RESPONSE CHREST lENE ET MODESTE AV LIBELLE iniurieuxamp; non Chreftien, publié par A N T H OIN £ Lescaill £,amp; nommé par luy
Inquisiteur.
plvs vne response avx paraphrases duditLefcaille,par luyintitulées,DocTRiNE Ancienne.
ITEM VNE AVTRE RE-Iponfe à la faulTe dodrine ngt;ilè en auant par ledit Leicaille, touchant le I v g e-ment de Diev.
IA lt;\v E s Covet PariÃenmi^ ntjire de la Parole de Dieu.
DE lâimprimerie
DE lACOB STOER
D. xcin.
au Ledeur.
O M M E nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hayjjant
^tielqtte T^oytranfcriroit contre ' I luy pour le fleurir toutcequH ' aurait autresfou ouy dire contre leî T^rans^'è^ cjui aurait lt;juelquç_^ diffèrent ^Uec'finytZagi^atmettrait en auant con~ ^reluy à me/me fin^tout cç_^ qui aurait efié ilt;tdu efcrit ducontrç_j toiu les iniques ^efcbans lUges^e^ c(l^fans confiderer qu'il deburoitauoirprouué ce 2oyeÿreygt;n7yran O ce yrCagiffrar 'vn mefchant iuge deuanc ^ue de leur approprier tels blaf me s. ^infi tn a^fait Le faille^ à l'endroit de nous qui efionsfis Tajleurs quand ayant trouué'ttn petit traitélatin compofi contre les Inquijî-teurs d'Lffagnç^y par quelqu'un qui pour toit bie eÃre mieux d'accordauec nous qua-Uecluy ilfi l'efi fait tranfiater enfianc^oist peur, y entremefiant quelque chofi du fen^
à calife quil n^floitpas encores afe^a^reà Ãngre,daräer contre nom tout ce qui a-, eÃe elttamp;' eÃcrit contre les faux âPafeursqui fe-dufét lespeuples. Qjie s*tl nom euf auà Uen prouués efrefaux Pafleurs^ comme il a prou uéatomqutl eÃvn faux CbreÃien^Ãs ef cris ne nom euÃetpas eÃe addreÃes fans rai-Ãon. Mais puis quâil ne l*a fait^ nt ne leÃu-roit fairem, Dieu mercy, nom attendons '»n droi^liu^ement du Lecteur,
RES-
Response
chrestiene et
Modeste av libelle iniv-rieuxamp;non Chreftien publié par An-thoine Lelcaille nommé par luy,
Lâ^nti-JnquiÃteur.
Plt;iif Iaq^es Covet PariÃenMi-nÃre de la Parole de Dietf,
I iâeftoye nourri en vne autre eC. choie quâen celle de nollre Seigneur lelus Chrift, ie me trou-ueroyc auoir vne bien longue ref-'4:^ ponfe à faire à Lelcaille, fut le grand nombre dâiniures par trop eftranges defquelks par Ces libelles dirtamatoi-res, il a blafonnc MonGeur Conftant amp;nbsp;moy amp;nbsp;tous autres Gdeles Pafteurs annonçans mefme doôlrin â que nous, faiidroit regarder à luy ref-pondre en forte que felon la loy de talion, ie luy fciife receuoir iniure pour iniure, auec telle difference toutesfois, entre ce quâil a fait amp;nbsp;ce que ie feroye, quâau lieu que ce quâil a fait en-uers nous a cfté auec toute faufleté amp;nbsp;menfonge.
I
6 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Re^ou/c ChreÃiene Ã
au contraire tous les titres qui luy fcroyent donnés, luy appartinilènt en toute vérité.
Et ne veux pas diffimuler que sâil mâen euft falif venir là ,ie nâeuflè eu allez dequoy le fleftrir à bon efeient deuant toutes perfonnes vertueufçs,veu ce que fauons au vray de fes comportemens pat ceux qui quafi dés le berceau lufques a ce jourdâhuy ont bonne cognoiiïance de luy,mais fi en playdant pour le merite des bonnes cciiures il eft cependât luy mefmes mauuais operateur,iâay-rae mieux que cela fe cognoill'e par Tes faiéts que par mes efcrisjiSc sâil châgeen mieuxie tjendray fa perfonne en ce changement plus digne de lou ange que de blafme.
Et câeft fans doubte,quâil ne demâde pas mieux que de nous faire fortir dehors des bornes dcî vrays Chreftiens à fon excinple,il ne fut trefeon-tent de tirer de nous quelque telle refponfe, afin depouuoirdire, que rendins ainfi iniurepour iniure , nous ne ferions pas (au moins en cere-gardjmeilleurs Chreftiens que luy.
Mais outre ce que lâamertume des propos outra geux quâil a vomis à lâéconttc de nous cft défia au cunemét adoucie par la fouuenance de ce quâvn Payen mefmes nous enfeigne,difant que les blaf-mes mis en auant par telles bouches, tournent ordinairement à la louange de ceux contre Icf-quels ils ont efté defgorgés, mais nous nous con-lolonsen ce faiél.encores mieux par ce que nous fauos que quand quelquedifciple des Pharifiens nous appelé Samatitains,feduâeurs,homes pofla dés du diable,ennemis de la loy, du temple, amp;nbsp;dç
Dieu
r^nti-In'quiÃteur £^nt.LeJcaille. nbsp;nbsp;nbsp;~}
Dieu me(me,cc ne font q les mefmcs iniures que fes maiftres ont autresfois defgorgces cótrelcfus Chrill noftre maiftrcjequel pour nous difpofer à les fupporter amp;nbsp;furmôter par patience, nous a ad uertis de boue heure q la condition du feruiteur ne feroitpoint meilleure que celle de fô fcigncur, ni celle du difciple que celle de fon maiftre. Mat. lo.Nous fauôsaufli que le mefmelefus Chi illcn telle forte dâaffliclion nous donne vne excellente cófolatiójdifaiit que nous fommes bien heureux, quand à eau fe de fon nom amp;nbsp;de la profelfion que nous faifons de fa fainde dodrinc, on nous dit des iniures en mentant,Matt.j.comme a fait Lef-caille en celles quâil nous a addrelfees.
Et de fait encores que ne nous voulions pas iu ftifier Pharifaiquement ny deuât Dieu ny deuant les hommes, ny nous vanter dâeftre tellement regencies que nous ne péchions plus,cômc il le fait ayant defpouillé toute honte,ains que nous nous recognoilTióscómettre encores en effedtrop de fautes ne fondas noftre foy amp;nbsp;elperâcc que fur la grace que nous enleignôs aux autres,fi eft-eeque graces à Dieu, ceux qui nous cognoilfentjtefmoi gnerot toufiouis lecôtraire de ce quâil nous met à fus:amp; auôs outre cc,vne cofeiéce laquelle depo-fe frâchemét dedâs nous,que ne fommes loups,ti grcs,ny lions defehirâs amp;nbsp;deftruifans la bergerie du Seigneur,que nous ne fûmes point de lapofte rité fpirituelle ni deCain,ni de Câ:quc la dodri-ne que nousenfeignôs ne mène point les âmes en perdition,ains q lomes vrais Pafteurs de ceux qui , nous font commis en charge,amp; quât amp;nbsp;quât bre-
s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jlejjgt;onje ChreÃiene Ã
bis, au regard de noftre commun amp;nbsp;fouuerain Pafteur noltre Seigneur Icfus Chtiil, que nous auons Abraham pour noftre Pere en la foy, ôc nous cftudions autant que nous pouuons, a lui-urc,amp; faire fuiure fon exemple, rant en ct qui eft delà ferme foy quâil a eue en t itu , quâen ce qui eft des bonnes Åuures vrais funds dâicelle, par lefquelles en obeillant à Dieu, lia glorifie la maiefté dâiceluy au milieu de ce monde.tt quant à ladodrinequenous enfeignons, puis que le texte amp;nbsp;le fubied en eft pris de la parrdc de Dieu, amp;nbsp;lâexpofition en eft puilee des iaindes Elcritu-res,conferees amp;raportees enfemble:ellc ne peut eûre autre que falutaire,nonobftant les outrages vomis à lâencontre dâicelle.
Pour le regard donc de la dodrine,câcft le trait dâvne impudence du tout effrontee, quand il nous obiede que nous enfeignons a nos peuples à mefprifer leurs Magifttats amp;nbsp;à fe rebeller à lâencontre dâiceux. Et comme il ne le trou uera autre qui le depofe que luy, aulîî fon telmoignagc e-ftantfaux,nâeft nullement reccuable.Car au con traire nous auons appris amp;nbsp;toufiours enfeigné paria mefine parole de Dieu , quâil faut que toute perfonne loir fubiede qux puiftà nces fupe-rieures, puis quâelles font eftaolies de Dieu par deftiis nous Kom.ij.y. Tir j. Nous enfeignons a-ueclà ind Pierre, 1.5. quâil faut honorer le Roy amp;nbsp;luy obéir comme au fuperieur, amp;nbsp;parcon-fequent à tous Magilirats fubalternes qui font eftablis de par luy, pour iuger amp;nbsp;gouuerner Ibn peuple. Nous maintenons auec laind Paul
r^nti-Inquifîtcurd'^nt.LefcatUè. 9 quâi! leur faut payer les tributs amp;nbsp;redcuances, Kümains ij.Sc le tout conformement à ce que no ftreSeigneur lefus Chrift adit en peu deparo-les,Matthieu ii.Qi/il faut rendre à Cefar ce qui appaitiétà Cefar.Bief nous enfeignons qu'il leur faut obéir,voire pour la confcience, Romains 13. câeftà dire que quiconques veut auoir fa con-fcience en repos il leur doit porter obeilfance quand,comme Magiftrats fubalternes au regard deDieu qui eftfouuerain par de(ruseuxamp; leurs peuplesjils ne commandent point de faire ce que Dieu a defendu,amp; ne defendeur point de faire ce quâil a commandé.Car en toutes autres chofes tel les quelles puident eftre,nous difons que qui de-fobeit à leurs commandemens amp;nbsp;defenfes,pe-che contre fa propre confcience » puis quâil fait que Dieu lâa alfuietti dedoubs la domination dâiceux. Et Dieu vueille que Lcfcaille qui nous aceufe calomnieufement en cell endroit, foit autant edongné de la creance , des confcils amp;nbsp;delFeins des paroles amp;nbsp;eferits, amp;nbsp;en fomme de la conuerfation de certains Anabapti-ftes de ce temps,qui auiliirent,voire foulent aux pieds lâauthorité des Magidrats,amp; induifent tous autres autant quâils peuuent à future leur exem-ple,commeil ell vray que nous nâauons , ny ne voulons auoir aucune conformité ny communica tionaueceux.
Etfurceci,afindele conucincrc encores plus aifement du faux tefmoignage quâil rend contre tous les autres Pafteurs di nos Eglifes , ie ne feray difficulté de trâfcnre de mot à mot les deux
Io /lejponji chreÃiene 4
derniers articles de la confeflion de nos Eglifes FrançoifeSjcn lâvn defquels, qui eft le trcnteneuf uierme,ilcftditque,Nous croyons Dieu vouloir que le monde foit gouuerné par loix amp;nbsp;polices, afin quâil y air qucllt;^ues brides pour reprimer les appetis defordonnes du monde. Et ainfi quâil a ertabli les Royaumes , Républiques amp;nbsp;toutes autres fortes de principautés foyent héréditaires ou autrement,amp; tout ce qui appartient à lâE-ftat de IulUce amp;nbsp;en veut eftre recognu autheur: à celle caufe a mis le glaiue en la main des Magi-Urats pour reprimer les péchés commis non feulement contre la féconde table des commande-^ mens de Dicu,mais auflî contre la premiere, 11 faut doncà caufe de luy que no feulement onen-dure que les fuperieurs dominent mais aufli quâonles honore amp;nbsp;prife en toute reuerence ,les tenans pour fes Lieutenans amp;nbsp;Officiers, lefquels ila commis pour exercer vne charge legitime amp;nbsp;fainîle. Et au quarantiefmc article qui eft le dernier,y aainfi. Nous tenons donc quâil faut ©bcirà leurs loixamp; ftatuts,payertributs,impofts amp;nbsp;autres deuoits,amp; porter le ioug de fubiedion dâvne bonne amp;nbsp;franche vôlonté, encores quâils fuflent infidèles, moyennant que lâEmpire fou-uerain de Dieu demeure en fou entier. Par ainfi nous deteftons ceux qui voudroiét reietter les fuperiorités, mettre communautés amp;confu-fions de biens amp;nbsp;tâenuerfer lâordre de luftice.
Mais afin que Lefcaille ne die point quâil fiit que noftre confeflion porte cela, mais que nous prefehons le contraire,iefuis contraint dâappeler
t ^nti-InquiÃteur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LeÃaille. il
Içricifa confcienccpour tcfmoigner contre luy deuantDieu amp;nbsp;deuantles hommes, quâen expo-^ faut luy prefent,les mefmes fcntcnces quâil allégué de Sainft lude,iâay clairement enfeigne , de combien grande punition font dignes tous ceux quimcfprifent les MagillratSjSc fc rebellent contre la puilFancc amp;nbsp;authority que Dieu leur a don -nee,amp; exhortéfongneufementamp; ferieufement tous ChrelHens à leur rendre de bon cÅur amp;nbsp;auec toute fidelité lâobeiflà nce qui leur elldeue. Voire ie puis dire celle fainôle amp;nbsp;veritable dourine auoirellé lors fort amplement traittee par tnoy,y ayant plus de trois cens perfonnes irrepro chabies qui le tefmoigncront toufiours quand ils en feront enquis , ce qui cft bien aflez pour faire trouuer menteur cell honimc feul. Etquandiediray quetrauaillant à traitter celle dodrine amp;nbsp;les autres qui font contenues en ladite Epillre deSainél lude au mieux quâil m*e-ftoitpoffible , ce Lcfcaille niefmes y prenoit lors tel gpull , quâil vouloir fournir argent pour en faite imprimer mes fermons,fi ie les euf-fevoulu bailler par efcrit.amp;ellimer dignes dâe-ftre mis en lumière,tant il fe difoittrouuer dâin-ftruôlion amp;nbsp;dâédification en iceux, ie ne diray que ce qui eft vray amp;nbsp;dont il y a bien fix bons perfonnages qui le peuuent tefmoigncr. Et pourtant on void alRz que câeft ici vne calomnie laquelle n*a fondement quâau changement de fon Elprit amp;nbsp;de fa pauure miferable con-fciencc,laquelle quelques nouueaux hérétiques de ce temp$,en reçompenfe de plufieurs plaifirs
li nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JRefponfe chreÃiene Ã
quâil leur auoitfaits, luy ontdutoutrenuctfee' Voila quanta noftre dodrinc fur cc point.
Qnât à ce qui touche lâinquifition laquelle il dit auoir efté pratiquée par nous contre luy, voire a la façonEfpagnolc,câeft à dire auec toute iniquité amp;nbsp;plufque barbare cruautétnous rcfpondons fans nous paflionner, Que fi apres quç Lcfcaillc euft dit à plufieurs, que Monfieur Confiant amp;nbsp;moy prefchionsvnedoôfcrine contraire à celle de no-ftre Seigneur IcfusChrift pour nous eftre enqiiis de luy,en quoy il la trouuoit efire telle , nous a-uons fait vn trait dâInquifiteur dâEfpagnezSi auffi ce a efté pratiquer enuers luy lâinquifition Efpa-gnole,quâd apres quâil euft protefté captieufenaét quâil attendoit tout fon fahrt des Åuures de lefus Chriftjil luy fut demandé sâil entédoit par ces Åu ures de lelus Chrift , celles que lefus Chtift a faites pour nous en fa propre perfonne, ou celles quâil fait en nous par fon Eiprit depuis noftrc regeneration ( 1 à où il refpondit phariiaiquennent quâil entendoit les vues amp;nbsp;les autres, voyrc quâil croyoit amp;nbsp;efperoit dâeftre introduit au royaume descicuxpouramp;enconfiderationde celles quâil auroit faites depuis fa regeneration, par laquelle reipofe il fuft cognu de tous les affiftâs quâil efloit en erreur,amp; qui par côfequentjpource que ic luy en auois fait rinterrogatiô,lâa fait enuenimer cotre moy plus que contre tout autte.) Si di-ie pour luy auoir fait ces deux demandes,nous au ons me rité dâeftre tenus pour Inquifiteurs dâEfpagne, nous en lailfons volontiers le iugement aule-deur. Pour noftrc regardnous auions apris par
r^nti-Inquificeur «T ^nt.Lefcaille. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;15
Fepiftre cét amp;nbsp;cinquième de S. Auguftin, ce qui aduint à pluHeurs bons Euefques aflemblés au co eile de Paleftine, Q^e lâheretiq Pelagius craignât dây eftre excommunié par eux felon ion merite, à caufede ladoétrine quâilaiioitenfeigneeamp; enfei gnoit encores contraire à la grace que Dieu nous fait en lefus Chrift,anathematiza en leur prefen-ccjtousceux qui fe difoientpouuoir viure droite ment fans la grace de Dieu-.cependant il nâenten doit autre chofe par la grace de Dieu que les dós defpartis à Ada amp;nbsp;à Heue, en leur creation à fon image.Mais ces bons Euefquts oyâs cenô de grace,amp; cftimâs quâil parloit de la grace de régénéra tion,cftans auffi trôpés par luy l'abfolurét. Que li ayans iufte occafion,corne ils auoyent,de le tenir fufpeét en fes relponlc;s,pour les côtrouerfes coti nuelles quâilsauoyét eues auec eux, ils lâeufsét in terroge fur ce mot de grace,pour luy faire declarer ouuertemét ce quâil entédoit paricelle,ils euf fent elle hors de dager dâeftre abufés par luy. No* donc profitas en cell exéple trouuafmes expedict amp;neceiraire de faire interpreter à Lefcaille ce quâil entédoit par les Åuutes'de lefusChrift, afin de defcouurir lo erreur,corne de fait il fut deicou uertquâdil euftrefpôdu quâil entédoit par icelles nô moins celles que lelus Chrift faifoit en nos Ã'erfonnes,q celles quâil auoit faites pour nous en a fiene.Ces interrogatiôs doc ayâs elle faites par nous en celle forte laquelle nâeH point 1 fpagno-le amp;nbsp;Marrane,mais Fià ço fe Chcellicne , nous defireriós bien qa a nobreexénle Lefcaille nâcull aucune coformité auec la faulT. doârine des In-
14 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Reî^onfe ChreÃiene lt;
quifitcurs lefuites ECpagnolsjde laquelle tous feJ libelles diffamatoires font farcis, comme nous luy auons cy deuant fonha itté le femblable pour le regard des fales Libertins amp;nbsp;hypocritiquement orgueilleux Anabaptiftes. Qupy plusîvoyant doc Lefcailleque nousconJaninions fes erreurs, il dit que la parole de Dieu.non feulement ne nous permet pas , mats mefmes nous defend de condamner fa doôlrine telle quâelle puifFe eftretee quâil voulut prouuer par le confeil que donna Ga mallei Aóles 5.quand il cinpefcha quâon ne con-demnaft la dodtine des Apoffres , ny aufli leurs perfonnes. Ael.y.Qui pis eft,iladiouffa que nous douions auoir appris ladefenfeq fait IcfusChrift Mat.i5.à fes Apoffres dâarracher îây uroye que lâen nemi a ff mec, amp;nbsp;laquelle croift au champ du Seigneur auec le bon bled , concluant par cela,que nous ne deuions aucunement agir ne contre fa perfonne,ne contre fa doôbrine, quelque faulfetc que nous effimiffîons eftre en icelle, ains la dénions laiffer croiffreiufquesau iour du iugemét. Mais à ceci la refponfe ert aifec, car lans arrefter le Ictffeur à côfiderer que fi Lefcaille tenoit fa do-dtrine pour bié fondée en la parole de Dieu, il ne deuroit effre m irri de la voir examiner par les S. Efcr turesipuis quele propre Fils de Dieu quoy quâil doiue eftre crtu lans répliqué à fa fimpîe pa role,sâcft (oub.nis à ceffe conditio, y exhortât mef mes fes aduerfaircs,Icâ 5.59.amp; ceux de Beroc sot loués de ce quâils ontpratique cela en la doctrine de rApoffre,A6l.i7.n.ildoitfauüirque file con feil de Gamaliel eft bon à lâédtoit dâvne doét ine, de
r^nti-InquiÃteur d'^nt.LefcaiHe.
He laquelle la vérité ou faufleté nâeft point encore biccognue,corne celle des Apoftreseftoit telle du téps d'iccluijil ne sâenfuit pas quâil doiue eftre fui uy amp;pratiqué à lédroit dâv ne doôtrine telle quâeft la fiéne,de laquelle la faufleté eft manifcfteamp;du tout defcouuerte.Car s'il eft queftio d'vne doéfri-ne manifcftement faufle, câeft fans doute quâil la fautlibremet réfuter amp;nbsp;condéner,amp; bié aduertir le peuple de fe garder d'icelle,cômcIefusChrift ad uertiffoit les fiés de fe dôner garde du leuain des Pharifiés,ayant defcouuert la faufleté de leur do-ârine.Dâauâtage il fautregarder q Gamaliel nâa eu pour lors autre intention que de garétir les A-poftres de la rage de ceux quâil voyoit côfulter par trop iniquement amp;nbsp;temerairement pour les faire mourir. Et combié que ce quâil dit foit veritable, aflà uoir que ce quieftdcDicu tiendra ferme, amp;nbsp;ce qui nâeft point de Dieu fera desfait; voire quand bien mefmes amp;nbsp;les Magiftrats amp;nbsp;les Pa-fteurs,chacun en fa vocation ne voudroient point fouitenir la vérité amp;nbsp;vertu ; ny abbatre lâerreur amp;le vicc:de là toutesfois il ne sâéfuit pas que tous fideles feruiteurs deDicu ne sây doiuét emploier, amp;fiiigulicrementceux que Dieu a mis en charge pour ce fairetautremétil eft certain quâayâs à cul tiuer le châp du Seigneur,amp; ne voulâs eflà rter ny arracher les mefehâtes herbes qui croiflâent en ice lui.ils feroyétdu toutdefloyaux en iâex.rcice de leur charge. Deuant toute moiftonon elErtele mieux quâon peuft les melthâtes herbes. Or y a il vnc petite moifsô du châp,câeft à dire de lâEglife du Seigneur qui fe fait dés ce mode par fes ferui-
16 Jie^onjê ChreÃiene «
tears. Et pourtant parlant dâeux il dit que ce font ouuriers quâil a enuoyés à la moifson Matthieu 5. Sc cefte en petite premiere moifson amp;nbsp;par ces petis ouuriers fe fait auffi vn premier petit effar-tement, mais comme la grande moiûon eftpout le dernier iour Matthieu 13. amp;nbsp;que le grand ou-urierymettra la main à bon efeient, ainfifefera lors le dernier total amp;nbsp;general eiFartement amp;nbsp;arrachement de toutes mefehantes herbes. Et pourtant aufli quant à la fimilitude de lâyuroye que lefus Chrift dit ne deuoir cftre arraché quâau dernier iour : entendant par celle yuroye les erreurs amp;nbsp;les vices de plufieurs lefquels on voit germer amp;nbsp;pulluler dans lâEglife, nous difons î que cela sâentend de ce total arrachement de ces chofes: câeft à dire quâil ne faut pas attendre ny efperer plu (loft quâau dernier iour le total arrachement des vices amp;des crreurs,amp; des vicieuxamp; mal seras en lafoy qsot dedâs lâEglife. Car câeft à ce iour là quâil eft referué quad tous les boucs fe* rot mis à la feneflre amp;nbsp;pcipirés aux enfers:amp;les a-gneaux à la dextre amp;nbsp;introduis au Royaume des cieux Mat.ay.Etcelaaeftémisen auà t parnoftre Seigneur lefus Chrill pour feruir de côfolationà 50Eglife,en ccq côbié quâelle ne fc voye point re purgée totalemét tâdis quâelle eften ce môde,fi ne faut il pas quâelle perde courage,commeâfi elle de iioit elite perpetuellemét fouillectains doit cfpe-rer amp;nbsp;sâallèurer quâau dernier iour elle fera nettoyée de toutes les belles fales amp;nbsp;immondes def quelles elle auoitellécontaminée. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il eft donc
bié aifé d'apperceuoir que ce total arrachemétde
cet
L'^ntiinquiÃreur d'^nt.LefcaiUe. ly
ces chofes qui eft remis à ce dernier iour, nâem-pefche pas que ce ne foit du deuoir de tous fideles Paftcurs dâarracher de lâEglilè autant quâils peu-uentles erreurs Scies vices, amp;nbsp;les erransSc vicieux, fi ilsyveulentperfeuerer. Etcâcftauflî à ceci quâa eftc toufiours employee la parole de Dieu, non moins quâà donner les faimftes in-ftruâions delà vrayecreance Sc de toute vertu. Comme de fait câcft à cefte rnefme occafion que elle eft dite par faind Paul, î.Timothee 3. eftre propre aufli bien à redarguer amp;nbsp;reprendre, comme à enfeigner amp;nbsp;inftruire: car les redargu-tions amp;nbsp;reprehenfions font les premiers moyens donc on vfe en ceft endroit; amp;nbsp;fi on les reiet-te , alors on palfe iufquâà la condemnation fo-lennelle du vice , ou de lâerreur Sc de la perfon-ne qui demeure obftinee amp;nbsp;opiniaftre en telles impiétés amp;nbsp;iniquités. Et câeft ainfi quâen a fait melâmes noftre Seigneur lefus Chrift , lequel Lefcaille ne voudroit pas aceufer ( comme ic croy ) dâauoir efté femblable aux Pharifiens qui faifoyent tout le rebours de ce quâils enfeignoylt; ent. Et de fait sâil faloit lailPer croiftre tous erreurs amp;nbsp;tous vices en lâEglife iufqucs au dernier iour, fans les reprendre , réfuter amp;nbsp;condem' ner , amp;nbsp;que telle fuft lâintention de noftre Seigneur lefus Chrift en ce treziefme de fainét Matthieu en lafimilitude de lâyuroye, comment euft il luy mefmes retranché amp;nbsp;arraché tant dâer-tcurs amp;nbsp;faufles doélrines aucinquiefme de fainét Matthieu.oppofanc fa vraye doctrine à lafaufte doârine que les Scribes amp;nbsp;Pharifiens enléignoy-Ã
18 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jlejponfe ChreÃiene Ã
ent touchant leiurement, le diuorce, lâamout du orochain , amp;c mefm'es des ennemis Sc autres telles chofcs ? Pourquoyau feptiemc de faind MarCjferoit il le femblable arrachant la faullè do élrine que les Scribes amp;nbsp;PhariÃens enfeignoyeiit touchant le dcuoir des cnfans à lâendroit de leurs pères amp;nbsp;meres. Et au vingtedeuxiefme de faind Matthieu,touchant lâerreur des Saduciens au re* gard de la refurredion } Et touchant les vices pourquoy fait il dire à (on heraut fainól lean Ba-ptiftc que la cognee elt défia mife à la racine des arbres , amp;nbsp;que tout arbre qui ne portera bon Iruiét fera arraché amp;nbsp;mis au feu , Matthieu, ou il faut bien marquer ce mot de (défia;) car ce mot de, défia, fignifie que ceft arrachement fe commencera par les (éruiteurs de Dieu annon çans fa parole , pour eftre achcué en tout efteét au dernier iour par noftrc Seigneur lefus Chrift. Puis nous voyons ce quâil dit au dixhuiéliefme de fainct Matthieu. Et comment il veut quâon tienne pour payens amp;nbsp;profanes ceux qui ellans trouués en faute, amp;ayans efté repris amp;admone-ftes lelon lâordre que luy mefme propofe en ce pallà ge voudront demeurer opiniaftres en leurs fautes. Car quand 11 veut que les tenions pour profanes , il les arrache luy mefmes de fon E-glifevifible, afin quâils ne foyent plus reputes membres dâicelle. Et câeft au/Ii ce quâil a commandé à (es Apoftres de faire, amp;nbsp;en leur perfon-ne à tous fideles Pafteurs , quand il veut quâils lient, voire des liens du lufteiugementde Dieu, les impenitens, tandis quâils monftrent leur im
penitence
r^nthlnquiÃteur^^nt.Lefiaille. 19 penitence enterre , auec raiFeurance quâil leur ^onne , que ce quâils auront lié auec tel lien en ferre, fera auffi lié au ciel. Car ce font comme autant de mefehâtes herbes, cfpines amp;nbsp;chardons liés en faifleaux pour eftre icttés dans le feu e-fernel, sâils ne fe repentent. Et voila pourquoy aufli fon Apoftre fainét Paul, quant à ce qui touche la faufle doétrine touchant laiuftifica-hon Pharifaique des Åuurcs laquelle les faux do éieurs auoyent femee en lâEglife, il lâarrache tien manifeftement en fes Epillres aux Romains amp;auxGalates, la faulfe doétrine touchant la Ceneau dixiefme amp;nbsp;onziefmc de fa premiere aux Corinthiens : amp;nbsp;touchant la refurreéiion au quinziefme de la mefme Epiftre. Et tant sâen faut quâil faille 1 ailler paifiblement annoncer vne faulfe doélrine amp;nbsp;fans la condemner, que le mefme Apoftre au premier des Galates veut que ontiene pour du tout execrable quiconque annoncera autre doélrine que celle quâil a annoncée: voire mefmes quand ce feroit yn Ange. Auffi voyons nous comment lefus Chrift , Apo-calypf. 1. fe plaint du conduéleur de lâEglile de Thyatire, Pource luy dit-il que tu fouffresque la femme Icfabel qui fe dit eftre Propheteflé (nô-mant du nom de lâancienne lefabel quelque femme Nicolaite)enfeigiie amp;fcduife mes ietuiteurs, pour les faire paillardcr amp;nbsp;manger des chofes fa-crifiees aux idoles. Et quant aux vices nous voyons en vne infinité de fentences le fainél Efprit vouloir quâon tue le vieil homme, amp;nbsp;quâon viue felon le nouueau lequel eft créé felon Dieuj
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JîeF^onJe chre/heneÃ
en Pieté amp;nbsp;iufticcj £pheÃen$ 4. comme il dit lt;^ue nous deuons plus preÃer nos membres pout eftrcinftrumens d'iniquité à péché, Romains 6. comment nous ne fommes point appelés à ordu-TC amp;nbsp;fouülure , mais à toute fandiheation. i. The(raloniflicns,4. Bref comment il dit, t. Corinthiens 6.que ny les paillards, ny les adulteres , ny les idolâtres, ny les gourmands amp;nbsp;y-arongnes, nyles mefdilans nâheriteront point ie royaume des cieux. Car tout cela eft enfeigné par luy pour arracher les vices, comme ce qui a efte propofé cy deuant eil employé par luy pour arracher les mefehantes doôlrincs. Et quant auxperfonnes lefquelles en continuant en leurs erreurs amp;nbsp;en leurs vices , ne font quâinfeder, fouiller amp;nbsp;polluer amp;nbsp;mefmes troubler grandement rEglife, nous voyons quel cil fon défit en geneial quand il ditGalat.5. Ala mienne volonté, dit-il, queceux qui vous troublentfuC-fent retranchés. Mais il nâa pas feulement en ce deïir amp;nbsp;fouhait, ains félon fa charge lâa misa execution , quand nous voyons poui le regard des vicieux ce quâil dit touchant lâinccftoeux de Corinihe , 1. Corinthiens y. amp;nbsp;quant aux erras en lafoy que nous appelons heretiquesquand ils y demeurent opiniaîlres, amp;nbsp;quâils font eui-demment le naufrage en la foy, nous voyons comment il les arrache de lâEglifc, quand illcs liureà Satan, quiefthors de lâEglifc, comme il a fait Alexandre amp;Hymence,i.Timothcc,i.Or cependant câeft fain cl Paul qui sâeft ainfi conduit en fa charge , eftanttoutesfois vndes plus no
tables
1'^ntiinquififeur LeÃaille. z i tïbles difciplcs qnâeuft cu Gamaliel amp;nbsp;mieux co-j gnoilTant que Lefcaille ce que Gamaliel auoit en â I (es opinions qui fuft digne dâeftre pratiqué , ou I nonenfEglifeChrefticne.
Câeft donc ainfi que les fideles fcruiteurs de Dieu à lâexemple de lefusChriftôc des Apodres Huiontcfté fuyuis par tout, les fideles Pafteur» delâEglifeprimitiue, arrachent, autantqu'ils Peuuent , les vices amp;nbsp;vicieux, les erreurs amp;nbsp;(es crrans quâils trouuent en icelle, pour la rendre tous les iours de plus en plus nette , en at-j fendantle dernier iour, auquel, non par la mai« des feruiteurs, mais par la main du Maiftre ânefmes , qui cft noftre Seigneur Icfus Chrift, elle en fera totalement repurgée. Et pourtant le Leâeur peut bien cognoiftrc par ceci, quâa-yansdcfcouuert la faillie dodrinc que Lefcaillc auoit fcmee en noftre Eglife, enfeignant à tous Ceux qui luy prelloyent lâoreille , miâil faloit croire quâen confideration amp;nbsp;à caufe des bonnes Åuures quâon auroit faites en ce monde, on ' (èroit introduit au royaume des deux, nous nâauons fait que noftre deuoir quand nous luy ïuons oppofé la vérité Euangelique , laquelle enfeigne que nous ferons introduis au Royau-descieux, à caufe amp;nbsp;en confideration de4.feu-lesÅuures que lefus Chrift a faites pour nous en fi propre perfonne , acompliftant pour nous toute milice , amp;nbsp;fouffrant toutes les peines quenous auions meritees par nos iniquircz.Auflî quand luy ayant produit les fcntcces de lâEfcritu te qui approuuoyent cefte dodrinc amp;nbsp;reprou-
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uoyent Ia fiennc , nous 1âauons exhorté de quitter tel erreur: amp;nbsp;quand ne voulant laifier ceft erreur pour râembraflet la vérité,nous ne lâauons plus voulu tenir pour membre de lâEglife: amp;nbsp;quand à lâexemple de lefus Chrift qui difoit aux fiens , Donnez vous garde du Icuain des Pha-rifiens , nous auons aduerty noftre peuple de bien prendre garde à foy , amp;nbsp;apres luy auoir par vne longue efpace de temps efclairci celle matière, amp;nbsp;bien prouué la fufditte doélrine ve-ritable.nous lâauons admonnellé de ne fe lailFer feduire amp;nbsp;pipper par Lefcaille pour adioufter foy a la tref- faufle amp;nbsp;pernicieufe dodrine dâiceluy, nous nâauons faid que ce qui eftoit de noftre de-uoir.Car nous difons que fi nous en eullîons fait autrement , nous enflions encouru lâindignation de Dieu, en qualité de chiens muets , ifa. ^6. Et de guettes endormies , Ezcch. 35. nâenflions peu efehapper la vengeance de Dieu, entantquefi nous nâeuflions bien repris amp;nbsp;ad-uerti Lefcaille de fonerreur, amp;nbsp;les autres de sâen garder , câeft fans doubte que le fang tant de luy que de tous les autres qui à fa perfuafion fuflent peris en ceft erreur, nouseuft eftéredemandé. Là ou sâil y périt , amp;nbsp;quclquesau-très qui auront mieux ayméfuyure le menfonge que la vérité, nous fentons en noftre confeien-cevn grand repos , en ce que nous auons fait tout deuoir dâarracher de dedans Lefcaille fon erreur : amp;nbsp;puis dâarracher Lefcaille hors de lâE-glifeperfeuerant en ceft erreur amp;nbsp;continuant à le feiner
l' t/inti-InquipteuY ^^nt.LeJcaiHe. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zj
ie ferner afin que plus aifementvn chacun fe peuft garder de fa fedudion. Orpourrois-ie icy Wonfter comment eft faiótle femblable en lâEgli-fe primitiue en laquelle les fideles Pafteurs à lâtxcmple de lefus Chrift amp;nbsp;des Apoftres nâont pas fi toft defcouuert quelque faulFe doólrine que ils ne fe foyentmis en debuoir de lâarracher par toutes voyes bonnes amp;nbsp;legitimes , amp;nbsp;com* ment ils y ont efte trop plus diligens exaôts amp;nbsp;fe-ueres que nous, mais ie mâeftudieicy à briefue-té. Et cependant, quoy lt;jue ie vueille bien con-feffer, que ce nâa pas efte fans raifon que LeC-cjüle a comparé fadodtine pluftoft à lâyuroye quâau bon bled , amp;nbsp;ce afin quâil peuft conclur-re felon la fimilitudede ce treziefme de fainél Matthieu , que deuions laifler là fa dodrine lans lâarracher, ainfi comme lâyuroye, iufques au dernier iour. Si eft-ce toutesfois que ie ne veux pas eder au Ledeur combien ledit Lefcail-le sâeftmefpris amp;nbsp;mefeonté en ce faid quand il apenfé que celle fimilitude nous defendoit dâarracher de lâEglife celle fienne fauHe doélri-ne. Car puis quâelle a peu eftre arrachée dés cefte heure, ileft certain que nous enflions e-fté iuftement condemnabks , fi nous en enflions referué lâarrachement iufquâau dernier iour ; amp;nbsp;ce dâautant quâen ce deuoir tout ce qui fepeut faire fe doibt faire, amp;nbsp;tout ce qui ne fe Eeut faire, comme Dieu laiflè louuent des etefies pour exercer fon Eglife , il le faut referuer par efperance à lâarrachement qui sâen
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Re^^mfe ChreÃiene Ã
fera au dernier iour. Et nâtft pas inconuenient que comme cefte herefie eft beaucoup plus plau-üble que celle dâArrius , à caufe que tous hommes font naturellement enclins à lâorgueil amp;nbsp;a lâhypocri fie gt;nbsp;puis que celle dâ?»rrius a duré iuf-ques ici depuis plus de douze cens ans en ça» quâil nây ait encores des reftes de cefte ci dâici a long temps : veu quâayant pris fes premiers fondemens dans le Pharifaifme , elle pourroit bien eftre de celles defquelles le total arrachement doit eftre attendu feulement au dernier lour. Cependant comme elle ne tiendra pas fi ferme , amp;nbsp;nâaura pas pris fi profondes racines dedans le cÅur des vns, que dedans celiiy des autres : câeft à nous de lâarracher, de tous les endroits efquels il plaira à Dieu decon-joindreauec noftre labeur , fa fainâe benedi-ôbion. Dâauantage ie trouue quâil eft bien rai-fonnable dâaduertir le Leôleur que Lcfcaillequi feveut faire eftimer tant iufte , nâa pas fait ici vntraidde iuftice : quand voyant que nous trauaillions à arracher fa faullè doftrine des efprits de ceux qui la pouuoyent auoir ouye, amp;nbsp;fc doutant bien que noftre labeur « ne fe-roit pas du tout inutile , il nous a oppoféceft exemple de Gamaliel « amp;nbsp;cefte fimilitude de lâyuroyc , pour conclurrc que nous dénions laifler paifer fa faulfe dodrine, amp;nbsp;ne la point attaquer , ains la laiifer croiftre autant que elle pourroit en lâEglife , iufquâau dernier iour. Car sâil a creu quâon lè deuft ainfi comporter en lâEglife à lendroit des faufles doflri-nes
X -gt;4nriinquiftreur ä'^nt.LefiaiUe. 1$ nes amp;nbsp;quâil les faluft killer prendre place où elles poiirroyent, pourquoydonc eftimant FauHè lidsdrineque Monfieur Conftant amp;moy enfei gnionsà noftrepeuplcjjâeftil mis en debuoir de 1 arracher des efpris de fcsouuriers?pourquoy la il blafmeejreprife amp;nbsp;condamnée ? pourquoy ail tantparlé amp;nbsp;eferit contre icelle î Bref pourquoy ne lâa il laifle palFer amp;nbsp;croiftreiufques au iour du iugement, fans eftre fi diligent à la vouloir arracher du cÅur de nos auditeurs en leur dilà nt quâelle eftoit contraire à celle delefus Chrift, amp;nbsp;leur monlirant pluficurs fentences des Sainâes Eferitures quâil difoit eftre contraires à icelle en lesdeftournantde leurvrayfensjà fa propre de-ftrudion amp;nbsp;à la ruine amp;nbsp;perdition des autres? cela ne sâappele ilpas vouloir vneloy pour fojjamp;v-ne autre pour fes voifins î Car sâil luy eftoit permis,par la fimilitude quâil met en auant de lây-uroye,voire à luy qui nâeftoit pas en vocatio dâen-feigner,de ferner quelque faufle doélrinej fan» quâaucun deuft contredire à icelle ny la réfuter amp;nbsp;condamner pour lâarracher, nous qui eftion» Pafteursjiiedeuions nouspas bien auoir autât de puilfance que luy dâannoncer quelque faulle do-lt;ftrinc,fansquâilluyfuftloifible delà blafmer amp;nbsp;condamner, amp;nbsp;lâarracher du cÅur de ceux qui lâculfent voulu croyreHe ne doute nullemct quâil ne fe trouue vn peu empefehe à refpondre à cefte obiection. Car il fait, amp;nbsp;fa confcience lâen re-dargue,auccplufieurs tefinoignages que nous en auons,amp; comme pour le prefent mefmes nul nâen eft plus en doute,que câeft luy qui a commencé Ã
té /leFponà chreÃiene Ã
faire arrachement de doctrine fur nous,amp; no paf nous fur luyxar ilsâeft bandé contre noftre do-élrinedeuant que nous cognuflions quâilfuften erreur:^ çâa eftélemoyen par lequel nous auons cognu,quâil erroit lourdement, aflà uoir quand il a ainfi côdamne la doôtrineque nous enleigniôs, qui eftoitdu tout veritable,pour y oppofer la fié ne pleine de fauilcté amp;nbsp;menibnge. Et câeft pour-quoy traittanC quelquesfois celle matière , ic nâay point fait difficulté de dire,que veu quâil auoit la reputatio en ce qui touchoit fa marchan-dife,de nâauoir pas vn poids amp;nbsp;vne mefurc pour foy, amp;nbsp;vn autre poids amp;nbsp;mefure pour les autres: ce qui de vray elloit louable, cependant en vn fait de telle importance que cellui - ci, il vouloit vne aune pour foy,en ce quâil vouloit quâon nâar-rachall point fa doôlrine,quclque faullèté quâon trouuali en icelle,amp; vouloit vfer dâvne autre aune pour nous en voulant arracher noftre dodri-ne pource quâelle luy fembloit ellre faulTe. Or pour sây comporter en équité amp;nbsp;iuftice,ou il de-uoit sâabftenir de sâoppofer à la noftre, afin quâon lailTall couler la fiene:ou febâdant contre la no-flre pour lâarracher,foubs ombre quâil lâeftimoit ellre faulTe,!! nâa point deu trouuer eftrange, que nous nous Ibyons mis en tout debuoir dâarracher la lïene,laquelle nous fanions bien certainement ellre du tout faulle amp;nbsp;menfongere.
Voila lonc pour le regard de ce quâil allégué le confeil de Gamalielà la fimilitude de lâyuroye, quand eftant marri de fe voir perdre fa caufe, il fcpicintdcceque nous nous hommes ainfi atta-r qués
r^nti- InquiÃteur ^^nt. Lefcaille. 17 «juésà ladoftrine, pour arracher toutes les racines quâelle pouuoit auoir défia prifes dedans le CÅur de quelques fimples membres de noftre E-glife- .
Maintenant (puis quâil nous y ramené) il fau-droit reuenir aux outrages quâil réitéré de ietter Contre nous eftatleplus fertile quâon puifie voir enlaproduôlion de tel fruiôl. Mais toutesfois fans nous arreller à iceux felon nofttc refolution cy deuant déclarée, ie vien au prétexté quâil leur donne nous taxant de tyrannie en ce que nous ne nous contentons pas quand il dit,quâil fe tient au contenu es Sainôkes Eferitures, au Symbole des Apoftres,amp; à la confefiion de Bafle, dont il retra chera puis apres fi on veut la confeflion de Baflc amp;nbsp;auln le Symbole des Apoftrcs,pour ne plus re-fpondre autre chofejquandonlâinterroguera de fa creance, finon quâil croit le contenu dés Saintes amp;nbsp;canoniques Eferitures. Or fur ceci ie veux premièrement aduertir le lefteur,que sâil a autresfois leu, ou bien oui parler des refponfes quâauoyent accouftumé de donner les anciens he retiques amp;nbsp;fehifmatiques comme aulîi en ce mef metemps plufieurs Anabaptiftes, il apperceura ai fement quâelles Ibnt toutes femblables, car leur couftume porte de ne iamais refpondre à propos amp;nbsp;pertinemment fur ce quâon leur demande, de peur de defcouurir trop manifeftement leur erreur,amp; ce quâils fentét du point duquel on eft en controuerfeimais refpondéttoufiours quâils croy entee quieft contenues Saindes Eferitures: Et ce dâautant quâils fe veulent per fuader que les erreurs amp;nbsp;menfonges lefquels ils croyent font de-
18 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jle?}on/è Clireniene Ã
dans les SaindesÃfcricuces. Et de fait il nouJ â¢uoit dit aflèz de fois pour le nous faire entendre lt;jue toutes les fentences quâil trouuoit dans les Sainôles Elcritures répugnantes les vnes aux autres,!! les vouloit toutes croire fans reccuoir aucune diftindion ou interpretatiô fur icelles. Qui eft autant que qui diroit, quâil veut croire autant dâerreurs quâil en peuft forger amp;nbsp;imaginer fur les fentences de lâEferiture mal entendues amp;nbsp;mal interprétées. Et de fait comme il a efté fouuent conféré auec luy touchant le point de ceflc iufti-ficationdeuantDieUjluy qui veut que le fondement, la caufe voire la matière, de ceftciuftifi-cation foit aux bonnes Åuures que font les fideles,! fouuét déclaré quâil fe tenoit pour ce regard à ce que Saind laques auoitdit,que lâhome nâeft point iuftifié par la foy Iculement, mais auffi par les Åuures.Et nâa point voulu iamais donner lieu ilâoppofition de ce que ditSaind Paul Gal.i.que nous fommes iuftiHés par la foy fans les Åuures, pour par le moyen delâinterprctation finccre, amp;nbsp;de la diftindion quâil faut mettre entre noftre ni-ftificationdeuantDieu, de laquelle parle Saind Paul Gal.i.amp; noftre iuftification qui le fait deuat les hommes,qui eftcelle de laquelle parle Saind laques au i.apprendre amp;nbsp;puis apres confelPer fra chement félon la vérité Euangelique, que comme par la feule foy,appréhendant les Åuures que noftreSeigneur lefus Chrift a faites pour nous, amp;nbsp;les prefentant à Dieu,nous fommes,par le me rite dâicelles iuftifiés gratuitement deuant Dieu; tinli faut il,fi nous voulons que cefte noftre iufti
fi cation
L'^ntiinquiÃtcur dâ^nt, Lefcaiîle. fication,comme aufli la vraycfoy,par le naoyé de laquelle nous lâobtenons deuanc DieUjparoilTe de uant les hommes,nous la failîôs paroiftre par tou tes bonnes Åuures qui font les fruiâs , marques amp;tefmoignages infaillibles d'icelle,amp; defqueiles fortauûi noftre iuftificationdeuant les hommes. Câeft donc en celle forte que cell homme dcuroit croire aux Sainéles Efcritures entendant bien,amp;; puis apres confelfant ce qui cft du vray fens dâicelles. Mais il veut croire le tout confulèmene amp;nbsp;à fa pofte, qui eft autant à dire que rien croire, ou nâauoir point de creance bien aftèurce,ou mef mes fouuent croire quelque menfonge au lieu de la vérité. Auffi ayons nous ouy fouuent fes ref-ponfes pleines de faulfeté, de menfonge amp;nbsp;dâer-rcur,amp; neâtmoins cachées foubs certains termes generaux , comme quand ildifoit quâil nâatten-doit fon falut par autres ceuures que pat les Åuures de lefus Chrift. Et cependant, comme puis apres il en a efté par plufieurs fois con-ueincu, endifantcela , il encendoit par les Åuures de lefusChrift, celles lefquelles il fait en nos perfonnes depuis noftic regeneration. Qui eil Terreur Pharifaique,auquel il eft tombé amp;nbsp;de meuré encores opiniaftre,contraireà la vérité E-uangclique felon laquelle nous debuons croire q ce font les Åuures que lefus Chrift a faites pour nous en faperfonnc,lefqucllesnous fauuent,icel les eftant entendues par lâobeiftance d'vn feul, Rom.J. Ainfi rcfpondoit captieufement amp;nbsp;i»-mais bien à propos Arrius quand iadis eftant interrogé touchant lefus Chriftsâil lecroyoit cftre
JO nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JleÃionà Chrefliene Ã
Dieu,difoit quâouy;amp; cependant entcndoit quâil full Dieu dâvne autre diuinitc feconde, laquelle ne feroit pas eternellc come celle du Pere. Câeft ainfi quâé a fait v n heretique de ce temps lequel confeîroit bien lefus Chrift dire le fils deDieu e-ternehmais ne vouloir point confellèr quâil full le fils eternel du Dieu Eternel. Or mets - ie en a-uant ces chofes feulement afin que le leôlcur co-gnoilTe que cell homme - ci, sâil eull eu quelque droite fcience , amp;nbsp;apres icelle vne bonne con* fcience, premièrement il eull plus fainement, fecondement plus clairement tdpondu,amp; nâeuft point tafehé de couurir amp;: cacher 15 erreur foubs telles tefponfcs generales Et neantmoins la vérité ell que sâil ne lâeullpoint diuulgué enle dog-matifant vers fesouuriersjil nâeuft point eftédef-couuert, dâautant que quiconque nâayant point fait cognoiftre quâil cognoilfe autre chofe, que ce qui eft felon la faine doélrine,vfe de refponfes generales, nâeft point fommé de refpondte plus particulicrement,entant que pour la bonne opinion quâô a de luy,elles font toufiours prifes en bonne part. Mais dâautant quâau parauant ila-uoit condamné la pure doélrine de lâEuangile q nous annoncions touchant noftre iullification de liant Dieu, amp;nbsp;la vraye caufe Sc matière dâicelle* câeft ce qui a fait quâen le faifant refpôdre vn peu plus particulièrement quâil ne falloir au commen cernent, fon erreur a cllé rendu du tout manife-fte. Et afin quâil ne trouue point tant eftrange que nous ne nous foyons contentés,quand il ref-pondoit fimplemct quâil croy oit le côtenu es Sain dies
f^nti-InquiÃteur d'^nt-LcÃaille. nbsp;nbsp;nbsp;} t
ftes Efcritures , amp;nbsp;le Symbole des Apofires , il nous eft permis de luy dire quâil fait bien que non feulement nous difons le mefme,voirc que le pou uions protefter auec vne auffi pure (ciéce amp;nbsp;bon ne confcience que luy.amp;cependant foubs ombre que la doârine que nous annoncions touchât no lire iuftification gratuite deuât Dieu, nâeftoit pas agréable à fon orgueilPharifaique,il ne lailfa pas nonobftant que nous recitiflions noftre creance ordinaire par le fymbole des Apoltres, de nous di te eftre faux Pafteurs amp;nbsp;faux Dodeurs q deftrui-fions amp;nbsp;fcduifions lâEglife. Si donc il luy aefte permis de faire teliugeinentdenousamp; de le di-uulguer qà amp;nbsp;là de bouche amp;nbsp;par efcvit,tâdis que auec proteftation de croire le contenu es Saintes Efcritures amp;nbsp;le fymbole des Apoftres, nous tnfcignions vne doiSrine veritable amp;nbsp;falutaire à lâEglife,combien plus de fondemét amp;nbsp;dâoccafion auons nous eu de le tenir pour hérétique amp;nbsp;fehif æatique tout en femble,quand auec la mefme pro teftatioH que defluSjfaite de bouche feulementamp; non de ccEur,amp; non auec fcience mais entrefgrof fiere ignorance des vrayes caufes de noftre falut, il dogmatifoit aux oreilles de plufieurs, fes erreurs du tout nuifibles amp;nbsp;preiudiciablcs à lâE-glife?
Voire mais il dit que nous voulôs quâon croye pluftoft à nos interpretations quâau texte de lâE-feriturc. Et câeft vne calomnie fi apparente amp;nbsp;fi ridicule tout enfcble quâelle ne meriteroit point derefponfe fi ne voulions le defcouurir en tous fetmenlongcs au ledeur. Car ptemiercmcrV
ft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jle/ponÃChreÃienea
où eft-ce quâil nousâa ouy tenir tel langage lequel ilfaiteftrepropreà lanouuelle Eglife Romaine corrôpue, laquelle veut que quand elle enfeigne ou commande quelque chofe contre le contenu «s Sainôles Efcritures,on fuiue pluftoft Ton enfei gnement Si Ion commandement que celui qui fe trouueraefditesEfcritures? Et comme câeft-là vne des principales tyrannies pour lefquellcs no* nous fommes retirés dâvne telle allèmblee, Dieu sâil luyplaift,ne nous abandonnera iamais tellement , que luy voulions donner place au milieu dâentre nous. Mais il répliquera que lî nous ne lcdifonspas,ficft-ce que nous ne la flonspas de le faire. Et celle fécondé calomnie cft aulîî ridicule que lâautre : car comment fe pourroit il faire que nous voulullîons pluftoft faire croire à nos interpretatiós quâau texte de lâEfcriture, veu que nous ne voulons donner , ny ne drmnonsà lâEglife lâinterprétation dâaucune lentence de !'£ fcriture,que par les autres fentences des mefmes Eferifuresî Et de fait nous proteftons ici deuant tous,que nos interpretations amp;nbsp;celles de tous autres,qui quâils puiftènt eftre,doiucnt eftre reiet-tecs,fi felon lâanalogie amp;nbsp;proportion delà foy elles ne font non feulement bien accordantes auec le texte quâon interpretc,mais quât amp;nbsp;quant bien tonfirraees par les autres fentences des Sainâes Efcrituresjlefquellcs trait tent plus clairement de la mcfme matière. Carauffi nous fauonsquela vraye interpretation de la Saintfte Efcriturc ne fe peut,ny doit tirer dâailleurs que de la mefmcEfcri ture.amp;quâon a autant de liberté à reietter vne in
terpretation
ftAnti^JnilitiÃteur^^nr.Lc/caille. 3} i terpretation qui nâeft point confirmee par lâEfcri I ture,comme ceftuy-là sâen cft donné qui lâa mife enauant fans icelle.Et pourtant aufli nous auons I toufiours exhorté nos auditeurs à vfer de leur li-
no*leur enfcignós,amp; dâelâproiiucr le tout amp;nbsp;retenir feulement ce qui cft bô,i.The.5.amp; dene croire paslegcremctà to*efprisjmais dâefprouuer ceux qui fôt de Dicu.i.Ieâ.4.pour fe tenir aux enfeigne æcsdâiceux. Voire mei'rncs ils tefmoigneróttou-fiours,quâd il en fera befoin,que nous leur auons apris les moyés les plus propres amp;nbsp;plus feurs pour faire celle elpreuue,airauoir en côfrontât le tour auec 1 s S.Efcritures,fuyuât lâexéple qui nous en eft propofé au 14. des Ades, amp;nbsp;regardant bien fi 1 interpretation donee à vne fentencc,ne deftruit point la vérité de quelque autre fentence :car en ce cas elle feroit faufieiRapportant aufliletoutà lâanalogie amp;nbsp;proportion de la fo/j Rom. ix-cn laquelle il nây a quâvnc feule amp;nbsp;fimple vérité. Bref quâils fe fouuiennent que de deux interpretatios, celle qui donne toute la gloire de nollre falutà Dieu fans en tien donner aux hommes, elltouf-ioucs plus veritable que celle laquelle rongneamp; diminue tant peu que ce foit de la gloire de Dieu en ceft endroit pour en donner quelque portion à lâhomme.
De nous obieéler aufli que nous difons les Åu-ures de vraye pieté amp;nbsp;charité lelquelles font faites parles fideles eftre polluescôme vn drap fouit lé dâordure ; nous luy refpondons que celte obic-étiô cft mité en auâc dâvne faeô captjeufe Si plci-
C
54 Jiejponfe ChreÃiene Ã
ne de calônie.Car nous recognoiirons que les Åu ures de pieté amp;nbsp;charité que les fidèles font par la conduitte du S.Efprir,font bonnes, amp;nbsp;feriôs bien maris de leur öfter ce titre de bônes leql Dieu luy mefme leur dône,Mat.5. Mais nous difos quâelles ne font pas tellemét bônes amp;nbsp;nettes , quâelles ne foyée encores entachées de quelque fouillnrepro cedante de nous, amp;nbsp;maintenons quât amp;nbsp;quât que fi on les veut produire deuant Dieu pour eftre lu-ftifiez à caufe dâicelle, amp;nbsp;introduis au Royaume des deux comme le veut Lefcaille en fon erreur, Dieu en ce regard ne les trouuerapas plânettes que le drap fouillé,(cl6 ce quâé dit lfa.au 64.de fô liure.Car tout ce quâil y a de plus net es homes,fi on lepéfepropofer deuâtDicu,pourla fà tisfaâiô de fô exaéte iuftice il sây trouuera rat de tare quâil ne flt; roit point accepté: fuyuât ce que nous liions au 15.de lob, où il eft dit,quâert-ce que de lâiiômc mortel quâil foit pur,amp;de celuy qui eft né de fem mc,q il foit iufte.âvoici il ne sâalfi urc point fur fes là incts,amp; les cieuxne fetrouuét point purs deuât Iuy:Et côbien plus eft abominable amp;nbsp;puant lâhom me qui boit lâiniquité comme lâeau?
Nos Åuures donc lefquelles nous faifons félon pieté amp;nbsp;charité par la vraye foy depuis noftre regen« ration,font bôncs:mais imparfaitement bon ncstelles feruet à glorifier Dieu en ce mode: mais elles ne ferôt pascaulèsde nous faire glorifier en lâautre:elles nous font bié feparer dâauec les mef chas amp;nbsp;iniuftesrcomme cftâs nos vrayes marques, mais elles ne feront pas caufes, de nous faire reput er iuftes deuant Dieu ; elles fubfifteront, mais
nquiÃreur Æ^nt. Lefcdille.
â¢quot;ais ce fera deuât la grace amp;nbsp;mifcricotde de Dieu laquelle exemptera amp;nbsp;elles,amp; ceux qui les auront faites de la condemnation que meriteroit leur ta-regt;amp; imperfedio vicicufe,tandis que le iügemét â¢le Dieu trel-exaól prendra fa. fatisfaélion amp;nbsp;Ibn Contentement entier en celles que lefus Chrift a faites pour nous en fa propre perfonne auec vne ttefparfaicemét iufte amp;nbsp;fainfte obeiilà ncc muers â luy.Et ceci nâcfl: point vne glofc flatereflc comme lâadit eftre Lefcaille pour induire les hommesà tnal-.ains câeft vne doôltine veritable laquelle apprend aux homes à neprifer ny leurs perfonnes nyleurs Åuures plus quâils ne doiuent:amp; à rédre la gloire amp;nbsp;la louange qui appartient à lagrace de bicu.Mais câeft bien vne glofc flaterelfe quad on Veut perfuader aux hommes à la façon de Lefcaii le gt;nbsp;quâils font tellement patfaids en faimfteté amp;nbsp;iuftice,quclcs bonnes Åuures quâils font fe trou Uerontfuffîfautes au iour du iugementpour en contentant Dieu les fauuer amp;nbsp;leur donner entree au Royaume des cicux.Et corne cefte glofe eft fla teteiTeauftinefcttellepasà humilier les homes deuant Dieu qüi eft le vray chemin du falutrmais à les enorgueillir Pharifaiquement qui eft le che-tan qui meine à la mort amp;nbsp;condemnation éternelle; Câeft auili vne femblable faulfeté de nous obieóber que nousdilbns les bonnes Åuures nei fetuirderien à noftre falut: car nous ne croyons dcnâenleignonspointtelle choie : ains croyons amp;nbsp;enfeignons quâil nous faut cheminer par icelles pour paruenii au faluterernel, puis que Dieu les a préparées à cefte fin, Ephefîens,!^
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^3 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Jle^oajéchrefliene Ã
Mais nous cnfeignons que neantmoins elles ne font ny ne feront iamais la caufe pour laquelle nous ferôs faits participans du falutcternel: ains que ce fera la feule grace amp;nbsp;mifericorde que Dieu nous faitenfon fils bien-aymé noüre Seigneur Jefus Chrift quad il nous impute amp;nbsp;alloue gratuitemét celles que luy-mefmes a faites pour nous en fa propre perfonne pour noftre iufiifica-tion. Qu^ fi la faillie doôlrine de Lcfcaille aupit lieujalfauoir que ceux qui font régénérés amp;nbsp;conduis en ce monde par le fiiinól Elpric, fîflent les Åuures à caufe defquelles ils feront introduis au royaume des cieux, veu que tous vrais fideles font régénérés amp;nbsp;conduits par lâEfprit de Dieu en ce mondcjil faudroitdonc conclurre,quetous fidèles feroyent fauués à caufe des bones Åuures quâils auroyent faites;amp; par fécondé confequéee bien manifellefaudroitconclurre que celles que lefus Chrill eft venu faire en ce monde en fa pro pre perfonne, ou ne lêruiroyent à rien quant au falut des hômes,(qui eft vne grande abfurdité laquelle rendroit inutile fon incarnation, amp;nbsp;toutes les dependances amp;nbsp;appartenances d'icelle) ou fer uiroyent à fauuer ceux qui nâauroyent point elle régénérés ny conduis par lâEfprit de Dieu, câeftà dire qui nâauroyent point efté vrais fideles amp;en-fans de Dieu,qui eft vneautre abfurdité no moins execrable que la premiere.
Nous croyons donc amp;nbsp;enfeignons que nous qui aurons efté régénérés par la grace de Dieu amp;nbsp;fanclifiés par fon elprit,nâencrerôs point au royaume des cieux fans auoir fait bones Åuures,puis
que
I nti-InquiÃteur S^nt.Lefcaille. 37 ![uenous nây enti erós point fans auoir eu la vraye oyjaquelle eftant de fa nature,ouurante par cha titéjGal.j.nâeft non plus fans bonnes Åuures que le foleil nâell fans chaleur amp;nbsp;lumière. Mais aufli nous rccognoillrons toufiours volôtiers quâil y a quelquesfois des Eclipfes de bonnes Åuures en noftre foy auffi bien que de lumière au foleil, par certains obftacles amp;empefchemés procedansde noftre infirmité amp;nbsp;de lâintcrpofitiô qui fe fait entre nous amp;nbsp;noftre foy des tentations vehementes lt;luDiable,du monde,amp; denos propres conuoiti fes.Nous croyons donc amp;nbsp;enlcignons que nul ne entrera las bones Åuures au Royaume des cieux, mais nous croyons aufli amp;nbsp;enfeignons que nul nây entrera à caufe dâicelles. Car elles feront bien noftre marque, enfeigne amp;nbsp;liurec laquelle noftre maiftre nous aura fait porter pour fa gloire en ce monde:mais lâentree au ciel ne nous aduiendra point à caufe de celle liuree de noftre maiftre que nous aurons portee en nous adonnant à bonnes Åuures pour le glorifier en ce monde:mais à caufe de ce que Dieu nous ayant cleuz amp;nbsp;adoptés pourficns,amp; nous ayant fait venir à foy par là vo cation falutaire amp;nbsp;pleine dâefficace, il nous aura tellement iuftifiés en fon Chrill, quâen luy nous luy ferons entièrement agréables.
Câeft aufli manifefte calomnie que met en a-Uant Lefcaille à lâencontre de nous quand il dit que nous ne voulons aduouer quâau iour du iuge ment Dieu rendra à vn chacun félon fes Åuures. Car veille grand nombre de fentences des fain-ûcs Eferitures qui porte celle doclrine, il fau-
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JleJJjonJê C^jreÃiene à droit que nous fuHions bien ignorans, fi noii{ ne lâauions apprife, amp;nbsp;que ne fuffions pas moins mefchans fi ne la voulions aduouer pour vcrita' ble. Qupy donc que Lefcaille nous calomnie au contraire ; fi eft-ce que nous croyons amp;nbsp;enfei-gnons que Dieu rendra au iour duiugementà vn chacun felon fes Åuurcs : amp;nbsp;ce dâautant que pomme les bonnes ccuures des vns auront tefmoi gné leur vraye foy aufïî les mefchantes Åuures des autres auront tefmoigncmanifcftemcntleur infidélité. Car câeft ainfi que ce mot de ( felon} Ce doit entendre : afiauoir que felon celle diuer-fc marque amp;nbsp;liuree, les vns feront admis au ro* yaumedes cieux, amp;nbsp;les autres en feront reiet-tés. Mais nous difons que ce motde (felon) ne comprend point en la lignification, la vraye caufe pour laquelle vn chacun receura lors ce quâil receura. Et pourtant aufli quand nous parlons de la caufe pour laquelle les vns feront admis au Royaume des cieux, amp;nbsp;les autres en feront reiettes,nous nâvfons pas fimplement de ce mot de ( felon J mais difons auec les faindes Eferitures, que les mefchans feront reiettes du Royaume des cieux Iclon les mefchantesÅuures quâils auront faites dcauflià caufe dâicelles: amp;nbsp;quant aux bons,quâils y feront admis amp;introduis félon les bonnes pcuures quâils auront faites,mais non pour amp;nbsp;à caufe d*icellts,ains à caufe des Åu-urestrefparfaitcment faindes amp;nbsp;iuftes lefquelles lefus Chrift a faites pour eux en fa propre perfon ne.Cardefaitlcsayansapprchendccs par vraye amp;nbsp;viue foy amp;nbsp;prefentees à Dieu par la melme foy
r^nfi-InquiÃteur Æ ^nt.LeÃaille. nbsp;nbsp;nbsp;39
pource quâelles out eite faites par luy à noftre de-charge, Dieu les reçoit amp;nbsp;nous les alloue par fon infinie graceamp; mifericorde,tout ainli que fi nous les auiôs faites nous meÃt es en nos propres per-fonnes.Et de fait çâa efté pour produire cgt; ft efFeót de noftre faluten laperfonne de noftre Seigneur lefus Chrift que la ieméce de la femme a efte pro mife pour brifer la telle du ferpét,Gen j.que laie mence dâA braham a efté promife pour bénir en elles toutes les natios de la tcrrc.Gen. i8. que lâc-fantnous cft naytquelefîls nous eft dônc.lfa.9.v. tf quela paroleaefté faitechairJeani.que Dieu a eftémaniferté en chair; i. Timot.j. bref que Icfus Chrift le Sauucur eft nay au monde vray homme en tout amp;nbsp;par tout femblable à nous hors mis péché,Hebr.4. afin quâil accomplift parfaiteméten faperfonne tout ce qui eftoit requis amp;nbsp;necellà ire pour noftre redemption.
Or Lefcaille apres nous auoir encores outrages denouueau m vn autre endroit de fon libelle dif famatoire nomméAnti- Inquifireur,amp; ce comme par le rauilfement de quelque nouuel enrhoufiaf me, voulant monftrer qu'il a iufteoccafion de nous traitter de celle forte, voici dequoy il nous accufeir'ô«^ dtieifdit il)^«« «or« n entrerons pM a» Rtyaume des deux à eau fi 0â e'' confideraiio des bones auiires tyue lefiu ChrtSJfait en noM par foS, E/prit par fa vertu dtuine-.ains feulemet à cattfe en couÃde ratio des Åuures ^utl a faites pour nous en fa propre ptr âmeXoila de vray la doôlrine que nous croyos amp;C enfeignôs;amp;: pource quâil veut maintenir lâerreur fQtrairc à icelle quoy quâé plufieurs pcoteftations
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40 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JîeJJjonJè Chreitiene Ã
fiitcs hypoctitiquement en noftre temple, voire y interpofant le nom de Dieu, il ait déclaré quâil deteftoit tel erreur,voici ce quâil adioufte au mef me endroitsfo/j (ÿ- aueuglesyla^uelle efl pim granit rhnmantie de Chri/}ou fa dmtntti ^ui eomtentThimn nit'é? h. quoy ie rcfpon, O pauure Lefcaille ce ne fontpasici vos ongles , voftre ccruellequoy que bienbrufque amp;nbsp;biéfoudaine ne pallèpas fiauât: ce nâeft pas ici vue herbe de voftre iardin ny vne danree de voftre boutique. Nous co^noilPons ceft animal par fes ongles quoy quâil fe loit voulu couurirSc cacher deftous la peau dâvn at.tre Orie demande à ceft homme doéte en volîre perfonne du tout indoéle, Sâil eft fi bon Theologien que dâeftimer «pue pource que la diuinitc de Jefus Chrift eft plus grande amp;nbsp;plus cxccllenre que fon humanité, aufti cftoitelle plus propre à parfaite en foy les chofes qui appartenoyent à noftre rc-demption,amp; lerqucllcs eftoyent du tout neceftà i-res pour icelle,que fon humanité ? Certes fi fon opinion eft telle côine il le monftre bien par cefle obieétiôjie fuis dâauis que pour faire valoir amp;nbsp;re-ceuoir fadite opiniô,on aboliftc toutle confeilde Dieu en lâincarnatio de fon Filsiie fuis dâauis que puis que la diuinité eft plus grade,plus excellente Stpluspuilfante que fon humanité,quâauffife-Jo la cofequéee quâil en veut tirer,elle ait eftéplus propre pour fatisfaire à Dieu 8c payer le prix de noftre redéptiô que nâeftoit fô humanité: quâelle ait eftéplus propre à accôplir la loy à laqllelâhom me eft oit aifuiettirquâelle ait efté plâpropre à fouf frit les douleurs de la vrayemorten Chrid q fon
humanité*
î^nti InqütÃteuvÃ'^nt.Lefcaille. 41 humanité. Mais panure matæologien ne voyez vous point voftre achopcmét,quâd foubs ombre que la diuinité de lefusChriftcft plus grade que humanitCjVo* voulez que nous teniôs pour les caufes de noftre falut les Åuures que fa diuinité, ou fou Efprit diuin fait en nous depuis noftre re-generatiojbamp; âion celles qui ont efté faites pour nous en la perfône mefme de noftre Seigneur Ic-fus Chrift,laquelle perfonne, vous entendez ici, delfoubs le mot de fon humanité? Mais pat où commenceray-ie pour vous monftrer côbien celle matæologie eft digne dâeftre reiettee par tous vrays amp;nbsp;fideles ChreftiensPignorez vous quâii fa loit que le falut de lâhomme full accompli amp;nbsp;acquis en la nature humaine.âIgnorcz vous quâil fa-loit que lâobeiflà nce que Dieu requeroit des hom mes pour les fauucr full rendue en la nature humaine ? Ignorez vous que les peines que nous a-uions meritees de porter à caufe de nos péchés de uoyent eftre endurees en la nature humaine ? Si vous ignorez ces chofes,vous ne fauez pas encores rA,BC,dc la vraye Theologie. Ln apres fi vous ailés compris celle premiere vérité, ignorez vous que qâa efté pour toutes ces occafions quele Chrift eft venu au monde amp;nbsp;que la fécondé perfonne de la Deité a efté faite chair amp;nbsp;sâeft voulu reuellir de noftre vraye nature humaineîignorez vous que câeft pour ces occafions que Dieu a efté manifefté en chair î alTauoir afin que toutes ces chofeseullâentlieucn fa perfonne,voire du collé de fon humanité ? Et fi vous auez appris ce fe-côd point ignoreriez vous ce troifiefme, alïà uoir
4 t Re^onfe ChreÃiene Ã
que dâautant que ces choies lefquelJes deuoyent eflre faites amp;nbsp;fouffertes en la nature humaine pour le là lut des hommes, ne pouuoyent eftre ny faites ny fouifei tes en la perfcdion requife, par aucun de tous les enfans d'Adaubil a falu que le fils de Dieu mefme veftit celle noftre nature hu-r maine en tout amp;nbsp;par tout fcblable à la noftre hors mis peché,afin que la fouftenant par là diuinité, elle pcuft faire amp;nbsp;fouffrir toutes ces choies en per fedion pour fatjsfaire tres-parfaitement pour nous à Dieu lonPerCjamp;demeurer par tout viâo-rieufejafin que le fruid nous en reuinft au falut de nos ames.âNc leparez point incptement ce qui doiteftreconlîdcréconiointeinenten la perfon-ne de noftre Seigneur îefùs Chrift pour lâaccom-pliftèment de noftre falut alFauoir l'on huinanité amp;nbsp;fadiuiniré:fon humanité pour faire amp;nbsp;fouffrits tout ce quâil faloit faireamp; fouffrir en la nature hu maine pour eftre admis au faiut eternel:amp; fa diui-nitéjpour es adions amp;nbsp;pallions du tout incomprc henfibles de fon humanité la fouftenir tellement quâelledemeuraften tout vidorieufe. Au relie quelle nouucIleTheologieeft celle-ci,de tenir les oeuures que lefus Chrift fait en nous depuis noftre regeneration pour Åuurcs de fon Elprit, amp;nbsp;ne tenir pas pour oeuures de ce mefme Elprit di-uin celles qui ont ellé faites par luy en là nature humaine pour noftre faluttmais les reputer comme faites par fon Efprit humain,afin de les rédre de moindre valeur amp;nbsp;efficace que les autres?Câell bien fans doute q câeft lâhumanité de lefus Chrift amp;nbsp;non pas fa diuinité qui afouffert ce quâil a falu
- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fouffrir
t ^nti-InquiÃteur à '^nt. Lefeaille, 43 foufFrir pour noftrefalutcn fa perfonnc. Mais sâenfuie 11 pour cela q lâEfpritdc fa diuinité nâayt point befongné pour noftre falut en fon humanité î le pourrois alléguer plufieurs tefmpignages de rEfcriture,pour approuuer celle vérité noftre amp;nbsp;condamner lâerreur de cell homme, mais pour cuiter longueur, que ces deux nous contentent; Pour le premierjefus Chrift ne sâeft il pas offert en fon humanité à Dieu Ibn Pere pour cftre lâho-ftie expiatoire de nos pechcs?cela eft tout clair:amp;: ie vous prie que dit lâApoftre au neufuiefme des Hebrieuxâne dit-il pas quâilsâeft offert à Dieu foy mefine par lâEfprit eterneL^amp; qui ne fait que cell efpriteternel,nâeft pas foame humaine, mais fon Efprit diuinâPour le fecôdnâeftce pas pour noftre falut q lefus Chrift eft refufeité en fon humanité? nous le là uôs,carS.PaulditRo.4.quâilcft refufci té pour noftre iuftificatio.Et q ditS. Paul touchât celle refurreélion aui. des Rom. finon quâil aefté déclaré fils de Dieu en puillà nce par la refurreétio ,des morts felon lâElprit de fanôlification,qui nâeft pas fon ame,mais fon Efprit diuin ? Sachez donc que câelHâcfprit diuincâeft adiré ladiuinitéde le fus Chrift laquelle a accompli noftre falut en fon humanité, câeft à dire tant en fon aine hurnaine quâen fon corps humain, fâchez auffi pat confe-quentquâcncores que la diuinité de Icfys Chrift foit plus grande que fon humanité, cela ne doit pas empefther,que félon la vraye Theologie Euâ gelique,no* ne teuiós les Åuures lefquelles lefus Chrift a faites amp;nbsp;foufïettes pour nous en fonhu-panité, a/Iiftce continuellement de fa diuinité»
44 Jiefponje chreÃtenea
pout U feule amp;nbsp;vraye caufe materielle du falut de nos ames,amp; de noftre introduftion future au toy aume des deux,fans cercher cefte caufe es boues ceuures que lâEfprit de noftre Seigneur lefus Chriftfaiten nous depuis noftre regeneration, mais quây aura il de bien dit ,⢠que ceft homme ne blafme amp;nbsp;reprenne î Voila, comme nous trai-(âions la doôfrine de la iuftificatiô en laquelle co-fifte lâcfperance de noftre falut, ie monftray premièrement quâelle ne pouuoit eftre appuyée ny fur noufmefmes quelques régénérés q fufliôs,ny fur les Åuures de noftre regeneration, quelque bonnes quâelles peuifent eftre,amp;ce dâautant quâil ny en auoit pas alfez en nom bre ny dâaflez boues, pourtrouueren icelles lâétier accompliftemét de la loy,lequel neantmoins eft neceflairement requis quand on fe veut iuftifier deuant Dieu pat les Åuures. Puis ayant efclarci cefte vérité par plufieuts exemples mentionnés en lâefcrit touchant noftre conference,ie declaray que toute no ftre iuftification deuantDieu eftoit fondée fur vu feul lefus Chrift,amp; fur le merite des feules Åuures que lefus Chrift corne noftre pleige amp;nbsp;moy enneur,a faites amp;nbsp;accoplies pour nous en fa propre pcrfonnc,eftant ce que Sainéf Paul enfeigne Rom.y.quandilditquenouslbmmes fauués par lâobeiftà ncedâvn feul aftauoti lefus Chrift laquel le Dieu nous impute gratuitement comme fi nouf mefmes laluy auions rendue en nos propres per-fonnes , amp;nbsp;pource quâen ttaittant cefte doólri-ne qui pour lors eftoit controuerfe ie priay le peu pic de fc fouuenir que à lâexemple de SaindPaul, i.Cor.
t^nri-InquiÃteur ^^nr. LeÃcaille. nbsp;nbsp;nbsp;4 J
i.Corin.^.nous ne mettions point dâautre fonde-mentde noftte iuftification amp;nbsp;falutque celuy g. eftoit défia mis, alfauoir lefus Chrift mort pour nos péchés amp;nbsp;refufcité pour noftre iuftificatton fuiiuntcequiedefctit Rom.4. Cell homme nous taxe dâarrogance pource que nous auons dit que noi s faifions ces chofes à lâexemplc deSainôl Paul,amp; nous accufe comme fi nous nous difions efttc fondateurs des Eglifes , mais enoppofant pour noftre dcfcnfc feulement lâexhortation que nous fait Sainét Paul dâeftre fes imitateurs i.Cor. n. le demande qui eft le plus arrogant de nous ou celuy qui en fa charge de Pafteur enfeigne a-pres Sainét Paul amp;nbsp;à lâimitation dâiceluy quâen la feule perfonnc de lefus Chrift amp;nbsp;aux feules Åu-ures dâicelle, coiififte tout le fondement de noftre iuftification deuant Dieu , recognoillà nt en toute humilité la grace amp;nbsp;mifericorde que Dieu nous faiél en icelle, ou celuy qui par arrogance diabolique calomnie de blafpheme celle doctrine Chrellienc, amp;nbsp;veut faire appuicr les Chre-ftiens delfus leurs bonnes Åuures? Certes puis que Lefcaille parle pharifaiquement lâarrogance elide fon coftc;amp; lâhumilité letrouuera du noftre puifque noftre doétrine elt vrayement Chreftiene.
Or cell homme qui ne sâeft propofé autre cho-fc que de blafmer amp;nbsp;nos Eglifes amp;nbsp;la dpélrineq y eftannoncée, trouuant encores plufieurs per-fonnes en nofdites Eglifes qui viuent en desbau-che amp;nbsp;diirolution,amp; qui femblent tous les ans amp;nbsp;tous les iours empirer pluftoll que dâamender
4^ Hejpoftà clireÃiene Ã
prend occafion fur cela de conclurre,que donc fa doârine que nous y enfeignons ne vaut rien: car dit-il fl elle eftoit bonne amp;nbsp;fainde,ceux aufqucls elle eft annoncée y amenderoient pluftoft que dâempirer. A qiioy ie reipon que celle obieôlion nâell pas moins ridicdle que malicieufeiamp;ce pour deux raifons. Laâpremieredâautant que graces à Dieu comme il en trouue en nos Eglifes qui cm pirent pluftoft que dâamenderjauffi en trouuons nous qui y amendent pluftoft que dây empirer.Et pourtant fi il luy eft permis^ pour ce qui aduieiit auxvnSjdc conclurre que noftte doôlrine ne vaut rienznous nâauons pas moins de fondement de conclurre quâelleeft bonne, par lâamendementq nous voyons aux autres. Lâautre raifon eft dâau tant,que fi fa conclufion eftoit vraye amp;nbsp;tiree de chofesquiluy peulfent donner vn ferme fondement lâon pourroit aulli conclurre par mefme façon dâargumenter,q la dodrine de la loy de Dieu nâauroit pas efté bonne. Car ceux qui ne fauent pas que la plufgrand part de ceux aufqueh on lâé-fèignoit,nelaifloient dâempirer tous lesiours, né fà uroient mieux declarer que parcefte ignorance quâils nâont iamais mis le nés dans les Eferits des Prophètes ny généralement dedans les Sain-dies Eferitures. Et défait les Ifraelites ellans inftruis en la loy de Dieu,laquelle comme il eft ef crit A0i.r5.leur eftoit de toute ancienneté annon cee aux Sabbats,comment sâamendoient ils? lere mie leur reproche quâils font bien t ntédus à mal faire,mais quâils ne là uent rien à bien faire leré-mie rj. amp;nbsp;au deuxiefine amp;nbsp;vnziefine de fon Jiure
en
r^nti-Inquifireur ^^nt.Lcfcaille. 47 en ce qui touchoit proprement la pieté,il mon-ftrc qu ils l'auoyent changée en toute impiété, amp;: leur Religion, port, e pat la loy, en fuperllitiô amp;nbsp;toute idolatrie : quand ils fe profternoient de-uint le bois amp;nbsp;la pierre, amp;nbsp;adoroient les images qu'ils auoient faites,en leurdifant : Tu es mon Dieujtu es mon Pere. Plus quand nous voyons le reproche de ce quâils eftoyent plus empires en Cell I mlroit que les Payensxntant que les Payens qui nâauoient que des faux dieux, toutesfois ne les auoient point changés Ier.2.amp; ceux ci qui a-uoientle vray Dieu,qui tous les iours femanife-ftoit de plus en plus à eux,par fa loy,ce neâtmoins lâauoient changé pour au heu d'icelui adorer les idoles. Comme aufli nous voyons qu'au 10. Sc 44.du mcfme liute,amp; au 44.dâlfaie leur idolatrie eft rendue fi manifefte,quâils ne la pouuoient cacher ny exeufer. Et quant aux mÅurs Ofee pour le regard des Ifraelites nemonftreil point quâils empiroyét pluftoft que dâamender quand au 4.de fon hure il dit quâil nây auoit entrâeux que meur-tie,maugrccment,pariurc,amp; menfonge,amp; quâvn fing touchoit à lâautre fang,câeft adiré que leurs iniquités sâenti efuiuoiéc de fi près quâil fembloit q la fin de lâvnc dônaft toufiours cômencement à lâautre. Que fi Lefcaille refpôd que cela fe faifoit en Ifraellà ou la dodrine delà loy eftoit corrompue ; mais quâen ludaoùla loy eftoitpurement annoncec,on ne trouuoitpas vn tel emp rement: ie rel^pondray queLefeaide nâeft pas encores bien exercé en la ledure des Saindes EIcritures: car il trouuera quâen la comparai Ion quâelf faite au
48 Jiejj^onji ChreÃiene à chapitre du prophete Ezechiel des péchés des If-raelites,câeft à dire de ceux des dix lignées, auec les péchés des 1 uifsôç des habitans de lerufalern, il eft dit que la malice amp;nbsp;deprauation des luifs âi habitans de lerufalern cftoit fi grade amp;nbsp;auoitpris vn tel accroilTement quâcn vn befoin elle pouuoit iuftificr les Ifraelites lefquelscomparés aueceiix ne fe trouueroient pas ellre (î mcfchans quâcuX) amp;nbsp;de fait que ditleremie touchant les luifs au ?⢠defouliure. Vous vcnez,ditil j au Temple ef-couter la loy de Dieu amp;nbsp;y faire vos oblations amp;nbsp;fa crificeSjSc auez cefte vanterie continuelle en vo-ftre bouche difans,Le Temple,le Temple,leTcm ple:amp; neantmoins demon Temple amp;nbsp;de ma mai-fon qui eftoit vue maifbn dâoraifon,vous en aucz fait vue cauernede brigans. Car comme il ad-ioufte pour la prenne de Ibn dire , Ne tuez vous pas,né paillardez vous pas,ne dcfrobez vous pas, ne comettez vous pas adultere,ne iurez vous pas fauHèmentjOe faites vous pas encefemens à Baal, nâallez vous pas apres les dieux cttranges?Et nâell ce pas auffi de cellempiremét tout manifclle que parle Ilaie au premier de fon liure, quand il dit que nonobftant les bonnes inllrudions quâils a-uoient receues, amp;nbsp;les chaftiemens que Dieu leur auoit fait fentir pour les corriger amp;nbsp;amander, ils eftoyent tellement empires foubs fa verge , quâil ne vouloit plus frapper.dilantque câcftoit autant de temps amp;nbsp;de coups perdusiveu quâeftans tellement batusamp; rebatus,que depuis la plate de leurs pieds,iufques au fommet de la telle , il nây auoit rien dâetier en eux,mais toutesplaies amp;nbsp;meurtrif-fures
ï^nri-InqMtpteur^^nt.LeJcaille'. 49 fares, ce neantmoins empirans tous les iours, ils neceflbyent dâentafler péché dciïus péché, amp;nbsp;dâadioufter vue preuarication à lâautre. Et câcft au/Ii ce que prouue manifeftement fainél Paul au î.des Rom.contrc les luifs de fon temps,lefquels empiroycnt pluftoft que dâamender,côbien quâils ' eulfent la loy de Dieu entrâeux : Tu es,dit il,fur-nommé luif, amp;nbsp;te repofes du tout en la loy amp;nbsp;te glorifies en Dieu,amp; cognois fa volonté,amp; fais di fce ncrcequi eft contraire eftant inftruit par la loy, amp;nbsp;te cuidcs eftre conduéleur des aoeugles, inftruéleut des idiots, amp;nbsp;des ignorans ayant le I patron de la cognohlance amp;nbsp;de la vérité en la loy:
Toy donc qui enfeignes auti uy ne tâenfeignes tu point toy-mefmes, quiprefchcs quâon ne doit point defrober,defrobes-tu,quidis quâon ne doit point commettre aduberc,commets tu adultere, qui as en abomination les idoles, commets-tu fa-crilege,toy en fomme qui te glorifies en laloy,def honores tu Dieu par latranfgrcffion de laloy?
( Car le no de Dieu eft blafphemé à caufe de vous entre les Gentils.Mais il nâeft ia befoin desâeften dre plus auant,puis que ces fentences de lâEfcri-ture font plus que fuffifantes pour faire cognoi-ftre quâil ne faut pas iuger par confequence necef faite, quâvne Religion ne foit pas bonne quand ceux qui sâen difcnt eftre ne valent rié,ou quâvne doitrine ne foit pas fainéle quand ceux aufquels elle eft enfeignee ne viuentpas fainéfement- Et pourtant ie dy que lâobieétiô que Lefcaille a mife-ici en auant cotre noftre doélrine nâa que du vent peftifcré-QjK û nous voulons parler non pas con»
50 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2leSjgt;onJé Chre/liene Ã
me Lefcaillegt;mais comme L s fainlt;äcs EfcritureSj nousdirons auec S PauLRó.y.quc la loy de Dieu nonobllant tous tels accidens amp;nbsp;toute la dt sbau-chc qu'oaperçoit en laplufpavt de Cvux aufquels elle eft annoiiceejamp; fidelemeut enfeignee, ne laif fe pas dâellre fainóle,amp; Ie commandement fainâ iulle amp;nbsp;bon.Etpar mi (me moyen reïpondrentà lâobieólion de Lefcaille que la doótrine Euangeli que laquelle nous annonços (încerement ne laif fera dâeftre bonne amp;nbsp;fainôte, encores quâil sâen trouue plufieurs de ceux qui lâefeoutent, qui en toute leur conuerlation dâan en an font pluftoft empires quâamendés.Car corne il y en a toufiours qui profitent amp;nbsp;amendet, faifans luire leur lumie rc deuant les autres en toutes bonnes Åuures, Matth.5.amp; fe retirant dâiniqu tc en inuoquant le fus Chrilbî.Tim.a.ainfiy en aur i-il toufiours en lâEglife viliblc de tels que ceux defquels parle S. Paul, Tit.i.qiii faifans profelfion de cognoiftre Dieu,le renient par leurs Åuures, cftans abomi-nables,rebelles amp;nbsp;reprouués a toutes bonnes Åu ures.Q^ Lefcaille donc ne trouue point dâoref-enauant eftrange fine voulans pas approcher corne luy de lâAnabaptifine nous ne concluons pas comme luy ces allen blees là nâeftrepoint vrayes Eglifes,cfquelles il fe void encores plufieurs def-bauchés,ny celle doótrine là nâellic point faindc, de laquelle les efcouteur.s pour la pluipart viuent encore s en desbauchement amp;nbsp;dillblution.Car en CognoilTant le contraire,nous mettrons peine i ar bonnes inftiuólions,bons exemples amp;nbsp;continuel le inuucatiou du nom de Dieu de nous améder de
iout
l\y4nti-InqHiÃreur ^^nr.LeÃdille. 51 iour en iour amp;nbsp;ceux qui nous cfcoutent, afin de mener vue vie qui foit conforme à la (ainôletc de ladoftrine qui cfi par nous enfeignee.
Or Lclcaille pallant plus outre amp;nbsp;tendant tou-fioursà mefmebut qui eft de rcnuerler nos E-glifes Sc abolir en icelles amp;nbsp;par tout ailleurs fi il peur la predication de la parole de Dieu,faitauec fraude malicieufe vue comparaifon entre le pro-fitquc reçoiuent les hommes de la conduite deî MagiltratSjSc le profit quâils reçoiuent de la predication de la doôlrine celefte, laquelle Dieu a commife à ceux quâil a ehablis pour la conduitte de fonEglife. Ec fait celle comparaifon de telle forte,que ce nâell point pour fimplemét conclur-te, quâon aye plus grand befoingdes Magiflrats que des Pallcuts.Mais pour conclurre que pour-ueuque le premier demeure,alPauoir la conduitte des MagillratSjOn fe palFera bié du dernier-.alfà uoir de la predicatiô de la parole deDieu.A quoy icrefpon que nous ne pourrons trouuer que trel-bon ce que dit Lefcail.e de la neceffitc quâo a dâa-uoir des Magilli atSjdc du grand bié amp;nbsp;profit qui en renient à cous peuples, veu que sâil nây en a-uoit pointjtoutcs chofes iroyent en confufion amp;nbsp;defordre. Aufli nây a-il perfonne de nous_qui en doubtcamp;quinc fache en vn befoin fonder amp;nbsp;enfeigner vn peu mieux que luy efte doélri-ne,amp; quant amp;nbsp;quant la mieux mettre m pratique. Car graces à Dieu nous auons en main les fentences des fainéles Eferitures par lefquel-les Dieu donne aux;Magiftrats la conduite des autres, amp;nbsp;leur donne puiffance amp;nbsp;authoritc
i) i
Re^onfe chreÃienea fur nous,amp; nous enioint quant amp;nbsp;quant de leur porter obeifTmce.Ce dont auflî Dieu nous a don né la volonté telle que nous la faâfons paroiftre en toutes occafions:^ de ce il en a défia cftéparlé cy delfus.
Et feroit bien à defirer quand il eft queftion de leur porter obeiilà nce en chofes iuftes que Lefcaille euft monftré par effeét quâil veut auoir des Magiftrats pour leur obéir, amp;nbsp;non pas pour fouler aux pieds leur authorité au veu amp;fccude tousjcomme il lâa fait par rebellion audacieufe, quand il nâa voulu obéir à aucun iugemét que les magnifiques Magiftrats de cefte ville ayent doué contre luy,ny à aucun commandement quâils luy ayent fait pour le regard de cefte côtrouerfe.Voi re encores quâil euftprotefté plufieurs fois ( mais câeftoit hypocritiquemencjquâil feroit tref-volo-tiers tout ce que par eux luy feroit enioint amp;nbsp;cô-mâdé: ainfi quâon le peut lireeu fon eferit en la pa gepy.où il leur dit quecâeft deuât eux quâil entéd de debarre fa caufe pour en attendre fentencc de eux,amp; fe regier feló ce quâil leur plaira en ordonner par leur prudence amp;nbsp;fageflâe. Mais cependant nous nâapprouuons ny l'intention nyle but de telle comparaifon, quand on compare tellement ces deux chofes qui toutes deux font bonnes, le-girimeSjVtilcs amp;nbsp;neceftairei,que câeft pour,en fai fant durer amp;nbsp;demeurer l'vne,tendre à lâabolition de lâautre.Car ce quâelles font toutes deux ordon nees de Dieu ne peut fouffrir aucune comparai-fon tendance à telle fin.
£c à vray dire ce quâil veut abolir du tout ou tellement
r^nti-Inquifteur ^^nt.Le/caille. 5^ tellemét auiiir Ia prcdicatió delà parole de Dieu, que les hommes croycnt sâen pouuoir bien paC-1er fans grand dômage,câeft vue perfuafiô laquel le ne doit nullemét eftre admife par le peuple de Dieu.Et fi ie dy que celle opinion tient de lâAna-baptifmcjic diray vray ; amp;nbsp;toutesfois pour auoir pluftoft fait iâen lerray entre luy amp;nbsp;nous le iuge-nientau Leôleur,mâaireurât quesâjla des yeux il sppcrceuraaifecment que telle perfuafion eft v-ne voye hypocritiquemet tracée à toute impiété. Mais afin que ie nâoublie ce dont il vfe pour pa lier 5c comme adoucir cede opiniontaflà uoir que encores quâil ne feface nulle predication de la pa tôle de Dieu,fine lairraonpas dcsâafsébler pour prier Dieu amp;nbsp;lire quelque lermon des Anciens Doftetirs amp;nbsp;Pafteurs de lâEglife , il faut aufii remarquer en cela quâil ne fait quâil dit, amp;nbsp;quâil cft pit trop fouuent contredifant à foymefme.Car fi les fermons des Anciens font viiles, amp;que delà Icfture d'iceuxlâEglifepuifie tirer quelqueprof-fit,pourquoy ne feront vtiles à lâEglife les fer mós des Doôleurs amp;nbsp;Pafteurs de ce temps enfeignans purement ce qui eft côienu en la parole de Dieu? Etfimefine ie dy que la pure predication de lapa tôle de Dieu fait de viue voix par les Paftturs de cetempsjfe trouuera encores plus propre à efmcu Uoir vn chacun à fon deuoir,accommodant les ex hortations dâicelle au téps auquel nous fommes, comme ont fait ces Anciens les leurs auxcircon-ftances de leur téps,y aura il ceruelle no couuer-te dâecailles quinâappercoiue aifcmcntla vérité demon dire?
5
54 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ReJJ)onfe Chrftiene Ã
Et cependant que deuiendra noftre Lcfcaille qui foulant fi arrogaminent à fes pieds toutes interpretations des fainôles Efcritiires données par la bouche des hommes ( feulement en intention de vilipender les Pafteursde ce temps qui tous vnanimcment condamnent fes erreurs) femble a-uoir perdu amp;nbsp;le jugement amp;nbsp;la mémoire touchât ce qui concerne ces Anciens dont il parle, lef-quels fansdoubte eüoyent hommes corne ceux de ce temps, amp;nbsp;par confequent rinterpretation des fajnftes Eferitures quâils ont donnée de viue voix amp;nbsp;lailTee par eferit, eft fortie de la bouche des hommes. 11 fe monftre donc mal ferme en la refolution quâil dit auoir prilè lt;^ui eft de ne rien leceuoir de tout ce qui fortira de la bouche des hommes.Qu^e sâil euft dit au heu de la bouche des hommes,de lâinuention des hômes.nous enflions en cela cfté dâaccord enféble. Car il fait que nous enfeignons felon le 29.dâIf3ie,amp; 15.de S.Matthieu quâil ne faut point rcceuoir en l'Eglife pour cn-Icignementles inuentions amp;nbsp;traditions dcamp;hom mcs.Mais en ce quâil dit quâil ne veut riéreccuoir de ce qui fortira de leur bouche, nous ne pounds pasconfentir auec luy : veu que nous fanons parle 6.dâlfaie;lc i.de Ierem.amp; j.dâEzech.que Dieu a mis fes paroles en la bouchede fes feruiteurs afin que nous les cfcoutiflîons de leur bouche. Et qui plus eft nous voyons que pour authorifer leur predication , amp;pour induire vn chacun à les efeouter : voireanec attention amp;nbsp;rcucren-ce, 11 leur dit. Qui vous efeoute ilmâefcoute, J-ucio. Quand donc Lefcaille ne vtutreceuoir
aucune
l'iAnti-InqMtÃteur ^^nt. LeÃaille. 5^ îucuneinftruction de la bouche des Hommes, il ne fa t pas ce que Dieu luy commande.
Ma s padbns outre : Qu; nd (ainfi que le veut Lefcaille^afin dâabolir la predication de la parole de Dieu,on sâafscblera pour prier amp;nbsp;inuoquer le nom de Dieu,qui ne void quâauec quelque ef-pace de temps, fi celle parole de Dieu nâell point prefehee, on inuoquera auffi toll vn faux Dieu quâon aura imaginé en fa telle, que le vray Dieu? Et certes ie ne fay comment ce nouueau Theologie qui fait tât dâcllat (ce dit- il) de ce qui e11 porte par le texte expres des S.Efcritures,quâil ne vou-dtoitpas quâon sâen ellongnall dâvne feule fylla-be,cepcndant a li toll oublic(voire sâil lâaaurtes-fois blé feu) ce quiellefciit,R.om.io.airauoir que il faut auoir foy pour bic inuoquer Dieu, amp;nbsp;que pour auoir celle vi aye foy, il faut quâon oye pref-cher touchât ce Dieu,amp; que cela ne fe peut faire fans prédicateur , amp;nbsp;quâon nâen aura point finoii qu'il foitenuoyé , là où S. Paul conclud puis a-pres que la foy cil par rouye,voire lâouye de la pa role de Dieu.Et à la vérité la vraye inuocation du nom de Dieu, laquelle fuit b foy, amp;nbsp;ne la prece-deiamais,amp;qui ell la vraye fille dâicelle,vcu que Comme dits. Paul Kom.io.onne peut inuoquer Ccluy auquel on nâa point creu , doit tirer fa forme, comme lafoy tire la fienne de lâouye,de celle mefme parole de D eu prefehee: amp;nbsp;ie di cxprellc-mcc prefehee pour ce que lâefprit de Dieu parlât par lain ÃI Paul delà v. ye ordinaire par laquelle la foy fe forme au cÅur des hommes,nâa point fait mention dâvne fimple leôlure de celle paro-
Jle^onfe Chreftiene à lede Dieu, mais de la predication dâicelle. Dont sâenfuit auffi que fi la predication de la parole de Dieu eft neceiraire pour lâengendrement de la vraye foy,ellc lâeft aulîî pour lâengendrement de la vraye inuocation du nom de Dieu.
Il nâeft donc plus queftion dâouir Lefcaille dire entre les gens de bien, vrais fideles amp;nbsp;craignans Dieu, quâon fepalFcroit bien fix ans d'auoir des prcfclieurs prefchans la parole de Dieu, encores que pour faire couler plus aifement ce venin dedans le cÅur des hommes, il le diC par comparai-fon,difant quâô sâen palleroit mieux fix ans,quâon ne fe palleroit fix iours des Magiftrats. Car nous difons quâon ne fe peut ny doit pafltr ni desvns ni des autres,amp; que ces deux glaiues lâvndelapa role de Dieu en la bouche des fideles PaReurs,amp; lâautre materiel en la main des iuftes amp;nbsp;incorruptibles Magiftrats doiuent perpétuellement a-uoir leur exercice par le monde , pour entretenir parmi les hommes la vraye pieté amp;nbsp;iuftice, amp;nbsp;en examiner toute impiété amp;nbsp;iniuftice.Mais Lefcail lene veut pas que les Magiftrats apprennet par la firedicatiôdelaparolcde i?ieu Deut.15.combien uy amp;nbsp;fes femblabks renuerfansparfauire dodri-ne les confiiences des fimples méritent niftemét de fentir quelque punition de leur part. Au re-fte ceft homme qui a tant de fois confclîé que la pure prédication de la parole de Dieu eftoit la vraye pafture nourriiranr les âmes , fi maintenant il a entrepris de faire ieufner la fienne, pource qu'eftant remplie de vét,ellc a perdu tout Bon amp;nbsp;faiiïét appétit, il ne deuroitpoint porter dâenuie
r^nti InquiÃteuyd'^nt.Lefcitille, d'enuie aux âmes qui font defireuies dâcftre continuellement icpues des lainôles inftruôlionsSdâi telle pour diminuer leur ignorance j defesfain-lt;ïes exhortations,pour amoindrir leur parelle,de tes fainCies reprthenfions,pour rongner tous les iours qutlqie chofe de leurs vices , bref de ces faindtes confolations pour alléger leur ennuis amp;nbsp;triftefiès. Que fi par neceflîté on eft priué pour quelque temps de celle predication de la parolle de Dieu,(comme fouuent cela aduient durant les pecfecutions) nous fauons combien lors fert aux fideles de lire amp;nbsp;ouir lire les Saindles Efcrituresgt; pour ruminer amp;nbsp;méditer les faindes infti udioni quâils ont autres fois receues par la predicatio dâi telles. Mais de dire degayeté de cÅur, comme fait Lefcaille quâon fepourroit bien palFer de la prédication de la parolle de Dieu,cela ne fort ny dâvneceruelle bien raffife , ny dâvnc confciencc bien apprife.
Nous difons donc rondement que lâEglife nâa pas moins dcbifoin,Je fes condutleurs pour la pieté,que la République des fiens pour la police: amp;nbsp;que la côfufion ne feroit pas moins à craindre ne moins dommageable à lâEglife à faute de Pa-fteurs prefehans la parole de Dieu, quâelle le fe-roità la Republique à faute de Magiilrats qui doi uent rendre le droit à vn chacun. Et par meP me moyen concluons que puis que Dieu a voulu que nous eulîîons tous les deux , lâapparence eft grande quâil vaut mieux quâainfi foit,que dâappre dre de ce nouueau Theologien , quâen retenant lâvn t on fe pourroit bien paffer de lâautre fans
58 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JleÃonje ChreÃienea
dommage.
M jntenantdonc ie vien ace que cefl: homme continuant en fes iniurcs , dit que nous Pommes des forceurs de confciences. Et rcfponnctte-ment quâil ne nous eft iamais venu en pcnfcc de forcer ny la conscience de Lefcaill ',ny celle dâau cun autre,tant sâen faut que nous lâayons fait. Et cependant quant à Lefcaiile nous fauons amp;nbsp;lâa-uons bien experimété par effeôtjque fi nous neuf fions peu Monfieur Confiant amp;nbsp;moy defendre la vérité que nous auions enfeignee , amp;nbsp;laquelle il auoit aceufee de faux,d nous euft volôtiers forcés à preftherfes erreurs, par fô zele phanatique amp;par les enthoufiafmes,delquels il sâeft toufiouts monfiré tranfpotté.
Que fi çâa i fié forcer fa confcience que de luy auoir doucement demandé en quoy il trouuoit q nous annoncions V e dodrinecôtratre à celle de lefus Chrifi, comme il nous en auoit calomniés enuei s fes ouurieisiou quand apres auoit ouy en quels erreurs ileftoit tombé pat fa propre i-gnotance, ouplufi lt;ft par la fi duâion dâautruy nous nous fommes mis en tout dcbuoirjvoire a-uec trauâil amp;nbsp;di'igence, pour luy faire comprendre la vérité Euangelique contraire à i-ceux , nous en laillbiis le lugement au Le-lt;fie r.
Mais sâil appelé forcer fa confciéce le comman dement qui luy a efté fait de recognoifire fes erreurs en public,pour ofier le fcandale public quâil auoit donépar iceux,nous difons dâvn cofié quâil peuft bien en quelque forte appeler cela forcer fa confcience
t^nti-InqutÃteur d'^nt. L eÃaille.
confcience, pource que'iamais il nâa eu fa con-fcicnce tendante volontairement à ce fien de-iioir,amp; quâil eft toufionrs demeuré tellement ob ftiné en feserreursjquâil faudroit de vray vfer de grande force,déliant quâon l'amena*! à faire ce qui eft du deuoir de tout homme vrayement re-penrant. Et ce fera cependant,en adiouftant ce qui eft vray, allà iioir q ceftc force dót il feplcint, luy auroit donc efté faite par le Magiftratjequel, apres bone cognoiftace de caure,liiy a p plufieurs foys commâdc de faire cefte recognoillance.Que sâil nâappirfieiitpoint aux Magiftrats de forcerôc contrei ndre telles gens à leur deiioir,ou,sâils font toufioufs refradaires , de leur faire porter quelque peine.poiirce quâils le méritent,amp; que tel e-xemple de chaftiment empefehe les autres de faire le (émblable,ic fuis côtent,comme de plufieurs autres chofes,fans en débatte dâauâtagc,de mâen rapporter à tout homme de fain iugement. I t cependant en attendant quâvn autre que moy en iu gfjie ne me feindray point de dire quâen ce que Le feuille nâa point voulu obéir au commandemét de fô Magiftrat,lequelluy aefté par plufieurs fois réitéré,11 a bien monftrc quâen certaines faifons, (amp; nommeement eftant queftion de fon propre fait^,il le pafferoit auffi aifeement amp;nbsp;volontiers de Magiftrats pour fix ans, que de Pafteurs pour fix ioiirs,amp; des Sentences amp;nbsp;lugemens de fes Ma giftr.its,comme des predications de fes Pafteurs.
Or pour toufionrs faire reietter des Eglifes les Pafteurs amp;nbsp;Doéteurs,il leur obieéle en vn autre ien4roir, quâils ne font pas en tout amp;nbsp;par tout
Ães^onfe chrefîiene à dâaccord enfemble, amp;nbsp;que cela fe void par IfH» eCcrits , cfqucls on cognoit quâentrâeux jily i infinies controuerfes au fait delà doûrine.
Aqu jyierefpon , que sâil ne faut point auoit dcPaiteurs enlâEglifeiufquâà ce quâon voyetous les Pafteurs amp;nbsp;Doôfeurs qui font en charge dire dâaccord en toutes chofcs,ce ne fera pas pour s e paflèr feulementfix ans,comme il dit,mais il sâen faudra paflcr pour toufiours. Car puis quâil y aura aufli bien es derniers temps des faux Pafteurs amp;nbsp;faux doôleurs en lâEglile Chrefticne,comme il y a eu es temps anciens de faux Prophètes en !â£-glife dâIfrael,ainfi que lâa prédit Sainôt Pierre au a.de là i.De là il sâenfuit manifeftement que comme il nây aura iamais dâaccord entre le faux amp;nbsp;le vray, ainfi nây en aura il iamais entre les faux amp;nbsp;vrais Pafteurs. Et pourtant en concluant auec Lefcaille,il ne faudroit iamais auoir de vrais Pafteurs dâautant quâils ne feroient iamais dâaccord auec les autres. Voila lelus Chrift qui dit Mat. 24 que iufqucs à la fin du monde il sâen trouue-ra dans lâEglife qui la voudront feduire,voire qui fortifieront tellement par miracles leur faulfe do rärine touchant le Chrift,lequel les vus diront e-ftte au defert,lcs autres és cabinets,les autres ici, ou là ,que les efleus mefmes feroient feduits par telles gens sâil fe pouuoit faire. Sur quoy il nous faut noter que quand il dit quâil y aura de tels fe-du(fteurs;amp; Sainót Pierre quâil y aura de faux Pafteurs Ct faux doefeurs, ilnâentend pas que tous ceux qui ferort au derniers téps feront tels, mais quâil y en aura de tels es derniers temps, delquels
t^nri-InquiÃteur dâ^nt.LeÃaille'.
les fideles fe deuront fongncufement garder. Tel Icment que la reiedion generale qae fair Lcfcail le de tous Palleurs foubs ombre quâils ne font pas bien dâaccord les vnsles autres, nâeft nullement leceuable. Et de faid il appert manifeftement, ^ue ceft homme nâa ny iugement ny mémoire en tout ce quâileferit, non plus quâen ce quâildit. Car sâil ne faut aucuns Palleurs pour prefeher la parole de Dieu, dâautant quâils ne font pas tous dâaccordentreâux,que deuiendra celle efpreuue d'efpritamp;de dodrine dont Lefcaille fait 11 fou-Uent mention,sâattribuant,mefmes alfez orgueil-leufement(veu fa petite portee ) le don de la diC-cretion des Efprits? Certes sâil ne faut point du tout de Pafteurs, il ne faut point aulTi difccrner qui font ceux dâentrâeux qui annocent le faux ou le vray,ou,sâil faut q telle efpreuue dâefprits amp;nbsp;de dodrine fe face (corne il ell du tout vtile amp;nbsp;necef faire,nous ellant bicnexprelTement commandé, i.Iehan 4,dâcfprouuer les efprits,pour cognoifirc ceux qui font de Dicu,amp; ne croire pas legeremét à toutEfpiit,amp;,i Thelfa.5.dâefprouuer toutes cho fes pour retenir feulement ce qui ell bon) celle ef preuue laquelle doit cotinuer en lâEglife,iufques à lafin du monde,fait bien cognoiftre , non feu-lemét quâil y aura toufiours quelques Pafteurs en lâEglife.mais aufli quâils nâannonceront pas toufiours vne mefmc dodrine.
Or cependant il faut ici aduertir le Ledeiir, que ce que cell homme dit le dilcord desPafleiirs amp;Dodeurs de ce temps,mériter quâon les reiette tousxc nâeft pas que les erreurs que quelques
6z nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jlejponjê ChreÃiene Ã
vns dâentielcs Palleurs amp;nbsp;Doóltursde ce temps fcmcnc,luy dcfplaiCcnC tant,comme la refutation qui fe fait dâiceux, par les autres Pafteurs Si Doreurs plus véritables amp;nbsp;mieux fentans de la do-ârinc Chreftienetmais voici le bon accord quâil voudroit, allauoir ou quâil nây euft plus aucuns Paftcurs,mais feulemét des Ledeurs liÃns en pu blic les Sainôkes Elcntures, afin que chacun au retour de lâouye de celle leôlure,sâen allait forger fur ce quâil auroit ouy lire, telles interpretations que bon luy (cmbleroit,ainfi que font en ce temps laplufpaitdes Anabaj)ti'tes:ou bien pour voir en lâEgliie le bô accord quâH déliré amp;c vne bo ne paix,il voudroit bien felô ce quâil dit tllre pot te par la fimilitude de Iâyuroycjdot il a eltélt;y def fus parlc,quâil full permis amp;nbsp;aux Palleiirs amp;nbsp;ge-neralementà tous autres de mettre en auant en lâEglife telle doôlrine que bon leur fembleroit, voire encores quelle full manifeilement faulTc: fans quâil fnll loilible à aucû Palleur,Doôleur, ou autre membre de lâEgliie mieux lentant en lafoy de réfuter tels erreurs, combié que lors quâil sâeft attai]uéà nous,ilamonllrcquâilne vouloir pasq nous fnffions exempts de fa foie amp;c inique cenlii-re. Et lâintention de Lefcaille en celle paix de lâEglife amp;nbsp;bon accord prétendu,câell de pouuoir maintenant ferner fes erreurs comme faôteur amp;nbsp;fermier deceux qui luy en ont fournil i femence, amp;nbsp;quâils foyent admis fans aueû contredit en lâEglife. Car auffi efl-ce ce qui le fut fi audacicu-fementprotellcr contre ceux qui refutent fescr-rcurs,aulli toit quâils font nais, depeur quâils ne prennent
r^nti-Inquifiteur d'^nt.LefiaiUe. j prennent racine j c)uâilsrcnuerlèi;ten cela lali-Dertédes ChreftienSjSe font contre lâexprts com mandement de Chrift,qui ve ut quâon laifle eroi-ftre celle yuroye parmi Ie bó bled,câeft a dire les faulTes doótnnes auecla vrayc , iniques au dernier iour.
Mais quoyleeft homme qui fe diteftre tant of-fenfe de ce quâon trouue dans les boutiques des libraires des liures des controuerfes qui font entte pluGeurs Doólcurs amp;nbsp;Pallturs de ce temps au faitdeladoârine, cependant ne conGderepas quâon y trouue maintenant les Gens pleins de mé longes, dâerreurs amp;nbsp;dâiniurcs contre la vérité de fEuangilc amp;nbsp;contre ceux qui lâannoncent , qui font certainement de mauuaifes marques pour les faire eftimet par gens de bon iugement plus dignes dâeftre trouués dans les boutiques des libraires,que ceux des autres. Et combien quâil condamne ceux qui eicriucntainfi les vns contre les autres,G eft ce toutesfois quâa fa façon ordinaire,il veut cftre excepté de la condemnation en laquelle il enuelope les autres,encores quâil fere decoulpable de cela mefme quâil condamne. Et qui plus eftjil eft de ceux qui en matière dâeferire fondes plus condemnables,alïà uoir de ceux qui »(Taillent les autres. Car toutainG quâen ce qui eft forti de la bouche câeft luy qui nous a aifaiilis le premier,difant à fes ouuritrs que MonGeur Conltant amp;'moy annoncions vne dodrme contraire à celle de noftre Seigneur lelâus Chrift, à quoy ila falu pour noftre deuoir, que de bo ehe nous luy ayons relpodu amp;nbsp;fait cognoiftrepar no#
^4 Re^onjè chreÃiene a rcfponfcs verbales que Ia doótrine que nous cn-feigniós eftoit cóforme à celle de noftre Seigneur lefusChrift: ainfi maintenant quâil eil queftion des cfcritSjchacun Ãitquecâeft luy qui a fa t imprimer cotre nous pluficurs libelles diffamatoires cfquels il ne fait quâerrer en doéfrine, mentir en hiftoire amp;nbsp;iniurier les pcrlbnnes, amp;nbsp;q apres auoit JonguementpatientCjles Eglifes offenfees desef-crits dâiceluy ont voulu que nous y rcfpondif-fiosen foire que les leôteurs peulfent cognoiftre quâà tort il blafmoit noftre doctrine amp;nbsp;nos per-fonnes.
Or en changeant de propos amp;nbsp;reuenant à ce qui touche particulièrement la perfonne il fait vne grande compleinte de ce que nous ne lâauons voulu receuoir amp;nbsp;admettre à reconciliation auec noftre Eglife,lors quâil sây eft prefenté dit il,auec de bons tefmoins de fa repé-tance. Et là deffus il nâoublie point de dire,que nous luy auons fait en cela vn trcfgi and tort. Et pourtant puis que le leôteur doit iuger de lâcqui-téaAi iniquité de cefte pleinte, il eft raifonnablc quâil fache touchant ce fait, ce qui en eft au vray. Cell hom ,1 e donc corne il a cité dit ci deffus,ayât efté premièrement par plufieurs fois conueincu de fon erreur,par lequel il maintenoir que nous ferions iuftifïés par nos bonnes Åuures deuant Dieu,amp; introduits à caufedâicelles au Royaume des cieux,erreur du tout Pharifaique, amp;nbsp;oppofe dircdeirent à la vérité de lâEuangile amp;nbsp;à la gloire amp;nbsp;louage de la grace de Dieu,apres di-ie auoir «fié condamne de cell erreur par Melïïeurs les quatre
T^nti-InquiÃteur d'^nt.LeÃaille. 6^ quatre Pafleurs de cefte ville,amp; en fon appel par MelFeigneiirs les magnifiques Magiftratsde cefte Republique à fe repreféter en noilrcEglife Fran çoife.à y confeifer (on erreur amp;nbsp;en demander par don à Dieu pour eftre réconcilié auec noftrc dite Eglife , amp;que tout cela fe fift par luy auec vne 'raye repentance du grand fcandale quâil auoic donnéen Cernantçaamp;là fes erreurs aux oreilles dcsfimples amp;nbsp;condamnant la vrayedoôtrine que nous annoricions.Tüutes les fois quâil y eft venu foy difant fe préférer pour ce faire, amp;nbsp;pour obéir ïu commandemét quâil auoit reccu du Magiftrat (car ilcommençoit toufiours faharengueparlà ) ilatoufioursprotffté quâil nâauoit point efté en erreur, amp;nbsp;combien quâil en euft efté conucincu deuant plufieurs tefmoins non reprochables qui mefmes en auoient défia lolennellcincnt depofe (comme nommeement Meffieurs les quatre Pa-fteurs de celle vilk,par cfciit quâils auoyent mis CS mains du Magiftrat qui leur en auoit demandé tefmoignageamp; depofition,) il a mieux ay mêles venir tous démentir deuant toute noftre alfem-bleeque de confelfcr quâil euft efté en erreur Sc de sâen repen tir;amp; ainfi il venoit demander à lâE-glife fi elle ne vouloir pasconfcftcramp;aduouer quâil eftoit homme de bien amp;nbsp;quâil nâauoit iamais eîléen lâerreur duquel elle le difoit eftre coulpa-ble,amp; qu elle fe repétoit dâauoir eftimé quâil ruft en erreur. V oila ce quâil eft venu faire toutes les fois quâil sâeft venu prefenter en noftre aflâemblee comme fes proteftations quâil a inferees es procedures quâon a tenues contre luy en font foy.
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66 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ãejponfe ChreÃiene Ã
Que fi nier quâon ait iamais elle en erreur eft confelFer y auoir cfté,ou fi câeft fe rt pentir quand on requiert df s autres quâj'.s le repentent : fi câeft fe condennner quand on accule autruy : fi Ci fl: demander pardon a Dieu quand on fe maintient nâa uoir point faillygt;Lefcai 1 le failà nt toutes ces cho-fes,amp; nâeftant point admis par nous à la reconciliation de noftre Eglife, a en cell endroit tref-iu-fte occafion de fe pleindre de nous.Mais fi ce que il faifoitjfe prefentant en nollre allêmbleej elloit tout le rebours de ce quâil deuoit fa re, comme aulTi il luy auoit eflé bien iuftement commandé, il ne faut point quâil fe p'eigne dâauoir efté ren-uoyé par nous à caule de fon impenitence au lieu dâellre admis.Carainfi faifansnous auons fait ce que nous auons deu faire. Et sâil enveutconti-nuer la plainte contre le tcfmoignage de fa propre conftience,amp; melmes de toute noftre Eglife, nous ne faifons aucune difficulté dâen laillèr leiu geroent au leôheur.Car quant à nous voici ce que nous maintenons : câeft quâil y a eu auffi peu de vérité en fa repentance quâen fa doôlrine.tt pour tant que comme lâhypocrifie de fa rcpei tance amp;nbsp;la faulfeté orgueillcufe de fadoclrinea efté toute manifcfti tant en fes propos quâen fcsefcrisicom-me auffi en ce quâil sâeft reprefenté en noftre E-glifriauffi fes propos,fes eferis amp;nbsp;fa perfonne ont elle reiettés «Se renuoyes iuftement par nousiuf-quâà ce quâil y ait en 1 uy,ôc en tout ce qui ffirt de luy plus de fincerité.
Relie maintenant faduertilfement que nous auons iugé digne dâellre donne à tout homme vrayement
I\gt;4nti-InqitiÃreur d'^nt.LefcaiHe. 6^ vtayem.nt Chreftien touchant la charité de Lef-caille,laquelle nâcft pas moins nouuelle ny moins fauflé que fa doctrine amp;nbsp;repentance.
Celt homme donc qui fe dit eftre de ceux qui font tellement nais de Dieu quâils ne pechenc plus,qui fe p.nfe eftre ft bien garni de bônes Åu-uces quâil fe promet dâentrer à caufe amp;nbsp;en conft-deration dâicelles au Royaume des cieux,quipre fume dâeftre tellement fanétifié quâil nây a plus de fouillure entremeflee parmi iafanétification,qui feperfuade auoir tellement accompli tout ce que Dieu luy a commandc,lt;5c fatisfait à tout ce qui e^ ftoitde fon deuoir,quâil pourra requérir Dieu de entrer en compte auec luy, qui sâallèure que par les verres dâeau quâil a donnes aux pauures, il feta prouué deuant Dieu eftre vrayement charitable,qui tous les iours fe pleint que nous ne pref-chons que la foy en nos Eglifes amp;nbsp;non la charité, amp;que nous nâenfeignons point à nos auditeurs a eftre bien vnis amp;nbsp;côioints dâvne ftneere affeétion auccleurs frétés. Et les aymer comme eux mef-nies felon le commandement de Dieu,amp; en fom-meà deftrer, procurer amp;nbsp;aduancerde routleur pouuoir le falut de leurs frères, amp;nbsp;comme le leur proprexeft homme dy-ie qui en fon babil ordinal te vfc de tous ces langages,par les vnlt; defquels il nâoublie à fe louer amp;nbsp;prifer, en nous ccalangeant pa; lesautres ; fe lailfant tranfporter hors toutes bornes Chrtftienes par fa phrenefie acconftu-mee, adonné vn tel efchanf.llon de fa charité enuers nous, qui fommes fes prochains felon la doctrine de lâEuangile, le vueille il, ou non,
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68 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JleJJjonfe ChreÃiene Ã
qu'il fera bien aile à vn chacun de iuger Je la piece toute entière, quand parlant de ceux qu'il nomme amp;nbsp;tient pour fis aduerfaires, comme devrayilcnaplulieurs,(y en ayâtautantqui font aduerfaires de fes erreurs, comme il y en a qui font vrayement Chrcftiens,}iJ fait celle prière: lfpne,diz 'û^legrdd'Dteu Etarnelparlefiu Chri/l noÃreftul Sauueur (jutl luy platfe en brief vous ahif-mer tom , afin i^uefians dehure'^tie vofire cruauté'ffâ tyrannie^noM put fiions par toute la Chreftient'e vittre äâorefenauant en bonne fatnElepaix. Et cependant Cellhomme dit tant fouucnt en Ibn langage ordinaire qu'il ne nous veut point de mai. Ce que d'o refenauant il perfuadera aifeement à tous ceux qui croyent quâaux abyfmes dâcnfer,ilnây apoint de mal,mais toute félicité.
Or lt;i celle prière de Lefcaille amp;nbsp;la charité de laquelle elle elt procedee, sâaccorde bien auec ce que nollre Seigneur Jefus Chrill en feigne amp;nbsp;com mande quand-il dit:quâil faut bénir ceux lt;|ui nous maudilIènCptierpour ceux qui nous perlecutent f voire en confelTant ce qui nâcll pas,alt;Ià uoir que nous le maudilfons amp;nbsp;perlecutonsjnous nous en rapportons à tous vrais Chrelliens. Certes en nous voulant tant de bien que de prier Dieu fi ar demment amp;nbsp;de fi grande afléélion qu'il nous a-bifme,il ne nous amallcra gueres de charbons fur la telle.
Or quant à nous pour tous ces maux defquels il nous a fait les vns , fouhaité amp;nbsp;procuré les autres,nous fommes refolus moyennant la grace de Dieu, auquel il a pieu de nous mettre foubsla conduitte
r^nti-lnquiÃteur ^^nt.LeÃaiOe. 69 fonduitre dc fonEfprit, de nâen ccrchcr ven-geince,fachans bien,que cela nous eft défendu, Lcuit. 19. ains sâil y en doit cclioir, nous la laifte-rós à Dieu qui fe lâeft Keferuee Deut.31. Hebr.10. à fl ce ne fera point ny aucc défit ni en intention quâil la defploye deftus luyiains pluftoft le prions debon'cÅur quâil lâen exempte en lâamenant à v-ne vraye repentance, nous cllâyerons de luy rendre le bien pour le mal en fout ce que nous pour-rôs,encores que, cognoilTint bié ce quâil merite, amp;nbsp;nous mefuiât à fon aune,il attéde de nous tout le contraire. Et sâil auoitbefoin de iioftre fecours nous voudrions eftendre noftre bonne volonté autant que le porteroit noftre puilfance, pour c-xerccrenuers luy tous offices dâiiumanitc. Rom. ii.Nous ferons volontiers non feulement en parole mais qui plus eft en effiél bénins amp;nbsp;cordiaux en fon endroit,amp; luy pardonnerons alaigrement amp;nbsp;fans regret toutes les offences quâilacommifes enuers nous,comme nous fauôs que noftre Dieu nous pardonne, Eph. 4.verf ja. Nous ouurirons toutesfois amp;nbsp;quantes quâil voudra les entrailles de mifericordede douceur enuers luy, amp;nbsp;vferons en fon endroit de toute vraye amp;nbsp;fincere patience, pour le fupporter en toutes fes infirmités, voire mefmes en toutes fes malices, fans toutesfois cd-niuer à icelles; bref, nous garderons paix aucc luy de toute noftre affeiftion fans le troubler en aucune façon , pourueu quâil declare de bouche amp;nbsp;par efcrit, en manifefta la vérité de fa repétan-ce,quâil ne veut plus cftre ennemi de Dieu, de la parole, de ladoétrinc amp;nbsp;difeipline Chreftiene, ni
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quot;]lt;:gt; Re^onfe ChreÃiene Ã
des fèruiteiirs de Dieibqiii par la droite amp;nbsp;legitime adminiftration de leur charge, conferuent amp;nbsp;entretienent Tvne Si lâautre en lâEgîile. En fom-me puis que nous defirons eftre recognus pout perfonnes qui voudrions imiter déplus près que îuy noftre Seigneur lefus Chriftlt;lînguiicrement en ce quâil commande à tous Chreftiens, Matth-5.)au lieu quâil nous hait,voire dâvne telle haine, quâil ne fauroit ny parler ny eferire de nous quâa-uec iniures,nous lâaymerons en noftre Seigneur lefusChriftraulieuquâil nous maudit de toutes fes fauftes malediôtionsjnous le bénirons de toutes les plus vrayes benediólions dont nousayons cognoillà nce: amp;au lieu des imprecations plus que payennes amp;nbsp;profanes,dc(quellcs il vfe à lâencontre de nous ( nây ayant rien en quoy il fe foit monftré plus fincere quâen ce fait,auquel fa bouche a toufiours parlé delâabôdance de fon cÅur) nous demanderons à Dieu voire en nos plus particulières prieres(fi les publiques luy defagreent toufiours autantjcomme il lâa fait cognoiftre par ce quâil a cfcrit page 83. ) quâil luy plaife le diiier-tir du chemin de perdition dedans lequel il sâefga rede plus en plus tous les iours, amp;nbsp;le ramener par fou infinie grace Si mifericorde au vray chemin du faluteternehpour lâen faire vn iour participant aueenousen fon Royaume celefte.
Etcâeft là toute ranimofitéamp; cruauté de laquelle nous allons voulu cy devant amp;nbsp;voulons encores à prefent vfer enuers luy: dont le Icéteur jugera des maintcnant,amp; comme par prouifion, S( noftre
ï^nTi-Inquifiteur d'^nr. Lejcaille. 71 amp;noftre Dieu definitiuement quand il luy plaira, comme aufli de tout Ie reftc de cefte contro-uerfe.
A icelui noflre Dieu,feul vray Dieu, Pere,Fils amp;nbsp;faind Efprit, foit honneur amp;nbsp;gloire à toute éternité, âAmen.
CONFORMITE DE LA
CREANCE D A N T O Y N E lES-cailleauec celle des Anabapti-ftes de ce temps.
ANTOYNE LESCAILLE en fa declaration imprimée dit ainfi:
IE crey leftu Christ mon Sauueur me tirera en fin de cefle vie,de cefie Eghfe Chre/iiene vntuerfel-le militante en ce monde,pour mâintroduire en la vie e~ ternelle auec FEgUfe triomphante parl'eheijfance ijuil a rendue,rendu nbsp;nbsp;re ndra à Tiieu fin pere E JSl AiOÃ
( cjui fuis membre de fin corps )iufi^u à la mort ôquot; fin de ma courfe,combat (fr viEloire ^ue tobiiendray, par la â¢vertu de fin S.Effirit ^u'tla infm abondamment en moy.
LES anabaptistes EN LA confeffion deleur foy imprimée,en la page54. fur lâexpofition du Symbole des Apoftres parlent ainfi:
N 01^ maintenons le fus Chri^eflre noflre iufiiee pieté, pource ^ue luy me fines opere,fait accomplit EtJ N O y S cefie tuflice (fi pieté par laquelle nous fimmes rendus agréables à Dieu.
RES-
75
Pftr IA Q^E s Covet PariÃenmi-niÃre de la parole de Dieu.
O V T E S les dix ou douze Para-phrafes de Lefcaille efquelles il veut fe moftrer interprété des Sain des Eferitures , tandis quâil en defend ailleurs à tous autres lâinter-prctation,l*appelant du nom aucunement odieux glofe,ôc difant quâil fe faut tenir au fimple tex te gt;nbsp;ne font finon autant de preuves de lâorgueil Wiarifà iquequieften fa perfonneamp;en fa Religion amp;nbsp;creance. Car en icelles toutes il ne fait tognoiftre autre chofc,finon quâil croit amp;nbsp;efpere que pour,à caufe amp;nbsp;en confideration des bonnes Åuures quâil aura faites en ce monde depuis fa re generation,il receura la vie eternelleamp; fera intro duit au Royaume des cieux. Or auons nous à louer Dieu non de ce quâil eft en tel erreur , mais de ce quâil declare ainfi ouuertement quâil y eft, amp;nbsp;ce dâautant que quoy quâil en euft eftd forment conueincu.lors que lacontrouetfe qui a elle entre luy amp;nbsp;nous fe demefloit feulement de bouche
74 JleS}o»je à ^nt.Lefcaille à fes Parap^iraÃi amp;enprelence,ila fouuent niéaiiec autant dâim pudence que de faullèté quâil euft iamais efté en tel erreur,amp; fingulierement apres que par le luge ment de Meffieurs les quatre Pafteurs de celte ville J amp;nbsp;peu apres par lâatteftde^nitif des Magnifiques de treshonorés Magiftrats de celle République il fe vit condamné à le confelFer amp;nbsp;reco gnoillre en noftre Eglife Frâçoife «Se à en demander pardon à Dieu,à ce quâayant ofté par cemoié le fcandale quâil auoit donne à nollredite Eglife, il fullpuis apres recociLé auecicelle. Car comme il ell prefomptueux de là nature, amp;nbsp;que meP mes en mettant en auant tel erreiir,amp; le defendat tant cotre nous q corre mes fufdits fleurs les qua tre Pafteurs de celte villc/ l nâauoit tendu à autre but quâa acquérir réputation de grande faindeté amp;nbsp;doctrine, il nây auoit tien qui luy fuit plus dut que de faire cognoiftre par telle conRftîon amp;nbsp;re-cognoilTance quâil sâeftoit en cell endroit bic lour dement abufé,amp; quâil euft mieux fait fe contenter de fa mefure,amp; deuider fes foyes que de vouloir par delfus fa mefure sâingérer de defmeler les points de la Religio Cbreftieneefquelsily auoit quelque diflficulté.ll aimoit donc mieux apres a-uoir efté côueincu de cell erreur,nier tout à plat que iamais il lâeuft fouftenu,que de confelTer que par ignorance il lâauoit creu amp;nbsp;maintenu pour veritable.
Or maintenant toutes ces paraphrafes, comme auffi tout le refte du contenu en fes libelles diffamatoires lefquels il a faits clâdeftinement impri merjamp; mcfmes le cercle q luy a efté prefté à condition
du nom de Dourine Ancienne. yy dition quâil luy prefteroitauffi Ton nom, tefmoi-gnent fi manifeilement ce mefme erreur, q nous nâauons plus be Coin dâen cercher contre luy dâau treprcuue:vn chacun neantmoios demeurât fort esbahi,de ceqnâayât comme perdu toute memoi rc,amp; parauenture auffi toute honte il mettoi t par eferit en termes fi expres le mefme erreur quâil a-Uoitproterte faulfement amp;nbsp;aueepariure y inter-pofantle nôdeDieu,nâauoit iamaistenu en fe de nientât maintenât foymefmes aucc autat de droit quâà tort il auoitauparauant deméti les autres.Et pourtant il ne nous refte finon de mettre en auat la refutation defdites paraphrafes. Mais comme ce ne font ejuâautant de redites lefquelles on luy a ainfi an âgées les vnes apres les autres pour le faire fcmbler ertre quelque bié grand Doéleur nevoiilans commettre cefte mefme impertinence,ainfi que nous auons fominairement réduit le tout en celt erreur,auffi nous nous contenterons de luy oppoferle plus fuccinclement que faire fe pourra la vérité Euangelique laquelle pour eitre appelée par luy nouuelle, à f imitatiô de ceux qui difoient le femblable de celle de lefus Ãhrilt, Marc.i.ne lairra pas dâeftre la vraye doélrihe ancienne que lâEfprit de Dieu a des le commencement du monde enfeignee à lâtglife amp;nbsp;qui a fes fondemens amp;nbsp;racines dedans lâEternité de la volonté de Dieu. Pour rendre donc ceci clair amp;nbsp;fa-mi ier au Leclcur,voici que nous difonstalfiuoir que quoy que depuis nollre régénéra- iô nous ayons fait par la foy amp;nbsp;parla condu tedu SainétEf prit beaucoup de bonnes Åuures,amp; nommeemét
y 6 HeJjjonJè à ^nt. I efcaille à fes ParafhraÃs toutes celles defquellesLcfcaiJIeavoulu faire me tion en toutes fes paraplirafes,côme dâauoir quit té nos biens amp;nbsp;autres commodités temporelles, pour laprofeffion du vray Chriftianifme,fuy dâv-ne ville à lâautrcjchargé noltre croix fur nous,fui uy lefus ChriftjConfelfé fon nom deuant les hora mcsamp; non feulement dôné plufieurs verres dâeau froide,mais fait beaucoup dâautres boucs auraof nés aux panures,au nom amp;nbsp;pour lâamour de lefus Chriftjdâauoirfeméà lâcfprit, amp;nbsp;multiplié les ta-lens que nous auons reccusde noftre maiftrc,ciâa uoir lerui loyaleméc en la maifon dâicelui, dâauoir combatu le bon combat,amp; emploie nos membres pour eftrc armés de iuftice à Dieu , dâauoir tenu nos lampes continuellement ardentes en attendant la venue de lâefpoux, amp;nbsp;finalement dâauoir fouffert volôtiers la mort pour le tefmoignage de fl vérité,q font de vray toutes bonnes amp;nbsp;excellc-tes Åuures, amp;nbsp;qui onttelmoignage esS.Efcritu-res dâeltre plaifintes amp;nbsp;agréables à Dieuxombié auffi que toutes ces bones Åuures foient les voy es par Icfquelles il nous faut cheminer tandis q fommes en ce monde,Dieu les ayant exprellèmét préparées afin que cheminions en icelles Eph.z. pour P 'ruenir au Koyame des cieux: voire combien que ces Åuures loient tellement le chemin du Royaume des cieux,que ceux qui au lieu dâicel les sâadonnent à faire les contraires,amp; y perfeue-reront,nâauront point de partà la vie eternelle nâentreront point au Royaume des cieux : i.Cor. d.Si-eft ce que nous croyons,confelfons amp;enfei-gnons par les Sainétes Eferitures que ce que no* ferons
du nom de DoÃrine Ancienne.
ferons introduis au Royaume des deux, amp;nbsp;faids participans en iccluy de la vie eternelle, ne nous aduiendra point comme pour lâauoir merité, ou comme chofe qui nous foit deuc amp;nbsp;laquelle nous ayons acquife de Dieu,à caufe amp;nbsp;en confideratio de toutes les fufditcs bonnes Åuures. Car mef-nies noftre confcience tefmoignera toufiours y auoir eu tant de tares de noftre cofté en les fai-fant,amp;tant dâimperfetlions vicieufes entreme-flees par dedans icelles,que fl Dieu nous vouloir iuger felon leur merite, iamaisilne nous iuge-roiteftre dignes à caufe dâicelles delà viccternel le. Mais en confeflant à Dieu amp;nbsp;par confequent auec finccrité de confcience, qu'apres les auoir faites,il sâen faut beaucoup que nâayons fait depuis que fommes foubsla cônduitede fon Efpric, tout ce quâil nous auoit commandé, pour luy ren dre compte exaél en toutes les parties de noftre deuoir, veu que nóus ne pourrions pas prouuer auoir fatisfait de mille en lâvne,lob.9.Confeflant dâauantagc,que quand nous aurions fait tout ce quâil nous auroit commandé,encores feriôs nous demeurez pour fon regard feruiteurs inutiles, Luc,i7.amp; par confequent fans merite recom-penfejtât pource que nous aurions fait feulemct ce que nous aurions deu faire,que pource que de tout cela,il nâen renient à Dieu aucune vtilité, Pf.Kî.Prians aufliauecDauid, lequel auoit bien autant de ces bonnes Åuures là que nul autre, que Dieu ne veuille point entrer en iugement amp;nbsp;en compte auec nous,pource que nulle perfonne ne fera iuftifiec deuant luy par fes bones Åuures;
7^ Remanie à ^nt.Lefcaille à fes Parafhrafes Pf.i4j.Brefjdemandans (culementauccle pauure peager,pourertre vrayementamp; adeurcment iu' ftifiés deiiâcDicu,Luc,i8.quâil luy plaife nous par donner tous nos péchés par la feule graceamp; mife-ricordc;nous croyons,cognoillons,confeirons amp;nbsp;enfeignons,que nous ne ferons point introduits au Royaume lt;*es cieux,ny faits participans de U fécondé vie,pour,à caufe,amp; en conlideration de aucunes autres ÅuureSjquede c. Iles qui ont efté faitesamp;t fouffertes pour nous par noflreScigneiU ]efus Chrift en fa propre perfonne, icelles nous eftant imputées 8i allouées de Dieu gratuitemét) comme fi nous les auions faites amp;foudertes nous mefmes en nos propres perfonnes. Car nous ne ferons point faunes chacûde rous^à caufedeno-ftre propre obeilfancef combien quâau/Ti nous ne ferons point fanués fans icelle)mais nous ferons fauués par lâobeiilà nce dâvn feul,Rom. 5. alTauoit noftre Seigneur lefus Chrift. Et quoy que nous efpandions noftre fang pour confelferle nom de lefus Chrift,qui eftle bon Åuure le plus fignale que p'jiffions faire en ce monde en la profeffion du Chriftianifmcjfi ne ferons nous pas rachetés delà morteternellepar lâetfiifiou de noftre propre fang.mais par la feule effufion du fang de noftre Seigneur lefus Chrift , comme de lâAgneaU là nstache amp;nbsp;fans uâacule, i.Pi. r.i. Car câeft lï vray prix par lequel nous auons efté rachetés felon quâil en eft parlé i.Corin.7. Et pourtant aufliert il dit Rom.y.quâeftis iquot;ftifiés en fon fang nous fommes deliurés de lâire par luy : amp;nbsp;au premier des Ephef. Qiw nous auons redemption en
du nom de Doctrine Ancienne.
wluy par fon fang aflauoir la remiflion de nos péchés lelôles richciïes de la grace de Dieu.t om ®e aufli le femblablc eR el'ctit au premier des Co lofliens. Et câelt par fon propre fang aiiffi que lelus Chrift eft ditHibr.i.auuirfaitla purgation denos péchés,fon lang comme dit Sainct lehan äudeuxiefme de fa i.nous ayant laué de toute ini-^uité,afin que laués ainfi en fon fang,amp; non pas 3u noftre,nüus foyôs propres pour entrer au royaume des cieux.Au regard de lefusClirift dôc,no ftte falut fera vn rray acqueil fait en noftre nô Sc à noftieprofit; amp;ce dâautant que de vray, il lâa acquis ôc bien payé. Et fuiuant cela lâEglife eft appelée par Sainéf Pierre au 2. de fa i. vn peuple acquis:amp; eft dit dâelle Aift.io.que Dieujcâeft à dire lefus Chrift qui eftoit vray Dieu , lâa acquife par fon propre fang,câeft à dire par fon fang quâil aefpandu entant quâil eftoit homme. A quoy auÃi doit eftre rapporté ce qui eft dit i. Thell. 5. Que Dieu ne nous apoint ordonnés à ire , mais pour acquifition de falut par noftre Seigneur le fus Chrift. Mais au regard de nous,noftre falut, la vie eternelle,amp;?Tioftre introduétion au royaume des deux pour iouir de ces chofes, ne fe trou-uera iamais eftre chofe acquife par nos bones oeu ntes,ains vn don que Dieu nous fait par la grade grace amp;nbsp;mifericorde. Car câeft ce que lefus Chrift declare à la Samaritaine lehan 4. quand il luy dit,que le don de Dieu quâil luy donnera, fera fait en elle vnc fontaine dâeau faillante en vie eter nelle. Et eft auffi ce mcfme lalut qui eft appelé par Sainél Paul a.Cor.tj.vn dó de Dieu inenar-
So ReÃjonJe à ^nt.Lefcaille afis Parafhrafis rable:amp; voyons que ce titre de don Juy eft donne parSaindl Paul au j. des Roin. amp;nbsp;nomineement quand il dit que la coulpe des hommes ell dâvne feule ofFenfe en condemnation:mais que le doo, alîauoir le don que Dieu nous fait en lelusChrift eftdeplufieurs ofFenfesen iuftification. Et au 6. que comme le gage de péché c'elt la mort,aul]i le don de Dicucâeft la vie eternelle. Voila donc comme il faut rapporter tout noftrc falut à uoflte Seigneur lefus Chrilljamp; à ce quâil a fait amp;nbsp;fouf-fert pour nous,tout cela nous citât aloué deDieUi comme fi nous lâauions fait amp;nbsp;fouifert nous mcf-mes.iSc ce par le don que Dieu nous en faitpar u grande grace amp;nbsp;mifcricorde,amp; fans entrer en au cune confidcration de nos bonnes Åuurcs. Et de fait nous me fmes nâeftions point encores en c-ftrejors que Dieu nous a fait ce dó qui cft de tou tceternité,Matth.zj.amp; Eph.i.amp;nos bonnes Åu-ures nâclloient point encores commencées, lors que Dieu nous a fait cognoiftre amp;nbsp;croire auecef ficaceparfa parole amp;nbsp;par fon Efprit quâil nous a fait ce don en fon bien aimé fils noftre Seigneur lefus ChriftjRom 9.
Or de vray,quant à nos bonnes Åuures le (quel les auront ferui en ce monde à ce à quoy Dieu les auoit deftinees'.airauoir à le glorifier Mat.y.à édifier nos prochains par bons amp;nbsp;fainéfs exemples de toute pieté amp;nbsp;chanté i.Cor.p.ôc à fortifier en nous lâalleuiance de noftre eleétiô amp;nbsp;vocation fa-lutaire,i.Pier,i. Nous maintenons, que fi fans fc contenter quâelles ayent ferui à ce que delTus, les hommes les veulent prefenter à Dieu , pour eftre
du nom de Doctrine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8i
eftte iuftifiés deuâc liiy amp;nbsp;fauués pourjà caufej amp;nbsp;encôGderatio dâicellesjors elles fcrót trouuees fouillées deuâtlâexaôtiugemctde Dieu, lequel re garde de trop pres à ce quâô luy apporte poiirpa yement,pour lailîèr palier les tares qui font aux meilleures d'icelles corne cela acAé ailleurs plus amplemét expofé amp;nbsp;prouué par nous.Et eft bié à propos quâen ce regard nous difons auec Ifaie au 64.de fon liure que tQutes nos iuftices font comme le drap fouillé. Car il nây en a point qui foy-entvrayement nettes amp;nbsp;pures deuant Dieu, ne lt;juipuiirent en leur pureté amp;nctteté tenir place de payement pour nous deuant fon iugement que celles lefquelles noftreSeigneur lefusChrill a faites pour nous en fa propre perfonne : icelles tftant tref-parfaites en toute fainâeté amp;nbsp;iuftice. Mais cependantjcela nâempefche point,que nous tiecroyions,confeflions amp;nbsp;enfeignions touchanC les bonnesÅuures lefquelles nous faifons depuis noftre regeneration, quâicelles eftans prefen-tec$,non deuant le iugement,mais deuant la grace de Dieu,elles feront receues auec nous par no ftrePeretrcl-mifericordieux. Car recognoilfans marque à fa marque ce quâil y aura de bon en i-celles comme venant de fon efprit,il lâagrecra, amp;nbsp;comme vn Pere tref-benin nâaura point dâefgard aux defaux amp;nbsp;imperfeefions vicieufes lefquelles y auront efté m; flees de noftre part. Et pourtant il nous faut bien retenir cefte fainéle doétriue af. falloir que tout ainfi que celles que lefus Chrift a faites pour nous en fa propre perfonne, par leC-quelles il a tref parfaicemêc fatisfaic amp;nbsp;contenté
81 ReÃ^onfe à ^nf.Le/caille à Jès Paraf/hrafis pour nous la iuflice de Dieu , nous eftâs gratuite-mét imputées amp;nbsp;alouees de Dieu, comme fi elles cftoyétproprcmét nollres,amp;procedees de nous, marcheront deuant nous, pour nous faire entrer au Royaume des cieuxzatnfi celles que nous aurós faites depuis nofttc regeneration, nous fuiiiront, lors que par le merite des autres nous entrerons en ce Royaume celelle, Apoc. 15. Mais quâil nous fouuicnne aufli toufiours, que comme en la gloire celefte,nos corps,quoy que rédus Ipirituclsja mais nâaurôt efgale gloire à celle de nuilrccliefamp; Seigneur lefus Chrift,aufliïamais nos bones Åu ures ny en ce mode ny en l'autre ne ferôc égalées aux fiennesen parfeótió de fainéleté amp;iuhice,amp; par côlequét aufli iamais ne ferotpropres amp;nbsp;luffi fautes à produire le mefme exccllét efleft que les fiennes, qui,eft de nous iuftifier deuant Dieu amp;nbsp;nous faire fauuer à route éternité.
Or cependant corne les fentcnces de iugement font toufiours formées fur ce quâil y a de plus ap-pa ent amp;nbsp;manifelle;ainfi fera formée la fentence du dernier lugemét fur lâefchâtillo qui en eilpro-pofé lu ij.d S Mat.Car nous qui nous ferons a-dônés aiiônes Åuurcs depuis noftre regeneratiô, fermas apclés pour dire mis à la dextre, amp;nbsp;rendus bienheureux,non pource quepar icelles nous au rons parfaitement accompli la loy de Dieu. (Car cela nâaura point efté fait par aucun dâentre nous, non pas mefmespar les bonnes Åilurcs de nous tous,quand bien elles feroict toutes iointes amp;nbsp;ac couplées enremblc)mais pource que nos bonnes ceuurcs,aurôtmanifeftemét tefmoignc au mode, amp;lc
du now de Doctrine Ancienne. 85 Sc le tefmoigneront encores là en la prefer.cc des mefchansjlelquels comparoiftrontauffibien que nous en ce iugement que nous auons en la vraye foy par laquelle nous auons appréhendé en lefus Chriftpour noftrefalut,lâentier accompliilâemcnt delà loy quâil a fait pour nous.Car au/ïi Chrift ell Iâaccomplill'ement de la loy eniullice à tout ctoyant.Rô.io.Et ceftc foy aufli Cefmoigncra que nous fommes des vrais enfans de Dieu,luiuant le priuilcge qui en ell donné à tout croyant, lean,!. amp;nbsp;que par confequent le Royaume de Dieu nous appartient en titre dâheritage, comme cela fe Void,Rom.8.amp; 9.amp;Gal.5.amp;4. Et quant aux mefehans la fentence qui fera prononcée con-trâeux, portera auffien termes bien expres leurs iniquités, c'ell à dire leurs mefehantes Åuures, amp;nbsp;icelles non feulement comme tefmotgnages de leur infidélité, mais comme les vrayes cau-fes de leur perdition amp;nbsp;condamnation éternelle. Car comme les mefehans ont en eux les eau-fes de tous les malheurs quâils fouffrent en ce monde, ils ontauffien leurs mcfchancetés les vrayes caufes de leur malheur amp;nbsp;perditiô éternel le,comme cela fe void en ce que dit Ofee,!^. Ta perdition eft de toy ô Ifrael, mais le falut eft de par le Seigneur. El ainfi fe fera que les bons auront lors la bouche ouuerte pour chanter perpétuellement les louanges de la grace amp;nbsp;mifericorde de Dieu , par laquelle ils .mront cfté faits participans du falut éternel , amp;nbsp;les mefehans auront la bouche clofe pour le fen-timent de leur confufion , entant que leur
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81 Re^oafé à ^nt.LeJcaille à fis Para^]ndfis confciencc plus que côueincuc de leurs mefchan cctésaduouera entile mefmcquâilsaurot eftéiu-ftement enuoyés à la mort éternelle amp;nbsp;leurs mef-cliantcs penfees sâaccuferontentrâellcs deuantle iugementde Dieu,Rom.2.
Câeft donc vn erreur par trop lourd que celoy que Lefcaille veut enfeigner en fes Paraphrafes, allà uoir que comme les mefehans feront condam nésamp; perdus à toute éternité à caufe de leurs mef chantes ociiurcs,aulli les bons feront là uuésà cau fe de leurs bonnes Åuurcs. Età la vérité comme de deux debteurs qui ont efté mis aux prifons lâvn demeurant perpetuellcmét à faute de payer, amp;nbsp;lâautre en eftant deliuré par le payement du debt qui a efté fait par le plegc dâiceluy, ce feroit mal conclu de direjCeftui là cft demeuré aux prifons à faute dâauoir payé ce quâil deuoit, ceftuy-cy donc en eft forti pour auoir payé fes debtes du fieu propre,veu que ce nâa pas elié du lien, mais de celuy de fon pleige qui luy a efté imputé amp;nbsp;alloué du créancier amp;nbsp;du iuge comme fi câeuft efté du fien propre: Ain fi en eft il de ceux qui feront fauués de de ceux qui feront damnés. Car tous confi Jetés en eux mefmes font es prifons delà mort, amp;nbsp;nâont niles vns ni les autres dequoyfa-tisfaireà Dicu. Cependant ce que lesreprouués y demeurent perpétuellement pource quâils nâont point payé le contenu en leur obligation, ne doitpas faire conclurre que les efteus en lôy-ent donc fortis pource quâils ont payé du leur pro pre:ains faut feulement conclurre quâils en font forcis pource quâils ont payé, mais ce nâa pas
du nom de Dourine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8y
elléduleurj ains deceluy de leur Pleige , qui parlâeffufionde fon propre fang les a rachetés amp;dcliurcs de la mort eternelle comme cela a cfté cy deuant fuffifamment prouuc.
La comparaifon donc demeure vraye en ceci gt;nbsp;que comme les vus demeurent en la mort, pouree quâils nâont point payé, auffi les autres en font deliurés pouree quâils ont payé. Mais câeft au payement que Lefcaille erre lourdement, quand il maintient quâil fe fait par nos propres bonnes Åuures. Car tout lâEuan-gileenfeigne quâil sâeft fait non par les noftres lefquelles ne font pas du tout de bon alloy, maispar celles que Icfus Chrifta faites amp;fouf-fertes pour nous en fa propre perfonne comme noftre vray Mediateur amp;nbsp;Pleige, i. Timoth.a. Hebrieux, 7. amp;nbsp;comme cela fe voit fort clairement en ce quieftdit. Galat. 5. Que Chrift »efté fait malediélion pour nous, afin de nous tacheter de la maledidion de la loy , amp;nbsp;en ce que dit faind Pierre au i. de fa premiere ,que le prix qui a efté payé pour noftre rachat amp;nbsp;rançon, nâa point efté en or, argent amp;nbsp;autres telles chofes corruptibles, par le moyen defquel-les neantmoins on peut faire de beaucoup meilleures aumofnes que des verres dâeau, mais par lepreci eux fang de noftre Seigneur lefus Chrift, comme de lâAgneau fans maculé amp;nbsp;fans tache; comme aufti il eft dit, Marc,to. Que le Fils de l'homme eft venu pour donner fa vie en rançon pour plufieurs. Et fur ceci il eft fort vtile de remarquer, quâennoftreredemption, falut amp;
8i^ Jlejponfe a ^nt.Lefcaille à fis Parafiirafis nbsp;nbsp;|
introduôlion au Royaume des cieux. Dieu fait grace, amp;enfemble exerce niftice. Car il exerce iuftice voire tref exadement fur Icfus Clirift noftre Plege, quand il tire de luy la fatisfacHon entière de noftre debt: amp;nbsp;il nous fait grace, entant que premièrement câtft de fa feule grace du tout gratuite quâil nous donne fon bien ayme fil\noftre Seigneur lefusChrift, pour eftre noftre Plege, iic que puis apres, il nous impute amp;nbsp;alloue gratuittment amp;nbsp;parla mefme grace le payement entier que luy a fait ce Plege quâilnous auoKdonné, amp;nbsp;ceauecpareilledelchargepoBt nous, que fi du noftre propre nous lâauions fait nous-melmes. Et pourtant fi apres toutes ces prcuues en mâaddrelPant maintenant à Lefcaille, ie di : Or çala Parole de Dieu enfeigne que nous fommes reconciliés, iuftifics amp;nbsp;lauués à cau-fe amp;nbsp;en confideration des chofes que lefus Chriftle Plege que Dieu nous a donné a faites amp;nbsp;fouffertes pour nous en fa propre petfon-ne, amp;nbsp;tu dis que câeft par celles que nous fai-fons amp;nbsp;fouftrons en nos perfonnes : Tu dis que nous fommes fauués à caufe de nos bonnes oeu-ures : amp;nbsp;la Parole de Dieu dit que câeft par la grace amp;nbsp;mifericorde que Dieu nous fait en lefus Chrift, Ephefiens, a. Tit, amp;nbsp;mcfmes cefte parole de Dieu , pourrenuoyer au loing ton erreur , dit que ce qui fe fait par grace, ne fe fait point par nos Åuures , autrement que grace ne lêroit plus grace, Rom. II. Ergo tu CS vn menteur, vnignorant,amp;vnimporteurquien-feignes à ceux qui te reçoiuent pour Rabbi, le !
contraire
du now de Dourine Ancienne, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;87
contraire de ce que Icfus Chrift enfeigne à fes difciples en fa fainôle Parole. Câeft fans doute quâayant ainfi la vérité de mon cofté, ic pôurrois vfer de ce langage enuers ledit Lefcaille auec autant de iuile liberté quâil a pris de licence iniufte pour en vfer contre nous en la page 166.de fi n li-ure, puis quâil ne mettoit rien en auantque men Congé. Mais fi il faut que pour reprimer Ion audace orgueilleufe on parle à luy de la mefme façon quâil parle aux autres, iâayme mieux que vn autre le race que moy. Car ie veux auoir plus dâefgardà ccqui elf bien feant à ma charge quâà ce quâil pourroit mériter.
Et quant à ce quâil dit page idy. que les péchés des fideles ne font point péchés à mort, en con-trefaifant le dode, il defcouure fon ignorance, voulant par cela conclurre que Dieu qui regar-deroit tels péchés en fon iufte iugement,ne trou-ueroit point en iceux iufte occaiîon dâenuoyer à la mort ceux qui les auroyent commis. Car quad il eft dit,I.lean 4.que les fideles ne pèchent point du péché qui eft à mort, câeft à dire du péché lequel Dieu ne pardonne iamais, de là il ne s'enfuit pas que les péchés quâils commettent ne foy-ent péchés à mort : veu que tout péché quel que ilfoit engendre la mort de fa nature , amp;nbsp;que Ion gage câeft la mort. Rom. 6. De fait on void que plufieurs iront à la mort pour leurs péchés , lefquels cependant nâauront pas commis le péché qui eft appelé à mort ou irremiffible: mais auront commis les autres péchés lefquels
P 4
88 JieS^onfe à ^nt.Lefiaille à Jes Parajhrafes vraycment font mortels Sc toutesfois font appelés rcmiffibles : non quâils le remettent à tous ceux qui les ont commis : car iamais ils ne fe remettent auxinfideles amp;nbsp;reprouués : mais pout-ce quâils fe remettent aux elleus Sc fideles parla grace amp;mifericordc que Dieu leur fait en lefus Chrift fans laquelle pour tels péchés ils feroyent au iour du jugement enuoyés aufli bien que les autres à la mort éternelle. Et pourtant que Lef-caille celle dâeftimer que les péchés des fideles nefoyentpoint à mort. Car ils font à mort de leur nature : mais ce que les fideles ne mourront point pour iceux , leur aduiendra de la grace amp;mifericordc que Dieu leur fait en lefus Chrift.
⢠Mais paflà nt outre , amp;nbsp;le fuyuant à la trace defoneferit, il me faut ici reprefenter aule-ôleur vn autre tranfport dâefprit qui sâapperçoit en cell homme quand pour abolir la vérité de lâimputation gratuite qui nous eft faite des Åuvres que lefus Chrill a faites pour nous fauuer (ce quâil appelé ailleurs vne fiéliô humaine quoy quâelle foit le vray Sc vnique fondemét de noftre falutj)il dit en fe moquant qu'il faudroit aufli par mefme raifon que Dieu ne condemnaft point les melchans pour aucunes mauuaifcs Åuures quâils 31 euflènt faites, mais feulement, pource que le péché commis par Adam leur feroit imputé-
Or pour relponfe à celle glofe Lefcaillienne, il faut que ie die dâentrec que cell homme fait fem-blantdâignorer, ou défait ignore la dift'erence quâil y a entre la façon félon laquelle nous corn muni-
Ju nom Je Dourine Ancienne, 89
muniquons à la'' corruption dâAdam, amp;nbsp;celle felon laquelle nous participons à la iuftice trefpar-faite de noftre Seigneur lefus Chritt. Car il ne fe trouuera point q la códemnatió qui eft tôbee fur Adâ sâeftcde fur aucû qui ne foit en foy aufli bien entaché de la cotruptiô,quâAdam. Et de fait ce q nous fômes pécheurs en qualité d efans dâAdâ,cc nâeft pas propremét la caufe du péché quâil a com mis,lequel fingulier amp;nbsp;particulier péché eft vraye ment demeuré enclos en fa perfonne : mais câeft dâautant q nous fommes corrôpus en qualité dâé-fans dâAdâ en nos ^pprespcrfones, pourcc quâA-dâsâeftâtcorropuparle péché quâil auoit comis, ne nous a pas peu puis apres mettre au mode autres q corrôpusamp; infeélés de la contagiójnó du pe ché particulier amp;nbsp;fpccial quâil auoit commis,mais delacôtagiondupechéplus généralement pris, câeft à dire de la côtagion peceâte. Et pourtât ce q eft dit par noftre Dieu Ezec. i8.q le fils ne portera point lâiniquité de fon pere, demeure toufiours vray.Car de fait,fi Adâcorrôpu euft peu mettre fapofterité au mode telle quâil auoit efté créé de Dieu au commencement, câeft bien fans doute que cefte pofterité nâayant point de péché originel en elle,Dieu ne lâcuft point condamnée pour le péché de fon pere.Mais Adam pecheut amp;nbsp;cor-rôpu ne pouuant mettre au monde enfans qui ne tinlfent de cefte contagion, amp;nbsp;qui ne fuftènt pécheurs amp;nbsp;corrompus aufli bien que luy, Dieu dit a bon droit tous homes eftre pécheurs,non aure gard de ce qu'Adâ a péché mais au regard du péché qui ayât trouué place par accidét en Ada, eft
90 Ref^on/ê à ^nt.Lefcaille à fis Paraphrafis maintenant naturel en eux tous. Et fuiuant ceci Sainél Paul dit que tous hommes ont péché, Rom. Æ .Et câeli ce que le Sainôl: Efpnt declare au 6.Sc 8.du Genefe,quand il eft dit que maintenant toute lâimagination des péfees du cÅur de lâhomme nâefl autre chofe que mal en tout temps:iSc au i^-.de lob où il eft dit que le net ne fc tire point de Ce qui eft otd:amp; au yi Pfcaume où Dauid quie-ftoit né en legitime mariage recognoift néant-moins en ce ft ns quâil a elle formé en iniquité, amp;nbsp;que fa mere lâa efchaufFé en péché dans (on ventre. Câeft auflî fuiuant cédé doctrine quâil eft dit Rom.S.que toute IâafFedion de la chair eft inimitié contre DieinBref câeft ainfi que le melme A-pçiftre SaiiiétPaul dit Eph.z. que de nature tous hommes font enfans de lâire de Dieu, câeft à dire ont naturellement en eux levrayobitél de lâire de Dieu,qui eft leur corruption originelle laquel le ils apportent aucc eux du ventre de leurs meres. Il ne fe dit donc point deuant Dieu que fame du fils, duquel le perc aura péché, mourra: mais q lâame de celui qui aura péché eft celle qui mourra Ezech.i8.Et pourtant Lefcaille ne pourra iamais croire ny enfeigner fans erreur que les mefchans qui feront condamnés au iugement de Dieu,le ioientpour lepechécommis par Adam. Car ils ne feront iamais condamnés de Dieu ny grands ny petits,que pour le péché, ou originel feulement ou originel amp;nbsp;aéluel enfemble qui fe trouuanteneuxfera lavrayecaufe de leur condemnation. Mais il nâen prend pas ainfi du fa-lut des bons:car nous fommes faaués par lâimpu-taiion
da nom de Doctrine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;91
tatioii qui nous eft gratuitement faite de la iufti-ce de lefus Chriftjvoii c de celle tuftice trefparfai te quâil a accomplie pour nous en fa propre per-fonne. Etcelaeft fait vrayement par imputation de ce qui eft en Chrift amp;nbsp;non point en nous. Car il n'y a aucun fidele auquel par quelque moié quâon vueille imaginer dâinfufion J comme fait Lefcaille, ou autre,celle trefparfaite iullice de le fus Chrlit fe puilTe ti ouuer réellement amp;nbsp;de fait, comme le péché originel procédant de la contagion de nollre premier pere, fe trouue en tous fes enfansjcâeft à dire en tous hommes. Dont sâenfuit quâicelle iullice ne fetrouuâtiamaisen nous non pas mefmes en lâautre monde,non plus quâen cellui cÃautrement que par celle imputatiô gratuite,mais feulement en Chrift, câell vrayement par la feule imputation dâicelle que nous ferons fauués.Ec câell au/îi à celle occafion que Sainét^ Paul dit Rom. 4. que celle iullice nous ell imputée ou allouée de Dieu fans ceuures,câell à dire fans que de vray nous ayons fait les Åuures ef quelles feules elle fepcull trouuer. Et voyons aulli tout au contraire quâau mefmc chap. 4. des Romains,celui que Dieu iullifie ell appelé mel-chant,ellant confideré tel quâil ell en foy. Car au lieu que Dieu nous iullifie par grace, cllans encores mefcljans en nos perfonnes, il nous iulli fie felon fon exaéle iullice, comme tresbons amp;nbsp;trefiulles en la perfonne de fon Chrift,par lâimpu tation gratuite quâil nous fait de la iullice trefpac faire laquelle il a accóplie pour nous en celle fié-ne perfonne. En fomme ce que Lefcaille veut
91 JteÃjonje à ^nt.lefiaille à fes Pafafhrafis conclurre en fes Paraphrafes que comme les mef chans feront condamnés à caufe des mefchan-tes Åuures quâils auront faites, ainlî les bós feront fauués à caufe des bonnes Åuures quâils auront faites,nâa point de fondement en vérité: ains eft vn erreur manifefte. Et de fait pour faire vne telle conclufion,il faudroit que les bonnes Åuures des fidelesjmeritalfent bien la vie,comme ) les meichantes Åuurcsdes mefchans méritent li ftiort eternelle. Mais il en va tout autrement comme il le fait,amp; le fent bien en fa confciencc,y ayant en ceci plus dâorgueil amp;nbsp;dâopiniaftretéen luy que dâignorance. Car au lieu que les mefchans font trefiuttement condamnés à caufe des mefmes mefehantes Åuures quâils ont faites, amp;, ce dâautant que non feulemét toutes les mefehan tes Åuures quâils ont faites cftâs mifes enfemble, mais que mefme b moindre dâicelles toute feule, merite iuftement la mort amp;nbsp;condemnation eter-nelletau contraire les bons ne font point fauués à caufe des bonnes Åuures quâils ont faites,pour ce quâicelles mifes toutes enfemble ne fe trouue-ront iamais fuffifautes pour mériter le falut éternel. Et câeft pourquoy comme nous auons défia donné ailleurs cell aduertiifementjil nâa point fahl quâaucun autre foit venu au monde pour pe-cheramp;tranfgrcïTer plus entièrement amp;nbsp;parfaitement la loy,que ne faifoiencles mefchans, afin de les rendreplus iuftement condcmnables deuant le iugement de Dicu.Car la moindre de leurs mef chancetés a tranfgrcfle la loy de Dieu toute entie re,côme nous lâauons prouué par ce qui eft eferit
laq.î.
du nom de Dourine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;95
hq.x.amp; par plufieurs autres preuues:mais il a fa luquâvn autre vinft pour faire des Åuutes plus parfaitement faindes amp;nbsp;iuftes que nâeftoient celles des fideles,amp; pour plus parfaitement accomplir la loy de Dieiijquâils ne la pouuoient accom-plir,aflà uoirIefusChtift,afinque cela leur eftant gratuitement imputé de Dicu,comme fi eux mef ipes reufient fait,ce foit la iufte eau fc pour laquel leils feront fauuésamp;introduits au Royaume des cieux, pour y iouir de la vie éternellement bien heureulê auec le mefmelefus Chrift amp;nbsp;fes Anges efieus. Et quant à ce que cell homme nous aceufe en continuant en fes calomnies de ne vou loir que les PhilofopheSjmarchans,amp; autres per-fonnes qui nâexercent le Sainét minillere en lâE-glife,efprouucnt les dodrines qui leur font enfei gnees touchant ce qui concerne le falut de leur amesmous fauons que toute noftre Eglife (amp; luy mefines sâil vouloir dire vray)rcndra toufiours tef mojgnage du contraire. Car comme nous fauons quâau 4.de la premiere deSaindlehan nous fommes aduertis de ne croire à tous elprits« mais dâefprouuer sâils font deDieu;amp; au cinquième de la feéonde aux Thellà '.oniciens dâefprouuer tou -tes chofes pour retenir feulement ce qui eft bon; amp;nbsp;quâen generaljtous font admonneftés lehan 5. de fonder les Saindes Efcritures : amp;nbsp;que lâexemple quâont donnéà tousClirefticns ceux de Berné defqucls il eft parlé Ad. 17. eil digne dâimitation; ainfi exhortons nous tout noftre peuple de le faire,voire sâil fe peut faire. Et pour le défit quâa-uons que tous le puilTcnt faire t leur apprenons
94 Re/jtonJèii^nf.Lefiailleà fes Paraphrafes comment il le faut faire,condemnans lanegligcn ce de tous ceux qui ne le font point,le pouuansfai re,veu que sâils nâauoient quâa receuoir vne piece dâargent, qui ne leur eftpas de teile importance que ce q lâon leur enfeigne pour le dut de leurs âmes, ils feront diligens à *a tourner de retourner pour voir fi elle eft point de faux coin : Si à lafaire fomur amp;nbsp;refonner, pour cognoiftrefi elle ne fera point de faux aloy.Mais il pt uft bien eftre que quand on a veu le paflementier Lefcaillenât-ftre fi propre amp;nbsp;fi heureux à difceinerpar fis ef* preuues le faux dâauec le vray en fait de Theolo-gie,côme il eft à difeerner entre la foye amp;nbsp;le fleu-ret:ains que par les elpreuues mal faites amp;nbsp;mal cô duitesjilne faifoit que tout corrompre amp;côfon-dre,il liiy aura efté dit iuftement amp;nbsp;par aduettilfe ment dâamy quâil luyferoit mieux feant dc*faite gt;nbsp;fbn meflier lequel il entendoit allez bien,que de fe melier fi auant de cellui ci,deuant que dâauoit appris à le bien faire.
Or cependant fi faut il dire vçritc voire de celui mcfmc contre lequel on a quelque contro-uerfe. Qui fait que ic veux confeller que celt homme eft aucunement digne dâellre employéau baftiment de celle doélrine Pharifaique, sâefiant monftré extrêmement diligent à amaller toutes les pierres que luy auoient fait charrier les maillres de lâedifice,amp;à les mettre en Åuure. ⢠Car il a remué Sc agencé toute pierre tat cornue full elle, pout la hire feruirde quelquechofcà perfuader aux hommes quâils feront fauués par leurs bonnes Åuures. ⢠Quâainfi foit on fait, ce que
dit nom de Dourine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9 y
q dit noftre Seigneur lefus Chrift au 17.dc Sainâ Lucjalfauoir que quand nous aurions fait toutes les choRs q nous auroient efté cômandees,encores faut il que nous nous recognoiffions amp;nbsp;confef fions eftie feruiteurs inutiles qui n'auôsrien fait que ce que nous auons deu faire:amp; quand lefus Chr'ft dit inutiles ce nâcll point au regard des au tres lioinmes,aufquels,en glorifiât Dieu par bonnes Åuures, nous pouuons auoir ferui de bon exemplemy auffi au regard de nous mefmes, qui, en bien faifant,aurons fortifié amp;nbsp;affermi dedans nous lâaffeuranceidc noftre eleéfion cternelle SC Vocation falutaite : mais inutiles au regard de ûicu,auquel fuyuant ce qui cft dit Pfeau.nî.il ne fera venu aucun profit de tout ce quâaurons fait, entant que rien ne peuft eftrc adioufté à la toute fuffifancc dâiceldy. Or quoy que cela fe die feulement par. concefïion,amp; pour toufiours rendre plus claire la doélrinequâéfeigne que ne fommes fauués que par la feule grace de Dieu, veu quâil n'y a vn feul dâentre les hommes, quelque iufte quâil foitjqui face toutes les chofes que Dieuluy acommandeestvoulant lefus Chrift quâon fache que quand mefme cela feroit aduenu à quelcun, fi doit il recognoiftre,que quand il receura la vie tternelle, ce ne fera point en confiderationde lisÅuures, mais par la feule grace amp;nbsp;mife-ricordc de Dieu en lefus Chrift. Ceft homme donc afin que fes difciples quand on leur alléguera cefte fentencecontre leurPhanfaiquc do ftnne/'e dem tirent point courts amp;. fans rcfpon-Ic, leur dit quâils nâont quâà mettre en auantee
^6 Jlejjjonà à ^nt. L eÃaille à fes Fa raf)})rafes partage qui efl au ij.de Sainól Matthieu, où il eft dit que le feruiteur inutile fera ietcé es tenebres de dehors.Qui eft autant que sâil difoit felon fon fens,quâil faut quâils oppofènt ce partage ci à lâau-tre,pourmonftrer que nul de ceux qui lont ferui leurs inutiles,nâentrera au royaume des deux. Et pourtâtquoy quâil en foit quâil faut apporter gain par nos Åuurcs à Dieu qui eft nollre Maillre,afin quâil nous donne pour le falaire de nollre ouuca-ge 11 vie éternelle. Mais câeft chofe eftrange du trefbuchemcnt de cell homme, amp;nbsp;laquelle nous trouuerions encores plus ellrangc, lî ne fauions que comme vn abyfme appelé rautre,ainlî quand on eft tóbé en quelque erreur auquel on fe plaid, il nây a rien puis apres en quoy on nâerre volontiers. Car il nâeft point fi aueugle quâil ne voye la grande difference qui eft entre ces deux ferui-teursjlefquels tous deux font nommés inutiles, amp;nbsp;entre les deux inftruélions qui nous font données en laperfonncdâiceux. Carlâvneft appelé feruiteur inutileMatth.ij.non pour auoir confu-mé amp;nbsp;(Jelpendu melchamment le bien de fon mai ftre,qui feroit vnetrelgrande faute,mais mefmes fêiRementpour ne lâauoir point fait profiter tâJis quâil eftoit entre fes mains,qui eft cependant vne bien moindre faute : amp;nbsp;câeft que, comme lâElcri-turelà inélcLuCjij.lehan,ij. Jude, nâappclepas melchans arbres ceux là fculs qui portent de mef chans fruiólsimais aulEceuxIcfquels nâen porter du tout pointtainfi eft il dit de ce feruiteur lequel nâa point fait profiter le talct de fon Maiftre,quâil eft inutile , amp;nbsp;quâà celle eccafion il fera ictté
aux
du nom de Doctrine Ancienne.
aux tenebres de dehors,afin que nous fâchions q ceux dâêtre les homes qui nâaurôt fait nuJles bonnes Åuures,quoy que nieu leur ait doué Je moyé dâen fairejiiâaurôt point de part à la vraye félicité. Mais lâautre qui au 17.de S.Luc eft apelé feruiteur inutilcjeft Æroprement enfeigné de fe donner ce nom à foymefme, voire au milieu des bonnes Åu-ures quâil aura faites,amp; mefmes del accompliné-ment de la loy(fi tant eftoit quâil lâa peuft auoir ac côpliecâeft afin que quad aucc amp;nbsp;felo icelles il feroit fauuéjU fe gardaft bien de sâenorgueillir en Uers Dieu,comme sâil receuoit de Dieu la vie eter nelleà caufeamp;enconfideranon de fes ceuures.
mais quâen toute vraye humilité,il recognoiife re ccuoircefte vie éternelle de don gratuit,amp; ce par la feule grace amp;nbsp;mifericor'de quâil luy fait en ion bien-aymé fils noftre Seigneur lefus Chrift.Il eft doc tout cuidét que ces deux feruitcuts,aulquels pour diuers regards eft donné le nom dâinutile, l'ont bien diiferens lâvn de lâautre,amp; que lâinftru-ebon qui nous eft donnée en la confideration de rvn,eft bien differente de celle qui nous eft donnée en la confideration de lâautrc.Etpourtant fache Lefcaillequc,quantà nous, en deteftantôc fuyant lâexemple amp;nbsp;la condition de ce feruiteur inutile, duquel il eft fait mention,Matth.25.qui ayant receu quelque moien de glorifier Dieu en cemonde,ne lâa point voulu faire, dâautant que nous cognoiftbns amp;nbsp;côfelfons que câelt ce à quoy toute noftre vie doit eftre rapportée amp;nbsp;employee, felon tous les moyens que i ieunousen donne: Nous ne defirons rien plus que de nous reco-
G
98 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à ^nt.LeÃaille à [es Paraph'ajès
gnoiftre feruiteurs inutiles, à la façon de celuy dont il eft fait mention, Luc 17. amp;nbsp;ce nonoblbnt toutes les bonnes Åutircs que nous pournonsa-uoir faites pour glorifier fou faincl nom au milieu de ce monde : fachans bien que dâicelles il ne luy pourroit eftre reuenu aucun proflSt,PfeaU. i^. amp;nbsp;par confequent confellèr, en receuant de luy la vie eternelle, que cc fera de fa feule grace amp;nbsp;mifericorde, laquelle i! nous fait en le-lus thrift, amp;nbsp;fans aucune confiderarion de nos ceuures. Et cependant auec la cognoiftäncc amp;nbsp;af-feurance de la vérité de cefte là imfte doélrine, nous ne lairrons de trauailler autant que nous pourronsen toutes bonnes ceuures , amp;nbsp;dâexhorter amp;nbsp;accourag:r tous autres à faire le fembla-ble: mais ce fera fans donner lieu à aucun orgueil Pharifaique; ains plus nous ferons de bonnes Åuures, plus auffi nous lentirons nousre-deuables à la grace de Dieu ; amp;ertarts introduis aufalut, recognoiftrons franchement cc bien nous aduenir de fa feule mifericorde. Maisquoy ceft homme eft tellement ennemi de cefte grace de Dieu, quâil ne veut pas mcfmes que les penâs enfans qui feront fauués, fbyent faunes par icelle, lefquels cependant il fait bien nâauoir aucunes bonnes Åuures: ains pluftoft que de confelfer en cela ,il apprend à fes difciples,pa-ge 17?. de dire que les pctis enfans ont vn principe interieur abonnes Åuures, lequel Dieu a allumé en eux, amp;nbsp;lequel au iour du iugement leur fera compté de Dieu pour Åuure : voulant auffi que le mefme foit entendu de ceux qui, e-ftans
Ju nor» Je DocÃrine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;99
ftans conucrtis à Jefiis Chrift, lorsquâils fontde-fiaen grandaage,amp; pres de la mort, mourront deuaiic que dâauoir faitaucunes bonnes Åuures. Mais celt homme,qui faid tant le grand zelateuç des laindes Eferitures,quâil ne veut point que ia-, mais rien foie mis en auant, que ce qui fetroqpçq raellreefcrit en icelles en termes bien expres,ric troiiuera point que celle dodriney foit eferite, touchant le principe interieur à bonnes Åuures lequel il dit eilre alloué de Dienen eux, amp;nbsp;de-r uoir eftre receu de Dieu en £bn ingement poui; les bonnes Åuures quâils doiuent faire. Et aufli câeft bien ici le comble de lâorgueil pharifaique de vouloir tellementmaintcnir quâon fera fauué à caule des bonnes Åuures quelaoumefmesil ne fe trouuera point du tout de bonne Åuure, comme aux petis enfans, qui fouuent meurent aufli toll quâils font nais, on ayme mieux imagi ner vn principe interieur à bonnes Åuures, caché dedâs eux,lequel Dieu leur allouepour bonnes ceuures« que de confefler ce qui ell du falut des petis en-fans félon la vérité de rEuangilc,Rom.4.alîauoir que fans Åuures,la iullice que lelus Chrift a accomplie pour tous fes eleuz tant grands que petis leur lera allouée à falut,deuât le iugemét de Dieu par fa grace amp;nbsp;mifericorde : amp;ce afin que nul de ceux quele Pere celcfte a cfleuz amp;nbsp;donnés à fon fils ne foit perdu.leâ 6.Car aufli corne il efl eferit Rom.p.le lalut des enfans de Dieu,tant ceux qui doiuent deuenir giands en ce monde, que ceux qui y doiuent mourir tous petis, ne laifle d eftre alfeurédeuant quâon ait fait de bonnes Åuures,
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roo Jle^oajé à ^nt.Le/caille a fes Paraphrafs afin que le propos de Dieu arrefté felon fon ele-élion demeure ferme amp;nbsp;du tout immuablc.Et me fera permis de dire ce petit mot en partant, que èè queLefcailleditici touchant les petis enfans, que Dieu leur comptera pour bonnes oeuureSj le pfiliCipe quâils auront eu en eux à bonnes Åu-Ãres , encores quâils nâen ayent point fait, eft vne elpece dâimputation , encores quâil nâvfede cériaot, pource quâil lâa pris en trop grand haine. Car câeft autant que sâil difoit, que Dieu re-querroit des petis enfans de bonnes Åuures, à urti bien que des grands, pour les fauuer à cau-fe amp;nbsp;pour lâ.imour dâicelles , nâen trouuant point èn iceux, leur imputera au lieu dâicellesjce principe interieur, amp;nbsp;le leur allouera en fes comptes au lieu des bonnes Åuures actuelles par Icfquel-les ils deuoyét acquérir leur fakit. Or au lieu que Lef^caille appelé lâimputation de laquelle nous vfons apres les fainiâes Eferitures , vne fidion de droit, nous luy pourrons dire auec toute iu-fte raifon j que cefte ci dont il vfeen ceft endroit, eft vne fiction de tort, quand on veut contenter Dieu, en luy donnant feulement le principe de quelque chofe , comme de lâobeiflance de la loy,voire vn principe qui nâa encore rien produit au lieu que 1âexaóle iuftice de Dieu requiert de tous ceux qui feront fauués, vn entier amp;nbsp;aduel accomplirtement dâicelle. Et il fait que nous nâv-fbns point de telle fiction , ou pluftoll tromperie enuers Dieu en lâimputation fur laquelle nous nous appuyons felon ies fainótes Eferitures. Car nous prefentons amp;nbsp;apportons à Dieu par foy vne tref-
du nom de Dourine Ancienne, ' ? loï tref-parfaite iuflice amp;nbsp;obeiflà nce rendue à Djeu en toutes fortes de bonnes Åuures par noftre Sei gneur lefus Chridjcftans bien allèurés que comme il lâa accôplie en fa propreperfone pour nous amp;à noftre deftharge,aufli nous fera elle imputée amp;nbsp;allouée de Dieu comme noftre, par la grande grace amp;nbsp;mifericordc.
Et quant à ce quâil dit auffi queDieu comptera pourÅuures faites, ce mefme principe à bonnes / tcuuresaux hommes dâaage,qui,eftans conuertis à luy,mourront deuantque de faire aucune bonne Åuurene luy diray franchement ce dont le iu-gement demeurera an leôtcur : que, outre ce que cefte dodrine cft auffi faufl'e en ceux-ci, comme aux petis enfans,,entât que ni les vns ni les autres ne feront fauués en confideration de ce principe interieur à boues Åuures,mais par la feule grace de Dienen lefus Chrift,qui par famort les a faunes amp;nbsp;rachetés de la mort éternelle : fi doit-il fa-Uoir que iamais il nây aura homme dâaage ayant cognoilTancc amp;nbsp;iugement, qui, eftant vrayement conuerti à Dieu,meure deuant que de faire quel que bonne Åuuretvoire quand il ne deuroit faire que les mefmes bonnes Åuures que fit le larron conuerti lors quâil eftoit défia en la croix, lequel confelfa fes fautes amp;nbsp;recognut auoir bien merité la peine quâil enduroittS: pria noftre Seigneurie fus Chrift dâauoirfouuenâce de luy en Ion Royaume,car iamais la vraye conucrûon de lâhomme nâeft fans foy amp;nbsp;repentance ny fans lâinuocation de Dieu pour obtenir grace amp;nbsp;mifericorde.
Or il ne fembloit pas que Lefcaille qui appclok
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â¢loi Jlejponfe à ^nt.Lefcaille à fes
dU'iiotn de glofesjcii fe moquantjtoutes )cs intet pretations que les Pafteurs amp;nbsp;Doôleurs delâ£-glile-donnent aux fain êtes EfcriturcSjamp; difoic fe vouloir tenir rie à rie au funple texte dâieelles, fe vouluft apres tellepro'ellatrô,ftruir de quelques allegatios tirées des efents des Anciés Dodteurs de lâEglife primitiue. Mais puis quâil a trouué bonjles ayant receus de ceux qui le mettent en be fongncjde les inferer dans Ion liurc page 154.155, amp;nbsp;ijô.pour par ieeux fortifier fa doctrine,la fai le trouuer tant plus rcceuable : ie luy diray premièrement que tout ce qu'il allégué d u Phei) doretde la proMdevce dinnie,ne peut eftre rapporté félon lâintention defautheur , par tous ceux qui le liront auecvn iugement vn peu plus entendu quenâeftle fien,à autreenfeignementque de ces deux poinôfsialfauoir à réfuter ceux qui eftimoy-entquâapres celle vieil nây auoit aucune autrefe licite pour les bons,ni aucun autre malheur pour les mefchans.Carilprouuequâapres celle premie re vie fe trouuera lâvn amp;nbsp;lâautre.Et de fait,c'ell la le premier erreur quâil refute.Lâautre ell,de ceux qui ellimoyent quâapres celle vie il nây auroitque les âmes feules qui (croient participantes de celle féconde forte de feüciréiou infelicitc : contre lefquels il proiiue que par le moyen de la refutre élion de la chairflaquelle ne pouuoit entrer dedans la telle des plus fages amp;plus grands Philo-fophes de ccmondc)le corps qui auroit tenu co-pagnie à iâamc pour glorifier Dieu en ce monde, leroit aulîi glorifié auec ellc,amp;le corps qui auroit tenu compagnie à lâame , amp;nbsp;prellé fes membres
pour
du nom de Doctrine Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 oj
pour ne fane que tout malen ce monde, feroit aufli fait participât auec elle,apres la refurreótió, des peines amp;nbsp;tourmes cterneis.Ãt ce font là deux doùtrincslefquelles fuit tref faindes amp;tref-vra-yes : amp;nbsp;pourtant aufli fachans quâelles font bien fondées enlâEuangile, nous les croyons, con-felTons amp;nbsp;cnleignós. Mais nous ne lailForis pourtant de detefter celle que Lefcaille veut conclur-repar icelles , allà uotr que comme les mefehans feront enuoyés aux enfers pour y mourir à toute éternité,à caufe des meft hantes Åuures quâils au tont tommiles en ce monde^ainfi les fideles rece liront de Dieu la viecternellc pour amp;nbsp;à caufe des bonnes Åuures quâils aurôt faites en ce monde, car ce dernier membre de et lie doéltine eft faux: dâautât que ce ne 1èra point à caule dâicelles,mais à eau Ce de lefus Chrift que nousobtiédrôs amp;nbsp;re-ceuros la vie eternelle.Et voila quât à ce quâil aile gue de Theodorct,ellât cepédât chofe bié certaine que Lefcaille fe trouueroit bien empefehé fi ie le fômoyc de prouuer ce qui eft au comécemét de laijâ.pag ou le corps,du fidele eft introduit parlât amp;nbsp;difant que fim amjb befongnât aueC luy a ac,.ô-pli les Åuures quela'charité comande.Car ie fuis de ceux qui rroyentfcôme font tous vrays Chre-ftiens) quâil nây a aucun autre entre les hommes, quâvn feul lefus Chrift qui en fô corps amp;nbsp;en fôa-mcait parfaitemét accopli ce que la charité coma de.Etpourtât aufliparmi ce quâfl alleguede S. Au gufim efcriuâtfur lep/Tnÿ.au fait des retributios, oùilmetvneefpecederctributio felon laquelle Dieu rétribuera biépour bien,qui eft à dire come
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104 ReJjjon/ê à ^nt.LeJcaiüe à fes Parafhrtt fis luy-mefme lâexpo^e, au dcmier tour Ia viecter-nelleauxiuftcstiâadutrty Lefcaille, que comme puis apres il eft adioufté que cefte rétribution de bien pour bien ell de la iuftice de Dieu , il eft du tout necelFaire que ce bien que Dieu nous don-nerajquieft la vie eternelie,nous foir donné à eau fe dâvn autre bien equipolent à icelut: alFauoira caufedelaiufticetrefparfaitcque lelus Chrift ä accomplie par obeiftà nce enuers luypoui nous en fa propre perfonne.Car fi autre iufticc que cefte là eft prefentee deuant la iuftict de Dieu, ia-mais elle nây pourra lublifter, pour les deffauts qui feront en icelle, tantsâen faut quâelley puil-fe tirer quelque recompenlé. Mais faut que tandis que laiuftice de lefus Chrift tref parfaire fub fiftera pour nous deuant le throne ludicial de Dieu , que noftre luftice imparfaite ne fe prefeu-te phint ailleurs que deuant la grace amp;nbsp;miferi-corde. Nos iuftices donc auront des retributions trop plus que nâen pourrions efpercr amp;nbsp;at-tendre,mais ce fera de la grace de Dieu, icelles nous eftant lors auffi bien grafuftemét données, comme elles nous auoyent efté gi atuitement pro mifes.Et toutes ces rctributiós fe ti ouueiôc enue Jopces dedans le don de la vie eternelle lequel le fus Chrift nous aura acquis par fa trefparfaitte obeiftà nce enuers Dieu. Mais touchant ces mots de gage,de /alaire,amp; retributio nous en auôs def mcîlé la queftio es conferéces quâauonseucs auec Lefcaille, lefquelles font rédigées par eferit: de forte quâil nâeft point befoin dâennuyer le leâeur de tant de redites. Seulement il fe doit fouuenir
que
du nom de DoÃrtne Ancienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;io$
que quand ces noms font appropriés à la vie éternelle laquelle Dieu nous donne gratuitement, ils ne font point pris en leur propre accouftumec amp;nbsp;ordinaire fignification. Car aulîi comme il allégué de Theodoret en fa page i44.enla vie eter nelle nous recucillirons du fruiét non feulement felon nos trauaux,mais beaucoup plus amplemét. Et quant à ce quâil remarque enSainél Auguftin, alfauoir quâi! fait marcher la mifericordc deuant le iugementjce nâeft pas felon fon fens pour dire que Dieu premièrement nous iuge par mifericor de,pour nous faire fi parfaitement bons amp;nbsp;iuftes en noufmcfmes.que puis apres comparoifTans en fon iugernét,nous ayons en noufinefmes dequoy nous iuftifier deuant luy pour obtenir la vie éternelle. Car Satn^ i/iugufltn ne met felon le Pfal. lot.lamifericorde deuantleiugement, quepour nous faire entendre quâau lieu que ceux aufqucls Dieu ne fera point mifericorde en fon ChrilfjCÃ-paroilfans deuât fon iugemét,feront perdus à tou teeternitétaû contraire,nous qui aurons obtenu grace amp;nbsp;mifericorde en Chrift, comparoilTans de nantie iugement de Dieu,nây ferons point con-lt;lamnés:amp; ce dâautant que cefte grace nous aura donné gratuitement le Chrift auec fes aéfions amp;nbsp;paffions trefiuftes,afin quâicelles nous eftant gratuitement imputées,nous foions à eau fe dâicelles 3u iugement deDicu exeptés de toute condemna tion.Carauflieftilditlefi. 3. que qui croit en le-fus Chrift ne fera point condamné;amp; Ro. 8. quâil nây a point de condemnation pour ceux qui font en lefus Chrift.Mais quoy,puis que Lefcaillc no-
10 6 ReJJfonfe à ^M.Lefcaiïle à fes Parufna/ès nobftant quâil reieólaft route parole dâhomme interprétât les Saindes Efcrit Utes,comme gloledf ceuable, neantmoins a bien voulu mettre en a' uant CCS pallà ges quâon luy a preftés de Theodo-ret amp;nbsp;de Saind Ai'guftiujpour penfer confirmer fon erreur par iceux,encores quâils ne facent rien pour icelui: 1 nâini. riera point,sâi! luy plaift, dn nom odieux de glofes, quelques fentences que ie luy remarqueray icijtirecs des Anciens Peres, par âelquellcs, toutes fes opinions Pharilaïques font fort il anifeftemétcondânees amp;nbsp;réfutées, amp;nbsp;la dodrinc Euang, liquc laquelle nous luy enfei-gnons eft clairement approuuee.
Pren.icrcmentpour cognoii.re que les Anciés Peres ont creu ce que nous croyons,amp; que Lef-caille ne croit pas,airauoir,que nous ne fubfifte-rons amp;nbsp;ne leronsiuftifiés deuant Dieu en vertu amp;nbsp;coiifideration des bonnes Åuures que nous au rons faites en ce monde dcfpuis noftre regeneration il marquera ce quâeferit Origine fur LT^chid
Pour celle caufe tout viuant ne fera point iufli fiédeuât Dieujcâell à dirc,à la façô des Hebrieux, nul viuant ne fera iufl:ifiédeuantDieu,voire quad ce (croit le iufte Abraham.le iufte Moyfc amp;nbsp;tout autre iufte dâentre ceux qui ont cfté renommés. Car auflià côparaifon de lefus Chri!i,ils ne font point iulles amp;nbsp;leur lumière comparée auec la lumière dâiceluy,fe trouue nâeftre que tenebres, amp;nbsp;comme la lumieredâvnelampe sâobfcurcit eftant approchée des rayos du foleil,amp; deuiéf tenebreu fe corne quelquâautre matière qui nâauroit point
du nom de Dourine Ancienne. â nbsp;nbsp;nbsp;107
delumieie:a,ntï qufy que la lumieie de tous les iuftes luilâe deuâtieshommcsjfi eft-ce quMle ne luit point deuantChnlî.Et auffi nâa il point efté dit fimplement,Que voft. e lumière luifé,mais a e-ftéditjQ^cvoftre lumicre luiCe deuant les hommes. Car la lumière des iuftes ne peuft luire de-Uant Chrift. Plus au mefme heu le mefme Ori gene dit, Quâeft ce q ma iuftice encores que 1C foye fait fembbblc à lâApoftre S. Pauhma chafteté,en -Cores que ie foye tel que loiephîma force Sc ma-gnaniiriité,encores que ie foye corne ludas Ma-chabee?amp; que feia-cede ma fapiéce,encore que iâapparoifte comme vn Salomon, en comparaiion de Dieu? /
Plus,La lumière de lâEglife dit il,eft comme la lumière de la luneiCar elle refplendift Si eft claire en la pi efence des hommes,deu ant que foit le-uee la lumière du foleil de iuftice.
StiinElBernardau j^.ferfüonfMr les Cantit^ues dit que les merites des hommes,ne fôt point tels que pour iceux de droit leur foit deue la vie éternelle, ou quâil faille dire que Dieu nous face tort sâil ne nous la donne à caufe dâiccux. Et quand bien rhôme auroit quelques merites (ce quâil nâa pas) quâert ce que ce pourroit eftre encores de toâ fes merites,au prix dâvne fi grande gloire? Sain£i Hie rofme au premier Iture contre les Telag.à ^t que nollre iuftice ne confifte point en noftre propre mente, mais en la mifericorde de Dieu. Et S.
expofant le/^/c4a.44.dit que ce que Dieu nous fauue,câeft pour néant, câeft gratuitement,c eft a caufe de fon nom,Sc non pas pour noftre merite.
io8 Re^onjè à ^nt.LefcaiUe aÃs ParapJirafes Car il le fait,dit il,pource quâil luy plaift dele fui re,amp; non pas que nous foyons dignes quâil le face.Et pourtât au liure delà PredeH-tnattonü veut que les merites des hommes fe taifent, amp;nbsp;dit fur le P/f4«.i59.quâil ne faut rien attribuer à nos me rites J mais le toutà lagraccamp;mifericorde de Dieu. Et S.Bernard furies Cant.ferm.. dit que tout ce quâon impute aux merites eft ofte à la gra ce amp;nbsp;pourtât il adioufte quâil ne veut point de me rite,puis que le merite met hors la grace. Et à ce mefme propos AitS.^ngtiflinauferm.-j.des paroles du Seigneur fur la montatgne; Ne tâefleue pas de ton merite,autrement grace ne feroit plus grace. Et fur le Pfeau.^i.Sï tu te veux eftongner de la gra ce de DieUjVante toy de tes merites. Et tant sâen faut que Saind Bernard vueille que nous facions eftatdeprefenterà Dieu les bonnes Åuures que nouspouuons auoir,pour obtenir la vie éternelle, en confideration dâice!les,quâil ditainfi au 4. fermonfurlâfy4duent. Si nous auons quelque cho-lè de bon,frerestre(chers,il nous eft plus vtilc de le cacher que dâen faire la monftre- Car,dit iheô-meles panures quand ils demandent lâaumofnc, ne font pas monftre de veftemens precieux,mai$ pluftoft monftrent leur membres demy nuds, amp;nbsp;leurs vlceres sâils en ont,afin que le courage de ce lui qui void ces chofes,(bit tant pluftoft efmeu à mifericordc: aufli le peager ayant bien mieux gardé cefte regle que le Pharifien, eft defeendu iuftifié.
Or auilî ont bien cognu les anciens, que nos bonnes Åuures eftoient encores imparfaitement
dit nom de DoClrine Ancienne. lo^
ment bonnes, amp;nbsp;par confequent non receua-bles pour bonnes deuant lâexaâ: iugcment de Dieu.
â uSatn^î Hierofme au dialogue contre lés Pelagiem dit ainfi, Saind Paul enfeigne que nous aduan-ceans de degré en degré, tandis que nous fom-mes encores en la courfe,amp; quâon nâeft point enrôles arreftéjCela fait comprendre que ce q nous hommes eftimons eilre parfait,eft imparfait, amp;nbsp;que câeft aux feules vertus de D.eu quâeft la perfe ûion de la vraye iuftice. QtVeft-ce donc, dit il, que nous débitons fauoir?Câelt dç Confeifer que nous fommes imparfaits,amp; que nâauons encores appréhendé amp;nbsp;receu,ce que deuonsapprehender Screceuoit»; Cede eft la vraye fapience de lâhomme de cognoiftre quâil ed imparfait : car par maniéré de direja perfeâiondefiQus les judes qui font encores en la chair cd imparfaite^ Cede eft la feule perfection pourrons fi ils fecognoif-fent edre imparfaits.
Pulgence aupremier Hure k t^onitncâ. La perfe-élion des dons de Dieu nâed point encores main tenant parfaite. Le don parfait fera lors donne à tous,quand la gloire eternelle fera donnée aux
Hure de/î£;J}gt;nt de la lettre chap.^6. Il me fcmble que cedui la profite beaucoup en cede vie , en ce qui touche la iudice laquelle doit edre quelque iour parf3ite,qui en pro fitantcognoid combien il ed encores ellongné de la perfection. Et ont aulli bien cognu les ânciens Peres quâil y auoit de la feuillure en nos bonnes ceuures comme de lâimper.-
IIO JRe^o^fe à ^nt.Lefcaille à /es Paraphrafcs feôlion.
S.Bernard an â^.firmo» touchant les paroles â'tfaiei Sâi] ya queq'.iâhumble inftice en nous ,cllepeuft bien paraduenture eftre droite,mais non pas pure,(inon que nous nous vouliôs faire acroire que nous fommes meilleurs que nos pcres,lefquels ne difoient pas moins vrayement quâhumblement. Tontes nos iuilices (ont côme le drap fouillé des menftrucs.Car comment pourroit élire pure no-ftre iu(lice,veuqu'en icelle y atoufiours quelque faute? toi, sa r.
OrigenefurUBpifl.auxRom.lttt.^.chap.j^.C^mt^i ce qui fe glorrfi'era de faiuflice oyant Dieu qui dit par fon Prophetelfiie au foixanteqvartfeftnecha qjitre que toute noftreiuftice eft comme le drap fouillé? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;q: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
LesPeresaùfli efltcognu que nous ne pourriós point auoir h vipeternellc comme vn loyer deii a nos bonnes Åuurcs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t
S.ChryfuÃ.furle G.des ne dit point que la vie éternelle foitle falaire de^nos bonnes Åii-nres , mais dit que la vie éternelle e(t don de Dieu, afin quâil monftraft que nous ne fommes point deliurés paf nos propres forceS\amp; vertus: amp;nbsp;ce que nous recetions de Dîéu,rfeft ny cholédeue', ny fala rc ,â¢* ny retribution de nos labeurs,mais que le tout nous viêt du don gva tuit de Dieu.
S.Bernard au prentter ferm.fur lâ »yinnonnation de latstergei^idarte. Noifs ne pouuons gaignqr'là vie éternelle par aucunes Åuures,mais faut quelle nous vienne de grâce. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* j
Origene
du »ont de Doclrine Ancienne. u 1
Origene[urT Epiil.aux Romains hw.à ,. Qe que nous pvcdrons lâhcritage dés promelles de Dieu, vient de la grace diuine,amp;: n'elt point chofe qui nous foit deue,ny lalairc dâaucû ceuure,que nous ïyons faite.
Auffi auoient appris amp;nbsp;ont enfeigné les S. Petes que nous ferions gratuitcmtt iuihfiés deuant Dieu amp;non par nos iuftices,mais par la foy en le-fus Chrift.
Sainii Bernard an trotÃef/ne Ãrmon en Bf/idnent.
Difons feulement nos iniquités , Sc Dieu nous iulïifiera gvatuitement afin que faâgrace foit prifee.
Etanfermon6\. Chanteray-ie mes iuftices? Certes Seigneur ie nâauray fouuenance que de ta feule iulliceiCar auffi eft elle mienne.
3 amBi Gregoire fur B.ìhiel Hure premier, home-Ite [eptiefme.
DonCjdit il, noftre iufte aduocat nous defen-draxâeftà dire nous maintiendra êftre iuftes au iour du iugement pource que nous nous reco-gnoiftronsde aceuferons nous-mefmes eftre ini iuftes. Ne nous confions donc point, nyen nos pleurs ny en nos Åuures , mais feulement en ce que noftre Aduocat alléguera pour nous.
3.,y4mbrotfe furiechap.des Remains,où il eft dit que nous fommes iuftifiés gratuitemét par la grace de DieUjdit, Que nous fommes iuftifiés gratuitement,comme gens qui nâauons point fait les ttuures cominandeeSïamp;qu'pâanons dequoy ren dre à Dieu la pareille : tellement que câeltparla
Hi Jleifonà à ^nt.Lefcaille a fes P ara parafes feule foy qnous fommcs iuftifiés de don dcDieii. Et lur le ^.des Rom.ie mefmC Doôteur dit, Que Dauidadit ccuxlà eftre bien heureux defqucls Dieu a ordonné quâils foient iuftifiés dciiant fa Maiefté par la feule foy amp;nbsp;fans aucun ^rauail ny obferuation.
Ort^efie fur PEptfi.aux Rornjiu. chap. efcrit que Sainól Paul dit la iuftification de la feule foy fùffirc.cn forte que celui qui feulemét croit, foit iuftific, quoy quâil nây ait point encores eu dâÅu-urc faite par luy:Le larron,dit il, a eftc iuftific pat foy,fans Ijps Åuures de la loy.car le Seigneur pour le iuftifier nâa point demâdé que câeft quâil auoiC fait au parauant,amp; apres quâil a eu crcu,nâa point attendu pour le iuftifier quelles Åuurtsil feroit: mais lâayant iuftifiépar la feule confefîion (en laquelle il fc confelfoiteftte mefchantamp; bien mériter les peines quâil enduroitjlefus Chrift lâa fait entrer de coinpagiiie auec foy en Paradis. Et en ce mefme endroit, le mefme Docteur dit que ceftui là eftiuftifiépar foy, auquel les Åuures de la loy ne feruent de rien pour la iuftice.
S.t/4tiguftinau ii.chap.du bure de lâEifnt à t dâ lettre dit : Nous concluons que lâhomme nâeft point iuftifié par les préceptes de bonne vicjmais ieulemét par la foy en lefus Chiifticâeft à dite,no point par la loy ou doélrine des Åuures,mais pat celle de la foytnon point par la lettre,mais par lâEf prittnôpoint par le merite des Åuurcs,maispar la grace gratuite.
Bref, Sainà Bernardau fermon z^.fur les cantilt;jHes a bien cognu,que pour eftre gratuitement amp;nbsp;mi-fcricordieufcment
du nom de Dourine Ancienne. iij fericordieufementiuftifiés deuant Dieu, nous a-uions befoin que felon ce quâen feignent Dauid
amp; S.PaubDieu ne nous imputait point ce qui eft
noftreralfauoir les fautes que nous au5s cômifes,
quand il dit que Tout ce que Dieu aura refolu de neno*pointimputer,fctatout3inlî que fiiamais nous nvlâauions comis.Eftât toutapparét quâil a aufli cognu lâautre doctrine : alfauoir que tout ce que Dieu nous voudra imputer,alfauoirla iultice accomplie pour nous par ion fils,feiaenuers luy, tout ainfi que fi par nous elle auoit elléaccóplie.
Ce que delTus donc fuffife pour faire cognoillre aLefcaille que quoy que ne voulions fonder no-ftee creance fur les opiniós deshommes,mais lut la feule parole de Dieu:toutesfois nous luy main tenons aitec raifon que les Anciens Peres en ce point de controuetfe,ont creu amp;nbsp;enfeigné la veri téque nous croyons amp;nbsp;enfeignons, amp;nbsp;nâont eu I tien de commun auec fon erreur amp;nbsp;menfonge?
Response a la favs-
SE doctrine mise en avant par Anthoine Lefcaille touchant le iu-genaent de Dieu :
Par Æ A cty ES Covet PariÃen minilire de la Parole de T)teu.
E grand nombre de fentences de lâEf-à ct'turefainéte quâon atrâlerites à cell homme pour introduire vn ordre non __k ucllemcnt forge touchât ce quâil appe H
II4 ReÃionfe ei ^nt.Lefcaille le,Preinicr,Second,Troifiefmc amp;nbsp;dernier iuge-mét deOieuÃn la decLiratió defquels,ilnâoublie point de faire couler fes erreurs, ne doit point cfmouuoir, amp;nbsp;moins encore cftonner le Icêleur. Car il ne faut point refscbler à ceux, q des quâils voyent alléguer pluficurs fentcces de lâEfcriture foitdebouchcjou par efcrit,eflimct auffi toft que la dodrine pour la confirmation de laquelle elles fontmifes enauâGeft véritable amp;nbsp;reccuablc- Car il sâen eft trouuc en tout temps quelques vns qui Eour prouuer leur dite,ont allégué vn grand nom rede fentences desfainétes Efentures, mais fi mal à propos que quand on lesaconfidereesde pres, elles ontefté trouuees plus propres à de-ftruire qu'a fonder leur doélrineiveu mefmtsque elles manifeftoiét la faulfeté dâicelle.Mais p u de fentences des S.Efcritures miles en auant bien à propos amp;nbsp;felon leur droit fens , doiucnt eftre de plus grand poids au kéteur prudét amp;nbsp;vrayement Chrellié, que celle rapfodi, impertinétc de ceux qui par icelle veulét csblouir les yeux des fimples Ãiour les attiretà leur erreui. Età vray diretcllcs entéccsainfi deitournees de leur vray fens come elles nâapportét que dellruclió tat à ceux qui les propofent en celte Ibrte,qu'à ceux aufquels elles font ainfi propofees,ne font point reputçes pour parole de Dieu,mais pour parole d'home,i-Pic.j.
Or veux ieaduertirklcdeurrout dâentreeque fans nous arretier à lafâtaficdeceux qui ont en-uoyé cell eferit à nollre Palïèmétier pour le faire C' urir fous fon no,felon laquelle on nous propo-fc tous CCS diuers iugemcs,il nous lulEt d'auoirde
uant
touchant le lu^ement de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i r J
üât nos yeux les deux vrais amp;nbsp;generaux iugemens de Dieu.dcfquels font métio les S.EfcritureSjGé. 3..amp;C J. rvn qui sâcft fait fur Adâ corrôpu amp;nbsp;cllédu fur toute fa pofterité corrôpucj portât fentcce de mort amp;nbsp;condénatiô eternelle,auec promefl'e neât moins que dâêtre tous les homes ceux-là efchape* roiét cefte mort amp;nbsp;condénation éternelle, en faneur defquels lefus Chrift la vraye fcroencc de la fêmcjen fe lailfant brifer letalô par le ferpét, luy briferoit la tefte. Puis le fecôd Sc dernier iugcmcc qui à propremêt parler ne fera que laderniere exe cution de ce premier iugemêt: auquel côme ceux en faueur defqls lefusChrift aura foit telle chofe, amp;nbsp;q en auront apprehédé le merite par vne vraye amp;nbsp;viuc foy ouurâte par charité,ne ferot point en üoyés en cefte mortamp; malediót'ó eter nelle: A u co traire ceux qui nâaurôt point de part en ce benefi ce,leur impiété amp;nbsp;iniquité les ayât empelchés d'é eftre faits participas,ferót enuoyés en cefte nsorc amp;nbsp;condénatiô eternelle,à laquelle ils fôt défia adjugés amp;condemnés.lcâ,j. Mais le principal dót il fautque le lèéteur foit aduerti, câcftquenoftre nouueauTheologie voulât môftrer corne il entêd que ces iugemês sâaccoplilRnt amp;nbsp;exécutent,met tn auant v n fômaire de fa doélrinc en la page Z4. lequel nous cognoiftrons tantoft, aydant Dieu, eftre auffi faux en effeâ: comm^ en fa premiere apparence il femble eftre veritable.
Ce fômaire eft quad il dit que côme par la delb-beiflance dâvnplufieurs ont eftérêdus pécheurs, ainfi par lâobeifsace dâvn, plufieurs ferôt rêdus iu ftes.Et côme dit-il,la defobcifsâce de ceft vn adi-
ii(5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ReFfonje « ^nt. lejcaillf.
uc en luy amp;nbsp;pafliue en ces plufieurs, produit en eux vne delobeifsâce aótiuc feló laquelle ils ferót iuges amp;leur fera rédu au dernier iourzainfi lâobeif Ãce de eert vn,ad:iue en luy amp;nbsp;palliue en ces pin ficurs, produit en eux vne obeifsance adiiie felon laquelle ils feront iugés amp;nbsp;leur ferarendu au dernier iour,amp; veutcôclurre que Dieu par dâautres premiers iugemes qpâil exerce en ce monde mefmes fur fesenfâs les flifpofede telle forte que ils ont de là en auât vnc iuftice inheréte en euxamp; coufiftante en leurs bonnes Åuures à caufe de laquelle ils obtiendront le falut amp;nbsp;la vie eternelIe.
Or la premiere de ces cóparaifós eft prife de lâEf criture Rô.j.v 19.lâautre nâeft point de lâElcriture amp;nbsp;neatmoins a de la vérité en elle. Car il cft bien certain que là defobeifsâce dâvujaftauoir dâAdani qui eft aékiue en luy,entât que câeft luy qui aâuel leméta comis le premier peché:amp;: pafliue en plu-fieurs.entâtquc les autres homes depuis quâil fe cft ainfi corrôpu.fouftrent naturellemct la corru-ptio originelle qui en procede,eft aufli puis après aôtiue en ces plufieurs,dâautât que par cefte cor-ruptio naturellcjles homes tâdis quâils font en ce monde cominettét vne infinité dâiniquités felon lefquelles les teprouués ferontiugésamp; condeni-nés au dernier iour amp;nbsp;enuoyés à la mort éternelle : ainfi aufli eft il vray que par lâobeilïà ncede cell vn,qui eft lefus Chrift, laquelle eft aétiueen âluy,Car câeft luy qui lâa tendue à Dieu en fa propre perfonnc,amp; pafliue en plufieurs entant que nous quifommes fes efleuz amp;nbsp;fideles , fouffrons tref volontiers que par imputation mifericor-dieufe
touchant le lugement de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;117
dieufe amp;nbsp;gratuite,elle nous foit falutairementap pliqucc,amp;produit puis apres en nous vneobeif-amp;nceaâiuc,pourcequâeftans fandifiés en nous par celui mefmes qui nous a iuftifiés en foy, non? faifons de bonnes Åuures felon Icfquclles aufli fera formée au dernier iour la fentence amp;nbsp;le iuge nient de noftre introduAion au Royaume des eieux.Iufques ici doc toute cefte compavaifon eft Vtaye amp;nbsp;orthodoxe amp;nbsp;bien accordâte aucc les S. Eferitures : amp;nbsp;auffi nâauons nous iamais debatu auec Lefcaille de la doctrine quâelle contient, amp;nbsp;n'en voudrions débattre auec aucun autre, ains pluftoft employer tout ce que Dieu nous a donc decognoiilance pour la bien confirmer amp;nbsp;clairement enfeigner.Mais voici où eft lâerreur de Lef-cai!le,comme il appert bié manifeftement par les argumens qui font dans le traitté circulaireiAlîà -Uoir quâen continuant celle comparaifoniufqucs à la caufe,pour amp;nbsp;en confideration de laquelle les infidèles amp;nbsp;reprouués feront condénes amp;nbsp;enuo-yés aux enfers:amp; les fideles amp;nbsp;eleuz ferôt abfous, iuftifiés amp;nbsp;introduis au Royaume des cieux,il cô-clud Sc enfeigne que comme ce ne fera pas feulement felon lâobcilfance aôliue des mefchâs,mais auffià caufedâicelle, quâau jour du iugement ils feront condénes amp;nbsp;enuoyés aux enfers:ainfi aulli ce ne fera pas feulement felon lâobcilfance aôliue laquelle rendront à Dieu les fideles amp;nbsp;ellcuz depuis leur regeneratiô,mais auffi pour amp;nbsp;à caufedâi celle quâils feront abfous amp;nbsp;déclarés iufles au der nier iugeinct amp;nbsp;introduis au Royaume des deux. Ici donc eft lâerreur bié lourd amp;nbsp;plein dâvne mec-
II? Re^fo»/é à ^nt.Lefcaille
ueilleufe ingratitude enuers la grace que Dieu nous fait en Ion Fils bié-aymp noftre Seigneur le fus Chrift.Et de fait encores quâil y ait de la def obeillà nce adîue aux mefehâs qui fôt en aage de defobeitjdçuât quâds foyét condênés au dernier jugement,amp; de lâobeilîà ncc aftiue aux fideles qui font en aage d*obcir,deuât quâils (oyét abfous au mefme iugemet : amp;nbsp;quâil fort vray que la codéna-tion des vns fe fera felo leurs mefehâtes Åuures, amp;nbsp;lâabfoâution des autres félon leurs bonnes Åu-uresztant y a quâil ne sâéfuit point de là , que coiue la caufe pour laquelle feront condênés amp;nbsp;perdus les mefchans,eft aux mefehantes Åuures de*leur defobeiflance aéliue : ainfi la caufe pour laquelle les fideles ferót abfous amp;nbsp;fauués,foit es boues ÅU uresde leur obeiflance aéliue.Et ce dâautant que (corne nousauons eftécôtrains de le monftreren Ãiluficurs endroits refpodât aux eferis de Lefcail-e lequel à chaeû pas retôbe en ce Acfme erreur) il y a aux mefehantes Åuures des mefchans,fuffi* fâment,amp; plus que fuflfifammct dequoy les faite iuflcmét condemner au iufte jugement de Dieu: veu quâvne feule voire la moindre dâicelles, fe trouueratoufiours meriterdeuat Dieu la niottamp; condemnatiô éternelle. Car il fà itjou doitfauoir maintenant ce que luy auons fi fouuent enfeigné par la parole de Dieu,que, qui ne demeure ferme en toutes les chofes que Dieu aeômandees en fa loy pour les fairc,cft maudit de Dieu. Deut.xy.Et que quiconque ttafgreflèla loy en vn feul de fes poinélsjfe red coulpable deuant Dieu de la totale trâlgrcljîôdâicellc.Iaq.z-Mais il nâç préd pas ainfi des
touchant le lu^ement de Igt;!eu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iij
des bonnes Åuurcs de lâobciflà ncc aâiue des fide les:vcu quâelles ne peuuétfufiîre pour le contentement amp;nbsp;la fatisfacfion de la iuftice de Dieu entât quâelles font deftôfueufes en quâtité:nây en a-yât point en eux tel nobre quâil en faut pour lâentier accomplillèment de la loy.-amp; auflî en qualité entât que les meilleures dâiccllesjue fót point encores allés iullesjlaindes amp;nbsp;nettes pour pouuoic üibfifterdeuât le throne iudicial de Dieu amp;nbsp;y eau fer noftre iuftificatiô 3e introduclió au Royaume descieux.Et câetl ce qui fait dire à lob au ÿ.de fon liure que lâiiôme mortel ne fe fauroit iuflifier de-üâtle Dieu fort,alfauoir par les bones Åuurcs de fon obeifsâce aófiue,dâautat que fi Dieu entre en copte auecluy il ne luy pourra pas refpondrede mille poinds à vn feuheome cela auec le tefmoi-gnage de toute confciéce non cauterifee,elt vérifié par plufieurs autres fentéces des S.Efcriturcs. Car au 15.du mefme liure ileft ditQifeftcedc lâho me mortel quâil foit pur amp;nbsp;de celuy qui elf nay de femme quâil foit iufteîamp;pf.i45.Ia^rieie que Dieu nâentre point en compte amp;nbsp;en iugementauec fon feruiteurfcâefi à dire auec lâhome régénéré lequel autrement ne feroit pas feruiteur de Dieu) amp;nbsp;ce dâautâtque nul viuant ne feraiufiifiédeuât Dieu, en Ifa. 64. Que toutes nos iuftices font encores fouillées dont sâenfuit bien quâen elles mefmes elles ne pourroyétpas eftre agréables à Dieu. amp;nbsp;Dâ.9.vcr.i8. Seigneur nous ne te prefentos point nos fupplications fur nos iuftices , mais fut tes grandes compalîîons, amp;nbsp;Philip.3.S.Paul ne defire point dâeftre trouué en Chrift deuât Dieu auec fa
H 4
120 Jie^ponjea ^nt.LeJcdiÃe
iufticequi eft felon la loy : mais auec celle qui eft de Dieu par la foy de lefus Chrift. Et pourtant an lieu quâil ne faudra point de pleige pout les mefchans qui les plege en malice amp;nbsp;mtf-chancttédeoant Dieu, amp;nbsp;quimette en auantdes mefchäcetcs dâautre qualité que Ies leur pour les rendre plus iuftemcnt condcmnablcs deuât Dieu quâils ne le font en eux mefmes; ains les propres mefchantesÅuures de leur defobeiirancc aétiue fèrontles vrayes amp;nbsp;icelles fuffîfantcs cau'és pour amp;nbsp;en confideration dcfquelles ils feront condem-nés de Dieu au iour du iugement. Au contraire il faut vn Plege pour les fideles qui les plege deuât Dieu en ce qui touche la iuftice amp;nbsp;lâaccomplillè-ment de la loy;Ãc qui mette en auant pour eux de mcilleures,plus iuftes amp;nbsp;plâfainétesotuurcs que les leurs pour les faire declarer amp;nbsp;reputer iuftes auiugemétde Dieu.Etcâeft ce q fait lefus Chrift entât quâil leur eft pleige,Heb.y.ôc quâil fatisfait à Dieu pour eux par les Åuures tref-parfaitement fainétes amp;nbsp;iuftes quâil aaccôpliespour eux en fa {»erfonne par lâimputatiodu merite defquelles,il es fait reputer iuftes deuant le iugen.ét de Dieu, Rom.4.amp; 5. amp;nbsp;introduire corne tels au Royaume descieux.Et câeft fuyuanteefte vérité quâil eft dit au 4.des Rom.que celuy que Dieu iuftifie eft mef chant,Dieu le tenant amp;nbsp;reputant cependant pour bon «Sc iufte ; voire pour parfaitement bon amp;nbsp;iu-fte en fon Chrift.Et comment cela? Câeften nere gardât point aux Åuures dâiccloy,mais en luy im putant gratuitement laiuftice de fon Chrift, câeft à dire les Åuures trefparfaitement bones amp;iuftes
lefquelles
touchant le lugement de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;izi
lefquellcs fon bien aimé Fils lefus Chrift a accona plies pour liiy en là propre perfonncjpour parle tnerite dâicclles le rendre agréable à fa Maiefté di uine,comme lâApofttc S.PauI declare cela au mef rtie lieu, amp;nbsp;enteigne que c'eft là le feul amp;nbsp;vray inoiépar lequel amp;nbsp;pour lequel les fideles paruien ntnt à la beatitude eternelle, car Dauid declare la beatitude de lâhomme confifter en ce que Dieu luy alloue iurtice fans Åuures. Et câeft ici le don duquel Dieu nous gratifie Romj.afin quâen confideration dâiceluy nous ayons la vie éternelle entant que ceux qui recoiuent lâabondance de grace amp;nbsp;du don de iufticerégneront en vie par Vn feul lefus Chrift.Car ce don nâeft pas celui de noftre faniftification laquelle eft imparfaite en vous,côfiftant és bonnes çeuures de noftre obeif-fance aôkiue, mais câeft le don de noftre iuftifica-tion en Chrift laquelle eft trcfparfaitej confiftant enlâadiue obeiflà nce de Chrift,qui nous eft gratuitement imputée amp;nbsp;allouée de Dieu comme no lire. Auflieft-cela feule vraye occafion pour laquelle lieft venuaumonde, amp;nbsp;yaveftunoftre nature humaine allà uoir pour fatisfaire au plus exaél iugement de Dieu par fon obeiflà nce aéli-ue afin que nul ne perift de tous ceux que fon Pe re luy auoit donnés de toute éternité lehan 6.Car comme nul des fideks régénérés nepouuoit fclo le iugement de Dieu porter les peines deues à fes péchés fans fuccôber foubs icelles:amp;ne pouuoit non plus accomplir la iuftice que Dieu requiert pour lâobeiftà nce quâon luy doit; voila pourquoy lefus Chrift eft venu accôplir lâvn amp;nbsp;lâautre pour
Ill nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jlejponfi à ^nt. I efiaille
fcs eûeus en fa nature humaine,afin que cela leur eftantaloué de Dieu par fa grace,ils fullent rendus par ce moien perpétuellement Bien heureux. Etcâeft cequenoustnleigne SainetPaul Rom.8. quand il dit quâà caufe de ce qui elloit impoflible à la lov laquelle ellott foible en la chair,L)ieu ayant enuoié fon fils en forme de chair de péché, amp;nbsp;pour le peché,a condamné le péché en la chair. Ce qui eft au/fi enfeigné en plufieurs autres palla gcs.Et de fait il eft dit i.Pier.z.que le Chrift mef-me a porté nos péchés en fon corps fur le bois, amp;nbsp;au 5.que le Chrift a fouffertvne fois pour les péchés luy iufte pour lesiniuftes, ôc Heb 9. Chrift eftcompiru vne fois pour lâabolition du peché parle facrifi^ede foymefme, He Philip, i. 11 sâelt anéanti foymefme ayant pris forme de lêruiteiir, amp;nbsp;a efté obeiflant en icelle iufques à la mort, voire la mort delà croix. Donnons nous donc bien garde de fouler aux pieds felon la façon de Lef-caille,le merite de lâobeillà nce aéliue trefparfaite ment iufte laquelle lefus Chrift a rendue à Dieu en fa propre perfonne pour nous obtenir le falut eternehque nous venions à croire amp;nbsp;à perfuader aux autres que ce foie à caufe de noftre obeiftace aétiue laquelle gift és bonnes Åuures de noftre ià nôtification,que nous feros fauués amp;nbsp;introduis au Royaume des cieux.
Or maintenant il faut que ie face entendre quelque chofe au leéleur en ce qui tou he les fen tences de lâEfcriture Icfquelles Lefcaille a tranf-çrites en la page ij, (hubs le titre de la neceflité dâobeirà Dieu pour paruenir au Royaume ccle-
toucha»t le lu^ement Je Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii 5
des menaces qui font faites à ceux qui nâo-bciront point. Car toute celte doétrine comme tlle eft veritable ainfi quâelle eft contenue , amp;nbsp;au fensquâelle nous eft propofee és S.Efcritures: ain fi celle que propofe Lefcaille fur le prétexte dâicelle,eft faulfe amp;nbsp;nullement reccuable. Car fi laneceflitcdâobeir toufiours fansiamais defobcir pour eftre fauiié amp;nbsp;nâeftre point condamné, eft requife en la forte quâil la met en fon troifiefme iugement,tellemement que cefte obeiflà nce adi ue eftant interrompue par defobcilfance adiue, nous ne puiffions eftre fauués,que tout ledeur cô due hardiment auec moy que nous ne nous douons point attendre dâeftre iamais iâuués. Mais comme cefte dodrine eft de defefpoir pour tous, aufli eft elle vrayement Diabolique entant quâil nây a rien à quoySatan tafche plus quâà nous attirer à fa mefme condition qui eft de nâauoir aucune efperance dâeftre fauués Ãc faits participans au R oyaume des cieux,de la vie éternellement bien heureufe, Et de fait voici vne des fentencss que Lefcaille allégué en ce fens tiré du 6.de la premie re aux Corint. Câeft quâil ne fefaut point abufer, amp;nbsp;que ny les paillards,ny les idolatres,ny les adul teres,ny les yurongnes nâheriteront point le Roy aume des cieux. Or ie demande maintenant à Lefcaille, fi tous ceux qui depuis leur regentra-tion,ne pourrot viure en vne telle obeiflà nce adi ue,quâelle ne foie intertôpuepar quelque dcfobeif fance adiue en quclcun de fes vices nâheriteront point k Royaume des cieux î Lefcaille ne tient il pas Noé pour régénéré des deuant le deluge jâie
li 4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JieÃjonfe à ^nt. L ejcaitte
nâen veux point douter. Car nous voyons ce quâil dit de luy en la page p.où il traitte de fon troifiefme iugementjalïauoirqueNoé apres quâil euftelleiugédufécond iugenrenc deuint tel que sâenfuir. Gâeft quâil fut homme iufle amp;nbsp;entier en fon temps,amp; cheminant félon Dieu:comme auffi cela eft efcritdcluy Gen.(î.Et adioulle noftreLef caille en la page ii.que Dieu qui rend à vn chacu felon fes Åuures,arenduà Noé bien pour bien, câeft à dire felô lâexpoficio de Lefcaille,benediéliô à caufe des bonnes Åuures dâiceluy:amp; de là auffi il veut conchirre,que pour les mefmes bones Åu ures il aura le falut eternel. Mais ie demande à cell homme qui difpofe des iugemens de Dieu à fa poftcjfi ceux qui depuis leur regeneration fe fe font lailfé tranfporter par lâyurongnerie à la defo beilfance aôliuej,ne pourront entrer au Royaume des lieux pour la neceffité continuelle de lâo-beilïà nceadiue laquelle Lefcaille en abufant de cepallage dit eftre requife là ns interruptio pour y entreiscommcnt y entrera donc ce mefme Noé, duquel il eft ditjong temps apres quâil a efté nom mé homme iufte amp;nbsp;cheminant felon Dieu, quâil sâenyurade viu,amp; quâeftant yure il fe defcouurit au milieu de fon tabernacle Gen.9. Et Lot qui eftauffi nommé iufte amp;nbsp;par confequent régénéré dés lors quâil demeure encores dans Sodomei. Pier z.ne sâeft il point auffi lailfé enyurer de vin par fjs propres filles,amp; nâa il point pis fait q pail-larder ePant execrablemécinceftueuxauec elles, Gen,i9? Dauid nâeftoit il point des régénérés lors que Dieu luy donna ce tiltre honorable que de
le
touchant le lu^ement de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11J
le dire eftre vn feruiteur felon fon cÅur i. Sam.i^î Et depuis cela nâa il point eftc coulpable dâadulte te en la perfonne de BetfabeejSc de meurtre en la perfonne dâVrie le mari dâicclle.i.Sam.n. Que di tons nous de SalomonjKofterons nous du râg des tegcnerésjou fi nous lây mettons ( comme nous pouuons croire pour pluficurs raifons quâil y doit eftre?) Ne le trouuerôs nous point depuis ceftc re generationçftredeuenuidolâtre? Nous voyons ce qui eft efcrit de luy,i. Rois n.Si donc felô cefte necelïïtc de noftre obcillà nce adiue fans interruption,quiconques depuis fa regeneration defo-Deift adiuement ne peut eftre fauué,amp; ce dâautât quâil nous faut faire les bonnes Åuures requifes pour eftre caufes de noftre falut fi nous voulons eftre fauués felon ladolt;ftrinedeLefcaille,amp; atté-dte condemnation fi nous fommes trouués coul pables des contrairet,amp;quâil faille entendredâv-ne telle ncceflîtécefte fcntencedu 6. de la i.aux Cor. que reftc il pour les perfonnages ci delfus mentionnés quâvn entier defefpoir amp;nbsp;vne attente tres-certaine de lamorteternellcîMais cefte fen tence formée fur le iugcment,non de Dieu, mais deLefcaille eft dâvn fol amp;nbsp;ignorant iuge,vne foie fentence amp;nbsp;pleine dâignorance. Car la vrayc foy Scrcpentance apporte le remede à ce mal.Ce-fte ci en deteftant amp;nbsp;condanant auec vne fà inéfe triftelfe telles fautes quâon a com(nifes;amp; cefte là enembrafl'antenlefusChriftlagrace amp;nbsp;miferi-corde,voire le pardon entier de telles ofFenfes q Dieu promet à tous ceux qui feront vray ement re pentans,comme cela fe void bien manifeftement
1Re^onfe à ^nt.Lefcaille
Ier.i8.Que fi Lefc.iille pour sâexcufer dit quâil eil tend cela de ceux qui depuis quâils auront efté vrayement régénérés tombcronten telles fautes amp;nbsp;y perfeutrtront fans sâeu repentir,ic dy q câeft mettre en auant par ignorance vnc chofe laquelle nâaduientiamais. Car ceux qui font vraye-mét régénérés, encores quâils puillènt tomber en toutes les fautes cy delîâus pi opofees,fi eft-celque i.amais ils nây croupifientà toufiourstains fe rele-uent d'icelles par vraye repentance. Et eft le don de la vraye regeneration du nombre de ceux defquelsileft dit que les dons amp;nbsp;la vocation de Dieu font là ns repentance Rom.n.Et sâil dit quâil entend cela de ceux qui nâontiamais eftéregenc rés amp;nbsp;qui toufiours ont vefeu amp;nbsp;finalement font morts en telles fautes:il faut doc quâil face cefte diiputc contre fon ombre. Car qnât à nous,nous nâignsrons point que ceux qui nâauront point e-fté régénérés,foitquâils commettét telles fautes, ou d autres,nâentreront point au Royaume des cieux.fuyuantcequenousenfeigne lefus Chrift au ^dc Sainft lehaïuquand il dit à NicodemeiEn verité,en vérité ie te dy.finon que quelcun foit né dâeau amp;nbsp;dâ£lprit,il ne peuft entrer au Royaume de Dieu.
Or en ce mefmetraitté,voulant encore prou-uer en ce mcfme fens la neceflîté de noftre obeif là n e aétiue,pour eftrc fauués par icelle,amp; comment ceuxaufquels fe trouuera la defobeiflà cea-diue, feront infailliblement condamncs,il allégué ce que noftre Seigneur lefus Chrift dit à fes ApoftrestVous elles le fcl de la terre. Or fUc fil
rouchanfle /u^ement de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i xy
perd fa faueurdequoy fakraonïMat.y.Il ne vaut plus rien finon pour elke ietré hors amp;nbsp;eftre foulé des homines.Et veut par là conclurre q fi par de-fobviflance aótiue les Apoftres ne gardent continuellement amp;nbsp;fans interruption la faueur de ce fcl,câeft à dire de la pic' é,charité amp;nbsp;vraye fapien-cecelefte,tant en leur vie particuliere quâen lâc-ïctcice de leur chat ge,il ne faut pjs quâils sâatteo dent dâentrer au Royaume des cieux. Mais sâil en va ainfi^allà uoir que ce Tel pour auoir perdu «juelqucsfois fa laucuren eux,amp; par confequent leur oheiflancc aébiue auoit efté interrompue par deiobciiranccaéliucjils ne puiiTent eftre fauuçs; ie demande fi ce fel auoit bien gardé fa faueur en Sainél Pietre,quand dilFuadant à noftre Seigneur lefus Chrift dâaller en leruialem, par vn confeil charnel amp;nbsp;du tout oppofé amp;nbsp;contraire à la volon té amp;nbsp;ordonnance de Dieu.touchât le myftere de noftre falut,Iefus Chrift fuft contraint de lâappeler ÿatan,amp; luy dire quâil al la (l arriéré de luyidâuu tant quâil luy cftoit en fcandale, ne comprenant pointles chofes qui eftoient de 0ieu,mais feulement celles qui eftoient des hommes Mat.itj. le demande auflî fi ce fel de la Sapience celefte en la quellt leius Chrift lâauoit bien inftruit quand il luy auoit dit Jehan lo.Iâay encores dâautres brebis qui ne font point de cefte bergerie, il me les faut auffi amener amp;nbsp;elles orront ma voixjamp; il y auravn feul troupeau amp;nbsp;vn feul berger : comme aufliquand il luy auoit dit auffi bien qu'aux autres en iacommiffion de leur ApoftolatMatth.28. qui»allaitprefeher lâEuangileà toute creature.
Ii8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jlejponfi à ^nt.LeÃaille
amp; Ies baptizer au nom du Pere,du Fils amp;nbsp;du S.Ef pritzcomme auffi par la vifion quâil luy doua ACt. lo.du linleuil p!ein de belles nettes amp;nbsp;immondes defquelles le Saindl Efpritluy diloit, Leue toygt; tuejamp; mangezluy failà nc entendre quâil ne deuoit plus tenir pour chofes fouillées celles que Dieu auroit purihcesjcomme luy mcfme dit ; Dieu m » monftrc que ic ne die aucun homme ellre poluoU fouilléjie demande dy-ie fi Sainôl Pierre ayant le fel de celle inftruôlion.auoit bien gardé la faueut dâiceluyj lors quâil fefepara amp;nbsp;retira dâauec les Chrelliens Gentils de Galatie celfant de manger auec eux,comme il faifoic au parauant, quand il eull veu quelques luifs qui elloyent venus dele-rufal m de la part de Sainél laques , Sainél Paul auz.des Galates monllre bien que ce fel nâauoit pas en tel fait bien retenu fa faueur en SainétPier rc t|uand il fc fentit contraint en fa confcicce pat lâtipritde Dieu de luy refillcr en face , pource quâil eiloic à reprendre ne cheminant point de droit pied en tel fait felon la vérité de lâEuangi-le amp;nbsp;luy difant. Si toy qui es Juif vis comme les Gé tils.pourq joy eft-ce que tu contrains les Gentils a ludaifer?
En ce mefinetraitté de Lefcaille touchant la necellité de noftre continuelle obeilfmce aétiae, pour eftre au iour du iugement fauués à caufe dâi celle,en la page nî.il met en auant ce qui eft eferit Matth. lo. Qui me renieradeuant les hommes, ie le renieray deuant mon Pere qui eft es cieux. Or fi fuiuât la doélrinede Lefcaille,celuy qui en reniant lefus Chrifl aura par telle defobeiifance aéliue
roHchant le lugemeM de Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;119
aûiue,interrompu lâobeillà nce aétiue à canfc de lequel le il veut quâon (oit fauué, nâentrera point au Royaume des cieux.Qjj: deuicndra noftre mcf me Apofli eS.Pierrejqui depuis quâil a efté régénéré Si fait ?ipoftre,voire mefme depuis quâil a exercé fa charge dâAporto!atjamp; fait la bonne con feflion touchant lelusje difant elfte le Chrilf, le Fils du Dieu viuant, laquelle la chair amp;nbsp;le lang neluy auoit point reuelce, mais le Perecclelle, ' ^latth.Kî.a renié ce mefme Chrifthonteufcmcnt amp;auecexecreatiôà lâinterrogation de quelques feruitcurs amp;nbsp;dâvne chambrière Matt.id.faudra-il que pour auoir en ce reniement, interrompu par defobeifsâce aéfiue lâobcifsâce adiue par laquelle Lefcaille veut que nous foyôs fauués, il ne foit iâointaduouéparlefusChrift pour fien deuant onPerc celefte ny par confequent introduit au Royaume des cieux. Et ficelaeftjhelasquedc-uiendrons nous tous tant que nous fommes auf-quels depuis noftre regeneration telles delobeif-fances adiues aduiennent trop fouirentî fau-dra-il que felon la dodrine de ceft homme nous perdions toute efperance de falutî Nenni certai-nement:Ains nous lettons à Lefcaille la nouuel-le amp;nbsp;Diabolique dodrine, en laquelle il fe mon-ftteplus vray Nouatien,Donatiftejamp;: Anabapti-fte que vray Chteftien , amp;nbsp;lâaduertirons que sâil Veut elfte fauué felô icelle il prenne fi bien garde à foy que fou obeilFance adiue puilTe outrepalïer celle du iufte duquel le S.Efprit tefmoigne quâil tôbe encore fept fois le iour,Prou.24.câeft à dire, que tous les iours il comet plufieurs defobeillan-
130 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JieF^onfc à ^nt. LeÃ-aille
CCS afäiues.Mais quât à nous en deteftant de tout noftre cÅur noftrc defobeilîance adiuc,'5(: gemif fans à bon efeient pour icelle, pour lâoficnce que Dieu en reçoit,nous adonnas au contraire de cou te noftre affeôHon amp;nbsp;felon la mefure quâauonsre-ceue au don de noftre fandificatioa lâobeilfance adiue qui doit cftre en nous pour glorifier noftre Dieuen ce monde:Si(côme il nâa.ftiient que trop fouirent) nous tombons par quelque tétation que foit.enladefobeiHà nce adiue depuis noftrÿrege neration,faifanspar nos mefchantesÅuures tout Je rebours de ce que fauons nous cftre romande de Dieu, en fa S. Parole. Humilions nous amp;nbsp;de cÅur amp;nbsp;de corps deuant Dieu, auec la vraye tri-ftefJe amp;nbsp;contritiô qui eft felon Dieu,!aqu : lie engendre vne droite repentace à falut corne renfei-gne S.Paul, i.Cor.y. deteftos en nos âmes noftre defobeiftâceaôliuc amp;nbsp;la cófefsós de bouche où la gloire de Dieu amp;nbsp;lâr dificatiô de fon Eglifc le re-querraidemâdons en pardon à Dieu felon la prière que Icfus Chrift nous a enfe'gnc de faire, iuf-ques au dernier foufpir de noftre vie , amp;nbsp;ce auec vne certaine adeurâce que pour lâamour dâiceluy Icfus Chrift noftre Mediateur amp;nbsp;Jntercelîèuren uers la Maieftc diuine,toutes nos offeces(efquel* les aura efté continuée noftre defobeilîance aâi-ueJnous feront gratuitement remifes amp;nbsp;pardon-nees.Er ctrcndât.Si nonobftât quâayons obtenu cefteremifuon amp;nbsp;pardon de cefte noftre dcfobeif fance a(ftiue(iaquelle nous accôpagnera iufques au fepulchre par lâimperfccfion de noftre fandifi cation) nous ne nous trouuons pas encores pro
pret
touâiantîelu^ementdeDieu. 131
pres amp;nbsp;idoines pour entrer au Royaume des cieux; pource que nous apperceurons bien que nâauons pas en nous la trelparfaite obeifsâce adi ue, laquelle de vray amp;nbsp;de neceffité eft requile poury pouuoir cutrer,amp; ce dâautât que pour y e-ftte receuz.il ne faut pas fculemétque ne foyons point trouués pécheurs,mais aulli que foyôs trou ucs iurtesme perdons point pourtant noftre efpc-tancc,mais adrelfous nous par foy à noftre Seigneur lefus ChriftA' embraisâs par la mefme vra ye amp;nbsp;viue foy lâobeillà nce adiue trcfpatfaitemce iufte quâil a lédueà Dieu pour nous en là propre perfonne,pre'enrons la à Dieu corne noftre,aucc vne hic hûble amp;nbsp;fainde hardicft'e,puisquâellc luy aefté rendue en noftre no amp;nbsp;à noftre defeharge, ' amp;nbsp;foyons aile U rés que Dieu la nous imputât gra-tuitemét felon quâil nous lâa promis en fa fainde parole,corne fl elle eftoit procedee de nous meC-oies,il nous fauucra pour lâamour dâicellc,amp;nous introduira au Royaume des cieux pour nous yfai teiouirdela vie éternellement bien heureufe.
Or donc pour conclufion de tout ce propos,re-I cognoiftans que toutes les fentéccs des S.Efcritu tes quâon a trâfcrites à Lefcaille fur ce premier, fecondjtroifiefme amp;nbsp;dernier iugement quâils ont forgées en leurs imaginations lont trefveritablcs en elles,amp; no au fens quâil leur donne amp;nbsp;aux con clufions quâil en tire,amp; quâelles contiennent des cômandemens amp;nbsp;exhortations à bien amp;nbsp;fainde-met viure,amp; les defenfes au côtrairc, les promef fes annoncées aux bien-viuas amp;nbsp;les menaces de-Hôcees aux mal*viuâs,aduouâs auïH que par icel-
ffz Jlf^^onJià ^M.LefcaiOe
les toutes nous deuons eftre incités à bien faire, amp;nbsp;deftournés de toutes mefehâtes Åuures : voici pour le regard duiugementde Dieu,ce que nous en Tentons afin que Lefcaille ny autre nâen puifle prétendre caufe dâignorance. Câeft qu'il nây en a proprement quâvn,qui a eu défia fa premiere fen-téce de condemnation à mort fur tous pécheurs en laperfonne dâAdâ auec exceptio routesfois de eeuxpour lefqls lefus Chrift viendroit fubir con-dénation au monde,afin quâils ne fuHcnt côdem-Bes»amp; mort afin quâils ne fulTcnt point forclos de la vie.Puis y aura ce quâon appelé ordinairement le dernier iugement qui portera la derniere fen-tencedefinitiuedâabfolutiôfiir ceux furlefquels fera appliqué le merite de la mort de lefus Chrill amp;nbsp;de condemnation fur les autres auec lâexecution dâicclle laquelle rendra les vns bienheureux , amp;nbsp;les autres malheureux en etfed à toute éternité. Et ceftuy-cy eft le iugement qui cft dit eftre i à venir, Aét. 14. amp;nbsp;dont lâattente eftditec-ftre terrible pour tous ceux qui fe reuoltent de Dieu, apres lâauoir cogneu amp;nbsp;auoir commencé de le feruir, Hebrieux 10. Et eft ce iuge- | ^lent auquel font referués de Dieu les malins An . ges câeft à dire les Diables,i,Pier.2.amp; lud.iî.pour nbsp;nbsp;â
eftre enuoyés en ceft aby fme auquel ils prient lefus Chrift ne les point enuoyer des lors quâil eft venu en ce monde,Luc 8.
Bref câeft ce iugement touchant lequel il eft dit Aâ.iy. que Dieu a ordonné vn iour auquel il doit iuger en iuftice le monde vniuer-fel. En fécond lieu nous croyons que le iugc qui
touchant le lu^ement de Dieu. 15 j lâ!fera ceiugementcâcft noftre Seigneur lefus Clinft.Car comme il eft efcrit i. Pier.4. c'eftluy âl'iiiugerales viuans amp;lesmorts,amp; comme il eft
Aâ.iy.Dieuayâc diffimulé les temps defigno '^^Wce maintenant denóce à tous hommes entons lieux quâils fe repetent pource quâil a ordonné vn '»ur auquel il doit iuger le monde vniuerfcl en iu Hice par lâhomme quâil a determine (ailà uoir le-
Chrift)dont il a donne certitude à tous, Payât â â tfufcite des morts,amp; ainfi Cachas queceluy qui 'ftnoftreaduocat,i.Ieh.i. fera auflinoftreiuge, nous nâauons point occafion de craindre dâauoir âââïuuaiCe ilTue.En troifiefme lieu nous croyonsamp; côfeflons q ce iugemét fe fera félon ce qui eft cô-fenu en la parole deDieu q nous a efté annoncée. ,
' Car corne dit lefus Chrift leh.u.La parole que ie l'ous ay apportée ce fera celle qui vous iugera au dernier iour. Si dôc nous fommes impenitens amp;nbsp;obftinés au mal,lâattéte de ce iugemét nous doit «ftre terrible Heb.io. Car il y aura là vn feu qui deuorera les aduerfaires de Dicu.Mais fi auec vn a viffentimét de nos fautes logé dedâs nos cofeien tes nous nous répétons dâicelles, amp;nbsp;qcmbraflà ns la grace amp;mifericorde que Dieu nous preCente inaintcnanten lefus Chrift nous la rapportios à la fin à laquelle elle doit eftre rapportée pour le regard de ce mode allaaoir à renôccr à tous defiri charnels amp;nbsp;modains pour viureicibas iuOement fobremét amp;nbsp;religicuremét,Tit.2.amp; par telle forme de vie glorifier Dieu en ce monde, il ne faut point doubter quad nous viendrons à côparoiftre en ce iugemét definitif, que lefus Chrift ne nous
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Ij 4 Ee^onjè 4 ^nt.Lefcaiiïè
rccognoifle pour flens,marqués à fes viAyes marques de foyjrepentance,amp; vrayc chariré:amp;q com me il nous a rachetés delà mort, par fa mort il ne nous face participans delà vie bienheureufc.
Or il eft ordonné à tous homes de mourir vne
câeftà dire quâil faut que nous mourions tous de la premiere mort amp;nbsp;q par icelle nous femmes mis en la códitió en laquelle nous ferôs iugés au iout du iugemct,nây ayant plus de moyen apres noftre mort de nous rédre mieux dafpolcs à eftre fauucs que nous ne lâeftions alors que fômes fortis de ce môde,ce quâont bien cognu les anciens peres de lâEglifedelqueJs lâvn difoit q tels que nous trou-uera le dernier iour de noilre vie,tels nous prefen du^tha. tera le dernier lourde ce monde auiugemcnt de Dieu.Etlâautrelôg tépsauparauant difoitqcâcft ici câeft à dire en celle vie quâô fait prouifiô de la fecôde,que ici on la retiét ou on la perd, quâil nây Cyfrien ® après ccfte vic aucun eifeét de fatisfaéfion, traute pre câeft à dire que fl nous nâauôs creu amp;nbsp;apprehéde tnier eotre dés Ce mode p Vne vraye amp;nbsp;viue foy la fatisfaéliô Dtmettie. que lefus Chrift a faite pour nous 3 DicufôPeie que tout ce quâo voudroitfaire apres noftre mort pour fatisfaire à Dieu pour nous ne feruiroit de riéjveu meflne q celle quâa fait lefus Chrift qeft la feule qucDieu reçoit amp;nbsp;agree,nous lcroit inuti Icjdâautât que dés celle premiere vie nous ne lâau rionspasembrallèeparvne vrayc amp;nbsp;viue foy amp;nbsp;nâauriôs point appuyé dés celle vic noftre cfperâ-ce fur icelle.Car corne il cil dit leh.^.Q^i croit en luync ferapointcondânéjtnaisqui ne croit point
touchant le lu^ement de Dieu.
«ftdéfia condânécar il nâa point creu au nom du Fils vnique deDieu,amp;pourtant auffi voici q nous , côcluons touchât ce iiigcmécq fe fera au dernier ioiirjQiie puis quâil a pieu à Dieu de nous tât ay-*ner que de donner fon Fils à la mort pour nous San q croyâs en lny nous ne periffios point mais ®yôsla vie tternelle,voiicpuifque celle vraye foy nâeftât point comune à tous 2 TeE3.iI nous a fait celle grace de nous en faire vn dôjEph.i. nous de uôseroire par icelle fifermemctenluy que nous Foyôsbienaireurésdâauoiren fa condénation no ftreablb!ution,en fes plaies nollre guerifon,amp;en fa mort nollre vic.Car fi par foy nous fommes v-Hefoisincorporés en luy,il ne faut point q nous craignions dâellre condamnés en ce iugement pource quâil ny a point de condemnation pour Ceux qui font enluy,llt;om.8.
Dâauâtagepuifque Dieu nous a fait vne fi grade gr^ce que de nous dôner premieremet fouFils amp;nbsp;puis apres la foy pour croire en luy afin dâellre fauués parluyjRcgardonsde le feruir amp;nbsp;glorifier tandis que fommes en ce mode par vne droite o-
! bcilfance à fa voloté laquelle il nous a manifeftcc Gal.s-par fa parole.Et comme la foy quâil nous a donee
I eft vne foy vine laquelle ouurate par charité doit iâroduire fes fruiéls en toutes bonnes Åuures,voi 1 pourquoy nous ne nous deuons iamais lalfer do bienfairejCllant chofe bié certaine amp;nbsp;bié tefmoi-gneepar les S.Efcritures que come nous ne pou-uósauoir part au falut eternel fans ellre garnis de la vraye foy en lefus Chrift,aulîî nepouuôs nous auoir celle vraye foy fâs quâelle produife en nous
6 Jlejp,Ã ^nt'Lefc.tou.IeIu.de Dieu.
de bonnes Åuuresgt; tellement quâcncores que ce ne foit pas à caufe dâicelles que le lalutnous fêta donné lequel lefus Chrift nous a acquis parcelles quâil a faites pour nous en fa propre perfonne» fi ne ferons pousiamais faits parcicipans de ce ft-lut fans icclles.Ains comme Dieu declare au rj-de S.Matth.fa volonté eftrequâauec les marques des bonnes Åuures que noftre foy aura produites nous foyons au dernier iourdifcernés dâauec les mefchans en leur prelènce amp;nbsp;à leur honte^il nous faut employer volontiers toute noftre vie en bon nés Åuures amp;nbsp;cheminer en icelles afin que par tel chemin nous parueniôs à la poflèffion amp;nbsp;iouif fance de lâheritage celefte lequel Dieu nous a pre paréamp; donné par fa grace en fon Chrift deuant quâeuffions fait aucunes bonnes Åuures, voyre deuant que fufiions au monde,voyre mcfmesdeuant que le monde fuft monde.
F I N.