ET ILLVSTRE SEI-
GNEVR, MESSIRE PH? lippe Huraut, Vicontc de Cheiicrny, Cluneclier des deux Ordres du Roy,-Garde des féaux de France : Gouucr-ncur amp;nbsp;Lieutenant general pour là Ma-jeftc cs ProuincesdâOrleans,pais Char-train,Eftampcs,Bloyfois,Dunors,Am-â boifeamp;L Lodunois.
amp; Onseignevr, l'honneur que te reçoj de IJo'^er le profit qui mettent des graues dfiours que tant de
1 grands perfinnages tiennent or-ï à inairenietd ^oflretahle^^mont 1 tellement affe^ionné , que pour a ij
tefinoigner auec I obligation ^014^ ané^f^ur moy,Ladeuoüoti que tâay à vo^^ire feruice: latjjer ingratement périr tant riches traits de toutes fciencesamp; profeÃions : le me fuis en refoluj de communiquer auptigt;^ blic , lesfibieéds qui ne peuu^nt eîire que propre nourriture degCquot; nereux efprits. le confiderois dll' commencement que cefii^it baijfer ^o^re grandeur adrefer narreffi familiers ceux qui fe tiennent dâordinaitt aux repas communs. c::JïCai£ con-trebalançant lâimportance grauité de ceux-cj rien ne fern blé deuoir de^plaire à c'eluj, qui fauorif tout ce qui peut prof fiter a be^at. lïauantageà Iés
Grecs,
files Latins,fi mefmes tOMs Chre~ fiens ont toufiours eLiimte honorable, de mettre ces deuis parefi erit, comme plw rafiu gt;^ferieux, afieureâL^ue les autres c^uifi traittent ordinairement en prt-ué,de gay été de cÅur, fan s molette contrariété dauis , par laquelle s efclarcifl mieux ia^verité ^e toutes chofies : pourquoy ne 'COUS defdierois-te ceux, la -plufi '^artdefquelstuous aueâL^ffatfbn-neZjde^'oLirebien dire, amp;nbsp;affeu-refparla refolution de qiioLire bon lugementl fe me perfiià de bien,que la TLraditiue nfi^fira tehque 'VoLire grandeur amp;nbsp;U rnatiere mefme du hure' tiaert-^ent^.ç^L^ais corn au plaifir^o-lontaire d'vngrand,^ous necon-
S. iij
(^uele franc'vouloir qui me ^ouf-Ãa chercher les moyens de 'vous â flaire amp;nbsp;profitera la poflerité. le preuois aufii que 'vousy deficou-urireâ^Ã)udatn, maintes chofs qui nefiont qùentameesi laperfe-édton dejquelles fiera diautatplits defiiree du Lecteur : que pour U 'va rieté de fis ra resfubicôts^elle ne peut estre qu agréable d toutes co-ditions de perfionnes. Al au 'CO' fire naturelle bontém'excufiera fi chargéd affaires amp;nbsp;par accident plus que de 'volonté, ie mefit^^ troutié\conforme à lâArchiteUe, lequel ayant deffegné leplan d fiuperbe L^alais, nâa eu lofirq^^ dâen represéterpartie^ laifiantdeçà de-la les attentes du fiurplff-
Dâailleurs Oïl^on-feigneur^l'ou-urier efl frequot;^ de ^ous^ qui mef~ mes aies matériaux en main la 'volontéprefle a les employer en tdou plus hault edifice qui'vous pourra 'venir à plaifir : pour ne détourner lequel de tant d'ocçu-pations publiques , ie ficray fin, prianti)ieUj
^^:^onfieigneur,'vous augmenterfies graces de iouren lour.
De Ta ris J ce 2. luin, ly S 2.. pa r,
/
Voftrç tres-humble ÃC tres-obeifTantferuitcur Lance
lot Voifin, Seigneur de laPopellinierc.
ä iiij
rN T-D I s C o r R s 'DE'
I ^uthcHr ,Ãtr le motif, le but nbsp;nbsp;nbsp;fiiet des
trois Alondes.Oit il tmite outre ce, du nittit-rel de la vertu.Des lettres, du merite nbsp;nbsp;des
pyofejfeurs d'icelles. Q^il y a autant ou plus de terres adefcouurir, ejue de nouueaudef couuertesDes moyens pour^areiir vn ef.tt de partialité':!^ fedtttons. Des tjualite^j, habitations ,panchement forme ^centre de l.t Terre. Des parties de ÃT'niuers. Du leuer, du cours coucher du Soleil.Des.y^ntipo-des.,.Antoiciens nbsp;nbsp;nbsp;Perioiciens de ce monde,
plufeurs autres chofes mémorables.
Motif de l'autlic'jr à rcptclêincr ce qui crt: connu de lâViiiuers.
O M M E le deuoirJe I lâobligé ne fe borne d v-nc fimplc rccognoi^* lance, mais feilend a vnc haute louange des __merites de Ibn bienfai-tcur:au fcrablabic ne mâcllanc allez dâa-uoir fouuent protcllc à Monlèigncur le Gardefeaux de ma dcuotioii à Ibn fetuice:
AVAN T-D I S C. D E S III. MONDES. Uy bic délire faire paroiftrc,que fi fa feule Vertu lâa poulfc à mâhpnorer, mon defir ne fcmploira qu a reprefenter cc qui a nour-ry lâobligation que iâay à luy eftre deuo-tieux. Laquelle entretenue par les graues difeours que fay fi fouuent tire de luy, des Seigneurs,amp;: autres notable^ petfonnages qui luy affiftent (apres que retire du Con-lèildu Roy,il allaifonne fes repas des plus ferieux ôc profitables propos quâon y peut mettre auant) mâa fi fort affcôtionné à re-cognoiftre mon deuoir, que ie me fuis re-folu d'en publier quelques vns : notamment ceux par lefqucls lâcftat des Turcs, Peifans amp;nbsp;autres Afiatiqiics font exprimez amp;nbsp;refolus par fou iugcmcnc, auquel le relie des alTillans fc voulut conformer.
Quant au but de mô deflcin,ic ne me fuis ptopofe autre fin., que de faire entendre à La fin que nozRiere-neueux les merueilles des iu-gemens de Dieu en la dcfcouuertcdes In- fé'areffinr des Oriêtales nbsp;Occidentales,par les plus «û
eftrangcsclfecis qiiçja nature produit ia-mais;Sô aucc la tat louable gaillardife des Italiens,Portugais,amp;:Efpagnolsjfi curicu-femét hardis de fexpofer à tant de morts: la pauurcpauurcté du Frâçois,quinâa iuf-qaes icy oie tentet fi louable riy pareille
AVAN T-D I S C O V R S
cncrcpr ifc. Ic fais au refte fi peu dcftat du labeur que iâay pris à recueillir tant de dif-cours pour les repartir en trois liurcs, que ic nâen recherche ny efperc aucune rcco-penfCjfoitque iela deufle, foitque ich peufle auoir. le ne demaderois pour tour, que recueillir les cfprits amp;nbsp;courage des François trop endormis fous le voile des plaifirs modainSjà drelfer quelque loing-tain voyage à lâcxêple de fes voifins ; pour du moins honorer la natio de quelque généreux exploit. l'ay,graces à Dieu, occa-fîon de ne defirer, moins encor enuier le bien dâautruy.Aufurplus tcllcmct façonné de nature,que iâay touGours efte de co-traire auis à ceux qui mal-contcns de leur condition,attribuent à autruyla difgracc de leur particulier: pour -ce que fâils confi-deroient bien tout, amp;nbsp;fe demiflènt de paf-Gons extraordinaires, ils en trouueroicnc la principale occaGon en eux plus quâaux De la rcco- Pfinccs OU Magiftrats, de lâingratitude amp;nbsp;gnoiflance peu de foin defqucls ils fo plaignêt. ce que amp;nbsp;commââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;temps, plus que
lâon fe doit pout ccux du pafle. Cat les Grecs, les La-pottet ca la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Percs, ôi Gaulois, voire tous noz
poutfuite , w . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. I
dâicellc. dcuacicrs en quelque temps amp;nbsp;pais qu us ayent elle, ont drefle les mefmcs plaintes
des trois mondes.
que ceux de nolbe fîecle, voire aucc pareille occafion. Careftans toutes chofes fubicûcs à vn éternel changemêtdes meG mes matières de raefeontentement qui fc prefentent,leur font aduenuës pour Icsfai-rcplaindre defcniblablcs perfonnes amp;nbsp;a-uec peu different effed quâà nous: aucuns eftans oubliez,dâautres recognus,nombre de me(prifez,amp;: plus de deux tiers fe repaif fansffvn cfpoirqui fera toulîours mal propre confolation des miferablcs. le tairay ce qui cft tant vulgaire amp;nbsp;fi renouucllé par les plus fameux eferits des crées,Latinsamp;r autres ; Que lâentretien feureté de tous eftats.dcpédcnt plus du loyer amp;nbsp;de la peine,en la rccognoiffance de la vertu amp;nbsp;pu-nitio des forfaits, que dâautre chofe.Ie dis feiilemçt que prefque tous les Magiftrars ont en cela tou flours fuiuy fuiurontà lâaducnir leur propre humeur,ou lâinclina-tion naturelle de leur nation, ou les deux cnfemble: Si dâvn humeur particulier ils font peu foigneux du profit dâautrhy, pen-fezvous leur pouuoir changer le naturel pour voz plaintesâS i le naturel de la natio, encor moins:c5mc il y en a qui font fi remuâtes amp;nbsp;peu atreftees, que ne fc pouuas affeff ionner long temps à vn obicct, elles
AVANT-DISCO VRS
ent de penfees foiidain : amp;nbsp;auffi toft quittent leur conception pour la premiC' rehncaticqui ieprefentera. A plusforte raifon 1à ces deux occalions fc rcncocrent cnfembic,comme il aduient fouucntavn eftat corrompu, ou mclincs quand il decline feulement, des bonnes qualitcz de fon premier fondemét. Mais ce qui nous deuroit plus faire tenir bride en note deuoir elf,que la fuite de nofbc dif-grace nefcmble deuoir eftrc attribuée tant aux autres quâà nous-mcfmes, qui le plus fou-uct enflez dâvnc vainc apparccc de vertu, pcfons mériter ce quâon retient plus quâon ncdcfnic auvray merite. Etoiiltrcceji quclquâvn mente pour quelque grace dâef prit ou fignalc fcruicc, il en recherche U rccognoiflancc pluftofl, ou hors le temps, ou bic dâvnc autre façon quâil ne dciiroir. Il faut laifTcr meurir,corne le fruid,Ic merite de la vertu : lequel prefenté en- temps qui ne luy cft propre,ne perd moins fa grace,que le fruid auancc ou cucilly hors fai-fou , Elit fon gouft naïf amp;nbsp;faneur naturelle. Il fe finit faire cognoiflre amp;nbsp;auoir j.i donné quelques atres de valeur amp;nbsp;dâvn futur mente,premier que requérir :à fn de ne tomber au vice dâindifcretion ou dâirn-
DES TROIS MONDES.
portunité fafcheulc. Ce qui ne doit edrc attribué,qu a faute dâefti c pratic à mefna-gerlafiueurde ceux qui ont pouuoir de
I, le ri^cognoiftre. Il aduient aiiHi que les pourfuiuans ont fi peu de grace, que la lumière de leur fimple vertu, cil aifémêt of-fufqucc par la rencontre de quelque im-perfeâion ; ou quâvn certain , mais fccret mal-heur, les fuit de fi pres pour proui-dens quâils foient, que tous leurs defleins tournent à rebours, ferablables au malcontent , auquel le maiftre curieux de re-cognoiftre fes feruices, ayant prefente le choisdedeux coffrets fermez ,rvn plein dâor,lâautre de plomb,amp; le voyatOclIrc ar-mftédupire: dit que fapauurcté tefmoi-gnoit vn malhcur,caufé pour ne procéder allez difcrcttcmct en fes aftions.On peulc dite,que la vertu,particuliere quâelle foie, nclaillc de mériter rccompcnfe. Mais la fin du bien ne doit eftrc que lâhonneur,na-
I turellc rccompcfc de la vertu; ou lâamour au public,lequel vous a dés voftre naiflan-ectant oblige, quâil vous tient redeuablc iufques au dernier de voziours. Et comme lâon regarde plus a l'intention du bien faifant,quâà lâadion dâiceluy: aufli le ferui-ceeftaflez rccognu,ûonle reçoit gaye-
Poutquoy amp;nbsp;en qui la vertu veult cftre reco-gnuë.
A V ANT-DIS COVRS ment amp;nbsp;à front ouuerc. Dâailleurs on dira que la vertu (è contente bien de foy-nief-mc. Mais que pour paroiftreparadions extérieures amp;nbsp;profitables au communies richeflèsjles honneurs,amp; autres aduanta-ges mondains, luy font comme des ailles pour voler au profit de celle focieté humaine, fans Icfquelles la vertu pour forte quâelle foir,croupira fans produire plus de lumiei'c,que faiôl fouz la cendre le brafier ardant. Sans doute ie lâauoücrois ailemêc vers ceux, qui pour leur pauure condition nâont moyen de faire cognoillrc leur bone volonté,que par Icfecours dâautriiy-Si fault-il quâils attendent fans rien violenter ; confiderans quâen toutes chofes amp;nbsp;à tous hommes, les fouhaits ne sâacco-plirent iamais anollre defir. Lâentrefuito des accidens humains cil telle,quelâvric empelche lâautre, amp;nbsp;par fois cclluy-cy auance ccfliiy - là : le tout ellant fi variable ôc incertain, que comme il ne fault faflèurcr de rie, aufli ne fault-il delèlperer dâattaindre au but de lès prerenfions. En quoy les plus auilèz farment de patience, contre tout ce qui leur fçauroit arriuer de contraire à leursdclTeins:amp; toufiours c6-llansjtoufiours clpians les ocGafions,ô^
D£s TROIS MONDES.
attctifsà tourner toutes occurrcces à leurs aduantagesjils Ce voyent en fin iouïr de cc quâils ont plus attendu. Dâauantage la di-fttibution du loyer, ne fc fait félon le défie mefmc de ceux qui le pcuuent faire. Car les clhts font chargez de fi grand nombre dâaccidens, quâon ne peut toufiours pen-Icrà ladeuë rccognoiflà ncc de la vertu, loint que les plus pres amp;nbsp;fauoriz des princes, Py font préférer. La recompenfe doc le fait dâordinaire pluftoft par hazard que par diferetion preuoyance, encor que le Prince aye bonne volonté de contenter vn chacun. Outre plus les moyens ne fc prefentet fouuêt fi à la main, que les pour-fuiuans fe fantafient:obftans les neceflîtez publiques amp;nbsp;particulières quifuruiennenc alâimpourueuc aufqucllcs ils faut promptement remedier. Et quand ils fc prefen-teroient, fiefl-cc quâil faut du moins laif-Ict à celuy auquel vous vous addrefTez, quelque licence de libcralifèr félon fbn na turelamp;: volonté, pluftoft que le violenter afuiurc voz paffions. Mais ceux qui ont des moyés fans lâaide dâautruy : me fcmblc ^uilsfedoiuent monftrcrauffi courageux anefabaifier pour mendier ces faucurs,amp; tnaintenir la reputatiô de leur vertu, fans
La vraye te-conipcfe de vertu eft lâhonneur amp;nbsp;amitié.
AVAN T-D I S C O V R S Iâauilir amp;nbsp;profaner paradions tant fcrui-les; que généreux à ne fc defcouragei'jains pourfuiure la continue de leurs operatiÃs louables, tantpour nionftrerquèlafinamp;-but dâicelles, nâa elle que le defif dâvn vray honneur amp;nbsp;amour a la patrie, que pour obliger touüours dâauatage ceux mclincs qui voudroient faire les fours amp;nbsp;aueugics à la recognoiflà nce de yoz graces. Cat câeH: la vraye grandeur, voire le plus alTeu-ré tcfmoignage dâvn cÅur généreux, que de fobliger tout le monde par bien-füts: amp;nbsp;fipoflîble eftoir,ne iêfaire redeuabic dâautruy. Mais dâautant que la condition de lâhomme eft tellement formée,que les reciproques deuoirs ne font moins ordinaires que neceflaires en celle focietehumaine ,1c naturel magnanime fera le plus de bien, amp;nbsp;en reccura le moins quâil pourra. Mais le tout auec difcrction. Il nâaura donc autre but, que lâhonneur du public. Voire quand tous ceux de fon aage fe-roientfiauares, queluy delhier cell honneur qui ne leur coultchen. Et prendra La pofteti- pour derniereïefolutionjquc du moins la téeft vndes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ccile qui couronnerafuffi-
jptincipsux * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.lt;
hiitdu rer- fammcnt amp;nbsp;dvnc mémoire crcrncile-tueux. menr honorable,le précieux merite de tant
DES TROIS MONDES.
tanrgcncrcufo adiôs;câeft celle,à laquelle les g.i! ans-homes doiucnc tirer amp;â auoir pour bure en leurs defleins. Câeft de celle lt;iontparloit cz braue guerrier,ce dode grand pdiiticRomain,dilà nt: Qiiâil ay-Wîoic mieux quâelle fâenquift pourquoy On ne luy auroic cfleuc des flatucs pour honorer (a valeur,que pourquoyon luy en auroit drefle.Car le premier taxe la bc-ftifeà ne dilccrncr,ou lâingratitude à ne l'ctognoiftre rexccllcncc de (i gcncrcules âmes.Mais le lccôd,!.a nulle valeur, ôc notoire infuffilà ncc,de ceux qui furctent les honeurs.La vertu eft h grade de loy,quâcl-lededaigne de rechercher,ains venirc-ftre recherchée pour le biê, amp;nbsp;le précieux threfor quâelle Pafleure de porter ; encor ne vent elle dire recherchée par tous,ains pat gens de bien amp;nbsp;dâhonneur. De là vier, que le généreux, mcfprilà nt plulboft que techerehant ces apparences mondaines, nebonctera les rccompenfes ny les per-fonnesmefraes qui les pcuucnt donner, Pilsnc méritent dâeftre recherchez,pour la conformité de quelque vlt;tii qui reluyfc cncuxuà tfcn Eiur quâil vieillifle eu poui-menadcs,l'anonchalant à compter les panez de la court des Princes. Dâauantatre
La vertu ne vent nclict-fl:ei ny e-fljc ielt; iicr-tliec de tous.
O
C
AV ANT-DI s COVE, s comme ce nâeft allez de conccuoir chofe bcllCjGonnelamcc en pratique pour le biendeqiiclquâvnzauflî nâeft-ce allez de rechercher la rccognoilTance dâvn bien fait ny dâen difcourir,fi lâon ne iu^ biedn merite premier que du falairc. Car telle pelé habile,qui ne lâcft: amp;nbsp;tel merite cccy, qui ellindigne de cela. Prcfque tous en lômmc le trompent au iugement de leur fuffilà ncc. Dâailleurs il Euilt confidcrcrla qualité, tant du mérite que de ceux def-quels vous attendez quelque chofc.Car fi elles font conformes, vous deuez plus ef-percr que fi elles font differentes ; comme fl vn tailleur dâhabits ou maillrc maçon prefente vn chefdâÅuurc de fon cftatà vn médecin : ou vn home de lettres quelque liurc defes conceptios à vn Prince, le naturel duquel nâaymc que les armes, ou vn bon chcual amp;nbsp;armes à preuuc, à celuy qui cft du tout paifible. Car bien quâil le doive recevoir à face ioyeufc,fi ell-ce quâil ne femble tat oblige à la recognoifrance,quc fl fon inclination eftoit femblableau naturel du prefenj^Enquoy toutesfois les ho mesfe font toufiours oubliez, autant quâa prefenter chofes indignes de la grandeur des Princes,amp;: fbuucc impoffible pour feu-
DES TROIS MONDES.
lcraêtgaigncrargêc amp;nbsp;filer leur miferablc vie au hazard dâvnc more on des-honneur immortel. Sreficrare lé vouloir obi igerau gland Alexâdre Macédonien de îny radier lî artifteincnt le crand mont Athos, 411 il reprefenteroit en forme humaine fon efligie an naturel, tenant dâvnc main vne
Defcotqui font cntic-prfdrc aux Princes chofcj trop enraiigcs. Hcr. 1. lâappelle üino-crates.
'âilleauflîgiâde que lâvncdcs mieux pen-plccsde Grèce, ôr de lâautre verfant affez dcaux pour faire vncrinicrc aufl'i grolle lt;1110 le prochain fleurie,doc ce Roy le mo-lt;liâ''icoinmc tenant trop de lâimpofliblc: fcKdifferent de ccluy qui appointa fi bic iâAlqiicrnifte,lequel lâiifleuroit de coucr-hrtous métaux en or pur, amp;nbsp;le rendre par CO moyen le plus richequi fut iamais. Car 3yant tiré tout ce quâil peut,il fçeut fi dex-tmmét fe retirer,quâd nâa laide que le vent pour allumer les charbons de les pipenx fourneaux.Bien plus mitérablc fin eurent les defleins quâon fit prëdrcà N cens Roy dEgypte pour faire ioindre parvn long, htgcamp; fort profond canal lâeau du Nil à , hffierRougerde laquelle on peuftparcc
moyenaller cnia mer de Ltuât amp;nbsp;dâOccident auec grand profit de toutes natios. ' Ce qui fut en fin laifl'c apres la mort de hx vingts mil pionniers, pour lâimpoflibilitc é y
ûIa recö-pëfedss ués Hc lettres.
AVANT-D ISCO VRS dÃlâocuurc difeiK aucuns, amp;les autres de crainte que toute IâEayptc de fuft inondée dcauxde la mer Rouge quâon iugea plus haute que le pays.-ou parle commandement dcroracle,quiditqucce fcroitla comodiiédcs Barbares. Ainii telsouuriers refterenifinsrccognoillà ncc de leursla-beurs mal fondez amp;nbsp;mal conceuz. Audi bien que ceux qui cntrcprindi ent de cou-â¢per lâcntrc-deux de lâAchaic 8c de la Mo-ree,pour frire couler la mcroi'i elHâAcro-corinthe fous Demctriu,s Celar, Gains amp;nbsp;autres Princes. Mcfmes ceux qui perfna-dercntà rEmpercur Nero, de prendre le piCjSd pour exemple aux autres y trauail-1er comme pionnier. Car aucun nâen peut iamais venir à fon hSneur. Dâautres an rebours font de trop petits feruices pouren tirer 11 grande recompenic qrtâils fimaginent meritcr.Comme la plus-part desgés de lettres,qui de leurs fimples opinios exprimées en vn hure nouueau, par forme de commentaires ou autremer, attendent plus quâon ne iuge leur deuoir doncr: tant pourcc que le naturel des lettres 8c fcicn-cesncplaift dâordinaire amp;nbsp;naoncqâprcf-que pieu quâà ceux qui ont quelque con- 1 fortuite dâhumeur, auec lâimagination amp;
Des trois mondes.
repos: que pour la multitude des eferi-uains, le nombre effréné dcfqucls a touf-ioiits fait perdre la grace óemorite de la va cation,mcfmemét auiourdâhuy qui fe Eiic plus de liures quâon ne fçauroit trouucr de prefens. Enquoy on deuroit difeerner les bonsdâauec les inutiles.Carcâcif vnepro-felfion qui profite à lafocietc humaine, amp;nbsp;qui dâailleurs eft corne la mere qui mieux nourriftjcflcuc amp;: aduanceplusle bon on mauiiais bruit que tout home pcutacquc-lir en ce monde. Ce que lâon peut cognoi-ftrccnfrâçois I.amp; Henry 2.noz Roys de tres-heureufè mémoire êedegrad meri-tc.Mais Henry plus recommendable que François,côme avant beaucoup mieux af-fèuré rcftar,amp; plus accreu lâeftéducdcfon Royaume : quand ce ne feroit que pour la ptinfede Calai.^ amp;: autres terres q les Anglais tenoient,quâil a par ce moyen cbaffe defrancc. La prinfe dcMets,dcThion-uillCjVoyqge pour la liberté des AHcmans contre 1 Empereur Charles 5 loinct lâal-liancc amp;nbsp;bonne confederation aucc fes 1 voifins.-quc ne fit iamais fon père, la rouf-
Du iNffciét merite des Roys I tJii-çois I. amp;nbsp;licniyi.
iours déplorable prinfe duquel à Panic,A: I lâcfhange Concordat quâji fitcnltalic,out
plus preiLidicié à la Eiaec amp;nbsp;à lâEglifè Gal-c iij
AVAN T-D I S C OV RS , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;licanc, qiic toutes les defortiincs quâeiit
jamais Henry, lequel ticancmoins cilpri-
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ué de ce nom de Gräd que tous les lieclcs
aduenir ne fçaiiroient oftet à fon Pere. Pourquov ? dâautant que la profèirion des me rcmiiè ictti'cs abalbrdics depuis Charlcmaigne ^ar ^u7amp;'â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par toute lâEurope,iniques cnûn
auec'qucl IÆoo-vcueillcc en Italic,par aucuns Grecs fruift en fuitifs de Conftatinoplc,prinfc rauagce nKnunt?' ' Turcs,fut tellementcmbraircc pat ce Roy,quâayant à la perfuafion du Cardinal du Bellay amp;nbsp;de Guill.Budé fait reformer les Colleges amp;nbsp;Vnincrfitcz de fon RoyaumCjcftably ccluy de Câbtay à Paris pour les leçons publiques que les plus dodes de lâEurope en toutes lagucs di-fciplincsyfaifoienr, Icuraflîgna bons gages pour vue continuelle inftnidion de laieuncflcdctoute la Chreftiente: où à grand nombre fut veu en peu de temps,amp;: y profita de forte,que trauaillas tous à lâen-uy les vns des autres, amp;nbsp;le tournât en fin ce vertueux cobat priuc en public, de toutes les nations de lâEurope, à qui emporteroit ceprisamp;iât quot;Tineurdeplus fblidc dodri-neique tous vnfemble côlpirâta vne deue recognoillance de fi grand bien vniucrfcl, iugetet ne luypouuoic moins doner que
DES TROIS MONDES.
Ictiltrc de Grand, de Père des lettres amp;nbsp;de reftaurateur de toutes bonnes feien-
ces ; ancc tant dâautres louages dâvn mode devertus qui reluifoient cnluy, que Pii eiift elle leplus accomply Prince qui fut jamais, il nâeu ft fçcu elite plus honorablement recommande vers la pofleritc. Sans doubte les eferits illuftrent fort la rcs 111 dir. c-vertu pour petite quellefoit, comme ils defguifcnt Ibuucnt le vice pour le faire vertu, en forte quâon le iugeroit lachofe plus dcfirable qui foit en la nature: au rebours abbaiffent cnlaidiflentfi bien les graces dâvn perfonnage qui pourra c-ftre hay,quc la pofleritc le tiendra pour le plus abominable du monde, voire toute fa race odieufe à fon occafion,les hifloircs furtout. Car fl elles ont acquis quelque credit vers le peuple pour élire vrayes, oâu bien ordonnées, ou pleines dâcloqucnce, ou autre grace qui les face rccómSdcr,foic dâclles-mcfmcSjfoitdcla qualité dclâau-tbeur : aucun ne fçauroit plus empclchcr quclapollcriténefucccde a la vieille im-prcirion,quc les premiers en auront con-çcu.Tcfmoingnombre dâhiftoircs Grecques,Latines,Françoifes,Italiennes,Efpa-gnolcs,amp; autres fi chargees dâcuidês men-c iiij
mci't, fcii-uci'taiiâccr, eóftruer ou reculer I.i icpnration des homes plus quâautre choie qui foit au moiidc.
AVAN T-D 1 S C O V R S fbnges, qtiâonlâefincrucillc que les Iiom-niesnâonr les yeux aÃezouueiTS, pour les biel) remarquer.Cellpourquoy pluficurs graus Princes fc font efforcez de contenter CCS gens de lettres, plus que beaucoup dâautres de plus grand merite. Mais puil-que telle forte de gens ne rncnct autre vie que coatcmplatiuc, morne, chagrine, fcdécaircifemble à pluficurs que ceux qui bazardent leurs biens, leur creance, leur vie, lâhonneur, amp;nbsp;tout ce que Dieu leur a donné pour le Prince, fous lequel ils font nez eu habituez pour le repos, grandeur amp;feurctc de lâcllac, font dignes de plus grand fà lairc;corne ceux qui mettent plus du leur, prennent le moins amp;nbsp;profitent dâauanrageà autruy. Aufîi les rcconipcn-fe^ en font plus honorables, amp;nbsp;de grand profit. Vrayefl quâelles ncfôt de telle duree que celles quâon donc aux plus doctes, fi les gens de lettres ne leur douent les aif-Ics de leurs eferits, pour volera lâcrcmitc des ficelés aduenir. Comme ils ont fait! a celles de Chrifloflc Colo Génois, lequel ayant acquis à ftfpagnol plus de richeilès que tous les Roys fes deuanciers nâeurent oncqncs,futrccognu du dixiefmc dcics clitcCois J du droiét de Noblcflc, degré de
DES TROIS MONDES.
Chei!alcric,piiiiilcge de charger(csar-mes cnercLifIüns,amp; dâhonneur tel que luy Coiom, amp;nbsp;amp;nbsp;toute fa lacc, voire la nation niefmcà fiiffilaine occaiîondcfenprcualoir.Tous uerdenou-Icfqiicls aduantages ncantnioins Riflent u-an nI'h-(ieiia cnfcucliz, êé uâculfent fccu venir de Itiy iniques à nous, fins le bicn-Euâ des lies en per-liiftoritns Elrao-nols : qui pour conferucr quot;,quot;'f h mémoire dâvn fl courageux exploit, ont bæ fait des hiâ cognoilhc à tout le mode la digne rc-compcnle queleur Prince hr,à fi penible, f azardenx, Se dâautant plus glorieux def-lcin,quela plus-part des PrincesChre-ftiens, le noltre fur tous , VAnglois,Portugais , l'Efpagne mefmc nâauoient daigné prellet feulement fouie,à lâouuerture que l'Italien leur faifoit pour fellédic fi auanc éccombler tant foudain le fons de leurs tliiefors ; qui lont ncà ntnioins les deux tins, pour lefquellcs ptc,lc|ue feules, tous les Rovs de ce temps combattent li oblli-nérneiit,perdent tant de biens 8c de bons hommes contre leurs voifins. Or comme la terre cR eftvangcmcnt grande: la parel- , , fe,lacouardilc,Ãlt;: indifcrction des bom-bestelle, quâils ne veu'enten dclcouurir tencsà dc -dâananiatic que leurs vieux Peres leur en
ont trace par clerif.li le fault allcurcr, covuetK^.
A V ANT-D r S COVRS en refte beaucoup plus à coguoiftrc,voirc en quelque carrier des 4. principaux du inonde vous dc/îrcricz aller,que noz modernes nâen ont faiôtvoirzamp;r qui nepeu-4 lient dire moindres en quantité de routes Ibrtcs de richcfics, exquifes fingulari-tcz,amp;: prodigieux miracles de nature: fi nous allions l'adrdîe les moyens de les aller rechercher, notamment vers le Mi-dy où nation aucune nâa donné. Carefiât le monde reparti en deux, pour le Portugais amp;nbsp;lâEfpagnol parle Pape Alexandre é. celuy - là sâdl contenté de courir vers Orient, cdluy-cy à l'Occidenr, comme lâAllcmant amp;nbsp;lâAnglois au Septem-trion. Mais vnfciil nâa donné attaintefur les terres Aullralcs qui font h grandes, amp;nbsp;par confcqticnt fubiedes à toutes fortes de temperatures, aufii bien que lâAmérique où fdltrouué le Pérou nouuelle Callillc ; quâelles ne pcuucnt dire moins pourueuës de richcfl'es amp;nbsp;choies fngulic-rcs que les autres. Veu notammcntlcur longue amp;nbsp;large dlenduë, laquelle nous occafionne de lâappellcr monde incognu: poureeque ddcotiucrt ilnâalçcupourlâ grandeur dire particulièrement recherché, encor moins conquis ny peuple, fau-
DES TROIS MONDES.
tcdâhoiDmcs rcccllà ircsà tels cffcäs.LeP quels ne peunent cflrc tirez dâEfpagnc ny Portugal 5 lt;i nul peuplez quâvu chacun Içait au rcfâpcâ, de la France, laquelle peut mettre hors la cinquicfmc partie des Gens Gnsaucune iucoir.modité. Auis en lcroic plus honnorcc, peut cQic mieux alleu-reeque plulicurs ne peurroient penlcr. Cell:où les Princes de ce temps dcuroicc faire inonilre de lâinutile puiilance de leurs lubieéhs, Ibit pour illufl:rcr,cftcndrc, ou enrichir leur edattfoit pour diuerrir les palhons des plus mutins,pour le conti-nucl exercice des armes que tous grands obui« aux Princes ont toujours iuge ncceflairc au plnsfcur entrcticn dâvn cdattrcllcmblans rçs.tcdiuôs, au bon Médecin qui puro-e par fueurs, amp;mi'autres , liai nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;accidcnsüui
evacuation de lang corrompu, ou autre- csbraulcm, ment le corps cacochimeamp;s plein de mau- pu's eu fin uaifes humeurs, pour obuicr à la maladie quilcfaifiroitauHitoft. Carcâcftchofèal- puurbiét'ô-feurce que fi lâEfpagnol nâeu ft ennoye aux Indes ja defcouuertcs par Colom; tous les plus mauuais gamemens de fon Royaume , Si notamment ceux qui apres les guerres de Grenade contre les Mores, ne voulotcnt retourner à leur meftier,ou vacation ordinaire ; euflent remué mefnage
AVANT-DISC OVR S
OU donné Foccafion à quelques nouuclle-Ictcz cn Efpagne, fils nâcun'cntcfte employez ailleurs. Comme ils monftrerent bien aux Indes, où ils fufciccrenttantde fcditionsamp; querelles quâils fentre-ruinc-renr pretquc tous. Si que FEfpagnc eftoic aflèz empefehee pour y enuoyerdenou-ucaux dâan cn an; A quoy les condamnez par indice à diuerfes peines , nedoient laidez des derniers, non-plus quâenPor-RoudâEf^a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pei-ipic IcBrcfil defera-
gne amp;nbsp;lt;lc blablcs âmes ; à lâexemple des Grecs, Ro-Portiigal mainsamp;:pluiîcurs autres nations,qui ti-jWsfounii roicncainiiprofiétpour le public des cogens .nix^ damnez à trauaillcr aux minières, carrie-mIcs'amp;^Oc- res, Vautres Åuures que la République cidcntales lugcoit necclKurcs OU profitables à lâEfiat: Jiftes lâA- autrement que nous qui failôns tout mcriquc.le . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i i i n. ,
Btclit Si Pc- mourir,fors peude beliltresqu on cnrioyc aux galères. Auparfiisie vous repreiente Qu^il ne fc mondc en trois mondes,ccd à dire, faut arrefler râVniucrsen trois parties (afin que lâon ne
Jquot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âquot;ïiosco'rimc les enuieux,les
bien extra. ignorans,amp;fupctditieux ne font que trop ujgas qiiaJ coudumiers) chacune deiqucllcsiâapncl-rintentiodc , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, \ i r i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;r
rhôme cft le monde a la façon de noz premiers Ma-cogueuë. tclotsamp; voyagcurs,lefquels ayans defeou-uert iâAmerique amp;: terre Audralc,quâils
des trois mondes.
trouucrenc plus cftrange amp;dcplusgran-deeftenduë que tout cc quâils auoientia-tnais vcu, leu, ny ouy dire, les appcllerenc autre Monde amp;nbsp;Monde nouncau .⢠comme noz François appellent encor la Grad Baye amp;nbsp;autres cartiers de pefchcries,Tcr-rcsNcufues,encor quâelles fuient, pcult eftre, plus vieilles, câcll à dire, premieres defcouuertes, que lâEurope qui nous a produit apres noz deuanciers. Et par fem-blablc, inciter la icuneflë dormante amp;nbsp;peu foigneufe, dâeffeduer les vrayement Beaux exploits dâhonorablement mefna-ger en telles conqucftcs,lcs grands moyês quâelle prodigalife en choies qui ne luy apportent quâvn vent Si. fumée , non le vray corps
dcfolidc honneur.
)W V pnr-fus,ilncfeÃin't aricllcr au tiltve Hti Ij' urc, qui porte lesTrûi5 MP Mondes.le(ç.âyamp;ci-oy des le premier aagcdc
en a qu'vn: le parle icy en n»ardor,5C comme entre mariniers, feiquels ayans deïcouucrt fi nouuelles rerres, de fi grande cftcnduë, tant chargees de diuers peuples, pourucucs de tant de fortes deri-cheflës, dâexquifes fingularitcz de nature,ne leseftimoientquâvn autre amp;nbsp;noii-ucau Monde, quâils ont ainfi appelle pour le mieux differeter du vieil allez cogneu, louz le repartement de lâEurope,Afrique, amp;: lâAile. Ce nâell donc pour introduire rien de nouueau: moins encor pourre-nouucllcr les diuerfes opinions des ancics Philofophcs Grecs, dclquels nouslom-mes contraints de prendre tout ce que
LE SVIET DV LIVRE.
nousaiions des Mathématiques, Philofb-phie naturelle, Loix, Médecine amp;nbsp;autres fcienccs. Car les Latins nây ont faidque doner atteinte ,amp; encores du petit doigt; 11,que hors la police amp;nbsp;les armes efquelles ihont autant precede les Grecs, vous ne trouucrcz pas grande recommandation en eux. Vray cft,quc parlât des Grecs,aucuns dclircroicnt quâon ne fabufaft, comme on a Etid iufqucs icy:pcnfant que tons IcsPhilofophesSz autres Authcursancics, dcfquels Ariftotc, Platon amp;nbsp;autres, nous nbsp;nbsp;Dy quels
difent auoir prins leur fçauoir , feuflent ^douVn-Grccs, Car ils font pour la plus-part Afia- tendrequâJ tiques ,amp;nommément dâIonie, Dorie, quot;quot;RafleHts Ãolic 3 amp;nbsp;cartiers voilins ou des lilcs' Grecs au-prochaines : dcfquels mefrnes la langue
Grecque a efte Eiide nbsp;nbsp;drclîâce plus que La langue
dâautres cartiers,â ce quâils maintiennent. Grecque. Mais 'apropos, Pythagorc a elle le premier des Gentils, qui a nomm c le contenu de Tvniiicrs, Monde, pont lâordre qui q pinions eftcniccluy. Et Empcdoclc, que le cours Hiuc^sdes
1 du Soleil cftoit la circonfeription des bor-
' nés Se termes du Monde, Se que cela eft le «ombre fon confinement. Pluficurstoutesfois,onc 'l'^^todcs. fà ift difference entre le tout,rVniticrs, IcMondCjlc Vuide, lâInfiny.Les S roi-
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PliitJesrpt. ones ont tenu dicPlutarqne quâil nâvauoit x.clup.r.amp; quvn Monde qu ils appclloicnc tont ï-diap.ï. lafubftancc corporelle. CcquâEmpcdo-cie confelToic, mais que le monde amp;le tout ditferenco cnt.Car Ie Monde nâefloic quâvnc petite paiticdu tour, amp;nbsp;que Ic teile elloicvne partie oyfeiiic. Platon preu-uoitlcieul Monde, amp;nbsp;que toutclloitvn pat trois raifons; par-ce quâauttcnâ.ent Ie Monde ne (croit parfait, iSl nâauoittouc cn foy. Qiaâil nc (croît(cmblablcà fon patron, (âil nâcrtoit vniquc. Etquâil ncfctoit incorruptible, fâilr.ây auoit quelque chofc liorsdcluv. Mais Plutarque luv rcfpond que le Monde cd parfiià , amp;nbsp;(i ne comprend tourcs cbo(cs;car riiommc eft bien partaid, amp;: (âd ne contient tour. Puis quâil y a pludeurs exemplaires tirez dâvn patron, comme es ftatuës, es maifons ,amp;:és peintures. Et comme cft-i] parfiiâ,dit-il, iibors de luy quelque ebofe pcult tourner? Incorruptible ncpeultil cftre,attendu quâil a edé faiid. Or qu'il y ait multitude infinie de Mondes dit Mctrodorc,il appert en ce quâil y a des caufes infincs. Car fi le monde cd finy, amp;nbsp;que les caufes dont il ed compolé foient infinies, il eft force quâils (oient aulfi infinis. Caria où font
DV LIVRE.
font tontes les canfes, là cft- il force que foientatiiïilescflèâs. Or font lescauics du Monde les Atomes ou IcsElemens. Plutarque mcfmC en autre cndroir,di(pu-te pour amp;nbsp;contre la pluralité des Mondes. Miiscn finfercföult'a vn. Vray eft quâil, induit Ctcoinbrotus, sireurant que Platon a combaru lâopinion dâaucuns fur la pluralité. Mais quâil auoit touliours douté du nombre certain amp;nbsp;precis. Pour-cc que concédant quâdyauoit apparcnceau dire de ceux qui en mettoient cinq, {def-quels Homere a cftéle premier, donnant les trois à trois Ehctix, amp;nbsp;les derniers, qui font la Terre Ãc Ciel,les lainà ns commûâ) envn chacun Elément, ilfeH; tenuà vn, peurdeconfuhon. Nous liions aulîl que A'exandre le Grand qui nâaiioit encor conquis la moitié-dc ce vieil monde,pleura oyant A.naxarqucdilputer de la pluiaü-tédecesmondes,fdché deiâimpolTibili-tequâil prefumoie à les donner cous, veu fos petits ptogrez à la conquerte dâvn feul, filon ne veut inrepreter cela coin me iâav dit ailleurs. Mais Archcfilaus Mileliusdià ciplc dâAnaxagore (qui premier amena dâIonie en Athenes la Phy lique, à lâocca-fiondequoy il fut nommé le Phyiîcicn)
Plutar.,iu li-urc du de-rlir. Se dc-Eiilicrnciit dis oracles.
Plutarque a I hure dâ£i.
Pâ.iit.aiilirtre du eo lici t. dâel|Uit.
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!
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auflî finit la Philofophie naturelle en liiy. Socrate inAcuid par Archclaus dilciplc dâArchefilaus, introduifà nr lâEtique pour la reformation des moeurs, a tenu publiquement que le Monde eftoit ctcrnclamp;: infiny,comme fit Archclaus fon difciple, qui le perfuada à fon auditeur Xenophanes Colophonius,lequel monftra les quatre Elcmcns, amp;nbsp;quâil y auoit des Mondes infinis. Voire fut le premier qui maintint que tout eftoit incomprchéfiblc. Meliflus Samiusparejllcmentdilciple de Parmenides afteura lâvniuers infiny, immuable Se immobile, comme Zeno Elcate fon compagnon fouz mcfmc maiftre,difoic quâil y auoit plufieurs Mondes, quâil nây auoit rien de vuidc,ôe que les hommes furent engendrez premièrement de la terre, puis le trouuerent auoir lâhabitude de generation en eux. Son difciple Leu-cipus Elcate, affeuroit toutes chofes cftre infinies S^ réciproquement muablesen-trâellcs-mcfmes. Lâvniuers infiny,plein dâatomes St: vuides neantmoins, auquel plufieurs Mondes feftoient creez pat la rencontre des corps tombans en ce vuidc. Democritc mefmc de Milet auditeur Pythagorien , fouftint quâil y auoit
DV LIVRE.
Mondes infinis, mais corruptibles, comme fit Diogenes Apoloniates difcipic dâAnaximcncs,amp; pluficurs antres,ont par diuerfcs raifons foudenu la pluralité des Mondes réels amp;nbsp;naturels ,nônfaf!:iquc-ment elleuez en lâair comme dâautres pèlent,dilans que comme feulement de 14. lettres fc compofoienc vnc infinitédeli-urcs,ainü de ces petits corps amp;nbsp;atomes fi fubtiis, (c faifoient diuers Mondes : fem-blant à Metrodore chofe mal proportioh-neeen Nature,sâil nây auoit quâvn feul Monde en ceft infiny : autant quâil cih-moic ridicule nâauoir quâvn cep ou raifin en vne large vigne , ou vn cfpi feul en vnegrande campagne de bleds. Pline roclmc des Latins fcmbic auoir efiéde celle opinion. Orphée penfoit bien que Gaiienfhift chafçunecftoilefeufi: vn Monde, au dire phil. de Galien.Ladancc dit que Zenophanes maintenoit quâil y auoit des hommes de-meurans au fein concauitcdclaLunc.
Anaxagoras amp;nbsp;Democrite qiiâily auoit en icelle des champs, monts vallées. Hc-raclide amp;: les Pythagonens dit Plucarcnc, u.d«opm. ontafTeuré que chacun Aftrc ell vn Mo- â¢â? P'V*â J» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-1- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/r. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tlicouoro
oc,contenant vnc lerre,vnÃr, amp;:vn jc materia Ciel, en vue nature etheree amp;nbsp;infinie, amp;nbsp;mundo.
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comme il fc voit és vers Orphiques.Stimme quâils y mettent des arbres amp;nbsp;animaux quinze fois plus grands que ceux de la terre , de la couleur de laquelle eftoit la Lune , dâou a Lucian puifé tout fon diicours, de vera nmrmttone.kui^à en font venues les fibles amp;nbsp;comtes de plaifir de noz vieilles accroupies pres du feu. Il y a eu mefnics des Stoiciés, qui ontdourc,fâil yauoitdes peuples au Soleil: quifijtroccafion que
, Anaxagoras Clazomcnius ayant dit, que le Soleil eftoit vne matière de fer enflammée amp;: plus grande que le Pdoponefe, au-ioiirdhiiy Morccjfuracculedâimpicté amp;nbsp;banny dâAthenes, quelque intcrccflîon que peuft faire Pericles pour luy. Mais Plutarque dit que Silene necroyoitfeu-Jement quâil yeuft infinis mondes :ains que chacun eftoit infiny. Etquoy? trcti-uefon cftrangc telle diuerfitc dâauisen-tre CCS payenSjVeu que les luifsamp;noz Théologiens à lâaduis dâaucuns,y ont auflï lourdement choppéquâeux ? Les Talmu-diftes maintiennent quâil y en adixneuf mil:amp;y a des Théologiens qui parlent de plufieurs Modes. Baruc en mctfcpt,côme Clement.in Origene, Clcmcc dilciplcdcs Apo-cpift. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ftres dit félon Oi igene en ion liurc Peria-
DV LIVRE.
chon, que la mer Occane n cil nauigable, amp;nbsp;que les modes qui font derrierede gouvernent parla prouidcncc de Dicu.Sainél Hicrofmcaufll allègue cefte mcfme autorité fur lâEpillre de ûinâ Paul aux EphclicnSjOà il eftdir. Tout le monde eflcn malice. Mais telles audotitez ny lespaflâgcs du nouucau Tellamcnt, où il cil fait! mécion dâvn autre monde, que le diable cil Prince de ce mode,Ãz que le re-gnede Icfus Chrift nâell de cellui- cy ; ne nous doiucnt détourner de fancicnc foy, pour croire quâil y en ait dâautres, loue ce mode que Dieu a creé, cil Ciel, Aër, Anj^.contre Tcrre,Eau,amp;: les chofes villbles (comme ditfainä; Augullin)ÃZ le tout fe maintien- cÅip/ ' nent lâvn lâautre : ce qui cil appreuué pref-que de tous Gentils ôz Chrelliens, ores quâArillotc fcparelc ciel du monde. Le Royaume de lefus au relie cil fpirituel non corporel, ôz lâappelle autre Monde, comme nous dilons autre vie ôz autre fie-cle. Ainfi que dit Eldras,Le tout-puillant afaicccmôde pourpluGeurs;Sz'iâautrc,qui ellla gloire des ames bié- heurculcs, pour peu. Mais Chrill cfllcigncur decclluy-cy,comme le diable decclluy- là . Aânlî metme que Py thagorc a dit, que des deux
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Plut.i.ca.7. principes rvhicé clloic Dieu, amp;: le bien des opi. des qui ell la nature de lâvn amp;nbsp;rentcndciiienr: que le nombre binaire indefiny eftoie le diable, Se le mal à qui appartient toute la multitude materiele, amp;nbsp;tout cemon-dc vifible. Quant à Clement, il apeulc cftre entendu les Mondes ricrc de 1â0-cean, pour les climats, parardlcs, amp;di-uerfes parties de la terre. Comme Pline amp;nbsp;autres appellent la Scandinauie, la Go-tie amp;nbsp;Hic Taprobanejauiourdâlwy Zamo-tra. Mefmes Plutarque diet qu'Epicure tenoit pour mondes, fern blables climats amp;nbsp;parties des terres Icparces de la grand terre ferme.
Si h terre nbsp;nbsp;nbsp;Quant aux qualitcz qui pcuucnt ren-
eft habita- Jpg aucuncs parties de la terre habitables ble en tou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. i
tes fes pat- OU non ; pretquc tous les anciens ontiuge tiesamp; des les trois parties du monde inhabitables-pi'nionT tTt Car outrc ceux quc ie mentionne au pre-des anciens mict liure, Albert Ic gl ad tient pour niau-n«fur°cdr uüifcdemeurelespaysquilbntà cinquâ-tehxdegrcz du Su,amp;quâilcft impollîble que le Cartier qui eflfouz la Tramontane i foit habité. Car où la nuid dure vu mois ' dit-iljle froid cil intolerable. Anthoine Bonfinhift. Bonhn dit à ce propos, quâés Iflesdela amp;nbsp;Boem mer Glaciale, les loups perdent les yeux
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pour lâextremité du froid quâils y fôuffrct. Enfommc prcfque les Grecs amp;nbsp;Latins anciens modernes font de ceft ad uis,amp; laplus-parc mcfmc de noz Chrcftiens, Acefte occafion Diogene amp;nbsp;Anaxagoras niaintenoient quâapres que le Monde fut compofé,amp;: les animaux forcis ^produits lt;lc la terre; que le monde fcpancha ne fçay comment de luy-mefme,cn la partie vcrsMidyù lâaduenture par diuine proui-lt;Jcnce, afin quâil y euft difcnt-ils aucunes des parties habitables autres non, par fioidexceffil^parembrafemët par temperature. Mais Empedocles fouftenoie ^udâAcr cédât à la violence du Soleil,les Poles panchcrcr,amp;que ccftuy ducofté de la Bifcfèleua contre-mont: ccluy du Sus, fabaiHà , par confequet tout le monde. Mais Leucipc difoit,quela terre cnclinoit auMidy pour lararité qui cft es parties méridionales : dâautant que les Septétrio-nales font aftraindcs par les froidures, amp;nbsp;Icsoppofitescnflamccs.Et Dcmocritc dit pourcequelâAercft plus imbecile vers le Midy,la terre croiiLrnt panchc de ce cofte là : dâautatque le cofté du Nort cft inrepe-té,amp;au cotraireceluy du Midycfttcperc: Scpour cefte raifon il pcfclùrcc coftelà î iiij
Du panclie ment de la
Terr e.
Plu.1.cap. 8. dcsopin.dcs Philolo.
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Ciufes Jes mîjj/itions dcspeuplcs.
Qu: la terre cft habi
tée en toutes Tes particscoii-tre lâaduis des anciens.
où la terre proJuid plus de fruits. Quj aufli peuk ertre U uiloii que les migratios Se desbordemensdes peuplcsfc fontfiiiî du Nurt amp;nbsp;Oriêc au Sus amp;: Occident,plu-ftoft Se plus fouuct que de Ponct amp;nbsp;Milt;ly auNovt amp;nbsp;Orient .comme les hilloires anciennes nous cnlèigncnt. Mais le premier des Grecs qui afleura le Munde ba-biré du cofte des zones tempérées, ftât Parmer.ideà lâaduis de Plutarque,fuiny depuis par aucuns. Solin toutcsfois parlât delà longue amp;nbsp;fort faine vie des Hypet-borees amp;nbsp;A rimphecs qu'il loge droiteinet fouz le Ppl Aréique, monftrc bien la terre y ellre habitée. Comme fait encor m'cux Oâaus le grand Archcucfque d Vlpa'®, Ablauc hiftoric Got,GaIcot de Name au liurc des choies incoenuës au vuluaire. Saxegiamairien amp;nbsp;aunes. Pourlcrcgà rd de la zone rorridc,quc les vieux Peres tóe h ardente quelle pourroit en vn moment rolbr à r mettre en poudre ceux qui le vou-droient loger deflouz : Aucrrois prenne quelle clt peuplee Se le peut habiter, par Arift. 4.hure du Ciel amp;du Monde. Aui-cenne en là doélrine z. Se Albert le Giâd au 6. de la nature des lieux : qu'elle elf plus teperee pour la vie des hommes que
DV LIVRE.
leszoncs des Trepiques. Si on croit que la mer foiten tous lieux froids amp;cliauds,peuplée de poifl'ons, pourquoy non la terre.^ Bien que le viurc ioic plus commode fous U zone torride: pour clbe le chaud plus amy de la nature que le froid. Ainfi la terrene fera defpeuplce, que par faute dâeau amp;nbsp;de viande. loinétque lâhomme ,eftant fait de rerrc(commc tous Payons,Iuifs,S«: Chreftiens confeflcnt) ilpcult viure fur quelque carrier de la terre quâil voudraiat-tcndumcfmcmentquc Dieu commanda fins dilhnebon de lieux à noz premiers parés Adam amp;nbsp;Eue de croiftre, multiplier amp;nbsp;remplir le monde. Ce quâil nâcuft fait ce fcmblcjfâil eufl veu le monde inhabita-ble en la plus part de (es parties. Plutarque jjg op,n. mcfinc ditqucPythagorcellimoit la zone bruflee habitable amp;: tcmperce: comme celle qui eft au milieu de la zone dEdcamp; de celle dâHiuer.
Pour venir à la forme de la terre,ie me c.n. tairay de lâopinion dâaucuns Philofophes, jâ mefincment de Philolaus Pythagovicn, qui maintenoit quâil y auoit trois terres,amp; que le milieu du mode cftoit feu comme le foyer de lâvniucrs, la féconde la contre-terre, la troificfmc celle que nous habi-
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tons,amp; qui tourne au tour la contreterre. Occafion que nous ne voyons ceux qui font en celle-là comme Antipodes amp;nbsp;autres. le nâen cognois qu vnc, bien que ic fçaehe quâil y air peu moins de diucrfité dâauis entre lesanciês amp;nbsp;mcfmes entre les noftrcs.furla forme,q lùr la qualitédâiccl-De b forme Ic.Carlcs Thcologiens qui (ciedâs hors deb terre leurs profcflîons ont voulu difeourir de lcracîi?.* ' telles chofcs,fy font à lâaduis dâaucuns tref lourdement abufez, fà ind Auguftinno-tamment, Ladance amp;nbsp;pluficurs autres. Parmenidc Elcatcs difciple de Xenophanes a le premier des anciens fouftenu, que la terre cftoit ronde , globeufê amp;nbsp;poïee comme vn centre au fin milieu du monde, eftablilfant deux elcmens, le feu corne ouurier,amp;la terre pour fa matière,def-quels toutes ebofes fo formoiêt auec peu de mixtios,comcZeno fon difciple main-tenoit.Thalcs aufîi amp;nbsp;les Stoïques lâont te-Diog.Lacrr. nuc rondc cômc vnc boule. Tellement lib.i. de vit. que plufieurs anciés meuz de leurs raifons amp;:auâ:orircz, lâont penfé ronde, amp;nbsp;quâil y auoir des peuples Antichtones. Platon mefmes a eonfefTe les Antipodes,mais ils s.Ãug.io. ne nous en ont laiffé les dcmôftratiôs, qui c J Je cime, fut occafion à s. Augulbn de croire bien
Dy LIVRE.
h rondeur de la terre, niais de nier quâil y ciift des Antipodes fous nous: eftimât que l'eaucouuroit tout le defl'ouz delà terre qui ne nous apparoifldit:amp;: auiîî que ceux (luieferiuent des Antipodes,lesdifont dc-æeurer fi loing de nous,quâil eftimoit cela fabuleux amp;nbsp;impoflîblc- Mais Laâ3:ancca LaaJefil. bien plus hardiment nyé la terre ronde, lafferniant plate, afin quâil peuft mieux probablement cÃfuter lâopinion des Gentils,qui nous ont monftré par leurs cforirs, quela terre fouftcnoitlcs Antipodes auflr aiféinent,que nous qui leurcftionsAnti-podcs,amp; eux fur nous. Enquoy nous devions Eure nolh'c profit,remarquant en ces boiisdoclcurs la fragilité de la nature hu-
O
niaine. Car pouffez dâvn aidant défit d'a-ocantir la doctrine pay enne, pour pluftoft aiiancer la noftrc : ils le font fi aheurtez à foudain condamner amp;: contredire les opinions des Gentils,quâils nâont à raduentu-rc trop bien regardé comme ils affeu-roient les leurs. Et nous en voyons au-iourdâhuy, qui nayans employé vn bon an aux cftudes , condemnent néant-moins comme faulfês amp;nbsp;impies les opinions quâils ne fçauroient tiicn enten-dre.Ainfi quâil aduint auec vne plus gvan-
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L E S V I E T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
Aiunt.j-Anal.
de tifècdcs plus dodes à Boniface Eucf- | que de Majcnce Nonce du Pape Zacha- ' neen AHeniaignc,enuironlâan7 4y-i^- î quel peu verfé aux bonnes lettres, amp;nbsp;ne pouuat loL)ffrirrhci'e(îc(comiTie il parloir) de Virgile Euefqucde Salcburg en Allemagne,foulreiianc quâilyauoicdcs Antipodes, amp;nbsp;le prellà nc de fe dcfdirc, comme voulant introduire denouucaux homes, amp;nbsp;parconfequêt vn nouueau Icfus Chrift pour Médias, fur par Virgile appelle dc-uant Vtilon Roy des Bohemiens, poury vuider le different par difputcs deuât per-fonncs capables dâeniuger. Mais Boniface fait venir dcsJettrcs de Rome au Roy Vcilo,par Icfquclles en fin la cauiè de Virgile cft condemncc amp;nbsp;tenue pour hcrelic. Voilà comme il nâert raifonnable,afin que ie taifè infinis autres tels exemples, moins encor expedier pour vn bon cncrctiendâe-ftar,de condemner les choies quâon nâentend. Car telle précipitation de iugemér, premièrement fait perdre lâhonneur défi chauds Ccnièurs,amp; peu à peu renuerfe les partis qui fe formoient pour vnc plusfeu-re Sâ longue duree dâeftat.
Brief fi la terre cft ronde amp;nbsp;habitée en routes les parties,fcnfiiit quâil y a des Aff-
D V LIVRE.
tipodcs.des Antoicicsamp; Perioiciês.câeft
.idire,dcs hommes marchât fur celte ron- Anticbtôs, dent de terre pieds cotre pieds les vns des autres,plus ou moins lelon la diflancc des lieux ; lefquels par ce moyen lemblent a-uoir h telle en bas amp;s les pieds haults. E n ⢠quoy la diuerlitédes auis humains a touG-iours cité fort grande.La plulpartdes Gc-tilsles ont nié:amp; de ceux qui les ont con-
fcfféjla plufpart ont penic qu'on nccom-muniquoitaucceuxzpour laraifón generale qu'on ne pouuoit palier par l Occan en lâautre Hcnaifphcre-.OTCs qla terre fuft rondcjamp; pour la zone bruflatc qui en cou-pelc chemin. Des Chreftiens ceux qui nient la terre ronde ,amp; la tiennent plate, fen moquent,cftimans importlblc cotre nature, de marcher b telle en bas,amp;: pieds contre mont : raefmemcnt Ladan-
Laftan.Fif'
S,Aup.6.c.
CCamp; S.Auguftin pour ce dâailleurs quâils s.dc la Cni nâen auoient rien trouuc en lâEfcnturc fainfte, Sr aulTi pour fc defueloppet de la Ecbymol. ncceftitccn laquelle ils fuflent tombez.
dc mciftrer, confeflant Ics^Vritipodcs, cô-tneilsfcroient delccduzdâAdam amp;: Eue, ainfi que nous amp;nbsp;autres de ce Hcmifphe-redcfquels S. Auguftin fait voifins de la Cité de Dieu quâillâcll propoléde repte-
o ri ge ne 3c S.IeroGne dirent que Clenieui difciplc des apoftres a le premier des Clireftienï parlé des Antipodes, tufebe pre-par. Euang. liiî.c.so.
Ã4-amp;5«.
L E S V r E T
fenter. Toutesfois bien que la pai*olc3c Diçuncnoiis en cfclarcilîê rien, rclâcn-fuic qi?ils ne (ôicnc.Car comme câeil iW' pieté de chcrchcrailleurs les Articles de noilrc foy : anfli eft ce vne fupetftition trop grande,de ne croire amp;nbsp;ne penfer vray que ce qui cil exprimé par icelle: rejetrans ce que tous les autres liures nous expofent pour la commodité de celle vie humaine, loinél que la Bible mcfmc, porte la terre ellre ronde, amp;nbsp;que le ciel folcil lâcnui-ronnenr. Dâoù il fcnfiiir, que tous hommes ont neccllà iremcnt leurs telles droites vers le ciel, Sties pieds fur terre Car en quelque collé quâils le ticnnent,ils font comme les rayons dâvnc roue de charette, qui fe tiennent fermes au moyeu amp;nbsp;trou oi'i ils font quand la charette roule : fans quâaucun dâeux foit en la roue plus droid que lâautre,ny plps hault ny plus renuerfe. Voire que plufieurs maintiennent que les Apollres allèrent en parties contraires, ô£ quâils fcpouuoicnt dire Antipodes, puis que lainél lacques le Majeur fils de Zebc-dee(lc corps duquel on dit dire en Galice) fut en région droiélement oppofccà celle où fut là incl Thomas, qui fut lâInde. Car les Indiens amp;nbsp;Elpagnols ont les pieds
DV LIVRE»
pofcz vns aux anti cs:amp;: bien que cc ne foie luftement felon le diaincire de la terre; toutesfois la difference quâilya, cffquafi nulle.EtoresquâOecercscc grand Philo-foplic Pythagorien , Sc des Latins Ma-crobe auec quelques autres, ne diuifcnt ccftVniuers quâen deux tiers comme en deux Mondes, quâils maintiennent fepa-rez par lâOccan : lâvnc repartie en Europe, Afrique, Sô Afic: Sc lâautre quâils affi-grientaux Antipodes,tirant vers le Midy loubs lâAntartiqueifi cft-cc que la curieuse amp;nbsp;gctilc expericcc des mariniers Chre-ft'ens,lcur feroit cognoilhc amp;nbsp;toucher au dlt;â'gt,fâils viuoienr,que ce monde dâAnti-P^delembleeftrece que nous appelions terre Auftrale amp;nbsp;monde incogneu,feulement dcfcouuert amp;nbsp;non cogneu ny peuple dâaucuns Chreftiens.. Terre dis-ie fê-Pîrcc par peu de lieux des Indes Occidc-mles.qui font vers lâOeft, auiourdâhüy appellee le nouu eau Monde,amp; où tous les 'voyageurs de ce temps ont dcfcouuert les Antipodes ou Antichtons, Perioiciens amp;nbsp;Ãntoiciens à ceux du vieil Monde, amp;nbsp;fort efclarcyparpteuue de lâccil,cequetous les anciens Grecs amp;; Latins amp;nbsp;Chre-l^lensnacfmcs, nâauoiçnc quâimaginaire-
LE S V I E T ment fdifcncaucûs) coceu en leur cfprltà fçauoir que les Pciüins qui habitée en- ti-n)a,au Cu(co Arcquippa,amp;: lesReys pres des ly. degrez de l'Ãquinodial, font Antipodes à ceux quiviucntfur reinboiicheu-re du flcuue Inde,à Calccut,Zeillt;tn,terres Peiipîfs qui amp;nbsp;IflesdâAhc Orientale. CômelcsMo-font Ann- Iflcsdâcfpiccrics.lc (ontauxErhio-podcs.An- * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r
tiqiâcs amp;nbsp;pes^que nous appcllos de Ciuince.Mclinc Pcfiqucs les plhte ailcure que 1 lile Taprobane, au-iourdâhuy Zamotra,(ous IâEquinüâial,eft des Antipodes. AufTi noz mariniers di-fent ces Ides, amp;nbsp;les Ethiopes qui cukitiéc latine du Nil entre fa fource amp;t rifl^ de Meroc, Antipodes vns aux autresrcommc les Maxiquansde lâAmeriquelcfontprcf quede ceux de lâArabie hcureuicÃamp;de ceux qui habitent le Cap de Bonne cfpc-rance, Ainfi les Antoiciens delà Guinée fout ceux de Calccuf,amp;: les Perioiciesde cefte Guinee ibnt les habitans de Cufco au Penr.Er bien que lâon cofondeauioiir-dâhuyccs termes, les comprenne lâon fousce mot dâAntipodes,occaiion que les matelots mettent pour Antipodes de la nouuelle E/pagne ceux du Cap de Bonne clpcracc,qui Conenoz Antoiciens.-he/hee quâils ne le Iontsdâau tant quâils ne demeurent en pais
DV LIVRE.
rent en païs contraires amp;nbsp;oppofites comae les Antipodes, ny diners comme les Antoiciens,ains en carrier de mefme tc-pcrament.Et pour le vous mieux donner à cognoiftrc : les plus afleurez Cofmo-gMphesnous ontdiuiféla terre amp;nbsp;chaeû Méridien en 4, parties ayans entre elles certain regard Se proportion.Nous foin- . .
⢠T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;îToiMi traf
^cs en la prctïiicrc, J_«cs 1 croicicns tquinoéHaUnr Periques du mot Grec, fignifiant circum ötó/Mwtes, font ceux qui demeurent
tour de nousfouz vn mefme Méridien »*lt;/»â»« «6 «fie Sefouz mefme cercle pararellcamp;;
IcCqucls nous communiquons en toutes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ver.
chofes. Car nous habitons fouz mefmc-fââ^'/âââ¢'quot;â
11) nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/- I nen»,»Malt;Cf»,
zoncjamp;auons Icslailons de 1 an cigales iucceux: voire cfgalc diucrfué de ioursquot;*^â^âquot;quot;âquot;quot;-^cnmfts. Mais ayant le iour, ils ont 1»*;^^^^*^ nuift. Vray efl: quâils nâont fi toft le Soleil »gt;«1««. i qnâilfc cache de nous: comme ceux des^;^â'â'quot;;^quot;;; i Iftes Fortunées, aucc ceux qui font en la pop»;». Peu-tegiondes Sines. La troihefme de ceux*^*^quot;®,®?.^â' »â 11- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tourhabi-
qui habitent contre nous que les Grecs tans, nonamêt Antoici ou Anticoles, qui font ccuxlcfquelsen mefme cercle Meridie Ubitent a cofte de nous : ayant cfgalc Se hielme latitude du Pol Auftral aucc
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LI S V B I I C T
nous, amp;nbsp;cfgale longueur, amp;nbsp;Ics faifons lemblablcs à nous:mais non efgallemer, ny au mcfmc temps.Somme quclcs An-toiciens des Efpagnols amp;nbsp;Alemans font ceux de la riuierc de Plata,amp; les Patago-nesquifontaudeftroitde Magellan;
ceux de lanouuelle Efpagne, font An-toiciens à ceux de Caftille. Ainfi les Antipodes ou les Antichtons tiennent h quatriefme partie des habitations de la terre, qui ontles piez diredement tout' nez contre nous, aufqucls noftre Nadir eft leur Zenith, amp;nbsp;voyent telle hauteur du ciel que nous,amp; nâauons rien de commun auec eux, ains toutes chofes cotrai-rcs.Car quandle Soleilnous laiftcles ardeurs de lâcfté , rhyuer leurfaidfcntirfa rigueur: quand nous auons le iour, ils ontlanuicamp;finous auons les iours les quot;nbsp;plus longs,les Antipodes ont les plus longues nuits Se les iours plus courts.
Some que la refolutio de tous les plus Xtnieufdela dodcs, amp;nbsp;lâexpericncc ordinaire nous »»rrr/rewewt. coguoiftre , quc la terre cft habitable en toutes fes parties, amp;nbsp;toute ronde en foy: tant pour la perfedion S«: infinité de cefte forme plus que dâautre; que
DV LIVRE
parlacourfeamp; tour rond que le Soleil faiâ chacun iour auec vne incroyable amp;nbsp;nul comprchéfible legerctc, amp;nbsp;auflî par
Equinoxes J les cclipfcs lunaires, amp;nbsp;la pratique des mariniers qui dâordinaire ^nuironnent tout le monde, partans de lâEurope pour aller par le deftroid de Magellan aux Indes amp;nbsp;Ifles Orientales, dâoü ils retournent au premier porc amp;nbsp;au rebours. Ce quâils difent ne pouuoir faire fila terre nâeftoit ronde, SiC parconfe-Quent les autres trois elemcns rods, fouz lefquels ils ont dcfcouuert les Antipodes amp;Ãntichtons, Antoiciens, Pcrioicicns, Vautres peuples allez cogneuz parles plus experts Geometres,encore qucplu-fieurs ayent penfc que la terre fuft platte comme vne table. Anaximenes la dit de forme dâÅuf ou pomme de pin,aucûs de Pyramide ou de colomnc,comme Anaximander amp;nbsp;Dcmocrite qui la difoient rode comme vn plat, maiscreufeau milieu, amp;nbsp;Lcucipe ayât forme de tabourin. loind: que donnant au centre du monde telle propriété quâaux centres de chacu- rondeur de Ueschofes naturelles, qui cftdc tirer par Vnraouucment naturel amp;nbsp;fectet de tous
^fian, Gem, Fri^^n an tres les nomment mal firo-f rement tou-tesfoie â/inti-ques dyParec-^ues,
flut. 3. c. to. de f loeit, fhil.
Centrede teugt; tes chofes, fa {irejirieti en chacunes tticeües.
à ij
tile feu eà It' ^tr »u fefant.
LE SVBIECT coftcz les chofes plus graues amp;nbsp;folidcs à foy, come lâAimant attire fc fer de tous collez.- la terre qui cil la plus graue, fera cfgallcmêt attachée au centre du mode, amp;nbsp;de tous collez : par confequent fera ronde, ainfi les autres elemcns qui fc ra-gentautourlc centre félon leur qualité, bien que prcfque tous en exemptent le feu,qui femble touliours moter en haut, ne confiderans que lâair qui ell plus graue, force le feu de quitter lâair:comrae la pierre iettcc en lâeau, la cotrainôl de motet. De là fuit que cognoillà ns la propriété du centre par fes ctfeds, ne feront cf-bahis fi les hommes pcuuét marcher à relier droiôls de tous collez de la terre ronde. Car cela vient de la propriété du centre qui les retient amp;: tire à foy, comme participans de la qualité graue de la terre, de laquelle ils font faiéts: tcllcmét que fi par violence ne nous tenions dtef-fez, le centre nous attireroit, amp;nbsp;tomberions cllerndus fur terre . Dâoù fc peut prcndrcjdifent auctins,la raifon naturelle,pourquoy tous hommes amp;nbsp;autres animaux ne prenent leur repos naturel que couchez amp;nbsp;non debout : mcfmcslapluî
DV LIVRE.
part des peuples de cctiiondc prennent leur repas cftendus; biê que dâautres lâattribuent à lâimpuiflance des iambes, de toufiours porter la pelânreur de tout le corps. Mais pour retournera la rondeur de la terre: fi elle Silcs eaux cftoient de forme plate, lors que le Soleil sâapparoi-ftroitfurvnlicu, ilferoitcn vnmoraent veu par toute la terre :amp; coutesfois les vns ontleleucr du Soleilpluftoft que les autres. Non quâil fe leuc en effeâ:, car il ne couche amp;nbsp;repolc iamais, cftant en perpétuel m.ouue ment. Ains feulemct quâil apparoift pluftoft en vn lieu quâen lâautre, à caufe de cefte rondeur. Cequicft vndes plus notables poinds des Ethniques,contre lâopinion vniuerfclle receuc detous, Qiie le Soleil efehaufe pluftoft aucune terre que les autres : dâoù eft vc-uuëla diftindion ancienne des principaux carriers du Mondcjainfi diftinguez neanttnoinslclonlâimbecillitc delà na-turchumainc, qui ncpcutveoirtoutle cours de ce grand flambeau celcfte, plus que felo la vraye amp;nbsp;naturelle courfedâi-ccluy: lequel difenc aucûs, ne rccognoift enfoy Orient,ny Occident^non plus que
Du leutr eouchtr du tg. leil, fis'tlyiu Oriinl OcciJtut tt farttti il (« JUtndt,
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LE S VB I ECT
de Midy ou Septccrion. C'eftpôurquoy Pythavore, Platon , Ariftotó , amp;nbsp;autres 1. f.IO, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;z-gt;â
tlet tiennent, que I Orientclt la droiac par-â ***^â îâ tie du monde, amp;î lâOccident la gauche: bien quâEmpcdoclc tnette là partie droi-' ⢠ôte vers le Tropique dâefte, êe là gauche . à celiiy dâhyucr'; nous infttuis en autre efcole, auÃhS apprins qtic tout a cfté créé de Dieü:amp; notamment ce grad luminaire, pourefehà ufFcr SiViuifier le Monde. Parqudyil^êillU quiraytfcom-mecô à tourner dâvri'bout à lâautre, droit oubiäiZantcortiftie on le voit.'Autre-raéntïî ceftè optnidnâeftoit approuuce, infinies m'aximeSTèdeües de töUSjamp;amâ plcthent defduirtcs és liuresdcs^Ãentils, coccriiâns les mdé^jts'des hommes, qua-litcZ dés terrés, nahirel forte tant des animauîf, quâlicthcs,minéraux^ Si. à utres chofes, feroient aifêmcnt rcnuctfces.
Au refte Lcôleur, ne tâarrefte pour ce mot de Génois amp;nbsp;Cafthageôis,oresque les autres dient Gencuois amp;nbsp;Gavtbagi-niens.Lâappetitde chofes nouuellcs ne mâa poulfc à me differenter dâeux. Câeft le propre de ceux qtii nâont moyen defc ⢠faire cognoiftre, que par telles petites amp;nbsp;legeres loucntios. Deux raifons mây ont
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wüitc. Prcmicremcnr, que pour embellir vnc lâgiiCjil lâa faut rendre riche,dou-CCamp;fignificatiuc.LaricbelTcfecognoift embtUir-vn» rn la copie, amp;nbsp;abondance de termes: fa douceur, quâils fe prononcent aiféraenr, gt;iofFenfans lcs ouyes de ceux qui les lisent ou entendet. Mais le principal point »le la beauté gift en la fignification, que chacun terme exprime difertement le propre naturel de chacune chofe. Tou-rcslâgues qui nâont ces trois graces, ne bnc encorâ venues au point de leur beau-rC) 8: demeurent fort cfloignecs de leur petfedion. Dâailleurs,ic confidcrois que ceux de Genes en Ligurie ou riuicrc â¢leLcuant, nâeuffent fçeu eftrc difcer-nez de ceux de Geneuc parce mot de Geneuois,lequel mcfmc eftbeaucoup plus propre à ceux cy quâaux Italiens. Comme ie trouuois fort mal propre de dcduirelc nom de peuple de Carthage du Latin Cartha^inienfes, amp;nbsp;en faire Car-rhaginicnsplultüft que Carthageois, du terme Carthage naturel 'a la nation, loint que le mot eft plus court amp;nbsp;fans fu-petfluité, ce que nous pratiquons és autres noms peu différés,Châpenois,Nor-
ô üij
LE SVBIECT DV LIVRE, mans, Bretons, Albigeois,Bourdclois, de Champagne, N ormandie, Bretagne, Alby,âBourdcaux,amp; tels autres que noz perçs ont prins du naturel delà langue Frânçoiic, non de la Latine, comme aucuns ont fort improprement faifl: en dâautres.
PACIS ET BELLI ARTIBVS.
Sommaire du premier Hure.
SOMMAIRE DV PREMIER
LIVRE DES TROIS MONDES.
AI s O N s, Exemples, autorite^Z^par leJqMelles les ancies Grecs^ Latins^ prej^ue tous modernes à font perÃade^i^^
la terre eÃoit inhabitable en la plupart de (es endroits .Q^ tout lâOccean neà pou-uott nauj^er^(^ ijue Fier des deux Poles ne-fioit moins intollerable pour Ãn extreme Ãotdeur^que celuy qui eÃoit fous la Tione tornde pour à bruÃante continuelle chaleur.
Lâopinion des Modernes Ãrla forme des J^autres^ naui^ation des anciens Grecs confutee.
Raifons exemples, autorité':!;^ par lef-quelles on peut monÃrer que les anciens ont autant t'ojxçc, (ç;' dcf ouucrt les mefmes
terres que nous.
Q^es Ãnt les l/les Ple^fcrtdeSy Fortunées , celles de Canarie du cap verd en Mfr/que.
Les z^ojarfs naui^ations des Phenictms Perjès y lutfs , Ã^tptiens Crees Carttt-geois^Mlt;tcedontes^ Latins autrespeupltt anciens^furdiuerfes Ãiers:(^ notammêi fur le P ere des eaux l'Occean:aucuns par curio-fitéde cognoiÃre choÃes rares, les autres pour le deÃrde profiterau trafi,c de marchan--difie : où eà parlé de l'ifie Ofir naut^attott du Roy Salomon,
6 les Ejfia^nols Portugais^vont cer-cher ailleurs par leurs defiouuertes, ce lt;iue les Romains leur auoient auparauant enlc' ué. Et comme toute ÃEÃagnefut auare-ment deff^uree par diuers eÃrangers,pour en tirer ces dorees entrailles donezienoitun grand tribut au Senat de Rome.
7 la fource de noÃre ignorance touchât l'ejlat defi'ouuerte des anciens, ne vient ijue de la faute de leurs HiÃoriografes» .Aucuns deÃuel^i^tgnorans ^autres pitref-Ãux^pluÃeurs trop paÃionnez^^ lu partpauures fans moyens de fientjuenrde cetjut eÃoitle plusvray, prefuetcHS poser toutes ces (jualita;;^ enfemble, nous ont reprefinté les occurences de leurs temps en clercs d'armes quiÃns auotr neveu ny maniéà cotentoient de remplir leurs nar^
2
yt^deftiulx bruit! 'L'au-deutlle contuns M f)ofulas.
8 LâOri^ine^ naturel â¢vicesâ¢vertut lan^e^ *^quot;(5, Jciences armes z/ojTa^es tant par tnerque par terre de la nation Greque.Et comme nouuelle menteufè, mjterraint (y diuiÃeenpluÃeurs petits eJiatStelîena peu donner torigine des fciences, ny faire de Randes entrepriÃs non plus que de lon^s â^^y^^es Ãrmer.
9 Source merualleux effe^ls quâaucuns donnent à la mer Mediterranée, de laquelle les autres mers naiÃent luÃues au Palus Meet, ou mer Noire.
î 0 Nombre des Mers nbsp;nbsp;fort grands lacs qui
^ecroijfcnt nbsp;nbsp;ne diminuent pour l'abodan-
f^edes fleuues qui sây rendent', à cauÃdequoy â¢aucunspenÃnt quâilsfè defehar^ent par certains nbsp;nbsp;Ãcrets coduitsÃus terre en éOccea.
Commencement des Nauires . Comme
par qui rendus à leurperfcéiion Ães peupla enfnÃÃnt oÃletterfur mes-pour leurplai-profit : auecla monflrueuà forme ies grands vaijfeaux que les Macédoniens Iloys d Egyptefirent mettre en mer.
T) ou les Grecs ont tiré leurs (ciences:.y4flro-»smie Geografie nommément. tes plut
renomme:!^ Geogyafei Grecs. Letsrfubti-litéremarc^uable^ les inuentions qutlsers ont htjje aux Latins : qu'aucun de ces deux peuples ne les a véritablementfçeu exprimer,
1^ Vêla^andeur moyens quâont eu les PerÃs a faire de hautes entrepriÃs lon^s voyages fur mer nbsp;Ãr terre.
14 valeur des Grecs tomba peu à peu depuis qu'ils furent ajfuiettis à [Empire des Macedoniens.Et notamment deÃors quepar la ruine d'iceuxfs Romains sâapproprièrent [Empire fur les Grecs : defquels plufieuïS ^ands perfonnages ne daignèrent mefites apprendre la langue.
Les nauigations ipy* trafic des Romains. Cornâen quel temps, contre qui nbsp;nbsp;nbsp;Ã quelle
occafion ils baÃiret nbsp;nbsp;equipperent premiè
rement Nauires. Et qui premier deux drefa conduit armee en mer,
16 Vefcouuertes voyages des Romains tant par mer quepar terre ,^^7* de la grandfaute de leurs HiÃorio^afes. De leurs Cartes amp;nbsp;Geografes plusfameux: notamment de Pto-lomee .yilexandrin. Comme les anciens dref-Ãient leurs routes en mer conduifoient leur vaififeau à port defiré.
3
^ 7 Tradttiueque t^utheur'veut tenir Ãîave-preÃntation destrois Mondes,^ quetonne doit faire eÃat dâaucune HiÃotrejila Geografe fort Åil droit nbsp;nbsp;lumière naturelle, ne
marche deuant. Enquoy neatmoins tout HiÃorio^rafes de quelque temps langue quâils filent ^ont toufioursfailly cornâ Ã pluquot; feurs autres chofis.
18 ^yant party Hvniuers en trois parts : il re^ prefente le'Vieil mode en fies trois parties frtque, ^fie^ Europe chacune particulièrement auec les noms ziST* affietes des principales prouinces nations dâicelles, quifi treuuent tatfir les coÃes maritimes auiour-dhuy toutes defiouuertes quâes parties qui fnt en terre plaine.
I9 Diuerfies occafions que les peuples de lâEurope ont eu de tout temps, à firtir de leurs pais pour conquérir terres eÃranges.
2o des diuers EÃats quâon a toufi
tours 'veu es Effagnes itifiues à eeux des Gots, .Arabes Sarrasins : fir lefqtiels les ChreÃiens ont peu à peu drefieceux quâon y voit à prefient, qui tous obeiÃent au CaÃil-lan fins lequel le nouueau Monde fut defi-couuert.
Qrigine progrestÃu Royaume de Portti-a lij
^dl. Q^and, pourtptoy,^ par tjui furent ejiablü les Comtes puis les Ducs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en fin
Us Roys de Portugal. Leurs conquefles fur les Barbares (if africains.Leurs defcouuer-tes nbsp;nbsp;voyages fur mer. Des Canaries cÿ*
Uur nom . De lâE^utnoHial . Les Grecs (f;* Latinstaxe^i^^par les Pilotes de cetetnps-Le CaÃel de Mine voyais du Roy Salomon. Royaume S^dem en Arabie non moins finement occ'iipé, que le Roy perfidement mis à m ortpar vn Bajfa que le Roy des Turcs enuoyoït contre Us Portugais pouraf Ãurer Us coÃes dâAfrique (y* dâ^fie contre leurs dcfcentes: (y empefcher qu'ils ne diuer-tiffent à Lisbonne le trafic qui de lâOrientfe faifiit au Golfe de Perfè (y- mer rouge, pnif en Alexandrie (y* autres cartiers Mahume-tans (y ChreÃiens.
i-2- ConqueÃes des EÃagnols Jur la Barbarie-^3 L'a fie reprefèntee tant en corps (y general, qu en fis membres (y partictflieresdef eripttons descoÃes^ maritimes vers le Su amp;nbsp;l'Ãriant.
2^ Dtuersportemens des E-Jfiagnols j (y Port à conquérir ^peupler j cÿ* maintenir ce qu ib ont defcouuert.
^5 QjfilneJiiut long temps faire la guerre
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
â^nenution,
Qjk les Portugais ont trounébeaucottf»plus ^fdi^cultéà cocjueriri^ peupler l'Orient^ ^ue les Ejpai^ols l'Occtdent. Naturel, E-Jiitt^ 'valeur des Indiens Orientaux. Que ^(s Lettres, .Armes, .Artillerie^ .Arts Sciences ont eÃe trouuéesen Orient.
'^'1 Origine pro^e:\dela Société des Iédites par le prefche trauailÃeÃjuels les Por-^^ais^ EÃa^ols ontpenjemieux main~ tenir ce cjuils ont deÃouuert conquis,que par l'effort de leurs Armes,
. La Carte des trois Mondes doit fuiurc cefte page.
premier livre des
TROIS MONDES.
E Tout-puiilà nt, qui tant en general que particulier, nous fait vcoir les merueillcs de fa grandeur fur toutes chofes humaines, élémentaires, amp;nbsp;ccle-fticlles ; a premièrement crée
le monde, puis lâa peuplé dâhommes pour les y faire côtcmpler rcxcellcncc de fes Åuures en la iouylfmcc de ce quâil y a voulu produire pour les accommoder . Mais foit que dâaccident ou de naturel, foie de contrainte ou volonté, foit que par hazard ou foigneufe difere-Silesiirret tion ils aycut cogncu, puis cultiuépcuà peula nounelicmtM diucrfitédc tant de terres ; le different eft vieil tirfcouuertes rcfolu, Içauoir fl les païs defcouuers pat «Ht tfit con- de ce temps ont cfté incogneuzauxpre-vtuues aux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i i . r j
fremierj lâe- uucrs pcrcs, OU a aucuns dc Icurs delcendans. rti.Duà a»- Prcfquc tous tiennent pouralfeuré, que Dieu fHHt dt /eurs poulfânt les hommes pour entreprendre cho-defitnaans. hautes amp;nbsp;extraordinaires,quand comme 11 luy plaift ; dénia aux anciens la dcfcouuerre des terres ncuues, quâil a fait recerchcr aux Italiens, Portugais, Efpagnols,amp; autres ; aucevn tel fuccez toutesfois, quâoutre la remarque dlt;t lâhumeur cotrairc à ces deux derniers peuples
DES TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;$
*n cc quâils fe font fi diuerfement portez en la 'Iffcouiicrte , conqucftc, Sc maintenue de ce P^is ; y admirent vn mcrueillcux iugement di- fiere Ãant-quot;ân : non'moins en reftrange cruauté des Efpa- lemy deUc« pols( comme ils confclïcnt euxmefmcs l^uts eferits) punis par leurs feditions propres, ponuans iouïr paifiblcs dâvnfi grand Bien; eut e» fient
3''âau merucillcux naturel des Indiens, richef- te '«incroyables amp;nbsp;autres chofes prodigieufe-
TM.» n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I »T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cotre Sepulue-
ânent cltranges que la Nature a produit en ces fjifloria-'fgions. De lâauantage defquelles ils fe veulent grafie de â¢iautantplus preualoir fur toutes les nations l'empereur binantes, quâils fe perfuadent auoir elle les pre-
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i\i ir nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mejtnejcetitt^
^ærs de tout Ic monde a les dclcouurir amp;nbsp;rairc edit tongnoiftre à tout le reftc des humains : com- enlâbtfloire quot;âcli Dieu les auoit efleuz entre tous les viuis S^quot;trale det fciils dignes de iouïr dâvne tant extraordinaire Bneur. A vray dire la cognoilfancc en a fcmble ia,^, ',fieiiuel finouucllc amp;tant eftrange, quâauec Iâamour 7 lt;» demwre lt;l^'âchacun porte à fon ficclc, mefprifant Ic palTc ; la plulpart fe perfuadc, ces terres nâauoir iimaiscftc pratiquées ny cogneues par vn feul clem.Strmt. des anciens appuyez aulfi de lâauthorité de Cie- eii».s tij. ment qui maintict quâil nây a homme qui puif-
iâ/-v nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zh ,4 11 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Laol.Firm.
erlOccean. Ce qu Albert plus nouucau confirme: loinól quâils ont cftimé la Zone tor- autres. lidc fl brûlante quâelle coiipperoit chemin à ceux lefquels voudroient trauerfer pour aller en lâautre Hemifphcrc. Les Théologiens amp;nbsp;'/»âfns
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Greet Idtit
autres qui le lont accs occahons touliours mo- autrui quez des Antipodes, des AntequeSj Pareques, Q^ue la terre autres peuples que les Grecs amp;nbsp;Latins néant- ejlois inha'ji. mouis alTeuroicîiî faire partie de ect vniucts;
PREMIER UV RE tthletnfilufi- aucuns marchans à contrcpied, amp;nbsp;les autres e»(Zra«fj. , moins à gauche que nous. Pline mef-tua nauiga- QUI a tait eltac de rechercher iniques aux blepourl'tn- plus ratcs 8c fiiigulicres chofes de ce. monde, son;,eruf»re confellc bien quâil y auoit pluficiirs milliers de panures nauigans de fon fiecle. Mais il dit tout Zu« Tor- quâil uy luoit vng feul en fi grand Empi-wWe. rc quâeftoit le Romain, qui fift voile pour def-couurir quelque nouncantemepenfas les aucu-in.z.e.^s. gles gc incenlez, diôt-il, à autre chofe quâà lâa-iiarice. Bien atitremét que les Grecs quâil loue dâaiioir efté beaucoup plus curieux en cela que PZ»».î ».I. Jes Romains , Autant en diôbil des generaux dâarmecs Romains,qui dotèrent la Mauritanie, Getulic,Numidie,amp; autres régions dâAffrique. Ils eftoient tous fi addonnezà bombances amp;nbsp;fuperfluirez,quâils en recherchèrent les forefts feulement pour y tronuer Citronniers amp;nbsp;dents dâElefans pour en fiiire des meubles amp;nbsp;orner leurs mailons. Et les rochers de Getuliepoury pefeher des pourprcs,amp; sâen feruir à la tenure, ^lus que pour y defeonurir quelque chofe rare afin dâembellir leur efprit par côgnoifiace des P/w.4. (.j£. chofes fingnlieres. Il diél aillicurs quelâOcceâ, Septentrional eftoit parauant inconu aux Ro mains, defquelz fculcmct Cefar le premier dô-na fur l'Angleterre. Apres lequel fon ncueu Augufte, amp;nbsp;fes dcfcendà s enuoicrent quelques vns dcfcouurir le Septentrion, amp;nbsp;nul depuis, iufqucs au tempe de Vcfpafian. Aucun, dit il, nepallà la foreft Calidoine diète Dumblain en Efeofle. Or quâAgrippa die quâelle aye huift
DESTROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;amp;
cent mil de long amp;nbsp;300 de large ; mais didt-il tlle fut naguercs dcfcouùcrtc par le moyen de lâEmpereur Augufte, duquel lâarmec trauet fat toutes les codes de la Germanie auoit pafic la mer de Suede, Stdefcoiiucrt vng grand monde de mer Glaciale versies Scytes(quâil faut eroire eftre la PrulTe 8c Liuonic ) laiffant neat-inoins fi grans pats qui sâeftendent depuis Botnie Sc Suede, iufques fous le pôle Ardic. Puis Voulant retirer lâhomme curieux de la recherche de ce que nature femble nous vouloir cacher delà terre; apres quâil a diôt que La moitié cft ceinclc de lâOccean amp;nbsp;pres du tiers du refte couuertde-plufieuis Mers amp;nbsp;e.aux douces de tant de flcuues, cftangs, lacs amp;nbsp;autres eaux: De cepeuqui refte, diôt il, le Ciel en yenanchc beaucoup par fon intemperance , Cardes cinq Zones ou particsc,fquellcs le Ciel eft diuilc, les deux extremes qui tirent vers les deux Poles Atdiquc amp;nbsp;Antardliquc, rendent inhabitables les deux parties, qui leur font fubieftes , par leur extreme 8c perdurable froideur : de forte, que ces régies clloignces des bénins afpefts des Adres doux amp;nbsp;amiables , font en continuelles tenebres.Car le peu de iour qui y eft,eft obfcur plein de brouillas 8c gelee.Quant à la partie du Ciel, qui regarde le milieu de la terre, pour-eequç câcftle chemin continuel du Soleil, le quel y bat de près, amp;nbsp;à plomb : elle en eft Inhabitable par ce moyen . Les autres deux parties, qui font entre la Zone cnflambcc 8c les Poles, font de bonne temperature, comme auflî foBÃ
PREMIER LIVRH
les parties de la terre qui leur lont fubicâes. Toutesfois encores y a il celle incoinmoditc,
!»«Æ. O J4.
flrm. r, j, 4.
quâon ne peut ailcment palier dâvne partie te-Ttelom. Cof- perce en lâautre à raifon de la ZoncTorride,qui cft au milieu. Et par ainfi lâintemperace du ciel rend les trois parties de la terre inhabitables, Soilfi. Ce- Aulîi n auoicnt les Grecs amp;nbsp;Latins dcicouuctt que peu de terres : comme outre les raifonsK autorité? fufdites, monftre la diuifion quâilsfi-rét des climats amp;nbsp;Parallcles.Car ils ne cognoif-fcntqucy.ClimatSjdcpuis Meroe en Aftriqiie iufques à Boriftcncs , aufqucls les Modernes
ont adioullc deux autres , iufques en Danemark: amp;nbsp;en peut on eftablir davantage iufques à Botnie amp;nbsp;autres pais plus approchans du Pole Aróliquc,auiourdâhuy plus conus que iama« amp;nbsp;au rebours depuis Meroc, iufques à lâAntar-tique.Ainfi des Parallèles que Ptolomce leplus fameux amp;nbsp;certain Allrologuc que nous ayons, a mis au 21. pallant par Mlle de Thylela dernière du monde aux anciens. Dâautant quâils
nâauoienraucune cognoillà nce delà Mer qui va iniques Ibus le Pole Arótiq comme nos Pi-Z/m 5 £â 1 O Et bien que les anciens Grecs amp;nbsp;Latins ay ont eu la cognoidà nce amp;nbsp;pratique des vents: frecif.^a- comme montre la diuifion quâils en ont fait en yîron.f. 1 s, douze tant maiftres que leruants: lefqucls mef-lâex d, nics-nous allons prins d eux . Voire qu il loita la Mappe- prefumer que leurs maiinicrs en ayêt bien pra-wsBlt;/r. tique dauantage. Mais que lâignorance ou autre fuite de leurs Lliftoriografcs, nous les aye celez . Si cft-cc que la premiere diuifion que
BES TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7
nous en faifons, puis le rcpartcmcnt fécond amp;nbsp;tiers,fuiuys dâvne exade amp;nbsp;particuliere decla-ratio de tous les rums de vens quâon peut imaginer necelTaircs à toutes nauigations; fait pre-fumer,quc Dieu nous a voulu auantager d vue grace fpecialc fur eux tous. A ce propos ic mef-mcrueillc de Cclie Rodigin.qui cite Arrien Hi-ftorienGrec,auquel on adioufte tantdcfoy, quâileftappelle rechercheur de la vérité, pour â uonftrcr que comme Hannon Carthaginois fut party aucc vue armee,des Colonnes dâHcr-rule,ou cilla ville de Calix Eiilà nt voile fur la MerOcccane, lailïà Libye ou Affrique à gauche,fm^lant vers lâOcll amp;nbsp;puis tournant au Sus Sccofte de midy, rencontra plufiems empef-chemenstcar fur les grandes chaleurs des AftrcS ârdans, comme en partie du monde einbrafec, lâeau luy commcncca à faillir , ne pouuant boire de celle qui luyrcftoit toute puante amp;nbsp;corrompue. 11 entendoit outre ce de merucilleux tonnerres, entremêliez dâcclairs côtinuels, qui leuraueugloicnt les yeux,amp; leur fembloit voir tomber du Ciel de fort grandes flames de feu, de manière quâil leur fallut tourner arriéré. Celle parlant du Paradis tcrrellre,allégué ce palTa-ge,pour monllrer quâil elloit au lieu, où cil leParadis terrcllrc, amp;nbsp;que tous ces figues en venoicnc,pour cmpcfchcr Hanhon amp;nbsp;fes gens de palier outre : le rcflâouuenant de ce qui en cil efcrit auliure de Gcnclc.Que Dieu mit vu chérubin deuant I.i porte , auec vue eljjcc flamboyante, qui le tournoitete tous collez pour
PREMIER LIVRE
garder aucun dâentrer ; 11 eft ncantmoinc plut croyable que ce Capitaine conduit fa flotte iniques à lEquinodlialamp; au deflbus delà Zone torride ou brûlante, au temps que la grande chaleur caufoit tels effeôls, au moyen dcfquels il sâen retourna fi cfpouuanté .mais sâil eut attendu le temps propre, il eut peu pafler outre, comme fit Colon . lequel allant defcouurir les Indes, cognent quâil eftoit au deflbus la mef-ine Zone, où eftant le vent calme, les nauires demeurèrent trois iours fans clpoir de palTer outre ny fiuuer leurs vies : auec prcfquc pareils effcdls quâà ce Carthageois . Puis comme le temps fe fut refraifehy, ils la paflerent fans aucun danger : amp;nbsp;nous fçauons maintenant que pluficurs la pafiét tous les iours, pour aller aux Indes. Strabon riiiftorien amp;nbsp;Theologien cf-crir, ejue lâcfpcc auec laquelle Dieu mit le Séraphin a la porte du paradis, fâappclloit Vcrfatilc, â , ou tournoyante, pour ce quâelle fc pouuoit S »latent nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;îi r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Qx
forr/Jtâ lt;nbsp;doit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moycH cllc Ic tourna,ôc
rtflietflam- donna lieu a lâentrce dâHelie amp;nbsp;dâEnoc. Cora-hôyante dit bicn quc Nicolas de Lyra lâentende autrement ihirubttt, (iifant que la Zone torride amp;nbsp;brûlante, cftqit Pefpee de feu que le Séraphin tenoit, parla-cjuclle on ne pouuoit palier à caufe de fa grande chaleur. Mais celle opinion cil nulle comme iâay ditjôc lâcxpcricce nous lâa faiél cognoi-llre. Somme lâopinion vniuerfellc cll,quâaude-Là de la ligne Equinodliale vers le Midy,nefc trouuc quâvnc mer dcmcfurcmcnt large quâils appellent Atlantique, eC'au dedans quelques
BIS TROIS MONDES. 8
IflcsbrufleeSjgaftecs amp;nbsp;ftcriles poiir lâcxccfliiic chaleur du Soleil . Mefmes fc perfuadent telles raifons, que la nauigation des anciens 4« ..»«.»i nâcftoit 1à grande ny tellement códuióhequelapââf^«« noftre : ains que nâayans defcouuert ces terres scufues, ny les coftes dâAfFriquc ny lâAfic meÃ-tne ; ils fe contentoient de tranequer auec leurs voifins par petits nauircs, efquels fans bouifd-le,eguilleny autre guide marine qui les peuft conduircen haute mer,ils rodoient les coftes, tgt;eperdant iamais terre de veue ; crainte dâvnc Borafque qui les enfondraft ou cflongnaft fi hicn quâils ne peuftent iamais retourner.Et que poutccjdifent ils, Homere ne fait mention que des nauites qui nageoient amp;c vogoient à dou-hlcs raines .Mais le grand trafic quelcsEthio-
, Perfes, luifs, Caldecns, Phe-niciens, Grecs amp;nbsp;Romains ont rait auec plun- fint habiu'u ctiis peuples eftongnez deux, comme leurs eC- 8^ tow« ctipts tcfmoignent : amp;nbsp;ks groft'es armees que cesnations ont iede furies Mers tant de Leuât'^'* que de Ponat, fcmblcnt alîeurer le cotrairc.Car oy le riche trafic, ny les grandes armees ne fc peuuenc conduire à veuc de terre,laquelle mcT-â¢feeft beaucoup plus dangereufe au gros nauk te que la haute mer.Câeft à faire à petits efquifs, ou vailTeaux de deux liens, qui nâoferoient approcher des courantes. Quant à Homere,or' que fes eferipts feuftent croyables en cela ( def-quelziâaymonfttc ailleurs combie ic doute amp;nbsp;suce quelles raifons ) fi cft-ce quâau defiiom-hremcût des vaiflèaux Grecs fourniftans au ren-
PREMIER tfVRM
furiesér- VOUS de lâarmcc qui fe drelToit au haut« rrif» dâ/jé dâAuIidc fui la Mer Euboec diôtc Ncgrcpont mtre. pour aller mettre le fiege deuant Troye en A--île mineur ; il mentionne plufieurs nauircs qui nâalloient quâà la voile, amp;nbsp;qui auoient chacun Q»e lesna- Cent amp;nbsp;fix vingts hommes. Dequoy Ion peut wre/ ny la inferer quâils nâeftoient moindres que les no-naiti^acion Ã:fes Je deux à trois cens tonneaux chacun.Cat ^âefiogt;tâbea»- P®â*- vn moyen voyage,aller en guerre: teit^ dtjftren- fùut que les deux parts des homes foient mate Jej noflrtt. riniers, matelos, pages amp;nbsp;maneuures amp;nbsp;le tiers de combat.Si quâvn nauire de trois ccts tonneaux à la charge, ne doibt porter plus de cent foldats amp;nbsp;le relie manÅuures : encores la moi-tie moins fi Ion va en long voyage. Or compte cePocte treize cens oôtante trois nauircs quâil alTeure profonds amp;nbsp;legers : lefquels firent voile en Phrigie pour le fac amp;nbsp;ruine de Troye.Par ainfi faut conclure que ces vailTcaux Grecs nâculTcnt feeu auoir chacun plus de cent hommes en tout, encore faut il entendre cela des plus grands; Autremét nous aceuferons à bon droit le poëte de mêlongc,veu que les plus grades armées nauales desRoys de Perfe,Darius amp;nbsp;Xerxes les plus grands feigneurs du inonde en leurs temps, nâauoicnt que de mil à douze cens voiles félon la leucue qui en fut faiôte en Delos , Il fe faut donqâ alfeurer quâHomcrc comprend en fi grand nombre tous les moyens amp;nbsp;petits vaificaux, veu la petitellc de celle nation qui ne fiüfoit encor lors que coinuieccr à lener la telle amp;nbsp;le faire voir à fes voifins.Puis ailleurs ;
faifint I
DES T Ã. G IS â M ONDE S nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
faifant courroucer Achille le plus vaillant dâèux tous, contre le General Againcnnon qui luy auoitdc brauadc enleuc Brifeis fa captiue quâil aymoit fort : ,luy iure quâil ne combatra iamais pour lüy ne pour fon entreprirife, cohere les Troyens ; mais fc délibéré mettre les voiles au Vent pour fe tirer en Phtie, où il cfpere eftrc en troisiours. Ce qui ne fe pouuoif faire à la rame ains falloir nccelfairement fayder des voiles. Puis les erreurs amp;nbsp;longs voyages dâVlilfe Sc autres tefmoingnages quâon peut recueillir dâHo-tnerc amp;nbsp;autres, mohftrent allez que jes Grées wlechoient les colles des rerres voyageans fur ®er ; de la forme amp;nbsp;conduiéle des Nauites iâeri parlcray vne autre foismon plus que leurs vaif féauxfulTcnt ü petits quâilz ne sâofalfent mettre â en pleine mer pour hafter leur voiage.Dailleurs entre autres courfes fur Mèr, les deux voyages â â â ⢠^âAmeric Velpuce, és années mil cinq cens vn; Igt;fgt;terrct -amp;niil cinq cens deux : Ceux de Magellan amp;nbsp;de tiamaqui paflerent 1 Equinoctial « toutes IcS Valeurs de celle Zone torride des ancics inaç-celîlble, font deferoire leur aduis, Tellemcht lt;iuâaiicuns alfeurent que ces terres ont elle co-gneues amp;nbsp;peuplées à plufieurs fois, amp;nbsp;par di-nwfès halions. Le dilcours que les Egiptiens â fcét de lâifle Atlantique à Solon,depuis broüil-lépar ce Grec, amp;nbsp;plus encorâ obfcilrcy pat les g * Wees imaginatiues de Platon, leur fert de gran- dw i^dei te-lt;1« coniefturès. Odtre ce,fi lâbpiniô de Gori- «â »âImf.i. Ãalo Fernadez, dâOuiedo amp;nbsp;Valdes capitaine «lu Challeau S. Doniinique , hillorien de b
P R i M I I R 1 1 V R Ã
â7?« lâEmpereur Charles 5.cft auflî vraye que vrajï féblablc:les Gorgones cftans parlâaduis de tous Ftrnmdint DOS mariiiicrSjlcs Ifles du Cap-verd fur la coftf fondes For- dâAfFriqueiles Hcfperidcs ne pcuiict cftreaiitrcs tunees q les Ifles de rAnicriquc tcrrc ncufue,commela ^nebs'crecs Cuba auiourdâhuyFcinâdina,lamaica Hayti,di-K autres an- 01e ifabellc autrement Elpagnole ou de S. Do-CMMJ onrÆÂ»- niiniquc,Borriquc,Dcneada,MarigalantcJ.'au-^nu:eflafrc- nbsp;nbsp;nbsp;Jcfconucitcspar Colomb.Tellcmétqutlf^
ç«» n en ejt eÃongnee cuusto » deux cens lieues.
uns heldin- Gfccz Romains,amp; autres modernes ferôtaccu-nisufi^ues à fcz dâerreur, qrri difent q les Hcfperidcs font les /'txifwier(ç»e fortunccs que nous appelions Canaries, contre la preniierc cofte dâA urique. Veu qrtc les anciens Autheurs difent que des Gorgonnesaux Héfpcridcs,y a quarante iournees de nauiga-tion, laquelle ne peut dire moindre que de
Orÿ»f Frâ- huit cens lieues amp;nbsp;plus, voiic à bonne voile, «fat Or nous trouuons auiourdâhuy telle diftance, mere^farlie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâEfpagnc à CCS ifles ncuucs Hcfpc-
JDetascofiu- fidcs , amp;dcs Gorgonncs Cap-verd aux Cana-Irts df itdas rics( quc Ics ancicns nommoient fortunecs)nây ^JelFr^^d' ®lieues, loinû que dâEfpagnc léreigt;râînt' Catlarics y a deux cens cinquante lieues, amp;nbsp;^atnttnant delà à la Dcfrc.ade premiere iflc de rAmcriqiic les fi effets- dcfcouucrtc par Colomb fept cens cinquante. câ'^'rstsâ ® fainû Dominique ils content cent cin-le^cùi^ii^ quantc,amp; aucunsjdcux cens lieues, faifsntainfi non (eUts dès mil cctit Cinquante où douze cens lictiës.Tcl-Caf-yert, Icfncnt que ft ces rncicirs Autheurs Ont cognen fli»gt; de s. Hcfperidcs ; Ceux cy concluent quâils ont ia coftede m» dotinc dcuX Ci trots ccnsiicucsplusau.-uit, *gt;wnxlt;. pour currcufcmcnt rcchci;chcr la grand terres.
â DES. TROIS MONDES. lO «Continent, depuis nommée Ameriquc.Voi- art.ç. lencfepeuuent perfuadcr que les Caitagcois , plus renommez pour le Eriét de la Mer quâau- plus ^St tresde ce temps là ( comme yenuz de Tyramp; nMrffc.iw 3 Sidon Phéniciens plus fameux amp;nbsp;plus expers
Voiageurs de la mémoire ancienne ) fe foient * contentez d aller aux Canaries amp;nbsp;Fortunées if-IcsalTcz prochaines de lâAifriquc.Ains comme nation couraeeufe, ayent palTé outrç.loinôk queccsilles prochaines lont pentes amp;nbsp;de pc- iÃ,beDu t» htzreuenuz. Plutarque aufli raconte que ccr-5. Vtminh tains Mariniers Efpagnolz ou Ciliciens nou- âi'** Ftt^ lacllemcnt arriuez des deux iflcs fortunées,trou ucrent Sertorius qui fuitif de Rome comme j-âia yi, lâvndes chefs du party de Marius, ia dccedc, e- 5e«.r. Hoitdefcendu dâAffrique en Efpagncau dcfl'us ticlabouchedeBeiisquife defehargeen lOc- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
«an Atlantique : ou les ayant ouy diuilcr de la Cuadal-liMuté, faute amp;nbsp;terroir fertil de ces ifles, cflqn- où t/i gnecs dâAffrique cnuironiiy lieues (en la ptefentation defquellcs neantmoins Plutarque sâabufefort) les cftima cftrc les champs Elifiens * 9« Gréez, amp;nbsp;le feiour des âmes bien heureu-lôs, tant recommandées par Homere . Si que lâéuieluy print de s'y retirer amp;nbsp;y acheuer, exept des guerres quâil voyoit fe preparer amp;nbsp;hors des mifercs de ce monde,le refte de fi penible vie; cncorâqueFlorusledieauoirp.'.irc iufquesà CCS iUcs. Mais que fi tort que les Corfaires Cilicics quincccrchoient tj guerre ou butin eil oüircnt lovent,Icquiâerent là pour sâemploycrà rc-Bicdre Afealius filz Diphta au Royaume desâ
b ij
PRÃMIE R tlVRE
QtfeZnPoc- j^arufiens en AfFriqüCjlcfqucIs toütesfois ilnt faut croire cöhihic aucuns font, cflrc teux là o qui cftoicnt venus des ifles iortunées i ny mef-flns lotn (jue mes Efpagnolz, mais pluftoft Portügais.âVculc où defcendit ce capitaine Romain qui fai-fion*thrèf- fol*^ partie de Lufitanic. loinôt que Florus lâA-bregeur de T.Liuc les nomme Lufitanicns qui font auiourdâhuy lesPortugais de la plus part,amp; au pays dcfquelt Scrtonus drclTà lâannce de laquelle il combatit puis apres les Romains fc-courus des Efpagnols. Et dâailleurs, qùâil cft plus vray fcmblable que de toutes les nations dâEfpaigne, les Portugais ayeiif pluftoft amp;nbsp;plus loing voiagc queles Caftilans ny autres : qui fiour cftre en terre fernïe loing de Mer , nâont CS commoditcz nc'ccflà ircs aux lôngueS naui-gations,telles quâont eu les Lüfitanicris Sz Poi-tugais qui. ont tôufiours tenü les coftes Maritimes de lâOccèan . Car comme la vertu amp;nbsp;le
vice auftî les defleins amp;nbsp;inucntiôns deS homines fe forment, fc conduifent, amp;nbsp;exécutent felon les occafioils amp;nbsp;moyèns qui fc prefentent plus propres aux Portugais'. Ãâautre part, que Hano Carrageois defcouurit par coirimendç-ment du Senat toutes les coftès dâAffriquà ,iuf-quesà vu degré de lâEquinoiUiataucc rappött aux Seigneurs dè Cartage dâinfinies fingiuati-tczquâily auoitveu, voire comme difent au-ciuis, fit le tout depuis la Mer dâEfpagne iuf-ques en Arabie aucc fon armee, felon que les ïhcmoircs quâilen là ilTa tefmoigncrct, lefqüels tournez en latin par le cofinmcndcment du Sc^
DES T R OI ji MONDES. Il
hat Rpipain,furent vn long çemps fprt cyrlcu-Icmcnt gardez au trcfor public.Et de ce ruelme temps les Cartaginois qui eftoient lors fi rcnq-inezjdcpechcrcnt Hiiniloaucc armee de mer pour aller dcfcouurir tout le refte de lâEurope. Etfc perfuadent que ces voyages ne furent les premiers entre les Cartageois. Cornel. Nepo$ didl aulïi auoir veu de fou temps vn Capitaine, lequel fuiantla fureur du Roy Latyrus eftoit Venu de la mer rouge iufqucs en la mer dâEfpa^ gnç. Et Gelius A ntipater diét auodr cogneu vn â¢uaçhantpfpagnol qt.i traficquoit iulques en Ethiopie .Aulîi Caius Cæfar filz dâAuguftc,re-cogneut les enfeignes des nauires Elpagnolz perics pat fortune en la mer rouge . Les voyages de lafou, Thefce, Perfeus, Hercule amp;nbsp;autres Capitaines auatureux (que les Grecs difent auoir çfté deleurnatiou,lcs Ãgyptiens ôc Phe-niciciens de U leur ) toutesfois entremeflez dâinfinies fables à la façô ele la Ãrece menteref-le.Vofipn^efmes les longs voyages des nauires du Roy Sjalomon qui luy rapportoient de troisçptroisans tant d'or, perles amp;nbsp;autres ri-ehelTcsinnumerablcs ( encores que dâautres af- , â .
â¢eurent quâils ne pafloient les coftes dâEthio- ptolamtet pie) Sc les voyages de Polibe par lâaducu dç mys d' deScipion apres la ruine de Carthage lur lesâÆ, 7â'/'â//'* coftes dâAffrique , mefmcs dâEudoxe Alexan-dtin, qui entreprint de circuit toute lâAfrique, de la m-r foubz leRoy dâEgipte Ptolojnce, ne leur font reuae^ ti quâautant de dfcouuertcs en pais loinetains amp;nbsp;mcognus,encor que ces Chers ny autres nay et
b iij nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;â
PREMIER tlVRE
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t, Parttl. 5
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eu lâaduis ou dâhciir aflez pour nous en cnuoyçf la mémoire par eferits ou autres moyens . Cat comme pedantes ilz fe font voulu mefler def-crirc lâhiftoirc de leur temps en forme dâefeo-Jiers, ne rempliflà ns leur papier que de ce que le bruit cômun amp;nbsp;vau-de ville aportoit à leurs buyes. Sans auoir lâefprit ny dextérité de sâenquérir foigneufement de ces Capitaines de ce quâils auoient veu. Aufîi peu heureux amp;nbsp;mal pourueiiz de graces amp;nbsp;de moyens eftoient ces chefs, à nous reprefenter tant de belles chofes quâils pouuoient auoir remarqué en fi longs amp;nbsp;hazardeux voyages. Si bien que la hardielle dâentreprendre voyager manquant aux vns; rdoqucncc à bicu'exprimer les chofes veües aux autres,ÿc la libéralité des Princes à rcconoi-trele trauail dâeux tous; ils nâont eu Hiftorio-grafe digne des belles occurrences de leur teps, dilcoutâs trop en general,fins rien particulari-h fer de beau. Vray cft quâHcrodote racompte
que Ncco Roy dâEgypte , duquel eft faiâe J mention au viel tcllamcnt , fit rechercher le
tour, grandeur amp;nbsp;efiendue de lâAffrique pat certains mariniers de Phcnice, Icfquels la tournoyèrent toute , fi qiiâayans outrepaflè lEqui-noétial, curent fur le Midy le folcil à droifte comme vers le Nort, les ombres à gauche. Somme quâils nâefiiment Alexandre le Grand, lors quâil fe fafcha de nâauoir domté quâvnmode , de pluficurs quâon luy difoit eftre habitez; fi lourd de fe fantaficr dâautres Mondes,qui fiif fent au Ciel ou en lâair haultz cflcucz par fm
Dlà TROIS MON nes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il
ïûy,comme pluficiirs penfent. Mais quâil nâaf-piraitqnâà laconqueftcdes autres terres fépa-l'fts des ficnnes, amp;nbsp;non encor à plain defeou-Ucttespar ceux de fon temps ; tcfmoings les Toiages, les belles deftouuerres Sc rapportz finguliers que Nearcus, amp;nbsp;Oneficritus les Ad- i r x* ââiiraulx luy firent, des chofes exq uifes par eux '^wè's fur les colles dâOrient amp;nbsp;autres terres âniques alors inconucs. Et le dernier defqucls 'n laidà de fi beaux memoires par efcrit,que les Romains fen font depuis fort aidez, loinct ce que Pline racomte, que toute la mer de Lcuant
des Indes, fut delcouuerte par lâarmec des ^icedoniens au temps de Seleucus amp;c Antio-qui donnèrent leurs noms à ces Mers fan» perdre de veuc lâElloilc du Nort. De lâautre co-iledudelltoict deGilbatar, dit Pline, la plus grande partie de la Mer Meridionale,amp; des coâ fes de Barbarie amp;dc Mauritanie le traficque âuiourdâtiny. Le furplus de celle Mer amp;nbsp;de 1â0-ticutale,le3 vidloires dâAlexandre le Grand ren-dent bon tefmoignage de ce quâil y a defeou-âtrt.oùila faitl voile. Sans doubte il cil pref-que incroyable que les anciens nâayec premiers defcoiiiiert ces terres, veu la grandeur de leurs «celles Empires , qui auoient tant de commo-ditczpour ce faire ; lâclprit plus cfueillé, plus de biens, moins dâinconllincc, autant de curio-feé, dâauaricc ic d'ambition que nous. Qm au-roit porté la Medaille grauee de la lace d Au-gufte Empereur es minicrcs de ce pays, qui en fetcniioyee au Pape par lelaâ Rufflis Archeuef-b iiij
nïMita
que de Conftantin? Et ne faut eftimer quâelky futlculc. Dira lâon que Seneque ptcdiloit ces tPremieres defcouuctes ? ou feulement que celés dont il auoit ouy parler, feroient vnc autrefois par fécondé reuolution des temps, rcnôii-ucllee à quinze cens ans apres G mort? quand il efcriuit.
Tijthis Jaunit Itfrtmiert»-. trelei Grtti nnainei re-^ttt i la f«»' daifle dit
tn ffur.
Venient annis
Seculdfieris quibus Occeanui vincula rerum laxet ineens Pateat tellus.Tiphtjquenouas â Vete^at orbes t^eefit terris vltima Thyle.
' chenu viendra, qu/vn deJbordlt;dOcceiti{ quot;pèfiouurtrA hautain, vne Iffrre nouuelle Mondeneuffera'VoirleTtphis Marean LorsTl^lene nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la derntereiÃe belle.
dira Ion de ces vers Sibilins que ques Nauarchus cfcript aiioir cfté trouiicz^â^ââ mil cinq cens au derrière du Promontoire de U Lune ( on lâappelle Roçhan de Sinna } eofte amp;c bort de lâOcceà n, grauez au carré pied deftal dâvne colorane, vidant lé Roy de Portugal? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Voluenturfixa litevis nbsp;nbsp;ordineréélu
Cum videas Octtd,enSy Orientis opes Ganses, indusTa^us, erit mirabile vifiu.
DES TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IJi
pierres toumerot pur lettres coques
^cctdeai tit ^verras tPOrient les trejors
linde nbsp;nbsp;T Agus de richejjès incogneues
ffihdge trafic chArgerdt tous leurs bords.
ffat. q». r.
. Seneque le fcmble declarer exprelTement en pr. yoytz^ U CCS Iïiotz,Q^»f«»» entm eà qutd aIgt; vlttmu btttri-
HirbMiAvCque ad Indes mterucet ? PAttcsÃtme-[HmdterumJfAtMm ,à mutm juut ventus intfie-mereattrum ââf.Q^lleeft la diftance Sc quantité du ehe- »«»»(gt;»/ Ulin quâil y a depuis les dernières coftes dâEipa- ünn^uur, gne iufques aux Indiensîde peu de iours fi vous 311CZ vent en poupe qqi puiîîè remplir voz voi- iiââ N,\um Jes .quot;Cet amfhcur qui eftoir au commencement lt;»«f mare fa-de la Monarchie Romaine, voire qui dit auoir peu ouir Ciceronharfnguanr,hâen parle autre-Jnenthuc*comme fi toute ceftç nauigation que no Z Chreftiés font dâEurope aux dernières fins de la grande Afie, feuft aufli cogneuc amp;nbsp;vfirce , entre les Rpmams qu entre noz Portugais. Et nâyadâapparéce à fubtilifcr,quâilparledes Indes Meridionales ou Ethiopiénes prcsla Merrou- drent-rnttfi ge. Car il fc full autremet expliqué : lôind que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
uuanccdu marchandée curiohtc des nutres Romains ayans defcouuert iufques là , ne les culTent voulu laillcr fi près de lâEmpjre Romai fans les cfguillôncr à palier outre pour gaigner les richefiès, amp;nbsp;voir les grades fingularitcz q ia les Grecs amp;nbsp;les Romains mcfmes difoicnr curq colonie par tout femccs és Indes Orientales, outre lâInde amp;nbsp;le Gange, les deux plus grands flcuucs qüçles Grecs y cogneurétiamais, Aûec
PREMIE n. II VRE
ce qiic la naiiigition par eux flire depuis rclquot;-paignc iufques aux Etùiopes, eiloic beaucoup plus grande ôc fans couiparaifon plus difficile que ce qui leur rcftoit iufjucs eu Afie, 3c au delà des conqueftes dâAlexandre . Ceux qui ont fait les longues routes , fçaucnc le grand dager quâil y a, amp;nbsp;que rrouucrctlcs premiers qui don blercnt le Cap de bonne efperance quâils nommèrent le Lion de la Mer, pour lesperils de mort où ils fe trouurrcntà la dcfcouuerte dâi-celuy, qui eft fur les deux tiers de celle premiere naiiigatiô: en laquelle iniques en la Mer rouge ils nây emploierét moins de deux mil lieues. Que dira lâon pour reprendre la nauigitioSep-tcntrionale, de certains mirchans Indiens, Icf-rhnt c.67. quels ppudez dâvne temperte, amp;nbsp;fortune de rcmpa. A'e-Met, arriuerét es colles de Suede, amp;nbsp;Germanie, Metcllus Celer lors conful
aucc C, AiTranius, amp;nbsp;Procolul OU gouuctiicur du pays par les Rom ains, peurent afleurer que la nauig .uiou de ces pays aux Indes eftoit finon ouiiertc, du moms portîble à gens hardis Sc in-durtrieux? Mef nés quâen rifledclapau voifîne delà Câiine, plu leurs morzfe remarquent au â langage des habitas, conformes à ceux des Ifla-dois, pour m arque de lâancien commerce quâil y a peu auoir autrefois. Aulfi Strabo raconte quâau teps du Roy Ptolomec Euergetcs Ãgyp-tlen, vnEudoxenauigca trois ou quatrefoisde Calix en Indie. Et que les gardes de la Mer Ara-biquedidèe Rouge, apportèrent à ce Roy vn Indien en prefent, quie/l pour monrtrer que
PI 5 T K. o I s MONDIS
c'eftoit lâIndc Orientale, veu que le prefent nâeut efté nouueau ny agréable à ce RoyEgiptic fi pres voifin des Indiens Méridionaux, quife vindrent habituer en lâEthiopie. Autant en faut il dire de ces Indies,qui fous Fcderic Barberouf feEmpereur, srriuerét par Mer à Lubec en Allemagne, plus de deux cens ans deuat cefte dernière defcouucrte des Portugais. Si le liure des mcrucillcufcs narratios eft dâAriftote corne au-cûs veulétjil dit,q les Cartageois dcfcouurirent vne grande ifle, au delà les Colônes dâHercule ' fort fertile.Mais dcfertc,chargee toutefois dâvh nôtre de groflès foreftz,dâvnc grande quantité dediuets fruiâ:z: jnefmes de plufieurs fleuues portatifs amp;nbsp;marchans, toutefois que lâon ne Pourroit aller du continent en cefte ifle que par ænauigage de plufieurs iours: amp;nbsp;que côme les Naaigattmi Cartageois y alloiét fotiuent, mcfmes que plu-fieurs allechéz de la fertilité de la terre sây cafà f- ^,1^^ fentamp; vouliiflcntsâaccomnioder;lefouucrain
Magiftrat fit deffenfe à tous fur peine de la Occea-ntort de plus y nauiger ; fi quâil en fit retourner tous ceux qui sây cftoict retirez, crainte que sâils venoient à peupler, ilsfc feufl'ent appropriez (lelâifl^ amp;: fe teiioltans de la fubicékiô de Car-thage ils nâen amoindrirent dâautant le bien amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Commodité de lâEftat, outre le dcfpciipleincnt piatcnin delaScigneuric p-arVablencede tant dâhommes f nr. lefquelss'y voudroicnttranfportcr. Tellement quâaucuns eftiment cefte ifle eftre lâEfpagnole de Colora pour laifler la defeription de Platon dccefte grand ifle Atlantique en lâQccean,fi
Premier livre
fort peuplée quâaucuns vculét dire cftre lâAme-lique. n a leu, du moins oiiy parler des; beaux amp;nbsp;riches voyages que faifoit faire ordinairement le Roy Dauidamp;lbnfilz Salomon fur Mer, à fin defe p.ouruoir dâor, dâargent, amp;nbsp;toutes autres chofes. les plus finguliercÿ quâils iugeoiêtpour enrichir le Templç dcDieu,qui fut en fin dreffe par le fecours des Roys voilins dedans Hierufalçm 143. deuant les fondc-naentsde Carthage didl lofeph. Et combien quâaucuns ne rcftcndcnc plus loing quâà la Met Rouge, en laquelle ils raechét lâillc Vrphen qu? nous difons Oplhr, fieftee que les autres lâaf-:^fcb.^.c.f. fêuréteftrc ésçoflçs dâEthiopiç: plufiçurs mcf-â Efpagnes, amp;nbsp;les nouueaux auif llles Oc-.luan.ifftph cidcntalcs nouucllcmét dcfcouucrtes. LailTant autrtt ce que diôtDiodorc Sicilien de lanibole Se la forme de fon pain fait de Canes femblablcs aux des Indiens;amp; mefmcslecUuisde Midas Jâ/«. O Sa- ïipcc Silene de la gradçur amp;nbsp;infinité des peuples h». du continent fort eflogné de lâEurope, Lybic, amp;nbsp;Afic, quâils nommét iflcs; luba filz dcccliiy qui fecourut Petreus contre, Cefar, eferit quq la Mer fe nauigoit de fon temps depuis les co-lomnes dâHercules iufques en Inde. Puis met les ifles quâil nomme Gorgones contre les Hef perides que nous difons du Cap-verd. Vray cft que Sebola diôl que des Gorgones iufques aux; Hefpçridçs y a quarante iouts de nauigatiom Tc]icmcn.t quâil faudroit par là prendre lâEfpa-gnole.amp;.fcs voifincs pour Hcfpcrides comme i ay 4it cy dcfliis. le laide ce que les Poètes
Dt5 TROIS M OND t s.
Gréez amp;nbsp;Latins ont barbouillé des Gorgones; car comme paumes efeoliers amp;nbsp;gens de lettres «Quâils eftoient, fins auoir iamais forti de Grèce ne dâItalie, ils ne. poiiuoient en auoir alfeurcc Cognoillà nce. Mefmes ce que Xenophon Umpfaceniis dit que le Cap. Hano Cart.' geois lt;icfcouiint les Gorgones ouiltrouuades femmes merueilleufcmét viftes amp;nbsp;difpoftcs: deux «lefquelles il print amp;nbsp;en pendit les peaux velues amp;cfcailces au Temple de luno a fon retour, pour eternifer la mémoire de fon voiage. Si les anciens nâauoitnt voyagé auloing, pourquoy diroiêt ils en leurs eferitz, que la fcicncc Allro-notnique, Se remarque des eftoillcs cft nccef- f/omtr. eii laite à dreiler le cours delà nauigatiôî Alcxan- l'oJtf.JCe-dreleGrand nâeut iamais entcprinslc long liaZardcüx voyage des Indes fins la conduidc â¢lâOneficritc , Dionet amp;c Beton, amp;nbsp;la defeou- Eitfeb. 14 e.' nerte des codes d Afie quâil faifoit faire par feS f. 4-années de Mer, que ceux là condui/ôient. Non plus que lâEmpereur Augufte permit ait Prince Claudius fon nlz, dâentreprendre le voyage de feuant, que premier il nâeuft fait defcouurit les Mers amp;nbsp;codes dé ces Regius par le Cofmo-pphe Dionifius. Audi fit Nero defcouurir lâEthiopie, amp;nbsp;les Royaumes de Melinde, Ma-gadazo,Qmloat amp;c autres codes Méridionales;
pat bons Pilotes foüdcnuz de grodes armées â¢le Mer, deuantque dâentreprendre dâaller en Ces pais. Dauâtage qui ne fçait ce que le là inét ^Iptit prononce par ce heraut Euangelique: Sue llt; fon de la diuincparoUc a elle entendt}
PREMIER tIVRÃ
par tous les fins de la terre? Et mcfmes que MZ doôleurs tiennét que les Apoftres efleuz pouf annoncer le vouloir Cclcfte à toute natiô, ont efté difpcrfez por tous les coins de la terre habitable ? à fin dâinftruire ou côuaincre les igno-tans amp;nbsp;opiniaftree en leur falut? ce qui faitper-fuader à pluficurs, que S. Mathieu dodeur des Indois a pafié, ou quelques vns de de fes difei-plesjiufques à lâAmérique amp;nbsp;autres carriers. Ce quâils nâcudènt fçcu faire fi la nauigation nâeuft elle bien ouuerte. De faiôt quelques nations Américaines fe treuuent fi bien formées à la plufpart des vertus morales, pleines de fi bons amp;nbsp;graues difeours des chofes naturelles, du deluge, des conflagrations, de la fin du Monde, de la mort, de lâimmortalité de lâame, des peines apres la mort, 5c tels autres préceptes, quâil nây a apparéce quâils ayent efté iftruidz ailleurs quâen lâcfcolle de quelques Chreftiens. La do-ftrinc defqucls aye efté depuis par longue fuc-ceflîon de temps, obfcurfie par diuerfes traditi-nés que le meflinge dâautres nations leur auroit apporté. Dauantage Lucian parlant de certains Hiftoriens de fon temps. Qjaant à ce, dit il, qui doit aduenir aux Indes cy apres, il promeét de lâefcrire. Puis de donner vnc carte à ceux qui nauigent en la mer exterieure.Ce fait les repre-nans de trop de vanterie. Ce ne font pas là , ad-ioufte il,feulemcnt des promefles.Mais le proè» me entier de fon hiftoirc Indienc, ôc le troilief* me tome de fes eferis. la les Gaulois Celtiques, amp;nbsp;quelque petit nôbrc de Mores aucc CalEu*
»ES TROIS MONDES nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i6
ont tous pafle le fleuue Indien. Puis ailleurs, il disque Ctcfias filz de Ctcfiochc de Gnidic, a tferit chefes des Indes quâil nâa veu ny entêdu: amp;que knibole a fait des comptes furpaflà ns lacôniune creance fur ce qui fc trcuue en lâOcéan. Somme toute, que ces amp;c autres tcfmoi-gnages nous doiuent faire foy de lâindufiricufc diligence amp;nbsp;hardie curiofité des anciens à naui-ger loing en plaine mer; fans nous flater contre le vray amp;nbsp;vray-scblable, pour nous fauccment pteualoir de ce qui nous appartient.
Non que ie vueille fruftrer les plus bardiz de Ooftre temps du merite de leur genereufê en-treprinfe: nommément les Portugais amp;nbsp;Elpa-gnols Icfquels dâvne fort louable curiofité, oie ^nâobfcurcie par vn vil defir de pratiquer autre
que la vertu:ont voulu retracer ou à leur amp;nbsp;purquey â¢Utedciiancer les pas de tous les anciens à la. tentent tÃrt ^efcouuertc de nouueaux Mondes. Cat ie leur ^oudrois en cela donner plus dâhonneur quâà ^o*****â^* toutes autres nations . Premièrement pource â¢lu lls ont elle les prcmieis de nous, à fe hafar-â¢Icrà ü longs, penibles ê: dengeteux voyages. Secondement la perte quâils ont faite de tant â¢1 homes, ne peut cftrc de moins rccognue que ^occla, Mais encor plus pource qu'ils ne font aller rechercher ce quâon a autrefois, finon flusauidemétdu mois aucc suffi peu de droit, ttchcrché fur eux. Dâautant que comme lâEfpa-
a toufiours efté eflimee fertile en èr, ai get,-^Wes métaux lies Phéniciens plus grands Voyageurs U plus fins marchas de leur temps,
P R B M 1 E R LIVRE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;
en ont tant tiré,que les Africains entre Icfquds le vindrent en fin habituer les Cartageois, eurent cnüic dâen auoir leur part. Sur Icfquds les Romains eniamberent n auantageufement, quâils leur ofterent en fin toutes lès minières du pays, Icfqiielles leur eftoient plus proffita-bles que toutes celles enfemblc quâils entrete-noient és autres Prouinccs : nâayans pour leur auarice infatiable, plus de pitié des panures ef; flaues quâils achetoient, amp;c y faifoient fans cd-fc trauailler amp;nbsp;mourir de coups, que les Efpa-gnols ont ce iourdâhuy de ces Indiens amp;nbsp;autres clclaues quâils achètent à mdiiic fin. Somme, quâil nây eut veinc,cntraille,ny partie intérieure delà terre Efpagnolle,' qui ne fuft renuerfee amp;nbsp;rhife au Soleil, par lâimpitoyable auarice des Romains. Si que le pays en fut à la parfin tout râuiné. Mcfmc que crainte de femblable accident j ils firent defifenfe publique de chercher mines par lâItalie, prçuoyans la ruine, ou du moins l.a difformité dâicelle, par telle licence rZw.j.e.io. ^ui rend Iâliornme fi affeftionné a foh proffit.
Auffinâyailricn qui enlaidific plus vnc belle contrce,quâvn tel foiiifiemcnt de tanières : qui dâaiiantage prepare beaux moyens aux incon-ûcnièns destremblc-terrc,quî preiudicicnt tant à lafocietéhumainc.Les Latins toutesfois nous । aflciircnt que le Senat amp;nbsp;Empire , fc tourmen-foient fi peu pour lâcnnhy des Efpagnols,quâils j faifoiént toufiours confiniter le trauail de ces j clapiers, pour efpuifer la terre de fes métaux. Voire que lâEnlpcreur Augufte fit retirer lés Ef-pagnols i
DES TROIS MONDES. fj pagnols des montaâgncs,en la plaine,3c defccn-'Ite és,campagnes, pour y habiter les villes de-â ^Wtes, amp;nbsp;y cirer l or quâon y auOit dcfcouuert. ^flraement entre les Cantabriges, Allures,amp; leurs voifins. Donques les Efpagnols nâayans troiiué de beaucoup fi grande tèfillancc «à la tonquclle des liidcsüccidcntales,quâils lcroiét âdomterlâItalie, sâils fevouloient venger des Latins fur les Italiens leurs ncueux, y veulent vfcrdc pareille rigueur ,amp; pratiquer mcfmes pallions,que les Romains ont fait fur eux au-ttesfois En quoy ils fcmblcc auoir quelque oc-tafion dâoublier lâiniure paircc,s'ils le pouuoict Contenter du biéprefcnt,cn ce que coiaduis par , . Vn Italien aux premieres illes de ces Indes; puis addreflez par vu autre chefltalié en la terre fer- jimme ref-iric,nommée de fonnom Amctiqucilâon diroit fuct Fi»-qucccs guides leur aycntcflé comme deftinez rtrtm. pour expier l'outrage tpuc leurs aneeltres auoict fait, amp;nbsp;par vn long téps continue fut toutes les Efpagnes; deftournas la peine fi iuftemet méritée fur lâinnocence de ccivc qui nâcnauoicnt non plus de cognoiflancc que de moyens,pour tefifter à leur diflimulcc fureur. Mais de cela v-ne autrefois. Pour cefte heure ie dis feulement, que depuis que iâay hanté la mer, amp;nbsp;rapporté l'excellence des anciés en toutes chofcs,à cc peu defuffifance qui eft en nous; ic nâay peu croire quâils ayét culâcfprit fi morne,amp; le coeur fi auil-li,ou lâheur tant contraire, quâils ayent ignoré ny la Théorique, ny la Praétique de fi belle amp;nbsp;tantproffitablc vacatiô,fi elle cftoit bic rcgicc,'
c
MIEMIÃR tlVRÃ
7' Dâoù peut cftre donques venu ccfteopinioB HiÃeno^ra- ''ulgaitc amp;nbsp;tant cnuicillic au ccnicau de noz fhti. gens amp;nbsp;de noz anceftrcs mefmcs,cjuc les anciés nâont voyagé fi loing que nous? De pure ignorance à laquelle les anciens ont donne fourcc première driginé : mcfmcinent les Hiftorio-graplics : vn fcul defqucls ne nous a fuffifam-lUcnt repreFente lâcftat de fon ficelé amp;nbsp;pays naturel. Vray cft que ie me perfuade parplüficurs raifons,quc les Ãgyptiens, les Cà ldecs amp;nbsp;autres peuples qui ont dcuancc leS Empires Gréez, en ont aficz lai/Tc de tcfmoignagc. Car ils ont efte beaucoup plus curieux de lailTcr comme pat h crédité à leurs enfans amp;nbsp;rierc-nepueux, voire par fécaux publics, la mémoire des plus notables chofes qui fc pafloient en leurs temps. Mais les cruelles guerres ciuilcs amp;nbsp;eftrangeres, les inondations dâeaux, bruflcrtiens, gcneral-Ics conflagrations, tremble-terre, amp;nbsp;rets autres accidens extraordinaires, aufquelS la force hu-maincpeut mal-aifémcntpouruoir, chinant ce bien à leur pofterité, en Ont raclé les traces par tout le Monde: aulqucls les Greci ( nation peu à peu ramaflcc de pluficurs pc^uples ) fuccedans fcmblent à dâaucuns sâeftre voulus contenter He lâhonneur quâilz ont acquis és lettres, plu* quâen la pro fcflion des armes, ny autres Vac-cations.
9. nbsp;nbsp;nbsp;Car encores quâils nâayctpcu,qué par vn fort
long temps,amp;ordinairc fréquentation des voi-
⢠lîns,dreflèrlcur langue,ils ont {î dcxrrcmcnt exprimé cc quâils furent chercher entre lcrefte
b
r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â 4
des trois MOKDES. 18
'^Egyptiens, Aflyriens, amp;nbsp;autres touchant Ia tognoiUancc des chofes diuincs, humanes , amp;(. naturelles: quâils sây nloyenncrct aucc Ie temps «wj,©-/«K-Vnmcrucilleux honneur. Voire tel credit entre l«plus prochains,quâaucuns dâcux(la plus mé-tnifc nation du monde) ont ofé attribuer lâorigine des fcienccs à leurs predecefleurs Gréez, bfqucls toutesfois ont toufiqurs elle appeliez parleurs voirins(comme mefme Solon Platon ontlaifle par eferit) peuple nouueau, ieunc nation, amp;nbsp;quinâauoit aucune cognoiflance des thofes anciennes : comme le Preftre Egyptien Kprochoit à Solon, y ayant voyage pour apprendre leurs difciplines.veu que laGrccç pour â «occafions quâon verra cy delTous,terre nou-uellc, amp;nbsp;comme de frais relaiflce de la Mer qui lâauoit vn long temps couuette à fon desborde-inent, ne pouuoit enfeigner à fes peuples rien quifuft ancien,comme lâEgypte, laquelle aulfi ftuns-toft que defcouuertc, fut peuplee par les E-thiopes , qui auoient cfte garantis ( par le moyen des montagnes ) de celle grande inondation Méditerranée. Câell pourquoy Platon eft contrainâ: confelTer, que la langue des Barbares, ainfi appelloicnt ils toutes autres nations , cftoit premiere que celle des Grecs : amp;nbsp;Atiftote quâils auoient prins les fcienccs des Barbares. Comme Hérodote, en la recherche dcPfamctis-Roy dâEgypte, que la langue des Phrygiens Afiatiques cftoit la premiere. Ce qui fc peut aifément aflèurcr, parce que nous dirons cy deflbus de lâinucntion des nauircs
PREMIER LIVRÃ
Nat.qu.7-f i5.OlÃ.
art niaritin entre les Grecs. loinél que Varff) toufiours cftimé le plus dofte des Romains, maintiét que toutes les fciences Sc difeiplines furent inuêtces,amp; conduites à leurs perfcftiôs entre les Grecs en lâcfp.acc de mil ans.Ce qui le doit entendre de lâelc'larciflément, ordre, amp;nbsp;meilleure traditiue dâicelles. â Autrement comme eullent elles peu reccuoir leur perfeftioU en {i peu de reps,!! les Grecs nâen eullent prins les fcmences dâailleurs? Veu mefme quâil nây a aucune icience qui foit cnco» venue à fi perfe-ftion ? Au téps de Democrite ils nâentcndoict comme rien en lâAftrologie. Eudoxus mefme côfcflè auoir efté emprunter chez les Egyptiés le mouuement des Aftres, comme fit Conon; Mais Epigcneamp; Appollonius Mindius,rccher-cherêt cclà 8c pluneurs autres chofes des Cal-deens.Lâobleruarion des corps ccleftes,dit Se-neque eft nouuelle, Sc depuis peu de iours entree mefme en la Grèce. Nous cfmerueillons nous,dit-il,quâvn fi rare amp;nbsp;fi excellent fpeéla-cle du Monde, nâeft encores réduit foubz certaines regies ? amp;nbsp;que les fins amp;nbsp;commencemes ne font encor bien cognus de ces Aftres,entre le coursamp;rccours defquels y a fi grad interiial-le?ll nây a pas mil cinq cens ans,que les Grecs ont commencé de donner noms amp;nbsp;nôbres certains aux cftoilcs.Mefines il y a encores aiiiour-dâhuy pliifieurs peuples qui ne ccfgnoiftènt le Ciel que de face amp;nbsp;premiere vcüe ; qui ne fça* uent pourquoy la Lune deffaut, sâobfcurcift amp;nbsp;eclipfe. Le foing ne nous a faift que ces iours
DÃS TROIS MONDES 19
paffèz certains de cela, Vn temps viendra qui pat vue longue diligence,nous cfclarcira ce qui nous cft plus caché. Vn lîcclc ne fufiift à la re-çkrehe de tant de cliofcs. Vn aage feul ne peur Bien vacquer .à la comprehenfion de tour le Ciel. Il ne finit donc requérir des Grecs pour leur ieunelTe peu de duree, fi grandes chofes rureL-.~,c.y. comme lâon feroit des plus ancicnes ôc grades âi' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Monarchies. Quant à la icunclfe de celle nariô (non pour iioltre regard , mais pour ceux de leiirtcmps) ieneferay que fimplemcnt reciter eVr-cj paipk lâopinion de ceux qui en veulent difeourir à «s* plaifir,fuyuans la trace dâaucuns Autheursfans en rien afleurer : veu que la mémoire de toute ancienneté fcmhlc élire contraire à ce qui fuit.
Vn chacun en prcndim ce qu'il luy plaira,comme dâvn contre-aduis amp;nbsp;Paradoxe que les anciens propofoient pour refucillcr amp;nbsp;fubtilifer lâelj.irit de la icunefle, plus que pour y rien ar-refter dâalîèiiré.
Ainfi mainticnnet ils la nouueauté des Grec» ^peuples voifins, procéder dâvn delbordemét de la grand mer,laquelle rongea par fuccelîion de temps les colles dâAffrique : ou corne difent aucuns,minant peu à peu le pied des môtagnes Gibatar ou Calpe amp;nbsp;Abila.cn fin sâcflanç.a plus outre, pour faire la mer Mcditcrrance,couur.ar amp;i.JcrbijK de fes ondes ce qui clloit autresfois terre def-couucrtc,paut la plufpart, biê quâaucuns alTeu-tent que tel rauage dâeau vint dâvnc extraordinaire fureur, comme la Mer aulTi bien que les autres Elcmcns a fon naturel, ôfordinairc mou-
c lij
PREMIER LIVRE
pcment, amp;nbsp;quclqucsfois fon extraordinaire cflancçmçn't, qui fc faid apres la rcuolution de certains temps, foit par vnc vertu occulte en içcllc, ou par lâinfluence de quelque autre force qui vienne de plus haut, félon les Aftro-logucs': Gomme que ce foit, difçnt-ils, elle O ; lt;nbsp;lt;nbsp;(fc ttencha fi viucment la Cofte qui ioignoit les A» Mer Me- tcrres, que nous appelions auiourdâhuy Affri-Affcanéf, que amp;nbsp;rEfpagne, que aptes telle ouucrturc, /fZff Arijlote, nouuant le pays plus bas que lâendroit qui luy
^ornoit fon allcure premiere, elle inonda amp;nbsp;Xi, Pline. Z. couurit auec vne perte merueilleufc, tout ce nnt.htfl. ch. quâelle rencontra iufqucsà ces Prouinces qui ?o. 9i.9x.fï 5lt;cftcndcnt fur lâAfie mineur. Siqucpalfani par tout où elle ne trouuoit rcfiftancc, chan-î. C'eÃan- gea fort eftrangcmcnt la face de toute la ter-Kitrdâhny le fç aptcs auoir tà iôt les Mers Adriatiquei, Ã-gee, 3 lâHelefpont, 4 le Propontidc , $ le Ãtpirieieri. » ot't tuxin , 4 le Boiphote , J Cimnic-i'Archipel. 4. tien , amp;nbsp;Palus Meotidc, g, quâaucuns ticn-le deflrait Je nent iieantmôins cftrc la foutce des autres plufieurs vn Golfe dclâOc-ie,iiy le yitl- gt;nbsp;amp;nbsp;ne ptocedct de la Mediterranée coin-Xâ«« Dar- ine les autres Mers,pource quâil sâeflance tou-Janelt, q»e jours courant yers la Mer Maiour ( qui eftoit le Pont Euxin aux anciens) fans fe retirer ny per. Jif Per- â gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e â
fit couurit Je teHotcr commc ront les autres Mers : contre nauirei pour cc quc maintient vn des plus fameux Hifto-pa[ferà la riographes des Romains, qui nous alfeiite *GTfctâ ^â^iiôirvcu flotter ôi reflotter, voire redou-p/»(».i.f.^7. hier de cours, au pris dos autres Mers,amp; sây amp;⢠4.f, IJ. eftrc expres tranlporté, pour en voir lomouue-
DES TROIS MONDES nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃO
ment. Somme, que ce cruel desbordcmcnc 5. Jtjfn futcaufeà plufieurs peuples, de fe retirer aux
pays qui depuis ont elle nommez Scyric amp;nbsp;A/arA/o-Taffâric ; amp;nbsp;à dâautres de donner aux Indes amp;nbsp;r.«.
Ides Toifines, comme Pline didt, quâil ne faut «f-sâcfmeniciller, fi tant de perfonnes le font teti-rczenTartarie.vcu les grandes cftendues dÃc^jja. «pays.
Voire,quâils font fi hardis de maintenir le liôt nbsp;nbsp;â»
delà Mer Méditerranée, Golfe de Venize, amp;nbsp;âire^G- tie \tr nbsp;nbsp;tâiif nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
Mer Ãgce ,nauoir efte parauant que grands Palus amp;nbsp;Marcs profondes, efquclles le Nil. ^rt. 10. lcRofne,lePo , le Danube, Boriftenes, Ta- f:euxf^râdtt nais, amp;nbsp;autres flcuucs fe dcfgorgeoicnt, Cans «oiftre pouï çclà ; comme les grands flcuues foiut^pt»- j de Chcfcl, autresfois dit laxarte, Abia, amp;nbsp;dâau- Ãtun fltmts tuns Abianus , autresfois Oxus, Sc plufieurs /«â»âififortir autres ne pcuucnt faire croiftre la Mer Cafpic, didc Baenu, en laquelle ils fc defehargent; comme dâautres font au grand Lac de Kitay en Tartaric : amp;nbsp;ceux qui font ccluy, au mitan du-quel cft celle tapt renommee ville de Tcmi-ftitan, Capitale de Mexique. Plufieurs flcuues en Affrique, amp;nbsp;ailleurs, en font autant es Lacs deLibic, Icfqucls neantmoins reçoiuent toutes leurs eaux, fans les rendre en apparence qpâà la terre, fur laquelle ils font. Mefmemcnt les Lacs de Botnie,amp; ceux qui font cptrç Gotic nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,«7.0
amp;Succie,lc$ riuages dcfqpels, font bordez 108. deminicrcs dâatgent, Sc autres mçtaux. Mais fur fous le Lac Blanc, en grandeur conforme Ã
C nq nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6./-o.,r
PREMIER. UV R!
la mer Cafpic,lc Vcncr qui a cent trente mil de longueur qui font quarante quatre lieues,amp; prcîquâautât de large,où y a pluficurs Ifles fort peuplées de belles villes amp;nbsp;bourgades, auquel entrent vingtquatre grandes riuiercs : les lacs Mcllcr,Vcter,amp; autres infinis qui ne croiflent en apparence,ny ne diminuent aufli. Tel cft le lac Afphaltitc nomme Mer morte en Iuciee,qiii reçoit le fleuue lourdain, fans augmenter neât-moins pour la venue de fes eaux. Qui faitpen-fer que toutes ces petites Mers, rendent leurs eaux à la plus grande,par deifous terre. Car ne sâcflongnans gneres de lâopinion deThales Mi-leficnexcellent Philofophc quidiloir,laMer fouftenirla Terre, commefielle nageoit pat dclltis ; ils feperfuadent que ces petites Mers sâcfcoulcnt Si diftilcnt peu à peu dans la grade, par incognus, miis certains conduits que la terrç a de fon naturcb.à laquelle tous les Philo-fophes ont tonfiours donné fes veines parlef-quelles fes efprits fe mcuucnt,vont deviennent, comme ceux quâils attribuer aux autres clcmes; entendans tous fimplemcnt, fans Allegoric ce quâHQmcrc,Hcfiodc,amp; autres Poètes GrcczSc Latins ont nomé lâOccea pere des cauxipource quâil les recueille toutcs,bicn que par differents conduits : Câeft pourquoy Neptune Roy delà ïi Mcr,eft par eux appel lé (X quints terra: corneayat toute puilfince dâcsbraler à fon plai-*'⢠6^ fir corps amp;nbsp;malfc terreftre quâil porte fur fon dos. èrroingt;«»s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Autrcmct,disétils,
il faudroit par ncceïTitc q ces gras laczamp;pctitcs
»ES T R O lâs MONDES. II
Mers, creu(lent par continue defeentede tant amp;fi grands Hcuucsqui fy rendent ; amp;nbsp;néant-moins on nâen defcouurift iamais lâaccroiflè-ment ny diminution dâicelles, Ainfi difent au-ciinsauoircfté le commencement de la Mcdi-Krraneennaintenans en outre que lâOcéan aiât fait fa courfe par vne fi grande impetuofité, fc retira puis apres, mais peu amp;nbsp;par longues fuit-tesde temps, aux lieux quâil trouua plus bas pour y faire la Mer quâon à depuis tiltre de divers noms félon les terres amp;peuples qui lâauoi-finoient; auiourdâhuy Mer Mediterranee amp;nbsp;de Htmiote. 1-euant.rapportans à cela ce que difent les plus vieuxautheurs Gréez que la Mer couuroit tou oj ftlaterrc qui depuis fut appellee Ãgypte, iuf- ^.4. vlm. 1.. ques aux plus hautes montagnes de lâEthiopie 8-
plaines dâArabie.Et ce quâHomere afleure en fon Odiflcc, que pour aller de 1â1 fie de Pharos en terre ferme dâÃgypte par Mer, on nây mettoit moins de vingt quatre heures, dâvn iourcnticr,voire ayant vent en poupe amp;nbsp;à fou-baif.ôc tels autres paffages ancicns,lcfquels fils font aulli certains que vray femblables, il faut lt;le neceffité, que lâOccea apres auoir delbordc-â¢nent couru amp;nbsp;couuert toutes les Prouinces quâil rencontra, iufques à ce quâil euft trouué les montagnes pour arrefter fa courfe, ou que manquant dâeau, qui peu à peu falloir dimi-nuant,il fc foit peu à pcu.arrcftc, SiC en fin retire plus près du lieu defon entree, pour faire amp;nbsp;prendre le nom de Mer Méditerranée: Ainfi fut il du pais inondé par ce moyen,qui depuis a eu
j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m I Mil R 1IV R B
)enom de Grèce. Si bien que ceux qui culti-y oient la terre deuant que le nom Grec luy fut donné, faute de Mer, ne fçauoient que câeftoil de nauigation. Puis ceux qui la peuplcrct aptej vn tçl deluge dâeaux, fallut quâil? conlafTent {iluficurs lîecles, deuapt que former leur belle anguc Si leurs efcritsmy quâentreprendre rien de beau. Mais la ieunefle de la nation fe peut monftrer,outreceque leshiftoires en remarquent , de ce quâelle a tire prcfque toutes fes polices, guerres, rcglcmens, amp;nbsp;forme de viure des peuples voifins,lçfquels ont continué leur} puillà nceçau teippsplus flcuriflà nt de la Grèce ; laquelle comme dcfmcmbrec en plufieiirs petits cftats, ne peut iamais faire grandes cho-fes,nyparMer ny par terre, au rcipcâ: de ces grandes Monarchies de la Inmiere dcfquclles fipuillà nce a cftécomnic ofFufqucc. Ou fan$ daute leurs Hiftoriographes ne fe font pas ac-quidez de leur deuoir , nous taifans ce quj cftoit le plus remart^uable de leurs lîecles. Car 7quot;' nous ont lailTc, encor trop maigrement, «rf /aùl lu que trois voyages de Mer,des Argonautes fouf fur Jalon, fous Hercules amp;nbsp;Perlens. Mais lafon ne quâau Pont Euxin,cn La Colchide pres les d»i Ibcricns. Car fes conqueftes fur les Mçdes amp;nbsp;tuuttf, Armeniens font douteufes, veu le peu dâhommes qüâil auoit, Sc cc quâon diél de luy auoit elle fait en Grccc,aumefnic temps. Moins encor fa defeente par le Danube dans la Sauc, pour monter contre les eaux iufqucsen Ift»? amp;nbsp;Sclauonic,fans aucune apparence ny dâocca,-
DES TROIS 'MONDES.
lion, ny de poflîbilité. Qi^ diriez vous donc des Hiftoriens autres qui nous veulent faire croire que fon nauirc Argos fortant du Saue, monta dans le flcuue Nauport en lftric,parmy les hautes montagnes des Alpes, porte en fin faute dâeaux, fur les efpaulcs des Argonautes iufquesen lapide courte la marche Trcuifanc oheïlTante aux Vénitiens î où les Compagnons Soldats,Matelots, amp;nbsp;Mariniers,la trainerent fous le mont quâils cauerent expres pour lâar-relier là , cncorque Volfgand Lazius,Georges rL4 Vernheramp; autres irtaintiènnent,quc ces nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jql
turiers ayent donné,iufques contre la Dalma-yy^^j^°^^j^ rie à Czyrcknitz amp;nbsp;au Palus qui fy voit ap- enfadefiri^. pelle Lugeus par Strabo, auquel defeendent Gohot.Ãf des moiitaenès qui lâenuironnent , certains ruilleauxque nombre de cauernes englouti!-fent, fi proprement faides que les Argonautes en font dits autheurs pour plus commodément nauiger par delfous : tant les anciens fc font pieu , mcfme deuant la Religion Chre-fticnne, à dcfduire leurs races, lâorigine de leurs ellits, eftabliflcment de leurs villes, illuftratiôs de leurs pays,amp; toutes autres chofes defquellcs ilz péfoi'ent acquérir hôneur,de la nation Grec-quc;amp; les autres des TroyenS,nations auflipcu tognucs lâvne que lâautre , amp;nbsp;dont les effeôls fontprefque auflî incertaîs de lâvne que de lâautre, fi vous les reprenez de leurs premiers com-méccmcns.Thefee ne fut fi loing,amp; ne palfi les Ifles voifines de la Grcceî Hercule fut en Phri-gic,Pcrfeus palfa outre amp;nbsp;dcfcouurit les coftes
PREMIER LIVRE dâAfFriquc, Mais la negligence des Autheiin Grecs à dcfcrire ecs voyages a efte fi grande, ou la malice des hommes à nous cnuier amp;nbsp;faire perdre le bien de ceux qui en auoient au long difeouru fi deplorable, que ioinr le menfonge naturel à celle nation,lâon ncpeut encores rien croire de ce peu qui nous en relie par eferit. Ceux qui ont difeouru des portemens dâAlexandre Macédonien, nous alïcurcnt quâil cn-uoya par deux bris nauiger fur Mer pour def-touurir les Indes Orientales. Mais câcll tout : encor que plufieurs facent metion des memoires quâen laillà Onclîcritus fon Admirai, par le commandement du Roy, pour enfagir la po-llcrité. Car de dii c quclz nauires, quel équipage, quelle conduiôlc,qucl fruitl, heur, ou malheur de leur voyage, ny iulïjues où ils furent, nonplus que ce quâils firent, ny le n3turcl,pau-uretc, eflat, richclles, armes ou autres conditions de CCS peuple« quâils defcouuritcnt,vn féal mot. Doneques la icuncllc ou nouueautc du pays Grec à lâaduis dâaucuns, le nombre amp;nbsp;diucrlitc dâcllats particuliers cfqucls la Grece a toufiours elle dcfmcmbrcc iulques au Macc-Ãaufei friar- donicn amp;nbsp;Romain'.furcnt lâoccafion quelle ne P'^^ tant entreprendre ne lî heureufement fi tous fes membres nâcuirent fait mer fouric!'- quâvn coips folidc. Puis à ce quâaucuns difent, foMMur faj$ lâamour extreme quâelle a porté aux fcicnces fpcculatiucs, amp;nbsp;à cultiucr fi laguciaucc lafitua-tion du pays cnclaué en terres fermes amp;nbsp;bicri clloignecs de lâOcccan; Icmbicnt auoir elle les
DES TROIS MONDES. ij tmpefchcmens que les Grccz ne firent de grads voyages amp;nbsp;dcfcouuertcs des pays femblables aux noftres : ou fils en ont faidt, faute de leurs Hiftoriographes trop muetz en celle partie, pour nâauoir pradhique aucune condition de vie (]i!C celle des lettres ; nous nâen pouuons rien croire.Mais il cil plus vray-femblablc,qua lanarionayt pluftoft manque à fon honneur, que les Aiithcurs à leur deuoir, veu les raifons quedclfus. Mcfmemcntlanouueautédu peuple,ôcce que les plus vieux eferits nous allèu-tent de lâinucntion de chacune cliofe en Grèce: enquoy Ion peut remarquer la ieunelle ouan-eicnneté dâvn pays amp;nbsp;nation beaucoup mieux quâenautre chofetles relies dâOrphcc,Komerc, Hefiode,amp; autres premiers cfcriuains Grccz fcgneufemcnt leuz, nous en font allez de foy. lâiris lâorigine amp;nbsp;façon tant des armes, de la guerre, de viurc, dâhabitz, des maifons, Reli-gion, police, amp;nbsp;autres cliofcs quâon voit aife- uirei-.amp; cot» uiêt les Gréez auoir prins depuis peu de temps rie leurs voifins : que des nauircs mefmcs Si art f' 1''quot;'^
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;niiercmet ie~
â«itin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Premièrement les Grccz, ne fçaehans que eâeftoit de nauircs, nâufoicnt que de petits vaif-leaux pareils de grandeur à noz feaphes amp;nbsp;ba-ftcletz quâils faifoient de trônez dâarbres creusez, aucuns dâcfcorces dâiceux bien coulues,les autres de cuir amp;nbsp;peaux de belles accommodées felon leur moycnstcomâ il nây a pas encorâ longtemps quâen certains carriers dâAngleterre, Irlande, Efcollè, Sc autres endroits Sep ten-
PK EMIER. tlVRB
trionaux ils cn vfoient:ainfi que font aüiouf-* T.(.âi6. dâhuy ceux des terres ncuues dont ie vous par-/ leray aillcurs.'commc, Pline diót, apres Timcc, que Jes Anglois, amp;nbsp;Efcollois alloient en lâIflc Myétis quchr lâcftain aucc Efquifz dâoficrs,cou fuz cn cuir,que fur le Nil on faifoit en Egypte des barreaux de Papier, des loncs amp;nbsp;des Canes qui leur feruirent aflez, bien que foibles aux c»m- ventz amp;nbsp;tendres à la vague, Etquoy de no2 ), vieux pères Gaulois î Celar dilanr auoir vaincu les Bretons de la cofte de Vancs,Nantcs amp;nbsp;voi-lîns coinâ efpouucntcz de la nouucllé forme des longs nauires,quâil fit drefler fur Loire, amp;nbsp;armer de gens mcfincs du païs quâil y façonna^ ne fcmble il pas allcurér quâils nâauoient enCor veu lors que de petites barquettesîMaiS ic luy demaderois cornâ ilz eulTcnt dés lors tant voyagé cn Angleterre, Iflcs voifihes amp;nbsp;tant dâautres lieux. Ailleurs nous monftreronslc tort quâil leur a fait poiir fhonorcr à leurs dcfpcns. Don-ques les Gréez tirèrent la forme amp;nbsp;lâvfagedc leurs petitz vai/Ieaux dès Syriens, ÃgypticnSj ou Affricains. Car aucuns difent quâAtlas in-uenta les nauires amp;nbsp;commença lâart de nauiget. Vray cft quâils fen fçaaoicht incommodement aydetnufques à ce que les Copcens habitans de Bcotic près du flcuuc amp;nbsp;lac did Ccphife,eurcnt apporté lâvfage des rames amp;nbsp;auirons, entre les Grccz.-cfueillans leur clprit par la ncccllîté que ils cn auoient, à fubtililer amp;nbsp;chercher dâailleurs plus grande commodité de trafiquer par entre eux. Puis comme apres ncccffitéj lâauariccamp;
Bis TROIS MONDÃS?
''ouutaux. Les Platecns comballerent les pre-âquot;â «s la iuftc largeur des vailTeaux.Icarus inué-^1« voiles.Mais Ãolus fut Ie premier autheuf la pratique dâiccllcs, à Toccafion dequoy il lateftimc Dieu des vents.Lé maft amp;nbsp;Antennes *'*rcnttrouuees par Dedalus,Iês Ty renier, s for-^ââftentles ancres quâÃupalalnus fit à deux dêts ^otn* Anacarfis fubtiliza Its Harpons, amp;nbsp;Périples les CrocSjMains amp;nbsp;Agrafes pour crampô-â'1 vnnauirc au combat.Aufli Tiphis eut lâIiÃ-''eur dâaubir le premier donne regies pour le ^ouuerncmcnt des nauires, Si Minos dâauoir Wc le premier, armee fur Mer, Somme que «s Gréez adioufterent tant dâinuentions vnes lût autres,pour drefler amp;nbsp;redre accomplies toutes les parties du nauire, quâen fin ils oferent Huiftcr leurs coftes deveue. Si fabahdonne-tent peu à peu à lâincertain de la grand Mer,qui â'urfit congnoiftre leurs voifins,aucc lefquelz Ils eurent peu à peu la cominoditc de trafiqücr tout ce qui leur eftoit befoing. Qui fut occa-Hoa aux bons efprits inuehtif ,felon les occa-HonSjde baftir plus grands vaificauk. Si que troiflà nt leur courage amp;nbsp;fubtilitez auec le gain ^ui fe faifoit par ce commerce; ils façonnèrent des Nauires propres aux vents amp;nbsp;aux ramcs,cn Ptlmc, amp;nbsp;tempeftcjcn petite amp;nbsp;haute Mer, à toutvfagc en fomme. Tellement que celle nation curieufe plus quâautre du monde, iufqucs a trauailler fon cfprit en chofes inutiles amp;nbsp;ridi-fulej, à remarque Damaltrcs Eriélctcn pre^
î R E M i E R. LIVRE
mier inuenteiir des Galcres à deirx par banc I. J'. Thucydide donne lâhonneur à Aininoclcs Co-Jofiph. ^nt. rinthien de celles à trois, amp;nbsp;Ariftote de celles»
4. aux Cartageois. Ncfidlon de Salainincy en miôl cinq,Xenagoras de Syraeufe fix. Mais les autres en attribuent IâinuMtion à Bofphore e. charpentier renonirrié en fon-temps entre les i.frdpar«. Calchcdoniens.Dcpuis Mnefigetoh en mitiiif diôt le précepteur de
Nero, telle a elle la maladie des Grcez, de rechercher le nombre de la Chiorme dâVlylTe, quelle auoit elle faiéle la premiere de lâIliade ou de rOdillee, amp;nbsp;telles autres vaines charges dâcfprit, qui ne vous cnGgiflcnt, amp;nbsp;ne rendent plus ou moins vertueux, fi vous les Içauez ou rhiloibpha- non.mais plus importun que doûe fi vous en nm f-t Plin, parlez.Us maintiennent que lafon ieunc Gen-nat. hifl. til-homme Grec,curicux dâapprendre.en la con fideration des chofes cftranges, drclïà le premier 5c ht equippermbon nauire aupieddil à f-yct celerem fnont Pclie diót Aigo du nom du charpentier, voyage pour le râadouber au b befoing.-ou pour Ca vitclFe à caufe quâil fut trou lié leger 5c de bonne voile;ou pour la troiippc des icunes gens choifis en Argos qui accompa' gnerent leur Chef. Mais iâay remarqué en plus , dâvn lieu, que Danaus fuitif dâÃgyptc auoit j efté lâingenicux premier de tel vailfeaii, qui 1 pour ce fut depuis appelle Danac. Mcfines di-fent les Latins quâil fiit le premier qui fc mit fur Mer en nauircs,5: que parauant Ion nâvfoit y.f.jÃ. que de radeaux que le Roy Eritra auoit inuente
DES TROIS MONDES. 15
poür palFer dâvnc ifle en lâautre de la Mer Rouge. Si vous uâairnei mieux aùcc dâautres attribuer cela à ccùi de la Natölic amp;nbsp;Afic mineur, qui premiers cheuauchcrcnt la Mer en la guerre quâils firent aux Traces trauerfiins lâHele-ftont auiourdâhuy b tas fiiihdt George. Aufli faut-il croire que les Grecs ont prins la pluf-part de toutes leurs conghoilTances de ce peuple, amp;nbsp;des Egyptiens. Doneques après les petits,les barques amp;nbsp;barqucrolleSjdont on donne lâhonneur aux Phéniciens, comme des Brigan-tinsauR Rhodics,amp; aux Cypriens des Hurques amp;Caraques;ils baftirét les grands nauires à fix, fept,huid,ncuf,dix,vnzc,amp;: douze bancs de rames quâAlexandre Macédonien fit faiâre,amp; Pto-lomee Sorer Ton fucccifcur Roy dâEgypte à quinze, dit Philoftcphanus, bien que dâautres euattribuent lâinucntionà Demetrius, qui en mitiufqucs à trente. Mais comme le défit de lâhôme eft infatiablc,Ptolomee Piiilopatcr fui-üant Roy Egyptien furnommé Triphon,en fie
, drefler vn qui auoit quarante bancs, long de 1 deux cens quarante coudees, trente huiét de lar-i ge,haut de quarante huid, quatre gouucrnaux 1 longs de trente coudées chacun,Scies rames de â ; trente huid, fi bien plombées par vn bout, 5c 1 tclletuent proportionnées à lâautre quâelles le
pouuoient bien remuer, deux pro'ùcs Si deux pouppesauee feptbecs, dcfquctslâvn faduan.* $oit plus que les autres, ayant quatre cens Ma- iJeMr.
1 linicrs Sc quatre mil de Lhiotme, aucc peu moins de trois mil Soldats.On y emploia p.oiu:
d
PREMIER. LIVRÃ
h baftir la matière necclTaire à cinquante gale-res de cinq bancs. Puis pour la mettre en Mer amp;cn voir lâvÃgc.ony rangea plus de quatre mil rameurs,amp; quatre cens mariniers, nccelTai-res aux autres manÅuurcs, amp;nbsp;non moins de deux mil huiélccns cinquante Soldats diftri-buez CS lieux de combat.Ce faiâ:,vn Phénicien ingénieux entreprit de la ietter en mer.Ce quâil fit par vne longue amp;nbsp;large folle quâil commanda Elire, tenant de la Mer, au lieu où elle auoit elle dreffee : aucc IcS roulleaux,traucrfes, amp;nbsp;autres engins quâil y iugea nccelïà irés. Mais comme ce grand corps ne râapportaft quâvn haut amp;nbsp;large edifice immobile amp;nbsp;bien fondé en terre, a U ill ne le remua-il iamais.âfcruant de Ipedacle Si monftrc de la grandeur Egyptienne plus quC dâautre chofe qui fut profitable à aucun. Ainfi quâil aduinr au Roy Trcfchrcfticn,qui fit dref 1er ce grand nauire fur la cofte de Bretagne, lequel raute dâelprit, à le bien baftir ôu remuer, demeura inutile à Breft, où en fin il f cft perdu, amp;nbsp;les frais incroyables iugez ncccllà ircs toutes fois à laperfeélion dâiccluy.
le fçay bien quâon mâobieftera quâil eft im-' polTible que les Grecs nâayent plus voyage que ic dis;amp;mefmc quâils nâayent raidi tout le rond de la tcrrcjfur lâvn amp;nbsp;lâautre Element ; veu tant de belles declarations quâils en ont laiftcpar ef crit, cfquellcs ils nous reprefentent tout le mode, amp;nbsp;fignamment toutes les Prouinccs de lâV-niucrs,n particulieremét, que vous les iugeriez venir tout de frais dâen faire la reueuc.Defaiftji
BBS Hois MONDES. 1Ã
à Sn de mettre à part les autres fcicnccs, ils ont cftéficxpers Géographes,quâils fcmblcnt nây auoirricn obinis;voitc que Ids Latins qui font venus depuis,mefmes tous les autres payens, iSc nous tbus auflîjiiâauons autre lumière qui nous cftlaire en cefte fcicnce que des Grecs. Quand ieconfidere ce qui refte deTimec,Hccatce,Phi Plin'2.c.S7, lemon,Euphorus,Philiftidcs, Silenus, Artemi-doruSjPolibius, Statius, Sebofus, Xenophon, I-ampfaccnus,Dionifodorus, cftimé le plus cS-* fommé Geometre de fon tcmps,amp; Dicearchus qui eut charge Si colnmiflioh des Roys de fon temps de mefurcr amp;nbsp;compalfcr les Montagnes, Mais fur tous Eratoftene qui nâa eu fon pareil jos. enfubtilité de fcienccs,mcr:ncment de Geogra phie, dit Pline; amp;nbsp;le tant fpeculatif Hyparchus, tlui feft fi fort addonné à la correftion des ocu-nres de ce Grec. le dônerois volontiers la main 3lâopinion du vulgaire, auec lequel ie me fuis autrefois perfuade que fi les Grcez nâcuflcnt loing voyagé Sc circuy le Monde, ils ne nous eulfent fçcu lailTertant de beaux liures, où toute la Geographie fcmblecftrefi parfaiélement exprimée, iufqucs à y partiCularifer fort menu, le nôbre,fertilité,richcirc,pauureté,forme,pcu-pladc,beauté, temperature. Si toutes les quali- ⢠tez de chacuiie iflc,amp; region de lâVniucrs.MaiS auflï venant à conliderer les deux moyens que lliommta pour conceuoirêc apprendre *. Iça-uoir la Théorique amp;nbsp;ptaéliqué, câeft à dire, la fonce dâautniy Si lâexpcrience de fon particu lier lie me perfuade, veirka confidcr.irion de
PREMIER lIVRÃ
fiin. t.th, ioi.
b qualité de cc peuple Grec, amp;nbsp;autres rai/ônî cy deflus difcourucs, mcfmcmcnt que les plus, habiles dâeux auouoicnt tenir le plus beau amp;nbsp;meilleur des autres nations, quâils appclloient Barbares, Egyptiens, Phéniciens ÃcSiricns fut tous:quil$ ont appris la plus de ce quâils ont cf crit des plus anciens Géographes quâeux. Puis tollmans leurs eferits en leur langue, ont de leur langage afctc , fi bien cnrichy de raenfon-ges amp;nbsp;par rois de belles confiderations, les in-uentions des prcmicrs,que rien nây fcmblc mâ-quer à plufieurs. Vray cft que iâen retire aucuns de ce nombre, amp;nbsp;nây veux comprendre Onefi-critiiS, Diognet amp;nbsp;BctonAdmiraux.de lâarmcc dâAlexandre allant aux Indes, non plus que Patroclus General des armées de Mer de Selcucus amp;nbsp;NicanOr les fiicccllcurs, à defcouurir le relie des Indes; nypluficurs autresautheurs Gréez qui ont demeuré aux Indes,aux gages des Roys Indiens, comme Megallencs amp;nbsp;Dionyfius qui alla aux Indes par lacommillîon du RoyPto-lomcc Philadelf, qui tous ont lailTé de beaux memoires de leurs voyages, amp;nbsp;déclaré les forces que pouuoiét auoir ces Roys Indicns.Dâou fçauroit venir dâailleurs la brouillcric diuer-fité qui cft entre eux fur la dimenfion de la terre en fa longueur, largeur, amp;nbsp;circonférence î Sur celte variété, vray tefmoignagc de leur incertitude; la fubtilité Grecque fc fit accorte-ment paroiftre par lâinuention de Dionifôdo-rus,lequel pour liâauoir aucun,contradiâeuf fur la profondeur de la terre, de laquelle il vo»-
»ES TROIS MONDES. 2? loitrefoudrc par arrrft, ordonna quâon mirt en fonfepulchre apres fi mort vne lettre quâil ad-drcîToÃt à fes furuiuaris, laquelle portoit la inc-^urccxaôtedepuis iccluy iufqucsau centre de terre.Si que fes parens venus .à fon fcpulchre pouty parfaire le relie de fes funérailles à la façon Grecque,trouuerct celle lettre par laquelle le deffühôl faifoit entendre aux viuans, quâil e-ftoit allé depuis fon toinbcau iufques à lâautre ^gt;ouc de la terre diamétralement, amp;nbsp;quâen ce dietnin il auoit trouué de comte faiól qu.arantc deux mil ftades.Vous pouuez penfer les beaux difeours que firent les autres Geometres quand l'mt celle lettre leur fut communiquée : iugeans tous quâelle auoit eflé enuoyee du centre du Monde. Et veu quâil y auoit 42. mil ftadesde-z.i font mil puis ce my-centre de la terre iufques à vn bout /ââ¢Â«, âlui dâicelle ; que prenant toute la circonférence, la ^'âây âââ'⢠terre pouuoit auoir 250.mil Hades de circuit. Pline toutesfois adioulle encor à ce calcul uiil ftades pour la coherance de lâvniuers, qui fait toutes chofes fe rapporter lâvnc à lâautre. Si que la terre feroit la 96. partie de toâ lâVniucrs. 11 faut donques afleurer quâil auoit prins cclà des premiers, dcfquels taifant le nom il defro-boit riiôncur comme plufieurs autres Si C,rccT nommément. Ou quecâeftvn pur menfonge Grec.Autant en penfe Ion d'Hiparcus Pliilofo-i phetant loué par les Latins, comme celuyqui pins cfclarcit laffinité dâentre lâhomme amp;nbsp;les aftres,aucc la communicatio que les cfprits des -hommes ont auec le Ciel,duqucl auffi ils parti-
d iij
PREMIER t I V R B cipcnt.Car il monta iufqiics à telle aflciirace Je fon fçauoir,quâil oCa bien inuctoner les eftoilcs amp;nbsp;les laifler par comte à ja poftente, affignant des rancs ordres à chacune, inuenta mefmcs certains inilruments que les Ajlrol. appellent Règles de Ptolomec, dâautant quâil lesaclclar-cics amp;nbsp;mieux reduiét en pradique pour remarquer lâallîcttc, grandeur, naiflà ncc,cours, crue, déclin amp;nbsp;mort de chacune. Voire que fa tradi-tiue y cftoit fi familière difent les Latins, que les hommes en eufient quafi peu vfer corne dç chofe hereditaire, pourueu quâon euft trouue homme fuffifant pour comprendre fes inuen-tions, amp;nbsp;fc porter comme legitime heritier dâicelles. Somme q la prcfomption cft grade pour peux qui maintiennent que Icc Arabçs qui de tout temps ont efte amp;nbsp;font encor auiourdâhuy les plus grâds traficqueurs qui foient es mers de Midy amp;nbsp;Oriéf.amp; les Ãthiopicns,lcfqucls deux peuples or,t toufiours cultiué les coftçs de cefte mer rouge amp;nbsp;Perfique furent les premiers des Grccz,Latins,amp;Chrcfticns qui aient praâiquc lâvfrgcdcs Natures amp;nbsp;voyages maritins: Car les Indiens de autres Aliatiques,voire les Occidentaux enauoient i.a la congnoillince amp;nbsp;vfigc: comme PEfprit de tous peuples efl: alfcz fuffiÃt pour fubtihzer Içs commodiicz de cefte vie humaine en telles amp;nbsp;autres inuentions plus inge-liieules que celles là ; les vnes moins belles que les autrcii.toutcsfois,fclo quâil pl ai ft à Dieu qui diftribue les quai irez des relions amp;nbsp;temperatures de lâair ( dont les Vhilofop lies amp;nbsp;Médecins,
DES TROIS MONDES. x8 ont iugc procéder la diipofition des cfprits hu-niains) aux vns plus quâaux autresunais aucuns de ces Arabes fcfpaudans pour diuerfcs occa-fionspar la Syrie, PbÅnicie, amp;nbsp;autres carriers les plus prochains de la Mer Mediterranée lors quâelle eut arrefté fçs flots amp;nbsp;dcfbordeincnt, monftrcrentjdifent aucuns, aux Grecs ce qu'ils Voulurent, de la manière de les dreflçr fie conduire en mer, ce que tafeherent dâenfuiurc Sgt;c augmenter tous ces peuples, qui depuis lâarrcft de celle mer fcftre ramaflez depluficurs con-Kecs apres vue logue reuolution de tcmps,ont prins Je nom dâElincs,Achei,Grcci,amp;:autrcs tels tiltres que diuers autheurs leur ont voulu don-ner:fc môllrans peu à peu fi curieux dâhonneur, aucuns de leur profit amp;nbsp;plufieurs de lâvn amp;c lâau tre,quâils ont fait alfez de beaux volages par le Woyen de celle nouuellc Mer,Arabique amp;nbsp;Per-lîennc fur le vieil Occcan,pour dcfcouurir choies fl ellrangcs, que plufieurs en tiennent vue grande partie pour menfongcrc, amp;nbsp;difcoiiruç aplaifir pour contenter plus que pour aduan-rctle leéleui cn la cognoiirançc dcchofe certaine dont il peull faire proffit. De fe fantafier donques corne prcfque tous font cj lâinucntion amp;nbsp;premier vfage des Nauircs voire des moindres amp;petitz bateaux, vienne des Siriens qui ont toufiours demeuré en terre ferme, ny des Egyptiens enfans amp;nbsp;vpic peuplade des Ãtliio-P« qui ont eu la Monarchie de leur temps, ny des Gteez, moins cnçor des Latins plus nouveau peuple quâeux, il nây aucune apparence d iiij
PREMIER LIVRE de raifon, fi VOUS remarquez bien lentrcfuite des accidens humains qui vous font toutesiois difeours des premieres hiftoircs de ce monde. Par confequet Il vous fentcz,aucc ceux qui tiennent que les
Grcez ayent faiél Iqngs voyages qui fe puilicnt cfgallcr ou prcualoir à ceux de nos Portugais,
Italiens amp;Elpagnolzj telle enaefte lâoccafiori les moyens que ie vicn de dire, ou que pour les raifons cy deuant difcourues,vous eftimicz, quâils nâaycnt eu le cÅur, Pelprit, ou dexterite de f abandonner à fi gerands abifmcs dâeaux que porte lâOcceanûl ne faut pourtant afleurer que dâautres anciens peuples nâayent autant voyage fur mer que nous auons peu faire.Veu principa Icment quâils ont toufiours eu les moyens plus beaux dây faire plus grands progrez que nous, le me perfuade à cnpluftoft que les Pçrfcs 4^â ayenrbien voyagé de leur temps. Tant pourçe que lâEmpire confinoit à la grand Mer Occea-rie amp;nbsp;à lâArabie. : que. pour la force amp;nbsp;grandeur de celle Monarchie . Car comme Tes penâs cftats ne pcuucnt faire de grands exploits,auf-fi les puifià ns Empires ne pcuucnt faillir quâyn excellent perfonnage ne fe rencontre parn^iy eux , lequel fauorife des grands moyens que Ion cllat luy donnera, entreprendra chofes du tout impolfiblcs,à telles amp;nbsp;fi foibles républiques. Si Salomon petit Roy de ludce amp;nbsp;pays voifin, a eu le cÅur amp;nbsp;moyens dâenuoyer de trois en trois ans vnc flotte de nauircs auec celle du Roy Hiran,pour donner aux confins
DES TROIS MONDE».
dâEthiopie,OU comme difent aucuns, en Efpa-gne, amp;nbsp;les autres es terres Atlantiques, où cft ltPeruamp; Caftille dâor, quâils interprètent fon vray Ofir,amp; y tirer tant dâor choies fingulie-rcs que fes geps en rapportoient: ce grand Roy de Perfe, qui fai foie trembler le monde de fn Puiflance, amp;nbsp;que Dieu aduouë maintenir fur hterrepour dominer fur tant de nations,nâeuft nbsp;nbsp;pâj-f
ilfccu donner plus auant ? veu que demandant mantlant * a tous les peuples quâil fc vouloir alTubiettir. l'eau amp;nbsp;la terre, il fe difoit Scinneur fouucrain pela terre amp;nbsp;de la mer ? Ce qui elc a prelumer pourplufieurs chofes que douslifons de celle l'u'on r*»-Monarchie ésliurcs anciens ; veu mcfmcs les grandes amp;efFroyablcs armees quâils ont mis fur Wer. Xerxes mefmement qui couurit tout 1âElIcfpont de nauires Perfans : amp;nbsp;qui voulant punirla mer Ãgee, de ce quâcnflcc de quelque latuenuc de vents,elle auoit laiflé brifer aucuns de fes v.aifleaux, amp;nbsp;çnfondrer les autres, la fit hattre Se fouetter,comme par forme de chafti-inent quâvn Seigneur faidl à Ion efclauc.Et Cy-tasKiclinc autre Roy de Perfe , lequel acheminant fon armee pour prendre Babylon, Se
Wtne deccquvndcs chenaux de ion char a- iturt^rdJcr Mit efté emporte par le fleiiue Guide, quâil pc- .»f tÃrt foitpafler à gué ; iura quâil le feroit fi pcftit,quç les femmes mefines le pourroient palier à pic fcc. Si quâarreftantlà toutes fes troupes , il fill tant quâil luy olla fon cours, le diucrtilîà nt en ttoiscens foixantc conduits, qui luy ofrerent bforce de fes eaux , li les Gréez nâont failly dç
PRïMIER. EIVRE
c[ui flni »nt ill't-Jtré les Crics
faire ce Prince Tvn desgrandsCapitaines dé fón tcïiips, qui auoit tant dc bons Chefs à fon Confeil, amp;: qui par tant de diucrftfs rencontres auoit ia apprins combien font grands les auan-tages qui fe pcuuent prendre en Guerre,des oc-calions qui le prefentent y fi tranfporté dc colc-ie,amp;: pour fi peu perdre lâvne des grandes com-tnoditez quâil pouuoit elpcrer en la foudaincr té de û haute cnrreprife. Somme que lesGrecz fcplaifansà çultiuer la plus belle langue qui femblcauoiriamaisefté : fe font, au dire dâaucuns contentez de fe faire renommer par leurs çferitz,entre tous les peuples dc leurs ficçlcs, plus que par lâeffort dc leurs armes,quâils nâont gueres faiél fentir auant fur les cftrangcrs, foit par terre, foit par mer. Car leur voyage eu Phrygicpourla ruine de Troyc,nâcft certain, pour doute quâon a dc lâau tireur. Leur expedition en Perle,pour fecourir le jeune Cyrus contre fon frère aifnc Artaxerxes, fut fi courte amp;nbsp;fi mifcrablc,que fans lâhonneur dc Icurcon-ftance,Qn nâen deuroit faire cftat. Tellement quâaucun nâa illuftré celle nation par terre que peu de Lacedcmoniens,qui donnèrent en la petite Afic: fors Alexandre , lequel ilz nereco-gnoiflbicnt Grec, appcllans mefmcs Philippes Ion pcrc,Roy des Barbares : toutesfois il leur acquift plus dâhonneur en fes conqueftes dâA-fic,quâautre nâauoit fait parauant luy.Cc neant-meins venu au monde, en forme dâefclair qui palîc amp;nbsp;rcpalïc en moins dc tien : fes hautz ex-
;z eurent la fin prclque auffi foudaùilt;gt;
Dis TROIS MONDES 56 (Ju'fnauoir efté le commencement. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Xrt i
Si que lâEmpire Macédonien defmembréà îant de Capitaines, qui fe firent Royteletz des l'Fmfire pays les plus commodes quâils peurent fiiifir: Crtc. »clailTans aux Gréez quâvn vain défit de leur sncienneliberté : fut occafion que depuis ce-premiere feruitude, ils ne fe Iceurent iamais rclcurr,ny de biens,ny dâhonneur, ny de crean-tt vers leurs voifins: delquelz ce pendant les Romains croilTans par lâatfoibliflcmcnt des ftftcs du Macédonien: ne leur apportèrent plus de cpmmoditcz quâils auoient eu des au-tKs:viuans tant cfclaues, amp;fipriuez de repu-'âtion,queprcfque tous les Médecins, Précepteurs , Maiftres dâefcolles, amp;nbsp;efclaues Ro-iiuins eftoient Gréez, defqucls ils fe feruoient a telles vacations peu recommandables en la République pour vn long temps: mefmes plu-Heurs grands perfonnages nâen daignoient apprendre la langue pour belle quâelle full, com-roc difoit Manus : Q^celuy feroitvn grand tieshonneur de parler la langue de ceux qui ne femblpicnt nez, que pour le feruicc des autres.
Les Romains toutesfois paruenusau plus xrt. iç. grand Empire de leur temps, ne defmcntircnt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dt
guercsles Grcez en lâArt amp;nbsp;Pratique denaui-gcr.Encores quâils cfcriuét,que pour traffiquer amp;auoir cllape en Diofcuric,fur la riuicrc dâAn-temon en la contrée de Coraram, fondée par . I»/ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r \ r n Vltn.b.cA.
les Mcngrelicns près, la mer Calprcjilz le pour-Beurent de cent trente truchements, pour
PREMIER IIVRÃ
négocier aucc Jes nations qui leur eftoient fub-iettes en nombre de trois cens parlantes toutes diuers langages. Mais cela ne fortoit gueres les bornes de la Mer Méditerranée, voire fera-blcnt à plufieurs, y auoir toufiaurs efte moins pratiquez amp;nbsp;vfitcz quâeux; veu mcfmemcnt que Içs charges de dreller,cqiiipper, amp;nbsp;conduire les nauires, eftoient ordinairement donnçi aux Gréez. Tellement quâils fe feruoient aux combats de Mçr, plus de leur hardieflè amp;in-dufttieufe fubtilitc,que delà leur propre.Câeft chofe aftcurce, que comme ils ont efte près de cinq cens ans prernier que fortir dâItalie,ne sâemployans quâà combatte les nations Italiennes leurs voifines, quâils domterent en fin; auflî nâauoient ils pas grand affaire de Nauires, ne voulans fi toft sâeftendre fur Mcr.apdclà dâItalie. Car, ores que pour feçourir leurs alliez qui tenoient les Coftes delà Calabre amp;nbsp;Sicile, ils euftent ia guerre cotre les Cartageois les plus puiftà ns en AfFrique, Efpagne, Se fur la Mer Liguftique : Si cft ce quâils nâauoient aucuns nauires pour faire la guerre fnrMcr,voire vn feul vailfeau qui fuft au public ; ains sâay-doientjCnSicile bailleurs desnauiresdes Ta-rentins, Locrois, Rhcgins,amp;autres leurs afib-perfuadez par Appius Claudius rntrtlet jiZ- Conful auec Fui. Flaccus quatre censno-tnaiin, egt; nante ans de la fondation de Rome , de paflet la mer en Sicile, pour fccourir les Mamertins rtntarmet (-Qnj-j-ç Jçj Cartaseois : A: pourcc de faire amp;
dâcqmpcr nauires a ceft cfteCt ( a caïuc öcquöy
BïS TROIS MONDES 3» âfotfurnommé Codex, pource que les an-ââ â fnsappclloient Codex vn raflcmblagc dâaix ^(iepiccesdebois: mcfmes.les tables publi-*
fc nomnioient Codices (dont vient le â¢quot;ot de Code à vn iiuie ) ils drellcrcnt armee de [ixviagts vaifTeaux, dont les cent voguoient âriiiq bancs de rames, 8c le refte à trois, quâils ^Ppellerent Qinnqueremes , ôc Triremes: eh-
en cmpruntercnt-ils le moule amp;nbsp;patron
*1 vne à cimj bancs , que les Carthageois a-âSoient lailîe à la cofte, plus que demy brifcc.
quatre cens nonante deux, ils en donnèrent Uchai^c à C. Duellius, aflbcié de Cornelius Afina Conärlz, lequel , ores quâil nâeuft que fiifioings 8c Clriormc nouuelle, fans autre ap-prcntiîïagc que ccluy que les compagnons a-upient faid dans le fable quâils failoient mou-noir, comme sâils eufient efté en lâeau : il accc-Ptaneantmoins le combat naual qüâHannibal lny prefenta : où luy ayant enfondré quatorze tiauires,amp; prins trente autres auec fept mil Hommes,outre les trois mil morts au conflict, tetourna le premier, triomphant dâvne viftoi-icmaritime,auec vnc prcrogatiuc quâon luy donna, dâauoir les clairons amp;nbsp;haut bois détînt luy, fonnans au retour de fouper. Audi Heureux qüâHannibal infortunc, lequel tefu-giant dâvn autre aufli malheureux confliôt en nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Carthage ; fut mis en croix, pour exemple aux p^Ãi autres dâvne fl grande lafeheté. Surquoy Baif ««»â /â où il dit qui a dâvne dodt curiofité difeouru fur les na- JîegM uircs Grecques amp;nbsp;Romaines, fera leu auee dif-
à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;490K Proplt;
Igt; R E îA l E R. t 1 V R à crchon difant, Que les Romains cinquïnt^ mant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;apres les Confuls Atilius Rcguliis Sc Man-
»«mTirferac lius commcnceftnt de voir armee naualc pout oubié pout eux , nâayans iufques là autre fcognoilïà ncc di côuutiifa nauires que des brigantiris, fuites, amp;nbsp;autres pe* faute il aut . yg^jj^^y^jauec lefquels lesCorlaites defeen-fnfe ^uin^t- doicnt en terre, pour piller les cbltcs. Car «s »«. deux furent Confulz lâan enfuiuant de Ducllius qui premier triortipha quatre cens nonantc deux,dâvnc viéfoirt nauale quâil gaigna fur «s Alfticains, ia feigneurs de la plus grande partie de Sicile.
Somme, que les Romains ne voyagetet guc-⢠res, où leurs Hiftoriographes font fort à blaf-mer de nous auoir teu leurs exploits. Qui de tous les Hiftoriograplies Romains nous a rc-prefenté les beaux déllcings dès Empereurs Au-gulle, Neron,amp; Uutrès, és voyages quâils firent faire pour defcouurir les Mers iufqucs à lors clofes, Sc colles Septentrionales, depuis le dc-llroit de Gilbatar,iufques en Prulle ScLituanie, (1 ce que dit Pline cil vray ? Non plus que ks voyages de Terre par lâAffrique, amp;nbsp;les deux E-thiopics ? Florus fcul dit, que les Seres Sc In-tler.^. nbsp;nbsp;nbsp;diens, vindrêt faire prefens à Augullc,de perles Æ
pierres prccicufes Sc Elcphans.Auquel voyage ils employèrent quatre annecs,monllrans bien {gt;ar leurs vifagCs brullez,demy cuits,amp; fort haf cz, quâils venoient dâvn pays ôù lâardeur du Soleil clloit en clFcèt fort different du Icur.Eu-trope auffi parle de ces prefens Indiens : mais il » le tranche« court que rien plus. Quiaparti-
DES TROIS MOMDIS.
fuîariféles exploits amp;nbsp;conqueftcs de Comcl. Balbus , qui dcfcouurit triompha des Gara-®'3ntes leurs voifins ? Aufli peu ont ils parlé â^'Vefpafian,qui foLibz le bon-heur de l'Empc-'lt;^w,paira plus outre. Nous fçauons que Sei-Pb enuoya pluficurs vailTcaux armez foubz 'Hiftoriogtaphc Polibius.aucc charge de cir-'»it toute cefte plage dâAflrique,amp; luy rappor-''rtc qui sây trouucroit. Lequel luy fit certains comptes des foreftz, ée mont Atlas , que ceux eftoient de retour, maintenoient vomit
Stîndes flammes de fculanuiél, amp;nbsp;ouirvn Stand bruit de Satyres,amp; autres Dieux defo-ttftz, menans belle vie auec toutes fortes dâin-Btumentz ; mefmcs quUercule amp;: Perfens dó. â'«ent iufques là ,mais câeft tout.Etfilcs Gara-â quot;anresne furent tous defcouucrts, à caufe du â¢langer des chemins .. encor que fouz \\'fpafian 1«Romains trouuaflcnt vu chemin plus court pouty aller, le ne nie pas que les Orientaux ââayentouy parler des Romains. Car ilz fem-blent auoir faiôt courir le bruit de leurs armees vertu de leur Police, prefquc par tout lâVni-«ers. Mais câeft de renom , amp;nbsp;par vn ouy dire 'culcment. Comme ils ont aufti bien ouy par-1« des Empereurs de Conftantinople, amp;nbsp;Sultans dâEgypte, fucceifeurs des Romains. En quoy fe trompent fort ceux de ce temps, qui ayans voyage aux Indes,amp;voyans que ces peuples appelloicnt Rumes, câeft à dire Romains, IcsMamelus, amp;nbsp;autres que le Soldan d Egy--pte enuoya I y O 7. pour fecoutsaux Roys de
PREMIER LIVRE
Calccùt amp;nbsp;Cambaic, contre les defeenteS dri .d:i Portugais, qui diuertifToient leur trafic.'cfti-i»- merent que les Romains y auoient elle, Câl /fpb. re*e»M ils ne les appelloient ainfi que pour nâauoir on-ques ouy parler d^autres nations, tant que des lei Romains, de la valeur amp;nbsp;excellente Rcpubli-iniiit Orit- que dcfqucls IcutS anccftics leut auoient lou-bwjc uent parlé;loinót que ces Mameluz fc difoient po^rdâauantage fe pteualoir,hcri-Sold^n dâE- 8c vrais fuccellèurs de ces tant glorieux Romains, la valeur 8c difciplinc dcfquels ils louoientplus que dâautres' nations: iniques à ce quâils fccurent que les Turcs, Sarrazins, amp;nbsp;autres Mahometans auoient cfté vaincus amp;
defpouillez, prcfque de tout cc quâils auoient conquis en la Sirie, Iiidee, Palcftinc, Sc quartiers voilins par les François, amp;nbsp;allociez loiiU Godefroy de Bo'ûillon : car lé renom des François fut fl grand par toutes les Prouinccs Oric-tales, quâil effiiça prefque le fouuenir des au* tres. Mefmcs que lors que les Portugais dcl-cendus es colles des Indes, commenccrentà négocier aucc ces peuples, 8c faire cognoiftre leur vie, portemrns,difcipline militaire, amp;nbsp;autres aélions conformes à celles des François,ilz .It/ cgt; Jç5 appellcrcnt Franks, amp;nbsp;vfent encor auiour-terme à lâendroit de tous les Chre-t'OricM. ftiens qui vont là des parties Occidentales. le fçay bien que fi on veut iuger les Latins pat ce quâils ont lailte par efeript : que nous dirons iquilz ont voyage par tout, amp;nbsp;faift le rond de rVniucr»
Dli TROI s M ON à £ s lâVniucTS. Car ils reprcfcntcnt toutes Pro*-lÃnccs,toutes Mers,ton fomme tout ce qui cft comprinsloubz la voûte des CieuS. Comme M, Agrippa qui reprcfenta la carte vniuerlcllc détour leMonde.LâEmpercur Auguftcqui fit parfaire le Portique où cftoit porrraicfe ceftc carte. Pline, Ptolonlcc, Pomp.MelajStvabo, amp;nbsp;pluficurs autrcs,qui.ofit ce fcmblc, cxaétcment tncfuré la longueur,largeur amp;nbsp;entière circonfe-tencc de Wniucrs par leurs Gcogr.iphies, def-quellcs mefmcS ce grand Mathématicien Pto-lomee,qüi viüoit depuis eux foubz lâEmpereur Antonin,sâeft bien feeu preualóir.Mais câeft cô-â¢Ã®le nousauôns dit, des Grcez qui nâont pref-qiicricn veu en cela, que par le rapport desE-gypticns,Phenicicns,amp;autres leurs deiiancicrs. Les eferipts defqucls ils ont efté curiculcment techercher iiifques en leur propre pays ; amp;nbsp;depuis feeu fi bien agencer,embellir,difpoferamp; -enrichir par mille fleurs de leur bien dire Grcc^ lt;)ue les Latins, fc font contentez de croire amp;nbsp;mettre en leur langue prefquc toutcé quâilzy önttroiiuc.Enquoy les plusaduifez remarquée aflèz de fautes quâils leur attribuent, aucunes pouraiioir donné trop de foy aux Géographes Gréez. amp;nbsp;autres à vnc indiferetion de nous cn-uoyer par efetit ce quâils nâauoicnt veu, hy entendu ; comme Agrippa, de la longueur amp;nbsp;largeur des ifles dâAngleterre amp;nbsp;voifmes, puis des codes Septentrionales iufqucs en Prufle. Mais Plinesâeft encor monftré dâvn iugement plus tâiJ.s.f.jti précipite, en ce quâil aflcurc contrelâaduis de
PREMIER LIVRE
tous, amp;nbsp;la praétique des mariniers amp;nbsp;voyageurs terreftrcs( ou fonliurc cft merueilleufc-nrent fautif) que lâEurope eftplus grande que lâAfie.vn peu moins que de la moitié de lâAuc, amp;nbsp;quâelle eft deux fois plus grande que lâAffri-que,amp; vn fixiefme dâauantage. De forte que lâEurope tontient le tierSjSe le huid de toute la terre â¢. lâAfie le quart amp;nbsp;le quatorze ; amp;nbsp;lâAffri-que la cinquicfinc,6c la foixatiefme partie; affin rZxn.i f.éé. ie inc taife dâautres fienncs fort eftrangcs «7.0' loS. opinioni : comme que la terre nage au milieu delâOcecan, comme vnclUe mouuantej ou quelque boule icttec en 1 Eau. Quant à la conduite des nauiresjôc art maritin,quâobferuoicnt les anciens; il faid encor plus de foy de la faute ; affin que ie ne die infuffifancede leurs Hi-ftoriographcs,vn feul defqucls,de quelque langue, amp;nbsp;quel téps quâil aye vcfcu,nc fait tant foit peu de mention de la forme que tenoienteeux de fôn temps à la guide de leurs vailTeaiix.Dôt il ne fe faut prendre quâà eux, non aux Poètes /itmtr.ll. nbsp;nbsp;nbsp;Aftrologues, Muficicns,Médecins,Philofo-
phes amp;nbsp;autres, car ils ont leur certaine amp;nbsp;particuliere vaccation dâefcrirc. Tout ce quâils nous Plm.7.e4fi. en ont lai(Ié,eft quâHomcrc,amp; peu dâautres,di-fent que les Mariniers regardoient quelques Eftoilcs pour guider leur nauigation ; Et Pline qui allcurc que les Phéniciens prindrent garde les ptemiers au cours des A ftres, pour faire plus feure route en Met. Mais lâHiftorien doit sâelgayer fur toutes chofes notables, de. quelque pro feffion quâelle foit. Et deuoient cftie
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cela plus curieux quâen mil autres vains difr tours, efquclz ilz fe plaifent tant. loinâ: le beau amp;nbsp;tant rare feerçt de Nature. Puis les mcritcilleufes comnloditez que tire Phuinain genre de telle gt;5; fi hardie conduite de Nauircs. Qui cft lâoccafion de nous y faire eftendre plus ?ulong6i à loifir en autre endroit. Veu que lclieu amp;,l^ qualité de ce petit narré fà iâ¬l à la dtfrobee^e le permet.Car iâefperc vous faire Wir les moyens que tenoient lcsGrcczamp; autres nations, à fe'guider amp;parinener fur toutes Mers. Puis ce quây adioufterent de diffe-lent les Romains, en apres ce que les Iuifz,A-»btSjMoreSj Indiens amp;nbsp;autres , y ont depuis praftique ; pour fin comme les Chreftiens Sây portent, Difçours qui ne fera moins plaifant pour la recherche des antiquitez, que croffi-tablcjà ceux qui en voudront faire lâexpe-riencc.
: Pour ce coup îe nay voulu fiionftrtr que les differents aduis des hommes de ce temps, fur la defcouuerte de terres fi effranges. Sur-quoynâeftant mon naturel, dâembrallcr aucun parti en chofe tant incertaine , moins ïticor de iuger du merite dâaucun, par la feule rencontre des occafions ; ains plus loft par la continue des vertueux cffedlz de ceux qui vifent au public, plus quâà leur particulier. le ne marrefteray à vous difeourfiÿ' filesfubicûs du Roy .tref-chreltien,ont efte les premiers à , defcouurir ces. terres, comme «iijciinj difent , amp;nbsp;quâil s'en efl toufiourü
lt;r 1,
P R E M I ! R. ttVRS
trouiic dâaulfi aiianturciix, dâaufli pleins dâaiia-rice amp;nbsp;cuiiofitc,quâcn autre nation: ou sâils ont cfté Flamâs,Anglois,ou Italics natiós peu moîJ touftumieres à voyager, y a fix vingtsans que les Efpagnolz amp;nbsp;Portugais. Ou fi Dieu a vou-, lu particulièrement gratiffier ceux c.y fur tous autres dccepriuilcgc. Duquel ncantmoinsilz hâont pas tant recommande la faneur amp;nbsp;noblef îè,que faiél remarquer à tous Chrcftle'îfs, luifs, MufulmâsjIdolatreSjamp;InfidcleSjla vtdne infuf-fifance du naturel de Iâhóme : duquel lapaflîon jpour bonne quâelle foit,voire employee en vertueux fubicdjfe laific neantmoins fi toll cortó-prc,aux occafions ôc apparences mondaines, Ti-sMrtja»«/« quâon doit faire gradeliat de ceux quepardif-haLitablci, cretion(non par fortune commune aux bien amp;nbsp;mal aduifcz)ont eondtiit leurs defleings à béne fin.le ne mâemploycraÿ doc quâà diuifer ce que les hommes iugent habitable, en monde vieil* neuf,amp; incogneu. Le vieil comprend lâEurope, lâAffriquCjamp;rAfie.Le neuf, toute iâAmerique a-uec les terres dites neuues, Labrador Ãotih tap- îaod, Puis les autres continentes depuisledc-fttllmt ttrre ftroit de Magellan,iufqucs au Nort,Royaiimcs Jti faptgAyj, de Quiuira, Aniam , amp;nbsp;autres contiguës cont-f nojire pfifes fogj la ncuuc Efpague. Lâinconnu nous ^ena '* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Auftralc, appellee par les Efpagnolz
amp; Portug.T'errx de//«e^»,qucFernand Magellan (bien que dâautres le furnomment de Martiti BoEmien)palïà Ibubz le bon-heur, amp;nbsp;aux def-pens de lâElpagnol, lâan mil cinq cens vn ,pout dcfcouurirla Mer du Su, par laquelle il eher-
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cJioit les MoJiicques. Or dâautant que les Peuples, les defcouuerrcs dcfquels nous enten-teefclarcir à chacun, font partis de lâEurope pour conquérir ce Monde nouueau ; amp;nbsp;que lt;1 ailleurs,il Z ont conquis amp;nbsp;peuplé en menue ' ' temps, prçfquc toutes les coftes dâAfFriqueamp;
Ane, principaux membres du vieil monde: Mc femble quâil cft expedient vous donner v-Sample amp;nbsp;particuliere deferiptiô de ces trois jfepartemeni patties, deuant que toucher à noz defcouucr-'es. Car comme la Geographie cft lâÅil natu-eel.amp;la vraye lumière de lâhiftoirc : tout nar-'eferatoufiours obfcur, amp;nbsp;nefçauroiton bien eoniprendrc aucun difeours pour vray quâil o/â«»-^ft,fi Ion ne cognoift premièrement les lieux, â¢'humeur du peuple, amp;nbsp;la qualité du pays du-^uel on entend parler. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;F./fagwl:^
Cevieil monde embrafle de lâOcccan, eft pref-H^âenfon demy tiers retranché par la Mer Mc-â¢iiterrance; laquelle feparant dés le deftroit de amp;nbsp;âS ^â¢ilbctar lâEurope de lâAfFriquc,ayant ictté par- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yenle
tic defescaux iufqucs à Venize, pour borner ^quot;i'juondie â¢esGréez 3c Italiens, faict lâArchipel ou Mer Ãgce, qui diuife les Grcez de la Natolie. Dâoû PîffantlâHclcfpont, SsPropontide, coule par futnjîc eiÃc â¢'c Bofphore, entre lâAfic, amp;nbsp;Conftantinoplc, dtuiÃotfffdS poutfaircle PontEuxin, amp;nbsp;Paluz Meotides, où fe defgorgc le Tanays, qui retranche les fins / quot;nbsp;^elâEurope, 3c dâAfic Septentrionale : comme, da
â¢c Nil fepare les AfFriquains des Afiatiques. ti~ Ainfi * lâAffrique bornée au Icuant, de la Mc-'iiteitanceau Nort, Sc de lâQcccan au refte : cft quot;ât
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PMMIER. tIVRB
tÃtnJrt fepartie en quatre principallcs Prouinccs. ta l Ettrtpti»!'- J noble eft la Barbarie, amp;nbsp;où font les titres Je Tar- blancz. Depuis le mont Mcics,a trois cens tarie, cSfre- jtiil dâAlexandrie, elle court la cofte maritime
Aiaf- iufqucs au deftroit de nonatc iournecs en lon-^Ja'^e ^âorf' , 8c de quinze en trauers, du deftroit cl-S.âjviclat amp;nbsp;prend les pays voilîns de lâOccean, pour fi-(y taustes les nit à Mcllà , au chef du mont Atlas, amp;nbsp;au Mi-
lt;î la Aier
It.
fur les racines de ce grand mont,compre-li la Alt, quot;nbsp;Royaumes amp;nbsp;feigneuries de lâEgypte Septtttima- deçà le Nil, de Barca, de Thunes, Bugié,Algiet Trcmiflân,Fez, Azamor, Ducala, MarroqueSi peu dâaütres ,quc les malaifees aduenücsdes *feuâ)[âlti*âief- niontagnes, ccllent 8c contregardent de leurs voifins.Ladeuxiefinedifle Numidie pays des
cQuuertei^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i z .
moJtrnei a'n Palmcs , nommee des Arabes Billcd^ulgcrid, fontmentiS- .⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;â¢â quot;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ' nbsp;nbsp;nbsp;â
neetîts Pr»* gt;wô-atfx
^arba» rie.
tient au leuant la ville Eloacat, cent mil dâEgypte, sâeftendant iniques à Nun fur lâOccean; le mont Atlas vers la Tramontanc du Nort,amp; les
Arcnes de Lybic au midy : contenant quelques
Lrf r.yhie d'viffrtijue.
Royaumes,comme Seb, Billcdulgerid, amp;nbsp;vers lâOccean, Azanata, Argin, Toffian, amp;nbsp;autresde petit nom,que les Portugais ont defcouiiert.La r.a NumiJie troifiefine eft la Lybie, laquelle nommée Sarri ^ â ^ffriqut, par les Arabes, prefque toute là blonneufe, amp;nbsp;par ce moyen comme deferte, prend vers le Nil, les confins dâEloacat: coftoyant Atlas,iuf-ques à lâOccean : referree de la Numidie versie Nort, 8c des Noirs au Midy; Iciquelzcorn-
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, mandans à la quatriefme Prouincc, tiennent
A/ôirscff nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Orient au Royaume de Goaga, iniques a
^ffssijxe. Galata dâOccident. Puis ont la Lybic au
»SS TROIS MONDES.
Nort, amp;nbsp;du refte iufqucs à la Mcr Occeane Vers kWidy : Leurs Royaumes font fur le fleuuc Niger qui croift, deferoift, engrclfe amp;c desbor-lt;lccomi-ne le Nil:qui fur occafion à aucuns â¢1«anciens de le dire prendre inefme fource, amp;nbsp;à dâautres modernes de le tenir pour vne des branches du Nil; auec peu dâapparence tou - [,c/i»ydei '«fois à lâune 5c lâautre opinion. Outre les O Royaumes des Noirs, le Portugais enadeC- delahautt lt;:ouuerc de grandi amp;nbsp;riches furies coftes de l'Oeccan, comme Tombut, Melly, Senega, Guincc,Gilolo,Melcgete, BeniUjSe autres ; au- mcfrefin lt;îinsdefquclz,trenchans la pointe du Cap de ^'onncefperance amp;C au delà , font tenuz par ^oys Mahumetans amp;nbsp;autres Idolâtres : fors nombre de Royaumes, aufquelz foubz le nom et dtf-deChrift,commande deçà amp;nbsp;delà le Nil, le ^oy de la haute amp;nbsp;balTe Ethiopie, dit Preftre-lean iufqucs à la Mer Rouge: amp;nbsp;le Sultan d'E- stitiéntri^, gypte, quâaucuns veulent nombrer entre les imtamment PionincesdAffriquc, en ce qui depuis le Nil defmisleflc»^ regarde la Barbarie, laiiïà nt ce qui cfl; au pont le commencement dâAfie : laquelle sâef-tendant fur les deux Arabics,amp; au delà le Golfe Latirff nc\ Perfiquc.contient vers le Soleil Icuant.tout ce oatlaiÃenen OjUi fuit les coftes de la Mec Indienne, amp;nbsp;lâcn-tiedeux des terres cfquclles sâeftendla Moiiar-tniedes Perfes, iufqucs à la Chine, Quinçay, la Tartarte, dcGathay, Tartaric le grand Cam ou Em-pfreur, de laquelle commandant depuis la c-Mer Orientale les flcuues Cormoran,mont
JHrZ* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;. S nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» »er J
djYlon,amp;Albic, iiuquesala Mer de Bachu,. 4HX ftncieas,
C iiîj
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XâKwr» trt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Scithic: rend lâcftenduç
freftnletfeli gnindc fcigncuHc voifinc vers le Nort /f/ Gâfo^«- i^c la Mofcouic , qucTanays qui fe rend à lî phrs'iimari- 'J'an.'idc la iMer maiour, dcuile de lEurope, n^rt â]uf ont Laquelle outre les Royaumes de Suede, Nor-fayt'âppri)-â «cge,Finland, Fininark,Lapie, S er finie, Corc-fbans du Ptl lie, Biartmic, Botnie, Nouogardc, amp;nbsp;autres yfrelbjue peu connus,amp; plus prochains des heureux Hy-iuf-jiKi^itxpcrborccs foubz le Pol Aréique,vcrs le Nort gurltianaçf 1 Empire des Allemans, aucc les Royaumes de Cnt:^ Mofcouic, Polognc,Dancmark , Holande, if-Znttnsa- les dâAngleterre,Efcoirc,amp; Yrland« les Gaules t^ao- pjp la France à rOccean,iâEfpagncamp; lâItalie H' au Midy: puis la Grèce, amp;nbsp;les pays quâarroufe le Danube au Leuant. Et bien quâautresfois de loy Payenne, amp;nbsp;Idolatriquç, comme prcfque tout le Monde; amp;nbsp;depuis la venue du Meflias peantmoins, faite Chreftienne. Prefquc tpiitc anciennement foubz lâEmpire Romain : mais au déclin dé fes bonnes mÅurs, dcfmcmbrcc par rimpourucuc defeente des Septentrionaux pe sâeft vcué moins tourmentée par diucrfto dâeftats , ennemis le plus fouucnt les vus des, dt tSt autrcs( qui tous ont accreu leur pctitciTc de la Stflais lt;n grandeur dâvne fi fameufe Monarchie) que par l'puTope. Lt furuenue des nouucaux cftrangcrs enjambas fur eux, par l'occafion de leurs partialitez plus que par les autres moyens fuffifans à leur ruine; les Turcs mefmcmcnt amp;nbsp;Sarrazins.
Pourcc que nous nâauons affaire pour le pre-T.t?. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAfic è( dâAffrique, nous
laiflcrons lâEurope à vn autre fubicû. Or bien
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qu elle ne face le tiers de la moindre des deux rit t/^urd i autres parties de ce vieil monde : fi eft ce que Æquot; ntttüit toufiours mieux peuplee que lâAfFrique 8c lâA-lie, pour belle amp;nbsp;riche quâelle foir, a produiél lt;les Princes qpi fe font monfirez plus grands dâcfprit amp;nbsp;de courage, que dâeftenduë de pays: tu ce quâaucuns des premiers forcez de defehar ger leur pays/ionaflez fertil pour tantdeper-â¢onnes,amp; chercher ailleurs demeure plus commode, autres meuz du fcul defirdâvn honneur immortel .⢠amp;nbsp;des Chreftiens, alfez de Princes poulfcz dâvn zclc ardent à conuertir les eftran-gersà lacognoiflancedu filz de Dieu:Pluficurs dâvncinfatiableconuoitifedç fenrichir, amp;ac-croiftte leurs feigneuries : 8c ceux de noftre temps, animez par toutes ces oçcafions enfem- lâi:âro^e ont Wc, ont hazardc leur vie, leur bien, leur hon-^cur,amp;conference, à troubler lâaife de ceux
qui comme frères domcftiqucs,en cçfte grande ^â1, maifon mondaine, ne demandoient quâà palier cjuenr temt ie rede de leur iours en paix 8c contentement de ce que le Ciel amp;nbsp;la terre leur enuoyoient pour le fouftien de celle vie humainc:nous fai-fins voir 8c à leurs voifin», par le changement amp;nbsp;ruine de tant dâeftats, quâcncor que ccluy ne fi doit rien clmerueiller,qùi auec la grandeur diuerfitc de ce monde,iu^c les channemens, amp;tantde variables alterations en toutes cho
ses, nâauenir que par vne certaine voire ctcrncl-fimcntarrcllee éternité diuine:Si-ell ce que ce-fi nous doit dâautant plus refondre à vn Chrétien dcuoir,quc confiderant la foiblçilc de no?;
PREMIER. tlVRE'
* (cns amp;nbsp;nul arreft de nos aólions : voire en vu tnot la vaine vanité de tous mortels,Dieu nous fcmod amp;nbsp;conduit comme p^r la main,confidc-rans fi eftrangcs amp;nbsp;ordinaires varierez humaines à efincruciller fa toute-pudfance,adorer fon läinlt;ä nom, lâinuoquer en toutes chofes, nous afleurcr en liiy feul, Sz ne farrefter tous quâen, lès promefles, Icfqucllcs feules ne f alfLiicnilciU à aucune mutation-
Or laillà nt pour vn autre fubiecl les con-queftes des Payens Gauloisiie ne pretends parler que des entreprifes Chreftiennes fur les inr fideles ; encor tairay-ic celles de noz anceftres lôuz GodefFroy de Bouillon amp;nbsp;autres Princes Fr2nçois,mefinement en Afie amp;nbsp;Affrique pour lâexaltation de noftre foy Chreftienne, à la diminution de ridolatrique, amp;nbsp;Mahumetanc, 'lefquclles tenoient enforcellez les cerueaux de prefque tous les peuples AfFriquains, amp;nbsp;Afiati-ques fous la vanité de leurs Dieux amp;nbsp;faux Pror phete Mahomet.Mo delFeing nâçft que de vous clclarcir, le motif, progrez amp;nbsp;finale execution de ces delcouuertes Efpagnoles êi Portugaifes; plus renommées, mais prefque aulfi. peu con-gnuesque les voyages raaritinsde lafon, des Argonautes , de Petfeus amp;nbsp;autres Capitaines Ãrccs, fameux pour leurs hardies amp;nouuellcs entreprifes de leurs temps. Or comme lâhomme auifé fenfagift par la faute dâautruy, ic les repeteray des leur commencement,amp; les pour-fuiuray iufques à noftre temps, aiicc tel ordre d.çs années que le difeours en fera plus cfclarcy.
DES TROIS MONDES. jS ^fort ai'fé,nc mâaydant que dü propre récit de ftux qui ont voyagé, ou qui du moins en ont it plus vcritablemét cfcrit.Au rapport defquels âcnlacctay çe que i ay veu amp;nbsp;praôtiqué fur Mer 3UCC les Portugais, ScEfpagnolz, pour ne déduire chofes fi rares en apprenty, comme plu-ficuts ont fait iufques icy. Sans doute ceux qui ontvoulu donner cognoiflance de ces defeou-â¢icrtcsà lapofterité.lê font mefpris en pluficurs fhofeSjles vns nâobfcruant 1 ordre du temps qui fot inerueilleufement en tels affaires. Dâautres tommençans les defcouuertes fans les pôuffiii-We, pluficurs au rebours nâen traitas que la fin, qui fcft paffé de leur temps;amp; fi,iâofc dire ^parlant auée vneeftrange paffion qui les a fcrt reculez de la vérité : fins les reprendre de leur longs amp;nbsp;trop prolixes difcoursmy mefmcs 'l'ie la plus part ne pOuuoicnE auoir certaine eognoilfanccjde ce quâils entreprenoient de diC eourirpour nâauoir cfté fur les lieux, ny veü la toer que par eferitz .'la Nauigation amp;c longue pratique de laquelle, cft en cecy plus necciûi-'e que le beau langage, ny tous autres artifices dont les cfcriuains font couftumiers dâembellir leurs narrez. Or pour ce que les defcouuertes dont ie veux parler,ont cfté tai-éfes par les peuples qui habitent lâEfpagnc, cfquels font com-pùns les Portugais ; il cft tref-ncccftâirc que 'âous fçaehiez amp;nbsp;en peu de parollcs,lâeft.it de cc puys,amp;: comme ces deux nations vnics, fc font leparces pour chercher lâhonneur, amp;nbsp;proffit qui Icurpeuft cftrc particulier.
PRÃMIIR 11 V R r
'A R T. 10? nbsp;nbsp;nbsp;LâE/pagne ( fouz laquelle vont les tiltreîd«
Diiurs ehan Lufitanic lic Portugal ) dés long temps poflê-P^*' peuples pftrangcrs , Africains jr,H. mefmemcnt Gaulois amp;nbsp;Phéniciens, vint en h puiflà nce des Carthageois, que les Romains chalTercnc, Icfquels furent en fin forcez de e^' der aux nations Germaines amp;nbsp;Septentrionales; entre lefqucl? les Gotz y ont les plus vieux commandéjiufques à ce que Roderic aiant ofte la Couronne à Vitiza pour fes criiautcz, força la Cana fille de lulien Comte de Septa en Afigt;' que,qui leur eftoit obei'ifinteifi que luIicn curieux de venger fon iniurc particuliere par la ruine du public, perfuada, amp;nbsp;en fin donna pai-fage au Prince des Arabes Mufii ( quâaucuns ap pciloicnt Miramolin ) fouz la recognoiffancc de lâEmpereur de Babylonc dâenuoier Vlit,pn'S y fut en pcrlonnç aucc fi grand nombre de Sarrazins quâen deux ans ils ruinèrent le Royaume des Got^, amp;nbsp;fenfaifinerent enuiron lâanfcp cens quinze, de toutes les Elpagncs, apres h mort dâinfinité de Chreftiensnors des Afturcs» amp;: CantabrcSjdcfqucls cinq ou fix ans apres,Palagins amp;dc Nauarre Garfius,fôrtirent des montagnes pour raflcmblcr le refte des Chreftiens, 6c y regaigner par vn long temps,ce quâon leur auoit ofte en deux années : mefinement aptes trois groÃes defeonfitures de Sarrazins en Gau-lerlcfqucls ayants cftablis leur fiege à Cordubc non contens de reftenduë dâEfpagne, couroict lâItalie, les ifles amp;c les Gaules aucc vn piteuxta-ùage : iufqucs à ce que les Roys de France let
DES TROIS mondes.
durent faift referrer en leurs premieres conquests. Efqucllcs ce petit rcftc de Gots, fccourus Scs François, regaigna peu à peufes premiers âuantages, par leurs difleUtions ciuiles neant-®oins,plusquepar autre moyen, iufques en linmiltroismiefiuemcntau regne d Humeya; lequel voyant Hiflà n Roy chafl'é : le fit ïaluer lloy par troupes de ieunes gens qui le fuiuoict, fcfpondant à lâvn qui luy confeilloit de caller temps, nâaccroiftre par feditiôs le malheur
Sesfiens,amp; inefmcs (c garder des inconueniens 'lui luy pourroient auenir dâvn trop indiferet Serirdccommandèr.ile«^»M^X_»29' fturceitur- sgt;temigt;le demain fatbits de mey (eqtdtl nâ extreme
âquot;w finira. Ainll déclina le Royaume de Cor- « Silbe; Car piiis apres felon quâvn chacun des Icigncurs Arabes, fc voyoit plus fauorile j fc fSloit cllire, amp;nbsp;refidoit icy où là , comme bon lüy fembloit : dreflans les Chreftiens ce pendît leurs formes des Royaumes quâils gaignoient liitci'ix.Commc celuy de Lcon,de CaftillejdâAquot; â^îgon, Galice, amp;nbsp;ainfi des autres : iufques à ce Sue les Couronnes maintenues par Vue conti-tiuelle fuite de léurs delccndans,ayent efté afe-fteesaux races qui commandent aiôurdâhuy en
î tes cartiers ; aufquellcs les aiittcs feigneuriei ! ont efté comme par celles incorporées au prin-eipal amp;nbsp;plus noble domaine de la Couronne Sâvn chacun ; comme celle de Caftille eft prel-que toulîours venue de pcrc en fils à Henry quatricfmc filz de lean fécond, lequel pourueu Sc la Couronne,amp; aflignant fomme de deniers
P RE M ï E R 11V RE , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Tur le rcuenu de fes terres à leao Roy dâAragon amp;nbsp;Nauarre:aflbpit Ies vieilles querelles de lâA-ragonnois 6c de fon pere. Il eut ifabcllc de leannc fille dâEdouard Roy de Portugal, bien que plufieurs tiennent quâelle fut fuppofee,vcii quâil eftoit inhabile pour engendrer.Puis aiant rat quelques allez heureufes entreprifes contre les Mores 6c Sarrazins, décéda : u fille eftant mariee à Fernand filz de. lean Roy dâAragon dfc Nauarre,pour le decez dâAlfonce fon fic-i,y à U Ca. retlequel appcflc dc Icannc derniete de la race Royne de Naples, contre Loys dâAn-iX nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;joUjla remit en fon Royaume,amp;apres quelques
variables accidens,y mourut paifible,par ain-fi Fernand Roy dâAragon amp;nbsp;de Caftille par là femme, gouuernans enfembic amp;nbsp;efgallement ,comâ il eftoit pörtc par le contrad de mariage, leur Royaumes : reeeurent du Pape le tiltre de Catholiques, pour auoir ofte le Royaume de Grenade aux Mores Africains.y ayans comma-dc fept cens quatre vingt ans, dçfquels toutes-fois il ne peut fi biê perdre la racc,quc plufieurs ne fc rctirallcnt es montagnes de Grenade; il chalïà aulîî les luifs de fes terres,fils nâaimoient mieux recoghoiftre la foy Chrcftiénç,puisefta-blit lâinquilition contre les nouucaux baptifez, rccidiuas en leurs premieres fan talies quâils ap-pelloieiit Maranes. Sous le bon-heur, fraizamp; authorité de cc Prince 8c Princclfe, le nouueau monde fut defcouuert à tous les humains,cônic vous verrez apres que ie vous auray deduiôl lâo-iiginc 6c progrez du Royaume de Portugal.Cî
DES TROIS MONDES? 4à ie tiens pour neccflà irc deuant que donner Commencement à hoz dcfcouucrtes, dâautant ^0 il a toufiours fait branche au tronc dâEfpa-pour mieux dire fcft monftré cornâ vn petit rameau forty de la branche de Galice, que *etronc dâEfpagne portoitjfors depuis quelque V ^P^jQtic 1 indultiieulc hardielTc de lean, lâef-oamp;decevieil arbre pour le faire louche de plu-âtursieûons quâil aproduid, tant en Europe, ^fcque, Afic, que nouueau monde. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Alfoncc fixiefme,fait par longue fucceflîon A R T. tri ^oy de la plus part dâEfpagnc mil foixants fix, O ^yant prins Tollcde fur les Mores,dôna le Por-â(tgal occupé par les Sarrazins (qui faifoit por- anmt de P»f c*on de Galice) au Comte de lâimbourg Henry âCtond, fils de Guillaume Baron de Icinuille amp;nbsp;^tic de Lorraine,par fuccelfion de Godefroy de Modillon amp;nbsp;de Balduin fes frères Roys de Icru-Jâlcmitous trois fils dâEuftace iS.Cômte deBo-°8nc,amp; dâide fille amp;nbsp;feule heritiere de Gode-«oy Duc de Lorraine.Car ce Comte accompa-Stic de bon nombre de Gentils-hommes Fran-
Sois'.nommement de Raymond filz de Guillau â®oDuc de Bourgongne,de Raymond Côte de Holofe amp;nbsp;plufieurs autres, poulTé dâvn defir ^honneurjamp;r dâaccroiftre la foy Chrcfticnc lâe-ftoit allé fecoiirir bien empefehé en la guerre q âWMores amp;nbsp;Sarrazins dâEfpagne luy faifoient. Ou il fe porta fi venueufement quâil luy donna outre le tiltre de Comte de Por tugal,Tircficlà naturelle en mariage pour la recognoifsacc â¢^5 les vertâamp;fignalcz fciuices quâil lui auoit fait
PREM IHR LIVRE
en guerres palFccs. Auquel zJfoncc fon filz fur-nommé Henryquez fucceda, qui fc fie appelle Duc, puis Roy de Portugal, amp;nbsp;retira prefquc tout, amp;nbsp;mcfmcment Lifbonne des mains Sar-razines, apres la memorable bataille quâil gai-gna fur cinq Roys Mores-.pour le fouucnir def quels,ou cônie difent les autrcs,des cinq play es quâil y reçcut(appcllé Roy par fon armeejehat-gea lâEfcufibn qiie fes fuccelîchrs portent, auquel cinq autres petits fortt grautz. Il fit fon Royaume feudatairc Sc cenfier au Pape Eugcnc troifiefme, lequel auflî luy donna de grands priuileges amp;nbsp;immunitez. 11 régna iufques en lâan 1186. que fon fils Sanchc eut Ãlfoncc fécond, fuiuy de Sanebe fécond , puis Alfoncc troifiefme , Denis premier , Alfoncc quatrè, Pierre amp;nbsp;Fcrnad fuiuy de lean premier, baftatd tiré de lâordre de Citcaux dont il cftoit maiftre, pour prendre la Couronnedaqucllc il affrachit de la rccognoilTmcc quâelle auoit roufiours re-du au Caftillan : puis curieux de croiftre la réputation,amp; aggrandir lâcftéduë de fon Royau-irît.'voy aht dâailleurs les courfes ordinaires des aneitit- Motes qui dcScpta amp;nbsp;ports de Barbarie def-nt ytüe d'j4f cendoient és coftes de Portugal, dâoù ils ne fe * rctiroient quâaùcc infinis dommages, enuoyi vne armee pour la prcndrctellc f cftoit rendue pour la commodité du trafic, la mieux peuplée amp;nbsp;ciuilifcc de la Mauritanie, dont elle cftoitca-pitalle.du dedans amp;nbsp;dehors de laquelle on peut voir lariuicrede Grenade fur le deftroit, iufques à dilccrlier les elpcccs dâanimaux dâvn cô-
fiïs TROIS MONDES. 4I
ftcà lâautre : car il nây a que douze mil en lar-Jcur.Lcs Portugais la prindrent aifement : Car tomme les habitans fuyoïcnc pour aduertir le Roy de Fez de leur venue amp;nbsp;de la prifc.-nâen Voulut laifTer le feftin pour la fccourir, ains fit tontinuer le bal.tant vue vaine amp;nbsp;parefleufe at-fcurancc de fes forces luy faifoit mefprifer nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i-
les ennemis. Arzilla voifine de Septa luy fut fubinife tributaire par les Romains,puis aux Gots amp;nbsp;de là aux Mahometans,par deux cens »ns iufques à ce que les Gots amp;nbsp;Anglois la pillèrent,y mans plus de trente mil petfonncs,fi quâelle reftadeshabitee par trente ans,en fin les Princes de Cordoue la repeuplèrent, amp;nbsp;f cnri-chifToit peu à peu par le trafic,quand les Portugais la prindrent en mefme temps que Septa. Dâoù ils menerét prifonniers en Portugal tous l«liabitans,defqucls eftoit Mahomet aucc fon petCjlà retirez pour la rcuolte dâaucuns de Fez. , Car celle ville fut afliegee amp;nbsp;enfin prife par Sau, pendant lequel fiege le Portugais enuoya /gt;quot;ÆÂ«., fonarmee en Arzilla, où ce Mahomet amp;nbsp;fon pne furent pris amp;nbsp;tenuz captifs fept ans. Mais apres auoir paye fa rançon amp;nbsp;depuis receu amp;nbsp;appelle des Feriicns.il la furprint aulfi toft,met-tant les Mores efclaues en libertéitoutesfois les
Chteftiens fe retirèrent au Chafteau.âoù ils fçeu T'anima f»f tent fl long temps temporifer, promcôtans de h drflra,t fe rendre de temps en temps, que fecours leur v.4 vintfouz Pierre de Nauarre, lequel força le Roy de debufqutft, amp;nbsp;furent depuis tous fes , tffottz vains à la lâauoir, y ayant le Chef bafty r« /»»z U
PREMtEk LIVREâ
oTZ- vnt fortcrcllc amp;nbsp;bien pourucu de tout Ic be-* ioin, Taneia futaudi attiibnceà Septa.iufques a Eaourd i.\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i'quot;^zi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/â¢
qt^'aticHfis nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mahometans I cn emparèrent,aucc
fourcffitr. Arzillaj dâoil les habirans fc retirèrent à Fez.
Surcc Ic general de Farmee Portugaile y cnuoia
â â â vn Capitaine aucc ttoiipcs qtii la tint pour le dNnt^lca Roy,pourcc quâcllc eft dâimportance amp;nbsp;frotic-r'f. des monts de Guynieres, ennemis des Chre-fticns.Mais vingt ans au parauantjes Portugais uutlt;-n placti y auoient eile battus par deux foi'iCazarElza-rv fâefloient ëquot;quot;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;æ Palais imncur, Cite qui leur
»IJuiettM,pâ:s eftoit voilînc,fut baftie par Mafor Roy de Ma-ho»r«fi^g,. roc,lequel pallant prcRjuc tous les ans en Gre-diHicilinicnf.fit baftir celle ville qui lt;« Jefeo;tHârtr dclcoiiuve toute la riuicre de Grenade à lâobieôt fur Mtr let dâicelle.Lcs Portugais neatmoins lâont furpris. nftesd'i^f. Tettequin voifine fut aulîî prife fur les Gotz frgt;gut, four xialionictans cn mcfmc temps. Depuis r» Jin ouvrir f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠i a t ? ⢠i 1
le trafic det l^s Vortugnis la priiidignc amp;nbsp;pat la fuitc dcs lu-Jndei crdts bicans elle demeura 69.3115 defcrte,iufquesà ce Mtlugurs, quâelle fut tcdrcdcc par vn Capitaine de Grtna-f'r de Almada fi fort renóme es Guerres d Efpagnc» efftcerns def , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, r 'J
gueltes ,l a- 4â^quot; P'^la aiicc Ic Roy a Fez,apres q dom Fernaa ucttouj far- '^oy dâElpagnc lâeut chall'é de fon Royaume.
Donques apres que lean premier eut pris Septe la plus grande amp;nbsp;riche de la colle de Barbarie,ciiricux dâauancer fon nom,Ion proflit,8c la Religion Chrcfticnnc, enuoya dcfcouurit U colle dâAftfiqueîPuis Henry fon fils poulfa on-trciSi que plus on luy rapportoit chofes eftran« ges amp;nbsp;plus luy croilTbit lâcnuic de fçauoir. Tel-Icment que ce défit fuiuy de 1 induftrieufe hat*
DES trois mondes, 4» ^iiciTe de (es capitaines amp;pilotes,luy delcouiiriC bcsucoup de nations amp;nbsp;prouinces nouuellcs. Faifant neantmoins ce pédant forte guêtre aint Roys de Fez en Barbarie i iufques à coilrir tous les ans les coftes dâAfafy amp;nbsp;Mulîà prouinces de-J)cndâtes de Fez,aucc grandes inCôinoditcz des Mores amp;nbsp;Barbares. Ce quâils ont depuis telie-Inent cóntinuc^que lâaprétiflagc de la icune no-blelFc fe faifoit pluftoft cotre les Mores en Barbarie qnâcn autre lieu.Voire quâvn icunc gcntil-bôme nâeftoit veu de bon Åil par le Roy Eina-tgt;ucl,filn'efl:oitfis;nalépourquelquâaôtedcVa-leut quâil eufb fait lut les Barbares.Ãf comme le gencreiix cfptit dciîrc toufioilrs cognoiftre pader auanf.FIcnry fit eu peu de téps courir fes Carauellcs iufques au Cap de Nom, ainfi diét pource qiAiucü nâauoit oie paficr outrciqui eft fn lacontreedeSus fouz Maroc prêfquevisà vis des Canaries, les jJus prochaines Ifles de Portugal apres Madère. Puis infatiable en co^ gnoiflace de chofes rarC', amp;nbsp;pour toufiours plâ 'ncômoder fes ennemis,il donna charge de paf-leroutre.Et bien q par deux fois on luy râappor quâô nâauoit trouué quâarenes à plâ de trois cens lieues de là :Si eft-ce q luy croiflant de iour lautre le defir de cognoiftre,fâaflcurant de choies remarquables qui y eftoient,par le hazard amp;nbsp;âlifficultc quâön luy rapportoit eftre à les aller ttalitm lt;iefcouilrir,eh dôna la charge à Antoniotin vfe- «quot;f «â»»frt It denier gcntil-nSme Genois,amp; à Lôys Cadamo quot;***' He Veniticn,qui lors venus de Venife au Cap de flHm. S.Scbafticn pour aller en Flandres trâfiîcquer,
f âJ
PREMIER 1 I V R ï frmîtridef- f offrit à luy faire feruicc, pour la réputation «»«rt pm- qxiâauoient lors les Vénitiens au faid de la ma-plts^amp;-[tfrns . iffqùcls amp;nbsp;les Genois auflî,faifoient lors prefque tout le trafic delà Chreffienté,par la £fpa^nigt;!) Mer de Leuant:mefines en ce temps mil quatre «â/âff» J O f» çens cinquante quatre les Efpagnols nâauoicnt fn Iti ^le defeouucrt,ny les Portugais,fors le Cap de Nom, amp;nbsp;les files de Port-faind, dâoù ils tirent ©⢠«xtrfx. le Ãng de Dragon, prenant la gomme qui di-ftillede lâarbre encifé de couleur de Ãng, 5ilc bon miel, auec lâiHe de Madcre fa voifinc 1590. enuiron vingt quatre ans parauant le voyage de Cademofte,amp; les quatres ifles de Canaries,à trois cens vin^t mil dclà ,qui font Lanzerotte, Fort-auenture,la Gomcre,amp; le Fer, dont Ferc-ra Gentil-homme de Seuille valïal du Roy dâEf pagneeftoit Seigneur. Vray eft que Guillaume de Betencour François Normanr, auoit coquis fur les Mores Lanzerotsp mil quatre cens cinqlt; Mais fes heritiers la vendirent aux Elpagnolz, defcjuels elle vint aux heritiers de Fernad Arias du Seiauedra Gentil-homme de Seuille, le Fef amp;la Gomere, au Comte dom Guillem Peraça vallà l du Roy Catholique;cftâc les autres trois, la grande Canarie, Teneriffc amp;nbsp;la Palme,peu-J'eitamÃno- niees amp;nbsp;comiuandees par Idolâtres que depuis lesÃlpagnols ont fubiugucz. Toutes au relie nominees Canarics,pour la belle race des grans chiens quâelles produiloient,que les Latins no-Jâlin.tx. 31. moient C«»«, comme ils racontent que luba Roy de Mauritanie voifin dâiccllcs,cn auoit fait Ægt;/;»⢠I. amener de fort gtails. Où des Canaries peuples
DÃS TROIS MONDES. 4J prochains des Nig'ites qui les pourroict auoir peuplées comme nâen cftans fort cflongnez, amp;nbsp;lt;lcfqucls parlent les Latins,pluftoft que de fub-hlilcraiicc nos nouiieanx pilotesjcfquels igno fins lâancienneté defduifent le mot de Canaries des Canes lefqiftllcs y font en quantité, de de grand proffit pour le fucre quâon en tire.Ioint, difent ils, quâon ne voit aucuns chiens cnçes hles,fâils ny font portez, lefqucls mefmes nây éeuiennent plus glans quâailleurs. Mais elles tftoient nominees Canaries plus de deux mil ins par-auant que le mot de Cane ny lâvfage du Sucre y full: trouué. Et ne fe faut elhahir fi les chiens nây font plus tels.Car il nây a rien qui ne fc perde. Et pcuuenr depuis fi long temps eflre iucnuz allez dâaccidens pour en faire perdre lâcngeice amp;nbsp;la mcmoipc.Où font les beaux chenaux de Thellalicîlcs grans loups de Lycaonicè. les grans moutons de Rarbaric î les afnes dâArcadie î AlLcurezvous que h lâon nâentretenoit foigneufement la race des chenaux dâEfpagne, amp;nbsp;chiens dogues d'Angleterre que la race fen perdtoit bien tort. Chacun toutesfois pourra fuiure tel auis quebon luy fcmblera, lachofe ne vaut pas lâopiniatrer.Au furplns les Venitics amp;nbsp;Génois ne defcouurirent que peu au de là la tiuiere de Scnega(aux anciens,Nigcr)ne pafl'ans. niefme à leur fécond voyage outre Cafamanfa amp;nbsp;le Cap Rouge, près lcc|uel ils dcfcoùutircnt vnfleuuc, par eux nomme faindle Anne, où la Mer demeure à monter quatre heures amp;nbsp;huiét à dcaallcr,aucc fi grande impetuofité de la con-f il)
raSMIER. IIVRB
currcncc des ondes montantes, que câeft chofe incroyable des courantes qui lây voyent. Cat^ peine cftoient ils arreftçz par trois ancres, encores fallut il defplaccr, voyans la vague plus forte que le yent à pleine voilc.Puis Dom Henry enuoya Pierre de Seintre vrf de fes Efciiycrs, qui pallant outre rccognut le Cap de Sagrcs, apres le Cap de Verga : Mais citant mort, Ion neueu Allonce ne fit quâentretenir,fins defeou-urir cliofcde nouueaupourla btiefueté défi vie : Toutesfois lean fécond fon fils fit donner iufques aux terres,que les Grecs amp;nbsp;Latins cili-moiciit inaccplfibles,pourlâinfiipportahle cha-Vftjninadi^ Içur quâils fç fantafioient fouf la ligne Equino-Cre« ü Lt- allege eft la borne du ciel qui diuife le Zodia-fâr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deux parts cfgalles;ainfi nommee,p()ur-
rinttri it que Ic Solcil cftant en celle partie du ciel, le.
iourSc la nuicl font çfgaux)amp;fit donner outre, oil le Soleil fc tourne de là partie Meridionale, Là les marjnicrs ayant perdu de vciië le. Pole Arûique, marquèrent dâatittes cftoilles au ciel Méridional contraires à celles duNort,pour dreflèr leurs cartes amp;nbsp;routes félon icelles : depuis y trauaillat à lâcnuy vns des autres, vipdrct au grand Promotoire quâils nommèrent Tour-mcntueux,pour les iLingcrs des vents 5ivagucs furieufes dont ils cftoient battus.Au retour del quels il fut par le Roy lean nom mé Cap de bone efpcrancc, pour le ioyeux efpoir dç paficr de là aux Indes,mais La mort luy en fit laillçr lâeue-nement à Emanuel, qui comin.apdaà Ferrand Laurent dâequipper quatre nauires fouzVafqiiç
DES' TROIS MONDES. 44 ®ûGâina;puis en depekha dâantres, pour dou' Wer la poindc de ce Lyon nwitin;pcu à peu ic lt;^ognoiftrc,puis peupler les coftes de toute lâAt-frique. Voyla çoinine la gçnereufc curioüté des Portugals depuis la prinlc de Septa, Tangy, amp;c Arzilla, defcouurit amp;nbsp;fréquenta IçsçoÃes amp;nbsp;Royaumes de Tcmefua,Azainor,Ducala, Haf-Wra,Maroc,Meflà ,Sus,AnfoliiijAzanata, Sala-ü,amp; autres carriers de Lybic : Puis delcendus à Senega,Tombu,Budoniel,Mely,amp;autres Roy-âtimcs cftendus pres du grand fleuue des Noirs douncrent à la Guinee, Gillolo,amp; au Cap de Ttef-puntas, à vingt lieues duquel entrans en tfrrcjilsdrellcrent le Caftcl de Mine,tant pour t mieux alfeurer contre ces Barbates, que pour y drell'er vnc forme dâeftape amp;nbsp;magazin, qù tout le rcuenu amp;nbsp;trafic, yant du Roy que des Portugais, fc pourroit tendre, pour de là le tranfporter à Lilbonne quand lâoccafion fy pre fenteroit. Câeft là où la mine dâor fe trouue, SjC fetitrcticnt par le trauail, tant des païfans que Portugais, où fe battent la plufpart des ducats de Portugal.Delà ils palfetent aux Royaumes deMclçgctc,Bcuy,Biafcar,Mcdra,Dainiut, Manicongo, amp;nbsp;trauerfans les defçrcs de la pro-«incc incognuc aux apçiçn?, que les Perfes amp;nbsp;Arabes nomment Zanzibar , doublèrent en grande aainte Sc longues difiîcültcz la dange-reufepoinâc du Cap de bonne efperançezpuis tollmans à lâEft,furent au Royaunyc de Cepha-la, où ils dreflerent vnc forme dç nouucllc mine, y trouuana lçpaysticlieçixox,ay,qucl ntef-f iitj
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PREMIER LIVRE
l^îflei'o- nies pluÃenrs eftimenteftre lâifle dâOfir.tant fhir amp;nbsp;vtya renoinincc és GinéJs eferits, amp;nbsp;fi famcufe pal nauigations des fubiefts amp;nbsp;vaiflcaux du Roy Salomon : lequel y pouuoit enuoycr par la Mer Rouge, autrement fein Arabie, en peu de iours, petits hafards amp;nbsp;moindres frais que nous. Ce que iâay remarqué, afin quâon ne fa-bufiift plus, penfans cefte mine eftre celle de Mclegete, donc iâay parlé ailleurs.Ce faiét,nió-terent au Royaume de Mozambic,où ils enten dirent parler du pays des Amazones, qui cftoit plus en terrciPuis à Quiloa,Mcli,Madagazo,amp; autres contrées voifinesdu Roy des Abiflins Chreftiens,quâils ont dcfcouuert,frequente, amp;nbsp;mcfmes fecouru contre les Mululmans amp;nbsp;idolâtres fes voifins.
Or comme lâelprit de Iâbomme eft infatia-ble en cognoillà nce de chofes rares, telles nou-ueautez les aflèébonnercnt à palier Fiflc amp;nbsp;de-ftroit de Babel Mandei, partie du fein Arabie, Rtytiumt autrement Mer Rouge, pour entrer au riche «T^11«» 0ceu- Royaume dâAden,qui faiét partie dâAiman(au-man'sjffa nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;appellee Anibieheureufe) depuis quel-
o/inannte que temps occupee par grande defloyauté, fur Turque tn le Rôy naturel par Soliman Baflà gouucrneut grandi; dtf- dâEgypte ; Lequel ayant charge de lâEmpereur Turcs de dreflèr ârmec de dix mil hommes pour netto ycr les coftes Orientales des Portugais, qui-empefehoient tout le trafic dâAlcxan-dric.amp;autres prouinces du Turc amp;nbsp;des Mores, feftant erhbarqué à Sues defeendit en Aden, comme cliez vn Prince amy de fon maiftte:
DES TROIS MONDES. 45 mais il y fit peu à peu, amp;nbsp;foubz diuers pretexted «tret tant de gens, quâil sâen fit maiftre,la pil-I3amp;faccagea entièrement .⢠puis fit pendre amp;nbsp;tftranglerle Roy qui lâauoit fi courtoifcnient tfccuamp;accommodé fon armee de tout lebc-^oing, pour les aigres reproches de fa defloyau-Elle auoit mil cmtj cens feize vaillamment tfpoullc les furieux afiaux du Sultan dâEgypte, ®r que quantité de fes murs fufient ruez par tWc. Vous verrez ce qüe les Portugais ont fea pius auant en la defeription de lâAfic, Somme, que les Capitaines Portugais, qui depuis Vafque de Gama furent enuoyez pour (Iflcouurir,ont faiôt cognoiftreaux cafaniers leurs temps amp;nbsp;riere-neueux, plufieurs gran-belles Prouinces, mefinement les Chre-fiiens dâEthiopie, des Indes amp;nbsp;grande Afie,aHX Chreftiens de lâEurope, auecvn merueilleux plaifir amp;nbsp;proffit auffi de ces peuples,amp; de leurs ^oys mefmes; plufieurs dâeux neantmoins ont tellement recherché 1 aile amp;nbsp;repos des peuples puifibles, amp;nbsp;tellement appaifé les guerres que autres fe faifoient par enfemble que tous ne dhentpas auoir eu occafion de fe refiouyrde âsurvenue. Car en general,il nâyacofte de foit en AlFrique, foit en Afie, depuis le lt;ltftroit de Gilbatar, iufques au Cap de Lampo lilt la Chine,où ils ayent trouué quelques â¢^oinmoditez aifees, que foubz ce prétexte de ftuffiquer feulement comme de marchanda ââ'archand, ilz nâayent à grands fraiz, longue perte de temps, labeurs incroyables , effrange»
PREMIER. IITRI
diïêttcs,amp; hazarciz nicrucilleux de leur vic, a? cheté les biens,la vie, lâiionncur, ôc liberté de ceux qui nâcuflcnc dcfbourfc vn Marauedis pour les çnuoyer quérir de fi loing,amp; quilz onç neantinoins fceu ranger en partie à leur dc-uotion,nâauançans nioins leur proffit Sc reputation par tout le Monde, que les auanragesde Princes : dcfquels le Roy lean 1. eftoit Jtani.-rers couftumicr de dite Si prorefter à tous, quâil ne ÆÂ«Â» feuflt. rcchcrclioit pas tant les richcllcs Sc choies fin-gulicrcs de lâOrient pour fon particulier, que pour en fubuçnir aux necclfitcz de fes fubiets. Voire quâayant ouy dire à ceux qui luy racon-toient les plus notables chofes quârlz trouuoict CS hiftoireSjde la leôturc dcfqucllcs il fc plaifoit fort : quâil y auoit vn oyleau ,dit le Pclican,Ic-qucl pour redonner la vicà fes oyfclcrs, quil voyoit tendre à la mort pour la morfurc du ferpent qui les auoit cnucninicz, fc hccquetoit fu^î celle le parpic, iufqucs à ce quâil les con-Iiuft réanimez par fuflifantc cfFufiô de fonpropre fang ; chargea pour deuife le Pélican, aftn de tcfmoigncr le foing affedueux quâil delibc-roit auoir de fon peuple en toute fi vie. Au fc-ftcjle pays de Portugal, autrçsfois co,inpris,du moins pour la plufpart fouz le tiltxc de Lufica-uic,fut depuis la feigncuric des Romains cn-tcdu par çc mot de Gtiliee,Sc dit r«r/»^4//4,pout-nomâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftoit la ville amp;nbsp;le haute plus com
mode renomme en tout ce Royaume de Gali-cc:ou comme difent prcfque tous les hiftoriens Elpagiiols 3c Portugais pour la dcfccntc dcs
DESTROISMONDES nbsp;nbsp;nbsp;46
Gaulois, qui comme les Celtes leurs voifinsa-noient laid furies I bores amp;nbsp;Efpagnolz,defcen-^ircnt,amp; E'ecommoderent en ce pays par eux conquis. Câeft chofe aflèurec que les Gaulois ûnt couru,amp; de tout temps faid voir Sc crain-âirclâcffoicdc leurs armes en pluficurs terres tfoanocs, voire prefque par toutes les parties _v., nbsp;nbsp;nbsp;,
Ou monde, nombre delquelles portent enco-tolenom de Gaule, pour aflèuré telmoignage loù, u fl gsnereufes entreprifes, auec la mémoire f^manti/e 'lofqucllcs feil perdu petit à petit le defir de les cniuyurc entre leurs ncrc-neueux,tant vnc vap ne amp;nbsp;lourde parefle dâentrepredre chofes hau-t«,tientles t Iprits des François engourdis,quâi-guorans ou peu curieux de la foiide vertu de toutes'chofes, ils ne font cRat que de lâappa-flt;:uce exterieure.
Us Efp.igiiols ce pendant nô moins curieux
â¢lâiccroiftre leur rcputatiô,quc sâalleurer cotre , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
fuites MorefqucSjlefqllcs ils voyoiét iour Sc dts afiagnola nuit piller leurs coftcs,fc trauailloict fort dâen- f**' ttfprédre fur euxunefmcinent fouz le Roy Fer-nid dâAragô,apres la memorable vidoire quâil gdgna fur lesGrenadins.Car ils ne ceifoict notâ-â¢nétapres la retraite du Roy amp;nbsp;des plus fignalez Mahometâs enAfnquc,dc courre toutes les co-Us delà Barbarie.amp; fur toutes celles de Fez amp;nbsp;Garet, enfilas toâles liaurcs,ports,anfresamp;plages ^uâilvoyoiét praifez à furprédre,tcnirou piller, 'ufqs à TripoIy de Barbarie,maiftrisât tâtoft les âdes,come de Bclys.Gerbes,amp; autresttantoft fè ^ifsat des places de terreferme duGarct,corne
V nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PRÃMIIR UV RI
Mclala amp;nbsp;Chafafa; dcThelcnfin, compie de Horan, Marfa Elcabit, pour cn retirer le grand nombre des Chreftiens efclaues,quc les Mores y auoient menez de leurs courfes piratiques: Puis Bugie,Tunes, Tripoly , amp;nbsp;autres places. Voila les principales de fcouuertes, quâont fait, tanties Portugais,quâEfpagnolz fur les coftes dâAlFrique : Venons à particularifcr les defcouuertes de la grande Afie.
X R T. J.J. LâAfie eftimee par quelques vns, la plus gran-rtfre- dc portion de la terre habitablci^ cncor quâau-ftntet tant tn (-yns des anciens nâappellent quâIfles ces trois Taiâ^'fn'fc'i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;monde , eft fepareede IâEuro-
pc par le fleuuc Tanays,de IâAffrique parle /«»»foZùrti Nil, ou comme veulent noz Géographes, pat dtferiftumt Jg defttoit qui eft entre la Mer Méditerranée,amp; dâArabie , lâOccean lâenuironne desau-ridttnalu. t^cs coftez. Auiourdâhuy noz Géographes font de deux aduis en la diuifion dâicelle: aucuns la confiderans en fa mafte, les autres en ce qui eft maritin amp;nbsp;le plus cognu: les premiers cn remarquent cinq Prouinccs principales, dont la premiere amp;nbsp;limitrophe dâEurope vers le Nort, obéît au grand Duc dc Mofeouie, bornée de la mer Glacee du fleuuc Obey, du lac Kitaia,amp; du dcftroit dâentre les mers Cafpie amp;nbsp;Euxinc. La féconde eft la Tartarie,fubictte au grand Cham,ayant pour limites la mer Caf pie,le mont Imaus,amp; le fleuuc luxartç au dy,lâOccean au louant amp;nbsp;au Scptétrion,laMof couieà lâOccident. Les Turcs tiennent la troi-flcfmc partie, laquelle contient celle eftendue
o 8 TROIS MONDES 47
®'^pays, qui eft entre les mers Euxinc, Ãgee, ^editetranee, lâEgypte, la Mer Rouge, ou
^tabicqucjla Perfique, le fleuue Tigris, la Mer ^Pieou de Bachu, amp;nbsp;le deftroit qui eft entre ^'llc, amp;nbsp;la Mer Euxine ou Mer Maiour, Souz ââluatticlme eft compris le Royaume de Per-'»aboutilTant à celuy des Turcs vers Occident, grand Cham vers Scptcntrion,au fleuue In-quot;r à Orient amp;nbsp;au Midy à la Mer des Indes.La 'nquicfirve partie eft celle que nous difons les quot;des Oricntalles, ainfi appellees du fleuue In-'âquot;a, amp;nbsp;la haute,diftinguee delà balLc parle J'ange, fleuue treC-renommé. Outre lequel, âs Géographes anciens Gréez, Latins, amp;nbsp;au-*'«,femblent nâauoir ricn'connu de certain, ^atc Paul Vénitien, en fauâ trois parties , la grande, la petite, amp;nbsp;la moitoyenne. Ces Indes âOnt gouuernces par vne infinité de Roys amp;nbsp;l^dgncurs de grande cftendue, aucuns defquelz plus prochains font vaflaux du grand Cham,du ^opny,amp; du Roy de Portugal. Pour le regard.
pottz Sc lieux maritins, depuis le Golfe de laMer Rouge iufques au Promontoire, appelle Cap de Lampo, au trentiefmc degré de la latitude Septentrionale : les Portugais font ®taiftres de la plufpart, amp;nbsp;en tirent quelque tribut. Les Ifles dâAfie, fpecialement en la Met Indienne, font Sumatra amp;nbsp;Taprobane,' Zeilan les deux Zaues , Burneo, Celebo, Palo-lian,Mindanao, Gilolo, les cinq Moluques,Ia-pin,amp; infinies autres petites, lefquellcs on' dcfcouurc aucunement en cartes vniuerfellcsî
rKEMÃER L I V UK
fur tout en celles du doôlc Mercator, amp;nbsp;JâAlJ' dre Thcuet,Gcogrlt;-y)hcs de noftre tcrnps.Qw' ; à la dcuxiefnic diuiuon, on la repartift en neuf portions,dont la prcmiei'e tommencc atiGolR de la Mer Rouge,amp; finit à celuy de la Mer Pff' fique. La fécondé sâefleue de ce Golfe de Perf« iufques au fleuucindus qui fe defgorge cnl Oe ccan,amp;coftoyc le Royaume de Cambaye. U troificfmc depuis la ville de Cambaye iiifqufS au promontoire de Comory, La quarricfme commente à ce promontoire : La cinqüicfnie au Gange : La fixicfinc au Promontoire d« Cincapura, au dclfus du Malaca ; La fepticfnic au grand flcuuc nommé Menam,que ceux dtf pays difcnt fignificr la mere des caux,lequcl tra-uetfelc Royaume de Siam ; La huiticlffiC sâef-tend de là iufques an Cap de Latnpo, promontoire renotnmé , nbsp;nbsp;le plus Oriental déroute la
terre ferme, au milieu de la cofte maritime do grand Royaume de China î La ncuficfme peU hantee des Portugaisfencor qnâilz foient montez plus haut vers lâOrient, iufques aux Lègues Sc Iapanois)cftfi grand,quâon ignore fi câeftif* le oh terre ferme, continuée iufques à lâautre bout de la China, Or pour retourner à lapre-micre portion de ces neuf,depuis le Golfe de la Mer Rouge, qui eft fitué en latitude de doua« degrez amp;nbsp;deux tiers, iniques à la ville dâAdcn, capitale du Royaume,lâon cótcquaratelicuïs, amp;nbsp;dâAdcn iufques au Cap de Fcrtachc, quieftà quatorze degrez de demy,cent lieues Entre tes exttemitez font fituecs Abia,Ar,Canacó,Brum,
BES T Ã. à I S MOMDÃS, 4S ^rgcl,Sael,ville capiralc du Royaume dâHcrit, Cayem amp;nbsp;Fartach , ville dâvu autre Royaume appellee dâvn mefmenom, amp;le peuple Farta-:hin ; De là iufques à Curia Maria y a feptante jeucs, amp;nbsp;au milieu du chemin fe crouuc Dual-3r,ville fournie du meilleur encens de toute Arabie, amp;nbsp;en plus grande ejuantite que nul âutrclicu. De Curia Maria iufques au Cap de ^azalga tc,qui cft à vingtdeux degrez amp;nbsp;demy, on conte fix vings lieues de pays defert amp;nbsp;fte-'gt;h.A ce Cap comméce le Royauhic dâOrmus, amp;tlc la ville d'Ormus,en trauerfant la Mer iutâ 'pics au Cap de Mocandam y a quatre vingt feptlieiies. Dece Royaume font Galaiatc, Curiate, Mazcaca , autres iflcs ; la dernicre litlqucllcs nommée Lima,eftà huit lieues de Cap de Mocadan, que Ptolomce nomme
Si. le met à vingt trois degrez amp;nbsp;dc-âquot;yiinais noz Géographes le mettent à vingt en ceft endroit finit la premiere diuifion. Boutie pays compris entre les deux limites dâi-^'llc,que les Arabesappellent Haiman,amp; nous âArabie hc'jreufe, cft la plus fertile amp;nbsp;habitée trois Arabics,trauerfant le Cap de Mocan-'â^»1. A lâautre qui eft vis à vis, nommee la-âl«cttc,nous entrons en la féconde portion.qui 'ft petite amp;nbsp;peu habitablc,à caufe de la nauiga~ fton qui fe trouue perilleufc. Le pays eft quafi ft'lert,autreslois dit Carmayne. Auiourdâhuy Ifttrac Aian, où font les Royaumes de Macoan
Guadel , qui ont pour principalles places pnadcliGalata,Calmeteamp;Diu,fis à la premiere â'ouche du fleuuc Indus vers lâOccidet. On cq-
PREMIER IITRI
r.tflfttT its I:td:sAÃati-qitts.
tc deux cens lieues depuis cc Cap de laqutttf iufques au flcuue Indus. La troiuefme portion contient cent cinquante lieues,depuis la pointe de Diu iufqucs au Cap de laquettc, trente huit I'cucH,amp; delà droit parnaer lufquesaDiu ville du Royaume de Giizarette ouCambayc, cinquante lieues : amp;nbsp;de Diu,qui eft à vingt de-grez amp;dciny iufqucs à la ville de Catnbaye,» vingt deux degrez font cinquante trois lieues: amp;nbsp;de Cambaye iufques à Goga , dix ou douze lieues. En cefte cdenduc eft comprife vnc grande partie du Royaume de Guzarate, en-femblclaProuincedes peuples nommez Bez-butz qui habitent es montagnes.'La quatriefme portion commence à la ville de Cambaye. amp;nbsp;finit au Cap de Comory, tirant en longueuren-uiron deux cens nouante lieues de bon pays qui eft toute la fleur des Indes, amp;nbsp;quâon peut diuifer en trois parts, aucc deux grandes riuie-res qui le trauerfent d'Occident en Orient. La premiere part feparant le Royaume de Decan dâauec celuy de Guzarate, qui le toucheau Septentrion. La fécondé trenchant le mefine Royaume de Dccan, dâauec celuy de Bifnagar, limite du Golfe de Bengala, les deux riuieres fortans de deux fontaines en vnc haute amp;nbsp;Ion.* gue montagne nommée Gare, .à lâOrient de Chaul, amp;nbsp;(ont à quinze lieues de largeur lâvne de l'autre, la plus Septétrionale nommée Ctu-fuar,amp; lâautre vers le Midy,Bcnhora, lefqiicllts apres aflez longue Gourfe,{cioignent enfcmble. amp;nbsp;appelle once fleuuc 'Vui ganga, lequel le
i)ES tROiS MONDKS. 49
dcfchargc cn la foflc dite Gange , entre deux portz. nommez Angcllij amp;c Picholidc , à vingt deux degrez ou enuiron. Ce Ganga^ ou Guen-ga,cft de merueillcufe largeur,à caufe des riuie-tes qui entrent dedans, amp;fon eau efteftiinee . S»indeparceuxdupays:tellcmcntquelesSei- * incurs empefehent que les habitans cn pui-gt;tnt,amp;nây aillent fc lauer, quâilz nâaycnt payé Quelque tribut. 11 y a vnc infinité de riuiercî tn ces trois partz de noftre quatricfmc portion dâAfic.Enla premiere part,qui cft celle de Gu-ïatatCjlâon conte depuis la ville de Cambaie, â¢ulqucsau flcuucNcgotana ou Mandona,fep-'âte lieues, où font pour principales villes Ma-â^l'igan.Gaudar, Barochc,Surrarc amp;nbsp;Raucbpuis 'nluyuant la cofte Nofeari, Gandiny, Daman, banu,Tarapor,Qucliuain,Agacin Biaza, où
Portugais ont vne citadcllc,amp;. à Chaul,qui 'n eft à treize lieues. Là commence la fécondé pîttiufqucs aux derniers boutz du-Royaume de Deçà ,ayant feptatc cinq lieues dâcfpacc;fça-Uoir depuisChauI iufqucs au fleuue de Zangui-amp;t vingt cinq licücs,cn lâclpacc dcfqucllcs font ®îndc,Sifardan, Calancy, ik Dabyl. De Zan-piifar iufques à Sintacora, dernière place de Decan, cinquante lieues, cfquellcsfe voitCci-^ipor,Carapatam,lmaga, Banda, Capora, amp;nbsp;la femeufe ville de Soa.La troificfme part depuis
Royaume de Dccan,iufques au Cap de Co-®ory,conticnt cent cinquante liciies,5t a force bourgades Sfpctitesvillcs en lâcfpacc de quaran-ttcinqlicücSjfubicûcs au Roy de Bifnagartcô*
g
PkÃMIER LIVRE
itie Onor, Barticala, Bendor, Bracelor, Braa-inoT,Carcara,Carnate, Maiigalor, amp;nbsp;autres : le rcfte conrtnänt cent licücs,qui sâappelle la cof-tc de Malabar, cft fubîcél à plufieurs Roys» dont les principaux font ceux de Calecut, Ca-lanor. Cochin,amp; Colam.Quatau Cap deGo-niori, câeft le bout de lâInde dedans le Gange, quâon appelle maintenant Indoftan amp;nbsp;Inde balle, vers le Midy, amp;nbsp;là fe terminent les Royaumes de la Cofte de Malabar , finillà nt aulfil^ , quarriefmc portion de lâAfie.Nous nenousar-refterons maintenant à la defeription des ifles: La cinqiiiefmc portion comprend la cofte du Golfe de Bengala , où il y a trois principaux Royaumes, Bifnagar en longueur de deux cens lieues, Orita de cent amp;nbsp;dix, amp;nbsp;Bengala de cent foixante,amp; finit cefte portion à Chatigan, port deMer. Tour au fond duGolfede ce port iniques à Malaca, feconfidere la fixiefine portion contenant trois cens quatre vihgtz lieues, câeft lâautre cofte du Golfe de Bengala, ou Æ voyét les Royaumes deVerma, Aua,Pcgi!i,Sc3in amp;nbsp;Mâlacâ. Lâautre cofté regardant lâOrient, tn laquelle font les Royaumes de Cambaic par.CaCUchim failt;ft la feptiefme portion, deux autres dernières font Coftiprifes en China,diuifee en quinze Royaumes delongo® amp;nbsp;large efteuduo, Acte qui sâeftend par deU iufqucs au Septentrion ; nââpyant cfté'encottS bien dcfi:ooucrt ,il fuffira de le marquer pon* le prefent. En Iomi«c,ôn peut dire que la pr^ Hiicrc opinion fc rapportc à lâAfte terrcûif * ?
DES TROIS MONDES. Jq fccondc à 1âAfic maritime, cn laquelle les Portugais ont faid quelques conqucl1es,bafty des citadelles ,amp; faiii certaines villes pout laieu-tetc de leur trafic .⢠le tout eftant bien peu de chofeà comparaifon dece,furquoy ilznâont droit aucun.
Ce nâa pas efté faute de volonté,ains de puif- t. fînee ; ioint quâilz ont trouué des gens courageux,fubrilz,amp; qui ne fe font lailTez goutman-dcr.comme ont fait les Indiens Occidentaux, Ucf-cruellcmét traitez pat la Dation Efpagnol-le)laquelle a faiét dâvn pays peuplé, vndefert Horrible. Mais quant à rOtient, encores que Hs Portugais ayent faccagé amp;nbsp;butiné cn quel-£ ejucs endroits: quâaucuns pai»culicrs fç foient j eriu^au en Uionftrez barbares, infidelles, auarcs, amp;nbsp;autre- lequot;rs eiefet»-
^enttrop palfionncz; fi eft- ce quâauiourdâhuy â«eee/, H nây en a prefque point dç marques ; amp;nbsp;les autres marchand,, voire les luifs, Mores, amp;nbsp;au- « très Barbares y rraffiquent tellement à taufe de quot;nbsp;Hrichelfedespays, quâily aalfez pour les vns
amp; pour les autresi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iXnif'
Qui plus cft,cncor que nous ayons veu de â '' ' grandes viétoires obtenues par les Portugais, fi eft-ce quâà la fin ilz felaflercnt les premiers de Hire la guerre, ayans appris aux Indiens dé cô-Hatre mieux quâilz ne taifoient y a cinquante oufoixante ans. Si bien quâon leur pouuoit â üftement reprocher ce que les Lacédémoniens Hifoient à leur General d'armee, retournant blcifé dâvne batailler Qifil auoit trop long tftnps «nttetenu la guerre contré fes cnnemUi, ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;g gt;j
PRÃMIÃR. tIVRE
qui sâefioicnt faits dâapprentis maiftres aux ar* met; car la continue de la guerre leur auoitfait ^rattiquer les moyes, dont eux- mcfmcs ^foiét, a caufe dequoy il tftoit tref cxpitlltmcnt def* fendu de ne guerroyer long temps auecvficnation , de peur quâapprenant leur art amp;nbsp;difcipli-nc militaire,elle ne le façônaft trop bien contre eux. A caiifc dequoy,force fut au Roy de Portugal amp;nbsp;à fon coijfcil,dâauifcr à vn autre moyen de maintenir lâeftat des Indes,que par les atmeî veu que la guérie conlommoit peu à peu toutes les forces du R(lt;yauinc ( petit, panure, mal peuplé, amp;nbsp;peuagueny) qui eftoient nccefïà ireJ pour dâautres endroits: fur tout en Baibaric,ou les Portugais perdoient tous les ans quelques places, ôc grand nombre dâhommes, lans faire grand progrez fur lâenncmy.
tXRT.lÃ. fÃat des ïfortit^aie fot les CDpes de I ^fn Orstts-
Brief,ou moins heureux,ou plus mal aguer-ris,ou inferieurs aux Elpagnolz, en vaillance, dextérité dâcfprit, amp;nbsp;autres moyens nccclîà ires à lâexecution de fi hauts dcllèins,que dâalTubiet-titrant deProuinccs pour accroiftre la réputation amp;nbsp;auantages de Portugal ; ilz fc font ad-dreffez à des peuples fi diuers en toutes chofeJ, à ceux que les Elpagnolz ont bouleucrfc desla premiere vcüe: quâil ne le faut elmerueillersâilz onrfaiâ fl petit progrez en leurs conqiicftes, au refpeéf de ceux quâont faiét leurs voilinses Indes Occidentales. Voire sâilz déclinent à lâa-uenir peu à peu, en cas qu ilz nâappuyent leurs pretenfions.que fur lâeffort de leurs armes. Car ilz ont trouué la plulpart de ces Orientaux li
DES TROIS MONDES 5I courageux, tant fubtils,fi obcillans à leurs chefs fibicdifciplincz.pourueuz Je tat Je fortes J'ar-Hes,amp; autres moyens propres à repoufïvr tou-tCi injures amp;nbsp;violences, quâils sâen font eux-mefmes efmerucillcztmais veu quâilz pratiquée les lettres quâils fc difent asoir de temps infiiiy, f'quot;!â'quot; pir le moyen delqucllcs ilz exercent toutes (or irfl.uu' tes de contemplations iSc fcicnccs humaines; la lgt;clle police, lâinftitiition des artz , lâartillerie grotTc amp;nbsp;menue ; voire les autres belles inuen- ' dons commodes à la vie humaine , quâaucuns Chreftiens nous ont voulu faire croire auoir lubtilizé,pour fe faire admirer de nouSj le itioycnner vn loz perpétuel,aux dcfpés de ceux M'jUelz ilz Içs auoient prins aux voyages amp;nbsp;daficz qu ilz auoient faid auec cux.Qje pour-rions nous dire de ces peuples, finon que fuy- t»'!!««â©â Hans lâaduis d'aucuns leur donner cell auanta- keHo gc, que rOtient a produit les femcnccs 5c ori- *â*â'Æ Â« h». gines de tous arrz.de toutes fcienccs,5cdes plus Mies inuentions,quc lâon a touGours iugé ne-cefTaires à la conduite de celle focictc m ondaine? Dâoù les peuples contraints depuis de quitter le lieu naturel, par feditions ou guerres ef-trangeres, famine, pclle,brunemens, trcmblc-terrc,inondations dâeaux, ou tclz autres extraordinaires accidents,couftumicrs de chahgcrla Gee de la terre, voire de tous autres Elemens, pour sâhabituer és parties dâOccident; cft vtay leinblable auoir apporté les fources amp;nbsp;vrais raojellcs auec eux, dcfquclz leurs vo iîus fi fûient tellement accommodez peu à peu,quâc i
g ri) .
PREMIER LIVRE
fin la fciécc amp;nbsp;vfagc en foit venu iufqiies à ceux de noz anccftres qui ont eu lâheur de les con-noiftrc amp;nbsp;pratiquer,puis nous Icsenuoyci pat Z« lgt;ayi c!r efcrit,oii autrement, en tel cftat que nous les feuplti d o- voyons pour le iourd'huy.Ioinél que ces quar-Vtnl combien . T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ir i-ii- ri rT»
Cy pourijUDy Orientaux que le Soleil daigne clchaultet preferahlei Ics premiers, ont toofiours cfté bien peuplez, a»* Occidt- pourucuzdâvn air mieux tempere quclenoftrc, propre à hi naillîmce lt;5c generation, non feule-inét de toutes chofes terreftres, ains sufli fecôs en cfprifz plus netz .plus fubtilz,amp; de plus longue vie que les Occidentaux. Outre ce,les extraordinaires accidens qui pcuucnt tout à coup effacer de U mémoire des hommes toutes les belles iniicntions dâiccux,y ont cfté peu fouuct lentis,ôc ont moins tourmenté cés régions que les noftfesidcfqucllcs mcfmcs nosanceftres ont cfté forcez de fortir pour diuerfes occafionsamp; en diners temps,plus fouuct quâeux à nous, qui dâaillcprsauonstoufiours cftélevray iouctdc fortune du Monde,câeft à dire,les pim expo-à iKicanti, fêzà tous changemcns humains, notamment pout cftrc le Variable fubicél de tant d Empires amp;nbsp;Monarchics,rndiennc,Aftyricnne, Perfe, E-thiop ienhe,Egyptienne, Scitiquc,Tartarefque, Septentrionale amp;nbsp;Turcomanci Vnc feule toutes lefquelles nclesa oncqiies peu fübiu-giier: comme fi iâinde le Gange, amp;nbsp;les hautes montagnes,defquclles ilz prénhieh^fqutre Sc lâOcccartJeurfulPjnt donnez pôùr'à flèurees barricrefa mieux dcffcndreleür libëitc', contre tant de mouuemens eftrangcrs. Tellement qu^
DES TROIS MONDES. 5I lien inftruitz,policcz,poiirueuz,amp; aguerris de tous ceinpsjils ont tellement continue leurs EÃ-tats, fans reccuoirfi grandes alterations que nous,quâil ne fe faut esbahir fi les Portugais les ont trouucz plus roides,quc les Efpagnols nâôt faiftlesIndiens Occidentaux, trop efloignez du continent de la grande Afie, pour auoir eu tognoilfancc des moyens de ccux-cy. Somme â¢â¢ s tjucnfin les Portugais furent forcez de pratir quer vn autre expedient que lâeffort de leurs armes,pour f habituer amp;nbsp;continuer leur trafic en ces pays,qui fut tel que ie vous diray.
Dôcqucs les guerres pafTecs és codes de Ma-labatCSMolucques amp;nbsp;ailleurs,auoient-tant ha-talTé les Portugais, quâilz commençoict à liayr Itmcftier. Mcfines plufieurs des particuliers, confer^tr le 5âaffricndans au gain,quittoicnt pcuà pculc⢠train des armcs,tellcment que les foldats per--doient celle ardeur remarquée du temps des Viceroys, Almcide, amp;nbsp;Albuquerque notamment. Dâauantage les Indiens cftoient tant a-giietrispar vnccontinue de combattre, quâilz ipprenoient toutes les inuentions de leurs cn-netnis, pour sâen ptcualoir contre ceux qui les Iciirauoient enfeignees. loinôf que les Princes amp;nbsp;feigneurs des Indes fentretenoient tellement, que le Confeil de. Portug-al apperccuoit bien quâauec le temps furuiendroient de nouvelles tempeftes, aufquelles lâefpcc ne renie-dicroit, rieftant alfez forte. Dây procéder par. AtnbalTades, ou belles parolles, les Indiens âe fe lailfoient pas affinci; -, au contraire fi.
g 1â)
PREMIER LIVRE
1âoccafion foffroic dc pratiquer quelques ni« fes, ils eftoient fort habilles a tromper amp;nbsp;fur-prendre .â dâailleurs les nauigations ordinaires du Roy, efpuifoicnt les finances. Puis les perils amp;nbsp;naufrages, failoient que la perte efgalloit le gainitellement que le icune valloitpas lacha-dclle.'à quoy les Capitaines amp;: officiers aydoiet rfiat J» bien. Car ilsnepcnfoicntpourlaplufpartqiu dt fcjtipJir leurs coffres, tellement que fi le Roy dtf- auoit quelque chofe, il cftoit toufiours leder-eouiKrtet amp;nbsp;niet, amp;nbsp;faifoit OH la part au plus efloingné pat-jtj niy telles incommoditcz.ll y à uoit cela de bien que le Roy eftoitenbon mcfiiageauec lâEmpereur Charles 5. nâauoit guerre contre aiinin Prince de lâEurope:amp; quât aux affaires dclâAf-frique les garnifons fc maintenoient tellement quellcment. Apres beaucoup de difeoursau côfeil de Portugal, pour troiiuerquelquâentre-' deux qui à lâaducnir adouçift amp;nbsp;retint aiifiinc-ment les Indiens;il fut auiféde fayder delà RcIigion;Qiielques vns fc reprefentas le ffiiidt qudâonen voyoitcftre procédé au Royaume de Congo amp;nbsp;autres endroits, par le moyen des Religieux amp;nbsp;nombre de Icfuites? Il va quatre fedles és Jndec, la premiere de demy-Chreftiés. La fécondé de Mahumetiftcs.La tierce de luifs, la quarricfme d'Idolapres de diuctfes fortes. On cftima donc quâen gaignant les Mahume-tiftes amp;nbsp;Idolâtres, ou partie dâeux,cc feroit lâap-piiydcTEftat amp;du trafic en ces quartiers. 11 falloir feulement des inftrumens pour entamer cefte befongne amp;nbsp;la pourfuiure courageufe-
BE8 TROIS MONDES.
â¢nent : à quoy ils nc trouucrcnt ger fjucles Religieux amp;nbsp;Icfuitcs. Lcfqi tnuoyez par fiicceffion de tçmps, fc font fort multipliez en lâInde haute amp;nbsp;baflc : iufques à monter en Pifle de lappan és Royaumes de la Chine amp;nbsp;autres endroits, tant des ifles que de mrte ferme : Voicy en trois mots quel fut le commencement amp;nbsp;progrez de la focieté des éetniers.
Ignace deLayuolaBifcain,Gentil-homme ART. 17. aflez pratic aux armes, ayant perdu la iambe Online étoiâe par vne Canonade, comme il tenoit fort en Pampelune alïîegec des Françoistne fut itfMtti. pluftoft deliuré par eux, es mains defquels la ville rendue,il tomba , quâayant confideré les ^anitez de ce monde, fe refolut dâen quitter les apafts, amp;nbsp;fe vouer du tout à pauuretc amp;nbsp;Religion. Pource fachemina en lerufalem,dâoù retourné à Barcclonne amp;nbsp;Alcata profil ta tellemét tsfeiences de Philofophie amp;nbsp;Theologie nofli-rnement, quâayant long temps enfeigne contre lâaduis des Inquifitcursde lafoy, il fe retira à Paris en Feuricr mil cinq cens vingt-huiét : où ayant cftudié à Mont-agii iufques en lâan mil cinq cens trente cinq, recent dix compagnons refolus de faire mcfme profefiîon que luy.dâcn-feigner amp;?'pra6tiqucr les Åuures de charité.
Pource fen allèrent à Rome fe faire auoucr du Pape amp;nbsp;confirmer leur defiein. Puis fcfpandi-rent à Vcnizeamp; autres endroits dâItalie à ces mefincs fins:fe nommans Icfuitcs comme de la comp.-ignic de lefusamp;non dâIgnace. Ce fait
FRIMIH IIVRK
mil cinq cens trente huid, fc râaflcmbicrent 1 Rome pour mieux fonder vn aflèurc cftabliflc-ment de leur focicté : faifins vÅu depaunrece, chaftetc amp;nbsp;d'obedience. Or comme fur ces cn-trefaiiâcs., lean troificfmc Roy de Portugal, full conlêillc de peupler la foy Chreftienne es Indes, amp;nbsp;quâil euft mandé à laques Goiiean principal de fainéie Barbe, que fil cognoilToit quelques gens de bien pour euuoyer aux Indes â quâil iâeh aduertill, lâallcura de ceux de Rome:
Ce qui luy fit enuoyer au Pape pour Ambaflà -deur pierre Mafcaregne, qui faddrcllà à Ignace, lyy donnant lesJettrcs du Roy.-Icqucl tou-tcsfoii ne luy donna que François Xauicr Na-uarrois, SiC Sinyo.n Rqderic Portugais, Icfqiiels allèrent à Lifbonne mil cinq cens quarantc:où depuis furent nommez Apoftres.Ignace cependant demande par le Cardinal Galpard Conta-rin, permillion dâamplifier la compagnie : affin que mourant ils laiflaflcnt des fuccefîèurs, puis la confirmation par eferit. Surquoy lâvn des trois Cardinaux députez pour y auifer, trouiia tant de raiibns pour empefclicr la creuedefi diuerfes religions, quâil fut long temps reculé de Iqn efpoir. En fin toutcsfôis il obtint le xxyfi. Septembre , mil cinq cens quarante, pourueu que le nombre quâils rcceuroicnt ne montallpJus de Ibixanre en tout : amp;nbsp;quâil fiif-ïènt bien c/próuuez douant la confirmation. Sur ce lefcpticfine Auril, Xauicr fembarquaà Ei/bonne pour les Indes, demeurant Roderic CM Portugal pour dreficr vn College de leur.
B î s T kâo I s mondes. 54 compagnie à Coimbre, qui fut comme la pépinière dâOricnt.Dc faid,mil cinq cens quarante ^eux, on enuoya en Goa Métropolitaine de toutes celles que le Roy tient és Indes,pour en ätclTer vn autre : lefqucls font tcllemét accreuz quâen Coimbre y a pres de trois cens perfon-ues,5t en Goa bien deux cens. Defquels deux Colleges principalletnent, a pris foütce tout CO que ceux de leur robbe ont fait en lappan, Chine, Petfe, Ethiopie, amp;nbsp;autres pays Idola-tres.Xauier donc defeendu en Goa où,amp; ayant pratique à rHofpital,amp; autres lieux il voyoit hc beloing, fut à Comory,'de là à Machacar, puis aux Moluques, amp;nbsp;à Mot, dâoù il fut à lappan conuertir plus de quinze cens lappa-nois. Toutesfois les fçaehant deftournez par 1« Chinois : or quâil fut deffendu dâentrer en la Chine , fur peine de mort aux cftrangcrs, (trainde que la pradique de leurs mÅurs ne corrompifl'ent celle des naturels. ) Il fy achc-Uiina neantmoins. 11 mourut le dernier No-Uembre mil cinq cens cinquante deux, en la chambre de fon nauire. Et comme il auoit ordonné, les Portugais remportèrent fes os enterrer à Goa. Somme que le nombre a mer-ueilleufement creu depuis mil cinq cens quarante trois, que le Pape Paul les confirma de-icchef le quatorziefme Mars ; Icur-permettans ) dây reccüoir autant de perfonnes quâils cii trouucroient propres. Depuis les'autres Pa-pes les ont toufioùrs confirmezquot; amp;nbsp;fauonlêz ; , ⢠de plufieiKS priuilcge$. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h rau. -, o V
PREMIER. IIVRE
Tellement quâcn Italie ils ont cinq prosin' ces,celle de Rome qui contiét treize Colleges fins la maifon des Profez, nouices,amp; quelques refidenceSjOà les Colleges ne font encor dref-fez. Sicile fait huid ou neuf Colleges, Naples fix. Milan fix, Venize huid. Celle de Portugal en a neuf, fans les refidences dâAffrique, amp;fe$ prochaines. Celle dâOrient fix,amp; feize refiden-Ces.-le Brefil trqis,amp;fix refidences. Les quatre dâEipagne cinquante deux, tant Colleges que maifons de Profez amp;nbsp;Nouicc .Les deux de finde dâOccident au Peru, Sc Mexique, ont huift Colleges, cinq refidences, amp;nbsp;huid maifons de nouices. Les deux de G.iule en France amp;nbsp;Aquitaine : La premiere a huid Colleges, fins quelques autres qui fe commencent. LâAquitaine fept. Celle de Flandres Icpt,aucc quelques refi-dences amp;nbsp;maifons de nouices. Les trois dâAlle-inaigne font au Rhin, en la haute Allcmiignc, amp;nbsp;Vienne auec dix-fept Colleges, fans les rclï-dences Sc maifons. Polongne a cinq Colleges; Suede, Tranfiyluanic, amp;Mofoouie, quelques refidences. Somme vingt deux Prouinces, dix maifons de Profez, cent cinquante fix Collèges, douze maifons de nouices, amp;nbsp;trente trois refidences.
Vous ayant fait cognoiftre les dcfcouuer-tât PoTtn- res,conqueftcs,amp; peupîades,tant des portugais gtHontfjid que Jes Eljaagnols en AfFrique, amp;nbsp;grande Alie; promefiè mefemondde vous fiire enten-/â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ftfccc quâils ont flit au monde neuf, bien que
â¢urejjitSH.j dâvn aufli diuers fuccez quâen Adrique. Caries
DBS TROIS MONDES. JJ
Portugais y ont fait voir leurs auantages auflî
Petits, veu les grandes terres amp;richcflcs mer-î*' «quot;« ey Utilleufcs que les autres fy font moycnncz.quc l«E(p?gnols en Æ ffrique, pour la quantité de pays amp;nbsp;riches traffics que les Portugais y entre- iptnJut Jtt gt;icr.nent. Premièrement donc, ievous repre- fârtt'i««-fenteray l'Amerique. Puis vous diray comme 1« Efpsgnols fe font portez à la defcouuerte amp;nbsp;conquefte dâiccllc, tant contre les Indiens, que Françoisjles cffcûs amp;nbsp;diuers efforts defquels igt;ây leront oubliez. Non plus que lesraifons ^uâvns 6c autres allèguent pour fe maintenir Seigneurs proprietaires de ces pays,quâils fem-lgt;lcnt vouloir départir comme feroient les plus proches voifins vne foreft peuplce de beftes, Hui nâauroiêt aucun aueu.Vous verrez en apres ^oinme les Portugais en voulurent auoir »puis âITcurer leur part, quand ils curent ebafle les bançois. Aucc les voyages defquels, le naturel
façons de faire des Saunages y feront repre-Itntees. Pout fin,de quelle forte ces deux peuples fe font comportez, pour dcfcouurir les riches Iflcs des Moluques , amp;nbsp;fappropricr le grand traffic qui en tcuient à toute rEurope.
Fin du premier Hurt.
Sommaire dv second li
vre des TROIS MONDES.
vX rcprcfentationde l ^mcrt-que dite nouticdu monde , (y~ fJAr aucuns, terre du Pciou par dâautres, Inde Ooccidcntale, mal proprement, pourquoy. Commencement , Ct^pro^rel^deladejccuuirte
de ces terres Occidentales par chrifi.Co'omb.Ce-ncuois.L'^rt de naut^uer entre les chrefiiens. Cotrabl du ppy dâAragon auec Colvm pour faire (efle defcouuerte.Desifles Canaries.pÃran^e def-fein dâyn malcontent pour ne yeoirfon mente rc-eonu.lettres des chreÃiens admirée: des Indiens, ^compenÃe de Colom retourne' en EÃp.pourfadej' I cottuerte.pepartemet du monde ^ue le Pape .ytle-I Jflt;î».6.Æ4i^ entre les Pays d'pfpa^ne, cr Portu-1 ^al.Des terres par eux defcouuertcs,ct^ a deÃcH-I wir..ytuec l'original delà Bulle.
I } Secondhoiage de Colom aux Indes Occidentales. I Des Caribes,Canibales ou Mange homes.PaïUardi-1 fe cr infolence des chreÃiens.
4 Source cr guériront du Mal de Kerole, dite ailleurs mal de Naples mal Frant^ois. .yfuec les raifons pour^uoy. .ytutre mal des Niguas e's Indes.
5 In calomnies des EÃacrnols cotre Colomb fint cait-fes ^u il retourne mal trtùblé de tous , Cf- mÃa V nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A
meurt Je JeJ^IaiÃr.Defeoutterte Je la tfrrefirme Ve la Mexique,masnn,religio», richefes ,genti-lejfes granJeur Jei Mexinquains.
VuperH,Je laCuÃtlle Jâor, Jes maurs Jes habitas en ces pays,auec laprmfe, cr ration Ãrs^e G?quot; Jcsloyale ruine Ju ^oy ^iaba!ipa,cr' Je Jón rÃat.rour lequel tant Je feJitions CT' jaiiure-teâ^yjontfuruenucs entre les lâi'i^rres ^l' ^â^gnfles.
y Dejcoituerte Cr cenJitions,tanl Je Panama que cartiers quot;yocfins.
Yy
S Defiouticrte Jes François, ^nglots, f'cnitiens, Ejjagnols ey?'- autres,yers les parties Ju Nort. l^oyage Jes François 'a la pion Je FyprÃnta-tionje la terre, Jufort y Jr eÃepar les François: Des mÅurs c^r portemens Jes Saunages, les moyens que tinJrct les F.Ãagnols pour en ihÃ' fer le François.
IO Voyage Jes François- Gafcons,foubs le Capitaine ^nurgues BourJelots, pour regai^ner la FloriJe, Cr- faire Jes FÃagnols ce quâils auoient faill Jet
François.
11 ont eÃe les premiers Jefeoutfrettrs Je la Fieri Jes (yr pays yeeftns. .y^uec les Jitters moyens qtt'tlsy tmJrent pour sâen ajleurer, mefmement des religieux JâEÃagne. Delà coÃe Jes Molues-
Faijons qu'aleguent les Ffagnols pour femain-tenirfetgneurs c^â yrays proprietaires Je toutes les Indes OtciJentate.'-,dcni la FlenJe fait porno: Ca-autres terres Jifceuuertes par les FrançoU, ^ngleis,.yflrmans,F'entiicns,C^ autres.
1} lÃe(po»ce des François nbsp;nbsp;nbsp;autres natids aux pre-
lenftons des Fjpagnols ce- portugais fur la fiquot;
^neurïeJes iÃes Orientales Occidentales.
gt;4 DeÃottuerle des autres terres yoeÃnes de la flo~ nde.
C*ntbales.l{atÃ)ns des Barbares contre le Pape % t^^Ãa^ne Des ^md^nes, CPquot; lt;i'où la fiter-te de cefle opinion eÃprocede'e.De la terre du Bre~ fddesgrandsÃenHes,Oregl4n,Maragnon, nbsp;nbsp;Jf
flate : auec les .Amal^ônes qu'aucuns Efiagnols 'feulent faire croire y auoir yen.
SECOND LIVRE DES TROIS M O N D £S.
I E N lt;]iie rAnifnâgiic ni.'ji cûé toute dcfconucrtc ny sf' iuicttic^du moins entière-ment pcupice cómt fenrJo
parties ijuc les Ffp.ignols ont troiiuc Jes plus riches; fichl-cccju oniuticnc pour eftcnduc du NorC au Midy prciuuit foinic de deux prefi^ii'lûes r^oiezGon- PcninfuJes,Iâvnc touteslois plus grade des siât/,Fern.o- f^âeis cpicrimtrC: à fçauoii celle du Nort itteilii.lâ Cie- peu contnic Se moites peuplée ejue celle dutui-eo.CorteiA/dy.TcIlemct fjucftncoukurcou de/lroit cjui
Ircués entre Pana-cujnian.sd- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Dros, tranché (potiry farre
joindre rOcean à la Mer du Pu,) ce fer oit les deux plus grandes Ifles du Mc:dc : ït telles tcu-Alaicon xt-tes fois fc dcbaorcnt appcller ces deux pais, le âi^mârâ\'eâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;clefcjuels cil beaucoup plus grand que
m^^an. \'ej- i^oilrc Eur ope, lequel commençant vctî lerni-p-io. £eii:^n cly arr de/lroiä de Magellan par la region des ythuit^Leul, Gearrs de Pantagôs, fait au dclfuslarichepro-^j'^^^^elu Peru.Puis fcflcndanc rufqucs au de-' flroir aux deux extrernitez duquel font les villes E/pagnoles de Panama amp;nbsp;Nombre de Dros retourne à droiôlepour faire le pays des Canr-baies, air delà dcfquels forrt les Brelîlians entre
DESTROlS M O N D F. nbsp;nbsp;nbsp;3
5 les plus grands fleuucs dn Monde Orglanamp; I Param igacut autrement Rio de plata , partie
1 defquels Lont comme fuiets au Roy de Portu-' gal tantpourceque lâItalien Vctpuce dclcou-Iutitccftetcrreà lesfriiz,que (cion le rcpaitc-tnent faiót par le Pape Alexandre (ixielm*, entre luy amp;nbsp;lâEfpagnol, dont nous parlerons aillent mieux à propos. La partie Septentrionale eómmeedes ccdcftroit oLicft la Caftilc Neuf-ue,Mexique,Meclauacam,lucatam , aucetout teqiiicft lùr le Golfedâicclüy, amp;nbsp;autres regios tomprinfes fous la neufue Efpagnc ; laquelle a pourfa droite la Floride, lanouuellc France, puis Canada, terre de Corte rcalis, V ftotiiland ^autres,auccgrand nombre dâifles que nos
j Ptançoisdefcouurirentallansà la grand Baye l pdckcr des Moulues quâils ont dés long temps l icfeouuertcs.Mais le carrier gauche de la nou-I Uellc Efpagnc nâeft (îconneu ; comprenant les j,g«-l rôttécsquisâapprochentdela mer Vermeille, ââ^41 ,.11. j Marata,Toceac,Tol,Quiuira, Anian 3e autres d« 1»-1 rpiâaucuns penfent toutesfois eftre ioinftes à des.
1 lâAfic du vieil monde. Au parfus la partie Mc-l tiiionale où e(F le Peru , eft appellee des Efpa-I gnols terre ferme, pourec que dés leurs pre-1 tiiiers voyages auc Colom, ils ne defcouurircnt
(pueles ides Cuba,Fernandine,Hayti 5e autres Fuis enhardis de pafler outres , ils vindrent «ttctctrc,laqucllcvoyans fl grande , Senclaquot;quot;'*'â'^'â' ttouuansffte comme les autres , Vappcllcrcnt terre ferme, 8c Inde Occidentale pour la ref-fcmblancc que les premiers defcouurcurs dires
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A iij
SECOND II V R !
à Colo au oir trouué entre ces pars, amp;nbsp;les peuples qui les cultiuenr,aucc les Indiens dâOticC; ou poLirceque cepiloctcqui mourut: à fonretour chez Colom à Madère, eftant fur fa route pour aller à finde Ethiopiéne où le Portugais traffiquoit , fut porté par la tcinpcfte es Ifles dâOccident quâil trcuua plus profitables que le Cartier auquel il cftoit coutumier de négocier; amp;nbsp;par ce les nom 11 ndes, fort mal proprement toutcsfoiç veu la dift'eréce quâil y a entre l'vnamp; lâautre pays, bien quâArift. die que les Gréez uXn/J, I. rffpenloientquc lâAfFrique futioinéle à l'Indie dâAfie voiant és mÅurs la mcfme fauuaginejamp; (êmblablcs Elcfans.loinéh que Pline dit, quâo alîèurc y auoir double Ethiopie, lâvne Orientale lâautre Occidêtale.Voire que le mot dâin-dcà dctouttéps efté commu à plufieutspays-Notamment aux Méridionaux amp;nbsp;ceux dâOrient. Caries Géographes amp;: Hifloricns tant Gréez que Latins, ont alllgné vu pays dâInde fur lâEthiopie. Mefmc Pline faid mention des viinlf' * Mines dâor qui (c cultiucnt es indes Septen-'
1.2 trionales amp;nbsp;des Indes en A fie, outre celles de ledfs fndlt;s G.ingcsivoiredes Indes SeptentrionalesScdes
Indcs de La Gaule. Puis cette terre fut appellee i'ï eir Oroi Amérique, du nom dcceluy qui premier def-couurit,non cette partie froide tirant au Nort, â ains la Meridionalc.-cóme vous verrez ailleurs au voyage dâA incric V efpucc, car il faut toii-, cher les defcouucrtcs de ces pays.
Bien que les Efpagnols amp;nbsp;Portugais tiren de grands proffits de leurs defcouuertcs.-lepret
DBS TROIS mondis. 4 wier honneur toutes fois en doibt cftrc rendu ilâItalien. C.irlanon moins dofte que genc-tciifchardiefe du Génois Florentin , Vénitien afpiuns à la conqncfte eFvn honneur immortel ioinft lâelpoir dâvn proffit extraordinaire qu'ils fc reprefentoient Jeuant les yeux; leur fit mettre bas tout obieft de crainfte, pour conduire ces deux nations és lieux defquel ils dechalFcnt tous autres Chretiens pour le iourddauy. CaJemolFe Venitié, Antoniti Genoisqaremicremcnt fc hafarde- ion Ginois tent pour defcouurir en faneur des Portugais, cjuintamp;ci toiitcequicfloitdelâAffrique Sc Ethiopi â¢, au delà leCap.de Nom , comme ic vous ay dift
.11' r,t. â r r-i - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I â I- lednitspoMr
ailleurs. Puis Vclpuee Floretin pour la m ime i Nation reconnut des terres dont le Portugais nâa voulu quâon parlalF depuis. Mais Chrifto-flcColom Génois dâhonneftes amp;nbsp;panures pa rens de Sauonne ouNerni,onbicndeCugn-t-o tirant fa race de Paleftic en Plaifance de Lombardie,dofte, vifjCuricux des chofes rares; apres auoir vn long temps voiagé pour le trafic en la Merdelcuat, alla veoir Lifbonc amp;nbsp;autres endroits de portugalamp; dâ.Aftriqucâ.nonr rillant de fe ttauaux,vic fobre amp;( efcharcc,Do-mcnic Colom fon pere fort aagé ; efpioit ton-tesfois lâoccafion pour employer les defirs de fon cÅur amp;nbsp;de fon cfprit,peu contant de viurc oifif fans honneur entre les Chreftiens. Ad-uint fnrceqnâvnnauirc quâaucuns maintiennent conduit par vn François,les autres Ef^-gnols: fut iette par latcmpefte fur les ifles de la
A iii)
SEC (J nd livre terre depuis nommée Inde Occidentale. Soie «jnâil Paye ainfi nommés la treiniant.o'i le peuple femblablc en quelques choies aux Orientaux defquels il vcnoit-ou pource quâil laiii-geoi!:concincntc,amp; nô fcparéc de l'Inde Orié-iLyTnitâ-cvt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9â- loir, ce dilgracié Pilotey
jlt;ou,\r; y ni auoir remarqué ce que le temps amp;nbsp;Cd lulfilan-ce Iny donna le moyen, la tempefte pailccan bout de cinq mois retourne en Portugal aiice quatre mariniers^ le relie mort du changemét dâacr Se autres inconueniens) fut recucillypar Colom (oità Madère,loit au Cap de Verd, ou autres lieux où il le retrouuall ü heureux pour cîîrc biéenfeigné par ce Pilote de tout ce quiâil fçauoit. tcllemétque ces mariniers amp;nbsp;leur Pilote mors en peu detemps lans qu'on ayeiamnis iccu depuis nouuclles deux, non fans foupçon de lâItalien qui Icslogeoitd enuie luy redoubla de voir iSt cfFcélurcr ccqnc lâautte nâauoitqiie delîèigné fur lâafèurancc de fon fçauoir, ou de tjucIcdcffunclluyauoitrcprelcnté.Carcn'
J5O0. cores que lâarc de nauiger sâenfcignall lorsés cfcolles : routes-fois peu fehazardoientâdclc mettre en pratique, fors comme prefque tous en la Merde Icuant amp;nbsp;codes dâEurope, Iclchât Iquot;s codes amp;nbsp;ne les pcrdâtdc veue quelemoins quâils pouuoicnr,non punéiiicliemcnt nyp.ar 1'clcuatió du Soleil, vc du Norc aueclâAllrola be,Iâai balelîCjball-') de Iacob, amp;nbsp;autres inftru-mcns.dcsmoyenslciilznon IccÅurny l'Efprit lujUnanqiioycntà la pourfuirte de ccddCcin. rourceenuoy Barthelemy Colom fon frcrc,
DES TROIS MONDES nbsp;nbsp;nbsp;J
Soliciter par offre de grans trefors amp;nbsp;longue tftedue de terres, Héry fcptiefmc peredcHéry liuifticfmc Roy d'Angleterre. Mais luyamp;le tôfcilauquel il auoit donné charge dâauil'cr fur Kfait.lcrennoyerctaucc moqueries. Mclmcs IsRoy de Francc(commc nous iugeons les ac-^dcnsà lâaparcncc amp;nbsp;non à la vérité folidcamp; âNaturelle) non plus dom lean Roy de Por-^i^gal duquel il sâeftoit fait vallal , marié natiiralizé en fon Royaume ; nâen firent plusdâcflat. Surquoy venu en beuillc . amp;nbsp;veu â¢luedom Henry dcGufman premier Duc de ^IcdinaCcli nâen renoit compte; fc defcouurit
Loys de la Cerda premier Duc de Medici , duquel il fut tenu pour affronteur, bien Hoaucuns tiennent que ce Duc voulut armer pour Colom en fa ville du port fainélc Marie. Mais que le Roy amp;nbsp;Roync Catholique luy ilcftendircnt, aufquelz, en fin rcfuzé amp;nbsp;rcicéfé prefquc par tous les fouucrains, il sâadreifa- Et quâil aye apres tous fes moiens , confom-ââlé vu longtops en pauureté amp;nbsp;dcfdains ,fans 'Hrcbien ouy parfept ans, pour les exceffi-â i« richeffes quâil prometoit en tant de pays, «quâils tcnoict tout pour impoffible, ioint la pwureaparéce du perfonnage cflranger ; deux 7âalitcz aufquelles on a toufiours de trop près «gardé-.conifat ncantmoinsen fes pourfuits Sc ''ffeutace de lâauenir ; il fuiuoit toufiours la Courtjfc retirant en la maifon dâAlphonce de Qmntauilla recepueur general des Finances
SECOND LIVRE
des Roy amp;nbsp;Roync Catholique,homme notable amp;nbsp;curieux dctrecenir les perfonnesde merite. En la faneur amp;nbsp;priere duquel, qui lâaiioic feulderous les Efpagnols nourry amp;nbsp;affifté: fut en fin connu du Cardinal dâEfpagnc Ai-cheuefque de Toledo Dom Pierre Goncaledc Mendoçi,qui luy prefta lâoreille , Iciugrant d'efprit amp;nbsp;dâentreprifc. Par ce fut oüy du Roy
*7-**quot;' ÿi.
de la R'jyne par fon moyen amp;nbsp;du receiicur. Si quâaiant fait voir fes memoires amp;nbsp;inftru-éfions, le lecours fut refolu amp;nbsp;contraft faith vingt fepticfme Auri!,mil quatre cens nouante deux entre les Roys Sc Colom au carapte-nant le fiegcdeuant la villede Grenade contre les Mores:e(f ans ces Princes en la ville de fain-té Foy quâils auoient fait BaQir .au meillieu de leur armée,laquelle en chafTa les Mores en fin, apres leur dem eu reen Efpagnc depuis lâan fept cens vingt. Tellement que celle guerre, que Colom ccaignoit deuoir cllrc rempcfcheinmc de lès dellcinsen futl'occafion premiere . à fin dâcllablir la foy Catholique en ce noinieau monde, Aeenchallâer lâIdolâtrie come ils vou-loient challer la foy Morefquc pour alfurer h Catholiqueen toute lEfpagne. Ainfiayâtdone à Colom fes prouifions amp;nbsp;lettres Royaux, on luy fit deliurcren. AnJalufie trois nauires telz quâil dem indoit 3uecgens,viures, armes, amp;nbsp;toutes telles munitions quâil voulut. Et pource que lâargent eRoit courr,au moyen des fraiz de lâarmée;Loys de fainél Angel Cotrol-Icur de lâordinaire,en preflapour le voyage: le
DESTROISMONDtS
fonttift faid Ie vingt fepticfmc Aur il, parde- Contra^ Jet âiïntlefcccetairc lean de Coloma,amp; confirme Pwptiuilegequi luyfutdonnc cnla ville de^â^quot;* ^renadc.troificimeiourluyuatjo.Auril.por- j,fcauurt-'oiccntrâautrcs conditions quâil ptendroit leâtâ,^es u. âlixicfmc des droits amp;nbsp;rentes du pays quâil def- Jet. fouuriroit pour le Roy.Ce qui luy aefté paie. Puisk Ion filz Dom lacques Colom deuxiel-â quot;e. Admiral J amp;nbsp;apres k Dom Loys Coló troi-'icfme. Défait Colom sâen alla en la ville de f »los de Moquer donner ordre à fon voiage, luâil commença le troifiefme Aoufl: * menant trois Pinçons pour Capitaines amp;nbsp;Pilotes de fcnauircs tous de Palos, comme la plus part ^autres mariniers lufqucs à (ix vingtz hom-'t'cs.ptcnans la route des Canaries inconnues 'ufques au regne de Dom lean de Caftille fc-tond du nom.rcgnât fous la tutelle de la Roy-»cDonnaCatherinc fa mere.Car lâan mil quatre cens uftante trois,Pierre de Vera Cheual-licr de Peres delà Frontière, amp;nbsp;Michel de Moxique,conquircnt la grande Canarie amp;nbsp;les autres ifle au nom de Fernand amp;nbsp;Tfabel, fors
1» Palme amp;nbsp;Teneriffc quâAlfoncc de Lugo i.« ijles Ca-conquit par leur commandement qui le firent quot;ââ'0 Cr lieutenant de T ener ife. Les habitans eftoient ^*^^*^â* Mores Se Saunages fans feu, pain, vin, vefte-tnens,loy,Police,ny armes, que fruitz natu-telz,cau,pcauxdcbeft:cs,pierrcs Sc ballons ef-guifez par des prierres.Lcs premieres Iflcs font »deux cents lieues dâEfpagnc, Lançatotc Se le ïetïdeux cens quarante, toutes comprinfes i
SECOND LIVRE cinqinncccincj o'j foixaiiK lieues ou eniiiron; allîzcs depuis le vint qiiatriclnic iniques au vint ncufnicfme degré de lâEquinoéHal vers le Pol Aréliquc.Ainlî noni;nce,difentplu!îeurs, pour la quâpté des Chiens qui y ont efté veuz grans amp;nbsp;beaux,mefinement en la grande.Bien quâaucuns de noz miriniers veulent tirer ce mot Canarien des Canes qui rendent lefucre en quantité. Lâ.air y ch doux amp;nbsp;tempéré, occa-ïîon des grans fruits qui y viennent. Colom y ayant faicteguadc.prins bois,chair, poilFou amp;nbsp;autres neceflîtez, partit de la Gonaerc Icli--xiefine Septembre , mil quatre cens nouante deux niuigcant aucc tant amp;nbsp;Ci continues incô-moditez,que l :s m triniers, fur tous les Pinçons le voulurent en fin faire mourir comme abufeur.Lors mefines quâils virent vne grande prairiedâhôrbcs/urleau penfans cHi'c perdus. Mais les ayant pa(îe,ils virent que câeftoient feuilles qui vonc flott.ls entre deux eaux,quai! en la fuperficic de la Mer , amp;nbsp;felon le temps A' agitation des canes coururent çà amp;nbsp;là ; par fois au milieu du Goulphc, parfois plusloingSt direz que ce font grans prez iauncs-vcrts,amp;de couleur pailéc. Surquoy pour les contenter, les aiîcura que dedans trois iours Us verroienc terre, ce qui auint. Car le vnziefmc Oâobrc /gt;iMrnTv1^ir nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ganahami l'vne des Lu-
fi»mcrItère- c^yos. Or pout cc que le marinier de Lâepe qui WW. le premier auoit veu terre, retourné en Elpa-gne nâcuft aucun prefont à lacouftume deh Mer ; de de/pitsâen alla en Afrique où il renya
DIS TROIS MONDES nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7
fafoy , amp;nbsp;ne fit depuis que trop de maux aux Chreftiens. A la dtfcouucire, lâAmiral amp;nbsp;autres de loyefe mirent à genoux chantans le Te Ãnm Itutdamus, ne pouuans tous fe faoulcr de Wer amp;nbsp;embrafl'er Colom dâvn fi heureux exploit. 11 demeura trente iours depuis les Canaries à venir là . defeendu il prit polîeflîon du lieu quâil nomma fainél Saluador. amp;de là fut à Baracoalâvn des ports de lâille Cuba vers le Mort, dâoù par les indiens nus amp;nbsp;volontaires, fe fitmener à Hayiiancrant vers le Noitau port Real,comme il le nom.raa,où il fit expres toucher fa Capitane pouroccafion dây laifler gens Soudain leCaciqucîcâtft le Roy(Goaca-Dagarijtraitta amitié aucc les fions ,defqutls ceslnfulaires rcctuoicnt quantité de fenetes, cfpingles,coutcaux,tfguilles, amp;nbsp;autres choies pour de lâor; amp;nbsp;les viures quâils donnoient en efehange. Forme de contraâ beaucoup plus fimplc Sc anciennCjComme dit lelurifconful-tcRomain, que la vendition amp;nbsp;achapt prati- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
quée feulement entre les hommes depuis laquot;'quot;'â cognoillà ncc de lâor,de lâargent, amp;nbsp;autres ma-titres dcfqucllcs on foimavnccfpcccdemon- d'tjclKi-^c noyé courante,pour fubuenir au deffault de ce deveni^,,,,,, que les hommes nâauoict pour donner en troc demarchandife , amp;nbsp;rcccuoircequileurefioit nteeflairc. Mais la corruption des hommes y a trouué tant de fubtilitez que la ronde f mplef-fe de lâancien elthage, eft par aucuns beaucoup plus louée que les fines amp;nbsp;malicieufes inuen-tions que les hommes ont trouué pour fc de-
SECOND LIVRE
Lttlrtsdts
ChrtÃitnsm admit alitn du Indiens,
Culom retour ne en E/pa-^ne foire l'on rapport aux tLoys Catlio-liijues, 4. Mars, 14 9J-
s que à Lif-
Q^nf Ãt«. dtns mémo
rables en £f. pap^ne l'an i49t:
ceiioir en cette forme de nouucau c6trafl:.Puii ayant Colom reconnu la terre, bafti vnfort quaré du nauire ropu, où il laifla trente huiél hommes,vn Chef amp;nbsp;Chirurgien pour recon-noiftre mieux le pays amp;nbsp;en apprendre le langage afin de luy feruirde truchemésà fon retour: / lâeretira de lâIflc Ifabclle ,ainfi nômcc,du nom de la RoyneCatholique, pourtireren Efpa-gne faire fon rapport ; lardant les Indiens fort cfmcrucillez de leur hardielTe à fiirniontcr tant de perils , non moins que de leur auaricc pour chercher fi loing les ordures de la terre: amp;nbsp;des lettres quâilsenuoient les vns aux autres Lefquelle ils regardoient en grande reuerence croyâs quâelles auoict quelque efprit,amp;quâel les parloient comme les hommes par quelque diuinitc plus que par arc humain. Voyez nia merueillc ne vient pas dâignorance plu du merite de la choie admirée. Il arriua bonne le quatriefme Mars mil quatre cens no-nante trois , dâoù il fut à Palos en cinquante iours de fa départie des Indes : ayant demeure pres de trois mois à defcouurir les Lucayos, trois mois à fonfeiour amp;nbsp;retour à Lilhonne où il fut porté par la tempefte. Ainfi lâan mâ quatre cens nonante deux furent remarqueï en Efpargnequatreaccidens fort mémorables air Royaume . La prife de Grenade fut le* Mores amp;nbsp;luifs lcdouzicfme lanuier. Etfurh findcluillet les luifs chalîez hors leRoyaU' mc.Lefixiéfmc Décembre vn dcbalfe conéi' tion natif de Remeufe en la principauté de Ca-
DIS TROIS MONDES nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8
tî!ogne,dit Ichâ de Canamares, dóna au Roy îBarcslonnevncoupdâLfpéefurlccol, fi dan-Jfteux quâil en penlamouiir,amp; bien quâil fuft ol,ce quâon connut à lâopinion qu il auoit idlrejRoy f'ilciift tué Fernand : fi fut il iufti-ÃCcomme traître. Coloiu ariuaà Barcclonne ^infuiuant mil quatre cens nouante trois en ^uril,appoiTant auRoy jaliori de danger de fâplaye,nouuclledc ladefcouucrte des Indes, 'lyfirtf^üttbienreccu aucc fix Indiens , nom-^fcde Perroquetz amp;nbsp;autre fingularitcz. Les Wiens demandans Baptefmc furent baptifez âidquels les Roy Catholiques aucc Ãom lean ^Eiir fils amp;nbsp;heritier J furent parrins lâvn nom-ââcFernaddâAragon,parét du Roy Goagaua-'ij lâauttcDom lean de Caftillc que Fcrnâd ''Wutauoirprès defoy.Mais il mourut deux ââ5 apres. Les autres retournèrent aux In-«sauecColona, auquel les Princes firent de Krccmf^ce âtauxpiefcns. Entre autres luy confirmèrent
priuilege en Rarcelonnc, le vingt huiélief-'quot;tMay, inil quatre cens nonanre quatre :1c l'ttnt noble,luy donnèrent comme à fes de-fttndâsjtiltre dâAmiral perpétuel de ces Indes toinmede fief noble ; amp;nbsp;que tous fe nommaf-WOom , aucc les armories Royalles de Ca-We 5c de Leô,mtflécs amp;: départies aucc dâau- * 't«,approuuans les armoiries enncicnncs de la 'ârc.Faifant des vus A: des autres vu efcufibn 'l'tnbrc,auec vn chafteau dâor en châp de gucu Its'.ayant les portes amp;nbsp;feneftres dâazur, Ãe vu Wn de pourpre, ou de couleur de meure en
SECOND lIVRà champ dâargent, auec vnc couronne dâor lanï-pal'sc rampant comme les Roys de Caftile, amp;nbsp;de Leon le portent. Le chafteau amp;nbsp;Lion au chef de lâEfculTbn Jc Lion à gauche. Les deux parties de lâEfcuflon diuifccs en façon de Man-teaUjà 'droitc vne inerties eaux perfes Si blan-' chcs,amp; y eft figurée la terre ferme de ces Indes qui comprend quafi La circonferéce de ce quartier, laiflant le delTus ouuert. De (orte que les deux pointes de ce pays figurent le Midy amp;nbsp;la T ramôtanc amp;nbsp;ledcllous qui fignific lâOccidet, eft vnc terre toute dâvne fuitte q v.a dâvne pointe à lâautrc.Entrc ces pointes la mer eft chargee de pluficurs ill es, amp;nbsp;la terre amp;nbsp;les ifteSjfort vertes, gainicsdcpluficurs palmes amp;nbsp;autres arbres Car ils n y perdent iamais leur fueille, ou bien peu,Secncctte terre ferme plufieurs couleurs matifccs amp;nbsp;femées de grains d'or,pour dénoter les mines. A gauche cinq Ancres d'or cnchâp d'Azur pour le tiltrcd'Amiral perpétuel de ces Indes. Les armoiries de Colo au bas, ceft afça-uoir la partie haute de Gueules ou fâguinéc,amp; au defibus vnc barre d'A zur'en châpd'or. Au fommet de l'Efcuftbn vn heaume d'eftat au naturel de huiéf fcneftres,aucc vn Timbre dâazur amp;â dâor, ôc fur le heaume pourcrefte vninonde rondamp; vnc croix rouge dclFus, amp;en ce inonde la terre ferme amp;nbsp;ifics painftes commedef* fus,amp; hors rEfculfon en vn roulleau blancccs Icttresdcfablc:
Pur
DES TROIS MOMOlS^ 5
Por nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ptr Leo»
i^ueuo Mondo hall4 Colon. Pour CttÃtlle four Leon ÃLoutteAU Monde troutM Colom.
Puis en fa faneur firent lieutenant General dclâIfleEfpagnole Bartelemy Colom fon fro K,auec autres biens quâils luy donnèrent.
Premier que lây faire retourner neantmoins turent le don amp;nbsp;confirmation de ces indes pat Alexandre fixiefmc Pape , auquel ils auoient tnuoyé apres fon efleftion pour le rccognoi-ftte, amp;nbsp;fc foufmettre à luy , à fin quâen ce faillit auec plus iuftctiltre.leur bodelfein dâamplifier la religion Chrellienne full: plus auto-tifé.Et partant le Pape donna ces indes au Roy amp;nbsp;Roync amp;nbsp;à leurs fuccelTeurs es Royaumes 1 de Caftillc amp;c de Leon, amp;nbsp;tout le furplus, fuy-
uant la droite ligne de Pol à Pol,par diamètre tit toHt le mS de cent lieues , outre les Ifles des Açores amp;nbsp;de «l* no«««* celle du Promotoirc ou Capo Verde, amp;nbsp;de là luiuant de point a point tout ce qui le pouuoit ttouuer au MôdCjdcquoy aucun'Prince Chre-ftien n euft pofleffiô aôtuelle.Et du depuis fut accorde entre les Roys dcCaftille amp;nbsp;Portugal,qui iacn auoit defcouuert dâautrcs,quc de-
1 puis CCS ifles iufques à trois CCS feptante lieues ,, , vers lâOccident on fift: vne ligue de Pol à Pol, 8t ce qui feroit entre cette, ligne, amp;nbsp;la fufdite ⬠far lac^tl fut de Portugal. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;** * my-far-
AlexandRî Euefque , feruiteur des Moud* fauitcurs dcDicu,anoftrctrcf-cher fils «nle-fufehrift Ferdinand Roy, amp;nbsp;à noftre trefehere nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
B
SECOND IIVRï fille en lefusChlift Ifabelle RoyncdeCaftille, de Leon,d'Arag0,de Sicile amp;deGrcnadefaJut, bcnediôlion Apoftolique amp;c. Puis nyit reciti la tiffiouuerte telle ^uetâay dit,Ciquot;Jon deÃraypevr fier le chriÃianijme : il adiouÃe^Et afin que par la largeflè A poftolique,voâ entrepreniez plus vo- â lontiers amp;nbsp;dâvn grand courage la charge dâvnc fi haute cncreprife:dc noftre propre mouucniét fins auoir cCgaid à aucune requefte qui par vo* ou par autruy noâ pourroit auoir cfté presétee; mais feulemêt efineuz par noftre pureamp;fraclte liberaliré,amp; pour quelques fccrettes caufes.no* voâ douons toutes les Ifles amp;nbsp;terres fermes qui ont ia cfté trouuces ôfqui font encor à trouiicr, qui fontdefcouuertes amp;à defcouurir,verrOc-cidec amp;nbsp;Midy,tirât vne ligne droite du Pol Ar-«ftique au Pol Antarûique, foit que ces ifles amp;terrcs fermes trouuéesamp; à trouuer,foiéc vers le eroy qu'il l'Indie.ou vers quelqucautrccarrier.Nousen-feinmpeou tendôstoutesfois queceftelignefoitdiftâtecet 9â lieues vers hOccident amp;nbsp;le Midy des ifles que ^es'rnipf' vulgairement onappellc Azores , ou duCap-e[lolt;^néesil'v. vcid. Nous doncpat lâauthotité de Dieu tout-ne Jtt au'rtj puifsâtquinoâà cftébailléecnlapersônedeS. celles dtCaf. Pierre,amp;de laquelle nous iouifsôs en ce Mode, â ver lefians comc Vicaire de lefus Chrift, Vous douons a-ucc leurs fcigncurics, villes, Chafteaux lieux autres ha-t- villagcs,droifts,iurifdilt;ftions,amp;toutcsautrcs, coHppiusi aé appartenances Sc deppendances,toutcs les Ifles ce i en .r tcrrcs fermes trouuécs amp;nbsp;à trouuer, defeou-~jers l iiertes amp;nbsp;à defcouurir depuis ladiâe ligne vers lâOccident amp;nbsp;le midy, qui par autre Roy ou
DES trois mondes IO Prince Chreftié nâeftoiêt point pollcdccs adu-'llcmétjiufqucs au lourde Noël dernier palïe, duquel commence la prelcntc année mil quatre Jtsnonäte trois.-lors que quelques vncs des IC-âöfufdites ont eflé trouuces par vos Lieutenâs ^Capitaines. Lequel don nous eftédons en la Münne de vos heritiersSc fucceflcursRoys de Caftillc amp;nbsp;de Leon, amp;nbsp;les en faifons feii^neurs âWc plaine amp;nbsp;libre puilTance, authorité- èc iu-fiÃiélion fur icelles , ne voulans neantmoins â^efroger au droid d'aucun Prince Chreflicn, ^uiaduellement en auroit polTedé quelques /lt; donaifin ''nés iufqucsau iour fufdidde la natiuité de noftre feigneur Icfus C hr ill. Dauantage neus ''oiis mandons que luiuant la faintle obedien-que vous neus deucz, fuiuant la promef-ftque vous nousauez faide ( laquelle nous ne doutons point que ne gardiez entieremet pour lîgrandcdeuotion amp;: Royalle Maicfté quieft tnvousjvoâ enuoiez aux fufdites ifles Je terres fermes des gens de bien^craignâs Dieu, dodes, ^luans, amp;nbsp;experts pour inftmirc les habitans â¢ufdits en la foy Catnoliqiic,amp;pour les abreu-uerdebôncsme'.Ks : vous enchargeans de vous eniploier fongncufen-iét aux ebofes fafdites. Et dauere part nous dépendons fur peine dâcxco- toMsjicysd'y niunication à toutes perfonnes de quelque di- allero» in~ gnitc que ce foie, fuffe Imperiale amp;nbsp;Royale,de quelque eftat,degré,ordre, ou condivio quâelles foiêt, dâaller ou enuoier fans auoir permiffiô de voâ,de vos Heritiers Scfuccelfcurs fufdits,à aucii nesde ces illesamp;ccrres fermes quisot iadefeou
Bij
s ( C o ND IIVRE.
ocrt«,amp; font encor à dcfcouui ir vers lâOccident amp;nbsp;lemidy.fuiuant ladite ligne f,uc nous entendons palfcr du Pol Arftiqueau Pol An-tardliq.ou du C ipuerd vers Occidct Sc Midygt; nonoflant toutes autres conflitutios Si oidon-nances Apoftoliqucsà cc contn iresuyambô-, nccôfiancc^ueceluy qui eft diftnbureur des Empires amp;nbsp;leigneuries,conduita vos aélions, /î vous pourfuiucz vne fi lainóle amp;nbsp;louableen-treprife:amp; vos Si trauaux auront en brief vne fin treshcurcufe,qui apportera vne gr idc gloire amp;nbsp;vne félicité nonpareilleà tout le peuple Chrefticn.Mais parce qu'il feroitdifficile que CCS prefentes fufRnt portées aufdits lieux, ou il (croit befoininous voulons que pareille foy foie adiouflcc comme à ces prefentes aux cop-* pics qui ferôt fignées par main de Notairepu-olic fur ce appel lé,amp; (èellécs du feclde quelque pcrfonnecóftitiice en indignité Eccicfiaftiquc, ou de quelque Cour dâEglife. Q^aucundonc ne foit fi téméraire dâenfraindrc Si venir au co-traire de ce qui eft porté par ectuy noftrc man-eoxiw»quot;*»»« dement,exhortation,rcqucflc donarion,côccf-tti Ln^tut-1â0'1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;conflitution, decret delfcncc,
inhibition amp;nbsp;volonté Et G qucicun foit fi hardy dâattenter au contrairc.quâils sâaffeure dâencourir lâindignation de Pieu tout puifTant Je des Apoflrcs S. Pierre amp;nbsp;S.Paul. Donneà RÅ mcà S.Picrrcrande lâincarnation noftre SeP gneurmil quatre cens nonâterroisjcquatricl-
4.M45t4jj.medcsnonesdcMay,amp; le premier an de no-(Ire Pontificat.
DIS TROISMOMDES. nbsp;nbsp;nbsp;II
Pourcefte caulclcs Portugais diftnt que le «ftcdiiLcuant leur demeure,enquoy lEfpa-gnol Ouiedo dit quâils sâabufent grâdeméc,pat ce que toutes les l lies de l Eipiceriedu Maluco, de Bruncy,ou Ion préd la Canelle amp;nbsp;toutes lâe-fpicerie,amp; lercftedumôde retournât par lâOdent iufques à la premiere ligne du Diamètre notée és têt lieues des iflcs des Açores amp;nbsp;du Capo verde, font ce prinfes en la Bulle amp;nbsp;donatio du Pape.Suiuant laquelle aueûs Religieux let-dcz,ise de vie approuuee,furent enElpagnc pour aller aux Indes pl.'ter la foy Chrcfticnnc 3ueç Cülô.Entrc lefquels fpecialemét fut cfleu pour ce faire Bnnl de lâordre (aint Bcnoift natif de Cat31o:ne,auquel le Pape donna plain pou-noir de placer gouueinei lâEglifeen ces quar tiers,corne à Prélat amp;nbsp;chef des P reft tes amp;nbsp;Religieux qui lors palfci étés Indes pour exercer lofficc diuin amp;nbsp;pour la couerfio de ces Indies, y portas les ornemes,Croix,Calices,Images amp;nbsp;tout ce qui eftoit ncceflaire pour parer Se orner lestéples quâô y baftiroit. Ce lont les difeours des Efpagnols.Mais les Portugais en parler,cô nbsp;nbsp;j, culom
tnciâay ditaillieurs Oforius entrâautres amp;nbsp;les InJft Ucci plus appreuuez parmy eux, aufquels ie réuoyc dlt;»». leleéteur pour venir à la (econde delcouuerteâ
Colomauoirapresdreftetoutefonarméelor- ART. j. tità voilesdcfploiées leMercredy 15.de icptc l)rei495 Seenuiron lâaube du iouv defploialc^ â5.-lt;f-i49î-Voiles de lâAmiral tuiuy des autres qui eftoient-en tout dix fept voiles .aufquels y auoir cinq cés humes de fait,fort bic équipez, pourueuz dâar-
B il)
SECOND LIVRE
mes,de munitions, viurcs, 5c de tout ce qui e-rtoit nccciriirc.Ptcmieremcnt rcconutvnciflc quâil nomma Dclfcad.1,(1 toft quâil Peuft veue, pour le de/îr que luy 5c ceux de la flotte auuiét de voir tcrre.-5c incotinent apres envie vneautre quâil appella Marigalcte du nô du principal nauirc ou efloit lâAdmirai,nommant aind à fa fatafle routes les autres qui font en ce Climat du Note, afur ou de Polà Pol.Dcfquellesdu codé tramotanc la premiere 5c plus prochaine Guadalupe , la Rarbade, la Guia,le Sombrero 5c autres qui en font encorâ plus prochaine/ô me lâAnegada. Depuis laquelle vers le Ponent font plulîeurs petites ides que lâon appelle, Las Virgines . Plus outres efl lâifle Boriqucn quâon appelle maintenant S3inôHcan,fort riche 5c des plus notables vers la part Auftrallc de lâifle Delleade de laquellceft plusprochai-ne lâifle Dominicaainfl nôméc par lâAmiral, par ce quâelle fut defcouuertc le Dimanche. Plusvn autre quâü appelle Los Todos fandos, 5c vers le Midy eft Matinino qui cômeaucuns Croniqueurs ont voulu dire, efloit pciipléeamp; habitée dâAm32oncs,mais ils ont côtroiiuécela.Toutes lelquellcs,5c la plus part des voefi-ncs cfloient peuplées dâIndiens Sagitaitresappeliez Caribes,qui vaut autant à dire en lague vaillas amp;nbsp;hardis qui trempent enuenimét leurs flèches dâvnchcrbe fi mot-telle,que la plaiecn cfl incurable 5c fansremc-dc.âdeforre que ceu.x qui en font frapez, meii-rentcomme enrages,5c en ic debatas fortilsfc mordet les mébres du corps 5c Ce tourmentent
DIS trois MONDFS. 11
Come infcnfcz de la grade douleur quâils feiltet fi quclquâvn en efehappe, cefl: par grande dieteamp; parla vertu dâaucunes med-tines appropriés contre celle poifon Jclquclles toutes-foisprofitent peu.Mais fi dâauâtiirc qutlquâvn 'n guaritjcâell par ce que lâherbe à eflé mixtiô-â leede long téps,ou par faute de quelque ma-tierc veniineiize de laquelle elle auroit ellé cô-Pofée.Car les Indies ont en plufieurs lieux di-iietfcsmanieresde mixtioner ecte herbe. Or les Sagitaires de ces iHes qui tirât de telles Hcches roâgét chair humaine/xcepte ceux de lâifle Bo hque,corne plufieurs autres de la terre fcimc. diofcellrâgc,ancicneroutesfois amp;nbsp;ordinaire à plufieurs.Car les créez l atins^: autres no* af-Iturct quâé Scithic, Afriq amp;nbsp;autres lieux ne fe trouuoiét que trop de mâge-hômes quâils no- canibaltt uioiét Antropophaccs autres mefmcs qiiif
L ⢠- 1 I n 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- I hommes amp;
Boiuet dedas les telles des mors,amp; portoict les déscntortillées des cheueux dcsdecedez au lieu phages. de chaînes ou coliersicóme font auHi plufieurs en la terreferme des Indes Occidétalcs.le diray ailleurs côme,quant amp;nbsp;pourquoy cela peut c-ttre auenu entre les humains. Apres que celle aimée eut palfc lâifle de Borique ou S luâ-.ellc vint à celle de Haïti que noâ appellos tfpagno le,amp;print porten Septebremil quatrecés no-nante trois au port de Plata, qui cil la code du Nort, amp;nbsp;de là Pen alla en rifabcllc qui cil tout du lóf; de la code vers lâOccident .Puis à Mote Chrido où regnoit le Roy Goacanagari quâô appelle maintenât Puerto reakOr vn fié frere
B iiij
SECOND LIVRE
Paillardife iouifloit de cc pays ,amp; luy auok donné cede ^i'chreÃi^s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en laquelle l'Amiral auoic lailFé tié'
quot; te huit hommes au premier voiage, que les Indiens auoient tuez', ncpouuans plus loufFrit leurs excès amp;nbsp;outrages.Car mefpriGuislecon-feilz amp;nbsp;commandemens de leur chef, ilspre-noient leurs femmes, en faifoient leur volonté auec autres violences amp;nbsp;fafeheries comme gens defordonnez nbsp;fans conduicte, fcpa-
rez les vns des autres,vn à vn.deux à deux, amp;nbsp;au plus trois au quatre cnfcmble, en diuers lieux dedans le pays, amp;nbsp;à leur fantafie. Si que continuans leur defordre,les Indiensconfpire-rent de les tuer tous, croias fermemet que ia-mais autres Chreftiens ny debuoient reuenir-Some que lâauarice,lâambition amp;paillardifede lâEfpagnoljdôncrcnt prompte fin à la premiere peuplade des Chreftiens aux Ifles de lâAme-rique,commelonfceutdu depuis des Indiens mefmes pour les caufes que deflùs. Tellement qu'auerty de la verité,sâen retourna en lâifabel-le pour la peupler,amp; y ficcdificrvncville,quâil fournit de ceux quâil auoit amené iufquesà cinqccns homes, amp;nbsp;la nomma tlabelle, en mémoire de laRoyne Donna Ifabclle.Cete fut la fécondé peuplade des Chreftiens és Indes,en cette ille de Hayti appellée maintenant Efpa-gnolle: Sc dura cette Republique iufques en lâa mil quatrecens nonâtehuiél. Cestrétc huift furent les premiers, habitans amp;nbsp;bourgoisgui pafièrétdelâl.'abellacnccte Cité de SAnBtDo^ comme ic diray cy apres.
DIS TROIS MONDIS. 1?
Or puis que les richeiTes amp;nbsp;autres infinies A. R T. 4. 'âmmoditez de ces Indes font communiquées *tousChrcfl:iens,mcfmemcnt aux François
Italiens: Il fcmble raifonnablepuis quâils quot;âââ iflènt du bié amp;nbsp;trauail de FEfpagnol,quâils ây'ntauffi part à leur mal,à leurs ennuis amp;nbsp;fa-Jtrics. Donques comme lâIflede Hayti Ila-^Hejucla premiere peuplée, plus grande, riche, amp;nbsp;plus renommée de toutes les au-apporta elle aux Efpagnolsles deux fins grandes incommoditez quâils ayent fenty 'quot;toutes leurs delcouuertes:amp; leiquelles ont 'âââtinné entrâeiix de iour à autre, bien que no Standes ne fi dangereufes quâau commence-JtntjilsontfaicI.Lâvnccomuneà tous Chre-ænsmcfmcmcnt François amp;nbsp;Italiens,quieft que aucuns quot;l^erolle.Car pour laiifer en arriéré lâopiniô difent Mal
Médecins amp;nbsp;de tous aurres,qui en tirent la «l'NapZeser. âttccdâItalie,à lâoccafiondequoy le vulgai-''^appelle maldeNaplesiamp;encorqucccftin 'â»uenient ne foit apparu aux François que quot;ts amp;: depuis le voyage de Charles huiûief-'quot;quot;à laconqueftc du Royaume de Naples par ^âFrançois; Si eft-ce quâil faut tenir pouraf-
*''té, quâil nâa pris fource que de lâIfle Efpa-Wle diète Ilabellc.Dâoù porté aucc les mon-
â *âtsde lâor de ces Indes par les Efpagnols mil îquot;3trc cens nonatc (îx que Colom retourna i^Ut la fécondé fois en Efpagne : creut tn for-
5 gt;nbsp;quâelle pailà en fi grande vigueur en Ita-.»lorsquele grand Capitaine Gouçalo Fer-
*quot;^52 de Cordoua y fut enuoyé aucc vne grof-
SECUND LIVRE
fc armée par les Roys Catholiques Capitaine General pour fecourir le Roy dâAragon Fernand dcuxiclme contre lt;nbsp;harlts huifticlrae Roy de France.Si bien que fe m Jlans les Ef-pagnols Caflillans, Arragonnuis, amp;nbsp;autresa-uec les Italiens amp;nbsp;Italiennes; amp;nbsp;elles depuis -auec les François.qui apres le retour de Charles en France, y firent longuement la guerre: ceux cy laporterent amp;nbsp;femciét depuis fi aiiapt au naturel des femmes , que par le feiil 'attouchement aucuns la prenoient de ceux 3e celles ?[uicn cftoiécinfeéEcz felon que portoit ladi-pofition des perfonnes. A caufe de cela les
François amp;nbsp;autres lappelloicnt Icmal Je Naples ,amp; les Napolitains le mal François. F.fii-mans tous peut cftre que la paillarJife des Fri-çoisluycufl:apporté. Le premier qui fut remarqué en eftrc attaint , lâauoir apporté de Hayti en Efpagne, fut le Commandeur Moffen Pierre Marguerite.domeftique du Roy Ca tolic , lequel au oit accompagné Colom, fe plaignanstoufioursdefes douleurs fans aucune apparence de Verolle toutesfois. Mais tod apres mil quatre cens nouante fix, Ion apper-ceut cette maladie entre aucuns Courtifansà lafuittedu Roy dâEfpagne. Car parauant elle ne fe voioit quâen gens de balle qualité , dont plufieursmouroient, tant pource queleraal cftoit violent, que fautes de remede à vn mal finouucau amp;nbsp;inconnu à tous Médecins,encor quâil full allez connu aux Indiens, lefquek comme Dieu met le repos contre la peine, le
DES TROIS MONDES.
14
bien pres du mal, amp;nbsp;le rcmede ayfé, commun amp;voifin de la maladie lî gencralle , fâen (ça-nentbien guairir. Car ils ont herbes , arbres amp;nbsp;plantes fort cxcclltntes amp;nbsp;propres à cette amp;
' îutrtsmaladieSjCntrâautresle Guayacanquâau ois veulét dire efl:rcrHcbeneamp; le laint boysy^;â^fj/,^j_ ciiPalma fan ta.Mais dâautres feparét le Guaya-can, (duquel le premier vfage entre les Efpa-gnols, futen Ifabellc ) du fainét boys qui Ce ttouueen lâiflc de Boriquen diôte faint lean. o»«eJ».x.c/, LeGuayean sâefl: trouuécs ifles terre ferme
lt;n 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t 1 nbsp;nbsp;1- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;XI delhtit.ynt^.
la coîitree que les Indiens nomment fNa- detin^ Srando, y en a plus en ces Indes que de Pins d,,, 'n Efpagne. raifon dequoy le mal nâeft fi cruel aux Indies quâà autres:car leur eftant cô-'quot;iin, ils sâen guariffent comme nous icy de la galle. Toutesfois la guarifon eft lubieéteÃ
' grande dicte, amp;nbsp;en bcuuant de lâeau en laquel- Lem^id, ironfaiâboüillirdecefainétbois.-mais fans j la dicte J il eft plus dangereux que profitable, paiitrc mal vient des Niguas, beftelcttes qui prtenansen lapoufiîcredeterre , amp;: fautelans tomme puces, fe mettent entre peau amp;nbsp;chair, 'ifmangeantcxtrcmcmentjamp;fi promptement t'tinelcs ofteauec lapointedclâcfpingle, elles,«« det Ef-yrnengendrent tant dâautres, que ne sâen allâs/ââ^'»/»,«»-poiirfroter,en fin les menbres enflent , pour-'ââ'^quot;^®quot;quot;* «far,«: reperdent peu à peu.
Pour retourner à Coló, come il employoitf^f,' d» io fesfens à dcfcouurir les ifles voifines, leurs Pri»ce, amp;nbsp;ticheflès amp;nbsp;cômoditez,il fut aceufé de trop grâ 'quot;â¢â quot;''i *1® rigueur amp;nbsp;cruauté vers les Efpagnols,
SECOND LIVRE.
auCquels il commandoit comme fouuerain, di-foient-ils: amp;nbsp;par enuie de les vertus, luy mirent à fus quâil fraudroit les droits du Koy.que mef-mesil celoit lillcdcs Perles quâon luy auoitde nouucau enleignée, amp;nbsp;telles autres cilomnits. Aâioccalîon delqucls rappelle par Fernanden ' Efpagne,comme la plufpart des Princes ne lont que trop liibieéls aux premiers rapports des flatteurs amp;nbsp;calonniateiirs mcfm,ment;puissâc-ftre fuffilamment laue de telles impolluresil y retourna pour la troiiîefmc amp;nbsp;quatncfmc foys.où iieantinoins il n'ciifl grand loilîrde fe iourner,croilïà nt lâenuie defes graces entre les flateurs de Ion Prince.- auquel retourné pout lâen informer, mourut peu apres l'vndes plus renommez perfonnages de lâEfpagnc; I ouiHant toutesfois de tous les priuileges faneurs que iâay dit luy auoir cfté données. Son filz mefmcs Sc autres defeendans, alliez des plus fignallécs maifons dâEfpagne, tant par lès fauorablcs odrois,que partes grades richelîès quâil auoit tirédefesdefcouuertes: ont toufiours porté le nom amp;nbsp;armes de Amiraux des Indes, cfquelles plulîcurs Capitaines amp;nbsp;foldats mirent depuis
toute peine dâacquérir honneur amp;nbsp;chcuancc, parladefcüuucrtedc terre ferme, puis que les Terre feront iflcs cHoiét ia recônucs.Entrâautre.s Francifque desiniesfar pcinandezdc Cordoua partâtdelâiHc deCuba «7«»» O-f»zn- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
ù nommé: Fcrnindinejccogneur mil cinqcés dixfcpt la Pointe de las Mugcres. Puis celle tic Cotoheen laProuincede Y ucitan.Mais batu par les Saunages Sc retourné en Pille,Francifeo
ment defea»-nertet.
DIS TROIS MONDIS. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;15
, ^tMontcio naturel de Salamanque,cut le gou-toncment de Y ucatan,amp;charge d'en faire la â ^onquefte,en laquelle il crauailla fort,pour tra-wtvne oiiuerturc à l'entrée du Royaume de
, fcique depuis nommée laNciifue Efp.igne. ^îrlucccdantà Fernandez au gouuerntmcnc ^^Cuba, Diego Ve lalquez, enuoya lehan de ) ^liiialia lâan mil ein q cens dix-huit, Ion cou-feaueedeux cens Efpagnolz, lequel delcendii âAeuzamit amp;c Champoten, païs de thalle : de ^âvtnu aujport Déiî'eadajamp;à lariuiere qu'il Jâoirmadelon nom Griualia,retournant à Cu-fit monftie de t.anr de richeflcs, que lâi-nuie ffdoiibla au relie des pins craii ûjfzd'y voyi-Ãft-Si que Fernand t'ertez Ffpagnol naturel i^fMcdelin,paint defainóllaques de Cubalc â¢liâi huiéliefroe Nommbre mil cinq cens dix-â¢âtuf,auec cinq cens cinqnâtc Efpagnolz pour ^deendre à Acuzamel.Puis prend 1 abalcho amp;c ^antoncban.fi quâapres longues dfficultcz Compte le païs de Mexique,préd le Roy Mon-
?'nima,amp;peuple la neufiie Efpagnc,auec plusieurs autres pais circonuoilîns. Car le Roy de eourtoilicallaaudcuat,amp; 1 auoirmcncen Ion G-gentilklfet Palais excellant,amp; fort richement meuble,luy liit,vous elles en vollrcmaifon, repofez vous, îfvous rcfiouyllez.Mais pourreconnoiflance, Iautre luy otlafon Royaume, grand, riche amp;nbsp;lgt;ifn policé:il efloir nommé Montezuma pour üfagclFe 5e grauitéjpar iouril changeoit qua-i Irt fois dâhabits fans en reporter vn feul, man-gtoit feul.la mufiquc ic autres pafle- temps de-
SECONDLIVRE
uantliiy,amp;mil foldats à fa garde. Sa vailTelle Mrurd Oquot; re nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nâcftoit jamais ici uic quâvnc fois
ligiendei ne aiiccmil reucrcnccs. Vingt des plus belles amp;nbsp;xiquans. grandes dames luy donnoyent par ordre à lauer les mains.Tous fedefehauflbyent pour entrer au PalaiSjamp; nulnelâoifoitrcgarder.Laprincipale ville cft en vn lac de trente lieurs, dcmy-doux amp;nbsp;dcmy falé- Achacun marché qui fc fai-foit de cinq en cinq iours,y aucit cent mil per-fonnc,qui de toutes parts y apportoient toutes forces de proiiifions amp;marchandifeauecgrande policc:trafiquoyent par efehange fans mon-noyc.gens idolâtres, qui au Teucali principal tcple.rcconnoiflent dcu.\ mil dieux différends denoms,auqucls ilsfacrifient les hommes: du fang defqucls ils les arrolent , amp;nbsp;en mangent la chair.Ils ont tours aux temples amp;nbsp;autelz, près defqucls il prient aucc plus de cinq mil Preftres en leurs temples:chacun ayant fa charge, y reiîdans fans ccfïc, auqucls parle le Diable, amp;nbsp;leur commande de lacrifier les hommes.Ils s'eft baptize en la neufue Efpagneplus de dcuxmilions dâIndiens , difent les Efpa-gnols,qui viuent amp;nbsp;fe policentà la Chreiben-ne.Cortez en fomme prit Montezuma foubs bonaccueil.-puisy auoir fait mourir plufîeurs Indiens,tant en combat quâautrement ; fe rend maiftre de quelques places. En fin le cours de fesentreprinfes fut retardé parla furuenue de Pamphile Naruatz, que Diego Velafques cn-uoyaauec nombre dâhommes pour conquérir le pais quâil auoit defcouuert premier que
î DESTROISMONDES i 6 portez.Mais apres plufieurs côbats, en fin les flpagnols fortent de Mexique, par la reuolte jJ'SlnJicns. Contre lefqucls ncantmoins Cor-marcha fi relolucmcnt auec neuf cens hom-r^tsqif Arqucbufiers,quepiquiers,halbardiers îtbalefttiers, quâen fin letroifiefme Aouft ^â Icinq cens vingt vn, il ficn fit Maiftre apres 'quot;âis mois, parla mort de trois cens mil In-Jtns, amp;nbsp;cinquante Efpagnols aidez par plus ^«ntmil Indiens quâil banda contre les Ãle-'quot;Si affeôluvufemcnt que les Homm«. Puis i^ottez fit rebaftit la Mexique bruflce, es eaux l^^iielle les Indiens auolcnt ietté leur or amp;ri-I^Wes infinies en delpitdes Elpagnols, qui ne Firent fçauoir dâvn feul des prifonniers, les â'»x où ils les auoient iettez ; quelques tortu-cruautez quâils leur pculïcnt faire fouf-
W- Les Mexiquans nâont point de lettres, Æ '®''s feulement ceitaines figures à la manière â * vieux Egyptiens, pour exprimer leurs
.inceptions , quâils entoilent comme linge ptapilferic.Lâan leur cft de trois cens foixante hirs, dedixliuit mois à vingt iours chacun: 'ârslescinqioins quâils en tirent comme in- rojj amp;leMr ^caîaircs. Le fils ailné entre le commun,licri- Au^l^rui. Jt'Mais entre les Roys amp;nbsp;feigneurs, le ftcre amp;nbsp;^nepueu plufloft que le fils.Les Roys prénec Jiielqiics places de lâEftatpiour en Apannager ^tsenfans.Leurs ceremonies font grandes à l^clleûiô du Roy.-duquel IcgrâdPrclke tire le ^ent amp;nbsp;le coniure de garder la Religion dç
IJeriliers
SECOND tlVRS
leurs Dieux,maintcnir laiuftice amp;Jesloix Je leurs anceftres. Puis iIs fcmetcenr à dancer amp;nbsp;faire chcre.Les autres Roys viennent après/ prendre la conÃrmarto de leur eHaC. Ils tiennét les âmes immorrelles^iouilTanres du bien ou du mal qu'elles ont faiôl en ce Monde îles petits font cntcrrezjes grans bruûez, puis enfcuelis. A la mort des Koysils tuent plufeurspcrfon-
, nbsp;nbsp;_ neslibrcs Se efclaues. A la nailfanceils diient, I
naiff^ntt des nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;crcaturc tu CS venu au Monde pour 1
hommes. fouifric Sc cndurer^foulfrc douc Siendurc:puis | luymetrctvnmorccaudcchauxés mâchoires, j Baptepne. comme diCans (juâil I craconucrty cn poiicierc: Il ilsferedouilTentforence premier ioar auquel r on luy donne le nom. Ce faiôtiuy donnent p vne ÃechePii eft rnaïle^ou vn fuzeau (Ic'ed fil-le,Sik deux mois delà , les portent au temple où le Preftrelcurdónelc/urnom.Lepereeba- V /lieIes Ãls Sc Ia mere Ies Piles : cinq ans palfez on les enuoyeau téple pour les enfeignetjCaril p yareuenu pour cep effeót. Si vne femme diuife H OU plaifante auec vn home, elle en ep chaPiée, n Sc meurt 1'vn SePautre d'adultcre.llsprennent p pluricursfemmes,aucunsles ont par elePion p Trmmes cs- des parcns,Ps autres les defrobentfplupeursles r letsrs ctndt- acbeptent, en certains endroiSts ils men ofent p ***'â⢠aaoir quâvne,ils Ies font trauailler comme ef- P clauesa Plier,coudre, tiPre, Sc autresauutes. U On Ies marie à quinze ans, Sc Ies hommes à I vingt. On Ies répudié pour adultere,Perilité ou If autre vice,autrenicc onnepeut. Ils font to' fort p luxurieux,Iarrós,menteurs,Idolatres, Etpout H
le com- I
DES TROIS MONDES nbsp;nbsp;nbsp;I^
comljle de cruautez ne leur reftc quâà boire ifcfang des homes.Ils ont du vin de Maw aucc 'âUamp;miel dont ils Penyurct. Mais ils ont des ftclcruatifs. Les Peres peuucnt vendre leurs , ^fans,amp; les maris leurs femmes : Mais deuant îüatrc tefmoins le larron eft faid efclaue fâil â 'S rend content ; la fécondé fois il cft efcorchc ânfacrific. Qui vend le libre, ileft faiôf efcla-âquot;cdcluy mcfme. Qui engrofsitfefclaue il eft 'Uaue du fils qui en vient:lls auoient iuges in-^tieurs , lâappeldcfquels alloitpardeuantlcs kens du Roy qui iûgeoicnt en dernier ref-Kûtt, En la conquefte de Cortez y a douze Wehez foubs vn Archeuefque, dont le R oy âJe Caftille a obtenu le Patronage du Pape ^aul troifiefme,outrc plufieiirs monaftercs de ^tligicux. Or quâils forent fuieftz du Roy Catholique, fi eft-ce quâils ontvn Roy quâils 'flizentdu mefme lignage que les anciens e-l^oient lors de la conqucftc;au deffaut def-îgt;iels,ils en choifillcnttcl quâil leur plaid, puis* âft confirme du Roy Catholique. Leurs ar-font arcs, fléchés , lances-gayes , efpées Rondelles, S/C boucliers gentiment faifts amp;nbsp;ri-ft'Cttient ornez, aucuns mefmes eftoient dâor, ilsfccouurcnt la telle amp;le corps iulquesaux ?rcues.
Qrant à la terre quâon doit proprement ap- A R T. lt;. MIer Amerique(bieri quâAmcric V efpncc nâen
dcfcouucrt que ce qui approche du Cap Æ l^inél Auguftin au deftfoit de Magellan ) en la- nuit iâtr
C
SECOND LIVRE
quelle eft le Peru amp;Caftillc dâor : elle à cfté parciculicrcmentdcfcouueiTe, amp;nbsp;peuplée par plulîçursamp; à plufteurs amp;nbsp;diuerfes fois. Le pre mier qui defcouuric la Mer du Su, amp;nbsp;entra en laCaftilledâor, fut Vafeo Nanez de Balboa naturel de Badaior.il entra en terre ferme aucc Anthoinc Dehogeda, naturel de Cuença, qui fut vn des Capitainesde Colom contre Coa-nabo.Et y vint mil cinq cens huicf aborder à I2 prouince de BrauajOu il baftit amp;nbsp;peupla. Mais fîmarheureufement quâil fut forcé de fe retirer à fainél Dominique : Depuis y fut le Bachelier Martin Fernandez de Enciiofon grand Alcade , qui futau GolfedcBraua : fondais garde, vainquit Cemaco, princla Cké de Da-rien, I 'appellant fain üeMarie de 1âAntigue.Sur cc Vâal-voa,amp; Encifefe partializcrent, iufgues à cc que Encife cha/Fé de cede terre, il demeura gouuerneur de deu.v cens cinquante E/pagnols en lâAntique donnantplus auanr,rompt le Cacique Garerai, amp;nbsp;sâaccorda aucc Gomagre. Or foadain que Panchiaco Ãlz aifnéde Comagre, luy cutertfcignéla Mer du Su,VaIvoahominc determine part de Sarien^fuyai de cent nonan-tcEfpagnoIs, le premier Septembre mil cinq
cens treizCfSe auccgrans trauaux, vint à Qua-reca,doana iufqucs à vneMontagne, aaeefep-tantefepcEfpagnols ^ d'où il vit la Mer du Su. Lors il rendit graces ù Dieu, Sc en pritpolTef-/jon.le vingt cinquieime Septembre,Atauffi du Golphe fainäMichel.Puis vintà Tumaco,a-ueclequel ayant faitpaix^il eut qualité dcpergt;
des trois mondes. i8 ItSjOr amp;nbsp;autres rjthcircs: en fin retourne à Da-j tienledixneufic(me lanuicr mil cinq cens qua-' torze,apportât fans les Perles plus de cent mil ' Caftillans de bon or , lailFant apres plufieurs Wailles ( où il ne perdit vn Icul homme } plu-ficurs Roys amis du Roy Catholique. Pour ce ^uela terre efl tref riche en or, elle fut nom-j 'quot;éc Caftil.le dâor,câcfl: là où fe voient Nombre 'litDios, amp;nbsp;Panama ports de Mer à lâopofite Ivn de lâautre , fi r lâAtlantique amp;nbsp;fiïr la Mer ^uSu où cftPanamaiElle nâa quedixlept lieues /Istraucrfc. Si quefeparant lâAmérique oùeft ' l'Peru de laneiifue Efpagne , Pempefche que I K ne foit la plus grande ifle du monde. C.'eux HeDarien prennent deux ou trois femmes au plus, mais les Seigneurs tant quâils veulent, Pourueu quâelle ne foit feur, mere ne fille, c-i Hungere ny inegale de condition. Ils les ven-il^nt amp;nbsp;en foht comme ils veulent , mefme-'»entfiellcs nâenfantent.fort ialoux.auffi font *llcs paillardes. Us fepeignçnt à la guerrciontj^i^^^^^ pour armes fléchés, piques, lances, boucliers, u^HsitceuK 'ondelles,amp;cuira(rcs.Gr,ands danceurs dâArey-He n, gt;os. adorent pour Dieu le Soleil , amp;pour fa'ââ«ââ^ fâ'â7 l'tnme la Lune; en leur temples bien ornez Icruis par Preftres honorez pour la religion amp;nbsp;ââ'tdecine.bonnc Si breue iuftice,dôtles caufes Hnilfcnt en trois iours.Cette terre ain fi defeou-'â^rteeuefoudain PerdrarùsdâAuillapourGou n^tneur, qui fe renoiten Panama. Lors Diego 'lAlnaagro, Fronçois Pizarre,amp; Fernand Lu-I riches amp;nbsp;anciens en ces tcrres,cntrerét en
C ij
SECOND 1 IVRI
compagnie pour profiter de ce quâils de/couurî- nbsp;nbsp;J
roient loubs le congé du Gouuerncur,mil cinq I vingt-cinq, auec deux cens Efpagnuls en â Mert, deux nauircs,amp; trois Canoes.Mais apres longs f hazards,peines infinies. Si kvoyîs arriuezen ' vn païs belliqueux Si cnncmy:laifleiét Pizarre pour retourner, lequel demeurant auec douze 5 copagnons en vne ifie quâil nommaGorgonne, 15 pour les fontaines qui y font.-patienta iufquesà if la venue du nauiredâAlmagro, retourné pour I' luy cnuoierfecours,aucclcquclildônaiufqucs nbsp;nbsp;r
à Môtupe,(V à Chirarpuismirenterreà Tuni'
bez (cefont lieux du Peru ) Pierrede Candie,
lequel retourné tout e/bahy des grandes riebef-
fes duRoy Atabalipa,fit auflîrofiprédre la vol-
rede Panama,lt;îe dâElpagneà Pi2arre,pourob- I tenir le gouuerncment des terres par luy def- r couuertcs.-cfqlles il employa trois ans en grâds
ennutsSimciveilleiixhazards.Ainïiil reeouriie II Gouucrneur Si Amiral ditPeru^Sineufiie Ca- i ûille^aucc Fernand,lean , Si Gonzale Pizarre P Ces frères,Si François Aiarcin dâAlcantara.Cet- P reprouince Si leÃcunc du Peru eft en lamer r du Su , deux degrez /bubs lâEquinoâ:ial, Iarge II dcnnl lieues , amp;nbsp;douze cens de longueur, en nbsp;nbsp;il
rondeur quatremil cinq cens cinq. François P Bezera Capicaine de Pedoarias , partant de
Conjagrc auoit donné iufques à la pointe de
Pinans. Mais cifrayé de ce qu'on lâa/Ièu raque
la nation edoit trop fauuage Si belliqueufe, i' f en retourna. L es autres difent que Valdos a- r uoit auHi eu cognoillance du Peru , de For, Il
DBS T ,O I S MONDES. I9
; pierres amp;nbsp;efmeraydes quiy eftoienc. Mais pi-I^îrre en a emporte lâhonneur amp;nbsp;proffit mortel pour la rccognoiffiince de fes peines. Or eftoit commep; Itbruiddclaricheffiede ces terres la forefuen-;^4)Terong^f fe, Si parloit-on fort des richeffies du Peru, /treroa, îloandil arma pour la dcfcouuertc. Defembar-^oé.il fuit la cofte, bien que fort mal ailce amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f
i plaine dâeaux iufquesà Graque,où les bubes amp;nbsp;laverollc print à plufieurs pour leur infatiablc ^uplement auec les plus belles des Saunas'. Mais palîanc outre amp;nbsp;enuoyant vingt mil pefans dâor à Almagrc pour luy renuoycr plus liegens, fut iufquesà port vieil, dâoù il entra
'0 lâifle de Puma fort riche, amp;nbsp;peuplée de gens ^dliqucux, lefquels neanrmoins furent en fin Pointez, amp;nbsp;contrainéfs lailfer leurs richeffies, *nnes, ôc vaificllcs dorées, mefmes ne fe peut la/w/îe, Jîtentirle Gouuerncurde Puma : fi ialouxde 1^^ femmes, quâil faifoit coupper le nez amp;nbsp;par-'â «honteufes à ceux qui les gardoient amp;nbsp;fer-
â â¢oienc, à la façon des Enucques, Turcs, amp;nbsp;au- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
ttcs Mufulmans. De là il fut à Tpmbez. Puis pouplafaimâ Michel cnTangarada, amp;nbsp;fut au pottde Payta, y afficurcr fes nauires:pour apres déminer à Caxamalca,f alliant auec les Pohe-'^os, peuples quâils treuuerct à my chemin pour fairetefte au Roy Atabalipa qui le venoit trou-quot;st, amp;nbsp;fçauoir ce quâil vouloir dire , nâeflant
autrement en armes pour le peu de doute quâil jiencïtre lt;nbsp;âuoit de fa venue. Mais Pizarre ordonne fes
§cns,difpofequelqueslegieres pieces,comme : P°ur la bataille : amp;nbsp;failà nt fonner les tropettes ** ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C iij
SECOND I IVRI
amp; tambours pour Signal de choquer contre ceux qui nâauoient porte leur Prince en chaire ' dâoriulques là , Cinon par forme de parade Se 5 tiiompheiciituentautantquâils veuJenr,prcn-nentJcRoy, amp;nbsp;rompent tout fans aucunere/î- 'f ftance.fîrcntpromittreà ce Princepourfaran- ' H çon ce quâils voulurentj'vnc foisapres lâautre, 3c leuren donna plus quâils nâeunâenE oféfou- f hairter.Fin que le Roy fut cnçor tue apres tout lt;1 çelà .Pizzarretiradeuxnnl marcs de bon arget, î vn million trois cens ââjngt hx mil amp;nbsp;cinqu^ite ( poisdâor: fans latabled ordu Roy, quipefoic vingt-cinq mil f allillas. Il elloitde la race des nbsp;nbsp;nbsp;I
IgnaeSjplusnobledu Royaume,quâon appelle i Orcioncs pour les ornemens, difent aucuns, t quâils portent aux Oreilles, tous gens deguc- I reiilsfont venusdeTiquicacaen (.âollao,qua- â t tante lieues de Cufcoeapirallc du Peru. fonpe- i rcsâappelloir Guayauacaps, quiconquità for- nbsp;nbsp;nbsp;I
ce dâarmes le Royaume de Quito , amp;; le marii 1 aucclaRoyncqui luy produit ^rabalipa, le- nbsp;nbsp;nbsp;i
fut fftit fils. On fedefchaii/Toit pour en- 1 ligionsda trcroù il cftoir.amp;merofoir-on regarderen par- i reniiun,» lat. Aiiis la telle 3c les yeux bas,gcnoux fléchis, I attendoictfi rcÃwfe courte ôe graue. 11 nâauoit 1 meuble, en facuifinc mcfmes,qui ne full d'or. I Les Preftres n'y font mariez,toâ vellus de blae. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
Ils offrent aux Dieux que chacu adoreà fafan- t tafic f bien que les premiers Ibienc le Soleil Sc i la Lune ) hommes,cnfans,belles,«?c routes for- nbsp;nbsp;nbsp;J
tes de fruits amp;nbsp;dâherbes : ilsleslauentdclâng | humain,parlct auec le Diablc,amp; à leurs Dieux 1
DES TROIS MONDES. lO Ã1 langue eftrange, .affin de ne rien communi-ÿier au peuple. Il y a des monaftercs de Rcii-Jieux amp;nbsp;Religieules. lis cotippent le nez o-Killcs à ceux qui gardent les femmes, amp;nbsp;font ⢠mourir celles qui fc laiflènt aller, âi couppenc pieds à ceux qui les déshonorée. Pizarre depuis print Cuzco contre Mango Roy , frere ^âAtabalipa,O'à il amaffia beaucoup pl' d'or que pMauant, amp;nbsp;fur tour aux Sepulchres amp;nbsp;meures dâor amp;nbsp;dâargent. Cufco eft parles dix-fept â¢Icgrez audelà TEquinoélial. Ils croyentlare-hrreétion du corps,amp; lâimmortalité des ames. Altuagrc fut à Chily pour la conquérir, quar-'icrversIedeftroiótdcMagcllan , non fort cf-longnc des Pantagons quâAmerit defeou-⢠iritgrands comme Geans. Puis venans Piz-îîrre amp;nbsp;Alemagrc à fâentre-quereller pour hiirs conqucfksamp; butins .⢠enfin Alemagre fut rompu , fcntencié amp;nbsp;exécuté à mort par iufticc de Pizzarre qui luyfit trancher la te-ûcen public comme mutin amp;nbsp;rebelle , à Cuf-comilcinq cens quarante. Il eftoirdâEglife, fuperbe, diligent, fort, courageux,Iibcral, amp;nbsp;uâeut oncqâ de femme ; vray cft quâil eut, Dom DiegodâAlmagro dâvne Indienne de Panama, fernand amp;nbsp;Gonzalc Pizzarre coquirent Colao terre riche dâor amp;nbsp;dâargét Puis Fernâd retour-UaenEfpagnepour en auoircharge, oùilfut pris par commandement du Rov pourdiuerfes plaintes quâon fit de luy,amp;mené à la Mothe de Medina Ccli. Ce pendat croiiToient les faéfiôs I gt;u Pérou entre les Pizzariens amp;nbsp;Almagriftcs, Ciiij
SECOND LIVRE
Frfrtfsy r,- Dic^ocj}oi[ Chef. De /bite que FranciP ' co Pizzarre tombant en leurs mains,)âmourut le vingt quatrie/me luing mil cinq cens qua-rente amp;vng.Il cüoic baftard de Gonzallo Piz-zarrc Capitaine en Nauarre. Audi to/l qu'il fut né à Truxillo , futlaiiréà la poitedel'Eglife, où vnetruycpaflant luy prcÃalcs tcttes quelques iours. Puis gardales pourceauxà fonpc-rcpourvu temps: lefquelsayant vniourperdus Penfuit à Seuillc, amp;nbsp;dcl^palfa aux Indes, nefeeut iamdislire. Ilfutauce Vifeo Nahez de Valbosaladc/councitedclamer du Su. it cdoic gradier, robu/lc, vaillant, franc,grand loueur , peufcplaifant en la beauté dâhabits, aulîîpeu fongueux de fonfalut que de fa propre vie. Sur ces entrefaites Gouzalle Pizzarre CantUe. cdoit allé vers Q^ro pour chercher la candie,qui cil vn gradarî^re, portât femblablefueil-le au laurier, il y en a des motagues toutes cou-uertes, ils furent an amp;nbsp;demyen ce voyage fort jnal aifc;amp;:ne retouruaà Quito q la moiciéde deux cens Efpagnols quâil y auoitmcnezrencor en d panure cllat quâon nccônoillbit,non plus que les cheuauxamp; be/lcs de charge quâilsman-gerét prefquctoâ-Sur cePiegodâAlmagrofelît gouucrneur,amp;capital cnnemy de Pizzaridres, pommelle j (-0âo]£(. bon-TclIcmct q lâEmpcrcur Char-f^rTEmpe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cmquieinie pour nicttrele pays en paix: rut
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reur Charles côtiaint y cuuoicr Iclicccié Vacadc Calfro,na-r.auK /nJes turcl dc Mayorga, Oydor Auditeur dc Vualla-fM,r vaMcrej^ijj . lequel aucc grandifsimes trauaux venu sre elles. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pulsà Roys ; allcmbla dx cens Ef-
CIS TROIS MONDE i' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;II
fpagnols.Diego en auoit quatre cens bien ar-'quot;ez,nombre de cauallerie,fi que la bataille fut ; foides à Chupas.Mais Diego vaincu fc retira à ^ulcOjOà pris par les fiens mednesjeut la telle , ^Knchée par le commandement de Vaca. Sem-
â Se que les feditions Chrcllicnnes y furent ^â grandes , quâil y mourut ^vn million amp;nbsp;dc-ââây dâIndiens, amp;nbsp;plus de Efpagnols.-quifai-'âient moins dâeftat dâeux que de belles . Qui -fut occafion que lâEmpereur informé de ces Grà tmmtncts ^flbrdres,enuoyapourvice-Roy Blafco,Nu- amp;reigltmës quot;cz Vcla,aucc quelques ordonnances pour.le So'auernementdes Indes, la courdefquelles il 'ftablità Nôbrede Dios, Icdixicfme lanuier, â¢quot;il cinq cens quarante quatre. Mais il y eut ?Undes difficultez, contrcdiôls amp;nbsp;cmpeichc-â¢quot;ens par tout à la publication de ces ordonnances comme prciudiciables à la recognoif-(à nces de tât de peines amp;nbsp;hazards quâils auoit ^ufFcic.s à la dclcouuerte,côquellcamp; peuplade de ces païs. Si que Nunez prilonnier, Gonzal-InPizzarrc fut clleu general, Gouucrncur amp;nbsp;Procureur du Peru, capitaine des foldats. ^oire queil met quatre ces homes en'câpagnc, ^nt à cheual quâà picd,auec Icfqucls il fait par â¢iede fa volonté. Eqtrâautres le faéleur Guillc Piiarez de Caruaial, vouloir tucrBlafco Nunez npognelades en Luna. Mais fuyât à Truxillo Ifsauditeurs Icprindrent, amp;nbsp;le mirent en la Café de Cepedaauditeur.Puis lâcnuoyerentcn Pfpagne auec le licentié leâ Auarez Auditeur.
pendant Pizzarre fc fortifioit en Cufco,amp;
SECOND LIVRE.
François de Caruaial fon nniftrc de Camp pouriuyuoic aucc vn grand heur lesennemys. Signe Pizzarre print la ville des Roys, y entrant aucc plus de /ixccns Elpagnols armez, amp;nbsp;artillerie prcfle à ioucr . Puis le licentie Icâ AluarczCut charge des Auditeurs gui fît mille mauxipourfuiuy neâtmoins,fut malheureux en (es dclfeins, pendant guâaucuns Ce declarerct pour lâEmpereur côtre tous fes partiaux . Entrâautres Diego de Silua, amp;nbsp;Diego Cctcno de Cintad Rodrigo,gui futefleu Capi taine general.Mais en fin fut rompu par Caruaial pres Chayan . Or l'Empereur curieux dâaflcurercespa'is, amp;nbsp;les mettre en paix : puis /«««if»«wj/guâvn Lion n'y auoit fçeu pouruoii-,y enuoya farrempt- vn Regnard,le doiâeur deLagalca.clcrcdeNa reurfour^/)- ujj-fc Padilla, du confèil de l'Inguifitions, de plus grand efpritgiie de difpofitió corporelle, amp;plus fin gue hardy en tels affaires. A rriué,fé fortifiade Centeno ftiiuv de douze cens Efpa-gnols,auec lefguels il preféte bataille à Pizzarre gui ia conilloit pour fuir aucc guatre cés o-âante Efpagnols.Sôme guâi! fur rôpu.Cefait, Lagafca fe vid en peu de temps deux mil bons Efpagnolsde combat, efguclsil contoiteinq cens cheuaux: en finsâeftre bien recherchezfê rencontrèrent en Xaguixagana.- mais aullî tort: gue les armées fe voyans Cepeda eut pafTe à Lagafca,prcfguc tous les autres guitterét Piz-zarre.Surguoy lean de Acoftaluy voul.it per-fuader dâcn faire autant. Allons plus-tort mourir comme Chreffiens, dit-il, car oncgucs en-
DES TROIS MONDES. 2
ââOny ne me vid tourner cfpaulcs,amp; furccchar J Jîintà fon pouuoir, fut pris par le fergée Ma-; tot Diego deVillaVicencio naturel de Xerez exec»ti. l'â'^laFronticre,puisdônéen garde à Centeno, .Jtt anlîi toll la telle tranch ce comme rebelle, toneufîefmc Auril,mil cinq cés quarate-huit, i^Caruaial pendu, puis mis en quatre quar-?'tsfur Taagc de quatre vmgts quatre ans. Ce Wft Lagafca fit le repartement des Indiens
Jgt;treles Efpagnols. Il ordonna les mines de Caruaial. 'otofsiles plus riches du monde à Centeno, ^aux autres à qui luy fembloit bon . En tou-; '^^ces menées, Lagafca y peut employer neuf
mil pefans d'or, amp;nbsp;en enuoya vn mil-Itonamp;dcmy à lâEmpereur, amp;nbsp;autant quien-â^Hoit au particuliers . Puis sâembarqua en ''*âllcr,mil cinq CCS cinquâce,aprcs peu moins quatre ans que lâEmpereur l'auoit enuoye, lequel le pourueut de lâEuelchc de Palencia, Pûutrccognoiirancede fes peines . LesOffi- Prf l'âpre 'tors du Koy receurent vn million amp;nbsp;huift 'jns mil pefans dâor , auec fix cens mil marcs '^argent , du quint amp;nbsp;rentes du Roy , hors 'îq«ifeperdit,amp; fut employé es affaires que '^âfliis.-quimontoit à fomme incroyable . Peto proprement cft la coffe qui court depuis ^!toà Chilly en montagnes,vallons amp;cam-pagnes ,dont les mines des vallons font les toîilleure. Les montagnes viennét de la neuf-J^^^Pagne, Icfquellcs paffant entre Nombre â'Dios amp;nbsp;Panam3,traucrfent tout le Peru iuf ^ues au deffroïc de Magellan ; dâoù fourdcnc
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plufieurs belles riiiiercs, qui courent sâem- jj boucher es mers du Su,(5c Nort. Les campa-gnes 8c vallons font bien peuplez, riches en raines amp;nbsp;beftial. Ceux du pais tiennent quâau-rrcsfoisy a eu des Géants,les llatues deïqucls j feretrouuentau portvieil, non loin deTru- j xillo.cn Colly. En la campagne de Xauxa y a nbsp;nbsp;i
vn fleuue, duquel eftant le grauier fel,Ies eauî ç toutesfois en font douces . A Chincaya vne ; fontaine de merueilleufe vertu, fon eau con-uertilEmt les matières quâô y ietee,dâvne en au-rrefortdiucrfe.Ilnâyauoitchcuaux, nybæuf ny mules,nyafneSjChieures,chiensnyautres nbsp;nbsp;।
belles,Jufquesau temps de Blafco Nagnez, le- j quel y en mena amp;nbsp;les y lailTa, ou ils ont infi-nimentptoduiól. Ils dilcnt quâil 117 eut oncqâ â pelle ny autre dangereulè miladie, Ãgne de j grande bonté dâaer. Ils nâont aucune monnoie j ny vlà ges de lettres. Pou r ballir leurs temples 8c palais, ils tirentde gros cartiers de pierre quâils pouHent 8c l'eusni: à force de bras l'vn furlautrc . Les ponts fur les riuieres fe font par des cordes dâcfcorces dâarbres,attachées deçà 8c delà portans vn panier dans lequel on palîc payant pour lâentretien du pontrleurs ar- nbsp;nbsp;nbsp;f
mes font fondes,arcs,fleches, piques, haches, hallcbarbcs, aucc les fers dâor amp;nbsp;dâargent amp;dc , cuiure. Ils ont quelques cafquets de metal,de ; bois amp;nbsp;dâor. Ils content, vn,dix,cent,mil,dix nbsp;nbsp;j
cens, dix mil, dix cens de mil, amp;nbsp;tiennent le ! nombre par pierrcsamp; nÅuds en cordes de cou-leur. Leur pain 8c vin cil ^e Maix comme ail- nbsp;nbsp;J
DIS TROIS MONDES 2?
fcuis. Us nâoblcrucnt guercs les degrez de pa-'tnté en mariagesjiion plus que la loyauté en â ceux.Us en prennent tant qu'ils peuuent. Aucuns Oreions prennent leurs feurs- leurs cou-(lînihéritent non les fils ; fihon entre les Ingas ^autres fcigncürs . Us font grands menteurs, litrons, cruels, paillards, Sodomitcs,ingrats, litishonnenr ny honte : fahs charité ny vertu U terre eft fcrtillc,vn grain dâauoine réd troisâ ttntscfpics, 8i de froment deux cents,ailleurs ^ois,amp; nul moins d'vn cent Lachture rcncï âtiq cabris,du moins deux, amp;nbsp;ainfi des autres, l-tsmorts {âcnfeuelilfent amp;nbsp;les Seigneurs Ptm lâaument aucc leurs armes,meubles,fruits,pa-'
amies amp;nbsp;fcruitcurs. Ailleurs cclà ne Ce fait Pis lls ne croyent lâimmortalité de lâamc. Le» Miens en general, font auiourdâhuy tenus dé Il tourt, tant aflîdus aux mines, fi battus amp;nbsp;'quot;gt;1 traittez que rien plus:quelqucs ordonnais que Charles cinquiefrne y vyz peu faire tat grande laconuoitife humaine pour defen-ô^ailer cette mere commune de ce quâelle ne 'ithoit tant pour fingularité de lacnofé, que pour le peu de proffit qu'elle voioit y eftre.Si 'opinion des hommes nâauoit ia en ces amp;nbsp;au-5^$ chofes, maitrifé ta raifôn Se vzûxc qui eft 'schofes humaines.Les Euefehez font à Cuf-Jo,Qmto,amp;Charcas , lâArcheucfque en los Myes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ART. 7
tâanamaeft vn peuplechetifamp;t mal fain,tou Vanamit.
^^fois le lieu eft renômé pour le pafTage du Pc ^'â^NöbredeDio«, amp;de la tout fe porte aux
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Ãfpagncs ou de panama à Ja neufue E/pjgrie Câeft vn eueJehe ôi. lieu de grand trafic: la terre cft fcrtille Si y a delâor.amp;'fiirJa code quclqs perles. I Is adoroient le Diable,baifent les pieds au fils ou coufin heritier de leur Roy qui vaut autant qu vneiurcment, eledion amp;nbsp;coronation.Il y a grande quantité de perles en Mlle Perlet. Tarare,aucunes grandes comme auclanes, amp;nbsp;dâautres comme noix muicadcs,y en a de vingt cinq quilates amp;nbsp;de trente qui sâed vendue douze cens Caftillans, laquelle depuis tomba es mains de lâEmperiere, elle viennent és hui-tres,difent aucuns,comme purgation aux femmes,amp; lont dâautât plus bas en merqucl'hui-tre ellgrande, telle fc tire auecquinze,telle vingt tcllc'trcnte perles,amp; telle fois deplus de cent. Mais petites amp;nbsp;moins y en a font plus bellcs.qui font les plus blanches amp;plus rondes.Les Indiens font nez, propres amp;nbsp;forcez neantmoins par les cfpagnols à fc couler en mer pour Ids pefeher , dâoù ils ne retournent tous . La proiiince de Nicaragua defcouuertc par Gil Gonzalez de Auila,amp; depuis peuplée par François Hernandes au nom de Pedranas dâAuila:ellgrande,faine,amp;-peufcrcille.-roramp; lés perles y font de moindrcvalcur,en quelque ifles prochaine les hommes ont leurs mailons dans les arbres IIs ricnnet les faços Mexiqiiai-ncs,plufieHrs douent par honcur Icursfcmmes à leurs Caciques pour les defpuceler.lls ne cou chent auec elles quand elles ont leurs fleurs. Ils les quitter Si prénent le dot fi elleepaillar-
BBS TROIS M ONURS 24 Jent 'premier quâeftre mariées.'elles fontordi-'ââirementrnaiiuaifesjpuis bonnes mariées.Ils 'faiuent peignent en parchemin comme tfux de Culhua. Les Preftres fe marient fors 3ux qui oyent les confcflîons. Us facrifient ^öhommes . Lâenfeignc des procefifions eft la l'S'iredu Diable tfleiiéefur vne pique,portée P«le plus honorable des preftres que tous fuy ââ tnt en chantant amp;nbsp;benillant le Maix, amp;nbsp;lâar-ââhnt auec du fang.le coupent amp;nbsp;departiftent ''â¢mmele pain beniftdes Catholiques.Quanti-
dit communément lt;7Mlt;«nw«/4,qui veut
Jgt;rcarbre pourry ou lieu arbu , eft entre deux quot;'ontagnes vomiftantes le feu,comme le mont '^â bcl, pays fain amp;nbsp;riche. Petro de Auarado quot;âturcl deBadaior, compagnon de Fernand J^nez, amp;nbsp;Tvn de fes principaux Capitaines ââconquit le douziefme Auril, mil cinq cens ''jt'gcquatre.- baftitfaind lacques, amp;nbsp;peupla ^âutres lieux.Puis mourutpresde Cathlaen 'JâRibatant, mil cinq cens quarante vu, à trois 'âHieuss de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bâcftre trouuc cruel Sc
quot;âgrat.bien que vaillant enlaconquefte delà âciifuc Efpagncis'en alla au Peru mil cinq cés 'âetccinq,aucc cinq cens Efpagnols. Maisa-Pâts quelques difFerens quâil eut auec Pizzare XAlifeo. Je Almagrc fc retira à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Puis cfpoufa
âââdeux lÅurs par difpence du Pape.Dona Frä-
O nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la Cuena, qui mourut
'quot;Utes deux fans cnfansjcn la tépefte de Guatt-'quot;^â1. Xalifco dite neufue Calice fut conquife 'quot;il cinq cens tréte-vn par Nunno de G iifman
n E M î E R. LIVRE mier inuenteiir des Galeres à deiix par bsnf' Thucyi. I. J'. Thucydide donne lâhonneur à Aminocles Co' Jofefb. ^int. rinthicn de celles à trois, amp;nbsp;Anftote de celles*
4. aux Cartageois. Nefiôlon de Salainincy miôl cinq,Xcnagoras de Syraeufe fix. Mais ks autres en attribuent lâinuemion à BofphofC tufeh.io. e. charpentier renomnié en fon-temps entre H i.,jgt;ripar^. Calclicdoniens.Dcpuis Mnefigeton en mitii''quot; â⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le précepteur de
Nero, telle a elle la maladie des Gréez, de chercher le nombre de la Chiormc dâVlyfc quelle auoitefte faiéle la premiere de ITliadc ou de rOdilïee, amp;nbsp;telles autres vaines charges dâcfprit, qui ne vous cnGgiflent, ôi ne rendent plus ou moins vertueux, fi vous les fçauez oii FbiloTb/iha- nontmais plus importun que doâe fi vous en n«» gt;1 Phn. parlez.Ils maintiennent que lafon icnne Gen^ 7. «4». hifi. til_homme Grec,curieux dâapprendre.en la con fideration des chofes eftranges, drclfa le premier défit equipper vn bon nauirc au pied du i/iyà rrt/frtn» mont Pclie diôl Afgo du nom du charpentier, lequel auffi fit le voyage pour le r adouber au mchg.Cic. I. bcloing.-ou pour la vitclie a caule qu il rut trou Tu/chI. lié leger amp;nbsp;de bonne voiletou pour la troiipp' des ieunes gens choifis en Argos qui acconwäâ gnerent leur Chef. Mais iâay remarqué en plus dâvn lieu, que Danaus fuitif dâÃgyptc auoit efté Pingenieux premier de tel vailfeau, qui â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour ce fut depuis appelle Danac. Mefines di-
fent les Latins quâil fi.it le premier qui fc mù fur Mer en nauires,5é que parauant Ion nâvfoit rUiiï j.c.jb. que de radeaux que le Roy Eritra auoit inuente pour
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DES. TROIS MONDES. 15
four palîèr dâvnc iflc en lâautre de la Mer Rou-Jf- Si vous nâaitncâï mieux aùcc dâautres attribuer celà à ceuk de la Natölic Se Afie mineur, premiers cheuauchcrcnt la Mer en la guet
ta quâils firent aux Traces trauerCins lâHele-^ont auîoürdâhuy btas fiiihót George. Auffi but-il croire que les Grecs ont prins la plufi-pMt de toutes leurs conghoiflà nccs de ce peu-pbjScdes Egyptiens. Doneques après les pe-ùts,lcs barques amp;nbsp;barquerollcs,dont on donne llionncuraux Phcnicictis, comme des Brigan-^ Uns aux RhodicSjSc aux Cypriens des Hurques ^Graquesiils baftirét les grands nauircs à fix, bpt,huid,neuf,dix,vnzc,amp; douze bancs de ra-jUcs quâAlexandre Macédonien fit faiârc,amp; Pto-âoiuee Soter Ton fuccclfcur Roy dâEgypte à quinze, dit Philoftcphanus, bien que dâautres tuattribuent lâinuentionà Demetrius, qui en Utitiufqucs trente. Mais comme le defir de ^bóinc cft infatiablc,Ptolomee Piiilopater fui-â Uant Roy Egyptien furnornmé Triphon,en fit Wervn qui auoit quarante bancs, long de 'i'uxccns quarante coudées,trente huid de lar-haut de quarante huid, quatre gouucrnaiix
âongs de trente coudées chacun,amp; les rames de â Uente huid, fi bien plombées par vn bout, amp;nbsp;'tllcftient proportionnées à lâautre quâelles ic fouuoient bien remuer, deux prbiics amp;nbsp;deux - , ,, â¢-fl 1 r f f I Gaiertâex-pouppes auec lept becs, dclqucls 1 vn l'aduan.* $oitpliis que les autres, ayant quatre cens Ma- deur. Aniers amp;nbsp;quatre mil de Chiorme, aucc peu *Uoinsde trois mil Soldats.On y cmploia poiuJ'
d
bECONDtIVRE
autres quartiers de Jà Baie, comme les Itoche* lois Rochelai au deça,amp; autres Françoisdau-tres lieux en cefte grande terre nommée Nou-thts âcHLit Fià ce,depuis Chilaga,Canada, Moco^, ' amp;c Norombcrga.Des ifles Lucayos deicouucr-tes par Colom qui font biéquatre ces, lapluf grande a vingt-huiéldegrcz, les femmes cou-urent leurs fccrettes parties,amp; les viergesnon. Chicora amp;nbsp;Gualdapeauiourd'buyCapde S-HC lene,amp; flcuuc Iourdain,font à trente-deux dc-grez.Les hômesy (ot fore hauts,c0me Geas^aa prisdes autres. Les Preftresparfumetauee certaines herbes le peuple allac en bataille pour Icbiéheurer-.fonz médecins, nemangetchair, Prtflru grands idolatres,ellimas celuy le plus qui plus Aftitcmt. donne aux idoles . Ont charge dâenterrer les nbsp;nbsp;j
morts.-diïputent de rirnmortaliré , ordonnent du loier Sc de la peine,Le Roy pour honnorcr
celuy qui luy plaiil,tourne la rede fur I'efpaa~
le gauche fans parler. La vefuc fc peut remarier
tish dt Seri H fon mary meurt par iu/lice, û narurellemct, ' jittn diûedt noT2.Lâi(Jc de Boriqucii, dite S. leanjCfl dedix-S.Im», fçpp dix-buiét degrez Sc quinze lieues de rÃ/pagnole. court derE(l,à I Oed: depuis cet- j te iûe tirant au Nort, la terre e(l riche dâor, f tirant au Su,de pain,fruiüs,herbes,amp;: pefche- j ries.Lcpeupleed plus vaillant quâà S.Domini- nbsp;nbsp;â
que,les façons de laquelle ils gardent. Ãurefte ils v/ent fort de Guayaeâ,lequel y croid abon- nbsp;nbsp;I
damment. Aucuns te nomment le faine bois, ; Diego de Salazar ie de bien remarquer en la conquede de hide , amp;nbsp;vn chien audî nommé
destroismondeS 15
Bezerillo, de couleur rouge^S: gueule noire:
, lequel rccognoilîant fes Capitaines, Sz obéis- lit fane contre les Sauuases.tiroit commune paye
J - 1 , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ri-® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;III -
deloldat pou rie bien porter contre les Indies âimt fayt , qu'il defmembroit à toutes relies. Les Efpa- four hur gnols auoient la côquellc des Indes, plulîeiirs tel chiens quâils auoient accoullumé contre 1 es Indiens, cotnme à la chalfe dâautres belles, Sc
' pource nelcs nourrilïoiét que de chair dâhommes quâils mettoient en quartiers commecha-ponsjÃt autres volatillesdont ils Icsnourrif-foient: comme faifoient aiiffi les Indiens des Efpagnoîs pris en guerre. La Floride fuit,lcs
' cllranges accidens auenus, en laquelle meritét bien deles particulariferdc temps en temps, amp;nbsp;plus menu que les autres defcouuer-tes.
Voyons donc îâhabilclTe amp;nbsp;lâinfuffifance du Frà nçoisâ.laquellcrapportée à la generolîtéde lâItalien,Portugais,amp; Efpagnol,inciterapcut meuâiafalt cllre,mais dâvnc pafsion honteufe, le cÅur de i,rt. nos contemporains amp;nbsp;furuiuans à plus haut entreprendre , amp;nbsp;fe mieux conduire que nous nâaiions faiél lufques icy . Câcll là le principal fruiôldelâhilloirc: la fuitte amp;nbsp;continue de la-quelle vous fera veoir les clfais defcouuer-par 5a». tes que nos François ont faiôl fur les terres neufues comptinfes fous le nom des Indes Oc cidentales,amp; notammet la Floride. En laquel-levous ingérez sâils fe font mieux aceSmodez, Sâil ont efté plus ou moins malheureux que les Efpagnoîs amp;nbsp;Anglois. Mon dclTein eft dc
Dij
s 1 COND LIVRE
VOUS rcprcfcntcr le voyage que l'an i 5 y. les François firent en la Floride par le coinnian-demenc du Roy Charles p. Mais poiircc qu'ils auoient voyage parauant, iâen repredray lefu-ied de plus haut. Comme le naturel de tous pcuples,amp; du François mefmcment.eft dâimiter les dclîèings Se actions dâautruy. le bruit de la defcouuerte de tant de riches amp;nbsp;eftrangcs pays par les EfpagnolsSe Portugaism'eutplu-toft couru par l'èflcndùc de rEurope,que toutes nations maritimes Se les François fur tous^ fc fentirent piquez dâvne en nie de faire le fem-blablc en quelques endroifts où ceux-là nâa-uoient donne atteinte . Car ne sâe/limans rien
moindres quâeux,ny en la nauigatiô,ny au fait des armes,ny en autres vaccations ; ils fe per-fââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâils rtâauroient pas tout defeou-
mt tHcoma nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ittondc eftoitdâalTcz grande e-
fiendae pour leur faire voir de ioilr à autre ebofes plus nouuelles Se efiran^es que lesac-lt;o»»r/ritrrM couftumces.Dâautrcs moins paiCibles fe laifTas »â¢Â»fl»*â. polJèdcr à vnc certaine ialouzie.qui dordinai-re accompagne lâheureux fiiccez des nutablcs cnrrepriies.Te perTuaderenc que fans fe bazarder à tant de perils qui fiiiuencceux qui dcl-couurent Se peuplent nouuelles terres. Se tels que les Efpagnols fur tous auoient pratiqué, (des premiers dcfquels les deux parts moururent mifcrablcment deuant que iouyr en paix de ce quâils auo'entrrouu6,qu'ilspouuoiét iu-llemét donner is endroits par eux de/couuerts comme pays cômuas,Se quâaucun Prince ne ft
DBSTROIS MOND IS. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iy
pouuoir attribuer fi les naturels Ju lieu nc fc dónoient à lay quelque propriété quâcn pretc-diftle Koy JâEfpagne pour auoir Ic premier faiél (lcfcouurir,amp; dâailleurs en auoir don par
lt; titulier du Pape Alexandre lîxiefme : veu que lâvn ny lâautrc,difoient ils nâauoit droit aucun au bien dâautruyîNon plus qucccluy qui def-touuriroit le païs de Tartane le le peut attribuer. Les Portugais mefmes qui ont vue telle fJünation des pays Orientaux, que ceux là des Occidentaux,ne sâen dilent Seigneurs en pro-Pricté^ors de certans endroits . Ains fculemét pour lâvfage du trafic quâils y pretendent pri-üatiuement à toutes autres nations. Ainfi plu-lîeurs François fondans fur ces confiderations leurs entreprinfes de defcouurir nouueau M6-éeiaucuns finglcrent à lOell qui abordèrent en lâAmerique, les autres donnèrent vers le Mort.Nombre print la route dâAfrique amp;nbsp;dâE thiopic J comme ie vous montreray en autre endroit, à finde ne cofundre lâordre du temps 5e fuite des matières.le nc parleray icy que des flo-Diepois qui foubs lean Ribaud Normand, remis en grace amp;apointc du Roy foubs les ordonnances de la Marine, firent lâan mil cinq cens foixantecinq fuiuant fonpremierdcHcin de peupler en la floride mil cinq cens foixantc vn. La Floridccft vnc coftequi prend forme dâvne longue pointe de terre au continent de lâIndic Occidentale du cofte quâelle fe courbe vers le North : laquelle fâcftend comâvnc lâianche, Sc k iette enuiron cens lieues en mer
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s I GOND LIVRE
vers Midyaiant 50. de large,- e llecftà plus de 600.lieues de la Vray croix protdc laneufueEf pagne au Golfe de Mexiq, du coftédu Ponefj vers le Midy elle a l'iHe de Cuba tjui en eft bic sfeent cinquâtelieues.Au Leuant auoifinéede iâiflede Bahana amp;des Lucayes ou Lucoifes. La pointe de cette terre demeurent par les vingt cinq degrezaudeça lequinoâial tirant au Pole ArófiquCjamp;tPeftandantse'flargiftpeu a peu vers le Nort-eft. Pres de ce Cap y a force balFcs amp;nbsp;petites ifles appellee des Martirs aucoftéde Leuat.Ce fut là où Ribaud defeen-du la premiere fois,fut bien recueilly des Saunages. Et y auoit drefTe vn fort,auquel il donna nom de Charles-fort. Puis y lailîà ntvint fix foldatsfoubs la charge du Capitaine Aubert,fe mit à fon retour en intention de louer en France le plus d'hommes, de femmes amp;nbsp;ar-tifans quâil pourroit pourpeupler toute cette prouince, Scy fonder vnc retraite alFeuréea fa nation contre tous ceux qui la voudroient molefler Ccs reliez fc comportèrent allez bien pour vn temps. Mais en fin partialifez pour la punition dâvn foldat que le Capitaine fit pendre ; amp;nbsp;le dccradcmenc dâarmes dâvn autre, quâil auoit confiné d.ins vne ifle cflôcnée trois lieues du fors: ils firent mourir leur Cher. Puis retirerentle foldat banny. Ce faiêtclleu-rent pour Chef le Capitaine Nicolas, qui les gouuerna bieUjiufques à ce quâennuyez de nâa-uoir nouuelles de France,amp;lcur manquant les viures, refolurent de faire vn brigantin pour
DIS TROIS MONDES 18 yretourncr sâilnevenoit fccours de bref, encores quâaucun n'en fçeuft l'art dâen baftir vn? 5 ï-c vailfeau Eiid,prièrent les Saunages de leur â¢lonner des cordages , ce quâils font, amp;nbsp;en rc-i compenfc leur lailîerent leurs coufteaux , fer-' pcs,mirouers,amp; tels autres meubles,Ce faiéf, . ayant cherché lapoix-raifine par les bois, ; cnci(cntlespins,faps,amp; autres arbres gomeux 'iont ils tirent allez pour le goldronner.Fircnt âufsi amas d'vnc efpece de moulfe pour lâeftou-Prr amp;nbsp;calfeutrer. Puis drelferent les voiles de leurs chemifes, amp;nbsp;drats de lidz. Ainfi ict-1 'eten mer au premier bon vent, les calmes amp;nbsp;tonalTes les faifirent aufsi toll, où lâeau douce ®etous viures leur faillirent.Si quâtn trois fep-'ïiaines nâauanccrent vingt-cinq lieues,forcez lie ne mager par iour chacun que douze grains detnil pour homme. Mais cela failly, les fou-lærs, collets, cuirs amp;nbsp;parchemins furent engloutis. Ceux qui eljaierent lâeau de mer en a-loicnt la gorge bruflée amp;nbsp;boyaux elcorchez, âuec dâeftranges tourmés.Tellement que d*au-'ersaymoient mieux aualer leur vrinc . Sou-dain apres le vailïcau sâouurirdetous coftez; â'epouuans franchir lâeau amp;nbsp;fur ce vn flot de quot;'er amp;nbsp;vent fi impétueux les vont prendre, Quâils brifent le vailfeau dâvn cofte : fi que palTans les vagues deflus ne tenoienr plus de letter lâeau , fi le plus courageux de 'ous ne les euft encouragez, auec promefles de veoir la terre. Tellement quâen trois iours Us fulfent tous perils de defcfpoir. Mais sâe-
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SECOND LIVRE
Areainfî sydes à ietcer beau : demeurèrent cn-cof trois iours fans boire amp;nbsp;manger . En fin a-f,nt ''yintvi:opolc quâil eftoit plus expedient quâvn âZtquot;âquot;'' roourufl: que tous. Cc foit tomba fur le banny, qyj fyt J amp;nbsp;la chair eigallc-partie à tous,aprcs quâils eurent beu fou riiy'faute' fang tout ch au d. En fin auoir bicnbranilcfur -»-»-«»ile; amp;nbsp;mer ils defcouurirent la terre de Bretagne, dut Uien,,ent tuf- j| j furent fi ioyeux quâils lâaillèrent errer le ^einniefais nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l^mcrcy des ondes . SurccvniRa-
\^dagt;icilt berge Angloile rapprochât,5c aucuns reconus (iieneauset- ils Curent à boire amp;nbsp;à mâgcr.Maisles Anglois ^neur en ' Jqs plus dcbilcs lailfcz,emmcncrcnt le refteen les prefenterà laRoyne,qui tteieleuran- cftoit lors Cil dclibcratio dâeiiuoycr cn la nou-gtnffe. r/ea». uclle Francc, où ia pluficurs auoient voyage, que Bretons que Normans,amp; Bifcains. Depuis Laudoniere y fut auec trouppc de foldats; Y demeurât iufques à la venue de lean Ribaut: lequel eut commilîîon du Roy Charles par le credit de Gafpard de Golligny Admirai de yê- France, dâequipper fept nauires , auec le tiltrc roxil c» lean pouaoir dc Iieutenât du roy cnccs quartiers. ^thanltala exprclîè dcfcnfc de nâatte nter enouelque I , autres pays que ce rulr , lignammant del El-pagnol. A ins que finglant droiâ: ils nâalla/fent quâà la Florider. Cette charge diuulguéc,pluficurs le furent trouuer pour lâaccompagner au voyage,meuz toutesfois de diuerfespaf-fions,les vns pour vnc feule curiofitéde veoir Ce rcconnoiftrc le pais: les autres pour employer à quelque exercice le temps quâils ne vpu-
DESTROISMONDES
Wfit dépendre à leur premiere vacation,de la-î^dleles guerrcj ciuiles les auoienc delbau-plufieurs pour le grand elpoir de iou ir de ^nt de belles amp;nbsp;riches chofes qivon leurpro-Pû(oit,amp; que la F loride promcttoit,lc fuffifant 'quot;ntentement de tout ce que lâhomme pour-ââitdefircrxe pays Kccuant du Ciel vne faueur '^gulierc, nâeftant glacé ny gelé de la roidc f'oideur du Septentrion : ne rofty amp;nbsp;bru fié de lîtdeurdu Midy.Que les champs fans eftreau-oinemcnt exercez , produifent aflez dequoy four fouftenir la vie de ceux qui le peuplc-foient. Qu,il fcmbloit que pour en faire vn P»ysdes plus riches amp;nbsp;fertils du mode : nâeftoit ''^uis que diligence amp;nbsp;induftrie, veu la bonté la terre : qu'ayant fon eftendue du Midy au Septentrion, quafî en pareille longitude que quot;oftre Europe, amp;nbsp;fa latitude de vingt trois de-grcz.eftant affez fouuent frappée des rayons de fon haut Soleil,reçoit en elle force chaleur,tc-petée toutesfois.non feulement de la fraicheur (le la nuiéljOU de la rozée du cicl,mais auffi des. gtacieufes pluy es en abondance, dont le gazon en vient fertile, voire de telle forte que lâherbe fort y croift en hauteur cflrange. Q^llc eft ri-dic dâor, amp;nbsp;de tous animaux, fleuucs plaifans, luccarbresdiuersjtendans gommes odoriférantes.Somme quâen quatre ou cinq mois que le voyage fut retardé à grands frarz, fc trouua alTcz de gens.Si que la monftrc faide à Dieppe pourchoifir les plus propres, amp;nbsp;paye donnée pour fix mois.aucuns fc formans vne confeien-
FloriJitns fauua^es^
ce dâvn tel voyagc.eftoiinez aafTi de la face barbare de la mer, fe rcrircrent fans à Dieu, lors quâils virent quâon vouloir embarquer. Ce fut en May où trois cens hommes que femmes amp;nbsp;artiià ns, montèrent es nauires que la tempefte ictta auhaurc, puis en lâifle de Vuich, dont le quatorziefîîieluing ils fe mirent à la route de la Floride, tenans la mer deux mois fans rien def-couurir que l'vne des Antilles , ditte la grand Lucoife,des paifansVocaiouques de vingt-fept degrezde latitude , iufques au quatorziefmc Aouft quâils arriuerent à la Floride : puis allèrent mouiller l'ancre à la riuiere deMay,enten-dans par vn Elpagnol efehappé dâvn naufrage, que les François eftoient à plus de cinquante Cariine fin lieues plus haut au Norc,amp; conduirêt le vingt tvoUîcfme May trois vaiiîcaux à la Carline,fur on itiu. riuiere où edoic Laudoniere, place commode, tant pour la riuiere quâelle a dâvn cofté,amp; le bois de lâautred'vnquart de lieueloing,que du beau champ entre le fort amp;nbsp;le bois , amp;nbsp;vn coftau plaifant, couuert dâherbes hautes amp;nbsp;ef-peiTes , qui reçoit vn eftroit chemin faidpai eux pour aller à la fontaine dans le bois. A noir defeendu les viures amp;nbsp;autres meubles au fore: ils refiouïrent allez les compagnons qui fe contriftoient de la faute de leurs viures , les hommes y font de beau vifage,droidts Sc quar-rez, d'vn teint tirant au rouge. Chacun village à fon Roy, la peau marquetée dâeftrange façon,tous nuds. Mais la femme porte vn petit
DBS TROIS MONDIS. J» lie de pelifTe de quelque animal pour cou-^lanature, cheueux longs amp;nbsp;proprement quot;'fea la telle , ce qui leur fert de carquois, ^ils tirent loudain amp;nbsp;dextrement leurs fle-*ââlarrons,mais gaidêt le mariage auec toute îiitur. S ont en guerre cotre les peuples fron-'quot;'sdediuers lägages,auec arcsamp; flcches.Mai-'quot;^dc figure rôde corne Colombiers, fondées *Sros arbres, couucrtcs de fueilles de Pal- ââ ^Ãjils nâellimêt rien plus beau ne riche que quot;fdes plumes dâoifeaux viuent de racines, herbes Si poiflons,defquels ils tirent la
â dlcamp; fâen feruent comme de beurre. Pour
â 'd,ils ont le mil en abondance , haut de fept gros côme le tuiaudâvne canc:le grain
ââââCvn poix, lâefpy long d'vn pied,la couleur ââ quot;mede cire frefehe , ils le froilfent ôc meÃ-^tlafarinc pour faire leur Migan qui e(lcô-p«;â '*iiollrc Rix.mais il nefe garde:Ils ont forces à iFlar«!»«, ballardcs rampâtes auxarbrcs:fans vfa-
â âdetirer vin: leur callînct ou boilfon fe faiél 'i'«rbes compolées de telle couleur que la err-Æamp;. Force bois, 8c par confequent force be-â^huuages defquelles il leur faut donner gar-
Ils mangent les Crocodillcs qui ont la ^lit blanche amp;nbsp;de tel gouil que le veau, â¢ârnme Ribaud accommodoit amp;nbsp;mettoit fon '^endeffcnce : cinq nauires Efpagnols dont ââ 'eftoit de deux à trois cens tonneaux, arri-riJtftnr en le trente vn Septembre parmy les redez^ defihlt;ijfer les ^coftepour la garde des vailïèaux,crians quâils lâaient cnnemys. Mais les François ayans
SECOND LIVRE
JMis à la voile, les Efpagnols ne les poimaiiSii- gt;1 uoir à la cache le retirent en la riuierc des Dau- |( fihins'ponr communiquer aueç les Saunages de (, a ruine des François. Surce riband relókition (j prinfc de combattre fur mer, de crainte quâau-trement les vailfeaux prins ils nfeuifcnt plus de moyen dâenuoyer cq France,lc dixiefmc Scptc-brc, fait reueuc ôc encourage fcs gens anfquels il auoit ioiqt les plus fignalez de Laudoniere, puis fe met à fuiure les Efpagnols. Maisleiour fuiuant les nauires batus d'vn cftrange orage, f cfcarterét durant la tcmpefle iufqucs au vingt troiiiefmedu mois. Les Eipagnols cependant delcendus en terrc,amp; auoir gaignez les Sauna-ges.fafehcz des pilleries que les François f leur migeans viurcsjleur ftiioiéc de leur mil amp;nbsp;au-EttErpn- â^bofes : faclians par eus que Laudoniere inoltfurpre. nâauoit â¬n fou fort que deux cens tant dâhora-uentlefoTt mes,dâartifins,femmcs,cnfans amp;nbsp;autrcs mala-Franpn^ ai . furprindtent le fort par le guichet ouuert, vingtiefme Septembre, conduits des Sauua-tranchant d, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;boys, e/langs amp;nbsp;mares.-mettans tout
au fils de lâcfpée dans leurs lits où ils les trou-uerent dormans à la Diane, fors Laudonicrè lequel fuiuy de fa Garcc,iauce la palilfade amp;nbsp;fc faune cornâil peuft, lailîant pour porter la peine de fcs fautes, fcs foldatz amp;nbsp;autres auffi paref-feux à la garde que leur chef.- aucuns autres ef-chappe les mains fanglantcs des Eipagnols, (qui portoict les petits enfans au bout de leurs hallebardes amp;nbsp;pertiGncs)fc garentiiîà ns es na-uires quâvn des François gardoit à la riuierc
DtSTRÃlS MONDBS. jr ^tpas pres la boucherie desEfpagnols , Icf-quot;fls pointèrent les pieces du fort contrâeux. ' lâisà caufc du temps pluuicuxamp; quelles c-ââîntmal accofnmodces , ils n*cn furent cn-.^magez. Ce qui futoccafion que PeroMc-chef, leur enuoya vn trofnpcttc pour 1er ''^uader de ic rendre à bonne compofition.ou 'l^iffer armes amp;nbsp;nauircs pour fc retirer plus la riuiereauec les autres vailTeaux. Et â'lùrfafoy il leurtiendroit ccquiferoit ac-ââ^é. Aquoy ceux cy ayans rcfpôdu, que d'au-?^uïl ftây auoit aucune guerre entre leurs âys amp;nbsp;nations, ils aüoicnt depùis fix mois eu ââââiiandemcnt de leur Prince pour faire ce â¢^y^gc, aucc exprefle deficncedc fa maitflc ic âââAmiral, de n'aprocher feulement dâaucune âât d'Efpagnc, Toutesfois que sâil les vou-âquot;quot;c empefeher en la ionylEance de ce quâilr 'âænt dcfctuuert,amp;t vouloient peupler parle 'âââdement du Roy tref Chteftié .â ils les trou-âââoient preft à maintenir leur auantage. Dót ââ^Ipagnols mcrucillcufement indignez, amp;nbsp;âââgnans que fils laiflbicnt celle troupe fâha-'ââcr en cede code qui fait portion de leur A-quot;'ntjuc J ils ne gaignafient plus auant pays au dommage du trafic ic reuenu de leur na-: refolurent de leur faire le pis quâils pour-ââfnt,amp;lcs incomoderen toutes fortes.Pour« Me ietterent la plus part dâeux fur les corps ^ââIcccdcz, aufquels en veuedes François,ti-les yeux aucc les pointes des dagues , amp;
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les iettoient vers lâeau auec allez dâiniures du . nom François.Tellement que leanRibaud fils jf du Chef relié pour la garde des vailïèaux, vjîi prins les réchappez du foiT,amp; ne lâchât où, ny en quel cllat eftoit fon pere, crainte de pis,met les voiles au vétaueclenauirede Mailatdpour f en retourner en Frahce le vingt-cinquitfra« Septembre.Les nauires fe perdirét de vcuè tout aulïï toll. Lâvn defquels en fin apres auoirex-tremement foulfcrt, arriua à la Rochelle où il fut accommodé de tout le befoing: Son pere ce |ç pendant tou Hours battu de la tempellc qui rc-doubloitjfut en fin efehoué à la colle au dclfiis lariuiere de May , enuiron cinquante lieues ayant couru par tout fans rencontrer les Efpa-gnols à lâoccafion que deflîis. Ainfi les vaif-féaux rompus amp;nbsp;munitions perdues .-fcs gens toutosfoisgangnercntlatcrrciforslc Capital-ne la Grange, lequel fepenfant guarentir fur vn mats quâil auoit embralféjfut en fin englou- tj ti par la force des Ondes. Or comme vnmal n'auient gueres feul : ains efl dâordinaire fuiuy dâvnoupluficurs autres: filsfctreuuerentga' jj garentisde lamer, la faim les alTaillit encorde . plus près. Car demeurant huiéliours fans cho- L fc quelconque, il ny auoit forte dâherbes à la main quâils ne mangeallcnt. Le neuficfmeiour ils trcuucrent vnc barque auec laquelle ils pen-foient faire fçauoir leurs nouuellesà ceux du fort, iufqucs auquel y auoit par terre douze lieués Sc cinquante par mer. Et leur falloir tra-uerfer la riuicrc des Daufins, profonde Sc lar-
DES TROIS MONDIS nbsp;nbsp;nbsp;3!
Me quart de lieue- Ainfiils calfutrerent la ^ue de leurs chcniifes au lieu dâeftou-
Comme ils curent enuoyé feize hom-'quot;esau fort pour auoir fccours, ils defcoutirent le fort vne compagnée dâhommes en ar-quot;â^Sjlâenfeigne deiployée en lacampagne, auf-Ms pour lâextrémité de leuriïiilcrc,bié quâils ''îreconnuiïènt Efpagnols, lehan Ribaut cn-parler de fe rendre à honnefte compofi-CcqueVallemande(ainfifefeitnommer jChef ) proteftade foyde gentil-homme amp;nbsp;quot;'â¢oldat , à lacouftume de lâEfpagnol dit-il, (ifoÃtinn Je âââUers tous mcfmcmcnt François , duquel il Ãy iurei. *Ãoit toufiours courtoifie de faire bonne Mrc, Puis ayant faiôt paffer Ribaut amp;nbsp;tren-fiens en vne bai que à lâautre riue , les fit
M lier deux à deux les mains derriere : dont ^ioautamp; Dotigny fc plaignoicnt fort. Mais âsllemande les prioit de patienter, difant fai-â^tclà pour les mener plus feurement au fort 'quot;i'on leur tiendroit promeflè, maisf'cflre en-Ws des officiers de marine , amp;nbsp;tels autres î'Rs propres à la nauigation quâils gardèrent ^ut Pen feruir : fit feparer les foldats, contre jPqiælsvnecompagnée, fortansdu fortaucc â âI'S efclatâs de trompettes.fifres amp;c tambours.-'ptefenta pour donner les plus beaux coups âtfpées amp;nbsp;de hallebardes quâils peurent Ã
liez . Si quâayant en demy heure gai-le champ par fi falc amp;nbsp;fanglantc viétoire, ââemportèrent le deshonneur de perfidie Ãc
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dcfloyauté trop infignc. Car pcndantcelà Va* Icmandc importuné de promtfTc paf Otigny fiC Ribaud : nâcuft pluftoft tourné le nez de coftc marchant plus outre.- qu'vn feruitcur les dague par derricrc,lcs faifarrt mourir d'vn nombre de coups Ce faiétdrelîèrcntvn grand feu deioye, auquel auoirentairé tous les corps de fes fol-dats, femmes amp;nbsp;enfans, les meirent en cendre: difans que ceftoient mefehans Luthériens venus là pour infeftcr cette nouuelle Chreftien-tcparlafcmcncedelcurshcrefies. Puis efeor-cherent la peau du vifage aucc la longue barbe de Ribaud,les yeux,lc nez amp;nbsp;oreilles,enuoyas ainfi le mafquedeffiguré au Peru pour en faire des montres,amp; afiùrerccluy qui auoitenuoyc Pero Melcndcs de fon expedition. Les retournez en France ce pendant firent de grandes pleintesau Roy par le crédit de lâAmiral , du deshonneur quâil auoit reccu en la perfonne de ccluy qui reprefentoit fa maie/lé en fes earners, de la perte de tât de bons hômcs,amp;aurres biens quâils y auoient lai(ïe.Si que le Roy f en cftant plaint au Roy dâEfpagne,il defauoüa le fair,cô-mandant quâinformations en fudènr faides en la neufue Efpagne. Mais les Autheurs nclaif-foient de fe parmener en Efpagne, amp;nbsp;ailleurs, lufquesà cequâilfuruint dâautres affaires , amp;nbsp;vnej forte pluye qui laua la playe, amp;nbsp;en ofta le fang la mémoire duquel feffaça bien tort de la tefte des grands. Si que les petits en entreprin-drent la vengeance furtousceux qu'ils ont depuis trouué en mer,ou ailleurs à leur auantage
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DES TROIS MONÃÃS. 35
Entrâautres leCapit. Gourgues gcntil hom- A R T.io. âââcBourdclois,poulie dâvn delir de vengeance, ^rcIeuerPhonncur de fa nation, emprunte de â«aniis,amp; vend partie de les biens pour drcller rZoni/cijS;, fournir de tout le bcfoin trois moyens naui- fiubs le c.i-f^s,portans i5o.loldats,atice oélantc mariniers 1ââ'quot;â'^ ^Hoilîs foubs le Capitaine Cazeiiouc Ion licu-^'â^^.{âowfc-'fnant, amp;nbsp;François Bourdeioïs mailtrclur les lâiatelots. Puis party le vingt-deuxiefme Aoult »»oZj frt les auoir quelque temps combatu les vêts Nlt;»'»ââ^ c?-
^tempeftes contraires fur la code de Barbarie, ^nfin 11 delcend au Cap Blanc dâoù les Portu- * Slis qui y ontbafty vn Chafteau dicl Arguil, pour la rctraKStô.amp; feuretc de leur trafic,incite- y-»»»!. isnttrois Roys Ncïgrcs pour lâen chafler.Mais 'nauoir fort amoindry le nombre aux premie-ââfs rencontres, amp;nbsp;en route licence de fây accom-'Ooder ; il part pour defcouurir le Cap verd, (l où il prend la route des Indes Occidentales.-âgt;ùayanttrauerfélamcrduNort, aborde âlâif-J'Dominique tenue des Barbares , amp;: celle de
Germain de Porto Rico,commandée par les Efpagnols, où ils trouucrcnt de lègues figues, bouges au dedans, qui leur rendoient lâvrine de 'ouleur de fangipuis furent à laMonne, ifle ha-^litécdes Saunages, le Roy dcfquels feftoyalc françois.Cc fait,co(loyât la terre ferme vers le Cap de la Belle, vn vent côtraire le ietta à lâiHc
Dominique, diéle Ifabelle,amp;Efpagnole,où
⢠il fit aiguade malgré les Efpagnols,qui liiy del-liitretfauCap S.Nicolas,où il faifoit calfeutrer f'snauires)fccouTsdepain quiluy manquoit,
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SECOND LIVRE
pour des toiles de Rou é portées à cefte fin.âtoii-tcsfois patientant amp;nbsp;aiioir calfeutré amp;nbsp;accommodé fes nauires,eft encor forcé de ten ir à Tille Coubc Cuba des anciens. De là fut au Cap S. Antboinc au bout de Tille de Cube, elloignée , de la Floride enuiro deux eenslieué'Sj où le Capitaine leur déclara fo dcllèing quâil leur auoit toufiours ccléjles priant «Scadinonnellantdenc lâabandonner fi pres de Pennemy, fibicn pour-ueuz,amp; pour vue telle occafiô. ce quâils luy iu-rerent tous, voire fi ardemment quâils nepou-uoiét attedre la pleine Lune à palier le dellroit de Balaam. Ains defcouurircnt la Floride aflèz toll,du fort de laquelle les Efpagnols lesfalue-rentde deux canénades, eftimans quâils fullènt de leur nation , amp;nbsp;Gourgucs leur fit pareille laine pour les entretenir en cet erreur, affin de là fiirpre'ndre auec plus dâauà tagc palTant ou-Yioride. trcncantmoins , amp;nbsp;feignant aller ailleurs iuf-ques à ce quâil eut perdu le lieu de veue. Si que la nuiéf venue il defeend à quinze lieues du fortjdeuant la riuiere Tacatacourou,quc les François ont nommcSeinc,pourcc quâelle leur fembia telle que celle de France. Puis ayant defcouuertla riue tonte bordée de Saunages, pourueuz dâarcsamp; fleches,leurenuoya fon trô-pette pour les aircurcr f outre le figne de paix | amp;nbsp;dâamitié quâil leur faifoit faire des nauires) quâils nâeftoient là venus que pour renouer lâamitié amp;nbsp;ancienne confederation des François auec eux. Ce que le trompette exécuta fi bien (pour y auoir demeuré des premiers foubs Lo-
EESTROIS MONDES. ^4 dónicre) quâil mpportadu Roy Satirouajeplâ f grand des autres Rcisraucclcs offres d'amitié quot;7 vn clicureuil, amp;nbsp;autres viandes pour refraickil-IciTient. Puis fe retirèrent dançans en figue de duration pi-,-.. ioye^pour auertir tous les Rois parens de Sati-toua^ dây retourner au lendemain contrafter a-mitié aucc les Françoisdont le chef faifoic ce pendât fonder le gué de la riuicre pour fes vaii-fcaiix amp;nbsp;commodité de négocier aucc ces Sau nages t defquels au lendemain matin fe prefen-terent le grand Roy Satyroua, les Rois Taca-tacouru,Halmacanir,Ãtoré,Harpaha,Helma-capé, Helycopile, Moulona amp;nbsp;autres les pa-) tens amp;nbsp;alliez J auec leurs armes actouftumees. â Puis enuoycrent prier le general François dedefcendrCjCC quâil fit auec les efpées amp;hà r-^uebuzes, lefquelles il fit laiffet apres que les Saunages (fien plaignans ) curent par les re-ttionftrancesde Gourguelaiffé,amp; fait pareille-toét emporter les leur comâcn tefmoignagc de teciproque affcurance, ne demeurât que lâefpée (â¢(,/« de faite auFrançois. Cefaid , Satyroua lâcfiant allé'i« ttoiiuer, le feit feoir à fa droiéle, en vn fiege de bois de LcntilquCjCouucrt de mouffe expreffe-â¢tient fait ff molable au ficn. Puis deux des plus anciens arrackerent les ronces,amp; autres kerbes lt;luitftoi^ntdeuâc eux,amp; auoirbien nettoyé la place, tous fâafîîrent à terre en rond. Surquoy Goiirguc voulût parler,Satyroua le deuâce,luy deduifant les maux incroyables, amp;nbsp;côtinuclles tndignitez que tous les Sauuages,leurs fempes enfaris auoienc rcccuz des Efpagnols depuis
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leur venue amp;nbsp;ruine des autres François.- aueclc de/ir perpétuel de fe bien venger de tât in/îgne trahiion , non moins que de leurs oftènies par-ticulieres,pour la ferme amitié quâils ont touf-iours porté aux François, iî on les vouloit aider. Aquoy Gourgues preftanr le ferment, Sc confederation iuréc.-il leurdóna quelques pre-lens de dagues, coufteaux, miroucrs,haehes,a-«eaux, fonnettcs,amp; tels autres meubles à nous ridicules, mais précieux à ces RoisJefquels en outre, veil lâoffre déplus grade largefîè, lûy demandèrent chacun vne chemifepour veftir ka-lementaux iours lolcnnels , amp;cfirc enterrées aueceuxà ltHr mort. Ccqu'auoir eu, Saty-roua ayant en rccompcnfe donné au Capitaine Güurgucs deux cordons de grain dâargent pendus à fon col , amp;nbsp;chacun des Rois quelques peaux de Cerf accouffrées à leur mode, ilsfe retirèrent dançansamp; fort ioyeux,au-eepromef-fede tenir le tout fcctcr, amp;â d .-'mmer aumcfhic lieu bonnes trouppes de leurs fubieds tous cmbaflonrrez pour fc bien venger des Efpa- I gnols. Cependant Got rgucsayantfortinter- i rogé Pierre de Bré du Haute de Grace, autre- i fois efehappé ieune enfant du fort à rrauers les J bois, pendant ejne les Efpagnols tuoient les autres François , Se depuis nourry par Satyroua, qui le donna lors à ce Chef : feferuir fort de fes aduis : fur Icfquels il enuoya reconnoiflrc le . fort,amp; lâeftat des ennemis par quelques vns des nbsp;nbsp;I
liens, conduits par Olotaracanepueu deSaty- i roua qu'il luy auoit donne pour cet effeü Scaf- nbsp;nbsp;â
DES TROIS mondes. J) Durance d'uftampcs, gentil-homme Comin-gso!s,amp;: autres qu i' tnuoyoit rcconnoiftrcPe- fianpn, ftatdes ennemis. Oüt* c ce il luy donna vn ûen notammét Je fils tout nud coin'ils lont tous , amp;nbsp;celle de fesââ â'«*9'' '^'quot;-fonincsqunl aymoit le mieuv^aagce de iS,ans, quot;'O'â*?âquot;â' , ''tduede moulfc dâarbîcs, leiquels furent trois
lours és milites iulques .T cc quâon fut venu de hreC'lejlxt larccognoiflâar'cc^dc que les Rois culîcnt four- J« Ffp't-fiyau rendé-vous.
Ladefmarchc conclue, 5e le Rendé-vousdo-
⢠r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 1' 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»⦠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠.â¢^ââquot;***â2«
Heaux lauuagcs au delà la rniiere Sahnacani, iUr:J,cnsal. (les noftres Somme, ils beurent tous en grande Uns tn^utr-folennitc leur brtuuage ( diéf Cafline, faief de retour mieux lus de certaines herbes ) accouftumé quand ils
, ''ont en lieu hazardeux , lequel à telle force*
' ^üâil leur ofte la £oif A: la faim par vingt-quatre
â ficureSjôe fallut que Gourgue fit femblant dâen lgt;oire:puis leucrent lcsmains,amp; iuferettous ne Iabandonner iamais-Olotocara le fuiuit la pic-(lueau poing, Peftans tous rctrcuucz à la riuie-
' redeSaranala non fans grandiflîme peine,pour la pluye amp;nbsp;lieux pleins dâeaux quâil fallut paffe, amp;nbsp;qui les retardant leur accroilToit la faim ustrouuant rien que manger par les chemins, nâeftansencor dcfcenducla barque des proui-fions qui luy venoient des nauircs,à la gatde taeômodement defquels il auoit lailîc Bourde-lois auecle refte des mariniers. Orauoitilfccu lt;]uelcs Efpagnols eftoient quatre censhom-uiesde dcftencc repartis entrois forts dreftez flanquez, amp;nbsp;bien accommodez fur la riuierc de May : le grand fort principalement, com-
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fl/ff JejK/- fnencép.ir les François, puis accommodé par iîjrâflt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laplusdangcrciilc amp;nbsp;principale auc-
niie duquel, ils auoicnc faift à deux lieues plus bas amp;plus proche de lâcmboucheurc, deux autres petits foirs lelcpclsla huiere entredcuxfe dcfFendoicnt (ous fix vingts foldats , nombre dâartillerie, ÿc autres miinitiôs quâils y tenoicC-Depuis Saracary iufqucs à ccs petits forts y a-uoitdeux lieaés, quâil trouua fort mal-aifces pour les fafcheux chemins Si pluyes continuelles. Puis part de lahuierede Catacouru a-iiec dix hart^iebuziers pour reconnoifiie le premier, Se I afià illirà ladianedu matin luiuat ce quâil ne peut faire pour lâiniure du ciel amp;nbsp;obicuritéde la nuiél.Le Roy Helicopilcle vo-yat fafché dây auoir failly, lâafièure de le côdui-rc par vn plus aife, bié que plus lég chemin. Si (lucleguiciârpjr les bois, lemeine cnveuédu fort, où il recogneut vn cartier qui nâauoit que certains commenccmens de folîez. Si bien
quâauoir faiét (onder la petite riuicrc qui fe rend là , attend que la mer montant feuft re
tournée pour la faire palîcr.à fcs gés fur les dix , â nbsp;nbsp;nbsp;. heures du matin , au lieu où il auoitvcu vn pe-
Lft Fftincon ... nbsp;nbsp;nbsp;I-. ntr/ri n
faÃtut l 't O- nbsp;nbsp;nbsp;hors entre la riuicre Se le tortfafin de nâe/rre
uiir^[Ilura- vcu paficTamp; ordonner (csfoldats) faifiintatta-
taqurrle^rt- cher les fourniiTicns aux morions, amp;nbsp;porter cfpées deharquebufes cUeuéesen lamain,crain-rc que lâeau quileurvcnoirfurlaccinélâure, ne les trépafi. où il trcuucrcnt fi grande quatité de grolJès buidres, Se les efeailles (i tranchantes, queplufieiirs en furet blecez Sr autres perdirét
des trois mondes 36 â tursfouliers.Toucesfois auflitoft paffezjdâvns ârieur Françoifê f'appreflentaucôbat Li veille ^eQiulîmodü en Apnril 1568. Telleinciic que I 'âuuignes pour employer ce feu de bône volô â . âe, donne vingt harquebiiziers à fon Licuie-quot;itCazenoue , aiiecdix rnariniers chargez de Pots3c grenades à feu pour brufler la porte: Pnis attaq le fort par autre endroit apres aiioir peu harenguéCes gens fur lâcdrage trahilon lucces Eipagnols auoiét iouez à leurs compa-Snons. Mais apperceuz venans telle bailfcc à , iruxeens pas du forr,!e canonnier monté fur la âtrracedu fort,ayant crié Arme Arme ce font iftançoisjleur enuoya deux coups de couleuri-ââîportant les armes de France , prinle fur la Uudonicre. Mais com'il vouloit recharger pour le troifiefme coup, Olotocara no appris à §arder fou rang,ou plus cranfporté de palîion, ââ'Otefur la plattcforme, luy palTa laâpiquc à ffauers le corps défia mort.Surquoy Gourgucs 'quot;aiiançant , Sc auoir ouy crier Cazenoue que 1k Efpagnols forcis armez au cry de lâalarme, fâcnfuyoient; tire celle part amp;nbsp;les enferme de forte entre luy amp;nbsp;fon lieutenant,que de loixâtc vn fcul ne réchappa que quinze referuez à mef-â »epeine qu'ils allaient faiét porter aux Fran-Ãois.LesEfpagnolsdc l'autre fort ce pendât ne Klfent de tirer canonnades, lefquelles incom-â iiodoicnt beaucoup les alfaillans ; encor que pour y rcfpondrc ils eufléiis ja placé amp;nbsp;plu-ficurs fois pointé les quatre pièces trcuuées au premier fort. Sur quoy Gourgue fe iettelui-
E iiij
SECOND LIVRE
Lfj Franfon yy'^jg quatre vinffts harquebuficrs, dans Jabar-gt;ôf atta^u.r â1â® 9â' troiluala bien 3. point pour palier le fécond tort dans le bois ioigiiaiit le fort, duquel il iugeoit det tffa. quelesaffiegez lortiroientpour le là uuer fous Ja faueurdu bois,dtdanslcgrand fort qui n'en cftoitelloigncque dâvnelieue. Puislesfauua-ges impatiens dâattendre le retour de la barque , fe iettent tous en lâeau, tenants leurs arcs amp;nbsp;flèches efleuéesen vne main , nageans de lâautre brasxn forte que les Efpagnols voyans les deux riues couuertcs de lî grand nombre d'hommes,pcnfertnt fuyr vers le bois.mais tirez par les François , puis repoullcz par les Saunages, vers lefqucls ilsfc vouloientretirer, onleurofloir la vieplullolî: quâils ne l'a-Hoient demandé. Somme que tous y finirent leurs iours fors quinze de ceux quâon referuoit à punition exemplaire. Siirquoy le Capitaine Gourgues ayant faid tranlportcr tout ce quâiltrouua dudeuxiefine fortan premier où il vouloir fe fermer pour prendre rcfolution LesFranfoit conttclc grand fort duquel il ne fçauoit lâe-amp;S4nu,!çet flat : en fin vn fergent de bande l'vn des pri-fepreparent fonnicts, lâallèura quâils y pouuoienteflre pres pauratta^^uir cents bien munis foubs vn braue Gou-leernndlort, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â r r â i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i r
uerneur qui ly reroit battre attendant Ic-cours. Si quâauoir eu de luy le plan, lahau-feur,Ies fortifications amp;c auenucs, puis drelfé ' huiél bonnes eich elles, Si faiôf foufleuer tout le pays contre lâElpagnol.afin qu'il nâcufl nou-uelle,nylêcoHrs,ny rctraidé dâaucune part, it délibéré fortir. Ce pendant le Gouucrneur
DIS TROISMONDES. J7 'â¢âüoycvn Efpagnol defgiiifc enfauiiag« pour ''connoiftre btftacdes Frauçois . Et bien ;^coiiucrt par Olotocira, fubtiliza tous les 'I â''oiens qu ils peut à leur pcrluadcr quâil eftoit e^manj. ^'Jfceond fortjduquelefchappé, amp;nbsp;ne voyant
Saunages de toutes parts, elpcra plus,di-foit-il, en la mercy Françoife à laquelle ilfe 'öioitrendre defguilé en Saunage, crainôle
reconnu il ne fiifl: mafi'acrc par ces Barba-^fs.'confronté tontesfois auec le lcrgent de bâ-^^amp;connaincu eftre du grand Fort, lâefpion fiitdelarcfcrnc.-aprcs quâil eut adeurc Gonr-?Wsquconledifoit accompagné de deux mil i ftançoiSjCrainftedefquels deux cens foixantc ^nircftoient dâElpagnols au grâd Fort edoiét âflezeftonnez. Surquoy Gonrgnes refolu de l^prcll'ercn telle efpouuante, amp;lai(Emtfon ^â¢iicigne le Capitaine Mcfmcs auec quinze bar luebuiîers pour la garde du Fort amp;nbsp;de l'entrce âlelariuicrcifaiótde nuiót partir les Saunages , pour sâcmbufquer dans-les bois de ça de là la fiuierc.puis part au matin, menant liez le fer-gtne Sc lâefpion pour luy monftrcr à lâÅil ce quâils nauoient faift entendre quâen peinture. Acheminez Olotocara déterminé Saunage qui ûâabandonnoit iamais le Capitaine, luy diét *111â11 lâauoit bien ferui amp;nbsp;faiél tout ce qui luy îuoit commandé : quâil sâafleuroit de mourir îucombatdu grand fort, auquel tontesfois pour la vieil ne vouloir faillir. Mais le prioit Redonnera fa femme ce quâil luy donneroit sâil en rechappoit:à fin quâelle lâenterre auec
SECOND LIVRE
luy,pour cftre mieux venu au village desef-pries. Auquel le Capitaine Gourgues apres l'a-iioir loué de fa fidelle vaillance, amour coniu-gal,amp;foing genereux dâvn honneur immortel , reïjxind quhl lâaimoit mieux hoiinorer vif que mort, amp;nbsp;que Dieu aidant il le ramener oit viéloricux . Des la defcouuertedu fort lesEfpagnols ne furentchiches de canonna-des,mefmement de deux doubles couleurines, Jeiquelles montéesfurvn bouleuertcomman-doient lelongde lariuiere gai firentioud.iin gaigner la montagne couuerredebois au Capitaine Goargas: du pied de laquelle commence le fort iufquc au delà duquel cotinuoit h forell.Si qail cuit afTez de couuertures pour Sâen approcherfaus ofFenic. Audi deliberoit il de demeurer là iufques au matin quâil elloic reColii dâairaillir les Efpagnols parelcalade, du codé du mont où le folfc ne luy fembloit af-fez flanqué pour la deifenfe defies courtines, amp;: d'où partie des liens poarroienc tirer les I alTiegez qai fe deicouuriroicnt pour mainte- I nir le rempart pei-idant qae le refte monte- j toit. Mais le goaaernearaaanea fan deCa- r Ure, failant forcir Coixance harquebuziers, lef nbsp;nbsp;nbsp;l
qaelsco.ilez Iclogdes foTez, fan teerencpour nbsp;nbsp;nbsp;I
defcoiiarir le nobreSe^valear des Frâyois,vingt defqaels le mecctns foalas Cazenoae encre le fore eax ia forcis, leur coapenc la rccraiâe, padanc qae Goarg ies com nindeau relie de r les chargeren tcÃe, mais ne cirer que deprez^ p iX coaps qui porcalfenc pour pais-apres les L
D E s TRO 1 s MON D ES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;38
'ägtnentcr plus ailémcntà coups dâcfpcc. Si Jie tournant le dos auffi tort que chargez,amp; 'flèrrez parle Lieutenant,tous y dcnieurerct. ^5t le refte des afliegez furet fi effrayez,quâils 'ââfeurent prendre autrerefolution pourga-âââ ntir leur vie , que par la furtte dans les bois â¢prochains : où neantmoins rencontrez par les latches des Saunages qui les y atccndoient(lâv-quot;'dcfquellcs perça la rôdelle amp;le corps dâvn ^(pagnol,qui en tóba mortjfurent aucuns cô-'fîins détourner tefte, aimans mieux mourir par la main des François qui lespourfuiuoict: â.äffenrans de ne pouuoirtrouucr lieu de mi-æticorde en lâvnc nylâautre natiô,quâils auoict {'â¢gallement ic fi fort outragé.fors ceux quâon ' rtferua pou r exem pie à lâaduenir. l e fort prins ^ttrouué bien pourueu de tout Icbefoin: quot;ûtiimémcnt de cinq doubles couleurines,amp; î'Utre moyennes,auec pluficurs autres petites '^ttoutes fortes, amp;nbsp;i8. grolfcs caques de pou-!^tt;toutes fortes dâarmes que Gourgue fit fou-ilâin charger en la barque, non les pouldres Sc âlitres amp;nbsp;meubles,dâautant quele feu emporta â ââut par lâinnaduertance dâvn Sauuage,lequel ^fâifatit cuire du poilfon, meir le feu à vne traL 1« de pouldrc faide amp;nbsp;cachée par les Efpa-Siiols,pour feftoycr les François au premier Cutuéucrfant le magazin amp;nbsp;lesmaifons qui 'Ploient de bois defap : Les reftes des Efp»-äiüls menez auec les autres,aprcs que le Chef æureut remonfiré lâiniure quâils auoient fait üccafiô à toute la nationFrançoife;furent
SECOND LIVRE.
tous pendus aux branches des mefmes arbres qu auoient e/lé les Fraçois cinq delquels auoienc elle eftrin^Li par vu Efpagnol, qui fc trouuant à tel dclaftre confcllà fa faute, amp;nbsp;la iufte punition que Dieu luy failoic fouf^ â - frir. Mais au lieu de lâefcriteau que pero Mc-
£fcr!teitux fanrtpita
amp; tt tteaux mor tuAiiesaax Ewnroij O'
tUi
tidi.
landes leur auuit donné, portant ces mots en Elpagnol, le nefay cecy comâ a FrMÃois,mMS c»m fh nbsp;nbsp;Lutbeeiefts, Gourgae fit eferire en vne table de
lapin auec vn fer ch and, le nefiiy cecy com' 4 ^nols^ny comâtt Mariniers,mais corn' à traifires, quot;V«' leurs cr meurtriers : Puis fe voyant panure de
gens pour gardât ces forts, moins encor pour les peupler; crainte aulli que lâEfpagnol qui» terres prochaines ne sây raccommodaft.ou les Sauuages s'en preualcuflènt cotre les François fifaMaiefté y vouloir enuoyer, relolu de les ruiner.De fai(3:,apres auoir alîèmblc,amp; en fin perfuade à tous les R.oys Sauuages de ce fai* re.' y firent courir leurs fubicdzdc telle af-1.« forts ha- fcétion, quâils renuerferent tout,amp;: mirent les n« « la rlo- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rej; ferre ^^^s vn iour. Ce
«Zf/nXT«- failt;âdc Gourgue,pour retourner à fes naui-bio rcs lailïcz en la riuicre de Seinc,didcTacata-couroujà ly. lieues de là ,enuoye Cazenoiic amp;nbsp;L«lâartillerie par eau. puis auecSo. harqiicbour ft mettrnt a jjrmïs fur le dos,amp; mcches alluméçs,fui-uis de quarante Mariniers portans piques, pour le peu dâalTeurancc de tant de Sauuages: va par terre rou'iours en bataille, trouuant les chemins couucrs de Sauuages qui le venoient
D £ s T R OI s MOND F, S 39 llonnorcr dcprelens amp;nbsp;louaiiges,coniâaulibc-tateuc de tous les païs prochains . vne vieille fntrâautres luy dit, qu elle nele loucioitplus âIcmour ir, puis que les Efpagnois challcz clic (âUoit vne autre fois veu les Fiançoisà la flo-'ide.Somme quâarriuc, amp;nbsp;trouuant les naui-tfs acconmodez, amp;c le tout prt A à faire voi-fcconfeilleles RoispcrfiAcr tn amitié cô-f^deration ancienne quâlis ont eu aucc le Roy âi'^France.quiles défendra contre toutes na^ dons. Ce que tous luy promirent,fondans en 1âanncs pour fon depart, OlotocaraJiir tous: tPoiir appaifer Icfquels il leur promit d cAre de l'ttourdans ii.Lunes (ainlî content-ils les an-iâKs) amp;nbsp;que fon Roy leur enuoyeroit armée, âforce prefens de couAeaux, amp;nbsp;toutes autres diofcs de bdoing. Tellement que les auoit li-''ntié,puis aAcmblc les ficus , rendu graces à î^ieu de tout le pafic depuis fon embarquemet ®fpricr Dieu pourvn heureuxrctounle 3.May
8. toutes chofes furentappreAce,Ic Ren-' lié-vous donne , amp;nbsp;les ahcrcs leuccs pour faire 'âoile fi à propos, quâen ly.ioursils firentvn-^ccens lieues,dâoù continuant le 6. luingar-duerentà la Rochelle, le 54. iourdeleurdc patrie de la riuicre de May : nâayant perdu que lîpatache amp;nbsp;huit hommes dedans, auec nom-drede gentils-hoir mes, amp;nbsp;autres demeurez *BX combats des forts . Apres les careAes amp;nbsp;bons traiélemens quâil receut des Rochc-â loisjil fit Voile vers Bourdeaux,dâoù il print la I pofte pour aduertir le ficur de Monluc dece
SECOND II VRI qucdcirus, aducrty ncannnoins de dix-huit pataches, amp;c vne robcrge de deux cens tonneaux chargées dâEfpagnols, IcftjueJs allturez du dcfaftrcde Ja Floride, amp;nbsp;quâil eftoità la Rochelle,furent iufques à Che-de-Baye le propre jour quâil en cfloit p2rty: amp;nbsp;le fuiuirét iufques à Blaye.- f mais il eftoit ia dedans Bourdeaux) pour luy fai retendre vn autre comte defon voyage que celuy dont il reiîouyfrfortplu-/îeurs Françoisdes Normans fur rous,qui tou-tesfois nâont Jamais rien entreprins contre les E/pagnels quâà la deirobee amp;nbsp;en courfes parti culicres, cfquclles ils ont fait mourir infinité dâEfpagnoIs : moins encor le fils de lean Ri-baud, le corps duquel ils ont fait feruirpour engreficr les bois de la Floride . 'De puis,le Roy Catholique aducrty quâon nâauoit feeu prendre Gourguc.- ordonne vne grande fom-mede deniers à qui luy pourroit apporterfa tcftc.-priant en outre le Roy Charles dâen faire iuftice comme dâvn auéfeur de fi lânglant ade, contreuenant à leur aliancc amp;nbsp;bonne confederation . Tellement que venu à Paris pourfe prefenter au Roy, luy faire entendre auec le fuccésdefon voyagc,lesmoyens quâil auoitdc remettre tout ce païs en fon obei/Iance,à quoy il protefiuit dâemployer fa vie, amp;nbsp;tout ce qui luyreftoitdc moyensieut recueil amp;nbsp;refponfc tant diuerfes, quâil futen fin force de fe celer long temps à la Cour de Rouen, près S. Ger- ' main,enuiro lâa 1570. amp;nbsp;fans lâafliftâcedu Pre-fident Marigny,en la maifon duquel il demeu-
DES TROIS MONDI S. 4O Uqueli]iicsiours,amp;du Reccueiir de Vacqui-icrri^intvlt ^lx,qui luy a toufioiirs eftc vray amy.il tftoir mortdn endanger. Ce qui falcha fort Dominique dcC4/,/M(»f Gourgues.confidcrâtfcsferuices faits râtà luy
' ^u'à fcs predccelTcurs Roys de France. 11 eftoit natif du mont de Marfan en Guyenne, amp;nbsp;employé pour le fcruice des Rois Tref- C hreftiés
' entoures les aimées faiéhes depuis 25.à 30.ans en fin eut charge amp;nbsp;tiltre de Capitainejoufte-
' nsnt en vne place pres Siene, aucc 30. loldats, les efforts d'vne partie de lâaiméc Efpagnole, 'lelaquclle prins dâafraut,amp; tous les fens taillez en pièces , fut mis engalere pour tefinoi-î ?nagc de bonne guerre, amp;nbsp;bien rare faueur ! Efpagnole. Mais le vaifTeau faifant route vers llaSicillc prins des Turcs, menéà Rhodes, 5c ' Conftantinople: fut à peu de temps reprins par Romeguas,commandant à lâaimée de Mal-fe.Parce moyen retourné enlamaifon, drelïc vn voyage fur lacoftcd'Affriqnc, d'où il tourne au Brefîl,amp; vers la mer du Su.Puis curieux
! Je vanser le nom Francois : donc à la Floride ' ânectcl fuccez que vous aucz veu- Si que rcdii par continues aôbons guerrières, terre(lrcs,amp; niaritimes, non moins refolu Capitaine, que pratic mari nier .⢠fe fait redouter de lâefpagnol, rechercher par la Roync dâAngleterre pour
Inmcritcdc fes vertus. Somme quâil cft 15S2. n nhüifî par Dom Anthoinc pourconduircen ôltrc dâAmiral,la flotte quâil dclibcroic enuo-ytr contre le Roy dEfpagnc: qui sâefl dés lâan pafTé faify de Portugal , comme le plus pro-
SECOND LIVRE.
chc ou plus habile à fucccdcr à Dom Sebalîicn dernier Roy, mort en bataille contre le Roy de Fez en Barbarie. Mais party de Paris pour allerà tours yrcrouldrc dctoiiclelarplus: c(l faiCy dâvne maladie cjiii lâenlcua de ce mon-
Rrfië gt;nbsp;r J grand regret de ceux gui le cognoii-
It^uent les ^oicnC. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Efpagnols Or pourcc guâentrâautres rniCons ejue les El-four/emain p.ignols allcgucnt pour sâapproprier h Flori-dc,amp; la deftendre par toutes voyes,il imiucié-, lient pu'ils lâont de/couuertc deuant tousau-
tenir la fei-^ncurte amp;
fra/frietéJe
toHteibshi- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pâgt;pe kurenafairdon
elesOceiden- parlabullc dii doii General des Indes Occi-tales,efyuel- détalcSjdclquelles cettc contrée fait portion: les 1.1 i-bii.le jç vous veux ciclatcir de la premiere connoil-eU comprtn- â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, i r-i â i o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â i r
ft^^auiris wncedeJarloride,amp;:parquideicouuerte, aha tiT.csiefeou- quâou nefiy abuzcplus.
aertesp4r bs Franci/que Lopez de Gomara, hidoricnEf-JFruicots, pagnol, en donne lâhonneur à vn El'pagnol 'î^â'i'Li'ssâo »omméican Poncede Leon: ôc k fand pont: eittres. verifier vnc maxime quâil tient pour indubita-ART.ii blc,amp;ce pendant eftfauhe. Alhiioirquetou' res les Indes ont edé delcouuerres par lesEfi de U rbiide_ paghols,escepté ce ejui fut ti ouue par Chrido fieCoIomCareedbiencbofeadeurecquecc ts'ontl^'pre- vn Pilotc Vénitien qui la delcouuritj hn miersdefeo» cjuatrc cens nonanre- fix^ainfi commehc- 1 iieits hs I»- tcRa vn gentil-homme Italien grand Pbilofo- I do; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^iarl-iciTi^ricien, cpiUâanoic ouydeia
bouche: amp;nbsp;y en auoit encore a/îèz vi â i uanrs de ceux ejni edoienr allez auec luy en ce j voyage^qui Peu/îciit peu demanrirs'il eut edé /
autreme fit i
DÃS TROISMONDES.
âütreinent. Voicy les propres mors Je ce gen-^gt;1 homme, quâil dit à quelques feigneuis de ytnize fur le propos dcsvoiages de l'elpitei le.
, Ne fçà ucz vous pointjdic il, à ce propos dâal- StbaÃicn r,4 trouucr lâIndie Orientale par le vent dc«^!« k'nutie Noriueftjccquefrtvndcvülliecité de y an-
^5,qui eft (1 expert au fait de lanauigation,amp;^j^,,,,.^yj,^,,gt; ils la Colmographie, quâil iiâa point pour le 'ourdâhuy en tfpagne ion pareil? xÃulii lafuih-hnee lâa tellement auante, que le Roy luya
: «ionné lafur-intendaccdetous les Pilotes qui quot;luigct en lâIndie Occidentale, de forte quâils ât peuuent y aller, ne fc mefler de ceil ait que par fa permilîion . A raifondequoy ilslâappel-hne le grand Pilote: ceft le feigneur Sebaflien Gà uotü , que ie fus veoir il y a quelques années que ieftoy à Seuille: amp;nbsp;le tfouuay perfon-»age fort accort,amp; de bonne grace.. Apres fes catcircs amp;bon recueil ilmcmonilraplufiturs lînguralitez qu'il auoit : amp;nbsp;entrâautres vue grande Mappemonde où tfloient marquées amp;nbsp;derittes toutes les nauigations paiticulieres, tant des Portugais que Caftellans. Et me con-
I taquefon pereeftantparty de Vtnize, sâeftoit ' allé tenir en Angleterre pour y faire train de inarchandifc , amp;nbsp;quâil lâauoit mené quant amp;nbsp;loy iufques à Londres encor bien icunc : tou-tesfois non pas tant quâil nâeut'défia cflu-dié aux lettre humaines , amp;nbsp;en la Sphere,au refteque fon pere mourut enuiron le temps que les nouucllcs vindrent que Chtiftofle Coulom auoit dcfcouuert la cofte des Indes,
s à C O M D tlVRE.
amp;nc feparloit: autre chofe à la cour du Roy Henry iepeieCme , qui regnoic lors en Angleterre ; dequoy chacun difoit que câe/loic vneinuention pluftoft diuineque humaine, dâauoir feeu trouucr le moyen dâaller parle Routtfot^r Ponenten Lcuant. CebruitduieigneurCo-uikr/iaf le Jom mâcnfla tellement le cÅur, que ie delibe* NortauLe- jg faire auisi quelque chofe fcgnaléc, 5^ ceuriicjiie «ont 11 fuit parle a Jamais. Et tachant par la furToeft. lt;^ifon de la Sphere quâen prenant ma route droid' vers le NorrhucH^iâaconrcirois de beaucoup le chemin pour aller aux Indes deLe-iiant.ie refolus de le faire entendre au Roy le fey,lequel en fut leplus content du monde, A: mefitequiper deux Carauellesà fês defpcs Somme ie party dâAngleterre lâan mil quatre cens nonante fix , fur le commencement de lâcrté,ëe feis voile vers Noithucft, penfant ne trouuer terre du monde queiencfuflènt à la cofte de Catay, 8e de là monter versl'Indie. Mais au bout de quelques ioursdclà , icme treuiiay bien loing demon compte, amp;nbsp;bien pres dâvne terre qui fuiuoyt la Tramontane. । Si vous veiftesiamais homme bien fafcbé,ce futmoy . NonobRant le ne laiiîay pas dâaller 8e monter le long de la cofte vers le North, nbsp;nbsp;nbsp;'
pour veoir fi ie croinierois point quelque Golfe qui tournaft versie Northue/l,iniques,à ce cjue ie fus à cinquante fix degrez de noflre Pole. Eifantlà icvcisque la coftetournoit ' à lE/l ; de forte que lors ie perdy toute ef- i perance de trouuer quelque deflroit ou paf 1
DES TROIS M OMBIS. 4!
ûge de ce collé là .⢠Ec commenç.'iy à rclaf-cher pour rencontrer encor la colle deuers lâE-quinoôtialjCn intention toulioiirs d'y trcuucr
, lt;juclque ouucrturc pour traiierfcraux Indes, r/o,-,;;, jf/-amp;la fuiuy lî longuement que ie vins iniques counate ftr accllequ'on appelle auiourdâhuy la Floride, G« le ne palîà y point plus auant, parce que nos viurcs accourcillbient défia fort : amp;nbsp;m'en re- antdéîtMt tournay de la en Angleterre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5»eieiE//i4.
Ce fut donc ce Gauoto qui dcfcouurit^'«»^ y fe premier la Floride pour le Roy dâAn-/â¢*-gleterre , de forte que les Anglois y ont , plus dedroiélqiie les Efpagnols: fi pour auoir j droiél fur vnpays il fuffill de l'aivoir veu le ' premier . Au lurplus ce voyage donna fi ! grand bruit à Gauoto, quâeftant de retour en Angleterre, amp;nbsp;l'ayant troiméc toute pleine de troubles amp;nbsp;de guerre, il fe retira en Efpagne, où il fut trefbien rccuilly par les Roys Catholiques Ferdinand amp;Yiabelle, quiluy firent efquipper des vailTeaux amp;nbsp;lâemioycrent defcouurir le long de la colle du Brelil. Il y Brtjîljffiou-fut amp;nbsp;finela iufques à la çrand riuicre delà platte, ou 11 entra amp;nbsp;nauigea contremontcc^^,^,. uras de mer,qui le mena bien hault, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^âol.
Le premier qui fut apres luy à la Floride fut leâ Ponce de Leon qui elloit Adelentalo (c'ell à dire Gouuerneuramp;Admiral)de Fille de quéquâôappgt;cllcauiourd'liuy FilledeS.Icâdu utrttpar la Port-riche, quâil anoit conquife amp;nbsp;pacifice,a-yiz fait amener prifonnier en Efpagne, vn lean
SECOND LIVRE
Zcion Michel Diazdeux officiers de Roy en ôcfte meünci/Ie , à caufc de leurs conciliions amp;nbsp;inauiiais porcemens. Ces deux firent tant moyennant la faueur de lâAdmirai Dom Diego Colô Ãls del'Ainiral Chriftofle, quâils furent réintégrez amp;nbsp;remis par le Roy en leurs Ellats. Puis apportèrent quant amp;nbsp;eux lettres du Roy à lâAmiral, par Ici quelles il luy choit permis de mettre tels officiers en Tille faind lean que bon luy fcmb'lcroit. AaiTi ruit que lean Póceeut entedu ces nouuellcSjil Icdoub-ta bien quâil ne faudroit d'fhrc ohé de là à la pourluitte de fes ennemis. De forte quâil dc-îibra de les preuenir amp;nbsp;daller conquérir quelque nouueau pays . IlcfquipadeuxCaraucl-lesà fes delpens ,amp; partant de Boriquen lâan mil cinq c\ns douze, print la route du Nort, amp;nbsp;au bout de quelques iours dcfcouuritlcs iflesde Bimini, kfquclles font au delà lâifle de Cuba tirant vers le Norr. Au mcfinc temps 11 courut vn bruit en ce pais là ,quâil y auoit v-nc fontaine en lâidc Boniquc.quifaifoitraieu-nirles gens: peut cftrcquc les Indiens auoiét Fcntiùnf Iciïié ce bruit pour fc moquer des Chreftiens, lit iBuuâct. qui furent bien fols de le croire, ôc y en eut af-fez qui prindrent peine à chercher cette belle fontaine de louuancc. Entrâautres le Capitaine lean Ponce fut plus de fix mois apres errât amp;nbsp;tracalTant dâidc en ide, amp;nbsp;fi nâen deuint pas flus icune pour celà .Toutcsfois il dcfcouurit an mil cinq cens douze vnc pointe de terre ferme, à laquelle il mit le nom de Floride, Ã
DIS trois mondes 45 cauCc quâil ycftoit abordé le propre lourde Paf ques fleuries. Mais pour lors il n'y ht autres chofe, que faluer amp;nbsp;baifer cette terre fans la / touchcrnctournantenfoniIlcdcS. leanrcfo-lu dây drelier vn equipage pour conquérir la FloridCjOà il cfpcioit trouiicr de grands biens amp;nbsp;dây fonder quelque cftat florillanr, Vcicy â¢ce qui luy aduint.Ilauoit iabcaucoupdufpen-du pour cquippc vue flotte à (es dcfpésitoutes-fois il fe rclolut depoiirliiynre, ée faire voile en Elpagnc pour demander la conquefte le goiiucrnement de ce païs neuf:Quant il y fut: , il y fit vue partie de ce quâil voulut- Il prefenta j au Roy Catholique vn difcoiirsdccc quâil a-iioit defcouucrt, amp;nbsp;obtint de luy letiltrcdc dâAdclantadode Bimini êc la conqueffe delà Floride, en conflderation de fes bons Icriiices, amp;nbsp;moyennant la faucurde fon maiflrc le Grad Ciômâdcur de CalatrauaPierreNunez de ouf' man gouucrneur de lâInfant Dom Fernad qui fut depuis Roy des Romains amp;: Empereur. Mais rilRic ne fut pas telle que les premiers traits:amp; comméça fon malheur auant queia* o» mais il fut arriuc en la Floridc,à lâoccafion des Caribes ou Canibales qui habitent les ifles de MariealantCjde Gualalupeja De/iata, la Do-menica,Matitino,Todos los fâtosJâAntiqua, la Barbara, lâAnnegada, la Guglia,Sonbrcro, San Chriftoual, la Gratiofa amp;nbsp;antres qui font en ec quartier-là . Car pédant quâil effoit encor en cfpagnc, nouuellcs vcnoicntdc iout à autre que tous ccu.x qui sâapprochoiét de leur ri-
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tia^e eftoient malTà crcz , amp;nbsp;mangeoieiit les plus opiniâtres à la dcftcnfe.Surquoy il cichap pa de dire que s'il plaifoit au R oy de luy faire cquipper amp;c armer quelques vaillèaux, il cfpc-roit en bref deffaire tous ces Saunages, amp;nbsp;d en nettoyer le pays.Le Rov le prit au mor,amp; luy fit donner deux Carauclles fournies de gens amp;nbsp;dlt;^munition$,auec commandement dâaller cotre les Caribes auanr. que fe retirer en fon gou-uernement. Ils sây en alla lâan mil cinq cens qu;nze,amp; la premiere terre où il aborda fut lâi' fie Guacana, auiourd'huy Guadalupe. Aulîi toll que les Saunages defeounrirent de loin ces nauires, ils fe vont tapir das vn bois allez pres du riuage.aucc leurs arcs bien entoifez attendant les Efpagnols de pic coy: amp;nbsp;ne fe mortrc-rentiufques à ce quâils virent que le Capitaine eut mis pied à terre aucc quelques côpagnons. Car lean Ponceellanc venu moüillerà laradc dâvue riuicre : fit entrer vue barque par lâem-boucheure,pour aller prendre de lâeau douce, amp;nbsp;fit defeendre quelques femmes au bort de la riuiere, pour y lauer le linge laie des nauires. Or luy mefmeeffoiten la compagnie, Stnefe don toit de celle ambufeade. Ce pendant voicy ces archers Saunages qui fortet de leurs cachet tes, lors quâils apperceurét q les Efpagnols e-ftoiét alLez loing du riuage amp;nbsp;retraite, iiquc les cnuclopans par deuant Se par derrière,les panures lauandicres furent faifieslespremie-res,puis la ^lus-part de ceux qui leurfaifoict elcortc; le Capitaine mefmcs eut vn coup de
DES TROIS MONDES 44 flèche, amp;nbsp;nâeut plus grand hafte que de regai-gner la barque luy dcuxiefme.Ceux des Caia-uelles demeurez à la rade, voyant puis-après CDmme ces Saunages rotiftâoient fur le Barba-â â 005(115 appellent ainh leur grillcs)les femmes les compagnos quâils auoient lardez; amp;nbsp;en fiifoient des belles carbonades ne trouuercnt ^ââ pediéc plus beau que de fe retirer amp;nbsp;mettre leur chef à lauueré. Lequel ayant rencontré fi . â l'ai pour le commencement, connut allez amp;nbsp;îfop tard,quâil y auoit bié à dire, entre fc van- rZondf. t£rdâvncchofe,amp; lamettrccn execution.Tou â «fois ne voyant encor occafion de dcfefpoir, J tomme pcrfynnc courageux, il prit la route â de fiiiiét lean , auec lâvnc des Carauclles: ' lâautre sâen retournant en Efpagne,porter nou-üelies comme les Saunages cftJiétaufsi prefts démanger Efpagnols que iamais , fi on vou-loit leur en enuoyer. Ce pendant Ponce amaf-lefoldats, drelTè vncequippageà fainéUean, lard de grands defpens pour aller prendre pof-lefsion de fon nouucau gouucrnement, amp;: vend la peau premier que de prendre lâOurs. Mais à peine eftoit il defeendu à la Floride,que vnegrofiè trouppede Saunages, au lieu de ca-telTcr le gouuerneur, le rcceurent à grands coups de flèches,amp; le tuèrent,auec la plus part de ceux qui auoit menez . Il cft vray quâil nâen mourut pas fur lecham : car il eut encor le loifir de fe faire porter en rillede Cuba où il décéda: de forte quâil ne peut prendre poflef-fion de la Floride ny cnfavic,nv en fainoir.
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Voilà comme la Floride fut deflors remarquée amp;nbsp;cHrenée du firg des Efpagnols, amp;nbsp;nommément du premier hlpagnol qui lauoicdefeou-îierte amp;nbsp;baprizée.Depuis les Efpagnols furent log temps quâils nây olcrentallcr pour lemaii-iiaisbruiû qui couroit, quâil nây auoità gai-gner que des coups. Toutesfoisen fin Ferdinand de Sotto qui auoit eflé vu des Capitaines de François Pizzare à laconqucfle du Peru,(ou il auoit bien faitfcs befongnes à lapri-lédu Roy Atabaliba,entre autres ilauoitcu le coeffin couuert de groflès perles lt;5e ioyaux,fiit lequel il eftoit afsisjpenfant que la Floride fut sâia autre Peru , en demanda la conquefteà lâEmpereur, amp;nbsp;lâobrint,âoùilsâenallaenui-ron lâan mil cinq cens trente quatre,auecvnc flotte de cinq cens Efpag nols, bien en couche. Mais nâayans autre chofe en fa teile que des Ff diihindde mines Dâor,il sâamufii à les chercher çà amp;nbsp;là , fans fe foncier de bafliramp;peupler fur lacoile.
^ouuctnemet nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
'à elafMr. Si quc voyant qu il ne trouuoit ccqiiilcher-choit-il fe mita tourmenter amp;nbsp;geheimer les petits feigneurs de ce pays , quand il en pou-tioit prendre, pou leur faire confelfer oùils Içauoiént delâor.Finalement.sâeilre donnéaf fez de peine à liiy amp;nbsp;aux autres , il y mourut au bout de cinq ans , amp;nbsp;prefque tous ceux quâil y auoirmenez. A près fi mort, la Cour cllant à Vaillcdolid , mil cinq cens quarante quatre , quelque gentils-hommes demandèrent cóge d'y aller pour la conquérir. Entr'aii-tres Itilien de Samano, nbsp;nbsp;PierredâAhumada
DIS trois MD N D I s. 4^' Mais ne l'Empereur qui cftoïc lors en Allemagne, ne fon filz le Prince dâEfpagne dem Pfii-lgt;ppe,ne la voulurent donnera perfonneiparcc (îuele ConfeiVdes Indes nâcn efloitdâauis , amp;c
trouuoit meilleur que lâonyenuoyaft quelques Religieux pour preicher ces S aunages, que des Capitaines amp;nbsp;loldats pour les faire de-* ucnir Chfeftiens à coups de hallebardes. Auffi Relin,eitx en I fut ce enuiron ce temps que nombre de Rcli- treinennétele â gicux retournans des Indes prefehoietpartou-i tel'Efpagne, que Ton auoit grand tort lt;fcma-ftincr ainfi les Indiens, de les prendre efclaucs, f,ar la feule (lâcnuoyerdes loldats aux Indes,qui pilloient,/âââ¢//«. ftnt
fuoient J rauageoient tout comme en pays de tonquefteau lieuqueces Barbares pourroient®quot;. quot;
i venira laconoillnncedc Dieu par ceux qui les prefeheroient en leur langnc.tèfmoing les gräte plaintes amp;nbsp;animeufes remonftranccs quâcn fiten plein conleil dâElpagne rEucfque dom tere Barthelemy de las Cafas, qui y auoit demeuré longtemps: amp;nbsp;fes rcfponccs à Sepulue-fiaCroniqueut du Roy , qui les fouftenoit.Some que celà fut caufe que lâon enuoy.a des pref-cheurs en la Floride, amp;nbsp;ailleurs. 11 y eut vn frète Loys Cancel de Baluaftre,qui fâoffrit de pafferen la Floride auec quatre aurrc.s lacobins quifepromettoienteonuertir tout ce pays-là miffi toll quâils y feroient arrinezâDoncqucs ils partyrent dâEfpagne lâan mil cinq cens quaran- !Æ Aii tî neuf. arriuez,frcrc Loys met pie à terre auec '
j fes quatre compagnes, amp;nbsp;au lieu que les Capi-I taines demarine,amp; les gouucrneursEfpagnols
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cftoict couftumiers de falucr dâintrade ccspays là coups dâartilleric pour eftroyer les Sauua-ges.-ceux-cy Rapprochèrent tout bellement du riuage lans dire mot, nâayans autres armes que croix rouges en main. Les Sauuages ne faillirent point de fe troiiuer là de bonne heure, amp;nbsp;en bône trouppcimais ce nâclloit pas pourouyr le fermon. De forte que quand frere Loys commença à les prefeher, ils ne daigneret efeouten ains lîfllans amp;nbsp;hurlansà leur mode, chargerct delFiis à grands coups dâcfpccs de bois , Sede mallues, Ãricl ils cxploiélerent en forte que de cinq,ilscn a Ifom meren ties trois, amp;nbsp;au tant de mariniers. Car les deux autres Jacobins gai-gnerentau pic, Sc lefauuercntdans leurnaui-t e, aimas mieux fe garder pour confcU'eurs que dâcllre martyrs de lï bonne heure 11 y eut vu ieune homme f quiauoitellé autrefois laquay de feu Ferdinand de Sotto toujours demeuré là depuis la mort defon maiftre) lequel fefiu-ua dans le nauire Elpagnol, leur contant comme les Sauuages auoient clchorché ces panures Moynesquâils auoienttuez,roftis mangez membre apres membre. Puis en auoient pendu La peau , amp;nbsp;le cuir de la telle auecla couronedans leur temple. Depuis ce temps là IcsEfpagnoIsny frequencerent pas fort: tant à lâoccalîon de ce, corne aulîî pourcc que ce pays là nâauoitpas lebriiiéld'ellre fort riche en mi- ' lies dâor,ou autre lîngularitcz qui vallulfentla peine dây aller aucc rat de peine amp;nbsp;tels hazards, i En fomme voilà tout le droicl quâvns amp;nbsp;autres
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des trois mondes. 46 â'Uuenc prétendre en la Floride, ia plus reno-ââ^îpourlemal que pour bien qu'aucune na-'â¢âââayereceu.
' ^antaux François,ily a plus defoixanteamp; Frafoit quels 'â^aeans quâils ont defcouucrt la cofte des
ââquot;liies qu'on appelle cômunemcnt Bacalaos '* ââ^aufe que ceux du pais appellêt ainlî cepoif- co/lesJeMo-â'âlî)laquelleert:enuironà la hauteur de Frâ- tues itictes 'â 'Ile fut premièrement dcfcouuerte lâan mil SacaZaoj. 'quot;'âIcens quatre, par les Normans amp;nbsp;Bretons î^'y vont pefeher tous les ans. A raifonde-?*ôyle Cap, ou la terre neu fue commence à fe ?itnerdu Nortà rOucft, { qui eft enuiron à pifteens lieues de Diepe)Pappclle le Cap des 5^ôs.Quâtà lacort:c qui eft depuis le Cap des 'fêtons iufqsà la Floride,(laquelle dure enui-â^fpt cens lieues)clle fut defcouuertc lâan mil ^â¢jeens vingt -quatre par vn grâd PiloteFlo-âquot;tin nommé lean de Verrazano, lequel y fit 'quot;srsvoyages au nom du Roy François amp;nbsp;de âJ^tgente. Il cfloit fort expert au fait de la na-Mô,amp;auoit délibéré,moicnnât la faucuröc ââralicc du Roy François,dedcfcouurir toute ^Pîrtye de ce continent des Indes iufques fous '^oie,non feulement en fumant le long de la ^l^e,mais mefmes en pénétrât le plâ auât quâil
(croit poffible au dedans des terres. Et auec 'pcrfuader au Roy d enuoyer là des gens pour â(âiter en quelques endroiéts de ces quartiers 'J^lâair eft auffi tépcrc, amp;nbsp;le terroeraulîi fertile ^onfçauroit defirer : auec fort belles riuie-
fort beaux ports de Mer, fi grans amp;nbsp;fi ca-
SECOND LIVRE pables,quâil nây a flotte de nauires qui nepuifle ), renger aifement dedans. Mais ainfi quâil pcfoit mettre pic à terre en fon dernier voyage auecj^ quelques compagnons de nauirc, il fut tué amp;nbsp;,nangc par les Saunages. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\i
ART. 12. Voicy les raifons{amp;:larcfponceà icelles)park lefqucllcs ils maintiennent la propriété des în-Occidentales leur appartenir priuatiuemét leqtntleiEf- autrcs.LcsFrançoisfdifenc-ilsJfontvfiit-k pantois pour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. n 1 nbsp;nbsp;nbsp;â
je maintenir patCUrS dc la Floildc amp;nbsp;dc tOUtCS (CS COlKS cICS il fei^neurie 1 ndcs où ils oot planté Ics ai mcs dc F rance.Car j.
G-projnteté tout cc pays là cft noftic. Premièrement par ce lâauons dcfcouucrt occupé les [irc-elrntaies ef- rngt;^rs.Scconderncnt,pourccquc iafainôlctéen ejuelles la a faiél donation perpétuelle amp;nbsp;irreuocablcaiix FtorideeTi Roys CatholiqucSjpoutciix amp;nbsp;pour Ics leiits, dont nous auons bulles /ignées amp;nbsp;bic feellécs.
Tef^uuer^e? icrccmcnt nous auons eu La peine dây peupkt faritsFran- dâaccommoder le pays, apres lâauoir conquis foii,Kniloit^ à noz dcfpens,peines incroyables, amp;nbsp;be/Fulion Kenitiens^ Jc nofltcfang. Aquov ils adiouflcnt Ics peftcs jçjjJ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les François.Nefçait k
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onpas bicn,difcnc-ih, combien de maux nous P ont faift les Corfaircs François, amp;nbsp;comme ils L nolt;is viennent braiicr tous les ions en nosifles L ÃfpagnollCjde Cuba,du Portvkhc, voire fur la à cofte des Indes? Apres que nous auonsbienfué amp;nbsp;tranaillé à tirer lâor desmines du Peru , SiC que nous nous en penfons retourner en noftre pays,pour y iouvr du fruiétdenoz labeurs : il £ faut rendre comte en chemin à ces maudits vo- l(jj leurs, qui nâont autre pcinc.quede branflcrftir
Des TROIS MONDES Æ7' ' : nous attendant à leur plaifit; amp;nbsp;ne font ââIcience de nous dcfchaiger de tout lâor amp;nbsp;'^â^S^nc qui eft dedans nos vaiÃcaux j (ans por-'^iionplusdereipcélau Roy Catholicà qui le menons, quâà vn fantofiïie de paille. 5e f cfbahir 11 quelquefois nous leur vedons â cher noftrematchandife,amp; fi prenons no-' ''reuanchs quad nous lapouuons auoirîOu-â ''«là nos cens qui firent lâexcciinô de la Flo-cftoiciit bien aucrtisquc laplulpaitdes 'ânçois là palfez, elf oient Luthériens amp;nbsp;Hu-^tnots, qui venoient pour y drefi'er des Con-^ââticulcs à leur mode, amp;nbsp;faire la figure à tous ''-M^oySjôe à tous les Princes de la tcrreicom-^icne fçay quels autres firét il y a vingt deux 'fiiigt trois ans en lacoftedu Brcfil. Nous â*Åons cfté grandes belles Ci nous cuffions cn-pulluler des hcrcfics au propre pays ou auons nous mefmes planté la foy Chienne auec la pique amp;nbsp;la hallebatde.Pour quoy ^â¢cc que noftre Roy porte le tiltre de Catho-(luCjfinon affin quâil deft'ende la foy, amp;nbsp;quâil âfleure contre toutes fortes dâherefies par le 'onde vniucrfcl?Luy feroit-ce pas vne grande ontc fâil faifoit cela ailleurs, amp;nbsp;le fouftroit en quot;paysque le Pape luy adonné. Voireà eon-fltion dây planter amp;nbsp;amplifier La foy Catboli-iocî Pour mefmes raifons les Portugais ont flfiiiché de la France Antartique(qu'ils appcl-'ntltous les hérétiques qui y eftoient ; les Ca-^fllans ( qui font auffi bons Catholiques pour *nioins Jne lairront pas vnHuguenot ep toute
SBCÃND I r V R E
la Floride,ny en route voftrc belleFranccnou-uelle sâils peuucnt.
ART. I}. Surquoy ilfemblcbien, amp;nbsp;relpondent les ^efponct des i^rançois, que fi leur caufe n'efi fondée en rai-
irunco« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moins 1âeft clic fur la for- ' J
nattos - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;î
««ï frétai. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quant au droid quâils pretendent en
fions des Ef- CCS pays là ,ils nâcii ontgucresdauantagequecc /iaÿwlsamp; que leur elpee leuren donne,curieux deprati-rcfponcc que rit Brenus General des desiÃe^o'rquot;?. Gaulois foitis dcItu-rpayspoutcoqucrirnou-tnlesoeoc- ucllcs tctrcs, lors afsicgcans Clufi ville de (idtntales. Tofcanc , en faneur de laquelle trois des Fa-biens auoicntclléenuoyez de Rome pour fça-uoir lâoccafion d'vne telle entreprinfc contre cette place leur allociée amp;nbsp;la faite cellèr. Les
Clufiés,dit-il,nous font rortjCn ce quenepou-uans labourer quâvn peu de terre,ils ende/îrét toutesfois tenir beaucoup, fans en départirai grand nombre dâeftrangers que nous femmes. Câeft le mc/rne tort quâautresfois vous faifoiéc ceux d'Albc,lcs Fidenates, les Ardcates autres ancfmes les Veies Capenates, Falifques, Vol/qucs amp;nbsp;toâ ceux que vous guerroyez quad ils vous refulcnt ce que vous leur demandez pour vous accommoder amp;nbsp;cilargir. En quoy il nây adâiniuflicc , ains fuiuczlaplus ancienne déroutes lesloix , qui donne aux plus forts ce quetenoient les plus foibles. LcsDicuxmcf-mes vfentdecedroidf de Nature Sc les belles aufsi,lc naturel delquelles eft que les plus puif-fantes f auantagent fur les moins fortes, foir en terre, foir en lâaer , foir en la mer où les plus
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Dis trois mondes. 48 S/os poilîons fc rcp.Tin'cnt des plus petits. Ain-les François arncre-fils de ceux-là relpon-^®sà ladon.ation du Pape Alexandre fixiei-,âââe, par laquelle il faitllesRoy dâEfpagneamp; lâoitiigal leigneurs Sgt;c polîtfl'eurs ablolus de 'eûtes les i/les ôe terre ferme defcouuertes amp;c à âIflcouurir, auectous les bourgs , chafteaux, ''âlleSjamp; iurifdiftiosdeFlndie Occidentalerlls pi^enncntcclà comme vn moyen propre, que le lâîpc ( ne voyant autre Prince qui querelaft ces Metres ) a voulu tenir pour les mettre hors du ófferend auquel ils eftoient prehs de tomber, ^ymà tmieux le vuider à leur proffit par vn tel quot;'pedient, que de les fouffrir venir aux armes, P^tlclquelles ils euflent plus cfpandu de fang llhrcftié, querhonneur profit de telles deV-'âuiiettes n'cuft vallu.Mais quâau refteil n'cn-'^udift jamais en priucr les autres Princes. Car Kferoitvneiniufticededoncrcequi nâeft pas 'â fn. Secondementdâalicnervne chofefans le '®nfentcment de celiiy à qui elle eft,voire meÃ-ipfs contre fa volôté.Et fi ccluy qui donneain-^âfftiniuftc.-celuyqui le prend vaut il mieux? ^ît câeft choie toute certaine que les Indiens quot;ont iamais confenty à telle donation. Et Joand les Efpagnols la leur ont alléguée, ou ils Ægt;! font mocquezjOu fils ont conlenty de leur *âgt;tepart de leurs terres, ça elle à la charge que *kfelairroiét tuer premiercmét, amp;: puisenter-^tfoubs le fable. A quel titre donc elf-ce, ou Ãiele Pape, difcnt-ils, à donné ces pays là ,ou lue lâEfpagnol les a pris?Dauantage,pofé le cas
PRIMIIR IHRS
te deux cens lieues depuis ce Cap de laquetU iufques au fleuue Indus. La troilicfme portion contient cent cinquante lieues,depuis la pointe de Diu iufques au Cap de laquette, trente huitlicucsamp;delà droit patiner iufquesà Diu ville du Royaume de Guzarette ou Cambaye, cinquante lieues : amp;nbsp;de Diu,qui eft à . vingt de-grez amp;demy iufques à la ville de Cambaye, à vingt deux degrez font cinquante trois lieues: amp;nbsp;de Cambaye iufques à Goga , dix ou douze lieues. En celle ellcnduc cil comprife vnc grande partie du Royaume de Guzaratc, en-lemblelaProuince des peuples nommez Bez-butz qui habitent és montagnes; La quatriefinc portion commence à la ville de Cambaye. amp;nbsp;finit au Cap de Comory, tirant en longueur en-uiron deux cens nouante lieues de bon pays, qui eft toute la fleur des Indes, amp;nbsp;quâon peut diuifer en trois parts, auec deux grandes riuic-res qui le trauerfent dâOccident en Orient. La premiere part feparant le Royaume deDc-can d'auec celuy de Guzarate, qui le toucheau Septentrion. La fécondé trenchant le racfiut Royaume de Decan, dâauec celuy de Bifnagar, limite du Golfe de Bengala, les deux riuicrcs fortans de deux fontaines en vnc haute amp;nbsp;Ion-' gue montagne nommée Gate,.à lâOrient ds Chaul, 5c (ont à quinze lieues de largeur lâvnc de l autrc, la plus Septétrionale nommée CtU' fuar,5c lâautre vers le Midy,Bcnhora, lefquellcs apres aflèz longue Gourfe,fcioigncnt enfcmblt, Rappelle once fleuue Vui ganga,lequel if dclcharg«
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tóhargc cn la foflc dite Gange , entre deux ports nommez Angcllij Se Picholidc , à vingt iltuxdcgrez ou enuiron. Ce Gangaj ou Guen-de merueillcufe largeur,à caufe des riuie-qui entrent dedans, amp;fon eau efteftiinee .
^ïinólc par ceux du paysztellement que les Sei- * ^curs empefehent que les habitatis cn pui-''nt,amp; nây aillent fe lauer, quâilz nâayent payé Mque tribut. 11 y a vnc infinité de riuicrcs
*0CCS trois partz de noftre quatriefmc portion 'lAfie.Enla premiere part,qui cft celle de Gu-^fîte,lâon conte depuis la ville de Cambaic, *â}*quesau fleuucNcgotana ou Mandona,fep-ââtelieues, où font pour principales villes Ma-'lgt;igan,Gaudar, Barocbc,Surrarc Sc Raucbpuis '®luyuantlacofteNofcari, Gandiny, Daman, J^â*âu,Tarapor,Qucliuain,Agacin Biaza, où Portugais ont vne citadelle,^:, à Ghaul,qui
à treize lieues. Là commence la féconde
Pâniufqucs aux derniers boutz du Royaume Deçà ,ayant fcptà tc cinq lieues dâcfpacc-.fça-'jolt depuisChauI iulques au flcuuc de Zangui-âtvingt cinq lieues,cn lâclpace dcfquelles font ^âodcjSifardan, Calancy, amp;nbsp;Dabul. DeZan-^'là t iufqucs à Sintacora, dernière place de ^fcan, cinquante lieues, cfquellcs fe Voit Cei-^potjCarapatam.lmaga, Banda, Capora, Si la ^â fleufe Ville de Soa.La troifiefme part depuis Royaume de Dccan.iufques au Cap de Co-^ty,contient cent cinquante liciies,St a force ^ttrgadcsSfpctitesvillcsen Ecfpacc de quaran-cinq liciies,fubictles au Roy de Bifnagarzcô-*
de dire que tout ce qui cft pris par force cfiang« de maiftre, amp;nbsp;appartient au vidorieux. Car il faut prcfuppofcr ce quâils nedifcntpas ; Afla-uoir quetellc vidoircamp; telle côquefte ne peut eftre ne iuflc ne legitime , fi premièrement la fource Sc occafion de la guerre ne lâeft.Car qui-côque enuahit oü pofledc autrcmct,cft aullî in-iufte feigneur de ce quâil a côquis,quâvn brigâd efl- delà Dourfe dâvn marchâd à qui il a coupé la gorge.Puis quâelle raifô amp;nbsp;quel tiltre ont ils eu de faire la guerre aux Indies : de les prédre pour cfclaucsjamp;côfequemment dâoccuper leur paysî Efi-ce par droid de bône prife,comme qui pré-droit vn Sanglier, ou vn Cerf à la'chaiïeî Pour ce que to* animaux fauuagcs qui vioct enlâair, ou en terre, naturellement font communs, amp;nbsp;deuiennent propres de celuy qui les prend le premier. Encor faudroic-il que ce fut en terre neutre,ou cômune.Il faudroitauflî mettre ces Indiens, non au rang des hommes, mais entre les belles brutes. Et de faid, ils leur ont bien monllré quâils les tenoient en ce rang là iquand ils fâen font lcruis, amp;nbsp;ficn feruent comme vous feriez dâvn afnc.ou dâvn chcual de loage, encor quâils les ayent fait baptifer.Toutesfois qui fe-roit difputer vn de ces pauures Barbares In-pZuMrqwrcÿ' dieus contre vn Efpagnol, (comme lâautrefoid l.tfCÃJf. le pourceau Grillus contre Vlyfïcs) ilsluyre-roient confelfcr que les Efpagnols qui les do-minent tiennet plus de la befte quâeux.Etpour fioired^liou. verifier; il ne faut que lire ce quâen eferit vn »W * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Milannois,lcqucl à demeure aux Indes,amp; faid
DESTROIS MONDES
â ^SHerre aucc IâEfpagnol contre les Indiens fâf quatorze ans.dit que les Indiens Ians aiioir
die cn dialeélique, pemicnt pcrtinemiPtnc . '^'.'atcgoriqucincnt, que les Efpagnols qui rangent leur pays , font plus dangereux que les
Saunages, plus furieux que les 1} ôsjplus 'Croyables que nâeft le feu , ny les caux,ny que âutee qui eft de plus violent amp;nbsp;dclreiglcaiï Jâlt;le.aulli les vns les appellent efeume de mer, ^autres les nommée du nom des plus furicu-*sbeftcs,amp;viuantes de proye quâils ayent en pays. 11 y en a mcfme qui les appellent
comme qiiidiroiE,Monlieur le Diablc,il ^vray que c'eft comme par honneur forcé: â¢âtTuira cell IcurDicu.Mais tant y .a quâils rc- Gon'. n-^Wentbien, pource que comme dit Oluiedo ^âpitainediiChalleau dcS.Pominiquecnlâ1- , âMicj-'vil deleurs propres hiftoiiens ce nom om '« : / ^iiiicnt fort bien à quelques vns.Car il eft al- â ^ées Efpagnols cn ce pays-là y dit-il ; lefquels ââ 'lans mis leurs confeicnces, Sc toute crainéle .t
Dieu amp;nbsp;des hommes en arrière, yontfaiél,, ^^Saâcs quinâelloient pointaélcs dâhommes: â îââis de dragons amp;nbsp;infidelles :8c fans auoir re- ââ P^ftà hümanité quelcôq«e,ont cfté caufe que â '^aucoup d*Indicns,qui fe fulfcnt peu conner-t Sc cllre fauuez, fc font miferablemét perdus lt;« ^deffaits par diners gères de mort.Et bien que â â^pauures gens là nefe fuHènt iamais réduits, â* â»ty a quâen les lailFant viure, ils pouuoict c- â acvtiles pour Icfcruice de voflre Maiellc (cc-f 'âfâadreirc à lâEmpereur Charles cinquicfmc) â¢â¢
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SECOND LIVRÃ
- amp;nbsp;pour le foulagcment mefmcs des Chreftics.-quot; lt;Jlt;plu(ieurs endroits de la terre ferme ne Ccroicc *⢠pas entièrement dépeuplez amp;nbsp;deferts comme â on les veoitauiourdâhuy.Ce pendant ceux qui ââlontcaufedeccdegaft , nomment ce pays ain/î â deshabité, le pays conquis amp;nbsp;pacifié. Voilà ce ⢠, quâen dit vn Chroniqueur dâEfpagne, quicon-n damne par ce moyen toute la violence dont ils â ont vfc pour fe redre maiftres ablolus du pays.
Puisdonc que les Elpagnols nâont autre tiltre en ces terres que le droiéf dâoccup-atiö amp;de for-cc,pofé le cas que ce filtre foit rcceuable,quâelle occafion ont ils eu de l'attaquer fi furieufe-mentauxFraçoisiCar (ivn pays defiituédâha-bitans cft à ccluy qui lâoccupe le premier.ies François doncontautâtde droift quâeux en la Floridciamp;autres codes de ce continent, où les Efpagnols nâont encor bady ny forts ny villes. Mais les Efpqgnols lâont defcouucrtc les premiers. On leur nie par le voyage de Gauoto 149 ô.feizc ans pour le moins auant que iamais Efpagnol en eudeu la veuc : Mais or quâainfi fut Penfuit il.- les Efpagnols ontnauiguéle log dâvnccode.-clleeddôcà cux.Ccmefi Dieu nâa- j uoitfaitlamcFamp; la terre que pour lesEfpa-gnolsamp; les Portugais,qui empefehent auiTi câc : quâils pcuuct que François nâaillct au Brcfil,ou à la Guynéc,'ou en lâifle dcSumatra,ny en dâantres lieux où ils trafiquent. Ne voilà pas,difenc ils, vnmerueilleux gouffre dâauarice amp;nbsp;dâambition en cesges icy, de vouloir occuper mille
DES TROIS MONDES 5I fois piâ de pays qui ne leur en faut, 5e quâils n'c pcuucc peupler ? Neft-ce pas vne enuie pareille âcelle du chien dâElopc? Ils ne peuplent pas en , ^^Floride, ilsontaifez d'autres lieux qui font ^ciîa peuplez amp;nbsp;accommodez , amp;nbsp;fi ne veulent âouffrir que dâautres y pcupIét.Si le Capitaine ^ibautamp; les Fraçois qui fuiétlà jCuirent prins ferre en lâElpagnole, ou en quelque cofte de la ffrcr ferme des lndes,qui euft elle aûucllement poflèdée par le Roy dâEfpagne, amp;nbsp;habitée par ^csEfpagnolSjamp;cufsét voulu fâhabiter là mau-?rc euxnls euffent eu quelque raifon de les tm-. pefeher ce ftmble.Mais voilà vn grad pays qui füurroit nourrir quatre fois plâ dâhabirà s quâil quot;ây aiée qui Je tous cfiragers aimée plus le Frâ~ ÃoiSjamp;haiirent plus JEfpagnobil aimet mieux ncantmoins quâil demeure en friche,amp; que les barbares dânez meurétcnlcur ignorâce , plu-HoftquclesfoufFrir dâapprendre à connoiflre bieu,amp; à viure en quelque ciuilité â Pour fin les Efpagnols difent que fâils nâeullcnt efté Luthériens : ils fe fuflenr contentez de leur öfter lemeilleur amp;nbsp;le pjusbcau,felôlacouftumedc la guerre , amp;nbsp;les euffent renuoiez iolimcrrt tn France , auec vn beau bafton blanc en la main , comme les François leur ont faid ailleurs. Mais de nous amener, difent-ils, des huguenots aucc leurs femmes amp;nbsp;enfans, pour peupler de là comme en ce pays , que nous a-üonsacquis à laChrcftienté : ils proteftentdc ne lâendurer. Mefmesquc les Ecclcfiaftics fiiy-Rint la court de France, les auoient aduertis de
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SECOND LIVR.E
,cc defTeitijde Pinipcrration de la charge Jccom-milfion de leurs gens pour y venir. A uec alFcu- , fance que le Roy de tous les Catholiques Fran- J ' ÃO1S feroient fort ioycux,Ci tous ccs huguenots j citoict cnuoiez pour pafturcaux poillons.Voi- 'â j la pourquoy nous croyons difent ils, auoirfait vn oeuure fainte amp;mcritoirc dâauoir prelle noz j â mains au bon vouloir de la fainteté,pourcxtir- j ' per fes ennemis capitaux comme eftans prote- jr éfeurs de IâEglife militante , amp;nbsp;miniftres de la i|' f-,inreamp; iacrcelnquihrion d Efpagne.Stirqiioy 1 ' les Fracoisleur demadentPiltnâeftoictpashó- ' mes amp;Chrcftics,veu q ceux quâon appcilehu* gucnotscnFranccdifcntle P/tternoÃfr. Quâils j croyent amp;c confeflent le gräd amp;pctic Credo tout j du long amp;qu'ils font baptifez au nom du Pere, J dll Filz,amp;du S.Elprit.Puis fily a quclqucloy qiii pvimetre tuer les homes auat que les auoir oiiys,amp; dâauoir fair leur procés, quelques coupables quâils hmblcnteftre.Sâil y araifon amp;or-donnuiccquipermetteà vn Chreftiendemaf-facrer vn Chrelfien , melme de fang froid, fans que lâautre (oit olFenfé? La doélrine amp;nbsp;la vie de noffre Seigneur Iclûs Chrill chanre bien le contraire.-car comment permcttoit-il dâalîà illir les Innocens, puis quâil commande expre/lè-ment de pardonner à ceux qui nous offenfent, amp;nbsp;lay melines a prie pour les ennemis mortels! En outre monftrcnt quâvn Chreftien , quâon prerend cllrc deuenu heretique, ne doit eftrc I mallà cré lâns connoidânee de caulê. Et où font ( Icsloix, difent ils, où les Canons qui permet-
DBS trois mondes. 51 ffntcclà .âLcs ordonnâces des Empereurs com-â¢'landent que les hcreriqucs foient punis. Mais files ne donnet pas lict nec à quelque bouchers , °ii à des foldats dâen faire lâexecutiôauant que Ifs iuges en ayent connu .⢠aulîi ne fut ce iamais fHofe pratiquée en ( hreflienté, de condamner punir vn hcrctique,auant quedâcftrcexami-
â¢lé par quelques bons Euciques , ouy amp;nbsp;convaincu deuant des iuges compttans,(uy liant les fonftitutions Imperialies. Les affaires des Frâ-fois toutesfois nâé font point mieux allez peur tout celà .ains font en fin les Efpagnols demeu-icz maiftres paifibles de la terre Floride.
Au delà la Floride vers leNort , les pays de A RT. 14. Canada, Mocola,Chilaga,aucc leurs colles, amp;nbsp;Itgolfc fainôl Laurens ont clic defcouuerts amp;nbsp;iala,gclfes. nommez par les François, amp;nbsp;à caufede ce ap-peliez France neufue. T ellemcnt que fils euf- ir^ctniufiie. fent peu fc maintenir à la Floride , ils euf-fent commandé vne fi grande longueur de riches terres quâils eufiènt eu affez dâoccafion defe contenter.Mais il femblc quâils nâaycnt ny le cÅur ny lâentendement dây peupler, comme donc f en veulent ils approprier, amp;nbsp;plus encor tn tirer le proffit ? Pamphile de Naruaez conquit amp;nbsp;peupla le fleuue de Palmes mil cinq cens vingt fept,auec fix cens Efpagnols, amp;nbsp;cent â cheuaux.Ils arriuercten finà vnifle quâils nô-nierent de Malhado, pource que les Efpagnols fi f y mâgeoient les vns les autres. Les femmes fc couurct dâvne peau dâarbre fi deflié q voâla iuge^'*quot;^ riez fine lainc,amp;lcs vierges de peaux de belles.
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s IC o N D LIVRE
Le peuple y eft fort guerrier, amp;nbsp;le pays panure. A luar Numcz, Cabeça de Vaca fuy ui de Cjuarrc comp.ngnonslèuls rcflczde trois ccnsdefcen-dus en terre,auec Naraaez, voyagea par tout a-ricc grands ennuis amp;nbsp;pauurctcz. Les hommes nây coucher auec les femmes enceintes iufques à deux ans paftèz les laidènt h elles fontfteri-P.fnttcB, les pour fc marier à dâautres. LaProuincede Panuco fut defcouuerte par Fiancifque de Ga-r.iy , auquel les Indiens tuèrent quatre cens Ef-p.agnols , moitié defquels fut lacrifiée amp;nbsp;man-gée,amp; leurs coeurs mis en leurs temples.Grâds *quot;t ^olt;loâ''âgt;it^â'j,i^Ã]-'âtres.Lâiftel?maâiquedite S la-IjMi. ' nbsp;nbsp;qnes,entre dixfcpt CU dixhuitdegicz,amp;vingt
f rf it i 'ur fmcLigc à Lurmtvy,
cinq lieues d« Cuha,amp;.' autant de J Efpagnolle, defcouuerte par Colô, eut Pierre Martyr pour le premier Abbé qui y fut iamais. Chroniqueur des Rois Catholiques : elle a cinquante lieues Cuba. de long, amp;nbsp;vingt en large. Cuba à trois cens licuesde long, amp;nbsp;foixantedix de large, va de lâEftârOcft, a vingr-vn degré, riche dâoramp; pefeherie , au refte comme lâEfpagnoIc. quand jifarites nt VU Roy Ic marie,tous les autres Roys connoif-fentf.i femme premier que luy sâil eft Preftre, les autres Preftres luy font le pareil,amp; ainlî d c tous, ils lailKnt leurs femmes pour legeres oc-ca'ions.Mais les femmes ne peuuct lailfer leurs maris,defquellcs ils font peu aimez pourleu r hougrcrie.Lors yeften quâtité,mais peu hn.11 nây .a vn feul Indic encor q elle fut fort peuplé e car ils font toâ morts és mines de lâEfp.agnol ou autrtmc'jtat on les fait trauaillcr.Colôdefcou-
BÃS trois MONDIS. 55
urit le Cap de Honduras qu'il réma port de CaxinaSjils viuct corne en Mexique, pres de là inû Pierre y a vn eftang fort grand où le véc fait renucrfer les bois ious la terre ou pour mieux dire les iflcttcs auccles arbres quelles fouftiennent. Colcm dcfcouurit Veragna mil cinq cens deux amp;nbsp;en fut gouucrneur.Dic-gode Nicutfa mil cinq cens huit peupla le no de Dieu puis fe perdir.Tant cette coftc que Ni-cucfaamp; Baftidas, fee celle qui court du Cap de laVeiaà Paria cfl peuplée d'Indiens Mangc-HommeSjCcmbatans auec flèches enuenimées acaufedequoy on les nomme Caribes amp;nbsp;Ca-mhalcs,ficrs,cruelsjrciokis,fo de miftcs,idola trcs,amp; pour ces amp;nbsp;autres vices il furent iugez Rebelles Sc donnez efclaues à qui les pourroit domter. Ceux de Cartagenc, font en la mcfmc toftcjdcfcüuuerts par Alfoncc dcHogeda, auquel ils tuèrent foixatc dix Efpagnols, puis les mangcrenr.lls combattentauecfléchés,cfpccs
rondelles.De la Hogeda fut à Tiripidi deux ou trois lieues au dedans la terre, où il perdit plufieurs hommes mourans de rage tous ceux que les Saunages touchoient de leurs flèches, les voyans abaiflez pour amalfer lâor laifle douant eux,qui fut occafion quây laiflà nt François Pizzarre pour fon Licutcnât,il retourna d'où il eftoit venu. Lâan mil cinq ces deux Rodrigo de Baftidas dcfcouurit Tenu grand fleu-ue amp;nbsp;haute commode pour la Grenadc,amp; lâa fit»»:. mil cinq cens neuf y aborda le Bachelier Enci-
SECOND LIVRE
fo aucc François Pizarre qui voulant hareguer Jesindienspourlcsperfuaderquâils fc rendif-fenr fubieds au Roy dâEfpagne, auquel le Pape auoit donné ces pays.Ncreccutpourrefpo-fe finon que tel Pape faifoit bô marché du bien d'aucruy,amp; qqecc Roy deuoiteftrefort paii-ure,amp; Prince bien mal appointé de fon Dieu veu quâil cherchoit par tant de hazards ce qui neluy appartenoir.Les femmes y combattent auffi bien que les hommes, tant à Cartagene z /raiyóujqQij Chimirao, (5c mangent ceux eue elles PcnfeueHlîèntaucc IcufS exquiies, fi jRoy d£lfa(]u on a trouué lèpulchre de vingt-cinq mil S,-*- pefansdâor Rodrigo dtfcouurit aufli fainde
Martre mil cinq cens vingt-quatre. Ils ont force or Secuiurc qu'ils dorent aueclciusdc Saurceitta certaine herbe,amp; ont pcrlcs,efmcraudes, ial-fmKndeiA- pcs,amp; fafirs,calccdoincs,ambrc ôcc.Jeurs mai-propres amp;nbsp;pcintcs,plufieurs ont cou ronnes de Preftres, auflî les appellent on cou-ronncz.Lesfemmesy vontà la chaife amp;nbsp;à la guerre aucc lâarc voc.finsdcs Caribes Mangc-hommes-A dix ou douze lieues de fainû Matte, ils entrèrent en vn grand fleuuc, versie Ponent appelle le Grand fleuue, auquel Je licentie Ximenezdefeendu en vn valon ditde los Alcancares,acoftaleRoy Bogota qui auoit quatre cens femmes, chacune defquellcs pou-uoit auoir autant dâautres femmes qu'elle voulo it.On luy leuoit dererrelafaliuc.lcpcu pie prend refolution de la guerre des idoles.
OESTROIIMON»ES. 54
^ardct les teftes des capcifs:adorct le Soleil amp;nbsp;laLan.'.ilsicufnécdeuxmaiscn lââfansmâger i,ufntt. fel ny touchera femme.Ils ont des monaftetes pour y ferrer les filles amp;nbsp;enfans amp;nbsp;chaftient h's fautescomme tuer amp;nbsp;paillarder. Les freres Hf,./*/««. amp;-â confins héritent, non les enfans. De là les Elpagnols furent à la montagne des Efmcrau- , des à cintj drgrezde lâEquinodial, amp;nbsp;fut le feigneur Samodo auec eux^où ils en prindrent mil huiót cens fort fines, failant ouuertureà ceuz qui y furent depuis. Les armes amp;nbsp;coutumes delà neufue grcn.ade font comme en Bo-gota.On dit qu'entre les .Panches ennemis des Bogotas y a vnc contrée où les femmes font Roynes amp;nbsp;commandent. Il y a Chancellerie en laneufuc Grenade comme en la vieille.
Somme que Colon defcouurit mil quatre cens nonâte neuf.tout l'ctredeuxdu Cap de la Vela amp;nbsp;le Golfe de Paria. Cctc cofte comprend Ve-nczula,Curiana,Chiribici amp;nbsp;Cumana. Vcnc-nezuana eft en vn lac dit Maracaibo. Ceux de Tarare ont des fayes iufques aux piez, fans couflure, 3c y en a fi feminis en tout, quâil ne leur reflc que m unellesSc force pour côceuoir à eftrc vraies fémcs.-idolaftres peignas le diable ide des côme ils le voiét 3c luy parléc: les Preftres y fot médecins, demandans aux malades sâils croyét quâils le puifsét guarir puis luy barbotet pour Icguarir certains mots par vnecane oufaibata ne.Cülô defcouurat 1498 .laprouince de Cuba ga;la nôma Ifl: dcsPeilcs,qiii y fôt en quâtité. Si quâau bruit de cc,PicrreAlfôcc Nunez auec
SECOND IIVRE
la permiflïó des Roys Catholiques fut iufques à Paria; vihtalacoftede Cumina, Maracapa-na,Flechado,amp; Curiana,proche de Vcnzuela, Les femmes vontchafîèr. Car les hommes ne font que la guerre en Cubaga cft la neufue Ca-dix,à dix degrez amp;nbsp;demy.On dirque pres Cu-baga y a des poilïons rcilèmblans hommes du nombril en haut,ez bras,mains amp;nbsp;chcueux,le relie poilfon. Les Cumanoisfont gloire dâa-uoirlesdents noires, appellans femmes ceux qui les ont blanches, amp;nbsp;belle ccluy qui a barbe. Les filles lont toutes nues. Les riches ont tantdc femmes quâils veullent, amp;nbsp;les enfermét deux ans douant que les fiancer. Les femmes dancét amp;nbsp;baient à p.artaucc la mariée. Les homes au contraire: elles nctrauaillcnt comme pointà fe delchargerdelcurfruiél. lis lâenterrent ou fecouu rent auec rameaux ou herbes. Ilsont Lyons,Tigres, Pards, Pors-elpics,Sa-lemandres, qui tuent en mordant. Leurs flèches font de ionc, le bout enuenimé par le fuc Prfn'quot;« dfi lt;lâvne herbe dite fang d'afpic, amp;c dâvne autre Srfwfct-Tfj. mixtionnéc auec les telles des fourmis vénéneux. Danfans à leurs felles,ils fe tiennent 5c rclpondent vns aux autres,corÃnez deplumes, 8c empanachez gentiment. Adorent le Soleil, 8c la Lune, comme mary amp;nbsp;femme fur tous Dieux. I Is ont nombre dâidoles, amp;nbsp;vnc forme de croix S.Andrc,dont ils chalîent lesfantof-mes 8c vifiôs de nuid,amp; la mettét pres les pe-. tis n ai (Tins. Leurs Prcllres 8c Médecins font nomez Piaches,grâds,Negromacics.guariirct
DISTROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;55
Suecherbes amp;nbsp;paroles,fiicccans parlas amp;nbsp;fou- . . fpiranSjCroyct 1 immortalité de 1'ame, pclans lt;}ii'elle mage amp;nbsp;boiuc,amp; que câcft lâElcho qui taetp, â refpond. L'an mil quatre cens nonantc fepr,
Colom defeouurit la terre de Paria amp;nbsp;entra au
Golfe par la bouche némee duDragon,y treu-iiant la terre fi frefehe èc iouefue de toutes
odeurs, quâil la iugeoit vn Paradis tcrrtfirc. Puisvinta cinqdegre2amp; demyde PEquino-ftial, penfant mourir de chaleur iufques à ce qu'il arriuaft en kifle de la Trinité.- dâoù lamer commence^ croiftre iulques au Golfe de Magellan. Lâacr y cft comme à Cumana.LcCap CapJt.s.
iainób Aiigiiftin fut delcouucrt par les Pinçons ⡠In fitn /11- î-ifnnipr inil rinn rmç ni'i îls vciicnt
a la fin de lanuier mil cinq cens ou ils vciient
, /â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r ⢠O J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âââ
de fort grands hommes vue rois amp;nbsp;demy plus que houstbraues amp;nbsp;furieux, auec arcs amp;lan-ZerPon«^«/ ces pou rcombattrCjilsfe chargèrent de Brefil, de Sandal amp;nbsp;autreschofes,commedâefcorcCdc i-erreJuSre certains arbres qui lembloicnt canellc-afTeuras Ãi.
y auoirarbresquedix-fept ne (çauroient cm-brafier. Le fleuue Orcglan a dâemboucheurc
plus de cinquante lieucs,aucuns le difent Ma-tagnonjUailfant en Quito près Mullabamba.
Il court prelque toufioursà val de lâEquino- rZmw c«-ftial mil cinq ces lieues, comme dit Orcglan, ilfaiét plufieurs ifles.Lcs Pinçons le defeou-utirent l'an mil cinq cés,amp; quarante trois ans depuis Orcglan y nauigea , le nommant des Amazones pour auoir tcu des femmes à fes ri- Ama^o««. ucs armccsjcontre lefqucllcs il luy falut com-bntrc.Cc qui nâcft de merueillc,vcu qu c Pacia
SFCOND LIVRE
amp; ailleurs la coiiftume eft aux femmes de con» batre comme les hommes, comme iâay dit en autre endroit. Maragnon cft trois degrez an delà l'Equinodial, ayant dâouucrture quinze Iicucs,auec plu/îeurs illes peuplées, qui pro-duifenr baufmes, odeurs , encens meilleurs quclâArabic.Ils ont vin de Datilles, ôe autres fruids.Vincét Yatues Pinçô le defeouuritmil quatre censnonâte neuf qu'il dit eftre vn aiiec lâOrcglan . Du Cap S. Augu/linftifquesaa flciiue de Plata, ils mettent fepteens lieue-s^ lean Dias de Solis naturel de Lebrixaledet couurit mil cinq cens douze.lcs naturels le no-ment Paranaguaza.Les aucuns Paramagacuc, qui fignifie fleuuc,.cômc mer. Puis y anoir veu argent,amp; chargé de bre/îl,sâen retourna en El-pagne. Dó Pierre de Mendoze voilin de Gua-dix,y fiitmil cinq cens trente, anec douze tra-uires,amp; deux mil hommes, mais il mourut au chemin. Lâan mil cinq cens quarante vn fiita-cofté par lâ,Adelantadoh,amp; gouucrneur Ainar Numez Cabeçade Vaca naturel deXcrez, qui fe perdit en la Floride. Il auoit leiié quatre cens Efnagnols, quarante fix cheuaux.Mais l'ayant fait prifonnier, lenuoyerentcn Efpagnc. Il y peupla vn lieu auquel les naturels (ont fort legers,iufques à prendre les beftes à courfe. Vi-uent cent cinquante ans mais Mange hommes. Sebarticn Gauot Vénitien qui auoit iadef couucrla Floride, cuidant aller aux Indes O-rientaleSjpour le Roy Henry feptiefmc dâAn-gleterre^y fut aufli: lequel y auoit feme cinqua,
ö s I'roïs mondes Æ(?
tedeux grains defroinenr en SeptembrCjCn^^^^'/j. tecueilliten Décembre cinqiiate mil-La eft faine, riebe d'argent, perles 8i. pierres pre* cieufes, large vingt cinq lieues dâentrée, amp;
â croift comme le Nil, prenant fource du peru, trente cinq degrez fui rEquinoéfial.LcS Efpa-gnols ont fi fort monté contre lâeau, qiiâcn fin üi vindrent iufques au Peru,difent ils.
fin du Second hure.
D V T R O I S I E S M E
LIVRE DES TROIS Mondes.
E s defcouureï fJ4y~ lie de l ^mericjue nommee le BreÃl.Ou ils fefortiÃent contre les Port uo-ctss Ciuuxo-es. Pussy aeltbe'centpeuplerÃtti ^tChcualter Pquot;/lle ^ctn^non.
O lt;J
Ordre que le PJouuerneur y met. 'Different ^gt;^treluy les pens pour Lt Religion- : aucc Lt ^efcription du ItcuÃeLt defcete üy* rtutereprtn-tipale.
] Ndturel façon défaire de ces Saunages^ ^Ant en paix qu'en guerre, fait en leur 'vie ou en leur mort, auec les diuefes opinios de Ce peuple.
Les François partialifeTc^potir le different de Religion,quittent le Brefilpour fè retirer m France,que Eille gangnon ejl contraindl faute dhommes,de futureapresdailfant l'artiUeriede France aupouuotr triomphe des Portugais,
Æ Lts quot;voyagesquEmeric VeÃgt;uceFleuren-' tm.Ãt en l'Amérique au BreÃlpour le Roy de Portugal.
6 Commet^quand leBreÃlfut defcouuert, ha^ttfét^peuplé:f)u'is dtuers Gouuernemes ou Capitaineries eÃabltes pour I'aÃcurance du pAÃs par les Portugais â.auec les reprefentatios des plat gi-ansfleuues du monde, Mara^on, Oreglan ou des ^maei^nes ParanambacucÃiFi Rio de Plata fleuue dlArgent.Ft des lefuites que les Roy sy ont enuoyépour prefcher Cy* conuertir les Sautiagesâ.non moins que pour contenir les ChreÃiens en deuoir.
7 Dangereux effeFis Cy* notable exemple pour les Malcontentemens de court,en Fernand Magt; gellan Gentil-homme Portugais : qui fâché de fon P rince,fe reuolta à Charles cinquiefne Em-fereur.^uec les moyens que les Rois de Portugal tiennent pour entretenir les plus vertueux de le/tr EÃat.
8 Reglement entre les Rois de CaÃile de Portugal, pour les defcouuertes tat du vieil que nouueau monde, ^uec le iugement qu'on doit tenirÃr les routes de mer,és longs voyages meà mement»
2 Voyage de Magellan Portugais, pour deà couurir les riches JÃes des Moluques ,fous le bo heurÃats authoritédu Roy d Ejfagne:auec
ie naturel des Geas Patagons-. les difettes (juefs ^ens endurèrent fur mer, c^les ccmbats cjutl eut fgt;our le Roy de Z'ehut contre celuy de Mat -tA,ou il mourut duec flufeurs des fens.
îo Comme le refle des Efagnols defcouurk les Moluques De ce qutls négocièrent auec aucuns Rom d icelles pour l'EmpèreUr^^des efi-ceries ^utls en tirèrent pour f mettre au retour.
n Cowwe les Efpagnols furent deuotieuf-ment receuT!^ en SeutUe ; ayant Sebaften de CauofaiEl dedansfn »autre diEi la t^ittoria, le rond de la terre , tant du vieil que nou-Uean monde,nelaifantÃdefouUrir que bin-cogneu,terre../^uÃralequi luy demeuroit à gaU' ehe Dont dfut fort honorablemet recogneupar I Empereur.
li Dijferend renoUuellé entre les Efpagnols Portugais pour la defouuerte , ftgneurie trafic des Moluques , fr le repartement du monde fat El entreux fous lâauthorité du Pape .Alexandre fxiefne : auec la dfpute de leurs depute's^^pour vuider « différend a l'amiable: enfmblela rife moquerie d'vn enfant fur le departement du monde que faifoient ces deux Rois fns Eaduis des autres, ny de ceux mefnes defuels ils partageaient le bien fans les Ouïr.
aa ij
li Nouttelle flotte de neutres EfliA^nols en-uojeeaux Moluques'.Auecvn diflours des rat-flons (juuns Autres allèguent pour fl:n main-ten tr fli^eurs-Jes combats quits en eurent, puis leur accord. Nonobflant lequel, l'Efla^nol en-uoje de rechef gens de guerre contre les Fortu-gais-.qut toutesfots fle/ont maintenus tuflquesA Dom Sebaflien,maiflrespaifltbles du traflc des tflptceries, au grand dommage des Efpa^ols, Leuanttns Muflulmans.
14 Confldrationsflurladeflcouuerte du troifl teflne Monde. Guedes raflons de ceux qui fle â¢veulent contenter de cequi efl deflcouuert de celles des autres qui plus aflifs veulent outre 4 l'exemple des anciens.
TROIS lEME
LIVRE DES TROIS
mondes.
E narré des premier amp;nbsp;fe-â¢'article cond liiires,a faid voir de prcmicfquot; quel heur les Poriiigais, E/pagiiols amp;nbsp;françois furent alîiftez en la conque-fte des terres Nciilucs. Et lurtout coiiinic la vaine
ment infatiable conuoitife dâhonneur amp;nbsp;profit, niaifttifc lâhomme en forte, quâil ncfaiA difficulté, ains prend à fingulicrplaifir, de sâabandonnera mille morts ; Iculctncnr pour fc fantafier la (eignem ie de ce dont il (çait quelquefois ne pouuoir iouïr en cfteél. Mclme quâil perdroitlcbien, ou la vie, lâhonneur amp;nbsp;confciencepourempcfcher quâvn autre peuft tirer quelque commodité de ce qui ne luy (ert de rien. Puis les differens, voire par fois contraires moyens,que ces trois nations ont tenu pour lâaffcurer de la propriété amp;nbsp;vlage de tant de richelTcs, que ce vieil amp;nbsp;nouueau Monde leur fembloit auoir produit. Le difeours de ce dernier lime, vous côfirmera encore mieux ce que deflus, par les poures cliais que la na-
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TROISIESME LIVRE
tion Françoife fie à la defcouuerte, conquefte, amp;nbsp;peuplade de lâautre portion Américaine, dit le Brefil, amp;nbsp;des Portugais Tierra de fanda crux, où vous ne verrez choies moins eftran-ges quâen tout ce qui vous a cftédeduiôtcy deuanr.
rojax* Lâan mil cinq cens cinquante cinq, Niço-Dorant deProuins en Brie,depuis furnom-fi-flc,leBrt meVille-gangnon.VilamiraldcBretaigne, fil,partie Me- Chcualiet de Malte, autrement de 1 ordre de r^un-iZed» faintSUcan de ierufalem : fafthé dcsperfecii-^nuri^M. Luthériennes, amp;nbsp;de quelque uefplaifir rcceu a Breft en Brctaignc où il fetenoit; fit entendre (aptes auoir déclaré fon dellein à lâAmiral de Chaftillon) à plulîeurs peilonna-ges,ôcen diners endroits du Royaume : ejue des long temps il auoit non feulement vne extrême enuie de fc retirer en quelque pays; lointain, où il peuft viure en liberté de fa con-fcicnce, mefiuemenc en la terre de Brefil, lâvnc des plus fertiles parties de lâA merique : Mais aulli quâil defiroit dây preparer lieu à ceux qui fy voLidroient retirer, pour euiter les perfecu-tions de la France. Galpard de Colligny Amiral loua fon dellein : amp;nbsp;lâayant faiét trouucc bonau Roy Henry, fouz elpoirdâcllepdrele nom f rançois, dçfcouurit les grandes richef-fesamp; autres profits dont il pourroitaccoiit-moder fes païs ; amp;nbsp;fur tout conuettir tant dâa-mesfauuages à laconnoiflà ncc de Dieutluy fit donner deux bons nauires fournis de tout lebefoin,amp; dix mil liurcs pour le voyage. Ainfi Ville-gangnon accompagné dâAndré
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Thcuct aiïez connu pour fà Cofmographie Françoife amp;nbsp;autres Åuurcs loijables,pourucu de bon nombre dâhommes, de Pilotes, mari-. niers,matelots,amp;artizans, foiiï lâalleurance de les maintenir amp;nbsp;faire viurc à la proteftan-te, part en May, amp;nbsp;apres pluficurs amp;nbsp;diucrfês dimcultcz y territ en Nouembre. Se logeant premièrement fur vn rocher, à lâcmbouchcu-redâvn bras de mer ou riuiere dâcauc fallee, que les Sauuages appclloicnt Ganabra,qui demeure près les vingt-trois degrez au delà l E-quator.Mais challc par la violente des ondes, lâauançapresdâvne licuë, tirant fur les terres pour lâaccommoder en vue Ifle parauant inhabitée. Où fes meubles amp;nbsp;artillerie defehar-gee: il traça vn fort pour faflëurer contre les Sauuages amp;nbsp;Portugais. Lclquels ayans de log temps par- auant defcouuert ces terres, y ont drcll'éplufieurs forts pour en défendre les entrees à toutes nations. Sur-ce apres qu'il eut racommodé, chargé de Brcfil amp;nbsp;autres roar-chandifes fes nauircs pour les renuoyer en FrancejalfeurcrlâAmiralamp;autrcs de fou voyage, amp;nbsp;tirer nombre dâhommes de femmes pour peupler;depefeha vn homme pour en tirer le nombre de perfonnes amp;nbsp;quatitédcpro-uifions qu'il lugcoit luy cftrc nccclTaircs; afin dây drefler forme de Republique Chreftienne. LâAdmirai fit tant que Philippe de Corguille-rcy diéh du Pont, retiré près Geneuc, amp;qui auoit efte fon voifin pres de Chaftillon fur Loing ,auec les prières de ceux de Geneuc, promit, bien que fort aage , de conduire la a a iiij
TROISIEME LIVRE troupe,queplufieursaccreiircnt degayetéde cÅur; encor quâon les aducitift de cent cinquante lieues quâil failloic faire par terre Sc plus de deux mil par mer: aucc ce que pour pain on y mîgeoit dâvnc certaine farine,faifte de racine, point de vin ny dâhabitation telle qu'en France, viandes du tout differentes aux noftrcs, les aflidus amp;nbsp;impitoyables Hots de tac de mers, lâextremc chaleur de la Zone torride, amp;nbsp;la difference du Pole Antartiqueà ccfluy-cy. Lcfquels encouragez par lâAdmirai, aHcu-rezque rien ne leur manqueroit,amp; quâil en enuoyeroirdâautres, partiient furiefept 1^56. amp;nbsp;allèrent de Rouan à Honfleur en Normandie, où Bois le Comte, Ncueu de Ville Gan-gnon equippoit aux defpens du Roy trois bons vaifl'eaux, efquels près de trois cens fol-dats,artifans Matelots lâcmbarquercntle lÿ. Nouembre.auec cinq icunes hommes,autant de filles gouucrnces patvne femme, les premieres Françoifes que les Barbares veirenr iaraais ,amp; des habits dcfquels ils fcfmerueil-loicnt leplus. Apresles fanfares ordinaires à telle départie, ils ancrèrent a la rade de Caux, vnclieue furie Haurede Grace,oùlareuciie faidcà raccouftumcc,ils Ce ietterent en merle io.Nouembre. Puislaitfansla coffe dâAngleterre à droitte , quiterent la Manche poutfc mettre en la grand mer. Si que pouffez dâvn Nordcfl, fe retrouucrent à la hauteur du Cap fainôl Vincent ley. Décembre,pres duquel ils deualifcrentaffcz dâEfpagnols amp;nbsp;Portugais, à la façon de ceux qui fctrouucnt les plus forts
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Cur nier. Entre lefquels le droit fort de la bouche du canon, plus que de railon aucune qui fepuilfetrouucrpatmytellesgcs. Oren vou-loient-ilsà ces Nations ; pource quelles défendent aux François fur tous,la defeente es terres quâils difent auoir premiers d,c(couucr-tes, Mefmcmcnt ccux-cy de la terre du Brcfil, Voire tout le contenu, dés le deftroit de Magellan,qui demeure par les j4.degrcz du collé du Pole antartique iulques au Peru , amp;nbsp;encores par deçà lâEquator : lâen difans ainli mai-Ares amp;nbsp;les autres vfurpaicurs iulques à auoir efeorché vifs êc autrement tyrannilénombre de François , nommément de Normandie plus couftumiers à y voyager quâautres,Icf-c]uels ne lây ttouuerent les plus fins ny les plus lorts. Sept iours apres, razans le Golfe de las Yeguas, Ãcfccoulans à droittede Porto fin-toôcMadere, ils abordèrent les Ifles Fortu- amp;nbsp;lices, tant chantées amp;inal congncücsparlcs la ifles ter-Gizci Romains. Noz Mariniers mefmes â«»ecs. nâen parlent que de fcpt,mais il y en a bien plus ; les principales lont la Gracieufe,Lance-iotCjFort-aucnture, la Palme, la Gomicre, la Feramp; Pic de Tanaril, quâaucuns difent ellre le mont Atlas des anciens, Allcsrance, iSr la grande Canarie, qui a donne le nom à toutes les Illcs, ou à lâoccafion des beaux chiens que on y a veu autrefois,comme dilent les anciens, contre ceux qui deduifent ce mot de la quantité des canes dont on tire le furi e. Elles font habitées dâEfpagnols, encores que les Frâcois les ayent tenues au:res-foisamp; par-auant eux
commeiâay dit ailleurs. Aucuns Icsfiruentpat les vnzcdegrczau deçà dcrEquator,ainfilc-roicnt fouz la zone torride.Mais elles demeu-icnt par les iS.tirans au Poleartique,fetrom-pans de ly.Puis razerentà i.lieues pres la Barbarie , pais des Mores, plat amp;âfort vni vers le Cap de Bajador. Dâoù fc voyans le vent à flöte^ à fouhait, prindrent la largue en haute mer, où ils faccommoderent de dorades, rc-ejuiens,tortues de mer,bonites,albacores,mat-fouins, amp;nbsp;autres fortes de poilTons quâils vo-yoient auec grade mcrueillc amp;nbsp;bons à mager. Mcfmement les dorades, puis les grandes amp;nbsp;hideufes balcncs, IcsgrolFcs troupes de poif-fons volans. Mefraement les alouettes ou eftorneaux, volans-prefque auflî haut hors lâeau quâvne pique, amp;nbsp;foiiucnt pres de cent pas loin, amp;nbsp;quelquefois fahurtans aux mats des nauires, tomboient dedans amp;nbsp;fe lailfoient prendre. Il eft de prefque mefmc forme que le haren, vn peu plus long amp;nbsp;rond, auec petits barbillons fouz la gorge, amp;nbsp;les ailles comme chauucs fouris, amp;nbsp;prefque aulîî longues que tout le corps,dc bon gouft amp;nbsp;fauou-reux à mangcr.Et pource quâon nâen a point veu au delà le Tropique de Cà ceriaucuns efti-ment quâaimans la chalcur,amp; fe tenans fous la Zone bruflante, ils nâoutrcpalFcnt delà ny dé-çà le Pole. Ils ne font jamais à repos. Carde-dans lâeau les albacores les chaUcnt pour les niangcr,amp; fils Portent certains oifeaux marins les attendent pour fen repaiftre. Oyfcauxâ priuez,quc pluficurs fcpofansfurles mats,où
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amp; cordages des vaifleaux, ils fc laiflcnt â¢tendre à plaihr,gros come corneilles dâappa-''nceunais à manger comme paflereaux : de â¢liimage gris,comme efpernicrs : nâont quâvn â¢oyaUjdeles pieds p'ats corne de canes.Lcs La-â¢Hisalfeurent quâaux Iflcs de la mer rouge amp;nbsp;âDites des Indes, fe trouuoicnt tortues ti grâ-^ts,quc dâvne coquille on en pouuoit couurir :*Dem.iifon logeable,ou faire vailTeau naiiiga-pe.Cellcs-là ne lonr pas fi grandes.Mais vne a iffi au difiicr de quatre vingt hômçs, dont le âtftauoit pres de trois pieds de large, forte amp;nbsp;tlpeflcà lâauenant, de laquelle ou forma vue jliclle targe. Le bon vé; failli fur les trois à qua- ⢠iârc dçgrcz au deçà 1 Equator,où la nauigation ffttoufiours difficile amp;nbsp;dangetcufe,poui lâin-fonftance ôrdiuerfité des ventsquiy foufflent â¢nftnihle : ils trouucrent le calme amp;nbsp;pluye en-ttemeflez dcquclquevcnts qui durèrent peu: ftfleuansdes tourbillons grains de vents fiviolens, quâils-eftoient fouuent contrains lâamener amp;nbsp;mettre à la cape. Mais la pluye y put fl fort,amp; l.i chaleur elf oit fi extrclmc : que Içs goûtes cnieuoient dt gtofics puftules amp;nbsp;Veflics de la chair où elles tombaient. Ils nâa-Uoient rien au relie pourfedefilterer,eflant lâeau douce toute infedfe amp;nbsp;puante,amp; leur bifeuit pouiry. Somme quâauoir tourné près de cinqfepraaincs en telles mifcrcs, vn Nord-Nor ell les poullaau quatricfme Feurierrail cinq cens cinquante Icpt , fouz lâEquino-clial ; airili ditpource quâen toutes faifons les
, iours amp;nbsp;les nuiéls y fontefgaux. Et quand le
TROISIESME LIVRE
quot;L'^meri^ue ^ttand dejion far Qtit,
Soleil eft droit cn ccfte ligne, fçauoir deux fois lâan , vnziefme Mars amp;c troifiefme Septc-bre,les jours amp;nbsp;les nuidls iont eigaux par tout le monde. Si que les habitans louzlcs deux Poles participans leulemenc ces deux ionrs de lâan du iour amp;nbsp;de lanuiôt, déslclen-demain les vns amp;nbsp;les autres chacun à fon tour perdent le Soleil de veue pour demy an. Ainfi lequatriefmeFeurier allansa tontes voilcsfc trouuercnt fort approchez du païs quâils cher-choient, où commencèrent à voir le Polean-tartique, que nous appelions lâcftoillc du Su, amp;nbsp;les autres du Midy, autour de laquelle y a certaines autres en croix, quâô appelle la croi-fee du Su, oùâils remarquèrent non feulement quâon ne peult voir eftât droit fouz lâEquator les deux Poles, cômeaulîi il fehle par la Sphere. Mais mclmcs nâen pouuat voir J'vn ny lâautre, il fault eftre cflongnez dâenuiron deux dc-grez du collé du Nort ou du Su pour voir lâvn ou lâautre. LetreziefmcFenrierfctiouueient (prenans la hauteur à lâA llrolabc) auoir le Soleil droit pour Zeni amp;nbsp;cn la Zone, fi droit fur la tellequâimpollible deplus. Come ilscon-noiiroicntaux dagues plantées furie Tillac, qui ne rédoient aucune ombre.â voyansfurecs entrefaites nombre de balaines amp;nbsp;les plaifans dauphins, fuiuis comme capitaines degroffes troupes de poilfons. Et le vingtfixicfincFc-urier, furies huit heures du matin defcouuri-rent la terre du Brcfil, partie de lâAmsriquc, ainfi nommée du nom dâAmcric '^efpucc Florentin , qui premier la dcfcouurit mil quatre
DIS TROIS MONDES. 7
''â îsnonantc fcpr. Ainfi ayons laiflé la terre ^fsMargaiats alliez des Portugais, amp;nbsp;ennc-^gt;sdes François: puis delcenduz au C.ip de ^^icjOà leurs alliez les Tauoiipinanbaoultsles âftoyertiir,ouircnt nouucllcdc Villc-gangno 'irciitc lieues de là . Siijuc le k-ptieline Mars iîy.ayant la haute mer à gauche vers lâEftjils ^trerentcnla Riuicre de Ganabara,que les portugais nonunent de laneiro: pour ce peut ^tc quâils la dcfcouurirét leprcniicr lanuier. ^is chacun defeendit en lâIflc,amp; Fort appelle
Colligny par Villc-gangnon , en mémoire ^tlâAdmiral; où le dixiclme Mars Ville-gan- ^rrhtudes Ironies rcçeuc amiablement ,auec promefle ^ây planter la foy. Puis tous an'cmblez envne Petite falle au milieu de lâIfle, leMiniftrcM. jii lâicrreRichierfdcpuisMiniftrc delà Rochel-''jtiómc de riflc)fic le premier prefehe au Fort lit Colligny,qui fut bien tort mis en defenfe à 'îvenue de tant de gens qui trauailloiét com-â Scà Pcnuy.
C E faiâ,Villc-gangnon cftablit ceft ordre, articie 'luâoutrc les prières publiques qui fe feroient îQuslesfoirsayans laiflebefongnc,les Mini- Ordreijui fttesprefeheroient là deux fois les Dimaches, Viüe-^an^HS tous les iours ouuriers vne heure duratique
Its Sacremens feroient adminiftrez ôc la dilci-pline Ecclcfraftiquc 5c forme de la policeipra-tiquee cotre les côtreuenans. Or bien quâils ne Hiflcnt tous fort difFcrens au commencement Differcm tnlaRcligion:fi eft-ce que depuis que l.i plus part dâeux curent vne fois célébré laCcnc,fe- câisduBre-ftrangerentpeu à pculesvns des autres. Car fil.
outrepluficurs points, tous ne confentoient pas à et que les Minifttes enfeignoiét, que I e-fus Chrillpar la vertu de fon (aitid Elpritfc cômuniquc du cicipour nourriture fpintucllc à ceux qui reçoiiicnt les lignes en foy : ains maintenans que le corps nâclloit changé en iceux,ncpouiioicnt appréhender autre madu-catiô que corporelle,reelle amp;nbsp;clFcólucllc.Tou-tesfois il enuoya quelques vns en France pour en auoii lâauis des plus fameux quâvns quâautres.11 enuoya aufli au Roy Henry, dix ieunes fauuagcs pris par les alliez amp;nbsp;véduzà Villc-ga-gnon no baptifez:defqucls le Roy fit prefenrà qui bon luy fembla.Orà la fécondé Cenciour dePétecorte,alleguârqnc S Cyprian amp;nbsp;S. Clement auoict eferit,quâen la celebration dâicelle il failloit mettre de lâeau au vin;il vouloir que celà fe quâon creuft que le pain amp;nbsp;levin confacré profitait autant au corps quâà lâamc. Qjfil falloir melier du fel de lâhuille auec lâeau du Baptcfmc. Qjfvn Minilire ne fe pou-uoit remarier en fécondés nopces félon le dire de S.Paul à Tin)Othce,que rEuefquc foit mary dâvue feule femme,amp;plulicurs autres maximes efqucllesillcurdonnaà cognoillre quâil vouloir tout remuer à fa fantalie, corne Vice- Roy amp;nbsp;fouuerain en ces carriers. Somme quâil leur monftra alfez roll apres, quâil vouloir ellablit la Religion Catholique en ces païs Ce qui fut occalion dâalicner les cÅurs de la plus-part de fesgenstaufquels il défendit ne bailler plus les gobelets de farine de racine que chacun recc-uoir par iour.Tcllcmét que bandez auec ceux
Des trois mondes* t H^iluy reftoientdeuant la venue de ccux-cy; quot;ân moins mal contens, pourcc quâil les te-âoit cnchaincz.âamp;punis rigoureufcmcnt,pour 'fcjuâils aiioient coniuré le iciteren mer, au '''oycn quâil les faifoic trop exccffiucmcnt tra-**illcr amp;nbsp;mal nourrir.âfc retiterct aucc les Säumiges,attendant quâvu nauire du Haute euft fa ''iurge de Btcfil pour retourner en Frâce.Entrc ^qucls eftoit Lcry qui en a fait vn difeours, âyant demeuré dix mois en ces cartiers. La ri-â¢iercdcGcncure demeure Iclon les François
vingt-rroifiefmc degré au-delà lâEquino- Gtnmretu ^ial,dtoiól fous le Tropique du Capricorne, GMabar^ fort de mer bien frequente par le François en '»code duBrcfil,fauançant furies terres. Elle â¢tnuirô douze lieues de long, amp;nbsp;en quelques 'odtoids fept de largc,cnuitonncc de montagnes alTez hautcs.Laifsât la mer pour y entrer, ilfautcoftoyer trois petites Ifles inhabitables, ^cfquellcs on fc doit bien garder,catrcmbou-thcurçen eftfafcheufc.Puisil y fault paflervn deftroit de demy quart de lieue en largeur,ayât iucofté gauche vne haute roche amp;nbsp;plus auant *niutredccent pas de tour, duquel les flots forcèrent Vilic-gangnon de defeendre fes pic-Ces, amp;fe fortifier à vne lieue plus auât cnFlflc, de demie licucf de circuit, fix fois plus longue lt;luclargc,cnuironnec de petits rochers à fleur dâeau qui empefehent que les nauires nâen approchent quâà la portee du canon.nây pouuant les barques mefincs approcher que du cofte du port à lâoppofite de lâaucnuc de ha grand *ncr.Ayant deux môtagocs aux deux bouts, il
TROISIESMB tlVRE
fit faire fur chacune fii maifonnettc, 5c furie rochcraumitandelâlflefamaifon: autourla- ' quelle cftoicnt les autres cafes pour le prefclie lt;nbsp;amp;nbsp;demeure du refie , aucc gros bouleucrds 1 pour rartillcric,rcuefiuz de telle quelle maço- , i ncric. Le relie des lotjes comme les Sauuasjcs I en onrefiéles oiiuriers,aufiî les ont ils bafiya I leur mode, aflà uoir de bois rond 5c coiiucrts II dâherbes. Qiu fur tout ce quâil nomma Col- ]
Lnancc antarîique. Car les Fran- J 4»tdrt/5lt;(«. çoisne tenoientrien en terre, fors quelques ( mailonnettcs le long de Geueurc,au lieu quâils J nommèrent la Briqueterie,5c vn montdiâle ' â mont Henry,5c lâautre Corguileri du nom du '1 Chef Quatre lieues plus auant que lâifie Fran- nbsp;nbsp;(
çoifey en a vne autre nommée la grande Ifle . habitée des Tauoupinanbaoults,aueclcfqucls â ils trafiiqijoient librement.
ARTICLE L E pays y efi bon 5c fertil à tout, roufiours â ?⢠verdoyant comme en May. Les hommes 5c â
Katurel fir fcmmcs nuds,prcfquc fans fbv, fans lov,ny rc-façons de j4t- ... n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠r ' c â â s
re des ^me- l'gâon.iJs 1 eiitraiment fort, toutes fois ; iTiais * ricains,ni,m- haycnt dâautantlcurs cnncmis.-contrclefqucls snrz,fgt;arau. ils voiit au combat par ordrc,Ies plus aagez les lielss^^*^*' Pâ'C'T^ââ^^5gt;lt;^ôduirsparlepIus vieihaueeflefehes
5c groÃes malfues. Viuent (ains iufquesà cent â amp;: fix vingts ans,ôc cotent leurs aages par Lu- ' nés,(ans foucy,ambition,auaricc, glouionnie, nbsp;nbsp;â
parcfie,cnuic,ialoufie 5c telles autres paÃlons ' fources denoz malheurs- Attendu la region â chaude où ils habirér,ils ne font pas tant noirs J que bazanez. Ils ont le douant de la tefte raze comme religieux, 5c Je derriere pendant. Les
femmes 1
SES TROIS MONO« S. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÿ
femmes vont cfchcueiccs amp;nbsp;les oreilles pet-tees de pierres verdes, amp;nbsp;les homes les teures: fc bigarrent de diuerfes couleurs, mefmemcnc du fruid Genipat qui tient fort, llsfâcmplu-tnaiTent des plumes des poules, dont les Portugais leur ont porte lâengeance.Ils ne Icmcnt »y plantet, bien quâauiourdâhuy les Poitugats yayansbled amp;nbsp;vin, raôftrcnt que la terre y eft propre à touttains viuent de deux fortes de ratines nommée» Aypi amp;nbsp;Moniot.Iefquelles en trois mois deuiennét groffes comme la cuilTc dâvn homme,lôgucs de pied amp;nbsp;demy: puis les fethent au feu iur le boucan par les ftmmes (car les hommes ne fen meflcnt)où à forte de les racler les mettent en farine,amp; dans de grades poifles de terrcs,mcttcnt cefte farine fur le feu la remuant fans celle amp;nbsp;fe forme comme dragee d Aporicaire.Ils en font vue qui fe garde mieux pour porter en guerre. Lâautre qui fetnble du mollet de pain blanc tout chaut à tnîgcr,la prenas le«, hc auec les quatre doigts, Us la iettent dextre.nent en bombe amp;nbsp;nâen fçauroiét faire pain qui fuft bon, mais bien de 11 boüillie.Le Maniot nâeft bô quâen farine, amp;nbsp;tftpoifon mange .lutremét Mais bit n que les lgt;ranthes foientaifeesà rompre comme che-tâfuottes; autant neantmoins quâôn en fiche 'U terre,autant de grolTes racines dans trois â'lois. Ainli le Maix ftrt de bled ailx Indiens. ('inJttSrt-Ãllcs plantent aulfi de lâAuaty, qui cft comme fihent. liled Sarrazin, pour mclme ctfcôl pour faire
â 'in blât amp;nbsp;clairet. Apres quâelles ont decoup-pc lâA y pi nbsp;Maniot auffi menu que les raucs Ã
bb
TROISIÃSME tIVRE
P 'Htén
mettre au pot par deçà , amp;nbsp;fiit boullirpaé morceaux aucc eau dans grans vailTcaux de terre , les voyans amollies, laiflent refroidir. Ce faift,accrouppies au tour du vailTcau (car les hommes tiennent cela indecent à eux) prennent des rouelles, les mafehent dans la bouche, reprenans chacun morceaulâvR apres lâautre aucc la main, amp;nbsp;les remettent dans dâautres vaifTeaux de terre qui font tous prefts fur le feu auec Vn bafton jiuA ques à ce quâil foit affez cuir, fans le couler ny palfcr ; ainsverfant tout cnfemblc dans dâautres plus grand^, apres quâil a vn peuefeume couurans les vaiiTcaux, elles le laiflent repefet quelque cfpacc de teps. Ainfi en font clics da ce gros mil Auaty pour le brcuuage quâils nô-ment caouin, dont ils fe coiffent mieux que toutes nations du monde, ne mangeans tou-tesfois quand ils boyuct, auflî ne boyuent-ils en mangeant comme nous. Ne mangent quâà leur faim en quelque teps que ce foit,fans dire motamp;à part,Mais ilscaouinent cnfcmbleés fcftcSjOu quad ils tuet amp;nbsp;manget leurs prifon-niers ennemis,amp; dâfcnt en rod aucc des panaches liez fur les reins,fcparcment des femmes amp;dcs filles qui dâfcnt à part.Ils magentlc Ta-pinoufsôforte de vachc,des fangliers,poif50s, fruits, poules,phaifans amp;nbsp;autres belles :dcs crapaux, des ferpens Se autres animaux quâils boucanét.Câeftà dircilsfichéten terre quatre fourches de bois,grolles côme le bras, difiâtes en quarre de trois piedz,cfleuccsdedeuxamp; demy.â fur icelles des baflonsà trauersà deux
ÃES TRÃlS MOÃJDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IO
fets pres lâvn «ie lâautre en forme de grille quâils nómét bouca:mcttct la chair dtfliis par pieces amp;nbsp;auec du bois fee au delToüs quinc fed que feu let amp;nbsp;peu de fumée,la tournet de lt;lcmy quart en demy quart dâheure,amp; la laifséc ciiyrc tat quâils veulent . La guerre quâils font 6âcftpourauaricc,paillardife,ambitiô ny autre tôuoitifc,que pour veger leurs patens amp;nbsp;amis llortSjamp;masez en ces querelles. Ils ont leurs _ ucapcs,qui lont leur elpees amp;nbsp;mallucs de bois ;touge ou noir,rôdcs ou en oualle au bout , amp;nbsp;lieux paumes de largeur.-cfpelTcs dâvn pouce, âfichas corne vnc cognée.Puis leurs Orapatz, qui font leurs arcs de mcfmc bois dur, plus foides que les nofttcs.LCS fléchés ont vnc braf icdclôgucur de trois pieces : le milieu du ro-feaujlcs autres parties de bois noir, fi bic rapportées aucc petites pelures dâarbres quâipof-^Blc feroit de mieuxiau bout ils mettet des os Pointus de demy pied de quelque bois de Ca-ââtsen façon de lancette amp;nbsp;piquant de mefme, ^ffouuct le bout dâvnc queue depoiflbn , qui 'ftfort vcnimcufc,amp; depuis la venue des Por-âUgais amp;nbsp;François vncpointe de clou à leur c-'tple.Leurs rondelles font du dos dccuirfcc îfcfpais duTapirouflbu ; befte raportant en ?fideur, forme amp;groflcur dâvnc vache fans 'Ornes;largcs,tondcs amp;nbsp;plates:ils ne fen cou-^fét pas au combat nudz quâils foiét,afin que ne les cmpcfchc; ains leur feruét pour fou-âtenir les coups de flèches des ennemis. Ils fôt 'file-fois dix mil cnfemblc fous la guide des Mlards, amp;nbsp;en queue pluficurs femmes leur bb ij
TROISIEM I LIVRE
tfamrt Ju InJttin.
PrlftniitTI mangez^.
portct leur ncccflîtc.Marcher amp;nbsp;logéencant- d moins par ordre fans Marcfchal de logis. Au- H cuns portons des cornets quâils nomment Inu- Hi bia, gros amp;nbsp;longs de demie pique ,amp; au bas bf'ut large de demy pied corne vn haut bois: It foiians au milieu des troupcs,auec fifres amp;nbsp;flu-tes.faidesdesos des bras amp;nbsp;cuifles de ceux lô quâilsont marge, dtlqucllesils nccclfent de t haiollei pour inciter dâen faire autant à ceux .iç contre Itfqucls ils marchct.Sâils vont par mer, di ils coHoyét la terre dans leurs barques plates, ;lt; nommées Y gat, faidles ch.it une dâvnc feule 5) clcorcc dâarbre peic du hau t en bas, pour ein- 5 quantchommes, vogar.s auec vn auiion plat fl parles deux bouts quâils ticnnet au milieu: Ils tafehent premièrement à furprendic.Si que |f| nombre des plus hardis allas vnc iouineede- lt;( uant,attendront vn iour cachez fur terre le fi moyen de fuiprcndrc tous ceux dâvn village. }gt;( Car rien nâcft ferme, Si tuent tout : autrement ilâ fils fc rencontrent à la defcouucrte,dcmcnans Jt les bras ils crient amp;nbsp;fifflct fi fort que merueil- fi les, co'jurans lâair de coups l'e flc(clie5,amp; fe tt combattent iulques à la vidoire,quicftdâcm- lt;i mener les prifonniers amp;nbsp;les manger, en ven-dans quelques vns aux Chrefliens leurs alliez-Ils traidei.t délicatement lc.s prifonniers,aâuf-quels ils donnent des femmes, voire leur fille tt pour les (eruit en tout amp;nbsp;la inarieraiicc luygt;,'lè non des hommes aux femmes prilonuicret. *11 Puis au tour bien emplumanc,iojeux 8c (e'iî- 'll tant aâar.oir tant rue amp;nbsp;mange dâeux,cft lié pstjti deux Sauuagcs, lâvn à dioiôt lâautre à gauche,Æ
DES TROIS MONDE sJ II ^âvne corde de coton ou cfcorce dâarbre,fi fer-*»c par le milieu du corps que bois les bras il 1c peut rien remuer. Ayant liberté de letter à , loiis les alîiftâs qui font quelques fois plus de Itois mil,tant de pierres quâon luy aura là por-Icpour ccftefFcôt.Puis celuy qui le tcnoit pri-^nnicr bien emplumé amp;nbsp;qui nâaura paru tout lciour,fc prefentant auec fon efpee,luy démâte fil nâeft pas des Margaias leurs ennemis. Il fit que ouy ,amp; quâil a niâgé fes patés amp;nbsp;quâon «vengerabien. Cefaiftluy donne fidroich oubs lâoreille, quâil le rend mort : amp;auflîtoft femme amp;nbsp;autres qui le feruet, ayans vn peu Heure à fes picds,font les premiers à le decou-«?ctamp; manger. Dont les vieilles fur tour font -plus friandcs,qui apportent de lâeau chaude amp;nbsp;licspierres aiguifeespour le lauer amp;nbsp;decoii- J,s de chair Pcf.auiourdâhuy les Chreftiens leur ontap- himutim. lt;portédescouftcaux,chacuncnafa part corne fvn pourceau. Car ils mangent tout, fors les â fients quâils enfillent pour clcharpes, amp;nbsp;les os pour fifflets,amp; aucuns pedent les teftes à leurs 'ïfes.Ils boucanent les pieces comme iâay dit, en font autant des enfans quâils auront cuz , inleur prifon,tant ils défirent öfter la memoi-, le de la race ennemie. Le meurdrier Ce fait fou-. ^lin incifer les mamelles,cuifles amp;nbsp;fcfles,quâil ; Jcint dâvn ius pour demeurer à iamais, afin de ,âlcnionfttcrplus vaillât.Commeils nâont for-i,,1'cdâcftat,nyrov,ny loyiauffi nâont-ils aucu-rilcfoy.EtbienqucledircdcCic cron foit te-,(Wude tous, qu 11 n y apeupic ii lauuage,qui ;,iâayefcntîment dâvnc diuinité : toutesfois ils bb iij
TKOISIESME LIVRE ne connoiflent aucun Dieu, cclcfte ne terrien : amp;nbsp;par confequent fans formulaire amp;nbsp;lieu depute pour faflembler,prier amp;c feruir Dieu ! ils viuent en toute liberté, fans nommer mefmes ny diftinguer les iours par noms, ne cotter les fepmaines , mois ny années; tout leur eft vn . Us nombrent amp;nbsp;retiennent feulement les temps par les Lunes. (Les **ââ **»ââ⢠Peropins, qui font cinq cens lieues au delà , factifioient au Soleil amp;à la Luneés Temples à ce deftinez amp;nbsp;auoientloy »police amp;nbsp;forme de religion. ) Ils ne fçauent auflî que c'eft dâeferiture, amp;nbsp;nâont catafterc pour fignifiet chofe qui foit. Ils craignent le tonnerre quâils nomment Toupan : amp;nbsp;comme les Chreftiens leur difent que câeftoitle grand Dieu qui fai-foit ain(î tout trembler, refpondoient quâil ne valoir donc rien, pource quâil les cfpou-pantoit de celte façon . Ils ont vn bon fens naturel, amp;nbsp;deuifent contre lâauarice amp;nbsp;autres pallîons des Chreftiens, qui fe mettent à tant de hazards pour aller chercher le bien dâau-truy, amp;nbsp;preuoyent de h longue main à lâadue-nit comme fi terre leur deuoit Faillir; euxfc jmmtrtaliti contcntans de ce quâelle produit de foy. Ils croyent lâimmortalité des âmes, amp;nbsp;que celles des plus vertueux ( câeft à leur dire qui ont plus tué, amp;nbsp;mangé dâennemis ) vont derriere les hautes montagnes,où ellesdan-çent és beaux iardins , auec celles de leurs ayeulx, comme aux champs Elifiens des Poètes . Celles de ceux qui nâont défendu le pays , vont à Aiguan quâils nomment
DIÃ TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;IX
diable , qui les tourmente inceflammcnc. Us font tant tourmentez de ceft cfprit quils nomment aum Kaagere , quils en , demandent fecours ; fc tourmentans en mille forces iulqucsà le voir en diuerfes formes de belles; promettant de croire en Dieu fils en pcuuent cftre deliurez. Mais le peril pat ' le, la mémoire en eû perdue. Et bien que tous les Philofophes anciens ayent ignorélarefur-icôlion,rHiftoire des Indes Occidentales Riaintient, que ceux de Cufco amp;nbsp;voifins la ctoyent. Mefme comme les Efpagnols fouil-, loyentles fcpulchres pour y trouucr de lâor, iettanslcs os deçà delà , les prioient ne le faire pas, afin denâcmpcfchcrleur refurredio. Apian aulïl le maintiét entre les Celtes. Tout Cela fert contre les Athées, quinereçoyuent DîMti celà , ny les diables quâils difent feules alFe- DmonsioM ftions. Car elles ne (croient tant vehementes, pour faire ce que Aignan fait entre ces Ame-ticains.Donc cestrois points les rendent in-cxcufables deuant Dieu, tant en ce monde quâen lâautre. Car il eft dit par rApoftie,quâo-tes que nicu es temps palTez aye lai(Te tous les Gentils chtminer en leurs voyes : que cependant en bic faifant à tous, enuoyant la pluie ducielamp;les faifonsfertiles, ilnefcfl iamais laiffc fans tcfmoignagc. Si donc ils nelerecó' noilTcnt, cela vient de leur malice . Car lâin-uifible de Dieu fe voit par la creation amp;nbsp;effeds du monde . Outre ce ils ont de faux prophètes amp;nbsp;abufeurs nomez Caraibes; Icfqucls allans de village en village , leur bb iiij
TROISIESME IIVRI font croire que coramuniquans auec les cf-prits, donnans force à qui leur plaift, pour vaincre leurs ennemis , amp;nbsp;faire croiftre les fruiâs amp;nbsp;racines de la terre. De trois ou quatre en quatre ans, ils font vnclolen«ité,oùlcs villages voifins fallcmblent, les hommes Ic-parezdes femmes amp;nbsp;elles des cnfans,dixon douze Caraibes au milieu qui murmurent, , puis efleuent leurs voix hc,he,hc, he. A quoy û»» 10. les femmes amp;nbsp;enfans rcfpon lent plus bas. Ce Dances Jet fait (âclcliauffeiit Cli.ins amp;nbsp;hurlans fi fort.quâel-jnJiens les fembTcnt roinbctdij hault mal. Puiscliss ^MatfonsvU ci'fans reuz, les hommes chantent dâvn dt accord mcriicilleux bien que naturel, en mai-tùeuredet foiis tondes amp;nbsp;longucs commc Ics treilles de jitJtens. bois pirdeçaamp;couuertures dâherbes ou braches longucs de cinquante,foixante,quarre vingts ou cent pas Là eu trois ronds amp;nbsp;nombre de Caraibes au milieu des hommes,pte» lâvn de lâautre fans fe tcnii pu la main ny (ans (c bouger dâvue place, courbez fur le deuanr, guidans vn peu le corps, remuans la i.ambc amp;nbsp;Eieddroiiff ,1a main droiôle fur les fefies,lc ras amp;nbsp;main gauche pcndans,danleat amp;nbsp;chà -tentvn long temps. Les Caraibes'richement parez de bonnets amp;nbsp;btaflelets de bcllesplu-mes de toutes couleurs : en chacune main vn
Maraca qui font fonnertes faiôles dâvn fruiiâ plus gros quâvn Åuf dâA uftruchc; afin difent ils,que lâefprit parle puis apres dans icelles, amp;nbsp;les font founcr à toutes reftes. Lefquels fauâ-çans Si Autans en deuant,puis reculant en arrière; ramuent dcplacc.Cc que ne font Icsau-
DBS TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1}
ttcs.Etfouucnt prenans vnc canc de bois longue de cinq pieds,au bout y ayans de lâherbe petun feche amp;nbsp;allumee;cn fe tournans amp;nbsp;fou-Hans de toutes pars la fumee dâicelle fur les autres fauuages leur difer.t : Afin que vousfur-tnonhez vos ennemis, receuez tous lâefprii de force. Ils chantent fi mclodieufiment dâvnc Voix plaintinc amp;nbsp;comme enroiiee, amp;nbsp;danfint aucc telle cadence amp;nbsp;refrain fi iufte à la ballade, que câeft merueillc : finillà nt deux ou trois heures aprcs,ils frappent du pied contre terre plus fort que deuât,amp; apres que chacun a crache deuantfoy, tous dâvnc voix pionon ent trois fois,he,hua,hua.Dâordinairc ils y regrettent leurs anceftres fi vaillans, à ce que difent Icstruchcmcns de Normandie qui y ont les z premiers defeendus. Toutesfois ilsfc confo-lent en ce quâaprcsleur mort,iis les iront trou-lier derriere les hautes montaignes où ils dan-feront amp;nbsp;fc refiouyront auec eux . Puis ils menacent à toute outrance les Ouctacas amp;auttcs ennemis dâeftrebien tort pris amp;nbsp;mangez pat cux,comme leur promettent les Caraïbes. Ils entrcmeflcnt en leurs chanfons : Qiu les eaux feftans vnc fois dcfbordecs, auoient couuert toute la terre, où tous les hommes, fors que leurs grans pères qui fcfauuercnt fur les plus haults arbres de leur pais, furent noyez. * Voylà comme faute dâcfcriturc ils ont ainfi que les Poètes,falfific IâMiftoire du dclugc,dôt leurs anciens ont ouy parler. Les Caraïbes y , font puis apres traitez gorgiafcmcnt.Lcfquek de village en village font accouftrer en chaf-
Inditni,
TROISIESMB HVRE que maifon de CCS hochets OU fonnettes Ma-racasauec force pJumaflerie. Lefquellcs ainfi parées hchanslcplus long du haftou qui eh à trauersdans terre,amp; les arrengeans, ils commandent quâon leur donne à boire amp;nbsp;à man-tiolttrie iet gcr,faifans croire que ces fruiâs Si cl'peces de courges ainfi crculées,parées Si dédiées,mangent Si boiuent lanuift. Si que les tenans ainfî par quinze iours ou trois femaines, leur diftribuent fainôteté,amp; quâen les Tonnant iâeC-ptit parle à cux,fort fâchez h on prend les via-des à ce dediées, non moins que li on dit que les Caraïbes mangent cclà amp; quâils les trompent. Vn vieillard ayant auceplufieurs autres entcntiucmçnt efeoute leur parler de Dieu; luydift enfin quâilstenoient de leursprede-ccfièurs, quâilyauoit beaucoup de centaines dâannées qu'vn Mairfils nomenc ainfi le François ou cftranger) vertu amp;nbsp;barbu comme eux, ayant crté en leur terre, auoit annonce le vray Dicu,auqucl ilsnc voulurent croire; amp;nbsp;en figue de maledidio il en vint vn autre qui leur donna lâcfpcc, dont depuis ils fertoient toul-iourscntrctuez.Si bien que tous fe mocque-roient deux, fils changeoicntde fi ancienne crcancc.Nicephorc récitant l'Hirtoire S. Matthieu,dit bien quâil aprcfchélâEuagilcau pays des Canibalcs qui mangent les hommes, auffi font ceux-là .Et outre y a vn pays non fort cf-longné de ces Brcfiliens,qui crt tel.Puis S Paul le prenant du P(êaumc,Lcur fon,dit-il, ert allé par toute la terre, amp;nbsp;leurs paroles iufquesau bout du monde. Ce que pluficurs attribuent
tgt;BS TROIS MONDES. I4
aux Apoftrcs amp;fucccflcurs qui ont ptcfchc en fi lointaines prouinccs: voire iufques en Indic amp;nbsp;Tartaric, où y a encores des Chreftiens. Quant à leur fourcc,rauthcnr dcrhiftoireln- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tjj.
dicnne, penfeque leurs anceftres chaflczpar Icsenfans dâIfracl de certains quartiers delà terre Cananéenne, amp;nbsp;mis dans des vaiflèaux, auroient elle iettez là , dâoù ils nâauroient peu aller ailleurs. Ils ont tant de femmes quâils en peuuent nourrit, amp;nbsp;attribuent lâabondance à galcntife. Elles viucnttoutcsfois paifiblcsSc lansialoufic, ores quetoufiours lâvnefoitla plus agrcable.Ils ue prennent leur mcre,flt;xur, ne fille à femme : mais tous les autres degrez leurs font bons. La feule proraefl'e ou fimplc icfuz du perc.fâit ou rompt le mariage. Lâa-dultere du cofte des femes leur eft en tel hor-reur.quc fans autre loy que naturelle,elle peut eftre tuée par fon mary,ou du moins répudiée amp;nbsp;renuoy ce aucc honte, V ray eft quâauant le mariage on ne foiâ: difficulté de Icspoftituct au premier venu. Et bien que la région foit chaudc,ils ne font fi paillardsquâicy.Lc rranail dâenfant nâcftgrand,amp;fi eft de peu dâheures, fen allans les femmes trauaillcrauffitoft. Les peres les nomment de noms dâarbres, fruidfs, arcs amp;nbsp;telles chofes à plaifir. Et leur font ordinairement des petits arcs,flcfchcs amp;nbsp;efpées, pour les habituer à la vengeance de leurs an-ceftrei. Leurauoir noué le boyau,couppent le refteà belles dents;amp; fans linge le mettent en nbsp;nbsp;z
vn liôt de coron pendu où ils couchent, Sc aucc petites pieces de bois Icsnettoyent fans
lobbert I.
tr.folâ
TROISIBME IIVRà autrcfoingny maifoDjlespcinturans de cou-leurnoirc amp;nbsp;rouge.Ilsaymcnt plus les mafles, amp;ncfadonnent quâà chafler les belles,tuer amp;nbsp;mangerleursenueniis, les femmes Eiifanslc relic amp;nbsp;trauaillaus plus que les hommes. Ils ont la compagnie des femmes leerer, amp;nbsp;non en public. Lelqnclles nâont point de fl, urs, amp;nbsp;fi fourmillent en enfans contre le dire des Me* dccins amp;nbsp;Philofophcs.Ils fentrâaymet amp;nbsp;fâen-trcfccourcnt. Mais leurs rares querelles fefi-nillent fans fccoursdâautruy fur le champ. Le blefleur ou meurtrier reçoit la peine de pareil ou talion,par les parens de lâoficnfé. Ils ne demeurent que cinq ou fix mois en vn lieu. Si quâcmportanslcur grandes pieces dc'^ois amp;nbsp;grandes herbes de pindo, elloffc amp;â couucrtu-re de logis.-vont à vn quart de lieue de là planter leur village,qui retient le nom premier. Ce quâils difen t faire pour châgeans lâair f en trou» ucr mieux. Que fils failoient autrement que leurs grans petes,ils mourroient foudain.Cha-cun Moulfaca peic de famille, a fes terres qu'il choifit fans foing de partage ny bornes comme noz auaricieux. Leurs meubles fontlnis, lits de coton en manière de retz ou filets à pef chcr,amp; autres tiflùs comme caneuas,longs de quatre à fix pieds , larges dâvne bralTe aiiec deux boucles de coron aux deux bouts pour les pendre amp;nbsp;lier.Les femmes font le mcfnagc amp;nbsp;vaifTcaux de terre quâelles polilfcnr comme plomb dâvncliqueur blanche amp;nbsp;les peignent gentimcnt.Char un ellr.mgcr prent vn Moufi fà ca en chacun village cemme patron, duquel
DIS TROIS MONDES.
ilcft fort bien traiâc,aymcamp; fccouru contre tous.Mais 11 k fault aller voir deuant quâaller aillcurs.Ils mangent amp;nbsp;boiuét à terre,amp; pour-cc quâils ayment fort le feu,ils demeurent peu fans en auoiv,nicfmemcnt la nuid amp;nbsp;crainde dâAignan. Ils ont deux tfpcccs de bois: dont rvncptcfeiucauflî tendre que fil eftoità demy '* pouiry,amp; lâautre fort dur: Lâayansaguifcaufli poindu.quâvn fufeau pat vn des bouts dâvn bafton dur:long de deroy pied: mettentcefte poindc au milieu dâvne piece de lâautre tedre, couché plat cotre terre,ou fur vn bois,amp; tournant fort fouda;n ce bafton entre les paumes des maiqs lomme fils vouloiét percer lâautre.â mtyendâtn de cefte royde agitation de ces bois fichez lâvn Autir. dans lâautre,fort non feulement lafumee,mais auflî telle chaleur, quâatiec du coton ou fucil-Ics feches dâarbres prtftes comme à nous le drapeau bruflc ou cimorccpresicfufil ,lefcu fi prend auflî toft. Les malades fc font fuccer aucc la bouche,le lang amp;i humeur de la partie offenfec par l'vn dcleurs amis,S:quelques fois par des abufeurs dids Pagcz,qui eft à dire Barbiers ou Médecins, qui leur font croire quâils arrachent leur mal.âvoire quâil leur prolongée la vie.Outre les fieures,amp; maladies à eux cora-muncs.bien que non tant quâà nous cxceflifs amp;nbsp;en climat moins tempéré que le leurils en ontvnc incurablcnommccPiau,laquelle bié quâelle vienne plus de paillardifc quâautremét; fi prend-elle auflî aux ieiincs qui en font couverts comme de verolc.âfe conucttiflà fit en pu-ftules pl,us larges quclepoulcc,quifcftendcnt
TROISIESMM t i V R B par tout le corps iufques au vifage, amp;nbsp;en por«! tent les marques à iamajs. Si le malade ne demande viures, ilnâenauroitdedix ans,amp; ne
laifle lâon de boire, chanter amp;nbsp;dancer pres de Juy. Sâil meurt j câeft pitié des hurlcmcns amp;nbsp;plainéles.des femmes raefmemcnt qui racontent fes louanges de bien tuctamp; mangcrles hommes fur tout; côme en Ecart amp;nbsp;quelques endroits de Gafeongne. Demie heure apres la *â**'^' mort, amp;nbsp;luy aiioir lié bras amp;nbsp;pieds, cnueloppc
de fon lit de coton,cft enterré en vnc folTe ro
de amp;nbsp;profonde 5c prcfquc tout debout auec quelques colliers ^plumalfcrics quâil aura le plusaymé, comme les Indiens du Perufont leurs Rois amp;nbsp;Caciques auec quantité dâor Si pierres precieufes.Et noz Celtes ancicnnemet auec le plus beau de leurs meubles, amp;nbsp;la femme quilesauoir le plusaymé. Et de crainte quâAignanles deterre amp;nbsp;mange foudain, ils mettent fur terre, farines, volailles, poiffôns, caouin amp;nbsp;autres prouifiós pour repaiftre lâef-prif.continuans iufques à ce quâils eftiment le corps pourry.Prefque comme les Rabins lu-J.14. lt;laïques,qui tiennent que le corps eft laifle en jfa.6^.14. la puiflanccdâvn diable nommé Zazel ouA-zazel,quâilsdifenccftrc appelle Prince du de-Viablts^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Leiiitique. Voire que pour confirmer
géant les «fl crreur,ils dcftoumcnt Ics paflà gcs do lâEf-maris. criturc où il eft dit au Serpent. Tu mangeras la terre tout le temps de ta vie.Car puis,difent ils,que noftre corps cft terre amp;nbsp;limon,amp; delà poudre quot;de la terre qui eft la viande du ferpenr, illuy cft fuict iniques à ce quâil foit trafmué en
Bes trois mondes. iS Jiaturc fpititucllc.AuflîPaaifanias racopte dâvrt diable Euritonius, duquel les interprétés des t^elphiens ont dit,quâil deuoroit la chair de» iîiorts,amp; nây lailToit rien quelles os, Ainfi les i Brefiliens laiflà ns leurs villages amp;nbsp;mettans des Couuertures de lâherbe nômeePindo fur les fe-pulchres.rcconnoifTent leurs cymetieres: amp;nbsp;fî les femmes fy rencontrent,elles rcnouucllent leurs pleurs.
Doneques ne pouuat Villc-gangnon,Vice-Roy en ces quartierSjCÃpatir auec la plufpart de CCS homes reformez'.leurauoir défendu 3c retiré lâordinaire defesviures, la demeure en fon fort, amp;nbsp;reietté de la côuetfâti» des autres, ils furet contraints fe retirer à la Briqueterie: où ils demcurcrent deux mois, 3c iufqucs à ce quâayans promis fix césliuresà vn Maiftrcdc nauirc qui chargeoit du brcfil,poiurc lôg,cot-tons,gucnons, faguoins,perroquets,6c autres chofés rares, eftant fur (on retour en France, fembarquerent le iiij,Ianuier,i5y8. auec le cô-gé 8c pafTe-pott du Viceroy. Leqlncantmoins dông à ce maiftre vn petit coffret, cnucloppc de toille circe(à la façô de la mcr)plcin de lettres quâil enuoyoit à plufieufs,aucc vn procès fait cotre cux,amp; vn mandemër expres au premier luge à qui on le bailler oit enFrace,quâen Vertu d'iceluy on les rctinft ôcbruflafl comme hérétiques. Toutesfois auoir finglc en plaine mer auec grâds dagers 3c fi extreme famine, q tout mage iufquâaux rats,oyfeaux8c couucrtu-res des coffres 3c rôdelles,ils eftoict prefts à fc mâgcrlâvu lâautrcjils virer terre le vingt-qua-
ARTICtE
4«
Turtle det Francell fe retinrent du
BreÃl.
TROISIMSMB LIVRE
tricfmc May. Puis aucuns dcfccndcnr à Ho-dicinc,autres à Blauet amp;nbsp;Hanebou fâauoiifcï des luges aufquclson prcknta ces inforina-tions.Mais ayans plus de pitié d eux que dâen-uiede Iciirmal faire, fc retirèrent où bon leur fcnibla.Depuis ViJicgangnon ne rcceuant fc-cours dâaucun cndroiótdc la Fiance, veu les nouuclles que ces refehappez firent courir de fes porte mens; amp;nbsp;les Portugais le voyanspeti aymé amp;nbsp;afliftedes ficnsjcntreprindrcntdcluy cnicucr fonfortauec lâayde des Margaias !lt;. autres fauuages. Si bien que crainde amp;: dâap-prehéfioi) quâil eut dâeftre boucane pariceux, ou crucifié par les Portugais, il quitta bié toll le par .-ramenant en Frâce tout ce quâil y auoit ferre de plus beau amp;nbsp;lingulier 11 laillà neant-moins quelques (oldats dedâslefortjaufquels il pcomift fils tcnoicnr bon deux mois, de retourner auec Iccours.Mais allaiIJis par plus de quinze cens Portugais, amp;nbsp;chaudement pour-fuiuis,furent dans quinze lours faute de poul-dres amp;nbsp;munitions contrains de Ce rendre à cô-fiofit ion de vie fiuue.Qiiâils eurent en partie, es autres demeurans tfclaucs des Poitugais contre l.i foy iuree, le rt lie des François clga-rczç.1 amp;nbsp;là ,bien quâabandonnez de leurs cô-p.ignons jà en h lurc nfei peur reuoir la France,le vovans aicoinp.'gncz degens mal aguerris, m.il-ent.etinuz, voue du lont alengouris dcfiminc amp;nbsp;autre:, paniircrez : picmier qu attend! e la fu(eurd--lâlt; nm-inv ft. letirtrcntaucc les fauuagts-l.nHà nsà !.i dilciction des ennemis deiouïrdelà fortcicJlêbaltieaux d.Ipens du Roy
DES T R O I S M O N D I S, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iZ
du Roy deFrancCjà lafucuramp;trauaildeplu-fieurs gens de bien . Lâartillerie marquée des armes de France, auec fes armes amp;nbsp;autres mu-. nitions deguerre, furent portées à Lisbonne principale ville de Portugal en triomphe amp;nbsp;1 trophée de viéf oire. Les François ainfi retirez ! en terre auec leurs aliénez, vefeurent depuis ; à lafauuagine, iufques à ce quâaucuns trouuc-j tent moyens auec le temps defe defrobcramp; I paiïer en France és nauircs Normans, qui def : tendirent amp;nbsp;chargèrent en ces carriers, mais plus rarement amp;nbsp;plus fecrettement que par le â pafle. Somme que tout le fruit de lâentcprife de Villegangnon mal conduite amp;nbsp;malheurcu-fement exccutée, futvn peu de renom,que les différends de religion quâil continua depuis iufques alamort, pareferits imprimez contre les Proteftans, luy acquirent parmylc peuple François : fruftré parfa propre faute dâvn rené éternel,fcmblable à celuy q Chrifto ; fle Colô Génois,Americ Vefpuce Florétin,ies Pizarres,Cortez,Albuquerq , Pedraluarez amp;nbsp;autres capitaines Efpaguols amp;nbsp;Portugais, ont acquis par lâheureux progrez amp;nbsp;louable hn de pareille entreprinfe. SommequeleGouuer-I Heur du Brefil pour le Roy de Portugal falfcu-tade toute celle code; en laquelle les François dans peu de mois dcliberoient de def-â cendre à centaines poury ellablir fous Ville-gangnô vnlicu de refuge à tous ceux qui tour-i nientez pour quelque occafion que ce full, I tulfent mieux aymé fuiure le hazard du bien
amp; du mal quâils y culfcnt peu trouucr. Auquel ce
troisiesmE livre
Premiere def-emuerte du Breftl par les PtttHgais.
cc Viceroy nâofaperfîftcr, crainte dâcftrcrc-iioqué amp;nbsp;puny comme hérétique, ainiique portoicntles lettres quâil rcceut de pluficurs delà Court, auffi toft quâils entendirent par Je raport des premiers, les grands moyens qui ry prefentoient pour y auancer la do-(îîrine de leurs ennemis. Voicy quand, par qui amp;nbsp;comment les Portugais ont defeou-uert , peuple , fortifie amp;nbsp;police rout ce pays.
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Au fécond voiage que les Portugais firent fous le Roy Don Emanuel pour la dcfcouucr-tedosIndes Orientales: Pedraluarez Cabrai partit de Lisbonne le neuficfmc Mars mil cinq cens, comme il eut delcouuert le Cap verd fuyuant la cofte de Barbarie, pour doubler le Cap de Bonne cfpcrancc, fur pouffé f ur la co-fle de lâAmérique. Dâoù auoir defcouucri le pays beau amp;nbsp;les fauuages dâantre port que ceux de la Guinée, fut confcillé dây tenir, amp;nbsp;pour ce cercher vn feur abord. Ce quâil trou-ua au Haute que depuis il fit appellcr Porto feguro, tant pour lâaiféc dcfcente,quc pour lây eflrc veu frac delà tcmpeftcamp;borafqu-^ qui corn mençoit à fc Icuer. Defccdu,il vit au l en-demain lesfauuages comme efmerucillcz de leur venue amp;portcmans, contrefaire tout ce quâils fiifoyct à La Melle amp;nbsp;aux prières quâil fit faire pour rendre graces de leur defcentc. Ce qui luy acreut le vouloir de defcouurir plus outre . loiiit quâil fe perfuadoit que ces fimples gens reccuroyent aifement relies impreflions dedodirinc quâon leur don-ncioit. Pourcc ayant mandé au Roy Ma-
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DES TROIS M O M D E S. iS
Mucl tout ce qui en eftoit : eut mandemenr auec nombres denauires accommmodez, de palFer outre,« la defcouucrte de tout lcpaïs:amp;
â ainfi peu à peu toute cefte cofte fut connue amp;nbsp;vfurpeepar les Portugais. Deuant que palfer outre, ievousdiray comme lâItalien Americ j Vefpuccladefcçuurit.
j Apres que Vefpuce futretourné enSeuile article delà delcouucrte des Indes Orientales fous le 5-' Roy Fernand de Caftille, délibéré de fe repo-lier pour apres retourner encor en lâifle
Perles ; Manuel de Portugal lâecuoya prier de Us ttrns lâaller trouucr en Lisbonne, amp;nbsp;le fit en fin vc- Ne»fues four hit, pour fous fon nom amp;nbsp;frais defcouurir autres terres. Ainfi partant de Lisbonne le dixicfme luillct mil cinq cens vn,print la veuc delà grand Canarie, amp;nbsp;fit voile Iclon lacofte dâAfrique vers lâOccident : où rafraîchi, cou-laiufquesà la cofte dâEthiopie , outrepaflant auCapdeVerd, Et pource quâil vouloir aller à lâOftre parle Golfe Atlantique : drelia le Cap au Su:Si quâen foixante fept iours batues de pluie amp;nbsp;autres grans orages nauigeansen luin toufiours pres lâEquinodial tendât lâom-breauMidy, arriuaà vne Iflequâil iugea cf- Brefilpremie-'lorignee defept cens lieues vers Lebec, Et îu xvij . Aouft dcfcouurirent les terres Neufucs,païs doux amp;nbsp;vcrdilfant (dontils prindrent pofleffion au nom du Roy ) i'hargé debrefil amp;de cafte ; bien peuplé de '/îuuages cruels, fous la ligne vers Oftre.Mais âyant enuoyé cinq hommes auec vn fauuagc
*^ud comme ceux de lâAmérique, ils les
cc ij
TKüISlESME LIVRE mangèrent. Sortansde là tirèrent entre le Ic-nantamp;le Siroc.Etauoir bien couru,vindrent au cap quâils nommèrent de fainét AugulHn, faifans voile par Libeccio huit degrez hors lâEquinoûial, Veil öfter. Luisen trouucrent dâautres plus humains; mefmes que trois (âembarquèrent volontairement pour Portugal. Celait auancereiit tant vers Aufter,'quâilsfe virent hors le Tropique de Capricorne . De forte que le Pole Antartique fe leuoit (ur lâo-rizon trete deux degrez, ayansja perdu Vrfa Mineur, amp;nbsp;la Maicut reftant fi balfe quâà peine femontroità lafin de horizon ; qui leur fut occafion defe gouucrner parles cftoilles de lâautre Pole; qui font plus claires, plus grandes amp;nbsp;en plus de nôbrc que celles du noftre, defcouurâs pres de fept cent cinquante li-jcs de celle cofte depuis le Cap de fund AugUâ ftin en dix mois . Toutesfois ne peut defeou-urir mines dâor ny dâargent. Si cjucrefolus de feiertet en vne autre mer, nauiguerent par le vent deSiroedes le quinziefmeFeuricr, que le Soleil lâapprochoit de lâEquinotSiahrcrour-nans verslâhemifphere deSeptentrion; enfin fe retournèrent fi auà t que le Pole antartique cftoithautamp; hors de noftre orizon cinqua-tc deux degrez, cflongnez du port dâoù ils cftoient pai ris bien cinq cens lieües. Ce fut le troifîcfme Auril que La tempefte fefieuafi grande , que tous penlbicnt périr : amp;lc feptiefme Auril virent les nuits de quinze heures , pourcc que le Soleil cftoit à la fin dâA-rics. Et lors ils defcouurirent la terre Neufue
DES TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le,
courans vingt lieues pourlâattaindrc .Or bien quâelle foit belle, fi eft- ce que ne pouuans aucuns le remuer pour lâextrcmité du froid, brouillards amp;nbsp;obfcurité du temps : conclurct de retourner en Portugal. Car feiournans là dâauantage, ils efioient en danger dâeftre perdus, faiians les vÅuz de pèlerinage amp;nbsp;autres accouftumez poureneftre (orris fansincon-uenient. Apres ce ils nauiguercnt cinq iours à grand courlc amp;vcnt en pouppeaucc le feul bourfet neantmoins, encor bien bas, entre
la Tramontane amp;nbsp;le Grec, pour aller rcco-noiftre la colle dâEriopic qui cftoit loin de treize cens lieues. Ainu le dixiefmc May arri-Uerent près la ville de Serre-Lyone. Etlclcp-tiefmcScptembrc mil cinq cens deux à Lilbô-iic, ayans employc quinze mois amp;nbsp;vnze iours en celle nauigation: fans iamais voir lâEftoil-le tramontaHc, ny lâVrfii Maicurny Mineur que lâon appelle la corne, forcez de le régler par les eftoilles de lâautre Pole.
Seconinjiya-de t'effuce a» Brefit,cu^â dant ader a Malacafeur le forta^ait, Malaea a fin ^rand traffic en Orient.
Puis fut employé pour dcfcouurir la ville de Malaca en Orient, pour le btuitdc tant de richelTcs qui y clloient.commc en vn magazin amp;retraittc de tous les nauircs qui viennent delà Mer Gangetique amp;dc lâIndienne, non moins que Calix, qui cil le logis de tousvaifi féauxpalTans du Icuantau Ponant. Malacha cil plus au leuant que Calicut, amp;nbsp;plus haute partie du Midy, en hauteur de trois degrez denollrc Pole . Tellement que le dixiefme May mil cinq cens trois, fut auec fix nauircs auxifles de Cap verd. Puis ayans le Sirocen ce iij
TROISIïSME LIVRE
dt aarint.
poupe, furent à Sierre-Lione, fè dcftournans de leur chemin pour 1âorgucil du General qui vouloir barre ce peuple amp;luymonftrer Ies forces. Mais la tempefte leur fit quitter, pour nauigucr par le Sudueft entre leMidy amp;nbsp;Garbin : où ils coururent trois ccnslieuës outre lâEquinodial vers Oftte. Ce pendant le dixicfme Aoull le nauire des prouifions de lâarmee, fe perdit contre vn rocher dâvne petite Iflc, quâils defcouurirent non iainais habitée; à deux millicües de Lisbonne, nây treu-uans rien que eaux clercs,arbres hauts amp;nbsp;vers, taupes dâeftrange groff'cur , canars à deux queues amp;gtos ferpens . Ainli Vcfpuce fc voyat efgaré du General de lâarmee par ce dc-faftre: amp;nbsp;ayant fait fa prouifion, partit delà auec le vent dâentre le Midy amp;nbsp;Libcc, en gardant lâordonnance du Roy, qui porte: que toutes nauires perdues ou fcparces de lâarmee oudefon Capitaine, drcflà ircnt leur chemin vers la terre quâils auoient defcouucrtc au premier voyage . Parce defcouurirent le port nommé la Baya de Tutti Santi auBrefil fous le Cap faindt Auguftin, entre la riuicrc du Brésil amp;nbsp;celle de faindl François : diftant trois cens lieues de lâIfle inhabitée , oùilsfurent deux mois quatre iours, attendant le Capital- « ne qui ne vint point, Puis auec fa conferue, defcouurit enuiron deux cens foixantc lieues, amp;baftitvn fort à vn haureoù illailfa vingt-cinq hommes, y arreftans cinq mois faute de gens amp;nbsp;prouifions ne pouuans palfer outre. Puis aians pacifie le peuple voiün du
DES TROIS MONDES. 20 forr,oùilslaiflcrcn£ douze hommes cnuitail-Jez pour fix mois, portez dâvn vent entre le Grec, amp;nbsp;la Tramontane dit Noruod cft,arri-uertnt en feptante iours à Lisbonne ledix-huidiefmc luin, mil cinq cens quatre. Lâaf-fiette de cefte terre cft audelTiis dcladroiôlc ligne de lâEquinoftial du coftc dâOftro dix huiddegrez,amp; hors delà feigncurie de Lisbonne cinquante dcgrcz amp;nbsp;encor plus à lâOccident.
Les Frannçois toutesfois , Normans fur article. tous amp;nbsp;les Bretons, maintiennent auoirpre-iniers dcfcouuerts cestcrres:amp; dâancienneté, trafiquer auec les fauuages duBrcfil contre la riuiere de fainâ; François au lieu quâon a de- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
puis appelle port Rcal.Mais comme en autres laijfent fait-chofes mal auifez en celà , ils nâont eu lâefprit nbsp;nbsp;dâfntmde-
ny difcrction de laificr vn (cul efcrit public pour alfeurâce de leurs deffcins auffi hautains 'î'tùrs' beauv amp;nbsp;généreux q les autrcs.Tellemct que le Por- jeffeint, tugaiscômcdela théorique amp;nbsp;experience au fait des voyages amp;nbsp;defcouucrtes maritimes, fupetieurs à toutes natiôs: auflî en celà fe veut il attribuer lâauantagc dâeneftre paifiblc fei-gneur par le moyen de Pedraluarez. Lequel pour lailTerauant que partir nom cternel à cc-fte belle Prouince, fit haulTer au pl* haut de la plus grade arbrierc quâil peut, vnc croix beni-fteauecroutes les folennitez quây peurét pratiquer les Preftres quâil y auoit menez.La nô-tnantainfi terre deS.Croix,dôtils celcbrétla fefte en Portugal au j.dc ce mcfme mois.Ioint lâordre des Chcualiers Portugais,qui portent cc iiij
TROISIESME LIVRE
Ia Croix pour leur marque ordinaire , Les François feuls lâont nommée terre deÃrefil par ignorance de cequedelTus, amp;nbsp;quâils y ont trouué ce bois à cômandement : encores quâil nây Ibit quâen vne contrée, laquelle mefme en frMeCroix porteaflèz dâautres fortes. loint que la terre fourijitay les tient couleur vermeille plus quâautre. Donc-/â rÃncoM sâot quesla Prouince de là inôte Croix iugeepar iMznmf« ter- jes Portugais partie de lâAmérique, lâvnedes Ttdii ÃrtCil. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 J r
quatre parties du monde, de Ion cerammccc-ment demeure à deux degrez de iâEqui-nodial versla bande duSus.Dâoù amp;nbsp;par mefme codé du Midy, ellefcftcd à quarante cinq degrez.'eftât ainfi vne partie fouz la zone torride amp;nbsp;lâautre fous la repérée,corne afleure Pero de Magalhanez à Dom Louys Pereira gou-uemeurés pays de Sus. On la dit reprclentcr Vjprtjitnn Informe dâvneharpc,ayât verslâEftle Royau-famdecroix âIC de Côgo S)C Aagola amp;nbsp;le Cap deBôneef autremtnt d» perance qui luy eft oppofite. fit lâOccident les iBrefil, hautes môtagnes du Peru. Au Sus, la terre
Auftralc de laquelle le feul deftroit de Magellan la feparc. Et la tient on la meilleure Prouince de toute lâAmerique , amp;nbsp;qui mefme ne manque demynes dâor amp;nbsp;dâargent, outremil autres coramoditez dont le Pérou Si autres ont faute. Voirelaplus fiinc de toutes, pourcc quâelle ne reçoit que les vets Nor-deft. Sus amp;nbsp;le Sueft. On y comptent les trois plus beaux fleuues quâon aye iamais veu amp;: Ltfltutu des A fçauoirceluy des Amazonnes,quâau-t^ma^eitnei nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Efpagnols toutcsfois nomment
d^Ore^U», Orcglan du nom du Capitaina nauigant
DES TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;21
dcflus. Si qui à fon retour afl'euroit auoirveu trouppes de femmes comme Amazones équipées en guerre pour luy defendre la defeente à la colle, lieft à demy degré de lâEquinoôtial vers le Su; amp;nbsp;donne peu plus peu moins de trente lieues dâemboucheure : prenant fource dâvniac eflongne de cent lieues de la mer du Su, procédant des montagnes de Quito. Car les Efpagnols y ont nauigé fix cens lieues en auant.Le fleuue Maragnon diftantplus decét i, lieues de lâOreglan.fc delbouchant en mefinc Mara^non. mer ayant fept lieues de large, nâeft gueres moinslong. Ilprcndfource des montagnes du Peru en la Prouince de Cufco, lâvn des ic-iours de ce grand Roy Alabalipa, qui fournit vnc fi mcrucillcufc rançon à François Pizarre. Il nâeft pas fi plein dâeau, ne fi profond auffi. Qui fut occafion aux Efpagnols dâentreprendre à dcfcouurir les terres par lelquclles il paf-fc,amp; le recercheriufqucs à fa fource; Mais nây feeurent defeendre plus de deux cens cinquâ-te lieues.Et afin de lai fier les grands fleuucs de S . François, duquel amp;nbsp;des terres prochaines les Portugais difent quâon peut tirer grande quâtité dâor,dc ParagOtilu amp;nbsp;autres,ic ne par-leray que du plus eftrange de tout le monde, que les fauuagcs nomment Paramagacuc. Les Efpagnols,des terres dcfquels il croift amp;nbsp;def-cend, amp;nbsp;pres ducjuel on a dcfcouucrt des mines dâor,lâappellct Rio de Plata; les Portugais Rio da Prata,qui entre en mer large de quara-telieués.Il fe rend nauigable plus de trois cês lieues delong,amp;faiôl vnc infinité de belles
Gtuutmt-mens ,Capi~-tatneries polices des ^ortu^ais tis t^iHeriâliee.
T R o I 5 Iï 5 M J LIVRE riches amp;nbsp;grandes I fies, occafions des grandes batrures amp;nbsp;dangers qui fây rencontrent. Les deux premiers courent vers le Nort,amp; ceftui-cy fc drelTé vers lâOrient. Au refte la Prouince de fainôte Croix cft au-iourdâbuy réglée amp;nbsp;maintenue fouz le Roy de Portugal par huiét Capitaines ou Gouuerneurs,chacun defquelz dâeîlenduëpour le moins dejo.lieücSjrecon-gnoill fou chef,(on Eucfque amp;nbsp;(on luge, qui tous reCpondentau mandement du General c-ftably fur tous : foit Capitaine, foitEuefquc, (oit de Jufticc.âpremicrement inftituée par le Roy Dom lean tiers du nom,qui les y enuoya f hoilîs pour le merite de leurs vertus; auec forces, vinres, poudres, artilleries, amp;nbsp;autres moyens necellaires pour fyaHcurer aux lieux quâils trouueroiét les plus propres à tenir tout Icrcflc en (ubieftion. Ce quâils rirent parla douceur du rraftic amp;nbsp;conuerfation familière: bien autrement que les Elpagnolsqui contre lâaduis des leluites amp;nbsp;autres Ecclefiaftiqucs quâilsmenoientauec eux, leur confeillansla douceur, nâont dompté leurs Indes que par forcc,tromperics amp;nbsp;plus eftrâgc cruauté quâon Comme tel nefçauroit croire. Puisenjambans pcuà peu lââniâ''quot;rtc^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;liberté de CCS fiuujges qu'ils
és'indcs^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelquefois pour leur donner oc-
cafion de les faire retirer plus en terre : (efont rcllcmétaircurez des coftcs,quc peu yfçau-roiçnt defeendre quâà leur mcrcy,( ils ne prennent plus versie Nott. Le Portugais atouf-iours eu vn tout autre buten fes defconuertes quclâElpagnoljquifcd voulu rendre feignent
DES TROIS MONDES, nbsp;nbsp;nbsp;21
abfolu amp;nbsp;par force de tout où il a mis le pied. Mais ceftuy-cy ne cherchant que le profit qui luy pourroit venir de traffiquer auec toutes les nations tant en Orient quâau Ponanqioint quâil nâeft fi peuplé ne fi pratiqué aux armes q lâautre; fcft contenté du profit au commerce, laillà nt les peuples en leur liberté premiere. Entre lefquels reft feulcmét referué quelques endroits fur les aducnucs des colles où il a ba-fty des lieux forts; non pour mettre le peuple en fcruitudc,mais feulement pour y auoir vne afi'eurée retraite à fes marchadifes : amp;nbsp;defédre les entrées en ces pays à toutes autres nations qui pourroient accourcir fon gain, felon quâil cil porté par lâaccord que le Pape Alexandre fitjiDy-partilfant en deux, (au grand mefeon-tentement toutesfois des autres Princes ) de lâOrient en Occident toutes les terres nouuel-lement defcouuertes entre ces deux Princes. La premiere amp;nbsp;plus ancienne peuplade des Portugais en lâAmérique fappelleTamaraca; ainfi nommée dâvnc petite Ille où elle fut premièrement drelféc. Pero Lopze deSoufiilut le premier qui lacoquill amp;nbsp;gaigna furies Frâ-çois qui la tenoient en route liberté. Elle a vn grand amp;nbsp;petit haute fort commodes. Lâautre cil Parancnbuco,que les François corrompét en FernanbuCjdâoù ils tirent du fucrcalTez bô, de grand nombre de canes quâon y entretient amp;cultiuc foigneufement. Maisilnâell blanc nyfinet quedcMadere. Duarte Coelho la conquit,amp; peupla fut vn haut, contre la mer, cinq licüesde Fille Tamaraca. Et fut le lieu
Se[gt;4rtemtnt amp;nbsp;diuerfts ffuplades Jet Portugais an B refil de merii^ne.
TROISIESME LIV RE
nommé Olinde,qui eft auioiirdâhuy bien peuplé amp;nbsp;de grand trafic. Cinq lieues en terre Iga rocu,autrement la ville dos Cofmos, eft aulli bien peuplée amp;nbsp;fort fréquentée, tant pour la demeure du Capitaine en Ion gouucinenicnt, que pour lafaueur quâils tirent des lauiiages voifias. La troificfinc eft la Baia de todos os fintos,quâils nomment la terre du Roy.En laquelle demeure le Gouaerneur, lâEuefque amp;nbsp;Liouidor general de toute la cofte. Francilco Pereira Conrinlio la conejuit amp;nbsp;peupla premièrement par force: mais en fin les (aunages le repou!rerenr,amp; luy ayansfaidlaftlier prin-fefutreconquKc amp;nbsp;peuplée par Tliome de Sonia premier Gouuetnenr general decefte cofte.Elle tient trois beaux villages eftongnez cent liciies de Parananbuc: amp;nbsp;rcfidelcGou-uerneurà lainél Salnador, baftieparThomc de Soulà .Lâautre qui cftoit la prcmicre,eftau-iourdâhuy nommée Ville Velia : amp;nbsp;quatre lieues dans terre eft Patipc,baftic le long de la baye, belle iS: grande pour y receuoir toutes lortcs denauires.La quatrielmc de dos llheos cil deüeà lorge du Tigucire do Correa Gcn-til liomme de la chambre du Roytpar le commandement duquel Damcida la fut peuplera trente licuésde la baye de tous les Saints, le long du fleuue où entrent les nauires,auquel lesAlmadies des lauuages amp;nbsp;conterains apportent parla riuierc tour ce qui leur eft be-foin. La cinquicfmc nommée Porto Seguro, fut conquife par Pero docampo Tourinhoà trois lieues de Dos Ilhcos,qui eft de deux vil-
DES TROIS MONDES.
lageSjCntrclefquels palFc le Hciiuc où entrent les vaifleaux, dilt;St port aircuré pour la bonne ladcqiiâil y a. La lîxicfme cft celle de (à ndo Spirito, conquifepar Vafco Fernandes Cou-iinho,qui peupla en vnc petite Iflccflongnée de foixante lieues du bon port,aiitremct Porto Seguro. Câeft la plus fertile ôc mieux pour-Ueué capitainerie de toutes, pour lâabondance des poifTons amp;nbsp;diuerfité de challèquelc fleuueamp;les bois luy donnent. Lafepticfmc eft du Rio de laneiroditc Genabara parles fiuuagcs amp;nbsp;par les François Gencurc,conqui-lè fur eux alï'ez légèrement comme ie vous ay diteydeffus, par Man de SaGouuerneur de toute la colle. La peuplade eft nommée faindl Sebaftten, cllongnce foixante cinq lieues du fainél Efprit, le long du bras de mer qui entre fept lieücs en terrc,amp;à cinq de trauerfe au plâ largejamp; au plus cftroit de lâcmbouchcurcà vn tiers de lieue. Au mitau,ellc laill'e vneioquc de cinquante lix braflesde fond ôc vingt lîx de large, pour vnc fortcrclTe imprenable lâaftcurance de toute radiicnuc.La Lùiûiefmc amp;nbsp;dernierc eft celle de fainôt Vincent,coquife par Martin Allôcc de Soufa,qui a qiiatic peuplades,deux fizes en vnclftc,qoi diuife V'n bms de mer, lequel entre en terre en forme de ri-uicrc, eflongnees dcGeneure quarante cinq lieücs.La bourgade de faint Vincent eft belle, lâautre de Todos Santos eft pour le (ctour du Capitaine ou fon Lieutenant, Ofticiers amp;nbsp;Confcillcrs du gouuernement. Cinq lieücs tirant au Su, y en a vn autre due FLtauhacin.
TROISIE3ME LIVRE
Douze lieues plus auant en terre, cft le village faint Paulo, que les peres de la coinpanhia, dreflerent amp;nbsp;peuplèrent de la plus-part des habitans nez des Indiennes du lieu amp;nbsp;des Portugais. Il y a vnc Ifle versie Norr,que cft bien pourueue dâartilleries pour défendre lâentrée que les Indiens amp;nbsp;autres auoient accouftume de prendre en ces endroits. La focietc des le-fuites a fort profite en ces cartiers amp;nbsp;mieux aC feurélâeftat du Roy quâil nâeftoit, comme ic vous ay dit ailleurs,vous defcouurant la four-cc amp;nbsp;progrez de celle compagnée: encor que le Capitaine laques Sore Vice-Admiral des ProtellanSjlâan mil cinq cens feptante, enict-tall quarante en lâeau, auec toutes leurs reliques, amp;nbsp;autres meubles quâils portoient au Brefil,pour la conuerfion des infidèles,
ARTICLE
7.
Fernl^d
^tQan Getil» homme
tus-dis m.iï-eenlent ii'vn rrfit) rfe Jon lioy,lui â J
Reftc la dcfcouucrte des Moluques, fi riches en clpiccries. Le difeours dcfquellesiâay de propos délibéré remis à ce lieu : pour-ce quâelles ont cllé defcouucrtes par lâvne elt; lâautre de ces nations, amp;nbsp;quâelles y ont femblé vu temps trafiquer comme en terre commune, ou du moins propre au premier occupant, loint que le moyé par lequel lâEmpereur Charles cinquiefme en eut la congnoilîance entendu de tous,fcruira peut-cllrc dâaduertilTcmcnt aux Princes amp;nbsp;aux fubiets dâvn notable exemple,à ne fe mal contenter fi fort de leur Roy, ijuilcuraura fait quelque{afcherie,quâilsmettent Ion Eftatamp;Jepays de leur naifiancc eu aucun hazard. Poury acepierirplus dcfoy,ic nây adioufteray rien du mien :ains prendray
DES TROIS MONDES, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã4
le tout delâHiftoire de Portugal ; iufqucs à y vfer prcfque toufiours des propres mots de lâAuthcur, Le tout vint de Fernand Magellan, Gentil-homme Portugais de grand cÅur amp;nbsp;hautes entreprinies, qui auroic fait prenne de fa vaillance amp;nbsp;addrefle tant es guerres des Indes,que contrelesMores en Barbarie.La cou-ftumeeftoiraheienneen Portugal,que les fer-uitcurs domcûiqucs du Roy feuflent nourris à fes dcfpens en fa maifon. Or dâautant que le nôbre des domeftiques acrcut (à caufe que les fils des officiers du Roy fucccdoient aux places de leurs peres, amp;nbsp;que plufieurs autres e-ftoiétenroolicz auccles domeftiques à caufe de leurs bós fcruices)il ferabloit trop mal-aifé dâapprefter viande pourtant de gens. Cela fut caufe que les Rois de Portugal donnèrent pé-fion dâargent à leurs domeftiques, afin de nâc-ûre plus fubiets de les nourrir: ainsleur per-tnirct de fe traiter à leur fâtafie, amp;nbsp;ainfi aduinc q chacun receuoit fes gaiges tous les mois.Or eftoiét les viures à fi vi]pris,qla fommedâar-get affignee fuffifoit rât petite fuft clle;maintc-«antquelemôdeeftcrcu, amp;nbsp;que les viures autres chofes neceftà ircs à la vie humaine font récheries de beaucoup,ceft argét dót lâó auoit quelque refte au bouc du mois,ne fournir pas à ladefpéfcdedeuxiours. Toutesfois à caufe que les Portugais ne fcftimét honorez, finon cftâc de la maifon dHROy,chacû tafehe en toutes fortes poffibics de toucher tels gages tous les mois,aufti arcâement que fi câcftoit quelque bien grande fomme.Et tome ils nâont louhait
Itdeuoir pays, peur fi doner à l'Ef. papnfil, rijâ fous fes frai HZ, dejceuurir let Meluclues , lity perjuadat de les maintenir contre le Portugal!.
TROISIEME LIVRE
plus grand dâeftrc couchez cnlâeftatdes ofB-tiers doineftiques du Roy, aufli tiennent-ils que leur honneur croift félon la fomme quâilz reçoiuent.Car il y a diuers offices,tellement q celuy quieft en plus haut degré, a auffi plus gros gages. Les Gentils-hommes ferums y font en plus grand nombre que nuis autres officiers: neanrmoins à caufedes degrezde noblcflèjles gages ne fontefgaux, amp;amfi felon la valeur dâicéaxon iuge de la noblelTc de chacun, amp;nbsp;eftime-on plus noble celuy qui reçoit le plus. Or bien que ce iugement foit prcfquc toufiours faux,dâautant que plufieurs obtiennent par hazard ou importunité,ce qui nedeuroit cftrc donné quâà la vertu amp;vraye iioblclîc : ce nonobftanc les Portugais gens ambitieux, amp;nbsp;qui cuident que lâaccroift de quelque pongnée dâargenr,les face plus grà ds Gentils-nommes,font grand bruit fouucnt pour ceftepaye, comme iî de celà dependoit leur vie amp;nbsp;honneur. Or Magellan maintenoit que fes fcruiccs meriroient rehauHcment dâvn demy ducat furies gages de chafque mois, ce queleRoyluy refuiâ, craignant dâouurir la porreaux ambitieuxidont Magellanfâoffenfa iî griefuement quâil quitta le party du Roy, fauia toute promeilc,^ mit lâeftar en extreme danger. Et combien quâil nous faille fuppor-ter les outrages dâvnc République, aualler doucement les dcfplaihrs que les Rois pères dclâEllat nous font,amp; que nous foyons rede-uables de noflre vie au pays duquel nous la tenons ; fiçft-cc que xMagclIan tonçcut vu tel dcîpit
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â defpic dureffus dcccdeiny diicar, quâà (on pofliblc iltaftha de ruiner (à patrie, pour laquelle il deuoie volontiers mourir an befom. Car Icschofes envindrent là , que les deux ' Royaumes dâEfpagnc amp;de Portugal furent ftir le point dele perdre . Somme que Magellan lâoublia iufqucs là de penlcr quâil luy c-lloit loiliblc dâeftre pariure en quittant par tcfmoignage public la fdclitc par luy dcucau Roy amp;nbsp;à la patrie. Aulîî ne ft il difficulté de fc retirer incontinent vers Charles Roy dâEf-pagne.'luy donnant à entendre que les iHcs Moluques lîtuccs au delà la Cherronclfc dâor, appartenoient au partage du Roy de Cà ftille, Ce quâEmanüelles vlurpoit lur fon comparti-fant. 11 mena quant St ioy Roderic Palier,qui faifoit de lâAlltologue, pour ficher mieux cefte opinion en lâéntendement de Charles. Aluarez de Code lors Amballà deur enElpa-gne le prefente à Charles, luy ramentoit lâalliance des deux Roys,que câeftoit choie mal feante à fa grandcurdc prefter l'oreiHcà telles gens, qui controuuoient impudemment amp;nbsp;faifoient accroire ce que bon leurfembloir, enauâffi vaine Sc mefehante confciencequâils auoient abandonné leur Princc.Que tous homes, fur tous les Roys, dcuoientrcicûcramp; dctefterles traillrcs; St que lesfauorifer, câe-ftoit nourrir vnepefte allez forte pour arracher le nom Scrauôlorité Royalle du cÅur des hommes.
Charles qui eftoir de douce nature,cômen-çoit à fermer lâoreilic à ces nouueaux trou-dd
ARTICLE.
8.
TROISIESMB LIVRE
Xt^lonmt tntTt lts .Riystlt Ca-flitlt ör Je Tertu^al peur let Jef-tenmrtes Jes tares Neitf-ttes.
Internem fur les reuses Je la mer fait par les Pûr-luxais.
ucursdcMoluqucs, files Seigneurs dâEfpa-gne ne reufTent perfuadé dâembrafler toutes occafions propres pour agrandir fon Empire. Pourtant ordonna que Magellan auroit quelques nauires pour aller trouuervn autre chemin en Orient ; car par lâalliance traitée entre les Roys lean fécond amp;nbsp;Fernand dâAragon, lors quâils arreftetent que chacun pourtoit fans offenfer lâautre, dcfcouutiramp; conque-ftertout ce quâil pourroitjil fut ordonne que les Efpagnols ne fuiuroient la route des Portugais, ains en prendroient vue du toutop-pofite ; aflauoir que les vns vogucroient en Orient, les autres à lâOccident, pour enui-ronner le globe des mers ôc de la terre. Par ce moyen il cftoit permis à chacun dâeux, attendu que le contenu de la mer amp;nbsp;de la terre nâa de mefurc en longitude amp;nbsp;latitude que trois cens foixante degrez , de dcfêouurir amp;nbsp;fubiuguer la moitié de ce nombre, le Méridien feruoit de borne. On appelle Méridien vne ligne imaginée au ciel depuis le Pole Artiqueiufques à PAntartique; laquelle (quand le Soleil y cntrc)monftre aux habitans diredemét pofez fous icelle quâil eft midy ; amp;nbsp;côfidcrce en fii longueur ( qui eft lâcfpace terminé delâOricnramp; delâOccidenr, ) eft attente fix degrez ou enuiron diftant de Lisbonne. Or lâerreur de Magellan amp;nbsp;des autres qui lâont fuiuy, fur ce quâils debatent que les Molu-ques appartiennent au Roy dâEfpagne, eft procédé de pluhcurs cauies. Premièrement câeftvn ordinaire, que quand nous ouurons
DBS TROIS MON b I S. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lÃ
Yn chemin non frequente au parauanr/amp; lequel nous ne pouuons remarquer par certaines montagnes , deftours ou autres tels lignes apparens, il fcmblc beaucoup plus long, fur tout en la nauigation, oùilcftiift-pomble de limiter Fefpacc denoftre route par monts, vallées, ny par aucunes marques certaincs»Dâauantage ceux qui fingier en mers incognucis,pour fc vâter mieux, amp;nbsp;faire qu'on les eftirne beaucoup, allongent les lieues de moitié, afin que chacun les regarde par elba-hificment comme gens rcuenuz dâvn autre monde. Il y a cela encor, que les mariniers Se pafiagers non verfez en Agronomie, quoy quâils difent, fe trôpct,pcnfans tenir la droidc route, lors mefmes quâils ne font finô voguer derumben rumb, amp;nbsp;errera l'aucniure. Pour prcuue dccelà , lâon fçait quâentre les fleuues Indus amp;le Gage nây a que dit dcgrçz dâcipacc, Se toutesfois Ptolomcc leur en donne trente. Ce perlonnage tres-dode Géographe, nâa-üoitpas veu le pays, ainsfc contentoit dâef-crire ce que quelques hommes dignes de foy, mais peu exercez en telles chofcs,luy en fai-foiententedre. Orcuxfaifans voile du fleuuc Indus vers le Proipotoirc de Cori, qui fefted fortauant versie Su; ceux de lâEurope, fpc-cialemcnt les Portugais, furet trompez encor parvn autre moicn ; câeft quâeftas delà le Cap de Bône efperacc, amp;nbsp;voulans doubler à voiles defployces vnc autre poinde qui feftend plus doucement au Su , penfoient auoir beaucoup plus fait de chemin, que les nauircsagi-dd i)
I R o I s 1 I s M B LIVRE tccs çà amp;là des vjgucs efmües nâeufîcnt peu faire:carcefte cofte de là lc CapdeBóneefpe-rancc du Su au Nort, cft de merueillcufe longueur, les venrs qui foufllcnt de lâEft font an-niuerlà ircs amp;nbsp;fort impétueux en certains téps de lâanneeicome auffi le flus amp;nbsp;reflus cft vehe-luét à mcrucillcîà caule de la hauteur de la mer gouuerncc par le cours de la Lune. Eftant ainhdonc que les vagues chalfces dâincroia-ble violence de lâEft ou Orient à lâOueft, amp;nbsp;repouft'ces parles colles qui leur font à lâop-pofitc, roulent au Su, où rotiucrturc cft plus aifec : amp;nbsp;que delà pointe fufmentionnee elles courent plus viftcamp; plusloingdela le Cap de Bonne cfpcrancc que lâon ne pourroit ai-Icirient croire ; cela retarde la nauigation des Portugais. Du coramcnccinent amp;nbsp;lors que celà nâeftoit pas bien congnu, ils penfoient a-uoir beaucoup plus auancc quâils nâauoient. Toutes ces caufes ont aullî engendré vn autre erreur, câeft que les limites des régions ont elle mal marquez par les Efpagnols ôc Portugais : qui ontadioufté leurs Emrcsà celles de Ptolomee. Sicft-cequcle diftcrcnd furuenu à . caufe des Moluques, 1eruic dâvnc choie aux Portugais: câeftcjuâils lurent beaucoup plus diligensà marquer les dillanccs: ce quinefe peut faire commodément que par les chan-gemens delà Lune. Car puis quâil fiut quâen certain tcifipsla I-uncdecioift'e pat lâinrcrpo-htion de la terre : on ne Içauroir marquer ce delaut de clarté en melhxs heures ; pourec quâil cenuientla nuit furuenant plulloft eu
DES TROIS MONDES. 2/ Inde quâen Portugal qui cft plus à lâOçci-dcnr, que le defauc de la Lune qui fc fait en mcfme temps nousapparoilFe à diucrfes heures, Doneques la mefure des heures vuidetou-tc celle dilpute, car en chacune heure le Soleil lâauance de quinze degrez.Or des gens cx-pcrsjhien inftruits amp;nbsp;refolu? en cela par Pierre Nonio le plus excellent Mathématicien entre les Portugais, ont remarqué, que depuis lâern-houcheure du flcuue Indus iuhjucs au plan de Lisbonne, la courfe du Soleil dure fix heures, depuis .leflcuue Iqdus iufques aujx dernières bornes des Iflcs Moluquesvcrs Qrientjlâon compte quarante deux degrez : lefqucls ad-iouftez nonantc,feront cent trente deux: Si vous yadiouftez eneqr trente fis dçgrczdâç-ftenduë depuis Lijsbouee à l'Occident terminez au Meridian, pofé pour limite aux Roys dâEfp.agnc amp;nbsp;de Portugal, vous trouucrez cent foixantc huiçt degrez, Encor felon ce calcul rclteront aux Portugais douze degrez à dcfcouurir- : amp;nbsp;pourront occuper tout ce quieft fouz ces douze degrez finis faire tort à nul prince Chrcllicn : tant fen faut que Magellan ou autre puillèà bon droit adiuger les Moluques aux Roys dâpfpagnc. Sieft-ce que vnc telle difputc troubla fort lâEfpagnc,de forte que les deux Rois Princes de bô naturel,parens,.âlliez amp;bons amis, furent fur le poinét de fentrcgucrroyer,parlamauuajftiéde Ma-gel'lan. Or le Roy.-entencLant par Colle fon Ambaflà dcur ccqni;flt;spaflbit , aflembla fon confeil, afin dây aduifer;' mais on nây oonclud dd iij
TROISie SME LIVRB
rien . Coftc ce pendant rafchoit à retenir Magellan pat belles promellcs, amp;nbsp;par fois ie con-tcaignoit dâeftte perplex en fon opinion. Toutesfois efperant plus grande rccompcn-fe,fil perfeucroit en fa rcuolte, que demeurant fidele : il ferma lâoreille à (es rcmonftran-C0« Sc belles paroles, Ainfi auoir négocié à fouirait auec leRoy dâÃfpagnc; Magellan amp;nbsp;Falier prenent le chemin de Seuillc: Mais Palier dclplaifanr de sâeftre ainfi oublie, mourut de trifte (Te au bout de quelques iours.
Q_y A N T à Magellan,il l'embarquaauec vne flore de cinq nauircs, ayant toutepuiflan-ce de vie amp;nbsp;de mort fur les CapitaipeSjfpldats, pilotes amp;nbsp;matelotsamp;i fit voille le dixief-me ioür dâAouft mil cinq cens dix-neuf, pour dcfcouurir les pays quâil nâauoit oiic-ques veux, ne ( difent aucuns) ouy homme quienfiift retourne : ains pat opinion feulement fè perfuadoit dây pouuoir aborder. Comme il nây achofetantfoit difticilc,quâvn homme de grand cucur amp;nbsp;prcfTc de defcfpoir, nâentreprenne. Magellan partit de ScuilleôC du port fainft Lucar de Barraméd.a menant deux cens trente fept hommes , tant fol-dats que Matelots , entre lefquelsy auoit quelques Portugais , en cinqnauires, dont la Capitainelïè fappclloit la Trinité. Les autres Viftoirc , fainót Antoine, la Conception amp;nbsp;fainft lacqucs: ayant pour maiftre Pilote lean Serran bien entendu au fait de la nauigation . Apres auoir pafTé les Canaries amp;nbsp;les Iflcs de Cap vcrdjcflant au Cap de fainâ
bis TROIS MONDE s. 18 Auguftin, print fa route entre midy amp;nbsp;Occident, aucc intention de nauiger iufques à ce quâil trouuaft le bout, coftoyantla terre ferme de plus prez quâil pouuoit. Us farrefterent beaucoup de iours es pays ftuez à vingt deux ou vingt-trois degrei de là lâEquateur. Et à la fin de Mars mille cinq cens vingt, arriucrent à vncplageà quarante degrez, où ils hiuerne-rent iuîqucs en Aouft, pourccquc le Soleil courant lors versie Pole Artique,lc froid amp;nbsp;la glace régnent en ce quartier, tirant vers lâAn-tartique.Ce pendant quelques Efpaignols mirent pied à terre pour aller vcoir quel pays câcftoir,portans des miroirs,fonnettes amp;nbsp;autres mcniics befongnes pour changer. Les ha-bitans accourent au riuage cfmerueillcz de voir des vailTcaux fi grans amp;nbsp;des hommes fi petits.lls ofioient amp;rctiroicntdclcurgoficr vne flèche pour eftonner les Efpagnols, amp;nbsp;portoientles cheueux rongnez en couronne comme Pteftres, fie entortillez aucc vn cordô de fil,auquel mclmes font attachées leurs flèches quand ils vot à la chafle ou à la guerre, a-ucc fouliers de bergers veftus de peaux de bc-r ftcs.Sâcftâs fait figne les vns aux autres .enfin fept harquebufiers allerer iufques à trois lieues nbsp;nbsp;nbsp;pcnta^.
dedas le pays en vne maifô couucrtc de peaux, ât, partit de au milieu dâvn bois fort cfpais. Celle maifon l'i^menqite cftoitpartic en deux, lâvnc pour les hommes, lâautre pour les femmes amp;nbsp;en fans, amp;nbsp;yauoit lors cinqGcans, amp;nbsp;treize autres petfonnes.
au tltla la ri-
uitreJt Plate ^et Jie définit ^uil allait (hert her.
femmes amp;enfans,plult; noirs que ceux des pais voifîns,Ayans traite leurs hoftes à la façon du dd iiij
TROSIIESME IIVRB
paysjc kndemain trois de ces GeansPachc-minercnc aucclcs Eïpagnols vers la flotte, amp;nbsp;inarclioicnc aufli vifte quâvn clicual. Mais deux dâcntrâcux fcrctirercnt,lc troiflefme tenu de plus court fut mené à Magellan, qui le trai-tüa doucement,5c luy dôna quelques meniies 5c petites befongnes pour lâapriuoifer.Finalc-ment pourPen alfeurcr, on le voulut lier,mais huit Elpaignols nâen peurent venir à bout: pourcc on lâcnchairia. Toutesfois depuis il ne flt que braire,amp;pardcfpit Pabflenant de manger mourut de faim . Ces peuples font appeliez Patagonnes, à caufe (diiént aucuns) de la deformicé de leurs piez : Ils parlent du gofier, mangent beaucoup, ftlon leur corpulence, amp;nbsp;à raifon de la temperature de lâair .-font mal-vcftus, au relie bons archers, grands chafleurs , amp;nbsp;prennent en leurchaf-le des autruches , renards, chcuures fau-uages 5c autres belles. Magellan mit pied à terre, amp;nbsp;fit camper fes gens ; mais parce quâil nây auoic villages ny perfonnes qui apparulfent, les Efpagnols tombèrent en piteux eflat , endurans fi grand froid 5c telle famine, quâaucuns en moururent. Or Magellan metroit vne eftroiâe reiglc aux v.inres, afin que le pain lur tout nede-faillill point, voyant le defaut, lancceflitc amp;C le danger : amp;nbsp;que les neiges amp;nbsp;le mauuais teps duroict toufiours.Auparauantil auoit perdu vn Capitaine Efpagnol nomme lean de Solis, amp;:foixantefoldats qucles Canibales auoient mangez, pourcc quâils Peftoient fourrez trop
DES TROIS MONDES. 29 auant en terre ferme, pour lâenquérir ou pays. Somme que les Capitaines amp;nbsp;autres de la flöte le prièrent de retournet en Efpaignc , fans les faire mourir en fi grande, extreme amp;nbsp;tant milêrablc pauureté , cherchant ce qui nâeftoit en nature, fc contenter d'nuoir veu des pavs, où iamais Efpagnol nâauoitfrequc-tény mis le pied.- Larelponfe fur, que ce luy feroit grand honte de ( en retourner pour fi peu de trauail, tafdiant neantmoins de les encourager par beaucoup de rcmonflranccs ; amp;nbsp;cenonobrtant ils ne ccflcrétdc lâimportunçr. Si le prellcrcnt tant -que de cholcrc ilcom-mançaâà leur faire telle, en fit prendre Si cha-ftier quelques vns. Ce qui ne fit quâirritcrlcs foldats iufques à dirc que ce Portugais les mc-noit à la mort pour faire fa paix auec ionRoy. Eftans ainfi diuifez,ils fembarquerenttousa-ucc Magellan , mais des cinq nauires il y en auoit trois qui ne vouloicnt obeïr. Ce qui Pc-ftonnoit, craingnant quâils ne raflà illiflcnt amp;nbsp;ruinaflent. Sur celle peur, vn de ces trois rc-poufle par les flots de la mer arriuant vers la riue,lâns que les mariniers y prinflènt garde par ce quâil clloit nuit, vint fe letter fur la Ca-pitainelle de Magclla,ec qui redoubla la peur. Mais aulfi toll il cogneut la faute. Si arrclla le nauire fans fefinouuoir. Si que les autres deux le voyans en lâobciflà nce du General, fe vindrent aulfi rcgcrversluy.Alors il fitpredre deux des plus mutins, Si lailTa fut terre vn fol-dat amp;nbsp;vn prellrc,lefqucls incitoient chacun à reuoite, leur baillant pour toutes armes leurs
TROISIESME LIVRE
t efpccs amp;nbsp;vn petit fac plein de bifcuit pouc chaftiment de leur conlpirationzcc qui adou-cit forties autres- Au partir de là ,Magellan pouriûiuit fä. route vers le Pol Antartique.có-templaqtattenciucment tous les deflours des plages quâil rcncontroit,afin dây defcouurir amp;nbsp;remarquer quelques paiTages.U tardoit beaucoup en chacun carrier où il arriuoit. Vn iour cftantvisà vis dâvne pointe nomméeSainde Croix,à Pinftant feflcua vn tourbillon qui poulTa contre les efeueils le plus petit vaiiTeau des cinq.lcqucl fut brifc.Toutesfois les kom-mcsamp;tout ce qui eftoit dcdans,furent fau-ucz.La peur reprint Magellan, voyant le ciel troublé, lâairremply de tonnerres Setempe-ftcs,la mer enflée,amp; la terre glaccemeatmoins il ne laifla de courir plus bas amp;nbsp;gaigna vn autre Cap quâil furnomma des Vierges,mciùrala hauteur du Soleil amp;nbsp;fe trouua à cinquâte deux degrez amp;nbsp;demy de rEquatcur,câeftoit à la my-nuiéhCefl; endroit luyfembla efttcvne grande defeente ou courante dâeaux,amp; péfant que ccfuftlcpaiTage quâil chcrchoit, enuoya les nauiics pour fâen informer plâ au vray.cômà -dant aux Capitaines quâau bout de cinq iours ils y retournaiTcnt. Deux rcuindrent,amp;comme la troifiefme tardoit trop, les autres firent voile: elle eftat puis aptes de retour en ce Cap des Vierges,amp;ne trouuant les autres,Aluarez de Mefchitc Capitaine dâicelle amp;nbsp;Eftiennc Gomcze pilotc,firent lafeher lâartillerie amp;nbsp;allumer des feux, pour fçauoir nouuclles de leurs compagnons,lefquels il attendirct quel-
DESTROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;}O
ques iours. Alqarcz vouloit entrer au deftroie, difant que fon oncle Magellan auoit prins ce chemin. Mais IcPilottc amp;nbsp;les autres pour la plus-part,vouloicnt retourner en Efpagne: amp;nbsp;_ lurce difFercnt,Gomczedonn.i vncoupdâef-pec à Mcfchitc,amp; le mit prifonnicr, lâacCufant dâauoir confeillc Magellan de traiôtcr le foldat amp;nbsp;le Preftre à la façon fus déclarée, amp;nbsp;quâil c-ftoit caufe de la mort des autres Efpagnols: puis fit voile vers lâEquateur, emportant les deux Geans Patagoncs qui raourutét fur mer. Ils arriucrenr en Efpagne huid mois apres fc-ftre départis de Magellan; qui ce pendant tarda beaucoup à palTcr le deftroit: Mais voyant lâautre pointe,ilrendit graces à Dicu,ncpou-uant tenir contcnâce, tant il cftoit aile dâauoir ttouuc vnpallà gc pour aller en la mer deMi-dy.parlaquelle il efperoit airiucr bié-toftaux Moluques dontilattédoic de grans honneurs amp;pronts.Lcsdeux emboucheuresde ce partage auiourd'huy appelle, Defttoit de Magella, font en vne mertne hauteur de cinquante deux degrez amp;nbsp;demy. Oforius luy donc vint lieues de lôgucur,aucuns lui en attribuut quatre fois dâauantage, Icconfiderâsen fesdcllours.Ilva dâOrient en Occident amp;nbsp;a quatre Ijcucs de largeur, amp;nbsp;en quelq endroit dâauâtage; fort pro-fôd,croiflant plus que diminuât,amp; court vers IcMidy couuctt de plufieurs Illcs, garny de bons ports.ayant les deux coftes fort hautcsamp; {deines de rochers. Le pays voifîn cft ftcrilc. amp;nbsp;c froid y dure quart toute lâannée, la terre c-ftât couuette dâarbres amp;nbsp;de cedres très-hauts:
DtÃrtlt dtf.
TROISIESME L I V R«
rol Ant ar-
il y a des auftruches amp;autrcsgrans oyfeaux, ancc piuficurs beftcs à quatre pieds d'eftran-ge forteJa mcr cft fertile en fardincs,arondel-Jes de merjoups niaiins, dont les peaux fer-iicntdc vefture aux habitans,amp; de balaincs, des os dcfqucllcs ils font des Barqiicstcomnae nuf!ï ils tont dâarbrcsjamp;lcs calfeutrent auec de la fiante d'antas, qui efc vnc forte dâanimal de la grandeur des vaches de lâEurope. Au demeurant le Pole Antartique nây afcschoilles de la forte de celles d u Pole Artiquetcar on les voit cnfemble non gucrcs cflongnécs, amp;nbsp;vn peu obfcures.Au milieu dâicelles il y en a deux alîc^pctitcs amp;non gucrcsluifintes, amp;nbsp;qui tournent vn peu : icelles font le Pole Antarti-que.LçsElpagnolsellâs au milieu du deftroit, virent cinq cltoiücs fort claires en elgallcdi-ftançelâvnc dclâautrc en forme de croix, amp;nbsp;non tort cflongnécs des deux autres .â¢telleméc que cefte croix eft auiourdâhuy prinfc pour marque du Pole Antartique à ceux qui de deçà paà fenr lâcquitciK. Apres que Magellan eut trauerfé le defttoit,il ht tourner les proues à main droicte,amp; print fa routte quafi par derriere le Soleil pour régaigner l'Equateur, par-ce que delfoubs iceluy lont ftuccs les Moluques quâil chcrchoit. Il fut trois mois amp;nbsp;demytans veoie terre , fur vue mer paihble fauÿ aucune tourmente my falcheufc naiiiga-tion : mais les vimes commençoient à faillir, tellement que fes gcnsrifauoicnt qijâvne once de pain par iour, bcuuoiét lâeau toütc pua-te, Ce f.iifoient cuite leur ris aucc eau marine.
DES TROIS MONDES. 3I Si que les niafchoires leur cnHcrcnt de telle forte,que dix-neuf Efpagncls en moururent, amp;nbsp;trente en furent fi malades qu'ils ne pou-' noient remuer bras ny iambes,le relie ne valat ' guercs mieux. Durant ces miferes, ils firent Bien quatre mil lieues en celle mer paifiblc, lans defcouurir que deux petites Ifies defertes où ils ne virent que des oyleaux amp;nbsp;des arbres: à lâoccafion dequoy ils les appellerent Infor-' tunccs,amp;fonc à deux cens licües ouenuiron lâvne dclauctc, lâvnc à quinze, lâautre à neuf degrez deJâEquateur. Si la nauigarion cuit cite pcrillcufe, iamais Magellan amp;nbsp;fesgens nâeufl'eur gaigne pays à temps:ains cullènt fer-uydepafturc auxpoilfons, Finablcrnent ils arriucrent à luuagana qu'ils appellerentlâillc des bons figues à onze dcgrcz,où ils le repeu -rent abondamment, amp;:y troiuicrentdu coral blanc. Apres ils rencontrèrent tant dâJ lies en-femblc quâils nommèrent cell endroit Je mer lâArchipelague; maisles premiers curent le nom dâiHes des larrons, parce que les liabir.'s defrobent aulfi fubtilcment comme (ont ces coureurs nommez Bohemiens ouEfevurjens en Europe.Le,s hommes y ont les dents noires ou rouges par artifice, fçftu.dicnt à porter les cheueux longs iufqucs au nombril: les femmes iufques aux talons, amp;nbsp;les lient autour de leur corps enformedeceindurc. Ils portent des chapeaux de fucillcs de Palmes quelques façons de brayes de mefinc matière pour fe couurir. DâIllc en 111c les Efpasinols â .i.âi^âne-rent nnablcmcnt celle dcZcbjr,où
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O
TÃOISIESME LIVRE fit drcflcr vn cftcndard en figne de paît , tiret rartillcric,amp;dcfccndrc nombre des ficus en terre pour porter quelques prefens au Roy,amp; delà mercerie pour changer. Le Roy nomme Hamabar print plaifir à telle arriucc, amp;cn-uoya prier Magellan de venir en rifle: ce quâil fitamp; y fut bicnreceu, mcfmes ccRoy amp;Ia plus part de fes fubieds fc firent baptizcr.Puis a la requefle de Magellan enuoya melfagcrs auxhabitansdesifles voifincs , les priant de venir prendre amitié auec les Ãfpagnols, ce que firent aucuns des petites Ifles plus prochaines,Mais ceux de Mata ou Mauta ,qui e(t vnc a fiez grande Ifle à huift ou dixlitües de Zcbut,ne voulurent ou nâoferent venir pour Vamour de Ciapulapo leur feigneur,lequel exhorte par Magellan de fc rendre tributaire de rEmperenr Charles cinquicfme, firrcfponfe quâil nâobcïtoit à ccluy quâil nâauoit jamais vcUjCncores moins à Hamabar. Ce pendant afin de nâcflrc cftimé inhumain, il enuoya quelque beftail que les Efpagnols deman-doient. Magellan penfant faire tort à fa reputation fil laiflbit ainfi Ciapulapo, paflaaucc quarante foidars en 1â1 fle de Mata, où il brufla quelque petit fort, dont les infulaircs firent fcmblant dâeftreeflonnez, amp;' enuoycrent corne en fccret à Magellan bon nombre de che-yrcs demandans pardon, amp;nbsp;fcxculans fur leur leigncur,auquel ils rcxhortoict de faire guerre,ou bien quâil leur cnuoyalt quelques Elpa-gnols bien armez pour faire telle à Ciapulapo,amp; quâils leur liutcroicnt lâIflc. Magellan
DES TROIS M û M D E S. 0 ne (c doubtanc de la tromperie, retourne la nuidaucc (oixantc foldats bien equippez en trois barques,amenant audi Hamarquiauoit trente barques pleines de fes fubieds* Il euft bien voulu combatte incontinent: mais dâautant que par vn traiâc (pccial, il auoit promis à Ciapulapo de ledcfficr auantqucde venir aux mains,à dâauenture il luy fai foie guerre, il lâcnuoya fommer de fc declareramy ou enne-my.Ciapulapo fie vne rcfponfc hardie amp;nbsp;pleine d'iniures; puis auflî toft fit fortir trois mil hommes en campaigne, partis en trois bades, Icfqucllesilrcngcaprcs de lâeau, fc retirant a cofté pour le garantir de rartillcric, amp;dcla feopterie des harquebufiets. Ce pendant Xla-gellan fort de fes barques aucc cinquante foldats,fe iettat en lâeau iufqucs an gcnouil, parce que les barques ne pouuoicnt approcher pres de terre, à raifon que la riue cftoit toute pierreufe : puis alla pour charger les ennemis quilâattcndoientdcpicdcoy, fans auoirefte endommagez des harquebuzicts ny de lâartillerie. Lors Magellan fe iugea perdu,amp; fans la honte qui le retint,il euft tourne le doz : auflî ne fabufa-il pas, carauflî-toft que fes gens approchoient tant foit pcu,câcftoit fait dâeux. 11 leur commanda donc de fc retirer ; Mais en cefte retraiéle huidh de les foldats amp;nbsp;quel-ques-vns de Zebut furet tucz:luyamp; vingt autres blclTez la plus-part aux jâbes aucc flèches éucnimccs.LcsMatanois ayas cefte ruze de ne dcfcochcr finon cotre la partie quâilz voyoiét delârméc. Finalement Magellan fut tué d'vn
TROISIEME 1 I V R I coup de flèche quâon luy tiiaail vi/âgc,fon calquer tftanc tombé à coups de pierre amp;nbsp;de piques; il rcceut deux autres coups, lâvn en La jambe, lâautre eftant tombé amp;nbsp;qui le perçoit roue outre, tellement quâil mourut entre terre amp;nbsp;eau,mettant fin à fl haute entreprinfe, fans iouyr du bien quâil cfperoir de tant de tra-uaux.Celle rencontre aduint le vingt-feptief-meiour dâAuril,mil cinq cens vingt amp;nbsp;vn. A-pres la mort de Magellan,les Efpagnolsef-leurcnt pour leur Capitaine lean Serran grad pilote de lâarmée: ce pendant ils lâamufoient à changer aucc les habitans de Zebur quelques merceries à de lâotjdU fuccre,du gingembre, dclachair,dupain,amp;autres chofes pour aller aux Moluques;dâautrc-part les blcllcz fc gue-riflbient amp;nbsp;londoit-or. les moyens de conquérir Mata.Or côme pour lâvnc amp;nbsp;lâautre entre-piinlcils eulîâcnt affaire dâvn Efclaue nomme Eîenry truchement de Magellan , iis le pref-l'oient de le leuer.Mais èftant blclfé dâvn coup de flèche cnucnimce,il ne pouuoit aucunemet i'c bougcrpourlagrâdcdoulcür quâilIcntoir, ou bien ne vou'oit félon quâaucuns péfoient, rellementquc Serran Ictempelloit cotreluy. Edouard Barboze beau-pere de Magellan, amp;nbsp;Beatrix là vcufuc,lc mcnaçoicr. Cclacnà igrit Eîenry,qui pour le venger amp;nbsp;rccouurcr la liberté, communiqua fccrctcmcnt auecHa-mabar, amp;nbsp;luy conicilla sâil vouloir demourcr feignent de Zebut de ruer les Elpagnols ; dilar que câclloict gés auares, qui apres lâcllre feruis deluv pour défaire Ciapulapo vfurperojent fon
DBS TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JJ
fon lOc.faifans ainfî par rout où ils mctroicé le picHamabar les creut, Se incontinent pria à difncr Serran amp;nbsp;cous ceux qui luy voii- ' droicnr tenir compagnie, difant leur vouloir bailler vn prefcnc pour lâEmpereur, puis que ils fen vouleient aller. Ainfi Serran amp;nbsp;trente Efpagnols fen allèrent au Palais dcHama-* bar, fans penfer ce quâon leur bralfoit. Mais comme ils difnoict tous furent tuez à coups de piques amp;nbsp;dâcfpcc,excepté Serran qui tiou-ua moyen dcfefauuct. On arrcHa tous les autres qui eftoient par-my lâIfle, amp;nbsp;huit dâÃ-ccuxfurcnt depuis vcndusà des marchands de la China. Les Zebutins mirent aullîpar terre les croixamp;lcs images qucMagellâ auoit faid drclTer, fans fc foncier de leur Baptcfme amp;nouuellc profeÃion de Chrcftiçntc. Les hiiloricns Portugais, difent que Magellan apres auoir fccoutu Hamabar, amp;nbsp;deffaid Ciapulapo,fut tué en Zebur, au banquet fuf-mentioné aucc lean Serran, Edouard Bar-bofe fon. beau-père )amp; vingts Efpagnols. Quoy qu'il en foitmourut de mort violé-tc, auant quâauoir vcu. les Moluques par luy tantdehrces. Ceux quicAoient reliez dans les nauires, entendâs le mallà cre qu'on auoit faid de leurs compagnons, parles clameurs de lean Serran quâils lailTerent au riuagc fans quâon ait fçeu depuis quâil deuint, Icucrcnt les ancres, amp;nbsp;guidans les voiles voguèrent à raduenturc quelque temps. Car bien que lean Carual leur Capitaine promit de les le-tnenet aux Moluques : à ne fçauoicnt-ils
ec
TROISlESME IIVRB
lors quelle foute tenir.
artuo.
Les £»els arnnet Melu-^«â¢s.
1 L s cftoicnt lors cent amp;nbsp;quinzt? hommes dci'cftèjauec trois nauires,dontilbruf-Icrcnt lâvne par contrainte : ne leur reftant que la Trithitc amp;nbsp;Viâ:oire,aucclefquellesils abordèrent en vne Iflc nommée lâuloand, fuictre au Roy de Burneo,oùils prindrent deux hommes qui les menèrent cnBurneo mefmes. Puis enuoyerent prier le Roy de leur permettre la defeéte pour trafiquer aucc fes fubieds. Ce qui leur fut accordé, amp;nbsp;apres quelque feiour en la ville où aucuns dâeux fureiit^ itiâgnifiquement traiôtez, il fit remirent à la-v'oilc en vne autre Ifle, calfeutrèrent leurs nahîyes , puis arriuerent à Mindanao amp;nbsp;SanguiniâAu partir de là apres auoir beau-conp toufnoyé, ils rencontrèrent vn ionc oubà tehu de la China quialloit auxMolu-ques,duquel ils empruntèrent vn Pilotte quilesconduifit en Tidorc, lâvne dâicellcs, en laquelle ils abordèrent fur la fin du mois dâOdobre lâart mil cinq cens vingtamp;vn. Le Roy de cette Iflc Icsrccueillit auccgrand honneur, amp;nbsp;eux luy firent quelque ptefens, amp;nbsp;déclarèrent cftrc venus là pourtrafiquer, amp;nbsp;pour le bien du païs,âdiouftans vnJong dilcoursà la louangcdc lâEmpereur Chaïlcs cinquiefme leur Prince,auquel ce Roy de Tidorc promit fidelité j les priant dâattendre cncorés deux mois pour charger des cfpice-riesnouucllcst maislcür rcfponfc fut,quâils ne pouuoicnt attendre , pourec que-leurs naiiircs cftoicnt dciny pourris, amp;nbsp;failloit ne-
PES TROIS MONDES? Ã4 ceflairemcnt fc retirer. ⢠Mais quand au bouc de deux ans , ils retourneroient atitc Vhé flotte de cent cinquante vailîcaux cha^gezde â . tnarchandife. Là deflTus ils denjanderent fi les Portugais trafiquOient en cefte Jflc:amp; entendans que fi, en dirent tous les maux du monde, artetmans que tout ce qui eftoit depuis Malacaiufques aux Moluqucsapparte-noicaiiRoy dâEfpagnc. De rèchef ils prièrent le Roy de leur faire vendre les cfpiceries quifetrouueroicntcn Tidore ; encores que clics ne fuflènt frefehes : ccquâils folicitoient fort, afin de fe retirer dâheure, craignans dâe-ftrcfiirprins amp;mal 'traiûez des Portugais, qui tnaintcnoiént les Moluques cftrc de leur dcfcouurcment amp;nbsp;fouz leur partage. Com-â melon amalFoit letelpiccties pour charger CCS-deux vaificaux, les Efpagnols commen*-cerenrà vendre leurmarchandile à quot; lâencan, amp;nbsp;cnuoycïent ibllicitet dâamitié le Roy de Tctnata , amp;nbsp;luy firent des prefens. Mais poureeque quelques années aupjtr-à uantil îâeftoit allie auec le Roy de Portugal, il eferi-uit incontinent à Georges dâAlbuqucrqile Gouucrneur de Malaca, lâaduertiflant de te qui fepaflbit. Dont Albuquerque donna ad-uertiflementau vice Roy amp;nbsp;au Roy de Portugal, par hommes expres cnuöycz de Malaca, afin que lâon pourueuft à la garde de CCS IfieSjcny faifant baftir vne fortereflè. Les Efpagnols voÿâsqucle Roy de Ternate ne tenoit comte de leur élire ainy,aircürcrenc celuy de Tidorc, qu'à leur retour ils con-
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5? âj
ART.
TRO ISl B M E tl y R E traindroicnt ceux de Ternate de faire hommage à 1âEmpcteur, Quand le Roy de 1 ido-re les vit refolus de f embarquer, il fit amaller toutes les efpiccrics quâon peut recueillit en rille,amp; c{i çhatgea-on les deux nauites Efpa-gnolcs.,La plus part de lt;;cs efpiccrics appar-tenoient au Roy amp;nbsp;aux'Portugais, qui les anoiein amaireeScn lâan mil cinq cens vingt, detroiç lônçôo batteaux de MalacaquideC-'' chargèrent en Vide de B.lchian,pout ce quâils nâauoietît la commodité de faire voile iuf-ques en M^laca raefmes, lâvn de tes ba-fteaux appartenoit à jŸU'marchand, qui en aiioit la commilhon pourlçsaffaircs du Roy â de Portugal fouz lâauthpritc. de Gftfpar Roderic fori faéleur. Voioe que pluficurs lacs dc^cesjcfpiccries eftoient marquez du nom deceux aufquels il appiartenoicnt. Maiâles Elfîgnol^'auôicnt telle hafte de cnieucrdc peqr dâcftrC chargez parles Portugais* quâils acheptojent' la matcliandife au quadruple,' Ayansemply leurs nauircs,ilshiifl'crcnt quch quesfaéteurs on-iTidore anec.dela mercerie, ^promirent au Rovdc haftir à leur retour vne forteÃitadelle : laiirant'. pour gagequa-rante dipçr/cs pieces de canon , force atb,a-Icftes, harquebufes, amp;nbsp;autres armes* Puis ils rembarqueren-t amp;nbsp;partirent de Tidorc au mois de Décembre mil cinq cens vingt Si.vn. Or pourcc que la Capitaineire nommée la Trinité tiroit grande quantité dâeaU j ils faccordèrent que lean.^ebafticn do Cauo fen iron en Efpagne dedâs le vaifleà u'noia-
DES TROIS MONDES. 35 mé Vióboire duquel il eftoit pilote par le chemin que font les Portugais ; amp;nbsp;que lâautre vaiifeau eftant rabillè amp;nbsp;calfeutré, de péîlr dâaurre inconuenient, prendroit vne route ' plus feure amp;nbsp;abregee paflant fut le partage derEmpercur, amp;nbsp;fen itoit furgir à Panama ou prendre port en'la cofte de la nouuclle Efpagnc. Pacainà lean Sebaftien partit aucc foixante compagnons : amp;nbsp;ayans palfé par plufieurs Iflcs, comme il chargeoit du Sandal blanc en Timor,fcfleua vn tumulte aucclcs habitans, tellement quâaucuns Efpagnols y rehabitablt, furcnttuez.Lâonzicfmeiourde Feurier 1522. duvià l IcanSebaftien partit de Timor entrant en la mer Orientalefurnommcc de Lantchildol, prenantfaroutecntrelePonantamp;IcGarbiri, coumirqae iailfant la Tramotanc à main droite.de crain-te quâen approchant trop de terre ferme, il â fuft defcouucrt des Portugais ; amp;nbsp;apres auoir âlt;î palfé entre Sumatra lailfee à gauche,amp; Pegu, g^iKhe. Bengala, Cananor, Goa, Cambaié,legoulfe dâOrmus amp;nbsp;toute la colle de lâIndcOtientale à droite, pour doubler plus fcurcment le Cap dcBonne efpcrance, il defcfndit iulqucsau quar.intc-dcuxiefmc degré vers le Pole An-tartique: amp;nbsp;demouva fept fepmaincs dclfouz ce Cap, voltigeant touliotirs à voiles hautes, pour ce quâil auoit en proue les vens de Ponant amp;nbsp;maillrail qui lâcmpcfchoicnt dâauan-cer,tcllemcnt quâil eut à combatte les vens, les vagues amp;nbsp;tourmentes auec mcrueillcus hazards. Ce Cap de Bonne cfpâçtancc cftà trente quatre dc^cz amp;nbsp;demy dérEquatcur c c iij
TROISIESMB LIV RB
vers le Pole Antartiquerà feize cens lieues du.Cap de Malaca : citant la plus dangereufe pointe de toutes ks mers du Monde. A lâoc-caiion dequoy on lâappelle le Lyon de mer, pour les grands vensôïlcs impetuofitez qui y font ordinaires. Quelques Ãfpagnols fen-tans la faim amp;nbsp;les maladies qui prefToient prefque tous ceux du nauirc , cftoient dâauis dâaller ancrer au port de Mozambique, où les Portugais auoient vn fort. Mais les autres fçaehas bien quâils y feroient encor plus mal traidez que lur mer, dirent qu'ils aimoienc mieux mourir, que de prendre autre route que celle dâEfpagnc. Puis reprenans courage, ils pafTerent le Cap de BonneEipcrancc amp;nbsp;aucc vn vent propre, nauigerct deux mois entiers fans approcher de tcrrcuellemcntquc Contact des pcndanç ce temps vingt-amp; vn dâeux mouru-SJjâOÿitls. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;difette amp;maladic.On iettoit les corps
dans la mer, Se à cc que recite Marc Antoine Pigafaitc Cheualicr de lâordre de S. Icanprc-fenten toute la nauigation, dont il a cleric vn liure imprime,amp; quiafaid fonrccitau Pape de tout ce quâil y veit; les corps des Corfs flertas Chrefticus flottoient furlâeaula facedefTus: fuimer. mais ceux des Indiens le vifage deflbus. Au reflc fans vne fpcciale affiflancc de Dieu lean Sebaflien 3c tous fes compagnons fuflcnt morts de faim. Or comme ils clloicnt réduits à toute extrémité, ils approchèrent dâvnc des Iflcs du Cap verd, nommée S. laques,appartenante au Roy de Portugal : Où lean Seba-ftien fit defeedre enuiron treize foldatspout
DES TROIS MONDES.
aller pmfcr de lâeau , achepter delà chair amp;nbsp;du pain, amp;nbsp;louer des Negres pour tirer à la pompe,par ce que le nauire tiroir force eauë, amp;ceux de dedans eftoient prefque tous malades. Ilsobtindrcnc quelques mefures de ris. Mais y voulans retourner pour-la féconde fois, le Capitaine quicommandoit en lâIllc, arrefta prifonniers ces treize,voulant fçauoir oùils fâeftoient chargez de ces efpiccrieszà caufe quâils auoient offert payer en doux de girofle les viures quâils achctcroicnr. Il arrefta auflîlâcfquif, Seen vouloir faire autantdii nauire,fi Sebaftien nâcuft incontinentleuc les ancres amp;nbsp;les voiles:Somme q«e le 7. iotir de Septembre il entre au port de S. Lucà rdc Barrameda auec dixhuit feulement, les plus dcffaiâs ôc rompus quâil cftoit poffiblc. Les treizearreftez enlâlflcde S. lacques, furent foudainrclafchez parle commandementçhi Roy de Portugal. Selon le côte tenu de iour cniourdurant letemps de leur nauigatiort, qui dura trois ans moins 14. iouts, ils firent 1 4 4 6 o.lieucs,vogans au tour duMondc dâOrient en Occidétj Sc paiferent fix fois par dcifouz la Zone torride. Le 8.Septembre entrèrent en SeuillCjSc tous en chemife nuz pieds amp;teftes auec vne torche en la main,feu allèrent au temple prier Dieu, pour les auoir deliurez de tant de morts. 11 y a quelques années que le Drack Anglois ay at faidl le rohd delà terre, eft retourne en fon pays,aflifté en cdà dâvn plus grand heur queForbifter, quincdcfcouurit que certains pays Septen-
Du log â¢voya gt detrou ans qutlt Dracl^ aulrt! A» ont faicl fur mer ces uns^ajjeg.
e e iiij
TROISIESMt IIVRI ttionaux fouz Ie Pole Artiquc;mais ccluy-cy chargé de biens Sc plus cncor du grand hoti-ncur que la Royne Elixabech,couilumicrc de rccognoiftrc la vertu dâvn chacun, luy auoit fatâuufques à Ie créer cheualier de lâordre de la iarcetiere,a grande occahon de fe conteter. Toutesfois quâelle garde les memoires de fa nauigation ,afin quâils ne foienc publiez. Ie ne doute point que pluficurs neluypctfua-dent de retenir telles inftruclions, afin quâelles ne foient communiquées aux eftrangers, ny mefmcs à fes fubieds. Mais ic nefçay, fils ont grande railon de ce faire : car la communication ne peult eflre quâà lâhonneur de fa nation, fi elles font telles que les autres peuples en puifient tirer profit ou quelque commodité. Et au rebours vn defdain Sc mal contentement que tous, 5c raefmemét ceux qui défirent voyager en receuront contre tels qui leur enuient cebien. loint que lâon fc tient aifeuré quâil ne peult auoir faidt ce rond que par ou fouz les parties du Zodiaque retraçant les routes des Efpagnols ,ou celles des Portugais, defquels ceux-là vont aux Moluques par lâOccident,amp; ceux-cy par lâOrient : ou bien par le Pole Artique, trauerfant le defiroit d'Anian que plufieurs eftiment faire la feparation dâAfie amp;nbsp;delâA-raerique. Outre pl*les Gtecs,Romains,Car-thageois 8c autres,ont-ils rien teu de beau quâils péfalîâent profiter à la poftcritéîles Por-tugaisamp;Efpagnols aulfi foigneux de leur profit particulier q ceux-çy fçauioient cilic,ont
DES TROIS MONDES. 37 ils iamais rien caché de leurs voyages amp;dcG couuertesîMcfmes des iugemens q tous doi-uent tenir aux longues routes : Ains qui plus cft, iufques à teprcfcntet leur embarquetnét, pourfuitte amp;nbsp;fin de leur entreprinfe, auec les hauteurs du Polc,clcuation du foleil amp;nbsp;méridien: punéluations, degrezde longitude amp;nbsp;latitude, diuerfitez Sc dangers des marees, bancs, rocs amp;nbsp;hautes dangereux. Voire iufques à remarquer és Cartes marines,Ia diuer-ntcamp; puiflancedetousles vents amp;nbsp;plus petites confiderations des rumbs dâiceux. le me tairay du François:car il eft fi defireux dâhonneur Sf defamitié dâvn chacun,quâil luy tarde bien quâil ne communique tout ce quâil a faiét de beau, le nâentés toutesfois dâaucuns, qui à la façon des riches amp;nbsp;aueuglez auari-cieux , aiment mieux que leurs memoires pourriflent en leur cabinet,ou foient paftu-re au rats, ou apres leur decez feruent à , quelques vils offices : que de les communiquer pour en tirer profit en faueur amp;nbsp;confideratiô du public. Ce queiâcn dis toutesfois aptes plufieurs autres qui defircroient auec leur conrentemet particulier en gratifier dâautres, comme tout bien doit cftrc communique, loint quâon fçait que nous nâauons encorâaf-fez bien tecogneu tout le monde , ny mefme les fins de lâAmérique amp;nbsp;dâA fie, pour iuger fi câefi cotinent ou feparatiô. Nó plus quels sôc les peuples fouz le Pole Artique, quels fouz lâAntattique : ny laterrc Auftrale qui donne apparence dâeftreriche, belle amp;nbsp;mal peuplée
TROISISSM E 11V R1 neantmoins. Sans parler des confiderations du ciel amp;nbsp;de la mer, en la fpeculatiô defquels, plus les mariniers amp;nbsp;aurres entrent, foit en difeours foit en pratique, plus y treuuent de-quoy douter amp;nbsp;cultiuer leurs elprits. Tellement que fi tous ne rapportent leurs diuerfes amp;nbsp;particulières remarques, pour de la conference dâicelles eu faire en fin par foigneufe remarque des plus notables accidens qui fe paf-ferontdeuant leurs yeux, vnc fcience parfai-dc, digne pafturedecegrand efprit : nous viurons amp;nbsp;nosrierencueux par noftrc faute, toufiours ignorans. Si que nâallans iamais droid,nous ne ferons tous que taftonner deçà delà , de comme aueuglez en plein midy, choper à tous coups cfpclfes tenebres dâvnc ART IX brutale ignorance.
Differendre- Lâempe revr donqucs rcccut vn mer-tumuUé entre ueillcux Contentement au récit de cefte naui-
la £/fgt;4gnelt gation : entendant quâon pouuoit aller aux Moluques par fes pays mcfmes , amp;nbsp;de ce nunerte dés nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;apporta quc quelques Roys amp;nbsp;fei-
Meluques fur gnciirs de CCS Ifles sâeftoient rendus fes tribu-Z«K/gt;4««»e«Maircs. 11 remercia amp;nbsp;rccompenfa de grands d» biens lean Sebaftien pour les bonnes nou-^'mx^foub^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rapportoir. Cclà fut incontinct
ÃMthorité du public pat tout, 8c le différend autresfois ef-Tufei^ltx, men, pour le partage que le Pape auoit faid
du Nouueau Monde, ferenouuellaentre les
Portugais ScEfpagnols, par les rapports de Jean Sebaftien, qui fouftenoit que les Portugais nâeftoient point encores entrez aux Moluques. Ceux du confeil des Indes, confcille-
D B s T R o I s MONDES? 38 rent rEmperciir de faire continuer la naüiga-tiô amp;nbsp;trafic de rcfpicetie, puis que celà cRoic Vn moyen detcceuoir de grands deniers amp;nbsp;sâartcurcr dâvn reuenu ineftimablc : quâauçc celà fes Royaumes amp;nbsp;fubieds sâcnrichiroient fans faire grande dcfpenfc. LâEmpereur fui-uant ceconfcil, commanda que lâon conti-nuaft ce trafic. Ce quâentendu par le Roy de Portugal,amp;: cofiderant les maux qui en pour-roiét aduenit dâvnc part amp;nbsp;dâautre,pria lâEmpereur de nâenuoyer aucune flotte aux Mo-luqucs, que premièrement on nâeuft difputé du partage, amp;nbsp;veu à qui elles appaitenoient: autrement ce feroit donner occafiô aux Efpa-gnols amp;nbsp;Portugais de sâcn,tretuer,quand ils fe letrouueroicnt en ces Ifies. Apres quelques allées amp;nbsp;venues, ils accordèrent que ce different feroit vérifié par gens entendus en Geo-graphic,amp; par pilottes cxpets:promcttans Sc iurans auoit pour agréable ce quâils en refoudroient en femblc. Les Deleguez de lâEmpereur amp;nbsp;du Roy de Portugal fe trouuerentà Vadaioz, amp;Elbcs, villes prochaines amp;nbsp;contre le flcuueGadiana qui faiôt les frontières des deux Royaumes, au commencement de lâan mil cinq cens vingt-quatre, où apres a-uoit perdu du temps en quelques ceremonies pour fçauoir où fe feroit la premiere en-trcucuc,amp; qui patleroitlepremier,finalemét ils accordèrent defe vcoiramp; fiilüer à Caya, qui cft vn ruiflâeau feruant de borne aux Royaumes de Caftillc amp;nbsp;de Portugal, au milieu du chemin de Vadaioz à Elbcs. En apres ils
TROISI ESME LIVRE sâatTembloicnt à Vadaioz amp;nbsp;lâautre fois à Elbes. Ain fi fureur pluficurs iours à examiner les globles , cartes marines amp;nbsp;rapports des Pilotes: puis entrèrent en difpute du partage, des degrez de longitude amp;nbsp;latitude, des premiers defcouuteurs ôc nauigateurs aux Mo-luques: chacun voulant faire fa caufe bonne, dont leurs hiftoriens ne sâaccordent nullement, corne il en appert de ce quâOforius en difcourtjSc de ce que Gomara Efpagnol en eferit au j.liu. de fou hiftoire generale des Indes Occidentales. Ils furent en (omme deux mois fans vouloir rien refoudre, amp;nbsp;finalemét les Députez Efpaignols marquèrent la ligne du partage entre les deux Rois par le milieu du globe à 1480. mil de fainft Anthoine, qui cft rifle la plus Occidentale de celles du Cap verd, fuiuant la capitulation faiûc, (comme ils difent ) entre les Rois dâEfpaigne amp;nbsp;Portugal: amp;nbsp;là delFus prononcèrent fur le bord dcCayaleurfentenceau proufit de lâEmpereur, laquelle ne futapprouuee des Portugais. Ainfi fe départirent fitns auoir rien con-clud. 11 aduint lors vn cas pour rire, amp;nbsp;neat-moins qui vaut la peine dâen toucher quelque mot. Comme les députez de Portugal venoient à lâaficmblce ordinaire, amp;nbsp;palToient vn ruidcau nommé Guadiana: vn petit enfant gardant du linge que fa mere aiwit lauéi puis eftendu pour feicher , leur demanda fi câeftoient eux qui deuoient venir pour partager le Monde auec lâEmpereur. Ayans relpô-duqueouy, lâenfant Icua fa chcmifeamp;lcur
DES TROIS MONDES. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;}9
monftra fon derrière, difant tout haut, Marquez la ligne par le milieu de ce permis . Ce traid de rifee vola incontinent par tout,dont les vnsrioyent, les autres cftimoient lâenfant auoir efte apofté par quelque particulier pour femocquer des Portugais,ou pluftoft des E-fpagnols amp;nbsp;Portugais cnfcmble. Quant à la capitulation fur laquelle les députez Efpa-gnols fondèrent leur fcntence pour adiuger les Moluques à lâEmpereur,voicy ce qucGo-mara en dit au liure fufmentionné.Les Efpai-nolsamp; Portugais auoient fort contefté en-fcmble,pour la mine dâor dcfcouuertc enGui-nce mil quatre cens feptante deux, du temps dâAlfontc cinquiefme Roy de Portugal. Ce trafic cftoit dâvnmerucillcux profit, d'autant que les Negres, pour choie de petite valeur, bailioient de lâor à poignées. Il y auoit encores cela, quâAlfonfe pretendoitle Royaume de Portugal eftre ûcn , à caufe de fa femme nommee leanne. Mais ces querelles prindret fin parla bataille que gangna Fernand Roy de Caftillc contre Alfonfe à Tcmulos prez la ville de Toro. Et quant à la mine de Guinee, ilia quitta, aimant mieux guerroier les Mores de Grenade, que trafiquer auec les Nc-gtes. AinfileRoy de Portugal demeura fei-gneur de cefte mine, amp;nbsp;de tout ce quâil pou-uoit conquérir en lâAfrique.Ce qui cftoit rai-fonnable, attendu que le commencement de fesconqueftes vint de Henry Prince de Portugal . Le Pape Alexandre fixicfmc ayant entendu le defcouurcmcnt du nouucau Monde
TROISIESMS LIVRE
£tiól par ccs deux Rois, amp;nbsp;les debars fiiruc-nus entrâeox, à qui en fcroit Je maiftre: defon propte moiuiement, amp;nbsp;dc fa pure volonte ( fondée fur le pouuoir quâon luy attribue fur tousles Royaumes amp;nbsp;pays du monde) donna aux Roys dc Caftillclcslndes,amp; aux Rois dc l'orcugal toute la colle dâAfrique,à la char ge dcconucttirles panures Barbares à la Religion . Etafinquelâvn nâentreprintrien fur lâautre, il fit tirer fut le Globe vnc ligne tombant dc Septentrion au Midy qui paircroit vers lâOccident plus de 400. mil loing dc Fv-ncdeslflcsdu Cap verd, afin quâelle ne tou-chaft fur lâAfrique qui appartenoit au Roy de Portugal. Celle ligne tranchoit en deux tout le Mondc,amp; feruoit dc borneaux conquclles de ces deux Rois, la partie Orientale domeu-rantaux Portugais, lâOccidentale aux Efpai-gnols. Mais le Roy lean fécond ayant Icula bulle amp;nbsp;donation dâAlexandre,qui auoit ain-fi faiâ: ce partage à la requeïlc des Ambafli-deurs de Portugal .⢠commença à fc plaindre duRoy dâElpargnc, quiluyCôuppoit par tel moyen le chemin à fes conquclles amp;nbsp;richef-les. Il appclla donc dc cefte bulle, demandât quâoutre ces quatre cens mil, la ligne full mi-IcvcrslâOccidcnt à douze cens mil . Et aulfi roll depefeha des vailTcaux auec Pilotes amp;nbsp;Géographes des plus expets pour colloycr toute lâAfrique sâil clloitpofliblc. Le Roy dâElpaignc voulant viutc en paix, confenne dâappointer ce dilFerend. Dc forte quâils cn-uoycrent à leurs AmbalTadeurs amples me-
DES TROIS MONDES. 40 moires pour en dreller vn nounel accord de« uant le Pape, confentant ccluydâEfpaignc quâoutre les quatre cens mil la ligne fuftmi« fcplusversCccidentà ioSo.mil. Ce qui fut confermé depuis en la ville de Tordèfillas le 7, de luin mil quatre cens nouante quatre. Nos Rois ( dit Gomara)pcfans perdre le pays pour lâoûroy quâils auoictfaiôt de ces 1080. miljgaigncrcntau contraire les Moluques, amp;nbsp;plulicurs autres Ifles trcs-richcs. Et le Roy de Portugal par fa demande fe trompa,ou fut deceu par les fiens mcfmcs, qui ne fçauoient pas cebiéencorâoùeftoicnt fituecs ces Ifles. Mais Oforius efl de tout autre auis, comme il appert en ce qui a eflé difeouru cy deuanr. Surquoy les plus fçauansamp; mieux praties es nauigations, ont toute liberté de confideret les globes amp;nbsp;cartes marines, puis prendre le compas amp;encftimcr ce quâils verront plus approcher de la vérité. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Tant y aquelesEfpagnols amp;nbsp;Portugais ART. 15. continuèrent leur nauigation aux Moluques auec fort diuers accidens aux vns amp;nbsp;autres: caries Confeillers de Charles luy furentoc-calîon dâenuoyer vne autre flotte de cinq na-uires pour baftir vne fortereire enlâIfle dcTi-dore, dont frere Garfie de Loaifa Cheualicr defaindt lean, fut General, sâembarquant en Septembre mil cinq cens vingt-cinq poiir palier le deftroidk de Magellan: mais ils fe débandèrent toll apres : tellement que le plus petit vaifléau vint furgir en la nouuelle Elpx-gne; deux autres sâefcarteicnt par vne tour*
T R o t s I B M E LIVRE mente dont lâvn foubs la charge de George Manriches print port en lâifle de Viccya, auquel le Roy de cefte Iflc feignant cftre amy entra en fonvaifTcau aucc nombre de gens, tua Georges amp;nbsp;lacqucs Manriches frères à coups de poignards empoifonnez, amp;nbsp;arrefta ptifonniers tous leurs foldats . Lâautre vaif-ïcau périt en vne illc nommée Caudiga.Loai-fa mourut fur mer en luillct mil cinq cens vingt-fix, laiflant la charge de fon nauirc, nommée Viôfoire, à vn gentil-homme Bif-cain, nommé Martin Ignignez: lequel arri-uant pres des Moluques en lanuier lâan mil cinq cens vingt-fept, aucc l'autre vaifleau reliant des cinq, entendit que les Portugais a-iioicnc citadelle amp;nbsp;armée en lâifle de Ternate: Pourtant il recueillit en fa capitaineflclcs foldats de lâautre vaifleau, lequel il fit brufler, amp;nbsp;fctrouua accompagne de trois cens Efpa-gnols bien cquippez amp;nbsp;refolus, aucc Icfqucls ilfuyuirfa routte, amp;nbsp;arriua incontinenten Mlle de Mor, où George de Menefez Portugais efloitarriué peu auparauant . Apres a-iioirdcfcouucrtque câeftoient Portugais,il fe ferra au Golfe de Camafo appartenant au RoydcTidorc. Etpourcc que les habitans cogneurent que câeftoient Efpagnols alliez de leur Roy,ils leur firent bô accueil.- amp;nbsp;dâautre -part les Efpagnols leur promirent venger le fac, amp;nbsp;embrafement de Tidorc faiû par les Portugais amp;nbsp;leurs alliez: tellement que les Infulaires leur faifoient diuers prefens , amp;nbsp;fournilToicnt cedontles Efpagnols auoicnc faute.
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faute, fans prendre argent ny recompenfe dâeux. Garfic Henriquez ayant entendu que lâon auoit defcouucrt deux vaiiîèaux ( câe-ftoient ceux de George Menefez ) prenans la route de Ternate fans pouuoir à rc lî câe-ftoient Elpagnols ou Portugais, fit embarquer Torca pour les dcfcouurir. Il entra dedans vn caracore ou barque du pays,auec fon truchcinan amp;nbsp;quelque Mandarins. Et fçcuc à Camafo lieu appartenât au Roy de Terna-tc,quâilyauoitpresdclà nobte dâEfpagnols alliez aucc les Infulaires de Tidorc. Cotre.! retourné Henriquez enuoya Manuel Faucon amp;nbsp;feptante Portugais en deux bafteaux accompagnez de Cachil dâAroes amp;nbsp;de fes gens en douze barques. Faucon eftantà mi-che-inin enuoya parlâAuditeurJe lafotterclïè, v-nclettre deGarficà Martin Ignignez general des Efpagnols,auquel ceft Auditeur la por ta , afin que fouz ce pretexte il peuft veoir, combien il y auoit dâEfpagnols au nauitc. I-gnignez nâignorant pas cefte ruzc,luy donna loifirde veoir amp;vifitertout ce quâil voulut, afin que les Portugais ( defqucls il fçauoit les moyens par le rapport des Infulaires) fulfent dâautant plus cftonncz:amp; ne lailfa de refpon-dreaux lettres dcGarfie, luy offrant beaucoup de plaifirs. LâAuditeur party Ignignez fuyuitfaroutte, amp;arriua en Fille de Tidoree puis fit drclTer à lâemboucheure du canal, deux bouleuards de pierre, les munit de lâArtillerie defonnauire pour garder lâentreedu port, le naoi^ front aucc quelques
TROISIESME IIV RE
pieces, ôf reflcmblant à vndcsbouleuards. Faucon ayant ouy le rapport de lâAuditeur, ne voulut fe bazarder au combat contre les Eipagnols, ains retourna vers la Citadelle amp;nbsp;rendit compte de fon voyage à Henriquez,à qui au bout de quelques ioursvint vn meira-ger de Ignignez, difant cftrc venu en Tidorc par le commandement de lâEmpereur fon fouuerain amp;nbsp;feigneur des Moluques, qui c-ftoient en (on partage, amp;nbsp;auoientefte def-couucrrcs par Fernand Magellan fon Lieutenant, qui en auoit prins polTcflîon pour fon maiftre, lequel auflî les auoit obtenues par la fcntence donnée à fon profit contre le Roy de Portugal , Que depuis la defeou-ucrtedcces Iflcs, on yauoitlaiflc trente E-pagnols, amp;nbsp;elFably vncfaôiureriejoùil ya-uoit beaucoup de bien , amp;nbsp;quarante pieces dâartillerie. Mais les Portugais auoient tue les Efpagnols, pillé les biens, enleuc lâartillerie, amp;nbsp;outre plus bafty vue Citadelle fur les terres de lâEmpereur fans fa permiflion. Quâil vouloir donc fçauoir qui les auoit elmcuz de ce faire, afin dâendreifer vn procez verbal, amp;lâcnuoyerà lâEmpereur. Henriquez fit rcfponfe quclcs Moluques amp;nbsp;autres Ifles voifines nâappartenoient ny nâauoient ia-mais appartenu à lâEmpereur, 5c nâelloicnt aucunement de fon partage; que la fentence donneeà fon profit.auoit efté prononcée par des Efpagnols fes fubiedfs, qui nâeuflent ofé juger autrement : que les luges Portugais a-uoient prononcé au contraire, amp;nbsp;adjuge les
DES TROIS MONDES. 4I Moluquesau Roy de Portugal , tellement que cela ne feruoitdc rien . Encores moins dâallcguer le voyage de Magellan, veu que plus de dix ans auant fa nauigation, elles a-uoiéteftédefcoiauertes par Antoine deBreix fouzle congé dâAlfonfc Albuquerque lors Viceroy des Indes,an veu amp;nbsp;fçeu de Magellan mcfme,lequel eftoit aucc de Brcu en ce voyage. Et toutesfois depuis, pour defpiter le Roy de Portugal, duquel il eftoit fubicél naturel, auoitfaufemét donné entendre à lâEmpereur Charles, que les Moluques eftoient de fon partage, amp;nbsp;promis les aller defcouurir parvn nouucau chemin , où il auoit finalement reçeu le falaire de fes trahifons contre fon fouuerain leigneur.Qrfalors que ces Ifles furent defcouuertes par Antoine de Breu, plufieurs Roys dâicelle deuindrent amis du Roy de Portugal: amp;nbsp;fc contentèrent que les Portugais trafiquaflent aucc leurs fubieds, comme ils auoient continué depuis. Et quâà la requefte du feu Roy de Ternate, celuy da Portugal auoit faid baftir vnc Citadelle en rifle. Antoine Britio y cftant venu pour cell effed, auoit trouuéquelques Efpagnols en lâiflede Tidorc, Icfquelsil enuoyaau Viceroy des Indes, poutee quâils ne raonftroient congé du Roy de Portugal de trafiquer és Moluques, Icfquelles apparrenoient au Roy lean troifiefmc, au nom duquel il comman-doit cnIaCitallc,rcfolu de la garder iufques à ladcrnicre gouttedcfonfang,conttctou8 ceux quisâen voudroient emparer, ôcclor^
TROISIESME 1 I V R E re les palTagcs à toutes perfonnes, tant Efpa-gnols quâautres qui voudroient nauigucr amp;nbsp;trafiquer partes Iflesfans fa licence. Pourtant prioit il Igniguez , de venir promptement en la Citadelle, amp;nbsp;que sâil ne vouloir y loger, on lâaccommodeioirdâvn lieu à part, où il pourroit habiter feurement ; requérant aurefte que les Efpagools nâachetaflent point dâefpiccries, dâautant quâelles appar-tenoient au Roy. Quâen cas de refus, il les rengeroità deuoir auec les armes fins crainte de reprehenfion , puis que câeftoit pout le feruicedu Roy de Portugal fon Prince feigneur fouuerain . Le mclFagcr fut ren-uoyc aueccefte tefponie: ce nonobftantl-gnignez perfeuera en fes demandes amp;nbsp;con-tefterent aifez long temps par efetit fans prendre toutesfois autre refolution. Or quat Henriquez vit que les Efpagnols ne bou-geoient de Tidore, amp;nbsp;haulFoicnt le prix des cfpiceries, il délibéra de les en chalFcriEt fur vil foit sâembarqua auec cent Portugais Sc grand nombre degens du pays en des Cara-cotes amp;nbsp;autres vailFeaux: ils chargèrent trois pieces dâArtillerie, la plus gtofl'e en vn ba-ftcau , amp;nbsp;les deux autres fuft vue fülle amp;nbsp;vn Calalus, qui ne portoient que certains Capitaines auec les Canoniets amp;nbsp;Matelotz . La fülle qui vogoit deuant, fut dcfcouucrte par les Efpagnols encores quâil fut nuiôl,lefqucls commencèrent à canonner de lâvn des boule-uards auec telle recharge quâils tucrent vn ma tclor,efmorcellcrcntlamain du Patron qui
DESTROIS Mondes. 43 tenoic Ic gouucrnail amp;nbsp;cndómagerent le gou uernal mefme.Toiitcsfois le Capitaine de celle fülle fe print à batie le bouleuard de li grade furie que fa piece crcua, amp;nbsp;fut cótraint le retirer pres du Calalus, attendât quâon euft amené vn autre canon de la Citadelle, lequel fut braque vn peu auant iour dedans la fülle. Le matin venu Henriquez fit ioüer fes trois pieces contre les bouleuards. Sur lefquels les Efpagnolsioucrcntde leur artillerie de telle impetuofité,que les Portugais,pout fc garen* tir reculèrent fi loing que leurs boulets don-noient dedans lâeau, dont les Efpagnols fai-foiene^des rifees amp;nbsp;huées cllranges . Henriquez nâofoit approcher aueefes Caracores, qui clloiét fi foibles quâvn fcul coup de canô les enfondroit. Celle elcarmoacheayat duré iufqucs à midy.les Portugais voyans quâils ne faifoientque pcrdrcleurspoudres amp;boulcrs, fc retirent en vn goulfe prochain, enuoyans quelques barques quérir des poudres en la Ciradclle.En attendant leurretour,Correa le fadeur amp;nbsp;quinze autres, defeendirent en ter-rcpourallctmcttrcle feu en vn villagealfis fur vn collau. Mais dcfcouuers par les Pipa-gnols,on les empefeha dâaller plus auanttmcf mesCorrearcçcut vn coup dâarquebuzefouz lâoreille, dont il tomba demy mort;amp; eurent fes gésalTczdâalFairc à lâemporter amp;nbsp;gangner leur barque. Henriquez fc retira finalcmét en fa Citadelle,fans rien entreprendre depuis: amp;nbsp;dâailleurs les Efpagnols demourerent cois, à caufe que leur nauirc commença à sâouurir amp;nbsp;ff iij
TROISIHSME LIVRE
sâemplir dâeau, tellement quâil coula aU fond fans quâils en peulTcnt rien fauuer, Lalaifon venue pour faire voile en Malaca , Henriquez fit fes efforts décharger quelques vaif-feaux pour le Roy. Mais dâautant que les particuliers payoient mieux les cfpiceries aux Mores, ils ne rccueillerent prcfque rien: amp;nbsp;voulant vfer de fon authoritc, il cuida tout gafter, à caufcquefesgens aymoient mieux leur profit, queceluydu Prince; tellement que fur le commencement de lanuier il en-uoya demander fccours ou gouuetneur de Malaca , pour donner ordre aux affaires de fon maiftte és Moluques, amp;nbsp;faire tefte aux E-fpagnols demeurez és Ifles de Tidorc amp;nbsp;Gi-lolo. Quelque temps apres George deMe-nefez , enuoyé de Malaca par Mafcaregnc pour gouuerner les Moluques, fut contraint hiuerner es Ifles de Papne, fans faite autr« choferemarquable. Orfitoft queianauiga-tion fe monftra commode, il fingla vers lâifle deTarnatciouarriucenMay, mil cinq cens vingt-fepr, entedit que les Portugais eftoient en guerre contre les Efpagnols afliftez des In-fulaires de Tidore amp;nbsp;Gilolo.Ce qui le mit en grand peine, pource que fes gens pour la plus part eftoient morts durant Phiuer, amp;nbsp;les fur-uiuas auoiét befoing de rcpos.ll laiflà en mer deux vailfeauxbié armez amp;nbsp;entra dans quelques efquifz pour approcher de la Citadelle. Incontinent Gatfic Henriquez accourut au deuantjbien ioyeux quâon le vint defgager tat
DES TROIS MONDES. 44 1 propos du peril où il cftoir, nâayant gens ny moyens pour refiftcr aux ennemis : amp;nbsp;tour foudain remit la place es mains de Menefez, telle que Bntio lâauoit lai (fee, dont il eut aélc par main de Notaire. Martin Ignignez Capitaine des Elpagnols entendant la venue de Menefez,lâenuoya bieu-veigner,amp; luy offrit paix amp;nbsp;amitié, fe plaignant fort de Garfie, lequel, nâauoit iamais voulu demourer en bon mefnageauec les Efpagnols, ains cftoit caufe de la perte de leur naiùre : auoit tue vn des leur, amp;nbsp;b le (Te trois autres. M eue fez le remercia, promettant de demeurer amy : toures-fois il exeufoit Garfie amp;nbsp;prioit Ignignez quâil monftraft celle amitié par effedl , en fc retirant du milieu des infidèles pour venir loger en la Citadelle de Ternate, oùil feroitreceu amp;nbsp;accommode à fou contentement . Pour ce quâil ne fit point de rcfponfe , Menefez luy enuoya vn eferit au commencement de luin , par lequel Ignignez amp;nbsp;les fiens e-lloient fommez de fortir promptement du pays amp;nbsp;de toutes les 1 fies Moluques : a-ucc defenfes dây acheter aucunes fortes dâefpiceries . Surquoy Ignignez renuoya vn elcrit par lequel il laifoit la mefme fommation à tous les Portugais : amp;nbsp;depuis ils perdirent du temps amp;nbsp;beaucoup de papier apres telles contellationsau bout defquellesils accordèrent vne treue, iufques à ce que lâon euft mandement dâEfpagne ou delâInde, decequelesvns amp;nbsp;les autres au* roient à fairc.Et fur- ce ils commenccrct à co-ff iiij
TROISIESMS IIVRÃ
ucrfcr amp;ncgocierpaifiblcment enfetnble,!és Capitaines enuoyans des fingularitez amp;nbsp;pre-fcns les vns aux autres. Ncatmoins Ignignez Alt dcftourné dâentrer en la Citadelle dcTer-natcpatleRoydeGilolo amp;Cachil dâAroes, qui »ftoicnt contens que les afîaires demeu-r a (Te ne en fufpens, afin de fe maintenir ; ce quâils ne pouuoicnt fi aifément faire enteps de paix. Sur ces entrefaites Martin Ignignez vint à mourir, auquel fucced.! Fernand de la Tour.Cequâentendant Menefez, il enuoya gratifier Fernand, amp;fçauoirsâil vouloir entretenir la treue faite entre luy amp;nbsp;Ignignez: ce que Fernand refuza, tellement que les armes furent Icuecsde touscoftez . Au relie lorsque les Efpagnols amp;nbsp;Portugais elloient furie point desâentreguerroier plus cruellement que iamais, (pecialcment és Moluques: furuint vn accord entre lâEmpereur amp;nbsp;le Roy de Portugal, qui aflopit preique tout. Nous deferirons icy ce que les hiftoriens Elpa-gnols en récitent dâvn commun accord ⢠A-presla fentenco donnée furie fait des Moluques par les députez de lâEmpereur au profit de leur maillre; le Roy lean troifiefme fit fon polfible dâempefeher que les Efpagnols nâyallaflcnt trafiquer: fans toutesfois pou-uoir rien obtenir, comme les difeours pre-cedens le monllrent . Quelque temps a-pres lâEmpereur cfpoufa Ifabelle fÅur du Roy de Portugal , lequel réciproquement print à femme Catherine fÅur de lâEm-pcieut. Par le moyeu de celles alliances, le
DES TROIS MONDES. 4^ négoce de lâcfpicerie fe refroidit vn peu, amp;nbsp;ce pendant le Roy pourfùiuoit fon beau fre-re dâeftre laifle paifible en pofleflîon des Moluqucs ,à quoy lâEmpereur par lâaduis de quelques confeillers ne vouloir entendre, loint que quelques vns tafehoient par diuers rapports inciter lâEmpereur à pourfuiure ce-ftenauigation; amp;nbsp;mefracs de faire quitter la place aux Portugais aceufez dây auoir rudement traidc les Efpagnols. Sur ces contefta-tions, lâEmpereur qui auoit vne infinité dâaffaires fur les brasà caufc des guerres contre le Roy de France, amp;nbsp;pour lâeftat dâAlemagnc amp;nbsp;dâItalie où il vouloir aller en grand appareil pour fe faire couronner: amp;nbsp;fetrouuanr lors bien court de finances, engagea ce quâil pretendoit aux Moluques,amp; tout le trafic de lâefpiccrie pour la fomme de trois cés cinquante mil ducats, que le Roy lean fournit lâan mil cinq cens vingneuf, fans adioufter à lâobligation aucun temps : laifians le procès en mefmc cftat quâil cftoit demouré au Pont deCaya. LeRoychaftia le doôleur Arzeuc-dede ce quâil auoit promis les deniers fans autrement terminer lâobligation, qui fem-bloit luy preiudicier, amp;nbsp;tenir les chofesen fufpensà lâauantage des Efpagnols. Orceft engagement fut alfcz fecret, amp;nbsp;contre la volonté de plufieurs du confeil dâElpagne, qui fçauoient le profit que le public amp;nbsp;les particuliers pouuoient tirer de ce trafic des Ifles Moluqucs : Mais lâEmpereur palïà plus outre, fans que lâon ait peu fçauoir au vray, qui
TKO ISIESME tlVRB
L'emperiur Churlts V. 4 fttfl det ffAlS txciÃifs fDurlit Frd-
Itatii.
Pcfineut depuis à ne reftitucr au Roy les trois cens cinquante mil ducats, amp;nbsp;quereller fon droit ou en iuftice,ou par les armes corne lâon auoit commencé.Melmcsil fut plufieurs fois confeilié de ce faire :amp; nommément en lâan mil cinq cens quarante huift, les piocu-â rcurs de la Diette fe ttouuans à Valledolid, le fuppliercnt de donnera ferme pour trois ans au Royaume dâElpaigne ce trafic des efpices: à la charge quâils reinbourfcroient lcRoyde Portugal des trois cens cinquante mil ducats: quâils defchargeroienc toute lâefpicerie au portdelaCorugna,defigné par lâEmpereur des le commencement de cefte nauigation: amp;nbsp;les trois ans expirez il difpoferoit de ce trafic felon quebonluy fembleroir. La ref ponfc de lâEmpereur (qui eftoit lors en Flandres) fut de defendre qUe lâon ne luy parlaft plus de celle affaire. Dont plufieurs furent cllonnez amp;nbsp;offenfez , les autres eftimerent quâil y auoit quelque communication plus fecrette encre lâEmpereur amp;nbsp;le Roy de Portugal : amp;nbsp;que les trois cens cinquante mil ducats auoient elle fuiuis de plus grandes Tommes, fournies puis apres parle Roy pour lâa-chapcabfolu des Moluques. Lâempereur ayat tant dâarmees , de penfionaircs , garnifons amp;nbsp;feruitcurs à entretenir,que lâor dâOrient amp;nbsp;dâOccident nây pouuoit fuffire, pour les rai-fons que chacun qui a veu les hiftoires amp;nbsp;co-gneu les portemens de ce Prince, fçaitalTez remarquer de foy-mefme. Or dcuanccclà amp;
DÃS TROIS MONDES,â 46 depuis auffi, pluficurs portèrent grand enuic aux Portugais pour ce trafic: dont la defehar-ge cft eftablic à Lilbonne,amp; Anuersice neât-moins la iouïlîà nce leur en cft demeurée iuf-qucsà prefent. Toutesfois lâan mil cinq cens quarante deux , les Efpagnols cflaycrcntde retourner aux Moluques, y cftant enuoyez par Antoine de Mandoze, Viceroy de la nou-uclle Efpagne,foiizla conduite du Capitaine Vilalobos, lequel arriué és Iftcs de Tidore amp;7jilolo,fut bien rcccU des Rois dâicelles ennemis des Portugais. Mais vne tourmente furuint qui mit à fond les vailfeaux de Vilalobos : tellement que luy 5c fes foldats tombèrent en la puift'ancc des Portugais,aufqucls ce trafic eft demeuré depuis, quelques entre-ptifes que les Efpagnols amp;nbsp;autres ayent faites pour lâattirer à eux. Deux ans apres le Roy donna fa fille Marie aagee dedixfept ans pour femme à Philippes dâAuftriebe, fils de lâEmpereur, Prince amp;nbsp;heritier de Caftille, lorsaagé de dixfept ans amp;nbsp;quatre mois. Les nopccs furent folcnnilces en la ville de Salamanque, amp;nbsp;lâan mil cinq cens quarante cinq au mois de luillct, Marie accoucha dâvnfils nommé Charles, mort en prifon, où il auoit efté rcfcrrclâan 1568. au mcfme mois de luil-let. Depuis cefte année iufques à fa mort'le Roy lean demeura paifible en tous fes pays, excepté en Barbarie où il perdit quelques places, amp;nbsp;quatre Carauclles,aucc bon nombre de gens quâil enuoyoit aufccours dâvn Prin-
TROSISIEME LIVRE
CC More : Icfquellcs pertes ilnâapprchcndoit pas fi forr, quâeuft fait fon pere qui cftoit fort îpcculatif, amp;nbsp;remuant. La principale intention de lean j. cftoit de fe maintenir en bon mefnagcaucc lâÃmpcrcur fon beau pere: amp;nbsp;* de conferucr le trafic des Indes amp;nbsp;Moluques â à la Couronne de Portugal, ce quâil obtint auflî. Et de nouucau vn peu auant fa mort, il mariale Prince lean fonfils aifnc,à Icanne PrincclTe deCaftillc,amp; fille de lâEmpereur Charles,au grand contentement des Efpa-gnols amp;nbsp;Portugais, dont on fit de grandes dcmonftrations dcioycà Lifbonnc. Maislc Prince mourut toft apres , amp;nbsp;luy fucceda Dom Sebaftien, la vie amp;nbsp;portemens duquel nous referuons pour vn des plus fcgnalez fubieôls dâvne hiftoirc auenir.
AKT. 14. R E s T E la reprefentation du troifiefme monde, duquel vous ne fçauriez auoir autre cognoiflà nccquc de nâen rié cognoiftre, fors que câeft vne terre tirant au Su, ou midy,à trente degrez au delà de lâEquateur, de beaucoup plus grande eftendue que toute lâAmérique, feulement defcouucrte par Magellan, lors quâil pafta le deftroit qui fait lâentre-deux de ce païs Aufttal, amp;nbsp;du cartierMeridionnal de lâAmérique pour aller aux Moluques. Le défit de voir lclquellcs,nc luy permit ou bailla enuie, de feulement faire defeendre vn feul des fienspour y recognoiftre les peuples ou naturel de la terre. Quelques autres y ont depuis defeendu, mais fans y auoir defcouucrt
DES TROIS MONDES. 47 chofc grandement profitable, pournâauoir ofé abandonner la cofte. Nous nefçauons rien dâvn fibeau,dâvn fi grand pays, amp;nbsp;qui ne peult auoir moins dcricheflcSjny autre fingularitez que le vieil amp;nbsp;nouueau Monde: amp;nbsp;le tout par noftrc parefic plus que des anciens, qui dâailleurs ont allez faiôt dâautres chofes pour fe rendre fignalez à leur pofteri-té. Car comme ils ont eu les grands eftats amp;nbsp;les raerueilleux cfptics qui fe font à diuers temps nourris fouz les ailles de fi fameulc Republiques; aufli ayans beaucoup plus de moyens que nous, ils fe font ce fcrable faiôt vcoir plus indullrieux en plufieuts chofes notables que nous, qui nez au debrifement de ces hauts eftats anciens, du corps dcfquels les Clneftiens ont faiôt prefque autant de membres amp;nbsp;menues parcelles quâils cftoient de nations, ne pouuons (difent aucuns) pour exeufe, feulement fuiure les pas de noz vieux pères, veu les foibles moyens de noz petits eftats.Toutcsfois qui confiderera q la nature ayant jà faiôt tracer par noz anceftres le commencement de choies grandes, femblent cf-guillonnct leurs furuiuans à la viue continue plus quâau defefpoir de fi hauts delleins,nous ingéra pcult eltreinexcufables en cela. Veu mcfmes que les eferits de noz anceftres, nous cfclacilfent des moyens quâils y ont tenu, lâimitation dcfquels nous feruiroit de grands préparatifs à pourfuiurc ce quâils nâont enta-méjcc femble, que pour nous lailfcr vn beau
TROISIESME LIVRE
fubieót dâhonneur immoreel. Les autres neat-moins qui finifTans leurs defirs pat 1*0 bieét de chofes raifonnables, iugent que la nature ne nous vcult dôner de cognoilFance plus quâils nous eft de befoin , eftiment auoir aflez faiôt pour le deuoir de lâhomme, en la dcfcouuet-tCjConqueftcs Si peuplades de plus de terres, que les anciens ne virent ou ne cogneurent iamais. Et comme il fault eftimer que nature ne feflargit pas tout à coup ny à vn feul,ain$ qu'elle diftribuc fes graces auec difcrction, felon le temps Si les perfonnesà quiellefe veult communiquer : auHî que nofttc deuoir eft de viurc contens en lâheur que Dieu nous a enuoyé depuis cent ans, pourlailfcrla def-couuerte du furplus delâvniuers à ceux qui viendront apres nous premiers, féconds ou autres quels quâils foient,qui fe voudront pe-neramp;fc bazarder comme nous auons faiôt. Nous ne deuons (difcnt-ils)cftre fi ambitieux ne tant gloutons, que de rechercher la nature humaine de nous faire cognoiftre tour, non feulement culatcrrç,ains aulfiau ciel, aux elements, és fciences, deircins,amp; aôlions des hommes.Côbien penfez vous que la nature tienne de chofes fecrettes, que lâhumaine capacité ne cognoiftra de long temps3 de quelle partie dâvn fi grand Åuurc quâcftlâv-niuers, penfez vous noftre veue eftrecapable? Celtiy qui lâa faiôt,qui le viuifie,qui lâentretient Si conduit, fe retire de noftre imbécillité , pour fe donner à congnoiftre par foy
DES TROIS MONDES. 4 St feule amp;nbsp;moyen extraordinaire. Pluficursa-ûions mcfmes qui approchent de fa diuini-tc, nous font obfcuresiou ayant le fubieót d'icelles remply noz yeux, quittent noftrc veuë pour leur f oiblelle. Soit quâelles foient fi fubtilcs querhumaine fragilité ne les puif-fc comprendre ; foit que Dieu nous en ayant donnéla feule apparence, les retire à foy , amp;nbsp;fen referuc la pure congnoilfance. Nous ef-merucillons nous donc, fi quelques grands ouurages de la Nature nous font incogneuz, veu que Dieu cache la plu s grande partie de lâvniucrsî Combien de nouuclles fortes dâanimaux fe font faids vcoir à nous,incogneuz de noz pères ? Dieu ne veult que les yeux des hommes voyent tout .'les peuples dufieclc aduenir fçauront, combien dâautres chofes nous ont elle couucrtes. Et bien quâils fc pourront prcualoir fur nousdela congnoif-fance de nombre de nouuelles : fi moutont ilsignorans de plufieurs autres que leurs def-cendans apprendront dcnouueau: amp;nbsp;en reliera encor alTcz dâautres incogneues pour exercer les fens de leurpolletité. Les chofes excellentes ne fc communiquent toutes à vne fois, les dodlcurs mefmes de chacune fcicncc, referuent dcsfecrets à ceux qui les liront plus dâvnc fois. La Nature ne diftribuë fes chofes facrecs à vn coup. Ellimons nous initiez feulement en la congnoilTancc dâicel-Içs : amp;nbsp;quâelle nous veult faire apprendre à lâhuis Si au commencement de l'entree, pK-
TROISIEME LIVRE mtcr que nous introduire plus auant. Les fe-crctsnc fc vulgarifent,ains font referiez amp;nbsp;commclespluschcresmarchandifcs, arren-gez en lâarriére boutique : aucuns defquels ont cfté rnis en veuë de noz peres,partie nous font sfferts, amp;nbsp;le refte dcftinépourla pofte- ⢠rite. Mais quand î les belles chofes viennent lafehetnent amp;nbsp;à grande difficulté ennoftre pouuoir, mcfmcmeut à parefteux ou qui preferent leur plaifir à chofes fi rares. Ne fe fault fafeher toutesfois, de dcfcouurir fi tard chofes fi cachées, ny de tirer en haute lumière fe-crets fi bas enterrez: Ce mefme à quoy nous trauaillons tous le plus,qui eft dâeftre bien vicieux, nâeft encore venu en fa perfeftion. Les vices font encor à leur progrez : le luxe amp;nbsp;defbordement de mÅurs trouuc dâaage en aage, voire de iour à autre quelque moyé pourfolier,amp; nous faire congnoiftre fort in-fenfez. La paillardife fe faiót remarquer de nouuellcs vilcnnics. Les délicates mignoti-fes , fubtilifent de plus mois amp;nbsp;féminins moyens pour fâabyfmcr vn iour en lamer de diflblution. Et corne dit en la reprefentation des mÅurs de fon temps, ce graue précepteur de lâEmpereur Néron ; Nous nauons encor aftczbanny lavirilité de nous. Nouseftat-gnonspar legerere amp;nbsp;dâvnc cftcmincepoli-lefte de corps, tout ce qui nous refte de bonnes mÅurs. Nous deuançons lesmignardi-fes des filles, amp;nbsp;chargeons les fards des pu-tâîns, que les prudefemmes ne daigneroient porter
DES TROIS MONDES? 4^ porter. Noz doigts font courbez dâan eaux, amp;nbsp;à peine fe peult la main remuer pour la pefanteur des pierres precieufes. Nous ne penons que dâeftre bons ingénieux, pour ef-feminer ce qui relie de malle courage en nous : amp;nbsp;dciguifer cefto apparence de vertu, que nous ne pouuoiis deipouillerfi toll que nous voudrions. Vous efmerueillez vous donc fi la fagefle nâeft encor venue en fit per-fedion ? Les parceles de noz folles mefeha-cetez,nâont iul'qucs ici peu produire vn corps parfaidcmenc vicieux. Le delbordement croift deiour en iour, amp;nbsp;nâeft encor monte aufcftcdefon periode. Eftant ne,il commença de temper, puis marcha , courut en apres, pofte maintenant, amp;nbsp;fe hafte fi fort de patoiftre, que noz ricrcs-neueux le pourront voir monte près de fa dernière grandeur. Nous luy preftons la main, amp;nbsp;luy aidós tous,iufqucs à luy afteruir noz pieds, noz fens amp;nbsp;tout ce qui nous refte de pouuoir. Mais qui fapproche de fagelFeî qui fe peine delacarefterîqui mefmes laiuge digne dâeftre feulement enuifagee î fi ce nâeft qucl-quâvn, amp;nbsp;encor aux heures de pluyes, de legeres maladies , ou autre accident quâil eft loifible de perdre, amp;nbsp;quâon ne fçauroiten-uoyct auec tel quel autre palTe-temps. Voilà ce que difoient les Stoïques Romains, authorifans la nature en la diuerfiré de fes adtions,pour exeuferlâignorance delâhom-mc quâils veulent ce fcmble appatefier fouz
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TROISIESME LIVRE le prétexte de la foibleffe dcfcsfcns,à nâen-ployer fes moyens quâà maintenir te qui leur efteogneu amp;nbsp;certain ; (ans fc fatiguer à rechercher lâincogneujincertain amp;nbsp;le dangereux qui eft fouz la voûte de fi grand ciel.Vcu iicantmoins la mcrueillculc difficulté dont * la nature a enclos amp;nbsp;côinâarmcc la perfcéfion de chacune chofe : les plus aduifez femblent fefofmalifec de la parede de ceux, qui ayans les moyens en main pour commencer, puis cfbauchcr les choies : ferelaidcntà Icurplai-fir, defdaigneuxde trauailler pour en apres enuoyer ces premiers traits à leur poftente: laquelle y apportant ce quâvne longue dih-ge.icc y pourroit adioufter, en fin ameneroit Je tout à raccornpli(Tcmentamp; dernier point quâvn aage feul ny plufieurs fieclcs mefmcs ne fçauroient venir, mefmement és chofes aifees, belles amp;nbsp;profitables, comme feroit la recherche de ce ttoifiefme Monde. Vrayeft quâés chofes compofees amp;nbsp;fut tout en celles qui dependent de fâadion de rcfprir, comme font les arts Sc fciencc$,la difficulté y eft fi grande pour Ifs approcher feulement de leur petfedion, quâelles femblent tenir de lâim-polfiblc,amp;par ce porter quelqueexeufe,fi le merite toutesfoisne croidoit auecles dif-ficultez. Mais en celles qui ne font q fimples allions, ouuertement formées de la nature, amp;jà communes à tant de millions dâautres mains : fcpctfuadent que câeftdefdaigner nature meftne, ouïe deuoir dâhumanité de ne
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rrauaillcrà tirer honneur amp;nbsp;profit de chofe fi facile amp;nbsp;tât auanrageufe à tout le fiecle auquel on vit. Car fâil fault iuger des chofes incogneuës à lâapparence amp;nbsp;par preuues vray femblablcs : veu que Dieu nâa nen faid que bon amp;nbsp;profitable à lâhumain lignage:veu lâendroit où ce troificfmc monde ell fituc, 5c la grande eftcnduc de fes prouinces : il eft du tout impoiliblc quâil nâyayechoferaerueil-Jeufecnplaifir,richcHcs, amp;nbsp;autres commo-ditezà la vie humaine. Quand il nây auroit rien de memorable, la curiofitc feroittouf-ioursloucedu Prince qui lâautoit faidvifi-rer. loint que les moyens dâvn Roy nây font point nccciTaircs, ains feulement dâvn fim-plc Seigneur aife qui en voudroit fairelâcn-ttcprinlc. Car auiourdâhuy noz pilotes ôc mariniers vont deux fois plusloingà leurs propres defpens. 11 fault bien dire que nous nâauons pas ces beaux cfguillons de vertu qui pouffoient les anciens, amp;nbsp;mefmcment les Payens pour entreprendre toutes chofes hautcsâ.Ã: plus mal- aii'ees ils les trouuoicnr, plus fâefchaulfoient-ilsà lapourfuitte. Non iculement les particuliers , mais lesjtftats mefmcs de ce tépsfc trauaillentfi fort pour gangner vne bataille , pour forcer vne ville, dompter vn petit pays, en Comme pourfe moyenner vn aduantage qui en fin Ce treuuc de peu de duree. Si mal-afleurc. Voilà vn Monde qui ne peut eftre rempli que de toutes fortes de biens amp;nbsp;chofes tres-cxcellentes:
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III. IIV Rî BIS III. MONDIS.
Il ne fault que le dcfcouurir. Il feruira du moins cy aptes pour leccuoir la purgation de ce Royaume ; les autres nations nous ont frayé vn fi beau chemin. Sans doubte fi elles eftoient fi fournies dâhommes que la France, elles nâculfent tant cftcà le peupler Scculti- ⢠uer. Car il nepculteftre quâaufli beau amp;nbsp;autant riche que lâAmérique. Ce fera pour le moins rccompcnfer la faute que noz premiers Princes firent de mefprifer les beaux aduis que Colom Gencuois leur donnoir, dâenuoyer defcouurit les Ifles amp;nbsp;terres Occidentales, dont il leur promettoit tirer plus de rcucnuqucdc leur pays naturel. Mais comme ceux qui ne iugcntqu'à lâapparence, ne faifant beaucoup d'eftat dâvn Italien fimplc-ment veftu amp;mal accommodé du refic,ils laiflcrcnt aller la riche proye à lâEpagnol, qui depuis leur en a faid vne forte guerre, amp;nbsp;prefquâa battu leur
Royaume.
privilege.
P .A R lettres patentes du Roy noÃre Sire données à Paru le b.^unl i y 8 z.fimees de Vabresfellees du^and Seau de cireiau-' ne y il eà permis à Lancelot VoiÃn Seigneur de laPopeÃiniere de faire imprimer, ou, quand par qui bon luy Ãmblera,'vn littre par luy faiEi, intitulé les trois Mondes : defen^ du à tous autres Libraires nbsp;nbsp;Imprimeurs,qu'Ã
celuy auquel il donnera, de l'imprimer ou faire imprimer, ziendre ny débiter [lendant le terme de fix ans fur les peines nbsp;nbsp;comme plus à plein
eà déclaré efdites lettres.
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Acheué dbimprimer pour la fécondé edition en Septembre, i j 8 i.
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