Dit boek hoort bij de Coilectie Van Bucheil
Huybert van Bucheil (1513-1599)
Meer informatie over de collectie is beschikbaar op:
http://repertorium.librarv.uu.nl/node/2732
Wegens onderzoek aan deze collectie is bij deze boeken ook de volledige buitenkant gescand. De hierna volgende scans zijn in volgorde waarop ze getoond worden:
⢠de rug van het boek
⢠de kopsnede
⢠de frontsnede
⢠de staartsnede
⢠het achterplat
This book is part of the Van Bucheii Coliection
Huybert van Bucheil (1513-1599)
More information on this collection is available at: http://repertorium.librarv.uu.nl/node/2732
Due to research concerning this collection the outside of these books has been scanned In full. The following scans are, in order of appearance:
⢠the spine
⢠the head edge
⢠the fore edge
⢠the bottom edge
⢠the back board
ADMONITION
chrestienne;
DE F. DVJON FIDELE
SERVITEVR DE DIEV, AVX CHRESTIENS D V
Pays bas:
Refpondante aux faufles doélrines, blafmes, Sc a-loniniesde Iean Haren,contre les Eglilcs desProceftans,amp;lesMiniftrcs dâieclles.cnvnli-urct intitule
Les cavses ivstes et eqvitables
«nt mett /ea» Haren, iadit Mtniflre de tjniter la religionpretendne reformee ,four fe renger angi-rondelEgbfi catholieiHe.
h Prouetb. If ,iS.
Letefmoin inique tê moque du droit, tant lâiniquité tient comme engloutie la bouche des mefehans :
Mais des iugemens font apreftez contre ces moqueurs,kfroif-(lires preftes au dos des focs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. t
⢠- ât gt;nbsp;' ' â â
w'' â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
â f'.
⢠â¢finff? . 7U .
â / â¢?'Æ lt;.gt; 'â¢S^
Kfucent Lirinen/i en fi» Hurt contre la ttauueautezprofanes de toutes herefies.
QVelques abufcurs tournoyanses prouinces
amp; villes ,amp;porcans par cy par là des erreurs a reuendre,vinrent par deuers les Galatcs aufsi, Ainfiles Galates, apres les aiioir ouys, cOasaucu-neméc degouftez de la vérité amp;nbsp;votniflà ns la mâ-nc de la deôlrine catholique prenoyent plaifir es ordures des nouucllcs herefies. Pourceftecaulè S. Paul employa tellement lâautoriic de la puit fance Apollolique quâilafort rigoureufemét de-cerne.- Encores que nous,dit il,ou vn Ange duçiel vous euangelizaft autre chofe que ce que nous vous auôs euà gelizé,quâil foie anatheme. Quâeft ce quâil dit, encores que nous? pourquoy nâa il plustoftdiól:,encoresquemoy?Câc(l:adirc,*en- * Kejez., cores que Pierre,encoresquâAndré, encores que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Iean,briefencores que toute la compagnie des Apoftres vous cuâgelize outre ce que nous auôs contre ce-cuangelizc.quâilfoit anatheme. Ceftvnereftri- ghje Romat ftiontrefpuiffantc pour maintenir la fermeté de quot;e frettif lapremierefoy, quâil ne sert point efpargnc.ne lesautres Apoltresfescompagnons. Celaeftpcu dechofe: quand mefmevnAnge du ciel,dit il, vous euangelizeroit outre ce que nous auons euangelizé,quâilfoitanatheme. Ilneluy luffifoit pas pour garder la foy qu'il auoitvne fois baillee, de remémorer la condition naturelle de lâhomc, sâil ne comprenoit mcfme lâexcellence des Anges.-Encores que nous, dit il, ou vn Ange du ciel. J\ô point que los Angesfainösamp;celeltesmain-tenantpuillent pécher: mais voila ce quâil dit ,Si
mefmcs cela aucnoit qui ncpeutcftre,quicon* quefoitccluy qui aura attente de changer la foy qui a vne fois eile baillee, quâil foit anathème. Mais,«/»?«* ^uelcü, pofsible a il diâ ainà par aquit, amp;plus tolîiedé cela par incôfidcracion humaine,que décerné auec la railbn diuine. Ainlî nâa-uienne. Car il sâenfuit en cores, amp;nbsp;il redit le mef-me par iqfinuatio redoublée auec trelgrîd effort. Corne iâay diâ parauant, dit il, ainlî di ie encores maintenant,fi quelcun vous euangelize outre ce que vous auez receu,quâil foit anachemc.il ne dit point,!!quelcun vous annôceoutre ceque vous auez receu,quâil foit benit,louc,receu : mais il dit, quâil foit anatherae,câeftadirc,fcparc,deboutc, exclus,depeurquela contagion mefehante dâv-ne brebis ne fouille le troupeau innocct deChrift en y méfiant fon venin, M^s pofiîble,«/»r4 on, que ces chofes font commandées feulcmcntaux Galates. 11 faudroit donques quâaux Galatcs feuls apartinfent les commandemens dont ilcft parle puis apres en la mefme Epifi:re,comme font ceux cy, Sinousviuonsen efprit cheminons aufii en elprit,ne foyons point conuoiceux de vaine gloi-re,nous prouoquans lâvnl'autre, pprtansenuic lâvn a rautrc,amp; ce qui sâenfuit. Or fi cela cft abfur-dc,amp;CCS chofes font egalement commendccs a tous, il faut bien dire que les chofes qui fontot-donncesdelafoytouchent aufiibienatous que les commanderaës des mÅurs : amp;nbsp;comme il n'c ft loyfiblc a aucunes perfonnes de fe prouoqusr les vnsles autres,amp;potter enuic lâvn a lâautte,quâaufi fi il n'eft loilîblca perfonne de reccuoir outre ce quclEglife catholique euangelize par tout. Ou
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien,
bien,diratiMelcMn, poiïîblâque Ion comman-doic alors fl quelcun annoçoit outre ce qui auoit cftéannôcé,quâil fiift fait anatheme: mais que maintenant cela nâeft plusçommandé.11 faudroit donc par confequée que ce quâil dit la meflne, Oc ie vous di,cheminez en cfprit, amp;nbsp;vous nâacoropli-rez les deflrs de la chair*,que cela donquss ait eflé feulement commandéalors,mais maintenant ne foit pas commandé. Que fi câeft vnc chofe pleine dâimpieté amp;nbsp;entièrement pernicieufc de lecroire ainfi, il sâenfuit nccelTaircmcnt que comme ce» chofes concernantes les mÅurs amp;nbsp;la viedoiuent eftre obferuecs de tous cages, qu'aufiî font commandées a tous eages celles qui ont efié ordonnées de ne point changer la foy. lamais donc il ne fut permis, amp;nbsp;nâeft permis en aucun lieu que ce foie, dâannoncer aux Chreftiens catholiques outre ce quâils ont receu. Ne fera il pasaufliloi-fible dâanathematizer ceux qui annoncent quelque chofe outre ce qui a vnefois efté receu ? lamais ne fut tem psquâil ne le faluft faire,iaraais ne fut lieu ou il ne le faille faire, iamais ne fera quâil ne le faille faire.
* «j
Keschers ^freres, il y 4 deÃ4 long tempt, tjueiattoye entendu en tjueltjueforte,comme fe^n Haren eÃottmtferablement decken de ht 'uerité cjutl auoa parauant con-
neue (J enÃtgnee. Maiedvn coÃe' la chartte me commandott de ne point croire de luy facilement teitraports, ÃS d'autre part taprudèce CkreÃtenne ! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;recjuerotttyue ienfuffendtffe mon tugement auant
^ue le croire,entendtffe fôtgneufernent la vérité de fin catfitl auou fatEl ainà ou^uoj. far combien ^ue t'euffe bonne fbuuenance tjue deÃa tl s'eÃett au-parauant affez lâchement gouuerne , lors ejue le 'Ducd \Alue eut publtéfes par dos generauxteutef fois te nepouuoye meperfuader en moymefine ,^uil euà fat fl une fi infame nbsp;nbsp;dangereufe retraite, ce
rne aucuns enrendoyent tefineignage. Vnia pour-^uoydeslautre anneete mâefforcay a connotÃre le tout dedtuerfesparts Ãi fnalementipuandtay entendu certainement tputlauoit tournéfd robe, encor e ne penfoye te pas iju fleuà faiS vntel renoncement
P R E F A C I.
ment abinrntion vniuerfelle. CelafutcAufi^tte tefloyttj teute ïunnee paffee parite de ceUe-cj en en^ue^iedufatbl. ffar te recerchoyemuamùdeff-^ueb teffereye entedre le tout,Ã^lesfilhciteye de me firireleeparttcularttez, defa doblrine,po»rce t^ue te népouuoye croire ^utl fefufi du tout abandonne'là ou tien ef venujgt;_^/Con tntentten eÃott alors,en cas ^utl eu(l couué ffs erreurs tenu couuerts par deuersfiy, delâamenneiler fraternellement luy efirire particulièrement vne vtue remonfirance de fisfautesfrlon que Dteu m'en fer oit lagrace. Car auffi t tfitmoyecemoyenefire conforme a l'ordonnance de Chri^,Ã^ efferoyequ'tl reconnotfrroit en cela dâautant mteuxlafynceritéde mon ajfe£ltont comme de celuy qui ne levoulott point perdre ne diffamer,mais atder a frtlut Ã^a redreffement honorable deuant Dieu,fis o^ringes^Ã^ fin Eghfi.A^ais depuis que t'ayveuceEle annee le huret que les le fuites luy ont mis en auant fous fin nom, iayefle indutbl maugre' moy a changer dâopinion con-fiil. lâaychangétopinion que tauoyedeluy,puis queienay rtentrouue'qui me peufr atder entretenir en te elle, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;plus forte raifin l'ay change' de
eenfitl,puisquetaytrouuétoutau rebours de mon â¢pinion,qu tlcobatpubliquement deuant tout le monde la deUrtne de ventéqu'tla gouéîee que nous auons aprifedela parole de Dieu fans tradi-élton du hommes, far que pourroye faire autrement en bonne confcience,que reprendre publiquement celuy qui commet publiquement vn tel (ÿ f â¢normepéchés Dteu le commande, la vérité le requiert dont nous fommes firuiteurs, la charitém'y â¢bhgt enuers tous,enuers vous, enuers luy; puis
* itiy
Pr I FA c i! '
^Me fin faià tendit la delîrnllionde têtu, a vo^lre dtff'ame mesfieret,Ã$ afit confufion eternellefi notu nj cour os corne attfest, y mettes ordre de tout no-ftrepousteir parla heuedtElion de Dieu. Or cobien ^ue plufieurs autres bonsperfinna^a ornez, depiete' (^'defiauoir plus ijue moy ayentpeu mettre la matn a cefie befiigne, pojfible encores fy mettrontsâils voyentejuil en fiit be[otn: Toutesfoù il y a deux chofisspuimâontfaiUentrepredrece^e matière 壮 deuancer les autres en cefieruice. Lapremiere efl le iugemeut de queltyuesgens de bten,ejui mâont déféré ce trauailpour ce tputls fruoyent epuelle connoifi fitnee particuliere tay de ^ueltpues matières ^ui y fint propofies; fans laiyuelle connoifiance a grantC peinepourrott on donner re/ponfi pertinente a certains blafmes lyueHareny a entaJfez..La feeendeefi la connosjfitnce^articuliereejue tay eue du perfin-pourla^uelle te fuis particulièrement obligé a cer cher fin falut,fily afitlut repentance a our luy. Le Seigneur connoifi ejue ie nay point icy procédé d'aucune affeSlion particuliere: maissjue laveritéde Dteujacharité du prochain, lefalutmefmede ce poure mtfirablemâont fatSl courir ceLle lice, tyuetay toufieurs tendu a cela, comme au but ipueiedoi cercherfilon Dieu. Tef-moin auffi en efi lafaçon c/ue iay tenue en celle pre-fente refionfi: yui firuira a fez pourmonélrer a chacun tjueienayriendiffimulé a mon efiient de toutes les chefis yuifont icy alléguées contre la religionfainSle (J la doSlrinepure, eyue nous tenons de Dieufiul,i£ nonpoint des hommes, (ar pour cela mefine auffi,enfuiuant les exemples desfainSls P er et en l'Egltfe prtmitiue,t ay couché de mot a mot les paroles
P R E r A C I.
f croies dftdiU Haren de /if peres lefttit a far e/cript,Ã^ mis ma re//on/i au deffèus, afin que cha^ cun quia confidence tuge en bonne confidence de la Jjncertte'rondeur de ma confidence en cejl af aire^ Et toutcffioisiay volontiers paÃeles chofis vat» nu ou fuperfluu,ayant e/gard aux necej/aira qui nousdeuoyent arretierpUulongtempsafinqueie n abufiajfie de lapatiece du LeB^eur.Pour cePle cast-fit it prieaffeElueufiement le Le£leur, quiquilfioit^ queli/à ntluallegattonsde Haren nbsp;nbsp;ma re//onfet
eonioinBufilnefiedotmepointavnepartiefiansiu-gement equitable, par affe^lien ou preiuge'quelconque , mais quil vfie de la balancé du /ain£la E/cntura pour examiner le toutauec vn fiain entier iugementdelafoy,^^enfaire fionprofitafia-lut. Et particulièrement ie defire que non fiettlf mentvotsf^maisauj/i Haren mefineÃ^ lu lefiuites fies compaignons en ceile Åuure^vuetllent croire,filon que mon Dieu me rend tefinoignage en ma eon-fidenee,quetene cereheen cefl examen nbsp;nbsp;confe
rence prefinte que de firuirau falut d'eux dt tousauecle mtenpar leÃue fhri/l noiîreSeignestr. Finalement ie /uppUe T)teu noiîre pere,que comme illuyapleumeprefienter fa vérité,m e/lreindre de fa charité,^ appeller a finfiruice, aujfi tl luy plaifi vous en donner (^a tous vn me/mefintiment,efilai-rat tous lu Leéleurs du flambeau de vérité\ lu alu-mantencharité, Ãfi conduifianten fin firuice a /à gloire a leur falut des maintenant à a tese-
:r fiours. e/imen.
E PI s T R E D E DIC A-
TOIRE DE L'AVTE VR
Iean Haren, ENVOYEE a Seigneur Philippe ï)f'r ôcc. fon bon amy.
ONSIETR^t'ajreceu lesle-^ tresijuil 'vous a p leu m'efc rire: ^ui amplement me te/moignet [affe£îio charitable epue me portez. Dieu me fera la grace 'vn tour de votes enfaire reconnojfanceft'ay ce bie d'eïire honore de vos commandemens. Vous me mandez tjue de puts ma retraite en lEgltfi catholique ïauroye aquu des grands ennemis voire que quelques vns aureyent conjpiré ma mortamp;marutne ydefquebie feroyebten deme garder craigndt l'execution de leurs cruebdef fiins,eÃasges barbares amp;nbsp;cruels. C'eà ce que de toutepart Ion rriafignifie-.mais ayant ie^étan-cre de mon eferanccen lefits Chrià qui regne au ciel a la dextre du ToutputJJant, (à esi ant arme d vne faine (à bonne confiience, iem'af feure quâil ne permettra pas quvn feul cheueu demateïie tombe en terre fans fon vouloir., au -quel font affùie^lb les diables dries tyrans. Or tant s en faut que teb dr femblables tour
mens
DE Iean Haren.
metts amp;nbsp;affligions d'(flrtt (donnent mafoy mi constance, ijuau contraire te loue le Seigneur mon Dieu, (juil m'efl donné nonflule-fnent de croire, atns auflt de fouffir pour celuy M (jut tay creuâ. fachant que mes foujfrancet nefluroyenteïtre Ion gués, puis que cette vie^ efl courte, amp;nbsp;celle qui dure a taufiours efi con-toinéie auec nine félicité inénarrable dt'perpétuelle. ^uant a U foy,i'eflerequelle croiitri en moy amp;nbsp;m acompatgnera iufques au bout.
Et de-rechef ie loue Dieu de ce qu'il me fait ce bien, nonJeulement de le connoisire, ains de fentir intérieurement combien efl grande celte miflrtcorde dont il a vsé en mon endroit, que moy mtflrable creature, qui de ma tendre ieuneffe ay esté la poure brebis efgaree , dtflo-fee a la mercy des loups dr de ce grand lion infernal Satan,voire perturbateur du regne de noltre Seigneur lefits Chrilt, illuy a pieu charitablement me prendre parla main pour me rendre a ma trefehere mere fon Eglifl, afin de luyeflre flainél temple dr habitacle eternel. le /à ytresbien, queplufieursquim'ont conneu le trouuent eflrange, dr en font dtuers dtfiours, Neantmotns ie peus protelier deux chofes douant Dieu,qui connotfl mon cÅur dquot; mes reins, deuant la face duquel te fuis prelt de comparoi-flre quand tl voudra. Premièrement que ie
EpISTR-E dedicatoirb
»Aycerché de mon propre, richejjès n'y honneurs de ce monde Atns au-contraire répatant dommage pour l'amour de lefus Chrià tout ce ijui m'est Oit gain me preparer a atne ^10 dure y fafcheufi amp;nbsp;laborieufe, dr Atnà édifier mon prochain enfiain^etéefi iuFiiee le reste de celle fie. Secondementyie tiay rienfat^l temer airement ny fans equitable fondement, ains apres auoir esté bien dr deuement affèurétant par lafaincle Eferiture, cfue par la do£irine des Peres, quit tiy a autre Egltfiejuifiit la mai fin de Dieu, le temple du S. EJprit,la colone dpfermeté defe-rité, quel'Egltfe catholique Apofiolique dt' Porn aine, hors laquelle il nefitrouue fn (èul peuple agréable a Dieu qui puiffe auoir falut çf 'cde, lumière ne ferité. Et et autant que me reque -rezpar vos lettres, devotes mander lescaufis principales quint ont emeu de ce faire, df que toies Chre^iiens font amonnePtez, par la bouche de fainôi Pierre de fe tenir preïis a ren-
't^ojfonfi a vn chacun qui leur demande rai/on de leur eÃeranced ay bien voulu voua envoyer cepetit dtfeours,par ouilvousfèra aisé de cennoinre,dequeleÃrit forfenéfont conduisis dr menezgt; ceux qui fous ombre de religion d* reformation troublent le cieldr la terre a la ruine dr confufion de toute la ChrePlienté. Dieu large en mtfericordeyqui tient lecceur de tout hom-
DE Iean Haren;
homme en Ãamain, vueille auoir pitié de îMt de pour es creatures errantes, enfèigner les igno-rans,fortifier lesfoibles, illuminer lesaueugles, amp;nbsp;faire regnerfa^erité en tout peuple (fi nation, afin que le monde 'uniuerfil ne reconnoijjè qu'un Dieu (fi 'vn fèul Sauueur lefts Chrifi,v-foy, (fi vne EgÃà : Et continue volire (ante,CMonfieur,en longue(fiheureufi'vie.DâAn- ' uersce xvj^Mars.JiSû.
Koltre humble (fifiruiable amy , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lean Haren.
T A eonnoifl'ancc particulière que iâay 'ââautres-fois eue de vous, lean Haren, , medonneoçcafion de parler maintenant a vous dâvne façon tout autre que ieneuf-fc onques prefumé. Car combien que ic nâayeiamais aperceu quâil yeuften voftr« cÅur grande lumière de pieté, ne de fa-uoirenvoftrcentendement: fieftee que ie ne me fufle attendu a cela, que vous fuflîez fi eftrangement efcoulé amp;nbsp;tombe en vne fi infame, horrible, amp;nbsp;lamentable reuolte. Mais puis que vous eftes en telle forte abandonné de noftre Dieu trefiufte, amp;nbsp;tra^ortéparle Prince de ce mode afin
Response de F, I.
qucnâobeiffiezalaveritc, iâayeftimc cftre mo deiioir que ie feiflc enuers vous ce dernier office,amp; rendiflè aTEgliiedeDieuce tefmoignagcpublic demon affedion. Ce qui vous pourra fèruir de ma part,afin que s'il y a encor en vous quelque eftincelle du don de Dieu, il foit ralumé par mon auer-tiflèment amp;nbsp;le fouffle falutaire de l Efpric de Dieu : amp;nbsp;au contraire fi tout eft deic-fperé en vous,quc vous conoiffiez en vous mefmcs quâencores cecy fera plus vertueux enuers vous, que lâextreme ondion de l'Eglife Romaine , deuant que Dieu vous appelle hors de celle miferable vie.
Or pour le premier, ie ne mâenquerray point ne qui eft le Seigneur Philippe auquel vous efcriucz, ne qlle courtoilie vous auezaprife depuis voftrecheute, comme vous la demonftrez au commancement de vos letres ( car cela nâapartient rien a la caulè prefente) mais ie vous donneray vn contre-auertiflemét ; duquel vous pouuez eftre plusafl'euré, que de ce q le Seigneur Philippe vous a elcript,amp; quo vous a failt;ft Tauoir de toutes pars. Câeft q ue par la grace de Dieu nous fômesaprisde n eftre point ennemis a perfonne, ains d'aimer melmc nos ennemis. Et pourtant, fachâs tresbien que
A lâEpi s T. de I. Haren.
que félon la vocation Chreftienne en laquelle nous fommes,nousdeuonsfairecc queDieu nous commandc,amp; exhorter les autres de ce faire,nous vous pouvions bien aflèurer, quâame viuante nâintcnccra contre voftre poure amp;nbsp;miferable vie par no-ftrcconlèil, fceu,ou coniêntement. Car noift fauonsfort bien,quâen tellesges (sâils ne fe conuertiflènt en brief) Dieu a imprimé la marque de Cain,amp;: quâa luy apar-tient dâen faire le iugement a fa gloire. Ne nous eftimez point, ic vous prie, fi haftez de courir deuant Dieu, que nous nepuif-fions foufirir vn apoftat, puis que luy met-mes,qui eft trefiultc, le foudre : ne nous e-ftimez poît fi ennemis de voftre falut, que nousvueillons vous acourcir le temps de repentance a falut, sâil y en a pour vous : ne nous eftimez point fi lafehes découragé, que nous cerchions des moyens de fraude amp;nbsp;trahifon plus toft que de fimplicité amp;nbsp;vérité. Ces moyens font les armes ordinaires de l'Eglife Romaine, auec Icfquels elle' combat auiourdâhuyla vérité, lâEglife de Dicu,amp; les membres dâicelle en toutes for tes. Faites plus toft cftat de nous, comme de ceux qui ont pitié de vous ainfi que dâv-ne creature de Dieu, amp;nbsp;qui attendent vo-
Response de F. I.
ftre iugcment de la propre main de Dieu, foie a perdition ou vous courez, foit a faluc amp;nbsp;a vie eternelle,ou il v ous monftrc encores le chemin par fa grace. Mais ie vous prye,ceux qui vous perfuadent ces contes penfent il a la vérité, que vous foyez fi habile compaignon, que nous craignons do voftre vie, comme ficâeftoit noftre mortî ou vous mefmesjcuydez vous cela doques devons? Ce n eft pas humilité, qui vous fait fentir de vous choies fi hautes : ce n'eft pas la vérité, qui fait que les autres le vous dilent : câeft vne prefomptià fotte,comme celledâvn yuroigne ou dâvnphrenetiqne, quilè cuyde eftre en fort bon fens. Mais polTible y a il caché la defibus quelque my-ftere,autre que vous ne penfcz.Car ne vei-lies vous iamais comment les oifeaux de pipee font puis apres fricalfezauffi bicque les autres, mefmc par lâoifeleur ? Qui fait donquesficeux quife mellent de ce me-ftier ne pèlent point a vous accommoder âpres sâeftreferui de vousâMais Dieu fait ce qui en eft, amp;nbsp;voâ mefmes deuriez auoir en cela plus dâauis,amp;:deuenir fagepar les exemplesdâautruy. Vous dites que vous auez foyamp; bonne eonfcience contre toutes ces afilidions qui vous menacent, que
vous
A lâEpist. de I. Haren.
TOUS en louez Dieu pour la grace quâil -vous afaide,amp; amplifiez cela par magnifiques paroles autant quâil vous eft poisi-blc. Maisievousprie , qiïeftcede lafoy ûns la parole de Dieuâquâeft ce de la bonne conicience fans la vraye foy,en matière du falut eternel ? La foy certes ne peute-ftre,ne lâefperance encore en lefus Chrift, quand on ne fe tient pas aradreflè de la parole : laquelle vous poure miferable, a-uez lâchement amp;deiloyaument delaiflèe, comme nous monftrerons clairement en lapourfuitedecedifeours. Quanta laco-fcience, comment faut il quâelle foit cau-terizee, apres auoir fi longtêps faiôt eftat amp;nbsp;pafsé le cours dâvne hypocrifie continue ? En hypocrifie eftudier pour feruir au miniftere, en hypocrifie exercer le miniftere, en hypocrifie vfer du pardon general du D UC dâAlue pour le recouure-ment de ces biens temporels tant petis quâils font, en hypocrifie reprendre les erres du miniftere, en hypocrifiefefourrer par tout,amp; diuertir les poures confciences de ville en ville amp;nbsp;de maifon en maifon fous couleur du miniftere pafsé, amp;nbsp;en hypocrifie maintenant contrefaire le Catholic , font ce la atles de bonne conicience?
* â¢
Response de F. I.
Or ayant reiedé la bonne cofcience vous auez faid naufrage delà foy,encores mef-mes que vous la penlilliez auoir. Voulez vous en auoir preuue ? le fay perlônnes, amp;nbsp;en pourroye nommer , auxquelles en ce mefmesiour voire alamefmeheure que vous partiez de Couloigne pour aller vers le Prince de Parme protefter a fes genoux dcvoftrc miicrable reuolte,auxquelles,di-ie,vousmonftraftesletres, difantquecâe-ftoyent letres de Monlêigneur leD uc lean Calîmirqui vous appelloit par deçà ,amp;: que vous acheminiez vers le Palatinat, amp;nbsp;declaraftes qu'on vous faifoit graftd tort d'auoir autre opinion de vous. Mais Dieu, quiconnoift voftre cÅur mal inftruit,amp; vous roignons bruflans en mauuaifes af-fedions, nâa point voulu quecefte hypo-Grifie le couuaft plus lon^ temps en vos entrailles : Dieu a eu pitié de fon Eglifc, ladefehargeant dâvn tel venin: qui fait sâil aura pitié de vous, qui elles amp;vousmon-ftrez fi conlîd dâhypocrifieamp; de mefehan-ceté? Aulfi ie ne doute point,que tous ceux qui vous connoilTent amp;nbsp;oyent parler de voftre comportement, nâen foyent venus iufques là ,quâils le moquent de toutes vos declarations amp;nbsp;proteftations, amp;nbsp;de vous tout
A lâEpi s T. de I. Haren.
tout enfemble. Car que peuuent ils autrement croire .quand ils confiderent quïiy gt;
J r 1 I ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9 â à Tk**
aaelia plus de vint puisque vo n auez raiôt autre mefticr ? ceux qui penfent faire leurs triomphes de vous, les eftimez vous fi belles qu'ils cuydent trouuer de lacon-ftance amp;nbsp;refoluiion en voftre inconftance amp;nbsp;legiereté ordinaire ? le les tiens certes pourgens plus acortsamp;plusauifez que ce-la;car ils pÃuuent bien iuger quâapres auoir elléfi long temps hypocrite amp;nbsp;enuelopé, vous elles deuenu fi hypocrite, que vous mefmes ne vous connoillèz pas, ne fa-uez pasredrelTer ce qui ell fi tortu amp;nbsp;dc-ceuable en voflre cÅur. Apres ces chofes vous faiôles vne'grande protella-tion tant de vollre confeil amp;nbsp;intention, comme du moyen amp;nbsp;de lâadrelTe que vous auezfuiuie pour vous retirer en lâE-glife Romaine. Quant au confeil amp;nbsp;intention,vous dites que vous nâauez point cer-ché richelTes ny honneurs de ce monde, ains auez réputé toutes autres chofes dom mage pour l'amour de Chrill, Vollrc con-fciéce mefme,amp; vos deportemens tefmoi-gnent le contraire. La confcience,Dieu la voit, amp;nbsp;vous la fentez, vueillicz ou non.
Vos deportemens chacun les fait. Car il
** ij
Response de F. I.
nâcft pas croyable que celuy qui sâaprochc toufioursdes grands fanseftre requis, ne cerche la grandeur: cela aucz vous fâiâ. Il nâeft pas croyable que celuy qui fe remue fans repos pour abandôner fon troupeau quad 11 voit la tcmpefte venir,ne cerche lagrâdeur:cela aucz vous faid.Il nâeft pas croyable q celuy qui sâinfinue en toutes afaires amp;nbsp;veut mener fes compaignons a la bjigucttc, ne cerche la grandeur : cela aucz vous fai6t. 11 nâeft pas croyable que ce luy qui encores a prefent fe glorifie d'auoir conueifc es villes, es cours, pres des Seigneurs, esmaniemcns,ne ccrchelagran-deur; cela aucz vous faid. 11 nâeft pas croyable que celuy a voulu acouderChrift auec Belial amp;nbsp;retenir fon miniftere deçà , amp;nbsp;Ion patrimoine de delà a tel marché, nâayt cerché les richellcs: cela aucz vous faid. Qui cft donc I hôme fi abruti amp;def-garni de fens, qui croyevne telle protefta-tion? Quant au moyen que vous dites a-uoir tenu, comme fi vous auicz efte bien aflèuré de v oftre faiél par les faindesElcri-tures amp;: la dodrine des Peres auant que faire le faut, vous le pourrez bien perlua-der a et ux qui le veulct croire. mais a ceux qui vous connoiflent, amp;nbsp;qui fauent que vous
A lâEs P. de I. Haren.
vous auez plus eftudié es letres de nou-uelles,quâes Efcritures fainâes tout le teps de voftre vie , iamais vous ne leur ferez croire vue telle vanteric: amp;nbsp;aufïi vousa-uez la veue trop foible pour faire ce trauail aflidujfi ie me iouuien bic des plaintes que vous mefmes mâen auez faiôtes autre-fois. Dâauantage lâeffeôl monftre cobien vous y auez profité par ce prefent difcours:veu quenô feulement vous errez grandemêt, amp;nbsp;vous fouruoyez de la parole de Dieu en beaucoup de fortes,mais auflî que vous nâauez pas elle fi adextre en cefte volhc ab negatio, que vous mefmes lâayez couchee parefeript. Carâlafalu que vos maiftres i-r en lâEfcoIe defquels vous lâauez faiéfc vous y conduififlènt la main , comme le ftylc monftre ouuertement fans que nous fon-nions mot. Or dâautant que de ceft er- ' reur ou vous elles vous auez trouué bon dâen eferire les caufes principales a ce Seigneur Philippe,amp; dâabondant les faire voler en public pour vn tefmoignagcde vo-ftre reniement,iâay bien voulu aufïicon-ioindre aux caufes de voftre reniement les caufes iuftes de noftre foy amp;nbsp;refolution,en laquelle nous fommes cofermez par lâautorité de Dieu, de fa fainde parole, amp;: de
** iij
Response de F. I.
lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftolique : voire confer mcz dâautant plus que nous voyons lâimbeeillité des fondemens que vousie-ôtez, amp;nbsp;du baftiment queleslefuites auec ., nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vous ont dreisé en ce liuret. Car quant a ce
' âV que vous desl^goulez des paroles outra-geufes cotre ceux là defquels encouurant voftre hypocrilie vous auez eftécompai-gnon, iâeftime que ce nâeft pas mon deuoir dây reipondre icy ne par cy apres, amp;nbsp;auffi quâeux mefmesnesâendoiuétpas foncier, veu que ce fontaccufationsperfonnelles, amp;nbsp;qui ne touchent point droitementa la caufe. Car ce nous fera aflèz, finous défendons fimplement la vérité de Dieu que nous enfeignons, par fa ià inéte parole : amp;nbsp;au relie abllenons de tels outrages amp;nbsp;calomnies contre vous,amp; contre tantilà chas Mftthj.ir que cela mefmcnouseft vntcfmoignagc denoftre félicité, li on dit blafmecontre nous en mentant a l occafion de nollre Sei gneur lefus. Or ie fupplie le Dieu de paix,qui a retiré des morts le grandPafteur des brebis nollre Seigneur lefus, qui paift fes brebis magnifiquement aufangdefon alliance etqrnelle, quâil deliure fa bergerie des loups amp;nbsp;mauuais ouuriersdeplus en plus,amp;:parfaire les liens en toute bonne Åuure
alâEpist. de I. Haren.
ocuure pour faire fa volonté,faifant en eux ce qui eft agréable deuanx foy par lefus Chrift; auquel foit gloire ci fieeles des ficelés. AinÃfoiciL
Fautes furuenuesen F imprefpon.
page 9,verf. 9 lifei répugnantes, pag. i i,v. 8 lifez in^i« ^anétifie. p. 2.0,v.iilifczprcfuppofà ns.p.47,7. ijlifczlefubieft. p.54,v.vlifezavraydirc. p.63,v.ijli(iz promoteur. p.67,v.iilifezlaglofc. p.88,v.6 liiez déposé, p.89,v.ij lifez comptans. p.98,v.j lifezacompaigne. p. 14x.Ÿ.jlifezadorez. p.i45,v.$lifezLaodicene. p.ijtî.v. »â olifeznneritoitc. p.itfi.v.zzlifezdiftribucr. p.iiS8,v,iy lifez s attachent, p. i o 4,y. i,apres nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aiouftcz ftir.
I
LES CA VS ES
I V s T E s ET E QV I-TABLESjQjy-I ONT INCITE* lean Haren, autre-fois MiniRrc Proteftantjde quiter la religion prétendue reformée , pour ièren-ger au giron de lâEglilè catholique.
ÃEMIEREMENT U dit, tjltc ^°^de il fut fait w nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Chresiiendr receuen lafocieté
à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des enfins de Dieu par le Ba-
ts.^sua^)sn ptefne en l'Eglif catholique A~ pofûhque amp;nbsp;Romaine: mais que de fa tendre ieunefè d auroit elié nourri nbsp;infruit es Efo~
les des Proteïians: tant que croiffant en luyle iugement dr Cexperience, ilfeJeroitmis a re-cercher ése(crits des Peres anciens les marques de la vraje Eglif, qui font îaeienneté, Hvnion, lagâ¬neralité,dffuccefton : que iamais il n\uoit fieu trouuer entre le s dit z ProteHans ,ains au contraire nouueauté, partialité, témérité, (fr outrecuidance.
Et dautant que îé vne de ces voyes tire a U
Response de F. I.
w, amp;nbsp;l'autre a la mort, votre a la mort eter-Kelle qu vn chafcun doit auoir foin du falut defôn ame, qui peut trouuer eÃrange fi fuyant l tre (f le courroux de Dieu^qui tombe ordinairement Jur les e(J)rits rebelles fr oblîinez^, tlfè joit retiré en ceïieEglif, qui l'auoit engendré a lefns Chrià des le commancement ? laquelle ale conÃntement des peuples ft'nations fon autoritéencommancee par miracles^ nourrie ei' eÃerance., augmentée par charité, confirmee pari'antiquité, fr a fajuceeÃion des (^pofires depuis fat nil Pierre iufijues au iour prefint.
Afin que nous puifTions dâautant plus abréger, amp;nbsp;entrer incontinent en matière qui foit dâédification, nous lai/Tcrons le titre pour ce quâil vaut: eftans afleurez que la pourfuite de lâÅuure monftrera sâil eft vraVjOU quoy. nbsp;nbsp;Pour le premier don-
qucs,nous auons a noter que ce n'cft point lean Haren qui a efeript ce difeours : mais que les lefuites sâelHraans eftre meilleurs amp;nbsp;plus habiles cuifiniers pourluy faire /à faufle, ont drefsélc tout a leur diferetion amp;: auatage. V oy la pourquoy tant icy quâen la plus gra nde partie de ce difeours on a vsc de ces mots, il dit,ilconfefie, amp;nbsp;autres fem-blables:mais en dâautres endroits ils ont ritrrJft ogt;^âbl!clcur ftyle,amp;difeouru comme fi Ha-renmcfme en eiloitlâauteur,difant,/^[à j
alâApolocie de I. Haren. 3
tresbten, t ay quot;veu. en mapreCence, amp;c. Dâou
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* P nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hATI^^^f^g 9^
meat cela, le vous prie , linon de ce que l^an Haren a done des lopins aux Icfuites, Prattûnt^ que puis apres ils ont ainli habillez amp;nbsp;rape raflez a plaifirâCar celaeft vn tefmoignage contre les ouuricrs de cefte piece dâouura-ge,amp; contre Icdicl Haren. Tefmoignage maniferte contre lesouuriers,dc cè quâils fe font oubliez lourdement defcouurans leur faulTeié, quand ils ont ainfi changé les perfonnages par me(garde:femblableméc tefmoignage contre Haren, de ce que les Icfuites fes maiftres ne lâont pas en eftcél trouué fl habile compaignon que luy meÃ' mes a cuydé eftrc, amp;nbsp;a voulu eflre réputé. Or côbien qiâauroyc quelque choie a dire de la pcrsonc dudit Haré, toutesfois ie mâê deporteray,aimât mieux quâil fe done foy-mefme a connoiftre tel quâil eft par cell efeript amp;nbsp;par tout lôngouuernemêt,q de propofer corne de moy aucû tefmoignage a lâcncStrc de luy. Mais pour venir au premier poinéldeccdifcoursjcs aurcursdâice luy noâ fcroyët volôtiers croire, q toâ ceux q ont efté reccus enfans de Dieu par le Ba-ptcfmeen 1 Eglifecathol. Apoftol.amp;Rom. font obligez d'vncfûlennclle obligation a lâEglilè Rom. amp;:q tous ceux qui sâen def'
A ij
4 Response de F. I.
uoycnt ne peuuent tant gaigner fur eux, que leur confcience ne les remorde, amp;nbsp;les rappelle a reconnoiftre pour v raye Eg life celle quâils appellent Romaine : corn me il en a pris a lean Haren. Et afin de mieux induire ces faufletez en la telle des fimples amp;ignorans, ils en employcnt deux autres qui feruent corne dâappuy a celle que nous venons de dire : Lâvne eft quâils confondent toufiours lâEglife catholique amp;nbsp;Apo-ftolique auec la Romaine, comme fi c c-ftoit tout vn, ne plus ne moins que Ci on di-foit des pois gris amp;nbsp;des gris pois : lâautre, quâils maintienent hardimêtque les marques de la vraye EÃlile font lâancicneté,!'v-nion, la généralité, amp;nbsp;la fucceflîon. Par-quoynous traiterons premieremet de ces deux poinds par ordre : puis apres nous viendrons au but principal de la caufe.
Nous difons donques que cela ne 1« peut faire en maniéré quelconque, que lâEglile catholique Apoftolique amp;nbsp;Romai nefoit toutvn. Car iamais on ne veitny felon lâordre de nature, ny felon la vérité de la ftinde Efcriture,que deux chofes c5-traires fulïènt tout vn : iamais aulli on ne veit, amp;nbsp;iamais homme läge ne dit, quâvnc petite partie du corps foit tout le corps. Or cell
A lâApologie DE I. Haren, y câeftvnechofe trcfccrtaine, que celle qui eft auiourdâhuy entre les lefuites appellee Eglife Romaine, eftdireókementcontraire a lâEglifc catholique amp;nbsp;Apoftolique : dâauantage que la vraye Eglife Romaine (carie croi que le Seigneur a encores a Rome des fiens)nâeft quâvn trefpctit membre delâEglife catholique amp;nbsp;Apoftolique. Pour monftrer que lâEglifc appellee Romaine, eft contraire a la catholique amp;nbsp;A-poftoliquc, fans aller loin Une faut finon regarder aux noms qui leur apparticnent, amp;nbsp;aux raifons pour Icfquelles ils ont efté donnez. LâEglifc donc catholique ou v-niucrfelle a efté ainfî nommeepour deux raifons, qui méritent dâeftre bien obfer-uces. Car premièrement fi fous le nom ; nbsp;nbsp;nbsp;dâEglife catholique nous auons {imple
ment regard a tout le corps des cleus de , nbsp;nbsp;nbsp;Dieu, qui parlâEfpritdefandificationont
. efté, font, amp;nbsp;feront vnis a noftre Seigneur j lefus pour auoir en luy vie éternelle ; ce corps certes eft a bon droit nommé lâE-glife catholique ou vniuerfelle, pourcc qu il comprend tous les mebres de Chrift, J de quelque tépsamp; en quelque lieu quâils ç nbsp;nbsp;foyent, tant ceux du viel que du nouueau
[ teftament, deuant amp;: apres la venue de l nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A iÿ
6 responsedeF. I.
Chrift, tant ceux qui font au ciel que ceux qui font en la terre. amp;nbsp;de ccfte Eglife nul ne peut mettre autre fondemct queceluy qui eflmis, afauoir lefus Chrift: duquel fondemêt les maiftres maflons amp;nbsp;ouuriers fans reproche font les fainds Prophètes amp;nbsp;Ephef 1,10. Apoftres,comme S Paul efcrit auxEphc-jCoi.},âo. liens. Secondement li par le nom dâE» glifc catholique nous entédons faire com-paraifon auec lâEglilè des Iuifs,qui iadis fut enferree dedans les bornes de la terre pro-mife par lâordonnance de Dieu ; cefte partie de lâEglife catholique qui a efté catholique ou vniuerfclle depuis le temps feulement queChrift eft venu en chair,eft a bonne caufeappellee catholique en com-parailôn de lâEglife des luifs. Or comme cefte Eglife pour le regard de fes membres amp;nbsp;de la matière dont elle eft prifc(par manière de dire) eft appellee catholique ou v-niuerlêllc,auflî eft elle nommée Apofto-lique pour le regard de la forme que les â fainds Apoftres de noftre Seigneur lefus
* Chrift luy ont donnée par f adrelfc de fon â Efprit en toute leur dodrincamp;: adminiftra don. Car là ou cefte forme dâEglife eft gardee en vérité, là eft véritablement lâE-glife Apoftolique.amp; au contraire là ou clic nâeft
Ã. lâApologie de I. Haren. 7 nâcft point gardée, il nây a raison q uelconque dedirequelà foie vne Eglifc Apofto-liquc. Dont auflîviét que les Ancics vou-lans en donner vne regle amp;nbsp;interpretation aiïèuree, lâont nommee orthodoxe dâvn mot Grec, qui fignifie autant comme ii nous difions, lâEglifc qui tiêt la droite (cn-tcnce de Chrift amp;nbsp;de (es Apoftres, amp;nbsp;qui a pour fon parti la dodrinc de vérité. Voila le vray allignemét de lâEgliic de Dieu,que lâon peutiuftement dire catholique ou v-niuerfclle, amp;nbsp;Apoftolique ou orthodoxe.
Que fi nous venos a faire comparaifon de lâEglife Romaine auec ce que delTus, » qui eft lâhomme fi delpourueu dâentendement, qui nây remarque vne merueilleufè diuerfité, dificrence amp;nbsp;contrariété ? Car en prenant lâEglife Romaine pour cefte hierarchic (commeils lâappellent ) câefia dire, pour ce corps corn pofé du Pape, du confiftoiredes Cardinaux, amp;nbsp;de leurs autres adherens, certainement cela ne peut eftre le corps des eleus de Dieu comprenant tous les membres de Chrift fans exception ou diftindion aucune. Premièrement ce nâcft point tout le corps : fecon-dement les membres qui y font, ne font pas tous eleus de Dieu, a quoy il nâeft bc-
A iiij
8 Response DE F. I.
foin dâapporter autre tefmoignage que des faélieufès amp;nbsp;partiales elections qui le font auconfiftoireamp;couclauedeRome. Dâa-uantage ils ne font pas tous vnis a noftrc Seigneur lefus par lâcfpritde fandificatio. Car sâil eft vray ce quâon dit ( comme certes il eft vray) quâvne chofe nâcft plus en e-ftre quand on a ofte les parties principales dâicelle,amp; quâvn homme nâeft plus quand lame ou la telle ou le cÅur en eft feparé, celle ne peut eftre appellee Eglilè catholique qui a perdu la telle: amp;nbsp;faut bien que ceux là nefoyêtpasvnis anoftre Seigneur lefus amp;nbsp;nâayent lâefprit de fandification, qui ont renoncé en corps amp;nbsp;en ame au Seigneur lefus, amp;nbsp;ont conuenu auec lâE-iprit malin, comme les hiftoires des Papes en font pleines depuis huit ou neuf cens ans en ça. Qui plus eft, sâils difoyent vray, cene feroit pas merueille fi chafeun cer-choit dâeftre Pape ou Cardinal, comme ils font ordinairement, puis que ceux la par neceflité font lâEglife catholique , amp;nbsp;nây a autres eleus de Dieu que ceux qui paf fent par leurs eledions, ou bien par la porte de la Cour Romaine sâen volent en Paradis. Si donques Rome nâeftpas lâvni-ucrs,mais comme vn poind ou cfchantil-
lon
A lâApologie de I. Haren. 9 Ion de lâvniuerSj comment /croit l Eglifê de Rome vniuerfelle ? fi tous les membres dâicelle ne font pas eleus de Dieu , ny v-nisa Chrift,ny infpirez par IâEfprit dâice-luy, mais eleus par IâEfprit de fadion, vnis a iceluy, amp;nbsp;infpirez dâiceluy, cornent lau-roit on trouucr,dire, penfer, fongcr choies plus diucrfes,differentes,amp; repugantes? Concluons donques tout a platquelâEgli-fe Romaine, qu'ils appellent, nâcft amp;nbsp;nc peut de faideftre Eglile catholique ou v-niuerfellc, non plus que Rome nc peut c-ftre Iâvniucrs: car il nâyamalTon fi adroit; qui puifle baftir 1âvniuers dedans Rome, mais Rome eft baftie dedans rvniuers,amp;: cn vne petite parcelle dâicelluy. Ilya bien plus encores : eâeft quelâEglifc ancienedâI-frael, mcfmc en fon temps plus florilTant, ne pouuoit eftre nommee Eglife catholl-queOU vniuerfelle,combien quelle auoic vn tefmoignage plus aflèuré par lâordonnance de Dieu en fa Loy, amp;nbsp;eftoit dâvne plus grande eftendue. Quel fonge donques , quelle refucrie nous mettent en auât ceux cy de donner a lâEglife Romaine vn titre li prefum ptueux, veu que lâo ne trou-ueaucune part neiâinftitution, ne tefmoignage apparent dclâinftitution dâicelle,
ÃO RESPONCÃ DE F. I.
que fôn cftcndue eft enferrce dedans Jes fept montagnes defquelles S. lean en fon Apo«. 17,,. Apocalypfe parle ? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Or com me au re
gard de la matière amp;nbsp;delà quantité ou efté-duedelâEglife vniuerlèlle, on ne peutdi-
rc proprement que lâEglife Romaine foit catholique ou vniuerfclle, par mefme rai-fon aufti difons nous que lâEglife prétendue Romaine nâeft pas Apoftolique au regard delà qualité ou de la forme eflcnciel-le ( par manière de dire ) amp;nbsp;naïue d'icelle. Car lâEglife Apoftolique,pour fairecourt, nâa pour fondement que lefus Chriftno-ftre Seigneur; pour forme eflencielle, que lâEfprit dâiceluy infpirant, viuifiant, amp;nbsp;fan-difîât chacun membre dâicelle: pourmai-ftres maflôns,que les Prophètes amp;nbsp;Apo-ftres : pourouuricrsordinaireSjque les Pa-fteurs amp;nbsp;Dodeurs légitimement appeliez de Dieu amp;defon Eglife: pour regle, efqui-çrre amp;nbsp;niueau, que la parole de vérité immuable amp;nbsp;eternelle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le prie mainte
nant toute ame Chrefticnneamp;: craignant Dieu, voire mefme iâadiure les Icfuitcs,qui ont (î bien coufu les caufes de Haren en-femble, amp;nbsp;les adiurc fur leurs confciences dcuantDieu lePcreamp;deuantnoftre Seigneur Icfus Chrift, qui viendra iuger les viuans
A l'Apologie DE I. Haren, h
â¼iuans amp;nbsp;les morts en fon apparition amp;nbsp;regne, quâils peniènt amp;difent en bonne fby, que font deucnues toutes les chofesfusdi-des en l Eglile Romaine. Nous ne difpu-tôs point des nomsmous ne fommcs point fidefircux de voir contentions amp;nbsp;débats, que pour le nom d'Apoftolic ou autre noâ vucillons quereler fans profit amp;nbsp;fans ccfle. Câelllafubftanccjcâeftla vérité que nous demandons : amp;nbsp;que li nous trouuions en lâEglifc Romaine pretcdue, nous rcdrions graces a Dieu d'eftre vn auecelleenrEgli-fc catholique amp;nbsp;Apoftolique. Voyons deques comme il en va.
LâEglife catholique nâa pour fondemêt que lefiis Chrift noitre Seigneur : luy mef-me la did non feulement de fa bouche, mais aufli parla bouche de Dauid, de S. piii.iiVlL' Paul, de S. Pierre, amp;nbsp;des autres Apoftres: Rom.?.«. LâEglife prétendue Romaine ne sâeft pas contentee de ce fondement, mais y a pose pour le premier S. Pierre, puis les autres A-poftres, coniêquemment les fainds.-brief elle a tellement mis a reculons amp;: débouté le fondement qui eft Chrift, que lâon nây connoiftplus lefus Chrift entre les fainds, comme eux mcfmes le confcflènt en pro-uerbe commun. Comment donc fubft-
Il Response de F. I.
lom. 8,9. tCor.ijj.
ftcra lâEglifc Apoftoliqiic en la Romaine, fi le fondement y cft fi mal rccuelli î Apres, lâEglife Apoftolique nâa pour forme eflcntiellc quel Efpric de Dieu le Pero amp;nbsp;de noftrc Seigneur lefus, qui a infpiré les Prophètes amp;nbsp;Apoftres, voire mefmein fpiréjViuifié amp;nbsp;fandifié de tout temps chacun membre dâicelle . dont aufii diloyert les fainâs Pères au premier concile de Co-ftantinople, leer o'/au Sain^i EJprtt qui ejl Seigneur,quieÃ'uiuiÃant^quîproeede du Pe~ re drduFilSyamp;c. fuyuant le dire de S. Paul, Si quelcun n a point [EÃrit de ChriÃ^ il n'eà point a luy ; amp;nbsp;ailleurs, Ne 'vom reconnoiffe^ ^uou^ point vou^ mefmet^que le^ut Chrià habite en vout ?Ãnon que vous Ãoyez reprouuez,.
LâEglife prétendue Romaine ne trouuc point celle forme bonne, mais commande que chacun membre fepaflède lâexamen, efpreuucamp; fentimcntde lâEfprit de DieUjdifant que cell prelomption amp;nbsp;arrogance fi aucû fc cuyde ou dit auoir lâEfprit de Dieu.câeft a dire,pour la bien entendre, tants en fautquâelle reconoiflepour fiens les vrais membres de lefus Chrift viuans de rElpritdâiceluy,que mefmes elle nere-connoift pas ceux qui font aflbmmez amp;nbsp;endormis pour fiens,mais feulement les
mem-
A lâApologie DE I. Haren, ij membres qui font morts amp;nbsp;pourris. Car Chrift nâeft il pas noftre vic ? amp;nbsp;le Sainól Efprit nâeft il pas le fel,par manier e rie dire, qui nousgarentitdc pourriture amp;:punai-fieÃt quiconque ne le lent point,ne faut il pas bien dire quâil foit vn mebre retraché, ou a tout le moins incbre mort amp;nbsp;pourri? Dâauatage lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftoli-quenâa pour maiftrcs mafl'ons amp;nbsp;ne reco-noift autres que les Prophètes amp;nbsp;A poft res felon lâordonnance de Dieu amp;nbsp;lâenfeignc-mentconftant des faindes Eferitures : lâE-glilèpretcdue Romaine en a tuufioursdc nouueaux, qui fe difans eftre fuccefteurs de S. Pierre, maflbnnent, demaftonnent, mouillent, brouillent a leur deuotion. Ce font les Papes de Rome.-qui foy difans a-uoir plenitude de puiflance ( notez que leur humilité eft telle quâils lèvantêtauoir plenitudedepuiffà nce, mais non plenitude d'Efprit) nefontaucune confciencc dequot; renuerfer le baftiment des Apoftres pour y drefler le leur. Ce qui eft expreflemenç couché en vers Latins enlaglofe desDe-cretales, quand il eft dit Articulosfil»it,Ãn~ »dumijue facit generalem : C eft vn ft grand pcrlonnage, quâil rompt les articles de la foy, amp;nbsp;fait les Synodes generaux. Si cela
14 reséoncedeF. I.
eft vray,certes il nây a iamais eu amp;nbsp;nây aura certitude ne veritédu fondement, ne de la forme, nede lâeftat enfomme de lâEglife Gabt. 5, lo. catholique amp;nbsp;Apoftolique.Car Dieu mef-iTtm.x.B. meseft vérité, amp;efttellementvn Dicuamp;: Iaquei,i7. . / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
vne vente, quilne peut te renier loymel-me, ny ne veut changer en fon Eglilècho-fequi touchcla véritéamp;fubftacc dâicelle. »Tcfl? 1,3- Qui eft donc le fils déperdition, finonce-luy qui sâattribue plenitude de puillà nce pour transformer la vérité de Dieu,amp; fè iouër a fon plaifir de lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftolique ? Encores faut il entendre, que leur arrogance ne fe contente pas de fé brauer en paroles amp;nbsp;vanter decefte plenitude, ains quâilsféployencde faiélrenuer-fans le droiél miniftere de lâEglife,amp; chan-geans la veiitéde Dieu en menfonge, corne nous le dcclarcrôs es deux poinds qui sâenluyuent. Car lâEglife catholique nâa pour ouuriers ordinaires que les Pa~ ftenrs amp;nbsp;Dodeurs légitimement appeliez de Dieu en icelle amp;nbsp;par icelle pour lâaftèm-blagedes iainds,amp;pour l'édification du corps deChrift; Mais en lâEglife Romaine , o bon Dieu , qui pourroit nombrer tarde fortes de loups en place de Pafteurs, tant de fedudeurs en lieu de Dodeurs,
tant
A lâApologie DE I. Haren. ly tant de marchandifès, trafiques, faóhiops, amp;nbsp;fimonics faides contre Dieu fans iugc-mentjans refmoignage, fans approbation de 1âEgIife: brief tant de ronipurcsamp; def-membrements lamentables qui sây commettent, en lieu dâvnfainâ:airemblagcamp;: édification? Leurs propres liures tefmoi-gnent, leurs confciences font conuincues, les gens de bien IccofcfTcnt, le mode voit a plei iour q de noftre téps il nây a pas vn feul de leurs piliers,q. ne foit venu en place par fimonie,fi 1â5 veut examinerleurs vocatios mcfme a la rigueur de leurs jppres Canos amp;nbsp;decrets,que les Papes ont commandez. Finalement l Eglife catholique nâa pour regle, efquierre amp;nbsp;niucau (pa r maniéré de dire ) que la parole de vérité, afauoir la parole de Dieu qui demeure cterncllement.Ie- lean ^.kpas fus Chriftmefme nâa vfé dâautre,le S.Efpric
r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.-Jâ I n 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tTidJ.J.ltf.
n e enfcigne port d autre, les Prophètes amp;nbsp;Apoftres sây font tenus: les fideles Pafteurs amp;: Dodeurs ne peuuent employer autre en bonne confciencc.- LâEglifeprétendue Romaine enferme ce beau amp;: précieux in-ftrument hors de la veüe des homes, lâen-ueloppe en langage cflrange,dcftnd la co-noiflà nce amp;vfagc dâiceluy au peuplczfubfti tue en place de la parole deDieulcstradi-
Response de F. I.
leia j,t. iTim.tjj.
A£b.4,ii.
EphcC 1,14. (win 4,14.
tions humaines : Sé comme fi câeftoit vn outii qui fe corrompift par vfage, prend lâautorité d'en forger tous les iours de nou-ueaux, ou bien le tord a fon plaifir pour fa commodité; brefellefert le pourcpeuple de menfonge en lieu de vérité, amp;nbsp;plonge ceux la melmes qui fc tiennent a elle en incertitude dedodrines perpétuelle. Caria parole de Dieu eft toufiours de mefme;el-le enieigne toufiours que tout homme eà chair, ^u'ileà 0;»Ãeulmedtateur entre Dieu les hommes le [us ChriÃhomme^quilnyaau-trenomfiuslecielparleijuel nouspuiÃtos eÃre fauuez. y (jue leÃaincl EÃrit eà le gage cjtie no fis auos de noÃre redemption, que Dieu eà EÃrit, C^rpourtatdoit eÃre adoré en EÃrit ujerité^ amp;c. Mais la doiärine de lâEglife pretedue Romaine varie en toutes fortes amp;nbsp;change alâindifcretion des Papes, des Cociles, des colleges amp;nbsp;moineries : amp;nbsp;apres vnefois e-ftrefortie des traces de vérité, enfeigne q toutccqui eft en lâhomme nâeftpas chair, mais quâil a encores derefpritamp;: du franc arbitre ou plus ou moins, felon le temps amp;nbsp;les perfonnes a qui elle a affaire : enfeigne ' quâileft bien vrayquelefus Chrifteft feul moyenneur, mais non point total, pourcc quâil lâeft de la médiation, mais les fainds
font
A lâApologIE DE I. Haren. 17 font moyenneurs de Iâinterceflionrelle en-feigneqnousfoinmes fauuez parle nom, merite, amp;: inttrccHion dâautres auffi bien que de Chrilt : elle enteigne que câeft pre-fomption de cuyder ou croire que nous ayons Icfaind Esprit viuant, habitant cheminât en nous; elle enfeigne que Dieu doit auflî eftre adoré es elemens du mon â deouuragede main dâhomme,amp; non lt;èu-Icmcc Dieu mais aufli les fainds ; brief elle ramafle vne infinité, vnabifmede fatras, auquel tant sâenfautquâclle foit confiante amp;nbsp;refolue,quâelle flotte toufiours en infiabilité,amp;cerche fans ceflè nouuelles inuen-tions en dodrines, regies, amp;nbsp;ceremonies contre la parole de Dieu. Seroit ce donc celle là lâEglife catholique amp;nbsp;Apofiolique ou orthodoxe, qui a renoncé amp;nbsp;renonce deiour enioura la forme de pieté, abandonne la vérité, amp;nbsp;fe noyé en incertitude? la ne plaifea nofire bon Dieu qui nous a creez,amp;:anofire cher Sauueur lefus qui nous a rachetez de fon précieux fang,nous delaifler en forte, que nous aprouuions ou confentions iamais defaid,de parole,de figne,ou de penfee a vne telle fauflèté «Sd impiété.
Mais sâil plaifi aces Mcfficurs dâenten-B
ï8 Response DE F. I.
dre quand ils parlent de lâEglife Romaine, le nombre de ceux qui fontaRome,bicn-aimez deDieu, appeliez pour eftrc fainds, amp;cerchans en vn feul lefusleur iufticeamp; vie éternelle par foy ; iâacorderay volontiers a proprement parler que celle Eglifc là eft de l Eglile catholique Ãe Apoftoli-que. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le diray encore plus, que com
me nous appelions cauoufangmelmev-ne goutte d eau ou de fang, amp;nbsp;comme nous donnons le nom d'vntout aux parties dâiceluy que les Médecins appellent li-milaiies, quedonques parmelme raifon celle EgÃle là cil Eglife Apollolique, amp;nbsp;peutellreainlî propremetappellee.entant qcâellvneEglilècdifiee furie fondement des Prophètes amp;â Apolires amp;nbsp;conformée a la doctrine amp;nbsp;ordonnance dâiceux. Mais de rappeller catholique il nây a non plus « de raifon, que li on vouloir donner a vn i ongle de mô corps le nom de tout le corps. nbsp;nbsp;nbsp;1
Donc pour coclufion du premier poin^, â câefl vue chofenotoire a tous, amp;foutien-tesfüis prouuec tant dâannées par tant de 1 gens lauans, que celle Eglife Romaine, t de laquelle on lait bouclier fi hautement nbsp;nbsp;nbsp;r
auiourdâhuy,nâell point amp;nbsp;nepeutaucu- nbsp;nbsp;nbsp;c
ne- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t
A lâApolocie de I. Haren, nement eftre lâEglife catholique amp;nbsp;Apo-ftolique, comme ainfi ióic quâelle sâeft indignement amp;nbsp;malheureulemenc retranchée dâicelle: H ce nâeft que par vne maniéré de parler nouuelle, la retailleure des ongles amp;dcs cheueux, ou autres excrc-mens de nos corps foyenc appeliez nos propres corps. Mais la vraye Eglife Romaine, qui eft de prcfent comme vne famille de Noë eftoit parmy le monde ancien, ou celle de Lot au mylieu de Sodo-me, amp;nbsp;de lob en la terre de Hus, eft vra-yemëtcnrEglilc amp;de lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftolique-
Or nous croyons amp;: confeflbns fuyuant la parole de Dieu , auec les fainâs Peres au Symbole de Nicee, l^ne fainch Eglià catholiques dr s^po^oliquesâ. nous contentons h bien de celle limple foy que lâEglife primitiue a tenue, que nous renvoyons au Pape amp;: a lès fuppolls toutes leurs belles rcllriélions : lachans que li Chrift, les Apoftrcsjlcs fainôts peres, amp;nbsp;toute lâEglife primitiue nâen ontenfeigné ne receu d auantage, ains au contraire ont combatu faindement contre telles traditions,que les gens de bien nâoferont iamais
lö Response de F. I.
tious condamner pour cela non plus qu« lâEglife primitiuc,a]a dodrinc amp;nbsp;patron de laquelle nous appelions en tresbonne amp;nbsp;faine confcience pour noftre dcfenfc Sâ iullifîcation.
Venons maintenant au fécond poind, pourvoir fi ce quâils difenteft vray, que les marques de la vraye Eglife font lâancicnn e-tc, rvnion,la généralité, amp;nbsp;la fucceflîon. Car prefuppofons que toutes ces chofes competent a lâEglife Romaine, ils difent haut amp;nbsp;clair que céft la vraye Eglife catholique amp;nbsp;Apoftolique. nbsp;nbsp;nbsp;Or ie demande
premièrement, ou demeure la parole de Dieu ? Nâeft ce point merucillc, que les homes'auiourdâhuy font venus iufques là , que pour iuger des vrayes marques de lâE-glifc, ils laifient la parole de Dieu,qui eft le fondement afièuré, le tefmoing, amp;nbsp;le iugc diccllcs? Ou plus-toft feroit ce pas merucillc , sâils pouuoyent rencontrer comme par fonge vnc feule marque dâicelle, quand ils mettent ainfi en arriéré la parole de Dieu? Et voila pourquoy ils difent que câefteseferits des homes que Haren a ccr-ché CCS marques, amp;nbsp;non pas es eferits des Prophètes amp;nbsp;Apoftres, pour le regard def-
queU
i (
J
lt; 1 1
( c f F
A lâApologie DE I. Haren, xi quels VEglife fut iadis nomec Apoftolique, comme nous auons clairement montré cydeflus.
Mais bien confiderons leurs marques toutes enfemble, amp;nbsp;chacune dâelles a part: afauoir l'ancienneté, lâvnion, la généralité amp;nbsp;la fucceiTion. T out cela fe trouue enfemble en la Synagogue de Satan depuis la cheute de noftre premier pere, qui ne tarda gueres longtemps apres la creation dâiceluy. Lâaflèmblee desCaïnites a eu le péché amp;nbsp;lâerreur en ladoârrinc treian-ciens, amp;: vnis eftroitement en general, amp;nbsp;par fuccelïîon continue de pere en fils. La-ban nâallegue autre argumet contre Iacob, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
quandilveut prendre ferment deluy, di-fant. Le Dieuâ' AhrahAm^ç^les Dieux de Na- CeBtCji,«. thor iugent entre nota â¢voire les Dieux de leur pere. Demefme vaila rEglifedelâAntc-chrift.qui des le teps des Apoftres, amp;nbsp;mef-me du Seigneur lefusa dreÃelemyftere »â¢ThîÃijâ. tommancé tæuure dintquité. Et toutesfois îâEglifc de Cain,deTharé,ou de lâAnte-chrift flirt la vraye Egide. Que fi en ces chofes là on ne trouue point la propre difference de la faufle amp;nbsp;de la vraye Eglife, pource qua nous trouuosceschofês com-B iij
Response de F. I.
munemet en toutes deux, il faut bie quâils nous aportent dâautres marques plus propres amp;nbsp;plus certaines, sâils veulêt que nous reconnoiflions leur Egide pourvraye. Nous ne nyons pas pourtant lâancienneté, lâvnion, la généralité, amp;nbsp;la fucceflîon de la vraye Eglilc de Dieu : mais bie difons nous amp;nbsp;maintenons que ce nâen font point les marques neceffaircs. Et de faiél, ü vn luif, ou vn T urc alleguoit l'ancienneté, vnion, généralité , amp;nbsp;fuccellion deleurdoélrine amp;nbsp;prétendu feruice de Dieu, on ne prendra pointées marquesen payement: amp;nbsp;les Chreftiensne fauroyentils alléguer autre chofe pour approbation de leur Eglifc,que ce qu'vn luifou vn Turc peut mettre en a-uant pour preuuc de la iienne ? Que fi on vient dire là defiTuSjque l'anciéneté, vnion généralité, amp;nbsp;fucccîfion ne font pas dâelles mefmes les marques de la vraye Eglife, ains entant quâelles font conioinéfes a ve-rité:câeft cela que nous voulôs de par Dieu, ! amp;pourquoy nousfouffrons tousles iours deuant Dieu amp;nbsp;le monde. Car nous en-feignons que lâEglife eft la môraigne la co -lomne le liege ferme, ou la table ( par maniéré de dire) amp;nbsp;chandelier de vérité, dâou la vérité reluit en toutes parts. Et de la nous
A lâApologie de I. Haren, ij
nous concluons : ce n'cftdonc pas l'ancié* neté, vnion,gcneraluc,amp; lucceffion a part, ne toutes enfêmble , qui font les propres marques delà vrayeEgliic:maisIa vérité, la vérité eft la vraye marque dâicclle.- la vérité, di-ie, donnée de par Dieu, receue de rEglife,gardeecn lâEglife, amp;nbsp;difpenfèepar lâEglifc en vérité felon lâordonnance de
: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dieu.
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Orqueftce decefte vérité,finonlapa-
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rôle de Dieu ? comme dit le Seigneur le-
: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fus, SAnElifie le s par ta vérité: ta paroles eà pââ
'vm/e. amp;Dauidparauant difoit, LecheftJe 169.
gt; ta parole c efl la venté. Et pourtant cefte ; eft la vraye Eglife fans contredit qui a la ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vérité; amp;cefteEglifefeelleepar lâEipritdc
vérité, a pour marques indubitables la vc-
1 hté que Dieu luy a donnée en garde, 1 les exercices dâicclle, a fauoir la vraye in-s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uocationdunom de Dieu, la predication
', de fa pure parole, lâadminiftration desSa-cremens, amp;nbsp;la difeipline Chreftienne en
I, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la comunion des fainds. Autrement il nây
s auroit point eu de vraye Eglife du temps - I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAdam: car la vérité (qui eft éternelle en
Dieu) cftoitlorsnouueau-necau monde, lâns ancienneté, fans généralité, fans fuc-
u ccflîon quelconque. Qiti plus eft, il a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B iüj
s
24 Response de F. I.
nây auroit point eu dâEglife Apoftoliquc du temps mefmedenoftreSeigneur leius, amp;nbsp;de fes fainds Apoftres ou des fainds Peres , que Tertullian nomme Perfonnuges A-foïioliques-.c2.ï lâanciéneté amp;nbsp;autres ne s'y pouuoiêt encor trouuer alors. Or ie vous prie, quel blaf phemc feroit ce, de dire, ou que lâÃglife nâa point cftéen ces temps là bienheureux, ou bien fi elle a efté, quelle n'a point eu fes marques propres amp;nbsp;naïues pour eftre reconnue? Necefl'airement donques nous faut il reuenir a lâautorité de Dieu, qui par fon fainélEfprit nous enlci-gne en fa parole,ce que nous deuons ou re-ceuoir ou reieéter : necefîairement nous faut ilreconnoiftre la vrayeEglife par cc-fte parole de vérité, amp;nbsp;par les exercices dâicelle. Car les chofes anciennes ontquel-quesfois efténouuellesen leur comman-cement : mais la vérité a toufiours efté vérité, lors mefmes quedenouueau elle fut declaree au monde : amp;nbsp;demeurera a tous-iours vérité, non par le benefice des hommes , mais par lâoffice, amp;nbsp;la vertu éternelle de Dieu. Mais pour entrer particu-leremét en la côfideration de ces poinds, «f'«K dirons nous de ce que Dieu defend ^^Wr^uer lâancienneté pour defenfe ccr-' taine
A lâApologie de I. Haren, xj taincamp; preuuedelâEglife? Cardefaictil ny a hommes, ne temps, ne lieux qui donent autorité a la parole de Dieu, lâautorité eft de Dieufeul,amp;: de fa faindc parole, comme du Seigneur éternel : les hommes, le temps, le lieu, amp;nbsp;autres chofes fêmbla-bles ne font quâinftruments amp;nbsp;aides feruas autcfmoignage d icelle felon leur petitef-fe. Pourquoy cercherions nous des petites allumettes,quand nous fommes efclai-rczdu grand Soleil de vérité, amp;nbsp;obligez a fon autorité? Câefteeluy a qui ilapartient vrayement de parler ce langage, tuy qftila eÃe di£i aux anciesynais moyie 'uous
QeÃceluyfdiioitS.Cy'^n2xi}duquel nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âââ¢'P*'
le Perea te[moigné du ciel ,dtJant,CeÃuy cy eà mon fils bienaimé-,aueyueliay prù mon bonplai-fir : efioutez, le. Si doncyues Chrià doit eÃre feul efeouté y il ne faut pas regarder a cecydau^ cun deuant nous aura pensé eÃre defaire, mais * ce que ChriÃa fait le premier cyui eà deuant totts: car Une faut pas fityure la couÃume des hommes, mais la 'vérité de Dieu. Câeft celuv qui pour cefte cauiênâa point diet, le fuis lacouftume,ains/f7«4f/4'Vfm(â. Câeftce-luy qui difoit par Ezechiel, 7^ vuetUez, Ezech. i». point cheminer es ordonnances de 'vos per es, df '*â ne gardez point leurs droùs, amp;nbsp;nefiyez foittl-
Response de F. I.
le Z, en leurs ide les : le fuis le Seigneur uoslre^ Dieu y cheminez, en mes ordonnances, nbsp;gar
dez mes droits dt' les faites. Câcft le mclinc Malach.},/. quidifoitparMalachic, Des les ioursdeuos feres vous aueT^r énoncé âmesfl at ut s, dr nt l^t auezpoint obferuez ; conuertijfez vous a moj^ (fr te me conuertiray a vous dit le Seigneur.
rPiet.i 18. Câcft luyqui difoit par fainél Pierre, fauezcjuevous n aue'^oint eslé rachetezpar chofes corruptibles, or ou argent de vostres vaine conuerfation qui vous auoit esté donnée des peres,mais par le fangprecieuxde Chrtfl^ dre. Que faut il donc tant gazouiller de lâancienneté, fi on ne monftre enlcmble la vérité? Et defaicl, quand ils veulent faire bouclier de l'ancienneté,ils dc-uroyentpremierement declarer de quelle ancienneté ils parler, afin quâon ne leur reproche auec raifon quâils veulent abufer dâvntelmalquele pourefimplc peuple amp;nbsp;ignorant.Parquoy nous la définirons pour eux, amp;nbsp;la dcfinirôs par les propres paroles de lâauteur quâils oppofent auiourd'huy tout ordinairement cotre nos allegations. Câeft Vincentius Lirinenfis, home lauant amp;nbsp;fubtifiqui a vefeu enuiron 43c ans apres la natiuicéde Chrift. Iceluy dit ainfi.-iVöa^e»-fyurons l'ancienneté nous nefôriosen aucu-
nema-
A lâApologie DE I. Haren, xy ne moniere des fens ou interpretationsdefijuel/es ileà manifeïicijuenosÃinlls ance^tresamp;feres ont celehreesNo\\a en bone foy les paroles dudid LirineÃs. Orniaintenac quâeux nous difent en bonne foy,qui font ces per-Ibnnages quipeuuenc ellre nommez nos fainds anceftres amp;nbsp;peres fans aucune doute ou contradidion. Pour ce faire dâou co-mancerons nous mieux, finon delâEglifc Apoftolique amp;nbsp;primitiue ? Car qui font les anceftres amp;nbsp;les peres plus fainds q les A-poftres? Ce font ceux qui ontreceulede-poft de noftre Seigneur lefus Chrift,amp; qui lâontcomisalâEgliic amp;aux Miniftres dâicelle. Ladonqueseft legifte, par maniéré de dire,amp; la premiere reiôurce de lâancic-neté. Orvoyosic vous prie,qui en approche de plus près, quelle Eglifc eft plus conforme endodrine amp;feruice de Dieu aux Eglifcs fondées amp;nbsp;gouuernees par les A po-ftres:briefen quelle Eglife la foy amp;nbsp;lâobeif-fance de foy eft plus foigneufemétgardee. Cela fe connoiftra,fi on confidercles marques q nous auons propofees par cy deuat, lâinuQcatiojl^odrinc, lâadminiftratio des y â¢' Sacremes, amp;i. fobferuation de la difeipline Ecclcfiaftiq fclo la parole de Dieu. Premie rement nous inuoquos vn feul Dieu parle
iS Response de F. I.
meriteamp;r interceflîon dâvn fenl Chriftpar k conduite de fon Efpriten noftre intelligence,câeft a dire,en langage entendu, corne les Apoftres ont faid amp;nbsp;nous ont en-feignez de faire lêlo lâordonance de Chrift. Etque font ces nouueaux patrons delâan-cienneté ? Ils nâinuoquent point vn feul Dieu,ny ne font les autres choies que noâ vends de dire, mais felon leurs deuotions particulières,communiquer lâinuocation aux fainds quiapartienta Dieu feul : em-ployent le merite (comme ils difent ) amp;nbsp;in-tercelEon dâiceux, par vnecertaine façon de faire que nous appelions routine, kns quâeux en ayent lâintelligence, ou la donnent aux autres : ce qui eft diredement contraire a lâordonnance de Dieu amp;nbsp;a lâex-rCM.14,1*- cmple dufaind Apoftrequi difoit, Ieren graces a monTiieu que te ^arle plue de langues que'VOUS tous -.mais tayme mieux parler cinq paroles en lEglifè auec mon intelligence^ afin quel inïiruife aufii les autres, que dix mille paroles en langage inconneu. Quant a la do-drine,ie ne vueil prendre que les decrets amp;nbsp;décidons mefmcs des Papes amp;nbsp;les determinations des Cociles, pourmonftrcr quâils font aulli difFcrcts des Elcritures Pro phetiques amp;nbsp;Apoftoliques,quâeft leiour
delÃ
A lâApologIE DE I. Haren, delà niiid, ou Ie blanc du noir. Des Sa-crcmcns câeft vnc vraye moquerie, com-meils les ont desfigurez, corrompus, amp;: mefmc abolis en partie. Quelle fimilitu-dey a il de leur MelFea lâadminiftration de la fainde Cene comme elle a cfté inftituec de Chriftjcelebree des Apoftrcs, amp;nbsp;obfcr-uee entre nous ? QiKlleconuenanceyail entre le Baptcfme qui eft vfité en lâEglilè prétendue Romaine, commcil eft fouillé de fel, crachat, huile, crefme, cierges, cx-orcifmcs, amp;c. amp;nbsp;entre le fimple Baptcfme des Apoftres laid en eau commune,comme entre nous? N eft il pas plus ancien que lâEglife communique au pain amp;nbsp;au vin de la Cenc,comme nos Eglifes le font,que de participer fous vne feule efpecc fiiyuantla decifion ferialedu Concile de Conftance, qui eut fon premier commancement le huidicfme Décembre lâan 141 j ; il nây a en tout que 17 3 ans ? Au regard de la difci-pline, quâeftee qui eft plus ancien, que de la commancer par les chefs (comme feit S. Paul en lâEglife dâAntioche) amp;: lâexercer fidclemct entoures chofesfans acception deperfonnes? Et qui ne fait combien cela eftodieuxal'EglifeRomaine?qui mefme depuis le pourchas de tant d'annccs faid
Response DE F. I. â
par les Empereurs, Rois amp;nbsp;Princes de la Chrefticccjnâa Eüèl rien que tergiuericr en toutes ces alîemblees de Cociles,amp; mieux aimé brouiller tout le mode en guerres amp;nbsp;diuifions inteftines, quecomanccr vn Icul poind de fa reformation. Tefmoin ce bon Empereur, qui entendat q le Pape vouloic cÃmancer par la reformatio des freres mineurs, dit quâil nâen viendroitiamais rien, fi ladite reformation necommançoitpar les freres maicurs. nbsp;nbsp;Mais fur tout quelle
conformité peuton fongerentre le ià inét amp;nbsp;vif minifleredes perfonnes appellees,amp; la prefence des images taillées ? LâEglile ancienne n auoic point d images, ains des fideles feruiteurs de Dieu vaquas aux prières, a la parole, aux Sacrcmens,amp; a lâordre Ecclefiaftic,fiquc Chrift eftoit viue-ment pourtraid deuat les yeux de chacun. Et maintenant il faut auoir tous les anglets des temples pleins dâimages de toutes fortes, voire mefmede DieulePere,qui eft vne intolerable abomination. Si don-queslâanciêneté eft vne marque delavra-ye Eglife, amp;nbsp;lâancienneté de lâEglife primi-tiuelètrouuc en la noftre, quelle raifona lâEglife Romaine de sâen vater ainfi a pleine bouche ? Quelle Eglife itigera on Ichif-mati-
A lâApologie DE 1. Haren. 31 manque,celle qui fuit les traces dâancienneté, ou celle qui les fuit ? Elcoutonsicy leiugementdeceluy quâils allèguent tant, alauoir Lirinenfe, qui dit, Si on command ^moÃtr des choses nouueUes auecles anciennes., des foraines aux domeïtiejues nbsp;nbsp;nbsp;des profanes
aux famées dors necejfairement ce^ie coutume vient a gh/fr par tout tellement que par apres rien ne demeure en l BgUfè que l'on ne touche, goife,entame,amp;fuille,mais ilnyadelà ena-uantfinon vnbordeau demefehantes (ft^vilai-nes erreurs, ou eft oit parauant lefancluaire dv~ ne chafe vérité amp;nbsp;éloignée de toute corruption. Et fl on dcmâdc ce qui eft de faire en vn tel eftat dclâEglife, le mefme rcfpondra pour nous en diîant , t.dilorsle Chreflien cathoUc auifèra de fe tenir a f ancieneté,de laquelle main tenant il ne peut bonnement efre feduiéi par aucune fraude de nouueauté en frtequece Joit. Et pourtant afin de rnóftrerdâautat mieux noftrc bonne cofcienccjnous fommes encores contents de nous ioindre a lâEgliic quâon appelle Romaine, fl elle fe reforme amp;ioind alâEglifc ancienne amp;nbsp;primitiuc. Mais fl elle n'en veut rien faire, que polluons nous mieux f lire finô demeurer fermes en lavraye amp;faindeancienneté que Lirinenfe mcime nous côfcille? Car certes
jx Response de F. I.
câcft chofc beaucoup plus aflèurec pour toutes âmes Chreftiennes de fuyure vnc vrayc, folide amp;nbsp;confiante ancienneté,que de fc remettre a la conduite de celuy, qui cnfèigne que câeft prcfomption de sâaflcu-rerdefonfalut, amp;nbsp;quivomifTant blafphc-mcs incroyables prononce en ces canons, 2^; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(^VLcÃlePape negligent (^rlaÃche en ce cf ni con
cerne le falut de fôy dr des autres^mene les âmes par troupes en enfer pour eÃre damnees aaec luy le diable éternellement nul ne le peut reprendre ^pour autant (jue celuy cjui iuge tout le monde, ne peut eÃreiugede perfonne.
Voila quant a lâancienneté : câeft que nous appelions a lâEfcriture comme les pères, amp;nbsp;enfuiuons les pères felon la mefme E-fcriturc.
Mais quant a lâvnion, il fera aisé de vuy* der en brief ce quâils en difènt, fi nous entendons ce quâils nomment vnion. Car ilya bien vnion illicite, comme entre les brigands ; Il y a vnion licite, comme entre les marchandsII y a vnion ncceflà ire, corne entre les fideles. Or icy ils veulent parler de lâvnion neceflà irc, que leur auteur quâils ont fuiui (a fauoir Vincentis Lirinen-Ãs} appellentcofentement, en difant,j?Vb«# Juiurons ce conÃntement ^à nous enfutuons e^
Ian~
A lâApologie DE 1. Haren. 55 tancienneté fusdicîe egalement les definitions amp;auis de toics les CMiniïires amp;nbsp;DoSîeurs0» a tout lemoinspre^cjue de tous. Ccfte vnion donques felonie tcfmoignage dudiâ: Li-rinenlCjConfifte en deux choies .-premièrement en lâancienneté fusdide de dodri-ncjfecondement au confenteméc des gens fauans, Miniftres amp;nbsp;Doéteurs bien entendus amp;nbsp;refoliis en ladide ancienneté. Si Meflîeurs les lefuites amp;nbsp;autres membres delâEglife prétendue Romaine ont entre eux vnion hors de ladiéte anciennetéjCâeft vnion de brigands,amp;rEglife Romaineeft vne cauerne de brigâds pour le faire court: ou pour le moins,sâil y en a qui pechent par ignorâce, ceux là font entre eux vne com-paignie de marchands,que S. lean appelle marchands dames. Et dâautrepart, de quelles perlonnes prcnnêtikauiourd huy . leurs refolutions que du conclaue de Ro-. me ? câeft adiré , dâvn amas de perfonnes . 1 nbsp;nbsp;nbsp;qui ne font en rien moins entendues quâen
laparolede Dieu amp;nbsp;en lâancienneté, mais 1 font vrayemét belles çhauflcçs amp;: mitrecs, ignorantes comme afnes,fines comme renards, amp;nbsp;fanglanteTcomc lyons : ainfi que J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rcxpcricnccmódrciourncllcment. Tou-
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tesfois fi nous monftrons deuant tout le
34 Response DE F. I. monde, quâils nâontpoint dâvnion auec la vraye doctrine,ny auec lâancicnnecé, ny les vns auec les autres, qui eft lâhomme de bonfensqui nenousaiuge caufegaigneeî Qu'ils nâayent point dâvnion auec la vraye doétrinc, nous fauons ia monftré cy def-fus, amp;: eux mefmes l'ont tout bellement y confelTc fans fonner mot, quand ils ont mis en arriéré la parole de Dieu, en parlant des marques de la vraye Eglife dâice-luy; combien que Lirinenie lâauoit mile deuant toutes chofes pour la premiere amp;nbsp;cllèncielle marque. Quâils nâayent pas vnion auec lâancienneté , les anciens Peres amp;nbsp;Conciles le monftrent. Car les eho-fes bônes amp;nbsp;fainétes qui y ont efté iadis en-feignees amp;nbsp;arreftees, lônt auioiirdâhuy no lèulement témérairement abandonnées, mais auHi violées amp;nbsp;fouleesaux pieds du Pape amp;nbsp;des liens malicieufement. nbsp;nbsp;TeÃ
moins en font non feulement les Tomes des Conciles amp;nbsp;les Ades dâiceux, ou les e-fcriptsauthêtiqsdes Peres, maisauffi ( qui plus eft ) les propres Decrets de Gratian, les Epiftres Decretales des Papes, qui co-batentles anciennes determinations amp;nbsp;e-feritures des Peres, amp;: Ce renuerfent elles meftnes en infinis paffages. Les anciens
Con-
A lâA POLOG ie de I. Haren. 35' Conciles ont défendu les images qui fê puiflent adorer es têples: ceux cy les commandent expres. Les anciens ont commandé la communion des deux elpeces en la fainde Cenc, amp;nbsp;commandé a tous: ceux cy la défendent a tous, excepté aux Prellres. Les anciens ont commandé quâil nây euft clerc ou perfonne Ecclefia-ftic qui ne mangeaft de la chair, ou pour le moins vfaft de bouillon de chair pour fuir lâerreur des Prifcillianiftes: ceux cy tout au cotraire. Et qui pourroit amafler toutes les contrarierez qui font entre l'Eglife ancienne amp;nbsp;la prétendue Romaine ? entre les vieux Conciles amp;nbsp;les nouueaux ? Car la vérité de lâEglife ancienne eft toufiours v-ne: mais le menfonge de lâEglife prétendue Romaineeft fi diuers, amp;nbsp;a efté tant de fois bigarré depuis quelques cctaines dâan-nees,quâon nâen peut trouuer fond ne riue. Le Concile de Chalcedone a condamne * Eutyches : le féconddâEphefc la iuftifié aprouué. Les Conciles dâilliberis de Francfort défendent les images : Icfecond^ de Nicce en commandel adoration. Le 13 premier de Nicee^ennet le mariage aux'^ prehres ; ceux de Neocefaree, de Mayen-1 ce, le fécond de Carthage le défendent, l
C ij
^6 Response de F. I.
4 Les Cociles de Coftance amp;nbsp;de Bafle met-tent le Pape fous lâEglife au reng des autres Euelques : ceux de Florence amp;nbsp;de Trente 5* le mettent par deflùs. Le CociledeCar-thagecxcômunieceluyqui î^it Euefque vniuerfel ou Pontife fouuerain.-leConci-ledeTrenteexcomunieceux qui ne tiennent le Pape pour tel. Mais fur tout quâils n ayenr pas vnion les vns auec les autres, il ne faut que les chofes de noftre temps pour les en couincre. Car pourquoy eff ce quen'agueres lePape Gregoirexiiiafaiôt re.iiK nbsp;nbsp;nbsp;rcuoir le Droit Canon, lînôpource que fa
confcicceamp;de fesfuppofts trouuoitquâe-cores auons notisla des armes parla gra-' ce de Dieu fuffifantes pour les confondre? pourquoy y a il faid aioufter, diminuer, chager,amp; brouiller a fon plaifirâpourquoy a fai (St le Cocile deTrente vne cenfure generale fur tous lesPereSjfinon pource q les Peres ne font pas dâvn auis auec les corrupteurs amp;nbsp;brouillons Papiftiques dâauiour-d'huyâpourquoy encores depuis fe font elc uczdes nouueauxmaiftres ingeniaires amp;nbsp;reformateurs de l'anciénetc, q. enforcellêt les Rois amp;nbsp;Princes auec leur fauÃes inuen-tions ; par lefquelles ils fallifient tout ce qui peut eftre de fainôt entre les homes ? Eftce la donques lâvnion, Meflieurs,q vous nous
A lâApologie DE 1. Haren. 37 prefchcz tant ? Nâeftce pas plus toft vne trefuilaine amp;nbsp;infame dcfunion?nâcft ce pas vn teftnoignage inuincible de voftre con-fcience mauuaife,amp;: cautcrizeeâCar pour-quoy plus toft ne retournez vous, amp;nbsp;vous rendez vous mefmes a l'ancienneté, que de la forcer ainfi, amp;nbsp;en elle corn barre la vérité ? Or de noftre part nous auons toufiours efté amp;: fommes encores prefts, Dieu mercy, a moftrer combien foigneu-fement nous nous rengeons fous la vérité, amp;nbsp;nous contentons dâeftre difciples dâicelle, vlà ns pour cela en reuerence deuc amp;nbsp;conuenable delà boneadrefl'eque les Pe-rçs anciens nous ont donnée Nous pro-teftons amp;nbsp;affermons deuant Dieu amp;nbsp;les hommes, que nous nâauons autre defir, fi-non que comme nous auons vnion de vérité auec les ancies Peres, auffi nous layons auec tousles difciples de vérité par la be-nediâion de Dieu : voire mcfme auec lâE-glife Romaine, fl elle fe veut amp;nbsp;peut ren-ger deffous la vérité. Mais tandis quâelle voudra ainfi maiftrifer la vérité comme elle a entrepris, nous fupplions Dieu quâil nous garde fidelement du viel leuain de ladite Eglife,exhortons les fidelesdâauifer foigneufèment a eux mefmes, amp;nbsp;retenons
C iij
38 Response de F. L en bonne cofciencc lâvnion ferme amp;nbsp;fain-de auec lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftoli-que fans la Romaine.
La troilielme marque quâils appellent généralité, eft celicqueLirinenleappclle âvnitierfiidi. Nom ^u'juroSyèôX. cefle manie-re lu généralité,fi nom confcffions quecefiefoy fiuleefivraye foy, Lteiuelle toute l'Egltfe pur le mondeconfefic. Celanous faut il bien noter necefl'aircment, poureequeces ruftres vfenc volôtiers amp;nbsp;fouuët de paroles a deux entêtes,afin de mieux enueloperceux qui n entendent pas leur. Latin. Car vn petit copaignon entendroit incontinent par ce mot de généralité,le parti qui a plus de mo-'depourloyiamp;deià s'enfuiuroit que Noe amp;nbsp;les liens, A braham amp;nbsp;les liens,Elie amp;nbsp;les fiensnâauroyêtpas eulavraye Eglifeentre eux,veu que ce nâeftoit quâvne poignee de gens melprifez. Mefmesles Gctils auroy-ent eu 1 Eglife entre eux ; amp;; encores au-iourdâhuy les Mahumediftes Icporteroy-ent par deflhs les Romanefques, fi on iu-geoitpar lenôbredcs chefs dâvne profef-Luc I i, 31. lion.Iefus Chrift refpond a cela pour nous, dilant Ne craignez, point petit troupeau ; car il apieu a -voslre pere celesie 'vom donner le Royaume eternel. nbsp;nbsp;C.C n eft pas là que les an
ciens
A lâApologie DE I. Haren. 39 eiens en veulent, parlans delà généralité.-car ils ne parlée pas de la généralité du mode,ne de la pi us grande partie dâiccluy,(qui nâeftpas toufioursia meilleure,)ains delà généralité derEglifc; non pas de lâEglifc Romaine, mais de toute lâEglilê par tout le monde .-non pas de la généralité delâE-glifeenfoy,maisdcfa généralité enfoy. iedi en celle qui feule efl:vraycfoyamp; immuable éternellement. Voircen telle forte,que quad route lâEglife fouruoyeroit de lavrayefoy,amp; vne feule famille ou meP me perfonne confifteroit amp;nbsp;fe tiendroit en icelle, toufiours ceftuy cy auroit la genera-lité.-car il auroit lâvnion amp;nbsp;lâancienneté par deuers foy , cependant que les autres Ce fouruoyent en nouueauté. Et de faicl Li-rinenfe ne dit pas, que cefte généralité regarde a la foy que lâEglife Romaine con-felTera comme il luy plaira,mais bien a cel-le que lâEglifepar le monde confejfe, câefta dire , qu elle confefloit en fon temps, auquel temps lâEglife cftoit fans comparai-fonplus nette amp;nbsp;éloignée de toute corruption amp;nbsp;fauflèté. Car il viuoit du temps dcTheodofe amp;nbsp;Valentinian Empereurs, amp;nbsp;efcriuitfon liure trois ans apres ce noble Conçile dâEphefc qui fut tenu contre
Nefto-
40 R E s P o N s E D E F. I. Ncftoriiis ,cnuironran4 jo apres la nati-uité de noftre Seigneur lefus. le laide inainrenâtiuger toute perfonne Chreflic-ne,sâil y a raiion ou apparence aucune de fe vanter a tel pris delà généralité, quad il nây a par deuers eux ne parole de vérité, nâan-cienneté, neconfentcmentgeneral qui fe puiflè monftrcr auec la vérité amp;nbsp;ancienneté : amp;nbsp;fi ce nâeft pas plus toft vn faux-vifagc de pieté pour esblouyr le poure peuple i-gnoranr,comme ces gens font maiftres en ce meftier.
Reftelaquatriefme marque fclo le dire de cesMeffieurs,quâils appellent fucccfîio. Or il cft a noter que Liritienfis-, duquel ils ont extraict toutes ces marques a leur auis, nâa pas efié fi belle quâil ayt faiél dâvne mar que deux,corn me lâonfaiélicy. Car lâantiquité amp;nbsp;la fucceflîon ne font quâvnc feule marque : veu quelâatiquitéen toutes cho-fes humaines prefuppofe lùcceflion, la fucceflîon ne fut iamais que de l'antiquité ou des chofes qui ont ia parauat eflé.Pourtant ce bon perfonnage fe cotentoit de dire parlant de chacun Chreftien, Il fautdi-ligemment prendre garde en l'Eglife catholi-que^ijui notfi retenios ce ijtà a eÃe créa par toutf touÃiours, amp;nbsp;de tota ccà a dire, la généralité lanti-
A lâA pol OG ie de I. Haren. 41 l'antiqi!itc\ôquot; le conÃentcment ou quot;vnion enfoy. 11 ne met pas vnmot delà fucceflion. Mais encores, posé le cas que nous leur pardonnions ce vain babil amp;nbsp;redite ouda-cieuferqucgaignerontils auecleurfuccef-fion? llsfaucnt bien que toute fuccefliô cil par nature, ou par ordonnance amp;nbsp;inftitu-tion. La fucceflion ordinaire dumodceft par nature :1a fucceflion delâEglflèeftpar lâordonnance de grace. Puisquâils pretender fuccefllojor fus, quâils nous en mo-ftrent l'ordonnance. Ils nâen fauroyent ho-neftement produire d'autre,que celle de la parole de Dieu comprile au vieil amp;:nou-ucauteftamet. Ccftuylà eft le vray inftru-ment, le document, amp;nbsp;les letres denoftre fuccelTion. Or en ces letres on ne trouuera pas vn feul mot qui comande ou promette a lEslifeChreftienne aucune fucceflion de lieu,ou de perfonnes.Sâily auoitfuccef-fiô de lieu particulier,ce feroit iudaizer de rechef: caries luifs auoyentfucceflion au temple de Dieu amp;nbsp;en Ierufalem,que Dieu a depuis débouté, comme il auoit diâ: par fes Prophètes. Etd auatage l'EglifeChre-ftiéne ne feroit plus catholique ou vniuer-Iclle.'car ce font choies répugnantes quâel-le foit efpanduc en rvniuers,amp; cnferrec en
41 Response DE F. I.
quelque place dâiccîuy. Sâil y auoit fuccef-fio periônnelle au miniftcrc dâicelle,il fau-droicquâelle fuft ou felon la fuite naturelle degeneratiô pour fucceder de pereen fils: (,or les Miniftres de lâEglife Romaine nâot point de generatio:sâils en ont,leurs Canôs les excluct corne badardsde toute fuccef-fion) ou quâelle fut felon quelq fpeciale in-ftitutio ordonance, q ne le trouue point es laindesEfcritures.Si donques lafuccef-fion de lieu ne de pcrfonnesnâefl de valeur aucune, amp;nbsp;ne peut eftre ferme par le tefta-ment de nolbeSeigneur lelus, querefteil autre chofe finon vne fucceflion reale ( corne on appelle)aux droids amp;nbsp;biens qui noâ font léguez par ledid reftamct,amp; aux conditions diceluy î Produifons nousletefta-ment comme heritiers deChrifl îreceuos nous les droids par foy ? tends nous les co -ditids dâiceluy en obciffance de foy?repre-fentons nous iournellemct a lâEgliie la fub-ftancede ceteftament pour engêdrerdes enfans, les entretenir par le faind mini-ftere amp;nbsp;dilcipline Ecclcfiaftiq en la cdmu-nion des faindsj'autant ferons nous fuccef-feurs de Pierre ondes autres Apoftres en lEglifè de Clirift quelque part q noâ foyds, quâEuodius a efté fuccelTcur dâiceluy en
An-.
A lâApologie de I. Haren. 45 Antioche ,amp; Linus ou Cletusfcomeils di-fenr)aRoiTie. Mais fi le teftamêt de Chrift eftfalfific amp;deboute en mille fortes, fi les droits en font abolis, les conditions eftein-tes, le miniftere védu amp;nbsp;perdu, corne il eft en TEglifè prétendue Romaine: vrayemec pouuons nous bien dire quâelle n'a pas fuc-cedé en la vocatio de Pierre depuis sâeftre ainfi corrôpue, mais en la perdition de Simon, Carlafucceflïon cftcnla parolede Vérité,hors laquelle il nây a anciéneré,vnio, negeneralitc qui vaille; corne tresbienen parloir Hirenee difant, q ceux qui femblêt vrais Prefi:res,ne le font pas toutefois, mais ceux qui gardent la doélrine des Apoftres.
lufques icy nous auons demonftré, que felon ladoéfrine de vérité qui eft ferme a toufiours, amp;nbsp;receue par tout amp;nbsp;de tous les difciples de vérité, nous auons lâancienneté, rvnion,amp; la généralité en fucceffion droite amp;nbsp;legitime : au contraire que lâEgli-fe Romaine sâattribue tous ces titres a tres-faufiès enfeignes, puis qu elle renonce amp;nbsp;combat a outrance la vérité immuable de Dieu comprife en fa parole. Et par confe-quent, que nous auons vraye communion auec Dieu amp;nbsp;auec fes fainéis en lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftolique, ainfi quelâEfprit
44 Response DE F. I.
amp; la parole tleDieu nous en redent aiïeuré tefinoignage. Ce nâeft doc pas nouueautc, (comme Haren reproche ) ne partialité, ne témérité quimafntenat eftbla(mee en nous^puis que nous fuiuons Sc faifons pro-fedîonpar la grace de Dieu de la vérité e-ternclie dâiceluy, quielltrefanciéne, touf-iours de mefmc, amp;nbsp;fèmblable a foymefmc en tout amp;nbsp;par tour. Cede vérité eft nou-uelle au iugement de lâEglifc preteducRo-maineamp; eft blafmeediuerfemét en nous, corn me iadis eftoit blafmee la doctrine de Chrift amp;: de fes Apoftres en lâEglife des luifs. Dieu qui en eft le iuge, amp;nbsp;qui def-couuretout aclairfon iugement en là parole , face la grace aux âmes fideles amp;nbsp;qui cerchent la vérité fans partialité, de luger vn droit iuçement fur cela: amp;leur vueil-le donnera celle fin Efprit de prudence amp;nbsp;dedifcretion,pour reconnoillre la vérité en fon Eglife ôâ es mêbres dâicclle, lâem-braller en pieté.
Maintenant il eft ailé a voir par les choies lùsdiéles cobien eft mal fondé le dire de Haren amp;nbsp;de fes peres lefuites, quand ils nous veulêt faire croire que tous ceux qui ont eftéreccusenfans de Dieu par leBa-ptefme en lâElglife catholique Apoftoli-que
A lâApologie DE I. H AREN. 4j que amp;nbsp;Romaine,font obligez a lâEglife Ro maine dâvne folennelle obligation. Car premièrement, nous auons fuffifammcnc monftré que lâEglife catholique, Apofto-lique,amp; Romaine nâeft pas tout vn: dont il sâenfuit que nous pouvions bien eftre obligez a lâEglife cathol. amp;nbsp;Apoftol. fans eftre obligez a la Romaine: voire(qui plus eft)q 'par lâobligation que nous auons a lâEglife catholique amp;nbsp;Apoftolique, nous fommes tenus deuant Dieu de n auoir aucune telle obligation entiers celle qui fe nomme E' glife Romaine, puis quelle fait vn fchifme amp;rompurefi pernicieufeôô deteftableen lâEglife de Dieu. Et puis,en vertu dequoy fommes nous obligez? de ce que nous a-uons efté receus enfans de Dieu en lâEglife par le BaptefmeEt certes câeft bien rai-fon;vcu que lâEglife catholique amp;nbsp;Apofto-liqueeft la mere de nous tous que nous luy Galat. 4,ilt;. foyonsobligez.commeDauidaulTilepro- Pûl. n.«-,?. tefte de foy. Mais toutesfois quelque impudence qu'ils ayent, fi nâoferont ils pas dire que nous foyons plus obligez a la mere qu'au_pere, a la femme quâau mary. Le Pere câeft Dieu : le mary,câeft Chrift; la mere de nous tous amp;nbsp;vraye efpoufe de Chrift, câeft lâEglife catholique amp;nbsp;Apofto-
46 Response de F. I.
lique: la mere amp;nbsp;Ies enfans font infînic-menr obligez au perc; la femme infinie-ment obligee au mari.Elle doit routes cho-Ics au Perc amp;a noftre feigneur lefus. Ce doc que nous luy deuons,nous le deuons a Dieu, encores dâauantage. Que fi le benefice de la creation amp;nbsp;redemption, le contrad öd le mariage fpiritucl oblige lâE-glifeSd chacun defes membres du tout a Dieu, ferions nous fi defpourueus de fens, que nous pcnfiflios cftre plus obligez a lâE-glifc quâa Dieu? Que fi nous ne fommes o-bligez a lâEglifc finon de par Dieu, amp;nbsp;tant quâelle fe tient a luy comme a fon pere,amp; a Chrift corne a fon efpoux,corn bien moins feros nous obligez a vnc Eglife particuliere ? Et encores par delTus tout cela, côbien moinsavnelchifmatique, comme la Romaine fe mô(lrc,qui en cela mefme fe mo-ftre fehifmatique, quâelle preted que nous luy fommes obligez par leBaptefme,amp; cornet en cela horrible facrilege contre Dieu Sd contre lâEglife vniuerfelle. Finalement le feul moyen par lequel elle pretend que nous luy fommes obligeZjCftfuffîlânt pour rabatte leur dire. Carde direquenousluy fommes obligez par le Baptefme, câeft vnc fauficté infupportable. Le Baptefme nâeft point
A l'Apologie DE I. Haren. 47 point de lâEglife Romaine, nymefmes de lâEgliCe catholique,ne des fainds Apoftres de Chrift:car(comme il eft eicript) Paula.il Cor. 1,13. eflé crucifié^etir vou^ ? ou auez, 'vou^ efiébafti-z,â¬z au nom de Paul? A eft de Dieu, amp;: eft ad-miniflré en lâEglife au no de Dieu : il nous oblige donques a Dieu en fon Eglifc proprement amp;nbsp;de foy.-mais a lâEglife il ne nous oblige,finon entant que Dieu eft en lâEgli-fcgt;amp;que lâEglife oit la voix de fon Pafteur amp;nbsp;le fuit. Et de faid lâEglife eft la maifbn, amp;nbsp;la cité de Dieu: leMiniftreeftl'ouurier amp;nbsp;difpcnfatcur des myfteresdeDieu.Par-ainfî lâobligation que nous paflonseft en-uersDieu purement amp;nbsp;fimplcment,tout ainfi corne celuy qui fait fermer a fon Roy ou Prince es mains d vn Lieutenant en la maifond'iceluy,ne s'oblige pas pourtatau-did Lieutenant ou ComifTaire nâalamai-fon dâiceluy,mais a fon Roy ou Prince fou-uerain.Côbien que nous ne nyons pas que le Chreflien foit oblige a lâEglife de Dieu, mais câeft apres Dieu amp;nbsp;felon Dieu : tout ainfi corne fê fuied eft obligé au Lieutenat de fon Seigneur, mais apres fondid Seigneur amp;nbsp;Prince fouuerain, amp;: feloniceluy. Que fi quelq choie eft impofee au fuied qui tende cotre fon Seigneur, lâobligation quâa le fuied enuers le fouuerain,demeure
4^ Response DE F. I.
ferine, amp;nbsp;celle quâil auoic enucrs l infe-rieur eft nulle. Ne plus ne moins aullî le fidele demeure oblige a Ion Dieu, amp;nbsp;na pas vn feul brin d obligation entiers 1 Egli-fc ou le Miniftre qui le veut bander contre Dieu. Or dâautant que cela eft familier amp;nbsp;a efté amplemct declare par les anciens Peres, meimement contre les Pelagicns qui ont iadis enfanté vnc bonne partie des fondemensde 1 Eglife prétendue Romaine qui eft auiourdâliuy , nous ne feronsicy plus long propos fur celle allegation.
Seulement pour conclufion nous dirons quâil y a pour le prefent trois fautes cômu-nes, qui retiennent les perfonnes enforcc-lecs en quelque opinio de l Eglife Romaine, amp;nbsp;de leur obligation enucrs elle:alà -uoir faute de doélrine, faute de jugement, amp;nbsp;faute de bône volonté. Le pourc peuple a faute de doélrincen ceft afairc : car ceux qui deuroyent parvne doélrinefiû-ne le côduire au royaume de Dieu, nây entrent point eux mcfmes, amp;nbsp;I cngardct fort foigneulcmcnt dây entrer. Faute de iu-gement eft en ceux, qui ayans goufté lâvnc doélrine amp;nbsp;lâautre, ne fé peuucnt refoudre en eux inclines felon Dieu, mais font touf-iours efooutans ou cerchans,amp; cependant ne
A lâApologie DE I. Haren. 49 ne peuuent iamais paruenir a vne certaine amp;nbsp;{ólideconnoilFancede vérité; Tel acfté ce miferableHaren(commeieraycóneu) vn long temps de fa vie. Fautedebonne volonté eft en ceux, qui connoiilâns tref-bien le droit de Dieu amp;nbsp;lâautorité de là fainclc parole en fon Eglife, combattent ceneantmoinsDieu,(a parole,amp; fonEgli-feenfemblCjeftäscouuerts du faux-vifage de lâEglife prétendue Romaine: comme font auiourdâhuy les peres de la focieté de , lefusfcar ainll fe noment ils)amp; autres leurs adherans:qui fachans que lâEglife Romai-ncnâeft ne catholique nâApoll:olique,que . la parole de vérité efl: la regle amp;nbsp;marque m-fallible delavraye EglifecatholiqueA-poftolique,comme nous auons demollré, brief q Dieu c(Hâ au teur, defen feu r 1 uge de fon Eglife, qui retiêt de toute ancicneté partout le mode lâvnion amp;nbsp;confentement delà vraye dodrine en fa parole; ne biffent point pourtâtdâeftre a gages amp;nbsp;aufer-uice de lâEglifeprétendue Romainecon-tre la vérité de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;OriepryeDieu
quâil face luire amp;nbsp;rclbnner haut amp;nbsp;clair là lainde parole pour en adrelTcr ôd inftruire les liens,amp; conuincrc les autres a la gloire: failà nt que nous nous lentions obligez,
D
yo Response de F. I.
rendions le deu de noftre obligation a qui nous ionimes obligez, amp;nbsp;reconnoiflions en vérité,qui eft celte poure amp;desbauchee Eglife, qui sâapproprie amp;rauit afoy toute l'obligation des Hdeles a lâencotre de Dieu, pour nous en garder diligemment fclon Dieu. Quant aux blafmes que Haren im-pole a lâEglife quâil appelle des Protellans, nouueauté,partialité,témérité,outrecuida ce,efprits rebelles amp;nbsp;obftinez : pource que défia en partie ils font rembarrez cydcllus, amp;quecy apres la matière mefme donnera aconnoiltrelecontraire; cenous eftaflez pour maintenant de les nyer en bône con-fcicce.Et fur cela pryos les Leéleurs Chre-ftiens non feulement de confiderer ce dire cômun,que perfonne ne feroit onques iu-ftifiésâil ne tenoitquâa accufer,mais aulE défaire en celte caulèceq les chicaneurs feroyent pour vne caufe de trois fols ; câeft a fauoir qu'ils fufpendent leur iugemenc pour ouyr nos refponfes fans pceiugé.Dieu au relte,qui eft Dieu de vérité, vueille toucher les cÅurs de tous, a ce quâils donnent functementlieu a là vérité en fa crainte.
Secondement ildit d'auotr exercé la charge dit ministère eninron i S ans., tantoÃes villes, tantoÃes Cours de quelques Seigneurs ou leurs
SynO'
A lâApologie DE I. Haren.' yr Synodes I enuoyoyent-. m.ils Dieu ri uur oit ia-mAis permis quefà confcten ce fuà en repos pour lesraifonsqui (iiy tient.
le voiencepeu de paroles trois chofes remarquables, premièrement menfonge manifefte,quâil ay t exercé la charge du mi-niftere:çar il a exercé vne marchandilê indigne, comme vn mercenaire, en lieu du minifterc ou il fut appellé. Secondemêc vne extreme ambition, comme ü iamais nâauoit ferui en bourgade ne village qui foit, mais des le comancement les villes amp;nbsp;les Cours feferoyct fenties fauorifecs dâv-negrace (peciale de Dieu,dâauoir ouyla voix dâvn tel mercenaire que luy. Tier-cemét, vne hypocrilîe incroyable cinq ou fix fois aulfi longue que celle de ludas.Car sâil aefté dixhuiétans prefehanten douce deconfcience,ildoit bienauoir efléconfit! en hypocrifie fur la fin de fesiours, ayant en priuéamp;en public fi refoluement affermé, proten:é,amp;: maintenu ce quâil ne croyoit point. Et qui croiroit maintenant aux proceftations de fa bonne confcience, contre laquelle ilconfefieauoir cobacuamp;t prefehé lâefpacc de dixh uit! ans? Veu mef-memét que quad il fut chargé d auoirellé en fa ville de Valencencs pour ioiiyr du
D ij
P R ESPONSE DE F. I.
pardon publié par le Duc d'Albe amp;nbsp;cftrc reftabli en fes biens, il elcriuit a M. lean Taffin le quatriefme lanuieripy, pour le iuftifier dâvn tel blafmCjCn ces termes : l'ay f référé la maifon de Dieu amp;nbsp;prefer er ay toute ma we atout ec ejue la chair peut fuhaittertcy bai y quot;voire a mawe mefme-. lacjuelle cent foif fortifié de l'Esprit, îay expoié depuû trocs ou e^uatre mois en cà pour fer utr a ï Eglifi dc-J ÃDieu tant amp;nbsp;tant affltgee en noltre 'Ville de Fa-lencenes. One pryç_j toutes bonnes perfonnes qui du pafé montconneu conuerjant en la maifon de Dieu, quot;vouloir eltimer de moy ce que te m'affeureque Dieu accomplir a, a fauoir I'n de fir de luy eltre a iama'a Jeruifeur^dnviure cfi mourir en [à maifon fà nsiamais rien quit er de fa 'vérité connues. Finalement pour le comble detout.quetous Clireftienspreneur ce miroir deuat leurs yeux delaiufte vengeance de Dieu qui pourfuit,amp; du ver qui ronge la côfcience de ceux qui cheminent en vanité;ambition,amp; hypocrifie de-uant Dieu amp;nbsp;les homes. Voicy lean Haren auec fes Iefuites,qui confefle que Dieu n'a jamais permis que fa confcience futen repos (o iufte vengeance de Dieu !) pour les raifons quâil expofera cy apres. Et quelles raifons? nous les pourfuiuros par ordre,
Dieu
A lâApologie DE 1. Haren. y5 Dicuaydant: mais iedcfircqiielcsgensde bien nocec par prouifion,que toutes les rai-fons quâil allégué prouienêt ou de fon igno rance (quoy quâil ayt voulu contrefaire de-uant les gens (impies vn fauat perfonnage) ou de fon ambition, ou de fon liypocrifie, ou dâvn appétit abandonné de mentir, corne la pourfùite de fon liurele monftrera. Penfez vous dôques, Meflieurs, que Dieu vu eille auoir de tels feruiteurs amp;Miniftres en so Eglife?Luy qui nâa pas voulu employ crie bon Moyfe en fonÅuure fansqpremièrement il nâeufl: circoncis fon enfant Exo. 4,14-amp; repurgé fa maifon,cornent fupporteroit il a toufiours tels inftrumêts au fcruice dâicelle ? Qui eftdonc lâhomme de bon (èns, qui trouuera eftrage que la cofcience d vn tel perfonnage nâait point eu de repos? que Dieu lâait pourfuiuie amp;finalemêt defeou-uerteâAins au côtraire,quine sâefmerueil-leradela lôgue attente amp;nbsp;paticcedeDieu enuers des creatures fi ingrates? Mais e-feoutons Haren déduire par ordre toutes fesviues raifons.
Premicremet illuy Ãcmbloit lt;jue ceuxdeft^fteli ilattoit reccu l'impofitton des mains, ores ejti ils fuffènt les premiers Minières d entre les Proie-ftanSy n'elioyent vrais ny legitimes feruiteurs
D iij
54 R ESPONSE DE F. 1.
de Dieu. Car comme les Peres anciennement â four discerner les vrais PaÃeurs d etre les mer-cenaires^ont touÃours proposé ces deux marques trefeertaines^ la SucceÃion lu Vocation Ãans lelquelles auvraydtre iln'ya point de legitime ministère en I' Egltà de Dieu-, fôuuent ils'eà en-quis yvoiredes plus vieux amp;exercitez.Mini-Jiresd entre eux-, quepuis qùils reicht opent du tout ceïte Eglià ancienne_j de qui donquesils tenoyent leur vocation drfitceeÃton. D'auoir jitccedc parvne vocation ordinaire dr cousiu-miere en i'Egttà aux lt;^poPlres (Ãaleursdi-fiiples, ce_^Ãrott vne trefgrande^ témérité a eux de s'en preualoir-, auÃi ne le font ils pas^ à mon anis. De dire qu'ils leur ont Juccedé extraordinairement pour reformer les alousde l Eglià comme ils dfent il le faudroit mon-firer par miracles faicis entre eux par vifons, reiielations, ou par certaines predictionsÃgt;e-cialesdes chofes futures^ concernantes l'execution icy loasduiugement, ou des promejfes de la mifericordede Dieu, tant en general quen particulier : ainà qùancienement es vocations de C^îoyfe df d'c_^aron^de Samuel^d'ijaief
leremie, amp;nbsp;autres Jer ut leurs de Dieu. Mais ou font les miracles qu'ils ont faicls ?sâ en ireu-ue il vn fui ? Ils diÃnt qu'on n a befoin dc^ miracles autourd huy, Quy bien pour authentiquer
A lâApologie DE 1. Ha REN. yy ü(fuer t Euangtlç^ amp;doEirtne des t^iposires^ laquelle-^ nous confejjons auoir estéajjè'^^au-üoriT^e^ far ftgnes miracles : mais tl cfi que^ion de leur 'vocation, quils di/ent est re extraordinaire^. Oufè trouue il ejcrift es Uur es des Prophètes lt;^foHres, quâily ait eu en tEglià vocatio extraordinaire receuefans marquee amp;nbsp;afrouuce four Is moins far I'vn de ces moyes jus nomesv Mais a la 'vente ils not iamaisfceu(oudreafacon cePtequeftion. .^ueà ils nefeuuent frouuer leur (ucceÃion amp;nbsp;'voca-tw.pourquoy frejchet ils ? fourquoy (eÃfaret Hs de lâancienefucceÃio des AfoPtresfourfairefeiles a fart amp;nbsp;rlifre l'vnitc de t Egli(e? fourquoy dreÃent Hs autel cotre autel, dechaÃas auec forces amp;nbsp;violences les vrays amp;nbsp;legitimes PaÃeurs?
cÃre
La premiere caufe pourquoy la cófcien-ce de Haren nâapeueftre en repos tout le teps de fon miniftere, eft la doute de fa vo-cation.Car il argumêtoit ainfi : Il nây a per-fonne (corne diloit Ladace) qui puiflè doner a vn autre ce quâil nâa point : Ceux def-quels iâay receu l impol'itiodes mains nâont pas eu cela, quâils fullènt vrais amp;nbsp;legitimes feruiteurs de Dieu ou Miniftres de fon Eglife : il sâenfuit donques quâils ne me lâont peu donner. Quâils nâayent pas e-fté vrais amp;nbsp;legitimes Miniftres, il le penfe D iiij
^6 Response de F. I.
prouuer diïà nt : car il nây a en eux fucceflîô ne vocation quelconque, ordinaire ou extraordinaire. Vrayenaent câeft vn difciple merueilleufement ingrat,qui recompenlè de telle monoye ceux par leiquels il a profité , ou pour le moins a peu amp;nbsp;dcu profiter sâil nâeulitenuenluy. Maislaiflônslefaiél là pour ce quâil vaut, amp;nbsp;traitons le droit de cefte caufe. Nousnyons hardiment amp;nbsp;en treshone confcience ce quâil dit contre lesmaiftres,sâilcuft voulu eftrebon difciple, amp;difons quecâeft vne calomnie eui-dente. Et afin que nous nâallions point loin ccrcher preuue de noftre dire, nous prenons la propre preuue de Haren pour ve-rifierladefenfedâiceux.Carnousdifons au cotraire: Ceux qui ont fucceflîon amp;nbsp;voca-tio ordinaire ou extraordinaire, font vrais amp;nbsp;legitimes N|*Eiiftres : Or eft il ainfi que ces bons perfonnages,dont il eft queftion, ont eu fuccelfio amp;nbsp;vocation ordinaire. Qui empefehe donc quâils ne foyêt tenus pour vrais amp;nbsp;legitimes Miniftres (corne ils font) finon la malice coniuree de ceux qui ne veulent point voir en plein midy?
Venons donc maintenat amonftrer que lesdids perfonnages ont eu fucceflîon amp;nbsp;vocation ordinaire. La vraye fucceflîon
amp; voca-
A lâApologiedeLHaren. yy amp;nbsp;vocatio legitime eft auouee meftnes en IâEglifc Romaine , amp;nbsp;eft reconnue pour vraye, fi elle eft inftituee de Dieu amp;nbsp;déclarée par iugement ordinaire delâEglifeon dequelque Vniuerfité.comme nous fauos que de longtcpsen la Papauté leur ordre Ecclefiaftic a faict les Preftres,amp;lesDo-«fteursontefté faiótsamp;r creez es Vniuerfi-tez. Quand la vocation amp;nbsp;fucceflîon a eftc ainfi déclarée,elle a efté tenue amp;nbsp;eft encores pourvocationamp; fucceflîon ordinaire. Or les premiers, du miniftere defquels Dieu sâeft ftrui pour Iâeftabliflemet de nos Eglifts, eux amp;nbsp;leurs compaignons ont eftc ! inftituez en Iâvnc ou en lâautre façon: Wi-clefen Angleterre, lean Hus en Boheme, Luther,Oecolam pade,Bucer amp;nbsp;autres en Allemaigne,Farci amp;nbsp;tant dâautres enFrâ-cc,ZuingleenSuifle,tous ont efté ou Pre-ftres, ou Doéteurs ordonnez amp;nbsp;autorizez par iugement public,amp; auec fermét amp;nbsp;ad-iuratio folennelle,quâils feroyent lé deu de leur charge en bonne confcience, felon la parole de Dieu, en lâEglifc catholique amp;nbsp;Apoftolique. voire (ce que ne peuuent dire en vérité la plus part des Ecclefiaftiques auiourdâhuy en lâEglifc Romaine)ilsonte-fté appeliez a cefte fucceflîon évocation j
y8 Response de F. I.
fans ambitiô, fans brigues,fans corruption ne fimonie,tant feulement pourcc quâils e-ftoyent trouucz dignes amp;nbsp;propres a telles charges par iugement ordinaire : câa don-ques efté vrayement vne fucceflion amp;nbsp;vo-catio ordinaire. La difference eft,que ceux cy ont exercé lâadminiftration fidelement amp;nbsp;en confcience, ainfi que ladide fuccef-fion amp;nbsp;vocation les obligeoit, amp;nbsp;Dieu les cnfêignoit par fâ parole.Ies autres depuis le reps de leur fucceflion amp;nbsp;vocation, nây ont pas vne fois pensé pour mettre la main a la pafte feló leur charge: ceux cy ont efté per-fêcurez a caufe de leur fidelité quâils ont employee en leur fucceflion amp;vocati5 fuf didcjceux là en ont efté les fanglants perfè cuteurs.-ceux cy ont drefsé les Eglifes,ccux là les ont renucrfees:ceux cy ont fouffèrt le fchifme,ceux là lâont faid. Vrayeftquâau-iourdâhuy les aduerfaires leur reprochent, quâils ont rom pu le ferment quâils difent a-uoir efté faid a lâEglife Romaine,amp; veulct conclure de là que leur vocatioa cefsépar telle perfidie. Mais fi ie nye qu'ils ayêt faid ferment a lâEglife prétendue Romaine, comment le prouueront ils? Car chacun fait bien que câeft vne furprife nee depuis quelques années,amp; malicieufement inuê-
tcc.
alâApologie de I. Ha RE N. 55» tee,de faire iurer no (èulemcta J âEgli (e catholique amp;nbsp;Apoftolique, mais particulièrement a Ia Romaine. Toutesfois posé le cas quâils ayêt faid tel ferment : ceux qui lâont exigé dâeux, il faut ou quâils ayent exigé chofes contraires en les faifant iurcr a l'Eglifecatholique Apoftolique amp;Romai ne(carnousauons móftré cydeftusquela catholique eft rudement combatue parla Romaine ) ou quâils ayent voulu expofer lâvn par lâautre. Si donques ces bos perfon-nages ont pris vne bonne interpretatio, amp;nbsp;ont prétendu faire ferment a lâEglife Romaine entant qu elle sâaccorde a lâEglife v-niuerfelle amp;nbsp;a la doctrine des Apoftres, quelleÃfidie leur peut on reprocher?Ceux la certes fetrouuerottoufiours coulpables de perfidie,qui dreftènt telles atrapes amp;nbsp;mettctdelacs de paroles pour furpédreles hommes ;amp; non point ceux quilcs prenét en vne fimple amp;nbsp;fainéleinterpretation. Mais encores,foit ainfi,quâils ayent de faiét iuré a l'Eglife Romaine en fimplicité de leur cÅur.Si puis apres ayans mieux profi-té,ilsontaprisquecâeftderEgli(êpretéduc Romaine,amp; trouué quâen bone cofcicnce amp;nbsp;felô Dieu ils ne peuuêt fuiure lediét fer-mét sâils ne veulct le meurtrir a leur efeiet, eux amp;nbsp;les âmes q. leur font comifes, amp;nbsp;sâils
Response de F. I.
ne veulent mener les âmes en enfer par troupes a la deuotion du Pape,a quel droit pourra on leur imputer periureâle tai qu'ils ont premièrement iuré a Dieu,amp;: a l'Eglifc catholique amp;nbsp;Apoftolique : duquel fci met lâEglife Romaine ne peut les dcigager en façon que ce foi t : veu mefmement que le Pape ne fediteftre finon chefminifterial de l'Eglilè catholique amp;nbsp;Apoftolique:dont il sâenfuit (comme nousdihons nâagueres duBaptefme ) quâils ne font obligez a lâE-gliiè Romaine que felon Dieu, amp;nbsp;entant quellefertparfonminifterealâEglife vni-uerfelleacdification amp;nbsp;nô pointadeftru-dion. Laiflà nt donques cela, fi vn ber-gerauoitfaid fer met de faire mourir fon troupeau,lequeleft le meilleur des deux, qu'il execute,ou quâil fe defdilc de fon fermer? Si vnPafteur ou Dodeui faitfermêt a lâEglife Romaine,amp; trouue puis apres en fa confcience que lâexecution dâvn tel ferment feroit mortel a foy amp;nbsp;au trou peau; fera il periure, sâil nâexecute le ferment dont il fait que lâexecution eft damnable, amp;nbsp;la repentance raifonnable ? leurs propres Dodetirs refpondent a cela trop mieux : quâvn tel fermer n'eft pas ferment, veu que le ferment fe fait a Dieu, de par Dieu, amp;: felon
alApologie De I. Haren. 6t ïêlon Dieu : amp;nbsp;qu a vn tel /ërment il n y a pointdâobligation. Et finalement, quad mefme i'acorderoye qu'ils enflent cftc per-iurespour vne füis,ccfl: vne trop grande rigeur amp;nbsp;inhumanité a eux, de débouter les membres du miniftere qui leur efl im-pofé pour vne telle caule, quand Chtift mefme nâa paslaifsé de reconnoiftre Pierre nonobftât fo n periure, amp;nbsp;lâcmployer en lâoffice amp;nbsp;en la côpaigniede fes Ãpoflres; vcu mefmemêt que Pierre ne feit pas faux ferment en ignorance, comme ceux cy, mais par infirmité contre fa conlcience. Nous concluos donques,quelcs premiers fous la conduite defquels nos Eglifes ont cfté recueillies contre le fchifme Romain, ont eu vraye fucceffion amp;nbsp;vocation Icgiti-me:amp; que celle fucceffion amp;nbsp;vocation legitime nâa point cefsépar faute détenir le lerment pretêdu,mais a efté tresbicn continuée vérifiée deuant tout le monde par vne fainôle amp;nbsp;fidele execution en leur adminillration. Comme au contraire, fi faute de tenir vn tel ferment doit cafler v-ne vocation, a plus forte raifon les Pre-ftres amp;nbsp;Doéleurs de lEglilcRomaine doi-uent fentir quâils font indignes, amp;: mefme defaicl déboutez auiourdâhuy de leur vo-
Response de F. I.
cation, vcu quâils ne penfent a rien moins quâa lâexecution dâicelle tout le temps de leur vie. Mais dira quelcun , encores que ceux là ayent efté appeliez par vocation ordinaire, il ne sâenfuit pas que ceux qui font venus apres ayêt mefme droit de fucceflion amp;nbsp;vocation au miniftere de l E-glife. Et pourtant le dire de Haren demeure ferme, que ceux defquels il a receu lâim-pofition des mains nâont point eu de vraye fucceflion amp;nbsp;vocation en leur miniftere prétendu. Larefponfeacela efttresfacile. CesbSs perfonnages qui ont les premiers fenti en leurs Egliiès amp;nbsp;efcoles des efclats de la rompure amp;nbsp;du fchifme Romain, ont eu fucceflion amp;nbsp;vocation , comme nous -venons de monftrer:amp; en vertu de Icurdi-de fucceflion amp;nbsp;vocation, ils ont légitimement appelle enlamefmefuccefliô évocation ceux qui ont trauaillc par apres en lâÅuure du Seigneur,amp; nomeement ceux defquels Haren a receu lâimpofition des mains en fon hypoerflie. Quant aux Do-deursaprouuczé receus es Vniuerlitez, ilsnepeuuent nycr quecefteaudoritc ne leur ait efté conferee, de creer, dire, amp;nbsp;dénoncer les autres pour Docteurs qui aurot efté trouuez capables de ceft lioneur,felon
lâordre
A lâApologie dï I. Haren. 6} lâordre des Vniuerficez. Mais pour lere-[ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gard de ceux qui ont cfté appeliez en ql-
: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que minillere Ecclefiaftic, ils ieäent en a-
: j nbsp;nbsp;nbsp;uat quelques obieétios par cy par là ,qui re-
uienét toutes a vn poind; câeftjquclefdids Preftres ou Ancies des Egliiès n ot pas lâautorité dâeftablir par leur iugement vne telle fuccedîon amp;nbsp;vocation Ecclcfiaftiquc fans conoiflà nce de leur ordinaire. A cela nous refpondons, que felon la parole de Dieu, l'ordinaire(come ils appellêt)eft noftre Sei gneur lefus, q a promis dâeftre auec fes fer-uiteursiufquesalaconfommationdumo-de. Ceft ordinaire promoteur de fes ferui- nbsp;nbsp;nbsp;' â
teurs a donné cômandemet amp;nbsp;autorité au Presbytercjcâefta dire.a la compaigniedes Miniftres amp;nbsp;Anciens appeliez deüemcnta cefte charge,dâexaminer,denomer a lâEgli eftablir par le cofentement de lâEgliic les perfonnes qui fc trouuct qualifiées a cefte charge,corne la parole de Dieu lâenièi-gne, amp;nbsp;rEglifeprimitiueareligieufèmenc obfcrué.Suyuantquoy au Cocile deLao-dicec,cotrc les abus q (e fourroyét en lâEgli fe,ilfutarrefté,qle MiniftredeîEglife iolt ordoné par clediô du clergé,amp;: parle con-fêntemét du peuple. Veu doques q Dieu aconioinda la vocation de fes feruiteurs
i
^4 Response de F. I.
Matth. I?,«.
amp; defon Eglife lâaudorité dâclirc,cfprou-uer,aprouuer,cfl:abliramp; confer mer ceux qui font de befoin au faind minifterCjquc les Apoftrcs lâont religieufement obfcruc amp;nbsp;enioinôl:,amp; que l'Eglife primitiue nâa rc-coneu autre voyc ordinaire ; nous ne pou-uons mieux reipondre a ceux qui pretendent le contraire,que par les paroles de Chrift, ce^ue Dieua conioinLlque l'homme neleÃe^arepoint. Nâail pas conioindau mi-niftereordinaire de fonEglifele comman dement amp;nbsp;la charge exprc/Iè de continuer lafucceflîonamp; vocatio dâiceluypar ordre legitime?Quc ceux là donques qui defmê-brent vne telle ordonnance pour en acroi-ftre vn Euefquc,SufFragâ, Official, ou autres femblables creatures, auifent cornent euxmefmes rcfpondrontdeuant Dieu de ceft infame facrilege quâils comettent cotre rEglifeamp; les Minifires dâicelle,en leur arrachant lâautorité quâils ont receue des propres mains de la propre bouche de noftre Seigneur le fus Chrift. Il y a bien plustcâeft q Lie les premiers, dont nous par-Lions tatoftjfont venus en cefte place,fuc-ceffion, amp;nbsp;vocation legitime par vn ordre qui eftoit illégitimement corrumpu : mais ceux qui leur ont fuccede en nos Eglilês, fenf
t c
r $ c n
e is
if
A lâApologie DE I. Haren. 6^ font entrez en leur fucceÃion évocation parvn ordre légitimement reftabli amp;nbsp;remis en fón entier.telletnent que nous pou-uons bien dire,que la vocatio des premiers eden quelque chofe moindre que celle de leurs fùccelîeurs. Or il nây a pcrfônne fia-bandonneeen la Papauté qui puiflè nyer que la vocation des premiers nâait efté legi time, fl elle neparlecontre fa confciencc amp;nbsp;contre lâEglife Romaine mefmequiles a appeliez. 11 sâenfuit dôques quâils ne peu-uent auoir aucune iufte ou apparente couleur, pour desfigurer amp;nbsp;dénigrer la vraye fuccelTion amp;nbsp;vocation legitime des vrais amp;fideles feruitcurs deDieu,qui apres ceux la ont cfté appeliez felon la parole deDieu, lâordonnance des Apoftres, Arles exemples amp;nbsp;canons de lâEglife primitiue amp;nbsp;vni-uerfelle Pour conclufion donques, lâvne amp;nbsp;lâautre fucceflion,tant des premiers que de ceux qui les ont fuiuis apres, eft vne vraye fucceflion amp;nbsp;vocation legitime, amp;nbsp;telle quâeft ou doit eftrevne vocation ordinaire en lâEglife de Dicu.Et dâautant que la charge de ceux auxquels ccdefuccellio amp;nbsp;vocation eftparuenuCjneconfifte pas Iculementcn prières,en l'adminiftratiô de laparolc amp;r des lainds Sacremens, en -
E
66 Response de F. I.
lâcxcrciccd vnefaïdedjfcipline,maisauf 11 enceqiiâilscontinuentladidefucceiïion !
amp; vocation par voye ordinaire en pronoy- I ant a 1 Eglifc qui leur eft commilè de bôs i amp;nbsp;fideles Paftcurs:nonsdifonsquelespremiers enflent efté traiftres 8^ dclloyaux envers Dieu amp;fonEglife,sils nâeu fient engendré amp;nbsp;formé des perfonnes duifantes a cefte charge,amp; n'euflènt euxmefmes fer ⢠uialeursEglifes dadreflè,pourauoirvne tatneceflaire prouifion.amp;: au contraire remettons au iugement de toutes gens de bien à ' craignans Dieu, quel iugement on peut faire de ceux qui deîpouillcnt 1 Eglife amp;Ieminifl:crcdefondroit, pourfinalemct renuerfer les Egiflês de fond en corn ble amp;: eftindre la pieté,qui nâeftia que par trop ' affoiblieen ce miferable ficelé. Ccscho-feseftans ainfi,nous voyons clairemét que i vaurcet'cau difcours que Haren dit avoir faiét auec quelques vieux amp;nbsp;exercitez Mi- i niftres. Il ne deuoitpas vrayement crain- i dre de les nommer. Maisquoy? ie tien ce- ; la pour certain refolu,que iamais Haren j nâavfé de ce langage, mefme enuers des J Miniftresquifuisét beaucoup moins exer citez quâil nedit.Carq.cftleMiniftre,aqui Haren eufl: olé dire que nous relevions du
tout 1
t A lâApologie,DE I. Haren. 67 tout 1 Eglife ancienne? y en ail vn fî ignorât qui ne puiflerefpondre furie champ ? quâil y a grande difference entre 1 Eglife ancienne amp;nbsp;la Romaine? que nous aprouuons lâEglifc ancienne,amp; quâelle nous aprouuç: que nous fuyons les faulfetez de l'Eglifè prétendue Romaine, amp;nbsp;quâelle nous per-fecute:que lâEglifè ancienne ou primitiue, eft celle des Apoftres; que lâEglifc Romaine eft celle des fehifmatiques amp;nbsp;apoftats ; â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;autres chofes femblables. llyadon-
ques icy de le glofe des lefuites deftrem-â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pee auec le menfonge de Haren : car quel-
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que effronté quâil foit, fi nâeuft il ofé ouurir
® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la bouche fi grande pour defcouurir fbn i-
gnorance. Et puis cefte dilpute, ou ces Meffieurs fe promènent a plaifir comme P fi tout cftoit gaigné pour eux, quelle vertu amp;nbsp;autorité peut elle auoir entiers ceux ® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui auront à uec iugement entendu amp;nbsp;co~
ââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pris ce que nous auons maintenant expo-
fé? Nous auons fucceflîon amp;nbsp;vocation, Dieu mercy, voire depuis l'Eglifè ancien-ne iufquesa nous,parlâauismefmedevos Eglifes, Meffieurs,amp; de vos Vniuerfitcz: la quelle fucceffioamp;vocatio encores cotinuc par la grace de Dieu a voftre grand regret.
E ij
U
68 Response DE F. I.
En icelle nous pourfuiuons feló lâordre de Chrift amp;nbsp;de toute lâEglife primitiue. Nous ne voulons que les Epiftres de S. Cyprian, pour vous moftrer la façon de l Eglifepri-niitiueen ceftafaire,amp; confermerla no-ftre. Mais oyons lâargument quâils font: Leur vocation,difent ils parlas de nous,e(l ordinaireou extraordinaire. Ornâeftelle pas ordinaire par leur propre confeflion. Donques il faut bien dire quâelle foit extraordinaire. le pryeicy le leéieurcon G derer a bon efci en t lâimpudence de ces gens. Car que difons nous? que noftre vocation amp;nbsp;celle de nos dcuanciers eft vne vocation ordinaire, comme nous l'auons fuffi-fammentprouué. Et ceux cy que difent ils que nous difons ? que noftre lucceflîon SZ vocatio eftextraordinaire.Voilavnemer-ueilleufe rondeur pour des piliers de lâE-glife Romaine, vouloir faire croire que nous difons dâvne forte quand nous difons dâvne autre. Nous ne nyons pas que nos deuanciers nâayent eu quelques fois des mouuemens particuliers procedans d vne vocation extraordinaire, felon quâil a plcu a Dieu les employer en quelques Åuures extraordinaires amp;nbsp;particulières occaiîons: mais cela a toufiours efté , demeurant la
voca-
A lâApologie DE I. H AREN. 69 vocatio ordinaire, de laquelle mefme lâE-glife prétendue Romaine leur auoit rendu tcfmoignage. Or tant sâen faut que cela ait ou empefché ou aboli la vocation ordinaire dâiceux, que tout aucomraire ils y ont efté confermez, aidez, amp;nbsp;auancez dâautat plus. Ceneantmoins voyons comme ils s'efcarmouchentfur vn fondcmctfauxamp; fupposé,que nous nous vantons dâvne extraordinaire vocation. Us diient quâes vocations extraordinaires font requis des mi racles, vifions,reuelations,fpeciales predictions, non pour authentiquer la doctrine ordinaire, mais la vocation extraordinaire. Nous pourrios bien leur refpodre a bo ' droit, quâil faut toufiours plus eftimer vnc vocatio, voire extraordinaire,q eft coioin-éte a la dodrine ordinaire de l'Eglifevni-uerfelle, quâvne vocatio ordinaire q. cobat ladoétrine ordinaire. Car le premier eft vn office de bons feruiteurs amp;nbsp;fuie£ts,Ie fccod eft vn maléfice de traiftres amp;nbsp;defloyaux. Or loué foit Dieu que nous pouuos mieux aprouuer par doétrine noftre vocation, quâeux ne peuuent maintenir fans vraye doétrine la leur. Mais a quoy fert tout cela, veu que nous auons diét amp;nbsp;monftré que nous fommçs garnis de fucceffion amp;nbsp;vo-
E iij
quot;ja Response de F. I.
cation ordinaire parla grace de Dieu? Ils n'ont donques que faire de nous deinadcr miracles, vilions, reuelations, amp;c. ne pour ladoôlrine,carcâeU la dodrine des Apo-ftres que nous tenons, ne pour la vocatio, car elle cil ordinaire auflî bien que la leur, amp;nbsp;meilleure que la leur : mais il faut qu'ils prenent en gré que les perfonnes appellees dâvne fucceifion amp;nbsp;vocation auec eux ont mieux faiét leur deuoir en la doéirine quâeux, amp;nbsp;qu'encores auiourdâhuy nous vÃons de la mefme fuccelïion amp;nbsp;vocation pour defcouurir par icelle le my ftere dâiniquité,amp; drefl'cr lefeigne de vérité ou Dieu nous appelle en fon Eglife. La fucceflîon amp;nbsp;vocation eft toute manifefteiceux qui prefchent ou en feignent entre nous, pref-client amp;enfeignent felon icelle en bonne conlcience amp;: fans doute de leur vocation: maisl liypocrilîeamp; la mauuaifcconfcien-ceauoycnt engendré cefte doute au cÅur de ieatiHaren. Ceux qui onteefteadref-fe,ne fe feparêt point de lâancienne fuccef-lion des A pollres, mais sây tiennent en vérité. Aufsinefontils pointfedesapart,nc rom pent I vni té de l'E^lifè, ny drefl'ent autel contre autel : mais tout au côtraire font toute diligence de rappeller les fedes a lâv-nité
A lâApologie de I. Haren. 71 nité amp;: au con fentemcnt de la dodrine ancienne amp;nbsp;catholique, donc 1âEglile prétendue Romaine amp;nbsp;autres decheent sâclga-rent milèrablement a noflregrand regrec. Telmoin eft le Seigneur, auquel nous fer-uons en bonne confcience, que nous dref-fons iournelleinenc nos prières amp;nbsp;efpan-dons nos larmes deuanc luy pour les âmes fcduices amp;nbsp;feduifantes, afin qu'vn iour il honnorc (sâil luy plaie ) noftre minillere amp;nbsp;de tous fes autres feruiteurs dâvn tel bien amp;nbsp;honneur, que lefdicles âmes en (oyenc conuertiesamp;gaigneesaluypour viure en luy éternellement. Combien doques fom-mes nous éloignez du crime quâils nous mettent fus,que nous dechalTinsauec for ces amp;nbsp;violences les vrais amp;nbsp;legitimes Pa-. fteurs?Mais de cela il en fera parle cy apres. Car il s'enfuit incontinent pour la féconde caufe:
D'auantâgeil luyfembloit^queles A^osires Anciennement n\uoyent point ainfi planté iE-gltfe comme font autourd'hujf les Prote(lans^ Auecorgueil.,feux, glaittes, toute autre ou-trance.aiüs auec douceur^ manÃttetude.humilité, débonnaireté, dilelîion ,paix, amp;nbsp;charité.
Nous auons ouy iniques icy de quel poix eft la premiere caufe al leguee par Ha-
E inj
yx Response Dî F. 1.
ren touchant la vocation duminifterc en nos Eglifes; maintenant il fe rue a tors amp;: atrauers fur le goutiernement des Mini-ftrcs.Car ils taxeapartlâadminiftration, la vie, amp;ladoólrinedâiceux. Voicydoncla premierechofequâil repred enleuradmi-niftration: c ell qu'ils lont outrageux, violents, amp;nbsp;cruels. Or ieconfellèbienvoire-mentque les Apoftres nâont point?planté lâEglife par tels moyes.a fauoir outrage, vio Iencc,amp; cruauté. le di bien encores dâaua-tagc,que lesMiniftresouEglifes mcfmes ne sâê lont point feruicsamp; que fi quelques inconliderez en ont vsé, iamais ils nâont e-fte allouez de lâEglife primitiue. Mais on ne peut nycr, que quand des Magiftrats amp;nbsp;fuperieurs ordonnez de Dieu ont veu l'op-preflion iniufte quâon faifoita lâEglife, ils nelèfoyent legitimemetoppofez, amp;nâay-ent fainclemcnc amp;nbsp;en bonne confcience employé leurs moyens pour vue iulFedc-fenfe;comme leshiftoircs diuines amp;:Ec-clefiaftiqsenfont claire amp;nbsp;fuffifantepreu-ue. Câeft donc vne trop grade malice dâap-pellcramp;coprcdre toute iulte defenfefous le nom dâorgucil,feu,glaiue,amp; outrance. Dâauatage iamais aucû des Proteftas(qu'ils appellét ) nâa vsé de tels moycSjqui aytefté aprou-
A lâApologie DE 1. Haren, yj aprouuc ou autorizé par iugement public. Mais pourquoy ne difent ils de qui des Pro teftans ils parlent?car ils font comparaifon des Apoftres a tous les Proteftans fans aucune diftinôtion.Sâils en font comparaifon auecles Minières corn me ils doiuct, nous maintenons quâils doiucnt planter lesE-glifes auec melmes moyens,amp; non' autres, que les Apoftres ont tenus. Si aucun dâi-ceux fait autrement, nous nâexeufons non plusfon faiétque celuyde Pierre,qui coupa lâoreille au lèruiteur Malchus. Sâils en fontcomparaifon auecles membres particuliers de nos EglifeSjUous fommes dâac-cordquâil nâapartient pas a membres particuliers, nonplus quâaux Apoftres,dâentreprendre par defliis leur vocation,combien que la Ãiute dâiceux cft toufiours plus exculable amp;nbsp;moins domageable que des autres,Iefquels outre le fauoiramp; prudence quâils ont, font obligez a patience par leur vocation, qui requiert quâils fe monftrent eux mefmes pour exemple au troupeau en patience. Que sâils font comparaifon def-diâs Apoftres auec les Superieurs legitimes,ils font autat de tort a leurs Magiftrats corne aux noftres: veu quâil y a autat de difference de leur vocatiôamp;: adminiftration
74 Response de F. I.
neau dreüèz, ie ne vneil p
^uec celle des Apoftrcs,quâil y a de difFerc-ce entre le corps amp;nbsp;l ame. Mais quâell il befoin de beaucoup depreuucs en cclta-fairc ? Nous ne nous (entons point coulpa-bles deuant Dieu que nous ayons cerché, ou tenu autres moyens a planter les Egli-fes, que ceux qui nous ont efté enfeignez par les Apoll:res,amp;comandcz de Dieu en noftrc vocation. Si aucuns fe font oubliez, (ce que nous ne fanons point) ils fo doiuenc attcdre dâen eftre desauouez, amp;nbsp;le font défia par connoiflance publique. Bien fanons nous,que Melfieursles lefoites ne sâen peu lient exeufer tellement q le monde ne les condamne dâvnc telle inhumanité Car a-fîn que nous laiflions là ceux qui ont nové de noftre teps ces nouuelles,fanglantes, exécrables ligues en leurs colleges nou-onrtelmoigna-ge q Cliidexexpitrgatortui imprimé en An-tiers il y a enuii à quatorze ans, par le inge-mcntamp;: lacenfuredicenx. Ontrouuera.fi on confronte les Cômentaires de Loys Vines Eipaignoljliómedoéledcnoftretcps, auec les cefnres quâils en ont faides audid Indice:on trouuera, di ie, quâils en bi^nt amp;nbsp;raclent de propos delibeié tous les paf-fages ou Viues blafme les fanglà tes execu
tions
A l'Apologie de I. Haren, yy lions que l'on faiót fur les poures Chreftiés lôus couleur delà religion, amp;nbsp;pour caufc dâicelle.le prie leLedeur quâil y regarde sas pairio(car il le crouuera ainlî)amp;: lâayat trou-uéquâil reconnoiflc en vérité, fi telles cen-fures ne sôt pas des fruits dignes de leur hu inanité. Nâeftcepas vne belle pratique, q ces pucelles lefuites noâ veulét faire rougir deleurjpprelioteamp;infainieJPafsos outre.
llreduifoitÃmbUblemet en mémoire les horribles perfidies nbsp;nbsp;impiétés (pu ilauoit'veues amp;
oujes depuis iSou ip ans.,(pu ils'eftoit trouuéen leurs Synodes,clajfis,drâcofifioires-.par lefipuelles ilejl aisé de conoifire que leur but nefipoint de cercher la gloire de Dieu ne le repos de la Chre-ftienté^ ains fous le mant eau de reformation de chajfir tumult uairemét les Rois^Princes,amp;Set gneursycnséble les EccleÃafliqueSypour s'inuefiir de leurs honeurs,biës amp;nbsp;dignitez^ainf quâil appert ajfiz par tous les pays bas, en Fr ace (fi ailleurs ou ils ontpouuoir (fi autorité. Cobte de fois a il veu partager le royaume de Fr ace (fi les pays basftantofi aux Allemadsy tantojl aux Anglais, tatofi entre eux mefines y quils appellet les Egli-fis fi catonnas cà (fi là par cabaües (fi pratiques pour ruiner leursPrtces (fi Seigneursfiilspouuo yét. Cbbien de fois ont les Mintfi. (fi c~ofift.e(meu les peuples (fi la Nobl. a la guerre en Frace^res
-jÃ, Response de F. 1.
pays bas ? Combien de fois ont les principaux d'entre eux tajché de négocier auec le Turc^ pour ruiner les Rois etE/paigne amp;nbsp;de France, s'ils eujjèntpeu trouuer moyen d'executer leur cruel ^fanguinaire dejfein ? Combien de fois fe (ont ils efforcez, d'inciter les Princes Chre-Ãiensa la guerre lesvns contre les autres, pour ÃnalemFtpar leur ruine introduire leur regne? entretenant a cesfins vne infinité de fanions a lafaçon de tJ\Pachiauel, que les principaux Mi-nifires fauentpar cÅur, pour s'en feruir a toutes occafions. nbsp;nbsp;Combien de fois tvn des princi
paux CMtnifires d'entre eux a il preteïié, que fonmaiPtre (filuy ne cejfiroyent tant quâils au-royent fatPl ruiner lEfiaignepar la France, a-fin de viure en paix es lieux de leur retraite ?
Combien de fois vn autre maiiire CM.inisirea ilconfeillé dâempoifonner la Rome mere cép fes enfans, amp;nbsp;mettre la courâone de Frace fisr la te-fie d'vn autre ? ,^els fanglants amp;nbsp;violents confiils a ilouy fouuent donner esdiéls Synodes, clajfes,fifconfisioires,pour tout a coup ruiner les Catholiques leur religîo ? LesaFlesdeleur Theologie (êcrete le tefmoigneret ajfe^fly a quel quetépsaVitréenBretaigne chez,le Sieur delà Eal : ou les premiers fondemens de cesienouuel-le ligue furent proieôîez, laquelle on folUcite t'ai (ff par mer amp;nbsp;par terre alaruine (ficonfufion des
A lâApologie de I. Haren. 77 des Catholtijues. Telles fèmblables con-Ãderations lont rendu fiuuent perplex'voire ellonnéy 'voyant bien quily auoitplus tofi en ce remuement de me (nage, de la paÃton que de la itiflice dt^y^dgion. Ceflpourquoy s ennuyant a outrance yÃuuent il a requisfon congécer-ché les moyens de [è retirer pour 'viure priuee-ment, Jan s ÃemeÃerplus p army leurs faills iniques amp;nbsp;'Violents. Toutesfois ne le pouuant quot;nbsp;obtenir des Synodes df des peuples qui toujiours s'y font oppojeifdl a patiemment enduréJon maly rongeantÃon cÅur nbsp;Jes entrailles clennuy (Ã
de regrets, que bien Jouuentila exprimez, a Ãs amis, qui en peuaent auoir fà tiuenance, sâil leur plait. Car Jous ombre de religion faire abiu-rer fon Roy amp;nbsp;Prince naturel a vn poure peuple, amp;nbsp;receuoir 'vn eÃrangier,dechafjèr 'vne infinité degens de bien, 'vendre leurs biens amp;nbsp;les chofes facrees amp;nbsp;s'en enrichir foymefme,lespri-uer dcleurreligion,efiablirles larronsaufiege de iuPîrce, efi leur commettre le public en main, quiefi l'homme de bien pui nâen auroit regret df marriffcment au cÅur?
Ccnâeftpas aflez aceói/coureurjd'allc-guer amp;nbsp;obieâcr le mauuais mefnage amp;nbsp;gouuernement de chacun MiniftrCjComc sâil nây auoit quâorgueil,violence,amp; cruauté; mais ilfautque lesalîemblees mefmes
-78 nbsp;nbsp;nbsp;. Response.de F. I.
en foyenc icy faulTementaccufces. Cefte donques cil fa féconde caufe des doutes de Haren, quâil a trouué en lâadminillratio pu blique.11 entalî'e beaucoup de choies gran-â des en apparence, mais eniieremct fauflès ! en effcéi amp;nbsp;en vérité. A quoy la premiere ' relponceamp;: trelcertaine eft celle cy, quâil nâellrien de tantdefadczes quâil nous op-*^*/polc: voire que ce font calomnies amp;mcn-
ionges fl impudens, quc lcs Catholiques ! melmcs, sâils ne font elFrontez ou idiots du tout, en rougiront de honte,amp; luy fau-rontfortmauuais grc de ce quâil a recours a telles lourdcries par faute de bons fonde-mens. llyabiendâauantage; câeftqueluy mefmes a cfté le coulpable quafi de toutes les chofes quâil reproche en ceft endroit f aux autres meilleurs que luyicar iamais an-Æ nee ne sâeft palTee, que l ô nâait efté empef-/1 ché a reprimer lôn efprit fans repos, qui ne I fepouuoit cotenir es barrières defa voca
tion. Quelle fageflè pour vntclperfonna-ge,de vouloir embrouiller les ges paifibles amp;nbsp;foigncuxde leur vocatio en fon vomif-lèment amp;nbsp;ordure I Sâil reprouuoit quelque telle chofe, que ne la reprenoit il amp;nbsp;remo-ftroit alors felon lâordonnance de Chrill? Mais c a elle luy mefme qui a donc toutes
ces
A lâApologïe DE I. Haren. 751 ces penes, amp;nbsp;qui a eu be foin de ces repre-henfions: maintenat comme sâil fongeoir, il reproche aux autres ce quâil a faid. Cell luy qui a elle poufsc a faire telles choies, premièrement par (a vanité naturelle {t ome ie croy'jamp;c inconfidereclcgiereté,puis parvne malice reccrchec, quand il a veu quâil ne trouuoit pas en nos Eglifes fuicôt commode a fa deuotion. Car ie fay place en Allemaigne,ou fa vanité a efte comme vn boutefeu pour perdre vn Seigneur par lâautre : je fay villes ou elle nâa ferui que de fufee pour y perdre le miniftere,h Dieu nây eullgracicuicmcnt proueu,donnant aux autres plus dâauistnbien,quece poureamp; lot infiniment n'eut dâadrclfe en fa malice. Parti dâAllcmaignesâeft il mieux gouucr-néailleurs?rien moins. Carilafaidtout fon pouuoir pour embralcr les inimitiez entre les Seigneurs, amp;:diuifer les chofesv-nies en fon propre pays, sâinlînuat amp;nbsp;fourrant çà amp; la fans comilfion, fans vocation, fans autorité: feulement pour ce quâil sâe-llimoit habile homme fuffifant a faire plus de charges qqcChrillnâc impoleaux Miniftres les feruiteurs. 11 a dâvne ame pire que Turquefque procuré des negociatiôs indignes de Chreitiens entre IcChrefties.
So . Response DE F. I.
brief ion efprir fins repos a cerché de perdre le repos public, amp;nbsp;a grandement (crin a la perdition dâiceluy. Or difant ces cho-â fes à auoit il la confcience conuincue du contraire, car il là uoit bien quâexpreflè-nict a caufe deliiy amp;nbsp;de quelque autre paffe-par-tout,il auoit efte rcfoIuennosSyno des, quâaucun Miniftre,ou conÃftoire, ou clafle ne fc meileroit des afaires ne du gou-uernement ciuilen forte que ce fu(F. chacun peut bien penfer combien grand mal luy faifoit celte efpine au pied. Maintenant cli il digne de croire,quand il nous obiefte fes paÃions,amp; fon Åil trouble noâ depeind amp;nbsp;colore tel quâil a eÃe ? Encores faut il monltrerfon menfonge plus clairement. Il reproche a nos MiniÃres des horribles ' perfidiesamp;impietezproieéteesenleursaf-femblees,amp; des conleils turn ul tu aires. Les MiniÃres ont codam ne ces choies de tout leur cÅur, en ont dehortc chacun, amp;nbsp;ont repris autant grauement que polTible leur a eÃe, fi quelque chofe a eÃe intentee, ou commife tumultuairemcnt. 11 leur reproche quâils ont partagé les pays : Eux au contraire onttouliours enfeigné quâils ne Luc 11,14, sot point iugesciuils entre lesfreres, beaucoup moins entre les Roys feigneurs de la ter-
A lâApologie de I. Haren. 8i la terre, amp;: que la caufe delà religion nâefl pas vn mateau dereuolte ne changement * public. 11 reproche quâils ont fonnc lâalarme amp;efmeu chacun a la guerre.-ccft a dire, quâils ont mis le feu aux eftoupes, quandilsy ontfoigneufement portcl'eau. 11 reproche quâils ont tafehé de négocier auec le Turc:amp; fa confcience eftoit couin-cue quâils reprouuent publiquement toute alliance auec perfonnes infidèles,amp; que mefme pour la fidelité dont ils ont vfé a reprendre toutes alliances illicites, aucuns nâont pas eftéen quelques endroits bien-uenus. Il reproche Machiauel: amp;: finale-mentilsâeftrengéaux difciples dâiceluy. 11 reproche des confeils d'epoifonnemens.-qui cft vne chofe tresfaulTe, amp;nbsp;indice tref-alfeuré du poifon de fon cÅur. 11 reproche des fanglans amp;:violens confeils a la ruine des Catholiques ; amp;nbsp;ne fauroir monftrer que iamais vn ieul Catholic ( quâils appel-lent)ait reccu quelque dommage par lâauis dâaucune affemblee. H reproche le Synode de Vitré , amp;nbsp;vne nouuelle ligue quâil dit y auoir efté proiedee : mais il parle des chofes ou il nâaeftéveu nâouy,amp;impute des choies defquelles onques ne feeu rent notiuelles les Miniftres de nos Eglilcs.
F
81 Response de F. I.
Tout cela eft faux amp;nbsp;controuué: car sâil a-uo.it rien a dire de certain, que nemettoit lien auant chofc ou fl euft efté amp;nbsp;les autres Miniftres auecluy ? Mais câeft cela, il faloit que fon infame apoftafie mcditee de longue main, trouuait fà paflure en l'in-quietude de fon eiprit, amp;: là couuerture en telsmenfonges amp;nbsp;lourderies,que nul necroira iamais sâil nâeft brutal ou malici-euxtoutoutre. Car loué fôit Dieu, que lt;nbsp;les confciencesdenos Miniftres ne les en remordent point deuant luy : amp;nbsp;leurs a-étionsSc deportemens ne les en peuuenc cÃuincrene condamner deuant les hommes. Mais le plus beaueft, quand il dit que fouuent il a efté perplex, eftonné, ennuyé, induiét a demander fon congé pour fortir^la ville de Bruges amp;nbsp;abandonner le minifterc.quot; voire que refus luy en eflant faiét, il a patiemment enduré fon i mal. Eten quelle patience, ie vous prie? rongeant fon cÅur amp;nbsp;fês entrailles d en-nuyamp;de regrets. Voila vrayement vne j belle patiéce amp;nbsp;digne dâvn tel vaifleau, qui ne connoift autre patience que la patience de Lombard , quâon appelle,patience
' rechignât. Or ce quâil dit de Ion congé amp;nbsp;des caufes dâiceluy eft entièrement
con-
A lâApologiedeI. Haren. 85 controuué. le ne doute point quâil nâayt e-ftéfouuent perpleXjeftonnc, ennuyé,amp; plus qu'il ne dit. car comment auroit la confciccemauuaife d vn hypocrite repos, quand les aiguillons de Dieu la poinfon-nent amp;: fes iugemens la pourmenent, comme la nef mal coduide eft pourmenee des vents Sô vagues de la mer? Mais que fou-uent il ait requis fon congé , câell vraye-I ment vne defes veritcz. Car iamaisilnâa requis fon congé en aucune alTcmblee, mais a vn bon perfonnage tant feulement: amp;nbsp;ce lors qu'ellanten laville de Bruges il veitlatempefleaprocher de laquelle ladi-[ éle ville fut opprcflce bien toft apres. , Lâautre point croiray ie plus toft, a fauoir ; quâil a cerché les moyens de fe retirer a di-uerfcsfois. Carpourquoy nelâeuflilfaiét, I quand il voyoit que fes fredaines cftoycnc I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trop connues ? que lâon nâaprouuoit point
gt; ; quâil ié meflafl des afaires de guerre amp;nbsp;. autres afaires ciuils î quemefmes on lâen ; reprenoit par letres exprellcment adref* i fantesaluy ? que lâon defcouuroit les menées quâil failoit contre fon compaignon ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auminiflcre.qui valoir mieux que luyî
briefque luy mcfmc sâeftoit ia trop delcrié ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par fon mauuaismefnage? tcllemetquâily
F 1)
î54 Response de F. 1.
aiioit peu ou point dâefperance du tout dâe* lire recueilli en aucune autre Eglife auec vn tel gouuernement. Quant aux belles raifons quâil met en bloc puis apres,pour fe couurir dâvnfac mouillé, clics ne concernent point les afl'emblees fynodales, claflr-ques,neconfiftorialcs,nemclmeles Minilires qui le font contenus au deu de leur charge: maissâattachêtauxSuperieurs:du gouuernement defquels ce nâa point elle auxMinillres de s ctremettre,amp; n'elt point a eux dâen rcfpondre. Que filuy amp;nbsp;quelque autre particulièrement sây ell enuelo-pé contre (à charge,contre lâauis public, amp;: contre toutes remonllrances particulières .-il nâeuft feeu mieux faire pour fon ho-neur, que de sâen taire tout quoy. Mais Dieu ell iufle, quia voulu parluy melme exécuter en luy ce quâil difoit ancienne-
I Sam. 1,30. ment, 1' honor cray ceux qui m honoreront Lcuic.10,3. Jcfne glorifier ay en ceux qui font pres de moy-
Sâenfuit:
il ne rament euer a, point icy les 'vices infames commispar lespltafignales Ministres den- â tre eux, craignant d infecter Hair de telles fales (fipuantes mefchancete'ifi Seulement iladuer-tirales^ensde htë de croire que les diables den-ferne fint point plus malicieux ny plus artificieux
alâApologiedeI. Haren. Sy deux (jue cesinieiues BaLums foai ombre de l'BgUfè amp;nbsp;de fneté couuent vn mon sire hideux (jue la^ainb'ie Efcritttre appelleAntechriÃ^ duquel a vray dire ils sot les precur(eurs fauteurs. Ilpeut affermer en conftence, nauoir iama'is aieu parmy eux que de la legier et ambition;vneprofanation de toutes chofèsfaindes amp;nbsp;honncsiesd'auarice au heu de la charité, nme 'vfure infame çf desbordee,melme entre les Ministres haine, rancune maluuetUance-. nayat iamaù veu trots CAÃtnifres enfemble s aymer Chresiiénement les vns les autres. Lcurs conff-sioires font replis de débats amp;nbsp;quereles, les Mi-niflres contre le cbfftoire,ou le confifloirecontre les Miniftres .Or ou il y a diuiffo. Dieu ny habite point. Il a wu leplusffgnalé MtniÃre de Gene-ue faire trencher latefieavn des plus notables personnages de la France,potircequ ils cfiudioit aÆ reioindre au girb del Egltfe catholique: ne antmoinsledicl Minifrefaifnt entendre qùil eÃoitfon ami, drpourchaffoitfa deliurance. Il a veu le mefmefaire chafferprefque tousfes co-paignons les vns apres les autres,pour hauoir ce-furédefsTjicesdrlegieretez. Illuya veupour-fùiurelamort dr la ruine des principaux bourgeois de ladiEie 'ville,pour ce quils eÃoyet Catho-hques, df gt;iâa cefé tant quillésa 'veu mourir publiquement fur 'vn ejchaffaut. Il luy a au-
F iij
Response de F. î.
1 res fols ouj donner tels pernicieux conseils amp;nbsp;4-uu pour l'extirpât to des gens de bien dr de valeur que ienepetts croire que Dieu iuiie^j laiÃ-fevn tel monstre tnipuni^ nonpltfsquvne infinité d autres fès compaignons qut troublet au-iourd huy le ciel df la terre par leurs Ãntlires fichons drcon(etls.
Ayant calomnié EnifTcment les Synodes, clafieSjamp;i: conGftoires fans prenne ïans apparence lean Haren monftreicy v-ne femblable confcience anx chofes qne defIns, ramallant tons les vices qni Iny ve-noyent en 1âentendcmcnt pour les imputer aux perfonnes des Minillres cotre toute vérité. Tou tes fois quedi ie,lean Haren? le Ledeur me vucillepardonner: iedi que ce nâcfl: pas Haren q. parle ce langage,mais les lefuites (es maiftres, ou biê leur Callio-pins, qni a porté la parole en cômnn pour tons.car de Haren voila côme fis en pai let, Jlneramenteuera point icy,dâc-^aK le IcfuH te parle puis apres en difant vers a autres fois ouy doner tels pernicieux cofilsf auis pour [exÃtrpation des gens de bien de lét valeur^que te nepeus croire que Dteu iufe drlt;:T Soit le maiftre ounrier de ceft eferit, foit le joueur de perfonnages quia récité publi-quemêt cell: eferit en la falle des beaux- pères,
gt;
c
gt;
1 ?
't
i-
gt;gt;
A lâApologie DE I. Haren. 87 res, toLifiours nâeftce pas du ftyïede Ha-ren:car Haren eftoit trop cru sâil nâeuftpal-par la laumurc dâiceux. Et combien quâil eftoit trop fimple pour baflir ceftou-urage au gré de fes rnaillres,fi n cftoit il pas fi double quâil cult voulu en elcriuant contrefaire tant de perfonnes a la fois. Mais pour venir au poinôt,Haren fauoit bien les regies de nds Sy nodes,amp; les vices pour lef^ quels les Miniftres doiuent eltre déboutez de leurs charges. AulTi (auoit il lâordre qui sây tient, défaire l'examen amp;nbsp;ccnfure fur la vie dâiceux, amp;nbsp;fur lâexercice de leur mini-ftere. Sidonquesil afccutelleschofcs,ail faid: deuoir dâhome de bien de les diflimu-1er alors contre fon office, pour les publier a celle heure contre lâordre decharitcâsâil ne les a point fceues,quelle impudëce?Soit donqs quâil les ay t fceues ou non, il fc con-dâne dâvne merueilleufe malice. Carcâeft malice de taire ce quâon fait, là ou il doit e-ftre diChcâcft plâ grade malice de le dire ou on ne doit point; mais la malice efl trefgrà -de, quad on dit cotre fa cofcicce ce q nâefl, amp;nbsp;qlâon ne fait poît.Or outre ce q fon propre faicl nous fert de preuue pour moftrer quâil ne dit pas vray,amp; q 1 a rigueur des cen-fures Ecclcfiaftiques iullifie les fideles Mi-
F iiij
88 Response DE F. I.
niftresqui onteftéau pays bas, toutesfois iâappelle en tefmoignage fa propre con-fcience, fi iamaisaucun de ces vicesa efté reproché a aucun defdirs Miniftres en tant dâannees amp;nbsp;Synodes quâa vn fèufqui pour foupfon vehemente fut déporté du mini-ftere. Or puis quâil cil fi bon aduocat de ÃEglife Romaine,amp;quâcn faueurdâicelle il reproche des bJafmcs a nos Eglifes Mi nillres qui ne lont point, iedcmanderay deux choies au contraire.LâEglilc Romaine a elle des redes fi ellroites ? vie elle dâvn O
tel examen amp;nbsp;cenfure fi rigoureufe ? Dâau-trepart sâil fc fitifoit vn tel examen lur les Prellres amp;Moines,fur les Euefques amp;nbsp;Car dinaux, amp;nbsp;lingulierement fur le chef de leurEglife, quels mÃftresy trouueroiton? quels abyfmcs dâiniquitez ? Lâvna tant gaigné par lès beaux faiéls,comme Pontanus en eferit, que ce dire effc demeuré fur luy, quâil elloit entré comme vn renard, auoit régné comme vn Iyon,amp; elloit mort comme vn chien. Lâautre apres le récit de plufieurs crimes enormes ne peut remporter plus beau titre par l'auis dâvnCocile, que d élire appellé diable encharné. Mais cela eft particulier. Et ql telmoignage public de lâimpiété amp;nbsp;iniuflice publiqdeces Mef-
A lâApologie DE I. Haren. 8^ Mefficurs voudrions nous auoir meilleur que ceftuy cy ? 11 y a vn liure imprimé a Paris lâan lyio, aucc priuilege du Parlement, duquellecikrceft.Tax^^f la.Chancelcrie A-foftoli(jHe,Sgt;c.c. ou on peut voir fueilletj^, la taxe desabfolutionsfi infame, que nul, sâiln'eftennemideDieuamp;de nature, ne peut y lire fans horreur: pour celuy quia conneu charnellement fa mere ou fa fÅur; pour auoir tué pere,mere,frere,fccur,femme , parent : pour auoir iedé fon fruit par bruuage ou autrement. Tout cft laué amp;nbsp;nettoyé atiec peu de deniers cotens. lean Haren donques n'ailpasbicneuoccafion dâauoir horreur des vices de fes compai-gnons,amp; admirer les fainétetez du Pape amp;nbsp;de falequele,pour fe reuolter ainfi?Que les bons cÅurs amp;nbsp;non paiTionnez iugent,fi les diables dâenfer pourroyët eftre plus malicieux amp;nbsp;induftrieux a corrompre amp;nbsp;gafter le Royaume de Dieu. Quant aux autres chofes quâil obieéte, ce font fables forgees de fon cerueau. Mais bien a il eu grande rai fon de reprocher les haines amp;nbsp;querelles es cofiftoires ,amp;: entre les Miniftres.car a pene sâeftil trouué en confiftoire ou enco-paignie de Miniftres, qu'il nâayt fait le pis quâlia peu, pour allumer plus de feu q les
50 Response DE F. I.
gens de bien nâen pouuoycnt efteindre.Ec luis bien aflcurc quâil nâen fauroit produire vnfeulexemple,linon de luy contre Ion , compaignon. Celadoquesluyafaicl tref-grâd mal au cÅur, que les autres Miniftres louoyentDieuiourncllementdela bonne amitié concorde quilcontinuoit entre cuxgt;puis quâil eftoit hargneux en fon cÅur comme vn mulet. Et aufli comme il dit, quâou il y a diuifion Dieu nây habite point, il a i en monftré par elïêél que Dieu nâhabite point en luy. Mais fur tout,cela eft plailà nt, quene trouuantespays baschofe quâil psult mordre en particulier auec apparence de veri tCiil sâen vole felon la legie-reténaturelle de fon efprit iufquâa Geneue dâvne voice,amp; sâattache a vn personage du qucU'innoccnceacfté reconuedeceux Là mefmesqu.il produiten auat amp;nbsp;de lès ennemis , amp;nbsp;duquel le feul regardeiift rendu lean Haren aulTi muet corne vn haren. Et que luy reproche iljlînon des executios ou ' congez faids amp;:dônez parleMagiftratamp; pour caufes ciuiIes?Efl:ime il la Seigneurie de Geneue li befte quâelle ne puiflè dilccr-ncr les caulèsciuilcs dâauec celles delà confciécc; ou fi tygre(par maniéré de dire) qu elle coure apres le fang de ceux qui ont
Rom-
A lâApologie DE I. Haren. 91 autre fentimet en Ia religion ?c eft a IâEglife Romaine que ces titres apartienët du tout* Caraurefte quantace qu'ildit qu'il luya ouv donner des confeils pernicieux pour Iâexftirpaiion des ges de bien, on peut bien sâen raporter a luy. 11 eft bie a croire no feu-lemct quâvn tel perfonnage fe meflede tels confeils, mais aufli que la prefence de lean Haren y eftoit fort requife.O vanité! o rne-fonge demalice! ieconnoi 1 humanité dè* M Jhepdore de Befte : ie fay que felon ft prudence il nâentre pas volontiers en confeil de choies politiques, ie fay que felon ft pieté il nâa garde dâauacer des cofeils dâim-pietéâc lâay ouy prefehant auec zele indicible amp;nbsp;emotion de fon cÅur a fon retour de France,amp; exhortant chacun a charité amp;nbsp;a tous offices de charité enuers ceuxlà meP mes q. croupilTcnt en la Papauté nbsp;qui co-
batent pour icelle. Quepourroitceftuycy mettre en auat contre vn tel perfonnage fa baue,laqlle (sâil faut ainfi parler) il bauqic â¢â¢ encor alors? Car auffi pour lors i'ay bic conçu Haren, tout fres-venu de fon pays,fol-laftre corne vn cheureau, duql la compai-gnicouil fetenoit faifoitfes rifees a pleine bouche sâefmcrueillat dcccfte icuncftcamp;: quafi enfance prcsÃptueufe, fans le très, s as iugçmctjsâs gtace,q. eftimoit tout de foyamp;:
Response de F. 1.
n aiioit rien. Chacun peut bien penfèr que M. de Befze amp;c autres ont eu afaire d'vn tel alfclfeur amp;nbsp;contreroleur en leurs confeils. Voila lEglife Romaine vrayement bien a-puyee par le ièruice dâvn tel porte- nouuel-les, amp;nosEgliics bien defolees par faute d'vn telcerueaujlionluy veutaioufterfoy.
Jl luyfembloit quily ano'it entre les Ãres amp;nbsp;leurs disciples 'vne toute autre forme de ptete,paiXy amp;nbsp;concorde, cp entre les ProteÃans. Carilsadoroyent totisvnfeul Dieu,'vnjèulle-fus Chrifi, ayans 'vnefoy dr hapte/me: Les ^lns pour dompter ceÃe chair rebelle nbsp;ennemie de
Dieu s adonnoyent a ieufnespeilles, df oratÃns. K^u contraire,il)ty a que dtutfion,quereles,dp pà rtialite'i^army les ProtcÃantsyant en la do~ Llrine qùen leurs mÅurs df cercmonies-,s excb-munians dfblafinans les vns les autres auec telles outrecuidances drconfuÃons^qu'aifement ceux qui ont du iuyement dr de la prudence, iu-gent euidemment que l'EÃrit de Dieu ne reÃde point en eux. Il a conté entre les ProteÃans CaluiniÃesiSa 20 bandestoutes contraires dP diuerfes les unes des autres. Ceà pire entre les dMartiniÃes .carallantparmy l'Allemai-gne, autant de villes, autant trouuez vous de diuerÃte amp;nbsp;mutation de religion: voire dedans vne ville il a connu trois ^.^intÃres Martini-stes
A lâApOLOG IE DE I. H AREN. 95 ^es contraires les vns aux autres. D'autres^voi-re des flu^sÃgnalez.,ont changé 6 ayfois de religion. Voila comment le diable a dtuiséentre eux mefmes ceux qui ont creu a menfonge, iu(-ques a (e condamner entre eux mefmes d'impieté amp;nbsp;d'infidélité.
Refte maintenat le quatricfme achoppement que lean Haren dit auoirtrouué en nos Eglifes. Les Apoftrcs, dit il, amp;nbsp;leurs difciplcs ont tenu paix amp;nbsp;cocordc: les Pro-teftants rien moins, car ils font diuifez en dodrine, mÅurs, amp;nbsp;ceremonies, iufquâa sâexcommunier les vns les autres. 11 y a beaucoup de malice amp;fauflâeté cachée fous ce chaperon.- car premièrement fous le no desProteftatsils nâentendent pasfimple-menteeux quâils fpecifict apres, mais toutes fortes de gens qui fe font abfentecs de lâEglife Romaine, corne il appert de quelques obieôhons que nous verrôs aflèz pres de la fin duliure. Dâauantagc,câeft menfonge de dire quâil nây a que diuifion:car il y a de la paix par la grace de Dieu,voire telle paix que Haren ne lâapasfceu rompre, comme il euft bien defiré. En-outre sâil y en a aucuns fi cfccruelezqui blafmenr amp;nbsp;excommunier les autres par faute desâen-tre entendre amp;nbsp;faute de charité, fi a il efté
I Cor.ïIJ.
Je do ^rtna chti
^4 Response de F. I. conuincu en confcience de deuxcho-fesdvnCjque les autres n'ont pas elle fi for-fenez quâils le foyent reuengez par exconi-niunicationscontrairesdâautrcjquâvne telle audace nâell pas pourtant comune a tout le corps, mais que les gens de bienmefme qui lont entre euxladcsauouctamp; reprou-uent de tout IcurcÅur, fachans fentans Chrclticnnementque pour vn poinâ: de doélrine ou deux il ne faut pas delthircr le corps de Chrilf, amp;f comme dit 1 Apoftre) que nul ne peut dire que lejds e(l le Seigneurfi-nonpartE(prit de Dieu. Semblablement ce quâil dit detantde bandes contraires eft vnet hofepurcmét controuuceicar la grace a Dieu,il y a vn tel confentement en nos Eglilèses fondemens de la dodrine falu-tairc,quc Satan fes fuppofts en ont extre medefplailir. Que fiquelquesfois I vn interprète vn pallà ge d vne lôrte amp;nbsp;lâautre dâvnc autre,tant sâen faut que cela fe puifle tourneren blafme auec railon, fi on ne fort point de lâana'ogie amp;reglc de la foy.qu'au-contrairc câeft vn ornement amp;: aide que Dieudonne pour linffrudion de lâEglife ebreftiéne, côme S. Auguftin en a tresbic amp;lagemctiugc. Fina'emct qui font ceux entre nous,qui changent tac de fois de religion
A lâA polo g I e d e I, Haren. gion,amp;faiitelet dâvne dodrine cn autre par manierede dire,finon lea Haicamp;fesfem-blables qui vienct dâentre eux, amp;nbsp;auxquels ils nâontferui dâédification nâendodrine, nâen mÅurs,mais les ont précipitez en vne folié profonde d ignorance amp;nbsp;au gouffre dâincertitude par leur faute? Ne font ce pas là de belles caufes, pour faire que Harcn.fe retire dâentre nous au giron de lâEgliie Romaine ?Eglilè qui a renonce a la forme de pieté que les Apolfres ont tenue, comme nous l'auons cy ddliis demonlf rc ; Eglife qui abonde en diuifions, quereles, amp;nbsp;par-tialitez des Papes fchifinatiques les vnsco-tre les autres,des Cardinaux fadieux au poirible,des Euefques ambitieux, des Ab-bez amp;nbsp;Moines ialoux les vns fur les autres a outrance,desOrdrcssâcntremangcâs,(corne font les Cordeliers amp;nbsp;Jacobins de long temps)des lelùites rongeans les autres fous le voile deplete amp;nbsp;de religion, amp;nbsp;de tous les autres qui creuent de defpiten voyant lalbuplelîé amp;nbsp;habilité des lefuitcs 3. fe faire valoir amp;nbsp;mettre au monde par delTus eux: Eglife ou les excommunications ont foifonné des Antipapes les vns contre les autres, amp;nbsp;le couuent encores de prefent entre plufieursOrdres d'iccllc,sâils ne crai-gnoyétquelqchoie dâailleurs : Eglife quia
Response DE F, I.
plâde bades en foy bigarrées amp;nbsp;diuerfifîees par noms, règles.demeures,liurees,amp;couleurs, qu'il nây a de minutes en liieure, ne deioursen lâan : Eglilcli opiniaftre, quâelle ne peut fupporcer es ebofes non fondamê-talcsque nous ayons nollre liberté en interpretation ou en forme de viure:brief£-gli(e,qui par (à tyrannie extreme furies co-fcienccs Chreftiennes, par les corruptions de dodrinc amp;nbsp;licêce de vie, amp;nbsp;par tout fon gouuernemcnt deftruit les infirmes,perfe-cute les forts amp;nbsp;fains en la doôlrine,amp; pion ge les ignorans en fupcrftitio,ou en athcïf me,ou en desfiance perpétuelle de toute la doélrine fâlutaire que Chrill nous enfei-gne par la parole. Certes quiconques regardera de pres a lâEglife Romaine,verra a lâÅil q tout ce que nous en difons eft plus que vray : amp;nbsp;le voyant fentira toutal'inftac quel iugement amp;nbsp;pieté pouuoit cftre logee en la ceruelle de Haren, quand il s eft ainfi vcautré en l'ordure dâicelle.
quclijuâvfijptiti (juâtl connoijjôit ces chofes de long temps^'voire que fonme ejîoit ferree dennuis amp;nbsp;de regrets, pourquogplus toà ne fort oit tl de ceÃe mi fere pourfe r enger au giron de cede EgltfejainSîe amp;nbsp;catholique fins tat Attendre amp;nbsp;barguignerparmy tels infidèles?
A l'Apologie de I. Haren. 97 C efl le regret que contwueUement il porte au cæur amp;nbsp;qui l'accempaignera iu/qitesalamort^ dauo:r nonflulemetconfumétant nbsp;nbsp;tat dan
nées en fipernicieuflesefludes/nais [quiplus efl} dauoir efpaulé vne quereleà malheureufiypar laquelle toute la terre presque efl auiourdhuy languijflante amp;nbsp;gewijflante fous le fardeau dan-goiffe d aflltcJton. Mais que profite il de, procher a unaueugle quide ieune(Je aperduU vettefon aueugliffèntetivoirefi en plein midy il ne peut cunteplcr la beauté du Soleil? Ilefloit cer tesdutoutaueugli en celle pernicieufe efl oie de Geneuepar tant de bourdes/nenfonges^df faufl fesfuppofilions, qù on y proféré contrôla vérité de l'Egltfe Romaine pour en defiourner les hommes,que ce n eflpas moins de merueille dy voir vn hcr Clique de bo cæur fi r enger amp;faire a bon (fient profeflion d icelle, que de voir vn bÅuf voler.
A pres que Ig lefuite a defehiré en pieces amp;nbsp;desfiguré lâadminiftration gouuerne-mécdenosEglifesamp; des Miniftres dâicelles , il pâlie a Vautre poinél touchant la do-drinequi y cftenfeignee. Et pour donner luftrea lôn faid, defployc tout lâartifice de fa charité pour exeufer le laid miferable delcanHaren,amp;reicôle toute la faute fur . rEglifedcGeneueouilafort mal eftudié.
G
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jS Response de F. I.
Or iccroy bien certainementquâvn regret indicible a acompaigné lea Haren iufques
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ala mort, d auoir fi mal profité en vne fi
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bonne efcolc, amp;nbsp;fi lafchemcc renócé a fon
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aifnefle pour vne efcuelee de potage,come
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Efau. Mais pource q fous le no de Geneuc
r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toutes nos Eglifes font cobatues, oyons cc
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâils diset de la dodrine q y eft enfoignee.
Ilsdifontdonques pour le premier quelle cft pleine de bourdes,mêfonges, amp;nbsp;fauflès fuppofitions quâon y proféré cotre la vérité delâEglifcRomaine: Nous nyonsquece foycntmenfonges.Efcoutons maintenant comme ils le prouuêt de poind en poinéh
Car lâdfifait entendre aux fimfles (jue tE-glif catholiqueef lefiege deît^ntechrtf.
Tât s en faut que nous difions cela de l E-glife catholique, que nous ne le difons pas mefme de la Romaine. Car aufli nel'Egli-pi fecatholique,nelâEglifeRomainenâeitle fiege delAntechrift : mais en fEgliic Ro-I Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(quieft vnepiecedeîa catholique,
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;qui eft fi vilainemêt e/gorgee par l'Ante-
chrift qu elle ne tient plus a la catholique qu auec vn petit fil de vie) en elle, di ie, eft ! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le fiege de lâAntechrift. Ne peuuent ils doc
j iThcflà Lt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nousdifions auec lâApoftre? que
l'homme de péché^lefls de perdition eH entre ait temi
A lâApologie de I. Haren. '9p iemple de Dieu,y nbsp;aÃls comme Dieu?
,^ue s y rëger eÃfeuler lefang de leÃti Chrià aupiedfaireabiuration du Dieufouuerain fourfe prectfiter es enfers.
Nous ne difonspoint cela delà vrayeE-glife Romaine,mais de l'Egliiè fauflemcnc pretédue. Car lâAntechrift qui y cft aflîs le monllre foymefme qu'il cft Dieu,amp;: fait mo(lrcamp; paradede fa troupe difanrquâcl-leeftlâEglife. Or ne plus ne moins qceluy qui rccônoift lâAntechrift pour Dieu, foule le fang de lefusChrift au pied,amp; faid abjuration du Dieu fouuerain pour fepreci-piceriautâcenfaidceluy qui reconnoift fa, troupe pour Egliiccatholique amp;nbsp;Apofto-liq,ôc qui fe renge a icelle pour ceft efgard. Cela eft (î clair, q q. ne le voit,pcut bié dire qu'il ne voit goutte au Royaume de Dieu.
Caluin metant impudement eferit en fon InÃi tution hure 4,chap.^fciro 7,que lepremier article de la Theologie des Catholiques eà quâUn y apointdeDieu.Lefec0nd,quetoutce qui eÃe-jeript ou qu'on prefhe de lejus ChriÃ, neÃque menÃnge (à abus. Le troiÃelme^que tout ce que lafat ne te Efcriture contient de la vie et er ne lie de la re(urre£lto de la chair, que le[diëîs Ca-thohquestiennenttout cela pour men fonge (Ã* abus. amp;nbsp;'vne infinité dautres femblables ca-
ICO Response de F. I.
lemnies impudentes. Or qui eà I homme donnât foy a icelles ^quinAur oit horreur de s y regerl
Caluin ne dit point cela des Catholiques en la 17 fedion dudit paflà ge .* mais bien dit il que câeft la Theologie lecrcte du Pa- -pe amp;nbsp;du college des Cardinaux.Câeftgrad cas, que ces gens ne veulent point entendre, quelâEglife catholique eft toute autre chofe que le Papeamp; les Cardinaux. Par-quoy pour le faire entendre,ie vous dema-deray vne queftion, Meflîeurs, a laquelle vous refpodrcz sâil vous plait : Nây auroit il plus dâEglifecatholique,ny mefines dâEgli ' ie Romaine, Ci le diable em portoit le Pape (commeil lâa autre-fois emporté)amp; le college des Cardinaux? Quant a moy, ie tien amp;nbsp;maintien fans calomnie, que l Eglife ne laifleroit pas dâcftre fans eux. Vrayemêt sâil nây a autres fauflètez dont ils puiflâent con-uincre nos Egliles, qui eft ce qui ne redou-teroit decroire a telsDodeursâamp;combien plus de le renger a eux?
De lire les eÃrits des CAtholiques,lon en de-Ãourne les homes tat qùon peut : meÃmes enpht ' Ãeurs lieux ceà vne peÃe mortelle non pur-donnabledyauoir fèulemet mis le ne'i^ aux Per es anciens^efquels a vray dire già la fà -geÃÃe/on en exhibe aux hbrnes certains traicleT^
ttrezgt;
A lâA POLOG ie de I. h a ren. loi tirez /iceuxpar lieux dtmuns^falfifiez^^ cor-rompue-.par lej^uels ces menteurs donnent faup Ãement a entendre qu'ils font pour eux (p a-prouuent leur religion.
Cela eft tresfaux : comme tout le mode faitamp;voit parles efcritsqpluficurs denos gens ont faids de noftre temps. Car les e-fcrits des leurs y font alléguez ou côfutez a propos, amp;nbsp;ceux des Peres veritablemêtjp-duià spourlerenuerfemêt de leur dodri-nc SiL renforcement delà noftre. Mais ce quâils reprochent, câeft pource quâils vou-droyent bié que nous le feiflîons ainfi, afin q la tefte ne leur en feift point tant de mal, amp;nbsp;que nous nous contentiflions tout a plat de leurs chapelets:car eux auflî par tout ou ils ont pouuoir font defenfc de lire nos cfcrits,amp;: puniftent les cotreuenans de grades amp;nbsp;rigoureufes penes.Or qui eft lâhôme fi fimple,qles en pourra croire?Toutesfois câeft leur iecond bafton,duquel ils penfenc nousfraperamort,queno iculemêt nous mëtons contre l Eglife Romaine,mais auf fi contre les efcrits des modernesamp; des an-ciês Peres a noftre plaifir. Cepédant nous les remercions de ce quâils confeftent que la fageflè gift es anciens Peres.car en parlât ainfi,ils fe defdifent honneftcmct de tât de
G iij
loi Response de P. L
cêfures publiquesamp; raclures fccretcs,quâils ontfaides es liures dâiceux iufquâa preiènr, ' côme nouslâauos claireniet môllré en leur ) liurequieftintirulc/Wexfx^r^ Dieu leur vueillefaire la grace quâils puilîct toujours dirececy melineen vérité, amp;nbsp;lâobferueren vérité. Côbiéquâé parlât ainü ils nâont peu hÃncflement Idiircr en arrierela parole de Dieu,q,ed: parole parfede amp;nbsp;fuffisâte pour rédre tout home parfed amp;nbsp;appareillé a tou te bône ÅuLire:amp;; mâcfmcrueille qu'ils n ot point encores de honte de chopper tant de fois a vn mefme pallâge lans aucune raiso. I cJUdéf Dieu^(jui ne le 'voulaitperdre Juy donit
hardiejfe de lire certains traiclez catholiejucs ' rep lis de pieté amp;nbsp;defà tioir ,à came les Åuures de ' Loy5Granata,HoJitts,deEcehtuSyd'Oz,oriits,de j Cramer us CUnytuf^ Lindanus nbsp;nbsp;autresÃem-
* bUbles excellents eÃcrits^ar la leéture dejcjuels il apperceut atiÃt t oft les fauÃesftuppoÃttons des ennemis yçér (]ue mefthament ils calomnient 'voire ï a grand tort les Catholujuesde/ijues adorent vn fiulijrvray Dieu-.reconnoifftentv^feul médiateur au (alut humain ,e]ui eji le ftls de Dieu^mort pour nospechez., amp;nbsp;reÃiftitepour naître iuÃiÃ-cation^ ^pui nous a esîéfaiÃt du Perï tuÃteeÃ-
1 g^ÃftÃ^nLltÃcationÃfredemption. llscerchét leur (alut en lagrace amp;nbsp;mifericorde de Dieu par lafoy apuyeefur la mortzÃpaÃio de leÃus ChriÃ,
A lâApologie DE I. Haren. 105 dr eÃee vers l»y comme vers [on vray d)âféal ehiecl. Pnr le BapteÃne ils croyct qùils(ont re- j eeuwen l alliance de Dieu, incorporez, en leÃ^ ChriÃ,râ¬ueÃitsd'iccluy,cÃcâoioinUs aluydece-Ãe vnio fecrete amp;nbsp;admirable laipuelle eÃpardeà fits tout ordre de nature pour eÃre mehr es defon nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;î°-
corps,chair de (achair^çd os dejes os. Ilsnere- 4 clament, Ãrmoins adorent autre médiateur corne Dieu,Ãi'vn (èul lefits CliriÃ,ejutfieuleà leur aduocat cr medtateur vers le Pere de la re-demption-.mals bien honor et ils Ãrreclamet les (ainlis morts corne leurs bons [aprieurs cd amis, coformes en gloire au cielauÃls de Dieu, amp;nbsp;qui ont foin de tEglife icy bas militate amp;priet pour elle,corne il apert par vne infinité de tejmoigna-ges contentes en la fiatnlîe Efiriture. nbsp;nbsp;Les Ca-
tholiques ajfermet deuant Dieu, que les images nefiontadorees, fieruies,cdhonorees entre eux d'aucun feruice dtuin -, ains repre(èntees aux homes corne htÃoires cfimemoriaux des chofis pafi fees,afin dërafrefehir lamemoire auxChreftiés. Et de vouloir prétendre que Dieu par (à parole nous aurait défendu [vfage des trnages,cefi mal failiiveu que luy mefime comade a Moyfi etc fiai-repourlâvfagedupeupled lfiael,Exod.2'° fit cdfouiietailleurs. Et SalomobaÃifiatle t épie de 1er ufialE,ne faillitfeto tor don ace de Dieu de bafiir deux Ãherubins en for me dâAnges,qui
G iiij
104 Response de F. I.
repreÃntojet au peuple desIutfs^Celo que tefrt oigne me^mc lea Caluin^qu'epriât au te pie tls ap jijioyent en laprefènce de Dieu q eÃoitjigurepar iarche, ^7â de fes fainlds Anges figurez, par ces chérubins. Calutnfur le Pfal. lo^. Les Catho liques ne tienet ny reconoifset le PapepourDieu^ ny c'bpaignon de [on Fils lefu^s Chnà : car autre-met ils ne pneroyent point Dieu pour luy., sâil left oit mefme. Ils le reconoifsetpour homepecheur^ feruiteur de noftre Seigneur le fus ChnÃ., coftt -tué en ceÃe dignité de (ùperintendat dpchefmi-niÃerialenl Eglif,a[in de [entretenir en paix
'vnion.lt;_Ainfique Dieu feit anciennement a Jon peuple,luy donnât Moyle pour le conduire, cjr le Roy pour cheffubalterne del'Egli[e:drle Ãls de Dieu choiftjfant d entre fis dijciples nbsp;nbsp;Apo-
ÃresS. Pierre,luy dit,Pai mes brebis^ ailleurs, Tu (S Pierre,dp[ur ceÃepierre iédifieray mo E-7 glifi. Les Catholiques nadoret vn Dieu depa ÃefiiLldemaind'hbme, cérnefauffemet lesac-eufent les ProteÃats, ains adoret le Fils de Dieu lefusChrià auteur du JainciSacremét,qui a dit, Cecy eà m'a corps,cecy eà m~ofang. Et pourtdt ils auouét en la yertu de cesparoles laprejence corporelle de noÃre Sauueur en ce Sacremet,noire qu il fi fait nne conuerfion facramentelle de la fuhÃance du pain dp du nin au corps dp au fang «diceluy, quon adore fius les ejjeces du pain amp;du
A lâApologie de I. Haren. loy
du wn. Ils font fanffèment accujez, 8 / aioulter ou diminuer a la parole de Dieu. Car ils latiennentamp;honorct pour regle trefcertaine yver it able dr infallible du vouloir de Dieu, dr fufffante a lalut:mais non point expofee, corrompue,ouf alffieepar Caluin, Luther, Lucer, oupar quelques autres femblables de leurs Do-cleurs. ^^ins aprouuent dr expofent felon lâanalogie de la foy Chreliienne, dr le câafentement des anciens Peres, orthodoxes, dr véritables en l'Eglifè. Les Catholiques ne fondent leur 9 iuHificatw fur leurs Åuures drmerites,ainsfur les mentes de Te fus ChriÃ, dr tefmoignent leur iustificâtion par bonnes Åuures, commefruiéîs neccffiires amp;nbsp;coopérants a la foy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C'efl a lo
tort calomnier les Catholiques, dr publier par tout comme font les MiniÃresProteliants, qu'ilsn adorct levrayDieuJevray lefus ChriÃ, ny le fiincl Effrit, ains {comme ils difent ) vn faux Dieu, vnfaux lefus Chrift, dr vn faux fainTî Elfrit: veuqùils reconnoiffent IcmyÃe-re de la fain^e Trinité, feTo que la fainLle Efcri-ture le nous en feigne, dries 4 Cbciles de I' EgÃà le publient aux Chreliiens. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Or eÃant tout 11
ce que de (fus trefueritable, amp;nbsp;le contraire ( que les P rote fiant s publient} bourdes,menfonges, dr fauffès fuppoÃtions, comme tout le monde peut connoisire parla leTiuredes Hures catholiques.
lo^ ^Response de F. I.
pär tant de belles conférions de leur religion^ (jùanciennement voire auiourdhuyen Angleterre amp;nbsp;ailleurs les Martyrs on figné (TÃgnent parleur fangamp; leur cendres -.il apert affez^ue lâEglife Romaine nef point le fiegedePgt;^nte-chriÃ: que la doctrine qu on y enfigne n^eflpoït diabolique,pleine dâerreurs de tenebres me â fchantes eÃpernicieifes, come lâon fait entëdre aux /impies pour les trliper amp;nbsp;deceuoir, ains efl fondée/ur la vrayepierre angulaire, qui eà le-
11 fus Chrià nottre Sauueur cT Redepteur. il trouuoit femblablemetpar la lecture des/ufdicls Hures vneforme de pieté c/ religion toute autre qiies Hures des ProteÃants-xar come Pvne e/leue P home en vne liberté charnelle mo daine ^qui finalemet lefait précipiter aux enfers, au cotrai rel'autre lâabat P humilie pour finalemet P es-Icuer a Dieu,qui ne peut eÃre conneufans q P homeà connoiÃe amp;nbsp;[e de/plai/è en (ôy mefme. £/ut Ãparmy les Proteflants/è renchtre quelque forme de pieté çf de bo ordre pour esblouyr les yeux des liâmes,iltrouuoiteuidemment quecontre-faifans lesÃngesils Pauoyent tiré des Catholiques nbsp;nbsp;de leur religiOin.
Nous auons défia entendu deux blafi mes que les lefui tes impofèn t a nos Eglife's fans preuue amp;nbsp;contre vérité ; a fauoir que nous attribuons des chofes faullès a lâE-
A lâApologie de I. Haren. 107 glife prétendue Romaine, amp;nbsp;que nous détendons la ledure des liures qui leur fer-uent, tant nouueaux quâanciens. Sâenfuit maintenant le troifiefme: quiert que laleâure (quenous défendons a leur dire) tant de leurs efcriuains de noftre temps, comme des Peres anciens,iuftifie leur do-drine contre tous nos menfonges. Or en tout ce qui cfticy couché, ils pretendent monftrer leur dire par leurs efcriuains qui ont efté de noftre temps .-puis a-pres ils viendront a parler de la dodrine des fainds Peres. Voyla pourquoy nous auons mis icy enfemble tout ce qui touche la premiere partie de leurintention. Ils difent donques, que finalement lean Haren comme refueillé de fommeil, fut induid par vn mouuement diuin a lire des auteurs modernes de la Papauté , par le tefmoignage defquels il nous aceufe amp;nbsp;red conuincus de faux. Orie mâaflèure bien que cela quâils difent eft faux , amp;nbsp;tien pourtour certain quils nomment icy des liures defquels Haren ne veit iamais la couuerturc, tant ileftoitpar vne confiance vaine mefeonnoifl'ant de fon ignorance , amp;nbsp;du fruit que par le trauail dâautruy chacun doit recueillir a foy.
io8 Response de F. I.
Mais pour veniraupoind, nous nenous arrefterons point icy nya la perfonne de Haren, ny aux auteurs qui font icy nômez, amp;nbsp;defquels Iâinfuffiianee pourroit eftre mo ftree a lâÅil,sâil en cftoitbefoin.-feulement nous traiderons de la dodrine quâils con-feflènt, amp;nbsp;la reconnoiftrons entant que nous la pouuons reconnoiftre en bonne confcience parla parole de Dieuicombien que ce foitvne confeflîion fort manque amp;nbsp;imparfaide dont ils vfent icy. Quant au premier amp;nbsp;fecod point, de lâadoratio d'vn feul Dieu, amp;dela mediation dâvn feul le-fus amp;nbsp;de noftre falut par la foy qui eft en luy feul,nous lâoyons trefuolontiers dâeux: amp;nbsp;prions noftre bon Dieu quâil leur face lagrace a tous de croire vrayement amp;nbsp;entièrement dccÅur ce quâils confeftèntde bouche amp;nbsp;par efeript. Mais ils difent quelques chofes cy apres, qui faufcorrediô ne fern blent pas sâacorder auec leurs mefrnes articles,comme nous lemonftrerons en 3fonreng. Auflî auouons nous de tout noftre cÅur le troifiefme,entendans par le Baptefmc le facrement entier, câeft aiauoir lagrace amp;nbsp;la vérité inuifible auec le ligne 4 vilible que Chfift a ordonné. nbsp;nbsp;nbsp;Duqua-
triefme, nous ne fommes pas de fi bona-cord:
A l'Apoiogie DE 1. Haren, io? cord; car il y a des chofes que nous reie-dons par la parole de Dieu,amp; d autres qui requièrent elclaircifletnent amp;nbsp;explication. Caren difant,quâils ne reclament amp;nbsp;moins adorent autre médiateur comme Dieu quâvnfeulIelùsChriftjilsconfeflèntdon-ques quâils reclament dâautres médiateurs que luy 5 mais feulement quâils ne les reclament point comme Dieu, câeft a dire,auec lâadoration diuine quâils appellent LatrtA en leur iargon. Or comment sâacorde ce-cyauec ce quâils ont didparauant article I, quâils reconnoiflent vn feul médiateur au lai ut humain, qui eft le fils de Dieu? Sâils le reconnoiflent feul, pourquoy en recon-noiflêntils d autres auecluy? Dauantage cela ne nous agree point, quâayans nomé lefus Chrift feul médiateur au falut humain, en excluat tous les autres par ce mot Æ maintenant ils luy recoupent fon office de mediation,difans que luy feul efl: leur aduocat amp;nbsp;médiateur vers le Pere de la redemption ; comme sâils difoyent, quâen la redemption voirement il efl feul médiateur, mais non pas ex autres chofes necef-fairesdepuis la redemption. Or fur cela ieles prie quâils nous monflrent pourquoy il n efl pas leul médiateur en tout ce qui eft
lïö Response de F. î.
a faire entre Dieu amp;nbsp;les hommes. Eft ce pource quâil ne peut â ils ne le dirot pas: car aufli ilelhoutpuiflant. Eft ce pource quâil neveutpas? Noncertes:carluy mefme lâa lean i4. nbsp;nbsp;promis,quequand il fera alléau Pere,tou
tes choies que nous demanderons au Pe-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;re en fon nom,câeft a dire,par Ion intercef-
fion,illenous donnera;luy mefme nous , a commandé de requérir le Pere par fon lean 16,14- . /r o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠jâ
mterceliion, amp;nbsp;non point d aucun autre. Rom 8 }4 S.PauIauiriledeclaredifant,.=^d^f^^/// notti conâamnera? Chrifl eà ce luy gut cà mort (Ã- auÃt guiplui eà refujettédes morts, eà aÃis A la dextre du Pere, gut auÃt intercede pour nous. uca^iamp;i DerncfmeeftJaconfelîîon deS.Pierre,S.
' lean, amp;nbsp;de tous les Apoftres. Et de faiél, sâil eft feui médiateur de falut amp;nbsp;parfeéT: médiateur, il faut bien t^uâil le foit vniuer- ' fellcment amp;: en tour. S il nâcft médiateur en tout,rvndes deux eft nccciraire,ou que iamais nous nâobtenions perfeétion de falut en luy, ou quâil ait des compaignons ; en Ion office. Item nous nâaprouuons point quâils honorer amp;nbsp;réclamer les fainds morts: pource quâil nây a en route la parole de Dieu aucun commandement de Dieu de ce faire,ne promeflè coioinde,amp; pource quâil nây a point de railon apparente.
Car
Car quant aux raifons quâils mettent cou-uertement puis apres, elles ne font de mife ne de recepte en forte que ce foit. La premiere, Cefontnoshonsfèigaeurs (Nantis. Il cfh vray: mais fi vn mien bon feigneur amp;: ainy eft a vne lieue de moy, ie ne le puis Voir,ouyr, ne parler a luy, ne luy a moy : amp;nbsp;telle eft la codition mefmc des fainds tref-paflèZjCommelâEfcritureenfeigneenlob, lob 14,1t. es Pfeaumes ailleurs. La fécondé, Ib ÆÂ»/ confor/nes en gloire au ciel aufib de Dieu.
11 eft vray : mais félon leurs degrez.car auf-fi eft il did par le Seigneur lefus, quâ/Zf font femblables aux langes de^ par adis. Lagloi- Matt.n.s®' re de Clirift eft dâeftre Dieu en cflencc,in-finicnquantitc,fcience,puifrance, adion, operation: amp;nbsp;fi on regarde afon humanité,fa gloire eft quâelle eft vnie a (a Deitc en vnité de perfonne, aflife a la dextre du Pe-re,amp;eleuceen gloire par defTus tout nom
amp; toute chofe qui a nom. Au regard de CCS chofes nul des fainds ne luy eft conforme en gloire. Voir tout, ouyr tout, falloir tout, câeft vne propriété diuine:amp;la nature humaine de noftrc Seigneur fait, oit, amp;nbsp;voit nos penfees, prières, 6c afaiies, entant quâelle eft perfonnellemcnt vnie a la parole éternelle du Pere. Quand
Ill Response DE F. î. donques ils auront monfti cque les fainds en paradis font ou égaux a Dieu en gloire, ou vnis perfonnellement a l'eflènce diui-ne,alors auront gaigné les lefuites leur prc-tente, quâil les faut honorer amp;nbsp;reclamer dâvnc telle façon, autrement,ils ne pcu-uentouyr nercfpondre anoftre cry. câcik donc temps perdu amp;nbsp;follie de les appeller. Car iafoit qu'ils foyent conformes a nollrc Seigneur lefus, heft ce que pourtant ils ne (ont pas égaux nâen ceftecy, nâen aucune autre operation diuine. La troifiefmc, ils ont foin de lEgltà icy bas rnilitate^ d)â prient pour elle. Nous confeflons quâils en ont foin, amp;nbsp;quâils prient pour elle : car sâils ont eu charité icy bas quand ils ont porté Id corps de péché, cornent lâauroyent ils peü' due apres eftrc deliurez dâiceluy ?Mais câeft autrechofcdâauoir foin delâEglife militante icy bas amp;nbsp;prier pour elle en general, (come nous voyons que les fâinds cryenten Apoe.s, 10. lâApocalypfe, Turques a quand Seigneur ne iugeras tu point nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;) autre de prier en par
ticulier pour perfônnes, prières, ou afaires particulières, qui leur foyêt expofees apres Icurdeces decefte vie. Car ils ûuent la condition generale de lâEglife par la parole de Dieu amp;nbsp;par leur propre cxperiêce.-mais quant
A lâApologie DE I. Haren. 115 quant au particulier des membres, ils ne Ie peuuent fauoir par noftre cry, ne par force quâils ayent en leur condition: corne nous lâauons demonftrécy delî'us. Quant a ce quâils difent que cela appert par vne infinité de tefmoignages contenus enlaiainde Efcriture,nous ferions aüezacôtenter sâils enalleguoyent vn feul pertinent a ce propos : mais comme iniques a prefent nous ne lây auons feeu trouucr,auiri nâauôs nous point veu quâils lâayent fccu alléguer. Pour le regard des images, sâils dilent vray j que les images ne font adorees, feruies, honorees entre eux d'aucun fcruice diuin, ilsdeuroyétlâauoir mieux exposé de long temps au poure limple peuple,qui lâentend autrement: car câell vne ignorance dommageable. Mais il faut bien palier outre, câelt a fauoir, quelles ne loyer leruies dâau-cûferuice qui loit. Car aulfi la raifon quâils aiouftent le monftre clairement,quand ils difent, elles^ont représentées aux homes com-me hiîioires amp;nbsp;menaoriaux des chofes pajjèes: or ne fait on point de feruice aux hiftoires amp;nbsp;memoriaux des chofes palfecs : qui le fera donc aux images ? Ce nâeft pas aux i-m âges, diront ils, mais a ceux qui fontre-prelentcz par icelles. A quel propos ? veu
H
114 Response de F. I.
quâils ne font pas preiènts,veu quâils n oycc amp;nbsp;ne voycnt point ces choies, (come nous auons m on ft ré par cy deuat) amp;nbsp;iîngulierc-incntque quand ils les orroyent amp;:verro-yent, ils ne pourroycr autiemct faire ièlon V Aa.i4,if. Jcurconlcicnce,qiiâainiiqucPaulamp;Bar-nabas feil et en Lyftrc?car ils font parfccle-mcnrialouxde l'honneurde noftreDièu. Et qiioyqucMcftîeurs les lefuites iargon-nent, q cc nâeft pas honeur diuin, fi font ils côuincus parlefaiôl mefraedu contraire: caravncvertu diuincils attribuer hôneur diuin: or ils fuppolenrq lesfaindsmefme eftansau cieloyctamp;voyêt les choies dâicy bas, qui cft vne vertu diuine, amp;nbsp;parain fi ils attribuent a icelles honneur diuin, amp;nbsp;fouf-frent fans contredit que le limple peuple le facc.Nous ne prctcdons pas pourtant, que Dieu ayt défendu lâvià ge des images: car
lt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sâil en auoit défendu 1âviage,il nâappelleroit
Exo.ji.j. pas fart des Imagiers vn don de fon Efprit;
mais bien difons nousprcmieremêc qu il a Dcut.4amp;y. défendu U fon cU'ence ne foit reprcfentcc par image ne femblancc quelconque: fc-condement quâil nâa iamais comandccjuc J'onfeift au temple image dechofe qu on doiuc ou puiiTc adorer : a raifonde quoy le Concile Eli bel tin lâa eftroiteméc défendu.
fina-
A lâApólogik DE L Ha REN. rrf finalemêtquencMoyfenc Salomon n oc faiftautcple aucune image adorable fans cxpreffe ordonnance de Dieu. Et cela fair doublement contre les patros des images. Car dâvncofté fiMoyfe amp;nbsp;Salomon nâcn ont point faid fans cxpreffe ordónance de Dieu,quelle puiffance ont ils plus q Moyfc amp;nbsp;Salomon? ou cfl lâordonnance amp;:lacô-miffion? Dieu certes maintenant veut de tels adorateurs qui l'adorct en efprit amp;nbsp;vérité. Dâautrepartquileuraapris dâargumenter ainfi ? Dieu a corn mandé a Moyfè amp;nbsp;a Salomon de faire des Chérubins au têpie; donc nous y ferons des images, voire de tou tes fortes. Ils fanent bien quecâeft contre tout droit, fi quelqu'vn veut argumenter dâvne chofe particuliere, amp;nbsp;en for-
I ger des conclufions generales. Pourquoy ' nbsp;nbsp;donc le font ils, veuqiamais Moyfc amp;nbsp;Sa
lomon qui en auoyentle commandemer, nâont entêdu,penfé,ofé,ou entrepris feulement lefpeflcur dâvn ongle par defius? Du fixiefi'nc,nous n'entendons point q le Pa-
; nbsp;nbsp;pc foit chef minifterial de lefus Chrift en
lôn Eglife , veu que nul ne doit prendre ceft honneur s'il nây eft appelle de fonSci* Hebr.ya^ gneur: amp;nbsp;nous nyons eonftamment que le Pape y foit appelle. Les prennes quâils
H ÿ
ttS Response de F. I.
en allèguent font trop maigres pour nous raflafier. Car premieremet cefte raifon ne vaut rien, a fin fient retenir Æ EgUà en paix dr vnion: câeft lâoffice delâEfprit de Chrift, amp;nbsp;non point du Pape, ne dâaucun homme mortel. Semblablemét les exemples de Moyfcamp; du Roy nây feruent en rien: car cefontdiucrfes adminiftrations, dâvne police, amp;dâvneEglilè.-amp;auffi les excples ne font pas lesloix. Mais ils ne pouuoyent mieux dire pour ratifier le dire du Pape iules,quâil a les deux glaiues en main,le temporel amp;nbsp;le fpirituel. Lâautorité deChrift espaiïà gesquâils alleguentnous larecon-noillôns,Dieu mercy: mais elle ne fait rien a ce propos. Car ce comandement, P ai mes ,apartenoitatous les Apoftres, a-partiét encores a tous Miniftres felon lâexhortation de S. Pierre: mais pource que S. Pierresâen cftoitfoymefmedeboutépar fa cheute, U a efte de befoin quâil y fuft refti-tuéen fon entier par nouuelle ordonancc de ChriiljCommeil a efté faid. Cefte pro-Matt.K.ij. rneflé,TuesPicrre,dr/HrceÃepierretediÃe-rajmonEgltfe,fait autant ace propos que rien. Car Chrift ne dit pas. Sur toy,Pierre, iebaftiray mon Eglife : mais fur cefte pierre,de laquelle S.Pierre a eu fon nom,cômc
S.Au-
A lâApologik DE I. Haren, iry
S. Auguftin lâenfcigne.Ceftefoy,dic JeSci-gneurjqne cii as confeflèe,cefteconfeflïon lt;ierbuDa-que tu as faidceft vne pierre ferme amp;nbsp;vn fondemécafleuré particuliercmêt de toy, amp;nbsp;generalement de toute l'Eglife enfem-ble. Au regard de cefte pierre tu es Pierre, comme ie tâay imposé le nom , amp;nbsp;a mefme regard lâEglife demeurera bié fondée éternellement. Voila lâintelligence telle que le paflage requiert,amp; que Icsfainds Peres ont donnée dâvn commun confen-tement: comme il a efté cent amp;cent fois remonftré. Comment pourroyet les Ic-fuites cuifiner ce paflà ge pour en faire au Pape quelque bon confortatifâcarilnâya rien ace propos. nbsp;nbsp;nbsp;Quant au feptiefme, y
c'eft biê laid aux Catholiques de ne point adorer vn Dieu de pafte ; combien que ie crain que le fimple peuple entre eux ne l'étende pas ainfi,mais sây fourre plus grofte-ment quâil ne faut,en matière dâadoration. Toutesfoisilsdoiuét bien penfer que ceux qui les blafmcnt de eeka, ont vnc maniéré fort fimple d argumenter : Selon voftrc a-uis.dilenc ils, cefte oublie q vous monftrez amp;nbsp;pour menez amp;nbsp;adorez cft Dieinoreft elle de pafte,corne nous fauSs tresbien.-vous adorez donc vn Dieu de pafte. Ilsrefpon-
H iij
îiS Response de F. I.
dent, Ce n'eft plus pafte, mais eft Dieu, dâautant quâil fe fait vne conucrlion facra-mentelle delafubftance du pain amp;nbsp;du vin aucorpsamp;au (à ngdâiceluy. Voilaqui va fort bien.car nous concluons de leurs propres paroles ; Selon q la côucrfion cft,ainfî eftlafubftancedes chofes : or lacÃuerfion cft lèlon la nature des Sacrements:doques il faut bien dire que la fubftance foit felon la nature des Sacremcts. Et quâeft ce ic voâ prie,de la couerfion facramentale ? ce n'eft: pas vn changemêtde fubftace.-changemêt de fubftace (è fait par corruptio de lâvne amp;nbsp;generatio de lâautre.Quelle cofciece pour-roit fupporter cela, quâaux Sacrements il y euft corruption amp;:gencration?La fubftace delâaigneau Pafchalou desSacrcméts de la Loy ne fe changeoit pas au corps ou au fang de Chrift : l'eau du Baptefme nâeft pas couertie au fang d'iccluy,cóme quad le Sei gneurchâgea lâeau en vimmais leulement cft fanèl:ifieeparrordonâcedcDieu,a lâanalogie vlage legitime des Sacrements. Lâanalogie oujpportio des Sacremêts cft,q deux chofes y ioyentje ligne,amp;: la chofc-Ã-gnilîee;quâentre ces deux choies il y ayt co-formité,nô couerfio ne cófufió quelconq, amp;nbsp;q le tout foit ordoné de Dieu auccjpmef fe de grace Quat a 1âvfagc,les fideles le fen-
A lâApOLOGI E de I. H AREN. U9 tctjlefauëtjamp;enioiüfsët. Telle cftlafanclifi-catio qles anciës Peres ontappcllce conuer-fion,pource qu'vnc choie cömune eftoic c5-uertie en choie faincte es Sacrements de l E-glife de Dicu.Pourquoy la font ils autre au S. Sacrement delaCene? Carilsnepeuuëtef-chapper en forte q ce foit quâils ne confefiène l'vn oulâautrc? li cefte couerfion eft facramë-talc,ellc nâeft point autre qcellc qui eft es autres Sacremëts: lî elle eft autre,elle lïeft donc plâ facramëtale.Autâteftildcl'adoratiô. Car nous ne nyos pas la pfencc du corpsde noftre Sauueurau Sacrcmët,felo laquelle noâ mangos fa chair amp;nbsp;bcuuos fon fang en nourriture de nos âmes a vie éternelle : mais bien di-fons noâ qu il ne veut pas eftre adoré au pain ou au vin du Sacremët.Car toute lâadoration q Dieu demâdc auiourdâhuy eft, q noâ lâado -rios no point en circomferiptió de lieu, mais en efprit vérité ; dot sâenfuit neceflairemët q nous ne deuos vfer d'aucune adoratiô qu'5 appelle locale, s'il nây en a ordonace particuliere. Or qui eft lâouurier q nous pourroit icy defcouLirirquclt] comandemët ou ordonace particuliere de Chrift?certcs il nâapas diet, hauflezjbaifléz,pourmenez, adorez:mais bien a il ditt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cecy eà rno» cor^s.
Lapromefte efttelle,cecyeÃmon corps j ïor-
H iiij
îlo Response de F. I.
donnance eft, preneâ^ mangez,, faites cecy en mémoire de moy. Nous cm bradons la pro meÃe du Seigneur lefus a noÃre confola-tion:pourquoy l'appliquerions aucrement quelelon (onordonnance,qui feroit no-
8 lire perteamp;deÃrudion? Nousoyons ; volontiers ce quâils confeflènt touchant la paroledeDieu,quecâfy?Z4 regletrefeertaine, 'uerttahle nbsp;nbsp;nbsp;m fallible dwvouloir de Dieu amp;
Juffifanteafalut: amp;nbsp;prions Dieu pour eux de tout noftrecÅur, quâils lâaprouuent amp;nbsp;ex-polènt dâorenauant felon lâanalogie de la foy ChreÃiene, amp;nbsp;le côlèntement des an-ciês Peres orthodoxes amp;nbsp;véritables en lâE-glifc. Mais quad ils nyét quâils aiouÃet ou diminuer a la parole de Dieu,ils sâoublient cÃragemet. Car fans aller plus loin,nâcà ce , pas aioulter, quad ils aiouÃet lâadoratio au ' Sacremet de la Cene par delfus lâordonace de ChriÃânâeà ce pas diminuer,quad ils a-bolifsêt le figneâN'eà ce pas aiouÃcr,quad ils ordonétvn Pape amp;nbsp;toutefa hierarchic? quad ils comandent les images ? lâadoratio amp;inuocatià des faïdsâle liberal arbitre? les merites ? les traditios de 1 Eglifc Romaine? ' Nâeà ce pas diminuer, quad ils font Chrià médiateur feulcmêt de la redêption? quad Us defender auxChreÃies desâafleurer que
ChriÃ
alâApologie de I. Haren, izi
Chrift habite en eux par fonEfprit,amp;Ies a-appaifentdâvne foy implicite; amp;c mille autres fredaines,dót partie ne touche poît, amp;nbsp;partie répugne a noftre foyamp;falut ? Pour les expofitios de Caluin, Luther, Bucer,amp; autres, noâ ne nous formalizos point. Car côbien q nous croyos fermemêt q ces per-fonnages là nâont pas feiemmet corropu amp;: falfifiérElcriture,maisyontprocedéenrc-uerenceamp;fimplicité: toutesfois nouslaif* fons a Dieu amp;nbsp;a fa parole toute autorité, amp;nbsp;atous fideles le iugement pour examiner en pieté les eferits d'iceux par la parole, de laquelle ils nâont pas voulu eftre maiftres comme le Pape, mais difciples toute leur vie. Qiunt a laiuftification, les paroles font bonnes,que noftre iuftificatio eft fondée fur les merites de noftre Seigneur le-fus,amp; tefmoignee par bonnes Åuures.-bicn entêdu quelle eft toute fondée totalemct, amp;nbsp;confifte feulement es merites de Chrift feul,amp; non d'aucune creature en forte que ce foit. Si cela eft,nouslouerôs Dieu quâils font dâacôrd en cela auec nous félon la regle de fa parole, amp;nbsp;quâils renoncent aulc-uain des merites humains, que leursperes amp;compaignons ont de long temps peftri y au grand dommage de lâEglifc de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'''
112. Response de F. I.
I o Le dixiefmepoindie ne fay a vray dire ou ils lâont veu, n'ouy : amp;nbsp;deuoyent bien a bon droid en monftrer quelque chofe. Car c'eft vn poind dont nous louons iournel-lement Dieu, quâencores la dodrine de la fainde Trinité eft ainfi demeurec en ces grandes amp;nbsp;horribles tenebres de lâEglifc Romaine. Mais fi aucun a vfé de telles paroles, câaura efté par confequcce. Comme par exemple, fi quelcun difoit : l'Eglifc prétendue Romaine nereconnoift point, que Chriftfeul face entieremêt nbsp;nbsp;pleine
ment tout ce qui eft requis a lâoffice dâvn vray amp;nbsp;parfed Mediateur : amp;nbsp;fi cela eft vray,ccnâcftpas vn vray Chrift,mais vn faux q u'elle adore. Tels propos ne fe difent pas diredementau regard de lâeflêncedi-ulnc,ny dclaperfonne de Chrift, mais le tirent a la perfonne au regard de fon office par quelqueconfequence. Parquoy câeft a tort quâeux mefmes nous calomnict en ce-jj fte caufe. Maintenant il appert que ce ^cgt;nt point mcnlônges, ne faulîès fup-.J pofitions, que nous auos alléguées iufquâa prefent. Mais quant a eux,comment oient
I ils alléguer quâils ayent auiourdâhuy des ) Martyrs en Angleterre amp;: ailleurs ? Ceux ' qu'ils appellent Mai tyrs,cc font confpira-
ccurs
alâApologii de I. Haren. 125 teurs cotre Iâeftat du Royaume amp;nbsp;le repos public, comme il cft ailé a voir par tous j leurs procès amp;les ades publics, gens qui veulent fous le manteau de reformatio dc-chalTer tumultuaircment la Royned'An-gleterre, partager le Royaume, amp;nbsp;par la ; ruine dâiceluy introduire leur regne amp;ty- ' rannie. Si ceux là font Martyrs qui veulêc faire vn fi grad amp;nbsp;horri ble brigandage,que ièra ce des petits brigandeaux ? ou feront pieté amp;nbsp;iuftice, û le monde couronne au-iourdâhuy lâimpieté amp;nbsp;iniiiftice du titre de martyre? Vray eft quâils ne le font pas dâeux mefmcs,ains eftas eny tirez dâvne perfuafio vaine de lâautorité du Pape. Maisdâoua il celle autorité? car nous auos cy delTus mo-ftré quâil fe dit a faulTes enfeignes, fans fondement amp;nbsp;fans raifon, chel de lâEglife. Et ores quâil fut chef dâicelle, lùccefléur de S. Pierre,nous fommes enleignez parla bou ehe dcChrift,q iamais ne fut donee a Pierre vne telle autorité; voire amp;nbsp;q plus ell,quc Chrift mefme nâen a point voulu vfer en Luc 11,14. matière de partage,nc dcgradeur,nedeiu gemet criminel. Eli il !ieutcnant,amp;entre-pred plus que s5 Seigneur?eft il fuccefleur/ amp;nbsp;ropt les limites facrez de fa fuccelfion? ;
Ceq nous difons de leur Eglife amp;nbsp;doélrine'^ au relie,n eft point caché. Nous difons que
1X4 Response de F. I.
' nbsp;nbsp;I FglifeRomaine eft Eglife,mais en laquel
le l'Antechriftfaiól fon liege. Si nous fpe-cifios en cela plus que S. Paul, quâils pefent que S. lean en a encores Ipecifié plus que nous ne diIons ; pource que nous pourrios bien diredâauantage en vérité, mais nous ne dilôns non plus quecea quoy la pieté amp;nbsp;charité nous forcent. Pour le regard de lado£trine,nousne difons pas qu elleeft toute diabolique ^pleine d'erreurs, ^c. mais bien dilôns nous autac que noftre cofciêce cftinftruiéle par la parole de Dieu, quâelle a encores quelque refte de bon ( corne fin-gulieremêt eft lepoinétdcIafainéteTrini , té)inais quâellea lans comparaifon plus de mauuaisamp; pernicieux leu^i, corne il fera
12, par-apres demonftré. Quant a ce quâils difentpourlafin, touchât la forme de pieté,quâelle nâeft point entre nous,ou sâil y en a quelque peu,que nous lâauons par finge-rielimitation,il nouseft aufli aisé de le nyer, comme ils trouuent aisé de lâalTeurer fl hardiment.Car premièrement ils fefont iuges de nos cÅurs amp;nbsp;penfees, qui eftfeu-lemét de lâoffice amp;nbsp;puilïà nce de Dieu.Dâa-uantageilnefautquela croix Ãefhiftoire de noftre temps, pour les conuincre de ce quâils difent fà uflcment,que noiftre doétri-ne
A lâA pologiedeL Haren, tz^ ne eleue lâhomme en vnc liberté charnelle amp;nbsp;mondaine quj le précipité es enfers,amp; la leur au contraire. Cornent ieroit leche? minde liberté charnelle en vne doôlrine decroix,daffliétiôs,amp;decomb2tsanïdusî Car nous voyons que ceux qui sâappellent Catholiques,(ont en cela vrayement dâa-cord,quâils fufeitent des affligions de toutes parts pour nous exterminer delà terre des viuans. cela ne fc peut acorder a celte liberté charnelle quâils nous reprochent. Et au contraire,corn ment feroit le chemin dâhumilité en la doétrincdâiceuXjVeu que ce nâeft que toute pompe,grandeur,fierté, préemption de foy,opinio de merites qui regne amp;nbsp;cômande aux Papes, Cardinaux, Euefqs,amp; autres leurs fuppolts ? voire iuf-ques la que finalement les poures confciê-cesfont lancées cn'desefpoir, ou a tout le moins en desfiacepour dire en lâarticle de la mort, ô fi nous fanions ou nous allons: comme, hclas, cent mille exemples le déclarent iournellement. Lâhiftoire de no-ftre temps au refte monftre allez,fi nous a-uons plus profité dâeux, que no pas eux de nous,veu quâils ont reftabli les exercices des Catechifmes, efcoles, amp;nbsp;autres chofes alâcnuidcsnoftres. Si les noltres font fin-
116 Respons® de F. I. geries, Dieu le connoift, lequel nous fup-plions ardemment pour eux amp;: pour nous, quâil nous face a toâ la grace dâeftrc ialoux en bien,amp; non point linges a contrefaire fans pieté ne raifon, afin que nous croiflios a l'enui, amp;nbsp;tendions tous a qui mieux mieux au Royaume de Dieu.
La, leliure des Huresfufdiôis luy ont donné 6cca/ion depajjèr outre, ceà a fauoir de s'appliquer du tout a refueilleter les Hures des Peres anciens : amp;nbsp;luy furent mis es mains premièrement rincent LirinenÃs anciennement fidele firuiteur de Dieu, qui â¢viuoit ily a plus de 1200 ans : item les epifres de JainHl Ignatius difii-ple defainHt Iean,ÃainLi t^uguflin de la cité de Dieu, les Åuuresdefà incî Cyprian amp;deTer-tullian: ^ainfipetit a petit quitant les efirits des Proteftants ,il s adonna totalement a examiner les Peres. nbsp;nbsp;Il treuuoit en la leHlure d'i-
ceux 'vne toute autre for me de religion,pieté, cér modefiie,que cellequis'ohfèrue parmy les Pro^ teftants. nbsp;nbsp;nbsp;Iltrouuoit(emhlahlement que les
abrégez, lieux communs diceux, qu on exhibe aux fimples en leurs efcoles ,elioyent falfi-corrompus,pleins de bourdes df de men-finges. .^i fut caufi, tant pour mieux s exer-citer en la lelîuredejdicls Peres,que pour con-noifire dr remarquer la vérité,qu'il femeit a en tirer
A lâApologie DE I.Haren. 117 tirer vn(ontmaire en forme de lieux communs: commençant aceuxqutont'veÃu toà apres les f^poÃres^amp;fnijfantau temps des ScholaÃi-ques. Ce qu il feit,non point a lafaçon des Pro-teÃantsfem blables a la moufche,quisâarreÃe[ur la roigne eu lagale, laiffe le corps fain amp;nbsp;entier {Us nous aportent cotre les Catholiques quelques fentences ambiguës tirees de quelques Peres, ne fe Ãoucians du reÃeÃbeau eÃà do5iepuiÃi il e-Ãre, ny de ce qui precede ou fuit apres : en quoy iniquement Us abufint dejdi^s Peres dr l^ur font tort ) atns regardant quelle eÃoit la religion dr la forme de difcipline de leur temps,iblA confermott par la parole de Dieu dr lettrs propres efcrits.
Si la dodrine des efcriuains prétendus Catholiques de noftre temps euft efte dâvnc mefmc forme amp;nbsp;confiante en tout Si. partout, nous ne doutons point quâils ne nous en euflènt allégué quelques retaillons pourverificr les choies qui maintenant ont efté refutees. Mais puis quâils ne l'ont point faid , iâeftime que moins de neceflîté de leur demander les noms amp;nbsp;pahages de leurs auteurs, quâeux nâauoyent deles dire amp;nbsp;alléguer a leur propos. Or puis quils glUlènt
118 Response de F. I.
tout doucement a lâautorité des Peres an-ciës fous couleur dâvn deuotfeux Catholic comme lean Haren aefté,quia ainfitenu legouuâernail ( comme ils dilènt ) au cours defes eft.udeSj nous paflèrons a ce propos.
Etprem/erementnous pouuons bien af-fcurer les ledeurs Chreftiens, quâencores que nous tenions en matière de foy la feule Eferiture pour regle,commfe auffi les anciens Peres ont faiôb, que toutesfois sâil fe fâuttcnira eux,nous auons défia gaigné, Dieu mercy, la meilleure partie de noftre caufe, voire par le tefmoignage de ceux là mefme qui fon t icy nommez.Il nây a point en iceux dâautre forme de religion, pieté,amp; inodeftie,quc celle que nous enieignos que nous croyons en nos cÅurs, quoy que nous en fouruoyons trop fouuêt par ignorance amp;nbsp;me(garde,amp;donnions, helas,aux autres par trop dâoccafion de blafmer le no de Chrifl: amp;nbsp;(a doctrine en nos infirmitez. D'auantage nous pouuons bien aufiî affermer deuant Dieu amp;nbsp;fon Eglife ( car i'en fuis afieuré ) que nul de nous nâa fciemmëc extraidoudrefsédes lieux communs fal-fifiez ou corrompus pourabulcr perfonne que ce foit. C eft vue calomnie euidentc, contre laquelle tous nos eferits rendent à clair
A lâApologie DE I. Haren, clair tefmoignage,que les enfansmeÃnc lapourroyenc connoiftre,amp; nous en fai-fons iuges nos propres ad lier faires en leurs confciences deuat Dieu. Car tant sâen faut que nous corrompions ou falfifions des paH'ages, quâau contraire nous nâauos qua-fi plus grand cobat auiourd'huy, que pour conferuer lesefcrits des Peres anciens en leur intégrité. Qui font ceux qui y aiou-ftent? les Catholiques prétendus.Qm font ceuxquiyroignent? lesmefmes. Qui font ceux qui y changent? les mefmes. voire a-iouftent, roigncnt,amp; changent non lêule-ment des paflages, mais des liures entiers: amp;deprauentles autres par leurs cenfures, quâils appellêtcorreéhons. Tefmoins font les cenfures des facultezTheologiquesJes . cenfures du Concile de T rente, amp;nbsp;depuis encores l'Index expurgatorius, quinâague-lquot; res a eftéefijënïé paTvn fingulier benefice quot;5 de Dieu pour eftre vn m iroir a iamais, ou la pofterité remarque lâinfidélité de ces enfans ingrats enuers les cèdres des fainds Peres, de la fucceflion defquels ils le vantent fi hautement. Mais quoyîiln'ell pas befoinde beaucoup de paroles pour réfuter leur dire, amp;nbsp;confèrmerle noftre.-car leurs allegations qui senfuiuent,amp; quâtls
Response de F. I.
ont fi foigncufement digerees par petits lieux communs parleront dâelles mefmes, amp;nbsp;nous iuftifieront de foy contre toutes leurs calomnies amp;nbsp;quolibets. Car au refie quant a Haren,ie (ây que iamais il ne fe dona tant de pene, comme on a forgé icy-Klais poflîble quâvn de ces iours la prefi'c des lefuites nous forgera ces lieux communs, amp;nbsp;ne foulfrira point qu'ils demeurent plus long temps en tenebres. Sâils le font, ieles aduerti quâils fe doiucnt bic fou-uenirde ce quâa diôh vn des plus auancez en leur focieté a Couloigne lâannee paflèe, que lean Haren nâefioit quâvn brouillon amp;ne faifoit rien qui valuft. Car câeft vne choie aflèuree,que sâil y a en ces lieux communs de lean Haren quelque chofe a façon, elle démentira le titre du liure; sâil nây a choie qui vaille,nous reconoifirons vra-yemêt le pere au vifage de lâenfant,amp; con-felîerons hardiment que cell vne pièce dudiét Haren. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Or le filles Peres luy ont enfèigné ce qui s'enfuit, Premièrement, que ceÃe ilocirtne^qus-uec feu, glaiue, violence, toute autre outrance les Pr Ote fl ans affligent, eîechajfent,dr tafehet d'exjlirper s'ils pouuoyet, efl neantmoins la mef mereltgion ancienne, four laquelle vne infinite
A lâApologIE DE I, Haren. 15i de CM^irtyrs ont finffert^dt' quetotn les Do-Heiirs de lEgUà tant Grecs ejueLatins depuis le temps des ApoÃres ont toufiours creu, recette enfetgné aux Chrefiiens par toutes les quatre parties du monde : comme 'verrez, par ce petit dtfcoursquiÃutt.
Par lâautorité des Pères anciens Haren fe fait fort aiiec fes maiftres de nous mon-ftrerdeux chofes: l'vnequela doftrine de
5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;îa Papauté eft la dodrine catholique amp;nbsp;A-
poftolique : lâautre,que noftre dodrine eft ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toute tirce des anciennes herefies refutees
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;conuincues de longue main. Nous
1 nyons l'vn amp;nbsp;lâautre, amp;nbsp;difons quâils font î nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien loin de leur conte es prennes quâils en
penfent amener cy apres. Venons don-- ques a ouyr amp;nbsp;examiner leurs prennes fur Æ le premier poind quâils pretendent, que - leur dodrine eft ancienne amp;nbsp;orthodoxe.
»
ç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;DE BAPTESME.
'lt;yinciennement Ion Ãuloit preÃer le fer~ I- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a Dieu le Créateur au Baptefme , qui eÃ
(- {entree des ChreÃiens en lEgliJe en U meà t' me forme, mamere, cà ceremonies que nous ?/ faifons autourdhuy en tEglife catholique , fi '1' comme auec lonllion , exorctfme , adiura--te tion , amp;nbsp;fiÿie de la croix. Tertullian le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I ij
Ijl Response DE F. I.
â¢voiÃn deS(^poÃre$ au Hure qùila intitulé dt refurredione carnisj^// Hure de corona mi-litis Chriftiani, contra Praxeam ^amp;contn Marcion^ voire en vne infinitéautres lieux ouuertementil noui demonfire que telle elioit la ccufiume de haq)tiz,er de (on temps, que par fucces des le temps des lt;^pofires ils auoyent apris de faire ainÃ. â Sainét Cyprian martyr HureI epifire 12, Origene homilie 12 furies Nombres,SainU lean ChryfofiomehomiLdâA-dam amp;nbsp;dEue, item Ãr la premiere aux Corinthiens chapitre 4, (érÃr lepremier chapitre aux Ephefiens. Bafil. du fainôi E(prtt, chapitre 27 nbsp;nbsp;J S. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Satnll \^mhroife H-
ure I des Sacrement, chapitrer. Hure 2 chapi-tres:Hure3chapitrer. nbsp;nbsp;K^utempsdefainlî
K^uguïtin Ion vfoit des me(mcs ceremonies au haptefine, comme Ion fait amour d huy en lE-gH(è catholique. Voyez.(on commentaire furie Pfal. 30, item de la Trinité Hure 13 chapitre id. item contre Iuliam Pelagian Hure 6 chapitre S : item en l'epifire J03, dren vint autres places defis Hures. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;.^rnohitr5 excellent pere en
l'Eglifi efiriuantÃr le P filme 23, ei'- Rahanus 'Maurus au Hure premier de (infiitution des clercs, chapitre 27 : voire tous les anciens Doreurs ont grandement eu en ellime cfi reue-rence les ceremonies baptifmales, que les Prote-fiants
A lâApologiedeI. Haren. 135 fiant s reprouuenttant. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Nous auons en ce poinôt amp;nbsp;es autres fuiuansadifcernerdextrement ce quieft de l'eflence ou fubftance des Sacremens amp;nbsp;ce qui eft de droit diuin,dâauec les autres dependances, amp;nbsp;fingulierement celles qui font de droit qu ils appellent pofitif,oude la tradition des homes. Ce que les Chre-ftiens faifans leur entree cnfEglifepar le Baptefme fouloyent prefter le ferment a Dieu Sc a noftre Seigneur IefusChrift,cela eft de la fubftance du Baptefme . mais les formes amp;nbsp;ceremonies dot il eft puis apres parlé,ne font pas de la fubftance des Sacremens ny de lâordonnance de Dieu,ains de la tradition des hommes. Que ces traditios ne foyent point de Chrift,ne des Apoftres, les lefuites mefme le nous confeftent fans fonner mof.car en tout ce traiôté ils nâalle-guent quafi point leur exemple ne leur autorité. 11 sâenfuit donc quâelles font procc-dees de perfonnes meues de quelque zele, quitoutesfois n'eftoyent garnies ny dâautorité telle que les Apoftres,ne de comma-dementfpecial pour ce faire. Or cobien que cela nous eft afl'ez pour monftrerque nous nous tenons a lavraye ancienneté amp;nbsp;a lâancienne vérité que lâEglife a receue de
I iij
IJ4 Response de F. 1. Chriftamp;defès Apoftrès, a laquelle anciê-neté amp;nbsp;vérité nous fommes ncccfl'airernéc obligez, amp;de laquelle nous fommes tres-bien contens fans autreaccefl'oire,comme eftantfuffifanteafalut: toutesfoispour ne point redire fouuenc vne meime chofe, nous parlerons icy quelque peu des traditions humaines, amp;: auec tel fondemct que chacun verra ce qui en efl,sâil nâeft aucugle de volonté.
Les traditions humaines font celles qui ne font pas ordonnées de Chrin:,amp; par cô-feq Lient n'ont pas cfté obferuees touhours, partout,ne de tous, mais ont eftéordon-nees des hommes lelon lâauis amp;nbsp;lâoccafion du temps,du lieu,amp; des perfonnes.Excple. l'Eglife ancienne au temps mcfmedes A-podresdeuant la communion delà fiinde Cene vfa du banquet charitable dont il cft faiét mention en repiftreS.Iude,amp; en la premiere aux Corinthiens:^ en ce baquet tous participoyent fraternellemetdcs bies qui leur eftoyent prefentez, combien que les Apoftrès n'en enflent point faiét dâordonnance. La Cene donques fefaifoiten rEglifetouflours,entout lieu ,amp; de tous; mais quant a ce banquet il ne sâeft pas faiét toufiours;caril acoramancé apres l'infti-tution
A l'Apologie DE I. Hare N. 15; tution amp;nbsp;adininiftrario de la Cene,par qui que cela ait efté introduir. Audi ne sâefbl pasfaidentourlieurcarmefmefainftPauI iCor.ii,io. voyant Tabus qui en reuenoit dont la fain-deCenedu Seigneur eftoit indignement profaneeje défendit a TEglife de Corinthe,amp; les rappella pour la voye plusafleu-reealafimpleordonnance de Chriftquâil leur auoit baillee. Audi nâa il pas cftefaid de tous : car il ne fe faifoit pas mcfme des Apoftres, ne des Eglifes qui sâeftoyent co-tenteesdeleur fimplicité. Pourquoycela? pource que c edoyent traditions humaines, amp;nbsp;non ordonnances diuines.âobfer-uations volontaires, non pas obligations nccedaires : exercices particuliers des E-glifes,nonpas generales prefcriptions qui obligeadent les autres, beaucoup moins fèruidènt a les cot rebander, ou faire q uâel-les fe condamnadent les vnes les autres cotre la regle de charité. Et auiourd'huy nous voyons tout au rebours, que l'Eglifc prétendue Romaine prede plus les confcien-cespourfes traditions que pour les loix de Dieu amp;: de nature , amp;en fait des obligations , prefcriptions, amp;nbsp;condamnations fur les autres Egides a fon plaifir. neièfou-
I iiij
Response igt;^ F. I.
Ad.jy,â®' uenant point du dire de S.Pierre, ^Maintenant pour quo j tentez.'vousDieutTnettans vn iougÃr la tejte des difciples, que nynos per es ny nous n auons peu porter? Orcome nousa-uons diâ: du banquet de charité, auflî eft il allé de mefme a J onction ou au chrefinc quâils appellent, amp;nbsp;autres femblables ceremonies. Car lâonâiô Vautres femblables font anciennes voirement a noftre regard, maispointdetelleancicnnetc que le Ba-ptcfme, amp;: nâa poît eftépratiquée par tour, ne de toutes Eglifes, mais a elle permife 3 la liberté dâicelles. Voire qui plus eft,elle nâa paseftéainh receueenÃEglife Romaine iufquâa ce que le Pape Sylueftrcfqui vef quitdutempsdelâEmpereur Conftantin) eneutfaiétlordonnance: comme elle eft i»;.i recitee par Rabanus. lijons,à ït il,« ciertc. t^^es des Peres^que le Pape SylueÃre ordonna en lâEÃiÃRomaine,que commelâEuefquefeula puiÃance drpriutlege défaire le(âtnà chreÃme, amp;Ãg^i^ aueclediól chre(me celuy qui efl baptizepar t import a des mains a cau^ede lafta-Ãon des heretiques,qu'auft le PreÃre oigne du meÃme chrefine celup qui eà baptize Uué hors de leau, ç^c, lâameneray encores vn autre exemple, afin que la chofefoit dâautant mieux elclaircie. Les Eglifes dâAfrique
corn-
A lâA POLOG ie de I. Haren. 157 çoramunement auBapteftneonc auflîte- TertuU.hi. nu cefte ceremonie,que lâon donoit a gou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;66.
fter laid amp;nbsp;miel a ceux quefeleuoyêc hors decorona de lâeau du Baptefmc,puis vnefemaine de long ils sâahftenoyent des lauemens ordinaires. Cefte ceremonie nâa point efté touP iours, ne par tout, ne receue de tous : mais au contraire a perdu fon cours puis apres, entre ceux là mefmesqui lâauoyent fi foi-gneufement amp;:deuotement obferuee. Si doques lâondion autres (êmblables ceremonies que la Papauté recommande fî hautement,ne font point de lâordonnance de Chrift, ne de fes Apoftres,ains ont efté introduides par quelques perfonnages pë fans bien faire, les vues plus toft, les autres plus tard apres le temps dâiceux, les vnes en vn lieu, les autres en plufieurs par con-fentement ou imitation, iufquâa ce que le venin de fuperftitiona laifi toutes les parties du corps mefme par la tyrannie de lâE-glife Romaine ; quelle raifon y ail de nous obieder l'anciëneté en tel les chofes? Nous appelions alâancienneté de lâinftitution de Chrift,qui adonnéle Baptefme en route fimplicité; nousappellons alâobferuation desfainds Apoftres,defquels nousauons iCot.n. receu ceque le Seigneur leur auoit baillé;
13.8 Response DE F. I.
nous appellos a la fimpliciré des perfonna-ges Apoftoliques:nous appelions a la pieté des Eglifes,qui long tcps apres n ont vsc de telles ceremonies amp;mefmes en ont aboli aucunes, fupporras fraternellemêt celles q en vfoyét (ans faire ichifme nediuilîo pour cela : brief nous appelions a lefusChrift, corne au chef amp;nbsp;eipoux de lâEglife Saunen r de fon corps, cotre la tyranique amp;nbsp;for fence violence de ceux qui ont tourné les traditiosenfuperfbtions, obicurciflent 52 anéanti fset pour elles le benefice de Chrift 02 fcs ordonnances faindes, entrcprenent autorité fur les autres Eglifes, prononcent leurs iugemens 52 condanations fans iuge-inent ne raifon, 52 les executêt ûns miferi-cordefurles pouresmebrcsde noftre Seigneur lefus. Car cela nâcfi cepasdeftruire pour de lâhuyle, du fel, 52 du crachat ceux pour lefquels lefus Chrift eft mortânâeftce pas condamner lefcruiteurd autruy ? Encores faunique nousaiouftios vn pointft: câeftque beaucoup de telles obferuations eftoyent fimplement hiftoriques pour fou-nenance de quelque hiftoire 52 benefice de Chrift, corne eft lefouftle dont ils vfent encores a la Papauté difans Effeta. en lieu Marc 7,j4, de dire Eppateach'. les autres eftoyent do
gma-
A lâApologie DE I. Haren. 159 gmaciqucs (èruates a quclqueinftruólion: amp;nbsp;Jes autres taâ:iques par maniéré de dire, aparcenantes a Iâlionneftetéamp; a lâordre delâEglife. Or eft il certain que lâon ne fau-roitmonftrer obligation plus grande quâa celles qui font requilès felo lâordre amp;nbsp;hon-ncfteté en lâEglife de Dieu. Car les predications amp;: Sacremens font ordonnez pour doélrines amp;liiftoires perpétuelles enlâE-glife de Dieu :amp; fi les Pafteurs fe veulent bien aquiter de leurs charges, ils feruironc plus par ces fimples moyens que Chrifta comandez quâils ne peuuent faire par cent mille inuentions. Mais des autresobJèrua-
, Toutfefacehonneitement amp;nbsp;i Cor.14^ far ordre. Or celles cymefmcs qui concer-nent lâhonncfteté Sc lâordre public, nâobligent poi nt finon autant quâelles aident lâE-glife, amp;nbsp;doiuent eftre abolies amp;nbsp;changées fiellescommancenta feruir dâempefehe-ment amp;nbsp;fe tourner en fuperftition amp;nbsp;ge-hennedes pouresconfciences. Combien plusdonques celles que la fantafie des h5- â mes a ordonces a dodrine ou remêbrance hiftorique fans iufte occafio amp;nbsp;ncceflîté?
Nous auos efté icy vn peu plus longs,pour-ce qcefte matière apartict aulfi aux poinds quisenfuiuent apres. Maintenant parlons
140 Response de F. I. des poinóts ceremoniaux qui nous font icy obiedez.
Nous auons clairement moftré cy def-fusque câeftdelâonélionjamp;que câaeftév-ne ceremonie qui a la loguea efté fourrée en lâEgliiè de Dieu. Quat a lâexorcifine amp;nbsp;a lâadiuration, ce fon t chofes vrayement anciennes,mais trefmal entendues comune-ment en l'Eglifc Romaine. Ciirexorcifme proprement en Grec ne fignifie pas vne coninration qui chaile le diable hors du corps, mais fignifie abiuratio ou renoncement faid parièrment. Or ces deux ceremonies , abiuration amp;nbsp;adiuration, efto-yent conioindes des le corn mancement au faind Baptelme. Car quand les perfon-neseageesfe prefentoyent pour eftrebap-tizees , comme il a falu faire en lâEglifc primiciue, le Minjftre les faifoit abiurer, câeft a dire, renoncer au diable amp;nbsp;a fès Åu-urcs ; puis tout enfemble les adiuroit, câeft a dire,les obligeoit par fermer a noftre Seigneur lefus Chrift. A raifon dequoyle Baptefmc eft appelle Baptefme de repentance , amp;: eft did auifi queles luifs venoyet a lean pour eftre baptizez de luy cofelTans leurs pechez. Et pleuft au Seigneur que les Minières de lâEglifè prétendue Romaine en
aiâApologie de I. Haren. 141 envûflent enteile (implicite commel'E-glife primitiue. Mais il en eft allé bien toft autrement, car aucuns voyans quenoftre Seigneur lefus auoit chafsé les diables hors des démoniaques difà nt, Efprit immonde fors dchors;ils ont aioufté au Baptefme ce-fte imitation amp;: ceremonie hiftorique, pc-fans que celle piece ven oit fort bien a propos. Nous reconnoilïbns donc lâexor-cifme, câeft a dire, fabiuration des fideles, amp;nbsp;lâadiuration aufii pour chofes là inéles amp;nbsp;necelTaires au Baptefme : mais point ce-fte coniuration du diable procédante dâv-ne fotte imitation, amp;nbsp;qui a engendré en la doélrine du Baptefme plufieurs vaines amp;nbsp;faufiès opinions.
Relie le ligne de la croix? duquel que fauroyentils dire autre choie,fiinon que câa efté vne tradition de mefme elloH'c que lâonélion dont nous auons parlé ? Et delà ell venu, que les vns lâont obferué, les autres non : combien quâau relie tous ont re-conneu leurfalutde lefus Chrill amp;iccluy crucifié. Delà vient que Minutius Felix en fon liure(qui communément ell appcl-lé le huitiefme d'Arnobe)deuant le téps de Conflantin le grand,parlant delà croix re-fpond ainli, Nomne firuonsnyde/ironsauÃi
141 Response de F. I.
des croix : mais plus toà 'votifs poÃtblc cjui confa-crezdes Dieux de hots^ adorerez des croix de bois comme e il an s des pieces dezos Dieux cz qui sâenfuit. Mais depuis le temps de lâEmpereur Conflantin fusdiót nous ne nyons point que l'on nâait laid plein marche de croix en toutes chofes. Sóme,quat a lâabiuration Sz adiuration legitime des Chrcltiens au Baptefme, ia a Dieu ne plai-fe que nous la reiedios en forte que ce foit: nous lâauoLions employons felon lâordonnance de Chrift, lâexemple des Apo-ftreSjamp;s rvfagcdclEglilcpdmitiue. Mais bien rcprouuons nous cell cxorcifme ou coiuiation qui le faid fans autorité, amp;nbsp;fans raifon apparente au grand detriment de lâEglife de Dieu. Lâondio amp;nbsp;le figne de la croix, pource que ce ne font pas chofes ordonnées deChrifl, nâobferuees de toute ancienneté, ne par tout, ne de tous, mais fingulieremctdes Africains, briefquâelles font entrees en credit feulementau temps de Coftantin mefme en lâEglife de Rome, amp;:font tirées en fuperftitio plus toft a la ruine quâa lâedificatio des poures cofcicnces; nous auons meilleure cofcience par la grace de Dieu nâen vfans point,que lâEglife Romaine nepeut auoir les employant
méfiant
A lâApologie DE I. Haren. 145 méfiant au Baptefnic Chreflicn. A quoy faire donques nousaportêt ilstefmoigna-gcs des Peres en vnechofe claire ? Tercul-lian (quiavefcu 1.00 ans apres noftrc Seigneur Iefus)Cypriâfon difciple, amp;nbsp;Orige= ne, qui cft fuiui bien toftapres, ont efté de lâAfrique : qui a efté le quartier le plus embrouillé pour le comancement de toutes fuperftitions iufques au temps dudidCô-ftantin. Leurtefmoignagc donc ne peut nous faire preiudice eschofes qui ne lont point delâordonnancedeChriftjnon plus quâil nâa preiudiciédecetemps là alâEglile Romaine ny aux autres qui nâauoyet point ces oblèruatios. Quant aux autres,Chryfo-flome,Bafile, Ambroife, Auguftin, amp;nbsp;Ra-banus, ils font venus apres le têps de Con-ftantin, auquel têps les traditios humaines ontcomâcédâauoirlavogue,nofculemêt par la fimplicité des bos amp;nbsp;Chreftiens Empereurs pouffez dezcle fans fciéce en telles chofes,maisauflî par laialoufie desEuef-quesqui feruoyéta quelquesEglifes principal es,amp; notâment de Rome amp;nbsp;de Con-flantinoble-.quine tendirent point tant a faire valoir le nom de Chrift par vn fainct exercice du miniftere, comme a fc faire valoir les vns par defl'us les autres auec telles inuentions amp;nbsp;autres badineries.
144 Response de F. I.
Que fi ces bons peres nâont pas voulu rom-ptelâvnitéde l'Eglifêa telleoccafion, ains iè font accommodez a vue choie rcceue fans fuperftitio, en quelle côlcience main-tenanty ferons nous contraints par tyrannie indigne amp;nbsp;fuperftition volontaire ? Relie q no^ auertiflios en vn mot le Leôleur, quâil ncfe doitpoint esbahir dcceque les Peres de la locieté de lefus allèguent Ar-nobe, qui fut quelque peu de temps auanc lediét Conftantin : car ils font cela fuiiiant leur fidelité acouflumce, comme pourra voirquiconque cerchera lepafiage quâils allèguent pour preuue de leur dire. 11 n'y a pas vn feul mot en tout ce Pfeaume, qui fe raportea cela.que iugeroit on donques de telles allegations?
Dr SACREMENT DE CON-firmation.
LeÃicrentent de eonfirmution, qui cNioiten â¢vfige des le temps des {^postres, comme il appert par le S des nbsp;nbsp;des nbsp;nbsp;nbsp;du 6 aux Hebrieux,
acoustume entre les Peres iufques auiourd'buy, meÃmesa preÃnteÃtenu^^obferueentre_j les l'roteEians r^nglois. Cquot; eft'vne témérité trop effr ont ee a Caluin, qui confejjè le didfacrement auoir eÃe en najape au temps des \^posit es, de pren-
alâApologie de I. Haren. 14^ prendre cefle hardiejp de[ oiier de l'EgliÃ.^i voudra prendre le loiÃr de regarder ce que les Peres anciens eÃrtuent de ce Sacrement, quil regarde les ailes du Concile Eliberîin ^can.sS: celuy d Orleans, canon 3 : celuy de Laodicee^^ canon 4S: celuy de tJM.eaux^celuy de Florence^ y amp;c. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eertullian au Hure de la reÃr-
rellion de la chair, ejr au Hure du BapteÃne. Sainli Cyprian Hure i, epistre 12 : dr en H epi-fire a Iulian, amp;nbsp;de ïonllion du chrefme amp;nbsp;des autres S acremens. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;S. Hierofine contre les
Lucifériens. S. AuguÃin contre les letres de Petiltan Hure 2 chap. 104 : du haptefine centre les DonatiÃes Hure Sichap.ipfur le PÃaume2ly en la preface amp;nbsp;ailleurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;BaÃle le grand au
Hure du S. EÃrit, chap. 27. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eheodoret^ Cy
rille Alexandrin, 'uoire tous les Peres ont eu en grande eflime ledtH Sacrement ^par lequel la grace du S. EÃrit nous eà communiquée afin de nous armer contre nos ennemis vifihles çfi inuifibles.
Il nâcftoit befoin en forte que ce foit que Meffieurs les lefuites recueilliflent par leur nouice lean Haren vn tas de paà jges pour nous prouuer ce que nous confellôns : car cela sâappelle en bon langage perdre fon temps, amp;c les penes. Mais pource quâil y a fort grande difference entre lâvfagelc-
14^ Response de F. L gitimedâvne cliofe amp;nbsp;la corruption dâicelle, amp;nbsp;quâils nâont autre but que de couurir leurs badinages aueclenom amp;nbsp;le titre des choies faindes; nous déduirons en brief ce qui femble apartenir ace propos pour refc'airciflèmentd'iccluy.LafaindeEfcri-ture appelle Impofition des mains ce que lâEglife ancienne a nommé Confîrmaqon. Or cefteimpofition eftoit vnç ceremonie par laquelle ceux qui eftoyét en quclq vocation beniiToyent les autres au nom de Dieu, les rccommandoyent par prières, les confermoyent delà grace de Dieu en leur vocation. Or il y a deux fortes de vocation enlâEgliiê: lâvneeft la vocation de Chreftienté commune a tous fideles: lâautre cft la vocation finguliere, par laquelle vn homme eftoit appelle en quelque ad-miniftration pour feruir a lâEglife de DiciK 11 nous faloit dire cecy , pource que ces bons aduocats delaCofirmation les confondent lourdement en ceft endroit alle-gans le 8 des Aâcs auec le 6 de lâEpiftrc auxHebrieux. CaresAélesileftmanife-fte qS.Luc parle de lâimpofition des mains par laquelle vn nombre des habitans de Samariea efté ordonne en lâadminiftra-tion de lâEglife, pour le regard dequoy
ont
j A lâAvologie DE I. Haren. 147 ôntreceu leS.EfphCjcâcft a dire Jes dons vifibles dâiceluy pour les employer au fer-uicepublic. Etpourtantcelanepeuceftre ' confondu bonnement auec lâimpofition des mains ordinaire amp;nbsp;commune a toutes perfonnes Chreftiennes, dâont lâApoflre aux Hebrieux parle. Parlons donc maintenant de lâimpofition ordinaire amp;nbsp;commune. Ccfteimpofition donc anciennement a fuiuile Baptcfme dâvn tenant par maniéré de dire, lors que perfonnes cagc-
; es sâeftoycnt prefentees aiccluy. Car in-i continent auoirefté baptize/en Chnft,le . Miniftre les benifloit au nom dâiceluy, les J rccommandoit par prières publiques, amp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les confermoit de la grace de Dieu en leur
e nouuelle vocation dcChrcftientc par lâim-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pofition des mains. Mais quand câefto-
I, yentenfans des Cbrefticns que lâon auoit
.5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prefentez au Baptefmc en vertu de lâallian*
J, ce de Dieu, on nâvfoit pas fur le champ entiers ceux cy de lâimpofition , ains on g nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;attendoic le temps quâils eulfent profité en
M nbsp;nbsp;nbsp;eageamp;cnfciccedeladoólrinc Chrefiien-
j5 ne. Alors ils venoyctsâafièoirentreles Cale nbsp;nbsp;nbsp;techumenes, amp;: rendoyent raifon de leur
J. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foy: de laqlle le Miniftre fatisfaiél: leur im-
Is pofoit les mains, amp;lt;: auec ce figne les benifi it nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;K ij
14^ Response de F. I. foit,recommandoit a Dieu,amp; confermoit en leur Chreftienté. Ce nâeft pas de mer-ueilleji lâEglife pretêdue Romaine fe fean-dalize des noftres : car elle nâa rien gardé que le figne voire embrouille de nouuelles traditions, amp;nbsp;eft ialoufè de ce que nous ra-menons envfagela vérité par lagrace de Dieu, fansqueperfonnede nous pourtant mefprifc ou blafine le figne quâont obferué en celales Apoftresamp;lâEglife primitiue. Quilsreftabliflènt la vérité de ces choies, quâils purifient le figne delcurs ordures quâils y ont aioufteespar defl'us la premiere ordonnance : alors les tefmoignages des là inds Conciles amp;nbsp;de Peres anciens feront pour eux, amp;nbsp;nous auec.Sinon, quâils entendent que tous les tefmoignages quâils allèguent ne lèruent dâvnfeftu pour maintenir leurs fuperftitions : mais nous aident totalement en la fimplicité de nos obferuations. Quant a ce quâils appellent la Confirmation ou impofition des mains Sacrement, nous nâen débattons point icy beaucoup, pourueu quel'on entende par ce mot de Sacremétvn ligne oblèruation facree en general. Autrement fi on le prend en la lignification fpeciale, corne on faiét ordinairemet auiourd'huy,
Raba-
A lâApolog IE DE 1. Haren. 149 Rabanus mefme ( qui viuoit il y a enuiron 70 0 ans) tefmoigne quâencorcs de fon têps lâimpofition des mains n'eftoit pas tenue pour Sacrement enlâEglife de Dieu.
DE LA ES S E.
temps d'Ignace dtfciple de fiin£î lean, item au temps d Irenee difciple de Polycarpes, ^ui auÃifut difciple de fain^ lean,lâon celebroit la CMeJJèpar tout, es Eglifes tant Greques que Latines. nbsp;nbsp;nbsp;Ledi£i Ignace ejcriuanta tEgli
se de Smyrne leur defend de célébrer ladt (Le Mef fefansEuejque. Ireneealafindu 32cha-pitredu pliure, appellel'Etteharisiie toblation amp;nbsp;lefacrifice du nouueau te fl ornent'. amp;nbsp;afferme que câeflle facrifice duquel le Prophete CMala-chieparle au premier chapitre de /et reuelatîos, qu'on deuoit offrir a Dieu par tout le monde. Tertullian,qui viuoit au me/me temps, au Hure de la couronne du Chreslien dit ainfi, TSloua offrons oblations pour les morts chacun an. Il répété le me finefouuent ailleurs en fis eferits. S.\yiugullini3â7 firmon de tempore dit ainfi, ^pres le firmon ten failî lameffe des Cate-chumenes : ^en fin Hure des confefiions, Hure ÿ chap. 4,il afferme que flo mereCM. onica requit qu'apres fa mort [ on offritfiicrifice pour elle. Le mefme fain£ÃAugufîinHure22 de la cité de
K iij
Response de F. T.
JDieUychap.Sjfâitt metwn ââvnferfinnage (jni Auoit'vnerKdifôn âvexeedes eJJgt;rits malins, lesquels onchajpi offrant itlec leJacrifice du corps de no sire Seigneur lejus Cbri(f. Sairi£i t^mbroifè celebroitla Mejjèpour [Empereur Theodofe^ amp;nbsp;continuellement faijoit le meSmt pour la confer nation nbsp;nbsp;prospérité del'Egltfe.
SainEi Cpprian 4 liure,epiÃre s-, Epiphanius^ 0-rigene nbsp;nbsp;nbsp;tous les autres Peres pariet (ifôuuent
claircmét de la Meffe^quiln'y a que les malicieux ignoranSy qui rappellent en doutefi ce myHere eà de EieUyOupoint. Mais outre les tef-moigtiages despiincls Peres, noua auons les Liturgies ou IcS Meffes anciennement célébrées ert l'Eglip, Chreftiëne ,t at entre les Grequesqueles Latines:ÃcomecelledeS. laquesÃeredu Seigneur., celle de Baple le qrad^elle de S. lea Chry-joiiome. item la maniéré de laquelle on 'vpat anciennement a Rome lâan i^o en administrât U ^llt;^JÃÃlon qu'ileà contenu en l'Apologie de luff in Martyr : amp;nbsp;depuis par Clemet Alexadrin, quiferuott ffdelemct [Egltp de Dieu 200 ans a-pres lanatiuitéde noÃre Seigneur lefits ChriÃ. Lieà ce point ajne imp tide ce effiontee a Caluin, de dire q S. Gregoire a inueté la MeÃÃe (à qùau parauant tonne piuoit que c eà oit? N'eà ce point hardiment faiEl^voire iniquementaux Prote-ffansde reieEier tous ces Peres pour adhérera vn
A lâAp OLOGiE DE I. Haren, içr 'un moine spoliât Luther?quiconfejjè au trar HéqiiilafatóidelaMeffèparticuliere amp;delâo~ ^tondes Prttlres^ que Satan luya reuelequ^ la lt;y^ejfè efloitcontreuenante a lordonnanc^ de Dieu.
Nous auons défia clairement demon-ftré es articles prccedensque les cUoiès fainâes ordonnées de Chrift, pratiquées des Apoftres, amp;nbsp;fimplemcnt pourfuiuics en lâEgliie primitiue, doiuent cftre fainde-nient difcernecs de lâabus amp;nbsp;de la corruption qui aefté fourreeen lâEglife incontinent, ou quelque temps apres, fous apparence de fainctetc. Le melme ella »â¢â¢â¢â¢'lt; noter en ce troifiefme poinól, ou la fainôle Cene de noftre Seigneur cit confondue auec la Méfié de la Papauté, comme fi câe-ftoit vne mefme chofe , la Cene du Sei- â gneur amp;nbsp;la Méfié Romaine. Car nous reconnoifions vrayement amp;nbsp;de tout noftre cÅur la fainde Cene félon que les A-poftres lâont receue du Seigneur amp;nbsp;lâont baillee ala pofterité , comme vne fainde inftitution de Clirift profitable, plaifante, amp;necefiaircicy bas a lâEglife de Chrift: amp;nbsp;Jacelebrospour telle religieufemetennos Eglifes fans y aioufter ou diminuer a noftre efcict, pource q la fimpliciié de Chnfl:
K iiij
ifi Response DE F. I. nous eft: plus chcre que la diuerfitédesin-uentios humaines qui ne pcuucc lèruir que de leuain pour enaigrir la fainde pafte que Chrift a depofee en fon Eglife. Mais quant ala Meftê, câeft a dire(afin que nous ne di putions point du mot) quant aceiacrifice quêtes Preftres font, comme ils dftènr,du corps amp;du fang de noftre Seigneur lefus Chrift pour les viuansamp;: les morts ; nous ne la reconoiftôns, aprouuons, nâauouons enforce quecefoit, pourcequelle eft du tout contraire a lâinftitution amp;nbsp;a la propre nature de la Cene que Chrift a ordonnée.
â¢' Car la Cene félon le dire de Chrift, eft vne commemoration du facrifice que Chrift a faid vne fois de foymefme en la croix pour lâexpiation de nos pechez; la Mefte felonie diredelâEglife RomaineeîT^mfacrifice dâexpiation. Or nous tenons que le facrifice de Chrift eft fi parfeól,quâil a efte faid vne fois en la croix amp;nbsp;ne fè reitere pF. LaCene eft vn fainift exercice de corn emo ratio en lâEglife des viuas pour lâentretic amp;nbsp;acroillemêtdeleurfoy; laMeflè eft vn facrifice amp;nbsp;oblatio qui fe faict pour les viuas amp;nbsp;les morts: ce qui nâa aucun fondemêt ne preuue en lâEfcriture fainde. Brief la Cene eft vne ordonnance de Chrift, la Meflè point,
A lâApologie DE 1. Haren, if) point,comme nous ptouuerons incontinent en faifant lâexamen des padages qui nous font icy oppofez par IâEfcolc des le-fuites. Cariln'y eft point parle de la Mefl'e en forte que ce foit, mais bien de la fainifte Cene corne elle a cftécelebreeenlâEglife de Dieu, deuantque ces profanes corru-ptios sây fourraflènt que la Papauté defend fi opiniaftrement auiourd'huy. Mais rc-mectans cefte difpute a tant de liures qui cnonteftcfain(ftemétamp; dodemct efcrits de noftre temps, examinons en brief les fondemens qui nous font alléguez.
Premièrement nous prenons cela pour nous,amp; eftdefaiét vne confeflion tacite de 1 Eglife Romaine,q la Mefle n eft point de finftitution de Chrift, quand ils ne font icy aucune metion du tem ps de Chrift, ne des Apoftres,ne des faindes EfcritureSjlef-quelles toutesfois ils ont cy defluseonfel^ fé eftre fuffifantes a falut. Si donc elles font fuffifantes, amp;nbsp;ne font mention aucune de la Meftè,quâa uons nous donquesafairedc la Mefl'e? pourquoy ne nous laiflè on contenter de ce qui eft fuffîfant?
Secondement nous nyons quâelle ait e-fté célébrée,ou chantee, oudanfee auteps de Polycarpe amp;nbsp;d Irenee, amp;nbsp;que les aduo-
iy4 Response DE F. I.
cats dâicelle en puiHènt aporter bone preii-ue.Qn'ainfi foic,examinonsparoidre toutes leurs allegations le plus brieuemêt que faire fe pourra.lgnaceditainfi,C^^ Eucha-riÃie là fôù tenue pour ferme df ajfèuree qui au~ raeÃedonneeparl'Euefque. Or que leur profite ce paiîà ge pour ladefenfe dcIaMefle? le ne di rie icy de ces Epi lires dâIgnacedeu-lement ie di que ce paflà ge leur eft doublement cotrairejvfanc de ces deux mots, Eu-charillie amp;nbsp;Euefque. Car Eucharillie figni fie aâio degracesüa Mefl'e(come ils diset) nâell pas actio de gracesjue lacrifice eucha rillic pourrêdregracesa Dieu,maiseft vn fâcridcc dâexpiatio.-cc nâell pas vne recon-noilsâcef pour parler en bô gros langage) mais vn merite. Quâeft ce doques Eucharillie en lEglife deChiill,q laCene d iceluy?
quâcll ce de laMeflâe,quâvn aneatiflemét de la Cene,amp; du facrifice dé Ch rill dót en la Cenenoâfaifons cómemoratió ? Dâaua-tage par le mot Euesq ils ne peuuet icy entendre vne belle mitrec, mais vn feruiteur de Dieu q a charge déporter la parole en fon Eglife:come c ell lajppre fignificatiô amp;nbsp;vfage ordinaire es faîôles Efcricures. Autre-mët les poures Egiifes qui n'auoyent point dâEuefquc cuHent elle trop greuees dâen aller
A lâApologie DE I. Haren. lyy aller quérir loin:amp; mefmes auiourdâhuy preique toutes les Mefl'es qu ils font ié-royét illegitimes amp;: de néant par le dire dâI-gnace.Mais voila ce quâil veut dire en fom-me, Que fi aucun fors vn Miniflre appelle cnlâEgliieentreprend dâadminiftrer la Celle,quecenâeft point choie faîôle., maiseft vne profane amp;nbsp;illegitime adminiftration. Irenee liure 4 chap. 3 x parle ainfi : Chrià donnant co»leilajes difitples d'ojfrir a Dieu les prtmtces de (es creatures ^non point comme s'il en euà bejoin^mais afin pu'eux rnejmes ne fuÃet point tnfruôîueuxn ingratSyprint le pain pui eà des creatures nbsp;nbsp;redit graces dfant, Cecy efl m'a
corps: df/emblablement confefà pue le bruua-ge de la coupe^ eÃant dvne creature pui eà felon nous^eÃfonfang: eà enleigna I'oblation nouuelle du nouueau teÃament pue I'Eglife ayant receu des k_gt;dpoÃres offre a Dieu par tout le monde commeprimices de fes dons a celuypui notes done nourriture au nouueau teÃament. Ce pue CMalachie entre les douze Prophètes a para- ^^lach, i. »antÃgnifie difant ainÃ^ le nepren point de plat Ãr en vous , dit le Seigneur toutpuiffant, ne receuray point de preÃnt de vos mains Car depuis le Soleil leuant iu(pues au couchant mon nom eà glorifié entre les gens, eà en tout lieu encenfement (à prefint pur eà offert et
1^6 Response de F. I.
nom, pour ce que mon nomeà grand entre les gens, dit le Seigneur toutpuiÃnt :Ãgni-fiant par cela fort clairement, que le peuple du par-auant a ceÃe doÃrir a Dieu, mais qu'en tout lieu ce present, voire pur amp;nbsp;net, eà ojfert a Dieu, amp;nbsp;fin nom glorifié entre les gens. Nousauonsicy couché tout au log les paroles dâIrenee, afin que chacun voye dâautant mieux combien a propos elles font alléguées pour la defenfedclaMefle. Premièrement Irenee parle des primices, amp;: no pas des premier-nez,des primices,di ie, de bled amp;nbsp;vin : lefqlles primices on ne facri fioit pasfcar là ou il y a faerifice,il y a effufio de fang ) mais bien les ofFroit on au Sei-gneur.Secondement il parle de la Cene,amp; non point de la Meflcj comme les paroles le monftrent ouucrtcmcnt. Tiercement il dit que câeft vne oblation de reconnoiflan-ce,amp; non point vn facrifice meritaire d'expiation: afin, dit- il, queux meimesnefiufient point infruéiueux ri ingrats. Et puis apres, commeprimices de fis dos a celuy qui nous donne nourriture. Dâauantage le Prophete Ma-lachie mcfme en ce palîage là ne fait mention quelconque de facrifice en fon propre langage: dont il sâenfuit quelc mot Grec Ãuoja. doit eftre expofépremierement félon
fin-
A lâApologie DE 1. Haren. lyy
lâintention deMalachie,puis aufli d'Irenec. Orlâvn amp;nbsp;lâautre parle de prelènt, amp;non point de fâcrifice:ce que les mots demon-ftrent en Malachie,amp;: en Irenee la compa-raifon precedente. Et combien que les interprètes ayent communément rendu le mot Qïccficrifice,amp;^ que Haren lâait voulu ainfi prendre,fi eft ce que la railon requiert que la verfion foitplus tort accommodée a lâoriginal, que non pas lâoriginal a la verfion dâiceluy ; amp;: le mot Grec entre les bons auteurs a lâvne amp;nbsp;lâautre fignifiçation, de prefent amp;nbsp;de facrifice:en quoy les interprètes fe font lourdemêt abufez audidt cha pitre amp;nbsp;es autres fuiuans en Irenee. Finalement ie prie Meflieurs les aduocats de la Melle, quâils confiderent fi leur Méfié eft vne oblation ou prefent pur amp;: net , qu ils ont fouillé de tant d'inuentios. Car cela eft pur amp;nbsp;net qui eft felon Dieu en Chrift; or laMcfieeft vn corps, iedi vnmonftreco-poféde toutes ordures amp;impietez contre la firaplicicéqui cftlelon Dieu cnChnft. le prie donques le Leéteur confidercr amp;nbsp;iugcrcombié apropos cespafiages deMa-lachieSc dâIrenee font tirees a la puanteur de la Méfié, afin de luiure ce qui eftlelon Dieu en Chrift; comme aulfi Irenee lâex-
ijS Response DE F. I. j pofe plus amplemeces deux chapitres fui-* â nans. Tertullian dit ainfi, 7lt;(ouifaifons oblatibs four les morts, four les iours äe la f/aip Ãmce^atourafïrnnerfatre. Etque fertccla,ic vous prie a la Melle? Car premièrement quelle interpretation eft cecy ? Nousfai-fons oblatiós,c eft a dire,nous faiiónsMef-fes:commesâil nâyauoitdâautres oblations que de MeÃe. Er de quel vifà ge peuuent ils j interpreter ainfi les paroles de Tertullian (quieft vn auteurauffi graue amp;nbsp;brief que nul autre qui foit) veu que deuant il a parle de lâEuchariftie? Que veut dire cccy, Mef fleurs? Sivoustrouuez lemot dEucharb ftie,câeftla Mefletoutefaiifte : fi vous trouviez le mot dâOblatioSjcâeftla Meflè,'amp;r no autre. Tertullian ne veut pas eftre ainfi ti- , repelc, ne gourfoulé en inter^retatios. V oi-la les paroles de iuitc.-Aw/j receuonsle Sacrement de [ EttchariÃie^/fue le Seigneur a comma-dé a l'heure du manger (à a commandé'a tous, nous le receuons es aÃemblees eju on fait me(me datant le iour, amp;nbsp;»e le receuons de la man d:autres (jue de ceux qui y f reft dent. ?ÿousfafons o-blations four les morts^ds-c. Dâauantage câeft vn abus de prendre les oblations pour les morts au fens que vous prenez. Ce n e-ftoyent pas oblations quâon offroit pour la remil-
A lâApologïe DE I, Haren. remiflîon des pechezdâiceiix, ne pourob-tenirleurdeliurance: mais câcftoyentfon-. dations que les perfonnes en leur viuant auoycnt ordonnées,ou autres perfonnes atioyentdreflèes pour lâamour d élies, afin dâen rendre graces a Dieu, ou en faire fo-lennelle comemoration. Sivncperfonne deuât fa mort leguoit a lâEglife, au minifte-re, auxefcoles, aux poures, ou autrement quelque oblation annuelle. ou bien fi quel-quâvn en fouuenace amp;nbsp;adion de graces fai , foit telle oblation pour celuyquâilauoitai-méen la vie dâicekiyicâeftoit oblation pour les morts.Et en mefinelens parle Tertullia en qiielqs autres endroits. Ce nâeftoit donc pas oblation qles Grecs appellent hilafti-que,câeft a dire,dâ expiation, mais oblation cuchariftique,câeft a dire,dâadio de graces amp;nbsp;de reconnoiflance.Que sâil ne leur plaifl lâentendreainfi,pourceque nous ledifons monftrons clairementau moins quâils lefacent en confideration de ce que hauteur conioind a ces oblations celles qui k font pour les iours de la nailTance. Car ces oblations la ne pcuuent aucunement eftreprifes nâentendues que de la Eecon-noiffance adion de graces que lâon ren-doit a Dieu par quelque tefmoignage foie-
1^0 Response de F. I.
nel amp;nbsp;anniuerfaire, au profit de qui que ce fuft.Nefont ce pas chofes qui s acordent fort bien auec le facrifice expiatoire pour les trefpafiêz? Voila comment la Melle eft baftie en l'air,amp; nâa pok de tefmoignage es Åuures deTertuIIiâ.quoy quâils pretendêt. Lespalîages de S, Augulbn font alléguez de mefme foy que les precedens. Car premièrement au lermon 137 il ne fetrouue rien de ce quâils difent :peut eftre quâil 'js. faute au nombre, ou difference entre les exemplaires. Eux mefmeaulfi fauent bien que ces fermons ne font pas tant de S. Au-guftin que dâautres, corne dâEn lebe Emif-lènc, de Gregoire, d Antonius, de Maximus, de Beda, amp;sdc quelques autres qui plus eft, que S. Auguflin en fes Åuures qui font vrayement de luy amp;nbsp;rcconeus par luy,nâa onques vie d u no de la Melïè.Tou-tesfois ie ne doute point que ce nefoit le fermon 2 5 y.-ou S. Auguftin ne fonne mot de faire la Melfe, ains de donner congé: Voicy., di t il,4^ le(ènno Ion donne congé aux Catechumenes. Et que tel en foit le lens, il le monftreincontinêten ^iÃ-avÃ^lesfideles demeureront-, on tiendra au lieu d'or afin, amp;nbsp;ce qui sâenfuit.Que nâenuoyons nous ces Docteurs aux Grammairiens afin d aprendre leur
A lâApologie DE I. Haren. i6i leur Latin, plus toftqde gafter la Theologie fi licencieufemct? Lc paflage de Monique fa mere au dernier chap, du liurc 9, dit tout autrement que ne font les Peres de la Mefle. Car voilafes paroles,EUenenotare-commandûitpoint ces cholesyains feulement de-fiïoit on feià mémoire de(oy a ton autelauquel elle auott ÃeruiÃans laijjèr paffèrujniour. Il y a certes grande difference entre mémoire amp;(acrihce: voire quad mefmc nous prê-drons ce mot mémoire par figure, pour vne oblation memoriale qu elle a fondée pour tous les ans,encores ne fera ce point facrifi ce de laMefl'e.Car voila ce queS. Auguftin veut dire:Lcs autres quad ils font au pas de lamort,ordonnêt pour memoriaux quâils foyct enfeuelis richemer, embaufmez, ornez de fepulchres riches amp;magnifiques,amp; autres choies femblables : ma mere nous a ordonné vn memorial meilleur, c eft que toâ les ans en lâEglife telle aumofne foit di-' llribee quâelle a trouué bon lèlon la portee de fes biens.Et de ma part ie ne doute point queceftecy ne foitla vrayeinterpretation, felon que défia es palfages de Tertullian nous auôs remarqué chofeféblable.'Quat alâhiftoire de Hefperius, duquel la mailon futdeliureedes elprits malins en fonheri-
L
1^2- Response de F. I.
ïagede Zubcdi, quand vnMiniftreycuc offert le facrifice du corps deChrifl:amp; prié pourladeliuranccdu lieu: icne fay pour-quoyilsprenenc plus toffeelâcrificcpour laMeffe, que pour la Cene, finonpourec quelaMeffeleurfaitdubicn, Autrement, ce nâeff pas vne chofe nouuelle,que le facri Rcc du corps de Chriff fignifie la mémoire du là crifice, câeff a dire, la Cene du Seigneur,de laquelle luy mefmea di6t, cecj en memcire demoy. Que fi leur intetion eff de moffrerquecefacrifice eff vneoéu-ure méritoire, puis q les diables sâenfuyét, ilsdeuroyent confiderer ce queditS. Au-guftin apres, câeff a fauoir q le lieu fut faiff lieu dâoraifonSjlà ou IcsChreff iens sâaflèm-blerct depuis pour faire le fer nice de Dieu. Ce nâa donc pas efté aucun affe méritoire, । ' mais la pricredefoyquiachafié le diable, amp;quia fanffifié ce lieu a l'vfage fainff: Sâ publicquelediablene peut iouffrir. Ceft dope comme sâil difùit, que ce Miniftrelà commença le premier a y dreffer le fcruice deDieuparlâadminiffratiÃde fa parole^ Sacremens, amp;nbsp;par l'inuocatio de fon nom a la requeffedu poflèfieur, amp;nbsp;que ceffeco-fecration du lieu fut teftifiee par lâÅuurede Dieu,entant quâil en chafla le diable, amp;
par
A lâApologie DE I. Haren.
par Vauis amp;nbsp;con/êntemét de lâEgliïe Quoy qu'i! en foit,ils ne pcuuent efchapper telle-naent quâils ne confeflènt ce que dit lâApo-ftrcauxHebrieux, quâil nây a quâvn facri-fice de Chrift vne fois offert en la croix, amp;nbsp;quel'Eglife ne peut celebrer legitimemêt autre chofe que la mémoire dâiceluy félon le commandement de Chrift. S. Am-broife ne fait mention en aucune part,quâil ait célébré la Méfié pour lâEmpereur Theodofe, ne pour autre qui foit. Bien fait â¢1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I obttu Tht0^
1] mention quon auoit célébré le lour de fa mort, amp;: le quarentiefme iour.- mais de la MefTe pas vn feul mot. Et câeft merueille queces bons Doâ:eurs,quand il leur vient a poinèl, font de leur MefTe amp;nbsp;de leurs Litanies tout vn. Car cela deuroyent ils plus toftexpofér Litanie queMefTe,quand il eft queftion du dueil amp;nbsp;des obfequcs dâvn Sei gneur. Mais, diront ils, pourquoy don-ques feroit vn dueil ainfi célébré en des iours diftérens ? Laraifon eft euidente,amp; manifefte par lâvfà gc des Cours : car le dueil commançoit a la mort des Empereurs, apres lequel on lesembaufmoit,amp; celToit toute adminiftration iufquâa cc quâau trentiefme ou quarentiefme iour le fuccefîéur fuft prefenté en public, amp;nbsp;ex-
1^4 Response de F. I.
horte a bic faire par les louages de fon prc-deceflèurenfacederEglife. Et de là vient que S. Ambroife dit, maint en un t notu célébrons le quarentieÃne ioitr,pendant ejue lePrin-ceHonoritis(è tient auprès des(ainSis autels,corne nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fainâ: amp;: eleué a la veue de
tout le monde,non pas pour chà ter Mefle, car il eftoit Empereur,mais poureftrepre-fentéatoutle peuple,inftruiâ: parla parole en fa charge,amp; recommande par prières a DieuJefpere que fin par la fubtilité de ces Meflïeurs on en viendra là , que ballyer vn temple amp;nbsp;chanter Mefle fera tout vn. S. Cyprianliure4epifl:reyditainfi, 2^usof-frons toufioursÃcriÃces pour eux, comme uoui auez. fouuenance, toutesfois^rquates^uenoUi célébrons les foujfrances amp;nbsp;les tours des Martyrs par commemoration anniuerjaire. Cesfacri-fices,difentils, ce font les Meflès qu o a célébrées pour eux. Et noâ difons au cotraire pour plufieurs grades amp;nbsp;neceflTaircs caufes. car il y a bien dâautres facrifices en lâEglife I Chreftienne.Ily a lej^rifice expiatoire de
Chrifl:,qui a efté faid vne fois pour toutes en la croix par lâEfprit eternehil y a le facri-fiçedes leures,qui eft lâEuchariftie amp;nbsp;tout remerciement au Seigneur.-il y a finalemct 1 â les facrifices amp;nbsp;oblations de charité pour la fubuen-
A lâApgloGlE DE I. Haren, fubuention des fideles. Du premier il nâen cft pas queftion en cc paflage:car auffi eft il parlé de plufieurs facrifices en Cyprian, or le facrifice de Chrift eft vnique; il nâeft port réitéré en luy, car il cft parfeétûl nâeft point égalé par autre, car il eft de vertu infinie. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Du fécond il fe peut fort biê entendre:câeft a dire,que les fideles en lâEglile ofFroyent a Dieu les facrifices de leurs leurcs, recon-noillà ns lagraceque Dieu auoit fai ôte a les fideles feruiteurs, les fortifiant en la bataille Chreftienne quâils auoyët fouftenue.Du troificûne on pourroit bien entêdre les paroles de Cyprian : mais l'expofition precedente vaut mieux, a mon auis. Quant a la Mefle, puis quâils veulent que ce (oit vn fa-crificcdâexpiatio pour les vifs amp;nbsp;les morts, elle nâapartient point a ce paflage fous couleur q ce foir.Car Cyprian dit ouuertcmet, quâil parle de perfonnes qui en proÃernant le diable par la profeÃio de ChriÃ^aueyent obtenu des palmes des couronnes du Seigneur par leurtUuÃrefouÃÃance. Et telles Ãfonnesnâot plus a faire vrayemet dâexpiation. Dâauata-ge il dit expreflemët q cela fe faifoit par comemoration anniuerfairexe n'eftoit donc pas par expiation, ne facrifice méritoire. Qi^llefolliecft cede vouloir racheter de
L iy
166 Response de F. I.
penes ceux qui font hors de pcnc,amp;aquc-rirgloireaceuxqla poflèdét parfedcmct en la compaignie de Dieu amp;nbsp;de fcs Anges? Ou plus tort:, quelle fineflèdele periuader foupleinêt au poure peuple, pour faire venir lâeau au molî,amp;Target au balFn? QuaC a Epiphanius, ie cofefl'e q ie Tay leu en Ton propre lagage.mais q ie nây encores rien trouué q parle dé la Mefle. DâOrigec ils en deuoycnt bien produire les pafTageSjamp;des autres Peres fetnblablemct, sâils en auoyêf de meilleurs amp;nbsp;mieux fondez q ceux quâils ont alléguez iufquâicy. Vray elt quâils ont treflüuuêt amp;nbsp;clairemêt parlé de laCene oU de TEuchariftie,quâils ont auffi appelle Sa-cremêt,amp; aucûes- fois facrifice, câeft a dire, facree adminiftration du corps de Chrift' maisâ quâils ayet nomé ou entédu la Meflè, vrayemêtc'eftvne chofequi ne peuteftre ^utieedeleurs efcrits, amp;nbsp;beaucoup moins aprouuee de nos cÅurs,puis qu'elle nâa fo-demêt ne prenne en la parole de Dieu,nâes efcrits des fainds Peres de TEglilè anciêne.
Apres cela pour rêfort ils alleguet les Liturgies Melfes anciennes,côme de S.Ia-ques,Bafile,amp;Chryfoftome.Mais fi S.Iaqs Ta faide, dâou viêt que les autres Apoftres nâen ont parlé? dâou vient quâils ne Tôt gardée amp;nbsp;eftablie es autres Eglifes ? dâou vient
A lâApologie DE I. Haren, iamp;y niefmes qiicBafileamp; Chryfoftorae (sâil eft vray cc qif ils difent }en ont faiét dâautres?il faut biêqu ils nâenayet point endenouuel-les. Sâils nâen ont riê iceu de ce teps là ,commet erteile paruenueiufques a nousâ afin que ie taife,q cela nâert pas coforme aux E-Icritures de Chrirtamp; des Aportres,lefqllcs ils cofelTent eftre vne regle trefeertaine, ve ritable,amp; infallible du vouloir de Dieu, amp;nbsp;fuffisà te a falut. Le mefme nous faut il dire de la Melle de Baille amp;nbsp;Chryfoftome :dcf-quels ny eux mefmes,nâaucû autre des an-ciês ne font point de metio, voire mefmes le feul no ne se trouue au relie de leurs Åu-ures:amp; lefqlles le trouuerot difcordà tesen plufieurs choies dâauec la parole de Dieu amp;dâauecles efcritsdeceuxlà mcfmesquâo dit en ertre les auteurs: brieflcfquelles eux mefmes reprouueroyct,sâils ertoyet auiour d'huy au mode,corne la côferéce de leurs autres fainólsamp;doótes efcritsle demôrtre ouuertemct. Toutesfois encores ert il plâ pafl'able qu'ils allcguêt ces chofes c tefmoi-gnage(carau-mots elles ont quelqféblace auec leurs fariboles) q dâalleguer lurti Mar tyr,amp; Clemct Alcxadrin,desqlslesefcrits sot aufli côtraires a la Mclfe pretêdue, q le feu alâeau.lls pariet bie voiremët dclEucha
L iiij
168 Response de F. I.
riftie,de la commemoratio,dc la figure du corps amp;nbsp;du sag duSeigneurjdu myllere ou facremêtd iceluy,de laCenedu Seigneur; j amp;nbsp;expofcnt amplement la fignificatio, lâv- i fagc,la maniéré dâicelle:mais il y a trelgra-de diflèrence entre ce fainétmyftere, amp;;la Méfié auec fon habillage.La Cene y eft re-ueftue de la feule ordinance deDieu pour tout fon ornemêtjamp; par cela mefme quâel-le ne cerche point de paremet eft la mieux paree de tout le monde, ainfi que luftin la defcritenfon fécond Apologetic,amp; Cle-mct apres luy. Mais la Méfié eft vne vraye rauauderic des traditions des hommes : amp;: combien quelle foit procedee de la Cene du Seigneur prcmieremêt, toutcsfois elle eft degeneree de plus en pr,amp;dcucnue corne vne infame putain,par le grâd nombre de fards,dâagios,amp;mefme d im pietezquâel le a receues amp;nbsp;reueillics des homes. Et en quelle cofcience fouillerios nous le no pre- j deux de laCene,en le comuniquat a vn tel [ efgout dâimpuretez ? Finalemct pour def-charger leur colere, ils attachent Caluin amp;nbsp;Luther en toute vehemêce.lls blafmet Cal uin dâimpudence,pour auoir did q S. Grc- . goireainuenté la Méfié. Que leur faut il, qu ils sen tiénent fi fcandalizezâ11 ne lâa pas j
toute
A lâA P O LO G IE DE I. HaREN. lôâp toute faiâ:e,ie le confefle,mais il en a forgé plufieurs pieces, dries a ordonnées comme elles font. Il y a mis les Antiphones,les Litanies, les rogations, les ncufkyrie elei-fon,haleluia,amp;: lâoffertoire, fcmblablemêt trois prières au Canô de la Méfie : tefmoin luy melmeen fes epift,Diaconus des faiéls des Lobards liure 3, Gregoire deTours li-ure 10 amp;: autres. Puis pour faire trouuer le tout bojil y a mis IcPater nofter apres la co- Æ fecration. Nâa il pas tresbiê mérité que l'on dife quâil a faicl la MeÃe, puis quâil lâa fi biê releuee amp;nbsp;habillée (comme on dit)dc pied en cap? Quant a Luther, il eftvray quâen ce liuret il raconte par ieu amp;r en maniéré de nfee,quelcdiablea conféréaucc luy vne ⢠fois, amp;nbsp;luy a monftré que la MeÃe ne vaut rien. Mais sâil a voulu rigoleren cc pafiage r- - .'r lt;)â¢â¢ â¢â¢* (ce que vrayement ie nâaprouue point)que dirons nous de ceux qui ne laiÃent paffer demoniaque,foit vray foit faux, en fex-orcifme duquel ils ne facent tousles iours diligentes enqueues amp;nbsp;informations du diable, sâil ne croit pas que Dieueà en la MeÃe,que la MeÃe eà bone, que ceux qui nâen veulent point manger font damnez
' corne Iuy,amp; autres fèmblables niaiferies?
II eà vray que lâvn ne lâautre ne me fembic
173 Response de F. I.
point bon,ne la rifee de Luther, ne la fotti-îè de ceux là qui veulent prendre le diable pere de mefonge pour tefmoin de la vérité de Dieu. Mais ce badinage icy a efté fi frequent, faid li fou lient amp;nbsp;en tant de lieux, a la veue amp;nbsp;ouye des poures fiinples amp;nbsp;idiots , quâil me fembleeftre plus que temps quâils ne lê feandalizent point fort delà licence de Luther, puis quâen la leur ils font grands maiftrespaflèz a ccd ouiirage.
Rakanut hl), idem-Ãit. cltrtc.c.
31-.
Conclufion,la Mefle nâeft point de Chrift, ne des Apoftres, ne de lâEglifc primitiue, quoy quâon la vucille deiguifer du nom de Sacrement, dâEuchariftie, de myftere, ou autres ièmblables; veumefmemetqueles vieux Papilles ont reconneu tout rondement deleur temps, que le Sacrement du corps amp;: dufang-du Seigneur ell tout autre choie que lâoffice de la Melle. Et nâell pas de merueillesicar cell vn corps ramafsé de toutes pieces pour abolir la Cene,amp; effacer le benefice de nollre Seigneur amp;nbsp;Sau-ucur lefus Chrill, auquelfoitgloire amp;nbsp;ho-neur éternellement. Amen,
DE LA CONFESSION.
La confeÃionfacr ament ale, ejue le fits Chrià a recommandée aux Minières Ecclefialiicjues, que nous appelt'os PreÃres^ a toujours eÃe obÃf-uee
*
A lâApologi E DK I. Haren. 171 uee cn [ EgUle pour la. co['o lat ion des Chreftiens. S. Cyprian au [er mon de lap fis. On gene fitr Ie PfeaHmc37 â gt; amp;fùrIeLeuitic homil.2. SainEl Augudin linre 2 de 0)1/11 at ione infirmer tic. 4. Cyrillttsfur S. lean, chap.ilt;/. óâ. Hierofinefür f Ecclefiasiic,chap. 10. /c.
Apres la Meffe Haren vient a cofefle a-uec fes maiftres. Oril nâeft point befoin dâamafler des prennes, quad vne chofc eft tonte cSfeflee amp;nbsp;acordee des parties.Nons reconnoiflbns amp;: cofeftons decoenr, qnâv-ne bonne fraternelle cofeflion eft commandée parlalâincfte Efcriture acenxquî fentent leur confciencc tronblee, ou du fardeau de leurs pechez , ou de quelque doute amp;nbsp;desfiance : que fame Chreftien-ne ne peut faire mieux q de le defeharger vers quelq bon amy,amp;fingulieremet vers quelq fidele Miniftre amp;nbsp;bon feruiteur de Dieu,pour en receuoir confolatiô. Et câeft cela que difent les Peres ancies es paflà ges quâ5 nous obie(fte,amp; autres sêblables qnoâ pourrios alléguer. Mais quâeft il befoin d'é dire dâauatage? Nous acordos lâvfage legiti me felo lâEicriture amp;nbsp;lefdiifts fainds Peres: quant a ce quâon y aioufte par deftlis, nous lereboutos cn bônecofciece.Etquoyâpre-micremét quâo fait la cófeflïó facramëtale.
lyx Response de F. I.
pour y mieux contraindre les poures âmes auec plus dâapparence autorité .-lècon-dcmét qu'on l'acopaigne de certaines loix amp;nbsp;neceiîïtez, qui font autât de tortures ou de bourreaux, par maniéré de dire, pour gehenner ceux qui sây allLiicdiÃent. T clic cft la neceflîté de le defcharger a lâoreille dâvn Preftre ; item de le faire toufiours douant la communion .-item de recônoiftre par conte amp;nbsp;exprimer tous fes pechez fans en laifler vn feul en arriéré: item de prono-cerlâabfolution nulle, fi vne telle curieufo confeffion n'a precede. Toutes ces chofes
autres femblables traditions cotrouuees outre la parole, amp;nbsp;aucunes mefme contre la parole de Dieu, ne pouuons nous pafl'cr fous couleur detelles allegations -, pource que Dieu ne les a point ordonnées , les fainéts Peres nây ont point pensé, tant sâen faut quâils les ayent aprouuees,amp; n'en peut reuenir que la ruine amp;nbsp;perdition éternelle des âmes par précipité desefpoir.
Pr SACREMENT DE textreme onciion.
Catumc^nfeJJèau tmiEié cjuilafaicldere-for-mertEgltfi.é-eflrAntidote du Coale de Trente^feÃ.j can.iyqueîextreme onctioneÃoit tenue
alApologie de I. Haren. 175 tenuepour Sacrement au temps des \_^poÃres.
do flaues a faidià har dis les Protesians de U retrancher du nombre des Sacremens, amp;nbsp;de n'en plus ^fer auiourdhuy contre lexprejjè parole de Dieu,qui le commande?Saindi Jaques ^S.C^^atth.^.
le fiiis bien aife que maintenant ils vien-aent vnc fois a lâallégation de lâEfcriture ûinde : laquelle chacun Chieftien peut mieux amp;nbsp;plus comodement fueilleter que tous les liures des Peres. Or pour dire en brief, felon la dodrinede lâEfcriture nous reconnoifTonsfondion dont les Apoftres amp;nbsp;fideles feruiteurs de Dieu ontvsé felon l ordonnance deChrift, comme il en eft parlé laques y, amp;nbsp;Marc 6. car ie ne penfe point quïls ayent icy voulu alléguer le pat fage de S.Matcb.6,i7;qui ne touche en rien acefte queftion. Mais decefte ondion quâils mettent en auat, nous nyons au contraire ces choies ; premièrement que lâon-dionfoit Sacrement, a la mode que nous prenons auiourd huy le mot de Sacremêc en lâEglife de Dieu : fecondemêt que lâon-dion dont parle lâEfcriture, amp;nbsp;lâcxtreme ondion loyer tout vn. Qu elle ne foir point Sacremêt, il eft aifé a cônoiftre, rant pour-cc quelle a efté miraculeufe, comme aulfi
174 Response de F. 1.
pource quâelle a efté extraordinaire amp;nbsp;appliquée au temps de lâEuangilc naiflâant, amp;nbsp;non pas commandée ne pourfuiuîe plus auant. Au contraire les Sacremens de lâEgliic que Ch ri il a fpecialement commandez a fon Eglile , font ordinaires amp;nbsp;non miraculeux ; comme nous en fom-mes apris par lâordonnance deChrift , pariâexperience. Orfondioneftoitmi-raculeufe ; car faind laques en répété la Marc U,13. promefl'c de CIinfE, Sé iâind Marccn raconte lâeffed , difant, Ils oignoyent dâhuyle beaucoup de malades les guarijjoyent-. voire Herodes mefmes reconnoilr que câe-{{oycivertusejutjefatfoyentCMX, au ver-fet fuiuant. Audiertoitelle extraordinaire temporelle .⢠car les chofos miraculeu-fes nâont pas efté données pour toufiours, afin quâon en feiftvn ordinaire, mais afin de feruir de confirm ation a la dodrine de-' nouueau prefentee par la grace de Dieu.
Et combien que faind laques ne lâefcriue pas enfon Epiftrcjfieftce queles lefuites mefmele nousacordent tacitemet,quand ils lâinterpretent parlepaflà gedeS. Marc, là ou il dit des Apoftres, Bilans[ôrtisilsprep choyent aux hommes afin qùils fércpetijpnt-, dr cha^oyent beaucoup de diables^ dr otgnoyent
A lâApologie DE I. Haren. lyy dhnyle beaucoup de malades, amp;nbsp;lesguartffoyet. Pourqiioy cela, finô afin quâils le repentifi-fent amp;nbsp;creuflènc a l Euagile? Voire qui plus cftjCux mefmes nous côfe/lent q les choies miraculeules ont cftc pour ce tcps là ,amp; quâ on nâen a plus bcfoin auiourdâhuy. Car cy deflus parlans de la vocation de nos Mini-ftres ils ont did ainfi; Ilsdtfentqu'ona befoin de miracles auiourdhuy. Ouy bien,pour autheti~ t]uer l'Euagile d)â docîrine des Apojires,lacjuel-le nous confejfons auoir eÃe ajjèz, autoril^e par Ãgnes miraclcs,amp;c cc qui sâenfuit. Ce n'eft donc pas vn Sacrement, finon quâils pre-nentle nom de Sacrement pour toute fi- -gnification facree, tant extraordinaire corne ordinaire. Mais cela napartienten rien a la queftion prefente : veu que nous parlons icy du mot de Sacrement felon fa fpe-ciale lignification. (^e lâondiodont lâEfcriture parle amp;nbsp;l'extreme ondion ne foyent pas tout vn,nous le monftrerôs fans aller loin,par lenom,lâvfage,amp; lâeuencmet des deux. Car celle là cil appellee ondion fimplemët,celle cy extreme ondio: celle-là efioitadminiftree aux infirmes pour gua rir, celle- cy aux demy -morts amp;nbsp;q. lont aux abois de la mort pour les enuoyer en lâautre modexelle- là guarilîoit,cellc- cy ne fait quâêgraificr laillê mourir q veut mourir.
1-^6 Response de F. I.
Car auflî celle là auoit ordonance de Dieu amp;nbsp;promeflè conioinde, qui iainais nesâen vont fans effeél: : celle cy n'a ny ordonnance ny promefle conioinôte qui luy donne efficace. Dont il sâenfuit clairement que lâonélion des Apoftres a efté vneeho-feiainde: cellede Preftres dâauiourdâhuy nâeft qu'vne profane fingerie amp;nbsp;ffiperffcitio ridicule. Voila ce que lean Haren auoit adiré des Sacremens quâon obferueen la Papauté. Mais il y en a deux autres quâil a pallèz fans fonner motjes ordres,amp; le mariage. Quant aux ordres, il nâen euft osé parler, comme inhabile amp;nbsp;incapable des ordres felon le droit Canon. Du mariage, les lefuitesiès maiftres ont trouuc meilleur de nâen fonner mot, poffible pource quâils fc repentent de lâauoir nobré fi long temps entreles Sacremês.Parquoypuis quâilleur plaift ainfi , nous pafierons aux autres poinds de dodrine, enfuiuat lâordre com-mancc.
DV LIBERAL t^RBITRE.
Le Itberalarbitre estait au meÃme temps ett-' fiigfié, creu, receu entre les Chrelîiens^com-me [on fatU autourdbuy en lEgltfè catholique. Et tenait on entre les Peres anciens pour â¢vne here-^
A lâApologie DE 1. Haren. 177 her eÃe pernicieuà celte neceÃtte ah fa lue uoit introiuicle Simon le magicien depuis fuiuie des Manichéens^ (jtte les ProteÃans de no-Pt re temps ont renouuellee, dont sâen font enfii-uies tant dlabfurditez, contre la Loy de Dieu amp;nbsp;toute honnefleté Sain cl ^^uguÃin a efiript certains trailde^de ceÃe matière^ aprouuans du tout lefranc arbitre, f^u traité qu'il afaiPà de HypognoÃicon Hure Nom croyonsÃit tH dr en feignons indubitablement ^que l homme afrn franc arbitre. Sain^ Cyprian ad Cornelium hure i^eptÃ.3 : le fus ChriÃ^ dit il^ difiit afis dif-ciples^ lean 6, 'N£ 'ijous en voulez, vous aufrialler ? obfiruant cePte loy par laquelle lhomme e(l laiÃe en fa libertf amp;nbsp;remis enfin propre arbitre de choiÃr la mortoufonfalut. nbsp;nbsp;nbsp;Origen e^
S. ^mbroiffainêî lean ChryfoPtome, Bafile^ Gregoire, Nyffine ^TheophylaPà fainPt Bernard, çfr autres Peres, voire toute la fain'Pîe E-feriture enfreignent aux ChreÃiens,quelefilsde Dieuneusarendupar fin benefice nbsp;nbsp;obeijfà n-
ce le liberal arbitre que le péché d'\^dam nous auoitoflé.
Nous croyons voircmctquc du liberal arbitre on enfeignoie amp;nbsp;croyoit entre les Chreftiês comme on fa ici auiourdâhuy en lâEglife catholiq,mais non point corne fait la Romaine prétendue. Car dâvn code on '
M
J7? Response de F. I.
ne croyoit point vne neeeflîrc quâon appelle fataleou abfolue en la volocé de rhôme« amp;:dâautre conéauflionneluy dônoicpoîc vneabiôlueliberté: maison tenoit vn certain moyen, que nous auflî y fuiuons parla grace de Dieu. Nous appelions necefliié ablolue {que les Payens appelloyen t fatale parvnefauHe fuppofitiôdeie ne fay quelles dcftinees côtraires a toute pieté) quand vne chofèeft lîmplementneceflairc, Voire tellement neceflairc quâil n'en peut dire ou aller autrement en lôrte que ce foitcorne (i ie di que Dieu cft, quâil elHnfini,infi-niement bon,fage,puiflant,veritable,amp;c. Ceux qui difent q nous mettos en la volÃtc del homevne teilencceflité demal faire, nous font trelgi ad tort : amp;nbsp;faut bie de trois choies rvne, ou quâils ne fâchent q câcftde neceflîte abfolue, ou quâils ne lâcher point ccqnousdilônsamp; en teignons de lâarbitre amp;nbsp;volonté de lâhomme, ou quâils foyent * menez dâvne extreme malice a deprauer ainli amp;nbsp;rcnuerler noftre dire. Pourtant nâont ils que faire de nous reprocher ne lâexemple de Simon (duquel ils enfuiuent la trafique en leurs vocations) ne la faufle-té des Manichéens ( defquels la licence eft luimepas apas des gras verres de la Papau-
A lâApologie DE I. Haren. 179 ré)neIes abfiirdicez quâils imaginent,donc nous parlerons en vn autre endroit : mais quâilsaprenct( fi par aucnture ils n'ont pas encores apris)a bien entédre auant q iuger ou condâner la doôlrine dâautruy. Or d autant quâils font aufiî bouclier des Peresen celle matière icy, desqls lâautorité ne peut amp;nbsp;nedoitpreiudicierala veritéco(lanteamp; infallibledc Dieu, venons aux tcfmoigna-ges quâils en^pduifent icy.Lcs traiôlez deS. Augullî quâil.aefcrits du liberal arbitre soc bien fauorizas aucunemét a celle opinio q, a le cours auiourdâhuy en la Papauté : mais il faut fefouuenirq lemclme auteur sâen cxcufe,amp; retraéle Ion dire en lès Retraéla-tios,amp; prieq Tes liures foyer cntédusfclovn autre liure quâil a eferit apres,auql il a done titre de naturel (^gratta. Le pall'age q. ell allégué du 5 liure Hypognollicô deuoit eftre allégué entier,afin q le Lcâcur ne full poîc abusé. Car l'auteur a parauâc vsé de ces pa-roles:Z.4 py catholujtte croit Æ le falut de thlime efl de Chrtji DienyparlajilayediKjtielnoÃreltbe ral arbitre ejui auoit eflébleÃe[è guaritrefor-mCyCntat cjh i'conertit a fety par fa grace gratuite ceuxq^eftoyetdeÃourneülÃeÃyyö' fatten eux le vouloir le pottuoir afin cjti'ils plat set a Dieu en honesÅuures : cfideÃpuelstlpar fait lacourfeen
M ij
i8o Response de F. I.
ceÃe vie enUspreuenafitamp; fuiiiant par fa mi-fincorde a cattf de la vraye vie gui edi auenir. Adoc il aioufte, l^oui crofosdonc (^â¢prefh'ôs indubitahlemet^gue les libmes ontfranc arbitre^ amp;nbsp;ce qui sâen fuit. Qui eft autant corne sâil difoitj Pource que maintenant depuis que le fidele a appi ehcdcChrift,ce nâcft pas luy qui vit,mais Chrift vit en luy : nous tenons cela pour refolu, qu auffi certainemct que lâhomeneft plusietf de péché, ains eft affranchi par Chrift,aufli la volonté d iceluy nâen eft plus feme, maisgracieuîemcnt af-frachie par iceluy:Toutesfois q cefte fran-chifceft vnefrâchiictant lètilement corn-manceeamp;no parfedcnâacomplic cnice-luy,pource que cefe voletéfeguarit çfr reforme de tour en tour. Car le péché ne regne plus,mais hic habite en cefte chair. Sgt;c pour tant l'home fidele en cefte vie eft bien vra-yement hofte.non pas ferf, amp;nbsp;la volôté dâi-celuy eft bien vrayemët hofteflc,mais non plus feruate de péché. Voila a la venté l'intention de lâauteur en ce paflagc, corne les paroles le monftreL Combien quâau refte ie ne fay fî cefte piece dâouurage eft de S. Auguftin,corne Erafme Sû autres persônes de iugemet ont fort bien oblêrué pour plu-fieurs conûderations. Silescheualiers de l'ordre
' A lâApOLOGI E DE I. H AREN. l8l 1 ordre du frac arbitre ne font mStez dâautre chofe q celle là , il me femble quâils font en dà gier de ne faire pa^ gi ad chemin fans tresbucher,veu la foi bielle dâiceluy. Le paf là gc de S. Cyprian femble auoir plus d apparence. Mais sâil plaift a ceux la mefmes q l allegucnt conlidererde quiamp; de quelle franchifeil parle,ils trouueront vrayemet quâil nây a point dâoccafion de furhauiTcr tant le franc arbitre par ce palTage comc ils cuydét. Car S. Cyprian parle des Apoftres, Sien la perfonne dâiceux parle des fideles régénérez, qui font vrayemet affranchis de la tyrânie amp;nbsp;feruitude de péché, corne noâ auons tâtoll diôfc, non pas affranchis pourtant de la copaignieamp; ducobat alfidud'i-celuy tout le têps quâils viuet en la chair : amp;nbsp;dâauantage il ne parle pas dâvne franchife totale, corne fi la perfonne fidele eftoit re-mifeamp; reftituee pareffeéfen lapofl'elfion delà mefmc liberté q nous au5s perdue en Adam.rcrtabliccnpleineiouiifancediccl-lc,amp; du tout remife a foy, mais delà volôté des fideles franche amp;nbsp;non cotrainte, conduite par affiftéce rpeciale de Dieu: fuyuat ceqChriftauoitdiél parauant,2\^Z»f/gt;câ«/ leans.tfr. venir amoy,s'ilneluy e(i donné de mon pere. E t en cela Harê nâa pas faid office de bon in-
M iij
îSi Response de F. I.
tet prête, quad il tourne ain fi les paroles de S.Cyprian,/h~omeeÃlaiÃeenja Uherié, nbsp;nbsp;re
mis enfan propre arbitre:c2ï il ne dit pas remif ains feulement mis ou pose, nonreflitMus, fedconfitHtMs. Que lâintention dudit S. Cyprian foit telle, il appert par lâcxpofiiio que luy mefmecn donne puis apres: quad il dit que Pierre par fa rciponfe auoit montré que ceux qui Ce font retirez, de Chnf perijfent par leur faute/nais que C Eghfe qut croit en ChrtÃ^ amp;nbsp;qui retient ce quelle a vne fois conneu, ne sen âva laraais de luy, (Cr que ceux là [ont l Egli -fequi demeuret touÃours en lamaifonde Dieu^ amp;c ce qui sâenfuit. Le mefme ont enfeigné tous les fainèh Peres anciens,tant ceux qui font denomez parce bon difcourcur,corne les autres qui ontcftccs lieclesplâpurs amp;nbsp;prochains des Apoftres, fur la doôtrine defquels celle des Peres doit cftre examinee. Toutesfüis afin que le tout (oit bien entendu, nous auons a noteren celte matière,quâil y atroisdegrez (par maniéré de . dire) Iclonlefqucls lEfcriture nousenlei-gnequela volonté franche du fideledoit 1 eltre difcernec : a fauoir lâentree ou tbndc-' ment,le progrès,amp; racoplillèraent ou per-) fectiondâicelle. Lâentrceellde regeneration, felon laquelle la volonté de 1 homme effc
A lâA polo GIE DE I. Haren. 185 eft deliuree amp;:afranchic de Ia tyrannie de pêché, amp;:gaigneeanoftre Seigneur letiis Chrift par le benefice dâiceluy. Le progrès eft de fanóLficarion, en laquelle la volonté de lâhôme deliuree du (eruage par Chrift cft diuifeeenfôy,amp;cobatcontre ibymef-nie,la chair cotre lâcfprit, fefprit cotre la chair. LâacoplifTementeft de gloire,felon laquelle la volonté dePhome fidele afti a-chie du feruage,amp;: du combat ou elle eft en cefte vie, eft parfeéPemét régec a la volon-téde Dieu en Icfus Chriil. Du premier amp;nbsp;du dernier noâ tôbcrons aifeemêt d acord. Car quât a rctree,ellc eft noftre,nous fom-mes aftranchis de la tyrannie du péché par Chrift,tellement q le péché nâa plus de domination fur nous : quat aPacoplifrcment, nous lâattêdons en efperâce. Ledift'erenc cft touchant le progrès amp;nbsp;auancemét: car lesvns maintiennent qu'il eft plus grand, les autres plus petit. Oreft il bien certain quâil nâeft pas de mefme en tous;car les vns ont plus gaigné fur la chair de péché, amp;nbsp;les autres moins, amp;nbsp;par cÃfequct tous ne font pas egalemét affiâchis de volôté. Mais encores posé que nous conliderions lâhôme qui foitleplusauancé de tout le monde en ûnébHcation, corne par cxêplc vn S. Paul, M iiij
184 Response de F. I.
Matth.Iff, 4â.
les vns eftimët quâen vn tel il y a franc arbitre amp;nbsp;cledion come en Ada,par grace pre-uenâtedes autres,quâil y a frac arbitre auec lagrace cooperate,corne ils appellctdes au tres, quâêcores quâil y ait affrachilTemêt de féruitude felo lâentrce dót nous auos parlé, pour le regard de la caufe efficiente qui elt en nous,a fauoir Chrift.q toutesfois es plus régénérez fauacement elt lî petit, fi on ba-lâce bien amp;: a la vérité le viel home cotre le nouncau, quâil ne merite pas dâeftre nômé frac ou liberal arbitre: tat la chair cft enco-resinfirme mefmemetesplusauacez. La I lèntccc cft des Pciagiës.qS.Auguftin entre tous a là inétemêt refutec:la fécondé cft des PcresGrecs principalemet,qont volo tiers elcouté la philofophic humaine, amp;nbsp;pé sétëperer par icelle la doétrine qfembloit trop déprimer la chair au iugeméthumaî: latroifielmeeftdes Lans,amp; finguliereméc de ceux qui ontcobatu le venin des Pela-giens depuis quâils fe furet elleuez, corne a efté fainél Auguftin. Car deuant ce temps là les bons Peres n eftans pas combatus de quelque herefie groffiere en ceft article, ne sâeftoyentpas donné pene adiftinguer fi bien amp;nbsp;pertinemment ce qui eft necef-faire pour la faine intelligence dâiceluy, com-
A lâApologie DE I. Haren. x8y comme il a efté faid apres. Or il cft certain que plus vne perfonne a vrayemêt profité cilla parole de Dieu, plus elle fentiraque ce nâell rien de lâhomme que chair, de fon entendement que tenebres,amp;: de fa volonté que peruerlité amp;nbsp;inimitié a lâencontre de Dieu:amp; que lors mefmcs quâil cft régénéré il ne peut mieux fentir de foy quâa lâexemple de S. Paul, amp;nbsp;felon le dire d iceluy, que»ô»^ femmes vmyementaffranchis depe- Rom.x.tsi chômais que notts femmes affèruis a Dieu : câeft a dire, quâil eft bien vray que nous ne fôm-mes plus enclos fous péché, ne detenâ fous la feruitude dâiceluy, mais que toutesfois nous ne fommes pas remis anoftrevoloté amp;nbsp;puifl'ance fimplement, ains a la volonté amp;nbsp;conduire de Dieu par fon Efprit.-qui eft vne feruitude gracieufe amp;nbsp;plus profitable quenoftreliberté pretédue, comme nous adreffant certainement amp;nbsp;fans faute a la liberté de la gloire des enfans dcDieu.Câeft ce que les faimfts Pères ont voulu dire, encor quâils ne lâayent point aflez exprimé:amp; ceux qui ont autrem.ent fcnti,ont cfté a-ueuglez par vne vaine philofophie amp;nbsp;deception des hommes. Lafommedonc eft telle,que lâhomme fidele eft tellement affranchi de la feruitude de péché en toutes
Response de F. I.
fes parties, que le pechénâa plusdedomî-nationenkiy: mais que ceft aflranchilîc-mêtneluyaporte pas en ccfte vie vne plenitude de franc arbitre, ains feulement vn droitdeliberté amp;nbsp;franchife, pource quelà f Cor. J, 17. ou eft lâEiprit du Seigneur, là crt: la liberté.
Quâil poflèdevcritahlemét ce droit en le-fijs Chriftjamp;non point en foy. pource quâil lepcrdroit,nc plus ne moins qu'Adam a perdulefien ;amp;par-ainfiquervfagedecc droitapartict a lâhomme fidele, non point comme il a apartcnu a noftre premier pere Adam en pure liberté, non poin c par la feu le preuentiô de lagrace de Dieu (corne les Pelagiensont penlé) non point auiîi parla feule fubuention dâicelle ( comme ceux de lâEglife Romaine lâentendent, amp;nbsp;interpre* tent les Peres ancicns)mais par fa conduite amp;nbsp;operation,que le fus Chrift chef amp;nbsp;con-fommateurdenoftre foy cmploycen ice-luy.'carileftnoftre vie,amp;eft ccluy qui fait le vouloir amp;nbsp;le parfaire félon fon boplaiiir. Bricfqtie le fruit de celle côdui-redeChrift Åuurant es hens cil, pour le reps prefentilfà it la fanâifîcation d iceux j en leurs penfees, volontez,amp;: Åuures;(Slt;: pourlâauenir il donne pleine franchiieamp;i: liberté incorruptible en iuilice vie glo-neufe
A lâA POLOG iî de I. Haren. iSquot;/ ricufe amp;nbsp;eternelle.Or cede conduite a ede iadis fignifieeen lEfcriturc 8c es faimds Peres par Je mot de coopérer : car le S. Efprit a voulu fignifier,quc Chrid befoigne auec les dens amp;nbsp;es dens,no come Jeruiteur mais come maidre; non come indrument mais come ouuricr principal amp;nbsp;parfcóh auteur de toute bone donation a fa gloire. Comet done penfe Haren amp;nbsp;le college de fes Mai-dres,quâil fuffife de croire aind quâils difenc en la fin de cede feftion ? (jnelejîls de Diett nota a rendu parfin benefice amp;nbsp;obetjfiince le liberal arbitre i^tie le péché d' Ada nota auoitofié. Cela certes nâed point adèz en forte que ce foit.Car premièrement encores quâil nous ayt reditué le droit du liberal arbitre, fi nâa il pas commis dmplement 8c a plat en nos mains l'vià gc d iceluy, mais en ed demeuré le chef. Secondemét ce nâed pas le mef-mearbitre oude mcfme codition qceluy dâAdâ.q auoit puidà nce de ne poît pecher amp;nbsp;non plus: car mefme la puifiance de pecher noâ ed odee par vn fingulier benefice de Dieu. Finalemetcened pas feulement par le benefice 8c obeifsace de Chrid q noâ auos ces chofes, mais par la comunio tref-fainde q nous auos en luy 8c dont il vit en nous:fuyuâc ce que dkrÃpodre, Icvinon Ga!at.t,xo.
i88 Res
PONSE DE F. I.
point moy^maiiChriÃ'vit en moy ; amp;nbsp;ce queie 'vi en la chair ie 'vi en lafoy du fils de Dieu qui t» aaime,ç^ s'efi liuréfiymefinepour moy.
DF PURGATOIRE.
Le purgatoire depuis le temps des i^pofires atoujiours efiéenfeignédi' cr eu entre les Chre-fiiens. SainLi Paul au y chap, defa premiere aux Corinthiens parlant du purgatoire dit qùil faut que foyens fauuez, comme par le feu. S. \_Ambroije,fatnct ^^uguÃin, finit Hierofine, fiiinli Gregoire, çf autres Peres anciens expo-fans cepa(fage,afferment tous que ceux qui auat la mort rt ont obtenupleniere remifiion de leurs pechezfont purgez par lefeu auat que d entrer au Royaume de Dieu. Sainll ^fdugufiin au Hure de la Genejé contre les Manichéens Hurt a chap.20,parlant clairement de ce feu, dit que tous ceux qui font maculez de péchéfront ou entièrement condamnez, ou purgez par le feu de Purgatoire, item de ciuitate Dei lib. iS. S. (^mbroiÃe de la mort de lâEmpereur Theodofe, cés' fur le Pfiaume iS confeffe le mefme. Sainél lean Chryfofiomeenfait 'unfermon expres.
Nous difons rondement que la dodri-ne du Purgatoire eft vne fable profitable aux fuppolh de lâEglife Romaine: laquelle fable iamais les Apoftres nâont fccue ne creue,amp;: les Peres en rEglifeprimitiue n ot affer-
alâApologii de I. Harin. i8p affermée,finon depuis quelques centaines dâannees. Venons aux prennes pretéducs. S. Paul en la i aux Corinthiens ne parle point du Purgatoire, amp;nbsp;ne dit point quâil faut que nous foyons fauuez ainfî comme par le feu. Câeft don ques vn e faufle allegation , dont iamais ils ne pourront prouuer 1 interpretatio.Qu il ne parle point du Purgatoire que la Papauté a imaginé,S. Paul le tïionftre allez par ces paroles qui ont précédé, L'Åuure de chacunferamantfeÃee:carle fourmefinele déclarera, car il fer a reuelé far le fu, le feu efrouuera cjuelle eà lâÅuure d'^n thacu. Car câeft comme sâil difbit, On con-ttoiftra bien auec le tem ps quelle befoigne ils auront faide pour lâédification de lâEgli-fc de Dieu : car la parole de Dieu eft le plus beau feu qui foit au monde pour efclairer amp;nbsp;pour efprouuer toutes chofes en vérité, afin quelles foyent veues au iour amp;nbsp;reconnues pour telles quelles font. Comme auf-fi pour ce regard le mcfme Apoftre dit ailleurs, toutes chofis quià redarguint font mani- Ephef y,y. ffeesfar la lumière: car ce qui manifeÃe toutes chofeseÃlumiere.,dfc. Somme,câeft toutvn niefmefeu dont ileftparlé au amp;nbsp;i y ver-fct.Or an 13 verfèt il nâeft poït parlé du Pur-gatoirc,ne du feu dâiceluy.comment donc
lt;â 90 Response be E I.
cnfcroic il parlé apres? Quâil n'y foicpoirlt parlé du feu de Purgatoire,les paroles mef me le monftrcnt fort clairement ; car il ne dit pas, vn chacun fera purgé, mais Cæuurt dvn chacun fera faiSà manifeÃe: auflî ne dit il pas, le feu le purgera, mais le iour mefme le manifeÃera. Séblablementil ne dit pas quâil le purge au feu,mais bien c^nilsy reuele-.que le feu efprouue quelle eÃteeuure d vn chacun igt;c. non point quâil purge vn chacun auec fon Åuure. Il parle donc de lâÅuure, amp;nbsp;de la manifertation, reuclation, ou efpreuue dâicelle, non pas des perfonnes,ne de la pene amp;nbsp;purgation dâicelles. Brief il parle des choies qui fc defcouurentenccfiecle, non point de celles qui fe chaftient a lâaue^ nir. Mais pofé que toutcelanefuftpoint, Guefteeque S. Paul eferit, quâil faut que nous tous (oyons fautiez ainfi comme pat feu? Premièrement S. Paul ne parle point là de tous homes,mais des ouuriers du Seigneur en fon Eglife; pourtant ceux là au-royent plus maüuais temps que les autres qui fèferoyct employez en sôferuice. D a-uantageil ne parle point de tous ouuriers,' ainsfèulemêtdeces mal-auifèz,qui baftif-fent hoia, fsin, paille fur le fondement de Chrift. Mefme il ne dit pas quâvn tel fera fauuc
A lâApologie De I. Haren, i^j faune pour auoir pafsé par Je feu de Purgatoire, m ais q \Ãtlfera^Auueainfi comme parfeu: câeft a dire, encores quâvn tel inepte ou-urierfoit eiprouué cnfembleauccîonou-uragCjamp;quc l'ouurage dâiceluy foit aboliâ amp;nbsp;comme bruflé par feu, que le perfonna-ge ne fera paspdu pouriancou rebouté par lâautorité de la parole cômelbnouurage, mais q Dieu luy fera mifericorde amp;e. le rele-uera par là parole, corne sâil eftoit retiré du feu.Cornent pcuuét toutes ceschofesen-femblcment,oua part cftrecoulûes ou appliquées .a ladodrinedu Purgatoire? Certes 11 faut q ce loyent des ouuriers fubtils q peuuct ail i côfondre les perfon nes.lcs tëps, amp;nbsp;les euenemens par, la fubeilité Sc ad relie deleur engin. Mais,difent ils, tous les Peres lâinterptent ainfi. Mais au cotraire tous lesPeres lâinterpretentautremët.-amp; ceux qui 1 interpreter ainli,cofefsét qu'ils Icfont auecdoute. S.Ambroilc lâinterpteautre- /,!, mêt:car il nâexpolc pas cela du feu du Pur- y* gatoire, maisdu feu éternel amp;nbsp;duiourdu Seigneur, quâi 1 appelle iour du iugemét en cemcfmepalfage. lofe bien alleurer quâil nây a mot en ce pallà gc qui fente le feu de Purgatoire, ne mcfmc la fumee d iceluy : mais fur la i aux Corinth.il fuit l interpreta-tioque HierofmeiS.: Augullin ont donee.
ipt Response de F. I.
S.Auguftineft du tout éloigné dePintcr-' pretatio de Meilleurs les forgeurs du Pur-gatoire:car voila comme il dit en vn paflà -SncbiriA.^ ^C'.AucunscroyetJt qucmefnieccux ejuin'ahan' ââttf donnent point le nom de Chrià ayant e^ti bapttzez,en l'Eglifi du lauement diceluy n en Ãnt point retranchez par aucun fihifine ou here fie, sâils viuent en quelques meÃhancetez, (fi ne les effacent point par repentance, ne rachat et par au}nofiies,maû perfeuerent opiniastrement en icelles iufiju au dernier iour de leur vie feront fauuezparfeu-.combienquejelo la grandeur de leurs crimes (fi forfaicls tls/oyhpunis d'vn fen de Ibgue duree, efi non point eternel. Mais il me Jetnble que ceux qui croyent cela,ores qu'ilsÃyet Catholiques,s'abufintpar quelque heneuolence (fiaffefilion humaine : car tEfcriturediuine,fi on lâtnterrogue,en refpondautrement. Et apres au mefme endroit interprété ce feu, corn-mcfaitaullî S. Hicrofine, des tribulations qui font dubienafvn, dudomageaPau-trc,amp;lesefprouuent tous deux. S. Gre-goire mefme ne lâa point lîmplemet affet' mé, mais dit quâil faut croire quâil en va ainfi, voire lèulemêt es menus pechezxat ilfcfentoit fi mal fondé en fon opinion fidelgarnide preuue,quâil aimoit mieux en parler modcftement,quâaflèurer téméraire-
A lâApologie de I. Haren, rairemenc chofc quâil ne fauoit pas bien.Et dc faid,quelle raifon y a il de baftir vnPur-gatoire apres la mort, fi Ie temps de la vie ' prefenteeftlc temps defoyamp;derepentä-ccafalutâJ^4»^ö»y?r4 parüdicy^à ïtS.Qy-ade/iaplui de heu a repentance la fatisfaSiio naplttsd^ejfeli-.ceÃicycjuelavieeà per due,ou retenue-.ceà icy quelonprouoit aufi-lut eternelpar leÃruice de Dieu amp;nbsp;le fruit de la foy:amp;ny a perÃnne qut y foit retardé ne par les pechez ne par le nombre d années,quilncvien-«e a obtenirfalut. C'eà en ce monde queiamaîs on ne ferepenttroptard-.lentreeapardonyeÃ
amp; ce qui sâenfuit. Item Chryfofto-nie homil. x z au peuple dâAntioche,2^4?-tenpoint la fin,ou le remede depenitece ne vaut plus rien,dre. QuantaupaflagedeS.Au-guftin liure fécond de Genefc contre les Manichéens, chap, xo ,ic ne doute point que les Miniftres du Purgatoire nây ayent employé leur habilité pour le corrompre. Ce qui fe peut prouuer aifeement non feulement par les vieux exemplaires amp;: liures eferits a la main, mais auflî par le mefme liure de fainél Auguftin en deux autres endroits, afauoir chapitres: ou ce bonperfonnagcmonllrcque deuxehofes apartiennentau temps de cefte vie, le feu
N
1^4 Response de F. I.
de maledidion confumante,amp; le feu de tribulation purgeante. Or fclon laledurc comune il y a ainli au paflà ge qui en cft allégué forte Aÿrum non coluerit (fjpinii eum offprtmipermifèrit, habet in hac 'uita ma-ledi^ioneterrafita tn omnibtts operibmÃis,df poÃhanevitam habebit vel ignempurgattonis velpÅnamxternam.Itanemo euadtt iÃaÃn-tentiam^^c. La vraye amp;nbsp;ancienne ledurc, que les fufdids paflà ges confermet ouuer-temêt eft celle- cy : habet in hac vita vel ma-ledi£lionem terra Ãain omnibus opertbusÃts, velignempurgationü, nbsp;poH hanc vit am ha-
hebitpÅnamaternam. c'efta dire,Ccluy qui nâaura pas labouré le chap, ains l'aura pof-fiblc laissé gafter dcsefpines, il a ericefte vie ou la maledidio de fa terre en toutes fês ÅuureSjOu le feu de purgation,amp; apres ce-fte vie aura pene éternelle. Ainfi perfonne nâefehappe de cefte fentence, amp;c. Tou-tesfois sâils veulent retenir la ledure commune a belles dens pour faire valoir leur dire, encores ne gaigneront ils rien qui les auanceen ladoétrine du Purgatoire. Car fà ind Auguftin parle là auec difiondion; ayant efgard a lâopinion dâaucuns, de laquelle il auoit bicouy parler, amp;nbsp;non point e la ficnne:commc auffi luy mefme en par
lant
A lâApologie DE I. Harex.
lantailleurs dicainfi, le ne U redargue point Uk.utitti-poitrce qu'ileÃparauanture vrap. Câcft donc *'-®**'-*?-com nie sâil dilôit »Teiles gens tomberont ei penes éternelles,ou a tout k moins ( fi cc quâaucuns difent eft vray) experimenterot ce feu là . Quoy quâil en lôit, il eft tout certain que S. Auguftin au mefine liure es pat fages fufdits refute cefte opinion du feu de purgation, comme parlât proprement de ccqu'il en fentoit.-amp;dâauantage quâesau-tres Åuures quâil a efcrites depuis il l'a con-ftamment amp;nbsp;faindemêteombatue: comme nous auons monftré par fon Enchiridion, quâil a efeript plufieurs années apres;
icfnioinlemefmeauteur en fes Rctrada- Rttr4H.tn. tions. Lâautre paflage quâils allèguent de S. Auguftin eft fauflement allégué : par-lt;|uoy nous nâauons que faire dây refpôdrc, s il ne leur plait recommancer cy- apres leurs allegations. D'alleguerS. Ambroi-fe pour preiiue de cecy.quéft cc autre cho-fCjie vous prye,finon renuerfer là caufê par efteef ? Car premièrement enl'oraifon de la mort de lâEmpereur Tlieodofc,il n'y a pas vn mot quâils puiftént accômoder met mcparfongeala dodrinedu Purgatoire. C'euft doques efté bie raifon,quâils euflcnt produit! les paroles,fur Icfqlles ils penfent
N ij
Rasp ONS B t)E F. I.
eftrc fondez pour la preuue de celle fable. Dâautrcpart sâils ont quelque chofc que S. Ambroifeaytefcriptfurle Pfeaume 18,ils deuoyentbienle mettre en lumière publiquement auat quâen amener des prennes: car es oeuures que nous auons ordinairement de luy,il nây a rien quâil ayt faid fur ce Pfeaume là . Que Sâils entendent le Pfeaume n 8, amp;nbsp;difent que la faute foit de lâim-prelfion, nous nây trouuons flammefehe ou eftincelle aucune qui fente le Purgatoire. Comment donques penfent ils aueu-gler le monde par faulTes allegations,pour maintenir amp;nbsp;defendre vne dodrine fà uf-fe? Sâils font cela a leur efeient,ils trahilfent leur caufe: sâils le font là ns y prendre garde, ils la perdent. Cliryfollome partout ou il allégué ce propos de S.Paufa i'vne de ces trois intcrpretations:car tantoft illera-porte au iour du jugement, tantoft il le ra-porte a l'examê de la parole de Dieu, comme nous auons faid au commancement, tantoflille raportea lâefpreuue des tribu-* lations,comme les autres ont faidedu Purgatoire', pas vn feul mot. Car quant a ce quâils ofent dire que Chryfoftome en fait vn fermô expres,! ofc bien dire que cela eft faux, amp;nbsp;quâil ne fc trouue point en mon li-
ure.
A lâApologie DE LHaren. 197 ure,nâes autres liures entiers amp;nbsp;no falhfiez. Que s'il en fort qlquâvnde leur boutique, ils peuuent bien penfer quelle autorité il peut auoir,apres quâils ont tat entrepris fur les eferits des Peres anciens, corne nous a-^ uons ia fouuentesfois monftré. Puis duc quâainü eft que telle eft la foibleflè de leurs allegations, telle que nous confiderions le fondement duquel ils fe feruent pour la preuue de ce poind. Ceux (jui au^nt la mort^ difent ils, ri ont obtenu pientere remiÃion de leurs pechez, font purgez par le feu auant que dentrer au Royaume de Dieu.Noùc^ mais en cecas,Melfieurs,vous fuppofez deux cho-fes qui font en difpute, èc que mefme vous nefauriezmonftrcr. Lâvneeft, que vousi-maginez quâil y a des perfonnes qui nâont pas obtenu auant la mort pleniere remiflîo de leurs pechez,c eft a dire,qui lâont en par tie, amp;nbsp;en partie ne lâont pas. Mais nous au contraire nous dilbns(comeS.Cypriâ aile- t/i.i eentr^ guefort bienaupaflà ge fufdid) qu77»ô«f fauttoftscomparoir douant lefiege iudicial de nbsp;nbsp;â
Chrifi^afin que chacuremporte les cho/es qu'il a faiiles enfon corps fèlb ce qùil afai£l ,foit hien^ feit mal. Dont sâenfuit neceirairement,quc chacunenlamort(quieftla feparationdu corps amp;nbsp;de l ame) a remiflîon totale de fes
N iij
198 Response de F. I.
Matth, xy, JO.
péchez, ou nâen a point du tout: amp;nbsp;partant fait la fin totale de fes Åuures qui viennent en côte deuat Dieu,amp; fait fon entree inco-tinétenlarctributiô dâicelleSjCome les tef-moignages des fardes Eferitures le confer-méc.L autre poînd q vous fuppofez contre toute vérité ertjquâil y a vn feu de purgatio ou les homes paîfent apres lamort auant q dâentrer au Royaume de Dieu. Or nous ne trouuÃspointq lâEfcricure faidefacemc-tiô ne de fourneau, ne de foyer, ne mefme d'elchauifette q..apartieneacefeu: mais au cotrairenous fommes afleurez, q (î lebri-gâd pendu au collé de noftre Seigneur le-fùs a le iour mefme ellé auec luy en paradis (comenous nâen fiifons aucune doute)lcs ftdcles auiourdâhuy ne font pas dâvncpirc cÃdition,amp;: n ot pas vn feigneur plus rigou reuxa celle heure qccftuy là nâeut alors.ôiî dâautrepart les mcfchà s n ot pas a faire a vn iuge qui foit en rie plus gracieux, q quad il cbmädoitqlâon iedaft foudaï leleruiteur inutile es tenebres de dehors ou ily4 pleur dr grmfèn/etdedh. Voila les appuis du Purgatoire,lefquels maïienà t font brûliez au feu reduids en cèdre parla grace de Dieu-
Le Seigneur amp;nbsp;pere de lumière face la grace a ceux qui baftiflènt bois,foin,chaume, lùrlefondemêt des Prophètesamp;:Apollres,
A lâApologie DE I. Haren. 195 quâils renocct a cc vaî ouu rage pou r icruir au Dieu viuätamp;vray,amp;r appheder en fimplicitc le benefice de falut par lcsquot;Chrilt noftre (cul Redépt.amp;trerparfèdSauueurcterncllemét.
UE L'INFOCATIONDES SAINCTS.
Aumefmete^s., lesmefmes Dol^eurs'veiÃns amp;nbsp;dÃctples des Apoflres enfeigneyh, (Ã-1 Eglife le croyait,^nec'efiott btefai^de prier les faines tref paffez. Origene furies Ca»tt^. hom.3 afferme, que puis que la charité des fai fiel s demeure apres leur deces enuers ceux q sht au mode,que fans doute ils ont Join dufalut d'iceux çj les aidet par leurs prier es,feHo quileÃefiript au hure des Machabdz c.is. Cefl cy le^phete 1er entte,lequelprie sas ceffè pour lepeuple. Lediü Origene fitr lob l. 2-, fait fà priere a Iob, dr dit ainÃ. Bienheureux lob, qui 'vit perpetuellemét deuatsiieu,et demeures 'viüorieux en la pfence du Roy noÃre Seigneur,prie pour noue quifà mmes miÃrables.Et tn lametat. il adreffèfis prier e atout les faincfs. S. Cyprian efiriuant ad CornehuPapam,l.i,epiÃ. r, Cehty de nous deux, dtt tl,quipartira le premier de ce rnode, Dieu luy faisant ceÃegrace deÃre appelle lepremier,que no Ãre charité dure toujours enuers Dieu, dâ q»e noÃre oraiso fait cotinueepour le falut de nos freresdr fÅurs,a ce qu'ilplaij a Dieu noÃre Pere nous faire mifericorde. Ladi£le inuocatü desfftéls eÃoit 'vÃ-tee en l Eglifi au teps de S. AuguÃ. Il dit au L20 co-
N iiij
âioo Response de F. I.
- tre fauÃe Manichee/hap. 21 .Les ChreÃtes ob-Ãruent les tours de feÃes dedtez, aux Martyrs^a-^â fin quepar leur exe y le eÃans excitez^ ils vtentjët ' 'a future leurs traces, Ãjetparticipans de leurs merites amp;nbsp;aidez par leurs prières. It eau hure 22 de la cité de Dteu,cha.S,ilr achte qu'uneieune fille appelleePalladta fut miraculeufimet guerte deparalyfieparl'inuocatiodeS.EfiténeMartyr-S. Bafile en I'homilie 20 des 40 Martyrs : en tho~ milie 20 de Gregoire Naziazene,en torai/on de S.Cypridyl'oratjonfunehrede S.AthanaÃ,en lo raijon funebre de S. Bafile legrand. S. lea Chry-Jofiome en [homilie 66 au peuple ([Antioche: S. Ambroià au Iture des â¢vefues, amp;nbsp;en [orafin de la mort de (onfrere,(fifurie 22 chap, de S. Luc: â¢voire tous les autres Peres ontaprouué (à creu linuocation des faincls.
En ce traidé de lâinuocatio des faîds lea Harenacopris deux queftions enfemble: lâvnequc câeft bien faidde prier les fainds trefpaflèzdâautre,quâils prier pour noâ. Or cobiê q défia cy defl'us nous auôs deduid ce qui en eft,toutesfois nous rcfpodros encores icy en briefa leurs allegatios. Pre-mieremcr donqs nous nyons q l'Eglife an-cicne ait creu que câeft bié faid de prier les fards trefpalTez, quad elle eftoic voifineau têpsdes Apoftres. Ils alleguet pour le premier
A lâApOLOG IE DE I. H AREN. iOI mier amp;nbsp;plus ancien Origene.Iequel auteur ils fauenc bien auoir efté éloigné enuiron deux cens ans du liecle de Ch rift amp;nbsp;des A-poftres,amp; encores plus éloigné de la pureté Sc liraplicité de 1 Euangilede Chrift, tellement que lâEglilê anciéne nâa point voulu en tout amp;: par tout aprouuer la dodrine amp;nbsp;les efcrits dâiceluy. Mais laiflà ns cela, nous viendrons aux paflages prétendus. Au premier paflageiiditainfi: tMnis auÃi ne {era il point mal- conuenant yfi on âit que les /ainlis trcfpajfez, de cefie vie^ayans encores chant éenuers ceux qui finten ce monde, ont foin du fibit diceux^çfi les aident par leurs prières amp;nbsp;leur tntercefiion enuersDieu-.carilefi ainfi efiript au hure des CMachabees, dre. V raye-ment voila bien allégué amp;nbsp;fidelement vne prenne. Quand Origenc à xtylnefirapoint mal-conuenantydre. que ces Meflîeurs di-fent hardiment que lâauteur afferme cefte matiere.Toutesfois encores que nous leur quitions amp;nbsp;pardonnions ce traid hardi, que nous acordionsmefine ce que dit O-rigene, ie prie quâils nous monftrcnt combien cela fert a leur propos.Les fainds tret palTezont charitéenuers ceux qui font au monde,ont foin de leur falut,les aident par leurs prières : il les faut donques prier. La
101 Response de F. I.
chaleur de ladifpiue amp;nbsp;le zele quâils ont au mainticde leurs abus leur fait fuppoferv-ne chofè qui nâeft point: Car leur argumet ne vaut rien du tout, sâils ne fuppofent encores vne autre regle : a fauoir, Il nous faut prier ceux qui nous aiment, ont foin de nous, amp;nbsp;intercedent pour nousquot;: or tels font lesiâinds trefpaflcz ; il les faut don-qucs prier. Ne voyent ils pas bien ces Meflîeurs les argumcnteurs, quâils ne font pas vn dénombrement fuffifantjpour bien monftrer qui câeftque nous deuons prier auec aflèurance amp;nbsp;profit ? Car pourquoy perdrions nous nos penes a prier en lâair amp;nbsp;ieder des cris perdus? Voicydonques corne ils deuroyent dire : Il nous faut prier ceux qui lâuent, qui veulent, qui peuuent ouyr amp;nbsp;exaucer nos prières, amp;nbsp;qui le font en cifed. Il faut que tout cela marche en-fomble pour en faire vn argument a profit' premieremet qu'ils fâchent nos prières amp;nbsp;Icsoycr: apres quâils vueillet les exaucer amp;nbsp;nous foyent afredionnez; en outre quâils ayent lepouuoirdâexecuter lafubftacc amp;nbsp;le cotenu dâicelles : amp;nbsp;finalemet qu'ils le fa-cent. Or toutes ces chofes font en Dieu,amp; non point es iâinds trespafiez. Les fainds qui font au ciel ne fà uent point amp;nbsp;nâenten
dent
A lâApologie de I. Haren, lo} dent nos prières particulières, car ils font trop loin de nous: quant aux prières corn Lines de lâHgli fê,iIs les faucnt par la paroledc Dieu quâils ont apritc, par lâcxpericncc quâils ontfaidc, amp;nbsp;pofOblcaufli parlcteP moignage particulier de ceux q Dieu retire iouniclleinent alôy : corne en lâcxcpleq nous auoscy deuac allégué,lufques (juand^ Seigneur,ȣ vender,a tujâoint?crc. A uflî eft il certain quâils nâont point lavolôtéamp;afFc-dion d'ouyr nos prières particulières: car quelque affediô humaine amp;nbsp;faindcquâils portent arEglifeamp;: auxmébresdicelle,fi ne font ils pas pourtant fi deffeglez quâils vueilicntprëdrea foy lâoffice de lâEfpritde Dieu,duquel parlelâApoftre difà nt, Rom.8,x« hlemet AuÃtl'E/prtt fiulage enÃmble nosinfir-miteT^cAr notu ne Ãauospoint ce que notts deùos prier come HfAut-.mAis lEf^rit me(me intercede poumons en gemijfemens inénarrables, ou que t on ne peut dire. Maisceluy tjui (onde les cÅurs connoifi queleà le (èntttnentdel'EJprit ,pource qu il intercedefèlo Dieu pourlesfatnilsAci. n a-uiëne q les (à inds q. sot au cicfamp;q iouyÃet de repos amp;nbsp;de gloi re éternelle deuat la face de Dieu, foyét li nielct5noifsas de lâhoneur qDieu leut a faiét,quâlis kiyvueillct öfter le ûc: puis q l'office du S.Efprit eft dâîterceder
pour
io4 Response de F. I.
lean
nous des gemiflcmens fi vertueux, amp;nbsp;que lâoffice de Dieu le Pcre cil de fonder nos cÅurs amp;nbsp;recÃnoiftre quel eftle lèntinient delâEfprit en nous. Qujls nâayencpas auffi le pouuoir de mettre nos prières en execution,ie croy queleslefuitcs mefme, sâils ne font hors du lens, le confeUcront : car câefl de Dieu , amp;nbsp;non pas des fainds, que ce comandement amp;nbsp;celle promeflèeft donnée, tout ce que 'uotu demanderez, au Pere en mon nom illevoui donnera. Que sâils nâont pas le pouuoir, comment leur en apartiendroit l'efFed amp;nbsp;lâexecution ? Nous concluons donc tout au rebours de ce quâils affermêt, amp;C. difonsjCâell pene perdue de dreflèr nos prières a ceux qui n'en ont pas le là uoir, vouloir,pouuoir, ou lâexecution, comme font les faintls trefpaflèz qui repofent en gloire au ciel. Et au contraire Dieu feulell | celuy qui lait, veurjpeut,amp;:cfteólue nos prie res; cell donc bonne chofe,amp;:fainôle,amp; necefl'airc dâadrelfer nos prières a luyfeul, comme a celuy dont nous auons le commandement,amp;: la promelïèafleuree. Voila comment, iafoitque nous acorderions le dire d'Origene,fi eft ce q lâon ne pourroic pas en inférer, que lâinuocation des fainâs j trefpaflèz foit fainôle amp;nbsp;legitime. Ainfi aul-
fi faut I
A lâApologie de I. Haren, loy fi faut il entendre lâallegarion du fécond li-uredes Mach abcès, ou il cil parlé de lerc-mie q ui prie fans celle pour le peuple. Car combien que nous ne donnions pas grande autorité ace liure là pour beaucoup de raifons, fi eft ce que nous ne craindrons ia-mais de confefler que la charité de lercmie amp;nbsp;de tousles feruiteurs de Dieu qui font au ciel eft telle quâils prient fans celle pour le peuple, câeft a dire, pour lâEglife dâicckiy, laquelle ils fauent eftre en bataille amp;nbsp;combat alfidu en cefte vie amp;: vallee de miferes. Maisilyagrandediffercce entre ces deux propofitiôs,que les fainds trelpallèz prient Dieu généralement pour fa gloire en fon Eglife difans, Ton nom(èit[anSlifiéton regnt 'utenne/A volontéfoitque les là inds trefpallez prient pour Pierre, Gautier, ou Guillot, qui a mal de telle ou de pieds, amp;nbsp;pour l'afne, chenal, ou porceau dâiceluy. Nous reconnoilfons volontiers Ãcconfef-fonsla premiere,corne apartenante a lâe-ftat des lainds amp;fidclcs feruiteurs deDieu: quant a la fécondé, nous tenons pour tout certain quâils nâen fanent nouuelles ; comme aulTi de noftre part nous nâen fanons aucunes nouuelles, amp;nbsp;nâen auons aucun tcfmoignage en la là indeEfcriture.
Response de F. I.
Quant aka prière que le niefine O rigen c fait a lob (comme ilsdifcni) vers la findu fécond liurc:câcftoit bien raifonque Haren amp;nbsp;fesPercsconfideralTent auant quâai-Icguer ce pallâge, fi ce font paroles propres ou figurées. Mais puis quâils ne sâen font point auifez , ils ne prendront point de mauuaifc part, fi nous le faifons pour eux. Nous difôns donc que ces paroles dâOrigene font dides par figure,de laquelle il y a tantSâ plus dâexemples en lâEfcri-tureûinâe. Carcâeft vne coullumetoute receue es matières graues procédantes ' de toute lâafFedion des cÅurs, que I on parle aux chofes abfcntcs, morte .s, princes de fèns ou deraifon,corne fi elles nous e-ftoyent prefèntes auoyent en elles vie, fens ou raifon pour nousouyr.Ainfi Moy-fe a parlé au peuple auenir,E)cut.}i,amp;Da uid en vn grand nôbrede Pfeaumes : mef-
I Sam. I S amp;18.
amp; meiladrefTefaparoleaSaiiljIonathä, Ab-ner,amp; Abfalom apres leur mort,come sâils fuffent encores viuas:amp; qui plus eft s'eferie aux montaignes de Gelboë, non par folie, mais par figure, qafinguliere grace Seve-hcmencees orailons q lâon nôme pathétiques ou poufîèes dâaffedio.En cefte façon Origene, amp;nbsp;les plus ancics Peres ont quelques-
A lâA?ologie DE I. Haren. 207 quesfois parlé, fans fauflè imagination de Vouloir cmpefcherlesfaindstrefpaflèz en leurs affaires: come noâ en auros puis apres desexêples. Toutesfois sâil leur plaift opi-niaftrement retenir ce poind,quâOrigenc ayt de faid prié lob, fi faudra il quâils nous cofeflènt deuxchofès:rvneeft, qcâeftvne opinio amp;nbsp;vne Åuure fans fondemet de la parole dç Dieu,sas cômandemêt,fà ns pro-nicflè,amp; par cofequent vne priere vaine amp;nbsp;coioinébe afùperftition: lâautre, q mefines en ce paffage amp;nbsp;es autres femblables telles prières n ot pas efté faidespour vn ou pour deux, mais pour le corps de lâEglife en general , felon que nous auons cy deuant remarqué: auquel office les fâinds qui font au ciel s'employent veritablemêt fans que nous crions ou puiffions crier a leurs oreilles. Quant au paflà ge qui eft pris de la La-métation dâOrigene ; il ne fait rien du tout ace propos: car Origene nâadrefïèpasfon propos aux fainds de Paradis, quand il dit, 0lainüs de Dieu, te 'vont(ttfplie, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m ais il
sâeferieaux mébres de lâEglife laquelleila-üoitoffenfee parfâcheute, amp;a laquelle il fereconcilioit par fà lamentation repen-tâce. Quâainfi ioit,luy mefmelc moftre en M fin de fà lamctation vfà nt de ces paroles,
io8 Response de F. 1.
ie Ãye receu derechef en la wye de moft Dieu^ obtienne Jon royaume par les oraifons dr prières des fà inils dt-lit petition de [Eglije ijtiiacompajsion demoy. Or ainfi nommeil les fideles en comparaifon de fa perfonne, pourcequeluyeftoit vilainement tombé, amp;nbsp;les autres auoycntperfifté enfandifica-tion felon la volonté de Dieu. Le palTa-ge de S. Cyprian(lequel ils interprètent vn petit a leur auantage)en quelque forte quâils le prenent, ne prouue riendâauantagc que ce que nous auonsiufques icy recon-neu, amp;nbsp;reconnoiflôns trefiiolontiers : câeft a fauoir, que les là incts apres la mort perfe-uerent en charité, amp;nbsp;prient Dieu pour le falutdefon Eglife: mais il ne môftre point ny que nous les dénions prier apres qu ils font decedcz,ny quâils oyent nos prières amp;nbsp;fe méfient d'iceiles: en quoy cofifte le nÅu de la matière prefente. Sainét Auguftin liure io contre Faufte Manichéen chap. Z ijditâ\nÃi^Lepeuple ChreÃien enfemhleceltâ bre les memoires des M.art'^rsparÃlennite reli^ gieuÃ, pour s' exciter a imitation, nbsp;nbsp;aÃn qu'il
leur tienne compaignie en leurs mentes, ef fid aidé par prières. Câeft bien vn autre langage, que Haren amp;nbsp;fes Peres ne chantent, il y a troiscaufes,dit ce bon perfonnage, pour
A lâApologie DE I. Haren, xo? pour lefquellcs nous célébrons la mémoire des Martyrs amp;nbsp;fideles tefmoins de la vérité de Chrift : la premiere, q ue par fainde cxhortatio de la parole amp;: comemoration deleurs fainôts exéples les fideles font excitez a lesimiter :1a féconde, que défia en leur cfprit ils fèdifpoiênt a iemblable martyre,fi Dieu les en veut honorer,amp;: portent en eux mefmeslènrence de condénation: la troifiefme, que chacun fidele fe ient de plus en plus excite a ce deuoir, amp;nbsp;fortifié mefme contrôles tétations du faindmartyre, parles prières publiques que fait lâE-glifeen telles affemblees. Les martyres des fainéfsfont appeliez wtrz/wa la façon des anciens . les prières dont S. Auguftin parle ne font pas prières que les fainfts trefpaflèz facent,ne qu on face aux fainéls trefpaifez, mais font prières que les fainds membres de rEglifeafTemblez au nom de Dieu font pour toute lâEglilê amp;nbsp;les vn.s pour les autres au nom de Chrift. S. Auguftin mefme en donne puis apres rinterpretation,aqui y voudra prendre garde. Lâhiftoirede Palladia eft du tout fauflement alléguée: car S. Auguftin ne dit point quelle fut mi-raculeufement guariedeparalyfie parlâin-uocation de S. Eftienne, mais bien quâelle
O
IIO Response de F. I.
finguarie, comme elle eftoitamp; prioit auprès de la place du temple ordonnée pour la mémoire de S. Eftienne. Elle fut don-ques guarie de par Dieu, come elle eftoic en prières pres la chapelle de S. Eftienne (ainfi quâon appelleauiourd huy) amp;nbsp;côme lâEglife failôit deuoir pour la deliurace dâicelle deuat Dieu. Telles chapelles ou lieux ordonnez alamémoire des Martyrs font diuerfemet appeliez par les anciens, corne martyrium, locta martyr is, martyr/nemoriA martyris, amp;nbsp;plufieurs autres noms, que les gens malicieux tordet fauflèmet pourabu 1er les lîmples amp;nbsp;ignoras. Mais il va bic que S. Augu ftin (corne il eft copieux en parok s) doneluy mcfmel expolitio defon dire en cemefme chapitre. Quant aux oraifons funèbres de Baftie amp;nbsp;de Naziazene, combien quâelles ont des paflages quâil faut ne-ceflà irement prendre en figure,corne tan-toft nous difions dâOrigene: fi eft ce q nous confeflbns rodement,quedes lors lâEglife Grequene s cmbrouilloitquc par trop en fupcrftitions: a quoy certes a trop ferui lâv-lâge licccieux de ces exclamatios figurées, que les Peres anciens ont vfurpecs pour toucher an vif les cÅurs d u peuple, Sclin-duire apiciéparexcplcs depieté. Etfingu-liere-
A lâA P o LO GIE DE I. Haren, ah lieremênt Cliryfoftome a cfté maiftreen ceftartifice,duquel lezeîe a quelquesfois cftéfi bouillant, quâildifoit plus quâil neia-uoit, pour tranfporter amp;nbsp;rauir les autres a-uec Coy en vn mefiue zele de piet é. Or quat a nous qui reconnoiflbns lâancienneté, lâv-nion, amp;nbsp;généralité en la vérité de la parole qCbrillamp; les Apoftres nous ontlaiflee, nous ne nous réglons pas a lâcxcple des Petes venus trois ou quatre cens ans apres, amp;nbsp;qui ont petit a petit décliné en quelquefu-perftitionmais nous regardes fi la parole de vérité nous en produit quelque autori-tc,ou exêple,ou raifon.Et d autat que nous nâentrouLios rien, ains que toutcecyades lors comancé fans comandemer, fans pro-mefle, fans volonté de Dieu, quand lesE-glifes fe font laifsé abaftardir peu a peu fous apparence de fainéleté:ce nâeft point pour mefpris deperfi3nnc,mais pour te pris amp;nbsp;lâeftime que nous faifons de la fimplicité de Cbrift, que nous fuyons de tout noftre cÅur telles inuentions. Efperans que nulle amevraycmentChrcfiiennc ne nousfau-ra pourtant mauuais gré, fi elle confidere quenoftre intention a eftéamp;eft toufiours Dieu mercy,q nous nous conformions au plâpresa lâEglife primitiue amp;nbsp;Apoftolique.
O ij
XII Response de F. I.
Nous aimons vrayemcnt Bafilc,nous aimons Nazianzene, amp;nbsp;Chryfoftome : mais nous aimons Chriftamp;fa vcritépar defliis toutes chofes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Quant aux paflages de
S. Ambroifcjil y en a deux qui (ont figurez, comme nous auons ia parauant monftré. Car quand il sâelcriea fon frere trefpafsé, que fait il plus quâvne femme feraasô mari, vn frere a (on frere, vn enfant a fon pere, quand il le voit f refehement décédé ? Et quand il tourne (on proposa fainét Pierre pour lâexaminer de fon pleur amp;nbsp;de (â repé-tance,que fait il autre chofefinonefclair-cir la doélrine quâil en vouloir tirer, par vne certaine figure quâon appelle projopo-pÅe ? Ne voyons nous pas mefme de noltre temps, quâil y a vne infinité de moines qui font riches dece gibier, amp;nbsp;quife font valoir deuantle (impie peuple par tels dialo-gifmes amp;nbsp;communications populaires Le troilicfmc pafîà ge qui eft au liure des vefues ne les auantage non plus, quand S. A mbroife dit a la vefue fidele, Tu04 despro^ chains, epuiÃtpplient Dieu pour toy. Tu as les f^poÃresprochains, tu os tes ^Martyrsprochains ,à tut aprochesdes {_Martyrspar cont-paignie de leur deuotion par dons demiÃri-cordt. Car nous ne nyons point que les îâinéts
A lâApologie de I. Haren, iij fainds trefpaireznc prient pour rEglifeamp;: les membres dâicelle en general: mais bien difons nous quâils ne priée point pour nous en particulier, veu quâils ne nous connoif-fent point, amp;nbsp;que nous ne deuons point a-drefler nos prières a eux. Et a la vérité S. Ambroife nâeuft pas oublié ce moyen, s'il lâcuft entendu ou creu quand il efcriuoit ainfi ; mais euft did tout platement, Tu as les Apoftres prochains, tu as les Martyrs prochains, fi tu tâaproches dâeux par inuo-cation de leurs noms. Nous voyons don-ques qu il nây a rien du tout en quoy ils fe puiirent preualoir,amp; faire forts decestef-moignages de S. Ambroife.Combien que quand luy amp;nbsp;tous les autres Peres depuis le temps dâiceluy auroyent aprouuéamp;: creu vne telle inuocation , nous ne ferions pas obligez pourtant a croire ce quâils en auroyent creu: caria foyeft delà parole de Rom. lo, Dieu,amp; non point des traditios humaines, â'â⢠comeS.Paul nous enfeigneaux Romains.
DES lErS-NES ET DE Carefme.
En ce me [me temps [on obfèruoit diligemment le Carefme. Ignatius difiiple defaincl lean e[crtuant aux Philippics, les amonneÃe de
O iij
2.14 Response de F. I. garder bien amp;nbsp;diligemment ledicî CareÃnCy comme'une inÃituüon ordonnée de Dieu.
Telesghorus , qui a 'vcjèu tofl apres tes \_^po-ïtres confirme le me^me. SatnLl i^mbroi-Jeen efer it plufieurs firmons fi comme le fermons 4,2 .,2 (/.^tfic. SainEl Augufiin de tempore fermon 6ÿfiit que par fob fer uat ion du Ca-refme les bonsfont dtfcernequot;:fies mauuats, lepa-yen du Chrefiien f heretique du fidele. Tout les Peres anciens , les Conciles., commet celuy d'Agathenfè çfp d'Aurelianenfe^, difènt lemefme.
Tant sâen faut que nos Eglife.s rcprouuér les ieufnes fainâs amp;nbsp;icgitimes, quâau contraire elles en aprouuenc amp;e: obièruentlâv-fage légitimé a leurs droiâ:esamp; propres oc-cafiós.Quac a la Carefmc (de laquelle feule ils font eftat en ce paflà ge) nous reconnoiï-fons volÃtiefs q l Eglife primitiue en afaiôt comemoration parladodrinc del'l^uan-gile,c5medelapremiere ludequenoftie Seigneur lefus a fouftenue incontinent a-pres quâil fut sâdifié amp;nbsp;declare de par Dieu le Pere en fon Bapte(me,le Sauueur amp;,Do-£teur de fon Egli fè. Ma is celle cômemora-tion eftoitlans fupcrilitionamp;: fans obligation de perfonne, pource que rien nâen a-uoitefté cü^iandé parla parole de Dieu;
A lâApologie DE I. Haren, iry En lieu dequoy la Papauté auiourd'huy nc remémore pas, mais desfigure indignement le benefice de Chrift,rêplit les cÅurs de fuperftition J amp;: enlace les confciences dâvne obligation damnable, quand elle ne fait pas la volonté dâiceluy, ains contrefait fonÅuure a fon deshonneur amp;nbsp;opprobre. Or celle fuperftition eft entree en l'Eglilc de longue main : amp;nbsp;nâcft point meilleure , pource quelleeft ancienne: mais au contraire dâautant plus elle eft ancienne, plus eft elle multipliée amp;nbsp;malheureufeméc enracinée a la ruine de la Chreftienté. Ils allégueront donques, sâil leur plaift, Ignace^ Telefphore (des elcrits dcfquels les gens de bon iugement doutent a tresbon-nc raifon , car ils ne fentent point celle pieté ancienne amp;nbsp;Apoftolique ) ou bien fainét Ambroifeamp;: Auguftinfdefquelsie fiecle nâa pas cfté du tout vuide de fuper-fticion ) ou bien les Peres amp;nbsp;les Conciles qui font fuiuis apres, amp;nbsp;decheus de iour en iour de la fimplicité de Chrift: voire particulièrement le douziefme de Tolède , qui nâa point eu honte de dire , que celuy qui nâohlêrue point la Ca-rcfme eft coulpable non léulcment de la mort, ains aulli de la refurrcâion
O iiij
ii6 Response de F. I.
de noftre Seigneur lefus. Quant a nous,qui fommes aftranchis par Chrift de tous les clemens du monde,nous priôs vn chacun denepoîtsâoiîcnfer, fi nous voulôs retenir la liberté ipirituelleq Chrift nous a fi chèrement achetee amp;: dilons haut amp;nbsp;clair,pre-mieremét quâil n eftpas enlapuiftance de lâEglilê dâimpoiêr telles feruitudes fur les mebresdeChrift fans exprefteordonancc de Dieu,qui ne fe trouue point:fecôdemct queleieuîhedcChrift,quâilafailt;ftqLiarâtc jours, nâeft point raconté des Euangeliftes poureftretiréenimitatio, amp;nbsp;napointefté tenu de Chrift pour ceft efFed : autrement ilneferoit pas miraculeux, mais Chrift le euft encores obferué les années fuyuantes, amp;fes Apoftres l'euflent recommandé,ce qui nâeft point. Finalemêt qu encores quâ-vne telle obferuation fuft licite, toutesfois elle ne peut maintenant eftre expediente, quand elle eft tournee en lacs amp;nbsp;en fuper-ftition; car ce qui sâen va en fuperftition nâedifie point en forte que ce foit. nbsp;nbsp;Au re-
fte,quinâadmireroit le lâuoir de ce Haren, amp;nbsp;leiugement de fes Peres Iciuites, qui allèguent les Conciles dâAgathenie amp;nbsp;dâAu-relianenfe ? ne monllrent ils pas quâils ont bien du lens en la ceruelle, quad ils parlent vntel
A lâApologie HE LHaren. 117 vn tel langage? que ne difoyent ils les Conciles dâAgde amp;nbsp;d'Orlcans'la feule caufeell que le rauaudcur, qui quâil foit, n a pas eu tantdcconnoiflance de la langue Latine, ny des hiftoires Ecclefiaftiques, quâil ayt peu s'en deueloper autrement. Tout de titre mcfmeparcydeuantila nommé le Con-Aquot;*** ciledeLaodicene,enlieu de dire Laodi- ^*'*^''quot;'***â' cee:amp; cy apres aufli il appelle le Concile de Gangrcnfe, pour dire le Concile de Ga- frtcrÃi»»s. gres. Voila certes des marques de ges bien entendus,amp;(ii ie ne m abufe) qui beuuent plus de vin que le haren ne fait dâeau. Car quieftrhomefobre,qui vouluft ainfi ex-pofer les titres de ces Conciles , s'il auoit gouftequelques petis rudimens de Latin? Mais il vaut mieux recomander cefte que-ftionadespetis clercs de refcole,amp;: marcherplus outre en ce di (cours.
DES PELERINAGES.
Les pèlerinages eÃoyent encetempslà mef-meen trelgrand'vfance recommandation. SatnLl K^uguftin en lepiÃre 137ydit quilcon-Ãetlle a vn Preftre nommé Boniface a vn ieu-nehomme d'allertîAfrique a l^lolevilledItalie en peler in age viÃter le corps defainll Felix. Le mefme fainSi K^uguÃin afferme en diuers
Response de F. I.
lieux de fèsæuures^ ijtion ebÃruoit de fin temps les tours defefies^ tant en Ihonnenr du fils de Dieu ^ue desfiin^s perfinnages morts martyrs pour lenom d'iceluy.epiïi.i iQ chap.isfiiure 3 de lado^irine Chreftienne/hap. 2tf.
Le titre promet vne chofe,combië quâil yfoit parlé de deux,afauoirdes pèlerinages,amp; des feftes. Quant aux pèlerinages, il y en a de bons,amp; de mauuais.Nous ferions donques bien efceruelez Æ nous condam-, nions les bons fous couleur des mauuais.II n eft point mauuaisde changer d'air pour fubuenirafaneceflitéjcommeontfaiâ: A-brahâ,lfaac,amp;Iacob: pourièruirafa fanté; pour profiteren icjcnce,connoiirance,cx-pcriénce,amp;c.pour cuiter vn plus grand in-côuenicnt: mais le pèlerinage eftmauuais que lâhome entreprend par fupcrftitiovo-lontairc,pêfant faire fcruice a Dieu amp;nbsp;mériter quelque chofe entiers luy. Les poures fideles iadis ont bien efte contraints de pc-leriner pour les ncccflkez quiles preiToycr, pourcaufe de perfecLition,pourcômuni-quer auec les fideles feruireurs de Dieu quâils auoyêt en cfi:imeamp;: cftre édifiez par leur fomunicatio; mais d autres pèlerinages lâvfage ne fe trouue point en I Fgliic pri-miciuc. Ainfî en efi il auenu a ce Prcilrc
Boni-
A lâApologie de L Harbn. 219 BonifAcCjamp;auieunehommedontS. Au- ^fiÃ.^7. guftin a parlé.Ce ieune homme chargeoic Bonifacedâvn crime infame : le crime ne fepouuoic aucunementprouucr,amp;eftoic dâautac moins croyable,pource que Je ieune home nâauoit pas fort bonnerenômee. Cependant Je ieune home rcpefte,en danger de faire vn fcandale public.-Ce que S. Augullin voyât ne trouue meilleurcofeil, q de les enuoyer honeftcmêt lâvn amp;nbsp;lâautre hors du pays amp;leur faire palîèrlamcr: là oulachofe pour roi tertre miraculeufemêt vuidee, sâils fe veuler opiniaftrer lâvn cotre lâautre en leur different. N'eft ce pas là , ie Voâ prie, vn bel excple de pèlerinage, pour cÃfermer les voyages de noftretëps entrepris par fuperftition volotaire?Q^'ilnây aye donc que les malrenÃmez, acculà teurs amp;nbsp;accufez,qfacet pelerinage;puis quâils veulent fe preualoir de ceft exemple : car quât aux gens de bien, ils sâen peuuët pafl'er là ns dommage,fà chans que durant le temps de cefeiour temporel ils font pèlerins amp;nbsp;ab- » Coi.i,«. fèns du Seigneur. Qiiant aux iours de feftes ordonezpour mémoire des benefices de Dieu,nous ne les condanons point, mais bien la fuperftition amp;nbsp;lâabus. Toutes-fois encores faifons nous diftindio de ces
IIO
Response de F. I.
â : nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ioursidâaucant que les vns font neceflaires,
Ies autres volontaires. Nous appelions ne-ceflà iresjceux que Dieu a commandez, comme nous eft le Dimanche, qui eft vne mémoire neceflaire de la refurredion de Chrift,amp;: du repos eternel ou il eil entré en celle iournee la. Nous appelions volontaires,ceux que les homes ont ordonez pour quelque mémoire que ce foie. Et en cela nous mettons entre autres celle dilletécc, que les feiles volontaires peuuêt ellrecaf lees pour calTer lâabus amp;nbsp;fuperllition qui y eft luruenue:mais les neccllà ires ne peuucc eftre abolies par autorité humaine que ce foit: voire quâen cas de luperftition celles là doiuent eftre abatuesauec tous leurs abus, mais celles-cy doiuent eftre maintenues Si deliurces de toute corruption. Ce que le
119, mcfme S. Auguftin conclud pertinemmêc thap.ii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;felon Dieu,en la melme Epillre que Ha
ren nousaalleguee.Orcombienquenous ne foyôs point lî rigoureux, que noâ vucil- । lions reiecler a plat toutes faindes memoi- , res amp;nbsp;obferuati5s,toutesfois ces Meilleurs monftrent bien de quel efprit ils font menez, quand ils allèguent deux paflà ^esde S. Auguftin feulemët,ouiln'eft parle dâautre cliolèque de la Pafque: Et toutesfois
don-
A lâApologie de'I. Haren, xii donnent hardiment a entendre an poure monde,quâil cil la parlé delâobferuation des iours de fettes, tât en lâhonneur du fils de Dieu, que des faïéts perlon nages morts martyrs pour le nom dâiceluy. Comment feront ils qu'on les croye, sâils vient de fi mauuaife foy en leurs allegations?ren lail-fe le iugement a toutes perfonnes équitables amp;nbsp;craignans Dieu, amp;nbsp;prie le Leôteiir Chreftien y prendre foigneufement garde pour fon bien amp;nbsp;repos. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
DES IMAGES.
ProtefianSy de dire qu
CeÃvn menfonge forgé en la heutiejue des quot;Uny attoù nulles images
Anciennement au temple des Cbref te s : 'veu que du temps de S, Augufitn, limage de lefts Chrifl amp;nbsp;des t^poÃres eÃoyent en age fure i chap. Idu consentement des EuangeltÃes. Eu[e-bius Hure 3 de(on htÃoire EcclefaÃique,dit que l'image de lefits Christ eÃoit au mylteu deux. DamafenusIture 4 chap.ij^ditquela couÃu-^edauoir des images eÃoitprocedee des tradi-fions c^pofloliques. i^thanafitts eferit bien au long les miracles faills en la ville de Beryte deuant limage du Crucifix. Eufebius liure 7 tfferit de limage defà incl Pierreamp;defainél Paul. Lquot;v(age des images fut aprouué au (e-
xii Response de F. I. cond Concile de l^eedtem au Concile de Con-Ã antinomie fotts Hirene^ amp;nbsp;par tout ailleurs.
Combien que ce nousfoitaflez que la parole deDieu nâa point aprouué les idoles ou images, mais les arigoureufement défendus de planter es répies amp;nbsp;es cÅurs des Chreftiens; toutesfois pourcc que les idolâtres fe parent de lâautorité des anciens Pe res corne sâils auoyent tour pour eux amp;: cotre nous, il nous faudra icy parler des choies quâils allèguent felo lâordre quâeux mef-mes y ont tenu. Nous difons donques, que la pureEglife primidue nâa point eu dâimages adorables es téples : eux adermet le c6-trairc. Or nousauons bien dequoy les remercier,de cequ'ils fe lont auilez dâamener vne fl bonne prenne amp;nbsp;tant a propos, pour defcouurirleurs menlôngcs toutaucom-mancemenr. Car ils ne pouuoyent mieux monftrer que par ce raefmepalTage de S. Auguftin,que les images deChrift amp;defes i Apoflres nâeftoyent pas es téples des Chre ⢠(liens. S. Augullin refpond en ce paflà ge a । ceux qui blafphemoyent contre Chrilfdi- । fans quâil sâeftoit faiél valoir par art magique amp;nbsp;par cnchantemens, quâil en auoir efeript des linres a S. Pierre, amp;nbsp;a S. Paul. U dit donques, Poitree quâils auojent volonté de feindre
a «
s r C
e
I'
I»
r r
ic
'
s e a i'
ic
II.
1?
A tâAPOLOGIE DE 1. HarEN. 11}
feindre tjue Chrifi a efir if t quelque chofi de (èm-hlable a fis dtfitfles tls ent penséen eux mefimes qui fi nt les dtfiifles auxquels ilfer oitplus cropa-blequilaqt peu efirire plust ofi qùaux autres^c'a-me a ceux quifefiroyet tenus auec luyplus fami-Iteremét, amp;nbsp;qut auroyet efiéplus dignes d'auoir césruunicatib de ce fieret. S.Pierre doc nbsp;nbsp;S. Paul
leurfont lt;venus au deuant pour ce qutls les ont â¢veus peins auec luy{ come ie croy} en plufieursfia ceSyd'autat que la ville de Rome célébré nbsp;nbsp;reco~
mande plusfiotenellemet les merites de S. Pierre amp;nbsp;*?. Paulpour auoirfouffert en vn mefime iour. Ain fi vraycmét ont mente derrer ceux qui ont cerché Chrifi amp;nbsp;fis Apoflresyto point esfiainéîes Pfirituresynau es murailles peint es: (fi-neftpott de merueillefiles peintres ont tropeles meteurs. Ncÿéca les paroles de S. Auguftin,de(quelles nous aprenos bien que l'image de Chrift a-côpaignédc Pierre amp;nbsp;Paulclloit peinte es murailles en plufieurs lieux, mais il ne dit point es teples.-amp;: d'auatage nous entêdons parla, q mcfmes les vrais fideles de ce téps là ne ccrchoyct pasChriftamp; fes Apoftres es peintures,mais esEicritureszfinalemêt que les imagesamp;: peintures sot doôlcurs de mc-fëge de vanitc,q fot fouruoyer mettet a ruine leurs lëruiceurs.CarfcÃmc luy mefi itpfil. ïp^ç,éxt^^zyxcfi}quieficeqadoreouquiprie en 'â ^7'
124 Response de F. I.
regardai ojne image,ejui n en fait touchéinfluef là yde péfer cju'il[oit exaucé par icelle çér ^ui ne-Jperequelleluy fera ce ejuildeÃre?N^oila poUf le premier menfonge, comment les Icfui-tes fc font defcouuerts par vn jugement trefiuftc amp;nbsp;admirable de Dieu , alJegans pour defenfe ce qui côbat amp;nbsp;deftruit leurs defenfestouta coup. De mefme fidelité vfent ils en allegant Eufebe au j liurc de lâhiftoire Ecclefiaftique,ou il ne iè rrou-ue rien de ce quâils dilènt : amp;nbsp;quand il y en auroit quelque chofe, voire qu'il auroit vié decesmefmes ^3xo\cSy^uelâimage de Ie[ni Chrift eÃoit aumylieudâeuxf\ ne pourroyent ils pas de là monftrer qu elle eftoit au temple,comme les paroles fuldides de S. Aii-guftinnous en ont enfeignez. Quant a Dama(cene,il dit que les Peres tont trouât que c'e[l vne tradition no efcripte: mais il ne dit point qu elle foit Apoftolique. Et voila pourquoy pour le faire trouuer meilleur,il aioufte en confirmation ce beau cote dâAbgarus le Roy dâEdefle,qui auoiten-uoyé vn peintre pour prendre la figure du Seigneur lefus, mais quâil ne le fccut on-quesfigureracaulcdelafplédcur de fa face: amp;nbsp;pourtant que le Seigneur moulla de foy mefme fon image en vn linge, quâil en-uoya
A lâA P o L o G I K DE I. H A R B N. XIJ Uoyaaudiôl Abgaruspourluy doner eon-tencemcnt. Câeft là vrayement vne belle prenne, qn Eufebemefmcnâa point feeue, ousâiUâalcene.l'atrouneefifottcqnâil a eu honte d en fouiller fon hiftoire. le tai que les temps de Damafcene eftoyent défia bien fort enuelopez en leurs corruptions. Mais que peut cefte allegationalâcncon-tre de nous, quand 11 confefïè quecâefi: v-ne tradition lans Efcriturc,tradition no des Apoftres mais des Peres, laquelle tradition Inymelmercnnerfe puis apres,quand il met en auà t celle fabledâvn Chrill moii'' fié, comme fi Chrill mcfmes en fuft lâau-teurâPuis quâils confellènt que la parole de Dieu cllparfcôleamp; fuffifantcafalut,quc ne fouffient ils a tout le moins que nous nous contentions du reglement dâicelle fans manger leurs marmofets? Quanta refeript fuppofé que lâon attribue a Atha-nafe,non leulement le fty le monllre qu A-thanafe ne fut iamais lâauteur de ce dil-coursjmais aulTi IhilloireEcelcfiallique, amp;la relation mefmc qui ell au commancc-ment dâiccluy.Car quant alâhifloirc Eccle-fiaftiquc,ellc nâeult point pafsé vne telle chofe,fi elle full auenue au ficelé dâAtha-nafcjveu mefmcmét quâen la fin de ces mi-
116 Response de F. I.
racles il eft did quâvn iour fôlennel fut ordonné pour mémoire dâiceiix:amp; quantala relatiojil eft did qu'vn certain PierreEuef que de Nicomedie a mis au iour ce beau myfterefouslenom dâAthanafe,lors que lâon deuoit traider en vne aflèmblec,amp; tenir propos du fang forti du cofté de noftre Seigneur Icfus. Or pourquoy eft ce qu'A-thanafe nâauoit ^pduid cefteicriten sô vi-uantâpourquoy encores n'auoit il efté faid depuis? pourquoy a attendu ledid Pierre Nicomcdieniufqucsacefteiourneelà qui fut tenue en Ceûree ville de Cappadoce? quineverroit que ce font chofesfaidesa la main pour enyurer le peuple Chreftien de fuperftitions ? Il faut donc cercher dâautres tefmoignages, fi on nous veut môftrer que les images ont efté es teples des Chre-ftienspar tradition Apoftolique. Eufe-beliurcy chap.i8 delâhiftoireEcclefiafti-que fait bien voirement quelque mention des images de Chrift,de Pierre,amp; de Paul, mais faides par les Gentils,amp; aftifes es rues amp;nbsp;maifons d'iceux, non point es temples des Chreftiens. Car voila comme il dit fut k fin du chapitre, Ce n'eÃpoint merueille, lt;pue les anciens dentre les Gentils ayans receti benefice de nofire Sanueur ayent faicl telles cho-
A lâApolog IE DE I. Haren. 127 (es. DentauÃiiay'veuconfiruer enpeinturedf couleurs les images de (es ApoÃres Paul dr Pier-re^voiremejmede Chrià : Je Ion que les anciens auoyent touÃours conÃamment acouïtume d honorer ainfi entre eux ceux qui leur auoyent eÃecommejauueurspar vne acouÃumance des Genttis. Qji eft lâhomme de fens raflîs, ft ce Dâeft vn lefuite, qui ofaft dire que ces chofes fe raportent aux images des Chre-ftiens, Sgt;L aux temples dâiceux? Reftent ces deux venerablesConciles,qu'ils magnifiée tant : lâvn eft le fécond de Conftantinople, qui fut tenu en lâan 68 r, au temps de Hera-clius Conftantin lâEmpereur ,furnommé le barbu : lâautre, le fécond de Nicee, qui fut tenu lâan 787, au temps de Flauius Co-ftantin Porphyrogenetus a l'inftigation de fa mere Irene. Mais quepeuuentces allegations contre lâautorité de la parole de Dieu en lâEglife de Dieu ? La parole de Dieu les refute, lâvfagc confiant dclâEgli-fe primitiue : voire mefme des autres Co-ciles entièrement contraires aux determinations de ceux cy , comme nous auons did cy deuant des Conciles dâIlliberis amp;nbsp;de Francfort: ; brief lâEmpereur Charle-maigne mefme , qui viuoit au mefme temps, a monfiré par vn liurc expres de
P ij
118 Response de F. I, quelleaurorité doit amp;nbsp;pent eürc Ie (ccond Concile de Niece enuers les gens de bien, defcouurantdes fotri/es amp;nbsp;niaiitries li grades, qui y ont efté prifes ponrfondemens fermes,quâil femble c|uc ceux qui y eftoyét ayencconfpiré tousd vn acord de ne rien dire qui valuft. Or loué foit Dieu,qui nous aauertisamp;inrtruiôls comme lès chers en-fans,que nous nousgardions des idoles, i-iisanî,«-»- mages, amp;nbsp;remembrances, amp;nbsp;de tout leur aparcil,pour le feruir en efprit amp;: vérité des maintenant amp;nbsp;a iamais.Ãmen.
DES PROCESSIONS.
lt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;temps de S, AttguÃin les Chrefiiens al-
leyent auxproeeÃtonspar grandes haKdes^come illeteÃtfieefcriuAnt ainfi ati22 hure de la ctté de Dieu^ chap. 8, Comme Proie£i EueÃ^ue por^ toit aux eaux Tybihtaines les relicjues du treà glorieux Martyrfiinól EÃienne^l 'veneit a à remembrance zwfoule (à rencontre d'vneà grande multitude. Laojnefemme aueuglc pria ç[uo la menaà a [EueÃue ejui port oit lesfainlîs gages'.elle luy bailla des Ãeurs qu'elleyaportoitt les reprint en touchafes yeux, (jr â¢veit incontinent. Etau meÃme Iteu lediElÃin£l t^ugu-Ãin raconte comme Lucille EuejÃte de Synice fut guéri d:'vnefiÃule .^portant enproceÃion les reli-
A lâApologie DE I.Haren. 119 teli(juesdit mefme '^lartyr jAinSi Eliienne. ^^ngujiin en tepiÃre S6 a. CaÃtlan.
coüi^ue voudrA uotr en quel honneur dignité amp;nbsp;retierince let anciens ont tenu les reliques des (^Martyrs , qùil lifi fainci i^mbroià en tepiÃre S y au firmon de lâtnuention des corpsfdincl Geruaù ProtAts^ item aufer mon d:i martpre deJainH: lSlAZ,are nbsp;nbsp;nbsp;CelÃ.
fAin£î BaÃle en lhomilie fur le PfAlm.iiÃÃainà lean ChryfoÃome en lâhomtlie 66 au peuple d\^ntioche. Sainlt \^uguflin comme def fitSy AU Hure de la cite de Dieu, chapitre S. Paulin en lAvieamp;mirAcles defainci Felix Euef que de F(ole. fainci lean Damafcene au 4. li-uredelafoy catholique, chapitre 16, item les Conciles de Gangrenfe, can.20, amp;nbsp;celuyde ce aH.y. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. Je fay treshien que les PrêteÃans
sen moquent :m als qu ils fi gardent qieil ne leur enprennccommea Chamfils de TJfé,quis'e~ Ãoit moqué de fon pere. Ils ne fifont point con-tentezprefquepar tout ou ib ont ieFié lesfon-demens de leur tyrannie, de hruÃer les excel-lens efirits desfain6ls Peres, ains ont mb au feu leurs reliques,que des le temps dest^poÃres tousles ChreÃiensont eu en honneur çf reue-rence.
Le titre dcuoitcftrc dcsproceflîons,amp; reliques des fainds. Mais ce nous efl: tout
P iij
X30 Response de F. I.
vn. Pour confermer lâvfagedes proceflîos on allégué fà inôt Auguftin. défia donques auons nous cela gaigné, Dieu mercy, que du temps de Chriff:,des Apoftres,amp; de l E-glife primitiue enuiro l'efpace de trois cens ansamp; plus, ils ne peuuent rien monffrcr de telles proceflions amp;nbsp;vireuoffes. Dont sâenfuit que sâils font gens de bien, ils ne feront plus fi rigoureux contre nous pour deschofes que Dieu nâa point commandées , amp;nbsp;que lâEglife primitiuea ignorées en fa naïue pureté. Mais pour venir au propos de fainét Auguftin, nous ne niôs point que nous fommes plus volontiers reglez par les loix amp;nbsp;ordonnances de Dieu, que par exemples ou traditions des hommes. Toutesfois nous aioufterons icy ce que nous auons défia cy deuat obferué au trai-élé delà Méfié, a (auoir quâil faut auoir ef-gard au temps, au lieu, amp;nbsp;aux perfonnes. Le temps enclinoit défia par trop a corruption amp;nbsp;degaft delà pure religion pardi-uerfes obferuations: tellement que le mef-me fainéf Auguftin sâen pleind en plufieurs endroits. Le lieu, afà uoir l'Afrique, eftoit défia en ce temps l.à comme enrouillée en fuperftitions. Quant aux perfonnes, câe-ftoit vn poure fimplepeuple,malinftruiéf, ô^pouf-
A lâApologie DE I. Haren, iji amp;nbsp;pouffé dezele fans fcience, qui faifoit v-ne telle proceflïon. Serons nous obligez, ie vous prie, a l imitation dâvn tel temps,tel lieu, amp;nbsp;telles perfonnes, plus toft quâa lâimitation de Chrift,defcs Apoftres,amp; de lEglife bien zelee, bien inftruicle, amp;nbsp;prochaine au temps dâiceuxî Au moins, s'ils nouspenfent brider par des exemples alléguez par fainét Auguftin, quâils efcou-tent le iugement que Icmefme Auguftin donne,eftant fonde fur l'autorité de Dieu, non fur les exemples amp;nbsp;obferuations des hommes. le ne fauroye aprouuer , dit il, ce EftÃ. uf, ^tton ordonne outre la couftume , afin que ce fiït comme ojne obfieruation facrament ale, encor es que ie n'ofie pas reprouuer librement beaucoup de telles chofis ,pour euiter les ficandales de quelquesperÃftnes oufiincles J ou turbulentes. Mais iefiis fort marry de ce que beaucoup de cho Jes falutaires qui font commandées es fainUes Efritures en font moins pr fees, nbsp;nbsp;que tout es
chofs font fi pleines de tant de prefomptions^ que Ion repn ndra plus aigrement vn home qui aura marché fur la terre pied- nud a fis odlaues, que celuy q aura enfiuelijon en te dement de trop boire. Parquoy i'eftime qu'tlfaut retrecher fans aucune difji tdtéytu anlepeut faire^ toutes telles
P iiij
iji Response de F. I.
chofesijui nefont point contenues es aut or it ex^ des Cà inliesEÃcrttures^amp;c.Ã)^ diroit maintenant cc fainól perfonnage, sâil voyoitl'a-byfme dâinuencionsqui eft en la Papauté? amp;nous de noftre part que pouuons nous dire,finon que nous defirons fuiure le con-fèil 8c auis quâil nous donne felon Dieu, ÃC quâil euft iuiui de fontemps,sâileuft peu, enchofcsde moindre importance? Pour toutes procédions, nous rcnuoyonsles fi-delesaiainâ: Paul qui dit apres Moyiè,2^ dipoint en ton cÅur, cjut montera au ciel? celu e?i faire defcendre Cbrif d'enhaut : ou, cjui de-fcendraen[abyÃme?çfc. Or comme nous auons did des procédions, le mcdne di-fons nous 8c enfcignons des reliques des fainds, ainfi quâils les appellent. Nous ne parlons point icy des faudesamp;fuppofees, quionteftédcfcouuertesamp; fc defcouurét iournellement en lâEglife prétendue Romaine : mais feulement des vrais corps ou parties d'iceux, s'il sâen trouue certainement; ce quâil ed: trefdidicile, ou plus toft impodîblc de monftrer. Nous ne foulons point les corps humains au picd,pour-ce que ce font corps dâhommes qui font faidsa lâimage de Dieu:nous ne mefpri-fons point les corps des fideles, pourcc
que
A lâApologie DE I. Haren, ijj que ce font vaifléaux fandificz de Dieu en Icfus Chrift a lâefpcrance de la refurredion bicnhcLireufe amp;nbsp;de la vie éternelle : auflî ne voudrios nous point eftre aucunement outrageux contre les corps des fainds A-poftres ou Prophètes, fl nous les connoif-îions.Mais c ell vn abus de conclurre quâil les faille honorer pourtant, comme on fait en la Papauté, dâvn honneur diuin ou atout le moins comme diuin. Enquoyfi la deuotion du peuple Chreftien a iadis excédé (comme elle a faid ) câa efté le deuoir des fideles feruiteurs de Dieu,quâils refroi-dilTent plustoft quedâefehauftér, amp;nbsp;quâils retirafl'ent plus toll: que dâinduire le peuple a telles obferuations fuperftitieufes amp;nbsp;dangereufes au poflîble. Et pleufl: au Seigneur, que la modeftic des fainds Peres, qui a trouué bon de dilTimuler beaucoup de telles chofes pour euiter les fcandales prelens (comme nous diflons tantoft de S. Auguftin ) euft elté auffi acompaignec dâvnc telle prudence,quâils euflentdextrc-ment preuenu les fcandales qui cftoyent a ucnir par vnc telle dilTimulation amp;nbsp;fup-port. Car nous voyons, helas, en quelle idolatrie amp;nbsp;cflourdilTementeft; tobee toute la pofterité par vne telle conniucncc:
x}4 Response de F. I. quelle hardieflè ont prife les trompeurs amp;nbsp;forgeurs de reliquaires pour fe moquer a । la veue de tout le monde amp;nbsp;butiner la po-ure Eglife de Dieu : brief quelle rompu-re afaide Satan en la maifonde Dieu par vn tel artifice. Contre lefquellcs choies nous fommes aflèurez, qu Ambroife,Ba-file, Chryfoftome, Auguftin,Paulin,Da- ' mafeene crieroyent a plein gofier .sâils vo-yoyent la miferable fuperftition idolatrie, que lâEglife Romaine a introduire, amp;nbsp;defend a toute force, abufant de la bonté amp;nbsp;fimplicité dâiceux. Car combien que ces commancemens là ne fuflent pas fi de-teftables, toutesfois la pourfuite amp;nbsp;la con-fequencc dâiceux contraindroit leurpiete a changer dâauis tout a plat. Quant aux féconds Conciles de Gangrcs de Nicee, j puis quâils combatent la parole de Dieu, lâexemple des Apoftres, ócTyfagede lâEglife Apoftolique (commeilaeftécydel-fus en partie monftrc ) nous auons plus de raifbn de demander quâils foyentaflu-iedis a la parole de Dieu, que nâa lâEgli-fe prétendue Romaine de nous vouloir forcer a lâobferuation dâiceux : car il faut plus toft obéir a Dieu quâaux hommes. Q^nt a U malcdidion de Cham, il y a long
A lâApologIE DE I. Haren, ijf longtemps que le Pape de Romme Icrui-teurdes feruiteurs de fesfreres lâa prononcée, amp;nbsp;encores la prononce tous les ans fur ceux qui ne veulent pas dire Amena toutes fes execrations ; mais là malédiction nous eft benediction de par Dieu. Cependant ie confefle bien que ce qui leur defplaift me dcfplaift aulîî, en ce quâils di-fent que nos gens ont bruflé les efcrits des fa met s Peres, Semis a feu les reliques dâiceux. Le Seigneur fait, que iâen fuis auflî marry queperfonne dâeux fauroit e-ftre. Car quant aux efcrits, n'eu fl il pas c-fté meilleur quâils enflent elle depolèzen la main de quelques gens fauans pour con-ferucr la vérité dâiceux contre la falfîfica-tion de la Papauté, que dâeftre bruflez pef-j le-mcfle parlâindifcretion de gens fanslc-tres amp;nbsp;idiots ? Et quant aux reliques,nâeuft il pas efté trop meilleur, quâelles enflent efté liurees en la main dâvn m agi fl rat fidele , pour eftre inuenrariees amp;nbsp;reconnues ainfi que de raifon, que dâeftre bruflees ou desbrifees? A tout le moins ce qui eftoit des afnes ou des chenaux,on lâeu ft renuoyé au Paradis des afnes: ce quâon auoit pris dâvn oifeau, vn bec, vn ongle, vne autre telle piece,
Response de F. I.
piece,cuft feruiauxenfans pour en grater la terre: brieftoutes choies fuflènt retournées a leur fource ou origine, comme les eaux a la mer. Certes il cuft ertc beaucoup plus profitable a monauis,quc tout celaeuft efte vuidé par iugemenc public, que dâeftre manie par des gens qui on t fra-cafié le tout lans regarder. Mais ce qui en cftfaitft, Dieu lâa ainfi voulu: il ne nous a-partient pas de deuifer fur fon Åuure. Haren, amp;nbsp;fes maiftres peuuent fort bienpen-Icr, quecenâeftpasdemonauis nedeplu-fieurs autres perlónnages, que les çhofes ont efté nianiees de telle forte.
Dr PAPE.
Lesntefines Peres afin de maintenir ^cort' tinner la paix çfi- la concorde de HEgltfi, reconâ noiffènt icybas entre les Euefcjues vn chef ministerial JuccejJèur de S. Pierre. Sain^ (^mbroife^ Origen e ^Ãainà (^uguSiin, (fiâ les autres Peres ont reconneu [Euefpue de Romme pour tel. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f^uparauanteuxlrenee^f
Tertulban yçfiquot;tonales difciples des K^posires, auec les Conciles (fiâ decrets des Peres ont fai£i le mehme. Et pourtant [ainci ^uguSlin, de l'vtilitédecroirey chap, donnait anciennement
A lâApologie DK I. Haren. 237 ' I nbsp;nbsp;ment Tn hon ccfetl a Honorât: Douterons notts^
⢠j ditilyde nous repofir au gironde lâEgUJe? la-1 ( ijuclleparfucceÃton des Euefcjues a touÃieurs eu lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jouueraine autorité delà chaire defainéî Pier-
; . re: nonobstant que les hérétiques ayent abayé , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;contreicelle,qutont eSiécondawnezpartiepar
' j le iugement du peuple, partie par l autorité des , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Conciles ypartie part excellence des miracles.
' Et ailleurs faisant le me^me S. r^uguSiin Tit ' dénombrement des Euejqucs de Romme depuis ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃtinPl Pierre iujques a celuy qui eSloit de [on teps
Pape, ilproutte euidemment nue(ous I Tnitéde l'Eglije Romaine la vraye fop ià religion Chre-fttenue ejl toufiours demeuree en lEglije viÃ^ ble y Jans errer en aucun pointl de doîtrine. ^e(i depuis le temps des ^posircsiiifqties a JatntiiÃPuguslinilnes'eà fatîi aticunchange-ment de doctrine ny a Romme ny ailleurs, qui ait peu rompre celte Tnité d'Egltfè felon meà ' me que Calutn à autres Proteltans font con-trainéîs de confejjèr z pourquoy s'efforcent ils de retir er les hommes?pourquoy [appellent ils le fiege de l'Antechrià ? abominable paillarde? la maifin du diable ? faifans auiourdhuy par tout en l'Europe am JchiJme tant horrible ,par lequel ilsÃntcaufedetant de Jan g innocent ef pandupar toute la terre, à de faire orne infni-^ tedcvefuesÃdorphelins a la ruinedreonfu..
xjS Response de F. I.
(ion de tout le monde,puis cjue la religion des Ca-tholicjues eà la meÃne qui ià ou au temps des Ãisdtcls Peres?
lean Haren cy defTus en la declaration deladodrinequetiennêcles Catholiques prétendus,a allégué les fondemcs ruineux quâils ont pour afiérmer la primauté du Pa-pedefquels fondemcs nous auons dcfcou-uerts iufquâau pied par lâEfcriture fainde. Maintenant il fe fait fort dâvn autre apuy, difant quclesfainds Peres lâont reconneu ainfi. Nouslenions. Ils pretendentauoif les Peres, les Conciles, les Decrets de leur collé.- mais ils allèguent le tout enfem-ble fans en produire tefmoignages particuliers. Auffi nions nous le tout enfetn-ble.attendans quâils amènent quelque fpe-ciale preuue. Nous affermós doques con-ftamment, que S. Ambroife,Origenc, Au-guftin, ny autres deuat eux nâôt point feeu ne reconeu la primauté du Pape, qui fe dit fucceflèurdePierre.'carmefmeTertullian en Ion Apologetic appelle S. Paul le vicaire de Chrift,monftrant bien que ce titre nâcft point propre ne particulier a Pierre, mais quâil eft commun aux autres Apoftres amp;nbsp;feruiteurs dâiceluy. Que les vieux amp;nbsp;anciens Conciles Payent déterminé, c'eftv-
ne
alâApologie de I. Haren, ijj
ne chofc tresfauflè.Car es Conciles de Ni-cee,deC5ftâtinople,deChalcedone,dâE-phelê, Si. autres authentiques il nâen a efte
JJ nbsp;nbsp;nbsp;rien aprouuéinemefmelongtemps apres:
5 nbsp;nbsp;nbsp;ainsau contraire les Conciles Afriquains
sây font vaillammêt oppofeZjdefcouurans des pratiques Romaines amp;nbsp;les renuerfans
. par les ades publics des Conciles precc-
dens; amp;nbsp;en cores depuis Gregoire Euefquc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;)
de Romme par tout en fesepiftres a cric
, contre lean Eucfque de Conftantinople, - nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;afferme que quiconque fo nomme E-
uefque vniuerfel eft:lepageamp; auant-cou-reurdelâAntechrift. Ce font donc de belles happelourdes quâils donnent en paye-nient, quand ils font ainfi fonner le foinét
, nbsp;nbsp;nom des Peres,des Conciles, Si des Dc-
crets(quâils ont forgez a leur pofte) es oreil-
' lesdesfimples. Mais apres cela,corne sâils
I cfpargnoyent le Ledeur, ils fe contentent dâamener vn paflà ge de faind Auguftin, quâils tordent a leur plaifir,amp;cnrichiflent deleur glofe fans fonner mot pour mieux csblouirles yeux tendres des ignorans.
Ce faind perfonnage en ce paflà ge là a-yant monftrc quels beaux tefmoignages a lâEglifeChreftienne par deflus cclledes Manichéens Si autres femblables, fait vne
iz]o Response de F. I.
comparaifon de lâEglifê cai holique ou vni-uerfelle auec toutes les autres que les hérétiques engendrent, amp;nbsp;non point de lâEgli-fc Romaine auec celle dâEugubio ou dâA-quilee,amp; ditainli: Puu donc que noM voyoni â¢vneÃgrande aÃtPtence de Dieu Ãgrand profit (à auantage do ut erom nom ^lenom tenirfier-re^augiritndvnetelleEglifiqui aobtenujou-tteratneautorite par laconfiefiion mefinedetout le genre humain ^deputs le fie^e des impost res par fùccefiiom continues des Euefijues iufiqU/t prefint^quoy que les hérétiques ayet abayéa l'entour del/e pour néant qui ont eflécondamnez, partie par le iuqem'ct meJme du petit peuple, par â tie par lagrautte des Conciles, amp;nbsp;enpartie aufii par texcellence des miracles?!^ laquelle fit quel-qu^vn ne 'veut point donner la preeminence, tl faut bien 'vrayemet quil [oit entachéou de trefi grande impiété, ou dâarrogance précipitée, C,c3 propos fe raportent alâEglife catholique ou vniucrfellc, que nous deuons vra-yement préférer aux autres auec toute rai-fon. Maisficâeufteftédel'Eglife Romaine que S. Auguftin euft parlé, nâeuft il pas elle vn habile homme de renuerfer les a-â;es du Concile de Carthage, ou luy mel-mcauoit airifté,amp; empefehé defonpou-uoir lâautorité pretenduepar l'Euefquede
Romrae
A lâApologie DE I. Haren. 141 Romme fur les Eglifesdclà lamer? ne le condamneroit il pas foymefme ou de tref-grande impiété, ou dâarrogacc précipitée? afin que ie me tienne a fes propres paroles, ie mâaflèure que par cecy toutes perfonnes de fens raffis amp;non pafiionnees connoi-ftront en quelle foycepaflage a eftc allégué. Q^ant a moy, ie croiray toufiours plus toft, quâil y a impiété ou arrogance es perfonnes qui tirent ainfî les eferits de S. Auguftin corne par les cheueux, que dâen donner aucune faute a ce faind perfonna-ge en ceft endroit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pour le regard de
l'autre paflage, il eft certain que non feulement Augullin,mais aufli Tertullian,Hie-rofme, Epiphanius, amp;nbsp;autres ont pourfui-ui le denôbrcment des Euefques de Romme iufquâa leur temps par vne fucccflîon continue : mais ils nâont rien moins pensé pourtant que de donner primauté ou a S.Pierre,oualâEglifeRomainc,oualafuc-ceffion prétendue. Pourquoy donc lâont ils faid ? dira quelcun. C eft pource que chacun conoiifoit mieux la fucceftion dâicelle,que dâvn autre moins célébré, moins frcquentee,amp; polliblc aufti moins fournie degens qualifiez a vne telle fucceflion.Car qui eft ce qui ne fait quelâEgliic de Rome
242- Response de F. I. ordinairement aeftémieuxgarniedegetis deforce, que celle de Carthage oudâHip-pone en Afrique,celle de Stridone en Dal-maciCjOU celle de Salamine enCypre?Cel-le cyeft la vraye raifon pour laquelle on a plus toftmis en conte la fuccelîion des E-uefquesdeRomme,quedâOftieou dâV-lubres en Italie. Et pourtant qui ne riroit de ces belles concluiions quâils fontalâoc-cafion de tels palFages ? Ils concluent que la TJ raye foy nbsp;nbsp;religion Chreïiienne^ eà totif-
iours demeuree en l Egltà 'viflble voire^ foui Ivnité deCEgliÃe Romaines : qui eft ce dâentre les Peres anciens qui parla iamais ainfi? Ils concluent quâelle eft demeuree telle fans errer en aucun poinEi de doSirine^ : qui eft ce dâentre eux qui le peut dire, ou pen-fèr en bonne cofcienceâCarilsfauent bien que lâEglilè vifibleeft toute compofee de membres ignoras, infirmes amp;nbsp;imparfeds; ils fauent quelle ne peut errer tant quâelle i fc tiét a la clairté de fon Soleil lefus Chrift; I mais quâelle eft eclipfee , par maniéré de dire, foudain quâelle nâa plus fon regard a la clairté d'iceluy. Potirquoy donc luy attribuent ils fimplement vne telle perfe-(ftion, contre le fentiment de leur propre conlcicnce ? Mais lur tout, quel aueugle-ment
AL Apologie de I. Haren. 145 mène eflcc dâattribuer toutes ceschofesa lâEglile Romaine, quiluy copetent moins qii a la viliblt ?voire de recomander lâvnité d icelle côme tenat les autres en vnité, veii quâelle a de long temps defuni les autres E-glifes, amp;nbsp;efte defunie enfoy par fchifmes pernicieux? 11 ne faut point beaucoup fueil leter leshilloires pour y trouuerce que ie di: car on ne trouue depuis huit ou neuf cens ans en ça rien tat par les hildoircs, que des guerres alumees entre les Princes amp;nbsp;Royaumes, des fchifmes faitds entre les E-gli(ès,mc(me dâOrient amp;dâOccidêt,amp; des faâiôs horribles excitees par ce fils de perdition ; qui cependant nous voudroit bien fiirecroire,qu'il eftle chcfminifterial amp;nbsp;rinftrumentd'vnitc enlâEglife de Dieu. Or fùr celle faulle fuppofitio, que nous relevions conftâmentamp; felon vérité (car ce quâils difent cfl faux,que Calitin dries autres font contraints deleconfejferyû^ baftilfent des argumens en lâair. Pourejuoy s ejforcent ils de retirer les hommes?dà (cnt ils.Mais eux pour-quoy les chaflèntils ? pourquoyfont ils la rompure ? pourquoy ne pcuuct ils louftrir ceux qui fe veulent conformer alafimpli-cité de Chrift ? pourquoy les perfecutet ils, finô poiirce q les loups ont cômandement
x44 Response de F. I.
entre eux, qui chargent les poures brebiet* tesdâauoir troublé lâeau ? Si feulement ils nous veulent fouffrir, nous fommes prefts de môftrer par edèét,que nous ne voulons point nous retirer dâeux en tout ce qui eft de Chrift : mais sâils ne veulent point,quel remede? Apres,difentils,Pottreinoyappel- â lentils Kome lefiege de U^ntechnsi Æ pourcC iThe(ri,7. que S. Paul la diót. abominable paillarde? U jnaiÃon du diable ?pource que S.lean lâa diâ, eft vray. Car comment peut on autrement appeller celle qui de faid dâauis con-treuient afoncontra(ft,alês promeftès,â ! la pieté amp;nbsp;a lâhonneftetépublique,q Chrilt lâelpoux cômande,amp; quâelle auoit promi-fe.âcomët peut on appeller maifon deDieu, celle qui ne fait point les Åuures de Dieu, mais dont le chefmefme fe done au diable a tous propos, amp;nbsp;les membres luy lèruent a lâenui ? Croyez, Chreftiens, croyez cefte pucelle Romaine, fi vous ne lâuez mieux: qmtous les iours empire le fchifmc delâE-glife quâelle a li delloyaument comman-cc -, qui tous les iours dâvn cÅur fanglant enfanglante fes mains du fang des poures fideles pourcc quâils font fideles a Chrift: qui tous les iours perlècute, defpouille, meurtrit, rauage iulquâauxpoures vefues . quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;or-
c
J l
ï
4 % d
1; flt; c
A lâApologie DE I, Haren. 145-amp; orphelins, que Dieu a recommandez par (a fainde parole; qui cous les iours aua-ce la ruine amp;nbsp;confuiion du monde fe maf-quant du titre dEglife; brief qui fe vante cifrontcemenc de la dodrine de Chrift, des Apoftres, amp;nbsp;des Peres, quand elle tue ccuxquilafuiuéc amp;nbsp;qui cerchent Dieu en ftniplicité de leur cÅur. Car ce nâeft pour autre chofe quâon nous meurtrit, amp;nbsp;que l'on nous tient comme brebis deftinces a lâoccifion. Le Seigneur eft celuy qui le voit,amp; qui le requerra.
Orildttdenauotrpoint feulement aprùdis feres ce que dejjlts^mais vn autre poin£l de tres grande importace : a quop te ftpplie tout le monde vouloir prendre garde. Ceà qù examinant le fondement de la religion des ProteÃans auec les Hures équot; Conciles des Peres, iltrouuoit iceluy e-fire entièrement tiré des anciennes hereÃes réfutées par laparoledeDieu eÃlautoritédelE-glià : comme verrez, parce dtfiours qui s'enfuit, Hquelpeut tefmoigner a plein combien eflper-nicieufi, voire pleine de blaffhemes la doSlrine desProtelîans.
Iniques icy Haren a cuidé moftrer, que la doôlrinc que nous combatons a efté en-feignee telle par les anciens Peres, qu elle cft auiourdâhuy en lâEglife Romaine: nous
14^ Response de F. I.
auons prouué le cotraire par leurs propres allegations. Maintenant il monte fur fes grands cheuaux(commc on lt;di t) óó afferme quenortre dodrineeft toute tiree des anciennes hereffes que les Peres amp;nbsp;Conciles ontreboLitees. ürcombien quecâeff autre chofe dâalleguer les eferits d vn home, quelque fanant quâil loit, que de produire le confentement des Eglifes, toutesfois nous ne laiffèrons point dâefeouter fes vines raifons amp;lcs examiner en vérité, pour guarentir de fes faux blafmes nos Eglifês, amp;mefme lesbons perfonnages qui y ont feruiaedifîcation felonletalent queDieu leur auoitdoné.Voicy donc le fécond bla-fme,q Haren nous met fus en ladoélrine: câeft que nous refufcitonsles ancieneshe-refies en noffre dodrine : nous difons le contraire. le prie le Ledeur Chreftien confiderer en équité les obiedions amp;nbsp;dc-fenfes de part amp;nbsp;dâautre : amp;nbsp;fupplie Dieu le Pereamp;: lefus Chrift noffre Sauueur donner a tous fôn faind Efprit pour reconnoi-ftre la vérité amp;nbsp;fîmplicité de la dodrine Chreftienne fans acception deperfonnes, ou autre aftédion particuliere q uelcoque.
BLASPHÃ'
A lâApologie de I. Haren. 147 BLASPHEMES DES PROTE-
Ãans C nimmst es contre les perfinnes delà Trinité.
^Anciennement Aritts Samo[à teniis,M^-chumedyamp;Mtres hereticjues blajphemuns contre les personnes du Fils de Dieu amp;nbsp;du S. E/prit^ nioyent que lejds Chrià euÃfiris fineÃencedu PererenuerÃins Ufoy delâ Eglife ,qui croit que le Pere a engendré [on Fils defa propre (ubPiace^ amp;eà di£î Dieu de Dieu. Autant en difiyent ils dufiinFi EJJirit ^departijpins l'ejjèncediuiney qui eà Ãmple en trois diuerfis eÃences. Feu lean Calutn amp;nbsp;Autres Protest ans en ces derniers temps ontrenouuele cestepernicieuse do-Flrine.^ nians que lefus Chrià noEire Sauueur fut engendré de la fubElancedu Pere_j, qu il tufl pris fon effence de leÃence dâiceluy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Li-
InElitution de Caluin Hure premier, chap. JR 5 fèElions 2-,1^ ,23 ^24. item (on liure^ contre Valentin Gentil, Ãr en lepiElreauxÃe-res Polonois. Ilpajjèplus outre : car[ur le 14 chap.de Genefeverf.iS, a la façon d Ariusil appelle lefus chrià fécond Roy apres Dieu Et fur le 6 de faincî lean verf. $7^1 l'appelle fécondé caufe deviez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Combien q Harëayt efté aflèz mal conduit de la main de fes Peres, amp;nbsp;ne diftîgue
Q_ iii)
'14^ Response de F. I.
pas comme ilfaudroit bien les anciennes herefies, toutesfois nous nâen ferons point plus expreflè dillindion nâen ceft article, n'es articles fuiuas, pource quâil ne touche rien a la caufe. mais viendros a ioindre fans tournoyer ça ne là , afin que leLedeur ne perde point fon temps, amp;nbsp;voye dâautant mieux lâéquité de noftre caule. Câeft vne pure calomnie contreCaluin de luy reprocher quâil nieque lefus Chrift foit engendré de la fubflâce du Pere. Mais ils fe iouét ainfi du mode par lâambiguité du mot,fub-ftance. Car autresfois il lignifie leflreou reirence,aLitresfois le lubfilier,autresfois la perfonne fubfiftcnte, quand on parle de la faindeTrinité.OrCaluin dit q le Fils nâeft point elTencié du Pere, câeft a dire, que le Pere felon fon efience nâa point engendré vne autre eflence que nous appelions Fils: mais que pour bien amp;nbsp;fainélcment parler, le mot dâeflèncc doit eftrc ra porté a la deité ou a la nature diuine, qui ne peut eflre qu'-vne amp;nbsp;indiuife,tou te au Pere,toute au Fils, amp;nbsp;toute au faindEfprit. Etpourtantque c'eft mieux parlé, fi on dit que le Fils cfl engendré du Pere, ou mefme (li on veut parler comme fainél Hilaire) delà fubftance du Pere en vnité dâeffcnce, que de dire
1
A lâApologiedeLHaren. 149 quâil a prisfon eflèncedelâeflencedu Pere , OU que Iâeflence du Pere a engendré lâeflcncc du Fils.-car Iâeflence de 1 vn nâa pas engendré Iâeflence de lâautre, mais la per-fonnedu Pere a engendré la perfonne du Fils en vnité dâcflénce. Il ne faut que la definition delâvn amp;nbsp;de l'autre pour vuider toutela quefl:ion:laquelleDamafcene do-ne en brief par ces paroles,Zrf^«z//,^côz»- thap.i.' freheÃble ceà [efÃnce, (à la nature, amp;nbsp;la formepar deÃfts toutes offences-.mais lesÃthÃÃen-ces dr lesperfonnes dtcelle font le Pereà Fils^dr lefain^ Efprit : car l'hypoflaÃe eu fluhflîîencede chacun dâiceux eà parfeóle eà la perfinne par-felîe. Pourquoy veulent ils confondre ce que les fainâs Peres ont fi clairemet amp;nbsp;co-tnodement diftingué, amp;nbsp;nous faire dire que le Fils a pris fon eflènce delâeflèncc du Pcre? Nous ne condamn os point ceux qui lâont diél, quand ils fe font bien amp;nbsp;fainde-ment cxpoièz : mais nous, ferons nous deques a blafmer, fi nous retenons le fainét lâEfcriture amp;nbsp;des Peres pour mieux teftifier noftre fimplicité ? Nous en laifTons leiugement a Dieu, amp;nbsp;a fon Eglifè, que nous appelions en tefinoin de noftre vérité amp;nbsp;fimplicité en cefte caufe. Ils reprochent que Caluin appelle lefus Chrift
Response de F. I.
fécond Roy apres Dieu, a la façon dâAritis. Sâils auoycnc autant d'affedion a profiter quâa ronger, ils ne trouueroyét point ce la-gage fi cftrange. Car ils fauêt bien que premier, fécond, dernier, fe prenent adiuers regards. Chriftn'cll pas fécond Roy apres Dieufon Perc au regard du teps,comme Arius pcnfoit,car il eft coëternel: mais il eft fécond felon la caufe,felon lâordre, amp;nbsp;félon lâadminiftration,corne eftant vray Dieu amp;nbsp;vray home en vnitc de perfonne il a receu duPere tout iugemct,amp; faiôl la volonté du Pere qui lâa enuoyc.Et pour mefme regard auffiCaluin nâa point faid de doute de lâap-pcllcr fécondé caufe de vie. Pourquoy cc~ la?pourcc que câeft autre chofe de confide-rer Dieu en foy, autre de le côfiderer felon lâordre entiers fes creatures. Selo foy Dieu Perc,Fils,amp; faind Efprit eft vne feulecaufe de vie,amp;: nây a premier déviant luy, ne fe-cod apres luy. mais felon lâordre enuers les creatures ( car ainfi lâappellent les Schola-ftiques) le Perc eft la premiere caule,le Fils eft la fécondé : ainfi que luy mefme le mo-ftre en ce vcrCet^diCâm,commelePereviita/tt ni a enuojé-, auÃt te vt a caufe de mon Pere : amp;nbsp;celuy (jui me magera^ v 'tura auÃ'i a caufe demoy.-Harcnnes'eftilpas bien reuenge en telles
cho-
A lâApologie de I. Haren, lyi
I chofes auec fes peres lefuites ? Certes ils monftrent tous enfemble par ces obie-ótions, quâils font tranfportcz du tout par malueillance, qui leur ofte iugenient amp;:
, raifon.
BLASPHEME DE CALHI^ contre lefaifîH EJprit.
7lt;le bUÃheme ilpoint contre leÃùnH Esprit, * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tâ»'
enfetgnant â (ju il ne prendfen ejjènce ny du Pe '^'chapquot;âi,/e-renyduFils?'â dpcpuelapuijjanced'tceluyeÃoit fl'»»!?. nÃr einte dl enjeign er les (_MpoÃres les chojesfeu-lement ejuils auoyentouyes delà bouche de leur jeü.i. ntdiÃre?lee]uelaÃeure tout le contraire en fatnci lean 16 leurdÃänt-, Pay beaucoup de choÃs encores a'vom dire mais voiss ne lespoutiez,porter maintenant: orpiuand tE(prtt de'véritéÃ-ra venuylvous enfeignera toute 'venté. PSlleà ce peint vn autre blafpheme proféré par Guillaume Parelen pleine dijputeÃe dire (]ue lefatPl EÃirit eà vne emotion ou mouuement créé Si lefainHEfprit eà 'vn mouuement crééÃln'eà point Dieu éternellement. Et ainà ceà derechef renouuelerla doHrine de SamoJatenttSy Macedoniusautres femblablesanciennes he-r efieSyCfue t oute l EgUà det eÃe a bon eÃientyvoi-re de coeur dâaffeélion.
lyi Response de F. I.
Cecy nâeft qu vne appendice de la precedente obiedion. Car au premier poinôt ils confondent le mot dâeflence,amp;: lepre-nent pour,eftre ou fubfift:er,tout ainfî quâil leur viêt a poinôt 5 corn me ils ont faid par-auant traitansde lapcrfonne du Fils. Or combien que Caluin proprement ne parle point de cela au;pafl'age quils allèguent: toutesfois pour efclaircir celle matière nous dirons comme deflus : lâeflènce du fund Efprit eft lâeflence duPere amp;nbsp;du Fils, toute en toute la deité,amp; toute en chacune perfonne. Quand donqucs lâEglilè veut parler proprement, elle ne dit pas que le S. Efprit prend Ibneflènce de lâeflènce du Pere amp;: du Fils,mais que le faind Elprit ou la perfonne dâiceluy procédé du Pere amp;nbsp;du Fils.Q^eft il befoin dâêueloper ces formes de parler claires amp;nbsp;vfitees,par formes de parlerobfcuresamp;dangereufes? Maisceq sâenfuit quâeft ce flno vne puatcamp; orde calomnie , de dire que la puillà nce du faind Efprit foit aftreinte dâenfeigner aux Apo-ftres les chofes lèulemcnt quâils auoyenc ouyes de la bouche de leur maiftre î Car quâeft il plus libre que Dieu ? Caluin ne dit en aucune part, que le faind Efprit foit a-ftreinemais voilacommeil à xt^Pourceijue les
ÃlâApoiogiï de I. Haren, xyj lesdtÃiples acaufe de leur rudeffè ne pouuoyent comprendre les choses (pâli aueyent ouyes prtjèsde la bouche de leur maiÃreylEprit de vérité leur eÃpremis,du(]uelîls fiyentdreÃezen la vraye intelligence dicelles toutes. Car il faut bien noter ceÃe reÃriciwyu il attribue aufainél EÃrit loffice defuggerer toutes les chofestpuila parauant enfeignees de fa bouche. Ces grands Doreurs pour aiioir que mordre es eferits de Caluin, raportentcc mor dcrefirtliion aufainâEfpritcommesâdeftoitlà garotté. 11 faut bien donques ou quâils ne fâchent pas, ou quâils ne vueillent pas fauoir que le raQzâcreftrilîib fe raporte aux propos pre-cedens, èc lignifie autant que ce quâon appelle es efcoles,detcrmination:amp;cefte determination nâcft pas donee pour Je faind: Efprit, quâil nepuilfemonftrer autre cho-fe,mais pour nous, que nous de noftre part ne deuons dâor en aiian t attendre autre en-feignemët du fai nef Efprit, que fuyuatlâen-feignement de Chrift. Car auHi de faid: nâeftcepaslEfpritdc Chrift? Et quand ils veulent eftrc fi bons aduocats du fà inôt E-fprit (puis quâils le veulent fonder en telles comparailbns ) ne voyentils point, quâon leurpourroit reprocher de mefmcpourle regard de Chrift? a fauoir, que lèiô leur di-
174 Response de F. 1.
re Chriftauroit moins enfeignéquesoE-fpntâOr quant a nous,nous en parlos bien aucremenccâeft que Chrift a enfeigné toute vérité en perfedio,amp; le faintl: E ( prit auf-ii, tous deux vne mefme vérité. Nous re-connoiflonslâvn amp;nbsp;l'autre pour parfedôi fouuerain Dodeur; amp;nbsp;ne pou lions entendre la lubtilité de ces Dodeurs,commet il foit poflible que nous reftrcigniôs vne do-drineque nous confeflbns elite trefparfè-de «Se accomplie en tout «Se par tout,foit du Fils, foit du faindEfprit procédant du Pere «Se du Fils. Voire, mais, dilènt ils, n eftil pas efeript, lay heaucouf) de choÃes encores et â¢V0U4 dtre,amp;c?'^o\ys\c confelTons.mais de quelles choies le Seigneur lefus parle, ef-coûtons le de luy melme en ce mefme cha-lean,i«,lt;î. pitre, Pource^ueievous ay dtlîceschoÃs^tri-Ãejp a rempli â¢voflre cÅur. Ca lais ie 'vous dt U 'véritéyl 'vous eà expedient ejue ie m âen ai Ue-.car Ãte ne mâen 'vatpointà confôlateur ne 'viendrA point a'VOUS : mais quand te ni en (eray allé., ie levousenuoyeray: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui s'enfuit, câeft doc
comme sâil difoit-, Vous auez iDaintenant voftrc efprit û chargé de triftefre,quc vous ne pouucz appréhender a profit les chofes quei'aya vous dire:amp; encores demeurerez vous tous elperdus, amp;nbsp;ne ferez difpos
are-
A l'Apologie DE I. Haren, areceuoirlacommilïionqueievueilvous â donner, iufquâa ce que le faind Efprit ( qui eft le Confülateur^ayteiTuyé les larmes de vos yeux, amp;nbsp;fortifié vos entendemens, pour appréhender tout leconièil de Dieu, la doctrine, la commifllon, amp;nbsp;la promeflè du Pere ; main ten at que vous eftes fi troublez, vous ne fauriez porter cela,mais bien le porterez vous quand vous aurez rcceu lâEfprit de promelfe amp;nbsp;de vérité en vos cÅurs. Il sâenfuit deques, que lefus Chrift voircment auoit enfeigné toute vérité a fcsdifciples: mais pource quelesdifciples a raiion de leur rudeflé ordinaire amp;nbsp;de leur triftefi'e prefente nâeftoyent pas capables pourlaportcr, que leConfolatcurlcur eft promis,pour eferire en leur cÅursamp; appliquer la mefine vérité, dont ils auoyentia eftéamonncllez parla bouche de Chrift. N y a il pas là a voftre auis, Meilleurs, vne belle campaigne amp;nbsp;fertile des traditions humaines, que l Eglife prétendue Romaine a fi long remps femees amp;nbsp;moiifonnecs ala ruine des pourcsconfciences? Nâacl-lepas faiéldece paiTage comme vn gouffre, duquel elle a puiiéamp; puifeiournelle-ment toutes les impietez qu elle vomit,les trafiqs qu elle demene, amp;nbsp;les fanfreluches nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Response de F. I.
quelle fait blueter deuant les yeux des {impies, comme ficâcftoyent des myftcresde fainôteté? Vrayement ils peuuent bien cer-cher vn autre fondemêt que ceftuy-là : car le Seigneur lefus, la fageflê de Dieu,sâeftlî bien expofee, quâils ne peuuêt ainfi abufer de ces paroles fans impiété amp;nbsp;confufion horrible : de laquelle ie le prie quâil les deli-urcgracieufemêt pour lâamour de fonno. Du dire de Farci quâils reprochent, ils de-uoyent biê mettre le paÃagc : car autremct ils fauêt bien que le mot dâefprit, amp;nbsp;mefme de faind Efprit, fe prend tantoft pour ceftc troifiefme perfonnefubfiftente en la fain-étcTrinité,amp; procedêteduPercamp;du Fils, tantoft pour le don amp;nbsp;grace Ipirituelledâi-celuy, tantoft pour le mouuement de grace. C'eft donc mal faid a eux de reprocher celaaudidFarel.comme fi en amenât lâv-ne a quelque propos on renuerfoit toutes les autres interpretations qui apartienent les vnesicy,les autres là felon l exigëce des paflà gcs amp;nbsp;lâanalogie de la foy. Dequoy ic remets le iugement aux perfonnes fideles, modcftes,amp; craignans Dieu.
DE LA TRINITE'.
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e/f Ufaçon d\^riuiy de t^ydarciony Cerdo,
compatgnons lediél Caluin parlant de la Tri-
A lâApologie DE I. Haren, xp. U Trinité enÃigne enfan In flit ut ion Imre premier chap, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6-,que les troisperfonnes
r
i
t (
1 â
d icelle ne font autre chofl que trois reÃdences miÃespar ordre en l'eÃence de Dieu.
Il nây a icy pas vn brin de vérité, ne de charité:fautcdelaquellea tranfporté Haren amp;fes Peres trop lourdemêt,a ce quâils couchaflèntceschofes par efcript. Premièrement dâou ils ont apris que celle do-élrine quâils reprochent foit dâArius,ie ne fay:fice nâeft quâils ont trouué bonde le dire ainfi. Apres, Caluin ne ditpointquc les trois perfonnes ne font autre chofe que trois relidcnces,amp;c. mais il dit bien plus: afauoir qu'il appelle ipec(or\v.c,/ubfiflentiamy vnc fiibliftcnce en l'elTence de Dieu qui eft diftinguee des autres par propriété incommunicable; quand on fait relation de l'vne a lâautre. Finalement ils font mal de ronger ce mot, reÃdencCy dont il a vfé en François. Car nefauent ils pas bien quâen fon Inflirutio Latine il a mis (ubÃÃentiam? dont ilspouuoyent allez recueillir fon intention fainélc oi conforme aux laindes Efcritures,firenuiedeconteflerneleseull faiél chicanc£^furlemot. Etpuisils fauent^^'v'â?*â'^''^ bien ce que les Dialecticiens dilènt ordinairement,fleundum natur amfub-
R
Response de F. î.
ie^orum accip nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les chofes qu'oû
ditdoiuent eftre enretidncs amp;c prifesir km la nature amp;nbsp;condition du kiicclduq» elon les dit. Quand donques Caluin a did:, que perfinnecÃ'vnereÃdcncf^ il nentendoit pasvne qualité refidentc,mais vncfubfi-ftencegt;ouvnindiuidurefidenr,c'eftadire, fubfiftenten feflencede Dieu, qui cft vne en trois fubfiftenccs ou perfonnes. Mais comme a vn mauuaiseftomach toute viâ-de, tant foitelle bonne,femblc eftre contraire,ainfi en prend il aux paroles tresbien dides vers des cÅurs malaâ'cdionncz.
B LASPHEME DE CAL-vin centre laper fonne du Pere.
2(6 bUÃheme il poi contre la personne d» Pere ^cjuandilnielapwÃanceinÃnied'iceltty? eÃriuanten fin InPiitutwn Hure 2 chapitre 7^ fiction s- item au pliure, chapitre 17^ (eEHo» ^4'-amp;fur le Pfalme 37 quot;verf. 4-, ^ue Dieu ne peut faire aucune chofi outre lordre-eÃabli en ce monde amp;nbsp;tpuâil ne peut faire ejue ce epu il a promiipar fà parole. Lacpuelk doÃlrine eÃnon feulement contraire aupremier article de lafoj, eftad auÃia tonte lafiinEie Efiriture, Ifiie^o,
A lâApologi e de I. Haren, xyj amp;nbsp;5igt;i #. lercmie iS, 6. c. Les Prote-Ãans dtfe»t,qu'tls(èfont retirez desCatholiques four les abtti : mais trouueront ils tels amp;à infames abus que UsÃsfdi^s amp;nbsp;ceux qui s en~ fuiuent?
Sitels blaphemesquâils mettent icy en auant eftoyent prononcez de qui que ce fuft,ce fcroyentblafphemes contrelâefl'en-cedeDieu,câeftadire,non feulement co- ' trelaperfonneduPere, mais auffi duFils, amp;:dufaindEfpnt enfemble. Mais ce font chofes fauffement impofees a Caluin, contre toute raifon. Il nây a pas vn feul paf-fage en Caluin ou ces propos fe trouuent: amp;nbsp;faut bien que ceux la foyent impudens menteurs, qui ofent alléguer a tors amp;nbsp;a tra-uers des pafl'ages qui ne font point, quand les liures deCaluin sot a la mainamp; a la veuc de tous. Quedi-ie,dc tous ?ic me trompe; carcâeftpourcela mefmequelEglife Romaine defend au peuple la vete amp;nbsp;la ledu-re dâiceux, afin quâil luyfoit dâautant plus aifé de mentir co me elle voudra. Or cotre cela ie prie le Ledeur Chreftic auoir vn fà -lutaire contrepoifon, que lequité la raifon comandent: c'eft quâil ne vueille point croire a telles allegations. Car que fert il d alléguer des liures, sâil nâcft pas loifibla
R ü
Response de F. I.
160
dây voir? amp;nbsp;quelle afleurancey ail, quand on les allégué? A tout le moins, quieftcc qui ne gaignerafa caufe fur le champ, sâil peut dilputer a tel marché?
L£S CALriNISTES FONT Dieu Auteur du péché.
Caluin fès difciples a Ia façon des Pelagies (ér Manichéens,font Dieu auteur dupéchéen-Jeignans que Dieu endurcit Le cÅur des hommes
afin (fills nefôyentfiuuez. : amp;nbsp;que parfin decret (fi vouloir ils font aueuglis pour tofi apres les ruiner perdre: (fi ce pour nulle autre cau-fi finon qiiillauoit ainfi ordonné en fin confiil auant qtiils fujfent creez,, Item^ qùAdam a efiétellementpredef iné apechéy qu'il luyesioit impofiihle de leuiter. Lifiz, l'Infiitution de Cal-
- nbsp;nbsp;nbsp;uinliures chapitre2i.itemHureichapitre 17:
(fipar tout au Hure qu'lia faiSidela predelii-Cal. ittttj,. nation, ifi fur les chapitre de Genef. nbsp;nbsp;Item
qui fi fait en ce mondefioit bien fioit au luré^e Auient par la prouidence (fi vouloir de
l'ettrntUt Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nuis larcins ^paillardifes , ou
homicides ne je commettent, que la volonté de Dieuriyentreuienne. .^ueles larrons^meur-triers^ (fi autres malfaiteurs font infirumens de la prouidence de Dieu dejquels il fié fert. nbsp;nbsp;gt;
A lâApologie de I. Haren, i^r
incite le cÅur de l'homme a mal- nbsp;nbsp;nbsp;1â^ ilt;.
fairCidr que I'inceÃe d Ab/aloma'urajemegt;îte-jâ^â^fâ'' Ãe vne Åuure de Dieu.
Il nây a pas vnfeulpoinôl enladodrinc Chrefticnneplus combatu queceftuycy, pource quâil eft mal entendu.- amp;nbsp;nây en a point de plus aifé, sâil eftoit bien pris amp;nbsp;entendu, comme il faut. Nous en mettrons donc quelques fondemens en brief, qui ïèruirontdâefclairciflcmcnt (comme nous efperonsjaceftecaufe. Pour le premier, câeft vn poind arrefté que rien de ce qui fe fait ne ié fait fans la prouidencedeDieu, ny en general ny en particulier : felon que dit le Seigneur Icfus,quâ^'z/ paffere,wmejme Matt.io.M. nechetpeinten terre Jans la volonté du Pere. En celle prouidence Dieu monftre amp;nbsp;def-ploye fes Åuures de deux fortes : car les vues fontdebienueillance amp;nbsp;grace lîngu-liere, les autres font de fullentation, comme les anciens Peres lâont nommée. Nous appelions Åuures de bienueillance les bones Åuures que Dieu fait en fes creatures, conduit, amp;nbsp;ordonne a bien, en y prenant plaifir a caufe quelles font bonnes. Ainli befoigne il en fes eleusparlâEfpritdefan-dification,es autres hommes par la lumière de leurs confcienccs, quoy quâils ayent
R iij
16t Response de F. 1.
rcboufcbc le fcntimct dâicelles.Mais pour-ce quâô nâeft point en difpute fur cefte partie de la prouidence de Dieu,nous paflèros alâautredontil eft queftion. Nous appelions donc Åuures de fuftentation,les Åu-ures que Dieu fait en fescreatures, côduit, amp;: ordonne a bien, entant qu elles font fes creatures. Or come les creatures de Dieu font difpofees des lecommancement,lcs vnes font capables de biê amp;nbsp;de mal,les autres ne le font point: mais toutes font tellement fuftentecs de Dieu félon Tordre de nature quâelles ont de luy leur eftre, leurs forces, leurs adions amp;nbsp;pallions naturelles, amp;nbsp;ne les ont pas vne minute fans luy. Ainû la terre,Tcau,lâair,le feu, la pierre,lc bois,les belles de la terre, lesoifeaux de lâair,amp;c. tous ont leur ellre deDieu,nâont force que deDieu,ne font ôc ne foulfrcnt rien que de par Dieu, duquel la prouidence eft infinie entiers toâ,amp; infinie entiers chacune creature. De cela encores feros nous facilemét dâacord, au regard des creatures qui nâont pas diferetion de bien amp;nbsp;de mal, amp;nbsp;qui ne iont pas capables de raifon. Mais en matière de celles qui ont iugement amp;nbsp;raifon,ron trouue plus de difficulté. Pourquoycela ? pource quâil femble que Dieu aytrefigné , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(paf
alâà poiogik de I. Haren,
(par manière de dire) quelq partie defon gouLicrnementauiugemccamp; electiond i-celles. Et câeft en cela fingulicrement, que laphik)(aph4eancicnesâeftequiuoqueeamp;: trompee bien lourdement,pourplufieurs caufesamp;s confiderations humaines. Tou-tcsfüis le dire de S. Paul ne laide point dâe-ftre certain, que Dieu neft pas loin de chacun denous-.carnetts viuons, (^mouuans, mes en luy^ câeft a dire, nous auos en luy nos forces,adions,fouftrances, noftreeftrc, amp;nbsp;non ailleurs,ne rie du tout Gns luy. Câeft de luy quenos corps amp;nbsp;nos âmes fubfiftct: câeft de luy que nos entedemens, volotcz, amp;nbsp;les mêbres de noftre corps ont leurs forces de vie,agiflcnt,amp; fouft'rent chaeû felon leur códitióibriefcâeftdeluyq font en no* toutes chofes qui font felo la loy de la crea-tiô amp;nbsp;lâordre de nature,no feulemêt es cho fesgenerales, mais aufti en toutes particu-lieres.Comét donqs? Dieueft il auteur du tnalânullemétxarlc malnâeftpoît de natii re ou de la creatio.orDieu eft auteur de nature en la creatio.Cela donqs q l'home cn-tëd,quâil veut,quâil peut,quâil fait,quâil fouf fre,il ne le peut entendre,vouloir,pouuoir, faire,fouff'rir,fiDicu ne le fuftente. voire ne le peut vnc feule minute particulièrement,
R iiij
xtf4 Response de F. I.
fi Dieu ne le fuftentc particulièrement; en cela eft la iubfienration de laprouidencc admirable de Dieu : car mefmeceluy qui fait mal ne peut dire,fi fon cftre nâe ft fuftê-té de Dieu.Mais pour cela Dieu nâcft point auteur de mal: car il fuftenre la creature, pource quecâeft fa creature,diftlmulant au refte amp;nbsp;lùpportant le malde fa creature, autant amp;nbsp;fi long temps quâil luy plaift de le fupporter, encores que nul ne foit lâauteur de ce mal que la creature mefmc qui s eft retiree de Dieu,amp;eftdecheutcdeluy. Et par ainfi Dieu ne fait pas de foyamp; nâordonne le mal, a parler proprement, mais met ordre a la creature qui fait le mal, par fa prouidence amp;nbsp;fagefteadmirable. Noyons donc maintenant,comment Dieu par fadide prouidence difpofe le mal fans e-ftrecoulpable de mal. II y a vn feul moyen abriefparler:câeftque Dieu par fa prouidence difpolc de celuy qui fait le mal, tellement que Dieu faiôt bien par luy ce que luy faiôl mal,eftant rengé fous le gouuernail de la prouidence de Dieu, amp;nbsp;retenu parles cordeaux de fa puiflance infinie. Ainfi lemefehant fait le mal de par foy. Dieu fait le bien mefine par le mal du mefebant. Et quand lâEfcriture dit que le melthant
A lâApologie DE I. Haren. iSf mefchant fait Ie mal, cela eft did fore pro-prement:mais quand elledicqueDieufaic le mal, cela eftdid par figure, pourceque le mal vier dâailleurs, mais legouuernemêc delà prouidencecft deluy. Orcegouuer-nement delà prouidêcediuineau mal, félon les faindes Eferitures fè demonftreen trois diuerfes maniérés. Car premieremec il fuftente celuy qui fait mal, corn me il fait toutes autres creatures : sâil ne le fuftentoie felon ce que deflus,il ne feroit plus du tour, beaucoup moins pourroit il faire bien no mal. Si Cain full: mortparauant,ilnâeuft pas tue fon frere. fi ludas nâeuft efté fuften-téenvieamp;: vigueur fi long temps, il nâeuft feeu trahir le fang innocent. Mais Dieu pour cela nâa efté coulpable ne du meurtre de fvn, ny delà trahifon de lâautre. Secondemët il permet amp;: laide faire le mal quâil pourroit empefeher, comme sâil laP choit la bride a vn cheual impétueux, ou dellioit le bras dâvnmalfaidcur quâil tient lié en fa fuiedion par fa puiflà nce infinie. Car il delaifl'ela perfonne amp;nbsp;lâabandonne a foymefme felon fes aifedions, foie par difpcnfation , comme il a delaifsé Dauid en quelques affaires : foit par delaiffement amp;nbsp;abandon total, comme il a faid a Cain,
Response de F. I. ' ludas, Iulian lâapoftat,amp;: autres dcscfpc- t rez. Tiercement noiï feulement il per- h met, mais aufli il agit par fa fainôte pro- y uidence ce quâil voit cihea faire felon fa ç iuftice infinie ôc incomprehenfible : foit ç quâil endurciflè le malfaiteur, Si: pouffe, nbsp;nbsp;nbsp;ç
clchauffe,amp;irrite encores plus 3.mal celuy
qui y eft abandonné de foy, comme fi on
donnoit vn coup de fouet au eheual im- J petueux, oudonnoit le branfk au malfai- j tcur afin dâauancer fa ruine : foit quâil re-
gifle les mauuais mouuemens dâiceluy, a-
fin quâils tombent deçà ou dcla,ain fi que fa
prouidencc lâordonne pour fa gloiregt;pouf
lâexercice des fiens a falut, amp;nbsp;pour larui- ; nemefme des mefohans. Car Dieu non feulement retient les mefehans coups dâi-
ceux amp;: en lafehe les autres, mais auflî fait
tomber ceux qu'illafcbe, là ou illuy plaift,
Sgt;c met ordre que rien ne fc face que de fa , Volonté en lâexecution dâiceux. Encores pafleroit on bien tous les autres points a , monauis, amp;nbsp;reconnoiftroitondâvnacord , la prouidence de Dieu, n eftoit la premie- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
rc forte d ation quenous venons de dire, ( a falloir que Dieu endurcit lepecheur, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
lâirrite a fou péché. Ce qui fait que lâon . trouue ce point cflrange, cfl: que lâon ne nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
con-
I
A lâApologie DE I.Haren. 2^7 confiderepas afleZjticlâeftat de ceux que le iugcment de Dieu endurcit, ne Ie moyen amp;nbsp;la fin quâil y tient par fa prouidcn-ce. Or il faut confiderer ceux que Dieu endurcit, corne gens q Dieu a défia abandonnez, puis quâeux mcfmes fe font abandonnez a mal pourdefpiter Dieu. A telles gens Dieu ne iè contente point dâofter lesarrefts quilesempefehent de malfaire, nuis aufli leur prefente fes biens qui leur font autant d'amorfes a malfaire. Comme ».om.y,«. le péché a pris occafion des commande-niens de Dieu pour eftre exceflîuement péchant, ou comme l'incrédulité des luifs a cfté prouoquee amp;nbsp;endurcie par les do-ûrines Euangeliques amp;nbsp;Åuures gracieu-lès de Chrift,iniques là quâils lâont voulu lapider,amp; finalement Font attaché a la croix parles mains des mefehans ; combien que de cela eux mcfmes cftoyêt en faute, amp;nbsp;no point le Seigneur lefus. La fin de ce gou-uernement eft que le mal des pécheurs foit oumanifefté, ou puni : comme fi vn mai-ftre vouloir dcfcouurir la mauuaife con-fciêcedâvn feruitcur parquelquc occafion, ouvn Magiftrat conduiibit tellement fes afaires par fagefle , que les malfaiteurs «uxmeitncs fepriniènt a la pipee.
168 Response de F. T.
Ainfi Dieu a endurci Pharaon a force de luy bien faire, amp;nbsp;de luy cômander fafain-éte volonté, le delaiflà nt de plus en plus a fon mal, amp;nbsp;le prouoquant a defpit amp;nbsp;reniement de Dieu par tant de biens amp;nbsp;dâhonneur quâil luyfaifoit,sâil l'euft fccu recon-noiftre. Ainfi fait il encores auiourdâhuy auxmefchans qui rebutent cotre là grace, amp;ne tienent conte de fes aiournemens. Quây a il plus clair, plus conforme a la parole de Dieu, plus confentant a fa gloire, plus expedient a noftre conlolation , que cefte dodrine de la prouidence de Dieu, fi elle eft bien entendue ? Or câeft contre cefte doéhrine que Haren sâcfcarmouche en ceft endroit par fauisdefes Peres, amp;nbsp;met des blafincs fusa Caluin,les vns entièrement faux, les autres qui peu tient eftre rabattis fans difficulté parles chofes q nous venons de dire. Premièrement ils reprochent a Caluindâauoir did que Dieu endurcit le cÅur des hommes afin quâils ne foyêt fatiuez, amp;nbsp;que par fon decret amp;nbsp;vouloir ils sot aueuglez pour toft apres les ruiner amp;nbsp;perdre. Il dit cela voirement des pécheurs incrédules, amp;nbsp;reprouuez : mais S. tkaa 11,40. lean dit le mcfmcamp;-quafi enmefmes paroles,felon le fens que nous auons mainte- 1 nanc
n le
Ci ft à h a
e
c U c
li
1; P tj U d c a n d n
e I' a
i-
y
I' âgt; e S
a «
s
e
alâApologie de I. Haren. lO nant expose.Ce quâils aiouftet apreSjeft de leurglofe.queDieunefaidcela pour autre caule, finon quâil Iâauoit ainfi ordonné en fon cófcilauant quâils fufîâcnccreez Jam ais Calum ne dit cela : car il lâuoit fort bie que la caufe de lâaucuglemêt, endurciflement, amp;nbsp;perdition des hommes eft leur peché,amp;: que la caufedu péché ceftrhome,qui sâeft ïeuoké de Dieu. Dâvne mefmc boutique efteequi sâenfuit,quâAdam a efté tellemcc predeitiné a péché,quâil luy eftoic impofli-ble de lâeuiter. Jamais auih on ne prouuera ce langage des eferits de Caluin. Car il fa-üoit bien que la prouidence regarde toutes creatures amp;: toute la conduite generale fpeciale dâicelles : mais que la predeftina-tionregarde feulement aux creatures que Dieu a créés a fon image,non point a toute la conduite dâicelles,ains feulement a la fin pour laquelle elles font ordonnées. Pourtant nâeuft il point voulu dire,que Dieu lâa-üoit predeftiné a péché, encores moins a il dit quâil luy eftoit impoffible dâeuiter le péché; car lâvn amp;nbsp;lâautre eftoit libre, amp;nbsp;remis ala diferetiô dâAdam, de faire le bien ou le mal; felo que Dieu le luy auoit proposé, amp;nbsp;déclaré par les fignes vifibles quâil auoit mis auiardin dâEden aceft effed. Etluy
170 Response de F. I.
Lti. Je tor-rept.
mefmcs allégué en quelques pafTagcs ce dire notable de iaind Auguftin,que le premier Adam auoit puiflance de ne pecher point. £4 liberté du vouloir, dit il, esloit a» premier hommequâil auoit puijpince de nepecherpoint : la der nier efera beaucoup plui grande , qu'il n'aytpas puijfance de pecher. La premiere immortalité eil ott quilpouuoit ne point mourir: lafecondefera^qa'ilneputfé mourit-La premiere puijfà nce de perfeuerace eÃoit poU' uoir faire qu Unedelaijfà fl lebien : la derniere félicité deperfeueranceferaquil ne pourra de-laijjèrlebten. Somme, par toutouCaluin parle de ces chofes, il reconnoift tout franchement , que lâhomme deuant fa cheutc» auoit eledion du bien amp;nbsp;du mal, amp;nbsp;le pou-uoirauflî, maismuablecnfoy : quâapres le cheute il nâa eledià ne pouuoir qu'a pèche, auquel il s'cita (1er ni; mais quâapres la regeneration en lefus Chrift, il nâa eleftion no pouuoir es chofes qui attouchet le Royaume de Dieu, quâa iufticeamp; a vie eternello en iceluy. Les choies quâils alleguct apres, combien q Caluin ne les dife point de mot a mot, amp;nbsp;quâeux par leur artifice les expri- ' met le plus cruemét qu'il eft poflible pour les rendre odieufes, ce-neâtmoins ne font I point a rejecter fi clics font bien prifes : afa- j uoir
A lâApologie BE I. Ha REN. 171
5 nbsp;nbsp;nbsp;üoi r que bien amp;nbsp;mal auiennent parla pro-
. nbsp;nbsp;nbsp;üidenceamp;volotédeDieUjComelarrecins,
: nbsp;nbsp;nbsp;paillardifeSjiTOmicideSjamp;c. amp;qceux qui
( nbsp;nbsp;nbsp;les font fontinftrumês delà prouidêce de
DieUjdefquels il fefert.Car qu'ils diiênt en
, nbsp;nbsp;nbsp;bônecôfciencejemalfefaitilcotrelavo-
loté de Dieu,ou non? Sâils diiênt qu'il fe fait
gt; nbsp;nbsp;nbsp;contre la volôte de Dieu (ie parle delà vo
lonté de Dieugouuernantc lesceiiures de chacun,amp; non pas de celle qui les aprouue
. ou reprouue pour bones ou mauuaifes) ou fera cc-q dit le Prophete, l^oïire Dieu eà au pfai. n j, etclejui fait tamp;ut ce ofutl âveHt?S\ cc nâeft point cotrefa volô(é,il reftedoneqeeux qui font tnaljlefacêtou fansla volôré, ou parlavo-ioré dâiceluy.Difent ilsqu il Ce faitfansla vo lontc?ou fera la prouidêce d iceluy? ou fera la fuftétation,amp; la pcrmiflîon dont nous a-uons parlé ? ou en (era lâordonnance amp;nbsp;dif pofitio, en laquelle (îngulicremêt reluit la fiigefle diuerfe de la prouidêce de DieuâDi fent ils quâil (ê fait par la volonté, mais non point cômecaulê quâils appcllctefficietc? Donqs nous somes dâacordquâil Ce fait par
I la volôte de Dieu,corne eftat la caulè quâils appellent fine qua non veu quâil donne la ( matière a cela, le lieu, le temps, veu quâil I lafdîc, quâil retient, quâil régit amp;nbsp;adreiïè
lyi Response de F. I.
là ou il luy plaift le malfaideur, amp;nbsp;le mal dontl homc cft lâauteur amp;nbsp;la cau(e. Autrement fl faprouidcnce ne vouloir point, il ne (èferoit point. Lâexemple des diables eft fi familier, que câefi: merueille quâon peut douter de cefte chofe. Le diable eft toufiüurs mauuais, toufiours adôné a mal amp;nbsp;y trauaillant de fon pouuoir. Or côbien que Dieu nâaprouue point le mal, fi eft ce que le diable ne fait rien contre la volonté ou fans la volonté dâiceluy en effect: car fa prouidence le fouftient luy permet, voire â mefme luy donne bien amp;nbsp;iaindementco-miffion de faire mal, comme les exemples delEfcrituremonftrent. Lcdiablcdonc faifant fa volonté mauuaife ne fait rien que auec la volonté de Dieu, qui eft fainde amp;nbsp;bon ne. Pourquoy ne reconnoiftrons nous le mefmees hommes, voire les plus me-fehans ? car ils ne font qu efclaues dâiceluy; , ôcne font point a copareraux principau« tcz,puiffanccs, feigneuries du mode amp;nbsp;des tenebres dâiceluy,nâauxmalices ipirituelles Ephef 6, li.. qui font es lieux celeftes (corne S. Paul les nome efcriuant aux Ephefiens) aufquelles ils fcfonrvendusamp;: afferuis.il sâenfuit don-quesquela volotédeDieunecaufe pas le mal au diable, n'es mefehans, mais elle lây
trou-
A lâA p oio g I e de I. Haren, xyj trouue ; amp;nbsp;pourtant elle ne le fait pas,mais elle fait tresbien feruir le mal amp;nbsp;les mef-clians a fa fainéte volonté, comme inftru-meqs delà prouidece eternelle. Quant au dernier poind quâils trouuent fi eftran-ge,il nâen peut autrement predre aux per» lonnes qui ne peuuet connoiftre, ne combien eft admirable la prouidcnce de Dieu, ne combien miferable la voloté de lâhomme fous la feruitude de péché. Nous difons doncqDieupouflea mal faire amp;nbsp;incite le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
cÅur,non pas de tout home, mais du mef-chat,cóme il feit Abfalom:felon ce q Dieu auoit did a Dauid, Tuias fuiElen cachette: t.Sam.ii., maismoj^ teleferayoHtiertementamp;deuantce Soleil. Et commet eft ce que Dieu fait cela? certes il lâa faid,non feulem et en fouifranc amp;nbsp;permettant quâAbfalom le feift , mais aufiî en prefentanta Abfalomles oecafios pour lâefchauffer amp;nbsp;irriter en fa mefehan-cctémon feulemctenluy oftant lesarrefls de mal faire, maisauffi luy fourniffant les amorfes amp;nbsp;alumettes de fon mal, amp;nbsp;regif-fant le mal dâiceluy a ce quâil torn baft là amp;: non ailleurs quâou il auoit ordonné amp;nbsp;pre-did,pour l'execution de fes iugemens ten-dansau chaftiment de Dauid amp;nbsp;a la ruine dâAbfalom:c5mefiquelquâvnavnegrofle
174 Response de F. I.
pierre tombante faifoit vallce, pour la faire cheoir afon droid poind,amp;: preuenir tout autrcmal quelle pourroit ailleurs faire par fa cheutc.Maisquoy? celle dodrine, tant claire quâelle lôit, ell Hcrement repouflèc deplulieurs, pource que lâadminillration dâicelleelladmirable. Combien meilleur feroit il a tous de dire auec le S. Apollrc,
Rom. 11,} J. Qprofondes richejjes de la(apsence amp;nbsp;de la con-noijfance de Dieu'.car de luy^cf par Iwp^^en luy fint toutes chofis a luj do»(]ues fin gloire éternellement. Amen.
Dr FRANC .ARBITRE.
Simon (J^îagus, les Manichéens ofloyent an Chrefite leliheralarbitre,comme fipar la grace Ãquot; le benefice de le fus Chrtfi il n'eujl receu ce (jue le péché d Adam bty auott ofié: mais tous les Feres anciens leur ont quot;viuement refi fié par la parole de DteUy nbsp;nbsp;les ont condamneT^ De no-
fire temps les Protefians ont aufii nié le fianc at'biire-,dpexcedans par trop exorbitamment les bernes de pieté nbsp;nbsp;modefite quelejues 'uns ont
rktbrfe enfeignéejue Dieu n eftpoint moins auteur de la ASeianthtn trahifon dc ludas^cjue de la conuerfion de fà tnéi Aéhommc Chrefiten n 'afonfranc ar-mitairtifur bitro-, neceffiiirement s'enfuiurôyent cesahfur'-
Premier emit, que le fus Chrift 'uenat
aumonde
A LâA.tOLOGlE DE I. H A R £ N. aumondene nom aurait rendu far fan benefice cetjuele fechcdfiyidam nom auoitofié. Se- j, condement,fi I homme ria ('onfianc arbitre ce ferait en vain qu'on vfir Ott ex hor tat ton, admonition, amp;nbsp;refrehefion en fin endr0it,silne-fott en fa fuiffiince, fortifié de Dieu, dy obtem-ferer. Ttercement,tls en/uturoit que lepeche j ferait de necefitte. En quatriefme lieu files vices (f les bien- fai^s ne procèdent du libre ar-bttre,ilne ferait couenablc de les punir Ãu rémunérer. En cinqute(me lieu, sâiln'efioit en la j liberté de lhomme deflire le bien ou le mal, il faudrait que torn hommes fuffint bons oumef chans.
II eft a pardonner a Haren quâil allègue fauflement les noms de quelques hérétiques,amp;leur atribuechofes qu'ils nâontia-maisdides:carilnesâeft pas fort rompu la tefteenlaleâuredesanciens. Mais ou eft ce quâils ont trouué ce quâils allèguent des eferits de Melanchthon? c eft vne pure calomnie amp;nbsp;malicieufement controuuce. Quant au liberal arbitre , nous en auons parlé cydeflus, amp;nbsp;nous garderons icy de redite.En fommenous nyons que lâhom* me Chreftien ayt vn tel franc arbitre quâils imaginent.Ils le veulent prouuer par quelques inconueniens amp;: abfurditez quâils
S ij ,
Response de F. I.
ont enrôlées icy. Or combien que les ab» furditez ne font pas/blutions, nepreuues fuffifantes, comme tous /à uans hommes amp;Ictrez entendent fort bien , toutes fois nous examinerons les abfurditczfusdites, félon lâordre quâils nous ont proposé, afin quechaeü puiflèaperceuoir ou gift la faute. La premiere abfurdité e/l compri/è en ceft argument: Ce/croit vne choie abfur-de,/îIefvsChri/lpar/bn benefice ne nous auoit rendu ce que le péché dâAdanousa o/lé:or le péché dâAdam nous a ofté le fi âc arbitre: il nous eft donc rendu parChrill. A cela ie refpon doublemenuCar dâvn co-^ ftéla premierepropo/îtione/l fau/îè.-Ada par le pechéaperdule iardin dâEdcn,la demeure,la plaifance,les arbrcs,amp;les fruits dâiceluy:e/l:ildonc abfurde que Chrift ne nous a point rendu ces mefmes chofes ? Dâautre cofté elle dit moins quâil ne faut: car au contraire, veu la perfonne amp;nbsp;benefice de Chrift,il faut dire ainfi pour dire vérité,Ce /croit vne cho/è abfurde,fi lefus Chrift ne nous rendoit chofes meilleures, que le péché dâAdam ne nous a ofté: le péché dâAdam nous a il ofté le franc arbitre ? Chrift donc nous a rendu cho-fe meilleure que nâeftoit le franc arbitre
d'A-
A lâApologie de I. Haren. 177 dâAdam. Que nous ayons cliofe meilleu -re que cela, nous lâauons défia déclaré cy deuant,amp; encores nâaguereslâauons ouy par les paroles de faind Auguftin difanr, La liber té du'vouloir eÃoit au premier homme quilauoitpuijjancc^ de nepecher point: Laâ der nier e fera beaucoup plut grande nbsp;nbsp;Un ayt
pa6put(Jance_j de pecher. nbsp;nbsp;Lâargument de
la lèconde abfurdité eft tel : C ell: vne cho-fc vaine dâvfer dâexhortation , admonition,amp;: reprehenfion enuers fhÃme sâil nâa fon franc arbitre, amp;nbsp;sâilnâeft enfapuiflà n-ce dây obtempérer eftant fortifié de Dieu.
Or Dieu commande dâvfer dâexhortation , amp;c. Nous concluons donques,que lâhomme a franc arbitre, amp;nbsp;quâil eft en fa puilTance dâobtemperer. le prie le Le-deur, quâil foit toufioursrecors de ce que nous difions par-a«ant, quelhomme fidele a fon arbitre ou fa volonté franche, entant quâil eft défia affranchi de péché par Chrift: que du refte il eft au combat tout le cours de celle vie. Mais quant a lâargument des aduerfaires, il eft entièrement faux; la premiere propofition ( fur laquelle tout eft bafti ) nâeft pas veritable, amp;fieftambigüe en ce qui y eft de vérité. Cela nâeft pas veritable fi ie di, câeft vne
S iij
178 Response de F. I.
chofè vaine dcfolliciter vn homme de fa dette, sâil nâa franche volonté de payer, amp;nbsp;puifl'ancetoutenfembleacefaire. Or qui clfleChreftien qui ne fache que les exhortations,admonitions , amp;nbsp;reprchéhons font rcmôftranccsdeladctre que nous douons a Dieu, amp;nbsp;que le péché eft vne dette, que noftrc chair ne veut ny ne peut payer?Cer-tes Chrift mefme lâappelle ainîî, difanr, Mitth i. Quitte nous nos dettes e~ome nous les quittons a nosdetteurs. Ettoutesfois voila comment ce maiftre Haren arguméte : ne fâchât pas, quâil eft cent fois meilleur que nous foyons inftruicts par exhortatios,amp; autres moyes, de noftre dcuoir enuers Dieu, quâil nâeft expedient a vn poure detteur dâeftrefom-méde fi dette par fon créancier. Car premièrement fi nous lâauons oubliée ( côme nous auons ) onia nous fait fauoir : nous la reiedons furautruy,on nous môftrcquc câeft noftre faute Sr non pas faute dâautruy; nous ne connoiflbns pas la gradeur dâieel-le amp;nbsp;noftre im puifsâce a payer, on les nous fait fentinnous nâauons pas dequoy payer, on nous monftre que nous reuenions a ce-luy qui le peut amp;qui defaid a payé pour nous. Briefauxmefchans mefmesonfait fauoir, quâon ne leur fera point de tort en
A lâApoiocie de I, Haren. 179 les chaftiant, puis quâils ne vculet point payer,ne croire cn celuyqui eft preft de payer pour tous :li que 1âEuangile leur eft odeur de mort a mort par le iugement de Dieu. Tout cela dôqucs (croit 11 inutile,que Dieu a fl bien proueu amp;nbsp;commande par fa là -gefl'e infinieâLâautre condition eft vraye-ment captieufè amp;nbsp;ambigue, quand ils di-fentjSâil nâeften la puiflà nce de lâhomme d y obtempérer eftât fortifié de Dieu, que ces choies fefont cn vain. Carcefte force que Dieu donne au fidele, ils la font ou pieuenante, comme les Pelagicns, ou coopérante fi foiblemét que Chrift y eft plus feruiteur que maiftre,comme demy pela-giens.mais quant a nous,au contraire nous attribuons a Chrift ce que dit lâApoftredc foy yle nbsp;nbsp;nbsp;non point moy, maù Chrtà -vit en
moy : nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;noMpouuons toutes choses en celuy
qut nous fortifier amp;nbsp;autres fèmblables. Qui plus eft, encores eft faulfe cefte fe- ''' Conde condition quâils mettent, sâtl neà â en la putjÃincc^ de thomme tîy obtempérer. car en difiint cela, ils aboliffentla luétc amp;nbsp;le cÃbat Chreftien,queS. Paul fentoit en
C .-11- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Galat. î, 17
loy,quildit apartenira toute ame Chre-ftienne,amp;au regard duquel corne il eu ft prié trois fois le Seigneur,illuy fut rcfpôdu * Cor.i},s*
S iiij
i8o Response de F. I.
de Dieu,mAgrace tefuffit/ar ma vertufepar-fer a en ton infirmité. Ou cft donc cefte puif-fancequ'ils imaginée,amp; quâils prifent fi hau temet,fino en lagrace de Dieu amp;nbsp;en la vertu de noftre Seigneur lefus q nouscoduit? O biéheureux rhôme,duquel l'Eternel eft lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lacofianceamp;lebras. Sâenfuit le troifiefme
argumêt,Ce qui nâeft point en noftre liber té, eft de neceftîté : le péché n eft point en noftre liberté.il eft doc de neceftîté. Oftos lâambiguité de ceft argumét,amp;nous ferons dâacord. Nous reconnoiftons dôques,que le péché eft en nous par neceftîté, non pas abfolue,mais contingente(come les Scho-laftiques appellct ) non pas forcée ou contrainte, mais volontaire. Et dâautant plus nousmiferablcs.difoitfainét Ber-tant, ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;n
nard, pource q Lie c eft vne volontaire neceftîté. Mais s'ils concluent de là , que ce »'^ nâeft donc plus péché,sâil eftde neccftTité: r nbsp;nbsp;câeft trefinal ergoté : CQmefi on difoit que
ce nâeft donc plus dette, quand elle nâeft volontaire. Car celuy qui sâendet-' ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;te, sâendette de volonté : mais bien demeu
re il endetté puis apres contre ia volonté par neceftîté fans contrainte. La dette a efté faide premièrement de franche vo-lonté fans contrainte : maintenant l'eflèél en de-
A lâApologie DE 1. Haren. x8i
en demeure par neceflîté, pource quâen Adam tous ont péché. Or Haren deuroic bien auoir autant eftudié, quâil feeuft la regle cómune des cko\cs,poÃtoeffe£lu cauÃim eiM vel adeje'veladfuijjè opart ere. Lequa-triefme argument eft encores pire.-car premièrement il confond deuxehofes diftè-rentes ,amp; entre lefquelles il nây a point de proportion: contre la regle des Dialeéli-ciens, qui reieélent en toute difpute plura inîerrogata,ce(i a dire,que lâon mette plu-fieurs chofesdiuerfesalafoispour brouiller les matieres.il n'y a point de proportion entre la punition des vices,amp; la remuneration des bien-faids. Les vices font de nous, font infinis, amp;nbsp;méritent pene infinie.- les bien-faidsne font point de nous, mais de Dieu,sot peu amp;nbsp;petis,font infeétez par noftrc chair,amp; ne méritent rien. Quelle proportion pourroit on trouuer en ces chofeSjie voâ prie, pour en faire vn mefme argument?Prenons donc la partie dot il eft queftion,amp; laiflbns lâautre. Si les vices,di-(entils, ne procèdent du liberal arbitre, il nâeft point conuenable deles punir. Câeft tout de mefme en fubftace auec le lècod ar gumêt: parquoy nous refpodrons en brief. Premieremét câeftalTeza codanationque
Rom.îjii.
tSi Response de F. I.
Roin.j.âS
la caufe foit procedee du liberal arbitre: or nul ne peut nier que la cauiènefoitproce-deedu franc arbitre de noftre premier pe-re,auquel tous ont péché ; pourquoy donc nâen ieroyent les hommes iuftement condamnez amp;nbsp;punis? Dâauantage non feulement ladiélecauiè, mais tous les efFedsamp; confequences dâiccllc font procédez , procèdent en lâhomme naturel dâvn arbitre ou volonté franche amp;nbsp;libre a péché: lâhomme a fa volonté fracheamp; libre a péché,amp; sây adonne de franche volonté amp;nbsp;prend fon plaifir, comme sâil nây auoit que toute douceur a feruir le péché. Câeft donc comme fi vn homme ayat engagé vne fois pour dette quâil ne peuft payer lôy amp;nbsp;fa po-fterité, faifoit tous les iours nouuelle dette amp;nbsp;degaft en la maifon de fon créancier : ôi lesenfans ne pen fallen t point eftreenfans debonpereamp;de bone mere (comme on dit en prouerbe) sâils nâen faifoyent tous les iours autant,ou pis, de ft ache volÃté, pour defpiter leur creâcier ; qui eft ce q ui diroit, que la condamnation ôlt;: la pene de telles canailles ne fuft iufte? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Le dernier ar
gument fent le Pclagien a pleinegorge,par maniéré de dire: car U fuppofe vne chofe iresfaufle,afauoir que le franc arbitreoa cle-
A lâApologie DE 1. Haren. xSj cledion de bien amp;dc mal,fait que tous homes font bosou mefchans:ce quâeux meC-mes nâont pas ofé vomir en leur féconde abfurdité fi ouuertemét quâilslç voudroyêt bien dire icy. Or voila leur dire, Quad vne mefmc caulc naturelle amp;nbsp;ncceflaire fe trou ue en mefmes luieds,elle ne peut produire finon mefinesefl'eds.mais felon voftredi-relâarbitre ou volotéde lâhomme nâeftpas franche ou libre en lâeledion de bien de mal. donques la volonté de l'home produit mefme effed en tous, câeft a fauoir, quâils font abandonnez amp;: afleruis a péché. Nous confefTonstout lâargument delâhÃmenaturel; mais la premiere propofitioneft im-parfede : car quâeft ce, fi cefte caufenaturelle,tant foit elle necefîà ire,eft empefehe» par quelque autre chofefuruenante? Les yeux voyét, les oreilles oyent: mais cobien y a il de chofes qui les empefchêt de voiramp;: dâouyr? Le palais goufte,le nez flaire.-mais il nây faut quâvne malheureufe pituite pour empefeher leureffed. Voila pourquoy en vne telle propofition ils deuoyent aioufter ce que lâon dit communément, cteterûfd-rié/^.Comme aufli lesLogiciens difênt cela dâvnecaufè naturelle amp;nbsp;neccfîà ire,fi elle nâeft empefehee dâailleurs. Le Soleil caufe
184 Response DB F. I. | h lumière de iour: mais fila Lune ferner entre luy Sc la terre, n'auons nous pas tene-bres? la Lune done clarté de nuit; mais ce-fte caufepaturelle amp;nbsp;neceflâire eft empef-chee dâailleurs a diuerfes occafions. Ainfi donques nous conlèntons que le franc arbitre derhomcamaljfaitquetoushÃmes font mal, amp;nbsp;que tous naturellement font enclos fous péché amp;nbsp;engagez par le venin dupechéoriginelqui eftefpandu en tous. Mais loué foit Dieu, que cefte mefchantc caufe naturelle amp;necelî'aire en cefte poure chair eft empefchee par fa grace, qui nous ! a donné le fang de Chrift pour noftre con-trepoi fon, amp;nbsp;fa vie pour nous eftre vie des-inaintenantamp; a iamais. V oila corne nt tous leurs beaux argumês ne peuuet eftre de va leurenuers ceux qui fontefclairezen vérité par la parole de Dieu,aft'elt;ftionnez a pie-té,amp; douez de iugement Arraifonpouref-Tbeffy,!!. prouuer toutes chofesamp; retenir ce qui eft
bon felon le commandement de Dieu.
DE LA COMMKN1O7^ delà Cene.
Berengartui nioit anciennement la prefin- gt;nbsp;ce reale du corps du fang de lefùs Chrt^ en la Cene. Les PrsteÃansCalanniÃes nontpoint de honte d'enÃigner que le vray corps amp;nbsp;le vray fang
A lâApologie de I. Hären. iSy fing de Iefis ChriÃfont aut at éloignez dénoua en la communion, que le plus haut cteleflde la terre. Voyez qu'a fat^ Theodore deBeze au colloque de PoiÃy, tenu leÿ de Septembre i^6i. Igt;epuisle diuorce auenuenlEglifiparles Pro-tefians l'on trouueplus de Sou 86 firtes d'ex-pofitions toutes dtuerÃs fur ces mots, Hoceft corpusmeiim. Gafpar .^erchamer de Halle a ramafié3 6 paffiges des feuls Hures de Luther^ par lefquels ledt£î Luther (è contrarie 3 6 foisfiir ces par oies. L'Eglife catholiquecroitfimplcmet ces mots filon que le Fils de Dieu nous les a disiez faifint fin teÃament auec fis difiiples la nui^qtiilfut.lturé-.auxquels iln'eÃloifible da-iouiler ou diminuer.
On fait grâd tort a Berengaire amp;nbsp;a nous, en nous imputant cefte dodrine,que nous nions la preiènce reale du corps amp;nbsp;du fang deChrift.Car nous la confeflons de bouche, croyons de cÅur, amp;nbsp;fentons en nos a-mes toutesfois quantes que Dieu nous fait ce bié de nous alîèmbler pour la communion de la Cenc. Etaufliiamais Befze ne dit les propos quiluy font icy imputez, que le corps amp;: fang de Chrift foyent tant abfens de nous. Bien a il dit quâils font ab-fens du pain amp;nbsp;du vin felo la preiènce corporelle, afin que lâon nâimaginaft point v-
2.8^ Response ed F. I.
ne prefence locale, amp;:vne concomitance charnelle du ligne amp;nbsp;de la vérité dâicelle* Mais c eft tout autre choie parler de la prefence du corps amp;nbsp;du sag de Chrift au pain, que fi on parle delà preiènee du corps SC duià ngde Chrift auec nousamp; en nous. Celle-là eftfacramentale:mais celle-cy eft tellemêt reale, que nous difons que le vray corps amp;nbsp;le vray fang du Seigneur lefus, le meimequiaefté rompu amp;efpanduen la croix,eft en nous preièntement amp;nbsp;de faiét, quand nous communiquons a la fainde Cene : amp;nbsp;que nous en auons amp;nbsp;fentons la vérité en eîprit par foy, no par moyens corporels ou corporellement,mais fpirituelle-ment par lâoperation de lâEfprit de Dieu. Carceft Efpritnous vnifl'antaChrift, corne noftre ame tient vnis tous les membres au chef,nous infpirc,viuifie, amp;nbsp;fandifieen luy, tellement que nous demeurós en luy, amp;nbsp;luy en nous a vie eternelle. Et cÃbiê que luy corporellement foit au ciel amp;nbsp;nous en terre, fi eft ce que pour cela lâvnion de noftre chef amp;nbsp;noftre communion auec luy nâeft empefehee de riê:pource que lEfpric de Chrift qui habite en nous entretient SC parfait lâvnion auifi certainement Sc plus vertueufement, que l ame humaine nâen
tre-
AL Apologie de I. Haken. 1S7 tferict les autres mcbres aucc Ic chef, non-obftantla diftance du lieu ou de lâaflietc dâiceux. Nos pieds ne font ils pas vnisala telle en lâvnité dâvn corps? Ouy, mais câcll par le moyen des membres qui font entre deux, amp;nbsp;de fame qui eft toute partout le corps. Audi somes nous vnis a noftre chef parle moyen de Ion Efprir, qui eft tout par tout le corps dâiceluy. Quant a ce quâils allèguent tant de diuerfes expofitions des pa roles de Chrift, cela ne fait froid nechaud a la vraye dodrinc ^ue nous enfeignons: caria vérité iurmonte toutes chofes.Tou-tesfois nous pouuos bien dire en paflà nr, quâiln'ellpas vray quâily ayttantdediuer-les cxpofitios,amp;; quüs ne le fauroyct prouder : dâauâtage qu ils en ap pci Jet beaucoup diuerlês pour la diuerlîte quelles ont en forme dâtxpofition,quipourtâten lu b Race ne font aucunement dilïcrentes:finale-mentque mefmes plulieurs fontenquelq forte diflèretes, q. pour cela ne fo cotrariêt pas.ee que Hare auec fon euerchamsr reproche 11 fort a Luther. Mais lailfant cc-ia,que relie iffinô que ie remereie les lefui tes amp;nbsp;Harende la conclulîo qu'ils mettent cncellarticleâIlsdifcntqucrEglifccatho-lique croit limplemct les paroles deChrill; celafaifons nous : que ne croyet ils danc a-
188 Response de F. I.
uec nous,sâils veulct eftre de IâEgliie catholique ? Dauancagc ilsdiient qu'il nâeftpas loifible d'y aioufter ou diminuer : pour-quoy doc aiouftêc ils aux paroles, a l'ordo-nance,a la fubftance d'icelles toutes les traditions de laMeflè?pourquoy en diminuer ils,aboliflà ns les lignes,oltas lâvfage du vin, amp;nbsp;fur tout en arrachans la parole dâedifîca-tio,fans laquelle il nây a point de Sacremêc en 1 Eglife de Dieu ? le prie donc noftre bo Dieu qui a conduidleur main pour eferire cecy,quâil ouure leurs entendemês, amp;nbsp;dif-pofe leurs cÅurs pour croire ce qu'ils diset en vérité,amp; le fuiure en fimplicité a fa gloire éternellement.
Dr PECHE' ORIGINEL.
Pelagius CeleÃin heretii^ues nioyent aii-cïe»nement le péchéûrigtnel,dtfi»s que le peche procedett dlimitation, non degenerAtîo : amp;nbsp;pourtant que leBaptefme n'eÃoit necejjà ire,'veit que par iceluy le ChreÃien nâefioit deliuré depéché. Caluin dit que le péché originel nâeà point eÃacepar le BapteÃt/â¬,ny le ChreÃie reflitué en meÃme iuÃiee originelle amp;nbsp;pureté de nature, qdeuà eue Ada lilfuà demeuréenÃon intégrité: mais il croit que lediél péché cotinue^ demeure en t homme luÃjues a laÃn. Et pourtant il nie le Baptefme eÃre neceÃÃaire afalut contre [ expreÃ-
JepA-
A lâApologiedeI. Haren. 289 fi far ole de Dteu^fiainll lea3. Zuingle a niétout a fiat le feché originel eïtre es enfans des Chre-ftiens naiffians au monde.
Si ceux de l'Eglife prétendue Romaine auoyent aufli peu dâacoincance auec la do-ûrine de Pelagius amp;nbsp;Celeftinâ corne nous, ilyauroitmoinsde different entre eux amp;: nous quâil nây a. Mais pour venir alaque-ftion prefente, Caluinamp; nous tousdifons conformement a la parole de Dieu que le vray Baptefme de Chrift nous là uue,amp; par confequent quâil nâefface pas feulement le péché originel, ou reftitue la iuftice originelle amp;nbsp;pureté dâAdam, mais quâil efface tous nos pechez, amp;nbsp;nous donne pleine iuftice beaucoup plus richemet que sâil nous ⢠rendoitfeulemêtce que le péché d'Adam nousaofté. Mais aurefte, encores que de droit nous foyons affranchis de tout péché amp;nbsp;ornez de iuftice en lefus Chrift ,iî eft ce que lâaffranchiflèment nâeft pas encores parfeélement acompli en nous; mais nous portons la chair combatate contre lâefprit, amp;nbsp;le péché habite en noâ. Et pour dire clairement , nous auons vrayement le threfor acompli,qui eftiefus Chrift auec la remif-fion des pechez amp;nbsp;la vie eternelleen luy: mais lâvfage amp;: le fruiél dâiceluy sâauâce en
I
ipo Response de F. Ã.
nous de iour en iour. Etparainfi comme 1âeftabliflementdunouuel homme eft l a-boliflèment du vieil, aufti lâacroiftèmét du nouuel hommeeft la diminution du vieil. Orpuisquelâacroiflèmentdu nouueau le fait de iour en iour tout le temps de cefte vie J commet ne le feroit la diminution du vieil tout le tcps de cefte vie? Le péché originel donques continue voirement, mais il sâen va vieillilTant amp;nbsp;déclinant fans celïè iufques a la fin; amp;nbsp;eft vrayement effacé par le Baptefme de droit douant Dieu, mais traine encores par effed: en nous douant ce poure monde. Que fi MelfieursdelâE-glile pretêdue Romaine veulent dire qu'il foit effacé du tout en tout, ie les prie quâils penlënt sâils ne feront pas en cela vrais Pe-lagiens. Car il faudra necelîà irement,qu'ils difent que les fruits de péché ne font plus de generation, ains de pure imitation. Or quant a nous, lâApoftre a onfeigné nos confciencos trop mieux,fi que nous ne crai Rom.7,11. gnons point de direauec luy, lefgt;renplater en la Loy de Dieutjuanta thomme du dedans: mats te 'uot'vne autre loy en mes membres re-bellante a la Loy de mon entendement, amp;nbsp;tne menant captif alaloy de péché ejui eà en^ mes membres. amp;nbsp;ce qui s'enfuit. Or afin qu 'v-ne
A lâApologie de I. Haren, i^i ne calomnie ne foil pas feule, Haren puis apres en aioufte deux autres.-Ivnecontre Caluin,amp; l'autre côtreZuingle.Caluin nie leBaptefme eftre neceflaircafalut, difenc ils. Mais ou eftce quâil le dit? il nây a point de preuue. Et puis, ce font toutes paroles a deux entêtes pour mieux troper les idiots. Car le nom fignifie ou le figne elemetaire, ou la vérité dâiceluy,ou toâles deux enféble felon lâordonance de Dieu. Quat au figne elcmentaircjq eft lean,il nâeft pas necefiai-rc a falut abfoluemcnt ou de foy,mais pour le regard delà vérité du Baptefine, q nous fauue aufii bien fans le figne,- quâauecle fi-gne.Quatala vérité,iamais Caliiinnenia quelle foit neccfl'aire : car voila come il eni parle fur Slc^xi^DieufeusleÃgne 'viÃbleteÃi-Ãe^^Ãellela, nouveauté de we que luyÃul fait en no fis par [on [à tiî EÃrit. Il eà bien way que nouf fontmes déboutez dufalutfi now mefpri-fons le Baptefme-.dren cefins ie confefie qùil eà necefiaire.Mais cefl malentendu la choje^ quad on encloll fiw le figne la fiance de falut. Car câeft corne sâil difoit, Lâvn amp;nbsp;lâautre eft ne-ceflà ire,la vérité acaufe defoy,lefignea caufe de la vérité, qu'il feelle,amp; teftifie, amp;nbsp;applique par lâinftitution de noftre Seigneur lefus Chrift. Zuingle ne
T ij
i9i Response DE F. I. parla iamais le lagage quâils luy reprocher, amp;nbsp;ne leur eft poffible de le monftrer par v-nc feule fèntence ou ligne de fes eferits.
DE LA LOT.
Les CMAnicheens, tefmoinfain^t \^ugu-Ãin^difoyent que la Loy neÃoit donnee aux nomes pour la mettre en pratique amp;nbsp;execution qùîcelle eÃoit impoÃthle aux ChreÃiens. L es ProteÃansfat fan s Dieu ment eur, qui non feulement notts comande d obéir a fis comandemeSy ains nous efire amp;nbsp;prefente recompenfi amp;nbsp;bien ample mer cedefi nous obéi [fions a tceux font pire que les zManicheens-.car afifiermans que la Loy ne fi peut garder., ilsofint bient at prejumer deux me fines, que de dire quils sot certains que la 0/10 et er ne lie leur apar tient.
Nous ne faifons point Dieu menteur, quad nous eniêignos amp;nbsp;maintenôs fa vérité en bone cofcicnce. Or la parole de vérité nous enièigne que Dieu nâcft point mê-teurnen commandant nâen promettant, que nous deuos obéir a fes comandemens, amp;foufpirer apres lès ^pmedès qu'il noâfait degracieufeté: mais quâil nâeft pas en nous de par nous d obéir a fes comandemes, ne dâatteindre lèsjpmelïès,no plâ quâil nâeft en lapiiiftà ncedâvn poure malautru de payer des dettes,amp; gaigner des biens infinis. Car nulle
A lâApologIE DE I. Haren. 195
nulle chair ne fera iuflihce déliant Dieu Gal«.t,ilt;. parles Åuures de la Loy.Dicudonques eft il menteur ? ou fe moque il de nous? nulle-r menu 11 n'eft point menteur.car il demande vrayemenc ce que nous luy deuons, amp;nbsp;promet ce quâil veut vrayement tenir. Auf-G n ellil point moqueur: car il nous fait co-noiftredequoynous luy fommes redeua-bles, dequoy nous deuons dire ddîreux, dequoy nous fommes vuides ,amp; aquoy il nous faut adrdfer pour noâ aquiter entiers luy,amp; obtenirioycamp;: plenitude de viecter nelle. Cela certes nâeft point fe moquer de nous : mais au contraire quiconque ne re-cônoift ce benefice de Dieu, il ne peut autrement qu'il ne femoquede Dieu. Cepê-dant voyez la modeftie de Haré. 11 dit que nous faifons pis que les Manichéens:pour-quoy ? pource queles Manichéens difoyêc quâil eft impoftîblc a l'homme de garder la Loy,mais ceux cy, dit il,ofcnt bien tant pre fumer dâeux mdmes, que de dire qu'ils sot certains que la vie eternelle leur apartient.
Or premièrement lâApoftre ne dit pas moins de laLoy,parlant Aclimpuijjà ncede la Loy en lachair. Mais encores deuoyent ils donner mieux a entendre celle ferialeco-paraifon qu'ils font entre nous amp;nbsp;les Mani-
T iÿ
194 Response de F. I.
cheens. Car il nây a point de proportion, ü ce nâeft quâils vueillêt dire -, Les Manicheês cofeflcnt que I home ne peut garder laLoy pour en auoir vie: ceux cy preiütnent d'eux meftnes quâils ont vie cternelle , encores quâils ne gardent pas la Loy5amp; le cofeflcnt. Mais celaeft tresfaux, que nous prefumos denousmefmes: câeftdelamifericorde de Dieu que nous prefumons tout. Carnous lean 3.3«- disos,(^i Croît auFils,a vie cternelle.-nous croyons auFils, Dieu mercy:cornent donc nâaurions nous la vie? Et qui nous peut imputer a prcfomption,que nous croyonsau Fils ? Car au côtrairc il faudroit que ce fuft vne merueilleufe humilité de nây poit croire. Or Dieu par fa grace nous vueille prc-fèruerdâvne telle Sataniq amp;nbsp;peruerfe humilité. Câeft cefte maudide humilité(û Ha renamp; fesperes lâatrouuent fi belle) dela-ean Itf, 8. gygjjg noftre Seigneur lefiis parloir difant, ^uandle Cenfilât eur fira. 'venu, il reprendra le monde de péché,de luÃtce, çér de iugement â¢. de péché,pource ejuils ne croyent point en moy, amp;nbsp;ce qui s'enfuit.Nous prcfumerios de nouf-mefmes, fi nous prefumions en nous de garder la Loy.-mais nous prefumons de ce-luy qui 1 a gardee amp;nbsp;qui luy a fatisfaiél pour iCor.1,30. nous, felon quâil nous a efté faiôt de par
Dieu
A lâA polo g I e de I. Haren,
DieunoftrePerefagefle,iuftice,fan£lifica-tion,amp; redemptio eternelle. Qui eft ce qui peut auec raifôn blaimer cefte iainele pre-ïomption? qui nous peut empeiclier de re-pofer iur la croix de no ft re Seigneur lefusâ qui eft cc qui nous peut redarguër, lî en vi-uant de la chair amp;nbsp;du fang de lâAigneau de Dieu,qui ofte les pechez du monde, nous vsÃs du benefice de la vie eternelle a fa gloi reîOr loué foit Dieu de so dó inénarrable.
D£S BONNES OE TERES, ET de laiuÃiÃcatton.
Simb Miiÿis,come tefindigne Theodoret Hure fremierchaf. i,e»Ãtgnoit anciennemet queles bonnes Åuures nefleyentnecejfatresafalut,c^ que c'eÃoit ajÃz. de croire. Eunomius hérétique dtÃit le meÃme, teÃnoin Ãain^ lt;.^uguÃin. Les ProteÃans CaluiniÃes,quiiniquement corrompent le poinóï de Ia iuÃiÃcation, meÃent le benefice de neÃre Seigneur lefus Chrià Auec l'obieli de la Eoy qui eà Dieu: dr don ent a entendre aupeuple, quefire iufiifié parfoy nefi autre choÃquede croire auEtls de Dieu, dr en de-laijjà nt [obeijfance des commandemens n entendent point ces paroles, le croi en Dieu le Peré toutputjjà nt, d'C. L'on a remarqué 22 ou 23 fortes toutes diuerfes dopinions entre
Response de F. I.
les Pro texans touchant lepomci de la iuÃiÃ-cation.
11 y a icy des mcnfonges entaflèz les vns fur les autres fans aucune difcrecion. Premièrement câelf chofe menfongiere de dire,que les Caluiniftes corrompent iniquement le poinôt de la iuflificatio: amp;: ce qui fe dit fans prenne, peut eftre nié auec mefme liberté quâon lâafl'erme. Dâauantage il nâeft poït vray qu'ils meflet le benefice deChrift auec l'obieél de la foy, qui eft Dieu. Car ils moflrent en cela trois chofes diftindemét; que Dieu le Pere eft lâobiett a quoy la foy des fideles regarde :q le Fils eft l'image de Dieu innifible, amp;nbsp;s eft manifefté en chair, afin que nous trouuions amp;nbsp;voyonsDieu en luy:amp;que le benefice de noftre redêptiôa enfafaifoncftéacoplicn luyamp;parluy. La foydonques tcd a Dieu commeafonob-icd,en lefus Chrift corne en noftre Moyé-neur,auec cÃfiâcc certaine du benefice dâi-celuy. En outre iamais ame de noâ nâa did, q U âeftre iuftifié par foy, amp;nbsp;croire au Fils de Dieu foit tout vn:car fi nous cofeflbns que nous fômes iuftifiezparfoy(cÃmedevray nous confelfons) comment dirions nous que ces deux chofes foyent vn, veu que nous difons au cÃtraire que la foy amp;: croire
au
A lâApologIE DE I. Haren. 197 au Fils de Dieu c'eft tout vn ? Parlafoy ou par le croire au Fils de Dieu nous foraines iuftifiez: eftreiuftifîé câeft vn effect de la 11 foy ; ce feroit bien vrayement vne moquerie de confondre lâefteit auec la caufe, amp;nbsp;direquecroircamp;eftreiuftifié foit toutvn. I Ils ne fauroyent monftrcr cela es eferits de perfonne qui foit. Item ils nous chargent j nbsp;nbsp;de ces deux chofes a grand tort, que nous
delaiflbns lâobeifiLnce des commandc-mens de Dieu ( ce que noftre doiftrine, vic,amp; profèftion démentent aflez ,Dieu mercy) amp;nbsp;que nous nâentendons point ces paroles, lecroy en Dieu le Pere toutpuijjà nt. Car qui eft ce des deux qui les entend mieux ? celuy qui fort de foy mefme pour fe repofer enDieu feul par foy,comme a lâob-ieft: d'icelle,ou celuy qui penfe voleter a I Dieu auec des ailes de cire, amp;nbsp;deftremper j nbsp;nbsp;fes Åuures auec fa foy,comme font ces po-
ures aueugles ? Nâeft il pas plus conforme a la parole de Dieu amp;: au Symbole des Apo-ftres de dire,le mâaffeurede monfalutamp; vieeternellepar foy en Dieu le Pere, amp;:c. fans moy amp;nbsp;fans chofê quelconque qui foiten moy, que de dire,le mâafleure de tout cela en moDieu amp;nbsp;en m oy,ou en mes bonnes Åuures ? Et toutesfois telle eft la
Response de F. I.
dodrine de lâEglife prétendue Romaine, fi le poure monde lâentendoit bien. Finalement la difference quâils difênt auoir efté remarquée fi diuerfementau poinôlde la iuftificatio, ie croi quâils lâont filee en quelque quenouille dâeftoupes. Car nous fóm-mes bien afTeurez par la grace de Dieu, quâils ne prouucrot point tout ce quâils di-fent par les liures des Proteftans. Qm euft iamais pensé, que mefme le pere demen-fonge euft peu amaflèr tant de mentcrics en fi peu de paroles ?
DE LINTGCâTION des SAÃn^ls,
VigiUnüfts Anciennementpropofiit attpen-pie,quilnefallait inuoepuerles fain^lspuifgnt AU ciel: mais auÃi tofl ceïie her eÃefut efieinBt, tant par Haut urne de la parole de Dieu çf de l'EgltÃ, que par vne infinité de miracles quicOâ tinuellementfefaifoyent auxfipulcresdes Martyrs. Les Protêtans deuroyent auoir honte dauoir renouuelé cePle pernicieufe her eÃe.
Ceft hcrefie, de maintenir opiniaftre-mentvne doófrineerronee fans parole de Dieu,amp; contre la parole de Dieu, apres a-uoir efté légitimement conuincu par icelle. Or la dodrine ddâinuocatio des fainds qui
A lâApologie DE I. H AREN. 2.9^
â i quifontaucieleftfanslaparo!e,voiremer me contre la parole de Diemqui a diél, In-uoquemoy,amp; non pas Thibaud ou Gau-
' tier,amp; qui mefme ordinairement cÃprend tout fonferuice fous le nom dâinuocation. Et qui nous auroit couincus dâherefie pour auoir nié lâinuocation des faincls trefpaf-fez ? Quant a lâautorité de lâEglife, elle fe perd autant de fois quâelle penfe parler plus auant que fon efpoux, amp;nbsp;ne nous ob-j lige point en chofes de telle confequence.
Les miracles font féaux de la vérité , amp;nbsp;nâont point de force contre la vérité, comme Moyiè mefme tefmoignc. Pourtant Deut-ij,». nous laiiTons volontiers lâinuocation des faincfs a ceux qui ne fe peuuent contenter dâinuoquer vn feul Dieu comme il a commandé, amp;nbsp;de nâauoir autre Dieu que luy.
UE S IMAGES.
Feliciantts, Iulian l'AfoIiat^ les Icon oma~ chiens amp;nbsp;autres ennemis du repos de lâEglife accufoyent anciennemet les ChreÃiens dtdo-latrie,pource qu'ils auoyet des images dans leurs temples. Les ProteÃasfont le m^e.^amp; difint en (e moquant qu il ri y a point de dtjferencc^ entre les images de^ lefui Christ j des Sainlts
300 Response de F. I.
CMartyrs, amp;nbsp;celles des idoles Payens ^delupi-ter.,IunOy CMars., PalUs, clr autres Ãmblables. Voyezletraicié^ua faiH Scrmnus (J^^il'/iflre de Tltmes contre les Peres de 'Tournon^paie j2. Or eux meines en blaÃmant les Catholtyues dt ce quâils ont les imayes de h-:us Chrtà çÿ- det Saints, ne âveulent eflre blapnez. dauoir chess euxvne infinité d images de leurs zMinillres (à dautres. Fous ne trouueres:. en Hollande
Zelande^ 'uoire dans G en eue maiÃen ny chambre, quinefioit or nee de 'vilaines amp;nbsp;lafici-ucspeintures,
Câcft chofê controuuee de dire que Fe-lician amp;c. Iulia rApoftataccnfoyêt les dire-Riens dâidolâtrie : car les Chreftiens nâvfo-yent point encores dâimages en leurs temples,corne nous auos cy deflusfuffifammêt prouuc. Et auflî Nicephore mefme amp;nbsp;Ce-drenus tefmoignent,q le premier qui a défendu dâadorer les images de Chrift, apres quâon eut commancé de les aflèoir es temples,fut vn certain Xenaias ou Philoxcnus Eucfque dHierapolis,au teps delEmpe-reur Anaftafe. Mais pour venir au poind, nous auos défia cy dellusmonftré cobien fontlegieres toutes les allegatiôs de Haren pour la defenfe amp;nbsp;cofirmation des images. Or il feroit a defirer,qu'ils donnaflènt bien
a en-
A l'Apologie de I. Haren. 301 a entendre, en quoy ils mettent la di/Fe-'â rence entre leurs images amp;nbsp;celles des Pa-yens. Elle nâcft pas en la fubftance d icei-Ics,ne felon la matière, cariesPayensen f ' auoyentaullî bien d or amp;nbsp;dâargent comme f nbsp;nbsp;eux; ne felon la forme, car auiPi ne font ce
âgt; quâimagés. Auflî nâeftpas celledifferen-â ' ce en quantité, ou qualité, ou adion, ou â nbsp;nbsp;nbsp;paffion, onaniere, ou habit: car il y en a eu
' des grandes amp;nbsp;des petites comme a pre-fent, des belles, des laides, amp;nbsp;des moyennes : toutes nefailans rien qui foit, toutes fouftrans toutes choies, voire que les oilê-aux nichallènt, amp;nbsp;feiflènt plus lur leurs telles.- toutes alTifes haut amp;nbsp;basainfi comme on a voulu,toutes vcllues amp;nbsp;figurées lèlon que la nauette ou le pinceau leur a efté gracieux. Sâil y a dilFerence,elle fera en lignification; laquelle fignificatjo elles ont non point de leur force amp;nbsp;vertu, mais de lâin-ftitution des hommes. Or posé qu'vnei-mage lignifie Pallas ,amp; lâautre fainéle Catherine , Dieu nâa point ordonné lâvn plus que lâautre, les hommes en font auteurs,-amp; qui a donné ie vous prie, celle autorité aux hommes ? Câclloit aux Dieux Romains, difoitTertullian,deremercier le Senat quâil les auoit faids Dieux : neft
jot Rksponse de F. I.
cc pas auffi aux images de la Papauté de remercier les Preftres de la grace quâils en oncreceue, puis quâils les oncfaids fainds? Autat certes pouuoitencecyleSenat dâa-lors, comme les Preftres dâauiourdâhuy, amp;nbsp;autat les Preftres auiourdâhuy que le Se nat. Or quat a nous,qui ne voyos rien plus enlâvnquâelâautre parordonâce de Dieu, nous ne pouuós eftimer que nos confcien-ces foyentplus obligees a 1âvn quâalautrc; amp;nbsp;en lieu de tour cela nous nous eftudions ï«an4,»'4- a adorer vn feul Dieu en efprit amp;nbsp;vérité, comme il le demande par fa parole. Mais voyez la finefle.il a efté queftion des images a adorer :amp; ils fautent incontinent de là a lâvfage particuliçr des images hiftori-ques amp;nbsp;vuides dâadoration. Ils nâont que faire de reprendre telles images en nous, puis quâils en vfent entre eux en toute liberté, Les vns auront les images de leurs anceftres, les autres de leurs amis: cclaeft en la liberté de chacun, dâauoir des images honneftes ou pour mémoire, ou pour do-drine,ou pour recreation. Mais des vilaines amp;nbsp;lafciues ce quâils en difent, nous ne le croyons point, nous fauos bien le cotrai-re:amp; fi mefme quelque particulier effronté le fait, nous ne lâaprouuons point. Que
pro-
'i
A L Apologie t)E I. Haren. 30} profite il donc a ces grands difcoureurs de blafmer vn corps amp;nbsp;vn ordre public par quelque faute ( fi aucune fe trou uc) particuliere ? Il faut bien vrayement quâils ne fâchent que dire, quand ils fe ruent fiir telles accufations pour en faire vn blafmc Commun.
DT PECHE' t^crrEL.
Les Protestas on tren otme Ici heresie dis Ho-Htitfens,(juand ils difint que totï'S pecbeT^Huels KeJont point pardonnez, parle Jacrementde.^ penitence.
Ileftvrayque les Nouatiensamp; les Cathares difoyêtque tous péchez aduels ne font point pardonez en l Eglife aux repen-tans; mais nous difons bien autremêt. Car , noftre dodrineeft,^»â//nyaplmde conde- rocj. g, mnation a ceux qmjont en leÃus ChriHamp; qui ne cheminentpointfélon la chair., mais felon le-Jfrit : câeft a dire,que tous pechez.foyent a-duels foyent autres, font pardonez a ceux qui fe repetent amp;vienneta Chriftparfoy: amp;que par conlèquent lâEglife ne peut ny ne doit eftre plus rigoureufe contre eux, que nâeft Icfus Chrift fon chef amp;nbsp;fon ef-poux. Les Nouatiës nâont pas entêdu cela. Quant a ce quâils appellent le facrement de penitence,nous nâen diiputerons point
504 Response de F. I.
pour le prelent, nous remettans a ce que tant de gens fauans en ont cfcript de nollre temps pour caufe de brieueté.
DES PELERINAGES.
Les Euïiachiens moment les pèlerinages eÃre licites aux Chrestiens. LesProteÃans font le wefme-, s'en moqu'et: cohien cjue tous les P er es anciens les ayh aprouue^j amp;qùvne infinité de miracles s'y fioyent fiaiLls amp;nbsp;s'y facent iournel-lement.
Jamais perlônne denous nâa enlêignéq le Chreftië doiue demeurer attaché en fon pays nâen fa maifon.car il eft loifible de voyager pour voir,ou pour profiteren conoif lance amp;nbsp;fauoir honefte,amp; mefme aucunes fois comandéde Dieu,corne a Abrahajou neccflà ire pour la vocatio de chacun.Mais les voyages de fuperftition, defquels la Papauté abonde, ne font receuablcs ny felon la parole de Dieu, dont Haren nâallegue pas vne Ictre pour preuue de fon dire, ny fe lonlediredes Apoftresamp;de lâEglife Apo-ftolique,nedes faindsPeres qui ont efté au commancemët dïcelle, ainfi que nous avions ia monftré. Quant aux miracles,il y en a eu de faids anciennement au coman-cement de lâEglife pour cofirmationdela dodrine Euangelique : mais ceux q lâo noâ propo-
A lâApologie DE I. Haren, joj propofeauiourdâhuy séries vns fwflemct controuueZjIes autres concrefaids, bien peu faids véritablement,mais tous enfem-ble miracles de menfonge. Ce que nous prouuons par leur dire mefme,veu quâau commanccment duliure en la chaleur de leur difputeils ont accordé (ju'onn a besoin de miracles auiourit huypour authenticjuer l'E~ uangile amp;nbsp;la do^iriae des i^posireSy^confef-quelle a eflé ajjèz. autoriT^e par Ãgnes (jr miracles. Et de là chacun peut conclurre, fi les voyagesamp; pèlerinages font delà dodri-ne Euagelique, ils nâont plus befoin de miracles pour eftre confermez ; car la dodri-ne Euagelique eft aflèz confermee par miracles vraisamp;: legitimes.Mais fi les pelerina gesnefont point de la dodrine Euangeli-que, les miracles neleurpeuuent donner autorité, veu quâils font féaux de la dodrine fainde: ains au contraire font la chofe fufpede, qu'il y a de lâintelligence de S atan amp;nbsp;du myftere dâiniquité. Carie maiftre de ce myftere ( comme dit S. Paul ) doit 've-ftir felon lefficace de Satan auec toutepuijfiince, amp;nbsp;fignes, çfi miracles de menfonge, amp;nbsp;toute fiaude dtniufiice en ceux quiperiffint ^pource qiiils nâauront point receu l'amour de la venté afindefirefauuexs.
3o6 Response de F. I.
5 SE LA VIOLENTE REFOR-WAtion des hereticjues.
Les EonatiEtes amiennemeM scleuereKtA Eencotre de tEgltfi catholique, zb' Ia 'vouloyent reformer y corne ils dtfoyent.lls ruin er et les temples (f les autels fierez ou l'on dfoit la mejfe,dr dechajfrent tumultuairemei les PreÃres^les Ecclefaftiques^ç^ ftirent durant certaines an -nees vn trefgranddejordre en lâEglff: Mais fame recite Opt at us Mileuitanus efriuat ad Par-meniam hure 6 Ãu temps de Confattn legrand, ilsfurent lugefj^ condamnez comme gens impies (Ãquot; exécrables. Les Protefians ont fatà pire en nos iours, ruinant les fainEis temples les autels. Ils ont raclé les (epultures de leurs Rois (ér de leurs Princes, amp;nbsp;ont ieElé les corps JainEis amp;nbsp;les reliques des ^Martyrs de Ie(us C.hrià au feu. Ils ont cruellement tyranniÃles gens d Eglià nbsp;nbsp;nbsp;ont donné leurs corps aux ani
maux des champs : ils ont exposé la pudicité des â¢vierges facrees aux iniures des [oldats, nbsp;nbsp;nbsp;ont
faiEt pour es çf miferables â¢vne infnité d'honne-Ãesfamilles, fe monEtrans en cela plus barbares amp;nbsp;cruels que les Payens infidèles. Voila la belle execution cfi EeffeEl de la Jolennelle proteEia-tion qutls ontfaiEle ,promettans que la reformatio nâcÃoit point pour offenfir les Rois, Princes,
A lâApoLogi E DE I. Haren. 507 CCS amp;MagiHrats. Et ce-pendant ils les ontpu-blicjucment fâiÃl abiurcr aupeuple^j, en ont creez, d'autres a leur poste auec force.^ amp;nbsp;violence.
lufques icy Haren sâeft efforcé de faire veoirla veriré deladoârine que lâon en-feigne en l'Eglifc prétendue Romaine, amp;nbsp;la fauflèté de la noftre. En quoy il a tellement befoigné fes peres auec luy, que chacune perfonne de iugement peut aifee-ment connoiftre quâil y a entre eux esvns de lâignorance grof fiere,es autres de la malice abandonnée contre la vérité: tant ils font impudens a fe défendre par menfon-ges amp;nbsp;fauflètcz. Maintenant par occafion pour charger dâauantage la fainéle doétri-ne dont nous faifons profeffion, il brouille parmy la dodrine des reproches de la violence , audace, amp;nbsp;témérité des Proteftans contre legouuernement public, amp;nbsp;contre la dodrine fainde. En ce chapitre donc il obiede en matière de gouuernement quelques fcandales pris amp;: donnez ; amp;nbsp;les reproche a nos Eglifès,côme sâils eftoyent partis dâicelles, ou desMiniftresqui y ont enféigné. Ce font fcandales pris,quand ils reprocher les chofes faindemet, iuftemet
V ij
308 Response de F. I.
Deut, iz, 4. lofùc zz.
amp; légitimement faides, comme fi elles c-ftoyétdcteftablesa caufe quâil leur femble ainfi. Comme quoy ? quâon a ruiné des au-tclSjä: bruflé des reliquaires auec autorité publique amp;nbsp;connoifTance du Magiftrat felon lâordonnance de Dieu. Car ou trouue-ront ils que Dieu ayt rien commandé de ces chofes en la fainde Eferiture ? ou trou-ueront ils queiamais autel ayt efté fandi-fié en lâEglilè de Dieu a fon feruice fans expres commandement amp;nbsp;particulier dâice-luy ? ou trouuerot ils que iamais il ayt commandé la deuotion des reliquaires? Quant a nous,nous viuons felonie commandement de Dieu, amp;nbsp;non point felo les exemples des h5mes.-amp; puis que Dieu a fi eftroi-xement commandé que I on deftruife les autels quâil n'a point ordonnez, amp;nbsp;que le peuple de Dieumefme a efté fur le poind dâentreprendre vnegrofte guerre cotre fes freres pour vn autel drefsé fans ordÃnance de Dieu, nous ne peuuos faire autrement en bonne cofcience que de propofer a tous la volÃté de Dieu,amp; exhorter chacun qu'il auifè quâelle foit légitimement fuiuie.Quc fi quelque chofeiè fait illégitimement par ceuxqdoiuêt executerlavoloté de Dieu, lâen peuuentles Eglifesou les Miniftres dâicel-
A lâApologie DE I. Haren. 309 dâicelles? De telle forte font les fcandales donnez tcmerairemêt amp;nbsp;fans iugemct, ou niefmes cotre pieté,humanité, amp;nbsp;liÃneftc-téjpar des foldatsamp; autres perfonnes indif-cretes.^ Sâil y a eu des fcpultures honorables gafteesjdes perfonnes vines tyrannizees, mortes expofees aux bcftes,des vierges amp;: femmes violées, le Seigneur fait combien celadcfplaift aux Egliiès amp;nbsp;aux Miniftres dâicelles:cobien pour telles caufes les gens de bien sâhumilient deuant Dieu,amp; le fup-plient quâil nevueillc point imputer a fon peuple ce que le gendarme licencieuxâfait en defordrc,ou que les autres fous couleur des armes vfurpét : voire côbien moymef-mes ( qui en ay toufiours efté loin iufquâa . cefte heure par la grace deDieu)ay fenti de regret amp;nbsp;dâhorreur en mon cÅur dâouyr des choies qui y ont efté perpetrees. Mais fi nous venions a faire comparaifon de ce que leurs foldats ontfait,amp; font iournelle-ment ou ils ont la main deflus, que pourront ils dire, finon que les leurs ont efté maiftres paflez en toutes chofes inhumaines , impies, amp;nbsp;diaboliques ? diront ils de ceux qui apres auoir raui, forcé,a-busé par tour amp;nbsp;par bandes des ieunes filles honorables a Malines, ont apres la pu-
y iÿ
510 Response DE F. I. dicicéoftee butiné les veftemens dâicelIes iufques a la chemife, les ont miles toutes nuesliirle marché, amp;nbsp;proclamées Revendues au plus ofFrantâCes beftes fîeres ne le pouuoyent ils contenter deleur auoir fai force amp;nbsp;honte a leur plaifir, sâils ne pu-blioyent la honte d icelles, amp;: leur péché execrable deuant leciel amp;nbsp;douant tout le monde ? Iufques a quand Seigneur, te courrouceras tu , amp;nbsp;fumera ton ire contre tes feruiteurs? Toy qui es iuge de toute la terre,ne ferois tu point iugement? Leuetoy Seigneur, que lâhomme mortel ne fe fortifie plus, amp;: que les gens loyent iugees deuant ta faceâ Quant a ce quâils allèguent fur la fin,des changemens ciuils; la confcience mefme de Haren eft con-uincue, que cela nâefl point Icfaiddes E-glifcs,ne desMinillres d'icelles : car pour vn ou deux qui sây Ion t ingerez, quâa a faire tout le corps dâelire blalmé ? Dâauantage il lait bien que mefme plufieurs ont afl'ez tefmoigné, combien leur iugement eftoit contraire a plufieurs chofes qui fe paflb-yent; brief que non feulement la Loy de nature donne des droids communs au peuple du pays bas , mais aufiî que les Princes dudid pays lurent des droits ciuils
A lâApologie DE I. Haren, iir uils, amp;: font fcrmenr au peupâe dâiceluy par conucncions reciproques, defquelles iâay nioymeiine autres fois veu copie : félon lefquelles conuentions (i les chofes efto-yenc a deinefler,eux mefmes feroycnc contraints de iuger autrement en leurs con-I fciences, que maintenant ils nâen parlent i nbsp;nbsp;cllans pouffez de leurs afïcâions, ou aflér-
; uis par l'autorité dâautruy. Mais pource que ce nâeft point mon deuoir, ne mon intention dâentrer plus auant en la con-noifl'ance de cefte caufe, qui elf fimplemçt Si. purement ciuile, ie paiferay a ce qui re-ftedudifeours que Haren afaicl des cau-fes de fon defuoyement.
LA HARDIESSE ET TEME-r lté des ProteHAns a mefl.tre de toutes cho(és.
La hardiejjè amp;nbsp;témérité tnflpportahie des Protelians a meflire amp;nbsp;ùtqer témérairement de toutes chofes fainHes honneHes, corrompre les (ainfies E(critures dr lesfaflfier impudemment .,mâ a grandemet dégonflé de leurs ini-tjuesefcoles. îfefl ce point vn blaff heme con-1 tre noÃre Seigneur lef us Chrifl^que Caluin proféré en fon Harmonie fur le 24chapitre de fainct CMatth. 'verÃet enfèignant quil a
y iiij
5it Response de F. I.
eÃe Ignorant de telle manière qüiL ne connoip i. fait pas vn figuier ? nbsp;nbsp;Item que le Fils de Dieu
(ejeroit retraSié,priant Jonpereauiardin fio-liuet? Item que leÃü^sriÃn aurait prou-uépar aucune ratfon ferme amp;bien fondee^t qu'il ne chajfoit point les malins efint s par la fuififance de Beel-lÃfiub? Lifezgt; Caluin en fon Harmonie awverjét 2 du chapitrefusdiH,
4 /zr;» de dire^ que la pafion dliceluy netts euà elle inutile , fi fon ame neuà enduré Ui terribles tourmens des damnez, ? Caluin In-
3 Ãitut. Hure 2, chapitre iô,fcl. 10. nbsp;nbsp;nbsp;Tfelt
ce point un autre blafpheme de dire, que no-Ãre Satiueur fi ferait defifieré en l'arbre de la croix ? H fez Caluin en fin Harmenie fur le ap defainH ij^îatth. ver fit 4 6. nbsp;nbsp;nbsp;Item que le
fts ehr ià ne fir oit defeenduaux enfers contre iarticle de nofire foy ? Caluin Inftdiure i,chap.
y j6, uerfetp. ^ue mefme apres fit refitrre-cliantl aurait eu faute de quelque chofi necef faire a laparfailîe gloire derefitrrefilion? Cal, Harmonie fur le 24 de fainH Luc verfet 3 jgt;.
8 Item que le Fils de Dieu ne fi ferait refirué les cicatrices des cinq principales playes , ia-foit quel^Efiriture fatnHedr la doHrine des Feres les plus anciens dtfint apertement le cantrairei Zacharie 12. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, uerfit ii. S. \^uguÃiia
hure 2 de fymboloaux Catechumenes,chap, S. Cyrille
A lâApologie DE I. Haren. 515 Cyrille lib.12 furfainólIean^chap.iS. Or qui efl I homme de bien, qui ri'aurait horreur dételles amp;Ãmhlables hardiejjes amp;frefumptws,proférée 5 par ojn homnie contre le Fils de Dieu? Leditl Caluin a eÃeflprefùmptueux,que d efèr Caluinmtf-attaquermeÃneles tÃdnges. Car aupremier li-ure defes InÃitutions ch a. 14feFi. 4/1 ejerit que â les trois Hierarchies, amp;nbsp;les neuf ordres ne font que chafes vanies. ItentquelefdiHshienheu- 10 reux Anges ne firuenta Dieujyncerement amp;nbsp;fans péché. Caluinfur le i chap, au Colojf.âverf 20. Item que tous fideles ri ont point vn bon j j i^ngepour Uur garde. Caluinfurie Pfal.^o, Railleurs.
Sâenfuit maintenant la féconde efjjece dâaudace amp;nbsp;témérité,que lean Haren blaf^ me fort,amp; (sâil dit vray ) nâa peu fupporter es Proteftans: c'eft quâils mefdifent, iugene temerairementjCorropent falfifientles faindes Efcriturcs amp;nbsp;tout. Or combiê que Haren fedeuroit prendre foy mefme ( corne on dit)par le ncz,amp; fèntir quâil y eft mai ftr« du meftier,amp; que nous pourrions nier en vérité les chofes quâil aflèrme par fraude, toutesfois nous laifTerons toutes autres chofes pour venir aux preuues quâil penfc produire.Nous prions donques le Leâeur Chreftien quâil conféré le aire dâvne part
514 Response de F. I.
amp;: dâautre en équité,poife le tout en vérité, amp;nbsp;aÃêe ion iugetnët en fainéletë amp;nbsp;charité fur toutes les allegatiôsamp;defenfes qui font 1 icy couchées. Le premier blaiphemc quâils obiedent du figuier nefc trouueen paifage que ce foit: car voila les paroles de CaitlinfurMarc 16, l'è.llny aurapointd Ãtrdite, ejuadnous dirons tjue felon Ihomeiln'a pas conn eu de loin laforte de l'arhre-.toutesfois il fepeut faire ejue de propos délibéré il s'en eà apro chéfachantbien [iffùe. Il nâafïèrmcdôcpoït celle opinio là ,mais il la remet au iugcmét du Leà eur Chrefliê. Haren eftil pas plus hardi q cela, quad il lâafferme de luy ? Mais h Haren trouue li eftrange amp;nbsp;appelle blaf-phcme ce que Caltiin concede de l igno-rance de Chrift félon lâhumanitc, que dira i! des anciens Peres qui en ont ainli parlé? Iti. t.f. 48. Jrgjiec, nbsp;nbsp;nbsp;cfue le Seiÿteur me{rne Fils de Dieu
a ebeedé(Jue le Pere feulfà uoit le lour I heure d:i iugeniétydifà nt oiiuertemet, De ce iour là çfp del heure nul ne le fait ^non pasme'jmele Ftbfi-non le Pere feul: Si donc le Fils n a point eu de honte de raporter la fience de ce iour là au Pere, tik.dtincar (ÿ-ij.S.Ambroife,lefiisproÃtoitenfagejfe quot;rament^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CommentproÃtoit lafà gejjè de Dicu?
J^e l ordre des paroles tcH aprenne. lly a auan-cementd'eage, amp;aiiancement dejageffè.,mais humaine. Pourtantiéarnis[eage deuant,afin
A lâApologie DE 1. Haren, jiy
que tu croyes que cela, efl dtél felo lliomc. car I'cage eà du corps,non de la diuinité. Donc s'ilauan coit en eage dhomme,ilauancoit enfageÃi dho-fne,Sgt;Lcc(^szïï(\iit.S.K.\y^\.\^m:Et(anspoint Trad.^i i'* dcfautejclonceque lefus Chrià cà homme, on lit de luy,Et leju^proÃtoit enlagijÃ,dr en eage, amp;nbsp;en grace enuers Dieu e^les homes, A u m oïs quelareuerccedeces bos Peres ,q ont affermé cela (ans blafpheme, face q Caluin loitexeufé amp;c traité plus doucemét par iu-geséquitables.amp;mieux raffis qccftuy cy.
Le lècond qu'ils appellct blalplieme, ne(è trouue poîten Caluî. 11 nâa pondit qChrift fe retraéle,maisquâilvfedecorreél;ióenfa pricre:mais Hare felon fa charité lâappelle rctradatió. Sâil auoit vn peu eftudié en lâart de Rhetoriq.il fauroit bic q lâon faidcorre
, dio en parlât nô fculemêt deschofesmal-dides,mais aufli decelles là mefmes q Ibnt biê dides pour les dire encores mieux. Ce ftoit vne chofe biê dide felô lâîfirmité de la chair sas péché, Pere,s lieÃpoÃtble,que ce call cepajjè arriéré de mey.m a is celle m e fm c c h o fe,q auoit efté bié dide amp;nbsp;auec vne fainde fubmilTio a la voloté deDieu lePere,a puis apres efté faide encores meilleure par ce-ftefaîde corredio, quad il a did, toutesfois nonpotntcequeie'vuetl,maisceque tuveus. Si Haré nâa poît encores apris ce bel vfage de
3x6 Responsï D! F. I.
corrediojie ne me trauailleray pas icy a en amener des exêples ( cequiferoittroplog amp;fafcheux au Ledeur)maisieluy confeil* lcray,fà ufcorredio, quâil sâen aille a l'efco-3 Ie derechef. Letroifiefme eft vnedemó-ftrance manifefte de lâiniquité deHaren S£ fes pereslefuites entiers Caluin. car ils fal-fifient doublemêt les paroles dâiceluy. Premièrement Caluin parle du premier argument a part, ceftuy cy Ie prend de toute la defenlède Chrift:voiremefrae Caluin dit quâil femble de prime face, ceftuy-cydit qui! afferme refoluement ce blafphemc, queChrift ne prouue par aucune railôn fer me amp;nbsp;bien fondée en fon difcours,quâil ne chaflbit point les malts efprits de par Beelzebub. Eft ce là marcher en bonne foy ?Sc-condementCaluin met ce propos en auat, pour anticiper vne obiedio que lâon pou-uoit faire cotre la premiere railôn amenés par Chrift,amp; luy mefmes y refpod fort per-tinemmêt puis apres. Haren pafte tout cela fans lonner mot.LeLeâ:eur,sâil luy plaift predre la pene dây regarder, trouuera quâil en eft ainii. Parquoy ie prie les gens de bic, quâils auifcnteux-mefmes quel titre méritent les perfonnes qui fe mellet de calomnier en celle forte,amp; tromper le mode par telles
A L Apologie DE I. Haren. 317
telles fauflètez. Lequatrieftnefemblea- 4 uoirplus dâapparence que les autres : mais nous depefcherons le tout en brief. Nous fommcs enfemble dâacord que tout lâho-me eftoit péri, amp;nbsp;q Chrift a pris a foy toute la nature qui eftoit perie pour la racheter en foy, a fauoir corps amp;nbsp;ame humaine, par lefquels l'homme auoit péché. Or ic de-mâde, comment nous a il rachetez, finon en s appropriant cequieft noftre,amp;nous appropriant ce qui eftlîen? Quâeft ce qui eft noftre, finon le péché, amp;nbsp;la pene dâice-luyâQuant au péché,il fe l eft approprié par application:carluy qui nefauoitpointdc pechéaeftéfaiét péché pour nous, afinq nous fuflîons iuftice de Dieu.Mais pour le regard de la pene,il en a bie pris autremet: car il lâa fouftenue realemcnt amp;nbsp;de faid en cefte nature, en laquelle il nous eft totalement fcmblable excepté péché- tout ainfi comme vn fidele refpondat,qui sâapplique la faute ou la dette dâvn autre, amp;nbsp;en porte la pene. A raifon dequoy dit le Prophete I-faie,que la correction de notîrepaix a eÃe mià iq;. yj, y. fwluy. Quelle donc eft cefte pene? la mort ducorps,quelecorpseftabâdonné de Tame,amp; la mort de lâame,que lâhomme eft a-bandonné de Dieu. Selon lâvnc Chrift a
i
318 RèsponsHdeF. I.
M«diâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;recomandenib efprit en tesmains:
6. ââ7â felon lâautre il a did, 3/ö» mon Dieu., pourejuoy niets tu ahandouné? Et dâou 1 uy eft , venue celle pene? delà lèntence de Dieu lePere, que Pilate a prononcé felà lâhomme,mais que la Loy iadis auoit prononcée
Câlat.j, 13. fgjgjj Dieu : corne S. Paul lâintcrprete fort bien difant, ChriÃnous a rachetez delà male-diiiion de laLoyyCjuand il a eÃefaiil malediiîtô
Dcut. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cartleÃefcriptyMaudicleÃijuicon-
quefendaubois. Vray eflquâicy ils diront, quelâameafouft'ert par fympathie ou c5-paflîo du corps qui foufîioit en la croix,en vertu de lâvnio perfonnellequiell entre le corps amp;nbsp;l ame. Mais fi ainfieft , il sâenfuit deux incoueniens que l'on ne peut efchap-per.Lâvn eft, que par cofequent la diuinité (q.vrayemct ne peut louffrir) aura fouffert en lacomuniondu corps, car au flî lu veil elle vnie perfonnellemêtdâautre eft,que l'a me humaine de Chrift nâaura elle nô plus paflible q fâ diuinité : ce qui eft du tout co-jânix, 17. traire a la parole deChriftdilà ntM4z»/f»5/ Matt. 16,3 8- wö« ame efl troublée-,Sgt;c. ailleurs, mon ameefl troubléeiufquesa la mortlEt a la vérité,sâil n'y a point de raifon que le corps, quia moins reccu amp;nbsp;eft brutal de foy,foit chaftiéfans 1 ame,mais faut que fame foit d autat plus cha-
alâApologie de I. HarIn. 319 chafliee,pource qu elle a plâ receii deDieii amp;nbsp;eft la dame du corps:com ment nâauroic point elle tenue la mefme proportion au payement de noflre Rédempteur?Nous concluons donques que noRre Seigneur lefusalouHcrt realcmct en foname,aulfi bien quâen fon corps,les penes auxquelles nous euffions elle danez Æ il ne fe fuit con-ftituéplege pour nous enuers Dieu noftre Pere:amp;quela palîiô nous euflefté inutile, s'ileuft loufFert la mort feulement en fon corps:mais qu il y a eu celle diRercce, que
1 noLiseulîîôs clic detenus des douleursde la mortjuy nâen a point ellé detenu,ains la mort a efte engloutie en viôloire par la puiirancediuined'iceluy. Lecinquiefme y ell vnepurecalôniCjde m.cfme façon que nousauons veu en la troilîefme obieelicn. Car iamais Caluin nâadiél qChrifl ayt cité defefperé,mais bien quâil luy ell efehappee vne voix de defefpoir,câcll a dire,telle q les perfonnesontacoulliimcdejpnocerquad elles sot en extremes angoilfes. Dâauatage ilneditpas celacomedefoy,mais comme format vneobicâioen lapfonedes aduer-faires,a laqlleil donercfpôfeamp; folutio puis aps.llne lautqces bös peres iurifcofultes, pour dôner es seteces amp;nbsp;paroles douteufes
3^® Response de F. I. des benignes amp;gracieufes interpretations.
® Le fixiefme nâeft quâvnc pure lourderie: car Caluin ne nié pas queChrift foit defcc-du aux enfers : mais il dit que câeft vne façon de parler figurée, amp;nbsp;difputc de la droite intelligêce d'icelle. Câeft vn abus que les Logiciens appellent petitionem principîj-Maisquâeuflent donc did ces bonnes gês, sâileuft du tout rnis en arriéré ceft article, comme lesPeresde Niccc amp;nbsp;autres l'ont laifsé en leur fÿmbole ? Le feptiefme Si huittiefme font de mefme argument,amp; artifice. Caluin parlant de la grace de Chrift, qui auoit encores retenu fes playes apres fa refurredion pour cofermer la foy des fies, vfedeces paroles : Certes en cela üs'est acco-mode elfes difciples dvnemerueilleufi douceur amp;nbsp;boté^cjuandila mieux aimé(fue quelque chtâ à luy defailltà de la gloireparfeéle de la refurre-élion,que nonpas que leurfop fuà defpourueut dévne telleaideamp;apuy. Comme sâil difôit,la perfedionSi intégrité dâvn corps eft vne partie de la gloire parfede de la refurre-diójCÃme S. Auguftin es derniers liures de la cité de Dieu amp;nbsp;tous les autres enfeignet. Cela donques que Chrift nâa point eu fes playes refaides, a cfté corne vn aneantidc-mentvolôcairepour lâinftrudion des fiés.
A lâApologie DE I. Haren. 311 OrqueditCakiin en cela que les anciens nâayencenfeigné,amp;que chacun nepuiHc entédre,filamalicene luy oftelesés?Mais encores eft cela plus graue amp;nbsp;hardi, quâils condamnent côme heretiq ce dire de Cal-uin, quâil ne faut point imaginer q Chrift aura encores les playes en fon corps, quad il viédra iuger le mode. A voftre auis,Mcf-fleurs, nâeft ce pas cela vn article de foy, pour lequel il faille que nous entre-accu-flôs d herefle les vns les autres ? Certes l'E-fcriturenele dit point,non pas mefmes es palîà ges quâils allègent. Car q. eft ce qui ia-mais argumenta ainfi en bon fens ? Ils ver- 2achar.11. ront celuy quils ont percé donques ils le verront tout percé encores alors quâils le verront. Que ne difcnt ils par mefme raifoujifs Verront cel uy quâils ont tué, donc ils le verront tout tué? Quant a S. Auguftin amp;nbsp;Cyrille,il faut bien dire quâils ne les ayent poït leus,ou dire quâils penfoycnt ailleurs en les lifant. Car Cyrille nâen parle pas vn mot.S. Auguftinnâen ventrien affermer,combié quâil encline plus toft a lâautre opinio;mais expreflement felon fa modeftie il vfe par deux fois de ce mot ,fortaffè, parauenturc, pour ne fe préférer eniugementa perfon-nequifuft. Pourquoy nâimitet ils plus toft
X
311 Response de F. I. lamodeftie finguliere de ce faindperfofl' nage, que dâen decider arrogamment,amp;: mentir fi impudetn ment tout enfemble? Leneuuiefme elt demefine grace cace.llnâeftpas vray queCaluindife rien contre les Anges, ne lâordre dâiceux : mais bien dit que ce nâeft que vain babil au li-uredeDenyscequâilen aefcript. Donc il ne mefdit pas dés Anges,mais il reprend la vanité de ce Denys, qui en parle corne sâil auoit crocheté toutes les chambrettes des cieux,amp;: en auoit faid inuentaire a bon loi * ° fir. Le dixiefme,sâil eftoit vray, feroit de plus grande importance. maisHaren felon facouftume a emprunté de l'ancre de ce poiflbn que noâ appellÃs Seche pour tout brouiller. Caluin ne dit point que les Anges ne peuuent feruir a Dieu fyncerement amp;nbsp;fans peché. mais bien dit il auec S. Aiigu ftin, quâen comparaifon de la m ait R c de Dieul obeiflà nce des Anges nâeft point ii parfede quelle puifTe contenterDieu,amp;;
bi, nâayt befoin de fupportgracieux, éjonfinm quâil appelle indtdgeatia. Car defaid que reïponde, sâil y a bien autant de ca. proportiô entre Dieu amp;nbsp;les hommes, quâil 10« y a entre vn pere amp;nbsp;lôn petit enfant. Que fi lâübeiflancc d vn enfant ne peut refpondrc a la
A lâApologie DE I. Haren, jij ala condition dupere,maiscft fupportec amp;nbsp;excufee du pere felon la condition de lâenfantzdâou vient, que nous ne pouuons imaginer lemefme au feruice desfainds Anges enuers la maicfté infinie de Dieu? Ledernier eft vn pur badinage. Platon a ii did que chacun a vn Ange particulierdâE-fcriture dit que chacun fidele a des Anges Pfal.34,8. campez a lâentour de foy, que Dieu donne commandement a fes Anges en faueur dâiceux;amp;c.quel malheureux degoufte-menteft ce,quâauiourd huy on fe combat pour auoir plus toft vn feul Ange pour garde a la Platonique,que cent,mille,dix mil-le(fi befoin eft ) a la Chreftienne ? Ceft vu abyfme delà vanité amp;nbsp;prefomption des ef-prits, qui ne fe contentent point des clairs ruifleaux delEfcriture faindexar apres a-uoir erré par lesdeferts çà amp; là ilsdeuicn-nent beaucoup pires, amp;nbsp;pour couurir leur ordure ne ccflcnt de crier apres les gens de bien,comme fi câeftoyent enragez.Le Seigneur qui a iadis chaEé les diables hors des corps des pouresdemoniaques,dcliure les âmes de ceux- cy, sâil luy plaift, de la tyrannie de Satan amp;nbsp;les ramene a la bergerie de Chrift en lacopaignie des enfans deDieu.
X ij
314 Response de F. I.
DES k^POSTRES. caijnfti.b. nbsp;nbsp;Le mefmeparlant des ^^poÃres eÃtant te^
chaftt. 8, fneratre,ej»edejcriree^ütceux onteucomman^ demet expres de neÃigner aucune chofe laquelle premierentent ils neujÃnt aprtà de la bouche du Seigneur : amp;nbsp;neantmoins ilefi certain qu'ils en ont en feignepluÃeurs autres, Ailes i s iCor.7^12.
Il cft cerrain que la dodrine des Apo-ftres a efté limitée de Chnlbmais quâils en ayent enfeignéfans quâils lâeuflentreceue deChrift , câeft vne chofe fauflè. Haren allégué deux paflà ges pour preuue;mais ils ne font rie a fon propos. Car en lâexemple des Apoftres Aâ:.iy,ilnâyanenquiioitcô-clu par eux ny efcript a l Eglife d'Antioche, que Chrift nâeuft ferieufementcomandé, fuiuantmcfmc leslaindes ordonancesdc Aft. iy,io. nbsp;nbsp;Loy morale.Car ce quâils defédcc la pol
lution des idoles concerne la premiere ta-blede rcfte concerne la fécondé, câeft a fa-uoir que nul ne face contre le bien amp;nbsp;edifî-catiô de fon prochain, nâen choies expref-fement cômadees ou défendues, comme eft la paillardiiè, nâenchofes indifferentes, come eft de manger du fang, ou delà chair cftourt'ce. 11 faut bic que Harc ayt peu eftu-dic es Euangiles de Chrift, sâil nâented que
Chrilt
A lâApologii dE I. Haren, jzj Chrift auoit inftruiót fes Apoftres de ces chofes. Lefeulcinquiefme chapitre de S. Matthieu, amp;nbsp;le dixhuidieftne teftnoigne-rotaiamaisfonignorace:caren iceuxnoâ eft manifeftemét monftré,quel comande-mentlcs Apoftres ontreceudela bouche de Chrift fur la matiere dot il eftoit qftion. Qiiant a 1âautre paflage de S. Paul, câeft vnc chofe lourde de 1âappliquer a cejppos, come files Apoftres auoyétenfeignéoutrecc quâils euftènt parauant receu du Seigneur. CarcobienquilfemblequelApoftreface oppofitió duSeigneur amp;nbsp;de foy,fi eftce que pour cela il ne sâenfuit point que lâApoftrc ait parlé chofes que le Seigneur ne luy euft point diéles. Cela eft monftrépar lâautre verfet parauant, quand S.Paul parle ainfi, ie dénoncé non point moy.nuù le Seigneur, car iCor.7 ic.' qui eft l'homme fi befte,qui entëde par cela,que S. Paul ay t a dire autre chofe,que ce que le Seigneur denoncoit par luy â Ãôme donques ce que le Seigneur dénoncé, lâA-poftreauftî le dénoncé deparle Seigneur, amp;nbsp;non point autre chofeainfi auffî ce que
I nbsp;nbsp;1 Apoftre dit,le Seigneur lâa did a fon Apo-
ft re,amp; le dit a fon Eglilè par iceluy, sas que lâApoftre y ayt rien aioufte du fien,ne couru deuant fon Seigneur.Que veut doc dire
X iÿ
31^ - Response de F. I.
cefie oppofition ? LâApoftre sâexpofe foy verf «. mefme en deux paflà ges de ce me (me cha
pitre,quad il dit, Oriedi cecypar coneeÃion, non far comandemet-.^ puis apres, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aux
'viergesienay feint de comandement du Sei' gneur^maù ie donne mon auis^comme ayant re-ceu mtfericorde de Dieu four eÃre fidele. Ceft donc come fi 1âApoftre difoit, Vous deuez bien eftre aficurez de moy, que ie ne vueil point amener chofe q foit, en cefte matière,que ie nâaye receue de la milèricorde de Dieu,amp;: queienevous baille en toute fide lité.Mais cependant,pource quela nature des afaires qui fe prefente en cefte caufe eft fort diuerfe, entant quâes vneslecofeil eft tout pris,les autres font encores pedantes du côfeil amp;nbsp;deliberation des homes, il faut neceflà irement queie traide cefte queftio en deux fortes. Car es choies dont le côfeil eft tout pris,amp; qui ne font plus remifes a la deliberationhumaine,il fautquâvnchacu demeure deuât Dieu en ce a quoy il eft ap-pellé:de telles chofes ce ne fuis ie point qui . parle,mais leSeigneur qen a porté lentêce exprefle amp;: abfolue, foit par la Loy, foit de fa propre bouche.Telle eft lâordônace des fideles conioinds par mariage felon Dieu, verlet lo.Mais en celles qui dependent ou du propre auis amp;nbsp;Côfeil des fideles, ou du
A lâApologie de I. Haren. 5x7 fai ót dâautruy,en telles cliofes moy ie di,n5 pas Ie Seigneur,câeft a dire,de telles chofes ie parle conditionnellemêt amp;nbsp;confeillc fra ternellemcnt,puis q Ie Seigneur nâen porte point outre Q fentence diffinitiue amp;nbsp;ab-folue 5 mais les fubmet encores a la deliberation des Hens. Come quoy ; fi vne vefue OU vne vierge (è doit marier,cela depêd du don de Dieu,de leur volonté,amp; du coniêil dâautruyde Seigneur en cela ne done poït decomandement par moy, qui les oblige. Semblablement fi vne perfonne a efpoufé parti infidèle, la chofe depend du parti infidèle,s'il confent de demeurer ou non : le Seigneur ne donne point en cela de commandement fimple amp;nbsp;abfolu.pource quâil faut prendre encecy confeilielonlefaiét d'autruy. Voila comment,ditrApoftre,ic vueil que mes paroles foyet prilês amp;entê-dues fur ce que vous auez mis en queftion. Cefte interpretation eft de S. Paul mefme, corne nous venons de monftrer,amp;aefté fuiuie de S. Auguftin amp;nbsp;dâautres anciens. Que £èrt donc ce paflà ge a monftrer, q les nbsp;nbsp;nbsp;mt/t.
fainds Apoftres ayet enlêigné autre choie? car mefmes noâ sSmes prefts de moftrer q S.Paul ne dit rie en ce chapitre là , qui nâayc parauant eftédid au vieilTeftament,amp;:
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X iiij
318 Response de F. 1.
quinefbitauflî es Euangiles de Chrift. Si donquesle Seigneur a did tout cela, mais nâa pas donné commandement expres amp;nbsp;refolu en vn cas corne en lâautre,dequoy S. Paul a voulu bie auertir ceux a qui il elcri-uoinchacun peut voir a lâÅil combien mal peut feruir ce paflà gc de fondement pour y baftir deflus les traditions des hommes.
CALTIl^ CAÃESDIT des EuangeliHes.
Et ne fi contentât lediEt Caluin etauoirfaiti tort aux ^foÃr es^ il vfi de rrtefine audace parlant des Euangelifies. Car enfin Harmonie fier le premier de S. Matthieu il les accufide n auoir ajfiez, clairement amp;nbsp;affeureement monflré^ lt;jue noÃreSeigneur lejus Chrififioitdefiendu delà race de Dauid.
Cela eft faux, amp;nbsp;eft vn vray traid de la charité amp;: vérité des peres de Haren. Car Caluin allègue là ce que les autres en pen-fent amp;nbsp;difent impudêment, amp;nbsp;y refpÃdâfo-lidement puis apres. Quelle raiiôndoncy a il dâimputer cela a Caluin, finon la mal-uueillance?
CALVIJSl^ CMESDIT DES Patriarches.
Il mefidit de meÃne des Patriarches : car parlant dt.yihraham Jur le aô de Genefi^ ⢠il l'ac-
lâApologie de I. Haren. 519 il I accufe auoir 'violéla Loy du mariage contre la 'Volontéde Dieu tordre de nature: çéf que le lignage de lacob ne'viet que d 'vue fuan-te ordure, .^ue [vne des deux filles de Laban quefioufia Iacob.^n elîoit (a femme légitimé (fiquot; que ledi£î lacob s'esioit méfié auec fes femmes dvne façon brutale. Ilcenfure CMoyfe^efiri-uantfiirlei2 e{Exûde.,'verfet32. Toiuleurs commentaires font prefiquefarcis de telles efifre-nees hardieffes (fi temerttez, ,par lesquelles cor-rompans toute la fainUe Efrtture ils tont appropriée a leur sper nicieu fs erreurs amp;nbsp;herefies. ^uelmalpltisgrand eufipeuarrtuer a lâEgltfi Chrefiienne^que celteplaye que luy ont fatéie les Protell as, nonfeulement d'auoirreuoqué en doute laplus part des Hures delà fainlle Efriture , ains de les tenir pour fufiecls (fi reieLlellS^ L'epilire catholique de fainél laques, qui pref fi les hommes a exercer bonnes æuures, Luther tappelle epilire de paille. L'epilire aux Hehr teux efl pleine de nÅuds, cedttil, (fi contre-uenantea [Euangile: (fi pourtant elle ne doit ejlre tenueprocéder ny de S. Paul, ny de quelque autre K^polire. ^fidutant en dit il de Ifd-pocalypfe. D'autres n'ont eu honte de dirc^, que la fécondé epifire de fainLi Pierre efiottfauf fiment attribuée afainà Pierre, (fi quelle efloit faujfi. Les Hures des (Machabees font apo-
530 Response de F. I.
cryphes, ce dtfent ils : auÃi font ils contre eux-Plufieurs d'entre eux tiennent la plus part des Hures du quot;vieil TeUament non pour quot;vrais^atns comme hiPloires morales reprefentees aux yeux des hommes pour reformer leurs vies a tuÃtce amp;nbsp;vertu. nbsp;Vn des premiers ^yHintHres d'en
tre eux mquot;a fouuent dici (ju il ny auoit tamais eu de lob, que les hifoires f Adam, Samfin, autres ne font véritables. nbsp;nbsp;nbsp;Il y
a quelque temps, qùeHanten Hollandes vn Douleur de la matfnde charité en ma prefin-ce fi moquoit de Ufaincie E[criture-. defiant ferieufement repris difioitauoir apris des Commentaires de Caluin amp;nbsp;d'autres Protellans, qu'il n'y auoit nulle certitude de qui nous tenions lefdiHes Efcritures, (éf t'H lesfalloit tenir pour vrayes, ou point. nbsp;nbsp;nbsp;le connoi cer
tains C^itniHres audiEl pays de Hollandes qui publiquement autorifiz, mefmedesCMn-gisîrats font profeÃton de celle inique amp;nbsp;dia-' bolique religion des Libertins, nbsp;nbsp;en ont faici
imprimer des gros Hures.
lâeufle vrayetnent pensé que les peres lefuices euflènc bafti tout cecy amp;nbsp;donné a Haren fa leçon, fi ie ne voyoye quâen ce-fte An il parle toufiourscommedefaper-fonne. Et certes câeft vne piece digne de Jean Haren , pleine de vanité, pleine de
men-
A lâApologie DE I. Haren. 331 menfonge,amp; pleine dâimpieté. Premie' rement il reprend Caluin de ce quâil nâa-prouue pas le faict des Patriarches Abra-hâ amp;nbsp;Iacob poflible ne trouueroit il point mauuais, sâil luyeftoitloyfible de faire de mefme auiourdâhuy. Mais eftil fi nou-ueau es fainétes EIcritures, quâil n'entende pas que les exemples des fainds nous y font propofez, les vns a fuiure amp;nbsp;imiter,les autres a fuir amp;nbsp;euiter? Voudroit il donc aprouuer enfuiure lâyurognerie de Noc? lâincefte de Lot ? lâidolâtrie dâAaron ? lâhomicide de Dauid ? amp;nbsp;autres choies fem-blables, puis que lâEferiture les recite de cesfainds perlonnages? Combien mieux dit faind Auguftin ? ^andnou^lifôns telles chofes y dit il, esptinlies Efiritures, il Cmtr^ mg-notts faut pas pourtant croire quilles nous fail-le aufi faire pour ce que nous croyons quelles ont elle failles, de peur que^ nous ne violions lescommandemens quand nousjùiuons lese-xemples par tout. 11 a falu que Caluin e-feriuant fon Comentairedift fonauis,sâil trouuoit le faid dâAbraham amp;: de Iacob bon ou mauuais.il dit quâil le trouue mauuais, amp;nbsp;eft aisé a monftrer pourquoy.
Et vous Haren le trouuez vous bon, en bonne conicience î Vrayement telle
5 52. Response de F. I. quâelle eft,fi mâalîèurc ie quâelle ne le trouve pas bon. Pourquoydonc blafinez vous en Caluinle iugement que vous mefmes en feriez, s'il le vous falloir faire fur voftre conicience ? Si vous dites quâil en iuge trop afprement amp;nbsp;rigoureufêment, poflîbley a iltrouuélafaute plus grande que vous ne faites. Et vous aufli dâautrepart, raportez fes paroles dâvne façon plus atroce quâil ne les a pas dides : qui eft vne charité que vos pereslefuitesnous preftent trefuolontiers. Carautretnêtil nâeftrien plus certain que cela, que lâvn amp;nbsp;lâautre ont failt;ft contre la Loy de Dieu amp;nbsp;de natu re, concernante le mariage; de laquelle dit le Seigneur lefus, dncommMcementilneftoitpMainfi. Quant aufaiétdeMoyfe, lesiugemës font vn peu plus diuers,meftne entre les anciens. Mais qui ouyt iamais dire, que pour cela ils sâat-tachalTent lesvns contre les autres, amp;nbsp;le prinfentparles cheueux? Ils eftoyent plus fages,modeftes, amp;nbsp;charitables que cela. Louez cefte vertu des Peres,amp; la fuiuez. St: vous ne combattez plus, pour iuftifierlcs fainds en leurs infirmitez. Mais câeftaf-fez debatu lacauiè deCaluin,quevousa-uez tant iniuftement aflà illi en ce difeours. Son ame vit es cieux, amp;; fes eferits en terre, qui
A lâApologie deI.Haren. 33 5 qui fe defendent aflez deux mefmes fans moy,contre Ies abois amp;nbsp;morfures des ma-ftins que Satan excite de iour en iour. Mais afin que Caluin ne fuft point tout feul mis es tens, lean Haren vient a parler de ceux qui reuoquent en doute lâautorité de quelques liures : amp;nbsp;combien quelle foie fort difterente entre les vns amp;nbsp;les autres, toutesfois il enuelope tout enfemble de faid dâauis,afin quïl puiflemieux fauuer ce que fes peres lefuitcs pretendent, par lesmarefts. Ainfi il reproche premièrement a Luther les iugemens, quâil a donez du commancement trop a la chaude contre les Epiftres de fainét laque, amp;nbsp;aux He-brieux, amp;nbsp;contre lâApocalypiê de S. lean: amp;nbsp;diflimule malicieufemét quelemcfme a tenu tout autre langage,quand il a puis a-pres efté mieux inftruiôt, amp;nbsp;sâeft modefte-ment déporté de fon audacieulè cenfure. En quelle foya peu Haren parler des premieres fautes trop hardies de Luther, amp;nbsp;laiflèr les amendemens en arriéré, finon quâil a pensé quâil en ayt pris a Luther comme a luy, amp;nbsp;quâil foit allé de mal en pis? Apres ilfe fcandalize de ceux qui tienent la fécondé Epiftrefaind Pierre pour fup-pofec,amp;: les Machabees pour Apocryphes.
354 Response de F. I.
Quantalepiftre S. Pierre,ce ne /croit rien de nouueau, veu qu acienneniêc plufieurs Eglifes amp;nbsp;gens de bien en ont ainfi iugé, comme nous liions en Eufebe quafî par tous les liures de fon hiftoire Ecclefiafti-que. Pour le regard des Machabces, ceux qui les appellêt Apocryphes quedifent ils autre chofe, que corne I Eglife ancienne a did ? car c'eft auflî a bon droid que nous deuons en cecy préférer le iugement dï-celle a vn Concile de Carthage apofté,veu que ces liures nâont pas vnc telle correfpo-dance quâil apartient auecla dodrinedes liures Canoniques,corne S. Auguftin mef me a fort bien oblêrué fur lâhiftoire de Rc-zaia,qui cft au 14 chap, du fecôd liurc. Que CCS liures là facent contre nous tant qu ils voudront, ils ne peuuêt rien du tout a lâencontre de nous: toutainfi comme ny ces liures là , nyfemblablcment nousnepou-uons rien contre la vérité. Quant aux calomnies qui sâenfuyuent puis apres, la re-/ponce eftaifee.Nous ne croySs point,Haren, quâil y ayt de tels Miniftres corne vous dites, qui ne reputent non plus les hiftoi-rcs faindes que des moralitez, amp;nbsp;qui /oyêt Libertins dedodrineamp; de profe/fio auec le bon gré amp;nbsp;aueu de leur Magiftrat. Sâil y en a,
A L Apolocie DE I. Haren. 53; en a,ils font hypocrites corne vous; amp;nbsp;fom-ines afleurez que Dieu les defcouurira, quelâEglifeen fon temps nâoubliera point défaire fon deuoir contre tels gamemens. Le mefme difons nous du MagiftratChre-ftien qui eft en Hollande : amp;nbsp;en general ic Vous remercie au nom de tous, que lâinimitié que vous portez a la vérité amp;nbsp;vos reproches leur feruiront dâaiguillon a mieux faire que iamais,amp;sâabftenir dechofe re-prochable: qui eft vn des profits (comme dit Plutarch ) que les gens fages amp;nbsp;bien- a-uifez doiuent recueillir de leurs ennemis. Mais vrayement câeft vn plaifantdifeours, amp;nbsp;vne preuue non reprochable que fait Haren, quand il prend a tefmoin vn Do-éteur de la chambre de charité Quand ainfi feroit, Haren neveitil iamais vne a-raigne qui fucçaft fon venin dâvne bonne fleur? ou vnecharoigne qui tiraft des rayons du Soleil là punaifie? câeft ainfi que Dieu endurcit les cÅurs des mefehas, Haren , amp;: quâil fera du voftre, fi vous ne vous repentez bien toft, amp;nbsp;vous conuertilTez aluy.Mais ceDodeur la mêtoita plaifir,amp;: y prenoit dâautant plus deplaifir, pource quâil péfoit voâ faire dcfplailir.xar il iugeoit
35^ Response de F. I.
alors de vous a tort, que vouseftiez meilleur Caluinifte que vous nâeftes Chreftié. Et puis, qui cft ce qui ne fache qu'vn tel ne peut dire vray, qui im pute a Caluin amp;: aux Proteftans ces blafphemes contre la fain-dc Eferiture ? Nous qui expofons fans crainte noftre vie pour letefmoignage de la vérité que nous auons aprife des faindes Efcriturcs,nous qui fouffrons tousles iours pour icelles,nous qui appelions au tefmoi-gnage dâicelles contre toutes les fraudes de Satan dont Haren eft miferablement enlacé , ne monftrons nous pas deuant Dieu amp;nbsp;fes Anges,deuant les hommes amp;nbsp;toutes creatures, voire mefme deuat tous les diables dâenfer (qui en creuentdedefpit) que nousfommes plus certains des faindesEf-critures, amp;nbsp;reconnoiflbns mieux la vérité dâicelles, amp;nbsp;lâaimons plus, que noftre propre vie ? 11 faudroit des petis enfans, a qui lâon tafehaft de perfuader ces contes:enco-res ne les croiroyent ils point ; tant eft puif-faute la vérité que nous auons connue amp;nbsp;embraflèe par la grace de Dieu, amp;nbsp;la pro-feflîon que nous en faifons manifefte.
DES
A lâApologIE DE I. Haren. 557
DES ^SCIENÃ SAINCTS
Peres.
La tenter né nbsp;nbsp;nbsp;hardtejjè infupportable des
ProteÃans eÃtropgrande,d'o(erainà mes dire des anciens Peres Dcchurs de l'Eglifedaplus part defquels ont endurcie martyre pour le nom de le fui ChriÃ. nbsp;nbsp;nbsp;Sain^ deny s C/ireopagite
dtfciple de faincl Paul, çéf duquel lâEÃriture faine te fait mentioneà appelle'vieil refteur. S. Cypriam martyr (fa excellentD o^eur eà tenu pourÃupide (fa delaiÃe de Dieu, (fa depra-uateur delà penitence. S am ci lean Chryfa-Ãome eà 'vn obfcurcijfaur de noÃreiuÃification. 'Pdazianz.enus eà 'vn caufeur. nbsp;nbsp;S. lt;^mbroi-
fe edioit enfarceU du diable. nbsp;nbsp;Sam ci Hier 0fane
eÃoit conduit par 'vneÃrit diabolic homme iniurieux, blafahemateur, mefehant, cor rom-peur de la fainile Eferiture, 'vn 'uray moine, ^licephoruseïl rempli de blajphemes (fa d'inepties. Et ainà ont ils parléprefque de tous les anciens Peres. Chofepour auoir horreur (fa ver-goigne : Et neantmoins tous leurs efertts font farcis de tels blaÃnes (faparoles iniurieuÃs. Voyez BeÃÃ^ fur les \_AlHes chapitre 2j. item 2 Timot. 3, annot. 8. i Corinth. 7, annot. i, (fa28.(fac.
Cefte aceufation ne merite pas refpôfe: car il y a beaucoup de choies faulFes fup-
358 Response DE F. I.
Aft. 15,IJ.
pofees,beaucoup de falfifïces,amp; quafi toutes fansallegatiö dâauteurnedepa{rage:ce quifedeuoit bienfaireen tefmoignagedc véritéParquoy nous viendrons aux pafla-ges alléguez. Le premier paflage allègue de Beize eft touchant Nicephore, lequel fait mention lèulement de feptante hôme^^ a cheual amp;nbsp;deux cens piquiers, qui furent ordonez pour conduire lai nd Paul en Ce-farce.-enlieuque S. Luc faidmention de deux cens gardes par deflus. Befze remarque feulement cefte diuerfité, fans en dire ne bien ne mal en ce paflà ge. Ne voila pas vnegradeoccafion pour luyfaire fon proces ? Et quand il remonftreroit là faute amp;: la nommeroit par fon nom, feroit ce donc vn péché mortel î II y a tantoft quatreans quâvn certain Bufæus a Mayence a defdiet Nicephore en lâorigine des Themiftiens hérétiques , amp;nbsp;a prouué la vraye origine dâiceux contre l'auis dudid Nicephore. Dâou vient, quâil faut que Bclze en porte la pafte au four,corne on dit â amp;nbsp;q ce que Bu-ixus a bien did eft trouuc bon,ce que Bef-zeadideft mauuais? Nâeftcepaslafuft'u-ftondâenuie amp;de maluueillance, qui fait que lesiugemens (ont fi iniques ? nâeft ce pas acception de perfonnes, qui donegra-
ceou
A lâApologie de I. Haren. 539 ce ou difgrace a la dodrine prefentee? De mefme va il aux autres paflà ges qui font puis apres alléguez: tellement que ce feroie tem ps perdu de nous amufer dâauantage a ces allegations.Sur la fécondé a Timothee Befze reprend ces beaux Euangiles dâAb-die, de Nicodeme, amp;nbsp;autres. O le grand crime ! Et pourquoy ne reieCteroit il ces li-nres, veu que S. Hierofme auflî lâa faiôt, Gratian lâa faid en fon Decret, autres femblablemenr,fur tout cofiderans les fot-tifesamp; menfongesquiyfont rédigez?Sur la premiere aux Corinthiens il reprends. Hierofme. O uy, mais il le faid modefte-mét, amp;nbsp;le fait non pour enuie quâil liiy porte,comme ceux cy,mais pour lâamour quâil porte a la vérité amp;nbsp;fainéteté, comme nous deuons tous. La vérité de Dieu,Clement Alexandrin, fainét Auguftin, amp;nbsp;autres luy en ont donné autorité en la matière qui y eftdeduiéte: poureeque fainél Hierofme sây eftoit fort eftrangement abusé. Et vne ame vrayemët Chreftienne trouueroit elle meilleur dâefpargner amp;nbsp;adorer le nom de fainét Hierofme,que dâexpoferamp; maintenir la vérité de la dodrine diuine contre lâabus dâiceluy ?
Y ij
540 Response de F. I.
DES HORRIBLES IHGEMEHS de Dieu tombez, ^ur les principaux chefs des hérétiques^
Lesiugemens de Dieu terribles amp;nbsp;cfouen-tab les y tombez^ur lesprincipauxDoSieurs des Protelîans l'ontfouuh rendu perplex amp;nbsp;eÃon-né. Car ce qu on dit coultumierement leur arri' ueprefqueatow stelle vie telle fin. Ceux qui ontconneu la vie amp;lesgefles de feu CMartin Luther mefmede fa ieuneffe ont toufiours pre~ dild qu il fer oit vne mefihantefin. Ilefloit ambitieux (fifitperbe, autant que personne qui fut de fin temps, nappetant que les honneurs de ce monde, amp;nbsp;neftoit iamais c ont et defia vocation. Etcomeilauoitlefiritfiubtilcurieux.,ilne sâeliudioit qu a fauoir les ars amp;nbsp;fciences défendues de Dieu : efquelles ilprofita fii bien, quils'e-fi oit rendu Us diablesfi familiers ( comme luy-melmele tefmoigne_j par tousfeseferipts^que continuellement il confereit traifiioit auec eux, voire des principaux points de la religion. Ses Åuures êfifis geÃes, que luymef me^ fis difiiples ontfaill mettrez en lumière , tefmoignent a plein que^ ce nelîoit quvn ventre execrable, farci de brocards çfi de fiurrilitez , qui auoit enforcelle les efirits des hommes. Lifiz Us Hures imprimez contre
U P a-
A lâApologie DE I. Haren. 341 le Pape, lean Parcimen.ftem Sermones con-uiuales, amp;nbsp;autresfèmhlahles ordures : y a il chafe au monde pltts orde dr ^ilatne^, que le Jute £1 defdilis Hures ? Safin abienmonslrcle_j courroux de Dieu Jùr luy. Car vn homme de bien non menteur, qui pour lors esi oit au lieu ou il mourut ^m^ a affermé en confidence, qua-uantfia mort le diable fie preÃntaaluy enfiorme horrible amp;nbsp;ejjouuentable,qui l'intimida de tellefirte,que s efiant mis au lili dijjos, il fut trou-uémort 4 heures apres. Voila lejà laire ordinaire des fieditieux d'pet'ittt'bateurs dureposde^ l'EgliJfij-
Les principaux Doôleursdes Proteftas font le Seigneur lefus, Ces Apoftres amp;nbsp;Euâ-geliftcs; defqucls la croix amp;la mort violente pour la plus part eft expofee en lâhi-ftoire de rEuagile,amp;: autres difeours Eccle fiaftiques. Or fi Haren a efté perplex S£. clpouuanté en cofiderantlapefanteur de la croix , ce nâeft point de merueillc : car il nâa onques bien feeu que c'eft , ny de lâhonneur que Chrift fait auxfiens, s'ils fouffrentpour fon nom, ny de l'efperan-ce qui leur eft gardeees deux en la communion dâiceluy. lamais il ne porta cn-graué en fon cÅur ce beau dire de Chrift, Vous auez tribulation aumonde^, mats ayez lean
Y iij
54.1 Response DE F. I.
bon courage:i'ay vincule monde: nefêmbla-* Tira. 1,11. blementceluy defaind Paul, Si noua [om-mes morts auec luy au(?i 'uiurons nous auec luy.Ãnotufouffrons, attÃregneronsnorssauec luy : fi nous le renions luy at fit nous reniera :fi nous fiommes dejloyaux Ãuy demeure fidele il ne fie peut renierfiymefme. Combien quâau reftece nâeftpas vniugcmcnt dâvn homme fage, comme Haren veut eftre, de iu-ger par les euenemens : amp;c. nous voyons que le liure de lob eft plein de ces enfei-gnemens. Mais fur tout, câeft vne chofe ridicule de sâaller attacher contre la vie amp;nbsp;la mort des perfonnes, pour monftrer que la dodrine eft bonne ou mauuaife, quand nous auons vne efpreuue certaine, qui eft la parole de Dieu , pour en donner fain iugement. Encores fi câeftoit vérité ce quâil amene,poflible trouueroit il gens qui luy prefteroyent audience. Mais quand il feiert des armes defauftèté pour batte deçà delà , comme vnaueugle, fans aucune diferetion : qui eft lâhomme fage dâentre nous qui nâen rira ? qui eft lâhomme anisé enlâEglife Romaine qui nâen pleurera, de ce que leur caufe eft non défendue, mais trahie, non fouftenue, mais renuer-fee par tels appuis de vanité ? le laiflè ce
A lâApologie DE I. Haren. 545 quâil dit de rambitioamp;: orgueil de Luther: car a vn furon qui fe fourre par tout, come A* afaidHaren,tousefprits font ambitieux, sâils n'appiaudiflent a fes intentions. Mais cequâil dit des ars diaboliques eft vne cho-fe tresfaufle,que l'on ne fauroit protiuer ne par tefmoinsfuffifans,neparefcript;carau contraire Luther auoit lâefprit fi net, quâil nâetift: pas voulu fouftnr me(mc dâvn diable: combien moins de toutes les légions quilèruenta la Magie amp;auxars deTole-de ? Mais quoy ? ce mefme blafme a iadis efté imposé a Chrift amp;nbsp;aux Chreftiens. Il ne faloit pas queLuther euft meilleur marché que fon Seigneur. Quant aumeftier de brocarder amp;nbsp;larder les perfonnes fans lardoire, ce n'eft pas vne choie nouuelle quâo le blafme en Luther. Côbien que fou-uêtesfois on appelle brocards amp;nbsp;repute on pour façons vicieufes, les paroles coürtoi-fcsqui font côfites en fel auecgrace fans ve-nin:en quoyLuther a fingulieremét efté riche en fon lâgage maternel.Mais posé quâil y ayt du vice, pourquoy eft ce q Harê luy reproche ce q il auoit apris au cloiftre, ou il auoit efté mis tout ieuneJles liures desMoi-nes, .^MdrageÃmalta,Dormificure, beta^Menoty amp;nbsp;autres sêblables ne sot ce pas
Y iiy
544 Response de F. I.
les threfors de fornettes amp;quolibets,ou les cloiftres eftudient toute rannce,amp; quâils pratiquent foigneufement en la femaine dedeuant Pafque,quâils appellent femaine blanche? Si Luther sâeftoit reueftu de ces armes au monaftere,amp; ne sâen eft peu desfaire auflî toft quâil en eftforti, que pouuos nous de cela ? Quenecommancent ils de bonne heure a aprendre autre modeftie amp;nbsp;granité a leurs nouices ? Sâils le faifoyent, ils feroyent profit non feulement a eux-mefmes, ains aufli a nous. Car nous de noftre cofté nous aurions moins de pene a dcfmoiner ceux qui en vienent : amp;nbsp;eux du leur en fentiroyent moins les aiguillons. Mais ic voy bien que câeft ; pource que Haren nâa point apris cefte belle feience quand il fut ieune,maintenant il fefait entree a quelque cloiftre, afin quâil aprene le meftier , amp;nbsp;quâil le puifle exercer contre fes meilleurs amis amp;nbsp;anciennes con-noiflà nces. Et certes il monftre bien quâil y a apris défia quelque chofe,par le dernier difeours quâil fait cotre Luther : car iamais Staphylus ne les autres n auoyêteftcfi fub-tils, de defcouurirle myftere que Haren vient a pronôcer touchant la mort de Luther, qu'vn diable foit venu, ayt intimide Luther,
A lâApOLOG IE DE I. H AREN. 345â Luther,amp;c. Or contons vn peu cnfcmble, Haren, afin que nous entendions la vérité du faid.Ceft home de bien,non menteur, dont vous parlez, Haren, ce nâeftes vous pas ; car iuiquâicy vous ne vous elles pas monllré homme de bien,amp;non mëteur: amp;nbsp;puis aulîi Luther eft mort a Illeben lâan I ^46. auquel an vous elles né,ou enuiron, fi iâay bonne louuenace de vos propos que iâay ouys de vollre bouche. Câell homme de bien là ,qui quâil foit, ou elloit il quand Luther mourut, en celle mefme nuit?E-ftoit il en la chambre ou il mourut? car sâil elloit dehors, il nâa peu tefmoigner de ce qui fe feit dcdans;veu mefmemêt que Luther mourut celle nuidla, amp;nbsp;nâen conta les nouuelles a pe^ fonnc.Sil en tefmoignc, câell par opinion, ou par ouyr dire: lâautre quiluyadidtefmoigne aufli par ouyr dire, amp;ainfi infiniement. Quienferadonc le telmoin,fino le diable?Or ne ce tefmoin là ,nâautre tefmoin qui full ablênt, ou qui foit ennemy,nâell receuable en tefmoigna ge felon le droit denature.Et puis,quâa fait ce tefmoin depuis ce temps là âcaries autres grands ennemis deLuther nâen ont rie feeu, vous en elles le premier porte-nouuelles. EU il polTible qu'vn homme de bie,
j4lt;î ResPONSE DE F. I.
amp; non menteur, ayt fi longtemps tenu fa langue quoy, fans dire vne telle choie,iuf-qu a ce quâil trouuafl vos oreilles dignes dâvn tel meflà ge? A il tenu fâ langue fi long temps ferree ? a il cuidcela fi log temps en fonchomach? nâa il peu vomir fon ordure, finonenvos oreilles â Cefthommelà me-riteroit dâauoir charges grades amp;nbsp;fecretes, puis qu'il a tenu fi log temps fècret ce quâil a feeu, nâeftoit quâil s'ert monftré indiferet en vne choie, dâauoir defcouuert fon fe-crctavntel depofitaire corne vous. Mais ce nâefi: point cela: vous nâeftes point fi c5-fcicncieux,que vous ne forgiez telles cho-fes du voftre, pour gratifier a lâEglifcRo-maine prétendue, car elle reçoit volôtiers telle ordure en fon giron, pour en infecter la doiârine des Proteftans. Si quelcun le vous a diét, auez vous eu Ci peu de ceruel-le,que vous nâayez point conneu la rufe de ceperfonnage ? Ilacetché de vous gratter là ou il vous demangeoir, pour vous faire rire. Cela nâelî: pas eltre menteur fimple-ment, mais bien eftre menteur amp;baueur tout cnfemble Mais ie ne doute point de ma part q vous ne preftiez ce plaifir a Luther,côme vous faites le fuiuat a Caluin,amp;I que ce ncfoirouurage de voftre forge.
LA
A lâApologie de I. Haren. 347
L A MORT DE CALTIT^,
Caluin eà mort deÃÃere, eÃant tourmenté dvne infinité deÃales efi ordes maladies, deà quelles Dieumenaceenja Loy les en fan s rebel-\ les ohfiinez. Ce que te peus affermer efire 'vray,pour auoir efié lors prefintamp; tefmoin oculaire de fa mort. nbsp;nbsp;Sa -vie rt auoitiamak ellé
quvnpur chagrin ,efiant dun naturel ambitieux,malin,enuieux,colere a outrance, mefdi-fantde tout lemonde, hardi menteur çf fou-pfonneux. Combien defoû a il mis la 'utile de Geneueenarmes,les bourgeois naturels contre lesefirangers,prelts afe couper la gorge les vns aux autres? (fi n'a ceféapres le retour defon ha-nijfement, tant quilaytfaiEi chaffer dillecles meilleurs familles, (fi fatllpubliquement mourir les gens de vertu (fi Æ honneur. nbsp;nbsp;Carlofta-
dtus, vn des premiers perturbateurs de lâAUe-maigne,felon queferiuent mefme les Lutheries, a eu le col rompu du diable. Zuingle efi mort miferablement a la guerre, (fid'autresfefont pendus (fi defèfperez. : les autres font morts portant les armes entre les foldats a la guerre : dautres fefont iournellement Turcs (fi (Mahometifies , comme il efi auenu a Paul K^lciat, a fyidamus (MiniÃre de Heidelberg que i'ay conneu,(fif0n copaignon Syluanus, qui
548 Response de F. I.
de Catholic deumt Lut herten, puis CaluiniÃt, de CAluiniÃe^rrien^drd (Ãirrien Turc .lequel eà ant aceuÃpar [Empereur a la tournet Imperiale de Spire,Frtderich Elecleur Palatt» luy feit trencher la teÃe. Tne infinité dautresÃrtans de [efiok de Geneue amp;nbsp;de Heydel-bergfe fint faiéîs Arriens , comme Valentin Gentil,Blandrata, Bernardin Ochin,çfi uutrei fimhlahles.Siton eufl examinétotu les zMini-fires du Palatinat, lors que Syluanus cfi (Adamus furent pris efi conuincus de leurs erreurs, certainement ton euîl defiouuert que beaucoup d autres efioyent fimblahles a eux. Bucer us apres auoir par efeript public enfiignéla plurali-litédes femmes efirepermifi aux ChreÃiensyà mort auec MunÃerus comme luif.
Pûl-7J,4-
Comme ce nâeft pas vn tefmoignage de la grace eternelle de Dieu sâil nây a point de nÅuds amp;nbsp;de liens en la mort, veu quâil y a des mefehans qui meuret fortalaigremct: auflî nâeft ce pas vn tefmoignage de fa ma-ledidion eternelle, fi quelqucsfois les gens de bien font exercez de grandes deftrefles amp;:pouretez au dernier de leur vie. Caria patience de ceux-cy glorifié la puiflà nce de Dieu,amp; lâalaigrefle de ceuxlà eft vne demonftrance manifefte quâil y a vn autre iugemêt auenir,comme l'Apoftre mefme enfei-
A lâApologie de I. Haren. 549 enfeigne aux Thcflaloniciens. Si donques Theffi,«. lafinChreftiênedc Caluin acompaignce dâvne fainde patience iufques ala mort en fes angoiflès,a fcrui a la gloire de Dieu (come certainement elle a ) en prefence de plufieurs perfonnes honorables amp;nbsp;crai-gnans Dieu; comment sâeleuent auiour-dâhuy des grenoilles qui a force de crier coax penfent tant gaigner iùr le monde, que les gens de bien ne puiflent auoir a ia-maisaudience.Mefmemêtvn tel grenoil-lat comme Haren,qui ne pourroit leuer le muièau hors de lâeau, fi Icslefuitcsneluy preftoyent le dos pour lâeleuer, amp;qui ne fait pas encores fi Dieu luy redemandera fa vie entre les rofes,ou entre les efpines. Il dit queCaluin eft mort deiêfperé.câeft me-fonge : il dit quâil le peut affermer pour a- . uoireftéprefcntamp; tefmoin oculaire de (à mortx'eft encor vn autre menfonge, mais qu'il nâen defplaifc a fes yeux voltigeans, qui font tefmoins conftans amp;nbsp;eternels de fon inconftance éternelle. Car pour dire vray,il fê deuoit nommer tefmoin auriculaire,amp; non point oculaire-Caluin nâeftoic pas fi affamé de vifites,ne fi deftitué de bos amp;nbsp;amiables vifiteurs qu'il falluft aller quérir vers la porte deriuevnnouueau-venu
35â0 Response de F. I.
pour lâaller garder en fon extrémité, amp;nbsp;l'amener iufqu a l autre codé de la ville de Gcncuc. Et vous auflï, Haren,n'efticz pas li habile,que pour vos beaux yeuxon vou-luft importuner Caluin contre G propre volonté de vous prefenter deuant Iuy,puis qu'il auoit requis quâon priait Dieu pour luy amp;nbsp;quâon le laiflaft en repos, lâcftoye de ce temps en compaignie de gens qui ordinairement auoyent nouucllcs de luy, Si auoyét boaccès aluy.-maisiamaisil ne me print enuiede luyeftreimportun, entendant fon indifpolition amp;nbsp;fon alFeétiô.Mais voyez encores vne autre habilité de Haren, Luy qui eftoit tou tfres-venu, amp;nbsp;qui n'aveu Caluin (sâil lâaveu) que vers la lin de fa vie, lors que fon poure corps eftoit exténué a merueilles, luy, di-ie,aefté fi in-duftrieux amp;nbsp;fi bô Phyfiologic, quâa la veuc de quelques iours il a reconneu tout le naturel, amp;apris toute la vie de Caluin fur le doigt. Voila comment incontinent il vient a defehiffrer le naturel, les mÅurs, la vie, amp;nbsp;les faiéts de Caluin, corn me sâil euft veu a lâÅil toutes chofespafter:amp; en fomme faiét Caluin auteur de tout le mal qui fut aCeneuedefon temps,Maisquoy?
ce
alâApologie de I. Haren. 35â1 cenâeft pas Ia vérité,câeft laffcäion amp;la maluueillancc qui parle .⢠a laquelle quiconque aiouftefoy, monftrcra aufliqu'il a faute ou deiugement, ou dâafFedion bone , humant plus roft la baue d'vn menteur a louage,que dereceuoirletefmoi-gnage public d'vne ville amp;nbsp;de tant de gens de bien qui alors y ont conuerfé. Autant en fait il des autres quâil dénommé a-preSjZuingle,Bucer, Munfter ( quâil charge de fauflédodrine contre toute vérité) amp;nbsp;dâautres,qu'il dit en gros eftre morts mi-ferablement, sâeftre pendus, amp;nbsp;auoir efté defelpercz:defquels il nâa eu nela veue, ne le tefmoignage, pour en parler ainfi. Or quâeft il befoin desâarrefteratouscesme-fonges quâil produit fans tefmoignage? Nous viendrons aux chofes fpeciales. II reproche ceux qui fe font faids Turcs amp;nbsp;Mahumetiftes, Paul Alciat, Adamus,Syl-üanus. Quant a Paul Alciat, ildeuoitbien autant falloir,q ce miferableeftoit forti de lâefcoleRomaine.Quant a Adamusamp; Syl-uanus,luy mefme rcfpôd pour nous. Car il dit,Syluanus de Catholic deuintLutherië, puisCaluinifte, amp;c. Il eftoit donc forti de lâEglifepretêdue Romaine, mais ilnâeftoit
jyi Response DE F. I.
pas forti de toutes les corruptions dâicellc: ileftpafséparle mylicu de nous aucc fes corruptions,amp; sâeft aile rendre aux Arrics, Par-ainfiil auoit fi mal profité en l'Eglifc Romaine,quâil ne le peut amender en no-ftrecompaignie: amp;nbsp;pourtant a changé de maiftre. Cela ne nous eft pas blafme, quâil nâa poït faid là demeure entre nousxâeuft efté blafme,sâily full volontiers demeuré. Mais Adamus,qeftoitla legereté mefme, poffible a ferui dâexemple a Haren (qui dit îâauoir conneu ) afinquâil bondiftamp; ^ute-laft cà amp; là comme luy. Dâautre-part que reprocheil a nosEglifcs? Il reproche des iniferables que l'Electeur Fridcrich Prince de grande pieté nâa peu foufFrir,amp;arvn defquels il feit trencher la tefte.Quelle fol-lie eft ce de reprocher amp;nbsp;nous blafmer dâvne choie,qui a efté condamnée amp;nbsp;cha-ftieeparlcntccepubliq de nos Seigneurs, luges, amp;Magiftrats,auecapprobation de nosEglifes? Mais voicy bien encores vne autre fubtilité. Si on euft lors examiné, die il, tous les Miniftresdu Palatinat,oneuft bien defcouuert dâautres myfteres. 'Voire, mais Haren ( qui a toufiours eu cefte bonne grace de lè fourrer esCours,amp; fc mefler dâafaircs pour tout gafter ) deuoic venir a
Hcy-
A lâApologie DE LHaren. jyj Heydel berg, amp;nbsp;fe mettre en ficge de lâEIc-âeur, ou obtenir coramiflîon tendante a ces fins, que luy mcfme en perfonne feifl lâexamen desMinirtres. Ileuft donné là v-ne belle efpreuue de fon habilité. Mais ce miferableiait-il bien cc quâon y a faid? fait-il bien les diligences quecc vertueux Prince en a faidesamp; deiour, amp;nbsp;denuid? le mâaflèure quâil nâen (ait rien du tout, non plus quâvn enfant. Cependant ilnâeftpas enfant a mefdire d vn tel Prince, duquel la pieté,côftance,amp; fyncerité a efté telle, que fes propres ennemis font eue en admira-tion,comme fil auoit oublié fon deuoir en chofes de tellecofequence. Toutesfois encores ne luy eft- cc point airez,fil n'attache les Elcoles de Geneue amp;nbsp;Heydelberg, comme fi elles auoyét enfanté des A rriens par maniéré dédire. CommequiâIl nomme trois Italiens,de(quels nul, a mon auis, ne veit iamais Heydelberg,amp; tous ont veu Geneue quafi fculemêt enpafià nt. Celuy qui y a demeuré leplus,nây a pas efté vn de my an;amp; quad il penfa vomir le venin q u'il auoit aprisamp; aporté dâailleurs, futempef-ché de ce faire par voyes amiables premie rcment,puis par autorité publique,qui luy feit abandonner le liculay veu «Sc conneu
Z
5V4 Response DE F. L de long temps, helas, tant dâAtlieiftes amp;nbsp;Libertins en la Papauté;quelle occafion a-uoyeie pourtant de reprocher celle ordure a la Papauté,finon au regard de la negligence de fesDoôleursâLes noftres ont elle diligens a reprimer ces choies par la parole de Dieu, nous eft ce blafme ? les voftrcJ ont efté negligens a ce faire:leur eft ce vertu ? Or fi ie vouloye drefièr vn catalogue de ceux qui lont fortis de 1 Eglife Romaine amp;nbsp;fc font précipitez en mefmcs amp;nbsp;fembla-bles abyfmes,ie nâauroye iamais faiôl. Mais que ne iugeos nous plus toll de la doârine par la regle de la foy,q cil en la parole, que de releuer des fcâdales des perfonnes pour dellruire la foy? Ne vous enmalviuar t, Haren, ne ferez iamais qu'vnc mauuailè dodrineloit bonne,nenousen bienviuar. Reuenons a la bouche de nollre bonDicu pour aprendreamp;reconnoillrcla dodrine iâlutaircamp; bône,amp; lailTans en arrière tous les fcandalcs des hommes:tcndos a la per-feélion, fi nous voulons ellre enfans de Dieu. Celle perfeélion eft en la parole dâi-celuy : car elle eft parfeâc, fuffilà ntepour rendre tout homme parfeél amp;nbsp;appareillé a toute bonne Åuure. Dieu donc vueille nous y diipofercncorps,cname, amp;nbsp;enef-prit.
A lâAïologie DE I. Haren. 5yj prit,par fà grace amp;nbsp;bonté paternelle.
Udit dauoir (jnittévolontiers amp;nbsp;fans regret les efcolesdes ProteUans ^pource qu on voit que finalement ils deuiennent Epicuriens , Li-bertins^AtheiÃeSydsquot;feins religion. Et non fans cauÃxar f iniufie.,ce dit S. leanfira encor tniu-fie^cÃrlefalefefalira dauantage. Et pour dire vray ^tlny a parmj eux aucune forme derelt-gion amp;nbsp;pie tf qui puifjè ioindre [homme auec fon Dieu çffonprochain par charité.
Maintenant le lefuite reprend la parole, amp;nbsp;fait la conclufion du liure. Or ie croi tref bien que lean Haren a quitté nos E-fcoles,pourcequâil a toujours cuydé eftre plus fage que fes maiftres.laquelle prefum-ptionellla mereamp; compaigne ordinaire dâignorance. Mais quant aux caufes qui font icy alléguées pour fa defenfe,elles font fi fauffes amp;nbsp;controuuees, que le monde, voire mefme les aduerfaircs, nous rendront tefmoignage du contraire. Sont ce Epicuriens, qui de fi long temps ont foufte nu la croix des perfecutions?font ce Libertins , qui plus toll abandonent toutes choies que la pureté duferuice de Dieu ? font ce Atheiftes amp;nbsp;fans religion, qui expofent hardiment leur vie pour lâhoneur de Dieu
Z ij
^^6 Response de F. 1.
amp; la religion quâils ont aprife de là parole? Que fil nous falloir faire comparaifon des membres qui font en lâEglife pretcdue Romaine, ce feroitvne longue legende: mais nous ne voulons point en fouiller le papier amp;nbsp;perdre le temps a telles chofes. Et auflî (comme nous difîonsnâagueres) ce nâeft point aux hommes, ains a la Loy,aux Prophètes, a lEuangile que nous regardes,amp; felon quoy nous auonsfaiâ: comparaifon de noftre dodrine auec celle de l Eglifc Romaine iufques icy. Nous auons en nos confciencesparlagracedeDieu vn meilleur tefmoignage;amp;: fommes adeurez quâil fera celle grace au Ledeur equitable de se tir en faconlcience, amp;nbsp;recognoiftreparla conference de ceft eferit, quel parti a pour foy la vraye forme de religion,amp; pieté, qui ioin d lâhomme aDieu par foy,amp;: a fon prochain par charité.
Dieu large e» miséricorde 'vueille faire la me^megrace a tant depour es brebis efarces amp;nbsp;les rejoindre en la bergerie de fon Fils bte aimé^ hors laquelle ilnâja falut ne vie. Ce qùinfallible' ment arriuera atous ceux qui en humilité cer-cher ont la paix çét' le repos de la Chreflienté, amp;nbsp;fi ujn chacuns ejforce défaire fondeuoirente-ïiatouilejl appelle, donnant lieu amp;nbsp;autoritéa l'Efcri-
à lâApologie de I. Har en. 517 l'Efcriture exj^oÃee felon les fens confintemet de t EgU(e catholiciue fans 'vouloir eÃre fage en foy meÃme^ainsenDieu-.aucjuelfoitlouange,honour gloire éternellement.fyiinÃfoit-il.
ïây maintenant bone confiance au Seigneur, que nous auonsenlapourfuitedc ce difcours furmonté l'erreur qui faitlèpa-ration entre nous a noftre grand regret : amp;nbsp;mâaflèure que les vrais fideles le fendront auec nous sâils veulent prendre la peine de poifer le tout felon Dieu, le fupplie donc Dieu le Pere amp;nbsp;noftre Seigneur lefusjqu il face cefte grace aux poures ignorants, que le diable foitauflî furmoté en leurs cÅurs, amp;nbsp;a tous ce bien quilfoitrepoufleamp;fen-fuyede tous ; brief que Chrift foit Sgt;c demeure propice a fon troupeau lâayant recueilli en vne bergerie amp;nbsp;appaifé en ky a toufioursmais.Amen.
F I N.
4
I