des Prez, luy amp; le Duc denbsp;Guife fon frère en prindrét occafio déuoycrnbsp;par les maifons prédre toutes les armes,iufqsnbsp;F a.
-ocr page 96-§4 Hiftoire de France,
^ux con (lean X, amp; de les porter en 1HofteI d'e Clillon ( lequel ils seftoyent approprié amp; i-celuy nômé de leur nom de Guife ) afin quenbsp;fans aucun inconuenicnt on paracheuaft cenbsp;qui auoit efté commencé, amp; quils eufléntnbsp;nôbre darmes au befoin. En toutes lefquel-les pourfnites les nos de ceux de Guife trot-,nbsp;toyent comme ayans lauthorité fouueraine.nbsp;Car il neftoit queftion ni du Roy, ny de fanbsp;mere,ain3 difoit-on le Cardinal auoir commandé cccijiîc le Duc de Guife cela. Et à tenbsp;quaucune faneur ne full faite, il y auoitnbsp;toufiours vn gentilhomme ou feruiteur di-ceuxpour aconipagner les iuges commif-faires par la ville, afin defpier quelle diligence amp; deuoir ils feroyent.
Pour retourner à ceft aduocat Trouillas accule , fachant fon innocence ,amp; que toutnbsp;cela luy auoit efté drefsé par lenuie particuliere que luy portoit le prefident Sainét Au-drézencore que luy amp; les fiens fe lullcnt ab-fente? comme plufieurs autres pourcrain-te de laperfecution, amp; quil y euftvnmer-ucillctix danger pour ceux qui paroifloyent:nbsp;toutesfoisilne peuteftre retenu que luy fanbsp;femme amp; fes filles nallaffent, au milieu denbsp;CCS grans feux , fe rendre prifbnnicrs en lanbsp;tôciergerie du palais , pour feiuftifier des a-des exécrables à elles impofez.Mais au lieunbsp;den eftre enquifes par commillaires de parlement, on commença de Içur faire procès
-ocr page 97-Sous François II. 85 fur le fait de la religion, amp; de les interrogner de leur foy , à quoy elles ne voulurentnbsp;refpondre que preallablement lautre fait nenbsp;full vuidc,amp; quelles en fiiflcnt ou cenuainnbsp;eues, ou déclarées innocentes. La cour lesnbsp;voyant fermes en cela, fit vifiter les filles parnbsp;plufieurs chirurgiens,fages femmes, amp; à di-uerfes fois.Mais il ne Ce trouuavifitcur, horsnbsp;mife vne vieille matrone , qui ne les lugeaftnbsp;entières ; encores nofoit celle-là refolüe-haent afl'eurer,quelles fullêot corrompuesnbsp;par attouchement dhomme : amp; finalementnbsp;leur demanda pardon apres leur dcliurance,nbsp;declarant comme ,amp; par qui elle auoit cllénbsp;fuhornecjluy ayant dit que cclloit vne u-ure méritoire de charger telles gens à tortnbsp;ou à droit, ellans delta les plus exécrablesnbsp;du monde. S. André cependant ,amp; Demo-chares, faifoyent toutes les diligences pofsi-hles de drefler dautres tefmoins, dautantnbsp;que leur honneur y pendoit.
Les deux enfans aufsi leur furent recollez amp; confrontez, mais ilcn auint tout autant comme deuant la Royne amp; fes dames. Car la cour cognut en eux tant de variations amp; entortillemens de propos,aucc certains regards amp; contenances, que cela feulnbsp;inftifioit du tout ces poures filles.BrefjO.n nenbsp;feeut afl'oir fur leurs depofirions aucun iu-gement,encor que lesiuges députez y tra-uaillalfent aucc toute diligence ; amp; que cellnbsp;F 3
-ocr page 98-8ö HiftoiredeFränce,
af.iire leur fuft rrefrccommandcjt.intpour le deiir quils auoyét tous enfemble daccablernbsp;ceux de la religio,à quelque pris que ce fuft,nbsp;que pour fauucr lhonneur du Cardinal, dunbsp;Preiident Si.Andrcjamp;des Sorboniftes,qui a-uoyent mis ceci en fait.Cela eftanc diuulguénbsp;par tout, on attendoit aucc mcrueilleufe de-uotion quelle en feroitliflhe. Car ceux quinbsp;neftoyent préoccupez daucun preiugé, di-foyent ouuertcmenr laccufation eftre vrayenbsp;ou ftiuflc.Si elle eftoit vraye,que punition e-xemplaire en deuoit eftre faite plus grandenbsp;fans comparaifon que dvn finiple crime ¦nbsp;dherefie ; dautant quil y auoit parmi celanbsp;des pollutions amp; deteftables infamies. Si elnbsp;le eftoit fauftc,qne les tefinoinsne pounoyctnbsp;euitcrla mort : amp; neantmoins envoyoitennbsp;libenc amp; les vus amp; les autres, qui neftoitnbsp;fans grandement taxer les iuges. Tant y anbsp;touteffois que liflne .nen fut autre, linon,nbsp;quelles demeurèrent comme cnfeuelics ennbsp;prifoiajamp;r nen fulicnt iamais forties que connbsp;damnees comme hérétiques, fans vn editnbsp;dont il fera ci apres fait mention, en vertunbsp;duquel,fan s leur faire droit fur celle' calom-nie,elles furent deliurecs comme par,force.nbsp;Car telle eftoit lors la iuftice de France, amp;nbsp;tels les exercices de plnfienrs du parlement,nbsp;lefquels delaiftàns toutes autres chofes, va-quoyent ordinairement à cesaftires. Ernbsp;de
-ocr page 99-Sous François IL 87
lapourluite: tellement que depuis le mois dAouft iufques en Mars il ny auoit quenbsp;captures Si. emprifonnemens , pilleries denbsp;maifons, proclamations à ban,amp; executionsnbsp;de ceux de la religion gt; auec ttefcruels tourmens : amp; toutcsfois parmi telles tempcftesjnbsp;ils ne difconrinuerent leurs predications amp;nbsp;tout autre exercice de leur religion , tant ilsnbsp;y elloyent efchaulFez. Entre ceux quon fitnbsp;lors mourir à Paris ut celle querelle, fu
rent vn fcrukeur dvn Nicolas Ballon» peu. 3u parauant exécuté pour celle mefme cau-fe : Marin Marie » la Dame de la caille, vnnbsp;charpentier, Martin Roullcati, Pierre Miller gt; lean Geoffroy , outre grand nombrenbsp;dautres qui fiircnt enuoyez mourir fem-blablemcncaux lieux de leurs natiuitez ounbsp;captures.
Comme à Paris ils fe monllroyent fort diligens à exccurer les mandemens de ceuxnbsp;de Guife contre telles gens» les autres parle-mens, amp; iuges ne faillirent de les fecon-der» find quaucuns les furmonterérennom-brc:entrc autres ceux deThoulouzc,amp;dAixnbsp;en Prouucnce,à cela efguillône« doublemctnbsp;par le Cardinal dArmaignac qui tafehoit
-ocr page 100-88 Hiftoire de France, dentrer en credit,amp;par le légat du Pape ennbsp;Auignon intime loliciteur du Pape, liqucnbsp;chacun sacharnoit apres à qui mieux mieux.nbsp;Or de sarrefter à toutes les particulariteznbsp;des Parlemens, il me femble que ce feroitnbsp;ennuyer les ledteurs. Suffife feulement quenbsp;ialleguc les prouifions des magiftrats pro-uinciaux, amp; que François Aubert lieutenantnbsp;general dé lafenelchaucee de Poictou,nousnbsp;enfeigne comme chacun deux trauailloitnbsp;diligemment en ce négoce. Carie vingt amp;nbsp;troiheme de Scptcmbre,fur les remonftran-ces iuHiciaires de lean Barbier, lea Paluftre,nbsp;Philippes Arembert, amp; George Creflè, ad-uocats amp; procureurs du Roy audit fiege : amp;nbsp;raefmement pour obuier, difoyent-ils, auxnbsp;{candales, feditions, côuentions publiques,nbsp;amp; empefeher lefmotion du peuple, parlenbsp;moyen des predications,amp; faillies doctrinesnbsp;quon publioit en pluheurs lieux de Icurfe-nefchaucee, defences furet faites dy faire aunbsp;cunes airemblees,amp; de porter armes offenli-ues ou defenfiues : Enioint à tous ceux quinbsp;nauroyent iufte caufe de demeurer à Poitiers, de vuider dâs vingt amp;¦ quatre heures,nbsp;aux holtes , de porter aufdits officiers lesnbsp;noms amp; demeures de leurs pcnfionnai-res amp; locataires, amp;de rcfpondre de leursnbsp;perfonnes,inhibe à cous de ne foultrir ny pernbsp;mettre en leurs paroilfes Sc maifons aucunesnbsp;prédications de miniltres, foufminillrcs ounbsp;lurucil-
-ocr page 101-Sous François IL 89 furueillans, ny de leur preftcr confeil ny aide, les receuoir,aliméter,donner leu ny eau,nbsp;ne leurprefter aucun office dliumanité;ainsnbsp;eftoit permis à routes perlonnes de les prendre au corps, amp; les mener prifonniers auxnbsp;iuges Royaux, lans pource eftre pris à partienbsp;comme dénonciateurs ny autrcmenr:amp; ce a-fin de leur faire proces, amp; eftre contre euxnbsp;procédé extraordinairemcnt,commc contrenbsp;feditieux, perturbateurs amp; ennemis du Roynbsp;amp; de lachofe publique : Mandement fait ànbsp;tous Seigneurs^Barôs, Cbaftelains, hauts lunbsp;fticiers, amp; autres ayans fiefs en ladite fenef-chaucee,amp; à leurs officiers,dempefeher lef-dites predications , non feulement en leursnbsp;patoiftes , maisçn tous autres lieux amp; endroits ; prendre les dogmatifans, amp; ne permettre prefeher autres que ceux qui ferontnbsp;apparoir aupreallable du congé dclEucl-que Diocefain, ou de fes grands vicaires ; lenbsp;tout fur peine de confiication de corps amp; denbsp;biens, amp; deftre punis comme proditeurs amp;nbsp;receleurs des ennemis publiques. Davantage,que tous manans amp; habitas de Poieliers,nbsp;amp; de la fenefchaucce,allalfent à la meflé, amp;nbsp;afsiftaftent à la parochiale,à tout le moins denbsp;trois dimanches lvn,fuiuant les conftitutiôsnbsp;de lEglife, amp; les inionétions Elites aupara-uât, amp; y fiftent aller leurs femmes, enfans,nbsp;feruiteursamp; familles.Que les curez amp;vicai-tes des paroifl'es fillcnt regiftre des afsiftans-
-ocr page 102-gö Hifloire de France,
quils feroyct renus bailler en main de iufti-' ce,par chacun Lûdy de la feraaincjamp; reueletnbsp;ceux qui ny aurovét afsifté, lefquels pour 1.1nbsp;defobeillânce feroyent pris au corps, menez prifonnierslux lurildiótions des iugesnbsp;ordinaires, pour cftre cotre eux procédé corne de raifon. Pareillement fut enioint à routes perfonnesjde reuelcr à iuftice dedas troisnbsp;jours apres la publication des prefentes, lenbsp;nom de ceux quils fauroyent, tant par ouirnbsp;dgt;re,quautremcnt,eftre dogmatifans amp; fréquentas les fermos qui fe fontes allcmbleesnbsp;de iour amp; de nuiét, amp; qui fentent mal de lanbsp;fov amp; religion chrefticnc,catholique amp; Romaine, fur peine deftre punis corne fauteursnbsp;amp; complices:amp; quà celle fin les ci-nfures S£nbsp;qucrimonies obtenues,à la vequele du procureur du Roy,feroy et publiées au profne denbsp;la grand méfie de chacune dcldires parroif-fes, à la maniéré acoullumee , amp; le tout publié à fon de trope amp;cry public,par les lieuxnbsp;acouftumez, afin que nul nen pretédifi cau-fe dignorâce:amp; que tous les aurres officiersnbsp;fifiént refpeôliuemcnt garder ladite ordonnance fur les peines de droiét.
Voila,di-ie,lc formulaire ordinaire des iuges fubalternes,pour lequel exécuter chacurt semployoit diligemment, amp; furtout les gesnbsp;dEglife ne dormoyent pas.Carpour intimider le peuple, amp; lanimerdauâtage cotre leSnbsp;autres,ceiloit merucill« des aceufatiós qult;nbsp;ils pro-
-ocr page 103-Sous François IL $i
Us produifoycnt contre eux, les chargeas de ïous les inceftes amp; villcnies que Ion fauroitnbsp;dire amp; pcnfer. La populace aufsi, aifec à ef-nrouuoir, principalemét quad il cft queftionnbsp;de la religion , executoir fes vengeances, denbsp;forte que ceftoit à courir à ceux qui auoycntnbsp;des ennemis, quand la porte dimpunité futnbsp;ouuerte.
Il aefté dit,que le Roy deNauarre,ayant fenty le Roy Philippes arriué en. Efpagnc, def»nbsp;-.craignit mcrucilleuitment quil luv donnai!; P'quot;' »nbsp;quelque venue,d autac qu il n y auoit aucunenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^5^
paix ne guerre entre eux. V oyat doc le mef- gt;' »«0« pris auql il eftoit à la Cour,amp;lc peu de nioycnbsp;par luy tenu à recouurer fon lieu amp; rang , ennbsp;forte qnileftoir moqué de tous codez , cela faifoit c|ue fans ceffe il cerchoit tous lesnbsp;moyés de le retirer enfes pays; en quoy ceuxnbsp;de Guife luy firent ce plaifir, pour mieux lenbsp;pourmencr, de luy donner la charge , au cenbsp;fon frere le Cardinal de Bourbon,amp;le Prince de la Roche fur Y on,de mener Elizabethnbsp;fut duRoy,mariee àlElpagnol,pour la ré-dre fur la frontière de F rance amp; dEfpagnc.nbsp;Parquoy prenant fon conge,il alladeuât faire les préparatifs à rcceuoir amp;c bien traiter lanbsp;dite Dame en fes pays.
En ce mefme téps par le moyé dvn procu-rcur, nome Durât,à qui fut adrellee vne let- Borf,ioi tte par mefgardc,laqlle il porta foudainemét quot;nbsp;nbsp;nbsp;dquot;
au Prefident S. André, futdcfcouucrtque les aniir.
-ocr page 104-Hifloire Je France, quelques amis du Conïêillcr du Bourg ta-nbsp;fchoyér à le fauuer de la prifon , lequel à celle caufe fut rellraint, iufques à eftre mis dasnbsp;ha cage de fçtj attendant quon en eull aduefnbsp;ti le Cardinal. £rpource que.Noftradamiisnbsp;adrologien amp; fnuocatcur de Diables, auoitnbsp;1015enfêT'pronóftlcarions dadonc,le bonnbsp;Bourg lera loin,le Cardinal voulant auoir lanbsp;peau de cc perlonnage,clpris de crainte, lu/nbsp;dt redoubler fes gardeszde forte que li quelques Vns paflàns par deuant la baftille,sarrônbsp;ftoyent là,on les retenoit prifonniers, ou lesnbsp;mtnaçoit-on,lî rârfoitpeu ilsregardoyétlanbsp;place.En outre, il fut mandé aux iuges deleguez du Primat de Lyon, de lexpedier haftinbsp;uement,ce quils firent, amp; cofirmans les fennbsp;rcnces precedentes,le renuoyerent au brasnbsp;feculier,dont il appella derechef comme danbsp;bus.Et combien que par les anciens priuile-ges du parlement, nul du corps diceluynénbsp;puilïèellre iuge en matière criminelle quenbsp;leant la cour amp; les chambres alîcmblecs ,nbsp;quil reftaft peu de temps iufques à la S. Matnbsp;tin dhiuenfi cfl-ce que le Cardinal ne voulut tant attendre,ains lettres patentes furentnbsp;decernees à certains Prefidens Sfconfei 11ersnbsp;choifis à fa deuotion : par lefquelles leure-floitmandé,toutes chofes cedantes,de iuget,nbsp;ledit appel,amp;luy faire de parfaire fon proces,nbsp;encores t] la cour ne full afséblee, amp; nonob-*nbsp;fiant quelque priuilege au cotraire. Ces lettres
-ocr page 105-Sous François ÎI. ^5
tresfignifices à du Bourg, le 24. dOctobre» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/
il demanda du papier amp; de lancre pour faire farefponce. Er pource que lhuifsier luy pre-fenta feulemét demie feuille, Sc quil en demanda deux ou trois entières,qui luy lurentnbsp;defniees,de là les luges deleguez,interprétasnbsp;celle demande à leur plaihr,fircnt fruit fjuilnbsp;vouloir retourner aux termes de fonaduo-car.Or comme le palais eft compofe de gensnbsp;fpeculatifs amp; curieux, chafeun iugeoitde cenbsp;perfonnage felon ce que fon aScebion le connbsp;duifoit. Les vns le conhnoyent en lvne desnbsp;cages de ferles autres diloyent quil y leroitnbsp;le premier bruflé, amp; que le Cardinal lauoitnbsp;tcop à cur pour en difpofer autrement: au-ffcs deplorans la mifere de ce temps blal-inoyent ceux du parlement, de ce queftansnbsp;fous vn Roy mineur dans , ils laifl'oyct ainlînbsp;fupprimerleur authoritc amp;C leurs priuilegesnbsp;anciens,allegans quecclane prouenoit quenbsp;deladiuilion dentreux. Car la pkifparte-ftoyent ou corrompus,ou faits de la main denbsp;ceux de Guife, amp; ne cerchoyent quà rentiernbsp;fer toutes chofes fainélcs amp; facrees pour cônbsp;plaire à leurs maiftres. Que sils enflent ellénbsp;Vnis amp; daccord amp; légitimement colloqueznbsp;en leurs eftats,ceftoit lors le vray ttps de re-ßiettrece Senaten fon anciéne fplendeuramp;nbsp;intégrité. Dauantage on fauoit afl'ez que dunbsp;ßoiirg neftoit en peine que pour auoir vfenbsp;en liberté de fon ofticc : amp; pourtant deuoyét
-ocr page 106-94 Hiftoire de France,
ils tât moins permettre liiyeftrefaitprpces-Ce nonobftant ces iuges aflemblez pour b derniere fois, pour gratifier le Cardinal,nbsp;craignâs quà lauenir on fift recerche de cc'nbsp;fte caufe,amp; que lcmprifonnement, procedunbsp;res,amp;iugemens fuflènt déclarez violens,cefnbsp;cherent nouucllc occafiô daggrauer fes cr?nbsp;mes, afin de fauuer lhonneur du Roy, qui nbsp;eftoit ( difoyent-ils) engagé.Parquoy ayansnbsp;trouuc fur du Bourg certaines epiftrcs de conbsp;famp;larion en fes angoilI'es,Brufiardprocureufnbsp;general print fes conclufions comme contrenbsp;vn criminel de lefe Maieftc,amp;vn traiftre qifinbsp;auoit intelligence auec les cftrangers,contrenbsp;fon fcrment,amp;contre les edits amp;ordonnannbsp;ces,qui defendoyent route communicationjnbsp;principalement auec ceux de Geneue, dontnbsp;ils difoyent ces lettres eftre parties. Et coni'nbsp;bien quil euftfufhfamment monftré ces letnbsp;tres eftre venues des Miniftres amp; anciens 'icnbsp;lEglile deParis,amp;:quelles ne touehafsér aucuns afaires d'eftat,ce neantmoins telcrimenbsp;par eux déclaré irrcmifsible ,ioint auec lesnbsp;autres,sen enfuyuit iugement de mort,lexenbsp;cutiü remife à lavolonté du Roy:fi bien il nenbsp;luy vouloir fauuer la vie, amp;¦ le confiner ennbsp;chartre perpétuelle. Toutcsfois ceft arrel^nbsp;fut tenu fecret pour les raifons qui ferontnbsp;déduite s ci apres.
rilates. Il ne faurobmerrre vne chofefort notable fortie de la bouche de fes iuges, afaiioit ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que
-ocr page 107-Sous François IL 55 que duBourg cftoit heureux de mourir pour 155')nbsp;vue 1'1 iufte amp; fainéte querelle ; amp; quandnbsp;on les blafmoit de lauoir condamne, ils fenbsp;lauoyent les mains dans les edits du Roy,nbsp;lefquels ils difoyent ne pouuoir outrcpaf-fcr : combien que leur confcience iugeaftnbsp;autrement.
Apres que les parets amp; amis des autres cô feillers prifonniers eurent longuemct pour- autres cô-fuyui amp; follicité le priué côfeil, le 4.de Septë l'eilkrs ,nbsp;bre lettres de cómifsion furent decernccs à qu^pyén'*nbsp;certains Prelîdens amp; conleillers de Parle-plus dap»nbsp;ment pour parfaire leur proces, nonobftantnbsp;tous edits amp;priuileges côtraires ; lefquellesnbsp;venues és mains dudit Prelident S. André,ilnbsp;choifit tous ceux qui penfaeftrc leurs aduernbsp;faires, amp; ennemis de cefte doftrine, amp; plusnbsp;agréables au Cardinal:lefquels commëçansnbsp;cnOélobrey vaquerct iufques.au 8.'de lan-i 0nbsp;uierenfuyuant. Quant au faitdiccuxcon-feillcrs, amp; la maniéré de leurs emprilonne-mens,elle eftoitbien fcmblable à celle de dunbsp;Bourg,mais nô leurs defenfes: car du Bourgnbsp;entra librcmét en la confefsiô de fi foy aufsinbsp;tort: quon luy en dcmada raifon. Les autresnbsp;au contraire trouuerent moyen de fc lauuernbsp;parles marets ( comme Ion dit ) amp; de prtue-nir parleur prudence humaine les complotsnbsp;amp; machinations de leurs aduerlaires. Denbsp;Foix, Fumee amp; du Faut, fe difoyetefl-re de-tenuspour auoir remóftré en faine cofcicnce
-ocr page 108-9^ Hiftou'e tie France, les abus qui seftoyée glillèz en la religio,nbsp;pour auoir donc leur aduis de les reformernbsp;parvn libre Sefainéf Concile: furquoy on nenbsp;pouuoit leur faire procès,dautac tj toutes opinbsp;niüseftoyetlibresjamp;que les leurs eftoyét founbsp;dees fur le premier article de la paix auec lenbsp;RoydElpagne,quclefeu Royauoit fait e-mologuerau Parlcmct,ou il eftoit parlé de cenbsp;Côcile vniuerfel, quon promettoit faire a(-femblerpour determiner des ditferets de lanbsp;Chreftiétc fur la religiô.Que fi le vouloir dunbsp;Roy neftoit den vferainli, les députez de lanbsp;paix qui lauoyétaccordé,eftoyét puniflàbles,nbsp;amp;:nôeux dauoir enfuiui lintentiô dudit Seigneur. Et fur ce quon leur vouloir faire rendre raifon de leur foy ,ils confeftbyent lesnbsp;fainctes efcriturcs du Vieil amp;Nouueau Te-ftamét, les Symboles des Apoftres amp; dA-tbanafe,receus amp;'approuuez comme le fom-maire de lavraye religion Chrefticnc. Maisnbsp;quand on les preflôit de rcfpondre fur lesnbsp;contentions amp; difeords de ce temps, ils di-foyent ny eftre autrement tenus, (inon quonbsp;prouuaft quils euftént parlé au contraire denbsp;lopinion receue en lEglife catholique, partant requeroyét deftre interroguez fur leursnbsp;charges amp; informations. Voila en Ibmmenbsp;leurs efehappatoires contre le Cardinal quinbsp;sattendoit triompher deux.Quât à Eufta.eenbsp;tie la Porte, il sy porta autremét, fe founict-rät à croire ce que lEglife Romaine croyoit»nbsp;decor-
-ocr page 109-Sous François II. 97 Recorrigerfon opinion, fi elle eftoit defa-greablc au Roy, amp; pour ce faire figner lanbsp;charte blanche.
lufques ici il a efte veu comme ceux de tes vfur-Guyfc appuy de la Roync mere,amp;: sappuyas aufsi fur icelle, auoycnt gagné loreille de ce uoirfaitnbsp;ieune Roy, efloigné les Princes du fang, amp;nbsp;les feigneurs qui neftoyent de leur retenue, t^uuént ànbsp;reculé ceux qui auparauant manioyent les lecommô-afaires , borné les villes frontières de leurs-nbsp;aifeâ:iônezferuiteurs:fommc,que lvn auoitnbsp;empiété le commandement fur ce qui con-cernoitlc fart de la guerre ,amp;lautre la fuper-intendance des finances, amp; des afaircs politiques,en forte quelauthoritcfouueraine e-ftoit en leurs mains. Mais quoy quils feeuf-fent faire,ces chofes dcfpleurent tellement ànbsp;tous les eftats de France, que pluficurs fcnbsp;donnèrent liberté den dire leur aduis hautnbsp;amp; clair, iugeans ce gouuernement, admini-ftré par les eftrangers, du tout defraifonna-ble, pour auoir efté mefmes eftabli auant lanbsp;venue du Roy deNauarre premier Princenbsp;du fang, amp; fans en demander laduis à ceuxnbsp;qui y auoyent intcreft;,amp; aufquels il apparte-noit 5 qui eftoit fouler aux pieds les anciénesnbsp;loix qui auoyent entretenu par fi long tempsnbsp;la monarchie du royaume.Ces chofcs,di-icgt;nbsp;faifoyent fentir à toutes perfonnes vn iougnbsp;infupportahle de ces nouueaux gouuer-neurs , amp; defcouurir les inimitiez fecrettes
G
-ocr page 110-58 Hiftoire de France, fecrettes daucuns qui efmouuoyent les antres. Ce que ceux de Guife penfoyent pou-noir fupprimer par leurs menaccs,amp;la Roy-ne mere par fes menees:LefquelIes menacesnbsp;eftoyent dautant P lus remarquées, que lonnbsp;eftimoit quils vouluflent petit à petit réduire le peuple enteile feruitude amp;captiuité corne defl'ous le Turc, ainfi quils auoyét clî'ayènbsp;de faire dés le viuant du Roy Henry.
effort des Tinalementjapres auoir longuement at-rrancts'^fe^^dulaflèmblee des Eftats,amp; feeu que ceux fentans e- de Giüfe auoyent perfuadé au Roy , quilnbsp;Tyranmnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grands ennemis , que ceux qui
parloyent de les conuoquer : toutes fortes de gens de la France,sanimèrent contre Icf-dits de Guife, voire lors mcfme quils sefti-moyent eftre appuyez fur fermes fondemés,nbsp;amp;que toutleurviendroitàfouhait. Adoncnbsp;on commença à difputer amp; mettre en auantnbsp;quils neftoyent legitimes Magiftrars : maisnbsp;pluftoft tyrans amp;vfuipateurs,dautant quilsnbsp;auoyét renuerfé tout lordre anciennemet e-ftabli, amp;châgé le bel eftat de la Frâce amp; desnbsp;François à vne cruelle feruitude amp; tyrânie?nbsp;laquelle deuoit daurât moins clire fuppor-tee quils eftoyent ert:rangers,aufquels nullenbsp;fubieélion neftoit deüe.
Ils fe fondoyét fur la loy Salique eftablie inuiolablcmétgardee des le cpmnientemftnbsp;deceftemonarchie,parle cômun accordnbsp;confentement des eftats, ayans de tout tépsnbsp;acoU'
-ocr page 111-Sous François XL
icouftumc de pouruoir de gouuerneurs aux Rois mineurs , corne il auoit efte pratique ànbsp;lendroit de Charles le Simple , Philipps lenbsp;premier,1e Roy SainélCoys, Charles hxief-me,lt;^ui ne fut mis hors delà tutelle de fes onnbsp;des que par priuilege amp; ordonâce des e ft at s,nbsp;encores quil fuftaagéde ii.ans,ôlt; difoyentnbsp;que deplusfrefche mémoire la 14S4.1allem a lt;nbsp;l?gt;lee deseftats seftoittenue a^TourSjenlaql- »nbsp;le felon leur authorite fupreme, futmontansnbsp;toutes les diffieultez qui fe prefentoyét de lanbsp;part des Princes , 5c de la Dame de heatqeunbsp;tâte duRoy^laquelle fe vatoit dauoir par tc-ftamét la garde du Roy Charles 8. lors mineur dâs , 8c ladminiftratio du royaume pédant fon bas aage) ils 01 done rent au Roy desnbsp;côfeillers auec la manière de leur gouuerne-mét amp; adminiftration : limitans la charge denbsp;ladite dame, 8c celle des Princes 8cdu côfeil.nbsp;C^ât à ce quô alleguoit ordinairement quenbsp;tel cftoitlc plaint du Roy,ils difoyétquô nynbsp;deuoit auoit aucû efgard, eftat chofe notoire
que ce feroit cotre tout droit
peuft luy-mefme côftituer tuteurs , ou que le mtfteurlFdô^ft foy-mefmes vn curateur ànbsp;î^vôlôte.Que G cela eftoit obfcrué entre pernbsp;fonnespriuees,àplusforte raifon dcuoit-ilnbsp;auoir lieu en vn Roy ,veu qué fa perfonne ilnbsp;eftoit queftion du bien cômun, 8c de la tranquillité publique; loint que les Rois de Price en auoyét toufiours ainfr vfé, 8c quentels
-ocr page 112-xoo Hiftoire de France, aages gt; ils auoyent recognu de leur bon gr^nbsp;les loix amp; ftatus de leur pais, de peur que lanbsp;Monarchie qui porte le nom de Trefchre-ftiéne ne fuft abaftardie ou châgee en quelque eftat de tyrannie, ioint que fi le Roy a-uoit quelquefois tenu ce lâgage,ceftoit feulement à la perfuafion defdits de Guife, quinbsp;le tenoyent tellemét afsiegé, que nul ne poUnbsp;uoit auoir accez à luy, finon par leur côgcnbsp;en leurprefence,à quoy mefines eftoit appünbsp;quee lancienne deuife du Cardinal, fauoif
eft vn herre enlaçant la pyramide, qui eftoic
. ladeuiTe du feu Royjcomme sil euft voulu effronteement amp; tout ouiiertenient triompher de la Frâce, qui fut caufe que quelquesnbsp;gens defprittournèrent fon nom quieftoicnbsp;Awgram-CH ARLES DE LORRAINE, ennbsp;T hquot;quot; luatre fortes,à limitation des Grecs,qui ap-de Louai-celle façon de faire Anagrammatif-me, ceft à dire tranfpofition de lettres, amp; fenbsp;rrouuercnt toutes ces fentences ficonuena-bles à ce dont eftoit queftion , quil fern-bloit que ce fuflènt comme prophéties ; afa-uoir. Racle ai l'or de Henri. Hardi larronnbsp;ß cele. Renard lafehe le Roi. Il cherra lafntnbsp;dore'. Ils difoyentdauantage que,toutes cesnbsp;raifons cefiàntes, lefdits de Guife eftoyét in-' capables dvn tel gouuernement. Car quantnbsp;au Cardinaljfa charge Eccleiîaftique len prinbsp;uoit, puis quilneftoit refponfable deuantnbsp;vn iuge feculier, pour laquelle raifon le R^y
lean
Sous François II. lot Iean,pourucu debonconfeibauoitoftélcsnbsp;féaux à Mefsive lehan des dormans fon Chanbsp;celier deuenu Cardinal ; amp; encores auiour-dIuiy en la feigneurie de Vcnife,amp;: autresnbsp;Republique» bien policées , les Cardinauxnbsp;neftoyent receus au confeil. Que fi on alle-guoic là deflus les Cardinaux dAmboifeamp;nbsp;du Prat,outre ce que cela eftoit aduenu fousnbsp;la maiorité du Roy,auquel il auroit ainftnbsp;pieu, lexperience auoit monftré,fur tout aunbsp;dernier de ces deux,combien cela eftoit per-nicieux.coine des le temps de Charles iixiefnbsp;me,la France lauoitia efTaye , nayàt eftê pofnbsp;fible damener àraifon leCatdinaldAmies,nbsp;quiseftoit retiré à Rome auec fes threfors.nbsp;Mais que le Roy Louis vnziefme, amp; le Roynbsp;Henry huitielme dAngleterre, auoyent eft'enbsp;plus fages à la fin,lvn fe faififlant du Cardinal Balue,amp; lautre du Cardinal dIorth. Etnbsp;fans faire plus ancienne recerche, lexemplenbsp;du Cardinal moyne de Tranfyluanie, ayant iv cfnbsp;allùietti au Turc ce Royaume là, eftoit toutnbsp;notoire, amp; eftoit fort à craindre que ceux de'nbsp;Guife ne fe vouluflent emparer de la Cou- ifforts àanbsp;ronne-.attédu que des le temps de Henry, ils =^quot;5nbsp;auoyctbié efté outrecuidez iufqucs là de di- sempare^nbsp;re,que le Royaume appartenoit à la maifon^'l» coude Lorraine,comme ilfuc de la race de Char '°'''nbsp;lemagne,fur laquelle Hue Capet lauoit v futnbsp;Îcc ; en quoy toutesfois ils mentoyent auecnbsp;eurs hiftoriographes attitrez, eftant chofe
-ocr page 114-102/ Hiftoire de France,
trop verifice,qiie Charles dernier, de laraciî. de Charlemagne, amp; Duc de Lorraine quilnbsp;auoit louftraite à fon frere, la relcuât de lemnbsp;pire,eftoitmorc,auec fes deux fculs enfansnbsp;prifonniers à Orleans, amp; le Royaume , poufnbsp;le forfait que deflus,auoit efté tranfponé pafnbsp;les eftats à Hue Capet, iflu,commu lon efti-me,de la maifon de Saxe. Or eft-il ainh quenbsp;par toutes loix celuy qui seft ingéré à quelque tutelle ou curatelle en doit eftre forclosnbsp;corne fufpect, beaucoup plus encores celui qui pretend quelque adion fur les biensnbsp;du pupille ou mineur. Au moyen dequoy lefnbsp;dits de Guife eftovent du tout incapables dunbsp;gouuernemcnt de France ( quad mefines csnbsp;point notable deftragers ceflèroit) puis que^nbsp;ilspretendoyenty auoir droit cômç qftas denbsp;la race de Charlemagnezamp;où ils v^idroyétnbsp;defguifer cela, de peur déconrir le crimedenbsp;lefe Maieftéjtoutesfois ils nepouuoyct nietnbsp;dauoir manifeftement querellé, amp; pretédu»nbsp;comme encores ils font,à faux titre,1e comténbsp;de Prouéee, le duché_dAniou,amp; autres mc-bres de la courône de France,ce qui auoit e-fte formellement cnipefehe par le Conneft»nbsp;ble,au commencement du regne de Henry»nbsp;amp; depuis confecuriucmcnt, autant de foisnbsp;quils aikoyent mis ce fait en aii.at, eftanr chonbsp;fe trop notoire,que le Duché dAniou eftoÙnbsp;reiini à la couronne,pour le moins par la nanbsp;turc dapennage, amp; le Comté de Prouencenbsp;acquis par donation du Roy René, cnneiutnbsp;de
-ocr page 115-Sous François H. 105 delamaifon de Vaudemont,dont ceux-ci n'ou fontnbsp;font i(rus,amp; ce à caufe de la prifon.pour for- üs ceuxnbsp;tir de laquelle il auoit efté côtraint y marier nbsp;fon hcritiere.Sur cela eftoyent mis en auantnbsp;les exemples de ceux qui fous couleur de tunbsp;telle ou curatelle auoyent autresfois vfurpénbsp;mefehâment les Royaumes amp; principautez,nbsp;commeTarquin le Superbe amp; autres .Nom-meemeton alleguoit vne hiftoire reciteepafnbsp;TiteLiueenfon vingt amp; quatriefme liure,nbsp;pource quelle auoit grade couenancc auecnbsp;le cas qui soffroit. Afauoit dvn Andronodonbsp;rus delaifsèpar HieroRoy de Sicile, auecnbsp;quatorze autres perfonnages, pour gouuer-ner Hierofme fon petit fils aagé de quinzenbsp;ans,lequel Andronodorus voulanf semparer du Royaume perfuada à ce ienne Princenbsp;de dechafier arriéré de foy les autres quatornbsp;ze gouuerneurs eftablis parfon ayeuhcômenbsp;sil euft efté de foy-mefme allez fuffifantnbsp;pour gouuerner feul fon Royaume. Ce quenbsp;ayâtfaitHierofme, Andronodorus,qui eftoitnbsp;demeure feul auprès de luy,parce quil eftoitnbsp;fon oncle(comme aufsi ceux de Guife fe no-moyét oncles du Roy Italcha dopprimer cenbsp;ieune prince pour occuper le Royaume, ennbsp;quoy toutesfois il fut empefehé par lagt;noblefnbsp;fe du pais.On mettoit aufsi en auât que ceuxnbsp;de Guife entretenoyét le Pape,amp; la religion,nbsp;nô pour aucune bonne deuotiô nialfeôlionnbsp;quils y euflenf. mais feulement pour le grâd Gt iU«
G 4
-ocr page 116-104 Hiftoirc de France,
gain amp; profit qui- leur en reuenoir, amp; quils en elperoyenc à laucnir. Car outre ce quilsnbsp;feftoyêt mcrueilleufement enrichis du cru-cefixjtcnans à trois ou quatre cens mil liuresnbsp;de rcuenii en lEgiife : craigftans la ruine denbsp;ce fiege,finô quil full gardé à force darmes,nbsp;ils sattendoyent,en le maintenant violente-mentjderi receuoir les guerdons,queut Pepin fils de Charles Martel, predecefièur denbsp;Charlemagne,amp; par ce moyé sapproprier lenbsp;Royaume de France,fous ombre de ce quilsnbsp;lé difenteftre illiis de la race de ceux qui ontnbsp;tant fait de bien à ce fiege Romain. On re-memoroit aufsi les cfFeàs lamctables de lentnbsp;ambition, dautant que lvn fe voulant fairenbsp;Pape , amp; lautre ayant défia englouti, paref-peranccjle Royaume de Naples, ils auoyentnbsp;flit rompre la trefue tant honorable amp; ad-uantageulc pour la France, amp; mené vnc bone partie des forces du Roy en Italie fousnbsp;couleur de fecourir le fiege Romain, dontnbsp;clloitcnfuyuie la perte de laiournee fainclnbsp;f Laurent,ayat mis le Royaume en tel hazardsnbsp;que pour le racheter, il auoit fahr rédre toutes les conquelles du feu Roy François lenbsp;grand, de rongner le royaume dvnc bonnenbsp;partie diceluy. Et pour la fin nclloit oubliénbsp;le changement quils faifoyct de toutes cho-fes,outre les exatlions amp; toutes fortes dim-pofts grandemét acreus depuis leur gouuer-nemct,aii lieu de fendie conte de rät de finâ-
ces,
-ocr page 117-Sous François 11 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;105
ccs,maniees par eux des le regne du feuRoy.
Ces chofes dcplufieurs telles autres cftovét piufij tygt; propofeesamp;dcbatucsordinaireiTient éscô- I*quot;quot;,?
c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i r r ' nauuCjplu»
pagnies,pendant que ceuxdeGuilc,ayas rait elle te def-abfentcrdc la cour tous ceux qui neftoyét couuie. de leur fadion , pofledoytnt paifiblemcnt lenbsp;Roy amp; le R oyaume. Mais ces bruits apjgt;or-terent apres eux de mcrueillcufcs confeque-ces,amp; firét Icuer loreille à beaucoup de grasnbsp;amp; notables perfonnages, voire mefmcs auxnbsp;phis taciturnes amp; paifibles, amp; qui auoyentnbsp;quitte toutes afaires publiques amp; particulières pour demeurer cois en leurs mailosiceuxnbsp;la,di-ie , eftoyét comme refucillez dvn profond fommeikpour penfer au falut public ,amp;nbsp;a ne tóber és mains des perfonnes quon tc-noit cômevrayes harpiesjcfpôges amp;fangfues.
Cependantde Roy pourmené çà amp; là par oieucoi». eux, cômençaen vninftâtdccroiftreàveüc nience ànbsp;dil, en forte,quen peu de téps , denfant ilnbsp;fe môftroit homme parfait; ce qui leur vint fcfcruoyétnbsp;grandemét à plailir, eftimans que par la cor-pulence on le iugcroitplus capable de pou- qucuxScnbsp;uoir adminiftrer fon Royaume, fans vn co-feil ordonné,amp; que par là ils le manicroyét à ftoj ct ùAnbsp;fouhait. Mais comme nul plaifir humain nenbsp;viétftns eftrefuiui de triftcfl'e follicitude»nbsp;Ce Prince mal fain,amp;qui des fon enfance a-Uoit móftré de grades indifpofitiôs,pour na-rioir craché ny mouché , forty dvue longue^,J/,nbsp;heure quartegt;auoit vn vifage blalart amp;bouf-lt;n.gt;»t
-ocr page 118-to6 Hiftoire de France,
fi-.leqnel tiraadonc fuv la haute couleur j cÓ-* me aufsi fe fonnoir vne corruptiÓ en 1vne denbsp;fes oreillesjqui faifoit 1office du ncz, lequelnbsp;il auoit fort camus. Toutes ces chofes dóne-rent grand penfcmét amp; crainte à la Royne fanbsp;mere, en forte que les médecins plus fuffifäsnbsp;furet par elle affemblez à Fontainebleau,quinbsp;luy côfeillercntde le mener pafTer lhyuer ànbsp;Blo^,rantpour cftre cefte côtrec au meilleurnbsp;amp; puis gracieux air de tout le Royaumc,quenbsp;pour y auoir IcdifSeigneur efté nourry des lenbsp;berceaudàou aufsi on luy pourroit appliquernbsp;certains mcdicamcns precieux,en attendantnbsp;quà la primevere on luy preparaft des bainsnbsp;aromatiques amp; propres à fa maladie. On ditnbsp;que de ce pas quelques médecins faits de lanbsp;main de ceux de Guife,les aduertirét fecret-tement de pouruoir à leurs afaires, dautantnbsp;que ce Prince neftoit pour la faire lôgue. Etnbsp;dauantage quils ne fe deuoyent attédre quenbsp;JaRoyne leur niepee euft aucuns enfans,silsnbsp;ne venoyent dautres que de luy ;târ pour lesnbsp;caufes fufdites,que pource quil auoit les parnbsp;ties generatiues du tout conftipees amp; cffl-pefehees, fans faire aucune aôtion : toutef-fois ils penfoyent quil pourroit biê viure encor deux ou trois ans, sil ne luy furuenoitnbsp;autre nouuel accidct,lcquel on empefeheroitnbsp;par le moyen des preferuatifs à luy ordónez-
Quoy que ce foit, ils fe refolurent deflors de fe maintenir à quelque pris que ce fuft, amp;nbsp;de
-ocr page 119-Solis François II. 107 de noublier nul moyen que le téps ofFriroit,nbsp;Fe faifans fores que ceftuy-ci leur faillant,fes ateurs^nbsp;frères encores plus ieuncs leur fenùroyent ; ont« I«nbsp;toufiours dcmefme appuy ,pourncu que la nbsp;Royne meredemouraften fon degré, cornenbsp;elle de fon codé y regardoit encores de plusnbsp;pres. Pour à quov paruenir, tourainlî quilsnbsp;auoyct mal mené le Parlcmét de Paris v iuatnbsp;Henrv, Seentierementharafié ceux qui ne-ftoyent faits de leur main, aufsi commencèrent ils à en pratiquer les principaux amp; plusnbsp;anciens par promeflès amp; prefens de benefices ( defqv.els ils auoyent lentierc dif-Eolition) CH forte que pluiîeurs diccux cf-louis de leur authoritc, amp;c côliderans le dager ou ils fc mertoyent en leur refiftant, veunbsp;quil ne leur apparoîlToit aucun autre moyennbsp;de sauancer, ny aufsi de les deliurcr de da-ger,amp;dautre codé alléchez de biens amp; grâ-oeurs, senclinercnt tellement de cede paix,nbsp;que sedans iettez dans leurs filez , ils synbsp;trouuerent comme envn labyrinthe. Ayansnbsp;donc franchi le fault, amp; sedans vouez amp;nbsp;confacrez à leur fcruice, cedoit à qui mieuxnbsp;leur complairoit. Le lemblable auint denbsp;la plus part des gens de guerre amp; autresnbsp;courtifans : car comme pîufieurs diccuxnbsp;cerchent volontiers leur profit amp; honneurnbsp;particulier pludod que le bien public , ilsnbsp;ployèrent il bien au vent dou venoit lànbsp;faucur , quil ne redoit quà comman-
-ocr page 120-loS Hiftoire de France, der pour obéir promptement. Et combiennbsp;que les vns amp; les autres cognuflent par fuf-filantes conieftures, que le but, auquel ten-doit celle maifon,cftoit tout autre que celuynbsp;quon leur figuroit, fi ell-ce quabbruue^nbsp;de vaine elperancc, pour sentretenir ennbsp;vne imaginée profperité, comme gens eny-urez,chaciî Ce precipitoit en ce goiillre. Maisnbsp;furtout le Cardinal, ayant pluficurs cordesnbsp;en fou arcjfe fauoit tellement trasformer ennbsp;toutes façons, quil eftimpofsible de croirenbsp;comme il fe contrefaifoit en appropriât maf-ques à fon vifage.Car auec vne grande rufe»nbsp;ilattiroit chacun ,en forte que deux mef-mes,amp; à Ibn clin dil ils entreprenoyct, oUnbsp;bien confeilloyent ce quil neuft ofé luy mefnbsp;mes defgorger de fon ellomac.Etfi toll quilnbsp;auoit barre fur quelquvn, comme les François font prompts à fe prefenter, il les fauoitnbsp;tellement arrefter court quils neufiènt pennbsp;reculer puis apres fans encourir vn extremenbsp;peril.Mais entre tous ftratagemes, deux chonbsp;fes luy ellôyent fingulierement recommandées , afauoir de tellement sauancer quilnbsp;iouaft à boulle veue : amp; dauoir lamitié desnbsp;Ecclefiafliques pour saider de leur biennbsp;du peuple qui tenoit la religion Romainenbsp;de fes anceftresjpour en auoir fecours volonnbsp;taire, fans lequel rien de tous fes deflèins nenbsp;pouuoit auoir force ne vigueur. Et dautantnbsp;quil cognoiflôicles vns auaricieux3amp; les a.nnbsp;très
-ocr page 121-Sous François II. 109 tres fuptrftitieux ,'il vfoit dautant de façonsnbsp;comme il les çognoifldit dhnmenrs diuer-fcs. Rien donc neftoit efpargné de fa part,nbsp;pour faire croire que ceux de la religion e-ftoyentnon feulement ennemis du repos punbsp;blic gt; mais aufsi de la perfonne du Roy amp; denbsp;fon eftat.Pour fonder de quelle affection onnbsp;eltoit enucrs le Roy, il deploroit quelquenbsp;fois la mifere amp;: condition pitoyable du téps,nbsp;amp;regrettoitlindifpofition du Roy »alléguâtnbsp;la crainte quil auoit que fon regne fuft tropnbsp;court pour cbaftier les hérétiques ; amp; qua-pres luy il furuinftvn autre regne qui leur lalnbsp;chaft la bride . Surquoy chafeun difoit,quilnbsp;faloitjtoutes chofes cefsâtcs,les exterminer»nbsp;cependant que les chofes y cftoyent diipo-fees, amp; auant quils enflent pris plus longuenbsp;racine.Lorsvoyant que cela saccordoit alleznbsp;bien à fon fouhait, fes pafsions aufsi le tranfnbsp;portoyentplus outre, en infiftant fur la maladie du Prince , laquelle il remarquoitnbsp;malicieufement de contagion de ladrerie.nbsp;Partant ne fut-il queftion aux fiensquedenbsp;ferner des bruits,pour rendre le Roy amp; toute fa maifon odieufe. Et de vray,ccft chofenbsp;certaine que de là fortit premièrement lenbsp;bruit que le Roy alloit à Bloys,fe faire medenbsp;cinetjà caulè des teintures de fon vifage. P,tnbsp;comme la curiofitc des Francois efloit den-quérir profondément, quoy amp; comment ce-Usentendoltjceux de çefte faction voyans
-ocr page 122-no
Hiftoire de France, combiencelalciu- ponuoitferiiirauec le relie de leurs préparatifs,difoyenten grandfcnbsp;cret*à loreille, que pour vrayle Royeftoitnbsp;entaché de lepre, pour laquelle guérir il fa-loitle baigner au fang des péris enfas: Ôcquenbsp;défiacommifsion eftoitexpediee à certainsnbsp;perfonnages, daller prendre les plus beauxnbsp;amp; les plus fains quon pourroit trouuerde-fgt;uis quatre iufques à fix ans. Et comme vo-ontiers mauuaifes nouuelles courent plusnbsp;ville que les bones amp; certaines,ce faux blaf-me 'efmeut tellement le peuple, mefmes ànbsp;lentour de lariuiere de Loyre, amp; de vingtnbsp;lieues à la ronde de la cour, que celloit pitié de voir aller amp; venir les peres amp; meres,nbsp;cachans amp; enfermans leurs enfans , çà lt;5clànbsp;où ils penfoyent auoir meilleure feureté. Etnbsp;de vray ceci ne fut fans occafionxar certainsnbsp;rullres fuyuans la cour, fe tranfporterent patnbsp;lei bourgades amp; villages, les vns deman-dans par les maifons particulières le nombre de leurs enfans, quils mettoyent par e-ferit: les autres faignans ignorer ce que lesnbsp;premiers auoyent fait, senqueroyent sil e-ftoit venu gens pour enregiftrer leurs enfans, difans quils fe deuoyentbi'en gardernbsp;de les bailler , car ceftoit pour baigner lenbsp;Roy en leur fang. Et par ces moyens pre-noyent argent des peres amp; des meres, comme leur ayant fait vntrefgrandplaifiramp; digne de grande recompenfe. Le Royarriuenbsp;à Bloys
-ocr page 123-Sous François H. in nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
àBloysfceut cesnouuelles 5 t|ui le troublerent grandement amp;: fa mere aufsi, qui sapet ceuoit de ie ne fay quov outrepaffant leursnbsp;communs defl'eins. Mais le Cardinal qui nenbsp;donnoit aucune relafcbe à ceux de la religio (pour les tenir hors dhaleine ) affermoitnbsp;ce blafmc cftre prouenu de leur part, afin denbsp;rendre le Roy odieux à fon peuple, commenbsp;ilsccrchoycntà luy öfter la couronne pournbsp;la ttanfporter à quelquvn de leur fuite,nbsp;dequoy ledit Seigneur conceutvn telennuynbsp;que dehors il fe rendit ennemi mortel desnbsp;Éuangeiques , nayant plus grand plaifitnbsp;quà senquérir des moyens de les exterminer dutout.Par ainfi,dautant que les peines ;H-iCK''»«'nbsp;fembloyent neftre alfez exprimées par les * Inbsp;edits precedens gt; il en lut fait vn autre, aunbsp;commencement de Nouembre,contre lesnbsp;aftemblees qui continuovent plus que ia-mais de iour amp; de nuiél. En quoy ils difoyëtnbsp;non feulement lvfage de lEglife Romainenbsp;eftte vilainement prophané-.mais aufsi quilnbsp;sy femoit amp; diuulguoit plufieurs vilainsnbsp;infames amp; iniurieux propos contre faMa-icfté,amp; pour inciter le peuple à mutinerienbsp;amp; fedition. Panant cftoit-il dit que toutes perfonnes qui feroyent conucnticulesnbsp;amp; aftemblees illicites,pour le fait de la reli-gion,ou autre caufe, amp; ceux qui sy trouue-royent, feroyent punis du fupplice de rport,nbsp;fans aucune efperâcc de moderation de pei-
-ocr page 124-iix Hiftoirc de France,
ne : amp; les maifons rafees amp; démolies, fanS pouiioir iamais eftrc rebafties.Et dautat quenbsp;la ville de Paris eftoit fur toutes autres recô-mandee , amp; que les i'uges y auoyent plus denbsp;deuotion au Cardinal, outre le grand profilénbsp;quils faifoyent en ces pourfuites, autres lettres patentes du treziel'mc de Nouembre furent dabondant decernees à ceux du chafte-lct,contenans les inefmes blafines femez cotre le Roy (comme ils difoyent) par les hérétiques. Parquoy leur eftoit made faire criernbsp;par la vi lie, que ceux qui auroyent cognoif-(ance de ces aiîemblees, les allaflent reuelcïnbsp;à iuftice dans certain temps,sils ne vouloyernbsp;encourir mefme peine. On promettoit à ce-luy qui les deceleroit, encor quil eufteftenbsp;des complices amp;coulpables,aueques le pat'nbsp;don amp; impunité du faidt, cent efeus polirnbsp;loyer. Et afin que tels délateurs fufi'ent gardez de violence amp;opprefsion le dit Sieur k®nbsp;firenoit en fafauuegarde.Suyuant lefquclRsnbsp;ettres publiées le vingtième dudit moisj^nbsp;perfecution recommença plus grande quai*nbsp;parauant, fi que nul de tous ceux qui eftoye*nbsp;tant foit peu fulpedls, nofoyent monftrernbsp;nez quil ne fuft happé par l.i diligence d*rnbsp;Ru/Iànges amp; Dauid, lefquels acompagncfnbsp;de plufieurs fergans, raudoyent fans cefl^nbsp;par la ville ; mais ayans eu le vent quon 1^^nbsp;menaffoitjou bien la mauuaife confcieflC^nbsp;les avant efpouuantez, ils en aduer tirent 1^
Cardb
-ocr page 125-Sous François IL 115
Cardinal, lequel le fit ttouuer trefmauuais au Roy , fi que lettres parères du quatorzief-medeNouembre leur furet enuoyees pournbsp;informer amp; punir à mort ceux qui fe trouue-royent auoir donné quelque faueur, confeilnbsp;amp; fupport aux Sacramcntaires amp; entacheznbsp;dautre crime dherefie, amp; qui vfoyct de menaces ou intimidatiôs contre les iuges,leurs jnbsp;minifires amp; ceux quon vouloir produire ànbsp;tcfraoins.
Enuiron ce mefme temps, afauoir le lugemont iS. de Décembre , Antoine MinardPrefidct A« Dieunbsp;au parlement de Paris, lvn des grands fup-pofts de ceux de Guifc, fut tué dvn coup de nard,nbsp;pifiole vnfoir,comme il retournoit dupa-lais en fa maifon,ôc ce par gens incognus. Etnbsp;quelque diligence quon peufi fair^e Ion nenbsp;fceut iamais fauoir dou cela eftoit venu. Lesnbsp;vns difoyét que ceftoitpour paillardife,daunbsp;tant qu il y eftoit du tout adonné , amp; quil nenbsp;craignoit de feduire toutes les dames amp; da-moifelles qui auoyent des procès deuat luy,nbsp;côtraintes de fe proftituer à ce taureau ban-nier,fi elles ne vouloyét perdre leurs caufes.nbsp;Les autres,que ceftoit par quelques defefpenbsp;rez defquels il auoit vendu le droit, corne ilnbsp;eftoit en reputatio de iuge du tout inique, amp;nbsp;dauoir deftruit v ne infinité de groifes mai-fons par fes defguifemens amp; pratiques. Lesnbsp;autres maintenoyent que ceftoyent les Luthériens, par ce quil donnoit toutes les in-
H
-ocr page 126-ÏI4 Hiftoire de France, ftnidions amp; memoires à ceux de Guifc poufnbsp;les moleftcrjamp; quil leur reueloit les fecretsnbsp;de la cour,combien quil cuit autresfois faifnbsp;profefsion de leur doctrine. Entre les autresnbsp;appréhende? fur le champ par foupçon,Rnbsp;baftard.du feu Cardinal de Meudon,onquot;nbsp;de de la Dame dEftampes, fut mis prifotvnbsp;nier,dautant qnie peu auparauantil seftoifnbsp;plaint que Minard auoit fait donner le bieUnbsp;de fon pere au Cardinal de Lorraine, amp; se'nbsp;ftoit fait executeur de fon teftament, fau^nbsp;luy auoir rien referuc : mais il prouua ion a'nbsp;libi. Ils auertirentaufsi le Roy par vn nomquot;nbsp;me Des Croifettes fubftitut du procureurnbsp;fe difant parent de la Royne, amp; furnomiU^nbsp;Stuard,comme ellcjauquel, fous vmbre qn^nbsp;il alloit vifiter les prifonniers pour la reh'nbsp;gion,ils impoferent quilauoit voulu met'nbsp;tre le feu deuans la ville de Paris pour delPnbsp;urcr les prifonniers. Ce quentendunbsp;ladite Dame, laquelle il reclamoiten aid-nbsp;elle le defauoLia,pour complaire à feson'nbsp;des, qui fut caufe de le faire durement traf'nbsp;cer amp; tourmenter par geheimes. Mais onnbsp;feeut rien tirer de luy. Ces nouuellcs airgt;hnbsp;venues à la cour, le Cardinal en fur grandi'nbsp;ment intimidé, amp; encores plus quandnbsp;mcfme inftant,ou peu apres, ou tua vn noi^^nbsp;me Iulian Fermé, à quatre ou cinq lieuesnbsp;Chambourg ou lors edoit le R oy,lequel ff^'nbsp;loir porter force memoires pour faire proc^^
Sous François II. 115 aux plus grands Princes amp; Seigneurs dunbsp;Royaume gt; amp; autres gens riches amp; opulcnsnbsp;lt;iui fauorifoyent cefte doétrine, amp; craignoitnbsp;grandement le Cardinal quon le traittaftnbsp;de mefme. Toutesfôis il ne te déporta pournbsp;cela de fes emreprifes, ains defpit amp; fafclrènbsp;dauoir perdu ce bon feruiteur amp; fes mernoinbsp;rcsûleOaya de rendre ceux de la religion tâtnbsp;plus odieux ,les aceufant den auoir efté lesnbsp;meurtriers.Et de fait,!apparence eftoit grannbsp;de que plulleurs de la rcllgion,côme il auoitnbsp;efte prédit à la Royne mcre,lc fafeboyent denbsp;lapatienceChreftienne amp; î-uangeliquemo-beiilàns rien moins en cela quàleurs minilires. Ramenant donc en icu ces blafmcs fufnbsp;dits de la maladie du Roy, defquels luy mefnbsp;mes eftoit autbeut ; amp; efperant que par fu-bornations ou armement on pourroit trou-uer quelque ebofe contre eux, il fit decernernbsp;commifsions aux maiftres des requeftes, amp;nbsp;mefmes aux inges prochains qrril fauoit c-ftre à fa deuotion, pour en inform er diligemnbsp;ment.Il leur eftoit aufsi mande de faire publier à fon de trompe,amp; par afhcbcs aux temnbsp;pies amp; lieux publics, que toutes perfonnesnbsp;qui fauro-yent ceux qui auoyent feme telsnbsp;bruits ,lallaflent reueler aux cômiflaircs,futnbsp;peine de crime de lefe Maiefté.Quc fiaucunnbsp;fc prefentoit ores quil fuft des coplices amp;nbsp;coulpables ) outre le pardô,loyer eftoit promis de ÿoo.efcus. Aux perfônes princes eftoit
H X
-ocr page 128-irö Hiftoire de France,
donnée puifl'ance de prendre au corps ceu5^
qui auoyent tenu tels propos gt; amp; les mener au plus prochain iüge, lequel toutes chofesnbsp;celsatesjdeuoit leur faire procès,amp; iceluy eUnbsp;noyer au priué confeil. Et ou les capturesnbsp;fe pourroyent faire,on vouloir quils fufsentnbsp;pourfuyuis,lt;fe quon criaft apres eux,au boU'nbsp;tefèibautraiftrejiufqua-ce quils fuflêntve-'nbsp;nusau }ieu quon pouuoit Conner le tocquc'nbsp;fain.Et alors que chafeun semployait de leSnbsp;prendre, sil lie vouloir encourir la mefiH^nbsp;punition,amp; ou ily auroitdefenfc, eftoirpet'nbsp;mis de les tuer. Or combien que ceux de I®nbsp;religion fulîènt trefmal voulus,amp; quon re-iettaft fus eux la faute de toutes mefauantU'nbsp;res amp; malheursjce neâtmoins il ne fe trouU^nbsp;aucune preuuç contre eux, dont le Cardin^nbsp;futtrefmarrijtaxantlesiugesdeles auoirnbsp;parg.nez,amp;auoir prins argêt : toute laquellenbsp;de perfonnes de bon iugement, dautâr qu^nbsp;ce bruit au grand diffame du R oy, euft pe^*nbsp;fe verifier accortement,ou bien eftre enfeu^nbsp;liplus fecrettemer,que de le publier ainfinbsp;lennellement au veu amp; feeu des Efpagnohnbsp;qui attendoyent le partement de la Royu^ 'nbsp;leur maiftreflè,amp;fur dudit Sieur Roy.
trouucc eftrange de beaucoup
Finalement, vu de ces gamemens seft''' rencontré auprès de Loches, le mge dunbsp;layant pris prifonnicr,faifi dvne commifs**^nbsp;quil maintenoit eftre expediee en la chan^^
le-
SousPrançois IL 117 letie 5c fignee àvn des fecretaires dcftat, ilnbsp;fut mené à Bloy s, ou il fut recognu commenbsp;ayant familièrement fréquenté en la maifonnbsp;du Cardinal de Lorraine,amp; iceluy ferui de-fpion,amp; comme ayant donné des nouucllesnbsp;inuentios de furcharger le peuple, ainfi quenbsp;la cour eft couftumierement farcie de tellesnbsp;gens. Somme,pluhcurs le penfoyéteftre do-meftique de celle maifon. Par fon proces ilnbsp;confefla auoir exigé amp; rançonné dû peuple,nbsp;en vertu de cefte commifsiô, douze ou quinnbsp;ze cens efcus-.mais ce malheureux eftant menbsp;né au fupplice pour eftre décapité, demeuranbsp;fl ferme amp; opiniaftre , que iniques à la hn ilnbsp;maintint la commifsion eftre vray c, amp; auoirnbsp;icelle prife par commandemét dû Cardinal,nbsp;comme aufsi il difoit en auoir fait deliurer ànbsp;plufieurs autres courtifans amp; gens de fa mainbsp;fon. Cela fut caufe de mettre en doute ôc di-fpute ce qui auparauant neftoit tenu quenbsp;pour fable amp; pure menfbnge,comme à lavenbsp;rité tout cela feroit digne deftre fupptimé,ftnbsp;non que les eftrangers en vouluflent fairenbsp;mcmoire,amp;rapporter les chofes autrementnbsp;quelles ne font paflèes, à caufe du grandnbsp;bruit qui en fut femé par tout par la ru fe desnbsp;delRis dits.Ce fait auîsi eftoittrouuc du toutnbsp;ridicule parles médecins amp; chirurgiens,voinbsp;re des empyriques ôc triacleurs mefmes.nbsp;Voyla enfomme quelle futliflue de ces fauinbsp;btuits,qtii furent femez,comme nous auonsnbsp;H 5
-ocr page 130-ii8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hiftoire de France, '
dirjamp; à double cautelledvne pour petit à pC
tit defgoufter les François de 1amour nature! quils portent à leurs Rois, pour cftrc le' Roy, comme ils vouloyent faire croire, cnMnbsp;chc detelle contagion; ôi par ce moyen lesnbsp;preparer à non U eau changement: amp; lautre,nbsp;pour rendre tellerhentodieux ceux de la religion enuers le Roy,que par fon moyen ilsnbsp;fiiflcnt du tout exterminez, afin que cela raclé ils ne trouualsent aucune refinance à exCnbsp;curer leurs defleins.
Frcpaiâ- U a efté fait mention de larreft donné co tifs du dec tre du Bourg, lequel eftantdiuulgué, ceuXnbsp;pîiPans mirent toutes peines pofnbsp;Bourg- fibles de luy fauucr lavie. Premièrementnbsp;ilsfommerent la Roine mere depromefle:nbsp;mais ayans eu froide rcfponfc, ils fe retire-t rent deuers Otton Henry^omte Palatin amp;nbsp;*^pi'emiere!e6têûr dcTEmpife, qui aufsi toftnbsp;enuoya fes ambalïadeurs le demander aUnbsp;Roy,pour sen feruir en fon vniuerfité anbsp;Heydelberg. Dequoy le Cardinal auertynbsp;5c de la caufe de leur venue, defpit extrêmement de la mort de fon bon ami Minart, ef-criuit quon le fift mourir incontinent amp; a-uant leur arriuee, afin que le Roy nen fuftnbsp;dauanrage importuné. Et quad plus^il eftoitnbsp;prié de faire fuperfeder lexecutiô, tant plusnbsp;fe móflroit-il difficile, puis que Ion auoit eUnbsp;recours aux Allemansheretiques , lefquelsnbsp;aufsi il cfperoit chafticr à leur tour. Ceux denbsp;Guif«
-ocr page 131-Sous quot;François IL 119 G Ulfe donnèrent les moyens amp; addrelTesnbsp;pour faire lexecution feurcment gt; amp; en lanbsp;maniéré qui fera tantoft déclarée.
Cependant eft an s auertis quon les. me-naffoitj lettres patentes furent publiées nar- «s s'afleu. ratiucs des defenfes precedentes du port desnbsp;piftolles amp; hacquebuttes,qui neantmoins â* pcuuent.nbsp;uoyent efté fimal obferuees quil le com-mettoiciournellement de grands amp; exécrables meurtres,pour lefquels empefeber fernnbsp;bloit laugmentation des peines eftre le meilnbsp;leur remede. 11 eftoit donc défendu de par lenbsp;Roy à toutes perfonnes fuflent gentilshommes de fa maifon,de fes ordonnances gt; officiers domeftiqucssarchers de fes gardes,garnbsp;des des forefts, gens de iuftice ,de finances,nbsp;marchans, amp; autres quelconques ne porternbsp;aucunes piftolles, fuft par les chemins, ounbsp;dans les ville s,fur peine de la v ie, encor quenbsp;ils nen euflent tiré, v oire amp; fans efperancenbsp;de grace,ne naoderation de peine,la confifeanbsp;tion départie moitié au Roy,moitié à laccu-fateur. Toutes permifsions , priuileges amp;nbsp;congez reuoquez; enioint à tous fuiets amp;nbsp;perfonnes priuees de faire les captures fansnbsp;sarrefter à aucun congé amp; les mener aunbsp;plus prochain iuge. Q^e pour les faifir onnbsp;criaft, Au traiftre. Au boutefeu , quà ce crynbsp;chafeun fuft tenu de les fuy ure,iufques à cenbsp;quils fuffent appréhendez. Que pour cenbsp;faire les payfans laiû'affent leurs befongnes,nbsp;H 4
-ocr page 132-1X0 Hiftoire de France^
Trophée de dunbsp;Bourg.
fonnaflent le tocquefain,fur la mcfme peinf de la vie, amp; aux iuges commandement din-'nbsp;iiiolablementgardercefte ordonnance, fiH*nbsp;peine de priuation doffice. Et à ce que cdnbsp;patentes ffiflènt plus cftroittemcnt recotn'nbsp;mandées, y eftoyét adiouftees lettres du ca'nbsp;cher du Roy,aucc menaces,afin dy auoir d^nbsp;plus pres lil. Voila comme le Cardinalnbsp;fonfrere penferentauoir bien pourueu au^nbsp;cntrepriles,qui fc brall'oyent contreux.
Nous auons cy deuant fait mentiô du in^ gement à la mort donne contre du Bourg»nbsp;amp; comme lexecution auoit efté-diffcrec iuFnbsp;ques à nouüeau manderaêt du Roy. Or ne'nbsp;ftoit-il point en la prifon fans beaucoup fouinbsp;frir,car on le tenoit bien eftroittement en 1*
baftille,amp;nauoit point le traitement que rc' queroit fon eftat : ains quelquefois eftoit 1*nbsp;au pain amp; à leau, la communication de toUJnbsp;fes amis luy eftoit interdite, tellement qu^nbsp;ne pouuoit eftre fecouru ni foulagé;amp; quel'nbsp;quefois (pour foupçon quon auoit quil 1^nbsp;fiifoit enrreprife pour le deliurer par le bfbnbsp;desprifonsjonlercftraignoit en vne cag^nbsp;en laquelle il auoit tous les malaifes,comH^nbsp;on peutpéfer. Ce non.obftât,il fe refiouiftô^nbsp;roufiours,amp;r glorifioit Dieu,ores empoigu**'nbsp;fon luth pour luy chanter Pfilmes, ores 1^nbsp;louant de fa voix. Plufieurs tafehoyent de 1^nbsp;deftourner; mais ils y perdirent leur pcin^nbsp;cftans repouflez dvnc grande conftanceiea*'nbsp;il te'
Sous François IL ni il remonftroit toufiours V équité de fa caufc»nbsp;amp; quil neftoit detenu que pour la confefsionbsp;de noftre Seigneur lefus Chrift. Et pourtantnbsp;ne falloir quil fuft fi lafehe amp; dedoyal, quenbsp;de faire chofe aucune pour racheter fa vie amp;nbsp;labonne grace des hommes, au deshonneurnbsp;de lefus Chrift,amp; au peril de fon ame : Mef-mes fon affeélion eftoit telle,quil drefla vnenbsp;requefte au Parlement aucc vne confefsionnbsp;ample de fa foy , amp; la prefenta , de peurnbsp;quils ne fuflént afléz utufaits de fes ref-ponccs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Ses frères aduertis du commandement du Cardinal,luy firent fauoir comme à forcenbsp;defeus ils auoyent obtenu du Pape des bulles pour le quart appel,le priant de sen ai-der.car elles eftoyent fl exprefles amp; fulminantes quil feroit en vertu dicelles mené ànbsp;Rome, amp; lors on le deliureroit aifement parnbsp;les chemins : autrement ceftoit fait de luy.nbsp;Ce quil refufa, amp; affeure Ion qu il ne fe tef-^nbsp;iouit iamais tant, que quand il feeut fa fir\nbsp;approcher, amp; qutn deteftant la Papauté, ilnbsp;deploroit les moyés pat luy tenus pour prolonger fa vie, ce quil monftra ouuertementnbsp;le 10. de Noucmbrc^àceux qui le degrade- !nbsp;têt des ordres de diacre amp;; foufdiacre.Car au 'nbsp;fortir ils eftoyent merueillcufcmét eftonnCïnbsp;de fes remonftrances.
Eftât apres ces ceremonies rcmené en la conciergerie du Palais, on ht courir le bruit
-ocr page 134-iix Hiftoire de France,
quil seftoitdefflir, amp;quà cefte caufc lort aiioir eniioyéau Roy pour obtenir la grace:nbsp;mais ce bruit fe faifoit cxpreflement pournbsp;rédre inutiles les entreprifes quon craignoûnbsp;eftre faites pour fa deliurance. Or la couftu-^nbsp;me ancienne du Parlement eftoit quauxnbsp;quatre fcftes annuelles , quon appelé, onnbsp;feferuoit à la mort les plus grands malfaiteurs, voleurs, brigans ou parricides,afinnbsp;que la punition fuft plus memorable. Maisnbsp;depuis 50. ou 4O.ans que la perfecurion futnbsp;efmeue contre les Lutheries, ce fort efcheiitnbsp;fur les plus doéles amp; renommez dentreux»nbsp;comme eftanr leur fermeté blafmce plusnbsp;que les mefchancercz des pires gamemensnbsp;du monde. Paramfidu Bourg fut referué ànbsp;Noel.LeSamedydoncde deuant cefte feftc)nbsp;que Ion cotoit le^zi-de Décembre,ort aflèm-bla 400. hommes de pied amp; 200. de chenal»nbsp;amp; plus, tous armez à blanc. Et à ce quon nenbsp;peuft falloir ou fe feroit lexecution , amp; quenbsp;le; embufehes fuftent inutiles (fi aucunes ynbsp;en auoir) les iuges deleguez firét drefter desnbsp;, potences ,amp;¦ mener du bois par tous les car-refours de Paris pour ce acouftumez. Etennbsp;lt; t H- c j;q,jipp3^ge , le vingttroiliefme de Decé-bre du Bourg fur mené en S. lean cnGreiic,nbsp;amp; là bruflé amp; fon corps réduit en cendres-Il neft pofsible de deferire la confiance Sinbsp;fermeté de ce perfonnage : car elle eftoitnbsp;admi-
-ocr page 135-Sous François IL iij admirable fur tous ceux qui ont fouffcrtnbsp;pour cefte querelle. Bref, fa magnanimiténbsp;furmonta la violence de fcs ennemis, quelque grande quelle fuft. Car ceux qui voy-oyent fa contenance, depuis que fon arreftnbsp;luy fuft prononce,racontoyent merueillesdenbsp;fes propos amp; graues fentences. Et combiennbsp;que Ion fuft obferuc de près , fi eft-ce quenbsp;plufieurs difoyent haut amp; clair , quil nenbsp;fe pouuoit faire , que ce perfonnage nenbsp;fiift conduit de lefprit de Dieu , leftimansnbsp;tref-lieurcux de ce quil mouroit fi conftam-mentpour maintenir la vérité, amp; que le fallu de fa patrie ,amp; lhonneur de la iufticc,nbsp;luy auoyent cfté plus précieux que fa propre vie.
Apres duBourg furet menez à la mortplu-ficurs autres pourmcfme raifon,qui furent aufsibruflez, afauoir, André Coiffier en lanbsp;ville de Dampmartin, lean Ifabeau menui-fter, natif de Bar, amp; pris à Tours, amp; là execute à la mort , amp; lean ludet à Paris, lenbsp;tout par arreft de la cour de Parlement denbsp;Paris.
Office perfonnage notableeftoirplaint des gens doéfes amp; d'eftat, la populace de maux.nbsp;Paris au contraire fcmonftroit tant plus en-quot;enimee contre les Euangcliques:car cômenbsp;elle eft côpofce de toutes natiôs,amp; denaturenbsp;*iiitine,lcsSorboniftes amp;autres moines leur
-ocr page 136-114 Hifloire de France, feruoyent de fou flets par leurs prcdicatiofls*nbsp;pour les cnflaniber contre celle doctrine,di'nbsp;fans que les feôlateurs dicelle efloyent gensnbsp;fans Dieu amp; fans religion, amp; les chargeanSnbsp;des crimes cy delfüs alléguez, ce qui mettoîl^nbsp;ce populace en telle rage Si forcenerie coU'nbsp;tre eux,que fouucnr il yenauoirdu peupl^nbsp;qui feruoyent de bourreaux, en lesoftant*nbsp;icxccuteur de iuftice, pour acroiftre leur^nbsp;tourmens,comme ils enflent faiôl en la pet'nbsp;fonne de du Bourg, fans ce que les gens at'nbsp;mez retindrent leur furie.
Encemefmetemps ils inuenterent phi' fleurs maniérés de defcouurir les Euangeb'nbsp;ques. Car outre leur façon acouftumee dâ*'nbsp;cablerceuxqui ne sagenouilloyent deiial^nbsp;les preftres portans lhoftie ou corpus DoO^*nbsp;ni,quils appellét,on erigea par tous lescoio^nbsp;des rues des images de la vierge Marie,coiinbsp;me âufsi elles elloycr efleuees au deflùs d^^nbsp;portes des meilleurs CatholiquesRomainSnbsp;deuant lefquellcs fe difoyentordinairemO*'nbsp;des faints amp; autres o.raifons acouftumeesnbsp;telles deuotions.Qnc sil fe rencontroit qi'®nbsp;que paflànt qui noftaft le bonnet, aufsi fo^'nbsp;dain elloit-il aflailli par certains homes
-ocr page 137-Sous François IL 115
culte du monde, on cftoit chargé de coups» Us alloyent pareillement de maifon en autre quefter argent pour femblables ferui-ces,amp;chanter moelles aces nouuellcs images, amp; frayer aux proces des Luthériens, ànbsp;quoy fl on leur contredifoit tant peu que cenbsp;fuft,ilny alloit que de la vie amp; faccagementnbsp;des inaifpns , dont senfuyuirent plufieursnbsp;meurtres,qui neantmoins quelquesfois re-tournoyent fur les teftes des aflaillans. Carnbsp;certains gamemens, inquiétez de leurs dettes,fuyuoyent leurs credireurs,amp; les trouuâsnbsp;aux rues efgarees,nauoyent pluftoft crié, annbsp;Luthérien, au Ghriftaudin, quils ne fuflentnbsp;non feulement quittes de leurs debtes, mais-le plus fourrent reueftusdes defpouilles denbsp;leurs créanciers.
Ces façons de faire ouuertement ryranni ques ,les menaces defquelles à cefte occafrô finalcmêtnbsp;on vfr,ir pntiprc Ifquot;« r,ine trrnndc fin mvnnmp.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yeux
gneurs,le mefpris des eftats du Royaume,la corruption des principaux de la indice rangée à la deuotiô des nouueaux Gouuer-neursjles finances du Royaume départiesnbsp;parlerrrTOmmandement,amp; à qui bon leurnbsp;fembloit, comme aufsi tous les offices amp; benbsp;nefices,bref leur gouuernement violent, amp;nbsp;de foymefme illegitime,efmeut de merueil-leufes haines contre eux, amp; fit que plufieursnbsp;Seigneurs fe refueillerent comme dvn pro-
-ocr page 138-it6 Hiftoire de France, fondfommeil. Voire amp; dautant plus quiJ^nbsp;confideroyent Jes Rois, François»amp;Henry?nbsp;nauoir iamais voulu attenter en Ia perfoo'nbsp;ne des gens deftat, fe contentans de barre 1^nbsp;diicn dcuanr le loup, amp; quon faifoirtoiitl^nbsp;contraire alors: quon dcuoit (pour le moio®nbsp;à caufe de la multitude) vier de rcmedeSnbsp;moins corrollfs, amp;: nouurir la porte à vfnbsp;Commcn- mjfjæ,-, jg (éditions. Chacun donc fut con^nbsp;fondemét tramt de pcnfer a Ion particu lier, amp; ne poit-vne telle opprcfsion, coni'nbsp;tumulte inencerent plulîeuts à Ce rallier cnfcmbleinbsp;d'Amboi- pour regarder à quelque iufte defencc,poiifnbsp;remettre fus lancien legitime gouuerne-ment du Royaume. Ce queftanc propofenbsp;aux lurifconfulres amp;: gens de renom de Frâ-ce amp; dAllemagne,comme aufsi aux plusnbsp;doôbes Théologiens, il fetrouuaque lonf®nbsp;pouuoit légitimement oppofer au goutier'nbsp;ncmentvfurpéparceux de Guife, amp; prendre Icsarmes à vnbefoin,pour repouflèr leurnbsp;violence, pouriieu que les Princes du fang?nbsp;qui font nais en tel cas legitimes magiftrats,nbsp;ou lvn deux le vouluft entreprendre, futnbsp;tour à la requefte des chats de France,ou denbsp;la plus faine part diceux. Car den aduertirnbsp;le Roy amp; fon confeil, ceftoit sadrelier auxnbsp;aduerfaires mefmes, veu que le Roy, outrenbsp;(a minorité, amp; fon peu de fens, leur eftoitnbsp;mefmes ancrui,de forte quil ny auoit ordrenbsp;de tenir ce chemin pour leur faire proces parnbsp;lavoye
-ocr page 139-SousPrançois 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1x7
la voye oràin.aire.U eftoit donc neceflaire de «t/ç fe faidr de leurs perfonnes comment que cenbsp;fuft gt;amp; puis da'dembler les eftats pour leurnbsp;faire rendre côte de leur adminiftration.Cc-ci, ài-ie,arreftè dvn commun côfentement,nbsp;il fe tvouua trois fortes de qens à manier ceftnbsp;afaire,Les vns meus dv n àrovt zcle de fevuirnbsp;àT)leu , à leur prince amp; patric.autres meusnbsp;dambition côuoiteux de changement ; amp;nbsp;autres encores efguillonnez dappétit de vege ance, pour les outrages receus de ceux denbsp;Guife jtant en leurs perfonnes quen leursnbsp;paréts amp; alliez-, de force quil ne fe faut pointnbsp;efmer;ueillev sil y eut de la cofufion ôc ù lif-fue en fur tragique.
Cela mis en auât,Lovs de Bourbon,Pvince'°^''^
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IVKXldlC^UC
vrayement généreux entre tous les Princes àu teconà du fang » appelé le Prince de Condé , e-ftant folicité dentendre à ces afaires pour uiulnt knbsp;empefeher la ruine du Rov ,amp; de tout Ve- pienüer,nbsp;n *¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;contre les
ïtat , apres y auoir longuement amp; meure- lytam. ment penfé , comme la confequence dunbsp;fait le requeroit, donna premièrement co«nbsp;mifsion à certains perfonnages de preu-dKommie bien approuuee , de senquérirnbsp;fecrettement , amp; toutesfois bien ôr exaéte-ffient des charges impofees à ceux de Guife,nbsp;pour puis apres regardera ce quife pouuoitnbsp;amp;: deuoit faire en bonne confcicnce, pour lenbsp;bié de fa Maiefté,amp; du public. Linformatie»nbsp;faite,il fe trouua par le tefmoignage de gens
-ocr page 140-1x8 Hiftoire de France, notables amp; qualifiez, iceux eftre chargez denbsp;pluficurs crimes de lefe Maiefté, enfemblenbsp;dvne infinité de pilleries,larrecins amp; cócuf'nbsp;fions , non feulement des deniers du Roy»nbsp;mais de fes particuliers fuiets. Entre autresnbsp;chofes notables, on laflèuroit eftre bien vérifié , amp; par gens qui leur auoyent efté comme domeftiques,quiis vouloyent semparernbsp;du Royaume, amp; faire mourir tous les Princes du fang, iufques à ceux qui feroyentaitnbsp;berceau, fi toft quils auroyêt exterminé tonsnbsp;ceux quils appeloyent hérétiques, quils f*'nbsp;noyent leur eftre fort contraires pour les rai-fons cy dcflùs alléguées. Et pour hafter ceftnbsp;afaire, iachans que le Royeftoit de peu denbsp;iours,pendant lefquels ils ne vouloyent leiifnbsp;demeurer vn feul ennemi viuant, ils tafchc'nbsp;royent de paruenir à leurs defteins, ce quibnbsp;eftimoyent leur eftre aifé, veu quils auoyenfnbsp;la iuftice, largent, les villes fortes, les genSnbsp;de guerre en main, amp; lamitié du peuplénbsp;pour seftre ainfi virilemét portez contre cesnbsp;hérétiques.
Ces informations veücs amp; rapportées confeil du Prince, attendu que le Roy poW*-fon ieune aa^e,ne pouuoit cognoiftre le toï*-à luy fait,amp; a toute la Francc,amp;encor moin^nbsp;y donner ordre, eftant enueloppé de fes £0'nbsp;nemis', il ne fur queftion que daduifer 1*^^nbsp;moyens de fefaifir de la perfonne de Fran'nbsp;cois Duc de Guife, amp; de Charles Cardin^nbsp;de Lof'
-ocr page 141-Sous François IL 12,9 lie Lottaine fon fme pöur puis apres leurnbsp;faire proces par les eftats-.mais la difficulté fenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
trouua à tpi attacheroit la fonnette. Car toutes perîonnes de bon iugemét trouuoyétnbsp;cela grandement bazardeux, attend« leurnbsp;grandeur amp; authorité. Par ainfi nuLd*.eu5é,nbsp;encore «quils fuffent courageux, ne vouloirnbsp;lentreprendre,dautant quen cas de faillir ànbsp;lexecution, il ny alloit que de la perte de lanbsp;vie amp; des biens, f inalement apres plufieursnbsp;aduis amp; deliberations, fe prefenta vn Baronnbsp;de Perigort, gentilhomme dancienne mai-fon,nommé Godefroy de Barry Seigneur denbsp;la Renaudie,fe faifant nomer laPoreft; ceftnbsp;homme eftoit dou'ede fort bon entendemér,nbsp;amp; pourvu proces longuement démené ennbsp;pluiteurs Parlemens entre luy amp; du Tillctnbsp;greffier du Parlement deParis,finalementynbsp;eftantentreuenuevne aceufationde fauffe-té, par arreft du Parlement de Dijon, auoitnbsp;efté fort mal traité auec ignominie amp; réduitnbsp;aux prifons ; defquelles ayant trouué moyennbsp;de forth fort habilement, seftoit retiré furies terres de Berne en Suifl'e,ôi depuis ayantnbsp;obtenu lettres de reuifiô pour faire apparoirnbsp;dutortàluy fait,amp;mefmes eftant par icellesnbsp;reftabli en fes biens amp; honneurs, eftoit lorsnbsp;retourné en P rance pour pouruoir à lenterl-nemét de fes lettres,amp;au refte de fes afaires.nbsp;Ces chofes eftans cognues, apres quil eutnbsp;fait deüement apparoir de fon reftablifle-
-ocr page 142-X3O Hiftoire de France, ment, lacêmpagnic le iugea propre à manier ceftafairc fous lauthoritc dudit Sieufnbsp;Prince, lequel poftpofant toutes chofes aunbsp;deuoir quil auoit a fa patrie , à (a. Maic-ftéjamp;Àifon fang, voyant ce perfonnage affe-ftiotinê de mefnies, luy donna pouuoir denbsp;comparoir en fon nom ou il appartiendroit»nbsp;pour aduifer à ce qui cftoit de faire en teilsnbsp;ftcccfsité lt; «Sc luy promit iceluv Sieur Prince, de fe trouuer fur le lieu de lexecution denbsp;ladite capture, pour la fauorifer en ce quilnbsp;pourroit, pourueii que rien ne fuftdit, entrepris ne fait en forte quelconque contrenbsp;Dieu, contre le Roy,Mefsieurs fes freres,Ieînbsp;princes, ny lcftat; pource que faifant autrement, il soppoferoit le premier àccquisydinbsp;toit, entreprendroitou feroir au contraire.
Ainfidonc la Renaudic fc rrouuant aii' thorife, fous cefte condition fit fi grande Sinbsp;extreme diligence, quen peu de iours il al-femblaen laville de Nantes, amp;le premis^nbsp;de Feurier,vnbon nombre de noblefïcnbsp;du tiers eftatdc toutes les Prouinces denbsp;France, lefquels il pretendoit auoir legid'nbsp;mement aflcmblcz, en forte quils feroyeu^nbsp;aduouezdauoir reprefenté amp; fait le corp^nbsp;de tous les eftats de Frâce, en fi extremenbsp;cefsité amp; vrgent afaire.
La raifon pour laquelle il choifitec Iis' pour parlementer » fut quoutre cenbsp;Nantes cftvne ville fituec aux extremitez ds*
Roy'
-ocr page 143-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;131
Royaume gt; le parlement de Bretagne qui fe tenoit lors leur donneroit couleur, amp; em- gt;nbsp;pefeheroit que leur entreprife ne fuftdcf-couuerte,parcc quils faignoyenty pourfui-tire des procez ; amp; de fait ils sy portèrent finbsp;dilcrettement, que chacun faifoit porter a-pres Çoy à fes valets des facs à la modede^nbsp;plaideurs. Que sils fe rcncontroycnt par lesnbsp;tues, ceftoit fans fe faluer, ne faire cognoif-fancc ailleurs quen leur confeil.
En cede affemblee,apres auoir inuoqué le nom de Dieu,la Renaudie propofa bien annbsp;long leftat des afaires du Royaume; nonnbsp;feulement pour le faiél delaconfciencedenbsp;plufieurs , mais fur tout fur le maniemét denbsp;leftat tel quil a efté dit cy deffus, mis entre 'nbsp;les mains deftrangersjqui seftoycigt;t de leurnbsp;propre mouuement ingérez à cefte -charge , fans y eftre appelez felon lek anciennes ordonnances ; remonftra le danger quinbsp;en pouuoitaduenir, amp; quieftoit ^rochaininbsp;pour auoir ceux de Guife coniureàla ruine du Roy , de Mefsieurs fes frères , desnbsp;Princes du fang j amp; de tous les feigneursnbsp;du Royaume qui neftoyent de leur party. Bref» apres leur auoir allègue le changement par eux fait de toutes chofes, amp; lesnbsp;decifions des gens doûes , fur les informations de ce faites , il les pria de declarer rondement leur aduis » de ce quinbsp;eftoit à faire gt; amp; cas aduenant quil f*nbsp;1 1.
-ocr page 144-Hiftoire de France, prefentaft vn Prince du fang, ou vn gentilhomme deiiemêt authorifé Je luy, sils vou?nbsp;droyent donner aide à fe faiiîr de ces tyrans»nbsp;afin dafiembler les eftats generaux poiifnbsp;leur eftre fait proces : amp; au reftc pouruoifnbsp;au Roy de confeil durant fon bas aagc, fuy-uant lordre en tel cas acouftumé.
Surce, pluneurs ayans opiné, amp;trouué çhofe fainôle, iufte amp; grandement necellài-re , il y en eutvn qui apres auoirapprouuénbsp;lcntreprife amp; grandement loué les authetitsnbsp;dicelle , déclara quil luy fembloit auantnbsp;que de donner fa parole amp; promefté, eftrenbsp;requis que chacun iuraft amp; promift à Didnbsp;folennellement, de ne rien entreprendra^nbsp;.contre lauthorité du Roy, ny de leftat denbsp;France! proteftat de fa part que sil sen poU'nbsp;uoit apperceuoir , mefmes quand fe vielt'nbsp;droit fur le poinét de lexecution de leit'nbsp;treprife, quil en ad uertiroit le Roy, amp; fe fcquot;nbsp;roit pluftoft tuer à fes pieds que de foiiFnbsp;frir aucune chofe eftre attentée à fon prejudice,
Gefte remonftrance trouuec raifonna^ ble, on commença de recueillir les voix,nbsp;lors chacun iura de ne rien entreprendrenbsp;quau profit amp; aduantage de leur Roynbsp;naturel feigneur. Parquoy le premier article de ceft accord recueilli par le fccretai'nbsp;re ordonné en ceftade,fut couché en ceS'nbsp;propres mots;
-ocr page 145-Soi^s François Tl. 135
Proteftation faite par le chef ôc tous a ceux du conreil, de nattenter aucune / nbsp;chofe contre laMaiefté du Roy, Prin*nbsp;ces du fang, ni cftat legitime du Royaume.
Apres qne lafsiftance y eut donné fou confentement, on aduifa des moyens, du.nbsp;temps de Vexecution, du nombre des hommes,quels capitaines conduiroyétles troup-pes , amp; quelles perfonnes afsifteroyent annbsp;chef,ou fon lieutenant, par laduis defquels^nbsp;ou de laplufpart Ce conduiroit lentreprifenbsp;de prendre les fufdis de Guife,laquelle il nenbsp;feroitloifihle doutrepaffer ; bien la maniérénbsp;amp; le temps felon loccurrence amp; laneccfsi-té des lieux feroyent remis à la diferêtiorinbsp;de ceux qui fe trouueroycnt fur les lieux, a-yans la charge de lexecution.
La Renaudie ayant le ferment de tous,
amp; réciproquement prefté le fien, déclara le Prince duquel il auoit charge , amp; aufsi leurnbsp;monftta fon pouuoit, lequelveu, ils luy firent bailler pour eonfeil certains perfonna-ges de toutes les prouinces. En ce eonfeil ilnbsp;fut arrefté, que le dixiefme de Mars on exc-tuteroit lentreprife eri la ville de Bloys,ounbsp;Ion ptefuppofoit le Roy deuoir eftte encornbsp;de uiour. Que Ion prendroit cinq cens gentilshommes de toutes les prouinces pournbsp;acompagner le chef, amp;fcfaifirdespcrfon-
1 î-
-ocr page 146-134 Hiftoire de France, nes dll Duc de Guife , amp; du Cardinalnbsp;Lorraine fon frcrc, defquels fcvoycnt con*nbsp;duéleurs le Baron de Caftelnau pour U*nbsp;troupes de Gafcogne : le capitaine Mazei'CJnbsp;pour Bearn; Du Mefny pour Pcrigorramp;Li'nbsp;mofin: De Vailly Brezay pour Poiftounbsp;Xaintonge; De Chefnaye pour Anjou:nbsp;ChiraypourChafl:elleraudamp; les enuirons-Le capitaine Sairiôle Marie pourNormati'nbsp;die: le capitaine Cocqucville pour Picardie*nbsp;N.pour Champagne,Brieamp;llflc de France*nbsp;amp; le capitaine Chafteauneuf pour ProuencCnbsp;Sc Languedoc.
Ilfutaufsi adui/equau mefmctemps/® trouucroyent és principales villes du Ro/'nbsp;aume des gentilshommes qui tiendroyenfnbsp;la main , a ce que le peuple ne sefmcii/^nbsp;que bien à poind , comme aufsi on em*nbsp;pefeheroit que ceux de Guife, nenflent aU'nbsp;cun fecours ny aide de ceux quils auoyentnbsp;efleuez en dignité, ny femblablementquiJ*nbsp;fe peuflènt aider des forces amp; des deniet^nbsp;de France , le paflàgc defqucls leur feroifnbsp;empefehé.
Pareillement fut conclud, quecesdeu^ de Guife pris, sil y auoit refiftancc, on fôuf*nbsp;niroit de gens amp; argét, en forte que la fore®nbsp;demeureroit au chef, iufques à ce quil ciigt;*nbsp;fait eftablir vn gouuerncmét legirime,amp;qi®nbsp;lesTvrans fuflèntpunis pariufticc,pourfcï'nbsp;ilir dexemple à la pofterité: Scparcemoy®*'
-ocr page 147-Sous François IL tjç tcmcttrelaFrâce en fonanciénefplcndeut. a '1 'anbsp;Ce fai£t chacun sen retourna preparer fa r' ** *nbsp;charge, comme aufst la Renaudic v int trou*nbsp;uer le Prince fur la fin de Fentier : amp; luy a*nbsp;yant fait entendre la conclufion ainfi pti-fe , alla donner ordre à leucr gens , amp;nbsp;sequipper darmes amp;dc chenaux,en quoy ilnbsp;vfa d^ne diligence prefqucs incroyable, \nbsp;tellement quil ne demeura rien de fanbsp;part.
Il a efte veu cy deuant comme le Roy de te Roy it N au ar re seftoit retire , pour faire fes prepa- pe'^XnVnbsp;tarifs à receuoir en fes pays amp; gouutrne- que fonnbsp;ment Elizabeth Royne des Efpagncs , la-Xpouinbsp;quelle luy auoit efté baillée en charge pour Vcaitiexe-la conduire auec le Cardinal de Bourbonnbsp;f on frété, amp; le Prince de la Roche fur-Y on, Rs cnno-fur les limites amp; frontières de France amp; Ef-pagne, ou il la deliureroit au Roy fon mari,nbsp;ou à fes députez fuiuant le traité de la paix.nbsp;Reftc maintenant à pourfuiurc le voyage,nbsp;lequel on penfoit cfire remis à la primenbsp;verc àloccafion de lhyuct qui cftoit prochain , amp; de la difficulté des chemins ànbsp;trauers les montagnes afpres amp; fafeheu-fes. Toutesfois lesnouucllesvenues, elle partit de Bloys au commencement denbsp;Décembre, amp; la conduirent le Rov fon frète, amp; la Roine fa mere iu ques à Chaftclle-raudamp;Poiftiers ,dou elle pourfuiuit fon ehenbsp;minaueques lesCardinal de BoutbÔgt;P rince
I 4
-ocr page 148-HiftoiredeFrancegt;
dç Ia Roche fur-Yon amp; antres grands fcK gneurs droit en Gafcogne.Le Roy de Nanai'nbsp;EC luy vint an denant à Bordeaux, Sc 1ayantnbsp;magnifiquemet recene amp; traitée par fes pais»nbsp;laconduifit bien anant dedans fon Royaume,amp; infqnes aiix confins dicelny occupéesnbsp;par 1EfpagnohIl auoit efté accordé entre ledit Seigneur,drie Cardinal deBùrgos Sc lenbsp;Duc de lInfantefquc députez pour recenoirnbsp;icelle Dame, quelle leur feroit rendue le i*nbsp;ipur de larmier,an lien dit le Pignon, qui eftnbsp;fur le fommet des montagnes, mais les neiges amp; le fondain changement firent arreftetnbsp;les Dames an monaftere de Ronccvaux,ànbsp;. vne lieiie par dtçà.Ioint quil fembla auRoynbsp;de Nauarre quil auoit pafsé aflez anant fansnbsp;quil faluft quil hazardaft: plus outre faper-fonne.Parquoy il enuoya àcuers Icfdits Sei--gneurdcputt'z quieftoyentà Efpinal ,difl:âcnbsp;de deux petites lieiies françoifes ,pour lentnbsp;faire fauoir fon arriuee,amp; le defir quil auoitnbsp;daccôplir le traidé de paix pour ce regard.nbsp;Mais,comme celle nation eft pleine de cerenbsp;monies ou lingeries, quatre ou cinq iours fenbsp;paUèrentàdebatre en quel lieu amp; en quellenbsp;fiiçon Ce feroit celle reception, quils vou-loyét à tontes forces dire faite à mi cheminnbsp;les vns des âutrcs:amp; fut aufsi longuement dinbsp;fputc qui tiendroit le premier amp; principalnbsp;lien dhonneur dignité. A quoy le Roy denbsp;Nauarre qui fe fentoir premier Prince de U
-ocr page 149-Sous François II. 157 principale amp; plus illuftrc maifon de la Chrcnbsp;ftiété,amp; qui outre ee porcoit le titre de Roy,nbsp;refufa de ceder. Finalement-âpres pluheursnbsp;allées amp; venues, voici qui auint. A Ventreenbsp;du logis de Ronce vaux y a vne grand falle,nbsp;laquelle Rit paree de la tapifl'erie de dueilnbsp;que le Roy de Nauarre porto it du Roy Hennbsp;ri .ton mit au lieu le plus eminent vn Dez,nbsp;fous lequel le Cardinal de Bourbon acom-pagne de plufieurs cheualiers dé lordre amp;nbsp;Seigneursjoutre fes Euefques 6c Protonotainbsp;ïes,ôc trois cens gentils hommes du Roy denbsp;Nauarre. Luy voyant les Efpagnols approcher, leur alla au deuant iufques àlaportenbsp;de la falle,ôc les carefles faites felon lacou-ftume il les condnifir fous le Dez,là ou apresnbsp;quelques propos communs,lEfpagnol ht en.nbsp;tendre ce qui les menoit. Adonc le Cardinal de Bourbon, ayant leu leur pouuoir ,lesnbsp;conduiht en vne falle ou eftoit laRoyne, 6cnbsp;le telle de la compagnie. A laller,le Cardinal de Burgos prenant la main droite de ce-luy de Bourbo, le mit au milieu de luy 6c dunbsp;i)ucdellnfantefque,quinefut fansvn monbsp;delle refus pour lantiquité du chapeau , denbsp;façon que fur ces offres le Duc fe retirant denbsp;leur rang marcha deuant eux. La lalle hautenbsp;de la R oyne choit de pareille grandeur quenbsp;laball'c. Au bout dicellc on auoit fait drell'crnbsp;vnparquet de quatre ou cinq toifes en quainbsp;ïé,dedans lequel fous vn poche develouaS
-ocr page 150-158 Hiftoirecîe France,
cramoify enrichi dorfeureric amp; broder*® dor. Ladite Dame feoyt fus vne chaire de p*nbsp;reille eftoffe, amp; à fa main droite eftoit leRofnbsp;de Nauarre afsis dans vne chaire,amp; plus h^snbsp;fur vn escabeau le prince de la Roche fi'^nbsp;Yon. De laiirre colle elloycnt la Damoifell*nbsp;deR onrbon fille du Duc de Mompenficr,^^nbsp;la Dame de Rieux auprès, amp; vn peu plus a**'nbsp;riereja Dame de C lermont,amp; toutes lesnbsp;mes amp; daraoifelles de la Roync, chacune 1®nbsp;¦ Ion leur ordre amp; la dignité de leurs maifoH'
Au derriere de la chaire de la Roync fc**® noitDom Loppez de Gufman maiftre de fal'nbsp;le du Roy dEfpagnc , lequel ayant lateft®nbsp;nue, aduertilfoit ladite Dame des noms d®nbsp;ceux quientroyenr.
Au deuant dcfdits députez marchoyét 1®^ cheualicrs amp; gentilshommes Efpagnols,!®^nbsp;Îgt;rincipaux defqucls eftans entrez lvn ap**®*nbsp;autre dans le parquet, amp; ayant mis les g®'nbsp;noux en terre , ladite Dame leur baillanbsp;main. Le Roy de Nauarre amp; le Prince de 1®nbsp;Roche fur Yon apperceuans les Cardinal**^nbsp;fc leuerent debout. Mais la Roinc demeut*nbsp;afsife,iufqucs à ce quapprochant le Dued®nbsp;linfantefquepourluybaiferlcs mains, cÜ®nbsp;fc leua pour le receuoir,comme en fembU'nbsp;ble elle recent fort humainement le Cardbnbsp;nal de Burgos, la harangue duquel futpl®*'nbsp;ne doffres,de feruice amp; obeilî'ance . A fa r®'nbsp;ipôceon cogniic en elle non feulement vn®nbsp;couïquot;nbsp;
-ocr page 151-Sous François IL 159 toific Prançoife felon fa grandeur amp; magni-ficenccjmais aufsi vne dextérité dcfprit, quinbsp;faifoitparoiftrc fa bonne nourriture. De lànbsp;Us retournèrent deuers le Roy deNauarrenbsp;duquel apres auoiv reecu grandes careflesnbsp;amp;honneftetez ,ils requireöt de luy ladeli-urance de leur Dame amp; maiftreffe, fuyuantnbsp;lepouuoir quils auoyent monft ré au Cardinal de Bourbon Ion frere.Sa refponce fut (cônbsp;me pour certain il nauoit faute defprit ninbsp;de langage) quil le tenoitpour veu ,amp;qucnbsp;ayant pris de la maifon du plus grand amp; magnanime Roy du monde cvfte princtflcjnbsp;pour cftre rendue entre les mains dvn desnbsp;plus illuftres R oy s de la terre, libéralementnbsp;volontiers il la leur remettoif. comme denbsp;fa part il les cognoiftbit capables amp; biennbsp;cboifis parleur Prince pourvue telle cbar-nefaifant doute quils ne sen acquitaf-fentdignement, au contentement deluy amp;nbsp;delle. A cefte occafion il sen defebargeoirnbsp;fur eux,amp; en la butant leur recommanda fanbsp;perfonne amp; fanté . Quant à fes v ertus il nenbsp;leur en feroit aucune commemoratiô, pour-ee quelle mefme en rédroit aux effefts fi fufnbsp;fifant tcfmoignagc,quils ingeroy ent n cftrenbsp;iamais entré en î fpagnevn plus grand ornement de vertu, honneur amp; chaftetc. Denbsp;Roy de Nauarre ayant-acheué , les Efpa-gnols receurentfon propos avec demon-ftration de trefgrand arfe amp; contentement.
-ocr page 152-140 Hiftoire de France, scftimans heureux dauoirvnefi vertueitfcnbsp;Princefle,à laquelle ils rendroyent tel honneur,fidelité dêobeillànce que chacun auroitnbsp;occafioiï de contentement. Surce Sc à linftatnbsp;le Roy de Nauarre aioufia quencor que patnbsp;le traiétc de paixjamp;rpar le pouùoir quil auoitnbsp;apporté, il raft dit que ladite Dame feroitnbsp;deliuree fur la frontière de France amp; dEfp^nbsp;gne,quil nepenfoit, au lieu ou ils eftoyenbnbsp;seftre rien obferué de cela : dautat que fansnbsp;aucune doute ils eftoyent lors dedans lenbsp;Royaume de Nauarre,amp; bien loin des limites de France amp; dEfpagne. A cefte fin il prbnbsp;reftoir que ceft able nepeuftpreiudicier O'nbsp;à lauenir au droit quil pretendoit audit Royaume, fur quoy il recent telle refpoUnbsp;ce quil sen contenta. Ce fait le Roy de Na-uarre amp; fa compagnie,ayans prins congé denbsp;ladite Dame,le Cardinal de Burgos fc miranbsp;la droite amp; le Duc de linfantefque à la fenenbsp;ftre,amp; la conduirent en fa liôl:iere,ou elle futnbsp;faluee de corners, aubois, trompettes, ta-bours àla Morefque ,amp; toutes autres aile-grelles,ScainlimeneeàEfpinal,ou elle futnbsp;coucher amp;les noftresretournerétenFrâce-
On dit que les députez eftoyent acomp^ gnez dvne grande amp; magnifique copagnienbsp;de mil cinq cens ou deux mil chenaux fortnbsp;brauement aeouftrez,amp;quils eftoyent mer-ueilleufcment fafehez du mauuais temps,nbsp;de c® quon neftoir allé audeuât deux, afib
-ocr page 153-Sous François IL 141 de faire parade de leurs riches amp; fomptueuxnbsp;acoüftremens, lefquels il leur conuenoit tenir cachez de leurs manteaux pour le mau-uais temps.Les noftres au contraire eftoyentnbsp;bien aifes de cefte rencontre,par ce quils nenbsp;ftoyent reueftus que de ducil. V oila en fom-me quelles furent les ceremonies à deliurernbsp;cefte princefie.
En ce mefme temps,pour repaiftre le peu plede vent,ceux de Guife fc feruirent dubullecscn
Chancelier Oliuier, lequel ayat de tout téps
enuie de reformer les abus qui fe commet
tent àladminiftrationde laiuftice,amp;àrefre ner le grâd nombre de iuges amp; officiers, quinbsp;non feulement efpuifen?par leurs gages amp;nbsp;penfions les finances du Roy, mais atifsi vuinbsp;dent au net les bourfes de fes fubiets : voulatnbsp;reftablir lanciene forme dellire les gens de
iuftice,fit expedier lettres du Roy, du pre
mierde lanuicr 156 o.contenans déclara-L/ ' tion de fa bonne volonté à faire adminl-ftrer iuftice en telle intégrité amp; fincerité quenbsp;faconfcience en demeuraftnettecnla pre-fence de Dieu amp; des hommes. Et quayantnbsp;confideré que le principal point de paruenirnbsp;à leffeél de cefte bonne amp; faimfte intentionnbsp;defpendoit de la prouifion des offices de iu-dicature,efquelles quad plus fongneufemétnbsp;il pouruoiroit de perfonnes vertueufcsamp; fufnbsp;fifantes ,tant plus de deuoir amp; moins de cor-tuptiô on en deuvoit efperer par railon. Par-
-ocr page 154-14^ Hifloirc de France, quoy il vouloir que vacation auenant desnbsp;fices de iudicature en chacun fieee de foi»
O nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
royaume,les autres iuges amp; officiers safltm blaflênt en leur chambre de côfeil,y appelé#nbsp;les aduocats amp; procureurs du lieu. Et là, â'nbsp;fgt;rcs ferment prefté par toute lafsiftancenbsp;es faints Euangiles,ils efleufient amp;luy nort*nbsp;mafiènt trois de ceux quils penferoyent einbsp;leurs confcienccs cftrcplus fuffifans enpfOnbsp;bite, lettres amp; experience au fait de iudicati*nbsp;te,pour dire poiirueus de leftat vaquant,b'nbsp;quelle nomination ils enuoyeroyent incon*nbsp;nét apres fignee du greffier du fiege,jx)ure'nbsp;ftre par ledit Sieur choificeluy des trois ef'nbsp;leus que bon luy fembleroir,ou autremér einbsp;ordonnerainfiquil verroireftre bon.nbsp;cefte fainéfe ordonnance, ne fut quvnc fi*'nbsp;mec pour esblouir les yeux du commun.
Protedu-rej du V*r l.-menc cônbsp;lointei a-uec vne *-mirablenbsp;piouidcccnbsp;de Oieu.
lay dit comme en vertu dvne commifsi du 4.Septébre,les iuges deleguez vaquoy^/nbsp;ordinairemet au proces des quatre autres einbsp;feillcrsdu parlemétde Paris. Mais à fin qi'^nbsp;outre cela celle caufe leur full en plus giàel^nbsp;recommandation,pour les enuoyer apres tlnbsp;Bourg, le Cardinal fitfecrcttemctfigncrfii^nbsp;lettres au Roy, amp; iccllcslccllerdu feau dunbsp;crctfgardéparleduc de Ginfe)parlcfque!l^^nbsp;cftoit made à ces cômiHàires dvfer de tout*nbsp;rigueur amp; feuerirc, attendu que l'hôneurdjnbsp;Roy yxftoittellemct engagé quJ fei'lt;^nbsp;blafm*
-ocr page 155-Sous François II. 145 blafmé de toutes nations fi on tendoitàvoyenbsp;dabfolutiôjveu aufsi que leur fait auoit tellenbsp;connexité aucc celuy de du Bourg,quil nennbsp;pouuoitcftrefeparé fans manifefte impiété.nbsp;Ne fcruoit de rien ce quils nauoyent voulunbsp;faire confefsion de foy, car leurs opinios mônbsp;ftroycnt alTcz leur mauuais Stpernicieux fcnnbsp;timcntde la religio Romaine, fans quilfuftnbsp;befoin les enquérir plus outre.Mais ici fe mônbsp;ftra que les hommes ne peuuent que ce quilnbsp;plaift à Dieu. Car combien que ces iuges fufnbsp;fentpourla plus pan du tout à la deuotionnbsp;de ceux de Guifc,fiell-ce que tel commade»nbsp;met fut rrouué cftrange non fculcmét deux:nbsp;mais aufsi des plus grands du Royaumc,cô-tne chofe qui emportoit Vne merueillcufiinbsp;confequencc pour lauenir. Et pourtant parnbsp;arreft de ces mcfmes iuges\ le dixiefme lan-uierdes prifons fuient ouiurtes à Euftacc d«nbsp;laPorte,cftant dit feulement que pource qu«nbsp;en fon opinion il auoit blafmé la maniéré denbsp;procéder par ceux de la grand chambre connbsp;tre les Luthériens, amp; vlé parrifee de repre-hcnfion lors quil opinoit en la Mercurialenbsp;de lannee precedente,il diroit lefdits arreftinbsp;edre bons amp; louables, amp; luy feroit cniointnbsp;dopiner diferetremét à lauenir. De Foix fûtnbsp;condamr é à declareren pleine cour, les chânbsp;bres aflemblces, quau facrement de lAutelnbsp;U forme edoit infeparable de la matière:nbsp;de que le facrement ne (e peut légitimement
-ocr page 156-1er pourvu an, arreft vrayemetconuenabW tels iuges,qui euflent efté bié empefcheznbsp;terpreter que ceft ni de cede forme, ni denbsp;fte matière, de forte que pliihcurs côparoyc^^nbsp;cefte procedure à la Meflè mcfmes , q^*nbsp;fonuent neft entendue ny de ceux qui la oi'nbsp;aduerri que laplufpart de fes iuges tendo/^''nbsp;à fon abfolution : mais quils eftoyentnbsp;midez par le Prehdent S. André^qui fe pic*'nbsp;gnoitdupeudefgard quon auoit aux Ic^'nbsp;tres du Roy pour fauuer lhonneur du fc*nbsp;Roy fon pere, amp; les menaçoit denuoyer i*'*nbsp;Cardinal leurs opinions, lefquelles ils nC'^nbsp;feroyent fouftenir. A cefte oceafion, il pi'®^nbsp;fenta requefte à la cour, tant pour reeufeïnbsp;Prefident, que pour auoir permifsion di**nbsp;former fur les prétendues intimidations, 1*nbsp;quelle eftantrenuoyec à ces commifl'air^^nbsp;fans y auoir efgard amp; contre lopinion de*nbsp;plufpart dentreux, f enfuiuit arreft, parnbsp;quel fur dit,que mahtemerairement amp;incc'nbsp;fidercment du Faut auoit opiné en lad**-^nbsp;Mercurialle, en ce quil auoit dit qiiaU****'nbsp;quextirper les hérétiques , il cftoit bonnbsp;faire tenir vn concile general,fainct amp; Hl*; '
-ocr page 157-Sous François '11. nbsp;nbsp;nbsp;U45
Tte les Hérétiques. Dont il demanderoit pardon à. Dieu, au Roy, amp;: à iuftitc. Et cftoit fufpendu pour cinq ans de fon eftat deCori-feiller amp; condamne en 400. Eures pariGsnbsp;damende enuers les poures,amp; ordonne quenbsp;larreft feroit execute en plaine audience.
Apres lexecution de ceftarreft,du Faut remonftra auoir paye lamende, fuppliant lanbsp;cour de declairer , G elle nentêdoit pas quilnbsp;euft liberté deüors,fans retourner en pnion,nbsp;Surquoy soppofa le procureur general Boutnbsp;din,requerât iour pour dire fes caufes dop-pofition. Lautre repliqùe quil ne luy falloirnbsp;aucun delay,filt; que de droit il eftoit tenu lesnbsp;propofer fur le cbamp. Sur ce la cour, apresnbsp;auoir eftë alTemblee au confeil,ordonnaquenbsp;les gens du Roy propoferoyent fur le cbampnbsp;leurs caufes doppofition, autrement quilnbsp;feroit pleinement deliuré , attendu quil a-uoitfatisfait à larreft. Ledit procureur general remonftra que du Faut auoit efté fi téméraire que de blafmer, par vne requeftenbsp; quil tenoit au poing, le PreGdent S. Andrénbsp;I dauoir intimidé fes iuges. A ceftecaufeilnbsp;empefehoit fa deliurance, iufques à ce quilnbsp;euft nommé fes délateurs. Du Faut confeflanbsp;auoir prefenté ladite requefte , laquelle ilnbsp;maintenoit eftre veritable , amp; neantmoinsnbsp;quau mefpris dicellc,amp; contre lopinion denbsp;la plufpart de fes iuges ,ce PreGdent plainnbsp;danimoGté auoit donné larreft dont eftoit
K
-ocr page 158-14^ Hiftoire de France,
queftió, que dalleguer fes délateurs cene* ftoit chofe raifonnable. Mais sil plaifoit à 1»nbsp;courluy faire iuftice gt; Sc luy permettre dui'nbsp;former du contenu en fa requefte, il fcroi^nbsp;cognoiftre que iamais telle iniquité ne futnbsp;veiie en iuftice. Surquoy,combien que ceuxnbsp;du parti du Prefident fiflènt tout leur poUquot;nbsp;uoir dempefeher que rien ne fuft décernenbsp;contre luy : fi eft-ce quil fut ordonné qufnbsp;nonobftant lempefchement des gensnbsp;Roy il Ibrtiroit à pur amp; à plain, fans retour'nbsp;ner en prifon. Eten fanant droit fur fate'nbsp;quelle, fut ordonné que commifsion denbsp;cour luy feroit expediee pour informer foiu'nbsp;mairement dedans vn mois defdites mena'nbsp;CCS amp; intimidations. Et fuyuant fou requit'nbsp;toire,quil obtiendroit vne querimonic, afîunbsp;dereuclations fans nul excepter, pour futnbsp;touteftre fait droicl, Sc enioint aux gePtnbsp;du Roy de le ioindre encaufe. Mais ceftat'nbsp;reft, enfemble les informations eftans euo'nbsp;quees au priuc confeil par les menees tl'*nbsp;Cardinal(ftile tout propre pour efgarer 1^^nbsp;matières) leifoutfutenfeucli,tâtparce qu^nbsp;le Prefidét ay oit fuiui le deftèin duCardina!»nbsp;queparlespourfuites amp; diligéees des Sot'nbsp;boniftes qui en firent plufieurs voyages à 1^nbsp;cour,maintenâs de croc amp;de hache que tôt»'nbsp;tes voyes eftoyêt licites contre les 1 utheri^^^nbsp;tât fufsét elles eftrages amp;inufitces.Leurs ragt;'nbsp;fons eftoyct,quc fi on les vouloir traiter auelt;'nbsp;toll'
-ocr page 159-Sous quot;François IL 147 toutes les formalitez de iufticejó auroittropnbsp;dafaires.Car les LutEeriés(difoyenc-ils)ontnbsp;tant dapparûtes amp; vray femblables raifons,nbsp;quequileurpreftera Iaureille, fe tvouueranbsp;aufsi foudam pris ßcvainctv.parquoy le meilleur eft de les faire mourir au moindre foup-çon quon aura deux.V oila en brcfleurs raifons, pour exterminer ceux qui leur contre-difent.Etdevray ils ont de long téps gagnenbsp;ce point fur leurs adhéras, quil ne faut mettre en doute ce quils auront determine, au-tremêt ils font mal traitez deux, allât à con-felTe. Par ainfitenans leurs confciences en-ferrees , sils en veulentiouit, il faut quilsnbsp;fuiuent la deuotion de leurs confefl'curs, ennbsp;quoy faifant toutes chofes leurXeront licitesnbsp;amp; pardonneeSjSe auront abfolution plenierenbsp;de leurs lubricitez, paillardifes, pilleries amp;nbsp;coneufsions, pourueu quen rccompenfe ilsnbsp;maintienent lauthorité du fiege Romain.
La Royne mere portoit de lôgue main fa- Notibie ueur au Sieur de Soubize gentilhomme de conVre'w'nbsp;la chambre du Roy . luy aufsi qui aimoit té- Antoinenbsp;drementFumee, employoit tout fon crédit^'nbsp;pour ladeliurâce diceluy mais ily profitoitnbsp;peu pour la malv ucillancc du Cardinal. Ornbsp;auint il queftat auerty de lexpedition de cesnbsp;lettres du cachet dont iay cy deflus fait mé-tion, il prit fon o ccafion de parler plus rôde-métjamp;dc temôftter à ladite dame le bnritquinbsp;en couroitsSc que lô reiettoit le tout fut elle.
-ocr page 160-ï48 Hiftoire de France,
Deqnoy eftant efmeue iS^sappercenant bief que ceux de Guife commençoyét à fecoii^i^nbsp;fa. bride, elle leur dit, que ces façons de faif^nbsp;luy defplaifoyenc; amp; que sils en vfoyét pli'Snbsp;elle en auroit mefcontcntemêt Le Cardin^*nbsp;delpit de ces rcmôftrâces,luy dit quil voyo^nbsp;bié que cefloit, que fon frere amp; luy (é tiioY^^^nbsp;le cur amp; le corps pour donner ordre à cnbsp;que rout allaft bien, mais que pour reconquot;nbsp;penfeilsnenreceuoyent que reproches,'^nbsp;tenoit à peu quil ne quittai!: tout 8c fe redquot;nbsp;raft en fa maifon. Sur quoy ladite Dai®nbsp;neut autre rcplique:ains tafchade les app^'quot;nbsp;fer, comme il elle les euft griefuement oi'nbsp;fenfez. Entre tous les confeillers, Fumee^'nbsp;ftoit recommandé pour les raifons quenbsp;déduites au commencement,amp; poufce aiib*
quil eftoit mal voulu des premier amp; feconil
jugement moines, maquereaux amp; putains, entre 1^*quot; de Dieu qnels Ics tcfmoiiis fuyuans foiit notables-fl^nbsp;ftrVà VE- récité cy deiîùs de deux orfeurcs efpi^'®'nbsp;giife.par qui auoycnt pourcoadiuteur vn tailleur?^nbsp;racfmM lefchelle du temple , nommé Georgenbsp;quiiemet gnard. Ceilui-ci eftant efehappé despi'*^
-ocr page 161-Sous François IL 145 de Trançois premier , par le baillif Morin,nbsp;pour auoir accufe plufreurs 6c notables per-lonnages, amp; voyant que celles-ci eftoyentnbsp;plus dures,8cque sil eftoit repris il feroitnbsp;puni comme relaps, pour y obuier, il fe ren*nbsp;gea luecde Rufl'anges fon voifin , 8c sa-cofta du Prefident S. André , du Procureurnbsp;general 8c de Democbares inquifitcur, leurnbsp;offrant fon feruice sils luy vouloyent fairenbsp;quelque bon party. Ceux-ci qui cereboyentnbsp;tels pigeons mignons , le receurent auecnbsp;promeflé dauoir part au gafteau. bilans dóenbsp;en peine de prennes concluantes contre Pu-mee, ils voulurent perfuader à Regnard denbsp;depofer contre luy ,mais il ny voulut entendre ,foit quil craigniff la renommee de cenbsp;perfonnage, on quil ne fui! encor tombé ennbsp;telle impiété. Eux voyans quil refufoit denbsp;Egner la depofition quils anoyent dref-fee, ils doutèrent incontinent de fon incon^nbsp;ilance , encor quil euft dit tout ce quil fa-Uoit 6c dauantage, à raifon dequoy ils conclurent de le prenenir en le faifant mourir,nbsp;8c voicy comme ils y procédèrent. Regnardnbsp;eilant au palais auecnouueaux memoires,nbsp;le procureur Bourdin , voyant quil notn-moit quelques parens de confeillers , fitnbsp;femblânt de le trouuer manuals ; parquoy ilnbsp;neut pas pluftoff lafebé la parole, quil nenbsp;fuit ennoy é en la conciergerie gt; ou il ne tat-*nbsp;da gueres fans luy eftrc fait proces , comme
-ocr page 162-iço Hiftoire de France, eftant relaps,lcquel fut dautant plus auaO^^nbsp;que le Pfelidét S. André auec vne faintefoH'nbsp;tenancö le recófnandoit fongn eu feinet,nbsp;guantque Ic Roy amp; le Cardinal nauoyeot*nbsp;plaifir quö couruft fus à ceux qui leur faifo/'nbsp;ent feruice, nômément en relsafaires, amp;nbsp;ils auifalfentbien àce quils feroyér. LescOquot;nbsp;feillers qui vouloyét mal lvn à laiitrCjign^'nbsp;rans lcncloHeure amp; cuidans quil parlaft^nbsp;bon efeient, luy refporidifent quils auoye^nbsp;les edids du Roy pour reigle,amp; quilnbsp;mourroit , puis quil eftoit relaps. Lenbsp;gnard fe voyat pris au piege, foinma de pt*'nbsp;mellê ce Prefident amp; Demochares : maisnbsp;lendormirét de belles paroles,afin quilnbsp;uoyafl: à la cour: ainfi eftant pour la dernie^^nbsp;fois allé deuantfes iuges, amp; fe doutant denbsp;trahifon, il leur dit, Mefsicurs ie vous fufnbsp;plie au nom de Dieu mefeouter, amp; ie vo^^nbsp;reciterayles plus grandes mefchanceteznbsp;monde, amp; vous âeceleray. Sur te mot, R/nbsp;Confeillers penfans quil vouluft derech®nbsp;nommer quelques nouueaux Luthériensnbsp;Ion fa couftume, ne le voulurent ouir, amp; 1^1^nbsp;Hirer quils en fauoyét aftezunais quil moi^nbsp;roit toutesfois, quelque bone mine quilnbsp;amp; quil auoit allez ioué fon roolle:amp;' lt;ôine gt;nbsp;inliftoit, amp; difoit que ce n eftoit pas ceMnbsp;ceux de la compagnie qui fauoyent le fai*^nbsp;dirent, Oftez, oftez ceft importun,meneznbsp;en laçhappclle. Voila comment les vns amp;nbsp;auti'f
-ocr page 163-Sous François IL
notable,amp; de bonne reputation, ilfaifoit^ippcV« ombre aux autres tefmoins. Ceftuy-cy donc icsmaïus.nbsp;comme il neftoit reprochablc , aufsi par-la-il du tout à lauantagc de Fumccttou-tesfoisfa depofition fut tcdigeetout aucô-tfairc , amp; felon les charges du procureurnbsp;general amp; luy fouucnt folicité par les Sor-Doniftes amp; les moines de dire tout du ipisnbsp;quil pourtoit de luy , en quoy il merite-roit Paradis. Le Prcfident Sainâ; Andrénbsp;cuidant lauoir amené à ce poinéb, le fit venir pour eftre recollé amp; confronte. Ondc-nranda à Fumee sil le cognoifl'oit , amp; silnbsp;auoit quelque chofe à dire contre luy. Ilnbsp;dit que non. Aufsi nauez-vous , luy ref-pondit le Maire, car ie nay dit d.e vous cho-fc qui vous puifl'e preiudicier. Lors lePre-fident print la parole, amp; dit, Efcoutez mon-fieur le Maire, efcoutez amp; entendez voftrcnbsp;depofition, ainfi quelle eft tranfcripte, amp; nenbsp;vous amufcz à luy. Le Maire oyant ceftcnbsp;lefture fut tant eftonné, que fans attendrenbsp;la fin il déclara plufieurs fois nauoir dit cela , amp; quon pvenoit la depofition dvn autre pout la fiene . que Fumee cftoit hom-irie de bien, amp;que lefevit cftoit faux. Le
-ocr page 164-152- Hiftoire de France, luy faire aduoucr ceftc depofition. Fume®nbsp;voyant quen fa prefence on vouloir forcednbsp;fes-teanoins, allâillitce Prefidétpar vnein'nbsp;finif^é diniures 5 amp; fc porta pour appellat pa*-pluûeursfois amp; en adhérant,de facommifnbsp;fion, de loélroy diçellc, des procedures,nbsp;de tout ce qui sen eftoit enfuyui.Mais poiil'nbsp;ce quon ne lailfoit pour tout cela à pafler oi*nbsp;tre,quil craignoit le danger de mort, amp; qii^nbsp;on lappelloit rebelle amp; conrumax : en ceft^nbsp;«xtrenie necefsitc,il efcriuit à fon mortelen'nbsp;nemi le Cardinal, quil sesbahiflbit quenbsp;hamcjux eulîênt eu fi grade aijthorité en foi*nbsp;endroit j'quil leuftainfi à contrecur,vei*nbsp;que luy amp; les liens auoyent toufiours efténbsp;uiteurs trefafïeélionnez de fa maifon,amp;qni^nbsp;iiauoitiamats eu autre foin que decorinU^'-en çefte bonne volonté. De là il luy faifo*'^.nbsp;entendre liniquité de ce Prefidét, amp; les faquot;^nbsp;ferez par. luy commifes en fon proces, enfe*nbsp;ble les appellations quil auoitinterictrecS'nbsp;Etdautantque la commifsion pour proc^'nbsp;der contyf; luy eftoit em^nce du conleilp**'nbsp;ué du Roy,amp; quily tenoit le premier lieu»nbsp;lefupplioitrreshumblcmerit luy vouloirnbsp;re tant de grace amp; faueur, que dy faire eiiO'nbsp;tjuer fa caufe de laquelle il le faifoit feul h!nbsp;ge,afin quil entendift la bonne opinio q***nbsp;auoit dé luy,ou bié quil le renuovaftparnbsp;liant tels du Royaume quil voudroir,autr^^nbsp;que les reeufez. Le Gardinal fit a-fles
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refpo*'
-ocr page 165-Sous François I I. 155 refponce àcefte lettre prefentee par le frerenbsp;diceluy,amp; maiftre des requeftes: amp; lafleuranbsp;puis quil fe retnettoit à luy,de luy faire a-Uoir iuftice. Parquoy autres lettres furent exnbsp;pedieesaux comiTiiflaires deduBourgnonnbsp;reeufez, pour faire fon procès. Et neatmoinsnbsp;il manda fecrettetnent à Bourdin quil recu-faftcettxquilcognoiftroit neftre pour euxnbsp;en la côpagnie,afin que ce vieil renard (ainfinbsp;lappeloit-il) ne nous efchappc. A tant il reçunbsp;fatantdePreûdens amp;con(eillers quil sat-tendoit que difficilement on en trouueroitnbsp;autres que ceux quil auoit en main. Finalement apres auoir fait publier des excommunications par toutes les paroiffes de Paris»nbsp;que sil y auoit aucuns qui feeuifent quelquenbsp;chofe en quoy Furaee fuft defuoyant de lE-glife Romaine,U eftoit excommunié amp; damnbsp;né sil ne le reueloit'.amp;auoir fait toutes receifnbsp;ches pofsibles, iceluy Fumee fut déclaré innocent ,amp; deliuréà pur amp; à plain,fts defpés,nbsp;dommages amp; mterefts amp; réparations dbonnbsp;neur referuez entiers qui il appartiendroit.nbsp;Ce qui fut exécuté les chambres aft'emblecs,nbsp;ôcluy remis en fon degré amp; honneur. Et telle fut liflue de ces cinq cohfeillers prifon'-niers. Ce que fachant le Cardinal il en futnbsp;grandement defplaifant,amp; cerchant de sex-ctifer entiers la Royne mere des vehementes pourfuites par eux faites, il reiettala fannbsp;te lut les premier ôc fécond Prefidés, le pro-
-ocr page 166-154 Hiftoire de France,
CH rent general Bourdin» Des Croifettesfort fubfticiit,Gayant Sc autres confeillers : coin'nbsp;me aufsi fur les iuges Sc commiiïàires ditnbsp;chafteller,amp;: pareillement de Demochares»nbsp;Maillard, Sc certains Sorboniftes leCquels dnbsp;affermoit eftre les plus mefchâs gamemensnbsp;du monde amp; dignes de mille gibets ; difàntnbsp;les hommes eftre miferables qui auoyent a-faire à eux. Surquoy ladite Dame refponditnbsp;quelle sesbahiftbit dSques amp; rrouuoit nietnbsp;ucilleufement cftrage,quil fe feruoit deuX»nbsp;puis quil les cognoiftbit tels . Il répliquénbsp;que ceftoittelles gens quil faloit mettre eHnbsp;befongne contre les Luthériens; car les genSnbsp;de bien sy morfondroyent, Sc nen vien'nbsp;droyent iamais à bout.
. . Au commencement du Carefme, la Pritt
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r~''nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I r /inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ I ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦
ftes payes celle de Conde eftant a Paris, les Sorboniquot; de leurs deputetent deux dentre eux pour Inînbsp;aller remonftrer quelle fai/bit chofe ma«'nbsp;uaife amp; fcandaleufè de manger chair en c«nbsp;tcmps-Ià ; Ion les chargea aufsi de retenirnbsp;fongneufementfa refponceamp; contenances*nbsp;Eftans entrez en la falle de fon logis il s/nbsp;trouua dauanture vn gentilhomme noifl''nbsp;me Sechclles du païs àe Picardie, qui le®nbsp;aimoitcommevneefpineen fon doy,poitfnbsp;le mal quil auoit receu deux. TouteftbiSnbsp;ne le cognoiftàns point, ils luy déclarèrentnbsp;leur legation.Ladite Dame dailleurs aduef'
-ocr page 167-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;155
«it de levirvenue, sadreflant à Stchclles demanda que ceftoit. Que ceft Madame ? ref-pondit-il. Mcfsieurs de Sorbonne ont eu crainte que fufsicz en peine de re counternbsp;de la chair ce carefme : amp; fur ce voyci deuknbsp;gras amp; gros veaux quils vous enuoyent.nbsp;De quoy ces vénérables honteux sen retournbsp;nerent fans faire leur legation.
lay fait mention de lentreprife dreflee Exempte pour la capture de ceux de Gnife.Or comme «le neflac.nbsp;elle fediligentoitàParisjla Renaudie pour f^* quot;***nbsp;la difficulté des logis,à caufe des troubles amp;nbsp;perfecutiôs, fe retiraches vn fnyuat le palaisnbsp;comme aduocat,nommé des Auenelles» qui ft .hnbsp;tenoitmaifon garnie à Sainél^ermain desnbsp;prez,àlamode communément vfiteeà Pa-ris.Ccftuy-ci faifantprofefsion de lEuangi-le auüit reccu la Renaudie chez foy. Auintnbsp;que pour les continuelles allées amp; venuesnbsp;de plufieuts gens, amp; pour les propos qui cf-chappoyent ilfe douta quon btaffoit quelque chofe. la Renaudie aufsi voyant quilnbsp;hallcnoit aptes, amp; quil ne fe pouuoit paffetnbsp;de cefte maifon, luy en icttoit quelquesnbsp;mots alattauerfcjcomme par forme de dif-fpute. Ayant donc la Renaudie conféré auccnbsp;luyduy cognoifl'ant le danger ou il femet-toit de loger les miniftres,amp; dentreprendrenbsp;beaucoup de chofes hazardeufes pour lenbsp;temps , il fit tant quon luy en déclaranbsp;généralement tout ce qui sen pouuoit dire-
-ocr page 168-15(3 Hiftoire.de France,
De quoy encores ne fe contentant, fir tarît que des vns amp; des antres il fceut le but:amp;denbsp;prime face loua amp; approuua grandementnbsp;le tour, voire iniques à offrir amp; inter demployer fa perfonnc biens pour vne choienbsp;tant fainéle amp; equitable. Mais comme lafaJnbsp;teprenoitlong trait,fes bouillons aufsi dinbsp;minnoyent. Apres donc anoirconfideré lanbsp;grandeur de lentreprife, lanthorité de ceuxnbsp;à qui on saddreflbit, amp; la difficulté dy par-*nbsp;uenir,ilfepropofaqnefi elle ne fortoit foUnbsp;effect,il eftoitendangerde mort, tant pontnbsp;auoirlogélcchef, quedenauoir decelé c6nbsp;quil en fauoit.Danantage eftant ponte,ana-re ambitieux, il péfa auoir trouué promptnbsp;moyen de fe faire riche amp; memorable à la-maisicomme faifant le côtraite il feroit touinbsp;iours des plus auant amp;des moins prifez.Cesnbsp;chofes confiderees, il fe propofa den auertitnbsp;lesgens du Cardinal,eftimant quils feroyétnbsp;bien lafches sils ne recognoilloyent vntelnbsp;feruice. Ayant donc retiré à foy vn ieune Italien qui auoit aufsi iuréamp; promis de le fet-uir à ceft afaire,il alla trouuer vn maiftre desnbsp;requeftesduRoy, nommé lAllemant,fei'nbsp;gneurde Vouzé,autrement dit Marmagnegt;nbsp;qui gouuernoit les plus fecrets afaircs dunbsp;Cardinal, amp; Milet fecretaire du Duc de Guinbsp;fc,aufquels il déclara tout ce quil en fauoitnbsp;amp; auoit peu conieéturer. Ceux cy du coiUquot;nbsp;merreement ne le pouuoyent croire: mais a-
-ocr page 169-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;157
pres que Milet eut efté quelque temps enfermé en fou logis, veu les allées amp; les venues, amp; entédu quelque propos des gens de la Renbsp;naudie,qui seftouiffoyent defîa de la viftoi-re,comme fi elle leur euft efté toute certaine,nbsp;il nen douta plus. Et dau tat que le temps denbsp;lexecution eftoit prochain,il mena Aucnel-les en pofte à la cour, laquelle cftoitia partienbsp;de Bloys.Or auoyent eu defta ceux de Guifenbsp;dailleurs tpuclques auertiflemensde le tenirnbsp;fur leurs gardes, dont ils ne faifoyct cas,pournbsp;ne fauoir de qui ne comment cela v enoit, 8cnbsp;mefmes quand ccftauocatf qui les trouua ànbsp;neuf lieues de liloys') leur eut déclaré par lenbsp;menu ceux qui machinoy ent contre eux,cn-cores ne le pouuoyent ils aucunemét croire.nbsp;Car quand ils conùderoy ent le peu de puif-fance de ceux que Ion nommoit, cela ne leurnbsp;pouuoit entrer en lentendemét. Touteffoisnbsp;comme il auient en telles extremitez,daut'icnbsp;quil affetmoit qne dedans dix ou douzenbsp;iours fe feroit fait ou failli, ils délibérèrentnbsp;garder ceft auocat, amp; lenuoyerét prifonnietnbsp;à Amboife fecrettement, amp; en feute garde,nbsp;auquel lieu le Roy deuoitaufsi bien toft aller. Auenelles,entre autres gentilsbommesnbsp;enauoitaceufe vn quiauoit vn fien frété ànbsp;la füllte du Duc de Neuers ,par le moyennbsp;duquel on iceut par le me nu tout ce que launbsp;tre auoit rapporté en confus. Car ayantiu-
-ocr page 170-158 Hifloire de France,
Conrremi ftcs denbsp;ceux denbsp;Guifc,
ré amp; promis de feruir à l'entreprife, fes freies luy auoyent tout déclaré :routesfoiî pria neftredccelé J afin quil peuft fauoirnbsp;fecrctjamp;le lourde lexecution pour en donner auertifièment. Ceci defcouuert, le Cardlnbsp;nal tremblant de crainte, vouloir quon me-naft le Roy droit à Amboyfe poureftrecenbsp;Chafteau bien fort, au lieu que le Roy deli-beroir de pafler en Vendofmois partie du canbsp;refîne,pour eftre le pais plaifant pour la chafnbsp;fc.Mais le Duc de Guife fut dauis daller iu^quot;nbsp;ques à Montoire pour fentir sils pourroyentnbsp;tien defcouurir, ce que nayans peu faire ilsnbsp;prindrent la route dAmboyfe, la oùeftans,nbsp;lafairc fut communiqué au Chancelier,ànbsp;quoy on aioufta que ceiloit au Rov quenbsp;principalement on en vouloir. Le chanceliernbsp;eftonné tança aigrement ceux de Guife denbsp;leur trop grande violence, qui ne receuoitnbsp;autre confeil que celuy de leur refte,dequoynbsp;ilsenfuyuroir de grands maux pour auoirnbsp;irrité amp; grands Arpetis. La Royne mere entra aufsi en grande crainte,amp; fe ramente-uantee que luy auoit mandé lEglife de Paris , il luy efehappa de dire quà ce quellenbsp;voyoit ces gens eftoyent gens de promefié.
11 ne fut donc queftion que dauifer comment on preuiendroit ce danger. Ceuxnbsp;de Guife ayans iugè Auenelles bien proprenbsp;à leur feruice luy firent donner quatre censnbsp;efeus des finances du Roy, amp; le renuoye-rent
-ocr page 171-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;159
tent auec grandes' promeffes . Sack an s aufsi ^^ne la piufpart de ceux de Ventrcprife a-uoyentreiettéle iougduPape, ils le firentnbsp;comme heraut pour publier amp; rciettcr parnbsp;toutlacaufe de ces troubles fur ceux de lanbsp;rcligion,aftn den rendre la doctrine odieu-fe, quand oncroiroit les feCtateurs dicellenbsp;seftre efleuez contre le Roy ,la Roy ne fanbsp;mere, Mefsieurs fes frétés amp; les Princes, amp; _nbsp;vouloir introduire leur religion à coups de-fpee,abbatre la Monarchie de France ,amp; lanbsp;réduire en forme de R epublique amp; Can-tons.BïcfRwrbuteftoit défaire croire lintention de ceux de la religion neftre que denbsp;piller J faccager , 8c mettre les meilleuresnbsp;maifons ôc lesEglifes duRoyaume enproyc.nbsp;Us eurent aufsivnc merueilleufe crainte,quenbsp;lAmiral ôc fon frété Andelot ne fulfent denbsp;lamellae,tant pour les cognoiftre vaillansnbsp;8c de grande côduite, que pour auoir à commandement la plufpart des capitaines 8cnbsp;gens de guerre du Royaume . Parquoy ilsnbsp;requirent la Roy ne mere deles mander, ef-petans que la prefence du R oy ôede la Roy-ne les retiendroyent par graticules parolles,nbsp;prières 8c rernonftrances: car autrement ilsnbsp;doutoyentpouuoir efehapper ce danger,finbsp;tantfpitpeu ils sen vouloyent méfier. Lanbsp;dite Dame ne fut malaifee à perfuader: carnbsp;elle auoit celle confiance des vertus de cesnbsp;petfonnages, 8c portoit vnc telle amitié à
-ocr page 172-i6o Hiftoire de France, lAmiral, pour lauoir toufiours ccgnu loyalnbsp;feruiteur du Roy, quelle fe penfoit bien af'nbsp;feuree auprès dvn 11 fage cheualier, par lanbsp;prudence duquel elle efperoit appaifer routnbsp;amp; defcouurir ce qui i'e faifoir, amp; à qui on e®nbsp;vouloir. Parquoy lettres du Roy auec R'Snbsp;Hennes trelâlFeôtionnees luy furet enuoyees,nbsp;fuyuant lefquelles il fe mit en chemin.
Il a eftb recité de trois prifonnicrs quiC' ftoyentau bois de Vincennes, afauoirStuatanbsp;Efcolfois jSoucclles , amp; le Baillif de S. Ai'nbsp;gnan. Ceuxde Guife fe doutans quils fa'nbsp;uoyent quelque chofe de cefte cntreprife knbsp;firent mener à la cour auec deux cens hoiia'nbsp;mes bien motez amp; armez.Et afin quo ne knbsp;recognuft,ils eftoyent badez amp; couuerts pa^nbsp;le vifage,comme aulsi lefirs habillemés dd'nbsp;guifez. Cependant le Duc de Guife ne voU'nbsp;ïant eftre furpris, ains donner quelquienbsp;nue a fes ennemis, delpcfcha fecrettemeia|nbsp;Sipierre feruiteur de leur maifon, amp; Iccjn^nbsp;ils auoyentmis gouuernenr des Ducs dO^'nbsp;leans amp;¦ dAnj-OU, Villegemblain gentil'nbsp;homme de la Venerie,le Conte de Saneert®nbsp;amp;¦ phifieurs autres court!fans pour allernbsp;toute diligencealî'embler gens armez.nbsp;creanceportoitpriere Sc commandement^nbsp;tous gentilshommes amp; fuiets, daller à Ata'nbsp;boife incontinent, au meilleur equippa?nbsp;darmes quils fe pourroyent mettre , pf^înbsp;feruirau Rov en certains afaircs, cotre qta® ''nbsp;qii®5
-ocr page 173-Sous François II. i6i
«^vics fcditieux amp; pernicieux hérétiques qui vouloyent abolition cftat,amp; mettre le royaume en proye amp; confufion.Pareilles lettresnbsp;furent enuoyees à tous les Baillifs amp; Senef-chaux, par lefquelles leur eftoit mandé dar-refter priConniers tous hommes de pied amp;nbsp;decheual, quiferoventtrouuez portans ar-mes,amp; ptenans le chemin dAmboyfe,amp;quenbsp;sils faifoyent reliftance, lon vfaft de pareilsnbsp;moyens,quil a efté \ eu cy defl'us aux defen-fes du port darmes.
LAmiral, dAndelot, amp; le Cardinal de
Chaftillon arriuez, la R oyne mere les appe- vÄrnTtalk-laà part auec le Chancelier, leur faifant vne de fes fie-infinité de prières de luy donner confeil en ceft vrgent afaire,8c de nabâdonner le Roynbsp;fon fils. LAmiral luy fit de grandes remon-ftrances, amp; luy déclara le mefeontentementnbsp;de tous les fuiets du Roy , tant en generalnbsp;quen particulier; non feulement pour le faitnbsp;de la Religio, mais aufsi pour les afaires politiques,amp; que Ion auoit mal à gré,amp;du toutnbsp;à contre cur, que les afaires du royaumenbsp;fuffent maniees par gens quon tenoit corn-meefttangers,ene(longnantles princes ,amp;nbsp;ceux qui auoyent bien deferuy de la chofenbsp;publique. Bref, luy ayant fait entendre biennbsp;au log la caufe de ces efmotiôs, los bruitsnbsp;qui coutovent, comme sil euftexpre(Temetnbsp;pris cefte charge,fon aduis fut quon dônaftnbsp;relafche à ceux de la religio, le nombre deÇ
L
-ocr page 174-Hiftoiré de France, quels eftoit tellemét acrcu,quil neftoJrpI'^nbsp;queftion dy aller par force pour les penf^-exterminer : mais que Ion saflèuraft quil nbsp;en auoit plufieurs qui ne vouloyentplusnbsp;durer les tourmens quon leur auoit faits dcquot;nbsp;puis quarante ans, mefmes fous lauthorif^nbsp;dvnieune Roy,amp;gouuerné par gens qui^'nbsp;lïoycnt haïs plus que lapefte gt; ÔC lefquels o*nbsp;falloir neftrç menez tât de zele de religionbsp;que dvnc extreme ambition amp; auarice po*'nbsp;empiéter toutes les plus belles amp; meilleiir^^^nbsp;maifons du Royaume. Finalement apresnbsp;uoir fupplié ladite Dame luy pardonner synbsp;parloit franchement J puis quelle luy aiio^nbsp;donné telle liberté,il luy dit quil eftoit ttefnbsp;neceftàire de non feulement faire expedi^^^nbsp;vn bon edifl: en termes clairs, lignifiasnbsp;ambigus : mais aufsi donner ordre qu'ilnbsp;inuiolablemcnt gardé amp; obferué , 8cnbsp;chacun fe repofant fur iceluy ,peuft viure enbsp;repos amp;lcureté en fa maifon,en attendat q^nbsp;Ion peuft faire tenir vn laind amp; libre concilenbsp;ou chacun fuftouyamp;entédu en fes raifooS'nbsp;Quoy faifant il efperoit de voir vne grandsnbsp;paix 8c repos au royaume, autremét il-nenbsp;uoit les moyens dempefeher vnc grande f^quot;nbsp;dition. Ces remonftrances eurent tellenbsp;que le Chancelier remonftra au côfcil la^nbsp;dudit Sieur Amiral amp; le lien eftre de traitefnbsp;pluftoft les fuiers du Roy par douceur q^nbsp;par force,côfidçrc quil nçftoit queftion q^
-ocr page 175-Sous ¥ tan çoi$ 11. nbsp;nbsp;nbsp;163
d-C cKofcs lt;yai Ce çouuoyent reCovxdre par vn concile »VecYneV il faVoit procurer pour le re
pos de la Clrreftienrc. Le conCeil priuè ayant diligemment poiCeles raifons de 1 Atniral,a- àeceux às
ligion »tant par la licence des guerres » que par le moyen de certains predicâs de Gene-ue , la plus part mecLanicpies, 8lt; de nulle literature,ôcauCsi pour la diCperfron des liuresnbsp;condamnez»apportez dudit lieu,par leCc^uelsnbsp;partie du populaire auoit cftc infeftë » nayâtnbsp;peu »par faute de iugement»difcerncr des do-âtrines. Au moyen dequoy il auoit eftë contraint faire procéder par rigueur de Cesordó-nances » dont seftoyct enCuiuies plufieurs ôcnbsp;diuerfes punitions. Et dautant que parleursnbsp;proces Cetrouuoit grâdnobrc de perfonnes,nbsp;de tous Ccxes,aagcs, Sc qualité? seftre trou-uez les vns aux Cènes 8c BapteCines qui se-ftoyét faits àlvCage de Geneue» 8c les autresnbsp;aux Cermos 8c afscblees illicite s »telle met quenbsp;ftlo venoit à faire la punitiô de tous felô la ri
gueur de fes ordônances, il senCuyuroit vue merueilleuCe effuiion de fang diionames»nbsp;femmes » filles 8c rennes gens en fleur da-doleCcence » dont aucuns par induélions ÔC
j^4 Hiftoire de France, fubornations, autres par fimplicité ÔC .nbsp;rance , Si autres par curiolîtc plus quenbsp;malice eftoyent tombez en tels erreurs/*nbsp;inconueniens , ne voulant donc le preni*^nbsp;an de fon regne eftre remarqué par lapoft^nbsp;rité comme fanglant de la mort de fes iui^*^/'nbsp;il leur pardonnoit tous les crimes concerP^^nbsp;le fait de la Religion, ordonnoit à fes i«p^^nbsp;pen faire aucune queftion,pourueu que 1^nbsp;vefcuft de là en apres comme bons catlio/nbsp;ques,vrais fideles amp;obeiflàns fils de Jeg'*,nbsp;Romaine, amp; que les coulpablcs defditsnbsp;mes gardafiént les inftitutions dccomm^inbsp;demens dicelle, ainfi que fes autres fui^^/'nbsp;Toutesfoisilnentendoit en ladite abolP^nbsp;comprendre les predicans, ne ceux quinbsp;prétexté de religion fe trouueroycntnbsp;conlpiré contre la perfonne de fa merenbsp;luy,celle de la Royne fa femme amp; de fes fr/nbsp;res, des Princes amp; de fes principaux miP*quot;nbsp;lires, ou qui fe trouueroycnt auoir mach.^nbsp;cotre foneftat, ne ceux qui par voye défi'**'nbsp;amp; violence auoyent recouru les pcrfoPPS^nbsp;des mains de iuftice, rauy fes paquets amp;ri®nbsp;les porteurs: comme de fait limpatience®nbsp;quelques vns pluftoft religieux de parol/^nbsp;que deffeéljseftoit desbordee iniques à e®'nbsp;mettre ces exces. Et afin que ceux de la leliquot;nbsp;gion -eufiênt plus doccafion d'y prendrenbsp;feurance,onmitenledit les noms dcto«5nbsp;ceux qui auoyét afsillé en ce cofeihamp;cepri''nbsp;cip^'
-ocr page 177-So\is¥ra.nçois II.
cipaVetnent à eau Ce de V Amiral amp; Ces frétés» qu'on, fau-oit eftre aimez de ce parti. A quoynbsp;on aioutoit des ptomefles v ernales dvn autre edit encores meilleur, amp; comme ceft a-faice deuoit eftre acbeminé pat le menu afinnbsp;de nirriter le parti contraire.
Ceft edit porté endiligéee à Paris fut a- Maniéré compagne de lettres particulières aux Prefi-dens amp; confeillers du parti de ceux de Gui- que , de fe
caufe pourlt;pu.oy il auoit efté expédié* 11 fut amaççet aufsirnandé au procureur general Bourdinnbsp;de bailler incontinent fon confentementnbsp;ùec retentiontoutesfoisice tpre lontiendroitnbsp;fl fecret quil ne peuft eftre aucunement def-couuert. Par ainfv ceft edit ne tarda aucunement deftre enregiftre auec modificationsnbsp;qui demeurèrent au fecret de la cour »fans ennbsp;faire aucune mention en la publication de
me lontrouuoit eftrâge du commencemet» dautant que le Parlement nauoit acouftu-mé le monftrer fi diligent, principalementnbsp;quand il eft queftion de quelque relafcfiénbsp;pour ceux de la religion. Mais onfeeuttan-toft ce qui les auoit menez à cela. Car aucusnbsp;Confeillers dif
îrtes ne retardèrent nullemét la Renaudie, non plus que làuertiflément quon luy donna que fon entreptife eftoit defcouuerte.ains
-ocr page 178-i66 Hiftoire de France^ dvn cur refolu délibéra la pourfuiorônbsp;quoy quil en dcuftauenir.
Magnini-iiiité du IriQcc denbsp;Condé.
Entrepri-fes bien drciVees amp;nbsp;mal ccices.nbsp;ne vienencnbsp;a cffcit.
Ledit Sieur Prince auoitauile quil iro*-deuant à la cour, mais quil ne fe manifeft^' roit quaux conditiós fufdites, amp; que lefdi^^nbsp;de Guife ne fuflent pris:quoy fait,il declaffi'nbsp;roit au Roy,amp; à fon côfeil les raifons, amp; qi^nbsp;ce neftoit pour aucunemét attenter à fa. p^^'nbsp;fonne, ni eftat,ains tout au contraire pour 1^nbsp;conferuation de la couronne aux vraisnbsp;turels princes j amp; cmpelcher quelle ne ton'nbsp;baft en main eftrangere. Bref, il deuoitalo*nbsp;produire les informations amp; requérir N'nbsp;femblee des eftats.Ce Prince achcminé,tf®*nbsp;uat Sipierre entre Orleans amp; Bloys, cog'nbsp;que tout eftoit defcouuert,par ce quilnbsp;parloir à luy que par defdain. Toutesfoisnbsp;megenereuxde nature il ne laillà de p^^^nbsp;outre,amp; de donner courage à fes gens. Ad*'nbsp;ué à Amboyfe, il fut fi mal receu amp;telleni*?^nbsp;brauadé de ceux de Guife,quil ne fauoitnbsp;re autre chofe,finon bonne mineieux de 1^**nbsp;cofté ne fachans qui leur eftoit ami ounbsp;mi, auoycnt encore plus de crainte.nbsp;quelle eftoit leur contenance. Pour donq*^nbsp;executercefte entreprife amp;aduifer desuioynbsp;,, du iour amp; de lheure(car il faloit chaget t*nbsp;les defteins, dautât quils penfoyét exec*nbsp;le tout à Bloys) la Renaudie fachantquenbsp;forces marchoyét de toutes parts, cornenbsp;tioir efté ordônc,le deuxicfme de Mars j ,nbsp;cD *
-ocr page 179-Sous Prançois 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;167
enlamaifon dvn gentilhómc Vendofmois, dit laCarrelieVe,àlix lieues dAmboyfe,ou fcnbsp;trouuetét les principaux du cofeil. Là le ioucnbsp;fut pris au feiziefmc du mois, pour fe codui-re en cefte manière.
Le ieune Ferrières dcuoic aller trouuer le Prince,amp; mener auec luy ein quite ou 6 o.ca-pitainesSc gentilshommes deflice que Ionnbsp;tiédroit logez en vn grenier amp;v ne caue pournbsp;la difficulté des logis. Vn autre aufsi menoitnbsp;de fa part 30. homes lefquels il deuoit logernbsp;dans le chafteau. La Renaudie, le Baron denbsp;Caftelnau amp; le capitaine Mazeres deuoyentnbsp;aller le iour de deuant auec bon nôbtc dhomes coucher en vn chafteau pres Amboyfcnbsp;appelé Noizay.ôc le matin enuoyer leurs gesnbsp;à la file à Amboy fe. Et luy arriué fur lheurenbsp;du difner deuoit aller droit au chafteau ounbsp;il cfpcroir trouuer tous fes gens, partie def-quels il ordonnetoit à faifir les portes dunbsp;chafteau, amp; lautre fer oit mife en deux troupes , lvne fous fa charge , amp; lautre fousnbsp;deux Capitaines , afin de fc faifir du Ducnbsp;de Guife amp; du Cardinal . amp; au mefme in-ftant le fignal mis au plus haut du chafteau,nbsp;toutlerefte des forces (qui fe deuoit trou-uct en embufeade en la foreft) deuoit approcher amp; entrer par la porte du parc, amp;nbsp;pat vne breche dvne muraille qui eft du.nbsp;eoftéde ladite foteft. Ce fait le Prince deuoit parler.
-ocr page 180-1^8 Hifloiie de France,
Ces charges ainfi départies , amp; Ie mot guetdonnéjles conduólenrs allèrent aud^'nbsp;liant de leurs troupes amp; chacun à fa chargé;nbsp;Or il conuienr noter quau confed tenu ànbsp;tes auoit cfté permis que chacun pourro^*' nbsp;parler de ceft afaire à des capitainesnbsp;tie fut,que lon cognoiftroitpour leruirnbsp;employer en icehiyjdautant quelle ne pot'nbsp;iioit eftre manice de peu de gens,amp;aufsinbsp;ils vouloyent procéder par formalité dein'nbsp;ftice.Suyuant lequel congé plulieurs en atti'nbsp;rerent à eux. Quclcun sadrefla au capitainenbsp;Ligniercs,lequel ayant donné fa foy, amp; sC'nbsp;ftantpource acheminé à Amboyfc,fut auel*^nbsp;de tout ce qui fc faifoit amp; auoit efté conclnînbsp;Toutesfois il déclara le tout à la Roy ne m^'nbsp;re,prenant exeufe que c eftoit pour faune*-lhonneur du Prince quil voyoit eftre accii'nbsp;le du crime de lefe Maiefté, amp; en danger denbsp;fa vie. Par ainfi les troupes neftoyent pin-ftoft arriueesjou il leur eftoit ordoné, quonnbsp;ne les allaftprédreprifoilnicrs lesvnsaprcSnbsp;les autres/ans quils fe peuflent rallier.
Ceux de Guife ayans de fi hós amp; certains auertiflemens,ne dormoyenrpas,ains fachasnbsp;que la Renaudie ne defiftoit eacor quilnbsp;feeuft quil eftoit dcfcouuert,enuoyerent denbsp;tous coftez quérir leurs amis . Sipierre obtint des parifiens fecours de dix ou douze enleignes de gens de pied, amp; fit marchernbsp;quelques côpagnies de gendarmerie, aflemnbsp;blant
-ocr page 181-Sous François IL 1^9 bXant force gens , délibéré de délivrer ceuxnbsp;de Guife à main forte,sils cftoyent pris. Onnbsp;enuoyaaufsifemondre tome la nobleffe denbsp;vingt lieues à la rôde fous la mefme couleurnbsp;afauoir epre le Roy eftoir affailly par les herenbsp;tiqucs,lefquels on commença dappellerHnnbsp;guenots amp; Chriftaudins pour la caufe qui fenbsp;ra dite ci apres .Outre ces femonces particulières quils enuoyoycnt faire de maifon ennbsp;maifon par V illegomblain,amp; autres gens denbsp;refpeét,afin de neftre refufezûls enuoyerentnbsp;faite commandement par tous les bailliagesnbsp;circonuoifms , à tous gentils hommes de lanbsp;maifon duRoy ,8c autres fes domeftiques,denbsp;le rendre incontinent, amp; en cquippage denbsp;guerre, bien montez 8c armezda part quil'fenbsp;roit.Pareillement que tous les autres gentilsnbsp;homes enflent à fe trouuct en la ville principale de leur bailli age,fix iuurs apres la publinbsp;cation,auec telles fortes darmes quils pournbsp;royent, pour de là cheminer fous la chargenbsp;des Seigneurs quilsy trouucroyent ,ayansnbsp;pource charge de les conduire 8c iceux mener deuers le Duc de Guife, lieutenant genenbsp;ral du Roy.Et en outre que tous capitaines,nbsp;lieutenans,enfeigncs,gendarmes ôc archersnbsp;fe tetiraflént en leurs garnifons, 8c enflent ànbsp;amafîer 8c tenir pres deux le plus de gensnbsp;quils pourroyét, pour de là marcher 8c fairenbsp;ce que leur feroit ordonné par le Duc deGuinbsp;fe,8c ne partir fans fon congé. Il prioit donc
-ocr page 182-lyo Hiftoire de France, fanoblcflè de monftrer par efFed Ia bonH^nbsp;volóré que fa Maiefté seftoit toufioursnbsp;mife deux, correfpódante à Iamour que lu/nbsp;8c Ces predeceflcurs leur auoyent toufiouf^nbsp;portee. Nayans aufsi artillerie,poudresnbsp;munitions, amp; craignans que les Huguenot®nbsp;ne fe vouluilcnt emparer de celles quinbsp;ftoyét es villes de Tours amp;OrIeâs,ils les eü'nbsp;uoyeréc quérir en diligéce.Etce qui leur vintnbsp;bien à propos fut que leurs efpions defcoH'nbsp;urirent force armes amp;piftoles qui auoyeotnbsp;cfté amenées dans des bahuts : car autre'nbsp;ment ils en eftoyent fort mal garnis, amp; leUfnbsp;euft fallu beaucoup de temps pour en re'nbsp;couurer,encores fuHcnit elles parauêture vc-pues à tard.
Le grand Preuoft de la Conneftablie enuoyé auec fa compagnie, amp; guidé par vnnbsp;archer de la garde du pais de Vendofmobnbsp;en la maifon de la Fredonniere, pour le preUnbsp;dre,amp; route la compagnie quil aiioit aflèrH'nbsp;blee chez luy.Dequoy ayât eu le vent, on n/nbsp;trouua que le nid. De là ils furent conduitsnbsp;par ceft archer chez vn autregentilhomiti^nbsp;nommé Dauuines, lequel ils prirent prifoU'nbsp;nier auec quinze ou vingt homes qui cftoyétnbsp;prefts de fe retirer,amp; les menèrent à Ambo/nbsp;iê.On fit le femblable en dautres lieux, Sinbsp;les amenoit-on à douzaines amp; vingtaines.nbsp;Et dautant,comme dit eft, quon ne fauoitnbsp;en qui fe ficr,lc treziefmc de Mars on chan-ge»
-ocr page 183-Sous Prançois IL 171 gca toutes les gardes du Roy, amp; fit on condamner ceftc porte du chafteau, par laquelle les troupes deuoyent entrer.combien quenbsp;ils fifl'ent mine dattendre lennemi amp;le coinnbsp;batreàfavenue. Et afin que les villes prochaines fufl'ent retenues cnbride,ils enuoy-crent le Comte de Sancerre à Tours, V ieil-leville à Orleans, le Marefchal de Termesnbsp;àBloys,le Duc de Mompenficr à Angers,nbsp;Barbezieux à Bourges, Buric à Poiftiers, amp;nbsp;ainfi des autres. Mais encor en ce departement il y auoitvn ftratageme.Caron enuoyr-oit ceux dont Ion fe meffioit aucunement,nbsp;aux villes moins hazardeufes, amp; ou ilsfe-royentpluftoft defcouuerts sils cftoyent denbsp;la inellcc. le Comte de Sancerre ayant faitnbsp;venir pour fa feurete plufieurs gentilshom- de caftel-mes fes voifins,fut auertilc quatorziefme denbsp;Mars fur le foir, quau faubourg de la Richenbsp;arriuoyent à la Hle quelques gens de guerrenbsp;bien montez amp; armez. Parquoy tirant ceftenbsp;part auec fa compagnie,!! trouua IcBaron denbsp;Caftelnau,amp; le Capitaine Mazeres, armexnbsp;de corps de cuiraffes defi'ous les manteaux,nbsp;aufquels il déclara fa commifsiou,amp; que lesnbsp;ttouuant armez contre les ordônanccs, il lesnbsp;faifoit prifonniers du Roy.Cafttlnau luy rc-fpondit modeftement, nauoir pris les armesnbsp;ne contre le Roy ne pour endommager au-cun,mais que ceftoit pour fon ftruice quil alnbsp;loit àla cour ou il en fautoitbié rendre côte;
-ocr page 184-lyi Hifloire Je Francegt; parquoy ne fe laifleroit prendre prifonnief«nbsp;Et comme Sancerre vöuluft faire effortdenbsp;lemmener, voici approcher la troupe qiUnbsp;commençoit à fe loger,laquelle le fit retirernbsp;pluftoft que le pas, fans touresfois lendommager ny aucun des liens., ce quils eufientnbsp;peu ailement faire, ains feulement pour lenbsp;hafler furent lafehez en lair quatre ou cinlt;lnbsp;coups de piftole.
Or ce qui lintimida dauantage,amp; ne lu/ donnoit aucun repos , ce fut quefiant entrenbsp;dans la Yille,amp; criant de toutes parts , à lar-me,force,force pour le R oy, nul ne fortit fi'nbsp;non vnboulenger, lequel ayant entendu 1^nbsp;cry,fe renferma aufsi foudainement dans fi*nbsp;maifon , en forte que Cafielnau eufi ailement pris la ville fi tel eufi efic fondellein-Encefteffroy le Comte enuoyaau Roy la-uertir,non feulement de labrauade du Baron 8c de fes gens, mais aufsi de la mauuai-fe volonté des Tourangeaux entiers fa Ma-icfié.De quoy il fur fort courroucé, mefme-ment quand il entendit par fes lettres quonnbsp;luy auoit tiré plus de cinq cens coups de hatnbsp;quebuze amp; pifioles,amp; que nul delà villenbsp;ne luy efioit allé au fecours, ains sefioyentnbsp;embarrez en leurs maifons: qui efioit caufenbsp;que ledit Comte defiroit bien fort quon luynbsp;enuoyafi gens , par ce quil né fauoit qui In/nbsp;efioit aiiii ou ennemi ,amp;quil ne pouuoit e-ftreobey. Le Baron de Cafielnau fefentant
-ocr page 185-defcouuert,remonta ineótvnent à cKeuaV, amp;:
apres auoii conduit fa compagnie du cofté
de Savtlmur,sefcoulant fecrettement» fe ftt
paflcï Veau auec Mazeres,amp; alla droit àNoi
zvj ainft c[uil auoit efté aduifé.
Sur cesnouuelles Ie MarefchalS. André fut enuoye àT ours pour fauoit dou ce def-ordre amp; defobeiffance procedoyenf. mais ilnbsp;trouuac[ue ce neftoit rien, find que le Cornnbsp;te auoit eu plus de peur que de mal,amp; que lenbsp;peuple eftoit du tout obeiflant Sc deuotion-né au feruice du Roy, luy offrant tout fe-cours dargent amp; géras : voire de leurs propres perfonnes 8c vies. Parquoy ayant commandé aux iuges, Maire ôc Efebeuins de lanbsp;ville dobéir audit Comte,en ce qui concer-noitle feruicé du Roy,8c pourueu àlequip-page de lartillerie pour la faire conduire dnbsp;Amboife auec les poudres 8c munitions ne-cetlairesjil sen retourna àla cour.
Cemefme iour ceux de Guife aiiertis,quc les principaux de lentreprite eftoyent arri- 'ours'ii«nbsp;liez àNoiaay,ils ne laifferent rien en arriérénbsp;nbsp;nbsp;1= p«-
pourperfuaderaiiRoy queceftoyctdesbe-retiques qui le voiilpy et mettre à mort, pour Vu font fe V anger de ce quil auoit tât fait mourir denbsp;leurs compagnos. A cefte caufe le Roy y en-uoyaleDucde Nemours f ami familier dunbsp;Duc de Giiifelauec quelques gés de cbeiial,nbsp;lequel cerebât par tous moyens decôplairenbsp;àcciix de Guife,arriuéde grand matin, ttoq
-ocr page 186-174 Hiftoirc de France,
uât Raunay amp;Ie capitaine Mazeres fe pour-menäs autour duchafteau,fansaurres armes lt;jue 1cfpce amp; la daguc, les prit prifonniers-Ce quapperceu par le Baron deCaftelnaujlnbsp;fe renferma au cnafteau aucc biê peu de gésnbsp;le refte fentat approcher lennemi le gaign^nbsp;au pied. Ayât dôc Nemours enuironé le ch^nbsp;fteau de fortes gardes » il emmena ces deii^nbsp;à Amboyfc, amp; retourna apres difnetjacôpa'nbsp;gné de plus de cinq cens chenaux, ramaflé^nbsp;tant de gêtilshommes,courtifans, ceux de Unbsp;venerie amp; fauconnerie,que des officiers do'nbsp;meftiques. Le Baron fe voyant afsiegc nenbsp;aucun effort à fortir: mais enuoya feulemen^nbsp;à la R enaudie Si aux troupes,afin quils fenbsp;ligétaflênt de le venir deliurer.Car il nauo^nbsp;voulu abadonner la place, Si fe hazardernbsp;fortinfachant que leurs ennemisfe faifiroyé^nbsp;des armes,pouàrcs Si munitions qui cftoyéi^nbsp;leans.Mais quand il vid retourner Nemoursnbsp;aucc fa grande troupe, il sesbahit commentnbsp;on auoit peu affemblcr tant de gens en fi p^i*nbsp;detêpsxe qui neftoitpcu auenir fans quibnbsp;euflènt efté trahis amp; decelez de long temps«nbsp;Cognoifiànt donc quil feroir difficile quenbsp;Renaudieamp;fa troupe le peufsét fecourir,ilnbsp;mit àparlemêtercôme il en effoitinftâmet'^nbsp;prié amp; requis. Nemours donc Iny demand®nbsp;pour quelle raifon luy amp; fes compagnons r'nbsp;ftoyent armez,à qui ils en vouloyent. Si sd^nbsp;deliberoycnt faire perdre aux François 1®nbsp;louaog^
-ocr page 187-Sous François IL 175 louange quils ont toufiours eue deftre fideles amp; loyaux à leur Prince. Il refponditnbsp;(comme aufsi auoyét fait les autres) ne vouloir attenter aucune chofe contre le Roy;nbsp;tnais quau contraire ils settoyent armeznbsp;pour maintenir fa perfonne, amp; la police denbsp;fon Royaume?-^ils vouloyent temonftrernbsp;à fa Maiefté les deliberations amp; machinations fecrettes de ceux de Guife contre fanbsp;grandeur »leur violence manifefte contrenbsp;fes fuiets, lopprefsion par eux faite de fa iu-ftice,de fes eftats, des loix amp; couftumes dunbsp;Royaume. Quen telle necefsiré, ils vouloyent entretenir le nom de fideles fuiets,nbsp;quils auoyent acquis de fi long temps. P.tnbsp;pourtant quils sy fentoyent obligez,ils na-uovent peu moins faire, que ce qui eftoitnbsp;conuenable , pour la conferuation de leurnbsp;Prince.'Memours répliqua que ce neftoit lanbsp;façon dvn fuiet de prefenter quelque re-monftrance à fon prince en armes amp; forcenbsp;ouueite, mais quil y falloir aller auecre-nerenee 8c humilité. Le Raton refponditnbsp;que leurs atmes ne sadrefloyent aucunement contre le Roy » mais contre lefdits denbsp;Guife,quiluy eftoyent ennemis,lefquels emnbsp;pefehoyent auecviolccegt;quaucun euft accèsnbsp;au Roy.,finon celuy qui leur platfoit.Quilsnbsp;seftoyent donc armez, afin que,fi befoin e-ftoit ,ils peufsent,maugre lefdits de Guife,fe faire voyc iufques a la maiefi'c du Roy;
-ocr page 188-Hiftoire de France, làoueftaDs ils fauoyent bien lhonneurnbsp;reuerence quils lay deuoyent porter. Apr^^nbsp;ce propos amp; plufieurs prières de Nemouf^nbsp;de laifler les armes, amp;c aller fur fa foy parl^^nbsp;au Roy ; il sobligea par foy de Prince, qunbsp;ne luy en reuiendroit ny à fes compagno®^nbsp;aucun ma): mais quils feroyent mis en toü'nbsp;te libertc.Le Baron saflèurant (comme ilnbsp;parrenoit) fur la parole dv n Prince, amp; nenbsp;doutant aucunement de rróperie obéit aunbsp;Nemours,prcnans tous (comme ils dilby^^^nbsp;à grand honneur amp; auantage dâuoir acce^nbsp;libre auRoy,fans quilfuft befoinde Iacqi^^nbsp;rir par armes ny par force. Mais eftâs arria^^^nbsp;à Amboyfedls furentaufsi toft referrez ennbsp;ftroitte prifon, fans quils peuffènt parlernbsp;aucun, quà ceux qui leur eftoyent eniioy®^nbsp;de par ceux de Guife. Cependant ceuxnbsp;le Baron auoit enuoyez firent fi grande dnnbsp;gence, comme aufsi les autres qui seftoyenbsp;fauuez du village de Noizay, que ce inînbsp;mcfme la Renaudie fut auerty 8i de lanbsp;fede Mazeres amp; Raunay,amp; de lextrei^^nbsp;danger ou eftoit Caftelnau. Parquoyil®^nbsp;noya incontinent aux troupes qui eftoy^pnbsp;outre la riuiere pour aller diligemmentnbsp;faillir le chafteau dAmboife,duquel il elp^.|,nbsp;roitauoirbonmarché, dautant quil en'^nbsp;defgarni de gensstalianr en ce mefme ten^^nbsp;ceux qui eftoyent de fon cofté,pour allernbsp;uer le fiese au Baron, auquel pour ceftnbsp;tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ilnr^
-ocr page 189-Sous François IL 177 ilmandoitde tenirbon.Mais ce mefTage nenbsp;peut arriuer h toft que le Baron ne fuft ia parti auec ceux de fa compagnie pour aller àAmnbsp;boyfe,ou ils ne furent pluftoft arriuez, comme iay dit,quon ne les emprifonnaft,amp; prç»nbsp;cedall on contre eux, comme contre criminels de lefe Maieftc.
Le lendemain vne troupe de gens de pied u tyran, nefachans ce qui eftoit aduenu, marchèrent quot;nbsp;droit à Amboyfe par dedans les bois,mais i Isnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aé
furent defcouuerts amp; enucloppez de la caua ûng. 1erie enuoyee par ceux de Guife pour battrenbsp;les chemins.De forte quà leur arriuee en lanbsp;ville,amp; le iour mcfmes plufreurs furent pen-dus,amp;puis iettcz dans leau. Voyla commetnbsp;proftterent les aduertilTemens de ceux qui a-uoyent decelé lentreprife.Car ceux quiabornbsp;doyentpour l execution neftoyent pluftoftnbsp;arriuez aux lieux à eux ordonnez, quon nenbsp;fe faifift deux,, amp; les menoit on à Amboyfe,nbsp;dix à dix,quinze à quinze,vingt à vingt,attanbsp;chez à la quciie des cheuaux, mais ceux quinbsp;eftoyent les mieux equippez eftoyent rueznbsp;par les bois amp; forcfts , amp; iettez dans les fof-fez pour auoirles defpouilleS. Toutesfoislcnbsp;langage des captifs,amp; les raifons quils pro-pofoy ent franchement,efpouuàterent le Carnbsp;dinalamp;;fonfrere,veu mcfmes quon ne se-ftonnoit de leurs menaces,de forte qu ils pê-foyent eftre perdus. Mais en ces extremiteznbsp;leDuc de Guife vouloir faite mourir les pti-M
-ocr page 190-lyS HiftoiredeFrance, fonniersjafin que fa mort fiifl vengee, amp; nenbsp;tafchoit quà iouer à quitte ou à double, ennbsp;quoy il fut retenu par le Chancelier iufqiiesnbsp;à ce quon fceuft quelle en feroit rifliic,noJinbsp;pour aucune bonne affeétion quil portail anbsp;ce parti,ains pour crainte de tomber en leursnbsp;mains.La raifon eftoit quil faloit au paraiiftnbsp;trouuer le moyen de départir les forces,amp; efnbsp;fayer deprendre le refte des chefs amp; princi-
le Duc de paux de ceflc faélion.Ceneantmoins limp^ Çuilc de*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TV,,/- ri/a Ttt,,, Iz*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Z-,,,// z-relquot;
daté' Roy du Duc de Giiife fut telle, que era*' quant au goaut UC pouuoir ioiür du Chancelier, amp;
poiiuoir, tourner le confeil du F«IeRoy ,
meflnes. cld den faire tant mourir quil en feroit moire à iamais. A tant lettres patentes luy fquot;nbsp;rent expedices pource neceilàires, du diX'nbsp;feptiefme de Mars. Largument eftoit fond®nbsp;fur lamitié de fes predecefteurs Koyscniicrsnbsp;leurs fuiers,amp; comme ils auoyent toufioursnbsp;cfté trop plus faciles à leur pardonner leursnbsp;fautes,que feueres aies punir à la rigucrirnbsp;des ordonnances. Au moyen dequoyil feroi'^nbsp;auenu que de bonnes fainéles amp; louables i*nbsp;tentions leffeél eftoit contraire. Car pour s®nbsp;lire ledit Sieur rendu facile à pardonner, 1®nbsp;cur des fuiets feroit quelque fois creu d®nbsp;telle forte, que qui ny euft pourueu inconf*'nbsp;nentjde grands incônuen'cns en fuftentp®^*nbsp;auenir, ainfi que ceux de Guyenne firent ainbsp;commencement du regne du feu RoyHcnquot;nbsp;ry.mais il y Icciit fi fagement amp; dextreineu
-ocr page 191-Sous François II. 17^ pouruoir que lhonneur amp; la force demeurèrent de ion cofté, fi que depuis neftoyencnbsp;auenues aucunes feditions au R oyaume-.ainsnbsp;auoyent les François rendu toute obeiflan-ce amp; fidelité Que ledit Sieur auant ion de-cesnauoitrien tant recommandé à luy fonnbsp;fils que dvfer enuers eux de toutes les douceurs amp; gratieufetez à luy pofsibles.En quoynbsp;fuyuant le fage amp; prudent confeil de fa me-re,amp; des princes amp; Seigneurs eftans pres denbsp;luy, on auoit veu depuis fon auenement à lanbsp;couronne,combien il sy eftoit employéjtantnbsp;par la diminution des tailles que par tous aunbsp;tres moyens,efperant par là acquérir leur a-mour amp;saquitter enuers D ieu de la chargenbsp;quilluy auoit donnée deux . Mais puis peunbsp;de temps il en eftoit auenutout autrcmét,senbsp;ftans en plufieurs endroits de fon Royaume, efteuez aucuns mefehans amp; malheureux,lefquels fans auoir efgard à lhonneurnbsp;obeiffance amp; fidelité quils luy dcuoyent,cernbsp;choyent detmouuoir vne grande Sedamna-ble entreprife. Car par leur depofirion mef-mes auoit efté dcfcouuert quils auoyent délibéré fe faifir de fa perfonnc,dc celles desnbsp;Roynes Ion efpoufe amp; mere , de fes freies amp;nbsp;furs,amp;; daucunsPrinces amp; Seigneurs eftâsnbsp;^resdeluy, à fin de difpofer du Royaumenbsp;a leur volonté, le mettre en proye, amp; le pri-uer de la doftrine de fes predecefleurs.Cho-fc qui luy auoit entièrement defpleu,nô tant
M X
-ocr page 192-i8o Hiftoire de France,
pour crainte du danger, que pour fe voir eH fon ieune aage , amp; au commencement denbsp;fon regne réduit à cefte necefsité de mettrenbsp;la main aux armes,amp; efpandre le fang de fe^nbsp;fuiets quil aimoittaiit amp; dcfiroit bien trafnbsp;ter:toutcsfois puis que les admonitionsnbsp;douces corrections les auoyent plus que de'nbsp;uant obftinez, il luy auoit femblé, à fa mere»nbsp;amp;à fon confeil, quil ne faloit plus vferdenbsp;difsimulatiô cotre ceux raefmes qui oinier'nbsp;cernent seftoyent déclarez contre luy : maisnbsp;eftoitbefoindç prendre les armes pour lesnbsp;chaftierafprement. Aceftecaufe amp; quil e'nbsp;ftoit bien necelïâire de commettre vn grânnbsp;amp; notable perfonnage de credit amp; authori'nbsp;te pour y commander, pouruoir amp;.ordonnefnbsp;de toutes chofes neccHaires pour fon feriH'nbsp;ce, la feureté amp; conferuation de fa perfoni®nbsp;amp; eftat: Confiderantaufsine pouuoirfad^nbsp;meilleure ne plus conuenable cleôtion , qi*'nbsp;de la perfonne de (on oncle Fraçois de Lof'nbsp;raine, Duc de Guife, Pair, grandmaiftre^nbsp;chambellan de France : tant pour la parf^^'^fnbsp;confiance qu'il auoit en luy , amp; la proximi^^nbsp;de leur lignage , que pour les claires verrtiSnbsp;vaillance, grâd experiéce au fait de lanbsp;re, dontil auoit fait tant de prennes en rup*-lt;le lieux Sc endroits que chacun ennbsp;informé. Parqnoy ledit Sieur le faifoitnbsp;lieutenant general, reprefentant fa peyf'^'nbsp;1)8 abfcnte amp; prefente par tout fon rôy^^
-ocr page 193-ftie,pendant les mouuemens afaircs qui
soffioyent, âucc plain pouuoit dafl'cmblei:
tous les Piinces » Seigneurs , Capitaines,
gentilshotnmes amp; autres de tous eftats , a-
yans charge amp; conduite de fes guerres pout
kur commander ce quils auroyetit à faire
pour fon feruice, lafeuretéde fa perfonne
Ôc eftat, Sc la correction de la prefente fe-
dition. Et outre de faire promptement le-
uergens de pied amp;dc cheual,en tel nombre quil auiferoit, pour punir les rebelles amp; qui pourroyent eftre pris par toutes rigueurs , amp; fans autre forme de proces. Etnbsp;généralement cómandetjordonner amp;pour-uoir en toutes chofes , foit de lartillerie, reparations, fortifications de villes 8c des fraisnbsp;à ce necefl'aires, comme ledit Sieur pour-toit luy-mefme faire, promettant auoir a-grcablc tout ce que fondit oncle feroit 8cnbsp;executeroit en fadite charge de lieutenantnbsp;general,8cde tout approuucr quad requis eiinbsp;feroit imandoit à tous fes Heute nans , gou-üerneurs , marefehaux de France, iuges, capitaines de gens de guerreitant de pied quenbsp;de cheual, Maires, Efeheuins , 8c gardes denbsp;fes bonnes villes 8c citez , dobéir audit denbsp;Guife en tout ce quil leur commandetoitnbsp;pour fon Ceruice, 8c pour la punition des fe-ditieux 8c rebelles.
Le Chancelier ayant veu ces lettres ain-fi expedites du propre mouucment du Roy,
M
-ocr page 194-i8i Hiftoire de France, ftruilc, amp; quelles eufÏènt pafle par 1aiüsnbsp;de feruice / «i *nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V» i i «
dc mou- conleil, rença aigrement Robertet dc les a-ftarde a- yQjj. expediees,amp; dyauoir aufsi adioufte presdiüier. claufc , de tams dudit confetti ponraii'nbsp;tant que Ion les pouiroit à cefte occalïoHnbsp;quelque iour deoatre amp; declarer fauflès!nbsp;mais il eut rant de meflagers queue à queiifnbsp;pour les expedier en cefte forme fans y rieranbsp;changernv diminuerjquil fi.itcótraint dal'nbsp;1er au Roy pourluy dire fesraifons. Maisnbsp;illuy fallut paflèr outre, amp; dabondantaUnbsp;lieu de continuer iufques au bout ce qu*nbsp;eftoit fi bien commence,ilscxcufâ entiersnbsp;le duc de Guife, difanr nauoir fait ce refus,nbsp;au mefpris de luy ny de fon authoritê inbsp;quil ne fceuft bien quil eftoit capable dcnbsp;cefte charge , ou dvne plus grande: maisnbsp;dautant quil voyoit les afaires en telle fot'nbsp;te,amp; le confeil du Roy compole de tant di'nbsp;uerfes humeurs dhommes »outre ceux qU*nbsp;veilloyent fur eux à la cour, quil craignoitnbsp;bien que cepouuoirfiift vniourmisendif-pute : amp;que luy amp; ceux quil mettroit ennbsp;befongne en vertu dicelles en fiiftènt puisnbsp;apres repris, amp; luy aufsi de les aiioir ainfinbsp;feellees Icgeremcnt i amp; que fon but ten-doit à renuoyer les ennemis là prochains-A quoy confentant aucunement ledit Duçnbsp;de Guife, autres lettres patentes furent aiifs*nbsp;expedices de ce melme iour, rclatiuesdesnbsp;precedentes, qui furent emologuees au Parlement,
-ocr page 195-Sous François II. i8î lcnietvt,4uconfentement du procuretir ge-neral,-povtans que pluGeurs perfonnes ounbsp;pour ignorer la grâce amp; bénignité de fa ma-, ou pour eftre feduits daucuns malinsnbsp;amp; feditieux efprirs qui tafchoyét fous le voile de religion à faccâgct toutes les richesnbsp;villes amp; maifons du royaume, seftoy ent misnbsp;en chemin en pluGeurs amp; diuerfes troupes,la plufpart armez, amp;auec piftollesjpournbsp;aller deuets le Roy,fous couleur de luy vounbsp;loir prefentet certaine côfefsion de leur foy,nbsp;choie fcandalêufc amp; contre tout droit diuinnbsp;amp; humain. Et combien que telle amp; damnable entrcprife mcritaft griene amp; exemplairenbsp;punition; neantmoins ayât co gnu en aucunsnbsp;de ceux qui eftoyent prifonniers vne grandenbsp;Gmplicité amp; ignorance, en les faifant inter-roguer en fa prefence,deGrant côferuer ceuxnbsp;qui recognoiftroyét leurs fautes Scef^argnernbsp;le fang de fes fuiets; U commandoit a toutesnbsp;perfonnes arriuees,ou qui eftoyct en cheminnbsp;daller vers luy en telles troupes, aflémblecsnbsp;amp; equippage,pour le faicl de leur foy , quenbsp;dedâs deux fois vingt quatre heures, ils cuC-fent à fe retirer amp; rebourfer chemin deux 1nbsp;deux,ou trois à trois auplus,enquoy faifantnbsp;il leur donnoit impunité du fait, defendant ànbsp;tous iuges de leur en faire aucune queftion.nbsp;Etquât aux defobeifsâs,vouloir quils fufsétnbsp;pendus amp; effrangiez quelque part quon lesnbsp;ipprehédaft fans autre figure de proces,pet-
M 4
-ocr page 196-i84 Hiftoire de France^
mettant à fes fuiets dy vfer de plaine au thorite,amp; fi befinn eftoit, de saflembler au fort du tocquefain,amp; en tas de refiftance les tuetnbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cothme traiftres amp; rebelles. Ettoutesfois»
4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce que chafeun cognuft que le feur accès
eftoit ouuert à tous ceux qui auet humilité amp; reuerence (comme il appartenoicà bonsnbsp;fuiets)voudroyent aller deuers lay prefenteïnbsp;jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leurs requeftesjil permettoit tant à ceux qn*
fe feroyent retirez,quà autres denuoyer vrt ou plufieursauec leurs remonftranccs poirtnbsp;les faire voir à fon confeil,amp;furcc leur pouf'nbsp;uoir comme de raifon:promettant en parolenbsp;de R oy,nc leur faire aucune queftion, maisnbsp;leur donner toute feureré.
Moit ma- Comme ces chofes fe failbventda Renart
» die tafehant par tous moyens defeioindre*nbsp;»aiidic. fa troupe, le i8 du Mois,fut rencôtre en la
reft de Chafteau Régnant par v n gentilhon* me nommé Pardillan fon parét,qui auec ph*nbsp;fieurs autres, couroit çà amp; là, pour defeort'nbsp;urir quelque chofe. Or voyant que la R^'nbsp;naudie luy faifoit tefte amp; sappreftoit au coirtnbsp;bat, il voulut tirer vn coup de piftole, mais **nbsp;ne prit feu, à cefte faute la Renaudic le io*'nbsp;gnit, amp; luy donnant deux coups defpee artnbsp;cofté droit le tua. Mais il ftit quant amp; qiia**^nbsp;frappe dvn coup de harqueboufe par le fe^'nbsp;«iteiir du mort,duquelcoup il mourutfur R
champ. Son corps fut porté à Amboyft deux liens feruiteurs menez prifonniers
fort
-ocr page 197-Saus François II. 185 fon arriuee il y eut grade aïaigrcflè à la cour,nbsp;amp; fut quelques iours fon corps pendu fur lesnbsp;ponts,auec vn cfcriteau attaché au col contenant ces mots:£lt;i Renandie dit laforefi, chefnbsp;des rebelles. Qui fut caufe que plulieurs ayâsnbsp;entendu ce qui eftoit auenu,amp;la publication de ledit precedent fait à Amboyfe lenbsp;dixfeptiefme Mars,feretirèrent Reperdirentnbsp;courage.
Celle mort de laRenaudiealIèura à demi ceux de Guife qui elloyent cfprisdvne grad frayeur; toutesfois le remords qui leurnbsp;venoitdauoirolfenfé tant de gens quils nenbsp;pouuoyerft difeerner lequel leur eftoit aminbsp;ou ennemi ;amp; la prefence du Prince qui nenbsp;seftonnoit point, leur eftoit vne double ge-henne amp; pafsion. Dauantage le Cardinalnbsp;voyantdAndelotdeuantfes yeux,cela luynbsp;rafraichiftôit la mémoire des outrages quilnbsp;luy auoit procurez durant le regne du feunbsp;Roy Henry, amp; luy efehappade dire, quilnbsp;ne craignçnt homme au monde tant que ce-ftuy-la,amp;que sillauoitpour ami, amp; auf-ft lAmiral fon frère , il nauroit plus denbsp;crainte de tous les autres . Mais il ne fe pou-uoit autrement petfuader quils ne fuftentnbsp;de la menee gt; quelque bonne mine quilsnbsp;filfent.Dequoy la Royns mere tafchoitde lenbsp;deftourner,laireurant quil nauroit aucun;nbsp;mal de ce codé là, dautant quils le luy a-Hoyent ainfi promis.
-ocr page 198-i8^ Hiftoire de France,
Suborna- nbsp;nbsp;nbsp;Allegcz doncdc ce co ft c, Sc ftirmoftwn^
B,^n! /au toutes auttes difficultez, apres leur eftie deshóncui nus gciis à fiiffifauce pour fouftenir vn
amp;tude eftort, voulans fauoir particulier^' ment amp; parle menu ce quauoit délibéré i*nbsp;Renaudie,ils firent venir deuant eux Ivnnbsp;fes gensgt;nomraé la Bigne, tantpource qugt;nbsp;eftoit fon ancien feruiteur, amp; quil fauoitnbsp;plus fecrets afaires, que pour auoir efté fiil*nbsp;dvn.pap'er en chiffre, amp; quil feruoit denbsp;cretaire à fon maiftre . Ceftuy ci,alléché pa*'nbsp;promefles amp;voulant fauner fa vie,declaranbsp;quieftoit contenu en ceft efcrit,enfembl^nbsp;tout ce quil fiuoit de lentreprife, ainlî qu*nbsp;senpouuoitfouuenir,encor quil cuftiit^nbsp;Sc promis nen iamais rien reueler: voii'^nbsp;quand il deuroit eftre tiré membre apres ail'nbsp;tre. Mais fon maiftre mort il fe difijit qn**'nbsp;te de tout ferment. Or voyant le Cardina*nbsp;que fon aceufation neftoit allez fuffifant®nbsp;pouriugcràmort les prifonniers amp; poUt'nbsp;fuyure les autres, ils IinduifireÄt à dire amp; a-ioufter, comme Ion tenoit pour certain, qU®nbsp;ceftoit principallement au Roy quonnbsp;vouloir, amp;¦ par confequenr atout fon eftatinbsp;en quoy fai faut amp; y engageant le Roy de Nanbsp;uarre, ils le feroyenr grand,finon quil fe de'-uoit afléurerde mourir cruellement. Ercoiflnbsp;bien quen celle furie, il leuren euft donnenbsp;quelque elperance,fi demeura-il es rennesnbsp;de fa premiere depofition, laquelle neant-moifl^
-ocr page 199-Sous François IL rSy
Tnoins ils ne laiflerent de faire valoir,amp; de-pefcherent en toute diligence le fecrwairc Deflandes vers le Nauarrois de lapart dunbsp;Roy,pour elfayer dedefcouurir quelque chonbsp;fe qui leur peuft feruir. Mais if ny profitanbsp;iien,en forte quils iugerent ledit Deflandesnbsp;auoirtrahi le Roy,pource quil ne leur auoitnbsp;voulu prefterfon honneur ni fa confcience.nbsp;Bien rapporta-il loffre volontaire duRoy denbsp;Nauarre pont fecourir le Roy,auec v ne puifnbsp;fante armec-.mais on ne luv fit nulle refpôce,nbsp;car aufsicefecours leur cuit efte trop fufpeét.nbsp;Pour retourner à nos brifees, le premier artinbsp;de de lefcritamp; chiffre ttouué fur la Bigne,nbsp;comtnençoit par ces propres mots:
Pioteftation faite pat le chef amp; tous ceux du confeil, de nattenternbsp;aucune chofe contre la maieftc dunbsp;Roy,ni les Princes de fonfang,ninbsp;reftat du Royaume.
A quoy saccordoyent entièrement tous les autres articles,commc le rccitoycnt ceuxnbsp;qui lauoyent veu , declarans ouuertementnbsp;que lentreprife ne tendoit à autre fin quanbsp;demettre du gouucrnement du Royaumenbsp;ceux de Guife, redreffer amp; faire obferuetnbsp;lancienne couftume de France, par vue legitime affemblee âcs Eftats . Qhe fi pour
-ocr page 200-188 Hifloire de France, raifon de ce lefdits de Guife les vouloye'*^nbsp;blafmerdc fedition, amp; fe vouloyentnbsp;des forces dii Roydis pourroyét elnpelch^*'nbsp;ceftc violence par atirre force , amp; que po^**nbsp;cede caide ils seftoyent armez. DauanWg®nbsp;outre ceil efcrit, il fe trouua entre les papier®nbsp;delaBigne, vne remonftrance à part gt; l'**nbsp;deuoiteftre faite au Roy, en laquelle il ynbsp;uoit vn article pour défendre ceux quinbsp;noyent la doârrine appelée nouuclle,nbsp;seftoyent volontairemêt aioints à celle eP'nbsp;treprife pour eftre vnc caufe politique, lt;1^^nbsp;conccrnoitles loix amp; ftatuts du royaume»nbsp;tout au profit amp;fcruice du Roy: contrenbsp;quel sil y euft eu la moindre cfiofe du moquot;'nbsp;de,ils ne sen fuiï'ent iamais mellez, coini^nbsp;en lemblable ils auoyent déclaré ouuert^'nbsp;ment ce quils fentoyét de lobeilîànce de*!^nbsp;aux Rois, amp; autres principautez,par lenbsp;nier article de leur confefsion de foy iinp*^*nbsp;mee : ou il eft contenu quon doit Aanch^'nbsp;ment amp; de bonne volonté porter le iougnbsp;Rois amp; Princes, encores quils fuflentnbsp;deles. Surquoy aufsi ils condamnent amp;nbsp;iettent les feditieux amp; perturbateurs de lo*-quot;nbsp;dre dein dice, efperans à Iall'emblecnbsp;rale des cllats légitimement conuocqt'^/
SousTrançois 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1S9
ce qui leur Aonnoit efperance de Yvonne iflvte en ceft endroit ceftoit qua Va fin du regnenbsp;de Henry x.en Va gencraVe aflembVec du Parlement ,quon appeVVe MercuriaVVe, iVscftoitnbsp;pteCques refoVu de ne perfecuter plus pournbsp;Va religion auant Va determination dvn con-ciVe 5 quand ceVa fut interrompu par Ve Cardinal de Lorraine , à Va perfuanon duqueVnbsp;plufieurs confeilVers furet emprifonnez pournbsp;cede feule caufe,ôe du Bourg brutVe. VV eftoitnbsp;donc a prefumer que le Cardinal amp; fon frété , edans Vrors dautVrorité, Va fentencc Vibrenbsp;des edats eud peu edeindre les feux qui e-doyent encore allumez en Prance, contrenbsp;ceux qui ne vouloyent obéir au Pape. V oiVanbsp;en femme que contenoyent ces memoiresnbsp;ôc Ve but de Ventreprife pour lexecution denbsp;laquelle Va Kenau die auoit amene cinq césnbsp;cbeuaux quiedoyent fuiuis de mille autresnbsp;pour donner efeorte à. ceux-ci. Mais au contraire ceux de Guife vouloyent faire croire que cedoitauKoy amp;àfcs frétés quonnbsp;en vouloir, Sc non à eux, dautant quils na-uoyent fee difoyent-ils) offenfeperfonne ennbsp;leur priué , amp; que ce prétexté edoit pris parnbsp;les beretiques , pour plus à laife abolir toute autborité royale, reduireVe royaume en canbsp;tons amp; républiques , tuer toute Va nobVeffenbsp;de Prance , à lexemple des Suilfes,pour vi-ure en commun.
TeV edoit leur dire , tendant à ce quon
-ocr page 202-190 Hiftoire de France,
Mauuaife confciencenbsp;n'eft ia-mais af-fcurcc.
defpefchaft autant quon en pourroittrott' lier : toutesfois craignans aucunement qu®nbsp;tel nombre dexecutez ne les rendift odieit*nbsp;à rous,amp; que ce nom dEftats ne chatouilla**nbsp;le cur du commun, la Royne mere amp;nbsp;en fin trouucrent quil feroit bon de del*'nbsp;urer la plufpartdcs poures foldats venus^nbsp;pied , auec inionôtion de fe retirer, amp; de 0®nbsp;fc mettre plus en tel danger. Ce qui fut fai^nbsp;amp; fous main fut donné à chacun vn teftofnbsp;pour pafièr chemin. Mais outre cela ceux 3^nbsp;Guife auiferent de fc fortifier aux defpe^nbsp;du Roy, fous ombre daugmenter fa gat'nbsp;de, de harquebufiers à pied amp; à chenal,afifnbsp;que par ce moyen ils pcuflênt cftre miequot;^nbsp;amp; plus feulement gardez. La charge de l^'nbsp;lier ces gens fur baillce au moine Rich^'nbsp;lieu, choifi par le Duc de Guife, pour le cO'nbsp;gnoiftre confit en toutes difiolutionsjlcqiynbsp;fitfaleuee dentre tous les voleurs amp; riibnbsp;fiens qui fe peurenttrouucr, comme nayait^nbsp;telle maniéré de gens aucune conuenanf^nbsp;auec la maniéré de viure des Luthériens, f*'nbsp;difoit ledit Duc de Guife que le Roy amp; h*/nbsp;en feroyent mieux gardez que par aiitir^nbsp;de meilleure vie. Or pour retourner aux r^'nbsp;ftes des forces des afiàillans qui tenoye'^*nbsp;la campagne,eneqr quils feeufient lincoO'nbsp;uenient auenu i leurs principaux conilt'nbsp;deurs, amp; quoy que les clrofes fuflcnt côif*^nbsp;defefperees , ii ne perdirent-ils point en'nbsp;core^
-ocr page 203-Sous François IT. 191 cores courage. Et fur cela quelcun deux or- vaiiistiftnbsp;dona vn nommé le capitaine la Mothe auec peu bcu-quelquc peu de foidats efl.rangers,pour fairenbsp;armer amp; aflémbler ceux de la Religion denbsp;la ville dAmboyfe quad il leur fcroit commandé, eftans dans la ville iufqucs au nombre de cent ou fix vingts hommes de fait:nbsp;amp; dautre part eftoyent le capitaine Coc-queuillc auec le capitaine Champs , logeznbsp;aux faiixbourgs vers Védofme, qui auoyentnbsp;charge de fe failir du pont, amp; ce au mefmcnbsp;temps que la troupe de Chandieu arriucroitnbsp;du codé des bons hommes ou elle deuoitnbsp;venir, la nuiét du famedy partant dauprèsnbsp;de Bloys. Et eftoit lentreprife, quayant e-fté par ceftuy-la rccognu vn périt huis ennbsp;la muraille de la ville rcfpondant fur lanbsp;riuiere ,quife pouuoit enfoncer dvn coupnbsp;de pied, il vouloir introduire cefte troupenbsp;parla dans la ville , amp; par ce moyen fe mon-ftrer parmy ceux de la cour, amp; tenir le cha-fteau bride , fans auoir en iceluy chenauxnbsp;aucuns, amp; corne rien de viures, ains eftoyétnbsp;toutes les comoditez en la ville amp; aux faux-bourgs.Mais la troupe qui deuoit arriuerlanbsp;nuiamp; arriua de grid iour , amp; fut crié alarme,nbsp;par des gens defeendans par eau qui \ irentnbsp;cefte troupe marcher au grâdtrot tous auecnbsp;efeharpesblanches , qui ht armer chacun aunbsp;chafteau amp; en la ville .Chandieu arriuât trounbsp;ua celuy qui lauoit fait acheminer en la tue
-ocr page 204-15)2- Hiftoire de France, du faubourg des bons hommes, qui luy ditnbsp;vous auez tout gafté que neftes venunbsp;nuiélmiais puisquilfaut tout bazarder,nbsp;aux bons hommes, amp; ie vous y vay trouuef'nbsp;Chandieu sachemina auec fa troupe, amp; 3'*nbsp;lieu dentrer dans le monaftere des bons h*nbsp;mes pour fe mettre à couuert du chaftc^'*nbsp;qui tiroir,amp; pour fe rallier là, amp; aufsi pouf 1nbsp;lailï'er leurs chenaux, ils mirent pied à terr^nbsp;amp; eflày event de rompre la porte de la vill^nbsp;nommee la porte des bons hommes, amp; le*nbsp;Rit tiré du Chafteau, tellement quils furepnbsp;contrains fe retirer ; que sils enflent eu loi**nbsp;de bien entendre ( comme ils ne firentnbsp;eftas ainfi haftez amp; efehauffez ) ils pouuoy^nbsp;encores entrer das lavillcparce mefme e**'nbsp;droit qui eft dit,amp; lors la Motte, Coquevi**^nbsp;amp;: Champs chargeoyent les corps de gat**nbsp;du pont amp; de la place, amp; auoyent comni*'***nbsp;dement de fe faifir des maifons de ladite pnbsp;ceamp;prochaines des portes duChafteaUnbsp;fut merueillc quà cefte alarme ils nefutt**nbsp;aucunementdefcouuerts. ^ijuoy quefoitnbsp;intimidèrent fi bien les courtiifàns, quilnbsp;ftoit plus de midy auant que les portes o'*nbsp;ville fuflent ouuertes,qui leur donna naoV^^^nbsp;amp; loifir de fe retirer, principalement auxnbsp;decheualjcarplufieursde ceux de piednbsp;rétpris amp; remenez à Amboy fe côme rclî*Pnbsp;Le marin aufsi de cefte alarme, sen troi*nbsp;iîx attache!^ à vnc perche,de ceux qui
-ocr page 205-Sous François IL 193 cftepris au pavanant,lefquels on difoit auoirnbsp;eu charge de conduire les gens de pied.
11 neft pas croyable quel nombre dlrom-uies fe rallièrent en peu de temps, auec ceux de Guife : car outre les pcrfonnes cy dellùsnbsp;nominees, amp; les gétilshommes venus à leurnbsp;mandement.il fe trouua auec eux vne infini-tédefaine^,mullcticrs,pallefrcniers,char-tiers, lâqriaîs, viuandiers 8i autres racailles, 'nbsp;qui faifoyentpîus de deux mil hommes, lef-quçls eftans afriandez aux defpouilles dor,nbsp;dargent,dhabits, darmes amp; chenaux quonnbsp;leur abandônoit au pillage, nepardonnoyêtnbsp;ànulpaftànt, fuft Huguenot ou non. ^^e linbsp;on leur faifoit la moindre refiftance,ces coureurs auoyent puiflance de tuer, comme denbsp;vray il sen trouua beaucoup à dire, outre lesnbsp;pendus,noyez,amp; décapitez publiquement.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Le Duc de Guife cômandapareillemétan maiftre des eaux amp; forefts dAmboyfe, quenbsp;il en tuaft autant quil en trouueroit lans plusnbsp;les amener à la ville, qui eftoit ia infedee denbsp;corps , ioint que tant de gens faifoyent pitiénbsp;aux dames. En quoy il fut tresbien obey parnbsp;ce bon maiftre des eaux amp; forefts. Car fousnbsp;ombre des Huguenots ,il deualifa pluficursnbsp;marchans, amp; entre autres deux de Rouan,nbsp;allansà la foyrc en Poieftou , aufquels iloftanbsp;de deux à trois milefeus auec force bagues,nbsp;que depuis fa femme portoit aux doigts fansnbsp;les cacher, amp; fans que ces poures gens en
-ocr page 206-1^4 Hiftoire de France, çuflènt autre reftitution que des menaces-Parainfilçs Huguenots firent riches bea»'nbsp;coup de coquins amp; beliftres.
U a efté déclaré comme apres la publication du dernier edid »pour faire retirer ceuX qui vcnoyent àlafile,plufieurs ayans entendu le feur accès que le Roy donnoit de 1^nbsp;perfonne , auoyent rebourfé chemin ponjnbsp;auifer à leurs afaires,mais encore quils eiil-fent quitté les armes j amp; fe fuflènt rengeznbsp;deux à deux, amp; trois à trois, fi ne laifloit-oOnbsp;de les prendre ou ils fe pouuoyent rencontrer. Et depuis seftans efpandus deçà ôcde-làj pluficurs tombèrent entre les mains denbsp;leurs ennemis, amp; les iours cnfuyuans furentnbsp;exécutez en diuerfes maniérés, auccquesnbsp;ceux quieftoyent ia prifonniers,iufques aUnbsp;nombre de trente ou quarante. Ce qui f-caufe que plufieurs ne firent difficulté de pnbsp;rallier aueccefte troupe qui alla iufques co'nbsp;tre le chafteau. Entre ceux de nom qui fti-rentpris apres ladite permifsion amp;auant cenbsp;dernier eftorty en eut deux; Lvn puifnc denbsp;la maifon de Rricquemaut dit Villemongey»nbsp;lautre dit du Pont.
Ceux de Guife,aprcs ces alarmes, fachaS quils ne tenoyent tous les chefs, furet quelque temps en fufpens, fans ofer rien faitenbsp;aux principaux prifonniers , finon de peit anbsp;peu senquérir sil fe mouuoit rien aux enui-ronsj cle dclpefchcr les petis compagnonsnbsp;les
-4
-ocr page 207-if
Sous François II. 195 ^cs premiers. Mais quand Sipierrc eut ame-rieleurs compagnies de gendarmerie5amp; quenbsp;tous leurs amis furent venus à leurfecours,nbsp;en forte quils auoyent autour deux commenbsp;vne armee, ils CQmmencerét à lener la teftc,nbsp;amp; amp; parler gros. Et tout premièrement firentnbsp;commander par le Roy an Prince de Condcnbsp;de ne partit de la cour fans congé , amp; cer-choyét occafion de sattacher à ta perfonne:nbsp;ce que toutesfois il fceutaflez proprementnbsp;difsimulcr pour le temps. Eftans donqucsnbsp;auertis que chacun seftok retiré ,1e Roy alla à la châtie : mais le Cardinal ne fortoitnbsp;point encor, quil ny euft toufiours douzenbsp;ou quinze cens cheuaux defcorte, tant il fenbsp;fioitpeuaux homes, amp; craignoit que quelque defefperé femiftàlatrauerfepour loutrager. Cependant quil tenoit garnifonnbsp;chafteau ,il pourfuiuoit la mon des prifon- desptiron-niers,fur tout de ceux deNoizay,lefQuelsin-
ri nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J, rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'Noiiay îc
tetroguez retpondoyentronsd vneiorte, a- auu«. fauoir deflre feulement v enus pour prefen-ter leur requefte au Roy, amp; que leurs armesnbsp;neftoyent que pour fe defendre de laviolénbsp;cedeceuxdeGuife, qui seftoyent fuitiue-ment emparez de la perfonne du Roy, amp; dunbsp;gouuernement du royaume, contre les an-ciénes coftitutions . requerâs àcefte occafiônbsp;deftre prefentezanRoy,pourluy rêdve rai-fon de leur faiét,côme on leur auoit promis,nbsp;en leur faifât quitter les armes en fon nom
N 1 nbsp;nbsp;nbsp;'
-ocr page 208-1^6 Hiftoire de France, commandement. Ils requeroyenr aufsi qnônbsp;les fill iouir du benefice de fes edits. Maisnbsp;rien ne leur fut ottroyé,principalement quadnbsp;ceux de Guife fefentirét les plus forts. Ainlinbsp;fûrent plulieurs iours (pendant vn mois)nbsp;employez, ouà couper telles, ou à pendre,nbsp;ou à noyer. Et de vray il sé trouuoit en la ri-uiere de Loyre tantoll fix, huicl, dix, douze,nbsp;quinze attachez à des perches , qui auoyentnbsp;encor leurs bottes aux ïambes, en forte quilnbsp;ne fut iamais veu telle pitié. Car les ruesnbsp;dAmboyfé eftoyent coulantes de fang, SCnbsp;tapi flees de corps morts de tous endroits:nbsp;fi quon ne pouu'oit durer par la ville pour lanbsp;puanteur amp; infection.
Il y en eut plufieurs, amp; entte autres vn de la ville de Tholouze, qui difoyét neflre venus de fi loin pour sen retourner ainfi , Sinbsp;quils vouloyent parler au Roy, amp; luy fairenbsp;confefsionde foyimais ils furent incontinent attachez amp; pendus aux fenellres dunbsp;çhalleau.
Vn autre apres auoir difputé longuemét de la religion en la prelénee de la Roynenbsp;mere, rendit telle confcfsion dicelle , qudnbsp;fit à demyconfelîèr au Cardinal la docltinenbsp;eilre vraye, mefme en la doélrine de la Cc-ne : mais ladite Dame ne fc fut plu (loft de-ftournee pour entendre à autres alaires,qui}nbsp;ne full enleué de fa falle. Et comme ainfinbsp;full quelle euftpris quelque goull à ce peton nage
-ocr page 209-Sous François IL 197 Tonnage Ie voulant faire deliurer, elle demanda aufsi foudain ou il eftoit, ôc enuoyanbsp;apres ; mais il eftoit ia depefchéjdcquoy ellenbsp;fut aucunement fafchee,ce difoit cllexar elle lauoit iuge innocent.
Il fut pris pluficurs prifonniers à Bloys Sc à. lêntour qui sen retournoyent, felon lanbsp;permifsion du Roy, pour la deliurance def-quels on enuoya gens deuers le Roy, amp; lànbsp;Roynefamere; mais il ne leur fut pofsibicnbsp;den pouuoir approcher,ne leur faire aucunenbsp;rcmonftrance, quils ne fuflenr menacez denbsp;les faire tailler en pieces, sil leur auenoit denbsp;feprefenterauRoy,necraignans rien plusnbsp;Ceux de Guife, linon quil iitft aduerty quenbsp;Ce neftoità luy quoh en vouloir: mais à euxnbsp;feulement. Car le Roy demandoit fouuentnbsp;en pleurant, que ceft quil auoit fait à fonnbsp;peuple, pour luy en vouloir ainfi, amp; difoitnbsp;vouloir entendre leurs plaintes amp; raifons.nbsp;Il difoit aufsi àJeeux de Guile, le ne fay quenbsp;ceft,mais ientés quon nen veut quà vous,nbsp;le defirerois que pour vn téps vous fufsicznbsp;hors dici, afin que Ion vift fi ceft à vous ounbsp;à moy que Ion en veut. Ce quils reiettoventnbsp;entierement,laflcurantque luy ne fes frèresnbsp;fie viuroyent vne heure apres leur partemtt:nbsp;amp; que la niaifon de Bourbô ne cerchoit qu'ànbsp;les exterminer, à laide des hérétiques Huguenots, pour fe venger de leur vieille querelle , en fone que ce langage faifoit le Prin-N 3.
-ocr page 210-1^8 nbsp;nbsp;nbsp;Hiftoire de France,
le peuple de rechetnbsp;abbreuuénbsp;(le calomnies amp;nbsp;iautlcuz.
cc de Condé cftre encor pluS mal voulu diïquot; dit Sieur quau parauant, amp; en däger deftfCnbsp;tué comme 11 fera veu. Et afin de deftournefnbsp;le peuple de lopinion quon pouuoit auoifnbsp;conceüe par les remonftrances de tant denbsp;prifonniers , qui declaroyenr auec grandenbsp;rerueurda caule qui les auoit conduits,coOl'nbsp;me il a efté declare : lettres furent expeditesnbsp;aux Parlements,amp; luges des Proninccs,p3fnbsp;icfquelles le Roy.difoit auoir defcouuert lesnbsp;confpirations eftrc faites contre fa perfonnc»nbsp;celle des Princes, amp; de fes principaux mini'nbsp;ftres, par aucuns feditieux,lefquels fous prC'nbsp;texte de religion, auoyent inuéié tous moye®nbsp;que peuucntmauuais efprirs, amp; nommémcfnbsp;follicitè aucuns Princes eftrangers de les fii'nbsp;uoriferamp;leuergens de guerre pour entre!nbsp;au Royaume, leur donnant affeurancc fansnbsp;difficulté de venir à chef de leurs defleins»nbsp;par ce quils feroyent fouflenus parplufieulSnbsp;Seigneurs amp; gentils hommes,amp;grand nom'nbsp;bre dhabitans des villes amp; plat pays, qiJnbsp;prendroyent les armes, amp; scfleueroycntsnbsp;jour certain amp; determine entre eux. Dait'nbsp;trepart, afin de mieux affermir leurs ftifdi'nbsp;tes entreprifes amp; feduire plus facilement fc®nbsp;fuiets, auoyent pratiqué de faire aff'embltt^nbsp;fccrettes en plirheurs lieux du royaume pm^*-tenter les volonrcz de ceux qui sy trouuoy'nbsp;ent, amp; là fe feroyent efforcez , tant par Ry*-propofer les dangers que lefpcräce de bieS
-ocr page 211-Sous François IL 199 lts alienee de leur deuoir, fous prétexte amp;nbsp;îifleurance du fecours des eftrangers qui fenbsp;ttouueroycnt à iour nommé auec grandesnbsp;forces furies limites du Royaume , pour lesnbsp;fortifier en leXcCution de leur deflèins ; parnbsp;lefquelles fuppofinôs amp;induôlions aucunsnbsp;feferoyent lailfez aller jiufques à permettre dadherer à lentreprife amp; prendre lesnbsp;armes. Et sattendoyent Icfdits coniureznbsp;quen vn mefme temps ils efmouuroyét telle (edition par tous les endroits du royaume , quil ne fetoit pofsible defteindre lenbsp;feu quils auroyent allumé , que pour lenbsp;moins ils n'euHent mis toutes chofes en telnbsp;trouble amp; confufion quils auroyent cependant le moyen de piller les plus riches temples, amp;faccager les meilleures maifons desnbsp;villes,8c loifirde fe retirer auec leurs principaux complices plains dor amp; dargent ounbsp;bon leur fembleroit. Dequoy ledit Sieur di-foit auoir aduertiffement amp; particulières informations de diuers endroits, mefmcs desnbsp;princes eftrangers fes amis 8c alliez, ôc daucuns Ces fuiets que les coniurez penfoyentnbsp;auoir tiré de leur party . Dont il les auoitnbsp;bienvouluauertir, afin que ces lettres recédés , ils en ftû'ent certains tous fes autresnbsp;fuiets, 8c que chacun en rendift graces ànbsp;Dieu , 8c que Ion aduifaft de pouruoir ànbsp;la feureté publique 8c priuee dvn chacun.nbsp;Au furplus,quils hffent publier que tousnbsp;N 4
-ocr page 212-zoo Hiftoire de France, ceux qui par feduchionou mauuais confcifnbsp;auroyent confenty aufditesïcntreprifcs, amp;lenbsp;declareroyent franchement amp; de bonne foygt;nbsp;dedans huiôt iours apres, la peine amp; offenfenbsp;leur eftoit remife : ce quil promectoit en fo']nbsp;de Prince amp; parole de Roy, comme au contraire ils ne trouueroyent apres lieu de mife-ricorde, ains encourroyct les peines des criminels de lefe Maieftc.
Defenfts nbsp;nbsp;nbsp;Lcsprincipaux de celle entreprife,lc voyas
cXmnies, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«Scqucccux de Guife nen-
contenans troyét cu aucunc defenfe de leur chcf,coin-dV«ux'dc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fuiïènt tacitement condamnez^
cuife. publièrent aufsi de leur part firentimpri-mer la remonllrance dont aucuns deux furent trouuez faills en laprifon, fous lelpera-ce de la prefenter au Roy au nom des ellatS de France.
Au commencement ils difoyent iellre allez apperceus que leur alïèmblee auoit eft^nbsp;par luy trouuee ellrange, pour nauoir co-gnoilïànce de lextremc necefsité , qui lesnbsp;auoit contraint delfayer vn extreme rcmedenbsp;pour laconlèruationde la perfoone , de fanbsp;grâdeur,amp; de tout le peuple, que Dieu auoitnbsp;fubmis à fon obeillànce. A celle caufe ilsnbsp;prefentoyent à fa Maiellc icelle leur remon-llrancc par laquelle la caufe de ce faiél cllatnbsp;fommairemenr déclarée, amp; bien entendue,nbsp;ils efperoyent de non feulement clfacer lenbsp;foupcon de feditiondc mutinerie: mais aufsinbsp;ellre
-ocr page 213-Sous François II. xot cftrecognus pour fes treshumbles Serres fideles fuiets amp; feruitcurs.
En premier lieu donc ils proteftoyent de-Uant la Maiefté de Dieuamp;lafiene , qnils nauoyent voulu attenter aucune chofe contre icelle 5 ains vouloyent vjftre amp; mourir ennbsp;lhommage feruitude amp; treshnmble obeif-fance quils luy deuoyent. Et que les forcesnbsp;qui luy cftoyent apparueÿ, nauoyct efté quenbsp;pour fon feruice, amp; pour soppofer à la tyra-nie de ceux de Guife,qui nont iamaistafchénbsp;en toute leur vie quà sagrandir de famine,nbsp;amp; de tous ceux qui luy appartenoyent.
Et combien que leur faç;on peuft fcmblet de prime face nouuelle amp;: violente: neant-Woins ils fupplioyent treshumblcmcnt fanbsp;Maiefte de confrderer que nayans autresnbsp;moyens pour deftourner le peril qui luy e-ftoit prochain amp; atout fonrovaume,pourccnbsp;quils craigrroyent la cruauté acouftumecnbsp;¦de ceux qui eftoyent auprès de fa perfonne:nbsp;Ils auoyét penfe quon ne trouucroitiamaisnbsp;nouueau ne eftrange ce que les luiers feioyétnbsp;, pour la conferuation de leur Prince ,amp; quenbsp;cellpluftoft luftice queviolence,de repouffer les ennemis dvu Roy amp; dvn royaume,nbsp;comme font ceuxcôtrelefquels Ils selfoyctnbsp;affemblez.Car premièrement dlfolt celle re-monftranceùls n ont lamals difslmuVe quilsnbsp;ptetendoyétauoltdrolélfuï deux Aesprln-'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tipales ptoulnces du loy aume gt;afauolt,fui les
-ocr page 214-lox Hiftoire de France, Duché dAnjou, amp; Conté de Proucnce, dc'nbsp;clarans ouuertemér afl'ez de fois que ce n^'nbsp;ftoit que par force, quils eftoyent priueznbsp;la poÔèfsion de ces deux pays,tellement qU®nbsp;du temps du feu Roy fon pere , en fon adue'nbsp;nement à la couronne, ils vouloyétluy foU'nbsp;ftrairc ledit Côté de Prouence,amp;cóbien qi*?nbsp;leur entreprife ne full paruenue à Ion but,nbsp;fut elle tellemét acheminée, quil en efto**'nbsp;mefmes demeuré quelque chofe par eCcdt:'
Dauantage leur ambition auoit edè tel' le,que de mettre en peine quelques gés do'nbsp;clés pour recercher leur race es vieilles chto'nbsp;niques, fe voulans dire eftre defcendus denbsp;droite ligne de Charlemagne, efperanS)nbsp;quelque iour loccalîon fe prefentoit, de de'nbsp;barre le royaume, comme n luy amp; fes prede'nbsp;cedèurs nen eftoyent quvfurpateurs.Et efl'nbsp;cor quils euftent fongneufement tafehénbsp;difsimuler leur mauuaife Scpernicieufe^*'nbsp;fe(2:iô,fi en ont-ils tou hours murmuré qu^^'nbsp;que chofe,amp; fur tout depuis le temps qudnbsp;uoit pieu à Dieu lappeler à la couronne.
Aufurplus, leur audace auoit efté du to^t^ intolerable à fes fuiets , quand ils seftoV^^'nbsp;comme faifis de fa perfonne, amp; du gouuet'nbsp;nement de fon royaume incontinent apres nbsp;deces du feu Roy,e{perâs par ce moyé fenbsp;re fi grands,que de pouuoir abaifter amp; hiV ,nbsp;les fiés quad il leur plairoir. Lequel aifte leinbsp;eftoit trelîiiffifantpour defeotturir leur aft
-ocr page 215-Sous François IL 2,03 extreme, âttédu quil ny a Loygt;couftumenbsp;exemple,qui les ait appelez au lieu quilsnbsp;j^ioyent pres fa Maiefté : mais au contrairenbsp;les ordonnances des predecefleurs Rois, lanbsp;Couftume amp; la refolution des cftats du Royaume les en cmpcfchoyent allez, sils y euf-fent voulu prendre garde, veu mefmes quenbsp;leseftats tenus à Tours au commencementnbsp;du regne de Charles VII l. ne donnent aucûnbsp;heu aux cftrangers auprès du Roy eftanr ennbsp;has aage; mais pluftoft aux Princes defonnbsp;lang,pat le confcil defquclsil peurgouucr-îier ton Royaume. A quoy ces ambitieuxnbsp;^uyans aucun cfgard auoyent empefehé lanbsp;Conuocation des cftats ; fachans bien quenbsp;ceux qui font affeftionnez à fon feruice,napnbsp;prouucroyent iamaisqueux qui fonteftran-gets,quipretendoyétquerclcr la conronne,nbsp;amp; qui auoyent tafehé den defmembrcr aucunes des principales parties, euftent le maniement de ce quils luy vouloyét rauir.lointnbsp;aufsi quon fe fouuenoit allez des grandesnbsp;pertes quils auoyent caufees au Royaumenbsp;du viuant du feu Roy,amp; mefmes au derniernbsp;voyage dItalie,pat lequel lvn pretendoit ànbsp;fe faire Pape,!autre Roy de Sicile amp; de Na-ples,retirans pour ce faire les principales fornbsp;ces du Royaume, dont les grandes amp; irrepanbsp;râbles pertes eftoyentenfuyuies. Ayans docnbsp;fenti tant de dômages par leur ambition, lesnbsp;cftats neuflent iamais eftime leurprefcnce
-ocr page 216-X04 Hiftoire de France, de fa Maie Ré luypounoir eftre profitàb'^jnbsp;mais queux nauoyenr point de crainte d nbsp;feiiccr icelle Maicfté, de violer fes eftats gt;nbsp;renucrfer les loix Sccouftiimes du Roy^^.nbsp;mc.Dauâtage ils auoyent bien môftré q^*nbsp;vouloyent retenir par force le lieu , quib^nbsp;Uoyent vfurpé par leur audace, faifailsnbsp;quelques vns des eftrâgers(entretcnus nc^*'^nbsp;moins des deniers de France)de marchernbsp;mandement du Seigneur de Guife.Ennbsp;il luy pouuoir apparoir dequelie affeólion 7nbsp;eftoyentpouflèzpour prendre le manieradnbsp;de ces afaires, en ce que nauoitgueres ibnbsp;uoyent voulu fouftraire de la couronne dnbsp;Trance, la fouueraineté du pais de Bari'oR^nbsp;pour enrichir le Duc de Lorraine , ne tel'nbsp;dans à autre fin quà afoiblir les forcesnbsp;Royaume , pour puis apres faire ce do*^nbsp;quclcun de leurs frétés seft ofé vanter,nbsp;noir quil ne tenoit quau Duc de Guife qd*nbsp;ne fe faifoir Roy de France.
Or de fait le changement quils auoyei^ commencé à faire des gouuernemens denbsp;villes de frôrierc,amp; autres places fortesnbsp;y en mettre dautres faits de leur main, aiioinbsp;bien fait penfer à fes fuiets que de longJ^nbsp;main ils fe vouloyent preparef le cheniinbsp;pour paruenir à leur intention : les charg^^nbsp;de plus grande importance,tant par mernbsp;par terre auoyent efté mifes entre les maiiRnbsp;deux-mefmesjou de leurs feruiteurs.
Quo
-ocr page 217-Sous François IL X05
'^on pouuoit encores plus aifcmenc ^^^noiftre cela par grad^mas dargér quilsnbsp;®®oycnt fait, amp; qiiils ne pouuoyent nier a-oirdefrobe des finances. Car depuis quilsnbsp;^anient fes afaires les tailles auoyent efté renbsp;^oiibleesdes importions amp; gabelles extra-^ïdinaires fur le fel,bleds amp; vins,amp; cmprûtsnbsp;de toutes fortes plus grands quils neftoyécnbsp;niefmes du temps des plus grands afaires:nbsp;tellement que fes panures fuiers qui auoyentnbsp;tantfouhaité la paix, pour lefperance du repos quelle leur deuoit apporter,latrouuoyétnbsp;auiourdhuy plus intolerable que la guerre.nbsp;Et mefmes que beaucoup de villages , furnbsp;tonten laNormandie,demeurent inbabitez,nbsp;par ce que hommes , femmes amp; enfans, c-ftoyent contraints dabandonner leurs mai-fons,à caufe des exaftions fi grandes. Ncât-moinson voyoitle nombre dargent infininbsp;ainfi recueilli neftre employed fou feruicc,nbsp;ny foulagemcnt de les afaires, veu que tantnbsp;la gendarmerie,infanterie, caualerie legere,nbsp;officiers de fa indice que autres,auoyent demeuré long temps amp; demouroyent encornbsp;pour la plufpart fans eftre payez : amp; fes dettes non aquirees . Et partant sil plaifoit à fanbsp;Maicftê de faire ouïr tous les comptables, ilnbsp;apperceuroitles larrecins innumerables quenbsp;lefdits de Guife commettoyent iournellc-ment en lcllat de la fuperintendancc dicelles. Et par ce quils neftimoyent rien tant cô
-ocr page 218-io6 Hiftoire de France, traire à leur ambition, quvne bonne iitft*''^nbsp;obferuee en France, ils seftoyent du toutnbsp;ftudiez à renucrfer toutfon confcil,sennbsp;ftans faits feigneurs amp; maiftres, que auonbsp;lauthorité des cours de Parlement, amp;nbsp;me celle de Paris,laquelle neantmoins auu'*^nbsp;efté de tout tépsbonoree amp; entretenue P^lnbsp;les Roys prcdeceflèurs, comme le principenbsp;lieu de leur domination.
Tellement queux voulans auoir tous^*'^ officiers de fa iuftice à loage pour ne f^^^nbsp;ne dire que ce quil leur plajroit, ordo*'nbsp;noyent commiflaires à leurs fantaficsnbsp;là,amp; leur donnoycnt cognoiflance de tcH^^nbsp;caufes quilsvouloyent.Bref,renuerfans to^nbsp;ordre iufques icy obferué,il y auoit grad d^'nbsp;ger quà lendroit des eftrangers , amp; de toônbsp;ceux qui ne cognoifl'ent fa bonté naturell^nbsp;ils ne luy acquilîcnt quelque note de crii^trnbsp;té. Dauantage ne fe contentans dauoirnbsp;vne telle conftifion en France, ils lauoye*/nbsp;voulu eftendre plusloing,{è faifans caid^nbsp;de tous les troubles dEfcoiïepar leur audace intolerable:amp;reicrtans toute occafioud^nbsp;bon accord amp; tranqnillité,auoyent aliéné d®nbsp;faMaiefté les curs deplufieurs Princesnbsp;ftrangers ,chore qui pourroità 1aueniv^P'nbsp;porter grand dommage au royaume.En foquot;^nbsp;me, on auoit toufiours veu amp; experimen^^nbsp;que leur ambition produifoit vné excretfl^nbsp;auarice,laquellc eftoitcaufe des iniuftices^'nbsp;oppte*'
4
-ocr page 219-Sous François IL xoy oççïefsions , dont eftoit afflige fon panurenbsp;penple,ce que le feu R oy commençant à co-gnoiftre fur la fin d«; fes tours eftoit preft denbsp;les dechafter dauprès de fa perfonne , ft lanbsp;mortluy en euft donne le loiltr.Et queux cônbsp;plaignans nayans peu iufques là faire entennbsp;dre ces chofes à fa Maiefté, euftent grandement defiré dauoir les moyés non feulemétnbsp;de faire ample preuuc de ce que deflus: maisnbsp;aufsi de produite autres cltôfes concernansnbsp;ce mefme fait t amp; seftimeroyét tref-lteureuxnbsp;ft par leur remonftrancc ils obtenoyent audience amp; permifsion de declarer au long cenbsp;qu ils auoy ent à dire . Mais puis qu ils v oy-oyentque leur cruauté principallement connbsp;ne les ptifonniers pour ce fait senaigtifl'oitnbsp;de plus en plus,Slt; quils ne permettoyent aunbsp;cunement que cefte caufe parutnft iufques ànbsp;fes aureilles , dont ils fc vottloyét fane ittgesnbsp;amp; partiesjils ne pouttoyeut faire autre cltofenbsp;ftnon declarer à fa maiefté» quils les tenoyétnbsp;pour fes enhemis amp; de tout fou peuple . lenbsp;fuppliant tref-humblement uatioir opinionnbsp;que ce qui auoit efte fait amp;fc feroit p*!! apresnbsp;contre leur tyrannie sadreftaft contre fa Manbsp;iefté ,quoy quon tafcltaft de le luy perfua-der,ôcfaire croire que tous ceux qui sen mefnbsp;loyent ne pretendoyent à autre ftn qua introduire quelque nouuellc religion. Carnbsp;combien quentre ceux qui seftoyent ef-leuez contre eux, il y en tuft qui deftraffent
-ocr page 220-xo8 Hiftoire de France, vin re felon Ia reformation de PEuangil^nbsp;neantmoins ccfte feule caufe ne leur euft i^'nbsp;mais fait prendre les armes sil ny eutt eu V'nbsp;ne caufe ciuile amp; politicjue, qui eft loppre*'nbsp;fion faite par eux de fa MaieftéjeftatsJoiX^nbsp;couftunies de Frâce. Erde fait commenbsp;recommandoit la patience au fait de la rel*'nbsp;gion,aufsivouloit-ilqueles fuiets prinfl^^'nbsp;peine de conferuer la gradeur de leursnbsp;ces 5amp; maintenir les loixamp; couftumesnbsp;païs.Voyla le contenu de leurremonftran-^'
Ils publièrent aufsi plufieurs autres p^*'*^ liurcts,rcdans raifon de leur fait à ccftenbsp;me fin, difanseftre iniuftcmcntpourfuy**!^nbsp;par ces ennemis de toute équité, pour aiiuquot;-demandé lailémblee des eftats, amp;pourc^*nbsp;firmer leur dire,i Is alleguoyent Philippesnbsp;Commines en fon cinquiefme liure de fnbsp;hiftoire, chapitre dernier, qui dit ces ruob'nbsp;' Tcfinoi-Pourparler de lexperience de la bonténbsp;Ihib*^ 1' François, ne faut alléguer de noftreteuiF^nbsp;deconiroi quc les trois eftats, tenus à T ours apres^nbsp;ciquot;nt°rà'fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bô maiftre le Roy Loys^
fcmbiee qui fut lall mil quatrc cens oólantc trois.L^ des eftats. pouuoiteftimcr lors que cefte bonne alfe^nbsp;blee eftoit dangereufe,amp;difoyct aucuns nbsp;petite condition amp; de petite vertu, amp; ont nnbsp;fiar plufieurs fois depuis, que ceft crimenbsp;efe Maiefté que de parler daftcmblernbsp;ftats, amp; que ceft pour diminuer lauthodnbsp;du Roy : Mais ceux qui debatent cela,
-ocr page 221-Sous François II. xo5gt; mefmes commettent crime entiers DieuScnbsp;le Roy amp; la chofe publique. Car telles paroles ne feruentquà ceux qui fouten authori-tc amp; credit fans en rien lauoir merité, na-yds acouftumé que de flagorner en laurcil-Oi'jTcfnbsp;le, amp; parler de chofesTle pêu de valeur, amp; ynbsp;ctaignans les grandes aflemblees, de peurnbsp;quils ne foyét cognus, ou que leurs uuresnbsp;ne foy e nt blafme e s.
Laduertifl'ement au peuple de Frace cô-tenoit exhortation de demeurer conftans en pèapUaT lobeiffance amp; fidelité deüe au Roy, amp; de fe runce,nbsp;garder des entreprifes amp; machinations cynbsp;deflus déduites. Puis faifoit mention cômenbsp;reux de Guife auoy ent de long tempscôpofenbsp;vnfqbriquetamp; mot àplaifir par derihon de } tTnbsp;ceux qui fe difent eftre defcendu.s de la race 4 »nbsp;de Hue Capet, les appelans Huguenots, ÔC/^nbsp;enueloppans en telle contumelie,cât le Roy,nbsp;Mefsieurs fes fretes,qûe ceux qui leur eftoy-ent loyaux feruiteurs, afin que cela receu denbsp;longue main fernift dvne planclae à leursnbsp;delïeins. Ce neantmoins ieftime que cenbsp;poinlt;£t eft pluftoft procelt;lé de pafsion quenbsp;de raifoh.
La conclufton eftoit que le peuple Aeuoit tafeher par tous moy es legitimes de soppo-fer àvne ftmefclaante amp; malbeureufe entrt-ptife,demandant fecours 8c aide, premièrement àDien, autbeur, fondateur 8c confer-uateuï de cefte monarebie : Puis aux. Parle-
O
-ocr page 222-xio Hifloire de France,
ments amp;eftats du Royaume, afin que le baJ aage du Roy, la bonté amp; douceur naturcO*nbsp;dót il eftoit doué,amp;au cotraire la grade puif'nbsp;fance, les biens amp; richelFes dont les enneni*®nbsp;seftoyentmunis de longue main, pour paf'nbsp;uenir à leur entreprilê,ne leur donnait occa'nbsp;fio de mettre ce fiorilTant royaume en pro/^nbsp;amp; pi liage, de fe faifir de la fainéte couroP'nbsp;ne de France à la, ruine amp; defolation de toU^nbsp;les fiiiets du Roy. A qu oy ils prioyentnbsp;I de refifter, amp;: défendre la France de tantnbsp;maux amp; calamitez qui la menaçoyent,p^^nbsp;ceux defquels le Roy François premiernbsp;noit prédit le contenu en ces quatre vers:nbsp;Le feu R oy deuina ce point,nbsp;ceux de lamaifon de Guifenbsp;Mertroyent fes enfiins en pourpoint»nbsp;Et fon pourc peuple en chemile.nbsp;Cóphintcs Ils firent aufsi leurs Complaintes auxnbsp;ments!' quot; Icmcnts des chofes fufdites, afin de leur doner occalîon dempelçher telles violencenbsp;de ceux de Guife contre leurs compagnon^nbsp;amp; leur firct prefenter le tout. Mais nul def^nbsp;ne sefmeut finon ceux de Rouan, qui depi*'nbsp;terent vn Prefident pour aller au Roy amp; anbsp;Roync fa mere porter le tout, afin dy ai*'
tout, amp;fitrefponce quil y auoit beaiicoiP de chofes fauflês. Les bonnes gens efiove'*
-ocr page 223-Sous François II. xii
enccftendroitjbien loin de leur conte.
Etpourcc ^uil à cfté fair mention de cc®® niotde HugucnoGÎonné aceux de la reli- motd*Hu-gion, durant lentreprife dAmboyfe t amp;c qui gu'not.nbsp;leui eft demeuré depuis ,ien diray vn motnbsp;en paflànt, pour mettre hors de doute ceuxnbsp;qui en cerchent la caufe afléz à Vcfgarec.nbsp;La fuperftition de nos deuanciers gt; iniquesnbsp;à vingt ou trente ans en çà, cftoit telle , quenbsp;prefque par toutes les villes du royaume,ilsnbsp;auoyent opinion que certains efprits fai-foyent leur purgatoire en ce monde apresnbsp;leur mort,amp;quils alloyct de nuiâ par la vil-le battans amp; outrageas beaucoup de perfon-nesjles tronuat par les mes. Mais la lumièrenbsp;de lEuangile les à faiteluanouir, Sc nous 3.nbsp;apris que celloyent coureurs de pané amp; ruf-fiens. A paris ils auoyent Le moine bourré:nbsp;à Orleâsjle mulet Odct:à Bloys,le lougarou:nbsp;à Tours J leroy Huguet :amp; ainli des autresnbsp;villes. Or eft il ainfi que ceux quon appeloitnbsp;Lntheriensj eftoyent en ce tcmps-là regardez de iour de fi pres,quil leur falloit necef-fairement attendre la nuiét à sallémbler
pour prier Dieu j prefeher amp; communiquer aux fainéks Sacrements .tellement qucncotnbsp;quils ne fiflént peur ne tort à pcrlbnne:fi eft-ce que les Preftres par derifion les firent fiic-ceder à ces efprits qui rodoyent la nuiéhnbsp;en forte que ce nom eftant tout communnbsp;en labouchc du menu peuple dappeler lesnbsp;O i.
-ocr page 224-xii Hiftoire de France,
Euangeliques Huguenots au pays de Touf^* ne amp; dAmboyfe,ce nom commença daiio**nbsp;la vogue, quand fur cede cntrepriie, lanbsp;micre defcouuerce cn armes fe nt à Tours,nbsp;les premieres nouuelles en furent ra-ädeesnbsp;Amboyfe par le Conte de Sancerre, conin^nbsp;cy dcflûsàeftédit.
Lts mec- Ortant scn faut que toutes ces reiuon^ chans efle- ftj-anccs fetuiffent de quelque chofe aiixpr'.^nbsp;rié nt leur lonniersjqu au cotraire elles doneret occs»''nbsp;eftre im- de Guifc, qui fe voyoyet ainfi trait^^nbsp;pofsibk. cercher la vengeance, notamment ß*'nbsp;tous les Seigneurs amp; gentils homes de n**!nbsp;qui auoyent fait profelsion des armes,nbsp;requcroyenrdeiouirdu benefice du RoV-^nbsp;Ainfi dtf- afin den auoir la peau, fi toft quils fceiir^^'nbsp;lotsseft toutes les troupes de ceux quils appeloV^^nbsp;nom amp; de f^ditieux eflongnces amp;c rompues,pournbsp;lafoydu queries precedentes lettres, ils en firentnbsp;pedier dautres d u 2i.de M ars. Le fondefnbsp;dicelles eftoit , quayant le Roy defeont'^^^nbsp;la confpiration amp; coniutation faite conft^nbsp;perfonne,fa mere,la Royne fa femme,nbsp;tres princes amp; notables perfonnagesnbsp;pres de luy,fe feroit trouué quaucun»nbsp;elle feduits amp;côduits en armes , lesnbsp;quesà deux ou trois lieues dAmboyRnbsp;quels ayans fenti amp; cognu la mauuaillt;^ tnbsp;tion des chefs nauroyent voulu pafiêr fijnbsp;ains fe feroyent retirez : les autresnbsp;mettre à execution leur entteprife, fe
-ocr page 225-Sous François IL 115 acheminez iufques à Noizay, amp; pris la hav-diefle de saller prefenter en armesdvifqucs anbsp;Vne des portes de ladite ville amp; tenté de la .nbsp;forcer. Ce quayant ledit Sieur mis en deliberation de fon confeil priué, 8c cognoifl'antnbsp;la fimplicité de partie diceux menez plusnbsp;Îar facilite amp; ignorâce que de mauuaife vo-onté, il auroit par fes lettres patentes publiées le ly.dudit mois en ladite ville,amp; auxnbsp;fenuirons diçclle, fait faire commandementnbsp;à tous foldats eftàns ia venùs » ou qui fe-^nbsp;toyét en chemin en tel equippage,quils euf-fent à fe retirer dedans certain temps , auf-quelspar companion 8c mifericorde il auoitnbsp;donné impunité du fait 8c crime. Enquoynbsp;toutesfois il nenteridoit eftre compris ceuxnbsp;quiauoyent conduit amp; conforté ladite conf-piration,8c qui eftoyent venus en armes ,tâtnbsp;àNoizay, quaux portes de ladite ville, poutnbsp;lexecution dicelle.Sut quoy,pour öfter tousnbsp;troubles 8c doutes, il déclarait nauoir entc-
dnladite abolition seftédre plus outre quà ceux qui par fimplicité 8c ignotance,seftoy-ent aflém^ilez 8c venus pour le faift de leurnbsp;foy . fans quen icelle fuflent copris ceux tpiiinbsp;auoy ent conduit le fait de la confpiration.Etnbsp;mefmes ceUx qui des le t)imancrie 15. duditnbsp;mois eftoyent venus en armes aux faux-nbsp;bourgs de la ville, ne pareillement les pri-nte° çnTénbsp;fonniersqui auparauant auoyent efté piis,^'''« ienbsp;tant àl entour que dcdàs lamaifon de
114 Hiftoire de France, zay.Pour lefquels,entant que befoin feroû»*nbsp;auoitde fa pleine puifsacc amp; authorité roY^'nbsp;Ie,leué les inhibitions amp; defences faitesnbsp;iuges den cognoiftre,enioignant au preiionbsp;de fon hoftel, amp; à tous autres iuges quil ap'nbsp;partiendroit, de procéder à la perfeélioUnbsp;iugemcntde leurs proces criminelsnbsp;ordinaires , amp; executions des fentencesnbsp;iugemensqui sen enfuyuroyent, ainfinbsp;le cas meritoit,amp; quils verroyent eftre à^nbsp;re,pour le bien amp; deuoir de indice, felonnbsp;ordonnances. Aquoy il fut procédé ennbsp;plus grande diligence quil eftoit pa^jil'^'nbsp;Carilnefepalïbitiourni nuit,que lôn'^nbsp;fift mourir fort grand nombre, amp; tousnbsp;fonnages de grande apparence. Les vnsnbsp;ftoyent noyez, autres pendus, Ôc les aiitf^^nbsp;décapitez. Mais ce qui eftoit eftrange à vo**'nbsp;amp;quiiamals. ne futvfité en toutes fotn^^nbsp;de gouuerncmentjon les menoit au filppl**quot;^nbsp;fans leur prononcer en public aucune fe^'nbsp;tencc, ny aucunement declarer la caufe
Tefmoi-
gnage cn-ttin , (!e
«juelefprit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;il K.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;VI. la VUUX''
procédé le Iciir mort, ny mcfmes nommer leurs noU^ zele des ' *nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;~
Citholi-
qucs Ro-r mains.
15 11'^- , . lelquels on fupprimoit ( lt;à ce que Ion o*Jnbsp;pour crainte que le bruit qui senferoit^nbsp;recommécerquelque nouueauré. Vnechonbsp;feobferwoit on à lendroit de quelquesnbsp;des principaux, ceft quô les referuoit apfj^nbsp;le difner felon la couftume. Maisceux^*^nbsp;Guife le faifoyentexpreftement pournbsp;ncr quelque pafl'e temps aux dames, qu nbsp;voyoy«
-ocr page 227-Sous François IL X15 voyoyent sennuyer fi longuement en vnnbsp;lieu. Et de vray eux amp; elles eftoyent arren-gez aux feneftrès du chafteau , comme silnbsp;cnftefté queftiode voirioüer quelque mo-inerie, fans eftre aucunement efmeus depinbsp;tié ne compafsioujau moins quils en fiflentnbsp;le femblant. Et qui pis eft gt; le Roy amp;fesnbsp;ieunes freres comparoifldyent à ces fpeâa-des , comme qui les eull voulu acharner:nbsp;amp; leur e ftoyent les patiens monftrez parnbsp;le Cardinal auec des fignes dvn hommenbsp;grandement refiouy,pour dautant plus animer ce Prince cotre fes fuiets. Car lors quilsnbsp;moùroyent plus conftament,il difoit,Voyeznbsp;Sire 5 ces clFrontez amp; enragez, voyez, que lanbsp;crainte de mort ne peut abbatre leur orgueilnbsp;amp;felonnie; que feroyent-ils donc sils vousnbsp;tenoyêt? Entre les chôfes notables qui auin- villemon-^nbsp;drent ence tu muite, cefte cy neft à oublier.nbsp;Villemongys eftant deflus lefchaffaut, amp; a-yatit trempé fes mains au fang de fes com- neiiugensnbsp;pignons, les efleuantauciel, seferia à hau- Uufsiug«*nbsp;m voix,difant, Seigneur,voicy le fang de tesnbsp;enfans.Tu en feras la vengeance.
Lon recite fur ce poipt vne chofe eftran-ge amp; admirable du Duc de Guife , Ceft que le Duc deLôgueville(ieune Prince amp;auquclnbsp;on auoit come par force fait accorder mariage auec laifnee dudit de Guife fa coufincnbsp;germaine) eftant malade à Chafteaudun,
O 4
-ocr page 228-xi5 Hiftoire de France, cnuoya vn fien gentil homme falloir soil-'nbsp;uelles «le ceux de Giiife,amp; leur dire des fietl-nesjfurquoy le Duc de Guifedifnant,vfalt;l^nbsp;ces propos. Dites à voftre maiftre, qnilnbsp;reliouiflè Se guerifle. Quât à moy ie me pot'nbsp;Fureuïhot te bié: Demeurez ici Se vous verrez de qui^^nbsp;üikIc le viande ie me repais. Puis ayant donnénbsp;Guife. clin dil à lvn de fes gens, on fit incond'nbsp;net fortirdvne chambre vn home de bell^nbsp;amp; grande apparence,lequel il fit attachernbsp;le col à la feneftre de fa chambre, amp; ietternbsp;haut en bas,ou il demeura pédu. S urquoY nbsp;demanda à boire, en iurant quil en salero*'-, .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. egt; - a
bien dautres. Quant au procès des gen^^^*^
que les iuges apperceuans, ils hiy dirét qti * faloit confeffer la vérité, amp;que le Capital!^nbsp;Mazeres, lauoit ainfifait fous Ialfeurapf^nbsp;quon luyfauueroit la vie. Dequoy aiifsi *nbsp;deuoit auoir bonne efperance : car le Roynbsp;demâdoit qua traiter lès fuicts par doiicci^Jnbsp;Cela fit que franchement amp; liberallement *nbsp;confefia ce qui à efte dit de lentreprife Se 1^;^nbsp;caufes diceile. Toutesfoison luy dit q^.
Sous François 11. it/ 'ftantfiir la gehcnne, il ditaiioir efté cócludnbsp;^leurdcrniercófcilde tuer le Cardinal amp;nbsp;^nlrerejjilj faifoycntrelîftanccimais quâcnbsp;^^âperfonne du R oy,quon ny auoit iamaisnbsp;P^^nle, non plus quà la Royne fa mere nynbsp;ä lès freies.
Ce fait, on demada le capitaine Mazeres, staeeres. auquel la confefsion-de Raunay fut Iciic, amp;nbsp;promit-on le metrac quà lautre sil voirnbsp;loitconfeflèr la vérité, amp; que le R oy de Na-^nbsp;l'arre aucc fon frere le Prince de Condé c-^oyent chefs amp; auteurs de cefte entrcprife.nbsp;'^oy voyant amp;saireurant fur ce quon luynbsp;Proniettoit fauuer la vie, cftant confronté ànbsp;Raunay, il aduoua tout ce que lautre auoit
Mais quant au Roy de Nauarre,dit quil ^èefloitaucuncmctparticipânbien le Prin-^'Cjainfi quils auoyét entédu de laRenaudie,
Reftoit le Baron de Caftelnau, lequel in- Caftelnaiy ne confcfla rien outre ce quil auoit
^^claré au Duc de Nemours, quelques ge- terndic ^.'^'ines amp; tourmens quon luv fift endurer, met«»*«*nbsp;detnandoit de parler au Roy. Et pourcenbsp;Onitnoit de promeue môfieur de Nemours,nbsp;^^qnel en tint beaucoup moins de conte quenbsp;honneur ne requeroit. On déclara à Ca-
J^lnau les confefsions fuppofees des deHùf-^'fs,lefquels il reprocha accortemét, afauoir Spe laceufation de la Eigne neftoit receua-
R'- car il ne pouuoit eftrc accufatcur amp;c tet-(^âtà MazeresjCeftoicvn home fol
-ocr page 230-xi8 Hiftoire de France,
amp; maniaque, dequoy il auoit fait demoM tion en plufieuvs endroits. Entre autresnbsp;camp deuant Calais. Car apres aiioirgag^^nbsp;fon chappeau plain defcus , vn valletnbsp;demandant fa barbe , il en fut fi courroU^^nbsp;que par defpit il ietta dans la mer lenbsp;peau amp; les efcus, fans efpargner fon arg^nbsp;mefmes. Il allégua contre Raunay vnenbsp;relie quils auoyent eiie enfemble -, po»r^?nbsp;quelle il luypourroit refter quelque ini*nbsp;tié pour reietter fa faute fur luy , fi aiic'*'nbsp;ne il auoit faite ou confeflee. Les iugesnbsp;yans ies defenfes concluantes , amp;c quilnbsp;faloitneantmoins faire mourir, puis qu^^nbsp;plaifir de ceux de Guife eftoittel: lny'^^^*nbsp;lurent fitire proces fur le faiét de la relig*^'nbsp;Il remonftra quil fe vouloit aider des eænbsp;du Roy , entant quils faifoyent pournbsp;ftourner les perfecutions gt; amp; empefchetnbsp;violence des iuges. Toutesfois, pourceq^nbsp;on luy demandoit raifon de fa foy, il laitO*^nbsp;foüdainement auec grande fermeté amp; coOnbsp;ftance.
Le Chancelier eftât preflé de le condaO^^ voulut difputer contre luy fur ce fait, p jnbsp;faute de plus fuffifans TheologienSj aU *nbsp;futlêrreprife quil maintenoit audit CaiRnbsp;nau cftre iniufte, amp; cotre toutes loix diiiiu jnbsp;amp; humaines; amp; ce en la prefecedu Cardin,nbsp;amp; de fon frere. Du cômencement parcenbsp;ne relpondit aftèz foudain au gré an
-ocr page 231-Sous François II. 119
^mfe,il luy dit.Parlez,parlez J il fciffble que
IHllV MtkWUXV VIV^IX4X nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MVLII. VIUAIIVX---?---O
Î1 ï* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A«' Aufi
iî/L , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' J rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce do du
*He verra enuironncdc les ennemis moi- decuife, ^ehjComme ie fuis, quand il naura dents nenbsp;ongles pour fe pouuoit défendre amp; fauuer?nbsp;Quelque braue que foyez, fl vous eftiez ennbsp;mapuiflance, comme ie fuis à prcfentenlanbsp;voftre,amp;que icnfle aufsi mauuaife volonte enuers vous que ie fay que vous auez envers moy, amp; tous les bons amp; loyaux fuietsnbsp;du Roy , ie ne doute aucunement que nenbsp;ttemblifsiez de peur . Ceux qui cftoyenrnbsp;ptefens à ce colloque rapportèrent queCa-ftelnau rendit tellement raifondefon fait,nbsp;de allégua tant de loix amp; exemples notablesnbsp;le Chancelier demeura court, amp; ditnbsp;quil auoit merueilleufement bien cftudife
a leçon, demandant ou il en auoit tant ap-Pris,Sa tefponce fut que lafaire eûoit de tcl-^confequence,quilauoitbien voulu encore refolu auant que de lentreprendre, afin quil y procedaft fans aucun fcrupule de connbsp;feience ; comme à la vérité il fetenoit certain de mourir pour les deux meilleuresnbsp;querelles,lvne pour la religion, amp; lautrenbsp;pour leftat de fon Roy 6t de fa patrie . U luynbsp;demanda aufsi en quelle efcolc de T hcolo-gie,il auoitcftudié poureftredeuenufita-uant en peu de iours, amp; quil neftoit tel pennbsp;dant les guerres. Vous dites vrayjdii-iUMô
liû Hiftoire Je France, au°ci?anee ficiir.Naucz-vous pitis de fouucnance, qûenbsp;ücioiiuicr quand vous cftiez retiré en voftre maifongt;amp;:nbsp;par ciftci qocie vous fus voir au rctourdemaprifóde
Flîdrcs,vous vous enquiftes longuemétdes exercices que iauois en la pri(on,amp;qie vousnbsp;di que celîoit aux liures de la fainclc eferitunbsp;re^Nevous fouuiéc-ilplus de quellealaigrernbsp;fevoiis louaftes mon labeur ;amp; apres ini'nbsp;Hoir donné refolution fur quelques doucesnbsp;ou ieftois encor de la prefence locale dunbsp;corps de Icfus Chrift en la fainéte Cenegt;nbsp;vous ne me confeillaftes pas feulcmcnrdenbsp;continuer,mais aufsi de frequenter les faiu' 'nbsp;tes afïémblees de Paris, amp; daller voir les E'nbsp;glifes reformées de Geneue ScdAlemagn^^nbsp;Ne deiîriez vous pas aufsi de tout voftt*^.nbsp;coeur que toute la Noblcfl'e de France me fdnbsp;femblaft en zele amp; bonne aïFeétión,daucaUtnbsp;que iauois choiiî la plus feure amp; certain®nbsp;voye? Neft-il pas vray ? Ec commeOliui®nbsp;euft latefte baiiîee, amp; ne luy refpondift fi®*nbsp;' il continua, amp; luy demanda sil eftoit pofsi'nbsp;blc que luy auquel Dieu auoit fait tant d®nbsp;graces de lauoir colloque au plus grandnbsp;oigne degré de ceux de fa robbe, amp; de luy a'nbsp;Uoirdonnécognoilfance de fa vérité,nbsp;vn honneur de petite duree, eftat fur le
bord
de«fa foiïè,ia panclié de vieillefïe,amp;poid gratifier à ce Cardinal, vouluft ainfimalh®^nbsp;reufement trahir fa confcience, fon Roy gt;nbsp;fa patrie. Ne vous deuriez-vous pas contcn' nbsp;tcti
Sous François 11. xir tetjdit-iljdes tours,que vous auez iouez auxnbsp;poures Chreftiensjuommeement à ceux denbsp;Cabrieres amp; Merindol? Auez vous oubliénbsp;les pleurs amp; gemiHemés que vous en failieznbsp;chez vous, quand vous confefsiez franche-nientquepour cela Dieu vous auoitreietté?nbsp;Ha malheureux qui vous eftes toute voftrenbsp;¦Vie loue de Dicu,amp; de lataintte elctiture, la toll acomnbsp;chez que le temps cft prochain que vous en P'*' 4=
' 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r, ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, A nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ptonucee.
N,
I
redrez compte,amp;pofsiblepluftoft que vous necuidez.Car la mefure diniquité eft com-hle,laquelle crie deuat Dieu, vous auez tropnbsp;longtemps abufe de la facree parolle en li-urant le fang innocent. Et ny a doute quçnbsp;toutainfi que vous vous eftes acquis quelque reputation,par cefte feintife entre les hônbsp;mesjvoftre mort ne foit fi cfpouuantable,nbsp;quelle demeurera pour exemple à la poftetinbsp;té du iufte iugemcnt que Dieu exerce fur fcsnbsp;ennemis.
Le Cardinal voyant le Chancelier muet, Hypocri- voulut prendre la parolle,amp; difputer de ia re ligion,mefmement fur lamatiye de laCe-ne.En quoy lautre luy rendit telle refponcenbsp;quil luy fit confeder que tout ce quil difoicnbsp;eftciitbon ,amp;quil le tenoit aiilfi, pourueunbsp;quil ny euft autre chofe. Le Baron luy replinbsp;qua quil ne retenoit rien derriere, ne de counbsp;traire, de le retournant vers le Duc de Guife,nbsp;le priadauoir fouucnance de la refponce denbsp;fon frerc,qui approuuoit fadoôtrine. Il luy
-ocr page 234-xix Hiftoire de France, onpluftoftfalloir que ceftoit dedifpiif®^nbsp;enta, mais bien sentendoit-il à faire coupernbsp;ftesjquil nauoit que faire de fa religionnbsp;que ce neftoit fon eftatde parler ni fefon'nbsp;deren telles chofes.PIeuft à Dieu, relponlt;i^nbsp;Caftelnau, que vous lentendifsiez aufsi^^®nbsp;que Voffre frere, ie me tien pour certainnbsp;vous nen abuferiez pas contre voftre coi'nbsp;fcience comme il fait. Et quant à voftrenbsp;nace de couper teftes 5 cela eft indigne dvnbsp;Ceux de Priuce. Iceluy donc ayant receu ce ncapf'nbsp;chirennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Condamnation , comme criniii'^
Rois. de lefe Maiefté, remonftra quil neftoit cunement apparu quil euft rien entrept*.®nbsp;contre le Roy, mais que feulement il seft^^
nobleft'e de France à liniuftice de ceiiX^^ Guife:amp; que fi vne entreprif#contre euXnbsp;ftoit vncrime de lefe Maiefté,il lesnbsp;prononcer Rois de France, auant que lenbsp;damner de ce crime. Finalement que ne plt;**nbsp;uant appeler deuant les hommes dvneft''nbsp;tence tant iniuftc , il en appèloit deiisn^nbsp;Dieu, lequel en bref feroit vne vengea.'nbsp;ce exemplaire du fang innocent qui
-ocr page 235-Sous François IL xij faits par fes predecefleurs amp; par luy à la counbsp;ionneamp; maifon de France, que pour nirri-beaucoup de grids Princes amp; Seigneursnbsp;âufqiiels ilappartenoit: la Rovneen rie toutnbsp;ce quelle peut,difoit-elle,iufques à aller cernbsp;cher amp; carellêr, en leurs chambres, ces non-ueaux Rois, qui fe monftrerent inuincibles,nbsp;de fiireilr irréconciliable: amp; vfa le Cardinal de ces mots,enuers leurs Maieftez,par lenbsp;fang Dieu il en mourra, amp; ny a homme quinbsp;lenpuiflcempefchcr. Bref plu s on luy re-monftroit le danger qui en pouuoit auenir,nbsp;tant plus fe monftroit-il felon amp; enragé. Denbsp;uinez fl la Royne mere eftoit de la partie,nbsp;quelque bonne mine quelle fift.
Defemblablcs propos que ceux de Ca- tePkarcL ftelnau, vferent plufieurs autres, lefquelsnbsp;ayanspriéDieuà haute voix,amp; iceluyappelé pour iuge de leur caufe, moururent a-uectelle conftance que leurs ennemis mef-mes eftoyent contraints de pleurer. Entrenbsp;tous lefquels vu orfcure , nommé le Picard,nbsp;ne peut eftre oublie. Car ri Caftclnau feeuenbsp;bien defeoqurir quel eftoit le Chancelier,nbsp;ce ne fut rien au pris de ceftuy-ci. Car il luy vie iuchînbsp;defehifra de fil en efguille , ( comme Ion aeVehïnbsp;dit)quelilauoit efte toute fa vie. Combien free en fanbsp;de fois il luy auoit porté des liures, amp; di- pfCence.nbsp;ceux fait inftitucr fa maifon. Bref, en luynbsp;annonçant lhorrible iugement de Dieu
-ocr page 236-XX4 Hifloire de France, deuoir eftte prochain fur luy, il luy fit conbsp;fefler en grande cópagnie,quil faiioirmi^.nbsp;fa. vie que luy me(me,quil cftoitplusnbsp;Sc homme de bien que luy : amp; luy ennbsp;toufiours fa portion de viure, Sc fon boif^nbsp;manger, iufques à cc quil tombaft en nrii\.jnbsp;die,laquelle luy vint de 1apprehenfionnbsp;eut des remonftrances de ces prifonnici'^^^nbsp;principalemet de ces deux derniers .nbsp;plufieurs eftimoyent auoir eftc enuoV^nbsp;Dicu,tant pour aduertilîèmct à ceuxnbsp;fc , de ne pourfuyure leurs cruauteZsTjnbsp;pour punition de fa defloyaute, parcenbsp;ayant fait profefsiondeccftedodrinCj^ gt;nbsp;gnoiflant la iuftice de leur caufe, qui ne'ynbsp;nullement contre la perfonne dtiRoy nenbsp;eftat, comme iamaisilne sen peutnbsp;aucun tefmoignage, il seftoit ncantif .nbsp;laifsé mènera lappetit amp;c deuotionnbsp;de Guife.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
Exemple Orauantque paflèr outre,11 mafd^.^ à'c^nV'de ne deuois palier fous filencenbsp;la femme digne de pctpetuelle mcmoire de la -dcPiiate. deGuife. Ceftquayanteftétraineecoif^^^nbsp;par force à lexecution de ces notables Pnbsp;fonnages, elle en retourna tellement elp'jjnbsp;ree,amp; fondant en larmes, que entrant ePnbsp;chambre de la Royne mere fes fanglo^jj^;nbsp;doublèrent dautant plus aigremét, qt [,jnbsp;deux cnfemble auoyent fort priuémentnbsp;le de linnocence de ceux de la religie » ,nbsp;Roy
-ocr page 237-Sous François FI, xi5
Royneja voyant ainfi contriRee,luy deman-.
luelle ano it J amp; qui luy eftoit furuenu pout satrifter amp; complaindrc de li eftrangenbsp;^on.len aygt; refpondit elle .toutes les occa-.nbsp;fions du monde . Car ie vien de voir la plusnbsp;piteufe tragedie amp; eftrange cruauté à leftu-fion du fang innocent, amp; des bons fuiets dunbsp;Roy, que ie ne doute point queh bref vnnbsp;grand malheur ne tombe lur noftre maifon,nbsp;amp; que Dieu ne npus extermine du tout pournbsp;lesctuautez Scinhumanitez qtii sexercent,.nbsp;Ce qui ftit fongncufcment remarqué, cômenbsp;aufsi ce bruit eftant venu aux' aureilles denbsp;ceux de Guife.elle en receut trefrude traitement. Lvne amp; lautre de ces dames à bien-change dopinion amp; de confcience depuis.
Au commencement de ces captures, vn Le iuge ieune homme nômé Pierre de Campagnac».^nbsp;homme de lettres . eftant pris amp; mené deuat cuiMe proie Roy,amp; la Royne mere; Le Chancelier,a-yantdit fans lauoir autrement interrogué.amp;cüdeninbsp;Rendez,pendez ceft homme ; Commet pen-dre.refpondit-il, Le mot vous eft bien aife ànbsp;dire.Mais qui vous euft pendu des que leu-ftes mérité, il y a to- ans qye fufsiez fee, amp;nbsp;neufsiezcfté miniftre de tant de melchan-cetez.Car vous fauezhien queftant efeoliernbsp;àPoiebers, voustuaftes mefebamment vnnbsp;de vos compagnons. Pour raifon dequoynbsp;'îoftreperevous prit en telle Laine ,que ia-mais depuis ne v ous v oulut v oit. Lt de fait
P
-ocr page 238-xiö Hiftoire de France,
pour ce meurtre vn certain nommé Arquin* uillicr homme de maifon amp; compagnon du-ditOliuierdors efcolier fort desbauchéjauoitnbsp;«fté pêduàParisen la place Maubert.Oliuiernbsp;picqué dvn foudain reinors de côfciencc,corne 10 efl:imoir,tombâ fur cela malade dvpcnbsp;extreme melâcholic par laquelle il iétroit desnbsp;foiilpirs fans cefl'e,murmurant mifcrablemetnbsp;contre Dieu, amp; affligeant faperfonnc d'vnenbsp;façon trefeftrange 8c efpouuantable. Car cenbsp;corps ia caduc amp; afflige de grandes amp; continuelles maladies cftoit tellement demené,nbsp;quil fembloit (Tencrique,amp; que ce fùft qn^l-3ue ieune home en la fleurde fon aage , qn*nbsp;e toute fa puiflànce esbralaft le lidt amp;la cqunbsp;ehe par la force de la maladie amp; douleur. Cenbsp;queftât cognu de tout le mode,on attendoitnbsp;auec eftonnement quelle en feroit liflîie.Ennbsp;cetourmétil fut vifité du Cardinal de Lorraine ! mais Oliuier ne le peut voir ne fouf-frir en fa chambre, dautant que fes douleursnbsp;luy rengregeoyét par fa prefence. Et le fentStnbsp;eflongné de luy , il seferia en ces propresnbsp;mots, Ha,ha,Cardinal,tu nous fais tous dâ;nbsp;ner.Et corne il rapjochoit pour le vouloir co-foler,amp;luy dift queceftoit le malin efpritquinbsp;tafehoit de le feduire, mais quil faloit demeurer ferme en la foy: Ceft bié dit,refpon-dit le Cbancelicr,ceft bien rencontre, amp; parnbsp;defpit luy tournât le dos,demeura fans aucune parole. Quoy voyant le Cardinal, amp; quenbsp;lautre
-ocr page 239-Sous François I ï. X2.7 f autre le defdaignoit,il Ce retira en fa châbre.nbsp;Maisil ny fût pluftoft arriué,qnôluy vint dire que le Châcclier eftoit mort,ßs auoir parlé depuis quil eftoit party de fa chambre-Ennbsp;fes tôurmés il regrettoit fouucnt le Co' eillernbsp;du Bourg,qui par la precipitatiô duCardinalnbsp;auoit efté bruflé,tôme il a cfté vcu. Et afferme loque le Duc dcGuife,ayâtfceu la manienbsp;re de fa mort, amp; quil ne stftoit voulu côfef-fer, amp; receuoir les ceremonies acouftumeesnbsp;en leglife Romaine,oubli3t les fermees quenbsp;il leur auoit faits, dit quil eftoit mort ainfinbsp;quvn chiê.amp;quil le firloir porter à la voirye,nbsp;comme indigne de fcpulture. Q^oy quil ennbsp;foitift corps fut mis en vne lidliere amp; empornbsp;té en famaifon,fans{iTy eftre fiitàla cour aucuns obfeques ne pópes funèbres.Et de vray,nbsp;le Duc de Guife prenoir fort à cur,amp; auoitnbsp;fouuéten la bouche ce mot forty du Chace-lier,quilseftoyéttousdamnez:dânczîdânczînbsp;difoit-il,Il à méti le mefehanr. Voila la fin denbsp;ce perfonnage,le corps duquel fe refentit desnbsp;teuolutiôs courtifanes, corne luy-mefine lesnbsp;aïioit gouftees de fon viuât. Et corne fbn exilnbsp;luy auoit apporté vn honour amp; eftime admirable de toutes natiôs,aufsi fut-il bié toft cn-feueli à fon rappel à la cour. Car au lieu quenbsp;pour couronner luure onattédoit quil fe-roit à ceux'de Guife, ce quil auoit fait àDia.-nc,amp;queparfa pnidéce leur violence feroitnbsp;tcprimeeiil felaifl'a aller à leurs afîcftions
P 1.
-ocr page 240-^2,8 Hiftoire de France,
pour la crainte deftre chaflç.Sô eftat fiitprC' Moiuil- fente à Moruilliers confeilleraupriué con-feilgt;amp;EuelquedOrléans,pour cftreferui-çhâcdict. teurtrefafFeâjonnéde la niaifon de Guifc
Mais il le refufa, sexcufant fur fon aage Si. indilpolition. Pkifieurs difoyétj que ce refusnbsp;venoit dailleurs, amp; que voyant le commencement de tant de troublcsjce fage mondainnbsp;ne voulut entrer en celte dignité pour porternbsp;vn fi pefant faix. Autres allçguoy ent quil iu-geoit cçfte vocation illegitime: que silaiie-uoit quelque changement, il en fueroit lenbsp;premier,amp;quil auoit fait fagement de fe cô-tenter de médiocrité. Mais il en va tout autrement que le bruit commun. Car ce quenbsp;Moruilliers refiifa du commencement celle,nbsp;dignité,neftoit pas quil ne lcuft bien voulunbsp;auoir, amp; quil ne la defiraft grandçmét: maisnbsp;fentant les afairçs priuees *il fe youloitfairenbsp;prier. Ce neantmoins ceux de Guife saidèrent fort accortément de ce refus. Car efti-mas pouuoir mieux iouir de Michel de lHofnbsp;pital, nourri j auancé, amp; fait de leur main, ilsnbsp;prirent Moruilliers au mot,amp; enuoyerentnbsp;quérir lautre à Nice, ou il eftoit Chanceliernbsp;de la Duchefle de Saiioye. On fit donc enté-dre à Madame de Sàuo.ye que pour la gratifier, le Royprenoitfon Chancelier pour luy.nbsp;Cependant les féaux eftoyét es mains duditnbsp;Moruilliers,qui nobmit rien de ce qui eftoitnbsp;« lauantage de ceux de Guife. Et à la vérité,nbsp;J.a crainte
-ocr page 241-Sous François ît
li crainte que Ion auoit deux failoit que le« plus afFeétionnez au bien public eftoyent re-tenits amp; cachez, conroie au contraire les fa-ôieux amp; turbulés ne perdoyent nulle occa-fiondeles encourager amp; entretenir en leurs^,/((^.gt;/j»nbsp;façôs de faire-.cârceftoir à qui mieux mieux.
Entre les autresgt;VilIcgagrton,homme de villcga-nature cruelle,barbare,amp; fanguinaire sil en fut iamais au monde,seftant prefenté à tout en befon-fairepour ces gens dés le temps du feu Roynbsp;Henry, penfartt auoir trouuè matière propre riemnbsp;pour fe venger de ceux qui auoyét publié fesnbsp;cruaittezjcômifes du temps deHenry en lA-ftierique ; acompagnant le grand Prieur frété des fufdits , drefi'a durant ce tumulte vnenbsp;fantaftique guerre nauale,commé sil euft e-¦fté queftion de relifter à vne grande amp; puif-fante arme,amp; rendre par icelle la riuierc denbsp;Loyre tellement inutile que leau neiift peunbsp;feulement feiuir à abbruuer les chenaux de v- »nbsp;lennemi. Mais ceci commencé auec grandenbsp;defpence,fuctelleméttrouuc ridicule,qne lenbsp;tout tourna à leur mocquerie amp; confulion.nbsp;Ce que voyant Villegagno, pour ne demeu-teroilîf, entreprit dalïtr à Tours difputefnbsp;cotre le rainiftre de Loudun, Simô Brofsier,nbsp;qui autresfois auoit efté fon compagnô def-Cole,amp;lorsprifonnief es mains ae lArche-Uefqge de la maifon de Brefay,vn autre apo-ftat. Pour ce faire il eut lettres du Roy, amp; dunbsp;Cardinal: mais il y fit aufsi mal fes bamp;fôgncs
P 4«
-ocr page 242-lip Hiftoire de France, quauparauanc,en forte que ne pouuat expO'nbsp;fer de bouche fcs ratios, il les rédigea par ef-crit,pHncipalementladi'putede la Cene«^nbsp;quoyBrofsierrefpondit,au contentementnbsp;. 4' J toutes gcs dodcs. Entre autres chofes, il Wnbsp;rcmonftraqnc fa forme de difputer neftm*:nbsp;Sorbonique, amp; encor moms Théologal^nbsp;mais redembloitpluftoftaux Academiquenbsp;amp; à gens qui fans aucun fentimcnt de Diefnbsp;difputent des chofes incognues auxhóinc'nbsp;Qiie sil vouloir fuyurc la vraye manieredenbsp;dilputcr par les efcritures (comme auoyentnbsp;fait cous les anciens dodeurs : voire inefmenbsp;pluficurs herctiques, tant farouches ayét-ihnbsp;efte ) il eftoit preft de luy fatisfairc.Et néant'nbsp;moins afin quil ne sen allaft fans rclpôccgt;nnbsp;confuta par argilméts de lefcriture, toute fgt;-dodrine. Eten fin le pria de corriger ce vicenbsp;deferire quil auoit, afauoir de fe rendre co-ü c fus pourneftre veu fans propos,quandilnenbsp;pouuoit rendre raifon de fon faid.
AJmirâble le rcuié aü Prince de Condc,qui eftoit en ,»nîtTamp; ' vnemerueillcufe deftrefle amp; ennuy de voitnbsp;pniHécedu fcs afaircs aller fi mal,amp;aufsi du mcuuais vi-portoit le Roy: toutesfois tomenbsp;ne fe fentant en rien coulpable, il tenoit fortnbsp;bonne cotenancc, encores quil fuft obferiicnbsp;en tout, voire mefmeS par aucûsqui faignoy*nbsp;ent luy eftre plus alfedionncz fcruitcurs.Sufnbsp;cela,ceux de Guifcnayans la hardielfefansnbsp;autre occaliô de sattaquera luy ouucrteinét,nbsp;con-
-ocr page 243-Sous François 11. X3t confcillcrét au Roy que luy mefmc le tu aft,nbsp;amp; quen faifant fcmblant de fc ioiicr à liiy, ilnbsp;luy donnaft de la Hague dans Ic fein : que silnbsp;faifoir aucune mine ou femblârde rcfifter,ilsnbsp;fcroyent là prefens pour luy aider. Mais celanbsp;ne peuteftre execute,par ce que le Prince ennbsp;fut aduerty, Sc fe tenant fur fes gardes,nap-prochoit plus dudit Sieur, quil euft occa-nô de fe ioucrà luy:iointque fa Maieftéjquoynbsp;quon luy euft mis en tefte, ne pouuoit le refondre à eftre meurtrier de fon fang -.ce quenbsp;ceux de Guife luy imputoyent à couardife.
Adiiint vn iour tome Ion menoit au fup-plice quelcun de ces feigneurs amp; capitaines, que le Prince fiit inuitc,par ceux qui le cheuanbsp;loyent, daller en vnc chambre là prochaine,nbsp;pour les voir mourir, ce quayant longucmctnbsp;reftilc, en fin ils le côtraignirent, comme parnbsp;importunité, de regarder par vnc des fene-Ures du Chafteau. Lors citant faify au curnbsp;dvne grade amertume amp; angoille , le mef-bahi, dit-il, corne le Roy cft côfeillé de fairenbsp;mourir tantdhonncftcs feigneurs amp; gentilsnbsp;bommes,amp; de fi bône part,attendu les grâdsnbsp;feruices par eux faits au feu Roy amp; au Royaume,defqucls seftât ainfi priuè,il feroit biénbsp;a craindre que les cftrâgers voulullcnt durâtnbsp;*-65 grâds troubles faire des entreprifes. Carnbsp;sils eftoyétfouftenus par quelque Prince,ilsnbsp;mettroyét aifemet le royaume en proye. Cesnbsp;propos ne tombèrent à terre, ains furent bicnbsp;toll recueillis amp; interprétez par le Cardinal,
-ocr page 244-ijt Hiftoire de France, lequel nen fit lors inftâce, par ce que lanbsp;moire en eftoit encor trop frcfclie : maisnbsp;garda à bône bouche,pour sen fcruir, con'nbsp;me il d;ra veuenfonlieu. Ce nonobftantmnbsp;cerchoyentfans celle nouuelles occafionsnbsp;luy faire proces,amp; de le faire mourir,maisnbsp;telle forte quils ne fullênt mis en ieu ne dit'nbsp;pute, ains en saidât de la perfonne du RoTnbsp;comme en tout le refte. Le Roy donc finalement, à leuD»folicitation, cnuoyalaTtonflenbsp;Preuoft de lhoftel au logis du Princc,leq^nbsp;trouuâr au liôt,il luy fit entédre la charge q^cnbsp;le Roy luy auoit donnée de fe faifir de quelques vns de fcs gens, le fuppliant ne le troU'nbsp;net eftrâge i comme aufsi ilnauoit voulu cenbsp;faire fans len aduertir pour lhonneur Scnbsp;nerençe quil luy portoit. Le Prince luy dir»nbsp;quil executaftfa charge,fuft-ce mcfme ennbsp;perlonnc,amp; quil ne luy fauroit iamais mau-nais grc de fiiiure les cômâdemés du Roy-h^nbsp;Trouflè répliqua que ce ncftoir tout, amp; quenbsp;le Roy luy aiioit chargé exprefsément deluynbsp;dire,quil allaft parler a luy à fo leuer,ce quilnbsp;promit faire. La T ronfle dôc au fortir emme-naprifônier fon efcuyer de Vaux,accule da-uoir baillé vn cheual au ieune Maligni,nbsp;celuy fiait euader amp; conduit iufques à cinqnbsp;ou fix lieues dAmboyfe.Eftât le Prince entrenbsp;en lachambredu Roy, ledit Sieur luy dir»nbsp;lauoir eniioyè quérir pour luy declarer, cornnbsp;me 11 auoit entendu cftre prouué amp; vérifienbsp;par
-ocr page 245-. Sous François II. X33 par informations J cjuil cftoit ie chef de lanbsp;cófpiration faite par les feditieiix amp; rebellesnbsp;contre fa pcrfonnc,amp;fon eftat,safl'eurant silnbsp;cftoit VI'a y, quil luy feroir fentir combien ilnbsp;eft difficile amp; dommageable de lattaquer ànbsp;vn Roy de i rance. Lc Prince le fupplia daf-femblertous les autres Princes amp; cheualiersnbsp;de 1ordre qui cftoyét à fa fuite, auec ceux denbsp;fon confeil priuc,'afin quil enrédift fa refpo-ce en fi bône compagnie. Ceux de Guife quinbsp;cftoyét là près amp; referrez au cabinet du Roy,nbsp;ayans entendu cefte rcfponfe, laprirétà leurnbsp;auantage.cuidans quil ne faudroit dauoiiernbsp;le faiû, amp; quil ne ferait befoin de plus longnbsp;proces. Car les cheualiers de lordre feroyétnbsp;ingescompetans pour le condamner fur lenbsp;champ. Parquoy ils firent toute diligencenbsp;de les afiembler. Et afin dauoir prennesnbsp;plus concluantes pendant que ces chofesfenbsp;faifoyenr, ils enuoyerent le Preuoft auec vnnbsp;gentil-homme de la chambre au logis dunbsp;Prince,pour cercher en fes coffres amp;voir silsnbsp;^ourroyent rrouuer quelques papiers,feruâsnbsp;a verifier cell afairc. Sur quoy ces fouilleursnbsp;cftans entrez en conteftation auec les gensnbsp;dudit Sieur Prince, il y arriua,amp; ayant feennbsp;que ceftoit, luy mefme fit louuerture : maisnbsp;loit quils fulient efpris de honte, par fanbsp;prefencc,ou bien quils cognufl'ent à fa contenance all'euree quil ny auoit rien, ils nenbsp;firent que la mine de fouiller, amp; rapporte-
-ocr page 246-I
I
Maffnani-mite du Trince de
X34 Hiftoire de France, rent nanoir rien trouuc. Vn fecretaire à inbsp;Roy de Nauarre qui eftoit à la fuite de 11 inbsp;cour pour fesafaires, fut aufsi à cede fin entièrement fouillé , amp; fes meubles remiieïnbsp;Dequoy il fit grande inftance, (e plaignat lt;1^nbsp;ce quon auoit ainfi rererché tous les fccretînbsp;de fon maiftre, amp; de fes procès. Et ainfipit'nbsp;lant haut, il sen alla en pofte auertir le Rofnbsp;fon maiftre de ceft outrage,amp;du foupçô qu®nbsp;auoitde luy,par lafuggeliiode ceux deGuife*
La côpagnie aflemblee en la falle du Ro/ amp;en fa prefcnceje Prince començaàleutdinbsp;re les propos que le Roy luy auoit tenus le®!nbsp;tin à fô leucr.Et pource quil fauoit quil auoKnbsp;des ennemis pres fa perfonne, qui cerchoyctnbsp;la ruine entière de luy amp;des fiésdl lauoitfnpnbsp;plié luy faire tant de bien amp; fàueur dentendre fa refponce en cefte côpagnie: qui eftoKnbsp;que la perfonne du Roy exceptee, celle denbsp;Mefsieurs fes freres, de la Roync fa merejd^nbsp;la Royne regnate, amp; fauf leur rcuerêcejCCU^nbsp;qui auovét dit amp; rapporté auR oy,quil eftoitnbsp;le chefamp;condufteur de certains feditieiiXnbsp;quon difoit auoir côlpiré cotre fa perfonnenbsp;amp; fon eftat, auoyent rauft'ement amp; malheit-reufement mentir. Et pour preuue de foonbsp;innocence, vouloir quitter (pour ce regardnbsp;feulement) fon rang amp; dignité de Prine®nbsp;du fang,(lequelledit Sieur toutesfois , n®nbsp;les fiens ne luy auoyent dôné,mais Dieu leiilnbsp;qui lauoit fait naiftre de fa fouche) poitf
-ocr page 247-Sous François II. x3| les combatre, amp; leur faire cófcfler à la pointe de lefpee ou de la lance, que ceftoyét polnbsp;irons amp; canailles , amp; queuxmefmcs cer-ehoyent la fubuerfion de fon eftat,amp; defteinnbsp;dre le fang Royal,pour la conferuation duquel il voudroit employer amp; vie amp; biens, cônbsp;lucilenauoit fait toullours bonne preuue;nbsp;amp; aufsi pour fon inrereft à la couronnenbsp;amp;niaifonde France, de laquelle il deuoitnbsp;procurer lentretenemenr à meilleur tiltrenbsp;que fes accufateursifommant la compagnie,nbsp;sil y en auoit aucun qui euft fait ce rapport,nbsp;ou qui le vouluft maintenir,de le declarernbsp;promptement.Surquoy,nu! ne fe prefentantnbsp;il fupplia le Roy de le tenir pour homme denbsp;bifcn,amp; ne prefter à lauenir laurcille en dernbsp;licreàtcls calomniateurs amp; abufeurs ; mai$nbsp;les teietter comme ennemis de luy,amp; du repas public. Cela dit, il fortit hors du confeilnbsp;pour les ladTcr opiner.M ais le Roy,ayant eunbsp;le fignal du Cardinal,rompit lafl'emblcenbsp;fans demander lauis de la compagnie.Et ditnbsp;on que ceux de Guife le firét exprefsément,nbsp;par ce quils craignoyent'grandement quenbsp;les trois ficres de Chaftillon, ioints aucc lenbsp;Conneftable,tous alliez dudit Sieur Prince,nbsp;prinfl'ent fa caufe en main,amp; que leur demienbsp;rc condition full beaucoup pire que la pre-ruictc . ayans lefdits Seigneurs vnc infiniténbsp;damis, tant de la noblefle, que dautres plusnbsp;^pparens des principales villcs.Or quant au
-ocr page 248-Hiftoire de France^ Conneftable qui eftoit demouré rouiîoiirsnbsp;en fa niaifon, ils auoyent pourueu des le 18;nbsp;de Mars à defcouuiir sil eftoit de cefte par-tie,kiy ayant fait cômander par le Royqui^nbsp;euft a faire récit au parlement de Paris de cenbsp;tumulte auenu à Amboyfe : enquoy commenbsp;vieilcourtifan il fe portatellemétquil louânbsp;mefmes hautement ceux de Guifc, pourse-ftre employez diligemment à y remediebnbsp;mais en telle forte quil ne donna iamaisnbsp;entendre que cefte entreprife fuft contre lenbsp;Roy ni autre queux , de forte que,le Cardinal feeur bien dite quils fe fullent bien pal'nbsp;fez de cefte louange. Ce neâtmoins ceux denbsp;Chaftillon eftans venus à la cour à leur gmdnbsp;regret,amp; fachans bien queccneftoitpournbsp;bié quon leur vouluft, ny pour feruirà leutnbsp;Maieftez ,prindrent conge de ié retirer ennbsp;leurs maifons. Ce que conlîderant la Roynenbsp;¦mere,foitquellefe fiaftlors entièrementd
lie aimaft mieux loccuper eH-.inr rf»rirp en
lA mirai;
que de luy bailler efpace, eftant retiré en maifon, de penfer à quelque autre chofe, knbsp;priaaupartir daller en Normandienbsp;fit commander par le Roy, que pouruoya^nbsp;aux chofes neceflâires de fa charge, il nnynbsp;peine dappaifer les troubles quil trouueroifnbsp;Rufe pour ®tre les fuiets dudit Sieur : en quoy il fer®*Jnbsp;feferuirde fcruicc trcfagrcablc au Roy fon fils ,enlabenbsp;ceuxquon jjg gfm-g (duquel elle lentretiendroit tom'nbsp;irplus?' iours.Et par ce quelle fedifoit eftreendon-
-ocr page 249-Sous François IL ^37 te delacaufc des efmotions,cllc lepriatref-afFeótueufement sen enquérir au vray,amp; denbsp;le leur mander rondemct amp; fans aircune dif-fimulation, laffèurant quelle lauroit à plai-fir fuyuroit entièrement fon çonfeil, com-nie de celuy quelle cognoiHbit trefloyal fer-uiteur du Roy fon fils amp;delle. Aufsi prenoitnbsp;elle fur fa vie quaucun mal ne defplaiiir luynbsp;en auiendroit,mais tiendroit fecrets fes auernbsp;tiffemens.Cc fiufant la Roy ne, outre ce quenbsp;elle sacertenoit de plus en plus, de ce quinbsp;pouuoit furuenir à caufe de cefte entreprife,nbsp;entretenoit fous main la fadtion des Conne-ftabliftes fi aucune y en auoit, abufant en cela de la rondeur naturelle dudit Sieur Amiral,qui ne faillit de luy obéir promptement.nbsp;Car fans craindre les menaces de ceux de ^ Exemplenbsp;Guife,il luy enuoya de Chaftillon peu de,ctuicèJt^nbsp;temps apres, vn gentilhomme auec lettres Koy- ,nbsp;trefamples contenans en fommelefdits denbsp;Guife cftre la caufe amp; vraye origine des ef-niotionsamp; troubles furuenusau Royaumenbsp;à caufe de leur gouuernement violent amp; illenbsp;gitime. Le difoit fauoir de bonne part, amp; de.nbsp;gens qui neftoycnr nullement contentieux,nbsp;lefqucls afFermoyét(amp; il le croyoir aufsi)quenbsp;ces calamirez ne prendroyent fin, tant quilsnbsp;feroyentà la cour. Il luy fembloit donepournbsp;le meilleur quelle deuoit arrefter le coursnbsp;de leur ambition,prendre eile mefines les a-faires en main, doner relafche amp; eftatpaifi-
-ocr page 250-ijS Hiftoire de France,
ble à ceux de Ia religion réformée.Et que ks edits bien amp;meurementordonnczà ces fins»nbsp;fuflênt iniiiolablemenc gardez . Car entrenbsp;autres chofes on fe plaignoir que le derniernbsp;nauoiteu aucun lieu,amp; quon auoitcontre-mandé par tout den fuperfeder lexecution,nbsp;choie de dangereufe consequence , 8c la*nbsp;quelle attireroit apres foyde mcnicilleufesnbsp;confufionsamp; delordres quil voyoitprepi'nbsp;rez de plulîeurs , ayans délibéré de ncplnsnbsp;endurer la pcrfecution, notamment fous cenbsp;Cifrt tient gouuernement illegitime. Ceft aduertille'nbsp;f« °enne't^otnmunique à ceux de Guife,lcuid3nbsp;miî en f» eftrc caufe de leur faire vomir deflors cenbsp;-nain. quils auoyent caché au dedans, contre ksnbsp;maifons de Montmorenci amp; Chaftillon.
Mais reprimez par la prudence de la Rof' ne mere, Italiennc,ils furent contens, en reculant pour mieux fauter, quireratiues lettres amp; commandemens trefexpres fulkncnbsp;faits à tous les parlemens amp; autres iuges»nbsp;pour mettre hors à pur amp; a plain lesprifon*nbsp;niers qui feroyent detenus pour le fait de knbsp;religion , defquclles lettres toutesfois lexecution fut bien longue amp; difficile. ,nbsp;Dieu fc Quant à ceux qui reftoyent à Bloysamp;^nbsp;«7 mef-quot; Tours de létreprife dAmboyfe, amp; des deuxnbsp;mes defet amenez du bois de Vihccncs il en allaainknbsp;*onr'Xn. Apres que le Baillif de Bloys eut longueifte^nbsp;urer les fccoué la biidc à vingt OU ttcntc quil detC'nbsp;lîen».nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;noi^
-ocr page 251-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;159
noit afin dauoir argent, amp; que tous eurent inonftré quil ne leur eftoit pofsible dennbsp;fournir promptement-.tant pour leur lointain pais ,amp; pour auoir eftc deualifez gt; quenbsp;pourcftrefi eftroittement detenus quils nenbsp;pouuoyent mander de leurs nouuclles ànbsp;leurs parens ; ils furent mis en prifon moinsnbsp;efttoite pour leur donner moyen de recou-urer deniers , là ou ils firent en forte quilsnbsp;eurent moyen de recouurer force cordesnbsp;amp;des tenailles par leanoyen defqueiles ilsnbsp;rompirent vne grille amp; euaderent despri-fons.
*gt;^e!ques iours apres ceux de Tours fi-Di«jamil rent prefque de mefmes, hors mis que lenbsp;Baillif de Sainèt Agnan tombant fe brifa, amp; u ia»e denbsp;demeura en la place iufques au matin quilnbsp;fut rcmenc. I es autres ay ans feeu ce qui e-ftoitauenuà Bloys, efcriuirent vne plaifan-lettre au Cardinal de Lorraine^ par la-tnbsp;4'^elleils laucrtifloyent auoir entendu le-yalion de fes prifonniers de Bloys, dcqiioynbsp;dsauoyentreceu tel dueil pour lamour denbsp;{ly »quils eftoyent aufsiroft fortis des pri-Ons pour les aller ccrchcr, le prians ne fenbsp;ficher de leur abfence: car ils ladeiiroyentnbsp;de le reuenir tousreuoiren bref, amp; de lesnbsp;'^uiener , enfemble tous les autres qui a-^'oyent confpiré fa mon. Et combien quenbsp;^'^lles lettres fufiènr plaines de grandes gau-dleriesjfi eftoyét elles couchées cntelftile.
-ocr page 252-140 Hiftoîre de France,
quil fembloit par là quon les mcnaçaft de plus grandes tcmpcftes. Aufsi en rcceurentnbsp;ils vnc telle crainte amp; frayeur ( encor quilsnbsp;cullènt délibéré de les faire tous iTiourii)quenbsp;cela aida bien à faire fortir les autres prifon-niers detenus pour la religion par tout lenbsp;royaume. lt;Quant aux troupes des Prouen-çaux qui auoycntefté retenues à Rouaneamp;nbsp;defcouuertes en ccrcliît de la poudre» ilsnbsp;tirent par la porte doreejamp; ainfi en auint desnbsp;autres arrcftezçà amp;là.
Rctrinu- 3 faif mention ci dclliis des lettres ceux de patentes amp;: publiées pour donner feur accèsnbsp;Guifecon- à ccux qui voudroycnt aller vers fa Maieft®nbsp;ceux fy, i fx» I f-c I 51^ !»»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«1nbsp;le nom du qui leur auoyét efté faits par ceux dAmu'^Znbsp;*nuânquot; fc gt; amp;c qué cc ncftoitque par maniéré da-icuiicoupi quiét,dautant que leur volonté enuers tousnbsp;. ceux qiii demandoyent vn bon cftabliflèmecnbsp;des aKiiics poliriq»csgt;/clon les a.ncicnn^^nbsp;- loix du, royaume, cftoit du tout contrairenbsp;.à leurs deflêins. T.ât y atoutesfoisquccc^nbsp;de la religion vferent du temps duloi'^nbsp;que Dieu leur donnoit» de forte que sertausnbsp;ofc ademblcr de plulîeurs lieux, ils député'nbsp;rent bon nombre de gentilshommesnbsp;tiers eftat qui allèrent rtouucr fa Maicft^^nbsp;Chcnonceau ,aucc vnc requeftepour el«nbsp;ouisduyuantfon ordonnancedernieic.M^*^
Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;141
cela ne leur profita de rien. Car fi roft que ceux de Guife en curent le vent» ils vferentnbsp;de telles menaces amp; intimidations,à lencô-tre de ces députez,quil leur fallut gagner aunbsp;pied,auec tous les dangers du monde,à cau-fe des aguets, quon leurauoit préparez. Cenbsp;queftât rapporté par tout, on iugea quil nynbsp;auroit iamais repos au Royaume , ny alleu-rance aux edits ôc promedès du Roy , tandisnbsp;que telles gens gouuerneroycnt fes afaires.nbsp;Parce moyen chacun regard.! de fe fiuiuer.nbsp;Aucuns aufsi drefloyét dautres entreprifes,nbsp;dont la Royne mere eut le vent,qui la mit ennbsp;grande doure,voirc iufqucs à fe repentir au-cunemét de seftre iointe dchprcs,auecceuxnbsp;de Guife, quelle ne sen pouuoit delioindrcnbsp;que fon eftatnen fut aufsi csbrâlc. Mais euxnbsp;cognoillàns fon naturel cftre tel de carcHernbsp;ceux qui la rudoyoyeut , la traitoycnr denbsp;mefnies.
Voila comme cede grande «Se haurcgt;cn-treprife ne vint à fon but, pour auoir efté dc-celee amp; defcouucrtc,par ceux mefmcs qui a-uoyent iurc dy feruir de leurs biens dt vies. Car autrement il neft pas croyable quon nenbsp;leuft executec,seftas les códuófcurs dicellenbsp;approchez fi pres , fins cftre defcouuerts,nbsp;veuaufsi lintelligence quils auoycnt dûs lenbsp;chafteau,comme au contraire,ceux de Guifenbsp;fetenoyent tellement allêurcz de leur créditnbsp;amp; authorité , quils ncullcnt iamais penfê
-ocr page 254-X42' Hiftoire de France, quon euft den entreprendre contre eux. Senbsp;trouuans donc ainfi dcceus amp; vilipendeznbsp;par les eferits de ceux de la religion, ils efti-merentjquc dentrer en defence de leur particulier, feroit leur donner plus dargumentnbsp;quedeuant,amp; quil valoir mieux interpoler le nom amp; lauthoritédu Roy, laquellenbsp;auroitplus de vertu amp; defficace,tant enuersnbsp;les eftrangers,qucnuers les fuiets du Royaume. Parqiioy le dernier de Mars, lettresnbsp;du Roy furent expédiées à tous les Parle-lements, Baillifs amp; Senefehaux, comme ennbsp;femblableà tous lesRois5Princes,Seigneur$nbsp;amp; potentats , efquelles Cz maiefté afiermoltnbsp;eftre contenu le vray récit des chofes paf-fees ,.adiouftant les moyens quil deliberoitnbsp;tenir pour empefeher à laduenir que lesnbsp;mauuais ne peullènt älterer le repos des bôs.nbsp;Difoit dauantage, les vouloir munir contrenbsp;ceux qui oferoyentdefguifcr le hiiôt endi-uerfes fortes , amp; qui tafeboyent de donnernbsp;couleur ou de luftice, ou dexeufe à 11 d.ain-nable amp; detcflable rebellion,pour toufioiU'Snbsp;induire les /Impies à penfer quils auoyentnbsp;eu quelque caufe de sefmouuoir amp; à confirmer chacun .à fuiure leurs inuentiôs. Maisnbsp;quil efpcroit que le feiil bruit, quvn peuplenbsp;fuft allé en armes,deuers fon Prince,luy pro-pofer aucune chofe , pour bonne quon lanbsp;pui/Tc figurer, efmouueroit allez vn chacunnbsp;a condamner telles gens comme infraóleursnbsp;de tout
-ocr page 255-Sous François II. 2^45
de tout droitdniinamp; humain. Ces lettres donc contenoyent, quon auoit defeounertnbsp;amp; vérifiétantpardelation quepar les complices mefmes ,amp; par les lettres des coniu-rezjinformatiôs enuoyees deplufieurs lieux,nbsp;confefsions des appréhendez , amp; route autrenbsp;forte de prcuuc, quaucuns de fes fuiets pre- T » Rcnaa-Uenus de plulîeurs crimes, bannis du rovau-
r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-y taxé oar
maléfices ( dont la confcience leur repre- «lt;»quot;
fcntoitla peine quils eufient enduree, sils couleur, fiiflent tombez es mains de iufticc) auovcntnbsp;én fin machiné vnc abominable trahifon,nbsp;laquelle tendoit A lenticre ftibuerfion denbsp;fon eftat, comme aufsi de (es mere, femme,nbsp;amp; freres,amp; autres Princes ayans le principalnbsp;maniement de fes afaireSjOU à tout le moinsnbsp;que fa maiefté fuft réduite à tel parti quenbsp;lauthorité du Roy feroit rabbaiflèe à lanbsp;merci du fuiet, pour donner la loy à iceluy,nbsp;duquel il la doit prendre. Et comme il fem-fcgt;laft à telles gens qucceftuurcncfc pon-ttoit exploiter fans lafsiftancc de grand nô-tgt;re de gens, amp; fans venir aux armes, defef-Petans depouuoir amener le peuple François à ce poinâ:,pour leur naturelle obeil-fancc entiers leur Roy, amp; pour nauoiria-mais donné exemple de rcuoquer en dou-^nbsp;leur loyauré. Ils seftoyent aidez de certains predicans venus de Gencuc , amp; dif-pctfez partout le royaume, Icfoucls apres
-ocr page 256-2-44 Hiftoire de France,
Cilómes auoir docmatifc en aflêmblees fecrettesgt; SC Hü moinsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.O .
faufcs qua conuenticules xepronuçz par toutes loix,vo-eiennes, yaiis bcaucoup de gés imbus de leur dodri-ne, deliver mutation en la religion, rirent tat à la longue par leurs perfuafions, que dinduire ceux qui les efcoutoycnt à sefleueramp;nbsp;retirer de Ibn obcilïànce,en intention dallernbsp;en grad nombre luy prcfentcr vne requefte,nbsp;tendant à ce que fans les recercber fur leurnbsp;dodrine, ils peulîèntfeuremenr viure felounbsp;la nouuelle inftitution de leur fede , encornbsp;3uelle fuft contraire à lancienne obfeinâcenbsp;e fainde eglife. Laquelle exhortatiô voyasnbsp;eftre recede, ils obtindrent que ceux qui i'nbsp;royent deuers iceluy Sieur, feroyent armez,nbsp;par ce quautrement il ny auroit feur accès.nbsp;La chofedôcain/i délibérée fous le inalqu®nbsp;de religion, à la pcrfuafion de ceux quils a-uoyent en eftime,comme miniftres de la parole de Dieu, fous lalTeurancc quon leurnbsp;auoit faulTement imprimée , que quelquesnbsp;Princes embrailèroyent'leur dcUein ,nbsp;conflitucroyent chefs de leur menee (coni'nbsp;bié que la preuue du côtraire les enft exépteZnbsp;detoutfoupçon)les autheurs de lacôfpira'nbsp;fion seftoyent aufsi renforcez dailleurs,nbsp;dautres perfonnages faólieux, dont les vnSnbsp;ayans fuiui les guerres, amp; vefeu comme lanbsp;licence du temps amp; limpunité leur auoitto-lerc, ccrchoycnt aufsi les moyens depiH^fnbsp;tant durant la paijt que la guerre , amp; qu a-
-ocr page 257-Sous François II. 2.45
Etes auoir maiheurcufement confumeleurs vens , ils v ouloyent v iure de ceux dautruy.nbsp;Q^epluficurs autres turbulents de leut nature, amp; deftreux de cbangemens ioints auecnbsp;ceux-ci,amp;tous enfcmble feduits,les vns patnbsp;tnauuais confeil , les autres pat leut mau-uaifc volonté, auoyent attente fi auant ennbsp;ce quils auoyent defignc, que fans labontbnbsp;de Dieu , qui miraculeufement fit defcou-tirit leur trabifon peu aupatauant,amp; fur 1in*nbsp;ftant de 1execution, amp; liure entte fes mainsnbsp;les principaux autbeuvs amp; condufteurs denbsp;leur entreprife, les plus mal-bcureux dentre eux enflent exploité quelque piteux ef-^nbsp;fort,auant quon sen fuft apperceu, ou quenbsp;oneufteutemps dy remédier. Careftansnbsp;f'uiuis deleutsttoupes ,ils approeberent denbsp;toutes parts » voire les plus furieux couru-tent iufques aux portes dAmboyfe, quilsnbsp;penfoyent trouucr ouuertes. Autres fousnbsp;diuers prctextes,seftanslogez dedans la ville , auoyent intelligence auec ceüx de dehors , pour apres seftre réunis enfernble,nbsp;procéder à fi damnable execution , dont nenbsp;fe pouuoit enfuyureque defolationamp;fub-nerfion de leftat inflitué de Dieu , amp; tantnbsp;necefl'aire pour la conferuation des bons, amp;nbsp;cbaftiement des mauuais. Ce quil leur a-noitbien voulu eferire au long , afin quilsnbsp;en aduettiflenttous ceux de leur teflbrc,ÔCnbsp;lt;pie ceux de la coniuration qui nauoyent
-ocr page 258-2,4-6 Hiftoire de Francû,
encorcftc appréhendez, amp; qui tafcheroy-ent diuértir le peuple du droit chemin, con-hderaflent le peril ou ils mettoyét euxs leur* familles amp; biens, de prefter lanreilie à telsnbsp;feduftents qui les voudroyent induire à 1®nbsp;fouftraire d e la fidelité, amp; entière obeiflân'nbsp;ce quils deuoyent à leur Roy. Puis, quil*nbsp;fe reprefentafiènt deuant les yeux,les friiiil*nbsp;qui pouuoycnt procéder de la diuerlîté desnbsp;feôles , qui ne pouuoyent cftre autres quenbsp;diuifion,amp; dicellediuifion, ne fepouuoirnbsp;attendre que defolation fur eux. Et qu^nbsp;de la ils apprinflènt combien ils deuoyentnbsp;deteftervnc telle faute, de vouloir propofetnbsp;Quelle im ^ttncs, chofcs à Icur Princc, qui reçoit SCnbsp;^dcnce A'donne accez fans exeption deperfonnesnbsp;mentit) tous affligez , preftant laureille aux plu*nbsp;poures qui auoyent recours à iuftice j lu'nbsp;quelle Dieu auoit mife en fa main pour di'nbsp;ftribuer. Et partant quils iugeaflent ceftenbsp;faute quils eftimoyent petite, deuoir eftt^nbsp;cftimee grande amp; capitale , veuque les at'nbsp;mes ne fe peuuent ni doiuent prendre fm*nbsp;commandement du Prince,qui en eftdu'nbsp;penfateur.
rtuifls de Quils confideraflènt aufsi les mauxqiU amp;'nonde dclàcomme par degrez sen eftoyent en'nbsp;rc'trfpnft fuyuis, comme défaire ouuerture aux par'nbsp;ricides, de mettre la main au fang , roni-bolii-, * pre lordonnance de Dieu, abolir les loix»
amp; diflôudre les liens de toute focieté hu' ;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maine»
-ocr page 259-Sous François II. 147
Maine gt; pour introduire toute licence aux mefchans,opprimer les bons, amp; mettre toutes chofes en confufion. Et finalement quilsnbsp;natufail'entdelaclemence dont ilauoit v-voyei cynbsp;«quils auoyent meritce , pour auoir cognu gcsdcXnbsp;quils auoyent efté feduits fous le nom deft^cicm»-religion,par ceux qui deuoyent entendrenbsp;que nulle fedition ne pouuoit eftre confor-nie ny approuuee par religion : amp; que telle fentsnce,nbsp;cleiuence nauoit efté pour leur promettrenbsp;impunité,sils reprenoy ent tel chemin : mais cat ce fontnbsp;pour leur declarer par effect, quil nauoit'.Jnbsp;rien fi cher que leur repos amp;: conferuation,téuetfeuï»nbsp;ne tant en horreur, que leffufion de leurnbsp;fa.ng,laquelle toutesfois feroit neccfl'aire fi le j-oppanbsp;malheur les conduifoit iufques là, commenbsp;de renchoir en mefmes crimes , quil auoit'^'nbsp;abolis amp; oubliez. Sur tout quils fe gardaf-fent de ces conuenticules amp; alTemblees illicites , ou seftoit cômis tout le mal qui apresnbsp;fe feroit fi auant refpandu . tant pour le regard de la confcience , que aufsi par ce quenbsp;toutes loix les reprenoyent. Car ceux qui ynbsp;feroyent trouuez à lauenit ,feroyent punisnbsp;comme criminels delefeMaiefté. Et pour-Crîmcsnbsp;autant quen la Aiuerfité des doftrines,nbsp;les peruerfes murs des Ecclefiaftiqrres, iamïis cha.nbsp;donnovent fouuent occafion de fcandale,nbsp;mefmement que par \e mefpris delau-Aenne difeipline EceVefiaftique , aufsi pat
CL4.
2,48 Hiftoire de France, lintermifsion des conciles,amp;negligencc desnbsp;Prélats,sen eftoit enfuyuic grande corruption,amp; quen lEglife de Dieu seftoyent a-uec le temps engendrees accumulées pUi-iîcurs chnfes maïuiaifes , qui auoyenr befoinnbsp;deftre retranchées ou réformées, il tiendroitnbsp;la main , amp;donneroit fi bon ordre par 1ernbsp;exhortations qui fe feroyent de fa part, quenbsp;tous les Prélats amp; membres de lEglife Gxl-lirane salfembleroyent dedans fix mois aitnbsp;lieu quil auiferoit, pour confiderer de tou-^o^'ef chofes enfemble, reformer leftat Eccle-blouir let fiaftique,amp;le réduire en fon ancienne fplen-ycuxdu CÓ Jenr intégrité, afin que ceux qui feroyent
putains te- feilt doucemeiit reconcilier, amp; rcuenir à ce-eîicTïes''' vnion de Loy tant amiable, tant defira-bour- ble,amp; tant neceifaire, puis que hors la com-munion amp; focieté dicelle, il ny auoit ny rémi fs ion des pcchez, ny efperancc de falut. Oufut lif-Cependant ledit Sieur donneroit tel ordre,nbsp;fuede ce-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gouucmeurs des Prouincesde fon
m'efleî amp; obciflance , fe rctircroyent amp; refideroyent dequoy a chacun en fon gouucrnement, acompagneznbsp;elle ftrui?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;force, que laudace des mefehans ne
pourroit altérer ne troubler la feurcté amp; repos des bons.
Viues ref- A ces lettres on fit vne ample refponce ,qui pvnccs fur 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
]cp:«cdft Fut prefeptee aux Parlements, au nom des cferit- eftats de France, laquelle reprefentoit tant
au vif la defguifec façon de parler du Cardinal
Sous François II. x49 «linal de Lorraine, pource quils ne doiiroy-cnr point quil nen fuftlautheur,encor quilnbsp;les euft fait trotter fous le nom du Roy.Par-quoy auoit fcmblé neceflaire leur» eferire,nbsp;pour rcpoufl'er les euidentes calomnicsjquilnbsp;verfoit fur leurs telles, amp; pour faire voir ànbsp;tous ceux qui ont iugcmentjfa fraude amp;ma-lice plus que Diabolique, afin que silso-beifloyent par contrainte à la tyrannie Gui-fienne, faiîans publier leurs menfonges , ilsnbsp;feeuflent toutesfois leur innocence »laquelle aufsi ils feroyent entendre à tous les eftatsnbsp;du royaume amp; à toute la Chreftienté. Carnbsp;ils ne pouuoycnt en faine confcience fouffrirnbsp;deftre faufl'ement aceufez, amp; en ne refpon-dant à laceufation donner fcandale à ceuxnbsp;qui par ce moyen les pourroy ent iuger coul-pablesdcces mefchancccezq,ui leur eftoy-ent par ces hypocrites faufiement impofees.nbsp;Ils fupplioyent donc les Parlements de lirenbsp;leur defenfe neceflaire en ce temps pour def-Couurir le fard dvne tyrannie tant domma-^cablcjamp;t défia venue à tel degré quelle nenbsp;le pouuoit ne deuoit plus fupporter; amp;denbsp;Ue prendre les lettres du C ardinal pour lettres du Roy. Car vous nignorez point(di-lbycnt-ils)au fecrer de vos confciences,quilnbsp;tie face ordinairement feruir le titre amp; coupleur de la maiefté du Roy à fes cruautez,nbsp;pilleries amp; toutes fortes de crimes. Sacheznbsp;donc que ceft vntyran, vfurpateur du gou-
-ocr page 262-i$o Hiftoire de France, uemement, qui vous efcrit,amp;'non le Roy:nbsp;amp; entendez la vérité du faiét dont il nousnbsp;charge, autant fauflément, comme nous lenbsp;pouuons à la vérité charger de plufieurs,nbsp;le moindre defquels le rend digne dcftrenbsp;exemplairement puniflahle.
En premier lieu, il dit que vous amp; vn chacun doit auoir horreur dentendre, quenbsp;vn peuple foit venu en armes deuers tonnbsp;Prince , pour luy propofer aucune chofe»nbsp;pour bonne quon la puiflè delîgner. Nousnbsp;fanons bien que tout le monde a plus ennbsp;horreur la cruauté amp; auarice de la maifortnbsp;de Guife que ce faift.Toutesfois par ce quilnbsp;le noircit en le defguifant impudemment»nbsp;fâchez que le motif de nous faire prendrenbsp;les armes, na edé autre que pour les fairenbsp;feruir à noftrc Prince, lequel nous voyons*nbsp;par leurs trahifons amp; menees fecrettes eftrcnbsp;en danger euident de perdre fa couronne,nbsp;à laquelle ces factieux amp; ambitieux notoirement afpirent : (amp;reft bien vray fembla-ble que pour y paruenir ils ne pardonneront (sil leur eft permis) à fon innocentenbsp;vic)'amp;aufsi pour foulager tous les eftats denbsp;France durement amp; extrêmement affliger,nbsp;en allant au deuant de leur au dace. Ceftnbsp;cela , ceft cela qui nous a armez : amp; ne fautnbsp;point que ces hypocrites changent Pocca-fion donnant fauflément à entendre quow
-ocr page 263-Sous François IL i$i '^oiiloitprefenrerau Roy vnerequcfte pournbsp;Iv fait de la religion. Ce neft point là le but:nbsp;^ais on vouloir prendre ces deux eonfpira-^^nrsjfleaux de tous les bons, pour mettre lenbsp;Roy hors de leur fubieftion, fauuant fa vie,nbsp;amp; des Princes de fon fang, amp; deliuranr tantnbsp;dhomes,accablez dvn ioug infupportable.nbsp;Cependant ils ne Ceflent de crier quon scftnbsp;armé contre la Maicfté du Ilt;oy,amp; par toutesnbsp;Rs lettres patentes,ont donné à cntédre quenbsp;pat toutes maniérés de prennes ils auoycntnbsp;Vérifié celle accufation, chofe trelFaufle amp;nbsp;trcfimpudemment forgee, comme il pou-iioit apparoir par les procès des panures pri-fonniers innoccns cxecutcz,qiii onttotithaunbsp;tement maintenu le contraire iufques à lanbsp;mort,fur lefquels proces eux ainlî déférez amp;nbsp;aceufez eftoyent mefnies contens de prédrenbsp;droit.Quant à ce qui leur elloit imputé cellenbsp;entreprife auoir efté drelléc par aucuns pre-uenus de plufieurs maléfices amp; bannis dunbsp;Royaume,au contraire lî ccuxdeGuifeo-foyentfubir iugenretde leurpreudhommic,nbsp;il fetrouuera encores bon nombre de ceuxnbsp;qui alloueront celle entreprinfe,amp; ne craindront de fe maintenir aufsi gens de bien amp;nbsp;fans reproche,quils prouueront leurs accu-fatcurs mefehans amp; dctellables . Bien eftoitnbsp;vrayquefeu la Renaudie auoir fouffert iu-gement dinfamie au parlement de Dijon,nbsp;mais que le Roy lauoit depuis releuc par let
-ocr page 264-152- Hiftoire de France, tres expreflès, lity octroyât lettres de reüifiügt;nbsp;lexecntion dcfqiiellesilpourfuyuoitcn toitnbsp;te diligêce: amp;c dabondant le Sieur de Lome-nie,enuelopé aumefrae iugement,iuihfioitnbsp;adèz ledit la Renaudie, eftat receu amp; auoiiènbsp;en grandes amp; honorables charges,au veu Sinbsp;auiceudetous. Finalement leltlitsde Guif^nbsp;deuroyent auoir honte de leur obieclertel-*nbsp;les chofes, citant tout notoire queuxinef-mes auoyêt acreu les gardes du Roy des plusnbsp;mefehans rufiens amp; deteftables voleurs, quinbsp;fuflent dans les bordeaux de France.
Quanta la Religion, que ce nelloitpas cela fimplemenr qui les auoit arincz,ains li^nbsp;legitime amp; du tout intolerable gouuerne-ment vfurpé par ceux de Guile. Mais au fur-plus il fe trouueroit que la religion tant diffamée par eux,clloir celle quivrayement eirnbsp;feignoit dobeirauRoy,amp;à tous fuperieiits,nbsp;tât sen faloitquelle aprouuaft les rebelliosnbsp;ou confpirations. Bref que fe remettans à Unbsp;decifion dvn franc amp; legitime concile gC'nbsp;neral ou national,ils iullifioyét fuffifamnictnbsp;leur caufe contre ceux qui nont que les fa*nbsp;sots amp; les feux en la bouche,pour mainteniïnbsp;leurs coultumes ou opinions.Que nulles pilnbsp;lenes ni troubles ne pouuoyent furuenir denbsp;leur dellèin, côfiderc quils nont prétendu,nbsp;ni pretendent à autre chofe, finon à ce quenbsp;lefditsdc Guife foyent fournis à vnc dciienbsp;amp; legitime allèmblee des eftats,pour là reu-
-ocr page 265-Sous François IL ^55 dre compte de ladminiftration par enx tanrnbsp;iniquement vfurpee, amp; fimalheiireufementnbsp;cxerceejamp; en general pour eftre là procédénbsp;inridiquement contre eux fur les crimes ànbsp;EUX impofcz,amp; qui fe prouueront deüemét,nbsp;defquels sils seftiment fi nets amp; non coul-pablesjpourquoy aiment-ils mieux entretenir le Royaume en telles confufions,que denbsp;le fubmettre à vne fi notable afséblee queftnbsp;celle des eftats du Royaume de France, à laquelle les Rois mefmes ont toufiours tantnbsp;déféré, qu'en cas de difficulté à qui apparte-noirla couronne, les contendans les ont acceptez pour iuges fouuerains? Mais quil ap-paroiflbitalléz lintention defdits deGuife,nbsp;ifeftre autre que de faire bouclier du nomnbsp;du Roy à la ruine dicclui, amp; de tout leftat:nbsp;au lieu de refpondre pertinemment à ce quinbsp;les concerne en leur particulier. Bref quantnbsp;au Roy,quils lauoiient,recognoifiènt,amp;honbsp;notent pour leur fouuerain Seigneur apresnbsp;Dieu,amp; quils ne fouffriront iamais, quaucuns autres fiens fuiets les furpaficnt en toutnbsp;deuoir dobeifl'ance 8c feruitude de bons amp;nbsp;loyaux fuiets, le fupplians tref-humblemenrnbsp;douyr leurs plaintes ,amp; foiiffrir quily foirnbsp;pourueu par la voye acouflumee de toutnbsp;temps parfes anceftres , fans fouflrir que lesnbsp;dcftruôbeurs amp; opprcflcurs de fes panuresnbsp;fuiets abufent plus longuement de Ion nomnbsp;amp; au thorite Royale.
-ocr page 266-iS 4 Hiftoîre de France, FataHugg. Le Parlement de Paris ayant receu cellnbsp;elci'itjnen tint aucun compte, ains fcuiemétnbsp;iia^e'lenuoya par vn huifsier au Cardinal. Maisnbsp;on dit que ceux de Rouan craignans en a-noir reproche, amp; confiderans limportancenbsp;de ces remonftrancesjdeputerent deux dei*nbsp;treux pour aller deuers fa Maiefté. Ce quenbsp;fachans ceux de Guife, ils leur firét de tellesnbsp;menaces , quils furent contrains fe retirernbsp;fans rien faire , encor bien aifes ; car on lesnbsp;chargeoit deftre du nôbr'e des côfpirateurs.nbsp;Combat En cc iTiefme temps , on publia plufieursnbsp;autres eferits, contenans entières defencesnbsp;mes des in -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, i,
nocens.cô oppolces a ceux qui accuioyent ceux de la tre lesgiai religion dvne infinité de crimes, notammec
de mcfprifer lauthoritc du magillrat,amp; deftre la fource amp; origine des maux amp; calami-tez qui regnoyent lors, tant fur les biens ds la terre,quentre les hommes. Mais pourcenbsp;que les liures dauiourdhuy font pleins donbsp;femblables matières, il ma femblc nen de-uoir faire ici plus exprefle mention pour nenbsp;nous eflongner par trop du fil de noftre hi-ftoire.
Exemple nbsp;nbsp;Sut ccla ccux du Guifc eftimans que toU-
wrïhâr-chofes reueilleroyét plufieurs efprits tlielle àmc endormis, amp; que plufieurs grands Princesnbsp;tir fous le Seigneurs pourroyent eftre par là conuieïnbsp;nom du lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;?nbsp;nbsp;, Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Roy. penler a leurs araires ; amp; entre autres que le Roy de Nauarre fe pourroir refentir denbsp;liniure faite à fon frété, amp; à lvndefes fe-cretai-
-ocr page 267-Sous François II. xjç cretaires 5 comme ci delTusà cfté dit, aiûfêtent finalement de les adoucir aucunement,nbsp;afin de nauoir àlauenir tant defcheucauxnbsp;àdefmeflerenfemble. Parquo^' iiÇfirétpattInbsp;au Roy de Nauarre de ce quils auoyentnbsp;mandé à tous les parlctnens fous le nom dunbsp;Roy, amp; luy enuoyerent le 9. Auril leur de-pefehe, laquelle portait quauant amp; depuisnbsp;le retour du fecretaire Denandes,Iedit Sieurnbsp;auûit toufiours efté infiniement empefclié ànbsp;poiiruoir aux feditions que ces malheureuxnbsp;heretjques èi. rebelles auoyent folcitees connbsp;tre luy:ce quilauoit retardé de luy eferi-le plus fouuent de fes nouuelles, ayant biennbsp;voulu voir,auant que de luy en eferire, comme toutes chofes paflêroyent,amp;quelle finnbsp;prendtoirlcur damnable deflein amp; mauuai-fc intentiondaquelle eftant couuerte du manbsp;teaudereligion,Dieu luy auoitbienmon-ftré quil fouftenoit fa querelle, ayant misnbsp;entre ces gens telle peur amp; irrefolution, quenbsp;toutes leurs entreprifes eftoyent tourneesnbsp;en fnmee,amp; la plus part deux à leur arriuee,nbsp;mefines les principaux anrheurs, condu-lt;âeurs amp;ch«fs.prins amp;. arreftez. Toutesfoisnbsp;encor quà bonne amp; iufte occafion ( commenbsp;dauoir porté les armes contre leur Princenbsp;amp;fouuerajn Seigneur) il luy full permis denbsp;faire lademonftration en leur endroit tellenbsp;amp; fl grande, que le péché amp; offenfe le requenbsp;t^oit, ce neâtmoins cofiderant que beaucoup
-ocr page 268-15^ Hiftoire de France, dentre eux auoyent efte trompez amp; deceuînbsp;par leurs preditans amp;miniftres,ilen auoitnbsp;bien voulu auoirplus de pitié Sc compjfsionnbsp;quils ne metitoycnt, pardonnant à la pluFnbsp;part de ceux qui ne seftoyent trouuez chargez dautre fait que de la religiondaquellenbsp;ils auoyent abiurec,recognoiflans leurs mailnbsp;«aifes doctrines amp; opinions. Mais quant anbsp;Caftclnau,Raunay,Mazercs,VillcmongySnbsp;du Pont,amp; quelques autres qpi auoyentdélibéré enlemble amp; plus fecrettement, il 'nbsp;ftoit aueré par leurs dépolirions que le def-lein quils fiilbyent de lallerfrouiiefj teO'nbsp;doit bien à autre fin que pour luy parler dunbsp;fait de la religion, amp; neftoit autre leur en-treprife que de fe faifir de la perfonncjde ce*nbsp;les des Roynes fes mere amp; femme, frétésnbsp;fu r,pour pu i s apres fu buerrir tou r leftat dunbsp;Royaume 8c le mettre de tous collez ennbsp;proye amp; diuilion. Chofe que bien malaifee'nbsp;met il eufl peu croire sil ne leuftveu à 1®nbsp;amp; touché au doigt :amp; queux-mefmcs àl^nbsp;mon ne leu fiènr tous auoüé. Voilaeóffle»nbsp;auoit elté contraint à fon grand regret amp; de*nbsp;plailir de cômécerpar eux à vfer de rigueufnbsp;leurfaifiint receuoir plus doux chaftimeu*-quil neftoit confeillé de faire. Dequoy eu*'nbsp;mefmcs confeflbyentneftre dignes,amp; dou^nbsp;lexemple amp; punition auoit lèruide beaU'nbsp;coup pour appaifer toutes les efmotionsnbsp;ils auoyent acheminées à ce que au mefi^nbsp;tctnps
-ocr page 269-Sous François IL 2.57 temps de leur arriuee deuers luy, on sefle-uaft en plufieurs endroits de fon Royaume.nbsp;Là ou depuis ayant entendu le chaftiementnbsp;que leurs chefs amp; autheurs auoyent rcceu,nbsp;toutes leurs allemblees seftoyent départies,nbsp;amp; nen eftoit plus de nouuelles, Dieu merci.nbsp;Dequoy il lauoit bien voulu auertir, (achatnbsp;combien celle nouuclle luy feroit agréable, laimant comme il faifoit. Et par mefmenbsp;moyen le remercier des offres quil luy auoitnbsp;faiôles parDellandes,de luy aller aider amp; fe-courir. Ce quaufsi pour ne luy dlt;»nner ceftenbsp;peine, iceluy Sieur auoit voulu referucr iuf-ques àplus grand befoin : conlîderant combien fa prefencc auoit ferui enfongouuer-nementjpour contenir les fuiets en repos.nbsp;Car (luy Nauarrois abfent) il ne sen fuft pasnbsp;tant aflèurc comme il auoit fait. Dont if nenbsp;pouuoit affez len remercier,ne luy exprimernbsp;le contentement quil en auoit, le priant lesnbsp;vouloir toufiours conforter en leur bônevo-lonté. Que li aucuns vouloyent faire les fc-ditieux,quil les fift promptemét empoignernbsp;amp; chaft;içr,fuvuant le pouuoir quil auoit denbsp;luymefmes. Le R oy le prioit aufsi,sil eftoitnbsp;pofsible,quil fe faifift de certains predicansnbsp;amp; miniftres de Geneue, quon luy auoit ditnbsp;aller füuuent par delà : entrautres dvu certain Boifnormand amp; dvn Dauid, aceufeznbsp;pat les prifonniers,pour eftrc des principauxnbsp;feduôleurs,amp;qui les auoyent fufeitez a ce-R
-ocr page 270-158 Hiftoire de France,
fte belle entreprife, leur donnant à entendre que par celle nouuelle loy,il eftoit permis lenbsp;elleuer contre fon Prince gt; amp; mettre la mainnbsp;aux armes. Bref, ledit Sieur saflcuroit quenbsp;sils eftoyenten ce quartier là , il fcroitfoutenbsp;diligence de les fiiiîr,afin que par ci apresnbsp;ils naEufalfent plus tant de panures per-fonnes.
Au demeurant, on faucrtiHbit quen iu-ftruifant le proces des rebelles, ilyauoiteu quelques vns dentreux, qui auoyent depo-fc deu^nt les iuges, que fon cou fin le Princenbsp;de Condé, frere de luy Roy de Nauarre,e-ftoit de la partie,8i qu'il atioit de long tempsnbsp;feeu toute leur entrepnfe, leur ayant promisnbsp;de prefenter'leur requefte, quand ils iroyentnbsp;trouuericeluy Seigneur. Et pourcequil fenbsp;Bcilcpipce douta incontinent que ces beliftres difoyentnbsp;tellecbofe,,penCans prolonger leur vie,onnbsp;bien que cela leur auoit elle donne à entendre par quelquvn qui neftoit pas plus boninbsp;me de bien queux,nc luy pouuant entrer ennbsp;lentendement que fondit cou/în qui luynbsp;touchoit de lî pres amp; anec tant dobligatiôs,nbsp;y deuftiamaisanoirpenfe, il ne faillirinconnbsp;tincntde lenuoy er quérir en fa chambre,ennbsp;laprefence de la Royne fimere, auquel ilnbsp;fit entendre ce que ces malheureux prifon-niers auoyent dit de luy: qui lallèuranen e-ftre rien , amp; le conferma h fort en lopinionnbsp;que dautres luy auoyent prefte celle charité*
S
-ocr page 271-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;x5gt;
tCjquil nen don toit plus. Et danantnge,fnr les remonftiances que ledit Sieur Iny fit, ilnbsp;Itiy donna tant de cognoillance combien v-ne fi mefchanre calomnie luy pcfoit fiirlcnbsp;cur, quil saflèura, come encore il faifoit,nbsp;quêtons ces malheureux auoyent menti, ennbsp;forte quil demeura trelcontent amp; fatisfaitnbsp;de Iny.Ce quil kiy anoit bien voulu cfcrirc,nbsp;le tout à la vérité , afin que fi on luyauoitdônbsp;ne à entendre dantre façô, il nen ni fi en pcinbsp;ne,amp;naionftaft foy quà ce que iceluy Sieurnbsp;luy en mandoir. Oiirre ce il luy enuoyoit lanbsp;copie des lettres quil anoit ani(c defirrireànbsp;tous les Parlemcns amp;Baillifs de fon R pyan-r»e,touchant les chofcspaflccs. Surquoy ilnbsp;deinandoic fon auis. Outre cela, dautantnbsp;que ceux de la maifon de Guife anoyent vnenbsp;merueilleufe enuie daccrocher Sc auoir pri- lt;nbsp;fcfiir ledit Sieur Royquot;^Nauarre, fachansnbsp;que ledit Boifnormand eftoit grandementnbsp;eftime par luy pour fon (auoir ô: autres vertus,ils firent mettre vne recharge de la propre main du Roy au bout de ladite mifsiuc,nbsp;lallèurât quil cognoifibit ledit Boifnormâdnbsp;ÄtDauid (qui eftoit mis de ce nombre pontnbsp;lesraifons que iediray ci apres) fimefenansnbsp;quilseftoyent digues de tontes peines. Etnbsp;partant leprioit dautant quil anoit cnnicdenbsp;luy faire (ernicc,les faire mettre en lien finbsp;feur,quil les peu ft par apres reconnrer pournbsp;leur faire receuoir la punition qu'ils auoyent
-ocr page 272-x^o Hiftoire de France,
bien meritee. Et faifoyent ceux de Guife ce-fte pourfuite,non point tant pour 1efgard de ces deux pevfonnages , quils euflent biennbsp;voulu tenir toutesfois : que pour lattentenbsp;quils auoyent, quil ne les rendroit iainais,nbsp;amp;¦ que par ce moyen, il feroit rendu coulpa-ble amp; confentant à la confpiration, pour a-uoir riere foy les autheurs dicelle, fans lesnbsp;produire à iufticc,comme il en auroit eftc eXnbsp;prefsément chargé par le R oy.
CoBwerai Nous auons veu comme le Prince de Cô cde con ayant euitc tant de dangers de fa vie gt; se-dé, contre ftoit retiré en fa maifon,là ou eftant arriué ilnbsp;enne- c^uoya vn fien fecrctaire des plus féaux, de-uers ie Roy de N3uarre,pour luy faire enté-dre comme toutes chofes eftoyent palTees,^nbsp;auoirconfeildecequilauoiràfaire, délirâtnbsp;'»»( »xAsc-¦ . fnr toutes chofes (c retirer en Bearn auprèsnbsp;de luy pour eftre en plus grand fcureté. Carnbsp;de iout en iour,amp; dheure à autre on luy rapnbsp;pottoit que fes ennemis machinoyent ftnbsp;mortjbié marris de ce quil leur eftoit efchapnbsp;pc des poings pendant ce tumulte ,amp; que lenbsp;Cardinal deLorraine auoit propole en plainnbsp;confeil quil fe faloir faifir de fa perfonne amp;nbsp;luy faire proces. Le Duc de Guife au contrainbsp;re auoit opiné,quil nen faloit encor rien fainbsp;re:car ce feroit recommencer de plus grandsnbsp;troubles,lors quon nauoit encor rien preftnbsp;pour y relïfter. Mais celle contrariété dopinions neftoit que pour fonder la volonté denbsp;cell«
-ocr page 273-Sous François II. 2.^1 ceux du confeil, en v n afairo de telle importance,pour mieux fauter puis apres. Ce non-obftant, Dieu fe feruit pour lors de cefte rufe des ennemis mefmes dudit Sieur Prince,nbsp;pour le garenrir.
Cepartemcntde ce fecretaire ne fut fi fc-cret,que les gés mcfme du Prince, feruircurs fccrets des ennemis amp; entretenus aux def-pens du Roy,ne les en aducrtillent diligemment, comme eftant à craindre que quelquenbsp;chofefc rcmuaftde cecofté-là.Catils voy-oyent que leur maiftre reprenoit courage:nbsp;ce qui fut caufe de faire haftet la dcfpefchcnbsp;ci defius mcntiônec. Et dauantage pour af-feurer le Prince amp; lemmieller, il eut lettresnbsp;fort gratieufes amp; pleines de courtoifie desnbsp;Duc de Guife amp; Cardinal de Lorraine fonnbsp;frété, par Icfquelles ils sexeufoyent de lanbsp;propolition faite au confeil, amp; dementoyentnbsp;tous ceux qui voudroyent dire quils en fuf-fentautheurs,le fuppliantbien fort nen vounbsp;loir rien croire, ains les retenir au nombrenbsp;de fes plus affeétionnez feruiteursjamp; parens.nbsp;Ce quils efpcroyent luy faire tou lion rs co-gnoiftre parbons effeds : mais dautre partnbsp;il deuoit cftimer queux tenans le lieunbsp;quils auoyent pres le Roy, ne pouuoyentnbsp;moins que de tenir la bride roidc en routesnbsp;chofes, principalement quand il agiflôitdunbsp;feruice de fa Maicfté, amp; de la conferuationnbsp;R ?
-ocr page 274-z6l Hiftoire de France, de fon eftat. Ceftoit la caiife qui les auoit faitnbsp;rudes eniiers les condamnez, amp; non pournbsp;mauuaife volonté quils luy porcalîènt. Lenbsp;Fin contre Prince enuoya aufsi ces lettres au Roy denbsp;Nauarrclbn frere, qui luy fit refponfc à lanbsp;mode de la cour,pour remedier à la fiirpri-fedes lettres, difantquil auoit grand contentement en fon efprit des offres que Mef-fieurs de Guife fes confins luy auoycnt faites , dequoy il fe veut autant reflentir, comme sils les auoycnt faites à luy mefmes,nbsp;quil ne faudra à les en gratifier par la premiere depelchc quil feroit en cour. Au demeurant quil eftoit trefaife de la bonne volonté quil auoit de le venir trouuer, ce quinbsp;neferafirofl quil dcfiroit, pour la grandenbsp;deuotion quil auoit de le voir. Bien elloit-ilnbsp;dauis quauparauant il fift encor vn voyage à la cour, afin de mieux en mieux fairenbsp;cognoiftreau Roy le défit quil a de luy faire feruice : quil luy enuoyoit la copie desnbsp;lettres quil auoit pieu à fa Maicfié luy cf-crire, par lefquelles il cognoiftroit afiez clairement la bonne opinion en laquelle il lesnbsp;tient ; comme nayans rien de commun a-uec ces tragedies qui fc font iouees , encores moins auec les mcfchancetcz des malheureux entrepreneurs. Voila comme cesnbsp;Princes scntretenoyeiit les vns les autresnbsp;par difsimulation.
Ce que iay dit de Daiiid va ainfi. Le feu
-ocr page 275-Sous François II. 2.^5
Rov Henri voulant à la folliciration duCar-dînai de Lorraine.,traiccr le mariage du Roy monftic fon fils àprefent régnant iamp; lors Dauphingt;='*^'**nbsp;aueclaRoyncdEicofle,niepce de ceiik denbsp;Guife-.le Roy Sc la Royne de Nauarre furentnbsp;pour ce mâdez en cour,ayans défia pris quelque gouft à entendre les abus du Pape,par le 'nbsp;moyen de ce Dauid, homme vrayemcnt effronté, amp; ne cerchant quà fe faire valoir,nbsp;fous couleur de prcfcher quelque vérité, ànbsp;lexemple de plufieurs autres paruenus à e-ftre Abbez amp; Euefqucs par ce moyen, dunbsp;temps de la feu Royne de Nauarre fur dunbsp;grand Royîrançois. Ce moyne donc ayantnbsp;quitte le froc, amp; singérant de foy-mefme ànbsp;prefeher, ladite Dame le fiifoit ordinaire-*nbsp;mét prefeher en habit de capelan,amp; fans fur-pelis. Qui fut caufe,ioint la grande viuacirénbsp;amp; granité dont il fauoit bien vfer, de luy doner grand bruit amp; reputation, nommémentnbsp;le long de la riuiére de Loy re.Ce que parue-nu auxaureilles du Cardinal, il difsimulanbsp;iufques à tant que le mariage fiit confummé*nbsp;Cequcftantfait,aufsi foudain lesprefehesnbsp;de Dauid furent défendus à laeour , amp; futnbsp;luy-mefmes appelé deuant lesCardinaux denbsp;Bourbon amp; de Lorraine, lefquels apres la-uoir intimidé par menaces, vindret aux pro-mefres,de forte que Dauid amorcé de lefpc-tance danoir incontinent vn gras benefice,nbsp;promit de mettre fes maiftre amp; maiftrefle
R 4
-ocr page 276-164 Hiftoire de France, en la Papauté jjIus auant que iamais. Sur cela,il eft enuoye à Paris pour ligner fa confef-lion de foy deuant les Sorboniftes, abiurer,nbsp;prendre abfolution, amp; aceufer ceux de fa fe-ôte. Eftant là, amp;: voyant quon ne luy renoitnbsp;promelïè, il remetlafaireen longueur, amp;nbsp;pourfiiitfaproye. Ceci paruenu aux aureil-les defon maiftre, on le tientpour vnbonnbsp;Ventre tel quil cftoit. Eftantchafsc.il fe retire au Cardinal de Lorraine, qui lcnuove fi-nalemét à Saind Denys, pour sen depeftrer:nbsp;mande quon luy baille vue place de moyne,nbsp;amp; quon luy enioigne de viurc fagementennbsp;foute leur difeipline : autrement quil foirnbsp;chaftié. Voila comme ce Cardinal traitanbsp;Dauidjcftimât nauoir peu fait de lofter daiinbsp;presdesPrinces,amp;:de lauoirrédu odieux auxnbsp;Euangeliques , par vn tel reuolrcmét public.nbsp;Dautre part ce poure malheureux le fentantnbsp;fruftre de fon attente,amp;mocquégt;ne veut demeurer cloiftrier, ainsaime mieux fuiure lanbsp;cuilîne plus grafie que celle ou il cftoit relégué. Eftant donc réduit en 11 poure amp;mife-rablc eftat, il feint fe vouloir repetir, prometnbsp;quil fera mcrueillcs, aceufe le Cardinal denbsp;Lorraine dauoir voulu procurer la mort dunbsp;Roy de Nauarrc,pour auoir fes biens. Par cenbsp;moyen (comme ce Prince cftoit cxtrcmcmécnbsp;facile à ployet )il rentre aucunement en gra-ce,de forte que les afaires cftâs en lcftat quenbsp;nous auos déduites,ceux dcGuifu eftimoyetnbsp;auoif
-ocr page 277-Sous François 11.
anoir cn ce Dauid vn grand ennemi, lequel procureroit contre eux du pis quil pourroit.nbsp;Voila pourquoy il fut niis au reng de Boif-normand.Car autrement fauoyent-ils biennbsp;quil nauoit nul credit ni authoritc enuersnbsp;ceux de la religion, pour les pcrfuader ounbsp;dilTuaderxe queuft bien peu faire lautre silnbsp;cuft voulu sen melier, amp; rcfTcmbler à Dauid, qui dôna depuis beaucoup de peine auxnbsp;gens de bien, amp; finalement durant la premiere guerre ciuile,mourut es prifonsdOr-leans»attaint de plufieurs granasamp; detefta-blcs crimes.
lieft temps maint enît de veniràlaguer- cuen-e re dEfcoftcjqui comtnécea lors de sefehauf-fer,eftant commencée à lappetit de ceux de Efcortc,nbsp;Guife fous vn prétexté quil me faut repren-dre de bien haut, pouren bien entendre Ictio/de**nbsp;fondement.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cfuf de
Henry huiftiefme de ce nom Roy dAn-^^'* gleterre efpoufa en premieres nopcesCathe-tincrelaiftec de fon frère, tante de lEm-pereur Charles cinquiefme,ltquel freie tounbsp;tesfois ne lauoit one cognuc(difoit-on) ànbsp;caufe de fon bas aage. De ce mariage,Henrynbsp;ayâteu vne fille nômcc Marie,il répudia Ca-iherinc lôgtéps apres,faifant declarer ce mariage inceftucux,amp;tladite fille baftardc. Ennbsp;fécondes nopccs, il print Anne Boulâc lim-pledamoifeflc, dót il eut Elilabcth à prefentnbsp;régnante. Dvnc autre quatricfmc femme, il
(
-ocr page 278-Hiftoire de France, cut Edouard, qui luy fucceda,amp; fut le fixief*nbsp;me Roy dAngleterre de ce nom, lequel e-ftât decedc en 1aage de feize ans, Marie,nó-obftant quelle euft efté auparauant déclarée baftarde,fur Roy ne par la volóté du peu-plc,irritc contre le Duc deNorthombellan-de, homme l'i ambitieux, quil ofa bien fairenbsp;tomber pour peu de iours la couronne en fsnbsp;maifon,par le mariage de fon fils aifné,auecnbsp;lai fnee des filles de Suffolk. Cede Marienbsp;decedec (as hoirs, Elifabeth,quelle auoit aUnbsp;contraire fait declarer baftarde, amp;¦ trefdurtquot;nbsp;ment rraittee, fut par la bonté de Dieu,amp;^nbsp;faneur du mefme peuple, efleuee de la pn-fon, au throne royal, ou elle fied heureufe'nbsp;ment encores auiourdhuy,fans auoit ianiaiSnbsp;voulu fe marier.
Dautre codé faut entendre que Icfufdif Roy Henri huitiefme eut trois furs , denbsp;laifnee defquelles mariee au Roy dEfeofle»nbsp;fortit laques Stuard du nom, amp; dernièrement décédé Roy dEfeode, qui eut en fe'nbsp;fondes nopces de la douairière de Longueville , fur de ceux de Guife, vnc feule filknbsp;amp; heritiêre,alauoir,Kïarie,quefpoufa François deuxiefme du nom, Roy de France,denbsp;forte que fans doute,deccdanr Elifabeth, le?nbsp;. deux couronnes, fi autre chofe ne lempebnbsp;choit, fembleroyét apartenir à ladite Marienbsp;fille de fô coufin germain.Mais le Roy Her/nbsp;iiuiticfiïie,cómepreuoyatce qui auiendroUnbsp;deft
-ocr page 279-Sous François 11. de fa pofterité, auoit donne ordre que parnbsp;cómun accord des eft ars dAngleterre,quilsnbsp;appcîent Parlement, il auoit efté dit, que nynbsp;les enfans venus de fa four mariee à lÉlcof-fois,ny les defeendus diceux,ne pourroyentnbsp;iamais fucceder à la couronne dAngleterre.nbsp;Ceft arreft fembloit à ceux de Guife, fe pou-uoir ailement refcjiider, amp; par mcfmc moycnbsp;ilsfe vouloyentferuir de larreft,donné contre ladite Elifabeth, comme baftardc, péfansnbsp;par confequent auoir trouué vne tresbelle amp;nbsp;certaine occafion de sagrandir, en déboutâtnbsp;la fufdite Rovne Elifabeth. Voila pourquoynbsp;depremiere venue, ils firent prendre à leurnbsp;niepee le titre amp; les armes des deux royaumes,dAngleterre amp;dEfcoflè: non point tâtnbsp;àla vérité pour len faire Royne, que pournbsp;,faproprierceluy dAngleterre aux defpensnbsp;de la Frâce, fuft par pratiques, ou par armes,nbsp;fous le nom de leur niepee. Voyâs donc quenbsp;la Royne Elifabeth, incontinent apres le de-ces de Marie,auoit reftabli la reformation denbsp;la religion, comme elle auoit efté du temps
ilt;iiiurent à prédre cefte occafioncorne par le poil, leur remonftrant que pas vne des deuxnbsp;Roynes precedétes neftoit lcgitime,par de-claratiô de leur Parlemét, ce qui nauoit lieu
----------- nbsp;------------J, ble a vne bonne partie des Anglois, ne pou-uansfe départir de leglife Romaine) ils nenbsp;en leur niepccjvraye fille deRoy amp;deRoync
-ocr page 280-Hiftoire de France,
ifiùe tie leur fang,amp;à laquelle on naiioitpcU nullement öfter fon degré, amp; au reftc,quie'nbsp;ftoic belle,fagc,vertucufe,amp;dc bône nature,nbsp;amp; par le moyen de laquelle,toure lKlc feroitnbsp;à iamais vnic amp; inuincible , Si en repos. Sutnbsp;tout, quelle eftoit bonne Chrefticnne Si ca*nbsp;tholique,füus laquelle aucc le rcftablifléinécnbsp;quelle feroit incontinent faire de la fainlt;ft®nbsp;Eglifc Romaine, ils deuoycntcfperervnrfi'nbsp;gne plein dheur amp; félicité; adiouftans infi'nbsp;nis allechemens pour faire remuer mcfnagfnbsp;éeedeuer le peuple dAngleterre contre ce'nbsp;lie princellc. Mais leur mine fut incontinentnbsp;efventee par la Roync Elifabeth, qui fit pté'nbsp;dreprifonniers plufieurs dccçs follicitcutSnbsp;lefqucls neantmoins curent fi bonne boU'nbsp;elle, quon ne leur peut rien faire confefle^nbsp;ce tiui acrcut lefpetance de ceux de GuiR«nbsp;Ainsi ceux qui tiroyct profit deux, ne les re*nbsp;buttèrent du tout.ains firent filer cefte cord®nbsp;tant quils pcurcnc,amp; leur donnèrent bonHfnbsp;cfpcrance aucc le temps , dautant quil 1®nbsp;trouuoit ( à leur dire) grand nombre ac pd^'nbsp;pie bien dolens deftre fruftrez de leurrel*'nbsp;gion Romaine, qui portoyent fingulietC'nbsp;ment bonne affeôlion à ceux de Guilè, ptgt; nbsp;les cognoiftre amateurs des traditions nbsp;leurs peres:amp; ennemis mortels de cefte reH'
-ocr page 281-Sous François 11. z6ÿ que cefte religion y prenoit de grâds acroiN-femes,amp; que la Royne douairière leur (ccur,nbsp;ne leur cftoit pas contraire : à quoy sils don-noyent ordre, lcfperance quils donnoventnbsp;aux Catholiques dAngleterre, feroitii biennbsp;confermec amp; fottifiee,quon leur feroit biennbsp;toft cognoiftre par efteéls, la bonne volonténbsp;quils leur portovtnt amp; à leurniepee. Maisnbsp;afin que loccafion nefchappall quand ellenbsp;feprefenteroit, quils dciioycntprédre quelque charge dauthorité en Elcelle, Affairenbsp;en forte que lvn des lix freres y tinfl touf-iours le pied ferme. Telles eftoyét leurs pratiques, efquelles fcconfommoir grand argéenbsp;des finances de Irancc.Carces mauuais fer-uiteurs couftoyent bien cher. Ils eftoyét do-ques apres pour inuenter les moyens de doner des afaires à ceux de là religion en Ef-cofl'e. Et de fait vne chofe feinbla (e prclen-ter fort à propos »pourtoulîours entretenirnbsp;leur credit enuers les Catholiques Romainsnbsp;de ces deux lfles,ccft afauoir la fedition po-pulaire,t]ui auinten Efeofte. Car avnns faidtnbsp;faire pluficurs rigoreux edits contre ceux denbsp;la rcligion,qui autrement v iuoyeut en grande paix amp; tranquillité fous lobeillancc de lanbsp;Royne douairière, lans qnil y euft pour rai-fon de cela aucun debat nv querelle entrenbsp;les fuicts du royaume, A: me'ines ayans faitnbsp;publier que le Roy nentendoit permettrenbsp;quautre Religion fuft tenue audit pays que
-ocr page 282-lyo Hiftoire de France,
Ia Romaine, on neut pluftoft commence, de vouloir mettre ces edits à execution,nbsp;quil fe trouua vn grand nombre de gens denbsp;baflè condition, lefquels sefleuerent amp; prinnbsp;drent les armes; mais ils furent en peu dheiinbsp;re feparez,moyennant la prudence de laditenbsp;Dame, amp; à laide de la nobleflè du pays.nbsp;V oila leftat auquel eftoyenr les afaircs dEl-coflè, quand le principal gouuerncment denbsp;France tomba es mains de ceux de Guifea*nbsp;près la mort de Henry. Et combien que cenbsp;commencement leur dcufl auoir ferui pournbsp;leur reprefenter le danger de plus grandsnbsp;troubles,sils ne defiftoyent de leur entre-prifc:ranry a neantmoins, quils fe rénoventnbsp;tellemér aflèurez fur les pratiques amp; meneesnbsp;quilsbraiïbyenten Angleterre, quils fet'nbsp;merent les yeux à toutes tes remonftrancesnbsp;de leur fur, laquelle tafehoir partons moyens de les deftourner de celle fauff'e pet'nbsp;fuafion, amp; luy efcriuirent des lettres fort i*'nbsp;goreufes, la blafmât dauoir v£è de trop gta'nbsp;de douceur au faiét de la religion. Bref, Snbsp;iugerent te temps eftre venu du tout à pt^'nbsp;DOS (cenendant ouils auovenr le vent rU
{»aux. Et pour ce faire enuoyerent en Efcd^^ Euefque dAmiens amp; la Brolîè leurs p^*nbsp;alfeélionnez feruiteurs :tcfquels pour fenbsp;ftteràlcur arriuce
-ocr page 283-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;171
voulurent contraindre v n chacun daller à la mefle, reprochans fouuent à ladite Dame amp;nbsp;au Sieur dOifel qui la gouuernoit pailiblc-ment, quils auoyent tout gafté: publièrentnbsp;leurintctioneftre dvfcrde la force, fans ef-pargnerperit ny gräd. LEiiefque dAmiens,nbsp;comme légat du Pape, attédant les bulles denbsp;fa legatiô, promettoit de réduire la plus partnbsp;de ceux quil difoit fouruoyez . Et la Brollênbsp;entreprenoit en vu mois dexterminer par arnbsp;mes ceux qui ne voudroyét reuenir. Au fuC-plus,pource que lauarice eft toufiours compagne de cruauté, ils regardèrent de bon ilnbsp;les terres amp; pollèfsions de la nobleflè. S: cf-criuirent à ceux de Cuite qui les auoyét en-uoyez, qu'en rendant le peuple taillable,amp;:nbsp;faifant mourir les gentils homes, qui auoyétnbsp;fuiui la religion nouuellc, il y auoitmoyeiinbsp;daugmenter le reuenu du Roy de deux censnbsp;niilefciis par an,amp; de pouruoir mille gentilsnbsp;hommes Frâçois de maiions amp; de biés pournbsp;y demeurer continuellcmét, amp;' y fetuir comenbsp;dvne gédarmerie ordinaire. Cefte côditionnbsp;fut volontiers receüc, amp; auec grande louagenbsp;de ceux qui en eftoyent les autheurs, amp; quinbsp;ne cerchoyent rien tant que de prendre piednbsp;ferme en Éfeofle, afin deftendre leurs aillesnbsp;plus loin auec le temps. Mais ils auoyentnbsp;'nmerueilleux defplaifir de fc voir contre- dits par leur fur,laquelle cognoill'ant lhu-nieur des Efcollbis , fauoit certainement
-ocr page 284-xyî' Hiftoire de France,
lt;juc iamais on ne les rangeroit à cede concù tion de quitter vn feul arpent de leurs terres,nbsp;amp; de fouft'rir quil y eufl: rien changé aiixa-faires politiques: amp; que lion les vouloirconnbsp;craindre pour le fait de U religion, ils fe metnbsp;troyentpluftoftes mains des edrangers,nbsp;vferoyent de telle vengeance contre ceiiJtnbsp;qui leur voudroyent redder,quil y auoitdanbsp;gcr trefapparent dcvoirvne fùbuerfion entière de ledat du royaume, amp; quau lieu denbsp;lagrandir amp; den augmenter le rcuenu,d^nbsp;en outre adeurer ledat Ecclefiadique(d^*nbsp;nedoit nullement empefché )on nevid vnnbsp;tel changement, quen fin il ny demeureroitnbsp;ni Roy, ni Royne , amp; pareillement que toutnbsp;le clergé feroit traité de mefme celuydAu'nbsp;gleterre ou pis encores. Lauis donc de ladi'nbsp;te Dame edoit de ne rien changer au fait d'*nbsp;gouuernement.Et pour le regard de la rcü'nbsp;gion,que Ion tafchad doucement amp;mode'nbsp;ftemét de gaigncr amp; pratiquer les plusnbsp;par promedes:puis dadèmbler les edatsnbsp;nerauxdu pays,amp; faire décréter La formenbsp;viure quon tiendroit à lauenir. Dequoy c*'nbsp;le efijeroit bonne idùe, amp; safleuroit damf'nbsp;ner les plus grands à ce point. Mais touted'nbsp;la fut reietté par ceux de Guife, difans que *nbsp;Royne leurfuredoitbonne femme:mai^nbsp;quelle auoit tout gadé : quOyfel edoit vUnbsp;for, amp; nauoit point dentendement, pat nbsp;quil ne vouloir mettre au hazard ledat
-ocr page 285-Sous François II. 175 pays quil auoit par fa diligence fi longuement amp; fidelement gardé , comme il sexcu-foit. Mais en-fin les plus grands, amp; lapliif-part de la noblcfl'e, ievoyans ainfi liaralîèznbsp;par ces deux executeurs des entreprifes denbsp;ceux de Guife, prindrent les armes pour lanbsp;conferuation de leurs perfonnes , de leursnbsp;femmes,enfans,biens amp; poflêfsions,pour lanbsp;religion, amp; cnrrerencmét des liberrez ^frä-chifes fous lefquelles ils cftoyëtnaiz, aimasnbsp;mieux mourirfdilbyér-ils) tous enfèmble ennbsp;gés courageux^que de foufiiir leftablifiemétnbsp;dvne tyrannie que vouloyent introduire ces,nbsp;eftrangers. Et pour ce faire plus fcurement,nbsp;ils sacompagncrenr de leurs voifins, quelques ennemis quils eufiênreftc anparauanr.nbsp;Si quen peu de temps ils chafierent les pre-ftres, qui toutesfois enflent vefeu amp; continué leur cftar, sils fe fuflênt voulu acom-moder.Aufsi fur la Royne douairière réduite en de grandes extremifez gt; pour auoir prisnbsp;le parti de la Brofl'e. Tellement que lEuef-que fur contraint faire voile en France, pournbsp;enuoyer fecours. De toutes ces choies lanbsp;Royne dAngleterre fe plaignoit continuellement par fon Amballadcur , comme e-ftansdireftement contraires à la paix. Maisnbsp;elle nauoit aucune certaine rcfponce, ainsnbsp;fe paflôir le tout par conniuence. En forte,nbsp;que les Anglois eftimoy ent ,veu les mencesnbsp;amp; pratiques de ceux de Guilè en leur pays,
S
-ocr page 286-xy 4 Hiftoire de France,
quils auoyent enuie de leur faire guerre. (-Jiioy aducnantjils ne vouloyent de Jeiifnbsp;part perdre vne li belle occafion pour y mettre bien toft fin,amp; saccommoder de lEfcof-fe, pendant les troubles amp; diuilîons de 1^nbsp;Frâce.A tant,le 14. de Mars, la Royne dAn'nbsp;gleterre fit publier à Londres, amp; bien toft a-pres ferner par la France, vne proclamation,nbsp;par laquelle elle fe plaignoit de ce que lesnbsp;François, auoyent puis les dernieres treuesnbsp;ccrché tous moyens denuahir lAngleterre,nbsp;fpecialeraét par lavoye de lEfcoflè,fous counbsp;leurde vouloir chaftier quelques gens qu^nbsp;Ion pretédoit eftre rebelles : difant que pournbsp;preuenir telles embufehes amp; furprinfes, ellenbsp;auoit efté contrainte fe munir de grades for*nbsp;cesttoutesfois conlidcrâtla grande diuetlitenbsp;dopiniôsamp;paroles,qui en pouuoyétfourcire,nbsp;elle auoit trouuè expedient de declarer parnbsp;ceft eferit fa deliberatio, les iuftes occaiiosnbsp;fuyuantes,qui la contraignoyent de-ce
En premier lieu, elle difoit auoir efté cô~ tente de croire que ce que le titre amp; les armes de fes royaumes d Angleterre amp; Irlande, eftoyent ainfi prétendues amp;prifesparlanbsp;Royne dEfeo(le,contre le traité de paix,ne-ftoit venu dailleurs que de lambitieufe volonté de ceux de Guife,fes oncles maternels,nbsp;Icfquels apres seftre emparez du gouuerne-mét de Frâce, cerchoyent les moyens desa-ctoiftre partout: fachans bien que le Roy
Fran-
-ocr page 287-Sous François TL 175 Trace,ny ]aditcDame,ponr leur basaage,ne-ftoyent capables dvne telle entreprife,amp;quenbsp;lesPrinces du fang ny les eftats de Frace (quinbsp;deuoyét gouuerner les afaires durât la minonbsp;rité du Roy) neulTent deux mefmes imaginé vne tatiniufte amp;defraifónablc entreprife.nbsp;Et cóbien que ce full chofe cotre tout droitnbsp;de nature, quvnc femme entreprift de tranf-porter la couronne, 8c latrâsicver à dautresnbsp;quaux vrais Ôc naturels heritiers ,8c dafl'er-nirle peuple naturel dvn paysàdescfttâgers:nbsp;râty a que fous cefte couleur lefdits de Guifenbsp;deliberoyent auecles forces ïrançoifes qui ,nbsp;eftoyét délia en Efco(fe,8ccelles quils y vou-loyent enuoyer dabondant, sapproprier lenbsp;Royaume dAngleterre,faebâs bié quils na-uoyent aucun moyen de Venuahir que par lanbsp;voye de lEfcodc.A cefte caufe ayâtladiteDanbsp;nie experimétq auec beaucoup de calamireznbsp; lafingullere bôïédeDieu,qui auoit tottfioursnbsp;eu le foin delle plus que perpétuel,cognoif-faut aufsi en cefte riouuçllc querelle le bonnbsp;droit de fa caufe,8c la naturelle amour,incli-nition 8c obeilTance de fesloyaux fùiets,ellcnbsp;ne doutoit aucunement du fccours denbautnbsp;ScqueDieunelv.y fuftpour defenfe-Nayantnbsp;dôc de fa part autre plus grad défit que dentretenir la paix auec tous,mefmcmét auec lesnbsp;l^tâi^ois 8c Efcoftbis, elle faifoit fauoit à tou-tes_perConnes,que combien quelle fe mift ennbsp;ßtädes defpéfes,6c quelle fuft côtinnellcmétnbsp;S 1
-ocr page 288-Hiftoire de France, aflaillie de paroles iniiirieufes amp; menaces denbsp;la guerre ; ce neantmoins elle nentcdoit faire aucune guerre ni vfer dhoftilitéunais cer-cher route vnion amp; concorde. Ce quelle a-uoit bien inonftré» en requérant amiablemetnbsp;le Cardinal de Lorraine amp; fon frere de Gm-fe, par le moyen du Roy de France, delFa-ccr ces titres 5 de cellêr tputes querellesnbsp;daccorder à lEfcoHe vn fi paifible eftat Sinbsp;gouuerncment, quils neuflènt occafiondenbsp;sellongner de la deüe obeiflance de leurnbsp;Royneamp;princelTe, comme ils offroyent lanbsp;luy rendre ; amp; que parce moyen elle eiiitaftnbsp;fa defpcnfe,amp; la doute, ou elle cft:oir,dc fur-prife : eftans reuoquez les gens de guerrenbsp;François qui eftoyent en Efcollé, dcfquelsnbsp;elle auoit foupçon, offrat de leur donner retour amp; fauf côduir, tant par mer q ue par ter-re.Car comme les forces Françoifes fe diini-nueroycntjclle caflcroit aufsi les fiennes. Cenbsp;nonobftât elle nauoit peu auoir fur cela aucune rcfponce pertinente, combien epfcllenbsp;y euft confummé long temps, amp; que fes am-bafiàdeurs y eufiènt faiâ: de grades delj^en-fes. Letoutcuidemment contreuenant aunbsp;traité de la paix amp; concorde. A tant elle fai-foit falloir quelle continuoit amp; vouloir continuer en bonne paix , auee lefdits Roy denbsp;France amp;Roync dEfeofié, pendant quilsnbsp;ne feroyent aucune inuafion fur fes pays amp;nbsp;peuples, amp; tafeheroitpartons moyens, quil
-ocr page 289-Sous François IL X77 y eu ft bonne vnion en Efcolle,amp; que les fol-dacs François seh peu fient retirer fans danger amp; dommage.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e sils refufoyent de ce
faire,mefmemét apres tant de delais, elle fc-roit fon effort à les contraindre de départir, fans autrement vfer de violence. Et partantnbsp;elle commandoit à fes fuiets de móftrer route faneur amp;àmitié à ceux du Roy de F rance*nbsp;amp; de trafiquer enfcmble, comme en tempsnbsp;de meilleure paix, finô que par hoftilité procédante des François, ils fuflènt côrrainrs denbsp;fe defendre.En fommc,nonobftant les grandes iniures fufdites receiies par laditeDame*nbsp;elle vouloit quils vfaflent de bon amp; honne-fte langage du royaume, amp; de la nation Frâ-çoife,fans faire autres aprefts de guerre, finônbsp;autant quil feroit requis pour repoufler telles iniures, amp; fe garder des entreprifes quinbsp;feroyent faites amp;drefiêcs fur fon Royaume,nbsp;par ceux de Guife, pendant le bas aage desnbsp;Roy amp; Royne, amp; iufques à ce quelle ait cn-tédu fl les Princes du fang,amp; eflats du Royaume veulent amp; approuucnt tels adfes, cenbsp;quelle ne peut croire. Qiioy adueHât,encornbsp;quelle fuft grandement defplaifante de voirnbsp;la paix rompue, côme elle laddfirc ferme ennbsp;toute La Clireftiétc, elle efperoir tat au Dieunbsp;toutpuifiànt,quil luy donneroir force de re-fifter à tels dangers, ördefeventrer de tantnbsp;d,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v» ¦*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ö
outrages receus.
Ceux de Guife, voyîs leurs defieins dep
S 5
-ocr page 290-2.78 Hiftoire de France, couuers de ce cofte là,amp; que pour auoir tropnbsp;embrafleà la fois dedas amp; hors le royaume»nbsp;ils auoyenttre final eftrainneraignas feinbla-bleinent den receuoir reproche, ôc que lentnbsp;niepet fuft Rovne de titre feulement,auenatnbsp;que rAnglois fe declaraft pour feconrir iEf-co(îc,nv pounds autrement remédier, amp; ayasnbsp;afaire de leurs amis amp; de gens pour la gardenbsp;de leurs p«rfonnes,enuoverét incontinét de-uers leR oy dEfpagne pour moyéner la paix»nbsp;dcfemblablemét aucheualier Sevre,ainba(Iànbsp;deur du Roy,eftant près la Royne dAngleterre , pour aufsi faire fes proteftations de lanbsp;part dudit Sieur, lefquels furent aufsi impn-mees amp; publiées par tout.Lc contenu dicelles elloit quon auoit aûez clairemét veu depuis le deces du Roy Henry, que le Roynbsp;fü fils ne luy auoit feulemétfiiccedéauRoy-aume, mais aufsi au mefme zele amp; affectionnbsp;détrerenir la paix auec fes voifins amp; toute lanbsp;Chreftienté, nayat rien laifle de tout ce quinbsp;cftoitnecefiàireà lcntretenemct amp; eóferua-tion dicelle,aiiifi que les effeôlsen pouuoyetnbsp;tcfmoigner.nôinément à lédroit de la Roy*nbsp;ne dAngleterre (a bône fur èi confine, en-uers laquelle il auoit vie de toutes démolira'nbsp;tions, tant pour fatisfairc à lobligation desnbsp;liollages quil deuoit tenir en Angleterrenbsp;pour le fait de Calais,quà maintenir aux lU'nbsp;iers dudit royaume feur cômerce amp;rrafiqu^nbsp;en France.Ce ncantmoins seftans les ElcoHnbsp;fois
-ocr page 291-Sous François TI. 17^ fois rebellez amp; diftiaits de Iobeiflance délienbsp;à la Royne fa femme leur fouucraine Dame,nbsp;le Roy auroit cfté côtraint, pour les réduire,nbsp;y enuoyer quelques forces.Surquoy la Roy-ne dAngleterre ayatpris ialoufie,amp;craignâcnbsp;vne inuafion de fes terres, auroit drefîê deuxnbsp;fortes amp; puifl'antes armees,tant par mer quenbsp;parterre,amp; icellesenuoyees du coftédEf-cofTcjfous couleur que la Royne de Frâce amp;nbsp;dEfeoffe portoit les titres amp; les armes dAngleterre . Dequoy le Roy aduerti luy auroitnbsp;incontinét fait entédre par fes ambalïàdeursnbsp;la fincerité de fon afFeótion,amp;cóbicn il cftoitnbsp;cflongné de vouloir contreuenir au traité denbsp;lapaix.Et afin quelle en cuftplus grand te f-nioignage, il auoit fait exprelîcmêt retardernbsp;quelques autres forces qui eftoyêt preftes dénbsp;noyer en Efco(re,pour cercher la redudiônbsp;des rebelles par la recognoifiace amiable denbsp;leurs Elûtes, lefquellcs il vouloir oublier amp;nbsp;leur pardoner,moyennât quils luy prefiafséenbsp;obeifTacCjainfi quil leur auoit fait ouuerturenbsp;amp; offre-.voire iufques à prier ladite Dame denbsp;lavouloirmoyénerenuers eux,afin que celanbsp;faiCjileuft occafio de luy öfter tout foupço amp;nbsp;ialoufie de fes forces ,dcfquelles il laiflèroitnbsp;feulement ce quil iugeroit ncccflaire pournbsp;laffeurâce de fes droits,amp;obciflance;amp; li petit nôbre , quelle nauroit.aucune occafio nenbsp;doute.Et quant au furplii$,il eftoitprcftà députer gens de fon cofté gt; fi elle en vouloir
S 4
-ocr page 292-x8o Hiftoire de France, autant faire du fien pour traiter amiablemctnbsp;de leurs differens , félon le contt nu du traiténbsp;de paix. A qnoy elle nauoir voulu prendrenbsp;autre expedient,que de luy preferire la deci-fion , amp; entre autres chofes la totale reuoca-non de fefdites forces de lEfcofle dans certain temps,fans vouloir entrer en autre traiténbsp;ne difpute, chofe qui ne pouuoit cQre trou-nee que grandemet eftrâge, veu quétre Roisnbsp;Sc Princes en temps de bonne paix, les traitez cftoyent comme médiateurs amp; pacificateurs des differens, fans quil foitloifiblcnbsp;à lvn ny à lautre de fe donner la loy, ny im-pofer des conditions Carrelle façon ne fenbsp;pouuoit adreflèr quà fuiets amp; vafTaux feulement . Et qui pis eft, elle nauoit cependantnbsp;laifle denuoyer fon armee de mer en Efeof-fe,laquelle y auoit fait plufieurs depredariosnbsp;fur les fuiets du R oy, à leur artiuee, tant auxnbsp;nauires qui eftoyét au Petit 11pour là garde diceluy,que depuis de plufieurs chargeesnbsp;de viures amp; autres chofes apartenantes audit Sieur, amp; à plufieurs liens fuiets. Outrenbsp;cela elle auroit fait ouucrtemenr la guerre.!nbsp;fes miniftres amp; foldats,iufques à sefforcernbsp;de faire defeente à lIlledes chcuaux,pournbsp;la furprendre, amp; faire prifonniers plufieursnbsp;de fes gens, vfant de tous autres aôîes dho-ftilitc. Dequoy toutesfois il nauoit peu e-ftre efmeu à croire, que ladite Dame euftnbsp;aucune intetion dentrer plus auant en guer
re, dau-
-ocr page 293-Sous François IL x6i w , dautant quelle nauoit aucun droit aunbsp;royaume dEfcoffeniy occafion dy rien quereller, ny encor moins de redouter fes forcesnbsp;ielquelles il luy aUoit toufiours fait entendre le nombre. Aufurplus ileftimoit liiya-üoiraflez amplement îatisfait amp; déclaré fanbsp;volonté à la conferuation de la paix par lesnbsp;offres quil luy auoit faites détrér en accordnbsp;amiable, tant par fon ambaflàdeurqui eftoirnbsp;en Angleterre refident auprès delle, quaunbsp;fié qui eftoit pres fa perfonne. Et afin que riénbsp;fie deinen raft de fa part, il luy auoit de nou-neau cniioyé Monluc Euefque de Valéce amp;nbsp;côfeiller de fon priué confcil, pour derechefnbsp;luy confermer fa bonne intention du tournbsp;tournee au repos de la Chreftiéte ,amp; à la co-tinuatiô de fa bone arnitié,anec charge den-tédre delle,sil luy feroit apres cela demeurénbsp;aucû fcrupu!e,pour len aduertir,amp;de là paffer en Efeofte, poureffayer de ramener lesnbsp;rebelles à lobeift'ance de leur prince amp; prin-cefre,par la clemccc quil leur offroir de leursnbsp;maieftez, lefquclles voiiloyent oublier toutes fautes paftees , amp; apres retirer vne bonnenbsp;partie de leurs forces, à ce que ladite Damenbsp;ne les peuft plus redouter. Il difoit dantre-part nauoir laifîc demployer la faneur dunbsp;Roy catholique entiers elle pour monftrcrnbsp;laffedion quil auoit à la paix: lcquel,coBi-tne Prince qui auoit affez cognu les mauxnbsp;HiiÇ la guerre attiroit apres elle,luy auon en-
-ocr page 294-iSt Hiftoire de France, uoyé Glajon grand maiftredefon artillerie-Toutes fois tous fes deuoirs amp; offices nä-uoyét peu retenir icelle Dame de faire mat'nbsp;cher fon armee de terre en Efcôflè,pour aiiecnbsp;celle de mer, en chafièr par force fes mini-ftres foldats : ce quelle auoir allez declarenbsp;vouloir faire, par faproclamatiô, en laquellenbsp;ny auoir aucune apparéce de raifonreftât bienbsp;aife à iuger que celboit le vray moyé de pri-uerluy dcfii femme dudit royaume: qui nenbsp;feroitchofefeuienientiniufte, mais detref-mauuais exemple à tous princes Chreftiens»nbsp;afiuoir que telles gens fulTent fouftenusennbsp;leur rebellion. Et pourtât ledit Sieur vouloirnbsp;bien faire remonftrace à ladite dame par fonnbsp;ambalfadeur-auec charge exprclïe,de luy re-uoueller laficurancc de fon vouloir amp; délitnbsp;à laconferuationamp;rentretenemétde la paix-Ce quil auoit faiôt le 15. dAuril tant à lendroit de ladite Dame, que de ceux de Ibnnbsp;confeil, prefenr le Sieur de Saindt Florent-lequel lien amball'adeur , luy prefentantnbsp;fes lettres de creance , lauroit requif(tdenbsp;fe déporter de la voye des armes, pour commettre leur different à perfonnages que Ionnbsp;efliroit dvne part amp; dautre,pour les de-mefler. Surquoy il eut refponce,que fa dite armee , eftoit depuis douze iours au Petit liôt, prefte à exécuter lentreprife pm'^nbsp;laquelle elle lauoit fait entrer au pays, qt*nbsp;eftoit den chaffer tous les foldats François»
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fuyuant les
-ocr page 295-Sous François II. xSj fuynanr les menaces piecedentes:difant nenbsp;vouloir perdre temps, pour lintereft quellenbsp;en poinioit receuoir, cnqiioy elle contreue-noitdireétemérau traidé de la paix. Ce quenbsp;voyant Sevre, qui auoit charge de protefter,nbsp;priaGlajon amp;lEuefquederAquila ambafnbsp;fadeur du R oy dEfpagnc,de fc trouutr versnbsp;laRoynedAngleterre,pour derechefremenbsp;moreren leur prcfcnce, tous lesdeuoirs en-quoy le Roy fon maiftre seftoit mis, pour fanbsp;tisfaircàlapaix,àcequils peudent tefmoi-gnerquil nauoit tenu audit Sieur que lesnbsp;chofes nefiifl'ent amiahlemét pacifiées.Maisnbsp;elle lauoit refufè, pour nauoir ( difoit-elle)nbsp;telle charge du Roy. Parquoy il rédigea parnbsp;efçritfaproteftation amp; la prononça deuantnbsp;ladite Dame amp; fon confeil, affermant quenbsp;tous les préparatifs duRoy pour enuoyér ennbsp;Efcofl'e,ncfloyér que pour ce refped. Et quenbsp;Voulant oublier toute loffence des fuiets amp;nbsp;Icurpardôner le pafsé, il ofFroit derechef denbsp;commettre gens pour vuider amiablcmentnbsp;ce qui feroit à demefler entre leurs maieftez,nbsp;amp; venir àtous les moyens qui fe pouuoyét tenbsp;nir entre amis.Ce fait amp; ladite obeiflànce rénbsp;due il reuoqueroit fes forces, pour lafleurcrnbsp;de la crainte quelle difoit auoir que Ion fiftnbsp;entreprife fur fon Royaume,en quoy elle feroit hors dintereft: que fi elle ne defiftoit, lenbsp;Roy mettroit peine de fe defédre amp;côferuernbsp;le fié. Proteftât en outre, quc cefte dcfcôue-
-ocr page 296-2-04 Hiftoire de France, nue sil eftoit contraint dentrer en guerre,cénbsp;feroit à fon trefgrâd regret amp; de{plaifir,ainiînbsp;que tout le monde pourroit iuger. Car il nanbsp;uoit autre fin amp; intcntiô que de fe défendre.nbsp;Duquel eferit Sevre bailla le double à icellenbsp;Dame en fonditconfeil le io. Auril.Quantinbsp;la legation de Monluc il en va ainfi.
Ceux deGuile ayans ouy le vent des prat-tiques de la Royne dAngleterre en Efcoile, Si craignans que loccafion fuft lors proprenbsp;ù ladite Dame de leur redre la charité, quilsnbsp;luy vouloyent prefter en fubornant fes fu-iersjils auiferent quil feroit bon denuoyefnbsp;en Efeofte quelque perfonnage,qui fuft aucunement agréable à ceux du pays , afin denbsp;trouuer moyen par gratieufes parolles Sinbsp;raonftrancesde leur faire mettre les armesnbsp;bas,amp; départir leurs forces. Et pourautantnbsp;quils cognoiflbyent que Monluc Euefquenbsp;de Valence fauorifoit aucunement cefte do-lrine,amp; eftoir aftêz bien venu en ce pay s-la»nbsp;pour y auoir autrefois demeuré Chànceliefnbsp;de la Royne douairière, ils luy firent baille^nbsp;cefte charge auec commandement de pafic^tnbsp;par lAngleterre, pour eftayer tout enfeinbl^nbsp;de moyenner quelque bon accord auec lînbsp;Royne dudit pays. 11 y paftà donc,amp;y fut bÇnbsp;nignementreceu par ladite Dame,de laqudnbsp;le toutesfois il ne peut apprendre autfe cho-fe,que ce qui eftoit porté par fa proclamatio»nbsp;fe plaignant toufiours aigreractdes brigue^
-ocr page 297-Sous François IL 185 amp;menees que ceux de Guife auoyent faitesnbsp;amp; faifoyent ordinairement en fcs pays mef-luesjdequoy elle fe reflentoit tellement quenbsp;elle mettroit toute fa puilTance en ieu pom;nbsp;fc reuencher.Ce que ayant eferit à la cour, ilnbsp;print la route dEfeofle par la voye de la po-fte.Mais sil trouua matière de plaintes contre ceux de Guife de la part de. lAnglois j cenbsp;ne fut rien au pris de lEfcodc,laquelle eftoitnbsp;du tout enuenimee forcenee contre eux,nbsp;dautant que ne fe contenrans dauoir voulunbsp;dominer amp; forcer leurs côfcicnces,ils auoyétnbsp;aufsi entrepris deftablir la tyrannie en leurnbsp;payscommeenFrance,amp; de sagrandir denbsp;leur ruine. Parquoytant sen falloir quonnbsp;deuft efperer vn bon accord tandis quonnbsp;cbantcroittellangage, que pluftoft ils le ft-royent tuer lvn apres lautre, iufques aux ennbsp;, fans du berceau,pour maintenir leur liberté.
Ce que voyant laRoyne douairière , amp; le Sieur dOyfel,ils renuoyerent Moulue cornnbsp;me il eftoit allcgt;amp; le ebargerent dè faire desnbsp;temonftrances telles,comme il voy oit les a-faiies difpofees.Ladite Daine aufsi elcriuit ànbsp;fes freres,que les Efcofl'ois neftoyent pas ai-fezà dompter i amp; que fi on les vouloir contraindre pour le fait de la religion,ils fe inet-troyeiatpluftoft es mains des eftrâgcrs , auecnbsp;1 aideyiefquels,pour saffeurer du tout,ilsdenbsp;lt;d\afteroyentenriereinenr le nom amp; lobeiÇ-fancedelEglifcRomaine, amp; que de Ikon
-ocr page 298-'Hiftoire de France,
merrroit en danger leftat amp; ce qui appar-noir à lauthorité du Roy amp; de la Royne. Cela eftant rapporté à ceux de Guife, ilsnbsp;trouucrent que ceftoyent les mefmes rc-monftrances , quon leur auoit faites des lenbsp;commencement, dont ils ne tenoyent nonnbsp;filus de compte quau parauant. Mais Mon-ucles alTeura au retour, que s'ils nydon-noyét autre ordre, amp; en briefils verroyét bienbsp;toft leur niepccjfans terre, fans Royaume,nbsp;fans fuiets. Car délia les gês dEglife eftoyetnbsp;challèz,amp; leurs biens en proye: amp; auoit lat'nbsp;mee de mer amp; de terre de la Royne dAngl^nbsp;terre tellement gaigné pays, quil eftoit biennbsp;malaile de lespouuoir empefeher dexecii'nbsp;ter leurs delfeins.
Voy la comme la Royne dAngleterre be fongna en ces afaires, ce que ceux de Guil®nbsp;calomnioyent,comme li elle euft prétendu anbsp;sapproprier lEfcolTc, pluftoftquà fe defen'nbsp;dre. Mais lèifeét môftra tout le contraire,conbsp;mecy apres il feradir.Carnous reuiendronsnbsp;maintenant à deferire ce qui fe faifoit ai*nbsp;R oyaume de France, pendant celle difpn'^®nbsp;dEfcolïè.
Commen- Il y a vne ville Epifcopale auec vniuerfi' ccmct des en Dauphiné, fituee fur le lleuue du Rhonbsp;fo^tmeesen nominee Valence, partie des habitansdenbsp;Dauphi- laquelle elloyent de la religion, lefquels amp;-ftni'rèmpequot; cbans quelques autres villes du Royaum«^nbsp;chemens. aiioir rcictté lEglife Romaine, amp; faire desnbsp;allèiU'
-ocr page 299-SousFrançois IL xSy afTemblees sne voulurent demeurer des derniers. Parquoy eftans fournis dvn miniftre valence,nbsp;nommé Pierre Bruflé, natif de Mets en Lorraine,ils auancerent grandement leur ailemnbsp;blee. Mais apres y auoirfeiourne quelquenbsp;temps, amp; eftrc remarqué amp; menafsé des ad-neriaires,il fut contraint fc retirer :0c fut vnnbsp;autrenommé Gilles Sau las de Montpelliernbsp;mis en fon lieu,enfuyuant lordre eftabli parnbsp;leurs Synodes. Ceftui-ci, tant pour elfre dunbsp;pays, que par fon fauoir amp; diligence, acteurnbsp;iî bien fon troupeau,que ne pouuantplusnbsp;contenir dans les inaiions princes, ils seilarnbsp;girentdans les grandes Elcoles, amp; y failoitnbsp;on les prefehes la nuit,fans que pour cela il ynbsp;euft plus grande rumeur. Et dautant que lenbsp;nombre croi/îoir, vn autre miniftre nomménbsp;Lancelot, gentilhomme Angeuin de noblenbsp;amp; ancienne race , leur eftant enuoyé de renfort,il fut lors queftion dentreprendre plusnbsp;grandes chofes. Car quelques efprits petit-zde indi-lansqui ne Ce contentoyenc dvn eftat me- ß7innentnbsp;diocre amp; pailîblc, vouloyent fe manifofterfwtpipprenbsp;enpublic,autres non. Voyla le commence-ment de leur diui'ùon,amp;: la fource dont;uieacnbsp;grand mal foruinr puis agîtes. Auec ceux denbsp;la ville amp; les Efcoliers, qui alloyent aux prenbsp;dicationsjsaioignirentplufieurs icuncs gennbsp;tilshommes, les vnscutieuxde nouucauteznbsp;peu inftruits ,les autres meus dvn zelenbsp;^ui toutesfois auoit befoin de diferetioh.
-ocr page 300-x88 Hiftoire de France,
Carnayans peufitofteftre rangez à quel* que bonne difcipline,pour la multitude amp;tlinbsp;iierfité des cfprits, chacun seftimoit afl'ez fînbsp;ge pour commander amp; non pour obéir. Ennbsp;ce defordre les nouueaux venus amp;c plus hardis entrepreneurs ne fe voulans aduiettiraiinbsp;Confiftoirc défia drefsé, amp; mefprifins ceuxnbsp;qui auoyent mis les fondcmens de leur Eghnbsp;fe,fans regarder à la côfequence de ce quilsnbsp;entreprenoyent, ne poifer linconuenient a-uenu à ceu x dAmboyfe, iugerent le templenbsp;des Cordeliers eftre propre pour faire leursnbsp;Dieu fe predicatioiisiduquel ils fe faiîîrent aufsi toftgt;nbsp;lt;Lnos y firent prefeher publiqucmentjSfde plainnbsp;folin.nbsp;nbsp;nbsp;iour,au fon de la cloche;qui fut caufe de fai'
re venir gens de toutes parts, amp; du menu pn pulaire du plat pays vne infinitédefquels pr^nbsp;noyent merucilleuxgoiift à cede doctrine»nbsp;deteftans ouuerrement les abus defquels ihnbsp;auoyent efté fi longuement enforcelezgt;^nbsp;louans Dieu de leur auoir reuelé les fecreçsnbsp;de fa parole, amp; la vérité de fon fainôE Euagi'nbsp;le. De là en auant,afin quon ne leur oftaftnbsp;temple,ils logerét dedans les cloiftres, auernbsp;Mirabel amp; Quintcl, bon nombre de gentilsnbsp;hommes, amp; gens aguerris, fins toutcsfo'Snbsp;Elire aucun outrage ni molefte aux moynepnbsp;lefquels |X)ur certain cftoyenttraittez fip^'nbsp;fiblement amp;amiablement, quils defiroyennbsp;pourlaplufpartque cela continuaft,parnbsp;quils eftoyent bien aifes fans rien faire. Brenbsp;ccftoif
-ocr page 301-Sous François 11. ceftoit meriieillcs du peuple qui affluoitnbsp;auxpiefches. Car ils abordoyenc de fix, feptnbsp;amp; huit lie tie s à la ronde.
Ceux de Montelimard de leur cofté, cftâs fupportcz par Bouriac Senefchal de Valen-tinoisj duquel aufsi la iurifdiôtion seften-doit en la ville de Valence ,amp; es enuironsnbsp;t'our les cas Royaux,prindvenr courage,ayâsnbsp;orsvnmoyne nommé Temperte,qui pre-fchoitle carcfme en fon habir, amp; neâtmoinsnbsp;tenoit amp; cnfeignoit la doétrme des Euange-liqucs. Mais fi nelairterent-ilspourccla,denbsp;faire prefcher leur minirtre nômé Françoisnbsp;de faind Paul, grandement ertimé pour fonnbsp;falloir amp; erudition : amp; ce au paruis des Cordeliers.Enquoy iis furent fiiy fils amp;fburtenusnbsp;deplufieurs Seigneurs amp; gentilshommes,amp;nbsp;entre autres de ceux de Conips, de Mora-briin, des capitaines faint Auban, Condor-cet,Nocaze,Sezet,amp; autres.
Ceux de Romans aufsi firent le fembla- r mint fcle,eftans conduits amp; aidez des Seigneursnbsp;de Changy,amp; autres gentilshommes. Et firent prefcher au tcmpleTainél Romans, quinbsp;eftau plus haut de la ville.
En tous ces lieux durant les aflem blees y auoit bon nombre de gens armez pour lesnbsp;garder de furprife,amp; deîlre faccagez par lesnbsp;aduerfaires qui les menaflôyent. Sur ces entrefaites, voici arriucr les lettres de pardonnbsp;amp; dabolition, dont ci defiùs à efté faite men
T
-ocr page 302-o Hiftoire de France, tion, contre ceux qiion difoitauoir pris lesnbsp;armes pour la religion, amp; confpirécontrenbsp;Ia perfonne du Roy amp; fon eftat ,Iefqueliesnbsp;furent apportées par lvn des gens de Moulue Eucique ,amp; Seigneur temporel amp;fpiri-tuelde Valence,quifedifoit en cela gratifier fes peuples. Mais à la vérité ceftoit pournbsp;complaire au Duc de Guife, gouuerneurdcnbsp;Dauphiné, du tout forcené , de ce que ceuxnbsp;de fon gouuernement, defquels il attendoitnbsp;le plus de fecours amp; fupport, auenant quonnbsp;luyvouluft donner quelque venue,contrenbsp;toute efperance seftoyent déclarez eftre denbsp;la religion,amp; des premiers de tout le Roy*nbsp;aume.Etdevray,cefte pillule luy eftoit denbsp;dure digeftion.Car ilpenfoit bien auoir defnbsp;ia tenu la main fi roidc à exterminer telles gens defongouuernement,quil nynbsp;deuoit auoir aucun de relie,eu quoy fe voyatnbsp;fi çuidemment trompé , il en aceufoir pubH'nbsp;quement cell Euefque.Et de vray,ce nefto'^nbsp;fans quelque occafion. Car ceftuy-ci eftantnbsp;en fon Euefehé, selloitméfié de préfehefnbsp;contre lacouftume des Euefques de maintenant, amp; faifoit comme vn meflinge desnbsp;deux doólrinesjblafmantouuertement ph*'nbsp;fieurs abus de la Papaiité, qui faifoitnbsp;quil y en auoir plus quil nen difoit,amp; qn onbsp;prella plus facilemétlaurcille à lautrepartV'nbsp;Monluçdonc, voulant regagner lagracenbsp;ceux de Guife,amp; craîgnat de perdre fonE»^,
-ocr page 303-Sous François IL 1^1 cEc dvne façô on dautre,prom et faire mer-ucilles ,amp; de defcouiirirde grandes'chofes:nbsp;amp; de fait y cnnoyc le plus habile de fes gésnbsp;qui ny fit rien pour lors, linon quil redit lesnbsp;piégés que nous trionftrerons cy apres.
Le SeneTchal de Valentinois Bourjac, ayantreceu ces lettres de pardon vint à Valence, pour les faire publier en afl'emblee denbsp;ville, comme il luy eftoit mandé. Là fe tron-uerenttous ceux de la iufticc:Les Conluls amp;nbsp;les plus notables de la religion, aufsi bié.quenbsp;lOfficial amp; le clergé. Adonc Bourjac ayantnbsp;pris fon argument fur les patentes fur lanbsp;calamité du temps, commença par linuoca-tion du nom de Dieu, amp; à prier pour le'Roynbsp;amp;laconferuation defon eftat,le fnppliantnbsp;letter lil de fa cleirience fur luy amp; tout fonnbsp;peuple,notamment fur la compagnie là pre-fentc,à ce que chafeun sefuertuaft, apres a-uoir entendu la volonté de leur Roy amp; fbùnbsp;Uerain Seigneur à la bien amp; dili gerhment acnbsp;complir.Ce fait,ôc la leéture acheuee de cesnbsp;lcttres,il leur remonftra la grande bonté dunbsp;Roy en vne fi grande ieunefic,qui deuôirnbsp;donner occafion à fes peuples dtfperervnnbsp;bon traicàement à lauenir, puis quil auoitnbsp;efté mcH dvne fi grande compafsion, quenbsp;de vouloir pardonner amp; oublier toutes cesnbsp;chofes.voire quand niefincs on auroit con-
I fpiré contre fa perfonne amp; eftat, pourueu quils le reuelallént. Pourquoy faire il exhornbsp;T X
-ocr page 304-Hiftoire de France,' i toit chafeun de le venir trouuer en famai-fon,amp; aufsi que puis apres chafeun vefquiftnbsp;pailîblementjfans fc meffairc ou mefdire ennbsp;aucune maniéré. Puis fe retournât vers ceuïnbsp;de la religion,demâda sils entendoyentsaynbsp;der du benefice de ledit dudit Sieur. Surnbsp;quoy Mirabel prenant labarole,dit quel*nbsp;couftume des Eglifes reformées eftoit denbsp;prier Dieu,auant que rien entreprendrenbsp;faire. Parquoy eftât queftion de traitter d3'nbsp;faires de fi grande importance, il requerogt;rnbsp;cefte louable obfcruation leur cftre ainfip^*^nbsp;mife.Bouriac regardant les autres afsiftaflS)nbsp;leur dit : Mefsicurs , il ny à ccluy en ceft^
compagnie, comme iecroy ,qui ne treiiU^ cefte requefte equirable,attendu que tout^nbsp;chofes doyuent cftre faites en bon ordre gt;nbsp;auec linuocation du nom de Dieu, Scnbsp;iabefoin de recueillir les opinions furr^^nbsp;la.Surquoy seftant prefenté vn des citoy^*nbsp;de la ville,nommé Dcfaillans, diacre de 1nbsp;glife reformée , il commença la priere au*-^nbsp;vnc ardente afF.tftion, amp; la prononça ro'^nbsp;haut, ayans tous les Seigneurs le bonncrnbsp;poing, amp; les genoux en terre. A lex^nbsp;pic defqucls ceux de lEglife C.arho!i^nbsp;Romaine senclincrent aufsi, horsnbsp;Clergé qui demeura ferme fans fenbsp;noir. La prière achcuce (qui contenoquot;^nbsp;fomme vne fupplication à Dieu pour laf^nbsp;fperité du Roy,de fon cftat amp;: RoyainnC^^]
-ocr page 305-Sous François II. 195 fcrtiblc pour Iaccroiffcmcnt de lEuangilc,nbsp;amp; pour toutes les nccefsitez des autres c-ftatsdu Royaume ^lvn deux commença ànbsp;haut louer amp; trcshumblcment remercier lanbsp;bonté amp; bénignité du Roy,dauoir voulunbsp;en vne fi eranâe ieunefle donner repos à lEnbsp;glife de fi long temps perfecutee, fuppliansnbsp;Dieu leur faire la grace dene mettre iamaisnbsp;en oubli vn fi grand benefice, pour rcco-gnoilTance duquel, ils rendroyent à leutnbsp;Prince de plus en plus entière fuieftion Stnbsp;obeiffance. Mais quant à larticle de labolition pour Ceux qui auoyent conlj?icc contre faperfonne amp; c ft at, dau tant que cela nenbsp;leur touchoit en rien, ils ne sen vouloyentnbsp;aucunement aider: neftant. Dieu merci,nbsp;telle amp; fi laamp;he penfee iamais tombée ennbsp;leur entendement,croyans le mefme de tousnbsp;Ceux qui faifoyent profefsion de leur religion fondée fur la pure parole de Dieu, laquelle au contraire commande de porternbsp;tout honneur amp; route obeiflànce à leurs Seinbsp;gneurs,fupericursamp;Magiftrats,cncor quilsnbsp;mfl'entmcfchans amp; infidèles. Et pour le regard des armes par eux prifes, ce nauoit c-fté pour offenler, ou endommager aucun:nbsp;tuais feulement pour fe défendre contre lesnbsp;perfonnes priuecs, qui autrement les euf-fent peu outrager, cftans prefts toutesfois ânbsp;les mettre bas,amp; fi toft quil plairoit au Roynbsp;leur commander , voire de saller eux-
T î
-ocr page 306-194 Hiftoire deTrance, incfmes rendre prifoniiiers, au fimple com-'nbsp;mandement que luy ou autre Magiftvat leginbsp;time leuüKoudroit faire.
Ce faîtjVn Procureur de Valence, nommé Marquer,print la parole , amp;ditauoirte-nu huit ans le greffe de la ville, durant lel-quels ne seftoir pallé vne feule nuidtque le lendemain fes regiftres ne fiifent:remplisnbsp;de plaintes quon faifoità luftice des info*nbsp;lences que commetroyent les coureurs denbsp;pauc.en forte que nu Inofoit aller par la ville,quil ne fuft battu, volé amp; pillé, les mai-fons efchellces, les portes rompues, Hc icelles màifons faccagees, les filles amp; femmesnbsp;violées : Brefi que les effrangers y commet-toyent tant de mefehancerez , quil neftoitnbsp;loifible, la nuideftant venue, daller en fi-çon que ce foit vifitcr lvn lautre , pour quelnbsp;que grand afaire qui euftpeufuruenir. Maisnbsp;que depuis quil auoit plena Dieu allumernbsp;fa clarté en leur ville,par le moyen de la predication de fon faind Euangile , tout celaa-uoit prefquecefsé, comme sil fuft venu a-uec le changement de dodrine , changement de vie.'^^oy quil en fuft, nulle de ce$nbsp;violences ne seftoit cxercee par aucun de gt;nbsp;ceux qui faifoyent profefsion de lEuangb ¦nbsp;-le,amp; qui seftoyenr rengez à la difeiplin® gt;nbsp;Ecclefiaftiquc, dequoy il vouloir refpondrenbsp;' fiir fa vie: combien quil ncuft aucunementnbsp;tenu à quelques vns(les principaux defqueh
-ocr page 307-Sous François II. 19$ eftoyent là preftris) de leur faire perdre pa-
ticnce par vne infinité diniures proférées deiouramp;denuiôt: voiretnefines iufques ànbsp;auoir attenté en leurs perfonnes amp; biens. Cenbsp;que toutesfois ils auoyent enduré paifible-«nbsp;ment pour lamour de Dieu, amp; pour le défitnbsp;de nourrir paix. Bref, apres auoir fbmménbsp;tous les autres de parler, sils auoyent à direnbsp;quelque chofe aucontraire,amp;tous cftans de-incurez muets, il cômenqa à les blafmer grâ-denient, de ce quils les diffamoyent en derriere par toutes fortes daceufations forgées ànbsp;plaifitjamp;nauoycnt rien à dire en leur pre-fence. Voila quelle fut liflue de cefte aflem-Wee. Ccsnouuelles paruenues au Duc denbsp;Guife, voyâtquc le Dauphiné prenoit gouftnbsp;de plus en plus à cefte dotlrinc,fa colere redoubla grandemét, voire amp; furmonta tclle-^nbsp;tient fa raifon, quil rcfolutlcur courir fus.nbsp;Comme à fes ennemis mortels, .S: qui auoyctnbsp;lutclligécc fecrette aucc ceux qui les eftoyétnbsp;Venus trouuer à Amboyfe. Et dautât quil conbsp;gnoifioit Clermont licutenât du Roy en fon
nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nF
coam (carileftoitparent de Diane ) cftima 9''il anoit quelque communication aucc fes
-ocr page 308-i/
19^ Hiftoire de France, ennemis » ou à tout le moins quil ne feroitnbsp;propre à execurerfes defleins îiir eux. Par-quoy il efcriuit amp; dôna toute charge à Mau-giron,tant pout le cognoiftre homme violet«nbsp;que pource quil seftoit rendu de fes plusaf-feôtionnez feruiteurs, fuiuant la faneur de lanbsp;cour,amp; declairé ehnemy moitel de celle do-ôlrine, comme saccordant fort mal auec lanbsp;vie diflolue quil menoit. Celluv-ci donca-yant commandement de faire entendre aUnbsp;Duc dé Guife la vraye caufe de ces efmeutes»nbsp;amp; cependant de lener gens pour faccagernbsp;mettre tous ceux de la religion de ce pays lanbsp;à feu amp; à fang,commença a tedre fe» gluaux«nbsp;amp; à pratiquer tous fes amis, cfperant dy f»*'nbsp;re de fi bôsfèruices quil empieretoit la charge de Clermont, lequel pendant ces noU-Ueautez auoit enuoyé le Sieur de Vinaynbsp;Romans, amp; dautres gétils hommes de qualité aux autres villes « afin de tenir toutesnbsp;chofes en paix.
pareillementvoguoiten lanie^ viaycouv- des courtilàns, afindauoir part au gafteaU,nbsp;tifan. ayant entendu la charge de Maugiron fof*nbsp;grandamy amp; familier,amp;eu de luylcmotdunbsp;guetjfceut fi bien fc transformer,quil iouoitnbsp;trois perfonnages. Carfaignant dvn coftenbsp;tenir le party de ceux de la religion « il auoûnbsp;acquis telle priuauté amp;familiarité enuers lesnbsp;principaux détrcux,quil fauoit toutes leursnbsp;entreprifes Sc deliberationszmcfmes il auoit
-ocr page 309-Sous François IL 197 Je fes feruiteurs fuyuäs les aiïcm blees amp; ex-Horcationsdes vns de bône aftcdlion, les ailles pour efpier ce qui fe faifoir amp; difoit.nbsp;Dautrepart il alloit amp; venoit deçà amp; delànbsp;deuers les autres,pour les efmouuoir à fedi,nbsp;tion,amp; à prendre les armes,conuiant les pontes fous lefperâcc de gain,amp;les riches pournbsp;acquérir hóneur amp; reputation, en fe déclarâtnbsp;ennemis de cefte religion.Durant ces négoces, il parloir fouuent amp; familièrement an cenbsp;Mirabel amp; les furucillans delEglifedc Valence, amp; tenant langage à chacun,felon leurnbsp;liumeur,les pailToit tous defperance; amp; leurnbsp;faifoit croire que ces allées amp; venues nc-ftoyent que pour vnir les deux religions, amp;nbsp;maintenir la paix publique, felonie deuoirnbsp;dvn bon feruiteur,amp; la charge qui luy eftoitnbsp;donnée, comme aufsi il les aflêuroit linten-don du Roy eftre telle. Maugiron auerti de voih Jenbsp;toutes ces chofes par Vinay , amp; des troublesnbsp;«T-/*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/- pntdesc»,.
«diuiuons qui eltoyent, Scquil auoit le-thoiique« mecs êSc entretenues entre ceux de lEglife Romauu.nbsp;de Valence,commenca à bien efperer de feçnbsp;afaires.Et les ayant fait fauoir àceux de Gui-fe,vintàLion,lcuertous les rufhés, pipeurs,nbsp;coureurs depauéamp;coupe-gorges, quil fienbsp;defeédre à Vienne,pour les ioindre auec pareille racaille de voleurs 8c mauuais garçonsnbsp;de Dauphiné, qui faifoyent nombre de troisnbsp;à quatre cens hommes. Et de 1 à par batteau Xnbsp;arriua à Valencc, deux heures deuant iour,
-ocr page 310-x^8 Hiftoire de France,
oui! fiitreceu des Confiils amp; de ceux de Ic-glife Romaine fachans fa venue , amp; qui sc-ftoyenc appreftez,ayas retiré à Sainéle Apollinaire route leur artillerie,poudres amp;muni-tionsjpar ladrcilè amp; diligéce de Vinay. Leut deliberation fut daller fiirptédre ceux de Ianbsp;religion , quand ils feroycnt au fermon, afinnbsp;quils neuffent aucun nioyé de fe défendre.nbsp;Mais quand ils fc virent defcouuertsamp;quenbsp;chacun deux fe préparant au combat fe reti-roit aux Cordeliers,poureftre côduitsparMinbsp;rabel/^inrel les autres gens de guerre lanbsp;logez, ils eurét belle peur. Car ces canailles»nbsp;qui ne fe bazardent pas volontiers à leur de-fauentage, auanr que fortir de leur tannicre,nbsp;auoyent eu promefle amp; afièurace de trouuctnbsp;la nappe mife, de butiner, amp; paillarder : no®nbsp;pas entédu quil leur fallut combatte en ce-fte façon. Farquoy voyans les chofes autrement préparées, ils faifoyentmauiiaifeniin®nbsp;de mordre. Dautrepart, toute ceftetroupcnbsp;fauoit quils alloyent afl'aillir des gens bic®nbsp;délibérez à fe defendre : comme pour 1®®nbsp;chofes les plus precieufes, alâuoir pourle®^nbsp;religion, leur liberté,leur vie,amp; leurs bienSnbsp;amp; pour la defence de leurs femmes amp;nbsp;fins. Et pourtant chacun regardoit lapo^'nbsp;te, amp;euft voulu eftre hors lenclos desnbsp;raillcs,afin de gaignerau pied. Adoncnbsp;giron confiderant que fi fon premier
-ocr page 311-Sous François J I.
auoit telle iffuejl fe verrolt eflongne de toutes fes'grandeurs imaginées^ Ce fouue-nant des mentes de Vinay , amp; de la bonne cfpcrancc quil liiy auoit donnée de trouucrnbsp;les chefs ployables trairables, délibéranbsp;daller (onder le guay , auanr que faire ftnbsp;honteufe retraite, amp; deflayer sil pourroicnbsp;départir les gens de guerre qui eftoyent auxnbsp;Cordeliers, amp; les enuoyer fous belles amp; grxnbsp;ticiifes paroles, pour cheuir aifement puisnbsp;^presde ceux de la ville, ayant lartillerie ànbsp;Idn commandement. Il print donc quinzenbsp;feize gentils-hommes de fa compagnie»nbsp;Ueclefpee amp; la dague feulement,amp; sacheminant vers les Cordeliers ^demandainbsp;P^deméter auec les principaux dentre ceuxnbsp;la religion. Mirabcl,Qu intel amp; quelquesnbsp;^ütresseftans preft:ntez,Maugiron leurde-^nbsp;Jhita eftrc là venu de la part du Roy pournbsp;^üoir qui les auoit meus à prendre les ar-''es,amp;àquiilscnvouloycnt. Ils refpondi-ne seftre aucunement armez contrenbsp;^cur Prince : mais feulement pour fe tenirnbsp;it leurs gardes , dautant quils fauoyentnbsp;tur religion eftre odieufe, amp; que Ion fai-des entreprifes fccretres, pour les fac-, fans seftre enquis de leur bonnenbsp;mauuaife caufe , encore quils neuf-Telle eôUnbsp;CRt meffait ny mefdit à perfonne. Lorsnbsp;^*ugiron répliqua que sils nauoycntpris
-ocr page 312-300 Hidoire de France, les armes pour autre fin, ils lespoinioyétnbsp;mettre bas amp; les quitterjeuriurantfurfa vienbsp;amp;fon honneur,que pour raifon de la religiOnbsp;il ne leur leroit fait aucun tort ne defplaififnbsp;Que le Roy vouloir amp; entendoit quils fenbsp;peufient aflèmbler 8c faire prefeher lEuan*nbsp;gile tant quils voudroyeut, pourueu q«lj?nbsp;ne portafl'ent les armes qui luy eftoycntfuf*nbsp;peÀes, à loccafion des entreprifes 8c eCmOquot;nbsp;rions tout fraifehement furuenucs àAmboy-fe. Etquant àmoy,difoitMaugiron,enceânbsp;propres termes, afin que foyez plus aflèureZnbsp;de maperfonne, amp;de la bonne volonté qU®nbsp;ie porte à ceux de voftre religion,ie vous itl*nbsp;re amp; attefte, que vous nauezvn meilleur a-my que moy,amp; que ie porte fipeu de relpe^nbsp;à ce bçugre de Pape, que ie voudrois quunbsp;fuftenquouc auec monlcurier. Finalem^'*nbsp;apres auoir tiré à part Mirabel 8c Quintel,nbsp;eu quelque propos enfemble,ilsen retournanbsp;à fa troupe, amp; dautrepart ceux qui auoyerti:nbsp;parlemenré,ayans rroufiè bagagc,fe retirereznbsp;auec tous les gés de guerre,lvn deçà amp; lai*'nbsp;tre delà,(ans dire à Dieu,ny auoir fait dôneïnbsp;aucune feureté aux Citadins, lefquels vova*nbsp;ces chofes perdirent courage 8c safiéurauSnbsp;fur la promefiê de Mau giron, quittèrentnbsp;armes. Mais ils ne furent pluftoft feparezlt;^nbsp;defarmcz,quc Maugiron amp;fa troupe fe faifi'nbsp;rent des portes amp; places de laville,enfenibknbsp;des armes de ceux de la religion, amp; du pb
* leg®f
-ocr page 313-Sous François IL 301 leger amp; meilleur de leurs meubles quilsnbsp;biitineréc,comme li on eu ft pris la ville daf-faut. Les miniftres qui eftoyent feulemét ar-riucz deux ou trois iours auparauanr, furentnbsp;mis prifonniers, les prifons remplies desnbsp;plus riches de la religion: on pilla leurs mai-fons5amp; Rirent rançonnez à argent fous pro-mclTedeles deliurer, amp; mettre en liberté.nbsp;Mais quand Maugiron eut tiré deux ce quilnbsp;en peut arracher, il sen moqua, amp; les laiftanbsp;là. Il exigea aufsi argent des gens dEglifc,nbsp;quils appelent, amp;en general de ceux de lanbsp;religion Romaine: pour payer,comme il di-foitlafoldedefcsgens. Mais ils auoyentiinbsp;bien rempli leurs bouges , que cela luy pou-uoit bien demcurer,aufsi luy fit-ilgrand bié:nbsp;car il en auoit grand befoin. Cependant lenbsp;Duc de Guife ne perdit nulle otcaliô de luynbsp;enuoyerrenfornearil fitdefcendre feize en-feignes de gens de pied du Piedmont desnbsp;vieilles bandes,amp; y en enuoya des nouucllesnbsp;en leur lieu. Semblablement Tauannes fonnbsp;fauorit,y fut enuoyé pour chefauec là compagnie de gens darmes, amp; celles de Clermont,du Prince de Salerne, amp; autres: qui fitnbsp;que les gentils hommes qui faifoyent pref-cher à Romans, amp; à Montelimard, craignâsnbsp;leur fureur,fe retirercnt,amp; pareillemét leursnbsp;miniftres amp; principaux, ayans charges auxnbsp;Eglifes. Truchon premier Prefidét de Grenoble, efclaue de la maifon de Guife,amp; fajft
-ocr page 314-jot, Hiftoire de France, de leur main , fentant les forces approchernbsp;pour leur faneur, vint à Valéceacompagncnbsp;de ceux du Parlement quil iugea plus propres pour cóplaire à fes maiftres, afauoir 1ernbsp;Côfeillers RinardjPonce,Laubepin,du Va-chCjRortain 6i: Believrc,auec du Bourrel ditnbsp;Ponfenas aduocat du Roy,pour faire procèsnbsp;aux prifonniers. Paflântpar Romîs,parlaide amp;inftigation de Vinay , furent pris foi-xatc des principaux amp; mis es priions de lac*nbsp;quemard. Bilans tous arriuez, 8c mis en be-
lt;ie?pius rent au deuant en armes, amp; auec bon eqidp-auifez que page I dcfqucls il cut ziand peur, car eftanr tes enftnsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i . J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Jelumie- InrpriSjo U attendoit rien moins, que d ciwy t*« taillé en pieces, veu le traitement quil aiio*-fait à leurs voilîns. T otites fois ne fâchât qo®nbsp;deuenir, il retourna à fon artifice premier»nbsp;pour les endormir de belles piiroles.Er pourtant alla droit à eux, acompagne de quatrenbsp;ou cinq gentils-hommes des plus apparentnbsp;de fa côpagnie. Il leur demada qui les moU'nbsp;uoit de prédre les armes, amp; sils ne vouloyetnbsp;pas obéir au Roy amp; à iullice. Ils refpôdirentnbsp;quils eftoyent treshumbles feruiteursde nbsp;Maiellé,amp; obeillàns à Itilliceimais ne fachasnbsp;sils elloycnr ennemis,ils atioyent pris les armes : au demeurant quils efloyét prefts d O'nbsp;beir, en leur monftrantqiti le mouuoit,nbsp;quelle cftoit fa charge amp; cômifsion.Sommegt;
-ocr page 315- Sous François IL 303 apres quil leur eut iuré ne vouloir autre chonbsp;fc que repaiftreamp;padèr outre, fans vouloirnbsp;attéter aucune çhole contre la ville, en general,ny en particulier,ils le laiflêrent entrer a-uec toute fa compagnie, amp; mirent les armesnbsp;bas'.tnaisilles traittapis encores que eeuxnbsp;dé Valence.Et voyât que ceux quil cctchoitnbsp;Seftoyent retirez, il faccagea les meilleuresnbsp;maifons,amp;noubliacelLe du Senefchal, furnbsp;lequel il auoit vne dentdc laift, ran!,onnantnbsp;iufques à fes feruantes. Puis eftat bien gouf-feilfe niocqua des Huguenots quieftoyentnbsp;fi crédules, amp; difoit qui 1 ne leur falloir tenirnbsp;nyfoy ny promclle.
Pédant que le Prefident T rochon pour-fiiiuoit ceux de Valéce, Monloc Euefque du lieu fut meu de quelque pitié amp; compafsionnbsp;de fes citoyés, apres auoir entédu qu'ils na-uoyét eu aucune communication ancc ceuxnbsp;dAmboyfe. Se voyant donc follicité de fesnbsp;plus priuez amis , qui luy difoyent, que-ftant confciller au priué confeil, âc ayantnbsp;autresfois tenu le parti de lEuangile,il nenbsp;poutroit euiter la note dinfamie, sil laif-foit fes fuietsau befoin, il fit tant quil obtint autres lettres de pardon amp; abolition.nbsp;Mais elles ne peorent arriuer ny eftre vérifiées au Parlement fi à temps, que les logesnbsp;t^euflent fait décapiter deux miniflres amp;¦ pc-dre trois des principaux de la ville, afaooirnbsp;I Marquer, dont a efte faite mention ci dell'us.
-ocr page 316-304 H ftoiredeFrancc,
le Chaftelain de Soyon, amp;: B lac hi er. Les mini ft res furet exccutez, en qualité dautheurs de fedition. Et leur furent pendus au col cesnbsp;titres, Voicy les chefs des rebelles. Laubepinnbsp;raporteur des proces, qui auoit faitprofefsionbsp;de leur doâ:rine,craignant que 11 lefdits mi-niftres faifoyent des reinonftrances au peuple, ils le pourroyentinduircà croire tout lenbsp;contraire de ce qui eftoit porté par leur fen-tcnce, attendu leur vie amp; couuerfition, amp;lanbsp;doftnnc par eux annoncée, amp;que à cefte oc-cafion Ce ponrroit cnfuiure quelque feditionnbsp;dangereufe pour eux ,remonftraàfcs compagnons quil les faloitbaillonner,aütremetnbsp;que la dernierecondition feroit pire que lanbsp;premiere. Ce qui fut trouué tresbon amp; ainlinbsp;execute.
Quant aux autres prifonniers,i!s fortircut par la porte doree, auec abiurations, fouets,nbsp;bannifremcns,amp; groflès amendes. Etdifoh*nbsp;on que ceftoit à qui mordroit le mieux Ht'nbsp;Preiident, des Confeillers, ou de lAduocatnbsp;du Roy,amp; quils,cuflèt fouhaité dauoir foO'nbsp;ucnt de telles commifsions. Et de vray,ceilnbsp;Aduocat iouoit àtoutesreftes.Car ayat quif'nbsp;télEuangile amp;vendutourfon bienpoura'nbsp;dicter eek eftat,il cerchoit de sen rembout'nbsp;fer au pris de fa confcience, fe côftituant emnbsp;nemi de ceux defqucls il seftoit ia appropf*®nbsp;les biens parfantafie. Mais il neut loifod^nbsp;fc remplumer, eftapt preuenu dvnc mof^nbsp;eftrang®
-ocr page 317-Sous François II. 305 «dränge amp; efpouantable, comme il fera ditnbsp;çi apres.
Ces iuges ayans acheuéà Valence vin-drentàRomans, ou ils firent pendre deux hommes,afauoir Roberte, qui auoit logé lenbsp;miniftre, amp; Matthieu Rebours ,pour auoirnbsp;gardé le temple S.Romain auec vne arbale-fteamp; lefpee.lls eftoyent chargez par leursnbsp;procès dauoir fait confefsion de foy,detefté
la mefle,amp; nié que Dieu fe vouluft mettre es larainsdefi malheureufes gens queftoyentnbsp;les preftres , quon fauoit eftre paillards,nbsp;meurtriers amp; larrons ordinaires.On les me-
i^a de la prifon iufques à la place du fupplice fus vue claYe,ayans fous eux du bois amp; de la »») */
fuftigé,difoic au bourreau, frappe mon amy, frappe bien fort,chaftie celle chair qui a efténbsp;tant rebelle à fon Dieu .seftimant au relienbsp;bien-heureux de fouffrir pour telle querelle.nbsp;Voyla en Comme ce qui auint de notable ennbsp;Dauphiné.Quant à laProuencedl faut quenbsp;it commence vn peu plus loin,pour plus facile Intelligence des occurréces de prufieursnbsp;chofes mémorables qui lors y furulndreiat.
-ocr page 318-30^ Hiftoire de France^ longuement fiiyui les guettes, seftans retirez en leur maifon qui eftau haut pays d«nbsp;Prouence, en la ville de Cafte lane, delireuxnbsp;de viure felon Dieu, auec quelques autres,nbsp;firent tant quils recouurerent vn miniftre.nbsp;Lequel venu en lanuier, toft apres,plufieiirsnbsp;perfonnages amp; de tous eftats saioignirentnbsp;a cefte allemblee, laquelle du commence-mctfefaifoitlanuiôt chez lefdits Mouuans.nbsp;Et combien que lhyuerfuftdut amp;afpre,finbsp;J ne furent-ils retenus par les neiges
glas,ni autres difficultez, dy aborder de fort fen.
Le Carefme venu,ceux de Caftelane eurent pourprefeheur vn Cordelier à la grand manche,lequel ne pouuantfouffrirces af-femblees, les deteftoir par toutes fortes din-iures Sc aceufations calomnicufes , fiquelenbsp;populaire commença à murmurer à lencontre. Voire amp; dautant plus que leMiniftn^nbsp;luy ayant enuoyé certain eferit ou fa vienbsp;doélrine eftott déchiffrée, il sen plaignit ennbsp;plaine chaire,comme aufsi des menaces quenbsp;ildifoitluy eftre faites par vndes deux frères,afauoir Antoine. Ce qui irrita tellementnbsp;fes auditeurs', que fans enquérir du vray oUnbsp;du faux, leur recours fut aux armes, amp;^f'nbsp;fiegerent ledit Antoine auec cinq ou fix censnbsp;hommes .Paulon furcela vientau Parlementnbsp;dAix faire fa plainte, ce que les mutins fontnbsp;aufsi de leur part, ouils furent recueillis
-ocr page 319-L
Sous François IL 307 fouftenus de quelques confeillicrs qui a-oyent la dent fur ces gentilshommes . Sinbsp;«lue par leurs doléances, commidâires furétnbsp;enuoyez pour informer dvne part amp; dau-fte.Mais au lieu de ce faire, amp; tenir la balancedroite,o'n informa fimplement contre cesnbsp;fieux frétés du pur fait dnereiie, fans enttevx-aux voyes de fait.Ce que voyâr Paulôjamp; quenbsp;défia on auoit décerné aiournemét perfoncl,nbsp;d fe retira deuers le Roy Héri,encores viuâr,nbsp;duquel il obtint aifement euocatiô de leursnbsp;egoees au parlement de Grenoble, en c-onfinbsp;deration de leurs feruices. Laquelle lignifiéenbsp;^uparlementdAix, ils firent tant enuers lenbsp;Cardinal de Lorraine quils eurer lettres dunbsp;cachet,par lefquelleslcur eft madé ne fe def-ûifir du proces. Cefte matière ainli efgarcenbsp;Cotre toute équité, fit que lefdits de Mouuâsnbsp;ptindrer le frein aux dcts,ioint que les Euâgenbsp;l'qiiesdediuers lieux de Prouence, lefquelsnbsp;Itfenroyent parcillemét oppreflèz dvne infinbsp;^itc diniuftices, leur baillcrêr force memoires amp; inll:ruftions,contenans vne infinité denbsp;coneufsions, larrecins, amp; crimes enormes conbsp;rnis par leurs aduerfaires du parlemét.En fornbsp;fe que pour arrefter le cours de leur ryrânic,nbsp;dscôclurent de faire vne bourfe commune,nbsp;pour les pourfuyure deuat leRoy.Pour ce fainbsp;reiourfut afsigné en la ville dcDraguignan.
En ce mefme temps,Antoine fut pourfuy-dentrer en voye daccord auec ceux de
V B
-ocr page 320-5o8 Hiftoire (Je France, Caftelapé, 5c pour ce faire fe trouueraFuy^nbsp;eufe,à la requcfte de fes plus proches parensnbsp;amp;grâds amis »lequel cognoiflànt que ceftoitnbsp;fon chemin pour aller trouuer les autres synbsp;achemina. Mais nayant trouué les moyen'nbsp;peurs qui ly auoyent conuié, il alla couchernbsp;audit Draguignan. Ou ilnefuftpluftoftainnbsp;ué que les pens enfans de la ville (efmeitsnbsp;ce de ces bons folliciteursjplus de trois jn»nbsp;perfonnes curent en moins de rien enuiron-né fon logis. Antoine voyant quil ne fepoj*nbsp;uoitfauuer, vfatoutesfois de telle 8c h vaihnbsp;lante refiftance» que les mutins recoururentnbsp;au Viguier de la ville »entre les mains dû'nbsp;tenue»quil ne fuft tné en fes mains » amp;nbsp;rent en fon corps de tantdinhumaniteznbsp;cruautez quil eft impofsible les defctire.E'nbsp;tre autres chofes par trop barbares,fesnbsp;trailles luy furent arrachées du ventre, tra*'nbsp;nees par la ville » puis iettees daps les foh^^nbsp;dicelle, en ynlieu le plus puant amp; inft^-Son cur amp; fon foye furent départis, enbsp;planchez dans des baftons,amp; portez pnr'nbsp;yillc comme en triomphe. Bref» leur ragnbsp;fut fi desbordee que lvil deux prefenta
pîorceau de ce foye à fon chien » auquel r**, troui'^
Sous François II. 30^ plus dhumanité quaux homes. Carnbsp;^tefufa, amp; sen allant hóteux, fon maiftrenbsp; Utiit âpres,amp; dit en iurant amp; reniantDieu,nbsp;5^ois-tu aufsi bien Luthérien que Mou-^^5? Le Parlemét requis par Paalon de luynbsp;iuftice dvn fi enorme Ät dctcftable crinbsp;gt;enuoye à Draguignan les Cotifeilliers,nbsp;lifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iûôtis ,Si Efprit Vitalis, lefquels au
. den informer , enquirent de fa vie,
amp; conucrfatioti, amp; non des meur-corps le firent duirc par les afiâfsineurs mefmes, auecnbsp;lifi fiit pris en fa compagnie, nomménbsp;iufqùes aux prifons dAix, amp; leurnbsp;^nnerentfalaire.Quiphis eft,lvndecesnbsp;aigrement ceux de Ca-^Csqui eftoyent venus depofcrcontre lénbsp;difant: Allez , allez canailles , on anbsp;vieil,pourquoy ne tuez-vous le ieunbsp;valez rien, amp; monftrez bien na-courage. Tuez, tuez toute cellenbsp;^'le de Luthériens.
Lpeijplc qui de foy neft que trop bouil Cç acharné, fe fentant encouragé parnbsp;le deuoyent retcnir,deuinfnbsp;orgueilleux que rien plus. Et nayâsnbsp;attraper Paulon, fuerent grand nombrenbsp;gens, fans que aucune punition nenbsp;kj'l?^don en full faite, en forte que tou-Vq ] eftoyent licites à ces infi;nfez.
leftat auquel eftoyent les afaires dtv
V 3
-ocr page 322-310 Hiftoire de France,
iciine Mouuans, lors que Ie Roy Henri de-* ceda. Ne pouiiant done aiioir iiiftice de 1ounbsp;trage fait à fon frere, amp; fe voyant dautre-part tellement pourfuyui par ceux de fonnbsp;pays, quil luy faloittoufionrs entretenirgesnbsp;pour fa garde: voici arriuer de la ville denbsp;Nantes le Capitaine Chafteauneuf,qui a.'nbsp;uoit charge de par la Renaudieamp; fesconi-pagnonsjdallembler les Eglifes de Prouen-ce,pourauiferqui on enuoyeroità lexet^'nbsp;tion de Ientreprifc dAmboyfe,amp;àquionbsp;bailleroit la charge de tout códuire au pay^nbsp;aliénant quil faluft prefeher publiquement-Le lieu afsigné a Merindol, les députez denbsp;foixanre Eglifes de Prouence, (car autantnbsp;sy en trouua lors ) sy trouuercnt,oulcd*^nbsp;Mquuans fut efleu dvn commun accord nbsp;confentement pour chef amp; condudeur n®nbsp;leurs gens de guerre. Ce quayant acceptednbsp;vfa dincroyable diligence, allant par tontenbsp;lefdites Eglifes fauoir le nombre dhommenbsp;de combat, dcfquels on fe pourroitaifeure^nbsp;aliénant la necefsité, amp; y en trouua dennbsp;mil, qui auoyent bon moyen de femonte^nbsp;armer, amp; entretenir, outre les geentilshoi^^nbsp;mes amp; foldats voulontaires , qui eftoyenbsp;aiifsi en grand nombre. Ayant donc depnnbsp;fes forces par compagnies, amp; a icelles p^y^^nbsp;ueu de chefs,amp; toutes chofes necelfahenbsp;Ion le temps amp;la commodité,leteæp^^^nbsp;la fufditc execution entreprife pnt
-ocr page 323-Sous François II. 3ïi naudie sapprocha : qui luy fit alTembler lesnbsp;principaux,qui kiy auoycnt efté baillez pournbsp;confeil, lefquels conclurent enfcmble oen-tterdanslavilledAixjaucc le plus grandnbsp;nombre de gens quils pourroyennamp;dy faite prefcher publiquemct. Ils y efloyét côuieznbsp;parceuxdelEglifedulieUjcftimâs quà leurnbsp;imitation, les autres villesprendroyent plusnbsp;bitdiment courage, amp; ainn qneftans decla-mz tous en vn mefmc téps, le Roy cognoif-lantle grand nombre de fes fuiets fuyure celle doftrinc, feroit facilement efmeu à leurnbsp;«lonner quelque relafche amp; eftat paifible,nbsp;pluftoft que dencliner à la pafsion defmefu-de ceux de Guife, qui ne demandoyentnbsp;Hne faire toutbagnev en fang.Ie ne doute p^snbsp;^ne Mouuans ne fuft bien aife de cefte refo-mtion,pour lefperance dauoir iufticc desnbsp;Meurtriers de fon frere,amp;dc tat dindigniteznbsp;pMt luy rcceiics, amp; aufsi pour y faire enterrernbsp;mort que Ion detenoit aux prifons, en at-^ndantque le iugement difftnitif fuft doncnbsp;'Contre luy,pour confifquer fon bic. Ce q^uilsnbsp; ^uoyent encor ofe frire, craignans celuynbsp;^nils euflent dcfirc tenir compagnie à fon
Car ils fauoycnt en quel crédit amp; au-motité il cftoit entre ceux de fa religion.
exécuter cefte entreprife, Mouuans fe en campagne ,toutesfois fccrettement,nbsp;'^aueevn rendezvous àfes gens,lefquelsnbsp;V firent faute. Mais quand ce vint au
V 4
-ocr page 324-511 Hiftoire de France, faitljccvix de dedans qui auoyent promis (é'nbsp;faifir dvne des portes de la ville, laignerentnbsp;du nez, luy eftant à trois ou quatre lieues denbsp;là, en forte, queftant dcfcouuert des aducf-faires , le Parlement faifi de merueilleufenbsp;crainte,enuoya en toute diligence àMarfcil-les, deuers le Conte de Tande, gouuerneurnbsp;amp; lieutenàt general pour le Roy en Proiien-cc, amp; vers le Baron de la garde, autrementnbsp;nomme le Capitaine Poulin, pour auoirfe*nbsp;cours. Ceux dArles firent de mefme,aiiecl»nbsp;plnfpart de la noblefic, amp; donnèrent finbsp;ordre à contenir le peuple de leur ville, qticnbsp;les fufpeôls qui mettoyent Mouuaris en be-fongne,furent contrains le contreinander^tnbsp;lé retirer de la ville, pour la crainte des for'nbsp;Wouuans, CCS qui fe preparoyent. Mouuans ayant,pîf-'
aine mci'- amp; fe fentant defoouuert, ne fe voulut retirée uciilciifc-(fans quelque exploit memorable. Parquoy»nbsp;il fo mit coiuir le plat pays, amp; à abbatretoUnbsp;tes les images des temples ; En quoy il auin^nbsp;vnc chofe qui efl: grandement à confideret»nbsp;afauoir la bonne reigle amp; difeipline qui 1°^^nbsp;eftoit entre fes gens de guerre, no jamais afnbsp;. parauant, nv depuis entendue nv pratiqi**^^:
-ocr page 325-Sous François ÎI. 515 Jesqiiitances riere luy . Le pareil fut fait denbsp;tous les ornemens de la Mede, choie efmer-ueillable en ceux de cefte nation, qui ont a-couftumé de fe monftrer les plus infolens denbsp;tous les gens de guerre François. Mais Ionnbsp;attribtKiit celaàce quils cftoyent tous domiciliez amp; recognus de leurs chefs par nom Scnbsp;furnom. Aufsi que sils en eulfent autrementnbsp;vfé, il eftoit dit par leur chef, quon les feroitnbsp;mourir, ou que retournez chez eux, ils fe-toyét excommuniez en leur Eglife, amp; liüreznbsp;au Magiftrat.Ce bon ordre na pas toufioursnbsp;duré.
Sut ces entrefaites,le Conte de Tandc af-fembla lavriereban, amp; toutes les forces quil àvn capi* peut promptemét recouurer,lcfquelles ioin- lentes aucc fa compagnie de gensdarmes,mô- aenJto«nbsp;tcïét plus de fix mil-hommes, aucc lefqnels entembU.nbsp;ilvmt trouver MoUuâs,lors appelcpar ceuxnbsp;de lEghfe de Cifteron,pour les remettre dasnbsp;leur ville, quileur auoit efté fermee apresnbsp;quils enÉttent fortis , pour aller au fermon,nbsp;qui fe faifoit là auprès . Mouuans, qui n a-üoitpas plus de quatre à cinq cens hommes,nbsp;te fentant pourfuiuy de fv grandes forces, nenbsp;Voulut fe bazarder daller afsieger vne ville, amp; en ce faifant auoir à combatte len-uemy douze fois plus fort que luy. Dautre-partil ne pouuoit feurement départir amp; renvoyer tes gens, fans les mettre en trop eui-demdanger,ebâs tous lemarquex. Car fans
-ocr page 326-514 Hiftoire de France,
doute, on les eufttous executez à la morti leur arriuee chez eux gt; ou bien tuez amp; facca-gez par les chemins . Parquoy il le retira ennbsp;bataille rcngee, amp; fe fortifia au mieux quilnbsp;peur au haut pays, en labbaye Sainéf Andre,
afsifc au_cojapet dvne montagne,en lieiiou
il ne pouuoit cftre commandé: amp; y fit mener viures de toutes les autres abbayes, priorcïnbsp;8c benefices là prochains,!! qué peu de ioutsnbsp;il en eut bonne quantité, en forte quil deli'nbsp;beta V attendre des nouuelles de la Renaii'nbsp;die,amp;: de fouftenir Iafiant de lenncmy sil/
le Conte abordoit.Lc Conte de Tande ayant entend^
dif- retraite,sy achcmina.Dcquoy Moiiui cutcapi- auerri, laifi'a quelque petite garnifon dansnbsp;labbaye, 8c lalla affronter dvne telle aU'nbsp;greffe amp; anêurance,côbicn quil neuft qu'quot;nbsp;ne poignée de gés, que le Baron de la gard«»nbsp;Triiftrcs peftoit venu recognoiftre, sen retoiirn*nbsp;lontic^r haftiuement au Conte,luy rapporter quil a'nbsp;touats, noir trouué des gens merueilleufement rC'nbsp;folus au combat , amp; que malailément 1^^
Sous François IA. 315
nir aux mains. Parquoy il enuoya àMouuâs pour parlementer. Ce quil accorda. Lftantnbsp;arriué deuets luy aTny-cheminJe Conte luynbsp;demanda la caufe pour laquelle il auoitprisnbsp;les armes. Surquoy il cotnmen^^a à (c plaindre de la barbare 6c non ouye cruauté excrete contre feu Confrere luy, par ceux donbsp;Caftçlane amp; Draguignan »fous ombre de 1*nbsp;religion Cbreftienne,quils auoyent recede»nbsp;toute leur famille. A quoy tant sen fa-loit que la cour de Parlement euft dorané aucune prouifron, en retenant 6c cbaftiantlcsnbsp;meurtriers, que mefme elle auoit autborifenbsp;le meurtre, 6c tellement encouragé les mutins, quordinairement ils saffembloyent ànbsp;grandes troupes pour le tuer. Et dautantnbsp;miil tftoitbomme de guerre,plufieurs bonsnbsp;ioldats,facbans le danger auquel il eftoit denbsp;fiperfonnc,le feroyent volontairement venus acompagner, 6c lauoycnt fuyui comme par force , pour la bonne volonté quilsnbsp;luy portôyent, delibetez de mourir pluftojl
-ocr page 328-Hiftoirc de France, equitable,que non pas sil la faifoit luy-mc^*nbsp;me,Sur tour il fe plaignoit de liniquité amp;gt;*'nbsp;iufticc de ceux du parlement, amp; déclaranbsp;fautes amp; mefchancetez enorrnes, lefquellcsnbsp;il oifroit de prouuer amp; deüement verified'nbsp;Toutesfois ce qtiil eftoit approché dAi3lt;nbsp;neftoitpour aucùnmal, ne fous cfperancenbsp;de fafcherperfonne.Mais pourcc quil efto*''nbsp;mal voulu deux, amp; quil auoit à faire là a«'nbsp;pres,fesamis nelauoyentvoulu abandon^nbsp;ner, ce que venu à la cognoiflaricede ph*'nbsp;fieurs autres,ils Kiuoyetîtfuyuiles preæief®nbsp;«le façon que le nombre feroit aefeu telnbsp;Ion pouuoit voir. Èt que dautant queùxnbsp;luyfaifoyenttous profefsion de la purenbsp;ligion amp;Chreftienne,iI faloit pour neftj^nbsp;fins religion,quils eüflcnt la predication d®nbsp;la pure parole de Dieu, ce quauoyent veilnbsp;pourroyenttefmoigner ceux ou il eftoitpabnbsp;le-.aufquels aufsi il te rcmettoit sil auoit pt^nbsp;deux la valeur dvn denier fans payer, noOnbsp;de gré à gré feulement, mais au double.nbsp;Conte luy dit, quil luy feroit faire iuftice d®nbsp;loutrage par luy receü, amp; de la mort ignO*nbsp;minieufo commife en lapcrfonne defon ft^'nbsp;re, en forte quil feroit content pour ce r^'nbsp;gard. iHuy rendit aufsi tefmoignage de nbsp;quil difoit nauoir offénlè aucun, ne pris diJnbsp;bien dautruy. Mais il trouuoit bien eftràg^.nbsp;que pour la feuteté de fa perfonne, il eu ftnbsp;de gens auprès de foy, qui donnoyent occa^
-ocr page 329-Sous François II. 317 fionde péfer quil cftoir du nombre de ceuxnbsp;qui seftoyent efleuez à Amboyfe,nbsp;nbsp;nbsp;qui a-
Uoyent pris les armes contre la perfonne du K.oy,lbn authorjré,amp; cftat,lefommantdenbsp;declarer fi ceftoit pour cefte raifon la. Il iuranbsp;^afferma que cefte penfee de fe dreft'er contre le Roy J en forte quelconques, ne luy e-ftoit iamais venue en lentendement: ains aunbsp;contraire que tout ainfi quil auo it efté trel-bumble 8c treftoyal feruiteur du feu Roynbsp;Héry, aufsi leftoit il du R oy régnât, quil re-cognodîôitpourfon Prince amp;fouuerain fei-gueur. Et tout ainil quil auoit fouuentesfoisnbsp;pxpoféfavieamp; les biens pour le feruice dudit feu feigneur, on le trouueroit roufioursnbsp;preft à faire le mefme pour fa maiefté, quadnbsp;elleluy feroit tant dhonneur que de lemployer amp; luy commander. Finalement apresnbsp;plufieurs autres propos ils capitulèrent amp; futnbsp;dit,que Mouuans fepouuoitretirer, enfein-Fle toute fa compagnie, feurcment amp; librenbsp;fans quil leur fuft fait aucun tortuenbsp;dcfplaifir. QLc pour fifeurcrc amp; defence,ilnbsp;pourroit retenir tel nombre quil cognoi-^roit necefiaire, aufquels amp; à toute fa famille il pourroit faire prefeher lEuangile, compte il auoit acouftumé, frns que pour ce oqnbsp;1 en peuft aucunement inquiéter. Et au reftenbsp;Sne ledit Sieur Conieprocureroit quon luynbsp;dftiuftice.Voila commentfe départirent lesnbsp;brees, apres auoir iurc dyne part amp;dautrc.
-ocr page 330-318 Hifloire de France,
de tenir laccord inuiolablement, amp; deC® baille inftrumcnt à chacun des chefs, que I®nbsp;Conte promit faire ratifier au Roy pour pin*nbsp;grande feureté. Ceft ade eft tel amp; fi geni;'nbsp;reux, que vrayement il doit recommantl^tnbsp;la mémoire de ce fimple gentilhomme,entr®nbsp;tous ceux de ce temps-la.
f
Ixempie Ce neantmoins Ie Baron de la garde an' ^eiifoy eien ennemi mortel decefte religion,ayantnbsp;MthoUque - nrafinni» .nn fnrrlAnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M®
le Baron de la garde an*
Romane'pt^tiqtié au facde Cabricres amp; rindol,quil ne leurfaloit garder la foy,vo''nbsp;lut derechef mettre en ieu larticle du Con'nbsp;cilc de Conftance.Ce que nayat peu obreiaitnbsp;du Conte de Tande , luy mefmes entrepi'^nbsp;daflaillir Mouuans en vn deftroit, amp; letan'nbsp;1er en pieces : ce quil eftimoit aile à caul®nbsp;quil auoit feparc fes forces,amp; nauoir retendnbsp;fiour fa garde que cinquante foldats,fiiyt^^nbsp;a permifsion dn Lieutenant du Roy-qui le mouuoit aufsi à ce faire cftoitnbsp;rentrer en la bonne grace de ceux de Gu'^nbsp;qui le tenoyentpour ennemi, dautantqo**nbsp;lauoyent defpouillc de leftat de genet^nbsp;des galleres, pour en vcftirlegrandnbsp;de France, lvn des fix frétés. Et de faitnbsp;cell homme euft elle tel que le prefiunoVfnbsp;ceux qui lauoyent fi honteufement del^tt'nbsp;çonne, il auoit bien moyen dauoirnbsp;uanche.Mais luy de fi balle hgnee,quanbsp;peine feait-on fon pere ny fa mere, amp;nbsp;core plus bas de cur, tel que tous
-ocr page 331-Sous François II. , 319 cognoiflbyent , «iii contraire tafchoir denbsp;^ire quon ne luy oftaft le demeuranr, ounbsp;nefines que pour vn fi bon feriiice il obrinftnbsp;Pw leur moyen quelque manière de recom-péft. Mai s quand Mouuâs en futaduerty ,ilnbsp;voulut aller loger au chafteau ou on lat-tendoit,ains ferepofalanuièbenvne grange: puis le matin venu, au lien de donner lanbsp;peine au Baron de laller charger,kiy mefmenbsp;contre toute efperancc luy alla au deuant,nbsp;de telle furie, quayant furpris les coureursnbsp;^nvn viHage , iltrouuala nappe mife pournbsp;gens dit Baron. Et seftant prefentéennbsp;canipagnc pour le combat,amena ce traiftrenbsp;telle raifon,que efpris de crainte,il demanda àparlementer, amp; fut derechef accordé Scnbsp;inré que chacun fe retireroit par fon chemin,nbsp;fans rien demander les vns aux autres : ennbsp;^uoy faifant il renonça au Concile de Con-ftance,dont il fut tellement puis apres mo-HUc du Conte, amp; de plulîeurs autres grandsnbsp;^¦'gneurs, quil fut long temps fans fe mon-ftrer.
l'^ouuans eftât en fa maifon, eut aduertif- i« Mou-^^nient de plufieurs endroits , quon luy bvaf ' fquot;', Oitdesentrepriles pour le faire mourir ,amp; meimes.nbsp;le Duc de Guiîe luy envouloit furtousnbsp;®^itres,pourauoir cfté le premier qui auoitnbsp;P^'s lacâpagne, amp; empefehéplufieurs de fesnbsp;dcdîcins, Parquoy il fiir cófeillc de fe retirernbsp;c Frâce,amp;: saller esbatre pour quelque téps.
-ocr page 332-510 Hiftoire de France,
Ce quil fit, amp; ne fut pluftoft arriué à Gene* iie,que le Duc de Guife ne luy enuoyaft vanbsp;homme pour eflàyerde le pratiquer, luy fai^nbsp;fant des plus belles promeflès du monde, tatnbsp;de bouche que pat efcrit,louant fcs vertus,nbsp;ladmirant fur tous les capitaines Argensdcnbsp;guerre Prouéçaux.Mais pour tout cela (vertu grandement rccommcdable) il ne fiitaii'nbsp;cunemçntefmeu,ains luy mada, que tandisnbsp;quil le cognoiftroit ennemi de fa religionbsp;du repos public, amp; quil occuperoit lenbsp;des Princes du fang, il fe pouuoitalfenr^^nbsp;dauoir vn ennemi en Mouuans.poureg^nbsp;til-hôme : mais qui auoit tel credit amp;nbsp;auec les bons lu iets amp;feruitcurs du Roynbsp;de la couronne amp; mailbn de France, fi,nbsp;cfioyét cinquante mil (doc il eftoit leino*nbsp;dre) qui employeroyent leurs vies amp;nbsp;pour luy faire amender, ce quil auoit conbsp;contre tant de bons fuiets amp; feruiteiirs ,nbsp;Maieftc.Etfe pouuoit tenir pourtournbsp;que tandis que lvn deux viuroit, ilnbsp;repos ne vie aficuree, ny pareillemcnrnbsp;fa race,puis quil auoit tant irrité la nonbsp;amp; le peuple de France. Ce quentendnbsp;ceux de Guife auec plufieurs femblab^nbsp;ucrtiHcmens, cela leur fit de plus pr^® ~ti(nbsp;à eux, amp; à iouer à quitte ou à doubla gt;nbsp;exterminer tous ceux de la religion,nbsp;ftoyét ainfi déclarez leurs ennemis n .ijlt;nbsp;Deuantees belles follicitations
-ocr page 333-Sous François*.IL 3x1 de Guife,amp; dcuant que Mouuans parti ft denbsp;ces quartiers, il receut lettres du Roy, amp; denbsp;laRoyne fa mere,que iayvfeiies,par lefquel nbsp;les ils le gratifioyent granderuent gt; commenbsp;Ivn des plus loyaux amp; affeckionnez fcrui-teuts de fa Maiefteduy promettans de gradsnbsp;Liensj amp;c confirmans 1accord du Comte denbsp;Tande, gouuerneur Sc lieutenant generalnbsp;dudit Sieur audit pays. Mais au mefmc infant il cur aduertiflemenr que ladite Damenbsp;auoit eferit à ceux du Parlement, quils cer-chaflent tons moyés de le faire tuer.Et queonbsp;quelque forte que ce fuft le pays en fiift def-etigc, comme aufside Chafteauneuf, ôrdc 'nbsp;certains autres capitaines , qui seftoyentnbsp;ttieflez de fes afaircs.
ladioufteray icy vn aéke memorable amp; Le fang lien certain qui aduint apres la mort du fre-te aifné de Mouuans. Ceft que deux denbsp;^eiix qui furent aufsi tuez par ceux de Ca-l^tlane apres ledit Mouuans, furent enter-tez au nuage de la riuiere qui y pafle. Ces . y ,nbsp;corps eftans defcouuers par la rauine des ?/»»»»?'**nbsp;^aux,demeurèrent plus de troîsmoTsfansnbsp;Ptendre corruption, encor quon leur euftnbsp;'changé de lieu. Ains furent trempans en v-tefoflèiufquesau mois de Mars, que lesnbsp;ttouppes de Mouuans les firent enterrer ho-forablement,amp; felô leurs ceremonies : fansnbsp;^^au parauant nul lofaft auoir entrepris,nbsp;pour les aguets des autres du lieu,qui les
X
-ocr page 334-3x2- Hiftoire de France, cardoyentainfiexprefTémêt comme chauf-fetrappes pour en lurprendre quelques vnsnbsp;de la Religion. Et tient-on pourtrefeert^**nbsp;(chofe admirable amp; autrement incroyable)nbsp;que les playes de lvn des corps fe trouuere[nbsp;au temps de leur derniere fepulturc auB*nbsp;fraifehes, amp; auec le fang aufsi vermeitnbsp;silscuirenteftéruez à lheure mefme. Annbsp;côtraircjon recite quvn Capitaine, lvn H«nbsp;gardiens de ces corps, ayant cfté tué dura^nbsp;ces troubles, ne demoura demi iour ennbsp;place,quil ne fuft tellement pourry amp; inl^nbsp;quon nen peut aucunement approcher:®*^nbsp;forte que les corbeaux amp; les chiens le n^^nbsp;gerent, auantque fes compagnôsy peuflenbsp;arriuer pour luy donner fepuïture. le pr®^*nbsp;fte icy deuant Dieu neferire rien de ce fa* Jnbsp;qui nait peu fe verifier par ceux du pay®..nbsp;grand nombre , de toutes les deux R®
Aftet dignes de Fiefttcs.
Quand les Preftres amp; Moines fe*-que Mouuans eftoit deflogé, ils reprir^'^^^ leine. Car on leur auoit fait croire q** *nbsp;cefleroit tant quil les euft tous exterm***nbsp;8£ quil alloir prédre en ce Royaume lenbsp;que tenoir en Allemagne le Marquis A ,nbsp;de Brandebourg. Eftimans doncqua**|nbsp;quil brifoit dimages,autant abbatroit-nbsp;leurs teftes, ils ne cefferentde crier ap*nbsp;populaire,amp; de lcfmouuoir tât quils 1^ jnbsp;fent mis en befongne, pour courir fu* P
-ocr page 335-Sous François IL 3x5 exterminer ceux de la Religion.Et vindtencnbsp;a tel effeft, que ceux qui eftoyent tant Rift.nbsp;peu fouptjonnez de la Religion, furent contraints fe retirer,amp; abandonner leurs villes,nbsp;ntaifôs amp; patrie,tât la fureur du peuple eftoitnbsp;embrafee amp; animee à les tuer amp; mafl'acrcr.
Ceux de Caftelane de lent part, ay ans eu crainte de Mouuans, amp; quil vouluft fe venger deux, enuoyerent deuers le Capitainenbsp;loulin fon ennemy, pour obtenir garni fonnbsp;tïb gouuerneur . A quoy il ne demoura laf-cKe ne pareffcux.Car pour auoir la vie ôc lesnbsp;Mens de Mouuans, il y fit ordonner vn Pre-ftre renié, nommé Caille, qui luy eftoit fortnbsp;deuotionné , amp; auecluy nombre dhommesnbsp;defefperezi lefquels nayans peu attrappci;nbsp;Mouuans, pafterent leur colete fur plufieursnbsp;de ta Religion quils mirent cruellement ànbsp;faortjfans tefpeéter aage,fexe, qualité ne dignité, amp; fans efpatgner aucun.
Les autres Prouinces fitrent au mefme temps grandement efmeucs à venir en auat, perfeçnbsp;ÄU lieu que ceux de Guife prefumoyent les teujscom«nbsp;auoir du tout eftonnees; nômément la N or-tnandie,en laquelle il y eut beaucoup d E- pour atti-glifcs qui sémancipèrent amp; senhardirentnbsp;iufques à ptefeher publiquement : mefme- de fapa-mét en la ville de Sainót Lo, Caen amp; Diep- roi=.nbsp;pe. Ce que fachans ceux de Rouen,voulu-rent faire le mefme, finon qu'ils firtent retenus par linftante prière daucuns Prefidens
X 1
-ocr page 336-32,4 Hiftoire Je France,
Ruft 4' Satä pournbsp;troublernbsp;l'Eglife denbsp;Rouennbsp;par ellenbsp;mrtine.
amp; Confeillcrs de Parlement qui les fauo' nïbyent amp; exhortoyct à fc porter plus coU'nbsp;uertement fans rien attenter de nouueaU-'nbsp;ainsi fe contenter de leur eftat paifible.nbsp;de vray la Cour pafl'oit fous coniuence leufSnbsp;aflètn blees, Sc neftoit aucun contraint dabnbsp;1er à la Mc/lcjne de rien faire contre fa con'nbsp;fcience. Mais Satan cnnemy de lapaixamp;d^nbsp;vérité,ne faillit pas de tenter vn autre moy^'nbsp;Eftantdoncarreftc par les miniftresnbsp;ciens de lEglife quils demeureroyent con'nbsp;cela ne peut auoir lieu en lendroit de qufbnbsp;Sues libertins amp; efprits fretillans, amateiit^nbsp;e nouueautez, qui pour leur mauiiaife vifnbsp;amp; conuetfation nauoyent cfté receiis nbsp;nombre de ceux qui seftoyent fubniisa*^nbsp;difeipline Eccleliaftique. Ayans doncttoU'nbsp;né foulierà leur pied,afauoirvn certainnbsp;ftre defcole de ce pays-la: leql pourfes tel'nbsp;uerics dereuclatios fantaftiques quil au®]nbsp;apprifesen la boutiquedes Anabaptiftcs,ay^nbsp;cfté chafté,premièrement de Gencuc,amp;P',^nbsp;de phifieurs autres Eglifes de Frace, seft®*'nbsp;retire à fon pailler,où il auoit acquis le bnn^nbsp;de bien inftituer les enfans en quatre Unbsp;gués tout à vne fois, amp; en peu de tempsgt;P^*^nbsp;certaines reigles cftranges amp; inconi^®nbsp;neantmoins tant certaines, comme il diio* gt;nbsp;quil promettoit den faire merucillc.Or conbsp;noiffoit-il le naturel facile des hommesnbsp;expérimentez, qui le faiibit parler plus
-ocr page 337-Sous François IL 3x5 au fimple populaire , lequel à ceftenbsp;Cfr J reccuoitcommevn oracle def-r ^uduciel. Brcf,il fe plaifoit rellemét ennbsp;ß V Pcculationsjamp; troinioir tât dautres auf-que luy, quon auoit grand peine ànbsp;^^tetiirceux qui le hantoyenr. Eftant doncnbsp; îfle de laiTeiublce de Rouen pour les rai-'^'sfufdûçj^au moins laCene luy eftant in-^'^litejà caufe de fes propoiitiôs hérétiques,nbsp;^Pourauoir fait des bandes de ceux quonnbsp;Vouloir nullement approuucr pour leursnbsp;desbordemens amp; difl'ohitions ) il conceutnbsp;inimitié mortelle contre les miniftres,difantnbsp;H^^ils portoyent enuie à fon fauoir, pour nynbsp;*uoiraucun deux qui en approchaft, amp; en-ftetenoit ainG fon credit auec ces Libertinsnbsp;^gens defefpercz.Aduint quil ouit le ventnbsp;de la refolution prife quon ne prefeheroitnbsp;publiquement. Parquoy ayant nouneau argument de calomnier, il sadrefle à fes compagnons ,amp; leur dit, quil y auoit à Rouennbsp;dhabiles miniftres amp;preftheurs fous la thenbsp;Winee, qui auoyent leur vie plus there quenbsp;le deuoir de leur charge , laquelle les aftrai-Snoitàpreftherpubliquement. Mais quantnbsp;à luy ,quilneftoit tel. Car G onlevouloitnbsp;fuyure,il eftoit preft daller prefther en plaine campagne, amp; de iour, ou il diroit chofesnbsp;nicrueiîleufes que Dieu luy auoit renelees.nbsp;Ces eftourdis le creurent facilement, amp; aillent de maifon en maifon aduertir leurs
-ocr page 338-Hiftoire de France, compàgïions, en forte que trois ounbsp;iours durantjil sy trouua grande afTemble«'nbsp;Car ceux de lEglife de Rouen qui faiioye^nbsp;quon auoit mis en deliberation de prefehe^nbsp;publiquement,eftimans quon euftchangénbsp;daduis,(îiyuirent la multitude, penfansnbsp;et fuflent leurs miniftres qui prefehaflenf'nbsp;Mais quand ils virent le galand,amp; entend*''nbsp;rent fes fonges amp; refucries,chafcun deux *nbsp;iotira.Entre autres chofes,il difoit lefpr** nbsp;Dieu luy auoir rcuelé, que lAntechrift i**'nbsp;roit ruiné amp; abbatu de fon fiege par fo*^nbsp;darmes.Que Dieu lauoit efleupourchet^nbsp;condudcurdelarmee: quil deftruiroit^nbsp;ofteroit tous les mefehans de la terre. Q*i,nbsp;auoit commandement expres de mettrenbsp;mort tous les mefehans Princes amp;nbsp;Magiftrats, amp; quil auoit pour certainnbsp;feuré refmoignage de fes reuelations,de **nbsp;mourir point quil neuft eftabli vnnaonnbsp;nouueau,amp; net de tout péché, exhortant p*nbsp;là vn chaeûn de prendre les armes,amp; ncnbsp;ftôner fi lentrcprifc dAmboife nauoit f**''nbsp;cédé. Car ils nelauoyentdaignéyapp^*^'nbsp;mais pour certain fes prédications ad«*®*^nbsp;droyent de bref. Ce difant, amp; fur chacun®^nbsp;ride, il faifoit vue infinité de trongncsnbsp;mines phantaftiqucs,bouchanr fes yeuX)O**nbsp;tirant la bouche grande, la telle renued*^.nbsp;puis fe courbant fur fa face fe laiflôitnbsp;amp; veaurroit par terre, efeumant comn*^
-ocr page 339-Sous François II. 317
verrat les yeux efraillez.Ec ce faiübir-il prin-cîpalement, quand il attendoit quelque re-uelation du ciel, en forte quil faifoit rire le monde comme vnbaftcleut. Toutcsfoisilnbsp;mufans à lapparence exterieure âe fa vie,nbsp;pluftoft quà examiner fadodrineamp;lacô-ferer à la vraye pierre de touche,qui font lesnbsp;fainétes Eferitures, demcurcrét fort opinia-ftres,amp;creurentdeiioiraduenir ce quila-woit prédit. Entre autres, deux freies fesnbsp;confins le receuoyent chez eux, apres auoirnbsp;Çfte chaiïe de toutes bonnes compagnies, amp;nbsp;maintenoyent de toute leur puiflâncc ; c-ftäns au furolus uens fimpics amp; de bône vie.
Ion où eftoit le Cardinal de Bourbon,dcauf-fi deuers Villebon, lieutenant du Roy en 1 abfcnce du Duc de Bouillon,pour les fairenbsp;^Çnir à Rouen, afin daduifer aux moyensnbsp;dempefeher cell enragé . Lequelprefehantnbsp;pleine camoapne lors de larriuce dudit
-ocr page 340-3x8 Hiftoire de France, fa compagnie de cinquante Iancesgt;amp;'autresnbsp;gens quil auoit leuez dailleurs pour empo'nbsp;cher les efmotions,enuoya quérir lenbsp;des nvirefchaux, amp; fans dire mot lenbsp;droiél au logis de cell Anabaptifte »pournbsp;prendre jcuidant à la vérité que ce fuftl *nbsp;des miniftres de lEglife. LcPreuoftquiu^nbsp;fon cofté fauorifoit les aflèmbleesjamp;ynbsp;fccrettement, amp; mefmes auoit retiré les u*nbsp;niftres en famaifon: craignît tou tes fois Ç'J,nbsp;ils en füllet fortis pour aller à la ville»M,^nbsp;les euft fiiyuis amp; efpiez entras en cellenbsp;fon, ne fauoit comment sy porter. Car ilnbsp;vouloir eftrc ny defcouuert, ny moins eneU^nbsp;res faire les captures. Cependant lenbsp;ftique voyant quon le cerchoitjpeidanti^^nbsp;zele, gagna vn grenier fort obfcur, lào^^^nbsp;liant fuy uy du Preuoll,il fe mit dansnbsp;carne nour paipner les milles ? A niiov .
Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3x5
SÓnitjfon proces iuy fur fait en quatre iourSj amp;afes deux confins, lefquels ilanoit tellement enyurez de fes faufiles perfuafions,quenbsp;ilslepenfoyéteftre immortel, ne les pou-noit-on deftourner de fes rcfucries. Maisnbsp;quand ils le virent brufler,amp; que fes reuela-tions alloyét en fumee, ils rcconurent quilsnbsp;auoyent cfté feduits Ôc deceits, amp; monftre-ïentvn grand figue de rcpentâce auant quenbsp;deftte pendus . Cefte condamnation eftoitnbsp;feulement pour leur opiniaftreté, 8c dauoirnbsp;^ogé ceft impofteur, mefmes de lauoir me-éamp;faitprefcher. Alors tout fig appai{c,amp;nbsp;le Roy aduerty de tout ce qui eftoit pafle.
Or puis que nous foinmes rcuenus à la P nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, I .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Tour»
'-our, nous reprendros nos dernieres erres, preferuce Ceux de Guifeayans opinion que ceux de æyneft-Tours leur auoyent efté adueriaires, amp; fa-ueiiuWcLnbsp;'¦orifè lentreprife dAmboifiè, mirent groflènbsp;garnifon àlentourde la ville,Scperliiade-^ent au Roy,quentre toutes les villes dunbsp;l^oyaume elle luy portoittrefmauuaifc affe-^ion, amp; que prefques route la iuftice fe ref-f^ntoit de cefte nouuelle dodrine, qui trou-poit ainfi leftat de fon R oyaume. Partantnbsp;uit-il conclud, que pour la chaftier, le Roynbsp;'toit faire là fon entree incontinent apresnbsp;afqiies : dequoy on les aduertit, pour tenirnbsp;ptefts les préparatifs. Cependant pour lesnbsp;^afrefthii-jon y enuoya vrvmoync renié, nô-Richelieu, aucc fa, compagnie de har-
-ocr page 342-330 Hiftoire de France, quebuzicrs à chenal, leiiez pour la nouuell®nbsp;garde du Roy, amp; les niit-on en garnifoncnbsp;la V ilie : ce que le Cardinal faifoit exprefl«'nbsp;ment pour les haraflèr, Cachant bien que cß'nbsp;fte çanaillc,leuce de gés autant vicieux qu®nbsp;leur capitaine, ne demeureroit fans remuâtnbsp;melnagc A que fe rebellans tant foit peunbsp;habitans, on auroit argument de leur courirnbsp;fus. Ce Moyne acomply en toute vilenieÂTnbsp;desbordement, pour monftrer fapetiilanc^nbsp;de premiere abordee le vatc à fes plrispriueZnbsp;amis de la ville ^qu'elle feroit la premier®nbsp;mile à fac, pour fetuir dexemple auxaU'nbsp;tres : amp; leur dit auoir efté exprelîbment »nbsp;enuoyé par ceux de Guife pour les irriter,Sinbsp;trouuer la moindre occafion du monde denbsp;les attrapperxe quil efpcroit faire aifemcnrnbsp;les conoiflànt gens peu enduransnbsp;cfmouuoir.Mais comme il fe departoitdefanbsp;le butin, faifant fon conte de mefuret lenbsp;veloux, fatin amp; taffetas à la pique,amp; defenbsp;faire riche de la defpouille des meilleuresnbsp;maifons quil auoit ia marquees pour lu/nbsp;amp; fes foldats , les Maire amp; Efeheuins denbsp;la ville ayans feu ce fecret, donnèrent ordre daduertir leurs concitoyens du plr'^nbsp;grand iufques au plus petit, afin que niunbsp;ne scfmeut : ains que chacun portail p^'nbsp;tiemmenrfa violence , amp; luy lailîàft ierrernbsp;fon venin. Cependant on faifoitfecrettefnbsp;informations de fes deportemens-
-ocr page 343-Sous François II. 331
Ohfe gouucrna ïî paifiblement iufques au Enfiien-^ iQUr de 1cntree , expiclîcment retardeenbsp;Plt;^nr cela j quil ne peut esbranler aucuns scigneuf,nbsp;'^icor quil leur en cuft donné toutes lesnbsp;®lt;:cafions du monde. Les habitans don- âmes.nbsp;Sics firent tout denoir à rcceuoir le Roy»nbsp;ælon le temps amp; le loifir quon leur a-î*« donné , amp; luy allèrent au deuant fe-
la couftume , mil ou douze cens hom-*^^5 de pied » départis par enfeignes en bon efquippage gt; portant mine denbsp;foldats. Ce queftant entendu par le Cardi -
gt; amp; craignant quen cefte mtflee quel-folaftre fe vouluft venger de lourra-fait à fes parens, ou amis, (attendu que fi seftoit attaché à toutes maniérés denbsp;gens J amp; que ceft en tels lieux que Ionnbsp;Ptefte aifement vne charité) fit défendrenbsp;fit; par le Roy » fur peine de la vie , quenbsp;J'ul des gens de la ville, ny autre que denbsp;garde du Roy »portaft aucun bafton ànbsp;, fe fouuenant toufiours de ce quonnbsp;fiiy auoit pronofti^ué , quil deuoit mou-¦fi de cefte mort violente. Voila lordrenbsp;fiuil y donna pour lheure , auquel tou-^^sfois ne fe voulant afleuret , il ne vouait tenir aucun rang en cefte entree, ainsnbsp;nùt toutdefguife cnvnemaifon priuee,nbsp;Quilregarda pafter le Roy , icttantfa veüenbsp;P^rdefliis les efpaules de quelques fiés gen-^fishóiues qui regardoy ent par les feneftres.
-ocr page 344-33i Hiftoire de France, frrt'dcs Iladuintcnccfte entree vne chofe quinbsp;fols quad fcnfa grandement ceux de Guifc. Vn ho^nbsp;il luy memechaniquedufanx-bourgdelaR-i^*.nbsp;pôVn ex- ayat vn fcul enfant de laage de fept ou h*nbsp;poicicn ans,quileprioirfansceflèdclemenerianbsp;plus ruiez i^onftre , de limponunitê dnauel le P^'
de ce fie- vaillCU
femme pour feruir de houflè, amp; fon fils fus tout nud,les yeux bandez,ayantfirfnbsp;' . ftevn. morion de bois, peint en façon lt;1^''nbsp;gent, fur lequel eftoitvn perroquet, ou aU'nbsp;tre forme doyfeau, qui auoit la telle ro«g^nbsp;piccottantfans cede la telle de cell enfaojnbsp;iafne duquel attaché à deux lelîès,eftoitnbsp;duit par deux ieunes garçons nuds amp; noU'nbsp;cis, comme Mores amp; gens ellrangers,nbsp;nbsp;
celle façon celle mafquarade marchoirà l à mef- queue des gens de pied de la ville.Ellatc^®nbsp;äXV fc re^urque par ceux de Guife,il eurét opi«nbsp;juge foy- quccclloit vn icu expreflement drelîenbsp;jncfnie. pfeheuins ôc principaux de la ville, poU^nbsp;leur faire deljùt, amp; reprefenter en vn myftf*nbsp;IC fans parler, ce que portoyent les efct'fnbsp;des Flugucnors, alauoir que le Roynbsp;clloit conduit,gouuerné amp; mangé par''®nbsp;Cardinal amp; des eflrangers. Parquoyl^quot;fnbsp;maltalér redoubla de telle furie,quils voOnbsp;loyent mettre toute la ville à fac,lans
métattendrcmiaisfinaiemét rinqnifiriofa
Sous François IL 335 lîHnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quaiioit choifi le Cardi-
pr^etrouuaqucce panure homme leut Oft fait que ptnfe, amp;c quil nen auoit eunbsp;aduis, amp; que fon efprit ne seftcndoitnbsp;çj^'^Oes à telles fpeculatiôs. Ce neantmoinsnbsp;tlçp^^'^P^'iCa-rracherde lopinion de ceuxnbsp;L Y^ife, qui difoyent quon auoit fupporténbsp;^Ulccontre eux. Le Roy cependant ne fitnbsp;J difner dedans la ville,amp; alla coucher ennbsp;Cobaye de Marmonftier qui eft là auprès,nbsp;il feiourna quelques iours, à caufe du
^^fdinalquieneftoit Abbé. Richelieu faf- caiomnis ^bede ne pouuoir trouuer occafio de cômen nbsp;lan;eflee,saduifavn foirenuiron lami-'Oift de saller pourtnener par la ville auec-H^ics fes foldatsfe mit à châter des Pfeau-ies àhaute voix(péïant faire fortir quelquesnbsp;de la Religion hors desmailonspourlenbsp;ftcôder) afin dauoir loccafiô quil cerchoit.nbsp;^iis il ne fut fuyuy que de deux ou trois vannbsp;ijts de boutique qui alloycnt aufsi chantansnbsp; loin apres luy. Quoy voyant, amp; quil per-pOittemps ,ilcommcçades chanfons difib-îo^5^plei**e^ li^iorcs cotre la Maiefté dunbsp;^oy,delaRoynemere,amp;deccux de Guife,nbsp;^illoitde maifon en maifon hurtet aux pornbsp;fes de ceux quon foupçonnoir,les conuiantnbsp;oallcràlalTèmblce,amp; châteraueceux. Et lenbsp;^udemain au matin fut trouuer fon Cardi-*^11,lequel le prefenta au Roy, amp; à fa mere,nbsp;pour leur faire entendre que ceux de la ville
-ocr page 346-354 Hiftoire de Fraace, de Tours auoyent cftéfi impudensque^^nbsp;faire leurs aflèmblces de nuiótjnbsp;aucunement reten us de la prclenccdu Ro/nbsp;dequapres auoir chante leurs Pfalmefnbsp;auoyenr fini leurs iÿnagogues par pluM**^nbsp;chanfons infames, amp; qui tonchoyent lh?^nbsp;ncur de fa Maicfté, des Royncs,merenbsp;me. Dequoy le Roy fut grandement irtHnbsp;en forte quil enuoya le Preuoft de lh®nbsp;pour en informer fommaiiement.Maisnbsp;feut eftre fi diligent que la iuftice ordio*,nbsp;amp; Maire de la ville ne le preuinfent nbsp;chas ce fcâdale eftre procédé par Ricl^^ 'nbsp;cela fut iointauec les precedentes inf®*-tions. Le Preuoft cependant ayant ^nqnbsp;les foldats de Richelieu amp; quelquesnbsp;nelles de cour,'en fit rapport au Roynbsp;tfôuuafimauuais,quelaville cuidatoOnbsp;en merueilicux peril : finon que les jii,nbsp;Maire amp; Efeheuins arriuerét aufsifonbsp;lefquels firent viuemententédreà ßjinbsp;ieftez les deportemés de ce moine,quinbsp;fans faire rougir ceux de Guife. Toit^^ 5,nbsp;ils ne laificrcnt de continuer leursnbsp;amp; faire infinies reproches à ceftenbsp;taxât fpecialemenr les gens deiuftice «nbsp;tous hérétiques, finon vn(païlantnbsp;tain aduocatnómcChallopin,hómedi^j^5nbsp;adonne à mal, amp; à remuer mefnagc j^jfnbsp;blafmâtde leur côniuéee au faicldeiajlt;gt;^^()nbsp;gion,veu quils nen auoyct fait moUtR
-ocr page 347-Sous François IL 535
Hä I«*
L . tempsjce qui auoit done faucur auxre «s. A quoy ils firét de grades excufcs,rabnbsp;coups au mieux quils pouuoyentgt;nbsp;J Orte que leR oy modéra aucunemêt fa conbsp;®^®îioint quil vint ce iour-la nouuelles,quenbsp;endroits du Royaume on faifoitnbsp;^^cherpubliquemcnr.Cc qui cftonna grâ-^nient la courjcn forte que tout fut remis ànbsp;J'entre fois, amp; leur bailla-on des gens denbsp;fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pcndâtquc la gendarme-
çi?. 'Loit corne vn dcgaft de leurs biens aux /'^ps. Entre autres reproches que le Caidi-Lorraine fit aux Prefidét amp;côfcillers
Tours, il les blafma aigremét de ce quils .^yétfouffertprefeher en leur ville ,vn Danbsp;j%quilappelloitapoftatdefa Religion, amp;nbsp;1 ^quot;el outre fa faulle doctrine, prefehoit eunbsp;^^yitindecét.Leur refpôfe fut qu'il eftoit àlanbsp;p*tte de la R oyne de Nauarre Princeffe dunbsp;^^''giautorife de fa preséce/^ils ne fauoy-^^uelle eftoit fa doôlrine , pour ne lauoirnbsp;ptefeher, ny de quelle Religion il eftoitnbsp;jJP^tauant. Vous vous en deuicz enquérir,nbsp;£ Pqua le Cardinal,amp;ne deuez aucunemétnbsp;UiLnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui que ce foit, non pas
hj.* P ) à rnoymefme,li ie le voulois faire * ^cher,ou autre de fa farine. De là fe peutnbsp;kï ftoclrang ilvouloit tenir en Fràçe,sef»nbsp;Royal, voire mefnie
'oeftùs ceux qui porree tiltres de Rois.
Koyne mere,depuis le faitdAmboife,
-ocr page 348-35^ Hifloire de Franc c, voyant que les Euangeliques ne sadteP
Subtilté nbsp;nbsp; .
foyentplusà elle, mais poinfuyuoyent W pourauoir pointe pat cux-mefmcs., entra en graflo
Soupçon que les ofFenlez tafeheroyent à de; en fon vcngcf . A tant elle sadrcflà à VU fîcn m3gt;'nbsp;crê^rdê tics rcqueftçs nômé Chafteliis abbélt;l^nbsp;Guife en IaRoehe,qui fauorifoit ancunemêt cepart)nbsp;vn befoin. froiiucr moyen de faire parler à elle»nbsp;laRoche miniftre de Paris,par la bouche H**nbsp;quelelle defiroit merueilleufementnbsp;ftruite de la vraye fource amp; origine des trot*nbsp;bles, amp; pareillement dauoir fon auis coi'nbsp;ment on y pourroit pouruoir,amp; quel tnoy«®nbsp;on tiendroit pour dôner eftat paifible àce«*nbsp;de fa R eligion,fans quil aduint aucun inÇ®'nbsp;uenient de lautre party.Car,difoit-elle3nbsp;ouy reciter tant de vertus amp; graces fing^di*^nbsp;resdeCeieune gentil-homme,que ic^nbsp;quil ne me trompera point:ioint queceiOnbsp;gens deparolle. Car quand ils vindr«^^nbsp;Villicrs-cofté-Rets lan pafsé pourparK^nbsp;moy,ils mafl'eurerct, que fi. ie ne faifo^nbsp;fer les perfecutions,on verroitvne meia'^nbsp;Icufe confufion amp; defordre en ce royaü'^,nbsp;de vous voyez où nous en fommes vcgt;nbsp;maisiccrain que pis aduienne.
ayant eu ce commandement au parf^*^(5 du Roy de Chenonceau, sachemina '' jnbsp;T ours accompagne dvn nomménbsp;Taffin,gentil-homme feruant de laditenbsp;rne,qui aufsi faifoit grade proftfsion
-ocr page 349-Sous François IT. 337 ^wgile.eftimâs tous deux faire feruice tref-^greible à Dieu amp; au Roy . Eftans donc làjnbsp;Taffin qui cftoit mieux conu,pour auoir frequente les predications à Paris, fit entendrenbsp;«légation deChaftelus à (Quelques vnsdenbsp;1 Egïifequi luy furent adreflez. On luy fit ref
'UC le miniftre,que la Roy ne deman-
'eu y aller: mais quil eftoit fous la puiflan-^edefon Eglife, laquelle ne le luy permet-
^roitiayât fes pafteurs trop chers pour les ha-^itder ainfi'.ioint que laaiteDame auoit dô-peu de tefmoignage de fon bon vouloir ®uucrs eux par les aótiós pallces.aufsi que cenbsp;quelle defiroit fauoir, fe pourroit bié eferirenbsp;pat lettres. Bref, quon conoiflbit lefprit denbsp;^cuxde Guife eftre tcl,q sils auoyétdcfcou-quot;ert vn miniftre à la cour ( encor quil y fuftnbsp;allé fous la foy amp; fauue-garde de ladite Da-Ue)ilne feroittoutesfois en fapuiflance, denbsp;^'pouuoir garentir.Et pourtant ils la fuppli-quot;yent deftre exeufez, nayans au refte fautenbsp;'le bonne voloté enuers le Roy,qui les trou-Ueroittoufiours loyaux amp; fiddles fuiets. Ilsnbsp;adioufterét aufsi pour exeufe les indigniteznbsp;^^ccues par ceux qui en toute humilité,amp; fe-*on la permifsion du Roy eftoyent allez de-'®ts fa maiefte luy faire leurs remôftranccs.
-ocr page 350-358 Hiftoire de France^
Car onIes auoit tellement meinacez amp; ioO' midez que rien plus, amp; nauoy ent nullefflC^nbsp;«fté ouys cn leurs doléances.Partat ils auoy'nbsp;ent auifé en fomme de la fupplicr derecb^nbsp;de fc vouloir contenter de leurs lettres,nbsp;lefquelles ils cfperoycnt laredre certaine'^nbsp;aflèuree de ce quelle demadoitjamp; quenbsp;leur feroit la grace de luy doner des ounel'nbsp;turcs grandesgt;par lefquelles les deux partie^nbsp;demeureroyent côrcnsjamp; le Royaume aut^Jnbsp;floriifant amp; paifible quil fut onques, lequelnbsp;autrement eftoiten dager dencourir vn b'nbsp;mentablc dager, fi on côtinuoit le cours
perfecutiôs.La Royne ayât entédu cefte r^f ponfe, mâda quon luy eferiuit par ladr^*'nbsp;de Chaftelus, promettat quelle moftrer®'nbsp;par effeélnauoir dédaigné leur confeil-pendant elle les prioit fe contenir en la pl^nbsp;grande modeftic que faire fe pourroit, 3^nbsp;que leurs aduerfaires neuflent occafion nbsp;leur courir fus . Mais fur tout elle les prio^nbsp;trefinftâmét de tenir fecret tout ce quils '*nbsp;droyétluy enuoycr.Car elle vouloir séaio^nbsp;cn telle forte que Ion péfift q les ouueiTUtf^nbsp;quelle feroit,vinfsét feulcmêt de fon auisnbsp;induftricjamp;nô dautre maimautremét elle R*nbsp;fteroit toutjleurpéfant aider. Cel.a fut caunbsp;quô mit la main à la pliime,amp; fut celle renjenbsp;ftrâte faite fous le nom empruté de Theoppnbsp;lc,quifignifieen Fraçois, Aime-Dieu:^^nbsp;tenoit cn fôme cefte remóftrance cegscW* nbsp;Que
-ocr page 351-SousFranço is IL 339 Que tous bós amp; loyaux ftiicts du Roy de-uoyéten eeneral amp; particulier cercher lac-ctoiflement amp;gradeur de leur Prince amp;fou- Religinbsp;«erain Seigneur, voire dautant plus diligé-métjque de luy dependoit le trauail,ou le re- mier heunbsp;posjlaife ou la miferc de tous ceux qui vi-Uroyéefous iceluy.Que fuyuât cela.il y auoitnbsp;trois mois,que luy preuoyât les miferes amp;canbsp;laniitçz depuis aducnues,amp; tendantes à ef-niotiô cotre la maifon de Guife,meu de pitiénbsp;de crainte, il auoit tafehé den aduertir lenbsp;feu Châcelicr: mais ces lettres ne luy furentnbsp;rédues.Que depuis voyat dvn coftcle feuracnbsp;quil auoit pieu au Roy donner à toutesnbsp;pfrfônes,eftre interrôpu de lapart daucuns,nbsp;^dautre part les dagers qui à celle occafionbsp;^preparoyét plus gras q iamais; bref, Noyltnbsp;HUe telles çhofes ne luy pouuoy ent eftre déduites à bouche.fans mettre en danger de lanbsp;^teceux qui fe prefenteroyét,il luy auoit fêle Recelïairede recourir à ce feul remede,nbsp;df parlera elle par efcrit,encoresq les eferitsnbsp;^'uent fas replique,pour luy faire enrédrelanbsp;'^^ufe des efmotions, amp; luy declarer le feulnbsp;^oyé(à Ib iugemét trefaife)pour appaifer lenbsp;^1 qui elloit à la portcifacliât biéquil eftoitnbsp;puilTance dy remedieisamp;qucllc ne re-jlUctoitnuJjnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour rêdre le regne de
R em on-ftrancç 3c ceux de lanbsp;jion,nbsp;contenant
fils heureux amp; paifible . Quefichafeun ^'^uloit entendre Ion office^ ce que lanbsp;fuft feule maiftrclTe, amp;non la force
Y î
-ocr page 352-540 Hiftoire de France,
amp; violence , celle calamité feroit ailetncnt tournee en vne paix amp; vnion trefprofitaDynbsp;tes fon-nbsp;nbsp;nbsp;tous.De là entrant en matière,ce Theophi'
cher de fe prefenter à leurs MaiefteZj p°'f leurremonftrer les chofes qui concertioj'nbsp;ent leftat du Roy amp; la conferuation à'*nbsp;Royaume, ellantla mort plus de (liable au^nbsp;bonsfuiets Frâçois,que de foulFrir ladern*'nbsp;nation des eftrangers, qui fe vouloyeuttenbsp;tiuementemparer du Royaume, ainfi 1*^nbsp;portoyent leurs remonftrances publiéesnbsp;tout :nbsp;nbsp;nbsp;lefquelles auoycnt obtenu gràdi'
pniiprç mure«: Inrrpï dp rrps.nnnrp ft-re
Sous François IL 34z fct de force pour repouflèr vne violence cô-eft-ce que mtttans les armes bas,ilsnbsp;auoyét mieux aimé encourir la note de curnbsp;«icnejque de faire afte approchât de rebel-honamp; defobeilTancc contre leur Prince amp;nbsp;Naturel Seigneur. Ce que neftant pris ennbsp;Payement, mais au côtraire ayant ferui doc-aux mefehans deftre tant plus auda-'¦^^'iXjiufques à faire ade de tyrans,vfurpa-Jlt;^urs du Roy amp; du F,oyaume, contre toutesnbsp;lesloix amp;ftatuts inuiolablement obfcrueznbsp;^Ftanceûl a efté finalcroét licite de repouf-cefte violence par autre violéce, veu quenbsp;^urs ennemis empruntoyent les forces dunbsp;pour les deftruirc. Et ce qui les efmou-^oit dauantage, ceftoit que mefme les editsnbsp;Roy faits auparauant amp; durant les dan-^^rs, par quelque petite forme de côfcil choinbsp;O' à ladeuotiou de ceux de Guife,fans le cô-^';ntementamp; vocation des cftats,eomme re-lneroyétles anciénes obferuatiôs, ncftoyétnbsp;^ucunemét gardez, amp; encores quils fufientnbsp;Captieux amp; îiüets à diuerfes intcipretations:nbsp;neantmoins lexecution en auoit efté in-¦^trompue par les menées des defiùdits, lef-outre ce quils auoyét pratiqué, que lenbsp;^«entum fait par la Cour de Parlement ennbsp;publiantledit de Mars dernier, ne fuft im-Pdmé (quot;pour cy apres atttrapper ceux quinbsp;'oudtoyét iouyr du benefice diceluy)ils a-'^oyent aufsi mandé à tous les iuges particu-Y }
-ocr page 354-342^ Hiftoire de France,
liers ne le faire publier, ains fuperfeder Pexc eutiô diceluy.en quoy ils auoyéf pluftofteftenbsp;obéis q le;Roy, pointe q lauthovitc fouucta*nbsp;ne amp; les forces eftoyéten leurs mains.Etco-biéque par contredit ledit Sieur euft quittenbsp;8£ remis la peine que poiirroyét aiioir encoUnbsp;rue^cous ceux qui auoycnt pris les armes,Sinbsp;que tous en deutlet eftre participasdi naiioitnbsp;on laitséde faire mourir fas aucune figurenbsp;proces,amp; au preiudice de cell: edit,tous ceuïnbsp;qui auoyér quitté les armes au fimplc ma«!®'nbsp;met du Roy,amp;eftoyét allez parler à Inypo*'nbsp;luy remoftrerqui les mouuoit:encor q qt^j'nbsp;ques vns deux euflént la foy promife denbsp;deNemourSjchofe infupportablcà ceux am'nbsp;quels ces meurtris appartiennent,amp; qui snbsp;reflentét; Joint quô nauoit eu aucun efgatnbsp;aux accutatiôs par eux propofees cotre ccU^nbsp;de Guife,Ielquels (difoit-il) nont autre fu®nbsp;que de fc faouler du fang innocét,dót onnbsp;à alaitez durant la guerre des païfans en *nbsp;M. D.XXV. (là où pourvucoulpablegt; 'nbsp;mil innoccs patferétau fil de lefpee)amp;depgt;J^nbsp;côfecutiuemét abbreuuez de ce nielme nnbsp;nage. Dauâtage que pour rédre du toutiu^^nbsp;tile cefi cdit,ils pourfuyuoyécpartonsnbsp;amp;fans cetrcjles autres gtntilsbomes qu* nbsp;ftoyét retirez , pour les faire aufsinbsp;semparer de leurs biés. Et encor q^'%L%gesnbsp;eufi: faitouuertureàtoures perfônesatnonbsp;daller feuremet deuers fa Maieftèpf^nbsp;leurs requefies amp; fupplitatiôs, fi seuo*
-ocr page 355-1. Sous François II. 345 r de Iempefchcmenr que ceuxnbsp;mcttoyét, acópagné de dures menbsp;qui faifoit de plus en plus paroi-clljnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;afFeélion, ceftoit leur de-
maniéré de tenir vn Côcilc,où L ^myét parler leRoy corne leur inferieur»nbsp;vel au lieu ^ly prefidcr, amp;: faire tout deci-¦P^t la parole de Dieu, fcruiroit feulemctnbsp;p^^^hotterles Prélats à châger leur mauuai-''^«jfans toucher à la dodrine, ny donnernbsp;lieu aux panures affligez, de móftrernbsp;j'^tUe elle a efté corrompue amp; peruortie parnbsp;g clergé,amp;fans quil full loifible audit Sieurnbsp;y députer iuges cópetans, dautat quilsnbsp;ouloyét eftre iugcs amp; parties, amp; côdamncrnbsp;.^Urs aducrfaires fans lcsouir.Brcf,ils vou-°yÉt bailler les bordeaux à reformer aux punbsp;faills : dequoy on infcroit quil ne faloit a-Jî^it aucune afleurance aux edits amp; promef-duRoy,pcndât que les defliifdits feroyétnbsp;près fa Maiefté. Voila ,ditTheophile, lesnbsp;fruits qui courér, amp; qui ont tat de force,quenbsp;^^ux qui seftoyent retirez paifiblemét, voirenbsp;*^cftTics qui neftoyct encor bougez de leursnbsp;'aifonsjfurmontez par impaticcc,fc prepa-¦oyent à marcher comme defcfpercz, iugeâsnbsp;ÿril leur Côuenoit pluftoft mourir tous en-^niblc en combatrant,queftan s pris en leursnbsp;'^lifons lvn apres lautre, tendre le col ànbsp;bourreau. Ce quelle,deuoit bien con-'lerer,amp; penfer en elle mefine à la confe-Y 4
-ocr page 356-544 Hiftoire de France, quence oùpourroyent tomber ces dcfelp^*nbsp;rees entreprifes , où Ion iouoit à quitte oUnbsp;double. Car encor que ce fiift la ruine dnbsp;ceux qui sefleueroyent, ii eft-ce quelle denbsp;uoit pluftoft y remédier promptement, q^nbsp;Peffetf aduenu procéder à la deftrudtionnbsp;tfere de ceux qui autrement eftoyent denbsp;meilleurs fuicts. Et quant au moyen dy ^enbsp;medicr,quil faloit en premier lieu pouruu*nbsp;- J,----------- ^lt;oyaume, amp; baille^
Sesr*quot; 5pnfeii au Roy, non à lappetit de ceux d^
Remedcs pourob-uict auxnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i -------- I
feditiós k augouiierncmét an Royaume, amp; baille^ .
Guife, mais felon les anciennes conftitu^ amp; oblcrijationsde France. En fécondnbsp;quil falloir appaifer les troubles de la R®nbsp;lîgion, qui eftoyent feulement prouenus d«nbsp;traditions humaines, à lobferuatiôdefqi'*^ jnbsp;les on vouloir contraindre les confeiences ,^nbsp;les croire amp; receuoir corne les fainétesJamp;f*^^*nbsp;turcs, fur peine de damnation, encor quenbsp;pliifpart fuflent direftement contraires aUnbsp;commandemens de Dieu. Car quant aUnbsp;principes amp;fondemensdc la doctrine,nbsp;eftoyét daccord, mefme de la vérité nbsp;ftâce desfainds Sacremens, defquelsnbsp;foyenteeuxdeleglife Romaine,lesfada^nbsp;feulemér Ccruivà leur auarice amp; ambidon»nbsp;delaiflànt leur vrayamp;naturel vfage.nbsp;ne pouuoit eftre fouffert de ceux qui jnbsp;la confeiéce pure amp; nette deuat Dieu» gnbsp;ne demandoycntfinôvne reformation t**^nbsp;dtsfaiïuâes Éfcriturcs,amp;:dcs dodtcursnbsp;me
-ocr page 357-Sous François IL 345 ®^ntCatholiques,amp; cóformcs à icellcsjdc-la corruption paruenue cn ce reps, iuf-au cóblc de fon pis» amp; qui ne fe defen- P l'ïe pat côtinuation derreur, aucc feuxnbsp;^îgots pour toutes raifósxómc fi les (ain-'^Efcriturcs du vieil amp; nouueauT eftamet,nbsp; lefHits dofteurs anciens neftoyent plusnbsp;que les plus nouueaux funienus de-Que ces chofes doc meurement confi-
J (ioint aufsi que par le dernier traité ç^P^XjCÔfirmc par le Roy,ledit Côcilc ayâtnbsp;accordé, amp; par ce moyen les poinds à»nbsp;^entcôtentieux .que Ion vouloir au para-eftre tenus pour certains, eftas déclareznbsp;potables) 1Ó ne pouuoit cn bone confeié-^^Ptoceder contre eux par feuxamp;tourm'csnbsp;çj^Pfciudicc dudit accord. Le meilleur docnbsp;^/'t de faire tenir ce Cócile,faindamp; libtetnbsp;^'^tnentlonpourroità bon droit declarernbsp;les executions faites,finô auparauât,inbsp;K ^lemoins depuis ledit accord,violctesamp;:nbsp;j^^'^'pitees par attentats. A cefte caufe laditenbsp;dautat plus cncliner le Roynbsp;bis : amp;c tenir pour certain que ledit Sieurnbsp;ft ^le nauroyét iamais ioye au cur, sil e-q^e regne amp; dominatió euftnbsp;® fouillé du fang innocent, qui demandenbsp;reffe vcgeance à Dieu.Caril ny a vertunbsp;plus excellente ni mieux feantcnbsp;I ^oys, ne qui les face mieux refl'cmblcrnbsp;oature diuine,quc débonnaireté amp;.'cle*
-ocr page 358-34*^ Hiftoire de France,
jncce. Er combic qnon Ce full apperceii y e» aiioir quelque femence au Royjen Icditpalnbsp;lequel luy à pieu Commander de mettre ennbsp;liberté ceux qui eftoyent retenus pour caufenbsp;de leur fby : toutesfois ceftoit bien peu do-fter pour vn inftât la douleur dvne maladie»nbsp;11 qua'nt amp; quant la eaufe 8c la racine nen e-lloitollee.Cardequoyferuira-ildauoiron-uertles prifons aux panures miferables»nbsp;bien toll apres on recommence plus que de-liant à les tourmenter? lieft certain quenbsp;celle fimple deliurance,ils ne changero^quot;*nbsp;decofcience, ni dopinion, puis quilsuon:nbsp;peu eftre flefehis par longues prifons, gen®'nbsp;nes,fagots ôc feux, ne par aucune nutte vi®nbsp;Icnceunais bien par difputes,par textes denbsp;fainôle Efcriture,amp;'parvn Concile fain^nbsp;libre, finon general, à tout le moins nat°nbsp;nakauquel toutes les qualitez requifes enbsp;obferuees, amp; le droit rendu au petit coUtnbsp;au grand,fans acceptions de pcrlonnes nbsp;tes chofes foyent décidées par la pnt^^^j,^nbsp;Dieu, amp; non par ce qui fembleranbsp;hommes. Voila donc le moyen que i^j,nbsp;ce 7heophiie pour appaifer les ttoUnbsp;lefquels autrement neprendroyent n}'nbsp;cependant il requeroit quonnbsp;repos les confciences qui dcineut^nbsp;eut en la lîmplicité des Élcritures, enbsp;on leur permiftde viure felon lenbsp;dvne confefsion de foy accordée t
-ocr page 359-Sous François II. 347 toutes les Eglifes reformées de Fran-(Jâquelle à celle fin feroit baillee à leursnbsp;^îieftcz ) donnant afoeurance certainenbsp;P^r edit irteuocable à ceux qui pour ceftnbsp;^eôliroycntdeuers eux la prefentcr,amp; mo-tet quelle eft orife des faindes amp; facrees
^deuoit efmouuoir à cela , clloir la con- pari« tri-dnuclle experience des chofes aduenues euene-dön nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A mens qui
^'^puis quaranre ans en ça,qui monltroy- foncenfuy aflez combien peu ourienauoycntpro- »nbsp;les feux amp;lesglaiues,vcu que pourvnnbsp;®otc deux cens seftoyentadioints de nou-à leurs allèmblees : parquoy fion vou-continuer, il y auoit grand danger nonnbsp;^ulement ont la fleur deVeflire des fuiets
-------------,
^Wentfuft du tout dellitué dhabitans. Car pour dix mil quife monftroyent,cent mil fenbsp;^onoyent cachez. loind que les anciens quenbsp;oous appelions Peres, auoyent tenu toutenbsp;antre procedure, pour deft mire les herenbsp;de leurs temps , de qui fe font attachez ànbsp;ifaufle dodriiie, amp; nô à la haine des hom-^os. Et que quand bien leur caufe feroitnbsp;^oaunaife delle mcfme , ainfi quaucuns lenbsp;'ogeoyent : toutefois veu quvne grandenbsp;pttie du Royaume en eftoir entachée, ilnbsp;otoitpius raifonnablc à vn chef de fuppor-
-ocr page 360-348 Hiftoirede France,
ter fes panures membres, que les retranché les vns apres les autres , delFaire tout fonbsp;corps:amp; vaudroit mieux auoir vu corps m»'nbsp;Iade que de nen auoir point. Cecy difoit-**nbsp;en attendant la medecinedvn concilenbsp;quel ceux quon codamnoit maintenat lansnbsp;eftre ouys,sattcdoyét de gaigner leur caule-Cefte remonftrancefutenuoyce àChî'nbsp;den« de' ftclus pat VU ieunc homme nommé lenbsp;Dieu fait mus ,nbsp;quvn biennbsp;quou, vounbsp;loic tenirnbsp;caché cftnbsp;publié.
S patvn leune homme nomme icv* y fils du feu peletier de ladite Dame^P'nbsp;lé le Prince, lequel eut charge exprelTe denbsp;mettre es mains dudit Chaftelus, amp; no dnbsp;tre,pour les raifons fufdites qui luy ftiréte*^nbsp;preflément déclarées. Mais ne layant trlt;^,nbsp;né en coutjsadrelTa à lefcuyerFequieres^^nbsp;la Damoyfelle du Goguier ( fauorifantnbsp;lors le party,amp;qui auoit loreille de laditesnbsp;me)qui furet dauis pour limpormcenbsp;prefêfer ces remôftranccs à laditeDamed^jjnbsp;attendre le retour de Chaftelus quinbsp;Piedmont,deuers laDucheftè de Sauoye-combien que le Camus premeditaft lenbsp;geroù il fe pourroit mettre: fi eft-ce que p'-^nbsp;feranr le falut public à fon intereftnbsp;lier,il fe refolut de les luy prefenter. Aya^ P /nbsp;miercment tire du paquet deux lettres ad^nbsp;fautes à des particuliers , au lieu dicellejnbsp;mit laconfcfsion des Eglifes de Ftâce,dfnbsp;fee quelq ne temps au parauant en vn Synbsp;de tenu a Paris. Et pour ceft effeélpteuf^^nbsp;couleur de prefenter vn paquet à ladite
-ocr page 361-Sous François II. 349 ^e^pour auoir afsignatió des deniers qui e-^oyétpar elle deux à feu Cô pere: apres auoirnbsp;N phifieurs fois effayé fous ce prétexté denbsp;.^ttouuer opportunément à part, en finvnnbsp;î°iir de lAfloinptiô, quon appelle, en lab-de Beaulieu esfaux-bours de Loches,
Wla fuyuoit, comme eftant aux aguerzde Joutes fes aftions. Eftant entree dans la cha-^*^sgt;elle fe retira apart pour lire où elle ennbsp;^Uttout loifir. Mais durant cefte letlurc sa-P^ocha laicuneRoyne pour les voir.Ce quenbsp;^uite Dame luy permit,amp;luy bailla pour lesnbsp;Porterau Cardinal amp; Duc de Guyfe. Le Ca-JpUs seftant retiré de fa prcfcncejamp;ccrchantnbsp;cude feureté en attendant la nuiél,fut envoyé quérir par Noblefte valet de chambrenbsp;ue ladite Dame, où eftant rencontré deuantnbsp;^Jogis duRoy,fut remené en fa chambre,lànbsp;Ouinterrogué par ces deux Roy nés qui luynbsp;^Uoit baillé le paquet,amp; qui eftoit lautheurnbsp;00ces remonftrances, arriua le Roy, le Car-u'nalamp;leDucde Guife. Le Cardinal printnbsp;^parolle,demandant quilauoit charge denbsp;5^ paquet.Il refpondit que ceftoit vn gentil-^cntBordenaucjen lav illc de Tours,qui la-
oottitne-Gafcon nommé Théophile, antre-
350 Hiftoire de France, uoit conu à Paris amp; à Rome duquel ayîigt;tnbsp;entendu auoir afaire àjadite Dame polt;*^nbsp;chofe de trefgiande importance qui concef'nbsp;noitla fauueré du Roy ,de ladite Damenbsp;de tout le Royaume,luy qui ne demandanbsp;pas mieux que dauoir cefte oiuiertiirenbsp;pouuoir faire vn bon feruiceàfonnbsp;nauoit fait aucune difficulté de leptennbsp;Sc prefenter à fa Maiefté,la fuppliant que^nbsp;y auoit chofe dont elle fe peuft oifenfet,nbsp;la fuft pardonné à fa legercté,de seftrenbsp;ailement laüTeperfuaderjfans auoiralfe^^^^nbsp;prudence pour auifer à ce quil entrep'
J lequot;
Le Cardinal lenquit exadementde treprife dAmboife, amp; sil ne fauoitpas n*nbsp;quil y auoit vn Prince qui en eftoitcheKnbsp;toutesfois le nommer pour lors)amp;futnbsp;tremeflant plufieurs propos amp; reditesnbsp;de fa Religion que du fait dAmboifegt;P^-0nbsp;tafeher à le,furprendrc en paroles :nbsp;le Camus refpondit quil nen fauoitnbsp;Bien auoit-il ouy dire que lentreprife [,(nbsp;boife nauoit efté faite à autre fin que Pnbsp;afièmbler les Eftats du Royaume,po^*'^nbsp;medier aux confufions qui y eftoyen^nbsp;que cefte entreprife ayant mal fuccedé,nbsp;uoyentpour cela perdu courage les ennbsp;preneurs,mais quils auoycnt délibérénbsp;drelîèr plus afteurément que iamais,en 5nbsp;parant dvnc des Provinces du Royau^^j;
-ocr page 363-Sous François IL 351
* y fortifier, amp; faire courir tant deferits langues,que toutes natrons en-ijj ^*'°ycnt le merite de leur caufe. Ne pou-chofe du Camus, quelquenbsp;Promefle que luy feeut faire fpeciale-ûtle Duc de Guife, de luy faire pardon-ils vindrent aux menaces de le fairenbsp;(j^?^^it, sil ne vouloir autrement dire la ve-Et fur ce lcnuoyercnt au Chanceliernbsp; l-hofpital,qui linterroga en la prefencenbsp;^arillac Archeuefque de Vienne, amp; denbsp;Q^fuilliers Euefque dOrléans, aufquels lenbsp;jj^foinal auoit communiqué le tout. Maisnbsp;ayant peu tirer autre chofe que cenbsp;5*^1!auoit dit cy de(rus,ils lenuoyerent pri-J'Pnier entre les mains de Grifon Lieutenâtnbsp;j ''foeuoft de lhoftel, qui des le lendemain,nbsp;?^our eftant fur fon parttmcnt, exhortanbsp;^Earnus de penfer à luy, amp; dire la vérité,nbsp;pouuant autre chofe tirer de luy, que cenbsp;1^il auoit dit leiour precedent, layant ad-*'oncfté de penfer à fa confcience, fansla-'^^itautrement ouy ni examiné fur aucunesnbsp;P ^gesamp;informations,ni obferué aucunenbsp;°'^fPalité de iuftice, luy prononça vue feu-fimulee,pat laquelle il le condainnoitnbsp;^5^ftrepédu eftraglé ce iourmefme, incô-*^ét apres difner, adiouftât que le bourreaunbsp;®foit la pres,pour faire lexecurióxhofequilnbsp;^foit auoir à grad defplaifir,pour la conoif-quil auoit eue de fô feu pere amp;c de luy;
-ocr page 364-Hiftoire de France,
mais que ceftoit par commandement dii Roy: ne voyant aucun moyen de poinioitnbsp;fauuerfa vie, finon en requérant vn preftr^nbsp;pour le confeflcr, prendre vne croix amp; fei'nbsp;rc comme vn bon Catholique: amp; que lors !nbsp;R oy pafsât par là ,il fcpourroit troiiuer quernbsp;que bongentif-homme qui demanderoitl^nbsp;grace,tant pour la bône amitié quils auoyetnbsp;porté à fon pere, quaufsi en confideratio'nbsp;defaieuneflc.
Orcobien que le Camus fe trouuaft'^ dvne mcrueilleufe crainte pour lappt^^^,quot;quot;nbsp;fion de cefte fentéce de mort : û eft-ce qunbsp;près auoirpriéDieu,eftâtdilpoledefflOi'''^nbsp;puis que ceftoitfon plaifir, il ditquill^f^*^nbsp;bienmarty de tenir le Roy pour vnnbsp;mais bien difoir-il que puis quil naiioù^nbsp;mis aucun crime contre la. Maiedé dunbsp;il ne poiuioit le faire mourir que par ma*'nbsp;fte tyrânie.Toutesfois puis que la volótf^ ,nbsp;Dieu cftoittellcjilsyaccordoit: maisnbsp;demâder vn preftre pour fe côfelTeiyamp;p'^^^^nbsp;dre vne croix, quil nen feroitrien.nbsp;cela elloit manifeftement contre fa
S®*
Et corne ledit Lieutenant du Preiioft cela luy propofoir ne rrouuer autrenbsp;diet pour luy fauuer la vie, furuintvnnbsp;me pour le mener parler au Chancelif*nbsp;quel à fon retour trouuantle Camusnbsp;amp; penlânt à fa confcicnce , luy dit qu
-ocr page 365-Sous François IL 355 bien matière de remercier la Roync fanbsp;p^*iftrefle:mais quil ne le pouuoitafleurerdenbsp;'Ucrfa vie,fi kiy-mefmenesaidoit.Neat-la Cour partant ce iour mefmepournbsp;, à Romorantin,il le laifla prifonnier aunbsp;'Meau de Loches.
Arriué que fut le Roy à Romorantin, le P de Guife defoefcha vn nommé duPlef-
Valet de chambre du Roy, amp; autres, au bafteau deLoches,pour enleuer leCamus,nbsp;Çæ mener là part où il fcauroit que fcroit cenbsp;beophileBordenaue,afin de sen faifir.Çe-^antluy amp;lc Cardinal qui auparauantnbsp;^^ftoycnt enquis de la qualité,grâdeur,prornbsp;P'^^don amp; figure de Théophile, quil leur a-fi proprement dépeint iufques aux ha-d 8e contenances, amp; ayàt fermement créanbsp;f^ftimaginaire perfonnage,firét toute pour-ôe extreme diligence de le faire epe-pftpartous les endroits du Royaume, patnbsp;®Uts feruitcurs fecrets,où il ny fut efpargnénbsp;^¦S^nt ni gens.
ôu Plefsis arriué à Loches,enleua le Ca-dusdespriios,!exhortât de Iny dire vérité de j®Theophile,quil chargeoit luy auoir bailnbsp; U paquet par luy prefenté à la Royne, amp;nbsp;7 penfer lendroit où il fe pourroit eftre re-difant, que sil conoiflbit quil le peuftnbsp;fouueràParis, Lyon ou Guyenne, quil lenbsp;f^nduiroit feurement, amp; que ce faifanc, ilnbsp;^^oit feruice trefagreable au Roy,amp;fe met-
-ocr page 366-354 Hiftoire de France,
troit hors de peine,où ilautoic fortbonn« enuie de sy employer. Mais pour routes ce$nbsp;perfualions il ne tira autre chofe que c®nbsp;quil auoit refpondu au precedent, bien ad'nbsp;ioufta-ilqu'il nefauoit lieu où Ion pourroitnbsp;trouuer leditTheophilc,fi ce neftoit à Geigt;*nbsp;ue,où it auoit quelque parétou amy,amp;q^nbsp;I! Ion luy vouloir mener, il efperoit le luy *nbsp;revoir, amp;par fubtil moycletirerdelav*'nbsp;amp; frachifes dicelles.Mais Duplefsisnbsp;urantque parcefte voye il fe faifoit che^^nbsp;pour fe fauuer , le menai Tours, ounbsp;tant par fes allées amp; venues, quenfin,nbsp;defcouitrit par lindifcrctió des fours dunbsp;le Camus ,qui allechces par les proiuenbsp;de 1ellargifl'ement de leur frerenbsp;iccluy Duplefsis, luy dirent que le noi®nbsp;ce Théophile eftoit fuppolè par leurnbsp;rc, amp; par inefme moyen luynbsp;plulieurs perfonnages de lEglifenbsp;de Tours, qui len pourroyent mieuxu*nbsp;rer . Defcouurant cela au Camus,*nbsp;dit quil feroit emprifonner ceuxnbsp;auoit indiquez, pour tirer la vérité de gnbsp;fuppolîtion de Théophile. Pournbsp;danger, de ne mettre cefte Eglifeen P*^nbsp;le Camus confeflâ ladite àippoiîd^^(fnbsp;Théophile : promettant que fi on lenbsp;promptement au Roy,illuy diroit eUnbsp;meur la vérité, amp; non à autre perfoU*^nbsp;cores que ce fuft au danger de f» (^0'nbsp;quil fit, drairiua à Villefamin ftes h
-ocr page 367-Sous François IL 55s Ij cftoit lois la Cour,lc Maidy aprcsnbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deuant la Royne mere,
Royne, le Cardinal de Lorraine,le j| p'-'le Guyfe,amp; Roberrer fecrerairc dcftat,nbsp;tiejnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dame luy vouloir pardon-
Ulqnil auoit dir,lors quil luy preien Içnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Loches, dans lequel eftoyent
hifdire^ remonftrances amp; confefsionsdc les auoir receues par les mains dvnnbsp;Théophile Bordenaue. Toutesfoisnbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftoit quil lauoit receu dvn nom-
contrerolleur Seruin, dans la ville de enlaprefencede Duplets is miniftrenbsp;Iauoit incite à v-quot;lecefte difsimulation,auoit efté pour nenbsp;er ledit Seruin, lequel il fea-eftre homme de bié,qui nauoit fait cc-pour lvtilité du Roy amp; duRoyaume.nbsp;ladite Dame luy dit que Icfdites remo-ç-^nces eftoyent pleines diniures amp; animonbsp;Contre le Roy fon fils amp; elle. A quoy il renbsp;^^uaque fous fa cotreéhiô Icfdites remonnbsp;I '¦^tices neftoyent telles. Le fauoit-il pournbsp;auoir leues amp; veleues aupatauantquc lesnbsp;auoit prefentees. A quoy ladite Da-ditnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceftoit bien contre elle, entanc
v' elles) sadreffoyent contre les Sieurs de ^'yfe miniftres amp; oncles du Roy. Le Ca-, infifta que ces remonftrances ne ten-induire le Roy amp; ladite Damenbsp;aflembler les Eftats du Royaume,
-ocr page 368-55^ Hiftoire de France, pour remcdier aux confiifionsnbsp;cnt5amp; au raefcontentement de ce que lelnbsp;de Guyfc seftoyent emparez delapedonbsp;ne du Roy amp; du Gouuernementnbsp;aume,contre la volonté des Princes nbsp;fang amp; des Eftats. Alors le Duc de Gn/fnbsp;fe entrant en vne colere defmcfuree,nbsp;audit Camus, quil en auoit mentyjamp;'l®nbsp;ceftoit vn mefehant paillard qui contiequot;'nbsp;iioit ces menfonges , amp; leuant les manbsp;comme forcené, faifoit contenancenbsp;vouloir outrager. Ce quil euft fait,6*^nbsp;le refpecl amp; prefence de ladite Dame.nbsp;Camus ne seftonna pour telles menace^'nbsp;mais dvne hardiefle afl'enree dit quenbsp;correétiôil neftoit inuentcur de ces bruit®nbsp;mais cela.eftoitvn commun deuisentr^*^nbsp;plufpartdes hommes frequenrans la Coutnbsp;Yoirciufques aux laquais,quicn faifoyétnbsp;confultations. Et que sil vouloir deputt^nbsp;gens en diners endroits du Royaume, ilnbsp;auroit fon curefclaircy ,amp; lors fécond'nbsp;ftroit la vérité.
Le Cardinal le remit encores aupropd de lcntreprife dAml'oyfe, ladmonncftadnbsp;de dire vérité, amp; difànt que par la confié'nbsp;lîon mefme , en ce temps-Ia il auoit log^nbsp;auec vn nommé la Garaye, quieftoit denbsp;rtc entreprife : enrremeflant en fesnbsp;vne fois de belles promertes , lautrenbsp;des menaces, luy répéta à diuerfes fois q
-ocr page 369-Sous François II. 357 fäuoic bien que le Prince de Condé ennbsp;fftoit le chef. Le Camus perfifta à dire quilnbsp;en fauoit rien ; au moyen dequoy il futnbsp;onfiours detenu prifonnicr à la fuyrtc denbsp;Cour,non fans peril de fa vicjoù il demeunbsp;^^iufques apreslamort du Roy àOrleans,nbsp;^11 fin renuoyé par deuant lArcheucf-de Tours jfuyuant ledit de Romorâtiir.nbsp;V^epuis eflargi en vertu des lettres dabolinbsp;°n generale faite par le Roy Charlesgt;à fonnbsp;^^uenement à la Couronne,aux prïfonniersnbsp;Retenus pour la Religion. laydit que ceux
Guyfe ayans confideré que les eferits Menées de Hnon faifoit à lencontre deux pourroy. quot;uifc*poutnbsp;auec le temps grandement diminuer n'encoutitnbsp;^nr authorité, conclurent de mettre à e-^^cution lcntreprife quils auoycnt faite de gt.nbsp;ngiie main , qui cftoit denuoyer de-^15 le Roy dEfpagne amp; autres Princesnbsp;^hteftiens. Pour preuenir donc leurs ac-^nfateurs , ils difoyent aux Catholiques,nbsp;Hne pour auoir tenu la main roide con-
les hérétiques, on leur auoitbraflé vnc 'finite de raufles aceufations , outre lanbsp;^oye de fait.commife contre le Roy amp;nbsp;°n Eftat. Et quant mefmes aux Princesnbsp;yoteftans de la Confefsion dAusbourg,nbsp;h leur faifoyent acroire que pour auoirnbsp;^oiitu lus aux Sacramentaires amp; Calui-pfies, on les auoit ainfi vilainement dtf-,nbsp;mez ; mais quils nauoyent iamais elle
Z 3
-ocr page 370-358 Hiftoire de France, ennemis de lEuangiIe,amp; de leur doâH'nbsp;ne , laquelle ils defiroyent introduirenbsp;Royaume. Et pourfaire valoir ces rep«'nbsp;ques, nauoyenc faute dcpcnfionnaitcsi''nbsp;crets, tant es villes Imperiales quenbsp;des Princes , comme eftoyent entrenbsp;les deux frétés Rafcalons entiers He**/nbsp;Elefteur Palatin,tous entretenusnbsp;pens du Roy: ce qui Icureftoit aifedevnbsp;re, attendu quils commandoyent aoXnbsp;nances,tout ainfi quil leurplaifoit.
Defscinac tout lc pafsc nc fiit ticn,au*prix des tn®/ niftcic ennbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« i z'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp; '
Fracc vnc inquidtionbsp;d Efpa-gne,rompu par lesnbsp;Catholiques méfiées.
î r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4 1'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
ens qu ils luyuirentde la enauant,s finalement refolus de venirà linquiunbsp;dEfpagne, comme au dernier amp; pi«nbsp;tain rcfiige pour maintenir leurgrâdeur*^^^nbsp;feurans quen cela, sils auoycntnbsp;ennemis en France, i!» auroyentnbsp;vne faneur qui remedieroirà tout-cela^^nbsp;fauoir toute la fadion dEfpagne, q***nbsp;demandoit pas mieux quedanoirec Jnbsp;en appuyé de lauthorité Papale, amp; dunbsp;delà Chrcfticnté,pour veniràfcs dcflf,|i^^nbsp;Et de fait cela nc leur euft efténbsp;veu le bas aage du Roy ,amp; que le co**nbsp;eftoit comme fouldoyé pat eux ,nbsp;firouidencc de Dieu, fe fernantnbsp;intenrión de ceux qui pretendoyent aj 'Jnbsp;der de lEfpagnol,tout ainfi que le Car***nbsp;fe fcruoit «lcuxjcômc leffed à monftr®
-ocr page 371-Sous François II.
firent donc en anant amp; conclurent dintro »ire en France linqiiifition dEfpagnc,nbsp;auoit cfté tant de fois renifeenbsp;le Parlement de Paris. viuant Henry.nbsp;Oqnoyils ne penfoyent eftrcplus en riennbsp;^litredits , tant pour tenir le nouueaunbsp;S^atîcelicr en leur manche, ce leur fem-°*t J que pour auoir tellement matte amp;nbsp;*^cniié les gens vertueux des Parlements*nbsp;Phtjcipalement de Paris gt; amp; pratique lesnbsp;*^^tccnaires par dons amp; ptomefles de be-^'fices, que nul noferoit Icucr le nez de lànbsp;*** »liant.*quot;
, Quant au Chancelier de LhofpttaLpcu gens fe refiouiflbyent au contmcnccmét dent p».
dignùé ,ayantcfté
^»ttiiber du Cardinahen forte que ion te- patfachot ®ùquil noferoit luy contredire en rien, me.amp;connbsp;^yant eu tant de faneurs amp; auancemens de **nbsp;j'ucpart. Mais toutainfi quil conoiflbit vent.nbsp; iiaturel de ceux de Guife ,pour les auoirnbsp;^longue mainpratiqueziaufsi eut-il ceftenbsp;^dence de preuenir leurs aguets dextre-
gt; fl non Comme il deuoit, à tout le '^ins comme il pouuoitgt; (clon la malice dunbsp;^^psjtabatant de leurs plus furieux coupsnbsp;'Ce vne induftrie fingulicrc. Car seftantnbsp;P^^pofe fi toft quil eut efte cftabli en fanbsp;P p de cheminer àioid en hommenbsp;nique , amp;de ne fauorifer ny aux vns
T-
-ocr page 372-y6o Hftoire de France, ni aux autres, ains de fcruir au Roy amp; à Ûnbsp;patrie, il luy faloit vier de mcrueilicux ftï»*nbsp;tagemes pour contenir les Lorrains en leurnbsp;bornes. Ce quil vouloir toutes fois exeetttefnbsp;en telle forte, quils nefe peufl'ent appcrcc'nbsp;noir tjuil les vouluft en rie côtredire ni leurnbsp;defplairc, fâchant bien que sils appreheU'nbsp;doyentvnefoiscefteopinion de liivgt; il®nbsp;pourroit rien faire qui valuft. Voila coiU'nbsp;me auecgrandedifsimulation beaiicouprl®nbsp;chofes pallbvét par fes mains, que lô iugeonbsp;trefperillcufes.CencâtmoinsilendônoitcU'nbsp;tre deux vertes vne meure, dónanrelpeW''®nbsp;à ceux qui aimoyét le public, que toiitcoui'nbsp;neroit finalement en bien, pourueu quou *nbsp;laillàft faire. Peu de gens entendoyenr lenbsp;intention;mais le temps fit conoiftre quil^'nbsp;uoitembrafl'é le feruice defon Roy,amp;l^ .nbsp;lut du peuple, tout autrement quonnbsp;cuidé. Et à vray dire,on ne fauroitnbsp;fifammét deferire la prudence dont il vW 'nbsp;Car pour certain, encores que sil euftP^nbsp;vn plus court chemin pour soppofer vir*nbsp;ment au mal, il feroit plus à louer, amp;nbsp;peuteftre, euft beny fii confiance : fi ynbsp;quautant quon en peut iuger, luy fi»' Pÿ^nbsp;fes modérez deportemens aefiélinftrunbsp;duquel Dieu sefi ferai pour retenirnbsp;lieurs flots impétueux,où fuflènt fubmer»^^nbsp;tous les François. Et neantmoins les appnbsp;Fences extérieures paroilfoyent au
-ocr page 373-Sous François IL
quand on kiy remonftroit quelque
prochaine, il auoic toufiourscemotà ooiiche,Patience,patience,tout ira bien.nbsp;, Pour le faire court, quand il fut queftion RomoU;'nbsp;. 'Xpedicjleditde linquifition dEfpagne, tin.nbsp;juchant que ceux du Côfeil priué Sc des Par YrtrtjjXwgnbsp;lauoycnt accordée, ce ncantmoin»
'lodcra le tout par vn edit expres,amp; en rê-
vines raifons,quc, ceux de Guyfc mef-^®squi lauoyent pourchalfee, furet de fon Qisjôf iç Efent trouuer bon àlEfpagnol,nbsp;'l^idefitoit bien la France eftrc rengec amp;nbsp;^'f'ipallêe à fa mode. Cecy adtiint au mois nbsp;^*^ay,en la ville deRomoranrinïAufsi fut ¦'nbsp;^iifiours depuis ceft edit appelé ledit denbsp;^^Uorâtin. Largument diceluy portoitcô
It Roy auoit âeux chofes en grande recô ^^^dation, afauoir la Religion amp; conferua
de fon EftanQue îexperiéce des temps ns amp; modernes luy auoyent apris cornnbsp;^neftoit perilleufc la mutation de Reli-^®n,laqY^ej|ç attiioitauecfoy changementnbsp;^nine dEmpires, Royaumes amp; feigneu-
Pourà quoy obuicr, Ces ayeul amp;:pere, ^°yatis la grade variété amp;diuerfitédes noitnbsp;tjj opinions amp; herefies qui couroyentnbsp;fjj.^^Paysdc leursvoifms,que ceux de leurs
amp; obeiflàns, auroyent efté contraints main la conoilTance puni-«dit ogt;es,amp;àcefte fin faitplufieurs
^^ôttelcs feélatcursde nouuelles opi-
-ocr page 374-3^2. Hiftoire de Ffancegt; nions, amp; fait faire par leurs iugcs denbsp;Sc fcueres exccutions.Ce que ietlitnbsp;roitaufsi continué en enfuyuant leurnbsp;maisilauoit depuis auile auec fonnbsp;de remettre les chofes en leur ancien^®,,nbsp;me amp; eftat, elperant par ce moyen, tout »nbsp;fi que Dieu auoit mis finauxdiuerfite*nbsp;pinions qui auoyenteftc anciennetne'^^fjynbsp;fon Eglife, que pareillement tout fcio*^^,nbsp;mené a vn commun accord amp; confenr^*^|j,nbsp;A tant par edit amp; ordonnance aC«nbsp;ilbailloit 8c delaifiôit lentiereconoiflnbsp;du crime dherefie aux Prélats défont ÿnbsp;aume , comme naturels iugcs diceMjynbsp;ainfi quils auoyent anciennement de /nbsp;monneftant amp; exhortant de faire rcünbsp;ce en leurs diocefes , amp; vaquer foig*^ |(nbsp;ment à la reddition amp; conftitution ynbsp;fainde Eglife , extirpation des erreU^nbsp;herefies , 8c par leurs murs, exemp .nbsp;bonne vie 8c faindes prières gt; or^nbsp;prefehes amp;perfuafions,reduire les defÿnbsp;à la vérité , amp; autrement procéder,nbsp;que les Conciles,Canons amp; Decretsnbsp;ordonné : interdifant à fes Parlemeo^i^^lnbsp;autres iuges la conoilfance duditnbsp;8c de sen mefler aucunement,nbsp;tant quils feroyent requis parnbsp;dEglifc de leurprefteramp; baillernbsp;pour lexecution de leurs iugemens Jinbsp;dônances .Et sil aduenoit que quelqf
-ocr page 375-Sous François II.
Prélats ne fifl'ent refidcncc en leurs Euefchez, il enioignoit à fcs officiers denbsp;auertir, pour vfer amp; faire vfer contrenbsp;de telle contrainte quil appartiendroit.nbsp;^^anttnoins, pource quii cftoit, nauoitnbsp;S'ocres, aduenu contre fon efperance , quenbsp;*^gt;cuns de fes fuicts j fous couleur de Re-§'on,auoycnt pris les armes ,amp;seftoyencnbsp;'°ullciiez pour troubler le repos de fes fu-, cuidans planter à force darmesnbsp;(^uts nouuelles opinions : dont les vns a-*°yent prins la hardiefiê daller iufqucsnbsp;la maifon aucc fi mauuaife S( damna-intention , que fi lexecution sen fuftnbsp;'^*'fiiyuic telle quils defiroyenr , il nennbsp;Pouuoit venir que la fubuetfion amp; defo-pfion de fon Eftat : Pour obuier que tel-chofes nauinlfcnt, il prohiboit amp; de-^Qdoit toutes aflemblccs illicites amp; for-Jfspubliques. Declairant ceux qui lauoyêtnbsp;picgt;ou sy trouueroyent, fcs ennemis rebel-^sgt;fiiiets aux peines eftablics contre les cri-''Incls de lefeMaieftéxnioignantà tous fesnbsp;l^onuerncurSjLicutcnâsgeneraux des pays»nbsp;l^tous autres iuges, voire aux Preuofts desnbsp;^arefchaux,dentendre foigneufement à cenbsp;9ue telles afséblees ne fc filTent. Et où ils canbsp;l'^toycnt auertis»fe trâfporter celle part,fansnbsp;^ftédte larequefte amp; pourfuitte de fes procunbsp;prendre les delinquansgt;amp;iceux punirnbsp;pout la feule force de fedition ou afTcmblcç
-ocr page 376-3lt;?4 Hiftoire de France, illicite: amp; ce en dernier reflbrt, par les liegetnbsp;Prefidiaux, où fe commetroyent lefdits de,'nbsp;lits, y afsiftans dix perfonnes de la quali^'nbsp;requife. Et afin que telles coniurationsnbsp;crettes fu fient tant plu ftoft fceues,il enio^'nbsp;gnoit fur les mefmes peines, à tous fachaojnbsp;confentans ou recclans de les reuelet^nbsp;deferer incontinct à iufticc, au fquelssifi^'nbsp;ftoyent complices,il pardonnoit:amp; silsnbsp;eftoyét, ils auroyent 500. Hures despreroiffnbsp;amp;plus clairs deniers des delinquans:«!«^'nbsp;rant tous predicans,amp; nayans puiflance»^^nbsp;Prélats, faifeurs de placards,cartels ounbsp;les diffamatoires tendans à irriter ounbsp;noir le peuple à fedition, imprimeurs,*^®nbsp;deurs amp; femeurs defdits placards amp;nbsp;les,rebelles,fes ennemis amp; du reposnbsp;criminels de IcCc Maiefté,fuiets aux /nbsp;peines des feditieux, amp; puniflàbles patnbsp;ditsiuges. Etneantmoins à ce que lesnbsp;lins nç peulTent de là prendre occalioP^nbsp;calomnier, ildeclaroittous ceux qui ai'nbsp;ment amp; malicieufement defereroyenfnbsp;tuferoyent,efi:re fuiets à pareilles
Ceft edit ainfi expédié, ceux du * ment de Paris qui eftoyét, comme dita^nbsp;maniez à la deuotion de ceux de Guinbsp;fe firent tirer loreille a le publier, cot^nbsp;que,viuant Henry, ils ny eiificnt vou 'nbsp;tédre,quelques pourfuites amp;menaces qnbsp;leur euft feeu faire. Mais àprerentq;^.
-ocr page 377-Sous François II. 3lt;^5
''oyoyent 1authorité fouueraine es mains de de Guifcjceftoit à qui leur complairoitnbsp;mieux. Or tant sen faut que ce remene ta vériténbsp;Ppaifaft aucunement les troubles,quaucô-ils redoublèrent de plus en plus de tant plusnbsp;Coures parts.Qui fut caufe que la Royne en-°ya à Paris quelques autres moyenneursnbsp;pareille charge que celle quelle auoir
^lleeà Chaftelus,demandant fur toutes 'ofes.que la Roche allaft parler à elle ; quinbsp;mpcnfcr(veu ce qui eftoitaduenudu Ca-Us) quelle cerchoit de le faire tomber esnbsp;®ains de ceux de Guife , Icfquels de leurnbsp;Nftfaifoyent routes diligences pofsibles denbsp;^defcouurir, ou quelques autres des mini-,nbsp;mes de Paris,promettâs groflê fomme dar-S^ntàccuxquilesliureroyent. Toutesfoisnbsp;^^itxqui eftoyentles plus proches de laditenbsp;Pame,afFermoycnt quelle marchoit lors denbsp;onpied: mais elle neut autre refponfe quenbsp;^dlede Tours.
A lencontre de ces efcrits,lean du Tillet Exemple Greffier de la cour de Parlement de Paris,nbsp;publia vn liure intitulé La maioritc du Roy, tear, con-pm lequel il maintenoit quen France lesnbsp;Hoys peuuétcommâdcr en laaste de is.ans,
-ocr page 378-I
366 Hiftoire de France,
Royaume on ne rcgardoit à laage de vingf cinqans,poureftrc quelquvn ccfémaieur»nbsp;amp; que laage de quinze an s, ou autre moio'nbsp;dre de vingteinq, fiiffifoit felon la varicj^nbsp;de lvfance des pays. Puis deduifoit pournbsp;fair particulier,plufieurs exemples tireznbsp;hiftoires de France, pour monftrcr quenbsp;ne regarde à ce confeil legitime des Priocnbsp;du fang: commençant par le Roy Hequot;nbsp;premier, lequelobmettantRobertnbsp;rejlaidà Philippes fon fils en la chargénbsp;Baudouyn fon beau-frere Conte denbsp;dres:amp; par le Roy Louys le leunc, leq^,nbsp;difoit auoir poftpofe fes propres freres al jnbsp;cheuefquede Reims, le dón ant tuteur alnbsp;lippes Augufte fon fils , amp; ce(dit-il9iufq^nbsp;à laage de quinze ans, qui eft le temps anbsp;quel il difoit latutelle finir. Il venoif fnbsp;apres au Roy Louys huidiefme, qui^nbsp;pofa fon frère Philippes à la Royne hnbsp;che,laquelle il laidà tutrice de Louysnbsp;iefmc. Il niettoitaufsi en auant lesnbsp;des Roys Louys fcpriefme amp; neiifiefmej^fnbsp;quels fortans du Royaume, ont,nbsp;leur abfencc, laifsé quelquesfois des nnbsp;de S.Denis regens en France.nbsp;principal point,il alleguoit les propres ynbsp;de lordonnance du Roy Charles Jiinbsp;me, faite pour le regard de la tute .nbsp;Roy Charles fixiefme fon fils gt; fiXnbsp;donné lê nom amp; authoritc du R*/
-ocr page 379-Sous François IL 367
cbftantfon bas aagc,amp; ofte toutes régences i lauenir,en quelque aage que les Roysnbsp;ptufl'ent eftre. Ilaiouftoit quil feroit biennbsp;^ut que le confeil de France fuft choilî ànbsp;^appétit desvoifins: voulant taxer aucunsnbsp;'liuoir folicité les eftrangers à la fubuer-fiondu Royaume. Finalement,ilsattachoitnbsp;»ceux de laReligion,difant quà faux tiltie,nbsp;ilsappclloyent Euangile leurs nonuellcs o-P'nions, a,ppelant les ptedicans feditieux amp;nbsp;Mutins : amp; concluant que Dieu fauoriferoitnbsp;aimes quiferoyent employees à lenconnbsp;ire deux,
A quoy tout aufsi toft prefque que le 11- Repliqu« te fût diuulguéjut refpondu, premiere-quant aux couftumes par luy alléguées, lomnies
W luy-rocfmcy auoit fatisfait, difant en dUuTil tuuliure,quelles ne seftoyent iamais enté-^des que pour les fuiets,amp; non pour lesnbsp;^oys de France. Qu ant aux exemples, quenbsp;* premier, du Roy Henry premier, ne fai-à propos, par ce que fou ftçre quil ob-ûr , auoit voulu rauir le Royaume audit
-ocr page 380-3(58 Hiftoire de France, ment ; ioint que nous ne fommes esnbsp;quand vn Roy pere à pourucu à fon nlsnbsp;gouiierncurs. Quant à lexemple du R®'nbsp;Louysleieune,ayantpoftpofé fes pr°Pnbsp;frétés à lArcheuefque de Reims, le donn^nbsp;tuteur à Philippes Augufte fon fils, iuil®nbsp;àlaagedequinzc ans:fi cela eftoitver*^^nbsp;ble , il senfuyuroit que ledit Archeueft'*^nbsp;nadminiftraiamais rien en France ,nbsp;que Philippes Augufte auoitfeize ans^®nbsp;fon pere mourut, ainfi que dit Paule E®*nbsp;Et accordant quil ait adminiftré, ilnbsp;ura que la maiorité ne commençoit anbsp;ze ans : mais que ceftoit à iufte caufenbsp;auoit exclus fespropres frétés,pareeqo®^nbsp;principal appelé Robert,auoit efté declafnbsp;ftre fans entendement : les autresnbsp;retirez aux moineries, qiiittans le fouc' .nbsp;afaires feculiers:amp;routesfoisquil napp®\^nbsp;foitque tous fufient lors viuans. Et puisnbsp;ftoit vnedifpofition paternelle,quieftnbsp;des termes efquels nous fommes.nbsp;Ele du Roy Louys huitiefme,eftoit ennbsp;labié vne difpofition du pere à fon fi'Snbsp;prouuce par les Eftats, ainfi quilnbsp;aux Annales, l-c fait des Rois Louys^^,nbsp;ptiefme amp; neuficfme , eftoit hors de fnbsp;pos, neftant queftion de ce que lesnbsp;qui pour leur aage peuuét feuls admin ,(nbsp;doy lient ou pcuuent faire, comme jiinbsp;ceux-la,peri-ncttant en leur abfence
-ocr page 381-Sous François 11. nbsp;nbsp;369
Royaume de gouuernevjà qui bon leur fem -oit den doner la charge. Au regard de lor onnancedu Roy Charles cinquiefme, quenbsp;intention fut véritablement dauoir dô-^lon fils le nom amp; authorité de Roy,nô-fon bas aage,amp;dauoir ofté les regen-'¦^S) amp; (jq4 cela aufsi nul ne vouloir aller aunbsp;^otittaire,ny empefeher que le Roy depre-fnt neuft le nom amp;auhorité de Roy, amp;nbsp;(^7 ^'^g^^ccnnais que cela ncxcluoit le co-legitime des Princes, duquel aufsi lenbsp;Charles cinquiefme nauoit voulu pri-j Ibn fils, pour donner lieu au premier fiatnbsp;qui fc voudroit ingererau maniementnbsp;afaires. Et que melmes le R oy Charlesnbsp;J^'efme adminiftra fon Royaume par lesnbsp;.^ios des Princes du fang,iufques à lannbsp;''gtdeuxiefme de fon aage, ainl'i quil ap-^V°illoit par les Annales. Que ce qui futnbsp;aux derniers Eftats tenus à T ours pournbsp;^êouuernemét du Roy Charles huiticfme,nbsp;j/'^nftre bien que ceftoit aux Princes dunbsp;deftte appeliez à ce confeil legitime,nbsp;?°*nme ils furent par les Eftats. lleftoitad-, que lautheur dudit liure paruenu ànbsp;j^^nneur amp; dignité par la libéralité desnbsp;^Qys de France, (duquel la plume deuoitnbsp;«econfacrce amp;dediee feulement à main-'^^ir lequité, les Eftats, amp; police de ce Roy-iuftice ) seftoit fortnbsp;''lie, voulant confermer lauthorité de
Aa
-ocr page 382-37Ó Hiftoire de France,
ceux qui ne cefîoyent de peruertir tout loP dre qui iufques icy a eu lieu en ce Royaume»nbsp;amp; cependant ne refpondant aucunementnbsp;amp; de propos délibéré» à ce que Ion auoicnbsp;maintenu que ceux de Guile eftoyent ennbsp;tout cuenement du tout incapables du licünbsp;quils tenoyent. Et que faifantfemblantd®nbsp;ny penfer point » il seftoit ietté fur les inn^nbsp;cens quil blafmoit, lefquels fe defendro)*^nbsp;en temps amp; licunnais quiceluy autheutnbsp;ftoità la parfin reprefcntéamp; dépeint auvjnbsp;en la perfonne dAchitophel, luy rellèmbbfnbsp;naifuement au confeil quil donnoitnbsp;conclufion de fon liure. Car comme ilnbsp;feilloit dalTembler le peuple fidellenbsp;maintenoit le Roy contre Abfalom vfurp* :nbsp;teur: aufsi ce perfonnage en feignoit 9'^nbsp;lefpee tréchante deuoiteftre iettee furen'nbsp;fe dcclairat par là mutin amp; feditieux gt; neo^nbsp;mandant que cruauEéjConfuliongt;amp; latnl^'^nbsp;de ce Royaume.
priiuî''pat nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;piufieurs autres perfonnagj
ceux de qui mitent la main à la plume contre | / liure de du Tillet, mais fi ie les tranf^f* (nbsp;ne refpo-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dil)gt;
dre par ef. uois tous,cela poutroit cltre cnnuyeiiX'* ïccnfl' quot;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; refponfes eftans tombée
leurs. nbsp;nbsp;nbsp;mains du Cardinal,il enuoya quérir du^
let amp; Ibn freie rEuefque dei faind amp; les priaen laprefencedefesplus prn'nbsp;amp; familiers amis ,de metre la mainnbsp;ure pour répliquer. Car , difoit~il,ienbsp;que ces eferits trottent en Alcmagoe»
-ocr page 383-Sous François I I. 371 ^oftlpent les defleins du Roy , dautantnbsp;les Princes , nommément les ^Prote-que nous voulons entretenir gt; fontnbsp;curieux de tels liurets : amp; quand ilsnbsp;ont imprimez en leurs gros cctueauxdlnbsp;pas aile aux fetuiteurs fccrets quenbsp;auons pres deux* de les pouuoirar-f^'^her.AucontrairejCela donne grande ou-quot;«tture aux Huguenots dauoir audience,nbsp;force que nous neiouy fions pas puis apresnbsp;^'^ifeincnt de ces Princes comme nous vounbsp;Pommes le plus forment reculez ennbsp;entreprifes.On ditque du Tiller scxcu-^ien fortjpar ce que la matière cftoirdiffinbsp;par trop efclaircie par les hiftoires denbsp;^ticeien forte que ce feroit bailler nouuetnbsp;^§Ument aux Huguenots deferire 8c furnbsp;^atgcrluy Cardinal amp; fa maifô.diniures.nbsp;^entre ces perfonnages defefperez il y a-^'oirdemrerueilleux cfprits, lefqucls nétre-j^gt;ioyent leur credit , ni faifoyent valoirnbsp;caufe que par leurs eferits. A tât faloit-leur en donner la moindre occafion quonnbsp;Pourroit,amp; quau lieu deferire on deuoit v-Contre leurs perfonnes amp; biens de tou-les rigueurs quon pourroit aduifer, afinnbsp;'le ne leur donner pied ferme, ny aucunnbsp;'^fpcir deliure *. ce qui fut iugé le plus cx-Wient par toute la compagnie, amp; que lenbsp;ytdinal pourroit eferire particulièrementnbsp;lettres aux Princes, qui fetuirpyent
Aa 1
-ocr page 384-Yjv Hiftoire de France, dample defenfe à toutes les calomnies qnbsp;kiy reietteroit, lefquelles ne feroyentnbsp;gnees,neftans puoliecs par imprefsion- ,nbsp;quil promit faire pour le plus expedient'nbsp;Grand biénbsp;nbsp;nbsp;Quat à cc que le greffier du Tilled eft
pT/îe'car dcfttefduteur desl-orrainsjamp;d^**^^^^ dînai. du nombre de ceux quils auoyét employnbsp;pour recercher leurs races es vieilles ennbsp;niques,amp; regiftres du Parlement,lenbsp;tel. Le grand Roy François ayant remitsnbsp;les fciences amp; eftudes auparauant enienbsp;lies par la malice amp; ignorance desnbsp;fiaftcz, felon le prouerbe. Tel le Princenbsp;es fubietsdes efprits des François fcnbsp;lerentamp;defgrolsirent, tellemétqueqnnbsp;firoit auoir biens amp; hôneurs,metfoit Unbsp;4 luure, pour faire ce quils penfoyet^^^,nbsp;agréable à leur Prince. Du Tiller de ft!nbsp;fté remuant lesanciés regiftres amp;¦nbsp;tes du Parfement de Paris, commença^nbsp;fueilletev: amp;¦ trouua''nt des aftes digo^j,nbsp;mémoire oubliées par nos Hiftoriogt^P^nbsp;fuft par nonchalance ou ignorance,ilftP.^^nbsp;pofii den faire vn recueil pour feniir ànbsp;fterité . Ce quayant fait entendre annbsp;le ttouua tresbon amp;vtilepour le biend^^znbsp;feruice amp; du Royaume. Erpourtat luynbsp;manda dy trauailler diligemment.nbsp;unt que le labeur eftoit de grans frais»nbsp;juy fut pour ce faire deliuré, auccnbsp;^crccornpenfc. Parceaufsiquill»y^°^(,it
-ocr page 385-Sous François IL 373
eftre aidé des regiftresamp; enfeignemés
Y nbsp;chambre des comtes, du threfor, desnbsp;Chartres autres lieux, il eut lettres contc-ântes mandement trefexpres,pour luy fai-^®oiiuerture,amp; lailTcr prendre ce qui luy fe-
befoin. En quoy il vfa dvne extreme di-fence. Mais ayant avancé la befongne, le mourut,fans que du Tilier euft recucil-
V le bien quil en attédoit. Et ce qui plus le-^Onna,ce fiitquc depuis ledeces du Roy,nbsp;^oiis fes amis fc trouuoyét ou eflongnez, ounbsp;^baflez de la Cour, en forte que fon eftat dunbsp;SfefFe.cftoit en grand branfle à caufe de lànbsp;''^hie,amp;qac ceux de Guifeauoyentdcs lorsnbsp;pds cefte conftume, de diftribuer tant quilsnbsp;poiiuoyent les offices, amp; les plus belles charnbsp;Scs à leurs amis.Du Tiller eut lors accès feunbsp;cinent au Conneftable, auquel il fit entendre la charge quil auoit eue dudit feuSei-Srieur, amp; le bien que la France en deuoit c-Tcrcr.En quoy il noublia fes peines, amp; re-
Aa J
-ocr page 386-374 Hiftoire de France^
fa table,voici airiUer le Cardinal de LofW'quot;' ne,qui mit lildelTus. Etayant eftiméqU®nbsp;ccfte marchandife feroit fort à propos à 1»'nbsp;ftruireaux afâires d^eftat, amp; pour adrefl«^nbsp;les defleins quilseftoit della imaginezj co*nbsp;mençade faire tronuer mauuaifc amp; teftdf^nbsp;odieufe celle bonne entreprife de dif Tillednbsp;Voire iiifqiies à 1accufer deiiant
de dclloyautéjde vouloir mettre en luinie^® les fecrets du Royaume, amp; les chofesqquot;^nbsp;les Roys deuoyent tenir cachées pi us ptj'nbsp;cieufemér, pour neftre veues que de peunbsp;gens.Le Conneftablc ninllftapas fortnbsp;du Tiller. Car il auoit opinio que les lettf^nbsp;amóliflbyentles gétilshómes,amp;les faifov^^*'nbsp;dégénérer de leurs maicurs,amp; mefmesnbsp;doit perfuadé que les lettres auoyent nbsp;gendre les hereiles,nbsp;nbsp;nbsp;acrctr les Lutherie*
en tel nombre quils cftoyent au Royaoi^ en forte quil auoit en peu deftime les gnbsp;fauans, amp; leurs liures : qui- fut caufe quenbsp;Tiller nettouua tel appuy amp; fupportde^^nbsp;codé-la,-quil edimoit. Toutesfoisnbsp;tant ainfi rabroné,il fe défendit du connunbsp;dement quil auoit du feu Roy, fupP*pnbsp;que fes liures fuflcnt veus amp;examintï^nbsp;quels on trouueroit quil n'auoit en dun unbsp;trepad'é le deu de fa charge. Sur cela lenbsp;dinal fe fit commander de prendre ces Innbsp;pour les voir , amp;: en faire fon mppo'^r^jnbsp;tonfcil. Ce quil fit, amp; les enuoÿa
-ocr page 387-Sous François II. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;37 s
1°®^« gt; chargeant du Tiller de fc retirer â
U.U A âixvk tAv AV a.^.i.xLva. » i^y^pour luy rendre raifon de fon fait, amp; en-^^irc lintention du Roy, Voila côme ce ne-fut accroché, amp; comme du Tilletaunbsp;de recennir reromoenfè de fes Ione'S
de receuoir recompenfe de fes longs ^fîuaux,auoitafl'ez afairc à employer fesa-pour appaifer le Cardinal, de forte quenbsp;Ictaignoitde perdre la vie, les biens amp; lesnbsp;'ftits. Le Cardinal de fa part ayant fait OuTîlltenbsp;cuillctterces liures par les gens dodes quilnbsp;ftnoitprcs defoy,pour linftruire es affaires wire de cenbsp;Suildeuoitpropofer auconfcil,où ileftoitnbsp;lots fort neuf, à caufè de fon ieune aage amp; le plus nuinbsp;Inexperience,trouua par leur rapport,quenbsp;oes labeurs luy pourroyent grandement ai-
èc feruir : mais que de les publier pat lniprefsion,il y auoit des chofes de trop grâ'nbsp;confequence, amp; qui mefmcs pourroyentnbsp;pteiudicier aux droits quils pretendoyenrnbsp;quelques Duchez amp; Seigneuries dunbsp;l^oyaume. Toutcsfois,il leurfembloit quilnbsp;ne deuoit ainfi rudoyer lautheur , ains lenbsp;oareffer amp; receuoir benignement, luy fai-(ant auoir la confirmation de fon eftat.
aduenant,il fe fentiroit merueilleu-obligéàluy,amp; pourroit-on fouftrai-
ïedes liures ce qui faifoit contre fes droits. Dauantage que seftant acquis vn tel ferui*nbsp;^our au Parlenict,il nauroit peu fait ; car parnbsp;tournoyé il entendroit tous les fecrersdcla
-ocr page 388-Hiftoiie de France,
Cour. A quoy ils safleureroycnt le faire coD defcendre, seftimant encores bien heureux-Le Cardinal trouiia cela tresbon gt; ?lt;. le Iceu^nbsp;Il bien pratiquer, quil paruint en fin au btgt;fnbsp;auquel il vouloir vifer, come cy delfiis nousnbsp;auons deduit.DuTilletaufsi seftimantnî'nbsp;uoir peu fait, deftre entré en la bonnenbsp;du Cardinal, amp;dauoir eu laconfirniatioonbsp;de fon office par fa faneur,fe cóftitua fon s' !nbsp;fcótióné feruireur : Sc afin dauoir moyeinbsp;le tenirplus feuremét aduerti de toutesnbsp;fes ,luy bailla vn fien frere pour Protenot^*nbsp;te. Parainfi croiffant le Cardinalnbsp;biens, honneurs amp; grandeurs, croiftoh^'r -laffedion de ce greffier à fon feruice,nbsp;te quil nefehappoit fecret de procès fionbsp;lesDuchez,Côtez ou feigneuries derefp^^^nbsp;quil ne fuft aduerty des moyens denbsp;uoir recouurer. Ayant donc depuis lem^nbsp;dinal atteint le-haut degré fous lenbsp;François a.duquel nous efcriuonsnbsp;du Tillet print volontairement lanbsp;de ceux de Guife en main, fachant Non 4^nbsp;sil leur auenoir mal,on pourroit vnnbsp;cercher la vie:comme au contraire,nbsp;à penfer que ceft eferit ayat fortifiénbsp;fc, acroiftroit aufsi Ca. faneur, comme a ,nbsp;rité le Prorenotaire, qui aufsi auoitnbsp;moyen deftre employé par la Roynenbsp;eut pour recompenfe lEuefehé de S-La cour de Parlement mené de parcih^.^^,
-ocr page 389-Sous François II. 377 entièrement gratifier à cesnbsp;prneurs,adioufta à ce liute de lamaio-' fuù , prinilege, faifant tout fon pofsiblc ànbsp;(jfPdrtier les eferits an contraire, Ôc recer-h ^^'^les imprimeurs quon foupçonnoitynbsp;J'oit mettre la main,pour les punir comil ^^dtninels de lefe-Maieftc . Davantage,nbsp;auoit V ne autre confideration parriculie- ç 4'11 mouuoit ce greffier à eferire contrenbsp;lentreprife dAmboyfc, afauoir lininbsp;*de mortelle quil portoit à la Renaudie,anbsp;dej proces quils auoyent eus enfem-en matière de faufletêjoù lhôneur de dunbsp;* diet eftoit grandement engagé. Et combiénbsp;^nil euft eu avreft à fon profit, fi eft-ce quenbsp;: *1 Renaudie publioit haut amp; clair que ce-doit par faueur quil auoit trouuce par toutes les Cours de Franccjàcaufede loneftar,nbsp;il pouuoit beaucoup feruir à fes amis:nbsp;^lis quil cfperoit que fi la iuftice luy eftoitnbsp;^mais oimenc,il feroit apparoir de liniqui-des iugemens, amp;c de la faufleté de du Til-comme de fait il auoit obtenu reftablif-^^nient,amp; lettres de reuifion quelque tempsnbsp;deuant la mort du Roy Henry. Il reprochoitnbsp;^ufsiàdu Tiller,que luy amp; les fiens ayans e- duthIccnbsp;lé nourris amp; efleuez en la maifon de la Re- d'/on pt«nbsp;¦tudie, il auoit efté enuoyé à Paris des fesnbsp;^nes ans pour foliciter leurs proces ,amp; là ciccui d«nbsp;^Wtetenu h curieufement Se diligem.mcnt ^'°Renau-SS eftudcsj'que par leur faneur amp;diligç- die.
-ocr page 390-578 Hiftoire de France, ce il auoit finalement efté pourueii lt;1^nbsp;eftat de Greffier de Parlement, où fe voy^nbsp;cilcué, au lieu de rendre à fiiditenbsp;loyal feruice pour les bienfaits qu*lnbsp;voit receus,il auoit par des fauflètez tou^nbsp;manifeftes fait tomber es mains desf«5^|]nbsp;res quatre ou cinq mille liures J{nbsp;benefices que tenoitvft des oncles .nbsp;la Renaudie ; amp; dauantage, eerchoiinbsp;moyens de sapproprier le bien I®* gt;ilnbsp;ré de relie de leur domaine,à Caillénbsp;en tenoit tous les tiltres riere foy-tout cela fin aflôpi par la mort denbsp;naudie, la mémoire duquel tenoit cf'nbsp;du I illetengehcnne,
pratiques de ceux denbsp;Giiife ennbsp;Allemagne aux denbsp;ipens dunbsp;Roy.
Quant elides feruitcurs lecfcts quels il a ellé cy deflùs fait mention)»nbsp;ainlî. Ceux de Guife conlîderans *1 j(,nbsp;auoyent cité contraints pour fe iniiiQj'nbsp;dolfenfer tant de fortes de gens,qu Of snbsp;peine pouuoyent-ils difeerner qt»nbsp;ftoit amy oit ennemy : amp; encor q»^ ylnbsp;fieurs solTrillèfit à leur faire plaifiGe^*^««'nbsp;que cela procedoit pluftoft pour auo»nbsp;dition de leurs afaires en Cour, oop*^^nbsp;furprendre,que pour aucune bon»' j(fnbsp;élion : saduilerentd'entrerenir es co»nbsp;Princes ellrangers,amp; parmy lanbsp;feruiteurs fecrcrs,amp; aux dclpés du 1nbsp;donner de grolîês penfions,tantnbsp;rapporter ficlclemcnt ce quils
-ocr page 391-Sous François IL 379 deux, que pour les entretenir en lanbsp;^nne grace defdits Seigneurs. Pour ce fai- ptatiquoitjsil eftoitpofsible, amp;c gai-à force defeus les feruireurs qui a-laureille de leurs maiftres. Dauantanbsp;*I y auoit deux coureurs qui alloyent parnbsp;chaps,faifans grand chere auxmeilleu-plus fameufes hoftelleries des villesnbsp;J, °ourgades,qui efpioyent les palTanSjpournbsp;J pf**' ^uel vent les menoit.Et afin de naieuxnbsp;^fiouurir leurs conceptions ,cux-mefmesnbsp;^^îïiençoyent à mefdire de la niaifondenbsp;,^'le, en telle forte que le pins fouuent lesnbsp; riifez eftoyent furpris , amp; tout foudainnbsp;'^prifonniers fans fauoir pourquoy ne cô-^^¦iCjOÙils demeuroyét iufquà ce que ceuxnbsp;. Giiife en fiilTet aduertis,amp;: que Ion feeuftnbsp;vie, la caufe de leur voyage, amp; qui les
Mais le pis eftoir quau fortirdela Pfifon,ilfe trouuoit des gens qui les trâfpornbsp;en tel lieu quon nen auoit iamais nonnbsp;quot;^llcs, fl ainfi eftoit quon les foupçonnaft,nbsp;^^'Juoneuft opinion tantfuft petite quilsnbsp;client gens pour beaucoup nuire.Brcfilar-Mede defpenfc des feruiteurs fecrets de lanbsp;fînee feulement, amp; qui ne fenommoyentnbsp;°'nt, montoit plus de vingt mille liuresnbsp;mois, comme londifoit. Voyla commenbsp;les afaires eftoyent acheminez en Frannbsp;'¦^PWceuxdeGuifcjlefquels ie delaiftevaynbsp;quelque peu de téps,pour retourner an
-ocr page 392-380 Hiftoire de France,
Duc de Sauoye,qiie nous auons vnpcu arriéré pour la multitude des matièresnbsp;faloit defuelopper.
Siuoye CÖ Nous auoiis dit que lintention des traint par faifansleurpaix,eftoit de ne cefl'er quilsnbsp;lesfuppoft» enflent exterminé ceux de la Rcligion-E']nbsp;pucrmyci'^ quelle volonté ceuxdcGuife a.üoyent^^nbsp;fesfuiets, feeu entretenir le Duc de Sauoye.deiO^znbsp;U èiigiï que paflànt par Lyon.il auoit fait vne expfnbsp;fans y a- fcpromefle aux Contes de SdeandeL/nbsp;ptôfitéy*quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;employer de main morte en
paysjoù eftoyét de log temps habituez quon appelle les Vaudois. Maisnbsp;fes paysjil trouua tat dautres cmpcfchei^ ,nbsp;que prefques la premiere année paflnnbsp;quil leur demandai!: rien. Aufsi eftoit-ynbsp;lement folicité par Madame Marguef^jj,nbsp;France fa femme, Princeflè de vertunbsp;bonnairc, sil en fut iamais, quil auoitnbsp;ques conclud de ne les tourmenter 'ï|jrnbsp;ment,aimant mieux les retenirenfn nbsp;étion par douceuramp;humanitê,quautrnbsp;quand quelques altérez quil auoit Pnbsp;Altcdc, dcfirans senrichir desnbsp;truy,ne ceflèrent par leurs meneesdenbsp;ter à lencontre de fespoures fuiets:»nbsp;te que quoy quil euft voulu fe rnôftr^'-amp; humain enuers eux, pour les raiio y,'nbsp;ladite Dame amp; autres Seigneiu'S nbsp;luy auoyent dites, luy remonftras fl* j. j**nbsp;uoir point plus beau moyen de fC
-ocr page 393-SousPrançoïs II. 3S1 ïefte des terres que Vuy detenoyent les Suif-fes,qrie pour ne soppofcr auec violence ànbsp;cefte doÂrine-.ce neantmoins le Pape amp; lesnbsp;Cardmau\Ç notamment celuy de Lorraine)nbsp;rompirent cefte conclufion. Aufsi le Legatnbsp;qui iuyuoit fa cour 38c autres qui fauorifoy etnbsp;lLglife Romaine, semployèrent par tousnbsp;luoyens de luy perfuader quil deuoit extçr-luinet tous ces Vaudois;amp; ne deuoit nullement endurer ce peuple fi cotraire au fainélnbsp;vouloit monftrer bonnbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^^eiflant fils. T els foufflets amp; boutefeux
AperCecution fut efmeué,amp; ^'^Uaffez longuement à lencontre desV aunbsp;eftans en ces vallees de Piedmont, quinbsp;^toüt temps auoyentreiettêle ioug duPanbsp;V^'lefqvxelsprcuoyansles maux ôccalami-menaçoyent toutes les Lglifcs denbsp;Y^dmont, dV n commun accord enuoyerctnbsp;^^^ionne Heure quelque remonftrance parnbsp;^5''^ïit, aamp;n dcft.re prefentees à fon Airelle Ôcnbsp;^faDucbeffe. Celle remonltrâce contenoitnbsp;Comme trois points .Le premier,que denbsp;^^Ut temps eux ôc leurs ancellres auoyentnbsp;l'^quicclle do£trine,amp;. vefcu en icelle, l.e fcnbsp;¦ond, quils la tenoy ent conforme entièrement auxLfetitures fainôies ,comme ils s ofnbsp;Hoyent à la maintenir par icelles,à la condinbsp;^mn que sils elloyent couaincus dellre ennbsp;^ent,ils feroyent aufsi toll prompts à defter de leurs ett eurs .Le tr oifte fme ,qu ils te-
-ocr page 394-îxcniple du zcle Clnbsp;iholique.
38^ Hiftoire de France, conoiflbyent fon Alteflè pour leurnbsp;rain Seigneur amp; Prince apres Dieu,nbsp;ils vouloyent rendre toute iîncere obei»^nbsp;cc, iufquà la confcience toutesfois 1Q'*nbsp;reconoiiïôit que Dieu pour foiiuer^nbsp;giflateur.Ie ne fay ii ceftc remönftrane^Pnbsp;uint iufquesàfon AltelTcjOU àlaDi^nbsp;fc : mais tant y a que les perfecutions ,nbsp;bien grandes es vallées de S.Martin i nbsp;grogne,de Luferne,de la Peroufe,^^^,nbsp;tres circonvoilines, ou furent prinsnbsp;cruellement bruâez quelques vns j jjii)nbsp;mément le miniftre de fainâ Gef* .znbsp;briiflé à petit feu, lequel eftantnbsp;morti J on contraignit deux paunres^nbsp;mes du lieu, dy porter des fagotsgt;nbsp;CCS propres mots. Tien ceci,me fch3n^quot;^is.nbsp;tique, puis que tu nous as mal enfe'ê^j^nbsp;aufquelles il reipondit, le ne vousayP,^j,nbsp;mal enPeignces, mais vous auez niaJ^F^^jj^nbsp;Deux gentils-hommes fteres, lvnnbsp;Charles Truchet ,amp; lautrenbsp;furent cruels ennemis, Sc plus ,nbsp;moines de labbaye de PignerolJ^^ 'nbsp;combien que ces panures gens fcnbsp;tirez aux cauernes amp; rochers aiicc i^^ '(itnbsp;bles peines, âcprotedallèntne voiilnbsp;dre les armes, Si s'offrilTetit a»ecnbsp;fteurs deftre mieux enCeignezjdnbsp;uoir,par la parole de Dieu, nenbsp;Con Airelle ne leur dH guerre ouue^
-ocr page 395-Sous François II. 383 3uelextremité les contraignit à fe'defcn-leurs panures famillesjen la liberténbsp;confeience en laquelle eux amp; leurs an-^fftres auoyent touliours vefeu, ofFrans aunbsp;^^lus toute fuieftion amp; obeiflance à leurnbsp;tince-.amp;mefmes de nempcCcher quil nenbsp;^lite 'sielfe où il luy plairoit, pourueunbsp;nefuflent contraints dy afsifter,amp;nbsp;^IspeulTentferuiràDieu felon leurreli-®''^'gt;lt;lemandans pardon du port darmesnbsp;par extreme necefsité. Apres auoirnbsp;Y Vain elTayé la feule force, le heur de lanbsp;I ''ité,chef principal de larmecsy adiouftanbsp;Il fut parlé denuoyerà fou Alteflenbsp;, *^anlt;ler pardô du port darmes, amp; liberténbsp;^fetuit à Dieu felon leur ancienne religio,nbsp;offre de toute obeiflance. Les dele-pour prefenter celle Application, fti-p'it trefrudement traittez par lefpace denbsp;'' fetnaiues ,amp; finalement ayans eftécon-^^'nts à coups de ballon de demâder pavdonbsp;^''Icgat du Pape, ne raporterent quenou-l^iuxcómandemés daller à la meflé. Cepenbsp;int il ny a ni trahifon ni cruauté de laquelnbsp;^OQnvfall, nomémét en la vallee dAngro
Il
Celle necefsité, apres que les peuples ^^'ïentfoufferttouteslespilleriesjforceniés,nbsp;^quot;lleiués quil ell pofsible, fut caufe que lanbsp;^^ftebié petite reprenant courage,amp; recoinnbsp;'®*'Çantlexercice de Religion entrepofé,nbsp;à donner congé à leurs MiniUres
-ocr page 396-384 Hiftoire de France^
auec grands pleurs amp; larmes fence » dvnc lîrefolue façon» quenbsp;querelles executions onteftéouuerte*j^nbsp;extraordinaires. Deux des principal^ynbsp;meurerent des la premiere rencontre a« F ¦nbsp;duTour,ceft afauoir Louys de Monteiln^,nbsp;auoitefté maiftre de camp (bus le Ro/Jnbsp;Charles Truchet grand amp; cruel enneWnbsp;te peuple,auquel vn ieune pay fan coof»'^nbsp;telle de lapropre efpee diceluyjlargeo^Qnbsp;ixempîe tre doigts.Plulieurs aôles efmcriieillaN^,^-^nbsp;aXtcgti auindrêt,mais vn entre autres dignenbsp;lé des Vau lire jamais oublié. Apres plufieurs com®nbsp;heureux delapart de ce peuple, lenbsp;Raconis délirant que ces combats fiuiu ,nbsp;par quelque bon appointementjhônoralnbsp;fon AltelTe amp; tolerable à ce peuple»/nbsp;ploya vn homme de bien nommé Francnbsp;de Gilles,dvnlieu nommé Briqueras-^nbsp;homme apres auoir conféré deceft^nbsp;auec les Syndiques amp; miniftres, sen rejnbsp;nât à heure alTesmal propre, fut tué P^^gt;1,nbsp;hommes dAngrogne,autrement gensnbsp;renommez.Ccla notifié à ce peuplcsP*^..nbsp;folennelles furent faites à Dicu,qinbsp;pleuft ne leur imputer tel adle,auec plc^nbsp;gemiflèmés, le corps fut folennellenieCnbsp;terré,les meurtriers bien apparenteznbsp;Çrins,amp; depuis liurez au fieur de j^snbsp;a trois conditions. La premiere,quonP^^i^^nbsp;contraindroit en rien contre leur conic
-ocr page 397-Sous François IL
385
f te. La fécondé, quon leur feroit bonne iu-{, ftice,fans preiudicier aux libertcz de leur pays. La uoifiefme, qtf ils feroyent execu-tez fut les confins dAngrogne pour mon-ftrer exemple aux autres. La fin de toutnbsp;j) ce trouble fut que fon Altcfl'e bien infor-j/ tnec de tout , amp; conoiflant par experience
l'iil aiioit cfté par mauuais confcil anime JJ contre fes plus loyaux fuiets, leur accordanbsp;! toute feurté auec exercice de leur Rcli-j Son, moyennant quils luy rendiflent tou-, tefuieftion Scobeiflànce . Ce queftantac-j) 1 cordé le cinquielmc de luin 1561.(la guerrenbsp;{ ayant duré enuiron quinze mois ) leur anbsp;11 tfté Rdellement obferué iufques à prefent.nbsp;i £t combien que lifl'uc de ccfte guerre ap-' ' partienne au temps du RoyCharles neufief-( '^c, fi ay-ic bien \oulu en defcrire fom-J tuaiiement toute la teneur. ,
f Pour reutnir à noftre biftoire,nous a-1» tout ( ttonsdit que la cour de Parlement faifoit
*^0 grandes perquifitions à lencontre de pans. ma. teux qui imprimoyent ou cxpofoyent ennbsp;''cote les efcrits que Ion femoit contre AeVactuaunbsp;tcüx de Guife. Enquoy quelques lours fenbsp;pafferent fi.accortement,quils fccurent ennbsp;ouquiauoit imprimé vn certain liutetfortnbsp;al^telntltuléleTygre.V n Confelller nom-du Lion en eut la cKargc, quil acceptanbsp;ton X olontiers, pour la promeffe d. v n eRatnbsp;d^Ptcfidcnt au Parlementà.eBourd.eaux»
Bb
-ocr page 398-3$^ Hiftoîrc de France, (duquel il pourroit tirer deniers, fi bon lofnbsp;fembloit. Ayant donc mis gens apres,onbsp;rrouua limprinieur nomme Martin Lhom'nbsp;met qui cneftoit faifi.Enquis qui leluy aoo^nbsp;baillé, il relpond que ceftoit vn homme ifl'
Xi. XVl^K^XlkX nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Vnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V ** ***./*-----
conu, amp; finalement en accufe plufieurstl® lauoir veu 8c leu,contrc lefquels pourfmt^
menient prihinnicr en la conciefgef*'^ Palais,où il ne fut pluftoft arriué que d*nbsp;linterrogue fommairemcnr fur le faitm*nbsp;gre, amp; des propos par luy tenus au p^*'?,^nbsp;Ce panure marchant iurenefauoirqfJ^'j^
XlitlXVlIcXiib iULt iiV nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. f
i^oit, ne lauoir iamais veu, ny ouy
Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;387
^^fsieurs de Guifc: dit quil eft marchant 'î^ilemeflc feulement de fes afiiircs.Etquatnbsp;propos par luy tenus , ils nauoyentdcunbsp;.«nfer aucun. Car meu de pitié amp; compaf-Qnde voir mener au fupplice vn home (le-toutesfois il ne reconoifloit amp; nauoitnbsp;î^^ais veu ) voYa.nt que le peuple le vou-öfter des mains, du bourreau pour le fainbsp;f^niourirplus cruelleraét, ilauoitfeulcmétnbsp;'t quils laiflaflènt faire au bourreau fonnbsp;que là dcflùs il a efté iniurié parnbsp;^sgens de robbe lóguejpillé, volé amp; outranbsp;par le peuple,amp; mené prifonnier ignominbsp;^^eufemétîfans auoir iamais melFait ne mef-à aucun, requérant à cefte fin quon en-quift de fa vie amp; conuerfation,amp; quil fe fu-^ettoir au iugement de tout le monde. Dunbsp;L'ô fans autre forme amp; figure de proces,faitnbsp;fon rapport à la cour amp; aux iuges delegueznbsp;pît icellegt;quile condannent à eftre pendunbsp;eftrangle en la place Maubert, amp; au lieunbsp;¦quot;efme où auoit efté attaché ceft impri-'leur. Quelques iours apres, du Lion fenbsp;^rouuant à foupper en quelque grandenbsp;Compagnie, fe mit à plaifanter de ce pauvre marchant. Onluyremonftraliniquiténbsp;iu iugement parfes propos mefmes. Quenbsp;''oulez vous dit-il , il faloit bien contenter Monfieur le Cardinal de quelquenbsp;'nofe , puis que nous nauons peu pren-
Bb 1
-ocr page 400-388 Hiftoirç de France, dre lautheut car autrement il ne nousnbsp;iamais donné relafche.
la Reyne Nous aijons vcii cy deuant U dilig^** ccü^ ce faite par la Royne mere du Roy P° «nbsp;Gidfcdere scnquerif de Ia.vc3Ye caiife des rrouble^nbsp;pow'fXquot; leconfeil quon luy bailloicde lesappa^^Jnbsp;foudenir Ccneantmoins , encotcs quelle fuft ¦nbsp;SX*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;Admirai, amp; autres grands
gneurs defquels ellefçfioitbeaucoup ceftoit feulement à la maifon denbsp;quon en vouloir: amp; que pour enauoirc^^nbsp;tainc preuuc elle les pouuoit renuoycrnbsp;leurs maifons pour quelque temps: finbsp;quelle nen vouloir rien faire,foit qu^nbsp;nofaft ainfi ouuertement les defapoi^^ rjnbsp;foit pluftoft quelle fe deffiaft des Princenbsp;fdng, pour ne leur auoir baillé aunbsp;cernent de ce regne le lieu qui leur a-pp®nbsp;noir. Dauantage onluydifoitquelcfifirsnbsp;gneursPrinces feroyent allèmbler lesnbsp;pour bailler confeil au Roy, pendantnbsp;nes ans, auquel ilstiendroyent le pr^^^ÿnbsp;reng.Qu'indubitablement on y appellornbsp;leConneftable quelle hay/lbit ànbsp;quel ne faudroit dembralTer les afaircSnbsp;commander ainfiquedu viuant dcHc*^^^nbsp;Outre cela,que les Eftats reigleroyenf^ jnbsp;paffèroyent les afaires,amp;luy bailleroyen^^^nbsp;les gens pour les conduire amp; adminiftrcrnbsp;uec les Princes du fang, quelle né pournbsp;de rien dilpofer. Que ceux de Guifeefi'Jj^^
-ocr page 401-ladoucir amp; modérer les pafsions des mal
Sous François It* lellctnét hays amp; malvoulus, quils nauroy-*nbsp;cnt aucun lieu en Ce confeil. Quelle les co-ftoiflbit de fi grand cur ,\ue malàifémcntnbsp;iepourroyent-ils endurer.Et ainfi que ce fe-roit pour entrer de ficure en chaud mal.nbsp;Toutes ces râifons, di-ie, luy firent cftimernbsp;l'iilfcroit meilleur pour elle gt; dentretenirnbsp;les chofes en leftat quelles eftoyent, fansnbsp;fieu innouer,amp; cependant mettroit peinenbsp;contés, eftimant dy paruenir aifcment,daUnbsp;Cant plus quelle conoiflbit les Princes ditnbsp;fang vuides dambition, amp; quon les contennbsp;Cetoit de peu de chofe. Elle penfoit aufsinbsp;Jneftans ceux de Guifefouftenus par fonnbsp;authoritéjils luy demeurcroyent plus fiddles amp; obligez,amp; partant la maintiendroyct.nbsp;Veil quelle leur foufïroir tout, amp; quils a-cioyent desmoyens afiez pour faire te fie auxnbsp;lrinces amp;à ceux qui leur fauorifoyent,fansnbsp;Quelle sen meflaft finon de moyéner. Voy-
lales coyfsins fur lefquels elle ferepofoit. Eux de leur part ayans ouy le vent quon
Conttt-
3^0 HiftoiredeFranccJ pàrleur moyen, attendu laconfpir^^æ®nbsp;changer la Religion, comme refper^^^^nbsp;leur en cftoit donnée parle RoydcNaiiai'nbsp;rc amp;.k Prince de Code fon frere.Cefte mo^nbsp;noyé ftit prife en payement , de fort® l^nbsp;tous les moyenneurs de paix amp; du repos p»nbsp;blic,perdirentle téps, le drap amp; Targetnbsp;leur credit. Bref, ils ne feruirent dautre ch^nbsp;fe quà confermer tant plus lauthorite onbsp;ceux de Guifcjqui ne faillirent de fe réparenbsp;de toutes fortes de gés . tcllcmét que le l^*l'nbsp;de Guife difoit haut amp;clair auoir laproiuenbsp;fe de mil ou douze cens gentilshommes ænbsp;gnalez, amp; le ferment de leurs cheß»aiieclenbsp;quels amp; les vieilles bandes venues de Pied'nbsp;môt,amp;autres dót il saflcuroit,il palTeroit Wtnbsp;mine desnbsp;nbsp;nbsp;vctre à tous fcs ennemis. Cela venu à le^r
pitfeeutti conoiflânce, ic de tous ceux qui faifoyétpr® îi°ue'de*^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que ceux-l*
leurs enne mcfmcs aduifcrentdeplus pres à leurs aiiU' mis renou res, qui ncftoycnt autrement engagez e**
Tentreprife deda Renaudie. Entre auttjS Maligny Taifné ne fe pouuoit perfuadrtnbsp;quil fuft ouy en fes iuftifications, silnbsp;loità la Cour pour rédre raifou de ce qu onbsp;luy demanderoit. Bien fe tenoit-ü net anbsp;Tentreprife dAmboyde , amp; clperoit bgt;e*nbsp;monftrer nauoir eu aucune communie^'nbsp;tion auec les chefs amp; condudeurs dice*'nbsp;le. Mais dvn autre coftc,ilregardoitnbsp;de saller rendre entre les mains dvn cni®nbsp;mytaf'
-ocr page 403-Sous François 11. yn J?y tant furieux, ce feroic fe perdre à fon e-^æntjamp; quon luy obicderoit tant de fauxnbsp;f^ts.quc mal aifément sen pourroit-il def-'clopper.il conclud donc de prendre autrenbsp;\°ye. Car au lieu daller deuers le Roy aunbsp;'éps à luy prefixjconfidcrant que cefte playenbsp;«ftoie vniucrfelle, amp; quautant gaignoit bicnbsp;mal batu,il aflembla quelques fiés amisnbsp;pour entendre lcftat de leurs afaires, amp;c lesnbsp;'touuât quafi hors dcfpoir, leur dona couranbsp;amp; promefle dy employer corps amp; biens.
Ils côclurét dôc daller lvn vers le Prince de ^ondé pour luy donner courage, amp; lautrenbsp;pîttoutes lesEglifes,faire entendre leur ruinbsp;cptochaincjfichafcun ncpenfoit àfafau-Pcté.Cc qui plus les cfmcut de cerchernounbsp;Ueaiix côfeilsjce fut raducrtilfement certainnbsp;'iPc le Cardinal de Lorraine auoit derechefnbsp;ptopole au confeil de fe faifir de la perfonnenbsp;'luPrince,amp; que le Duc de Guife fe fentantnbsp;l'ornfié,amp; nayant aucunes nouuellcs que lenbsp;l^hnce fift amas de gés,cftimoit le téps eftrcnbsp;Propre de luy faire proces fans plus tardef,nbsp;cHimant que puis apres on auroit meilleurnbsp;quot;archédurefte desLuthcriés du Royaume.
Nous auôs parlé cy dcflhs de cefte premie uciiieufe quot; tepropofition mife en auantiau confeihmaisnbsp;pource quelle efclaircira cefte matière, amp; la p^nbsp;caiifc du partemér du Prince, ie la deduiray couuticnbsp;aucc les caufes amp; fondemens dicellc.Chaf-cnn fauoit que le Duc de Guife amp; fon f«u.
-ocr page 404-Hiftoire de France, frère le Cardinal eftoyent deux teftes envnnbsp;chapperon » en forte que ni lvn ni lautrenbsp;propofoyenc rien au côfeil quils neleufsetnbsp;prémédité enfcmblc auparauant. On sesbanbsp;nitdonques comme le Cardinal auoitnUînbsp;en auât de fe failir de la perfonne de ce Pnonbsp;ce,amp;fon frere fur dauis tout contraire:ædnbsp;mes iufques à rendre raifon de fon opinio®nbsp;contre fa couftume.Car en toutes chofes gt; *nbsp;foiiloit dircjMô auis eft rel,amp; faut faire ain®nbsp;amp; ainfi.Mais en ce fait il harengua aflèz lo®nbsp;guement pour dilTuader fon frere jdifa®^nbsp;que sattacher aux Princes fi fbudaineine^'nbsp;feroit efmouuoir vne fedirion vniuerfd*nbsp;mcfmementpenilât les ieunesans du R®/'nbsp;Que fi on le vouloir faire, il proteftoitnbsp;ce feroit contre fon gré amp; confentein®®'nbsp;Autrement ce feroit donner couleur anbsp;placards Ä: libelles diffamatoires 'Lnbsp;par les rebellesjqui taxoyent la maifo®nbsp;Guife dé vouloir efteindre amp; exfen®*'jjnbsp;le fang Royal. Mais que biennbsp;fortifier les preuues , amp; preparer les 1®^nbsp;ces du Roy, auant que de penfer a *nbsp;telle enrrepri/c. Cela, di-ie , en fitnbsp;hir quelques vns : mais dautant qu® jnbsp;au rebours de la conclufion ils drefiérenbsp;tout ce qui eftoit requis pour furpte®,j|,nbsp;ledit ScigneurPrince,il fut bien toftaif® Jnbsp;ger que ceftedifputc neftoitquvnie®nbsp;af^
-ocr page 405-, Sous François II. 395 Me. Car ils demandoyenc vn confente-ce que sil en a-Oit maton ne leur pèuft reprocher auoirnbsp;to piiifiancc abfolu£,mais que çau-eftedvn commun accord dcconfencc-de tous.
IrpScR e- ^^^^deBearn,fachantque siltomboit ce luitunenbsp;ennemis, ceftoit fait .de fa **nbsp;gt;veu la corruption qui eftoit en laiuftice,nbsp;fnnuetainesquinfcrieurcs,defnbsp;4 il nâttédoit aucune équité : dequoynbsp;^Ooitveu tant de prennes quil nenpou-ne deuoit nullement douter. Son pat-fntfut afléz accortcmentamp; ingenieufe-
, drefle, amp; ne le declaira qua peu de gés, hnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;print.Car fei gnant daller à
train dcuât.Puis quad
0)1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, au lieu daller à Chenonceau,
æ Roy eftoit,il print la trauerfe parla de la Dofte, amp; le chemin de la Gafeo-
Mt approcher fon train,quifs letenoyent , f '^^tattrappé, amp; neftoit queftiô que de luynbsp;; jÏP^fetfon pacquet,quâd ils eurent aducr-'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J'^êt certain,quil auoit pallcîtcnât la roü
I de Beatmdequoy ils furet fort mal côrens» '^ïies de ce quils entendirent que Mali-l'aifné lattendoit à Poitiets,fcignantnbsp;dit en Cout,amp; que ce neantinoins ils sen
-ocr page 406-35» 4 Hiftoire de France, eftoyent allez enfemble. EtfaucentéJr®^;nbsp;le Prince, eftant furfon parrement,nbsp;plldeHo?! de Genly, lequel encores quil euftnbsp;lt;fvne gi- grande faueur de ce Prince, ce neantmô»nbsp;tournee fuyuant le vent de la Cour, seftoitnbsp;tousvents. parti de ceux de Guife . Eftant donc pâynbsp;en intention de defcouurir quelque endnbsp;de nouueau pour eftre le bien venunbsp;Cour,il fit entêdre au Prince quil alloicnbsp;lier le Roy , amp; quil nauoit voulunbsp;luy venir faire la reuerence,pourfauoitsnbsp;luyplaifoit rien mandera fa Maiefté.nbsp;Prince , qui ia fe doutoit de luy, refpu*nbsp;quil nauoit autre que mander. Lautrel^'nbsp;fecoue la bride, difant quil fauoit quenbsp;Roy ne faudroit à luy tenir propos de wnbsp;fachant quil auoit eu ceft honneur denbsp;eftre feruiteur, amp; quà cefte caufe, ünbsp;roit grandement eftre chargé denbsp;bonnes nouuelles pour les dire au K j.nbsp;mefmement quil euft quitté toutesnbsp;ueries amp; opinions nouuelles de lanbsp;gion,dautant quelles ne conuenoyentn^^nbsp;iement ni à fa grandeur, ni à fon aagepnbsp;eftre fi fage. Le Prince fur cela le c a Snbsp;de prefenter fes treshumbles reconiniannbsp;rions au Roy,amp; à la Royne. E^dil vousnbsp;mande, dit-il, plus auant de mes nouuenbsp;vous luy direz, comme ic luynbsp;vous,que ie luy fuis treshumbic
-ocr page 407-Sous François II. 3.9$ P feruiteuï amp; parent,amp; que quelque cho-*'l'ion luy ait dite au contraire, il me trou-^^fitoufiours preft de le luy monftrer par cfnbsp;fn tout ce quil me voudra commander,nbsp;.^oncontre la Religion. Car lay protefténbsp;*f'il)cotnmc ie (3.y encores, de naller ia-à la Meflè. Genly le fupplia de don-/'¦«charge de iipiteufes nouuelles a daunbsp;luy. Le Prince répliqua que sil nenbsp;fgt;ydifoit »il en feroit luy-mefmcsle mef-dedans peu de iours , quil efpcroit al-ftouuer le Roy de Nauarre fon frère, amp;nbsp;Pédant prendre congé du Roy. Ces nou-'des venues à la Cour refiouyrent ceux denbsp;, ^d«»pour auoifjCe leur fembloit, dou-^¦^latiere défaire le procès au Prince ,nbsp;'^ftfnioin comme domeftique, amp; non re- '¦^chablc: joint quilycn auoitdautresa-Genly, qui en pouuoy et parler, pour a-''ftftétenu ce propos en grande compa-^^'^llseftimoyent aufsi que fa venue eftoitnbsp;à point, amp;lesdeliureroitdvn dange-Voyage amp;cnrreprife, comme celle qunbsp;^Uoyent faite, de fe faifir de fa perfonne,nbsp;4^ielque part quil fuft. Ainn fe repo-i^^^amp;cndormans fur les paroles deGen-y ds ne peurent imaginer quil euft au- Volonté que de jgt;aflèr par la Cour al-^^deuçrs fon frere ,en forte que cela lesnbsp;de luy drelTer des embufehes parnbsp;'demins, comme ils fe repentirent bieu
lt;¦
f
3^^ Hiftoire de France; depui« quil leur fuft efehappé. * jp,lt;^nbsp;fois, comme ils faifoyenede pierre Fnbsp;leur fut vu argument daflcurerleur^^^Jotnbsp;ftez quil ny auoit rien plus vra/)nbsp;le Prince eftoit accule, amp;nbsp;le rendort attaint amp; conuaindi«nbsp;ne fut plus queftion dautre choftnbsp;pedier commifsions nouuellesnbsp;gens, afin daller faire la guerrenbsp;Nauarre qui lauoit retiré chez foy*nbsp;Ir r^mVnbsp;nbsp;nbsp;Le Marefchal fainftAndré qui
lié des^ regnantHenry, intime feruiteiir couttifas. Prince, entreprit vn voyagenbsp;afin de vifiter fes freres.Maisnbsp;fayer sil pourroit rien defcouurir denbsp;feins. Ce que le Roy de Nauarrenbsp;pour tout certain à larriuee denbsp;Neracjoù il eftoit lors, qui leurfitcru*^*^^^ ^nbsp;on ne demandoit que leur ruine eii^'^ nbsp;que partant leur faloit de bonne hei'y l(iinbsp;fera leur falut. En qiioy Maligny I^*nbsp;belle matière pour les perfuader gt;nbsp;clufion prife auec fes compagnonsnbsp;Enuiron ce mefme temps ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
Mere,feignantde vou loir deplus nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
lire acerrenee des caufes des trouW^^ accroiftbyent, encores que fa confe^nbsp;ce quelle en auoit ouy'de tant dautf /nbsp;fonnages ne len afieuraftent que ffnbsp;cha,fous cefte couleur,de defcouuf*'nbsp;quelle pourroit des entre^rinfes
-ocr page 409-Sous François II. 397 j'^ brafler du cofté du Conncftable, .nbsp;lier ouueau pour vue querelle particunbsp;Duc de Guife amp; liiy,nbsp;Iæ Conté de Dampmartin acheté par i-yCôneftable,des poings duquel le Ducnbsp;Attife pretendoit larracher par quelquenbsp;Jijttede calTation de contraôt: le tout tel,-.^'î'^tcouueitfous le voile de procéder parnbsp;''ce, que chacun apperceuoit almill'in-'^'tion des-parties tendre à vn moyen plusnbsp;loccafion sen offroir.Dehrans doncnbsp;de Guife conoiftre fi le Conncftablenbsp;^ffouueroit enueloppé parmi ce qui concernbsp;'oitle Prince de Condé quils tenoyct défianbsp;furprins en leurs filez,perfuaderent ai-quot;ï'«nt a laRoyne mere denuoycr quérirnbsp;''^'^tttainLouys Regnier feignent de la Plânbsp;quoneftimoit deflors feiuirdecon-^'Ibien auant au Marefchal de Montmo-^''^y-Ceftuy-cy appelle, amp; introduit au ca-^(^t de la Roy ne mere ,1e Cardinal eftantnbsp;cJetjjefg la tapinerie,àfainôl Leger.ennbsp;H'ds des vrayes caufes de ces troubles amp; desnbsp;^tt\edes quil eftimoit sy pouuoir appli-1 ^quot;^t,aptes seftre en vain excufe,fit en fom-1 ^^ vncrefponfe ,puis apres rédigée par e-'^'ItparluYmefmes, dont le fommaire sen-Ipit.
Udit donc que ceux quon appelloitHu-S'^^nots eftoyent de deux diuerfes fortes, amp; ' ï'^'irtant deuoit-on vfer dediuers remedes
-ocr page 410-3^8 Hiftoire de France, pour les appaifcr. Les vnsgt;difoit-il,tgt;^,j,nbsp;gardent quà leur confcience : les aiitr®*nbsp;gardent à leftat public. Les premiers oLjnbsp;ftéefmeus par la Renaudicj voulant (nbsp;prétexté deprefenter vne requcfte)'\ynbsp;la mort de Gafpar de Heu fon beaunbsp;pouuans plus , à la vérité jfupporternbsp;gueur laquelle on a fi long temps ennj'^i(nbsp;contre eux. Les autres font irriteznbsp;leftat* du Royaume eftrangement cnn s,nbsp;par eftrangersjlcs Princes du fangen e -forclos, f^ant à ceux-Ia,on les ponnn^^^}nbsp;paiferaifèmentpar vne aflcmblee denbsp;ques fuffifans perfonnages, lelquels»nbsp;couleur de traduire fidelement la Inbsp;teroyent les differentSjamp; trouueroyent ,¦nbsp;lementquilny a-pas fi grande difco*^^j}pnbsp;il femble entre les parties. Les autres n ^^(1nbsp;paiferoyent aifcment,finon mettantnbsp;ces du fang en leur degré,amp; demettan^^j,,-doucement ceux de Guife par vne anbsp;bleedes Eftats. Etpourmonftrerqni*nbsp;toufiours mal prins aux eftrâgers, finbsp;grans quils fuftent, voulus eniambet * jJ)nbsp;Princes du ßg, il alleguoit mefsire nbsp;Cerda,autremét dit dElpagne, fib
Roy de Caftilie,gendre de mefsire i de Blois,fairCôtcdAngoulefmeamp; ,nbsp;ble par Philippe deValois fon oncl^nbsp;té: lequel leandEfpagne futfinab^^,,ct'nbsp;^dedans fon li(ft par la nobleiTe de
-ocr page 411-Sous François IL 399 f » Eftienne de Bauieres freve dlfabelnbsp;de Charles fixieme, amp;c fils de Louysnbsp;y auieres Empereur, lequel futfaccagéànbsp;' l^neufiie S.George, amp;mis hors du Roy-René qui sintituloit roy de Sicile,nbsp;du fcuDuc de Guife ,óhaflé de la Cournbsp;J France pat lAmiral Grauille,du tempsnbsp;' dipnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;huiriefme.il ne Erut doc pas,
t
kt
'1
p^p^^il, queftât le Royaume de France có-detät dilluftres maifons,entre lefquel-4. peut trouuervne douzaine ifl'uede Hgne des Rois ,la maifoh deGuife,nónbsp;Lorraine, en laquelle il nynbsp;titulaires, penfe auoirnbsp;defl'us. Et deuroithié le Ducnbsp;i fe fouuenir que feu fon pere auoitnbsp;gradVe-auparauant eftoit exercénbsp;Simples gentils hommes, amp; fe con-'annbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;belle fille neuft point de
à Fótaine-bleau, le iour de fes nop ^^ritle fcuRoy François,q ceft hóneurnbsp;fang:A: qnbsp;^5 de Lorraine vouloyct faire des Prin-faire en leur pays,à leursnbsp;fait,Môfieut de S.Paul freie denbsp;^ç^'^^Urde Vendofme nouit iamaisle feunbsp;' ^^gt;0 Cuife fonbeau frere sappellcr Prinnbsp;ne dift en fc fouriant, que le Ducnbsp;Aleman en François : amp; que tou-fois quil fe voudroit appeller Prince,
-ocr page 412-400 Hiftoirc de France, pour parler proprement François ? ilnbsp;adiouftcrjde Lorraine. Mefmes ennbsp;Icmentvnaduocat en plaidant pour nbsp;Sieur dcGuile,ayant prins la qualify ri Çnbsp;cedl fut dit amp; ordonné fur le champnbsp;fte qualité feroit rayce : ce quô jiU'nbsp;efté caufe en partie de démettre de Ir*.-,;:;nbsp;le feu premier Prefident Lifctjà lap^'^nbsp;du Cardinal de Lorraine, fans autrenbsp;teroutesfois.Sacôclufionfutqiie h^nbsp;loit cuiicr vn remuement bien dang^*'^jj|jrnbsp;faloit contenir ceux de Guife ennbsp;tes,ou pour le moins leur bailler com*j 5nbsp;bride amp; contrepoix de François uatuf^^fnbsp;tenir les vns amp; les autres en raifon-F^ jnbsp;ne répliqua quelle nauoit efleuetrnbsp;Guife finon uiyuant les traces duh* nj*!nbsp;fon maryiquelle euft bien vouluçu^* nbsp;de Nauarre amp;c le Prince de Condenbsp;rangez à la Cour, à lexemple denbsp;de Monpenfier amp;: de la,Roche fut-'nbsp;sy voyoyent fauorablement traite? *-rez.Etque ceftoitmefmes contre lapnbsp;ne du Roy que celle entreprifenbsp;auoit eflé drelfee.LaPlanche refpou jnbsp;nelloit croyable quvn François natnbsp;fur tout vn Prince du fang, fe fuft'^*^^nbsp;nbsp;nbsp;,
tre la perfonne de fon Roy : mais | qui occupoyér la place des Princes inbsp;fachans iceux nepouuoir ellre debo |nbsp;Ion leurs anciens priuileges, que
-ocr page 413-Sous François IL 401 ^****iier chef du crime de Icfe Maiefté, a-pluftoft forgé cefte accufarion, fub-Uperfonne duRoy au lieu de la leur.nbsp;~flt;îue fi elle vouloir entretenir les Princesnbsp;QU fang CS honneurs qui leur font deus, el-*® gouiierncroit comme vne mere les vns amp;nbsp;les autres. Brief,quelle ne fautoit plus fairenbsp;PQUt ceux deGuife que de leur perfùader denbsp;segaler en rien, à caufe de leur maifon,nbsp;aux Princes du fang: mais de fe contenternbsp;^ftre honorez comme officiers du Roy,fe-louce quiferoit deu à leftar quils exerce-luyent. Ce propos ainfi tenu le matin,amp; entendu par leCardinal de Lorraine caché dernbsp;hete la tapiirerie,amp; la Planche renuoyé dif-ner, il Fut conclu quon le renuoycroit que-riraptes difncr pour le tenter plus auant, amp;nbsp;finalement, sil ne difoit tout ce quils efti-®oyent quil fauoit bien , il feroit mis ennbsp;^ge pour liiy apprendre à chanter. Eftantnbsp;tappelléjlaRoyne mere, acópagnee de Ma-°amcdeMonpenfier,luydit,quelle ne fenbsp;Pnuuoit perfùader que cefte querelle ffift a-®nue pour les honours prétendus par ceuxnbsp; Guife: à quoy il fe trouueroit bon reme-^donnant le premier lieu aux Princes du
gt; amp; le fécond à ceux de Gui^, de forte Hu aptes le premier Prince du fang marche-n*t le premier Prince de Lorraine, apres lenbsp;^fnd Prince du fang, le fécond Prince denbsp;^ttaine, amp; ainfi confecutiuement : mais
-ocr page 414-4OX Hiftoire de France, quil faiioit bien dautres cliofeSjSdnbsp;loit dire, à quoy elle lexhorta, luynbsp;tant grande rccompenfe dvn cofte,^ ijd/nbsp;tre part luy faifant allez entédre qi^?nbsp;en prendroitjsil ne difoittout.Et .-gpf»nbsp;pria de luy aider pour attrapernbsp;Soucc!les,amp; quelques autres principenbsp;belles,fans luy nommer de pres ni denbsp;maifon de Montmorency.La Planche»nbsp;me libre amp; dentendement, aunbsp;ftonner, apres auoir protefté quil ennbsp;dit la pure vérité fans aucune pnfsi®*?nbsp;culierc,rcmonftra que iamais ne fern**:nbsp;fert cell: acouplement des Princes denbsp;fon de France, amp; de la maifon de Loff jpnbsp;dont il luy defehiffra toute lorigine.C^^Jj^i!nbsp;/bit-il, vn temps a elle que la Lorraine enbsp;comme vne foreft cfpeflè entre la Fr^ ïj,))nbsp;rAllemagne:amp; partant ceux de celle ni^^jnbsp;de Lorraine faifoyent acroire aux AU®nbsp;quils elloyét grands en France, amp; a'nbsp;çois, quils eftoyent grands en Allen^»nbsp;Mais celle foreft eft tellemendefclair^'nbsp;les afaircs dAllemagne tellementnbsp;iufques au fond,que nul nignore I® Gsnbsp;rang que tenoit le Duc de Lorrainenbsp;CS a'flèmblces de lEftar de lEmpire, d®nbsp;te quil ne sy trouuoit Prince quinbsp;ficulté de luy ceder. Et quant à la [jtnbsp;ce , la grandeur que celle maifon y
-ocr page 415-x
Sous François IL 403
Madame Y oland dAnjou, tif*^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;René fon pere auoit ma-
Prif^'' endroit-là, pour fe racheter de la ®'',où il eftoit tombé par 1inconuenicnrnbsp;te perdue par luy,concrc le Corw-''o^a ^u^^mont : duquel mariage il a alleznbsp;quel regret il auoit, ay-auoitpeu aux defeen-tie fadite fille fon vnique heritiere.
foitjla loy Salique empef-Ce3 liaucun nait grandeur en Fran-Ich^^^'^^des femmes, amp; la reigle genera-^hp ®9'enul Prince eftrangcrtiéncrang j^'^^-Que fi le Duc de Guife veut tenirnbsp;'hiç^ François originaire , il ne fauroitnbsp;Faire que de reprendre le nom amp; lesnbsp;Boulong ne, amp; fe contenter de «cenbsp;'Menbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Quils foyent iflùs, comme
de j'îFentenleurs Chroniques,dvnBarô quatriefme fre^nbsp;Mu
*°n, amp; mary de lheritiere du Duc de hUj, p^^e, dont ils maintiennent eftreve-*'''ifi rMadame, que dunbsp;Mc frere diceluy Godefroy, feu vo-maternel, Conte de Bou-°^^'^enu, auquel à celle caufe appar-*gt;tu| J°yent les petites croix de ce royaumenbsp;Moy lerufalem, que ceux-cy sattri-gt; ayans pris 1« nom de Lorraine.
Ce i
-ocr page 416-404 Hiftoire de France, Sa cohelufion fut quant à ce point, que^^*.^nbsp;de Lottaine ne deuoyentnullementnbsp;eolier auec les Princes du fang,ainslcü^^nbsp;der amp; faite place : qui efloit le moyennbsp;paifet les plus dangereux Huguenots-quant à la capture de ces prétendus rebei*nbsp;il trencha le mot,quil neftoitni Preuoftnbsp;Marefehaux ni efpion. La Roynenenp^^jnbsp;uant tirer autre chofe le mit entrenbsp;des gardes, alléguant que par informât*nbsp;il eftoit chargé'dauoir eu inrelligen*^^*Snbsp;la Kenaudic; dont il fe purgea fi euitl^^^jj,nbsp;quil fut mis dehors au bout de quatrenbsp;Tel fut le pourparler de la Planche ho*^^nbsp;politique pluftoft que religieux,s3bu(a'Lnbsp;cc quil mit en auant des differentsnbsp;ligion,non moins quen ce quilnbsp;tention qui auoitefmeula Renaudie-eft-il vray que Gafpar de Heu Sieurnbsp;chargé dauoir pourchafle quelque^ nbsp;gence 8c aflôciation entre le Roy denbsp;reamp; les Princes Proteftans dAllemai^^^u'nbsp;fur ce mené prifonnierau bois denbsp;nes,y auoit efté outrageufement tojt* inbsp;puis à la façon dItalie, amp; non ennbsp;vraye iufticc,pendu au garrot,duqy^nbsp;aéfe fut miniflre Michelnbsp;Ciuil,par le cômandementdeceiutnbsp;fe;amp;touchoitcefteiniureaufsinbsp;die,dautant que ledit Sieur de Bu/nbsp;uoyent efpoufc deux fursdc
-ocr page 417-Sous François II. 40s Rongnac. Mais ceft chofe certaine que fi lanbsp;Renaudie euft eftc mené de quelque paf-quot;on particuliere, il auoit bien vne autre oc-'p Q^plus pregnante pouren eftre cfmeu,nbsp;^^Uoir fa vieille querelle auec duTillet quinbsp;auoit fait de maux, amp; dont il fe pou-^'taflèurer de fepouuoir venger, sil fullnbsp;à bout de fon entreprinfe. M ais ceuxnbsp;^'lotit familièrement conu en iugentau-f®U)ent;encores quil fc puifiè faire quil nenbsp;?ftdutout exempt de défit de vengeancenbsp;fe faire valoir.
. .Quelques vns dautre part auoyentfait j;« diligence entiers toutes les Egliles de refinancenbsp;pour leur remonftrer lamachinatiônbsp;j^ceiix de Guife, quils conurent aifement ^Via^Reii-ruine prochaine, sils ne pouruoyoyent 8'°'nbsp;^Uiptemétà leurs affaires. Partant seftans deGu?feamp;nbsp;'citïblez, leur deliberation fut dauoirre- ksminî-^''UrsàDieu par ieufnes amp; prières,amp; defenbsp;^'^dre entre les bras des Princes du fang, oie.nbsp;p^Uiine peres , tuteurs amp; conferuateuis denbsp;'^Uocencedes pauures affligez,amp; Icfquelsnbsp;/loytntpar vne prouidccc de Dieu admiraal appeliez par les loix naturelles du paysnbsp;telles charges,pédât la minoritédesRoys.nbsp;afin de les elmouuoir à les prédre en leurnbsp;teftion amp; fauuegarde, on côclud de leurnbsp;^uionftrer la maladie eftre commune cn-ôtlefdits Pvinces.Et partant que cha-
Cc 5
-ocr page 418-406 Hiftoire de France, cun des affligez qui eftoyéten nôbrein^®-y em^loyeroit tout fon bien, amp; la vie»* ,nbsp;ques a la derniere goutte du fang, iul^ ,nbsp;ce que ces vfurpateurs du Roy amp;nbsp;aume fSflêntdechafl'ez, le Ray remis cnbsp;berté,amp; les Princes au lieu Sc rang qßnbsp;appartient pour gouuerner les àfairesdnbsp;ques à ce que ledit Seigneurnbsp;en aage. A tant certains notables pen®nbsp;nages furent députez pour aller trou®® ¦nbsp;Roy de Nauarre amp;fon frerej lefqu®^^^j{nbsp;uerericà Ncrac bien toft apres
Condé , amp; prefenterent leur fi'pP*.^^ j)i-amp; remonftrance que iay bien voulu gt;%-fercr de mot à mot, comme contenau^^jjii fleurs chofes dignes de mémoire,nbsp;quau refte elle puiflè fembler aaucuu^^^^f-procedee defprits trop pafsionnez,p®^(jiinbsp;lire tenue pour partie dvne fimpl®nbsp;toutvraye hiftoire.
tiw?amp;te. SI R E,amp; vous Mefsicurs,encores monftran. peuples qui dc long temps fe fente® nbsp;auRoy de prellez de la tyrannie amp; cruauté «enbsp;Nauattesc fon de Guife,qui seft faifie de lap .J;nbsp;«quot;dufang ne du Roy,-amp; empareede lanbsp;de France, la France,partie par force, partie p®* nbsp;fo,ne vous ayent iufques àccfteh®^,;^^''nbsp;KoyJamp;du bhqucment aamonneftedevoltrcnbsp;Royaume, deuoir, ni demandé le fccoursamp;®®^qiKnbsp;ce quils attendent dc vous: fl eft'®
-ocr page 419-Sous François II 407 ^fefont teus par faute de bien entendre amp;nbsp;^noiftte ce qui en eft, mais pluftoft pour-quils ont efperé que vous neftes def-Voutueuz de bon iugement amp; confeil, Qcnbsp;W vous entendiez afl'ez lautborité ôcnbsp;P'^iflance qui vous eft donnée de droit di-humain : lefquels droits amp; preemi-''ces ils ont eftimé que pour tien vous ne
- quot;liez laifler perdre,pour le grand intereft
amp; voftrc poftetité gt; dauoir ¦uuenvoftteprcfence la poflefsion delànbsp;^cicborité de voftre maifon» amp;nbsp;l^ ^'Pour nendurer que laFtance,à laquel-ç^^'ous deuez tout apres Dieu, ne fouftriftnbsp;quelle fouffre par fau-gouuernee 8c adminifttee par fesnbsp; ^ys,naturels 8c leeitimes Princes 8c Gou-*nbsp;'quot;''neuts.
^ous auons doneques penfe iufques i-¦) nbsp;nbsp;J *1.quot;^ par quelque prudence fcctette , 8c à
f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inconuc vous eufsiez délibéré de
gt; I nbsp;nbsp;?Pftruer voftre dignité 8c degré, ôc garen-
'1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;France des inconueniens aufqucls
J i ^3. voyons tombee;8c fommes demeu-/1 .3 en cefte opinion iufques à ce que lefmo ' \ ^agueres furuenuc à Amboyfe nous anbsp;; 1 iufte occafron de ce que nous vousnbsp;' l ^j^l'^^erons franchement : Ceft afauoir,nbsp;( l j? 'l'^'e vous neftiez fuffifamment infot-
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;droits qui vous appartiennent
1 'efoulagemétde ce pauure Royaume,
-ocr page 420-4o8 Hiftoire de France^ ,, ou pour le moins que vous nauez eOnbsp;recommandation que voftre degrénbsp;minence le requiert, le deuoir quinbsp;blige au peuple de France maintena*' nbsp;prefle par la tyrannie des cftrangcrs»nbsp;miflànt apres laide amp; fecours quenbsp;deuez, amp; que vous luy refufeznbsp;guement. Car eft-il vray femHable 4^^nbsp;tels perfonnages ayent dreflè cefte ePnbsp;prinfe, linon en vne extreme necefsité)quot;nbsp;tant que voyans voftre longueur, ils e*nbsp;folu comme gens courageux amp;nbsp;«ftionnez à leur patrie quà leur propf^nbsp;dexpofer au hazard leurs biensnbsp;neurs j leurs femmes amp; «nfans )nbsp;propres perfonnes,pluftoft que uélfay^jznbsp;retirer la perfonne de leur Royamp;r^e^nbsp;fieurs fes frétés, amp; de la Roy ne mere/nbsp;rre les mains de ces cruels barbares^-par confequent de vous deliurernbsp;tout ce Royaume de lopprefsion -j-fnbsp;que des cftrangers ? Car quoy quenbsp;rans voulans eftablir amp; maintenirnbsp;furpation fous le nom mefmes du R^Pnbsp;quel ils machinent la ruine,ayent taRlnbsp;tous moyens à donner à entendrenbsp;confeil eftoit prins contre la perfonP^^^,nbsp;Roy amp; de la Monarchie de France» nbsp;ce quoiurc les conieéturcs contraires^^^^nbsp;font toutes euidentes,outrc laagenbsp;cence du Roy amp; de Mefsieurs fes frer^^
-ocr page 421-Sous François IL 409
Si nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
I? J^atuiel des François à 1endroit de
Roys, letefmoignage des papiers amp; J. ^'t'oriaiix qui ont efté trouuez,la declara-que plufieurs en ont faite publiquemét.
yns en allant receuoir la mort par la cru-faux donner à entendre des tyrans, autres par efcrits amp; proteftations : toureJnbsp;'^SchoftSjdi-icjferuent de preuue plus quenbsp;^fifantc pour defcouurir en ce fait tout nonbsp;^oitentent limpudence effrontée amp; defme-iitee outrecuidance de ces tyrans amp; publi-H'ics ennemis de ce Royaume.
Maintenant donc combien quil nait pieu à Dieu, vfant de fes fecrcts inferuta-®les iugcmcns,amp; à bon droit courroucé cô-ftenos fautes Äspechezafauorifer vnetellcnbsp;'ntteprinfe, toutesfois tant sen faut quenbsp;pont cela nous foyons prefts à nous foumetnbsp;tteau ioug des eftrangers du tout infuppor-Uble , ou que nous perdions courage,quaanbsp;'contraire cela nous a cofnme refueillezpournbsp;auoir honte de nous-mefmes, amp; pour vousnbsp;^fueiller aufsi,Trcfilluftres amp; magnanimesnbsp;l'tinces François, à ce que ne fouffriez quenbsp;ancien honneur de la maifon deFrance,
Hiftoife He France^
qiion vous fixit,ne fóyons en proye à ces fflsl heureux Caders dvne maiïon eftrangerlt;^nbsp;qui ne vhient auiourdhuy ennbsp;en laquelle ils fe font enetiezjiînonacl^nbsp;moelle quils ont firec de nos panures osgt;^nbsp;du fang quils ont fuccé de nos veines.
Neftimez donc pas. Sire, amp; vous heurs, en liiànr ce prefent aduerriffèmenfnbsp;douyr la voix dvn peuple mutin amp; rebellainbsp;oudchrcuxde quelques trou bles dofflcfl*'nbsp;ques,mais pluftoft les geminèmens,nbsp;me les derniers foufpirs de tant de mill*^nbsp;dhommes : lefquels combien quilsnbsp;fouffert en peu deipace de temps aticatu quot;nbsp;Aidions quil eft pofsible dendurer àp^'nbsp;ure peuple,toutesfois en onttoufioursû^ænbsp;né Si donnent la coulpe à leurs demetitP*nbsp;à laconuoitife de ceux qui ont abuie^nbsp;facilité de leurs Princes: amp; encores auiP!'nbsp;dhuy Cc trouuent trefdiipofez à rnaintP*nbsp;la maiefté de leur Roy amp; la preeniin*:®^'^nbsp;des Princes de ion fang ,pluftoftnbsp;blierle deuoiramp;obeiilànce volontaitcrnbsp;les y oblige. Car puis que Dieu a mâiP^nbsp;nant permis que nous ayons vnRoy»,nbsp;quellaage ne porte dapperceuoir j,nbsp;les dangers efqucls il eft tombénbsp;que tout accès nous eft fermé devenir**'nbsp;ques à fa Maiefté, fi ce neft à la mercynbsp;enncmys iurezdece Royaume:qucnoP^^nbsp;fte-il plus,finon de prendre les dernier5.j.j
-ocr page 423-r. Sous François IL 4^1
''c ôc nous mefmcs , que la tyrannie de ^ftrangetseft forte à retenir ce quelle a
gt; ôc quelle pretend de rauir contre patience tant renommee iufqucsicy,nbsp;tournee en fureur : amp; quil foit dit quenbsp;Httelque forcenerie nous a pluftoft conduitsnbsp;ce faitjquvnc fage amp; meüre deliberatiô.nbsp;Voylapourquoy,Sire,ceftàvous amp; auxnbsp;^titres Princes du sâg,que nous nous adref-'ons: amp; afin que ne puifsicz aucunementnbsp;'fouter de vos droits amp; deuoirsdl vous plaida bien amp; meurcment confiderer les articlesnbsp;tuyuans i lefqucls nous auons bien voulunbsp;Coucher nuement amp; (implement gt; afin quenbsp;chacun les puilfe mieux entendre amp; poifer.
Premierementjvous ne deuez ignorer ce point que nature mefmesnous enfeigne,nbsp;ceftafauoir quvn chacun efttenu dauoirnbsp;vn foin particulier de ceux qui luy fontnbsp;conioints de fang, qui eft vne loy amp; ordonnance tellement amp; li exprefsément confer-naeepar les fainôles Eferitures, que S. Paulnbsp;prononce celuy eftre pire quinfidele qui nanbsp;foin des Gens.
Ccftcloy efttant vniuerfelle gt;que celuy
-ocr page 424-411 Hîftoire de France, qui sen veut exempter peche contrenbsp;mefmes, ceft àdirc contre lordre * j,nbsp;Dieu pour la conferuation defes createnbsp;amp; nommément du genre humain. Ma*nbsp;Ion que ceux de nos familles ontpln^^j;nbsp;foiq de nouS}amp; que nous leur attoiici**^^jlnbsp;plus presj dautant ce lien dobligado/^^^nbsp;plus eftroit,amp; par confequent ceux q***Pnbsp;fumet le rompre font du tout defnaturea nbsp;faut confcfl'er quoutre la corruptionnbsp;relie quieft commune à tous honim*-nbsp;puis le péché dAdam,ils font encores n Knbsp;pez derechef de la main de Dieu, qua** jnbsp;en viennent iufques là, felon que ditS jnbsp;aux Romains, que telles gens qui fo**^nbsp;affections naturelles font du tout pri**®^nbsp;fens amp;iugemenr.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ij/
Sil y a defeCluofité en nature quifn* gne de pitié , amp; qui requière ptot^P^^j^nbsp;cours, il eft certain que ceft celle quo**nbsp;pelle Minorité. Car deux chofes fo**^nbsp;tout neceftàires pour la conduitenbsp;vie,ceft afauoir intelligence amp; expet*^nbsp;lefquelles défaillent toutes deux auX P^j,nbsp;ures mineurs, veu que lelprinquclq**^nbsp;amp; heureux quil foit donné (lî ce n ^nbsp;fpecial priuilegc 8c comme miracul*:nbsp;befoin de Çc confcrmence qui ne fe P^^yijc*nbsp;re que parfuccefsion de temps: amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,(1^
nement du monde eft tehque celuy S aprins par experiece que ceft des nO
-ocr page 425-Sous François II. 415 fi
°^Sinaaurre guide que la prudence nce æn cerneau, fe trouucra mille fois deceunbsp;pour vne fois quil aura bien rencontré: ou-mille inconueniensgt; aufquels il neftnbsp;f Sible que le mineur puiflê pouruoir pournbsp;garentir,encores quil euft preueu lenbsp;i '®ux quil fefoit pofsible tout ce qui feroitnbsp;P^^uoit amp; confidcrer.
Pant sen faut que les mineurs, aufquels Ppartiennent les feigneuries amp; Royaumesnbsp;f droit amp; fuccefsion,ne foyent comprinsnbsp;le o^^ioîinance que Dieu amifeentrenbsp;sommes,quau contraire dautant que lenbsp;^ïiement des afaires publiques requiertnbsp;P'5 grand entendement amp; plus meure ex-piencc, dautant eft-il plus nccelTaire, quenbsp;grands Seigneurs foyét côduits amp; gou-J^rnez en leur minorité, lefquels ne doyuétnbsp;jPMlet cela fuiettion, ni eftimer que celanbsp;/«ogue à leur grandeur,comme les fla-^ütsabufans de leur fimplicité'à leurpro-^bleur donnent à entendre ; ains pluftoft lenbsp;®yuent tenir pour lappuy Sc entretenemétnbsp;^æurs honneurs amp; cllats.
ninfia-ilefté pratique de toute ancien-e en toutes nations pollicees,amp; nommé-riui''?'' Romain. Ainfi futTar-ttrî' æP'^®'^-ir»ftitué tuteur teftamentai-enfans dAncus M artius, quatriefme l tçi,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. AinG ce grand Empe-
I ^IhilofopheMarc Antonin remit en
-ocr page 426-lt;1
414 Hiftoire de France, lacharge amp; gouuernemcnr de fes an^*^**^nbsp;amis amp;confciliers, fon fils Commodus»nbsp;quel pour auoir plus creu les flateurs qnbsp;bcyà fonperegt;fc ruinatantoftauecrE®PLnbsp;re qui eftoit en fa maifon ¦ Ainfi fitnbsp;lEmpereurTheodofc furnommclenbsp;à lendroit de fes deux fils Arcadiusnbsp;norius » aufqucls il laifiapour tuteurs Stinbsp;cou amp; Rufin »combien que ce futnbsp;heureux euenemcnt, comme il fera dit Snbsp;apres. Et depuis encores Arcadius h*-pour tuteurs de fon fils Theodofe deiiXlt;^.nbsp;me, Ifdigerdcs Roy dePcrfe. Hieron^^^nbsp;fi tresheurcux Roy de Sicile ordonna q»!^nbsp;zctuteurs à Hierofme fon fils aagé deq'*'*^nbsp;ze ans »duquel il fera parle cy apres,amp;nbsp;mcmcnt les loix amp; dodeurs veulent qO^nbsp;Roy ait vn curateur ou regent iufquesnbsp;laage de vintcinq ans.
Et pour venir aux François» il ne fef^^ nier que telle couftumc nait efté de t® jnbsp;temps obferuee en ce Royaume quandnbsp;cas cft efcheu » comme à lendroit denbsp;les le fimple» Philippes premier de ce nö^jnbsp;SaindLouysjCharles lixiefme»CliarIes*^nbsp;tiefme» qui ont tous efté gouuernez pat^'nbsp;teurs iufquà laage de puberté ; ce qidp^f inbsp;apparoir par ce que Charles fixiefmencnbsp;mis hors de tutele auant le temps,qn^ P .nbsp;laduis du confeil tenu 8c congregenbsp;fait à Reims »lan M.ccclxxxviii.
-ocr page 427-Sous François IL 4^5 owbftant il fouit de grands maux pour cenbsp;pîuure R oyauine : jnais sil eft queftion denbsp;fonfideter particulièrement la maniéré denbsp;laquelle ont fuyuic les François » nousnbsp;^ouuerons.quils ont tenu en cecy vn meil-®ur ordre que toutes autres nations Carnbsp;anceftres conoiflans que le naturel desnbsp;J-afjois ne pourroit iamais porter deftre a.C-aux Princes cftrangets, Si dautre conbsp;^^ayans non feulement preueu gt; mais aufsinbsp;^ppeteeu par experience des chofes adue-'quot;itstantes autres nations quen ceRoyaunbsp;'îj quel danger il y a pour leurs vrays amp; nanbsp;Autels Princesen leur baillant pour tuteursnbsp;H'ielques Princes eftrangers'.onc en premiernbsp;^cuparlaloy Salique forclos delafuccef-*gt;onde laCouronnegt;amp; par confequent de lanbsp;^'tclle de leurs Roys,tous Princes alliez denbsp;Couronne par feule affinité de femme.Scnbsp;fondement combien quvne ordonnancenbsp;'^ftamentaire foit à bon droit tenue pour innbsp;^'olable, fl eft-ce quapres le decez de leursnbsp;^oys quelque claufe quil y euft en leurs tc-^atntns »touchant la tutele de leurs tnfansnbsp;*''neurs,ilsontvouluamp; lont ainfi pratique,nbsp;, luen tels cas les trois Eftatsde ce Royau-i 'e safTemblaircnt incontinent apres le de-I ^^zdu Roy,pour en ordonner amp; eftablir aunbsp;f^ntquetequerroit le proufit amp; intereft dunbsp;Royaume.
ûauantage,fuyuantlaLoy naturelle dót
-ocr page 428-416 Hiftoire de France, nous auons parlé ci dellùs, amp; les Loixc**'nbsp;les tant Grecques que RoinaineSjilsnbsp;pelle au goiiuerncment de leurs Roys/^,^.nbsp;tes fois amp; quantes quil leur a efténbsp;les plus proches Princes du fang »nbsp;quils fuflènt capables de telle chargenbsp;liant ce quen ordonneroyent les j,nbsp;trois Eftats,au cas quil y euft en celinbsp;que difficulté.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Finalement,pour mieux afl'eured^jj ' du Royaume amp; conferuer la perfon^^f^inbsp;leurs Roys mineurs en leur authorité/^(,(,nbsp;giant la puiflànce de tels tuteurs amp; Knbsp;neursjilsontexprefsement ordonne'l^^nbsp;Roy feroir couronné des laage denbsp;ans,amp; que le tout féroit conduit en amp;* ^(tr'nbsp;amp; expédié foubs fon feel. DauanWg^fS'nbsp;les tuteurs amp; gouuerncurs auroyen^nbsp;feil ordonne des plus notables digt;^nbsp;me,auquel ils rapporreroyent les aWnbsp;par lequel ils fe conduiroyent;amp; p,rfnbsp;lu que par le meur auis dudit confi'*nbsp;feroit mis hors de tutele mefmesnbsp;vingtchiq ans accomplis, sil cftoRnbsp;doué de fens Ä: entendement capabnbsp;charge.
Et pour verification de ce nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
nous difons que ladite Loy Sallqiquot; iufte pour eftre mefprifee,amp; tropnbsp;pour eftre reuoquee en doute.nbsp;plus dangereux pour leftat dvnl^^- ^ij*
-ocr page 429-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;417
Prince cftranger cflcuc en authori-'^'pnncipalemcnt quad il eft ambitieux ou quot;««»comme font CCS mefsicurs les Cadetsnbsp;Lorraine » qui maintenant nous tyranni-* öt^voite fi iamais i 1 y eut Princes en ce mônbsp;Y » qui par vilaines amp; deshonneftes ta-dauaricc amp;c toute conuoitife defme-gt; ayent fouillé le nom amp; tiltre denbsp;¦''ce, Ainfi fut iadis fous ombre delànbsp;rauy le Royaume des Romains denbsp;^qcre les niains des enfans dAncus Mar-^'quot;spar Tarquin le premier de ce nom »amp;nbsp;P puis lEmpire de Rome quafi ruiné parnbsp;^«ubiciôamp; trahifon de Stilicon amp; Rufin tunbsp;dArcadius amp; Honorius: mais lcxcm-P^ucHierofmc Roy de Sicile cft encoresnbsp;ps approchât de ce que nous fentons au-fdhuy. Car entre autres tuteurs que Hienbsp;quot;fonayeulluylaiirajily auoit vn certainnbsp;JJ, quot;fonodorus gendre de Hieron, amp; par conbsp;_*îuent oncle dudit Hierofme 5 ainfi que ccnbsp;'^mnalScfes frétés font oncles denoftrenbsp;quAndronodorus auoitnbsp;cLnoftre Roy anbsp;ft niepcc de ces Mefsicurs à leur renbsp;OCf ^^^quel Andronodorus pour gouucr-neuen,nenbsp;declairevnbsp;quot;Uis régner en laage de quinze ans:nbsp;quot;ift T 3-Unt-il?ccft que parce moyen ilnbsp; ^Roy amp; foy-mefme. Et pour venir à
Dd
-ocr page 430-4i8 Hiftoire de France, ,, noftre nation» qui a iamais leu chroniHnbsp;France, qui ne fache combien de cal^^nbsp;a foufFert la nation Françoife en pjfnbsp;faute dauoir garde laditeloy SaliqU^^^ZiSnbsp;rie par faute dauoir aflèmbléHes trois tnbsp;afin de maintenir les Princes en leur a'*'nbsp;ritéjchacun felon leur rang amp;: degrésnbsp;lambition des nouueaux venus?*^*^^ Ljtnbsp;luy qui ne fache la mifere, ennbsp;ce panure Royaume du temps des M*nbsp;du Palais,du temps de Charles le fiuapl^^|jnbsp;Roy SainôtLouys,de Charles fixiefm^^nbsp;tres par faute de ce que delliis?
Nul dôc ne fe doit cfmerueiller, fi tenant nous , aux dcfpens defquels tousnbsp;piteux ieux ont eftc iouêz, nousnbsp;touspreftz dcftre précipitez en meftu'^^jjnbsp;plus grands dnconueniens, délibéronsnbsp;nous en garder par tous moyens licites» nbsp;afaiioir en vous aduertiflânt amp; vous j;nbsp;mant de vollre deuoir, comme ceuxnbsp;quels la ruine eft coniointe auec la j,fnbsp;tion totale de la maifon Royale ,amp;de 'nbsp;ce Royaume , fi vous neftes autfeiucnfnbsp;gueux de vous acquirer de ce quenbsp;liez au Roy, à Mefsieurs fes frétés, anbsp;mefines,à voftrc pofterité, amp; à tantnbsp;liers dhommes panures amp;obeifiàns gt;*' .[|,nbsp;de laCouronne. Et pour monftrer quenbsp;lov Salique a cfté ainfi pratiquée,nbsp;fufditcs ordonnances touchant les
-ocr page 431-Sous François 11. nbsp;nbsp;41^
(^^^UUerncvnens de ce Royaume de Tran-minorité des Roys ,ont efté ainfi nous fuffiva daile guet trois c-qui en fut décidé tou-^^°ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Valois fuécefléut
Belfon coufin germain» touchant le Roy Charles fixiefmcnbsp;à fon pere Charles cinquielme*nbsp;Roy Charles huitiefrae fuc-onziefme lan 1484.Eftancnbsp;îkfçnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;R en lardant groflc
' ^Angleterre, fils de madame Ylabel
S'^tnraine dudit Charles» ôc par confe-''epneu diceluy, querella le gouuer-ladite leanne amp; du pofthume lencontre de Philippes denbsp;ç^J^is fils de Charles deValois oncle duditnbsp;^tlçs Ignbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pjj^^ confequent feule-
^?'^^coufrnremué de germain du pofthu-j^'iont ilcftoit queftion»fur lequeldiffe-il fut arrefté par les trois Kftats que Ic-d^?^ilippes de Valois feroit gouuerneur indite coufine,tant pourcc qucleRoy-de Prance ne fe pouuoit gouuernetnbsp;cfttâgers,que pour eftre le plus prochainnbsp;Salique , qui forcloft denbsp;leUnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feminine: ce qui fut
^ïïifcnt pratiqué» que ledit Philippes de *^is au lieu de regent fut declaire Roynbsp;que la Royne Leanne fut accouche^
Dd X
-ocr page 432-4^0 Hiftoirede Franck;
dvnc fille.
Semblablement le Roy Charles à bon droit fiirnommé lenbsp;né par teftament que Charlesnbsp;fils de/ucccflèur aucc Louys fonauf^nbsp;qui depuis fut Duc dOrléans gt;nbsp;quant à leurs perlbnnes amp; nourritu^^nbsp;en la garde de Philippes Duc denbsp;Prince du fang amp; leur oncle denbsp;les affaires du Royaume entre les mainnbsp;Louys Duc dAnjou leur oncle de pe''®nbsp;attendant que ledit Charles euftqn^^ -ans accomplis pour eftre couronnenbsp;ce neantmoins les Trois Eftatsnbsp;femblez fur ce fait, par lefquels fntnbsp;nonobftant ladite ordonnance reftamenfnbsp;re que ledit Charles feroit des lorsnbsp;tonné Roy, amp; le Royaume adminift^®nbsp;fon nom, mais que Louys dAnjou fo .nbsp;de de perc comme le plus proche,aônbsp;le gouucrnemcnt amp;regehcedu Royaônbsp;enquoyil le conduiroit par lenbsp;Princes amp; feigneurs députez ponreeft^nbsp;amp;qàantàla perfonne du Roy amp;nbsp;fieurdOrleâs fon frere, quils feroyednbsp;entre les mains des Duesde Boiirgog**!;;nbsp;de Bourbon , tous deux Princes dunbsp;fes oncles en ligne mafculinedvndeF^^jjnbsp;Sc lautre par mere , afin de les condüif^^^nbsp;bonnes murs iufques enaagedepue^ ,nbsp;Et lut pratiquée celle Ordonnance iul^
-ocr page 433-^ areillemét,apres la mort du R oy Louys ^'ziefinede Roy Charles huitiefmefon filsnbsp;venant à la Coronne ,lesEftats fu*-aflemblez àTours, là où il fut arreftènbsp;H'ie madame Anne de France fafur aif-'^^lauroit le annnertiement diceluv rou-
'^'itant quil nauoit pour lors quenuiron ^ngttrois ans, il ne feroit regét, ains que lenbsp;^Qut feroit conduit par Le confeil desPrincesnbsp;^plus grands Seigneurs du Royaume à cenbsp;''«putez, amp; font encores auiourdhuy imprinbsp;les aftes defdits trois Rftats tenus ànbsp;lefqucls fepeut voir tour ce quenbsp;lious entendons ,Sire,auoir fuffifammetnbsp;n'^rnié par ces allegations,, quelle eft voftrenbsp;pcminence en ceRoyaume,comme de ce-us prochain heritier de la Conbsp;''e de France, amp; pat confequent quel
Dd 5
4ii Hiftoire de France/ tort vous eft fait par les vfarpateorsnbsp;gers J lefquels, encores queufsieznbsp;de fouffrir,foitpar la douceur denbsp;reljOU aurremeut,nous fonttoutesfo'^ .[,({jnbsp;font à iamais intolérables. Car ànbsp;ontils-vfurpé ce degré où ils sôt?eft-^y^nbsp;leur appartienne de droit naturel d)nbsp;traire nousauons monftré que vous ' J inbsp;tiirellement appelle à ceft eftat .nbsp;droit ou couftumes dcFracefains tout^^^^pnbsp;bouts, pat ordonnâces amp; couftumes j,* ;nbsp;fcs,tous eftrangers,entre lefquels foi]*' jjnbsp;tez ceux qui ne font alliez delànbsp;France que par femmes,en fontentieQjnbsp;forclos. Allegueront-ils quelquenbsp;ftamcnraiic du feu Roy Henry 111nbsp;point; amp; quand lefdits tyrans enofeiy^^jjfnbsp;fuppofer, quelle en feroicla vigueurnbsp;derogeoit aux ftatuts amp; couftumes lnbsp;aumeîSc defendront-ils de la faucut û* ./jnbsp;Roy Henry,de la bonté duquel ils ontnbsp;temps abusé,amp; lequel, sil viuoit enrlt;'L,nbsp;iourdhuy, les euft pieça du tour decli*^ ^iinbsp;comme chacun fait quil auoit concMynbsp;de temps auât fa mort. Que leur reftenbsp;pour-cou Uerture de leur ambition delinbsp;rce, de leur auariceinfatiable, denbsp;té enragee, de leur impudence incmy®],jjsnbsp;de leur audace intolerable, finonnbsp;ont acquis aisément par faute de sy d nbsp;posé virilement? Ceft afauoir le vo**nbsp;noftrc Roy amp;Prince fouuerain ncftîr
-ocr page 435-Sous François II.' 4x5 ^^gepour apperceuon' lacaptiuité amp; Ie danbsp;gt; ou il eft, amp; ne pouuant rien voir que parnbsp;'^^yeux d'autruy, ni ouyr que par les aureil«nbsp;jMc ces tyransj abufans fi cfFrontcment denbsp;j *gt;inplicitéde fonaageîmais sils ne veu-j^'faleur maniéré accouftumec que toutnbsp;loifible fans aucunu exception, parnbsp;aelle loy, ni raifon, ni couftume trouuerôtnbsp;que celuy qui doit eftre gouuerné par aunbsp;/^y» foit d'aflez ferme iugcment poür fe dónbsp;des Gouuerneurs, amp; par confequentnbsp;fdeftituer ceux qui luy font eftablis ? Etnbsp;Huant i 1j Royne mere,de laquelle aufsinbsp;^^üx-cy fc couurent, hélas ,Sire, que pouuôsnbsp;Ous dire autre chofe, finon que nous nenbsp;'^Umes esbahis que de voirvne femme ftnbsp;^'oiupee amp; tant abufee par ceux aufqüels ilnbsp;par trop aisé de luy faire croire tout cenbsp;bon leur à fcmblé, deque ce pendantnbsp;nauons moins de pitié de la voir en-p^les pattes de ces loups, auec lheureufenbsp;^UeequeDieu nous adonnée parfon moy-^¦'»que de dcfirdc la voir iouir du reposnbsp;le chaftiment de ces mal- heureux tyrâsnbsp;Jy apporteroit amp; à ce panure Royaume?nbsp;^ais peut-eftre que leur impudence leur fenbsp;¦^alléguer leur capacité amp; fufhfance , amp; lesnbsp;^^ands bien-faits à lendroit de ce Royau-^^¦furquoy pleuft à Dieuque nous neuf-'?^stant de iuftes,raifonnables amp; necef-répliqués.
Dd 4
42.4 Hiftoîre de France,
Premièrement fut-il iamais vn« . r impudence j'^e vouloir cftre feuhnbsp;* de leur capacité amp; bien-faits, amp; sennbsp;cux-mefmcs la recomp. nfe ? Maisnbsp;bien-faits pourront-ils alléguer poulnbsp;compenfc defquels il leur loitloiliblc *^5nbsp;1er aux pieds toutes les facrees Loixnbsp;apres Dieu le fondement amp;cftablif-J^^^3nbsp;ce Royaumc?tauir,voler,^lt;lt;brigandefl^nbsp;ronne ? lediger en leur puilTance lanbsp;perfonne du Roy, de Mefsicurs fesnbsp;amp; la Royne mercîchanger amp; rech^S^nbsp;toutes loix amp; edits à leur pofte? degr''^\.nbsp;cfchafïàuder les Parlemens amp; toute la'nbsp;ce ottroycràrcnncmy touteequebonnbsp;a fcmblé? faire la paix amp; la gu erre ànbsp;petitîfe nourrir du fang de la noblelTenbsp;çoife?fe faouler de la mouéllc des os d»P-ure peuple ? fe creuer de beneficesnbsp;cations fous ombre du zele de la Foynbsp;liqiie? amp; finalementquantà vouSjSitf^^jjnbsp;le furplus des Piinces du noble fangnbsp;inaifon de Frâce, vous mefprifer iufq^nbsp;que dattenter fur vos propresnbsp;oubliât/ mefnies le refpeôt partieufi^'' Tnbsp;doyucntà voftre inaifon, Sire, potquot;'nbsp;neur de lalliance quelle en a recen-Oprudent amp;cxcellét RoyfranÇO*®nbsp;bien sen faut-il que tu nayes eftévra/ gsnbsp;phete, quand tu prédis ce que nous 'nbsp;qiiafi à lil, que fi iamais cefte
-ocr page 437-Sous François II. 415 naifon de Guife gouiicrnoit Ic R oy ton fils,nbsp;Helemetrroiten cheniife? O panure Frâce,nbsp;as-tu maintenu fi courageufenncnt Sc fi longuement la grandeur de la Maiefté de tesnbsp;Roys amp; Princes,pour eftre la proye Ä: le bu-l'u des plus lafches 8c deshonneftes de toutnbsp;^mondcrnais encores eft-il bcfoin de fpe-pu^ttoutes ces chofes par le menu,afin quenbsp;frionde vniuetfel conoilTe noftre iuftenbsp;^°^plainte.
P ^'ul ne doit ignorer combien cft expres le '.'¦ï'ent,par lequel les Cardinaux fontaflèr-l'^aux Papes, defquels aufsi ils sappellentnbsp;ureatures, amp; comme ils fe fontenticre-p^'^texemptez de toute la iurifdiélion desnbsp;^f'uces, de lamoindrifl'ement defquels ilsnbsp;^entretiennent encores leurgrannbsp;» laquelle na nul fondement,ni en lE-'?fure fainfte , ni en aucun ancien Concilenbsp;j^^anon.A queltittre doc vn Cardinal au-^^ '1 la charge dvn Royaume de France,nbsp;OjUil seft aftraint par fermét à vn autre,nbsp;j * fgt;uuentesfois mefmes fera cnnemy denbsp;duquel les droits tat fouuent fontnbsp;^cardans au profit du Royaume? Carnbsp;. uiefnics eneft-il aduenu de noftre tepsnbsp;gouuernc. Etnbsp;cefteroit, comme feroitnbsp;goi'Hfrner les finances dvn telnbsp;î(j^^®-'*^e,celuy,quineft rcfponfable deuStnbsp;luge fcculier,quand il feroit queftion
f
,i
43.^ HiftoiredeFraneè, ' de luy en faire fendre conte , voirenbsp;mes quand il nauroir que fon pritiii^'?^nbsp;dcclericature?£tdefait,le Roy leanjpou*^'nbsp;uen de bon confeil, ofta les féaux amp;nbsp;nimcnr de fes afaircs à fon Chanceliebnbsp;me meftire lean des Dormans, apres q'nbsp;luy fefur fair Cardinal :amp; ne fontcnco^f jnbsp;auiourdhuy admis les Cardinaux au connbsp;de la fcigneurie de Venife,ni dautresnbsp;bliques bien policées.
.Dauantage par côbien de Côeilcs Si nons eft-il défendu aux Eccleiîaftiq^^^^j,nbsp;fc melier des afaires profanes amp;¦nbsp;eu!iers,amp;: principalement du fait denbsp;re mais peut-eftre que môlîcur lenbsp;alléguera la necefsité qua le peuple *^^[11nbsp;de fa prudéccamp; cloquéce:mais à q^y^Çp/nbsp;ra-il faire acroire, foirgrad ou petitnbsp;quil en foit, les trilles amp; malheureuxnbsp;pies de ce qui ell aduenu en ce Ruy^ cnbsp;par le gouuernement des Cardin^'^^.^^cnbsp;ftoyent liiflîlans pour nous faire pre^^^^tnbsp;que nous auons par trop expérimentenbsp;malheureux furnomméà bon droîtK.jjilnbsp;dinal de la Ruyne. Car ainti ennbsp;Cardinal dAmiens du temps duRoynbsp;les fixieme,qui ne feeur iamais en auÇnbsp;fon,pource quiceluy Cardinalnbsp;ré à Rome aucc fes larrccins:amp;lcnbsp;Balue du temps du Roy Rouysnbsp;neull failly den faire autant, h
-ocr page 439-Sous François II. 417
^oy ny cuft pou vue«.
J Autät en print-il naguercs au Royaume ]^Iccerre par le goiiuerneméï dnCardi--Yorth-.amp; de frefehe memoircle moine
1 ^îtdinaldeTiâfyluanie a-i! pointefté ce a rany ccRoyanmc à la Chreftienté»nbsp;^I'tipourfon ambition la mis en la dcfolanbsp;laquelle il eft auiourdhuyOutre ce-expreflèment ordonné par les loisnbsp;^'^^'^euxqui font deteurs amp; contablcsà lanbsp;J ] publique ou au Fifq, ne foyent admis ànbsp;adminiflrations deuant que dauoirnbsp;. Sepavé. 11 eftoitdonc requis enprc-t que ces Mefsieurs rcndiflentcon-ç , badinintftration des finances quils ontnbsp;ç ^'longuement, amp; quils ont conduite finbsp;L P Lucien Cernent que nul nignote quenbsp;ç quot; Roy Henry , le plus bénin Si le plusnbsp;k finbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;monde, sapperceuant à
uu où lauoit conduit lambition de ces f ?«eiireux,eftoitenricremét refolu de leurnbsp;i^endre conte, amp; de les dechaflér arric-'^lt;efoy.
^^^'''ftoitdoncparoù ils deuoyentcômen Silsvoidovent fuyure le droitcheminnbsp;quot;leine aux honneurs légitimementac-fouffrant que ceux aufqucls le cas atnbsp;(, ^be, fuflcnt iuges de leurs merites, fi au-Vcfnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la recompenfe qui fe trou-
jdlcurcnefiredeuë.
» il eft aflèz conu de tous, comme
-ocr page 440-42.8 Hiftoire de France^ leur fierté seftdesbordee iufqiiesnbsp;cher daliener de la Coronne lanbsp;te du Duché de Bar, amp; de querelernbsp;chè dAnjou, amp; Conté de Prouencenbsp;plus eft de débatte mefmes laCoronne^nbsp;gâs quils font de la race de Charlewa^s^nbsp;fur la pofterité duquel ils pretenden*^nbsp;Hue Capet a occupe le Royaume,nbsp;me fi lhiftoire Fratfçoife ne nous fournnbsp;de dix mille répliqués fur ce fait. Mais T ónbsp;quil^en foit, quad il ny auroit quenbsp;aftes, que pouuons-nous attendre del 'nbsp;de leurs vfurpations, linon ce que lvn unbsp;tre eux à bien oie dire ouuertement gt;nbsp;iufques aux femmes,afin que chacunnbsp;de combien eft grande leur dilcretion^^^nbsp;leur impudence ? ceft afauoir lvfiirpaf*nbsp;du Royaume mefme , aucc vne feruit^'^jnbsp;plus miferable que la mort, amp; laquellenbsp;enueloppe des premiers apres lanbsp;du Roy amp;de Mefsieurs fes frétésnbsp;plus près que la plus part de nous. Cat/l j;nbsp;à nous, ceft de noftre miferablenbsp;quils efperenr sagrandir; mais quataunbsp;à toute voftre maifon, qui peutnbsp;que la ruine totale amp; la mortnbsp;vous foit appreftee par eux , daiitant 4nbsp;fuis cela il leur eft impofsible de v^nnbsp;bout de leurs delléins?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f,
Et pour paftèr encore plus outre, po tas quils fuflent Princes du fang, amp; lt;1®
-ocr page 441-, SousFrançois IL 419 incapacitcz neuflènt lieu ,y eut-ilnbsp;ais en France aucuns coulpablcs ducri-lefc Maieftéjy eut-il jamais criminelsnbsp;*Sjgt;cs dcftre en perperuel exemple iuf-li fin du monde, y eut-il iamais gés defnbsp;Ws nos anceftres fe peuflent plaindre ànbsp;,,^lleiit droit sils reflûfcitoyent auiour-A^'Jyjqueces malheureux monftres enle-/''lenoblelTe.peftes amp;c furies de ce panurenbsp;Car premièrement qui a empef-p qui empefehe encor auiourdhuy laf-5quot;blee des trois Eftats fuyuantlcs ftatutsnbsp;j.'Aoyaume,finon ces malhcureuxkoutcf-y eut.il oneques occafion de ce faire,nbsp;neceflaire quapres le decez de noftrcnbsp;5f*ïier Roy Henry, eftant le Roy en mino-^'^^slapaix encore incertaine, quelque ignonbsp;P'*iieiife quelle fuft pour toute la nationnbsp;J^nçoife, le Royaume du tour efpuileparnbsp;guerres efmeués au moyé de la feule am-¦ *^on infatiable de ces malheureux; amp; fina-.^ftienteftans furuenus telsamp; h grans rrou-domeftiques fur le fait delaReligion-^fcus quelle couleur a efté empefehee ce-^iffetnblee ?dautant, difent-ils gt; que ceftnbsp;'''Itréduite le Roy en feruitude »amp;priuernbsp;^oyne mere de fon authorité. O malheu-faulTe parolle:ce qui a efté de fi longnbsp;ordonne par nos anceftres amp; prati-auec vn tel amp; fi heureux euenement: cenbsp;'1'** maintenu tant de fois cefte Monar-
-ocr page 442-450 Hiftoire dp France, chic en telles amp; fi grandes tépeftcs,nbsp;foir vn lalfet tendu contre le Roy amp; Iwnbsp;que cela foit non feulement mefpriségt;ni2'nbsp;aufsi condamné gt;amp; que ce panure Roy«''nbsp;me en foit venu infques là, daiioirpourn''nbsp;ges fans appel en tout ce que bon leur fe®'nbsp;ble, non pas leur Roy, lequel na pas enclt;^nbsp;res laage pour conoiftre ce qui eft lt;lf^nbsp;contre luy : non pas les Princes de fonftngnbsp;quimefmes ne font pas feursde leursnbsp;fonnesjtant sen faut quils puiflent aflèur^^nbsp;les autres; mais ceux qui font moins dign^nbsp;de comparoir en place, finon pour receu^*nbsp;condamnation digne de leurs demerif^nbsp;que les moindres gentils-liommes de '¦nbsp;Royaumtl
Dauantage,quel autre nom que de cd* de raptjamp; de lefe Maieftepourroit-ondo'^nbsp;ncr àcefte audace infupportable,desenPnbsp;rerainfi par leur feule authorité denbsp;ne du Roy mineur, amp; de Mefsieursnbsp;res,amp; en déboutant tous ceux que bo* .nbsp;femblc(iufquàvous,Sire,amp;à tous les agt;'fnbsp;Princes du fâng,aufqucls,comme dvnc*/^nbsp;reditaire fuccefsioniappartientle mani'^'^^^nbsp;desafaires de ce Royaume, auanttoUS'nbsp;tres)sattribuer route puiflance abfolu^^nbsp;referue ni exception quelconque?
Etquantau refte de leur gouiicrne* sileftqueftion,non pas defpluchernbsp;menu les bougrcrics du Cardinal,
-ocr page 443-Sous François IL 451
Yfe freie lenragéluy a reprochées,ni les ¦ violemensjcruautez, inhumanitez 'inbsp;n/^torfions commifeszen efpecial par lenbsp;Prieur amp; le Marquis dEllebeuf fesnbsp;fçp ^jains feulement confiderer eôment ilsnbsp;acquittez du gouuernement desafainbsp;îürnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vaillat Cardinal fut admis
431 Hiftoire de France, bons confetls amp; graues aduertilîèmensf®®^nbsp;les defirsjefqnels il cft aife à vn figrâdnbsp;cejenlafleurdefonaage,cle fenbsp;porter amp; tomber.Mais que poiirroyent^*^nbsp;autre chofe ces malheureux, que tout !nbsp;bouts de leur deuoir, puis que Icurintéo®nbsp;ncftoitquc de Ce feruirde leurmaifttep®'nbsp;eftablir leur grandeur ? amp; que celanbsp;les parois mefmes de lHoftel de Reiinbsp;de lEuefque borgne à Paris, enpouttoy®^nbsp;porter tefmoignage, lefquellesnbsp;te, par maniéré de dire,des paillardifcsgt;3nbsp;tcrcs,amp; macquerelages, dont cesnbsp;(qui maintenant gouuernent cenbsp;par delRis vous,Princes du fang)ontnbsp;miniftres amp;officicrs:voirc apres quil nnbsp;nu à euxqucnoftrefcu Roy Henrynbsp;diaftla Royne,àprefentmeredunbsp;Mefsieurs fes frétés amp;furs. , jj
Voila aufsi pourquoy en premier 1^ -j sallièrent aucc celle qui pour lors P /(-jif)nbsp;le noftre panure Roy (comme vn chacunbsp;de laquelle ils Ce vouloyent feruirnbsp;dvne cfponge pour fuccer la fiibftaucenbsp;Royaume.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Premièrement ils en ont fuccep^^ inoyés amp; attire en leur maifon, p^r^ J{nbsp;fucceffion qui les attêd, ce quon ^PP^j[,|fnbsp;Tilletaigc,ceft àdire,vne fômeineR^^^f«nbsp;qui renient du renouuellement desnbsp;de ceRoyaumedaquelle Comme
-ocr page 445-Sous François II. 45J ^isiexccdc toute la prodigalité des Princesnbsp;W furent onqucs.Siir ces entrefaites,cftantnbsp;5'fftion de saniaflcr des bcnefices,il ne luynbsp;difficile dauoir vn chapeau du PapePaulnbsp;, veu le crédit quil auoit çnuersnbsp;ç*! fon maiftie,duquel ledit Pape ne taf-pour lors que de saccointer contrenbsp;t^pereur Charles,pour venger la mort denbsp;abominable Pierre Louys fon fils, com-f ^»fsi ce monficur sefforçoit de fa part denbsp;profit, en vendant la faneur de fonnbsp;ç '¦^üa qui fiir canfe que fous ombre diinbsp;Boulogne amp; de tels afâircs quilnbsp;lie û Paginer, il drella vn v oyage en Ita-principales raifons, La pre-le jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de moycnner lalliance de fon fre
de h maifonde Fcrra-«hç ^l^cogt;ide,afin de fc faire conoiftre à Ro baftirfcsentreprïnfes à la-gt^5^ependantgt;ô vilaine amp; aeteftable in-i^îP^'^^n^y'^nt patience que le feu Car-diiq * de Lorraine îbn oncle, par la faneurnbsp;*611 11 eftoir venu du College de Nauar-^®rir,homme quant a lambition,nbsp;naturel que fcsncpncus,len-defpouillc par fon decez , ilnbsp;'lU'Uj^dc luy tirerde deflbus laille toutjeenbsp;\ diy fin pofsible, par vne importuniténbsp;fîtnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;edoingnee de violence:amp; trou-
de luy faire enuie de sefloigner
-ocr page 446-434 Hiftoire de France/ de Ia Cour, luy apofta des leruireUi's tel*nbsp;quil luy pleurde deftitua de ceux qui eftoyetnbsp;les plus loyaux, fous telle couuerrurcnbsp;bonluyfembla, amp; fiten forte quil ne tintnbsp;pas à luy quil ne le mift tout en cheinifonbsp;tellement quen fin vne mort bien foudainenbsp;lemporta au retour de lcledion du Pap®nbsp;lulles 111. en laquelle tout le monde fat'nbsp;comme ce Cardinal fe porta fidelementnbsp;quant à fa. confciencc quant au Royaum«nbsp;de France. Tant y a quil y gaignavncha'nbsp;peau pour fon frere qui eft aulsi Cardinalnbsp;ioinft que lors fut acheuc amp; accompli le manbsp;riage de fondit frere aifné. Eftant de retour»nbsp;Dieu fait quels myfteres il a fait iouêr à foJJnbsp;maiftrc.Il a chafie de la Cour tous ceux qu gt;nbsp;penfoit luy pouuoir nuire , hors mis ceiix-;^nbsp;qui eftoyent trop forts amp; plus anciens amis»nbsp;amp; ceux auecques lefquels il partillbit le bH'nbsp;tin.Mais fur tout il noubliapas de confiné*'nbsp;à Rome les autres Cardinaux, afin de roU'nbsp;gerles os du Crucifix tout feul àlaCoUf'nbsp;Et puis voyant le Chancelier Oliuier, hon'nbsp;me fage amp; expérimenté, ne luy feruirnbsp;dobfcurcir fon luftre, il luy fit venir enu'^nbsp;de fe retirer de la Cour pour faire place à^nnbsp;homme de foin , autrement vne vrayet^nbsp;-nommée Berrrandi, qui luyferuitdvnra'^^nbsp;tofmc de Chancelicrjfeignantccpcndantnbsp;gratifier à celle dont il auoit afait'C p®nbsp;lois,lequelaufsi ils firent Cardinal
-ocr page 447-SousFranço is IL 455 pfcs'.cotnbien quà la fin force luy ait efté denbsp;fâppeller ledit Oliuier pour ne sen pou-oitpatTer.
Outre cela, il ny a eu office ni bene-dont il, naycnt trafiqué , obligeans ce moyen le plus damis quils ontnbsp;M : amp; comme sil ne vaquoit pas afieznbsp;'offices, ils en ont forgé de tous nou-tant quil leur a pieu, changeant amp;nbsp;^'^efiangeant tout à leur pofte ; tant en leftacnbsp;®cs finances que de la luftice, fous belle ap-pâtencedabreger les proces: commeainfinbsp;°*t tout au rebours que rien nentretiennenbsp;P'os les proces que le changement amp; la mulnbsp;^tude des Loix amp; Officiers, Mais entrenbsp;*utres rufesjil y en a quelques vues fort no-'jbles quils ont inuentccs pour bien toftnbsp;Acquérir vne mcrueilleufe puifiànce. Lanbsp;Première eft quils, ont donné ordre defa-*ogt;r toutes les bonnes maifons de Francegt;nbsp;®^^uclles il y auoit des mauuais mefna-ou gens faciles à tromper , ou pro-^*^5 de confequence: amp; làdeuus ont eu desnbsp;^oliciteurs apoftez,pour eftonner les cre-''teurs, pour flefehir les plus fafeheux, amp;nbsp;Potit allécher les plus fots par toutes for-delperances amp;de promellès . Bref, ilnbsp;y a tien qui leur ait efté trop pefant nenbsp;^quot;^Qp chaud : de forte que les v ns leur ont faitnbsp;ftanfpoct de leurs droits , les autres leursnbsp;°*'t tout donné, les jautres les ont fait leursnbsp;Ee 1
-ocr page 448-45^ Hiftoire de France, heritiers, par ce moyen ayant ftiudékfnbsp;vns amp; les aurrcsjdeftruir vne inGnité denbsp;ures crediteurs de bone foy, ruiné innumc'nbsp;râbles panures vefues amp; orphelins, abba-tu infinies bonnes maifons de toutes fortesnbsp;ils ont tellement bafty leur mailbn defnbsp;ruines des autres, quils ont fin'môré en pei*nbsp;dannees les plus grands amp; les mieux fondez de ce Royaume : voire auec vne ambition fi vilaine amp; fi effrontée quils nont cl'nbsp;pargné ni amis ni ennemis , ni biens
' tuels ni temporels , tclmoin le trâictcment pourchaffe à madamenbsp;Ducheffede Fcrrare pour la recompeoic^^nbsp;fon alliance : tefmoin aufsi le Contenbsp;Nantucil , ôc les principaux beneficesnbsp;Cardinal de Lenoncourt ancien leruif jnbsp;de leur maifbn : tefmoins les biensdeiO (nbsp;ficur le Marquis de Neellc, de monfic'^^!, Inbsp;Grignan, lechafteau de Meudon,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
de Marchais,la terre de Cheureufe,amp;^' l îemees par tout ce Royaume: dcfqiiell^^^^j,( Inbsp;ftanr encores adoHUte leur an ad ce, ilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
quils ayécaffàillimôfieurleCôneffablcp | luy arracher le Côté de Dâpmartin:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
inline pour le moins le doit admonnei*'^ J fon office enuers la Couronne,amp; deccÇ^^^ Jnbsp;doit attendre de ces mefehans, fi lent jnbsp;ce neft reprimee comme il appartient- inbsp;Finalement,pource quil lciircftoit|j,.^^ Inbsp;eile de tenir ce train,amp; que toutnbsp;pouiio/
-ocr page 449-Sous François IL 437 Pouuoyentdefrobercn paix neftoit rien aunbsp;prix de ce quils auoyententreprins, ceft a-^Uoirde rauir mcfmes la Couronne de def-le chef de leur maiftre,ils ne peurét ni nenbsp;''Oülurét fouffrirque la France iouïft du re-Pos auquel Icfcu RoyTrançoislauoitlaif-Jfeicar ils voyoyent que mille coinmoditeznbsp;'Utreiienoyent de la guerre,jdautanr quennbsp;premier lieu ce leur eftoit vne ouuerturcnbsp;pour sauancer, veu la furie de leur aifné Sinbsp;®Sceluy qui le fécondé : lefquels le Cardi-na iamais craint de bazarder, fachantnbsp;Hu en tout euenement lachofe le valoir, amp;nbsp;Sue sils eftoyent plus heureux que fages,nbsp;Oc liiy feroit vn vray moyen de seîleucr iuf-Syaii bout : Sc sils mouroy et, leur mort fer-l^iroit de pôt pour faire pafler les autres plusnbsp;^utte : dauantage ayant le principal ijianie-Jiicnt des deniers de ce Royaume , com-¦on leur cftoit-il plus aile de pefehet ennbsp;®^u trouble quen eau claire» amp;: puis outrenbsp;fout cela,il voyoit que par vn mefme moyennbsp;^ acqueroitia faucur de ceux de la que-^ledefquels il deliberoit faire le profit denbsp;^maifon aux defpensdu panure peuple: ilnbsp;uiinuoir forces du Roy, duquel il vou-roit bien voir la Couronne fur la telle denbsp;Inbsp;nbsp;nbsp;] * *^cre,comme les trois Couronnes Papa-
( {^\Ur la benne :amp; finalement que ce hiy e-moyen pour bazarder le Roy, dticesdufangjamp;Jtous ceux de ladt-*
-ocr page 450-43^ Hiftoire de France, ftruótion defquels depend Paccroiïïènie*^nbsp;de fa grandeur.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Voila, Sire J les braiies occafions guerre tant longue A: malhcureulènbsp;le Royaume , à laquelle il leur fiit aifenbsp;tourner le cur du Roy ,delîreiix deno**^nbsp;ucl honneur au commencement de ionnbsp;gne.fur lennemy iuré de la mai/bn deFf^^nbsp;ce, lequel pour lors ayant( comme onnbsp;geoirjdomté lAllemagne, fembloittrop^j^nbsp;doutable à ce Royaume, h on ne rompoitnbsp;bonne heure tous les defleins quil pou^nbsp;auoir. Or auinr-il trois occalions denbsp;bien empefeher : la premiere fut ennbsp;pant le cours du Concile de Trente, denbsp;thorite duquel iceluy Empereur fenbsp;pour du tour vnir les Allemans à fa deipnbsp;rion,afin de faire puis apres en Italie,nbsp;leurs ce que bon hiy euft femblé. Lânbsp;de, en prenant la querelle de lamaifon^^nbsp;Fernelcs dcchalfez de Plaifancc parnbsp;perçut. La rroifiefinc.en pratiquantlaO^ gt;nbsp;de 1ElcóFeur Maurice amp; du Marquis d^^^nbsp;debourg eftans au liege de Magdeboufpnbsp;grandement irritez contre lEmpereii^'-^^nbsp;fede la detention du Landgraffde HeH^nbsp;uecques lefquels il y auoit apparencenbsp;fils dudit LandgrafFamp; autres Princesnbsp;mans Ce ioindroyct ailement.Et côhicnnbsp;ny euftpasvnedc ces trois occalionsnbsp;fuit correlpondante à ce que ledit Car
-ocr page 451-Sous François IL 439 f. cerché de tout temps : eeft afauoir à cenbsp;quil foit tenu vn vray pillier de la Foy catholique,veu que la premiere fembloit trounbsp;hier le repos de la Chrefticnté; La fccon-uemettoit le Roy amp; le Royaume endanger dvn interdit amp; excommunication Pa-We J amp; cotreuenoit notoirement à la gran-^Ur du Siege Apoftolique dontil contre-^^^le zélateur; La troinefme conioignoitnbsp;^^nifcftemcnt le Royaucc les Luthériens»nbsp;°^^eur donnoit moyen de fe releuer amp; fot-'her plus que iamais ; toutes fois ce fatal en-^^tny de Dieu amp; de tous hommes gt; nennbsp;pOulut laiflerpas vne, ains mit en teftcaunbsp;Roy , par dcfl'us lequel il regnoit » denbsp; feruir de toutes les trois lvne apres lau-p®' De là vint la proteftation contre lenbsp;®ncile,amp; puis la guerre de Parme dref-contre le Pape , à lappetit de ce fup-' de la Papauté »aux defpensexcefsifsnbsp;t? panure Royaume , amp; au proufit dunbsp;j J 7 dvn baftardgt;qui en a depuis rendu le fa-que toutes gens de bon efprit en ontnbsp;=^'tendu.
, De là vint la premiere fource des plus l'^cufe5 g, lamentables calamitez quait ia-^ais endurées la panure France-.car enfinnbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lapoftume creuaft, amp; que ices
^'des dreflafTent, vne guerre ciuile en Al-
1 ^aiagne, par laquelle nonobftant que Dieu lufteincnt chaftié les iniquitez de plu-Ee 4
-ocr page 452-44° Hiftoire de France, fieiirs,fieft-ceqHc tanrdc meurtresnbsp;de maux sen font enfuiuis, que fimaint«'nbsp;nant le Turc venant aflàillir les Aüctna^nbsp;ne les trouuc allez forts pour luy refift«^nbsp;de là sen vient iufques ànous quil trÇ®nbsp;liera du tout defo-arnic de crens amp; nnbsp;le coulpe en fera donnée à lambition*^ ÿnbsp;efperee couuoitife de celle mefehant«nbsp;truelle race.
Delà donques senfuyuit levoyag^.jjj, Allcmaignc, auquel CCS malheureuxnbsp;rent. Dieu mercy, à leur cntreprinfc^^pnbsp;quil ne permit que lAllcmaigne toml^Lfnbsp;leurs pattes , mais leur cruauté fut tell«^jjnbsp;leur propre pais de Lorraine en fitpouinbsp;la premiere experience , comme à lanbsp;rité elle feinblc nen auoir elléindign«P^j/nbsp;auoirproduit de telles amp; 11 venimciy^^^nbsp;pères au monde. Et pour preuue u« ](nbsp;lire dire,quand il ny auroit quvuenbsp;ville de Mers pour en tefmoigner, *1^1«nbsp;moignage plus fuffifant fauroit-on t^jinbsp;rir 1 Car quell-ce que celle panure vil**^^nbsp;foullcrt en peu dannecs amp; par
-ocr page 453-Sous François II. 441
Ie moins cent mille liures,nen laiÏÏant hf f y H® I® déshonneur dclauoir fiirgt;nbsp;f 'le fous ombre de la défendre, la chargé le la garder auec defpens ineftima-de nos panures vies, amp;lini-j 'e delEmpire qui efttout preft de re-^fi'inder le lien auec vne main non moinsnbsp;de force que de trefuifte querelle cftnbsp;^^droitjpourucu qu'on sen adreflè à.nbsp;A Hquot;! font caufe dvntclamp;limanifellenbsp;gt;¦
'lin I mcrueilles fi làdelTus le Car-neft fl prefomptueux dallcguer la lèn^f défendue fous la conduire denbsp;Car voila le fondement denbsp;'^^^'f^Sdcpar où ils ont commécé ou-difsimuler leur orgueil,nbsp;eftoit appuyée fur leurnbsp;li J quot;ce amp; vaillance: cen à dire commenbsp;Çoif^ Py^^'de de la monarchie Fran-'^ais coniportoit point fur la bafe,nbsp;fç f ^quot;fi quvnc vielle ruine caduquenbsp;tellement quellement fur lanbsp;Quelque branche de lierrenbsp;la L ,Ç®famp;enuironnant, comme por-rnbsp;^bjç I^dcuifc du Cardinal. Maisplcuftnbsp;nous neufsions tant de repli-^quot;^ontre de leur orgueil intolcranbsp;l'âwfieriufqucs là,de nous fai-nous deuons de retour à ceuxnbsp;jefleuer quen nousruiuanr
-ocr page 454-442- Hiftöire de France,
Car quel befoin eftoit-il de racheter ce phee;en oft'enfant. Dieu amp; les hommes nbsp;combien nous a efté cher vendue cellenbsp;vaillante defenfe dvnc ville ellrangercnbsp;jamais ne nous auoit fait outrage quelconbsp;qucjfi on nappele outrage daiioir cteutl^lnbsp;legercment aux paroles cfvn Catdinal*®^^nbsp;nonrriflon, amp; quelle tenoitpourfonnbsp;que amp; pafteur? Et défait le contre-efchatSjnbsp;a bien chèrement efté payé par nouSjnbsp;la Picardie en fut brullee amp; faccageenbsp;ques à Noyon : amp; fous la conduite àvn***nbsp;trc Giùfart,non guercs moins eftouroy^lnbsp;ce vaillât Hannibal,la noblefle FrançO^nbsp;cent la plus grade playe quelle euftr^''^nbsp;depuis laiourneede Pauie,eftantfans^^ jjnbsp;feni raifon ameneeàla boucherie pi'.,nbsp;quà la bataille,pour rédre la ville de S.nbsp;colas en Lorraine longuementnbsp;par V ne piteufe defeonfitute amp; occifioo nbsp;lannee iïiyuante que nous rapporta-e*'^nbsp;non deux pertes redoublées amp;non jjnbsp;recouurablcs?ceft afauoir laruiuetota .nbsp;Therouanne amp; de Hefdin, qui eftovy^ ;)nbsp;deux clefs de Picardie : Dciqucllesnbsp;cft alTcz notoire à chacun combiennbsp;fieurle Cardinal faifoitfonproufit,co'^^{nbsp;sil ny euft eu en ce Royaume perlonnbsp;digne dauoir charge que monlîeurio^j^j^nbsp;re len ragé. Et depuis,quand ils'ontvo^^^,nbsp;cheter leur autre frère, prifonniefdi jj
-ocr page 455-Sous François IL 445 de Brandebourg, ont-ils voulu y em-P'oyer quelque partie de leurs larrecinsPontnbsp;. quelque pitié de nous,qui citions def-^mangez iufqucs aux os ? Rien moins. Ilsnbsp;°otbien trouué vn autre moyen fort bel amp;nbsp;onnelle; ccft afauoir en tourmentant tousnbsp;que bô leur a fern blé,fous ombre dbe-^^æ,pour en attraper les confifcations. Carnbsp;eftoit pas alfez que ccltuy-la par fa te-ceux-cy appellent magnanimiténbsp;(J, ¦^le de guerre, eult cité caufe de la mortnbsp;grande partie des grands Seigneursnbsp;1^. '¦rance à lheure de fa prinfe : mais il fa-'^¦rcorcs que fa deliurancc coullaft la vienbsp;Hifnbsp;nbsp;nbsp;riquot;' «ftoyét demeurez de refte-.voire
à ncfpargncr les femmes des bÓs Sc mefmes le tepsnbsp;Poinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp; leurs biens
*¦ leruice du Roy. Comme ainfifoir par toutes loix eiuiles, toutes aótiós cef-°'r^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9''* ^bfens pour les a-
N nbsp;nbsp;de la république. Etdececy, pourle
ferait tefmoin le feu feigneur rt^^r;liony,fi depuis il neftoit mort au feruinbsp;riefemme fut en ce mef-P^i'l faullémcnt aceufeedherelîcnbsp;Subornation dvn de ces mefsieurs lesnbsp;du Cardinal,amp; bougres commenbsp;SQf^'freinent appeliez nos mailtres de lanbsp;g'-uis ignorans de tout bien amp;nbsp;donneur, fiers, cruels, mutins amp;fedi-
-ocr page 456-444 Hiftoire de France, ricuxtSii y en a au monde, fous om^f^nbsp;Religion qui leur ferr de couuertur^''^j('nbsp;Ie feu Roy François Prince de fort holnbsp;iicau fingulicr iugeméc Ie conoilfo*^nbsp;bié,amp; defcouurit pieça en la caufe denbsp;maiftre Beda amp; Picard, tous deux coHnbsp;eus de confpiracion manifefte contrénbsp;Roy amp; fa Couronne.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Et sil faut que nous mefmes j{ tous nos dommages, la perte de lavii'^nbsp;Sienne,qui tant a courte dargent amp; de'*nbsp;à ce Royaume,qui a embelli Florcnced^/(nbsp;lire ignominie,qui a apporté perpetud*^nbsp;uitiide\amp; quart totale dertrudlionnbsp;lires citdyens dicelle, à qui peut-ellednbsp;meilleur droit imputée quà la ialoui^nbsp;ces mefchans,aymans trop mieux differ^nbsp;fecours promis,amp;mettre par ce moyennbsp;te larmee en defefpoir, que de fourtnr Ç ¦nbsp;furt dit que fans eux la Tofcanefuftn^^^.nbsp;au Roy,ou pour le moins contraintea tquot;nbsp;noir telle compofition quon luy etilH*-^
¦' nöl
Oren fin noftreSeigneurayantpit® fculementdece panure Royaume,nbsp;ïi de route lIralie, des Efpagnesnbsp;aufsi abreuuez dusâg des paiiureshnn^nbsp;par linhumanité infatiablenbsp;ces tyians, abufins de la crédulité^-, 'nbsp;de leur maiftre, donna quelquenbsp;pos à la terre. Erpour móftrer aux
-ocr page 457-5'jj^ Sous François II. 445 efté par trop aueuglez, quellenbsp;''W de tous ces maux, voulantnbsp;guerre hors de ce R oyaume, il ennbsp;^*'^dr premièrement cefaux amp; malheunbsp;'On ^¦ninal, lequel poufsé de fon ambi-'quot;Pl^ft^^^^i^ee 5 nalla point,mais courutnbsp;M. 4*^ l'-y fut pofsiblc,pour empietnbsp;la Papauté, quilnbsp;l«Sçn°'f P^- ''ue forte efperance,lors quel-^tii[,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;''^-^ures par ledecez deceluy
Pth *^®ufaitPape luy mefmes,dautâr quil obtenir pour lors,amp; pournbsp;P^5 apres il auoit enfan-^yd(;^^°^'te lItalie, comme nous auons ditnbsp;(Iç^^^utdonc le Cardinal emporté en po-PoiJj *¦ æ'^^nt de fon ambition, lexperience 'nbsp;'^Qh ^uuftra bien quil trainoit tout nialé-*^gt;l'i^^^^^-fuy-Car luy eftant party,incontinbsp;curs du feuEmpercur amp; de noftrcnbsp;^¦^ut aufsi toft enclins adonnernbsp;quot;^^^^urs confeils de ceux qui par-{j du repos de tant de panures peuples:nbsp;P^^ peuft eftre du toutnbsp;PtQj^^jfieft-eeque moyennant laduisamp;nbsp;f monfieur le Conneftable, tre-f°^^unellementiunbsp;longues que nul nen pouuoitnbsp;''u^ P^*' ^^ut honnorablesnbsp;tiç^.^fâgeufes pour la France,quvne plei-coire à grand peine nous euft peu ap-
-ocr page 458-44^ nbsp;Hiftoire de France,
porter plus honnefte amp; raifonnable tement. Mais quoynoftre ingratitH^nbsp;mefconoiflànce dvne fi grand^^nbsp;Dieu, rappe lia toft apres le CardinaliXnbsp;quil euft hrafsé en Italie tout ce
, ftoitpofsible: amp; mcfmement ayant ef ^1) lé le Duc de Ferrate pour le fairenbsp;cefte meflee.fous ienc faynbsp;efperances : amp; le tour aux defpens denbsp;tous,défia mangez iiifques aux os.nbsp;pas pluftoft le Cardinal retourné en 'nbsp;quil napparuft que les diables, enne*^ nbsp;Dieu amp; du repos des humains, (inbsp;courus aucc luy pour nous enudopP^nbsp;calamitez depuis furuenues, amp;ponr^^nbsp;irreparables.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ttr
Carde quel autre efprit peut eio cédé ce deteftable Ôc malheureuxnbsp;donné par ce bon Chreftien de pC'nbsp;en vain empefehé parmonfieurnbsp;ftablc,qui depuis enaporté'lapeinenbsp;feil, di-ic, defaufier la foy des treucsnbsp;lennellement exprefsément iurc^^. ,olgt;nbsp;bel eftafficr le Cardinal Caraffè, d^P^j^fii'nbsp;damné pour vn monftre de naturenbsp;Pape fon oncle, que nous apportoit'nbsp;chofe auec cefte elpee quil prefenj®nbsp;Roy, finon vn certain prefag^jnbsp;heurs, qui bien toft sen enfuyu'*^^^g(iô^nbsp;de senquerir là defiiis fi noftrenbsp;interefsé au traité des treuej,ceft^*
-ocr page 459-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;447
hors de difputc,nou feulemét non vray-fcm Wable, maisaufsidu tout liiperliuc . Car ànbsp;ÿ*' pourront faire croircUc Cardinal amp; fcsnbsp;^is^Sjfinonà ceux qui ont coniurc auec euxnbsp;'®iitte leur patrie, que ceux qui manièrentnbsp;treues neu lient plus de certaine conoif-queux des afaires du Royaume, plusnbsp;? 'Ugement, dexperience amp; lincere aft'e-^ûtienuers leftat de la Francejde la confernbsp;quot;^tion duquel depend leur authorité : com-aucontraire la grandeur de ces eftran-^^tstfeft fondée que fur la ruyne totale denbsp;^tfaifon de France?
. î-t quand lachofeneparleroit point al-par foy-mefme,principalement fi on fait '^ttrpataifon de ladite treue auec la demie-i^'piixottroyee par la necefsité, en laquellenbsp;a précipitez lambition de cede mau-^'te race,les calamitez amp; mifercs qui ont .nbsp;'ttfuyui linfrattion amp; roupture de la treue,nbsp;quot;^«ient-elles pas baut amp; clair, que Dieu,nbsp;iuftement courroucé amp; irrite con-
, tel mefpris de fon treflacré amp; pre-uon3 lhonneur duquel il veut eftre
Mere à toute vtilité que les hommes
1 î'^utioyent prétendre . Tellement que le ''ti catholique de Carditial ne fturoitnbsp;tttttQuencecas il nait bien mondré quilnbsp;tait que ceft de Dieu ni de confcicncc,nbsp;'^tstuis que pour fe couurit , il alléguénbsp;complot du Royaume de Naples ,bady
-ocr page 460-jt44 Hiftoire de France, aucc le feu Pape dernier decedézduquc'nbsp;fuc terrible amp; la mémoire encores auioü^nbsp;dhiiy execrable à lItalie a bié môftrénbsp;poiiuoyent eftre fes confeils amp; entreprini^^
Mais que pouiioit-on attendre./îno?'^ la,de ceux aufqnels lambition amp;nbsp;acreué les yeux pour fc précipiternbsp;miers,amp; attirer cnmefme ruinetoiis^^^nbsp;fur lefquels Dieu voudra executerfes tunbsp;iugemens par leur moyen?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ji-
Sil eft queftion de verifier cela, fôns que le difeours des choies pourlfnbsp;iicnucs,en defcouure aflezja vcrité:c3X,^iynbsp;meainfifoitque Dieu ait acouftuménbsp;de deux principaux moyens, pour coonbsp;ner laudace des hommes :ceft afaU^* ,knbsp;leur oftanr roue iugcmenc amp;difctef^'^(j«nbsp;puis en rcniicrfanttourau rebours Fnbsp;leurs cnrreprinfes ; Dieu nous a fa*^nbsp;lvn amp; lautre durant ces trilles afair^^jiOi)nbsp;quels leCardinal aeftélcpromotcuf\j^iiinbsp;nerneur. Car combien ontellédelp^^nbsp;dciugement ces malheureux, quinbsp;te par vne infraólion de treuesnbsp;fant amp; voifin ennemi: amp; cependantnbsp;au loin la fleur de la gendarmerie Sinbsp;terie Françoiftî
Voila dopq le fruit de tonpaf} chant homme,par lequel ru as obhj^nbsp;ure France aux iuftes vengeances d®nbsp;Cai doù efl aucune la perte de
-ocr page 461-Sous François I I. 450 «Je SainclLaurés, amp; la piinfc de SainéhQuc-la ruine de la Picardie,U paix forcée tantnbsp;quot;^aUmiteufe amp; honteufe pour nous, finon denbsp;'^^ftediuifion des forces de France,pour fer-quot;iràlambition infatiable de toy, qui abay-la Papauté , amp; de ton frcre affectant lanbsp;Couronne de Naples amp; de Sicile ? Doùnbsp;''tnt,linon de ton malheureux amp; mauditnbsp;'¦ûtifcil, que les cymeticres de lItalie amp; desnbsp;^'pes font encor auiourdhuy fi bolTus desnbsp;^pulchres de tant de gentils-hommes amp; aunbsp;'«s gens de toutes fortes, que ton frcre a ti-¦^zducurde Fvancc pour les mener, nonnbsp;P^sàvne mort honncfte amp; digne de leursnbsp;'^''uragesjmais a toute mifcrc amp;lâgueut?Etnbsp;^üantàce cheualeureux exploit de Calaisnbsp;^(ieThionuillc dont toy amp;ton frere aueznbsp;^'^couftumé de fi fouuent vous vanter, ennbsp;Ptciniçj lieu,penfcs-tu quon ne fache aflèznbsp;pliant au fait de Calais, que tu tattribues cenbsp;appartient à meilleur droit à Monfieurnbsp;' Conncftableî Car qui eft celuy qui ne fa-fl les delleins diceluy culfent peunbsp;^'^°gt;tlieu long temps au parauant,commenbsp;es feruy puis apres,il euft efte aisé danbsp;celle mefme ville à petit frais amp; fansnbsp;j.^P'on de fang ? Et quant à Thionuille, tenbsp;i iiil nait elle trop ehenbsp;achette de la perte de la bataille denbsp;^'^ikerquJdont for caufe ton malheureuxnbsp;contraignant le feigneur de Thermes
-ocr page 462-450 Hiftoire de France, à feiourner là contre fon auis amp;nbsp;cion. Mais quoy quand tous ces expnbsp;feroyentdeus à tonconfeil,ounbsp;fe de ton frere : Dieu na-il point toutnbsp;remet maudit lilTue de toutes ces vilt;^nbsp;puis quil nen eft enfuyui quenbsp;plus de pays,villes, amp; forterelTcsnbsp;par la paix,que iamais cnnemy neunbsp;racherpar force? Et dautre cofté,Ja gti^nbsp;que nous voyons sallumer entre nousnbsp;lAngleterre, nous menaife dvn auttt^^nbsp;luge de miferes amp; calamitcz. Et nenbsp;point que tu tcxcufes denauoit efté caUnbsp;de celle paix tant honteufe amp;ignominiet^nbsp;fe. Caràvray dire, nous penfons bien lt;1nbsp;plus fage que toy sen eft meflé, amp; que to»nbsp;trâquilïité te dclplaift .Mais à qui enduitnbsp;lire donnée la coulpe, finô à toy qui asnbsp;né le Roy amp;le Royaume en telle neceis*nbsp;fous laquelle les autres ont aufsiptude^nbsp;mentflechy par contrainte,comme tunbsp;mefehamment amp; volontairement anicnbsp;fur nous. Dauâtage, péfes-tu quon nenbsp;quelle a eflé ladminillration desnbsp;du Roy en Italie,quâdtu luyas mefm^sP^Inbsp;lié Ion arger par perfonnes interpofeesanbsp;intcreft que ton auaricea portéip^uisnbsp;quon neficlie,durant telle extrémité,enbsp;inonlieur le Connellableprifonnicr,icpnbsp;plefoullé iufques au bout, lesfinances^^^nbsp;Roy cfpuifeesjle Domainc,lesreceptt;^.p
-ocr page 463-Sous François II. 451 ailles engagées, la guerre plus force que ia-, la frontière de Picardie en la main denbsp;'t^nnemy, quelles cxcefsiues donnatiós toynbsp;^tonfrereauez obtenues de la facilité dunbsp;^oy,au lieu du gibet qui cftoir bien deus ànbsp;Os mefehantes amp; maudites entreprinfes?nbsp;^ófes-tuAnfsi quon ne fache comme tu asnbsp;amp;mefcontentc les Ambafladeurs desnbsp;Phneipaux Princes dAlemaigne,que Dieunbsp;auoit enuoyez cômeà poinét nômé environ la iournee de Saint Laurent, pour of-dt toute amitié au Roy »en traitant plus hu-^linement les prifonniers quitenoyent lenbsp;party de la mefnic Religion quils tienneni-^ais alors eftoit encores en fa vigueur ceftenbsp;^oibitió desbridee,en laquelle te nourriflbicnbsp;^oelquc apparéce dcprofperité, qui fut eaunbsp;que tu cuidas que rien ne te fuft impofsinbsp;quot;k, amp; entretins le Roy en lopinion que tunbsp;*ageois teftre laplus proufitable,dautâ.ntnbsp;tu ne feeus iamais bien conioindrenbsp;I ^onneftetc auec le proufit. Ce que toutes-foistudeuoisauoir apprins pour le moinsnbsp;pat la leécure des Offices de Cicerôjau Colnbsp;de Nauarre,dôt tu fus tiré à la malheunbsp;0, pour venir gouuerner le feu Roy, quinbsp;pour lors eftoit Dauphin.
Et voy la comment tu mefprifes les offres qoetuas puis apres rachettees fi chèrementnbsp;defpensdenoftrevic amp;delafubftanccnbsp;nous amp; de nos enfans,quand noftre Sei-Ff 1
-ocr page 464-452- Hiftoire de France, gneur Cc fut moqué de tes vaines amp; nbsp;c/pcrances.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.jjit
Autant en auois-tu fait par deux parauant, amp; fis encores apres auxnbsp;deurs des principaux des ligues gt;nbsp;mieux leur refufer ce quils requeroy^^jfnbsp;qui ne couftoit rien au R oy, amp;: quenbsp;mes as puis apres en vain pourchaflenbsp;quis J que de diminuer rien de cellenbsp;nbsp;nbsp;^5,
furie, qui teft naturelle amp; à tous tes n* Non pas pour aucun refpeôldelaReÜê^^^nbsp;Cheftienne, dont tu te moques ouu^nbsp;ment, mais pour ce que quanta toy gt;nbsp;toufiours pcnle quil ny auoit rnoyeupnbsp;propre à couurir tes conuoitifcs infatiaP^^jnbsp;que le manteau de Religion : amp; quantinbsp;freres, defquels la vie eft execrable auxpnbsp;grands Athciftesamp; Epicuriens durnonnbsp;ils ont pcnfe que toutes leurs dilTbliitionbsp;concufsions , violences , rapines, meiUt*nbsp;rapts,inceftesjfodomies, amp; autres telles'^nbsp;tus, dont tu nignores aufsi ny la theorie'' nbsp;uy la pratique, feroyent tresbien couuef^nbsp;dvn rocquet, ou chappeau ou manteaunbsp;Cardinal, couucrte des abominations 11 y.jnbsp;des que le diable mtfmes enahorretirjSnbsp;peut aduenir mefclianceté au monde 4nbsp;luy defplaife.
Finalement penfes-tu. Cardinal, que France ait tellement forligné de fes aueenbsp;lires,amp; perdu tout iugement amp; difcretio^^
-ocr page 465-Sous François IL 4^3 ne fentir la moquerie manifefte, à laquelnbsp;/^lexpofas lors que pour faire mine denbsp;* oe fay quelle antiquité , tu neus pointnbsp;^nonte de faire vne adèmblee que tu nomnbsp;''ois les trois Eftats, fans quily euft formenbsp;^®dconque,ni maniéré de faire qui refpon-''1 au nom que tu luy donnas j comme fi tunbsp;voulu efchafFauder toutes les villesnbsp;^ France, pour publier ta tyrannie couuer- æus le credit que te dônoit la trop grandenbsp;WienceduRoyl
sil eft qucftion de venir à ce qui eft quot;eiiu depuis le dernier traité de paix , amp;nbsp;I ipas du feuRoy,il fuffira pour vne preuucnbsp;F quot;s qvie fuffifante du tyrânique gouuerne-^utde ces malheureux, dalléguer feule-1 'ot quelques vns de leurs alt;3:es plus nota
gt; entre tout ce que cy delTus a efté dit amp; ^Oüiié touchant lvfurpation du gouuerne-, ®otdu Roy,amp; duRoyanmc, amp; la reiediô
Princes du fang.
, Pteiuierement, il ny aceluy qui ne fa-® que celle dont cy defius a efté parlé, jp^tiraitferui defchelle pour monter oùnbsp;ç Font paruenus Mais quoy? ce vaillantnbsp;5^dinal auec fes frétés, ne fe fouuenantnbsp;^quot;^de lallian ce faite auec elle , ni com-^0 ils luy eftoyent redeuables, voyantnbsp;leur efpôge eftoit fi pleine quelle regornbsp;^oit de tous collez, amp; defiraus dautrenbsp;de fe ioindre de plus près à la pyramidenbsp;Ff î
-ocr page 466-4 54 Hiftoire de France, de France par double alliance denbsp;Î;e, commencèrent à gaigner le ci»nbsp;aRoyne, en voulant dccliafler cellenbsp;laquelle iufquesà cefte heure-là ilsnbsp;notoirement coniuré,amp;coniointtonsnbsp;confeils amp;: entrcprinlès.Etde fait)nbsp;que la chofefuft difficile, amp; quenbsp;trouuaflent fort eftràge, que la Royu^r^nbsp;taftaffedion à ceux auquelsil naiioit te^^nbsp;quelle ne fuft répudiée, amp; qui luynbsp;fl long temps amp; tant de fois defrobe lenbsp;fon maty:toutcsfois ils firent tant en bnbsp;cc de monfieur le Conneftable quenbsp;double mariage fut conclu amp;nbsp;teftafauoir de monfieur le Dauphgt;u,ap^^jnbsp;fent Roy auec leur niepee R oyne d£enbsp;amp;: de la dcuxiefme fille de France, aueenbsp;coufin Duc de Lorraine,nonobftàtnbsp;ge dudit Seigneur Dauphin amp; delà lunbsp;te deuxiefme fille deFrance,ne fuft aUÇnbsp;ment capable de manage,amp; que cenbsp;couftume dauancer aucunesfois telsnbsp;liages entre les Princes,ceft afaiio^^^^pnbsp;que trcsvrgentc occafion du proufitu^nbsp;maifons, ncuft aucun lieu en cccy,lt;'UUnbsp;lemét laconuoitife de ces malheiireU^^j,/nbsp;gnans que le retour de monfieur ft ^,j)ynbsp;neftable, homme fage Sc expetimente^^^znbsp;en a en ce Royaume, ou quenbsp;rance de paix ne rompiflènt leursnbsp;fcs.Finalement eftant aducnucep*^ ^gft'
-ocr page 467-Sous François II. 455
nient, qui apporta la mort au feu Roy, Uç ^rdinal amp;les fiens preuoyans leur rui-L *les trois Eftats eftoyent aiï'embleza-q J*® pournoir tant à la perfônne du Roynbsp;. de ^/lefsieuj-j fesfteres amp;furs,amp;aunbsp;çj ^^etnement du Royaume : amp; daiiantage
'Bnans que la fufdite paillarde eftît mife defpouillee de fes larrccins, vnnbsp;Renbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;perdu pour vn dentre eux
dte 8c heritier dicelle, ils feeurent tres- pouruoir à tout en labfcnce de vous, fuftes tard aduertideschofes aue-fuftes puis aprcsjà dire la vérité,nbsp;J PUnt à y remedier, amp;trop pariet aies ennbsp;Pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Et le chemin quils tindrenr futen
duîî'^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laieuneflé amp; fimplicité
d.oy défia marié à leur niepce,amp; luy fai-j^goiiftcrlesappafts déroutes voluptez, P ^nttnefmes que fon aage fuft afl'ez meutnbsp;g/^'^len laifter iouir; amp; dautre cofté de gainbsp;de plus en plus le cur de la Roynenbsp;bç 4nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f*-^ difficile, pource que
çj^^onne ne les empefcha;amp; pour ce fairc,fa 4ue lvn des plus grands plaifirsnbsp;de knbsp;1^1 nairee,amp; mefmes q cela feroit fort agréanbsp;tout le monde, ils ne faillirent aufsidenbsp;l^^ttttiencer par là fous ombre de quelquenbsp;'lHenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce pendant en telle forte
toi, ^tift perdu pour eux. Car seftans .
^^ntez de luy öfter cc'quils fauoycnt *quot;
rf 4
-ocr page 468-I.
456 Hiftoire de France, quaufsi bien il lay eftoitimpofsible de ret«'nbsp;nivjils fe gardèrent tresbien de la faire trait'nbsp;ter plus rudement; ains fe contentèrentqu«nbsp;elle fe retiraft en Ivn de fes palais,pourIcUinbsp;cfpargner force deniers. Et làmainrenatel'nbsp;le nattend linon que la mort lafailiHèbieHnbsp;toll,ou bien quelle experimente le meftiefnbsp;dempoifonneurs,que ceux-cy ont fi bié pt*nbsp;tiqué de tout temps, que mcfmcsle coW'nbsp;mun bruit a couru , que leur propre pere enbsp;auoit fait lellay, par lindiferetion de celufnbsp;qui vouloir en feruir vn autre,ou pluftoftp^nbsp;vniulleiugementde Dieu.
Secondement vn chacun fait quelle lO' croyable fomme dargent a cfté preftee aUnbsp;feu Roy,principalement par les eftranget^nbsp;amp; combien folennelles promellès leur oßjnbsp;clic faites de leur rendre tant le principe*nbsp;que linterell. Maintenant donc quellednbsp;lilïùe?Cellque monlieur le Cardinal,qdnbsp;na fait difficulté dobliger fa confcience»nbsp;celle du Roy, fait du Theologien , pour rt'nbsp;feinder tels contrats comme vfuraires ;nbsp;apres auoir retiré en fes bouges vne grannbsp;partie de ce qui clloir deu aux Capitaines»nbsp;foldats,amp; tous autres officiers dunbsp;cependant que fera-ce de la confeien^nbsp;Roy obligee,amp; de fon hôneur engage-fera-ce du Royaume maintenant plus tonbsp;le que iamais il ne fut durant laguerre^^^nbsp;qui plus eft, ayant perdu tout
-ocr page 469-Sous François II. 457 Muenir par la dcfloyaute de ce malheureux 5 Yoire maintenant quil eft fommé parnbsp;Princes de 1Empire,menacé dvne nou-Mle guerre contre les Anglois, aliéné desnbsp;^fcollois,efmeu de toutes pars,amp; le tout parnbsp;meneesjpar lambition, orgueil, auarice,nbsp;'flaute,amp; inhumanité de cefte maudite ra-Carneft-cepastoy,Cardinal,quiasre-I retiens encores les villes Imperialesnbsp;jP^slenom amp; aux defpens du Roy,pour ennbsp;ton profit particulier? Neft-ce pas toynbsp;! s par ton confeil non moins badin quenbsp;^'^otnptueux 8c dommageable pour ce paunbsp;l^oyaume, tât defireux de la paix-.moyé-(.^H^'etaniepee maintenat Royne de Fran-¦ tç''^rpaft le tiltre du Royaume dAngleternbsp;i i^;^°rnmefielleentftoit la vrayeheritiere?nbsp;Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maintenant les troubles qui
' lij\^.'ena(rent,amp; qui ne nous peuuent fail-deftourner de nous les verfer fur toy amp; les tiens, qui en c-tJ autheurs amp; promoteursNeft-ce pasnbsp;uftiqui asfouffertamp; voulu quvncer-. i^^uténommémonfieur dOzonay,tantnbsp;lu ^'^r^tafur la douairière dEfcofl'e quel-v^^.^efines pouvehafle den faire vu Che-i^^'MelOrdre, maniaftee poure Royait-1^àtafantafie,dont puis apres eft venuenbsp;ijl'':tniere Origine des troubles qui en ontnbsp;j^PolTedé ta niepee, apres tant de meurtresnbsp;^Iheuïtez aduenues? Cat voila le plaifir
-ocr page 470-45 8 Hiftoire de France,
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-rz
que tu as fait à ta tiiepce par ta prudéce re/pondâteà laprouëflè de ton fierenbsp;quis, que tout le monde reconoitnbsp;monftre en toute paillardife 8c vilenie jpnbsp;toft que pour vn homme. \'oila,dy-ie):%nbsp;ment Dieu par fon iufteiugementavonbsp;payer ton ambition infatiable,en oftan^nbsp;fie titre du Royaume'à celle à quinbsp;feillois den vfurper v n qui ne luynbsp;tienrpoint.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
Finalement, quon interrogue sefmeuuent pour le fairdela Relig*°|j^jiînbsp;on interrogue la Noblefle pourquoy®nbsp;mefeontente fi fort : quon senquief^^jlnbsp;Gens de luftice ,pourquoy ils fontp^^^«nbsp;tout quitter amp; abandonner ; quonnbsp;les cômunautez des villes, les marcuanbsp;commun peuple,amp;gés de toutesnbsp;vient quils font ainfi efmeuzSc (l**nbsp;voire quon fonde mefmes les c® nbsp;Clergé,amp; de ceux dont le Cardinal^'^^51^nbsp;fefsion de sappeller à fauflès enftS^ l£ii^nbsp;defenfeur amp; protedeur, pourquoTnbsp;confciencece Cardinal leurcftpu^*^jj^, (jijnbsp;minable: tous rcfpondront dvne'',^^ij)inbsp;ceft pour les cruaufez,poHr lesnbsp;leries,opprefsions,pour lauaricenbsp;8c fierté intolerable de celle racenbsp;Dieu amp; des hommes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I r
Tiercemét,côme ainfi foit que 0^^ vinsjdc autres fruits de la terre (o'I^
-ocr page 471-Sous François IL 459 la Prance, amp; le commerce diceuxnbsp;®nt rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;traircé de la paix, que
^0 enuieux du bien public,amp; qui ]. N^oyent, sil leur cftoic pofsiblc, vendrenbsp;0^.'^ lequel nous nepouuons viurelilsnbsp;^continent corrompu les paôtions denbsp;gt;l'^'X,en les reftraignant parcercains c-ti ?amp; queftuaires pour leur par-''l'er proufit,nepermettans ladite trafi-1 y 7'non à ceux qui leur ont payé finances,nbsp;quot; ® leur commis.
'fdelàeftaduçnuquc tous fontpriuez. ¦'¦ende la paix, dautant que les eftran-tcfufent de saccommoder à telles exa-nouuelles : les marchans dupaysnbsp;prendre le hazard de leur en mener,nbsp;[^'lagerdènauoirnulproufit. Ainfieftde-/'iitcc la France toute pleine de bledsamp; denbsp;, p'iSjgf vijfjenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(Cependant cesTyrâs
pitié ne mifericorde,abufans de lautho quils fe font donnée, ne ceflent defai-plus que iamais, fans acquitter cenbsp;Pendant les dettes du Roy amp; du Royau-de forte quils méritent quon leur ref-^''^de ainfi quil fut iadis refpondu à vnnbsp;f't'ce demandant doubles exactions à fonnbsp;P''ple : ceft afauoir , quil faloit quant amp;nbsp;q^ant redoubler le cours du Soleil,amp;fai-j qtioneuft doubles, cueillettes. Au moinsnbsp;pourtoit-on dire, puis quils font tantnbsp;quot;^ieiix de largent qui vient en Fran-
-ocr page 472-4^Q Hiftoii e de France»
ce par les traffiqiies des bleds Sc quils fe payent en bled amp; en vin gt;nbsp;eux en faccnt la marchandifc aucc ks
ftrangiers. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
Et quant au fait de la Religiôj de le ces hypocrites couurent la pinsnbsp;leurs cruautez amp; pillcries, afin queptnonbsp;ne ne foitplus abiifc quant au Cardinal*^®nbsp;trefaifant le prefcheuifcar quantafesnbsp;ie croy que nul ne les prend pour Chr^ ncnbsp;ayant conu le moins du monde gt;nbsp;publiquement leur fale amp; orde cóueifatip®nbsp;il vous plaira. Sire, cofiderer ce que senl
Il y a maintenant en France vne man*® de gens quon appelle Luthériensnbsp;nots,amp;Heretiques.Euxnient deftreHcf^^nbsp;tiques, amp; requièrent deftre légitimera^nbsp;ouys déliant queftre condamnez jnbsp;au furplus ennemis des AnabaptifteSjL*®nbsp;tins,amp; autres tels mon lires ; Sc qu^^^^urfnbsp;vie fans comparaifbn plus irreprehenli®^^nbsp;que nos Preftres,ni nos Moynes, amp; des pnbsp;obeiiïàns fuiets de ce Royaumenbsp;que leCardinal les charge de la dernier®nbsp;treprinfe faite à Amboyfe, comme dr® (nbsp;contre le Roy : ce quils nient, amp; ptot®*nbsp;que ça efté en partie pour le Roy cotrenbsp;rânie du Cardinal,amp; de fes frétés:amp;nbsp;tie aufsipourprefentcr au Roy vneco«*^^nbsp;fiondcFoy,amp; ce pendantfcmunirnbsp;la violence de ces Tyrans,par Icfquds
-ocr page 473-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;461
quils ne fuflent emçeCcKcz,amp;
Hç , M.'ioy que ce foit(cat nvaintertant nous \nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dentrer en matière fut le fait
\ P tiglon quils maintiennent) fitelles \ A accreus ft grandement àlocca-\ 1^'1^ gucrre,à qui sen doit-on prendrenbsp;\nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cardinal amp; aux Gens, qui ont .
\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ourry cefte guêtre? Et puis que telles
\ demandentfinon deftre ouys en vn \ XSf libre, amp; iugez par la fainéte Efcritunbsp;^ül ne peut nier que leftnt delEglifenbsp;^H'j^^tnerucilleufemct peruerti Sc corrom-raifon y a-il de leur refufer v ne finbsp;moins lexpcriencenbsp;apprins qu vne fr longue amp; ex-' 'l'içnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nayant de rie feruy,il cft plvrs
ccrcher vn autre moyemSc ïnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de telles gens eftant fi grande
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 appert c^ue telsviolens reme-
' peuuent auoir lieu en ceft endroit, j^^'tant qvtils apporteroyent plus dedom-proufit.
ity. .^'^^^tage,tout ainft que les Heretiques quot;Ignureufe punition, amp; lopinionnbsp;1^^ exemptent de la iurifdiétionnbsp;' fî-Utnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;droit reprouuce,aufsi
^levr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;^andereuevence de
difetetion, de peur de condamner ''nenfonge, amp; pour attirer ceuxnbsp;erreur pluftoft à repentance quà
-ocr page 474-46x Hiftoire de France, la peine. Ceux donc qui non feu lernetnbsp;donné ceconfeil, ains au contraire) nelo'^nbsp;voulu receuoir des plus fages amp; experimet*'nbsp;tez de ce Royaume , amp; qui plusnbsp;ont puni ou fait punir de mort ceuxnbsp;quels , felon le deuoir de leur office , .nbsp;ont donné leur opinion : ceux , dy-iC^,nbsp;ontpenle rompre languille au genou»nbsp;qui ont empiré la playe iufquà la rêdrenbsp;rable, font-ils pas les vrais autheursnbsp;ce qui en eft aduenu amp; qui en adinentJ*'^'^jnbsp;Mais queft-il befoin diniifternbsp;fgt;oinâ:?Quand il feroit bien prcuuénbsp;CS gens font hérétiques, qûi eft lhoonbsp;fot qui fe puiflé perfuaderf ayant veilnbsp;fideré le train du Cardinal amp; de fes »nbsp;quils les pourchafléntpar aucunnbsp;Religion,amp; nô pluftoft pour leurnbsp;ticulier? Car quel zele peuuent,auoifnbsp;qui ne fauent que ceft de Chrefticj^^f «nbsp;plus que les Iuifs,amp;qui font plus *nbsp;en leur vie que nuis mefereansniin^jf/nbsp;Etnommément, quant au Cardinaïq.j^ii^nbsp;du Prefeheur amp; Theologie, trouucr^^,p)fnbsp;lEfcrirure fainfte approuuc pluraliténbsp;chez ou dAbbayes, dont il eftacca nbsp;que lEuefque face ordinairenbsp;de fon Euefehé, ou que pour fait'Cnbsp;aux Decrets amp; Canós, il foit permis nbsp;des mafqucs à louage,qui ayen^nbsp;dont Monlîeur linfatiable engon»^ )ii
-ocr page 475-Sous François II. 465 ^'ITroiiuera-ilquvn pafteur doyue appli-les biens des panures à fon appétit amp;nbsp;quot;'s en rendre conte, pour lacqueftdes Seinbsp;Cotez, Duchcz,amp; baftimês de manbsp;¦«nce Si fuperfluité enragee, pour lac-[^'lètuent de famaifon- Les anciens Ca-n ont-ils permis que les titres du Mona-ç' Monftierendé fuflent brûliez par lenbsp;p(^^''oal,amp; les Moines en fiiflcntcliafl'eznbsp;n^jj^ftrangement que iamais ne firét ceuxnbsp;'appellent Luthériens ,amp; le tout pournbsp;8jf'^quot;*rlamaifonde Ginuille? Conferencenbsp;vouloyent-ellcs que pour vne mefnbsp;11 fift bruller le Grenctier de faincl:
iours il allaft à laMelTe par le tefmoi tie tout le pais 1 Bref, celuy peut-il e-i)içj.^^lateur du fiege Apoftolique,lequel ennbsp;(j. J's de trois ou quatre ans,a di'cflc laguernbsp;amp; contre le patrimoine Papal amp;nbsp;declairer le B. oy, protedheur Sc li-^0 ceux que le Pape auoit tant denbsp;dn£ ^Oathematizez , amp; aulquels du tempsnbsp;10i^^quot;Roy François le Cardinal deTour-ompefehé de donner fecours? Etnbsp;''h( I ''os chofes non point pour blafmernbsp;pourmon-li^j ® quel elprit font menez les bós amp; R.Cnbsp;ç?quot; Zélateurs de la Papauté.
à ce conte,qui nous pourraaccor-^'ainétEfprir de Lorraine,amp;; de Tour-
-ocr page 476-4^4 Hiftoire de France, non,tant contraires,quant à cenbsp;ïîeurs autres? Mais à condamner cenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;opgt;
fauentià gaigner par ce moyen qi '5silt; mon d eftre bons zélateurs dulain^nbsp;auquel ils voudroyent eftre aßis3nbsp;nir en la bonne eftimedeceuxqu^:nbsp;mener par le nez comme buffles, ànbsp;proufit dvn million dextorfionsamp;nbsp;nbsp;nbsp;, jfS
en couurant le fout fous ombre de p' gjr Heretiques:brefà fe mocquer de 'pSinbsp;gion ôesen feruir,en tournant felon jdnbsp;amp;felonleurs commoditez: voilaonnbsp;trounera pareils, tous deux faits ^onbsp;Je cite.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Mais quoy ? deux chofes nous depaftèr plus outrexeft afauoir, lamfnbsp;de amp; la gf an deur de nos miferes quinbsp;procedees. Car lvnc nous rendroitnbsp;longs; amp; lautre nous feroit oublier Iff* (jt ;nbsp;pal,amp; perdre toute patience. Ainfi |nbsp;venir à conclurre, ceftà toy,Cardin3'fj;;nbsp;rouge de noftre fang, que dautreteii^j^nbsp;ceft,dy-ie,à tes pariures amp; defloyaiite^ ^^5nbsp;ambition amp; auarice,amp;à la furie de tesnbsp;executeurs de tes maudites amp; fanglätc^^ßnbsp;treprinles,aufquels la France redewai^nbsp;vie de tant de gcntils-hommesamp; gt^nunbsp;gneurs,que tu as cnuoyez à la bouche^nbsp;Italie,cn Allemagne,en Corfegue,nbsp;lê: bref^en toutes les parts du monde;nbsp;mément ceft à toy quelle redemanda
-ocr page 477-Sous François II. 465
Princes,feu Monfeigneur dAnguien '^futilement occis à loccaiîon de tes mau-'^itsconfeils. Ceft à toy quelle redemandenbsp;mefme raifon les frontières de Chara-P^gne,de Bourgongne, de Lyonnois,denbsp;^uulphiné,amp; ProuécCjPuis que tu las ame-en celle ncccfsitéde sendeueftir. Carnbsp;^^^tditdeuant Dieuamp;les hommes queceftnbsp;qui as cotre Dieu amp; raifon obligé la fimnbsp;P licite du feu Roy tô maiftre à la peine dvnnbsp;Pitiiire: queceft toy qui as confumé amp; bai-ßue en fang lItalie, par la coniuration auecnbsp;ts nepueux de deux Papes: que ceft toy quinbsp;^uusas fait voir auec le grand opprobre denbsp;fttice ce que iamais on nauoit veil, ceft a-.^uoit le Pape, le Turc, amp; les François coii'nbsp;pourfuite dvne'.mefmc querelle:nbsp;® f de toy que fe plaignent tant de panuresnbsp;flaues de tout fexe, ordre, amp; qualité, fur-Pf'ns es tillages dEfpagne, de Prouence Scnbsp;, par les ennemis de la Chreftienté.nbsp;cfttoy qui as diuile les forces de ce Roy-Sidfnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pupe, amp; ton frere R oy de
III î Pffis apres font furuenus tant de tednbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ù toy quon demande contez^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;partie defro-
^PPe^^*f^^^n'ent,amp; partie employez à ton quot;Me
maris, tant de maris la ctifji^j^ femmes,tant de peres leursnbsp;funt dorphelins leurs peres amp; me-
-ocr page 478-4 Ä6 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hiftoire de France,
resjcrians iufte vengeance à Dieu contre tof amp; les tiens.
Ceft toy, Cardinal, qui nous as donne ton frere pour fécond Roy , fons ombre denbsp;Lieutenant general: laquelle ignominie,nbsp;feruitude,il faut que tu,faches que iamaishnbsp;France noubliera.Ceft à toy quexçRoyau-mc demande fbn Roy,auec Meßieursfe®nbsp;freies,amp; Ia Roynemerequerunousasra'nbsp;uis. Ceft toy qui pour donner authorité auxnbsp;Edits que tu forges chacun iouràton appe'nbsp;ti't,nabufês pas K:ulement du no m du Rof»nbsp;mais aufsi des Princes du fang, corn me silsnbsp;auoyent efté prefens à lexpedition desE-dirs, amp; lettres patentes que tu baftis auec tesnbsp;complices ,eftant afsis au lieu duquel tu asnbsp;débouté ceux aufqucis il appartient dy efttcnbsp;deuant nul autre. Ceft à toy quelle demande la Couronne dEfcolle, perdue par tonnbsp;outrecuidance dcfmefuree. Ceft de toy quenbsp;fe plaingnenr les Cours amp; Parlemens denbsp;France, Icfquels tu as déshonorez, dégradez amp; efehaffaudez en toute forte. Carceftnbsp;toy qui as amené en France cefte horrible amp;*nbsp;barbare couftume de faire mourir les hommes fecrctement fans forme ni figure de pronbsp;ces,qui as changé amp; rechangé route police»nbsp;^^rremply les Parlemens deplufieurs infa'nbsp;mes amp; deshóneftes perfonnes attirrez à excenter tes volontez:qui as defappointé les ü'nbsp;deles fenjitenrs du Roy, pour appointertcsnbsp;coin'
-ocr page 479-Sous François IL 467 P^ccs.Biefjdefttoy malheureux duquel nosnbsp;''cefttesfe plaignent auioutdhuy en leursnbsp;'pulctcs, de ce quil ny a bonne Loy ni Or-^nnincc qui ne foit vilainement amp; effton-foullcc aux pieds pat toy amp; par ceuxnbsp;^®u£i£tion.
voilapoutquoy prcmiercmét, ô Dieu *^®*ncl(^qui as fi long temps fauorife la Mo»
cfté oppreflez par les eftran-
¦Ut nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3. fufeitédes libevatcuts de
^^ion dentre les gens priucz,amp;
4^8 Hiftoirc de France, nauoyent nulle charge publique. Quantanbsp;nous combiê que Dieu nous ait encores parnbsp;fa grace referué laCourône fur lechcfdvnnbsp;vray amp; legitime Roy, que nous le üipplionsnbsp;vouloir bénir amp; garder, [ornes fois puis quenbsp;maintenant le ieul titre de'Roy luy demeu-rc,amp; ce pour autant de temps quil plaira anbsp;ceux qui nont faute ni de méfehante volonté, ni de puiflance pont la luy rauir, quandnbsp;le temps leur en femblcra propice, fi on n /nbsp;pouruoir de prompts amp; bons remedes,quenbsp;refte-ilplus ,finon quelque peu denbsp;fjour nous voir du tout femblables auxnbsp;ites aifuiettis aux Philifl:ins,Moabites,An]'nbsp;monitcs,amp;autres nations eftrangeres?nbsp;Dieu mercy nous penfons auoir vn aiianj^'nbsp;gccncequilneft befoin que Dieu nous funbsp;cite vn Samfon, vn Gedeon, vn Matartlu^^nbsp;ou autre homme priué. Car nous croyou®nbsp;quils font tous trouuez en vous ,nbsp;tres Princes du fangjqui eftes naiz homm^^nbsp;êcnos Protecteurs tout enfêmble. Bitn«^*nbsp;yray que nous ne pouuons ni deuons dififnbsp;muler quen cela nous auons dequoy noujnbsp;complaindre que vous auez par trop tat'^^^nbsp;rendre voftre deuoir au Roy amp; à ce Roya^nbsp;me,vcu quç rien na plus efleuc lorgueil'nbsp;ces Tytans,amp;rnourry leur ambitionnbsp;rice naturelle,que voftre par tropnbsp;tardiucté, queux-rnefmes appellct fâutÇnbsp;cur amp; de magnanimité. Mais nous elp^
® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rou
-ocr page 481-Sous François 11.
cur de ia plus illuftre malt; j*1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;courages François ne
giicres à leur faire fentir amp; efprou ç l^il ny. a moins de difference entrenbsp;laquellefàuflcment ils vousat-Cq amp;vne nature benigne amp; patientenbsp;la voftre, quentre la vraye ma-(j^^'^'niité quils neurent iamais, sils nennbsp;quelque peu de leur codé matet-ij vne fierté qui seft toufiours trou-*nbsp;ceux qui de petits font deuenus plusnbsp;quils ncuflcnt iamais ofc fonger ninbsp;Peter.
U fiirplus il y a deux chofes principales X ^oiuentpoulferles hommes a drefler amp;nbsp;^^'quot;¦fiiiiire entreprinfes gt; ceft afiuoir, le de^nbsp;q (le bonne confcicnce, tV les moyens rc-* pour lexecution dvn confcil.
f^ant au premier amp; principal de ces poinôts , nous penfons auoit fuffifam-luonftré que tout droit diuin amp; hu-^'11non feulement vous oblige à ce quenbsp;requérons auec larmes amp; foufpirs,nbsp;35 aufsi vous reprend amp; condamne ennbsp;J Uheurs fortes, fi vous ny employez à bonnbsp;¦cnttout ce que Dieu vous à donne denbsp;°yens, pour ceft cffed.Et sift c ft queftionnbsp;quot;fécond poinft, ceft afauoirdcs moyensnbsp;^^'luis à lexecution dvne telle amp; figran- sntteprinfc,quand vous nauriez, Sire,nbsp;quot;fteappiiy que Dieu amp; voftre bonne con-Gg 5
-ocr page 482-47® Hiftoiie de Frarïce, fcience, cela ncft-il pas plus que fuffifantnbsp;pour vous a/Tcurcr comme Samfon , Ge-deôn, Mararthias, contre ces brigandeanx,nbsp;Athcïftcs,amp; Epicuriens t Mais outre cela.nbsp;Sil eft queftion des forces de ce Royaume ou eftrangeres, qui feront les defnatureznbsp;François qui ne fuyuront les enfeignes amp;nbsp;guidons de leurs Princes , sexpofinsà lanbsp;mort pour la dcliurance du Roy, amp; de Melquot;nbsp;fîeuts fes frères , napperceuans encor 1«nbsp;dangeramp;laferuitude ouils font, amp;pourlanbsp;confetuation de tous les Eftats de ceftenbsp;narchiccontre ces étrangers vfurpareurs Sinbsp;ruineurs dicelle t Et qui fera de leur colle, nbsp;ce neft quelque poignee dhommes coi'nbsp;slices de la defloyaute de ces Tyrans,?nbsp;)ien dvn cur lafehe Sc vilain iufqiicsànbsp;under pour des Cadets cftrangersnbsp;e Roy, contre leurs Princes, amp; contre ton'nbsp;teleur patrie,pour lcfperance de quelq**®nbsp;gain dcshonneftcamp;inccrrain/Pourroit bi®nbsp;la Royne mere soublier maintenant i*'nbsp;queslà,defc fierpluftoft quen vousjVra*^nbsp;princes amp; parens du Roy,amp; de Mefsi^^^ *nbsp;les autres enfans, en ces eftrangers, lefq^.jnbsp;apres auoir fait tour leur efiôrrde la defp^'^nbsp;1er du tout du titre de Royne, en la fa^nbsp;répudier au feu Roy fon mary, le luynbsp;uy amp; pollué fi long temps par leurs inW^nbsp;macquerclages, amp; ont lî long remps fo*nbsp;naà.Con vcti amp; fccu ccfte-là, donr cy ddnbsp;me
-ocr page 483-Sous François IL 471 î?^tion a cftc faite? Pourroit bien la noblc^nbsp;France obéir aux cotnmandemens denbsp;Tyrans contre vous, Princes amp; Protc-'*^tsdu Roy amp; du Royaume, apres auoifnbsp;J, tant de fois par iceux malheureufementnbsp;entre les mains des nations cnne-J'i's.fimal recompenfee, tant de fois abu-jj'gt;niefprifec, deftruite Sc mince par euxînbsp;ourtoyent bien Mefsieurs des Parlcmensnbsp;ioindre contre vous auec ceux qui ne leurnbsp;tien laide que le titre vain de leur authonbsp;gt; qui ont bandé le Roy contre eux, quinbsp;ont ofte toute liberté douurir la bou-Bref, qui les ont fait feruir de bour-teaux amp; executeurs de leurs cruautez, quinbsp;ont changez, rcchangcz, tracadez, v ili-pendez amp; dégradez en toutes fortes? Fourth leftat de lEglife,fous ombre de ce beaunbsp;que pretend ce mocqueur de toute Relinbsp;,contre vous vrais defenfeurs diccllc,nbsp;»Horifer à lhypocrifie de ccsTyras.qui lontnbsp;®infifoulee,mangée ,amp; rongée iufques auxnbsp;os î Pourront les marchans fe fier e/i cesnbsp;Pttiiires qui les ont tant vilainemét déceus,nbsp;^qui retiennent encores auiourdhuy leursnbsp;^'nicts fans vouloir ne conter gt; ne play-^^rjoe payer quà leur appétit ? Pourront lesnbsp;oornmunautez des Villes aider à ceux quinbsp;ifs ont du tout cfpuifccsjdcfnuces pil-lets enx-mefmes , ou cxpofccs en provenbsp;ienncray? Pourra le commun peuple ànbsp;G2 4
O
-ocr page 484-472-
Hifloire de France,
lencontre de vous,lt;ic/lt;juels (culs apresDieti il attend foulagement i employer ce peunbsp;de vie Se de force qui luy refte pour ceuxnbsp;qui ne lay ont que la peau Sc les osnbsp;quils rongent encores auiourdhuy Ct ceuel-Icmenci
Et (niant aux cftrangcrs, Ceta-ce Iltalie qui Ce bandera pour eux , apres auoic ellenbsp;fourragee Se conCumee par leur ambition?nbsp;Sera-ce lAlIeinaigne , en laquelle ils ontnbsp;entretenu Se dreflent encores auioardbaynbsp;les guerres ciuilcs, Se du iâng de laquellenbsp;ils fe font iouëz, iufques à ce que poiirte-compenfe il ne tient à eux quelle ne fe rai'nbsp;ne maintenant iby-mefmes Sera-cenbsp;gne,ou la Flandre qui les doit recognoiuf*^nbsp;pour autlieurs de toutes les calamitez quelles ont fourfêrtes Seront-ce mefsieurs deS
Ligues , quils ont mefprifcz amp; vilipende^ tant de fois » combié que ce Coit par leur CeP'nbsp;moyc que leur bifayeul le Duc R enédeLot-rainea eu vaillant vn féal denicren cemon-deîSera~ce lAngleterre,ou lECcoûe, qiiiCélt;^nbsp;auiourdhuy armeespourfe maintenircoUquot;nbsp;tre laudace intolerable de ces publics en-nemis de tout le monde ? lt;^^e leur peut-dnbsp;donc relier, Sire, lino vne vengeâce de DiePnbsp;qui les prelle, vne confcicncc e{Crayee,vne nnbsp;gc aucuglce,vnc grJdeurmal fondce,ricbelnbsp;les mal acquifes amp; maudites de Dieu, aaeenbsp;quelques troupes de gens qui font ou leursnbsp;coin-
-ocr page 485-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;475
'QUplices', ou (ans confeil ni iugement, ni ÎÎWience? Et de voftrc parc, S ire,que refte-P'Usfinon que vous vous acheminiez à v-''^fîfainfte, fiiufte,fineceflaire , fi belledenbsp;*^ffueufc enrreprinfc, ayant pour voftrc guinbsp;^hDit.Qtom.pijijfjnt vengeur de tantdi-^l^'itezjamp;orotedeur du R oy amp; de ccRoy-yîtinere, defenfeurdes Ordônances denbsp;(j ^neeftres? iufte vengeur de tat doppref-'^'sfoufTcrtcs par la tyrannie de ces eftran-fg^^?®Ppa*(^*ur par tous moyens licites, (c~nbsp; Uicii amp; raifon, de tous les troubles fur-tant en la Religion » quen la police
laute de iufte amp; Foyal gouuernement? Voila, Sire , où nous prétendons, voilanbsp;£ 'l'te nous requérons auec pleurs amp; gemifnbsp;° point ce que les mefehans
/quot;tdtoyentfaire acroirc,ccftafauoir,que machinons contre le Roy , ou confie Royaume,ou que nous (bmmesvncnbsp;p'gnce de gens qui voulons amencrcon-joti en leftat de la Religion , amp; autrenbsp;p'te de ce Royaume. Ce n'cft point cc-Sitç, ou oous prétendons, mais pluftoftnbsp;** le rebours.En quoy faifanr,amp; Dieu dô-
-ocr page 486-474 Hlftoire de France, nant accomplifTcment à nos defirs, ftoosnbsp;pcions voir ccpaulire Royaume parl^S?^.nbsp;cc de Dieii,amp; voftre moyen» plus fleurilw'lnbsp;que jamais . Sinon , sil plaira Dieu» amp;nbsp;Dieu la ainfi déterminé, pour le moins vPnbsp;faindcamp;hôncfte mort de nous, de nosf^nbsp;mesamp;cnfans pournoftre Roy amp;noftr^P^nbsp;trie,friillrera lattente de ces tyrans,ennbsp;tant hntout enfemble à noftrepauurey*nbsp;amp; à la mifcrable feruirude quil nous eft ¦**
ixaJamiicrableleriurudeqiliinouseii
tH nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pofsible de plus longuement porter. ,
ü**» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T £LLEfutccftercmonftrance,9t'*'j
ferma grandemet les Princes, amp; en efm®, plufieurs autres qui en eurent conotflâncf^nbsp;pourfuyurc viuement le rcftabliiremcntdnbsp;leftatdu Royaume,corne fera diteyap^^^'nbsp;f Nous auons declairé cy deuant le *nbsp;; de lentreprifc cfTccux deValéce amp; deMo^nbsp;elimard de faire prefeher publiquement»nbsp;. comme plufieurs gentils-hommesnbsp;fauorifoyent seftoyent retirez en leurs matnbsp;fons, efperans y viure paifiblementfa^ ®nbsp;ftrerccerchcz amp;aucunemct inquiétez potnbsp;le fait de' la Religion. Cela donna coutag®nbsp;à plufieurs autres gentils-hommes de qu*tnbsp;tel le party des Catholiquesnbsp;prendre le contraire, puis que les editsnbsp;Roy le contenoyentainfi.Entre lesnbsp;fleurde Mombrun de trefancicnne manbsp;ayât cfpoule la niepee du Cardinal denbsp;non, aucc ceux de fa maifon » sabftefnbsp;eiitie
-ocr page 487-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;475
'^^'ctenùcnr daller à la meflc,amp; tafchoit pat Moyens amp; perfiiaiions den deftournernbsp;fa ft voifins fuicts» amp; de les gaigner ànbsp;J Ce que rapporte au Parlementnbsp;«ïenoblc, ôc ioinc aucc les informationsnbsp;1 *« le Ptefident T nichon amp; fes compagnSsnbsp;j^®ycni faites, contre ceux de la Rcligiongt;nbsp;ftiftbrun en ouit le vent, amp; quon le menanbsp;W. Partant il cfcriuit lettres au fient dA-/p'on, lvn deifes anciés amis, lequel il fa-.oiteftre arriufcà Grenoble depuis peu denbsp;*®Hrs,Contenantes quil ne seftoit iamaitnbsp;,5*;Uirc infqu es alors pour le fait de la Re-jSOn,amp; nauoit aucunement fuyui lesprc-fîtions pu bliqucsjdont il ne seftimoit danbsp;^tige.Ce ncantmoins, on ne laifïoit de lenbsp;^'naccr; mefmcment la cour de Parlemét,nbsp;'owtne sil euft cfté le chefSr condudeurnbsp;^clles.Ce quil trouuoit mtrucillcufcmétnbsp;*«tange,attendu quil n'anoit en rien con-j^iicnu aux edits de fa Maicfté.pouriouirnbsp;®gt; benefice dcfqucls, il fe renoir coy en fanbsp;^îifon, enfeienant famille en route fim-P'lcitcamp; modcftic, fans feandalifer aucunnbsp;les voifins.Que sil ncftoitallc au Parlc-requérir quon le lailfaft iouyr dunbsp;fncficcdcs edits,ce nauoit eftepour au-'nement mefprifer lauthoritcdeiuftice,nbsp;^qucllcilfcroit toufiours obeifîant: maisnbsp;Wtant quil auoit trouué cela ncftrc aucunbsp;®'^nient uecefTairc * comme aufsi les made-
-ocr page 488-47lt;gt; Hiftoire de France, més du Roy ne portoy er point quil lenbsp;ainiî faire,ains au contraire filcnce eftoici®nbsp;pofé au procureur general du dir fienrnbsp;tous autres. Parquoy il le prioir afFcdueul^'nbsp;ment de Elire celîer telles pourfuitres,amp;tagt;icnbsp;Elire entiers cefte côpagnie, quon le laiflâll'nbsp;viurc en paix amp; repos de faconfcicnce,p«inbsp;que tel eftoit le vouloir amp; intention de Wnbsp;Maiefté. Ilefcriuitaufsi lettres dépareillénbsp;l'ubftanceà quelques fiens plus priviez aæ*nbsp;dudit Parlement, toutes çlefquellcs iointesnbsp;enfcmble, eftans veues en pleine a/îêm-blee,au lieu de luy accorder fa demande,fttnbsp;fait commandement à Marin de Bonnetnbsp;Preuoftdes Marefehaux en Dauphiné,da*nbsp;1er prendre Mombrun, amp; de le leuramenefnbsp;prifonnier vif ou mort.Ce Preuoftfert^tif'nbsp;porta au commencemcntde IuilIcr,*a«ecfi5Snbsp;licurcnansamp;tarchicrs en vne petite villePj^nbsp;chainc dvn quartde lieue du cliafteaunbsp;Mombrun,nommcc Raillanette,en laquelle il auoir promedè du fccours de la connutnbsp;ne,fl bien ilneftoit alfez fort,amp;sil uel®nbsp;pouuoir attirer hors de fa maifon. Ce Pi^^'nbsp;uoft paflant chemin amp; trouuant vn des geu^nbsp;de Mombrun,Eut Ct mal aduilc que deletenbsp;tenir prifonnier.Dcquoy luy aduerty,en^nbsp;ble du commandemét delà Cour, il eniioy®nbsp;vers Marin falloir qui lauoit meii dept^'fnbsp;dre fon homme ,excedâr en cchiledeiio*^nbsp;charge,qui eftoit feulement de leprendre^i^
-ocr page 489-Sous François IL 477 'onfesgens.Ec pource qiiil cftok ignorantnbsp;P°Urquoy le Parlement le pourfuyiioit ii ri-Souteufement, il deiiroiti bien 1entendrcnbsp;pus priué ment de luy. Parquoy le prioit 1alnbsp;Voir en fa maifon, où il ie pouuoirafleu-nauoir autre pire traitement queceluynbsp;'3'^ ilyauoit receii Ic pailc, qui eftoitrout bónbsp;^^'^ueil, amp; route courtoifie-.mais quefaifantnbsp;^quot;trement, il fe pourroit morfondre amp; le-'ournet trop longuement à R aillanctte.
Finalement, apres pîuficurs allées amp; vc-ils accordèrent de sentreuoir feu Is à rithemin de la ville amp; du chafteau: auquelnbsp;apres auoir tenu quelques propos coinnbsp;^Unsjle Preuoft nia auoiraucuncthaigenbsp;le prédrcjdifint tourcsfoisquesil lauoitnbsp;'Uttepris, il lexecuteroit aisément, amp; en
^«ux. Somme,de paroles ils vindrenr aux ^^ins, en forte que Bouucr futterraisé dunbsp;l'élit en bas de fon chcual, ôc pris prifonniernbsp;pitccluy quil deuoir emmener vifou moit.nbsp;^ufaitMombrun enuoya douze ou quinzenbsp;SS gentils-hommes amp;foldats quil tenoitnbsp;^'lec foy pour fa garde, lefqucls entrez en lanbsp;^'lle firent tel effort fur les lieutenans amp; ar-*-Fiiers quils les emmencrenr aufsiprifon-'l^tsàMon)brun,amp;.fcfaifircnt de leur er mnbsp;'^Fsion, fans quaucun ilc Raillanette ofaft
-ocr page 490-47^ Hiftoire de France,
Icucr le nez. Er afin de ncfirc furpris,il al* fcmbla gens de tous endroits : mais quelques iours apres il rclafcha le lieutenant Sinbsp;archers, amp; retint feulement le Preuoft-
En ce mefine temps,pource que Clermóc lieutenant en ce gouucrnementde Dauphiné fe porroir trop modeficment en ceft i'nbsp;faire au gré de ceux de Guife, amp;i qüiltaf-choit de modérer les chofes pluftoilpar dounbsp;ccur que par force amp; violence, il leur fijtnbsp;pour fufpeét , dautant quil eftoit parentnbsp;de Diane, laquelle durant fon regne lauoitnbsp;faid mettre encellcftat. Ils sayderent denbsp;ccfteoecafion cnuersla Roync mere, pournbsp;luy faire trouuer bon quil fiiftoftédcceftcnbsp;charge,mertâs enfon lieu laMottcGondrin,nbsp;qui seftoit nagueres rendu de leur party»nbsp;ayant quitté ccluy du Conneftable, leqn^*nbsp;toutesfois auoit cftécauicdefonaduance-ment .On cfbmc quil fur choifi par ceuxdenbsp;Guifc,r.ïtparce quils le conoifl'oyent homenbsp;de guerre trefhardi,comme route fa vie gt;1^'nbsp;uoit monftré en fes entreprifes ; que poure-ftre dvn naturel approchant du leur, acom-pagné dvnc felonnie, fort prompt ànbsp;ter toutes chofes hazardcufes,pourucu qnnbsp;y fenrift du proufir, fajis Religion amp;nbsp;ciliable cnnemy de ceux de la Religiô» nou^nbsp;ry foldat toute ûi vie, amp; qui deuenu eon^nbsp;fan furfes vieux iours,ralchoirdcfceonnbsp;mcr àtrouncr bon to«tcc quclesniig'
-ocr page 491-, Sous François IL 475) iijjj'y trouuoycnt bon.amp;àtrouuernuu-fi)fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vouloyét cftrejhay. Sa receptio
lanoblefl'e dupaysjtant î'çf 4^ie leurs priuileges portoyët quilsnbsp;Pjy^^fgouuernez par quelque feigneurdu
P^ys deThoulouzcjamp; eftrc char ^Uoirfuyin les bandoliers das les mótanbsp;couru amp; brigade le Laguenbsp;ji^5 '^ót il eftoit party pour fc fauuer au Piednbsp;y auoit acquis authoritc par lenbsp;^°yé des armes, ceftoit pluftoft côinc hoinnbsp;j^'^'iefefpcrc, que pour eftrc de cur noblenbsp;¦ *^llât;ioint quô fauoit alTez q tout fon a-jjp'fneftoit procédéq de pilleries,amp; voyesnbsp;^'tesjdc toutcslelqucllcsjchofcs il deuoitnbsp;P^Ségt; autrement il eftoit à craindrenbsp;^®il les continuaft au detriment du pays.
Tontesfois lauthorité du Duc de Guile, voiii lt;6-H'iiparles priuileges des gouuerncurs pour °yoit à tous offices,(Sclcquel à ceftcoccafiô uileges dnnbsp;garny la iuftice de gés à fa dcuotion,lenbsp;?^gna.Et fâchât 1 c Parlemétq ce personage dcuenu«nbsp;*^7eftoit agréable fur rous autres, amp; quil fcnbsp;^°gt;tptopre à executor leurs deftèins,encoresnbsp;Hiiéautres chofcsils scfforçaflétdc gardernbsp;*quot;iiolablementles franchifes amp; libertez dunbsp;|^ys,ils lereceurent lieutenant du Roy , ennbsp;^ftnee du Duc de Guife, par manière denbsp;Pfouifion.Ceq ni neftoit iamais auenn.
MotteGondrin à ce nouuel auene-
-ocr page 492- -ocr page 493-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;481
fct de leurs biens pour eux retirer ailleurs, *gt;ns les leur vouloyent rauir aucc les vies»nbsp;^Qtnbien qu'ils fe fuflent mis en deuoir denbsp;«ut faire entendre laiufticc de leur caufe»nbsp;le tefmoignagc quen auoycnt rendunbsp;^*wde martyrs cruellement amp; inhumainement meurtris, amp;: ce qui en cftoir amplemétnbsp;'éclate par leurs liurcs amp;c eferits publiez parnbsp;'ont » où apparoifibit clairement leur doéiri-Conforme à celle des Prophètes amp;nbsp;ppoftrcs. En laquelle extrémité seftans af-^pblcz bon nombre de dépurez de ceftenbsp;amp;5®de compagnie pour aduifer Icurfcurc-O8c aux moyens quils tiendroyent pournbsp;j'pefcherceftc tyrânie,on auroirallègue lanbsp;^ypnultiemc déluré fifei au lo.liurc duConbsp;®fuyuant laquelle ils auoycnt remóftre ànbsp;J .y 4ni fe difoit leur feigneur, le manualsnbsp;^'temêt receu pour caufe iniufte Se du toutnbsp;'^ifonnablc.Quc sil cftoitloifible de rednbsp;*¦^8* cfFrcnec dvn Maginbsp;( ^'ægitime quand ilfc conduifoitaucô-co'^k' ^Q'XÄcdc toute efpccc de droit,nbsp;ftij , on plus contre vn tyran qui auroitv-æcontre toute équité amp; fous omnbsp;^e(lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;verirè le Pape
''q ®Pptopné le pays fur le Comte Rai-Pte b ^^o^rainc de la maifon dAlbrct,amp; ,05 auoir excommunié gt;amp; mis fes paysnbsp;fJ''otdic,ilauroitpris ledit Contât pournbsp;allcguoit aufsilcs Papes nepou-'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;H h
-ocr page 494-482. Hiftoire de Francei
üoir tenir lieu de Magi ft rat legitimegt;v«n que toute fcigncuric amp; authorite terriennenbsp;leur eft défendue de Dieu ,amp; quil eltdienbsp;en faindMacthieu vingtiefmeJchapit.deuX'nbsp;iefme verf.Iefus Chriftparlat aux Apoftr®?nbsp;Vous fauez que les Princes des peuples le*'nbsp;gneurient fur eux, amp; les grands vfent di**'nbsp;thorite fur icenx. Il ne fera point ainfi en**'nbsp;vous:mais quieonqncs voudraeftrenbsp;grand entre vous, loit voftre miniftte,amp; lt;1nbsp;voudra eftre entre vous le premier, 1®^'7,nbsp;ftre feruiteur. Par où ils côcluoyét que 1^nbsp;minatiôdu Pape amp; la feigneurie quil e^^^^nbsp;çoit fur eux eftoit intolcrablc,amp;nc deuo^jjnbsp;ftre foufferte entre Chreftiens. Dauâtagenbsp;fùit eftrefuruenucsdesplaintes,quep®^ .nbsp;pratiques amp; mentes du Pape,les fuietsnbsp;feulement dudit Contât, mais desp-*/^nbsp;Roy,afiiioir de ProHence,Langucdoft*^^nbsp;phinc amp; dailleurs, eftoyent tellementnbsp;trairez, que nayans aucune retraite,nbsp;fachans où heberger, amp; fuyants par lesnbsp;ferts amp;pays inhabitez, ils eftoyent ennbsp;auccques leurs femmes amp; enfansnbsp;belles lâuuages , comme de vray **nbsp;trouuoit grant! nombre à dire , tltnbsp;ne fiuoit quils eftoyent deuentis.nbsp;fte occafion , difoit Giiyotin tant ennbsp;nom que de fes compagnons,queftans ^^jnbsp;ftituez de toute demeure, ils nepo***^^^^nbsp;moins que de saller habituer es terres
-ocr page 495-I Sous François II. 485 eftoit la caufe moiniante de tout leurnbsp;hcf. Et pourtant apres nauoir peu obtenbsp;tQ^*?^^^cprouifiondc Icurennemy, ils aunbsp;(Jj encline au dernier remède,amp; cócludnbsp;»Et force ce quils nauoycnt peunbsp;*titnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;douceur amp; raifon.Surquoy iy'-
jj. conftituc leur procureur amp; rcccu toute pujfjjj-ç de difpolcr de leurs pernbsp;g ''es 8t biens, il auroit entendu ledit fei-Kj pquot;' IcKlombrun cftrc fcniblablemétopnbsp;tl^'p^P^tlafuggeftiôamp;inftigation des Canbsp;P°'quot;'
il auroit efté côtraint de recourir aux «c V' P^rquoy auoitaduisc fe retirer de-fupplierprcdrc fcmblable-''n; caufe ôc defenfe oui leur eftoit cô-ltu''ft'' 'nain,amp;fc retirer de leur part,pournbsp;eftte chcfamp; côduéleur en ceft afairc.
mortel du Pape, amp; qui 'ittlnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;}oo. homes, ccrchoit à viii
fjj.® Royaume pour nencourir la note de il,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vouloir,difoit-
Kov^c 'quot;''peendre contre lauthoritc du ^on D dauoir trouué cefte occa-»tàd ^'^noy ayant veu le pouuoir dAlc-ample,amp; fes defleins aifez amp;(.nbsp;fe faifir de Vezonnbsp;Vetjif^'''' inacccfsiblc au Contât denbsp;gt;111/nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pareillement de Maloftcne autre
* °'* eftoyent le magazin de eric, pouldrcs amp;c munitiôs du Pape,ilnbsp;Hl» X
-ocr page 496-484 Hiftoire de France, iugea CCS iiçux cftre de feure retraite pournbsp;foy ceux dont il cftoit queftion gt; pendaojnbsp;que la malice du téps sefcouleroit lt;iuinbsp;pourroit aduifer dautres plus feurs uio/'nbsp;cnsjcn tenant,comme il pourroit aiscnieorgt;nbsp;tout le Contât de Vcniile en fuietion. I'nbsp;donc lots coclud que le 6. dAouft Alexaorenbsp;ie faifiroit de Vezon, àcaufe de Pinte llige*-®nbsp;quil auoit auec bonne partie des habiran^nbsp;Et quau mcfrac inftat Mombrun sempaf;®'nbsp;toit dcMaloflcne.Cc quils cfperoycntnbsp;fans effufion de fang amp; fans perte de g«®nbsp;tant bien les afaires eftoyentdrefi'ez. ,
,Or comme les préparatifs sen faifoy^^ 6c Que le iour approchoit, Alexandre ton*nbsp;malade dvue grolle ficure. Ceux denbsp;aufsi voyans tant dalees amp; venues,nbsp;leurs voifins remuoyent les armes,nbsp;rent à fe douter 6c tenir ,fur leurs g^*^^ ,.ijnbsp;veillas amp; regardans de pres tous ceuxnbsp;foupçonnoyent. Ce que venu à lacono»^^nbsp;ce de Guiotin, 6c craignât ne pouuoir bnbsp;exécuter fon entreprife, il retira coye^^j^nbsp;quelques Ibldats quil auoit ia dedans^nbsp;ville,afin quils ne fuirentdcfcouiiertS.nbsp;manda àMombrun,quil efloit btfoinonbsp;perfeder quelques iours,tantà loccalîoo nbsp;fa grande maladie,que pour aduifer^^nbsp;très plus conuenables moyens dauoirnbsp;zon, qui cftoit de route autre irnpo^^^^^nbsp;cc amp; confcquencc que lautre place- (
-ocr page 497-Sous François 11. 485 on failloit à la prendre , tout iroit denbsp;en pis, comme au contraire leur entre-pnfe venant à bicn»ils amcncroyét les cnne-''5 à telle compofitiô que larefte de la guetnbsp;f«toit aifee amp; facile,ayans fi bonne amp; feunbsp;f'jetraite. Toutesfois Mombrun qui ne de-quot;^doit quà vuider les pays du R oy auec fesnbsp;E^osjcuydânt que faute de ctturfift parlernbsp;langage à Alexandre, ne laifTa au iourprenbsp;^flexccuter fon entreprife, amp; fc faifirdenbsp;¦^alolfcuc, péfant puis aptes aller à Vezon:nbsp;*'^*5 il ny peut paruenit. Et combien quilnbsp;hommes de guerre, fi ncftoit-ilnbsp;pnilTant de ten ir contre les habiransnbsp;^ceu)c quijiroyent lafiaillir. Parquoy ilnbsp;^oya deuers Gtiiotin pour auoir renfort*nbsp;^lefaire venir deuers luy quelque maladienbsp;^fgt;lcuft,ce quil fit,amp; luy mena 150.0U 200.nbsp;l'onunes.
Le Legatdu Pape Alexandre Farnezea-oitpour lotsen Auignon vn Vicclegatnô-laques Mariefalla Eucfque deViuiers, , aduerty que Mombrun seftoit faifinbsp;Maloiïene, amp; quil venoit gens de tousnbsp;^oftezàfon renfort , enuoya Caderoufle ôcnbsp;^Ubignan deux des principaux du Contâtnbsp;Nur parlementer auec luy, amp; falloir quinbsp;Olouuoit, amp; à qui il en vouloir. Ilsnbsp;*'^nerint auec eux deux capitaines , afa-Crillou amp; Nouezan , pour cepen-quils parlcmcnteroycnt regarder lesnbsp;Hh }
-ocr page 498-4^^ Hiftoire de France, moyens aucc les citadins de couppeï la gorge à tous ces guerriers.
Eftans arriucz, 3c ayans expofcr feur charge, Mombrun leur fit refpondre patnbsp;Alexandre que cefte anemW« neftoitnbsp;pour oftcnfcr perfonne : mais lt;ie dire lesnbsp;taifons qui les menoyet, il neftoit encor fainbsp;fon-.ce 'quils feroyent tourcsfoîs en temps amp;nbsp;en lieu. Cependant Criîlon amp; Noiiezan nenbsp;fccurent manier leurs afàircs fi fccrettemétjnbsp;'seftans vanté aux Papiftes dauoit defeoa-uert les lieux par où ils entreroyent denbsp;niiia, poiir railler bien tort en piece routenbsp;ceftecanaille, que Mombrun nenfuftad-uerty; comme aufsi on luy rapporta au mef-mcinftant,quc le Legat auoitarrefte troisnbsp;mulets chargez darmes,amp;force gens qui lenbsp;venoyent trouutr »penfant queCadetoufenbsp;6c fa compagnie feroit ia en chemin derft-rourner,6cquà fon arriuceilferoirpendrenbsp;tousles pri/bnniers.Surquoy Mombrdletifnbsp;déclara la rrahifim du Legat, amp; le peu de fianbsp;ce quil y auoir en fes paroles, veti quen en-iioyar rraider de pa ix, Sc sâ.s atrédre refpôfe?nbsp;il vfôit dhoftilitc plus que barbare, lt;5c qn^nbsp;cefte occafiô il Icsrctcnoit iiifqriesâce quûnbsp;luy euft redu fes gés amp;arnies.CequeleI-e- ,nbsp;gatfit nô fans grid regret. Mais aunbsp;dcCadcroufegt;Môbrun apres larriiice dçiesnbsp;prifonniers amp; armes,retint les deux capitalnbsp;nés fufnômez, rat pour raisô de leurs
-ocr page 499-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4S7
4 pour eftrc entrez das la ville sas cógê ¦Hcelpies, cotre le droit de la guerre, ànbsp;leurs cópagnós ne fircr grade refiftécenbsp;J ^^leuie quils auoyêt de fortir des mainsnbsp;^j^^pnibrun,amp;de peur quautre nouucllcnbsp;Icsarreftaft. Eftans fortis ceUx-la,nbsp;t ^gt;erre ouuerte commença entre Mom-
amp; le Legat,qui auoit leué quelques ^quot;Pagnies'.mais pour auoir gens mal a-napprochoit que de loin, ioint quilnbsp;i Vouloir rien hazarder, craignant que silnbsp;empiraft. Cellenbsp;çjp ,'^tê apportoit telle allegrclTe amp;hardi-fç ' leurs ennemis, quil ne fe faifoit cour-laillic,cn laquelle ceux du Legat neufnbsp;pire, laquelle profperité cnclinanbsp;tg ^'^'ipays àfauorifcrMombrun, en for-forces ennemies diminuoyent, amp;nbsp;ç '^sdeMombrun croiHôyétàveucdil.nbsp;'llie craignant le Legat,amp; ayant reccunbsp;frais, il prattiqua la Motte Gondtinnbsp;Qjp**fiuoit Iciier gens en Dauphiné, amp; luynbsp;lioo.cfcus,à la charge de sacheminernbsp;J part aucc fes forces.
c LaMotte Gondrin, homme auariciciix, Hcfodoi trotter deniers , les rcccut allaigrc-
''t'-niais allant quapprocher en iioy a fom femhie Môbrun de vuider les terres de la fain- P°'nbsp;f^?®gt;fenionllrâtobeiflàntfuictdiiRoy,amp; fc chef icf^nbsp;diferetion de lanbsp;promettant de luy faire grace sil b,»?'nbsp;Hh 4
-ocr page 500-TeJ mainte cell Vale II.
488 Hiftoirc de France, le faifoitvolontairement. Mombrim refpo*nbsp;ditneftre entré au Contat pour defobeirattnbsp;Roy,ni à fes officiers: mais pluftoftpoquot;*^P^nbsp;uenir les calomnies quon luyauoit impto*nbsp;perces dcvouloir mettre lcRoyaume en trounbsp;blc Se en proy e:dont il cftoit exépt ayantyOquot;nbsp;ionraircment quitté le pays. Et quanta ccnbsp;quil seftoit retire amp; auoit pris les armes **nbsp;Contât de Vcniflc,il lauoit faitamp; peiif»^®nbsp;légitimement,tant pour cftre appelé Jnbsp;iets dudit Conrar pour leur tuition amp;nbsp;fenfe, que pour nauoir peu choifir rctrainbsp;ailleurs ques terres de celuy qui par^a7tjnbsp;nie amp; ambition auoit animé tous les Prin^nbsp;de France à exterminer les cnfàns de D®nbsp;Quoy entendu la Motte enuoya quérirnbsp;tillerie de Grenoble, amp; dreffâ fon armee .nbsp;ban,arricreban amp; legionaircs de Daupn^nbsp;amp;pays circunuoifins, comme aufsi fit le Vnbsp;celegat fous la conduite de fainôtenbsp;de Roffet, lefqucls pour leurs meurtresnbsp;V olcrics ûuoycnt ûb^tidonnc le pâys du Hnbsp;Entre autres tliofes lvn pour auoir tuenbsp;guet à penfee le fieur de Mirebeau gt;nbsp;de demeurer quitte de l.argcnt quilnbsp;uoit, amp; lautre pour auoirvolé lamaifonnbsp;la Roche faindt Serrer en Dauphiné. Cen^^nbsp;quipage drede denuiron 4000. hommesnbsp;pied amp; de cinq cens cheuaux, tant des conbsp;paguies de gendarmerie de la Motte Gnnbsp;drin , du Prince de Salernc,que dudit
-ocr page 501-^plnedroit à Lyon,accompagné du capi-Poulin,cnrcndit Icntrcprifc de Mom-; ce qui luy fut dura porter, tant pouf falloir quelle fcroit 1ifluc de ces clmo-°ns,quc pour les voir maniées par fes pa-¦'sxar Mombrun .(comme iay dit, )auoitnbsp;pour femme fa nif nrf: fille de fonfrerede
Mombrumluy fitrefponfe bicnamplcgt; 'n laquelle il rendoit raifon de fon fait.amp;dc
lui le mouuoit, difant ncftre con-
y a 1 appétit de certains pcrionnagcs, ilt; ^ûfeil dciquels neluy poiiuoit apporter quenbsp;^ùne amp; perdition, tant du corps que de la-^uitnemenéà lappetit des hommes:maisnbsp;HUilanoitccrché amp; ccrchoit daduancer lanbsp;gloire de Dieu,entant quil pouuoit,amp; le ro-
-ocr page 502-490 Hiftoire de France,
^os de rant de gens de bien qui auoyente* fté fl longuement perfccutcz pour la vérité de fon Euangile. Et afin quiLen fuftnbsp;plus aflcuréjil luy enuoya vne confcfsionnbsp;de fa foy, en laquelle il proteftoit vouloirnbsp;viure amp; mourir. En fomme,il luy tnaitynbsp;tenoit nauoir rien fait à la legere : luaiînbsp;auec meure deliberation, ne pouuant mieuxnbsp;faire pour Ion filur amp; le deuoir de facon-fciencc. Voila ce que le Cardinal peutarra*nbsp;clicr de fon ncpiieu.
txemple La Motte Gondrin approche f comme ii amp;!oywcé ^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iccompigné
Catholi- de cent contre dix, efioit toiitesfois wamc°nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à routes fes rencontres,amp;
gens tellement haraflèz, quenatrendanrdc iour a autre finon de rcceuoir quelquenbsp;honte, Orientant les gens eCcouler dheu-re en heure,pourceaufsi que le Legarnehi/nbsp;graiflbir Icpoignet allczà Con gré,apresî-uoir confulrc auec les gentiis-hommesdenbsp;Dauphine cpi'on auoit )à amenez commenbsp;par force, enuoya deuers Mombrun,poulnbsp;traiter la paix, les capitaines Blacons,Sain-ûc Marie, le Porc, la Roche Se autres : nonnbsp;feulement auec charge de lettres patentesnbsp;du Roy , contenans vn pouuoir bien ani'nbsp;pie , mais aufsi de mandement Sc chargenbsp;expre/îede toute la nobicilè du Dauphiné, jnbsp;laquelle sobligeoitpar ferment de faire tn-«iolablcmenr garder amp;: obferuer les çott'nbsp;dirions
-ocr page 503-Sous François IL 421 ^fions telles, quelles feroyent accordéesnbsp;Parles députez. Ces conditious cftoyentnbsp;**fftnatiues,afauoir,quc Mombnin amp;fcsnbsp;^'^nsqiiitrallcntlcs armes,fc retiraflènt ennbsp;®Uts maifons, 8c vefeudent felon les tradi-de l'Eglife Romaine, ou bien quilsnbsp;''lidaflent le Royaume amp; le pays duCon-fb en quoy faifant leur feroit permis d»nbsp;^^ndtcSc aliéner tous 8c chacuns leus biens,nbsp;pour ce faire, leur feroit baillé delaynbsp;j°'npetant,amp; caution de toute la noblcflcnbsp;Dauphine amp; Contât, pour les faire iouïrnbsp;J'Ivncou de lautre des conditions,quinbsp;«toit par eux choific, fans en rien cftre ou-f^^parfèjou aucunement altère. Mombrunnbsp;'^^yantlcs conditions qui luy cftoyent offernbsp;» amp; que le icunc Maligny ,amp; Mouuansnbsp;^^oyent apres fes gens, pour les pratiquernbsp;pourvne autre entreprife, dont il feratan-parlé, amp; que chacun prenoit Icurpar-^*gt; accepta la dernière condition. Et fut *nbsp;*'^cordé que luy amp; fes gens , comme auf-^Oiis les fideles du Dauphine 8c duCôtatnbsp;^^'toyent vn an entier pour difpofer deJeursnbsp;'ens.Quilsferetireroyent dedans vnmoisnbsp;file,8cdeux àdeux,comme ils seftoyentnbsp;*flèttiblcz ,comme aufsî laMottc Gondrinnbsp;les ficus romproyét fur le champ leurs fornbsp;^fs.Quc les prifonniers dvnc partamp;dautrenbsp;^toyét rendus. nulle querelle ou mol»
-ocr page 504-Hifioirc d e France,
(If Coitp^r indice,OU ïiKrement,ne ferokf^ rc i cous Icfdka^ens de guerre, ains quilsnbsp;feroyenc foufferes Ce recirer paiüblemenc SCnbsp;demeurer en leurs maiCons durant ledknbsp;ccmps.Que pendant vn mois Mombru poufnbsp;rok aller en ia maiCon auec telle amp; kgrandenbsp;compagnie quil voudroit pour fa feurecè,SCnbsp;que Ie taut feroit ratifié Seaccordé parle^oynbsp;Se Ie Pape,dans vingt iours lors enfuyuanstnbsp;comme aufsipar les Parlemens de Dauphknbsp;né,Prouence, Se autres inrifdiótions dudknbsp;Concat, ace que chacun peafl iouir pleinement du contenu dudit traité. Mombraanbsp;donc,se/lancretiré en fa maifbn, fuyuantb tnbsp;capitulation, commença à caflerfcs foIdatSfnbsp;Se des le lendemain en renuoya cinquantequot;
* Mais comme il vouloic faire le femblable des autres, il fut aduerti que les Preflreslesnbsp;tuoyentpar toutou ils les pouuoyentpten-dreà leur auantageiquon leur refitfoit len-trec des villes, Se le feiouren leurs maifosiSCnbsp;que Chaucnelles amy de la Motte Gondrinnbsp;^du Vicelegat en auoit deaalizé plus denbsp;deux cens. Se iceux mis en chemife,côme ennbsp;femblable ceux du Contât les prenoyétlvnnbsp;apres lautre, Se les faifoyenc mourir le plusnbsp;cruellement quilspouuôyent. Daitanta^egt; jnbsp;que les Preflri^ mettoyent, par la permitliônbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
de la Motte Gondrin, des garni fons es en- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
uironsdu Chafleau dcMombrun, afauoir,
es
-ocr page 505-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;495
ailles de Vaupierre,amp; de Seire,amp; en lab-. ye de la Graue : Et que la Motte, nauoit moins de volonté que de garder le trai-. paix,non plus que le Vicclegar,qui cô-.'^^^promcire emprifonnoit tous ceux quilnbsp;^''^Uoit rencontrer. Bref, quon nattendoitnbsp;011 qu,1 cuft achcué de rompre fes forcesnbsp;laller afsieger. Toutes ces choies,di-L^ciimiilets cnfemble firent que Moin-efcriuit plulieurs fois à la Motte Gon-liiy ramenteuantfapromellc amp; prote-sil aduenoit quelque inconuenicr,nbsp;lèroit que de fa. faute. Et finalementnbsp;nauoir peu en auoir que des rel'pon-dç *'^'^gt;g«es,auec brauades des Capitainesnbsp;Sarnifons, raflcmbla iiifques à deuxnbsp;pj^loldats feulement, amp; alla alsiegerVau-prifonniers le capi-foldats. Il fit le fcmblablc es au-fans toutesfois aucune effufion denbsp;quaucun des habitans fouftrift au-, linon les Preftresnbsp;auoycntnbsp;troubles apres lac-Cclaintimida tellement la Mottenbsp;içç ¦'»byfcmbl.âtque Mombrun eftoirnbsp;forte amp; puiflântc armee,nbsp;^ifç laller alîàillir,commc il euftpcunbsp;e nombre de fes hom-Hiil f cftoit fi mal ferui defpiôs,nbsp;^^lepouuoir fauoir. Car pour deux
-ocr page 506-4P4 Hiftoire de France, foldars qui sefcartcrcnr de la troupe, quinbsp;furent en vne grange p.rochaincjon luy rapporta y en auoirplus de 200, en forte q tousnbsp;quittoyet leplarpays,amp;fe retiroyétes villes.nbsp;ïxc;npîe En ce mcfme téps,aduint vne chofe nier-horrfkirt neilletifcmét eftrange digne de mémoire,nbsp;jugement II a cfté fait mention dcs diligctes pourliii-^*1 le/*quot; f fades à lencontre de ceux des Eglifes renbsp;feeuteun*^ formccs de Valence amp; de Romans enuironnbsp;aefonE- palqijcs » 8c comme entre les autres lugesnbsp;Laubefpin confeillerjamp; laduocatdu Roynbsp;Ponfenas , qui auoyent fait profefsion denbsp; lEuangile, seftoyent rendus ennemis denbsp;celle doclrine, iufquà la perfecuter plus ardemment que pas vn des autres. Laubelpinnbsp;donceftant elpris de lamour dvne damoi
, felle, en fut Ci extrêmement pafsionné, quil quitta fon eflat amp; toute honneflcté , pour lanbsp;fuyure par tout où elle alloit. Eliane mcfprl'nbsp;le delle,il sanonclialit tellement,queiflCnbsp;tenant conte de la propre perfonne, il fut acnbsp;cueilly de poux,qui prindrét telle habitudenbsp;en luy ,quon ne len peut iamais defenger*nbsp;Car ils croilTbycnt fur Iiiy,amp; forroyérde rounbsp;tes les parties de Ibn corps,comme lon voidnbsp;les vers fortir dvne charogne pourrie. Finalement, quelques iours deuantfa morr,fenbsp;voyant attaint de la main de Dieu, il com-méça à defefperer de la mifcricorde dicc-luy:amp; pour abréger fes iours, conclud defenbsp;lailTcr mourirdc faim, ioint que les poux lenbsp;te-
-ocr page 507-prendre des coulis amp; prefsis, dau-^quily xefiftoit de toute fa force, ils luy bras,amp; le baaillonncrérdvn baftô,nbsp;J f tenir fa bouche ouucnc, pendât quonnbsp;Wiettroit la viande. Etcftât ainfi baillon-(j *ftourutcôinevne bcfte]cnragec de labô-/''tcdcs poux qui entrèrent iufqucs en fanbsp;Etainfidifoit-on entre lesCatholi-^^^n)efmcs,que du mcfmc tourment quilnbsp;ç^°*tinuenré contre les Miniftresde Valcnnbsp;Cset^nnvsr.^ A la mnrf baillonnczfil auoit
^'^Mrement dcuant Icç yeux la mort de ( de Valence amp; de Romans , renioirnbsp;( 1nbsp;nbsp;nbsp;gt; comme enrage amp; forcené,appelloit
Diables jamp;tfaifoit toutes les fortes dun-
'f^^ions quil cft pofsiblc de
Hiftoircde France,
Son clerc le voyant en ce defclpoir» luy la de la mifcricordc de Dieu» amp; luynbsp;nanties yeux tous les palTages de lanbsp;EIctiture, quil fauoit fetuirà cefte matière»nbsp;comme aiitrcsfois ils en auoycnr cofeccci^quot;nbsp;fcmble:Mais au lieu de fc retourner anbsp;de luy demander pardon de fes oifenfe^»nbsp;-il luy dift', O Eftienne que ru es noir 1 le unsnbsp;noir 1 refoondit le feriiitcur: fitif voftrcnbsp;cc,ie ne luis ni Turc, ni More, ni Bohenn^nbsp;mais bien Gafconamp;dcpoilroux.Nofljnon»nbsp;dit BourrcI, tu es noir : mais ceft de tesp®'nbsp;chez. I rop bien cela, réplique Eftiéne;
?ay cfperance en la bonté amp;mifcilcorde ® Dieu» en fonc quils ne me ferôt imputeznbsp;Dieu, pour lamour de lefus Chrift foo F*nbsp;mort pour nos pcchez, refufeité pournbsp;iuftification , 6c qui cft là haut au ciel,nbsp;cedant pour tous ceux qui linuoquct,^*!nbsp;en vraye lt;fc vine foy, mettent leurnbsp;en luy.Sur quoy, Penfenas redoublantnbsp;gc,fe prend à crier apres fon feruiteur, W'nbsp;pcllant Luthérien,Huguenot,amp; lenbsp;coin me lvn des plus mefehans ÄrmiferaWnbsp;hommes du mode. A ce cry arriuerentnbsp;amis,aufqucls il comm«indc Eftiennenbsp;mené prifonnier, amp; quil fiift bruflccojn^nbsp;hérétique. Bref, la rage sefmcut tellen^'^nbsp;en luy,quauec fanglots6ehurlemens,nbsp;dit icfpritdvne façon clponuantable. fnbsp;crediteurs ne donnèrent quafi loi/îrdc
-ocr page 509-Sous François IL 457
hors dn 1 ict. Car chacun enuoya cn *'iiifon rauir fi peu de meubles qui luy e-£^yenc reftez de tout Con bien : mais il sennbsp;beaucoup quils eulTcnr leur conte: cenbsp;trouuoic merueilleufcmcnt eftran-^ar auant quil Ce ruaft fur les offices ,ilnbsp;I homme riche amp; aile autant que nulnbsp;Oti eftat.Ce neantmoins,iamais telle paunbsp;J, fut veue: Car il ne demeura que la
i fa femme, amp; à fes enfans, qui furent pf pitié amp; compafsion, pris lvn deçà amp; launbsp;ft P®tt les nourrir,autrcmctils cftoyétnbsp;' daller médicnou mourir de faim,tantnbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maifon fe trouua defnuce.Voi-
^^ftatdes afaircs de Dauphine pour lors, 5*^ ie laideray pour retourner aux autresnbsp;'¦Ouiuccs,nbsp;llacftéfaitmctioncommcceuxdeGuifc M«ef-oyent pris à cur la retraite du Prince jt*. hom-] ®yondc,amp; comme ils enuoycrét apres luy »' quot;B'*'nbsp;J^Marcfchalfaindk Andrcjlequelsenharditnbsp;J aller voir le Roy de Nauarre à Nerac t amp;
y fit entendre,queftât venu vifiter fes ter-quot;le delàjil nauoit voulu approcher fi près luy aiJernbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reuercncc, amp; au Prince
Qti fiere. Mais il ne peut fe porter fi finemét Ion ne sapperceuft bié quil alloit efpicrnbsp;t^fcoiuirircequils faifijycrxeq lePrin- Hc luy cela aucunement, luy reprochantnbsp;ingratitude, amp; dauoir pris telle charge,nbsp;w de le fuyurc, veu lamitié qui cftoit cn-
-ocr page 510-4^8 Hiftoire de France,
trc eux, 5c lhôneur que luy Prince luy auoit faitviuantleRoy Henry,de nauoirvoulunbsp;dépendre dautre que de luy, amp; de receuoirnbsp;tous les biens-faits amp; courtoifîes dudit feunbsp;Roy par fon moyen , combien quil eneuftnbsp;dautres plus grands:amp;cc pour la 'demóft«nbsp;tion que luy Marefchal luy auoit toufioursnbsp;niôftrce de luy eftrc loyal amiamp;feruitcur af-fcdiôné. 11 luy dit dauantage,quc ce qui lu/nbsp;faifoit encor trouucr plus mauuaife ceftenbsp;entreprife, ceftoit quil fauoit trefeertaine-ment que le Roy nauoit cfté en rien offeoftnbsp;par luy ni par ceux de fon parti, amp; que partacnbsp;il cfpoufoit la querelle de ceux de Guifcj **nbsp;fe conftituoit executeur de leurs vengeau'nbsp;ces. Surquoy leMarefchalscxcufantpvu'nbsp;mit de pacifier toutes chofes : mais lenbsp;ce luy ht fi mauuais vifage,quil futtrefeoU'nbsp;tent de sen retourner halliucmcnt amp;nbsp;fa courre hôte,apres aiioir routesfoisM^^^^?nbsp;uert parles feruiteurs fecrets ce quife^U'nbsp;foir, amp; les moyés quon auoitdccecoftc-^nbsp;Piinfede En cc mefme temps, le Roy eftant àfoUnbsp;hommHe tuincbleau,fut pris vn Bafque, dit laSag^'^^nbsp;ger.quifut qui auoit cfté dcfpefché par le Princenbsp;bciiKot'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cleuerspluh'ctirsgrands Scigneu^
aemauïf pouiles pricrdc ne luySillirau befein-paftà à Chantilly,amp; de là à Paris,où il eut k très du Vidamcde Chartres amp;autrcs,pu*,nbsp;alla àlaCouramp;prtfenra celles du Prince^nbsp;fes amis de Cour. Or ainfi quilpfurW
-ocr page 511-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;499
fa depefche, il rencontra le Capitaine » quil anoir conii en Piedmont Setnbsp;® ïJaiot des bandes Françoifes , amp; a-'¦^qiiel ilauoit en grande amitié amp;pri-j Apres les carclfcs'accouftumees, lanbsp;luy demande depuis quand il eftoicnbsp;lî^l^n.amp;lacaufe.Lors Ronualcomméçanbsp;i! a doléances du longtemps quenbsp;^^ftoità la fuite de ceux de Giiifc,pour a-Jquot;rrccompcnfe de fes fcruiccs, fans quilnbsp;j.^Pfuftauoir raifon:dc forte quil auoitcônbsp;à la pourfuitte fi peu de bien qui luy'C-teftéxe qui le rendoit tellement defef-voudroit auoir tenu Icbafsin ànbsp;qui lej,f couperoyent la gorge. Que ftnbsp;^^téps duroit giicres,amp;qiie la guerre fe pre-^ntaftjfiiH.ge en Afte.il iroir pluftoft fc ren-Turc,poiir fe venger de cc que fes ferui-ffs auoyét efte fi mal reconus. Bref, il de-^^ftoit tellement amp; difoit tant de maux de lanbsp;*'aifon de Guif«, de leurs mtfchancetez» amp;nbsp;'tfmesdcs entreprifes quils dreflbycntcônbsp;les princes du fang, que ce Bafquc fut ef-de luy dire le reps cftrc venu,qui l ne fanbsp;aller cerchcr fa bonne auérure li loin, amp;nbsp;H'' il y auoit à employer les gens de feruicenbsp;*^ls que luy. A tat,sil le vouloir croire,luy iunbsp;ftt Seprometre d e tenir fecret ce quil luy di-*0'tgt;il fauroit le moyé de nô fculemct le fairenbsp;'^^^ôpenfee de fes fcruiccs, majs de paruenirnbsp;^^pl grades chargcsamp; hôneurs où afpirct
li 1
-ocr page 512-500 Hiftoire de France, couftumiercmcnt gens de guerre. Bonual lenbsp;luy accorda aucc grands fermens amp; embraf-femens en ligne damitié. Lors le Bafquc luynbsp;recite les outrages amp; iniutes que le Prince denbsp;Condé auoit rcccucs de ceux de Guife, lt;amp; lanbsp;deliberation par luy faite,de remedier atoutnbsp;lcftat du Royaumc,par les cftats,appuyez denbsp;fes a rmes, li autrement il nen pouuoit auoifnbsp;raifon.pour à quoy paruenir.'il auoit promefnbsp;fc des plus grands leigneurs du Royaume,lînbsp;quïlfetenoitprcfqiic aflèurédc lavidoire.nbsp;Que fi elle forroit fon effet, il pouuoit biennbsp;, penlcr que rie ne Ceroit cCpargné à ceux quinbsp;auroyent feruy en û bon afaire: que lenbsp;Prince eftant venu d bout de fes ennemisnbsp;auroit bien .autre moyen de laduancerquenbsp;ceux qui eftoyent couftumiers dabuferdunbsp;labeur amp;rcnjice des gens de bien. A cellenbsp;cauCelayconCeilloirne plus tarder de venirnbsp;trouucrleditfaigneur Prince,au meilleure- ,nbsp;quioage quil poiirroit, l'alî^uranr de nbsp;fe donner bon .appoinremenr en atrendant 1nbsp;niieux,amp;- que cependant il luy bailleroitar- /nbsp;gentpoursefquipper. Donnai refpond qn'ilnbsp;nbsp;nbsp;
ypcnlcroit, luy en rendroit l'eCpoCe le len- / demain matin:Sc de ce pas, cuidant attoir bé jnbsp;moyen dauoir ce quilpoürfuyuoit, venantnbsp;[rouuer le Duc de Guile, il luy racôta au lognbsp;roue ce quilauo t tiré de la Sague,laUcaiantnbsp;de luv eDrc loyal lèruitur, lequel lerenicf'nbsp;cia, luy priant de continuer à defeouarirce j
-ocr page 513-°«:nüce au Prince, quencores quil ncuft de fc plaindre du tort que luytc-nionficur cTcGuifcjfi cft-cc qu'il ne vonnbsp;faillir en fi bó afaire, v eu mcfmes qu^ilnbsp;qucftion doftcr ces tyrans qui cau-°y®httantdemaux au Royaume. Partantnbsp;délibéré de prcdrc fon p arty,amp; de sennbsp;J. auec luy , le priant luy dire le temps denbsp;pattcmcnr.Dauantage,difoit-il, vcxis fa-«lue ie fuis foldat, amp; que nous autres ne
501 Hiftoire de France,quot;
de le Elire prendre ante toutes fes lettres amp; dcfpefthcs.Mais leBafquc,foit quil eoft eftenbsp;hafté de partir pluftoft, ou bien quil fc dou-taft den auoir trop côte à Bonùal, ou quaii-tremcntil fc fuft appcrccu de quelque cho-fc , partit ce ioiir mefnie fans luy dire anbsp;Dieu. Bonual ayant (ecu ce partemtnt inopiné fut grandement contrifte , tant pournbsp;crainte dencourir la m alc-gracc de ceux denbsp;Guife, amp; deftre tenu pour vn affronteur amp;nbsp;menfonger, que pour auoirfaillyà vnafai-rc , duquel ilefpcroitfa grandeur amp; aduan-cement. En cefte extrémité il cutrccoiirJnbsp;audit Duc de Guife,amp; luy raconta comme Unbsp;Sague sen eftoit allc,amp; fa defeonuenue, dirnbsp;fant toutesfois , que sil vouloir luy fà/rcnbsp;bailler gens Sc chenaux,il cfperoitvfcrdenbsp;telle diligence quil le luy ramencroit. Anbsp;quoy il ne ftir pareffeux,ne Bonualaufsi*nbsp;nice Ca. pourfuitre, de forte que la Saguc, n«nbsp;eftant encor à vne iournee de laCour,fut aftrappe amp; ramen^ auec toutes fes lettres SCnbsp;inflrudions à Fontainebleau. Entre autresnbsp;chofcsjfc trou lièrent lettres du Vidamedenbsp;Chartres, par Icfqucllcs il mandoit au Prince de Condé, qu'il fc dcuoitaflcurcrdcluynbsp;comme de fon treshumblc fcruitcur amp;pa'nbsp;rent,amp; quil maintiendroit fon party amp;nbsp;iufte querelle contre rous,fâns excepternbsp;le Roy, Mcfsicurs fes freres, amp; les Roynes-Ce qui anima tellement ceux de Guifciq^*®
-ocr page 515-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;505
Soudain les Capitaines des gardes fu-(ç ^®nuoyczà Paris pour Icmcttrecftroit-VL?fP^i^onnieren labaftillc. Ce qui leur *enai(c,car il cftoit à grand peine fortinbsp;Z® grande maladie, amp; ncut-on cfgard ànbsp;chofe quà exécuter le commande-j fjfans mcfme permettre aux médecinsnbsp;jj *®Pouuoirafsift:r, Les lettres du Con-'ible eftoyent dautre ftyle. Car il exhor-le Prince à la paix, luy confeillant quilnbsp;bien dentreprendre chofe que fanbsp;J. ^'rilépcufttrouuermauuaife. Que sil fcnbsp;^^toit offenic daucuns,il luy faloitauoir panbsp;Occ.cat le temps luy en apporteroit la rai-fans fc mettre en peine de rien atten-f par armes . Mais que sil conoilibitnbsp;T* On le rccerchaft par force amp;violencc,lorsnbsp;Prendroit fa querelle en main, autrementnbsp;0,tandis quil fentiroit quelque voye denbsp;hce tftrc ouucrtc en France. A cefte caU'nbsp;n'llcxhortoit de venir vers le Roy auplu- ft que faire fe pourroit, pour fc iuftifiernbsp;crimes à luy impofez. Ce langage futnbsp;^^ufe que Ion nofa lors attenter à la perfon-®dudit Côncftablc; côbicn que Ion feeuft,nbsp;^'^difoit-on.tant par la confcfsion de la Sa-oOe fur la torture, que par laducrride mentnbsp;autres efpions, quil auoit promis fc-'outs. Mais cela fut remis à vn autre temps,nbsp;ftn de ne trop cnrrcprcndc à la fois, iointnbsp;re le Conneftable crtoit touliours bien ac-
It 4
-ocr page 516-04 Hiïîoii e de Fran ce, compagne,S: qifil efloic malaid del3.aoienbsp;fur(bti famier. Aufsi ne craignit-il dere^-commâdcr le Vidame an Roy à la Roy-ne mercjles fuppliantnepermettre gu'H te-ceuü trop rude traitement. Car Ta fidelité,Sinbsp;fes grans feruices meritoycnr toute autre re~
ennemis,âr quil nciift deCpendu cinquante mille Hures de rente, vn million dcfiasnbsp;poiule fcruicedc fespredecefièurs Roys.
df7fJxde Bafique fut donc tat tiré fur la gehens Cuite con- loccafiô dc Bonual, quil declaira tout cenbsp;tteiesRo, quU fauoitScdauantagc ,qui futcaufequenbsp;amp;rTince'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Guife haderet de plus fort leurs enp
decond/, trcprifcs,amp; fut le Conte Kingraue enuoyc duRop^^ Pondérés de Lorraine pour tenirprednbsp;tegiment de Lanfijuencts , amp; deux luill^nbsp;piftoliers. Ils firent aufsi defeedre le longnbsp;la riuiere de Loire les vieilles bâdes venuesnbsp;dc Piedmont en Dauphiné, feignis les voU'nbsp;loirenuoyercn Efcollènnaisils feiournerétnbsp;à Gycn,âc .d lcntour deNLôtargis pour elpietnbsp;les mailbus de lAdmiral.Et ne fôtcroyablesnbsp;les maux quils cômirctaucc impunitépottt 1nbsp;en tirer méillcur feruice. Breftoutes les bô-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
nés mailbus edoyent ou pillées ou rançon- 1 nces,lcs plus belles filles amp; femes violées,amp;
fl ogt;n en fiilbit plainte , il fuffifoit de charger
les complaitinans dedte Huguenots, pour
-ocr page 517-Sous François II.
paix fous lohciflaccduRoy,duquel cftoit Souuerneur le Capitaine Laguarigue grandnbsp;familier de Bonual. Ccftiiy-cy fâchâtnbsp;Bonual cftoit allé en Cour pour fes affainbsp;chargea aufsi des fiéncs,amp; de poutfuy
I
'^îvn dcfquels hlanCjBonual fe fcruit,com senfuit. Se fouuenant des propos quilsnbsp;i'^oyent renus autrefois amiablcmcnt en-afauoir que la Guariguc euft bié dc-'fcauoit baille la charge à vn fien amy, amp;nbsp;quot;oit quelque bonne rccompcnfc en Fran-'^gt;Pat ce que fa femme ne le trouuant bien
-ocr page 518-5o6 Hiftoire de France, cn Piedmont defiroir fort de sapprochernbsp;de fon pays , saydaht de cefte occafion ilnbsp;remplit 1vn des blâcs fignez de laGuariguegt;nbsp;dvnc lettre mifsiiie de pareil fuicdamp;uih-ftance, par laquelle il prioit fon compagnonnbsp;de demander fa capitainerie pour rccôpenfcnbsp;de fes feruiccs, amp; pour moyéner cniiers Monbsp;iîeur de Guife vne autre charge pour luy.Lenbsp;dit fient Duc dcGuife entendant le contenunbsp;de ctfte lettre,ftit bié aife de fc defpcftrerdcnbsp;cell importun,amp;fans que bonnement il euftnbsp;autre charge ne procuration, luy fit defpef-cher fes lettres cn tilrre doffice,quil accompagna de fes mifs iucs à la Garigue, pHnbsp;nes de bonne aftcólion enuers luy,lepriantnbsp;de le vcnirincontinenrtrouuerpourleferu*nbsp;ce du Roy,amp; pourchofe de grande importanbsp;cc,dclaiflànrcepcdanràlagardc de Vcrzolnbsp;le capitaine Boual, quil auoit choifi commenbsp;lvn de fes plus intimes amis. Voyla commenbsp;Bonual fut dcfpcfchc,lequclafin que fa rufenbsp;ne fuft dcfcouuerte(dautant aufsi que ccluynbsp;auquel il auoit afairc'cftoit homme accort)nbsp;print la pofte pour porter les premieres nounbsp;uelles : arriuc en Piedmont aftèmblanbsp;f)lus de gens de guerre quil conut luy vou-oir bien,pour luy faire compagnies Vet-zol Mais au parau.ant il aduertit laGari'nbsp;guedefa venue, amp;luy manda que le voulant aller voir, il auoit tellement efté fu)quot;nbsp;uy de fes amis, quils ne le pouuoyét encor
-ocr page 519-Sous François 11. 507 Eifler pourlaife quils auoyent defonre-^ouf.à taufe aufsidvnc nouuellc querellenbsp;*1^'' luy eftoit furuenue , comme il luy di-bouche :1e priant à cefte occafion nenbsp;ttouuer manuals , mais pen fer fculc-^'^ntde leur faire bonne chctc,catils c-^'^yent tous amis. Surquoy ilcutrcfpon-feroitlc rresbien venu. Ornepar-f'dpasàiour nommé, ains ayant fait cf-labfencc de la Guariguc amp;: de la plusnbsp;(a. compagnie,il sen vint droit à Vernbsp;*1 gt; là où la femme le reccut begninementnbsp;toute fa trouppc.Puis Vfit vifjté la pla-ttoiuic quil y auoit peu dcrefiftancc,ilnbsp;'^failitdc la»forrcrcflè,amp; mit hors la Damoînbsp;de la Garigue, auec les lettres duditnbsp;^«r de Guife à Ion mary ; lequel fe voyantnbsp;^'nfivilainemcnr trahi parceluy auquel ilnbsp;Hoirie plus de fiance , Sc quil tepoit vnnbsp;^cód l«y-mefmc,fafchc au pofsible,ncpcutnbsp;Hoir recours quà ceux de Guife pour fcnbsp;plaindre du tort à luy fait, amp; les fupplicr denbsp;Hy en faire la raifon.Surquoy ils fc mirent à guerred'Efnbsp;dre, amp; pour toute rccompcnfc dirent quenbsp;^onual eftoit homme de bon cfprit.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour U
Nous auons cy dclliis fait mention de la ^etrcdElcoffeefmtucparccuxdeGuife, quot;hiVrufe-du fecours amp; fiipoort que les EfcolTois auoynbsp;'Ht de la Roync dAngleterre,^.'finalementnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^7
'ornnie ceux de Guile auoyentenuoye de- cuifra* Htrs le Roy dEfpagnc,pout moycnnerla
-ocr page 520-5o8 Hiftoiie de France, paix, voyas que leur cas alloit mal de ce Collé là, Apres doncauoir defcouuertcequenbsp;Ion bralloit contre eux, craignas fur toutesnbsp;chofes que IcsPrinccs leurs ennemis fullèntnbsp;fecourusdesAnglois,ils firent tantquilynbsp;cutaccord enrrcle Roy,Ia Royne dAngleterre , amp; les Efcoflôis, lequelfutconcliid lenbsp;aj.ionr de luillct en cefte forme.
Roy amp; la Royne dElcofic repu-tét les armes auoirefte prifes par les prote-ftans Efcoiîoisf ainfi leur pleut-il nommer ceux de la Religion) leurs uiicts pour le biénbsp;de lour fcruice 8c la conferuarion de leurnbsp;Eftat,enfcmble despriuileges ôc franchifesnbsp;du pays, fans que pour raifon de ce ils ennbsp;pcuUènt delàcn apres aucunement edreKnbsp;ceichez ny moledez.
Que lefdits proreftans ,leur ruire 8c compagnie,lefcruez les hommes de lIûeboarg, fortironede ladite ville le lendemain au manbsp;tin, fans cpiil y demeute aucun de leurs gésnbsp;de guerre, fuyuant ce quil a pieu à la Royne regenre le defircr.
Qu ils ren dront tous les coins de la mo-noyc par eux pi is,rcmetrronr le Palais afi'î pres labbaye (atélc croix entre les mains dunbsp;concicrge,ou de ccluy que ladite Dameno-iuera, au mcfme edat quil futreceu, 8ccenbsp;auanr que partir de la ville. Pour quoyamp;jenbsp;accomplir les Seigneurs de Rumen amp; denbsp;Porako font entreplcgcs.
-ocr page 521-Sous François IL 509 ^'^rts proteftansamp; tous ceux qui en de-ft demeureront fuiets au Roy amp; à lanbsp;î( leurs fouuerains gt; comme aufsi à lanbsp;fife '¦Agente, amp; obéiront à toutes les loixnbsp;H^^''^ftmnes du Royaume,Icfquelles dc-'lU cri leur force amp; vertu toutainhnbsp;vfitees au parauat ces trounbsp;Excepté ce qui concerne le fait de lanbsp;totj Quils ne troublcrôt ny molcftc-Ejç^ gens dEglife en leurs perfonncs,ncnbsp;les laifletontiouyramp;rdifpofcr frânbsp;ficlibrement felon les conftumesnbsp;gt;Jitfnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;c iufqucs audixiefmcdc lan
t),ç prochain,quil feroit afsigné vn Parle-Sc?^^'nuel toutes chofes saccordcroycnt P(?rifietoyent amiablcmcnr.
gouucrnemcnt des afaircs dEfeoflèdouze pcrfonncsfenbsp;^°nt les fept fcroycnr cf-rin P^r lefdits Seigneurs êV Dame, amp; lesnbsp;jçj'lparles deux Eftats,afauoii la nobleflcnbsp;°' trouuoit bon dy en ad-cE, rlauantage, on en nommeroit vn denbsp;pnepan.
of(j ^rs Maieftez pouruoiront aux Eftats, dignitez du pays : mais ce fera denbsp;la nation Efcoftôifc,amp; non dautres.nbsp;*^0 Pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;abatu amp; del
rjric les Cap itaincs amp; gens de hej cftans dedans amp; en tout le pays,au-^rie de la nation Efeofloife ferctiteron:
-ocr page 522-510 Hiftoire de France,
«n Ftancc,amp;chacun en fonpays.
Que le fort dclI/Ie aux chenaux, amp; chafteauJe Demharre demenreronr ennbsp;Ja garde du Roy amp; de JaRoync. Ce quinbsp;atioir cfté foreiße depuis le (ixiefme denbsp;Mars Jêroit dcftnoh . Quon ne pourranbsp;teftircfdites deux places plus dehx vingtsnbsp;hommes ,aJàaoir6o en chacune:maisîiffenbsp;drefToit quelque entreprife fur ces places,lefnbsp;dits deux Eftats feroyent tenus les défendrenbsp;de tout leur pouuoir.
Que la ville de i'Iûeboarg choifira fins conrrainte,amp;vfcra de telle forme de Religion quelle voudra, afin que les habitansnbsp;aicelle puiflent viurcen liberté de confd-cncc iufques audit iour.
Que lefdirs Seigneur 8c Dame, ne pareil Jement la. R oyne regente ninterpoferôtatt-cunemenr leur authorité pourmolellcroanbsp;empefeher les predications ou autres exerdnbsp;ces delà Religion diceux Prore(lans,nyaufnbsp;û ne fera arrête en leurs corps, biens, rerresnbsp;On penûons,8cne fouffrironr le Clergé ayatnbsp;larpiritnellc 8c temporelle iuriCdiébon lesnbsp;troublercn aucune maniéré pour le fair d^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
la Rcîigion,ou antre aftiô qui en dépende, infqucs audit ionr. Et que chacun pourra cenbsp;pédant, tant en general quen particulier,vr inbsp;lire felon fa confcicnce.
C^ne fi qlqne Seigneur EfcolTois, ouaurie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
du pays, voulait entrepredre aucune cholep le moyé des armes, faire quelq afséblee ou
-ocr page 523-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;511
^fniotiS,[es Eftars kiy counót fus,aucc roue's leurs forets pour iespunir cómcrebelles, l-a Royne dAngleterre retirera toutesnbsp;^^tees qui font en Eftoiîc , fans quellenbsp;^'ttetTiette plus des afaires du pays.nbsp;. traitez de Cartel en Cambrefis de-^teront en leur force amp; vertibnonobrtîtnbsp;J les aéles dhortilitc depuis enfuyuis.nbsp;t l-fRoy de France amp; la Royne dEfeoffenbsp;^'ïirne fc defirteront de plus porter les tilnbsp;armoiries dAngletcrte.Voyla la fomnbsp;articles de cert accord.
poincc que la Royne dAngleterre de (^*''loit argent pour les frais par elle faitsnbsp;guerre, amp; que les députez dcfditsnbsp;Royne ny auoyent voulu entendre,nbsp;deflay er de sen remettre dacnbsp;^mte IcursAmbaHadeurs-.finó à lavbi-t^S^duRoy dEfpagne qui en prononcc-¦p ^ansvnan.
^jllc fut Virtue de certe entreprife de ceux voulu ehâger lcs',loixô£nbsp;f '^Jênes obferuaces du pays,amp;cntteprédrenbsp;l ks terres amp; portefsiôs dautruy ,fous omnbsp;'le vouloir reigier amp; compafler lesafai-'le laRelign de la police à Icuraulncnbsp;111 rellémét q le nô de Guife,amp; cc-Ij *^^lb§l'feRomaine furet réuoyez de çanbsp;le'^^^'larainii ceux lt;4. auoyét voulu auoirnbsp;k Vnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1*- routp leur hartiuetc.Et de
kcouroit entre leurs plfamiliers '^rteutsSc domeftiques quils ne fe mon-
-ocr page 524-' 5ii Hiftoire de France» ftroyent ainlï pafsionnez 8c afFedionnezeönbsp;tre ceux de la Religion,finon pour 1cfperannbsp;ce de leur grandeur,amp; queftimantlcCardinbsp;nal que la Papauté ne pouuoit efehaper, ilnbsp;auoit fes moyens prefts de faire fonnbsp;grand,amp; cependant pour entretenir io**nbsp;cftatjil ne vouloir donner aucun pied fomenbsp;à ceux aufquels il vouloir courir fus,coniWCnbsp;à fes ennemis mortels.
Ceux de Cuift of*nbsp;chme denbsp;plut en*nbsp;plutitiou _nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
blei itïu rcjettoycntlacaiifcdcicurauoirlt , mieux pefnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;blu
«her. fur lAngleterre 8c lECcode, fachans
Eftans donc fortis de ce bourbier, leur induftrie seftend àcercher les moy®nbsp;J de fc venger des Huguenots furlefqueb*nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' ¦ ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
fur lAngleterre 8clErco{Ic^ que fl telles gens demeuroyent fusnbsp;ne pourroyent rien faire qui fuftnbsp;Parquoy mettas tous autres moves fo^®nbsp;pieds,ils refolurentdentendre àce/luy-^fnbsp;/ans efpargner petit ni grand, foiblenbsp;Caraufsi e/loir-ce à leur aduislenbsp;chemin quils pouuoyent tenir pournbsp;nir à leur grandeur prétendue, afaitoit^^^nbsp;dre routes chofes tellement conf]fes^',^nbsp;en vinft au pis alier à vne fediriôpopulo'nbsp;en laquelle ils sa/Ièuroycnt de fairenbsp;tant de gens que le champ leur deinearei^nbsp;a/îéurc.
Mei ucil-leuCe ruft de ceux denbsp;Cuift
La Roync mere eilonnee fnalemeut voir les chofes tendreà vne guerre cii^ ¦nbsp;veu le mclconrenremenr des Princes
-ocr page 525-Sous François IL 515 les auoit amcnezTce point daflembler leurs pour fui-itnis; dauantage cóHderantle murmure quinbsp;ÇQutoit entre les plus grads duR.oyaumc,de ^/euieutnbsp;limanieredugouuerncment,print confcil accordantnbsp;le Chancelier amp; lAdmiral de ce quel- _.^ôyrntnbsp;«aùoicà faire. Et de fait, ils aduiferenten- Upius.nbsp;Semble de propofer au Confcil, quil cftoitnbsp;requis que le Roy allèmblaft tous les Prin-amp;c'cigneurs du Royaume, Cheualicrsnbsp;lordre degens dauthoricé.pour regardernbsp;1 les moyens de pacifier les troubles, quils e-' 1^Woyent principalement procéder à caufenbsp;! ^'^sperfecutions pour la Religion, puis quenbsp;æs edits precedens auoycr pluftoft rafrelchinbsp;Ve conkilidéla playe. Ce queftant venunbsp;^^'^oreilles de ceux de Guife, ils le trouue-boibfachans que ceftoit la meilleure ocnbsp;'Villon du inôdc,pour attraper le Roy de Nanbsp;, ^3rreamp;fon frère, Aufsisaifcuroyét-ilsrel-l'ment de la plus pan des chcualiers de lor-, amp; autres feigneuts qui auroyent voixnbsp;celle alfcmbfec, que rien ne feroit mis ennbsp;Allant ne décrété à leurprciudicc: ains plu-Mic tout arrefté à leur auantage.Cc quilsnbsp;^euflet peu actédre ni cfpcrer de la part desnbsp;^llars, Icfqucls en ce faifant nepourroyentnbsp;^laduenir faire plainte quô les euftdefdai-VeZiVeu que la fleur des plusfages du Roy-lmeauroyéteftéaflèmblcz. Parquoy,ilnenbsp;^^'^uellion que deferire par tout au nom bkja^pônbsp;*1^ Roy.Lc formulaire des lettres porroit en umAiaunbsp;Kk
-ocr page 526-$14 Hiftoire de France, fomme, que faMaiefté voulatpouriioirauxnbsp;Troubles amp;cfmotions furuenucsennbsp;ftat puis quelques iours j auoit aduifenbsp;prendre Ic confeiJ 8c auis des piincipiu^denbsp;fon Royaume. A cefte caufe les prioitdefenbsp;rendre à Fontainebleau, au 15. iour dAoiift»nbsp;afin que par leur diligence amp; bon confeUnbsp;il peu fl nueurer fon Eftat quil voyait gran'nbsp;dement esbranlc, amp;pouruoir au repos denbsp;Gs fuiets.
Ces lettres pour la plus gräd part eftoy-ent accompagnées dautres de ceux de Giii-fe, pleines déroutes bonnes elperances amp; promeflès, afin de dilpolcr mieux les cccnrsnbsp;de chacun à leur deuotion, amp; quils peitf-fent par laduis de cefte compagnie cftrcnbsp;confirmez en lauthorité quils seftoyentnbsp;donnée.
Le Roy cfctiuitpareillement au Roy de Nauarrede priant de sy troinier, amp;fon frerenbsp;aufsi, cnfcmble les Seigneurs qui edoyentnbsp;lors auec liiy.Mais quand ceux deGuife eurent defcouucrt quils y pourroyent venirnbsp;fi forrs quils feroyent en danger deper-dee laparrit,ils aimerétmieux euitereeh«'nbsp;^atd,^ donnèrent ordre que le Roy de Naquot;nbsp;U arte en futaduerty par leurs propres ferm-leurs fecrets que ceux de Guife entretenoy*nbsp;ent pres de luy, de forte quil fe refolut dar-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
rendre quelle feroir liftuc de ces afaires-Ccl» fut entièrement contre le eo/ifed
-ocr page 527-Sous François H. 515 auis du Conneftable amp; de tous les autresnbsp;fcigneurs qui tenoyent fon party gt; fachansnbsp;que ce retardement empireroit fa caufe, amp;nbsp;apporteroit quelque ruyne. Car ils inlî-ftoyent quilsacheminaft auec ceux quilnbsp;auoit en fa compagnie, qui acccoiftroitnbsp;par les chemins plus quil ne voudroir. Denbsp;aaniete que ioints auec les Conneftabli-/l-- !nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...
ft«,ils feroyent les plus fors,amp; baillcroyent
*aloy à leurs ennemis.
Le Chancelier delHofpital voulant re-gier les ordonnances de France amp; la iufti- lt;jlt;,nnicej. Wifuyuant la bonne volonté quen auoit J?*.*quot;'*nbsp;^'JeOliuier fon prcdeccfleur , fit aufsi au pj^,'i'/qùilnbsp;*'eftne temps expedier vn edit du Roy filoicconinbsp;put reftraindre la libéralité des vefues,nbsp;Iflquellcs eftans plus rcccrchees pour leursnbsp;phelTcs que pour leurs pcrfonncs,fous counbsp;Pr de mariage abandonnoyent leursnbsp;°*«nsà leurs nouucaux maris , mettant ennbsp;pblile deuoir de nature enuers leurs cn-f^Us, dequoy sen eftoyent enlîiyuies denbsp;gUndes Querelles amp; diuifions à la dcfolationbsp;'^Uiinucion de la force amp; cftatpublic. Anbsp;poy lesEmpereurs ayas pourucu par bonesnbsp;°x»lcRoy pour la mcfme cófidcrarió les apnbsp;P'^Uttua par fes edits , ordónat q les femmesnbsp;^®f«es ayas lignee de leurs premieres nop-elles côuoloyct aux fccôdes gt; ne pouc-f^yét en façô que ce fiift dôner de leurs biés
-ocr page 528-t
Hi/loire de France,
meubles ou propres acquefts, à leurs nott' ueaux maris,leurs pere,mere,enfës amp; autresnbsp;perfonnes, quon peutprefumcr eftre interpolées plus que la couftume nen donne ai»nbsp;moindre des cnfans ,aduenant quil yeuftnbsp;diuifion inegale. Le femblable feroitdesnbsp;dons amp; liberalitez acquifcs des maris 3.nbsp;leurs femmes, amp; des femmes à leurs maris , lefquels retourneroyent apres leurnbsp;mort aux cnfans de ceux defquels les biensnbsp;eftoyenr prouenus. Toutesfois il nenten-doit par cell edit donner plus de pouoir auxnbsp;femmes dvferde leur biens, que ne leurennbsp;deferoit la couftume des lieu».
Ilfitaufsi vneautre ordonnance, pour accorder les proces par amiables compo-fiteurs , qui feroyent efleus amp; accordexnbsp;dvn commun confentemenr des parties.nbsp;afin de ne côtreuenir à ce quon auroitainünbsp;accordé, ledit Sieur confermoitamp;aiichoti-foitles iugemens qui feroyent donnez futnbsp;les compromis des parties »encor quiln'/nbsp;euft aucune peine appofee , pour auoir tellenbsp;force Âr vertu que les fentences des iuges.E^nbsp;que nul ne fiift reccu appellanr,qucprea!la'nbsp;blcment lefdits iugemens ne fuflemsenfi^®nbsp;ment executez,rant en principal,comme delnbsp;pens,amp; la peine appofee,laquelle ne fe pot'^nbsp;roit repeter, ores que la fentcnce fiift inh^'nbsp;mec.
Et afin de donner quelque bonne e/p^' ranc®
-ocr page 529-Sous François IL 517 ïancc du foulaecmcnt que le Roy pro-*nettoit au peuple, il défendit par vn tiersnbsp;«dit à tous Gouuerneurs, leurs Lieutenans«nbsp;ltefidçns, threCoriers generaux , amp; autres officiers royaux, de ne prendre ni exiger furie peuple aucuns deniers, pournbsp;quelque caufe amp; occafion que ce fuft,nbsp;«nsfon congé amp; permifsion expreflerdau-tant que le peuple en auoit efté merueilleu-Ittnentgreuc amp; foule,mcfmemcnt aux pro-üinces ou lon tenoit aflcmblee des Eftatsnbsp;par chacun an. Toutesfois on difoitquece-auoit efté exprefsément fait,pour fruftrernbsp;l«Roy dcNauarrc amp; le Conncftable desnbsp;dós gratuits quils rcccuoyent annuellemct ccA b fanbsp;de leurs gouucrnemens de Guyenne Sc Lan
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;°nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; I nairc de
gucdocjcommc ainsi pour rendre criminels yranec de ^punillàbles ceux quilcueroyenr deniers t#lt;lretou-oucontribueroyent aux frais de la guerre,nbsp;*lue le Roy de Nauarrcfcmbloit vouloir fài 1« parnbsp;fc pour le bien public.Et àvraydirc,ccrtcditnbsp;*^eut aucun lieu à lendroit de ceux de Gui- comme tenbsp;I« amp; leurs partifans ; car par lettres patentes,nbsp;Onyderoguoit fi bien quelles authorifoy- »nf« baient tant mieux leurs Icnecs de deniers. *'
Il a efté dit cy deffiis,quc le Roy de l arêitfli ^auarre feduit par les fccrets fcruitcurs Ç'*nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ftablc.
ceux de Guile , nauoit voulu croi-le Conncftable Si autres grands qui le ptelîoyent daller à laflèmblce de Fontai-'nbsp;ebleau, fuft en grande ou petite com-
lt;1
-ocr page 530-5i8 Hiftoire de France, pagnîc. Ce nonobftanr ledit/îeiirConnc-ftablc, lequel fc confiant que ledit Roynbsp;de Nauatre fuyuroit fon aduisj auoit n*®*nbsp;dé tous fes parens amp; amis,encores qudnbsp;feeu pour certain que ledit fient Roy nenbsp;sy trouueroit point,amp; quil fuft tres mal vounbsp;lu de ceux de Guife pour auoir pris laU'nbsp;ne party,ne laiflà defe trouucr au lietiamp;nbsp;terme a/signé :mais en compagnie de plusnbsp;de huiâ: cens chenaux. Ce qui fit entrernbsp;ceux de Guife en grande crainte, lefquelsnbsp;ayans feeu pour certain que les Princes nenbsp;viendroyent point, auoyentenuoycrafref'nbsp;chirleursgensau loin. Voila qui les fit filetnbsp;doux,amp; carefiêrle Conneftable amp;fes nc-ucuz,comme sils cuflênt efte bons amis.
L jfséblce Lordre de lafséblee fut tel.Le ii.dAoufi nebkâu^'grand Confeifenl*nbsp;chambre de la Roync mere, où furent afsisnbsp;aueclc Roy amp; ladite Dame,la Royncrégnante amp;Mefsieurs frétés du Royjles Cardinaux de Bourbô, de Lorraine,dcGuife^tnbsp;de ChaftillôjlesDucs delGuife'amp;dAumabnbsp;le frétés gt;le Duc de Mont morency Conne-fiable, de lHofpital Chancelier, S. Andranbsp;amp;,de Brifiac Marefehaux, Chaftillon And'nbsp;ral de France, Marillac Archeucfqiicnbsp;Viennc,Moruilliers EuefqucdOrleâsjMotnbsp;hic Euefque deValence,Du-mortieramp;' dA'nbsp;nanfon tous confeillets au priué conttU'nbsp;Lerefte de la compagnie, afaiioir desentnbsp;ualittî
-ocr page 531-Sous François II. 519
^ïliers de lordre, maiftres des requeftes, '^'^rctaircs deftat , threforiers de lefpar-amp;threforiers generaux,eftoyent debout.
Allât que lon entraft en matière, lAmi-tenant vne requefte en fa main alla h«o'iq'us ''Uers fa Maiefté, amp; luy dcclaira, que fuy- au sei-j^tit fon commandement à luy fait allantnbsp;^tnierement en Normandie, seftantcu- Amiral,knbsp;^'iifctnent enquis delacaufc des troublesnbsp;^cfmotions,ilauoitfceu certainement que jofé pat-neftoit à luy à qui on en vouloir ni ànbsp;foneftat: mais que le plus grand mefeon- »uaoynbsp;tentement de fes fuiets procedoit des gran- pour ceuxnbsp;des amp; extremes perfecutions que lon fiii-foit pour la Religion , fans que la caufenbsp;eiift cfté iuridicquement debatuc amp; condamnée. A loccalion dequoy amp;que ceux denbsp;eepatti oifroyent demonftrer leur doétri-tieamp; leurs ceremonies eftre conformes entièrement aux fainftes Eferitures , amp; auxnbsp;traditions de la primitiue Eglife, il auoitnbsp;pensé faire choie trefagreableà fa Maiefténbsp;de prendre leur requefte amp;fc charger delànbsp;luy prefenter, afin quil aduifaft auec fon cônbsp;feil en fi notable aftemblee,quelleproui-fion on leur pourroit donner pour mettrenbsp;le Royaume en repos. Puis apres iladiouftanbsp;auoirbienpreueu quvne requefte de tellenbsp;amp; fi grande importance deuoit eftre fignee:nbsp;mais que cela nefe pouuoit faire, fans que
Kk 4
-ocr page 532-510 Hiftoire de France, prcallablcment ledit ficur cuft permis denbsp;sallembler ; quoy adiienant on Ianoit af-feure quil fc trouucroit de la Normandienbsp;rran?c'^'finbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cinquante mil pcrfonnes.Siipplist
on cud per du furplus le Roy de prendre en bonne pa« auoit fait, 'a Maicfte fur celanbsp;declaira quil auoit telle aiïèurancc fur fanbsp;fidélité, comme aufsi toutes fes aóbons pafquot;nbsp;fees en auoyent rendu certain tefmoignagc,nbsp;quil ne doutoit nullement que nulle autrenbsp;chofe ne lauoit meu que le zcle de fon féru»nbsp;ce,dequoy il luy fauoit bon grc.
Âeqiicfte Ce fait, fa Maiefté commanda à de LaU-de ceux de befpine fecretairc dEftat, de prendre amp;!gt;* laRehon. tout haut ccfte requcfte, laquelle conte'nbsp;noir,comme les fideles Chreftiens eipsi®nbsp;en diuers lieux amp; endroits de fon Royaume, reconoifibyét ledit Seigneur pournbsp;Prince amp; fouucrain Seigneur à eux donti^nbsp;de Dieu pour les gouuerneramp; conduire.^^nbsp;par confequent cftoyent fes loyauxnbsp;luiers, prefts à porter ro les fubfides amp; chatnbsp;ges quil plairoitlt;à faMaieftc leur impof;*'nbsp;lice quil prenoir ordinairemcrncfuniioif'nbsp;Et tout ainfi que les fainôles Efcritureslcufnbsp;comadoyent de porter le ioug de leurs Prgt;^nbsp;ces en toute fuietio amp; obeifsâcc,aufsinbsp;ent ils inftruitsdcDicu à luy rédrcvnpu*^'^nbsp;nice amp; adoratiü fansadioufterou dimiu*^^nbsp;.à fa parole, ne côfentir à chofe qui ynbsp;traire. Aloccafion dequoy amp; pour n auu^^
-ocr page 533-Sous François II. 511 libttte de safTembler publiquement poutnbsp;tjtcuoirla pafture celcfte , force leuteftoitnbsp; y lUct cn fecret amp; de nuiót Ce qui faifoitnbsp;on leur auoit impute v ne infinite de ca-^^niesjpour lefquelles euitcr,ilsfuppli-^y^ttteshumblcment fa Maiefté leur ordó-des temples, où on peuft publiquementnbsp;P^^fiher la pute parole de Dieuamp; admini-fesfainfts Sactcmens, amp; q^uil députaitnbsp; commilTaires quil luy plairoit pour fai-^apport de leurs vies amp; murs,nbsp;fefte requcftcleue,la compagnie tntra
I admiration, sefmetueillant de la hardief '1 ^'^^1Admiral, attendu les dangers où ilfcnbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le louèrent dauoirren
Bonne 8c
1 quot; ^fon Roy ce loyal feruice en temps fi nc-I f'^ffaitc. Autres le blafmoyent dauoir fait I ouuertute, Sgt;c prins lacaufe en main denbsp;^'^'ixquils defirovét eftre exterminez, fansnbsp;i ^^cune forme ne figure de proces, commenbsp;'Allans les plus deteftablcs du monde. Bonne amp;nbsp;Apres C6la,amp; IAdmiral retourné en fon louable innbsp;'^^gt;ie Roy fitfommairement entendre la«'''^nbsp;'îufe de Iaflemblee,remettant le furplus furnbsp;Chancelier, le Cardinal de Lorraine amp;nbsp;® Egt;uc de Guife fes oncles ; priant toute lanbsp;^''nipagnie,vouloir librement amp; fans aucu-crainte ou pafsion luy donner confeiUfe-
1 loccafiô amp; lanecefsitc le requeroit. j * Royne mere les requit de mefmes, amp; lesnbsp;I Pfiaffedueufcment de côfeillcr le Roy fon
-ocr page 534-5x2» I Hiftoire de France, fils en telle forte que fon fceprre luy fiiftconnbsp;feriiéjfes fuiets foulagcz, Jes mal-contensnbsp;fatisfaitSjfi faire fe poiiuoit.
taHon'du' Chancelier rcmonftra par vne lon-chiceiict. gue Jcdiidion icftat des afaires du Royaume, les comparantà vne maladie,amp;difant quil feroit aife de guérir lemabpourucunbsp;quon en fceuft la caufe amp;la racine.Que Io'*nbsp;voyoit les Eftats troublez amp; corrompus :nbsp;Religion diuifee enopinions: La Noble«®nbsp;mal-contentc: Le peuple appauuri amp;nbsp;demet refroidi du zele Sc bone volonté qi* *nbsp;fouloit porter à fon Prince,amp; à fes minift^nbsp;Que fl la fource Sc racine de tat de calami®^nbsp;fepouuoitdefcouurir, le remedeieroitatnbsp;Parquoyceftoitcnccla quil faloitnbsp;1er, amp; pour raifon de quoyil auoirnbsp;Roy de faire cefte allcmblee, legitimennbsp;compofee de tous les Eftats du Royaf ,nbsp;hors mis le tiers Eftat , qui ny eftoie nnbsp;lement ncccftaire,parceque le but«nbsp;où le Roy tédoir neftoit quaunbsp;paix amp; repos diceluy.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. fut
Le Duc deGuife fiiyuit,amp; mit pap®*^ -ij
Toute ex fpcûequâd table,voulant rendre raifon de fa
. nbsp;nbsp;nbsp;- .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . , Z- -----''^^lîquot;
orrainefitle^ p-.sdcftatamp;d®squot; abrégé les clurr,^«nbsp;dmaireslurmonter Je reuenu du« /nbsp;de deux millions cinq cens mile
ktVMiV) T WUIAJK IVllVllV nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;--
elle piece chant la gédarmerie Sc les forces duR\[jgt; 'ne- he Cardinal de Lorraine fit lenbsp;ble,touchant les afairesdcft3tamp; d®nbsp;ces,amp; monftra par v n abrégé lesnbsp;dinairesfurmonter le reuenu UR ^(li'
-ocr page 535-Is cftoycnt lors les contables ôc les audi-maiftresde leurs contes tout en-^nible: car nul queux ne viïîta les papiers. Oylace qui fut fait pour ce iour-là, lenbsp;au ij.dudit mois.amp;afin que Ion fc prenbsp;cFiour-là, onTailla à chacun vnnbsp;ulletin de ce dont le Roydemadoit côfeil, Rufe denbsp;que Ion eftimoitauoir eftejexprefs émet in quot;wfe poult;nbsp;'^ntépatcciixdc Guife,afin quon nentraft brider i»nbsp;P«sauant en matière quils ne vouloyent:nbsp;pîHèr outre.
Au iour afsigné toute la compagnie afsi~ en lordre que deflùs, le Roy fit entendrenbsp;'on intention eftrc ,quc ceux qui feroyentnbsp;Minaiiement en fon confeil privé enflentnbsp;* opiner, amp; quà leur imitation chafeun desnbsp;luttes sefuertuaft. Puis il commanda inbsp;tontine dernier des Confeilliersdc parler»nbsp;autres apres en leur ordre, ce quil fit,nbsp;^05 remonftrances tendoyent à la refor-^îtion du Clergé , comme aufsi celles denbsp;^arillac , Moruilliers gt; Du-mortier amp;nbsp;^Auanfon,qui opinèrent tous ce iour-Ia.nbsp;^Fais Charles de Marillac Archcuefquc
-ocr page 536-5i4 Hiftoire de France, fingulieres, employé de longtemps es ^IB'nbsp;badàdes dimportance pres amp; loin auec gr^'nbsp;de louange,aiifsi fut-il non feulement eft*'nbsp;me dauoir trefdoétement opiné, mais auisinbsp;contenta la plus part delà compagniöda harangue duquel iay bien voulu inférer icinbsp;mot à mot nour la oofterité.
«l^cpe'rpc! indéterminée amp; generale,amp; dautant luelle me- flus malaifce à refoudre, quil côuiendra denbsp;°''®- la généralité venir aux particularitezjoùjanbsp;diuerfité des iugemens de ceux qui en difpinbsp;feront produira, corne ilcftvray feniblable,nbsp;variété dopinionsiSi eft-ce quen faitdefetnbsp;Maxime Ion doit tenir cefte maxime, Quapres aiioiÇnbsp;entait de-«n-pg Certain de ce 9^^nbsp;d°efk*eccc ^i^puiflé cftrc pour le regard de ceux qgt;*nbsp;tain de ce en ont Ic maniement, eft de fluôtuer en de»nbsp;quiefti berations,fanspouuoir tenir parti qiiilh*^nbsp;fermcamp;arrcftè. Orficeftcreigletantcelc'nbsp;bree par les anciens, amp; fi bien obferueepa^nbsp;tous les Roys,RepubIiqucs,amp;:Potcntatslt;l*nbsp;ont profperé,no doit inciter à fuyure ce chcnbsp;min,lanccefsité en laquelle nousfomfflcsnbsp;nous réduit à ce point, que ne pouuons autrement faire.Et mefmement que rouf hoi'nbsp;me de iugement confeiTèra que les chofesu'nbsp;neuuent demeurer en lcftat auon les vu* '
-ocr page 537-Sous François II. 515
lt;ie « regne les difficukez ne foyent aufsi grandes qnonlesvid oncques.
Et pour neftendre plus auant noftrc propos,les troubles nagueres adiienus, lacrain tlautrcs nonueauxjle grand mefcontenrenbsp;'^^ntqui eden pluficurs,lextremepauure-
^oon void aux autres,amp; leftonnemét qui généralement en tous,nous doit bien in-j^tvn chacun àpenfer dheure auxreine-quot;S qui font propres, pour nous tirer du dannbsp;qui nous menace de quelque alterationnbsp;fur tout en cede aduerfité confer-'^t le Royaume entier: en quoyil ny a pasnbsp;^oins de gloire amp; dhonneur, quen tempsnbsp;ptofperitc enconqueftervn autre.
Pont le faire court, ieftime quil y a deux
Oofes comme deux pi Hiers ou colomncs lt;jueikteft f'f'Ocipales,furlefqucllcseft fondée la feu-f'tedcleftatdu Roy,Linrcgriré de la Reli- reftat dunbsp;^'on,amp;labeneuolence du peiiplc:lcfqucl!es p'nbsp;rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1 r * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tcgnie de
pans termes, il ne taut point craindre que uReiigià, obeiifancc fe perde:rnais venans àsesbran sc'abene.nbsp;krnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uoltnce
'»comme maintenant nous l apperceuons, aupeupU. grandement à douter quil naduienne
Hjiclqqe alteration de ce grand edifice, qui 'oeflus afsis. Parquoy il les faut neceflai-p'^Oiéta(reurer,depeurque la ruine nesen-yuebien toft. Ilcôuicntdonques tournernbsp;^Oceft endroit tous nos defi'cins amp; délibéranbsp;, foit pour la necefsirc qui nous y con-f^*nt,oulvtilitcqui nous inuitc àce faire:
-ocr page 538-tes conlî derationsnbsp;lt;]ucdoicnbsp;auoitvnnbsp;Roy.
5i(î Hiftoire de France, puis q de là depend lobcidancc qui eft deûcnbsp;aiiRoy,amp; la eóferuation de fon peuple:eftasnbsp;ces deuxpaitiesfi connexeseniemble,quenbsp;lvne fans lautre ne peut fnbfiftcr. ^^antlnbsp;lanecefsité, Ion la doit confidererpour le tenbsp;gard du Roy gt; de fes premiers minières quinbsp;Commandent fous kiy, amp; du furplus des autres qui doyiient obéir.
En premier lieu,le R oy doit confiderer a quoy if eft appelle,d^jpourquoy il efteftablinbsp;deDieu,qui luy faittant de grace que de luYnbsp;bailler lobeiflànce dvn fi grand peuple.Ennbsp;quoy il trouuera que ceft pour côtenirfesnbsp;iets en la conoiftâncc amp; feruice de Dieu, 1«nbsp;régir par bonnes loix,amp; les défendre pat armes , «Sc en tout fc rendre fi enclin à procurernbsp;leur bien, quil puiflè eftre aimé amp; reueré conbsp;DifFercncc mepcrc du pciiplc. Carlon ne fait difteren-Roy'amp;'ienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le Tyran, finon que le
Tyran. Roy regne auec beneuolence amp;confente-ment du peuple,amp; le Tyran domine par co-trainte. Au Roy donques fe void lordonnau ce de Dieu, qui eft: autheur amp;conferuateurnbsp;des polices de bonne ordre: au Tyran læU'nbsp;urc du diable, qui peruertit la finpour la*nbsp;quelle les Roys font ordonnez. Dont senfuit que lvn eft aime de tous,amp; ne peiiteftrcnbsp;bay que des mauuais, qui font defobeiflansnbsp;à la loy:Laurre,pour eftre craintûns diftin'nbsp;cfion, eft hay de tous, felô lancien prouerbenbsp;ferot craints/cront
quiporte. Que ceux qui
V toul-
-ocr page 539-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5x7
^oufiours hays. A rant, fi le Roy vent cftre ce qui eft îimé , amp; fatisfaire an commandement denbsp;^gt;e«)amp;retenirIobeiflaccdefesfuietsdlIny vnr«',nbsp;'ftneceflaire deftablir IaReligion,amp;ouyr sllveotonbsp;æs plaintes de fon peuple, pour y donner amp;'b'nbsp;'^Itcmedeque leperedoità les cnfans,puisnbsp;S'filcft Roy pour ceft effet, amp; quil ne peutnbsp;autrement, sil ne fe veut rendre indi-S'« de la grace de Dieu, par laquelle il con-regner,amp; que Dieu ne trâflate cefte gra
I-- J.-
le nous refmoignent:amp; fans al-
r plus loin, ceux de la maifon de France y donques qui côferme, ar rcu
«ion X/-
retient lobei(Iànce,cft la Religion,
neft autre chofe que conoiftre effets.
Jainfi quil appartient, amp; faire ce quil ^ande, Or puis quil conuiét le reconoi-to^ P°^^Cteateur,autheur amp;côfetuatcur denbsp;f^schofesjil senfuit que toutes nos u-r^ipportees à lhonneur denbsp;fç ^°uv.amp; partant il eft neccdàire de con-toutes les adiós
518 Hiftoire de France,
Lts abus n y eft: bie to ft remedie. Car outre la variété des doctrines, qui vid oneques la difeipfe®nbsp;ancienne de lEglifcplusdifsipecgt; plusab-batiie,plus negligee, les abus plus route'nbsp;pliez,les fcandalesplus frcqucns,laviedfnbsp;miniftres plus rcprenablc,amp;Ies tumultes dnbsp;peuple plus grands?
le réméré nbsp;nbsp;nbsp;PoHrobuier.à ce danger, le vray reined®
gen'i' ancien amp; accouftu me , leroit le Concile g®' raj neftre ncial : mais à ce qui fc void. Ion nenbsp;pouiJ^nôynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;attendre,pour deux raif3ns:lvnc,q«
neften noftre puiftàncede faire que le Pf pe,IEmpercur,lesRois 6c. les Alemansnbsp;daccord incontinét du temps, du lietbamp;d®nbsp;la forme quon y doit tenir : où bien fooueu'nbsp;fe trouuét rant de difficultez, que lvn veo^^nbsp;à le promouuoir, lautre tafeheà leroinp®fnbsp;ou reculer:raurre,quc noftre mal noiispf®*'nbsp;fe il fort, le feu eftât allume en plufietirs®''nbsp;droits de ce Royaume, que ne pouuonsat'nbsp;tendre vn remedeefloigné amp; incertain: to^nbsp;ainfiquvn malade de fieure continue,o'*nbsp;autre maladie aigue, où la feignec amp;nbsp;remede prompt eft ncceftàire,ne peut 3«®'nbsp;dre quon foit allé quérir vn médecin bi®*!nbsp;loin , lequel on ncft certain encores qönbsp;viendra.
Concile II faut doneques venir au Cécile natæ® nationnal jjaJ, qui a eftécy deuant conclu 6carrefte,nbsp;nece aire, layant fait eferire amp; publier patnbsp;parquoy il eft neceftairc de Iaccomplft^^^^j
-ocr page 541-Sous François II. 519 ^'rlaneccfsitc qui nous preflc,pout le po-J'eftacauql lEglifc cftmaintenât réduite,nbsp;Ik rcputatió du Roy qui la ainfi dc-°'fcamp;dcclairé par lettres: amp; mefmesnentnbsp;r ilncft fiirucnu chofe qui nous doyue difnbsp;»der de faire autrement, ains au contçairc.
les jours les caufes croifiênt pou^nous quot;*fe haftet, fi nous ne voulons tout péjdrc.nbsp;^Empereur Charles cinquicfme nagueresnbsp;^cedeJeftjQjyçmj à Boulongne pouryc- uicinquienbsp;quot;fccoHronné,amp; venant à contererdesafai- mtpæca,nbsp;^wde la Chreftiente auecques le Pape Cle- cilc cnuccsnbsp;îrit, fit propofer, par fon Chancelier, le U v»p=nbsp;Concile, tant pour reformer les murs des **nbsp;E^clefiaftiquesjqui eftoyent corrompus,quenbsp;pour eftablir la doftrine qui cftoit en con-ttouetfe. A cefte propolition le Pape contredit aigrement, rcmonftrant quil neftoitnbsp;«foin dalTemblcr le Concile,ni pour lesnbsp;dofttiucs, veu que toutes les nouuclles opinions auoycnt efte réfutées amp; dainnees parnbsp;les anciens Conciles : ni pour la difciplinenbsp;Ecclefiaftique, laquelle y auoit cfté fi biennbsp;Ordonnée touchant les murs, quil neftoitnbsp;requis que de faire garder les Decrets quinbsp;uirce y auoycnt efté Èaits. Mais lEmpercurnbsp;ttedemouta fatisfait de cefte refponfc: ainsnbsp;f'pliquaque les grandes aflcmblecs ne pounbsp;oyent eftre que bonnes, tant pour rtjtran-dret le mal, qui de iour en iour pouuoit croinbsp;Itejquc pour rcmemorcx,refrailchir amp; con-
L1
4
-ocr page 542-5 JO nbsp;nbsp;nbsp;Hiftoire de France;
ferner ce qui auoit efté introduit au parauât, Sc empefener quil ne fuft oubliègt;ains entretenu toiifiours en vigueur. Et fuyuant ceftenbsp;fainâe deliberation perfifta toute fa vie ennbsp;ce propos,de procurer le Concile,où à la finnbsp;il ne'trouua plus grands aduerfaires quenbsp;ceux qui le doy tient procurer.
«ens fâi anciens obfcruoycnt de faire Con-foyent des ciles dc cinq ans en cinq ans, comme il fe çôciies de ynbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dectets. Et quant aux na»
cioqani *. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» i z-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; j
cil cinn tionnaux , par le dilcours des niftoircs de
France , à commencer du Roy Clouisiuf-quesà Charlemaigne,amp;depuis iufquesau Roy Charles feptiefmc, Ion trouuera quafinbsp;en tous ces règnes allèmblee dc lEglifeGal-licane,maintenant de tout le Royaume, au-rresfois de la moitié, par fois de deux ounbsp;trois Prouinces :dont iamais ne procéda quenbsp;grâd fruiôk, comme de reformer les murs,nbsp;qui peu à peu Ce corrompent, amp; bieafoo-uentles do«ârines,fclon que les occafions fenbsp;prefentoyent.
Lori ne doit doncquesplus différer àfuy* «r«le chemin que nos maieiirs ont tenu, n«nbsp;craindre en ceft endroit deftre acculez denbsp;nouiielleté , puis que nous en auons tant denbsp;exemples : ni eftimer quil en puilfc aduenirnbsp;autre chofe que bien ,puis que Dieu afsiftenbsp;à ceux qui font afTemblez en fon nom : n*nbsp;aufsi plus attendre , puis que la nccefsitenbsp;nous prefle de fi près , que fans nous haftennbsp;nous
-ocr page 543-Sous François II. 551
'^voyons les prefages de la defolation, y? reptefentent amp; mettent deuant les --lexemple amp; panure cftat des Eglifesnbsp;^ee, Egypte, Grece, Afrique, amp; autresnbsp;J ^^ftoyentancienneipçntles plus floriflànnbsp;fl ?» ou maintenant à peine le nom de Chre-y eft demeuré.
J..C *¦ raifons ie vien à côclurre, quil fonbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;saffcmbler jfoitpar '
j^e de Concile national, foit fous le nom jj^^onfultation, fans sarrefter aux obfta- unft°quot;nnbsp;;^*4UelePapeyvoudroitmettre »puisque naiouaunbsp;permis, amp; quil cft qucftiondenbsp;conferuation. Et autrement, quandnbsp;Is aurions perdu vnc partie du Royau-Q^^oilneftcnfapuiflàncede Icnousrc- .
: Sc quen tout cuenement nous ne ''Ions périr pour luy complaire, ains fuy-® lateiglc que Dieu nous ai laiflèç, quenbsp;j?'prcdecelkurs ont fi fouucnt pratiquée.nbsp;aiTernDlce le £a.~.
J.»' eftime quil feroit grandement à propos nccefliir« ° ptcparatifs,par p°riadinbsp;.Hoelsyncfi fainde entrcprilc feroit biennbsp;'^'acheminée.
. premier cft, larefidcncc des Prélats Premier leurs diocefes, fans quil y euft homme
^^'«n-firftdifpenie, ôc meCmement en Fran
gt; où la planche amp; difpenfe cftant faite vn, laconfequcncc induit tous les
L1 gt;
-ocr page 544-5 32, Hlftoire de France,
tres à vouloir paiïèr par là. Et fur ce nefaot cfpargncr les Italiens, qui occupent la troi-fieme partie des benefices du R oyaume, ontnbsp;penfions infinies J fuccent noftre fang comme /ângfucs , amp; ne tiennent aucun conte denbsp;redder: ains en leur cur femocquentdenbsp;nous,qui fommes fi mal-aduifcz de ne le conbsp;noiftre point: amp; fi nous le conoiflbns , denbsp;nous retenir par leurs belles paroles, amp; autres façons de ny pouuoir remédier. Si lenbsp;R oy payoit grand nombre de gens de guerre, comme il fait de gendarmerie, amp; quaunbsp;fort delà guerre, an lieu daller cotre les ennemis , ils fe tinfiènt tous en leurs maifons.nbsp;Comparai OU à Icuts plaifirs : Nauroit-il pas caufe denbsp;Utquot; au«''nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fcroitmalferui,de les caller,Scbail
les gens guerre.
de 1er la foulde amp; eftatà dautres î Ainfi eft-il des Prclats,qui au temps des hcrcfics,delgt;nbsp;theifme, quicroift à veuë dil,amp;qui cftl»nbsp;plusgrand guerre que lEglifc fauroit auoir,nbsp;fe reculent de la bataille: ayans à faire contrenbsp;fi forts ennemis , qui font dautant plus »nbsp;craindre que ceux du Rôy,dantat que ceux-cyfonrfpiritiicls amp; inuifiblcs,amp; les autresnbsp;charnelsamp;vifiblcs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Seeöd gt;re pautif.
- Le fécond préparatif, cft de monftrerp^^ auelque afte infigne,quc nous auons reioiunbsp;e nous réformer à bon cfcicnt,afin quenbsp;aducrfaircs ne puificntdire que nous alK*nbsp;blons vn Concile pour eftablir nos prerogS'nbsp;tiucs amp;priuileges,fans autrement ^uoir''®'
-ocr page 545-Souî François .11. js
mnin« reiiv nuinarlcnf mal de nous telle importance, de lans attendre la
celle importance, de lans attendre la '^^tmination de la grande aflcmblee: lenbsp;TOn que ce neft pas introduire chofe nounbsp;^®*le,ains exécuter ce que Icfus Chnft nousnbsp;totninandé, que les faimfts Conciles ontnbsp;'JetPrn,;-k !..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J_n________: f_______
®'ertniné,les Roys de Francc,qui font exe-jçj Decrets defdit Concilcs,ont or-''®e,amp;qi,e de noftrc temps les plus grands P^^onnages, Sc les plus renommez en lE-u*'eRomaine ontaduife. Ceftefcntence iinefautnbsp;lenis Chrift eft éternelle,lt;7rlt;ftir accept-y*'gt;^gt;'4f^d4re.Lcs-chofcsfpiritucllcs fc bail deichofetnbsp;de Dieu gratuitement,!! ne nous eft dôc ipir*«*!!«»nbsp;^'teen faire marchâdife : ains eftcômandé
J »»* 'U(LV nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Vnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IIV «nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;VÀU VxAllJAlJVl^
les diipcnfcr en la mcfmc forte que les U i
¦ 534 Hiftoire de Frandc, Ämonia- auoti^ receues,qiii eft gratuitement. Dellnbsp;I'*«' vient quon appelle Simoniaques ceux quinbsp;font telles pratiques reprouucesjamp;dontilynbsp;a tant dexemples aux Adlcs des Apoftres,amp;nbsp;en toute lancienne Eglife, quil ncft befoinnbsp; en faire plus long difeours.
Au regard des Conciles,il cfttantdcfoiJ ordonne quil-ne fefift rien par argent, quenbsp;non feulement Ion a voulu en öfter linuen-tion,mais encores pouruoirfur Icfoupçoninbsp;de forte que ceux qui faifoyent don auxpaunbsp;oefenfe de »rcSjen confignant felon leur deuotion àlÊ
faire don glife leut charité, eftoyent interdits amp;proW mcVdurâinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dons cn temps quils rccc-
lareceptiô uoyent les Sacremens »depeur quon n* des Sacic yinftà interpreter que cc fuft pourlapcrce-î'è'iwy s. ption diceux,corne il fe lit auConcile dAn-Louys de- cyre,amp;'antrcs fuhfequcns.* Saimft Louysnbsp;poiicr^^ar l^oy dc Francc, voyantee defordre qui couinbsp;g. i tàKo mençoir,ne fit aucune doute dordôner que
les Prélats refideroyent en leurs Encfche^» amp; qnon neporteroirplus dargent à Rofflc:nbsp;monftrant par la combien cefte marchandi-/T* ltgt;Trnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fil ft
CarhoJique, Si des plus obeiftans qui fut oneques à lEglile Romaine.
Le Pape iXauI troilicmc delà mailôfldf
nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«nbsp;nbsp;nbsp;1 r.j.T;z»rt
'rjui'X Farneze ,denoftrc teps voyant ladef^bon digne de que plulieurs pays faifoyent de rEglu^\nbsp;^'5 maine, amp; craignant que ce mal fenbsp;giifcquot;* ftendre par tout, reconoillànt allez qi.
-ocr page 547-Sous François II. $55 'Ooit des abus en lEglifc j Icfquels il defi-00öfter amp; empefcher,par la crierie des Pronbsp;'Os: Commanda à certains perfonnagesnbsp;5'^1 eftoyent les plus apparens en doétrincnbsp;, ® leur temps, de luy mettre par eferit cenbsp;^oileur fembloit eftre digne deftre refor-U lEglife, y adiouftant lcxcommuni-, en cas quils ne sen acquitaflentnbsp;'Ochement Se librement : 8c dauantagenbsp;''géant particulièrement ferment de chaf-deux, quils fteluy ccleroyent rien. Enjôles perfonnages efleus à donner ceft of-eftoyent le Cardinal Contarin, tant c-^nbsp;oé par tout, amp; qui eft alTcz coneu en Aknbsp;^Oaigne,où il auoit efté Legat au temps denbsp;'grande côntrouerfe en la Religion:y e*nbsp;loit aufsi le Cardinal Theatin, qui depuis anbsp;ft' P'P® »furnomméPaul quatricme,quoiinbsp;^ftiitioit des premiers de lEglife en integri^nbsp;}inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de vie , 8c en fublimité de doétrine : les
^'tdin'âux Sadolet» amp; Pol dAngleterre y ®ftoycnt pareillement, dont il neft befoinnbsp;O® parler,poureftre aflèzconçus par tour»nbsp;'Oec cinq autres grands perfonnages efleusnbsp;r^oinme les plus fuffifans qui fuflent à Ro-^'Ces feigneurs apres auoir enfemblc cô-donnèrent leur aduis ,qui eft publiénbsp;pat tout,contenant au premier point, Qùcnnbsp;''lageamp;adminiftration des clefs,ceftà di-f®gt;de lapuiflancc de lEglifc, ne fc pouuoicnbsp;0i ne deuoit rien prendre, fans contrcuc-L1 4
-ocr page 548-55lt;j H illoire de France,
nirdirccSlcmcntaü commandem,ct de Dieu amp; Decrets des Concile^. Et toiitcsfoisninbsp;le Pape Paul tiers, qu^auoit demandé ceftnbsp;adiiis,aiiec tant de conjurations amp; fulminations , nen fit autre chofe : Ni le Pape Paulnbsp;quart ne tint conte de reftablir ce quil aaoifnbsp;cftimé eftre fi faindamp; neceflàircdu tempsnbsp;quil eftoit Cardinal. k laifiè ce que fainânbsp;Bernard amp; autres fainôls perfonnages ennbsp;ont dit, amp; diray feulement, que fi nous nenbsp;preftons autremêt le cur amp; la main à cxrirnbsp;pcrcefte racine qui cil mere de tous maux,nbsp;que Icfus Chrift,qui eft autant puiiîântquilnbsp;fut oneques ,dcfcendra du ciel, amp; reprendranbsp;le foiiet pour nous chalTer du Temple, ainfinbsp;quil fit les marchans.
letioifie- Lctroifiefinc préparatif, eft de confeflêr premiere partie de lanbsp;lealhcj gucrifon, cnfiifant indiólion deicufnes pnnbsp;publiez bljcs, comme au vieil Teftamét Sc Ancien-mencqujd EgÜfe cftoit accouftumé de fuiie , lorsnbsp;y aiioiiap quil y aiioit apparencedvnegrandecalafflinbsp;2Vnc'calanbsp;nbsp;nbsp;publiqHc,comnie pefte, famine amp;gucri'c?
mite' pubb où maintenant tous ces maux font conciir-rens. Car quelle plus grade pefte y porruoit-ilauoir, que celle qui rue les âmes: ni plus grande famine,que delà parolle de Dieu,ninbsp;guerre pi us cruelle, que la corruption de lanbsp;pure amp; fainéte dodrinc, qui nous vent aliéner de Dieu noftre Roy, amp; faire perdre cenbsp;grand Royaume, auquel fouîmes appelez
-ocr page 549-ttç. ^nefice de Icfus Chrift? Il faut donc Juif armes accouftumees des ancicsnbsp;publics, oraifons amp; larmes:nbsp;fîpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prendre leglaiue de Dieu quieft
nauôs plus fçj. , 8*inc,ccftàdirelcxtcrieur;amp; nepe-Pea*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mittres,croircs,rochets,cna-
Ut j, qui eftoyent anciennement «uits pour accompagner l'intérieur,nbsp;jquot; * la doûrine amp; bonne vie , amp; pournbsp;rendrenar là nine admirables .fovent
Lir. le le di pour les piteux cxem-
pits nagueres aduenu5,amp; dont de iout à allere en allons nouucaux aduertiflemés. Dv-*^tpart sert veu le tumulte dAmboyfc fous 'Oulcur de prefenter vne confcfsion , ata
-ocr page 550-$38 Hiftoire de France,
lieu que Ion deuoit venir eh dautre pan, y a eu des prefcheurs gt; 1^nbsp;pour extirper les Proteftans,vouloye'£^jp*nbsp;efleucr le peuple, fous couleurnbsp;de fedition'.comme sil y auoit Relig*®nbsp;permift,que pour la planter ou retenir*nbsp;permis dvfcr de fedition.
Ainfi des deux coftez y a eü de U comme cy deuant ont cftè tuez deS holnbsp;fous couleur quils eftoyent Proteft^/j(j'nbsp;contraire on a force les iuges, Sc viok j,nbsp;ftice ordinaire pour faire deliurernbsp;fonniers Proteftâs : amp; ainfi fous ce n#* Jj,j,nbsp;de Religion, plufieurs ont vfurpélaO*' jnbsp;te du magiftrat,dc prendre les armes:nbsp;ne leur eft aucunement licite, ainsdeKnbsp;Qiieiic eft à tous. Cat la fin de la Loy eft vitu® f,nbsp;Loy?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dieujamp; nofFenfer pcrfonne:amp; la fin
1
mes,eft défaire que la loy foitobeye.Lei^^jJ donques eftant conferuateur de la Loyj^,1nbsp;ordonnée de Dieu, par confequentnbsp;difpenfatcur des armes,qui luy font h^**^ .ynbsp;pour punir les contreuenans à. la Loy«nbsp;quoy pourconclufion,celuy (cnbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les prend de fon authoritéjamp;neftantof
hede Dieu pour tel. Il senfuit que to mode luy doit courir fus , commeceluy,**!}:nbsp;contreuient à lordonnance de Dieii,qi^(i;nbsp;ltftablilfemétdu Roy. Pourparuenit^^^nbsp;afaireles Baillifsamp; Senefchauxontconinbsp;'dement de faire refidence es lieux
-ocr page 551-Sous François II. 559
'filter fes pafsions contre lauthorité dcbitc *'aLoy,quicft dobeyrà Dieu amp;:auRoy.nbsp;, Pour venir au fccódpoinóljqui concerne ic*oy«anbsp;Peuple obciflànt, le vray moyen de le renbsp;*'quot;gt;r»cftdouyrles plaintes quil peut faire, obeiflantnbsp;tel remède que le mal le rc-^lert. En quoy il y a difference entre lesnbsp;Peintes publiques amp;priuces.Car fi les plainnbsp;tscftoycnt faites de priuc à priué,ic con-quil feroit aise dy pouruoir par lcfta-
liiflcment des iuges,qui font fi bien ordon le Roy mcfmc fc réd fuiet aux loixnbsp;^oilexerce enuers fon peuple. Mais quandnbsp;elles font generales , amp; regardent lafeurcténbsp;lalterationde lEftat,il faut neceflaire-Went recourir aux anciennes ordonnances,nbsp;lut Icfquelles lEftat eft fôdé, qui neft autrenbsp;tKofe que les trois ordres qnous appelés lesnbsp;Eftats,afin que chacun ayârpropose paf en- amp; iquellenbsp;fcmble ce qui tend à difformationjamp; côfultc **
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» Anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uent cftic
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 *nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Z-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 Tgt;
remèdes qui font propres, le Roy,pour lamour naturelle quil porte à fes fuicts.
-ocr page 552-540 Hiftoire de France, ordonne ceque iuftcment cft requis àlhô-neur de Dieu, amp; à k (àtisfàdion dvn chaf-cun : dequoy depend la beneuolcncc qncnbsp;tous luy portent, amp; le contentement qui luynbsp;doit demeurer,en ce quayant obey à fa vocation enuers Dieu, il a retenu le gré des honbsp;mes. Et en celle forte il conferue non feulement le nom de Roy, amp; les qualitezquinbsp;en dependenr,mais encores ilpeutcomma-der fans armes,|)uis que la bcneuolence desnbsp;fiens les induit a plus faire de grc, que Eiconnbsp;trainte ne pourroitexiger par force. Agis lenbsp;Roy des Lacedemoniens difoitque le Rofnbsp;pouuoit regner fans armes, quand il cotn-mandoit aux fiens comme lepere àfes en-fans.
plain Qp monllrer que les plaintes font pnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fclic nature, quelles requièrent eftreou-
uent eftre y es amp; examinees en laflcmblee desEftatSj e /mincesnbsp;nbsp;nbsp;touchcray ccllc qui cft generale. Que les
ce
cnprefen- furchaigcs extraordinaires impofeesTurle ftannbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peuple for creuësamp;multipliecs de forte,que
nbn feulement il ne peut plus porter ce grâd faix,mais encores nepeutfatisfaireauxan-ciensdeiioirs.Neft-ce pas plainte digne denbsp;lire traitée aux EftarsîSi le H oy au contrairenbsp;veut faire entendre la calamité des guerresnbsp;qui ont fi longuement dure, les defpcnfesnbsp;qui sen font cnfuyuies, la faute des finances, amp; les grandes dettes quil atrouueesanbsp;fon aduenemenr à la Couronne,ncll-eepasnbsp;pro-
-ocr page 553-Pf Sous François II. 541 dcftre rcmonftrc aux Eftats:nbsp;ia plufpart du peuple dvn coftcnbsp;^oleance$,amp; que dailleurs la ncccf-k fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt; quon a plus de dclir de
1'. '^^^¦ger, que de pouuoir promptement I'''^uter? Et mefmemcnt que vouloir ouirnbsp;P'iintc des affligez, eft commencemét denbsp;/Violation. Et foire demonftration de lesnbsp;oiiloir releucr dopprcfsion,eft vnc bonnenbsp;Partie de la guerifondaquellc pour le moinsnbsp;gïrdc de tomber en defcfpoir, Si de cer-'77«ation.
le peuple remoftre que le Roy doit vi-5^ lie fon Domaine, faire la guerre des ay-payer la gendarmerie des tailles, lef-fl^elles à ceft efFed furent cy deuant accor-que le Roy au contraire face conoi-fluilatrouuè le Domaine de fo Courô-'^qnafitout alienéjla plufpart desaides cn-ncantmoins demouré charge de «Ipcnccs accouftumees,amp;de dettesinfi-^æ^Pour obtenir auec le grc du peuple quenbsp;«Charges cftans aucunement diminuéesnbsp;continuent encores pour quelque temps gt;cnnbsp;Pendant quon ait execute Icsmoyés quonnbsp;joiiétc amp;pratique tous les iours,pour rauoirnbsp;«Domaine,amp;defchargcr les aides,pour ce-pêdat empefeher q les fuicts ne fe fouftrayétnbsp;(le lentieieobeiflance quils doyuentà leurnbsp;l^oy,i!c les rendre capables de ce fait, y-a-ilnbsp;autre moyen que dalTcmblcr les Eftats?
-ocr page 554-5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hiftóirc de France,
Sil eft parnecefsite gt; bclbin de retrancher les dclpenfes du Royaume,amp; que ceux qui en ont la charge ne le puifl'ent exenbsp;curer fans sattirer vne enute incredible,pronbsp;cedant du melcontentement de ceux qui tienbsp;fe fouciêt fi la bourfê du Roy eft vuide poufnbsp;ucu que la leur foirpleinezCommét le peut*nbsp;il mieux, ne plus feurement exécuter, quenbsp;par laduis de grande aflèmbleejpuis quau-tremenr peu degens nclepeuuentfaireU*nbsp;fautdonques que ce foie aux Eftats.
Si le mefeonrenremenr Ce trouuc en tant de gens, que tous les iours Ion cerche moyenbsp;daltcrcr la feureré de i'Eftat : ne fachans If*nbsp;vns en quelle difpofition font les afaires,nbsp;le fond oes finances du Roy.les autres abu*nbsp;las de ce prétexté, pour mouuoir lesnbsp;à fcditiô; Pour contenter les bonsnbsp;la bouche aux mauuais , y-a-il rcmede P^nbsp;prompt ni plus receuable,quc de faire ente*nbsp;dre en pleins Eftats comme toutes choft®nbsp;pafient, puis quil eft permis là de senqu®nbsp;rit,amp; y Icauoir la vérité?
Si les premiers miniftres du Royiônt^ lomniez, comme aurheurs fircaufedet^nbsp;le mal pafte,amp;qui pctiraduenir,côjnectnbsp;qui tournent toutes chofes à leur aiiantag^^
6 font leur profit particulier de la calat'^^nbsp;de tous.-y-a-il autre moyen pour fe
de tous foupçons, que de faire entenof^ telleaftcmbleeenquel cftat
-ocr page 555-Sous François II. 54î Royaume, comme il a cfté admmiftré,amp; cônbsp;'® ceux qui font ailèurez dauoir bien vcrlenbsp;Veulent fuyr la lumière, ains font appa-den tendre fi bonne raifon,quon aunbsp;*®caufe den eftre fatisfait?
sil y a cricrie publique fous quel-Wçoiileur que tefoit,où peut-elle eftre. ''jeux ouyequen aflcmblee generale 1 Et fi
* '^eftiufte ,doù peut procéder le remedenbsp;Ps aflèuré, que celuy qui fera confulté amp;nbsp;Joüué bon par tant de gcns?Et fi elle eft fauf
niicux elucer lefoupçon que ^Carautrement aduient que bien fouuentnbsp;? opinions, encores quelles foyentfauifes,
* nlinucnt en la tefte des hommes, amp; lesnbsp;'''dupent fi auat, que la vérité apres n\ peutnbsp;^*'ttfct.Parquoy lesremedes de les dilluader
propres, quand deuant tout le monde '^leutmôftre quils on cfté mal perfuadez.nbsp;, ^tyavHçautrcconfideration denecefsH
lt;îuitlcriuedcs inconucniens quipcuuct aduiennéc quand en ces difficultcz on ne sai- Pnbsp;/'iesremedes ordinaircs.En premier lieu, dc'otdi-^J^oy en (es loix amp; commandemens neft lt;1®nbsp;qui eft Vn des plus grands prefages de uVtftX?nbsp;»ition qui puiflé eftre confiderc-.Car dau-j.®fque le peuple neft efeouté en ce quilnbsp;eftre grcuc, il vict à perdre peu à peu lcfnbsp;^'fintedeftre foulage. Et finalement tomben ce defefpoirdc fe fouftrairc des char-quil portoit,fans teuerer ny le comma-
-ocr page 556-544 Hiftoirc de France, dement du Roygt; ny lauthorité de fa iuftice:nbsp;ains fe difpofei routce qui peut aducnir,nbsp;prenant pour maxime quil ne peut pis a-uoir que la mort, qui mettra fin àfes malheurs.
Les maf-contcns dailleurs, voyans le peuple mal édifié »procurcntdelaigrirda-UAntage parfauflès perfuafiôs, donrils sai'nbsp;dent, reraertâs route la coulpc fur le gönnetnbsp;nement qitilsdifent eftre malconauit:^^nbsp;fous prétexté de quelque occafion qui fet'nbsp;ble auoir quelque couleur de veritéJls 7^nbsp;iôüftent vne infinité de menfonges,qquot;i5nbsp;font diuulguer par placars, libellesnbsp;lettres las nom aautheur,amp;par autresnbsp;ens obliques. Ce quils peuuentdautatpi^^nbsp;aisément pcrfiiadcr,quc le peuple eftaûfnbsp;cere,réçoit volontiers ce quieftconfoiit'®*nbsp;fa pafsion. Et les plus fimples qui nen^**
dent le fond des afaires du Roy, fc laii*®* nbsp;nbsp;j
aller à croire ce qui eftdiuulgué par tout-
Delà procédé par degrez que les bufans du nom de Religion,violentnbsp;rire de la iuftice, conrreuiennent an* .nbsp;du Roy, forcent les iùges,amp; fontnbsp;de rcbcllcs-.Ies autres fous confiancenbsp;punire,fontaftcmblees reprouuecs gt;nbsp;les châps,foulent le peuple, amp;coroinetf®j^nbsp;vne infinité de maux ,amp; reiettentnbsp;canfe de tout le mal furie fait dugoU^^^^j:nbsp;ment, voyans quepluficiïrs senpUS
-ocr page 557-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;545
^ont ft senfuit que les plus desbordez amp; te ncraircs parlent ouuertcment, lt;5c les plusnbsp;Wiknsofent bien faire pratiques auec lesnbsp;^necs amp; nations eftranges, ÿc cependantnbsp; eurent le peuple de libcrtéjou dautre munbsp;quils voy et quil y cft plus dif-
Hneft iabefoin departicularizer ce qui f general» pour cftrc chofe notoire:nbsp;^'ilevnent aionftcray» que li vne pronincenbsp;Royaume venoit à sexempter des tailnbsp;charges accoufturnees, comme Ion ennbsp;lignification en quelques parts, il y au-'f dâger q les autres pays ne fuyuifsét leurnbsp;^^ple.Pourlc moins,les derniers quô recenbsp;f dailleurs,ne feroyét fuffifans à mettrenbsp;pour réduire à la raifon ceux qui fc-V®nt rcfiifans:amp; mefmement que le feu e-fois allume,pourroit fauter de lieunbsp;''^Utre,amp; finalement seften dre par tout.
^arquoy pour cuiter fi grad mal, amp; fi pro hnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fortes cftre
^^ccfîiite dafièrnblcr les Eftats . Et quand les caiifes des necefsitez defius difeou-ceflèroyent»encores lvtilitédc conuo-^ct telle afiemblee cft fi grande, que toutnbsp;P^ïtondeladoit defirer. Car peut-on plusnbsp;''ühiitef pour apprendre vn icune Royà rcnbsp;|'cr,que de luy faire entendre par le menunbsp;lesafairesde fon Royaume,dexami-^Hes murs de fon peuple,amp; conoiftre cenbsp;Mm
-ocr page 558-54^ Hiftoirc de France^ qui fait pour luy , amp; ainfi fe formel: à mefu-rcr la defpenfe : e n forte quil sy porte cornenbsp;le bon paftcur , lequel tond fon troupeaunbsp;douccmcntjfans autrement loffenfcr: amp; quinbsp;prcd par làv ne reiglc deuiter toute fuperlluinbsp;té amp; luxe, voyât que ce qui fort de fa bourfenbsp;hors fon Domaine, efl: la fubftace amp; le fmgnbsp;de fon pauure peuple, que Dieu a mis en lanbsp;garde amp;protcâ:ion.De là procédera vne bônbsp;ne Sc fainfte education, qui apres produiranbsp;bonnes murs:Et apres 5enfuyura la bonenbsp;fortune gt; laquelle accompagne communément les meilleurs:amp; finalement sacquerra
Vtilitex proucni^nbsp;CCS de Unbsp;fufdice CÓnbsp;uoc»tionnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; '--------- *
desEftati, ce grand nom de Pere du peuple, duquel la Louys uiemoirc au Roy Louys dou^iefme eftplusnbsp;douxicnie cclebrec gt; amp; reluit pour exemple à toute lanbsp;peredu pofterité,plus quc toutes les conqueftcsamp;vinbsp;f ôboires de ceux qui ont clic auparauant.
Lautre vtilité eft,quc le peuple François ayant entendu les neccfsitez'defon Roy»nbsp;mcfmemcnt quand elles ne procèdent denbsp;fon fait, na iamais reculé deluy fubuenU'nbsp;de tout ce qui a elle en fon pouuoir. Ce quenbsp;celle nation fur toutes autres a roulîours denbsp;monllré.Parquoy Ion doit bien prendre gainbsp;de que celle proptirude amp; debónaireté nenbsp;foit li mal reccu'é,amp; fi fouuét offenfee qiiàlanbsp;fin elle ne fe côiierriflè en rage amp; defefpoir-Ces vrilitez fon côiointcs auec vne gradenbsp;hônclletè,cn ce q le Roy fur ces coméceniesnbsp;de Ion reçnc repréd lancicnc obleruanccamp;nbsp;COU'
-ocr page 559-Sous François II. 547 couftume : à quoy tout home fage aura toiifnbsp;iours recours, quad il verra la corruption a-uoirtârgaigné, queIcsloixne retiénctplusnbsp;leur vigueur. Car côbié q le Roy foit feul aunbsp;theur de la loy,amp; quà luy feul appartiennenbsp;de cômandcrtoutesfois ce quil ordonne ennbsp;telles afséblccs a plus de force, amp; le peuplenbsp;ty teddautât plus obeifTant, quil void cellenbsp;ordonnance eftre côforme à laduis de plu-fieurs.Où, quad peu de gens y ontefté appcnbsp;lez, on vient à interpreter que la loy a efténbsp;forgée felon la pafsió daucûs, amp; fis examiner les railbs qucullcnt peu alléguer les ab-fcns,sils euflent cfté ouys.
ta couftu nie d afsé-blcr kt £
En cefte forte la maifó dç Fracc seft main tenue enuirô iioo.ans,amp; ny a Royaume biénbsp;ordôné qui ne fuyue cefte ahcicnc Sc fainéic lt;)¦» ob-eonftutncdafsébler les Eftats, côme lô voidnbsp;enlEmpire,où 16tiét lesdictcs:amp; dailleurs, pi« ontenbsp;inx Royaumes dEfpagne, dAnglctercc,nbsp;dEfeofle, de Dannemarch,Suedc,Boheme,nbsp;Hógrie,amp; par tout ailleurs; qui cft vne autrenbsp;cófideratió qui doit eftre poifee. Car puis qnbsp;tat deRoys fc trouuét bié de telle obferuâce,nbsp;amp; cftimét ne pouuoir autrement maintenirnbsp;leurs cftats, 16 ne fe peut honneftement de-pittir de ce que nous auôs fi log téps garde.
Rcftcàrefpondreàceux qui ne peuuent ttouucr bonne telle aftemblee, alleguans ip:ou'**nbsp;queceftehofedes long temps difcôtinueç, uét telle'«nbsp;quitend à diminuriô de lautnoritc du Roy,
Mm X
-ocr page 560-548 Hiftoire de France,
amp; qui fur tout eft dangercufe en temps dç \nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;diuifion.Siceiix qui mettent en auant la dif-
continuation de conuoquer les Eftats, exa-minoyent les maux amp; les biens qui eq font depuis proiienusj certes ils trouucroyétquenbsp;û telle obferuance euft eu lieu,Ion nefuftnbsp;tombé en t^nt de calamirez que nous voyôsnbsp;f n ce temps, dautant quon neuftpermis Is,nbsp;corruption procéder fi auât.fans y remédiernbsp;pn tout ou en partie. Car tout ainfi que parnbsp;intermifsiondes Conciles enlEglife,seftnbsp;, accumulé le comble du defordre que Ionnbsp;voit nous menacer de grande mutation :ainnbsp;fila difeontinuation des Eftats a ouucrtlanbsp;pone à toutes inuentiôs mauuaifcs, IcCquelnbsp;les font augmentées de force,(jue le feulnbsp;moyé dy remedicr,eft de reprédre fanden'nbsp;ne forme denos maieurs ,qui eû d'aûini~nbsp;hier les Eftats.
Ceux qui adiouftent que laiirhoritè dit Roy feroirdiminiiee, me femble ne conoi'nbsp;flre poincle cur des François, qui a couC,nbsp;jours fair pour fon Roy ce qu'il a peu : Sedénbsp;frequerirplus, ce ferait iniufiiee, Se de lexiger,impofsihilicè. Geftdôques eflablirlaanbsp;thorite du Roy, Se non pas la diminuer, denbsp;leur propofér chofes indes,puis que fansnbsp;yiolerlenom dif Roy, Ion ne peur faire autrement; Se par là dattendre lortroy détournbsp;ce que le Roy veut, puis quil a fîbon pen-plc,qui ne hiy refit fe rieri.
-ocr page 561-Sous François II. 545gt;
Et fi Ion répliqué, que le Roy fu bride de tiauoir rien fans le confenrement du peuple, le refpon que puisque fans aflcmblernbsp;les Eftacs,amp;fans entendre les raifons quinbsp;hieuucntlc Prince à croiftre les charges anciennes , le peuple a cy deuant obey, amp; fansnbsp;conttadiftionzque dcura-il faire quand il fénbsp;raperfuadé que la caufe de la demande faite aux Eftats fera trouuce iufte?
Si Ion pcrfifteàdirc que par là le peuple feroitiuge sil y aurait iufticc à ce que lenbsp;Roy dcmâderoit, Ion peut adioufter qu'entre tant de gens aflcmblcz, laplufpart tendnbsp;au bien cômun, amp; que le peuple eft capablenbsp;dentendre ce qui eft à fon profit: Sc par tat ynbsp;confcntir,puis que lavoix du peuple eft comnbsp;triunémét eellc qui eft approuuee de Dieu.
En cefte forte ont régné ceux qui ont e-fté auparauantîdont les plus renommez ont eu tant defgard à contenter le peuple, quenbsp;fans creuës amp; autres furcharges ont plusnbsp;fait,que nous nauos depuis auecques toutesnbsp;les inuentions quon a peu troùuer pour ef-puiferlcpeuple\ En quoy pour lheure ie ne te Roynbsp;me departiray de lexemple de ce bon Roy xnpintnbsp;Louys douziefmc,lequel auec fon reuenu l'Empir»nbsp;ordinaire, força amp; print tout lem^ii p Jre ^«vcni-
Venitiens, excepté le
Conqueftale Duché de Milan,amp; donna ter- .
I.T- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I ¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deMilatn
retira toute 1 Europe: ou nous depuis ayans faitpreuue détour ce quauons pcuinuéter
-ocr page 562-55© Hiftoirc de France,
pour exiger deniers, à peine aiiSs peu rete-nirvne fciilevillc conquifefurnos ennemis. Dauantage Ion void que la^acilitcdob-renir amp; rroinier trop aisément deniers,nousnbsp;rend faciles à faire trop de deipenfes; oùnbsp;nous mefurans félon n'oftre reuenu, nousnbsp;eufsions retenu le cur dattenter fur les c-ftats dautTuy,amp; les mains de fouiller fi aiiâinbsp;es bourfes du pauurc peuple ,dontàlafinnbsp;nauons tire autre frui(â,nnon que les nations eftrai^cs ont triomphe denosefcus»nbsp;ne nous laiflans que lexcplc de leurs vices.nbsp;ifsTftats Aucuns ont voulu mettre en auant es
Sous François II. $5« uertc, Oll celle que Ion craint quil fe face.nbsp;Côme au premier cas eftoit celle du temp» /nbsp;du Roy lean,auquel le Roy cftant prifon-nicr, le peuple fans chef, amp; la guerre continuant contre les Anglois gt; qui auoyent efténbsp;en tout vidtorieux, la diuinon eftoit telle»nbsp;que ceux des grandes villes tenâsvn party,nbsp;amp;cftans fouftenus parles plus grâds Princes du Royaume gt; qui proccdoyent de forcenbsp;ouuctce: il eftoit aife à penfer que la plus fornbsp;tepartacheminoitles afaires afadeuotion. *nbsp;Ainfi neft de merucillcs.fi en telle calamiténbsp;le Royaume cftant fi affligé amp; diuifé,le Daunbsp;phinen Tabfence du perc céda à lin féliciténbsp;du tcmps,amp; à la violence de ceux qui eftoy-entles plus forts.
Mais en ceftuy-cy,où nous auons paix a-uectous nos voifins,amp;lc Royaume dcmcii te entier, où nul refufe obeyrau Roy, nulnbsp;querele fon eftat,nulles forcesfcpeuucntnbsp;defcouurir, Icfquelles on ne peuft aifementnbsp;J^epoufter : ains fe trouuct feulement aucunsnbsp;uialins efpritsqui veulent fubucrtirlcpcu-plcjfous diuetfes coulcurs,amp; prendre par lànbsp;occafionde piller, rober amp; senrichit delànbsp;pauurcté dautruy: pour faire cefl'er leurs menbsp;uees, amp; rompre entieremét leurs dcflcins,amp;nbsp;Contenter le peuple, le vray moyen eft de fainbsp;rc entendre aux Eftats comme les afaires fötnbsp;ttaitez,lcs deniers difpéfez, les necefsiteznbsp;nous ont réduits à ne pouuùir fatisfairea
Mm 4
-ocr page 564-55^ Hiftoire de France,
tous ceux qui demandent, le défit quon a de reformer lEglifc, douir amp; fotilagcrroasnbsp;les affligez, relcucr les opprimez , amp;enten'nbsp;dre à toute bonne uure.
Ce (êroit donc couper les racines de ladi uifion,nonpas de celle qui eft formée, cardnbsp;nen y a point qui piiifle produire grands effets,fi Ion y entéd dheure : mais de celle quJnbsp;fepoiirroir braflèr, laquelle aiièmcnt pour-roit croiftre ,(î par rcmonftranccs faites esnbsp;EftatSjEdits,loixamp; pragmatiques ny eft ob-cûtcnùôs . comme il fe fit du temps du Roy Char-xôy eha huitiefme, où le Roy eftanr moindre denbsp;lt;¦/ J11, quatorze ansjamp;r les contentions pour le gounbsp;uernement eftans telles quon vint iufqu^snbsp;aux armes; neâtmoins les Eftats apres auo'^nbsp;reconu leur Roy,luy fupplierent en toutehûnbsp;milité dentedre à ce quils luy remonftroy*nbsp;ent pour le bien de Con Royaume, fans vfet
vn fcul terme quon peuft interpreter pot
T» /* nbsp;nbsp;nbsp;
ter contrainte.
Dont par plus grande raifon, ils fe porteront maintenant en mefme deuorion, eftau'^ le Roy hors de minorité, accompagné de lanbsp;Royne la mere, de tant de Princes du fangnbsp;de lEftatdc lEglifc amp; de la Nobleficjquif®nbsp;voudrOTcnt tous efpargncrchofc qui foitettnbsp;eux,iniques à la dernière goutte de leur ßg»nbsp;pour la conferuation de lauthoritédu Rof»nbsp;quil a pieu àDieu leur donner,fans craindrenbsp;les folles machinations de ceux qui ne voU*
-ocr page 565-Sous François II. 555 cheminer droit : dont la foiblclTc amp;nbsp;Iç^^^uaifc caufe nous doyuét aHèurer, qnenbsp;? efforts ne font grandement à craindrenbsp;pouriicu parnbsp;'^ihlccdesEftats.nbsp;^lle fiit la dode ,fagc Sc Chrcfticnnenbsp;de ce grand perfonnage, qui nenbsp;depuis jcftant,comme Ion dit,nbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jyfquels ilauoitdefplcu;
I0' difent que voyant comme tout al-y® niai en pis,il en mourut de regret.
Exemple en l'Anri*nbsp;ral dvn
'Hàf
feillet.
lendemain 14. du mois,le reng dopi-j,'^^fcheut à lAmiral,lequel fit entrer tonte /hiftancc en admiration par fes grandest '«rfagescnbsp;S^nieres remonftranccs, tant pour le faitnbsp;Religion,que pour les afaircs politics amp; dcftat.saccordant amp;i fuyuant fi dex-'^ét ladeduftion des propos de Marillac,nbsp;*1 fembloit rien ne pouuoir plus cftrc al-S'ie.De manière quilscmponcrcnt lhon-dauoii donné le meilleur amp; plus cet-/^iconfeilpour rendre ce Royaume paifi-
® St plus floriflanr que iamais.
Entre autres chofes notables Sc remaT-cbles pour lhiftoire de noftre temps , il J'nfta longuement fur la nouuclle garde,nbsp;*lant que ceftoit chofe de petilleufe confe-r'tncede nourrir le Roy en cefte opinionnbsp;^uoir crainte de fes fuicts, Icfquels le voy-5 à tort foupçonnez, pourroyent engen-auec le temps vnc mcsfiance, qui attire
-ocr page 566-554 Hiftoire de France, vne haine apres foy de voir IcurPrince arménbsp;contre cuxgt;aii lieu de leur donner feiir amp; libre accès pour entédre leurs plaintesnbsp;leances. ioint que les François ont ce naturel deftre plus contens quand ils ont del'nbsp;couuert leurs conceptions à leur Roygt;encofnbsp;quil ne leur donnaft aucune expeditiô cot'nbsp;refpondante à leur fouhait,que de toutes lenbsp;autres expeditions que leur pourroyentdonbsp;ner fes niiniftres,fi lavoye dapprocher de 1^nbsp;Maicfté leur eftoir oftee.De (a. parc,il ne p®**nbsp;noir penferfur quoy eftoyent fondez ceult;nbsp;qui auoyent ainfi armé ledit Sieur contrenbsp;fes fuiets : mais li fon honneur, fes biens,nbsp;vie amp; celle de fa femme amp;cnfans eftoyef*^nbsp;gages fuffifans,il les mettroit volôtiers polnbsp;pleige que le Roy neftoit nullement nîjnbsp;ne mal-voulu de fes fuiets , ôcacefte coUnbsp;fiance quil pourroit aller feul par tousnbsp;coings de fon Royaume : car il trouU^nbsp;roitvne telle obeilTancc que reccutiain^^nbsp;Prince,en forte que par celle demonlnbsp;tion amp; communication familière, le P^^^nbsp;pie iroit au deuant de luy auec offresnbsp;fens de leurs biens amp; vies. Bref, il fe pnbsp;ucroit tellement honoré du plus grand*nbsp;ques au plus petit, que chacunnbsp;roit à qui mieux mieux, à luy monftrcrnbsp;naturelle inclination enuers leursnbsp;Princes. Qiie fi aucuns de fesnbsp;craignoyent deftre offenfez, aufsi en
-ocr page 567-Sous François IL 555
Qoyent-ils retrancher 1occafion, comme à h vérité il auoit entendu tout Icmalcon-enteincnt cftre contre ceux qui manioyentnbsp;l^safaircs du Royaume» ce quil trouuoitnbsp;dappaifer »pourueuque toutes chofesnbsp;? compalTees par bon orlnbsp;quot;'c oc lelon les loix du Royaume. Son ad- i conclu tnbsp;5** amp; conclufion portoit trois chefs : lvn » qy®nbsp;® laflcmblcc des Eftats generaux du Roy- téquot;lchenbsp;fuyuant les anciennes conftitutions, «puisquenbsp;pnque le Roy entendift parla bouche denbsp;'fubiets leurs plaintes amp; rcmonftran- ne lont
Le fécond tendoit à. öfter la nouuclle pour öfter laialoufie du Roy amp;dc fesnbsp;^5^'plcs. Le troifieme, quil donnait relaf- aux pcrfccutions pour le fait de la Rcli-iufqucs à liHue dvn faind Sc librenbsp;^°ucile,fuftgcocialou nationnal. Et quenbsp;'Pendant en faifant droit fur la requeftenbsp;'^^lcntcc,il permiftà ceux de ladite Rcli-de fc pouuoir alTemblcr pour priernbsp;ouyr prefeher fa Parole,amp; communi-^''t aux fainds Sacrcmens. Et pour ce fai-leur dediaft temples, ou autres placesnbsp;cHafeun lieu, amp; commift de fes iuges onnbsp;gens, pour garder que rien nefefiftnbsp;jVpfre lauthorité du Roy,amp; le repospu-j-'^-f-^oyfaifantjilsaflcuroitdevoiraufsinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\
l?îdainlc Royaume dutoutpailîblc,amp;lc3
**^'5 contens.
Il lày eut rien de notable aux autres
-ocr page 568-Jciconifn ca decrc-uer Taponbsp;rtiimc denbsp;ia Tyrannbsp;nie,biennbsp;empefthetnbsp;à coijIounbsp;fer fa maunbsp;uaifetaiinbsp;le.
t«
Côclulîôs éb/nuc9.
5 5Ö Hiftoire de France, opinions de ceux du confeil priue, hors tnisnbsp;que Ic Duc de Guife ayant pris fort à curnbsp;les remonftrances amp; aduis de IAdniiralfenbsp;nionftra tant pafsionne J quau lieu decon-fciller le Roy en vne afaire de telle Sc fi grannbsp;de importance, il ne sarrefta quà contredire fon opinion. Etprintfortà cur ce quilnbsp;auoit ainfi librelnét parle de la nouuelle gafnbsp;de,difant que ceftoit mal ï^duile, de nounitnbsp;le Roy en crainte de fes fuiets,amp;.quilsncnbsp;luy vouloyent nul mal, mais à fes miniftres.nbsp;Car,difoit-il, ce neftaux fuiets de bailler innbsp;ftrudion à leurPrincc,mcfmcment lors quenbsp;chacun fauoit quil eftoit de foy alTcz accomnbsp;ply en toute plenitude de vertu. Etquandilnbsp;luy defaudroir aucune chofc,il auojt laRoy-ne fa mere pour vraye regle de nourriture:nbsp;parquoy tel langage ne deuoit auoit efté tenu. Et fur ce quon auoit dir,lt;^ue ceux qWnbsp;prefentoyent la requefte cy deflus mentionnée fe trouueroyenr en nombre de cinquatenbsp;mille, ou plus,de leur fede, le Roy leurennbsp;oppoicroit vn milliô de la iienne.Au reg^cdnbsp;de la nouuelle garde, iàmais il nen auoite-fte daduis, finon depuis que les fuiets a-uoyent pris les armes contre le Roy.Nefef'nbsp;uoit rien de dire, que ce neftoit contre leditnbsp;Seigneur, ains contre aucuns de fes mini'nbsp;ftres. Car fon frere ne luy nauoyent iamaijnbsp;offenfe ou mefeô tenté aucun,pour leregafnbsp;de leurs afaircs princes. Que fi on auoitnbsp;occiiiosi
-ocr page 569-Sous François H. 557 ^cafion de quelque mefcontentemenr,cc-loità caufe de ladminiftrarion des affairesnbsp;'ll! Royaume. Parquoy fi on s'atrachoitànbsp;ceftoic diredement prendre les armesnbsp;contre le Roy, fous prétexté de sattacher ànbsp;fes principaux minxftres. Et ny auoit encocnbsp;*'ic«ne raifon poutquoy la nouuelle gardenbsp;eftre oftee.^iuant à la R cligion.il sennbsp;cetnettoit à ceux qui eftoyent plus fauansnbsp;luy en Theologie. Bié SalTeuroit-il quenbsp;les Conciles ne le pourroyent deftour-'cr.ncluyfairèchanger lancienne manière amp; forme de fes predecefleurs,principalement quant aux fainds Sacremens. Et pournbsp;tegard de lafîèmblec des Eftats, il sen renbsp;^étroit à la Maiefté dudit Seigneur. Cecynbsp;fot dit par le Duc de Guife, de telle fortenbsp;*106 chacun sappcrceut que fa pafsion le donbsp;mfoott,amp;ty a grande apparence que dcflorsnbsp;le forma en fon cur la haine contre lA-'niral, quil a toufiours gardee depuis,amp;quinbsp;iefté caufe de grans maux.
Le Cardinal de Lorraine nauoit moin-^temefcontenrcment,mais comme il eftoit uiidei-ot plus retenu, aufsi y proccda-il dautre forte,nbsp;^tirât fon argumét de la requefte prefentee vne peaunbsp;pit lAdmirai, dit quil ny auoit rien moinsnbsp;fidelité Scobeiflance en tels fnpplians.nbsp;bien quils fc diffent trcfobeifianSjCe- Tout«nbsp;^oit toutesfois aucc condition que le Roy
de leur fede amp; opinio,ou pour le moins roauuais
-ocr page 570-558 Hiftoire de France,
XHalcdi» eien quenbsp;Thcolonbsp;loeien.
quil ny contredift. Il fc remetfoit donc atf ingemcntdvn chacun, sil cftoit raifonna-blc que le Roy amp; mefsicurs de fon confednbsp;fiiflcntpluftoft de Popinion de tels galans»nbsp;queux de celle du Roy amp; de fon confeitnbsp;Quant à leur bailler temples, ce fcroitdunbsp;tout approuuer leur hcrenc,ce que le Roynbsp;ne fauroit faire (ans cftre perpétuellementnbsp;damné. Pour le regard du Concile generalnbsp;ou national, il ny voyoit pas grande raifon,nbsp;puis que ce neftoit que pour reformcrlesnbsp;murs des gens dEglife. Car chafeun 1®nbsp;ferait de fijy-mefme amp; facilement, par 1®nbsp;moyen des admonitions generales amp; parti'nbsp;culieres quon leur pourroit donner.nbsp;fitrplus,leftatjde la Religion pour le regardnbsp;de la dodrine,auoit elle fi fouuétconcïuamp;nbsp;arrefte quil ne faloit quen obferiier les decrets. Et que lalïèmblee de tous lesCôcilesnbsp;du monde ne fauroyét ordonner nulle autrenbsp;chofe que lobfêruation des prccedens. Il®'nbsp;doit au refte aifè à voir de quel zele eftoye^nbsp;menez les fupplians par les placars amp; Id®*'nbsp;les diffamatoires quils produifoyent tousnbsp;les iours contre tout le monde, defquels »nbsp;dit quil en auoit fur farableiz. faits contt®nbsp;luy, lefquels il'gardoit trellbigneufcnieu'^nbsp;«11 JeS; le plus grand honcur quil fau^nbsp;i*ine vray mais reccuoir q deftre blafmc parteis mtnbsp;ft'n'im**'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fpetant que ce feroit le vray
moÀaiité. de fa vie, pour le tendre immortel.
-ocr page 571-Sous François IL 552
il conclnoit, à ce que tels feditieux öc c ^rlgt;ate«rs du Royaume amp; du peuplenbsp;gricuemenr punis j amp; principaîc-ç Ceux qui scfleucroyenr aucc armes,nbsp;ilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;il^ auoyent cy deuât fait. Bien eftoit
jj ^^uis J quant à ceux qui (ans armes amp; de deftre damnez iroyent aux prefehes,nbsp;1 ^etoycntdesPfeaumes ,amp; niroyentànbsp;j.^«eirc,amp;feroyent autres chofes quils ob- 'nbsp;r^oyenc puis que les peines ny auoyentnbsp;(j'^yiufques à lors, que le Roycomman-
Quon ny touchaft plus par îùfticc amp;; de punition , eftant de fa part biennbsp;de ce quon auoit feit de fi grieuesnbsp;^curions. Et voudroit que fa vie ou fa Urm«nbsp;euft peu en cela fepiir de 'quelquenbsp;à ces panures defuoycz, ce quil cx-Metoit de trefgrand courage amp;libcràlc-Son aduis doneques eftoit que lesnbsp;'icfques amp; autres doétes perfonnages de-^y';';W4uailIerde les gaigner,amp; corrigernbsp;fdoit-il, félon lEuangilc,comme il cft e-
, Corrige ton feere entre toy de luy : amp; Magnifique cependant les Baillifs amp;Senefchaux fuf /^ntenuoyez refideren leurs charges pournbsp;P«nir ceux qui portcroycnr armes, amp; lesnbsp;^efques St Curez en leurs Diocefes pournbsp;^ôminiftreramp;.'prefcher les autres. Et que deins deux mois prochains ils fe rcdilTent rcnbsp;c tis amp;:jnformcz des abus de lEglifc,pournbsp;^*^accrtenei le Roy,afin de regardera la ne
*
-ocr page 572-5^0 Hiftoirc de France, cefsite daflembler vti Concile generalodnbsp;jei la ve- nationnal. Et pour Ic regard des Eftat»nbsp;rite'fait generaux du Royaume, il en eftoit daduis,nbsp;adue'frire afin dc rendre vn chacun refolu de la bonne adminiftrarion que le Roy faifoit desa-faires de fon Royaume, amp; leur faire voir aunbsp;doigt amp; à lil lelperancc quils deuoyentnbsp;auoir de mieux.
Confeil. Ins ad i-dem.
Le lendemain les Chcualiers de lordre opinèrent tous aumefme lieu amp; heure lvnnbsp;apres lautre. Etdvne fuitte fans aucunement haranguer »conclurent à ce quaiioitnbsp;propofe le Cardinal. Ce fait le Roy amp; 1®nbsp;Royncfamerc remercièrent trcfaffcéhieu-fcment vn thafeun de leur bon confeihpto-metrant de lcnfuyuro , amp; fe conduitenbsp;iccluy. Le Cardinal dit quil feroit larte^nbsp;amp;conclufion,pouf le communiquera toutenbsp;lancmbleejamp;lc refoudre. Eraufsiqi^nbsp;Maieftc feroit esbaucher le furphis desa-faires qui auroycnrefté propofees ou conj'nbsp;mcncees,poui les releuer de peine,nbsp;lemcnt en faire conclufion, y ayant toute -fois;vn arreft métal au cerueau du Roy)?®*'nbsp;defeourir limpudence des fols.
Voila en fomme quelle fut la rcfolut'^ de celle aflemblce, la pluralité des vo^nbsp;laquelle eftantenclince de lanbsp;J:__I 1-.»»..«- J.. D J.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JAouft^'
la pipee dicflêenbsp;fous lenbsp;nialque ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
d'vn con dînai,lettres du Roy du dernier dÂoU-eile,Me nbsp;nbsp;nbsp;.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;--- - r.t
nom dei ttt cxpctiiccsitcous oainiis «x. j»-quot; . Kftïtf. contenans la bonne volonté quil auoit
nômdeî tct expcdicesàtous Baillifs amp; Senefe
-ocr page 573-Sous François IL 561 des fon aducnemcnt à la couronne,de pour- tourneenbsp;noir au fait de la Religion amp; an foulagcmet «outesfoitnbsp;de fon peuple. Pour à quoy pouruoir ilauoit bou'.pàînbsp;flicaflèmblerles Princesde fonfang,gens ladmita-defonconfeilpriucjMarefchaux de Fran-«iGouuerneurs amp; Cheualiers defonor- Dieu.nbsp;dtegt;pour confulter des plus propres moyes,nbsp;Untpoureftablir ce qui eftoit conuenablenbsp;auferuice de Dieu,que pour releuer le pauvre peuple des grids frais quil portoit amp; a-^oit portez. Leiquels apres y auoir bien pennbsp;I ygt;aiiroyent dvn commun accord propofenbsp;points. Le premier eftoit la reformation de lEglife par vn bon concile general,nbsp;tic eftoit quil fc peuft obtenir, fino par vnnbsp;ttacionnal. Et lautre,la côuocation des troisnbsp;°tdtes quôappelloit Eftats generaux, pournbsp;'tl pleine aflcmblec diceux, onyr amp; exami-¦er les plaintes de tous les affligez, amp; fansnbsp;j 'cception de perfonne donner tel remedenbsp;le mal le requerroit: les foulager entant
SttÇ fes afaires le pourroyct porter, amp; y pour ttoir de forte que chafeun peuft conoiftrenbsp;' zele quil auoit de leur faire fentir lesnbsp;quils attendoyent tant de la paixnbsp;^tiede fon naturel amour amp; bencuolenccnbsp;'iiucrs eux. Laquelle propofition luy auoitnbsp;einblé non feulement vtile; mais aufsi tref-tgt;nnefte,pour au commencement de fon rcnbsp;St^Cjreconoiftre la grace que Dieu luy fai-ttt de procurer que toute corruption fuft
Nn
-ocr page 574-Hiftoire de France,
defracinee de fon Eglife, Et dailleurs reprendre lancienne forme de communiquer auec tous ceux de fon obeiflànce,amp; leur faire conoiftre combien il defiroit lesfauori-fcr,amp; aufsi confefler ce quils faifoyentpournbsp;luy, Et|dautant que la conuocation dcf-dits Eftats luy auot femblc deuoir précédernbsp;celle des Ecclefiaftiques , tant pour cftrcv-niuerfellc des trois ordres, amp; que les ma-*nbsp;tieres qui y feroycnt propofees ,pourroycntnbsp;prendre bricue refolurion, que pour auoirnbsp;plus de temps amp; loifir de procurer la celebration du Concile general, felon lefpc-rancc que le Pape, lEmpereur, le Roy Catholique amp; autres Princes luy en auoycntnbsp;dônefe, fen quoy il nomettroic nul deuoir)nbsp;comme aufsi pour ne plus différer àouyr lesnbsp;plaintes defon peuple, aufquelles il defiroit promptement remédier: à cefte caufenbsp;il leur fignifioitlairemblcc generaledefditsnbsp;Eftats au io.deDécembre enfuyuanr, enlanbsp;ville de Meaux. Vouloir amp;enrendoitquenbsp;chafeun en fon bailliage amp; fenefchaucee fiftnbsp;faire particuliere aftèmblee des trois Eftatsnbsp;de leur reftbrt , pour saccorder enfemblenbsp;tant des remonftrances, plaintes doléances quils auront .à luy propofer amp; faire entendre,que pour cftire Certains perfonnagesnbsp;dentre eux ,amp;pour le moins vn de chacunnbsp;tftat,qui au toit la charge de propofer ce quinbsp;leiirauroir femblé tourner au bienpublic,nbsp;foil-
-ocr page 575-Sous François IL 5^5 Soulagement amp; repos dvn chafcun. Et quenbsp;cependant les gouuerneurs amp; lieutenansnbsp;«les prouinces vilîteroyent refpeétiucment icigiftpennbsp;leurs villes, pour entendre par le menu amp; doueuie.nbsp;luy rapporterJles doléances du peuple,amp;nbsp;îduiferoyent de ce qui feroit vtile deftrenbsp;ordonné pour le bien de leurs Prouinces.nbsp;^eur failant entendre le défit dudit Seigneur pour les foulagcr à laduenir, ainfinbsp;quil auoit ia commencé par la redudionnbsp;des tailles en leftat où elles eftoy enten tepsnbsp;de paix.
t» refot-matiô des bordeaux
laticns.
Et au regard des Eucfqucs,Prélats amp; mé btes de lEglife de fonRoyaumc,iccluy Sei-nbsp;gneur difoit les auoir exhortez de fc retirer eômifcauxnbsp;en leurs Diocefes, amp; outre ceux qui feroyét 'nbsp;députez pour aller deuers luy , il les ad-«ertiroit fe tenir prefts amp; appareillez poursacheminer vers la ville de Paris,où la partnbsp;quil feroit »pour comparoir au vingtiefmenbsp;de lanuier au lieu quil leur feroit enten-dtciafin queftans là afiemblcz. amp; ouys tousnbsp;ceux qui auroyent à remonftrcr quelquenbsp;chofe concernant lhonneur de Dieu amp;: lanbsp;ïtformation de fon Eglifc , ils aduifafltntnbsp;entre eux, ce qui feroit digne deftre remonnbsp;ftte audit Concile gsncral,oùily auroit apparence quil fe tint bien toft. Et quattendant iceluy, ils retranchalicnt amp; reformaf-ftnt ce qpar intermifsiô desConciles, negUnbsp;gcce des Prélats, ou autremet par corruptio
Nu i
-ocr page 576-564 Hiftoirc de France, ' de tempsieur fembleroit digne dcftrcrc-trSchc OU reformé,com me chofe tepugnatenbsp;à. la doókrine de Dieu amp; des fainds condlesnbsp;de IEglife. Cependant il vouloir quils euf-fent Iceil z cc que les efprits inaliqs qu*nbsp;pourtoyent eftrecompofez des reftesdc Unbsp;rebellion amp; tumulte dAmboyfe, amp;dautresnbsp;gens conuoitcux de nouueautez Sc dalte-tatio dEftatjfiiflent tellcmet defcouuertsnbsp;retenus felon la foucriré de fes edifs,quep^nbsp;leurs machinatios amp; fous quelque couleurnbsp;quils prinflènt, ne corrompirent ceuxqu*nbsp;les pourroyent efeouter, attirans à leurnbsp;dion les fimples, par lexemple de leur i»'nbsp;punité, Sc fous la fiance de lu clcmence àenbsp;laquelle il auoit cy deuant vle:ou autreiueornbsp;que par leur artifice ils nalteraflent
deuoyent attendre toutes bonnes cl lilïiie de fi faindes aflèmblees.
Ceux de Guife donc ayans rôpu ce coup
1
Sous François II. 5^5
lt;ÎUoy voulant rem edier, il auoit délibéré départir par les Prouinces du Royaumenbsp;Sielques grands Seigneurs, accompagneznbsp;gens de fes ordonnances gt; félon quil a-joitiugéncceflairegt;amp; fuyuant leftat quilnbsp;^'Urcniioyoitjvoulant eftre public en chacun rcflbrt que tous les hommes darmes amp;nbsp;®fchers deldites compagnies euflènt â euxnbsp;Retirer dans le vingtiefme dudit moys en ar-ÿc equipage requis à luy faire feruice,nbsp;su lieu qui leur eftoit ordôné, fur peine detre caflèz des ordonnances,amp; declairez inhabiles de jamais y rcuenir, amp; queftanslànbsp;b euflènt à obéir à ce qui leur feroit ordon-par les chefs dénommez par ledit eftatnbsp;chacun en fon endroit. Le departement c-ftoittel.
Le Duc deMontpenfier iroit par le com-ïnandement du Roy en Ion gouuetnement fleTours,amp; auroit,outre fa compagnie,celles de GonuOr ,dc Vaflây,amp; la bande desnbsp;Efeoflois.
Le Prince delà Rochc-fut-Yon allant en fon gouucrncmcnt dOrléans, auroit a-ueefa côpagnie celles des Ducs dOrlcansnbsp;6c dAngouîcfmc,de la Trimouille,amp;Vida-flîc de Chartres.
Le Duc de Niucrnois gouuerncur de Champaigneamp; Brie^fc rerireroit àTroyenbsp;aiiec fa compagnie amp; celle des Princes denbsp;Gondc , Dom Francifquc dEft, la Rochenbsp;Nn 3
-ocr page 578-5^6 Hiftoire de France,
du Maine amp; Beauuais.
Le Marefchal de Montmoiécy demetrf® roiten fon goiiuernement de lIfledeFrâce,nbsp;aiiec la copagnie duConncftable Sc la fiéne.nbsp;Le Mai'clchal fainét André allant en (oanbsp;goiiuerncment de Lyonnois amp; Bourbon-nois J demeureroit à Molins, aurok auccnbsp;fa compagnie celle de Dannilkp Bourdil-londa FaycttCjConte deVillarSjamp;Montluc.
Le Marefchal de Briflàc en fon gouiierne ment de Picardie auroit aucc fa copagnie celles deScnerpont,Moruilliers,Humieres,nbsp;de Chaunes,amp; Gcnly.
Le Marefchal de Termes iroit àLoches, Sc auroit auec fa compagnie celles du Prince de Nauarre,dc Sanfac, Côte de la Roch«nbsp;Foucaut.de Randan,de Charny, du Ludcjnbsp;amp;de la Vauguyon.
VilJcbon en la baife Normandie auroit outre là compagnie celles du Marquis Dcl-hoeuf, dAnnebaur, amp; de la Millerayc.
Vicilleuilleen la ville de Rouen auroit les compagnies de lAmiraI,amp; dEftree.
Pluueurs perfonnes ayans veil ce depaf-tcmenr,iugercnrinconrinenr que cescoffl-.pugnies auoycnt efte entrelaflèes aaccvne mcrueilleufe dextérité. Car celles defquel-leson doutoir les capitaines fauoiifei auxnbsp;Princes eüoyent mcllees auccrant Jauries,nbsp;quon sa/Icuroif quelles ne poarroyentnbsp;iouërfaux bond iàns eftreaufsi toA defcoii-aertc^t
-ocr page 579-, Sous François IL 567 jamp; chargees à dos .hToutesfois ceuxnbsp;^ui auoycnr plus dexperiencc de la guerre,nbsp;^Uoyentqueceuxde Guife nculTèntpeu a-oir pis fait, dautant quau ioindrcil yeiiftnbsp;plus de danger pour eux que de feurctc.nbsp;yoyla comme fe manioyent lesafaires, Scnbsp;^'^rdre quils donnèrent pour empefehernbsp;les Princes nepeuflent aflèmbler leursnbsp;^rccs. Car les chefs ainfi départis auoycntnbsp;mot du guet, pour prede ou tailler en pieces toux ceux quils eftimeroyent marchernbsp;fccours défaits Seigneurs. Et quant aunbsp;^uc de Montpenficr, il pottoit telle inimi-la Religion, amp; auoit eftè de telle fortenbsp;Pratiqué par ceux de Guife »quil fe ban-**oic du tout cotre foy-mcfme ,lans pouuoirnbsp;goufterlaconfcqucncc des entreprifes connbsp;flaires. Ne leur reftoit donc plus que cenbsp;ItuIpoint, ce leur fcmbloit,afauoir,dc gai-1 Sfier amp; pratiquer le populaire, duquel ilsnbsp;^ftendoyent tel fccours , que ce feroit ce-luyqui les deliureroit de leurs cnnemis,lcucnbsp;Mettant les armes au poing pour exterminer les Huguenots. Pour'quoy faire,amp; pournbsp;effacer lopinion mauuaife quon auoit con-ceiië àcaufe des eferits Sc libelles diffamatoires publiez contre eux, mcfmement ceftenbsp;temonftrance aux Princes, qui leur eftoitnbsp;dctrcfmauuaifc digeftion: ilfeprefcntavnnbsp;ieiineAduocat(au refus de duTillctamp;dcfönbsp;fiere lEuefq ) nôme Guillaume des Autelsnbsp;Nn 4
i'
H
*4^
il-
568 Hiftoire de France^ de Charrolois, qui fit v ne harangue au peunbsp;pIcFrâçois autorifee dvn priuilege du Roy»nbsp;à laquelle il fut aufsi foudain rclpondu » denbsp;forte que le Cardinal mefme deladuoua cenbsp;Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que fous main il auoit fait faire, difantque
IV temps amp; fes actions luy feroyent allez toll raifon de tous fes ennemis.
Ttâhifon II acy deuant cfté fait mention comme cóiteMó- Mombrun apres lappointement fait aiiecnbsp;beud^tenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Gondrin auoit elle contraint de te
chaftice, prendre les armes amp; leuer gés pour fa feot-féedeewx ^^I^equoy ccux dc Guife aduertis eniioye' deGui'fe* rent lettres du Roy en Dauphiné du 17^®nbsp;Aouftjpar lelquelles ils luyfaifoyent dit®nbsp;quil eftoit marry dauoir pluftoft vft denbsp;fericorde enuers ceux q fous prétexte de R®nbsp;ligion auoyét pris les armes, que de rigueu*^nbsp;de iuftice,dautât que cela ne les auoit nulle'nbsp;met retenus,mais pluftoft empirez,puis q**®nbsp;aucuns de fes fuiets de Dauphiné Sc des efl'nbsp;uironsjgens feditieux Sc de nature turbU'nbsp;lens, abufans de Ca. grace Sc pardô, fe Ceiojs^nbsp;de nouueau oubliez plus que iamais,amp;elle'nbsp;uez en armes iufqucs au nombre defep^nbsp;huitcçns hommes , fous la conduite dvnbsp;nommé Mombrun, amp; autres fes complice^nbsp;Icfquelsayâs iaoccupé la ville deMalolTeuenbsp;auCôtat de Vcniflè,amp; de lobciflàncc dunbsp;pe, yfaifoyenramp; exerçoyentvne manife*nbsp;peditron,port darmes amp; rebellion, feig^^nbsp;fOutesfois amp;dtfgmfans telles fhofes,m^^
-ocr page 581-Sous François IL 56^9 prétexte de Ia Religio nouiielle quils alle ;nbsp;S^oyent y vouloir maintenir, tendans ncat-^ojns toufiours à fe diftraire Sc fcp arcr denbsp;J^bei/Hiuce dudit Seigneur, amp; efmouuâs cônbsp;fes loyaux fuiets.Aquoy defirâtpour-vaincu delà pertinacité amp; opinia-rctéde ces feditieuxamp; rebelles,le mauuaisnbsp;Portement defquels il ne pouuoit plus endunbsp;J®r,êcvoulant empefeher que ce feu ne sal-plus auanr, mefmement fur les terresnbsp;'lEgIife,de laquelle il cftoit le premiernbsp;s^confidcrantaufsilaprcfximité de voifi-^^Se,quc ladite ville auoit aucc celles ditnbsp;S'^Uuernement de luy la Motte, il luy com-^andoit dincôcinent leuergens,amp; faire af-*'niblcr toutes les forces tant de pied quenbsp;'^^chcual eftans en garnifon, ou autrementnbsp;Dauphiné,aucc ceux de la noblcflc quilnbsp;^rouueroit propres à luy aider,pourdelà lenbsp;^ranfpoiter au Contât, amp; autres lieux,où ilnbsp;Poutroit affronter Mombrun, amp; luy courirnbsp;de tout fon pouuoir, rompre fes forces,nbsp;^dechalTcr dcfdites terres Papales,amp;au-où il fe pourroit retirer. Et pour ce fairenbsp;prendre lartillerie amp; munition où bon luynbsp;etnbleroit. Bref,de chafticr Mombrundcnbsp;reiix quil pourroitprendre, en forte que cenbsp;Mexemple aux autres,cas aliénât quils nenbsp;^fiftaflent apres la premiere fommation.nbsp; Cede cómifsió rcceuë,la Motte Gondrinnbsp;f toute diligence deleucr gens pour allernbsp;'romier Mombrun, conic aiiisi le Vicclegat
-ocr page 582-s 7 o Hiftoire de France,
wniquot;'} iuyenuoyafcs forces: ce qui cuyda du comquot; mencement retarder lentrcprifc dont il fera tantoft parié: mais en fin tourna à lauanquot;nbsp;tage de ceux qui la côduifoyent, dautât quenbsp;les g ens de guerre eurent par ce moyen plusnbsp;de liberté daller amp; venir en armes» quilsnbsp;neuflent eu autrement en temps de paix.
îé'du'kü- Cefte entreprife eftoir de semparer de ne Mali- la ville de Lyon, grande 6c opulente» com-I yon^' chacun fait» afin de donner courage â0lt;nbsp;Princes» amp; y conuoquer tous ceux qui den-royent lEftat du Royaume eftre remis fus»nbsp;amp; damener les vfurpatcurs diceluyà lata*nbsp;fon»à laquelle il eftoit plus que notoirenbsp;deux-mcfmesils ne fc fubmetttoyét iamaiS'nbsp;Et fut cefte entreprife drefiee par le SicUi'nbsp;de Maligny leieune » lequel scftantachc'nbsp;miné en Prouence pour faire gcnsjaiio^nbsp;fibien drefsc le tout» que lenrreptife fnbsp;deuoit mettre à execution le cinquie*'nbsp;me de Septembre, quand voicy arriuervfnbsp;3ictdu Roy de Nauarre, mandant eXquot;nbsp;:menr»quon euft à dclai/îèr cefte enri®nbsp;prifcjdontil auoit cfté nouuellcmcnt a«'nbsp;uerry. La raifon eftoit fondce(difoit-il)lj^nbsp;les lettres quil auoit eues de quelque grî^nbsp;Seigneur,qui le fupplioit que iur toutes ch^nbsp;fes il ie gardaft bic de fc faifir devilles,ninbsp;sé emparcrdaiicunesjde peur de dónerco'*nbsp;leur au faux blafmc que luy rciettoyent ftsnbsp;aduerfaires de fcvoiiloir faircRoy de Fracc»
-ocr page 583-Sous François II. 571 fous ombre den quereller le gouuernemct;nbsp;aïs quil prift la campagne le pluftoftquenbsp;^àirc fe pourroit, Sc quil trouucroit afleznbsp;^autres retraites, fans samufer à celle denbsp;f-yon qui eftoit trop loin.
Or conuicnt-il noter que ces lettres a-oyent cfté enuoyees long temps au para-i^^nt laflêmblee de Fontainebleau amp; la con location amp;publicanôdes Eftats generaux,nbsp;en laquelle on defiroit fur routes chofes quenbsp;^eRoy de Nauarre amp;fon frerefe rrouual-fentjfuft en grande ou petite compagnie,nbsp;®lpcrant chacun de leur faire auoirdeflorsnbsp;la raifon de leurs ennemis. Mais on nauoitnbsp;peu gaigner ce point furie Roy deNauar-Cela fut caufe que plufieurs voyansnbsp;4^6 les Princes ne pouuoycnt plus riennbsp;entreprendre par armes, fans fe mettre ennbsp;leur tort cuident,dautant que la conuocationbsp;des Eftats auoit elle arreftec en ladite afiemnbsp;liee,retirèrent leurefpingle du icu,amp;saui-lêrent dautres moyens, pour fe maintenirnbsp;quil en aduinft.
L« Roy de Nauarre confiderant bic tard lafautc quilauoit faite,dc nauoir creu lenbsp;eonfcil du Conneftablc,qui auoit de fanbsp;part aftèz de forces en main, fans quilnbsp;Rift befoin de mettre le Royaume en arènes, ou en plus grand danger , demeu-*^a fort irrefolu. Car dvncoftc ilcraignoitnbsp;encourir vn granddanger sil quittoit tour.
-ocr page 584-Hiftoire de France,
amp; dcftre tellement abandonné de fes amis»' 3' fes ennemis enflent bon marché de luyj^cnbsp;e fon frere.Dautre coftè, il ncvoyoit pointnbsp;de moyé de mettre fes entreprifes à fin,puisnbsp;quil eftoit du tout arrefté par celle coniiocanbsp;tiondEftats laquelle il preuoyoit deiioire-ftre,par la force de fes aducrlàircs, tournéenbsp;en vn moyen tout contraire à ce que fes fer-uiteurs amp; amis en elperoyét.Parquoy façonnbsp;clufion fut de temporifcriufques au tempsnbsp;de laflèmblee diceux , concluant toutef-fois, que fi cependant il eftoit prefsé parfesnbsp;ennemis, alors il fe mettroit en campagnenbsp;ooiir leur aller au deiiâr.nour auov faire il quot;
Limoges,où il fc rangeroit auec les fiennes* Maligny qui auoit, comme dit a elle,nbsp;achemine toutes chofes fi heureiifementnbsp;amp; fecrettement que nulnelauoit aperce*nbsp;non pas feulement foupçonné, entra en vonbsp;merueilleux ennuy amp;penfemcnr,nefacha'nbsp;que iuger de ceux qui cftoyent auprèsnbsp;Koy de Nauarre, pour voir fi foudainsnbsp;ftranges changemens es chofes de telle ini'nbsp;portance. Et ce qui plus le tourmentoit,c^'nbsp;ftnirauil auoit ia en la ville vne bonnepaf'
-ocr page 585-Sous François IL 575
autres parlaiitrc porte, en forte quon Pouuoit reculer fans danger manifefte
^ftre defcouuerr amp; pris.Et de vray,il aiioit J°Utueu de fi longue main à ceft afaire,quenbsp;tteux mil foldats qui partoyeut de Prouenbsp;Languedoc à certains iours amp; heures,nbsp;^^^trencontroyent nullcmét plus de troisnbsp;^f^oisjou de quatre à quatre,ains leurs trai-eftoyentfibicn ordonnées amp; départies,nbsp;'l^e comme vue trouppe auoit difné ou counbsp;fluiten vn lieu, les autres y arriuoyent fansnbsp;f'it,nbsp;nbsp;nbsp;feign ans ne sentreconoiftre, ioinr
uefaits par ceux qui eftoyét delpartis par les
ils cftoyent venus,ilyalloitdvnlong ^®uips, amp; encor ne fc pourroit-il faire fansnbsp;Stand defordre amp; fans cftre defcouuerts amp;nbsp;Ptins ou mis en pieces,sallans ietter aux fi-*?ts de la Motte Gondrin. Deles enuoyernbsp;^ufsi en Gafcôgnc ou Limofin,il y auoit entbot moins d*ordre,tant pour nauoir rie préparé pour tenir la capagne, que pource quilnbsp;«loit paflèr des pays montaigneux amp; fortnbsp;tudes,où ils feroyent bien toft rencontrez amp;nbsp;ptouinces àla.deiiotion de ceux de Guilè.nbsp;bt quanta les enuoyer à la file, il y auoit entant moins de raifon,pource quils nauroyét
tciirs logis ainfi préparez comme à leur ar-
574 Hiftoire de France,
tiuee. Dauantage il ne leur eftoit pofsible de marcher aiiec armes defcouuertes,amp;silsnbsp;fu fient arriuez là tous nuds, ccftoit autât denbsp;gens inutiles. En ces extremitez il garda cesnbsp;lettres fept ou huid iours, amp; confultant ennbsp;foy-mefnic ce quil auoit à faire pour le plusnbsp;expedient »finalement il conclud de contte-manderles bandes.iVIais fur cela voulant ranbsp;maffer en vn lieu toutes les armes quil a-nire,quifut caufe de le faire dcfcouurir amp;nbsp;metre en grand dager. Car faifant porter ennbsp;vne certaine maifon »prochaine de celle oùnbsp;il logeoitj fbixante corfclers,le porte-faixnbsp;quon laiflà entrer dans lafalle afièz indifcrcnbsp;tement amp; inconfiderément, apperceutqu'ônbsp;les arrengeoitcorne fion les euft prépareznbsp;pour vn combat,amp; obfcruant pluficnrs boninbsp;mes à luy inconus, amp; qui portoyent minesnbsp;de fbldats, fc douta de quelque chofc.Orcônbsp;me telle maniéré de gens efpient volotief snbsp;les maifonsjou pour defrober, ou pour rapporter ce quils voycnt,ce gaigne-deniernbsp;penfant profiter quelque chofcgt;alla furienbsp;foiraduertir le capitaine de là ville de toutnbsp;ce quil auoit veu, y adiouftant rcllerocntdttnbsp;fiengt;que lautre furefmcu den aller aduer-tir le gouuerncur,qui luy commanda deprenbsp;dre 1'quot;' rrnic rr-nc Ktrmtfi'hllfterS dC VlllC
-ocr page 587-Sous François II. 575
^auoir que ceftoir.
Oryauoit-il en cefte maifon trente ou Quarante foldats logez, Icfquels fe voyantnbsp;Mcinent allaillis,enuiron les neuf à dixnbsp;quot;cures du foir.fans autre fommation necô-*ôândemcnt doiuirir de par le Roy,fc mirétnbsp;telle defenfe quils rcpoulTerent viuc-?cnt le capitaine amp; fes gcns,de façon quilsnbsp;yoyentnauoir iamaisefté à telles nopces.nbsp;^^gtiy qui eftoit là aiiprcs,aduerry que fesnbsp;Senseftoyent aflàillis gt; encor quil euft con-^Mnc pader outre,niaisferetirer amp;rca-iioyerfes gens à la file, fe voyant ptouoqmènbsp;7 attiré au combar, Si ne voulant perdre
Sommes,qui autrement enflent eftêamp; y aufsi en danger, fort auec douze ounbsp;Hquot;iQze gentils-hommes ,amp; donne au dosnbsp;^'ces Citadins de telle roideur, que com-æ quils fulfcnttrente contre vn,fi eft-cçnbsp;le pins vaillant le gaigna au pied, amp; fenbsp;'¦ctirans fur le pont de la Saône, fes deuxnbsp;^toupes iointes cnfcmble qui eftoyent den-^ton cinquante ou foixante hommes,lesnbsp;Pourfiiiuoyent de fi pres quils furent con-f^^uts daliandonncr le pont, amp; den laifl'crnbsp;J ^iguy le maiftre, comme aufsi de toutenbsp;'dlç entre le Rofne amp; la Saône, les habi-laquelle eurent tel effroy,quc nul nenbsp;pour aller au fecours de Icurcapitainc,nbsp;quil demâdaftà haute voix force pournbsp;^^uy»ainschafcû demeura en léclos defès
-ocr page 588-Hiftoire de France,
murailles, iufques au lendemain de haute heure. £n tout cell: effort,il ny eut que troisnbsp;hommes ruez du cofte de la ville, entrelef-quels le capitaine du guety demeura.Lesaunbsp;très eftoyent admôncftçz de fe retirerpaifi-blement en leurs maifons , auec promcfîcnbsp;quils nauToyent nul mal. ,
Ceft heureux fucces donnavolóté â Mali gny de paracheucr fon entreprife, de laquelnbsp;le il seftoit departy à regret. Quafionluynbsp;en faifoit reproche,il auoit pour exeufeda-rioireftè attiré au combat,airifiquiltroufnbsp;föjt bagage pour fe retirer. Fartât il enuoyanbsp;par toutes les maifons où il auoitgens, amp;nbsp;aufsi vers tous ceux qui luy auoyentpromisnbsp;fecours, les priant de fortir auec les arm«-Mais pource quauparauant il nauoit donenbsp;le mordu guet ny aucun /îgnahamp;quon eft*nbsp;moit lentreprife rompue ,nul de tous f^®nbsp;fens nofa fortir,ny feulement mettre le neznbsp;la feneftre,de crainte dvne fauflê alarme»nbsp;amp; que les ennemis ayans defcouuertlei^^^nbsp;prife, les vouluflent maffacrcraii fortirde^nbsp;logis : loint aufsi que Ionauoitpeu depaj^*nbsp;darmes, amp; que la plulpart eftoyent ia emu*nbsp;Iccs. Toutesfois Malignyiugea celaem,®nbsp;prouenu à faute de cut,amp; quil fenbsp;mauuais fier à gens de ville pour executenbsp;vne telleamp; fi grande entreprife.Ayant d^nbsp;longuement batu le pauéjamp;craignatle nbsp;venu deftre chargé, fi dauenture on
-ocr page 589-Sous François II. 577 couuroit quil tuft li petit nóbte de gés, chafnbsp;eunfe retira en fon logis pour fcrafraifthir,-ft'nettantlcsprincipauxCapitaines amp; gen-f*ls-hommesdefetrouuctle lendemain annbsp;®Min chez Maligny, afin daduifer ce que *nbsp;ilsauvoyent à faire. Mais quand il fetrouuanbsp;* quil eut de plus près penfe amp; rumi.nbsp;'t au deportcmenr des citadins, defquels ilnbsp;^ttedoit fccours,le petit nombre d'hommesnbsp;Hyil auoit,comme aufsi dauoir contremannbsp;Its gens qui luy venoyent, ne reconoif-que danger apparét pour luy amp; les fiés,nbsp;''°gt;fe,dc mettre en ruine amp; dcfolation tou-ft U ville, il (c retira fccrettemet par la riuienbsp;ât donna charge au capitaine Caftclnaunbsp;^duertir les autres de le retirer, en fortenbsp;'l^tle matin venu ne fe trouua que le nidnbsp;^fon logis. Cela fit que les gentils-homesnbsp;^mldats ne seftans peu rallier iniques ànbsp;£ '^»chafeun penfa à fc fauuer, apres toutef-®*Squclcs plus aduifez curent mis au feunbsp;les papiers que Maligny auoit laifl'cznbsp;fa chambre ,amp; par lefqucls on enftpeunbsp;^fcouiirir toute lcntreprife, ceux de la vil-y fauorifoycnt,amp;r les Seigneurs amp; gé-' ^'hommes qui sy deuoyent trouuer: cenbsp;3^vint bien à proposa plufieurs gentils-°Rimes Sc capitaines qui auoyent exploitenbsp; que deftus. A cela saccordoit le commâ-toient fait par lAbbé de Chauigny parentnbsp;^larefchal fainéV André,de la maifon
Oo
-ocr page 590-578 Hiftoire de France, dAchongt;amp; lieutenant pour le Roygt; en lab-fencc dudit Marefchal, au gouuerncmentnbsp;de Lyonnoisjafauoirdouurir les portes ,amp;nbsp;nempefeher lifÏLie à perfonne du monde.nbsp;Et de vray,ce moyne nullement experimennbsp;té au fait de la guerre,amp; moins encores auxnbsp;afaires politiques, amp; eftabli en ceftechargenbsp;pluftofti la faneur de ion parent, que pournbsp;aucune bône partie ne vertu qui fuft en luy,nbsp;seftonna li fort,amp; eut fi grand peur de fairenbsp;vacquer des benefices quefon Mecenas luynbsp;aiioit baillez en garde, quil fe lailîàaiftmétnbsp;perfuader par les citadins amp; Italiens, quinbsp;craignoyent perdre leurs biens, de faire lanbsp;voye large,amp; drefièr vn pont dor. Car pournbsp;vnfoldat quils auoyent aperceu à trauersnbsp;leurs verriercsamp;fencftrcsjils en imaginoyttnbsp;cétsde telle forte quil ne refta en la ville denbsp;ce party,finon ceux qui y voulurent demeurer, apres auoiren loifir de trois iourspournbsp;faire leur retraitte. Voyla comme cefte grannbsp;de amp; haute entreprife, conduite fi accotte-ment quelle aiioit efté àdemy exccutee,futnbsp;abandonnée.Et ny a doute, que fi Maliguynbsp;euft pourfnyni amp;tcnu bon cftât fécondé desnbsp;fiens, les habitas eufient prins tel parti quilnbsp;tuft: vouhbfans autre refiftanec.
Apres donc que Sauignyfnt reuenua foy-mcfnie, quil fcctitqne rien ne paroü-foit,amp; quil ny auoit nul danger, il enuoyanbsp;quérir la MotteGondrin amp; Mangiro,le^
-ocr page 591-$0 as François II. ^7^ quels venus il fortitdefatàniere, amp; acepm-;nbsp;pagne de trois cens haxquebuziers amp;idenbsp;ceux de la ville quil cftimoit luy elite pkilnbsp;loyaux, il ne futqutHion que daller viliternbsp;les lieux ,amp; renforcer les gardes dcs.ppi-,nbsp;tes, de peur quaucun efehappaft. Ainli leurnbsp;colère fe palîâ fur les inaifons des abfêns*nbsp;quifiirent pillées amp; faccagees: paais poufinbsp;fcla ils ne pouuoycnr rien dcftouurir, «enbsp;^noir quoy ne comment cela eftoir adue-ftijdaiitantquc prcfquetous ceux quisc'nbsp;ftoyenc ingérez de ces afaires selloytntnbsp;tetirez , quand ils prindrenr par foupçonnbsp;vn Gantier ,.ainfi qnil allait raudant autour de la ville pour fe fauuer,dont il a-woicefteafTez prefle Scimportune trois ou amp;dc unbsp;quatre iours aupasauant, mais il nen auoit.nbsp;tenu conte, tant il fv tenoit feur de fon bx-;'uj con-fton. Ceftuy-cy pris seffraya de telle foiTe,,niiK«.nbsp;qttencor quil appcrçeuft quç lç$ g^ïdes'nbsp;de la porte fainôl Sebaftienne deiiiandaf-lent qnvne piece dfaTgjent,commc plu ùenrsnbsp;fois il eftoir efehappé à ce prix allantamp;r-vc-nant pour autres afaires J quil comp}ença,nbsp;den conter des vieux iufques aux nour.nbsp;tteaux. Il sen rrouuaep la.compagaiie quinbsp;euflentbien voulu qùilfc full tcu: mais ils.nbsp;futenten fin contraints pour la,crainte denbsp;leurs cópagnós,de le mener au Gouuerncutnbsp;luy reciter ce quils auoycnt entendu: dc-quoy il receut vne aife incroyable. Lors luy
Oo t
-ocr page 592-580 Hiftoirc de France, ayant promis la vie faune, le Gatier dit plusnbsp;lt;juil nen fauoit.acçufant tous ceux quil conbsp;noiflôit de lentreprife, demanicrc que plu-ficurs furent contraints fe retirer pour cuhnbsp;ferla furie.
Sur ces entrefaites arriua à Lyon vn nome la Broflè qui penfoiry trouucr fon mat-ftre,ainfi quon luy auoitafsigné le iour. E* liant reconu, il fut prins amp; mis ptifonniernbsp;par foupçon:amp; pourçe quil ne vouloir riennbsp;confenêr,Toijrueon Licurenâr criminel luynbsp;fit donner la gchennc amp; queftion ordinairenbsp;amp; extraordinaire, telle qqe iamais hommenbsp;ne recent la pareille fans mourir, combiennbsp;quil ny cull aucunes charges ni informations contre luy. Et de ccltç colcrc,3 lalîm-ple accufation du Gantier fourrier des ban-deÿjamp;r fans autre forme ne figure de proces,nbsp;trois hommes de la ville furent pendus furnbsp;le champ, pour auoir loge des foldats, (h-foit-il. ¦'
lm brigâj f Morre Gondrin amp; Mau giro auec leur ^caceor füitte vfeient de grandes menaces amp; brauanbsp;maquot;s*iû des contre ceux de la ville,mefmemcnrconnbsp;partage du tfc Ics flifpcdls de lEuangüe : amp; fiifccUnbsp;Seigneursdcfpcfcherent à la Cour,faifansnbsp;entendre tour ce qui elloit pâlie, Si quils a-uoyét peu apprédre du Gantier, difas q quatnbsp;à laBroflè, il .luoit fi bonne bouche quonnbsp;nauoit rien peu tirer de luy.Or sattendoyetnbsp;ils qu'on leur mandait de ruiner tout, S£nbsp;qu'aucc
-ocr page 593-Sous François It. '58t ^naueccc (impie ni andern ét ils fc feroyentnbsp;^'^hcs.Mais k Marcfchal fainél André gt; qüinbsp;*^ftoit gouucrncur en chef, amp;feit à cc leurre,nbsp;*** Vouloir aiioir fa part. Afin donc que ccnbsp;'^yagc ne luy Fuft tefufe, il donna à enren-à ceux deGuife quil conoilloit laBrofiè,nbsp;5! fauoit beaucoup des afaircs du Roy denbsp;^anaiTcamp;du Prince fon frère, en forte quenbsp;® on le laiflbit aller à LySjil efpcroit nen re-quot;^nir iamais fans apporter fuififantes char-amp; informations contre icfdits Seigneursnbsp;pour leur faire proces, ce qui vicndroitlcnbsp;fûieux du monde à lenttce des Eftats. Cafnbsp;Prince les voulant aceufer, comme il di-foit lauoircertainement entendu,fc rrou-'®roitluy-mefmc atteint de crime de Icfcnbsp;^aiefte, qui feroit le meilleur amp; plus próptnbsp;oyen de le faite mourir,fans que pour ce-^ai! en auinftaucun trouble au Royaume,nbsp;chofes cftans ainfi faites en fa prcfcnce,nbsp;confentement des trois ERats.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;'i
Ceux de Guife eftonnez à merucilles, amp;c aifes tout cnfcmble douyr reciter de fi grannbsp;des chofes,amp;confiderans que ces ifluesé-ftoycntdcmcfmcs celles de Pentreprife denbsp;Amboyfe, commencèrent à bicnefpcrcrdènbsp;leurs afaircs, amp; prindrenr de là occafion denbsp;tanTcurcr la Roync mere , difant que puisnbsp;que Dieu auoitefte ainfi contraire aux Pro-teftans dAllemagne en leurs guerres, amp; denbsp;nouucau contre les Huguenots, qui eftoyétnbsp;Oo J
-ocr page 594-.58K Hiftoirc de France,
dç mefmc farine,elle aufsi denoit tenir pQUf ,tout terrain, quelle auroit vne fin heureufenbsp;, de leurs en treptifes. Ayant donc meurcmetnbsp;polic ies remonftrances.amp;raifons du Ma-ficfçhal fainól André,ils jugèrent quil cftoknbsp;, trefrequis amp;'fleceUâirc, quil allait à Lyonnbsp;ponxdonner ordre à toutes chofes. Ce quenbsp;ladite Dame leur accorda: mais il ne liiy tutnbsp;- rien tant recommandé que de mettre peine dauoir informations amp; charges fiiffi-fantes contre les Princes. Et afin que leditnbsp;Marefchal ne demeurait trop longuement,nbsp;lettres furent dçfpefchees aux luges denbsp;Lyon pour leur recommander ceft afairc,nbsp;amp;c les preflèr de preparer les preuues contrenbsp;ces Princes, auec grandes promelîès dere-oompenfe de leurs feruices. Sauignyaut-fi fut gratifie, amp; furent mandées parlamcl-me defpefche à la Motte Gondrin lettresnbsp;du, Roy du 11. Septembre , par lefqucllcsnbsp;ilrrouuoit fort bon ce quil cltoir demeu-xé à Lyon en attendant larriuee dudit Ma*-, cefchal, afin de contenir le peuple en repos»nbsp;amp;¦ prendre refolurion auec luy à fon arriuecnbsp;lyrtant dafaires qui fe prefentoyent ordinairement. Et pour ce que ledit Marel-:ehal sen alloit pleinement informé defonnbsp;intention ,,fa Alaiefté vouloir quil luyo-beift comme àluymefme. Et où fa prefen-ce ne pourvoit plus de rien feruir à lafeur -rede la ville, Içdit Seigneur entendoitqud
-ocr page 595-Sous François IL 585 feretiraft en Dauphiné» pour tou fiours a-^oit lil à defcouurir ce quon voudroitnbsp;fa-ire. Etmefmemcnc veiller ce malheu- ,,,nbsp;Mombrun, lequel, à ce quil auoit entendu par les lettres dudit la Motte,amp;cel-fs du Sieur de Suze eferittes au Duc denbsp;^uifefon oncle,scftoit refueillé, amp; auecnbsp;ou quatre cens hommes, qui seftoyentnbsp;falliczauecluy, auoit pris le lieu dOrpicr nbsp;ïc- Mais puis quil perfeueroit en fon opi-*5*iftreté,il le faloit chaftier fc Ion fa temeri-quon regardaft tous moyens de luynbsp;lettre la main fur le collet, donnant vne finbsp;lonne amp; roide eftraitte à ceux qui lefuy-oyent amp; fauorifoyenr, que cclafuftcaufenbsp;^intimider les autres. Cependant il ad-'îertiffoit ledit de Suze dy prendre garde denbsp;fon collé, amp; de saider do fes voilins Sca-s;caraufsi ledit Seigneur safiêuroit quilnbsp;naitoit faute ni de moyens ni de bonne volonté.
Nous auons dit au commencement de ordonnâ-te regne,comme les deniers prouenans des -Znbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/-' r Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ dcsboracc
conhrmanons des orhees huent cionnèza que lî les laRoyncmere àtelle côdition que dautres i rigansnbsp;y auroyent leur part. Et pource que 1 argentnbsp;ne venoit fi diligemment quon defiroit, maichansnbsp;lettres patentes furent expédiées pour les p0^'e7vi^nbsp;''enircôfirmerdâs vn mois,fous peine q fai- ftementnbsp;fit autreraét lexercice dcfditsz offices feroitnbsp;defédu aux officiers, leurs gages retenus, amp;
bo lt;
-ocr page 596-584 Hiftoire de France, eux punis en outic comme infraóleurs dcJnbsp;ordonnances royaux
Le Marcfchal fainôl André eftantarriuc à Lyon mit toute peine daccomplir fa charnbsp;gcjà cjuoy nous le laiderons trauailler, pournbsp;déduire cependant les adions de la Motte Gondrin apres quil eut conféré ancc luynbsp;de ce quils auoycnt a faire.
stratage- Eftant donc retiré cu fon gouuernemét, Inan.'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sieur de Suze fe mettent en cam-
pagne,auec plus grandes forces qnaupa-rauant, lefquellcsiointes auec celles du Pape ils entreprirent daller furprendreMoni- brun: lequel eft.atà Icurarriuee à Moulansà trois lieues pres de luy, ne leur voulut donner la peine de pader outre, ains leur vintnbsp;audeuant. Or nauoit-il que trois ou quatre cens bommes , toutesfois fe confiantnbsp;de leur vaillance, amp; de la dtuationamp;adref-fc du pays qui eft de foy fort montucuxamp;nbsp;difficile, il sadeuroit de donner beaucoupnbsp;dafaires àlcnnemy. Ayant doneques ad-«erti fes troupes quil neftoit lors queftionnbsp;de combattre pour lhonneur, ni pour acquérir richedês : mais pour la vie, fansc-fpoir de compofition amp; grace , auec vnûnbsp;félon ennçmy, homme fans foy, fans religion, fans honneftercgt;amp; qui les auoitianbsp;trompez tant de fois : amp; les rrouuant ddposnbsp;pour le combat, il les départir en trois cm-bufeades en lieux où la Motte deuoit ne»nbsp;cedairc-
-ocr page 597-Sous François I r. 585 cefTairctncnt pa(rcr,amp; doù ils fe pouuoyct .nbsp;lecourir les vns les autres, amp; fc rallier fansnbsp;perte dhommes , Sc leur commanda cx-pteflement de ne fc dçfcouurir ni charger,nbsp;neuflent fon fignal: Car il cfperoitnbsp;pour fa dtrniere main, donner ordre quilnbsp;^etoità iamais mémoire de cefte rencontre,nbsp;autant que tenant la caualcric enclofenbsp;ans fes embufehes amp; corabatue dans vnnbsp;'^alon d'vne riuierc amp; rauines deaux quinbsp;'^oiitoycntaflez impetueufemenr ,il saflèu-^oit quil i^çn cfchappcroit aucun. Voy la,nbsp;^y-ic, comme il sattendoit dauoir farai-on de tant doutrages à luy faits, apres lanbsp;«y iutee amp; promife h folcnncllement.Maisnbsp;Hoand ce vint à larriuec de celle caualle-^^eJes icuncs gens qui eftoyent en lvne desnbsp;^tnbufrùf1».cnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;In narienri* r4-»rr^»nUr»
aitcs tomboyent en leau dru comme mouilles. Ce quayant veu la Motte Gondrin Suieftoitfurle derriere,il fc retira hafliuc-^ent en la plaine,attendant fes gens quinbsp;Uyoyent en mcrucillcux defordre. Et dit-i*ii que fi ces ieunes hommes eufient eunbsp;patience,nul nen full allé dire des nou-
-ocr page 598-:5 86 Hiftoirc de France,
P etraitc hontetifenbsp;de la Motnbsp;teGüdiin.
ceft effort luy donncroit loifir de pouruoir à fes afâircs pour fe retirer. Toutesfoisnbsp;il ne perdit courage. Mais fuyuant la victoire sen vint renger en bataille à lanbsp;plaine où eftoit la Motte Gondnn , lequel cnfemble fa compagnie elloyent encores efpris de telle frayeur quils luynbsp;en donnèrent tout loifir. Là fe drelferentnbsp;plufîeurs efcarmouches dvncpartamp; dautre, cependant que chacun fe rengeoit ennbsp;bataille , où les gens de la Motte auoy-ent toufîours du pire ; car en fa prefencenbsp;on tuoit de fes foldats,on lesprenoit pH'nbsp;fonniers ,on les defpoiiilloit amp; defarmoit.nbsp;Les vns efloycnr relafchez auec fermentnbsp;de ianiais ne combattre les enfansdcDieu^nbsp;Les autres iuroyent y auoir efté attraineznbsp;comme par force . Et combien qi'«nbsp;Motte Gondrin ciifl rengé fes batailles»nbsp;qui Is fulTènt cent contre vn, amp; que Mom'nbsp;brun neuft que trente ou quarante chc'nbsp;uaux en fa compagnie afièz mal en ordre»nbsp;fl eft-ce quil ne fut iamais chargé.nbsp;la Morte fe retirant fit au mieux quilp^*^nbsp;quittant le champ à lcnnemy Sc à.nbsp;tioimc, qui le fuyuit plus dvne lieue,nbsp;preffa de fi près que les chefs nen receurenfnbsp;que deflionncur. Ce que Ion trouua fort 'nbsp;ftrangeeftrcaducHU à Gondrin viel/olo^jnbsp;amp; lequel parles armes auoit fait autantnbsp;preuues dcfapccfonne quhomme
Z'
-ocr page 599-Sous François II. 587
^^rnpsifc vantant de petit compagnon de- jucuirt? venu aux degrés dhonneur ou il cftoir,
Ciuoir de cheualicr de lordrCjCapitamede ^¦iquante lances amp; lieutenant du Roy en ccnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Bouuernemét de Dauphiné.Mais fa lafehe-eftoit ouuertement aceufee en cc que pre- couwdsi *'*erement par fes hazards amp; ftratagemesi **nbsp;Puis par fes rapines amp; Tançonnemens il a-^oit amafle de grandes richellès dcfqucl-Ics il fe fafehoit quitter la po(refsion,amp;.'hasarder fes vieux iours cotre tels dcfcfpcrczgt;nbsp;^^Iiofequi adulent couftuinicrcmcntà ceuxnbsp;W preferent les gains amp;richelîcsde«honncnbsp;à leur honncur.Et de vray il ne fc trouua
aniais vn tel Arabe. On dit aufsi quil na-oit aucune enuie deruinerdutoutMonr-parce quil luy feruoit dvne vache à iaia.Car par cc moyen il acrochoit fouuentnbsp;Pape bonnes fommes de deniers , quilnbsp;gt;a cuftpas eues autrcmenr.aufsi ne faifoit-ilnbsp;fi la croix nalloit dtLiant,
Or pour retourner à Mombrû jcófidcrat Retraite ^uilnauoir aucuns viurcs ni cfpcrance denbsp;^cours,veu que lcntreprifc de Lyon cftoit r, femmenbsp;j°pue,amp;toutes chofes dcfolecs à lentour de
de forte quen fin fes ennemis le pour- je terri-*®ycnt ailement accabler : conoifiant aufsi hi«
^ffroy des ennemis ehre tel quil ne feroit * *i*runcment poutfuyui ni cfpié gt; il donna oita.nbsp;^®ngéà fes gens,qui curent tout loifir denbsp;^ctoutner en leurs maifons, ayant de fa part
-ocr page 600-$88 HiftoiredeFränccgt;
jMvUîJii» refoludefe retirer amp; abandonner fonbien à la merci de lennemi, laquelle conclufionnbsp;pnfe,il saccompagna dvn icune aduocat denbsp;Exemple Grenoble Matthieu Dautrine, lequel pournbsp;teftibk lauoir iufqucs alors conu fidele amp; affedió-«whifon. nè à fa querellcjil préféra à tous autres«amp;luynbsp;promit quil auroit roufiours part à fon bié,nbsp;voire iufqiies au dernier denier. Mais quadnbsp;Matthieu le vid au chemin de Merindol,nbsp;pour de là fe retirer en Allemaigne,outre lenbsp;danger des chemins il lcftima homme per-mcre' det du amp; fiins tecours. Parquoy il côclud en foynbsp;ctahifon«. mefmc de le faire prendre à la premiere oc-calion, afin de non feu lementeuiter le danger de mort,mais auffi trouuer le moyen denbsp;fc faire riche, comme i 1 auoit tenté tous hazards pour auoir des biens que lesvoyesornbsp;dinaires luy auoycnt iufqucs alors déniez.
Eftans doncarriuez en Prouence cnvnC petite ville appelée leBufqucr,Dautrine sacnbsp;cofte de quelques gens quil conut aduer-faircs de lEuangile,par linquifition qu'ilsnbsp;luy faifoyenr de Mombrun,leur dit quil c-ftoit là, amp; leur demanda fccoiirs pour le prenbsp;, dre, ce quils luy promettent amp; courent auXnbsp;armcs.Ccpcdant Matthieu commcce à sef-cricj- tout haut: Force pour le Roy. pour appréhender ce malheureuxMôbruncapitaine des Huguenots. Etfc voyant fuvui vientnbsp;fauter au colct de fon maiftre, sattachant anbsp;vnc groflè chainc dor quil auoitpenduc au
-ocr page 601-Sous François IL 589 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 o
gt; laquelle liiy demeura entre les mains. ^ombriin cftonnc de fe voir trahi amp; allai 1 li .nbsp;Cctluy auquel il fefioit le plus, le terrafle,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
^le fauuant par vnc feneftrc dcflogê^t à ^''auers champs,rrouue vn pay l'ant auquel ilnbsp;change fa iupjgt;e de velours à la fienne de toinbsp;en celF equipage gagne Merindol. Sanbsp;tmrnc en ce tumulte apres auoir efté enric-retnét pillee amp; faccagee de tout lor, larget,nbsp;ïgucs 8c chaînes quelle emportoit pournbsp;CS ntcefsitez,par ce mcfme traiftre 8gt;: les cônbsp;P^g«ons,trouua moyen d'aller apres fon manbsp;en habit de femme devillage,dc fortequenbsp;tousdcuxfe rencontrèrent. Daurrinc fen-UntMombrun cfchappc,afin dauoirleplusnbsp;'lefon bien quil pourroit,sauouë à la Mot-fc Gondrin, amp; ainfi seftât approprie les ehenbsp;aux,mullets,armes, habillemens amp; vailTclnbsp;le dargent diceluy,sen vient rendre à Gonnbsp;dtin, liiy baille les moyens de pouuoir fur-Prendre Mombrun au paflàge de Sauoye, amp;nbsp;lay raconte rout ce quihfaitdc fes afaires,nbsp;comme aufsi de celuy des Princes . Et encornbsp;quil nen parlaft que par conicdures,pournbsp;uanoir bougé du pays, fi sattendoit-on biénbsp;^uilferuiroit dvn bon 8c feurtefmoin,comnbsp;Oleaufsi il en donnoit grande efperancc, c-ftât homme accortamp;rusc, bref tel que ceuxnbsp;defquelsonauoitàfairepour drefl'erle pa-quetdes Princes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cuvotin
Alexandre Guyotin cependant voyant piirônier.
-ocr page 602-ypo Hiftoire de Ftance, 1ifïlwdfcfcs afaires reporter mahainfi (jnenbsp;N-îombriin prenoit le chemin de Merin-dol,print cc lu y de Sauoye pour gagner lenbsp;Eays des Ligues. Mais eftanr pres dè Grenonbsp;le, il fiitarreftéparfoupçon pourminiftrenbsp;de Mombrun,amp; mis es mains du Vi baillifjnbsp;lequel le garda fongneufement . Eftantnbsp;monftrc à dAutrine, il dit que ceftoitee-luy qui auoit efmeu amp; mis les armes aunbsp;poing de ceux du Contât deVeniiTe: maisnbsp;honobftant cela eftant Guyotiir hommenbsp;aduilc amp; verle en telles matières »ce iugenbsp;ni fes afsiftans ne pouuoyent mordre futnbsp;luy , en forte que par fauté de tefmoins founbsp;proces demeura pendu au croc,attendant lanbsp;volonté du Duc de Guife, lequel commanda quon le gardaft afin de le confronter auxnbsp;Princes.Cequifut fait,encor que ledit iugenbsp;euft lettres pour iuger telles gensfansap-pel, amp; quen vertu dicelles il en euft ia faifnbsp;brancher plufieurs.
Tiaiflre aueuglénbsp;diuinc.nbsp;ment.
La Motte Gondrin ayant eu quelque gage de fidelité dAutrine , luy bailla géspouf aller aguetter Mombru au pallàge. Enquoynbsp;il fc porta fi finement quil le cuida furpteU'nbsp;dre amp; fa femme aufsi,lcs ayant rencontreznbsp;vn iour de marché fur les frontières denbsp;Dauphiné amp; Sauoye, defgnifez en boulangers, amp;¦ portans du pain dans des paniers ennbsp;vne ville là prochaine.Matthieu rcconutla-diteDame,amp; regarda attetiuement lemary»
-ocr page 603-Sous François II. $91
It remarquant par la balafre quil anoit à tra nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; / »/v
Uers laioué.Maisfoit quîlKift cfmeu de hô ' nbsp;nbsp;nbsp;f
te ou de compafsion, ou bien touché daueu glemét ou elblauifieinét, côme il aduiét founbsp;lient en tellesextremitczjtât y a quil leur fitnbsp;place. A 11 fs i Mombruncôrrefaifoit finaifuenbsp;ment le payfan,que la balafre par laquelle ilnbsp;fiftoir dcfigné ne fut appercéuè daucun denbsp;lâcompagnie qui les fuyuit allez lôgucmct.nbsp;Voyla comme 11 fe fauna miraculeufemenrnbsp;ts terres de Geneuc amp; de Berne, combiennbsp;tfii 1 fil ft pou rfuy U i fur tous autres.
Orpour retourner auMarcfchal Saind LeMiref-^mltéjilneft croyable quelle diligence il faifoit de verifier lentrcprife de Lyon auoir gent mininbsp;^fté faite par le commandement des Prin-
; en quoy les iuges nefpargnoyent cuife. lents peines , ôr pareillement à luy advelTer-amp; pratiquer des faux rcfmoins à la façonnbsp;de patler du Gantier, afin de fortifier lesnbsp;prennes que Ion efperoit aufsi bien fairenbsp;tomber fur tout Iccorpsdelaville,commcnbsp;tûulpables amp;confcnt3nsàla confpiration:nbsp;puis voyans que les charges du Gantier ne-ftoyent alTez concluantes à leur gré,il vferetnbsp;de telles menaces cotre luy amp; le traitèrent finbsp;tiidemét,quil fe fumit atout faire amp; tour dinbsp;te,tant il auoir grand enuie de fauuer favie.'
Eu ce mcfme téps,lcs deux freres de Cha tes Jeux gyfutentpris en leurmaifonde Dauphiné c'hingi!nbsp;pît la diligence de Sainét Chaumont leur
-ocr page 604-I
n'.
591 Hiftoire de France, coufin germairijdefquekjcftinsaccufez dunbsp;fait de Lyon,on efperoit tirer beaucoup denbsp;preuiies,dautant quils faifoyentprofefsionnbsp;de la Religion ,amp; quils cftoyent gens de-fprit 8c de menecs:niais on nen fceut ricntinbsp;rcr,combien quon leurcuft recolle amp; confronté plu/îeurs tefmoins ,lefquelsceux-cinbsp;monftroyent eftre faux,amp; atciltrez par leManbsp;refchalamp;ceux de Gtiife,pourauoir leiirbié.nbsp;Quant à leur Religion, ils ne la difsimule-rent point: mais ils maintindrcntquccequenbsp;Ion leur obiedoit plus outre, eftoit puremctnbsp;calomnieux : toutesfois on les garda bien c-ftroittemcnt,amp; leur fit-on de piteux trait-temens.
Ia BnrJc «templenbsp;dvne fin-guliere c6nbsp;fiance.
Quant à la Borde gt; combien quon gehenné outre mefure, amp; quon îeuftnbsp;, quedcfmembré fans quon y euft rien ptfquot;nbsp;té,fi cft-ce que le Marefchal eftimant qi*nbsp;Ieuft'efpargné, amp; quil luy pourroitnbsp;chanterautrelangage,le fit remettreennbsp;prefcnce fur la qucftiô:mais apres auoiry®^nbsp;la manière de laquelle ilauoit eftetraitrenbsp;quil ny auoit membre ni os fur fou c®nbsp;qui ne fufttnt diftoquezamp;outrageHfen®®^nbsp;tirezril changea dopinion, amp; futcontr®quot;nbsp;de dire quil neuft iamais penle vn hon^^nbsp;pouuoirtat fouffrir fans mort, amp; que lanbsp;de eftoit loyal feruiteur de fô maiftre, silnbsp;fut onques. Or difoit-il cela, pour-auf^^nbsp;quon ne laiioirpcu faire condefeendt^
-ocr page 605-Sous François I I. 583 lien dire contre fon imtftre pour menacesnbsp;de mort cruelle amp; pvomefle de biens quonnbsp;euft feeu faire ; carony auoit employénbsp;lotîtes fortes de gens qui le pouuoycnt persuader de racheter fa vie au prix dcLiniorfnbsp;du Prince,qui ia cftoit tenu pour mort amp; dunbsp;^out ruine . Sainû André aiifsi y auoit employé tous fes fens , de forte quil y perdoitnbsp;toute efperance ^cnauoit-on autre rcfponfcnbsp;d';lüy,finon quefonraaiftre cftoit Princenbsp;'ettueux ôc (a.^c , lequel pour mourir nenbsp;^oiuiroit auoir rien attente contre le Roy amp;nbsp;Soil Eftat,
. Les bruits de ces cruelsrourmens enners s.Andrf tsprifonniersfurent cxprellèmétfemez par æ?
^'ille pour efpouuanter les plus grands, amp; ^ouftoit-on que Ion en feroir autâtaux prianbsp;^Paux de la ville, dautant quils fc trou-^°yent chargez de la confpiration, amp; que lenbsp;pips de la ville y auoit donné confe/itemét.
^Sait, S. Andrécommâdaà vn de fes ferui ^^uts auql il fe fioit le plus,dc leur tenir propos fccrettement,amp; de les anéurcr de la bô-t volôté du Marefchalen leur cndroitft.Oinbsp;'^oit-il à faire dargent,parquoy il les prioitnbsp;i;unftamment de luy vouloir prefter centnbsp;quot;hlcfcus, (ce preft cftoit à dire donner) Scnbsp;.lexempteroit de la calamité en laquellenbsp;^^alloyententrer,lî on ne luy accordoit (anbsp;,®*iiande. Mais il ne fctrouua vnfeul quinbsp;vouluft bailler le liard a cefte condition,
Pp
-ocr page 606-594 Hiftoire de France, dautant quils fc fentoycnt nets de toute ac-cufation, amp; ny auoit en la villc,à dire Icnbsp;way gt; que certains hommes de moyenne amp;nbsp;petite condition, qui euflent donne confen-tement à cefte entreprife, encor ne leurpar-loit-on que de loger gés pour trois ou quatre jours, afin de les faire tnfemble partir amp;nbsp;armer pour aller trouuer les Princes, quinbsp;vouloyenr öfter les tyrans dauprès du Roy.
Le Marcfchal nayant rien profité de cc cofté-là, vient de cenr mille cfcusà quatrenbsp;vingt«, de quatre vingts à foixante,dc foixanbsp;te à quarante,de quarante à trente,de trentenbsp;à dix mil elcusimais aiitâtgaigna-il au gradnbsp;quau petit . Parquoyon recourut aux mai-fons priuees des plus fufpeds de la Religion, les aucuns defquels eftoyentabfens,nbsp;les autres tenoyent bon, fins toutesfois vounbsp;loir rien de/gainer.Dequoy le M.uefchalcônbsp;ceutvn tel dcfpit quil Ce dcliber.i de faire dunbsp;pis quil pourrait. Cependant il les menaçanbsp;défaire deux Citadelles,de les munir,amp;ynbsp;mettre garnifon aux defpês des Ciradini,amp;^nbsp;dauâtagede faire vn forrau rnilieu dupontnbsp;de le Saône,afin quils ne fe peufTentfecoa-rir les vns les autres, pen faut par Id amenernbsp;ces gens à raifon. Et de fait-il commença à faire befongner fur ledit pont, amp; aunbsp;lieu où on auoit délibéré de faire lamai-fon de ville. Et afin de pa/lèr plus atiant,nbsp;ceuxde Guife hiy enaoycrent lettrespaten^
tes
-ocr page 607-Sous François II. 595 tes du Roy , contcnans vn pouuoir biennbsp;ample, où récit cftant fait bien au long desnbsp;efmotions fiinicniies en tout le Royaumenbsp;par les menées des rebelles: de la grace amp;nbsp;faueur dont on auoit vie cniiers eux : de lanbsp;conclufion prife en lalTemblee nagiicrcsnbsp;faite à Fontaincblcaude Roy fc plaignoit de,nbsp;ce que plus il vfoit de bénignité » plus cesnbsp;tnefehans mutins s'cflcaoyenticn force quilnbsp;voyoid ordinairement leur mauuais coura-,nbsp;gesaccroiftre pour fubuerrir tout lEftatdunbsp;Royaume, amp; le mettre en proye. Que toutes ces chofes,difoit-il, le contraignoyentnbsp;depouruoir au repos public, en chafliant runbsp;dement lesmefehans quiseftoyentclleucznbsp;en Dauphine,Proucnce amp; Languedoc contre luy,amp; fa iuftice. Et que neantmoins on ynbsp;verroit reluire faclemencecnuersccuxquinbsp;fevoudroyent réduire . Il vouloir donc quenbsp;le Marefchal fe tranfpottaft cfdirs pays auecnbsp;toutes les forces quil verroit eftrc neccHài-res pour réprimer les feditieiix, corne ennemis de luy amp; de fon R oyaume, faire ouucr-turedes villes amp;chart:eaux auec le Canon,nbsp;pettre en pieces tous ceux qui refifteront ànbsp;Ion authorité , rafet leurs lieux amp; maifons,nbsp;Scelles où fe feroyct faites les aflcmblecs Si-conucnticules,amp; celles aufsi efquellcslesnbsp;Predicas aurôt logé, ou efté receus amp; recueilnbsp;lis, defendant de iamais les reedifier. Quenbsp;Pp i
-ocr page 608-59^ Hiftoire de France^
û lesfeditieax seficuoycnt, il pourroicmatt der les forces. circonuoißnes des gensnbsp;dordonnance, larriereban amp; legionnaiynbsp;ICS, à ce que la force luy demouraft :poijr-roic aufsi metrre garniibn où il luy femblc-roit bon , ôc 'conzr'a.indre les habirans denbsp;leur fournir de viure pour eux 8c leursnbsp;chenaux. Finalement les rebelles rerirc9nbsp;amp; rompus, il eftoit dit quil ferait venir tous ,nbsp;les gens dc'iuftiee amp; autres gentils-hommes qui l'uy fembleroit bon, pour sengae^nbsp;rir des moyens de furprendre les nffèinbleesnbsp;ôc conuenticules,auec leurs miniftres amp;prenbsp;dicans , afin de leur eftre fait fomma.ire procès extraordinaire amp; fans appel, par vn niai-ilve des requeftespour ce enuoyê . lt;'^3^ silnbsp;£e rroinioir des officiers dudit Seigneiif ynbsp;ayans adhéré, fâuorifé ou conniuc par notoinbsp;re'ncghgence , ils fèroycnc fufpcudus oupdnbsp;uez de leurs oFiices.Et fcmblablcmenr contre les villes qui axioycnt delinqué il feraitnbsp;procède par mu 1res,amendes honorablesnbsp;cuniaiies amp; fufpenfions de leurs priuilegcs,nbsp;öcaufsi contre les habirans parriculiers dicelles , amp; leurofteroir les armes félon qndnbsp;le trouuera bon. Et en fin quil ordonnerontnbsp;«les deniers pour le payement des gens d®nbsp;guerre,de lartilleric amp;r autres frais neceilai-
rcs.
maief Telles amp; pareilles lettres furêt auisi diecs au Duc dAumaIe,aux Maceichaiix
Dril-
-ocr page 609-Sous François IL 597 Rriiïac amp; de Termes,an 1 quels le reftedunbsp;Royaume eftoit départi pour y aller faire le de ceux denbsp;^Wnage qui fera dit en fon lieu.
Ceux de Guife ayans entendu le re- Premier four des bandes dEfcofl'c forties fuyuantnbsp;Ittraidc de paixjduqucl nous auons fait mé cuife abunbsp;fion.les ioignirent aux vieilles bandes vc-fiHes de Piedmont, Mets amp; Picardie pour poor t-^eur garde ,aucc douze cens hommes dar- ,nbsp;gt;cs , referuez outre le departement cy condénbsp;dcfliis. Ce fait ils firent vnc defpefchcdu fans '«pnbsp;Roy au Nauarrois , pat laquelle le Prin-
de Condc eftoit enargé dauoit entrepris contre lEftat dudit Seigneur,amp; de seftre voulu emparer des meilleures villesnbsp;du Royaume pour fe faire Boy. Ce que ledit Seigneur ne pouuoit ailemenr croire'.,nbsp;toutesfois pour en auoir le cur net, leditnbsp;Seigneur prioitJe Roy de Nauarre de le luynbsp;enuoyeren bonne amp; fcurc gardeifinon quilnbsp;fetoitluy-mefnic contraint de laller quérirnbsp;anec fi bonne compagnie,quc la force luynbsp;endemcurcroit.
Le Roy de Nauarre rcfpond , ne pou- s,geamp; noir croire fon frère auoir entrepris contre gnue refft perfonne ni Eftat, comme aufsi nennbsp;auoit-il nulle occafion : mais que pluftoft Nau««.nbsp;il voudroit bazarder la vie amp; les biensnbsp;pour la conferuer contre ceux qui feroy-ent fi téméraires de lentreprendre: amp; nenbsp;faifoit doute que fes haincux,amp;ennemis
-ocr page 610-55gt;8 Hiftoire de France, quil auoit pies de fa perfonne, ne luy euf-fentprefté cefte charité par leurs fauflès calomnies amp;. acciifanons.(^e sils fe vouloy-ent rendre partiesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;penfaft trouuer
la iufticc ouuiierte à la Cour, il conoifTort linnocence de fon frère fi grande, que luynbsp;mefmes ne feroit difficulté de ly mener,nbsp;amp; iroyent en fi petite compagnie quon au-roit occafion de croire route autre choienbsp;de luy, encor que,graces à Dieu , il eullnbsp;tant damis que sil les vouloir employer,nbsp;il efpcroit bien ne tomber à la merci denbsp;fes ennemis quil fauoit preparer leursnbsp;forces fous le nom amp; authorité dudit Seigneur. Que sil y auoit gens en ce Royaume qui eulTent entrepris fur fon
amp; authorité , il efpcroit bien demonftref que ceftoyent tels impofteurs mefmes q*nbsp;rciettoyent leurs crimes fur les innocens:nbsp;nayans tous les Princes de fon fang riennbsp;plus cher en ce monde , ni tant recommandé que la conferuation de fa couronne , laquelle ne pouuoit eftre elbranlecncnbsp;transferee que ce ne fuft à leur ruinenbsp;fubuerfion entière , comme eftansnbsp;luy amp; fes frères les plus proches amp; app^'nbsp;rens heritiers du Royaume. Partant inbsp;fupplioit ledit Sieur de ne reccuoirlegetC'nbsp;ment aucune mauuaifc amp; finillrc opinio'*nbsp;de fes plus proches parens amp; feruiteursnbsp;trefaffedionnez»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
-ocr page 611-Sous François II. 599
Le Prince de Condé efcriuitaufsi bien au long au Roy, fe défendant de toutes les me du
quelles il dcfiroit fur toutes chofes saller iu quot; ftifier jpoilrueu que fes acciifateurs fe vou-luflént rendre parties , amp;c que lauthoriténbsp;qu'ils auoyent embraflèc leur fuft oftee.nbsp;Car il ne sattendoit pas de voir aucune bouc iuftice adminiftree au Royaume pendant que ceux-la gouuerncroyent.
Apres que ceux de Guife curent veu ce- ceux de fte rcfponle, ils penferent que le meilleurnbsp;feroit de les attirer en leurs filets par bel menacesnbsp;le« nrnm.fl«. ni,(- rlv aller fie (nrrp Hr a- foudain
fut promptement feite, parlaaucllc le Roy JUanda quils pourront aller deuers luy en 4'nbsp;toute feurctc , Scsen retourner quand bonnbsp;leur femblcra, les afleurant en parollc denbsp;Roy , quil ne feroit atttenté en leurs per-fonnes en aucune maniéré , quil enten-droit paifiblcment leurs rcmonftranccs Scnbsp;iuftificatiôs fans quils cntraflenten prifon,nbsp;ou quon leur fift proces :amp; que feulementnbsp;il vouloir auoir rcfpôfc de fa bouche furiesnbsp;poinds dont on chargeoit ledit Seigneurnbsp;Princc,amp; quil ne pouuoit aucunement croinbsp;re.bref,quils feroyent recueillis felon leurnbsp;eftat amp; dignité,voirc quon leur baillcroit lenbsp;fâgqui leurappartenoitau maniemétdes a-faircs,afin dauoir leur côfcil amp; auis pour ré
Pp 4
6oo Hiftoire de France, Giüft fc' dre toutes chofes bien policées. Etqua'ntànbsp;frruent de la Religion de laquelle ledit SienrPrince a-^ion félonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;declaration amp; proteftation publi-
quîiïcuc' que, il ne vouloir amp; nentendoit que pour ''æn' à raifondece il en full aucunement trouble
pviiu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. f
ni inquiété.
de'Xco- Roync mere efcriuit de femblablc diic.fir- fubftancc,amp; difoit fouuent en pleiirantfpar-achcu«bnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Princes ) que leur faut-il? que de-
pipce. nbsp;nbsp;nbsp;mandét-ils? Sils voyct que les affaires aiHet
mal,pourquoy ne le viennent-ils remon-ftrcr,ou bien quils ne le mandent, afin que onypouruoye,fans donner occafionpournbsp;leur abfence defmouuoir tant de troubles^nbsp;eequeftât rapporté aux Princes, ils le pre'nbsp;noyentà leur aduantage.
i-eRoydc Pendant ces alees amp;vcnues,leRoyde Naiiarrcpaifïbitdcfperance les Capitainesnbsp;«online de amp;Seigneurs qui le deuoyent accompagner»nbsp;couftiiine. jifoit vouloir aller à la Cour prefenter
-ocr page 613-Sous François 11. 6oi ieRoyaume,amp; Icsvnir enfemblc aucclesnbsp;fiennes:attedu que pour fon retardement amp;nbsp;demeure, 1cnnemy auoit ia occupé les paf-fages. Mais quen touteuenement, sil don-noit le mot de vouloir marcher, on selleuc-toit de tous endroits pour le faire fort ennbsp;cefteanémblcedes Eftats.Mais toutcclanenbsp;le peut aucunement encourager,eftant ordinbsp;naitement refroidy parles menées des feruinbsp;teuts fccrcts de ceux de Guife. Et ce qui c-ftoitplus eftrange, eux-mefmes le cognoif-fôyenr àvcué diLconfedans quils cftoyétnbsp;trahis amp;vêdus par leurs fauoris, comme lanbsp;chairàla boucherieimais il neftoit queftionnbsp;de les reculer de leur preféce, encore moinsnbsp;de les chaftier, de peur, difoyent- ils, quilsnbsp;nefacentpis.Etde vraVjBouchartfon Cha- Boudurt.nbsp;celicr,quiaufsicftoit Maiftre des requeftesnbsp;du Roy,layant du commencement confeil- Roy denbsp;le dcfoliicité trcfinftamment dentédreaux Nauine ;nbsp;remonftrances amp; fommations à luy faites,nbsp;pour lefperacc quil auoitf tant il cftoitfot) deumtnbsp;deftre fait Chancelier de France, voyât quenbsp;les chofes tiroyent en longueur , amp; crai- deViche-gnât fl lafaire ne fuccedoit, de perdre la vienbsp;amp; les biens,(i roft quil feeut ce qui fe faifoitnbsp;byon,fe retira en fa maifon en Poitou , amp;nbsp;allant au deuât par deiriere,cfcriuit au Roy,nbsp;lefiipplianttrcshumblcment de rappeler lenbsp;Prince deCondc dauprès le R ov de Navarre fon frere, quil difoit lepourfuyurc fans
-ocr page 614-6oi Hiftoire de Francé,
cede dentreprendre beaucoup de chofes co tre les miniftres de fa Maieftéjamp;pour troubler le Royaume à la folltcitation des Luthériens amp; des predicans de Geneue venusnbsp;exprcsjà quoy toutcsfois(difoit-il)leditSci-gncurnaiufqualors voulu entendre : maisnbsp;il cfl: à craindre quil ne foit gaigné par longue importunité. Dequoy il nauoit voulunbsp;faillir daduertir fa Maiefté, pour luy cftrcnbsp;rrcshumbleamp;trefobeiiTant fubiect naturelnbsp;amp; feriiitcurgt;amp; pour la double obligation»nbsp;deftre lvn des miniftres Je fa iuftice.
efcriuit fcmblablcs lettres au Cardinal ludas.nbsp;nbsp;nbsp;de Lorraine,Iiiy ofFranttoutferuice ,efperat
quelque iour luy reciter abouche,beaucoup de chofes de confcqucnce quil ne pouuoitnbsp;cfcrirc.Cepcndant il le fupplioit de le donctnbsp;garde des machinatiôs que Ion braflôit cotre luy amp; toute fa maifon. Brefilpromcttoitnbsp;des moyes pour faire le procesamp;auxPrincfiSnbsp;amp; plus gras Seigneurs duRoyaume. Et afinnbsp;dauoir plus de fcurerc en fa mailbn pend^fnbsp;les troubles amp; tempcftes,il affermoit quenbsp;silneuftrabatu les coups,luy amp; fonfrèrenbsp;fullent pieça morts : mais il auoir différé d^nbsp;les en aduertir iufquesalors, tant pour ne-ftre dcfcouuert que pour sinformer plusnbsp;au vray de toutes chofes, lefquelles par lu/nbsp;ingenieufemét defcoHucrtes,iI fe ferait incontinent retiré en fa maifon. Lon dit quenbsp;luy-mcfmes doua les moyes de fe faite prçn
-ocr page 615-Sous François IL ^oj ^reprifonnier,cequcnous refcruerons ennbsp;lonlicu.
Voyla comme CCS panures Princes e-^oyent maniez par leurs propres fcruiteurs, 4'^c Ion ncuft iamais peu douter de Bonnbsp;*hart: Car iamais homme ne fc monftra tâtnbsp;îffeftionnè au contraire, amp; fut ccluy mef-qui confeiilaau Roy de Nauarre den-'oyer quérir ceux qui vindrent puis apres ànbsp;entre Icfqucls cftoit Theodore deBcnbsp;^Cjladuis duquel cftoit de faire en toutesnbsp;boites que la côclufiondc laftemblec de Fô-Uincbleau touchât les Eftats, fiift bié aftcii-fcc Sc exccutcc cotre ceux qui iamais ne la-oyét accordée qué intentio de sen feruir,nbsp;au lieu de safl'uiettir au iugement dicelle.nbsp;Mais il nen fiit crcii,nô plus que les autres»nbsp;amp; pounât fc retira aucc mcrucillcux dangernbsp;de faperfonnc.nô toutes fois fans auoircomnbsp;^encc le prefehe public àNcrac.y afsiftat lenbsp;Roy de Nauarre en perfonne. Plufieurs tc-noyétquc larnac auoit pratique ce Chancenbsp;lier, car ils eftoyent grans amis amp; familiers, ftruitennnbsp;Auflsiscftoir-il du tout retire de lacompa- 'outtifintnbsp;gnie 6c familiarité defdits Seigneurs gt; ne lesnbsp;ayâtvcus depuis le premier fufdit voyage dunbsp;Roy de Nauarre à laCour, amp; leur ayant rc-fiifc tout feruicc amp; aidc.Cela fit parcillcmctnbsp;Saindc Foy fô fierc, encore quil euft rcccunbsp;du Prince de Condc rouros les faneurs amp;nbsp;Cüurtoifies que gentil-homme fauroit requérir de Prince, voire iufqucs à le faire
-ocr page 616-6o4 HiftoiredeFränce, lieutenant de fa compagnie de gendarmes,nbsp;le Roy de Lc Roy de Naiiattc donc treimal côfeil-fon^frcre^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;acccpté Ics conditions à liiy propo-
prinsau fccs parle Roy,Sr conccu bonne efpcrancc ^de ilfäires pour les promeflcs que luy en a-R^oy.cftât uoyétcôfirmees à bouche ceux quicftoyentnbsp;IrCardi- allez ncgociet, mefinemcnt le Cardinal denbsp;Bourbon Bourbon fon frère, lequel y fut exprclTémétnbsp;faitinftm cnuoyc pout leur donner plus dalîèurancc,nbsp;îi^p^pcenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;au Roy pourtour certain quil fe trou-
ueroir à Orleans auant laflcmblee'generale de fes Eftars,amp; promit dy mener fon fre-re auec leur petit train fimplement, safl'eu-ranttant de leur innocence que le Roy les retiendroitpour feruiteurs amp; parens. Tou-,nbsp;tesfois il nourriiroittoufiours de bonnee-fperanccles Capitaines amp; gentils-hommesnbsp;qui cftoyent auec luy, amp; remit la concliifionnbsp;detous afaires amp; lordre quil voudroit tenir pour marcher, quad il feroit à Limoges,nbsp;où il sachemina ,amp; ny fut pluftoft arriuènbsp;que plulieurs Seigneurs amp;gentils-hommesnbsp;ne le vinllcnt voir , en forte quen peu denbsp;iours il sy en trouua de fcptà huit cens biennbsp;montez,armcz amp; equippcz.Là il fut.follici-tc de fc declairer» Sc de publier fon inrentionbsp;à route la nobleUe de Frâce,félon ce quil ennbsp;auoitrant de fois donnécfpcrâcejlalTcurantnbsp;quil nauroit faute de gcns,amp; quon nattennbsp;doithnô quil euft dit le mot pour marcher-Et dautât quil sexeufoit fur ce que fes cnnc
-ocr page 617-Sous François II. 605 miscftoyent dcfiaprefts auec grandes for-cesjon luy offtoitlixou fept mille hominesnbsp;de pied tous prefts à marcher,tant de U Gafnbsp;cogne que des Ifles deMarennes,amp;du paysnbsp;de Poitou ia enroulez fous capitaines. Qûcnbsp;de Prouence amp; Languedoc marchcroyentnbsp;trois ou quatre mille hommes vant de piednbsp;que cheual.Dc Normandie autant ou plus,nbsp;auec grand nombre de caualerie, Icfquclsnbsp;en vn inftant le rendroyent fi fort auec la iu-fte intention, quil feroit fans combat. Dieunbsp;aidât, quitter la place amp; la perfonne du Roynbsp;àfes ennemis, amp; que ceftoit aufsi le moyennbsp;defefaifirdc la ville dOrléans poury afleunbsp;rer les Eft^ts,amp; de Bourges, qui eftoyentnbsp;deux bonnes terraites.Dauantage,on les af-feutoitque la plus-part de la gendarmerienbsp;fe tourneroit de leur cofté^ne pouuant gou-fter ccuxdeGuife quils iugeoyentennemisnbsp;du Roy amp; du Royaumc.Et quant à largent,nbsp;ils nen auroyent faute.Car outre ce que chanbsp;cun homme de cheual amp;de pied enauoitnbsp;pour deux mois, les meilleures bourfes dunbsp;Royaume ne defaudroyctàcc bcfoin,pour-ueu que le Roy de Nauarre fe dcclairaft feunbsp;lementprorcéleurdu Roy amp; du Royaume,nbsp;amp; soppofaft à la tyrannie de ceux de Guife,nbsp;infupporrable à tous gens de bien.
Pour le contrepoix de ces offres , leslcr-uiteursfccrctsdeceuxdc Guife remettoyét deuant le^ycux du Roy de Nauarre la con-
-ocr page 618-6o6 Hiftoirc de France, uocationdcs Eftatsje Roy dEïpagneqUtnbsp;1efpioit au paHage, Sc nattendoic que ionnbsp;parlement amp; fa declaration pour cfcorncrnbsp;Îî pen qui luy reftoif de Ces terres fouuerai-ncs: laplaye de Bourbon encor fanglantc:nbsp;1armee qui eftoit toute prefte à marchernbsp;pour le venir afronter ; les nouuelles certaines que le Duc de Guife auoit le fermentnbsp;de douze cens hommes darmes, gens def-litc,qui deiioyent mourir à fes pieds,déliantnbsp;que Ion euft le dedus de luy. Il y auoit encor ce point que ces bons confeillers, qui a-uoyent enuie de toucher les deniers de ceuxnbsp;de la Religion, sen voyoyent du tout horsnbsp;dcfperance,quand on leur parloir que chaf-cun viendroittout Ibudoyé. Dautre part lenbsp;RoydeNauarre neftoitpas beaucoup charnbsp;gédargent,amp; euft bien voulu voir trois ounbsp;quatre cens mille efeus de fond, auquel casnbsp;il euft fait merueilles , comme il difoit. Nenbsp;ayant donc que des promeflês,cela lefaifoitnbsp;retarder à conclurre : a tout le moins ilprc-noit fon exeufe là defliis, de telle forte quenbsp;Defeats Sc fes compagnons auoyent trois
ieux amp; quarante cinq lur la partie, amp;finalc-
cnuerslamaifon, couronne amp; Re de France : ce quil promit de faire
ne
Ire
Sous François II. ^07 fererircren leurs maifons file à file , auecnbsp;infinis remcrcimens de leur bonne volonténbsp;audit Seigneur, amp; luy prcfcntçr leurs re-queftes amp; fupplicaiions pour leur pouruoirnbsp;en laiTcmblee de fes Eftars generaux, ^.^uilnbsp;fauoit que ceux de Guife auoyent faullc-nentamp; calomnieufement acciiféfon frerenbsp;amp; luy-.mais il aimoit mieux aller en Cournbsp;pour fe iuftificr amp; mourir en bonne con-ièicnce,pluftoftqucftrecaulc dvn fi grandnbsp;carnage qui aduiendroit indubitablementnbsp;sil paroifloit auec forces en la prefcnccdcnbsp;f« ennemis. Là defiùs on leur mit au devant des yeux, routes les chofespaficesja-uec le danger euident de leurs vies, sils al-ioyent à la Cour.n'cftant en la puifiance dunbsp;Roy mefincs.ni de laRoyne fa mcre,de riennbsp;garder ni tenir de toutes les promefles ànbsp;eux faites .Que sil vouloit demeurer entièrement ferme en cefte opinion » à tout lenbsp;moins quil laifiaft derriere foy lePrincc fonnbsp;frere , attendant quon conuft quel trainnbsp;prendroycntcesafairesjioint que neftansnbsp;tous deux en peine , lautre tiendroit lesnbsp;ennemis en fufpens. Leur tefponfe futnbsp;quils eftoyent tant aficurez de leur innocence amp; du fccours de Dieu» que leurs ennenbsp;mis ne rriompheroyent pas deux comme
-ocr page 620-^o8 Hiftoire de France,'
il sembloitjamp;qitil ne ftoit ai (c de faire mou rir vnPriitce du fâg par iuftice. Au onnbsp;ne leurtcnoit pronicn'ejamp;qiion les fift moUnbsp;rir fans les ouircn leurs.iuftifications,auccnbsp; ce quils pietidroyent telle mon innocentenbsp;en gré.Dieu auoit afiêzdautres moyés pournbsp;delinrer laFrancede captiuitc fans quà leurnbsp;ixempie occafion tît de gens de bien en fouffrilîcnt.nbsp;enia ptin En CCS entrefaites voicy artiuer lettres amp;nbsp;côaé'dv- îiouimc expres de la part de la Princedèdenbsp;netreiiage Condé, Dame aymant fon matv, vertueufe
aduertifibit fon Seigneur amp; mary du complot pris amp;c arrefté entre ceux dcGuifcjdex-rerminer tout le /àng Royahee quelleauoit entendu de fi bon lieu quelle nen pouuoitnbsp;nullcmcntdouter; partant elle lefuppÜoitnbsp;trcshumblemct de nauoir le cur fi lafchenbsp;que de saller tetter en leurs filetSj quelquesnbsp;belles promefles quil euftduRoy. lt;^efinbsp;elle eftoir homme amp; en/bn lieu » elle aime-roit mieux mourir en combattant lefpecaunbsp;poing pour vnc fi iufte querelle,que de mô-ter fur vn c fehafFaut, pour tendre le col à vnnbsp;bonrreaii fan s lanoir merité,corn me il en e-ftoit menace. Dautre codé, elle salTcuroitnbsp;tant de fa bonne caufe amp; querelle, quellenbsp;trouiicrroit bonne troupe de gentils-homnbsp;mes qui làccompagneroyent de leurs vies,nbsp;amp;prendtoyent tous enfcmblevnc finheu-reufe auecvne perpétuelle louangcdeftrenbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mnrft
-ocr page 621-Sous François nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;609
morts pour lafauuetc du Roy amp; diï Royaume,à lexemple des grands perfonnages qui 'uoyenrpour moindreoccalibn rendu leurnbsp;jjom iinrnortcl. Et que ftainlî aduenoit,ellenbsp;quot;^ccotnpagncroit bié toft au tombeau; maisnbsp;Ictoit auec plus dheur amp; côtcntcmEt.quênbsp;euft pouede tous les biens, honneursnbsp;^fiehefles du monde. On cftimoit bié quenbsp;Icttresêc le porteur auroyent quelque a-ûir la refolution de ce Prince: maisnbsp;^ftoitfifort poflèdepar les fcruiteigt;rs fc-quil fc laiflbit mener auec le Roynbsp;Nauarre fon frere., ainlîque prifonni-Ce qui fut li griefà Cefte Dame, quelltnbsp;^^fme luy alla au déliant,pour cflàycr par fanbsp;P^efence de le pouuoir deftourner du dagernbsp;'PPirét de fa vie^où il salloit plonger; maisnbsp;ny peut rie profitenains sen allacfplo-comme elle éftoit venue. Or comme lesnbsp;Pdneipaux Seigneurs amp;gctils-hômcspre-^®ycnt congé deux,le Rov de Nauarre leurnbsp;.'nna bon courage amp; cfperance que toutnbsp;' Porteroit bicn,â:adioufta quil demandc-f'^itauRoy la grace de ceux qui lauovcntnbsp;Accompagné iufques là amp; en armes . Gra-jC- tcfpondit quclcun.Penfez feulement denbsp;A demander bien humblement pour vousnbsp;ci'kqui vous allez fédre prifonnicr la cordenbsp;AOcol.Car à ce que ievoy,vous en auezplusnbsp;^chefoin q nous,qui n'auons délibéré fairenbsp;marché de nos perfonnes: mais de mou
-ocr page 622-Hi flpire de France, ti^ pl ul)»ft en combatant que nous fubmet»nbsp;tre à la mercy fte cçs dçteftablcs ennemis dunbsp;R_qy amp; du,b. oy,au nie. Et puis que nous foni-mes (ipaiiurement deftituez de chefs, nousnbsp;c/peronsqiiePicu npps cnftifcireraquiau-rôt pitié de nous, qui noqs ftcfuelopperôtnbsp;de lopprefsiô de ces tyran;, Ces paroles'fu'nbsp;rent prifes çn rifeemiai; clips,firent venir denbsp;leau en la Iwuçhe des fcruitcurs fecrcts,quinbsp;curent opinion que çcuxrçy alloycnt procéder,à .iclcdion dvnchcf.^de quoy ceuxnbsp;de Guife furent aduertis incontincntjCequinbsp;leur donna à penfer,plus quon neuft cui-dé. Voila quelle fut fa départie de cefté no-bleftè françoife, laquelle auoirmerneilleU-feenuipde côbame amp; pluftoft mourirqt^nbsp;de saftipcttir à la domination d vnc niajipRnbsp;efttangcfe.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:'1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦
les fions Ces fofçes feparpcs le Roy de Na uarreamp;. feutaiisve foq fiere nc tatdccét nullement de feiitirliinbsp;proye co- dpucciirdu tiaitccmertt quils deuoyente-nicnçcnt ipprct dç Iciits 11011,5 coufins deGiüfe.CatC'nbsp;rt3ns,P'®s.,dc Poiticrs.rvpiçÿ.arriuer vne denbsp;tfs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lcurs.tfc:^tui;e,s nominiçMqmpefar,lequel ht
aufdftsPrinces tr/ffcXprellq^dpfenfes dep-'^'^ le Roy,de nentrcr aliaaif à:la.Conr,ennull^nbsp;villç clpfc appartenant Ànbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fur
ne de reby lliongt;amp; dcltt^i-atteiints 8c conuain CHS d'iÇt'ime de Je,(e NX.riCft!éfC,^la leur dngt;^'nbsp;na dçflors à péfer diC.rçb(çHM.ier chemin,nbsp;fp vpyan; dt-ilt;a enc^wea cQsr.çdes fore^fd«-
leurs
5ous François 11. 6ai
ïwcichai de i ecmes laenuoye poiietOde-^Wtnwtsibnc fikpius-^oeftion que défait» ^dnt^ninc. Et nedir àuti'e chafe le Ij'Oydenbsp;^auaïrcàMompcraoftaôn quil oheixoit aunbsp;quil çiafti bien.voulu voiricc cooJ-^andemétpaocfcnKtuais: Pautxc njcjxfîramnbsp;o.dôt«, Gexlnidôrlà cduleui au Gaidihailnbsp;^ÏAtiBaignacià Dxdcara^aiwrej fcruiteurs.nbsp;^^crets de leur ptttfuftderifcla ncfti c rié,amp; 4nbsp;teftoitfeulcmamp;yncibrnnadcilctcnîïd-BGdînbsp;fckRoy n'enfichÂdéwlaqlÂdfrÛ nwre ilnbsp;dcuoicjatîendrb autre recueil amp;i tyauxswxjiKvnbsp;rÉftans paflê^ CEaftcJlciQiir,ils,önrftad-«ertitlbmcodefcfauuex de.yifteilèbâiJs ptninnbsp;«oyétitu bié do ntifcartec les gris cheipinsnbsp;tâtfuft peu.CaiL'lly woitiVne eutràjwiÊ; liUefnbsp;ftepourles ruci^commctfils euüiêwtviwt^nbsp;scnfuiramp;:ïc faituer. Parmi cela on Içur FailSnbsp;loirmoyéde gaigiier Aiigors,amp; dp I;ila Noienbsp;mandie,où ilstaoiiueroyéc fceourslt;gens,ar!-gàamp;i villes de rttvairc.Mai^ nonobûaLceUnbsp;Icuil refolution fut daller droit leut vöutt«gt;nbsp;quay qud-cn deuft aduenitfjamp; neÊywe q petites'ionrneCs , d'à footBiq#jil lebluitipfopre-«nbsp;aieDti(fpeftaclc pittjyaWcJquils.Yf^nqutdiinbsp;RoydeNauarr» cómedvupreuoft Ma-rtfchiux pout mehdvfl^u fit rc piifonoiérid*nbsp;qu^l sallaft liiyr^nufhu tupdrp «s, inaugt;«. denbsp;fçsenncmis poiir ¦cftràÀlcur tnercy.
-I iCeux de Gnifejayqqs, ainltcbai/nç.flçé»
-ocr page 624-Hiftoire de France,
leur voulurent bic Etire aualer dautres poi-Exploit nbsp;nbsp;res dangoiflèîcar encor quils enflent dheu
Gui'frpolt re à autre aduertiflement de leur venue à pc fiïrei«E- ritecôpagnie,quils fuflent iaenclosamp;cn-ftats fxecM nironnez de leurs forces, de que toute la nonbsp;leur mef- bleflc qui ics auoit accompagnez ruft deparnbsp;îontéquot; ric,cbafcun ayant pris la route de fa maifon,nbsp;délibérez dattendre PiiTiieide ceftc tragedie : tant y a toutesfois que pour monftrèrnbsp;leur animofité au delcouuert contre cesnbsp;Princes,5c pour contourner les députez desnbsp;Êftats à leur deuonon, fi dauenture ils leurnbsp;vondfoyent en rien contredire amp; empef-chcr leurs deflèins, ils délibérèrent de mener le Roy à Orleans aucc le plus de forces quils pourroyenr. ; - Parquoy leMàref-chal faimft André fut mandé aucc tout fonnbsp;regimen de cauallerie'. cat on auoit à fairenbsp;de liïy , des prifonniers , amp; des informations. Cependant ils firent marcher le Roynbsp;droit à Orleans,amp; palier en armes à trailersnbsp;la ville de Paris, accompagnede fes cheiia-*nbsp;' liei'^de lordre,gentils-hommes de fa chartnbsp;bre.èfctryers dcfcuiric,de p,innctcric,defnbsp;ehanfôftnerie amp; offices dômeftiqnes pou-uans potier armes ,dcs deux cens gentils-honbsp;meÿ,dfe toutes fes gardes de chenal amp; denbsp;jiied j amp; de tous les gESdsf^ftigneurs duRoy-aurtie dcfqucis on audit quelque foulonsnbsp;hors mis le Cohiieftable 'Sc fes trois nep-ueuxdeChaftilloniquicfioyétenlcursmai-.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fons,
-ocr page 625-Sous François II. gt;15
fcnsj legardans lcicu.Tons ccux-cy» dy-ic, ioints cnfcmblc faifoycnt vn bon amp; gros renbsp;gimcn de caualleric, amp; fur les aifles du Roynbsp;iQaichoit la gendarmerie de douzccc ns hónbsp;mes quon difoit auoir particulier fermét aunbsp;Duc de Guife.Brcfjtoute la noblefïè de Fr3-ce auoit efte mandée de sy trouucr cnpcr-fonne fans aucune exeufe ni daagc ni de manbsp;feditieux amp; rebelles :xhofe qui auoit gran-Icment eftonne toute la Frâce, amp; plus enconbsp;quand apres ce partemét il ne paroiHôitnbsp;Huis ennemis : ce qui fit croire que ceftoitnbsp;ce bruit on fit courir quon alîoit afsic- buïróV*-ScrOrlcans,quiscftofit rebellé,amp; cflcué cô dence.nbsp;*^*¦6 le Roy, amp; y entremefloit-on les Princes,nbsp;pour toufiours les redre odieux, amp; feirc trounbsp;Her bonne lexecution quon en vouloir fai -fe-£t adiré vray, le bruit d'Orléans neftoitnbsp;ûns caufexar ceux de Guife auoyent tant a-Himé le Roy alencontrc des habitans ennbsp;les chargeant du fait dAmboyfc,quil lesre-^oit pour mortels ennemis , amp; auoit deli-l^cté den faire mourir des principaux, lesnbsp;biens dcfquels eftoyent ia donnez amp; départis aux mignons courtifans. Le Baillifde aa«nbsp;Orleans auoit de fa part trois mauuaistef-moins, afauoir vn bel cftat, vnc belle mai-fon à la ville,amp; vne autre aux châps.Sa con-
-ocr page 626-4t 4 .ÏHiftcûrectfc France, jifeaÜQncftoit ja dónee;aaSiciir de Sipienreinbsp;corne a lift i les mcHicurcs maifons du Royaume eftoyét remaïqôeca, jSî lefaodOrleâsnbsp;pComü aux foldacs'Fracois ven^ dEfcflè ô£nbsp;aurresdiduxjqni marchoyét aüec lartillerie.nbsp;Voyla leqiiippagfc aucc lequel le Roy pallinbsp;la Beaufl'e,amp; fir ontotrccbniarmes-iÔtleîsnbsp;le i8idÖlt;äobrc, maîsanancquc depaflèrotlnbsp;tre,ie r^citeray ce qui aduint de notableâ'gt; '
Défaites coutiifa-ncK
G e il X de G ui fe ayahs'vc u 1 c m efeotenre* méc da ce quc toutes les chiirgesgt;dignited Änbsp;offkesiaqoyent cftédcparacsienrixrenx fan'snbsp;en bailler aueuriesauxPrinees du fangipournbsp;audunement lescôrennejjiaiioyétaurfexie fainbsp;cëlerigcr deux' gounernemcnsaii milïéudnnbsp;Royaajuë»amp;dcn baillée vniauDuc deMomnbsp;ptnßer,amp; lautre au PrfhCc de la Roclie-furnbsp;Yonjfacbans quilbnepourroyent ancone-met niiiiJed leurs defl(ân3,câmc sils elloyélnbsp;enffontietCcEt toutesfois ils .leur baillèrentnbsp;des llcutcnahs aucc .tellelauthorité qiielcsnbsp;Princcs n^auoyent qucletitrc, chofeq nerenbsp;uenoit quà la foule du peuple,de à quoÿ lesnbsp;ptcdcceüciirs Roys'Uarioytnr jamais voulunbsp;erutndre, dautant aufsiquc lcurs principa-Jcis demeures eftovent en ces pays-là. Aunbsp;Ducdc.Vhînipenlîcr fut baillé legouiicrne-mentdeTouraine, amp; annexez à iceluylesnbsp;Diicliez dAnjou de de Vcndofmcj Conteznbsp;du Maine,de Bloys,Dunois,amp; pays circon-uttilins.Er au Prince de la Roche-fuf^^u»nbsp;celuy
-ocr page 627-Sous François II.
«ekiy dOrlcans, auquel on ioighit les Diichez dc Berry .'pays Chartrain, la Bcauf-fe J Monrargis autres'lieüx contigus : amp;înbsp;Ijailla-on pour lictrrenans au gouucrne-nientdOrleans ledit Sieur de Sipierre , amp; ànbsp;«elüy de l'ours,Sàuigny, efclauts de Ceuxnbsp;de Guife,auectonre puinancc.principale-inent à Sipierre fiir Orleans.
Ceftuy-ci donc eftâràrriuccn ladite Ville ftHànt larriiieè du R.oy dé àii commcMfeni«nbsp;iÖftohte, auét lettre^ de (a Maiefté ^t- i «villenbsp;t'ans coniiTiandemeht aux Efcheùfns'dènbsp;obéir en cour ce quil cörninahdcrbitVcdm^ qucii.cncnbsp;àdcfarmerceux'delavillç,remettantnbsp;leurs armes en ladhàiîon commune,ÿ la^ar t, »nbsp;fledeCquels ilcômit^rt Capitaine .dc^ forte' ^'^***nbsp;^tfiîneftoit loifiblèden approchiet.Pilis ai qu'en riennbsp;près il fit entrer les garnifbns là prôch'alHési'nbsp;quil logea CS maifofis'ijun auoirfnf^îJetinbsp;leur remettant la gardedes portes.Il ladiWr-inbsp;titaufsilespfj-ßgains que le Prince dc läFcrnbsp;chc-fur-Yon arriueroit le tour mefrtiei pournbsp;y faire entree côme Gouucrncur. Au moyennbsp;de quoy chacun fc mit en deuoir dc le rect-uoirleplus hônorablemcnt quon pourroicnbsp;felon le peu de temps amp; commodité: defuftnbsp;fut au dêuant de li/y HlerofmcGroflet,Dail-.nbsp;ItfdOrleâs , accôpagnc des gens dc la luftinbsp;ce,de lVniuerfité.des Efeheuins amp; Côfcil-inbsp;1ers de ville,amp; des pldsi notables botu'gcoisnbsp;amp;tous officiers dicellc, l e Baillifport»
. QJ 4
-ocr page 628-Hiftóire de France,
U parole pour la ville,amp; fut fa harangue plei ne de bonne afîèdiiou »seftimans tresheu-reux dauoir vn tel Prince pour gouuer-neur.Ilsle fupplicrent dauoir la ville enre-' coiniïiandatió, amp; de les maintenir en la bone grace de leur Roy, Prinec amp; fouucrainnbsp;Seigneur,auquel ils defiroyent entièrementnbsp;obéir,comme aufsiàluy, non feulement ennbsp;cciiqui concernoit lefcruice defaMaiefté,nbsp;mais pour le ficn en particulier : puis fur lanbsp;fin ils sexeuferenr de nauoir fait plus grâdnbsp;appareil pour fa venue, dont ils auoy ent feunbsp;lementeftéaduertis le matin. E fiant entré en la ville, il leur fit entendre, commenbsp;aufsiMoruilliers leurEuefque lefcriuit,quenbsp;le Roy amp; la Roy ne vouloyent faire leur entree en ladite ville le leudi enfuyuant i?«nbsp;dudit mois: mais pourcc que le temps efto'tnbsp;court,ils eurent vn iour de delay feulement,nbsp;pour drefler leur appareil au mieux quilsnbsp;pourroyent. auquel iour i8. dOdobrc,lctlitnbsp;Seigneur amp; laRoyne arriuerét de matin auxnbsp;faux bourgs dOrléans, ou leur fut prepare^nbsp;vne maifon,amp;dreïïe vn cfchafFaur pour voirnbsp;paffer les troupes de la ville qui Icurvicn*nbsp;droyent au deuant félon la couftume. Le®nbsp;gens de pied faifoyétmonfire de quatre munbsp;nommes fous douzc.enfeigncs,amp; Icuraiioitnbsp;on rendu toutes leurs armes,excepte les bidons à feu, dautant quils eftoyent fufpc^snbsp;au Cardinal de Lorraine. Apres eux fuyuo'^
-ocr page 629-en nombre de cinquante à foixante, montez amp; aucc bel equipage, reueftusnbsp;mcfme parure des couleurs defdirsnbsp;^^igncuramp; Dame, fuyuis des archets de la
Centra fous fon dais dor aucc Icsarmoi-de la ville,amp; tira droit au grand temple Croix. Deuant luy marchoyent lesnbsp;*iattc cens archers de fa gardejes deux cesnbsp;S^ntils-hommcs de fa maifon, les SuilTcs amp;nbsp;^^iquebullcrs de la nouuellc garde. Et a-fa Maieftp allovent les Ducs dOrléans
gneuts amp; Chcualicrs de lordre. Etainfiau fon des trompettes amp; clairons fur conduitnbsp;*odit Tcmplc,oùlEucfquc Sc le clergé lenbsp;^eceiirennpuis fon oraifon paracheuee il al-'.a loger en la maifon du feu Chancelier denbsp;Alençon perc dudit Raillif, en la place ap-lEftapc.Et neft du tout â oublier quenbsp;- *'«/ payant par les rues rithemét tedues.
-ocr page 630-Hiftoir^de France,
Salaire de ceux quinbsp;vont auxnbsp;deuins.
fori ch^iâVfir vn Fauxpas : en /brrequilfuft rpiTîbê-Édttt'à'plat, sil néuft efté foiidaifie-meritrclhnéiCe que pluJitjurs interpreterentnbsp;dehors àmàuuais prclâ'ge pour luy , autresnbsp;aufsipoHrla ville.
Laprcfdinee toute cefte compagnie retourna du'«leuant de la Royne en mefejc ordrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ekjilipage , laquelle fit fon entree
Cruel def fein puis anbsp;près cmnbsp;pelchc denbsp;par Dieu,nbsp;amp; non denbsp;parles hônbsp;mes.
fort'richtmcnt atourncc Sc montée fiirvhc hacquenéé blanche s fi,ynie dvri grandnbsp;riombie de dames amp; daWÔifelles : niai^nbsp;6n ryiTC ui en lautre ébttee, ceux de Gui'nbsp;fc ht; c;6pTiparurent,amp; dribit-'on que ceftoitnbsp;die erkiritéderencontrerquekuvndcfelf^nbsp;rfeï parce quvu magicien ( 'comme noinbsp;auons dit)auoir prédit au Cardinal cftanlnbsp;à Rouie,que fon frere amp;luy'mourroyent dânbsp;mort violente amp;de bartons à feu, defob®nbsp;que pour euiter cela ils craiguoyent tell^®nbsp;airémblccs, encor quils eurtentfait defequot;'nbsp;dre de porter aucunes piftoles, piftoletsnbsp;harquebufes fur peine de la vie , mefi«^nbsp;meut en'telle ville quils auovcnt expf^nbsp;lèment choifie pour la plus propre à eX^nbsp;cuter le comble de leurs cnrreprifes,de le'nbsp;gue niain apareillecs ,eftimans,difoit-lt;nbsp;que tout ai'n'fi que la ligneedè Charlem^nbsp;gnefdonrfls ont refué quils ertoyentfot'^/'^nbsp;aubir-prins fin eu la ville dOrléans, cei ,nbsp;mefme ville aufsi ferniroit de cimetièrenbsp;tout« là ra^fc de Hue Caiiet â amp;¦ leurs art^nbsp;*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âioti'
-ocr page 631-Soüs.Frafbçois I Li
Äionnez feruircurs.
/'jq j--' er
Quand DO.Uiauons dernièrement .parle duRoy de Nauarre amp; {q frcre,nouJ les auqsnbsp;iaiflcz par les^ chemins venaniàjlcUrs! petites tournees : mais plus alloycht-'ils ajuâwâcnbsp;plus auoyent-ils daduertifltmensdie Içtetinbsp;icr fecrettemér, fuyiiant ce quils ont bipn tenbsp;conu depuis leur , auoir efte prédit, quançîtnbsp;de pas quils fdifoyentvers îaCQur , autantnbsp;approclioyent.-tls , amp;tout leftat du Royairnbsp;o»c,dclamorfofiDieu ny rtmedioit.extrâor Dieu amp; vnbsp;dinairementtà quoy'ils ne.vouloyent nulle- Voyensnbsp;ntent entendre, fc remettans amp; leur afaire qu'il dontnbsp;dutout en Dicibduquel ilsatrendoyenttoutnbsp;encours amp;defdfifd,amp; en cefte confiance d: cordâtes,nbsp;de leur innocence fc rccommandoyent auxnbsp;prières desEglifes réformées,faifans venir4nbsp;eux tous les miniftres, Diacres amp; fwrucill.ssnbsp;pat QU ils paflôycnt pour les confoler.t Chlt;gt;-fc notable pour cela qui sen enfiiyuir, eom-iié quil ne tin ft aux Princes qnîilsïnc fc perqnbsp;diflvnt entieremét. Voyla comnie ils arriiie-tchtàOrleans aueçltur petit train.'qui futnbsp;laveilledeTouftàinsdernicrdOdobfeK p.auad«
Ceuxde Guifefaebäns h urarriueti»non dts pour befoin .quilen fiift , mais'pour e-ftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 Tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iiinc^sffî
tonner de plus en plus les Princes Jetons tiansàot
foitpeu de faneur, firent venirtous lés boni prirôn'. ie tties darmcsamp; archers qui cftoyét en garni-fôàlenuirô d'Orlt^Sjlefqls auec lellircdcs soquot;?
-ocr page 632-6zo Hiftoire de France,
gens de pied qui cftoit logee à la ville,furet arrefigôz en haye fort ferrez,armez à blancnbsp;dvn cofté amp; dautre, depuis le commence-met du Portercauiufques au logis du Roy,nbsp;eiïforce que les Princes furent contraints denbsp;pallet au trailers,amp;de reccuoir des brocardsnbsp;dvn chafeun, felon quil eftoit le plus impunbsp;dent :amp; ne leur alla au deuant aucun desnbsp;couitifans, ny encor moins de ceux de la vilnbsp;le,pôurlcsraifons qui feront cy apres dedulnbsp;tes, refertte le Cardinal de Boürbô leur
amp; le Prince de la Roche fin-Yon, qui élurent conge de ce faire.
Eftans Icfdits Seigneurs encrez en la vik lc,amp; approchez du logis du Roy , le Roy d«nbsp;Nauarre voulut felon la couftume entrer ànbsp;chenal iufqqes dedans la Cour du logis dû'nbsp;ditScigneur : mais ceft honneur leur filtre'nbsp;nie,amp; leur fiit aflèz rudement refpondu^i*®
les grandes portes ne souuroyent point. A-pres auôiraucunemcnrconreftc fur cela, d*
mirent pied à terre,amp; accompagnez du dinal de Bourbon amp; du Prince de la Roch^nbsp;fur: Yon,allèrent trouuer le Roy, lequel fichant leur venue, seftoit mis en lieu ernin^
-ocr page 633-Sous François II?
il ny eut aucunes carcfles entre eux amp; ceux lt;lé Giüfcjlefsjuels ne firent compte des Prinnbsp;ccsîcomme aufsi toute la compagnie fe cohnbsp;forma à eux.Auant que tous ces myftcresnbsp;fiifltnt acheitez^ la nuicä furuint,qiii fit quenbsp;le Roy sachemina en la chabre de la Roy-*^niere,où il fut fuyui defditsPnnces amp; denbsp;P«» de gens. Aufsi ne voulurent ceux de Tynns,nbsp;cllre prüfens aux propos dcfquclsilsnbsp;'oycntinflruir le Roy.de peur que les Prinnbsp;sattachaficnt'àeux de paroles, comme Roy-auoyenr entendti quil en cftoyent biennbsp;plibercz,amp; pounoucr le refte du ieu en telnbsp; forte quà vn befoin ils eu lient toufioursnbsp;negatiucsà propos, dont bien leurennbsp;Pdtitàla fin,comme aufsi finement cftantnbsp;'leftion du dvcrct'il« la prinfe de corps, ilsnbsp;auoyét fait porter la parole au Marcfchalnbsp;Bfiiïac.
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Royne mere les eut retcus
larmes de Crocodile, le Roy sadref- fait au au Prince de Condé luy dit quon luy
*'0ir rapporté de plufieurs endroits quil oUi'up 'oitfaitamp;-faifoirpluficurs cnrrcpeifescon folc.nbsp;j^hiy ôtlEftatde fon Royaume,à loccafiônbsp;5 quoy il lauoir mandé pour en fauoir lavenbsp;par fa bouche.Le Prince ne demoui a
^ourt ne mäetj comme il neut one faurc de '^urni dé langue Arhardicflcfinguliere, amp; mité dunbsp;^ade grandes defenfes, voirerelles quefanbsp;,'^aicftc auôit infecoccalion de sfen conten-
¦' r-.
-ocr page 634-éit Hi'ftoice de Prance,
fer,amp; d'eftimcr que ciftoyent pures calomnie^ inuentecs par fes tnneiuis de Giiifei lef quels il chargea grandement amp; onuerremétnbsp;depluheurs forfaits, amp; des càufes qui les a-uoyenc meus à le calé nier entiers faMaiéftc.nbsp;ceq liiy.tQurna depuis à plus guîdvcrtuqsilnbsp;chft'faittefte à fes enncmisieftànrafsiftédesnbsp;forccsjquil auoit mefprifacÄ. Ce neatmoinsnbsp;poHtee quil auoit aiidi eftj ,adiüfc amp;con-clud allant leur arriqec, fa,Matcftécotnma-dæàChartignyjCapitaixte.-des gardes e/ptefrnbsp;(èincnt cnttóyé là par coïiixdcGuifejde fc fainbsp;te Prince ftc de fa pcrionttcicc qjjil fitidf It tncnapti»nbsp;piißnie^?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maifan(là,prochaine:audc-
uaucde-laquellefucconftruit «h fort de bri-quàiflanqiié.'dc cànonieres,amp; garny de pieces d'aattllerië de cairq^agutt'«ipii battoi: trois rueSidcdefendoit les aduenues- Lestenbsp;nciflres de fi chambre furent aufsi niideei»nbsp;¦'¦y ' amp;fut,renn le Prince,fl eftroirementque^-^nbsp;ne parloità' luy quvn boni me de chambra-
rei autre- ffcfe en Ics .iti'ftificariorisjifans^ le SrfreTe' flt;mnieK,ou-. à toupilmmom^
¦ baillaft)èn garde, amp; ^«^1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
vie-. Cequefa Maieftéj;e^t(davjVoylaq lefutlflireccpciQudecèsdrinoes. Etnbsp;¦igt; ' la , liberté idu Nauàsrois .néftoit gu
-ocr page 635-Sous François IJ. ^15
^uil auoit cede efpace daller dfe fon Jogis Hui luy fut baillé auprès de celuy du Koy.nbsp;JJais au refte nul nofoit parler à luy. ninbsp;'f iour nidc niiid, sil nclloit de ..fps gens,nbsp;encores ny en auoit-il gueres daucrosnbsp;^Ue les feruiteurs fecrets de ceux de Guife.nbsp;^ârtous ceux quiluy eftoyenf loyauxse-*oyent ablêntez, hors mis vn bien peu,quinbsp;'Mrent bon amp;: .fcbazardèrent, aidsi aiiancnbsp;leur maiftrejauquel fa garde fut oftce»amp;:nbsp;Mie de ceux dçÆ'uifc au contraire fut afsifenbsp;Jioiir Scdomiiétaatourde fa ma'ifongt;auccnbsp;P '*fieuvs efpies qui fiiyuoycntpour regar-^fqHiparlcfoità luy.
(j Recede- mefme colcre les Seigneurs i» Dame l,l^«8«^gt;gt;Scgt;dcKenOUart, gentlls-boæ. Jnfônierenbsp;. 5 delà cbarribre, eurent charge daller p»r deuxnbsp;Vpnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n^res d«
h . leurs de. Cbaf1:illon,lt;?c belle m.erp . du I yr.inj, le . ^cedeGondé. La caufe porte.epar leurnbsp;t^^^sion-ny.o»t.quclle auoitcettaipe m-ç^S^nceamp;patcicipation des confpiratiôs,nbsp;^^ii'^i^Dsquisedôyent p3.ati-cd Royaume,amp;nbsp;defquelsnbsp;^ï'v^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;falloir amp; entendre
poutupirau dagerqui en dc-^'^l'^'ilit'rr^çs coulpables autant mérité,ayant pour cc-parîaduisdau-^¦^grâds perfo.nnagesde fon côfeil)
-ocr page 636-614 Hiftoire de France, de la prendre prilbnnicre, commandoirtrefnbsp;exprcflcment aux dedudics» deux tranfpor-tet en la maifon de laditeDame la part qucinbsp;le feroir,amp; de fe faifir de fa perfonne pour lanbsp;mener prifonniere àS.Germain enLayc,afinnbsp;dauoirplusdc lumière de ce que faMaie-fte defiroit fauoir delle,amp; de laparticipationbsp;amp; intelligence quelle auoir eue pour lesnbsp;cas amp; crimes deflîidits^Et fur tout leureftoitnbsp;enioint de fe faifir de tous les papiers quinbsp;fe trouueroyent en fa poflcfsion.pour lesluynbsp;enuoyer fidelement amp; diligemment. Il y a-uoiraufsi mandement au capitaine du cha-fteau de S. Germain en Laye de ly recciioirnbsp;prifonniere,amp; de la tenir en fi eftroite gardenbsp;que nul ne parlaft àclle fors que les iugesnbsp;que le Royy enuoyeroit. Ce qui fut entièrement execute, ladite Dame eftant lors ennbsp;fa maifon dAnicy en Picardie, là où iefditsnbsp;Renouard Âr Carouges la furent trouucr,amp;nbsp;fans aucune forme ne figure de iuftice,fou»nbsp;lerent partons les lieux lecrets defamaifou,nbsp;vifircrenr fes papiers,devferentenfoncu'nbsp;droit de tous les rudes trsairemés dont ils *®nbsp;peurent ad uifenfans auoir efgard àfaq«'nbsp;ré, aage ni indilpofition. Aufsi eftoyenfyquot;®nbsp;feruiteurs trefaffeôkionnczde ccuxdeGuif^nbsp;amp; aiioycnt à fingulicr plaifir dcxccutcrlcurnbsp;commandement à toute rigueur. Ceftonbsp;caufe pour laquelle ceCarougesauofinbsp;pluficurs aîlees.amp; venues vcrsl«
(r
-ocr page 637-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^2.5
en Bearn. ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i.; . y
Ils énuoverentanfsi à Paris,amp; firent pré- i.c confeil drevn eonfeillcr de Parlement nommé la lier la lunbsp;Haye,pource quil manioit les afaires diiPrînbsp;ce deCondéjamp; voulurent faire le femblablenbsp;à Orleans de quelques autres;mais ils fe tc-titerent de la ptedê.
En ce mefme temps fi malheureux arriiia dItalie en France Madame Renec de Irannbsp;cc.fillcduRoyLouysX I l.Diichefic douairière de Fcrrare, amp; belle mere du ficur Ducnbsp;deGuifc, qui auoit toufioursfaiiorifc laRelinbsp;gion» trouua fort mauuais lcmpnfonne-Wétdes Princes,predifanr à fon gendre quenbsp;tnil luy en adiiiendroit, comme il fit depuis.nbsp;Mais elle ne fut crcué, amp; falut quelle aual-cefte pi Iule à fon arriuce
Nous auons touché cy deflus,comme A-l'^iity Bouchard Chancelier du B oy de Na piifônicr r'Wc auoit eferitau Roy amp; à ceux deGuifc volôtaire.nbsp;contre le Prince de Condé , amp; du bruit quinbsp;couroit que luy mefmes seftoit fait prendre:nbsp;ce qui ne fut fans grandes coniedures, daunbsp;tînt que la corn mifsion pour ce faire, fur a-dtcflce à Iarnac,qui eftoit aufsi,commenbsp;nousauons touché, lon grand amy amp; familier.
Aduint que Bouchard eftant allé voifi-netchez vn gentil-homme,onluyapporta vn gros pacquet, amp; luy dit tout haut le porteur enuoyé de larnac,que fô maiftre le luy
Rr
»
-ocr page 638-Hiftoire de France,
cnuoyoit, auec fes affcdueufcs recommandations , lauertilfant quil Iç verroit dans trois iours chez luy aucc bonne compagnie,nbsp;Surquoy le Chancelier roiigiflântamp; pailif-fant, comme aufsi à louuertiire du pacquet,nbsp;luy manda quil feroit le rrefbien venu : cenbsp;qui fut bien remarque. Bref,au iouf afsignénbsp;larnacvient enfamaifon apres lauoirde-rechefaduerty de fa venue, le fait amp; çonfti-tue prifonnier, failit fts papicrs,amp;vfcjen fonnbsp;endroit de routes les rudeflès en apparencenbsp;quon euftpeu faire au plus eftrange homme du monde. Pourquny faire il cftoit a-compagné de deux compagnies de genfdarnbsp;mes auec la lîcnne, amp; fembloir quil deuftnbsp;auoir abandonné la maifon au pillage. De-qnoy Bouchard fe plaignoit grandement,nbsp;appellant larnac traiftre amp; mefehanr,le menaçant de sen venger, amp; luy faire tranchernbsp;larefte, Voyla comme cede farce futiouee,nbsp;amp; ce Chancelier conduit à Orleans en grade compagnie, amp; de là enuoyéà Melun * a-uec tous les autres prilonnicrs quiauoyentnbsp;cfté amenez de Lyon: afin de leur faire procès .amp; de preparer les prennes contre le Prinnbsp;ce de Condc , duquel on haftoit lafaireennbsp;toute diligence.
Gionot Deuxiours apres larriuec duPrincede Condé àOrJeans,le Baillif Groflot fut prisnbsp;pnïôniet prifonnicr :amp;combien que le bruit des au-Ans aucu très fnfitrouué merueillcufement eftrange,nbsp;amp;
-ocr page 639-Sous François' 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;^2.7
amp; qiie de tous coftez on ne vift qife calami- neippa-tez préparées, tant y a que ceftuy-cy fut re- '® marqué,ne fay autrement pourquoy, finon- ' - *nbsp;que les vns auoyent compafsion de fon mal,nbsp;le conoiflàns homme vertueux, amateur ditnbsp;nbsp;nbsp;¦
bien amp; repos public, cnnemy de la ty tan-i nie, des factions amp;cntrcpCifes turbulentes, comme aulsi efloigne de toute ambition; chofe rare de ce temps es hommesnbsp;conftituezen telles dignitez: te quon lou-oir doublement en luy , à cauiê que fanbsp;dextérité aux deux robbes luy promcrtoiCnbsp;de fort grands auanccmcnsaux honneurs,-,nbsp;sil les euft voulucercher, de prcndi'epar- :nbsp;ty . Les autres préoccupez de ce quonnbsp;luy mectoit fus, pour donner couleur à fa'nbsp;mort amp; confifeation prétendue, exeufoy-tnbsp;ent ceux de Guife, lefquels par gens apo-abtunoycnr le firhple' peuple du crime de lefe Maiefté fuppofe à|tous les pri-'nbsp;fonniers, amp; autres qui ne vouloyent ployernbsp;foiibs le ioug. Et pource quon a parle di-nerfement de la caufe de lemprifonne-tnentde Groflot amp; des procedures tenues .nbsp;contre luy , amp; que cela touchoic le faitk*nbsp;de plufieurs autres qui eftoyent remar-qttez , iay pcnle que ce feroit chofe digne de mémoire pour la poftcritc,dcntrc-etter icy ce qui en e(l i la vérité , afinnbsp;quon conoilic le peril etrtinent où lorsc-«oyenttombez toutes gens de bien,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' -»
Rr Z
-ocr page 640-618 Hiftoire de France,
Le perc de Groflot ayant receu ccft
Exemple nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j- -
âr-Tyrin honncut dcftfc chancelier delafeuëRoy-snie toute nc de Nauaire Marguerite de Françe, OUUette*nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I r nz^ilct'ir »e l-k/^nnAr* l0W-«gt;0(gt; /IrtllA?
amp; le tout feuj lenbsp;rom du
Roy.
fon fils nourry es bonnes lettres amp; doué dautres grands dons gt; fc monftra touf-ioui's afFeûionné au fcruice de celle mai-fon , félon fon deiiqir. Toutesfois apresnbsp;V la mort de ladite Roync , fans afpiicrànbsp;lcntreprife des afaires ordinaires dicelle, 'nbsp;il fe contenta de lexercice de fon eftat denbsp;Baillif dOrléans, amp; dy vaquer en toutenbsp;droiture amp; rondeur . Cela nc pouuoîtnbsp;plaire à ceux qu i dcliroyent fur tout que lesnbsp;principaux des grandes villes fulienr ànbsp;leur deuotion : mais ce qui leur fit couchernbsp;ce perfonnage des premiers en leurs papiers , fut le rapport ordinaire de leurs fer-uiteurs feettts, quil ellqit la fauuegardçnbsp;des aiïcmblccs des Huguenots :amp; que denbsp;frailche mémoire ils seftoyont impriuicnbsp;en leur fântafie, quil auoit eu intelligence auec ceux de lentreprife dAmboyfc»^nbsp;çauft que les Princes , defquçls Grollotnbsp;pftoir feruiteur, en eftoyçnt par eux ac-çufez . Le Cardinal en auoit fouucntef-fois fait ouuerte declaration par fes propos tenus en diuers lieux amp; temps notamment au mois de luin precedent,quandnbsp;ledit Raillifamp; les Echeuins auoycnt ellenbsp;appeliez à Sainôl Gtumain en Laye. Carnbsp;ellans admis au cabinpt du Roy, apresnbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les
-ocr page 641-Sous François ï I.
les remonftrances faites patquot; le Chancelier de Lhofpital fur la negligence amp; conni-ueticc dont ils vfoyent à.la tcccichc desnbsp;Huguenots j le Roy dit fort felonncmentnbsp;au Baillif{ quiauoiten commandement,amp;nbsp;tous fes compagnons aufsi, de fc tenirtouf-foursàgenoux)qu'il euft à y faire mieuxfonnbsp;deuoir quil nauoit fait par lepaflé.Surquoynbsp;ayant l^t Seigneur Roy oublié la leçonnbsp;qui lu^uoit eflé recotdee , le Cardinalnbsp;luy foufla CCS propres mors en laureilie,nbsp;Itfqucls puis apres il prononça en bef-gayant , Ou ie vous chafticray de tellenbsp;forte, que les autres y prendront eXem-
Voila que ccft de fai
le vn
Roy lôa-ieut à crédit.
Eftans donc ceux de Guife ainfi aff^ ^lionncz contre le Baillif,»! ne faut scïbahirnbsp;sils auoyent enuie de fa tefte , laquellenbsp;de fa dcfpouille dcfia mife au fort, com-tne il a cité dk:'3e forte quil nanoir faute de diligens follicireurs, pour ramentc-toir qii11 cftok des premiers au roolle.nbsp;Toutes ces chofes , di-ic,eftoyent bien conues amp; remarquées par le Baillif, lequelnbsp;fauoit,pour certain , que la malicé amp; fc'nbsp;lonnie de fes aducrfaircs cftok dautanrnbsp;plus acreuë , quils seftoyent eflcucz errnbsp;credit amp; authorité ioinéle aircc les forcesnbsp;quils auoyent aprcftecs, pour l'executionnbsp;de leurs fecrettes pratiques amp; menées-Rr ?
Cotiftâce dcGrollotnbsp;combatifnbsp;Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la malice
huifoit aufsi à ceux qui eftoyent affamez lt;l«Tyti« de fa dcfpouille dclîa mife au fort, com-*ne ilaclté dk:'3e fottti quil nanoir fau-
^30 Hiftoiïe tie France,
Mais au lieu de -sahfcnter amp; fe fouftiaire de leurs mains(çe qui luy euft efte aile)nbsp;Dieu luy infpir.'^non feulement de demeurer , ains, en :telle_perplexité de(prK,dçnbsp;sentremettre d.u fait de fa chargeà la manière acouftuütee , amp; de faiôl:, il alla aunbsp;deuant de faMaiefté, quand il fit fon entree, délibéré- dièi luy remonftrer lobeiflàn-- ce de fon peuple dOrlçans , amp; de le defen-. quot; dre des calomn ies de rebellion dont on lenbsp;jii'iJM chargeoit. Maisgt;vnhomme inconu(atiltrénbsp; toutes fois) le voyant marcher dvne grandenbsp;hardiflê amp; aflcilrance , seferia-lors quilnbsp;montoit fur lefchafFaut du Roy, Voylalenbsp;capitaine des Huguenots. Ce qui lefmcutnbsp; ; de telle forte, auec la contenance furiculc
:da Roy, qui commença de le regarder ! dvn Qîil reion , quil ne fut pofsible au
Baillif de faire fa harangue telle quil auoic proiettee. ,
Subtilité - Decefte occafion le Cardinal tira vn du cTtdi- notable ftratageme, duquel il fe ferait biennbsp;liai à mal à poinôfc en ceft affaire , amp; en deux fa*nbsp;çons toutes contraires. Car lcftonne-ment du Baillif aperccu , il donna lieu denbsp;faire croiftre le cur au Roy, luy mettantnbsp;.en aulnt lobcilfanCe quil fe deuoit promettre en tous les lieux de fon Royaumenbsp;où il voudroit aller , puis que ceft homme,, autrement des plus accorts amp; a/Ieti-rez seftoit effrayé de fa prefcnce: de la fuf fi-
-ocr page 643-Sous François îï. fance duquel ilrendit lors3c ailleurs alleznbsp;lgt;on tefmoignage, afin que le Roy amp; autresnbsp;peu rufez cftansparcc tefmoignage elloi-gnez de courfoupçon de fa mauuaifc volonnbsp;ie.il fcmblaft puis apres,faifant faire procesnbsp;a Groll or,quil neftoit mené que dvnc fainnbsp;ftc affedion de iuftice.
l)autre-parr,il fit vne ttienec par fous ter cenuers leurs Maieftcz,amp; courir vn bruitnbsp;^o«rd par ges atiltrez, que le filécc amp; lcftonnbsp;bernent du Baillif le conuainquoyent ma-ifeftement du crime de Icfe Maicfté dontnbsp;^eftoit foupçôné, faifant cftat que celle feunbsp;le côicdure dôneroit luftre fuffifant àfon ennbsp;^teprife,quil aduifa de coulourerdc qlquesnbsp;Procedures acoullumees de iullice.Etpournbsp;^efteffedchoifitdcs iuges de laconfciencenbsp;lefqiiels il fc tenoitdu toutafleuré. Il printnbsp;lôc pour 1inllrudiódu proces Dauanfon,cónbsp;celuy quil tenoit le plus fidele à fon fer-rræe, le plus ignorant amp; effrôté, amp; qui auoitnbsp;rrioins doccalion de retarder le cours de ce*nbsp;fte matiere,pour le peu de fentiment que cenbsp;iwge auoit de Dieu, amp; de lhonneur.La par-de ainfi drellèe, Dauanfon commença à ti- fe cathonbsp;ter les premiers coups par le moyen du Cu q' Roté de Sainde Patcrncjamp;du vicaire de Sain-fte Catherine , fécondez de quelques marchands , defireux dellrc conus zélateursnbsp;de lEglifc Romaine. Et ce qui les rendoit
Danâfon cxcplc dVnbsp;ne mcfchânbsp;te confci»nbsp;cnce.
Beaux cx pies du
Rr 4
-ocr page 644-è^z Hiftoire de France, dautant plus conuoitcux de ccfte gloirCjfutnbsp;que par ce moyen ils fe voyoyent bonnetez;nbsp;ce qui les rit en fin deuenir faftieux, iniquesnbsp;à cerchcr la ruine de leur propre patrie.ht denbsp;fait délia au parauâr ils auoycnt pris vne telle habitude à entreprendre legercment amp; tenbsp;merairement toutes chofes, que pour leursnbsp;¦vies amp; fautes fecretes ils redoutoyent lenbsp;Baillif, pource quil soppofoit ordinairement à leur audace,rompant le col à leursnbsp;pcrnicieufcs menees-.à raifondequoy ilssc-ftoyent tous enfcmble rendus fes ennemisnbsp;mortels,safi'curansjluy dcfarçonnc,que tounbsp;tes chofes feroyent gouuernces à leur pofte.nbsp;Les plus malins dentre eux eftoyent pournbsp;lors laques Aleaume, laques Lhuillicr, Lenbsp;borgne, lAllemant,amp; laquer Mafnet:lel-quels penfans auoirtrouuc propre amp; alîcu-ré moyen dopprimer ce Baillif, nelpargne-rent rien à fuborner des fauxtcfmoins. Daquot;nbsp;uenfon anoit trois chefs daceufations capitales, fur lefquclles ilcerchoit telmoinseBnbsp;toute diligence, comment quil en fuft. 1-^nbsp;premier eftoit, fi le Baillif nauoitpas délibéré de liurer la ville dOiîcans au Roy denbsp;Nauarre qui venoit. Le fécond , sil auoit
¦ pas eu quelque intelligence de lentreprile dAmboyfe. Le tioifiefme, sil seftoitpasnbsp;ttouuc à vnc aficmblce qui seftoit faite denbsp;nuiftdans le grand Cimetière.
Les deux premiers chefs eftoyent m.iniez plus
-ocr page 645-* Sous François. II. ^35 plusfecreteinét,mais tant y a quon les pre-tendoirprounerpour toufiours charger fur quindiinbsp;h malle des Princes. NepouuaUs rien def-çouurirde cela,ils mettoycnrenbefongne fonpasnbsp;toutes fortes de gens, pour vu quatncime «ou» «nbsp;chefdaceufation,qui eftoitprefenté àceuxnbsp;epic lon vouloir inftruive en leurs dcpofi-tionsjfous tels termes, Si la conniuence amp;nbsp;ncgligencedu Baillifàlarcccrche des Huguenots,neftoit pas caufe quils eftoyent ennbsp;fi grand nombre à Orleans.Be ceci parieretnbsp;toutes fortes de gens plus ou moins perti-tiemmcnt, felon lefpritquils auoyentpournbsp;retenir linftrudion que leur donnoyentnbsp;lefdits Cure amp; vicaire,aufquels tout ouucr-tement les rcnuoyoit Dauanfon , difant.nbsp;Mon amy ,auez-vous parle à monficur lenbsp;Cure de fainde Paternc.^Sils refpondoyér,nbsp;Non: Allcz,mon amy\ allez à luv, faites cenbsp;îuil vous dira,ccft vn homme de bien.
En ces entrefaites paflcrent quelques D'«« jours, durant lefquels fc làifoyét les apreftsnbsp;pourla receptiódu Prince de Condc quon les fil«nbsp;attendoir de iour en iour auec le Roy de flnbsp;Waiiarrc,apres lemprifonnemeur duquelnbsp;leurdeflcin cftoitdc commencer befongne,nbsp;laiiïàns iufques en ce temps- là ceux qnie-ftoyent remarquez à la mort, en liberté fer-uile , comme pour tendre aux larrons,ainfinbsp;quon dit.Ils auoyent aufsiconclud détenirnbsp;pourconuaincusdela rebellion prétendue
-ocr page 646-.654 Hiftoire de France,
.Mt ¦
Il hn. i
»h
ylt;I snii-/»*¦; «'* vaUc-
ceux qui saduanccroyct daller audeuâtdc ces Seigneurs,afin qucccftc couleurdon-naft lieu à leur captures,ay âs prcfuppolè quenbsp;lamour que ceux quils appcloyent les fcdi-tieux amp; confpirateurs portoyencaux Princes,ne faudroità lespoullcr de lesallcrre-cucillir,de forte quil feroit aife de les rcmarnbsp;quer : mais ceftc rufe fut tellement cfucnteenbsp;queperlone ne voulut Bazarder fa vie pournbsp;leur faire vn fi dommageable feruice. Ain-fi ce defiéin nayant rencontre à lendroit denbsp;Groflot,on ne laiflâ deux iours apres de larnbsp;refterprifonnicr en fa maifon,aucc gardes,nbsp;outre le guet que faifoit fut luy le Maref-chal deBriftàc,qui seftoit allé emparer denbsp;fa maifon nomee 1Ifle,dc laquelleamp;de toutnbsp;¦ce qui y cftoir,il faifoit défia eftat, partageâtnbsp;auec le Sieur de Sipierre, comme on ledcf-xouurità fes propos. Mais cela fut plus ef-uenté quand fon fecretaire Boyuin ofadirenbsp;à la damoifèlle femme diceluy, que fi on ennbsp;parloir à fon maiftre,comme il feroit befoin,nbsp;(ce quil interpretoit largétau poing)lcs a-fairesdu Baillifsen pourroycnrmieuxpor-ter.Mais quad on sappcrccut qiiop ne vouloir rien desbourfer, huit iours apres on luynbsp;rechangea fes gardes, le mettant entre lesnbsp;mains de Pachaut lvndes lieutenants dunbsp;Prcuoftde lhoftcl ,qui le mena en fon logis bien eftroitemcnt garde. Cc qui futnbsp;trouué cftrange. Car le Cardinal auoitnbsp;corn-
-ocr page 647-Sous François JJ. 655 commandé de le mettre en vnc tour de lanbsp;ville quon appt lie la tour neufue, laquelle il auoit fait remparer amp; renforcer de.nbsp;barreaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
Quelques iours apres^lfutinterrogué par \ ^es commiflàircs amp; à diuets iours,durantnbsp;^efqucls,felon la côtenancc quil auoit te-*^He,fuftquil fe monftrâft parient en fon âf-®*lt;^ion ou autrement, le bruit cou roit auxnbsp;tables des courtifans gt; ou quil fe fentoitnbsp;eonuaincu, ou quil eftoit trop refolu amp; af-feurc. Brefjil ne difoit ni failoit chofe quenbsp;ne tiraflênt à la mauuaifc part. Celanbsp;fait , on paflà à la confrontation des tcl-tttoins , la vie dcfquels conuç par IcBail-
amp;¦ bien- dépeinte , les eftonna autant ^plus que-les termes cfqucls leur dc-Poutioneftoit couçhce,nDn iamaisenren-de la plus part deux. Bref,la furprife denbsp;ceux quieftoycntcofrontez, voire leiu def-rnbsp;rnanifcftc ne les rendoyent que tropnbsp;tcprochablcs , fi Dauanfoneuft donné lieunbsp;aux reproches fiiffifantes, amp;c ncuft maintenu tels gamemens, comme il faifoit ou-uciTcment.lcs aflèuranten leur cftonnemétnbsp;amp; tremblement,iufques à leur feruir de tru-cheman,amp; à Icsdefuclopperde leurs cm-brouillemens,pour les ramener à leurs premieres inftruébósscn leur donnât alitât de linbsp;ccceamp;audace pour vomir leur venin contre le Baillifjcommc iniqucmçt ij luy intci\.
-ocr page 648-6^6 Hiftoire de France^
difoit dvfer de répliqués.
heuKM*' danrantquc Dauanfon ne troiiuoit pour accu maficre fi bien préparée contre lé BaillifjCWnbsp;me ceux de Guife euflent bié déliré ,amp; defi-dame« I« loit femblablementaccrocner en cê ncgoccnbsp;ràbUsdVnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fa rnerejà damoi-
ftoutné desMarais Gi belle merc,amp; .Hifsi fa fern par linftît me, qui toutes pofledoyent de grâds bien«nbsp; ¦ ils atirrerenr, côme on prefuppofoit par connbsp;ieôhires , vn certainfoldat, lequel en pleinnbsp;marche demanda à vne troupe de femmesnbsp;le logis du Baillif dOrleans gt; amp;s'il y auoitnbsp;aucunes delles qui ly peuft conduite. Et conbsp;me vne fe full prefentee, il lenquift fi elle lenbsp;pourroit mener droit à la chambre de la da-moifelle femme du Baillif. Cc quelle refu-lantde faire,ilfecontenta quelle lüy g.rr-daft vne chandelle de fuifdvhé groïîêiir exnbsp;cefsiue,raduerti(ïântquc perfonne ou befte ny touchaft fur peine de la vie. Cela faitnbsp;elle Icconduifit iufques à la maifon.où ilnbsp;trouu.a la mere amp; la femme du Baillif amp; lesnbsp;ayant priées de parler à elles en p'arriculier,nbsp;ditqnil auoirfceu à Bloys liniure que Ionnbsp;faifoirà monlîeur le BaillifGrollot,amp;qii.cnbsp;lindignité du tort que Ion fenroiteftrefaitnbsp;aux gens de bien,amp;r lanecefsité dont les péris compagnöris fé fentoyent preiléz eftoyétnbsp;deux gr.âs aiguillôs à h.azardcr la vie. Partîtnbsp;que fl elles vôyoycnt que lafaire du Baillifnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nallaft bien,elles luv fiffènr fanoir. Contre
telle
-ocr page 649-Sous François IJ. Cyj telle rufe, Dieu leur mit en la bouche cellenbsp;refpôfc,quelles le remercioyér, amp; sil auoitnbsp;volonté de leur faire quelque plaifir gt; ellesnbsp;dcfireroyent fauoir qui il eftoit pour luy ennbsp;fauoir gré.Sur quov il refpondit, le fuis quinbsp;fiiis.Au rcftcjclles vindrent à dire que touchant lafaire dont il parloir,elles efperoyétnbsp;tant de la bonté de Dieu, quil feroit defen-fciit de linnocent.Sur quoy le galand fe récita fans plus retourner: mais elles eftoyentnbsp;foinicnt tentées par des courtifans de fem-hlables propos. Voylacn fomme les procédures que Ion auoit délibéré de tenir cn-Uers tous ceux aufquels on en vouloir.
Outre tout ce que defliis, ceux de Guife auoyenc donné vn merucilleux ordre de rc-dretous les eftrangers, voire iufquau Turcnbsp;nefmes , executeurs de leurs de/Tcins parles moyens fuyuans.
Autrrspro uilioi» denbsp;(eux denbsp;Cuife horsnbsp;le Royaunbsp;me,amp;pie-niieremdt
Entre les movenneurs de la paix dentre le Roy laEranccamp;: rEfpagnol,delapartduRoy,lc «^Efpagnenbsp;Cardinal de Lorraine en eftoit vn, auquelnbsp;iEfpagnol auoit baille pour contre-poids lenbsp;Cardinal Graniiellc homme dtfprit, amp; quinbsp;pour fa longue experience es afaircs deftarnbsp;eftoit encores plus rule que le Cardinal denbsp;Lorraineiduqutl Granuclle conoillbitlhu-iTieur, ayant pcfché fi auât en fes entrailles,nbsp;cpie ianiais anatomie ne fut mieux faite.nbsp;Pour le faire court.Granuelle luy remonftranbsp;les guewes auoir cfté nourrifsieres des here
6j8 Hiftoire de France,
tiques,en foite que Ia France en eftoit presque du tout gaftee , voire iufques aux plus grâds princes,qui efpioyent,difoit-il, la counbsp;ronne par ce moyen,à laquelle ils pourroyérnbsp;paruenirailement à laide amp;faucurdes Pronbsp;tellans, comme il auoit nagueres dtfeou-uert. Le Cardinal de Lorraine fe lentantpi-qué au vifparce propos, ne fceutdifsimulcrnbsp;à Grauelle ce quil fauoit de quelques offresnbsp;faites au Roy Henry lors viuât par les Princes proteftans, amp; des allées amp; venues fur cenbsp;faites entre le Roy de Nauarre amp; eux: en fornbsp;te quil creut tant plus aifèment que sil e-ftoit preuenu,non feulcmentfes deïïêins fe-royent rompus,mais aufsi fa maifon ruinée.nbsp;Parquoy, voyci lvn des fondemens delànbsp;paix, afauoir que leursmaiftres eftoycntlînbsp;égaux en puiflânee, que malaifcment lvnnbsp;pourroit-il ruiner lautre,fans eftre fi fort a-foibly quvn tiers en auroit bon marchénbsp;que partant il faloit necefiairement les accorder cnfcmble,de forte quils neufientnbsp;plus occafion de sentre rien quereller,maisnbsp;quauec leurs vines forces ils courufient fusnbsp;ces Euangeliques,pour fe recompenfer denbsp;leurs pertes, faifans premièrement mountnbsp;tous ceux de leur fcéfe qui feroyent fous lonbsp;beifiânee de ces deux Roys, fans efpargnernbsp;ni petit ni grand. Et ce qui donna plus denbsp;gouftàlanoix , ce fut que Granuelleditaunbsp;Cardinal de Lorraine , quil ne conoif-
-ocr page 651-Sous François IL ^}9 foit ehcualier ne capiraine an mode rant honoré amp;refpelt;âé,ni plus digne de ceftecharnbsp;geque le Duc dèGuife fpn frere. Voyla,nbsp;dy-ie, les promelTcs qui furent faites amp; luttes entre ces deux bons piliers dEglifc,nbsp;allant que de venir à aucun accord de lanbsp;paix,afauoir que les deux princes employc-toyenttoutes leurs forces pmlTances àrcnbsp;ftablir le fiegc Romain, amp; à exterminer lesnbsp;licretiques qui contrcdifoventà fa Hitrar-t'Iiie, fins clpargncr frere,fur,enfant, paient ni amy. Mais la mort inreruenue denbsp;Henry rompit tous ces deffeins.
Depuis, ceux de Guife cerchans ordinal tetnent à renouer ce fait, neurent faute denbsp;coadiiitcurs. Caries AmbafladeursdEfpa-ôtie,amp;du Papecrioyent fans cciïc apres lenbsp;^oy François amp;r fon confcil, pour acomplitnbsp;promeflès dcHenry fon pere côn e les henbsp;^^tiques. Leurs maiftres aufsi en efcriuoyStnbsp;fouuét à la folicitatiô de ceux dcGuife,y cn-fttrnef ant des menaces.Et aufsi par ceft artifice la perfecutiô recômença telle quevousnbsp;aiiez entendue-.mais quand ils conurentlenbsp;dangcrduqiiel ilsefFoyentefchappczà Amnbsp;loyfe, craign.is quen fin le hazard tombaftnbsp;fiirleiirrefte ,ils refolurenr dtxecuterleurnbsp;plus haute entreprinfe fans plus tarder. Etnbsp;pour autant quelle neftoit fans difficulté,pour les murmures qui commençoyentnbsp;afourdreàlenconrrc deux, ils voulurent
-ocr page 652-640 Hiftoirc de France^ safl'cincr des Princes eftrangers,amp; allèrentnbsp;an deuant par derriere.
Ils firent donc croire au Roy dEfpagne, lt;jui ia neftoit que trop ai Ce à perfuadctjcomnbsp;me le Roy de Naiiatre amp; le Prince de Con-lt;ie,fousomlgt;rc de quereller le goiuiememétnbsp;du Royaume durât la minorité du Roy,sennbsp;vouloyent emparer, amp; faire mourir leditnbsp;Sieur Roy amp; fes frétés,pour venger la vieil-loquerclledc Bourbon,en quoy ils eftoyeiitnbsp;foiiftcnus «Scaidez des heretiques de F rance,nbsp;de la Royne. dAngleterre, des Allemansnbsp;Proteftans amp; Suifiès Euangeliques, (bus lanbsp;promeiîè de prendre amp; faire receuoirlcurnbsp;Religion au Royaume, amp;puis apres de régler de mefmes le refte de la Chreftientonbsp;Scmblablemcnt,quil y auoitallianceamp;!*'nbsp;gue pour venger les ourrages quauoyent renbsp;cens les Allemans par Charles cinquiclbicnbsp;Empereur fon pere. Et que quand bien toutes ces chofes cellèroycnt.il deuoitconlîdc'nbsp;ter sil fouffroir fculcmeut ces Princes entretau maniement desafaires, que ccftoifnbsp;cliofc treaflcurec, quoutre la ruine delà Benbsp;Jigion catholique Romaine, il ne ioiiyr®*^nbsp;guercs de la paix:dautantque le Nauarroisnbsp;ny cftoit nullement compris, amp; quil tafeh^nbsp;roitauecles forces du Royaume, de recou-urer le Royaume de Nauarre fur luynbsp;plus eft,quil ne faudtoit dentreprendre futnbsp;fes bas pays,oii il auoit grande intcUigc*^^
-ocr page 653-Sous François II. 641 par le moyen de ceux de la Religion nou^nbsp;uellc qui luy proinetroyenr rendre lés prin-cipalles villesjCn leur pronietrantde lesde-liurer de ftruirude,amp; feu r donner pleine li-berré en leur Rcligion.Mais sil plaifoir audit Sieur Roy dEÏpagne les maintenir amp; fanbsp;Uortlcr en leur gouuernemétj ils ne le garennbsp;titoycnr pas (eiilemcnt de tous ces dangers»nbsp;mais aufsi accon\nliroycnr les promeiles dunbsp;feu Roy Henry en route fidelité.Surquoy ilsnbsp;curent bonne refolurion, à cela les condui-fant Granuelle, qui ne demandoit que denbsp;faire brelche au Royaume,amp; dy voir vncnbsp;guerre ciuile, pour y douer entree à fon mainbsp;ftrc.Voyla comme à vn mefme arefernoyétnbsp;plufieurs cordes.
Ils rcmonftrcrcnt au Pape que les here- Moyens tiques nauoyenr autre appuy en France quenbsp;des Princes du fangA que partant sils ne- enuenienbsp;^oyent retenus,on verroir bientoft la Fran- * P*'nbsp;cefe retirer de fon obcillance, veué leur intelligence auec les apoflats de lEglifcRomaine. Ce qui linduit facilemét à promettre tout fccoursde faneur à luy pofsiblcs,amp; ànbsp;employer fon credit enuers tous les porcrarsnbsp;dItalie , lEmpercur Ferdinand, les Princes P.tpiftcsamp; Eucfqucs dAlemaigne.
En cede mcflec le Duc de Sauoye cdoit Menec de en branfle de fc fourrer des plus auanr, edi-mant que peut edre ce feroit le moyen de ucrsieUucnbsp;rentrer en fes terres, occupées par les Ber-
Sf
-ocr page 654-^42- Hiftoire de France,
nois ; joint quil auoit vn extreme défit de fe rendre Seigneur de la ville de Geneue, furnbsp;laquelle on reiettoit la caufe de toutes lesnbsp;mefaduentures de feu fon pere amp; de luy. Etnbsp;devray il fe fccutde fa part fi dextrementnbsp;côporter auec les Cantons Catholiques appelez Landersjcnnemis iurezdelaReligio»nbsp;ayans flairé les promefles de ceux de Guifenbsp;par le moyen du Colonnçl Freulich , quenbsp;sils neiiflènt finalement apperceu le malnbsp;qui prouiendroitde ladefunion de leur nation,la ligue ancienne desCantonseftoitennbsp;dan ger diftre rompue.
Somme, la mailon de Guife auoit tellement meflé les cartes par toute l'Europe quils rénovent ceux de la Religion pournbsp;ruinez,amp; le Royaume du tout à leur deuo-tion par confcquent,puis que le feul empef-chement procedoit diceux.
Pratiques de ceuxnbsp;de Guifenbsp;eniK rs Jenbsp;Turc.
line cou. fte rien ànbsp;telles gensnbsp;démentir.
Et à ce que lEfpagnol neuft aucun em-pefehement du collé du Turc, qui fembloit le menacer pendant ces exploits ,sil defem-paroitfes forces,on enuoya expres à Con-ftanrinoble deuers luy pour aceufer les Prinnbsp;CCS du fang de traliifon amp; defloyauté, comme ceux qui auoyét confpiré auec certainesnbsp;gens dvue nouuclle Religion, qui ne reco- .nbsp;gnoifloit nuis Magiftrats ni fuperioritez,nbsp;pour mettre à mort le Roy amp; fes frères, lenbsp;fuppliant pendant quon feroitempefehéànbsp;réprimer leur audace de rien innoucrni en-trepren-
-ocr page 655-Sous Françoisoj II. (545 ttcprcndrc du coftéxlItalie amp; dEfpagne.Etnbsp;ceocn confideration de lancienne amitié',nbsp;alliance amp; confederation qui eftoit entrenbsp;ItJy amp; les predeceflèurs Roys , les enfansnbsp;defquels nauoyent rien plus cher que denbsp;continuer les alliances, amp; luy rendre tournbsp;damis Srvoilins.Dequoy ils eurent (ibonne refponfe,que le Duc de Guife fc desborda, iufques à dire par plufieurs fois, quennbsp;fout euenement il aimeroit mieux le Royaume tomber en la puiflancc du I urc,amp; de-fUeiirerfous fa domination, que de voir lanbsp;doftrine des Luthériens amp; heretiques,quilnbsp;appcloit,y eftrc reccué.
Voyla,dy-ie,la grande amp;.hautc entrepri-fe quils auoyent à executer. Mais quand ils coniirent que rien ne remuoit du codé denbsp;ceux de la Religion , amp;quauec la perte denbsp;leurs chefs,ils auoyét (comme ilscuidoyét)nbsp;aufsi perdu tout cur amp;: courage, ils ne dou roinpic Icinbsp;terentpiiis de leurs afaires ; qui leur fut vnenbsp;bonne amp; grande occafion de mander à lEfnbsp;pagnol,quil ne luy cftoit befoin de fc ha- ?gt;-fter,amp;que pendant lhyiier ils cfperoyenr cù'aâ^,r7,'nbsp;auoir tellement nettoyé la France , quaunbsp;printemps ils pourroyent aller tous cnlcni-ble faire ronfler les truirtes du lac de Gene-ue,amp;vifiter les bons compagnons, pailansnbsp;ainfi parmefpris des Allemans Suiflês.
i.-cux de la Religion cependant avans
' Sf 2
-ocr page 656-644 Hiftoire de France,
Dieu ref- perd« toiitc cfpcrancc, comme nous auoiis peilie les dit, dii cofté dcs Ptinccs , aduiferent entrenbsp;ways'Fr quels moyens on tiendroit pour empef-çois aux chcriamauuaife volonté de ceux de Guife,nbsp;n^uVierr* ponrt^nt eurent leur refuge dernier à lannbsp;coinraeù cieniic aiithorité des Eftats. Et dautant quilnbsp;parler ni mettre endou-ûiondes K le gouucrncment de ceux de Guife , fansnbsp;dcdeins eftrc puny comme feditieux amp;(. rebelle,voirenbsp;Tyranquot; « coiume crimiiicl de lefe Maiefté, (ce qui lesnbsp;noyent mcttoitcn grande perplexité ) finalement a-adiurra'y P*^^^ conuocation des Eftats particuliersnbsp;publicc,plufieurs bons amp; notables perfon-nages dilcourans les miferes de noftretépsjnbsp;refolurent auant que de mourir, de rendrenbsp;leur deuoir au Koy leur Prince amp; fouue-rain Seigneur, amp; à leur patrie, propolantennbsp;pleine aftembleeamp; en toute liberté, ce quenbsp;ils penfoyent pour la gloire de Dieu amp; la tranbsp;quillirédu Royavme qu'ils defiroyent voirnbsp;bien policé.
Entre autres, Icâ Bazin procureur du R oV f ftars parnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Prtuofté de Bloys fc prépara, non com
pcaleii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7 I _rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;
(ie Rioys. iTie peiTone publique,mais comc piiuce. »-Ç que venu aux aurcillcs dvne bonne amp; gwnnbsp;de partie des bourgeois,amp; habirans deceftenbsp;villc-là,il fut par eux prié de prendre chargenbsp;de parler pour le tiers Eftar, amp; propofertoutnbsp;pcqui luy fembleroitneceftàire. Cequayatnbsp;« accepté le 4.dO(ftobre audit an i559j'I flt;^
porta en la maifon de ville, où le confeiH^^
-ocr page 657-Hue nul ne fiift depute pour aller auxE ftats generaux, duquel ils ncuiïtnt bon amp; af-n;iirétcfmoignage de fa Religion Catholi-Hue Romaine,afin que cefte aiTemblec nenbsp;fuft aucunement bigarrée ,amp;que le Roynbsp;^eamp;pcuft voir de meilleur il. Notammentnbsp;^^vouloycnt que ceux de leur faôkioh fiif-fent préférez , amp; que Ion prift bien gardenbsp;Hue hul de ces feditieux amp; rebelles Hugue-uots ne fuft efeouté , afin que le repos pu-tgt;lic nen fuft trouble. '^^je fi aucun fe par-forçoitdepafl'eroutre,ils vouloyent quonnbsp;'es en aduertift incontinent pour y pour-Uoir. Voyla linftruélion que loncnuoyoitnbsp;aux amis. Et pour le regard des lieux def-Huels ilsneftoyent afl'eurez,auec tels man-_nbsp;démens on y enuoyoit des gentils-hom-nies amp; feigneurs dauthorité, qui auoyentnbsp;charge exprefte de prefider es afiemblcesnbsp;particulières, afin , difoit leur mandement,nbsp;que toutes chofes allaient par ordreitoutef-fois ils nepeurct eftre de fi pics voyâs,quon
-ocr page 658-64 Hlftoiïe de Franc
jic rcmuaft de terribles maticrcsi ' .¦
Bazin donques cftant entré en la inaifon de ville à Bloys,ainfiquil cômençoit fapionbsp;polition, ceux du cómun peuple le fuyuirct»nbsp;demâdans deftre prefens à ce quilpronon-ceroit,amp; sefforcèrent de rôprc la porte pournbsp;le refus quon Eiifoit de les yreceuoir. Surnbsp;quoy les députez vaincus dimportunité parnbsp;la multitude , ayans ouy entièrement Bazin en fes remonftranccs ,ne laiflcrcnt denbsp;luy afsigner vne heure apres midy pour Cenbsp;trouuer en la falle de ville, amp; là redirepublinbsp;quenientce quil auoitia propofe. Etcefai-foycnt-ils principalement pour fauoirsilynbsp;en auoit beaucoup de fon opinion. Bazin ynbsp;obeyt volontairement: amp; lors cftant cfleucnbsp;en public en la prefence de plus de quinzenbsp;cens perfonnes, miten auanr les matièresnbsp;quil auoit alléguées le matin,fans rien cha-ger ne diminuer: ce qui fut aufsi toftdiuul-gucpar tout le Royaume ,en forte que cenbsp;rcfueille-matin de ouiirir les yeux,amp;def-boucher les aureillcs à pkilicurs notablesnbsp;-perfonnages , qui enuoyerent quérir cesnbsp;icmonftrances, pour prendre celle route,nbsp;-Icfquellcs ieuffe volontiers inlcrees en cenbsp;'hftt, li ien ciilli peu rccouurer la copie.
'Eftans icelles prononcées pai Baslin, elles fiiienc ^randcnicnc lotiees amp; aduouees de toute lafsiftancc.Or combien que la plusnbsp;part
-ocr page 659-Sous François II. 647 part des juges cftans aux eftudes euflTcnt eunbsp;conoiflànce des abus du Clergé, amp; àce-ftcoccafionrcccu la dodrinc de lEuangi-Ic, les vus ouuertement, amp; les autres entre leurs familiers amp; compagnons defeo-le,deplorans la condition de lEglifc Romaine , amp; foufsignans à ceux qui seftoyent Ambitionnbsp;oftez de telle feruitude , fi eft-ce quelle-Dezen tels offices par voyes obliques, amp; tonne eSnbsp;(commecefteplayeeft vniuerfclle par tou- fcifnce.nbsp;te la France, ) ayans ainfi gauchy leurs, consciences, ils soublièrent de tell« forte quenbsp;rendans efclaucs de ceux de Guife parnbsp;quils auoyent la vogue pres du Roy,nbsp;Ils fc rendirent non feulement aduérfai-tes, mais aufsi pcrfecuteurs ouuerts denbsp;ceux dcfquels ils âuoyent tenu la dodri-De. Parainfiayansfeeu les fccrcts delTcinsnbsp;par le moyen du Sieur dAlluyé,amp; que ceuxnbsp;l® Guife auoyent principalement confen-tiaccfteconuocation dEftats,amp;à Icurper-tDcttic (Jç propofer librement leur aduis;nbsp;ann de dcfcouutir plus clairement tousnbsp;ceux de la Religion , amp; en general ceux quinbsp;demandoyent vne reformatio de lEftar: ilsnbsp;-seftudierent de les feruir, amp; complaire ennbsp;tout leur |gt;ofsiblc,voirc auec telle côfidencenbsp;de venir a bout de leurs entreprifes, que ne luypUiftnbsp;feignansde tour defcouurir, ils appeloyentnbsp;ouuertement les lettres patenter du Roy, àieur pto
Sf 4t ¦ rquot; f'quot;'-
-ocr page 660-6 4^ HiUoire^de France,
pour la coniiocariün;ti.es Eftarsja fouricierç pourfendre auxfols quon vouloir attraper,nbsp;enquoy Dieu monftra puis apres quil faitnbsp;renuerfer le confcil des malins par leursnbsp;propres inuenrions.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i '
pluî eft Pourretourner à mon propos, lelende;-u nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cefte proportion, Bazin eft mande
plus eft par Jé'BailIifde Bloys, homme réputé igno-gVri^ufe? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peruerfe nature sil en ftit onques,
pour fe trouuer en la chambre du confcil où alsiftoycntaïiec luy fon fils le Prefidentdcnbsp;ce ficgc, amp; autres inges. A u lieu plus eminent eftoit Claude Kobertet leigneur dAf-luyc feriiiteurtrefaffediôné de ceux deGui-Ic, lt;Sc la enuoyé pour lefFeA quauonsentendu. Aufsi defiroit-il par quelque bon fernbsp;nice reconoiftre le bien receu par fon fils,nbsp;colloque par eux en la dignité lt;ie fecretairenbsp;deftatjàprix dargent routesfois tombé ennbsp;leur cfcuelle. Là plulîeurs interrogatoiresnbsp;furent faits àBazin,pour tant mieuxfauoirnbsp;de luy la caufe de fa legation , amp; les principaux qui lauoyenr mis en befongne, oùdnbsp;îembloit bien que tacitement on y voU*nbsp;liift embrouiller les Princes du fang, ennbsp;quoy fe voyâs ne rien profiter,ils recoururetnbsp;aux menaces amp; intimidations . H relponditnbsp;quil ne pou uoit eftre en coulpe de cell aéle,nbsp;dautant que les lettres du Royncfcpoii-uoycntdifsimulcr, amp; que ce quil auoirditnbsp;nclloyenc que memoires que luyauoycnÇnbsp;builicz
-ocr page 661-Sous François IL - ^49 baillez ceux du tiers Efiat,qui aufsi lauoyécnbsp;aduoué,comme il iuftificroit par fes aôÉesnbsp;quil en auoitfîgnez. Que sils y trou noyéenbsp;faute, elle deuoit eftre imputée à eux députez,qui layans ouy à part au matin,ne le de-Uoyent remettre à raprefdinee,amp; y afsigncrnbsp;le peuple, sils y fentoyent rien de mauuais.nbsp;Sur cela inrerrogué par le Prelident que ce-ftoit peuple. Bazin rcfpond, Beitia multo-tirHmcapitHm,Aonzyio\.\3 elles lvn,nion(ieurnbsp;fe Prefident. Bazin puis apres, nonunantnbsp;quelques vns qui auoycnt ratifie fes nu-moinbsp;tes,le Prefident maintint quon ne les dc-tioit rcccuoir deux, attendu quils nefloyctnbsp;pas bourgeois,pource,difoit-il,quc les mai-fbns où ils habitent , ne font pas à eux.nbsp;tayant alors fait fortir , laques Daguicrnbsp;procureur du Roy au bailliage, requin quenbsp;*1 fuft arrefteprifonnier : mais ils ne lofe-tent faire,de peur doffenfer le peuple. Par-q«oy içQf refolution fut den aduerrir lenbsp;'Ordinal amp; leurenuoyer fa harangue. Cenbsp;quils firent en route diligence, amp; cepen-fantilsluy fignifitientquelques defenfes,nbsp;*font il appella. Le Cardinal aduerri denbsp;refait , combien quil nycuft rien qui lenbsp;-deu ft offen fer, amp;q uon neuften rienrou-à fon gouucrncmenr,tanty a quil nenbsp;laiflà croupir ceft afaire , eftimant anoirnbsp;trouué allez doccafion de chaftier Bazin,
-ocr page 662-^50 Hiftoire de Fiäncegt;
amp; par foil exemple intimider tous les autres . Parquoy le vingt vniefme dOôto-bre arriiia à Bloys le ieiine Villegomblaift de leur nourriture, auec commifsion dunbsp;Roy qui eftoit lors à Orleans, commeditnbsp;a cfté, pour fe faiiir de la perfonne de Bazin . Dequoy aduerty.il euada miraculeii-fement, amp; à la veuë de fest^nnemis, lef-quels auoyent délibéré de triompher denbsp;luy,fpecialementle Baillif qui seftoitper-fuade laharagucapartcnirà luyfeul.cóbiennbsp;que nulde fes compagnons nen fuft exépt.
Celle retraite ne fut fans trefgfand danger , à calife des aguets mis apres luy, comme aufsi elle porta merueilleiix ennuya lès ennemis : amp;lut le Cardinal tranfporté iüPnbsp;ques là,de reprocher à Villegôblain lvn denbsp;fes plus intimes amp; fideles feruitcurs,quil a?nbsp;uoit rrahy le Roy. Ainfi parloit-il detousnbsp;ceux qui uaccomplilToyentfes commande'-mens. Car quand le commandement vousnbsp;fut donne,difoit-iljil ny auoitque la Roynenbsp;incrc,Monfeigneur de Guifemon frere ,dènbsp;Laubcfpinc amp; moy : nul deux ne la dit. Ilnbsp;faut dôc quevous, Villegomblain,rayeZ defnbsp;couucrt:furquoy sexcufant,il promitamp; iura de le luy amener vifoù mort.Et de fait e-llant retourne à Bloys , il promit vn cfiardçnbsp;douze cens elcus à qui le luy liureroit. Depuis les amis de Bazin cereherent dappai-fer le Cardinal. Sa refponfe fur,que sil le tenbsp;noit
-ocr page 663-Sous François IL noitj il luy fèroit tant allonger les cfguillct-ics,quil luydonncroit nouuelles de ce quilnbsp;demandoit.
Finalemétjes luges de Bloys voyâs celle pourfuitte afTedeedu Cardinal,decretteretnbsp;îiir certaines informations quils auoycntnbsp;faites de fes remóftianccs, amp; procédèrentnbsp;par de faux amp; annotations de fes biens.Maisnbsp;pourcelails ne peurétrâtfaire que le Cardinbsp;nal en plein confeil priuc ne les menaçai! denbsp;leurs vies,pour deux raifôs. Lvnc.pourna-' uoirarrellé Bazin prifônicr lors de fa proponbsp;fició, amp; quil fut par eux inadé.Lautre,pournbsp;ne lauoir fait cfpier amp; donc ordre quil ne-uadal!;qui futcaufe quà leur retour,pouraunbsp;ciinemét contenter ledit Cardinal, ils firentnbsp;recolcr tcfmoins , efperans le faire exécuternbsp;en effigie. Mais la mortduRoy furuint,auecnbsp;laquelle les troubles furent enfcuclis ainfinbsp;quil fera veu.
Le Cardinal dautre collé fachant que le P^rys dAnjou clloitfortauâcc àrEuâgilc,amp; particunbsp;principalement la noblellc,ne faillir daducr
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 H 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 joumet-
tir les anus pour y brouiller les canes : Ici- tent vue quels au ioutafsigne à Angers fctrouucrétnbsp;au lieu où les gentils-hommes elloycntafsc à'ceùTdcnbsp;blcz.LàCharles Dalbiac,ditduPlcfsi s,mini nuife.nbsp;lire q sclloit retiré de Tours à caufe de lalctnbsp;tre eferite à la Royne mere roi! apres lctre-prifedAmboyfc,cut charge de laplufpart denbsp;la côpagnie de propofer ce quils luy auoyétnbsp;done en charge. Ayantcu audianceà grâdr
-ocr page 664-HiftoiredeFranee, difficulté,fir vne longue narratine amp; entièrenbsp;confefsio de leurfoy; puis entra en la defennbsp;fc des calomnies defquelles on chargeoitnbsp;ceux qui faifoyent profefsion de la pure rclinbsp;gion Chreftienne, amp; de la vint aux abus denbsp;Ieglifc Romaine,monftrant comme elle a-iioit enforcele route la Chreftientc: amp; concluant à la reformation du clergé,amp; quilnbsp;pieu ft au Roy leur otrroyer eftar paifiblcamp;nbsp;temples pour 1exercicc de leur Religion,iufnbsp;ques lt;1 la determination d vn fainft amp; librenbsp;Concile.Cefte harangue ne fur moins adminbsp;rec par 1afsiftcce ,pour auoir efté ornee dVnbsp;nc infinite detefmoignages des fainres Ef-critures amp;do(fteurs anciens, que dcfplaifannbsp;re an parry contraire.Voire mefme le iiige lenbsp;Rar,qui seftoit toufiours monftreennemynbsp;decefte dolt;ftrinc,dcclairatout publiquemétnbsp;nauoir iamais veu ni entendu homme fi donbsp;dc,amp;.'lcpriadc luy bailler fa vemonftrançenbsp;parcfcrit,afindc lcnuoyerau Roy.Maiscelle compagnie cfguillonncc par certains ef-prirs pafsionnez,ne fe départit (ans murmure, de furent bien pres den venir aux prifesînbsp;ce qui full indubitablement aduenn, fi lenbsp;partv de Guife euft efté le plus fort, amp; fi lînbsp;prudéte du miniftre ncuft retenu ceux quinbsp;lauoyenr mis en befongne, qui ncnfièntnbsp;peu fans cela bónement endurer les parolesnbsp;iniurieufes de leurs aduer/aires, dont sen-fuyuirét apres plufieurs grandes extorfions.
-ocr page 665-Sous François II. 655 Car le Duc de Monrpenficr y fut enuoyc parnbsp;ceux de Guife , daucant quil eftoit fur tous .nbsp;autres Princes amp; Seigneurs François^andenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
contre ceux de l^^ligion:dê forte.que les / gés de guerre quil y mena apres la prife denbsp;les coulinsjtuincrét beaucoup dechafteauxnbsp;^maifons de gentils-hommes, pillansamp;nbsp;ficcageans tous ceux qui eftoyenr foupçon-liez de la Religion.
Allant que cccy aduinft le lendemain dclaflèniblce des nobles,le tiers Eftatcf-lent Francois Grimaudet aduocatdu Roy ànbsp;' '* nemenr des cirez, en ont fait trois tfpc- maudetnbsp;ccs:l*vne qivüs nomment Democratic, ceft kcd«'quot;nbsp;a dire le gonuernement que le peuple a de ifiaxsnbsp;flt;iygt;fans auoir autres gouuerneurs fors lesnbsp;officiers par luy cftablis ; lautre eft Arifto- ae grandenbsp;^'^=iôe,quin-eft autre chofequadminiftra-non des Nobles plus riches amp; plus fages de luid.ciiè
RepubliqueiLatroifiefineelÎMonarchie, Pquot;'jJ* ceft à dire gonuernement dvn Prince , au p' ünbsp;commandement duquel obeift le peuple, bn« denbsp;bn la comparaifon des trois , Platon amp; Ari- P®*'*nbsp;ftote iugent la Monarchie la plus digne, parnbsp;ccque pluralité de puilßnces, comme ellenbsp;cft enDemocratieA: Ariftoctatie,engédre fanbsp;ébonsSc fcditions,amp;r le plus fouuent fondScnbsp;pent pat guerres chii les.Nous font pourex-
emple
^54 Hiftoire de France, cmpic les ruines des Republiques des Romains , amp;ldes Grecs. Noftre Royaume denbsp;Fracc depuis le regne de Mcrouee,qui cornnbsp;méça enuirô l'an quatre cens cinquâte huit,nbsp;àtoufiours efté régi par Monarchie :amp;parnbsp;le grand nombre des preux,vertueux amp; vailnbsp;lans Roys decedez, nous eft enfeignecôbiénbsp;Monarchie excelle pardciïiis amp; Ariftocra-tieamp; Democratie. Lamede cefte Monarchie ceft le Prince, vraye image de Dietblanbsp;puirtànce duquel eft fortifiée amp; fupporteenbsp;par iuftice:par laquelle nous entendons nonnbsp;vne partie de vertu, mais auec Ariftote vuenbsp;vertu parfaite,comprenant en foy toutes autres vertus;la fin de laquelle eft,rendreànbsp;chacun ce qui luy appartient. Ce que le Prinnbsp;ce ne peut faire, fans foy communiquer à fesnbsp;fuiets, pour entendre deux leurs requeftes,nbsp;demandes amp; doléances, à ce que fur icelles il leur départe iuftice, felon lanccefsiténbsp;des afaircs qui fe prefenteront: lt;amp; aufsi à cenbsp;quil ordonne ce quil trouueraeftre profitanbsp;Mean public. La forme ancienne des Roysnbsp;de Frâce,de fc communiquer à leurs fuiets,nbsp;a efté de coniioquer tous les ordres du peu-pledu Royaume,en tels lieux quilleuranbsp;pieu commander. Telles conuocationsnbsp;ont efté appcllces,tenucs desEftats,lefquelsnbsp;ontefte de li grande authoritc,que les plusnbsp;hauts flits du Royaume ont efté traitez parnbsp;cux,dclibcrcz amp; côclus: amp; mefmes 1 autho-rite
-ocr page 667-Sous François II. ^55
de R egent du Royaume,lors quil a cfté Sucftion du gouuernement diceluy ,poticnbsp;^âbferice des Roys, ou leur bas aage. Coinnbsp;fut fait apres la mort de Charles quatrie-» CS Eftats , qui, contre Edouard Roynbsp;^Angleterre , adiugerent à Philippes 'filsnbsp;Charles Comte de Valois,'qui depuis futnbsp;Philippes fixiemcjlauthorité de Regentnbsp;France, pendant amp; iufques à ce que lanbsp;dudit Charles fuftacouchee. Pareil-^(^nient, lan mil quatre cens quatrevingtsnbsp;^quatre, par les Eftats tenus amp; aiïêmbleznbsp;Tours , par lauthorité du Roy Charlesnbsp;^uiéhcfmc, lors conftiruc en bas aage, pournbsp;^Euier aux faôtions amp; cnrrcprifes.qui i'ç manbsp;chinoyent contre lauthorité du Roy ,par lenbsp;^loyen delaregentc du Royaume; fut ditnbsp;parles Eftats quil ny auroit aucun Regent,nbsp;Sepourroyent alléguer plufieurs autres exemples, des hautes afaircs du Royaume,nbsp;traiôtecs «Sc refolues par les Eftats ; parnbsp;lefquels eft entendu lancien droit dunbsp;peuple Francois,de sairembleramp; communiquer aucc leurs Rpysdes afaircs publiques.
Noftre Roy,Prince prudent amp; figc,pout au commencement de fon regne faire co-noiftre à fon peuple,quil le veut gouuerncrnbsp;comme vn bon amp; naturel Princciaufsi pournbsp;leconoiftre ,amp; entendrede luy fes doléances, luy donner allégeance de fes plaintes,
-ocr page 668-lt;^6 Hiftoire de France,
Touclian liXeligió
foil Liger les trauaillez,conforter les bons amp; punir les mauuais jfuyiianr celle anciennenbsp;forme Françoifede bien gouuernerle Roynbsp;aume,a coinmadé lalîèmblce des Eftats denbsp;tous les ordres de fon peuple : qui font lesnbsp;gens d£glife,dc nobleirc,amp; lecoinmun peunbsp;ple:vcut que chafeune prouince depute Có-miffaircs pour enuoycr deuers faMaicllégt;aunbsp;dixicfnie dcDecembre en lavilIedeMeaiiXjnbsp;où il aafsigné lalîèinblee des Eftats de toutnbsp;fon Royaume. Par fou mandement font exprimées trois tàufes de ladite aflêmblee. Lanbsp;premiere, pour ouy r les doléances de toutesnbsp;pcrfonnes.La fécondé,pour compoferamp;panbsp;cifier les troubles de la Religion.Latroilîef-nie ,pour foulager le peuple de tributs amp;nbsp;impoftz qui tant le foullent,quil eft toutnbsp;courbe. La principale, pour la trifte face deSnbsp;a faires prefenrcs,cft la Religion, en laquel-le y a deux points.Le prcmicr,des Sacretnésnbsp;Srebofes IpirituellcsiLe fécondeftla dodrinbsp;ne amp; police facerdotale. Quant au premiernbsp;poinlt;ft,qui eft des facremens amp; choies fpiri-ruellcs, lors quelles för mifcs en difpute parnbsp;relamp; fl grand nombre dhommes,que Icglainbsp;UC du Prince, amp; lauthorité du magijlrat nynbsp;pcuuct donner ordre, amp; maintenir lanciennbsp;ne doélrinc en Ion entier,tcllescontentionsnbsp;fe doyucnt terminer aux Eftats generauxnbsp;de la Chreftienté :ceftà dire au Concile genbsp;neral amp; vniuers, amp; non au Concile nation-
-ocr page 669-Sous François II. 657 nah lequel eft périlleux tenir pour tel afairC:nbsp;car fi les difputes des Sacrcmens fc traitentnbsp;en concile nationnal, te fera faire ouuerturenbsp;dintroduire en laChreftienté autant dopinions ScfeiStes quil y a de Royaumes amp;nbsp;ptouinces: toutesfois il appartient aux Roysnbsp;aux Eftats de chacun Royaume, dellbe-teramp;aduifersil eft expedient tenir Concile vniuerfel,amp; prier les autres Princes Chvenbsp;ftiens y entendre.
Le Roy,comme protecteur delà Religion , amp; fur laquelle principalement il repo C fô fceptre,y a intereft:aufs i le peuplejpournbsp;fonfalut; amp; font tous membres delEglifc.nbsp;Et quand eft dit Concile de lEglife, fe doitnbsp;Entendre compofee de tous fes membres,nbsp;eeftadiré afiemblee generale de tous lesnbsp;Chreftiens,amp; non des Euefques fculs.Pournbsp;lant cefte queftion appartient aux Princesnbsp;Chreftiens, aux Euefques, amp; au peuple ennbsp;general. Or les anciens Roys amp; Princesnbsp;Chreftiens ont iugé,eftreexpedientamp;nc-ce/Eiirc commander Concile de la Chrétienté , lors que par Schifmcs amp; opinionsnbsp;noinielles la Religion aefté pollue amp; diui-fec. Autre remede ne pcuttrouuer Conftannbsp;tin cotre lerreur dArrius ,preftrc dAlexandrie, que de celcBrFr le premier Concile ànbsp;Nicene. Gratianus amp; Theodofius Empe-1nbsp;teurs, contre lerreur de Macedonius, af-fcmblerent le fécond Conetîê^à Conftand-^nbsp;-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tt
-ocr page 670-^$8 Hiftoire de France,
noble. Theodofe fécond a/Tcmbla lejtiers à ^hefe,contrc lerreur de Ne^rius. Mar-?nbsp;tianus commanda le quatriçÆie à Chalce-^nbsp;doine,, pour confutcr lerreur dEptyches.nbsp;Et ainfi fuccefàiuement a efté faïFcontrenbsp;les erreurs des hérétiques, qui fe font trou-uezen chacun temps. Erteile authoritéamp;nbsp;foy a efté adiouftee aiifdits Cpncilcs bien amp;Cnbsp;légitimement aftcmblcz , que ce queparnbsp;iceuxaeftcingéamp; décidé, aefté tenu pournbsp;vray decret de lEglile decliCizif des Euan-giles. Or en noftrc Religion y deux a fc-(ftes: lvne de peux qui viuenf en lobeiftân-cc de lEglife Romaine: laurredcceuxquinbsp;fedifent Euangeliftes:amp;fontles deux/îpo-puleufcs , quil eft en doute laquelle e^lanbsp;plus numereufe : bruflent les deux de tel ardeur de haine lvne cotre laurre,que ïî Dieunbsp;ny remedie,laChreilienré eft prepareeà cmnbsp;brarementdegutrres ciuilesjbeaucoupplusnbsp;à craindre, que ne furent onques celles desnbsp;Romains Slt;. des Grecs. Le Concile fcid ynbsp;peur remédier, où Dieu fefa le plus for[amp;nbsp;plus puiffhnr, dr permettra que U dochinenbsp;quiefldefon S. Efptie demeure vilt;ftorieu-fc,amp;: celle qui fera au contraire foie diCsipeenbsp;Seexterminee.
Authorité Lc fecor/d point delà Religion eften la fu'c^h^re. police amp; diCcipline facerdoralcifar laquellenbsp;focmttiâ les Roys 3i Princes Chrediens ontpuiû'an-dcli imanbsp;nbsp;nbsp;dicelle dteiîer, mettre en ordre,Screfor
mer
I
-ocr page 671-Sous François II. 6'59 mer icelle corrompue; comme lifonsaùoirnbsp;efté fair par Dauid, lequel client le nombre fticsnbsp;des Leuites , quil vid eftre requis pour fer-'uir au temple de Dieu, amp;.'à chacun baillanbsp;fon office quil deuoit faire. Salomon fonnbsp;fils depofa Abiatharde la dignité de fouue-rain preftre de la Loy,pour lamauuaife vie,nbsp;mit en fa placeSadoc.Ezcchias ayant trounbsp;lotdre des Leuites inftitué par Dauid,nbsp;troublé amp; confondu,le reftitua amp;mit en fonnbsp;t^ntictjfuyuant lordonnance de Dauid. Pareillement ludas Machabeus depofa tousnbsp;les mefehans preftres de la Loy, amp; en leurnbsp;place mit autres fans macule , craignansnbsp;Dieu. Pourroyent eftre alléguez plufieprsnbsp;autres exemples de lancien Teftamét. Cc-fie authorité na efte abolie par laduenemétnbsp;de lefus Chrift,mais au contraire confirmee par la Loy, publice par la bouche denbsp;SainâPaul,parcequileft eferit aux Romains en ces mots; Toute ame foitfuiettenbsp;^rxpuiiPances fouucraines . Où faimft leannbsp;Chryfoftomc expofant ce palfage dit,quenbsp;faind Paul a dit ces mots,Tourc ame, pournbsp;nous enfeigner que tous doyuentobciftàn-ce aux Roys amp; Princes, fans exception dA-poftre,Prophete ou Euangclifte,amp;à moindre raifon,dc preftre,moyne,ou clcrcxar telnbsp;le obeillânce na rien de repugnant auccnbsp;ladoôkrinc de lEuangile amp;de la Religionnbsp;Chreftienne.
-ocr page 672-Hiftoire de France,
Les Empereurs amp; Roys Chreftiens ont gardé amp; retenu cefte puiflance de faire amp;nbsp;preferire loix auxpreftrcs, de ce quils doy-uent faire en leur eftat, de reformer leurnbsp;mauuaife vie amp; abus:comme lifonsauoirnbsp;efté fait parGôftantin,Gratianus,Honorius,nbsp;les Theodofes Empereurs Romains, def-quels les ordonnançes font eferites au premier liurc du Code de Iuftinian:duquelpa-Kcillemcnt lifons dixleptconftirutions inférées CS Autcntiquesjconrenans loix de lanbsp;vie des Euefqucs,prcftrcs,clercs amp;moyncs;nbsp;les offices quils doyuent faire en leurs di-gnitez epifcopales, presbyterales amp; cléricales: les peines de degradation, 8c depofi-fions, priuations de leurs charges amp; benefices,punitions contre les delinquans amp;malnbsp;villas en lordre de prcftrife.NosRoys François qui ont pareille authoritc, ont fait loixnbsp;de la vie amp; reformation des murs des prenbsp;ftres amp; gens dEglife,corne lifons auoireftenbsp;fait par Charlemagnedequel a fait plufieiirsnbsp;loix8c conftitutions delà vie despreftres,nbsp;de ce quils doyuent garder 8c oblerucr ennbsp;leur office faccrdotal : 8cnicfmes a faitvnenbsp;louable conftitution, côformc aux canôs denbsp;Japrimiriue Eglife,par laquclleila voulunbsp;que les Euefques fufient eflcuz par le peuple 8c clergé: laquelle ordônancc eft inferçenbsp;quot;au grand decret. Charles feptiefnie,pournbsp;les troubles qui eftoyent faits en lEghfe parnbsp;'le
-ocr page 673-Sous Frlnçois II. 66i le Pape Eugene, pour reformer lEglife denbsp;France aflcmbla fes Princes, Barons amp; Chenbsp;Ualiersjcn la ville de Bourges:amp; par leur ad-uis fit amp; publia les conftitutions de la Pragmatique fandion, contenant tiltres amp; cha-^nbsp;pitres de la difeipline ecckfiaftiquc, de lànbsp;puiflance Sc authorité des Conciles, de laf-Icmblee diceux » des elections , la forme denbsp;célébrer le diuinferuice, commandant auxnbsp;preftres dy afsifter: amp; autres plufieurs bonsnbsp;préceptes delà viedes prefires . Es ordonnances y a autres infinies loixfaites parlesnbsp;Roys pour corriger labus des preftres.
Noftre Roy commençant Ion regne par lhonneur de Ôieu, en a fait vhe fort catholique , par laquelle il commande à tousnbsp;Ruefques fe retirer en leurs diocefes, amp; ynbsp;refider. Pourtant eft clair amp; manifeftenbsp;quil appartient an Roy corriger, chaftiernbsp;ceptirnerlcs abus , amp; maUuaifcs vies desnbsp;preftres amp; gens dEglifede Ibn Royaume:nbsp;amp; ne fe peut fouftenir le contraire* fansnbsp;offenfer la Maicfté. Or ne furonqûes fai-fon qui requift plus rigoureufe amp; feue-te reformation de la vie des preftres que daucunsnbsp;le temps prefent, où voyons les preftres qùjfantnbsp;nauoir tien de Religion, eftre oppofites en lEgur«nbsp;amp; contraires à ceux de la primiriuc cgli-fe, qui eftoyent pauures des biens du monde , riches en chofes fpiritucllcs , inftruitsnbsp;amp; feauans en la Loy de Dieu »tranaillans
Tt 3
-ocr page 674-ë6z Hiftoire de France, ioiir amp; nuift à inftruire le peuple, luy enfei-gncrlEuangilcjviuansenfaindetc,intégrité (le vie, chaflçté, amour amp; vnion. Lesnbsp;preftres du iourdhuy font riches desnbsp;tiens du monde, panures des biens fpiri-tuclsjviuansen dclicesleiour amp; lanuift,nbsp;lubriques, paillards, fimoniaques, auares,nbsp;ifcfi ambitieux, quils demandent les premieres feanccs, voulans en tous lieux c-ftre appeliez mefs leurs: combien quils fontnbsp;les plus rudes amp; indodes preftres qui ontnbsp;efte depuis laduenemét de Icfus Chrift. Etnbsp;comme dit faincft Hicrofmc des preftres denbsp;fon temps, ils ont faufle laLoy de Dieu,lontnbsp;diuifec, fontcaufe des Schifmes pour lefca-dalc de leurs mauuaifes vies. Et pourco-noiftre leur auarice, par laquelle latente-ment'^ils ont fouille le minifterc facerdotal»nbsp;lenfant neft baptize fans argent: les ptc'nbsp;ftres mefmes ne font promeus aux ordresnbsp;delEglife fans argent: lhomme amp; femmenbsp;ne peuuent folemnifer leurs nopces fansnbsp;bailler argent aux preftres ; ils en vendentnbsp;les bancs fix, fept amp; huid efeus : font mafnbsp;chandifedes pardons lt;Slt;:abfolutionsdes|pcnbsp;chez du peuple: ne font les prières au temple de Dieu fansargent. Et combien qu^nbsp;foit dit en lEferiture, que la terre foie aunbsp;Seigneur, qui l.a baillée à fes creatures a^nbsp;fcder,amp;par ordonnance politique des C tenbsp;ftiens en chacune paroiftc en foit laifle^
-ocr page 675-Sous François II. ^^5 tie pour la fepulturc des morts; toutcsfôisnbsp;ils fe latrribucnt en propriété, la vendentnbsp;5c détaillent, ne permettent les fepulnirtsnbsp;^Ics trcïpalTez fans payer louucrturc de lanbsp;terré. Les cimetières ils les vendent aux paunbsp;'tés, les temples anx riches, amp; en tiret prannbsp;ties fommes: tellement quen aucunes E-glifes de cefte ville sen payent dix liuresnbsp;pour chafain corps. \ n panure paflànr silnbsp;tticurt, ou vn homme sil cft tuc,lcs preftresnbsp;tie foiiffrent quils foyeritenterrez fans auoirnbsp;permifsion de lEucfqifê qu'ils appellent vnnbsp;tadauer', ne rougiflefttdtn prcndrc'vn efeunbsp;deux. Et pour compteridre enbrcflçùrnbsp;iônnc vie, ils ont tourné les uures de pic-tóen queft fordide : de ladminiftràtiôn désnbsp;^actemens, en ont fait magazih amp;r boutiquenbsp;io tnarchandife. Comme'font-ils vertusnbsp;^Mraps de foyc, le plus fouuent decoüpci,nbsp;enrichis de pourfilures amp; broderies î Sontnbsp;rertóim'ez , cfpongez amp; parfumez, telle-menr quils rcrtemblét mieuxtfes amoureuxnbsp;ou ptertres de Venus, que dé Icfus Chrirt.nbsp;Leurfuitte crt'felon quils ontgaigné bene-ficesùls ont troupes de valets amp;rufiens, ac-couftrez Sc armez comme foldars : ont maiquot;nbsp;lires dhortcl, efcüycrs,palfreniers, laquais,nbsp;courrifannes, maquereaux, maquerelles, amp;nbsp;autres infinis bagages ; nombre de grandsnbsp;cheuaux en leurs eftables, meures de chiens
Tt 4
-ocr page 676-4 Hiftoire de France;
de chafic amp; vcnerie, oifcaux de volerie; amp; en . bref leurs maifons Sc compagnies fontnbsp;plus magnifiques amp; triomphantes,que lesnbsp;cours des Roys,Princes amp; Scigncurs^ çom-bien que noftre Seigneur dcuât PiJ^tc, lieu-tenat de Tibere Cclar en ludce, dit que Tonnbsp;Royaume ncftoit de ce monde. Leui lübxi-citc cft fi grande,amp; fi exccflnic amp;,publique,nbsp;quils nonthonre dauoir côcubinp?, quilsnbsp;nourriircntamp; entretiennent pompeufes amp;nbsp;triomphantes» couchent auec elles, commenbsp;sils eftoyent mariczdeurs maifpns fontplcinbsp;nés de baftards:font.glQirc de fu borner feranbsp;mes mariées, les retenir contre la volonténbsp;de leurs maris,corrompcntamp; violent filles.nbsp;Des biens donnez aux Eglifes comme en v-fcnt.-ils,ou pluftoft en abufent.^Cefteequinbsp;les gaftc,corromp'tamp;perd.Mais pluftoft fautnbsp;demander côme ils y entrer, par contrat danbsp;chat amp; venditiô. Cela eft fi public amp; notoirenbsp;en cefte villc,q parPafquil public à cfté affiché au répie,Ementts eùceruntetemple venâennbsp;tes.Cmx qui ont la difpofition des coîlatiôsi,nbsp;en font falairc de valets, douaires amp; dotsnbsp;de putains,rccompenfe de macquercaux: amp;nbsp;fouucntcsfois les mettent en commerce desnbsp;hommes,comme marchandife, ont de périsnbsp;euftodi-nos de valets, defquels ils vfent corne de maquignons deftables à leurs che-iiauxrils les leur baillent à garder iufqucs anbsp;ce quils ayent trouuc marchant: amp; sy en a
-ocr page 677-Sous François II. 6C^ de tous prix. Les anciens Conciles, mefmesnbsp;celuy de Carthage, grandement célébré amp;nbsp;loué pour la prefencc de fainôtAuguftin,ontnbsp;défendu la pluralité des benefices, fans difference sils ont charge dames oy non Lesnbsp;preftres de mainte natont fait des beneficesnbsp;finiples,amp; les autres ayant charge damcs:amp;nbsp;par inuention cacodemonique qnt trouuénbsp;moyés de fe faire difpéfer, amp; de fagotter lesnbsp;hcncficcsles vns fur les autres, de fraudernbsp;lesfainéics conftitutions defendans la pluralité des benefices.,defquels ils vfent comme dcfpongcs gralTes ou mouillées,lese-ftraignent pour en tirer la fubftance amp; humeur, puis les laifTent repofer iufqucsàccnbsp;lt;luils (oyct?t rçngrcflèz amp; remouillez, pournbsp;detcchefles eftraindre. Quand à leurs charges de rcfidcnceamp; faire leurs offices, il leurnbsp;ictnblc aduis faite pleinemct leur deuoirparnbsp;Vue diabolique claufe, dót ils vfent en leursnbsp;conttaûs de baux à ferme, de les acquirernbsp;vers Dieu amp; les hommes. Les Eucfqucsamp;nbsp;fuperieursen ce pechentaiiec les inferieurs,nbsp;les difpcnfans de non refider.amp;pource pré-nent argent. LEfcriturc parlant aux mini-ftresde lEglifc leur commande repaiftre lenbsp;troupcau,veillcr fur la garde diccluy. Nosnbsp;prélats amp; ,curez ont quitté amp; abandonné lesnbsp;troupeaux aux loups, qui y font entrez, lesnbsp;ont diuifez en faftions, fedes amp; parties quenbsp;nous voyons auiourdhuy : qui a fait que les
-ocr page 678-666 HÎftoire de France,
brcbi? ont oublié amp; defconu leurs payeurs , defqucls Dieu fc vengera, les punif-fant de la garde du troupeau,mettant autres en leur place, comme il fit des enfans dHe-lisOphni amp; Phinces. Ces fautes, ces vicesnbsp;font efpanduspar tout le corpus du Clergénbsp;depuis la tefte iufqucs aux pieds ils ontnbsp;efte Hz font endormis amp; negligensen lare-formation de leurs vies, chacun deux y dif-fimule, connille, amp; différé y faire ce quieftnbsp;de riecefsiréxôfcflènt leurs fautes,leurs maunbsp;uaifes vies de murs cofropues, difent quilnbsp;les faurcorriger amp; amender: mais de peutnbsp;de perdre le gouftamp;plaifir de leurs délicesnbsp;amp; vokiptez,ny veulent toucher,amp;scfForcetnbsp;palfer le toutpar delais amp; conniiiences.
Le Roy cft conferuateuramp; preinicrpi-lier delà Religion: il luy cft commandé au dixfeptiefrac du Deutéronome prendre Scnbsp;lire leliiirc de la Loyde Dieu »bailléeauxnbsp;Preftresnbsp;nbsp;nbsp;Leûites,non à autre fin que pour
lamaintenir,faire garder ,amp; punir ceux qui pécheront contre icelle. LaLoyfacerdotal^nbsp;eft violee amp; corrompue publiquement,nbsp;Roy, pour le deu de fon adminiftration,«nbsp;pour appaifer lire de Dieu irrité contrenbsp;nous , doit nettoyer fbn peuple de tellesnbsp;ordures Si fanges,Ärrcftituer la Religio ennbsp;fon premier eftat. Les Ecclefiaftiqucs menbsp;mes efcriuentque le Roy ennbsp;te pourriture des murs des
-ocr page 679-Sous François I I. 6^7 lEglifc,amp; pour leur negligence, doit tirernbsp;fon couftean de iuftice,pourtrencKeramp; re-fequer ce quil y a de mal. Or fi nous regardons de pres, nous trouuerons que la four-ce Sc fontaine de tous ces maux, eft deri-Uce des richefles acquifes à lEglife patnbsp;deuotion : lefquelles toutes fois depuis lontnbsp;fuffoqueeamp;efteintc. Tellement quau lieunbsp;Srtau parauant lor amp; Target mis en TEgli-^»nous auions des piclYres dor amp; dargent-.depuis que les richefles y ont entré,nbsp;lous nauons eu que des preftres de bois amp;nbsp;de terre , fuiets aux vers amp; corruption cau-^^e des richefles. Ceux qui ont parlé de lanbsp;deformation de TEglife,lont comparée à vnnbsp;^e»u, haut, amp;¦ droit arbre , qui par negligence amp; mauuaife culture du laboreurnbsp;'^ftabaiflciufques en terre. La cyme eft belnbsp;verdoyante, toute«fois les baflès bran-d^hes tegardans la terre , Tempefehent denbsp;profiter: Au fsi Tcglilë pure amp; nette, com-^He nous a cfté annoncée par les Euan-gdes, eft belle amp; fans macule : la cyme di-^r^llc font les Sacremens amp; chofes fpirituel-tegardans au ciel, qui font bien ordon-d'^csjamp;ne peuuctcftre chagees amp;muees patnbsp;S'itlqucs traditions humaines, nouuelles fenbsp;ou opinions. Mais en ceft arbre y a infi-,nbsp;dd'esbranches tegardans la terre.Ce font lesnbsp;Phiralitez des benefices, ce font les- fu-f^rfluitez des richefles qui ont poilu les
-ocr page 680-668 Hiftoire de France, facremens amp;chofes fpiriruelles , fouillé Itfnbsp;temple de Dieu; ont rendu les preftres i-gnorans amp; vicieux» come les voyons, amp; misnbsp;en opprobre amp; derifion la dignité facerdo-tale.Lors que cefte caufe pechâte en lEglifenbsp;fera oftee, les miniftres feront remis à leurnbsp;premiere lumière de fauoir,literature, cha-fteté amp; intégrité de vie.
Sil y a des fautes amp;abus en leftat de lc contre h glife,aufsi y en a-il en leftat de Noblefleda-itiainiaifc quelle premièrement a efté engendreeparnbsp;blés.
la vertu héroïque des predecclTcurs des No blés,qui par armes ont fecouru le B oy, amp;lenbsp;Royaume. Pourrecompenfe de leur vertu,nbsp;eux amp; leur pofteriré ont efté annoblis, amp;âf-franchiz de tous tribus amp; fubfides qui Cenbsp;payent par le commun: pour marque perpétuelle de leurs illuftres faits amp; familles, ontnbsp;efté honorez darmes imprimées en leurs efnbsp;cus,fignificatiues de leurs prouéfles : au lieunbsp;que les anciens remuneroyenr les biens méritez de la Republique, de ftarues amp; imagesnbsp;érigées en public. Aucuns Nobles prefensnbsp;nont rien retenu de leurs ancics peres, foi'^nbsp;le nom,amp; les armes,lefquels ils ont diffamenbsp;St:mis en obfcurité par oifîueré. Leur faùnbsp;darmeseft de faire aflemblees illicites,nbsp;ports darmes contre les Edirs du Roy.Sontnbsp;au village à battre amp; outrager le panure home, voler le bien du panure marchant, fait®nbsp;infinies forces au peuple,auec grâds
I
-ocr page 681-Sous François 11.
mes dll nom de Dieu en grande furie.Se di-fent forts amp; magnanimes comme Hercules pour terrer amp; intimider le panure peuple:nbsp;Ettoutesfois es necçfsitezdes guerres purnbsp;bliques,amp; lors quil faut prendre les armes,nbsp;pour la defenfe du Roy amp; du Royaume,nbsp;font Chteftiens fi debônaires, quils ne bonnbsp;gent de leurs maifons ,de peur doffenfernbsp;leurs frétés Chreftiens,lcs ennemis du Roynbsp;amp; du Royaume .Tels Nobles ne font vraisnbsp;enfans de leurs predeccfTeiirs, mais auortôsnbsp;degenerans de nobleffe. Parmy les nobles ynbsp;a infinies ronces, qui veulent croiftre amp; fcnbsp;mieflcr entre lesNobles.Sont infinis faux nonbsp;^lesjles pères amp; predeceHéurs defquels ontnbsp;^lanic les armes,amp; fait ade de cheualerie esnbsp;loiniques de blaftcrie, vinoreric, draperie,nbsp;dumoulin ,amp;es fermes des terres des Seigneurs : Si toutesfois quand ils parlent denbsp;leur lignage, ils font defeenduz de la Couronne,extraits du fang de Charlcmaigne,denbsp;Ponipee,ondcCefar. Tels vfurpateurs denbsp;noblefle ne font à fouffrir. Ils font à la foulenbsp;du peuple, par ce quils fe veulent defehar-ger des tributs,amp; leur cotte cft départie furnbsp;le refte du commun. Eft expedient que telsnbsp;violens opprefleurs de peuple foyent reformiez par le Prince, amp; les vfurpateurs de no-blellè foyét remis en leftatdu commun,duquel ils fc font voulu defrober.
En ceft endroit nous ne pouuons nous
-ocr page 682-Contre les miniftresnbsp;de luftice.
6'70 . Hiftoire de France, contenir de parler des gens de indice :lcf-qucls,combien quils ne facent eftat apart»nbsp;tonccsfois ils ticnnet lieu en la Républiquenbsp;fort cmincnt.Sur eux eft cfprouuee la fenté-ce de Caron eftrc veritable, qui tft, quil y anbsp;long temps que nous auons perdu les vraysnbsp;noms amp; appellations dcschofes. Ce mot,nbsp;Gens de Indice,eft le nom de ceux qui fepa-rent le licite daucc lillicite,le iude dauccnbsp;liniude ,1equitédaucc liniquité: amp;pournbsp;ce font appeliez prélats de la deellè Indice:nbsp;defquels lapremiere protedation ed,mefprinbsp;fer tout uure mercenaire amp; queduaire,nbsp;parce que la fcicncc des droits edtreflain-lt;de,qui ne fe doit prifer ne fouiller par ornbsp;ni argent Or les minidres de ludicc quinbsp;font auiourdliuy , ne Ce peuuent attribuernbsp;cede qualité : car ils ne font rien fans argent. Lequel par aucuns ed prins fidcfine-furé ment, quau lieu de ce mot de Gens denbsp;Iudice,ilsdoyuentedre nommez,Sangfucsnbsp;de peuple, qui en tirent amp; fuccent le fangnbsp;amp;uibdancc:'duqucl les adàmezsengraif-fent, panures senrichid'cnr, acquedcntjlesnbsp;grandes terres amp; fcigneurics, font les fom-ptueux amp; fuperbes badimens.Leurminide-re., iurifdiôtion, ou didribution de Indice,nbsp;ned autre chofe qiivne boutique, où fe détaillent par le menu leurs offices quils ontnbsp;achetez en gros. Le noble, lhomme dE-glife , le roturier, le pclerin, la vefue, lorphelin.
-ocr page 683-'Sous François II, ^7r phclin , liinporent amp; mendiant naurontnbsp;aucune fenrence, foit interlocutoire ou dc-finitiuc , qui ne foit taxée , prifcc, payeenbsp;au parauant la prononcer. Loffenfe » Pendant du tué, nauront decrets dadiourne-luentperfonnel, ou prinfc de corps , fansnbsp;argent.Laccuft prifonnier ne fera interro-Î!uépar le luge, lînon quil auance fon fa-aire. Vengeance du 3clidamp; crime publicnbsp;*16 fera faite amp; pourfuyuie t linon que lesnbsp;^iigcsfoyent afleurez cftrc payez de leursnbsp;Vacations fur les biens desaceufatcurs ounbsp;aceufez. Et encores le mal cft es minières de lufticc, qui au moyen quils fontnbsp;perpétuels, amp; quils ne rendent côte de leurnbsp;^rlniiniftration ,fontli ambitieux, fi craintsnbsp;redoutez, que nul nofe parler de leur faunbsp;Etcnccflcconfciencc dimpunité, au-tombent en licence de faire infinisnbsp;T'auxjamp;plufieurs cótraóls dacquêts,amp; daunbsp;rres commerces, plus par impreffion delànbsp;grandeur des dignirez amp; offices quils fou-mennent, que par libre volonté de ceux quinbsp;conrradlentaueceux. »
Il y a deux maniérés de gens qui fe rfifent miniftres des luges , ôc font à lanbsp;grande loulle du peuple , afauoir Greffiersnbsp;Sergens.Pouuons nommer les Greffiers,nbsp;r^s bouchers du peuple : ils lefeorebent, ilsnbsp;^longent le parchemin par battologies, fu-
-ocr page 684-Hiftoire de France, perfluitc de langage, par gräds traits de lettres efcrites à longues interualcs; ont petitsnbsp;clercs rapaces amp; larrons : ils font à la grandnbsp;foule du peuple , amp; font tant de pilleries lesnbsp;maiftresôf valets,quen vn moment ils fontnbsp;des plus riches du palais. Il eftneceflàirenbsp;{our le bien de luftiee, reftraindre leurs fa-aires à la moitié de çe quils prennent parnbsp;couftume ou corrupte lie,nbsp;nbsp;nbsp;reformer leur
forme deferire.
Les autres miniftres des luges fontlcs Sergens, que Ion peur appellcr les harpyesnbsp;amp; griffons du peuple. Sous le nom du Roy,nbsp;parlauthorité duquel ils exécutent les decrets de lufiicc, font infinies opprefsionsicônbsp;eufsions amp; exadions. Et combic que le noble foit augméré, pour les afleoir par les chanbsp;ftellenies amp; villages pour le peuple en cftrenbsp;fecouru:toutesfois ils demeurent prefquesnbsp;tous es villes, faut que les villageois les ynbsp;viennent cercher. Eft expedient afsigneranbsp;chafeun fergent fon Bailliage aux champs:nbsp;leur faire commandement y refider,les punir aigrement des opprefsions quils ferontnbsp;fur le peuple.
Tous ces maux de la diftribution de lu-ftice, font eaufc de ce que les luges amp; ofR-ciers font perpétuels,quils achètent leurs or fices du Roy,dc ce quils font authorifez parnbsp;le Roy de prendre leur fâlaire des parnes i-tigantes. Pouryd6ncrordic,cftrequisfup-
*
-ocr page 685-Sous François II. 675 plier le Roy,fi fps afaiies le peuuct porrerjrcnbsp;Dourfer tous les luges de largent par euxnbsp;desbourfè:amp; h les afaires duR oy font ii grades quil ny puiffe fournir,fera profitable aunbsp;Pays que le peuple les retnbourfe: amp; fuppliernbsp;le Roy quil luy plaifc ordonner, que la iu-ftice fera diftnbuee par luges amp; Magiftrats,nbsp;qui de trois ans en trois ans feront choiiis,nbsp;amp; prefentez au Roy par les Eftats. Et pournbsp;leur öfter occafion de larronner, leur afsi-gnerfuffifansamp; honneftes gages félon leurnbsp;qualité, leur faire defenfes de rien prendrenbsp;du peuple pour quelque caufe que ce foit,nbsp;ûirpcine de la vie. Outre ordonner,quà lanbsp;fiu des trois ans, chacun deldits luges feranbsp;luiet au Syndicat, pour ouyr les plaintes Senbsp;doléances que le peuple voudra faire contre eux-.comme .a efté garde amp; obferué ennbsp;ladminiftration de lEmpire Romain.
En ceft endroit conuient parler de la po-rerne,ou faulTc porte de lufticc-.ceft la Cour fc cômet. deVEglife. A laquelle tous mefehanspre-ftres amp; tonfurez, homicidiaires, parricides, glife,nbsp;larrons,voleurs,fâux-monnoycurs ôc facri-leges,font renuoyez comme à vn afyleamp;:nbsp;franchife de leurs délits ; en laquelle nulnbsp;neft 11 mefehant amp; malheureux , quil nenbsp;foitfauué. Etpouuons dire de celle Cour,nbsp;qiieccft laforeft, en laquelle tels voleurs fenbsp;retirent, amp; par vne conniucnce publique fenbsp;mulTcnt, latitent, amp; font rendus impunis de
Vu
-ocr page 686-^74 Hiftoire de France,
tous mesfaits, qui les réd des bordez à toute licence de malheur. Tellcment que de toutes les parties de mefchanceté qui fe trou^nbsp;uentauiourdhuy ,ya toujours vu prcftre,nbsp;qui trouue moyen de fe fauuer par cellenbsp;porte derriere de Iiiftice,qui cft contre lenbsp;commandement de Dieu,qui veut que tousnbsp;délits foyent punis amp; vengez par les Roysnbsp;ÖC Magillrats du monde, amp; en fignedece,nbsp;leur a baillé le coulleau. Et en lexamen denbsp;leur adminillration , les punit de ce quilsnbsp;nont fait iullice des hommes mauuais amp;nbsp;malheureux. Ce priuilege des prellres,de--llre feulementiiigez par eux, eft du droit ponbsp;lîtif,amp;donné par les Empereurs Conftan-tin, Theodofe, lullinian , amp; autres Princesnbsp;qui depuis ont régné. Mais puis que lvfigenbsp;nous enfeigne,que les gen ; dEglife ont tellement abiife du priuilege, que par le moyc nbsp;diceluy, ils troublent le repos public,olfen-fent les bons, leurs délits amp; crimes demeurent impunis, amp; la mailbn de Dieu cil faitenbsp;caiierne amp; fpelonquc de larrons : Eli expedient fupplier le Roy poiiruoir fur labolition ou moderation de tel priuilege, ainünbsp;que trop mieux par fon confcil il trouue-ra eftve à fiire-.rclaiilant toutesfois aux gensnbsp;de lEglife,iiirifdiclion es caiifes fpirituellesnbsp;Du corn amp;^facramcnt.'iles feulement.
mun. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rede le tiers Eftat: lequel trouuons fans ¦
macule
-ocr page 687-Sous François IL 67s macule publique . Ccft ce In y qui foufticncnbsp;les guerres, en temps de paix entretient lenbsp;Roy,laboure la terre, fournit de toutes cho-fes neceifaires à la vie de lhomme ; tou-tesfois eft grandement taillé de fublîdesamp;nbsp;daces infuportables . Le Royamp; Mefsicursnbsp;de fon confcil en ont eu pitié: ontcommen-cc à luy faire diminution des tributs quil a-ooit. Eft neceilàire faire rcinonftranceà lanbsp;Maiefté de lindigence de ce panure commun: auquel font tant impofees détaillés,nbsp;quil trauaille iour amp; nLiiôl:,amp; ne peut du fa-liire de fes iouvnees,amp; labeur de fes mains,nbsp;fournir à les payer: amp; pour y fuppleer,cftnbsp;fouaent contraint vendre fa vache,fon porc,nbsp;fon liôfc : ne manger amp; boire qnc du pain amp;nbsp;de leau, amp; coucher lur la dure. Autre tribut trauaille amp;molefte tous Eftats fans lenbsp;feeu du Roy, ccft la gabelle du fel, duquel b/iunbsp;le bon homme portcroitpatiemraétlepro- ftbnbsp;fit que le Roy en reçoit, neftoit quil y a desnbsp;marchans, fermiers, grcnctiers, contrerol-leurs,greffiers amp; archiers de la gabelle, lef-quels vont es maifons des panures gens,nbsp;remuent leurs lards amp;tont ce peu de meuble que Dieu leur a donné: amp; le plus fouuécnbsp;sen emparent,font adiourner les panures ànbsp;comparoir pardeiiant eux aux villages , oùnbsp;nyaaucuns confeils:fe monftrent au peuple en grandfurie amp;c crainte, armez depi-ftoles,piftolcts, amp; long boys, font aux rufti-
Vu i
-ocr page 688-Hiftoire de France,
qnes proces extraordinaires , les arreftent prifonniers, exécutent de leurs bufs,che-uaux amp; charrettes.Tcllement quen vne feunbsp;le matinee, par leurs aâions , ils ruinentnbsp;quarante amp; cinquante panures ruftiques,nbsp;quils euuoyentà laumofne : amp; fe trouiie-raen ce pays dAnjou , quils en ont ruinénbsp;plus de mille.Le maiheureft,q plufieurs desnbsp;archers de gabelle, fous lombre dicelle, amp;nbsp;puiflànce de porter armes défendues,volet,nbsp;ftapent amp; tuent,commc a eftc vérifié en plunbsp;fieurs proces qui ontcfté faits contre eux,nbsp;pourraifon dcfquels plufieurs ont eftécondamnez amp; exécutez à mort. Le pauure bonnbsp;homme eft comme la brebis ,' qui tend lenbsp;dos pendant quon luy ofte la laine: il eftnbsp;pauurc,dcftitué de biens amp; damis contre lanbsp;richeffé amp;fupportdes fermiers amp; officiersnbsp;du grenier. Dieu commande à vousjinef-fieurs les Nobles amp; de lEglifc, qui auez lesnbsp;biens du mondc,prcndre la caufe de ces pannbsp;lires ruftiques en main,porter leurs plaintesnbsp;au Roy , lieft Prince clementamp;dcbonnai-rc,gouuernc 8c conduit par vne trefexcel-lcnre,treflage amp; trcfpitoyable dame,Mada-me fa mere,par trefprudens amp; fages Princesnbsp;6c Seignenrsamateurs du peuple. Il orra volontiers celle plainte,la plus iufte amp; lamentable qui fera faite aux Eftats. Le moyen dynbsp;remédier eft,le fupplierreceuoir le peuple anbsp;amortir ce tribut, comme ont cfté rcceus lesnbsp;manans
-ocr page 689-Sous François II. ^77 manans amp; habitans de Poitou: ou sil ne luynbsp;plaiftjà tout Je moins fon plailîr foitrece-Uoir Je panure peuple à fupprimer tous les ofnbsp;ficiers des greniers, amp; impofer autant fur lenbsp;peuple côme il reçoit de profit des greniers.nbsp;Et ce faifantjle Prince fera fans intcrcft,amp;lenbsp;peuple foulage du plus grief tribut quil ait.
Mcfsieursjvoila les abus que nous auons condufîô troiniczesEftats du pays dAnjou,parlef-quels la Maieftc du Roy cft grandementnbsp;violce : amp; sils régnent longuement,il nenbsp;pourra retenir fa dignité Royale en fa gran-dcuriSt excellence, de gouucrncment, duquel les Roysia decedez ont laiflé fi grandnbsp;los amp; mémoire à la poftcritc. Car les gensnbsp;dEglifepour fc fauuer de leurs crimes, amp;nbsp;fuir la main armee du Roy, qui eft falufticenbsp;amp;authorité Royale ,efchappcnr amp; fuyentnbsp;en leur Cour, comme en vnc franchife-, oùnbsp;ils font afieurez dimpunité . Lesrobles ennbsp;leurs crimes amp; maléfices, prennent les armes contre lanthoriré du Roy, voulajis parnbsp;la force fe fauuer de leurs meffaits : fc retiréenbsp;de lobeiflâncc du Roy ,amp; mcfprifcnr lau-ihoritéde fon Magiftrat. Les gensde lufti-ce,par les pilleries amp; corruptions foulent lenbsp;fgt;euplc,nediftribucntiufticcfuvuanr la vo-onrédu Roy amp; de fes loix.Si tels abus amp;cnnbsp;tteprifes cotre lautborité du Roy ont coursnbsp;plus longucmét,il cft grandemet à craindrenbsp;que ce ne tourne en fcditiqns publiques, af-
Vu J
-ocr page 690-Hiftoire de France,
fcmbicés illicites »reuoltement dcS fui ets da uecques le Prince. Eft requis amp; neceflàirenbsp;pour la manutention amp; conferuationdelànbsp;grandeur,Maieftcamp;dignitcRoyalcjtrâchernbsp;tels .-ibus.11 depend de no lire charge amp;fer-uicequedcuons au Roy,vous remonftrcrnbsp;telles fautes. Etpar ce quà luy feul .appartient la reformation de telles corruptiôs publiques,laquelle il entend faire en fesEftats,nbsp;nous ne nous fornmes peu contenir aura-port des abus de chacun Eftat, pour la grandeur diccux, dvfef de vehemence, à ce quenbsp;plus clairement lefdits abus fuflènt conus,nbsp;qxieparticulierement y foit remedie parnbsp;' le Roy. Il depend de vous drelîer articlesnbsp;defdits abus, afin que le Roy clairement lesnbsp;conoilTe, amp; que par fa prudcnce,amp; nos Seigneurs de fon confeil, il y foitpourueu, foitnbsp;par Cécile ou autremct, ainli que fa Maicftenbsp;aduifera:aufsi,fuyuant la volonté dudit Sei-*gneur,eflirez notables pcrfonnes de chafcunbsp;defdits Eftats,pourenuoyer vers luy, Affaire rapport de ce que par vous feraarrefté e-
ftre bon lefupplier.
Celle harangue prononcée noffenfa
moins que celle de du Plefsis,ceux du party contraire , toutes lefquellcs procedures entendues par ceux dcGuife,ils firent tout de*nbsp;noir pofsible pour attraper ceux qui se-ftoycntfiauant méfiez de tels afaires, voire iufqucs à y employer monlieur de Mont-
-ocr page 691-Sous François IL 67^ penficr,comme dità efté.Mais eux ayâs gai-gné au picdjkurs biens en refpondircnt, e-ftans expofez à labandon des gens de giiérnbsp;relàexprcflcment cnüoyez, Icfquels apresnbsp;auoir vie de toute hoftilitfc. raferét plufieursnbsp;inaifons amp; chafteaux. Entre autres,les mailbus des Soucellcs eftoyent recommandées»nbsp;comme aufsi ceux de la faólion dAmboyle^nbsp;aufquels on en vouloir fur tous autres. Lanbsp;Harangue de Grimaudet aufsi parüenue esnbsp;mains des Sorbôniftes (qui sattribuent laünbsp;thorite de corriger routes chofes,amp; de ne-ftre fillers à corrcótió ) fut par eux cénfurec,nbsp;amp; lautheur dicelle declairé heretiqUe amp;nbsp;fchifmatiqucjrclTcntant la doftrinc des Hti-fîuenots.MaisGrimaudct nedemeura muer,nbsp;es aceufant par fa defenfe quils font cou-ftumiers detraitter de mefmcs ceux qui o-fentdefcouurir leurs abus.
Or puis que nous fommes Venus iufquà VafsfHe« Paris,ce lieu fera propre pour monftrercom
sy portèrent ceux quon appelloit Hu- ftat de gticnots. Combien donc que leur nombrenbsp;nift petit à comparaifon de leurs aduerfai-res,amp; que le Cardinaleuftrenge entièrement à fa deuotion laCour de Parlemct,quinbsp;ne faifoit amp; difoit que ce quil vouloir, amp; panbsp;reillcmentceux du Chaftclct amp; de la mai-fon devillejcôbic, di-ic,q les gibets,feux,amp;nbsp;glaiucs fufsét tons appreftez pour engloutirnbsp;ces pcrfonncscftimecs côme la ballieurc du
Vu 4
-ocr page 692-^8o Hiftoire de France^
monde, amp; queux fuflent fans relTource felon les hommes, fi eft-ce quâpres anoirpublic le ienfné, pleuré amp;¦ gemi à Dieu, il fe trouua quelques Vns dentre eux qui ferefonbsp;lurent de rendre à Dieu,au Roy, amp; à leur panbsp;trie le feruicc quils eftimoyent eftre du de-uoir de bons fuiets de fa Maiefté , amp; loyauxnbsp;François. Entre autres vn nommé Cappel,nbsp;le perc duquel eftoit mort aduocar du Roynbsp;en la Cour de Parlement de Paris,hôme fortnbsp;eftiméde'fon temps: lequel auec des plusnbsp;apparens de lEglife de Paris en allez bonnbsp;nombre, alla en la maifon de ville, amp; pro-pofa en pleine aflémblee ce quil conoif-foit necenaire pour le bien du Roy amp; dunbsp;Royaume. De là entrant aux termes denbsp;la Religion -, il vfa dvne defenfe entièrenbsp;contre les calomnies de leurs aducriâires,nbsp;bailla leur confefsion de foy, laquelle ilsnbsp;offroyct maintenir amp;prouuer quelle eftoitnbsp;fgt;rife amp;tirce des faindes Eferitures, amp;iccl-e apcorder auec les dodeurs anciens:pour-ucu quil plcuftàfaMaiefté leur bailleriu-ges non fufpeds. Bref, il requift leurf-dites remonftrance amp; confefsion eftre inférées au cayerde Paris, amp; quil pleuft aunbsp;Roy leur donner eftat paifiblepourla Religion , auec temples aux lieux propres ànbsp;lexercice dicelle :amp; les prendre en fapro-tcdion amp; fiiuuegardc , iufques à la de-termi-
-ocr page 693-Sous François 11. nbsp;nbsp;68i
termination dvn fainót amp; libre Concile, auquel ils efperoyent, Dieu aidant, auoirnbsp;gain de caillé, amp; que lors fa Maieftc co-noiftroitquil nauoit en fon Royaume dçnbsp;plus humbles, obeilfans amp; affeâionnez fu-icts. Ceux qui eftoyent enuoyez enceftenbsp;afl'cmblee de la part de ceux de Guife fu- Touthomnbsp;tentmeriieilleufcment eftonnez devoir cenbsp;ciine homme parler dvne telle havdicllc. foupfon-Car auec la crainte quils auoyent que Ionnbsp;ptopofaft quelque chofe à Paris contre leurnbsp;^uthoritc, amp; du fait de la Religion,fachansnbsp;tien que le train que prenoit Paris cftoitnbsp;^oiiftumierement fuyui par les autres Provinces, amp; que la determination des Ellatsnbsp;cftoit dvn grand poids , ils simaginèrentnbsp;Vn autre inconuenient , amp; que celle procedure des Huguenots neftoit fans nouvelles entrepriies. Dequoy le Cardinalnbsp;adueni, amp; que le femblablc eftoit adue-vuparla plus partderoutes les autres bonnes villes du Royaume,iladuifadc faire défendre aux Eftats de parler aucunementnbsp;dufaiôtde la Religion ,amp; de mander partout quon mill en prifon , ou quon fillnbsp;mourir tous ceux qui auoyent oie tenir telsnbsp;propos amp; y adherer . Parquoy , auec cenbsp;que Cappel amp; fes compaignons ne peurentnbsp;obtenir dinferer leurs fupplications auca-ycr des Ellats particuliers de Paris, ce fut ànbsp;eux à defloger.Ce ncâtmoins ils ne laill'eréc
-ocr page 694-ö8t Hiftoirede France,
de conckirie denuoyer eux mefmcs à Orle ans leurs députez pour prefenter ccfte remonbsp;(trance. Et furent pour ce fait efleus leditnbsp;Cappel, la Rougeraye,autrcmentditlaTronbsp;che,aduocat,amp;autres,qui promirent de faire tout deuoir. Et de fait,ils allerer àOrleasnbsp;en granddâgcrde leursperfonnes,silseuf-fent efté delcouuerts.
, De reciter par le menu ce qui aduint par tous les autres bailliages amp; Senefchaufïèes,nbsp;ce ne feroit iamais fait. Car de treize Prouinnbsp;ces, les dix firent à peu pres comme ceuxnbsp;dcfquels nous auons cy dcflùs fait mention,nbsp;ce qui donna vne merueilleufe fafeherie aunbsp;Cardinal, encor quil safl'curaft que la plusnbsp;part des députez c(toyentàfadeuotion,amp;nbsp;quil euft des forces amp; moyens à fuffire,nbsp;pour les faire condefeendre à fes delfeins.
Côfcil au Or bien toll apres laficmblee de Fontai-deVour^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refolution prife de conuo-
nôvrayc- quer Ics Ellats generaux,le Cardinal de niacarji Toumoii eftoit vénu de Romc au mandc-tnVsDicû menrdcla Roync,commeila efté dit.Carnbsp;metei, elle efperoit beaucoup de fecours de luy,nbsp;longue main nourry aux afai-res dEftat, mais elle sen trouua aucunement deceuc. Carce viel routier,dabordeenbsp;trouua fort mauuaife ccfte refolution de fitnbsp;recommuniquer leRoyauecfcs Eftats,amp;nbsp;en blafma fort le Cardinal,rant en plein coïtnbsp;feil, comme Ion dit, quen priué amp;particu-
-ocr page 695-Sous François IL ^83 licr,difanr que cc feroir remettre leRoy fousnbsp;la puiflance de fes fuicts,amp; luy faire prendrenbsp;la loy de ceux aiifquels il la deuoir bailler,amp;nbsp;que ceftoit lvne des chofes où il auoir lenbsp;plus trauaillé auec le Conneftable,viuant lenbsp;Roy François premier, que dabolir la mémoire de telles aiïcmblees, lefquelles auoy-enttoufiours eu celle couftume à toutes munbsp;tatiôs deRoySjdc rrouuer fort mauuaifcs lesnbsp;chofes paflècs, en forte que ceux qui auoyétnbsp;gouuernéamp; manie les afiircs auoyét beaucoup àfouftrir. Dauantage il voyoit commenbsp;fous ce icunc R oy, les peuples seftoyent li-centiez pour le làit de la Religion. Ce que-ftâtfouuét remémoré par ledit Cardinal denbsp;Tournon poury pouruoir.ils ne trouuercntnbsp;meilleur expedient que de fe faifir de la per-founc des Princes qui leur fembloyentcon-maires, damener à Orleans amp; tenir auprèsnbsp;du Roy amp; es enuirons vne forte amp; puiflantcnbsp;armee,par le moyen de laquelle on peuft tenbsp;Jiic en bride ceux des Eftats qui voudroyentnbsp;reprendre lapolTcfsion de leur premiere liberté , amp; les faire eftre prefens à lexecutionnbsp;des entreprifes ainfi baltics que nous auonsnbsp;ditcy deflus, amp; leur faire le tout ratifier amp;nbsp;approuucr.voire à vnbefoin les contraindrenbsp;deux mefmcs le requérir amp; demander, afinnbsp;que la pollerité conullce cllreprouenu dunbsp;propre mouuemcnt amp; authoriré des Ellatsnbsp;generaux du Royaume.
-ocr page 696-684 Hiftoire de France,
Entrcpti- (^'es defleins furent fanorifez des plus mefchan- grands Seigncuis de France,aulquels cequinbsp;tci fortifie fe pouuoit communiqiiet dc Ienrreprifec-ucau.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ftoir recitejfelon amp; iiifques ouon conoilloit
Maisilny chacun cftte propre ày feruir . MonGeiir de côni'eîi CÖ Montpenfier amp;aurresqui haylfovent la Renbsp;ucDicu. ligion eftoyentabruuez fciilemenrdu dedrnbsp;dc 1extermincr, amp; dc leur faire part desnbsp;meilleures confifcations . Er quant au Ducnbsp;deNcmoursamp;à Sipierre.on leur faifoit halenbsp;z 1- Hclnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deuoyct cfperer,de-
Kchgioi/ hurat le Roy detous ccs herctiques. A quoy Romain: ccux qui tcnoyct des benefices,OU leurs fre-ir'raavrai res,enfans, amp; parciis qui croiflbyent leursnbsp;tc. maifons du reuenu des Eucfchez, Abbayes,nbsp;Prieurcz amp; autres biens dEglife,furentaifenbsp;ment praticquez.Entre autres les Pari/îens,nbsp;caril ny acommepointdebonnes mailonsnbsp;qui ne tiennent de gros benefices. Les inar-chans mcfmes en font mefticr amp; marchan-dife.Les Colnfeillers,Prcfidens amp; iuges nôrnbsp;gueres de meilleurs reuenus.Corne en fem-*nbsp;blablc par tout le R oyaume , les capitainesnbsp;amp;gens de guerre tant des places fortes quenbsp;des plats pays ne demandoyent amp; nauovétnbsp;aucunes meilleures recompenfes dc leursnbsp;feruices.Etainfi chacun tfiant perfuade quenbsp;lî La Rcligiô desHuguenots auoit lieu, le renbsp;uenu des Ecclcfiafiiqucs feroit employé ailleurs,amp;deuicndroycnr tous coquins, cl(4quot;ûnbsp;fc confiituoit leur cnnemy,amp; sofFrokàleiu
-ocr page 697-Sous François IL 685 courir fus. Brefpour le dire en vn mot, ceuxnbsp;de Guifc auoyent li bien conduit leurs def-fcins poiirucu à leurs afaires,quils com-mandovent par tour à baguette, neftoyctnbsp;contredits que de ceux de la Religion, quinbsp;tntretenoyenr Icpr crcdir,ainii que nous a-lons dit, tant pat leurs eferirs que rtmon-ftiances, lefquelles eurent plus de poids ennbsp;Allerr.agne que ceux deGuife neuflent voitnbsp;lu . Car les feruiteurs fccrets ne pouuoyentnbsp;deftourner les Princes Proteftâs de vouloirnbsp;l'it-n fauorifer ceux de la Religion, dautantnbsp;quils y auoyent intcrcft:amp; quils eftoyentnbsp;par làaduertS des rufesamp;aguets de ces gounbsp;uerneurs, afin defe tenir hurleurs gardes.
1 es afaires ainfi acheminées par ceux de Guifc,amp; alîcurez que rien ne fe rerauoit con ufspoutnbsp;treeux que les plaintes amp; langues de ceux Vion amp;nbsp;delà Religion ,ils départirent leurs forces executionnbsp;CS-villes circonuoilincs, amp; les eftendirentnbsp;iufques à Bourges , Moulins en Bourbon- lenôdesnbsp;^ois, Bloys,Tours,Saumur,Angers,Chinô,nbsp;Loudunois, Poiétou, amp; fur toutes les adue-nuesparoùils eftimoyent que fccours pournbsp;roit venir aux Princes ainfi par eux rendusnbsp;captifs.Et afin quil naduintaucunefurprifenbsp;du coftéde Lyon,ils manderentà lAbbé denbsp;Sauigny de faire tput ce quil pourroit ennbsp;labfcncc du MarefchalS. André,amp;lt;lcpreparer toutes chofes pour le retour quil fe-roit bien roftdedelà pourlertftc de lexe-
-ocr page 698-686 Hiftoire de France,
ctitioncfe facommifsion. Panant il fit crier par la ville àifon de trompe,que toutes gensnbsp;fans adueu ne commerce eufient à vuidernbsp;la ville fur peine de la hart, aux hoftesamp;nbsp;bourgeois defe faifir des armes de leurs holles, amp; par chafeû iour luy porter le nombrenbsp;des cflrangers qui arriueroyent chez eux, amp;nbsp;leurs qualitez, fur peine de refpondre de lanbsp;faute de leurs holles amp; de leurs vies.
taVlc^ép'quot;. Le femblable fut fait par routes les bonnes villes du Royaume amp; celles de frontie-re,amp; notamment à Paris cela fut ellroitte-ment garde. Car ceux qui selloyentreuol-tezde leur party pour auoir veu les afaires tomber en autre cllat quils nefperoyent,nbsp;trouuans lacôdition de ceux de Guife mcilnbsp;rcjvfoycnt dvne merueilleufe diligence ànbsp;recercher les maifons,amp; faire prendre tousnbsp;ceux quils conoifl'oyenc faire profefsion denbsp;Ja Religion, llsferuoyent daceufateurs ,denbsp;tefmoins, de foliciteurs , de iuges amp; executeurs de la haute iuftice tout enfeinble. Etnbsp;encores quils fullent remarqeuz par lesParnbsp;lements amp; luges du Challelet pour gamemens amp;vagabons,amp; déferez de crimes capinbsp;taux , li-ell-cc quils ny donnoyent aucunnbsp;cmpcfchcment ; mais plulloll obeilToyentànbsp;leurs commifsions expédiées en telle forme quils auoycnt pouuoir de commandernbsp;aux luges ordinaires amp; officiers Royauxnbsp;de leur obeyr en ce cjuils voudroyent,furnbsp;peine
-ocr page 699-Solis François IL 687 peine de defobeiflance, amp; deftre eux-mef-mes punis comme rebelles amp;Eiuteurs desnbsp;criminels de lefe Maiefté,en forte quaunbsp;grand opprobre amp; cótcmnemen' de iuftice,nbsp;les meilleures villes du Royaume eftoyentnbsp;pareuxpilleesjfaccagces amp; brigadecs.Auf-l'toutfc fai foit fans y garder aucune formalité de iuftice par ces feruitcurs fccrcts. En- »«tfenie-^telcfquels vn icunegétil-homme nomme mâ*^dnixnbsp;^arbezieres, que Soubizeauoit nourry en notablesnbsp;celle dodrine, eftac alléché de lautre party,nbsp;vn appelle Herman du pays de Flandre, chafle pour larron dvne des meilleuresnbsp;^iifons des marchans de Paris qui faifoyctnbsp;profcfsion de lEuangile, firét des maux in-tiiinierables en ladite ville. Voyla lexercicenbsp;^cceuK dcGiiifc, lefquels aufsihaftoyentnbsp;tie faire le procès au Prince de Condc en at,-tendant laftcmblce des Eflats.
Nous allons veu la diligence que ceux Fioccdu-de Guife auoy ent faite de départir leurs for- [onue'^k ccs,amp;de procéder à lacapturc de ceux quils Pnnee denbsp;penfoyent leur pouuoir plus nuire , en artennbsp;dant le temps de laflèmolce des Eftars ,amp; venir à Unbsp;comme le Marefchal Sainét André cftoit renbsp;tourné de Lyon auec fes prifonniers,amp; toutes les charges amp; informations quil auoitnbsp;peu faire contre IcPrincc de Condé.Toutesnbsp;lois elles ne rencontrèrent felon leur delir.nbsp;Carpourgarder la formalité de iuftice, il y ^0quot;^nbsp;faloitquelq chofe daiiantage.Ils furent me- côdamné
-ocr page 700-douant ouy.
688 Hiftoire de France,
moratifs He la proteftation faite par lediç Seigneur Prince de iamais naller à la Mef-fe,amp;quil nafsifteroit à aucune ceremonienbsp;ne fuperftirion de 1E g life Romaine contrainbsp;le à la parole de Dieu, amp; de la charge donnée à Genly de le faire ainfientédre au Roy.nbsp;Cela fur mis en icu, afin de luy faire procesnbsp;pour la Religion,amp; queuitant vn danger ilnbsp;ne peuft fuir lautre, de forte que le faifantnbsp;niourirpariuftice, ainfi quils auoyent con-clud, on peuft afteurer au peuple quil a-uoit efte attaint amp; conuaincu de crime de lenbsp;feMaiefté diuine amp;humaine.Pour doc fortifier leurs prennes,ils luy enuoyerct vn prenbsp;ftreauectous fes orneiTicns,qui luy fit entennbsp;dre auoir expres commandement du Roynbsp;de dire la Mcfte en fa chambre amp; deuat luy-Mais le chappelain fut renuoyé fort rudement par le Prince,aiiec charge de dire au
Conftâce excclcntc
de Condé nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4^ ncftoit vcnu vers fa Ma
au fait de ieftc pour aucunement communiquer aux laReiigio. impictez amp; pollutions de lAnrechrift Romain, aufquclles il auoit des long temps re-
noce: mais feulement pour luy rédre raifon des fauftès acciifations quon luy auoit imponbsp;fees.Ce qui ne fut mis enaiireilledafnc*nbsp;Car le preftre amp;les gardes furent enquisnbsp;ceft article. Or ce Prince eftoit merueilleufçnbsp;ment confiant en fon aduerfitc, encor qu inbsp;' fefentift prochain de la mort. Etdifoyro*-' tous ceux qui lauoyét conu, quil eftoit p os
Sous François II. 689 ferme,amp; faifoit cent fois meilleur voir fa re-folution pendant fon adueriîté, quen fa liberté amp; profperité: ce qui eftonnoit aucunement fes ennemis, amp; les faifoitpenfery a-Uoir anguilles fous roche. Voyladi-ie,quinbsp;leshaftoit dautant pluftoftpour en auoirlenbsp;bout,ioint quils lefentoyentgrandementnbsp;irritez amp; offenfez de ce que lePrince parloirnbsp;deux ain 1'1 defauantageufement 8c haute-uent;amp; difoit-on quil renoit fouuentvnnbsp;fac au poing,affermant que ceftoir le proces .nbsp;de ces brigands amp; voleurs de Guife, par le-«luel infinis crimes de lefe Maiefté eftoyentnbsp;bienprouuez amp; vérifiez. Cequil referuoitnbsp;pour prefenter aux Eftats,amp; leur faire entennbsp;dre la cautelle de ces illegitimes goinier-fieurs, dereietrer leurs crimes amp; delids furnbsp;les Princes du fing,par ce quilsfc vouloyétnbsp;oppofer à leur tyrannie. Que lî jamais liom-ineentreprit cotre lEftar du Royamp;duRoy- /nbsp;aume ,ceftoyent ces harpvès amp; cadetsnbsp;l-otraine. Allant que de pallèr outre, ie reci- Leiegnndnbsp;feray vn trait du Cardinal dArmignac quinbsp;ne fe peut oublier. Ceft quayant accomplinbsp;fapromeiTe enuers ceux de Guife, afauoirnbsp;de leur amener le Roy de Nauarre amp; Prin-cedeCôdè fon frere,ainfi quil a eftédeduir,nbsp;il fe fit commander de vuider la Courjcfpc-tant par là de couurir la note de trahifonnbsp;dont il pourroit eftre blafmc,amp; sen alla corne vn homme qui feignoit eftre extreme-
Xx
-ocr page 702-Hiftoire de France, tnentpafsionné. Mais ceft artifice fût aifcinbsp;dcfcouurir. Car il recent dçflors vn eftatdenbsp;Confeiller au priué confeil, lequel il auoitnbsp;de long temps déliré amp;poiirfiiyni, voire dunbsp;rant plus de vingt ans, amp; neantmoins il nynbsp;aiioit peu paruenir iufqiies adonc, combiennbsp;que depuis celltftat aiteftcpolkiÇjiufquesanbsp;lexpolerau plus offrant.
Autre »f- Quelques iours apres l'emprifonnemét feuteU«, prince de Condé,ceux de Guife voulansnbsp;poure- fonder fi fon grand cur eftoit abaiflegt;amp; ^lt;1'nbsp;Pr^Jicquot;de colere modcree, fi on le pourroit tiret ànbsp;Ccndé, quelques voyes daccord: (combienquilsnbsp;^''ouféquot;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autre intention, amp;qucce fuftfeule-
priuy. ment pour lcmpefcher de parler deux) ils atiltrcrcnt vn gentil-homme de leur fuittc,nbsp;qui auoit cfic autrcsfois fort fiimilier dunbsp;Prince, lequel ayant taudé autour des gardes ,amp; ccrchc tous moyens de parlera luy,nbsp;fans y auoir de rien profité, sadreffa finale»nbsp;ment au Duc de Guife,Ôc en pleine compagnie le fiipplia treshumblemct luy permettre de pou noir parler audit Seigneur Prince:nbsp;ce quil eftimeroità grand hóncut,pourluynbsp;auoir cfté treshumble feruiteur, amp;receunbsp;de luy beaucoup de faneurs courtoifies:iS^nbsp;ce fculemét afin de le côfolercn fcs ennuys.nbsp;Cela luy fur accordé , mais i grande difficulnbsp;té,comme il fembloit, sexcufant leditSieiirnbsp;de Guife fur le commandement du Roy:nbsp;mais ce futà la charge que le Capitaine Si
-ocr page 703-Sous François IL
fes gardes fetoyent pre fens aux propos.
E liant donques là, apres auoir longue-ttieuc harangue amp; offert fes fcruices,il commença à déplorer la mifcre amp;captiuircdu l^rincc,amp; luy demander sil y auoit moyennbsp;dclepouuoir accorder auec fes confins denbsp;Guifexe quil eftimoit aife,veu quil les co-HoifToit Princes vertueux Sc fages, outre lanbsp;tonne amour amp; afFeótion quils
tlaft en apparence nen deuoir iamais fortir uns reccuoir vnc mort ignominieufe, fi eft-
ent à caufc du proche parentage; amp; là deflùs U offrit de sy employer fort fidèlement amp;nbsp;Volontiers, fans y efpargncr ne vie ne biens.nbsp;Le Prince luy refpondit quil fauoit bien le tt ptîneenbsp;but où il tendoit.amp;eftoit affeuré quil neullnbsp;eu ce credit de laller voir, sil neuft accepté à °nbsp;la charge daller fonder fon intention. Par- !nbsp;Mantille pria de leur dire quil auoit recciinbsp;tant doutrages »quil nereftoit autre voycnbsp;daccord.finon deviiider leurs querelles à lanbsp;pointe de la lance amp; de lefpce :amp;combiennbsp;S il full enferre en leurs liens,amp; quil fem-oc quil cfpcroit tant de la bonté amp;nnferî-corde dcDicu,quil leur feroit réparer liniunbsp;te par eux faite à vn Prince du fâg, lequel e-ftant venu au mandement amp; fous la parolenbsp;amp;an'enrance du Roy,auoit efte fi hontenfe-tnent emprifonné à leur poutchasamp; folicitanbsp;tion,afin de commencer en luy àefteindrenbsp;le fang Royal: mais que cela nauicndroit
Xx a
^^2, Hiftoire de France,
joint quil ne les eu ft fait conoiftre coulpa-jles des crimes à luy pâteux impofeZjamp;quc e Roy nauoit de fi grands ennemis que Unbsp;maifon de Lorraine. Ce que par eux entendu ils fe confirmèrent en lopinion quil ef-pcroitbreffecours,amp;quautrernentil ne lesnbsp;oraueroit ainfi. Pourà quoy plus promptement remedier, le Prefident Chriftofle danbsp;f« tn^for Thou,Barthélémy Faye amp; laquesViole có-nalité de feillcts dc Paris, enféble quelques aMiftreçnbsp;nakment requeftes auec Bourdin procureur genenbsp;obferuces ral,amp; duTillet greffier,choifisparceuxdcnbsp;triquot;nee denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cxptefibmct mâdezjvindrêt
çondéde dcuets le Princeqjour linterroguerfurlecri ftiné à la me de lefc Maiefté . Orauoyét grande fiîcenbsp;ceuxdeGuife ende Thou, fur tous les autres , tâtpour leur eftre affeétiôné feruiteur,nbsp;q pour le reconoiftre autant rufe amp; fubtil ennbsp;proces quh(}me viuât. Ayat dôc cede inftru-«diôde lcqucrir dcfafoy,sil nepouuoittiénbsp;tirer dailleurs, il alla par deuers le Princenbsp;pour linterroguer fus ces charges amp;infor-mations.mais il refufa de leur refpondre,tâtnbsp;pour neftre de leur gibier, que pour autresnbsp;caufes de reçufation, quil dit auoir contrenbsp;cux.Dauaragc 11 dit à deThoii,quil trouuoitnbsp;eftrangedece que fon impudence auoitefténbsp;fi effrontée de fc vouloir prefenter deuantnbsp;luy pour cell efffcót,atrédu ik qualité de Prinnbsp;ce du fang, qui nauoit autres iuges quelenbsp;Roy accompagné de fes Princes feanten lanbsp;Cour
-ocr page 705-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0^
Cour du Parlement de Paris , les chambres [ aflemblees. Il allégua aufsi lapromeflc quenbsp;faMaicfté luyauoit fairepar plufieurs lettres,nbsp;adiouftât que luy de Thou deiioit plus quenbsp;tous les bônets rods du Royaume sabftenirnbsp;*iece négoce, attédu quil cftoitefclaue denbsp;^eux de Guife fes ennemis mortels,efleué amp;nbsp;toute fa race par les bons tours quils aiioyétnbsp;^ouez contre laCquronne amp; maifon deFrannbsp;Surquoy ledit de Thou neut autre excuse finon quil rcconoiflbit fon degré,amp; quilnbsp;tie sy fuft ingéré fans commandement exprès dudit Seigneiir.La concluiion du Prin-ce fut, que ne voulant refpondre dtuât eux^nbsp;amp; eux pretedans de paiTcr outre, il en appelai au Roy comme deifus : lequel appel e-ftant des le lendemain quinziefme de No- Inbsp;amp; le Prince en ayant derechef appellé inbsp;finalement il fut dit que, fous peine de cri-tne de lefe Maicfté, il refpondioit parde-lianc lefdits commiflàires. Ce quil fit, c-ftant par la permifsion du Roy afsifté denbsp;deux aduocats de Paris pour confeil, a-fauoir Claude Robert amp; François deMa-tillac. Sa refponfc contenoit vnc amplenbsp;defenfe fur le crime de lefe Maieftc, auccnbsp;ample amp; magnanime tefmoignage de fanbsp;bonne amp; droite confciencc. Car quant aunbsp;point de la Religion il le cófcflóir, amp;ypcr-fiftoit franchement . 11 a cfté cy deuanC
üembre declairé nul par le confcil ptiuélt;
6^4 Hiftoire de France,
! fait mention comme le Prince de Condé voyant excenter à mort quelques prifon-niers pris au tumulte dAmboyfc auoitde-claire le regret quil auoit,qnc le Roy per-dift de fl bons feruireurs . Nous aiionSnbsp;aufsi monftrc que cela ne tomba à terre,nbsp;comme Ion dit, mais luy fut gardé à bonne bouche . Car le Cardinal ayant didénbsp;ces paroles ainfi quil voulut, amp; fait rédiger pareferit par Robertet heur du Frefne,nbsp;lecretaire dEftat amp; fait de fa main, Si ennbsp;termes qui le rendoyent coulpable denbsp;crime de left Maicftc, on les produilîtnbsp;lors en lumière, amp; alla ce Robertet dciicrsnbsp;le Prince , tenant fon papier en fa main,nbsp;luy difant que le Roy lauoir là enuové,nbsp;pour falloir sil fc fouucnoit des proposnbsp;quil auoit renus tel iourà Amboyfeàtelsnbsp;Si tels gentils-hommes. Et adionlla qifilnbsp;auoit commandement de fa Maiefté dennbsp;faire procès verbal. Le Prince ayant ouynbsp;la ledure, nia les auoir dits ainfi quilsnbsp;eftoyent tranferipts, mais bien auoit parlénbsp;ainfi Si ainfi.
Ce procès verbal portant celle confefsion fur baillé au Cardinal, qui sallèuraden fainbsp;rc blé fon profir,amp;dauoir fes tcfmoins tousnbsp;prclls pour prouuerfô fait, quil maintenoitnbsp;auoirelledcfguilc parle Prince. Parquoyilnbsp;enuoyatout (budain quérir ces pcrfônages;nbsp;Si afin quils ne ledefdiflénr,liiy-mefmes
-ocr page 707-Sous François î I.
les interrogua en la preféce du Roy , amp; leur .. dit que fur le rapport par eux à luy fait en lanbsp;Ville d'Amboyfe, de certains propos tenus *nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
par le Prince de Condé contre fa Maieftc,lt;Sf en la faneur des rebelles ic (èditieux_qui senbsp;ftoyentefleuezeontre ledit Seigneur, il leSnbsp;auoit fait diligctnmenr amp; fidcletnenttran-ferire 8c de mot à mot pat Roberter, à fin dénbsp;wfrefehir la mémoire quand befoin feroitànbsp;11 leur demanda donc sil nen al loir pas ainnbsp;fi,apres quelcôture ehturcfté faite en leurnbsp;prefence amp;feparcement. Et de peur quilsnbsp;liefaillüTenr,ledit Cardinal leur affermoiÉnbsp;leurs compagnons lauoir ainfi afferme aunbsp;Roy. Mais il ne peut tant faire qiie chacun ne declairaft ces propos auoir efté te-Jfius tout autrement quon tic les auoitc-fetits , fc conformans du tour anec les derniers tenus par le Prince. Le Cardinal au cônbsp;traite les rudoyoit,amp;'aÂérmoit la vérité eftrCnbsp;^elle,amp; que la faute venoit de ce que futnbsp;lheiue on ne les auoit fait figner leur depo-firion. A tant il les pria fur la fin dy bien pennbsp;fer :carilsanciiroit fur fa vie qu'il leurennbsp;foiiuiendroit. Au partir de là,on le vid amp; fesnbsp;frères bien empefehezà bonnctcramp;caref-fer ces Seigneurs, amp; ne fait-on qu'ils direntnbsp;puisaprcs,car le tout eftoit bien fccrer. Voy-la en fbme tout lordre tenu à la confedionnbsp;dil proces du Prince de Condé,pour raifonnbsp;des entreprifes prétendues auoir cfté par luy
Xx 4
-ocr page 708-«««'
Cundam nation ànbsp;mort connbsp;clue connbsp;tre Icnbsp;ce denbsp;dé.
lt;gt;96 Hiftoil c de France, faites contre G Maiefté amp; lEftat.Carquantnbsp;à la Religion, il en eftoit ia aflez fuffifanj-ment atteint amp; conuaincu,en forte quilynbsp;eut Jugement donné contre liiy,portantconnbsp;damnation de ntoit. Etliiy deuoit-on tren-cEerlateftc furvn eCchaffaut, deuant le logis du Roy,à lcntree des Eftats. Et affermenbsp; tous ceux du priuc confeil,excepré le Chancelier (Sc du Mortier quireculoyét rouffours,nbsp;en donnant toutesfois bonne elperance. Elle fut aulsi fignee de plufieurs grands Seigneurs, des dixbuit Cheualiers de lordrenbsp;nouueJlemcntfaits,Ärpluffeurs autres quinbsp;fe trou lièrent là pour soffrir au fcriiice denbsp;ces Gouuerneurs , comme aufsi les Prefi-dens, Maiftres des Requeffcs,amp;confeillcrsnbsp;du Parlement pour ce mandez, sy Jbufsi-gnerenr trefuolonticrs,amp; les enuoyoitqiie-'rir le Roy lvn apres lautre pour ceft effed,nbsp;fans aucunement mettre la matière en deliberation.
Qu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;VÀUA AW/y gt; « Lnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A..I dUVXlIlW
Prin Jon que ccftt condamnarion fut Jîgncede
jExeinpIc notablenbsp;du Contenbsp;de Saneernbsp;re.
On recite vne ebofe notable du Conte de Sancerre, ceil que Je Cardinal fe cofiantnbsp;de luy entre autres, luy enuoyafon fccrerai-re auec cefte icnrcnce pour la figner, amp; luynbsp;remonftra que puis que tant de Princes «fenbsp;Seigneurs lauoyenr ia fait auec le Roy,ilnbsp;nen deuoit faire aucunedifficultc. Toutef-fois Ce Cernant efmcu dvn alt;île Ci effrange,ilnbsp;alla foudainement trouuer le Roy,lequelnbsp;ayant
Sous François II. 697 ayant entendu quil nauoit incontinent fi-gné,Iuy monllra vifage courroucé. Car il c-ftoit tellement animé contre ce Prince, quilnbsp;en vouloir auoir la fin,quoy quil en fuft. Lenbsp;Conte ayant nouueau commandement denbsp;laMaiefté,fe print à plorer,amp; le fuppliarref-liumblement luy vouloir commander toutnbsp;Ce quil luy plairoir pour fon feruicc, amp; quilnbsp;liiy obeïroit en toutes autres chofes, tât quenbsp;latne luy battroit au corps ; mais de lignernbsp;tela,il ne pourroit, amp;c aimoit mieux quô luynbsp;fift trencher la telle à luy-mefmcs.Cc qui e-ftonna fort ledit Sieur, amp; regardant le Car-linahfembloir quil eull bien voulu aduifernbsp;quelque autre meilleur expedient. Mais lenbsp;Conte forty de deuant le Roy, le Cardinalnbsp;^habilla tout, amp; dit q ce Côte elloit vn vieilnbsp;^«1,amp; quil luy feroitbien faite apres luy a-üoir plus amplement dcclairé le merite de la
Cruiutcx
Pendant que ces chofes fc faifoyent, la exercées Princeflede Condtf femme accomplie ennbsp;toutes fortes, sil y en a eu de nollrc temps) decondé.nbsp;ticutpluftoft elléaduerticdc la prife de fonnbsp;Seigneur amp; mary,quelle na Haft à Orleans.nbsp;Mais on luy enuoya faire defenfe de parlenbsp;Roy ,dc ne pallet outre vne maifon où ellenbsp;elloit arriuce en la Reauirc, à dix ou douzenbsp;lieues dOrlcans , fur peine de rebellion ,amp;nbsp;dcllre atteinte amp; conueincue de crime denbsp;lefcMaicllé. Toutesfois cellepauure dame
-ocr page 710-6^8 Hiftoire de France, importuna rant la Royne mere, quelle eûtnbsp;quelques iours apres Icttresdellcpourvcniinbsp;à petite côpagnie fol 1 iciter les afaircs de Ionnbsp;mary.ee quelle fit.Ellant donc arriuee à Ornbsp;leans, elle recourut à tout ceux quelle efti-moit amis: mais on en fit moins de côte quenbsp;de la moindre damoifelle de Frâce. Le Roynbsp;deNauarre mefmesnofoirparleràelle,poufnbsp;crainte quil auoit de foy-mcfmcs.Brcfiil nenbsp;feprefenta nicourtifan , ni citadin li hardynbsp;que de la falucr feulement,fuft en public ounbsp;priué, tant elle cftoit de pies obferiiee. Cenbsp;qui luy fit iiigcr que ceftoit fait du Prince.nbsp;Et à tant luy faloit trouuer tous moyens denbsp;le voir vne feule fois auantquc mourir,amp;nbsp;luy donner courage,puis que la tyrannie c-ftoit ainfi rigoureufement cxercce en fonnbsp;cndroiét,amp; quePe ne luy pouuoit autrement feriiir. Cela luy fut remlc : Si ne peu-renr toutes fes importunes requeftes enuersnbsp;la Royne mere auoir aucun lieu.Cc nonob-ftantelle senhardit vn iour dentrer en lanbsp;falle du Roy,deuantla Maiefté duquel ellenbsp;fe ierta à genoux,le fuppliant trcfiirdcmmétnbsp;aucc larmes Scfoufpirs incroyables,quetantnbsp;feulement on luy monftraft vne feule foisnbsp;fon Seigneur amp; mary : non quelle vouluftnbsp;autrement parler i luy,ou luydonner aucunnbsp;fignc,ains pour auoir ceft heur de le voiren-cores vne fois en fa vie. Mais tant sennbsp;faut que pour fes gcmilTcmcns amp; pleurs le-
-ocr page 711-Sous François II. 699 dit Seigneur full efmeu à pirie,que Ccla 1ai-grit amp; animadauanrage, voire iufques à luynbsp;reprocher que le Prince eftoit fon plusnbsp;grand amp; morrel cnncmyjamp; que luy ayantnbsp;Voulu öfter Ia vie auec le Royaume,il nenbsp;pouuoit de moins que de sen venger. Surnbsp;cela, comme elle entroit en dcfcn('es,amp; nenbsp;le lafloit dimportuner le Roy: le cardinalnbsp;(qui de fa part ctaignoit que fa Maiefténenbsp;fuftefmeueà pitié amp; compafsion ) voulantnbsp;aufsi monftrer fon animofiré, chaflâ ceft*nbsp;incefie fort rudement, lappcllanr importune amp; fafcheufe,amp; difantque qui luyfe-toitdroilt;ft,on la mertroiren vn cul de foftenbsp;®lle-mêfme. Ceux qui virent fon ennuyamp;nbsp;pafsion.difoycnt dvnc commune voix,quenbsp;ùtnais nen auoit efte veu ni ouy parler dv-flc telle. Car celle panure Dame affligeoitnbsp;tellement fon corps iouramp; nuift amp; fans cef-fe aucune , que pluficurs de fes ennemisnbsp;tn.eftnes en auoyent pitié, amp; en faifoyent récit es priuees compagnies.
Nous auons cy deftiis recite,commc Bou chard Chacelier du Roy de Nauarre futen- ^fprepânbsp;ooyc prifonnier àMcliin aucc ceux q le Ma- gt;« «y*nbsp;tcfchal S. André auoit fait amener de Lyon: quîjæà'anbsp;mais nuis de tous ceux-là, ni luy, ne furet re inbsp;collczjniconfrôtez audit Sieur Prince. Erdinbsp;foit-on que Bouchard auoit depuis pcie à fanbsp;confcience,amp; quil ne pourroit aucunementnbsp;cuiter quon ne monftraftluy-mcfmc auoir
-ocr page 712-700 Hiftpire de France,
elle aurheiir de toutes les chofes palîèes, à loccafion dequoy il seftoit rcfolii de chanter autre langage, niant aiioir rien eferit. Etnbsp;quant aux autres, ils elloyent fi fermes amp; af-feurez, ( hors mis le Gantier, lequel encornbsp;ne parloir que par ouyr dire)que lon ne sefforça de les luy confronter, de peur q ceux-cy ne iuflifiaflent le Prince, que les Ellarsnbsp;conulicnt liniquité des procedures , iointnbsp;que celle Princefle leur elloitvne efpine aunbsp;piedxarelle nauoit faute deforit, de ligue*nbsp;ni de courage,pour remonllrer liniulticenbsp;de laquelle on vfoit en celte caufe, tellemétnbsp;que ceux de Guilç furent en quelque deli-beratiô de sen desfaire quelques ioftrsde-uant lexecution du Prince.
l a fumee Pendant que ces chofes fe font à Orleas, dvnCon- le Pape aduertyde tout par les Cardinauxnbsp;pàrie'pa de Lorraine amp; de Tournon amp; voulant pre-pe .lux uenirau danger qui pouuoit adueniren Frânbsp;yeux des caufe de lallemolee delt;; F.HatS pour le
esblouyr. yre aptes de la conuocation des prélats,publia fa bulle le vingtième iour deNouem-lou fe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;déploration desmiferes
ditauoîr ' de la Chiellicnrc qui elloit ainfi peuplée de pitie'dcs herclîcs amp; diuifions . Pour à quoy reme-dier,il alleguoit le deuoir quauoyct fait feSnbsp;[gt;redecclïéurs,comme Paul auoitordonnénbsp;e Concile premieremét à Mantouë, amp; puisnbsp;pour bonnes raifons transféré àVincence,
Si
Sous François II, 701
amp; de là à T rente , où il auoit efté commcn-cé:puis apres Iules fon fuccelTcur lauoit cô-tinué au mefme lieu,où auoycnt efté faits amp; concluds certains decrets. Et pource quauxnbsp;prochains lieux dAlcmagne scftoycntcf-rtieuës pluficurs feditions amp; tumultes gt; Scnbsp;4^11 y auoit ia cruelles guerres en Italie amp;nbsp;France,derechcfle Concile auoit efté difnbsp;^^ré par linduftric de lennemi du genre hu quot;'nenbsp;lain,pour fruftrer lEglifc dvn fi grâd pro-fir,voyantquedutoutilne lepouuoit öfter, me.nbsp;Or le Pape ne pouuoit dire fans grande a-'t'crtumc dcfprit,de combien cependant lesnbsp;^cteGcs auoyent pris acroiftement, force amp;nbsp;''*gHcur,amp; aîmbien la diuifion eftoit acreuenbsp;pendant les gijcrres.Mais puis que Dieu pitoyable amp; mifericordieux auoit pacifié lesnbsp;^oys de la Chreftienté, fa Saindeté de fonnbsp;Collé auoit cfperé de mettre fin aux maux denbsp;lEclifepar le Concile. Parquoy pour öfternbsp;la diuifion amp; lherefie, corriger reformernbsp;les niaéurs,amp;: entretenir la paix amp; vnion desnbsp;Princes,ay.at eu laduis de les freres les Cardinaux,Ardc ce adueni lEmpereur amp; autresnbsp;Roys amp; Princes , lefquels il auoit trouueznbsp;preftsAr appareillez, de lauthoritéde Dieu,nbsp;amp;des benoifts fainél Pierre amp; faind Paul,nbsp;defquels il tenoit la place,i 1 ordonnoit le fa-cre amp; general Concile eftre recommencé lenbsp;iour de la refurredliô de noftrc Seigneur, amp;nbsp;fans delay,en la ville de Trente, admonne-
-ocr page 714-'jQz Hiftoirc de France,
ftant fes frères les Patriarches gt; Archeiicf-qiieSjEiiefques ,fes fils les Abbez amp; autres aufqiiels de droit commun,priuilege ou ancienne couftnme eftoit permis de safleoirnbsp;Au cStril amp; donner fentencc an Concile: Et leur cornnbsp;«Um Êuef mandant en vertu de fainôte obcifiànce, dunbsp;«jucs de ferment par eux à luy fait, amp; fur les peinesnbsp;eeuoy'ènt ordonnccs.de sy trouuer, sils na-det Empe uoycntcmpefcliement légitime,duquel ilsnbsp;n'âde^tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^P*^^ cela il prioif lEm-
' pcreuramp; les autres Hoysamp; Princes de sy trouuer ou dy enuoyer Amballàdeurs, gensnbsp;graues amp; prudens, pour reprefenternbsp;laperfonne de leurs maiftres, amp; de donnernbsp;ordre que les prélats de leurs pays y aillentnbsp;en temps fi nccefiaire.
De fa part, il fera quaufdirs Prélats amp; autres allans amp; retournans dudit Concilenbsp;ne fera fait ne donne aucun deftourbicr ounbsp;empefehement par les chemins ,amp; ne lai 11 e-roit rien palTer qui peurt: appartenir à fairenbsp;vne uuretant faliitaircconftituee parluy.nbsp;Tout cell Bref, il appclloit Dieu à tefmoin,sil ccr-autre chofe, Sc silfe propofoit riennbsp;icelles deuantles yeux que lhonneurde Dieu, lanbsp;g'»- reduAion des âmes efgarces de la foy,amp;nbsp;le perpétuel falut amp; tranquilité de la Chre-fticnré.
Rufe de Voylavndcs points par lelquels ceux Guif-'^oureftimerent aiioir rrouué proprenbsp;sarJetnbsp;nbsp;nbsp;occafion dempcfchct que les Eftats ne peuf
feue
-ocr page 715-Sous François II. 705 fcntricn determiner pour le regard de laRenbsp;ligion,fâchât que les cayers des députez e- /uftmeunbsp;ftoycr chargez de demâdercftarpaifible,cônbsp;me il fera plus amplement déduit cy apres. Kcügion.
Lcschofes ainfiacheminées,on deuoit tien paflerpkis auant; Car lintention cftoitnbsp;pour eu itcr toute vengeance, faire mourirnbsp;fans aucune diftinôtion tous ceux qui te- Tcmbletnbsp;ßoyent le parti des Princes,de quelque Relinbsp;gionquils fulfenr. Et défia le Cardinal a- là dciiutinbsp;uoitvfe de telle diligence que de chafeunenbsp;prouinccon luy auoK apporte les noms amp; wcu.tantnbsp;furnoms de ceux que fes efpics fauoyét eftre pOgt;sfemirnbsp;ïclsien forte que les roolles en eftoyent ianbsp;tout drclîcz,pour les faire aduoueramp; ap- nbsp;ptouucr aux députez des trois Eftats , fuft 1nbsp;nbsp;nbsp; '
paramour ou par force, comme aufsi ils saf * fcuroyentdcftre authorifez quât aux Parle ,nbsp;mensdeFrancc,delaplufparrdes Confcil- ,*nbsp;krsamp;Prcfidens,dcfqiiels ils auoyent fufh- »nbsp;farométçfprouué la côfcience , cftans iceux [nbsp;ptemietenict ennemis mortels de ceux de lanbsp;^^ligiôjamp;puis aiifside tous ceux qui deminbsp;doyét reform-ario de lEftat : cftâs perfuadçznbsp;que fi feux de laRcligiq aupyet le dclfus.ççnbsp;feroità eux àcourir,tanrpour rendre raifonnbsp;de leurs iugcniens ,que pour ettre mis furnbsp;JefehafFaut, afin de corriger les abus de lanbsp;iufticc,qui nefioycnr moindres que ceuxnbsp;de lEglife Romaine , outre la perte quinbsp;leurpouuoitreuenir en lafchant.lcs grands
-ocr page 716-704 Hiftoîre de France, amp;gros benefices que tenoyenteux amp; leursnbsp;cnfânsamp;cuftodinos, aduenâtvne bonne renbsp;formation. Voyla pourquoyil ne leur falutnbsp;gueres branfler la bride pour leur faire iurernbsp;la mort de tous ceux de la Religion, amp; con-fentir à tous les dclTeins de ceux de Guifegt;nbsp;qui leur promertoyent monts amp; vaux.
Et afin que ce rauagefuft pliiftoftache-
! uéjfaut noter quà lifl'uc des eftats,les forces ' defiance deuoyét eftre départies en quatre,nbsp;il lefquellcs niarcheroyent toufiours à vnenbsp;*1 iournee ou deux pres lvnc de lautre fous lanbsp;y, conduite des Ducs dAumalle,Marefchaux
: faind André,de BrilTac amp; de Termes,qui a-'*! woyêtlatelamp;fcmblable pouuoir queceluy
defaind AndrécydelTus declare,afin que
I la France eftaht repufgce,on regardai! aucc
nbsp;nbsp;les Efpagnols, Italiens, Allemans Si Suidésnbsp;Catholiques de faire le mefme en route lanbsp;Chrefticnté,cedifoit-on. Et ne faut douternbsp;quêtons nedclîraflèntlaruinede ceux que
' ils rienncntpourcornmuns ennemis. Mais 'Celâ'fe fuft môftré en effeft, felon que laco-modité de chacun eufi porté ; amp; ny adoütenbsp;que la Roync mere ny euft eu plus petitenbsp;p'arrquelle ne prefumoit.
La manierede fournir àceftedelpenfe, (difoit-on, pourdôner à entedre,quen toutnbsp;.cé'cy on ne ccrchoir point fon particulier,nbsp;inais laduancement ou pluftoft la lâuuetcnbsp;de noftre mere fainéle- Eglifc, ) eftoittelle.nbsp;On
-ocr page 717-Sous François IL 70s On prcnoit le reuenu des benefices,qui mote presque les deux parrs duKoyaume.Chafnbsp;cun Cardinal ne deuoit retenir (toutes boutnbsp;des quant à leffcö:) iufques à lentier ac-» nbsp;coniplillêmentde lentreprifejque de quatre g;nbsp;à cinqnnile liures par an,vn Eiieiqîïë mille 'nbsp;O» douz£cens, vn AbÉe trois ou quatre cés,nbsp;Vn Prieur^c cent à fix vingts liures, amp; ainiinbsp;des autres iufques à vnChappelain de trente liures,qui retcnoit feulement cent fols.Etnbsp;dauoir plus prompts deniers, tout fornbsp;largent des reliquaires , aucc les thrc-fors des temples amp; monaftcrcs fe prenoir,nbsp;^iJccpromelletoutesfois quils feroyétpuisnbsp;âpres refaits des cóhfcatiós des hérétiques:nbsp;toyens alTeurcz à ceux de Guife, par lesnbsp;Wains defquels tout euft parte en Francc,dcnbsp;Waintenir contre tout le mode, le Royaumenbsp;ttanfporté en leurmaifon. Mais le meilleurnbsp;cftoit, que sils auoyent trop grand befoinnbsp;de gens de guerre,le Clergé deuoit fournirnbsp;de leurs valets,ceft à dire,i'naquercaux,cui-hniers amp; autres , des plus habiles amp; difpos,nbsp;voire iufques auxpreftrcsamp; rnmncs que lenbsp;P^edifpenfoitpoiKprendre les armes:ennbsp;qiioy ils promettoyet faire mcrucilles, d'autant que leur confciencc eftoir troublée parnbsp;ces hérétiques. Qr quanta laconclufionprinbsp;fe,dexterminer tout le fang B oyal de la mainbsp;fonde Bourbon, amp;tous leurs amis, cela nenbsp;vouloyent-ils faire tout à v n coup, mais par
Yy
-ocr page 718-Hiftoire de France,
Ie men« amp; petit à petit,afin que Ion ne sap-r peteeuft de leur encloueurc,amp; que les F ran-çois neftimans ces executions cftre la plan-1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ehe par eux dre fie e pour paruenir à laCourô
ne,ne seficuaflent contre eux.Le Roy deNa. narre dôc deuoit eftre pour le cômencementnbsp;confiné au chafteau de Loches. Le Côneftanbsp;ble ferré en la g to fie tour de Bourges, auecnbsp;tous fes enfans amp; nepueus. Les plus grandsnbsp;qui auoyent authoritè deuoyét eftre pris : amp;nbsp;les faifant mourir, fc deuoit tenir quelquenbsp;petite formalité de iuftiçe,cpmme à celle dunbsp;Prince de Condé,qui deuoit mener la danfenbsp;ledixiefme de Décembre, à lcntrce des E-ftats,ainfiquc7ay declairé. Et dautant quenbsp;les prifons dOrléans nefenibloyent, alleznbsp;grandes ne feures, ne fcmblablementcellesnbsp;de Loches,Bourges,amp;autres villes,pour cônbsp;^enir fi grand nombre des enroolez de toutes qualitçz , on mit ouuriers en befongnenbsp;de toutes parts,pour accouftrçr les prifôs, âcnbsp;enfaircdcncunies. Entre autres, la grollénbsp;Tourde fainótAignan fut grillée amp; fortifiée pour y mettre les principaux dOrIcans,nbsp;Âtvne autre auprès, pour lAmiral amp; fes frères,en forte que cefte Tour fut depuis appelnbsp;Jee lAmirallc.
leRoyde nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;entrefaites, eftans arriuezà la
Nauairc Cout IcsMarefchaux fainclAndrc,amp; dcBrif eftoyent des principaux de la rere-moyen de niic, on Icur communiqua les defléins, aCi-uoit
-ocr page 719-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;707
uoir à fainét Andre route 1enrreprife, com-me cn ellant bien capable : amp; au Marcfchal mom. de BnflacjCela feulement qui feruoit à la ruinbsp;ne de ceux de la Religion. Car le refte luy e-ftoit lors caché, iufqu'à ce que Ion euft plusnbsp;grande preuuc de fa fidelité enuers ceux denbsp;Guife »comme elle fe manifellapuis apres-Ceux-la trouuerér tresbô ce q aiioit elle connbsp;du amp; arrçftéj finô pour le regard du R oy denbsp;Nauarre.Car ils furet daduis quô Lètieuoitnbsp;faire tuer, fans en faire plus longue garde,nbsp;pource que demeurant en vie,quelque confiné quil fi.ift,cefl:oit vncouucrture amp;occa-fion àceux de la Religon de seileuer pournbsp;Jerefeourre. Et pourtât ne fut-il queftjon iî-nô daduifcr les plus propres moyés de sennbsp;deffairc. Le premier moyen quon clTaya, .nbsp;Etitdelcmpdnonncfàvndifner,oùil fut ad- j.nbsp;uertide naller point. Ix fécond, fut de lenbsp;tuer vn foir, partant de chez le Roy, dvnnbsp;coiipdepiftollc, fecouurantde la querellenbsp;demonneur de Nemours touchant le marianbsp;ge prétendu entre luy amp; madamoifclle denbsp;Rohan , confine germaine de la Roynenbsp;de Nauarre, auquel il ne saccordoit, apresnbsp;luy auoir fait vn enfant,difoit-on, fous pro-rnellc de mariage. Mais pource coup ledit feigneur R oy fe trouua trop bien accoinnbsp;pagne. La tierce entreprife futcftrange,amp;nbsp;prefque incroyable, fi elle neftoit trop biennbsp;tefmoignce par luy-mcfmc amp; par autres:
Yy t
-ocr page 720-7o8 Hiftoire de France, comme aufsi la Royne de Nauarre par lonbsp;biê fauoir,amp;fans iamais auoir efté côtredite,nbsp;en efcriuit à la Royne mere, long reps apresnbsp;le trefpas de tous les deux Roys. Il fut doncnbsp;aduifeque le Roy, auquel on auojt entièrement perfuadeqîr^imant celle race, il per-droir la vie amp; fon eftat.feindroit deftre malade ( corne tort apres il le fut à bon efciér,amp;nbsp;mortellcmét ;amp;nayât que fa robbe de nuilt;Ægt;nbsp;amp; vne dague à fa ceinôture,cnuoyeroitquérir ledit Seigneur en fa châbre, où il ny de*nbsp;uoir auoir que le Sieur de Guife, le Cardinal de Lorraine,amp; le Marefchal deS.André,nbsp;amp; quelques vns aduertis de ce quils auoyctnbsp;à fairc,amp; le Roy prenant vne querelle dA-lemaigne ( comme on dit) contre ledit Seigneur, 1 uy deuoit donner vn coup de daguciinbsp;amp; les autres lacheuer. Cela fut conclijd, a-pics auoir elle debatu entre quelques particuliers , où neantmoins il y eut de differentes opinions , ne pouuans quelques vns connbsp;fentir «à vne telle cruauté , que faire fouillernbsp;la main de ce ieiinc R oy dâs fon propre fag.nbsp;Neantmoins lambition amp; enuie de régnernbsp;de ceux de Guife,leur fit ellire ce moyen.
La Royne mere , amp; bonne mere pour ce coup a laquelle ceux dcGuife nccommiini-quoyent de ces derniers defféins quautantnbsp;quil leur plaifoit)en furadüerrie parle Roynbsp;mefme, fit cefte faneur audit R oy de Nauarre de le faire aduerrirpar le moyé de madame
-ocr page 721-Sous François It 70^
f, nbsp;nbsp;dart e là Duchcfle de Mótpefier,apres auoir
i en vain eflàyé en fecret dé diiierrir le Roy» i' hors mis quil eft à prefumer, que la remon-ftrance que fa mere luy en fir,ferintbicn à lenbsp;retenir,quand il fut queftion de lexecution;nbsp;Suyuantdonc ce malheureux confeil, lenbsp;Roy François enuoya quérir ledit R®y denbsp;Nauarrc,pour venir parler fculàluy en finbsp;chambre, où il eftoir fcul au(si,auec ceux denbsp;laconiuration feulement.Ledit Roy futad-Uerti de ny aller,amp; trouucr quelque exeufe:nbsp;ce quil fit la premiere fois. Il le rénova que-brlafcconde,cn laquelle il futencorcon-feillc de ny aller, par vn qui luy dit la vérité .nbsp;de leur deliberation. A la fin poufifcdvnnbsp;cur magnanime, amp;aufû que la pureté denbsp;faconfciencc en ce fait, lempefehoit dap-prehender cefte mort, il fereiolut dy allennbsp;amp; mener feulement quelques vns auecluy,nbsp;entre autres le Capitaine Ranty, lieutenantnbsp;de fa compagnie, gentil-homme en qui il fcnbsp;hoit,ét qui auoit efté nourri denfance auccnbsp;hiy.Montât le degré de la chambre duRoy»nbsp;d trouua encore quelquvn qui le voulut ar-fefter, luy difiint, Sire, où vous allez-vousnbsp;perdre? mais comme tefolu quil eftoit, il fenbsp;tourna lorsf corne depuis tons deux lont fortnbsp;liérrecitc)vers le Capitaine Ranty,difant,Icinbsp;ttié vay au lieu où 15 à côiurc ma mort,maisnbsp;lamais penu ne fut vendue fi chcre, q ic leurnbsp;Ycndray la mienne. Sil plaift à Dieu,il mà
-ocr page 722-710 Hiftoire de France, fauuera,niais icvous prie,par la fidelité quenbsp;iay toufiours coniie en vous de voftrenbsp;bonne nourriture, amp; lamitié que ie vousnbsp;ay portee, de me faire ce dernier feruicc»nbsp;que fi ic meurs , que vous recouuriez la chenu fe que iay fur moy,amp;, la portez toutenbsp;fanglante à ma femme amp; à mon fils , amp;nbsp;coniurez madite femme pour la grande a-mour quelle ma toufiours portee , amp; parnbsp;fon deuoirf puis que mon fils neft encor ennbsp;aage de pouuoir venger ma mort) quellenbsp;enuoye ma chemife pcrcee amp; fanglante,nbsp;(comme fi ie meurs, elle lefera)aux Princes cftrangcrs amp; Chreftiens pour vengernbsp;ma mort fi cruelle amp; traiftrefle. Et fur cesnbsp;parollcs ilcntra Cn la Chambre du Roy, amp;nbsp;incontinent le Cardinal de Lorraine ferma la porte par dedans apres luy. Adoncnbsp;Je Roy luy tint quelques rudes propos, auf-quels il refpondit aucc tout deuoir amp;reue-rence ( regardant ncantmoins fes ennemisnbsp;dvn il allez farouche.) Bref,les vns amp; lesnbsp;autres, eftans eftonnez,par la volonté denbsp;Dieu , les chofes fe pafierent en paroles. Cenbsp;que voyant le Duc de Guife, amp; fon frerelenbsp;Cardinal, retirez en vne feneftre, ils sen allèrent bien dcfpitcz, vfans de ces motsaf-fez hauts, en fortant, Voyla le plus poltronnbsp;cur qui fut i.am^s. Il ne faut nullementnbsp;' douter, que la véffîT de Dieu , qui bride lanbsp;rage des mefehans, amp; tient en fa main lenbsp;cuf
-ocr page 723-Sous François îî. 711 tur des Roys * ne feftcndift fur lvh amp; furnbsp;lautre: Sur le Roy,pour ne luy permettre c-^nbsp;ftre parricide, commettant en fon fang vn finbsp;Jafchctour:ôffur le Roy de Nauarreaufsûnbsp;pour luy faire paroiftre, quvn feulcheueilnbsp;de noftre tefte ne peut tomber fans fa providence j quelques alTeurahces que puiflentnbsp;prendre lesmefchans de leurs coniuratiôsinbsp;Ainfipour lors efehappa le Roy deNauar-^c,ce que voyans ces coniurateursj amp; cenbsp;Vonobftant perfeuerans en leurs mefehan-ïes volontez, leur derniere refolution fut,nbsp;^ueleRoy iroit faire vn petit voyage poufnbsp;chaffer à Chambonrg amp; à Chenonceau inbsp;f'cndant que lon ncttoycroit lavilledOr-eans ,amp; quon dtefieroit les logis pour rc-Ceuoir les députez des Efiats , amp; tous lesnbsp;Princes R: gtands Seigneurs , qui eftoyentnbsp;brandez sytrouuer. Que ledit Seigneurynbsp;roeneroit IcNauarrois, amp; quen courant a-pres quelque befte,oh le tiicroit, puis on fe-roit couroft leliruit, quil auroitefté meurtri dvn cerf,ou dvn fanglicr.
Quant au Conncftabre,ils luy vouloÿent re Conne faire proces ,ôi auoit ia cftè plufieurs foisnbsp;mandé à la Cour, où il neftoit voulu aller, i« »ucret.nbsp;comme fage mondain quil eftoit,pour ne tientr«rnbsp;tomber à fon efeientes griffes de fes en-ftcmis,lcfqucls il fauoit pour certaip auoirnbsp;machine fa mort,amp;bafti des informations ànbsp;leur mode, par les depofitions de la Saguegt;
Yy 4
-ocr page 724-Lei plus incfcliantnbsp;font biennbsp;em per
il plaift à Dieu, denbsp;nuire auxnbsp;gens denbsp;bien, villisnbsp;cependîtnbsp;en a fleurante.
Confcil procédâtnbsp;entière-ment dunbsp;¦ mefine e-fp'it denbsp;ceux quinbsp;firent iet-ter l -en la foflenbsp;des lions.
712. Hiftoire de France,
amp;telles que le temps le promettoitj en forte quon sactedoit bien de ruiner famaifon amp;nbsp;la confifqucr,amp; deOa commifsion auoit eftenbsp;expédiée pour prendre (on fils Danuille.
Et pource que les troisTreres de Chaftil-lort leur eftoyent du tout infupportablcs, Sc quils eftimoyée ny auoir en France aucunsnbsp;chez qu.id Sciitneufs plus propres à empefeher leursnbsp;iiniaiftinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;[j-iicr amp; eôduirc géspoursop-
poferà eux,ils furet rrefaifes dauoir trouué vne occafion tant propre, afauoir, laprofcf-fion amp; declaration ouucrte quils auoyentnbsp;faite à la Royne defc vouloir jengeraux E-glifes reformées du Royaume, notâmet lA-miral amp; dAndelot fon frere. Voicy donccônbsp;me ils les deuoyent rraiter,n.iyans peu trounbsp;uer fur eux aucune chofe digne de reprefiennbsp;fion,amp; faire le mefmeà tous les autres che-ualiers de lordre,qui auoyent fauorife tantnbsp;Daniel foitpcu cefte doôtiinc.
Le Roy eferiuit à tous les cheualicrsdc lordreabfcns, quil vouloir tenir vn chapitre general de fon ordre le iour de Noel fuynbsp;liant, amp; entendoi'- que toutes exeufescef-fintes ils fe rrouuaiïcnr à la Cour. Cepen-|dauc le Cardinal auoit fait drcflèr vne côfefnbsp;i lîô de foy aux Sorbôniftes , de tel (lyle quilnbsp;sadèuroit que nul de tous ceux qui auroyctnbsp;» goufte la doôtrinç contraire ny voudroyentnbsp;('I ' aucunemétconfentir. Etccftoitlepiegeounbsp;on les attendoit.
U
-ocr page 725-Sous François IL 715
Leiour venu, fa Maielle deuoit prcfen-ter aux cheualicrs en plein temple ccftc con ftfs ion,qui fcroit fignee de fa main,afin quenbsp;ilsfi/Tcnt le mefmc,amp; iuraflèncrous de nonnbsp;feulement la tenir amp; garder inuiolablcmét»nbsp;niais aufsi de courir fus par toutes voyes ànbsp;teux qui V contreuiendroyét,fans cfpargnernbsp;pcrc,mere,fcmmc,freres,furs,parens ni a-tnis en quelque forte amp; maniéré que ce full.nbsp;Que fi aucun en faifoit le moindre refus ounbsp;delay (car pour tout certain ils sarren-dovent que lAmiral amp; dAndcIot ne lanbsp;voudroyent figncr,ou à tout le moins de-nianderoycnt iour daduis amp; quelle leurnbsp;full communiqucc)alors faMaieftc fans autle inquifition,forme ne figure de procès,lesnbsp;deuoit degrader de lordre amp; de tous cftars,nbsp;dignitez amp; hôncurs,amp; le lendemain les envoyer au feu bruficr tous vifs. Ce mefmcnbsp;fttatageme fut drefle au Cardinal deChaftilnbsp;, par vne aflemblee generale quils de-'toyce faire le mefme iour de tous les Cardi-ttaux,pour figner celle mefme confefsion denbsp;foy,fachans bien quil nen feroir rien. Auf-fi en demandoyét-ils la vic.Erce fait,lcRoynbsp;deuoit mâdcr tous les Princes amp; Seigneursnbsp;du Royaume pour leur faire figner celle cô-fefsion,amp; puis à tous fes genrils-hommesamp;nbsp;officiers domelliqiics.
le Chancelier auoit commandement de faire le femblablc entiers tous les mai-
-ocr page 726-714 Hiftoire de France,
fires des reqiiefles,ccux de la iuftice, fccrc-taircs amp;¦ autres officiers fuyiians la Cour .La Royne penfànt alots que ce full fait.amp; quilnbsp;full tcitips de defcouUrir du tout fon coeur,nbsp;auoit pris la charge de faire figner toutes lesnbsp;Dames^ DamoifelTes de la Cour. Il elloitnbsp;eniointàtousceuxqauoyét des feruiteurs,nbsp;de faire le femblable,amp;q chacun refpôdroitnbsp;des liens. La Courainlircpurgee,on deuoitnbsp;cnuoyerà tous les Parlements, Bailliages,nbsp;ScnefchaulTees amp; autres iurifdiôlions, pournbsp;faire pareille profcfsiô de foy,für peine auKnbsp;defaillans ou delayäns dcllre brûliez fansnbsp;autre forme ne figure de proces. Aufsi appelnbsp;loir le Cardinal celle confefsio, la Ratonic-re.Qiie sil Ce trouuoit quclcunvr.îÿ'pêrîitSfynbsp;Âtqin appartint à quelque grand Prince ounbsp;Seigneur de la retenue, adnenahr quon lu/nbsp;pardonnall, il porteroit à iamais pourperpenbsp;ruelle ignominie vne robbe de couleur^à lànbsp;mode dEfpagne, la (forme dedaqueîle Cenbsp;prcnoîFdê linquilition, pour la pratiquer e-xatlemét. Bref,les chofes elloyent tellenietnbsp;difpofees, que pour dcfcouurirplusprom- nbsp;ptenicnr les fecrets de la Religion qui fülletnbsp;en France,chacun curé ou vicaire deuoit aller par toutes les maifons de fa paroilîè, accompagne de greffiers, notaires , amp; autresnbsp;fierfonnes publiques pource choilies amp;ef-eués,.à fin de recueillir les fignatures,amp;ennbsp;faire regiflres amp; dénombrement enchactl-*nbsp;ns
-ocr page 727-Sous François IL 71$ *ie iurifdiótion. Voyla donc les moyens patnbsp;lefquels ceux de la Religion deuoycnt eftrcnbsp;nfailliblcmêt accablez.Et pourcc faire cornnbsp;Riifsions nouuclles cftoycnr ordinairementnbsp;expédiées à tous les Capitaines amp; gentilshommes dcuoriôncz au parti de Guile,pournbsp;lener gens de la qualité fufditc.
Nous allons recité en traitant des guerres dnDucdcSauoye.comme les Vaudoyseu- cuifcpouinbsp;rentfecours de ceux de Pragela.ee queftant »«iretlenbsp;paruenu aux aureilles du Duc, il en fit denbsp;grandes plaintes au Roy, affermant que fes Uur deuonbsp;fiiiets neuflent eu le courage de faire telle ànbsp;fes gens, sils nculltnt clic fecourusdes Frâ duRoy»unbsp;Çois. Entre autrcSjil nômoit ceux de Präge-la.Mais fur tour,il cllimoir celle conduire a- jeU deftnbsp;uoirellé faite par Mouuans, amp; par les Pro- ft de no-r . Fr I 1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* » n -* «« mere
uençaux fugitifs de Iciuspays quiseifoyct fainûcE retirez,comme il difoit,audirPragcla.Mau- Büft.nbsp;giron de fa parr,fc trouuant à laCour,faifoit Maugironnbsp;les chofes grandes, amp;Gonfirmoirccll aducr bon pernbsp;rilfemenr, le difant auoir grand credit au-rhorité en Dauphiné, tantenuers la noblef- ble.nbsp;fequenuers pluficurs liens amis, pour excenter vnc bonne entreprife fur ceux de Pra-gela,amp; fc vantant de leur donner vnc bonnenbsp;''eniie. Dantrepart.il fit prière à ceux de Guinbsp;fedcluy vouloir donner vnc bonne chargenbsp;en larmec qui fc deuoit Itucr pour aller ànbsp;Geneue,amp; icelle ioindre auec les forces dI-lalicjcnquoy il cfpcroit leur faire de grands
-ocr page 728-7iÄ HiftoiredeFrancegt; (eruiccs, à caufe des intelligences qn'il fe dinbsp;foic auoir de delà auec pkilieiirs gentils-honbsp;incs amp; gens de gneiic. Parqudy cotomifsiónbsp;luy fut expcdiec le 17 de Nonembre pour Ic-ucr cn Dauphiné dixou douze ettfcignesnbsp;de gens de pied.Le pretexte cftoit fondé furnbsp;ce que fa maiefté auoit entendu que ceux denbsp;la vallee de Pragela, qui eft aux confinsdu-dit Dauphiné, continuans en leurs hcrefies,nbsp;faifoyent ordinairement prefeher, amp; adfni-niftroyent les Sacremés à la mode de Genc-uc. Et qui pis cftoit, retiroyent amp;fauorifoyêtnbsp;ceux de cefte mauuaife fetfte, amp; principalc-mét auciis des principaux chefs amp; autheurSnbsp;de la dernière fedition amp; efmotiô faite auf-dits pays amp; lieux circonuoilîns. Au moyennbsp;dequoy, le Roy fuyuant fa coufturne amp; Catholique intention , defiroit leur faire changer de façon de viure-.finon, Icschafticrfelonbsp;ïeurs démérites, leur oftant les chefs amp; pre-dicans. Ce pouuoir aufsi perroir de faire Ic-liec de tel nombre de gens quil voudroit,amp;nbsp;daffemblcr fccrettement fes amis aucc lanbsp;Noblefle., pour fc tranfporter audit Prage-la,y prendre les miniftres, gentils-hommes,nbsp;chefs amp; autheurs des fcditionsamp;herefies,nbsp;pour les faire chaftier parle Parlement denbsp;Dauphiné . Et sil trouuoit aucune refiften-cc,quil leur courut fus,amp; les taillaft cn pieces, fc conduifant toutesfois parle fagcamp;nbsp;prudent aduis de la Motte Gondrin, auquel
-ocr page 729-Sous François II, 717
ilobeiroit comme à fa Maieftc mcfme.
Or combien que ccfte çommifsion fuft ainficaufec , ii cft-ce quelletédoirprincipanbsp;lenientà renforcer le Duc de Sauoyc,amp;occuper le palfage dePragela,pour empefchernbsp;que nul lecours ne fuft donné aux Vaudoisnbsp;des vallées d?.ngrognc,amp; autres quon rc-noic de fi court, amp; lefquelson auoirconcludnbsp;dexterminer entièrement, pour lur le printemps faire de plus grandes amp; hautes entre-{'rifes,amp; conimécer par Geneue. Et a'fin quenbsp;esçhofes fuftentpius diligemment conduinbsp;tes, le Roy cfctiuità Bourdillon fon lieutenant general en Piedmont, de bailler toutesnbsp;fes forces à Maugiron,pour exécuter lentrenbsp;Î'tife dcPrageIa,amp; les ioindre auec celles denbsp;aMotte Gondrin. Ce que Bourdillon na-tioit aucuneirfient à plailir: non pour aucunenbsp;bonne affedion qïiil portait à ceux delà R enbsp;ligion.mais pour le danger de perdre toutesnbsp;les villes quil auoit en charge. Car délia onnbsp;luy auoit ofte les vieilles bandes ,amp; luv ennbsp;auoit-on baillé des nouuellcspeu aguerries,nbsp;fi quil ne pouuoit dormir aucccuxdebonnbsp;fomne.Maintenârdôc quon les luy vouloirnbsp;öfter,ou bien luy en laifter lîpetit nombre,nbsp;quils ne feroyenr pour refifterau moindrenbsp;exploiét que le Duc voudroit faire contrenbsp;luy,il inhftoit fort au contraire; amp; enuoya rcnbsp;monftrer au Roy les inennueniens qui ennbsp;pounoyét furuenir, luy rcmôftrât quil auoit
-ocr page 730-7i8 Hiftoire de France,
aflez dautres moyens pour fecourirkDuc de Sauoyc fans defnucr (es villes.Ioint quilnbsp;cftoitaffez cmpefché de preucniramp; veillernbsp;furies cntrcprifesdailleurs. Maistoutcelanbsp;ne luy profita rie, finô dacquérir la maiiuai-fe grace de ceux de Gui fe, qui luy mandèrent au nom de faMaiefté,quil euft àobeyrnbsp;fur peine de rebellion,non feulement en cela,mais en tout ce qui luy feroit puis apresnbsp;cômandc, fans plus infiftcrau côtraire.Car,nbsp;difoit le Roy, iay allèz bon confeil prèsnbsp;de moy , fins que iaye bcfoin du voftre, fi-non quand le vous en dcmanderay. Par'cesnbsp;façons de faire on conieiSluroit que ceux denbsp;Guifc auoyent promis au Duc de Sauoycnbsp;de luy rendre non feulement les quatre villes détenues par le traite de la paix; mais aufnbsp;fi tout ce que le Roy auoit delà les monts,nbsp;afin quils le peulïènt tant mieux auoir à cô-mandement par ce lien dobligation.Car aunbsp;tremet fauoit-il quil les rccouureroitmal-aiftnienrduRoy,amp;qucftanten bas aagc,fônbsp;confeil ny confentiroitiamais. Le meilleurnbsp;donc cftoit, de clorrc les yeux à tous les dannbsp;gers amp; inconueniens, à ce que cela adue-nant.la faute en fuft reiettee furceuxdelanbsp;Religion,pour auoir amené le Royàceftenbsp;necefsire de defgarnirfesvilles,départantnbsp;les rendre du tout odieux au peuple.
tVnTquot;,« Nous retournerons aux gens des trois ceux de Eftats j amp; monftrcronsjc reigicment quilsnbsp;eu-
-ocr page 731-Sous François II. 719 curent de ces gouuerneurs.Car ceux de Guinbsp;fcfefouucnans parmi leurs violences, que feru^rl«'nbsp;Icscaycrsdes députez eftoyent chargez de £*««nbsp;demandervneftatpaifiblc pour la Religio,nbsp;amp;plufieurs autres chofes quicontreuenoy-lt;-'nt dircôtemenr à leurs dç(Iejns ( encor quenbsp;ïiulne traitaft proprement de leur gouucr'nbsp;nement illcgitime:)aprts auoir meurementnbsp;confideré les hiftoircs Françoifcs,amp; efte a-üertis par leurs feruiteurs de cede ancienne authorité des Eftats de France, auec lenbsp;poids de leurs demandes amp; conclulions, ilsnbsp;doutèrent quils ne miflent fous les piedsnbsp;^fiurs ^ffeótiós particulières enueis eux,pournbsp;*^cprcndre les arrcsamp; fuyurc la trace de leursnbsp;l^edeccflcurs.qui auoyent toujours eu cedenbsp;oonne coudume,doublier les partialiteznbsp;pourfoigner au bien public , amp; àedablirvnnbsp;afleuré gouuci nemenr, pendant le bas aagenbsp;des Roys, pour feruir de bride aux amateursnbsp;denouueautez. Acedecaufeilsfe refoliirétnbsp;dt bonne heure de ce quils auroyentà fai-*^^-Sentans donc approcher le lo.de Dccem-,nbsp;tre.^f les députez des Edats arriucr à la file,nbsp;defcnïcs iteiatiucs de par le Roy leur fontnbsp;faites fur peine de lavie,quc nul deux (ud iînbsp;hardy de parler vn toutfeul trait de la Religion en ladtmblceamp; conuocation que fanbsp;Maicdé feroit de fes Edats peneraux, dau-tant qu autremet il en auoit difpole. Sur ce- cjnbsp;la,Dicu commença dedors de môdrer quil bciû^a
-ocr page 732-yio Hiftoiie de France,
e5ue ton py am(ê nc violence qiii piiiiïc fomreffeiÆ teefpcrannbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Inbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J r
ce, toutes Contre luy. Car compien que ceux de Guilc ^hofes e- euflcnt fait toute diligence , dauoirlcfditsnbsp;efperees dcputez à leur deuorion,amp;quils sadèuraf-feionles fent quc la pluspart approuueroyent leursnbsp;hommes, defleins : cc neantmoins celle defenfe fit
murmurer trop plus de gens quils ne pen-foyentjdautant/difoyent-ils, que les lettres Les tyris conuocation dcs Ellars porte lecon-fctempi traire. Pouràquoy remedier ils atitrerentnbsp;tteîe's°pquot;e pctfonnages dauthorité ,qui dilbyentnbsp;niiets ne faloir trouuer ellrangc fi le Roy auoitnbsp;changé dauis. Car lors de fa refolution pri-eux de h led aflembler Ics Eftats.il n'eftoitnouuellenbsp;doùnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;QifO vouliifl tenir leConcile gencralunais
que maintenant que le Pape iauoit publié, ceferoit luy faire vn trop grand prciudicc,nbsp;de rien mettre en auant touchant la reformanbsp;tion du Clergé,attendu que lô la deuoitef-perer bonne amp; vniuerfclle parce fainôl Connbsp;eile: amp; aufsi que les Prélats de France, quinbsp;safTembleroyent au moys de lanuier, auroynbsp;lt;. ent principalement ce foin de regarder auxnbsp;chofes necefiàiresamp; particulières pour laRenbsp;ligion,afinde donner vn bon réglementanbsp;la France fans empefeher les deux autres E-llats, qui deuoyentplulloll regarder à rrou-ucr deniers au Roy pour fes vrgens afaires,nbsp;amp;:dayder deconfeil à Mefsieurs de Gui-fc,pourchallierles mutins Sc rcbellesrautrcnbsp;ment quils feroyent les mal venus,amp; feroitnbsp;à crain-
-ocr page 733-Sous François-11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7^1
à craindre quon leis amenaft par force à ce point, sils ne fe prefencôyent de bonne amp;nbsp;franche volôtê.Mais que les thofes gracieu-fement accord.eps edoyent les plus louarnbsp;ble^jÿc.quils sobligeroyét eq ce faifant çesnbsp;bons Princes de Gujfe de leur bien vouloir,nbsp;amp; rémunérer ceux qui fuyuroyent le plus e^nbsp;Xactement en cela lintention de fa Maiefté,nbsp;fans entrer plus auant en contention pournbsp;leurs aurhoritezamp;preeminences. Surtoutnbsp;quils fc donnalfcnt garde de mettre en auâtnbsp;nesaydcr dvn fcul argument quon peuftnbsp;eftimer amp; rcconoiftre eftre forty des eferitsnbsp;des rebelles. Car cela cftoit tant odieuxà fanbsp;Maiefté que rien plus. Brefon vfoit de tousnbsp;artifices pofsiblcs , pour eifayerdanoir desnbsp;eftats, paramour, ce quils saflèuroywdobnbsp;tenir par forcc,vouluflcnt ou non. Et quantnbsp;a ceux qu^n fauoit eftre entiercmét gagneznbsp;0« pratiquez, on leur defcouuroit quelquenbsp;partie des entreprifes, afin deftâyer àr.agernbsp;autres à ce point,l^urpropofant la vie ounbsp;la mort.
Sur ces entrefaites voici arriuer vn pac-quet du Comte de Villars, lieutenât au gou uernement de Languedoc en labfcnce dunbsp;Conneftable fon beaufrcre,par lequel il ad-uertiftbitccuxde Guife que les députez dunbsp;pays de Languedoc pour fctrouuer aux E-ftats generaux eftoyent hérétiques,amp; desnbsp;plus affedionnez à leur Rcligion:poqr à la-Zz
Dieu frip pc vn autre coupnbsp;encoresnbsp;fur la te-fte des Tynbsp;rans.
Hiftoirede France,
quelle donner liberté, ils auoyent çxprelle-mét accepté cefte charge,dequoy il les aiioit bien voulu aduertir, ahn quils aduifaHènenbsp;dy donner bon ordre. Carceftoyent gensnbsp;dcfpnt,de grande mence amp; conduire. Il ernbsp;ftoit bien marry quil nauoitpeu empefehernbsp;leur eleétionôf parrement,mais que la pluranbsp;lire des voix lauoir emporté,comme aufsi Unbsp;refolurion prife en lallömblee particulierenbsp;desEftats de LangHedoc,qui eftoit de grande amp;perillcufe confequtnee contre lauthonbsp;thotitéde lEglilé Romaine jamp;àladuene-mér de celle nouuclle fcâe.qui sclloit mer-ueilleufcment accreuéamp; declairec en Languedoc , plus cent fois quil neull peu efti-mer,voire à lendroit des plus grands, amp; denbsp;ceux qui auoycnr entière authorirèenucrsnbsp;le peuple pour leur perfuader ou dillûadernbsp;ce quils voudroyenr.
X« Tyri» Celle lettre ne fur plulloll receuë, que foidcnc jjg fiiflènt expédiez pour aller au deuâtnbsp;coup, de ces doutez, afin de les mettre en lieu ounbsp;man en jjj neuHcnt iamais peu faire bien ne mal.
Mais nellans rencontrez,ils arriuerent aOr leans,ou à leur dcfcentedecheualfctrouuanbsp;gens qui leur dirent que le Cardinal de Lornbsp;raine les demandoit. Ils prièrent quon lesnbsp;lailîê defeendre à lhoftelerieamp;fe desbotter.nbsp;Ce quon leurrefufa,ains furent eftroiremétnbsp;gardez, leurs memoires amp; inftruólions faines amp; portées à ceux de Guife,qui trouuerctnbsp;cnco-
-ocr page 735-Sous François I I. 7x5 encores plus que ne leurauoit mandé le Cónbsp;rede Villars. Parquoy ccs pauures prifon-niers furent aigrement amp; durement traitez,nbsp;pour irtrimider les autres , amp; Lattre le chiennbsp;deuant le lion, corn me Ion dit: mais tout cela fut en vain,comme il fc verra cy apres.
Le Roy de Naiiarre,comme il a efteveu, pendant toutes cesexpediriôs,amp; depuis fonnbsp;arriuee en Cour, eftoitdetenu en vne mer-Oeillcufc crainte amp; frayeurs incroyables.nbsp;Car dvn cofté fes amis laducrtiflbyét dheunbsp;ïeà heure des deliberations amp; concluionsnbsp;ptifes contre luy, en forte qu'ils defefpcroy-®nt de fa fauueté. Dautre cofté les Capitai- Ruft metnbsp;es amp; foldats le folicitoyent fouuentesfois f/'nbsp;le fe fauuer,daurant que fes ennemis auoy- dcffüienbsp;praticque aucuns deux, voire tiré leurnbsp;ptonie(Iéamp; ferment pour le tucr,lîtoft quilsnbsp;auroyentle fignal. Orfoit quils fuflentnbsp;cnez de bonne affedion ,foit quils cer-^l^alTcnt meilleure couleur amp;occalîon dc-feuterj-efte confpirariô,ou aucrement; tantnbsp;y quon tenoitpour tout certainfeonfiderénbsp;que telles gens de guerre eftoyent du toutnbsp;ediez amp; confacrez à lamaifon de Guife,nbsp;^yäns receu tous leurs cftats honneurs amp; a-^^ncemens dcceftc part) quils cerchoyentnbsp;c le tuer en fuyant, afin de mieux colorernbsp;^^ft afteenuers lesEftats,aufquels ils sattennbsp;doyent de perfuader aifcmentque telle cua-fion lacoulpoit du forfait duquel il eftoit
Zz 2
t
-ocr page 736-72-4 Hiftoirc de France, foiipçonné, ne ccrchant defchappcr la pre-fcncedii Roy que pour troubler le Royaume, amp; commencer nouuelles efmotiôs populaires : amp;que partant le plus court amp; lenbsp;tneilleur rcmede auoit cité de sen depeftrernbsp;ainlî,allant quil euftcaule tant de maux amp;nbsp;çalamitczicombien toutesfois quon euftdenbsp;iîré luy faire proces cómc à fon frere . Maisnbsp;Dieu retint ce Prince en forte, que pourchonbsp;fe quon luy peuft perfuaderdl ncvoulut abânbsp;dóncr la ville, ny selloigner de fon frere,a-uar que voir liiliie de fcs afaires.Ce qui pluçnbsp;le greuoit, ceftoit de fc voir niocqué,mefprinbsp;feamp; móftré au doigt par les Courtifans,fansnbsp;que nul le daignaft faluer, encor que partienbsp;deux euflct receu tous leurs biés,eftats amp;h5nbsp;neurs par fon moyé, tat eft muable amp; variable la condition des Courtifans. Aufsi allât
chez le Roy,on le faifpit cxprcflçment vale-ter à la porte,fans laiflèr entrer plus de deux ou trois gentils-hommes auecques luy-AiTcurice Nous auons vcuçydeuant comme Ionnbsp;l Am*ir3i*' mandé tous les grands Seigneurs dunbsp;appuyé Royaume pourfe trouuerà Orleâs à lalfcn)nbsp;uidéce^denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eftats, les vns en intention quils
Vieu,amp;ii nesen rctourneroyctiamais,lesautres pour fdenMnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bride, que tien ne fe
peuft remucraiiprciudice de ceux de Gui- fe, pendant leurs exploiéts en ce lieu . Sur-quoy ic reciteray vn aéle notable de lAmi-ral.Ccft queftât adiicrty par fcs plus grâds amis
-ocr page 737-I
Sous François II. nbsp;nbsp;nbsp;71 j
amis, de la conclufion amp; refolution prife co tre luy amp; les fiens, lappareil dreflé pour exterminer non feulement toute la maifon denbsp;Bourbon, mais àufsi tous les Princes amp; Seigneurs qui Icurappartenoyét, amp; que Ion iu-geoit pouuoir refifteraux nouuelles entre-lrifes:lt;jue défia eftoyenr arrriuez à Orleansnbsp;ttéte ou quarâte des plus experts bourreauxnbsp;des villes circonuoifines: quon les auoit ha,nbsp;Billcz tPvne meffiie liuree amp; parure: que lcfnbsp;thafaut pour trencher la teftê au Prince denbsp;Cotidè (lafemme duquel cftoit faniepcc)nbsp;s^en-alloitiadrefle dcuâht le logis du Roy.nbsp;Qiie là deliberation eftoit de le faire ainflnbsp;Rwurirignominieufement àPentree des E-ftats.pourdc tant plus les tenir en crainte, amp;nbsp;leur faire approuucr la mort des autres,dótnbsp;dcftoitaunóbre,amp;des plus recômâdezparnbsp;Ceux deGuifc,ennemis de fes vettus.Que lônbsp;àuoitaccouftré vue prilbn qui ia cftoit dc'^nbsp;diee Âr confacrec à luy amp; fes freres.Qiiil nynbsp;awoit doute que Ion ne viftenbref lapinsnbsp;grande effufion de fang qui iamais fur veuënbsp;dcouyeen France. Bref, que défia defenfesnbsp;auoyent efte faites auxhabitahs dOfleansnbsp;dftous autrcsfhormis les gens de guerre c^uinbsp;fttoyent de garde ) de fortir de leurs mailósnbsp;inidy fôné:voirc de regarder par leurs fenc-ftres, fur peine dy cftref'r lheure pédus amp;nbsp;cftrâglcz fas autre figure de proccs:amp; que lenbsp;fac de la Tille auoit efte accordé aux gesdenbsp;Zz î
-ocr page 738-Hiftoire de France, guerre, laquelle feroit puis apres demateleenbsp;amp;rendue village fans aucunes precminécesnbsp;ne priuileges. Toutes ces chofes, di-ic,ncnbsp;peurent aucunement defmouiioir lAmiralnbsp;dentreprédre le voyage dOrleâs fans plusnbsp;tarder, ni feulemétattédrc leCôncftable fonnbsp;oncle,aprcs auoir eu les lettres du R oy, auquel il délibéra faire entière confcfsion denbsp;fa foy,remettant leuenement à Dieu.
Au partir de fa maifon,ilne voulut dif-fimuler à fa femme le danger où il salloit cnuclopper,fans en attendre aucune bonnenbsp;i'flùe pour fon corps, félon lapparence humaine,difant tdutesfois auoir telle confiance en Dieu,quil auroit pitié de fa panure E-glifc amp; du Royaume, exhortant ladite Dame,enfcmble fa famille,de demeurer con-ftans en la doftrine de lEuangile, où ils a-uoyent efté droiftemét enfeignez, puis quenbsp;Dieu leur auoir fait conoiftre que ceftoit lanbsp;vraye amp; certaine pafturc cclcfte,eftimans nenbsp;pouuoir receuoir plus grâd heur, q de fouf-frir pour fon fainéî Nom. Au refte,il encharnbsp;gea trefeftróirtemct à ladireDame,foit quelnbsp;le entendit (à prifon ou fa mort, de ne lait-fer à pourfiiyure ficourfe, amp; de faire bapti-fer fon enfant duquel elle eftoit enceinte amp;nbsp;pretle daVcoucher, en lEglife réformée, amp;nbsp;par les vrais minières de la parollc de Dieu,nbsp;amp;qnc pluftoftellcenduraftlamort,que denbsp;fbuffririceluy cftrc pollué auxfupcrftitionsnbsp;de la
-ocr page 739-Sous François ît ÿi*/ He laPapautc.Somine,il luy difoitquc fi clicnbsp;dcmcutoit ferme en cefte refolution, elle ennbsp;dcuoic cfpcrer bonne ilTuc : mcfmcmét quenbsp;Dieu auoit accouftume dcdcfployer fes metnbsp;Ueilles lors que les hommes auoyent perdunbsp;toute efperâcc de falur amp; de vie. Voyla quel *nbsp;futfon partemchtdefamaifoni Tffantârri- onnedVnbsp;Ué à Orleans. encor que la Roy ne mere luy cudinal^nbsp;cuft.fait le pareil accueil amp; reception que denbsp;toufturtie; fi ny demcura-il gucres fans sapnbsp;perccuoir de la mauuaife volonté de ceuxnbsp;dcGuife. Dequoy ilfutàdemiadue^ûparnbsp;la dite Dame rtcGmcsjlaquclle luy difqact-Ic eftoit en grande peine pour luy, daucantnbsp;3ue le Cardinal de Lorraine auoit délibérénbsp;e luy demander ràifon de fa foy en la prefô -Ce du Roy,lc priant dauiicr ce quil àuioit ànbsp;rcfpondrc, amp; à ne fc mettre légèrement ertnbsp;Ranger. LAmiral ne fc donna grand peinénbsp;'Icccdaducrtiflemcntjains Jüy dit franchement quil ne demandoit pas mieux,amp; quilnbsp;'Ipéfoit que Dieu luy fcroitla grace delànbsp;lonncr fi bonne, que fa Maicftc en feroit cônbsp;fente, fans que le Cardinal en peuft empof-frt que hôte. La Roy ne ayant derechef en-*îuis lAmiral, sil autoit bien lahardieilê dénbsp;ce faire, amp; entédu quouy, elle mcfmc le rapnbsp;porta auCardinal,q en fut trcfaifc,cfpcrât a-moir trouuc própt moyc de luy faire procès;nbsp;^decc pas alla au Roy, amp; luy dit par moq-
¦ Zz 4
-ocr page 740-718 Hiftoire deFrance, ïie,lt;3tnant ladite Dame fa mere, quil lu y a-uoic ce iour-Ià acquis vn des meilleurs-fcminbsp;tcurs du mondcdequcl'deftioyé de lafoy,egt;-ftoit preft à rerourherau fein de fainôte E-gLifcÇarhoIique Komaine.La Roync,di-ie,nbsp;ayancfait entendre à lAmiral ce qui cftoitnbsp;parte, adioufta qiic le Cardinal delivoit quilnbsp; yéuftcn Japrefencedu Roy cinqoufix do-âx:urs de la Sorbonne, qui auoycnteflié en-udyez quérir expreflement pour difputcr cônbsp;fre ies, herctiques perrinax . LAmiral luynbsp;dipj.qtiil nentendoit pointqUîlsy fuflentinbsp;quâdilplairoit au Roy que le Cardinal lîinlnbsp;rcrrogàft deuant.fa.Maiefté, non pour érairtnbsp;te quileuft: dcux,ni d'eftre esbràhlé pa»nbsp;leurs atgumens.-mais quil fauoit leur prôt»nbsp;dureeftre telle qubtdé condamnercétrx denbsp;la Religion fans~les'conuaincrc autrementnbsp;diicfcfiemircdreràifon de leurs céfurcs.Etnbsp;ainlLaduenatjilfcroitailcau Cardinal de lenbsp;fhlrc d'eclairer pour hcretique,fans autre fornbsp;uïe.nc figure de procès , en forte quil nonbsp;pourroit eftre entendu en fon bon droit*nbsp;Mais sil plaifoitiau Roy les ouir toils deuxnbsp;fculsjil iugeroitailcmét lequel des deux ferait bcrctiqùc. Ce que ladite Dame dit quenbsp;elle cfouuoictresbon, amp; promit dainli le fainbsp;rc faire. Cccy aduinf pendant la maladie dunbsp;Roy, de laquelle il fera tantoft parlé: maisnbsp;comme elle len^ifegeoitiCe négoce/ut in-tcrrompu,amp; nen fut depuis parlé,au moyen
-ocr page 741-«
Sous François II. 73.9 derc qnc le Cardinal infiftoit que les Theonbsp;logiens y eftoyent neccflàircs.
Les afaircs ainfi difpofecs par ceux lt;le Dernier Guifcjils aduiferent quil eftoit remps'de
de ceux de commencer â exécuter leurs dcireins:par- cuifepo«nbsp;qnoy le bruit counit que le Roy alloitàla erquMstenbsp;chaflè à ChambourgjSc à Chenonccau.aEnnbsp;dé nettoyer cependant les logis, faire place, quot;nbsp;preparer ceux des députez des trois E-ftats. Et de fait,la premiere chambre duditnbsp;^cnr,amp; fon train furent enuoyez douanenbsp;pour^efloger lè Lundi dixiefme de Neuemnbsp;lte:dequoy ôn aduertit lcllt;oy de Nauarre,nbsp;quil fe pfeparaft de fa part: lequel cftâtnbsp;llédonnerJcbon iourau Roy,leDimàn-au matind'1 luy dcmâda luy-mcfmes,silnbsp;®lt;^vouloit pas luy faire côpagnic àlachallê,nbsp;^tendât lavenue desEftats. Aqrioy il fupplianbsp;^Maiefté lcxcufer.Car tout le mode trouuenbsp;^tcftrâgjçjdp'itJvoirallcrà lcsbat,amp; laiflernbsp;frétépriionnicramp; captif. Partit il nc-dchberc de iatnais partir do là quil nennbsp;Vne .fin ? fupptónt ledit Sieur y vouloirnbsp;P'^uruoir amp; luy tenirpromeflè: Ce quente-du par ceux .de Guife , il eut conlmande-*'cnt expres dudit Sieur de fe Tenir prcÆ
. »
.U
;r.
l^r le lendemain matin. Sur lcfoireftant oieu don
Roy à vcfprcs aux Iacobin$,il luy prit 'le gtH 'gt;1 grand cfuanouiflêmcnt , qui fut caufenbsp;^Hon lemporta haftiuement en fa chain-te:amp;rcuçiiu dc.pafmoifou coânmcnça à
730 Hiftoire de Francegt; appreftéf' fc plaindre de la tefte en la partie de I*ati-fut dcffiit rcille gauche, en laquelle il auoit eu de toutnbsp;weLquot; quot;ftit tcpsvnc fiftule,cn forte que de là douleur,lànbsp;kRoyfrap ficbute le print. Voila comme le voyage fiitnbsp;i'iîk*quii à la bonne heure pour le Nauarrois,nbsp;»uoicnop fonfrere,amp; toute la Frartcc. Cetleantmoinsnbsp;wxpUinnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Guife ne laifTcreUt de diligenter
tt! des in Icurs afaires,amp;: furent durant ccftc maladie nocens. cxpcdiccs pluhcUts commifsions aux Capi-Ceux denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fattion, pour aller Icucr gens
Guife ft en Proujnce, Guyenne,Gafcognc,Nqrmâ-icbcqucnt die,Picaidic, Champagne^ BoUrgongnci ttToftuquot; Icfquels auoyenr'cEargeexpreffedeftcfâirenbsp;nuis en nul enroollcment, fi les foldats n'auoyentnbsp;tcfmoignage de leurs curez amp; vicaires de-,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. fire Catholiques, à ce que leur armee ne
Les mef r /» 1 ¦ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i*.
cl âi aiicu fuit bigarrée. Eta fin dauoirpluftoft gens* gkijCôtét on jes allechoit de lefpcrance de grandsnbsp;ho'fle ' burins amp; richefies: Ce qui faifoit letier loreilnbsp;le à plufieurs gamemens, Icfquels ne cer-choyent que changement amp; remuement denbsp;mcfnagcs Ces chofes donc furent telle-trcp.ifccô menr auancecs que le Maicfchal de Ter-f hai cftoit,comme nousauons dit,dunbsp;de* à et codé de Poitou Sc Xaintongcgt;euf comman-ni«. dement,dTsalleriomdreà lEfpagnolquinbsp;gt;, prenoit la roure de Bayonne, pour aller tousnbsp;'îenfemble en Béarn. Le Vicomte dOrthenbsp;'qui comandoit lors en ladite villc,cut lettres du Roy pour la remettre pour retraite,nbsp;fi befoin cftoit,cntrc les mains du Roy dEf-pagne.
-ocr page 743-Sous François IL 731 pagne,amp; laiflcr pafler fon armee,par dedansnbsp;les pays du Nauarrois,racier fans efpargncrnbsp;fa feme ni enfans. On deuoit traiter de mef-tnes les maifons de tous les Seigneurs amp;nbsp;gentils-hommes, qui Iauoyent accópagné,nbsp;fie seftoyent trouuez à la fadion dAmboy-fe. Onditaufsi que Termes eut ceftechar-ge,afin deftre cfclairc de plus pres. Car ce-ftoitccluydes quatre auquel qn fe fioit lenbsp;ttioins, en forte quon luy mâdoit,au iour lanbsp;gt;ournee,cc quil auoit à faire.Mais la noblcfnbsp;fegt;5c ceux qui auoyent fuyui le Roy de Na-iarre,nc voulans laiflcr la peau à fi bon marché, que luy fie fon frère,furent tellementnbsp;perfuadez par le Sieur de Mcfmy de Perigord amp; autres, que mettans armes à do7, ilsnbsp;sTnrollcrcnt fept ou huid cens chenaux, amp;nbsp;^¦nq ou fix mille hommes de pied allez biennbsp;^rnicz, amp;c de bonne volonté, Icfquels fc de-'oyentaflembler fitoft que Termes au roi c
Ceux qui ont veu lafituation des lieux, ji'fent quindubitablcment Termes euft eunbsp;a foufFrir,sil ncuft du toutefte dcfFait: maisnbsp;voyci comment il euita ce danger. Les chefsnbsp;de celle entreprife choilîrétvn dentre eux,nbsp;qui auoit grand accès àLimogcs,où Tcrmesnbsp;eftoitlors.pour aller cfpierlc temps de fonnbsp;partcmét,pour exécuter leur cnrreprife.Maisnbsp;cepcrfonnage,mcu de ie ne fay quelle affe-
-ocr page 744-'75' Hiftoire de France, tion,fans occafion aucune, salla prcfentcrnbsp;audit Seigneur de Teimcs,amp; luy fit bien aunbsp;long entendre le piege quon luyaüoit drefnbsp;fc.Luy qui cftoit vieil amp; ruleCapitaine.efti-ma du commencement,que ceft aduertiflè-menf fuft vnc rufe,pour le garder de pafier.nbsp;Car il ne pouuoit croire, quc fi peu de ioursnbsp;il fuft pofsible daftêmbleramp;rarmer relriorrtnbsp;bre dnornmes. Mais quand lefpion eut obtenu de luy vn de fes Capitaines,qui luy rapnbsp;porta fidelcmct puis apres toles appareilsnbsp;qui luy furent môftrez, amp; la maniéré quonnbsp;tenoitpour aftèmbler les armes amp; les forces , 11 fc fouuint du trait quon luy aiioitnbsp;fairà 'GrauelincSjdc forte quil ne fe firguc-res tirer laitrcille ,ains fc retira à Poitiers*nbsp;doù il neut pluftoft eferit au Roy ce qui fcnbsp;paftdit,quil nenrendift la grieucmaladicnbsp;diccluv ,à raifon dequoy il euftiiien voulunbsp;retenir fes lettres, ne fachant quelle ch fe-roit liflue,amp; de peur dencourir dauanragenbsp;lindignation des Princes, combien quaitnbsp;paràuànt en tous fes exploits, il fe fuft porténbsp;autant modeftement que le temps permet-toir. Car il pouuoit pis faire.
côfeiit Hci nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nôuucllcs venues à la Cour,atiecle-
empVfthez rengregemcnt de la maladie duRoy,troü-de Dieu, blcrcnt grandement la fefte, amp; mirent cent femm' Guilc cti giandc crainte, dautant quilsnbsp;ncftrimoyent que renans ces deux Princcinbsp;aucun ofaft entreprendre de scflcucr. Maisnbsp;fe
-ocr page 745-Sous François 1 1. ySj fefcnrans frnftrcz de leur c(perance,amp; fcnbsp;doutas quil y euft pareilles entreprifes ailleurs gt; ils conclurent quil faloit tuer le Na-iiarrois, quoy quil en aduint: car foit que lenbsp;Roy vefcuftjou mouruftjils ne preuoyoyctnbsp;que mal amp; cncoinbricr. Viuant ilssattcn-doyent deftre tmpefehez par tous les endroits du Royaume: Mourant, de rcceuoirnbsp;tous la punition, amp; porter la peint par euxnbsp;proiettec fur tout le fang K oyal,amp; les grâdsnbsp;Princes Üc Seigneurs du Royaume.Mais cc-fte refolution ne peut eftre fi fccrette, eftantnbsp;ttianiee par trop de gens,amp; peu fecrets, quenbsp;le Nauarrois nen fuft aduerty par vne gran-deDamc,qùi appartenoit aux vns amp; aux autres,laquelle le pria de naller ceiour-là aunbsp;confcil,amp; pluftoft faire le malade,amp; fe mettre au liôfc pour y eftre v ifité de peu de gens.nbsp;Cela fut caufe quil alla incontinent trouuernbsp;1=1 Roy ne mere pour luy dcclaircr ce quil a-Uoitcntendu,enfcmblc toutes les autres eninbsp;l^'fchesqui luyauoyent efte fouuent dref-contre la promefTc amp; parole du Roy tâtnbsp;de fois réitérée, amp; fiir laquelle fe confiant,ilnbsp;tîaiioitcraintd« saller rédre en leursmains,nbsp;amp; dy mener fon frere comme en fauucgar-de,pour eftre maintenus contre leurs ennemis,amp; entendus en leurs defenfes »quittantnbsp;en ce faifanrtotis les autres bós moyés quilsnbsp;auoyent eu dopprimer leurs ennemis,ounbsp;pour le moins de sen defcndrc.Maintenanr
-ocr page 746-Vn diible empcfchcnbsp;l'autrenbsp;lt;^uand ilnbsp;plâift ànbsp;Dieu.
754 Hiftoire de France, ilfevoyoit fruftré de toutes promellès , amp;nbsp;nauoit que des menaces amp; mauuais vifage.nbsp;Que fl ceux de fon gouuerncment auoyentnbsp;voulu entreprédrequclqchofe mauuaife,ilnbsp;les defaduouoitjamp;vouloit mourir miferablenbsp;ment,silfctrouuoir quil yeuft prcftéaucun confentcment: ne quil en euft entendu aucune chofe , finon à lkeure-mcfmesnbsp;que le bruit en eftoit feme par toute lanbsp;Cour. Ladite Dame bienempefchec denbsp;mille forces eut refuge aux negatiues gt; di-fant,ne fauoir que ceftoir , quelle nennbsp;croyoit rien ; amp; que fi elle sen appercc-uoir,ellcy donneroit ordre. Voyla comme le Nauarrois euada ce danger pournbsp;lheure. Car on dit,que la Roync mere cn-uoya incontinent aduertir les confpira-teurs demi defefpcrez , qui attendoyentnbsp;ce Prince,aucc refolurion de luy öfter la vie,nbsp;pour apres faire le mefme à dautres. Tou-tesfois aucuns vouloycnr pafteroutre, silsnbsp;ncufl'ent efte retenus par le Cardinal denbsp;Tournon, difant que ce ne feroit befongnernbsp;quà demi fi on nattendoit le Conneftable,nbsp;fcsenfansamp;r nepueux qui dcuoycntarriuecnbsp;de iour à autre. Car(difoit-il}fi on les effarouche,ils ont moyen de prendre halaine;amp;nbsp;feront plus dempefchemétque lesPrinces.nbsp;Cependant le Nauarrois eftoit en grandenbsp;angoiffè , nayantauec qui prendre conieil.nbsp;Seulement il faifoit le iour bonne raine, amp;nbsp;la
-ocr page 747-Sous François IL 73s Januiót il fe tenoit fur fes gardes, auec fi peunbsp;de feruiteurs quil auoit pour fe défendre, finbsp;On le venoit aflàillir, amp; temporifer an combat iufquau iour sil pouuoir,afin de faire conbsp;öoiftre lindignité de fes ennemis.
Quant à la maladie du Roy ,côbien que ceuxdç quelque humeur fort puâte fuft diftillee de ouife.cô-rnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ilnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 zin»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me bon»
On aureille,quil eiift efte purge amp; vetole amp;c cathoii-4UC cefte defeente fuft retenue par fomenta- 9 hons;routesfois la fiebure ne laiflà de luy rc- «rie^rnbsp;doubler auec grands douleurs , inquietudes confiance,nbsp;amp; refueries,qui firct que les médecins defefnbsp;pctâs de fa (ante,le Duc de Guife leurdifoit médecins,nbsp;^illeiniurcsjamp;senqueroit fouuenr sil e- dabies'*amp;nbsp;pofsible que par art de medecine ou au Hnalcniécnbsp;Jreincnt on peuft fauucr vn Roy,ou bien feunbsp;Jcftiétluyprológerla vie,voircàvnRoy qc- nbsp;nbsp;1
ftoiten la fleur de fon aage. Brcf,fapàfsiô Or ftoit fi extreme q nepouuât auoir des mede-^*usamp;ch,ri,rg)és cefte afleuraccfeulementnbsp;. le faire viure iufquàPafqucs prochaines,nbsp;Jllçur reprochoit lauoir eux-mefmes tué.
auoyent pris argent des hérétiques pour ce faire, amp; qu'il les feroittous pendre.nbsp;¦Jlscftoyent larrons amp; abufeürs du peuple,nbsp;^titoyent les gages du Roy fans luy feruirnbsp;OïiUtre thofe que de luy abréger les iours.nbsp;^csangoifles amp;menaflès eftoyét tellementnbsp;^^côpagnees de iurcmés amp; blafphcmes,quenbsp;ds fetnbloyérpluftoft forrirdvn home forcenbsp;Uc,quc daucun cerucau ne iugement rafsis.
-ocr page 748-Hiftoire de France,
Comme le Duc de Guife tentoit cc$ moyens, fon frcre le Cardinal rccouruc^yxnbsp;voyages amp;vus aux faiaôts amp;: faillies denbsp;Paradis ,amp; aux processions des preftresÄ;nbsp;moynes,qui ne fe monftrerentparciTeuxjfurnbsp;tour à Paris, à exhorter les peuples parpre-dications,de prier Dieu de leur vouloirnbsp;der leur bon Koy, à tout le moins iufques ànbsp;ce quil euft mis fin à fon entreprife eiicom-mcncee, dexterminer ces mefehans hcreti-. quesamp; ennemis de PEglife Romaine, quinbsp;aiioycnt cauféitoütes Jes calamitez qui, e-rnbsp;lldycnt de prefent au mondc,amp; ne leur fairenbsp;ce preiudice de les fruftrer de ce bonPrince»nbsp;came il auoit fait de Henry, lors quil auo**-cntreprîs'ccft ouuragetant faind amp; bomnbsp;furent ordonnées amp; faites procefsionsnbsp;fftlcsjchaciin Catholique le mettant ennbsp;cftat,comme le lourde Pafques.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; -
Exemple n Le Royaufsivoua à Dieu,amp; à tousdes vriyrni'étnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faiiiótcs dc Paiadis, fpccialeiî^*^^
catholi- à noftre Dame dc Clery, comme ils lapf^^l lt;jue Ko- lent,que sil leur plailbit luy renuoyer làiite,nbsp;il ne ccllèroit iamais tant quil euft entièrement repiirgé le Royaume de ces inefchaqsnbsp;hcrctiques,amp; vouloir que Dieu le fift promptement mourir, fi feulement il efpatgnoitnbsp;femme,mcre,frercs, furssparcns, amis quinbsp;en feroyenttant fuft peu foupçonncz,amp; quenbsp;lors il prendroit volontiers la mort à gré.nbsp;Mais pour toutes ces chofes fa maladie nenbsp;dimi-
-ocr page 749-s o lis F ran çois, 1L
diminuoû poincgt;aiusaUoit chacun ioni en Ç** empirant. Ce qui caulayi^tufte/k nieru|;jl cprcf .,jucnbsp;IcuCe àtoiis ceux de Gnife, dautant quilj ipnbsp;fcntoyciU fuiprins en toutes,Jenrs delih.çra- tVan dequot;* ?nbsp;tions»qui UC hiudroyqtdallerau vep^ji tq(l V'gt;nbsp;que la chance tournçroit. 1 oucqsfois^cônie *'nbsp;gens courageux , ils tindrent leur rang iniques au bout, amp; cercjjereut de Ujioyenngrnbsp;enuers'la Roync mere quq'lqu garderoit l^enbsp;corps apres fa mort, iufques^ä ce quils eu|-fent poiirucu à leurs a fairesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fait-anthuiji'
fer leurs'aûions par lcs,Eltars,,ahn qu'on r^ leur en peu ft rien demander. Mais ceftç cqi,-nc fut incôtinent efuétec. C^r il y auoittrqjinbsp;deges apres pourefpier qiiâs^ilferoitexpûjç.
Nous auons veu cy deg;fp,t, les proççti^- r i n.^in tes tenues contre le Baillit liptleâs que jçyinbsp;vouloir faire tenir compagnjp,au P,ripcp:de Hict^ddi-Condè . Enquoy dAuanion auoit ,lwtnbsp;auance beLongne ,amp; tatat quç pçfsibltj^^qynbsp;fut Mais la maladie du Roy rompit roujÇ ji^'nbsp;^mefute quetcl bruit auginentpit, le HaiJJdnbsp;^nfsi fur CCS nouuelllt;;s,comnaqpÇ(i desrad^^*nbsp;tet, tenant pour qettaûi (i^dqli,i|ir3nce ,en çenbsp;quil vid fon cômiiîàircmctttfidc leau dansnbsp;fon vin,amp; changer de,ftyjc,amp; ^es tcfmopysnbsp;qui luy eftoyept prcfcprcz^mqins aftèur^^Xi^'nbsp;impudens quau parauant.Brcf pour fcpn ip-difpofitiondl fut mis çhçz f^ belle mere.
Il a eftc fait mérion du Vidanje de Char- cruauti tres amp;;dc fon emprifonnement pu la baftillc.
Aaa
-ocr page 750-738 Hiftoire de France, dime de Ordautant quil fortoitdvnc grande ma*nbsp;iufquesi ladie,pour neftrç fecoiiru amp; traidé commenbsp;j»moK. ilçftoirncçeflârcjilrcchcut en vneftat encores pire. Toutesfois il ne peut auoir aucune liberté ne rclafche,lt;|uclqucpeine quenbsp;tous fes amis y priiiHcntj Ipccialemct le Cô-ncftablcjijui tarde bouche que par lettres,a-^nbsp;uoit fouiicr Ciipplié JcRoy dvfcr de plus gra.nbsp;cieux traitemet enuers iceluy, fans auoir ef-gard au dire de fes ennemis : mais q pluftoftnbsp;il deuoit fe ramcntcuoir les grands leriücesnbsp;faits par fes prcdecelïéurs amp;: luy à la maifonnbsp;Âr couróne dç France: en qupy il fe poiiuoitnbsp;à bô droiramp; veritablemêt vanrcr,auoir plusnbsp;dc/pendu que Prince ne Seigneur dçFran-ce.htcombien que fe^ defpenfcs amp;c liberali-rez femblafTcnc vne prodigaliré, amp;auoir e/lénbsp;quelquçsfois inutiles, (î e(toir-il afleuré quenbsp;elles auoyent grandement ferui enuers lesnbsp;cflrangers »pour leur faire admirerlagran-deurde fon Prince, voyans vn fimple Seigneur amp;gentil-hôme tant magnifique. Ce-floicdôCfdifoir-iljvn mauuais amp; pernicieuxnbsp;exemplcjcjne pour vn fimple fôupçon, on lenbsp;cô(ina(l,amp;qtril mouriiH mifcrablement piinbsp;ibnnicr,parfaire de medicamens,qu{ ne furent one déniez aux plus grands ennemis denbsp;fa Maiefié.Mais ces remontrances oeurentnbsp;aucun lieu, ßnön que le Pre/îdenc de Thon,nbsp;fenrar approcher la fin de la vie du Roy, ad-uçrrifcçux dcGuife,de l'exrremité de la manbsp;ladie
-ocr page 751-Soüs François II. 739 ladic dn Vidame, Ie danger où liiy Sc fes có-pagnonsfe mcttoycnr, dc kiy refurerle (igt;-cours ordinaire,amp; qiion Ie poiiuoit bien có-fentir, ven qiiil scnalloir mourir. Accftcnbsp;caufeil leur cnuoya lettres du Roy, pour Iefnbsp;largir en fa maifon de la ruc S. Antoine.où ilnbsp;dccedaincontinent. Dequoy ccuxdc Girifcnbsp;nionftrcrêr grand figne dc refiouiflance.Carnbsp;ilslc conoilfoycnt li vaillant amp; courageux,nbsp;amp;auoir tant degens dc guerre en main amp;; ànbsp;fon commandement, quils ne pourroyentnbsp;«mpefeher que quclquvn deux ne leur dó- nbsp;Daft quelque efeorne Dautre part, ceux t« tflinbsp;des Eglifes réformées ayans conu ce quinbsp;leureftoitappreftepour Icurdctnîercruine n.cu.f.nbsp;amp;-defolation, publièrent aufsi Iciufneen- ' inuoquâjnbsp;tte eux, amp; fe mirent eP continuelles prie- nbsp;rcs, à ce quil plcuftâ Dieu retirer de def- leuiepuü'nbsp;fus leurs dçgt;$,fa main courroucecamp; apelàtie:nbsp;^par mcfmc moyé modérer amp;rctcnir la v ionbsp;ltnccamp; rage des aducrfaircs dc lEuangi-
SUe tout ainlî que par fa grand bonté Sc mi-ftricorde il seftoir roulîours monftrédefcn feur de fon Eglife , Sc lauoir deliurcedesnbsp;niainsde fes ennemis,lors mcfmes quil nynbsp;auoitaucunecfperanccdc fecours humain,nbsp;aufsi quil eftendift fa puillânee miratulcufenbsp;ôc admirable, pour difsiper le conftil desnbsp;confpirareurs,comme il auoitfairccluy dAnbsp;chitophcl, donnant au Roy auec fa faute
Aa.a X
40 Hiftoire de France, vn bon amp; fage confcihpar le moyen duquelnbsp;ils peufient pofléder leurs âmes en patience. Et ainfi fc remettoyent d u tout en la bonté amp; fauuegarde de Dieu, fathans quil nynbsp;auoit nul autre falurairc rcmcdc.yoyla coin .nbsp;me les peuples François diuilêz en opiniôs»nbsp;prioyent diuerfement, les vns pour lefFu-fion dn fang, felon le zeie 5c enfeignemeritnbsp;où il s eftoy ent nourris, amp; les autres,au contraire , attendoyentde Dieu leur deliurançcnbsp;entière. .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
tï defefpe Sut CCS entre faites,la Royne mere, voyat fe*de 1» '*^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prerajer fils à lextremité, fe pro-
pofadcuant lcsyeu5f les difficnltez où clic entroit par ce noiineau changement aueniinbsp;contre fon efperance, amp; fur lexecution de finbsp;hautes amp; difficiles cncrcprifcs.Car dvn co-(lé, elle penfoit à liniquité amp; ruderraite-
Royneme pofa dcuant Ics yeu5f les diffiçultez où clic rr, conduinbsp;cepacli (înbsp;ned'e denbsp;ceux denbsp;Güifc,nbsp;pour aneinbsp;tir la deli- fncnt dont on auoit vie à lctidroit des Prin-ürâeedunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
ccs,5c le mcfcontentcnicnr quils dçuoyent auoirdelle,pour nauoirtenu la main à leurnbsp;faire rendre le lieu 5c rang qui leur appatte-noit au maniement des afaircs. Daiiantagcnbsp;elle fauoir,commc les plus grâds feigneursnbsp;de France auoyent cfté traitez,5f la iufte oc-cafion quils auoyent de sen rcnanger,pair-quoyellene pouuoit apperccuoirdece co-
Royaume enuoyeenbsp;de Dieu,nbsp;lequel ce-pciidan tnbsp;faune l'onnbsp;Eglife.de-layanc lenbsp;refte denbsp;Tes iuje.nbsp;mens à vn ,nbsp;auttetéps. fté-là,quvne grade pUye fur fon chef, 5; lenbsp;commencement dvne guerre cinile.Dautrenbsp;part,ceux de Guife qui aupyent fon aurcillcnbsp;5c fa confeience, ncftoycntdcfgarnis de re-mon-
-ocr page 753-Sous François IL 74X rnonftrances amp; vines' perfiialions pour en-trctcnir leurconfeilgt; liiy remetrans dcuancnbsp;les yeux le danger où elle fe precipittroir, finbsp;elle fe demetroir de' fon aiithoritc , amp; ûnbsp;elle foOffroir que les Eftars reuinflènt à leurnbsp;fouuerain commandement , comme ils a-Uoyenr rouliours au parauant accouftumfenbsp;en cas fcmblables. Car outre le changementnbsp;de la Religion quils vouloyent introduirenbsp;au Royaume(laquelle,à leur dire, attiroit a-prcs foy changement de princes , principau-fezamp;cmpircsjds ne faudroyent de vengernbsp;la querelle de Bourbô,amp; à deftruire la racenbsp;de ValoyS. Et truand,difpyent-ils,toutes ceinbsp;chofes celTeroyenr,fi vous faut-il confiderernbsp;lemauuais traittement quont receu Icfditsnbsp;Ptincesde mal que vous veulent le' COnre-ftable les liens, comme aufsitous ceux denbsp;la Relig ion nouuelle,dc telle forte que li lesnbsp;dectetsdes Elfats auoyét lieu, au mieux quinbsp;*oiiv en feeuft aduenir, fera de demeurer faSnbsp;®uthoritc,amp; fans pouuoirdifpofer d'vti fculnbsp;denier des finances du Roy, duquel, amp; dtfnbsp;les freies vous aurez fimplcment la gardenbsp;pendant leur minorité,qui durera fi longnbsp;temps,quils auront bien le moyen déxcx-cer leurs vengeances , encor que pour vnnbsp;temps ils le difsimulaficnt, ioint quil vousnbsp;fera bien grief deftre contredite dvn côfeifnbsp;tel quil feroit baillé au Rov , amp;' que de petits compagnons vinflent à manier les afai-Âaa 3
-ocr page 754-742 Hilloire de France,
res fans vous refpeder, comme nayanse-fte fairs de voftic main,amp; ne vous cftans de rien obligez. Car vous deuez eftimer, fi telles chofes ont lieu, que tous vos afFediôncznbsp;amp; loyaux feruireurs feront reculez du maniement des afaires. Et ce que nous difons,nbsp;neft pas pour aucune enuic q nous ayons denbsp;demeurer en Cour, car le fciouramp; repos ennbsp;nos maifons nous feroit plus agréable: maisnbsp;aufsi nous demeureroit-il regret de ne vousnbsp;pouuoir rendre le bien que nous aiionsrc-ceu de vous, amp; le trcsliumble feruice quenbsp;deuons au Roy. Sur ces rcmonftrances, ellenbsp;iugea que le pafièjfi elle nvfoit dautre ftyle,nbsp;luy ofteroit toute efperâce dobtenir le gou-uernemérdu Royaume, fans Icql toutcsfpisnbsp;il luy eftoit impofsiblc de fubfiftcr. Car obtempérât à ceux de Guife, comme elle auoitnbsp;fait,elle preuoyoit quelle gafteroit tout : lesnbsp;quittant aufsi,elle fc hazaidoirpartrop. Ellenbsp;délibéra donc de fe côporrcrtellemct quennbsp;fc feruant de la facilite du Roy dcNauar-re.Cqncllc saficuroit de gaigner aifèmér, lenbsp;dcliurantde la peine où il efloirauec fon frenbsp;rc}amp; ne foulFiât q ceux de Guifi; fiifient def-arçonncz,elle moyenncroit telleniétles a-faircs,que parmi leurs differents, elle auroitnbsp;les vns (Scies autres àfadcuotiô, faifantpoi-fc r la balance çà ôc là : en telle forte toutcf-fois que tirant pluftoft vers les C.atholi-ques
-ocr page 755-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;74^
tjiies, comme eftans les plus forrs,clle Ca fortifioit toufiours contre ceux de la Religion. Et de vtay,ctuX de Guife en tel le def-conuenue gt; Iiiy faifoyent des ouiicrtiiresnbsp;d'auoir la régence j honobftanr les loix amp;nbsp;.trefanciennes conftitutions du Royaume,nbsp;saffeu tans »sil aduenoit que les députez desnbsp;ttoisEftati^qui cftoycnt;tous,ou lapins partnbsp;'le leurs amis,commc ils sa(Ieuroyét)y vou-lulTcntcontredire»ils auOyét vne armee,tottnbsp;te prcftc,pour les flefehir à leur volonté. Ilsnbsp;tlnoyentaufsi que les Princes neftoyento-pulcns pour entreprendre au contraire, amp;nbsp;Auils les tenoyent gens de petit cur. Quenbsp;fi elle fc voyoit prcflcc,amp; vouloir dire lenbsp;quot;ot, ce feroit bien toft fait deux,amp; de tousnbsp;les autres qui pourroyent refifter à fa vo- .nbsp;lontc;autremcnt,ficlle efloignoit fes loy-^uxfcruircurs amp; amis, le Royaume alloitnbsp;t^fianger de maiftre.
Ccschofes confiderces ,1a firent finale-quot;ent conduire deftre tout ou tien, amp;dem ployer la vie de tous fes amis auec la fiente contre ceux qui la voudroyent empef-Çher.amp;lcdit en tant de lieux , quelle vouloir bien le Rov de Nauarre en efirc ad-'t^tty. Cela fur caufe de le rendre encornbsp;plus craintif amp; timide quau parauaht, fanbsp;Voyant parqué au milieu de les ennemis,nbsp;que la Royne fc dcclairoit à demi contrenbsp;luy, alors quil cfpcroit quil y auroit entre-
Aaa 4
-ocr page 756-#4 nbsp;nbsp;Hîflo i rö djs F rairce,
tnx'deux vn bon accord amp;-cöniicnance. Parquoy il euft voulu auoir quiété routesnbsp;cbärges amp; dignite2,-amp; eftre feiiletnentaf-fèUré dauoir la vié fauue. Ce quayant en*nbsp;rèUdii ladite Darrte, amp; fentant fori fils tirer ànbsp;la irttort, elle etutoya quérir le Nauàrrois, amp;nbsp;Iny mandà quil lä'tröuueroit en Ion cabi-i?et, auquel ainfi quil vouloir entrer, il futnbsp;rcriContré dVne Dame , qui luy dit ertlau-rfcillc, quil fe^aidaft bien de rien refiiferànbsp;la Royne de ce qfion luy deniûdcroinpour-ce qUàutremènt iîbftoit mort,ayant eftè ainnbsp;lîconclud. Là cftôyentaucc ladite Dame lenbsp;Cardinal de Lorraine,le Duc de Guife,amp;vn
autre que ic ne nonimeray pour le prefénr. î' Ertant arjriuè cri ce cabinet, la Roynenbsp;cortoifîarit que cCftoit à ce Coup quellenbsp;dcùoiit du tout conoiftre ce qufeflé en de-uôît'efpcrcr, vfaritTlvrie granité relie que lanbsp;ncccfsitc le requeroit, luy fit de grande^ te-ntflrtftranccs des« éritteprifes quelle difoitnbsp;frtri frère S: luy aüttirfaitcs contre lEftatdunbsp;Roy'fon fils, amp; du Royaume', affermant lenbsp;fiiuôir très bienicombien quon ledelguifaftnbsp;antrement. 'Partant ne deuoit-il trbutier e-fiTangc,fi ledit Seigneur laudit ainfi pris ànbsp;crietii'. Car qu»4cs ciift voulu t/aiter à la-ri-gH^ ur , ils fullènt pieça morts amp; pourris:nbsp;mais'elle auolt tbulîours portè^^ telle amitiénbsp;aiïx Princes dri fang,qUcllcânôft mis peine
¦-i: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-«-de
-ocr page 757-J «
Sous François II. 745 de tour fon poiiuoir dappaifer la colere dudit SiÄir Roy fon fils.en forte quclle cftoitnbsp;fort diminuée quand il tomba malade: cenbsp;que luy-mcfmeauoit bien peu apperceuoir,nbsp;par les propos quil luy auoit tenus puisnbsp;trois jours ^quänd il exeufa fes Oncles denbsp;Guifc, amp; afferma que nulles des proccdu-*nbsp;tes faites contre fon frère, neftoyent denbsp;leur aduis ne confentement. .Ncantmoinjnbsp;elle voyoit que cefte declaration nauoitnbsp;pointamoli fon cur enuers Icfdits icursnbsp;de Guife fes confins, amp; craignoit que cela fuft caufe dapporter cy apres des troubles au Royaume. Car elle les conoifibitnbsp;de fi grand cur qucmalaifementcndure-royent ils quon lesvouluft fafeher fans fenbsp;défendre. Le Nauarrofs voulut entrer ennbsp;quelques exeufes de fes aceufations : maisnbsp;ladite Dame luy fermant la bouche dit quilnbsp;ly eiîft cfté mieux feant de prendre autrenbsp;train ôcconfeiUpourpaniciperaux Eftats amp;nbsp;bonneurs du Royaume , que par la voycnbsp;S^filauoit prife , Et au rcftc,que sil fc fen-toit greuCjOU quil euft eftime les afairesnbsp;ncftre bien conduites, il 'dciîoir pluftoft lenbsp;enir dire à bouche ou lcfcrire, q de fc laif-f®rtranfponer à lappetit de certains efprirsnbsp;pafsioôntà Scrurbuléts qui ne demandoyétnbsp;quà rénerfer roiAcs chos bié eftablics, parnbsp;quelles nalloyét fclô leur defiramp;aflcdfiô.nbsp;-nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ti;
-OU f
-ocr page 758-74^ Hiftoire de France,
Et cóbien quelle cuft itiftc occafió de sen re (ctir,amp; en faire plainte auxEflats generaux»nbsp;comme aufsi àtous les Princes amp; Seigneursnbsp;du monde,pour faire conoiftre leur bute amp;nbsp;en auoir rai(bn,amp; que par là ils fc fuflènt rédus indignes de toute adminiftration f lî e-ftoit-clle tantaffèéliônee à lapaix»amp;de voirnbsp;le Royaume defueloppé de tant de mauxnbsp;qui lenuironnoyent, quelle dcfiroit le toutnbsp;eftre enfeuely, pourucu quil ne leur aduincnbsp;à laducnir de rien entreprendre de fcmbla-blc. Aufsi cfperoit-elle de les veiller de finbsp;près,que malaifemcnt pourroycnt-ils cxecunbsp;ter leur mauuaife volonté. Voylalvncdesnbsp;caufes qui lauoyétmeuc de lcnuoycrquérir,afin de luy dcfcouurir rondementfon innbsp;tention. Lautre cftoir,que voyât le Roy fonnbsp;fils à lcxrremitc amp; prochain de la mort, ellenbsp;fauoit quil naufoit faute defolicitcurs pournbsp;luy faire entreprendre le gouucrnemcnt amp;nbsp;larcgcncedu Royaume,amp;deccrchcrtou$nbsp;moves de fc véger de fes coufins là prefens.nbsp;Ce quelle ne pourroit nullement fouffrir.nbsp;Caren premierlieu,lcs régences du Royaunbsp;me auoycnr eflc abolics.Et quant au gouuetnbsp;nement du Roy du Royaume,il luy apar*nbsp;renoit à aufsi bon tiltrc,neftant en rie moinnbsp;dre que Blanche dEfpagnc mere du Roy S.nbsp;Louys. Etquantà luy,il ny pouuoit venirnbsp;pour les raifons fufdites. Car la playe de fesnbsp;fautes Ä. crimes cftoit trop fraifthe, amp; y a-uoit
1
-ocr page 759-SousFrânçois IL 747 yoitdâgcrque fi elles eftnyétbicdebatucs,nbsp;pisncluyen aduintamp;à tous les fiens. Par-Une clic vouloir en efFaçanreefte notre, que p»uutenbsp;(ejirSeigneur luy quittaîttoutrcl droit qu*ilnbsp;pomiôît prétendre à la régence amp; gouucrnc Ijnbsp;Uent du Koy amp;du Royaume,fans iamais^'nbsp;rien le quereller,requérir ni accepter. Etnbsp;4^6 fi les Efiats le luy vouloyentbailler,il lenbsp;Urnettroir cnticremét à elle. Et a fin que cc-demeuraft ferme amp; arreftéentre eux, ellenbsp;'*1 vouloir auoir fa fignaturc amp; cicrit de fanbsp;Uain. En apres elle vouloitamp; entedoit quilnbsp;rccôciliaft auec fes confins de Guifc,amp; cfnbsp;Iopinióquó luyauoitimprimec:quil»nbsp;deiioycnt cefièr amp;viurc en paix,puis quenbsp;plus grâds Princes amp; Seigneurs du Royaume leur en monftroyent le che min.
LcRoy dcNauafrc pour le nouucl aduertif ferner quil auoir cu'en entrât,ninfifia nullenbsp;Ucf.ains au ctitraire accord.a liberalcmct àla
Dame amp; à ceux de Guife tout ce quils ^^uiandoyent fans autrement répliquer ninbsp;outrer en defenfe ; routesfois au fortir de là,nbsp;^pluficurs fois depuis il raconta ce qui luynbsp;adiiint lors:amp; fc difoir auoir mis route peinenbsp;sutlers laditeDamc,pour sexeufer, allcgantnbsp;S' ce quô lauoit ainfi perfuadee neftoyetnbsp;^uecalomnies,amp; lafuppliant trcshumblc-*^tnt de vouloir le rout produire en lumie-^A'iuy faire faire procès,fe fufcmcrtant à iunbsp;fticc, par laquelle il deliroit fon innocccc e-
-ocr page 760-748 Hiftoire de France, ftre tonne amp; iiigce : cc qiiil eftimeroit aunbsp;plus grand bien amp; honneur quon luy pour-roit jamais faire.Il la remercia aufsi de la bónbsp;ne volóté quelle auoirroufiours portee en-ruers luy amp; les autres Princes du fang,la fup-pliant dc vouloir continuer,amp; quelle lesnbsp;trouueroirrous autres q Ion ne les auoir dépeints à lendroit dc leurs Maieftez,outrenbsp;leurs adions (fcdcportements dupalTejquinbsp;auoyent allez fuffifamment móftrécóbiennbsp;on les deuoit eflongnerdu foupçon diicri-rhe de lefc Maieftc, amp; dauojr voulu entreprendre contre lEftat du Roy amp; du Royaiinbsp;me,fâchât que ce feroir à eux mcfmcs quilsnbsp;fe prendroycnf.Etquc la ruine dc celle monarchie clloit tellement liee auec celle denbsp;leurs maifons, quil ny auoit apparence aii-cunequon les deuil charger dc lauoirpro-curee,non plus que la mort du Roy, duquelnbsp;ils nauoÿentrcceu que tout bien . Que silnbsp;ne selloit plaint à elle des torts quon luy a-auoit fairste procurez, amp; contre les autresnbsp;Princes du fang, il auoit clliméncn ellrenbsp;aucun befoin.Car elle elloit trop fage amp; ad-uifee pour élireaducrtic dc fon deUoir. Aufnbsp;lî quil efloir lîpeu ambitieux amp; delîreuxnbsp;de grandes charges amp;honeurs, que ceullc-fté folie à luy de faire inllâce des chofes quinbsp;contreuenoyent le plus à fon naturel, ama-rcurde repos amp;dcviurc enfamaifon pailînbsp;blcmcnt, en ordonnant amp;difpofantdes afainbsp;rcs
-ocr page 761-Sous François II. 749 res de fes fuiets, cnquoy il trouiioit alleznbsp;dexerciccamp;: contentement dcfpnt,fans emnbsp;bjaflcr autres plus grands charges.Dauantanbsp;ge il auoit veu les afaires telleniér difpolees,nbsp;que fon hóneurle cóuioit pluftoftàellrecl-loigné de laCour.quà sy voir mocqué,meinbsp;prifé amp; mal voulu de fon Prince amp; delle,nenbsp;fc fouciant bonnemét par qui les afaires dunbsp;Royaume fullcntadminiftrecs, mais quel-Jes allaflent bien,amp; quaucun inconiienientnbsp;nenaduinflan Roy, ni àfes fuiets, lefquelsnbsp;neantmoii^s fc plaignoyent du gouuerne-ment dadonc,amp; de la demeure amp; rctule-nientdcsPrinces du fang,qui laiflbyentconnbsp;duirc les afaires à dautres queux . Toutes-fois il ne portoit nulle cniiie à ceux de Gui-fcpourcc regard,amp;ne deuoit ladite Damenbsp;ctaindrc quon en cfmcutaucuneguerreci-uilc: car sil euft voulu prendre ce train, cenbsp;*'cftoit fon plus court daller fe ietter auxnbsp;liens de fes ennemis;, comme il auoit faitnbsp;fous la parole alTcurâce que le Roy Stelleluy auoyenr donnée,laquellctant sen fa-loitquelle full accomplie en toutny enpainbsp;tic,queluy qui auoit quelque petite liberténbsp;dau.itagcque fon freie,efloir en plus gr.idsnbsp;dangerlt;,sapperccuant à chacune heure desnbsp;embufehes quon luy preparoit,fans en donnbsp;lier aucune occalîon.
Qiiant .à la régence amp; gouucrncment du Royaume,quil neftoit point ignorant du
-ocr page 762-75Ó Hiftoirc de France,
droit quil y au oit, comme eftât le plus proche prince du fang:Mais que tant sen faloic quil afpiraft à ccfte charge,firque pour celanbsp;il en voukift faire aucunes brigues ne menées, que li on la luy vouloir bailler, i| ne lanbsp;voudroit accepter, non quil y euft en luy aunbsp;cune note qui len peuft rendre indigne, nenbsp;qui luy donnait crainte de pourfuyiire fonnbsp;droid:, ains pour le delir quil auoit de démouler pailîble en fa maifon, afin quon nenbsp;luy peuft reprocher, ni aux fiens alauenirnbsp;quil euft caufé qlque trouble au Royaume,nbsp;pendant le bas aage du Roy, amp; pour fon amnbsp;bition.Et que partant il la quitroit amp;remet-toit du tout entièrement à ladite Dame:nbsp;mais i I feroit marry quelle en euft feulemétnbsp;le filtre , amp; quautres que les Princes dunbsp;fang en eulfcnt leffet amp; honneur, dautantnbsp;quà eux apartenoit le maniement desafai-res du Royaume pendant la minorité desnbsp;Roys. Et pour le regard de ceux de Guife,nbsp;qu'il auoit eu grande occafion de le plaindre deux amp; du rude traitement quils auoy-ent fait faire à fon frère : roiitesfois par cenbsp;que ladite Darse affermoit celaneftrc pro-uenu de leur part, il leur quictoit amp; rcmer-toit ailement routes les iniures pallèes, afinnbsp;quil ne femblaft que meii dappetitde ven-geâce il vouluft mettre le Royaume en trounbsp;Lie diuifion ; amp; partant elle nauroit pournbsp;fon regard aucune peine de leur donner fe-cours
-ocr page 763-Sous François II. 751 cours ni faneur, cfperant.sii auoit quelquenbsp;chofeà leur demander,de recourir à la iu-fticcjfans venir aux mains. Voyla comme lenbsp;Roy de Nauarre a dit depuis seftre depeftrenbsp;de ceft afairezmais tant y a que par trop ai(c-ment il quitta à la Roync mere fa régence,nbsp;amp;:luy en bailla fa fignature. Adonc laditenbsp;Dame ( on ne fait fi ce fut fans rire ) luynbsp;promit à bouche quil feroit lieutenant dunbsp;Roy en France, amp; conduiroit les afaires denbsp;la guerre, amp; reccuroitles paquets, puis lesnbsp;luy renuoyeroit tous apres les auoir ouuersnbsp;amp;veus. Et que rien ne feroit ordonné fi-*gt;00 par fon aduis amp; des autres Princes dunbsp;fang , qui feroyent autrement rcfpcôlez ànbsp;laduenir. Apres cela elle luy fitembraflernbsp;fes confins dcGuife,amp;promertre mutuelle-nient doublier toutes querelles paiïècs,amp;nbsp;deflors commencèrent à scntre-faluer amp; canbsp;reifet, comme fi toufiours ils enflent efté a-mis. Ce qui fut expreflçmcnt fait auantnbsp;lartiuce du Conncftable dedefes nepueus:nbsp;r^raignaps ne ppuuoirchcuir de ce Prince finbsp;aiftmcntjcomme ils firent.
Ce que iay dircy deflùs des propos tenus par le Roy au Nauarrois,fut vn autre ftratageme. Carceux de Guife fe vonlâs lauer les mains de toutes chofes pafleesnbsp;Icsreietter fur la puillàntç Ä.'volonté abfo-luc de fr Maiefté,(encores que ce fuft vn ennbsp;fantqui ncuftlcfens nidifererion de pou-
-ocr page 764-752. Hiftoire de France»
Hoir cxamint i' ni entreprendre telles chofes amp;: de (i grande importance ) ils inoyennêfétnbsp;ailèment entiers Iiiy de le faire parler doucenbsp;mcntamp; amiablcment au Roy dc^Nauarre,nbsp;luy declarant que ceux de Guile nauoycntnbsp;iamais rien entrepris contre luy amp; Tes fiens:nbsp;mais que de fon propre mouuenient, amp;connbsp;tre leur aduis,ilauoit fait empri'lonner lenbsp;Prince de Codé foq frtrede priant dâinfi lenbsp;croire amp; deffacer pour lamouç^de luy denbsp;la Roync fa mere toute la m auuaiife omnionnbsp;quil pourroit auoirçonccu deux. Ce quinbsp;leur feruit grandement puis apres. Car ayâtnbsp;tiré celle confçfsion de la bouche du Roy»nbsp;.ils nièrent puis apres fort amp; fermé rout cenbsp;jquon leurpouuoit rciertcr,ehargeans furienbsp;dos de cell enfant defunél, amp; voulans com-. battre tous ceux qu 1, voudroyent dire quilsnbsp;euflèntrien entrepris de Icurtcllp. En quoynbsp;ils clloycnc, foullcnus amp; fécondez de laditenbsp;.Dame.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;
Cependanç Iji maladie du Roy allpit de 'mal en pis gt;, amp;.çoqs, temedes eftans def-efperez, les medecips amp; chirurgiens mirétnbsp;en deliberation de le trepanner ; mais chacunbsp;cffçit fi ellonnç que Ion nen conclud rien»nbsp;. en forte que ledit Seigneur demeura forclosnbsp; de ce remede quon cllimoit luy pouuoir fernbsp;ilir. Et aU'euroit-on que Icfdits médecins amp;nbsp;chirurgiens nelloyent efpris de moindrenbsp;frayeur, que celle quils curent à la niortdu
-ocr page 765-s OUS François 11, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y 5 j
feu Roy Héry dernier dccedéjdoù s^nfuy-ir uit vn prouerbe, quil, faifoic mauuais efttenbsp;Roy pour mourir.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..n - i
, Ceux de Guife cralffnans que laccord laitiuccic Royde Ntuiarrc ruft feiujeinenc Cuifc. quc.nbsp;Vncpaix fourrce.daurâtquilauoiteftcamc
Z nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r Onbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;con/l;^e^
neicf- point comme pac rorce» amp; voyans. à à grands troupes, entrèrent en grid t rain-te. Parquoy ilsaduertirent la Royne meramp;y'*nbsp;que les cônlpirateurs t;onrrc la perfonne du t«''*-''nbsp;Royamp;lEftatdu RoyàumC; ayans entendunbsp;fa maladie «Sc extrémité entroyent à troupes dans lavillcice qui neftoit fansïquelquenbsp;entreprife fccrette lt;?c peiillcufe, amp; q parûtnbsp;il y faloit próptemé: remedier, tenir les portes fermcesjamp;enuoyerquerirjeplus dtigesnbsp;de guerre quon pourroit ptnirie fortiher,nbsp;iufques à ce que Ion v euft donné ordre.Surnbsp;tout,ils la fupplicrent quelle ne permift aucunement lePrincedeCondé cftrcdeliuré.
Car outre ce quil eftoir en volonté de leur , ' courir fus amp; à elle aufsi, ily auoit dangernbsp;quil ne brouillaft les carres à lentree desE-ftatsjou durant iccux,amp; qiVà fou ombre il fenbsp;prefentaft quelque impudétHuguenotpournbsp;mettre tout le Rovaume en confujiô amp;diui-ïîô. Ce quelle leur promit faire quoy quilnbsp;en deuft aducnir.Parrât les gardes furent rcnbsp;doubleesjécdcfenfes faites fur peine delà
Bbb
Hiftoire de France,
^^^Z*'****^ vie, que nul quel quil fuft, parlaft au Prin» Jnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce de Condé fans lcxpres congé de la Roy-
' ne,ou quilpotraftfalignature.
Lei^.D^cemJbrc fur lheure de midy, on utï côtie tehoiticRoy pour mort, côbicn quil nexpinbsp;leur pro la quà cinq heures du foir. Mais quad ceuxnbsp;îquot;*?' dcGuifc conurent quil ny auoitplus def-perancc ils sallerent renfermer amp; barrernbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans leurs logis pleins de crainte amp; frayeur
incroyable,doù ils ne partirent dvn iourou ' de deux ,amp;iufques à ce quils eurer a/Teurâ-ce de la Royne mere amp; du Roy de Navarre,nbsp;que rien ne leur fcroitfait.Toutesfois ils nenbsp;furent lî malauifcz quils ne fificnt des leurnbsp;fottic porter en leur logis foixante ou quatre vingts mil liures quil y auoit de refteànbsp;lefpargne: en forte que les finances du Roynbsp;cftoyét toutes efpuifccs,mais nul nesyopponbsp;fa,ce qui fut encor trouué plus cftrâge, amp;nbsp;conoiftre clairemct que cela ne fc faifoit (asnbsp;le confentement de la Royne mere,qui vounbsp;loir maintenir fon authorité par la leur.
Ircfdif^ Voyla en fommecorne parlamortd'vn Vhorribie Roy cnfant tant de cordages fu rent rompusnbsp;confufion pour la fecondc fois , apres auoir elle fi biennbsp;k'D?cu*de atteliez, amp; comme fl grandes amp; hautes cn-Jiuri le» trcprifcs allèrent en fumee ,lors que toutesnbsp;hmorr' :liof;seftoyent préparées pour lexecution,nbsp;du Roy. Ce qui vint fort à propos pour le prince denbsp;Coniiércar il nauoit plus que fix iours à vi-ure, amp; pareillemcntpour les autres Princes
-ocr page 767-Sous François II. 75s
amp; Seigneurs quideuoyent eftre trairez peu apres fans nulle mercy, ni cfpargner grandnbsp;ne petit: Icfqiielles confpirations eftoyentnbsp;aucunement conues viuantFrançois, maisnbsp;ceftoit en confiis. Tant y a qu'il neuft plu-ftoft la bouche clofe,que tout fut fceuamp;r parnbsp;ceux mefmes qui les auoyent conduites amp;nbsp;nianices. Car confiderans les grandes mer-Ueillesde Dieu ,ils ne fc périrent garder denbsp;dcfcouutir ce quils en fauoyent,adniiransnbsp;la prouidencc de Dieu qui a lilVuc de routes chofes en fa main. Er à vray dire, h elles cudent forty etfeét, elles apportoyent vnnbsp;merueilleux amp; eftrange changement aunbsp;nionde,auec vne dcfolarion fi piroyablt,qucnbsp;Icfcul penfer rendoit les hommes tranlis,nbsp;pour nauoir iamais entendu chofes femblanbsp;nies.Car outre lafubuerfion enticrede tousnbsp;lesEftars, amp; la ruine des plus grandes amp; annbsp;ciénesmaifôs quô deuoit attaquer,full pournbsp;caufe de La Religion, ou pour auoir tenu lenbsp;parrv des Princes, ou pour auoir mal parlénbsp;du Rov,amp;.' autres infinis moyés,la France denbsp;unit eftre réduite à la façô de viure duTurc,nbsp;afin quil ne fuft en la puiftance d'aucun denbsp;seflcucr puis apres côrrc la dominatiôiL' tv-rânie dvue ferne,amp;dc fes deux gardecorps.
fi paFlmportunirc on pardon noir .a ql-quvn,ceftoit à códirió de perpétuelle igno minic. Car sils eftoyenr rrouuez fansiciirnbsp;mafquc amp; liuree, le peuple, aucc impuni-Bbb 1
-ocr page 768-75^ nbsp;nbsp;Hiftoire de France,
teles pouuoit maflacrcr amp; tuer. Etyauoit certain prix ordóué pour les meurtriers desnbsp;profcripts, fiquelcu fuft eCchappc.Brefjilnenbsp;reftoit plus que la mort de cesdeux Princes,nbsp;que les quatre armcej ne commençadèntànbsp;marcher pour excenter leur delTein.Et auoirnbsp;ce Cardinal vie de telle diligece, quilny a-uoitcoin au Royaume des habitans duquelnbsp;il neurt: les noms amp; furnoms,sils' eftoyét denbsp;laReligion ou gens de faélion amp; entreprife,nbsp;pour leur pouuoir nuyre,amp; ne sellre rengeznbsp;à leur deuotion.Ce quil auoit recouuré parnbsp;le moyé des faux frères amp; feruiteurs fecretsnbsp;qui alloycnt ordinairemcnrrandanrçàamp; lànbsp;pour fonder les curs amp; volonrez des homnbsp;mes, en forte que tels truans eftoyent les iu-ges,amp; drelïoycnt les fcntcnces de mort denbsp;tout le monde. Or ce qui elloittrefdeplora-blcjils auoyent délibéré entre eux danimernbsp;tcllemét le peuple contre ces gens icy, amp; denbsp;hallerles leuriers apres ceux quilsauoyentnbsp;enroollez au rang des trefpaiïcz , quellenbsp;commun en deuoit eftre le bourreau,pournbsp;releucrles leurs de peine.Car ils eftimoyentnbsp;par là, que fi leursferuiteurs fecrets na-uoyent fair leur dcuoir,ceux-cy cribleroy-ent le refte fins rie cfpargner. Et neftoit pasnbsp;queftiôcn ce faifant de dire,le nen fuis pas,nbsp;parce que les Cordeliers, lacobins Icfuires,nbsp;amp; antres prclcheurs atiltrezamp;' départis parnbsp;toutes les entrées,villes amp; bourgades,auoyent
-ocr page 769-Sous François IL 757
ent les yeux bandez en pronôçant leurs fen-ju cécespai leurs predicatiôs, amp;auoir-on dônéJ7*j^**,nbsp;fi büordre q là où ils auoycc efté départis amp;nbsp;cnuoyczils ncconoillôyétperlbnne, ains fenbsp;deiiovét côduirc par laddrefle des curez,prenbsp;ftres àvinoyncs des lieux.Gelle libené amp; li-céce qlc dcuoit aîhdôncrau peuple, sappenbsp;loit LASCHER la CRANTE LeVRIERE,nbsp;pour Ic.njor du guerTÄinfi ny auoit« il villenbsp;ne village qui fcfud peu exéperdt leur carnbsp;nage. îoint que la fulditc pTofiifsion de foynbsp;cftoitvne rrKlrueilleufcelpredlie cotre ceuxnbsp;de la RcligiÔi Car ceux qui'tiéTJcr fermemétnbsp;ceparty,ont pour rcfokiccfte fftcci de ieferinbsp;turc,lt;^ i me niera deuât les homes,ic le nienbsp;ray deuât mô Perequi cït)csa;ianx. Voyla ennbsp;féme Pordrc'qnauoyétdoimôeeux de Guide pour regteramp;l cqmpafl'eptouteJ«Franc« ànbsp;leur guife,amp;:icotumencellciùt intorrépue.
Le RiO.y dfi/pagnedclfij.parilt;sk-ftoiifelle-^ iTientadaancé félon le rcinpsxk la-promcfl'enbsp;quil auoic faite àccux:deÛiiife, que défianbsp;cinq on fix mil hommes aiioyenr pris la rouinbsp;tedcBenruipout furprendre laRoyne .à lürri ,nbsp;prouiftcjlamcrneà mort aiiüqlcg'ctrfans. Sinbsp;faire pared mallàcve r.aiit defes fuieôts qncnbsp;de ceux die fa f^rantooiamp;en cefaifant ar-refter dcdompcc les forces delà Guyenne*nbsp;qui aruivér cftc prrjparccs, comme dt'à elle.nbsp;Mais les nouuelles vcniiel à lEfpagnol denbsp;«la mort du Roy, amp; que la Roynt dcNau4r-: ,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Bbb J
-ocr page 770-75^ Hiftoire de France,
rc les auoitdefcoiniert, amp; scftoittellement fortifiée dedans fes places fortes, que malnbsp;aifemcnt la pouuoit-on auoir fans lôg fiege,nbsp;ne fâchât quel ply prendroyét les afaires denbsp;France apres celle mutation amp; foudain cha-gement,amp; craignant dauoir à dos par ceuxnbsp;mcfmes qui les auoytnt appelez das le pays,nbsp;entre lefquels Motwluc cftoit des premiers,nbsp;fous la promelleiki Côté dArmignac, ils fenbsp;retirèrent fans rien exploiter, ioint que lesnbsp;lettres quils auoycntduRoy poutlepallâ-ge à trailers Bayonne (quot;qui e ft lvnc des principales fortereftes amp; clefs du Royaume)fuftnbsp;en grand ou petit nombre,amp; le mandementnbsp;de leur aider de viures , artillerie , amp; munitions tant quils en voudroyent, neuflènt eunbsp;aucune force ne vertu apres la mort duditnbsp;Seigneur jjquclqucs txpreftes amp; accompagnées de menaces quelles fuftent.
far quel* Entre toHS Ics fcigiiciirs qui dcfcouuri-nioyés Ufcntplus accottenicntCCSmencesamp;cnttc-rc^eni'pTf- priles, lAmital fut des premiers, comme eiia que iu aufsi dctous cndtoits cllcs abordoyent aunbsp;fuft quot;faitenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Carla condition des
apte, de courtifans qui (e difenr cheminer fus la ccidu roué de fortune , cft de fe rengertoufioutsnbsp;des plus forts, en forte que rélauoitiuréamp;nbsp;promis de coupperlagorgc au Nauarrois,nbsp;. qui luy vcnoit faire pareilles offres contrenbsp;fes ennemis de Guifei tel nauoit daigne renbsp;garder le Roy de Nauarre, viuant le Roy,
-ocr page 771-Sous François lï, 759 qui fe vcnoit prcfcnter à liiy la corde au col,nbsp;comme Ion dit,pour Inycrier merci amp; fcnbsp;rendre fon efclauc,lc voyant cfleué au plusnbsp;haut de la roue. Mais fut tout ceux qui ma-nioyent les plus fecrcts afaires de ceux denbsp;Guife, qui mangeoyent amp; beuuoyét à leursnbsp;tables, qui couchoyent en leurs chambresnbsp;de cabinets, furent ceux qui donnèrent lesnbsp;plus certains aduertilTemens de toutes choies , comme eftans les principaux infini-mes dcfqucls on fc dcuoit fcruir,amp;qui déf-couurircnt la rufe du Cardinal à fc fauoitnbsp;transformer félon les humeurs dvnchacû,nbsp;-lie dcclairant aux .vns que la moiticiâ:auxnbsp;Autres plus auant; Mais den requérir ninbsp;demander iullicc ou raifbn, il nen cftoitnbsp;-nouuellcs »cftant dcfialaRoync mere tcl--Icmcnt authorifcc.quc luyrapportât ce quelnbsp;'le fauoit mieux que nul autre, elle apptloicnbsp;tous CCS aduertiflemens lablcs,amp; chofes in-ücntccs pour ruiner ceux de Guife^qu'cllenbsp;dcclairavouloir mkincenir contre tous lentsnbsp;tnnemis âc mcfdifâs: ch quoy failat die fer-Btxla bouche à toutes les preuues qui fe prenbsp;fcntoyent.Vray cftquà fes plus priuca amisnbsp;cIlccôfcfToit toutes cesentrepiiîcscftrc trefnbsp;certaines amp;vray«s.Md»s qUoy,difoit-cllc,ncnbsp;voycz-vouspasqUilsontcn main toutes lesnbsp;forcesdu Royaume, routes les finances,tousnbsp;les gens dEglifcà lcnrdcuotion,qui ne leurnbsp;manquerôr de rien pour acheuer dcxecuternbsp;Bbb 4
-ocr page 772-7^ç» Hiftûirexie France, leuiKiJencinSj'ß oh Icsirdrc gt;:amp; quon lesnbsp;mehe au dcfefpoiri, cotnme tletia icvoplc
i.c confeil Diir.de Giüfe pccpaTclà-iouerà quitté ouià
ne nicrZ doublc? Mais eilt ne dtfôir pas quelle les fc quelle à foluoitpo'uvlaproiTtuflc île lnj» faitcauoir lanbsp;f^!îyuy7de- ^''t-gtccxlU Royauuie par fQrccç.'li cilaucnturenbsp;puis,pour tliencUtpoiuiioit.-obrcnirde bonç-volonré,nbsp;rkquot;cnfonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoiurçfo-lii dentretenir deux li-
vfutpee g»es aupres du R.oy dd dellc, afin qiVau mi-grunucur. Jieii-dcsxdifïerens quinaiftroyentenrre eux.
Âmüleaiolt mcrllamrL. Car elle auoit pour cautxçfoùi.qiue les ,fpaivçoisinB la lalÂürayttnbsp;ïamaisiiouyr diigoniiSérnemeijt diq Roya^^-uid.'ti ollc rendoitlcs afàiccs tellairtenn.pd»-fiblesï quil ny öuftplufcde diuiliofiamp;par-lidliccamp;entrc les PriheepdeSeigheucss Voy-la,dy^c,tbtnmo(0QÙtc6 cepchofcsifnrontidéfnbsp;coimecnis. Cc-'qttc liAjuüal nciftignoit'p»gt;-¦Blitupattouteslesiconipagniesoù iLtorrounbsp;aïoirîiitîdyidc ceqùitouolioit ceux de GuÙb.nbsp;fadsjilfec daticunp diTstnnt larron'* JouannSrnbsp;jcptèpcipnt Dieu * de la dcJiiii arioerBieriiaà-Jenleq*£il auoit;fiiité.'à|fd'paunw: lEglrftgiâùnbsp;kiwpehque IcsjhoiTOTtes tciioyent toutes dîtonbsp;ies defid'pereçs. lu. ddXa? party il couxaiUaitnbsp;voe/iTgmnde afsiftanGtfidqJai bantédimife-ficoFdejdcPjcHiqnalpvtbliotoit à iamaisilâsnbsp;lu olu ailles .de; lau dip »alaie fila ' |gt;oings-dfcnbsp;resifaiügitinairesciiBictnjiipilicuis quilrpenr-
loyenr
.SouSiFrançois, jIJi 761 foyenttrioraph,£;r de 1 uy, Ce qiieftant rap-porré à ceux de Giufedls nen firent aucyncnbsp;inftance» ains feulenienr incerpofercnt lau-rhotitéde la Royue mercjpqur peifuadcr lcnbsp;contraicê 3.lAmiral : mais il luy fit bien co-noiftrc par bons tefmoignjtgeSf.qvil UjCnbsp;«parloir en lipcertain , ofFranc de ,lç' verifier,nbsp;¦énfemble tontes les machipanoris cofpi-ratiofls fufdiresjs.il plaifoit àfa.Mjjtfté fairenbsp;»iiiierrureàinfliçe,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;UdÀce Dame
fle voulafltiçiyrér i eUc Ic.pjçia de-l.qiir porter bonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paix poiij;J|âdnepir,
Jîafleurant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'boO.ot-dFypèutontcs
lt;bofüs. Sîi fut, que. de? faÀte bonne «ftijneà çppïpwj. aiioyentnbsp;charge fori honntjprA ptoeiué fes Jl?ien5 a-Meçla,tiiiô!e,dç rotite fix maüjbnypatcns.Aquot; a-fl«is,ii nÇile. ppjjndit-fftjcc ifans niopArer vnnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, '
¦iPiiiiîdcubloicç.qwgftoKçofiÜ'airyà lapro- -iS iffift,ia(çvdfl Blt;ciigion,'^Àfidtgae de tout 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦
remonxgt;itr(il.|avcn-la,fa«):i(?jthi(cn,faire en tisiripib pttUi *îweJ Ips hommes ne vou-Jftypnr.ÿMiHi/hi/|;i(eKj^lil,iççnr. .nbsp;iLp M.neft j^ibefçin.dc noiopner ^ops ceuxnbsp;îHyij4iipyçt)qçôfifpirçinbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pinces,du
^'8Âe dif-
ÇWAuyitique ffidlrtle roijte.s,lt;i|^alitet, quicô-bnejçnc,;mect;îupçdc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pa-
iÿ.WPe, mç(ipc:,d^qvyUJçjl yps, v.^iQiirne-J,
-ocr page 774-'yöx Hiftoire de France,
rent bien toft à leur bon fens,les autres voy-ans la lafthctcdu Roy de Nauarregt;amp; comme laRoynccontinuoit de maintenir ceux de Guifc, demeurèrent aucc les fix Itères denbsp;Guife,comme les Cardinaux de Tournonnbsp;amp; dArmignacdc Marefchal S. André,amp; denbsp;' BrilîàcjR andâ,Martigues,Sipicrrc,Môtluc,nbsp;la Motte Gondrin, Maugiron,Soze,laBrof-lc,Sarizac, Sanigny, amp; vne infinité dautresnbsp;Seigneurs amp; Capitaines, qui sattendoyentnbsp;dertre grâs,nchesamp; opulcns par les guerresnbsp; ciujlcs,que ccux-cy,difoycnt-ils,vouloycntnbsp;introduire aucc le cliangcmét de Principau-tc.En quoy ils eftoyent fécondez amp; confcil*nbsp;dez par la plufpart de ceux du princ confeil,nbsp;créatures de ceux de Guife.
in lAtitii Allant que nous venions à la fin de ce li* de viHtiir ute.il nc fera mal fcant dcdeclaircr tômerirnbsp;maifon de Guife a-li Royne P*'cs la mort dudit Sieur. Car comme ainfinbsp;mvre en. foit que luy viuant,ils en enflent fait fi bon-Roydf' ne garde que nul nen approcKoit que parnbsp;funft. leur mercyque la coufturiief d'ê'touttépsnbsp;obferucc en France apres la mort des Roysnbsp;foit telle, que leurs plus faiioris, amp; ceux quinbsp;ont conduit amp; manie leurs afaircs, doyuentnbsp;les accompagner iuftjucs au tôbcau,amp; durâtnbsp;qo.-iranrc ioiirs ipiils font gardez amp; feruisnbsp;loicnncllement,attendant leurs funérailles.nbsp;Ayans donc ceux dé Giiifc fait garder e-ftroitement cefté ceremonie apres le trcfpasnbsp;de
-ocr page 775-Sous François IL 76j de Henry, amp; IcDucde Guife y eftant doublement attenu amp; oblige, pour auec le fou-Ucrain cómandemét,auoit eu Ieftatde grâdnbsp;Maiftrc de Fiance , qui y aftraint notamment ceux qui ont telle dignité : tant y a tounbsp;tesfois que nuis de tous ceux de lamaifonnbsp;de Guile ne firent ceft honneur à leur Roynbsp;amp; maiftre,amp; mari de leur niepcc, lequelnbsp;viiiant leur eftoit tant cher, ains fut par leurnbsp;confeil amp; aduis enuoyc iour amp; nuiôt letter dans le tombeau de fon perc, fans autre folcnnité ne pompe funèbre. Dont advint vn brocard que le Roy ennemi mortelnbsp;des Huguenots nanoit peu cmpcfcherdc-ftre enterré à la Huguenotte.
Ce qui amena ceux de Guife amp; leurs par-tifansacc point, fut laftcblce des Eftats où ftsvouloycnt afsiftcr, pour crainte que Ionnbsp;dccreraft quelque chofe contre eux, Àt aiifsinbsp;que leur abfcnce fift conoiftre à tout le mode la difference entre leur gouuernemcnt funbsp;deux amp; illegitime, amp; celuydes Princes dunbsp;fang,du Conneftablcjdc Montmorency fonnbsp;aifné,amp; des trois frères dcChaftillon:amp; quenbsp;par ce moyen la caufe amp; racine de la contagion qui infedoit la Republique,fuft rctrannbsp;chee, chofe quils craignoyent plus que lanbsp;peftc,voyans bien que sils ni donnoyentnbsp;ordre,on conoiftroit en vn inftant, quilsnbsp;eftoyent la vraye caufe amp; fourcc du dcf.nbsp;ordre. Mais fur tout, ils auoycnt à goii-
-ocr page 776-,7^4 Hîftoirede France, utrncr vne femme,la fermeté de laquellenbsp;leur cftoit granelerocnc fufpcde, ayant ïAminbsp;ral auprès du Roy fon hls, auquel alors ellenbsp;deferoit beaucoup j voire auranr quelle sennbsp;pouuoit feruir poui\adoucir les Princes amp;nbsp;les Eftats . Aufsi conoi(lbyent-ils (a nature-Ils fc doutoyent aufsi quils nauroyent Rsnbsp;talons pluftoft tourncz.de la Couf , ou dunbsp;maniement des afaires, que Ion ne fiftvnenbsp;infinité de plaintes , la verification dcfqucl-les nepourroit eftrc dcfnice par ladite Dame ni autres de leurs amis, attendu que lenbsp;crime derlcfe Maiéfté trottoir en campagne.nbsp;Vô-yla,di-ie, en fommcles occafiô»qui meunbsp;rent ceux de Guifa jà-qiiittcr Sc rcniicrfctnbsp;toutes bonnes loix amp;:.obferuarionsdics-ftinenbsp;railles accoiiftiimaessToutcs fois,comme lenbsp;Cirdjoial faucwtmlttfirucmct couurir fo-usjesnbsp;iCoupsÄ les pallier de vTay-femblttbles rai--CoQSjlfi tofli quil»entendoit les murmuresnbsp;idcsîVarificnafntjcufaitnon ianaais ouv.il.nenbsp;iftiilloindc reiétMrilwpierre fur le.Roy de Nanbsp;iiiaivc.amp;.les Charftillons, difant,'quils lîa-uoyent ajiifi adùiib au confcil, p.ir ce qufilnbsp;ttiyiaooir argent poivc employer en ceftii-funa pitoyable: comblé que les quatre vingtsnbsp;iintUc.liures par eux rctu ces des deniers ve-.nu» de Poitou,y eu ircnt efté plus q fuflifitc^.nbsp;Mais le Cardinal palîa encores plu-s outre,nbsp;seftads bien trouuépar fon moy.é, des Moines de Sorbonifttô.qui oferent prefeheraf-
-ocr page 777-Sous François 11. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7^$
fez clairemcr en la prefence de ceux du Par-lemenr de Paris , amp; maintenir quil eftoit en Ia piiilîance du peuple de procéder à nouuelnbsp;le eleôtion dvn Roy , aduenant quil fullnbsp;heretique, ou quil les fupportaft aucunement : Bref, ces mefsicurs mirent toute leurnbsp;cftude à rédrc le B oy amp; les Princes du fangnbsp;odieux au veu amp; fceu de cliafcun , fans quenbsp;aucun soppofaft pour lors à tels feditieux.
Tel fut le regne de François deuxicfme, nayât que le nom de Roy,en qui fut remarqué quil mourut dedans le 17 mois de fonnbsp;regne,Ie ly.iour de fa maladie,amp; la 17 heurenbsp;apres mtnuiét.
Durant ce regne,laFrancc feruit de theatre où furent iouees plufieurs terribles tragedies, que la pofteritéà iufte occafion admirera amp; deteftera toiu enfemble.
F I N.
-ocr page 778--JJ ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.â lt;^lt;gt;2
5 . â /I /iâ
â¢:-5 jp.-j,3ni^i
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, t \9t-, â 1
â.«iJ â â
I*
gt; â
lyi^ICE DES ?LVS NOTABLES CHOSES AM-flement déduites en //ißoire denbsp;François ßcond.
ABBE dechauigniefflauedeccuxdcgiii ¦*k fe,gouuerncurdelyonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5-7^
Abus en leglife taxez par vn catholique 528 Aôes tyranniquesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6ij
Aduertiflicmcnt au peuple de France 109 Aduocats du parlement departs donnez pournbsp;confeil au prince de coudénbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dçj
Alexandre guyetin follicite mombrun contre le pape 480 eft prins prifonnier 589nbsp;Atnanry bouthart voyez Bouchartnbsp;Ambition de ceux de guife les met en beaucoup de peinesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;178
mbition,ruine de la bonne confcience Commencement amp; Fondement de lentreprifcnbsp;dAmboyfc ïi6 comment,amp;par qui deuoitnbsp;cftrcexecutce 130. ijj, IJ4, 167. comment ne peut eftreexecutee jyOjamp;c. articles dicellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i8t
¦AmiraldpChalliUonjFeigneurForffape 55 cô fe l de I A mira1,amp; de lès freres. fur le fait de
? mboyfc, inalfuiui 161 lAmiral inter cede pour leb iron decallelnau izî- *cmô-ftrcvi ay amp; fidele feruiteur du roy fon
IN'D I C E.
. heroiquc zele 519 ton ti cffjg'e 8c libre co feil 553 en quel danger, auec fesfreresnbsp;jïz afleuranceeftrangedelAmiral,appuyénbsp;lùr la proLiidcnce de Dieu amp; fa bonne con-fciencenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'724
A mitié des courtifans quelle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;596
Anabaptifte libertin trouble fort lcglife de rouan 324 fes propofitions eftranges ^z6.nbsp;fa mortnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-.ô
Anagrâmes fur le nom du cardinaldc lorraine
; 100 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ . 1.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. .rt... . ¦ r /
Anne de Montmorency voyez Conneftablc Anne du bourg côfeillier, mainticntconftam-mentladoârinedeleuangilc 31,33 letriô-phededu bourgauancepar limpatiécedenbsp; fes amis fnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;préparatif de fon dernier
triomphe'^ 118 fa mort amp; fon trophée 120 Antoine fumeeefthappepar mcnfonges 30nbsp;prifonnier pour la religion 95 notablenbsp;procedure contre luy 147 eftant mira-r culciiferment conferué 8c elchappe parlesnbsp;3 marefts tnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i 151
Antoine demouuâs tue cruellement à draguiquot; ¦fngnan 01 ,4;! r.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;308
Antoine du pratchâcelicr, home pernicieux 5 Armes nedoyucnt cftre prifesfans le vouloirnbsp;' du pr jice
Affaux liurcz æceux de la religion 73 Aflemblee de fontainebleaunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;513, 518
lAiheifmc ruine la France nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6
»gement de dieu fur Auanfon, creature delà ducheflè
-ocr page 781-I KD I C E.
diichcfle Je Valentinöis
Dauinlonexctnptcdvnetnefchanteconfcicnce.
Auiricc ciufe,;etous maux cn leglife quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5^3
Auarice mere des trahifons
588
AucncUes adu0c.1t traiftrc ircfl iche defcouure 1ent re*
r.
F) Arbczierestraiftrenotdble nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 687
Baron de Cadelnau ls'ndcs chefs cn lcrttreprife dainbDvfc,amp;'cc qui luyaiiint 171.111 cnc prifonniernbsp;Caftclnau fait le proces au Chancelier vliuier 2îonbsp;Baron de b garde traiftre couard,Äc malheureux 3:8nbsp;k Baftard du cardinal de neudon mal traite par ceuxnbsp;de guifènbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;114
Bazin procureur du roy à blois haraneue dodement 646.AC.
iugement de Dieu fur Bertrand garde des féaux 8^car dinalnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' h
impudence de Bertrand iouant deux perfonnages 30 bBigue feruiteur de larenaudie fubornépar ceuide
185
Boiuin fecretamisdu màrcfchal de brilTac, procureur
de butin I ' gt; ift
laBorùe (oula Bro(re)exempledvne fmgùliere con-
' ftanec nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; ¦'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;580.591.
Bouchard chancelier du roy de nauarre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;41
Bouchard vend fon maiftre devant qu'on luy euft parle
de l'acheter (Sot. eferit au cardinal de lorraine à ce-fte findoa.fes menées,fon hypocrifie,amp; par qui pra
Ccc
IN D IfCE.
Ictra'tftre boucha« prifonnici* volontaire lt;5x5 Bourdillon gouuerncur en piedmont acquiert la mau-uaife grace de. ccpx de guife., pour parler irop harTnbsp;dimcntnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' .j .u 'rr
Bourdin procureur general eft contraint de louer ceux de la religion quil perfecutoit .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. -^6
Bourj IC feiiefchal du valcntinois, affcdionnc à la religion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;''nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, gt;i 291
laMxfondeBourjacpillccparmaugiron . J z B ' agçlonne conlèillerau cliaftelec, payé de ficipeines
75 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;igt;:nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- t ¦.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*1 i _
la Broftc enuové par ceux deguife, pour faire lagoer-quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rft. ZJl
1 te endcoflc nbsp;nbsp;nbsp;. i ?¦. b
r '1
jncmirs.-b ! :C.i_
î.'i
' _-i(. q M\ /
¦ ¦gt; O. I
C, Aille preftrf renié4lt;uuiceùcamp; bourreau du baron de la garde
Çalomnies clii âges contrecedx de larcligion 78,amp;g. Cidomniçsnon moins faufles qu'anciennes, remifcs fusnbsp;, par ceux de guifenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;''.144
Çalotnniedigbcducatdinal delorrainc
Je Camus porteur de la remonftrancc à la roynemerc, en-qitcls dangersnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;''
Capel plaide pour ceux de la religion aux eftntsparti-culiersàParis -? t - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. tu quot;680
Cardinald'atmaignac traiftrcraiard,fefauue par les mareftsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.l¦^¦-'^89
le Cardinal de bourbon inftrumentdc la pipfcpour amener fes frères au filé
-ocr page 783-LKD ICE
U Cardinal de lorraine fur prins en piillardife, fait remuer Ixcour à fon appétit.
le Cardinal en grande peine pour auoir demandé fa bonne auanturc à vn nécromancien 29 diligentnbsp;àpaurfuiurelcscôfeillers^uil auoitfait cmprilon-ncr .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. jGji J, ; oi î, làniefmc
Cardinal de lorraine taxe plaifammcnt par ync rime
C: , 'il
pourquoy le Cardinal de lorraine pcrfccutegt;çciix delà religion
l'ypocrttic effrontée du Cardinal de lorraine i. 81 Anagrammes fur le nom duCardinaldcIonaine 100nbsp;rufes du Cardinal de lorraine pour renie à fou but
108
^fes du Cardinal pour vfurper la couronne ,,
le Cardinal de lorraine craint le fieur dandtlot plus t quetous autres ...
liypocrifie du cardinal
Cec 2
-ocr page 784-INDICE.
?ie du Cardinal de lorraine nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;42^,amp;e.
. le Cardinal rompt la rrefuejamp;pourquoy
maux comis par le Cardinal nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;465-,amp;c.
Cardinal de lorraine lion caché fous vne peau de re-.
ftlaire du Cardinal pour àuoireftc auxdeuins fondai ne fubtilité du Cardinal à mal faire
Cardinal detournon p'ourquoy rappelé de rojne Cardinal detournonprimat dclyon
le Cardinal de tournon tcnrcmombrnn fon neuen489 Cardinaldetournon confeillierpernicieux
Carouges èfclaue de ceux de guife Caftclnaubaron .homme digne deternelle mémoirenbsp;217 fa refpôcc notable àlarrogace du duc dcGuifc
les Catholiques mcfmes de France refufent linquifitio defpagne
Champs capitaine en lcntreprilè d A mboylê
'les deux frères de Changy prins prifoniers par leur coufin,amp; pourquoy *
lempereur Charles V. à deftruit la terre pour enrichir la mer
Charles V. empereur procure le concile
Charles dalbiac minière de tours
Charles dalbiac harangue doftement aux eftats particuliers d'anlou nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, *55^
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles
-ocr page 785-INDICE.
Charles truchct capitaine,eut la teftc coupee de Ion ef-pce propre par vnieune pay fan.
Chaftelus abbc de la roche fauorilc ceux de la religion
Cheuillon portefaix à romans, exemple de foy amp;con ftance finguliere
les anciennes Calomnies amp; cruautez contre les chrétiens releuecs notoirement en France
Claude dauidtcfmoîapoftécotre ceux delareligiô yi Clermont lieutenant du roy en dauphine,mal voulu denbsp;ceux de guife pour ne leur tftreefclauc 295nbsp;Clermont defmis de fon gouucrnemcntnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;478
Coccjucuille capitaine en lentrepnfedamboyfc
Commiffaires du châtelet de paris,pillards
Combat des plumes des innocenscô:rc les glaiuesdcs tyrans
Commiflairesdclcguez pour faire le proces au prince de condé
le remede dvn Concile general net pofsible auiour-dhuy
Conciles de cinq ans en cinq ans entre les anciens 530
quelles chüfes requifes auant que daflcmbler le Concile national
la fumée dvn Concile icttcc par le pape aux yeux des fran ois pour les esblouyr
CondamnatiQ à mort cóelue contre le prince de condé 696
Ccc î
I N D-I C E.
contre-rufe du Conneftable pour gaigner en perdant foneftat de grand maiftre
le Conneftable en querelle auec ceux de giiifc
le Conneftable plus auife que les autres, Ce tient fur fes
mauuaifes confciences saffeurent comme elles peuuct
quot;9. mauuaife Confcienceneft iamais aflcurecnbsp;la mefehante Confcience fe iuge foy-mcfmenbsp;mefebante Confcience ncft iamais aftcurcc
Confeil priué comment drefté fous François II.
Confeillers ad idem
Confeil pernicieux du cardinal detournon, rnais don
né trop tard
681
Côfeils defelperczjcmpefchez de dieu par vne femme Coulcillcrsd'j cbafteletdcparis,pillards.
Confeillers du parlement degrcnoblc clclaucsdecciix de gnife
Confeilliers du parlement d'aix, iniques tout euidera-
ment
309
Confcilliersdc paris commis pour faire le prççcs au
prince
t M D I C E.
prince de condc
fondement du different de ceux du Contât de veniffe contre k-pape
le Conte de tandefageamp;difcret capitaine
exemple notable du côte de fancerre, refufant ligner la mort du prince de Condé
Cordelier fediricux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- j¦
Couftume louable,rompue par la royne mere 28 Crimes quels emrans en France du tcmpsdtHenry II.
.
Crimes touliours confelTcï par les ty rans,iamais corrigez ni chafticz
Dauid moine,ayant fait du chrelHen, dcuint apo-ftat,amp; comment fut chalUé
Demochares forbonnifte inquifiteur,amp; fcs menées,cotre ceux de la religion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;69,amp;c.
Defaillans,diacre de lcglife réformée à valence, amp; Ion zcle
Defeatschambclan amp; fauorisdu roy de naüatre,trai-ftreàlbn maillre
Deflcinsdcceuxdcguiredefcouucrts
terribles deflcins pour mettre tout en confufton vn Diable empefehe lautre, quand ilplaift à Dieu
734
Ccc 4
-ocr page 788-INDICE.
Dieu fait parler les petis, quand les grands fetaifenc
5^
Dieu parle aux fourds,qui en empirent ; nbsp;»nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^4
Dieu comment soppofe àceux deguife nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I05
Dieu fc lert des vices mefincs de lès ennemis pour deli-
orcrlcs liens
Dieu fc fert quelquesfois de nos folies amp; comment 288
Dieu comment fe fert des pcrfccuteurs
Dieu fe fert des fols quarrd il luy plaid, pour expolcr en rifceles plus rufer du monde
Dieu coraincncc à rompre les filez tendus aux innotés 33.
Dieufaitparler lesmefehansquand il luy plait,aleur propre ruine
Dieu renuerfe lesconfeils de ceux deguife
Dieu frappe vn autre coup fur la tededeceux deguilè
Dieu rompt les delTcins de ceux de guife, par leur outrecuidance
des Droits que la roincdcfcolfe peut prétendre furl* cOuronned anglcterre
Dubourg,voyez Annedubourg le Duc de fauoyc contraint par les fuppods du papf dCnbsp;guerroyer fesfuictsàcaufe delà rcligion,fansyâ-u uo r en rien profiténbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3^®
Duc de montpenfier aueuglc par ceux de guilè lcDucdeSauoye,commentamp; pourquoy folicite pfnbsp;ceux deguife
-ocr page 789-INDICE.
le Duc de fauoye pratiqué par ceux de guife aux dcfpcs du royaume
Duc deguife,voyez Guife.
vie delà Duchcflc de valentinois
la Duchcflê de guife condamne fon mary amp; les fiens 2^5
Du lion,confcillier à paris.cfclaue bourreau de ceux de guife
E.
E Dit fort rigoureux contre ceux de la religion ni Edit fur le fait de la religion
Edit contre ceux de la religion
Edits fur la prouifion des offices de judicature à quel le findreflez
commencement des Eglifcs'reformecs en dauphine, a-ncc infinis empcfchcmcns
les Egides le fians en vn feul diculinnoquans,fontga-renties par fa 1 Cille puiflânee
Eliüabeth fille de henry 11. par qui menée auroydef-. pagne,amp; aiiec quelleslolennitez recfue 136,amp;C. Elizabeth royne d ngleterre refifie à ceux deguifci68nbsp;les Enfans de ce ficelé, plus auifez que les enfans de lumièrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;joz
lEnncmv delacouronne de France appelé à ladefenfe de la tyrannienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6«
¦ ä 'I
t
-ocr page 790-/ INDICÉ.
Entrepriïcdamboylc,voyez Amboyfe-
Eiîtreprifcfur lyon par leieiincmaligny comment cori dune,amp; quil ch auintnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;57O,amp;c.
Elnrcpiife commilc au màrefchal de termes,rompuà de Dieunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;j^O
Entrcprifcs bien d reHccs 5lt; mal celees, ne vîennentà ef
fed.
Entrcprifcs trcfmcfcbanrcs Eüat du roy fur quoy fondénbsp;deiioir amp; fidelité du tiers Eftat
effort des Efiats de fi ace, fc fentans cftouffez par tyran nienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' 98
t'efinoignage dephilippc de cômines,touchât laflem-
bleedcî Eftats
208
qnecefides Ertats,amp;à quelle finilsdoyuent éftrèaf-7 fcmblcz nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^^9
inconucnicnsqui auicnnent pour nafTcinhier lesEfiats 543. vtilitczqui procéder de ladite conuocatiô $4^nbsp;couhume d afTcmbler les Eftats obferuez en frâce depuis onze cens ansnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;547
rcfponfeà ceux qui napprouuctl affemblee des Eftats V47
Efrits particuliers de France soppofent à ceux de gui-
Eftat s danjou mcitct vnc efpinc au pied à ceux de gui-
Eftats de lifte de France à paris
commcucctncnt dallémb te dEftats quel nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;$64
VEucfquc de mande, confcillcr du roy de nauarre 41
INDICE.
lEuefque damies enuoyé en EfeofFe par ceux de gui-
(c pour y feduire ceux delà religion
Euftace de la porte confciller abiure la religion 56 fentence contre Euftate de la portenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;45
Exaftionmal demandée St pirement employee 27
toute exeufe fu(peétc quand elle precede laccufation 5
Exemple conforme a ccluy de la femme de pilate 224
F.
DV Faut conseiller prifonnierpour la religion 6$ fentencecontre du Faur confeiller
fcntence contre deFoix confeiller
exemple dclaFoy catholique romaine
Foy cat holique rom tine quelle
FrançoisI en quoy digne de louange
prediftion de Francois I.touchant ceux de guifè 110 François I.ennemi des forbonnifics
François Il.par qui amp; pourquoy enuenimé dutout con tre ceux de la religion
François 11. cfclaiie de ceux de guile
bonne amp; louable intention du roy FrancoisII. 52t entreedu roy FrançoisII.àorleans
tort irreparable fait aiiroy cnluy faifant violerfaparo le
-ocr page 792-INDICE.
Frâçois I I.difcîplc du cardinal,amp; commet cndoftrîiiC 6ï9
François II. frappé en loreille quil auoit tn p fermée aux plaintes des innocens
Frâçois 11.amp; le» beaux veux faits peu auît fa mort 736 François I J.combien vefeut amp; régna
FrançoisdeS Paul miniftreà montelimart,homme do de
G
^Abcllcdufel
'^Gcneucmenairee par ceux deguife. , qx-J Gcnly exemple dvne girouette tournee à tous vents
George renard apoftat puni par vn merueilleux iuge-mentdeDieu
George renard lefmoinapofté contre ceux delareli* gion
GillesTaulas miniftrefauant amp; diligent
Greficrsbotichii rs du peuple
Grimaudet adiiocatdu roy harangue doftement aux eOats tenus à angers
Groflot baillif d'orleans emprifonné fans aucune appa rencede raifon
conftancc de Groflot combatant la malice des tyrans 629
Goflot baillif dorleans deliurc de dieu
Guerre malheureulè en clcofle procédant de lambitio de ceux deguife
ifluc de la guerre dEfeoflê aufsi hontcu/è pour la fran-
cc que malhcureufement entrcprife par ceux de guife
-ocr page 793-INDICE.
guife au nom du roy Guerre courre les vaudoisnbsp;Guerre ciuile en allcmagnc par qui drefleenbsp;Guillaume des autels cfclauc deceux de Guifenbsp;rufe de ceux de Guilcaufaitdeladucheflè devalcntt-
fil
580
459
ceux de Guifesemparent du royaume
comment ceux de Guife commencent à semparer du royaume
rufe deceux de Guifepour remplir leurs bourfes,amp;ac quérir la bonne grace du commun
rufede ceux de Guife pour faireteftèaux princes du fang
brau.tde de ceux de Guife au Roy de nauarre 47 tyrannie de ceux de Guife
rufe du duc de Guife pour mettre diuifion entre le prince de condcamp; l'amiral
ceux de Guife penfans auoir fait,fetrouueiit à recommencer
efforts de ceux de Guife pour semparer de la couronne
rufe de ceux de Guife pour con. enter le peuple- 141 contre mines de ceux de Guife ayans defcouuertlcntrc*nbsp;prifedAmboyfenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.0.1158
rufemerueilicufe deceux de Guifeàfefcruir dvnbon confeil tout au rebours de l'intention de ceux qui lenbsp;donnoyent
le duc de Guife dcclaité roy quant au pouuoir parle
-ocr page 794-INDICE.
|
roy mcfmes |
178 |
|
legende de ceux de Guife |
200 |
|
fureur horrible du duc de Guife |
2Ilt;Î |
|
fureur du duc de Guile |
222 |
|
ceux de Guife fe dec airenc rois |
222 |
|
tyrannie de ceux de Guife |
241 |
|
lettres de ceux de Guife cotre ceux de rcntreprifc dam | |
|
boyfe |
24Î |
|
fruits de la tyrannie de ceux de Guife |
246 |
menees de ceux de Guilè pour nencourir la haine des cftrangers
ceux deGuifè veulent introduire en France linquifition defpjgne
rcfolution prinfc par ceux dcGuife de ne refpondre par efcritàlcursaccufateurs
pratiques de ceux de Guife en alemagnc aux defpens f du roy
rufe merucillcufc de ceux de Guife pour defcouurir leurs contrtpartifans
legende de ceux de Guife nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4X4.amp;C.
préparatifs de ceux dtf Guife cotre les princes aux def-quot;'perfsdu Roy «
rufes de ceux de Guife pour fc m iintemr
pipce de ceux de Guifepour ruiner leurs ennemis 5^^ rüfësdcceuxde Guife
effaÿ de ceux dcGuifc pour auoir le prince de code fans coup
-ocr page 795-IND IC Ji.
coup frapper nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;597
menaces de ceux de Gui fc changées en flaterie,aux 4cf-pens de la foy Royale nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;599
Confeience deceuxdeGuife nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ a 600
exploit de ceux dcGuife pour faire les efla« executcurs de leur mefehante volonté'contre les princosgt;ri Âinbsp;fuies de ceux deGuife pourcôteter qlqucs princes lt;gt;14nbsp;brauade de ceux de Guife contre les princes cnrrans à
Orleans nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* * ; ( '^9
rufedereuxdcGiiifcaux defpensduroy - ! I yt' fîii côftftlsitv Jheureux de ceux d^ Guîfe cotre groflotjjifnbsp;audace effronrec de ceux de Guife pour fc fcruurdes c-
HncsJpou'rriifoerleftat du royaume nbsp;nbsp;nbsp;.1
rufe de ceux de G lie pour garder quaux cftats ne fiift auconfanent parle dclireligion.
moyestmus par ceux dcGuife pour safTeruirlcscftats dernier préparatif de ceux de Guife pour Icxecotio denbsp;leur» dépeins /' . ,
ceux de Guile Ce rcbecquent contre Dieu, encor que le ?' roy fuit frappé^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5^11,7^0
a'qcaix de.Guifcontrecotwseala maladieduroy cndurciflciTient de ceux de Guife contre Dieu 737nbsp;ceux de Guife rciettent fijrfPanois 11.tout le mal 751nbsp;mcfchantecof^fiîjenDedcceiwi de Guife ( 755nbsp;jCeux de Guife fauuez contxedtàr efperancc 754nbsp;ccux'deGuife par qui maintenus 7(^2.leur ingratitiidenbsp;enuers le toy dcfunftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;là mtfn-.c
-ocr page 796-a N.DIC E. H.
T T Arangoc de charics de marilbe digne de perpetu-elle mémoire
belle harangue en raflcmblec des eftats danjou
U Hayeconletllcr prifônnier amp; pourquoy
Herman i tafHn gentil-homme feruitcur de laroync mere,tort affectionné à la religion
Herman traiftre notable ¦, j..i Henry I l.quel princenbsp;Henry 11 seftoit rcfolu de chaffer ceux deguife
687
6
8
dcnauarrc
doù eft venu ce mot Huguenot ¦ if
I
J Arnacionfeîllcrdurôydenauacre
Hiftoire danne du boiirg amp; autres confcrllcrs en^pn-.'fonnez pour le fait de la religion ,, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;?!
Hiftoire notable dvn iugement de Dicufur le roy def pagnenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r. -nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;63
Hiltoire du gantier 8f de la borde, homes du tout con trairesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. »1. m $76
Hiftoire notable dvn gentilhomme, parlant au roy
nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;il 09
? T
Juges pillards à Paris, amp; leurs brigandages lulian ferme efpion du Cardinal,tuénbsp;lufnes publiez anciennement, quand il y auoif
S ce Ve
j86
254
77
114
roone
Lettres à la roy oc mere
Lettres à la royne mere nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' j 7
Lettres patentes du roy contre lentrepri/è damboyle T 78
Lettresdcleglilèdeparisàlaroynemere lt;Î5 Lett res gracieufes de ceux de guife au prince de condé
Lettres du vidame de Chartres caufe de fa mort ,n $01 Lholpital chancelier prudent à merueilles,mais malnbsp;obey,amp; contraint de ployer au vent a;
Ddd
-ocr page 798-INDICE.
» f S.Louys roy defend de porter argent à ronjenbsp;Louis douziefme pere du peuple 546. vaillant amp; heureux en guerrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;549
Louyfe de fauoye quelle femme nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;S
Loy falique excellente nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4i5.4iJ»amp;c.
quelle elVla lin de la Loy
. .
MAgicien confcillier de ceux de guile la Magie ruine la France
Maligny laifné gentil-homme prudent
Maliguy ,c ieune fait entreprife fur la ville de lyon '570 ne faut faire Marchandilèdescho'és fpirituellcs 535
Marefchal debnlTac comment acheté par ceux degude ^6. sempare des biens de groflot
jugement de dieu Fur le Marefchal S.nndré' 17 Ma'eichal S-tndréefpion de ceux de Quilc 39^. ingrat amp; peruers 497 lion affamé moqué des 1; onnbsp;nois 583 diligent ntiniftre de ceux deguilè 591nbsp;Marefchal de termes enuoyé pour saccager le royay-' mcdenauarreaucclefpagnolnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;730
Marefehaux de france à la deuotio de ceux de guifè 59(? (Marillacaduocat trahitdu bourg en plaidant pourlqy
35
Marillac archeuefque de vienne fort doéle,amp; fabelle
Marquet procureur de valence amp; lôn zele
Marquer pendu pour la religion
Martin Ihommet pendu pour auoir vendu vnliureip-tiiuléletygre
Martyrs de ielus chrift à paris
Mar-
-ocr page 799-INDICE.
Martyrs de iefus chrift exécutez en dîners lieux 123 Martyrs de iefus chrift à valence amp; à romansnbsp;Matthieu dautrinc dctcftable traiftre cnuersMfvmnbsp;brun ^88. aucuglcdininemcntnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 5^0.
Maugiron cfclaucamp; bourreau de ceux de guife 297 fes trahifons x99.too. butine ceux de la religionnbsp;à valence joi. appelé le pape bougre 300. pillenbsp;«eux de la religion à romans apres seftre petiu-ré 30). friant du pillage de lyon 580. bon pelcheurnbsp;encan troublenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..nbsp;nbsp;nbsp;_72j
Maxime ch fait deftat quelle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Mazercs capitaine en lcntreprifc damboyfc ,71.
prifonnicr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:o3-) Î174
Mçnfongcs eftranges du cardinal
Icsmcfchans efleutz cuident rien ne leur eftrcim* pofsiblenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt; atï
les plus Mefehans, quand il plait à dieu,nefonCpasr tout ce qüils veulent . (i 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;éjs
les Mefehans aueuglc^ content fans leur hofte 730 Mets aHuiettic au cardinal
*Ugcmcnt de dieu fur le prelîdcnt Minard
Min iftredc S. germain en piedmont brufté a petit
les Miniftresfontttmonftrâcc au roy de nauaxtç 45 les Miniftres de l'cuangilc à valence deçapitc;Zy,}O3nbsp;Mirabel gentil-homme aftctftionnc à larcligiq ,292nbsp;Miracles jiotablesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;321/322
Moines de pignerolcn piedmot ennemis iurex des vau Ddd 2
-ocr page 800-INDICE.
dois nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jSî
Mombrun gentil-homn e dauphinoisamp; (es faits héroïques 475. amp;c.
Mbmbrim aflailli à droite fe monftre toufîours conHat 489nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Mombrun afTailli par la motte gondrin ^69. eft menacé par ceux de guife 583. ftratagf me notable 584 fa retraite,amp; de fa fcme,côduits de la main de Dieunbsp;au trauers de terribles dangers 587. fe fauue en fuifnbsp;fé 591.
Monluc eucfque de valence enooyé en angleterreif en efeoflèpour le feniice de ceux de guife 184. efclaïcnbsp;dcceuxdcguifè zço. aide à ceux de valence quandnbsp;ils nen ont plus afairenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. joj
Mort eftrange du Chancier çliuier
Mort cruelle de mouuan Jaifné
Moruillicrs refufe dcftrç chancelier, amp; pourquoy 228 la Mothe capitaine vaillant
la Motte gondrin lieutenant du roy endauphiitcqucl ¦pérfonniige 478. pcrfccute mombrun enfaucurnbsp;du pape 487.nbsp;nbsp;nbsp;pacifie auec Mombrun,puis lliy
rompt la foy 491. accourt an pillage de lyon 58a. fa retraitehonteufe
lesficursde Mouuans en prouence amp; leurs' dcMrte-tnens nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. , o.-. quot;j '
Mouuans. le.poifné exemple dvn capitaine harai prudent,amp; merueilleufemcnt bien obey - - 51 s.^tjnbsp;Mouuans scxcufeamp; pacifie auec le cotitc détande '^6nbsp;Mouuans pratiqué paÿfeducdegnift'luy^^^^i^'^'''* ¦nbsp;ponfe
-ocr page 801-IND I C Ë.
ponfe digne dememoiréà jamais
N.
le duc de Nemours trompe par ceux de guifè qui
1 uy font fauflèr fa foy duc de Nemourspeufoucieux defnbsp;contre la mauuailèviç des Nobles
d6S,
la Normandie reçoit la doftrine.delcuangilc
O.
liberté feruiledu chancelier Oliuier
''ic du chancelier Oliuier defehitfree en fa prefcnce 2iji Oliuier chancelier iuge des innocens execute le pre- Inbsp;mier par vn terrible amp; cuident iugemét de Dieu 225nbsp;Oliuier comment recompenfepour auoir prcltc fa cô.-
Ddd J
-ocr page 802-IN D IC E.
executec auant quen rien fauoir '
P.
parque! moyen la fplcndeur des Parlcmensseftefua-nôuie
procedures du Parlement de paris contre 4. conlèil-.liers compagnons de du bourg
P arlement daix efclaue de ceux de guife
le Parlement de Paris manifefte inftrumcnt de la ctuaU ré de ceux de guife *
Patience dife rette de ceux de Tours
Paul 3, pape faint de procurer quelque reformation en O Eeglifc
Perfecuteurs font comme des foufflets pour allumer le feu de la parole de dieu
gt;1
Perfixutions contre ceux de la religion
le Peuple fram^ois abruuc de calomnies apres le fait da boyfe
moyen de tenir le Peuple obeilfant
Peuple de francc comment vendu
Pliilippesroy defpagnedeftruit la terre pour enrichir ' la mer
Pillards dcuicnnent couards à la fin
Plaintes du peuples où,amp; deuant qui doyuenteftre examinees
Pkiiläntcric notable contre ceux de guile
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;difcoiirs
-ocr page 803-INDICE.
dilcours delà Planche home politique deuant la rcynè mere touchant les afaires du royaume J97.J98 amp;C.nbsp;Poetes François pour la plufpart inftrumés dimpictc 7.nbsp;horrible iugement de dieu contre Ponlenas auocat dunbsp;roy 495. apodat amp; grand pillardnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;304
ceux de P. agela rticn: Ihzparleroy
Prédirions contre lia Fiance par trop certaines mainte nant
Prélats comparez aux gens de guerre
Préparatifsncccflaircs pourraliemblee du concile na-tionnal
rufesdu Prefidentlifct conti e ceux de la religion 74 Plaifant trait contre le Prefident de tours
Preftres chalTcz delcoflc par lambitiô de ceux de guife
^ces desPreftres taxez par vn catholique mcfmes 661 Prince decondéenuoyccnflandres,pourquoy 2$. s'epnbsp;pofeà ceux de guifeamp; cornent ii]. famapnaniminbsp;te 166. 621 facôftance 185. fa prudence admiablenbsp;Z30.condamne ceux dcguilccn Icurpreknce 23$.nbsp;contremines dictliiy contre fesenntmis 260 .dcl-quels il euade le file pour vn temps 393 faconftan-¦ ce au Fait de la religion 395688. fa refponfema-gnanime contre la tyrannie de ceux de guife 599nbsp;ilcftconftituéprifonnier.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;622.
Ddd 4
-ocr page 804-INDICE.
amp; condamné auant queftreouy «fSy.i! rcpoufle ti uenu-ntlaflautquilôycftliuré 6^0. fait leprô-^nbsp;CCS à fe$ parties ôqi.cft deflincà la mort 6^^nbsp;honnelle moyen de débouter les Princes du fang 24
Princeflede CondétrcfTigçamp; magnanimedame 608.
Prifortniersen grand nombremenezamp; crucllcmentc-
*ccutcz à amboyfc
Procedure juridique du fécond prince du fang (defaillant le premier; contre les tyrans
Procedures contre ceux delà religion yo.contrelescô fcillers compagnons de du bourg 95. contre le prinnbsp;ce de condé,auant que venir à la formalite de iufti-renbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- 6iT
ProteOation contre le concile,pourquoy^ faite parle roy henry '
lroucncereçoit leuangile, amp; lcftat descgifcs dicelle
^r)tS,SCC.
la Prouidcnce de Dieu fait quvn bien quon vouloir te nircachécft publié
exemple de prudence lui Etant contre la fineOc
-ocr page 805-I N-D I C E. R.
p Aunay capitaine en Ientrcprife damboyfe prins Vv prifonnier i74.gchcnné à am boy ftnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ily
Reformation de Itglifc à qui commife par Ic cardinal
Religion de ceux de guile nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loj
fondement des doléances de ceux delà Religion cotre ceuxde guife 340 comment ils soppofent aux defnbsp;feins des peifecuteurs 390. fondement de toute lanbsp;refinance par eux préparée contre ceux de guife amp;nbsp;les miniftres de leur tyrannienbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;405 '
Religion que ceft,amp; quels font fes t ffefts 517 Religion fert de prétexte à ceux de guife pour attrap-per les princesnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;600
Remedes pour obuier aux feditions amp; guerres ciuiles 34^
Rcmonftrance des minifires au roy de nauarre 45. de ceux delà Religion à la roynemerenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;339
^cmonftrancc au roy de nauarre amp; autres princes du fang,pour la deliurance du roy amp; du royaume 40^nbsp;Remonfirances notables aux princes auant leuremprinbsp;fonnemenrnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;604.605
Renaudie efieu chef pour appréhender ceux de guife 129.130,JVc.lbn courage mci ueilleux 165 la mort mjgnanimenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;184
Renouart elclaue de ceux de guife nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;613
cquefie de ceux de la religion prefentee par lamiral 520
Rciponfeaux calomnies du cardinal nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;249,8fc.
Rcfponfeaux calomnies de du tillct,touchantla maiorj,
-ocr page 806-INDICÉ.
téduroy
Richelieu möinc renié amp; fes vertus
jî»
quelle confiderations doit auoirvnRoy difference entre vn Roy amp; vn tyran
authoritédu roy fur la reformation de la mauuaifevie
des prcftres
658
Roy defpagne follicité par ceux de guife, amp; pourquoy
lt;537
Royde nauarre,parqui gouucrné 12 trompépar foymcfinc,trahi desfiens,amp;mocquédc fcsennemisnbsp;40 artifices pour le dcftourncr de fondcuoir 4?nbsp;eft exhorté de faire fondeuoir 45 fesbcllespro-mctfes 46 famauuaifchonte 49 fcs dctfcinsi-nutiles. 52 eftaufsifageàfondcpartemétdelacournbsp;quà fon arriuee 62 eft paye de la mcfmc fumeenbsp;dont il auoitrepeu les autres 91 il execute la com-mifsion de fes ennemis,pendant que fon frere tia-uaillcpourleftat 1^5 exeufefon frère par vnefagenbsp;amp; graue refponfc 597 eft trahi comme dccoüftu-mc 600. amp; prifonnier non gbei es autremet que fonnbsp;frere 622 ilcfchappede pluficurs morts par le feulnbsp;moyen de Dieu 707,amp;c. ruiemcrueilleufe pournbsp;fc desfaire de luy 725 falafcheténbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7*^^
Roys mineurs en francc,comment gouucrnez nbsp;nbsp;nbsp;414
I K DICE.
par quels mbyens la Roy ne mere seft emparecde Pe-ftat du Royaume 9 premier degré par lequel elle eft montée,amp; la monarchie françoifedefcendue lînbsp;comment elle traître le conneftable îj fon artificenbsp;pour entretenir amp; perfecuter tout enfcmble ceux denbsp;la religion 55 fes deportemens du temps défitnbsp;fterilité jy fa rufe 53 elledefcouurefoncurnbsp;66 commande quon pcrfecute ceux de la religionnbsp;efclauedcceuxdeguife 148 fes rufes con-trelamiral 256 gratifie à mouuans,amp;par autresnbsp;lettres commande quon le tue pi fa fubtilité,nbsp;pour auoir toufiours deux cordes à (on arc, amp; payernbsp;Ccuxdeguifecn vn befoin 356 elle faint de vou-loireftre inftruitccnlareligion 33') defcouurenbsp;fon naturel 349 elle amp; ceux de guife liguez dc-rechefipour sentretenir mieux que lamais 388 fanbsp;«Xife pourdefcouurir leconneftablenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cllcfa-
uorifc entièrement ceux de guife 4*1 lacon-fciencc 600 fa dcfefpcrec hardiefle conduite par ceux deguife pourentretenir la confufion en fran-ce amp; sen faire maiftrefte 740 elleeft efpionnenbsp;du cardinal 727 par quel s moyens empefeha quenbsp;iufticcnefuft faite apres le decez du roy 758 fonnbsp;confeil fuyui depuis,pour sntrctenir en fon vfurpecnbsp;grandeurnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;760
fon ingratitude entiers le roy dcfunlt;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;762
Kuflingcs, orfi:urc,apoftat,pcrfccutc ceux delareligiô 68
S.
S Acre du roy pourquoy auancc par ceux de goife 33 defenfede dôneraux pauurcs durât la reception des
-ocr page 808-I N D I C'E.
. «
.S acremens nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; r j 'I
prinfc de li S igue,komme leger,qui fut caulc de beau-
plaifant trait de Scchelles,gentil-hoinme picard, cotre deux forbonniftes
Senefchal de poitou, comment procédé contre ccux.de la religion
Sergens karpiesamp; griffons du peuple
Simon brofsier miniftre de loudun,refute les erreurs de
. 250
554
Simoniaques
Sorbonnilles payezdeleurspeines,amp; quelle opinion le cardinal de lorraine en auoit
les Soucelles d'anjoij,gentils-hommes vaillans
Stuard el'col1ois,cruellemct traite par ceux de guife 114
TAuannesfauoris de ceux de guife
Tcfmoinsapoftczcontrc ceux delà religion de
-ocr page 809-INDI C*E.
lt;le Thou prçfidét de pai is.cfclauc de ceux de güîfe 69z du T niet flateur dcteHable,coniurât cÓtre fa patrienbsp;rendtffmoignageà'ceux delàrclgion y/l èftnrnbsp;dâgrr pour auoir bien fait 574 deuicnt efclaue dunbsp;cardinal !on ennemi, amp; luy cômunique les fecrctsnbsp;du royaume 375.de fon premier meftiereftoitnbsp;foliciteur des proces de la renaudie
Vegli'c de Tours prelèruced me façon efmerutillwle
Trahifon cotre mombrun, au lieu dcftrechaftiee,êftf3 uorilèedeceux deguife 'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^568
quot;ï'rahifon deteftable contre mombrun nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' 5^.^
'ï'raiftreauçuglédiuinement quot;^raiftres font volontiers couardsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ Hn
'Ttouilbs aduocat,chargé auecfesfilles,dc viValnes'ç4-lomnîcs.feiuftifie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' '85
quot;Cruchon prcfident de grenoble,efclaue de ceilx de gnifc' 301 remplit fa bourfe du bien de ceux de lanbsp;religion du dauphinenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, , 'T 304
tuteurs eftrangers des rois, rcietiez par la ^loy fiihque ^yrarmiedeêeirxde^at/c ¦ nt
Tyrans feferuent des edits pour attraper ceux qui
-ocr page 810-INDICE.
s'y fient nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦ 165
Tyrans renuerfeurs d'eftat nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I47
les Tyrans de fr.ance veulent refifter àdicUitnais en vainnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7iQ-7it
V.
X ZAlcnccreçoitl'cuangilc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r , j, 187
1 V VaHdoisalIàillisparleducdefauoycjCommét fe défendent 581, amp;c. exemple fingulier de leurnbsp;. intégriténbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦-r.nbsp;nbsp;nbsp;quot; ,i 584
de Vaux efcuyer du prince de condc, prifonnier i}i
la Vérité tant plus elle cft prcflcc tant plus fort Ic-uelatcftc
Vérité fait parler fon aduerfaire nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;560
plus la Vérité cft combatue,plus favidoirc eftglo-rieyfe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.p 648
cruauté excrcce contre le Vidamc de cha rtres
1^1 '
.Villegaignô cfclauc de ceux de guifcj Sc Ces fottifes
Villemadon fes lettres à la royne mere }7 Villemongey amp; dupont,cxccutcz à. amboyfc 194.
Vinay gentil-homme courtifan , trompe ceux delà
Voeu vrayement catholique romain
Voyage ditalic » pour qui entteprins » par le cardi-
Zcle
-ocr page 811-INDICE
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.' «t. »r » r'V* I
quot; gt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T. - '
¦ 5*\
ZEle des catholiques romains nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii4
Zcle indiïçi'cc , inftriirncnt fort proprc pour empcfcKcrluurcde^icunbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t ; i-l
Zcle des catholiques romains exemples du Zele catholique * 'nbsp;beaux exemples du Zclc catholique romain '
Zclc de la religion lomainê fur quoy fonde. j- 684 ¦ ; * T'
r.,.
187
1 lt;
gt;
i-
'«*«1
ji., .. anbsp;t j.ti.
-ï*
|
r lt; |
|
C orrigez ainßles fiat!es efihsfpees en et-
S.
jur Lepremier nombre fignific la page, le fécond ^Xi la ligne. n u» * gt;ii
O nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il f-
Pag.j.ligne q.lifei qifeftrange» 7.i.ceus ii.i.dextrement iS.:J.
Xpartant ai.to. vouluft 27.14. confirmation ig.tpfuft ^ntr.comne. J ij.daraottf» gt;-4.,.Cour'.4l!.!r$.U()uel ne sf.pNantueii 60.;9.raye»,nbsp;car ór.rg.rerourner 8o.i4.faitienceconfli^ II.,.dor,lalt;licà 1)9nbsp;rf.'Ceurtoific' '142.» ^.feaudu confcil Tccrec ij^.g.cela iSo.ij.Villcgomnbsp;blain loy.j.fupplunc an.ii.coniiiracion, ;i.enrrrprire jip.i.ayetnbsp;14.!. dcfcouuerts 248.79. raye» le 249.16. nicfi:hanceceziqui »S,».}*nbsp;leur »02.11.lrfperance .reuretéiiy.eull'rnc ,]i.»i.ult; }49-7nbsp;bonnet j69.2j.d'ellre jyç.ô.de» ,J6. (.meinent fji.^.terret 4nbsp;bonté 4»;.7.aucunc 424. 4.iuftice{ 416.7. l.fait 4)2. ir.raycz Lenbsp;¦complices 4«9.27.s*il 474.21.reùrez 477.2;.lieutenant 43cinbsp;II. Guyocin 4S1.11.vérité 4tS.ii.Contac ji.du Sieur. 474..o.autretnbsp;49(.i. court 496.21. Ponrena, J .]¦)3. entreprendre 5'6.2S.pourroienbsp;)4j.i;.deniers ;4g;ii.femblent. yOf.n.Gonnor {70 S.eftoic (72.ll.acbenbsp;miqô pg-Ji-Maugiron (St.y.deVaupierre 594.2(.Ia; 6oS:i.fêmbloitiiSlt;nbsp;troùùeroit fiij.-.S.rayez futt i7.Groflot 647.;i. patentes 686 ipre«nbsp;marque» 69..io.Maiilres 7e4U].Oue yj^ji.diicrceior»
lai.i. .la ajj.;. s'arcaquer reccrché »40.29. trouuef